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18201
p. 2956-2957
« Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
Début :
Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...]
Mots clefs :
Constantinople, Guerre, Sultan
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texteReconnaissance textuelle : « Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
Des Lettres venues par l'Italie , écrites de Conftantinople
le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur
dans la date , portent que ce jour - là la Milice
étoit encore fous les armes , qu'elle avoit déclaré
qu'elle ne les poferoit pas avant qu'on eût
execute les promeffes qu'on lui avoit faites ; que
les] Troupes demandoient la guerre , que fur la
propofition qui leur avoit été faite de la faire aur
Perfans , les Janiffaires l'avoient rejettée , fous
prétexte qu'ils ne vouloient pas être féparez, qu'ils
le plaignoient fortement des injuftices faites par,
le dernier Gouvernement à Gianon - Coggia , qui
a été banni de la Cour , & dont ils demandent le
retour avec beaucoup d'inftances. Ces Lettres
ajoûtent qu'on a trouvé des Tréfors immenfes
dans les coffres du dernier Sultan , du G. V. du
Kiaya & du Kaimakan .
Les dernieres Lettres de Conftantinople, venues
auffi par l'Italie , portent qu'on avoit reçû avis
que l'Aga des Janniffaires s'étoit fauvé du côté
de la Morée , que le Mufti avoit été arrêté &
étranglé à deux journées de Conftantinople; que
les fils du Sultan dépofé , qui étoient reftez dans
le Camp de Scutari , avoient été arrêtez & renfermez
aux Sept Tours ; qu'on efperoit que la
guerre avec les Perfans feroit inceffamment terminée
par un Traité dont on avoit déja reçû les
Préliminaires ; que le nouveau Sultan gouvernoit
Les Sujets avec beaucoup de douceur , qu'il leur
faifoit rendre la juftice avec la plus grande exac-
II. Vol.
titude
DECEMBRE 1730. 2957
titude , & qu'il avoit menacé de faire punir de
mort les Juges qui prévariqueroient dans les fon-
Etions de leurs Charges.
le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur
dans la date , portent que ce jour - là la Milice
étoit encore fous les armes , qu'elle avoit déclaré
qu'elle ne les poferoit pas avant qu'on eût
execute les promeffes qu'on lui avoit faites ; que
les] Troupes demandoient la guerre , que fur la
propofition qui leur avoit été faite de la faire aur
Perfans , les Janiffaires l'avoient rejettée , fous
prétexte qu'ils ne vouloient pas être féparez, qu'ils
le plaignoient fortement des injuftices faites par,
le dernier Gouvernement à Gianon - Coggia , qui
a été banni de la Cour , & dont ils demandent le
retour avec beaucoup d'inftances. Ces Lettres
ajoûtent qu'on a trouvé des Tréfors immenfes
dans les coffres du dernier Sultan , du G. V. du
Kiaya & du Kaimakan .
Les dernieres Lettres de Conftantinople, venues
auffi par l'Italie , portent qu'on avoit reçû avis
que l'Aga des Janniffaires s'étoit fauvé du côté
de la Morée , que le Mufti avoit été arrêté &
étranglé à deux journées de Conftantinople; que
les fils du Sultan dépofé , qui étoient reftez dans
le Camp de Scutari , avoient été arrêtez & renfermez
aux Sept Tours ; qu'on efperoit que la
guerre avec les Perfans feroit inceffamment terminée
par un Traité dont on avoit déja reçû les
Préliminaires ; que le nouveau Sultan gouvernoit
Les Sujets avec beaucoup de douceur , qu'il leur
faifoit rendre la juftice avec la plus grande exac-
II. Vol.
titude
DECEMBRE 1730. 2957
titude , & qu'il avoit menacé de faire punir de
mort les Juges qui prévariqueroient dans les fon-
Etions de leurs Charges.
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Résumé : « Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
En novembre 1730, à Constantinople, des tensions politiques et militaires étaient palpables. Le 13 novembre, la milice refusait de déposer les armes tant que les promesses faites ne seraient pas tenues. Les troupes réclamaient la guerre, mais les janissaires avaient rejeté une campagne contre les Persans, préférant rester unis. Ils dénonçaient les injustices commises par le dernier gouvernement envers Gianon-Coggia, banni de la cour, et exigeaient son retour. Des trésors considérables ont été trouvés dans les coffres du dernier sultan, du grand vizir, du kiaya et du kaimakan. Par la suite, l'aga des janissaires s'était enfui en Morée, tandis que le mufti avait été arrêté et exécuté. Les fils du sultan déchu, restés dans le camp de Scutari, furent arrêtés et emprisonnés aux Sept Tours. Un traité de paix avec les Persans était en négociation. Le nouveau sultan gouvernait avec douceur, rendait la justice avec exactitude et menaçait de punir les juges corrompus.
