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1
p. 567-570
Histoire Ecclesiastique d'Orient, [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRE communiqué aux Auteurs du Mercure, par le R. P. [...]
Mots clefs :
Histoire ecclésiastique, Évêques d'Orient, Patriarcats, Afrique, Antioche, Jérusalem, Constantinople, Cartes géographiques
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texteReconnaissance textuelle : Histoire Ecclesiastique d'Orient, [titre d'après la table]
MEMOIRE Communiqué aux Auteurs du Mercure
, par le R. P. Michel le Quien , de l'Ordre
de S Dominique , au sujet d'une Histoire Ecclesiastique
de l'Orient , &c.
L'Ouvrage que je me propose de donner au Public
aura pour titre : Oriens Christianus et Affrica,
ou Ecclesia Orientalis et Affricana.
C'est une collection de tous les Evêques d'Orient
et d'Afrique , dont on a pû avoir_connoissance
, après une recherche exacte dans toute
sorte de Livres , imprimez et manuscrits . Il est de
même genre que tous ceux que nous avons pour
l'Occident , sous le titre de Gallia Christiana ,
Italia sacra , Anglia sacra
, Loc.
Il est distribué *par Patriarcats pour l'Orient ,
et comprend par conséquent les Patriarcats de
Constantinople
, d'Alexandrie , d'Antioche et de
Jérusalem , avec leurs dépendances.
Le Patriarcat de Constantinople contient quatre
grands Diocèses , celui du Pont , de l'Asie ,
de la Thrace , et de l'Illyrie Orientale.
Chaque Diocèse de chaque Patriarcat est divisé
en Provinces , et chaque Province en Eglises
particulieres. Les Evêques sont placez chacun à
leur Siége ; leur temps et ce qu'on a trouvé qui
les regarde , est marqué exactement , en citant les
Livres et les endroits dont on l'a tiré.
Au Diocèse du Pont est jointe l'Eglise d'Arménie
et celle d'Iberie ; et celui de Thrace est suivi
'du Patriarcat de Russie ou de Moscovie.
Au Patriarcat d'Alexandrie , aussi divisé et
Provinces et Eglises particulieres , est jointe P'Eglise
d'Ethiopie , dont je donne la succession des
G vj Métro
68 MERCURE DE FRANCE .
*
Métropolitains , comme aussi celle de Nubie.
Outre les Patriarches , Métropolitains ex Evê
Grec
ques du Patriarchat ortodoxe , Melchite ,
d'Antioche,je donne les Patriarches et les Evêques
Jacobites de Syrie et de Mésopotamie,distribués de
la même maniere. J'ajoute ensuite le grand Diocèse
des Caldéens ou Nestoriens , qui comprend
une partie de la Mésopotamie , la Babilonie ,
l'ancienne Assyrie , toute la Perse et les Indes ,
jusqu'à la Chine. Un très grand nombre d'Evêques
de tous ces païs- là dont je parle, sont placez
chacun à son Eglise particuliere.
Je donne , outre cela , les Evêques Latins qui
ont occupé les Siéges de l'Orient depuis le commencement
des Croisades . Ils sont distribuez
dans les Eglises des trois Patriarcats de Constantinople,
d'Antioche et de Jerusalem, et enfin ceux
qui ont fondé et gouverné diverses Eglises , dans
les Païs d'Orient les plus reculez , jusqu'à la
Chine , pendant le xiv siécle.
-
Les successions,sur tout des Patriarches de Constantinople
, d'Alexandrie Copte , d'Antioche-
Grecque ou Melchite , de la Secte Jacobite et de
Jérusalem , sont complettes jusqu'aujourd'hui ,
aussi- bien que celles des Catholiques ou Patriar
ches d'Arménie et des Nestoriens ; celles de ceux
d'Alexandrie , d'Antioche et de Jerusalem sont
incomparablement plus amples et plus exactes
que toutes celles qui ont paru jusqu'icy.
Pour ce qni est des Patriarches d'Alexandrie ,
Melchites ou Grecs , il m'en manque un nombre
qui peut monter à 15 ou 16 , mais j'espere les
remplir par les instructions qu'on me fait esperer
du Païs même,
L'Eglise d'Afrique , dont Carthage étoit la
Primatiale , suivra celle d'Orient. Les successions
m'en sont pas longues ; mais tous les Evêques
dont
MARS. 1731. 569
1
dont on peut avoir la connoissance , sont distribuez
de même , et chacun placé à son siege.
La succession des Evêques de Carthage est assez
ample , il m'en manque seulement quelques- uns
des derniers qui ont précedé l'invasion des Sarrasins
et ceux qui l'ont suivie , mais je ne desespere
pas de les avoir.
Outre la Préface generale pour tout l'Ouvrage
, il y aura à la tête de chaque Patriarchat et
de chaque Diocèse , une Dissertation dans laquelle
sont expliquez ses commencemens , ses
progrès , son étendue , ses changemens , sa discipline
particuliere , l'autorité et la Jurisdiction
du Patriarche ou de l'Exarque , &c.
A la tête de l'Ouvrage on mettra diverses Notices
des Patriarchats et des grands Diocèses , et
ensuite une Notice generale de tous les Sieges
dont il est fait mention dans l'Ouvrage. Il y
aura huit ou dix Cartes Géographiques pour
tous les Diocèses , dressées et gravées avec soin.
L'Ouvrage contiendra deux Volumes in folio.
On nous a écrit de Nîmes au mois de Février
dernier , que le 25. Janvier le Professeur de Rhéthorique
du College des Jesuites de cette Ville ,
avoit eu l'honneur de prononcer un Discours
Latin sur la Naissance du Duc d'Anjoù , dans
l'Eglise du même College , en presence des Etats
Generaux de cette Province , assemblez à Nîmes ,
et que l'oeconomie du Discours et l'éloquence de
P'Orateur , y furent fort applaudis par cette illus
tre Assemblée .
On apprend de Lisbonne,qu'on y lût au commencement
du mois dernier dans l'Académie Royale
de l'Histoire,une Lettre de Dom Jean de Saldanha
de Gama , Viceroy des Etablissemens Portugais
dans les Indes Orientales , par laquelle il donne
part
570 MERCURE DE FRANCE.
part d'une découverte qu'il a faite dans ce Païs- là.
Dans une petite Inle du Golfe Persique , connue
sous le nom de Lareca , et peu éloignée de l'Ifle
d'Ormus , il y a une ancienne Mosquée ; et le
bruit couroit depuis long- tems parmi les Mahometans
de ce Pais qu'on avoit déposé dans cette
Mosquée certains Trésors que personne ne pouvoit
en tirer sans s'exposer à mourir subitement.
Des Portugais doutant de cette tradition populaire
, voulurent la verifier au commencement de
l'année derniere , et ils trouverent dans la Mosquée
deux petites Caisses remplies de Manuscrits
anciens écrits tant en Langue Arabe qu'en
Langue Persane : ils les porterent au Viceroi
qui les a fait examiner , et on a trouvé que les
uns traitent de la Medecine , et les autres de
l'Histoire ; que les premiers qui ont plus de
mille ans d'ancienneté , sont d'une trés - belle
écriture. Le Viceroi en fait faire des Extraits
pour les envoyer à l'Academie..
, par le R. P. Michel le Quien , de l'Ordre
de S Dominique , au sujet d'une Histoire Ecclesiastique
de l'Orient , &c.
L'Ouvrage que je me propose de donner au Public
aura pour titre : Oriens Christianus et Affrica,
ou Ecclesia Orientalis et Affricana.
C'est une collection de tous les Evêques d'Orient
et d'Afrique , dont on a pû avoir_connoissance
, après une recherche exacte dans toute
sorte de Livres , imprimez et manuscrits . Il est de
même genre que tous ceux que nous avons pour
l'Occident , sous le titre de Gallia Christiana ,
Italia sacra , Anglia sacra
, Loc.
Il est distribué *par Patriarcats pour l'Orient ,
et comprend par conséquent les Patriarcats de
Constantinople
, d'Alexandrie , d'Antioche et de
Jérusalem , avec leurs dépendances.
Le Patriarcat de Constantinople contient quatre
grands Diocèses , celui du Pont , de l'Asie ,
de la Thrace , et de l'Illyrie Orientale.
Chaque Diocèse de chaque Patriarcat est divisé
en Provinces , et chaque Province en Eglises
particulieres. Les Evêques sont placez chacun à
leur Siége ; leur temps et ce qu'on a trouvé qui
les regarde , est marqué exactement , en citant les
Livres et les endroits dont on l'a tiré.
Au Diocèse du Pont est jointe l'Eglise d'Arménie
et celle d'Iberie ; et celui de Thrace est suivi
'du Patriarcat de Russie ou de Moscovie.
Au Patriarcat d'Alexandrie , aussi divisé et
Provinces et Eglises particulieres , est jointe P'Eglise
d'Ethiopie , dont je donne la succession des
G vj Métro
68 MERCURE DE FRANCE .
*
Métropolitains , comme aussi celle de Nubie.
Outre les Patriarches , Métropolitains ex Evê
Grec
ques du Patriarchat ortodoxe , Melchite ,
d'Antioche,je donne les Patriarches et les Evêques
Jacobites de Syrie et de Mésopotamie,distribués de
la même maniere. J'ajoute ensuite le grand Diocèse
des Caldéens ou Nestoriens , qui comprend
une partie de la Mésopotamie , la Babilonie ,
l'ancienne Assyrie , toute la Perse et les Indes ,
jusqu'à la Chine. Un très grand nombre d'Evêques
de tous ces païs- là dont je parle, sont placez
chacun à son Eglise particuliere.
Je donne , outre cela , les Evêques Latins qui
ont occupé les Siéges de l'Orient depuis le commencement
des Croisades . Ils sont distribuez
dans les Eglises des trois Patriarcats de Constantinople,
d'Antioche et de Jerusalem, et enfin ceux
qui ont fondé et gouverné diverses Eglises , dans
les Païs d'Orient les plus reculez , jusqu'à la
Chine , pendant le xiv siécle.
-
Les successions,sur tout des Patriarches de Constantinople
, d'Alexandrie Copte , d'Antioche-
Grecque ou Melchite , de la Secte Jacobite et de
Jérusalem , sont complettes jusqu'aujourd'hui ,
aussi- bien que celles des Catholiques ou Patriar
ches d'Arménie et des Nestoriens ; celles de ceux
d'Alexandrie , d'Antioche et de Jerusalem sont
incomparablement plus amples et plus exactes
que toutes celles qui ont paru jusqu'icy.
Pour ce qni est des Patriarches d'Alexandrie ,
Melchites ou Grecs , il m'en manque un nombre
qui peut monter à 15 ou 16 , mais j'espere les
remplir par les instructions qu'on me fait esperer
du Païs même,
L'Eglise d'Afrique , dont Carthage étoit la
Primatiale , suivra celle d'Orient. Les successions
m'en sont pas longues ; mais tous les Evêques
dont
MARS. 1731. 569
1
dont on peut avoir la connoissance , sont distribuez
de même , et chacun placé à son siege.
La succession des Evêques de Carthage est assez
ample , il m'en manque seulement quelques- uns
des derniers qui ont précedé l'invasion des Sarrasins
et ceux qui l'ont suivie , mais je ne desespere
pas de les avoir.
Outre la Préface generale pour tout l'Ouvrage
, il y aura à la tête de chaque Patriarchat et
de chaque Diocèse , une Dissertation dans laquelle
sont expliquez ses commencemens , ses
progrès , son étendue , ses changemens , sa discipline
particuliere , l'autorité et la Jurisdiction
du Patriarche ou de l'Exarque , &c.
A la tête de l'Ouvrage on mettra diverses Notices
des Patriarchats et des grands Diocèses , et
ensuite une Notice generale de tous les Sieges
dont il est fait mention dans l'Ouvrage. Il y
aura huit ou dix Cartes Géographiques pour
tous les Diocèses , dressées et gravées avec soin.
L'Ouvrage contiendra deux Volumes in folio.
On nous a écrit de Nîmes au mois de Février
dernier , que le 25. Janvier le Professeur de Rhéthorique
du College des Jesuites de cette Ville ,
avoit eu l'honneur de prononcer un Discours
Latin sur la Naissance du Duc d'Anjoù , dans
l'Eglise du même College , en presence des Etats
Generaux de cette Province , assemblez à Nîmes ,
et que l'oeconomie du Discours et l'éloquence de
P'Orateur , y furent fort applaudis par cette illus
tre Assemblée .
