OD E.
Tirée du Pseaume 129. De profundis, & c .
DEE ce sacré séjour, demeure respectable ,
Ou réside à jamais , ton . Thrône redoutable ,
Monarque tout puissant , jette sur moi les yeux ,
D'un coupable mortel entens la voix plaintive ,
Et prêtant à mes cris une oreille attentive ,
Dol
Déco DY .
2622 MERCURE DE FRANCE
Délivre moi des maux que je souffre en ces
lieux .
-
諾
Ministres du Seigneur, Troupe pure et fidelle .
Qui sans cesse adorez sa Puissance immortelle ,
Joignez vos saints Concerts à mes tristes accens
;
Humblement prosternez devant ce Dieu terrible
,
Qui releve le foible et confond l'invincible ,
Offrez- lui ma priere , offrez - lui mon encens.
Que ne puis - je , ô mon Dieu ,
Carriere ,
terminer ma
Que ne puis-je forcer la puissante Barriere
Qui tient' mes pas
fixez dans ce lieu de douleur t
Que ne puis-je, élancé vers la Cité celeste ›
De mes liens de chair, quittant le poids funeste
Aller jouir en paix de l'éternel bonheur !
諾
Si dans ce jour fatal , horrible , épouventable
Où tu nous jugeras en Juge inéxorable ,
Tu péses l'homme au poids de son iniquités
Si, saisi de respect à ta présence auguste ,
Le serviteur fidele et l'homine le plus juste
Doivent trembler d'effroi devant ta Majesté..
洽
1. Val.
Quel
DECEMBR E. 1733 . 2623
Quel Mortel répassant le nombre de ses criines
,
Et voyant sous ses pieds les ténébreux abîmes
Pourra souffrir l'éclat de ton juste courroux
Qui sera mon appuy , si ta bonté propice ,
Ne fait taire en ce jour ta sévére justice ,
Et de tes traits vangeurs , ne détourne les coups?
M.
Séduit par le Tyran de la nuit éternelle ,
Qui nous déclare à tous une guerre mortelle.
De tes commandemens j'ai violé les loix ; .-
Par des discours menteurs , j'ai noirci l'inno
cence ,
Et du vice orgueilleux , approuvant la licence ,
A le vanter par tout , j'ai consacré ma voix.
Je pleure mes péchez ; je gémis de mes crimes ;
Tu déployois déja des tourmens légitimes ,
Si je n'eusse , grand Dieu , reclamé ton secours
Pénétré de douleur,d'avoir pû te déplaire ,
Et d'avoir mérité ta puissante colere .
De mes iniquitez je déteste le cours .
Dès que la nuit obscure , étend ses voiles somebres
,
Et couvre l'Univers de ses épaisses ombres , »
Io Vol Dvi
Par
2624 MERCURE DE FRANCE
Par mes gemissemens j'exprime mes douleuss ,
Le Soleil aux Humains , ramenant la lumiere ,
Recommence le cours de sa vaste Carriere ,
Et me retrouve encore inondé de mes pleurs ...
Mon espoir est en vous , Seigneur , votre teme
I dresse ,
Rassure mes esprits , et soutient ma foiblesse
Contre tous les efforts de mes sens révoltez ,
Pour vaincre mes désirs , pour dompter mes car
prices ,
J'irai vous présenter mes humbles Sacrifices ,
Et de votre clémence implorer les bontez.
AUBRY DE TRUNG Y.