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18202
p. 186-189
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Les efforts, que les amis du sieur Byng ont faits pour le sauver, [...]
Mots clefs :
Londres, Amiral Byng, Exécution, Derniers sentiments, Écrit, Soldats, Mort par balle, Public, État, Jugement, Irlande
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 18 Mars.
•
Les efforts , que les amis du fieur Byng ont
faits le fauver , ayant été fans fuccès ; cet
pour
Amiral , par la fermeté avec laquelle il s'eft préparé
à la mort , a montré qu'on lui avoit reproché
injuftement trop d'attache à la vie. Le 14 jour
fixé pour l'exécution de la fentence prononcée
contre cet Officier , les Chaloupes de la Flotte
remplies par les Officiers des Vaiffeaux de guerre
& par les Soldats de Marine , fe font placées aux
stations , qui leur avoient été indiquées près du
Vaiffeau le Monarque . Sur le midi , le fieur Byng
eft forti de la chambre où il étoit détenu à bord
de ce Bâtiment. Le Chapelain du Vaiffeau , &
deux Officiers , l'accompagnoient . Il les a priés
d'accepter chacun une bourfe de cinquante guinées
: il a fait diftribuer auffi dix guinées à chacun
des neuf Soldats commandés pour l'arquebufer.
Enfuite il a remis un papier au fieur Guillaume
Brough , Maréchal de la Cour d'Amirauté , en
AVRIL. 1757. 187
2
lui difant : Monfieur , voici mes derniers fentimens.
Je vous prie de les rendre publics , afin de détruire
les imputations odieufes dont on m'a noirci . Le
double de cet écrit eft entre les mains d'un de mes
parens. Après avoir pris congé des performes qui
l'environnoient , le malheureux Amiral plus
tranquille que les témoins de ce lugubre fpectacle
, s'eft mis à genoux , & s'eft bandé lui-même
les yeux avec un mouchoir. Il en tenoit un autre ,
& il l'a laiffé tomber. C'étoit le fignal dont il
étoit convenu avec les foldats deftinés pour exécuter
la fentence. Auffi- tôt font partis fix coups
de fufil , tirés par fix de ces foldats . Trois autres
étoient prêts à faire feu : mais une ſeconde décharge
n'a pas été néceffaire ; l'Amiral ayant
reçu cinq balles dans la poitrine , & une dans le
milieu du front , eft tombé roide mort fur le côté
gauche. Ainfi a fini le fieur Byng , dont le nom
fera cité parmi ceux des illuftres infortunés , comme
le nom de fon frere le fera dans la lifte des
modeles de la tendreffe fraternelle. Une foule
innombrable de peuple étoit accourue fur le
rivage pour affifter à cette exécution . La multitude
n'a pu refufer fa fenfibilité à la mort d'un
homme , dont elle avoit pourſuivi la condamnation
avec tant d'ardeur. L'écrit que le fieur Byng
a remis au fieur Brough , contient ce qui fuit :
« Dans quelques inftans , je ferai délivré de la
» violente perfécution de mes ennemis , & je ne
» ferai plus en butte aux traits de leur méchan-
» ceté. Je n'ai garde de leur envier une vie qu'ils
doivent paffer dans les remords inféparables du
» crime. Après ma mort , on me rendra la juftice
» qui m'a été refuſée pendant ma vie. La maniere
>> dont on a excité contre moi les clameurs du
» peuple , & les motifs qu'on a eus de les entre188
MERCURE DE FRANCE.
» tenir , paroîtront dans tout leur jour . Ôn me
» regardera comme une victime deſtinée à détour-
» ner de leur véritable objet l'indignation & le
>> reffentiment d'une Nation offenfee & abuſée.
» Mes ennemis , eux- mêmes intérieurement , ne
>> font pas moins convaincus que mes amis de
» mon innocence . Il eſt heureux pour moi de
≫pouvoir emporter au tombeau cette perfuafion .