On apprend de Lisbonne,qu'on y lût au commencement
du mois dernier dans l'Académie Royale
de l'Histoire,une Lettre de Dom Jean de Saldanha
de Gama , Viceroy des Etablissemens Portugais
dans les Indes Orientales , par laquelle il donne
part
570 MERCURE DE FRANCE.
part d'une découverte qu'il a faite dans ce Païs- là.
Dans une petite Inle du Golfe Persique , connue
sous le nom de Lareca , et peu éloignée de l'Ifle
d'Ormus , il y a une ancienne Mosquée ; et le
bruit couroit depuis long- tems parmi les Mahometans
de ce Pais qu'on avoit déposé dans cette
Mosquée certains Trésors que personne ne pouvoit
en tirer sans s'exposer à mourir subitement.
Des Portugais doutant de cette tradition populaire
, voulurent la verifier au commencement de
l'année derniere , et ils trouverent dans la Mosquée
deux petites Caisses remplies de Manuscrits
anciens écrits tant en Langue Arabe qu'en
Langue Persane : ils les porterent au Viceroi
qui les a fait examiner , et on a trouvé que les
uns traitent de la Medecine , et les autres de
l'Histoire ; que les premiers qui ont plus de
mille ans d'ancienneté , sont d'une trés - belle
écriture. Le Viceroi en fait faire des Extraits
pour les envoyer à l'Academie..
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Résumé : Histoire Ecclesiastique d'Orient, [titre d'après la table]
Le R. P. Michel le Quien, de l'Ordre de Saint Dominique, annonce la publication de l'ouvrage 'Oriens Christianus et Affrica, ou Ecclesia Orientalis et Affricana'. Cet ouvrage est une collection exhaustive des évêques d'Orient et d'Afrique, fruit de recherches approfondies dans des livres imprimés et manuscrits. Il est organisé par patriarcats pour l'Orient, incluant Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, ainsi que leurs dépendances. Chaque patriarcat est subdivisé en diocèses, provinces et églises particulières, avec des informations détaillées sur les évêques, leurs sièges et leurs successions. L'ouvrage couvre également les évêques latins ayant occupé des sièges en Orient depuis les Croisades, ainsi que les successions des patriarches et métropolites de diverses sectes chrétiennes orientales. Des dissertations expliquent les origines, le développement, l'étendue et la discipline de chaque patriarcat et diocèse. L'ouvrage inclut des notices et des cartes géographiques, et sera publié en deux volumes in-folio. Le texte mentionne également des événements récents, tels qu'un discours latin prononcé à Nîmes en l'honneur de la naissance du Duc d'Anjou. De plus, il rapporte la découverte de manuscrits anciens dans une mosquée au Golfe Persique, découverte faite par le vice-roi portugais Dom Jean de Saldanha de Gama.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1207-1213
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Auxerre à M. D. L. R. au mois d'Avril 1731. par M. L. B. C. S. sur une Urne et des Médailles trouvées.
Début :
J'ay toûjours differé à vous parler d'une découverte qui fut faite près de cette [...]
Mots clefs :
Découverte, Vaux, Rivière d'Yonne, Fourche de fer, Urne, Médailles, Auxerre, Histoire ecclésiastique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Auxerre à M. D. L. R. au mois d'Avril 1731. par M. L. B. C. S. sur une Urne et des Médailles trouvées.
EXTRAITF d'une Lettre écrite d'Au
xerre à M. D. L. R. au mois d'Avril
1731. par M.L. B. C. S. sur une Urne
et des Médailles trouvées.
. د ه د ه د د
BadaB& AD
differé à vous d'une
découverte qui fut faite près de cette
Ville la veille de laFête de S. Pierre dernie
"re , c'est- à- dire le 28. Juin 1730. dans le
territoire d'un Village appellé Vaux , à
une lieuë d'ici , sur le bord de la Riviere
d'Yone. Un Laboureur préparant une
terre pour la semaille prochaine , le Soc
de sa Charuë rencontra un ferrement qui
l'arrêta. Il voulut tirer ce ferrement qui
étoit placé perpendiculairement en terre,
mais il ne put en venir à bout qu'en creu
I. Vol.
A iij sant
1208 MERCURE DE FRANCE
sant dans l'endroit ; l'ayant arraché de ce
lieu , il reconnut par le bout qui étoit
plus avant dans la terre , que c'étoit une
fourche de fer à trois fourchons , longue
d'environ deux pieds : elle a depuis été
cassée en trois pieces , et il n'a resté que
le bout des trois fourchons que ce Paysan.
m'a mis entre les mains . On y trouva
aussi un autre Instrument de fer
que je
n'ai pû voir , et qu'il juge avoir servi à
attiser un foyer de charbons . Comme les,
pointes de la fourche aboutissoient à une
grosse pierre , il crut qu'il y avoit cous
cette pierre brute quelque chose de pré
cieux. Mais l'ayant levée , il n'y trouva
d'autre trésor que des cendres , des frag
mens d'une Urne de terre de couleur grise
cendrée , et quelques restes d'Ossemens ,
avec du charbon , er dix Médailles de
Bronze , dont il y en avoit d'épanchées
dans les terres que la pioche remua.
J
Etant allé sur le lieu , je ramassai les
fragmens d'Urne que le Laboureur avoit
méprisez les examinant ensuite , je fus.
assez surpris de trouver parmi ces frag
mens deux morceaux de crâne humain ..
La matiere poreuse qui cause leur legere
té me servit à les distinguer tout aussi
tôt du reste de ce que j'avois ramassé , et
les ayant frottés , je découvris qu'il y en
1. Vol.
JUI N. 1737. 1209
a un qui a encore conservé jusqu'à pre
sent la couleur que le feu lui a donnée
et celui- la sonne comme un morceau de
terre cuite.
A cette occasion j'ai voulu relire ce que
le sçavant Abbé des Thuilleries fit impri
mer contre M. Capperon en 1722. dans
le Mercure de Juin touchant la cessation
de l'usage de bruler les corps humains.
Quoique je ne fusse point porté à suivre
le sentiment de M. Capperon , qui croit
que l'usage de bruler les corps morts n'a
point passé le temps des Antonins , et
que ce furent eux qui l'abrogerent , j'en
suis encore plus éloigné que jamais depuis
cette découverte , et ce qui m'autorise à
préferer le sentiment de M. l'Abbé des
Thuilleries , qui soutient après Kirchman
que la coutume de bruler le corps des
deffunts duroit encore au troisiéme siecle ,
est que le corps qui a été brulé sur le
Rivage oriental de notre Riviere , et dont
j'ai vu les foibles restes , est surement
d'un Payen qui vivoit du temps de Pos
tume. Il est vrai que lorsqu'on eut re
mué la terre de ce lieu , on reconnut
parmi les Médailles qu'on y ramassa qu'il
y en avoit quelques-unes du premier et du
second siecle , mais il s'y en trouva aussi
du troisiéme , et ces dernieres étoient
L. Vol. A iiij
même
1210 MERCURE DE FRANCE
même en plus grand nombre. L'une étoit
de l'Empereur Hadrien , une autre d'An
tonin le Preux , l'une de Marc- Aurele ,
trois des plus effacées qui ont été dissi
pées , je n'ai pû les voir ; mais j'ai recou
vré les quatre principales de cette petite
quantité elles sont toutes de Posthume,
en grand et moyen Bronze , et deux de
celles qui sont en grand Bronze ont pour
Legende LAETITIA AUG. avec le
Vaisseau Prétorien , et de ces deux l'une
est si belle , quoique peu épaisse , qu'on
diroit qu'elle sort des mains de l'Ouvrier,
car le Paysan qui m'a vendu trois de ces
Posthumes , avoit cru bien faire de les
éclaircir et d'en ôter la roüille . Je ne sçai si
ce Vaisseau auroit quelque rapport à la Na
vigation de la Riviere d'Yone. J'en laisse
la décision à d'autres . Permettez que j'ap
puye encore ici en passant un article de la
défense que l'Abbé des Thuilleries a faite
du sentiment de M.Huet , Evêque d'Avran
ches ,sur l'origine du nom d'Eu.Le premier
Village au- dessus d'Auxerre en remontant
le long de la Riviere , à gauche , s'appelle
Augy , et justement c'est un Pays de Plai
ne et de Prairies. C'est donc encore un
exemple qui peut être cité avec les au
tres dont ce sçavant Prélat , aussi-bien que
M. Du Cange , s'autorisent pour assurer
B
I. Vala que
JUIN. 1731 . 1211
on
>
que les mots au , auu , auve , en , o
оии , verifient par la situation des lieux
dans le nom desquels il entre une de ces syl
labes , que ces noms viennent de l'ancien
langage Teutonique , parce qu'encore de
nos jours en langage Alleman ces mots si
gnifient un Pré. L'article du Glossaire est
court ; mais il me paroît formel par le
moyen du Texte qu'il allegue de la vie
de S. Colman , où il est parlé ainsi d'une
Eglise bâtie dans une Prairie : Est autem
prope Danubium quædam speciosa et delec
tabilis Augia , in qua noviter constructa
fuit Basilica d'où M. Du Cange a eu bien
raison d'inferer que par Augia il faut en
tendre une Prairie située sur le bord d'u
ne Riviere , ou entourée d'un Fleuve : Au
gia campus pascuus amni adjacens veľ
amne circumfusus , eu Germanico Au vel
Auw. Au-dessus du Village de notre Au
gy , la Plaine devient labourable , et ce
n'est qu'à un quart de lieuë delà que se
trouve le Vaax en question , si toutefois
il faut l'écrire ainsi : car je suis porté à
croire que c'est l'ancien Uno , nom indé
cliné , dont la vie de S. Aunaire , Evêque
d'Auxerre , écrite au VII , ou VIII . siecle,
dit que c'étoit un Village situé tout pro
che Auxerre , dans lequel il y avoit une
Fontaine dont les eaux faisoient bouil
1. Vol "Av lonnet
212 MERCURE DE FRANCE
'onner le sable , et qui étoit de profondeur
à noyer un homme : en effet tout cela se
trouve veritable à Augy , où l'on voit l'u
ne des plus spacieuses sources qui soit bien
loin d'ici.
Au reste, Monsieur , si j'avois été dans le
pays dans le temps de la découverte faite à
Vaux , je m'y serois transporté dès le jour
ou le lendemain , et j'aurois pû vous.en.
rendre un compte plus détaillé. Mais vous
vous ressouviendrez que j'étois alors en
route dans le Berry , tant pour me dé
lasser des fatigues attachées à ma fonction,
que pour vérifier , en chemin faisant , un
point de l'Histoire Ecclesiastique de ce
Diocèse , et éclaircir un endroit de l'His
toire de S. Grégoire de Tours , sur lequel
je crois qu'on a été jusqu'ici dans l'erreur.
Quelque perite qu'ait été la découverte
faite à Vaux, elle a été très - publique dans
le lieu . Le Curé de la Paroisse en est té
moin , aussi bien qu'un grand nombre de .
Paysans ausquels j'ai parlé , et qui sont
tous d'accord sur le fait. Ce n'est point de
ces découvertes controuvées dont on ne
peut montrer les effets , ni produire au
cun témoin , telle est celle * qu'on
Cette prétendu Découverte se trouve dans
le Journal de Verdun , du mois de Novembre
1727 page 3261
ty
La Vol.
JUIN. 1731. 1213
a supposé il y a quelques années avoit été
faite dans un petit Village du Diocèse de
Sens , à quelques lieues d'ici , dans la
quelle tout a été également invisible
Pierre, Inscription et Médailles.Heureuse
ment , Monsieur , ce n'est point votre
Journal qui en a été la duppe. Je plains
ceux qui sont si mal servis , et je suis , &c.
xerre à M. D. L. R. au mois d'Avril
1731. par M.L. B. C. S. sur une Urne
et des Médailles trouvées.
