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451
p. 1236
A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
Début :
MONSEIGNEUR, L'inclination, d'accord avec le devoir, nous invite à vous presenter un Decret de la Faculté [...]
Mots clefs :
Faculté de théologie, Garde des sceaux
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texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
A MONSEIGNEUR
LE GARDE DES SCEAUX
MONSET ONSEIGNEUR ,
L'inclination, d'accord avec le devoir, nous
invite à vous prefenter un Decret de la Fa
culté de Théologie , qui n'eft pas tant un
effet de notre déliberation , qu'un témoignage
autentique de notre obéiffance à une Loy de
Eglife de l'Etat . L'Approbation dont
nous efperons que vous l'honorerez , entraî
nera celle de toutes les perfonnes fenfees.
Si le Roy eft le feul Légiflateur de for
Royaume , c'est vous , MONSEIGNEUR ,
qui imprimez le caractere de l'autorité à fes
I., Vol. E vj Loixs
1236 MERCURE DE FRANCE
Loix , & ce font les Théologiens qui doivent
donner aux autres Sujets l'exemple du respect
& de la foumiffion.
Nous voyons cependant avec douleur quel.
qu'un des nôtres s'en difpenfer fous des pré-.
textes les plus frivoles , & donner au contraire
Le fcandale de la résistance la plus marquée,
ils craignent , difent-ils , de donner atteinte
aux Droitsfacrez de la Couronne , mais en
effet c'est l'attachement qu'ils ont aux erreurs
tant de fois profcrites. Ces Droitsfacrez conrent-
ils quelques rifques , MONSEIGNEUR,
quand ils font fous votre garde ? C'est pour
faire revenir ces Docteurs de leur prévention
fi peu digne de Théologiens Ortodoxes , que
la Faculté de Théologie a dreffé les Actes que
nous avons l'honneur de vous préſenter.
LE GARDE DES SCEAUX
MONSET ONSEIGNEUR ,
L'inclination, d'accord avec le devoir, nous
invite à vous prefenter un Decret de la Fa
culté de Théologie , qui n'eft pas tant un
effet de notre déliberation , qu'un témoignage
autentique de notre obéiffance à une Loy de
Eglife de l'Etat . L'Approbation dont
nous efperons que vous l'honorerez , entraî
nera celle de toutes les perfonnes fenfees.
Si le Roy eft le feul Légiflateur de for
Royaume , c'est vous , MONSEIGNEUR ,
qui imprimez le caractere de l'autorité à fes
I., Vol. E vj Loixs
1236 MERCURE DE FRANCE
Loix , & ce font les Théologiens qui doivent
donner aux autres Sujets l'exemple du respect
& de la foumiffion.
Nous voyons cependant avec douleur quel.
qu'un des nôtres s'en difpenfer fous des pré-.
textes les plus frivoles , & donner au contraire
Le fcandale de la résistance la plus marquée,
ils craignent , difent-ils , de donner atteinte
aux Droitsfacrez de la Couronne , mais en
effet c'est l'attachement qu'ils ont aux erreurs
tant de fois profcrites. Ces Droitsfacrez conrent-
ils quelques rifques , MONSEIGNEUR,
quand ils font fous votre garde ? C'est pour
faire revenir ces Docteurs de leur prévention
fi peu digne de Théologiens Ortodoxes , que
la Faculté de Théologie a dreffé les Actes que
nous avons l'honneur de vous préſenter.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
La lettre est adressée à Monseigneur le Garde des Sceaux et présente un décret de la Faculté de Théologie. Les auteurs soulignent leur obéissance aux lois de l'Église et de l'État et espèrent l'approbation de Monseigneur. Ils affirment que le roi est le seul législateur du royaume, mais que Monseigneur confère l'autorité aux lois. Les théologiens doivent montrer l'exemple du respect et de la soumission. Cependant, un membre de la communauté refuse cette obligation, créant un scandale de résistance. Ce théologien invoque des prétextes frivoles et prétend protéger les droits sacrés de la Couronne, mais est en réalité attaché à des erreurs souvent condamnées. Pour remédier à cette situation, la Faculté de Théologie a rédigé des actes présentés à Monseigneur afin de faire revenir ces docteurs de leurs préventions.
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452
p. 1238-1239
Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 5. de ce mois, l'Ouverture solemnelle de l'Assemblée generale du Clergé [...]
Mots clefs :
Assemblée générale, Clergé, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Le So de ce mois , l'Ouverture folemelle
de l'Affemblée generale du Clergé
de France fe fit avec les ceremonies ac
coûtumées dans l'Eglife des Grands Auguftins
, par la Meffe du S. Efprit , à la➡
quelle les Prélats & les autres Députez qui
compofent l'Affemblée , communierent.
L'Archevêque de Paris y officia pontificalement
, & l'Evêque de Nîmes y prê
cha avec beaucoup d'éloquence.
L'Affemblée generale du Clergé , après
avoir élû pour Préfidents l'Archevêque
de Paris , l'Archevêque de Sens , l'Àrchevêque
de Rouen , l'Evêque de S. Pol
de Leon , l'Evêque de Marfeille & l'Evêque
de Nîmes , l'Abbé de Maugiron
pour Promoteur, & l'Abbé de Valras pour
Secretaire , a choifi pour Premier Préfi
dent le Cardinal de Fleury, Miniftre d'E
ZORJUIN
. 1730.
1119
tat , & l'Affemblée lui a député pour le
prier d'accepter ce choix.
Le 7. Juin les Prélats & les autres
Députez qui compofent l'Affemblée generale
du Clergé , allerent à Verſailles ren
dre leurs refpects au Roi .Ils s'affemblerent
dans laSale du Château qui leur eſt deſtinée
dans ces occafions , & le Comte de Mau
repas , Secretaire d'Etat , étant venu les
prendre pour les prefenter au Roi , ils
furent conduits à l'Audience de S. M. par
le Marquis de Dreux , Grand- Maître des
Ceremonies , & par M. Defgranges , Maître
des Ceremonies , avec les honneurs
qui fe rendent au Clergé lorfqu'il eft en
Corps , les Gardes du Corps étant dans
leur Sale en haye , & fous les armes , &
les deux Batans des Portes étant ouverts,
Le Cardinal de Fleuri , Premier Préfident
de l'Affemblée , alla ſe joindre aux Députés
dans la Sale où ils étoient affemblés,
& il marcha avec eux à la droite des Archevêques
de Paris & de Sens. L'Archevêque
de Paris complimenta le Roi par
un Difcours très éloquent , après lequel
le Cardinal de Fleuri préfenta à S. M. chaque
Député en particulier. Enfuite les
mêmes Deputés ayant le Cardinal de
Fleuri à leur tête , curent l'honneur de
complimenter la Reine & Monfeigneur
le Dauphin. L'Archevêque de Paris qui
fir les trois Harangues parla en ces termes.
de l'Affemblée generale du Clergé
de France fe fit avec les ceremonies ac
coûtumées dans l'Eglife des Grands Auguftins
, par la Meffe du S. Efprit , à la➡
quelle les Prélats & les autres Députez qui
compofent l'Affemblée , communierent.
L'Archevêque de Paris y officia pontificalement
, & l'Evêque de Nîmes y prê
cha avec beaucoup d'éloquence.
L'Affemblée generale du Clergé , après
avoir élû pour Préfidents l'Archevêque
de Paris , l'Archevêque de Sens , l'Àrchevêque
de Rouen , l'Evêque de S. Pol
de Leon , l'Evêque de Marfeille & l'Evêque
de Nîmes , l'Abbé de Maugiron
pour Promoteur, & l'Abbé de Valras pour
Secretaire , a choifi pour Premier Préfi
dent le Cardinal de Fleury, Miniftre d'E
ZORJUIN
. 1730.
1119
tat , & l'Affemblée lui a député pour le
prier d'accepter ce choix.
Le 7. Juin les Prélats & les autres
Députez qui compofent l'Affemblée generale
du Clergé , allerent à Verſailles ren
dre leurs refpects au Roi .Ils s'affemblerent
dans laSale du Château qui leur eſt deſtinée
dans ces occafions , & le Comte de Mau
repas , Secretaire d'Etat , étant venu les
prendre pour les prefenter au Roi , ils
furent conduits à l'Audience de S. M. par
le Marquis de Dreux , Grand- Maître des
Ceremonies , & par M. Defgranges , Maître
des Ceremonies , avec les honneurs
qui fe rendent au Clergé lorfqu'il eft en
Corps , les Gardes du Corps étant dans
leur Sale en haye , & fous les armes , &
les deux Batans des Portes étant ouverts,
Le Cardinal de Fleuri , Premier Préfident
de l'Affemblée , alla ſe joindre aux Députés
dans la Sale où ils étoient affemblés,
& il marcha avec eux à la droite des Archevêques
de Paris & de Sens. L'Archevêque
de Paris complimenta le Roi par
un Difcours très éloquent , après lequel
le Cardinal de Fleuri préfenta à S. M. chaque
Député en particulier. Enfuite les
mêmes Deputés ayant le Cardinal de
Fleuri à leur tête , curent l'honneur de
complimenter la Reine & Monfeigneur
le Dauphin. L'Archevêque de Paris qui
fir les trois Harangues parla en ces termes.
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Résumé : Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Le 1er juin 1730, l'Assemblée générale du Clergé de France a été ouverte solennellement à l'église des Grands Augustins. Les prélats et députés ont communié lors de la messe du Saint-Esprit, célébrée par l'archevêque de Paris. L'évêque de Nîmes a prononcé un sermon. Plusieurs prélats ont été élus présidents, dont le cardinal de Fleury, ministre d'État, choisi comme premier président. Le 7 juin, les prélats et députés se sont rendus à Versailles pour rendre hommage au roi, accompagnés par le comte de Maurepas et le marquis de Dreux. Ils ont été reçus avec les honneurs dus au clergé. L'archevêque de Paris a adressé un discours au roi, suivi par la présentation des députés par le cardinal de Fleury. Les députés ont également salué la reine et le dauphin.
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453
p. 1240-1241
AU ROY.
Début :
SIRE, Le Clergé de votre Royaume assemblé par vos Ordres, vient avec empressement rendre [...]
Mots clefs :
Clergé, Roi
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texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
AURO Y.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
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Résumé : AU ROY.
Dans une lettre datée de juin 1730, le clergé du royaume adresse au souverain des expressions de respect et de fidélité, motivées par des obligations religieuses et morales. Ils soulignent que le roi incarne des valeurs de respect et de protection de la religion, ce qui les pousse à lui être reconnaissants et loyaux. Le clergé s'engage à utiliser tous les moyens nécessaires pour apaiser les troubles affectant l'Église et à inspirer un esprit de docilité et de soumission parmi les fidèles. Ils promettent également de prier pour la conservation de la personne sacrée du roi, considérant cela comme un de leurs principaux devoirs.
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454
p. 1241-1242
A LA REINE.
Début :
MADAME, Ce n'est pas moins par les mouvemens du coeur que par devoir, que le Clergé du Royaume [...]
Mots clefs :
Clergé, Reine
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texteReconnaissance textuelle : A LA REINE.
A LA REINE;
MADAME,
Ce n'est pas moins parles mouvemens du
coeur que par devoir , que le Clergé du Royaume
vient rendre fes profonds refpects à une
Augufte Reine , que fes vertus ont élevée
fur le Trône , & dont la plus grande éléva- .
tion n'a fervi qu'à faire éclater fa Religion
&Sa Foy.
Quelle confolation pour les Miniftres de
JESUS-CHRIST , de trouver dans VOTRE
MAJESTE' le modèle des fentimens qu'ils
défirent d'inspirer à tous les Fidéles , & de
n'avoir , pourformer de vrais Chrétiens ,
qu'à fouhaiter qu'ils vous imitent.
Nousjouiffons déja , MADAME, des
fruits de votre piété , par l'heureuſe fécondité
I. Vol.
dont
3242 MERCURE DE FRANCE.
dont il a plû à Dieu de favorifer VOTRE
MAJESTE' , & par la naissance d'un Dauphin
fi défiré de toute la Nation , qu'il a
bien voulu accorder à la ferveur de vos
prieres.
Que nous refte-t-il à demander encore ,finon
que le Seigneur daigne nous conferver les
dons qu'il nous a faits , que ce Prince puiſſe
pendant long-tems profiter de vos exemples ,
apprendrefous le Roy fon Pere , à gouverner
avec fageffe ; & que le Ciel , qui protége
d'une manière fi visible ce grand Royaume
continue de verfer fes bénédictions fur Vo-
TRE MAJEST E' , en lui donnant enco☛
re des Princes , qui assurent pour toujours le
repos & le bonheur de la France ?
MADAME,
Ce n'est pas moins parles mouvemens du
coeur que par devoir , que le Clergé du Royaume
vient rendre fes profonds refpects à une
Augufte Reine , que fes vertus ont élevée
fur le Trône , & dont la plus grande éléva- .
tion n'a fervi qu'à faire éclater fa Religion
&Sa Foy.
Quelle confolation pour les Miniftres de
JESUS-CHRIST , de trouver dans VOTRE
MAJESTE' le modèle des fentimens qu'ils
défirent d'inspirer à tous les Fidéles , & de
n'avoir , pourformer de vrais Chrétiens ,
qu'à fouhaiter qu'ils vous imitent.
Nousjouiffons déja , MADAME, des
fruits de votre piété , par l'heureuſe fécondité
I. Vol.
dont
3242 MERCURE DE FRANCE.
dont il a plû à Dieu de favorifer VOTRE
MAJESTE' , & par la naissance d'un Dauphin
fi défiré de toute la Nation , qu'il a
bien voulu accorder à la ferveur de vos
prieres.
Que nous refte-t-il à demander encore ,finon
que le Seigneur daigne nous conferver les
dons qu'il nous a faits , que ce Prince puiſſe
pendant long-tems profiter de vos exemples ,
apprendrefous le Roy fon Pere , à gouverner
avec fageffe ; & que le Ciel , qui protége
d'une manière fi visible ce grand Royaume
continue de verfer fes bénédictions fur Vo-
TRE MAJEST E' , en lui donnant enco☛
re des Princes , qui assurent pour toujours le
repos & le bonheur de la France ?
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Résumé : A LA REINE.
Le Clergé du Royaume adresse une lettre à une reine, exprimant respect et admiration pour ses vertus, qui ont conduit à son élévation sur le trône et à la promotion de la religion et de la foi. La reine incarne les sentiments que les ministres de Jésus-Christ souhaitent inspirer à tous les fidèles. Le Clergé exprime sa joie face à la fécondité de la reine et à la naissance d'un dauphin, désiré par toute la nation et considéré comme une réponse aux prières de la reine. Ils prient pour que Dieu conserve ces dons, que le dauphin apprenne à gouverner sagement en suivant l'exemple de son père, et que le royaume continue de recevoir les bénédictions divines. Ils espèrent également la naissance de futurs princes pour assurer le repos et le bonheur de la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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455
p. 1359-1362
LOGOGRIPHE.
Début :
Je puis, quoique Latin, passer pour francisé, [...]
Mots clefs :
Orémus
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGO GRIP HE.
JE puis,quoique Latin, paffer pour francifé ;
Puifqu'en ftile François l'on me met en uſage ,
Mais fi mon corps en deux eft divifé ,
Deux mots vraiment Latins font alors mon par
tage ;
L'un défigne un endroit inférieur aux yeux ,
II. Vol. Eij Et .
1360 MERCURE DE FRANCE
AS
Et l'autre un animal vil , abject , odieux ;
Mais laiffons le Latin , parlons Langue connue.
Regardez moi dans mon entier ;
Si vous ôtez mon chef , je vous expoſe en vûë
Le frere d'un Romain , Prince & fameux Guerrier
,
Dont l'Hiftoire eft fi merveilleufe
Qu'elle peut bien paffer pour fabuleuſe.
Remettez ma tête en fon lieu ,
Et ne laiffez auprés que ma feconde Lettre
Tout mortel me doit un aveu
Des defirs qu'en lui je fais naître.
Etes-vous curieux de mes varietés
Vous aurez du fil à retordre.
Remettez mon tout en fon ordre ;
Puis joignez fans rien plus mes deux extremités
Je fuis un mets pour certaine mâchoire
Renvoyez mon membre dernier
Du quatre faites le premier ,
Et pour ajufter ce grimoire ,
← Mettez le trois au quatrième rang ,
Que ce foit tout ; alors je differe du blanc.
Voulez-vous me donner une nouvelle face
Sans déroger à l'ordre , où me voici :
Prenez ma penultiéme , & qu'en ladite place
Elle foit inftallée ici,
Je fuis chez les humains une forte d'ordure ;
Chez certains animaux un mal très - dangereux ,
Prife differemment , poiffon bon en faumure ,
II. Vol.
JUIN. 1730 . 1361
Si l'on me mange frais , encor plus favoureux
En cet état , fi vous ôtez mon ventre ,
Ou la Lettre qui fait directement mon centre ,
J'affecte une grimace ou bien un air boudeux;
Mais j'ai tant de Métamorphofes ,
Que ce feroit un penible travail
D'en continuer le détail.
Par chiffre , à moins de frais , j'indiquerai les
chofes
Que renferme mon corps formé de fix morceaux;
Comptez , tournez , virez , voici mes numeros :
Deux , un , quatre & puis trois , j'offre une Ville.
antique ;
Quatre , trois , deux , un terrible élement ;
Deux , trois , je tiens mon coin dans la Mufique;"
Cinq , trois & deux , je vais rampant ;
Deux , cinq , fix , trois tour fubtil ou d'adreffe
;
Quatre , cinq , fix & trois , j'ai droit fur le Permeffe
;
Six , trois & quatre , on voit un des fils de Noë
Un & deux , quatre & trois , Arbre d'un grand
ufage ,
Et qui par fon touffu branchage
Aidoit aux doux propos de Daphnis & Cloč.
Deux , cinq & trois , plante odoriferante ,
Qui dans la Médecine a plus d'une vertu ,
Ou dans un autre fens , chemin libre & battu ;
Cinq , trois , deux , fix
qu'on chante ,
foit qu'on parle ou'
H. Vol.
Quand iij
1362 MERCURE DE FRANCE
Quand je fuis bon , je plais également ;
Deux & cinq,quatre & trois ,maladie,& fréquente,
Quatre , cinq , deux & trois , fruit de couleur
tachante ,
Qui du mal précedent adoucit le tourment.
Six , cinq , trois , deux , acte de canicule
( Soit dit pour éluder un plus long préambule ).
Deux , un , fix , trois , je deviens une fleur
Suave à l'odorat , & brillante en couleur ;
Deux , un, cinq , trois , voyez une autre ef
pece ,
Je fuis le marchepied d'une aveugle Déeſſe.
Quatre , un , deux , fix , je ne fers qu'au Che
val ;
Quatre , cinq , deux , je fuis formé par la truelle:
Un , cinq , deux , fix , un féroce animal § .
Joignez y trois , vous verrez fa femelle
Et grace au Ciel , la fin de cette kirielle.
JE puis,quoique Latin, paffer pour francifé ;
Puifqu'en ftile François l'on me met en uſage ,
Mais fi mon corps en deux eft divifé ,
Deux mots vraiment Latins font alors mon par
tage ;
L'un défigne un endroit inférieur aux yeux ,
II. Vol. Eij Et .
1360 MERCURE DE FRANCE
AS
Et l'autre un animal vil , abject , odieux ;
Mais laiffons le Latin , parlons Langue connue.
Regardez moi dans mon entier ;
Si vous ôtez mon chef , je vous expoſe en vûë
Le frere d'un Romain , Prince & fameux Guerrier
,
Dont l'Hiftoire eft fi merveilleufe
Qu'elle peut bien paffer pour fabuleuſe.
Remettez ma tête en fon lieu ,
Et ne laiffez auprés que ma feconde Lettre
Tout mortel me doit un aveu
Des defirs qu'en lui je fais naître.
Etes-vous curieux de mes varietés
Vous aurez du fil à retordre.
Remettez mon tout en fon ordre ;
Puis joignez fans rien plus mes deux extremités
Je fuis un mets pour certaine mâchoire
Renvoyez mon membre dernier
Du quatre faites le premier ,
Et pour ajufter ce grimoire ,
← Mettez le trois au quatrième rang ,
Que ce foit tout ; alors je differe du blanc.
Voulez-vous me donner une nouvelle face
Sans déroger à l'ordre , où me voici :
Prenez ma penultiéme , & qu'en ladite place
Elle foit inftallée ici,
Je fuis chez les humains une forte d'ordure ;
Chez certains animaux un mal très - dangereux ,
Prife differemment , poiffon bon en faumure ,
II. Vol.
JUIN. 1730 . 1361
Si l'on me mange frais , encor plus favoureux
En cet état , fi vous ôtez mon ventre ,
Ou la Lettre qui fait directement mon centre ,
J'affecte une grimace ou bien un air boudeux;
Mais j'ai tant de Métamorphofes ,
Que ce feroit un penible travail
D'en continuer le détail.
Par chiffre , à moins de frais , j'indiquerai les
chofes
Que renferme mon corps formé de fix morceaux;
Comptez , tournez , virez , voici mes numeros :
Deux , un , quatre & puis trois , j'offre une Ville.
antique ;
Quatre , trois , deux , un terrible élement ;
Deux , trois , je tiens mon coin dans la Mufique;"
Cinq , trois & deux , je vais rampant ;
Deux , cinq , fix , trois tour fubtil ou d'adreffe
;
Quatre , cinq , fix & trois , j'ai droit fur le Permeffe
;
Six , trois & quatre , on voit un des fils de Noë
Un & deux , quatre & trois , Arbre d'un grand
ufage ,
Et qui par fon touffu branchage
Aidoit aux doux propos de Daphnis & Cloč.
Deux , cinq & trois , plante odoriferante ,
Qui dans la Médecine a plus d'une vertu ,
Ou dans un autre fens , chemin libre & battu ;
Cinq , trois , deux , fix
qu'on chante ,
foit qu'on parle ou'
H. Vol.
Quand iij
1362 MERCURE DE FRANCE
Quand je fuis bon , je plais également ;
Deux & cinq,quatre & trois ,maladie,& fréquente,
Quatre , cinq , deux & trois , fruit de couleur
tachante ,
Qui du mal précedent adoucit le tourment.
Six , cinq , trois , deux , acte de canicule
( Soit dit pour éluder un plus long préambule ).
Deux , un , fix , trois , je deviens une fleur
Suave à l'odorat , & brillante en couleur ;
Deux , un, cinq , trois , voyez une autre ef
pece ,
Je fuis le marchepied d'une aveugle Déeſſe.
Quatre , un , deux , fix , je ne fers qu'au Che
val ;
Quatre , cinq , deux , je fuis formé par la truelle:
Un , cinq , deux , fix , un féroce animal § .
Joignez y trois , vous verrez fa femelle
Et grace au Ciel , la fin de cette kirielle.
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456
p. 1395-1398
Panegyrique de S. Jean-Baptiste, par l'Abbé Seguy, [titre d'après la table]
Début :
L'Abbé Ségui prêcha à Sceaux le 24 de ce mois, le Panegyrique de S. Jean-Baptiste [...]
Mots clefs :
Panégyrique, Saint Jean Baptiste, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Panegyrique de S. Jean-Baptiste, par l'Abbé Seguy, [titre d'après la table]
L'Abbé Ségui prêcha à Sceaux le 24 de
ce mois , le Panegyrique de S. Jean- Baptifte
, devant leurs A. S. Monfeigneur le
Duc du Maine & Madame la Ducheffe
du Maine . Nous aurions fouhaité pouvoir
donner l'Extrait de fon Difcours &
de celui qu'il avoit fait quelque temps
II. Vol. aupa1396
MERCURE DE FRANCE
·
auparavant fur une Profeffion Religieufe
; mais tout ce que nous avons pû obtenir
de lui , c'eft de mettre icy ce qu'il dit
fur la fin de fa premiere Partie du Panegyrique
de S. Jean , à la louange de S.A.S.
M. la Ducheffe du Maine , de Monfeigneur
le Duc du Maine & de Mademoi
felle du Maine..... Notre vie répondt-
elle aux vûës de celui qui nous a confié
cette forte de Miniftere & par nos
moeurs , nos difcours , nos exemples ;
rendons - nous à notre maniere , après
Jean Baptifte , quelque témoignage à
Jefus Chrift ? car c'eft ,mes freres, en être
vraiment le Prédicateur que d'en être lè
vrai difciple. N'alléguons point vainement
les féductions du fiecle & les trop
grandes difficultez de la vertu . Ćes
Grands du monde , ces Dieux de la terre ,
ou qui du moins le feroient s'ils n'étoient
mortels,bien plus expofez que nous, fans
doute , ne font pas plus difpenfez que
nous de ce devoir , & il en eft neanmoins ,
malgré la foule qui s'égare & les dangers
toujours plus grands au milieu des
humaines grandeurs , il en eft encore qui
fçavent rendre à J.C. le témoignage dont
je parle. Religion fainte qui les conduifez
, vous nous en faites voir icy deux
grands exemples . Un Prince aufli digne
de vos éloges qu'il l'a été de bonne heu-
II. Vol. re
JUIN. 1730 1397
re de l'amour des peuples & de l'eftime
de ce grand Roy dont la mémoire faira à
jamais honneur à la Royauté. Un Prince
à qui le Dieu qu'il adore a ménagé des
traits également éclatans de moderation
& de conftance ; un Prince en qui fe trouvent
tout à la fois les qualitez du Prince
& les lumieres du Sage , & la perfection
de l'honnête homme & les fentimens du
Heros , & la piété du chrétien qui confacre
toutes ces vertus ; piété conftante que
rien ne peut alterer dans fon efprit ni
déranger dans fes pratiques. Une Princef
fe,l'admiration des deux Sexes , & l'honneur
du fien , qui édifie par la fincerité
de fa Religion ceux qu'elle étonne par la
fupériorité de fon génie, pénétrant,beau,
jufte , facile , étendu jufqu'au prodige ;
une Princeffe qui joignant aux profon
deurs des Sciences qu'elle fubftitue à un
dangereux loifir , les plus vifs agrémens
que la fageffe peut avouer , ne fent de
toutes les veritez qu'elle a pénétrées , ne
fent rien tant que la vérité de la foy ,
n'aime rien tant qu'à la mettre en évidence
aux yeux des autres , n'admet à fa
Cour l'efprit même qu'à la recomman
dation de la vertu , & de la vertu fondée
fur le Chriftianifme ; heureufe de voir le
fruit fenfible de fes exemples dans cette
II. Vol. jeune
1398 MERCURE DE FRANCÉ
jeune Princeffe ( a ) qui la paye fi bien
de l'éducation précieufe qu'elle en reçut ,
enforte qu'on demande ce qu'elle a en
un dégré plus éminent des charmes de
l'efprit , des graces , ou des fentimens de
Religion. Ainfi fçait - on , quand on le veut ,
efficacement rendre témoignage à J.C. au
milieu des dangers attachez à la grandeur .
ce mois , le Panegyrique de S. Jean- Baptifte
, devant leurs A. S. Monfeigneur le
Duc du Maine & Madame la Ducheffe
du Maine . Nous aurions fouhaité pouvoir
donner l'Extrait de fon Difcours &
de celui qu'il avoit fait quelque temps
II. Vol. aupa1396
MERCURE DE FRANCE
·
auparavant fur une Profeffion Religieufe
; mais tout ce que nous avons pû obtenir
de lui , c'eft de mettre icy ce qu'il dit
fur la fin de fa premiere Partie du Panegyrique
de S. Jean , à la louange de S.A.S.
M. la Ducheffe du Maine , de Monfeigneur
le Duc du Maine & de Mademoi
felle du Maine..... Notre vie répondt-
elle aux vûës de celui qui nous a confié
cette forte de Miniftere & par nos
moeurs , nos difcours , nos exemples ;
rendons - nous à notre maniere , après
Jean Baptifte , quelque témoignage à
Jefus Chrift ? car c'eft ,mes freres, en être
vraiment le Prédicateur que d'en être lè
vrai difciple. N'alléguons point vainement
les féductions du fiecle & les trop
grandes difficultez de la vertu . Ćes
Grands du monde , ces Dieux de la terre ,
ou qui du moins le feroient s'ils n'étoient
mortels,bien plus expofez que nous, fans
doute , ne font pas plus difpenfez que
nous de ce devoir , & il en eft neanmoins ,
malgré la foule qui s'égare & les dangers
toujours plus grands au milieu des
humaines grandeurs , il en eft encore qui
fçavent rendre à J.C. le témoignage dont
je parle. Religion fainte qui les conduifez
, vous nous en faites voir icy deux
grands exemples . Un Prince aufli digne
de vos éloges qu'il l'a été de bonne heu-
II. Vol. re
JUIN. 1730 1397
re de l'amour des peuples & de l'eftime
de ce grand Roy dont la mémoire faira à
jamais honneur à la Royauté. Un Prince
à qui le Dieu qu'il adore a ménagé des
traits également éclatans de moderation
& de conftance ; un Prince en qui fe trouvent
tout à la fois les qualitez du Prince
& les lumieres du Sage , & la perfection
de l'honnête homme & les fentimens du
Heros , & la piété du chrétien qui confacre
toutes ces vertus ; piété conftante que
rien ne peut alterer dans fon efprit ni
déranger dans fes pratiques. Une Princef
fe,l'admiration des deux Sexes , & l'honneur
du fien , qui édifie par la fincerité
de fa Religion ceux qu'elle étonne par la
fupériorité de fon génie, pénétrant,beau,
jufte , facile , étendu jufqu'au prodige ;
une Princeffe qui joignant aux profon
deurs des Sciences qu'elle fubftitue à un
dangereux loifir , les plus vifs agrémens
que la fageffe peut avouer , ne fent de
toutes les veritez qu'elle a pénétrées , ne
fent rien tant que la vérité de la foy ,
n'aime rien tant qu'à la mettre en évidence
aux yeux des autres , n'admet à fa
Cour l'efprit même qu'à la recomman
dation de la vertu , & de la vertu fondée
fur le Chriftianifme ; heureufe de voir le
fruit fenfible de fes exemples dans cette
II. Vol. jeune
1398 MERCURE DE FRANCÉ
jeune Princeffe ( a ) qui la paye fi bien
de l'éducation précieufe qu'elle en reçut ,
enforte qu'on demande ce qu'elle a en
un dégré plus éminent des charmes de
l'efprit , des graces , ou des fentimens de
Religion. Ainfi fçait - on , quand on le veut ,
efficacement rendre témoignage à J.C. au
milieu des dangers attachez à la grandeur .
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Résumé : Panegyrique de S. Jean-Baptiste, par l'Abbé Seguy, [titre d'après la table]
Le 24 juin 1730, l'Abbé Ségui a prononcé un sermon à Sceaux en présence du Duc et de la Duchesse du Maine. L'Abbé Ségui avait déjà prêché sur la profession religieuse. Le texte mentionne un projet de publication d'extraits de ses discours, mais seul un passage final du panégyrique de Saint Jean-Baptiste est fourni. Ce passage encourage les auditeurs à vivre selon les vues de Dieu et à témoigner de leur foi en Jésus-Christ malgré les difficultés et les tentations du monde. L'Abbé Ségui cite les exemples du Duc et de la Duchesse du Maine, soulignant leurs vertus chrétiennes et leur piété constante. La Duchesse est particulièrement louée pour son intelligence, sa sagesse et son engagement envers la foi chrétienne, ainsi que pour son influence positive sur la jeune princesse qu'elle éduque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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457
p. 1447-1453
ITALIE.
Début :
Les Cardinaux Chefs d'Ordre ayant appris que les Bandits dont on a déja parlé, étoient venus [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Chefs, Troupes, Sacre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
"
Es Cardinaux Chefs d'Ordre ayant appris que
les Bandits dont on a déja parlé , étoient ve
nus piller des maifons de Campagne prefqu'aux
portes de Rome >ont donné des ordres au Gouverneur
de cette Ville , en vertu defquels il a fair
publier une Ordonnance par laquelle il recom
mande l'execution de la Bulle de Sixte V. qui
donne pouvoir aux Communes & à tout Particu
lier domicilié , de les tuer par tout où ils les trou
veront , promettant de plus 500 écus de recompenfe
à quiconque livrera vivant un de ces Bandits
à la Juftice , & 200 écus pour, chacun de
ceux qui auront été tués . Qutre ces ordres on
vient de faire partir encore deux détachemens de
Soldats , avec des Juges , des Greffiers , des Sbir
res & des Executeurs pour juger ces Voleurs &
les punir auffi- tôt qu'ils auront été arrêtés .
t
On a appris depuis que les Stirres envoyez contre
ces Bandits , en ont tué un auprès de Sabine ,
mais il y a conteftation entr'eux au fujet de la
recompenfe promife pour la mort de ce fcelerat,
plufieurs prétendant avoir tiré le coup qui l'a tué.
Le Cardinal Cibo ayant eu encore une foibleffe
depuis fa derniere faignée , fortit du Conclave le
4 Juin.
Le 8 Juin , la Proceffion folemnelle du S. Sa
11. Vol. crement
1448 MERCURE DE FRANCE
creinent , où tout le Clergé feculier & regulier
affifte , lorfqu'il y a un Pape, ne fe fit pas à caufe
du differend du Cardinal Camerlingue & du Cardinal
- Vicaire, mais on en fit de particulieres dans
les Eglifes de S. Jean de Latran , de S. Pierre du
Vatican , de S. Paul hors des murs , & de Sainte
Marie majeure. Le Cardinal Barberin porta lo
S. Sacrement à la Chapelle Pauline , où il de
meura expofé pendant le Scrutin , après lequel ce
Cardinal donna la Benediction.
Le même jour , on iéçut avis de Norcia que le
refte des maifons & des murailles de certe Ville
infortunée , qui étoient encore fur pied , avoient
été renversées le 28 Mai par une troifiéme fecouffe
de tremblement de terre,& qu'il étoit forti
en differens endroits de la Ville plufieurs fources
d'une eau fort claire , mais e pente quatité .
On mande de Leoniffe , petite Ville dans l'A
bruffe , fur les frontieres de l'Ombrie , que le 12
on y avoit effuyé un ouragan des plus terribles ,
lequel avoit été fuivi d'un tremblement de terre
qui avoit renversé plus de la moitié des maiſons
de la Ville , dont plus de 300 habitans avoient été
enfevelis fous les ruines . On a auffi fenti à Caffia
dans l'Ombrie plufieurs fecouffes de tremblement
de terre , mais qui n'ont caufé ucun dommage .
les
Le 13 Juin , Fête de S. Antoine de Padoue ,
Cardinaux Chefs d'Ordres firent dire cent Meffes
dans differentes Eglifes ,pour demander à Dieu de
nouvelles graces pour la prompte Election d'un
Pape.
Les Cardinaux ayant reflechi que c'étoit une
grande incommodité pour leurs Officiers & leurs
Domestiques de venir tous les jours en cortege au
Tour du Conclave , pour accompagner les vivres
& les provifions neceffaires pour chaque Cardi-.
nal , ont tenu unè Congregation particuliere
11. Voly dans
JUIN 1730. 1449
dans laquelle il a été réfolu qu'à l'avenir il fuffiroit
d'envoyer un fourgon accompagné d'un
Chapelain , d'un Gentilhomme , de deux Valets
de Chambre , & de quatre Eftafiers : les Cardinaux
Colonne , Alexandre Albani Lercari
Porzia , Querini ; Gotti & Senzendorf , fe font
déja conformés à cette réfolution , malgré l'oppofition
du Cardinal Pignatelli , Doyen du Sacré
·College , & de quelques autres Cardinaux qui
n'ont voulu rien changer à l'ancien ufage.
Les chaleurs commençant à devenir exceffives ,
la plupart des Cardinaux dont les Cellules font
du côté de la Boulangerie , en ont fait abbatre le
mur pour avoir plus d'air.
Le 14 du même mois , le Cardinal Corradini
eut trente voix au Scrutin du matin , ce qui fit
croire qu'il pourroit être élu Pape l'aprés midi
mais il n'en eut que 28 à l'accès depuis ce jour
il ne s'eft rien paffé au Conclave qui puiffe faire
croire que l'Election du Pape foit prochaine."
M. Santini eft arrivé dans le deffein de fe mettre
en poffeffion du grand Prieuré de Rome , auquel
le grand Maître de Malte l'a nommé , & dont le
facré College a difpofé en faveur du fecond fils
du Chevalier de S. Georges. On croit cependant
qu'on le déterminera à donner fa démiffion
moyennant une penfion.
Sur la fin du mois dernier ,il arriva un Courrier
avec des dépêches pour le Cardinal Cienfuegos, &
le bruit fe répandit auffi - tôt que l'Empereur ne
S'oppofe plus à l'Election des Cardinaux Tofcans
qui pourroient être propofez dans le Conclave.
Les Cardinaux Chefs - d'Ordre envoyerent ordre
au commencement de ce mois à M. Bondelmonte
, Vicaire Apoftolique de Benevent, de faire
fortir des prifons l'Archiprêtre de Sainte Luce
qu'il avoit fait mettre aux fers , parce qu'il lui
I I. Vola
avoir
1450 MERCURE DE FRANCE
avoit fait fignifier d'une maniere peu reſpectu eu fe
une proteftation de M. Targa , Grand - Vicaire de
la même Ville , contre toutes les procedures qu'il
avoit faites jufqu'à prefent , laquelle proteftation
étoit fondée fur le refus que ce Vicaire Apoftolique
avoit fait de rendre fa commiffion publique,
mais comme il a craint que d'autres particuliers
ne fe ferviffent du même prétexte pour defobéir
à fes ordres , il a fait publier cetic commiffion
avec les Lettres Patentes du Sacré College ; après
quoi il a fait fermer une des portes de la Ville &
renforcer les Corps de gardes de celles qui font
ouvertes , pour prévenir la fuite de quelques perfonnes
accufées de malverfations qu'il a ordre de
faire punir. On a appris depuis que les Ecclefiaftiques
de Benevent attachés au Cardinal Coſcia`,
ayant envoyé au Sacré College un Memoire dans
lequel ils établiffoient la neceffité de leur conferer
les Ordres Sacrés , à caufe qu'ils ne pouvoient
deffervir les Benefices aufquels ils ont été nommés
, les Cardinaux Chefs d'Ordres ont écrit à
M. Cofcia , Evêque Titulaire de Targa , qui s'étoit
retiré dans le Royaume de Naples , pour l'engager
à venir faire cette ordination ; & ce Prélat
s'étant rendu pour cela à Benevent , il y a vû M.
Bondelmonte , qui lui a rendu fa vifite. Ce Commiflaire
Apoftolique du Diocèfe avoit pris la réfolution
d'abandonner les fonctions de fa Charge
& de retourner chez lui à caufe des ordres qu'il
avoit reçûs de remettre en liberté l'Archiprêtre de
Sainte Lucie , prétendant que c'étoit condamner
fa conduite que de lui donner de pareils ordres ;
mais il s'eſt déterminé à demeurer à Benevent de
puis que le Sacré College lui a écrit une Lettre
en forme de Decret , par laquelle il approuve &
confirme tout ce que cet Ecclefiaftique a fait juf
qu'à prefent dans le Diocèle de Benevent.
II. Vol. On
JUI N. 1730. 1451
On a reçû avis de Lisbonne que le Roi ayant
deffein de faire conduire dans cette Ville l'eau
d'une fource qui eft dans les Montagnes voifines,
pour la commodité des Habitans , & ne le pou
vant faire fans une dépenfe extraordinaire ' , ilavoit
réfolu de lever une taxe fur les Ecclefiaftiques
de fon Royaume pour l'aider à faire les frais
de cette entreprife ; mais que le Patriarche dé
Lisbonne s'étoit oppofé à l'execution de ce projet
, prétendant que S. M. Port . ne pouvoit lever
aucune impofition fur les revenus du Clergé de
fes Etats fans l'aveu du Pape , & qu'il falloit attendre
qu'il y en eut un d'élu. On craint que ce
nouvel incident ne retarde Paccommodement
qui fe negocioit avec le Sacré College par un Jefuite
qui eft l'Agent fecret du Roi de Portugal.
Les Dominicains de Venife ont obtenu un Ordre
du Sacré College pour fe faire rendre par les
Chanoines de Benevent un Calice d'or , garni de
pierres précieufes , dont M, Farfetti , Archevêque
de Ravenne avoit fait prefent au feu Pape
lorfqu'il le facra à Benevent , & que $ . S. avoit
fait mettre dans le Trefor de l'Eglife Metropolitaine
, avec ordre de le donner après la mort a
ces Religieux , chez lefquels il avoit pris l'habit.
Les Dominicains de Naples fe font fait remettre
auffi la Bibliotheque de ce Pape , dont il
leur avoit fait don immediatement après fon
Election au Pontificat.
On a propofé au Senat de Milan de lever une
taxe annuelle de 9 livres par tête fur les Payfans
du Duché depuis l'âge de 20 ans jufqu'à 60 ;
mais cette propofition a été unanimement rejettée
comme trop onereufe ; on à feulement accordé
une contribution extraordinaire pour le pain , le
foin , l'avoine & le logement des Troupes Imperiales
nouvellement arrivées d'Allemagne , &
II. Vol.
qui
1452 MERCURE DE FRANCE
qui ont leurs quartiers dans le pays , où elles continuent
de commettre de grands defordres , malgré
les ordres réïterés que l'Empereur a donnez
de leur faire obſerver une exacte difcipline.
On apprend de l'Ile de Corfe , que deux détachemens
des Troupes que M. Venerofo comman
de dans l'Ifle , avoient été furpris & battus par
les
mécontens ; qu'ils continuoient de fe tenir aux
environs de la Baftia ; que plufieurs familles de
l'Ile qui jufqu'à prefent n'avoient rien fait contre
leur devoir , s'étoient rangées du côté des
Rebelles , pour prévenir le pillage de leurs Mai-.
fons ; que les Chefs qui commandent ces mutins
avoient fait dire à M. Venerofo qu'ils ne quitteroient
les armes que lorfque la Republique leur
auroit donné fatisfaction fur leurs plaintes
qu'on croyoit que les Genois feroient obligez
d'envoyer contre eux des Troupes étrangeres
n'en ayant pas fuffisamment pour les foumettre.
&
On a appris depuis que ces Montagnards ont
rejetté toutes les propofitions qui leur ont été faites
par M. Venerofo , Commiffaire de la République
de Genes , & qu'ils ont menacé d'attaquer
toutes les places , de l'ile fi dans quinze jours on
ne les fatisfait pas fur toutes les demandes dont
ils ont envoyé un Memoire à la Republique . Ce
Commiffaire a écrit au Senat pour demander
fon rappel , reprefentant qu'il lui étoit defagreable
de difputer avec des rebelles qui ne veulent
traitter que les armes à la main ; que n'étant pas
en état de les faire rentrer dans leur devoir , il
croyoit qu'il n'étoit pas de fon honneur ni de
celui de la Republique de fe compromettre plus
longtems , & qu'enfin il falloit prendre le parti
de les reduire , ou de leur accorder les conditions
qu'ils demandent , le Senat ayant élu depuis peu
M. Jean - François Gropalo pour Gouverneur
11. Vol. General
JUI N. 17.30 . 1453
General de l'Ile de Corfe, lui a donné des pleins
pouvoirs pour traiter d'un accomodement avec
ces Rebelles.
"
Es Cardinaux Chefs d'Ordre ayant appris que
les Bandits dont on a déja parlé , étoient ve
nus piller des maifons de Campagne prefqu'aux
portes de Rome >ont donné des ordres au Gouverneur
de cette Ville , en vertu defquels il a fair
publier une Ordonnance par laquelle il recom
mande l'execution de la Bulle de Sixte V. qui
donne pouvoir aux Communes & à tout Particu
lier domicilié , de les tuer par tout où ils les trou
veront , promettant de plus 500 écus de recompenfe
à quiconque livrera vivant un de ces Bandits
à la Juftice , & 200 écus pour, chacun de
ceux qui auront été tués . Qutre ces ordres on
vient de faire partir encore deux détachemens de
Soldats , avec des Juges , des Greffiers , des Sbir
res & des Executeurs pour juger ces Voleurs &
les punir auffi- tôt qu'ils auront été arrêtés .
t
On a appris depuis que les Stirres envoyez contre
ces Bandits , en ont tué un auprès de Sabine ,
mais il y a conteftation entr'eux au fujet de la
recompenfe promife pour la mort de ce fcelerat,
plufieurs prétendant avoir tiré le coup qui l'a tué.
Le Cardinal Cibo ayant eu encore une foibleffe
depuis fa derniere faignée , fortit du Conclave le
4 Juin.
Le 8 Juin , la Proceffion folemnelle du S. Sa
11. Vol. crement
1448 MERCURE DE FRANCE
creinent , où tout le Clergé feculier & regulier
affifte , lorfqu'il y a un Pape, ne fe fit pas à caufe
du differend du Cardinal Camerlingue & du Cardinal
- Vicaire, mais on en fit de particulieres dans
les Eglifes de S. Jean de Latran , de S. Pierre du
Vatican , de S. Paul hors des murs , & de Sainte
Marie majeure. Le Cardinal Barberin porta lo
S. Sacrement à la Chapelle Pauline , où il de
meura expofé pendant le Scrutin , après lequel ce
Cardinal donna la Benediction.
Le même jour , on iéçut avis de Norcia que le
refte des maifons & des murailles de certe Ville
infortunée , qui étoient encore fur pied , avoient
été renversées le 28 Mai par une troifiéme fecouffe
de tremblement de terre,& qu'il étoit forti
en differens endroits de la Ville plufieurs fources
d'une eau fort claire , mais e pente quatité .
On mande de Leoniffe , petite Ville dans l'A
bruffe , fur les frontieres de l'Ombrie , que le 12
on y avoit effuyé un ouragan des plus terribles ,
lequel avoit été fuivi d'un tremblement de terre
qui avoit renversé plus de la moitié des maiſons
de la Ville , dont plus de 300 habitans avoient été
enfevelis fous les ruines . On a auffi fenti à Caffia
dans l'Ombrie plufieurs fecouffes de tremblement
de terre , mais qui n'ont caufé ucun dommage .
les
Le 13 Juin , Fête de S. Antoine de Padoue ,
Cardinaux Chefs d'Ordres firent dire cent Meffes
dans differentes Eglifes ,pour demander à Dieu de
nouvelles graces pour la prompte Election d'un
Pape.
Les Cardinaux ayant reflechi que c'étoit une
grande incommodité pour leurs Officiers & leurs
Domestiques de venir tous les jours en cortege au
Tour du Conclave , pour accompagner les vivres
& les provifions neceffaires pour chaque Cardi-.
nal , ont tenu unè Congregation particuliere
11. Voly dans
JUIN 1730. 1449
dans laquelle il a été réfolu qu'à l'avenir il fuffiroit
d'envoyer un fourgon accompagné d'un
Chapelain , d'un Gentilhomme , de deux Valets
de Chambre , & de quatre Eftafiers : les Cardinaux
Colonne , Alexandre Albani Lercari
Porzia , Querini ; Gotti & Senzendorf , fe font
déja conformés à cette réfolution , malgré l'oppofition
du Cardinal Pignatelli , Doyen du Sacré
·College , & de quelques autres Cardinaux qui
n'ont voulu rien changer à l'ancien ufage.
Les chaleurs commençant à devenir exceffives ,
la plupart des Cardinaux dont les Cellules font
du côté de la Boulangerie , en ont fait abbatre le
mur pour avoir plus d'air.
Le 14 du même mois , le Cardinal Corradini
eut trente voix au Scrutin du matin , ce qui fit
croire qu'il pourroit être élu Pape l'aprés midi
mais il n'en eut que 28 à l'accès depuis ce jour
il ne s'eft rien paffé au Conclave qui puiffe faire
croire que l'Election du Pape foit prochaine."
M. Santini eft arrivé dans le deffein de fe mettre
en poffeffion du grand Prieuré de Rome , auquel
le grand Maître de Malte l'a nommé , & dont le
facré College a difpofé en faveur du fecond fils
du Chevalier de S. Georges. On croit cependant
qu'on le déterminera à donner fa démiffion
moyennant une penfion.
Sur la fin du mois dernier ,il arriva un Courrier
avec des dépêches pour le Cardinal Cienfuegos, &
le bruit fe répandit auffi - tôt que l'Empereur ne
S'oppofe plus à l'Election des Cardinaux Tofcans
qui pourroient être propofez dans le Conclave.
Les Cardinaux Chefs - d'Ordre envoyerent ordre
au commencement de ce mois à M. Bondelmonte
, Vicaire Apoftolique de Benevent, de faire
fortir des prifons l'Archiprêtre de Sainte Luce
qu'il avoit fait mettre aux fers , parce qu'il lui
I I. Vola
avoir
1450 MERCURE DE FRANCE
avoit fait fignifier d'une maniere peu reſpectu eu fe
une proteftation de M. Targa , Grand - Vicaire de
la même Ville , contre toutes les procedures qu'il
avoit faites jufqu'à prefent , laquelle proteftation
étoit fondée fur le refus que ce Vicaire Apoftolique
avoit fait de rendre fa commiffion publique,
mais comme il a craint que d'autres particuliers
ne fe ferviffent du même prétexte pour defobéir
à fes ordres , il a fait publier cetic commiffion
avec les Lettres Patentes du Sacré College ; après
quoi il a fait fermer une des portes de la Ville &
renforcer les Corps de gardes de celles qui font
ouvertes , pour prévenir la fuite de quelques perfonnes
accufées de malverfations qu'il a ordre de
faire punir. On a appris depuis que les Ecclefiaftiques
de Benevent attachés au Cardinal Coſcia`,
ayant envoyé au Sacré College un Memoire dans
lequel ils établiffoient la neceffité de leur conferer
les Ordres Sacrés , à caufe qu'ils ne pouvoient
deffervir les Benefices aufquels ils ont été nommés
, les Cardinaux Chefs d'Ordres ont écrit à
M. Cofcia , Evêque Titulaire de Targa , qui s'étoit
retiré dans le Royaume de Naples , pour l'engager
à venir faire cette ordination ; & ce Prélat
s'étant rendu pour cela à Benevent , il y a vû M.
Bondelmonte , qui lui a rendu fa vifite. Ce Commiflaire
Apoftolique du Diocèfe avoit pris la réfolution
d'abandonner les fonctions de fa Charge
& de retourner chez lui à caufe des ordres qu'il
avoit reçûs de remettre en liberté l'Archiprêtre de
Sainte Lucie , prétendant que c'étoit condamner
fa conduite que de lui donner de pareils ordres ;
mais il s'eſt déterminé à demeurer à Benevent de
puis que le Sacré College lui a écrit une Lettre
en forme de Decret , par laquelle il approuve &
confirme tout ce que cet Ecclefiaftique a fait juf
qu'à prefent dans le Diocèle de Benevent.
II. Vol. On
JUI N. 1730. 1451
On a reçû avis de Lisbonne que le Roi ayant
deffein de faire conduire dans cette Ville l'eau
d'une fource qui eft dans les Montagnes voifines,
pour la commodité des Habitans , & ne le pou
vant faire fans une dépenfe extraordinaire ' , ilavoit
réfolu de lever une taxe fur les Ecclefiaftiques
de fon Royaume pour l'aider à faire les frais
de cette entreprife ; mais que le Patriarche dé
Lisbonne s'étoit oppofé à l'execution de ce projet
, prétendant que S. M. Port . ne pouvoit lever
aucune impofition fur les revenus du Clergé de
fes Etats fans l'aveu du Pape , & qu'il falloit attendre
qu'il y en eut un d'élu. On craint que ce
nouvel incident ne retarde Paccommodement
qui fe negocioit avec le Sacré College par un Jefuite
qui eft l'Agent fecret du Roi de Portugal.
Les Dominicains de Venife ont obtenu un Ordre
du Sacré College pour fe faire rendre par les
Chanoines de Benevent un Calice d'or , garni de
pierres précieufes , dont M, Farfetti , Archevêque
de Ravenne avoit fait prefent au feu Pape
lorfqu'il le facra à Benevent , & que $ . S. avoit
fait mettre dans le Trefor de l'Eglife Metropolitaine
, avec ordre de le donner après la mort a
ces Religieux , chez lefquels il avoit pris l'habit.
Les Dominicains de Naples fe font fait remettre
auffi la Bibliotheque de ce Pape , dont il
leur avoit fait don immediatement après fon
Election au Pontificat.
On a propofé au Senat de Milan de lever une
taxe annuelle de 9 livres par tête fur les Payfans
du Duché depuis l'âge de 20 ans jufqu'à 60 ;
mais cette propofition a été unanimement rejettée
comme trop onereufe ; on à feulement accordé
une contribution extraordinaire pour le pain , le
foin , l'avoine & le logement des Troupes Imperiales
nouvellement arrivées d'Allemagne , &
II. Vol.
qui
1452 MERCURE DE FRANCE
qui ont leurs quartiers dans le pays , où elles continuent
de commettre de grands defordres , malgré
les ordres réïterés que l'Empereur a donnez
de leur faire obſerver une exacte difcipline.
On apprend de l'Ile de Corfe , que deux détachemens
des Troupes que M. Venerofo comman
de dans l'Ifle , avoient été furpris & battus par
les
mécontens ; qu'ils continuoient de fe tenir aux
environs de la Baftia ; que plufieurs familles de
l'Ile qui jufqu'à prefent n'avoient rien fait contre
leur devoir , s'étoient rangées du côté des
Rebelles , pour prévenir le pillage de leurs Mai-.
fons ; que les Chefs qui commandent ces mutins
avoient fait dire à M. Venerofo qu'ils ne quitteroient
les armes que lorfque la Republique leur
auroit donné fatisfaction fur leurs plaintes
qu'on croyoit que les Genois feroient obligez
d'envoyer contre eux des Troupes étrangeres
n'en ayant pas fuffisamment pour les foumettre.
&
On a appris depuis que ces Montagnards ont
rejetté toutes les propofitions qui leur ont été faites
par M. Venerofo , Commiffaire de la République
de Genes , & qu'ils ont menacé d'attaquer
toutes les places , de l'ile fi dans quinze jours on
ne les fatisfait pas fur toutes les demandes dont
ils ont envoyé un Memoire à la Republique . Ce
Commiffaire a écrit au Senat pour demander
fon rappel , reprefentant qu'il lui étoit defagreable
de difputer avec des rebelles qui ne veulent
traitter que les armes à la main ; que n'étant pas
en état de les faire rentrer dans leur devoir , il
croyoit qu'il n'étoit pas de fon honneur ni de
celui de la Republique de fe compromettre plus
longtems , & qu'enfin il falloit prendre le parti
de les reduire , ou de leur accorder les conditions
qu'ils demandent , le Senat ayant élu depuis peu
M. Jean - François Gropalo pour Gouverneur
11. Vol. General
JUI N. 17.30 . 1453
General de l'Ile de Corfe, lui a donné des pleins
pouvoirs pour traiter d'un accomodement avec
ces Rebelles.
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Résumé : ITALIE.
En juin 1730, les Cardinaux Chefs d'Ordre à Rome ont réagi aux pillages de maisons de campagne en appliquant la Bulle de Sixte V, qui autorise les particuliers à tuer les bandits et offre des récompenses pour leur capture ou leur mort. Des soldats ont été envoyés pour juger et punir les voleurs, mais des contestations sur les récompenses ont surgi après la mort d'un bandit près de Sabine. Le Cardinal Cibo a quitté le Conclave le 4 juin en raison d'une faiblesse. Le 8 juin, une procession solennelle du Saint-Sacrement n'a pas eu lieu à cause d'un différend entre le Cardinal Camerlingue et le Cardinal Vicaire, mais des processions particulières ont été organisées dans plusieurs églises. Ce même jour, des nouvelles de Norcia ont rapporté une nouvelle secousse de tremblement de terre, tandis qu'à Leonisse, un ouragan suivi d'un tremblement de terre a causé la destruction de nombreuses maisons et la mort de plus de 300 habitants. Des secousses ont également été ressenties à Cassia sans dommage majeur. Le 13 juin, les Cardinaux Chefs d'Ordre ont fait dire cent messes pour demander une élection rapide d'un Pape et ont réduit le cortège quotidien au Conclave malgré l'opposition du Cardinal Pignatelli. Les chaleurs excessives ont poussé certains Cardinaux à abattre un mur pour améliorer la ventilation. Le Cardinal Corradini a obtenu 30 voix au scrutin du 14 juin, mais n'a ensuite recueilli que 28 voix, sans perspective d'élection imminente. M. Santini est arrivé pour prendre possession du grand Prieuré de Rome, mais il est probable qu'il démissionnera en échange d'une pension. Des dépêches ont indiqué que l'Empereur ne s'opposait plus à l'élection de Cardinaux toscans. À Benevent, le Vicaire Apostolique a libéré l'Archiprêtre de Sainte-Lucie suite à une protestation, et le Cardinal Coscia est venu pour ordonner des ecclésiastiques. Le Roi du Portugal a envisagé de lever une taxe sur le clergé pour financer un projet d'eau à Lisbonne, mais le Patriarche s'y est opposé. Les Dominicains de Venise et de Naples ont récupéré des objets appartenant au feu Pape. À Milan, une proposition de taxe annuelle a été rejetée, mais une contribution extraordinaire a été accordée pour les troupes impériales. À l'île de Corse, des détachements de troupes ont été battus par des mécontents, et des familles se sont jointes aux rebelles. Les chefs rebelles ont menacé d'attaquer les places de l'île si leurs demandes n'étaient pas satisfaites. Le Sénat de Gênes a nommé M. Jean-François Gropalo comme Gouverneur général pour négocier un accord avec les rebelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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458
p. 1465-1477
TRÉS-HUMBLES SUPPLICATIONS presentées au Roi par la Faculté de Theologie de Paris, au sujet d'un Arrêt rendu par le Parlement, le 17 Mai 1730. & la Lettre de M. le Comte de Maurepas, Secretaire d'Etat, écrite en réponse par ordre de sa Majesté.
Début :
SIRE, La Faculté de Theologie de Paris, qui ne devroit approcher du Trône de VOTRE [...]
Mots clefs :
Faculté de théologie, Majesté, Roi, Parlement, Arrêt, Église, Doctrine, Thèse, Syndic
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texteReconnaissance textuelle : TRÉS-HUMBLES SUPPLICATIONS presentées au Roi par la Faculté de Theologie de Paris, au sujet d'un Arrêt rendu par le Parlement, le 17 Mai 1730. & la Lettre de M. le Comte de Maurepas, Secretaire d'Etat, écrite en réponse par ordre de sa Majesté.
TRE'S-HUMBLES SUPPLICATIONS
preſentées au Roi
par la Faculté de Theo
logie de Paris , au fujet d'un Arrêt rendu
par le Parlement , le 17 Mai 1730. & là
Lettre de M. le Comte de Maurepas , Se
cretaire d'Etat , écrite en réponſe par or
dre de fa Majefté.
SIRE,
La Faculté de Theologie de Paris , qui
ne devroitapprocher du Trône de VOTRE
MAJESTE , que pour lui témoigner avec
le plus profond refpect la jufte reconnoiffance
, dont elle eft penetrée pour les faveurs,
dont vous venez encore recemment
de la combler , fe trouve dans la dure-neceffité
de mêler aujourd'hui à ces fentimens
ceux d'une trifteffe auffi amere qu'-
elle lui paroît bien fondée .
Pourroit - elle s'empêcher d'être vivement
touchée à la vûe de l'Arrêt que lë
Parlement vient de rendre contre une
Thefe foutenue par le Sieur Haffett , Licentié
en Theologie , le & Mai dernier ??
Elle fçait qu'on y a relevé quelques termes
dont on pourroit abuſer des con-
2
par
II. Vol
fequences
1466 MERCURE DE FRANCE
fequences non avoüées , ou plutôt vifiblement
contraires à l'intention de l'Auteur,
qui , bien loin d'avoir avancé , ou même
infinué dans fa Thefe qu'un Confeffeur
doit interroger tous fes Penitens fur leur
foumiffion aux décifions de l'Eglife , * n'a
parlé que de ceux , qui les attaqueroient ,
ou qui y réfifteroient avec opiniâtreté , &
qui en avoüant leurs fautes paffées , ne
donneroient point de marques certaines
& non équivoques de leur repentir.
Mais quand les termes de la Thefe n'en
marqueroient pas auffi clairement le veritable
efprit , la Faculté de Theologie ne
pourroit fe difpenfer de reprefenter à V.
M. qu'il s'agiffoit en cette occafion d'une
matiere purement fpirituelle , dont un
Parlement auffi éclairé que celui de Paris
ne croit pas , fans doute , pouvoir prendre
connoiffance.
C'eft ce qu'il reconnut folemnellement
en l'année 1663. lorfque par la bouche
d'un des plus illuftres Chefs qu'il ait jamais
eû , il déclara aux Députés de la Faculté
de Theologie » qu'il étoit bien éloi-
* Dogmaticas Ecclefia docentis ... definitiomes
pertinaciter impugnando , vel iifdem refiftendo.
Nulla vel dubia refipifcentia dant indicia
Col. S.
Ecclefia judicio privatum fuum anteferunt
fenfum . Col. 6.
II. Vol.
gné
JUIN 1730. 1467
gné de vouloir s'attribuer le pouvoir de
» rendre un Jugement doctrinal fur des
matieres Theologiques , & qu'au con-
" traire , s'il furvenoit quelque doute à cer
égard , le Parlement ordonneroit que
→ l'on confultât la Faculté , dont il defiroit
que les droits fuffent confervés dans
toute leur pureté & leur integrité. A
» quoi il ajouta , que la Compagnie n'em-
» ployoit l'autorité du Roi que pour dé-
» fendre , dans les vues d'un fage Gouver-
» nement , l'ufage des Propofitions , qui
→→ par le fens qu'on pourroit leur donner ,
leroient contraires à l'adminiſtration ou
» à la police exterieure & generale de l'Eglife
, dont le foin fait une partie principale
de ce qui appartient à la Royauté.
La Faculté eft bien perfuadée que le
Parlement fuivra toujours des principes
fi dignes de fa fageffe ; mais c'eft par cette
raifon même qu'elle a été auffi furpriſe
qu'affligée de voir , qu'à l'occafion d'une
matiere toute fpirituelle , comme elle vient
´de le dire , & qui n'a rien de commun ni
avec les droits de la Couronne , ni avec les
Libertez de l'Eglife Gallicane , le Farlement
ait rendu un Arrêt par lequel fans
défigner aucunes des Propofitions qui lui
avoient déplu dans la Theſe , dont il s'agit
, Il a fait défenfes à tous Bacheliers , Licenties
, Docteurs & autres , defoutenirdes
II. Vol.
Propo1468
MERCURE DE FRANCE
Propofitions contraires à l'ancienne Doctrine
de l'Eglife , aux Saints Canons aux Decrets
des Conciles Generaux , aux Libertez
de l'Eglife Gallicane , aux Maximes &
Ordonnances du Royaume , aux clauſes &
conditions portées par l'Arrêt d'enregistrement
des Lettres Patentes de 1714. & notammentfur
lapropofition 91. & aux Déclarations
du 4 Août 1663. & Edit du mois de
Mars 1682. fur l'autorité du Pape , la fuperiorité
des Conciles Generaux , & autres
matieres contenues en ladite Thefe , qui pourroient
tendre à fchifmes & troubler la tran
quillité publique , à peine d'être procedé con
tre les contrevenans , ainfi qu'il appartiendra.
A quoi l'on ajoute des injonctions faites
au Syndic , & la précaution d'ordonner
que l'Arrêt fera fignifié , non-feulement
au Syndic ,, mais au . Doyen même de la
Faculté.
Elle voudroit pouvoir fe diffimuler à
elle-même , que par- là toutes les difpofitions
de cet Arrêt deviennent une espece
de note flétriffante qui tombe fur le Corps
entier de la Faculté , comme fi elle pouvoit
être foupçonnée de relâchement , &
même de prévarication fur des matieres fi
importantes : foupçon qui lui eft d'autant
plus fenfible , qu'il paroîtra autorifé ent
quelque maniere par une Compagnie ref
pectable , qui a toujours honoré la Fa-
II. Vol. culté
JUI N. 1730. 1469
culté d'une confiance particuliere , & qui
a rendu fi fouvent témoignage au zele de
cette Faculté pour la confervation de l'ancienne
doctrine du Royaume.
( a ) Si l'on examine même avec la plus
grande rigueur , la Thefe dont il s'agit
on n'y découvrira rien qui puiffe donner
la moindre atteinte à cette doctrine . Au
contraire on y en trouvera les principes
les plus effentiels fur tous les points , qui
ont quelque rapport avec les matieres de
la Thefe. On y reconnoîtra cette même
doctrine que la Faculté a enfeignée dans
tous les tems , & dont en 1663. elle dreffa
des Articles que Louis XIV.votre augufte
Bilayeul autorifa par une Déclaration où
( a ) Qui Apoftolis fuccefferunt , Ecclefia
Paftores , Epifcopi , fummâ perinde & infallibili
omnes docendi gentes authoritate
Chrifto data firmati Colom. 2 .
In Romano Pontifice , & Corpore Epifcopo
rum collata eft à Chrifto arx authoritatis &
cathedra veritatis . Ibid.
Sicut Concilia Oecumenica convocare , fic &
eorumdem ... neceffitatem determinare . . est
Summi Pontificis , vel Corporis Epifcoporum.
Colomne. 5.
In quibus ( Conciliis Nationalibus & Provincialibus
) Epifcopi comprovincialis vel in
fide vel notoriè in moribus delinquentis caufa
agitur& definitur , falvo jure appellationis ad
S.. Pontificem. Colomne . 6.
II. Vol. il
1470 MERCURE DE FRANCE
il honore la Faculté des plus grands éloges.
*
On voit en plufieurs endroits de cette
Thefe & fur tout dans les textes qui font
ici au bas. #
1°. Une attention continuelle à ne
point féparer le Pape du Corps des Paſteurs
dans ce qui regarde l'infaillibilité.
2º. La neceffité des Conciles generaux
en certains cas reconnue expreffement par
l'auteur.
3. La détermination de ces cas par.
l'autorité de l'Eglife attribuée au Pape ,
ou au Corps des Evêques.
4°. Les maximes de la France fur les
jugemens canoniques des Evêques accufes,
ouvertement foutenues.
Enfin perfonne n'ignore la conformité de
ces fentimens avec la doctrine du Royaume
& leur oppofition aux opinions contraires.
Par quel endroit une Thefe qui porte
ces caracteres a-t - elle pû être reprefentée
comme unobjet de fcandale & de mépris ,
La Faculté de Theologie de notre bonne
Ville de Paris , qui depuis fon établiſſement a
été le plus ferme appui de la Religion & de la
faine doctrine dans notre Royaume , & qui a
toujours fait profeffion de s'oppofer fortement à
ceux qui ont voulu en alterer la pureté , ayant
reconnu , &c. Declaration du Roi du 4. Août
1663.
II. Vol. &
JUIN. 1730. 1471
& paroître mériter la flétriffure & les précautions
humiliantes pour la Faculté , qui
font renfermées dans l'Arrêt duParlement?
Eft- ce par ce que l'Auteur a dit fur la
Propofition 91. condamnée par la Bulle
Unigenitus ? mais a- t'il eu tort de prétendre
que cette Propofition a été bien condamnée
, parce qu'elle eft univerfelle , &
parceque l'Auteur des Refléxions Morales
en a fait une mauvaise application ? Si
cela eft , ce tort lui eft commun avec les
Evêques de France , qui tous ont déclaré
que la Propofition étoit cenfurable par fa
genéralité même , qui ne met aucune difference
entre les devoirs fondés feulement
fur une Loi pofitive , & entre ceux qui
font de droit naturel & divin , foit par
l'abus que fon Auteur en a fait pour fou
tenir les erreurs qui affligent l'Eglife de
France depuis tant d'années.
Loin de penfer d'une autre maniere que
les Evêques de France fur la Propofition
91. la Faculté a toûjours été perfuadée
comme eux qu'on ne pouvoit avoir trop
d'attention pour prévenir les mauvaiſes
conféquences que des efprits mal inten
tionnés auroient peut - être voulu tirer
malicieuſement de la cenfure de cette
Propofition. Elle a applaudi au zele des
Parlemens du Royaume , & adheré de
tout fon coeur aux fages précautions qu'ils
II. Vol. ont
1472 MERCURE DE FRANCE
ont prifes dans cette occafion ; mais con
formément aux principes conftans des
Théologiens & des Canoniftes , elle a toû
jours regardé non feulement comme injuftes
, mais comme notoirement nulles
les Cenfures dont l'Autorité Ecclefiafti
que voudroit fe fervir pour donner atteinte
à l'obéiffance que les Sujets doivent
à leur Souverain. (a) C'eft ainfi qu'elle s'eft
toujours expliquée , comme il paroît par
un grand nombre de Thefes foutenues
fans interruption , & même tout recem
ment dans une du 20. Mai dernier , fignée
par le Syndic , imprimée & diftribuée
plufieurs jours avant l'Arrêt du Parlement
qui fait le fujet des plaintes de la Faculté,
quoiqu'elle n'ait été foûtenuë que depuis
cet Arrêt.
La Faculté n'ayant donc rien fait qui
puiffe préjudicier directement ni indirec
tement aux claufes ou conditions portées
par l'Arrêt d'enregistrement des Lettres
Patentes de 1714. & qui ne tende même
à les fuivre exactement , il eft bien triſte
de voir qu'on tourne en quelque maniere
ces précautions contre elle , comme fi
(a ) Excommunicationis poena homini catho
lico femper eft timenda , nifi fit notoriè nullay
qualis effet profecto ea omnis qua fubditos à debitâ
Regibus obedientiâ removeret.
Vefperie du St Terriffe , Colonne 6.
II.Vol. elle
JUIN. 1730. 1473
elle avoit befoin d'une efpece de moni
tion fur ce fujet.
Donner à l'Eglife par fa doctrine &
par fa conduite des preuves de fa parfaite
& fincere foumiffion , fignaler en même
tems fa fidelité & fon entiere obéiffance à
fon Roi , c'eft en quoi elle a toujours fait
confifter les principaux devoirs , & elle
les a toûjours regardés comme également
inviolables.
Attentive à faire obferver par tous fes
membres les loix faites pour la manu
tention des Libertés de l'Eglife de Fran
ce , elle ne permettra jamais qu'on y donne
la moindre atteinte ; mais elle s'oppofera
toûjours à ce qu'on s'en ferve , comme
on a fait dans ces tems malheureux ,
ou pour foutenir des erreurs condamnées ,
ou pour le maintenir dans une défobéiffance
ouverte aux jugemens de l'Eglife &
aux Déclarations de Votre Majesté.
que
Inftruite & accoûtumée à former fes
avis fur le langage de l'Ecriture & fur
celui de la Tradition , la Faculté enfeigne
& enfeignera toujours que les Rois font
établis de Dieu même dont ils tiennent
leur Sceptre & leur Couronne , & que la
Loi naturelle & divine oblige leurs Sujets
à l'obéiſſance & à la fidelité , fans qu'ils
en puiffent être jamais difpenfes fous
quelque prétexte que ce foit,
II. Vol. Elevée
1474 MERCURE DE FRANCE
&
Elevée dans l'Ecole de J. C. dont le
Royaume n'étoit pas de ce monde
qui s'eft foumis aux Princes de la Terre
pour nous apprendre à refpecter leur au
torité , la Faculté n'oubliera dans aucun
tems les leçons que ce divin Maître lui
a données. Elle enfeignera fans interruption
la doctrine qu'elle a reçûë de lui , &
que fes Apôtres ,fes Difciples & les premiers
Chrétiens lui ont apprife par leurs
écrits & par leurs exemples.
Ayant le bonheur d'être établie dans le
premier Royaume du monde , & fous
l'obéiffance du Fils aîné de l'Eglife , elle
réfiftera de toutes fes forces à ceux qui
oferoient tenter de donner même indirectement
à V. M. dans fon temporel aucun
autre fuperieur que Dieu feul.
( a ) Telle eft l'ancienne doctrine de la
Faculté , qui fe foûtient tous les jours
dans fes Ecoles. Il feroit facile de le juf
tifier par un nombre infini de Thefes qui
forment fur cer Article important une
( a ) C'eft la doctrine de la Facultéque le Roi
ne reconnoît & n'a d'autre fuperieur au temporel
que Dieu feul ; c'eft fon ancienne doctrine de laquelle
elle ne fe départira jamais.
C'eft la doctrine de la même Faculté que les
Sujets du Roi lui doivent tellement la fidélité &
l'obéiffance qu'ils n'en peuvent être difpenfés fous
quelque prétexte que ce foit. Articles
la Déclaration de la Faculté du 5.
2
ن م
3.
de
Mai 1663 .
It. Vol. tradition
JUIN. 1730. 1475
tradition conftante & non interrompuë ,
& qui font voir que fur ce fujet on ne
peut rien reprocher à la Faculté.
Elle fe flattoit d'avoir prévenu par ces
fentimens & par une conduite qui y répondoit
parfaitement des injonctions qui
lui ont paru d'autant plus deshonorantes
pour elle qu'elles étoient plus inutiles
, mais quelque jufte fujet qu'elle puiffe
avoir de s'en plaindre , elle refpecte trop
l'autorité dont elles partent & les principes
genéraux fur lefquels l'Arrêt du 17 ,
du mois dernier paroît fondé , pour vou
loir s'y oppofer , par rapport à l'application
qui en a été faite dans cette occa
fion , & que la Faculté ne croit
meritée.
pas avoir
Elle ne cherche donc ici qu'à fe juftifier
dans l'efprit du Public , & encore
plus dans celui de V. M. en la fuppliant,
Sire , de vouloir bien recevoir la Déclaration
qu'elle vient de faire de fes fentimens
, & de lui permettre de la faire imprimer
, après l'avoir inferée dans fes Regiftres
, afin qu'elle lui ferve de témoignage
dans le fiécle préfent , & de monument
dans la pofterité , pour faire voir
que dans tous les tems & fans aucune
interruption , elle a toujours été inviolablement
attachée aux maximes du Royaume,
aux droits de laCouronne, auxLibertés
>
II. Vol.
de l'Eglife
1476 MERCURE DE FRANCE
Eglife Gallicane , & à l'obfervation de
toutes les Ordonnances , Edits & Declations
publiées pour les maintenir. La Faculté
continuera fes voeux & prieres pour
la fanté & profperité de Votre Majeſté.
Lû en l'Affemblée generale de la Faculté
le premier Juin 1730. & en conféquence de
la déliberation faite à ce sujet , figné l'Af
Jemblée tenant ,
J. LEULLIER , Doyen.
DE ROMIGNY , Syndic.
Et plus bas , HERISSANT , Greffier.
LETTRE de M. le Comte de Maurepas
, Secretaire d'Etat , écrite par ordre
"du Roi , en réponſe aux très- humbles Supplications
de la Faculté de Théologie de
Paris. A Fontainebleau le 2. Juin 1730 .
L la
E Roi a reçû, Meffieurs , avec bonté,
les très humbles Supplications que
Faculté de Théologie lui a faites au fujet
d'un Arrêt rendu par le Parlement le 17.
Mai dernier , & Sa Majefté y a reconnu
avec plaifir cet atachement inviolable aux
droits de la Couronne , & aux Libertés
de l'Eglife Gallicane , dont votre Faculté
a donné en tant d'occafions l'exemple à
toutes les autres .Vous ne devez pas craindre
que cet Arrêt puiffe jamais porter aucun
préjudice , ni imprimer de flétriffure
II. Vol
JUIN 1730. 1477
à un Corps auffi éloigné que le vôtre , de
la mériter. Au furplus , Sa Majefté trouve
bon que la Faculté conferve 'dans fes
Regiftres les Supplications qu'elle lui a
fait préfenter , & qu'elle les faffe imprimer
, non comme une juftification dont
elle n'avoit pas befoin , mais comme une
nouvelle preuve de fon zele. pour
cienne doctrine de la France , zele qui
devient auffi une nouvelle raifon à Sa
Majefté pour l'honorer toûjours de plus
en plus de fa protection. Je fuis , Meffieurs
, très parfaitement à vous.
l'an-
Signe MAURE pas.
Et au dos eft écrit : A Meffieurs les Doyen
Syndic & Docteurs de la Faculté de Théologic
de Paris.
preſentées au Roi
par la Faculté de Theo
logie de Paris , au fujet d'un Arrêt rendu
par le Parlement , le 17 Mai 1730. & là
Lettre de M. le Comte de Maurepas , Se
cretaire d'Etat , écrite en réponſe par or
dre de fa Majefté.
SIRE,
La Faculté de Theologie de Paris , qui
ne devroitapprocher du Trône de VOTRE
MAJESTE , que pour lui témoigner avec
le plus profond refpect la jufte reconnoiffance
, dont elle eft penetrée pour les faveurs,
dont vous venez encore recemment
de la combler , fe trouve dans la dure-neceffité
de mêler aujourd'hui à ces fentimens
ceux d'une trifteffe auffi amere qu'-
elle lui paroît bien fondée .
Pourroit - elle s'empêcher d'être vivement
touchée à la vûe de l'Arrêt que lë
Parlement vient de rendre contre une
Thefe foutenue par le Sieur Haffett , Licentié
en Theologie , le & Mai dernier ??
Elle fçait qu'on y a relevé quelques termes
dont on pourroit abuſer des con-
2
par
II. Vol
fequences
1466 MERCURE DE FRANCE
fequences non avoüées , ou plutôt vifiblement
contraires à l'intention de l'Auteur,
qui , bien loin d'avoir avancé , ou même
infinué dans fa Thefe qu'un Confeffeur
doit interroger tous fes Penitens fur leur
foumiffion aux décifions de l'Eglife , * n'a
parlé que de ceux , qui les attaqueroient ,
ou qui y réfifteroient avec opiniâtreté , &
qui en avoüant leurs fautes paffées , ne
donneroient point de marques certaines
& non équivoques de leur repentir.
Mais quand les termes de la Thefe n'en
marqueroient pas auffi clairement le veritable
efprit , la Faculté de Theologie ne
pourroit fe difpenfer de reprefenter à V.
M. qu'il s'agiffoit en cette occafion d'une
matiere purement fpirituelle , dont un
Parlement auffi éclairé que celui de Paris
ne croit pas , fans doute , pouvoir prendre
connoiffance.
C'eft ce qu'il reconnut folemnellement
en l'année 1663. lorfque par la bouche
d'un des plus illuftres Chefs qu'il ait jamais
eû , il déclara aux Députés de la Faculté
de Theologie » qu'il étoit bien éloi-
* Dogmaticas Ecclefia docentis ... definitiomes
pertinaciter impugnando , vel iifdem refiftendo.
Nulla vel dubia refipifcentia dant indicia
Col. S.
Ecclefia judicio privatum fuum anteferunt
fenfum . Col. 6.
II. Vol.
gné
JUIN 1730. 1467
gné de vouloir s'attribuer le pouvoir de
» rendre un Jugement doctrinal fur des
matieres Theologiques , & qu'au con-
" traire , s'il furvenoit quelque doute à cer
égard , le Parlement ordonneroit que
→ l'on confultât la Faculté , dont il defiroit
que les droits fuffent confervés dans
toute leur pureté & leur integrité. A
» quoi il ajouta , que la Compagnie n'em-
» ployoit l'autorité du Roi que pour dé-
» fendre , dans les vues d'un fage Gouver-
» nement , l'ufage des Propofitions , qui
→→ par le fens qu'on pourroit leur donner ,
leroient contraires à l'adminiſtration ou
» à la police exterieure & generale de l'Eglife
, dont le foin fait une partie principale
de ce qui appartient à la Royauté.
La Faculté eft bien perfuadée que le
Parlement fuivra toujours des principes
fi dignes de fa fageffe ; mais c'eft par cette
raifon même qu'elle a été auffi furpriſe
qu'affligée de voir , qu'à l'occafion d'une
matiere toute fpirituelle , comme elle vient
´de le dire , & qui n'a rien de commun ni
avec les droits de la Couronne , ni avec les
Libertez de l'Eglife Gallicane , le Farlement
ait rendu un Arrêt par lequel fans
défigner aucunes des Propofitions qui lui
avoient déplu dans la Theſe , dont il s'agit
, Il a fait défenfes à tous Bacheliers , Licenties
, Docteurs & autres , defoutenirdes
II. Vol.
Propo1468
MERCURE DE FRANCE
Propofitions contraires à l'ancienne Doctrine
de l'Eglife , aux Saints Canons aux Decrets
des Conciles Generaux , aux Libertez
de l'Eglife Gallicane , aux Maximes &
Ordonnances du Royaume , aux clauſes &
conditions portées par l'Arrêt d'enregistrement
des Lettres Patentes de 1714. & notammentfur
lapropofition 91. & aux Déclarations
du 4 Août 1663. & Edit du mois de
Mars 1682. fur l'autorité du Pape , la fuperiorité
des Conciles Generaux , & autres
matieres contenues en ladite Thefe , qui pourroient
tendre à fchifmes & troubler la tran
quillité publique , à peine d'être procedé con
tre les contrevenans , ainfi qu'il appartiendra.
A quoi l'on ajoute des injonctions faites
au Syndic , & la précaution d'ordonner
que l'Arrêt fera fignifié , non-feulement
au Syndic ,, mais au . Doyen même de la
Faculté.
Elle voudroit pouvoir fe diffimuler à
elle-même , que par- là toutes les difpofitions
de cet Arrêt deviennent une espece
de note flétriffante qui tombe fur le Corps
entier de la Faculté , comme fi elle pouvoit
être foupçonnée de relâchement , &
même de prévarication fur des matieres fi
importantes : foupçon qui lui eft d'autant
plus fenfible , qu'il paroîtra autorifé ent
quelque maniere par une Compagnie ref
pectable , qui a toujours honoré la Fa-
II. Vol. culté
JUI N. 1730. 1469
culté d'une confiance particuliere , & qui
a rendu fi fouvent témoignage au zele de
cette Faculté pour la confervation de l'ancienne
doctrine du Royaume.
( a ) Si l'on examine même avec la plus
grande rigueur , la Thefe dont il s'agit
on n'y découvrira rien qui puiffe donner
la moindre atteinte à cette doctrine . Au
contraire on y en trouvera les principes
les plus effentiels fur tous les points , qui
ont quelque rapport avec les matieres de
la Thefe. On y reconnoîtra cette même
doctrine que la Faculté a enfeignée dans
tous les tems , & dont en 1663. elle dreffa
des Articles que Louis XIV.votre augufte
Bilayeul autorifa par une Déclaration où
( a ) Qui Apoftolis fuccefferunt , Ecclefia
Paftores , Epifcopi , fummâ perinde & infallibili
omnes docendi gentes authoritate
Chrifto data firmati Colom. 2 .
In Romano Pontifice , & Corpore Epifcopo
rum collata eft à Chrifto arx authoritatis &
cathedra veritatis . Ibid.
Sicut Concilia Oecumenica convocare , fic &
eorumdem ... neceffitatem determinare . . est
Summi Pontificis , vel Corporis Epifcoporum.
Colomne. 5.
In quibus ( Conciliis Nationalibus & Provincialibus
) Epifcopi comprovincialis vel in
fide vel notoriè in moribus delinquentis caufa
agitur& definitur , falvo jure appellationis ad
S.. Pontificem. Colomne . 6.
II. Vol. il
1470 MERCURE DE FRANCE
il honore la Faculté des plus grands éloges.
*
On voit en plufieurs endroits de cette
Thefe & fur tout dans les textes qui font
ici au bas. #
1°. Une attention continuelle à ne
point féparer le Pape du Corps des Paſteurs
dans ce qui regarde l'infaillibilité.
2º. La neceffité des Conciles generaux
en certains cas reconnue expreffement par
l'auteur.
3. La détermination de ces cas par.
l'autorité de l'Eglife attribuée au Pape ,
ou au Corps des Evêques.
4°. Les maximes de la France fur les
jugemens canoniques des Evêques accufes,
ouvertement foutenues.
Enfin perfonne n'ignore la conformité de
ces fentimens avec la doctrine du Royaume
& leur oppofition aux opinions contraires.