» Je ſouhaite de tout mon coeur que le ſacrifice
» de mon ſang puiſſe contribuer au bonheur pu-
» blic. Mais ma confcience ne me reprochant
» aucun des malheurs arrivés à ma patrie , je
>> ne puis me refuſer à moi-même la fatisfaction
» de protefter hautement que j'ai rempli fidéle-
➤ment mon devoir , & que j'ai fait tout l'uſage
» que j'ai pu de mes lumieres & de ma capacité ,
» pour l'honneur du Roi & pour le ſervice de
» l'Etat . Je ſuis mortifié que ma bonne volonté
» n'ait pas été ſuivie d'un fuccès plus heureux , &
» que l'armement , dont le commandement m'a
» été confié , ait été trop foible pour l'importance
» de l'expédition auquel il étoit deftiné . La vérité
» toutefois a triomphé du menſonge & de la ca-
» lomnie , & la juſtice elle- même à lavé la tache
>> ignominieuſe dont on m'avoit couvert , en
» m'imputant malignement d'avoir manqué de
» fidélité ou de courage. Mon coeur me rend té-
» moignagne que je ne fuis point en faute à ces
» deux égards . Mais quel eft l'homme affez pré-
»fomptueux pour le flatter qu'il ne fe trompe
» point dans les jugemens ? Je me crois inno-
» cent , & mes Juges m'ont cru coupable. Si je
» me trompe , on doit excuſer mon erreur , com-
» me étant le partage de l'humanité . Si ce font
» mes Juges qui fe font trompés , que Dieu leur
» pardonne , comme je fais , leur illuſion ! Puiffent
AVRIL 1757. 189
» le trouble & les allarmes qu'ils ont fait paroître
, lorfqu'ils m'ont condamné , fe calmer &
>> ceffer , comme tout reffentiment ceffe actuelle-
» ment de ma part ! Grand Dieu ! Juge ſuprême
de tous les coeurs ! tu as connu le mien : c'eſt à
» toi que je foumets la juftice de ma cauſe. »>
Signé , J. Byng. A bord du Vaiſſeau de guerre le
Monarque , dans le Havre de Portsmouth , le 14
ל כ
Mars
1757.
Le corps du fieur Byng a été tranfporté de
Portſmouth à fa terre de Southill , que cet Amiral
poffédoit dans le Duché de Bedfort.
Selon les avis reçus d'Irlande , cent Bâtimens de
tranſports , ayant à bord les troupes destinées
pour l'Amérique , ont fait voile de Cork , fous
Peſcorte de deux Vaiffeaux de guerre.
DE LONDRES , le 18 Mars.
•
Les efforts , que les amis du fieur Byng ont
faits le fauver , ayant été fans fuccès ; cet
pour
Amiral , par la fermeté avec laquelle il s'eft préparé
à la mort , a montré qu'on lui avoit reproché
injuftement trop d'attache à la vie. Le 14 jour
fixé pour l'exécution de la fentence prononcée
contre cet Officier , les Chaloupes de la Flotte
remplies par les Officiers des Vaiffeaux de guerre
& par les Soldats de Marine , fe font placées aux
stations , qui leur avoient été indiquées près du
Vaiffeau le Monarque . Sur le midi , le fieur Byng
eft forti de la chambre où il étoit détenu à bord
de ce Bâtiment. Le Chapelain du Vaiffeau , &
deux Officiers , l'accompagnoient . Il les a priés
d'accepter chacun une bourfe de cinquante guinées
: il a fait diftribuer auffi dix guinées à chacun
des neuf Soldats commandés pour l'arquebufer.
Enfuite il a remis un papier au fieur Guillaume
Brough , Maréchal de la Cour d'Amirauté , en
AVRIL. 1757. 187
2
lui difant : Monfieur , voici mes derniers fentimens.
Je vous prie de les rendre publics , afin de détruire
les imputations odieufes dont on m'a noirci . Le
double de cet écrit eft entre les mains d'un de mes
parens. Après avoir pris congé des performes qui
l'environnoient , le malheureux Amiral plus
tranquille que les témoins de ce lugubre fpectacle
, s'eft mis à genoux , & s'eft bandé lui-même
les yeux avec un mouchoir. Il en tenoit un autre ,
& il l'a laiffé tomber. C'étoit le fignal dont il
étoit convenu avec les foldats deftinés pour exécuter
la fentence. Auffi- tôt font partis fix coups
de fufil , tirés par fix de ces foldats . Trois autres
étoient prêts à faire feu : mais une ſeconde décharge
n'a pas été néceffaire ; l'Amiral ayant
reçu cinq balles dans la poitrine , & une dans le
milieu du front , eft tombé roide mort fur le côté
gauche. Ainfi a fini le fieur Byng , dont le nom
fera cité parmi ceux des illuftres infortunés , comme
le nom de fon frere le fera dans la lifte des
modeles de la tendreffe fraternelle. Une foule
innombrable de peuple étoit accourue fur le
rivage pour affifter à cette exécution . La multitude
n'a pu refufer fa fenfibilité à la mort d'un
homme , dont elle avoit pourſuivi la condamnation
avec tant d'ardeur. L'écrit que le fieur Byng
a remis au fieur Brough , contient ce qui fuit :
« Dans quelques inftans , je ferai délivré de la
» violente perfécution de mes ennemis , & je ne
» ferai plus en butte aux traits de leur méchan-
» ceté. Je n'ai garde de leur envier une vie qu'ils
doivent paffer dans les remords inféparables du
» crime. Après ma mort , on me rendra la juftice
» qui m'a été refuſée pendant ma vie. La maniere
>> dont on a excité contre moi les clameurs du
» peuple , & les motifs qu'on a eus de les entre188
MERCURE DE FRANCE.