. د ه د ه د د
BadaB& AD
differé à vous d'une
découverte qui fut faite près de cette
Ville la veille de laFête de S. Pierre dernie
"re , c'est- à- dire le 28. Juin 1730. dans le
territoire d'un Village appellé Vaux , à
une lieuë d'ici , sur le bord de la Riviere
d'Yone. Un Laboureur préparant une
terre pour la semaille prochaine , le Soc
de sa Charuë rencontra un ferrement qui
l'arrêta. Il voulut tirer ce ferrement qui
étoit placé perpendiculairement en terre,
mais il ne put en venir à bout qu'en creu
I. Vol.
A iij sant
1208 MERCURE DE FRANCE
sant dans l'endroit ; l'ayant arraché de ce
lieu , il reconnut par le bout qui étoit
plus avant dans la terre , que c'étoit une
fourche de fer à trois fourchons , longue
d'environ deux pieds : elle a depuis été
cassée en trois pieces , et il n'a resté que
le bout des trois fourchons que ce Paysan.
m'a mis entre les mains . On y trouva
aussi un autre Instrument de fer
que je
n'ai pû voir , et qu'il juge avoir servi à
attiser un foyer de charbons . Comme les,
pointes de la fourche aboutissoient à une
grosse pierre , il crut qu'il y avoit cous
cette pierre brute quelque chose de pré
cieux. Mais l'ayant levée , il n'y trouva
d'autre trésor que des cendres , des frag
mens d'une Urne de terre de couleur grise
cendrée , et quelques restes d'Ossemens ,
avec du charbon , er dix Médailles de
Bronze , dont il y en avoit d'épanchées
dans les terres que la pioche remua.
J
Etant allé sur le lieu , je ramassai les
fragmens d'Urne que le Laboureur avoit
méprisez les examinant ensuite , je fus.
assez surpris de trouver parmi ces frag
mens deux morceaux de crâne humain ..
La matiere poreuse qui cause leur legere
té me servit à les distinguer tout aussi
tôt du reste de ce que j'avois ramassé , et
les ayant frottés , je découvris qu'il y en
1. Vol.
JUI N. 1737. 1209
a un qui a encore conservé jusqu'à pre
sent la couleur que le feu lui a donnée
et celui- la sonne comme un morceau de
terre cuite.
A cette occasion j'ai voulu relire ce que
le sçavant Abbé des Thuilleries fit impri
mer contre M. Capperon en 1722. dans
le Mercure de Juin touchant la cessation
de l'usage de bruler les corps humains.
Quoique je ne fusse point porté à suivre
le sentiment de M. Capperon , qui croit
que l'usage de bruler les corps morts n'a
point passé le temps des Antonins , et
que ce furent eux qui l'abrogerent , j'en
suis encore plus éloigné que jamais depuis
cette découverte , et ce qui m'autorise à
préferer le sentiment de M. l'Abbé des
Thuilleries , qui soutient après Kirchman
que la coutume de bruler le corps des
deffunts duroit encore au troisiéme siecle ,
est que le corps qui a été brulé sur le
Rivage oriental de notre Riviere , et dont
j'ai vu les foibles restes , est surement
d'un Payen qui vivoit du temps de Pos
tume. Il est vrai que lorsqu'on eut re
mué la terre de ce lieu , on reconnut
parmi les Médailles qu'on y ramassa qu'il
y en avoit quelques-unes du premier et du
second siecle , mais il s'y en trouva aussi
du troisiéme , et ces dernieres étoient
L. Vol. A iiij
même
1210 MERCURE DE FRANCE
même en plus grand nombre. L'une étoit
de l'Empereur Hadrien , une autre d'An
tonin le Preux , l'une de Marc- Aurele ,
trois des plus effacées qui ont été dissi
pées , je n'ai pû les voir ; mais j'ai recou
vré les quatre principales de cette petite
quantité elles sont toutes de Posthume,
en grand et moyen Bronze , et deux de
celles qui sont en grand Bronze ont pour
Legende LAETITIA AUG. avec le
Vaisseau Prétorien , et de ces deux l'une
est si belle , quoique peu épaisse , qu'on
diroit qu'elle sort des mains de l'Ouvrier,
car le Paysan qui m'a vendu trois de ces
Posthumes , avoit cru bien faire de les
éclaircir et d'en ôter la roüille . Je ne sçai si
ce Vaisseau auroit quelque rapport à la Na
vigation de la Riviere d'Yone. J'en laisse
la décision à d'autres . Permettez que j'ap
puye encore ici en passant un article de la
défense que l'Abbé des Thuilleries a faite
du sentiment de M.Huet , Evêque d'Avran
ches ,sur l'origine du nom d'Eu.Le premier
Village au- dessus d'Auxerre en remontant
le long de la Riviere , à gauche , s'appelle
Augy , et justement c'est un Pays de Plai
ne et de Prairies. C'est donc encore un
exemple qui peut être cité avec les au
tres dont ce sçavant Prélat , aussi-bien que
M. Du Cange , s'autorisent pour assurer
B
I. Vala que
JUIN. 1731 . 1211
on
>
que les mots au , auu , auve , en , o
оии , verifient par la situation des lieux
dans le nom desquels il entre une de ces syl
labes , que ces noms viennent de l'ancien
langage Teutonique , parce qu'encore de
nos jours en langage Alleman ces mots si
gnifient un Pré. L'article du Glossaire est
court ; mais il me paroît formel par le
moyen du Texte qu'il allegue de la vie
de S. Colman , où il est parlé ainsi d'une
Eglise bâtie dans une Prairie : Est autem
prope Danubium quædam speciosa et delec
tabilis Augia , in qua noviter constructa
fuit Basilica d'où M. Du Cange a eu bien
raison d'inferer que par Augia il faut en
tendre une Prairie située sur le bord d'u
ne Riviere , ou entourée d'un Fleuve : Au
gia campus pascuus amni adjacens veľ
amne circumfusus , eu Germanico Au vel
Auw. Au-dessus du Village de notre Au
gy , la Plaine devient labourable , et ce
n'est qu'à un quart de lieuë delà que se
trouve le Vaax en question , si toutefois
il faut l'écrire ainsi : car je suis porté à
croire que c'est l'ancien Uno , nom indé
cliné , dont la vie de S. Aunaire , Evêque
d'Auxerre , écrite au VII , ou VIII . siecle,
dit que c'étoit un Village situé tout pro
che Auxerre , dans lequel il y avoit une
Fontaine dont les eaux faisoient bouil
1. Vol "Av lonnet
212 MERCURE DE FRANCE
'onner le sable , et qui étoit de profondeur
à noyer un homme : en effet tout cela se
trouve veritable à Augy , où l'on voit l'u
ne des plus spacieuses sources qui soit bien
loin d'ici.
Au reste, Monsieur , si j'avois été dans le
pays dans le temps de la découverte faite à
Vaux , je m'y serois transporté dès le jour
ou le lendemain , et j'aurois pû vous.en.
rendre un compte plus détaillé. Mais vous
vous ressouviendrez que j'étois alors en
route dans le Berry , tant pour me dé
lasser des fatigues attachées à ma fonction,
que pour vérifier , en chemin faisant , un
point de l'Histoire Ecclesiastique de ce
Diocèse , et éclaircir un endroit de l'His
toire de S. Grégoire de Tours , sur lequel
je crois qu'on a été jusqu'ici dans l'erreur.
Quelque perite qu'ait été la découverte
faite à Vaux, elle a été très - publique dans
le lieu . Le Curé de la Paroisse en est té
moin , aussi bien qu'un grand nombre de .
Paysans ausquels j'ai parlé , et qui sont
tous d'accord sur le fait. Ce n'est point de
ces découvertes controuvées dont on ne
peut montrer les effets , ni produire au
cun témoin , telle est celle * qu'on
Cette prétendu Découverte se trouve dans
le Journal de Verdun , du mois de Novembre
1727 page 3261
ty
La Vol.
JUIN. 1731. 1213
a supposé il y a quelques années avoit été
faite dans un petit Village du Diocèse de
Sens , à quelques lieues d'ici , dans la
quelle tout a été également invisible
Pierre, Inscription et Médailles.Heureuse
ment , Monsieur , ce n'est point votre
Journal qui en a été la duppe. Je plains
ceux qui sont si mal servis , et je suis , &c.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Auxerre à M. D. L. R. au mois d'Avril 1731. par M. L. B. C. S. sur une Urne et des Médailles trouvées.
En juin 1730, près de la ville d'Auxerre, un laboureur découvrit une fourche de fer et des fragments d'une urne contenant des ossements humains et des médailles de bronze. Cette découverte eut lieu à Vaux, un village situé à une lieue d'Auxerre, sur le bord de la rivière d'Yonne. L'urne, de couleur grise cendrée, contenait également des cendres et du charbon. Parmi les médailles, certaines datent des premier, deuxième et troisième siècles, avec une majorité du troisième siècle. Notamment, plusieurs médailles de l'empereur Posthume furent trouvées, certaines portant la légende 'LAETITIA AUG.' avec un vaisseau prétorien. L'auteur de la lettre, M. L. B. C. S., examina les fragments de l'urne et identifia des morceaux de crâne humain ayant conservé la couleur du feu. Il mentionne également une controverse entre l'abbé des Thuilleries et M. Capperon concernant la cessation de l'usage de brûler les corps humains, préférant l'opinion de l'abbé selon laquelle cette pratique persistait au troisième siècle. L'auteur évoque aussi l'origine du nom du village d'Augy, situé au-dessus d'Auxerre, et son lien avec le langage teutonique. Il conclut en soulignant la publicité de la découverte à Vaux, confirmée par le curé de la paroisse et plusieurs paysans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2611-2616
Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
Début :
PROJET DE SOUSCRIPTION pour l'Histoire Metallique des Pays-Bas, qui s'imprime à la [...]
Mots clefs :
Histoire métallique, Histoire civile, Histoire généalogique, Histoire ecclésiastique, Police, Église gallicane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
PROJET DE SOUSCRIPTION pour l'Histoire
Metallique des Pays - Bas , qui s'imprime à la
Haye , chez P. Gosse , J. Neaulme ; et Pierre
de Hondt.
Cet Ouvrage doit être regardé , non - seulement
comme une simple Histoire Metallique
mais encore comme une Histoire Civile , Militaire
Ecclésiastique , et Genéalogique des
XVII. Provinces des Pays-Bas , tirée des His-
F vj roriens
2612 MERCURE DE FRANCE
"
> toriens les plus fideles et les plus exacts tang
généraux que particuliers , et confirmée par les
Monumens les plus certains et les plus authentiques
, tels que les Résolutions des Etats - Generaux
des Provinces - Unies , les Résolutions des
Provinces Particulieres les Statuts et Ordonnances
des Villes , les Reglemens de leur Police ,
les Chartres et Diplomes des Eglises et des Monasteres
, les Donations et Testamens des Souverains
et autres Seigneurs , les Memoires Généalogiques
des principales Familles , les Vies
et Eloges de leurs Hommes Illustres ; en un mot,
de tous les Actes et Documens tant publics que
particuliers , dont l'Auteur a pû tirer quelque
secours . Et lorsqu'on voudra bien prendre la
peine de faire quelque attention à l'étendue considerable
du Temps que cette Histoire embrasse ,
à l'Abondance des Evenemens éclatans qu'elle
renferme à l'Authenticité des preuves qu'elle
employe , à la Réputation et au Mérite des Auteurs
choisis qu'elle cite et particulierement au
Nombre en quelque sorte étonnant de Medailles
qui lui servent de Base , à la Rareté notable de
quelques-unes d'entr'elles et enfin à la Difficulté
presque insurmontable de les rassemble
ainsi des divers Cabinets où elles sont renfermées
; nous ne faisons aucun doute qu'on ne la
préfere de beaucoup à toutes les Histoires des
Pays - Bas qui ont paru jusqu'à ce jour , es
peut -être même à tout ce qu'on a encore vû de
plus curieux en ce genre.
"
>
>
›
Le grand succès qu'elle a eû dans sa Langue
originale , nous ayant porté à la faire traduire
en François , nous proposons aujourd'huy an
Public l'Edition de cette Traduction , sous les
Conditions suivantes,
NOVEMBRE." 1731. 2613
1. Cette Edirion sera divisée en 5. Volumes
in folio , et elle consistera en 675. Feuilles de
Papier semblable à celui du Projet , imprimées
de Caracteres neufs ; en 1945. Médailles
et leurs Revers , gravées par les meilleurs Maítres
du Pays et expliquées par l'Auteur avec
toute la netteté et toute la précision possibles
et en divers autres petits Ornemens nécessaires.