Par quel endroit une Thefe qui porte
ces caracteres a-t - elle pû être reprefentée
comme unobjet de fcandale & de mépris ,
La Faculté de Theologie de notre bonne
Ville de Paris , qui depuis fon établiſſement a
été le plus ferme appui de la Religion & de la
faine doctrine dans notre Royaume , & qui a
toujours fait profeffion de s'oppofer fortement à
ceux qui ont voulu en alterer la pureté , ayant
reconnu , &c. Declaration du Roi du 4. Août
1663.
II. Vol. &
JUIN. 1730. 1471
& paroître mériter la flétriffure & les précautions
humiliantes pour la Faculté , qui
font renfermées dans l'Arrêt duParlement?
Eft- ce par ce que l'Auteur a dit fur la
Propofition 91. condamnée par la Bulle
Unigenitus ? mais a- t'il eu tort de prétendre
que cette Propofition a été bien condamnée
, parce qu'elle eft univerfelle , &
parceque l'Auteur des Refléxions Morales
en a fait une mauvaise application ? Si
cela eft , ce tort lui eft commun avec les
Evêques de France , qui tous ont déclaré
que la Propofition étoit cenfurable par fa
genéralité même , qui ne met aucune difference
entre les devoirs fondés feulement
fur une Loi pofitive , & entre ceux qui
font de droit naturel & divin , foit par
l'abus que fon Auteur en a fait pour fou
tenir les erreurs qui affligent l'Eglife de
France depuis tant d'années.
Loin de penfer d'une autre maniere que
les Evêques de France fur la Propofition
91. la Faculté a toûjours été perfuadée
comme eux qu'on ne pouvoit avoir trop
d'attention pour prévenir les mauvaiſes
conféquences que des efprits mal inten
tionnés auroient peut - être voulu tirer
malicieuſement de la cenfure de cette
Propofition. Elle a applaudi au zele des
Parlemens du Royaume , & adheré de
tout fon coeur aux fages précautions qu'ils
II. Vol. ont
1472 MERCURE DE FRANCE
ont prifes dans cette occafion ; mais con
formément aux principes conftans des
Théologiens & des Canoniftes , elle a toû
jours regardé non feulement comme injuftes
, mais comme notoirement nulles
les Cenfures dont l'Autorité Ecclefiafti
que voudroit fe fervir pour donner atteinte
à l'obéiffance que les Sujets doivent
à leur Souverain. (a) C'eft ainfi qu'elle s'eft
toujours expliquée , comme il paroît par
un grand nombre de Thefes foutenues
fans interruption , & même tout recem
ment dans une du 20. Mai dernier , fignée
par le Syndic , imprimée & diftribuée
plufieurs jours avant l'Arrêt du Parlement
qui fait le fujet des plaintes de la Faculté,
quoiqu'elle n'ait été foûtenuë que depuis
cet Arrêt.
La Faculté n'ayant donc rien fait qui
puiffe préjudicier directement ni indirec
tement aux claufes ou conditions portées
par l'Arrêt d'enregistrement des Lettres
Patentes de 1714. & qui ne tende même
à les fuivre exactement , il eft bien triſte
de voir qu'on tourne en quelque maniere
ces précautions contre elle , comme fi
(a ) Excommunicationis poena homini catho
lico femper eft timenda , nifi fit notoriè nullay
qualis effet profecto ea omnis qua fubditos à debitâ
Regibus obedientiâ removeret.
Vefperie du St Terriffe , Colonne 6.
II.Vol. elle
JUIN. 1730. 1473
elle avoit befoin d'une efpece de moni
tion fur ce fujet.
Donner à l'Eglife par fa doctrine &
par fa conduite des preuves de fa parfaite
& fincere foumiffion , fignaler en même
tems fa fidelité & fon entiere obéiffance à
fon Roi , c'eft en quoi elle a toujours fait
confifter les principaux devoirs , & elle
les a toûjours regardés comme également
inviolables.
Attentive à faire obferver par tous fes
membres les loix faites pour la manu
tention des Libertés de l'Eglife de Fran
ce , elle ne permettra jamais qu'on y donne
la moindre atteinte ; mais elle s'oppofera
toûjours à ce qu'on s'en ferve , comme
on a fait dans ces tems malheureux ,
ou pour foutenir des erreurs condamnées ,
ou pour le maintenir dans une défobéiffance
ouverte aux jugemens de l'Eglife &
aux Déclarations de Votre Majesté.
que
Inftruite & accoûtumée à former fes
avis fur le langage de l'Ecriture & fur
celui de la Tradition , la Faculté enfeigne
& enfeignera toujours que les Rois font
établis de Dieu même dont ils tiennent
leur Sceptre & leur Couronne , & que la
Loi naturelle & divine oblige leurs Sujets
à l'obéiſſance & à la fidelité , fans qu'ils
en puiffent être jamais difpenfes fous
quelque prétexte que ce foit,
II. Vol. Elevée
1474 MERCURE DE FRANCE
&
Elevée dans l'Ecole de J. C. dont le
Royaume n'étoit pas de ce monde
qui s'eft foumis aux Princes de la Terre
pour nous apprendre à refpecter leur au
torité , la Faculté n'oubliera dans aucun
tems les leçons que ce divin Maître lui
a données. Elle enfeignera fans interruption
la doctrine qu'elle a reçûë de lui , &
que fes Apôtres ,fes Difciples & les premiers
Chrétiens lui ont apprife par leurs
écrits & par leurs exemples.
Ayant le bonheur d'être établie dans le
premier Royaume du monde , & fous
l'obéiffance du Fils aîné de l'Eglife , elle
réfiftera de toutes fes forces à ceux qui
oferoient tenter de donner même indirectement
à V. M. dans fon temporel aucun
autre fuperieur que Dieu feul.
( a ) Telle eft l'ancienne doctrine de la
Faculté , qui fe foûtient tous les jours
dans fes Ecoles. Il feroit facile de le juf
tifier par un nombre infini de Thefes qui
forment fur cer Article important une
( a ) C'eft la doctrine de la Facultéque le Roi
ne reconnoît & n'a d'autre fuperieur au temporel
que Dieu feul ; c'eft fon ancienne doctrine de laquelle
elle ne fe départira jamais.
C'eft la doctrine de la même Faculté que les
Sujets du Roi lui doivent tellement la fidélité &
l'obéiffance qu'ils n'en peuvent être difpenfés fous
quelque prétexte que ce foit. Articles
la Déclaration de la Faculté du 5.
2
ن م
3.
de
Mai 1663 .
It. Vol. tradition
JUIN. 1730. 1475
tradition conftante & non interrompuë ,
& qui font voir que fur ce fujet on ne
peut rien reprocher à la Faculté.
Elle fe flattoit d'avoir prévenu par ces
fentimens & par une conduite qui y répondoit
parfaitement des injonctions qui
lui ont paru d'autant plus deshonorantes
pour elle qu'elles étoient plus inutiles
, mais quelque jufte fujet qu'elle puiffe
avoir de s'en plaindre , elle refpecte trop
l'autorité dont elles partent & les principes
genéraux fur lefquels l'Arrêt du 17 ,
du mois dernier paroît fondé , pour vou
loir s'y oppofer , par rapport à l'application
qui en a été faite dans cette occa
fion , & que la Faculté ne croit
meritée.
pas avoir
Elle ne cherche donc ici qu'à fe juftifier
dans l'efprit du Public , & encore
plus dans celui de V. M. en la fuppliant,
Sire , de vouloir bien recevoir la Déclaration
qu'elle vient de faire de fes fentimens
, & de lui permettre de la faire imprimer
, après l'avoir inferée dans fes Regiftres
, afin qu'elle lui ferve de témoignage
dans le fiécle préfent , & de monument
dans la pofterité , pour faire voir
que dans tous les tems & fans aucune
interruption , elle a toujours été inviolablement
attachée aux maximes du Royaume,
aux droits de laCouronne, auxLibertés
>
II. Vol.
de l'Eglife
1476 MERCURE DE FRANCE
Eglife Gallicane , & à l'obfervation de
toutes les Ordonnances , Edits & Declations
publiées pour les maintenir. La Faculté
continuera fes voeux & prieres pour
la fanté & profperité de Votre Majeſté.
Lû en l'Affemblée generale de la Faculté
le premier Juin 1730. & en conféquence de
la déliberation faite à ce sujet , figné l'Af
Jemblée tenant ,
J. LEULLIER , Doyen.
DE ROMIGNY , Syndic.
Et plus bas , HERISSANT , Greffier.
LETTRE de M. le Comte de Maurepas
, Secretaire d'Etat , écrite par ordre
"du Roi , en réponſe aux très- humbles Supplications
de la Faculté de Théologie de
Paris. A Fontainebleau le 2. Juin 1730 .
L la
E Roi a reçû, Meffieurs , avec bonté,
les très humbles Supplications que
Faculté de Théologie lui a faites au fujet
d'un Arrêt rendu par le Parlement le 17.
Mai dernier , & Sa Majefté y a reconnu
avec plaifir cet atachement inviolable aux
droits de la Couronne , & aux Libertés
de l'Eglife Gallicane , dont votre Faculté
a donné en tant d'occafions l'exemple à
toutes les autres .Vous ne devez pas craindre
que cet Arrêt puiffe jamais porter aucun
préjudice , ni imprimer de flétriffure
II. Vol
JUIN 1730. 1477
à un Corps auffi éloigné que le vôtre , de
la mériter. Au furplus , Sa Majefté trouve
bon que la Faculté conferve 'dans fes
Regiftres les Supplications qu'elle lui a
fait préfenter , & qu'elle les faffe imprimer
, non comme une juftification dont
elle n'avoit pas befoin , mais comme une
nouvelle preuve de fon zele. pour
cienne doctrine de la France , zele qui
devient auffi une nouvelle raifon à Sa
Majefté pour l'honorer toûjours de plus
en plus de fa protection. Je fuis , Meffieurs
, très parfaitement à vous.
l'an-
Signe MAURE pas.
Et au dos eft écrit : A Meffieurs les Doyen
Syndic & Docteurs de la Faculté de Théologic
de Paris.
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Résumé : TRÉS-HUMBLES SUPPLICATIONS presentées au Roi par la Faculté de Theologie de Paris, au sujet d'un Arrêt rendu par le Parlement, le 17 Mai 1730. & la Lettre de M. le Comte de Maurepas, Secretaire d'Etat, écrite en réponse par ordre de sa Majesté.
En juin 1730, la Faculté de Théologie de Paris a adressé une supplique au roi pour contester un arrêt du Parlement du 17 mai 1730 concernant une thèse soutenue par le sieur Haffett. La Faculté exprime son amertume face à cet arrêt et conteste l'interprétation de la thèse. Elle affirme que l'auteur n'a pas soutenu que les confesseurs doivent interroger tous les pénitents sur leur soumission aux décisions de l'Église, mais seulement ceux qui les attaquent ou y résistent avec opiniâtreté. La Faculté rappelle que les matières théologiques relèvent de sa compétence et non du Parlement, citant un précédent de 1663 où le Parlement avait reconnu cette distinction. Elle déplore que l'arrêt du Parlement ait interdit la soutenance de propositions contraires à la doctrine de l'Église et aux libertés de l'Église gallicane, sans désigner les propositions spécifiques en cause. La Faculté affirme que la thèse en question est conforme à la doctrine traditionnelle et aux déclarations royales, notamment celle du 4 août 1663. Elle exprime son respect pour l'autorité royale et son opposition à toute atteinte aux libertés de l'Église de France. La Faculté conclut en réaffirmant sa fidélité au roi et son engagement à enseigner la doctrine conforme à la tradition et aux lois du royaume. En réponse, le roi, par l'intermédiaire du Comte de Maurepas, a reconnu l'attachement de la Faculté aux droits de la Couronne et aux libertés de l'Église gallicane. Il a approuvé la conservation et l'impression des supplications de la Faculté, non comme une justification nécessaire, mais comme une preuve supplémentaire de son zèle pour la doctrine française. Cette démarche est vue comme une raison pour le roi de continuer à protéger et honorer la Faculté.
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459
p. 1575-1576
Histoire de l'Eglise de Meaux, [titre d'après la table]
Début :
L'HISTOIRE DE L'EGLISE DE MEAUX, par Dom Toussaint du Plessis, [...]
Mots clefs :
Histoire de l'Église de Meaux, Histoire, Meaux, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de l'Eglise de Meaux, [titre d'après la table]
L'HISTOIRE DE L'EGLISE DE
MEAUX , par Dom Touffaint Du Plessis,
Benedictin de l'Abbaye de S. Germain
des Prez Auteur d'une Hiftoire de la
Ville & des Seigneurs de Couci , dont
nous avons rendu compte au Public , eft
actuellement fous la preffe , & fe débitera
chez Giffart , rue S. Jacques , au commencement
de l'année prochaine. Cet Ouvrage
entrepris fous les aufpices de S. E.
M. le Cardinal de Biffy , Abbé de Saint
Germain des Prez , doit contenir deux.
Volumes in 4°. Le premier renferme le
Corps de l'Hiftoire , avec des Differtations
E ij fur
1576 MERCURE DE FRANCE
fur quelques points difficiles qui demandent
d'être éclaircis , & divers Catalogues
des Evêques , Doyens , Generaux
d'Ordre , Abbés & Abbeffes de ce Diocéfe.
Le fecond Volume comprend les
Pieces juftificatives au nombre de près de
800. pour la plupart très - intereffantes ,
un Recueil complet des Statuts Synodaux
du Diocèfe depuis le 13. fiecle , & enfin
un Pouillié exact.
Le même Giffart acheve d'imprimer le
6. & dernier Volume de l'Edition de
Polybe , traduit par le R. P. Dom Vincent
Tuillier , avec les Commentaires de M. le
Chevalier de Folard.
MEAUX , par Dom Touffaint Du Plessis,
Benedictin de l'Abbaye de S. Germain
des Prez Auteur d'une Hiftoire de la
Ville & des Seigneurs de Couci , dont
nous avons rendu compte au Public , eft
actuellement fous la preffe , & fe débitera
chez Giffart , rue S. Jacques , au commencement
de l'année prochaine. Cet Ouvrage
entrepris fous les aufpices de S. E.
M. le Cardinal de Biffy , Abbé de Saint
Germain des Prez , doit contenir deux.
Volumes in 4°. Le premier renferme le
Corps de l'Hiftoire , avec des Differtations
E ij fur
1576 MERCURE DE FRANCE
fur quelques points difficiles qui demandent
d'être éclaircis , & divers Catalogues
des Evêques , Doyens , Generaux
d'Ordre , Abbés & Abbeffes de ce Diocéfe.
Le fecond Volume comprend les
Pieces juftificatives au nombre de près de
800. pour la plupart très - intereffantes ,
un Recueil complet des Statuts Synodaux
du Diocèfe depuis le 13. fiecle , & enfin
un Pouillié exact.
Le même Giffart acheve d'imprimer le
6. & dernier Volume de l'Edition de
Polybe , traduit par le R. P. Dom Vincent
Tuillier , avec les Commentaires de M. le
Chevalier de Folard.
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Résumé : Histoire de l'Eglise de Meaux, [titre d'après la table]
Le texte présente 'L'HISTOIRE DE L'EGLISE DE MEAUX', rédigé par Dom Touffaint Du Plessis, bénédictin de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Cet ouvrage, publié sous le patronage du Cardinal de Bissy, Abbé de Saint-Germain-des-Prés, se compose de deux volumes in-4°. Le premier volume traite de l'histoire de l'Église de Meaux, aborde des points difficiles et inclut des catalogues des évêques, doyens, généraux d'ordre, abbés et abbesses du diocèse. Le second volume contient près de 800 pièces justificatives, un recueil des statuts synodaux du diocèse depuis le 13e siècle et un pouillé exact. Par ailleurs, l'éditeur Giffart finalise l'impression du sixième et dernier volume de l'édition de Polybe, traduite par le R. P. Dom Vincent Tuillier, accompagnée des commentaires du Chevalier de Folard.
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460
p. 1618-1619
These en Sorbonne, [titre d'après la table]
Début :
Le 6 de ce mois, M. l'Abbé de Pont-Chartrain, (Charles-Henry Phelippeaux), [...]
Mots clefs :
Thèse, Soutenance de thèse, Abbé, Question théologique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : These en Sorbonne, [titre d'après la table]
Le 6 de ce mois , M. l'Abbé de Pont-
Chartrain , Charles-Henry Phel ppeaux ),
frere
JUILLET. 1730. 1619
frere de M. le Comte de Maurepas , Miniftre
& Secretaire d'Etat , foûtint en Sorbonne
une Thele : Pro Minore Ordina
ria ; à laquelle préfida Monfieur Frederic-
Jerôme de Roye de la Rochefoucault
Archevêque de Bourges , Primat d'Aquitaine
, Docteur de Sorbonne , fon oncle,
L'Affemblée , à laquelle M. l'Archevêque
de Paris , ainfi qu'un grand nombre d'autres
Prélats , & plufieurs perfonnes de diftinction
de la Cour & de la Ville affifterent
, fut des plus brillantes .
La Question Theologique de cette Thefe
étoit fur les Sacremens , & priſe de la
feconde Epitre aux Corinthiens , ch.1.v.22 ,
Qua funt pignora Spiritus in Cordibus noftris
? L'Illuftre Répondant y fit paroître
beaucoup d'efprit & d'érudition , & cet
Acte fut fort applaudi.
Toute la Thele étoit gravée au bas d'une
tres-belle Eftampe , reprefentant le Sauveur
dans le Temple , au milieu des Docteur
, à l'âge de 12 ans , d'après un Tableau
de Michel Corneille , avec ce Titre :
MATREM AD ALTIORA REVOCANTI.
Chartrain , Charles-Henry Phel ppeaux ),
frere
JUILLET. 1730. 1619
frere de M. le Comte de Maurepas , Miniftre
& Secretaire d'Etat , foûtint en Sorbonne
une Thele : Pro Minore Ordina
ria ; à laquelle préfida Monfieur Frederic-
Jerôme de Roye de la Rochefoucault
Archevêque de Bourges , Primat d'Aquitaine
, Docteur de Sorbonne , fon oncle,
L'Affemblée , à laquelle M. l'Archevêque
de Paris , ainfi qu'un grand nombre d'autres
Prélats , & plufieurs perfonnes de diftinction
de la Cour & de la Ville affifterent
, fut des plus brillantes .
La Question Theologique de cette Thefe
étoit fur les Sacremens , & priſe de la
feconde Epitre aux Corinthiens , ch.1.v.22 ,
Qua funt pignora Spiritus in Cordibus noftris
? L'Illuftre Répondant y fit paroître
beaucoup d'efprit & d'érudition , & cet
Acte fut fort applaudi.
Toute la Thele étoit gravée au bas d'une
tres-belle Eftampe , reprefentant le Sauveur
dans le Temple , au milieu des Docteur
, à l'âge de 12 ans , d'après un Tableau
de Michel Corneille , avec ce Titre :
MATREM AD ALTIORA REVOCANTI.
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Résumé : These en Sorbonne, [titre d'après la table]
Le 6 juillet 1730, Charles-Henry Phelppeaux, abbé de Pontchartrain et frère du comte de Maurepas, ministre et secrétaire d'État, soutint une thèse en Sorbonne. La cérémonie fut dirigée par Frédéric-Jérôme de Roye de La Rochefoucault, archevêque de Bourges, primat d'Aquitaine et docteur de Sorbonne, oncle de l'abbé de Pontchartrain. L'événement rassembla l'archevêque de Paris, plusieurs prélats et des personnalités distinguées de la cour et de la ville. La thèse portait sur les sacrements, basée sur la seconde épître aux Corinthiens, chapitre 1, verset 22 : 'Quæ sunt pignora Spiritus in cordibus nostris ?' Le répondant démontra une grande érudition et fut vivement applaudi. La thèse était illustrée par une estampe représentant le Sauveur dans le Temple, entouré des docteurs à l'âge de 12 ans, d'après un tableau de Michel Corneille, intitulée 'MATREM AD ALTIORA REVOCANTI'.
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461
p. 1646-1651
ITALIE.
Début :
On a encore appris les circonstances suivantes sur le Tremblement de Terre arrivé à [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Troupes, Pape, Cardinal, Pape Clément XII, Rebelles, Élection, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE..
Na encore appris les circonſtances ſuivan→
tes fur le Tremblement de Terre arrivé à
Nocria , le 12 du mois dernier. La premiere fecouffe
fe fit fentir vers les 5 heures du matin ; elle
dura près d'une minute & renverfa la plus grande
partie des Maifons de la Ville ; la deuxième
Tecouffe commença 9 heures après ; elle fut plus
violente & acheva de renverfer le refte des Maifons
; enforte qu'il n'en eft refté que 7 fort endommagées,
JUILLET . 1730. 1647
dommagées. La belle Tour de l'Abbaye S. Benoît
, haute de 400 dégrez , & bâtie de Marbre
blanc, s'ouvrit en 3 parties,dont l'une tomba dans
la place du Dôme , & les deux autres dans celles
du Marché & de S. Philippe. L'Eglife du Dôme
qui étoit fort belle, eft tellement ruinée, qu'il n'en
refte aucun veftige , non plus que de celles de faint
Jean & des Auguftins , des Francifcains , dont les
Couvents font auffi totalement ruinez. Enfin tou
te la Ville n'eft qu'un amas de pierres , & l'on
n'y diftingue ni rue ni place. On a déja rétiré de
deffous les ruines plus de 500 perfonnes , & l'on
en retire encore tous les jours. Toutes les Maifons
& Eglifes des Villages dans les environs de
Norcia ont auffi été renversées par ce tremble→
ment de terre , de même que divers Châteaux à s
ou 6 milles à la ronde , & quantité de perfonnes
y ont auffi perdu la vie.
Les Rebelles de l'Ifle de Corfe font les Maî
tres des principaux Poftes , & leur fermeté fair
craindre qu'ils n'ayent des intelligences fecretes .
avec quelque Puiflance étrangere. On s'apperçoit
même que leur exemple a rendu les Peuples de
Terre- Ferme plus infolens que de coutume , la
plufpart refufant avec hauteur , de payer les contributions
qu'on leve fur eux depuis quelques an
nées. Il y a eu depuis peu deux Emotions populaires
à San- Remo & à la Pieve.
Selon quelques Lettres de Livourne , on atten
doit à Baftia , Capitale de l'Ile de Corſe , 8000
hommes de Troupes reglées pour agir par la
force contre ces Montagnards Rebelles , qui ont
rejetté toutes les propofitions d'accommodement.
L'Armée de ces derniers campe dans une Vallée
près d'Ajazzo ; elle eft commandée par un certain
Pompiliani , que les Rebelles ont choifi pour
leur Chef.
Hij Οι
•
1648 MERCURE DE FRANCE
On mande de Genes , que le nommé Fabio
Chef des Mécontens de l'Ile de Corfe ayant été
arrêté à la Baſtia , y avoit été tué à coups de fufil
, ainfi que quelques autres de fes complices ;
que fa tête avoit été mife au bout d'une Pique &
expofée fur les Remparts de la Ville ; mais que
cette exécution , loin d'intimider ces Rebelles, paroiffoit
les avoir irritez , & qu'ils avoient menacé
de venir en nombre fuffifant tirer vengeance de la
mort de leur Chef.
3 Le nommé Rozza, Milanois, demeurant à Ferrare
, à entrepris de rendre le commerce de Triefte,
l'un des plus floriflans de toutes les Villes Maritimes
de l'Italie, & il s'eft engagé par un Traité
fait avec les Miniftres de l'Empereur,d'y faire paffer
les Négocians & les Marchandiſes de Genes
Livourne , Florence , Milan , Parme , Plaiſance
Mantoue , Modene, Bologne, Ferrare & de toutes
les Places deLombardie,fur des Barques de tranfports
, qu'il fera trouvér regulierement au Pont
de Logofcuro , fur le Po & à Triefte. Les Bátimens
qui pourront porter cent milliers pefant
auront Pavillon Imperial. Elles partiront regulicrement
tous les quinze jours : & l'Entrepreneur
donnera caution pour toutes les Marchandiſes
qu'il aura à tranfporter.
On apprend de Chambery , qu'on y avoit publié
un Edit du Roy de Sardaigne,par lequel S. M.
deffend à tous fes Sujets , de quelque condition
qu'ils puiffent être , de faire aucune donation dè
biens immeubles aux Communautez Religieufes,
à peine de nullité . Ce Prince ordonne en mêmetemps
que toutes les Terres dont les Commu--
nautez jouiffent actuellement , & qui proviennent
de pareilles donations , faites depuis un certain
nombre d'années , feront dorénavant fujettes aux
mêmes Impofitions qu'elles payoient avant que
appartenir à ces Communautez .
JUILLET. 1730. 1649
Le 18. Juin , le Cardinal Corradini cut 29.
voix au Scrutin du matin , & 30. l'après midi. Lo
19 il eut encore 29. voix , mais le Cardinal Bentivoglio
ayant fait connoître que l'Election de ce
Cardinal ,pour remplir le Siége vacant , pourroit
n'être point agréable au Roi d'Efpagne , il n'eut
l'après midi que 2 5. yoix. Le Cardinal Porzia ,
qui depuis huit jours étoit fort incommodé d'une
rétention d'urine , fortit le 10. du Conclave
avec fes Conclaviftes & fes Valets de Chambre.Le
Cardinal de Schomborn , fe trouvant auffi fort incommodé
, en fortit le 2. de ce mois.
On apprend de Rome que l'Archi - Confrairie
de Lorette a envoyé à cet Oratoire une Châffe
d'or ouverte , du poids de 34. Marcs , pour y
placer l'Image miraculeufe de la fainte Vierge.
Les Ordres Religieux ont été difpenfez , à caufe
des chaleurs , d'aller tour à tour en Proceffion à
P'Eglife de S. Pierre pendant le refte du Conclave,
à condition que chaque Convent celebrera tous
Ies jours une Meffe Votive du S. Efprit , juſqu'à
F'élection d'un Papė.
Le Cardinal Laurent Corfini , d'une des plus
illuftres & des anciennes Maifons de Florence
ayant eû toutes les voix du Conclave , fut élû
Pape dans le Scrutin du 12. Juillet. Le Cardinal
Pignatelli , Doyen du Sacré College & le Cardinal
Barberin , Sous -Doyen , accompagnez de
deux Maîtres des Ceremonies , étant allez à ſa
Cellule , pour le complimenter fur fon Election
le Cardinal Laurent Altieri , le premier des Cardinaux
Diacres , fe rendit à la Loge de l'Eglife
de S. Pierre , où il publia l'Election du Pape , qui
a pris le nom de Clement X I I. Cette Election
fut annoncée au Peuple par une falve generale de
l'Artillerie du Château S. Ange , par une déchar
ge de la Moufqueterie des Troupes qui étoient
H iij
fous
1650 MERCURE DE FRANCE
:
fous les armes dans la Place de S. Pierre & par le
fon de toutes les Cloches . Le Pape fut porté à la
la Chapelle Pauline , où il fit fa priere devant le
S. Sacrement, & après avoir rendu graces à Dieu
de fon élection , il fit appeller le Gouverneur de
Rome , avec lequel il confera quelque temps , &
enfuite avec le Cardinal Spinola de S. Agnès.
L'Après midi il fut porté à l'Eglife de S. Pierre ,
où fe fit , felon la coûtume , la ceremonie de l'Adoration.
L'après midi du treize Juillet , Sa Sainteté
nomma le Cardinal Banchieri , pour Secretaire
'Etat , Elle choisit M. Acquaviva , Majordome
du feu Pape , pour faire pendant quelques jours
les fonctions de Maître de Chambre ; elle donna
la Charge de Dataire à M. Valenti , cy-devant
Auditeur de Rote ; celle de Prefet de la fignature
au Cardinal Corradini ; celle de Tréforier dé
la Chambre Apoftolique à M. Sacripante ; celle
de Secretaire des Memoriaux au Marquis Corfini
, neveu de S. S. celle de Secretaire des Brefs
aux Princes à M. Maiella ; celle de Secretaire de
la Confulte à M. Riviera ; celle de Clerc de la
Chambre à M. Daffito , & celle du Secretaire du
Chiffre à M. Livizani .
Le Pape qui vient d'être élû, après un Conclave
de quatre mois & fept jours, naquit à Florence le
7. Avril 1652. Il étoit Tréforier de la Chambre
Apoftolique lorfque le Pape Clement XI . dont il
avoit été Auditeur , le fit Cardinal dans le Confiftoire
du 17. May 1706. Il eut d'abord le titre
de fainte Sufanne , & enfuite celui de S. Pierre
aux Liens. Il fut fait Evêque de Freſcati le 19 .
Novembre 1719. Le 12. Juillet 1723. il fut nommé
Député de la Congrégation de la Signature
de Juftice. Il étoit Protecteur de l'Ordre des Mineurs
Obfervans , des Réformez & du Tiers Or→
dre
JUILLET . 1730. 1651
dre de S. François , de l'Ordre des Servites , de
l'Archi - Confrairie des faints Stigmates , de celle
de l'Annonciade, de celle de la Trinité des Pelerins
des Religieufes de fainte Claire, du Confervatoire
des Philippines , de l'Hôpital de S. Jacques des
Incurables & de plufieurs autres . Il étoit des
Congrégations du S. Office , des Evêques & Reguliers
, du Ceremonial , du Bon-Gouvernement,
de Propaganda fide , de la Confulte , de l'Indice ,
de la Fabrique de S. Pierre , & de celle des Rives
du Tibre,
Na encore appris les circonſtances ſuivan→
tes fur le Tremblement de Terre arrivé à
Nocria , le 12 du mois dernier. La premiere fecouffe
fe fit fentir vers les 5 heures du matin ; elle
dura près d'une minute & renverfa la plus grande
partie des Maifons de la Ville ; la deuxième
Tecouffe commença 9 heures après ; elle fut plus
violente & acheva de renverfer le refte des Maifons
; enforte qu'il n'en eft refté que 7 fort endommagées,
JUILLET . 1730. 1647
dommagées. La belle Tour de l'Abbaye S. Benoît
, haute de 400 dégrez , & bâtie de Marbre
blanc, s'ouvrit en 3 parties,dont l'une tomba dans
la place du Dôme , & les deux autres dans celles
du Marché & de S. Philippe. L'Eglife du Dôme
qui étoit fort belle, eft tellement ruinée, qu'il n'en
refte aucun veftige , non plus que de celles de faint
Jean & des Auguftins , des Francifcains , dont les
Couvents font auffi totalement ruinez. Enfin tou
te la Ville n'eft qu'un amas de pierres , & l'on
n'y diftingue ni rue ni place. On a déja rétiré de
deffous les ruines plus de 500 perfonnes , & l'on
en retire encore tous les jours. Toutes les Maifons
& Eglifes des Villages dans les environs de
Norcia ont auffi été renversées par ce tremble→
ment de terre , de même que divers Châteaux à s
ou 6 milles à la ronde , & quantité de perfonnes
y ont auffi perdu la vie.
Les Rebelles de l'Ifle de Corfe font les Maî
tres des principaux Poftes , & leur fermeté fair
craindre qu'ils n'ayent des intelligences fecretes .
avec quelque Puiflance étrangere. On s'apperçoit
même que leur exemple a rendu les Peuples de
Terre- Ferme plus infolens que de coutume , la
plufpart refufant avec hauteur , de payer les contributions
qu'on leve fur eux depuis quelques an
nées. Il y a eu depuis peu deux Emotions populaires
à San- Remo & à la Pieve.
Selon quelques Lettres de Livourne , on atten
doit à Baftia , Capitale de l'Ile de Corſe , 8000
hommes de Troupes reglées pour agir par la
force contre ces Montagnards Rebelles , qui ont
rejetté toutes les propofitions d'accommodement.
L'Armée de ces derniers campe dans une Vallée
près d'Ajazzo ; elle eft commandée par un certain
Pompiliani , que les Rebelles ont choifi pour
leur Chef.
Hij Οι
•
1648 MERCURE DE FRANCE
On mande de Genes , que le nommé Fabio
Chef des Mécontens de l'Ile de Corfe ayant été
arrêté à la Baſtia , y avoit été tué à coups de fufil
, ainfi que quelques autres de fes complices ;
que fa tête avoit été mife au bout d'une Pique &
expofée fur les Remparts de la Ville ; mais que
cette exécution , loin d'intimider ces Rebelles, paroiffoit
les avoir irritez , & qu'ils avoient menacé
de venir en nombre fuffifant tirer vengeance de la
mort de leur Chef.
3 Le nommé Rozza, Milanois, demeurant à Ferrare
, à entrepris de rendre le commerce de Triefte,
l'un des plus floriflans de toutes les Villes Maritimes
de l'Italie, & il s'eft engagé par un Traité
fait avec les Miniftres de l'Empereur,d'y faire paffer
les Négocians & les Marchandiſes de Genes
Livourne , Florence , Milan , Parme , Plaiſance
Mantoue , Modene, Bologne, Ferrare & de toutes
les Places deLombardie,fur des Barques de tranfports
, qu'il fera trouvér regulierement au Pont
de Logofcuro , fur le Po & à Triefte. Les Bátimens
qui pourront porter cent milliers pefant
auront Pavillon Imperial. Elles partiront regulicrement
tous les quinze jours : & l'Entrepreneur
donnera caution pour toutes les Marchandiſes
qu'il aura à tranfporter.
On apprend de Chambery , qu'on y avoit publié
un Edit du Roy de Sardaigne,par lequel S. M.
deffend à tous fes Sujets , de quelque condition
qu'ils puiffent être , de faire aucune donation dè
biens immeubles aux Communautez Religieufes,
à peine de nullité . Ce Prince ordonne en mêmetemps
que toutes les Terres dont les Commu--
nautez jouiffent actuellement , & qui proviennent
de pareilles donations , faites depuis un certain
nombre d'années , feront dorénavant fujettes aux
mêmes Impofitions qu'elles payoient avant que
appartenir à ces Communautez .
JUILLET. 1730. 1649
Le 18. Juin , le Cardinal Corradini cut 29.
voix au Scrutin du matin , & 30. l'après midi. Lo
19 il eut encore 29. voix , mais le Cardinal Bentivoglio
ayant fait connoître que l'Election de ce
Cardinal ,pour remplir le Siége vacant , pourroit
n'être point agréable au Roi d'Efpagne , il n'eut
l'après midi que 2 5. yoix. Le Cardinal Porzia ,
qui depuis huit jours étoit fort incommodé d'une
rétention d'urine , fortit le 10. du Conclave
avec fes Conclaviftes & fes Valets de Chambre.Le
Cardinal de Schomborn , fe trouvant auffi fort incommodé
, en fortit le 2. de ce mois.
On apprend de Rome que l'Archi - Confrairie
de Lorette a envoyé à cet Oratoire une Châffe
d'or ouverte , du poids de 34. Marcs , pour y
placer l'Image miraculeufe de la fainte Vierge.
Les Ordres Religieux ont été difpenfez , à caufe
des chaleurs , d'aller tour à tour en Proceffion à
P'Eglife de S. Pierre pendant le refte du Conclave,
à condition que chaque Convent celebrera tous
Ies jours une Meffe Votive du S. Efprit , juſqu'à
F'élection d'un Papė.
Le Cardinal Laurent Corfini , d'une des plus
illuftres & des anciennes Maifons de Florence
ayant eû toutes les voix du Conclave , fut élû
Pape dans le Scrutin du 12. Juillet. Le Cardinal
Pignatelli , Doyen du Sacré College & le Cardinal
Barberin , Sous -Doyen , accompagnez de
deux Maîtres des Ceremonies , étant allez à ſa
Cellule , pour le complimenter fur fon Election
le Cardinal Laurent Altieri , le premier des Cardinaux
Diacres , fe rendit à la Loge de l'Eglife
de S. Pierre , où il publia l'Election du Pape , qui
a pris le nom de Clement X I I. Cette Election
fut annoncée au Peuple par une falve generale de
l'Artillerie du Château S. Ange , par une déchar
ge de la Moufqueterie des Troupes qui étoient
H iij
fous
1650 MERCURE DE FRANCE
:
fous les armes dans la Place de S. Pierre & par le
fon de toutes les Cloches . Le Pape fut porté à la
la Chapelle Pauline , où il fit fa priere devant le
S. Sacrement, & après avoir rendu graces à Dieu
de fon élection , il fit appeller le Gouverneur de
Rome , avec lequel il confera quelque temps , &
enfuite avec le Cardinal Spinola de S. Agnès.
L'Après midi il fut porté à l'Eglife de S. Pierre ,
où fe fit , felon la coûtume , la ceremonie de l'Adoration.
L'après midi du treize Juillet , Sa Sainteté
nomma le Cardinal Banchieri , pour Secretaire
'Etat , Elle choisit M. Acquaviva , Majordome
du feu Pape , pour faire pendant quelques jours
les fonctions de Maître de Chambre ; elle donna
la Charge de Dataire à M. Valenti , cy-devant
Auditeur de Rote ; celle de Prefet de la fignature
au Cardinal Corradini ; celle de Tréforier dé
la Chambre Apoftolique à M. Sacripante ; celle
de Secretaire des Memoriaux au Marquis Corfini
, neveu de S. S. celle de Secretaire des Brefs
aux Princes à M. Maiella ; celle de Secretaire de
la Confulte à M. Riviera ; celle de Clerc de la
Chambre à M. Daffito , & celle du Secretaire du
Chiffre à M. Livizani .
Le Pape qui vient d'être élû, après un Conclave
de quatre mois & fept jours, naquit à Florence le
7. Avril 1652. Il étoit Tréforier de la Chambre
Apoftolique lorfque le Pape Clement XI . dont il
avoit été Auditeur , le fit Cardinal dans le Confiftoire
du 17. May 1706. Il eut d'abord le titre
de fainte Sufanne , & enfuite celui de S. Pierre
aux Liens. Il fut fait Evêque de Freſcati le 19 .
Novembre 1719. Le 12. Juillet 1723. il fut nommé
Député de la Congrégation de la Signature
de Juftice. Il étoit Protecteur de l'Ordre des Mineurs
Obfervans , des Réformez & du Tiers Or→
dre
JUILLET . 1730. 1651
dre de S. François , de l'Ordre des Servites , de
l'Archi - Confrairie des faints Stigmates , de celle
de l'Annonciade, de celle de la Trinité des Pelerins
des Religieufes de fainte Claire, du Confervatoire
des Philippines , de l'Hôpital de S. Jacques des
Incurables & de plufieurs autres . Il étoit des
Congrégations du S. Office , des Evêques & Reguliers
, du Ceremonial , du Bon-Gouvernement,
de Propaganda fide , de la Confulte , de l'Indice ,
de la Fabrique de S. Pierre , & de celle des Rives
du Tibre,
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Résumé : ITALIE.
En juillet 1730, Nocria a été dévastée par un violent tremblement de terre survenu le 12 juin précédent. La première secousse, à 5 heures du matin, a duré près d'une minute et a détruit la majeure partie des maisons. Une deuxième secousse, plus puissante, a suivi neuf heures plus tard, achevant de renverser les bâtiments restants. Seules sept maisons ont été endommagées. La tour de l'abbaye Saint-Benoît, haute de 400 marches et construite en marbre blanc, s'est fissurée en trois parties. Les églises du Dôme, Saint-Jean et des Augustins ont été totalement ruinées. La ville est devenue un amas de pierres, sans rues ni places discernables. Plus de 500 personnes ont été retirées des ruines, et des victimes continuent d'être découvertes. Les villages et châteaux environnants ont également subi des destructions, avec de nombreuses pertes humaines. En Corse, les rebelles contrôlent les principaux postes et leur fermeté laisse craindre des alliances secrètes avec une puissance étrangère. Leur exemple a rendu les populations de Terre-Ferme plus insoumis, refusant de payer les contributions. Des émeutes populaires ont eu lieu à San-Remo et à la Pieve. À Bastia, 8 000 hommes de troupes régulières sont attendus pour réprimer les montagnards rebelles, commandés par Pompiliani. À Gênes, Fabio, chef des mécontents de Corse, a été arrêté et exécuté, irritant les rebelles qui menacent de se venger. À Ferrare, Rozza a entrepris de développer le commerce de Trieste, facilitant le transport des marchandises entre diverses villes italiennes via des barques régulières sur le Pô. À Chambéry, un édit du roi de Sardaigne interdit les donations de biens immobiliers aux communautés religieuses, rendant ces terres soumises aux mêmes impôts qu'auparavant. En juillet 1730, le cardinal Corradini a obtenu 29 voix au scrutin du matin et 30 l'après-midi du 18 juin. Le 19 juin, il en a obtenu 29, mais le cardinal Bentivoglio a fait savoir que cette élection pourrait déplaire au roi d'Espagne, réduisant ainsi ses voix à 25 l'après-midi. Le cardinal Porzia est décédé le 10 juillet, et le cardinal de Schomberg a quitté le conclave en raison de sa santé. Le cardinal Laurent Corsini a été élu pape le 12 juillet, prenant le nom de Clément XII. Diverses nominations ont suivi, notamment celle du cardinal Banchieri comme secrétaire d'État. Le pape, né à Florence en 1652, a été fait cardinal en 1706 et évêque de Frescati en 1719. Il était protecteur de plusieurs ordres religieux et congrégations.
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462
p. 1678-1682
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rouen, le 1 Juin 1730. au sujet de la Cérémonie de la FIERTE.
Début :
La Cérémonie de la FIERTE s'est faite icy le jour de l'Ascension comme à l'ordinaire [...]
Mots clefs :
Criminels, Absolution, Cérémonie, Rouen, Église, Prison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rouen, le 1 Juin 1730. au sujet de la Cérémonie de la FIERTE.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rouen,
le 1 Juin 1730.anfujet de la Cérémonie de
la FIERTE.
A Cérémonie de la FIERTE s'eft faite
Licy lejeme det de la FUERTE s'eft
LA
dinaire , avec un grand concours de Peuple
& d'Etrangers , que cette curiofité attire
tous les ans , pour voir ce qui fe paffe
au fujet du Prifonnier qu'on y délivre.
C'eſt un des plus anciens monumens de
la piété de nos Rois , & une conceffion des.
plus authentiques qu'ils ayent jamais faite
aucune Eglife de leur Royaume.
Ca
JUILLET. 1730. 1679
Ce Privilege de la ( a ) Fierte, ou Châſſe
de S. Romain , confifte dans l'abfolution
d'un Criminel & de fes complices , à la
Fête de l'Afcenfion ; pourvu qu'il ne foit
pas accufé de crime de Léze- Majefté, d'Héréfie
, de Faufle monnoye,de Viol ou d'Aſfaffinat
de guet-à-pens . Dans le choix que
le Chapitre de l'Eglife Métropolitaine &
Primatialle de Rouen , fait de celui qui
doit jouir de ce Privilege , il obſerve tresreligieufement
la forme ancienne de cette
ceremonie.
"
Le Lundy quinziéme jour avant les Rogations
, il députe au Parlement,à la Cour
des Aydes & au Préfidial quatre Chanoines
pour vérifier & infinuer le Privilege
afin que depuis ce jour- là jufqu'à ce qu'il
ait eu fon effet , aucun Criminel des Prifons
de la Ville & des Faubourgs ne foit
transféré , mis à la queſtion , ni exécuté.
Pendant les trois jours des Rogations, le
Chapitre nomme deux Chanoines Prêtres,
qui le tranfportent dans les Prifons avec
fe Greffier , pour y entendre les confeſfions
des Criminels qui prétendent au Privilege,
& pour recevoir leurs déclarations
fur les cas dont on les accufe.
Le jour de l'Afcenfion , le Chapitre
compofé feulement des Chanoines- Prê
( a ) Flerte , mot corrompu du Latin , Feretrum
, Cereneil , &cg
Tres
1680 MERCURE DE FRANCE
tres , s'affemble
pour
l'élection
du criminel
qui doit
être
délivré
. Après
avoir
invoqué
le S. Efprit
, & fait
ferment
de
garder
le fecret
, on fait
la lecture
des
confeffions
des
prifonniers
, qui
font
brûlées
dans
le même
lieu
, fi - tôt
que
la
Grace
du criminel
eft admife
.
L'Election faite , le nom du criminel
eft porté au Parlement , qui ordonne à
deux Huiffiers d'aller avec le Chapelain
de S. Romain , le prendre dans la prifone
Ils le conduifent au Parlement , où il eft
mis fur la fellette. Après qu'il a été
interrogé , & que fes informations ont été
rapportées , fa remiffion eft admife fur les
Conclufions du Procureur General . Enfuite
le Premier Préfident luy fait une
correction ; & l'ayant déclaré abſous , il
le renvoye au Chapitre , pour le faire
joüir du Privilege de S. Romain ..
L'Eglife Metropolitaine va enfuite proceffionnellement
à la vieille Tour , ancien
Palais des Ducs de Normandie . On y
conduit le prifonnier , & il y reçoit une
feconde correction du Celebrant , qui luifait
porter la Fierte ou Châffe de S. Romain
jufqu'à la grande Eglife, où il feprof
terne aux pieds de chaque Chanoine ; il
quitte fes fers à la Chappelle de S. Romain
; & après avoir entendu la Meffe
qui eft quelquefois differée jufqu'à fix
heures
و
JUILLET . 1730. 1687
heures du foir , à caufe des conteftations
qui furviennent touchant fon élection
il va à la Vicomté de l'Eau , où le Prieur
du Monaftere de Bonnes - Nouvelles , Ordre
de S. Benoît , luy fait encore une remontrance
.
Le lendemain il reçoit une derniere
correction en plein Chapitre , devant tout
le peuple , tête nue , & à genoux . Delà il
eft conduit au Confeffionnal du Grand-
Penitencier qui entend fa confeffion .
Après cette efpece d'amende honorable il
eft renvoyé.
,
Ce qui a donné lieu à ce Privilege , ſelon
la tradition , c'eft que Saint Romain,
Archevêque de Rouen , ayant été averti
que dans la forêt de Rouvray , près des
faubourgs de la Ville , un ferpent d'une
grandeur monstrueufe faifoit des dégats
horribles , il réfolut de l'aller chaffer , &
demanda pour l'accompagner deux hommes
retenus dans les prifons , l'un con
vaincu de meurtre , & l'autre de vol. Le
voleur s'enfuit fi-tôt qu'il vit le ferpent,
le meurtrier demeura & ne quitta point
le faint Prélat , qui jetta fon Etole au cou
de la bête , la fit conduire par ce prifonnier
jufqu'à la Place publique de la Ville,
où elle fe laiffa attacher , & fut brûlée ;
après quoy on fit grace au meurtrier qui
ne s'étoit point épouventé. S. Ouen, fucceffeur
1682 MERCURE DE FRANCE
3
,
ceffeur de S. Romain , pour conferver la
memoire de ce miracle , obtint du Roy ,
Dagobert , dont il étoit Chancelier , le
Privilege en queftion , tel qu'il s'obferve
encore aujourd'huy.
le 1 Juin 1730.anfujet de la Cérémonie de
la FIERTE.
A Cérémonie de la FIERTE s'eft faite
Licy lejeme det de la FUERTE s'eft
LA
dinaire , avec un grand concours de Peuple
& d'Etrangers , que cette curiofité attire
tous les ans , pour voir ce qui fe paffe
au fujet du Prifonnier qu'on y délivre.
C'eſt un des plus anciens monumens de
la piété de nos Rois , & une conceffion des.
plus authentiques qu'ils ayent jamais faite
aucune Eglife de leur Royaume.
Ca
JUILLET. 1730. 1679
Ce Privilege de la ( a ) Fierte, ou Châſſe
de S. Romain , confifte dans l'abfolution
d'un Criminel & de fes complices , à la
Fête de l'Afcenfion ; pourvu qu'il ne foit
pas accufé de crime de Léze- Majefté, d'Héréfie
, de Faufle monnoye,de Viol ou d'Aſfaffinat
de guet-à-pens . Dans le choix que
le Chapitre de l'Eglife Métropolitaine &
Primatialle de Rouen , fait de celui qui
doit jouir de ce Privilege , il obſerve tresreligieufement
la forme ancienne de cette
ceremonie.
"
Le Lundy quinziéme jour avant les Rogations
, il députe au Parlement,à la Cour
des Aydes & au Préfidial quatre Chanoines
pour vérifier & infinuer le Privilege
afin que depuis ce jour- là jufqu'à ce qu'il
ait eu fon effet , aucun Criminel des Prifons
de la Ville & des Faubourgs ne foit
transféré , mis à la queſtion , ni exécuté.
Pendant les trois jours des Rogations, le
Chapitre nomme deux Chanoines Prêtres,
qui le tranfportent dans les Prifons avec
fe Greffier , pour y entendre les confeſfions
des Criminels qui prétendent au Privilege,
& pour recevoir leurs déclarations
fur les cas dont on les accufe.
Le jour de l'Afcenfion , le Chapitre
compofé feulement des Chanoines- Prê
( a ) Flerte , mot corrompu du Latin , Feretrum
, Cereneil , &cg
Tres
1680 MERCURE DE FRANCE
tres , s'affemble
pour
l'élection
du criminel
qui doit
être
délivré
. Après
avoir
invoqué
le S. Efprit
, & fait
ferment
de
garder
le fecret
, on fait
la lecture
des
confeffions
des
prifonniers
, qui
font
brûlées
dans
le même
lieu
, fi - tôt
que
la
Grace
du criminel
eft admife
.
L'Election faite , le nom du criminel
eft porté au Parlement , qui ordonne à
deux Huiffiers d'aller avec le Chapelain
de S. Romain , le prendre dans la prifone
Ils le conduifent au Parlement , où il eft
mis fur la fellette. Après qu'il a été
interrogé , & que fes informations ont été
rapportées , fa remiffion eft admife fur les
Conclufions du Procureur General . Enfuite
le Premier Préfident luy fait une
correction ; & l'ayant déclaré abſous , il
le renvoye au Chapitre , pour le faire
joüir du Privilege de S. Romain ..
L'Eglife Metropolitaine va enfuite proceffionnellement
à la vieille Tour , ancien
Palais des Ducs de Normandie . On y
conduit le prifonnier , & il y reçoit une
feconde correction du Celebrant , qui luifait
porter la Fierte ou Châffe de S. Romain
jufqu'à la grande Eglife, où il feprof
terne aux pieds de chaque Chanoine ; il
quitte fes fers à la Chappelle de S. Romain
; & après avoir entendu la Meffe
qui eft quelquefois differée jufqu'à fix
heures
و
JUILLET . 1730. 1687
heures du foir , à caufe des conteftations
qui furviennent touchant fon élection
il va à la Vicomté de l'Eau , où le Prieur
du Monaftere de Bonnes - Nouvelles , Ordre
de S. Benoît , luy fait encore une remontrance
.
Le lendemain il reçoit une derniere
correction en plein Chapitre , devant tout
le peuple , tête nue , & à genoux . Delà il
eft conduit au Confeffionnal du Grand-
Penitencier qui entend fa confeffion .
Après cette efpece d'amende honorable il
eft renvoyé.
,
Ce qui a donné lieu à ce Privilege , ſelon
la tradition , c'eft que Saint Romain,
Archevêque de Rouen , ayant été averti
que dans la forêt de Rouvray , près des
faubourgs de la Ville , un ferpent d'une
grandeur monstrueufe faifoit des dégats
horribles , il réfolut de l'aller chaffer , &
demanda pour l'accompagner deux hommes
retenus dans les prifons , l'un con
vaincu de meurtre , & l'autre de vol. Le
voleur s'enfuit fi-tôt qu'il vit le ferpent,
le meurtrier demeura & ne quitta point
le faint Prélat , qui jetta fon Etole au cou
de la bête , la fit conduire par ce prifonnier
jufqu'à la Place publique de la Ville,
où elle fe laiffa attacher , & fut brûlée ;
après quoy on fit grace au meurtrier qui
ne s'étoit point épouventé. S. Ouen, fucceffeur
1682 MERCURE DE FRANCE
3
,
ceffeur de S. Romain , pour conferver la
memoire de ce miracle , obtint du Roy ,
Dagobert , dont il étoit Chancelier , le
Privilege en queftion , tel qu'il s'obferve
encore aujourd'huy.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rouen, le 1 Juin 1730. au sujet de la Cérémonie de la FIERTE.
La cérémonie de la FIERTE, ou Châsse de Saint Romain, se tient annuellement à Rouen et rassemble un grand nombre de participants. Ce privilège, l'un des plus anciens monuments de la piété des rois de France, permet l'absolution d'un criminel et de ses complices lors de la fête de l'Ascension. Cependant, cette grâce n'est pas accordée aux criminels accusés de lèse-majesté, d'hérésie, de fausse monnaie, de viol ou d'assassinat de guet-à-pens. La procédure débute le lundi quinzième jour avant les Rogations, lorsque quatre chanoines sont envoyés au Parlement, à la Cour des Aydes et au Présidial pour vérifier et insérer le privilège. Pendant les trois jours des Rogations, deux chanoines et un greffier recueillent les confessions des criminels prétendant au privilège. Le jour de l'Ascension, les chanoines se réunissent pour élire le criminel à délivrer. Après lecture des confessions, le nom du criminel est porté au Parlement, qui ordonne son transfert et son interrogatoire. Une fois sa rémission admise, il est conduit en procession à la vieille Tour, où il reçoit une correction et porte la châsse de Saint Romain jusqu'à la grande église. Il y reçoit une messe et est finalement renvoyé après une confession et une amende honorable. Selon la tradition, ce privilège trouve son origine dans un miracle attribué à Saint Romain, archevêque de Rouen, qui délivra un prisonnier ayant fait preuve de courage face à un serpent monstrueux. Son successeur, Saint Ouen, obtint du roi Dagobert le privilège qui est encore observé de nos jours.
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463
p. 1742-1752
SUITE des Mémoires de M. Capperon sur l'Histoire de la Ville d'Eu.
Début :
De ces anciens Monumens qui justifient l'antiquité de la Ville d'Eu, je [...]
Mots clefs :
Ville d'Eu, Histoire, Antiquité, Royaume, Paysans, Seigneurs, Religion, Rivière, Monuments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Mémoires de M. Capperon sur l'Histoire de la Ville d'Eu.
SUITE des Mémoires de M. Capperon
fur Hiftoire de la Ville d'Eu.
D
>
E ces anciens Monumens qui juftifient
l'antiquité de la Ville d'Eu je
palle à un autre qui a du rapport à la Religion
, & qui prouve deux chofes . 1
Que quoiqu'il y eut déja du tems que la
Religion Chrétienne fut établie dans le
Comté d'Eu , le culte des Idoles y fubfiftoit
neanmoins encore publiquement au
7. fiecle. 2° Que les peuples de ce Comté
fuivoient encore alors l'ufage que les fimples
Fideles des premiers fiecles de l'Eglife
s'étoient arrogés de canonifer les perfonnes
, de la fainte vie defquelles ils avoient
été les témoins. Ce Monument eft l'Eglife
du Village de Pont , qui eft proche de la
Ville d'Eu , laquelle fut conftruite par les
habitans de ce Village immédiatement
après
A O UST. 1730. 1743
áprès la mort de ce Saint , en reconnoiffance
de ce qu'il les avoit convertis à la
foy. On en peut voir le détail dans ſa vie
écrite au VIII . fiecle , qui fe trouve inferée
dans les Actes des Saints de l'Ordre de
Saint Benoît XI . fiecle , par D. Luc Dacheri
, où il eft dit que S. Valleri paffant
par un lieu nommé Augufta , fitné fur la
Riviere d'Auve , & fe repofant fur le bord
d'une Fontaine , il apperçut une efpece
d'Idole que les Païfans du lieu adoroient ;
ce Saint l'ayant réduite en pouffiere par
un miracle , ces Païfans entrerent dans
une telle fureur qu'ils voulurent le maffacrer
; mais par un autre miracle plus furprenant
, les ayant calmés tout à coup ,
& rendus dociles à fa voix , il leur annonça
l'Evangile , & les convertit à la foy.
Que ce fait fe foit paffé au Village de
Pont , c'eft ce dont perfonne ne peut douter
, puifque le lieu que l'Auteur nomme
Augufta eft le Village d'Aonfte qui fubfifte
encore aujourd'hui. Que la Riviere alors
nommée Auve , foit la Brefle , tous les
Sçavans en conviennent : on peut voir làdeffus
M. Baillet dans la vie de S. Leu ou
Loup , Archevêque de Sens , & M. Fleuri
dans fon Hiftoire Ecclefiaftique , liv. 37.
nom. 16. On trouve pareillement dans la
vie de ce Saint Archevêque la verité de
ce que j'ai avancé , fçavoir , que le Paga-
Ciiij nifme
1744 MERCURE DE FRANCE
nifme regnoit encore publiquement dans
ce Païs- ci au feptiéme fiecle,puifqu'il y eft
rapporté qu'en 616. S. Loup ayant été envoyé
en exil au Village d'Anfenne qui n'eſt
qu'à quatre lieues de la Ville d'Eu , fur la
même Riviere de Brefle , il y trouva des
Temples où les gens du Pays adoroient
publiquement les faux Dieux , & qu'il
travailla à les convertir.
On connoît auffi , comme je l'ai avancé
, que les habitans du Village de Pont,
convertis par S. Valleri , furent des premiers
à le canonifer , puifque fans qu'au
cune cerémonie folemnelle eut précedé ,
immédiatement aprés fa mort , ils firent
conftruire vers l'an 625. une Egliſe à ſon
honneur, au lieu même où il s'étoit repofé
fur le bord de la Fontaine , qu'ils joignirent
à cette Eglife , la faifant enfermer de
murailles , comme on la voit encore aujourd'hui.
L'Auteur de la Vie de ce Saint
que j'ai cité ci-deffus , le fait clairement
connoître, en difant que quelques perfon
nes paffant par hazard aux environs de
ce Village , une jeune fille fut furpriſe de
voir cette nouvelle Eglife , & d'apprendre
qu'elle eut été bâtie à l'honneur de
celui qu'elle n'avoit vû qu'avec mépris ,
là caufe de fon exterieur negligé , ce qui
lui donna lieu de fe railler de ces Païfans
qui avoient , difoit- elle , été affez fimples
que
A O UST. the
1730 1749
que de prendre pour un Saint celui qu'elle
avoit vû fi ſouvent paffer monté fur fon
afne ;mais la raillerie lui coûta cher , puifqu'au
même inftant elle devint perclufe
de tous les membres; ce qui l'ayant obligée
de recourir à l'interceffion de celui dont
elle s'étoit mocquée , & dans l'Eglife même
qui y avoit donné lieu , elle ne laiffa
pas d'y trouver la guerilon.
Enfin de telle maniere , & en tel tems
que les habitans de la Ville d'Eu ayent
été convertis à la Religion Chrétienne ,.
on peut dire que par une faveur toute finguliere
de la Providence , ils ont été affez
heureux pour conferver cette Religion
dans toute la pureté dans l'enceinte de
leurs murailles , pendant que les villes
voifines ont eu le malheur d'être infectées
de l'herefie de Calvin , -
dès
Auffi donnerent- ils des preuves de leur
attachement à la Religion de leurs Peres
que les funeftes nouveautés du Calvinifme
commencerent à paroître , puif--
qu'en 1562. quelques particuliers ayant
donné des preuves qu'ils entroient dans
ces nouveaux fentimens , la populace alla
avec une espece de fureur piller leurs
maifons , ce qui donna lieu aux Magiftrars
après avoir repriméce foulevement , d'o
bliger ces particuliers à faire une profeffion
publique de leur catholicite , &
Ey decla
1746 MERCURE DE FRANCE
declarer en preſence de tous les habitans
qu'ils vouloient vivre & mourir dans la
Religion Catholique , ce qui rétablit le
calme dans la Ville,y fit une telle impreffion
, & y laiffa une telle horreur pour
l'herefie , qu'aucun Calvinifte ne s'eſt jamais
avifé de s'y établir. Tout ceci fe trouve
écrit plus en détail dans les Archives
de l'Hôtel de Ville , livre rouge , fol 2.
pag. 65 .
Comme le Comté d'Eu eft une portion
de la Neuftrie , que le Roi Charles le
Simple fut contraint. de ceder aux Normans
en toute proprieté, pour faire ceffer
les ravages continuels qu'ils faifoient dans
la France , il me paroît convenable que
je faffe connoître par ce qui s'eft paffé à
la Ville d'Eu , quelle étoit l'intrépidité de
ces hommes du Nord , & combien il
étoit difficile aux François d'expulſer hors
du Royaume des gens de ce caractere.
>
Tout le monde fçait ce qu'étoient ces
Normans habitans les Païs glacés du Nord ,
lefquels , au rapport de Paul Emile , Livre
fecond , s'étant introduits dans les
Troupes de Charlemagne lors de fes expeditions
dans la Saxe , & ayant paffé en
France avec les Troupes de ce Prince , ils
n'eurent pas plutôt gouté la douceur du
climat , vû & connu la beauté & la bonté
du Païs , qu'ils formerent le deffein de
5'7
A O UST. 1730. 1747
s'y établir à quelque prix que ce pût être.
On fçait pareillement qu'avant que
d'y
réuffir , ils firent plufieurs débarquemens
dans differens endroits , pillerent , brulerent
& ravagerent une grande partie du
Royaume , dont le Comté d'Eu ne fe
reffentit pas moins que le refte du Pays ,
fa fituation maritime l'y expofant beaucoup
plus. C'est ce dont on peut juger par
la fameufe Bataille qui fut donnée contre
eux l'an 881. à deux lieuës ou environ de
la Ville d'Eu , fçavoir , à Saucourt , Paroiffe
de Niba , fituée entre cette Ville &
Saint Valleri , où les François vinrent les
attaquer. Le lieu où ces derniers fe pofterent
en porte encore aujourd'hui le
nom , & s'appelle Franleu , c'eſt à dire
le lieu des François , Francorum locus .
و
Tous nos Hiftoriens conviennent qu'ils
y furent défaits & qu'ils y perdirent
neuf à dix mille hommes ; mais parcequ'il
en reftoit encore à la Ville d'Eu qui
tâchoient de fe conferver dans cette Place,
les François , au rapport de Mezerai , dans
fa grande Hiftoire , vinrent les y fieger.
Ne s'y étant pas fuffisamment deffendus,
ils у furent tous maffacrés ; nonobftant
toutes ces pertes , les autres n'abandonnerent
pas leur projet deux ans après ,
ils defcendirent en Picardie , où ils exer
cerent les plus grandes cruautés ; jufques
B vj
1748 MERCURE DE FRANCE
là que M. l'Abbé Fleuri remarque dans
fon Hiftoire Ecclefiaftique Liv. 53. Nom.
654. qu'outre les Eglifes , les Villages &
les autres lieux pillés & brûlés , on voyoit
prefque tous les chemins femés de corps
morts , d'Ecclefiaftiques , de Religieux ,
de Nobles , de femmes & d'enfans.
Enfin , comme je l'ai déja dit , le Roi
Charles le Simple , pour mettre fin à ces
cruelles hoftilités qui défoloient fon
Royaume , ceda en 912. à Racul ou Rollon
, Chef de ces Normans , ce qu'on appelle
aujourd'hui la Normandie , qui eut
pour limites de ce côté- ci la Riviere qui
paffe à la Ville d'Eu , ce qui lui fit changer
de nom , au lieu des noms d'Effua
ou Effia ou Aucia ou enfin Auva qu'elle
avoit portés , elle fut nommée alors Bri
fella , c'eſt à dire , la Brifante , la Séparante,
dit M. de Valois dans fa Notice des Gau
les. ( verbo ) Caletes:
Dans la fuite les François s'étant foulevés
contre le Roi Charles le Simple , &
ce Prince ayant été arrêté & fait prifonnier
à Peronne , les Normans toujours difpofés
au pillage , fous l'apparence de vou
loir prendre les interêrs , commencerent
de nouveau à ravager la France , les Fran
çois de leur part fe mirent auffi en état
de reprimer leur audace : entr'autres , die
Frodoard dans fa Chronique l'an 925.les
Comtes
AO UST. 1730. 1749
Comte Herbert ayant pris avec lui les
Troupes de l'Eglife de Rheims , & ayant
été joint par Arnoul , Comte de Flandres,
& par plufieurs autres Seigneurs François,
ils vinrent fieger la Ville d'Eu qui appartenoit
alors aux Normans , & qui y avoient.
envoyé mille hommes des leurs pour la
défendre ; mais quoiqu'ils contaffent fur
cette intrépidité qui faifoit toute leur
gloire , les François ne laifferent pas de les
forcer dans la Ville , & enfuite dans le
Château , d'où s'étant refugiés dans une
Ifle formée par la Riviere qui eft au deſfous
du Château , ils s'y défendirent en
vrais defefperés : jufques là que ne pouvant
fe foutenir dans ce dernier retranchement
, plutôt que de ferendre , s'abandonnant
à leur ferocité naturelle , ils fe
tuerent eux- mêmes , les uns fe jettant dans
la Riviere pour s'y noyer , pendant que
les autres s'enfonçoient dans le coeur leurs
propres flèches.
و
Ce fuccès des François n'empêcha pas
les Normans de demeurer paifibles pof
feffeurs de la Normandie , même du
-Comté d'Eu , d'où les François furent
obligés de fe retirer , ce qui donna aux
Ducs de Normandie la liberté de difpcfer
de ce Comté comme ils jugerent à
propos. Ce fut le Duc Richard II. lequel
Lelon la Chronique de Normandie ch.434
donna
1750 MERCURE DE FRANCE
donna l'an 1002. ce Comté à fon frere
Guillaume , qui fut le premier Comte
d'Eu , defcendant des Ducs de Normandie.
›
Il faut avouer que la Religion Chrétienne
ne fit pas un moindre changement
chez les Normans établis en France , qu'elle
avoit fait chez tous les peuples barbares
où elle s'étoit introduite ; c'eft à dire
qu'ayant été reçûë & embraffée par le
peuple,tout cruel & tout feroce qu'il étoit,
de loups cruels & feroces , elle en fit ,
pour ainfi dire, des Agneaux , les rendant
dociles , bienfaifans , même des plus difpofés
aux oeuvres de pieté. C'est ce dont
nous avons des marques certaines dans le
Comté d'Eu , puifqu'à peine le premier
Comte Guillaume en eut- il la poffeffion
qu'il fonda vers l'an 1003. une Collegiale
dans la Ville d'Eu . Son fils Robert fit encore
plus , puifqu'il fonda en 1036. l'Ab
baye du Tréport , enfuite le Prieuré de
Sainte Croix , entre ce Bourg & la Ville
d'Eu , & commença l'établiffement dur
Prieuré de la Trinité qui eft un Fauxbourg
de la Chauffée .
Guillaume II . qui le fuivit fonda en Angleterre
le Prieuré d'Haftings. Son fils
Henri alla beaucoup plus loin que fes predeceffeurs
, puifque , non content d'avoir
fondé en 1106. le Prieuré de S. Martin ,
dans
AOUST. 1730. 1731
dans la Forêt d'Eu , & en 1130. l'Abbaye
de Foucarmont dans le même Comté „
étant devenu veuf il prit lui -même
Phabit Monaftique dans cette Abbaye
qu'il avoit fondée , en quoi il fut imité
par le Comte , fon fils , nommé Jean ,
lequel , à fon exemple , après avoir vêcu
dans le monde , & fait également figure
à la Cour des Rois d'Angleterre , après
avoir fait auffi beaucoup de largeffes aux
Moines , comme à l'Abbaye d'Eu , au
Prieuré d'Haftings , à celui de la Chauffée
d'Eu , même à un autre Prieuré qu'un
Seigneur Normand avoit fondé à Rouge-
Camp , Paroiffe de Cuverville au Comté
d'Eu , étant auffi devenu veuf , ce Prince,
dis-je , pour reffembler en tout à fon pere ,
fe fit Moine comme lui dans la même Abbaye
de Foucarmont , où ils font morts
tous deux , & où ils font inhumés.
>
On peut juger par toutes ces donations
fi fréquemment faites dans le feul Comté
d'Eu , & par ce dévoüment des plus illuftres
Seigneurs Normans à l'Etat Monaftique
, combien il falloit que les Moi
nes fe fuffent acquis d'eftime auprès de ces
Seigneurs dès les premiers tems de leur
converfion , puifque dès l'an 340. felon
Dumoulin dans fon Hiftoire de Normandie,
le Duc Guillaume, Longue Epée , n'é--
tant pas libre de fe confacrer à Dieu dans
Un
MERCURE DE FRANCE
un Cloître , comme il l'auroit fouhaité ",
il obtint en grace ' des Moines qu'ils lui
donnaffent un froc , un fcapulaire beni
& une difcipline qu'il enferma dans une
caffete précieufe , dont il porta toujours
la clef d'argent penduë à ſa ceinture.
La fuite pourle mois prochain.
fur Hiftoire de la Ville d'Eu.
D
>
E ces anciens Monumens qui juftifient
l'antiquité de la Ville d'Eu je
palle à un autre qui a du rapport à la Religion
, & qui prouve deux chofes . 1
Que quoiqu'il y eut déja du tems que la
Religion Chrétienne fut établie dans le
Comté d'Eu , le culte des Idoles y fubfiftoit
neanmoins encore publiquement au
7. fiecle. 2° Que les peuples de ce Comté
fuivoient encore alors l'ufage que les fimples
Fideles des premiers fiecles de l'Eglife
s'étoient arrogés de canonifer les perfonnes
, de la fainte vie defquelles ils avoient
été les témoins. Ce Monument eft l'Eglife
du Village de Pont , qui eft proche de la
Ville d'Eu , laquelle fut conftruite par les
habitans de ce Village immédiatement
après
A O UST. 1730. 1743
áprès la mort de ce Saint , en reconnoiffance
de ce qu'il les avoit convertis à la
foy. On en peut voir le détail dans ſa vie
écrite au VIII . fiecle , qui fe trouve inferée
dans les Actes des Saints de l'Ordre de
Saint Benoît XI . fiecle , par D. Luc Dacheri
, où il eft dit que S. Valleri paffant
par un lieu nommé Augufta , fitné fur la
Riviere d'Auve , & fe repofant fur le bord
d'une Fontaine , il apperçut une efpece
d'Idole que les Païfans du lieu adoroient ;
ce Saint l'ayant réduite en pouffiere par
un miracle , ces Païfans entrerent dans
une telle fureur qu'ils voulurent le maffacrer
; mais par un autre miracle plus furprenant
, les ayant calmés tout à coup ,
& rendus dociles à fa voix , il leur annonça
l'Evangile , & les convertit à la foy.
Que ce fait fe foit paffé au Village de
Pont , c'eft ce dont perfonne ne peut douter
, puifque le lieu que l'Auteur nomme
Augufta eft le Village d'Aonfte qui fubfifte
encore aujourd'hui. Que la Riviere alors
nommée Auve , foit la Brefle , tous les
Sçavans en conviennent : on peut voir làdeffus
M. Baillet dans la vie de S. Leu ou
Loup , Archevêque de Sens , & M. Fleuri
dans fon Hiftoire Ecclefiaftique , liv. 37.
nom. 16. On trouve pareillement dans la
vie de ce Saint Archevêque la verité de
ce que j'ai avancé , fçavoir , que le Paga-
Ciiij nifme
1744 MERCURE DE FRANCE
nifme regnoit encore publiquement dans
ce Païs- ci au feptiéme fiecle,puifqu'il y eft
rapporté qu'en 616. S. Loup ayant été envoyé
en exil au Village d'Anfenne qui n'eſt
qu'à quatre lieues de la Ville d'Eu , fur la
même Riviere de Brefle , il y trouva des
Temples où les gens du Pays adoroient
publiquement les faux Dieux , & qu'il
travailla à les convertir.
On connoît auffi , comme je l'ai avancé
, que les habitans du Village de Pont,
convertis par S. Valleri , furent des premiers
à le canonifer , puifque fans qu'au
cune cerémonie folemnelle eut précedé ,
immédiatement aprés fa mort , ils firent
conftruire vers l'an 625. une Egliſe à ſon
honneur, au lieu même où il s'étoit repofé
fur le bord de la Fontaine , qu'ils joignirent
à cette Eglife , la faifant enfermer de
murailles , comme on la voit encore aujourd'hui.
L'Auteur de la Vie de ce Saint
que j'ai cité ci-deffus , le fait clairement
connoître, en difant que quelques perfon
nes paffant par hazard aux environs de
ce Village , une jeune fille fut furpriſe de
voir cette nouvelle Eglife , & d'apprendre
qu'elle eut été bâtie à l'honneur de
celui qu'elle n'avoit vû qu'avec mépris ,
là caufe de fon exterieur negligé , ce qui
lui donna lieu de fe railler de ces Païfans
qui avoient , difoit- elle , été affez fimples
que
A O UST. the
1730 1749
que de prendre pour un Saint celui qu'elle
avoit vû fi ſouvent paffer monté fur fon
afne ;mais la raillerie lui coûta cher , puifqu'au
même inftant elle devint perclufe
de tous les membres; ce qui l'ayant obligée
de recourir à l'interceffion de celui dont
elle s'étoit mocquée , & dans l'Eglife même
qui y avoit donné lieu , elle ne laiffa
pas d'y trouver la guerilon.
Enfin de telle maniere , & en tel tems
que les habitans de la Ville d'Eu ayent
été convertis à la Religion Chrétienne ,.
on peut dire que par une faveur toute finguliere
de la Providence , ils ont été affez
heureux pour conferver cette Religion
dans toute la pureté dans l'enceinte de
leurs murailles , pendant que les villes
voifines ont eu le malheur d'être infectées
de l'herefie de Calvin , -
dès
Auffi donnerent- ils des preuves de leur
attachement à la Religion de leurs Peres
que les funeftes nouveautés du Calvinifme
commencerent à paroître , puif--
qu'en 1562. quelques particuliers ayant
donné des preuves qu'ils entroient dans
ces nouveaux fentimens , la populace alla
avec une espece de fureur piller leurs
maifons , ce qui donna lieu aux Magiftrars
après avoir repriméce foulevement , d'o
bliger ces particuliers à faire une profeffion
publique de leur catholicite , &
Ey decla
1746 MERCURE DE FRANCE
declarer en preſence de tous les habitans
qu'ils vouloient vivre & mourir dans la
Religion Catholique , ce qui rétablit le
calme dans la Ville,y fit une telle impreffion
, & y laiffa une telle horreur pour
l'herefie , qu'aucun Calvinifte ne s'eſt jamais
avifé de s'y établir. Tout ceci fe trouve
écrit plus en détail dans les Archives
de l'Hôtel de Ville , livre rouge , fol 2.
pag. 65 .
Comme le Comté d'Eu eft une portion
de la Neuftrie , que le Roi Charles le
Simple fut contraint. de ceder aux Normans
en toute proprieté, pour faire ceffer
les ravages continuels qu'ils faifoient dans
la France , il me paroît convenable que
je faffe connoître par ce qui s'eft paffé à
la Ville d'Eu , quelle étoit l'intrépidité de
ces hommes du Nord , & combien il
étoit difficile aux François d'expulſer hors
du Royaume des gens de ce caractere.
>
Tout le monde fçait ce qu'étoient ces
Normans habitans les Païs glacés du Nord ,
lefquels , au rapport de Paul Emile , Livre
fecond , s'étant introduits dans les
Troupes de Charlemagne lors de fes expeditions
dans la Saxe , & ayant paffé en
France avec les Troupes de ce Prince , ils
n'eurent pas plutôt gouté la douceur du
climat , vû & connu la beauté & la bonté
du Païs , qu'ils formerent le deffein de
5'7
A O UST. 1730. 1747
s'y établir à quelque prix que ce pût être.
On fçait pareillement qu'avant que
d'y
réuffir , ils firent plufieurs débarquemens
dans differens endroits , pillerent , brulerent
& ravagerent une grande partie du
Royaume , dont le Comté d'Eu ne fe
reffentit pas moins que le refte du Pays ,
fa fituation maritime l'y expofant beaucoup
plus. C'est ce dont on peut juger par
la fameufe Bataille qui fut donnée contre
eux l'an 881. à deux lieuës ou environ de
la Ville d'Eu , fçavoir , à Saucourt , Paroiffe
de Niba , fituée entre cette Ville &
Saint Valleri , où les François vinrent les
attaquer. Le lieu où ces derniers fe pofterent
en porte encore aujourd'hui le
nom , & s'appelle Franleu , c'eſt à dire
le lieu des François , Francorum locus .
و
Tous nos Hiftoriens conviennent qu'ils
y furent défaits & qu'ils y perdirent
neuf à dix mille hommes ; mais parcequ'il
en reftoit encore à la Ville d'Eu qui
tâchoient de fe conferver dans cette Place,
les François , au rapport de Mezerai , dans
fa grande Hiftoire , vinrent les y fieger.
Ne s'y étant pas fuffisamment deffendus,
ils у furent tous maffacrés ; nonobftant
toutes ces pertes , les autres n'abandonnerent
pas leur projet deux ans après ,
ils defcendirent en Picardie , où ils exer
cerent les plus grandes cruautés ; jufques
B vj
1748 MERCURE DE FRANCE
là que M. l'Abbé Fleuri remarque dans
fon Hiftoire Ecclefiaftique Liv. 53. Nom.
654. qu'outre les Eglifes , les Villages &
les autres lieux pillés & brûlés , on voyoit
prefque tous les chemins femés de corps
morts , d'Ecclefiaftiques , de Religieux ,
de Nobles , de femmes & d'enfans.
Enfin , comme je l'ai déja dit , le Roi
Charles le Simple , pour mettre fin à ces
cruelles hoftilités qui défoloient fon
Royaume , ceda en 912. à Racul ou Rollon
, Chef de ces Normans , ce qu'on appelle
aujourd'hui la Normandie , qui eut
pour limites de ce côté- ci la Riviere qui
paffe à la Ville d'Eu , ce qui lui fit changer
de nom , au lieu des noms d'Effua
ou Effia ou Aucia ou enfin Auva qu'elle
avoit portés , elle fut nommée alors Bri
fella , c'eſt à dire , la Brifante , la Séparante,
dit M. de Valois dans fa Notice des Gau
les. ( verbo ) Caletes:
Dans la fuite les François s'étant foulevés
contre le Roi Charles le Simple , &
ce Prince ayant été arrêté & fait prifonnier
à Peronne , les Normans toujours difpofés
au pillage , fous l'apparence de vou
loir prendre les interêrs , commencerent
de nouveau à ravager la France , les Fran
çois de leur part fe mirent auffi en état
de reprimer leur audace : entr'autres , die
Frodoard dans fa Chronique l'an 925.les
Comtes
AO UST. 1730. 1749
Comte Herbert ayant pris avec lui les
Troupes de l'Eglife de Rheims , & ayant
été joint par Arnoul , Comte de Flandres,
& par plufieurs autres Seigneurs François,
ils vinrent fieger la Ville d'Eu qui appartenoit
alors aux Normans , & qui y avoient.
envoyé mille hommes des leurs pour la
défendre ; mais quoiqu'ils contaffent fur
cette intrépidité qui faifoit toute leur
gloire , les François ne laifferent pas de les
forcer dans la Ville , & enfuite dans le
Château , d'où s'étant refugiés dans une
Ifle formée par la Riviere qui eft au deſfous
du Château , ils s'y défendirent en
vrais defefperés : jufques là que ne pouvant
fe foutenir dans ce dernier retranchement
, plutôt que de ferendre , s'abandonnant
à leur ferocité naturelle , ils fe
tuerent eux- mêmes , les uns fe jettant dans
la Riviere pour s'y noyer , pendant que
les autres s'enfonçoient dans le coeur leurs
propres flèches.
و
Ce fuccès des François n'empêcha pas
les Normans de demeurer paifibles pof
feffeurs de la Normandie , même du
-Comté d'Eu , d'où les François furent
obligés de fe retirer , ce qui donna aux
Ducs de Normandie la liberté de difpcfer
de ce Comté comme ils jugerent à
propos. Ce fut le Duc Richard II. lequel
Lelon la Chronique de Normandie ch.434
donna
1750 MERCURE DE FRANCE
donna l'an 1002. ce Comté à fon frere
Guillaume , qui fut le premier Comte
d'Eu , defcendant des Ducs de Normandie.
›
Il faut avouer que la Religion Chrétienne
ne fit pas un moindre changement
chez les Normans établis en France , qu'elle
avoit fait chez tous les peuples barbares
où elle s'étoit introduite ; c'eft à dire
qu'ayant été reçûë & embraffée par le
peuple,tout cruel & tout feroce qu'il étoit,
de loups cruels & feroces , elle en fit ,
pour ainfi dire, des Agneaux , les rendant
dociles , bienfaifans , même des plus difpofés
aux oeuvres de pieté. C'est ce dont
nous avons des marques certaines dans le
Comté d'Eu , puifqu'à peine le premier
Comte Guillaume en eut- il la poffeffion
qu'il fonda vers l'an 1003. une Collegiale
dans la Ville d'Eu . Son fils Robert fit encore
plus , puifqu'il fonda en 1036. l'Ab
baye du Tréport , enfuite le Prieuré de
Sainte Croix , entre ce Bourg & la Ville
d'Eu , & commença l'établiffement dur
Prieuré de la Trinité qui eft un Fauxbourg
de la Chauffée .
Guillaume II . qui le fuivit fonda en Angleterre
le Prieuré d'Haftings. Son fils
Henri alla beaucoup plus loin que fes predeceffeurs
, puifque , non content d'avoir
fondé en 1106. le Prieuré de S. Martin ,
dans
AOUST. 1730. 1731
dans la Forêt d'Eu , & en 1130. l'Abbaye
de Foucarmont dans le même Comté „
étant devenu veuf il prit lui -même
Phabit Monaftique dans cette Abbaye
qu'il avoit fondée , en quoi il fut imité
par le Comte , fon fils , nommé Jean ,
lequel , à fon exemple , après avoir vêcu
dans le monde , & fait également figure
à la Cour des Rois d'Angleterre , après
avoir fait auffi beaucoup de largeffes aux
Moines , comme à l'Abbaye d'Eu , au
Prieuré d'Haftings , à celui de la Chauffée
d'Eu , même à un autre Prieuré qu'un
Seigneur Normand avoit fondé à Rouge-
Camp , Paroiffe de Cuverville au Comté
d'Eu , étant auffi devenu veuf , ce Prince,
dis-je , pour reffembler en tout à fon pere ,
fe fit Moine comme lui dans la même Abbaye
de Foucarmont , où ils font morts
tous deux , & où ils font inhumés.
>
On peut juger par toutes ces donations
fi fréquemment faites dans le feul Comté
d'Eu , & par ce dévoüment des plus illuftres
Seigneurs Normans à l'Etat Monaftique
, combien il falloit que les Moi
nes fe fuffent acquis d'eftime auprès de ces
Seigneurs dès les premiers tems de leur
converfion , puifque dès l'an 340. felon
Dumoulin dans fon Hiftoire de Normandie,
le Duc Guillaume, Longue Epée , n'é--
tant pas libre de fe confacrer à Dieu dans
Un
MERCURE DE FRANCE
un Cloître , comme il l'auroit fouhaité ",
il obtint en grace ' des Moines qu'ils lui
donnaffent un froc , un fcapulaire beni
& une difcipline qu'il enferma dans une
caffete précieufe , dont il porta toujours
la clef d'argent penduë à ſa ceinture.
La fuite pourle mois prochain.
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Résumé : SUITE des Mémoires de M. Capperon sur l'Histoire de la Ville d'Eu.