II. Ces 675. Feuilles , estimées
à i sol chacune , font
Ces 2945. Médailles , estimées
à sol , font
La Planche du Titre
Le Portrait de l'Auteur
Cinq Vignettes au commencement
de chaque Volume.
Le Gobelet Vivent les Gueux .
La Clef d'or accordé à la Ville
de Louvain en 1710.
Cinq Titres rouges et leurs Vignettes.
Ce qui fait en tout
33 A. S..
73 12
I
I
2
10
f II S
8.
, par voye Mais que le Public pourra avoir
de Souscription , pour 90. Florins courants
d'Hollande , pour le petit Papier ; et pour 135
pour le grand Papier ce qui est un Tiers de
plus que le petit Papier , suivant la coûtume.
›
Ces Souscriptions se pourront faire chez les
principaux Libraires , tant de ces Provinces que
des Pays Etrangers , et ne se payeront qu'en
quatre Termes sçavoir , pour le petit Papier.
1. En recevant les deux premiers Volumes 490
florins
2614 MERCURE DE FRANCE
florins. 2. En recevant le troisiéme , 20. florins.
3. En recevant le quatrième , 15. florins. 4. En
recevant le cinquième , 15. florins.
Pour le grand Papier. 1. En recevant les deux
premiers Volumes , 60. florins. 2. En recevant
le troisiéme 2 30. forins.
,
3 .
En recevant le
quatriéme 22 flor ns 10 s. 4. En recevant le
cinquiéme , 22 florins 10 s.
IV. Ceux qui n'auront point souscrit
, seront obligez de payer pour
le petit Papier. f113 S.
170
Et pour le grand Papier.
suivant l'Estimation cy- dessus donnée.
le
V. Les deux premiers Volumes paroítront le
premier jour d'Avril 1732 ; le troisiéme
premier jour d'Octobre suivant ; et les deux
derniers dans le courant de l'Année 1733 .
>
3
Le Nouvelliste du Parnasse continuë
toujours sur le même ton . Dans sa 38 .
Lettre › page 122. on lit une Lettre
écrite , dit- on , par un Conseiller au Parlement
de Grenoble , contre l'Auteur
d'une Lettre inserée dans le Mercure ,
d'Août , dans laquelle on attaque les .
sentimens du Pere le Brun , qui condamne
les Spectacles : Lettre où cet illustre
Auteur n'est pas bien traité
sur laquelle le Magistrat de Grenoble
nous a seulement prévenus étant nousmêmes
interessez à ne pas la laisser sans
réponse. Ceux de nos Lecteurs qui ont
و
et
lû
NOVEMBRE 1731 ′ 2815
lû les deux Extraits que nous avons faits
du Livre du Pere le Brun , inserez dans
deux Mercures , et les justes Eloges que
nous avons donnés à l'ouvrage et à l'Auteur
, quoique mort , sont pleinement
en état de juger , si ce morceau de Critique
du Nouvelliste , dont tout le déguisement
consiste à le faire venir de
Dauphiné , est accompagné de cette droiture
de coeur , et de cette modération
qui doit autant marquer la superiorité de
l'Esprit , que la douceur du caractere
d'un Ecrivain estimé.
Le Sieur Gaetano Pio , Italien , arrivé
depuis peu en cette Ville , donne avis au
Public , qu'il est l'Auteur d'une nouvelle
Méthode , par le moyen de laquelle on
peut apprendre la Langue Italienne en
fort peu de temps , et sans se donner
beaucoup de peine. Il demeure chez Mr.
Manceau , Perruquier , rue des Cordeliers ;
au coin de la rue du Paon .
M. Tartarin , Repetiteur en Droit à
Rennes , propose un ouvrage en huit
tomes , dédié à M. de Breteuil , Evêque
de Rennes , et Grand- Maître de la Chapelle
du Roy.
Les deux premiers Tomes seront les
Insti
4616 MERCURE DE FRANCE
Instituts de Justinien , par preuves et objections
tirées des anciens Juristes , et réponduës
par les nouveaux , avec les principes
du Droit François à chaque titre.-
Les deux autres contiendront les Insti
tuts du Droit Canon , avec la même Méthode
et les Principes des Loix de l'Eglise
Gallicane. Il donnera aussi le Droit
François , raisonné avec le Romain , et
une compilation du Droit Canon , et des
Droits de l'Eglise Gallicane : où l'on verra
les principaux Arrêts touchant les
Matietes Beneficiales. Ceux qui voudront
souscrire , pourront en donner avis , et
payer le Port ; car on n'en fait imprimer
que 4000. Exemplaires.
Metallique des Pays - Bas , qui s'imprime à la
Haye , chez P. Gosse , J. Neaulme ; et Pierre
de Hondt.
Cet Ouvrage doit être regardé , non - seulement
comme une simple Histoire Metallique
mais encore comme une Histoire Civile , Militaire
Ecclésiastique , et Genéalogique des
XVII. Provinces des Pays-Bas , tirée des His-
F vj roriens
2612 MERCURE DE FRANCE
"
> toriens les plus fideles et les plus exacts tang
généraux que particuliers , et confirmée par les
Monumens les plus certains et les plus authentiques
, tels que les Résolutions des Etats - Generaux
des Provinces - Unies , les Résolutions des
Provinces Particulieres les Statuts et Ordonnances
des Villes , les Reglemens de leur Police ,
les Chartres et Diplomes des Eglises et des Monasteres
, les Donations et Testamens des Souverains
et autres Seigneurs , les Memoires Généalogiques
des principales Familles , les Vies
et Eloges de leurs Hommes Illustres ; en un mot,
de tous les Actes et Documens tant publics que
particuliers , dont l'Auteur a pû tirer quelque
secours . Et lorsqu'on voudra bien prendre la
peine de faire quelque attention à l'étendue considerable
du Temps que cette Histoire embrasse ,
à l'Abondance des Evenemens éclatans qu'elle
renferme à l'Authenticité des preuves qu'elle
employe , à la Réputation et au Mérite des Auteurs
choisis qu'elle cite et particulierement au
Nombre en quelque sorte étonnant de Medailles
qui lui servent de Base , à la Rareté notable de
quelques-unes d'entr'elles et enfin à la Difficulté
presque insurmontable de les rassemble
ainsi des divers Cabinets où elles sont renfermées
; nous ne faisons aucun doute qu'on ne la
préfere de beaucoup à toutes les Histoires des
Pays - Bas qui ont paru jusqu'à ce jour , es
peut -être même à tout ce qu'on a encore vû de
plus curieux en ce genre.
"
>
>
›
Le grand succès qu'elle a eû dans sa Langue
originale , nous ayant porté à la faire traduire
en François , nous proposons aujourd'huy an
Public l'Edition de cette Traduction , sous les
Conditions suivantes,
NOVEMBRE." 1731. 2613
1. Cette Edirion sera divisée en 5. Volumes
in folio , et elle consistera en 675. Feuilles de
Papier semblable à celui du Projet , imprimées
de Caracteres neufs ; en 1945. Médailles
et leurs Revers , gravées par les meilleurs Maítres
du Pays et expliquées par l'Auteur avec
toute la netteté et toute la précision possibles
et en divers autres petits Ornemens nécessaires.
II. Ces 675. Feuilles , estimées
à i sol chacune , font
Ces 2945. Médailles , estimées
à sol , font
La Planche du Titre
Le Portrait de l'Auteur
Cinq Vignettes au commencement
de chaque Volume.
Le Gobelet Vivent les Gueux .
La Clef d'or accordé à la Ville
de Louvain en 1710.
Cinq Titres rouges et leurs Vignettes.
Ce qui fait en tout
33 A. S..
73 12
I
I
2
10
f II S
8.
, par voye Mais que le Public pourra avoir
de Souscription , pour 90. Florins courants
d'Hollande , pour le petit Papier ; et pour 135
pour le grand Papier ce qui est un Tiers de
plus que le petit Papier , suivant la coûtume.
›
Ces Souscriptions se pourront faire chez les
principaux Libraires , tant de ces Provinces que
des Pays Etrangers , et ne se payeront qu'en
quatre Termes sçavoir , pour le petit Papier.
1. En recevant les deux premiers Volumes 490
florins
2614 MERCURE DE FRANCE
florins. 2. En recevant le troisiéme , 20. florins.
3. En recevant le quatrième , 15. florins. 4. En
recevant le cinquième , 15. florins.
Pour le grand Papier. 1. En recevant les deux
premiers Volumes , 60. florins. 2. En recevant
le troisiéme 2 30. forins.
,
3 .
En recevant le
quatriéme 22 flor ns 10 s. 4. En recevant le
cinquiéme , 22 florins 10 s.
IV. Ceux qui n'auront point souscrit
, seront obligez de payer pour
le petit Papier. f113 S.
170
Et pour le grand Papier.
suivant l'Estimation cy- dessus donnée.
le
V. Les deux premiers Volumes paroítront le
premier jour d'Avril 1732 ; le troisiéme
premier jour d'Octobre suivant ; et les deux
derniers dans le courant de l'Année 1733 .
>
3
Le Nouvelliste du Parnasse continuë
toujours sur le même ton . Dans sa 38 .
Lettre › page 122. on lit une Lettre
écrite , dit- on , par un Conseiller au Parlement
de Grenoble , contre l'Auteur
d'une Lettre inserée dans le Mercure ,
d'Août , dans laquelle on attaque les .
sentimens du Pere le Brun , qui condamne
les Spectacles : Lettre où cet illustre
Auteur n'est pas bien traité
sur laquelle le Magistrat de Grenoble
nous a seulement prévenus étant nousmêmes
interessez à ne pas la laisser sans
réponse. Ceux de nos Lecteurs qui ont
و
et
lû
NOVEMBRE 1731 ′ 2815
lû les deux Extraits que nous avons faits
du Livre du Pere le Brun , inserez dans
deux Mercures , et les justes Eloges que
nous avons donnés à l'ouvrage et à l'Auteur
, quoique mort , sont pleinement
en état de juger , si ce morceau de Critique
du Nouvelliste , dont tout le déguisement
consiste à le faire venir de
Dauphiné , est accompagné de cette droiture
de coeur , et de cette modération
qui doit autant marquer la superiorité de
l'Esprit , que la douceur du caractere
d'un Ecrivain estimé.
Le Sieur Gaetano Pio , Italien , arrivé
depuis peu en cette Ville , donne avis au
Public , qu'il est l'Auteur d'une nouvelle
Méthode , par le moyen de laquelle on
peut apprendre la Langue Italienne en
fort peu de temps , et sans se donner
beaucoup de peine. Il demeure chez Mr.
Manceau , Perruquier , rue des Cordeliers ;
au coin de la rue du Paon .
M. Tartarin , Repetiteur en Droit à
Rennes , propose un ouvrage en huit
tomes , dédié à M. de Breteuil , Evêque
de Rennes , et Grand- Maître de la Chapelle
du Roy.
Les deux premiers Tomes seront les
Insti
4616 MERCURE DE FRANCE
Instituts de Justinien , par preuves et objections
tirées des anciens Juristes , et réponduës
par les nouveaux , avec les principes
du Droit François à chaque titre.-
Les deux autres contiendront les Insti
tuts du Droit Canon , avec la même Méthode
et les Principes des Loix de l'Eglise
Gallicane. Il donnera aussi le Droit
François , raisonné avec le Romain , et
une compilation du Droit Canon , et des
Droits de l'Eglise Gallicane : où l'on verra
les principaux Arrêts touchant les
Matietes Beneficiales. Ceux qui voudront
souscrire , pourront en donner avis , et
payer le Port ; car on n'en fait imprimer
que 4000. Exemplaires.
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Résumé : Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
Le document décrit un projet de souscription pour une œuvre intitulée 'Histoire Métallique des Pays-Bas', imprimée à La Haye. Cet ouvrage offre une histoire complète des XVII provinces des Pays-Bas, couvrant les aspects métallique, civil, militaire, ecclésiastique et généalogique. Il repose sur des sources historiques fiables et des documents authentiques, tels que les résolutions des États-Généraux, les statuts des villes, les chartes des églises et les mémoires généalogiques des familles illustres. L'auteur a également intégré un grand nombre de médailles rares et authentiques pour enrichir son travail. L'édition française de cette œuvre est proposée en cinq volumes in-folio, comprenant 675 feuilles de papier, 1945 médailles gravées et expliquées, ainsi que divers ornements. Le coût de la souscription est de 90 florins pour le petit papier et 135 florins pour le grand papier, à payer en quatre termes. Les deux premiers volumes sont prévus pour le 1er avril 1732, le troisième pour le 1er octobre 1732, et les deux derniers pour 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 741-743
« HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. [...] »
Début :
HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. [...]