Les Mémoires de M. Capperon relatent plusieurs aspects historiques de la ville d'Eu. Au VIIe siècle, bien que la religion chrétienne fût établie dans le comté d'Eu, le culte des idoles subsistait encore publiquement. Saint Valleri, en passant par Augusta (aujourd'hui Aunfray), détruisit une idole païenne et convertit les habitants. Les habitants du village de Pont, convertis par Saint Valleri, construisirent une église en son honneur peu après sa mort, vers 625, au lieu même où il s'était reposé près d'une fontaine. Ils furent parmi les premiers à le canoniser. La rivière nommée Auve est identifiée comme la Bresle, selon des sources historiques comme M. Baillet et M. Fleury. En 616, Saint Loup, archevêque de Sens, trouva des temples païens lors de son exil au village d'Anfenne, près de la ville d'Eu. Les habitants d'Eu montrèrent un attachement profond à la religion catholique. En 1562, face à l'apparition de signes de calvinisme, la population réagit violemment, pillant les maisons des calvinistes et les forçant à faire une profession publique de catholicisme. Cet événement est documenté dans les archives de l'Hôtel de Ville. L'histoire des Normands dans la région est également abordée. En 912, le roi Charles le Simple céda la Normandie aux Normands pour mettre fin aux ravages qu'ils infligeaient. La ville d'Eu fut le théâtre de plusieurs batailles, notamment en 881 et en 925, où les Normands furent finalement vaincus. Les Normands établis en France adoptèrent la religion chrétienne, ce qui transforma leur comportement. Le premier comte d'Eu, Guillaume, fonda plusieurs institutions religieuses, suivi par ses descendants qui firent de nombreuses donations aux moines et prirent eux-mêmes l'habit monastique. Dès 340, le duc Guillaume Longue-Épée portait des objets monastiques, témoignant de l'influence des moines sur les seigneurs normands dès les premiers temps de leur conversion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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464
p. 1872-1879
ITALIE.
Début :
Le Pape a confirmé M. Spinola dans les fonctions de sa Charge de Gouverneur de la Ville [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinal, Cardinaux, Église, Cérémonies, Florence, Rebelles, Armes, Chevaliers, Hommes
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ltions de la Charge de Gouverneur de la Ville
E Pape a confirmé M. Spinola dans les foncde
Rome. S. S. a choifi pour fes Chapelains fecrets
Mrs Riverfini & Panizzi. Elle a rétabli la
Charge de Capitaine de l'Antichambre, qui avoit
été fupprimée par le feu Pape ; & Elle a nommé
Gentils -hommes ou Chevaliers d'honeur de Cape
& d'Epée le Marquis del Bufalo, & Mrs Gazati ',
Ghifiliere , Albani , Gotifredi , Tarrugi , Patti ,
Oligiati , & quelques autres.
Le Comte Capranica a eu la Charge de Commandant
du Capitole.
Le Pape a deffendu à fes anciens Officiers &
Domeftiques qui le fervoient dans le temps qu'il
étoit Cardinal , de lui prefenter aucun Mémoire
en faveur de qui que ce foit, à peine d'ètre privez
des récompenfes que S. S. leur a promiles.
Le 1s du mois dernier, on chanta le Te Deum
dans
AOUST. 1730. 1873
dans toutes les Eglifes de Rome , par ordre du
Cardinal Marefofchi , Vicaire Général de S. S.
& on diftribua , felon la coutume , aux Pauvres
qui s'étoient rendus en foule dans la Cour du Belvedere
, quatre mille écus en Paoles neufs , que le
Cardinal Camerlingue avoit fait frapper pendant
la vacance du S. Siège. L'après midi , on publia
un Decret du Cardinal Vicaire , par lequel le
Pape accordoit une Indulgence pléniere à tous
ceux qui s'étant confeffez & ayant communié
affifteroient à la Meffe folemnelle que S.S. devoit
celebrer le jour de fon Couronnement , ou qui
recevroient fa benediction à la grande Loge du
Portail de l'Eglife de S. Pierre .
Le 16 , les Cardinaux fe rendirent à la Salle
des Paremens , fuivant l'invitation de M. Gambarrucci
, premier Maître des Ceremonies , & le
Pape y étant arrivé, accompagné d'un nombreux
cortege de Prince Romains , de Prelats , & de
Nobleffe fut revêtu de > y fes Ornemens Pontificaux
par les deux premiers Cardinaux Diacres.
Tout étant prêt pour la cérémonie du Couronnement
, la Proceffion fe mit en marche ; les Prélats
en Rochet & en Chapes violettes , marchant
à la tête , étoient fuivis des Cardinaux en Rochet
& en Chapes rouges. Le Pape étoit porté dans
une Chaife découverte .
Tout le Cortege étant defcendu par le grand
Efcalier de Conftantin , fe rendit fous le Portique
de l'Eglife de S. Pierre , qui étoit orné de Tapifferies
magnifiques. Le Pape s'y plaça fur un Trône
, qui avoit été élevé à côté de la Porte Sainte,
& les Cardinaux prirent leurs places ordinaires.
Le Cardinal Annibal - Albani , Camerlingue &
Archiprêtre de l'Eglife S.Pierre, fe tenant debout
& découvert à la gauche du Trône , complimen
ta le Pape fur fon Election , enfuite s'étant mis à
genoux
1874 MERCURE DE FRANCE
genoux , il baifa les pieds & la main droite de
S. S, après quoi il l'embraffa ; le priant de vouloir
bien admettre au baiſement des pieds les Chanoines
& les Officiers de l'Eglife. Cette Ceremonie
fe paffa pendant que les Cardinaux & les Prélats
entroient proceffionnellement dans l'Eglife.
Le Pape fut porté enfuite dans la Chapelle de
la fainte Trinité , ou ayant quitté fa Mitre , il fit
fa Priére devant le S. Sacrement. Après quoi il
alla dans le même ordre à la Chapelle Clémen→
tine , où étant monté fur fon Trône , les Cardinaux
vinrent lui baiſer la main , ainfi que les Patriarches
, les Archevêques, les Evêques , le Connétable
Colonne , les autres Princes du Trône
les Confervateurs & le Prieur du Peuple Romain.
Cette Ceremonie finie , le Pape fut revêtu de fa
Chape & de fa Mitre de toile d'argent , & enton
na l'Office de Tierce, qui fut chanté par les Muficiens
de la Chapelle Pontificale. A la fin de l'Office
, S. S. prit fes Ornemens pour celebrer la
Meffe , & s'étant mis en marche pour fe rendre
au premier Autel , dit de la Confeffion des Apôtres
, un Maître des Ceremonies brûla par trois
fois , devant le Pape , des Etoupes , en chantant à
chaque fois Pater Sancte , fic tranfit gloria
mundi.
S. S. eut pour Affiftans à l'Autel les Cardia
naux Barberin , Ottoboni , Colonne & M.Crefcenzi
: Elle y reçut le Pallium des mains du Cardinal
Altieri , premier Diacre. Pendant que les
Muficiens chantoient l'Introit , le Pape remonta
fir fon Trône , & les Cardinaux vinrent à l'Obédience
& baiſerent les pieds , les genoux, la main
& la jouë de S. S. Les Archevêques & Evêques
lui baiferent le pied & le genou , & les Pénitenciers
, le pied feulement.
Enfuite le Pape entonna le Gloria in excelfis ,
AOUST. 1730. 1875
à la fin duquel il retourna à l'Autel pour achever
la Meffe. Lorfqu'elle fut finie, S.S. reçut du Chapitre
de l'Eglife la retribution de 25 Jules de
Monnoye ancienne ; enfuite elle fut portée à la
grande Loge du Portail , où pendant que les Muficiens
chantoient l'Hymne : Corona aurea fuper
caput ejus , le Cardinal Colonne ôta la Mitre de
S. S. & le Cardinal Altieri , premier Diacre , lui
mit la Thiare fur la tête.
Le Pape donna alors fa benediction au peuple
au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie du
Château S. Ange & au fon de toutes les Cloches
de la Ville.
Les deux Cardinaux Diacres publierent une In
dulgence pléniere en forme de Jubilé , & S. S.
donna au Peuple deux autres benedictions : Elle
retourna enfuite à la Salle des Paremens , où elle
fut complimentée fur fon Couronnement , par
le Cardinal Barberin , au nom du Sacré College.
Le 19 , le Prince Dom Barthelemi Corfini ,
l'aîné des Neveux du Pape, qui étoit arrivé la furveille
de Florence , eut audience de S. S. qui lui
donna la Charge de Capitaine des Chevaux Le
de fa Garde.
gers
Le 24, le Pape qui avoit donné la veille le Rochet
de Protonotaire Apoftolique , participant
furnumeraire au Marquis Neri - Corfini , fon
neveu , tint un Confiftoire , dans lequel S.S. fit
aux Cardinaux un Difcours tres -éloquent pour
les remercier de fon élection , &c. Le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France , y
propofa la Coadjutorerie de l'Evêché de Quebec
pour M. Boufquet , Evêque titulaire de Samos.
Enfuite il préconifa le P. Feydeau , pour l'Evêché
de Digne ; l'Abbé de Bezons pour celui de
Carcaffonne , & le P. Boyer pour celui de Mirepoíx.
Le
1876 MERCURE DE FRANCE
Le Patron d'une Barque revenu de Nettuno á
Livorne , a rapporté que le Chevalier Guarnieri,
Capitaine d'une des Galeres du Pape , étant förti
du Port de Nettuno avec fa Galere , pour aller
croifer contre les Corfaires de Barbarie , avoit
manqué d'être affaffiné avec tous les Officiers ,
par les Forçats & les Soldats de l'Equipage qui
avoient réfolu de faire échouer la Galere fur un
Banc de Sable , pour mieux executer leur projet :
mais que ce complot ayant été découvert
par des
Forçats Turcs , le Chevalier Buffi & un autre
Capitaine de Galere , étoient venus au fecours du
Chevalier Guarnieri ,au fignal qui leur fut donné,
& qu'on s'étoit faifi des plus coupables qui
avoient été punis fur le champ.
Le 1s du mois dernier , on publia à Florence
un Decret du Grand Duc , par lequel il étoit ordonné
de celebrer l'Election du Pape avec les
mêmes ceremonies qu'on obferva en 1623. pour
l'Election du Pape Urbain VIII . qui étoit de la
Maifon des Barberins de Florence. Le foir on
commença cette Fête par le fon des Cloches de la
Ville. Le 16 , vers les neuf heures du matin , les
Sénateurs & les Magiftrats fe rendirent en Cortége
à l'Eglife Métropolitaine , où ils entendirent
la Meffe , célébrée pontificalement par l'Archevêque
, & enfuite le Te Deum. Le 17 au foir,on
fit une Salve generale de l'Artillerie des deux Crtadelles
; on tira un Feu d'artifice fur la Tour du
vieux Palais. Tous les Palais furent illuminez , &
il y eut des Feux de joye & des réjouiſſances dans
toutes les rues.
' Les Rebelles de l'Ile de Corſe s'étant rendus
maîtres des Poſtes les plus avantageux de cette
Ifle , ont fait remettre à M. Venerofo un Mémoire
par lequel ils déclarent que fi dans fix femaines
la République ne les fatisfait pas fur toutes
AO UST. 1730. 1877
tes leurs demandes , ils feront des courfes dans
toute l'Ifle , & biûleront les Maifons & les Fermes
de tous les habitans qui ne voudront pas fuivre
leur parti. Comme on eft perfuadé qu'ils ne
feroient pas affez témeraires pour faire de pareilles
menaces, s'ils n'étoient pas aflurés de la protection
fecrete de quelque Puiflance Etrangere , pour croit
que la République leur accordera tout ce qu'ils
demandent pour éviter les fuites fâcheufes de leur
Rebellion .
On a appris en dernier lieu que leur Camp eft
préfentement de 20000, hommes , fans compter
les habitans de 14. Villages fitués dans le Détroit
d'Acia qui fe font joints à eux , & qui leur ont
prêté ferment de fidelité . Ils ont publié un Manifefte
par lequel ils déclarent qu'ils n'ont pris le
parti de fe revolter que parce qu'étant nés libres
la République & le Sénat les ont toujours tenus
dans la fervitude , en leur faifant payer des impofitions
beaucoup plus onereufes qu'aux autres
Sujets de la République . Ils demandent qu'ayant
que d'entrer dans aucun accommodement , on
les rétabliffe dans leurs anciens Privileges , qu'on
fupprime tous les impôts extraordinaires qu'ils
ont payés depuis 1715. qu'on leur remette entre
les mains ceux qui ont été la cauſe de leur oppreffion
; qu'on leur cede en toute Souveraineté
le Territoire qui eft entre les Rivieres de Liemone
& de Tavigniano , & qu'on retire toutes les Gar
nifons du Pays. Comme ces Rebelles prévoyent
que la République pourroit emprunter des fecours
étrangers pour les foumettre , ils fe font pourvûs
d'armes , & ils ont enlevé toutes les munitions de
guerre qu'ils ont trouvées dans les Arfenaux de
Saint Florent , de Calvi , de Curfe & de Saint
Boniface ; ils ont fondu les Cloches de ces Villes
pour en faire du Canon , & ils ont fait un Retranchement
1878 MERCURE DE FRANCE
tranchement avec des Redoutes le long des côtes
de l'Ifle , où l'on pourroit faire une defcente. Les
Corps de Garde qu'ils ont placés dans differens
endroits avec de l'artillerie , ont ordre de tirer
fur tous les Bâtimens Genois qui voudroient tenter
d'aborder dans l'Ile. Leur principal Chef , qui
fe nomme Pampliani , eft un Gentilhomme qui a
fervi avec diftinction dans les Troupes Etrangeres
; ce Chef a fait afficher dans differens endroits
de l'Ile que les Mécontens en prenant les armes
n'ont jamais eu intention de piller ni d'infulter
aucun de leurs freres opprimés ; mais de conferver
les Privileges & la liberté de la Nation : ils
font même fi attentifs à prévenir tous les défordres
que ceux de leur Parti pourroient caufer ,
qu'ils en ont fait pendre quinze qui étoient fortis
du Camp pour aller voler dans le Village d'Ajaccio.
Un de leurs Détachemens étant allé il y a
quelque tems à Alleria pour s'emparer de cette
petite Ville , les habitans tirerent fur les Mécontens
pour les obliger à fe retirer ; mais ayant attaqué
la Ville avec beaucoup de vigueur , ils la
prirent par efcalade , & pafferent au fil de l'épée
la Garnifon & tous ceux qui avoient pris les armes.
Le bruit court que la République a raffemblé
6 à 7000 hommes , avec lefquels elle efpere
de foumettre les Rebelles. M. François Marie
Spinola s'eft nouvellement embarqué pour San-
Remo , en qualité de Commiffaire de la République
, & avec des inftructions pour prévenir la
révolte des peuples qui ont déja donné des marques
de leur mécontentement .
il a
Le Cardinal de Rohan eft parti de Rome ,
pris la route d'Orviette ; & après avoir paffé
quelques jours dans la Maifon de Campagne du
feu Cardinal Gualterio , il arriva à Venife le 4.
Août, & alla defcendre au Palais du Cardinal Otthoboni
'A OUS T. 1730. 1879
thoboni ; il a dû partir quelques jours après pour
-retourner en France .
Ltions de la Charge de Gouverneur de la Ville
E Pape a confirmé M. Spinola dans les foncde
Rome. S. S. a choifi pour fes Chapelains fecrets
Mrs Riverfini & Panizzi. Elle a rétabli la
Charge de Capitaine de l'Antichambre, qui avoit
été fupprimée par le feu Pape ; & Elle a nommé
Gentils -hommes ou Chevaliers d'honeur de Cape
& d'Epée le Marquis del Bufalo, & Mrs Gazati ',
Ghifiliere , Albani , Gotifredi , Tarrugi , Patti ,
Oligiati , & quelques autres.
Le Comte Capranica a eu la Charge de Commandant
du Capitole.
Le Pape a deffendu à fes anciens Officiers &
Domeftiques qui le fervoient dans le temps qu'il
étoit Cardinal , de lui prefenter aucun Mémoire
en faveur de qui que ce foit, à peine d'ètre privez
des récompenfes que S. S. leur a promiles.
Le 1s du mois dernier, on chanta le Te Deum
dans
AOUST. 1730. 1873
dans toutes les Eglifes de Rome , par ordre du
Cardinal Marefofchi , Vicaire Général de S. S.
& on diftribua , felon la coutume , aux Pauvres
qui s'étoient rendus en foule dans la Cour du Belvedere
, quatre mille écus en Paoles neufs , que le
Cardinal Camerlingue avoit fait frapper pendant
la vacance du S. Siège. L'après midi , on publia
un Decret du Cardinal Vicaire , par lequel le
Pape accordoit une Indulgence pléniere à tous
ceux qui s'étant confeffez & ayant communié
affifteroient à la Meffe folemnelle que S.S. devoit
celebrer le jour de fon Couronnement , ou qui
recevroient fa benediction à la grande Loge du
Portail de l'Eglife de S. Pierre .
Le 16 , les Cardinaux fe rendirent à la Salle
des Paremens , fuivant l'invitation de M. Gambarrucci
, premier Maître des Ceremonies , & le
Pape y étant arrivé, accompagné d'un nombreux
cortege de Prince Romains , de Prelats , & de
Nobleffe fut revêtu de > y fes Ornemens Pontificaux
par les deux premiers Cardinaux Diacres.
Tout étant prêt pour la cérémonie du Couronnement
, la Proceffion fe mit en marche ; les Prélats
en Rochet & en Chapes violettes , marchant
à la tête , étoient fuivis des Cardinaux en Rochet
& en Chapes rouges. Le Pape étoit porté dans
une Chaife découverte .
Tout le Cortege étant defcendu par le grand
Efcalier de Conftantin , fe rendit fous le Portique
de l'Eglife de S. Pierre , qui étoit orné de Tapifferies
magnifiques. Le Pape s'y plaça fur un Trône
, qui avoit été élevé à côté de la Porte Sainte,
& les Cardinaux prirent leurs places ordinaires.
Le Cardinal Annibal - Albani , Camerlingue &
Archiprêtre de l'Eglife S.Pierre, fe tenant debout
& découvert à la gauche du Trône , complimen
ta le Pape fur fon Election , enfuite s'étant mis à
genoux
1874 MERCURE DE FRANCE
genoux , il baifa les pieds & la main droite de
S. S, après quoi il l'embraffa ; le priant de vouloir
bien admettre au baiſement des pieds les Chanoines
& les Officiers de l'Eglife. Cette Ceremonie
fe paffa pendant que les Cardinaux & les Prélats
entroient proceffionnellement dans l'Eglife.
Le Pape fut porté enfuite dans la Chapelle de
la fainte Trinité , ou ayant quitté fa Mitre , il fit
fa Priére devant le S. Sacrement. Après quoi il
alla dans le même ordre à la Chapelle Clémen→
tine , où étant monté fur fon Trône , les Cardinaux
vinrent lui baiſer la main , ainfi que les Patriarches
, les Archevêques, les Evêques , le Connétable
Colonne , les autres Princes du Trône
les Confervateurs & le Prieur du Peuple Romain.
Cette Ceremonie finie , le Pape fut revêtu de fa
Chape & de fa Mitre de toile d'argent , & enton
na l'Office de Tierce, qui fut chanté par les Muficiens
de la Chapelle Pontificale. A la fin de l'Office
, S. S. prit fes Ornemens pour celebrer la
Meffe , & s'étant mis en marche pour fe rendre
au premier Autel , dit de la Confeffion des Apôtres
, un Maître des Ceremonies brûla par trois
fois , devant le Pape , des Etoupes , en chantant à
chaque fois Pater Sancte , fic tranfit gloria
mundi.
S. S. eut pour Affiftans à l'Autel les Cardia
naux Barberin , Ottoboni , Colonne & M.Crefcenzi
: Elle y reçut le Pallium des mains du Cardinal
Altieri , premier Diacre. Pendant que les
Muficiens chantoient l'Introit , le Pape remonta
fir fon Trône , & les Cardinaux vinrent à l'Obédience
& baiſerent les pieds , les genoux, la main
& la jouë de S. S. Les Archevêques & Evêques
lui baiferent le pied & le genou , & les Pénitenciers
, le pied feulement.
Enfuite le Pape entonna le Gloria in excelfis ,
AOUST. 1730. 1875
à la fin duquel il retourna à l'Autel pour achever
la Meffe. Lorfqu'elle fut finie, S.S. reçut du Chapitre
de l'Eglife la retribution de 25 Jules de
Monnoye ancienne ; enfuite elle fut portée à la
grande Loge du Portail , où pendant que les Muficiens
chantoient l'Hymne : Corona aurea fuper
caput ejus , le Cardinal Colonne ôta la Mitre de
S. S. & le Cardinal Altieri , premier Diacre , lui
mit la Thiare fur la tête.
Le Pape donna alors fa benediction au peuple
au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie du
Château S. Ange & au fon de toutes les Cloches
de la Ville.
Les deux Cardinaux Diacres publierent une In
dulgence pléniere en forme de Jubilé , & S. S.
donna au Peuple deux autres benedictions : Elle
retourna enfuite à la Salle des Paremens , où elle
fut complimentée fur fon Couronnement , par
le Cardinal Barberin , au nom du Sacré College.
Le 19 , le Prince Dom Barthelemi Corfini ,
l'aîné des Neveux du Pape, qui étoit arrivé la furveille
de Florence , eut audience de S. S. qui lui
donna la Charge de Capitaine des Chevaux Le
de fa Garde.
gers
Le 24, le Pape qui avoit donné la veille le Rochet
de Protonotaire Apoftolique , participant
furnumeraire au Marquis Neri - Corfini , fon
neveu , tint un Confiftoire , dans lequel S.S. fit
aux Cardinaux un Difcours tres -éloquent pour
les remercier de fon élection , &c. Le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France , y
propofa la Coadjutorerie de l'Evêché de Quebec
pour M. Boufquet , Evêque titulaire de Samos.
Enfuite il préconifa le P. Feydeau , pour l'Evêché
de Digne ; l'Abbé de Bezons pour celui de
Carcaffonne , & le P. Boyer pour celui de Mirepoíx.
Le
1876 MERCURE DE FRANCE
Le Patron d'une Barque revenu de Nettuno á
Livorne , a rapporté que le Chevalier Guarnieri,
Capitaine d'une des Galeres du Pape , étant förti
du Port de Nettuno avec fa Galere , pour aller
croifer contre les Corfaires de Barbarie , avoit
manqué d'être affaffiné avec tous les Officiers ,
par les Forçats & les Soldats de l'Equipage qui
avoient réfolu de faire échouer la Galere fur un
Banc de Sable , pour mieux executer leur projet :
mais que ce complot ayant été découvert
par des
Forçats Turcs , le Chevalier Buffi & un autre
Capitaine de Galere , étoient venus au fecours du
Chevalier Guarnieri ,au fignal qui leur fut donné,
& qu'on s'étoit faifi des plus coupables qui
avoient été punis fur le champ.
Le 1s du mois dernier , on publia à Florence
un Decret du Grand Duc , par lequel il étoit ordonné
de celebrer l'Election du Pape avec les
mêmes ceremonies qu'on obferva en 1623. pour
l'Election du Pape Urbain VIII . qui étoit de la
Maifon des Barberins de Florence. Le foir on
commença cette Fête par le fon des Cloches de la
Ville. Le 16 , vers les neuf heures du matin , les
Sénateurs & les Magiftrats fe rendirent en Cortége
à l'Eglife Métropolitaine , où ils entendirent
la Meffe , célébrée pontificalement par l'Archevêque
, & enfuite le Te Deum. Le 17 au foir,on
fit une Salve generale de l'Artillerie des deux Crtadelles
; on tira un Feu d'artifice fur la Tour du
vieux Palais. Tous les Palais furent illuminez , &
il y eut des Feux de joye & des réjouiſſances dans
toutes les rues.
' Les Rebelles de l'Ile de Corſe s'étant rendus
maîtres des Poſtes les plus avantageux de cette
Ifle , ont fait remettre à M. Venerofo un Mémoire
par lequel ils déclarent que fi dans fix femaines
la République ne les fatisfait pas fur toutes
AO UST. 1730. 1877
tes leurs demandes , ils feront des courfes dans
toute l'Ifle , & biûleront les Maifons & les Fermes
de tous les habitans qui ne voudront pas fuivre
leur parti. Comme on eft perfuadé qu'ils ne
feroient pas affez témeraires pour faire de pareilles
menaces, s'ils n'étoient pas aflurés de la protection
fecrete de quelque Puiflance Etrangere , pour croit
que la République leur accordera tout ce qu'ils
demandent pour éviter les fuites fâcheufes de leur
Rebellion .
On a appris en dernier lieu que leur Camp eft
préfentement de 20000, hommes , fans compter
les habitans de 14. Villages fitués dans le Détroit
d'Acia qui fe font joints à eux , & qui leur ont
prêté ferment de fidelité . Ils ont publié un Manifefte
par lequel ils déclarent qu'ils n'ont pris le
parti de fe revolter que parce qu'étant nés libres
la République & le Sénat les ont toujours tenus
dans la fervitude , en leur faifant payer des impofitions
beaucoup plus onereufes qu'aux autres
Sujets de la République . Ils demandent qu'ayant
que d'entrer dans aucun accommodement , on
les rétabliffe dans leurs anciens Privileges , qu'on
fupprime tous les impôts extraordinaires qu'ils
ont payés depuis 1715. qu'on leur remette entre
les mains ceux qui ont été la cauſe de leur oppreffion
; qu'on leur cede en toute Souveraineté
le Territoire qui eft entre les Rivieres de Liemone
& de Tavigniano , & qu'on retire toutes les Gar
nifons du Pays. Comme ces Rebelles prévoyent
que la République pourroit emprunter des fecours
étrangers pour les foumettre , ils fe font pourvûs
d'armes , & ils ont enlevé toutes les munitions de
guerre qu'ils ont trouvées dans les Arfenaux de
Saint Florent , de Calvi , de Curfe & de Saint
Boniface ; ils ont fondu les Cloches de ces Villes
pour en faire du Canon , & ils ont fait un Retranchement
1878 MERCURE DE FRANCE
tranchement avec des Redoutes le long des côtes
de l'Ifle , où l'on pourroit faire une defcente. Les
Corps de Garde qu'ils ont placés dans differens
endroits avec de l'artillerie , ont ordre de tirer
fur tous les Bâtimens Genois qui voudroient tenter
d'aborder dans l'Ile. Leur principal Chef , qui
fe nomme Pampliani , eft un Gentilhomme qui a
fervi avec diftinction dans les Troupes Etrangeres
; ce Chef a fait afficher dans differens endroits
de l'Ile que les Mécontens en prenant les armes
n'ont jamais eu intention de piller ni d'infulter
aucun de leurs freres opprimés ; mais de conferver
les Privileges & la liberté de la Nation : ils
font même fi attentifs à prévenir tous les défordres
que ceux de leur Parti pourroient caufer ,
qu'ils en ont fait pendre quinze qui étoient fortis
du Camp pour aller voler dans le Village d'Ajaccio.
Un de leurs Détachemens étant allé il y a
quelque tems à Alleria pour s'emparer de cette
petite Ville , les habitans tirerent fur les Mécontens
pour les obliger à fe retirer ; mais ayant attaqué
la Ville avec beaucoup de vigueur , ils la
prirent par efcalade , & pafferent au fil de l'épée
la Garnifon & tous ceux qui avoient pris les armes.
Le bruit court que la République a raffemblé
6 à 7000 hommes , avec lefquels elle efpere
de foumettre les Rebelles. M. François Marie
Spinola s'eft nouvellement embarqué pour San-
Remo , en qualité de Commiffaire de la République
, & avec des inftructions pour prévenir la
révolte des peuples qui ont déja donné des marques
de leur mécontentement .
il a
Le Cardinal de Rohan eft parti de Rome ,
pris la route d'Orviette ; & après avoir paffé
quelques jours dans la Maifon de Campagne du
feu Cardinal Gualterio , il arriva à Venife le 4.
Août, & alla defcendre au Palais du Cardinal Otthoboni
'A OUS T. 1730. 1879
thoboni ; il a dû partir quelques jours après pour
-retourner en France .
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Résumé : ITALIE.
En août 1730, plusieurs événements et nominations ont marqué la scène romaine et italienne. À Rome, le Pape a confirmé M. Spinola dans ses fonctions et nommé divers chapelains secrets, gentilshommes et chevaliers d'honneur. Le Comte Capranica a été désigné Commandant du Capitole. Le Pape a également interdit à ses anciens officiers de présenter des mémoires en faveur de quiconque. Le 1er août, un Te Deum a été chanté dans toutes les églises de Rome, et une indulgence plénière a été accordée à ceux qui assisteraient à la messe solennelle du couronnement papal. Le 16 août, la cérémonie de couronnement du Pape s'est déroulée avec une procession solennelle et diverses bénédictions. Le Pape a nommé son neveu, le Prince Dom Barthélemi Corsini, Capitaine des Chevaux Légers de sa Garde. Le 24 août, un consistoire a été tenu lors duquel plusieurs évêques ont été nommés. Par ailleurs, un complot contre un capitaine de galère du Pape a été déjoué. À Florence, des célébrations ont eu lieu pour l'élection du Pape. En Corse, des rebelles ont menacé de faire des incursions dans l'île si leurs demandes n'étaient pas satisfaites et se sont préparés militairement. La République de Gênes a rassemblé des troupes pour les soumettre. De plus, le Cardinal de Rohan a quitté Rome pour la France.
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465
p. 1890-1892
CEREMONIE de la prise de Bonnet de Docteur, par M. l'Archevêque de Paris.
Début :
La Faculté de Théologie de Paris, après avoir presenté les Actes & les Décrets sur la Constiution [...]
Mots clefs :
Archevêque de Paris, Docteur, Chevalier, Faculté de théologie, Docteur
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texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE de la prise de Bonnet de Docteur, par M. l'Archevêque de Paris.
CEREMONIE de la prife de Bonnet de
Docteur , parM.l'Archevêque de Paris.
A Faculté de Théologie de Paris, après avoir
Lprefènié les Actes & les Décrets fur la Conftitution
Unigenitus , au Roy , à la Reine & aux
autres Seigneurs,à Fontaibleau , le 18 May 1730.
cvût qu'elle devoit auffi preſenter les mêmes Actes
à M. l'Archevêque de Paris. Elle nomma pour
cela M. Lullier Doyen, M. de Romigny Syndic,
& les fix plus anciens Docteurs , aufquels elle recommanda
de fupplier M. l'Archevêque de vouloir
prendre le Bonnet de Docteur. Ce Prélat
avoit fait fa Licence dans les années 1706. &
1707. Mais après avoir obtenu le dégré de Licentié
, ayant été nommé fucceffivement Evêque
de Marfeille , & Archevêque d'Aix , il n'avoit
pas pris le Bonnet ,
cela étoit arri- que
vé à M. de Harlay Archevêque de Rouen , &
enfuite Archevêque de Paris , qui après ſa Licence
ne prit le Bonnet de Docteur qu'après avoir
été nommé Archevêque de Paris.
ainfi
M. l'Archevêque de Paris fut donc prié par
la Faculté de fuivre l'exemple de M. de Harlay
& à cette occafion le Doyen accompagné du
Syndic & des autres Députez , lui fit un fort
beau Difcours le 23 May dernier.
On fera peut- être bien -aiſe d'être inftruit de
ce qui s'obſerve quand les Archevêques de Paris
prennent le Bonnet . Ordinairement le Licencié
eft tenu qui doit prendre le Bonnet de Docteur ,
de foutenir quelques jours auparavant une Theſe.
nommée Vefperie , & un des jours fuivans il fe
rend
AOUST. 1730. 1891
rend dans la grande Sale de l'Archevéché , ou
dans la Chapelle interieure qui eft au bout de la
Sale , avec fon Grand-Maître d'Etude , où il a
prié quelques jours auparavant le Chancelier de
Notre-Dame de fe trouver. Il y a trois Chaifes
difpofées , le dos tourné à l'Autel. Si la cerenonie
fe fait dans la Chapelle de l'Archevêché ou
dans la Grande Sale même , le Licencié prend la
place du milieu ; à fa droite eft ie Chancelier , &
à fa gauche fon Grand - Maître d'Etude. La ceremonie
commence par un Difcours Latin que fait
le Chancelier fur quelque fujet d'érudition ou de
piété , fur l'importance de la ceremonie ; &c,
Enfuite le Licencié fe met à genoux devant le
Chancelier , qui lui fait faire les fermens accoutumez.
Le nouveau Docteur remercie le Chan→
celier , & fon Grand - Maître d'Etude. Enfuite il
préfide à une Thefe , nommée Aulique.
Après que le nouveau Docteur à difputé fur
trois Medium , ainfi que le Grand-Maître d'Etude
& le Chancelier , le Chancelier le conduit à
Notre- Dame , lui fait faire le ferment fur l'Autel
des Martyrs de foutenir la verité , enſeignée par
l'Eglife Catholique , Apoftolique & Romaine
toute la vie ; jufqu'à répandre fon ſang pour la
défenfe de ces mêmes véritez.
Mais quand un Archevêque de Paris , nommé
& facré , prend le Bonnet de Docteur , prefque
toutes ces ceremonies font obmiſes. Il n'y a ní
Vefperie , ni Aulique , ni Difcours par le Chancelier
, ou par le nouveau Docteur , ni fermens à
exiger de lui. L'Archevêque étant à genoux vis - àvis
l'Autel de la Chapelle intérieure de l'Archevêché
, ayant à fa droitele Chancelier , & le Doyen
de la Faculté à fa gauche , le Chancelier fe leve
donner & prononce la Formule ordinaire, pour
par l'autorité & la Benediction Apoftolique , le
dégre I vj
1892 MERCURE DE FRANCE
-
dégré de Docteur. Il met en même temps le
Bonnet de Docteur fur la tête de l'Archevêque
aiafi finit la ceremonie. C'est ce qui s'eſt obſervé
en 1671. quand M. de Harlay , Archevêque de
Paris , reçût le Bonnet de Docteur. Et c'eft auffi
ce qui s'eft paffé le 24 May 1730. à la cérémonie
de M. de Vintimille du Luc , en preſence
d'un grand nombre de Docteurs. Ce Prélat fit
l'honneur au Chancelier , au Doyen , au Syndic
& aux autres Docteurs de les retenir à dîner. Il
s'y trouva auffi quelques Prélats.
La Faculté prefenta auffi les Actes , dont il eſt
parlé au commencement de ce Mémoire , à l'Aſfemblée
du Clergé , le 10 Juillet dernier , ayant
nommé pour cela les mêmes Députez , lefquels
furent reçûs par les Agens Generaux,qui les conduifirent
dans la Sale des Affemblées . M. Luillier
Doyen , y fit un Difcours latin tres - éloquent
qui fe trouve dans le Recueil des mêmes Actes ,
donnésdepuis peu au Public.
Docteur , parM.l'Archevêque de Paris.
A Faculté de Théologie de Paris, après avoir
Lprefènié les Actes & les Décrets fur la Conftitution
Unigenitus , au Roy , à la Reine & aux
autres Seigneurs,à Fontaibleau , le 18 May 1730.
cvût qu'elle devoit auffi preſenter les mêmes Actes
à M. l'Archevêque de Paris. Elle nomma pour
cela M. Lullier Doyen, M. de Romigny Syndic,
& les fix plus anciens Docteurs , aufquels elle recommanda
de fupplier M. l'Archevêque de vouloir
prendre le Bonnet de Docteur. Ce Prélat
avoit fait fa Licence dans les années 1706. &
1707. Mais après avoir obtenu le dégré de Licentié
, ayant été nommé fucceffivement Evêque
de Marfeille , & Archevêque d'Aix , il n'avoit
pas pris le Bonnet ,
cela étoit arri- que
vé à M. de Harlay Archevêque de Rouen , &
enfuite Archevêque de Paris , qui après ſa Licence
ne prit le Bonnet de Docteur qu'après avoir
été nommé Archevêque de Paris.
ainfi
M. l'Archevêque de Paris fut donc prié par
la Faculté de fuivre l'exemple de M. de Harlay
& à cette occafion le Doyen accompagné du
Syndic & des autres Députez , lui fit un fort
beau Difcours le 23 May dernier.
On fera peut- être bien -aiſe d'être inftruit de
ce qui s'obſerve quand les Archevêques de Paris
prennent le Bonnet . Ordinairement le Licencié
eft tenu qui doit prendre le Bonnet de Docteur ,
de foutenir quelques jours auparavant une Theſe.
nommée Vefperie , & un des jours fuivans il fe
rend
AOUST. 1730. 1891
rend dans la grande Sale de l'Archevéché , ou
dans la Chapelle interieure qui eft au bout de la
Sale , avec fon Grand-Maître d'Etude , où il a
prié quelques jours auparavant le Chancelier de
Notre-Dame de fe trouver. Il y a trois Chaifes
difpofées , le dos tourné à l'Autel. Si la cerenonie
fe fait dans la Chapelle de l'Archevêché ou
dans la Grande Sale même , le Licencié prend la
place du milieu ; à fa droite eft ie Chancelier , &
à fa gauche fon Grand - Maître d'Etude. La ceremonie
commence par un Difcours Latin que fait
le Chancelier fur quelque fujet d'érudition ou de
piété , fur l'importance de la ceremonie ; &c,
Enfuite le Licencié fe met à genoux devant le
Chancelier , qui lui fait faire les fermens accoutumez.
Le nouveau Docteur remercie le Chan→
celier , & fon Grand - Maître d'Etude. Enfuite il
préfide à une Thefe , nommée Aulique.
Après que le nouveau Docteur à difputé fur
trois Medium , ainfi que le Grand-Maître d'Etude
& le Chancelier , le Chancelier le conduit à
Notre- Dame , lui fait faire le ferment fur l'Autel
des Martyrs de foutenir la verité , enſeignée par
l'Eglife Catholique , Apoftolique & Romaine
toute la vie ; jufqu'à répandre fon ſang pour la
défenfe de ces mêmes véritez.
Mais quand un Archevêque de Paris , nommé
& facré , prend le Bonnet de Docteur , prefque
toutes ces ceremonies font obmiſes. Il n'y a ní
Vefperie , ni Aulique , ni Difcours par le Chancelier
, ou par le nouveau Docteur , ni fermens à
exiger de lui. L'Archevêque étant à genoux vis - àvis
l'Autel de la Chapelle intérieure de l'Archevêché
, ayant à fa droitele Chancelier , & le Doyen
de la Faculté à fa gauche , le Chancelier fe leve
donner & prononce la Formule ordinaire, pour
par l'autorité & la Benediction Apoftolique , le
dégre I vj
1892 MERCURE DE FRANCE
-
dégré de Docteur. Il met en même temps le
Bonnet de Docteur fur la tête de l'Archevêque
aiafi finit la ceremonie. C'est ce qui s'eſt obſervé
en 1671. quand M. de Harlay , Archevêque de
Paris , reçût le Bonnet de Docteur. Et c'eft auffi
ce qui s'eft paffé le 24 May 1730. à la cérémonie
de M. de Vintimille du Luc , en preſence
d'un grand nombre de Docteurs. Ce Prélat fit
l'honneur au Chancelier , au Doyen , au Syndic
& aux autres Docteurs de les retenir à dîner. Il
s'y trouva auffi quelques Prélats.
La Faculté prefenta auffi les Actes , dont il eſt
parlé au commencement de ce Mémoire , à l'Aſfemblée
du Clergé , le 10 Juillet dernier , ayant
nommé pour cela les mêmes Députez , lefquels
furent reçûs par les Agens Generaux,qui les conduifirent
dans la Sale des Affemblées . M. Luillier
Doyen , y fit un Difcours latin tres - éloquent
qui fe trouve dans le Recueil des mêmes Actes ,
donnésdepuis peu au Public.
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Résumé : CEREMONIE de la prise de Bonnet de Docteur, par M. l'Archevêque de Paris.
En mai 1730, la Faculté de Théologie de Paris a organisé une cérémonie pour la prise de bonnet de docteur par l'Archevêque de Paris. Après avoir présenté les Actes et les Décrets sur la Constitution Unigenitus au roi et à la reine à Fontainebleau le 18 mai 1730, la Faculté a demandé à l'Archevêque de prendre le bonnet de docteur. Bien que l'Archevêque ait obtenu sa licence en 1706 et 1707 et ait été nommé évêque de Marseille puis archevêque d'Aix, il n'avait pas encore effectué cette cérémonie. La Faculté a désigné M. Lullier, Doyen, M. de Romigny, Syndic, et les docteurs les plus anciens pour supplier l'Archevêque de suivre l'exemple de M. de Harlay, ancien archevêque de Rouen et de Paris. Le 23 mai, le Doyen, accompagné du Syndic et des autres députés, a prononcé un discours à cette occasion. La cérémonie du 24 mai a différé des pratiques habituelles, où le licencié doit soutenir deux thèses et prêter serment. Pour un archevêque, ces étapes sont omises. L'Archevêque, à genoux devant l'autel de la chapelle intérieure de l'archevêché, a reçu le bonnet de docteur du chancelier, qui a prononcé la formule ordinaire. Cette cérémonie avait déjà été observée en 1671 pour M. de Harlay. Par ailleurs, la Faculté a présenté les Actes à l'Assemblée du Clergé le 10 juillet, avec les mêmes députés. Ils ont été reçus par les Agents Généraux, et M. Lullier, Doyen, a prononcé un discours latin éloquent lors de cette présentation.
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466
p. 1892-1894
Ordonnance de l'Archevêque de Paris, portant révocation de toutes les Permissions, &c. [titre d'après la table]
Début :
ORDONNANCE de M. l'Archevêque de Paris, du 23. Aoust, portant révocation de [...]
Mots clefs :
Archevêque de Paris, Chapelles, Ordonnance, Prêtres, Permission
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texteReconnaissance textuelle : Ordonnance de l'Archevêque de Paris, portant révocation de toutes les Permissions, &c. [titre d'après la table]
ORDONNANCE de M. l'Archevêque
de Paris , du 23. Aouft , portant révocation de
toutes les Permiffions verbales pour les Chapelles
domestiques.
-
Charles Gafpar - Guillaume de Vintimille.
&c. Sur ce qui nous a été repreſenté par notre
Promoteur General , que quelques Prêtres
peu attentifs aux regles de leur Miniftere , célébrent
la fainte Meffe dans des Chapelles domeftiques
, dont on ne rapporte d'autre conceffion
que des permiffions verbales que l'on fuppofe
données par nos Prédéceffeurs ou par Nous,quoique
felon la Difcipline de ce Diocéfe & l'Ordonnance
de Monfeigneur le Cardinal de Noailles
notre Prédéceffeur , fur la vénération dúë aux
Eglifes , & fur l'ufage des Chapelles domeftiques
; en datte du 20 Decembre 1696. toutes les
Y
A O UST . 1730. 1893
permiflions de Chapelles domestiques doivent
être expediées par écrits ; que d'autres Prêtres
portent l'efprit d'independance & de fingularité ,
jufqu'à offrir le Sacrifice dans des lieux profanes,
& qui n'ont été ni deſtinez , ni benis par l'autorité
Epifcopale , pour fervir de Chapelles domef
tiques , & que pour juftifier une contravention fi
manifefte aux Regles de l'Eglife , ils alleguent
qu'ils avoient obtenu cy-devant des Permiflions
verbales de dire la Meffe dans tous les lieux ou
ils demeureroient , & qu'en confequence ils ont
fait conftruire un Autel & célébré les faints Myfteres
, fans que lefdits lieux ayent été ni vifitez
ni benis , s'attribuant ainfi un privilege contraire
à toutes les Regles, qu'il n'eft point d'uſage d'accorder
à aucun particulier , & qui pourroit être
une fource d'abus & d'irréverence pour ce qu'il
y a de plus augufte dans la Religion . Nous requerant
ledit Promoteur de pourvoir à ces défordres.
A. ces cauſes , Nous , faifant droit fur le requifitoire
de notre Promoteur , voulant arrêter le
cours d'abus fi vifibles , maintenir dans ce Diocèſe
les Loix de la Difcipline , & nous oppofer à
tout ce qui peut les renverfer , nous révoquons
par la préfenteOrdonnance,jufq ' à ce qu'il en ait
été par Nous autrement ordonné, toutes les Permiffions
verbales feulement , qui auroient pû cydevant
être accordées , foit pour établir des Chapelles
domeftiques , foit pour permettre à des
particuliers de dire la Meffe dans des Maifons
où il n'y auroit point de Chapelles . Déclarant
que huit jours après la publication de notre
prefente Ordonnance , lefdites Chapelles demeureront
interdites , & que toutes les permiffions
pour des Chapelles , conformément à l'Ordonnance
de notre Prédeceffeur , du 20 Decembre
1696
1894 MERCURE DE FRANCE J
ac-
1696. ne feront accordées que par écrit , après
un Examen & vifite faits par notre ordre , pour
nous afsûrer de la décence des lieux , & des raifons
légitimes qui pourront nous engager
à
corder lefdites Chapelles avec les claufes & reftrictions
canoniques que le bon ordre demande.
Détendons , comme il eft porté par ladite Ordonnance
de Monfeigneur le Cardinal de Noailles
, à tous Prêtres Séculiers & Réguliers , fous
peine de fufpenfe , de célébrer la Mofle dans les
Chapelles domestiques dont on ne leur reprefentera
pas un titre ou permiffion de Nous , ou de
notre Prédeceffeur , expedié par écrit . Défendons
en outre à tous Prêtres Séculiers ou Réguliers ,
fous peine de fufpenfe encourue par le feul fait ,
de dire la Meffe dans des lieux qui n'auroient pas
été vifitez & benis par notre ordre , & approuvez
par Nous , pour fervir de Chapelles domestiques.
Si Mandons , & c.
de Paris , du 23. Aouft , portant révocation de
toutes les Permiffions verbales pour les Chapelles
domestiques.
-
Charles Gafpar - Guillaume de Vintimille.
&c. Sur ce qui nous a été repreſenté par notre
Promoteur General , que quelques Prêtres
peu attentifs aux regles de leur Miniftere , célébrent
la fainte Meffe dans des Chapelles domeftiques
, dont on ne rapporte d'autre conceffion
que des permiffions verbales que l'on fuppofe
données par nos Prédéceffeurs ou par Nous,quoique
felon la Difcipline de ce Diocéfe & l'Ordonnance
de Monfeigneur le Cardinal de Noailles
notre Prédéceffeur , fur la vénération dúë aux
Eglifes , & fur l'ufage des Chapelles domeftiques
; en datte du 20 Decembre 1696. toutes les
Y
A O UST . 1730. 1893
permiflions de Chapelles domestiques doivent
être expediées par écrits ; que d'autres Prêtres
portent l'efprit d'independance & de fingularité ,
jufqu'à offrir le Sacrifice dans des lieux profanes,
& qui n'ont été ni deſtinez , ni benis par l'autorité
Epifcopale , pour fervir de Chapelles domef
tiques , & que pour juftifier une contravention fi
manifefte aux Regles de l'Eglife , ils alleguent
qu'ils avoient obtenu cy-devant des Permiflions
verbales de dire la Meffe dans tous les lieux ou
ils demeureroient , & qu'en confequence ils ont
fait conftruire un Autel & célébré les faints Myfteres
, fans que lefdits lieux ayent été ni vifitez
ni benis , s'attribuant ainfi un privilege contraire
à toutes les Regles, qu'il n'eft point d'uſage d'accorder
à aucun particulier , & qui pourroit être
une fource d'abus & d'irréverence pour ce qu'il
y a de plus augufte dans la Religion . Nous requerant
ledit Promoteur de pourvoir à ces défordres.
A. ces cauſes , Nous , faifant droit fur le requifitoire
de notre Promoteur , voulant arrêter le
cours d'abus fi vifibles , maintenir dans ce Diocèſe
les Loix de la Difcipline , & nous oppofer à
tout ce qui peut les renverfer , nous révoquons
par la préfenteOrdonnance,jufq ' à ce qu'il en ait
été par Nous autrement ordonné, toutes les Permiffions
verbales feulement , qui auroient pû cydevant
être accordées , foit pour établir des Chapelles
domeftiques , foit pour permettre à des
particuliers de dire la Meffe dans des Maifons
où il n'y auroit point de Chapelles . Déclarant
que huit jours après la publication de notre
prefente Ordonnance , lefdites Chapelles demeureront
interdites , & que toutes les permiffions
pour des Chapelles , conformément à l'Ordonnance
de notre Prédeceffeur , du 20 Decembre
1696
1894 MERCURE DE FRANCE J
ac-
1696. ne feront accordées que par écrit , après
un Examen & vifite faits par notre ordre , pour
nous afsûrer de la décence des lieux , & des raifons
légitimes qui pourront nous engager
à
corder lefdites Chapelles avec les claufes & reftrictions
canoniques que le bon ordre demande.
Détendons , comme il eft porté par ladite Ordonnance
de Monfeigneur le Cardinal de Noailles
, à tous Prêtres Séculiers & Réguliers , fous
peine de fufpenfe , de célébrer la Mofle dans les
Chapelles domestiques dont on ne leur reprefentera
pas un titre ou permiffion de Nous , ou de
notre Prédeceffeur , expedié par écrit . Défendons
en outre à tous Prêtres Séculiers ou Réguliers ,
fous peine de fufpenfe encourue par le feul fait ,
de dire la Meffe dans des lieux qui n'auroient pas
été vifitez & benis par notre ordre , & approuvez
par Nous , pour fervir de Chapelles domestiques.
Si Mandons , & c.
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Résumé : Ordonnance de l'Archevêque de Paris, portant révocation de toutes les Permissions, &c. [titre d'après la table]
En 1730, l'archevêque de Paris, Charles Gaspard Guillaume de Vintimille, a publié une ordonnance le 23 août pour révoquer toutes les permissions verbales accordées pour les chapelles domestiques. Cette mesure répond à des rapports signalant des célébrations de messe dans des chapelles sans autorisation écrite, contrairement aux règles diocésaines et à une ordonnance précédente du cardinal de Noailles de 1696. L'ordonnance stipule que les permissions doivent être délivrées par écrit après une visite et un examen des lieux pour assurer leur décence et leur légitimité. Elle interdit également aux prêtres de célébrer la messe dans des lieux non visités et bénis par l'autorité épiscopale. Les chapelles sans titre écrit seront interdites huit jours après la publication de l'ordonnance, et les prêtres contrevenants seront sanctionnés.
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467
p. 1894
Mandement du même, sur la grossesse de la Reine, [titre d'après la table]
Début :
Dès le 12. Août, M. l'Archevêque de Paris donna un Mandement pour ordonner des Prieres [...]
Mots clefs :
Reine, Accouchement, Archevêque de Paris, Prières, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement du même, sur la grossesse de la Reine, [titre d'après la table]
Dès le 12. Août , M. l'Archevêque de Paris
donna un Mandement pour ordonner des Prieres
dans tout fon Diocèfe pour P'heureux accouchement
de la Reine. Il eft conçû en ces termes.
Charles , & c. La pieté du Roi qui lui infpire
dans tous les évenemens , de recourir à celui par
qui les Rois regnent , lui a fait défirer que nous
ordonnaffions des Prieres pour l'heureuſe délivrance
& pour la fanté de la Reine , qui eft fort
avancée dans fa groffeffe . Entrez avec nous dans
les intentions de Sa Majefté , pour demander à
Dieu la confervation d'une augufte Reine , que
fes vertus rendent fi refpectabie à tout le Royaume
, auquel elle a déja donné un Dauphin , &
celle du précieux fruit qui eft l'objet de nos efperances
& de nos voeux.
A CES CAUSâs , nous ordonnons , &c.
donna un Mandement pour ordonner des Prieres
dans tout fon Diocèfe pour P'heureux accouchement
de la Reine. Il eft conçû en ces termes.
Charles , & c. La pieté du Roi qui lui infpire
dans tous les évenemens , de recourir à celui par
qui les Rois regnent , lui a fait défirer que nous
ordonnaffions des Prieres pour l'heureuſe délivrance
& pour la fanté de la Reine , qui eft fort
avancée dans fa groffeffe . Entrez avec nous dans
les intentions de Sa Majefté , pour demander à
Dieu la confervation d'une augufte Reine , que
fes vertus rendent fi refpectabie à tout le Royaume
, auquel elle a déja donné un Dauphin , &
celle du précieux fruit qui eft l'objet de nos efperances
& de nos voeux.
A CES CAUSâs , nous ordonnons , &c.
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Résumé : Mandement du même, sur la grossesse de la Reine, [titre d'après la table]
Le 12 août, l'Archevêque de Paris a ordonné des prières pour l'accouchement de la Reine, avancée dans sa grossesse. Le roi exprime sa piété et son recours à Dieu. Les prières visent la santé de la Reine, respectée pour ses vertus et ayant déjà donné un Dauphin, et du futur enfant.
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468
p. 1895-1896
Autre sur le même sujet du Grand-Prieur de l'Abbaye S. Germain, [titre d'après la table]
Début :
Le 14. du même mois, le R. P. Grand Prieur de l'Abbaye de S. Germain, donna aussi un Mandement [...]
Mots clefs :
Prince, Princesse, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre sur le même sujet du Grand-Prieur de l'Abbaye S. Germain, [titre d'après la table]
Le 14. du même mois , le R. P. Grand - Prieur
de l'Abbaye de S. Germain , donna auffi un Mandement
digue de la grandur du ' Sujet & de fa
pieté. En voici la teneur :
CLAUDE DU PRE' , Grand - Prieur de
l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez , immédiate
au S. Siege , & Vicaire General de S. B.
M. le Cardinal de Biffy , Evêque de Meaux
Commandeur de l'Ordre du S. Efprit , Abbé
Commandataire de cette l'Abaye , & c.
La Race fainte fe multiplie , la Pofterité nombreuſe
du Jufte eft un gage de la protection du
Tout- Puiffant , une récompenfe rendue à la vertu ,
de celui qui le craint & qui le fert avec fidelité .
Verité juftifiée par l'évenement. Elle s'accomplit
dans la Perfonne facrée du grand & Religieux
Monarque qui nous gouverne. Le Seigneur a beni
les premieres années de fon Alliance glorieufe.
Nous avons renconnu dans la Naiffance des trois
auguftes Princeffes , plus encore dans celle de
Monfeigneur LE DAUPHIN , les preuves
les plus marquées d'une Providence infiniment attentive
aux voeux du Roy , de la Reine , de toute
la Nation ; aujourd'hui nous voyons avec la joye
la plus vive , que le Seigneur mefurant fes faveurs
fur la pieté & la Religion de ce grand Prince ,
continue à le combler de nouvelles benedictions .
Le bonheur des Peuples qui rend S M. fenfible à
de tels bienfaits , nous engage à redoubler nos
voeux & nos prieres. L'augufte & vertueuſe Princeffe
, qui par l'affemblage des dons les plus précieux
de la Nature & de la grace , concourt à
rendre notre felicité durable & conſtante , mérite
ce jufte tribut. Prions pour la confervation d'une
fanté fi chere à la France , prions pour le fuccès
de fon heureufe délivrance . Puiffe -t- elle à jamais
être l'objet de l'amour & de la veneration des
Peuples
1896 MERCURE DE FRANCE
Peuples. , croître en mille mille generation .
Puiffe fa glorieufe Pofterité , fi fainte dans fa
Souche , fi augufte dans fa Tige , fi féconde en
Heros & en Maîtres du Monde dans fon étenduë
, n'avoir d'autre terme , que la fin des temps.
A CES CAUSES , en conformité des intentions
de Sa Majeſté , &c.
de l'Abbaye de S. Germain , donna auffi un Mandement
digue de la grandur du ' Sujet & de fa
pieté. En voici la teneur :
CLAUDE DU PRE' , Grand - Prieur de
l'Abbaye Royale de S. Germain des Prez , immédiate
au S. Siege , & Vicaire General de S. B.
M. le Cardinal de Biffy , Evêque de Meaux
Commandeur de l'Ordre du S. Efprit , Abbé
Commandataire de cette l'Abaye , & c.
La Race fainte fe multiplie , la Pofterité nombreuſe
du Jufte eft un gage de la protection du
Tout- Puiffant , une récompenfe rendue à la vertu ,
de celui qui le craint & qui le fert avec fidelité .
Verité juftifiée par l'évenement. Elle s'accomplit
dans la Perfonne facrée du grand & Religieux
Monarque qui nous gouverne. Le Seigneur a beni
les premieres années de fon Alliance glorieufe.
Nous avons renconnu dans la Naiffance des trois
auguftes Princeffes , plus encore dans celle de
Monfeigneur LE DAUPHIN , les preuves
les plus marquées d'une Providence infiniment attentive
aux voeux du Roy , de la Reine , de toute
la Nation ; aujourd'hui nous voyons avec la joye
la plus vive , que le Seigneur mefurant fes faveurs
fur la pieté & la Religion de ce grand Prince ,
continue à le combler de nouvelles benedictions .
Le bonheur des Peuples qui rend S M. fenfible à
de tels bienfaits , nous engage à redoubler nos
voeux & nos prieres. L'augufte & vertueuſe Princeffe
, qui par l'affemblage des dons les plus précieux
de la Nature & de la grace , concourt à
rendre notre felicité durable & conſtante , mérite
ce jufte tribut. Prions pour la confervation d'une
fanté fi chere à la France , prions pour le fuccès
de fon heureufe délivrance . Puiffe -t- elle à jamais
être l'objet de l'amour & de la veneration des
Peuples
1896 MERCURE DE FRANCE
Peuples. , croître en mille mille generation .
Puiffe fa glorieufe Pofterité , fi fainte dans fa
Souche , fi augufte dans fa Tige , fi féconde en
Heros & en Maîtres du Monde dans fon étenduë
, n'avoir d'autre terme , que la fin des temps.
A CES CAUSES , en conformité des intentions
de Sa Majeſté , &c.
Fermer
Résumé : Autre sur le même sujet du Grand-Prieur de l'Abbaye S. Germain, [titre d'après la table]
Le 14 du même mois, Claude du Pré, Grand-Prieur de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, Vicaire Général du Cardinal de Bissy, Évêque de Meaux, et Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, a émis un mandement. Ce document souligne la grandeur et la piété du sujet, en mettant en avant la multiplication de la race sainte comme signe de la protection divine et récompense de la vertu. Le monarque régnant illustre cette vérité par la naissance de trois princesses et du Dauphin au début de son règne, preuves de la Providence divine. Le bonheur des peuples, sensible aux bienfaits du roi, incite à redoubler les vœux et les prières. La princesse, par ses dons naturels et spirituels, contribue à la félicité durable de la nation. Les prières visent la conservation de sa santé et le succès de son heureuse délivrance. On souhaite que sa postérité soit sainte, auguste et féconde en héros et maîtres du monde, jusqu'à la fin des temps. Ce mandement est émis en conformité avec les intentions de Sa Majesté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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469
p. 2006-2010
EXTRAIT du Panegirique de S. Louis prononcé en présence des Académies des Belles Lettres & des Sciences, auquel présidoit M. l'Abbé Bignon, par le Reverend Pere Dom Leandre Petuzet, Benedictin Reformé de l'Ordre de Cluni, dans l'Eglise des P P. de l'Oratoire de la rüe S. Honoré.
Début :
Il prit pour texte ce Passage de la Sagesse, Chapitre 9. Envoyez-moi, Seigneur, [...]
Mots clefs :
Saint Louis, Seigneur, Dieu, Sagesse, Ciel, Trône, Armée, Monarque, Tranquillité, Royaume, Royauté, Académie des belles-lettres, Académie des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Panegirique de S. Louis prononcé en présence des Académies des Belles Lettres & des Sciences, auquel présidoit M. l'Abbé Bignon, par le Reverend Pere Dom Leandre Petuzet, Benedictin Reformé de l'Ordre de Cluni, dans l'Eglise des P P. de l'Oratoire de la rüe S. Honoré.
EXTRAIT du Panegirique de S. Louis
prononcé en présence des Académies des
Belles Lettres & des Sciences , auquel
préfidoit M. l'Abbé Bignon , par le Reverend
Pere Dom Leandre Petuzet , Benedictin
Reformé de l'Ordre de Cluni ,
dans l'Eglife des P P. de l'Oratoire de la
rue S. Honoré.
Il prit pour texte ce Paffage de la Sageffe
, Chapitre 9. Envoyez-moi , Seigneur,
la fageffe du Ciel , votre Sanctuaire , qui eft
le Trône de votre Grandeur , afin qu'elle foit
& travaille avec moi.
P
Our prouver que S. Louis a été orné du don
de fageffe , l'Orateur diftingua deux chofes
effentielles dans la Royauté , qu'on ne peut défunir
fans en faire un phantôme. L'une que les
Rois doivent éviter , & ce font les dangers qui
en font incomparables ; l'autre qu'ils doivent
remplir , & ce font les charges qui y font attachées.
Ce font ces Charges & ces dangers qui lui
ont fourni la matiere de l'éloge de S. Louis.
En parlant de l'humilité de ce S. Roi , il dit
qu'il l'avoit portée à un point qu'on auroit peine
à atteindre ; mais qu'elle ne fut point l'effet du
temperament, & que s'il la poffeda dans un fouverain
degré , elle fut en lui une vertu chrétienne.
Jamais il n'y eut une ame plus douce , plus
debonnaire & plus humble, & jamais on n'en vît
de plus remplie de courage. Jamais Prince ne fut
plus difpofé que lui à s'aneantir devant le Seigneur
, & jamais il n'y en eut qui montrât plus
de
1
SEPTEMBRE. 1730. 2007
de fermeté devant les hommes , quand il s'agit de
foutenir les interêts de fa Couronne. Jamais Monarque
n'eut moins d'ambition pour étendre les
limites de fon Royaume , & jamais on n'en trouya
qui eut une plus fainte jaloufie de conferver
celui que le Ciel lui avoit donné pour fon heritage.
Il renonce au droit legitime qu'il avoit fur
le Royaume de Caftille , parce que la conquête
ne pouvoit s'en faire qu'aux dépens du fang de
fes Sujets. Il refuſe genereuſement l'Empire que
Gregoire IX . lui préfente , content de comman
der à ceux que le Ciel avoit foumis à ſa puiſfance
, & fi ce Souverain Pontife veut en revêtir
le Comte d'Artois , frere de ce S. Roi , il fçait
lui faire fentir ,fans s'éloigner de l'obéiffance qu'il
lui doit , qu'il n'appartient pas plus à la puiffance
Ecclefiaftique de toucher au Trône , qu'à là
temporelle de s'ingerer dans le Miniftere Sacré ;
mais il n'oublie rien pour contenir fes Sujets dans
les bornes étroites du devoir ; il porte , quand il
le faut, la terreur dans le coeur de ceux qui trou
blent la tranquillité publique &c.
En parlant de fa charité , il dit que cette divi
ne vertu qui avoit pris de profondes racines dans
fon coeur , ne lui permit pas d'avoir des entrail
les de fer pour le pauvre & le miſerable ; & ſi
Job nous dit que la mifericorde étoit fortie avec
lui du fein de fa mere & avoit crû enſemble ,
qu'on le pouvoit dire avec autant de juftice de
Louis , dequoi le Panegiriſte donna des preuves
par des faits éclatans .
>
En parlant des Charges attachées à la Royauté,
il en diftingua deux aufquelles toutes les autres
peuvent fe rapporter , & dont aucun Roi ne fe
peut difpenfer : l'une d'être équitable à l'égard
de leur peuple , l'autre d'être fidele à Dieu. Il remarqua
avec S. Jacques deux caracteres dans la
E vj Lageffe
2008 MERCURE DE FRANCE
fageffe Chrétienne qui engagent ceux qui la poffedent
à les remplir dignement ; elle n'eft point
diffimulée ; elle le porte avec docilité à tout le
bien qu'on lui propofe.
Quel eft , dit-il , le Roi Chrétien qui réduifie
plus fidelement en pratique ces deux nobles caracteres
Jufte à l'égard de fon peuple , il jugea
fans diffimulation , & avec équité. Fidele à Dieu,
il procura avec un faint zele toutes les bonnes
oeuvres qui pouvoient lui rendre le cu te qui lui
eft dû. I s'étendit beaucoup fur les preuves de
ces deux Propofitions , & retraça de beaux traits
de l'Histoire du S. Monarque.
Il peignit l'état pitoyable où étoit réduite la
Paleſtine , & tout ce que fit l'Eglife pour engager
les Princes Chrétiens à rendre la liberté cette
Terre fainte, où nous avions été délivrez de la fervitude
du démon. En falloit - il davantage , dit-il ,
pour remplir d'une fainte & noble ardeur le Fils
aîné de l'Eglife , & lui faire dire dans l'efprit de
David , je le jure devant le Seigneur , & j'en fais
un voeu au Dieu de Jacob , je n'entrerai point
dans ma maiſon , je ne repoſerai point fur mon
lit , je ne permettrai point à mes yeux de dormir
, ni à mes paupieres de fommeiller , que je
n'aye trouvé le moyen de rétablir le Seigneur
dans fa Maiſon.
Il entra dans le détail de toutes les rencontres
où S. Louis fignaia fon courage & donna à toute
fon armée le charmant fpectacle d'un Héros
vraiment Chrétien , il décrivit le Siege de Damiete
, la perte d'une Bataille qui mit l'armée de
S. Louis aux abois , & enfin la captivité. Que
vos Jugemens , ô mon Dieu , s'écria- t-il , font
impenetrables ! qui n'en admirera la profondeur ,
quand nous voyons dans les chaînes un Roi
Chrétien qui vient pour délivrer d'une cruelle
oppreffion
SEPTEMBRE . 1730. 2009
oppreffion ceux que vous avez rachetez de votre
Sang précieux ; mais ne le perdons pas de vûë
dans cette fâcheufe extremité ; le Seigneur qui
l'humilie eft à fes côtez pour le foutenir . Semblable
à Jofeph , fa fageffe ne l'abandonne pas dans la
prifon , ou comme l'Arche captive chez les Philifins
, ce Heros prifonnier fait plus honorer Dieu
par fa réfignation , que vainqueur des Infideles .
Il parla de fa feconde expedition contre les Infideles
pour aller fecourir les Chrétiens d'Afrique,
qui gémiffoient fans efperance & fans confolation .
Que n'eût - il pas fait , dit-il , pour la gloire du
Seigneur , fi en exigeant le facrifice de fa vie , il
ne le fût contenté de fa bonne volonté... Que ne
puis -je vous le préfenter accablé fous fa Tente
d'une maladie mortelle & prêt à recevoir fa récompenfe
de celui pour lequel il avoit fi glorieufement
combattu. Vit- on jamais une tranquillité
plus inalterable, une réfignation plus parfaite, des
defirs plus ardens de s'unir à fon Dieu , une préfence
d'efprit plus entiere il donne fes ordres
aux principaux Chefs de fon armée & leur recommande
de ne point faire de paix avec ceux
qui n'en avoient point avec Dieu ; il appelle fon
Fils , fucceffeur de fa Couronne , & lui fait des
leçons pleines de lumieres , de fageffe & de charité
; il donne à tous des exemples preffans d'une
folide pieté , il meurt enfin comme Moyfe dans
le baifer du Seigneur , & fi comme ce Patriarche
il n'entre pas en poffeffion de la Terre qui lui
fembloit promife , il va établir fon féjour dans
les Tabernacles éternels .
Après une courte morale le Panegyrifte finit
en s'adreffant à S. Louis & lui difant : Daignez
grand Roi , du haut du Ciel où vous regnez avec
Dieu , recevoir les voeux d'un Peuple zele pour
votre gloire , fidele à votre Sang & plein de
confiance
2010 MERCURE DE FRANCE
confiance en votre puissante protection . Mais
regardez toûjours d'un oeil propice cet augufte
Monarque , qui eft affis fur votre Trône , qui
n'eft pas moins heritier de vos vertus que de vctre
Sceptre, & qui fe voit heureusement renaître
dans un Prince que le Ciel n'a pas refufé à
la ferveur de nos prieres qu'il a accordé à la
falide pieté d'une Reine digne du fublime rang
qu'elle remplit & dont la Naissance affermit
notre esperance & affure notre tranquillité.
Seyez beni , ô mon Dieu , de nous avoirfait un
don fi précieux , confervez les pour en faire un
jour de bonheur du Royaume que S. Louis gouverna
avec tant de fageffe ; formez-le fur ce
modele des veritables Rois , & que semblable
à fon Pere , il exprime avec lui la valeur qui
le rendit redoutable à fes ennemis , la charité
qui le fit pere de fon Peuple , la Religion qui le
fanctifia fur le Trône.
prononcé en présence des Académies des
Belles Lettres & des Sciences , auquel
préfidoit M. l'Abbé Bignon , par le Reverend
Pere Dom Leandre Petuzet , Benedictin
Reformé de l'Ordre de Cluni ,
dans l'Eglife des P P. de l'Oratoire de la
rue S. Honoré.
Il prit pour texte ce Paffage de la Sageffe
, Chapitre 9. Envoyez-moi , Seigneur,
la fageffe du Ciel , votre Sanctuaire , qui eft
le Trône de votre Grandeur , afin qu'elle foit
& travaille avec moi.
P
Our prouver que S. Louis a été orné du don
de fageffe , l'Orateur diftingua deux chofes
effentielles dans la Royauté , qu'on ne peut défunir
fans en faire un phantôme. L'une que les
Rois doivent éviter , & ce font les dangers qui
en font incomparables ; l'autre qu'ils doivent
remplir , & ce font les charges qui y font attachées.
Ce font ces Charges & ces dangers qui lui
ont fourni la matiere de l'éloge de S. Louis.
En parlant de l'humilité de ce S. Roi , il dit
qu'il l'avoit portée à un point qu'on auroit peine
à atteindre ; mais qu'elle ne fut point l'effet du
temperament, & que s'il la poffeda dans un fouverain
degré , elle fut en lui une vertu chrétienne.
Jamais il n'y eut une ame plus douce , plus
debonnaire & plus humble, & jamais on n'en vît
de plus remplie de courage. Jamais Prince ne fut
plus difpofé que lui à s'aneantir devant le Seigneur
, & jamais il n'y en eut qui montrât plus
de
1
SEPTEMBRE. 1730. 2007
de fermeté devant les hommes , quand il s'agit de
foutenir les interêts de fa Couronne. Jamais Monarque
n'eut moins d'ambition pour étendre les
limites de fon Royaume , & jamais on n'en trouya
qui eut une plus fainte jaloufie de conferver
celui que le Ciel lui avoit donné pour fon heritage.
Il renonce au droit legitime qu'il avoit fur
le Royaume de Caftille , parce que la conquête
ne pouvoit s'en faire qu'aux dépens du fang de
fes Sujets. Il refuſe genereuſement l'Empire que
Gregoire IX . lui préfente , content de comman
der à ceux que le Ciel avoit foumis à ſa puiſfance
, & fi ce Souverain Pontife veut en revêtir
le Comte d'Artois , frere de ce S. Roi , il fçait
lui faire fentir ,fans s'éloigner de l'obéiffance qu'il
lui doit , qu'il n'appartient pas plus à la puiffance
Ecclefiaftique de toucher au Trône , qu'à là
temporelle de s'ingerer dans le Miniftere Sacré ;
mais il n'oublie rien pour contenir fes Sujets dans
les bornes étroites du devoir ; il porte , quand il
le faut, la terreur dans le coeur de ceux qui trou
blent la tranquillité publique &c.
En parlant de fa charité , il dit que cette divi
ne vertu qui avoit pris de profondes racines dans
fon coeur , ne lui permit pas d'avoir des entrail
les de fer pour le pauvre & le miſerable ; & ſi
Job nous dit que la mifericorde étoit fortie avec
lui du fein de fa mere & avoit crû enſemble ,
qu'on le pouvoit dire avec autant de juftice de
Louis , dequoi le Panegiriſte donna des preuves
par des faits éclatans .
>
En parlant des Charges attachées à la Royauté,
il en diftingua deux aufquelles toutes les autres
peuvent fe rapporter , & dont aucun Roi ne fe
peut difpenfer : l'une d'être équitable à l'égard
de leur peuple , l'autre d'être fidele à Dieu. Il remarqua
avec S. Jacques deux caracteres dans la
E vj Lageffe
2008 MERCURE DE FRANCE
fageffe Chrétienne qui engagent ceux qui la poffedent
à les remplir dignement ; elle n'eft point
diffimulée ; elle le porte avec docilité à tout le
bien qu'on lui propofe.
Quel eft , dit-il , le Roi Chrétien qui réduifie
plus fidelement en pratique ces deux nobles caracteres
Jufte à l'égard de fon peuple , il jugea
fans diffimulation , & avec équité. Fidele à Dieu,
il procura avec un faint zele toutes les bonnes
oeuvres qui pouvoient lui rendre le cu te qui lui
eft dû. I s'étendit beaucoup fur les preuves de
ces deux Propofitions , & retraça de beaux traits
de l'Histoire du S. Monarque.
Il peignit l'état pitoyable où étoit réduite la
Paleſtine , & tout ce que fit l'Eglife pour engager
les Princes Chrétiens à rendre la liberté cette
Terre fainte, où nous avions été délivrez de la fervitude
du démon. En falloit - il davantage , dit-il ,
pour remplir d'une fainte & noble ardeur le Fils
aîné de l'Eglife , & lui faire dire dans l'efprit de
David , je le jure devant le Seigneur , & j'en fais
un voeu au Dieu de Jacob , je n'entrerai point
dans ma maiſon , je ne repoſerai point fur mon
lit , je ne permettrai point à mes yeux de dormir
, ni à mes paupieres de fommeiller , que je
n'aye trouvé le moyen de rétablir le Seigneur
dans fa Maiſon.
Il entra dans le détail de toutes les rencontres
où S. Louis fignaia fon courage & donna à toute
fon armée le charmant fpectacle d'un Héros
vraiment Chrétien , il décrivit le Siege de Damiete
, la perte d'une Bataille qui mit l'armée de
S. Louis aux abois , & enfin la captivité. Que
vos Jugemens , ô mon Dieu , s'écria- t-il , font
impenetrables ! qui n'en admirera la profondeur ,
quand nous voyons dans les chaînes un Roi
Chrétien qui vient pour délivrer d'une cruelle
oppreffion
SEPTEMBRE . 1730. 2009
oppreffion ceux que vous avez rachetez de votre
Sang précieux ; mais ne le perdons pas de vûë
dans cette fâcheufe extremité ; le Seigneur qui
l'humilie eft à fes côtez pour le foutenir . Semblable
à Jofeph , fa fageffe ne l'abandonne pas dans la
prifon , ou comme l'Arche captive chez les Philifins
, ce Heros prifonnier fait plus honorer Dieu
par fa réfignation , que vainqueur des Infideles .
Il parla de fa feconde expedition contre les Infideles
pour aller fecourir les Chrétiens d'Afrique,
qui gémiffoient fans efperance & fans confolation .
Que n'eût - il pas fait , dit-il , pour la gloire du
Seigneur , fi en exigeant le facrifice de fa vie , il
ne le fût contenté de fa bonne volonté... Que ne
puis -je vous le préfenter accablé fous fa Tente
d'une maladie mortelle & prêt à recevoir fa récompenfe
de celui pour lequel il avoit fi glorieufement
combattu. Vit- on jamais une tranquillité
plus inalterable, une réfignation plus parfaite, des
defirs plus ardens de s'unir à fon Dieu , une préfence
d'efprit plus entiere il donne fes ordres
aux principaux Chefs de fon armée & leur recommande
de ne point faire de paix avec ceux
qui n'en avoient point avec Dieu ; il appelle fon
Fils , fucceffeur de fa Couronne , & lui fait des
leçons pleines de lumieres , de fageffe & de charité
; il donne à tous des exemples preffans d'une
folide pieté , il meurt enfin comme Moyfe dans
le baifer du Seigneur , & fi comme ce Patriarche
il n'entre pas en poffeffion de la Terre qui lui
fembloit promife , il va établir fon féjour dans
les Tabernacles éternels .
Après une courte morale le Panegyrifte finit
en s'adreffant à S. Louis & lui difant : Daignez
grand Roi , du haut du Ciel où vous regnez avec
Dieu , recevoir les voeux d'un Peuple zele pour
votre gloire , fidele à votre Sang & plein de
confiance
2010 MERCURE DE FRANCE
confiance en votre puissante protection . Mais
regardez toûjours d'un oeil propice cet augufte
Monarque , qui eft affis fur votre Trône , qui
n'eft pas moins heritier de vos vertus que de vctre
Sceptre, & qui fe voit heureusement renaître
dans un Prince que le Ciel n'a pas refufé à
la ferveur de nos prieres qu'il a accordé à la
falide pieté d'une Reine digne du fublime rang
qu'elle remplit & dont la Naissance affermit
notre esperance & affure notre tranquillité.
Seyez beni , ô mon Dieu , de nous avoirfait un
don fi précieux , confervez les pour en faire un
jour de bonheur du Royaume que S. Louis gouverna
avec tant de fageffe ; formez-le fur ce
modele des veritables Rois , & que semblable
à fon Pere , il exprime avec lui la valeur qui
le rendit redoutable à fes ennemis , la charité
qui le fit pere de fon Peuple , la Religion qui le
fanctifia fur le Trône.
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Résumé : EXTRAIT du Panegirique de S. Louis prononcé en présence des Académies des Belles Lettres & des Sciences, auquel présidoit M. l'Abbé Bignon, par le Reverend Pere Dom Leandre Petuzet, Benedictin Reformé de l'Ordre de Cluni, dans l'Eglise des P P. de l'Oratoire de la rüe S. Honoré.
Le Panégyrique de Saint Louis, prononcé par le Révérend Père Dom Leandre Petuzet, met en lumière les vertus et les actions du roi Saint Louis. L'orateur utilise un passage de la Sagesse pour démontrer que Saint Louis était doté du don de sagesse. Il distingue deux aspects essentiels de la royauté : les dangers à éviter et les charges à remplir. Saint Louis est loué pour son humilité, une vertu chrétienne qu'il cultivait malgré son rang. Il était à la fois doux et courageux, humble devant Dieu et ferme devant les hommes. Il refusait d'étendre son royaume par la violence et renonça à des opportunités de pouvoir, comme le trône de Castille et l'Empire offert par Grégoire IX. La charité de Saint Louis est également mise en avant. Il avait un profond sens de la miséricorde envers les pauvres. Les deux charges principales de la royauté, selon le texte, sont d'être équitable envers le peuple et fidèle à Dieu. Saint Louis est décrit comme un roi juste et zélé pour les bonnes œuvres. Le texte détaille ses actions en Terre Sainte, son courage lors des batailles, et sa captivité, où il resta fidèle à Dieu. Il mentionne également sa seconde expédition en Afrique pour secourir les chrétiens. Saint Louis est présenté comme un modèle de piété et de sagesse, mourant en paix et recommandant à son fils de ne pas faire la paix avec les infidèles. Le panégyrique se termine par des vœux pour que le roi actuel, héritier des vertus de Saint Louis, gouverne avec la même sagesse et charité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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470
p. 2010-2012
Oeuvres de S. Basile &c. [titre d'après la table]
Début :
Coignard, débite depuis peu le troisiéme & dernier volume des Oeuvres de S. Basile, qui comprend [...]
Mots clefs :
Religieux, Saint Basile, Religion chrétienne, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Oeuvres de S. Basile &c. [titre d'après la table]
Coignard, débite depuis peu le troifiéme &
dernier volume des OEuvres de S. Bafile, qui comprend
le Traité du S. Efprit & les Lettres rangées
par ordre Chronologique . On a mis dans
l'Appendix XXIV . Difcours que Metaphrafte a
tirés des Ouvrages de S. Bafile , & le Livre de la
Virginité, qu'on a eu tort d'attribuer à ce Saint,
quoiqu'il foit d'un Evêque du quatriéme fiecle.
On voit à la tête du volume une fçavante Préface ,
où l'on examine plufieurs queftions dogmatiques
& enfuite la Vie admirable de ce faint Archevêque.
Ily a huit ans que le fecond Volume de faint
Bafile a paru , & comme plufieurs perfonnes fe
plaignoient de ce retardemcnt , l'Auteur de la
Préface en fait connoître les raifons. Le fçavant
Religieux, dit- il, qui avoit entrepris l'Edition
Dom Julien Garnier , Religieux de S, Germain.
de
SEPTEMBRE. 1730. 2011
'de S. Bafile, étoit déja fort incommodé lorsqu'il
mit au jour le fecond Volume. Cependant l'envie
de rendre fervice au public , l'engagea à
préparer le troifiéme . Il ſe mit à revoir sa Traduction
,y ajoutant de tems en tems des Notes
Hiftoriques , tirées de M. Tillemond , pour ſuppléer
à la Vie de S. Bafile qu'il avoit promife ,
qu'il n'étoit plus en état de compofer. Mais
à peine en étoit - il à la moitié de ce travail
que les forces lui manquerent entierement ,
enfin il mourut le 3. de Juin 1725. Outre le regret
que fa mort caufa à tous fes Confreres , dont
il étoit fort estimé , on eut le déplaifir de voir
qu'un Ouvrage qui étoit attendu des Sçavans .
& que plufieurs avoient déja payé par avance,
ne paroitroit pas fi - tôt ; car quoique les Manufcrits
fuffent déja collationnés fort exactement
, à l'exception néanmoins de celui de M.
le Premier Président de Harlay , il reftoit bien
des chofes à faire pour donner une Edition
exacte , principalement en ce qui regarde l'arrangement
des Lettres par ordre Chronologique
, la vie de S. Bafile & l'examen de fa
doctrine,
Les Lettres de S. Bafile paroîtront bientôt traduites
en François par un Religieux de la Congrégation
de S. Maur , qui a eu communication
des feuilles de la nouvelle Edition , à méfure
que
l'on imprimoit.
&
Il nous refte à dire que Dom Prudent Maran,
Religieux de l'Abbaye de S. Germain des Prez ,
રે qui on doit entierement le troifiéme Tome ,
le plus important de l'Edition de S. Bafile , travaille
à une Edition de S. Juftin , Martir , qui
comprendra auffi ce que nous avons de Tatien ,
fon Difciple, de Menagore & de Théophile d'An-
Lioche , lefquels à l'exemple du faint Martir , ont
écrit
2012 MERCURE DE FRANCE
' écrit dans le fecond fiecle de l'Eglife des Apolo
gies en faveur de la Religion Chrétienne.
dernier volume des OEuvres de S. Bafile, qui comprend
le Traité du S. Efprit & les Lettres rangées
par ordre Chronologique . On a mis dans
l'Appendix XXIV . Difcours que Metaphrafte a
tirés des Ouvrages de S. Bafile , & le Livre de la
Virginité, qu'on a eu tort d'attribuer à ce Saint,
quoiqu'il foit d'un Evêque du quatriéme fiecle.
On voit à la tête du volume une fçavante Préface ,
où l'on examine plufieurs queftions dogmatiques
& enfuite la Vie admirable de ce faint Archevêque.
Ily a huit ans que le fecond Volume de faint
Bafile a paru , & comme plufieurs perfonnes fe
plaignoient de ce retardemcnt , l'Auteur de la
Préface en fait connoître les raifons. Le fçavant
Religieux, dit- il, qui avoit entrepris l'Edition
Dom Julien Garnier , Religieux de S, Germain.
de
SEPTEMBRE. 1730. 2011
'de S. Bafile, étoit déja fort incommodé lorsqu'il
mit au jour le fecond Volume. Cependant l'envie
de rendre fervice au public , l'engagea à
préparer le troifiéme . Il ſe mit à revoir sa Traduction
,y ajoutant de tems en tems des Notes
Hiftoriques , tirées de M. Tillemond , pour ſuppléer
à la Vie de S. Bafile qu'il avoit promife ,
qu'il n'étoit plus en état de compofer. Mais
à peine en étoit - il à la moitié de ce travail
que les forces lui manquerent entierement ,
enfin il mourut le 3. de Juin 1725. Outre le regret
que fa mort caufa à tous fes Confreres , dont
il étoit fort estimé , on eut le déplaifir de voir
qu'un Ouvrage qui étoit attendu des Sçavans .
& que plufieurs avoient déja payé par avance,
ne paroitroit pas fi - tôt ; car quoique les Manufcrits
fuffent déja collationnés fort exactement
, à l'exception néanmoins de celui de M.
le Premier Président de Harlay , il reftoit bien
des chofes à faire pour donner une Edition
exacte , principalement en ce qui regarde l'arrangement
des Lettres par ordre Chronologique
, la vie de S. Bafile & l'examen de fa
doctrine,
Les Lettres de S. Bafile paroîtront bientôt traduites
en François par un Religieux de la Congrégation
de S. Maur , qui a eu communication
des feuilles de la nouvelle Edition , à méfure
que
l'on imprimoit.
&
Il nous refte à dire que Dom Prudent Maran,
Religieux de l'Abbaye de S. Germain des Prez ,
રે qui on doit entierement le troifiéme Tome ,
le plus important de l'Edition de S. Bafile , travaille
à une Edition de S. Juftin , Martir , qui
comprendra auffi ce que nous avons de Tatien ,
fon Difciple, de Menagore & de Théophile d'An-
Lioche , lefquels à l'exemple du faint Martir , ont
écrit
2012 MERCURE DE FRANCE
' écrit dans le fecond fiecle de l'Eglife des Apolo
gies en faveur de la Religion Chrétienne.
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Résumé : Oeuvres de S. Basile &c. [titre d'après la table]
Le troisième et dernier volume des Œuvres de Saint Basile a été récemment publié par Coignard. Ce volume comprend le Traité du Saint Esprit et les Lettres de Saint Basile, classées par ordre chronologique. L'appendice inclut vingt-quatre discours de Métaphraste et le Livre de la Virginité, attribué à tort à Saint Basile. Le volume est introduit par une préface savante qui aborde des questions dogmatiques et présente la vie de cet archevêque. Le second volume avait été publié huit ans plus tôt. Le retard de la publication du troisième volume est dû à la maladie et au décès de Dom Julien Garnier, éditeur de Saint Basile, survenu le 3 juin 1725. Dom Prudent Maran, de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, a pris en charge la publication de ce tome. Les lettres de Saint Basile seront bientôt traduites en français par un religieux de la Congrégation de Saint Maur. Dom Maran travaille également à une édition des œuvres de Saint Justin, martyr, incluant celles de Tatien, Ménagore et Théophile d'Antioche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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471
p. 2066-2070
ITALIE.
Début :
Le 6. Août, le Cardinal Coscia fit élever sur la porte de son Palais les Armes de l'Empereur [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Sénat, Rebelles
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 6. Août , le Cardinal Cofcia fit élever fur
la porte de fon Palais les Armes de l'Empereur
& de la Couronne de Boheme , & l'après
midi il reçut la vifite des Cardinaux Allemans qui
font à Rome.
Le 14. le Pape tint un Confiftoire fecret , dans
lequel le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires
de France , propofa l'Evêché de la Rochelle
pour l'Abbé de Menou de Charnifay , & celui
de Limoges pour l'Abbé de l'Iſle du Gaft. Le Cardinal
de Biffy remit fon Titre de fainte Quirice
& de fainte Julie, & opta celui de S. Bernard aux
Termes
3
SEPTEMBRE. 1730. 2067
Termes. A la fin du Conſiſtoire , le Papé déclara
qu'il avoit fait un Cardinal , mais qu'il le réſervoit
in petto .
L'Abbé Lanti eft prêt à partir pour aller en
France porter au Dauphin les Langes dont S. S.
fit la benediction le 27. de l'autre mois.
L'Abbé Ballarini , Lecteur en Théologie au
College de la Sapience , & en grande réputation
pour fa profonde doctrine , a ant demandé à la
Congrégation de Propaganda fide , la permiffion
d'a ler prêcher l'Evangile dans l'Orient , a été
nommé depuis peu Suffragant du Patriarche de
Conftantinople .
de-
Il s'eft tenu le 7. Août une Congrégation d'Etat
, dans laquelle on a examiné les Memoires
préfentez par les Fermiers du Savon , pour
mander qu'on leur faffe rendre les Preſens particuliers
qu'ils ont faits à diverfes perfonnes dans
le temps de l'Adjudication de cette Ferme , dont
les droits ont été fupprimez depuis peu.
On affure que le Pape a offert fa médiation
pour terminer les differens de l'Empereur avec le
Roi d'Efpagne , & on prétend qu'en cas qu'el
le foit acceptée , S. S. enverra des Nonces Extraordinaires
à Vienne , à la Cour de France &
en Elpagne.
Le Chevalier de S. George étant allé au Quirinal
, le Pape l'y reçut avec de grands témoignages
d'affection , & S. S. lui fit préſent d'une
Cédule de 10000. écus payables à vue par le Tréforier
de la Chambre Apoftolique .
Ce même jour après midi , l'Ambaffadeur de la
République de Venife eut Audience particuliere
du Pape , dans laquelle il lui fit part que les deux
Neveux de S. S. avoient été infcrits fur le Livre
d'or , & que le Prince Don Barthelemi Corfini
ayoit été élu Procurateur de S. Marc , avec rang
de Chevalier de l'Etoille d'Or
Par
5.
2068 MERCURE DE FRANCE
na ,
Par un Decret datté du 12. Août , le Pape a
établi une Congrégation particuliere , compofée
des Cardinaux Camerlingue , Imperiali , Colligola,
du Marquis Neri Corfini , de M. Sacripante,
Tréforier General de Mrs Rieci , Palaggi & La
& du Procureur Fifcal de la Chambre , pour
revoir & examiner les Conceffions & renouvellemens
de Baux & Fermes qui ont été faits au préjudice
de la Chambre & du Peuple , de méme que
les remifes de dettes en tout ou en partie ,
exemptions , les graces & les privileges onereux
accordez fous le dernier Pontificat , ordonnant
fingulierement à tours les Officiers de cette
Chambre qui ont obtenu pour eux quelques unes
de ces remifes , graces ou Privileges , de comparoître
devant cette Congrégation & d'y rendre
compte de leur conduite.
les
Le bruit court que M. Firrao , Nonce à Lif
bonne , fera rappellé , que M. Bichi retournera
Nonce à fa place , & que quelque temps après il
fera fait Cardinal,
Le Pape a ordonné à un de fes Valets de Chambre
qui le fervoit depuis quatre ans , de fe retirer
, parce que , contre la deffenfe , il avoit ofé
lui demander une Place de Cuiraflier , pour laquelle
on lui avoit promis une récompenfe.
Le Roi de Sardaigne a donné la riche Abbaye
de Staffarde , au Cardinal Alexandre Albani , qui
depuis peu eft Protecteur des Affaires de la ŝavoye
& du Piémont,
Le Procureur General de la Religion de Malte ,
s'étant oppofé par un Acte Juridique à la Prife
de Poffeffion que le Cardinal Cibo fit fur la fin
du mois dernier , du Grand - Prieuré de Rome
on ne doute pas qu'il n'y ait un grand Procès
fur cette affaire.
On a appris depuis que le Pape voulant éviter
toute
SEPTEMBRE . 1730. 2069
toute conteftation avec le Grand- Maître de Malthe
, au fujet du Prieuré de cette Ville , qu'il a
donné au Cardinal Cibo , a réfolu de déroger à
› fa nomination , à l'exemple de Pie V. & de créer
une Congrégation particuliere pour examiner
cette affaire.
On a reçû avis de Sicile , qu'une Compagnie
de Soldats Allemands étant allée par ordre du
Vice- Roi au Château de Palerme pour s'y mettre
en garnifon , les Bourgeois qui jufqu'alors avoient
monté la Garde dans ce Château , avoient refufé
de leur en ouvrir les portes ; que quelques Soldats
ayant tiré , les autres Habitans de la Ville avoient
pris les armes , & que le defordre avoit été
très - grand .
en
On a appris de Milan , que le Comte Flavius
Rezzonico & le Marquis Jules Brivio , s'y étoient
battus en duel hors de la porte Orientale ,
prefence des Marquis Fiorenza & Novari , qu'ils
avoient choifis pour leurs Parains , & que le premier
avoit été tué d'un coup d'épée dans la cuiffe
qui lui avoit coupé l'Artere.
>
On a appris auffi que le Tremblement de terre
qu'on reffentit il y a quelque temps à Milan
avoit été plus confiderable à Lufignano , où il
avoit fait tomber la Chapelle de N. Dame du
Mont fur le Varefe , & quelques Maiſons des
environs.
On mande de Genes , que M. Venerofo ,
que le Sénat avoit envoyé dans l'Ile de Corfe
avec des pouvoirs de la République pour traiter
avec les Rebelles de cette Ifle , s'étoit rendu à
leur Camp pour leur faire une derniere exhortation
; mais Pompiliani , leur Chef, lui rép ● udit
que la Nation Corfe voyoit avec douleur qu'une
perfonne auffi diftinguée que lui , voulut s'employer
dans cette affaire , qu'ils reſpectoient tous
H La
2070 MERCURE DE FRANCE
droiture & fon équité ; qu'ils n'oublieroient jamais
fon Gouvernement comme étant digne des
plus grands éloges ; que fa douceur & fa moderation
lui avoient acquis avec juftice le titre glorieux
de Pere de la Patrie , & qu'ils conferveroient
toute leur vie le fouvenir des bienfaits
qu'ils avoient reçûs de fa generofité ; qu'ils l'exhortoient
de prendre leur parti , de proteger un
peuple opprimé qu'on traite de Rebelles , parce
qu'il deffend fa liberté & fes Privileges ; & que fi
le feul interêt l'obligeoit de retourner à Genes
pour la confervation de fes biens , ils lui offroient
Ja Dignité Royale avec une foumiſſion & une
obéiffance aveugle pour les ordres , s'il acceptoir
Je Gouvernement,
?
Les Magiftrats de la Baftia , Ville Capitale de
de l'Ifle , ayant envoyé des Commiſſaires du côté
de la Partie Méridionale de l'Ile pour lever les
contributions annuelles , ils furent furpris par un
Détachement des Rebelles qui les menerent à leur
Camp. Pompiliani leur demanda leurs pouvoirs ;
& après les avoir lus publiquement , il les fit déchirer
avec mépris.
La République ne pouvant réduire ces Rebelles
fans faire de grandes dépenfes , a été obligée de
demander des contributions extraordinaires à fes
Sujets.
Ón vient d'apprendre que fur l'avis donné au
Sénat , que les Rebelles avoient inveſti Ajaccio ,
on a fait partir de Genes trois Barques chargées
de Munitions de guerre , avec 200. Şoldats pour
faire entrer dans la Place , & on apprend en dernier
lieu , qu'il eft arrivé à Genes des Députez de
divers endroits de l'Ifle de Corfe , qui travaillent
depuis quelques jours avec les Commiffaires nommez
par le Sénat , à chercher les moyens de faire
finir les troubles de cette Iſle,
E 6. Août , le Cardinal Cofcia fit élever fur
la porte de fon Palais les Armes de l'Empereur
& de la Couronne de Boheme , & l'après
midi il reçut la vifite des Cardinaux Allemans qui
font à Rome.
Le 14. le Pape tint un Confiftoire fecret , dans
lequel le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires
de France , propofa l'Evêché de la Rochelle
pour l'Abbé de Menou de Charnifay , & celui
de Limoges pour l'Abbé de l'Iſle du Gaft. Le Cardinal
de Biffy remit fon Titre de fainte Quirice
& de fainte Julie, & opta celui de S. Bernard aux
Termes
3
SEPTEMBRE. 1730. 2067
Termes. A la fin du Conſiſtoire , le Papé déclara
qu'il avoit fait un Cardinal , mais qu'il le réſervoit
in petto .
L'Abbé Lanti eft prêt à partir pour aller en
France porter au Dauphin les Langes dont S. S.
fit la benediction le 27. de l'autre mois.
L'Abbé Ballarini , Lecteur en Théologie au
College de la Sapience , & en grande réputation
pour fa profonde doctrine , a ant demandé à la
Congrégation de Propaganda fide , la permiffion
d'a ler prêcher l'Evangile dans l'Orient , a été
nommé depuis peu Suffragant du Patriarche de
Conftantinople .
de-
Il s'eft tenu le 7. Août une Congrégation d'Etat
, dans laquelle on a examiné les Memoires
préfentez par les Fermiers du Savon , pour
mander qu'on leur faffe rendre les Preſens particuliers
qu'ils ont faits à diverfes perfonnes dans
le temps de l'Adjudication de cette Ferme , dont
les droits ont été fupprimez depuis peu.
On affure que le Pape a offert fa médiation
pour terminer les differens de l'Empereur avec le
Roi d'Efpagne , & on prétend qu'en cas qu'el
le foit acceptée , S. S. enverra des Nonces Extraordinaires
à Vienne , à la Cour de France &
en Elpagne.
Le Chevalier de S. George étant allé au Quirinal
, le Pape l'y reçut avec de grands témoignages
d'affection , & S. S. lui fit préſent d'une
Cédule de 10000. écus payables à vue par le Tréforier
de la Chambre Apoftolique .
Ce même jour après midi , l'Ambaffadeur de la
République de Venife eut Audience particuliere
du Pape , dans laquelle il lui fit part que les deux
Neveux de S. S. avoient été infcrits fur le Livre
d'or , & que le Prince Don Barthelemi Corfini
ayoit été élu Procurateur de S. Marc , avec rang
de Chevalier de l'Etoille d'Or
Par
5.
2068 MERCURE DE FRANCE
na ,
Par un Decret datté du 12. Août , le Pape a
établi une Congrégation particuliere , compofée
des Cardinaux Camerlingue , Imperiali , Colligola,
du Marquis Neri Corfini , de M. Sacripante,
Tréforier General de Mrs Rieci , Palaggi & La
& du Procureur Fifcal de la Chambre , pour
revoir & examiner les Conceffions & renouvellemens
de Baux & Fermes qui ont été faits au préjudice
de la Chambre & du Peuple , de méme que
les remifes de dettes en tout ou en partie ,
exemptions , les graces & les privileges onereux
accordez fous le dernier Pontificat , ordonnant
fingulierement à tours les Officiers de cette
Chambre qui ont obtenu pour eux quelques unes
de ces remifes , graces ou Privileges , de comparoître
devant cette Congrégation & d'y rendre
compte de leur conduite.
les
Le bruit court que M. Firrao , Nonce à Lif
bonne , fera rappellé , que M. Bichi retournera
Nonce à fa place , & que quelque temps après il
fera fait Cardinal,
Le Pape a ordonné à un de fes Valets de Chambre
qui le fervoit depuis quatre ans , de fe retirer
, parce que , contre la deffenfe , il avoit ofé
lui demander une Place de Cuiraflier , pour laquelle
on lui avoit promis une récompenfe.
Le Roi de Sardaigne a donné la riche Abbaye
de Staffarde , au Cardinal Alexandre Albani , qui
depuis peu eft Protecteur des Affaires de la ŝavoye
& du Piémont,
Le Procureur General de la Religion de Malte ,
s'étant oppofé par un Acte Juridique à la Prife
de Poffeffion que le Cardinal Cibo fit fur la fin
du mois dernier , du Grand - Prieuré de Rome
on ne doute pas qu'il n'y ait un grand Procès
fur cette affaire.
On a appris depuis que le Pape voulant éviter
toute
SEPTEMBRE . 1730. 2069
toute conteftation avec le Grand- Maître de Malthe
, au fujet du Prieuré de cette Ville , qu'il a
donné au Cardinal Cibo , a réfolu de déroger à
› fa nomination , à l'exemple de Pie V. & de créer
une Congrégation particuliere pour examiner
cette affaire.
On a reçû avis de Sicile , qu'une Compagnie
de Soldats Allemands étant allée par ordre du
Vice- Roi au Château de Palerme pour s'y mettre
en garnifon , les Bourgeois qui jufqu'alors avoient
monté la Garde dans ce Château , avoient refufé
de leur en ouvrir les portes ; que quelques Soldats
ayant tiré , les autres Habitans de la Ville avoient
pris les armes , & que le defordre avoit été
très - grand .
en
On a appris de Milan , que le Comte Flavius
Rezzonico & le Marquis Jules Brivio , s'y étoient
battus en duel hors de la porte Orientale ,
prefence des Marquis Fiorenza & Novari , qu'ils
avoient choifis pour leurs Parains , & que le premier
avoit été tué d'un coup d'épée dans la cuiffe
qui lui avoit coupé l'Artere.
>
On a appris auffi que le Tremblement de terre
qu'on reffentit il y a quelque temps à Milan
avoit été plus confiderable à Lufignano , où il
avoit fait tomber la Chapelle de N. Dame du
Mont fur le Varefe , & quelques Maiſons des
environs.
On mande de Genes , que M. Venerofo ,
que le Sénat avoit envoyé dans l'Ile de Corfe
avec des pouvoirs de la République pour traiter
avec les Rebelles de cette Ifle , s'étoit rendu à
leur Camp pour leur faire une derniere exhortation
; mais Pompiliani , leur Chef, lui rép ● udit
que la Nation Corfe voyoit avec douleur qu'une
perfonne auffi diftinguée que lui , voulut s'employer
dans cette affaire , qu'ils reſpectoient tous
H La
2070 MERCURE DE FRANCE
droiture & fon équité ; qu'ils n'oublieroient jamais
fon Gouvernement comme étant digne des
plus grands éloges ; que fa douceur & fa moderation
lui avoient acquis avec juftice le titre glorieux
de Pere de la Patrie , & qu'ils conferveroient
toute leur vie le fouvenir des bienfaits
qu'ils avoient reçûs de fa generofité ; qu'ils l'exhortoient
de prendre leur parti , de proteger un
peuple opprimé qu'on traite de Rebelles , parce
qu'il deffend fa liberté & fes Privileges ; & que fi
le feul interêt l'obligeoit de retourner à Genes
pour la confervation de fes biens , ils lui offroient
Ja Dignité Royale avec une foumiſſion & une
obéiffance aveugle pour les ordres , s'il acceptoir
Je Gouvernement,
?
Les Magiftrats de la Baftia , Ville Capitale de
de l'Ifle , ayant envoyé des Commiſſaires du côté
de la Partie Méridionale de l'Ile pour lever les
contributions annuelles , ils furent furpris par un
Détachement des Rebelles qui les menerent à leur
Camp. Pompiliani leur demanda leurs pouvoirs ;
& après les avoir lus publiquement , il les fit déchirer
avec mépris.
La République ne pouvant réduire ces Rebelles
fans faire de grandes dépenfes , a été obligée de
demander des contributions extraordinaires à fes
Sujets.
Ón vient d'apprendre que fur l'avis donné au
Sénat , que les Rebelles avoient inveſti Ajaccio ,
on a fait partir de Genes trois Barques chargées
de Munitions de guerre , avec 200. Şoldats pour
faire entrer dans la Place , & on apprend en dernier
lieu , qu'il eft arrivé à Genes des Députez de
divers endroits de l'Ifle de Corfe , qui travaillent
depuis quelques jours avec les Commiffaires nommez
par le Sénat , à chercher les moyens de faire
finir les troubles de cette Iſle,
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Résumé : ITALIE.
En août 1730, le Cardinal Cofcia afficha les armes de l'Empereur et de la Couronne de Bohême sur la porte de son palais et reçut les cardinaux allemands à Rome. Le 14 août, le pape tint un consistoire secret où le Cardinal Ottoboni proposa les évêchés de La Rochelle et de Limoges pour les abbés de Menou de Charnisfay et de l'Isle du Gast. Le Cardinal de Bissy remit ses titres de saintes Quirice et Julie et opta pour celui de saint Bernard aux Terme. En septembre, le pape annonça la création d'un nouveau cardinal, qu'il réserva in petto. L'abbé Lanti se préparait à partir pour la France afin de porter au Dauphin les langes bénis par le pape. L'abbé Ballarini, réputé pour sa doctrine, fut nommé suffragant du patriarche de Constantinople après avoir demandé la permission de prêcher l'Évangile en Orient. Le 7 août, une congrégation d'État examina les mémoires des fermiers du savon, demandant la restitution des présents faits lors de l'adjudication de cette ferme. Le pape offrit sa médiation pour résoudre les différends entre l'Empereur et le roi d'Espagne, et envisagea d'envoyer des nonces extraordinaires à Vienne, en France et en Espagne. Le pape reçut le Chevalier de Saint-George avec affection et lui offrit une cédule de 10 000 écus. L'ambassadeur de Venise informa le pape de l'inscription de ses neveux sur le Livre d'or et de l'élection de Don Barthelemi Corsini comme procurateur de Saint-Marc. Par décret du 12 août, le pape établit une congrégation pour examiner les concessions et renouvellements de baux et fermes faits au préjudice de la Chambre et du peuple. Des rumeurs circulaient sur le rappel du nonce à Lisbonne et la nomination de M. Bichi comme cardinal. Le pape ordonna à un valet de chambre de se retirer pour avoir demandé une place de cuirassier. Le roi de Sardaigne attribua l'abbaye de Staffarde au Cardinal Albani, protecteur des affaires savoyardes et piémontaises. Un conflit juridique opposa le procureur général de Malte au Cardinal Cibo concernant le Grand-Prieuré de Rome, et le pape décida de déroger à cette nomination. En Sicile, des soldats allemands envoyés au château de Palerme rencontrèrent la résistance des bourgeois. À Milan, un duel entre le Comte Rezzonico et le Marquis Brivio se solda par la mort du premier. Un tremblement de terre à Lussignano causa des dégâts. À Gênes, M. Veneroso tenta de négocier avec les rebelles de Corse, mais ceux-ci refusèrent, respectant sa droiture mais rejetant son offre. Les magistrats de la Bastia furent capturés par les rebelles lors de la levée des contributions. La République de Gênes demanda des contributions extraordinaires à ses sujets pour réduire les rebelles corses. Des troupes et des munitions furent envoyées à Ajaccio pour renforcer la place.
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472
p. 2071
LETTRE du Marquis de Neri Corsini, neveu du Pape, écrite de Rome le 22. Juillet, au Grand Duc de Toscane.
Début :
La Providence qui a daigné jetter les yeux sur le Cardinal Corsini, mon Oncle, entr'autres [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinal Corsini, Grand-duc de Toscane, Jean-Gaston de Médicis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Marquis de Neri Corsini, neveu du Pape, écrite de Rome le 22. Juillet, au Grand Duc de Toscane.
LETTRE du Marquis de Neri Corfini
, neveu du Pape , écrite de Rome
le 22. Juillet , au Grand Duc de Tol
cane .
A Providence qui a daigné jetter les yeux
fur le Cardinal Corfini , mon Oncle , entr'autres
moyens des caufes fecondes , s'eft fervi
efficacement de la haute protection de
Votre Alteffe Royale pour l'élever au Trône
Pontifical. J'en conferverai toute ma vie dans
le plus profond de mon coeur les fentimens de
la plus humble reconnoiſſance ; & joignant cette
obligation fignalée à toutes celles que je tiens
déja de la generofité de V. A. R. je m'appliquerai
fans relâche à lui donner des preuves
éclatantes d'un fingulier dévouëment & d'une·
obéissance parfaite , implorant toujours la proy
tection & les ordres de V. A. R.
, neveu du Pape , écrite de Rome
le 22. Juillet , au Grand Duc de Tol
cane .
A Providence qui a daigné jetter les yeux
fur le Cardinal Corfini , mon Oncle , entr'autres
moyens des caufes fecondes , s'eft fervi
efficacement de la haute protection de
Votre Alteffe Royale pour l'élever au Trône
Pontifical. J'en conferverai toute ma vie dans
le plus profond de mon coeur les fentimens de
la plus humble reconnoiſſance ; & joignant cette
obligation fignalée à toutes celles que je tiens
déja de la generofité de V. A. R. je m'appliquerai
fans relâche à lui donner des preuves
éclatantes d'un fingulier dévouëment & d'une·
obéissance parfaite , implorant toujours la proy
tection & les ordres de V. A. R.
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Résumé : LETTRE du Marquis de Neri Corsini, neveu du Pape, écrite de Rome le 22. Juillet, au Grand Duc de Toscane.
Le Marquis de Neri Corfini, neveu du Pape, écrit au Grand Duc de Toscane le 22 juillet pour exprimer sa gratitude pour l'élévation de son oncle au trône pontifical. Il assure sa reconnaissance et son dévouement, et sollicite la protection et les ordres du Grand Duc.
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473
p. 2071-181
RÉPONSE.
Début :
La politesse & la bonté avec laquelle Votre Excellence s'exprime en m'apprenant la nouvelle [...]
Mots clefs :
Cardinal Corsini, Trône pontifical
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE.
RE'PONSE.
La politeffe & la bonté avec laquelle Votre
Excellence s'exprime en m'apprenant la nouvelle
de l'élevation du Cardinal Corfini au Trône
Pontifical , augmentent de beaucoup la confolation
queje reffens , & qui fans contredit eft
la plus grande que j'aye éprouvée de ma vie
d'une élection fi defirée & fi generalement applaudie.
Après avoir rendu à Dieu les actions de gra
ees qui lui font dues par rapport à un avenement
fi heureux & fi important , dont la gloire
rejaillit fur la Patrie . & qui préfente de fi
grands avantages à tout le monde Chrétien ,
Hij je
2072 MERCURE DE FRANCE
je vous dirai que j'ai toujours étéfenfiblement
touché de la vertu du mérite distingué de
S. S.
Je me felicite done avec V. E. du fuccès de
cette élection , & je la remercie de la finguliere
attention qu'elle a bien voulu faire aux bons
offices que j'ai employés pour la faire réussir ,
fouhaitant avec paffion de trouver les occafions
de la fervir, l'afurant que je ferai toujours
une diftinction particuliere de votre perfonne
de fa famille &c.
La politeffe & la bonté avec laquelle Votre
Excellence s'exprime en m'apprenant la nouvelle
de l'élevation du Cardinal Corfini au Trône
Pontifical , augmentent de beaucoup la confolation
queje reffens , & qui fans contredit eft
la plus grande que j'aye éprouvée de ma vie
d'une élection fi defirée & fi generalement applaudie.
Après avoir rendu à Dieu les actions de gra
ees qui lui font dues par rapport à un avenement
fi heureux & fi important , dont la gloire
rejaillit fur la Patrie . & qui préfente de fi
grands avantages à tout le monde Chrétien ,
Hij je
2072 MERCURE DE FRANCE
je vous dirai que j'ai toujours étéfenfiblement
touché de la vertu du mérite distingué de
S. S.
Je me felicite done avec V. E. du fuccès de
cette élection , & je la remercie de la finguliere
attention qu'elle a bien voulu faire aux bons
offices que j'ai employés pour la faire réussir ,
fouhaitant avec paffion de trouver les occafions
de la fervir, l'afurant que je ferai toujours
une diftinction particuliere de votre perfonne
de fa famille &c.
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Résumé : RÉPONSE.
L'auteur exprime sa joie et sa gratitude suite à l'élection du Cardinal Corfini au trône pontifical. Il souligne la politesse et la bonté avec lesquelles il a appris cette nouvelle, qu'il considère comme la plus grande consolation de sa vie. Il rend grâce à Dieu pour cet événement heureux et important, bénéfique pour la patrie et l'ensemble du monde chrétien. L'auteur admire la vertu et le mérite distingué du nouveau pape. Il se félicite de l'élection et remercie l'excellence pour l'attention portée à ses efforts pour faire réussir cette élection. Il exprime son désir de servir et assure qu'il fera toujours une distinction particulière de la personne et de la famille de l'excellence.
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474
p. 2072-2073
LETTRE du Grand Duc au Pape.
Début :
TRÉS-SAINT PERE, La trés digne & desirée Election de V. S. au [...]
Mots clefs :
Pape, Grand-duc de Toscane, Jean-Gaston de Médicis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Grand Duc au Pape.
LETTRE du Grand Duc au Pape.
TRE'S RE'S SAINT PERE , ·
La trés digne & defirée Election de V. S. au
Suprême Pontificat eft pour moi l'une des plus
vives confolations que j'aye jamais éprouvées , à
caufe des grands avantages qu'elle annonce à
toute la Chrétienté & de l'honneur éclatant
qu'en reçoit la Patrie.
J'ai prié le Cardinal Salviati de témoigner à
V. S. le filial & infini refpect que j'ai pour elle ,
de la feliciter dans les termes les plus forts
furfon Avenement au Siege de S.Pierres comme
cette Eminence est parfaitement inftruite
de mes fentimens les plus finguliers à cet égard,
j'espere qu'Elle s'en fera dignement acquittée ,
conformément à mes intentions.
Je fupplie la clémence incomparable de V. S.
de recevoir avec fa bonté ordinaire ces premiers
témoignages de la veneration que je conferverai
toute ma vie pour Elle, de chérir d'un amour
Paternel les Etats que je gouverne ,
& de
employer dans toutes les occafions qu'elle
jugera
SEPTEMBRE . 1730. 2073
jugera propres à lui rendre mes fervices les plus
refpectueux , priant S. S. de m'honorer & toute
ma Maifon de fa Benedicton Apoftolique : &
m'inclinant profondément à fes pieds , elle aura
TRE'S RE'S SAINT PERE , ·
La trés digne & defirée Election de V. S. au
Suprême Pontificat eft pour moi l'une des plus
vives confolations que j'aye jamais éprouvées , à
caufe des grands avantages qu'elle annonce à
toute la Chrétienté & de l'honneur éclatant
qu'en reçoit la Patrie.
J'ai prié le Cardinal Salviati de témoigner à
V. S. le filial & infini refpect que j'ai pour elle ,
de la feliciter dans les termes les plus forts
furfon Avenement au Siege de S.Pierres comme
cette Eminence est parfaitement inftruite
de mes fentimens les plus finguliers à cet égard,
j'espere qu'Elle s'en fera dignement acquittée ,
conformément à mes intentions.
Je fupplie la clémence incomparable de V. S.
de recevoir avec fa bonté ordinaire ces premiers
témoignages de la veneration que je conferverai
toute ma vie pour Elle, de chérir d'un amour
Paternel les Etats que je gouverne ,
& de
employer dans toutes les occafions qu'elle
jugera
SEPTEMBRE . 1730. 2073
jugera propres à lui rendre mes fervices les plus
refpectueux , priant S. S. de m'honorer & toute
ma Maifon de fa Benedicton Apoftolique : &
m'inclinant profondément à fes pieds , elle aura
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Résumé : LETTRE du Grand Duc au Pape.
En septembre 1730, le Grand Duc adresse une lettre au Pape nouvellement élu pour lui présenter ses félicitations. Il exprime sa consolation et son honneur, soulignant les bénéfices de cette élection pour la Chrétienté. Le Grand Duc a mandaté le Cardinal Salviati pour transmettre son respect filial et ses sentiments sincères au Pape. Il supplie le Pape d'accepter ses témoignages de vénération et de gouverner ses États avec amour paternel. Il espère que le Pape saura saisir les occasions pour recevoir ses services respectueux. Enfin, il demande la bénédiction apostolique pour lui-même et sa maison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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475
p. 2147-2162
RÉPONSE du Pere Texte, Dominicain, à la Lettre du R. P. du Sollier, de la Compagnie de JESUS, imprimée dans les Mémoires de Trevoux, du mois de Novembre 1729. page 2078. au sujet de la Vie du B. Barthelemi de Bregance, Evêque de Vicence, & Patriarche de Hierusalem.
Début :
MON TRES REVEREND PERE, Après avoir lû la vie du B. Barthelemi [...]
Mots clefs :
Manuscrits, Barthélémy de Bragance, Évêque de Vicence, Chronique, Patriarche de Jérusalem, Épitaphe, Catalogue, Mémoires de Trévoux
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE du Pere Texte, Dominicain, à la Lettre du R. P. du Sollier, de la Compagnie de JESUS, imprimée dans les Mémoires de Trevoux, du mois de Novembre 1729. page 2078. au sujet de la Vie du B. Barthelemi de Bregance, Evêque de Vicence, & Patriarche de Hierusalem.
REPONSE du Pere Texte , Dominicain
, à la Lettre du R. P. du Sollier
de la Compagnie de JESUS , imprimée
dans les Mémoires de Trevoux , du mois
de Novembre 1729. page 2078. au ſujet
de la Vie du B. Barthelemi de Bregance
Evêque de Vicence , & Patriarche de
Hierufalem.
MON
,
ON TRES REVEREND PERE ;
Après avoir lû la vie du B. Barthelemi
de Bregance dans le premier Volume
de Juillet , page 280. des Acta Sanctorum
, que V. R. continue avec tant de
fuccès , je crus y pouvoir faire quelques
remarques. Premierement fur la Nobleffe
de fa Naiffance , qu'il a connuë
qu'il a méprisée , mais qu'il n'a jamais
fouhaité qu'on lui difputat, fur tout de la
maniere que V. K. le fait.
B vj Michel
و
2148 MERCURE DE FRANCE
Michel Pie , dites- vous , veut qu'il foit
noble Vicentin , de la Maifon de Bregance
ou Bragance, ainfi appellée du Château
de ce nom. Barbaranus , & après lui
Marchefius (encheriffant fur cette nobleffe)
font venir la Maifon de Bregance de je
ne fçai quel Adrien, à nefcio quo , Comte &
Seig. de ce Château. Je fuis furpris , continuez
- vous , qu'ils ne fe foient pas avifez
de remonter jufques à Antenor , fondateur
de la Ville de Pavie . Lifez , mon R.P. les
Chroniques de Vicence , dans le viii vol .
intitulé Rerum Italicarum Scriptores , &
vous y verrez les glorieux exploits des
Héros de cette Illuftre Maifon , Seigneurs
des Châteaux de Bregance & de Plovins ,
page 41.
Afin d'autorifer le fentiment de ces
Ecrivains , que vous défaprouvez , je me
fuis fervi du témoignage d'un ancien
manufcrit , qu'il m'a paru naturel d'attribuer
à Godus , fe trouvant imprimé.
la fin de fa Chronique , fans nom d'Auteur.
Vous avouez vous - même qu'il y eft,
en difant, ce texte n'eft pas de Godius , il eſt
ajouté à fa Chronique. Pour moi , mon
R.P. j'ai fujet de croire , par la place qu'il
occupe , qu'il en eft un fragment &
j'écris Godus , on dit Chronica Godi , &
*
د
Unfragment , puifque la Société Palatine a
jugé à propos de là lui dennor, & j'écris Godus.
non
OCTOBRE. 1730. 2149
non pas Godii. Ex quibus fuit Bartholomaus
, au lieu de in quibus fuit , comme
on le lit dans votre Lettre , pag. 2082 .
On ne fçait , ajoutez vous , de qui eft -
ce texte : De qui qu'il foit , il a des caracteres
de faux. V. R. aggréera que je me
ferve de fon expreffion , & que je dife ,
de qui qu'il foit , il n'a que des caracteres
de vrai. Elle en fera convaincue par la
réponſe à la Lettre que j'ai écrite à Milan
au retour de ma Miffion du Carême
comme à la fource où le manufcrit a été
imprimé , par les foins de la fçavante
Societé Palatine , une des plus celebres:
Academies de l'Europe , fondée , comme
vous fçavez , par M. le Comte Archinto
neveu du Cardinal Archevèque de Milan
2
de ce même nom. Ma Lettre eft écrite en
Latin , adreffée à M. Argelaty , Directeur
de cette illuftre Societé .
La voicy en partie , traduite du Latin -
en François , le refte eft compris dans la
réponse de M. Argelaty .
"
M. ayant à parler du B. Barthelemi ,
» Evèque de Vicence , en 1256. & cher-
» chant un témoignage de fa Nobleſſe ,
plus ancien que celui deMarzarius, qui
» dans l'hiftoire de cette Ville , liv. 1.pag.
» 127. le fait defcendre de l'illuftre Mai-
» fon de Bregance ; j'ai cru l'avoir heu-
>> reuſement trouvé , ce témoignage , dans
le
2150 MERCURE DE FRANCE
» le 8 vol. pag. 92. de votre riche Ou-
» vrage , qui a pour titre ; Rerum Itali-
" carum Scriptores , où on lit ce qui fuit :
» Voici les noms des Familles Nobles de
» notre Ville, déja éteintes, & dont à peine
>> refte-t-il le fouvenir. Les Comtes , & c.
» les Comtes de Bregance , defquels eft
» defcendu Barthelemi de Vicence , de
>> l'Ordre des Précheurs , Evêque de la
» même Ville.
"
Ha funt familia qua in Civitate noftra nobiles
, erant , & ita extindle funt , ut de eis
vix maneat memoria . Comites , & c. Comites
Bregantiarum , ex quibus fuit Epifcopus
Bartholomæus Vicentinus, de Ordine Pradicatorum.
>> Pour ce qui eft de l'extinction des
douze Familles dont l'Auteur parle
fans marquer l'année depuis laquelle il
» la compte , & de ce trifte oubli qui l'a
» fuivie , l'écriture & l'experience nous
>> perfuadent que tres- peu de tems fuflit
pour l'un & l'autre fort . Periit memoria
» eorum cum fonitus fur tout par rapport
>> aux fucceffeurs mâles , & dans une Ville
» auffi féconde en Nobleffe & auffi cele-
>> bre par fa grandeur qu'étoit alors celle
W
de Vicence , expofée à la tyrannie des
» Ezzelins , qui fe fuccederent & ra-
» vagerent la Lombardie jufques en 1259 .
» La Chronique de Smeregius , pag. 101 .
du
OCTOBRE . 1730 . 2151
C
» du 8 vol. cité , raporte ce qui fuit en
» particulier de la Famille de Bregance .
>> En 1259. un des fils de Rizzard Po-
» deftat , époufa D. Odolia de Bregance ,
» qui partageoit la fucceffion des Sei-
» gneurs de la Maifon de Bregance avec
» D. Deodofie , fille de Jacques de Bre-
» gance. Que fuccedebat hæreditati D.D. de
» Bregantiis , pro medietate , & D. Deodo-
» fia filia Jacobi de Bregantiis pro alia.
Ditiffima & Nobiliffima D. & c. J'efpere
que vous aurez la boncé de répondre à celui
qui eft avec un profond refpect , & c .
>>
>>>
Réponse de M. Argelaty , Directeur de la
Société Palatine de Milan , traduite
de Latin en François.
» M. R. vous fouhaitez que je vous
» réponde fur les trois chefs propofez
» dans votre Lettre , &c. Pour le faire
» avec plus d'exactitude , je les ai expo-
» fez au celebre M. Jofeph- Antoine Sa-
» xius, Préfet de la Bibliotheque Ambroifienne
, afin qu'ayant eu pour partage
,, l'examen des Manufcrits de l'hiftoire de
Vicence , qu'il a enrichis d'une fça-
» vante Préface , il fut mieux au fait de
les réfoudre. Il m'a donc fait comprendre
, 1º . que le veftige d'antiquité du
» manufcrit lui vient uniquement de l'autorité
"
>>
"
2152 MERCURE DE FRANCE.
»torité du fameux Vincent Pinelly , qui
» fleuriffoit vers la fin du 16 ° fiecle , &
» qui le fit tranfcrire d'un ancien Ma-
» nufcrit , gardé dans le Cabinet d'Her-
» cule Fortitia ; & comme Vincent Pinelly
» ce Docteur fi celebre & fi verfé dans
l'antiquité , ne s'attachoit qu'aux ma-
» nufcrits les mieux caracteriſez , il ne
» faut pas douter que celui - cy confervé
» dans le Cabinet d'Hercule Fortitiæ
» n'ait été jugé digne de foy par un ſi
» habile homme.
2º. Pour ce qui eft de l'occafion &
» du tems auquel il fut porté , avec plu-
» fieurs autres manufcrits , de Vicence à
la Bibliotheque Ambroifienne ; vous le
» pouvez voir clairement dans les Lettres
» écrites par le Sçavant M. Saxius , à
» M. Muratori, pour l'Edition de la Chro-
» nique de Dandulo , tom. 11. Rerum Ita-
» licarum , & c.
»
3. Remarquez bien que ce n'eft pas
» fur l'autorité d'Hercule Fortitia , maïs
» fur l'ancienneté du manufcrit qu'il
» avoit acquis , & dont la copie eft dans
» la Bibliotheque Ambroifienne, que vous
pouvez librement ASSURER , ET SANS
>> HESITER QUE LE B. BARTHELEMY , EVIQUE
DE VICENCE , ETOIT DE LA MAISON
» DES COMTES DE BREGANCE . Si dans la
»fuite je viens à découvrir quelque Memoire
OCTOBRE. 1730. 2153
» moire qui puiffe donner quelque luftre
» à votre Ouvrage , je me ferai un plaifir
» de vous le communiquer, afin de vous
» témoigner de plus en plus , & à tous les
gens de Lettres , combien je fuis , tuus
addictiffimus Philippus Argelatus , Me-
» diolani , die 18 Julii 1730 .
>>
On trouvera à la fin de cette Réponſe
une copie exacte de l'original Latin de la
Lettre de M Argelaty.
Vos fentimens , mon R. P. fur l'autorité
de ce manufcrit font bien differens.
La bonne critique vous apprendra de
plus , dites vous , que dans ce Catalogue
même , le paffage dont vous vous ap
puyez uniquement eft interpolé . Le nom.
de notre Bienheureux y eft inferé après
coup , & ce texte a encore d'autres caracteres
de faux : En voicy un ; on y lit : Qui
coronam fpineam donatus à Rege Francorum
portavit Vicentiam.Ce coronam fpineam,
eft là une fauffeté ou une falfification ; il
auroit falu dire : Spinam de corona . Encore
, continuez- vous , Barthelemi ne l'aporta-
t-il pas entiere cette Epine ' , fon
compagnon Afculanus la partagea avec
lui également. C'eft un texte corrompu
dans tout ce Catalogue les Familles feulement
font nommées ; on n'y nomme.
nulle part aucune perfonne en partieulier
, que dans l'endroit où Barthelemi eft
cité
2154 MERCURE DE FRANCE
cité , ce qui prouve que la citation eſt
faite exprès, pour lui & par interpolation .
Mon R. P. avant que de répondre directement
aux prétendus caracteres de
faux du manufcrit , vous agréerez que je
vous propofe ce dilemme : où tous ces
habiles connoiffeurs & exacts critiques
déja nommez, l'ont reconnu faux & interpolé
, ou non ? S'ils l'ont connu tel que
V. R. le dépeint , que ne l'ont- ils profcrit
? A quoy bon Hercule Fortitiæ l'at-
il acquis & confervé dans fon Cabinet
comme une piece rare dont il ne voulut
pas fe deffaifir ; & Pinelli , ce grand génie
fi verfé dans le choix des Originaux manufcrits
, honoré à Pavie , au raport de
Gualde , où il réfidoit depuis 1558. de la
vifite des Cardinaux Baronius & Bellarmin
, en devoit-il être jaloux jufques - là
que d'en demander une copie , ne pouvant
pas acquerir l'original ? L'Eminentif
fime Frederic Boromée , Cardinal en 1587.
& Archevêque de Milan en 1595. coufin
de Saint Charles , l'auroit- il acheté à prix
d'or ,& une groffe fomme , avec tant d'autres
manufcrits de la Bibliotheque de Pinelli
, échappez du naufrage & des mains
des Pirates, pour en enrichir fa Bibliotheque
Ambroisienne ?
Quidquid ditiffima Pinelly Bibliotheca , ac
præfertim manufcriptorum codicum ab incleOCTOBRE.
1730. 2155
mentis Pelagi & Piratarum injuriis fuperftes
fuit multo comparatum auro , & c. immortalis
fame Frederici Cardinalis Borromai , & c.
Préface du 12 vol . Rerum Italicarum , & c.
Enfin la fçavante Société Palatine de Milan
l'auroit - elle donné au public comme
un grand preſent ? Alterum inde beneficium
accipies lector, & c. VETUSTUM hoc exemplar
opere pretium fuit imprimere.
Que fi tant d'hommes de Lettres qui
ont vû en Italie ce texte , ne l'ont pas reconnu
tel que V.R.le dit ; quel jugement
en a- t- elle pû porter à Anvers , où elle n'a
vû ni le manufcrit du Cabinet d'Hercule,
ni la copie de Pinelly .A qui faut- il plutot
en croire ?
Venons aux prétendus caracteres de
faux. En voicy un , dites - dites- vous , on y lit :
Qui coronam fpineam donatus à Rege , & c.
il auroit fallu dire , fpinam de corona.
Bzovius , mon R.P.s'eft fervi des mêmes
termes dans l'Index ou Table du 1 3 vol.
des Annales Ecclefiaftiques, édition d'Anvers
1617. Ab eo , en parlant de ce Don
précieux de S. Loüis , Spinea Corona Dominica
donatur. Et afin que V.R.ne puiffe pas
dire que cet Auteur a cru parler de la Couronne
entiere , on lit, pag. 560. n ° .14 . Ab
eo pignus obtinuit Spinam ex Corona. Le témoignage
de Bzovius auroit - il aufſi un caractere
de faux ?
L'ufage
2156 MERCURE DE FRANCË
L'ufage eft commun & authorifé, mon
R. P. Pars pro toto , da mihi animas ; l'ame
pour tout l'homme , N.B. appelle dans un
de fes Traitez , l'Eglife de la Couronne
celle qui poffede cette fainte Epine.Leandre
, le Convent de la Couronne : Canobium
corona . Defcriptio Italia , pag.733.On
dit : Allons à l'adoration de la vraie Croix,
fans fpécifier d'un fragment de la vraie
Croix . L'Auteur du manufcrit a parlé le
langage commun , & le défaut prétendu
de fon expreffion n'invalidera jamais la
force de fon témoignage.
y
En fecond lieu , fi N. B. eft feul nommé
dans ce Catalogue des douze Familles
nobles , c'eſt une preuve qu'il a été fait à
peu près de fon tems , puifque l'Auteur
Vicentin voulu immortalifer le nom
de fon Evêque , de fon Concitoyen , d'une
fi illuftre Maiſon & d'un Saint , celebre
en fcience & en piété , capable de faire
l'honneur de fa patrie dans la fuite des
fiécles ; qualitez réunies dans N.B. qui ne
l'étoient pas dans un autre.
V. R. ajoute que Smeregius & Léandre
ne le nomment que Barthelemi de Vicen .
ce. Benoît XI . M. R.P. s'appeloit Nicolas
de Trévife . S. Pie V. Michel de Bofco ,
tous deux Dominicains; & l'on fçait qu'Innocent
V. du même Ordre , qui pour le
moins avoit eu autant & d'auffi preffantes
OCTOBRE. 1730. 2157
tes occafions que N.B. d'écrire le nom de
fa famille , n'eft connu que fous le nom de
Pierre de Tarantaife . Telle étoit la coutume
des premiers fiecles de notre Ordre
de prendre le furnom du lieu de la naif
fance. Ce qui eft caufe que nous ignorons
celui de la plus grande partie de nos
Generaux .
fleft tems , M. R. P. d'achever de répondre
à votre Lettre de fix petites pages
& demie , dont il y en a deux remplies
d'un préambule , trois des défauts prétendus
du manufcrit de Milan , & le refte
des deux articles qui fuivent.
?
Vous faites , me dites vous , N. B. Confeffeur
du Roy à Paris en 1240. juftement
dans le tems auquel le P. Echard , après
Ughellus , le fait Maître du Sacré Palais à
Rome , fous Gregoire IX. depuis 1235.
jufques à 1241 .
Vous me permettrez , M. R. P. de vous
faire remarquer qu'il y a dans le texte du
P. Echard ( inter ) entre , & non pas , depuis
; ce qui fait une grande differences
encore voit-on que ce n'eft qu'avec peine
qu'il le met fous ce Pape , ce qui ne peut
tout au plus s'entendre , dit-il , que de la
fin de fon Pontificat.
On fçait que 1240 & 1241.furent les 2
dernieres années de la vie de ce Pape . &
qu'en 1236 , la Miffion de N. B. finit en
Lon
2158 MERCURE DE FRANCE
Lombardie , après laquelle j'ai dit , que
tout concourt à le fuivre en France . Certè
Ughellus hoc munere functum fub Pontificatu
Gregorii I X. refert , quod verifimilius
, pourfuit le P. Echard , de ejus pofterioribus
annis intelligas , inter 1 235 & 1241 .
& forfan ultra ad Innocentium IV. à дно
creatus eft Epifcopus .
Léandre le fait clairementMaître du Sacré
Palais fous Innocent IV. par ces deux
Epoques.
Barthelemi continua en France l'explication
des Ouvrages de S. Denis , qu'il
avoit commencée à Rome . Romam vocatus
Magifter Sacri Palatii factus , coepit , & c.
Dum effet in Galliis , legit , & c. ce qui ne
peut avoir été qu'à la fuite d'Innocent IV.
elu Pape le 24 Juin 1243. & obligé de ce
réfugier à Lion au mois de Decembre 1 244 :
De plus il eft vifible que N.B. paffa de fa
Charge à l'Epifcopat . Venons à la dignité
de Patriarche.
Vous ne vous mettez pas en devoir , me
dites-vous, d'affermir N.B. fur fon thrône
Patriarchal de Jerufalem , où vous le
placez.
Vous fçavez , M.R.P. que j'ai employé
fept pages de mes remarques à le faire ;
au furplus je m'en tiendrai toujours à une
Epitaphe auffi authentique que l'eft celle
de N. B. où on lit fi diftinctement :
Hieru
OCTOBRE . 1730. 2159
Hierufalem Patriarchafuit, dilexit & omnes.
Vous en reconnoiffez l'ancienneté de
près de quatre cens ans par ces mots : >> Les
hommes de ce fiecle peu éclairé ( 1 354. )
» ont cru que les Evêques qui paffoient en
» Orient étoient tout autant de Patriarches
: Apud homines illos vix mediocriter
doctos , idem vifum eft , & c. & vous convenez
de l'uniformité des fentimens de
ceux qui avec le R. P. Zenobrius , de la
Compagnie de Jefus , Recteur du College
de Vicence , ont pû lire cette Epitaphe
à loifir : Notandum Poëtas hos omnes rotunde
appellaffe Bartholomæum Patriarcham .
Le P. Échard en a bien fenti la force . Si
c'étoit la premiere Inſcription , dit- il , on
auroit de la peine à y répondre. Quid
ergo de ejus fepulchrali Epigraphe ? Urgeret
quidem illa fi ea effet que primo ejus tumulo
infculpta. Quelle apparence qu'en renouvellant
l'Epitaphe du Saint , 83 ans après
fa mort , on fe foit avifé d'y ajouter un
titre fi diftingué s'il n'eut pas été à la premiere.
Au refte , M. R. P. fi vous avez
tant de peine à vous perfuader que N.B.
ait pris poffeffion de fon Siége , comme l'a
dit le fçavant P. Papebroch , de la Compagnie
de Jefus & votre prédéceffeur ,
avoüez du moins qu'il y a eu un certain
efpace de temps durant les deux premieres
2160 MERCURE DE FRANCE
res années du Pontificat d'Urbain IV . ( qui
felon le P. ECHARD , offrit cette dignité
à plufieurs fujets ) dans lequel N. B. en a
été revêtu pour mériter ce titre que Monfieur
l'Abbé Chatelain lui donne dans fon
Martyrologe, & qu'on lit fur fon tombeau.
Hierufalem Patriarcha fuit.
Argument pofitif qui prévaudra toujours
fur un foible argument négatif de
l'oubli du nom de N. B. dans le Catalogue
des Patriarches de Jerufalem .
Le P. Elie de Riez n'eft pas non plus
dans celui des Patriaches d'Antioche, & le
Pere Echard * ne laiffe pas de le reconnoître
comme tel & avec juftice , fur le témoignage
d'Acuna , Archevêque de Brague.
que
Puiffiez vous , M.R.P. vivre long- tems
& en fanté , pour l'utilité de la Républi-
Chrétienne , & en particulier pour la
gloire de l'Ordre des Freres Prècheurs, en
faveur duquel vous ajoutez d'une maniere
toutà fait gracieufe en finiffant votre Lettre
: >> Nous continuerons de prendre un
>> foin tout particulier que rien ne nous
Ȏchappe de tout ce qui pourra contribuer
Ȉ la folide&veritable gloire de vos Saints.
Je fuis , mon Tres - Reverend Pere
avec un profond refpect , votre , &c.
* Tume 1. Add.
Coppie
OCTOBRE. 1730. 2161.
COPPIE de la Réponse de M. Argelaty
, Directeur de la Société Palatine de
Milan.
" T
Ria à me poftulas , vir doctiffime, in
humaniffimâ Epiftolâ tuâ præterito
» menfe Maio ad me confcriptâ ; neque.
» moram incuſes rogo , quod ad præfen-
» tem ufque diem diftulerim tibi ferre refponfum
, cum tantis iifque gravibus
» diftrahar curis quod vix me mihi reddere
aliquando poffim . Sed quia animus erat,
eâ quâ par eft diligentiâ quæ poftulas
exactè perficere , clariffimum virum Jo-
»fephum-Antonium Saxium , Bibliothe-
» cæ Ambrofianæ Præfectum exquifivi , ut
ficut ipfe ea Vicentina Hiftoriæ monu-
» menta produxit , eruditâque Præfatione
» ditavit , ita nexus folveret quos inve-
» nifti.
Primò. Ab eodem igitur intellexi ma-
» nufcriptum eum Codicem quo ufus
eft , nulla alia Antiquitatis redolere vef-
» tigia , præterquam quod Vincentii Pi-
» nelli viri præclariffimi auctoritate niti-
» tur: qui fæculo decimo fexto exeunte
» Florens , illum tranfcribi fecit ex anti-
» quo exemplari qui fervabatur in fcriniis
» Herculis Fortitiæ , & quemadmodùm
» Pinellus ipfe antiquâ expertus eruditione
codices melioris notæ quos repe-
C >>rire
2162 MERCURE DE FRANCE
>> rire poterat confulebat , ideò non am-
» bigendum quin ille quoque Herculis
» Fortitiæ FIDE DIGNUM , tanto viro vide-
"
>>
retur.
Secundò. Quò tempore , quâve occa-
» fione fuerit codex ille unà cum aliis
pluribus è Vicentiâ in Ambrofianam
» tranflatus , dilucidè fatis percipere po-
» teris , fi litteras clariffimi Saxii ad eru-
» ditiffimum Muratorium tranfmiffas pro
» editione Danduli , tom. xII . Collectionis
» noftræ rerum Italicarum , impreffi con-
>> fulueris.
>> Tertiò. Te monitum volo , non aucto-
» ritate Herculis Fortitiæ. SED ANTIQUI
» CODICIS , qui penès illum fervabatur
» cujus exemplar inextat in Bibliothecâ
» Ambrofianâ : LIBERE TE ASSERERE POSSE
» BEATUM BARTHOLOMEUM EPISCOPUM
» VICENTINUM A COMITIBUS BREGANTIA-
» RUM ORIGINEM TRAXISSE. Si quæ in dies
» ad opus tuum illuftrandum mihi præ
» manibus fuerint , tibi per Litteras com-
>> municare non negligam.Ut animi erga te
» mei , & litteratos quofcumque viros
# certiùs femper exhibeam teftimonium,
Vale.
Tuus addictiffimus PHILIPPUS ARGELATUS.
Mediolani , die 18. Julii 1730.
, à la Lettre du R. P. du Sollier
de la Compagnie de JESUS , imprimée
dans les Mémoires de Trevoux , du mois
de Novembre 1729. page 2078. au ſujet
de la Vie du B. Barthelemi de Bregance
Evêque de Vicence , & Patriarche de
Hierufalem.
MON
,
ON TRES REVEREND PERE ;
Après avoir lû la vie du B. Barthelemi
de Bregance dans le premier Volume
de Juillet , page 280. des Acta Sanctorum
, que V. R. continue avec tant de
fuccès , je crus y pouvoir faire quelques
remarques. Premierement fur la Nobleffe
de fa Naiffance , qu'il a connuë
qu'il a méprisée , mais qu'il n'a jamais
fouhaité qu'on lui difputat, fur tout de la
maniere que V. K. le fait.
B vj Michel
و
2148 MERCURE DE FRANCE
Michel Pie , dites- vous , veut qu'il foit
noble Vicentin , de la Maifon de Bregance
ou Bragance, ainfi appellée du Château
de ce nom. Barbaranus , & après lui
Marchefius (encheriffant fur cette nobleffe)
font venir la Maifon de Bregance de je
ne fçai quel Adrien, à nefcio quo , Comte &
Seig. de ce Château. Je fuis furpris , continuez
- vous , qu'ils ne fe foient pas avifez
de remonter jufques à Antenor , fondateur
de la Ville de Pavie . Lifez , mon R.P. les
Chroniques de Vicence , dans le viii vol .
intitulé Rerum Italicarum Scriptores , &
vous y verrez les glorieux exploits des
Héros de cette Illuftre Maifon , Seigneurs
des Châteaux de Bregance & de Plovins ,
page 41.
Afin d'autorifer le fentiment de ces
Ecrivains , que vous défaprouvez , je me
fuis fervi du témoignage d'un ancien
manufcrit , qu'il m'a paru naturel d'attribuer
à Godus , fe trouvant imprimé.
la fin de fa Chronique , fans nom d'Auteur.
Vous avouez vous - même qu'il y eft,
en difant, ce texte n'eft pas de Godius , il eſt
ajouté à fa Chronique. Pour moi , mon
R.P. j'ai fujet de croire , par la place qu'il
occupe , qu'il en eft un fragment &
j'écris Godus , on dit Chronica Godi , &
*
د
Unfragment , puifque la Société Palatine a
jugé à propos de là lui dennor, & j'écris Godus.
non
OCTOBRE. 1730. 2149
non pas Godii. Ex quibus fuit Bartholomaus
, au lieu de in quibus fuit , comme
on le lit dans votre Lettre , pag. 2082 .
On ne fçait , ajoutez vous , de qui eft -
ce texte : De qui qu'il foit , il a des caracteres
de faux. V. R. aggréera que je me
ferve de fon expreffion , & que je dife ,
de qui qu'il foit , il n'a que des caracteres
de vrai. Elle en fera convaincue par la
réponſe à la Lettre que j'ai écrite à Milan
au retour de ma Miffion du Carême
comme à la fource où le manufcrit a été
imprimé , par les foins de la fçavante
Societé Palatine , une des plus celebres:
Academies de l'Europe , fondée , comme
vous fçavez , par M. le Comte Archinto
neveu du Cardinal Archevèque de Milan
2
de ce même nom. Ma Lettre eft écrite en
Latin , adreffée à M. Argelaty , Directeur
de cette illuftre Societé .
La voicy en partie , traduite du Latin -
en François , le refte eft compris dans la
réponse de M. Argelaty .
"
M. ayant à parler du B. Barthelemi ,
» Evèque de Vicence , en 1256. & cher-
» chant un témoignage de fa Nobleſſe ,
plus ancien que celui deMarzarius, qui
» dans l'hiftoire de cette Ville , liv. 1.pag.
» 127. le fait defcendre de l'illuftre Mai-
» fon de Bregance ; j'ai cru l'avoir heu-
>> reuſement trouvé , ce témoignage , dans
le
2150 MERCURE DE FRANCE
» le 8 vol. pag. 92. de votre riche Ou-
» vrage , qui a pour titre ; Rerum Itali-
" carum Scriptores , où on lit ce qui fuit :
» Voici les noms des Familles Nobles de
» notre Ville, déja éteintes, & dont à peine
>> refte-t-il le fouvenir. Les Comtes , & c.
» les Comtes de Bregance , defquels eft
» defcendu Barthelemi de Vicence , de
>> l'Ordre des Précheurs , Evêque de la
» même Ville.
"
Ha funt familia qua in Civitate noftra nobiles
, erant , & ita extindle funt , ut de eis
vix maneat memoria . Comites , & c. Comites
Bregantiarum , ex quibus fuit Epifcopus
Bartholomæus Vicentinus, de Ordine Pradicatorum.
>> Pour ce qui eft de l'extinction des
douze Familles dont l'Auteur parle
fans marquer l'année depuis laquelle il
» la compte , & de ce trifte oubli qui l'a
» fuivie , l'écriture & l'experience nous
>> perfuadent que tres- peu de tems fuflit
pour l'un & l'autre fort . Periit memoria
» eorum cum fonitus fur tout par rapport
>> aux fucceffeurs mâles , & dans une Ville
» auffi féconde en Nobleffe & auffi cele-
>> bre par fa grandeur qu'étoit alors celle
W
de Vicence , expofée à la tyrannie des
» Ezzelins , qui fe fuccederent & ra-
» vagerent la Lombardie jufques en 1259 .
» La Chronique de Smeregius , pag. 101 .
du
OCTOBRE . 1730 . 2151
C
» du 8 vol. cité , raporte ce qui fuit en
» particulier de la Famille de Bregance .
>> En 1259. un des fils de Rizzard Po-
» deftat , époufa D. Odolia de Bregance ,
» qui partageoit la fucceffion des Sei-
» gneurs de la Maifon de Bregance avec
» D. Deodofie , fille de Jacques de Bre-
» gance. Que fuccedebat hæreditati D.D. de
» Bregantiis , pro medietate , & D. Deodo-
» fia filia Jacobi de Bregantiis pro alia.
Ditiffima & Nobiliffima D. & c. J'efpere
que vous aurez la boncé de répondre à celui
qui eft avec un profond refpect , & c .
>>
>>>
Réponse de M. Argelaty , Directeur de la
Société Palatine de Milan , traduite
de Latin en François.
» M. R. vous fouhaitez que je vous
» réponde fur les trois chefs propofez
» dans votre Lettre , &c. Pour le faire
» avec plus d'exactitude , je les ai expo-
» fez au celebre M. Jofeph- Antoine Sa-
» xius, Préfet de la Bibliotheque Ambroifienne
, afin qu'ayant eu pour partage
,, l'examen des Manufcrits de l'hiftoire de
Vicence , qu'il a enrichis d'une fça-
» vante Préface , il fut mieux au fait de
les réfoudre. Il m'a donc fait comprendre
, 1º . que le veftige d'antiquité du
» manufcrit lui vient uniquement de l'autorité
"
>>
"
2152 MERCURE DE FRANCE.
»torité du fameux Vincent Pinelly , qui
» fleuriffoit vers la fin du 16 ° fiecle , &
» qui le fit tranfcrire d'un ancien Ma-
» nufcrit , gardé dans le Cabinet d'Her-
» cule Fortitia ; & comme Vincent Pinelly
» ce Docteur fi celebre & fi verfé dans
l'antiquité , ne s'attachoit qu'aux ma-
» nufcrits les mieux caracteriſez , il ne
» faut pas douter que celui - cy confervé
» dans le Cabinet d'Hercule Fortitiæ
» n'ait été jugé digne de foy par un ſi
» habile homme.
2º. Pour ce qui eft de l'occafion &
» du tems auquel il fut porté , avec plu-
» fieurs autres manufcrits , de Vicence à
la Bibliotheque Ambroifienne ; vous le
» pouvez voir clairement dans les Lettres
» écrites par le Sçavant M. Saxius , à
» M. Muratori, pour l'Edition de la Chro-
» nique de Dandulo , tom. 11. Rerum Ita-
» licarum , & c.
»
3. Remarquez bien que ce n'eft pas
» fur l'autorité d'Hercule Fortitia , maïs
» fur l'ancienneté du manufcrit qu'il
» avoit acquis , & dont la copie eft dans
» la Bibliotheque Ambroifienne, que vous
pouvez librement ASSURER , ET SANS
>> HESITER QUE LE B. BARTHELEMY , EVIQUE
DE VICENCE , ETOIT DE LA MAISON
» DES COMTES DE BREGANCE . Si dans la
»fuite je viens à découvrir quelque Memoire
OCTOBRE. 1730. 2153
» moire qui puiffe donner quelque luftre
» à votre Ouvrage , je me ferai un plaifir
» de vous le communiquer, afin de vous
» témoigner de plus en plus , & à tous les
gens de Lettres , combien je fuis , tuus
addictiffimus Philippus Argelatus , Me-
» diolani , die 18 Julii 1730 .
>>
On trouvera à la fin de cette Réponſe
une copie exacte de l'original Latin de la
Lettre de M Argelaty.
Vos fentimens , mon R. P. fur l'autorité
de ce manufcrit font bien differens.
La bonne critique vous apprendra de
plus , dites vous , que dans ce Catalogue
même , le paffage dont vous vous ap
puyez uniquement eft interpolé . Le nom.
de notre Bienheureux y eft inferé après
coup , & ce texte a encore d'autres caracteres
de faux : En voicy un ; on y lit : Qui
coronam fpineam donatus à Rege Francorum
portavit Vicentiam.Ce coronam fpineam,
eft là une fauffeté ou une falfification ; il
auroit falu dire : Spinam de corona . Encore
, continuez- vous , Barthelemi ne l'aporta-
t-il pas entiere cette Epine ' , fon
compagnon Afculanus la partagea avec
lui également. C'eft un texte corrompu
dans tout ce Catalogue les Familles feulement
font nommées ; on n'y nomme.
nulle part aucune perfonne en partieulier
, que dans l'endroit où Barthelemi eft
cité
2154 MERCURE DE FRANCE
cité , ce qui prouve que la citation eſt
faite exprès, pour lui & par interpolation .
Mon R. P. avant que de répondre directement
aux prétendus caracteres de
faux du manufcrit , vous agréerez que je
vous propofe ce dilemme : où tous ces
habiles connoiffeurs & exacts critiques
déja nommez, l'ont reconnu faux & interpolé
, ou non ? S'ils l'ont connu tel que
V. R. le dépeint , que ne l'ont- ils profcrit
? A quoy bon Hercule Fortitiæ l'at-
il acquis & confervé dans fon Cabinet
comme une piece rare dont il ne voulut
pas fe deffaifir ; & Pinelli , ce grand génie
fi verfé dans le choix des Originaux manufcrits
, honoré à Pavie , au raport de
Gualde , où il réfidoit depuis 1558. de la
vifite des Cardinaux Baronius & Bellarmin
, en devoit-il être jaloux jufques - là
que d'en demander une copie , ne pouvant
pas acquerir l'original ? L'Eminentif
fime Frederic Boromée , Cardinal en 1587.
& Archevêque de Milan en 1595. coufin
de Saint Charles , l'auroit- il acheté à prix
d'or ,& une groffe fomme , avec tant d'autres
manufcrits de la Bibliotheque de Pinelli
, échappez du naufrage & des mains
des Pirates, pour en enrichir fa Bibliotheque
Ambroisienne ?
Quidquid ditiffima Pinelly Bibliotheca , ac
præfertim manufcriptorum codicum ab incleOCTOBRE.
1730. 2155
mentis Pelagi & Piratarum injuriis fuperftes
fuit multo comparatum auro , & c. immortalis
fame Frederici Cardinalis Borromai , & c.
Préface du 12 vol . Rerum Italicarum , & c.
Enfin la fçavante Société Palatine de Milan
l'auroit - elle donné au public comme
un grand preſent ? Alterum inde beneficium
accipies lector, & c. VETUSTUM hoc exemplar
opere pretium fuit imprimere.
Que fi tant d'hommes de Lettres qui
ont vû en Italie ce texte , ne l'ont pas reconnu
tel que V.R.le dit ; quel jugement
en a- t- elle pû porter à Anvers , où elle n'a
vû ni le manufcrit du Cabinet d'Hercule,
ni la copie de Pinelly .A qui faut- il plutot
en croire ?
Venons aux prétendus caracteres de
faux. En voicy un , dites - dites- vous , on y lit :
Qui coronam fpineam donatus à Rege , & c.
il auroit fallu dire , fpinam de corona.
Bzovius , mon R.P.s'eft fervi des mêmes
termes dans l'Index ou Table du 1 3 vol.
des Annales Ecclefiaftiques, édition d'Anvers
1617. Ab eo , en parlant de ce Don
précieux de S. Loüis , Spinea Corona Dominica
donatur. Et afin que V.R.ne puiffe pas
dire que cet Auteur a cru parler de la Couronne
entiere , on lit, pag. 560. n ° .14 . Ab
eo pignus obtinuit Spinam ex Corona. Le témoignage
de Bzovius auroit - il aufſi un caractere
de faux ?
L'ufage
2156 MERCURE DE FRANCË
L'ufage eft commun & authorifé, mon
R. P. Pars pro toto , da mihi animas ; l'ame
pour tout l'homme , N.B. appelle dans un
de fes Traitez , l'Eglife de la Couronne
celle qui poffede cette fainte Epine.Leandre
, le Convent de la Couronne : Canobium
corona . Defcriptio Italia , pag.733.On
dit : Allons à l'adoration de la vraie Croix,
fans fpécifier d'un fragment de la vraie
Croix . L'Auteur du manufcrit a parlé le
langage commun , & le défaut prétendu
de fon expreffion n'invalidera jamais la
force de fon témoignage.
y
En fecond lieu , fi N. B. eft feul nommé
dans ce Catalogue des douze Familles
nobles , c'eſt une preuve qu'il a été fait à
peu près de fon tems , puifque l'Auteur
Vicentin voulu immortalifer le nom
de fon Evêque , de fon Concitoyen , d'une
fi illuftre Maiſon & d'un Saint , celebre
en fcience & en piété , capable de faire
l'honneur de fa patrie dans la fuite des
fiécles ; qualitez réunies dans N.B. qui ne
l'étoient pas dans un autre.
V. R. ajoute que Smeregius & Léandre
ne le nomment que Barthelemi de Vicen .
ce. Benoît XI . M. R.P. s'appeloit Nicolas
de Trévife . S. Pie V. Michel de Bofco ,
tous deux Dominicains; & l'on fçait qu'Innocent
V. du même Ordre , qui pour le
moins avoit eu autant & d'auffi preffantes
OCTOBRE. 1730. 2157
tes occafions que N.B. d'écrire le nom de
fa famille , n'eft connu que fous le nom de
Pierre de Tarantaife . Telle étoit la coutume
des premiers fiecles de notre Ordre
de prendre le furnom du lieu de la naif
fance. Ce qui eft caufe que nous ignorons
celui de la plus grande partie de nos
Generaux .
fleft tems , M. R. P. d'achever de répondre
à votre Lettre de fix petites pages
& demie , dont il y en a deux remplies
d'un préambule , trois des défauts prétendus
du manufcrit de Milan , & le refte
des deux articles qui fuivent.
?
Vous faites , me dites vous , N. B. Confeffeur
du Roy à Paris en 1240. juftement
dans le tems auquel le P. Echard , après
Ughellus , le fait Maître du Sacré Palais à
Rome , fous Gregoire IX. depuis 1235.
jufques à 1241 .
Vous me permettrez , M. R. P. de vous
faire remarquer qu'il y a dans le texte du
P. Echard ( inter ) entre , & non pas , depuis
; ce qui fait une grande differences
encore voit-on que ce n'eft qu'avec peine
qu'il le met fous ce Pape , ce qui ne peut
tout au plus s'entendre , dit-il , que de la
fin de fon Pontificat.
On fçait que 1240 & 1241.furent les 2
dernieres années de la vie de ce Pape . &
qu'en 1236 , la Miffion de N. B. finit en
Lon
2158 MERCURE DE FRANCE
Lombardie , après laquelle j'ai dit , que
tout concourt à le fuivre en France . Certè
Ughellus hoc munere functum fub Pontificatu
Gregorii I X. refert , quod verifimilius
, pourfuit le P. Echard , de ejus pofterioribus
annis intelligas , inter 1 235 & 1241 .
& forfan ultra ad Innocentium IV. à дно
creatus eft Epifcopus .
Léandre le fait clairementMaître du Sacré
Palais fous Innocent IV. par ces deux
Epoques.
Barthelemi continua en France l'explication
des Ouvrages de S. Denis , qu'il
avoit commencée à Rome . Romam vocatus
Magifter Sacri Palatii factus , coepit , & c.
Dum effet in Galliis , legit , & c. ce qui ne
peut avoir été qu'à la fuite d'Innocent IV.
elu Pape le 24 Juin 1243. & obligé de ce
réfugier à Lion au mois de Decembre 1 244 :
De plus il eft vifible que N.B. paffa de fa
Charge à l'Epifcopat . Venons à la dignité
de Patriarche.
Vous ne vous mettez pas en devoir , me
dites-vous, d'affermir N.B. fur fon thrône
Patriarchal de Jerufalem , où vous le
placez.
Vous fçavez , M.R.P. que j'ai employé
fept pages de mes remarques à le faire ;
au furplus je m'en tiendrai toujours à une
Epitaphe auffi authentique que l'eft celle
de N. B. où on lit fi diftinctement :
Hieru
OCTOBRE . 1730. 2159
Hierufalem Patriarchafuit, dilexit & omnes.
Vous en reconnoiffez l'ancienneté de
près de quatre cens ans par ces mots : >> Les
hommes de ce fiecle peu éclairé ( 1 354. )
» ont cru que les Evêques qui paffoient en
» Orient étoient tout autant de Patriarches
: Apud homines illos vix mediocriter
doctos , idem vifum eft , & c. & vous convenez
de l'uniformité des fentimens de
ceux qui avec le R. P. Zenobrius , de la
Compagnie de Jefus , Recteur du College
de Vicence , ont pû lire cette Epitaphe
à loifir : Notandum Poëtas hos omnes rotunde
appellaffe Bartholomæum Patriarcham .
Le P. Échard en a bien fenti la force . Si
c'étoit la premiere Inſcription , dit- il , on
auroit de la peine à y répondre. Quid
ergo de ejus fepulchrali Epigraphe ? Urgeret
quidem illa fi ea effet que primo ejus tumulo
infculpta. Quelle apparence qu'en renouvellant
l'Epitaphe du Saint , 83 ans après
fa mort , on fe foit avifé d'y ajouter un
titre fi diftingué s'il n'eut pas été à la premiere.
Au refte , M. R. P. fi vous avez
tant de peine à vous perfuader que N.B.
ait pris poffeffion de fon Siége , comme l'a
dit le fçavant P. Papebroch , de la Compagnie
de Jefus & votre prédéceffeur ,
avoüez du moins qu'il y a eu un certain
efpace de temps durant les deux premieres
2160 MERCURE DE FRANCE
res années du Pontificat d'Urbain IV . ( qui
felon le P. ECHARD , offrit cette dignité
à plufieurs fujets ) dans lequel N. B. en a
été revêtu pour mériter ce titre que Monfieur
l'Abbé Chatelain lui donne dans fon
Martyrologe, & qu'on lit fur fon tombeau.
Hierufalem Patriarcha fuit.
Argument pofitif qui prévaudra toujours
fur un foible argument négatif de
l'oubli du nom de N. B. dans le Catalogue
des Patriarches de Jerufalem .
Le P. Elie de Riez n'eft pas non plus
dans celui des Patriaches d'Antioche, & le
Pere Echard * ne laiffe pas de le reconnoître
comme tel & avec juftice , fur le témoignage
d'Acuna , Archevêque de Brague.
que
Puiffiez vous , M.R.P. vivre long- tems
& en fanté , pour l'utilité de la Républi-
Chrétienne , & en particulier pour la
gloire de l'Ordre des Freres Prècheurs, en
faveur duquel vous ajoutez d'une maniere
toutà fait gracieufe en finiffant votre Lettre
: >> Nous continuerons de prendre un
>> foin tout particulier que rien ne nous
Ȏchappe de tout ce qui pourra contribuer
Ȉ la folide&veritable gloire de vos Saints.
Je fuis , mon Tres - Reverend Pere
avec un profond refpect , votre , &c.
* Tume 1. Add.
Coppie
OCTOBRE. 1730. 2161.
COPPIE de la Réponse de M. Argelaty
, Directeur de la Société Palatine de
Milan.
" T
Ria à me poftulas , vir doctiffime, in
humaniffimâ Epiftolâ tuâ præterito
» menfe Maio ad me confcriptâ ; neque.
» moram incuſes rogo , quod ad præfen-
» tem ufque diem diftulerim tibi ferre refponfum
, cum tantis iifque gravibus
» diftrahar curis quod vix me mihi reddere
aliquando poffim . Sed quia animus erat,
eâ quâ par eft diligentiâ quæ poftulas
exactè perficere , clariffimum virum Jo-
»fephum-Antonium Saxium , Bibliothe-
» cæ Ambrofianæ Præfectum exquifivi , ut
ficut ipfe ea Vicentina Hiftoriæ monu-
» menta produxit , eruditâque Præfatione
» ditavit , ita nexus folveret quos inve-
» nifti.
Primò. Ab eodem igitur intellexi ma-
» nufcriptum eum Codicem quo ufus
eft , nulla alia Antiquitatis redolere vef-
» tigia , præterquam quod Vincentii Pi-
» nelli viri præclariffimi auctoritate niti-
» tur: qui fæculo decimo fexto exeunte
» Florens , illum tranfcribi fecit ex anti-
» quo exemplari qui fervabatur in fcriniis
» Herculis Fortitiæ , & quemadmodùm
» Pinellus ipfe antiquâ expertus eruditione
codices melioris notæ quos repe-
C >>rire
2162 MERCURE DE FRANCE
>> rire poterat confulebat , ideò non am-
» bigendum quin ille quoque Herculis
» Fortitiæ FIDE DIGNUM , tanto viro vide-
"
>>
retur.
Secundò. Quò tempore , quâve occa-
» fione fuerit codex ille unà cum aliis
pluribus è Vicentiâ in Ambrofianam
» tranflatus , dilucidè fatis percipere po-
» teris , fi litteras clariffimi Saxii ad eru-
» ditiffimum Muratorium tranfmiffas pro
» editione Danduli , tom. xII . Collectionis
» noftræ rerum Italicarum , impreffi con-
>> fulueris.
>> Tertiò. Te monitum volo , non aucto-
» ritate Herculis Fortitiæ. SED ANTIQUI
» CODICIS , qui penès illum fervabatur
» cujus exemplar inextat in Bibliothecâ
» Ambrofianâ : LIBERE TE ASSERERE POSSE
» BEATUM BARTHOLOMEUM EPISCOPUM
» VICENTINUM A COMITIBUS BREGANTIA-
» RUM ORIGINEM TRAXISSE. Si quæ in dies
» ad opus tuum illuftrandum mihi præ
» manibus fuerint , tibi per Litteras com-
>> municare non negligam.Ut animi erga te
» mei , & litteratos quofcumque viros
# certiùs femper exhibeam teftimonium,
Vale.
Tuus addictiffimus PHILIPPUS ARGELATUS.
Mediolani , die 18. Julii 1730.
Fermer
Résumé : RÉPONSE du Pere Texte, Dominicain, à la Lettre du R. P. du Sollier, de la Compagnie de JESUS, imprimée dans les Mémoires de Trevoux, du mois de Novembre 1729. page 2078. au sujet de la Vie du B. Barthelemi de Bregance, Evêque de Vicence, & Patriarche de Hierusalem.
Le texte est une réponse du Père Texte, dominicain, à la lettre du Père du Sollier, jésuite, publiée dans les Mémoires de Trevoux de novembre 1729. Cette correspondance traite de la vie de Barthélemy de Bregance, évêque de Vicence et patriarche de Jérusalem. Le Père Texte conteste certaines affirmations du Père du Sollier concernant la noblesse de Barthélemy de Bregance. Il mentionne que Barthélemy était issu de la maison de Bregance ou Bragance, une famille noble de Vicence. Le Père Texte se réfère à des chroniques et à un manuscrit ancien pour appuyer ses arguments. Il affirme que ce manuscrit est authentique et a été validé par des érudits tels que Vincent Pinelli et la Société Palatine de Milan. Il critique également les accusations de falsification portées sur le manuscrit, en citant des exemples similaires dans d'autres ouvrages historiques. Le texte traite également des dernières années de la vie de Barthélemy, qui a vécu ses deux dernières années, 1240 et 1241, sous le pontificat de Grégoire IX. En 1236, une mission en Lombardie a marqué la fin de sa carrière missionnaire. Il a ensuite été Maître du Sacré Palais sous Innocent IV, rôle qu'il a continué en France après avoir été appelé à Rome. Barthélemy a également été évêque de Vicence et a continué l'explication des œuvres de Saint Denis en France. Sa dignité de patriarche de Jérusalem est soutenue par une épitaphe authentique et des témoignages historiques. Il a été reconnu comme patriarche par plusieurs sources, y compris le Père Échard et le Père Papebroch. Le Père Texte conclut en soulignant l'importance de la tradition et des témoignages historiques pour établir la noblesse de Barthélemy de Bregance. La correspondance entre les érudits discute de l'authenticité des documents historiques concernant Barthélemy, mettant en lumière les débats et les validations nécessaires pour confirmer son héritage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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476
p. 2205-2210
REFLEXIONS.
Début :
Dans les Athées, s'il est vrai qu'il y en ait, la corruption du coeur précede [...]
Mots clefs :
Savant, Athéisme, Athées, Esprit, Lumières, Intérêt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS.
REFLEXIONS,
Ans les Athées , s'il eſt vrai qu'il y
en ait , la corruption du coeur précede
prefque toujours l'égarement de l'ef
prit , & un mépris orgueilleux des fentimens
populaires les détermine à une opinion
finguliere qui flate leur vanité plus
qu'elle ne perfuade leur raifon .
Dans quelque égarement que tombe
l'efprit humain , il eft impoffible d'éteindre
entierement la lumiere qui nous découvre
l'existence de Dieu , Créateur du
monde &c. & un Athée a , pour ainfi dire,
grand interêt de l'être pour calmer les
juftes
2206 MERCURE DE FRANCE
juftes frayeurs d'une confcience allarmée.
C'eſt un très grand abus de croire que
les maximes Evangeliques ne font guere
compatibles avec de grandes lumieres
& qu'il n'eft rien de fi voifin de l'irréligion
qu'un génie fublime & élevé.
On appelle Athées ceux qui par leurs
'difcours & leurs actions paroiffent fouhaiter
qu'il n'y ait point de Dieux , afin
de n'avoir point de fujet de craindre les
châtimens qu'ils méritent leurs impiétés
& leurs defordres. Dixit infipiens in
corde fuo , non eft Deus,
par
Ce n'eft pas l'incrédulité qui produit le
libertinage ; on affecte d'être incrédule
parcequ'on veut être libertin : on commence
par fuivre fon penchant , & puis
on cherche à le juftifier.
L'homme qui a de l'efprit , & qui con•
fulte les autres , n'eft prefque qu'un demi
homme ; mais celui qui n'en a point , &
qui ne prend confeil de perfonne n'eſt
pas homme.
Il eft difficile de bien choifir ceux à
qui on veut demander confeil : celui des
yieillards eft lent , timide & douteux : la
jeuneffe
OCTOBRE. 1730. 2207
jeuneffe en donne de legers , de violens,
de teméraires ; fi on confulte les Sçavans,
on eft fatigué de leurs longs difcours , &
choqué de leur opiniâtreté : fi on confulte
les ignorans , on eft maître de leurs
avis , mais on en tire peu de lumieres :
fi on s'adreffe aux pauvres , leurs confeils
feront intereffés ; fi on s'adreffe aux riches
, il y aura trop de hauteur & de du
reté dans le parti qu'ils propoferont ; nos
parens , nos domeftiques , pour mieux
nous flater , nous tromperont : les étran
gers ne le donneront pas la peine d'exa
miner la matiere & délibereront fans
attention , ne prenant nul interêt en la
choſe. Plufieurs confeillers embaraffent
peu de confeillers ne fuffifent pas.
2
Qui confulte une fois veut s'éclaircir ;
qui confulte deux fois cherche à douter.
Les Sçavans font pour l'ordinaire dédaigneux
pour les ignorans , & ils font
mal , car ils prouvent par là combien ils
leur reffemblent encore.
L'imitation fervile eft blâmable ; mais
un homme d'efprit fçait habilement fe
rendre propres , & faire paffer dans fes
Ouvrages les beautés de ceux qui l'ont
devancé. On honore ceux qu'on imitę
ayce
1
2208 MERCURE DE FRANCE
avec art ; & un Auteur , même celebre ,
qui feroit profeffion étroite de n'imiter
perfonne , rarement meriteroit-il d'être
imité .
Sur les faits hiſtoriques que nous apprenons
,ou que nous lifons dans les livres
nous devons toujours être en garde contre
l'incertitude qui flatte fans ceffe notre
vanité ; car nous aimons à entendre
nos connoiffances , & quand la verité fe
dérobe à nos recherches , nous nous contentons
de la trouver remplacée par la
fiction que notre crédulité réalife , l'erreur
nous paroiffant moins à craindre
que l'ignorance.
Les hommes d'un gout fûr & délicat
ne font jamais contens de leurs Ouvrages ;
ils ont une fi haute idée de la perfection,
qu'ils ne croyent jamais y être parvenus .
On ne doit pas faire dépendre fes idées
de fon goût ; il faut prendre des guides
plus furs , la raifon & l'experience.