Mots clefs :
Histoire ecclésiastique, Contrariété des lois et des coutûmes, Flagellans, Étude des sciences et des belles-lettres, Cassandre, Compagnie de Jésus, Voyage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. [...] »
NOUVELLES LITTERAIRES
H
DES BEAUX ARTS , &c.
ISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir
de continuation à celle de M. l'Ab.
bé Fleury , Tome 29. depuis l'an 1545.
jusqu'en 1550. et Tome 30. depuis 1550.
jusqu'en 1555. A Paris , che Hyppolite
Louis Guerin , rue S. Jacques.
DISSERTATIONS Sur des Questions qui
naissent de la contrarieté des Loix et
des Coûtumes. Par M. Louis Boullenois
ancien Avocat au Parlement. A Paris ,
che Mesnier, rue S. Severin , 1732. in 4.
de 146. pages.
EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure
42 MERCURE DE FRANCE
ture du Corps humain , par M. Winslow,
in 4. un vol. et 5. vol. in 12. Chez Guill
Desprez et Jean Desessarts , ruë S. Jacques , 1732.
HISTOIRE DES FLAGELLANS J où
l'on fait voir le bon et le mauvais usage
des Flagellations parmi les Chrétiens ;
traduite du Latin de M. l'Abbé Boileau ,
Docteur de Sorbonne , seconde Edition ,
revûë et corrigée. AParis , chez Musier,
Quay des Augustins , 1732. in 12.
INTRODUCTION GENERALE à l'Etude
des Sciences et des Belles- Lettres , en faveur des personnes qui ne sçavent que le
François. Ala Haye , chez Isaac Beanregard, et se vend à Paris , rue S. Jacques,
chez Briasson , 1731. in 12. de près de
700. pages , sans l'Epitre Dédicatoire à
M. Herault , Conseiller d'Etat , la Préface
et la Table.
TRAITE' de la Révocation des Donations , par la naissance ou survenance des
Enfans. Par M. A..D..L .. R.. Avocat
au Parlement de Provence. A Paris , au
Palais , chez Nic. Gosselin , 1732. in folie
de $7. pages.
CAS-
AVRIL. 17328 743
CASSANDRE , de M. de la Calprenede.
AParis , Quay des Augustins, chez Monalant , 10..vol. in 12.
Le même Libraire vient de réimprimer
de même les fameux Romans de Clelie ,
Cyrus , Pharamond, Cléopatre , Astrée, &c.
LE POLITIQUE DON FERDINAND le Catholique , traduit de l'Espagnol de Baltazar Gracien , avec des Notes. Chez Rolin , fils , Quay des Augustins , 1732. in 12.
RETRAITE du P. Salazar , de la Compagnie de Jesus , 14. Edition. Traduit de
I'Espagnol par le P. Marga , de la même
Compagnie , Missionnaire des Ifles de
P'Amerique. Chez Rollin , 1732. in 12.
>
VOYAGES en Anglois et en François ,
d'A. de la Motraye , en diverses Provinces et Places de la Prusse Ducale et
Royale ; de la Russie , de la Pologne ,
&c. Imprimé pour l'Auteur , et se vend
à la Haye, chez Moetjens ; à Londres ,
chez Round et Meighan , &c. 1732. in
folio de 480. pages , sans les Planches.
H
DES BEAUX ARTS , &c.
ISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir
de continuation à celle de M. l'Ab.
bé Fleury , Tome 29. depuis l'an 1545.
jusqu'en 1550. et Tome 30. depuis 1550.
jusqu'en 1555. A Paris , che Hyppolite
Louis Guerin , rue S. Jacques.
DISSERTATIONS Sur des Questions qui
naissent de la contrarieté des Loix et
des Coûtumes. Par M. Louis Boullenois
ancien Avocat au Parlement. A Paris ,
che Mesnier, rue S. Severin , 1732. in 4.
de 146. pages.
EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure
42 MERCURE DE FRANCE
ture du Corps humain , par M. Winslow,
in 4. un vol. et 5. vol. in 12. Chez Guill
Desprez et Jean Desessarts , ruë S. Jacques , 1732.
HISTOIRE DES FLAGELLANS J où
l'on fait voir le bon et le mauvais usage
des Flagellations parmi les Chrétiens ;
traduite du Latin de M. l'Abbé Boileau ,
Docteur de Sorbonne , seconde Edition ,
revûë et corrigée. AParis , chez Musier,
Quay des Augustins , 1732. in 12.
INTRODUCTION GENERALE à l'Etude
des Sciences et des Belles- Lettres , en faveur des personnes qui ne sçavent que le
François. Ala Haye , chez Isaac Beanregard, et se vend à Paris , rue S. Jacques,
chez Briasson , 1731. in 12. de près de
700. pages , sans l'Epitre Dédicatoire à
M. Herault , Conseiller d'Etat , la Préface
et la Table.
TRAITE' de la Révocation des Donations , par la naissance ou survenance des
Enfans. Par M. A..D..L .. R.. Avocat
au Parlement de Provence. A Paris , au
Palais , chez Nic. Gosselin , 1732. in folie
de $7. pages.
CAS-
AVRIL. 17328 743
CASSANDRE , de M. de la Calprenede.
AParis , Quay des Augustins, chez Monalant , 10..vol. in 12.
Le même Libraire vient de réimprimer
de même les fameux Romans de Clelie ,
Cyrus , Pharamond, Cléopatre , Astrée, &c.
LE POLITIQUE DON FERDINAND le Catholique , traduit de l'Espagnol de Baltazar Gracien , avec des Notes. Chez Rolin , fils , Quay des Augustins , 1732. in 12.
RETRAITE du P. Salazar , de la Compagnie de Jesus , 14. Edition. Traduit de
I'Espagnol par le P. Marga , de la même
Compagnie , Missionnaire des Ifles de
P'Amerique. Chez Rollin , 1732. in 12.
>
VOYAGES en Anglois et en François ,
d'A. de la Motraye , en diverses Provinces et Places de la Prusse Ducale et
Royale ; de la Russie , de la Pologne ,
&c. Imprimé pour l'Auteur , et se vend
à la Haye, chez Moetjens ; à Londres ,
chez Round et Meighan , &c. 1732. in
folio de 480. pages , sans les Planches.
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Résumé : « HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. [...] »
Le document recense des publications littéraires et scientifiques parues entre 1731 et 1732. Parmi les ouvrages mentionnés figurent 'Histoire Ecclésiastique' de l'abbé Fleury, prolongée jusqu'en 1555, et 'Dissertations Sur des Questions qui naissent de la contrarieté des Loix et des Coûtumes' par Louis Boullenois. D'autres publications incluent 'Exposition Anatomique de la structure du Corps humain' par Winslow, 'Histoire des Flagellans' traduite par l'abbé Boileau, et une 'Introduction Générale à l'Etude des Sciences et des Belles-Lettres'. Le document cite également des traités juridiques comme 'Traité de la Révocation des Donations' par un avocat du Parlement de Provence. Plusieurs œuvres littéraires sont également listées, telles que 'Cassandre' de La Calprenède, des réimpressions de romans célèbres, 'Le Politique Don Ferdinand le Catholique' traduit de l'espagnol, et 'Retraite' du Père Salazar. Enfin, il note les 'Voyages' d'A. de la Motraye en Prusse, Russie et Pologne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 2649-2659
Cassius et Victorinus, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
La Tragédie de Cassius et Victorinus n'ayant été représentée au Théatre françois [...]
Mots clefs :
Tragédie, Cassius et Victorinus, Théâtre-Français, Histoire ecclésiastique, Chrétiens, Épée
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texteReconnaissance textuelle : Cassius et Victorinus, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
La Tragédie de Cassius et Victorinus
n'ayant été représentée au Théatre françois qu'une au deux fois tout au plus par
semaine , il ne nous a pas été possible de
retenir la disposition du Poëme , scene par
scene, c'est pourquoi nous n'en donnerons
pas un Extrait bien précis ; le nom de M
de la Grange doit suffire au Lecteur , pour
lui persuader que rien n'y a manqué du
côtéde ce qu'on appelle Théatral ; nous
n'avons guere d'Auteurs qui s'y connoissent mieux que M. de la Grange. Il a pris
I. Vol son F vj
2650 MERCURE DE FRANCE
son sujet , selon toutes les apparences, dans
Gregoire de Tours ; voici ce que cet Historien en dit : C'est dans ce lieu , c'est-à- dire à Clermont en Auvergne , que Cassius
et Victorinus , unis en Jesus- Christ par un
amour vraimentfraternel, ont gagné le Royaumedes Cieux auprix de leur sang car l'Antiquité rapporte que Victorinus fut esclave
d'un Grand- Prêtre des faux Dieux , &
qu'ayant souvent exercé ses persécutions dans
un bourg qu'on appelloit communément le
bourg des Chrétiens , il en trouva un qui
s'appelloit Cassius , qui l'amena à la foi
de Jesus Christ par ses prédications et par ses
miracles ; il en fut si touché que renonçant
au culte des Idoles , et consacré par le baptê- me il se donna tout entier à l'exercice de
toutes les vertus chrétiennes. Peu de tems après
ayant été tous deux associez à la palme du
Martyre, ils monterent ensemble au Royaume des Cieux.
&
2
·
M. Baillet ne dit rien là- dessus qui ne
s'accorde parfaitement à ce que nous venons de dire ; voici ses paroles : S. Cassi
et S. Victorin honorez à Clermont en Auvergne le 15 de Mai, avec 6266. Martyrs tuez
par des barbares idolâtres , venus d'au- delà
du Rhin. S. Prix , Evêque de Clermont au
VII. siécle aroit composé leurs. Actes , qui
sontperdus. Victorin servoit un Prêtre idoİ. Vol. Tatre a
DECEMBRE. 1732. * 2651
latre; mais par la fréquentation qu'il avoit
avec Cassi , il se convertit et fut martyrisé.
et celui de S. Cassi se gardoient
encore à Clermont au dixiéme siécie.
Son
corps
Voilà tout ce que l'Histoire Ecclésiastique a fourni à l'Auteur de la Tragédie en
question ; ce qu'on appelle la Fable étoit
en bonnes mains. M. de la Grange a ennobli les personnages dont il avoit besoin ;
Victorinus , de simple serviteur ou esclave
d'un Grand Prêtre , cft devenu Grand- Prê
tre lui- même , et Cassius à qui Gregoire de
Tours nedonne aucune qualité, que celle de
Prédicateur de l'Evangile, est tiré de l'obscurité ou peut être le Ciel l'avoit fait naî
tre , pour se voir Pere d'un Empereur
sans avoir été Empereur lui-même ; ce
Claudius que M. de la Grange lui donne pour fils ne peut être que celui qu'on
appelle Claude le Gothique ; pour Victorinus , il ne suffisoit pas pour accommoder l'action théatrale aux mœurs du tems,
d'en avoir fait un Grand - Prêtre , il falloit
lui donner une fille digne de la recherche
d'un Empereur ; cette fille s'appelle Justine , et c'est elle qui donne lieu au peu
d'amour qui regne dans cette Tragédie ;
on auroit mêmefouhaité qu'il n'y en cut
point eu du tout.
Le premier Acte est employé presque
I. Vol. tout
2652 MERCURE DE FRANCE
>
tout entier à en exposer le sujet. Justine,
fille de Victorinus Grand-Prêtre des
faux Dieux , ouvre la scene avec sa confidente , laquelle la félicite sur la nouvel→
le dignité de Claudius son Amant que
l'armée vient d'elever à l'Empire. La joie
de Justine est balancée par la crainte de
F'avenir , la clémence que Victorinus son
Pere exerce envers les Chrétiens la fait
trembler pour lui ; elle sçait que Claudius
est porté à les persecuter par un motif
qu'on apprend dans la suite de la Piece ;
son Pere , loin de calmer ses allarmes ,
les redouble ; cependant il lui commande d'accepter la main qui la doit élever à
l'Empire ; quand même elle seroit teinte
du sang de celui qui lui a donné la vie.