La décadence des Sciences & des Arts
eft fort à craindre ; car on commence à
outrer tout. Le goût des beautés fimples
& naturelles fe perd ; il faudra déformais
du bizarre , de l'étranger & du mefquin
pour
OCTOBRE. 1730. 2209
pour nous toucher ; plus d'un obftacle
s'oppose à la guerilon du mauvais gout.
Le défaut des Medecins , les génies fuperieurs
, tels qu'il en faudroit pour ramener
les efprits, font rares; & quand il s'en
trouve , ils voyent le mal , ils le blâment.
& fe laiffent cependant entraîner par la
foule à laquelle ils veulent plaire : on aime
le nouveau & le fingulier , on ſe ſçait
bon gré de ne pas marcher fur les pas de
fes prédeceffeurs . La défenſe du mauvais
gout devient un interêt de nation ; d'ail.
leurs, quand on pourroit le guerir, quelle
méthode fuivre dans une entrepriſe fi
difficile , où le malade croit être dans une
parfaite fanté , & regarde le Medecin
comme celui qui a befoin de remede ? fi
quelqu'un s'apperçoit de l'erreur commune
, ofera-t'il l'attaquer ? ofera - t'il
s'écarter des routes par où l'on parvient
à la réputation la plus brillante ? ne crain
dra- t'il point de s'expoſer à la dériſion .
On voit tous les jours de petits génies
vuides de lumieres & d'efprit , & pleins
d'amour propre , fe montrer difficiles &
même critiquer hautement dáns les Sciences
& dans les Arts les nouveautés qui
paroiffent , pour ſe faire une réputation
de gens d'efprit & de gout , fe flattant
qu'en attaquant des Auteurs & des Ou-
E vrages
2210 MERCURE DE FRANCE
yrages celebres , on fera grand cas de leurs
remarques , & qu'on les mettra , finon
au deffus , au moins à coté des plus ha
biles.
& و
Quelques Sçavans pleins de bonne opinion
de leurs études , difent par tout , &
croyent même que tout est trouvé
cela parce qu'ils fe perfuadent avec complaifance
qu'ils n'ont plus rien à appren
dre. Ils méprifent hautement les nouvelles
découvertes , & ne daignent pas
les examiner , crainte de fe convaincre
d'une préfomption qui les flate.
Un efprit vain & de mauvaiſe trempe,
quoique cultivé d'ailleurs , parle de tout
avec confiance , & ne peut juger fainement
de rien ; les frais qu'il fait en lecture
& en effort de mémoire , pour paroître
habile , font prefque autant de nouvelles
couches de ridicule qu'il fe donne;
l'orgueil & l'impertinence percent au
travers ; enforte qu'on peut dire avec
Moliere :
Un fot fçavant eft fot plus qu'un fot ignorant.
Et avec un Poëte plus moderne , M.
Pope.
Tel eft devenu fat à force de lecture
Qui n'eut été que fot en fuivant la nature.
Ans les Athées , s'il eſt vrai qu'il y
en ait , la corruption du coeur précede
prefque toujours l'égarement de l'ef
prit , & un mépris orgueilleux des fentimens
populaires les détermine à une opinion
finguliere qui flate leur vanité plus
qu'elle ne perfuade leur raifon .
Dans quelque égarement que tombe
l'efprit humain , il eft impoffible d'éteindre
entierement la lumiere qui nous découvre
l'existence de Dieu , Créateur du
monde &c. & un Athée a , pour ainfi dire,
grand interêt de l'être pour calmer les
juftes
2206 MERCURE DE FRANCE
juftes frayeurs d'une confcience allarmée.
C'eſt un très grand abus de croire que
les maximes Evangeliques ne font guere
compatibles avec de grandes lumieres
& qu'il n'eft rien de fi voifin de l'irréligion
qu'un génie fublime & élevé.
On appelle Athées ceux qui par leurs
'difcours & leurs actions paroiffent fouhaiter
qu'il n'y ait point de Dieux , afin
de n'avoir point de fujet de craindre les
châtimens qu'ils méritent leurs impiétés
& leurs defordres. Dixit infipiens in
corde fuo , non eft Deus,
par
Ce n'eft pas l'incrédulité qui produit le
libertinage ; on affecte d'être incrédule
parcequ'on veut être libertin : on commence
par fuivre fon penchant , & puis
on cherche à le juftifier.
L'homme qui a de l'efprit , & qui con•
fulte les autres , n'eft prefque qu'un demi
homme ; mais celui qui n'en a point , &
qui ne prend confeil de perfonne n'eſt
pas homme.
Il eft difficile de bien choifir ceux à
qui on veut demander confeil : celui des
yieillards eft lent , timide & douteux : la
jeuneffe
OCTOBRE. 1730. 2207
jeuneffe en donne de legers , de violens,
de teméraires ; fi on confulte les Sçavans,
on eft fatigué de leurs longs difcours , &
choqué de leur opiniâtreté : fi on confulte
les ignorans , on eft maître de leurs
avis , mais on en tire peu de lumieres :
fi on s'adreffe aux pauvres , leurs confeils
feront intereffés ; fi on s'adreffe aux riches
, il y aura trop de hauteur & de du
reté dans le parti qu'ils propoferont ; nos
parens , nos domeftiques , pour mieux
nous flater , nous tromperont : les étran
gers ne le donneront pas la peine d'exa
miner la matiere & délibereront fans
attention , ne prenant nul interêt en la
choſe. Plufieurs confeillers embaraffent
peu de confeillers ne fuffifent pas.
2
Qui confulte une fois veut s'éclaircir ;
qui confulte deux fois cherche à douter.
Les Sçavans font pour l'ordinaire dédaigneux
pour les ignorans , & ils font
mal , car ils prouvent par là combien ils
leur reffemblent encore.
L'imitation fervile eft blâmable ; mais
un homme d'efprit fçait habilement fe
rendre propres , & faire paffer dans fes
Ouvrages les beautés de ceux qui l'ont
devancé. On honore ceux qu'on imitę
ayce
1
2208 MERCURE DE FRANCE
avec art ; & un Auteur , même celebre ,
qui feroit profeffion étroite de n'imiter
perfonne , rarement meriteroit-il d'être
imité .
Sur les faits hiſtoriques que nous apprenons
,ou que nous lifons dans les livres
nous devons toujours être en garde contre
l'incertitude qui flatte fans ceffe notre
vanité ; car nous aimons à entendre
nos connoiffances , & quand la verité fe
dérobe à nos recherches , nous nous contentons
de la trouver remplacée par la
fiction que notre crédulité réalife , l'erreur
nous paroiffant moins à craindre
que l'ignorance.
Les hommes d'un gout fûr & délicat
ne font jamais contens de leurs Ouvrages ;
ils ont une fi haute idée de la perfection,
qu'ils ne croyent jamais y être parvenus .
On ne doit pas faire dépendre fes idées
de fon goût ; il faut prendre des guides
plus furs , la raifon & l'experience.
La décadence des Sciences & des Arts
eft fort à craindre ; car on commence à
outrer tout. Le goût des beautés fimples
& naturelles fe perd ; il faudra déformais
du bizarre , de l'étranger & du mefquin
pour
OCTOBRE. 1730. 2209
pour nous toucher ; plus d'un obftacle
s'oppose à la guerilon du mauvais gout.
Le défaut des Medecins , les génies fuperieurs
, tels qu'il en faudroit pour ramener
les efprits, font rares; & quand il s'en
trouve , ils voyent le mal , ils le blâment.
& fe laiffent cependant entraîner par la
foule à laquelle ils veulent plaire : on aime
le nouveau & le fingulier , on ſe ſçait
bon gré de ne pas marcher fur les pas de
fes prédeceffeurs . La défenſe du mauvais
gout devient un interêt de nation ; d'ail.
leurs, quand on pourroit le guerir, quelle
méthode fuivre dans une entrepriſe fi
difficile , où le malade croit être dans une
parfaite fanté , & regarde le Medecin
comme celui qui a befoin de remede ? fi
quelqu'un s'apperçoit de l'erreur commune
, ofera-t'il l'attaquer ? ofera - t'il
s'écarter des routes par où l'on parvient
à la réputation la plus brillante ? ne crain
dra- t'il point de s'expoſer à la dériſion .
On voit tous les jours de petits génies
vuides de lumieres & d'efprit , & pleins
d'amour propre , fe montrer difficiles &
même critiquer hautement dáns les Sciences
& dans les Arts les nouveautés qui
paroiffent , pour ſe faire une réputation
de gens d'efprit & de gout , fe flattant
qu'en attaquant des Auteurs & des Ou-
E vrages
2210 MERCURE DE FRANCE
yrages celebres , on fera grand cas de leurs
remarques , & qu'on les mettra , finon
au deffus , au moins à coté des plus ha
biles.
& و
Quelques Sçavans pleins de bonne opinion
de leurs études , difent par tout , &
croyent même que tout est trouvé
cela parce qu'ils fe perfuadent avec complaifance
qu'ils n'ont plus rien à appren
dre. Ils méprifent hautement les nouvelles
découvertes , & ne daignent pas
les examiner , crainte de fe convaincre
d'une préfomption qui les flate.
Un efprit vain & de mauvaiſe trempe,
quoique cultivé d'ailleurs , parle de tout
avec confiance , & ne peut juger fainement
de rien ; les frais qu'il fait en lecture
& en effort de mémoire , pour paroître
habile , font prefque autant de nouvelles
couches de ridicule qu'il fe donne;
l'orgueil & l'impertinence percent au
travers ; enforte qu'on peut dire avec
Moliere :
Un fot fçavant eft fot plus qu'un fot ignorant.
Et avec un Poëte plus moderne , M.
Pope.
Tel eft devenu fat à force de lecture
Qui n'eut été que fot en fuivant la nature.
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Résumé : REFLEXIONS.
Le texte traite principalement de la corruption morale et de l'incrédulité, soulignant que la corruption du cœur précède souvent l'égarement de l'esprit. Cette situation conduit certains individus à adopter des opinions singulières pour flatter leur vanité plutôt que de suivre la raison. Même les athées, malgré leurs discours, conservent une conscience de l'existence de Dieu pour apaiser leurs craintes. Le texte critique l'idée que les grandes lumières soient incompatibles avec les maximes évangéliques et affirme que l'incrédulité ne mène pas nécessairement au libertinage, mais plutôt l'inverse. Le choix de conseillers fiables est également abordé, chaque catégorie ayant ses défauts : les vieillards sont lents, les jeunes téméraires, les savants opiniâtres, et les étrangers désintéressés. Les savants montrent souvent un dédain envers les ignorants, révélant ainsi leur propre manque de sagesse. Le texte met en garde contre la crédulité et l'erreur dans l'apprentissage des faits historiques, préférant la fiction à l'ignorance. Il critique la décadence des sciences et des arts, attribuée à un goût pour le bizarre et l'étranger, ainsi qu'à l'absence de guides éclairés capables de corriger ces tendances. Les petits esprits, pleins d'amour-propre, critiquent les œuvres célèbres pour se faire remarquer, tandis que certains savants, sûrs de leurs connaissances, méprisent les nouvelles découvertes. Il décrit également les esprits vains et imprudents qui parlent de tout avec confiance sans véritable jugement. Enfin, le texte critique les efforts excessifs de certaines personnes pour paraître habiles, soulignant que ces tentatives ajoutent souvent des couches de ridicule plutôt que de les rendre plus compétentes. L'orgueil et l'impertinence transparaissent malgré ces efforts. Molière est cité pour affirmer qu'une personne savante peut être plus sotte qu'une personne ignorante. Un poète moderne, M. Pope, observe que ceux qui deviennent pédants à force de lecture peuvent être plus stupides que ceux qui suivent simplement leur nature.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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477
p. 2215-2224
Panegyrique de S. Augustin, [titre d'après la table]
Début :
PANEGYRIQUE de S. Augustin, Evêque d'Hippone, prononcé dans [...]
Mots clefs :
Saint Augustin, Panégyrique, Génie, Gloire, Chrétien, Hommes, Éloquence, Honneur, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Panegyrique de S. Augustin, [titre d'après la table]
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS &c.
ANEGYRIQUE de S. Auguftin ;
Evêque d'Hippone , prononcé dans
l'Eglife des Grands Auguftins , le 28.
Aout 1730. par M. l'Abbé Seguy . A
Paris , chez Coignard fils , Imprimeur du
Roi & de l'Académie Françoife , à la Bible
d'or 1730.
Lo
2216 MERCURE DE FRANCE
Le Lecteur nous fçaura bon gré de lui
'donner un Extrait de ce Difcours , fi digne
de la réputation de fon Auteur. Le
Texte en eft fingulier & frappant , &
l'Exorde dans fa noble fimplicité ne l'eſt
pas moins. Les voici :
In laudem gloria gratia . A la gloire
de la Grace. Epit. aux Ephef. Ch. 1.
Oui , Chrétiens , à la gloire de la Grace
C'est là comme une Dédicace que je
mets à la tête de ce Difcours , ou fi vous
voulez , c'eft le fujer & le fond même
de l'Eloge que j'entreprends. Je le confacre
à la Grace , parce que c'eſt à elle
qu'il appartient fpecialement , & que
toute la gloire d'Auguftin eſt à elle , in
laudem gloria gratie.
Cet Eloge d'Auguftin , fi intereffant
pour les Sçavans , dont ce grand homme
eft l'admiration & l'oracle , pour le peuple
, dont fon ſeul nom réveilla toujours
l'attention , le fera à jamais , Chrétiens ,
pour quiconque s'intereffera aux merveilles
de la Grace . Ecoutez . Cette Grace
qui vous donne la vie fpirituelle à vous,
Juftes , qui avez le bonheur d'en joüir,
qui feule peut vous la rendre à vous ,
pecheurs , qui l'avez perduë ; c'eft elle.
que je vais glorifier. Je vais vous faire
voir dans Auguftin des foibleffes & des
erreurs qu'elle a fait tourner à ſa gloire ,
des
OCTOBRE. 1730. 2217
'des vertus héroïques dont elle a été le
principe , des travaux infinis dont elle a
êté l'objet. Auguftin n'a été coupable , it
n'a été aveugle , il n'a été éclairé , il n'a
été penitent , il n'a eu la fuperiorité dư
génie & l'éminence de la fainteté que
pour la gloire de la Grace , in laudemgloria
gratia. Comment cela , Chrétiens Au
diteurs voici dans la raifon qui s'en
offre le plan de mon Difcours qui fe préfente.
C'est que le changement d'Auguf
tin a été un des coups les plus éclatans
de la puiflance de la Grace , & qu'Auguftin
depuis fon changement n'a vêcu
que pour les interêts de la Grace ; elle
a triomphe de lui , & elle a triomphé par
luis il lui a rendu les armes , & il l'a
fervie jufqu'à en devenir le Heros. En
deux mots , il en a été , en exceptant la
Converfion de Paul , il en a été la conquête
la plus belle , il en a été le Défenfeur
le plus glorieux , in laudem glorie
gratia.
Je n'ai point conçû , Meffieurs , la
vaine efperance d'égaler l'idée que vous
avez d'Auguftin , ni même de pouvoir
vous rendre parfaitement la mienne. Je
viens fuccomber fous le poids que je me
fuis laiffé impofer . Notre impuiffance à
foutenir la grandeur de certains fujets eft
après tout une autre forte d'éloge , & le
Docteur
Ev
2218 MERCURE DE FRANCE
Docteur de la Grace feroit trop rarement
loué , s'il ne l'étoit que par ceux qui
peuvent lui payer tout le tribut de loüanges
qu'il mérite. Auguftin. La Grace. Je
ne cefferai , Chrétiens , de vous préfenter
ces deux objets , quoique bien éloigné
de vouloir vous faire partager votre
reſpect entre l'un & l'autre. C'eſt ainfi
que j'ofe me promettre votre attention.
Oui , je m'en fie à l'interêt du grand
nom d'Auguftin , & plus encore à l'interêt
que doivent prendre vos coeurs à la
gloire de la Grace , In laudem gloria gratia.
Ave & c.
Premiere Partie:
L'Abbé Seguy en entrant en matiere ;
préfente le portrait que voici du jeune
Auguftin.
Failons attention à ce qu'il étoit dès fa
15 année , Chrétiens Auditeurs. Un vif
amour du grand , ou de ce qui en a l'apparence
; mais un penchant prefque invincible
pour le plaifir , une foif infinie:
de la verité , mais hors du feul fyftême
où on la trouve ; un caractere affable , mais
un fecret ſentiment de fa fuperiorité na--
turelle , idées naiffantes de fortune , talens
fuprêmes pour y parvenir , l'efprit
d'affurance qui fubjugue , l'efprit d'infinuation
qui féduit l'ardeur funefte
d'aimer
,
་
OCTOBRE. 1730. 2219
d'aimer , le don prefqu'auffi funefte de
plaire ; tels étoient de fi bonne heure fes
traits les plus marqués . Mes freres , que
je vous décrive ici les égaremens de fa
raifon & les foibleffes de fon coeur. Je
veux dreffer un trophée à la grace de mon
Dieu qui en fçut faire fa conquête , en
vous faifant voir les obftacles qu'elle a fur
montés , in laudem gloria gratia.
C'eft fur ces égaremens & ces foibleffes
que l'Orateur fonde le premier chef de fa
fubdivifion ; & après avoir décrit , avec
toute la force imaginable, les erreurs d'Au
guſtin , il dit :-
Aimable verité , cher & glorieux partage
des ames humbles , ainfi font fouvent
punis au fein du menfonge ceux que leur
orgueil a rendus indignes de vous . Malgrè
toutes leurs variations , en changeant
d'erreurs , ils ne font que changer d'inquiétudes
; & quand ils ont parcourus
dans leurs égaremens , toutes les opinions
accréditées , plus éloignés de vous que
jamais, ou ils s'en font de nouvelles en fecret,
ou ils en font réduits à regretter dans
un noir cahos lés Systêmes de l'erreur
qu'ils ont comme épuifée.
L'article des foibleffes du jeune Auguf
tin a quelque chofe d'enlevant. L'Orateur
paffe enfuite au fecond membre de ſa ſubdivifion
, de cette maniere :
E vj Toute
2220 MERCURE DE FRANCE
Toutefois au travers des miferes & des
horreurs que ma Religion me découvre
dans une telle vie , je vois les qualitez les
plus éclatantes , & les vertus morales le
plus en honneur. Si les obftacles font
grands , l'importance de la conquête n'eſt
pas moins grande. Connoiffez icy , Chré-
Tiens , ce que c'étoit qu'Auguftin par l'efprit
& par le coeur ; quelque jufte idée
vous ayez de lui , peut-être en eft- il parmi
vous qui n'ont pas affez vivement ſenti en
ces deux points , l'excellence de fon caractere.
que
Car d'abord , je l'ofe affurer , malgré
fes égaremens , jamais la Grace n'eut à
éclairer un efprit fuperieur au fien . Génie
facile , dès l'âge de douze ans , le défefpoir
de fes jeunes Emules , & l'étonnement
de fes Maîtres , il fembloit plutôt
rappeller des chofes oubliées , qu'en ap
prendre de nouvelles ; & fes progrès trop
furprenans, pour n'engager que les fiens à
le foûtenir de toutes leurs forces , porterent
un Etranger à faire auffi tout pour
lui, pour ce jeune homme dont les talens
promettoient la courſe la plus rapide dans
la carriere de l'honneur & de la fortune ;
génie pénétrant , à qui n'échappoit rien
de ce qui eft à la portée de l'efprit humain
; il eut été un de ces Inventeurs des.
Sciences & des beaux Arts , s'il fut venu
dans
OCTOBRE. 1730. 222
dans les premiers âges ; génie étendu qui
embraffoit tout , qui réunit de bonne
heure en lui le Rhéteur habile , le Philofophe
profond ; & qui joignant aux connoiffances
les plus fublimes , à celles des
Arts Liberaux , le mit dans peu de temps
en état d'en compofer des Traitez qu'on
admire ; génie nerveux , né pour manier
la raifon en Maître,& pour lui faire prendre
entre les mains toute la force qu'elle
peut avoir ; génie fubtil , qui le premier
peut -être avoit faifi des fineffes de raifon
nement peu connues avant lui , fouverai
nement propre à tout ce qu'il y a de plusabftrait
, fe tournant , fe repliant avec une
adreffe infinie fur lui- même ; & qui , le
cours de les études à peine fini , le faifoit
regarder comme un homme sûr de vaincre
, de trouver prife fur les autres , & de
ne leur en donner jamais dans la diſpute ;
génie beau , plein de feu & d'agrément ,
qui après avoir enlevé à Rome tous les
fuffrages , fe fignalant à Milan par l'éloga
de l'Empereur & du Conful Bauton , fit
dire avec une espece de tranfport , que
la plus haute vertu pouvoit être fatisfaite
de ces louanges : Ouy , génie à qui pour
égaler au moins les plus fameux Orateurs
de Rome & d'Athénes , il ne manquoit
que leur fiecle & leur pays..
N'allons pas critiques trop inquiets ,
repro2222
MERCURE DE FRANCE
reprocher au prodige de l'Afrique , le caractere
Afriquain ; il avoit affez de quoi
fe le faire pardonner ; eût- il dû naturellement
ne pas l'avoir ; il avoit , & j'en
appelle aux Juges , toute l'ame de la grande
& invariable Eloquence , de l'Eloquence
des choles très - indépendantes™
du ftyle , j'entens l'abondance & l'ordre
, & la chaleur & la penfée , & le fentiment
auffi neceffaire que la penſée :
vraye & folide éloquence qui étoit de lui,
tour & ftyle qui étoit de fon temps , & fur
tout de fa Patrie.
Achevons : Vous ne trouverez rien de
trop à ce Portrait. Génie , peu s'en faut
que je ne dife unique , capable non-feule--
ment de traiter prefque de tout , & de
ramener tout à des principes auffi féconds
que fimples, mais de traiter de chaque
chofe dans le genre d'écrire , convenable
à fa nature , plein fur un feul objet d'une
étonnante multiplicité d'idées , à quelques
redites près ; fuite ordinaire de l'abondance
de l'expreffion & de la hâte du travail ,
moins fréquentes pourtant en fes Ecrits
que ne l'ont prétendu certains Critiques ,
fans fonger qu'il eft des matieres où les
principes ne fçauroient être trop fouvent
préfentez , & que les répétitions neceffaires
ne font pas des redites.
Les qualitez du coeur d'Auguftin , maniées
OCTOBRE . 1730. 2223
niées de main de maître , font accompa
gnées de la réfléxion fuivante,
Mais quoi ? Avoir un coeur fi bien fait
& fi corrompu ,un génie fi rare &fi fujet
à l'erreur?Mais qui fçait fi laDivine Providence
ne permit pas qu'il en fut ainfi d'un
homme femblable , de peur qu'il n'honorat
trop cette nature décheuë , dont il
étoit deftiné à décrier un jour la corrup
tion & la mifére. Il eut trop fait remarquer
ce qu'il y a de grand dans l'homme ,
s'il n'eut fait voir , comme il l'a fait , ce
qu'il y a de foible & de corrompu . Il fut
coupable par fon malheur , & peut - être
auffi pour l'honneur de la Grace : In lau- ~
dem gloria gratia.
و
L'Abbé Séguy paffe enfuite au troifié- -
me membre de fa fubdivifion . Il n'eft' pas
poffible de voir d'image plus vive que celle
où il repréſente les combats intérieurs ,
qui précédérent la converfion de faint
Auguftin . Nous ne rapporterons rien
d'un article qui doit être vû en entier ,
non plus que de la Morale , qui termine
cette premiere Partie.
Seconde Partie:
Comparez , fi vous le pouvez , Chré
tiens , toutes les conquêtes de la Grace ,
tous les Saints ; jamais , jamais nul d'eux
ne lui a mieux rendu qu'Auguftin, le prix
de fes infpirations fecourables. Car je ne
2224 MERCURE DE FRANCE
crains pas de l'avancer ; ce qu'il a fait pour
elle , n'eft pas moins grand que ce qu'elle
avoit fait pour lui : & ne vous allarmez
pas d'une propofition , qui bien loin d'être
injurieufe à la Grace de mon Dieu , l'honore
en effet.Je n'ai en vûë que de la glorifier
cette Grace , lorfque j'en viens glo
rifier le Héros ; In Laudem gloria gratia
& je fçai que vous n'ignorez pas que ce
qu'Auguftin a fait pour Elle , il ne l'a fait
que par Elle. C'eſt par Elle qu'il a été fon
plus glorieux Deffenfeur, qu'il a travaillé
avec tant d'éclat à lui foumettre tous fes
ennemis enfemble ; tous fes Ennemis ,
Chrétiens Auditeurs , je veux dire ceux
qui l'attaquent dans fon effence, ceux qui
Falterent dans fes dons , ceux qui l'étoufent
dans les infpirations. Car voilà tous
les ennemis de la Grace.
Il feroit trop long pour un Extrait de raporter
tout l'article du Pélagianifme , qui
nous paroît un des plus frappans de tous.
Le fecond & le troifiéme chef font pleins
comme le premier , de cette éloquence
originale & toute neuve , qu'a fçu faifir
Auteur ; mais nous n'avons pas le tems
de nous y arrêter. Cette Analyle nous meneroit
trop loin , fans faire d'ailleurs fentir
La beauté du tout fupérieure à toutes les
beautez de détail.
DES BEAUX ARTS &c.
ANEGYRIQUE de S. Auguftin ;
Evêque d'Hippone , prononcé dans
l'Eglife des Grands Auguftins , le 28.
Aout 1730. par M. l'Abbé Seguy . A
Paris , chez Coignard fils , Imprimeur du
Roi & de l'Académie Françoife , à la Bible
d'or 1730.
Lo
2216 MERCURE DE FRANCE
Le Lecteur nous fçaura bon gré de lui
'donner un Extrait de ce Difcours , fi digne
de la réputation de fon Auteur. Le
Texte en eft fingulier & frappant , &
l'Exorde dans fa noble fimplicité ne l'eſt
pas moins. Les voici :
In laudem gloria gratia . A la gloire
de la Grace. Epit. aux Ephef. Ch. 1.
Oui , Chrétiens , à la gloire de la Grace
C'est là comme une Dédicace que je
mets à la tête de ce Difcours , ou fi vous
voulez , c'eft le fujer & le fond même
de l'Eloge que j'entreprends. Je le confacre
à la Grace , parce que c'eſt à elle
qu'il appartient fpecialement , & que
toute la gloire d'Auguftin eſt à elle , in
laudem gloria gratie.
Cet Eloge d'Auguftin , fi intereffant
pour les Sçavans , dont ce grand homme
eft l'admiration & l'oracle , pour le peuple
, dont fon ſeul nom réveilla toujours
l'attention , le fera à jamais , Chrétiens ,
pour quiconque s'intereffera aux merveilles
de la Grace . Ecoutez . Cette Grace
qui vous donne la vie fpirituelle à vous,
Juftes , qui avez le bonheur d'en joüir,
qui feule peut vous la rendre à vous ,
pecheurs , qui l'avez perduë ; c'eft elle.
que je vais glorifier. Je vais vous faire
voir dans Auguftin des foibleffes & des
erreurs qu'elle a fait tourner à ſa gloire ,
des
OCTOBRE. 1730. 2217
'des vertus héroïques dont elle a été le
principe , des travaux infinis dont elle a
êté l'objet. Auguftin n'a été coupable , it
n'a été aveugle , il n'a été éclairé , il n'a
été penitent , il n'a eu la fuperiorité dư
génie & l'éminence de la fainteté que
pour la gloire de la Grace , in laudemgloria
gratia. Comment cela , Chrétiens Au
diteurs voici dans la raifon qui s'en
offre le plan de mon Difcours qui fe préfente.
C'est que le changement d'Auguf
tin a été un des coups les plus éclatans
de la puiflance de la Grace , & qu'Auguftin
depuis fon changement n'a vêcu
que pour les interêts de la Grace ; elle
a triomphe de lui , & elle a triomphé par
luis il lui a rendu les armes , & il l'a
fervie jufqu'à en devenir le Heros. En
deux mots , il en a été , en exceptant la
Converfion de Paul , il en a été la conquête
la plus belle , il en a été le Défenfeur
le plus glorieux , in laudem glorie
gratia.
Je n'ai point conçû , Meffieurs , la
vaine efperance d'égaler l'idée que vous
avez d'Auguftin , ni même de pouvoir
vous rendre parfaitement la mienne. Je
viens fuccomber fous le poids que je me
fuis laiffé impofer . Notre impuiffance à
foutenir la grandeur de certains fujets eft
après tout une autre forte d'éloge , & le
Docteur
Ev
2218 MERCURE DE FRANCE
Docteur de la Grace feroit trop rarement
loué , s'il ne l'étoit que par ceux qui
peuvent lui payer tout le tribut de loüanges
qu'il mérite. Auguftin. La Grace. Je
ne cefferai , Chrétiens , de vous préfenter
ces deux objets , quoique bien éloigné
de vouloir vous faire partager votre
reſpect entre l'un & l'autre. C'eſt ainfi
que j'ofe me promettre votre attention.
Oui , je m'en fie à l'interêt du grand
nom d'Auguftin , & plus encore à l'interêt
que doivent prendre vos coeurs à la
gloire de la Grace , In laudem gloria gratia.
Ave & c.
Premiere Partie:
L'Abbé Seguy en entrant en matiere ;
préfente le portrait que voici du jeune
Auguftin.
Failons attention à ce qu'il étoit dès fa
15 année , Chrétiens Auditeurs. Un vif
amour du grand , ou de ce qui en a l'apparence
; mais un penchant prefque invincible
pour le plaifir , une foif infinie:
de la verité , mais hors du feul fyftême
où on la trouve ; un caractere affable , mais
un fecret ſentiment de fa fuperiorité na--
turelle , idées naiffantes de fortune , talens
fuprêmes pour y parvenir , l'efprit
d'affurance qui fubjugue , l'efprit d'infinuation
qui féduit l'ardeur funefte
d'aimer
,
་
OCTOBRE. 1730. 2219
d'aimer , le don prefqu'auffi funefte de
plaire ; tels étoient de fi bonne heure fes
traits les plus marqués . Mes freres , que
je vous décrive ici les égaremens de fa
raifon & les foibleffes de fon coeur. Je
veux dreffer un trophée à la grace de mon
Dieu qui en fçut faire fa conquête , en
vous faifant voir les obftacles qu'elle a fur
montés , in laudem gloria gratia.
C'eft fur ces égaremens & ces foibleffes
que l'Orateur fonde le premier chef de fa
fubdivifion ; & après avoir décrit , avec
toute la force imaginable, les erreurs d'Au
guſtin , il dit :-
Aimable verité , cher & glorieux partage
des ames humbles , ainfi font fouvent
punis au fein du menfonge ceux que leur
orgueil a rendus indignes de vous . Malgrè
toutes leurs variations , en changeant
d'erreurs , ils ne font que changer d'inquiétudes
; & quand ils ont parcourus
dans leurs égaremens , toutes les opinions
accréditées , plus éloignés de vous que
jamais, ou ils s'en font de nouvelles en fecret,
ou ils en font réduits à regretter dans
un noir cahos lés Systêmes de l'erreur
qu'ils ont comme épuifée.
L'article des foibleffes du jeune Auguf
tin a quelque chofe d'enlevant. L'Orateur
paffe enfuite au fecond membre de ſa ſubdivifion
, de cette maniere :
E vj Toute
2220 MERCURE DE FRANCE
Toutefois au travers des miferes & des
horreurs que ma Religion me découvre
dans une telle vie , je vois les qualitez les
plus éclatantes , & les vertus morales le
plus en honneur. Si les obftacles font
grands , l'importance de la conquête n'eſt
pas moins grande. Connoiffez icy , Chré-
Tiens , ce que c'étoit qu'Auguftin par l'efprit
& par le coeur ; quelque jufte idée
vous ayez de lui , peut-être en eft- il parmi
vous qui n'ont pas affez vivement ſenti en
ces deux points , l'excellence de fon caractere.
que
Car d'abord , je l'ofe affurer , malgré
fes égaremens , jamais la Grace n'eut à
éclairer un efprit fuperieur au fien . Génie
facile , dès l'âge de douze ans , le défefpoir
de fes jeunes Emules , & l'étonnement
de fes Maîtres , il fembloit plutôt
rappeller des chofes oubliées , qu'en ap
prendre de nouvelles ; & fes progrès trop
furprenans, pour n'engager que les fiens à
le foûtenir de toutes leurs forces , porterent
un Etranger à faire auffi tout pour
lui, pour ce jeune homme dont les talens
promettoient la courſe la plus rapide dans
la carriere de l'honneur & de la fortune ;
génie pénétrant , à qui n'échappoit rien
de ce qui eft à la portée de l'efprit humain
; il eut été un de ces Inventeurs des.
Sciences & des beaux Arts , s'il fut venu
dans
OCTOBRE. 1730. 222
dans les premiers âges ; génie étendu qui
embraffoit tout , qui réunit de bonne
heure en lui le Rhéteur habile , le Philofophe
profond ; & qui joignant aux connoiffances
les plus fublimes , à celles des
Arts Liberaux , le mit dans peu de temps
en état d'en compofer des Traitez qu'on
admire ; génie nerveux , né pour manier
la raifon en Maître,& pour lui faire prendre
entre les mains toute la force qu'elle
peut avoir ; génie fubtil , qui le premier
peut -être avoit faifi des fineffes de raifon
nement peu connues avant lui , fouverai
nement propre à tout ce qu'il y a de plusabftrait
, fe tournant , fe repliant avec une
adreffe infinie fur lui- même ; & qui , le
cours de les études à peine fini , le faifoit
regarder comme un homme sûr de vaincre
, de trouver prife fur les autres , & de
ne leur en donner jamais dans la diſpute ;
génie beau , plein de feu & d'agrément ,
qui après avoir enlevé à Rome tous les
fuffrages , fe fignalant à Milan par l'éloga
de l'Empereur & du Conful Bauton , fit
dire avec une espece de tranfport , que
la plus haute vertu pouvoit être fatisfaite
de ces louanges : Ouy , génie à qui pour
égaler au moins les plus fameux Orateurs
de Rome & d'Athénes , il ne manquoit
que leur fiecle & leur pays..
N'allons pas critiques trop inquiets ,
repro2222
MERCURE DE FRANCE
reprocher au prodige de l'Afrique , le caractere
Afriquain ; il avoit affez de quoi
fe le faire pardonner ; eût- il dû naturellement
ne pas l'avoir ; il avoit , & j'en
appelle aux Juges , toute l'ame de la grande
& invariable Eloquence , de l'Eloquence
des choles très - indépendantes™
du ftyle , j'entens l'abondance & l'ordre
, & la chaleur & la penfée , & le fentiment
auffi neceffaire que la penſée :
vraye & folide éloquence qui étoit de lui,
tour & ftyle qui étoit de fon temps , & fur
tout de fa Patrie.
Achevons : Vous ne trouverez rien de
trop à ce Portrait. Génie , peu s'en faut
que je ne dife unique , capable non-feule--
ment de traiter prefque de tout , & de
ramener tout à des principes auffi féconds
que fimples, mais de traiter de chaque
chofe dans le genre d'écrire , convenable
à fa nature , plein fur un feul objet d'une
étonnante multiplicité d'idées , à quelques
redites près ; fuite ordinaire de l'abondance
de l'expreffion & de la hâte du travail ,
moins fréquentes pourtant en fes Ecrits
que ne l'ont prétendu certains Critiques ,
fans fonger qu'il eft des matieres où les
principes ne fçauroient être trop fouvent
préfentez , & que les répétitions neceffaires
ne font pas des redites.
Les qualitez du coeur d'Auguftin , maniées
OCTOBRE . 1730. 2223
niées de main de maître , font accompa
gnées de la réfléxion fuivante,
Mais quoi ? Avoir un coeur fi bien fait
& fi corrompu ,un génie fi rare &fi fujet
à l'erreur?Mais qui fçait fi laDivine Providence
ne permit pas qu'il en fut ainfi d'un
homme femblable , de peur qu'il n'honorat
trop cette nature décheuë , dont il
étoit deftiné à décrier un jour la corrup
tion & la mifére. Il eut trop fait remarquer
ce qu'il y a de grand dans l'homme ,
s'il n'eut fait voir , comme il l'a fait , ce
qu'il y a de foible & de corrompu . Il fut
coupable par fon malheur , & peut - être
auffi pour l'honneur de la Grace : In lau- ~
dem gloria gratia.
و
L'Abbé Séguy paffe enfuite au troifié- -
me membre de fa fubdivifion . Il n'eft' pas
poffible de voir d'image plus vive que celle
où il repréſente les combats intérieurs ,
qui précédérent la converfion de faint
Auguftin . Nous ne rapporterons rien
d'un article qui doit être vû en entier ,
non plus que de la Morale , qui termine
cette premiere Partie.
Seconde Partie:
Comparez , fi vous le pouvez , Chré
tiens , toutes les conquêtes de la Grace ,
tous les Saints ; jamais , jamais nul d'eux
ne lui a mieux rendu qu'Auguftin, le prix
de fes infpirations fecourables. Car je ne
2224 MERCURE DE FRANCE
crains pas de l'avancer ; ce qu'il a fait pour
elle , n'eft pas moins grand que ce qu'elle
avoit fait pour lui : & ne vous allarmez
pas d'une propofition , qui bien loin d'être
injurieufe à la Grace de mon Dieu , l'honore
en effet.Je n'ai en vûë que de la glorifier
cette Grace , lorfque j'en viens glo
rifier le Héros ; In Laudem gloria gratia
& je fçai que vous n'ignorez pas que ce
qu'Auguftin a fait pour Elle , il ne l'a fait
que par Elle. C'eſt par Elle qu'il a été fon
plus glorieux Deffenfeur, qu'il a travaillé
avec tant d'éclat à lui foumettre tous fes
ennemis enfemble ; tous fes Ennemis ,
Chrétiens Auditeurs , je veux dire ceux
qui l'attaquent dans fon effence, ceux qui
Falterent dans fes dons , ceux qui l'étoufent
dans les infpirations. Car voilà tous
les ennemis de la Grace.
Il feroit trop long pour un Extrait de raporter
tout l'article du Pélagianifme , qui
nous paroît un des plus frappans de tous.
Le fecond & le troifiéme chef font pleins
comme le premier , de cette éloquence
originale & toute neuve , qu'a fçu faifir
Auteur ; mais nous n'avons pas le tems
de nous y arrêter. Cette Analyle nous meneroit
trop loin , fans faire d'ailleurs fentir
La beauté du tout fupérieure à toutes les
beautez de détail.
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Résumé : Panegyrique de S. Augustin, [titre d'après la table]
Le 28 août 1730, l'Abbé Seguy prononça un discours à l'église des Grands Augustins à Paris, intitulé 'Anegérique de S. Augustin'. Ce discours, publié par Coignard fils, célèbre la grâce divine à travers la vie de Saint Augustin. L'Abbé Seguy commence par attribuer toute la gloire d'Augustin à la grâce divine qui l'a transformé. Le discours est divisé en plusieurs parties. La première partie décrit le jeune Augustin, caractérisé par un vif amour pour le grand et le plaisir, une soif de vérité, un caractère affable, mais aussi des égarements et des faiblesses. L'orateur met en avant les erreurs d'Augustin et les obstacles que la grâce a surmontés pour le convertir. Augustin est également présenté comme un génie précoce, doté d'un esprit pénétrant et d'une éloquence remarquable. Malgré ses égarements, la grâce divine a éclairé son esprit supérieur. La seconde partie compare les conquêtes de la grâce à travers les saints et met en avant la contribution unique d'Augustin. L'orateur affirme qu'Augustin a rendu à la grâce un hommage incomparable en devenant son défenseur le plus glorieux. Le texte mentionne également les combats intérieurs qui ont précédé la conversion d'Augustin, sans entrer dans les détails. Le discours se conclut par une réflexion sur la grandeur de la grâce divine, illustrée par la vie et l'œuvre d'Augustin. L'Abbé Seguy invite les auditeurs à méditer sur la gloire de la grâce et sur l'exemple d'Augustin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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478
p. 2242-2245
Rituel du Diocèse de Blois, & c. [titre d'après la table]
Début :
RITUEL du Diocèse de Blois, publié par l'autorité de Monseigneur Jean François [...]
Mots clefs :
Église, Rituel, Instruction, Diocèse de Blois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rituel du Diocèse de Blois, & c. [titre d'après la table]
RITUEL du Diocèſe de Blois , publié
par l'autorité de Monfeigneur Jean François
Paul de Caumartin , Evêque de Blois.
4 Blois , chez P. J. Maffon 1730. Ở
Paris , chez Barthelemi Alix , Libraire
-ruë S. Jacques , prés la Fontaine S. Severin
, au Griffon. Volume in 4. d'environ
40. pages. Prix 10. livres .
M. l'Evêque de Blois vient de donnerun
Rituel à fon Diocèle pour y établir
une Diſcipline uniforme dans l'adminif
tration des Sacremens , & dans les autres
Cerémonies de la Religion . Cet Ouvrage
eft formé fur le plan & dans le gout
des
plus excellens Rituels qui ont paru en
France. Chaque action ou Cerémonie Religieufe
eft précedée d'une Inftruction
qui exprime en termes fimples , clairs &
précis ce qu'il y a de plus intereffant pour
le Dogme , la Morale & la Difcipline.
On y ajoûte des Exhortations lorſque les
circonftances le demandent ; on y trouve
des
OCTOBRE. 1730. 2248
des formules pour annoncer au Prône les
principaux Myfteres & Fêtes de l'année .
On s'eft exactement conformé aux Ordonnances
de nos Rois & à la Jurifprudence
des Cours féculieres fur plufieurs
points de difciplines & comme le Mariage
eft un des engagemens les plus importans
pour l'Eglife & pour la Societé
Civile , l'Inftruction qui précede l'Adminiftration
de ce Sacrement a été particulierement
communiquée & concertée
avec des perfonnes de la Magiftrature &
du Barreau très refpectables & très éclairées.
Tout l'Ouvrage a été commencé , continué
& confommé fous les yeux & fous
la Direction du Prélat. Dans le magnifique
Mandement qui fert de Préface au
Rituel , il explique ainfi l'ordre & la métode
qu'on y a fuivis » Nous avons con-
» fulte plufieurs perfonnes pieufes &
» éclairées ; c'eſt ſur leurs avis , pris dans
» un grand nombre de Conferences qu'ont
été dreffées les Inftructions que le Ri-
» tuel renferme. Nous nous fommes affu-
» jettis , autant qu'il s'eft trouvé poffible,
» aux Ufages de l'Eglife Romaine dont
>> les Rits font reçûs & refpectés dans l'Eglife
Gallicane depuis tant de fiecles
» aux Coûtumes des Eglifes de Sens & de
» Paris , fucceffivement nos Métropoles ,.
F vj
2244 MERCURE DE FRANCE
D
" & de l'Eglife de Chartres dont notre
» Diocèfe faifoit ci -devant partie. Nous
nous fommes conformés avec refpect
» aux Déclarations du Clergé de France
qui pouvoient y avoir rapport ... Sur
» divers Points de Difcipline , nous avons
» exactement obfervé les Ordonnances de .
>>
nos Rois protecteurs & executeurs des
» Saints Canons & la Jurifprudence des
» Cours féculieres du Royaume. Nous
" avons rapellé les Difpofitions des di-
» verſes Coûtumes qui ont lieu en ce
» Diocèſe au ſujet des Teftamens qui pou-
» roient être reçus par les Curés & Vi-
» caires. Nous avons enfin raffemblé tout
» ce que nous avons jugé neceffaire pour
» votre édification & inftruction , & pour
" la conduite des Fideles. Le Rituel que
» nous vous préfentons n'eft point un
fimple Recueil de Rits & de Cerémo-
" nies ; chaque Inftruction vous donnera
» une expofition abregée & précife du
>> Dogme , de la Morale , de la Difcipline
qui ont quelque rapport au point qui
eft traité.
29
M. de Blois finit fon Mandement par
un beau Paffage de S. Gregoire. » En vous
» préfentant , dit le Prélat , les faintes
Regles que l'Eglife a prefcrites pour la
» fanctification du Peuple Chrétien , nous
yous recommandons de les fuivre avec
ן ג
une
OCTOBRE. 1730. 2245
» une religieufe exactitude , & de remplir
» cependant les devoirs du facré Minif
» tere avec toute la prudence , la douceur
» & la charité que l'Eglife exige de fes
» Miniftres , de ne jamais oublier , que fi
» les Paſteurs font les dépofitaires de l'au-
» torité de Jefus-Chrift ils font auffi les.
» Vicaires de fon amour. Si eft diftrictio
virga queferiat , fit & confolatio baculi que
fuftentet. Sit amor , fed non emolliens ,fit
rigor , fed non exafperans fit zelus , fed
non immoderatè faviens ; fit pietas , fed non
plufquam expediat parcens..
,
Ce Rituel a été publié avec les Ordonnances
Synodales dans le Synode General
tenu à Blois le 5. Septembre dernier.
Maffon a imprimé féparément les Inf--
tructions tirées du Rituel de Blois , in 12. z.
Vol. petit papier. Prix trois livres 10. fols.
Ce Livre le trouvera auffi à Paris , chez
Barthelemi Alix , Libraire , rue S. Jacques.
par l'autorité de Monfeigneur Jean François
Paul de Caumartin , Evêque de Blois.
4 Blois , chez P. J. Maffon 1730. Ở
Paris , chez Barthelemi Alix , Libraire
-ruë S. Jacques , prés la Fontaine S. Severin
, au Griffon. Volume in 4. d'environ
40. pages. Prix 10. livres .
M. l'Evêque de Blois vient de donnerun
Rituel à fon Diocèle pour y établir
une Diſcipline uniforme dans l'adminif
tration des Sacremens , & dans les autres
Cerémonies de la Religion . Cet Ouvrage
eft formé fur le plan & dans le gout
des
plus excellens Rituels qui ont paru en
France. Chaque action ou Cerémonie Religieufe
eft précedée d'une Inftruction
qui exprime en termes fimples , clairs &
précis ce qu'il y a de plus intereffant pour
le Dogme , la Morale & la Difcipline.
On y ajoûte des Exhortations lorſque les
circonftances le demandent ; on y trouve
des
OCTOBRE. 1730. 2248
des formules pour annoncer au Prône les
principaux Myfteres & Fêtes de l'année .
On s'eft exactement conformé aux Ordonnances
de nos Rois & à la Jurifprudence
des Cours féculieres fur plufieurs
points de difciplines & comme le Mariage
eft un des engagemens les plus importans
pour l'Eglife & pour la Societé
Civile , l'Inftruction qui précede l'Adminiftration
de ce Sacrement a été particulierement
communiquée & concertée
avec des perfonnes de la Magiftrature &
du Barreau très refpectables & très éclairées.
Tout l'Ouvrage a été commencé , continué
& confommé fous les yeux & fous
la Direction du Prélat. Dans le magnifique
Mandement qui fert de Préface au
Rituel , il explique ainfi l'ordre & la métode
qu'on y a fuivis » Nous avons con-
» fulte plufieurs perfonnes pieufes &
» éclairées ; c'eſt ſur leurs avis , pris dans
» un grand nombre de Conferences qu'ont
été dreffées les Inftructions que le Ri-
» tuel renferme. Nous nous fommes affu-
» jettis , autant qu'il s'eft trouvé poffible,
» aux Ufages de l'Eglife Romaine dont
>> les Rits font reçûs & refpectés dans l'Eglife
Gallicane depuis tant de fiecles
» aux Coûtumes des Eglifes de Sens & de
» Paris , fucceffivement nos Métropoles ,.
F vj
2244 MERCURE DE FRANCE
D
" & de l'Eglife de Chartres dont notre
» Diocèfe faifoit ci -devant partie. Nous
nous fommes conformés avec refpect
» aux Déclarations du Clergé de France
qui pouvoient y avoir rapport ... Sur
» divers Points de Difcipline , nous avons
» exactement obfervé les Ordonnances de .
>>
nos Rois protecteurs & executeurs des
» Saints Canons & la Jurifprudence des
» Cours féculieres du Royaume. Nous
" avons rapellé les Difpofitions des di-
» verſes Coûtumes qui ont lieu en ce
» Diocèſe au ſujet des Teftamens qui pou-
» roient être reçus par les Curés & Vi-
» caires. Nous avons enfin raffemblé tout
» ce que nous avons jugé neceffaire pour
» votre édification & inftruction , & pour
" la conduite des Fideles. Le Rituel que
» nous vous préfentons n'eft point un
fimple Recueil de Rits & de Cerémo-
" nies ; chaque Inftruction vous donnera
» une expofition abregée & précife du
>> Dogme , de la Morale , de la Difcipline
qui ont quelque rapport au point qui
eft traité.
29
M. de Blois finit fon Mandement par
un beau Paffage de S. Gregoire. » En vous
» préfentant , dit le Prélat , les faintes
Regles que l'Eglife a prefcrites pour la
» fanctification du Peuple Chrétien , nous
yous recommandons de les fuivre avec
ן ג
une
OCTOBRE. 1730. 2245
» une religieufe exactitude , & de remplir
» cependant les devoirs du facré Minif
» tere avec toute la prudence , la douceur
» & la charité que l'Eglife exige de fes
» Miniftres , de ne jamais oublier , que fi
» les Paſteurs font les dépofitaires de l'au-
» torité de Jefus-Chrift ils font auffi les.
» Vicaires de fon amour. Si eft diftrictio
virga queferiat , fit & confolatio baculi que
fuftentet. Sit amor , fed non emolliens ,fit
rigor , fed non exafperans fit zelus , fed
non immoderatè faviens ; fit pietas , fed non
plufquam expediat parcens..
,
Ce Rituel a été publié avec les Ordonnances
Synodales dans le Synode General
tenu à Blois le 5. Septembre dernier.
Maffon a imprimé féparément les Inf--
tructions tirées du Rituel de Blois , in 12. z.
Vol. petit papier. Prix trois livres 10. fols.
Ce Livre le trouvera auffi à Paris , chez
Barthelemi Alix , Libraire , rue S. Jacques.
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Résumé : Rituel du Diocèse de Blois, & c. [titre d'après la table]
Le Rituel du Diocèse de Blois, publié en 1730 sous l'autorité de Monseigneur Jean François Paul de Caumartin, Évêque de Blois, vise à instaurer une discipline uniforme dans l'administration des sacrements et des cérémonies religieuses. Cet ouvrage s'inspire des meilleurs rituels français et fournit des instructions claires et précises sur le dogme, la morale et la discipline pour chaque action ou cérémonie. Il inclut également des exhortations et des formules pour annoncer les mystères et fêtes de l'année. Le rituel respecte les ordonnances royales et la jurisprudence des cours séculières, notamment en matière de mariage, un engagement crucial pour l'Église et la société civile. L'instruction sur l'administration de ce sacrement a été élaborée en collaboration avec des personnes respectables et éclairées de la magistrature et du barreau. Dans un mandement, l'Évêque explique que le rituel a été élaboré avec l'aide de personnes pieuses et éclairées, en suivant les usages de l'Église Romaine, les coutumes des églises de Sens, Paris et Chartres, ainsi que les déclarations du Clergé de France. Le rituel comprend également des dispositions sur les testaments et rassemble des éléments nécessaires à l'édification et à l'instruction des fidèles. Le rituel a été publié lors du Synode Général tenu à Blois le 5 septembre 1730, en même temps que les ordonnances synodales. Les instructions tirées du rituel sont également disponibles séparément, imprimées par Maffon et vendues à Blois et Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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479
p. 2248-2250
RELATION de ce qui s'est passé à la These de Théologie dédiée à la Reine, soutenuë dans l'Eglise des RR. PP. Recollets de la Ville d'Arles, le 18. Septembre, 1730. Par M. de Morand. Brochure in 4. de 25. pages. A Arles, chez Gaspard Mesnier, &c. 1730.
Début :
Les RR. PP. Récollets de la Ville d'Arles voulant donner une preuve authentique de leur reconnoissance [...]
Mots clefs :
Thèse de théologie, Théologie, Thèse, Église, Académie de musique, Fête, Archevêque, Arles, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé à la These de Théologie dédiée à la Reine, soutenuë dans l'Eglise des RR. PP. Recollets de la Ville d'Arles, le 18. Septembre, 1730. Par M. de Morand. Brochure in 4. de 25. pages. A Arles, chez Gaspard Mesnier, &c. 1730.
RELATION de ce qui s'eft paffé à la
Thefe de Théologie dédiée à la Reine ,
foutenue dans l'Eglife des RR . P P.
Recollets de la Ville d'Arles , le 18. Septembre
, 1730. Par M. de Morand. Brochure
in 4. de 25. pages. A Arles , chez
Gafpard Mefnier , &c. 1730 .
Les RR.PP. Récollets de la Ville d'Arles.voulant
donner une preuve authentique de leur reconnoiffance
envers la Maifon de Lefcfincki
réfolurent , à la follicitation du P. Gélafe Mottet,
qui a été deux fois Provincial , de dédier une
Théfe à la Reine . Le P. Gélafe après en avoir obtenu
la permiffion de S. M. écrivit là - deffus à
M. le Maréchal de Villars , Fondateur & Protecteur
de la Maifon d'Arles. Ce Seigneur applaudit
fort à ce projet , & en écrivit auffi- tôt à
MM . les Confuls , Gouverneurs de la Ville d'Arles
, qui fe préparerent à répondre aux intentions
de M. de Villars , & à leur propre zéle.
Ils priérent d'abord les Commiffaires de l'Académie
de Mufique , de leur fournir tout ce qu'ils
avoient de Muficiens de leur Académie ; & pour
rendre la Fête plus agréable & plus accomplie, cn
voulut avoir dans cette occafion une Mufique
compofée exprès. M. de Morand fût chargé de
compofer les paroles d'un Concert, & M.Clavis ,
Maître de Mufique de l'Académie , dé les mettre
en chant .
Les Confuls furent décorer l'Eglife magnifi
quement, & on y plaça quantité de Luftres & de
Girandoles. Un Dais fuperbe par la richeffe & le
gout de fa broderie en or , s'élevoit au milieu ; &
fous le Dais étoit placé le Portrait de la Reine. On
voyoit les Armes du Roy, de la Reine & du Danphim
OCTOBRE. 1730. 2249
phin placées fur de riches Toillettes de Velours
fur la principale porte & en differens endroits.
Tout étant ainfi difpofé , les Confuls en aver
tirent M. l'Archevêque , & joignirent leur invitation
particuliere à celle des PP. Recollets.
M. l'Archevêque indiqua le jour de la Cérémonie
au 18 Sept. Ce jour-là étant arrivé, M. l'Archevêque
, accompagné de fon Chapitre , fe rendit à
J'Eglife fur les deux heures après midi , & fe plaça
au pied du Thrône , du côté droit , ayant
à fa
droite fon Chapitre. Les Confuls s'y rendirent
auffi , précédez des Trompettes & des Hautbois ,
accompagnez de prefque toute la Nobleffe qu'ils
avoient invitée, ils fe placerent au pied du Thrône
de la Reine , du côté gauche , ayant à leur
gauche les Religieux des differens Ordres de cetté
Ville qui devoient argumenter à la Thefe. Il y
avoit un grand nombre de Chaifes & de Bancs
où fe placerent la Nobleffe & les Dames qui
avoient voulu être de la Ceremonie.
Le R. P. Didier , Profeffeur en Theologie, qui
alloit foûtenir cette Thefe , commença fon Acte
par un Difcours tres eloquent, & qui fut fort
gouté , addreffé à la Reine : Il avoit pris pour
texte , ces paroles de Jefus - Chrift , en S. Matth.'
22. 20. De qui eft ce te Image , lefquelles étoient
au deffous du Portrait de la Reine , en taille
douce , qui ornoit la Theſe.
Nous ne donnerons point d'Extrait de ce Dif
cours, qui fe trouve en Latin & en François dans
cette Relation , pour ne pas exceder les bornes
qui nous conviennent .
Après le Difcours , on diftribua les Thefes , &
les paroles imprimées du Concert. Au commen
cement du Concert on tira 60 Boëtes , & enfuite
la Mufique continua & finit avec applaudiffe
Icht
21
2250 MERCURE DE FRANCE
ment. M. Francani , Vicaire General , &c. de
M. l'Archevêque , prononça un autre fort beau
Difcours pour l'ouverture de la Thefe. Un Benedictin
de la Congr. de S. Maur parla enfuite , &
après lui fucceffivement un Dominiquain , un
Carme , un Cordelier , un Trinitaire , un Capucin
, un Jéfuite , un Auguftin déchauffé & un
Carme déchauffé , qui tous complimenterent la
Reine avec beaucoup d'éloquence.
M. de Morand propofa le dernier Argument, à
la priere des Confuls & des P P. Recollets , & fir
un Compliment François à S. M. il y ajoûta une
Ode de fa compofition pour dédommager les
Dames.M.le Chevalier de Remieu , Affocié à l'Académie
d'Arles, prononça encore un Eloge de la
Reine ; aprés quoi le P. Didier termina toute la
Ceremonie , en remerciant la Reine , il remercia
auffi M. l'Archevêque , M. de Villars , les Confuls
& toute l'Affemblée ; il ne démentit point la
qualité d'homme d'efprit,comme il n'avoit point
démenti celle de grand Théologien. On fit une
feconde décharge de Boëtes , aprés laquelle M.
l'Archevêque & les Confuls s'en retournerent
dans le même ordre qu'ils étoient venus , fort
fatisfaits de cette Fête.
Thefe de Théologie dédiée à la Reine ,
foutenue dans l'Eglife des RR . P P.
Recollets de la Ville d'Arles , le 18. Septembre
, 1730. Par M. de Morand. Brochure
in 4. de 25. pages. A Arles , chez
Gafpard Mefnier , &c. 1730 .
Les RR.PP. Récollets de la Ville d'Arles.voulant
donner une preuve authentique de leur reconnoiffance
envers la Maifon de Lefcfincki
réfolurent , à la follicitation du P. Gélafe Mottet,
qui a été deux fois Provincial , de dédier une
Théfe à la Reine . Le P. Gélafe après en avoir obtenu
la permiffion de S. M. écrivit là - deffus à
M. le Maréchal de Villars , Fondateur & Protecteur
de la Maifon d'Arles. Ce Seigneur applaudit
fort à ce projet , & en écrivit auffi- tôt à
MM . les Confuls , Gouverneurs de la Ville d'Arles
, qui fe préparerent à répondre aux intentions
de M. de Villars , & à leur propre zéle.
Ils priérent d'abord les Commiffaires de l'Académie
de Mufique , de leur fournir tout ce qu'ils
avoient de Muficiens de leur Académie ; & pour
rendre la Fête plus agréable & plus accomplie, cn
voulut avoir dans cette occafion une Mufique
compofée exprès. M. de Morand fût chargé de
compofer les paroles d'un Concert, & M.Clavis ,
Maître de Mufique de l'Académie , dé les mettre
en chant .
Les Confuls furent décorer l'Eglife magnifi
quement, & on y plaça quantité de Luftres & de
Girandoles. Un Dais fuperbe par la richeffe & le
gout de fa broderie en or , s'élevoit au milieu ; &
fous le Dais étoit placé le Portrait de la Reine. On
voyoit les Armes du Roy, de la Reine & du Danphim
OCTOBRE. 1730. 2249
phin placées fur de riches Toillettes de Velours
fur la principale porte & en differens endroits.
Tout étant ainfi difpofé , les Confuls en aver
tirent M. l'Archevêque , & joignirent leur invitation
particuliere à celle des PP. Recollets.
M. l'Archevêque indiqua le jour de la Cérémonie
au 18 Sept. Ce jour-là étant arrivé, M. l'Archevêque
, accompagné de fon Chapitre , fe rendit à
J'Eglife fur les deux heures après midi , & fe plaça
au pied du Thrône , du côté droit , ayant
à fa
droite fon Chapitre. Les Confuls s'y rendirent
auffi , précédez des Trompettes & des Hautbois ,
accompagnez de prefque toute la Nobleffe qu'ils
avoient invitée, ils fe placerent au pied du Thrône
de la Reine , du côté gauche , ayant à leur
gauche les Religieux des differens Ordres de cetté
Ville qui devoient argumenter à la Thefe. Il y
avoit un grand nombre de Chaifes & de Bancs
où fe placerent la Nobleffe & les Dames qui
avoient voulu être de la Ceremonie.
Le R. P. Didier , Profeffeur en Theologie, qui
alloit foûtenir cette Thefe , commença fon Acte
par un Difcours tres eloquent, & qui fut fort
gouté , addreffé à la Reine : Il avoit pris pour
texte , ces paroles de Jefus - Chrift , en S. Matth.'
22. 20. De qui eft ce te Image , lefquelles étoient
au deffous du Portrait de la Reine , en taille
douce , qui ornoit la Theſe.
Nous ne donnerons point d'Extrait de ce Dif
cours, qui fe trouve en Latin & en François dans
cette Relation , pour ne pas exceder les bornes
qui nous conviennent .
Après le Difcours , on diftribua les Thefes , &
les paroles imprimées du Concert. Au commen
cement du Concert on tira 60 Boëtes , & enfuite
la Mufique continua & finit avec applaudiffe
Icht
21
2250 MERCURE DE FRANCE
ment. M. Francani , Vicaire General , &c. de
M. l'Archevêque , prononça un autre fort beau
Difcours pour l'ouverture de la Thefe. Un Benedictin
de la Congr. de S. Maur parla enfuite , &
après lui fucceffivement un Dominiquain , un
Carme , un Cordelier , un Trinitaire , un Capucin
, un Jéfuite , un Auguftin déchauffé & un
Carme déchauffé , qui tous complimenterent la
Reine avec beaucoup d'éloquence.
M. de Morand propofa le dernier Argument, à
la priere des Confuls & des P P. Recollets , & fir
un Compliment François à S. M. il y ajoûta une
Ode de fa compofition pour dédommager les
Dames.M.le Chevalier de Remieu , Affocié à l'Académie
d'Arles, prononça encore un Eloge de la
Reine ; aprés quoi le P. Didier termina toute la
Ceremonie , en remerciant la Reine , il remercia
auffi M. l'Archevêque , M. de Villars , les Confuls
& toute l'Affemblée ; il ne démentit point la
qualité d'homme d'efprit,comme il n'avoit point
démenti celle de grand Théologien. On fit une
feconde décharge de Boëtes , aprés laquelle M.
l'Archevêque & les Confuls s'en retournerent
dans le même ordre qu'ils étoient venus , fort
fatisfaits de cette Fête.
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Résumé : RELATION de ce qui s'est passé à la These de Théologie dédiée à la Reine, soutenuë dans l'Eglise des RR. PP. Recollets de la Ville d'Arles, le 18. Septembre, 1730. Par M. de Morand. Brochure in 4. de 25. pages. A Arles, chez Gaspard Mesnier, &c. 1730.
Le 18 septembre 1730, les Récollets d'Arles ont organisé une thèse de théologie en l'honneur de la Reine à l'église des Récollets d'Arles. Cette initiative, proposée par le Père Gélase Mottet, visait à exprimer la gratitude des Récollets envers la Maison de Lescinski. Après avoir obtenu la permission de la Reine, le Père Gélase a informé le Maréchal de Villars, fondateur et protecteur de la Maison d'Arles, qui a approuvé le projet. Les consuls de la ville, sollicités par le Maréchal de Villars, ont préparé la fête en invitant les musiciens de l'Académie de Musique et en commandant une musique spéciale composée par M. de Morand et M. Clavis. L'église a été somptueusement décorée avec des lustres, des girandoles et un dais brodé orné du portrait de la Reine. Les armes du Roi, de la Reine et du Dauphin étaient également exposées. L'Archevêque, accompagné de son chapitre, a présidé la cérémonie en compagnie des consuls et de la noblesse locale. Le Père Didier a ouvert la thèse par un discours basé sur les paroles de Jésus-Christ dans l'Évangile selon Matthieu. Après le discours, les thèses et les paroles du concert ont été distribuées, suivies d'un concert musical et de plusieurs discours prononcés par des représentants de différents ordres religieux. M. de Morand a proposé le dernier argument et a ajouté une ode pour les dames. Le Chevalier de Remieu a prononcé un éloge de la Reine, et le Père Didier a conclu la cérémonie en remerciant la Reine, l'Archevêque, le Maréchal de Villars, les consuls et l'assemblée. La fête s'est terminée par une seconde décharge de boîtes, laissant les participants satisfaits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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480
p. 2284-2288
ITALIE.
Début :
Les Cardinaux Petra, Lambertini; Corradini & Falconnieri, ont été nommez par le [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Hommes, Duc, Rome, Troupes impériales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Es Cardinaux Petra , Lambertini ; 'Corradini
& Falconnieri , ont été nomméz par le
Pape pour examiner en Congrégation les droits
du S. Siege & ceux du Grand Maître de Malte
fur le Patronage du Grand Prieuré de cette Ville
afin de terminer à l'amiable les differends qui
pourroient naître à cette occafion ,
Le 27 Août , le Pape fit la cérémonie de bénir
dans la Chapelle du Palais du Quirinal lesLanges
deftinez pour le Dauphin & qui doivent être
portez en France par l'Abbé Lanti , Camerier
d'honneur de Sa Sainteté , lequel partit de Rome
les Septembre pour Civita- Vechia , avec fon
neveu , le fils du Comte Soderini & plufieurs
autres Gentils-hommes Romains , pour s'embarquer
fur les Galeres du Pape, qui doivent le conduire
à Marſeille.
Le 3. Septembre au matin , le Sacriftain de
' Eglife dell'Anima de la nation Allemande ; fut
attaqué & maltraité pendant qu'il difoit la Meffe
OCTOBRE. 1730. 2285
par un Pelerin Allemand , fous prétexte qu'il
avoit fait retrancher une partie de l'aumône qu'on
lui faifoit tous les jours . Ĉe Pelerin fut arrêré &
conduit en prifon , & le 5. l'Eglife fut rebenite
par M. Baccari , Evêque de Boyano.
Le 6. le Cardinal Cibo fit préfent au Pape d'un
Calice & d'une Patene d'or enrichis de Pierreies
, qu'on eftime 13000 écus : quelques jours
après le Cardinal Cienfuegos envoya au marquis
Neri Corfini le ſervice d'or dont le comte de
Colalto lui a fait préfent , le priant de l'offrir
au Pape de la part de ce Cardinal & de l'engager
à l'accepter.
Le11. après un Confiftoire fecret , Sa Sainteté
fit publier la Bulle du Jubilé univerfel , accordé
à l'occafion de fon Elevation au Pontificat , l'ouverture
s'en fit à Rome le 17. par une Proceffion
folemnelle qui alla de l'Eglife de N. D. des Anges
, où le Pape avoit celebré la Meffe , à celle
de S. Jean de Latran . Les Cardinaux au nombre
de 32. les Archevêques , les Evêques , le Sénat
Romain , le Connêtable Colonne , l'Ambaffadeur
de la ville de Bologne , le Clergé féculier & régulier
& la principale Nobleffe, affifterent à cette
Proceffion.
Dans ce Confiftoire du 11. Septembre, le Car
dinal Otthoboni, Protecteur des affaires de France ,
Propofa l'Evêché de Digne pour le Pere Antoine-
Amable Feydeau, General de l'Ordre des Carmes
lequel fut lacré le 24. par le Cardinal de Polignac ;
affifté du Pere Fouquet,Evêque titulaire d'Eleute
ropolis , & par M. de la Baume, Evêque titulaire
d'Halicarnaffe.
On a appris en dernier lieu , que le 2 de ce mois
le Pape avoit tenu un Confiftoire , dans lequel Sa
Sainteté avoit fait Cardinaux M.GrimaldiGenois,
Archevêque d'Edeffe ; Nonce ordinaire à Vienne ,
Hij M.
2286 MERCURE DE FRANCE
M. Banther Mafcei , de Montepulciano , Arche
vêque d'Athênes , ci- devant Nonce ordinaire en
France , M. Alexandre Aldobrandini , Florentin ,
Archevêque de Rhodes ,Nonce ordinaire en Efpagne
& l'Abbé Barthelemi Rufpoli , fils du Prince
de ce nom , & Secretaire de la Congrégation
de Propaganda Fide.
On affure que le Pape a fait expedier des Lettres
circulaires à tous les Evêques qui ont été élevez
à cette Dignité par le feu Pape Benoît XIII .
avec ordre de fe rendre à Rome dans deux mois
pour rendre compte de la maniere qu'ils ont ob
genu leurs Evêchez.
Le nouveau Vicaire Apoftolique que le Pape
a nommé pour gouverner le Diocele de Benevent
eft parti pour s'y rendre avec un Receveur , auffi
nommé par Sa Sainteté pour recevoir les revenus
de cet Archevêché.
On apprend de Benevent que le 14. du mois
dernier M. Bondelmonte , Commiffaire Apoftolique
, avoit fait convoquer le Chapitre de
PEglife Metropolitaine ; qu'en vertu du Bref du
Pape dont il avoit fait la lecture , il avoit inſtalé
M. de Nicaftro , en qualité de Vicaire Apoftolique
, & que ce choix avoit été univerfellement
approuvé.
Le Pape ayant fait infinuer au Cardinal Cofcia,
qu'il devoit donner fa démiffion pure & fimple
' de fon Archevêché de Benevent , & ce Cardinal
ayant demandé confeil depuis au Cardinal Falconieri
, on croit qu'il fe déterminera à donner
cette fatisfaction à Sa Sainteté.
1 Le 15. Le Chevalier de S. George accompagné
de fes deux fils , alla au Palais du Quirinal , où
il cut une longue Audience du Pape qui fit préfent
à chacun de fes fils d'un très-beau Reliquaire
d'or , orné de diamans & de rubis.
Le
OCTOBRE. 1730. 2287
Le Pape a fait au Comte de Collato , Ambaffadeur
de L'Empereur , le préfent ordinaire d'un
Corps faint & quelques autres Reliques de dévotion
, & d'un Tableau du fameux Peintre
Penelli.
Il y a une fi grande quantité de Sauterelles
dans la campagne de Rome , que les biens de la
terre en ont fouffert confiderablement ; on a
tenu à ce fujet une Congrégation extraordinaire ,
dans laquelle il a été refolu d'ordonner des
Prieres publiques,
On a apris de Lunigiano que le 26 Aouft , la
premiere Colomne des Troupes imperiales qui
ont ordre de fe rendre en ce pays , dont une
partie eft poffedée par la République de Gênes ,
& l'autre par le Duc de Maſſa-di - Carrara, arriva
à Terra-Roffa. Elle eft compofée de 2500. hommes
d'Infanterie qui camperent dans la prairie
voifine , en préfence du General Comte de Staremberg
qui avoit fait tracer le Camp. Le 27
la feconde colonne auffi de 2500. hommes arriva
vers le foir ; mais la Prairie n'étant pas affez
grande pour contenir tant de monde" on en
détacha deux Bataillons pour les envoyer à Barbarafco
, Marquifat qui appartient au Prince
Don Barthelemi Corfini , neveu du Pape. La
troifiéme Colonne qu'on attend fera de sooo.
hommes d'Infanterie & de 1600. chevaux •
comme les Officiers Generaux qui font au Camp :
veulent être pourvus de tout ce qui leur eft neceffaire
, & que les vivres & particulierement lesfourages
ne font pas abondans , le pays eft fort
incommodé du féiour de ces Troupes
›
On prétend que le Grand Duc de Florence a
fait affurer le Miniftre de l'Empereur , qu'il ne
recevroit des Troupes Imperiales dans fes Etats ,
qu'en cas qu'il fut attaqué par les Espagnols , &
Hij que
2288 MERCURE DE FRANCE
que le Duc de Parme ayant refufé de traiter avec
le Comte Arconati , qui étoit allé le trouver de
part de S. M. I. le Gouverneur du Milanez
avoit refufé pareillement d'entrer en conference
au fujet des affaires préfentes avec le Marquis
Carali qui réfide à Milan , de la part du Duc de
la
Parme.
L
Par les Lettres d'Ajaccio dans l'Iſle de Corfe
on apprend que les rébelles avoient fait encore de
très grands dégats aux environs de cette ville ; qu'ils
en a oient arraché toutes les vignes & enlevé les
.beftiaux .
Es Cardinaux Petra , Lambertini ; 'Corradini
& Falconnieri , ont été nomméz par le
Pape pour examiner en Congrégation les droits
du S. Siege & ceux du Grand Maître de Malte
fur le Patronage du Grand Prieuré de cette Ville
afin de terminer à l'amiable les differends qui
pourroient naître à cette occafion ,
Le 27 Août , le Pape fit la cérémonie de bénir
dans la Chapelle du Palais du Quirinal lesLanges
deftinez pour le Dauphin & qui doivent être
portez en France par l'Abbé Lanti , Camerier
d'honneur de Sa Sainteté , lequel partit de Rome
les Septembre pour Civita- Vechia , avec fon
neveu , le fils du Comte Soderini & plufieurs
autres Gentils-hommes Romains , pour s'embarquer
fur les Galeres du Pape, qui doivent le conduire
à Marſeille.
Le 3. Septembre au matin , le Sacriftain de
' Eglife dell'Anima de la nation Allemande ; fut
attaqué & maltraité pendant qu'il difoit la Meffe
OCTOBRE. 1730. 2285
par un Pelerin Allemand , fous prétexte qu'il
avoit fait retrancher une partie de l'aumône qu'on
lui faifoit tous les jours . Ĉe Pelerin fut arrêré &
conduit en prifon , & le 5. l'Eglife fut rebenite
par M. Baccari , Evêque de Boyano.
Le 6. le Cardinal Cibo fit préfent au Pape d'un
Calice & d'une Patene d'or enrichis de Pierreies
, qu'on eftime 13000 écus : quelques jours
après le Cardinal Cienfuegos envoya au marquis
Neri Corfini le ſervice d'or dont le comte de
Colalto lui a fait préfent , le priant de l'offrir
au Pape de la part de ce Cardinal & de l'engager
à l'accepter.
Le11. après un Confiftoire fecret , Sa Sainteté
fit publier la Bulle du Jubilé univerfel , accordé
à l'occafion de fon Elevation au Pontificat , l'ouverture
s'en fit à Rome le 17. par une Proceffion
folemnelle qui alla de l'Eglife de N. D. des Anges
, où le Pape avoit celebré la Meffe , à celle
de S. Jean de Latran . Les Cardinaux au nombre
de 32. les Archevêques , les Evêques , le Sénat
Romain , le Connêtable Colonne , l'Ambaffadeur
de la ville de Bologne , le Clergé féculier & régulier
& la principale Nobleffe, affifterent à cette
Proceffion.
Dans ce Confiftoire du 11. Septembre, le Car
dinal Otthoboni, Protecteur des affaires de France ,
Propofa l'Evêché de Digne pour le Pere Antoine-
Amable Feydeau, General de l'Ordre des Carmes
lequel fut lacré le 24. par le Cardinal de Polignac ;
affifté du Pere Fouquet,Evêque titulaire d'Eleute
ropolis , & par M. de la Baume, Evêque titulaire
d'Halicarnaffe.
On a appris en dernier lieu , que le 2 de ce mois
le Pape avoit tenu un Confiftoire , dans lequel Sa
Sainteté avoit fait Cardinaux M.GrimaldiGenois,
Archevêque d'Edeffe ; Nonce ordinaire à Vienne ,
Hij M.
2286 MERCURE DE FRANCE
M. Banther Mafcei , de Montepulciano , Arche
vêque d'Athênes , ci- devant Nonce ordinaire en
France , M. Alexandre Aldobrandini , Florentin ,
Archevêque de Rhodes ,Nonce ordinaire en Efpagne
& l'Abbé Barthelemi Rufpoli , fils du Prince
de ce nom , & Secretaire de la Congrégation
de Propaganda Fide.
On affure que le Pape a fait expedier des Lettres
circulaires à tous les Evêques qui ont été élevez
à cette Dignité par le feu Pape Benoît XIII .
avec ordre de fe rendre à Rome dans deux mois
pour rendre compte de la maniere qu'ils ont ob
genu leurs Evêchez.
Le nouveau Vicaire Apoftolique que le Pape
a nommé pour gouverner le Diocele de Benevent
eft parti pour s'y rendre avec un Receveur , auffi
nommé par Sa Sainteté pour recevoir les revenus
de cet Archevêché.
On apprend de Benevent que le 14. du mois
dernier M. Bondelmonte , Commiffaire Apoftolique
, avoit fait convoquer le Chapitre de
PEglife Metropolitaine ; qu'en vertu du Bref du
Pape dont il avoit fait la lecture , il avoit inſtalé
M. de Nicaftro , en qualité de Vicaire Apoftolique
, & que ce choix avoit été univerfellement
approuvé.
Le Pape ayant fait infinuer au Cardinal Cofcia,
qu'il devoit donner fa démiffion pure & fimple
' de fon Archevêché de Benevent , & ce Cardinal
ayant demandé confeil depuis au Cardinal Falconieri
, on croit qu'il fe déterminera à donner
cette fatisfaction à Sa Sainteté.
1 Le 15. Le Chevalier de S. George accompagné
de fes deux fils , alla au Palais du Quirinal , où
il cut une longue Audience du Pape qui fit préfent
à chacun de fes fils d'un très-beau Reliquaire
d'or , orné de diamans & de rubis.
Le
OCTOBRE. 1730. 2287
Le Pape a fait au Comte de Collato , Ambaffadeur
de L'Empereur , le préfent ordinaire d'un
Corps faint & quelques autres Reliques de dévotion
, & d'un Tableau du fameux Peintre
Penelli.
Il y a une fi grande quantité de Sauterelles
dans la campagne de Rome , que les biens de la
terre en ont fouffert confiderablement ; on a
tenu à ce fujet une Congrégation extraordinaire ,
dans laquelle il a été refolu d'ordonner des
Prieres publiques,
On a apris de Lunigiano que le 26 Aouft , la
premiere Colomne des Troupes imperiales qui
ont ordre de fe rendre en ce pays , dont une
partie eft poffedée par la République de Gênes ,
& l'autre par le Duc de Maſſa-di - Carrara, arriva
à Terra-Roffa. Elle eft compofée de 2500. hommes
d'Infanterie qui camperent dans la prairie
voifine , en préfence du General Comte de Staremberg
qui avoit fait tracer le Camp. Le 27
la feconde colonne auffi de 2500. hommes arriva
vers le foir ; mais la Prairie n'étant pas affez
grande pour contenir tant de monde" on en
détacha deux Bataillons pour les envoyer à Barbarafco
, Marquifat qui appartient au Prince
Don Barthelemi Corfini , neveu du Pape. La
troifiéme Colonne qu'on attend fera de sooo.
hommes d'Infanterie & de 1600. chevaux •
comme les Officiers Generaux qui font au Camp :
veulent être pourvus de tout ce qui leur eft neceffaire
, & que les vivres & particulierement lesfourages
ne font pas abondans , le pays eft fort
incommodé du féiour de ces Troupes
›
On prétend que le Grand Duc de Florence a
fait affurer le Miniftre de l'Empereur , qu'il ne
recevroit des Troupes Imperiales dans fes Etats ,
qu'en cas qu'il fut attaqué par les Espagnols , &
Hij que
2288 MERCURE DE FRANCE
que le Duc de Parme ayant refufé de traiter avec
le Comte Arconati , qui étoit allé le trouver de
part de S. M. I. le Gouverneur du Milanez
avoit refufé pareillement d'entrer en conference
au fujet des affaires préfentes avec le Marquis
Carali qui réfide à Milan , de la part du Duc de
la
Parme.
L
Par les Lettres d'Ajaccio dans l'Iſle de Corfe
on apprend que les rébelles avoient fait encore de
très grands dégats aux environs de cette ville ; qu'ils
en a oient arraché toutes les vignes & enlevé les
.beftiaux .
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Résumé : ITALIE.
En août 1730, le Pape nomma les cardinaux Petra, Lambertini, Corradini et Falconieri pour examiner les droits du Saint-Siège et ceux du Grand Maître de Malte concernant le patronage du Grand Prieuré de Rome, afin de résoudre les différends de manière amiable. Le 27 août, le Pape bénit les langes destinés au Dauphin de France, qui furent transportés par l'Abbé Lanti à Marseille via Civita-Vecchia. Le 3 septembre, le sacristain de l'église dell'Anima fut attaqué par un pèlerin allemand et arrêté. L'église fut reconsacrée le 5 septembre par l'évêque de Boyano. Le 6 septembre, le cardinal Cibo offrit au Pape un calice et une patène en or, suivis par un service en or du cardinal Cienfuegos. Le 11 septembre, après un consistoire secret, le Pape publia la bulle du Jubilé universel, célébré le 17 septembre par une procession solennelle. Le cardinal Ottoboni proposa l'évêché de Digne pour le père Antoine-Amable Feydeau, qui fut sacré le 24 septembre. Le 2 octobre, le Pape nomma plusieurs nouveaux cardinaux, dont M. Grimaldi, archevêque d'Edesse, et M. Banther Mascei, archevêque d'Athènes. Il envoya également des lettres circulaires aux évêques nommés par le pape Benoît XIII, leur ordonnant de se rendre à Rome pour rendre compte de leur gestion. Le nouveau vicaire apostolique pour le diocèse de Benevento fut nommé et installé par M. Bondelmonte. Le cardinal Coscia reçut l'ordre de démissionner de son archevêché de Benevento. Le 15 octobre, le chevalier de Saint-George et ses fils furent reçus par le Pape, qui leur offrit des reliquaires en or. Le Pape fit également un présent à l'ambassadeur de l'Empereur, le comte de Collalto. Une invasion de sauterelles dans la campagne romaine causa des dommages aux cultures, conduisant à l'organisation de prières publiques. Des troupes impériales arrivèrent à Terra-Rossa, composées de 2500 hommes d'infanterie, avec d'autres colonnes attendues. Le Grand-Duc de Florence et le Duc de Parme refusèrent d'accueillir les troupes impériales dans leurs États, sauf en cas d'attaque espagnole. En Corse, des rébellions causèrent des dégâts importants aux environs d'Ajaccio.
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481
p. 2288-2291
ORDONNANCE du Pape pour l'établissement d'une Congrégation, pour rechercher & punir tous ceux qui ont malversé dans le maniment des affaires sous le dernier Pontificat.
Début :
Comme nous avons appris par des personnes dignes de foi, & par les bruits publics, [...]
Mots clefs :
Pape, Intégrité, Justice, Pouvoir, Ordonnance, Pape Clément XII, Congrégation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDONNANCE du Pape pour l'établissement d'une Congrégation, pour rechercher & punir tous ceux qui ont malversé dans le maniment des affaires sous le dernier Pontificat.
ORDONNANCE du Pape pour l'établiffement
d'une Congrégation ,pour
rechercher & punir tous ceux qui ont
malverfé dans le maniment des affaires
fous le dernier Pontificat .
C
Omme nous avons appris par des perfonnes
dignes de foi , & par les bruits publics
lors méme que nous n'étions encore que Cardinal
, que certaines gens employez dans les affaires
fous le precédent Pontificat , ont nonfeulement
malverfé impudemment & injurieu-
Sement
nt dans tout
Ggee qui a été eommis à leurs
foins , tant par rapport aux graces qu'ils ont
accordées , qu'à la justice qu'ils ont fait rendre
aux expéditions qu'ils ont ordonnées smais
auffi qu'au préjudice de l'integrité de cette
Cour , & au mépris de la droiture de Benoît
KIII. notre Predéeeffeur , ils ont tâché de fur
prendre fa Religion par de malignes & fausse
infinuations , de le détourner de l'amour qu'i
a toujours eu pour la Justice , de corrompre fe
bonnes intentions par des artifices trompeurs,>
OCTOBRE . 1730. 2289
& d'empêcher que fa probité & fa vertu ne produififfent
les fruits qu'on en devoit attendre . Et
comme nous nous ferions propofez dé venger avec
éclat l'integrité l'honneur de notre Prédeceffeur
de toutes les embuches qui lui ont été tendues,
des fautes qu'il a ,pour ainsi dire , com
mifes innocemment , Nous croyons qu'à préfent
que nous fommes élevez fur le Trône fuprême
de la Justice , fans aucnn mérite de notre part ,
Nous ne pouvons mieux faire que de mettre en
exécution le pouvoir que nous avons en main s
afin d'effacer les injures atroces qui rejailliffent
fur la droiture & l'integrité d'unfi faint Pontife
, de rendre à notre chere ville & à la
Cour de Rome les degrez d'estime qu'elles fe font
asquifes , de peur que l'Innocent ne souffre
pour le coupable.