Victorinus s'ouvre avec plus de liberté à
son confident : il lui dit qu'aussi-tôt qu'il
a appris la prochaine arrivée de l'Empereur , il a mis Gelas en lieu de seureté ;
ce Gelas qui passe pour son esclave , est
un Chrétien qui par un effet miraculeux
a sauvé sa fille Justine d'un monstre auquel elle étoit dévouée par les Oracles des Dieux. Son confident tâche de le rassurer en lui représentant que l'amour de
' Empereur pour sa fille , l'empêchera
bien de donner la mort à unChrétien qui
a sauvé sa Maîtresse.
I. Vol. L'arrivée
DECEMBRE. 1732. 2653
3.
L'arrivée deClaudius redouble la frayeur
de Victorinus ; ce Prince lui apprend
qu'en approchant de ce lieu, que l'Auteur
n'a pas designé aux spectateurs , il est entré dans des souterrains où des Chrétiens
célebroient leurs mysteres ; que ces victi
mes se sont jertées en foule au devant du
fer qui les attendoit ; qu'un seul de cette
troupe attendoit la mort sans la chercher,.
qu il n'a pû soutenir l'aspect de ce vénerable vieillard , sans un saisissement qui
Pa rendu immobile; qu'il a ordonné qu'on
l'épargnar's il se flatte que ce Chrétien
touch de sa clémence , pourra lui apprendre quels ont été les meurtriers de son
Pere , qui ayant disparu depuis quelques
années, sans qu'on en ait jamais oui parler,
avoit donné lieu de soupçonner que les
Chrétiens dont il étoit alors le plus ardent persécuteur , l'avoient assassiné. Le
portrait que Claudius fait de ce vieillard,
le lieu , et toutes les autres circonstances
ne laissent point douter Victorinus que
ce ne soit Gelas ; il demande grace pour
lui à l'Empereur , et pour le mieux exciter à la clémence , il lui dit que ce Chrétien a sauvé Justine d'une mort certaine;
Claudius attribue le respect et les sentimens de tendresse qu'il a conçus à l'asde ce Chrétien à une espece de pres- pect
>
I. Vola sentiment
2654 MERCURE DE FRANCE
sentiment qui lui a annoncé au fond du
cœur l'obligation qu'il lui avoit.
Le vieillard eft bientôt présenté à Claudius qui ne peut le revoir sans trouble ;
on verra dans peu que c'est un nouveau
pressentiment que la nature ajoute à celui
de la reconnoissance , et que ce premier
partoit de la même source. Gelas résiste
avec fermeté à la priere que Claudius lui
fait de renoncer au Christianisme , ou du
moins de le feindre , pour se dérober à la
fureur du peuple , des Prêtres et même de
l'armée. Claudius ajoute à cette priere le
motif qui le porte lui- même plus particu
liérement à persécuter ceux qu'il croit
avoir été les meurtriers de son Pere Cassius. Gelas après lui avoir dit que les Chrétiens sont incapables de pareils forfaits ,
lui annonce que son pere est encore vivant , qu'il est plus près de lui qu'il ne
pense , mais qu'il ne le connoîtra qu'après
qu'il lui aura fait donner la mort à luimême, par qui il apprend qu'il est encore
en vie. Cette espece d'Oracle prononcé
par une bouche si respectée , met Claudius dans une très - cruclle situation ; il ne
sçait à quoi se résoudre, et charge Victorinus,qui arrive , d'arracher le malheureux
à la mort.
Cette Scene entre Gelas et Victorinus
I. Vol.
DECEMBRE. 1732. 2655
'est une des plus interessantes de la Tragédie , et c'est pourtant celle qui a donné
plus de prise à la Critique ; nous allons
en exposer le fond pour mettre nos Lecteurs en état d'en juger. Dans la Scene
précédente les Spectateurs viennent d'apprendre que Cassius n'est pas mort , mais
ils ne s'attendent pas à le revoir revivre en la personne de Gelas même ; ce
même Gelas , qui ne s'est pas découvert
à son propre fils , se fait connoître à Victorinus pour ce même Cassius que Claudius croit avoir été assassiné par les Chrétiens , et qu'il vange par tout ce que sa
fureur lui peut inspirer de plus cruel
contre ces innocentes victimes. Ce Cassius
avoit été , comme nous l'avons déja dit
un des plus implacables persecuteurs des
Chrétiens ; il raconte à Victorinus comment il a été converti à la Foy ; cette
description est très-belle , l'Auteur n'a
pas crû en pouvoir choisir un modele
plus frappant que dans les Actes des
Apôtres , et les Spectateurs lui ont sçû
bon gré de l'avoir puisée dans une sour
ce si capable d'inspirer une sainte terreur.
Mais comme ce qui nous saisit le plus
dans un Ouvrage , nous paroît le plus
digne de nos reflexions , on examine cette
Scene avec plus de séverité que toutes
I. Vol. les
2656 MERCURE DE FRANCE
les autres ; on ne souffre qu'avec beau,
coup de peine qu'un pere , dont le fils est
prêt à devenir le parricide , ne se fasse
pas connoître à lui ; on pese le silence
avec le mo if, et le motif n'est pas toutà-fait satisfaisant. Le faux Gelas dit à
Victorinus qu'il a fait serment de ne se
faire connoître à P rsonne pour Cassius :
pourquoi, done,dit-on, découvre-t'il son
nom et sa condition à Victorinus ? Son
serment est-il moins violé et ne seroitil pas plus raisonnable qu'il eût juré de
ne se faire jamais connoître à son fils , de
peur que la tendresse paternelle ne le
trahît jusqu'au point de retomber dans
ses erreurs par une foiblesse dont il craindroit de ne pouvoir triompher ? ce motif auroit quelque lueur de vrai-semblan- ·
ce , et contribueroit un peu à faire excuser l'indiscretion du serment. Ce serment, ajoûte- t'on , seroit toûjours trèscondamnable , puisqu'il seroit fait contre
son propre fils , qui , par le silence de
son pere , perd la grace de la conversion
et par l'erreur dont ce même pere devient complice , est visiblement exposé à
devenir parricide : un pere , dit-on , est
obligé parmi les Chrétiens , à élever son
fils dans la seule Religion où il peut se
sauver , et celui- cy laisse le sien dans le
1. Vol.
Paganisme
DECEMBRE. 1732. 2657
Paganisme qui doit le perdre à jamais.
Voilà les plus fortes Critiques qu'on a
faites sur cette Tragédie ; achevons d'instruire le Lecteur de ce qui lui reste encore à sçavoir. Victorinus après quelques
objections très-sensées qu'il a faites à Cassius , lui promet le secret qu'il lui demande , d'autant plus qu'il s'y est déja
engagé par serment avant que de rien
apprend e. L'Auteur a même pris soin
de le faire jurer , non-seulement par les
Dieux des Payens , mais par le Dieu que
Cassius adore , et qu'il brule d'impatience
de connoître pour l'adorer à son tour.
Les Prêtres qui lui sont subordonnez sont
bien loin d'une si heureuse disposition
le fanatisme s'empare de leurs cœurs , jusqu'à refuser l'entrée de leur Temple à
leur Empereur, s'il ne leur livre le faux
Gelas ; le Peuple et l'Armée suivent un
exemple si pernicieux ; la désobeïssance
et la félonie regnent par tout ; Victorinus
déja à demi Chrétien , pour réprimer
cette insolence , tire une épée que Gelas
ayoit mis entre ses mains , comme un
gage assuré de la victoire ; le saint enchantement , s'il nous est permis de nous
expliquer ainsi , se trouve en deffaut
on lui arrache cette épée dont l'Auteur
a besoin pour un nouvel incident théa
I. Vol. tral
2658 MERCURE DE FRANCE
tral ; cette fatale épée est reconnuë pour
être la même dont Cassius étoit autrefois
armé. Claudius est confirmé par là dans
la croyance où il a toûjours été , que ce
sont les Chrétiens qui ont assassiné son
pere ; il accuse Victorinus d'avoir part à
ce meurtre, et ordonne qu'on l'aille chercher pour le punir de sa perfidie ; le faux
Gelas dit à Claudius que Victorinus est
innocent de ce meurtre, et lui déclare que
c'est lui-même qui a donné cette épée à
son ami ; Claudius irrité lui demande de
qui il la tenoit lui-même ; le faux Gelas lui
dit que c'est un secret qu'il ne sçauroit
Jui réveler. Claudius ne doutant plus.
que ce ne soit lui-même qui a tué son
pere , ordonne qu'on le mene à la mort ;
le faux Gelas reçoit cet Arrêt comme une
grace , et lui promet en reconnoissance
qu'il va bien-tôt reconnoître son pere ;
on emmene la victime ; Justine , dont
nous avons très-peu parlé , parce qu'elle'
est très- peu nécessaire à la Piece , vient
protester à Claudius qu'il n'y a plus d'amour ni d'hymen pour eux , si Victorinus
son pere , et Gelas , son libérateur , périssent. Claudius ne peut tenir contre cette
menace ; il ordonne qu'on aille révoquer
les ordres sanglans qu'il a donnez ; Justine y va elle-même , mais c'en est déja
I. Vol. fait ;
DECEMBRE. 1732. 2659
fait. Victorinus ayant rencontré Cassius
qu'on menoit au supplice , a voulu être le
compagnon de son martyre , sur l'assurance que Cassius lui a donnée que son
sang versé lui tiendroit lieu de Baptême.
Il s'est déclaré Chrétien , et a été soudain accablé d'une grêle de fleches.
Cassius a eu le même sort ; mais le Ciela permis qu'il lui reste encore assez de
vie pour venir se faire reconnoître à son
pere , et pour l'inviter à se faire Chrétien ; il lui prédit que bien- tôt un Empereur doit établir la Foy de Jesus- Christ,
et l'exhorte à mériter que ce choix le
regarde cependant Claudius n'est touché que du parricide dont il vient de
se soüiller et son pere expiré , il ne
songe qu'à empêcher Justine de se donner la mort , ou qu'à mourir avec elle.
ر
Cette Piece , au reste , est très - bien répresentée par la Dile Baron, et par les
sieurs Grandval , Sarrazin et le Grand ,
qui remplissent les principaux Rôles de
Justine , de Claudius , de Cassius et de
Victorinus.
n'ayant été représentée au Théatre françois qu'une au deux fois tout au plus par
semaine , il ne nous a pas été possible de
retenir la disposition du Poëme , scene par
scene, c'est pourquoi nous n'en donnerons
pas un Extrait bien précis ; le nom de M
de la Grange doit suffire au Lecteur , pour
lui persuader que rien n'y a manqué du
côtéde ce qu'on appelle Théatral ; nous
n'avons guere d'Auteurs qui s'y connoissent mieux que M. de la Grange. Il a pris
I. Vol son F vj
2650 MERCURE DE FRANCE
son sujet , selon toutes les apparences, dans
Gregoire de Tours ; voici ce que cet Historien en dit : C'est dans ce lieu , c'est-à- dire à Clermont en Auvergne , que Cassius
et Victorinus , unis en Jesus- Christ par un
amour vraimentfraternel, ont gagné le Royaumedes Cieux auprix de leur sang car l'Antiquité rapporte que Victorinus fut esclave
d'un Grand- Prêtre des faux Dieux , &
qu'ayant souvent exercé ses persécutions dans
un bourg qu'on appelloit communément le
bourg des Chrétiens , il en trouva un qui
s'appelloit Cassius , qui l'amena à la foi
de Jesus Christ par ses prédications et par ses
miracles ; il en fut si touché que renonçant
au culte des Idoles , et consacré par le baptê- me il se donna tout entier à l'exercice de
toutes les vertus chrétiennes. Peu de tems après
ayant été tous deux associez à la palme du
Martyre, ils monterent ensemble au Royaume des Cieux.