Pour cet effet nous créons une nouvelle Con
grégation particuliere , compofée des CardinauxJean
René Imperiali , Louis Pico , Pierre
Marcellin Corradini , Léandre de Porzia
Aufone Bancheri , leur donnant pour Secretaire
Dominique Céfar Florelli , Réferendaire dans
l'une & l'autre fignature : Nous donnons aufdits
Cardinaux pouvoir & ordre de rechercher
tous ceux qui feront coupables de pareils excès ,
crimes délits , ou qui contre tout droit , &
au préjudice du bien public & particulier
auront injuftement prévariqué , tant dans le
Spirituel que dans le temporel : & nous leur ordonnons
par les préfentes , de proceder , foit
par eux- mêmes , foit pardevant tels Tribunaux
Ecclefiafiques & Laïques de cette ville , far
les accufations des Parties , dénonciations , ou
fur ce qu'ils pourront découvrir eux- mêmes , coptre
ceux qui fe trouveront dans les cas fufdits :
voulant en vertu de notre autorité Apofloliy
Hv que
2290 MERCURE DE FRANCE
que , que tous les Tribunaux & Congrégations
de Cardinaux leur tendent la main , à cette
accafion , qu'il leur foit permis d'y prendre toutes
les informations neceffaires , & d'inftruire
des Procès par eux , ou par d'autres Juges qu'ils
pourront commettre pour cet effet , afin d'agir
contre toute chaque perfonne Eccléfiaftique ,
réguliere & féculiere , de quelque qualité ;
condition , ou dignité qu'elles puiffent être ,
Sans excepter aucun Ordre ou Congrégation , pas
même la Societé de Jefus , l'Ordre militaire
de S. Jeand Jeruzalem , Miniftres , Officiers de
Pinquifition, ou autres perfonnes privilegiées ..
Nous ordonnons à nofdits Commiffaires , lorfque
les crimes ci-deſſus énoncez , ou quelque
chofe d'approchant , feront averez engenéral os
en particulier , de les faire punir , foit par euxmêmes,
fort pardes Juges deleguez , dans la perfonne
des coupables , des complices , desfauteurs
& des Confeillers Nous leur permettons pour cet
effet de faire entendré les Témoins requis ; ou en
relles perfonnes que cepuiffe être , Eccléfiaftiques,
réguliers &féculiers ; privilegiés ou non s
d'évoquer enJugement , citer ou faire citer quiconque
fe trouvera dans le cas, de recevoir leurs
difpofitions par écrit , & d'obliger tous les Tribunaux
de cette Cour & de l'Etat Eccléfiaftique
même les Officiers de notre Chambre Apoftolique ,
de leur fournir tous les Actes dont ils pourron
avoir befoin , avec pouvoir de poursuivre les défobeiffans
par amendes pécuniaires , s'il eft befoin
par corps ou par les cenfures fpirituelles , ainfi
que cette Congrégation le jugera convenable.
Et afin qu'elle puiſſe d'autant mieux exécuer
nos ordres
nous lui conferons parces Pré-
Jintes, toute l'autorité , jurifdiction & plenisude
de notre pouvoir , tant par rapport à l'or
dre
OCTOBRE. 1730. 2291
dre de proceder , à la maniere de prouver, & à
la forme dejuger de faire exécuter leurs ju
gemens ; dérogeant pour cet effet à toutes Conftitutions
apoftoliques & regles de notre Chancellerie
, aux Droits & Ordonnances des Conciles
genéraux , Provinciaux & Synodaux , & aux
autres décrets particuliers à ce contraires
quoi qu'on n'en faffe pas-ici mention de mot à
mot , ou felon leurs claufes generales , co-
Donné au Quirinal le 8. Août 1750. Ainfi Nous
plaît , ainfi nous commettons & ordonnons de
notre mouvement . Etoit figné CLEMENT
XII.
d'une Congrégation ,pour
rechercher & punir tous ceux qui ont
malverfé dans le maniment des affaires
fous le dernier Pontificat .
C
Omme nous avons appris par des perfonnes
dignes de foi , & par les bruits publics
lors méme que nous n'étions encore que Cardinal
, que certaines gens employez dans les affaires
fous le precédent Pontificat , ont nonfeulement
malverfé impudemment & injurieu-
Sement
nt dans tout
Ggee qui a été eommis à leurs
foins , tant par rapport aux graces qu'ils ont
accordées , qu'à la justice qu'ils ont fait rendre
aux expéditions qu'ils ont ordonnées smais
auffi qu'au préjudice de l'integrité de cette
Cour , & au mépris de la droiture de Benoît
KIII. notre Predéeeffeur , ils ont tâché de fur
prendre fa Religion par de malignes & fausse
infinuations , de le détourner de l'amour qu'i
a toujours eu pour la Justice , de corrompre fe
bonnes intentions par des artifices trompeurs,>
OCTOBRE . 1730. 2289
& d'empêcher que fa probité & fa vertu ne produififfent
les fruits qu'on en devoit attendre . Et
comme nous nous ferions propofez dé venger avec
éclat l'integrité l'honneur de notre Prédeceffeur
de toutes les embuches qui lui ont été tendues,
des fautes qu'il a ,pour ainsi dire , com
mifes innocemment , Nous croyons qu'à préfent
que nous fommes élevez fur le Trône fuprême
de la Justice , fans aucnn mérite de notre part ,
Nous ne pouvons mieux faire que de mettre en
exécution le pouvoir que nous avons en main s
afin d'effacer les injures atroces qui rejailliffent
fur la droiture & l'integrité d'unfi faint Pontife
, de rendre à notre chere ville & à la
Cour de Rome les degrez d'estime qu'elles fe font
asquifes , de peur que l'Innocent ne souffre
pour le coupable.
Pour cet effet nous créons une nouvelle Con
grégation particuliere , compofée des CardinauxJean
René Imperiali , Louis Pico , Pierre
Marcellin Corradini , Léandre de Porzia
Aufone Bancheri , leur donnant pour Secretaire
Dominique Céfar Florelli , Réferendaire dans
l'une & l'autre fignature : Nous donnons aufdits
Cardinaux pouvoir & ordre de rechercher
tous ceux qui feront coupables de pareils excès ,
crimes délits , ou qui contre tout droit , &
au préjudice du bien public & particulier
auront injuftement prévariqué , tant dans le
Spirituel que dans le temporel : & nous leur ordonnons
par les préfentes , de proceder , foit
par eux- mêmes , foit pardevant tels Tribunaux
Ecclefiafiques & Laïques de cette ville , far
les accufations des Parties , dénonciations , ou
fur ce qu'ils pourront découvrir eux- mêmes , coptre
ceux qui fe trouveront dans les cas fufdits :
voulant en vertu de notre autorité Apofloliy
Hv que
2290 MERCURE DE FRANCE
que , que tous les Tribunaux & Congrégations
de Cardinaux leur tendent la main , à cette
accafion , qu'il leur foit permis d'y prendre toutes
les informations neceffaires , & d'inftruire
des Procès par eux , ou par d'autres Juges qu'ils
pourront commettre pour cet effet , afin d'agir
contre toute chaque perfonne Eccléfiaftique ,
réguliere & féculiere , de quelque qualité ;
condition , ou dignité qu'elles puiffent être ,
Sans excepter aucun Ordre ou Congrégation , pas
même la Societé de Jefus , l'Ordre militaire
de S. Jeand Jeruzalem , Miniftres , Officiers de
Pinquifition, ou autres perfonnes privilegiées ..
Nous ordonnons à nofdits Commiffaires , lorfque
les crimes ci-deſſus énoncez , ou quelque
chofe d'approchant , feront averez engenéral os
en particulier , de les faire punir , foit par euxmêmes,
fort pardes Juges deleguez , dans la perfonne
des coupables , des complices , desfauteurs
& des Confeillers Nous leur permettons pour cet
effet de faire entendré les Témoins requis ; ou en
relles perfonnes que cepuiffe être , Eccléfiaftiques,
réguliers &féculiers ; privilegiés ou non s
d'évoquer enJugement , citer ou faire citer quiconque
fe trouvera dans le cas, de recevoir leurs
difpofitions par écrit , & d'obliger tous les Tribunaux
de cette Cour & de l'Etat Eccléfiaftique
même les Officiers de notre Chambre Apoftolique ,
de leur fournir tous les Actes dont ils pourron
avoir befoin , avec pouvoir de poursuivre les défobeiffans
par amendes pécuniaires , s'il eft befoin
par corps ou par les cenfures fpirituelles , ainfi
que cette Congrégation le jugera convenable.
Et afin qu'elle puiſſe d'autant mieux exécuer
nos ordres
nous lui conferons parces Pré-
Jintes, toute l'autorité , jurifdiction & plenisude
de notre pouvoir , tant par rapport à l'or
dre
OCTOBRE. 1730. 2291
dre de proceder , à la maniere de prouver, & à
la forme dejuger de faire exécuter leurs ju
gemens ; dérogeant pour cet effet à toutes Conftitutions
apoftoliques & regles de notre Chancellerie
, aux Droits & Ordonnances des Conciles
genéraux , Provinciaux & Synodaux , & aux
autres décrets particuliers à ce contraires
quoi qu'on n'en faffe pas-ici mention de mot à
mot , ou felon leurs claufes generales , co-
Donné au Quirinal le 8. Août 1750. Ainfi Nous
plaît , ainfi nous commettons & ordonnons de
notre mouvement . Etoit figné CLEMENT
XII.
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Résumé : ORDONNANCE du Pape pour l'établissement d'une Congrégation, pour rechercher & punir tous ceux qui ont malversé dans le maniment des affaires sous le dernier Pontificat.
En octobre 1730, le Pape émit une ordonnance pour créer une congrégation chargée de rechercher et punir les malversations commises durant le pontificat précédent. Informé par des sources fiables et des rumeurs publiques, le Pape accusait certains individus d'avoir malversé dans la gestion des affaires, accordé des grâces de manière injurieuse, et rendu une justice partiale. Ces individus étaient également accusés d'avoir tenté de corrompre Benoît XIII, le prédécesseur, et d'entraver ses bonnes intentions. Pour restaurer l'intégrité et l'honneur de Benoît XIII et éviter que l'innocent ne souffre pour le coupable, le Pape institua une congrégation composée des cardinaux Jean René Imperiali, Louis Pico, Pierre Marcellin Corradini, Léandre de Porzia et Ausone Bancheri, avec Dominique César Florelli comme secrétaire. Cette congrégation avait pour mission de rechercher et punir les coupables de délits, tant dans le spirituel que dans le temporel, sans exception pour aucun ordre ou congrégation, y compris la Société de Jésus et l'Ordre militaire de Saint-Jean de Jérusalem. Les cardinaux étaient autorisés à procéder par eux-mêmes ou devant des tribunaux ecclésiastiques et laïques, et à recueillir toutes les informations nécessaires. Ils pouvaient également évoquer en jugement, citer ou faire citer toute personne impliquée, et obliger les tribunaux à leur fournir les actes nécessaires. Le Pape leur conféra toute l'autorité et la juridiction nécessaires pour exécuter leurs jugements, dérogeant à toutes les constitutions et règles contraires. Cette ordonnance fut signée au Quirinal le 8 août 1750 par Clément XII.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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482
p. 2516-2518
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire du 2. Octobre, le Cardinal Ottoboni, Protecteur des affaires de [...]
Mots clefs :
Cardinal, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Dans le du zcteur des affaires de
Ans le Confiftoire du 2. Octobre , le Car-
France , propofa l'Evêché de Tarbes pour
M.
NOVEMBRE . 1730. 2517
M. Charles Antoine de la Rocheaymon , qui
étoit Evêque de Sarepte , l'Abbaye de Notre Dame
de Silly , Ordre de Prémontré , Diocèfe de
Seez pour M. Louis François Neele , & celle de
Notre Dame de Jofaphat , Ordre de S. Benoît ,
Diocéfe de Chartres pour l'Abbé de la Baſtie. Il
préconifa enfuite l'Abbé de Choiſeuil pour l'Abbaye
de Bolbonne , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Mirepoix.
La République de Luques ayant appris que le
Chanoine Fatinelli , fon Agent à la Cour de Rome
, ne pouvoit obtenir d'audience du Pape , a
fait dire au Cardinal Secretaire d'Etat , qu'elle
confentiroit à admettre M. Cervioni , nommé à
P'Archevêché de Luques , auffi - tôt que le Pape
l'ordonneroit , pourvû qu'on lui permit de faire
les proteftations & de prendre les mesures neceffaires
pour conferver les privileges de la Ville à
ce fujet.
Le Pape a nommé M. Dominique Paffionei de
Foffombrone , Archevêque d'Ephefe , actuellement
Nonce Apoftolique auprès de Cantons
Suiffes Catholiques , Nonce à Vienne ; M. Delci
de Sienne , Vice- Legat d'Avignon , Nonce en
France , où l'Abbé Rota continuera à être chargé
des affaires de S.S. jufqu'à l'arrivée de ce nouveau
Nonce ; M. Jean Baptifte Barni , de Lodi ,
Gouverneur de Macerata , Nonce auprés des Cantons
Suiffes Catholiques.
Le bruit court que M. Firrao , ci -devant Nonce
en Suiffe, qui étoit allé à Lisbonne, pour y être
Nonce à la place de M. Bichi , retournera à Rome
; que M. Bichi exercera de nouveau la Nonciature
pendant quelques mois , & qu'enfuite il
fera fait Cardinal.
Le bruit court auffi que le Cardinal Coſcia
a promis de donner ſa démiſſion de fon Archevê
2518 MERCURE DE FRANCE
vêché de Benevent , que le Cardinal Petra fera
nommé à cet Archevêché ; que fa Charge de
Grand- Penitencier fera donnée au Cardinal Sal- ~
viati ; celle de Préfet de la Signature , au Cardinal
de fainte Agnès , & celle de Préfet du College
de Propaganda Fide, au Cardinal Rufpoli.
Les Rebelles de l'Ile de Corfe, continuent leurs
pillages , & la République de Genes , n'efperant
plus de les ramener à leur devoir par la voye de
la douceur , prend actuellement des meſures
les foumettre par la force.
Dans le du zcteur des affaires de
Ans le Confiftoire du 2. Octobre , le Car-
France , propofa l'Evêché de Tarbes pour
M.
NOVEMBRE . 1730. 2517
M. Charles Antoine de la Rocheaymon , qui
étoit Evêque de Sarepte , l'Abbaye de Notre Dame
de Silly , Ordre de Prémontré , Diocèfe de
Seez pour M. Louis François Neele , & celle de
Notre Dame de Jofaphat , Ordre de S. Benoît ,
Diocéfe de Chartres pour l'Abbé de la Baſtie. Il
préconifa enfuite l'Abbé de Choiſeuil pour l'Abbaye
de Bolbonne , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Mirepoix.
La République de Luques ayant appris que le
Chanoine Fatinelli , fon Agent à la Cour de Rome
, ne pouvoit obtenir d'audience du Pape , a
fait dire au Cardinal Secretaire d'Etat , qu'elle
confentiroit à admettre M. Cervioni , nommé à
P'Archevêché de Luques , auffi - tôt que le Pape
l'ordonneroit , pourvû qu'on lui permit de faire
les proteftations & de prendre les mesures neceffaires
pour conferver les privileges de la Ville à
ce fujet.
Le Pape a nommé M. Dominique Paffionei de
Foffombrone , Archevêque d'Ephefe , actuellement
Nonce Apoftolique auprès de Cantons
Suiffes Catholiques , Nonce à Vienne ; M. Delci
de Sienne , Vice- Legat d'Avignon , Nonce en
France , où l'Abbé Rota continuera à être chargé
des affaires de S.S. jufqu'à l'arrivée de ce nouveau
Nonce ; M. Jean Baptifte Barni , de Lodi ,
Gouverneur de Macerata , Nonce auprés des Cantons
Suiffes Catholiques.
Le bruit court que M. Firrao , ci -devant Nonce
en Suiffe, qui étoit allé à Lisbonne, pour y être
Nonce à la place de M. Bichi , retournera à Rome
; que M. Bichi exercera de nouveau la Nonciature
pendant quelques mois , & qu'enfuite il
fera fait Cardinal.
Le bruit court auffi que le Cardinal Coſcia
a promis de donner ſa démiſſion de fon Archevê
2518 MERCURE DE FRANCE
vêché de Benevent , que le Cardinal Petra fera
nommé à cet Archevêché ; que fa Charge de
Grand- Penitencier fera donnée au Cardinal Sal- ~
viati ; celle de Préfet de la Signature , au Cardinal
de fainte Agnès , & celle de Préfet du College
de Propaganda Fide, au Cardinal Rufpoli.
Les Rebelles de l'Ile de Corfe, continuent leurs
pillages , & la République de Genes , n'efperant
plus de les ramener à leur devoir par la voye de
la douceur , prend actuellement des meſures
les foumettre par la force.
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Résumé : ITALIE.
En novembre 1730, plusieurs nominations ecclésiastiques ont été annoncées. M. Charles Antoine de la Rocheaymon a été proposé pour l'Évêché de Tarbes. L'Abbaye de Notre Dame de Silly a été attribuée à M. Louis François Neele, et l'Abbaye de Notre Dame de Josaphat à l'Abbé de la Bastie. L'Abbé de Choiseuil a été préconisé pour l'Abbaye de Boulbonne. La République de Lucques a accepté M. Cervioni pour l'Archevêché de Lucques, sous réserve de conserver les privilèges de la ville. Le Pape a nommé plusieurs nonces apostoliques : M. Dominique Passionei de Fossombrone et M. Jean Baptiste Barni auprès des Cantons Suisses Catholiques, M. Delci comme Vice-Légat d'Avignon et Nonce en France. Des rumeurs évoquent des changements dans les nonciatures, notamment le retour de M. Firrao à Rome et la possible nomination de M. Bichi comme cardinal. Par ailleurs, la République de Gênes prépare des mesures militaires contre les rebelles corses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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483
p. 2521-2528
« Le 23. Octobre, la Duchesse d'Orleans donna une petite Fête à Bagnolet pour le Divertissement [...] »
Début :
Le 23. Octobre, la Duchesse d'Orleans donna une petite Fête à Bagnolet pour le Divertissement [...]
Mots clefs :
Reine, Église, Roi, Messe, Musique, Princesse, Palais, Opéra, Cérémonies, Ambassadeurs, Jésuites, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 23. Octobre, la Duchesse d'Orleans donna une petite Fête à Bagnolet pour le Divertissement [...] »
E 23. Octobre , la Ducheffe d'Orleans donna '
une petite Fête à Bagnolet pour le Divertiffe
ment des deux Princeffes fes filles , à laquelle toutès
les Dames du Palais Royal & plufieurs autres
attachées à S. A. R. & aux Princeffes , fe trouverent
, de même que plufieurs Seigneurs attachés
à la Maifon d'Orleans . S. A. R. fit donner aux
Princeffes & aux Dames qui étoient du Souper ,
à chacune un habit de Satin gaufré , d'une nouvelle
fabrique établie depuis peu au Village de
Bagnolet. Les Seigneurs qui étoient de la danfe ,
eurent auffi des habits & des veftes de même . Le
tout fut trouvé très - galant & d'un très - bon gout;il
y eut plufieurs danfes & contre- danfes qui furent
parfaitement bien executées par les jeunes Princeffes
& par les Dames & les Seigneurs qui eurent
l'honneur de danfer avec elles.
Le 25. du même mois , la jeune Princeſſe de
Bade , Niece du Duc d'Orleans , fe rendit au Palais
Royal pour rendre vifite à S. A. R. qui la
reçut très-gracieufement , & lui fit prefent d'une
magnifique Poupée, de la grandeur de cette jeune
Princeffe, ornée de Boucles d'oreilles de diamans,
de Papillons & autres ornemens de tête auffi en
brillans,avec plufieurs habits magnifiques pour la
Poupée. Les Princeffes d'Orleans ajoûterent à ce
Prefent plufieurs Bijoux très-galans , qui furent
mis dans les poches de la Poupée , laquelle étoit
accompagnée d'une Figure de Crocheteur en
I carton
2522 MERCURE DE FRANCE
carton , portant une Valife qui renfermoit diffe
rens habits & nipes pour l'ufage de la Poupée .
Le 7. le Marquis de Caftellar , nouvel Ambaffadeur
du Roi d'Efpagne, fe rendit aux Carmelites,
où il eut Audiance de la Reine Douairiere d'Efpagne
, qui le reçut très gracieufement . Ce Miniftre
témoigna à S. M. C. les affurances d'amitié
qu'il venoit lui faire de la part du Roi & de la
Reine d'Espagne.
Le 8.de ce mois , Madame d'Orleans , Abbeffe
de Chelles , alla à la Magdeleine de Trenel dîner
avec la Ducheffe d'Orleans fa mere & avec les
Princeffes fes Soeurs. L'après dîné , la Reine d'Eſpagne
s'y rendit auffi , & quelque tems après M. le.
Duc d'Orleans , accompagné du Duc de Chartres,
fon Fils , y arriva. Deforte que S. A. R. eut le
plaifir de voir dans la même journée preſque toure
fon augufte Famille raffemblée.
Le 25. Octobre , la jeune Princeffe de Bade ,
fille duMargrave de Bade Baden, & Niece du Duc
d'Orleans , partit de Paris pour s'en retourner
à Raftalt , en parfaite fanté. M. Petit , Chirurgien
Juré , Démonftrateur Royal & Membre
des Académies des Sciences de Paris & de Londres,
lui avoit extirpé à la joue une loupe d'une groffeur
prodigieufe, & avec tant de fuccès, que cette
Princeffe n'en fera pas même marquée ; auffi ar'elle
récompenfé noblement l'habile main qui a
fi bien operé, & a de plus fait preſent à M. Petit
d'un Neceffaire , c'est - à-dire , d'un affortiment
de tout ce qu'il convient pour faire & fervir du
Caffé , du Thé & du Chocolat , contenant differentes
pieces , comme Aiguére , Soucoupe , plufreurs
Pots , Taffes , Drageoires , Cuilliers , & c.
le tout en Vermeil doré , & Porcelaines de Drefde,
d'un prix confiderable & d'un travail exquis.
Cette Princeffe a donné à la Sacriſtie du Conyent
NOVEMBRE. 1730. 2523
went des Petites Cordelieres , où elle a occupé un
Appartement pendant fon féjour à Paris , un Baffin
& une Aiguiere d'argent , & a fait des préfens
à toutes les Religieafes , pour leur marquer fa
Latisfaction fur leurs foins & fur leurs attentions,
Le Roi a nommé le Duc de Saint- Aignan, Chevalier
des Ordres de S. M. Ambaffadeur à Rome.
Le 29. du mois dernier , le Marquis de Caſte-
Jar , Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
du Roi d'Efpagne , eut fa premiere Audience
particuliere du Roi , de la Reine & de Monfeigneur
le Dauphin , étant conduit par le Chevalier
de Sainctot, Introducteur des Ambaſſadeurs.
Le 31. Octobre , veille de la Fête de tous les
Saints , le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre
du S. Efprit , fe rendit dans la Chapelle du
Château de Verſailles , où S. M. entendit la Meffe
& communia par les mains de l'Abbé de Choifeul
, fon Aumônier en quartier enfuite le Roi
toucha un grand nombre de Malades.
L'aprés midi , S. M. affifta dans la même Chapelle
aux premieres Vêpres chantées par la Mufique,
aufquelles l'Evêque d'Aire officla pontificalement.
Le premier de ce mois, jour de la Fête , le
Roi entendit la grande Meffe celebrée pontificalement
par l'Evêque d'Aire,& chantée par la Mufique.
L'aprés midi S. M. entendit le Sermon du
Pere Cotoner de la Compagnie de Jefus ; enfuite
les fecondes Vêpres qui furent chantéesS par la
Mufique , aufquelles le même Prélat officia. Le
Roi affitta aufli aux Vêpres des Morts.
Le même jour, la Reine entendit la Meffe dans la
même Chapelle, & S. M. communia par les mains
du Cardinal de Fleury , fon Grand- Aumônier .
Le 2. jour des Trépaffez , le Roi & la Reine entendirent
1 ij
2524 MERCURE DE FRANCE
tendirent la Meffe de Requiem , pendant laquelle
le De profundis fut chanté par la Mufique. Aprés
la Meffe , le Roi partit pour Rambouillet.
La Reine ayant voulu rendre à Dieu fes actions
de graces particulieres , de fon heureux
accouchement, & de la naiffarce de Monfeigneur
le Duc d'Anjou, S.M. vint le 6 de ce mois à l'Eglife
Métropolitaine de Paris . La Reine accompagnée
de Mademoiſelle de Clermont , Sur - Intendante
de Sa Maiſon , des Dames de fa Cour & de
fes principaux Officiers , arriva à midi à l'Eglife
Métropolitaine , où les détachemens des Régimens
des Gardes Françoifes & Suifles étoient en
haye & fous les armes. L'Archevêque de Paris ,
revêtu de fes habits Pontificaux & à la tête des
Chanoines , reçut la Reine à la porte de l'Eglife ,
avec les cérémonies accoutumées ; & après avoir
complimenté Sa Majefté , il la conduifit dans le
Choeur. La Reine y fit fa priere , & alla enfuite
à l'Autel de la Vierge entendre la Meffe , qui
fut dite par un de fes Chapelains.La Reine ayant
été reconduite à la porte de l'Eglife , avec les
mêmes cérémonies qui avoient été observées à
fon arrivée , S. M. partit pour retourner à Verfailles,
Le fi Novembre aprés midi, les RR.PP. de la
Compagnie de JESUS , firent avec beaucoup de
folemnité , dans leur Eglife de la Maiſon Profeffe
de Paris , qui étoit éclairée par un grand
nombre de lumieres , l'ouverture de l'Octave de
fa Fête de la Canonifation de S. Louis de Gonzague
& de S. Staniflas Koftka , de leur Compagnie.
Le lendemain l'Archevêque de Paris , à la
tête du Chapitre de l'Eglife Metropolitaine , fe
rendit à cette Eglife, & y célebra pontificalement
la Meffe , qui fut chantée à plufieurs choeurs de
mufique
NOVEMBRE . 1730. 2525
mufique. L'après midi , l'Evêque de Cifteron
prononça le Panegyrique de ces deux Saints avec
beaucoup d'éloquence , & l'Abbé de Gontault ,
Doyen du Chapitre , officia au Salut .
Les jours fuivans , differens Evêques y ont cé
lébré pontificalement la Meffe , & ont officié aux
Saluts .
Le 12 de ce mois , le Comte de Seefted , Ambaffadeur
Extraordinaire du Roy de Danemarc ,
eut , en long Manteau de deuil , une Audience
particuliere du Roy , dans laquelle il donna part
a S. M. de la mort du Roy de Danemarc , Frederic.
IV . Il fut conduit à cette Audience par le
Chevalier de Sainctot , Introducteur des Ambaf
fadeurs , qui le conduifit enfuite à l'Audience de
Ia Reine , & à celle de Monfeigneur le Dauphin.
Le 16. le Roy prit le deuil pour cette mort.
Le 19. le Roy & la Reine partirent de Verfailles
pour aller paffer quelques jours au Château
de Marly.
Le 13 , l'ouverture du Parlement fe fit avec les
céremonies accoutumées , par une Meffe folemnelle
, célébrée pontificalement dans la Grand'-
Salle du Palais , par l'Archevêque de Bourges , à
laquelle M. Portail , Pr. Préfident , & les Chambres
affifterent.
A la rentrée du Parlement de Dijon , à la faint
Martin , M. le Prefident de la Marche , qui eft
un jeune Magiftrat , né Orateur , s'étoit chargé
de faire le Difcours des Mercuriales & de l'Audience
publique , & il s'en acquitta parfaitement."
Le Difcours aux Chambres affemblées , fut pour
apprendre aux Officiers à ne pas juger par hu-
I. iij meur.
2526 MERCURE DE FRANCE
meur. Ce fujet parut nouveau & fut traité avec
toute la politeffe , la nobleffe & l'éloquence poffible,
ainfi que celui pour les Avocats , fur l'amour
de la verité ; & il finit par un éloge magnifique
du Roy & du Miniftere,
Le 14 , la Reine vint à Paris , & alla entendre
la Meffe dans l'Eglife de la Maiſon Profeffe des
Jefuites,à l'occafion de la Fête qu'on y célébroit.
S. M. accompagnée de Mademoiſelle de Clermont,
Sur- Intendante de Sa Maiſon , des Dames
de fa Cour , du Cardinal de Fleury , fon Grand
Aumônier , & de fes principaux Officiers , fut
reçûë à la porte de l'Eglife par le Pere Supérieur,
accompagné des Jefuites de la Maiſon , de ceux
du College de LoUIS LE GRAND , & de ceux du
Noviciat. Après que le P. Supérieur eut compli
menté la Reine par un Difcours auffi éloquent
que convenable à la piété de S. M. la Reine fut
Conduite dans le Sanctuaire , & elle y entendit la
Meffe , qui fut dite par un de fes Chapelains ;
pendant laquelle on chanta un Motet. S.M.ayant
été reconduite à la porte de l'Eglife avec les ceremonies
obfervées à ſon arrivée, elle ſe rendit au
Monaftere des Religieufes de l'Ave Maria , d'où
S. M. alla dîner au Palais des Thuilleries , après
avoir paflé par la Place Royale. La Reine trouva,
à l'Eglife des Jéfuites , à celle de l'Ave Maria
& au Palais des Thuilleries , les Gardes Françoifes
& Suiffes en haye & fous les Armes. L'après
midi , S. M. partit de Paris vers les quatre
heures , pour retourner à Verſailles , & s'arrêta
quelque temps au Couvent des Religieufes de
Sainte Marie de Chaillot.
> Le 22. de ce mois , la Fête de Sainte Cecile
fut celebrée avec éclat dans l'Eglife des Enfans.
Rouges
NOVEMBRE 1730. 2527
Rouges ; on y chanta une grande Meffe & les
Vêpres en Mufique & à grand choeur , de la.
compofition de l'Abbé Senefchal , qui fut genéralement
applaudie..
Le 25. là Lotterie de la Compagnie des Indes
pour le remboursement des Actions fut tirée en
la maniere accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
On a publié la Lifte des Numero des Actions
& dixièmes d'Actions qui feront rembourfées
, failant en tout le nombre de 3.00. Actions..
Le premier de ce mois , Fête de la Touffaint ,
il y eut Concert fpirituel au Château des Thuil--
leries. M. Mouret fit chanter Exultate jufti ,
Motet de M. de la Lande , fuivi d'un autre Motet
à deux Baffes - Tailles qui fut très gouté. Les
Dile, Erremens & . Petitpas chanterent avec applaudiffement
un petit Motet nouveau à deux
Deffus , de la compofiiion de M. Le Máire. La
Dile le Maure chanta Ufquequò , petit Moter
de M. Mouret , avec une grande préciſion. Le
Concert fut terminé par le Dixit Dominus de
M. de la Lande.
Le 2. jour des Morts , on exécuta le Divertiffement
de la Chaffe du Cerf . & plufieurs
Piéces de fimphonie , après lefquelles on chanta
le De profundis de M. de la Lande.
Il y a eu Concert François tous les Mercredis
de ce mois , dans lefquels on a chanté plufieurs
Divertiffemens de différens Maîtres , & tous les
Concerts ont toujours été terminés par un Mo.
tet à grands choeurs , de M. de la Lânde.
Le 4. de ce mois , M. de Blamont, Sur- Intendant
de la Mufique du Roi , fit chanter chez la
Reine le 4 & 5e Acte de l'Opera d'Amadis de
L. iiij Gaule;
2528 MERCURE DE FRANCE
Gaule ; La Dile Pitron chanta le Rôle d'Arcabonne
la Dle Lenner celui d'Oriane , le St
d'Angerville celui d'Archelaus & le Sr Guedon
remplit celui d'Amadis .
>
Le 12. on chanta un Divertiffement intitulé
Les Plaisirs de l'Hyver , de la compofition de
M. Capuce , Maître de Mufique de l'Académie
de Dijon , qui fut fort applaudi. Cet Auteur vient
de donner au Public un Livre de Piéces de Viole
qui eft fort goûté .
Le 15. on chanta un Divertiffement de M. de
Blamont qui a pour titre Le Retour des Dieux.
fur la Terre , lequel avoit été chanté devant
L. M. le jour de leur mariage à Fontainebleau.
Le 20. on chanta à Marli le Prologue & le
premier Acte du Balet des Fêtes Grecques &
Romaines de M. de Blamont ; les Dies Antier &
Le Maure chanterent les Rôles de Clio & d'Erato
, & le S d'Angerville celui d'Apollon , &
dans la Piéce les Diles Le Maure , Barbier & le
Noir remplirent les principaux les . La D'e
Pitron chanta enfuite un Air détaché .
Le 22. on chanta la fuite du fecond & du troifiéme
Acte , dans lefquels les Diles Antier , Lenner
& Barbier chanterent les principaux Rôles ,
& le S le Prince fit celui de Tibule.
une petite Fête à Bagnolet pour le Divertiffe
ment des deux Princeffes fes filles , à laquelle toutès
les Dames du Palais Royal & plufieurs autres
attachées à S. A. R. & aux Princeffes , fe trouverent
, de même que plufieurs Seigneurs attachés
à la Maifon d'Orleans . S. A. R. fit donner aux
Princeffes & aux Dames qui étoient du Souper ,
à chacune un habit de Satin gaufré , d'une nouvelle
fabrique établie depuis peu au Village de
Bagnolet. Les Seigneurs qui étoient de la danfe ,
eurent auffi des habits & des veftes de même . Le
tout fut trouvé très - galant & d'un très - bon gout;il
y eut plufieurs danfes & contre- danfes qui furent
parfaitement bien executées par les jeunes Princeffes
& par les Dames & les Seigneurs qui eurent
l'honneur de danfer avec elles.
Le 25. du même mois , la jeune Princeſſe de
Bade , Niece du Duc d'Orleans , fe rendit au Palais
Royal pour rendre vifite à S. A. R. qui la
reçut très-gracieufement , & lui fit prefent d'une
magnifique Poupée, de la grandeur de cette jeune
Princeffe, ornée de Boucles d'oreilles de diamans,
de Papillons & autres ornemens de tête auffi en
brillans,avec plufieurs habits magnifiques pour la
Poupée. Les Princeffes d'Orleans ajoûterent à ce
Prefent plufieurs Bijoux très-galans , qui furent
mis dans les poches de la Poupée , laquelle étoit
accompagnée d'une Figure de Crocheteur en
I carton
2522 MERCURE DE FRANCE
carton , portant une Valife qui renfermoit diffe
rens habits & nipes pour l'ufage de la Poupée .
Le 7. le Marquis de Caftellar , nouvel Ambaffadeur
du Roi d'Efpagne, fe rendit aux Carmelites,
où il eut Audiance de la Reine Douairiere d'Efpagne
, qui le reçut très gracieufement . Ce Miniftre
témoigna à S. M. C. les affurances d'amitié
qu'il venoit lui faire de la part du Roi & de la
Reine d'Espagne.
Le 8.de ce mois , Madame d'Orleans , Abbeffe
de Chelles , alla à la Magdeleine de Trenel dîner
avec la Ducheffe d'Orleans fa mere & avec les
Princeffes fes Soeurs. L'après dîné , la Reine d'Eſpagne
s'y rendit auffi , & quelque tems après M. le.
Duc d'Orleans , accompagné du Duc de Chartres,
fon Fils , y arriva. Deforte que S. A. R. eut le
plaifir de voir dans la même journée preſque toure
fon augufte Famille raffemblée.
Le 25. Octobre , la jeune Princeffe de Bade ,
fille duMargrave de Bade Baden, & Niece du Duc
d'Orleans , partit de Paris pour s'en retourner
à Raftalt , en parfaite fanté. M. Petit , Chirurgien
Juré , Démonftrateur Royal & Membre
des Académies des Sciences de Paris & de Londres,
lui avoit extirpé à la joue une loupe d'une groffeur
prodigieufe, & avec tant de fuccès, que cette
Princeffe n'en fera pas même marquée ; auffi ar'elle
récompenfé noblement l'habile main qui a
fi bien operé, & a de plus fait preſent à M. Petit
d'un Neceffaire , c'est - à-dire , d'un affortiment
de tout ce qu'il convient pour faire & fervir du
Caffé , du Thé & du Chocolat , contenant differentes
pieces , comme Aiguére , Soucoupe , plufreurs
Pots , Taffes , Drageoires , Cuilliers , & c.
le tout en Vermeil doré , & Porcelaines de Drefde,
d'un prix confiderable & d'un travail exquis.
Cette Princeffe a donné à la Sacriſtie du Conyent
NOVEMBRE. 1730. 2523
went des Petites Cordelieres , où elle a occupé un
Appartement pendant fon féjour à Paris , un Baffin
& une Aiguiere d'argent , & a fait des préfens
à toutes les Religieafes , pour leur marquer fa
Latisfaction fur leurs foins & fur leurs attentions,
Le Roi a nommé le Duc de Saint- Aignan, Chevalier
des Ordres de S. M. Ambaffadeur à Rome.
Le 29. du mois dernier , le Marquis de Caſte-
Jar , Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
du Roi d'Efpagne , eut fa premiere Audience
particuliere du Roi , de la Reine & de Monfeigneur
le Dauphin , étant conduit par le Chevalier
de Sainctot, Introducteur des Ambaſſadeurs.
Le 31. Octobre , veille de la Fête de tous les
Saints , le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre
du S. Efprit , fe rendit dans la Chapelle du
Château de Verſailles , où S. M. entendit la Meffe
& communia par les mains de l'Abbé de Choifeul
, fon Aumônier en quartier enfuite le Roi
toucha un grand nombre de Malades.
L'aprés midi , S. M. affifta dans la même Chapelle
aux premieres Vêpres chantées par la Mufique,
aufquelles l'Evêque d'Aire officla pontificalement.
Le premier de ce mois, jour de la Fête , le
Roi entendit la grande Meffe celebrée pontificalement
par l'Evêque d'Aire,& chantée par la Mufique.
L'aprés midi S. M. entendit le Sermon du
Pere Cotoner de la Compagnie de Jefus ; enfuite
les fecondes Vêpres qui furent chantéesS par la
Mufique , aufquelles le même Prélat officia. Le
Roi affitta aufli aux Vêpres des Morts.
Le même jour, la Reine entendit la Meffe dans la
même Chapelle, & S. M. communia par les mains
du Cardinal de Fleury , fon Grand- Aumônier .
Le 2. jour des Trépaffez , le Roi & la Reine entendirent
1 ij
2524 MERCURE DE FRANCE
tendirent la Meffe de Requiem , pendant laquelle
le De profundis fut chanté par la Mufique. Aprés
la Meffe , le Roi partit pour Rambouillet.
La Reine ayant voulu rendre à Dieu fes actions
de graces particulieres , de fon heureux
accouchement, & de la naiffarce de Monfeigneur
le Duc d'Anjou, S.M. vint le 6 de ce mois à l'Eglife
Métropolitaine de Paris . La Reine accompagnée
de Mademoiſelle de Clermont , Sur - Intendante
de Sa Maiſon , des Dames de fa Cour & de
fes principaux Officiers , arriva à midi à l'Eglife
Métropolitaine , où les détachemens des Régimens
des Gardes Françoifes & Suifles étoient en
haye & fous les armes. L'Archevêque de Paris ,
revêtu de fes habits Pontificaux & à la tête des
Chanoines , reçut la Reine à la porte de l'Eglife ,
avec les cérémonies accoutumées ; & après avoir
complimenté Sa Majefté , il la conduifit dans le
Choeur. La Reine y fit fa priere , & alla enfuite
à l'Autel de la Vierge entendre la Meffe , qui
fut dite par un de fes Chapelains.La Reine ayant
été reconduite à la porte de l'Eglife , avec les
mêmes cérémonies qui avoient été observées à
fon arrivée , S. M. partit pour retourner à Verfailles,
Le fi Novembre aprés midi, les RR.PP. de la
Compagnie de JESUS , firent avec beaucoup de
folemnité , dans leur Eglife de la Maiſon Profeffe
de Paris , qui étoit éclairée par un grand
nombre de lumieres , l'ouverture de l'Octave de
fa Fête de la Canonifation de S. Louis de Gonzague
& de S. Staniflas Koftka , de leur Compagnie.
Le lendemain l'Archevêque de Paris , à la
tête du Chapitre de l'Eglife Metropolitaine , fe
rendit à cette Eglife, & y célebra pontificalement
la Meffe , qui fut chantée à plufieurs choeurs de
mufique
NOVEMBRE . 1730. 2525
mufique. L'après midi , l'Evêque de Cifteron
prononça le Panegyrique de ces deux Saints avec
beaucoup d'éloquence , & l'Abbé de Gontault ,
Doyen du Chapitre , officia au Salut .
Les jours fuivans , differens Evêques y ont cé
lébré pontificalement la Meffe , & ont officié aux
Saluts .
Le 12 de ce mois , le Comte de Seefted , Ambaffadeur
Extraordinaire du Roy de Danemarc ,
eut , en long Manteau de deuil , une Audience
particuliere du Roy , dans laquelle il donna part
a S. M. de la mort du Roy de Danemarc , Frederic.
IV . Il fut conduit à cette Audience par le
Chevalier de Sainctot , Introducteur des Ambaf
fadeurs , qui le conduifit enfuite à l'Audience de
Ia Reine , & à celle de Monfeigneur le Dauphin.
Le 16. le Roy prit le deuil pour cette mort.
Le 19. le Roy & la Reine partirent de Verfailles
pour aller paffer quelques jours au Château
de Marly.
Le 13 , l'ouverture du Parlement fe fit avec les
céremonies accoutumées , par une Meffe folemnelle
, célébrée pontificalement dans la Grand'-
Salle du Palais , par l'Archevêque de Bourges , à
laquelle M. Portail , Pr. Préfident , & les Chambres
affifterent.
A la rentrée du Parlement de Dijon , à la faint
Martin , M. le Prefident de la Marche , qui eft
un jeune Magiftrat , né Orateur , s'étoit chargé
de faire le Difcours des Mercuriales & de l'Audience
publique , & il s'en acquitta parfaitement."
Le Difcours aux Chambres affemblées , fut pour
apprendre aux Officiers à ne pas juger par hu-
I. iij meur.
2526 MERCURE DE FRANCE
meur. Ce fujet parut nouveau & fut traité avec
toute la politeffe , la nobleffe & l'éloquence poffible,
ainfi que celui pour les Avocats , fur l'amour
de la verité ; & il finit par un éloge magnifique
du Roy & du Miniftere,
Le 14 , la Reine vint à Paris , & alla entendre
la Meffe dans l'Eglife de la Maiſon Profeffe des
Jefuites,à l'occafion de la Fête qu'on y célébroit.
S. M. accompagnée de Mademoiſelle de Clermont,
Sur- Intendante de Sa Maiſon , des Dames
de fa Cour , du Cardinal de Fleury , fon Grand
Aumônier , & de fes principaux Officiers , fut
reçûë à la porte de l'Eglife par le Pere Supérieur,
accompagné des Jefuites de la Maiſon , de ceux
du College de LoUIS LE GRAND , & de ceux du
Noviciat. Après que le P. Supérieur eut compli
menté la Reine par un Difcours auffi éloquent
que convenable à la piété de S. M. la Reine fut
Conduite dans le Sanctuaire , & elle y entendit la
Meffe , qui fut dite par un de fes Chapelains ;
pendant laquelle on chanta un Motet. S.M.ayant
été reconduite à la porte de l'Eglife avec les ceremonies
obfervées à ſon arrivée, elle ſe rendit au
Monaftere des Religieufes de l'Ave Maria , d'où
S. M. alla dîner au Palais des Thuilleries , après
avoir paflé par la Place Royale. La Reine trouva,
à l'Eglife des Jéfuites , à celle de l'Ave Maria
& au Palais des Thuilleries , les Gardes Françoifes
& Suiffes en haye & fous les Armes. L'après
midi , S. M. partit de Paris vers les quatre
heures , pour retourner à Verſailles , & s'arrêta
quelque temps au Couvent des Religieufes de
Sainte Marie de Chaillot.
> Le 22. de ce mois , la Fête de Sainte Cecile
fut celebrée avec éclat dans l'Eglife des Enfans.
Rouges
NOVEMBRE 1730. 2527
Rouges ; on y chanta une grande Meffe & les
Vêpres en Mufique & à grand choeur , de la.
compofition de l'Abbé Senefchal , qui fut genéralement
applaudie..
Le 25. là Lotterie de la Compagnie des Indes
pour le remboursement des Actions fut tirée en
la maniere accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
On a publié la Lifte des Numero des Actions
& dixièmes d'Actions qui feront rembourfées
, failant en tout le nombre de 3.00. Actions..
Le premier de ce mois , Fête de la Touffaint ,
il y eut Concert fpirituel au Château des Thuil--
leries. M. Mouret fit chanter Exultate jufti ,
Motet de M. de la Lande , fuivi d'un autre Motet
à deux Baffes - Tailles qui fut très gouté. Les
Dile, Erremens & . Petitpas chanterent avec applaudiffement
un petit Motet nouveau à deux
Deffus , de la compofiiion de M. Le Máire. La
Dile le Maure chanta Ufquequò , petit Moter
de M. Mouret , avec une grande préciſion. Le
Concert fut terminé par le Dixit Dominus de
M. de la Lande.
Le 2. jour des Morts , on exécuta le Divertiffement
de la Chaffe du Cerf . & plufieurs
Piéces de fimphonie , après lefquelles on chanta
le De profundis de M. de la Lande.
Il y a eu Concert François tous les Mercredis
de ce mois , dans lefquels on a chanté plufieurs
Divertiffemens de différens Maîtres , & tous les
Concerts ont toujours été terminés par un Mo.
tet à grands choeurs , de M. de la Lânde.
Le 4. de ce mois , M. de Blamont, Sur- Intendant
de la Mufique du Roi , fit chanter chez la
Reine le 4 & 5e Acte de l'Opera d'Amadis de
L. iiij Gaule;
2528 MERCURE DE FRANCE
Gaule ; La Dile Pitron chanta le Rôle d'Arcabonne
la Dle Lenner celui d'Oriane , le St
d'Angerville celui d'Archelaus & le Sr Guedon
remplit celui d'Amadis .
>
Le 12. on chanta un Divertiffement intitulé
Les Plaisirs de l'Hyver , de la compofition de
M. Capuce , Maître de Mufique de l'Académie
de Dijon , qui fut fort applaudi. Cet Auteur vient
de donner au Public un Livre de Piéces de Viole
qui eft fort goûté .
Le 15. on chanta un Divertiffement de M. de
Blamont qui a pour titre Le Retour des Dieux.
fur la Terre , lequel avoit été chanté devant
L. M. le jour de leur mariage à Fontainebleau.
Le 20. on chanta à Marli le Prologue & le
premier Acte du Balet des Fêtes Grecques &
Romaines de M. de Blamont ; les Dies Antier &
Le Maure chanterent les Rôles de Clio & d'Erato
, & le S d'Angerville celui d'Apollon , &
dans la Piéce les Diles Le Maure , Barbier & le
Noir remplirent les principaux les . La D'e
Pitron chanta enfuite un Air détaché .
Le 22. on chanta la fuite du fecond & du troifiéme
Acte , dans lefquels les Diles Antier , Lenner
& Barbier chanterent les principaux Rôles ,
& le S le Prince fit celui de Tibule.
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Résumé : « Le 23. Octobre, la Duchesse d'Orleans donna une petite Fête à Bagnolet pour le Divertissement [...] »
En octobre 1730, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de France. Le 7 octobre, le Marquis de Castellar, nouvel ambassadeur d'Espagne, fut reçu par la Reine douairière d'Espagne. Le 8 octobre, Madame d'Orléans, Abbesse de Chelles, dîna avec la Duchesse d'Orléans et les Princesses, rejointes plus tard par la Reine d'Espagne et le Duc d'Orléans. Le 25 octobre, la Princesse de Bade, nièce du Duc d'Orléans, rendit visite au Palais Royal et reçut une poupée ornée en cadeau. La même journée, elle quitta Paris pour Rastatt après une opération réussie pour enlever une loupe à sa joue, récompensant le chirurgien avec un nécessaire en vermeil doré et porcelaine de Dresde. Le Roi nomma le Duc de Saint-Aignan ambassadeur à Rome. Le 29 octobre, le Marquis de Castellar eut sa première audience privée avec le Roi, la Reine et le Dauphin. Le 31 octobre, le Roi assista à la messe et communia à Versailles, touchant ensuite un grand nombre de malades. Les 1er et 2 novembre, le Roi et la Reine assistèrent à des messes et sermons à Versailles, incluant une messe de Requiem. Le 6 novembre, la Reine rendit grâce pour son accouchement à l'église métropolitaine de Paris. Le 11 novembre, les Jésuites célébrèrent la canonisation de Saint Louis de Gonzague et Saint Stanislas Kostka. Le 12 novembre, l'ambassadeur du Danemark informa le Roi de la mort du Roi Frédéric IV. Le 16 novembre, le Roi prit le deuil. Le 19 novembre, le Roi et la Reine se rendirent au Château de Marly. Le 13 novembre, le Parlement ouvrit avec une messe solennelle à Dijon, où un jeune magistrat prononça un discours sur l'humilité des juges. Le 14 novembre, la Reine assista à une messe chez les Jésuites et visita le monastère des Religieuses de l'Ave Maria avant de retourner à Versailles. Le 22 novembre, la fête de Sainte Cécile fut célébrée avec une grande messe et des vêpres. Le 25 novembre, la loterie de la Compagnie des Indes eut lieu. Divers concerts et divertissements musicaux furent organisés au Château des Tuileries et à Marly, incluant des motets et des opéras.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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484
p. 2528-2529
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën le 21. Novembre 1730, sur la Fête celebrée dans l'Eglise des R R. P P. Jesuites.
Début :
Tout le monde sçait avec quel zele les R R. P P. Jesuites font éclater leur joye [...]
Mots clefs :
Église, Jésuites, Caen, Naissance du Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën le 21. Novembre 1730, sur la Fête celebrée dans l'Eglise des R R. P P. Jesuites.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën
le 21. Novembre 1730. fur la Fête celebrée
dans l'Eglife des RR. P P. Jeft ites .
TR
Out le monde fçait avec quel zele les
R R. P P. Jefuites font éclater leur joye
orfqu'il s'agit de l'interêt de la Religion & de
a gloire du Roi. , On vit à Caen l'année paffée
les Réjouiffances publiques qu'ils firent pour
la
NOVEMBRE. 1730. 2520
la Naiffance du Dauphin ; elles furent unanimement
applaudies.
Ils ont cette année fignalé leur piété par la
Fête de la Canonifation des Bienheureux S S.
Louis de Gonzague & Staniſlas Koſtka , de leur
Compagnie. L'ouverture s'en fit le Dimanche 12.
. Novembre. La veille de cette folemnité M. de
Luynes , Evêque de Bayeux , fulmina les Balles
de la Canonifation , & le Te Deum fut enfuite
chanté au bruit de l'Artillerie , laquelle fut placée
fur les Remparts qui donnent fur la Cour de
P'Eglife des Jeunes. On fit le Salut le foir ,
cette Eglife fut illuminée de plus de 6000. Lam
pions & de quantité de cierges & de bougies , Illumination
qui a été continuée pendant l'Octave
entiere.
&ta
Le lendemain Dimanche la Melle fut celebrée
par M. l'Evêque après une Proceffion genérale..
Les Vêpres furent dites de la même maniere , &
la même folemn. a été continuée pendant toute
l'Octave , avec un éclat & un concours extraor
dinaire ..
Le Dimanche 19. jour de l'Octave , on entene
dit dès le matin une falve des mêmes Canons.
M. Vicaire , Curé de S. Michel de Vaucelles
prononça le Panegyrique des deux Saints avec :
beaucoup d'éloquence & d'applaudiffement. Suc
fe foir on entendit encore le bruit du Canon ;:
c'étoit le fignal d'une illumination magnifique
& d'un feu d'artifice qui fut tiré avec un grand
fuccès devant l'Eglife des Jefuites..
le 21. Novembre 1730. fur la Fête celebrée
dans l'Eglife des RR. P P. Jeft ites .
TR
Out le monde fçait avec quel zele les
R R. P P. Jefuites font éclater leur joye
orfqu'il s'agit de l'interêt de la Religion & de
a gloire du Roi. , On vit à Caen l'année paffée
les Réjouiffances publiques qu'ils firent pour
la
NOVEMBRE. 1730. 2520
la Naiffance du Dauphin ; elles furent unanimement
applaudies.
Ils ont cette année fignalé leur piété par la
Fête de la Canonifation des Bienheureux S S.
Louis de Gonzague & Staniſlas Koſtka , de leur
Compagnie. L'ouverture s'en fit le Dimanche 12.
. Novembre. La veille de cette folemnité M. de
Luynes , Evêque de Bayeux , fulmina les Balles
de la Canonifation , & le Te Deum fut enfuite
chanté au bruit de l'Artillerie , laquelle fut placée
fur les Remparts qui donnent fur la Cour de
P'Eglife des Jeunes. On fit le Salut le foir ,
cette Eglife fut illuminée de plus de 6000. Lam
pions & de quantité de cierges & de bougies , Illumination
qui a été continuée pendant l'Octave
entiere.
&ta
Le lendemain Dimanche la Melle fut celebrée
par M. l'Evêque après une Proceffion genérale..
Les Vêpres furent dites de la même maniere , &
la même folemn. a été continuée pendant toute
l'Octave , avec un éclat & un concours extraor
dinaire ..
Le Dimanche 19. jour de l'Octave , on entene
dit dès le matin une falve des mêmes Canons.
M. Vicaire , Curé de S. Michel de Vaucelles
prononça le Panegyrique des deux Saints avec :
beaucoup d'éloquence & d'applaudiffement. Suc
fe foir on entendit encore le bruit du Canon ;:
c'étoit le fignal d'une illumination magnifique
& d'un feu d'artifice qui fut tiré avec un grand
fuccès devant l'Eglife des Jefuites..
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën le 21. Novembre 1730, sur la Fête celebrée dans l'Eglise des R R. P P. Jesuites.
Le 21 novembre 1730, une fête fut organisée dans l'église des Jésuites de Caen pour célébrer la canonisation des bienheureux Louis de Gonzague et Stanislas Kostka. Les festivités débutèrent le 12 novembre avec la publication des bulles de canonisation par l'évêque de Bayeux, M. de Luynes, et le chant du Te Deum, accompagné par l'artillerie. L'église fut illuminée avec plus de 6000 lampes, cierges et bougies, illumination maintenue durant toute l'octave. Le dimanche suivant, l'évêque célébra la messe après une procession générale, suivie de vêpres solennelles. Les célébrations se poursuivirent avec éclat et une grande affluence pendant toute l'octave. Le 19 novembre, une salve de canons annonça le panégyrique des deux saints, prononcé par M. Vicaire, curé de Saint-Michel de Vaucelles. La journée se conclut par une illumination et un feu d'artifice devant l'église des Jésuites.
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485
p. 2582-2596
DEFENSE de la Lettre écrite à M. l'Abbé de Cheret, & inserée dans le Mercure du mois de May 1729. au sujet du Projet du nouveau Missel, à l'usage du Diocèse de Chartres ; en reponse à un Article des Memoires de Trevoux, du mois d'Aoust de la même année.
Début :
Premierement, l'Auteur de cette Lettre avertit le Public qu'il s'y est glissé [...]
Mots clefs :
Missel, Mémoires de Trévoux, Diocèse de Chartres, Église, Sacrifice, Jésus, Prêtre, Dieu, Médiateur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEFENSE de la Lettre écrite à M. l'Abbé de Cheret, & inserée dans le Mercure du mois de May 1729. au sujet du Projet du nouveau Missel, à l'usage du Diocèse de Chartres ; en reponse à un Article des Memoires de Trevoux, du mois d'Aoust de la même année.
DEFFENSE de la Lettre écrite à
M.l'Abbé de Cheret , & inferée dans le
Mercure du mois de May 1729. au´ſujet
du Projet du nouveau Miffel , à l'ufage
du Diocèfe de Chartres ; en reponse à un
Article des Memoires de Trevoux , du
mois d'Aouft de la même année.:
page
Remierement,l'Auteur de cette Let-
P tre avertit le Public qu'il s'y eft glif
fé plufieurs fautes d'Impreffion.Par exemple,
au lieu de Sauveau , il faut lire Fauveau
, c'eft le nom de l'Auteur. A la
864. ligne 1ere , au lieu des trois Mages ,
lifez le trois May. A la page 867.ligne 10.
il faut lire pofita , au lieu de pofita ; fans
compter les fautes de ponctuation , qui
alterent fouvent le fens.
Secondement , l'Imprimeur a'oublié de
marquer à la niarge,vis- à- vis l'endroit où
il eft parlé de Maldonat ; le monument
public , d'où l'on a tiré les Paffages Extraits
de cet Auteur , qui eft la 29 des
Lettres choifies de M. Simon , du Tome
2. de l'édition de 1704. A Roterdam
chez Reinier Leers , pages 180 & 181 .
Les Curieux liront fans doute cette Lettre.
M. Simon y fait l'Analyſe du Traité
I.Vol. manuf
DECEMBRE . 1730. 2583
manufcrit de Maldonat qu'il avoit , fur
les ceremonies en general ; & en particulier
fur les ceremonies de la Meffe . On
y trouvera mot à mot les paffages latins ,
citez dans la Lettre cy - deſſus , & que Maldonat
eft réellement & authentiquement
la caution de la Critique du Doyen de Maintenon.
Quoiqu'on en dife dans les Mémoires
impriméz à Trevoux, au mois d'Aouſt
1729. page 1475. On y trouvera auffi que
ce Sçavant Jéfuite y tient le même langage
,que l'on femble relever dans le Pere
le Brun de l'Oratoire , lorſqu'on cite l'endroit
où il a dit , que toutes les anciennes.
Collectes s'addreffent à Dieu le Pers ; ầ
moins que des gens exceffivement clairvoyans
, ne prétendent que cette Propofition
du P. le Brun , eft plus hardie &
moins ménagée que celle- cy de Maldonat
, rapportée par M. Simon , dans fa
Lettre cy - deffus citée. Numquam Ecclefia
direxit fuas orationes nifi ad Deum
Patrem quod à Chrifio fponfo fuo didicit.
On jugera par cet endroit dont on n'avoit
point parlé; fi loin d'avoir ajouté ,
on n'a pas au contraire fupprimé les
termes de Maldonat , qui pouvoient paroître
un peu forts , & un peu trop étendus
, pour le renfermer dans les Oraifons
& Collectes de la Meffe.
Il ne manque rien à l'Exemplaire que
I. Vol. B¯`vj j'ai
2584 MERCURE DE FRANCE
j'ai dit : M.Simon , dans la derniere page
de cette même Lettre 29. qui commence
à la page 174. & finit à la page 186.
On peut encore lire la Lettre 17. du 1er
tome , du même Auteur. ( C'eft apparemment
la même que Bayle cite , la i 、e
de l'édition de Trévoux , à l'article de
Maldonat ; ) on y trouvera plufieurs particularitez
affez curieufes au fujet des Ouvrages
MS S. de Maldonat. Comme les
Continuateurs de Morery nous affurent
dans l'édition de 1725. que M. Simon
a laiffé en mourant , fes Ecrits & fes Papiers
à la Bibliotheque de la Cathedrale
de Rouen. Le Manufcrit en queſtion de
M. Simon pourroit peut - être s'y trouver.
D'ailleurs , puifque M. Simon dans fa
17 Lettre cy-deffus , nous marque , qu'il
n'a rien vû de plus exact fur les Ouvrages
MSS. de Maldonat , qu'un Recueil
qu'il a vû , & qui étoit entre les mains
de M. Dubois , Docteur de Sorbonne ,
qui a fait imprimer quelques opufcules
de Maldonat en 1677. & qui eft l'Auteur
de l'Epître dédicatoire , & du Difcours
qui fuit , qui font à la tête de ces Opufcules.
On peut vérifier les citations cydeffus
, fur ce Recueil de M. Dubois , en
s'informant de ceux qui en font les Poffeffeurs
: Mais , au refte , fi malgré tout cela,
on ne vouloir point encore que Maldo-
1. Vol.
nat
DECEMBRE . 1730. 2585
nat fut notre caution , on en trouvera
d'autres qui le valent bien , & qui ne le
tier.dront point à deshonneur,
3° . On remarquera que l'Auteur de la
Lettre à M. l'Abbé de Cheret , n'ayant
pû , dans les bornes étroites de fa Lettre ,
renfermer toutes les preuves & authori
tez qu'il avoit en main , pour appuyer la
propofition qu'il a avancée , que les Colfectes
de la Meffe , doivent réguliérement
s'addreffer au Pere Eternel . Il pric
le public d'y fuppléer , en recourant à
l'excellent Traité de Ritibus Ecclefia du
Préfident Duranti , Auteur dont l'Ouvrage
eft generalement cftimé & regardé
comme un des meilleurs dans ce genre
de Litterature.
Duranti , dans le chap. 16. du 2. Liv.
de Ritibus Ecclefie , num. 12. 13. 14. 15.
16. & 17. de l'Edition de Cologne en
1592. pag. 385. auffi-bien que dans le ch.
31. du même livre , num. 8. pag. 464.
comme encore , ch . 33. num . 2. pag.49 3 .
& ch. 48. n. 1. pag. 635. foutient cette
même Theſe , & la prouve à fon ordinaire,
par les authoritez des Peres & des Auteurs
Eccléfiaftiques , des différens fiécles
de l'Eglife , en faifant voir la Tradition
fur ce dogme. On peut bien croire , qu'il
n'oublie pas le Capitule 23. du 3 Concile
I. Vol. de
2586 MERCURE DE FRANCE
de Carthage , que l'on a cité dans la Lettre
de M. l'Abbé de Cheret.
Mais afin que l'on ne croye pas que ce
foit là un Reglement des Evêques d'Af
frique , fur un point de difcipline , qui
ait changé dans les fiecles fuivans ; on
trouvera dans cet Auteur des Palages
tres-formels de prefque tous les fiecles de
l'Eglife , depuis ce Concile , qui tiennent
le même langage, Comme ont fait S.Fulgence
, lib. 2. ad Monimum , quaft. 1 .
Charlemagne , in fragmentis de Ritibus
Ecclefia veteris. Alcuin , femel atq . iterùm
de Divinis Officiis . cap. de celebratione
Miffa. Radulphus Tungrefis , de Canonis
obferv . prop. 23. Florus Magifter in Exegefi
Miffa: Micrologus : Stephanus Eduenfis.
lib. de Sacram. Altaris. Odo Cameracenfis
in expof. facri Canonis . S. Bernardus
, ou plutôt Guill. à S. Theodorico ,
lib. de amore Dei , cap. 8. & plures alii.
Je me contenterai de rapporter icy
quelques-uns de ces paffages , qui font fi
formels & fi précis , pour la preuve de la
propofition dont il s'agit , que je n'ai pas
la force de les fupprimer. Ils m'échappent
malgré moi. Voici comme parle , aunom
de tous les autres , Florus Magifter , in expofitione
Miffa fur ces mots : Te igitur ,
clementiffime Pater. Dirigiturhac oratio , dit
I. Vol.
cet
DECEMBRE. 1730. 2587
1
tet Auteur : Sicut reliqua Orationes juxta
Regulam fidei & morem Ecclefiæ ad Clementiffimum
Patrem ...... & hoc perJefum
Chriftum Filium tuum , Dominum noftrum ,
per quem , omnis fupplicatio , & petitio noftra
, ad Deum dirigi debet , tanquam per
verum mediatorem, & æternum Sacerdotem .
Le même Auteur , fur ces mots : Per
Dominum noftrum , de l'Oraiſon : Libera
nos , ajoute encore , quod utique certâ ras
tione ut fæpè dictum eft , Catholica concelebrat
Ecclefia, propter illud utique Sacramen▾
tum , quod Mediator Dei & hominum
factus eft homo Chriftus , & c.
,
L'Auteur , nommé Micrologue , ch. 5.
Oratio quidem ad Patrem dirigenda eft.
Juxta Domini Praeceptum , & c. Le même
Auteur , au ch. 6. de Conclufione oratio
dit encore : Concludimus orationes
per Dominum noftrum videlicet Patrem
orando
per Filium , juxta ejufdem Filii preceptum.
Le même Duranti , lib . 2. cap.48.pag.
635. rapporte encore un long Paffage ,
tiré des Capitulaires de Charlemagne , qui
femble être comme la bafe & le fondement
de cette Théologie des anciens.
Carolus Magnus in fragmentis de Ritibus
veteris Ecclefia : ut ad folum Patrem dirigatur
oratio : cùm totius fanita Trinitatis ,
ficnt una eft deitas , ita aqualis honor &
I. Vol. glori
2588 MERCURE DE FRANCE
glorificatio debeatur. Id Apoftoli, per eos,ordinante
Spiritu , fanxerunt , ut qui multorum
Deorum errores , unius Dei Pradicatione
, nitebantur evellere , fub Trinitatis
Sacramento , uni Perfona , in Sacrificiorum
ritu , fupplicare decernerent rectif
fime ergo conftitutum , ut quia Pater, &
Filius , & Spiritusfanctus , unius deitatis ,
unius naturæ , unius ſubſtantia , unius de- .
nique poteftatis exiftant , una ex eis Perfona,
propter unitatis Myfterium retinendum,
in facrificio invocaretur.
·
J
Combien de Dogmes , fur lefquels la
tradition n'eft pas plus claire , plus précife
& plus conftante ? Ne voit - on pas
d'abord que fi l'Auteur de l'Article en
queftion , des Mémoires de Trévoux
croit avoir droit de foupçonner l'Au--
teur de la Lettre , de croire que le Nom
de Dieu et proprement affecté au Pere,
& ne fe peut donner directement au Fils,
& de chercher à favorifer les nouveaux
Ariens ou Sociniens , pour avoir foutenus
la Theſe cy-deffus ( quoiqu'il ait répeté
plufieurs fois dans fa Lettre , que le
Fils étoit également Dieu comme le
Pere ; fi cela ne fuffit pas , on ajoutera
encore qu'il eft confubftantiel au Pere ,
& qu'il eft prêt de verfer fon fang ,
pour la confeffion de cette verité capi
tale de notre Foy. Ne voit- on pas , dis-
I.Vol.
je ,
DECEMBRE. 1730. 2589
›
je , que ce reproche & ces foupçons doivent
tomber également fur tous les Auteurs
cy- deffus citez ; & même à plus jufte titre
? Mais S. Fulgence , lib. 2. ad Monimum
, quæft. 1. raiſonnoit bien differemment
, fuivant en cela les Regles d'une
dialectique , bien plus conforme à l'efprit
de l'Evangile , & à la doctrine des
Saints Peres. Voicy comme il réfutoit ces
fauffes conféquences : Neque enim, dit il
prajudicium Filio , vel Spiritui fan &to comparatur,
dùm ad Patris perfonam precatio
ab offerente dirigitur , cujus confummatio
dum Filii & Spiritus fancti complectitur
nomen ; oftendit nullum effe in Trinitate difcrimen;
quia dùm ad folius Patris perfonam,
honoris fermo dirigitur , benè credentis fede ,
tota Trinitas honoratur , & cum ad Patrem
litantis deftinatur intentio , facrificii munus ,
omni Trinitati , uno eodemque offertur litantis
officio. Ne peut- on pas , après cela ,
en fe plaignant , fe fervir des termes
d'Optat de Mileve : Paganum vocas , ditil
, eum qui Deum Patrem per Filium ejus
ante altare oraverit , lib. 3 .
On voit par tous ces Paffages & par
les authoritez cy- deffus rapportées
que ces anciens Auteurs ne s'embaraf
foient guere des objections que l'on fait
dans les Mémoires de Trevoux , contre
cette Theſe , en difant que ce raiſonne-
I. Vol. ment
2590 MERCURE DE FRANCE
...
ment meneroit trop loin , qu'on doit
avoir égard non feulement au Sacrifice ,
mais encore au Sacrement , qui eft lié
étroitement au Sacrifice..
qu'on
doit trouver bon que des Collectes , où
l'on a en vûë le fruit du Sacrement , &
la participation à la victime , foient
quelquefois addreffées à JESUS- CHRIST
&c. Comme ces anciens font les garants
de l'Auteur de la Lettre , c'eft à eux ,
pour ainsi dire , à répondre pour lui
s'il eft neceffaire.
Mais s'il paroît que la principale objection
qu'on propofe avec un air de
triomphe & de confiance contre la Thefe
de l'Auteur de la Lettre , qu'apparemment
on a cru être une idée nouvelle
& particuliere , & n'avoir , aucun font
dement dans l'antiquité & la tradition
de l'Eglife. Il' paroît , dis -je , que la prin
cipale objection que l'on fait , & que l'on
croioit ne retomber que fur l'Auteur de
cette Lettre , eft que l'on addreffe à J.C.
en toutes les Meffes , les trois Oraifons
qui précedent immédiatement la Com
munion du Prêtre , & que c'eſt encore à
J. C. que s'addreffe l'Agnus Dei , & la
priere : Corpus tuum quodfumpfi.
Pour répondre à cette objection , il
eft bon de faire attention , 1°. à une remarque
que nous fait faire le Micrologue,
1. Vol. &
DECEMBRE 1730. 2391
,
& après lui Raoul ou Radulphe de Tongres
, fur ces mêmes Orailons. On ne
manqueroit pas de la trouver trop hardie
, fi on l'avançoit aujourd'hui pour la
premiere fois , dira - t- on ; cependant
que les fiecles où ont vécu ces Auteurs
fuffent trop délicats , & trop critiques.
Orationem dit Radulphe de Tongres,
quam inclinati dicimus , antequam communiamus
, non ex ordine , fed ex Religioforum
traditione habemus fcilicet hanc Domine
Jefu Chrifte , qui, &c. ac illud Corpus
& Sanguis Domini noftri Jefu Chrifti , quod
dicimus cum aliis Euchariftiam diftribuimus.
Sunt & alia multe orationes , quafquidem
ad Pacem & Communionem , privatim frequentant,
fed fecundum Micrologum, cap.18,
diligentiores antiquarum traditionum obfer
vatores , nos in hujufmodi privatis oratio.
nibus , brevitati ftudere docuerunt : potiuf
que publicis Precibus , in officio Miffa occupare
voluerunt. Nam B. Innocentius
Papa fcribens B. Auguftino & Aurelis
Epifcopis , afferit , quod nos plus communibus
& publicis , quam fingularibus & privatis
orationibus proficere poterimus.
On peut inférer de cette obfervation,
que ces Oraifons ne fe difoient pas encore
à la Meffe du temps du troifiéme
Concile de Carthage , & qu'ainfi fon Or
donnance du Capitule 23.cy- deffus citée,
I.Vol. n'étoit
2592 MERCURE DE FRANCE
n'étoit point encore contredite , par la
forme & la difpofition de ces Oraifons de
la Communion qui s'addreffent à Jefus-
Chrift. Auffi le Pere le Brun foutient - il
que ces trois Oraiſons n'ont pas plus de
fept à huit cens ans d'antiquité.
2.Ces Oraifons femblent être particulie
res pour la perfonne même du Prêtre ,
qui étant fur le point de communier
quitte , pour ainfi dire , l'action du Sacrifice
, & le perfonage de Sacrificateur,
pour adorer & prier Jefus- Chrift pour
foy même, avant que de le recevoir. C'eſt
pour cela apparemment , qu'il parle au
fingulier dans ces Oraifons ; l'Eglife qui
a adopté ces Prieres , qui nous viennent
des pratiques de dévotion de quelques
particuliers , felon les deux Auteurs cydeffus
: Non ex ordine , fed ex Religioforum
traditione, n'a pas cru apparemment qu'elles
fuffent à rejetter & condamnables ,
pour cela feul , qu'elles n'entrent peut-être
pas fi parfaitement dans l'action & le caractere
du Sacrifice , que les autres Collectes
& Oraifons , dans lefquelles le Peuple
s'unit au Prêtre , & s'affocie avec lui
pour offrir & participer au Sacrifice . Or il
ne s'agit que des Collectes & Oraifons de
la Meffe , lefquelles doivent exprimer les
voeux & les priéres de l'Eglife & du peuple.
I.Vol. De
DECEMBRE . 1730. 259 3
De même encore l'Agnus Dei , étant
une adoration de Jefus- Chriſt , comme
Agneau qui efface les péchez du monde ,
l'invocation n'en doit point être féparée ;
autrement on ſembleroit ignorer ſa Divinité
, & ne l'a pas reconnoître. Par cette
priére de l'Agnus Dei, & par ces Oraifons
de la Communion du Prêtre , nous pratiquons
ce que demande S. Auguftin , fur
le Pleaume 98. comme le remarque Duranti
, page 685. Sane hâc précatione obfervamus
quod Auguftinus ad Pfalmum 98 .
feribit , nemo carnem Chrifti manducat , nifi
priùs adoraverit : adorationem autem , &
oratio confequitur,quare hanc precationem &
eas que fequuntur,ad ipfum Chriftum conver
timus , dicentes : Agnus Dei , qui tollis peccata
mundi .
Au reste , quoique Fuxta Regulam fidei.
& morem Ecclefia , comme parlent les
Auteurs cy - deffus , les Oraifons de la
Meffe doivent s'adreffer au Pere Eternel ;
s'enfuit-il de - là qu'on ne puiffe jamais
adreffer fes Prieres à Jefus-Chrift ? Nullement
; car puifqu'il eft également Dieu ,
comme le Pere , il mérite également nos
voeux , nos hommages & nos Prieres . On
vient de le voir dans les Paffages de Charlemagne
& de S. Fulgence , cy- deffus rapportez
; mais c'est qu'il y a , felon les faints
Peres & les Théologiens , une certaine
oeconomie à obſerver. L'ex2594
MERCURE DE FRANCE
L'extrême difproportion & la diftance
infinie qu'il y a de notre baffeffe , notre
néant , notre indignité , à la Divinité
qui feule peut remplir nos befoins , a formé
la néceffité d'un Médiateur , pour
nous approcher de Dieu , & en être
pour ainfi-dire, plus à portée. Jefus Chriſt
Dieu & Homme , eft ce Médiateur qui
touche & joint ces deux extrémitez : Vnus
Médiator Dei & hominum , homo Chrif
tus Jefus. C'eſt lui qui nous fert comme
de degré pour nous élever & nous faire
arriver jufqu'à Dieu . Or c'eft précisément
felon fon humanité & en tant qu'homme,
que J.C. nous rend cet office, fuivant
S. Auguftin , Lib. de Peccato Originali ,
Cap. 28. Per hoc prodeft Chriftus , quia eft
Mediator ad vitam ; non autem per hoc Mediator
eft , quod aqualis eft Patri ; per hoc
enim , quantum Pater, tantùm & ipfe diftat
à nobis : & quomodo erit medietas , ubi
eadem diftantia eft. Ideò Apoftolus non ait ,
unus Mediator Dei & hominum Chriftus
Fefus , fed homo Chriftus Jefus : per hoc ergo
Mediator, per quod homo , &c. Si nous
confiderons Jefus - Chrift comme Dieu ,
la Priere qui lui eft adreffée eft alors ,
per ipfum implenda , comme parlent les
Théologiens ; fi nous le regardons comme
homme, la Priere eft alors , per ipfum impetranda.
Comme donc c'eft proprement .
7
L. Vol.
dans
DECEMBRE. 1730. 2595
1
dans le faint Sacrifice de la Mefle que J.C.
exerce cet office de Médiateur ; que fon
humanité , qui y eft le Sacrifice , eft la
médiatrice & la caufe méritoire ; il s'enfuit
que l'on confidere principalement
alors Jefus- Chrift fous le refpect & la
précifion d'homme , & qu'ainfi ce n'eft
point directement à J. C. mais par J. C.
qu'on doit alors adreffer les Prieres à Dieu
le Pere , autrement c'eſt ſortir du caractere
& de l'economie de ce Sacrifice ;
c'eft à Dieu le Pere , ou fi l'on veut à toute
la fainte Trinité , qu'on offre le Sacrifice
pour obtenir des graces & des
bienfaits , par la médiation de l'humanité
de J. C. qui y eft immolée , lequel on ne
confidere alors , à proprement parler ,
que comme Agneau , Victime , Holocaufte
, Prêtre , Ambaffadeur , Suppliant
Médiateur , & c.
Or n'eft-ce pas , pour ainfi - dire , pren
dre le change & varier , que de s'adreffer
dans cette action , à l'Agneau , à la
Victime , à l'Holocaufte , au Suppliant
même? & c. Les Collectes de la Melle font
comme des Actes de pouvoir & des pro-.
curations que le Peuple donne au Prêtre
d'agir en fon nom , pour négocier , pour
ainfi dire , la paix avec Dieu ; elles pechent
donc dans la forme & elles font
défectueufes quand elles ne s'adreffent
à celui avec qui on a à traiter,
pas
2596 MERCURE DE FRANCE
-. Enfin c'eft par Jefus- Chrift , en lui
& avec lui , que l'on offre ce Sacrifice
à Dieu le Pere , mais non pas à Jefus-
Chrift même , qui foutient alors un
caractere tout different , comme on l'a
déja dit tant de fois . Per ipfum , & cum
ipfo , & in ipfo , eft tibi Deo Patri , &c.
Lefquelles paroles Duranti regarde comme
la conclufion & l'abregé du Canon de
la Meffe : Ecce , dit- il , præclara Canonis
conclufio , quâ ex ordine , qua in hoc Sacrificio
peraguntur , compreffius recenfentur.
Par cette oeconomie , l'action du Sacrifice
en eft plus clairement exprimée ; car comme
dans le Sacrifice , le Prêtre , le Suppliant
, le Médiateur , &c . doivent être
diftinguez de celui à qui on facrifie , en
addreffant le Sacrifice à Dieu le Pere , par
Jefus- Chriſt , Prêtre Suppliant , Médiateur
; cette diftinction fe fait mieux fentir
que fi ce Sacrifice étoit addreffé par
Jeſus- Chrift, à Jeſus- Chrift même en tant
que Dieu.
Voilà les Reflexions que l'Auteur de
la Lettre à M. l'Abbé de Cheret , a crû
devoir communiquer au Public fur cette
matiere , tant pour fa propre juftification ,
que pour un plus grand éclairciffement
de la theſe qu'on a avancée , fans vouloir,
aù refte , s'écarter en tout ceci de la regle.
d'une parfaite foumiffion au jugement
de l'Eglife.
ODE
M.l'Abbé de Cheret , & inferée dans le
Mercure du mois de May 1729. au´ſujet
du Projet du nouveau Miffel , à l'ufage
du Diocèfe de Chartres ; en reponse à un
Article des Memoires de Trevoux , du
mois d'Aouft de la même année.:
page
Remierement,l'Auteur de cette Let-
P tre avertit le Public qu'il s'y eft glif
fé plufieurs fautes d'Impreffion.Par exemple,
au lieu de Sauveau , il faut lire Fauveau
, c'eft le nom de l'Auteur. A la
864. ligne 1ere , au lieu des trois Mages ,
lifez le trois May. A la page 867.ligne 10.
il faut lire pofita , au lieu de pofita ; fans
compter les fautes de ponctuation , qui
alterent fouvent le fens.
Secondement , l'Imprimeur a'oublié de
marquer à la niarge,vis- à- vis l'endroit où
il eft parlé de Maldonat ; le monument
public , d'où l'on a tiré les Paffages Extraits
de cet Auteur , qui eft la 29 des
Lettres choifies de M. Simon , du Tome
2. de l'édition de 1704. A Roterdam
chez Reinier Leers , pages 180 & 181 .
Les Curieux liront fans doute cette Lettre.
M. Simon y fait l'Analyſe du Traité
I.Vol. manuf
DECEMBRE . 1730. 2583
manufcrit de Maldonat qu'il avoit , fur
les ceremonies en general ; & en particulier
fur les ceremonies de la Meffe . On
y trouvera mot à mot les paffages latins ,
citez dans la Lettre cy - deſſus , & que Maldonat
eft réellement & authentiquement
la caution de la Critique du Doyen de Maintenon.
Quoiqu'on en dife dans les Mémoires
impriméz à Trevoux, au mois d'Aouſt
1729. page 1475. On y trouvera auffi que
ce Sçavant Jéfuite y tient le même langage
,que l'on femble relever dans le Pere
le Brun de l'Oratoire , lorſqu'on cite l'endroit
où il a dit , que toutes les anciennes.
Collectes s'addreffent à Dieu le Pers ; ầ
moins que des gens exceffivement clairvoyans
, ne prétendent que cette Propofition
du P. le Brun , eft plus hardie &
moins ménagée que celle- cy de Maldonat
, rapportée par M. Simon , dans fa
Lettre cy - deffus citée. Numquam Ecclefia
direxit fuas orationes nifi ad Deum
Patrem quod à Chrifio fponfo fuo didicit.
On jugera par cet endroit dont on n'avoit
point parlé; fi loin d'avoir ajouté ,
on n'a pas au contraire fupprimé les
termes de Maldonat , qui pouvoient paroître
un peu forts , & un peu trop étendus
, pour le renfermer dans les Oraifons
& Collectes de la Meffe.
Il ne manque rien à l'Exemplaire que
I. Vol. B¯`vj j'ai
2584 MERCURE DE FRANCE
j'ai dit : M.Simon , dans la derniere page
de cette même Lettre 29. qui commence
à la page 174. & finit à la page 186.
On peut encore lire la Lettre 17. du 1er
tome , du même Auteur. ( C'eft apparemment
la même que Bayle cite , la i 、e
de l'édition de Trévoux , à l'article de
Maldonat ; ) on y trouvera plufieurs particularitez
affez curieufes au fujet des Ouvrages
MS S. de Maldonat. Comme les
Continuateurs de Morery nous affurent
dans l'édition de 1725. que M. Simon
a laiffé en mourant , fes Ecrits & fes Papiers
à la Bibliotheque de la Cathedrale
de Rouen. Le Manufcrit en queſtion de
M. Simon pourroit peut - être s'y trouver.
D'ailleurs , puifque M. Simon dans fa
17 Lettre cy-deffus , nous marque , qu'il
n'a rien vû de plus exact fur les Ouvrages
MSS. de Maldonat , qu'un Recueil
qu'il a vû , & qui étoit entre les mains
de M. Dubois , Docteur de Sorbonne ,
qui a fait imprimer quelques opufcules
de Maldonat en 1677. & qui eft l'Auteur
de l'Epître dédicatoire , & du Difcours
qui fuit , qui font à la tête de ces Opufcules.
On peut vérifier les citations cydeffus
, fur ce Recueil de M. Dubois , en
s'informant de ceux qui en font les Poffeffeurs
: Mais , au refte , fi malgré tout cela,
on ne vouloir point encore que Maldo-
1. Vol.
nat
DECEMBRE . 1730. 2585
nat fut notre caution , on en trouvera
d'autres qui le valent bien , & qui ne le
tier.dront point à deshonneur,
3° . On remarquera que l'Auteur de la
Lettre à M. l'Abbé de Cheret , n'ayant
pû , dans les bornes étroites de fa Lettre ,
renfermer toutes les preuves & authori
tez qu'il avoit en main , pour appuyer la
propofition qu'il a avancée , que les Colfectes
de la Meffe , doivent réguliérement
s'addreffer au Pere Eternel . Il pric
le public d'y fuppléer , en recourant à
l'excellent Traité de Ritibus Ecclefia du
Préfident Duranti , Auteur dont l'Ouvrage
eft generalement cftimé & regardé
comme un des meilleurs dans ce genre
de Litterature.
Duranti , dans le chap. 16. du 2. Liv.
de Ritibus Ecclefie , num. 12. 13. 14. 15.
16. & 17. de l'Edition de Cologne en
1592. pag. 385. auffi-bien que dans le ch.
31. du même livre , num. 8. pag. 464.
comme encore , ch . 33. num . 2. pag.49 3 .
& ch. 48. n. 1. pag. 635. foutient cette
même Theſe , & la prouve à fon ordinaire,
par les authoritez des Peres & des Auteurs
Eccléfiaftiques , des différens fiécles
de l'Eglife , en faifant voir la Tradition
fur ce dogme. On peut bien croire , qu'il
n'oublie pas le Capitule 23. du 3 Concile
I. Vol. de
2586 MERCURE DE FRANCE
de Carthage , que l'on a cité dans la Lettre
de M. l'Abbé de Cheret.
Mais afin que l'on ne croye pas que ce
foit là un Reglement des Evêques d'Af
frique , fur un point de difcipline , qui
ait changé dans les fiecles fuivans ; on
trouvera dans cet Auteur des Palages
tres-formels de prefque tous les fiecles de
l'Eglife , depuis ce Concile , qui tiennent
le même langage, Comme ont fait S.Fulgence
, lib. 2. ad Monimum , quaft. 1 .
Charlemagne , in fragmentis de Ritibus
Ecclefia veteris. Alcuin , femel atq . iterùm
de Divinis Officiis . cap. de celebratione
Miffa. Radulphus Tungrefis , de Canonis
obferv . prop. 23. Florus Magifter in Exegefi
Miffa: Micrologus : Stephanus Eduenfis.
lib. de Sacram. Altaris. Odo Cameracenfis
in expof. facri Canonis . S. Bernardus
, ou plutôt Guill. à S. Theodorico ,
lib. de amore Dei , cap. 8. & plures alii.
Je me contenterai de rapporter icy
quelques-uns de ces paffages , qui font fi
formels & fi précis , pour la preuve de la
propofition dont il s'agit , que je n'ai pas
la force de les fupprimer. Ils m'échappent
malgré moi. Voici comme parle , aunom
de tous les autres , Florus Magifter , in expofitione
Miffa fur ces mots : Te igitur ,
clementiffime Pater. Dirigiturhac oratio , dit
I. Vol.
cet
DECEMBRE. 1730. 2587
1
tet Auteur : Sicut reliqua Orationes juxta
Regulam fidei & morem Ecclefiæ ad Clementiffimum
Patrem ...... & hoc perJefum
Chriftum Filium tuum , Dominum noftrum ,
per quem , omnis fupplicatio , & petitio noftra
, ad Deum dirigi debet , tanquam per
verum mediatorem, & æternum Sacerdotem .
Le même Auteur , fur ces mots : Per
Dominum noftrum , de l'Oraiſon : Libera
nos , ajoute encore , quod utique certâ ras
tione ut fæpè dictum eft , Catholica concelebrat
Ecclefia, propter illud utique Sacramen▾
tum , quod Mediator Dei & hominum
factus eft homo Chriftus , & c.
,
L'Auteur , nommé Micrologue , ch. 5.
Oratio quidem ad Patrem dirigenda eft.
Juxta Domini Praeceptum , & c. Le même
Auteur , au ch. 6. de Conclufione oratio
dit encore : Concludimus orationes
per Dominum noftrum videlicet Patrem
orando
per Filium , juxta ejufdem Filii preceptum.
Le même Duranti , lib . 2. cap.48.pag.
635. rapporte encore un long Paffage ,
tiré des Capitulaires de Charlemagne , qui
femble être comme la bafe & le fondement
de cette Théologie des anciens.
Carolus Magnus in fragmentis de Ritibus
veteris Ecclefia : ut ad folum Patrem dirigatur
oratio : cùm totius fanita Trinitatis ,
ficnt una eft deitas , ita aqualis honor &
I. Vol. glori
2588 MERCURE DE FRANCE
glorificatio debeatur. Id Apoftoli, per eos,ordinante
Spiritu , fanxerunt , ut qui multorum
Deorum errores , unius Dei Pradicatione
, nitebantur evellere , fub Trinitatis
Sacramento , uni Perfona , in Sacrificiorum
ritu , fupplicare decernerent rectif
fime ergo conftitutum , ut quia Pater, &
Filius , & Spiritusfanctus , unius deitatis ,
unius naturæ , unius ſubſtantia , unius de- .
nique poteftatis exiftant , una ex eis Perfona,
propter unitatis Myfterium retinendum,
in facrificio invocaretur.
·
J
Combien de Dogmes , fur lefquels la
tradition n'eft pas plus claire , plus précife
& plus conftante ? Ne voit - on pas
d'abord que fi l'Auteur de l'Article en
queftion , des Mémoires de Trévoux
croit avoir droit de foupçonner l'Au--
teur de la Lettre , de croire que le Nom
de Dieu et proprement affecté au Pere,
& ne fe peut donner directement au Fils,
& de chercher à favorifer les nouveaux
Ariens ou Sociniens , pour avoir foutenus
la Theſe cy-deffus ( quoiqu'il ait répeté
plufieurs fois dans fa Lettre , que le
Fils étoit également Dieu comme le
Pere ; fi cela ne fuffit pas , on ajoutera
encore qu'il eft confubftantiel au Pere ,
& qu'il eft prêt de verfer fon fang ,
pour la confeffion de cette verité capi
tale de notre Foy. Ne voit- on pas , dis-
I.Vol.
je ,
DECEMBRE. 1730. 2589
›
je , que ce reproche & ces foupçons doivent
tomber également fur tous les Auteurs
cy- deffus citez ; & même à plus jufte titre
? Mais S. Fulgence , lib. 2. ad Monimum
, quæft. 1. raiſonnoit bien differemment
, fuivant en cela les Regles d'une
dialectique , bien plus conforme à l'efprit
de l'Evangile , & à la doctrine des
Saints Peres. Voicy comme il réfutoit ces
fauffes conféquences : Neque enim, dit il
prajudicium Filio , vel Spiritui fan &to comparatur,
dùm ad Patris perfonam precatio
ab offerente dirigitur , cujus confummatio
dum Filii & Spiritus fancti complectitur
nomen ; oftendit nullum effe in Trinitate difcrimen;
quia dùm ad folius Patris perfonam,
honoris fermo dirigitur , benè credentis fede ,
tota Trinitas honoratur , & cum ad Patrem
litantis deftinatur intentio , facrificii munus ,
omni Trinitati , uno eodemque offertur litantis
officio. Ne peut- on pas , après cela ,
en fe plaignant , fe fervir des termes
d'Optat de Mileve : Paganum vocas , ditil
, eum qui Deum Patrem per Filium ejus
ante altare oraverit , lib. 3 .
On voit par tous ces Paffages & par
les authoritez cy- deffus rapportées
que ces anciens Auteurs ne s'embaraf
foient guere des objections que l'on fait
dans les Mémoires de Trevoux , contre
cette Theſe , en difant que ce raiſonne-
I. Vol. ment
2590 MERCURE DE FRANCE
...
ment meneroit trop loin , qu'on doit
avoir égard non feulement au Sacrifice ,
mais encore au Sacrement , qui eft lié
étroitement au Sacrifice..
qu'on
doit trouver bon que des Collectes , où
l'on a en vûë le fruit du Sacrement , &
la participation à la victime , foient
quelquefois addreffées à JESUS- CHRIST
&c. Comme ces anciens font les garants
de l'Auteur de la Lettre , c'eft à eux ,
pour ainsi dire , à répondre pour lui
s'il eft neceffaire.
Mais s'il paroît que la principale objection
qu'on propofe avec un air de
triomphe & de confiance contre la Thefe
de l'Auteur de la Lettre , qu'apparemment
on a cru être une idée nouvelle
& particuliere , & n'avoir , aucun font
dement dans l'antiquité & la tradition
de l'Eglife. Il' paroît , dis -je , que la prin
cipale objection que l'on fait , & que l'on
croioit ne retomber que fur l'Auteur de
cette Lettre , eft que l'on addreffe à J.C.
en toutes les Meffes , les trois Oraifons
qui précedent immédiatement la Com
munion du Prêtre , & que c'eſt encore à
J. C. que s'addreffe l'Agnus Dei , & la
priere : Corpus tuum quodfumpfi.
Pour répondre à cette objection , il
eft bon de faire attention , 1°. à une remarque
que nous fait faire le Micrologue,
1. Vol. &
DECEMBRE 1730. 2391
,
& après lui Raoul ou Radulphe de Tongres
, fur ces mêmes Orailons. On ne
manqueroit pas de la trouver trop hardie
, fi on l'avançoit aujourd'hui pour la
premiere fois , dira - t- on ; cependant
que les fiecles où ont vécu ces Auteurs
fuffent trop délicats , & trop critiques.
Orationem dit Radulphe de Tongres,
quam inclinati dicimus , antequam communiamus
, non ex ordine , fed ex Religioforum
traditione habemus fcilicet hanc Domine
Jefu Chrifte , qui, &c. ac illud Corpus
& Sanguis Domini noftri Jefu Chrifti , quod
dicimus cum aliis Euchariftiam diftribuimus.
Sunt & alia multe orationes , quafquidem
ad Pacem & Communionem , privatim frequentant,
fed fecundum Micrologum, cap.18,
diligentiores antiquarum traditionum obfer
vatores , nos in hujufmodi privatis oratio.
nibus , brevitati ftudere docuerunt : potiuf
que publicis Precibus , in officio Miffa occupare
voluerunt. Nam B. Innocentius
Papa fcribens B. Auguftino & Aurelis
Epifcopis , afferit , quod nos plus communibus
& publicis , quam fingularibus & privatis
orationibus proficere poterimus.
On peut inférer de cette obfervation,
que ces Oraifons ne fe difoient pas encore
à la Meffe du temps du troifiéme
Concile de Carthage , & qu'ainfi fon Or
donnance du Capitule 23.cy- deffus citée,
I.Vol. n'étoit
2592 MERCURE DE FRANCE
n'étoit point encore contredite , par la
forme & la difpofition de ces Oraifons de
la Communion qui s'addreffent à Jefus-
Chrift. Auffi le Pere le Brun foutient - il
que ces trois Oraiſons n'ont pas plus de
fept à huit cens ans d'antiquité.
2.Ces Oraifons femblent être particulie
res pour la perfonne même du Prêtre ,
qui étant fur le point de communier
quitte , pour ainfi dire , l'action du Sacrifice
, & le perfonage de Sacrificateur,
pour adorer & prier Jefus- Chrift pour
foy même, avant que de le recevoir. C'eſt
pour cela apparemment , qu'il parle au
fingulier dans ces Oraifons ; l'Eglife qui
a adopté ces Prieres , qui nous viennent
des pratiques de dévotion de quelques
particuliers , felon les deux Auteurs cydeffus
: Non ex ordine , fed ex Religioforum
traditione, n'a pas cru apparemment qu'elles
fuffent à rejetter & condamnables ,
pour cela feul , qu'elles n'entrent peut-être
pas fi parfaitement dans l'action & le caractere
du Sacrifice , que les autres Collectes
& Oraifons , dans lefquelles le Peuple
s'unit au Prêtre , & s'affocie avec lui
pour offrir & participer au Sacrifice . Or il
ne s'agit que des Collectes & Oraifons de
la Meffe , lefquelles doivent exprimer les
voeux & les priéres de l'Eglife & du peuple.
I.Vol. De
DECEMBRE . 1730. 259 3
De même encore l'Agnus Dei , étant
une adoration de Jefus- Chriſt , comme
Agneau qui efface les péchez du monde ,
l'invocation n'en doit point être féparée ;
autrement on ſembleroit ignorer ſa Divinité
, & ne l'a pas reconnoître. Par cette
priére de l'Agnus Dei, & par ces Oraifons
de la Communion du Prêtre , nous pratiquons
ce que demande S. Auguftin , fur
le Pleaume 98. comme le remarque Duranti
, page 685. Sane hâc précatione obfervamus
quod Auguftinus ad Pfalmum 98 .
feribit , nemo carnem Chrifti manducat , nifi
priùs adoraverit : adorationem autem , &
oratio confequitur,quare hanc precationem &
eas que fequuntur,ad ipfum Chriftum conver
timus , dicentes : Agnus Dei , qui tollis peccata
mundi .
Au reste , quoique Fuxta Regulam fidei.
& morem Ecclefia , comme parlent les
Auteurs cy - deffus , les Oraifons de la
Meffe doivent s'adreffer au Pere Eternel ;
s'enfuit-il de - là qu'on ne puiffe jamais
adreffer fes Prieres à Jefus-Chrift ? Nullement
; car puifqu'il eft également Dieu ,
comme le Pere , il mérite également nos
voeux , nos hommages & nos Prieres . On
vient de le voir dans les Paffages de Charlemagne
& de S. Fulgence , cy- deffus rapportez
; mais c'est qu'il y a , felon les faints
Peres & les Théologiens , une certaine
oeconomie à obſerver. L'ex2594
MERCURE DE FRANCE
L'extrême difproportion & la diftance
infinie qu'il y a de notre baffeffe , notre
néant , notre indignité , à la Divinité
qui feule peut remplir nos befoins , a formé
la néceffité d'un Médiateur , pour
nous approcher de Dieu , & en être
pour ainfi-dire, plus à portée. Jefus Chriſt
Dieu & Homme , eft ce Médiateur qui
touche & joint ces deux extrémitez : Vnus
Médiator Dei & hominum , homo Chrif
tus Jefus. C'eſt lui qui nous fert comme
de degré pour nous élever & nous faire
arriver jufqu'à Dieu . Or c'eft précisément
felon fon humanité & en tant qu'homme,
que J.C. nous rend cet office, fuivant
S. Auguftin , Lib. de Peccato Originali ,
Cap. 28. Per hoc prodeft Chriftus , quia eft
Mediator ad vitam ; non autem per hoc Mediator
eft , quod aqualis eft Patri ; per hoc
enim , quantum Pater, tantùm & ipfe diftat
à nobis : & quomodo erit medietas , ubi
eadem diftantia eft. Ideò Apoftolus non ait ,
unus Mediator Dei & hominum Chriftus
Fefus , fed homo Chriftus Jefus : per hoc ergo
Mediator, per quod homo , &c. Si nous
confiderons Jefus - Chrift comme Dieu ,
la Priere qui lui eft adreffée eft alors ,
per ipfum implenda , comme parlent les
Théologiens ; fi nous le regardons comme
homme, la Priere eft alors , per ipfum impetranda.
Comme donc c'eft proprement .
7
L. Vol.
dans
DECEMBRE. 1730. 2595
1
dans le faint Sacrifice de la Mefle que J.C.
exerce cet office de Médiateur ; que fon
humanité , qui y eft le Sacrifice , eft la
médiatrice & la caufe méritoire ; il s'enfuit
que l'on confidere principalement
alors Jefus- Chrift fous le refpect & la
précifion d'homme , & qu'ainfi ce n'eft
point directement à J. C. mais par J. C.
qu'on doit alors adreffer les Prieres à Dieu
le Pere , autrement c'eſt ſortir du caractere
& de l'economie de ce Sacrifice ;
c'eft à Dieu le Pere , ou fi l'on veut à toute
la fainte Trinité , qu'on offre le Sacrifice
pour obtenir des graces & des
bienfaits , par la médiation de l'humanité
de J. C. qui y eft immolée , lequel on ne
confidere alors , à proprement parler ,
que comme Agneau , Victime , Holocaufte
, Prêtre , Ambaffadeur , Suppliant
Médiateur , & c.
Or n'eft-ce pas , pour ainfi - dire , pren
dre le change & varier , que de s'adreffer
dans cette action , à l'Agneau , à la
Victime , à l'Holocaufte , au Suppliant
même? & c. Les Collectes de la Melle font
comme des Actes de pouvoir & des pro-.
curations que le Peuple donne au Prêtre
d'agir en fon nom , pour négocier , pour
ainfi dire , la paix avec Dieu ; elles pechent
donc dans la forme & elles font
défectueufes quand elles ne s'adreffent
à celui avec qui on a à traiter,
pas
2596 MERCURE DE FRANCE
-. Enfin c'eft par Jefus- Chrift , en lui
& avec lui , que l'on offre ce Sacrifice
à Dieu le Pere , mais non pas à Jefus-
Chrift même , qui foutient alors un
caractere tout different , comme on l'a
déja dit tant de fois . Per ipfum , & cum
ipfo , & in ipfo , eft tibi Deo Patri , &c.
Lefquelles paroles Duranti regarde comme
la conclufion & l'abregé du Canon de
la Meffe : Ecce , dit- il , præclara Canonis
conclufio , quâ ex ordine , qua in hoc Sacrificio
peraguntur , compreffius recenfentur.
Par cette oeconomie , l'action du Sacrifice
en eft plus clairement exprimée ; car comme
dans le Sacrifice , le Prêtre , le Suppliant
, le Médiateur , &c . doivent être
diftinguez de celui à qui on facrifie , en
addreffant le Sacrifice à Dieu le Pere , par
Jefus- Chriſt , Prêtre Suppliant , Médiateur
; cette diftinction fe fait mieux fentir
que fi ce Sacrifice étoit addreffé par
Jeſus- Chrift, à Jeſus- Chrift même en tant
que Dieu.
Voilà les Reflexions que l'Auteur de
la Lettre à M. l'Abbé de Cheret , a crû
devoir communiquer au Public fur cette
matiere , tant pour fa propre juftification ,
que pour un plus grand éclairciffement
de la theſe qu'on a avancée , fans vouloir,
aù refte , s'écarter en tout ceci de la regle.
d'une parfaite foumiffion au jugement
de l'Eglife.
ODE
Fermer
Résumé : DEFENSE de la Lettre écrite à M. l'Abbé de Cheret, & inserée dans le Mercure du mois de May 1729. au sujet du Projet du nouveau Missel, à l'usage du Diocèse de Chartres ; en reponse à un Article des Memoires de Trevoux, du mois d'Aoust de la même année.
Le texte est une défense d'une lettre adressée à l'abbé de Cheret concernant un projet de nouveau missel pour le diocèse de Chartres, en réponse à un article des Mémoires de Trévoux d'août 1729. L'auteur signale plusieurs fautes d'impression et de ponctuation dans la lettre et mentionne que l'imprimeur a omis de référencer Maldonat, dont les extraits proviennent des Lettres choisies de M. Simon, tome 2, édition de 1704. Il invite les lecteurs à consulter cette lettre pour l'analyse du traité manuscrit de Maldonat sur les cérémonies de la messe. L'auteur souligne que Maldonat et le père Le Brun de l'Oratoire partagent la même critique concernant les collectes de la messe adressées à Dieu le Père. Il précise que l'exemplaire de la lettre de M. Simon est complet et que d'autres preuves peuvent être trouvées dans le traité de Ritibus Ecclesiae du président Duranti, qui soutient que les collectes de la messe doivent être adressées au Père Éternel, appuyé par des autorités ecclésiastiques et des traditions de l'Église. L'auteur réfute les objections des Mémoires de Trévoux en citant des auteurs anciens comme Florus, Charlemagne et Alcuin, qui confirment cette tradition. Il conclut en affirmant que les objections des Mémoires de Trévoux ne tiennent pas compte des traditions anciennes et des pratiques liturgiques établies. Le texte traite également des prières et des oraisons dans la liturgie de la messe, en particulier celles adressées à Jésus-Christ. L'Église a adopté ces prières, issues des pratiques de dévotion de certains particuliers, sans les rejeter ou les condamner, bien qu'elles ne s'intègrent pas parfaitement dans l'action et le caractère du sacrifice. Les collectes et oraisons de la messe doivent exprimer les vœux et les prières de l'Église et du peuple. L'Agnus Dei, une adoration de Jésus-Christ comme Agneau qui efface les péchés du monde, ne doit pas être séparée de l'invocation. Les prières de la communion du prêtre et de l'Agnus Dei suivent les enseignements de saint Augustin, qui insiste sur l'adoration de Jésus-Christ avant de recevoir son corps. Les oraisons de la messe doivent s'adresser au Père Éternel, mais cela n'exclut pas de prier Jésus-Christ, qui est également Dieu et mérite nos vœux et nos hommages. Jésus-Christ, en tant que Médiateur, permet aux humains de s'approcher de Dieu. Dans le sacrifice de la messe, c'est l'humanité de Jésus-Christ qui est considérée comme médiatrice et cause méritoire. Les prières doivent donc être adressées à Dieu le Père par l'intermédiaire de Jésus-Christ, conformément à l'économie du sacrifice. Les collectes de la messe sont des actes de pouvoir et des procurations que le peuple donne au prêtre pour négocier avec Dieu. Elles doivent s'adresser à celui avec qui on a à traiter, c'est-à-dire Dieu le Père, par l'intermédiaire de Jésus-Christ. Cette distinction est essentielle pour exprimer clairement l'action du sacrifice. L'auteur de la lettre à M. l'Abbé de Cheret communique ces réflexions pour justifier sa position et éclairer la thèse avancée, tout en restant soumis au jugement de l'Église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
486
p. 2597-1602
ODE Sur la gloire des Saints, à l'occasion de la Ceremonie faite pour la Canonisation des S. S. Stanislas Kostka & Louis de Gonzague.
Début :
Esclaves de la renomée, [...]
Mots clefs :
Canonisation, Louis de Gonzague, Stanislas Kostka, Saints
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur la gloire des Saints, à l'occasion de la Ceremonie faite pour la Canonisation des S. S. Stanislas Kostka & Louis de Gonzague.
O DE
Sur la gloire des Saints , à l'occafion de la
Ceremonie faite pour la Canonifation des
SS. Stanislas Koftka & Louis de Gonzague.
Esclaves de la
renommée ,
Dont la frivole paffion ,
N'a point d'autre occupation ,
Que de pourfuivre une fumée ;
Que votre fort me ſemble dur ,
Quand l'efpoir d'un nom moins obſcur
De votre fang vous rend prodigues ;
Quand pour vivre dans l'avenir
Vous trainez parmi les fatigues ,
Des jours que les regrets ne font plus revenir,
Couverts d'une noble pouffiere ,
En vain vous cherchez les hazards ,
En vain vous voit -on des beaux arts;
-Courir l'épineuſe carriere ;
Souvent l'honneur capricieux ,
Echappe aux voeux ambitieux ,
Qui s'obftinent à le pourſuivre ;'
De fes partifans empreffez ,
I. Vol. C Com
2598 MERCURE DE FRANCE
Combien en voyons- nous furvivre ,
A leur gloire expirante , à leurs noms éclipfez !
>
Mais je veux que les Deftinées ,
Vous réfervent un fort plus doux ,
Qu'honoré long-temps après vous
Votre nom brave les années ;
O foins ! O déplorable effort ,
Qui n'a pour objet que le fort
D'un Cefar , ou d'un Alexandre !
Eh ! que fervent à ces Héros ,
Les honneurs qu'on rend à leur cendre ,
Quand l'ire du Seigneur les inonde à grands flots ?
W
Venez , venez ; de plus furs guides
Vous découvriront en ce jour ,
La route qui mené au ſéjour ,
Des biens , & des honneurs folides ,
Voyez STANISLAS , & LOUIS ,
Offrir à VOS yeux éblouis ,
La vraye image de la gloire ;
Tandis qu'à l'envi nos Autels ,
Confacrent ici leur mémoire ,
Ils regnent dans l'Olimpe , heureux, grands , immortels.
Ils n'ont point tenté ces conquêtes ,
Qui font triompher nos Guerriers :
1. Vol. Ils
DECEMBRE . 1730. 2599
Ils ont dédaigné ces Lauriers ,
Dont nos Sçavans parent leurs têtes
Chercher Dieu dans l'obfcurité ,
Gouter fa paix , ſa verité ,
Voilà leur fçavoir , leur étude :
Ils n'ont combatu que leur coeur :
Guerre de toutes la plus rude ,
Où l'ennemi qu'on frappe eft cher à ſon vainqueur
?
L'un dans la fleur de fa jeuneffe ,
Voit avec un noble dédain
Et le titre de Souverain ,
Et les droits flateurs de l'aineffe .
Il rougiroit de s'abaiffer
A des grandeurs qu'on voit paſſer
Comme l'éclair qui fend la nuë.
Pour arriver à la fplendeur ,
Que l'oeil mortel n'a point connue ,
C'est dans l'abbaiffement qu'il cherche fa gran
deur.
Victime de l'Amour Célefte ,
L'autre a tout ſouffert , tout quitté ;
Haï tour à tour , & flatté ,
D'un monde que fon coeur détefte.
Non , l'Enfer & tous les affauts ,
Ni tous les biens , ni tous les maux ,
N'ébranleront point fa conftance :
1. Vole Cij 31
2600 MERCURE DE FRANCE
Il franchit tout , il eft au port ,
Mais , redoublant ta violence ,
Là , tu l'attens, Amour, pour lui donner la moit.
潞
Il eſt donc jufte qu'en nos Faſtes ,
Leurs noms occupent déformais ,
Un rang que n'obtinrent jamais
Les grands exploits , les projets vaftes.
S'ils n'euffent tendu vers les Cieux ,
De tant de Princes leurs Ayeux ,
Ils auroient fubi la fortune ,
Et dans un éternel oubli ,
Peut-être une tombe commune ,
Tiendroit avec leur corps leur nom enſeveli.
Aujourd'hui du haut de leurs Trônes ;
Combien verront - ils à leurs pieds ,
De Souverains humiliez ,
Venir déposer leurs Couronnes !
C'est pour eux que brillent ces feux ,
Que l'air retentit de nos voeux ,
Que cette pompe orne nos Temples .
Et par mille organes divers ,
C'eſt leur gloire , c'eſt leurs exemples ,
Que la voix du Seigneur propoſe à l'Univers.
O qui me donnera des aîles,
I. Vol. Pour
DECEMRBE . 1730. 2601
"
Pour m'élever jufqu'au féjour ,
Où le Jufte enyvré d'amour ,
Brille de fplendeurs éternelles !
Lieux éclatans d'or & d'azur ,
Quand donc s'écroulera le mur
Qui me fépare de vos fêtes !
Jamais ne verrai - je , grands Saints ,
Ces Diadêmes fur vos têtes ,
Que de fa propre main l'Eternel vous a ceints !
來
Mais votre voix fe fait entendre !
► Mortel , au bonheur des Elus
"
>
•
» Apprends que tes voeux fuperflus ,
» Sans efforts ne peuvent prétendre.
" .. Qui donc t'arrête ? . hâte toi :
» Armé de courage & de foi ,
» Marche , cours , vole fur nos traces
» Et fçache qu'aux Céleftes Choeurs ,
Les enfans d'Adam n'ont de places ,
Qu'à titre de foldats, d'athletes, de vainqueurs
來
C'en eft fait , & mon coeur docile
Se foumet à tout fans regret ;
Trop long- temps il fuivit l'attrait
Des faux biens , de l'honneur fragile.
Brifez-vous , fers injurieux ,
Fers , dont le poids impérieux ,
I. Vo!. Ciij Me
2602 MERCURE DE FRANCE
Me tenoit courbé vers la Terre.
Monde pervers , fens ennemis >
Je vous déclare à tous la guerre :
Qu'attendrois-je de vous quand le Ciel m'eft
promis.
J. F. FLEURIAU , de la Compagnie
de J fus.
Sur la gloire des Saints , à l'occafion de la
Ceremonie faite pour la Canonifation des
SS. Stanislas Koftka & Louis de Gonzague.
Esclaves de la
renommée ,
Dont la frivole paffion ,
N'a point d'autre occupation ,
Que de pourfuivre une fumée ;
Que votre fort me ſemble dur ,
Quand l'efpoir d'un nom moins obſcur
De votre fang vous rend prodigues ;
Quand pour vivre dans l'avenir
Vous trainez parmi les fatigues ,
Des jours que les regrets ne font plus revenir,
Couverts d'une noble pouffiere ,
En vain vous cherchez les hazards ,
En vain vous voit -on des beaux arts;
-Courir l'épineuſe carriere ;
Souvent l'honneur capricieux ,
Echappe aux voeux ambitieux ,
Qui s'obftinent à le pourſuivre ;'
De fes partifans empreffez ,
I. Vol. C Com
2598 MERCURE DE FRANCE
Combien en voyons- nous furvivre ,
A leur gloire expirante , à leurs noms éclipfez !
>
Mais je veux que les Deftinées ,
Vous réfervent un fort plus doux ,
Qu'honoré long-temps après vous
Votre nom brave les années ;
O foins ! O déplorable effort ,
Qui n'a pour objet que le fort
D'un Cefar , ou d'un Alexandre !
Eh ! que fervent à ces Héros ,
Les honneurs qu'on rend à leur cendre ,
Quand l'ire du Seigneur les inonde à grands flots ?
W
Venez , venez ; de plus furs guides
Vous découvriront en ce jour ,
La route qui mené au ſéjour ,
Des biens , & des honneurs folides ,
Voyez STANISLAS , & LOUIS ,
Offrir à VOS yeux éblouis ,
La vraye image de la gloire ;
Tandis qu'à l'envi nos Autels ,
Confacrent ici leur mémoire ,
Ils regnent dans l'Olimpe , heureux, grands , immortels.
Ils n'ont point tenté ces conquêtes ,
Qui font triompher nos Guerriers :
1. Vol. Ils
DECEMBRE . 1730. 2599
Ils ont dédaigné ces Lauriers ,
Dont nos Sçavans parent leurs têtes
Chercher Dieu dans l'obfcurité ,
Gouter fa paix , ſa verité ,
Voilà leur fçavoir , leur étude :
Ils n'ont combatu que leur coeur :
Guerre de toutes la plus rude ,
Où l'ennemi qu'on frappe eft cher à ſon vainqueur
?
L'un dans la fleur de fa jeuneffe ,
Voit avec un noble dédain
Et le titre de Souverain ,
Et les droits flateurs de l'aineffe .
Il rougiroit de s'abaiffer
A des grandeurs qu'on voit paſſer
Comme l'éclair qui fend la nuë.
Pour arriver à la fplendeur ,
Que l'oeil mortel n'a point connue ,
C'est dans l'abbaiffement qu'il cherche fa gran
deur.
Victime de l'Amour Célefte ,
L'autre a tout ſouffert , tout quitté ;
Haï tour à tour , & flatté ,
D'un monde que fon coeur détefte.
Non , l'Enfer & tous les affauts ,
Ni tous les biens , ni tous les maux ,
N'ébranleront point fa conftance :
1. Vole Cij 31
2600 MERCURE DE FRANCE
Il franchit tout , il eft au port ,
Mais , redoublant ta violence ,
Là , tu l'attens, Amour, pour lui donner la moit.
潞
Il eſt donc jufte qu'en nos Faſtes ,
Leurs noms occupent déformais ,
Un rang que n'obtinrent jamais
Les grands exploits , les projets vaftes.
S'ils n'euffent tendu vers les Cieux ,
De tant de Princes leurs Ayeux ,
Ils auroient fubi la fortune ,
Et dans un éternel oubli ,
Peut-être une tombe commune ,
Tiendroit avec leur corps leur nom enſeveli.
Aujourd'hui du haut de leurs Trônes ;
Combien verront - ils à leurs pieds ,
De Souverains humiliez ,
Venir déposer leurs Couronnes !
C'est pour eux que brillent ces feux ,
Que l'air retentit de nos voeux ,
Que cette pompe orne nos Temples .
Et par mille organes divers ,
C'eſt leur gloire , c'eſt leurs exemples ,
Que la voix du Seigneur propoſe à l'Univers.
O qui me donnera des aîles,
I. Vol. Pour
DECEMRBE . 1730. 2601
"
Pour m'élever jufqu'au féjour ,
Où le Jufte enyvré d'amour ,
Brille de fplendeurs éternelles !
Lieux éclatans d'or & d'azur ,
Quand donc s'écroulera le mur
Qui me fépare de vos fêtes !
Jamais ne verrai - je , grands Saints ,
Ces Diadêmes fur vos têtes ,
Que de fa propre main l'Eternel vous a ceints !
來
Mais votre voix fe fait entendre !
► Mortel , au bonheur des Elus
"
>
•
» Apprends que tes voeux fuperflus ,
» Sans efforts ne peuvent prétendre.
" .. Qui donc t'arrête ? . hâte toi :
» Armé de courage & de foi ,
» Marche , cours , vole fur nos traces
» Et fçache qu'aux Céleftes Choeurs ,
Les enfans d'Adam n'ont de places ,
Qu'à titre de foldats, d'athletes, de vainqueurs
來
C'en eft fait , & mon coeur docile
Se foumet à tout fans regret ;
Trop long- temps il fuivit l'attrait
Des faux biens , de l'honneur fragile.
Brifez-vous , fers injurieux ,
Fers , dont le poids impérieux ,
I. Vo!. Ciij Me
2602 MERCURE DE FRANCE
Me tenoit courbé vers la Terre.
Monde pervers , fens ennemis >
Je vous déclare à tous la guerre :
Qu'attendrois-je de vous quand le Ciel m'eft
promis.
J. F. FLEURIAU , de la Compagnie
de J fus.
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Résumé : ODE Sur la gloire des Saints, à l'occasion de la Ceremonie faite pour la Canonisation des S. S. Stanislas Kostka & Louis de Gonzague.
Le poème célèbre la canonisation des saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague, en critiquant la quête de la renommée terrestre, jugée frivole et éphémère. Il oppose cette gloire passagère à la véritable gloire spirituelle. Les saints sont décrits comme des modèles de vertu, ayant préféré l'humilité et la dévotion aux honneurs mondains. Stanislas Kostka a rejeté les titres et les grandeurs terrestres pour chercher la splendeur divine dans l'abbaisement. Louis de Gonzague a souffert et renoncé à tout pour son amour céleste, restant inébranlable face aux tentations et aux épreuves. Le poème invite les lecteurs à suivre l'exemple des saints, à se libérer des chaînes terrestres et à aspirer à la gloire éternelle. Les noms des saints doivent désormais occuper une place d'honneur, surpassant les exploits terrestres. Leur canonisation est célébrée comme un moment où leur gloire et leurs exemples sont proposés à l'univers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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487
p. 2641-2645
IMITATION de l'Ode Latine du P. Sanadon, adressée aux Poëtes du College de Louis le Grand, pendant l'Octave de la Canonisatton des SS. Louis DE GONZAGUE & Stanislas KOSTKA.
Début :
Suivez les doux transports d'une celeste ivresse, [...]
Mots clefs :
Canonisation, Louis de Gonzague, Stanislas Kostka, Collège Louis le Grand, Coeur, Compagnie de Jésus
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texteReconnaissance textuelle : IMITATION de l'Ode Latine du P. Sanadon, adressée aux Poëtes du College de Louis le Grand, pendant l'Octave de la Canonisatton des SS. Louis DE GONZAGUE & Stanislas KOSTKA.
IMITATION de l'Ode Latine du
P. Sanadon , adreffée aux Poëtes du
College de Louis le Grand , pendant l'Oc
tave de la Canonifatton des S S. Louis
DE GONZAGUE Staniflas KOSTKA,
Suivez les doux tranfports d'une celeſte ivreffe
Vous dont l'amour du Créateur ,
Mieux que l'arbitre du Permeffe ,
Anime fans effort & l'efprit & le coeur.
Aux pieds du facré Tabernacle ,
Approchez ; un nouveau fpectacle ,
Doit fixer en ce jour vos regards affidus .
Deux Héros au fein de la Gloire
I. Vol. Cou
1642 MERCURE DE FRANCE
Goutent le prix de leur Victoire ,
Et l'Univers charmé célebre leurs vertus.
器
Sur les bords où le Pô répand fes eaux fertiles,
Et que Manto rendit fameux ,
Et dans ces climats plus ftériles ,
Que l'auftere Sarmate a rendu belliqueux ,
Deux Princes au printems de l'âge ,
Mériterent le tendre hommage ,
Qui fait en leur honneur ériger des Autels
La vertu leur fraïant les routes >
Ils fçurent aux céleſtes voutes ,
S'affurer un grand nom parmi les Immortels,
諾
A mes yeux ébloüis une lumiere pure ,
Ouvre les barrieres du Ciel :
Que vois-je foible créature ,
Tu brilles fur un Trône & tu vois l'Eternel
Exemt des malheurs & des vices ,
D'un torrent de faintes délices ,
GONZAGUEà chaque inftant fent inonder fon
coeur :
STANISLAS après une vie
Aux mêmes devoirs affervie ,
D'un vol précipité court au même bonheur.
IGNACE , qui forma leurs coeurs à la fageffe ,
1. Vol.
Dans
DECEMBRE. 1730. 2643
Dans l'étroit fentier des Elus ,
En eux , au gré de fa tendreffe ,
Couronne peu de jours & beaucoup de vertus,
Quelle fplendeur les accompagne ?
La gloire & l'appui de l'Eſpagne ,
XAVIER & BORGIA paroiffent à leur tour.
Au culte de l'efprit immonde,
L'un arracha le nouveau Monde ,
L'autre fçut méprifer les attraits de la Cour,
淡
Le modefte REGIS vers la troupe s'avance
Tel dans fon air & fon maintien ,
Qu'il fe montre aux yeux de la France
Dont il rappelle encor qu'il fut le citoyen.
A leur fuite combien d'Apôtres ,
Se fuccedent les uns aux autres ?
La plus pure vertu régle feule leur rang.
Malgré l'erreur & fes preftiges ,
La foi fur leurs facrés veftiges ,
Eclaira l'Univers inondé de leur fang.
諾
Dans GONZAGUE & KOSTKA tout l'Olympe
révere
Le zele & les talens divers ,
Qu'il a couronnés dans le pere ,
Et par qui les enfans défarment les Enfers.
Formés par les mêmes maximes ,
En ce jour fur des tons fublimes
I. Vol,
Chan
2644 MERCURE DE FRANCE
Chantres ingénieux , multipliés vos airs ,
Et , dociles à vos exemples ,
Que vos éleves dans nos Temples ,
Célebrent un fujet fi propre à leurs Concerts.
Héritiers d'un grand nom confacré dans l'hiftoire
;
On vit GONZAGUE & STANISLAS
Rougir d'un titre , dont la gloire
A le fort pour principe , & pour fin le trépas,
Nés dans le fein de la molleffe ,
Des préjugés de la Nobleffe ,
Leur coeur ne fe fit point un agréable écueil . *
Ils fçavoient que les Grands périſſent ,
Et qu'avec les Héros finiffent
Dans l'horreur du tombeau leur fafte & leur or
gueil.
La Grace qui parut , pour embellir leur ame
Epuifer fes riches tréfors ,
Par les traits d'une vive flamme ,
En dirigea toujours les dociles refforts,
En eux déja les connoiffances ,
Sondoient l'abîme des Sciences ,
Quant à l'efpoir public la mort vint les ravir
Telles à l'afpect de l'Aurore ,
Des rofes fe hâtent d'éclore ,
Que le même Soleil voit naître & fe flétrir,
1.Vol. Mais
DECEMBRE . 1730. 2645
Mais plus que le rapport d'état , d'âge ou d'étude,
Dans leurs penchants & dans leurs moeurs
Même attrait , même exactitude ,
Les rendit l'un & l'autre heureux imitateurs,
L'Ambition au coeur barbare ,
Le Plaifir , enfant du Ténáre ,
Effayerent en vain de captiver leur coeur ,
Leur innocence fous l'écorce ,
Démêla la fatale amorce ,
Qu'aux Mortels , qu'il féduit , offre le Tentateur,
Echappés aux dangers d'un Monde tyrannique ,
Sans crainte , au ſéjour de la paix ,
Dans le fein d'un Dieu magnifique ,
Le plus parfait bonheur les fixe pour jamais,
Tel un Marchand , à qui Porage ,
Dans l'attente d'un promt naufrage ;
A retracé cent fois les horreurs de la mort ,'
Exemt de terreurs & d'allarmes ,
Se livre fans réſerve aux charmes
De contempler fa barque à l'abri dans le porta
F. L. de la Compagnie de Jefus,
P. Sanadon , adreffée aux Poëtes du
College de Louis le Grand , pendant l'Oc
tave de la Canonifatton des S S. Louis
DE GONZAGUE Staniflas KOSTKA,
Suivez les doux tranfports d'une celeſte ivreffe
Vous dont l'amour du Créateur ,
Mieux que l'arbitre du Permeffe ,
Anime fans effort & l'efprit & le coeur.
Aux pieds du facré Tabernacle ,
Approchez ; un nouveau fpectacle ,
Doit fixer en ce jour vos regards affidus .
Deux Héros au fein de la Gloire
I. Vol. Cou
1642 MERCURE DE FRANCE
Goutent le prix de leur Victoire ,
Et l'Univers charmé célebre leurs vertus.
器
Sur les bords où le Pô répand fes eaux fertiles,
Et que Manto rendit fameux ,
Et dans ces climats plus ftériles ,
Que l'auftere Sarmate a rendu belliqueux ,
Deux Princes au printems de l'âge ,
Mériterent le tendre hommage ,
Qui fait en leur honneur ériger des Autels
La vertu leur fraïant les routes >
Ils fçurent aux céleſtes voutes ,
S'affurer un grand nom parmi les Immortels,
諾
A mes yeux ébloüis une lumiere pure ,
Ouvre les barrieres du Ciel :
Que vois-je foible créature ,
Tu brilles fur un Trône & tu vois l'Eternel
Exemt des malheurs & des vices ,
D'un torrent de faintes délices ,
GONZAGUEà chaque inftant fent inonder fon
coeur :
STANISLAS après une vie
Aux mêmes devoirs affervie ,
D'un vol précipité court au même bonheur.
IGNACE , qui forma leurs coeurs à la fageffe ,
1. Vol.
Dans
DECEMBRE. 1730. 2643
Dans l'étroit fentier des Elus ,
En eux , au gré de fa tendreffe ,
Couronne peu de jours & beaucoup de vertus,
Quelle fplendeur les accompagne ?
La gloire & l'appui de l'Eſpagne ,
XAVIER & BORGIA paroiffent à leur tour.
Au culte de l'efprit immonde,
L'un arracha le nouveau Monde ,
L'autre fçut méprifer les attraits de la Cour,
淡
Le modefte REGIS vers la troupe s'avance
Tel dans fon air & fon maintien ,
Qu'il fe montre aux yeux de la France
Dont il rappelle encor qu'il fut le citoyen.
A leur fuite combien d'Apôtres ,
Se fuccedent les uns aux autres ?
La plus pure vertu régle feule leur rang.
Malgré l'erreur & fes preftiges ,
La foi fur leurs facrés veftiges ,
Eclaira l'Univers inondé de leur fang.
諾
Dans GONZAGUE & KOSTKA tout l'Olympe
révere
Le zele & les talens divers ,
Qu'il a couronnés dans le pere ,
Et par qui les enfans défarment les Enfers.
Formés par les mêmes maximes ,
En ce jour fur des tons fublimes
I. Vol,
Chan
2644 MERCURE DE FRANCE
Chantres ingénieux , multipliés vos airs ,
Et , dociles à vos exemples ,
Que vos éleves dans nos Temples ,
Célebrent un fujet fi propre à leurs Concerts.
Héritiers d'un grand nom confacré dans l'hiftoire
;
On vit GONZAGUE & STANISLAS
Rougir d'un titre , dont la gloire
A le fort pour principe , & pour fin le trépas,
Nés dans le fein de la molleffe ,
Des préjugés de la Nobleffe ,
Leur coeur ne fe fit point un agréable écueil . *
Ils fçavoient que les Grands périſſent ,
Et qu'avec les Héros finiffent
Dans l'horreur du tombeau leur fafte & leur or
gueil.
La Grace qui parut , pour embellir leur ame
Epuifer fes riches tréfors ,
Par les traits d'une vive flamme ,
En dirigea toujours les dociles refforts,
En eux déja les connoiffances ,
Sondoient l'abîme des Sciences ,
Quant à l'efpoir public la mort vint les ravir
Telles à l'afpect de l'Aurore ,
Des rofes fe hâtent d'éclore ,
Que le même Soleil voit naître & fe flétrir,
1.Vol. Mais
DECEMBRE . 1730. 2645
Mais plus que le rapport d'état , d'âge ou d'étude,
Dans leurs penchants & dans leurs moeurs
Même attrait , même exactitude ,
Les rendit l'un & l'autre heureux imitateurs,
L'Ambition au coeur barbare ,
Le Plaifir , enfant du Ténáre ,
Effayerent en vain de captiver leur coeur ,
Leur innocence fous l'écorce ,
Démêla la fatale amorce ,
Qu'aux Mortels , qu'il féduit , offre le Tentateur,
Echappés aux dangers d'un Monde tyrannique ,
Sans crainte , au ſéjour de la paix ,
Dans le fein d'un Dieu magnifique ,
Le plus parfait bonheur les fixe pour jamais,
Tel un Marchand , à qui Porage ,
Dans l'attente d'un promt naufrage ;
A retracé cent fois les horreurs de la mort ,'
Exemt de terreurs & d'allarmes ,
Se livre fans réſerve aux charmes
De contempler fa barque à l'abri dans le porta
F. L. de la Compagnie de Jefus,
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Résumé : IMITATION de l'Ode Latine du P. Sanadon, adressée aux Poëtes du College de Louis le Grand, pendant l'Octave de la Canonisatton des SS. Louis DE GONZAGUE & Stanislas KOSTKA.
Le texte est une imitation d'une ode latine adressée aux poètes du Collège de Louis le Grand lors de la canonisation des saints Louis de Gonzague et Stanislas Kostka. L'ode les invite à célébrer les vertus de ces deux héros en se rapprochant du tabernacle sacré. Elle décrit les lieux de naissance et les vertus des saints, soulignant leur ascension vers les cieux et leur renommée immortelle. Ignace de Loyola est mentionné comme celui qui a formé leurs cœurs à la sagesse, ainsi que d'autres saints comme François Xavier et Alphonse de Liguori, qui ont contribué à la gloire de l'Espagne. L'ode évoque également le saint Jean-Baptiste de Régis et une succession d'apôtres dont la pure vertu éclaire l'univers. Elle met en lumière le zèle et les talents divers des saints, couronnés par l'Olympe, et leur formation par les mêmes maximes. Les saints Gonzague et Kostka sont décrits comme ayant rejeté les préjugés de la noblesse et ayant conscience de la mortalité des grands. Leur grâce les a dirigés vers des connaissances profondes, mais la mort les a ravis prématurément. Leur innocence et leur exactitude les ont rendus heureux imitateurs des vertus chrétiennes. Enfin, l'ode compare leur parcours à celui d'un marchand échappant aux dangers de la mer pour trouver un bonheur parfait dans le sein de Dieu. Le texte se conclut par une référence à la Compagnie de Jésus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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488
p. 2740-2741
Prise de possession de S. Jean de Latran.
Début :
Le 19. Novembre, le Pape se rendit le matin du Palais du Quirinal à celui du Vatican [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinaux, Cérémonie, Officiers, Chevaux, Trône, Vatican
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise de possession de S. Jean de Latran.
Prife de poffeffion de S. Jean de Latran.
L
E 19. Novembre , le Pape fe rendit le matin
du Palais du Quirinal à celui du Vatican,
où fa S. dîna. L'après midi , les Cardinaux , les
Prélats & les Seigneurs Romains qui avoient rang
dans la Cerémonie , s'y étant rendus , la marche
fe fit dans l'ordre fuivant, Un détachement des.
chevaux Legers de la Garde , habillés de drap
écarlatte galonné d'or , fortit du Palais , ayant à
fa tête le Marquis Caponi , Grand - Maréchal
des Logis du Pape . Il fut fuivi des Officiers de
la Chambre & de la livrée des Cardinaux , de
leurs Maffiers à cheval , de leurs Gentilshommes
& de la principale Nobleffe à cheval , ayant
livriée à fes cûtés .
fa
A quelque distance marchoient les bas Officiers
du Palais Apoftolique , la Haquenée du Pape couverte
d'un magnifique caparaçon , les litières de
S. S. fon Grand-Ecuyer , les Trompettes des Cheyaux
Legers de la Garde , les Cameriers extraor-
1. Vol dinaires
DECEMBRE. 1730 : 2741
dinaires , les Adjudans de la Chambre , les Avocats
Confiftoriaux , les Chapelains ordinaires , les
Chapelains Secrets , les Cameriers d'honneur de
Cape & d'Epée , les Cameriers d'honneur Ecclefiaftiques
, les Cameriers fecrets de Cape &
d'Epée , les Cameriers fecrets Écclefiaftiques , les
Abreviateurs , les Votans de la fignature 2. les
Clercs de la Chambre , les Auditeurs de Rote , le
Religieux Dominicain qui eft Maître du Palais
-Apoftolique, l'Ambaffadeur de laVille de Bologne,
le Prieur & les Confervateurs des Privileges du
Peuple Romain , le Connétable Colonne , Prince
du Soglio , le Gouverneur de Rome , les Maîtres
des Cerémonies Pontificales , M. Befonico , qui
étant le dernier des Auditeurs de Rote, portoit la
Croix au milieu de deux Acolites & marchoit
-immediatement devant le Pape , lequel étoit dans
un fauteuil de velours cramoifi , galonné d'or
porté fur un brancart par deux chevaux blancs ,
magnifiquement caparaçonnés . S.S. étoit entourée
de la Garde Suiffe , du refte de fa Compagnie,des
Chevaux Legers , de fes Pages , Coureurs, Palfre-
-niers , de deux Officiers portant des Ombrelles
-ou Parafols & de fes deux Maffiers à cheval. M.
Doria , Archevêque de Patraffo , Maître de la
Chambre du Pape , marchoit après S. S. au mi-
-lieu de deux Cameriers Secrets Affiftans. Il étoit
fuivi du Medecin , du Caudataire & du Maître de
la Garderobe du Pape , de deux Officiers de la
-bouche , avec leurs Cantines , du cheval que le
-Pape devoit monter , d'une chaife à porteurs , & de la Litière du Corps. Après ce Cortege marchoient
les Cardinaux
Barberin , Sous - Doyen du
Sacré College , Albani de S. Clement , Zondodari
, Belluga de S. Mathieu , Querini , Lercari , Caraffe , Borghefe , Cibo , Altieri , Alexandre
Albani, del Giudice & Rufpoli ; ils étoient fuivis
1. Vol.
I dés
2742 MERCURE DE FRANCE
des Patriarches, Archevêques &Evêques affiftans du
Trône, de l'Auditeur de S. S. & du Tréforier de
la Chambre Apoftolique. M.NeriCorfini, neveu du
Pape , marchoit au milieu des deux plus anciens
Protonotaires Apoftoliques , qui étoient fuivis des
autres Protonotaires , des Evêques non affiftans
des Referendaires des deux fignatures , des chevaux
de main & du Caroffe de S. S. devant lequel
étoient deux Trompettes de la Garde , de la Com.
pagnie des Cuiraffiers , de huit Compagnies d'Infanterie
, Enfeignes déployées , qui fe rangerent
en bataille dans la Place de S. Jean de Latran.
Le Pape étant arrivé au Capitole qui étoit tapiffé
de Velours cramoifi , avec des Crépines &
Galons d'or , le Marquis Marie Franchipani ,
en longue robbe de Sénateur , de toile d'or , accompagné
de fes Collegues , des Officiers du Capitole
, & affifté de deux Maîtres de cérémonies,
vint recevoir le Pape & lui rendre l'obédience au
nom du Sénat & du Peuple Romain. Son Difcours
fut reçû tres - favorablement de S. S. qui y
répondit en peu de mots.
>
Elle continua fa marche vers l'Arc de Triomphe
de Septime Severe, & quand on fût à une petite
diftance de celui de Tité, on trouva un autre
Arc de Triomphe , nouvellement érigé , fuivant
qu'il fe pratique en pareille cérémonie, par les Ordres
du Sereniff. Duc de Parme & de Plaiſance.
Cet Arc dont l'élevation, le gout, les riches ornemens
attirerent les regards de tous les connoiffeurs
, fut applaudi du Pape même , qui en marqua
une particuliere fatisfaction. On voyoit fur
la principale face deux grandes Statues dans des
Niches , l'une à droite, reprefentant la Charité
avec cette Infcription : Videant Pauperes &
latentur ; l'autre à gauche , fymbole de la Juftice
, avec ces mots : Juftitia ejus manet . Sur le
>
1. Velo milieu
DECEMBRE. 1730. 2743
milieu du comble de tout l'Edifice étoit pofé
entre deux Renommées , un grand Cartouche ,
contenant les Armes du Pape : avec cette Infcri
ption : CLEMENTI XII . P. O. M. genere virtutibus
praftantiffimo , Magno, Chriftiana Reipublica
bono & gaudio. Antonius Farnefius
Parma & Plac, Dux P. On lifoit cette autre Inf
cription fur la face oppofée , où les Armes du
Pape , foutenues par deux Renommées , étoient
encore répétées : AD ECCLESIAM OMNIUM
MATREM exoptatiffimi Principis iter , urbe
borbe plaudentibus , obfequentiffimè veneratur
Antonius Farnefius Parma & Plac. Dux. Il
feroit trop long de rapporter icy les autres Emblêmes
& Devifes qui ornoient toutes les parties
de ce Monument. Elles étoient toutes d'une heureufe
application & tirées pour la plupart de l'E
criture.Nous fommes auffi obligez de paffer fous
filence les autres magnificences du Duc de Parme
dans cette grande Fête. Elles brillerent fur tout
à la Façade du Jardin Farneſe , qui étoit fur la
même route , ainfi que l'Arc de Tite , à travers
duquel le Pape paffa,& le quartier des Juifs .L'Arc
de Tite étoit décoré de plufieurs Emblêmes, Devifes
, Infcriptions , &c. & on y lifoit fur divers
Rouleaux des Elegies latines à la gloire de S. S.
Le Pape fut reçû à l'entrée du Portail de l'Eglife
de S. Jean de Latran par le Card. Ottoboni
qui en eft Archiprêtre, à la tête du Chapitre.Etant
entré dans l'Eglife , ce Cardinal lui apporta la
Croix à baifer ; après quoi S. S. alla s'affeoir
fur fon Trône , préparé fous le Portique , qui
étoit tapiffé de brocard d'or & de damas. Elle y
prit les habits Pontificaux blancs & fa Mitre; alors
le Card. Ottoboni lui prefenta dans un Baffin
d'or deux Cefs , l'une d'or & l'autre d'argent.
Cette Cérémonie fut fuivie d'un Difcours latin
1. Vol. I ij très2744
MERCURE DE FRANCE
tres - éloquent que lui fit le même Cardinal ; après.
lequel les Cardinaux , les Patriarches , les Archevêques
& les Evêques qui s'étoient revêtus de
leurs habits Pontificaux dans une Salle à côté dụ
Portique , vinrent baifer les pieds du Pape ; cérémonie
qui fut enfuite obfervée par tous les Chanoines
, à chacun defquels le Tréforier de la
Chambre Apoftolique donna une Médaille d'argent.
Le Pape defcendit de fon Trône , précédé
de la Croix , des Cardinaux & des differens Or- .
dres de Prélature . Il entra dans l'Eglife donnant
l'Eau-benite à tous les affiftans. On lifoit deux
Infcriptions , l'une en dedans de la principale
Porte , & l'autre en dehors. La premiere contenoit
ce qui fuit , Ingredere, Sanctiffime Pater ,
exultantem adventu tuo comple&ere fponfam
Ecclefiarum Matrem que virtutis tua fulgoribus
illuftrata depofuit viduitatis infigne ut
novo tuorum latetur meritorum triumpho . Induit
fe veftimentis jucunditatis fua , Clementia
tua prafidio fulta nullos post hac fecura
pavebit incurfus . Pontifex pietate &munificentia
Optime , Maxime , diù vivas foelix aterno
Ecclefia decori , Corfinorum gloria perpe ,
tuo augmento. Publicè Urbis & Orbis Patri.
L'autre Infcription étoit en ces termes : Vox po
puli de Civitate , vox de Templo . Ecce venit defideratus
Gentibus fructus honoris quem dede-.
runtflores. CLEMENS XII. PONT. MAX.
occurrere latanti & facienti juftitiam . Lateranenfis
Ecclefia exultans clama magnum principium
, femita jufti recta eft , ofculate pedes ;
attolle portas ingredietur cuftodiens veritatem;
implebit Templum Majeftate nova. Parafii folium
, videbis Regem in decore fuc. Lorfque S.S.
fut arrivée dans le Choeur , elle y entonna le Te
Deum , après lequel elle fe rendit à fon Trône
I. Vol. élevé
DECEMBRE . 1730. 2743
élevé à côté du Grand Autel , où elle reçut l'obé
dience des Cardinaux qui lui baiferent la main, &
qui reçurent chacun une Médaille d'or & une
d'argent. Enfuite le Pape fut porté proceffionellement
à la grande Loge du Portail , où il donna
fa Benediction au peuple au fon des Timbales &
des Trompettes & au bruit d'une décharge gene
tale des Boëtes qui étoient rangées dans la Place.
Après la cérémonie , le Pape retourna en Chaife
à Porteurs au Palais du Quirinal.
Le foir , toute la Façade du Capitole fut ma
gnifiquement illuminée , ainfi que tous les Palais
de la Ville, & Pon fit plufieurs décharges de l'Ar
tillerie du Château S. Ange. A l'occafion de cette
cérémonie , le Pape a fait diftribuer du pain
toutes les pauvres familles , & diminuer confidérablement
le prix de la viande .
L
E 19. Novembre , le Pape fe rendit le matin
du Palais du Quirinal à celui du Vatican,
où fa S. dîna. L'après midi , les Cardinaux , les
Prélats & les Seigneurs Romains qui avoient rang
dans la Cerémonie , s'y étant rendus , la marche
fe fit dans l'ordre fuivant, Un détachement des.
chevaux Legers de la Garde , habillés de drap
écarlatte galonné d'or , fortit du Palais , ayant à
fa tête le Marquis Caponi , Grand - Maréchal
des Logis du Pape . Il fut fuivi des Officiers de
la Chambre & de la livrée des Cardinaux , de
leurs Maffiers à cheval , de leurs Gentilshommes
& de la principale Nobleffe à cheval , ayant
livriée à fes cûtés .
fa
A quelque distance marchoient les bas Officiers
du Palais Apoftolique , la Haquenée du Pape couverte
d'un magnifique caparaçon , les litières de
S. S. fon Grand-Ecuyer , les Trompettes des Cheyaux
Legers de la Garde , les Cameriers extraor-
1. Vol dinaires
DECEMBRE. 1730 : 2741
dinaires , les Adjudans de la Chambre , les Avocats
Confiftoriaux , les Chapelains ordinaires , les
Chapelains Secrets , les Cameriers d'honneur de
Cape & d'Epée , les Cameriers d'honneur Ecclefiaftiques
, les Cameriers fecrets de Cape &
d'Epée , les Cameriers fecrets Écclefiaftiques , les
Abreviateurs , les Votans de la fignature 2. les
Clercs de la Chambre , les Auditeurs de Rote , le
Religieux Dominicain qui eft Maître du Palais
-Apoftolique, l'Ambaffadeur de laVille de Bologne,
le Prieur & les Confervateurs des Privileges du
Peuple Romain , le Connétable Colonne , Prince
du Soglio , le Gouverneur de Rome , les Maîtres
des Cerémonies Pontificales , M. Befonico , qui
étant le dernier des Auditeurs de Rote, portoit la
Croix au milieu de deux Acolites & marchoit
-immediatement devant le Pape , lequel étoit dans
un fauteuil de velours cramoifi , galonné d'or
porté fur un brancart par deux chevaux blancs ,
magnifiquement caparaçonnés . S.S. étoit entourée
de la Garde Suiffe , du refte de fa Compagnie,des
Chevaux Legers , de fes Pages , Coureurs, Palfre-
-niers , de deux Officiers portant des Ombrelles
-ou Parafols & de fes deux Maffiers à cheval. M.
Doria , Archevêque de Patraffo , Maître de la
Chambre du Pape , marchoit après S. S. au mi-
-lieu de deux Cameriers Secrets Affiftans. Il étoit
fuivi du Medecin , du Caudataire & du Maître de
la Garderobe du Pape , de deux Officiers de la
-bouche , avec leurs Cantines , du cheval que le
-Pape devoit monter , d'une chaife à porteurs , & de la Litière du Corps. Après ce Cortege marchoient
les Cardinaux
Barberin , Sous - Doyen du
Sacré College , Albani de S. Clement , Zondodari
, Belluga de S. Mathieu , Querini , Lercari , Caraffe , Borghefe , Cibo , Altieri , Alexandre
Albani, del Giudice & Rufpoli ; ils étoient fuivis
1. Vol.
I dés
2742 MERCURE DE FRANCE
des Patriarches, Archevêques &Evêques affiftans du
Trône, de l'Auditeur de S. S. & du Tréforier de
la Chambre Apoftolique. M.NeriCorfini, neveu du
Pape , marchoit au milieu des deux plus anciens
Protonotaires Apoftoliques , qui étoient fuivis des
autres Protonotaires , des Evêques non affiftans
des Referendaires des deux fignatures , des chevaux
de main & du Caroffe de S. S. devant lequel
étoient deux Trompettes de la Garde , de la Com.
pagnie des Cuiraffiers , de huit Compagnies d'Infanterie
, Enfeignes déployées , qui fe rangerent
en bataille dans la Place de S. Jean de Latran.
Le Pape étant arrivé au Capitole qui étoit tapiffé
de Velours cramoifi , avec des Crépines &
Galons d'or , le Marquis Marie Franchipani ,
en longue robbe de Sénateur , de toile d'or , accompagné
de fes Collegues , des Officiers du Capitole
, & affifté de deux Maîtres de cérémonies,
vint recevoir le Pape & lui rendre l'obédience au
nom du Sénat & du Peuple Romain. Son Difcours
fut reçû tres - favorablement de S. S. qui y
répondit en peu de mots.
>
Elle continua fa marche vers l'Arc de Triomphe
de Septime Severe, & quand on fût à une petite
diftance de celui de Tité, on trouva un autre
Arc de Triomphe , nouvellement érigé , fuivant
qu'il fe pratique en pareille cérémonie, par les Ordres
du Sereniff. Duc de Parme & de Plaiſance.
Cet Arc dont l'élevation, le gout, les riches ornemens
attirerent les regards de tous les connoiffeurs
, fut applaudi du Pape même , qui en marqua
une particuliere fatisfaction. On voyoit fur
la principale face deux grandes Statues dans des
Niches , l'une à droite, reprefentant la Charité
avec cette Infcription : Videant Pauperes &
latentur ; l'autre à gauche , fymbole de la Juftice
, avec ces mots : Juftitia ejus manet . Sur le
>
1. Velo milieu
DECEMBRE. 1730. 2743
milieu du comble de tout l'Edifice étoit pofé
entre deux Renommées , un grand Cartouche ,
contenant les Armes du Pape : avec cette Infcri
ption : CLEMENTI XII . P. O. M. genere virtutibus
praftantiffimo , Magno, Chriftiana Reipublica
bono & gaudio. Antonius Farnefius
Parma & Plac, Dux P. On lifoit cette autre Inf
cription fur la face oppofée , où les Armes du
Pape , foutenues par deux Renommées , étoient
encore répétées : AD ECCLESIAM OMNIUM
MATREM exoptatiffimi Principis iter , urbe
borbe plaudentibus , obfequentiffimè veneratur
Antonius Farnefius Parma & Plac. Dux. Il
feroit trop long de rapporter icy les autres Emblêmes
& Devifes qui ornoient toutes les parties
de ce Monument. Elles étoient toutes d'une heureufe
application & tirées pour la plupart de l'E
criture.Nous fommes auffi obligez de paffer fous
filence les autres magnificences du Duc de Parme
dans cette grande Fête. Elles brillerent fur tout
à la Façade du Jardin Farneſe , qui étoit fur la
même route , ainfi que l'Arc de Tite , à travers
duquel le Pape paffa,& le quartier des Juifs .L'Arc
de Tite étoit décoré de plufieurs Emblêmes, Devifes
, Infcriptions , &c. & on y lifoit fur divers
Rouleaux des Elegies latines à la gloire de S. S.
Le Pape fut reçû à l'entrée du Portail de l'Eglife
de S. Jean de Latran par le Card. Ottoboni
qui en eft Archiprêtre, à la tête du Chapitre.Etant
entré dans l'Eglife , ce Cardinal lui apporta la
Croix à baifer ; après quoi S. S. alla s'affeoir
fur fon Trône , préparé fous le Portique , qui
étoit tapiffé de brocard d'or & de damas. Elle y
prit les habits Pontificaux blancs & fa Mitre; alors
le Card. Ottoboni lui prefenta dans un Baffin
d'or deux Cefs , l'une d'or & l'autre d'argent.
Cette Cérémonie fut fuivie d'un Difcours latin
1. Vol. I ij très2744
MERCURE DE FRANCE
tres - éloquent que lui fit le même Cardinal ; après.
lequel les Cardinaux , les Patriarches , les Archevêques
& les Evêques qui s'étoient revêtus de
leurs habits Pontificaux dans une Salle à côté dụ
Portique , vinrent baifer les pieds du Pape ; cérémonie
qui fut enfuite obfervée par tous les Chanoines
, à chacun defquels le Tréforier de la
Chambre Apoftolique donna une Médaille d'argent.
Le Pape defcendit de fon Trône , précédé
de la Croix , des Cardinaux & des differens Or- .
dres de Prélature . Il entra dans l'Eglife donnant
l'Eau-benite à tous les affiftans. On lifoit deux
Infcriptions , l'une en dedans de la principale
Porte , & l'autre en dehors. La premiere contenoit
ce qui fuit , Ingredere, Sanctiffime Pater ,
exultantem adventu tuo comple&ere fponfam
Ecclefiarum Matrem que virtutis tua fulgoribus
illuftrata depofuit viduitatis infigne ut
novo tuorum latetur meritorum triumpho . Induit
fe veftimentis jucunditatis fua , Clementia
tua prafidio fulta nullos post hac fecura
pavebit incurfus . Pontifex pietate &munificentia
Optime , Maxime , diù vivas foelix aterno
Ecclefia decori , Corfinorum gloria perpe ,
tuo augmento. Publicè Urbis & Orbis Patri.
L'autre Infcription étoit en ces termes : Vox po
puli de Civitate , vox de Templo . Ecce venit defideratus
Gentibus fructus honoris quem dede-.
runtflores. CLEMENS XII. PONT. MAX.
occurrere latanti & facienti juftitiam . Lateranenfis
Ecclefia exultans clama magnum principium
, femita jufti recta eft , ofculate pedes ;
attolle portas ingredietur cuftodiens veritatem;
implebit Templum Majeftate nova. Parafii folium
, videbis Regem in decore fuc. Lorfque S.S.
fut arrivée dans le Choeur , elle y entonna le Te
Deum , après lequel elle fe rendit à fon Trône
I. Vol. élevé
DECEMBRE . 1730. 2743
élevé à côté du Grand Autel , où elle reçut l'obé
dience des Cardinaux qui lui baiferent la main, &
qui reçurent chacun une Médaille d'or & une
d'argent. Enfuite le Pape fut porté proceffionellement
à la grande Loge du Portail , où il donna
fa Benediction au peuple au fon des Timbales &
des Trompettes & au bruit d'une décharge gene
tale des Boëtes qui étoient rangées dans la Place.
Après la cérémonie , le Pape retourna en Chaife
à Porteurs au Palais du Quirinal.
Le foir , toute la Façade du Capitole fut ma
gnifiquement illuminée , ainfi que tous les Palais
de la Ville, & Pon fit plufieurs décharges de l'Ar
tillerie du Château S. Ange. A l'occafion de cette
cérémonie , le Pape a fait diftribuer du pain
toutes les pauvres familles , & diminuer confidérablement
le prix de la viande .
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Résumé : Prise de possession de S. Jean de Latran.
Le 19 novembre, le Pape effectua un déplacement du Palais du Quirinal au Palais du Vatican. L'après-midi, une procession cérémonielle fut organisée, incluant divers dignitaires et membres de la cour pontificale. Le cortège comprenait des détachements de la Garde, des officiers de la Chambre, des gentilshommes et des nobles. Le Pape était transporté dans un fauteuil de velours cramoisi sur un brancard tiré par deux chevaux blancs, entouré par la Garde suisse, des pages et des trompettes. Les cardinaux, patriarches, archevêques et évêques suivaient derrière. La procession traversa plusieurs arcs de triomphe, dont un nouvellement érigé par le Duc de Parme, orné de statues et d'inscriptions. Au Capitole, le Pape fut accueilli par le Marquis Franchipani, qui lui rendit hommage au nom du Sénat et du peuple romain. La procession continua jusqu'à l'église Saint-Jean-de-Latran, où le Pape fut reçu par le Cardinal Ottoboni. Après avoir revêtu les habits pontificaux et écouté un discours en latin, le Pape donna la bénédiction au peuple. La cérémonie se conclut par des illuminations et des salves d'artillerie. Le lendemain, le Pape distribua du pain aux pauvres familles et réduisit le prix de la viande.
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489
p. 2739-2740
ITALIE.
Début :
On publia au commencement du mois dernier à Rome un Edit du Cardinal Camerlingue, [...]
Mots clefs :
Ordre, Cardinal, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
2
N publia au commencement du mois derau
commencement din alclanderlingue
, portant deffenfe à toute perfonne , fans
exception , de porter fur les habits aucun galon
ou autres ornemens d'or & d'argent , excepté dans
les Villes de Rome , de Bologne & de Ferrare .
Le Cardinal Pignatelli ayant prié le Pape d'annuller
les conceflions accordées par le feu Pape
à plufieurs Seigneurs du Royaume de Naples de
garder le S. Sacrement dans leurs Chapelles domeftiques
, S. S. a donné ordre à la Congrégation
des Indulgences de fupprimer tous ces privileges
& plufieurs autres concernant tant les
Autels privilegiés que les Indulgences qu'on publie
dans diverfes Eglifes depuis le dernier Pontificat.
Le 9. Novembre vers les 3. heures après- midi,
il y eut à Rome un orage furieux , qui dura depuis
3. heures après-midi jufqu'à 10. heures du
foir. Le Tonnerre tomba dans le jardin du Duc
de Cefi & dans celui du Marquis Cavalieri , ou
1. Vol il
2740 MERCURE DE FRANCE
il renverfa plus de 30. toifes de muraille. Il tomba
auffi chez le Marquis Sacchetti , où il traverſa
une Salle dans laquelle il y avoit une affemblée
de Dames & de Cavaliers , aufquels il ne fit aucnn
mal . Vers le foir , il tomba ſur le Palais du
Prince de S. Martin dont il brûla ou gâta les plus
beaux tableaux.
Dans le Confiftoire du 22. du mois dernier ,
le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires de
France , propofa l'Abbaye de Sainte Marie au
Vou de Cherbourg , Ordre de S. Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , pour l'Abbé le Normand ; il
préconifa enfuite l'Abbé de la Vigerie pour celle
de S. Etienne de Baffac , Ordre de S. Benoît
Diocèfe de Saintes.
2
N publia au commencement du mois derau
commencement din alclanderlingue
, portant deffenfe à toute perfonne , fans
exception , de porter fur les habits aucun galon
ou autres ornemens d'or & d'argent , excepté dans
les Villes de Rome , de Bologne & de Ferrare .
Le Cardinal Pignatelli ayant prié le Pape d'annuller
les conceflions accordées par le feu Pape
à plufieurs Seigneurs du Royaume de Naples de
garder le S. Sacrement dans leurs Chapelles domeftiques
, S. S. a donné ordre à la Congrégation
des Indulgences de fupprimer tous ces privileges
& plufieurs autres concernant tant les
Autels privilegiés que les Indulgences qu'on publie
dans diverfes Eglifes depuis le dernier Pontificat.
Le 9. Novembre vers les 3. heures après- midi,
il y eut à Rome un orage furieux , qui dura depuis
3. heures après-midi jufqu'à 10. heures du
foir. Le Tonnerre tomba dans le jardin du Duc
de Cefi & dans celui du Marquis Cavalieri , ou
1. Vol il
2740 MERCURE DE FRANCE
il renverfa plus de 30. toifes de muraille. Il tomba
auffi chez le Marquis Sacchetti , où il traverſa
une Salle dans laquelle il y avoit une affemblée
de Dames & de Cavaliers , aufquels il ne fit aucnn
mal . Vers le foir , il tomba ſur le Palais du
Prince de S. Martin dont il brûla ou gâta les plus
beaux tableaux.
Dans le Confiftoire du 22. du mois dernier ,
le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires de
France , propofa l'Abbaye de Sainte Marie au
Vou de Cherbourg , Ordre de S. Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , pour l'Abbé le Normand ; il
préconifa enfuite l'Abbé de la Vigerie pour celle
de S. Etienne de Baffac , Ordre de S. Benoît
Diocèfe de Saintes.
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Résumé : ITALIE.
En novembre, un édit italien interdit le port d'ornements d'or et d'argent sur les habits, sauf à Rome, Bologne et Ferrare. Le cardinal Pignatelli demanda au pape d'annuler les concessions permettant à des seigneurs du Royaume de Naples de conserver le Saint-Sacrement dans leurs chapelles. Le pape ordonna la suppression de ces privilèges ainsi que ceux concernant les autels privilégiés et les indulgences publiées dans diverses églises. Le 9 novembre, un violent orage à Rome causa des dégâts dans les jardins du duc de Cefi, du marquis Cavalieri et du marquis Sacchetti, ainsi qu'au palais du prince de Saint-Martin. Lors du consistoire du 22 octobre, le cardinal Ottoboni proposa l'abbaye de Sainte-Marie au Val de Cherbourg pour l'abbé Le Normand et l'abbé de La Vigerie pour l'abbaye de Saint-Étienne de Bassa.
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490
p. 2874-2876
Histoire du B. H. Gérard Tenque, [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE de la vie & du culte du Bienheureux Gérard Tenque, Fondateur de l'Ordre [...]
Mots clefs :
Gérard Tenque, Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire du B. H. Gérard Tenque, [titre d'après la table]
HISTOIRE dela vie & du culte du Rien
heureux Gérard Tenque, Fondateur de l'Ordre
de S. Jean de ferufalem , par Pierre-
Jofeph de Haitze . A Aix , chez Jofeph
David , Imprimeur du Roy , 1730. in 12 .
pages 179 .
M. de Haitze remarque dans fa Préface
, qu'il eft rare qu'il y ait un Fondateur
d'Ordre , qui depuis fept fiécles n'ait pas.
rencontré jufqu'aujourd'hui aucun Ecrivatn
qui ait daigné de configner , en particulier ,
Ja Vie à la pofterité. Cependant le B. Gế-
rard Tenque n'a encore trouvé perfonne
qui l'ait voulu faire connoître particulierement.
Ce n'eft pas qu'il foit entierement
demeuré dans l'oubli , puiſque
beaucoup d'Hiftoriens ont fait une mention
honorable de lui , mais en tres- peu
de mots , & en fe copiant les uns les
autres.
M. de Haitze cite ces Hiftoriens , qui
font effectivement en grand nombre ;
mais en les citant , il défigure quelquefois
leurs noms ; il en ufe auffi fans ceremonie
à l'égard des meilleurs & des
plus récens..
Du Vertot , en fon Hiftoire des Chevaliers
, &c. C'eft ainfi que notre Ecrivain
indique l'Hiftoire des Chevaliers Hofpitaliers
de S. Jean de Jérufalem , & c. par.
M. l'Abbé de Vertot , Commandeur de
II. Fol
San
DECEMBRE 1730. 2871
&
Santeni , quoique cet Autheur , illuftre
par plufieurs endroits , foit encore vivant,
que fon ouvrage foit tout nouveau
C'eſt , au refte, par pur amour pour la
fa Patrie , que M. de Haitze a écrit la vie
de fon Compatriote ; car Gérard Tenque
étoit de la Ville de Martigues , né dans
le 11 fiecle, & mort à Jerufalem au commencement
du x11 ° fieçle , la 1ere année
du Règne de Baudouin II. Son Corps.
tranfporté en Europe , repofe à Manof
que , dans l'Eglife de la Commanderie de
cette Ville. L'Autheur ne fçait pas bien
le temps & les raifons de cette transferance
à Manofque ; mais il donne là - deſſus
des conjectures plaufibles . Notre Hiftorien
ajoute que Carbonel de Luffan , Baillifde
Manofque , entreprit de placer une partie
du Chef, qui eft le Crane , dans une Chaffe
d'argent , qui le reprefente en Bufte , afin de
pouvoir l'expofer dignement & folemnellement
à la veneration des fideles.
Pierre Puget , Marſeillois , tres - celebre
Sculpteur , donna le deffein de ce Bufte
& en fit le modele , fur lequel l'Argentier
travailla le Bufte , où cette Relique fut
enfermée. Il n'y a pas , felon l'Autheur ,
un plus beau Bufte dans tout le Royaume
; la Tête eft du dernier beau , elle
fe fait admirer. En finiffant cet ouvrage
hiſtorique , M. de Haitze répete qu'il l'a
11. Vol. entres
2876 MERCURE DE FRANCE
entrepris pour l'honneur de la Provence.
Un peu plus d'attention au ftile & à la
pureté de la diction , n'auroit rien eu de
contraire à une intention fi loüable.
heureux Gérard Tenque, Fondateur de l'Ordre
de S. Jean de ferufalem , par Pierre-
Jofeph de Haitze . A Aix , chez Jofeph
David , Imprimeur du Roy , 1730. in 12 .
pages 179 .
M. de Haitze remarque dans fa Préface
, qu'il eft rare qu'il y ait un Fondateur
d'Ordre , qui depuis fept fiécles n'ait pas.
rencontré jufqu'aujourd'hui aucun Ecrivatn
qui ait daigné de configner , en particulier ,
Ja Vie à la pofterité. Cependant le B. Gế-
rard Tenque n'a encore trouvé perfonne
qui l'ait voulu faire connoître particulierement.
Ce n'eft pas qu'il foit entierement
demeuré dans l'oubli , puiſque
beaucoup d'Hiftoriens ont fait une mention
honorable de lui , mais en tres- peu
de mots , & en fe copiant les uns les
autres.
M. de Haitze cite ces Hiftoriens , qui
font effectivement en grand nombre ;
mais en les citant , il défigure quelquefois
leurs noms ; il en ufe auffi fans ceremonie
à l'égard des meilleurs & des
plus récens..
Du Vertot , en fon Hiftoire des Chevaliers
, &c. C'eft ainfi que notre Ecrivain
indique l'Hiftoire des Chevaliers Hofpitaliers
de S. Jean de Jérufalem , & c. par.
M. l'Abbé de Vertot , Commandeur de
II. Fol
San
DECEMBRE 1730. 2871
&
Santeni , quoique cet Autheur , illuftre
par plufieurs endroits , foit encore vivant,
que fon ouvrage foit tout nouveau
C'eſt , au refte, par pur amour pour la
fa Patrie , que M. de Haitze a écrit la vie
de fon Compatriote ; car Gérard Tenque
étoit de la Ville de Martigues , né dans
le 11 fiecle, & mort à Jerufalem au commencement
du x11 ° fieçle , la 1ere année
du Règne de Baudouin II. Son Corps.
tranfporté en Europe , repofe à Manof
que , dans l'Eglife de la Commanderie de
cette Ville. L'Autheur ne fçait pas bien
le temps & les raifons de cette transferance
à Manofque ; mais il donne là - deſſus
des conjectures plaufibles . Notre Hiftorien
ajoute que Carbonel de Luffan , Baillifde
Manofque , entreprit de placer une partie
du Chef, qui eft le Crane , dans une Chaffe
d'argent , qui le reprefente en Bufte , afin de
pouvoir l'expofer dignement & folemnellement
à la veneration des fideles.
Pierre Puget , Marſeillois , tres - celebre
Sculpteur , donna le deffein de ce Bufte
& en fit le modele , fur lequel l'Argentier
travailla le Bufte , où cette Relique fut
enfermée. Il n'y a pas , felon l'Autheur ,
un plus beau Bufte dans tout le Royaume
; la Tête eft du dernier beau , elle
fe fait admirer. En finiffant cet ouvrage
hiſtorique , M. de Haitze répete qu'il l'a
11. Vol. entres
2876 MERCURE DE FRANCE
entrepris pour l'honneur de la Provence.
Un peu plus d'attention au ftile & à la
pureté de la diction , n'auroit rien eu de
contraire à une intention fi loüable.
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Résumé : Histoire du B. H. Gérard Tenque, [titre d'après la table]
Le texte présente 'Histoire dela vie & du culte du Rien', ouvrage écrit par Pierre-Joseph de Haitze et publié en 1730 à Aix. Cet ouvrage est consacré à la vie de Gérard Tenque, fondateur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Haitze note que, malgré l'importance de Tenque, aucun écrivain n'avait jusqu'alors écrit spécifiquement sur sa vie. Plusieurs historiens avaient mentionné Tenque, mais de manière brève et souvent en se copiant mutuellement. Haitze cite de nombreux historiens, mais commet parfois des erreurs sur leurs noms et utilise leurs travaux sans précaution. Il mentionne notamment l'Abbé de Vertot pour son ouvrage sur les Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Gérard Tenque est né au XIe siècle à Martigues et est mort à Jérusalem au début du XIIe siècle, la première année du règne de Baudouin II. Son corps a été transporté en Europe et repose à Manosque, dans l'église de la Commanderie. Haitze ignore les détails de ce transfert mais propose des conjectures plausibles. Il relate également que Carbonel de Luffan, bailli de Manosque, a placé le crâne de Tenque dans une châsse d'argent sculptée par Pierre Puget, un célèbre sculpteur marseillais. Cette châsse est considérée comme l'une des plus belles du royaume. Haitze a écrit cet ouvrage par amour pour sa patrie et pour honorer la Provence. Il conclut en regrettant un manque d'attention au style et à la pureté de la diction dans son travail.
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491
p. 2917-2919
Imitation de J. C. &c. [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Cusson, Libraire à Nancy, vient de nous envoyer deux Brochures [...]
Mots clefs :
Édition, Imprimeur, Imitation de Jésus-Christ
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Imitation de J. C. &c. [titre d'après la table]
Le fieur Cuffon , Libraire à Nancy
vient de nous envoyer deux Brochures
in 4°. dont l'une eft de grand & l'autre
de petit papier. C'eft un effay d'une nouvelle
Edition de l'Imitation de J. C. mife
en vers par M. Corneille , à la fuite de
laquelle on trouvera l'Office de la fainte
Vierge , les fept Pleaumes de la Peniten
ce , les Vêpres du Dimanche, les Hymnes
du Breviaire Romain , pour tout le cours
de l'année ; le tout mis en vers par le
même Auteur,avec le Texte latin en mar-
"
II. Vol. G iiij ge.
2918 MERCURE DE FRANCE
ge. A Nancy , chez J. B. Cuffon , Imprimeur-
Libraire de S. A. R.
L'Imprimeur diftribue ces deux Brochures
, pour confulter le public fur l'édition
qu'il médite . Comme il a réformé
plufieurs endroits de la Traduction de
I'Imitation , & qu'il a changé des termes
furannez , des tours un peu durs , des
pluriels hors d'ufage & quelques autres
negligences pardonnables au fiecle de l'Illuftre
Traducteur , il ne veut pas s'expofer
à donner ainfi les Ouvrages de M. Corneille
fans favoir auparavant fi ces Réformations
feront reçues favorablement , &
fi on agréera qu'un tel Auteur ait été retouché.
Il rend compte dans l'avis qu'il donne
au Lecteur , à la tête de la grande Brochure
, de l'arrangement qu'il prendra
dans cette Edition . Il y joindra l'ancien
Texte des endroits retouchez. Il avoit
d'abord mis dans le petit effay , l'ancien
Texte au bas des pages : mais après avoir
confideré que ces Scholies ne font pas du
gout de tout le monde , il s'eft déterminé
à les réferver pour la fin , & à les y placer
dans une espece d'Errata , à deux colonnes
, dont l'une contiendra la Lifte des
endroits retouchez , & l'autre expoſera
l'ancienTexte. On trouvera auffi dans cette
Edition un abrégé de la vie de M. Corneille.