&
2
·
M. Baillet ne dit rien là- dessus qui ne
s'accorde parfaitement à ce que nous venons de dire ; voici ses paroles : S. Cassi
et S. Victorin honorez à Clermont en Auvergne le 15 de Mai, avec 6266. Martyrs tuez
par des barbares idolâtres , venus d'au- delà
du Rhin. S. Prix , Evêque de Clermont au
VII. siécle aroit composé leurs. Actes , qui
sontperdus. Victorin servoit un Prêtre idoİ. Vol. Tatre a
DECEMBRE. 1732. * 2651
latre; mais par la fréquentation qu'il avoit
avec Cassi , il se convertit et fut martyrisé.
et celui de S. Cassi se gardoient
encore à Clermont au dixiéme siécie.
Son
corps
Voilà tout ce que l'Histoire Ecclésiastique a fourni à l'Auteur de la Tragédie en
question ; ce qu'on appelle la Fable étoit
en bonnes mains. M. de la Grange a ennobli les personnages dont il avoit besoin ;
Victorinus , de simple serviteur ou esclave
d'un Grand Prêtre , cft devenu Grand- Prê
tre lui- même , et Cassius à qui Gregoire de
Tours nedonne aucune qualité, que celle de
Prédicateur de l'Evangile, est tiré de l'obscurité ou peut être le Ciel l'avoit fait naî
tre , pour se voir Pere d'un Empereur
sans avoir été Empereur lui-même ; ce
Claudius que M. de la Grange lui donne pour fils ne peut être que celui qu'on
appelle Claude le Gothique ; pour Victorinus , il ne suffisoit pas pour accommoder l'action théatrale aux mœurs du tems,
d'en avoir fait un Grand - Prêtre , il falloit
lui donner une fille digne de la recherche
d'un Empereur ; cette fille s'appelle Justine , et c'est elle qui donne lieu au peu
d'amour qui regne dans cette Tragédie ;
on auroit mêmefouhaité qu'il n'y en cut
point eu du tout.
Le premier Acte est employé presque
I. Vol. tout
2652 MERCURE DE FRANCE
>
tout entier à en exposer le sujet. Justine,
fille de Victorinus Grand-Prêtre des
faux Dieux , ouvre la scene avec sa confidente , laquelle la félicite sur la nouvel→
le dignité de Claudius son Amant que
l'armée vient d'elever à l'Empire. La joie
de Justine est balancée par la crainte de
F'avenir , la clémence que Victorinus son
Pere exerce envers les Chrétiens la fait
trembler pour lui ; elle sçait que Claudius
est porté à les persecuter par un motif
qu'on apprend dans la suite de la Piece ;
son Pere , loin de calmer ses allarmes ,
les redouble ; cependant il lui commande d'accepter la main qui la doit élever à
l'Empire ; quand même elle seroit teinte
du sang de celui qui lui a donné la vie.
Victorinus s'ouvre avec plus de liberté à
son confident : il lui dit qu'aussi-tôt qu'il
a appris la prochaine arrivée de l'Empereur , il a mis Gelas en lieu de seureté ;
ce Gelas qui passe pour son esclave , est
un Chrétien qui par un effet miraculeux
a sauvé sa fille Justine d'un monstre auquel elle étoit dévouée par les Oracles des Dieux. Son confident tâche de le rassurer en lui représentant que l'amour de
' Empereur pour sa fille , l'empêchera
bien de donner la mort à unChrétien qui
a sauvé sa Maîtresse.
I. Vol. L'arrivée
DECEMBRE. 1732. 2653
3.
L'arrivée deClaudius redouble la frayeur
de Victorinus ; ce Prince lui apprend
qu'en approchant de ce lieu, que l'Auteur
n'a pas designé aux spectateurs , il est entré dans des souterrains où des Chrétiens
célebroient leurs mysteres ; que ces victi
mes se sont jertées en foule au devant du
fer qui les attendoit ; qu'un seul de cette
troupe attendoit la mort sans la chercher,.
qu il n'a pû soutenir l'aspect de ce vénerable vieillard , sans un saisissement qui
Pa rendu immobile; qu'il a ordonné qu'on
l'épargnar's il se flatte que ce Chrétien
touch de sa clémence , pourra lui apprendre quels ont été les meurtriers de son
Pere , qui ayant disparu depuis quelques
années, sans qu'on en ait jamais oui parler,
avoit donné lieu de soupçonner que les
Chrétiens dont il étoit alors le plus ardent persécuteur , l'avoient assassiné. Le
portrait que Claudius fait de ce vieillard,
le lieu , et toutes les autres circonstances
ne laissent point douter Victorinus que
ce ne soit Gelas ; il demande grace pour
lui à l'Empereur , et pour le mieux exciter à la clémence , il lui dit que ce Chrétien a sauvé Justine d'une mort certaine;
Claudius attribue le respect et les sentimens de tendresse qu'il a conçus à l'asde ce Chrétien à une espece de pres- pect
>
I. Vola sentiment
2654 MERCURE DE FRANCE
sentiment qui lui a annoncé au fond du
cœur l'obligation qu'il lui avoit.
Le vieillard eft bientôt présenté à Claudius qui ne peut le revoir sans trouble ;
on verra dans peu que c'est un nouveau
pressentiment que la nature ajoute à celui
de la reconnoissance , et que ce premier
partoit de la même source. Gelas résiste
avec fermeté à la priere que Claudius lui
fait de renoncer au Christianisme , ou du
moins de le feindre , pour se dérober à la
fureur du peuple , des Prêtres et même de
l'armée. Claudius ajoute à cette priere le
motif qui le porte lui- même plus particu
liérement à persécuter ceux qu'il croit
avoir été les meurtriers de son Pere Cassius. Gelas après lui avoir dit que les Chrétiens sont incapables de pareils forfaits ,
lui annonce que son pere est encore vivant , qu'il est plus près de lui qu'il ne
pense , mais qu'il ne le connoîtra qu'après
qu'il lui aura fait donner la mort à luimême, par qui il apprend qu'il est encore
en vie. Cette espece d'Oracle prononcé
par une bouche si respectée , met Claudius dans une très - cruclle situation ; il ne
sçait à quoi se résoudre, et charge Victorinus,qui arrive , d'arracher le malheureux
à la mort.
Cette Scene entre Gelas et Victorinus
I. Vol.
DECEMBRE. 1732. 2655
'est une des plus interessantes de la Tragédie , et c'est pourtant celle qui a donné
plus de prise à la Critique ; nous allons
en exposer le fond pour mettre nos Lecteurs en état d'en juger. Dans la Scene
précédente les Spectateurs viennent d'apprendre que Cassius n'est pas mort , mais
ils ne s'attendent pas à le revoir revivre en la personne de Gelas même ; ce
même Gelas , qui ne s'est pas découvert
à son propre fils , se fait connoître à Victorinus pour ce même Cassius que Claudius croit avoir été assassiné par les Chrétiens , et qu'il vange par tout ce que sa
fureur lui peut inspirer de plus cruel
contre ces innocentes victimes. Ce Cassius
avoit été , comme nous l'avons déja dit
un des plus implacables persecuteurs des
Chrétiens ; il raconte à Victorinus comment il a été converti à la Foy ; cette
description est très-belle , l'Auteur n'a
pas crû en pouvoir choisir un modele
plus frappant que dans les Actes des
Apôtres , et les Spectateurs lui ont sçû
bon gré de l'avoir puisée dans une sour
ce si capable d'inspirer une sainte terreur.
Mais comme ce qui nous saisit le plus
dans un Ouvrage , nous paroît le plus
digne de nos reflexions , on examine cette
Scene avec plus de séverité que toutes
I. Vol. les
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les autres ; on ne souffre qu'avec beau,
coup de peine qu'un pere , dont le fils est
prêt à devenir le parricide , ne se fasse
pas connoître à lui ; on pese le silence
avec le mo if, et le motif n'est pas toutà-fait satisfaisant. Le faux Gelas dit à
Victorinus qu'il a fait serment de ne se
faire connoître à P rsonne pour Cassius :
pourquoi, done,dit-on, découvre-t'il son
nom et sa condition à Victorinus ? Son
serment est-il moins violé et ne seroitil pas plus raisonnable qu'il eût juré de
ne se faire jamais connoître à son fils , de
peur que la tendresse paternelle ne le
trahît jusqu'au point de retomber dans
ses erreurs par une foiblesse dont il craindroit de ne pouvoir triompher ? ce motif auroit quelque lueur de vrai-semblan- ·
ce , et contribueroit un peu à faire excuser l'indiscretion du serment. Ce serment, ajoûte- t'on , seroit toûjours trèscondamnable , puisqu'il seroit fait contre
son propre fils , qui , par le silence de
son pere , perd la grace de la conversion
et par l'erreur dont ce même pere devient complice , est visiblement exposé à
devenir parricide : un pere , dit-on , est
obligé parmi les Chrétiens , à élever son
fils dans la seule Religion où il peut se
sauver , et celui- cy laisse le sien dans le
1. Vol.
Paganisme
DECEMBRE. 1732. 2657
Paganisme qui doit le perdre à jamais.
Voilà les plus fortes Critiques qu'on a
faites sur cette Tragédie ; achevons d'instruire le Lecteur de ce qui lui reste encore à sçavoir. Victorinus après quelques
objections très-sensées qu'il a faites à Cassius , lui promet le secret qu'il lui demande , d'autant plus qu'il s'y est déja
engagé par serment avant que de rien
apprend e. L'Auteur a même pris soin
de le faire jurer , non-seulement par les
Dieux des Payens , mais par le Dieu que
Cassius adore , et qu'il brule d'impatience
de connoître pour l'adorer à son tour.
Les Prêtres qui lui sont subordonnez sont
bien loin d'une si heureuse disposition
le fanatisme s'empare de leurs cœurs , jusqu'à refuser l'entrée de leur Temple à
leur Empereur, s'il ne leur livre le faux
Gelas ; le Peuple et l'Armée suivent un
exemple si pernicieux ; la désobeïssance
et la félonie regnent par tout ; Victorinus
déja à demi Chrétien , pour réprimer
cette insolence , tire une épée que Gelas
ayoit mis entre ses mains , comme un
gage assuré de la victoire ; le saint enchantement , s'il nous est permis de nous
expliquer ainsi , se trouve en deffaut
on lui arrache cette épée dont l'Auteur
a besoin pour un nouvel incident théa
I. Vol. tral
2658 MERCURE DE FRANCE
tral ; cette fatale épée est reconnuë pour
être la même dont Cassius étoit autrefois
armé. Claudius est confirmé par là dans
la croyance où il a toûjours été , que ce
sont les Chrétiens qui ont assassiné son
pere ; il accuse Victorinus d'avoir part à
ce meurtre, et ordonne qu'on l'aille chercher pour le punir de sa perfidie ; le faux
Gelas dit à Claudius que Victorinus est
innocent de ce meurtre, et lui déclare que
c'est lui-même qui a donné cette épée à
son ami ; Claudius irrité lui demande de
qui il la tenoit lui-même ; le faux Gelas lui
dit que c'est un secret qu'il ne sçauroit
Jui réveler. Claudius ne doutant plus.
que ce ne soit lui-même qui a tué son
pere , ordonne qu'on le mene à la mort ;
le faux Gelas reçoit cet Arrêt comme une
grace , et lui promet en reconnoissance
qu'il va bien-tôt reconnoître son pere ;
on emmene la victime ; Justine , dont
nous avons très-peu parlé , parce qu'elle'
est très- peu nécessaire à la Piece , vient
protester à Claudius qu'il n'y a plus d'amour ni d'hymen pour eux , si Victorinus
son pere , et Gelas , son libérateur , périssent. Claudius ne peut tenir contre cette
menace ; il ordonne qu'on aille révoquer
les ordres sanglans qu'il a donnez ; Justine y va elle-même , mais c'en est déja
I. Vol. fait ;
DECEMBRE. 1732. 2659
fait. Victorinus ayant rencontré Cassius
qu'on menoit au supplice , a voulu être le
compagnon de son martyre , sur l'assurance que Cassius lui a donnée que son
sang versé lui tiendroit lieu de Baptême.
Il s'est déclaré Chrétien , et a été soudain accablé d'une grêle de fleches.
Cassius a eu le même sort ; mais le Ciela permis qu'il lui reste encore assez de
vie pour venir se faire reconnoître à son
pere , et pour l'inviter à se faire Chrétien ; il lui prédit que bien- tôt un Empereur doit établir la Foy de Jesus- Christ,
et l'exhorte à mériter que ce choix le
regarde cependant Claudius n'est touché que du parricide dont il vient de
se soüiller et son pere expiré , il ne
songe qu'à empêcher Justine de se donner la mort , ou qu'à mourir avec elle.