II
DECEMBRE. 1730. 2919
pour
Il paroît que l'Imprimeur ne veut rien
épargner , ni pour la bonté du papier, ni ,
la beauté & la netteté des caracte
res . Il s'eft déterminé à fuivre la forme de
la grande Brochure , dans fon Edition , fi
on en juge par l'avis qu'il y donne au
Lecteur, & qui ne fe trouve point dans la
petite. Il eft au refte à fouhaiter que l'Editeur
enrichifle fon Livre de Vignettes
dignes de cet Ouvrage . Celles des Effays
ne paroiffent pas affez choifies , & ne répondent
point à la beauté des caracteres .
vient de nous envoyer deux Brochures
in 4°. dont l'une eft de grand & l'autre
de petit papier. C'eft un effay d'une nouvelle
Edition de l'Imitation de J. C. mife
en vers par M. Corneille , à la fuite de
laquelle on trouvera l'Office de la fainte
Vierge , les fept Pleaumes de la Peniten
ce , les Vêpres du Dimanche, les Hymnes
du Breviaire Romain , pour tout le cours
de l'année ; le tout mis en vers par le
même Auteur,avec le Texte latin en mar-
"
II. Vol. G iiij ge.
2918 MERCURE DE FRANCE
ge. A Nancy , chez J. B. Cuffon , Imprimeur-
Libraire de S. A. R.
L'Imprimeur diftribue ces deux Brochures
, pour confulter le public fur l'édition
qu'il médite . Comme il a réformé
plufieurs endroits de la Traduction de
I'Imitation , & qu'il a changé des termes
furannez , des tours un peu durs , des
pluriels hors d'ufage & quelques autres
negligences pardonnables au fiecle de l'Illuftre
Traducteur , il ne veut pas s'expofer
à donner ainfi les Ouvrages de M. Corneille
fans favoir auparavant fi ces Réformations
feront reçues favorablement , &
fi on agréera qu'un tel Auteur ait été retouché.
Il rend compte dans l'avis qu'il donne
au Lecteur , à la tête de la grande Brochure
, de l'arrangement qu'il prendra
dans cette Edition . Il y joindra l'ancien
Texte des endroits retouchez. Il avoit
d'abord mis dans le petit effay , l'ancien
Texte au bas des pages : mais après avoir
confideré que ces Scholies ne font pas du
gout de tout le monde , il s'eft déterminé
à les réferver pour la fin , & à les y placer
dans une espece d'Errata , à deux colonnes
, dont l'une contiendra la Lifte des
endroits retouchez , & l'autre expoſera
l'ancienTexte. On trouvera auffi dans cette
Edition un abrégé de la vie de M. Corneille.
II
DECEMBRE. 1730. 2919
pour
Il paroît que l'Imprimeur ne veut rien
épargner , ni pour la bonté du papier, ni ,
la beauté & la netteté des caracte
res . Il s'eft déterminé à fuivre la forme de
la grande Brochure , dans fon Edition , fi
on en juge par l'avis qu'il y donne au
Lecteur, & qui ne fe trouve point dans la
petite. Il eft au refte à fouhaiter que l'Editeur
enrichifle fon Livre de Vignettes
dignes de cet Ouvrage . Celles des Effays
ne paroiffent pas affez choifies , & ne répondent
point à la beauté des caracteres .
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Résumé : Imitation de J. C. &c. [titre d'après la table]
Le libraire Cuffon de Nancy a envoyé deux brochures contenant un essai d'une nouvelle édition de l'Imitation de Jésus-Christ mise en vers par Pierre Corneille. Ces brochures incluent également l'Office de la Sainte Vierge, les sept Psaumes de la Pénitence, les Vêpres du Dimanche, et les Hymnes du Bréviaire Romain pour toute l'année, tous mis en vers par Corneille, avec le texte latin en marge. L'imprimeur distribue ces brochures pour consulter le public sur l'édition projetée. Il a réformé plusieurs passages de la traduction de l'Imitation, modifiant des termes surannés, des expressions dures, des pluriels désuets et d'autres négligences. Il souhaite savoir si ces réformes seront bien accueillies avant de publier l'édition complète. Dans l'avis au lecteur, l'imprimeur explique l'arrangement de l'édition, incluant l'ancien texte des passages retouchés, initialement placé au bas des pages dans la petite brochure, mais déplacé en fin d'ouvrage dans une section d'errata à deux colonnes. Une vie abrégée de Corneille sera également incluse. L'imprimeur prévoit d'utiliser un bon papier et des caractères nets pour l'édition finale, suivant le format de la grande brochure. Il est suggéré d'enrichir le livre de vignettes dignes de l'ouvrage, les illustrations des essais actuels n'étant pas jugées suffisantes.
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492
p. 2961-2963
ITALIE.
Début :
Le 30. Novembre les Peres de la Compagnie de Jesus élurent pour leur General le Pere [...]
Mots clefs :
Cardinal, Abbé, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
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Résumé : ITALIE.
Le 30 novembre, les Jésuites élurent François Res comme nouveau Général. Le Cardinal Secrétaire d'État convoqua Mgr Coscia, Évêque de Targa, à comparaître devant le Pape sous peine de suspension et d'excommunication. Le Cardinal de Polignac baptisa le fils du Marquis Gualterio et remit un portrait du Roi à la mère. Le 11 décembre, un consistoire secret nomma les Cardinaux Aldobrandini, Grimaldi et Maffei aux légations de Bologne, Ferrare et Romagne. L'affaire du Grand-Prieuré de Rome fut résolue en faveur du Cardinal Cibo, qui transmit ensuite cette charge au Cardinal Ruspoli. Le Cardinal Ottoboni proposa plusieurs postes ecclésiastiques, dont l'évêché de Mirepoix, l'abbaye de Saint-Étienne de Baulge, et l'évêché d'Angers. Lors du consistoire du 18 décembre, il proposa l'évêché de Carcassonne, l'abbaye de la Grave, et l'abbaye de Saint-Florent-lez-Saumur. À Benevent, la population enleva les armes du Cardinal Coscia du portail du Palais Archépiscopal. On murmurait que l'archevêché pourrait être donné au Cardinal Grimaldi si Coscia démissionnait. À Gênes, Jérôme Veneroso revint de Corse avec deux galères, et Camille Doria était attendu pour le remplacer. Les rebelles des montagnes avaient remis leurs armes dans des magasins publics.
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493
p. 241-246
ODE. Sur la Canonisation des Saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague.
Début :
Quelle Cour pompeuse et brillante [...]
Mots clefs :
Canonisation, Stanislas Kostka, Louis de Gonzague, Regards, Cour fabuleuse, Lubriques Divinités, Trône, Religion, Couronne, Lyre
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texteReconnaissance textuelle : ODE. Sur la Canonisation des Saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague.
O D E.
Sur la Canonisation des Saints Stanislas
Kostka et Louis de Gonzague.
Q Uelle Cour pompeuse et brillante
Se dévoile à mes yeux surpris ?
Dans quelle Région charmante
Un Dieu ravit- il mes esprits ?
Que vois-je ? Ce n'est plus la Terre ;
Au-dessus même du Tonnerre
Je porte de libres regards..
Un Temple brille dans la Nuë :
Quel jour ! une main inconnuë
M'ouvre les Cieux de toutes parts.
Ce n'est point la Cour fabuleuse
Des Dieux que l'erreur a vantés ,
Séjour d'une foule orgueilleuse
De lubriques Divinités ;;
Il n'est plus ce culte coupable :
Dans le Sanctuaire adorable
Que soutient la voûte des airs ,
Un seul Maître , un seul Dieu réside
Sa Majesté sainte y préside ,
Et veille au sort de l'Univers,
247 MERCURE DE FRANCE
Inclinés au pied de son Thrône
Les Anges saisis de respect ,
De la splendeur qui l'environne ,
Ne peuvent soutenir l'aspect.
Mais quoi ! vers ce Trône terrible ,
A tout Mortel inaccessible ,
Dans un char plus brillant que
Par une route de lumiere ,
Quittant la terrestre carriere ,
l'or ,
Deux Mortels prennent leur essor !
M
Volez , Vertus , et sur vos aîles
Enlevez leur char radieux ;
Jusqu'aux demeures immortelles
Portez ces jeunes demi- Dieux :
Ils vont , ils entrent dans la Gloire ,
'Au milieu des chants de victoire
De tous les celestes Esprits ;
Frappé de cent voix unanimes ,
L'air retentit des noms sublimes
De Stanislas et de Louis.
Tout le Ciel avec allegrésse
Reçoit ces Habitans nouveaux
La Religion s'interesse
Au Triomphe de ses Héros ;
La Pieté leur dresse un Trône
La
FEVRIER.
243 1731.
La Pudeur forme leur couronne
De ses Myrrhes toujours fleuris
Et dans cette fête charmante
Chaque Vertu retrouve et vante
Ses plus fideles favoris.
L'éclat de leur saint diadême
Leur cause de moins doux transports
Que le pur amour que Dieu même ...
Mais quel bras suspend mes accords ?
Une secrette violence
Force ici ma Lyre au silence
Sur ce bonheur Mysterieux ;
Dans ses Conseils impénetrables
Dieu seul voit les dons inéfables
Que sa main répand dans les Cieur.
潞
Nouveaux Saints , ames fortunées
Regnez , jouissez , sans désirs ;
La Mort abrégea vos années
Pour éterniser vos plaisirs.
Jaloux d'une immortelle vie ,
La fleur de vos jours est ravie
Sans vous causer de vains regrets
Vous tombez dans la nuit profondé
Trop tôt pour l'ornement du monde ;
Trop tard encor pour vos souhaits.
Da
244 MERCURE DE FRANCE
Du haut des sacrés tabernacles ,
Par mille prodiges nouveaux ,
Couronnez les anciens miracles ,
Qui font l'honneur de vos tombeaux ;
Sur l'encens de nos sacrifices
Attirez les regards propices
Du Maître absolu des humains ;
Eteignez le feu du Tonnerre ,
Que l'impieté de la Terre
Allume souvent dans ses mains.
Pour un Roi pacifique et juste
Offrez nos voeux au Roi des Rois ;
Veillez sur une Reine auguste ,
Le
sang * exige ici ses droits.
Les fruits d'un heureux hymenée
Dont la France se voit ornée ,
De l'Eternel sont les bienfaits :
Soyez les Anges tutelaires
Et les premiers dépositaires
Des dons chéris qu'il nous a faits.
諾
Tout change. Aux mortelles contrées
Faut-il donc ramener mes yeux ?
Pourquoi les portes azurées
Me referment - elles les Cieux ?
* La Reine est parente de ces deux Saints:
Toug
FEVRIER. 1731 .
245
Tout a disparu comme un songe ;
Mais ce n'est point un vain mensonge
Qui trompe mes sens éblouis :
Rome a parlé tout doit l'en croire ;
Son Oracle a marqué la gloire
De Stanislas et de Louis.
M
Peuples , retracez dans vos fêtes
La Pompe du divin séjour ;
Que tout applaudisse aux conquêtes
Que le Ciel fait en ce beau jour .
- Unissons des chants de louanges
Aux Concerts que le choeur des Anges
Consacre aux nouveaux Immortels ;
Et que sous ces voutes sacrées
Leurs images de fleurs parées
Tiennent un rang sur nos Autels .
讚
Jeunes coeurs , troupe aimable et tendre
'Accourez , offrez votre encens ;
Deux jeunes Saints ont droit d'attendre
Vos hommages reconnoissans.
A leur héroïque courage.
L'Univers a vû que votre âge ,
Capable d'illustres travaux ,
Peut aux Enfers livrer la guerre ,
Etre
246 MERCURE DE FRANCE.
Etre l'exemple de la Terre ,
Et peupler le Ciel de Héros .
Gresset Jésuite .
Sur la Canonisation des Saints Stanislas
Kostka et Louis de Gonzague.
Q Uelle Cour pompeuse et brillante
Se dévoile à mes yeux surpris ?
Dans quelle Région charmante
Un Dieu ravit- il mes esprits ?
Que vois-je ? Ce n'est plus la Terre ;
Au-dessus même du Tonnerre
Je porte de libres regards..
Un Temple brille dans la Nuë :
Quel jour ! une main inconnuë
M'ouvre les Cieux de toutes parts.
Ce n'est point la Cour fabuleuse
Des Dieux que l'erreur a vantés ,
Séjour d'une foule orgueilleuse
De lubriques Divinités ;;
Il n'est plus ce culte coupable :
Dans le Sanctuaire adorable
Que soutient la voûte des airs ,
Un seul Maître , un seul Dieu réside
Sa Majesté sainte y préside ,
Et veille au sort de l'Univers,
247 MERCURE DE FRANCE
Inclinés au pied de son Thrône
Les Anges saisis de respect ,
De la splendeur qui l'environne ,
Ne peuvent soutenir l'aspect.
Mais quoi ! vers ce Trône terrible ,
A tout Mortel inaccessible ,
Dans un char plus brillant que
Par une route de lumiere ,
Quittant la terrestre carriere ,
l'or ,
Deux Mortels prennent leur essor !
M
Volez , Vertus , et sur vos aîles
Enlevez leur char radieux ;
Jusqu'aux demeures immortelles
Portez ces jeunes demi- Dieux :
Ils vont , ils entrent dans la Gloire ,
'Au milieu des chants de victoire
De tous les celestes Esprits ;
Frappé de cent voix unanimes ,
L'air retentit des noms sublimes
De Stanislas et de Louis.
Tout le Ciel avec allegrésse
Reçoit ces Habitans nouveaux
La Religion s'interesse
Au Triomphe de ses Héros ;
La Pieté leur dresse un Trône
La
FEVRIER.
243 1731.
La Pudeur forme leur couronne
De ses Myrrhes toujours fleuris
Et dans cette fête charmante
Chaque Vertu retrouve et vante
Ses plus fideles favoris.
L'éclat de leur saint diadême
Leur cause de moins doux transports
Que le pur amour que Dieu même ...
Mais quel bras suspend mes accords ?
Une secrette violence
Force ici ma Lyre au silence
Sur ce bonheur Mysterieux ;
Dans ses Conseils impénetrables
Dieu seul voit les dons inéfables
Que sa main répand dans les Cieur.
潞
Nouveaux Saints , ames fortunées
Regnez , jouissez , sans désirs ;
La Mort abrégea vos années
Pour éterniser vos plaisirs.
Jaloux d'une immortelle vie ,
La fleur de vos jours est ravie
Sans vous causer de vains regrets
Vous tombez dans la nuit profondé
Trop tôt pour l'ornement du monde ;
Trop tard encor pour vos souhaits.
Da
244 MERCURE DE FRANCE
Du haut des sacrés tabernacles ,
Par mille prodiges nouveaux ,
Couronnez les anciens miracles ,
Qui font l'honneur de vos tombeaux ;
Sur l'encens de nos sacrifices
Attirez les regards propices
Du Maître absolu des humains ;
Eteignez le feu du Tonnerre ,
Que l'impieté de la Terre
Allume souvent dans ses mains.
Pour un Roi pacifique et juste
Offrez nos voeux au Roi des Rois ;
Veillez sur une Reine auguste ,
Le
sang * exige ici ses droits.
Les fruits d'un heureux hymenée
Dont la France se voit ornée ,
De l'Eternel sont les bienfaits :
Soyez les Anges tutelaires
Et les premiers dépositaires
Des dons chéris qu'il nous a faits.
諾
Tout change. Aux mortelles contrées
Faut-il donc ramener mes yeux ?
Pourquoi les portes azurées
Me referment - elles les Cieux ?
* La Reine est parente de ces deux Saints:
Toug
FEVRIER. 1731 .
245
Tout a disparu comme un songe ;
Mais ce n'est point un vain mensonge
Qui trompe mes sens éblouis :
Rome a parlé tout doit l'en croire ;
Son Oracle a marqué la gloire
De Stanislas et de Louis.
M
Peuples , retracez dans vos fêtes
La Pompe du divin séjour ;
Que tout applaudisse aux conquêtes
Que le Ciel fait en ce beau jour .
- Unissons des chants de louanges
Aux Concerts que le choeur des Anges
Consacre aux nouveaux Immortels ;
Et que sous ces voutes sacrées
Leurs images de fleurs parées
Tiennent un rang sur nos Autels .
讚
Jeunes coeurs , troupe aimable et tendre
'Accourez , offrez votre encens ;
Deux jeunes Saints ont droit d'attendre
Vos hommages reconnoissans.
A leur héroïque courage.
L'Univers a vû que votre âge ,
Capable d'illustres travaux ,
Peut aux Enfers livrer la guerre ,
Etre
246 MERCURE DE FRANCE.
Etre l'exemple de la Terre ,
Et peupler le Ciel de Héros .
Gresset Jésuite .
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Résumé : ODE. Sur la Canonisation des Saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague.
Le poème célèbre la canonisation des saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague. L'auteur décrit une vision céleste où il aperçoit un temple divin habité par un seul Dieu, entouré d'anges respectueux. Deux mortels, Stanislas et Louis, montent vers ce trône divin dans un char lumineux, accompagnés par des vertus et des esprits célestes. Le ciel accueille ces nouveaux saints avec allégresse, et chaque vertu célèbre ses favoris. La pudeur, la piété et l'amour divin sont particulièrement mis en avant. Le poème exprime également l'admiration pour ces saints dont la vie fut écourtée pour une immortalité éternelle. Les saints sont invités à intercéder pour un roi pacifique et juste, ainsi que pour une reine auguste. Le texte se termine par un appel aux peuples et aux jeunes cœurs pour honorer ces saints et suivre leur exemple héroïque.
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494
p. 284-294
ELOGE de Madame de Bois de la Pierre. Lettre écrite à M. D. L. R. par M. A. D. V. D.
Début :
Je m'acquite, Monsieur, de ce que je vous ai promis au sujet de la mort [...]
Mots clefs :
Monastère, Normandie, Canton, Religieuse, Modestie , Poésie, Gaieté, Chapelle, Noblesse, Madame de Bois de la Pierre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE de Madame de Bois de la Pierre. Lettre écrite à M. D. L. R. par M. A. D. V. D.
ELOGE de Madame de Bois de la Pierre.
Lettre écrite à M. D. L. R. par M. A.
D. V. D.
J
E m'acquite , Monsieur , de ce que
je vous ai promis au sujet de la mort
de Madame de Bois de la Pierre . Tout
notre Canton s'interesse tellement à la
Ferte que nous avons faite de cette pieuse
et sçavante Dame , qu'il a fallu laisser
passer
FEVRIER. 1731. 285
passer quelque tems pour recueillir de
ses Parens et de ses amis affligés les instructions
dont j'avois besoin pour rendre
à sa mémoire les devoirs qui lui sont
si legitimement dûs , et pour satisfaire
aussi à mon inclination et à mes engagemens.
,
par
Mais je dois vous dire Monsieur
avant toutes choses, que je n'aurois jamais,
eu cette satisfaction entiere , si je n'avois
pas été particulierement aidé la Lettre
que M. l'Abbé Morel de Breteuil ,
dont vous connoissez le mérite et la réputation
, écrivit sur ce sujet à Madame
de Courteilles , Religieuse Religieuse de Chaize-
Dieu , Monastere celebre de l'Ordre de
Fontevraud , et digne soeur de notre illustre
defunte , laquelle m'a aussi fait
l'honneur de me donner des instructions.
Cet Abbé étoit plus en état que personne
de faire connoître son veritable caractere,
et de parler dignement de ses rares qualités
, aussi a t'il fait un Portrait très - ressemblant
et des mieux executés , comme
vous le verrez dans la suite de ma Lettre.
Louise Marie de Lanfernat nâquit au
Château de Courteilles le 4. Decembre.
1663. de parens nés dans la Religion
P. R. Ils éleverent leurs Enfans dans
cette même secte ; mais Dieu ayant éclairé
en differens tems le Pere et la Mere , it's
firent
286 MERCURE DE FRANCE
firent aussi en differens tems leur abju
ration , exemple qui fut suivi des deux
filles qui composoient alors toute leur
famille , sçavoir , la Dame dont il s'agit
ici , et Madame de Courteilles , sa soeur ,
aujourd'hui, comme je l'ai dit , Religieuse
de Fontevraud ; elles eurent un frere qui
fut tué à l'Armée.
1
>
La premiere se trouvant au décès de
ses pere et mere seule heritiere de son
nom et de sa Maison en Normandie
par conséquent Dame de Courteilles le
Guerin , du Teil , de Chammoteux & c.
épousa François de l'Omosne , Seigneur
de Bois de la Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roi , Chevalier de S. Louis,
lequel fut tué en 1709. à la Bataille de
Malplaquay , dont elle n'eut point d'Enfans.
Madame de Bois de la Pierre fut sensiblement
touchée de cette perte ; mais
soumise aux ordres du Ciel , elle mit à
profit son adversité , et ne s'occupa presque
plus que de sa Religion . Le tems qui
fui restoit après ses exercices de pieté fur
rempli par l'étude , et destiné à entretenir
un agréable commerce , avec un nombre
choisi de personnes vertueuses et
éclairées , ce qui a duré jusqu'à sa mort.
Pour entrer là- dessus dans quelque détail
, empruntons une meilleure plume
que
FEVRIER . 1735. 287
que la mienne. Trouvez bon , Monsieur,
que j'inserc ici la Lettre de l'illustre Abbé
dont je vous ai parlé au commencement;
vous m'en sçaurez gré , et le Public avec
yous.
גכ
Ce n'est point négligence , Madame,
c'est surprise , si j'ai differé jusqu'à ce
»jour de vous écrire ; on m'avoit assuré
>> qu'on vous avoit caché la perte que vous
avez faite agréez donc que je joigne
>> mes regrets aux vôtres , ils ne sont que
trop justes ; mais je vois un moyen in-
> nocent de les adoucir ; vous trouverez
» bon que je le mette en oeuvre pour
votre consolation et pour la mienne,
» C'est , Madame , de retracer à nos
>>yeux quelques- uns des traits qui ont
>> rendu cette chere defunte si digne de
>> l'amitié et de la veneration des person-
» nes qui la connoissoient , et qui ont eu
avec elle quelque relation ."
» Avec un esprit solide , capable des
» choses les plus relevées , et rempli des
>> lumieres que peut donner une longue
»application , Madame de Bois de la
»Pierre étoit d'une modestie admirable
» et sa bonté naturelle lui faisoit trouver
» du plaisir à converser avec les person-
»nes les plus simples , même avec des
»Enfans.
Un rare talent pour la Poësie qu'elle
avoit
288 MERCURE DE FRANCE
}
et
» avoit cultivé dès sa plus grande Jeu-
» nesse , ne lui enfla point le coeur ,
»les louanges que ce talent lui attira
» non plus que la liaison qu'il mit entre elle
» et les meilleurs esprits de son tems , ne
» la rendirent point présomptueuse. Elle
>> écrivoit en Prose avec une facilité , une
élegance , une précision qui étonnoient
» les plus habiles de ses amis , et elle en
» eut d'un génie fort au - dessus du com-
>>
>> mun.
Consultée sur toute sorte d'Ouvrages ,
» elle donnoit des avis remplis de justesse.
» Par tout y brilloient cette honnêteté et
» ces manieres gracieuses qui la firent tou-
» jours respecter des personnes qui avoient
» quelque goût pour la vraye et naïve po-
» litesse . Ce caractere domina chez elle
» dans tous les tems et dans toute sa con-
» duite.
ןכ
Sa plus forte inclination fut toujours
» d'obliger ceux qui avoient avec elle
quelque societé. Son extrême attention
» à eviter tout ce qui pourroit faire de la
» peine de sa part , lui avoit appris à dis-
» cerner les défauts opposés dans les au-
» tres. Elle y étoit bien sensible, mais elle
» étoit ingénieuse à les excuser ; les Es-
» prits vains , présomptueux , envieux
médisans , critiques , lui étoient fort à
charge ; elle se contentoit dans ces occafions
FEVRIER. 1731. 289
casions de quelques traits délicats , ca-`
» pables de corriger des personnes intel-
» ligentes et attentives , sans choquer
>> inutilement celles qui manquent de ces
» qualités.
La bonté de son coeur éclatoit sur tout
» dans sa Maison , jamais elle ne contrista
>> sans une necessité bien marquée aucun
» de ceux qui la servoient ; rien ne la fla-
» toit plus que de voir regner chez elle
» un air de gayeté et de satisfaction , et
» elle ne dédaignoit pas d'en procurer de
>> tems en tems les innocens moyens.
» A l'égard de ses amis , elle ne croyoit
» jamais avoir assez fait pour eux ; elle
prévenoit leurs demandes avec un soin
qui alloit jusqu'au scrupule , et jamais
» ils ne lui en firent d'inutiles . Elle avoit
»
» pour les pauvres et pour les affligés une
» tendresse de Mere . Nulles paroles ne
» peuvent exprimer les sentimens qu'elle
» eut pour sa très digne soeur.
>>
"
»
Tout cela dans Madame de Bois de la
Pierre paroissoit comme naturel ; mais
» un grand fonds de pieté en relevoit infiniment
le mérite. Elle avoit embrassé
» la Religion Catholique dans toute la
sincerité de son coeur ; elle en avoit
» gouté et penetré l'esprit , et si sa naissance
, une excellente éducation et la
candeur de son ame avoient quelque
">
part
190 MERCURE DE FRANCE.
>
» part à tant d'actions dignes de l'estime
» du monde même , elle n'ignoroit pas
» l'essentiel , qui est de faire tout dans
» la vûë de plaire à Dieu. C'étoit une
>> douceur toute chrétienne une sage
» humilité , une charité éclairée qui for-
» moient une conduite si exemplaire .
» L'apparence , ou si cela se peut dire ,
le phantôme de ces vertus peut bien se
>> rencontrer dans une fausse Religion et
» dans le parti de l'heresie , mais leur réa-
» lité ne se trouve que dans la vraye Egli-
» se , aussi ne se lassoit - elle point de ren-
» dre graces à Dieu de son heureux chan-
» gement.
Elle souhaita d'avoir dans sa Maison
» une Chapelle , afin d'assister tous les
» jours aux saints Mysteres , et de parti-
» ciper plus fréquemment à la victime
» de notre salut , car éloignée de son
» Eglise Paroissiale et des autres Eglises
» de son quartier , il s'en falloit beau-
» coup que sa dévotion ne fut satisfaite
>> sur ces points.
22
Ses longues infirmités et plusieurs
grandes maladies par lesquelles il a plû
à Dieu de la préparer à la mort , ne
»l'avoient point rendue d'une humeur
» sombre et fâcheuse ; on l'a toujours vûe
la même jusqu'à la fin . Je sens bien ,
disoit- elle , un peu avant que Dieu
Pait
FEVRIER. 1731. 29
W
l'ait appellée , que je n'ai plus qu'un
» soufle de vie ; mais par la bonté divine,
»je ne me trouve point fort effrayée de
» cette derniere heure : j'ai une entiere
>> confiance dans le sacrifice du Sauveur.
>>
Enfin Dieu la frappa pour la derniere
»fois , et permit que son esprit fut pres
>> que aussi abbatu que son corps ; mais
" pour lui faire consommer le sacrifice
de sa vie d'une maniere plus parfaite ,
» pour consoler un peu sa Maison deso-
» lée , et pour édifier ceux qui entendroient
» parler de sa mort , il lui rendit toute
» sa raison , afin qu'elle participat aux
» Sacremens de l'Eglise , ce qu'elle fit
» d'une maniere touchante. Elle rendit
» ensuite son esprit à Dieu et mourut
» dans la paix du Seigneur le 14. du mois.
de Septembre dernier dans le même
» lieu où elle avoit pris naissance.
" Je prie Dieu pour elle , bien per-
»suadé qu'elle sera bientôt en état de me
rendre au centuple ce que j'aurai tâché
de faire pour le repos éternel de son
ame. J'ai l'honneur d'être en une sincere
societé de douleur avec vous , et
avec un très profond respect , Madame,
votre &c. figné MOREL , Prêtre.
A Breteuil le 18. Octobre 1739.
Je n'ai , Monsieur , que peu de chose
292 MERCURE DE FRANCE
à ajouter à ce que vous venez de lire . Il
est bon de ne pas vous laisser ignorer
que cette sçavante Dame a fait plusieurs
Ouvrages qui mériteroient d'être publiés.
Voici ceux qui sont venus à ma connoissance.
L'Histoire du Monastere de
Chaize-Dieu , dont elle étoit voisine , et
où demeure aujourd'hui Madame sa soeur,
dont les grandes qualités mériteraient dés
à présent un Eloge. Ce Monastere nommé
dans les Chartes Casa Dei , fut fondé
dans le 12. siecle par l'ancienne Maison
de Laigle ; il est très distingué dans l'Ordre
de Fontevraud , et encore aujourd'hui
il est composé de soixante Dames de
Choeur , de la premiere Noblesse des
quatre Diocèses qui l'environnent. Il est
de celui d'Evreux , et situé à deux lieuës
de Verneuil , de Breteuil et de Laigle , au
milieu de ces trois Villes. Vous en parlerez,
sans doute, dans la suite de votre Voyage
Litteraire de Normandie.
L'Histoire de l'ancienne Maison de Laigle.
La Genealogie avec les preuves de
toute la veritable noblesse de notre Pays;
on y voit la sienne avec toutes les preu-,
ves qu'elle avoit recueillies des Provinces
de Bourgogne et de Champagne , où il
y a encore des Branches de la Maison
de Lanfernat. Elle est originaire de Brie.
Un Gentilhomme de cette Maison vint
s'établir
·
FEVRIER. 1731. 293
s'établir dans le Perche en 1490. c'étoit
le Trisayeul de notre Sçavante . Lanfernat
porte d'Azur à trois Lozanges d'Or , deux
et une , un Casque de front , pour Supports
un Ange et un Sauvage , et pour Cri ou
Devise : QUI FAIT BIEN L'ENFER
N'A.
Elle a de plus rassemblé plusieurs Mémoires
pour servir à l'Histoire de Normandie
, dans lesquels il se trouve quantité
de choses curieuses qui regardent les
Comtes d'Evreux , les Ducs d'Alençon ,
les Comtes de Mortain , de Mortagne
de Ponthieu , de Breteuil & c.
Enfin cette Dame étoit en relation avec
beaucoup de personnes de Lettres d'un
nom distingué , comme le R. P. de Monfaucon
à qui elle a communiqué bien des
choses pour ses Monumens de la Monar
chie & c. M. de Fontenelle et autres
Membres des differentes Académies , dont
on a trouvé plusieurs Lettres dans son
Cabinet. On y a trouvé aussi l'Histoire
Génealogique de la Maison Royale de France
&c. que le feu P. Simplicien lui avoit
envoyée par reconnoissance des Mémoires
qu'elle lui avoit fournis en grand
nombre. Je n'oublierai pas le sçavant
Charles d'Hozier encore vivant , fils du
celebre Pierre d'Hozier , votre compatrioté
, que vous n'avez pas oublié dans
Marseille Sçavante &c.
Elle
294 MERCURE DE FRANCE
Elle étoit petite niéce de l'Abbé Tallemant
l'ancien , et niéce du dernier , dont
elle a gardé quantité de Lettres qui pourront
un jour faire une suite curieuse de
leur commerce Litteraire .
Quand les scellés apposés dans sa Maison
seront levés , j'aurai de plus grands
éclaircissemens à vous donner pour tout
ce qui concerne Histoire , Erudition
Littérature , par rapport à cette illustre
Dame. Je suis toujours , Monsieur &c.
A Evreux le 15. Decembre 1730.
Lettre écrite à M. D. L. R. par M. A.
D. V. D.
J
E m'acquite , Monsieur , de ce que
je vous ai promis au sujet de la mort
de Madame de Bois de la Pierre . Tout
notre Canton s'interesse tellement à la
Ferte que nous avons faite de cette pieuse
et sçavante Dame , qu'il a fallu laisser
passer
FEVRIER. 1731. 285
passer quelque tems pour recueillir de
ses Parens et de ses amis affligés les instructions
dont j'avois besoin pour rendre
à sa mémoire les devoirs qui lui sont
si legitimement dûs , et pour satisfaire
aussi à mon inclination et à mes engagemens.
,
par
Mais je dois vous dire Monsieur
avant toutes choses, que je n'aurois jamais,
eu cette satisfaction entiere , si je n'avois
pas été particulierement aidé la Lettre
que M. l'Abbé Morel de Breteuil ,
dont vous connoissez le mérite et la réputation
, écrivit sur ce sujet à Madame
de Courteilles , Religieuse Religieuse de Chaize-
Dieu , Monastere celebre de l'Ordre de
Fontevraud , et digne soeur de notre illustre
defunte , laquelle m'a aussi fait
l'honneur de me donner des instructions.
Cet Abbé étoit plus en état que personne
de faire connoître son veritable caractere,
et de parler dignement de ses rares qualités
, aussi a t'il fait un Portrait très - ressemblant
et des mieux executés , comme
vous le verrez dans la suite de ma Lettre.
Louise Marie de Lanfernat nâquit au
Château de Courteilles le 4. Decembre.
1663. de parens nés dans la Religion
P. R. Ils éleverent leurs Enfans dans
cette même secte ; mais Dieu ayant éclairé
en differens tems le Pere et la Mere , it's
firent
286 MERCURE DE FRANCE
firent aussi en differens tems leur abju
ration , exemple qui fut suivi des deux
filles qui composoient alors toute leur
famille , sçavoir , la Dame dont il s'agit
ici , et Madame de Courteilles , sa soeur ,
aujourd'hui, comme je l'ai dit , Religieuse
de Fontevraud ; elles eurent un frere qui
fut tué à l'Armée.
1
>
La premiere se trouvant au décès de
ses pere et mere seule heritiere de son
nom et de sa Maison en Normandie
par conséquent Dame de Courteilles le
Guerin , du Teil , de Chammoteux & c.
épousa François de l'Omosne , Seigneur
de Bois de la Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roi , Chevalier de S. Louis,
lequel fut tué en 1709. à la Bataille de
Malplaquay , dont elle n'eut point d'Enfans.
Madame de Bois de la Pierre fut sensiblement
touchée de cette perte ; mais
soumise aux ordres du Ciel , elle mit à
profit son adversité , et ne s'occupa presque
plus que de sa Religion . Le tems qui
fui restoit après ses exercices de pieté fur
rempli par l'étude , et destiné à entretenir
un agréable commerce , avec un nombre
choisi de personnes vertueuses et
éclairées , ce qui a duré jusqu'à sa mort.
Pour entrer là- dessus dans quelque détail
, empruntons une meilleure plume
que
FEVRIER . 1735. 287
que la mienne. Trouvez bon , Monsieur,
que j'inserc ici la Lettre de l'illustre Abbé
dont je vous ai parlé au commencement;
vous m'en sçaurez gré , et le Public avec
yous.
גכ
Ce n'est point négligence , Madame,
c'est surprise , si j'ai differé jusqu'à ce
»jour de vous écrire ; on m'avoit assuré
>> qu'on vous avoit caché la perte que vous
avez faite agréez donc que je joigne
>> mes regrets aux vôtres , ils ne sont que
trop justes ; mais je vois un moyen in-
> nocent de les adoucir ; vous trouverez
» bon que je le mette en oeuvre pour
votre consolation et pour la mienne,
» C'est , Madame , de retracer à nos
>>yeux quelques- uns des traits qui ont
>> rendu cette chere defunte si digne de
>> l'amitié et de la veneration des person-
» nes qui la connoissoient , et qui ont eu
avec elle quelque relation ."
» Avec un esprit solide , capable des
» choses les plus relevées , et rempli des
>> lumieres que peut donner une longue
»application , Madame de Bois de la
»Pierre étoit d'une modestie admirable
» et sa bonté naturelle lui faisoit trouver
» du plaisir à converser avec les person-
»nes les plus simples , même avec des
»Enfans.
Un rare talent pour la Poësie qu'elle
avoit
288 MERCURE DE FRANCE
}
et
» avoit cultivé dès sa plus grande Jeu-
» nesse , ne lui enfla point le coeur ,
»les louanges que ce talent lui attira
» non plus que la liaison qu'il mit entre elle
» et les meilleurs esprits de son tems , ne
» la rendirent point présomptueuse. Elle
>> écrivoit en Prose avec une facilité , une
élegance , une précision qui étonnoient
» les plus habiles de ses amis , et elle en
» eut d'un génie fort au - dessus du com-
>>
>> mun.
Consultée sur toute sorte d'Ouvrages ,
» elle donnoit des avis remplis de justesse.
» Par tout y brilloient cette honnêteté et
» ces manieres gracieuses qui la firent tou-
» jours respecter des personnes qui avoient
» quelque goût pour la vraye et naïve po-
» litesse . Ce caractere domina chez elle
» dans tous les tems et dans toute sa con-
» duite.
ןכ
Sa plus forte inclination fut toujours
» d'obliger ceux qui avoient avec elle
quelque societé. Son extrême attention
» à eviter tout ce qui pourroit faire de la
» peine de sa part , lui avoit appris à dis-
» cerner les défauts opposés dans les au-
» tres. Elle y étoit bien sensible, mais elle
» étoit ingénieuse à les excuser ; les Es-
» prits vains , présomptueux , envieux
médisans , critiques , lui étoient fort à
charge ; elle se contentoit dans ces occafions
FEVRIER. 1731. 289
casions de quelques traits délicats , ca-`
» pables de corriger des personnes intel-
» ligentes et attentives , sans choquer
>> inutilement celles qui manquent de ces
» qualités.
La bonté de son coeur éclatoit sur tout
» dans sa Maison , jamais elle ne contrista
>> sans une necessité bien marquée aucun
» de ceux qui la servoient ; rien ne la fla-
» toit plus que de voir regner chez elle
» un air de gayeté et de satisfaction , et
» elle ne dédaignoit pas d'en procurer de
>> tems en tems les innocens moyens.
» A l'égard de ses amis , elle ne croyoit
» jamais avoir assez fait pour eux ; elle
prévenoit leurs demandes avec un soin
qui alloit jusqu'au scrupule , et jamais
» ils ne lui en firent d'inutiles . Elle avoit
»
» pour les pauvres et pour les affligés une
» tendresse de Mere . Nulles paroles ne
» peuvent exprimer les sentimens qu'elle
» eut pour sa très digne soeur.
>>
"
»
Tout cela dans Madame de Bois de la
Pierre paroissoit comme naturel ; mais
» un grand fonds de pieté en relevoit infiniment
le mérite. Elle avoit embrassé
» la Religion Catholique dans toute la
sincerité de son coeur ; elle en avoit
» gouté et penetré l'esprit , et si sa naissance
, une excellente éducation et la
candeur de son ame avoient quelque
">
part
190 MERCURE DE FRANCE.
>
» part à tant d'actions dignes de l'estime
» du monde même , elle n'ignoroit pas
» l'essentiel , qui est de faire tout dans
» la vûë de plaire à Dieu. C'étoit une
>> douceur toute chrétienne une sage
» humilité , une charité éclairée qui for-
» moient une conduite si exemplaire .
» L'apparence , ou si cela se peut dire ,
le phantôme de ces vertus peut bien se
>> rencontrer dans une fausse Religion et
» dans le parti de l'heresie , mais leur réa-
» lité ne se trouve que dans la vraye Egli-
» se , aussi ne se lassoit - elle point de ren-
» dre graces à Dieu de son heureux chan-
» gement.
Elle souhaita d'avoir dans sa Maison
» une Chapelle , afin d'assister tous les
» jours aux saints Mysteres , et de parti-
» ciper plus fréquemment à la victime
» de notre salut , car éloignée de son
» Eglise Paroissiale et des autres Eglises
» de son quartier , il s'en falloit beau-
» coup que sa dévotion ne fut satisfaite
>> sur ces points.
22
Ses longues infirmités et plusieurs
grandes maladies par lesquelles il a plû
à Dieu de la préparer à la mort , ne
»l'avoient point rendue d'une humeur
» sombre et fâcheuse ; on l'a toujours vûe
la même jusqu'à la fin . Je sens bien ,
disoit- elle , un peu avant que Dieu
Pait
FEVRIER. 1731. 29
W
l'ait appellée , que je n'ai plus qu'un
» soufle de vie ; mais par la bonté divine,
»je ne me trouve point fort effrayée de
» cette derniere heure : j'ai une entiere
>> confiance dans le sacrifice du Sauveur.
>>
Enfin Dieu la frappa pour la derniere
»fois , et permit que son esprit fut pres
>> que aussi abbatu que son corps ; mais
" pour lui faire consommer le sacrifice
de sa vie d'une maniere plus parfaite ,
» pour consoler un peu sa Maison deso-
» lée , et pour édifier ceux qui entendroient
» parler de sa mort , il lui rendit toute
» sa raison , afin qu'elle participat aux
» Sacremens de l'Eglise , ce qu'elle fit
» d'une maniere touchante. Elle rendit
» ensuite son esprit à Dieu et mourut
» dans la paix du Seigneur le 14. du mois.
de Septembre dernier dans le même
» lieu où elle avoit pris naissance.
" Je prie Dieu pour elle , bien per-
»suadé qu'elle sera bientôt en état de me
rendre au centuple ce que j'aurai tâché
de faire pour le repos éternel de son
ame. J'ai l'honneur d'être en une sincere
societé de douleur avec vous , et
avec un très profond respect , Madame,
votre &c. figné MOREL , Prêtre.
A Breteuil le 18. Octobre 1739.
Je n'ai , Monsieur , que peu de chose
292 MERCURE DE FRANCE
à ajouter à ce que vous venez de lire . Il
est bon de ne pas vous laisser ignorer
que cette sçavante Dame a fait plusieurs
Ouvrages qui mériteroient d'être publiés.
Voici ceux qui sont venus à ma connoissance.
L'Histoire du Monastere de
Chaize-Dieu , dont elle étoit voisine , et
où demeure aujourd'hui Madame sa soeur,
dont les grandes qualités mériteraient dés
à présent un Eloge. Ce Monastere nommé
dans les Chartes Casa Dei , fut fondé
dans le 12. siecle par l'ancienne Maison
de Laigle ; il est très distingué dans l'Ordre
de Fontevraud , et encore aujourd'hui
il est composé de soixante Dames de
Choeur , de la premiere Noblesse des
quatre Diocèses qui l'environnent. Il est
de celui d'Evreux , et situé à deux lieuës
de Verneuil , de Breteuil et de Laigle , au
milieu de ces trois Villes. Vous en parlerez,
sans doute, dans la suite de votre Voyage
Litteraire de Normandie.
L'Histoire de l'ancienne Maison de Laigle.
La Genealogie avec les preuves de
toute la veritable noblesse de notre Pays;
on y voit la sienne avec toutes les preu-,
ves qu'elle avoit recueillies des Provinces
de Bourgogne et de Champagne , où il
y a encore des Branches de la Maison
de Lanfernat. Elle est originaire de Brie.
Un Gentilhomme de cette Maison vint
s'établir
·
FEVRIER. 1731. 293
s'établir dans le Perche en 1490. c'étoit
le Trisayeul de notre Sçavante . Lanfernat
porte d'Azur à trois Lozanges d'Or , deux
et une , un Casque de front , pour Supports
un Ange et un Sauvage , et pour Cri ou
Devise : QUI FAIT BIEN L'ENFER
N'A.
Elle a de plus rassemblé plusieurs Mémoires
pour servir à l'Histoire de Normandie
, dans lesquels il se trouve quantité
de choses curieuses qui regardent les
Comtes d'Evreux , les Ducs d'Alençon ,
les Comtes de Mortain , de Mortagne
de Ponthieu , de Breteuil & c.
Enfin cette Dame étoit en relation avec
beaucoup de personnes de Lettres d'un
nom distingué , comme le R. P. de Monfaucon
à qui elle a communiqué bien des
choses pour ses Monumens de la Monar
chie & c. M. de Fontenelle et autres
Membres des differentes Académies , dont
on a trouvé plusieurs Lettres dans son
Cabinet. On y a trouvé aussi l'Histoire
Génealogique de la Maison Royale de France
&c. que le feu P. Simplicien lui avoit
envoyée par reconnoissance des Mémoires
qu'elle lui avoit fournis en grand
nombre. Je n'oublierai pas le sçavant
Charles d'Hozier encore vivant , fils du
celebre Pierre d'Hozier , votre compatrioté
, que vous n'avez pas oublié dans
Marseille Sçavante &c.
Elle
294 MERCURE DE FRANCE
Elle étoit petite niéce de l'Abbé Tallemant
l'ancien , et niéce du dernier , dont
elle a gardé quantité de Lettres qui pourront
un jour faire une suite curieuse de
leur commerce Litteraire .
Quand les scellés apposés dans sa Maison
seront levés , j'aurai de plus grands
éclaircissemens à vous donner pour tout
ce qui concerne Histoire , Erudition
Littérature , par rapport à cette illustre
Dame. Je suis toujours , Monsieur &c.
A Evreux le 15. Decembre 1730.
Fermer
Résumé : ELOGE de Madame de Bois de la Pierre. Lettre écrite à M. D. L. R. par M. A. D. V. D.
Madame de Bois de la Pierre, de son nom de naissance Louise Marie de Lanfernat, est née le 4 décembre 1663 au Château de Courteilles dans une famille protestante qui se convertit par la suite au catholicisme. Elle épousa François de l'Omosne, qui fut tué à la bataille de Malplaquet en 1709. N'ayant pas d'enfants, elle se consacra après cette perte à sa foi et à l'étude, cultivant des relations avec des personnes vertueuses et éclairées. L'Abbé Morel de Breteuil, dans une lettre à Madame de Courteilles, sœur de Madame de Bois de la Pierre et religieuse à Fontevraud, décrit son caractère comme étant marqué par un esprit solide, la modestie, la bonté, ainsi qu'un talent pour la poésie et la prose. Elle était également connue pour sa piété sincère et sa charité. Madame de Bois de la Pierre a écrit plusieurs ouvrages, parmi lesquels l'Histoire du Monastère de Chaize-Dieu, l'Histoire de l'ancienne Maison de Laigle, et des mémoires sur la noblesse et l'histoire de Normandie. Elle entretenait des relations avec des personnalités littéraires telles que le Père de Montfaucon et Fontenelle. Madame de Bois de la Pierre est décédée le 14 septembre 1730, entourée de sa famille et de ses amis, après avoir reçu les sacrements de l'Église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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495
p. 296-299
« REGLES CHRÉTIENNES pour faire saintement toutes ses actions, dressées en [...] »
Début :
REGLES CHRÉTIENNES pour faire saintement toutes ses actions, dressées en [...]
Mots clefs :
Règles, Cantiques, Instruction, Prière, Observations, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « REGLES CHRÉTIENNES pour faire saintement toutes ses actions, dressées en [...] »
REGLES CHRETIENNES pour faire
saintement toutes ses actions , dressées
en faveur des Enfans qui se font instruire
dans les Ecoles Chrétiennes . Outrès
- utile à toutes sortes de pervrage
sonnes qui veulent vivre dans la vraye
pieté
FEVRIER. 1731 297
pieté en Jesus-Christ , divisé en deux
Parties. Derniere Edition. Qua in juventute
tuâ non congregasti , quomodo in senectute
tuâ invenies ? Eccl. 25. 27. Com- 25.27.
ment trouverez- vous dans votre vieillesse
les vertus que vous n'aurez point acquises
dans votre jeunesse ? A Paris , chez
Gabr. Charles Berton , proche S. Nicolas
du Chardonnet , 1731.
CANTIQUES SPIRITUELS , sut
plusieurs points importans de la Religion
et de la Morale Chrétienne , pour les
Catéchismes et les Missions. Sur les plus
beaux Airs anciens et nouveaux.Vol.in 8.
A Paris , chez le même , 1731 .
INSTRUCTION Chrétienne pour les
personnes qui aspirent au Mariage , ou
qui y sont déja engagées. Avec un Traité
de l'Education Chrétienne des enfans
tirée de S. Jean Chrysostôme. In 12.
Nouvelle Edition , revûë et augmentée.
Idem.
PRIERE qui se chante aux Eglises
de S. Paul et de l'Oratoire , et à plusieurs
Paroisses , depuis le Samedi de devant
le premier Dimanche de l'Avent , jusqu'à
la veille de Noël inclusivement , avec
les Antiennes appellées O de Noël. Chez
le même Libraire.
E Nou298
MERCURE DE FRANCE
NOUVELLE METHODE pour réfùter
l'établissement des Eglises Prétendues
Réformées et de leur Religion , et pour
deffendre la stabilité de l'Eglise et de la
"Religion Catholique , Apostolique , et
Romaine dans sa possession perpetuelle .
Par M. Chardon de Lugny , Prêtre , Député
du Roi et du Clergé de France pour
les Controverses . Quay des Augustins ,
chez les freres Osmont , 1730. in 12 .
MEMOIRE Sur l'Article 497. de la
Coûtume de Bretagne , au sujet de la'
Subornation des filles mineures. A Paris ,
ruë de la Huchette , chez la Veuve Knapen,
1730. Brochure in folio .
OBSERVATIONS CURIEUSES Sur
toutes les parties de la Physique , extraites
et recueillies des meilleurs Auteurs .
Rue S. Jacques , chez Cl. Fombert , 1730 .
in 12. de cinq cens quatre-vingt six pages.
Tome troisiéme.
GRAMMAIRE HEBRAIQUE sans
points. Par M. Masclef, Chanoine d'Amiens.
Seconde Edition , dans laquelle
l'Auteur a ajoûté trois autres Grammaires,
suivant le même Méthode , sçavoir , · la
Chaldaïque , la Syriaque et la Samaritaine .
Chez
FEVRIER. 1731. 299
Chez la veuve Paulus Dumesnil , rue Fromentel
, prés la Puits Certain , 1731. in
12. 2. vol . en Latin.
LES PRINCIPES DE LA NATURE
ou de la Generation des choses , par
M. Colonne . Chez André Cailleau , Pont
S. Michel , 1730. in 12.
INSTRUCTION D'UN PERE A SON FILS ,
sur la maniere de se conduire dans le
monde , dédiée à la Reine . Par M. Dupuy,
cy-devant Secretaire au Traité de la Paix
de Riswick. Chez J. Etienne , ruë S. Jacques
, 1730. in 12 .
HISTOIRE de Mademoiselle de
la Charce , de la Maison de la Tour du
Pin , en Dauphiné , ou Memoires de ce
qui s'est passé sous le Regne de Louis XIV.
Quay des Augustins , chez P. Gandouin,
1731. in 12.
saintement toutes ses actions , dressées
en faveur des Enfans qui se font instruire
dans les Ecoles Chrétiennes . Outrès
- utile à toutes sortes de pervrage
sonnes qui veulent vivre dans la vraye
pieté
FEVRIER. 1731 297
pieté en Jesus-Christ , divisé en deux
Parties. Derniere Edition. Qua in juventute
tuâ non congregasti , quomodo in senectute
tuâ invenies ? Eccl. 25. 27. Com- 25.27.
ment trouverez- vous dans votre vieillesse
les vertus que vous n'aurez point acquises
dans votre jeunesse ? A Paris , chez
Gabr. Charles Berton , proche S. Nicolas
du Chardonnet , 1731.
CANTIQUES SPIRITUELS , sut
plusieurs points importans de la Religion
et de la Morale Chrétienne , pour les
Catéchismes et les Missions. Sur les plus
beaux Airs anciens et nouveaux.Vol.in 8.
A Paris , chez le même , 1731 .
INSTRUCTION Chrétienne pour les
personnes qui aspirent au Mariage , ou
qui y sont déja engagées. Avec un Traité
de l'Education Chrétienne des enfans
tirée de S. Jean Chrysostôme. In 12.
Nouvelle Edition , revûë et augmentée.
Idem.
PRIERE qui se chante aux Eglises
de S. Paul et de l'Oratoire , et à plusieurs
Paroisses , depuis le Samedi de devant
le premier Dimanche de l'Avent , jusqu'à
la veille de Noël inclusivement , avec
les Antiennes appellées O de Noël. Chez
le même Libraire.
E Nou298
MERCURE DE FRANCE
NOUVELLE METHODE pour réfùter
l'établissement des Eglises Prétendues
Réformées et de leur Religion , et pour
deffendre la stabilité de l'Eglise et de la
"Religion Catholique , Apostolique , et
Romaine dans sa possession perpetuelle .
Par M. Chardon de Lugny , Prêtre , Député
du Roi et du Clergé de France pour
les Controverses . Quay des Augustins ,
chez les freres Osmont , 1730. in 12 .
MEMOIRE Sur l'Article 497. de la
Coûtume de Bretagne , au sujet de la'
Subornation des filles mineures. A Paris ,
ruë de la Huchette , chez la Veuve Knapen,
1730. Brochure in folio .
OBSERVATIONS CURIEUSES Sur
toutes les parties de la Physique , extraites
et recueillies des meilleurs Auteurs .
Rue S. Jacques , chez Cl. Fombert , 1730 .
in 12. de cinq cens quatre-vingt six pages.
Tome troisiéme.
GRAMMAIRE HEBRAIQUE sans
points. Par M. Masclef, Chanoine d'Amiens.
Seconde Edition , dans laquelle
l'Auteur a ajoûté trois autres Grammaires,
suivant le même Méthode , sçavoir , · la
Chaldaïque , la Syriaque et la Samaritaine .
Chez
FEVRIER. 1731. 299
Chez la veuve Paulus Dumesnil , rue Fromentel
, prés la Puits Certain , 1731. in
12. 2. vol . en Latin.
LES PRINCIPES DE LA NATURE
ou de la Generation des choses , par
M. Colonne . Chez André Cailleau , Pont
S. Michel , 1730. in 12.
INSTRUCTION D'UN PERE A SON FILS ,
sur la maniere de se conduire dans le
monde , dédiée à la Reine . Par M. Dupuy,
cy-devant Secretaire au Traité de la Paix
de Riswick. Chez J. Etienne , ruë S. Jacques
, 1730. in 12 .
HISTOIRE de Mademoiselle de
la Charce , de la Maison de la Tour du
Pin , en Dauphiné , ou Memoires de ce
qui s'est passé sous le Regne de Louis XIV.
Quay des Augustins , chez P. Gandouin,
1731. in 12.
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Résumé : « REGLES CHRÉTIENNES pour faire saintement toutes ses actions, dressées en [...] »
Le document énumère des publications et textes imprimés en 1730 et 1731. Parmi les ouvrages religieux figurent les 'Règles chrétiennes' pour enfants et adultes, les 'Cantiques spirituels' pour les catéchismes et missions, et une 'Instruction chrétienne' pour les couples mariés ou futurs mariés. Il mentionne aussi des prières chantées pendant l'Avent. En dehors des publications religieuses, le texte inclut des ouvrages variés tels qu'une 'Nouvelle méthode' pour réfuter les Églises réformées, un 'Mémoire' sur un article de la coutume de Bretagne, des 'Observations curieuses' sur la physique, une 'Grammaire hébraïque' avec des grammaires supplémentaires, les 'Principes de la nature' sur la génération des choses, une 'Instruction d'un père à son fils' sur la conduite dans le monde, et l''Histoire de Mademoiselle de la Charce' relatant des événements sous le règne de Louis XIV. Ces publications proviennent de divers libraires et éditeurs à Paris et dans d'autres régions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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496
p. 397-382
ITALIE.
Début :
Le 9. Janvier, on publia à Rome un Decret du Pape, par lequel il est defendu aux Ecclesiastiques [...]
Mots clefs :
Rome, Décret, Naples, Parme, Florence
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 9. Janvier , on publia à Rome un Decret
du Pape , par lequel il est deffendu aux Ecclesiastiques
habitués des cinq Eglises Basilicales
de cette Ville d'y entrer autrement qu'en soutane.
Vers le soir , quelques prisonniers des prisons
secrettes ayant mis le feu aux portes de leurs .
cachots , dans l'esperance de se sauver , ils furent
tous étoufés par la fumée.
M. Firrao , ci - devant Nonce en Portugal , quis
a été nommé à l'Evêché d'Aversa , ne se rendra
pas dans son Diocèse aussi -tôt qu'on le croyoit ,
parceque le Pape qui prend beaucoup de confiance
en lui , veut le retenir auprès de sa personne .
du
Le Cardinal Fini a reçû ordre de la part
Cardinal Secretaire d'Etat de ne plus se trouver à
la Congrégation du S. Office , et le Pape a approuvé
la résolution que le Cardinal Coscia a
prise de ne plus assister à la même Congrégation
et à celles de l'Immunité et d'Avignon .
Sur la fin du mois dernier , on publia à Rome:
une Constitution du Pape , portant confirmation :
de la Bulle que le Pape Paul IV . donna en 1555%
par laquelle le plus ancien Cardinal Evêque qui
se trouve en cette Ville a droit de faire les fons-
H vj tions
380 MERCURE DE FRANCE
. tions de Doyen du Sacré College , lorsque le
Décanat est vacant , ou que le Doyen du Sacré
College est absent . La même Constitution regle
aussi les prérogatives des autres Cardinaux de
l'ordre des Evêques.
La Princesse Clementine Sobieska a fait venir :
de Flandres douze Religieuses de l'Observance
de la Regle de Sainte Ursule , pour reformer le
Monastere des Ursulines de Rome.
Le 19. du mois dernier , le Cardinal de Poli
gnac fit représenter dans son Palais une Comédie
, à laquelle il avoit fait inviter la principale
noblesse de Rome.
•
Le 20. on fit dans l'Eglise de Sainte Agnez ,
hors des murs , la benediction des deux Agneaux,
dont la laine remise entre les mains du Pape par
le Chapitre de S. Jean de Latran , doit servir à
fabriquer l'étoffe dont on fait les Pallium , que
S. S. donne aux Archevêques et à quelques Evêques
..
On écrit de Naples que le Duc de Monteleon,
Pignatelli ayant fait représenter dans son Palais
une Créche magnifique , autour de laquelle il
avoit fait placer des Joueurs d'instrumens habil
lez en Bergers. Il donna le 3 de Janvier un Concert
magnifique , auquel le Viceroy , la Comtesse
d'Arrach , son Epouse , leurs enfans , et la
principale Noblesse furent invitez , Après le Con
cert il y eut un Bal , qui fut ouvert par la fille
du Comte d'Harrach , et continué par la Duchesse
de Monteleon , er par seize autres Dames :
on y servit toutes sortes de rafraîchissemens , er
le Palais fut illuminé pendant toute la nuit.
Le 4 de ce mois , après midy , le Colonel
Comte de Lineville , Lorrain , envoya chez le
Duc de Monteleon le Colonel Comte de Sinzendorf,
qu'il avoit choisi pour son second , avec
un
FEVRIER . 1731. 381
in Cartel , par lequel il demandoit raison à ce
Duc de ce que la Marquise Viteleschi n'avoit pas
été invitée à la Fête dont on a parlé , le Duc
repondit qu'il étoit prêt de combattre dans la
Place de sainte Marie des Anges , au Bourg de
S. Antoine , et qu'il choisissoit le Colone! Papalardo
, Napolitain , pour son second . L'heure du
combat avoit été marquée au lendemain ; mais
le soir le Comte d'Harrach envoya ordre au
Duc de Monteleon , et à toute sa famille , de ne
point sortir de son Palais , et toute la Noblesse
qui prend part à cette querelle , travaille à un
accommodement , lequel a été fait le 15 , à ce
qu'on a appris depuis , par l'entremise des amis
communs qui ont obligé le Duc de Monteleon-
Pignatelli et le Comte de Lineville de donner
leur parole d'honneur d'oublier le passé .
On a appris de Parme que le surlendemain de
la mort du Duc , le Comte Stampe y arriva de
Milan , et depuis le Comte de Thaun a fait entrer
dans cette Ville quelques- uns dès Regimens
d'Infanterie qui étoient en quartier dans les environs
de cet . Etat.
?
Les Lettres de Genes portent que les Rebelles
de l'Isle de Corse , qu'on croyoit être rentrez
dans leur devoir , étoient venus le 26 Decembre
dernier près de Bastia au nombre de 22000
hommes , dans le dessein de s'emparer du Bourg
de Terra - Vecchia , que l'Evêque de Bastia étant
allé les trouver , les avoit déterminez à se retirer
, en leur promettant d'obtenir le pardon de
quelques-uns de ces Rebelles qu'on tenoit prisonniers
, et dont il fit rendre sur le champ un
certain nombre en échange d'un Officier Genois
et de quelques soldats qui avoient été surpris
dans un poste éloigné de la Ville.
On écrit de Florence , que le s. Janvier , à la
suite
382 MERCURE DE FRANCE
1
suite d'une tempête effroyable , on ressentit
Sienne une violente secousse de tremblement de
terre , qui cependant n'a causé aucun dommage
considerable.
On arrêta au commencement du mois dernier
à Livourne , un Particulier qui donnoit retraite à
quatre voleurs , lesquels depuis deux ans voloient
sur les grands chemins de la Toscane et du Milanez
, en habits de Chasseurs , ayant toujours
sept ou huit chiens et des chevaux avec eux.
E 9. Janvier , on publia à Rome un Decret
du Pape , par lequel il est deffendu aux Ecclesiastiques
habitués des cinq Eglises Basilicales
de cette Ville d'y entrer autrement qu'en soutane.
Vers le soir , quelques prisonniers des prisons
secrettes ayant mis le feu aux portes de leurs .
cachots , dans l'esperance de se sauver , ils furent
tous étoufés par la fumée.
M. Firrao , ci - devant Nonce en Portugal , quis
a été nommé à l'Evêché d'Aversa , ne se rendra
pas dans son Diocèse aussi -tôt qu'on le croyoit ,
parceque le Pape qui prend beaucoup de confiance
en lui , veut le retenir auprès de sa personne .
du
Le Cardinal Fini a reçû ordre de la part
Cardinal Secretaire d'Etat de ne plus se trouver à
la Congrégation du S. Office , et le Pape a approuvé
la résolution que le Cardinal Coscia a
prise de ne plus assister à la même Congrégation
et à celles de l'Immunité et d'Avignon .
Sur la fin du mois dernier , on publia à Rome:
une Constitution du Pape , portant confirmation :
de la Bulle que le Pape Paul IV . donna en 1555%
par laquelle le plus ancien Cardinal Evêque qui
se trouve en cette Ville a droit de faire les fons-
H vj tions
380 MERCURE DE FRANCE
. tions de Doyen du Sacré College , lorsque le
Décanat est vacant , ou que le Doyen du Sacré
College est absent . La même Constitution regle
aussi les prérogatives des autres Cardinaux de
l'ordre des Evêques.
La Princesse Clementine Sobieska a fait venir :
de Flandres douze Religieuses de l'Observance
de la Regle de Sainte Ursule , pour reformer le
Monastere des Ursulines de Rome.
Le 19. du mois dernier , le Cardinal de Poli
gnac fit représenter dans son Palais une Comédie
, à laquelle il avoit fait inviter la principale
noblesse de Rome.
•
Le 20. on fit dans l'Eglise de Sainte Agnez ,
hors des murs , la benediction des deux Agneaux,
dont la laine remise entre les mains du Pape par
le Chapitre de S. Jean de Latran , doit servir à
fabriquer l'étoffe dont on fait les Pallium , que
S. S. donne aux Archevêques et à quelques Evêques
..
On écrit de Naples que le Duc de Monteleon,
Pignatelli ayant fait représenter dans son Palais
une Créche magnifique , autour de laquelle il
avoit fait placer des Joueurs d'instrumens habil
lez en Bergers. Il donna le 3 de Janvier un Concert
magnifique , auquel le Viceroy , la Comtesse
d'Arrach , son Epouse , leurs enfans , et la
principale Noblesse furent invitez , Après le Con
cert il y eut un Bal , qui fut ouvert par la fille
du Comte d'Harrach , et continué par la Duchesse
de Monteleon , er par seize autres Dames :
on y servit toutes sortes de rafraîchissemens , er
le Palais fut illuminé pendant toute la nuit.
Le 4 de ce mois , après midy , le Colonel
Comte de Lineville , Lorrain , envoya chez le
Duc de Monteleon le Colonel Comte de Sinzendorf,
qu'il avoit choisi pour son second , avec
un
FEVRIER . 1731. 381
in Cartel , par lequel il demandoit raison à ce
Duc de ce que la Marquise Viteleschi n'avoit pas
été invitée à la Fête dont on a parlé , le Duc
repondit qu'il étoit prêt de combattre dans la
Place de sainte Marie des Anges , au Bourg de
S. Antoine , et qu'il choisissoit le Colone! Papalardo
, Napolitain , pour son second . L'heure du
combat avoit été marquée au lendemain ; mais
le soir le Comte d'Harrach envoya ordre au
Duc de Monteleon , et à toute sa famille , de ne
point sortir de son Palais , et toute la Noblesse
qui prend part à cette querelle , travaille à un
accommodement , lequel a été fait le 15 , à ce
qu'on a appris depuis , par l'entremise des amis
communs qui ont obligé le Duc de Monteleon-
Pignatelli et le Comte de Lineville de donner
leur parole d'honneur d'oublier le passé .
On a appris de Parme que le surlendemain de
la mort du Duc , le Comte Stampe y arriva de
Milan , et depuis le Comte de Thaun a fait entrer
dans cette Ville quelques- uns dès Regimens
d'Infanterie qui étoient en quartier dans les environs
de cet . Etat.
?
Les Lettres de Genes portent que les Rebelles
de l'Isle de Corse , qu'on croyoit être rentrez
dans leur devoir , étoient venus le 26 Decembre
dernier près de Bastia au nombre de 22000
hommes , dans le dessein de s'emparer du Bourg
de Terra - Vecchia , que l'Evêque de Bastia étant
allé les trouver , les avoit déterminez à se retirer
, en leur promettant d'obtenir le pardon de
quelques-uns de ces Rebelles qu'on tenoit prisonniers
, et dont il fit rendre sur le champ un
certain nombre en échange d'un Officier Genois
et de quelques soldats qui avoient été surpris
dans un poste éloigné de la Ville.
On écrit de Florence , que le s. Janvier , à la
suite
382 MERCURE DE FRANCE
1
suite d'une tempête effroyable , on ressentit
Sienne une violente secousse de tremblement de
terre , qui cependant n'a causé aucun dommage
considerable.
On arrêta au commencement du mois dernier
à Livourne , un Particulier qui donnoit retraite à
quatre voleurs , lesquels depuis deux ans voloient
sur les grands chemins de la Toscane et du Milanez
, en habits de Chasseurs , ayant toujours
sept ou huit chiens et des chevaux avec eux.
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Résumé : ITALIE.
En janvier 1731 à Rome, un décret papal imposa aux ecclésiastiques des cinq églises basilicales de porter la soutane. Parallèlement, des prisonniers tentèrent de s'évader en incendiant leurs cachots, mais périrent asphyxiés par la fumée. M. Firrao, ancien nonce en Portugal, nommé à l'évêché d'Aversa, fut retenu par le pape. Les cardinaux Fini et Coscia cessèrent de participer aux réunions du Saint-Office et d'autres congrégations. Une constitution papale confirma les droits du plus ancien cardinal évêque et régula les prérogatives des autres cardinaux évêques. La princesse Clémentine Sobieska fit venir des religieuses de Flandre pour réformer le monastère des Ursulines de Rome. Le cardinal de Poli organisa une comédie dans son palais. À Sainte-Agnès, la bénédiction des agneaux pour les palliums eut lieu. À Naples, le duc de Monteleon organisa une fête avec concert et bal, mais un duel fut évité grâce à un accommodement. À Parme, des régiments d'infanterie entrèrent en ville après la mort du duc. En Corse, des rebelles tentèrent de s'emparer de Terra-Vecchia mais se retirèrent après une négociation. À Sienne, un tremblement de terre suivit une tempête sans causer de dommages majeurs. À Livourne, un particulier abritant des voleurs fut arrêté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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497
p. 382-388
ESPAGNE.
Début :
On a chanté à Cadix un Te Deum solemnel, et on a fait des Prieres publiques pour remercier [...]
Mots clefs :
Te Deum, Prières publiques, Cessation, Maladie, Cadix, Málaga
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
et on a fait des Prieres públiques pour re--
mercier Dieu de la cessation de la derniere maladiè
qui avoit tous les simptomes d'une maladie
contagieuse.
Le bruit court qu'on va établir à Malaga une:
nouvelle Compagnie de Commerce , dont les Directeurs
feront leur sejour ordinaire â Cadix .
et on a fait des Prieres públiques pour re--
mercier Dieu de la cessation de la derniere maladiè
qui avoit tous les simptomes d'une maladie
contagieuse.
Le bruit court qu'on va établir à Malaga une:
nouvelle Compagnie de Commerce , dont les Directeurs
feront leur sejour ordinaire â Cadix .
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498
p. 398-399
BENEFICES DONNEZ.
Début :
L'Evêché de Soissons, vacant par la démission de M. Languet [...]
Mots clefs :
Évêché, Abbaye, Diocèse, Confesseur
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNE Z.
LEV
'Evêché de Soissons , vacant par la démission
de M.Languet de la Villeneuve de Gergy,
a été donné à M. René de Sesmaisons , Aumônier
du Roi , et Vicaire General de Poitiers. "
L'Abbaye de S. Quentin- lès - Beauvais , vacante
par le décès de M. de Mornay de Montchevreuil,
en faveur de M. Louis Labiszensky , Prêtre du
Diocèse de Vladislavie en Pologne , Chanoine de
Lencice , & Confesseur de la Reine.
L'Abbaye de S. Jacques de Provins , Ordre de S. Augustin,
Diocèse de Sens, vacante par le décès de M.
Pajot
FEVRIER. 1731 . 299
Pajot , en faveur de M. Jean-Cezar de la Parisiere
, Evêque de Nîmes .
L'Abbaye de S. Loup , Ordre de S. Augustin ,
Doicése de Troyes , vacante par le décès de M. de
Bouthillier de Chavigny , Archevêque de Sens
en faveur de M. Jean Baptiste Pajot , Soudiacre.
du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement.
L'Abbaye de S. Sauve , de Montreuil, Ordre de
S. Benoît , Diocèse d'Amiens , vacante par le décès
du dernier Titulaire , en faveur de M. Perrinot
de Cernay , Prêtre du Diocése de Bezançon.
L'Abbaye de Valsainte , Ordre de Cîteaux
Diocése d'Apt , vacante par le décès de M. Pajot
en faveur de M. Narbonne Pelet , Prêtre , Vicaire
General d'Arles , et Doyen de Beaucaire.
Le Prieuré de S. Denis de Marnay , vacant par
le décés de M. de Bouthillier de Chavigny , Archevêque
de Sens , en faveur de M. Barthelemy
Gautier de Billancour , Clerc Tonsuré du Diocése
de Paris.
LEV
'Evêché de Soissons , vacant par la démission
de M.Languet de la Villeneuve de Gergy,
a été donné à M. René de Sesmaisons , Aumônier
du Roi , et Vicaire General de Poitiers. "
L'Abbaye de S. Quentin- lès - Beauvais , vacante
par le décès de M. de Mornay de Montchevreuil,
en faveur de M. Louis Labiszensky , Prêtre du
Diocèse de Vladislavie en Pologne , Chanoine de
Lencice , & Confesseur de la Reine.
L'Abbaye de S. Jacques de Provins , Ordre de S. Augustin,
Diocèse de Sens, vacante par le décès de M.
Pajot
FEVRIER. 1731 . 299
Pajot , en faveur de M. Jean-Cezar de la Parisiere
, Evêque de Nîmes .
L'Abbaye de S. Loup , Ordre de S. Augustin ,
Doicése de Troyes , vacante par le décès de M. de
Bouthillier de Chavigny , Archevêque de Sens
en faveur de M. Jean Baptiste Pajot , Soudiacre.
du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement.
L'Abbaye de S. Sauve , de Montreuil, Ordre de
S. Benoît , Diocèse d'Amiens , vacante par le décès
du dernier Titulaire , en faveur de M. Perrinot
de Cernay , Prêtre du Diocése de Bezançon.
L'Abbaye de Valsainte , Ordre de Cîteaux
Diocése d'Apt , vacante par le décès de M. Pajot
en faveur de M. Narbonne Pelet , Prêtre , Vicaire
General d'Arles , et Doyen de Beaucaire.
Le Prieuré de S. Denis de Marnay , vacant par
le décés de M. de Bouthillier de Chavigny , Archevêque
de Sens , en faveur de M. Barthelemy
Gautier de Billancour , Clerc Tonsuré du Diocése
de Paris.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
En février 1731, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués suite à des vacances causées par des décès ou des démissions. L'évêché de Soissons, vacant après la démission de M. Languet de la Villeneuve de Gergy, a été confié à M. René de Sesmaisons, Aumônier du Roi et Vicaire Général de Poitiers. L'abbaye de Saint-Quentin-lès-Beauvais, vacante après le décès de M. de Mornay de Montchevreuil, a été donnée à M. Louis Labiszensky, Prêtre du Diocèse de Vladislavie en Pologne, Chanoine de Lencice et Confesseur de la Reine. L'abbaye de Saint-Jacques de Provins, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Sens, vacante après le décès de M. Pajot, a été attribuée à M. Jean-Cezar de la Parisiere, Évêque de Nîmes. L'abbaye de Saint-Loup, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Troyes, vacante après le décès de M. de Bouthillier de Chavigny, Archevêque de Sens, a été confiée à M. Jean Baptiste Pajot, Sous-diacre du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement. L'abbaye de Saint-Sauve de Montreuil, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse d'Amiens, vacante après le décès du dernier titulaire, a été donnée à M. Perrinot de Cernay, Prêtre du Diocèse de Besançon. L'abbaye de Valsainte, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Apt, vacante après le décès de M. Pajot, a été attribuée à M. Narbonne Pelet, Prêtre, Vicaire Général d'Arles et Doyen de Beaucaire. Enfin, le prieuré de Saint-Denis de Marnay, vacant après le décès de M. de Bouthillier de Chavigny, Archevêque de Sens, a été confié à M. Barthélemy Gautier de Billancour, Clerc Tonsuré du Diocèse de Paris.
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499
p. 492-495
LA PROVIDENCE, ODE.
Début :
O Vous, qui méritez les justes anathêmes [...]
Mots clefs :
Providence, Dieu, Bonté, Foi, Chrétiens, Seigneur, Moïse, Jonas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA PROVIDENCE, ODE.
LA PROVIDENCE ,
O DE.
O -Vous , qui méritez les justes anathêmes
Dont l'Eglise vous a frappés ,
Trop aveugles Auteurs , et trop tard détrompés
Allez dans les Enfers abjurer vos sistêmes ;
Dieu n'est point un maître inhumain
Il ne voit point avec dédain
Les ouvrages de sa puissance ;
Il les conserve tous ; l'insecte le plus vil ;
Le juste et le pecheur , le Juif et le Gentil
Annoncent sa magnificence.
諾
S'il est le Roi des Rois , s'il est le Dieu des
Dieux ,
S'il est Juge saint et severe ,
Il veut être nommé mon refuge et mon pere
Et sa bonté remplit et la terre et les Cieux ,
Elle fournit à nos délices ,
Elle asservit à nos caprices
?
La nature et les élemens ;
Seule elle sçait fixer la jeunesse indocile
Et seule elle soutient la vieillesse débile ,
Qui gémit sous le poids des ans.
}
Quelle
MARS. 17318 493
Quelle vive splendeur vient éclairer mon ame a
Grand Dieu ! j'adore tes decrets ,
Tu daignes à mes yeux dévoiler tes secrets ;
Terre , écoutez ; je cede à l'ardeur qui m'enflâme;
Je vois Noë braver les eaux ;
Ici des esprits infernaux
Moïse confond les prestiges ;
Là , triomphe Israël ; ses tyrans sont punis ;
Les flots émus , calmés , divisés , réunis,
M'attestent le Dieu des prodiges.
Qu'aperçois-je ? Joseph indignement lié
Au fond d'une prison obscure ;
Tout innocent qu'il est ,
il souffre sans murmure ,
Mais le Dieu de Jacob ne l'a point oublié ;
> Ses soupirs ont percé la núë :
C'est par une route inconnuë
Qu'il monte aux suprêmes honneurs :
Joseph passe soudain de la honte à la gloire ,
D'une indigne prison sur un char de victoire ;
Il doit sa joye à ses douleurs.
Ciel ! qu'entens- je ! les vents sur la liquide plaine
Se livrent d'horribles combats ;
La mer s'enfle et mugit ; rien ne trouble Jonas ,
il prie , adore , espere au sein de la Baleine.
Seigneur , tu le conduis au port ;
D v Tu
་
494 MERCURE DE FRANCE
Tu te déclares le support
D'un coeur pénitent qui t'implore ;
J'ai moi-même cent fois éprouvé ton secours ;
Pere tendre , déja tu veillois sur mes jours
Qui venoient à peine d'éclore.
粥
La nouvelle Sion en bute à mille assauts ,
Leve sa tête triomphante ;
On la poursuit en vain , les chrétiens qu'elle en
fante
Renaissent de leur cendre , et sur les échafauts
Je la vois toujours immuable ;
Sur ce rocher inébranlable
Ses ennemis sont écrasés ;
L'esprit Saint la dirige , et que peuvent contre elle
Les vents impétueux et leur soufle rebelle ?
Dès qu'il parle , ils sont appaisés.
Pardonne moi , Dieu saint , le murmure coupable
Qu'excita souvent dans mon coeur
De l'impie élevé le fastueux bonheur ;
Ce bonheur doit le rendre un jour plus misérable.
Il est un moment arrêté
Pour confondre l'iniquité :
Que ce moment sera terrible !
Le pêcheur dort au sein d'une trompeuse paix ;
La mort vient et le frappe , il gémit, vains regrets !
Le Juge est pour lors inflexible,
Oui ,
MARS. 1731. 495
Oui , je mets en toi seul et mon unique espoir
Et ma plus ferme confiance ;
De ton Verbe avec nous l'inéfable alliance
M'apprend que ton amour égale ton pouvoir ;
C'est cet amour que je réclame ;
Dans mon coeur allume sa flamme.
Dés lors je ne craindrai plus rien ,
L'indigence , les fers , la honte , la mort même ;
Eh ! Seigneur , quel revers peut craindre un coeur
qui t'aime ,
N'es-tu pas le souverain bien ?
Deus meus et omnia.
Poncy de Neuville , Prêtre.
O DE.
O -Vous , qui méritez les justes anathêmes
Dont l'Eglise vous a frappés ,
Trop aveugles Auteurs , et trop tard détrompés
Allez dans les Enfers abjurer vos sistêmes ;
Dieu n'est point un maître inhumain
Il ne voit point avec dédain
Les ouvrages de sa puissance ;
Il les conserve tous ; l'insecte le plus vil ;
Le juste et le pecheur , le Juif et le Gentil
Annoncent sa magnificence.
諾
S'il est le Roi des Rois , s'il est le Dieu des
Dieux ,
S'il est Juge saint et severe ,
Il veut être nommé mon refuge et mon pere
Et sa bonté remplit et la terre et les Cieux ,
Elle fournit à nos délices ,
Elle asservit à nos caprices
?
La nature et les élemens ;
Seule elle sçait fixer la jeunesse indocile
Et seule elle soutient la vieillesse débile ,
Qui gémit sous le poids des ans.
}
Quelle
MARS. 17318 493
Quelle vive splendeur vient éclairer mon ame a
Grand Dieu ! j'adore tes decrets ,
Tu daignes à mes yeux dévoiler tes secrets ;
Terre , écoutez ; je cede à l'ardeur qui m'enflâme;
Je vois Noë braver les eaux ;
Ici des esprits infernaux
Moïse confond les prestiges ;
Là , triomphe Israël ; ses tyrans sont punis ;
Les flots émus , calmés , divisés , réunis,
M'attestent le Dieu des prodiges.
Qu'aperçois-je ? Joseph indignement lié
Au fond d'une prison obscure ;
Tout innocent qu'il est ,
il souffre sans murmure ,
Mais le Dieu de Jacob ne l'a point oublié ;
> Ses soupirs ont percé la núë :
C'est par une route inconnuë
Qu'il monte aux suprêmes honneurs :
Joseph passe soudain de la honte à la gloire ,
D'une indigne prison sur un char de victoire ;
Il doit sa joye à ses douleurs.
Ciel ! qu'entens- je ! les vents sur la liquide plaine
Se livrent d'horribles combats ;
La mer s'enfle et mugit ; rien ne trouble Jonas ,
il prie , adore , espere au sein de la Baleine.
Seigneur , tu le conduis au port ;
D v Tu
་
494 MERCURE DE FRANCE
Tu te déclares le support
D'un coeur pénitent qui t'implore ;
J'ai moi-même cent fois éprouvé ton secours ;
Pere tendre , déja tu veillois sur mes jours
Qui venoient à peine d'éclore.
粥
La nouvelle Sion en bute à mille assauts ,
Leve sa tête triomphante ;
On la poursuit en vain , les chrétiens qu'elle en
fante
Renaissent de leur cendre , et sur les échafauts
Je la vois toujours immuable ;
Sur ce rocher inébranlable
Ses ennemis sont écrasés ;
L'esprit Saint la dirige , et que peuvent contre elle
Les vents impétueux et leur soufle rebelle ?
Dès qu'il parle , ils sont appaisés.
Pardonne moi , Dieu saint , le murmure coupable
Qu'excita souvent dans mon coeur
De l'impie élevé le fastueux bonheur ;
Ce bonheur doit le rendre un jour plus misérable.
Il est un moment arrêté
Pour confondre l'iniquité :
Que ce moment sera terrible !
Le pêcheur dort au sein d'une trompeuse paix ;
La mort vient et le frappe , il gémit, vains regrets !
Le Juge est pour lors inflexible,
Oui ,
MARS. 1731. 495
Oui , je mets en toi seul et mon unique espoir
Et ma plus ferme confiance ;
De ton Verbe avec nous l'inéfable alliance
M'apprend que ton amour égale ton pouvoir ;
C'est cet amour que je réclame ;
Dans mon coeur allume sa flamme.
Dés lors je ne craindrai plus rien ,
L'indigence , les fers , la honte , la mort même ;
Eh ! Seigneur , quel revers peut craindre un coeur
qui t'aime ,
N'es-tu pas le souverain bien ?
Deus meus et omnia.
Poncy de Neuville , Prêtre.
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Résumé : LA PROVIDENCE, ODE.
Le poème 'La Providence' célèbre la puissance et la bonté de Dieu. Il critique les interprétations erronées de la nature divine et invite à les rejeter. Dieu est présenté comme un maître bienveillant qui protège toutes ses créatures, des plus humbles aux plus nobles, et manifeste sa magnificence à travers elles. Le texte met en avant la royauté, la justice, la bonté et la providence divine, qui soutiennent la jeunesse et la vieillesse. Le poète admire les œuvres de Dieu, illustrées par des événements bibliques comme le déluge, la sortie d'Égypte, et les épreuves de Joseph et Jonas. Ces récits montrent la protection et le soutien divin face aux adversités. Le texte évoque également la persécution et la résilience des chrétiens, guidés par l'Esprit Saint, et la justice divine qui confondra les impies. Le poète conclut en plaçant toute sa confiance en Dieu, affirmant que l'amour divin surpasse tout pouvoir et que rien ne peut effrayer un cœur qui aime Dieu. Il souhaite voir la flamme de cet amour allumée dans son cœur, le rendant invulnérable à l'indigence, aux fers, à la honte et même à la mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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500
p. 553
« REGLES pour vivre chrétiennement dans l'engagement du mariage et dans [...] »
Début :
REGLES pour vivre chrétiennement dans l'engagement du mariage et dans [...]
Mots clefs :
Règles, Famille, Engagement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « REGLES pour vivre chrétiennement dans l'engagement du mariage et dans [...] »
REGLES pour vivre chrétiennement
dans l'engagement du mariage et dans la
conduite d'une famille . Vol. in 12. Ruë
S. Jacques , chez Lettin.
dans l'engagement du mariage et dans la
conduite d'une famille . Vol. in 12. Ruë
S. Jacques , chez Lettin.
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