ر
Cette Piece , au reste , est très - bien répresentée par la Dile Baron, et par les
sieurs Grandval , Sarrazin et le Grand ,
qui remplissent les principaux Rôles de
Justine , de Claudius , de Cassius et de
Victorinus.
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Résumé : Cassius et Victorinus, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
Le texte présente la tragédie 'La Tragédie de Cassius et Victorinus', représentée au Théâtre français et écrite par M. de la Grange. Cette œuvre s'inspire de l'histoire de Cassius et Victorinus, deux martyrs chrétiens mentionnés par Grégoire de Tours. Selon cet historien, Victorinus, esclave d'un grand-prêtre païen, se convertit au christianisme grâce aux prédications et miracles de Cassius. Les deux hommes furent martyrisés peu après leur conversion. La tragédie modifie certains éléments historiques pour des raisons théâtrales. Victorinus devient grand-prêtre et Cassius est présenté comme le père de l'empereur Claude le Gothique. La pièce introduit également Justine, fille de Victorinus, qui est promise à Claude. L'intrigue se concentre sur les persécutions des chrétiens et les dilemmes moraux des personnages. La tragédie commence par une discussion entre Justine et son confident à propos de son futur mariage avec Claude. Victorinus, inquiet pour les chrétiens, cache Gelas, un chrétien qui a sauvé Justine. L'arrivée de Claude révèle qu'il a épargné un vieillard chrétien, Gelas, qui se révèle être Cassius, le père de Claude. Cassius, autrefois persécuteur des chrétiens, se convertit et est prêt à mourir pour sa foi. La pièce se termine par le martyre de Cassius et Victorinus, qui se déclarent chrétiens avant leur exécution. Claude, bouleversé, tente de sauver Justine de la détresse. La tragédie est bien interprétée par des acteurs tels que la Dile Baron, Grandval, Sarrazin et le Grand.
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6
p. 759-760
Histoire complette de l'Eglise d'Evreux, [titre d'après la table]
Début :
M. Adam, Curé de S. Thomas d'Evreux en Normandie, qui travaille depuis long-temps à une [...]
Mots clefs :
Histoire ecclésiastique, Église d'Évreux, Évreux
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texteReconnaissance textuelle : Histoire complette de l'Eglise d'Evreux, [titre d'après la table]
M.Adam, Curé de S. Thomas d'Evreux en Normandie
, qui travaille depuis long-temps à une
Histoire complette de l'Eglise d'Evreux , c'est - àdire
à une Histoire Ecclesiastique de la Ville Episcopale
et de tout le Diocèse , ce qui renferme les
Abbayes , Paroisses et Communautez Séculieres
et Régulieres qui s'y rencontrent, avertit les Personnes
, Maisons et Familles interessées , soit du
Pays dont on fait l'Histoire , soit étrangeres ,
que l'Ouyrage est fort avancé. Ceux qui voudront
bien lui fournir des Preuves , sur tout du
dehors , ou même Domestiques , c'est - à-dire
du
750 MERCURE DE FRANCE
que
du même Diocèse , ou qui voudront avoir quel-
Eclaircissement avec l'Auteur avant l'entiere
execution de l'Ouvrage qu'il prépare , sont priez
de les lui faite tenir en bonne forme , en 'affranchissant
, s'il leur plaît , leurs Lettres ou Paquets,
à l'adresse génerale du Mercure de France , ou
aux Libraires qui distribuent le Mercure à Paris.
L'Auteur ne manquera pas de marquer publiquement
sa reconnoissance aux personnes qui voudront
bien lui envoyer des Mémoires , er de faire
réponse à celles qui demanderont des Eclaircis
semens.
, qui travaille depuis long-temps à une
Histoire complette de l'Eglise d'Evreux , c'est - àdire
à une Histoire Ecclesiastique de la Ville Episcopale
et de tout le Diocèse , ce qui renferme les
Abbayes , Paroisses et Communautez Séculieres
et Régulieres qui s'y rencontrent, avertit les Personnes
, Maisons et Familles interessées , soit du
Pays dont on fait l'Histoire , soit étrangeres ,
que l'Ouyrage est fort avancé. Ceux qui voudront
bien lui fournir des Preuves , sur tout du
dehors , ou même Domestiques , c'est - à-dire
du
750 MERCURE DE FRANCE
que
du même Diocèse , ou qui voudront avoir quel-
Eclaircissement avec l'Auteur avant l'entiere
execution de l'Ouvrage qu'il prépare , sont priez
de les lui faite tenir en bonne forme , en 'affranchissant
, s'il leur plaît , leurs Lettres ou Paquets,
à l'adresse génerale du Mercure de France , ou
aux Libraires qui distribuent le Mercure à Paris.
L'Auteur ne manquera pas de marquer publiquement
sa reconnoissance aux personnes qui voudront
bien lui envoyer des Mémoires , er de faire
réponse à celles qui demanderont des Eclaircis
semens.
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Résumé : Histoire complette de l'Eglise d'Evreux, [titre d'après la table]
M. Adam, curé de Saint Thomas d'Évreux en Normandie, rédige une 'Histoire complète de l'Église d'Évreux'. Cette œuvre traite de l'histoire ecclésiastique de la ville épiscopale et du diocèse, incluant les abbayes, paroisses et communautés religieuses. L'auteur, ayant avancé significativement dans son travail, sollicite des preuves et des éclaircissements, qu'ils soient extérieurs ou domestiques, pour compléter son ouvrage. Les personnes intéressées peuvent envoyer leurs mémoires ou demandes d'éclaircissements à l'adresse générale du Mercure de France ou aux libraires distribuant le Mercure à Paris. L'auteur s'engage à reconnaître publiquement les contributions et à répondre aux demandes d'éclaircissements.
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7
p. 510-512
Histoire Ecclesiastique, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, pour servir de continuation à celle de M. l'Abbé [...]
Mots clefs :
Parlement de Provence, Concile de Latran, Histoire ecclésiastique, Annexe
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texteReconnaissance textuelle : Histoire Ecclesiastique, &c. [titre d'après la table]
ISTOIRE ECCLESIASTIQUE , pour ser
virde continuation à celle de M.PAbbé
Fleury, tome 25. depuis 1568. jusqu'en
1520. A Paris , chez Emeri , Quai des
Augustins , à S. Benoît , &c. in 4. de 685
pages , 1729.
Les derniers Livres de ce 25 vol . renferment
l'Histoire du Pontificat du Pape
Leon X. et ce n'est pas la matiere la moins
bien traitée et la moins curieuse , parce que
l'Auteur y a compris une partie de l'Histoire
de François I. et de celle de Charles
V. on y voit aussi la continuation
du Concile de Latran , l'abolition de la
Pragmatique , l'établissement du Concordat
, les commencemens du Lutheranisme
, & c.
! L'Annexe donnée par le Parlement de
Provence , pour l'exécution des Bulles
de
MARS. 1734. 511
de la Cour de Rome , dans l'étendue de
son ressort , est entre tous les sujets qui
entrent dans l'Histoire du Concile de Latran
, celui qui paroît le plus approfondi
et le mieux travaillé par cet Auteur. C'étoit
, dit- il , un usage observé de temps.
immémorial dans la Province, de ne mettre
aucune Bulle à exécution , sans une
permission du Parlement, qu'on appelloit
ANNEXE. Cet usage avoit été confirmé
dans une Assemblée d'Etat de la Province
, en 1481. et par le Conseil du Païs en
1482. avant l'établissement du Parlement
; ce qui avoit été approuvé depuis
la réunion de la Provence à la Couronnes
les Rois Louis XI. et Louis XII.
par
Il parle de quelques differens survenus
dans l'exercice de cet usage entre la Cour
de Rome et le Parlement , toujours terminez
à l'avantage du Parlement , malgré
les efforts du Promoteur du Concile
de Latran, et les suites de la Requête qu'il
y présenta , laquelle contenoit plusieurs
accusations contre les Officiers du Parle
ment qui avoient montré le plus de fermeté
pour le maintient de ce droit.
On voit ensuite les mesures que prit
François I. pour terminer heureusement
et pour toujours cette grande affaire , en
quoi ce Prince réussit enfin par un Trai-
E iiij
té
51-2 MERCURE DE FRANCE
té qui fut négocié par Louis de Solurs ;
Ambassadeur de France au Concile ,Notre
Auteur assure que le Parlement de Provence
n'avoit point d'autre vûë en soutenant
son ancien droit d'Annexe , que
de maintenir dans toute leur force les libertez
de l'Eglise Gallicane , contre les
prétentions de Julles II. et de Leon X.
virde continuation à celle de M.PAbbé
Fleury, tome 25. depuis 1568. jusqu'en
1520. A Paris , chez Emeri , Quai des
Augustins , à S. Benoît , &c. in 4. de 685
pages , 1729.
Les derniers Livres de ce 25 vol . renferment
l'Histoire du Pontificat du Pape
Leon X. et ce n'est pas la matiere la moins
bien traitée et la moins curieuse , parce que
l'Auteur y a compris une partie de l'Histoire
de François I. et de celle de Charles
V. on y voit aussi la continuation
du Concile de Latran , l'abolition de la
Pragmatique , l'établissement du Concordat
, les commencemens du Lutheranisme
, & c.
! L'Annexe donnée par le Parlement de
Provence , pour l'exécution des Bulles
de
MARS. 1734. 511
de la Cour de Rome , dans l'étendue de
son ressort , est entre tous les sujets qui
entrent dans l'Histoire du Concile de Latran
, celui qui paroît le plus approfondi
et le mieux travaillé par cet Auteur. C'étoit
, dit- il , un usage observé de temps.
immémorial dans la Province, de ne mettre
aucune Bulle à exécution , sans une
permission du Parlement, qu'on appelloit
ANNEXE. Cet usage avoit été confirmé
dans une Assemblée d'Etat de la Province
, en 1481. et par le Conseil du Païs en
1482. avant l'établissement du Parlement
; ce qui avoit été approuvé depuis
la réunion de la Provence à la Couronnes
les Rois Louis XI. et Louis XII.
par
Il parle de quelques differens survenus
dans l'exercice de cet usage entre la Cour
de Rome et le Parlement , toujours terminez
à l'avantage du Parlement , malgré
les efforts du Promoteur du Concile
de Latran, et les suites de la Requête qu'il
y présenta , laquelle contenoit plusieurs
accusations contre les Officiers du Parle
ment qui avoient montré le plus de fermeté
pour le maintient de ce droit.
On voit ensuite les mesures que prit
François I. pour terminer heureusement
et pour toujours cette grande affaire , en
quoi ce Prince réussit enfin par un Trai-
E iiij
té
51-2 MERCURE DE FRANCE
té qui fut négocié par Louis de Solurs ;
Ambassadeur de France au Concile ,Notre
Auteur assure que le Parlement de Provence
n'avoit point d'autre vûë en soutenant
son ancien droit d'Annexe , que
de maintenir dans toute leur force les libertez
de l'Eglise Gallicane , contre les
prétentions de Julles II. et de Leon X.
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Résumé : Histoire Ecclesiastique, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire Ecclésiastique' de l'Abbé Fleury, tome 25, couvre la période de 1568 à 1520 et se concentre sur le pontificat du Pape Léon X. Il traite également des figures historiques François I et Charles V, ainsi que du Concile de Latran, de l'abolition de la Pragmatique, de l'établissement du Concordat et des débuts du luthéranisme. L'auteur examine en détail l'annexe du Parlement de Provence pour l'exécution des bulles de la Cour de Rome, un usage ancien nécessitant la permission du Parlement. Cet usage avait été confirmé en 1481 et 1482 et approuvé par les rois Louis XI et Louis XII après la réunion de la Provence à la couronne de France. Le texte mentionne des conflits entre la Cour de Rome et le Parlement, toujours résolus en faveur de ce dernier. François I, avec l'aide de Louis de Solurs, ambassadeur de France au Concile, a pris des mesures pour régler ces différends. Le Parlement de Provence cherchait à protéger les libertés de l'Église gallicane contre les prétentions des papes Jules II et Léon X.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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