» tenir , paroîtront dans tout leur jour . Ôn me
» regardera comme une victime deſtinée à détour-
» ner de leur véritable objet l'indignation & le
>> reffentiment d'une Nation offenfee & abuſée.
» Mes ennemis , eux- mêmes intérieurement , ne
>> font pas moins convaincus que mes amis de
» mon innocence . Il eſt heureux pour moi de
≫pouvoir emporter au tombeau cette perfuafion .
» Je ſouhaite de tout mon coeur que le ſacrifice
» de mon ſang puiſſe contribuer au bonheur pu-
» blic. Mais ma confcience ne me reprochant
» aucun des malheurs arrivés à ma patrie , je
>> ne puis me refuſer à moi-même la fatisfaction
» de protefter hautement que j'ai rempli fidéle-
➤ment mon devoir , & que j'ai fait tout l'uſage
» que j'ai pu de mes lumieres & de ma capacité ,
» pour l'honneur du Roi & pour le ſervice de
» l'Etat . Je ſuis mortifié que ma bonne volonté
» n'ait pas été ſuivie d'un fuccès plus heureux , &
» que l'armement , dont le commandement m'a
» été confié , ait été trop foible pour l'importance
» de l'expédition auquel il étoit deftiné . La vérité
» toutefois a triomphé du menſonge & de la ca-
» lomnie , & la juſtice elle- même à lavé la tache
>> ignominieuſe dont on m'avoit couvert , en
» m'imputant malignement d'avoir manqué de
» fidélité ou de courage. Mon coeur me rend té-
» moignagne que je ne fuis point en faute à ces
» deux égards . Mais quel eft l'homme affez pré-
»fomptueux pour le flatter qu'il ne fe trompe
» point dans les jugemens ? Je me crois inno-
» cent , & mes Juges m'ont cru coupable. Si je
» me trompe , on doit excuſer mon erreur , com-
» me étant le partage de l'humanité . Si ce font
» mes Juges qui fe font trompés , que Dieu leur
» pardonne , comme je fais , leur illuſion ! Puiffent
AVRIL 1757. 189
» le trouble & les allarmes qu'ils ont fait paroître
, lorfqu'ils m'ont condamné , fe calmer &
>> ceffer , comme tout reffentiment ceffe actuelle-
» ment de ma part ! Grand Dieu ! Juge ſuprême
de tous les coeurs ! tu as connu le mien : c'eſt à
» toi que je foumets la juftice de ma cauſe. »>
Signé , J. Byng. A bord du Vaiſſeau de guerre le
Monarque , dans le Havre de Portsmouth , le 14
ל כ
Mars
1757.
Le corps du fieur Byng a été tranfporté de
Portſmouth à fa terre de Southill , que cet Amiral
poffédoit dans le Duché de Bedfort.
Selon les avis reçus d'Irlande , cent Bâtimens de
tranſports , ayant à bord les troupes destinées
pour l'Amérique , ont fait voile de Cork , fous
Peſcorte de deux Vaiffeaux de guerre.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 14 mars 1757, l'amiral John Byng fut exécuté à bord du vaisseau le Monarque à Portsmouth. Malgré les tentatives de ses partisans pour le sauver, Byng accepta sa sentence avec dignité. Accompagné du chapelain du vaisseau et de deux officiers, il distribua des sommes d'argent aux personnes présentes et remit un écrit à Guillaume Brough, maréchal de la Cour d'Amirauté, dans lequel il exprimait son innocence et sa fidélité à son devoir. L'exécution se déroula en présence d'une foule nombreuse, dont la sensibilité contrastait avec l'ardeur précédente pour sa condamnation. Dans son écrit, Byng souligna son innocence, son dévouement à son pays et sa tristesse face à l'échec de son expédition. Son corps fut ensuite transporté à sa propriété de Southill dans le Duché de Bedford. Par ailleurs, cent bâtiments de transport, escortés par deux vaisseaux de guerre, quittèrent Cork en direction de l'Amérique avec des troupes à bord.
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18203
p. 2957-2958
RUSSIE.
Début :
Le bruit court à Moscou qu'il y a un nouveau Traité d'Alliance conclu entre la Czarine, [...]
Mots clefs :
Moscou, Vaisseaux, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E bruit court à Mofcou qu'il y a un nouveau
Traité d'Alliance conclu entre la Czarine ,
l'Empereur & le Roi de Pruffe , par lequel ils
doivent fe donner des fecours mutuels en cas de
guerre.
S. M. Cz. a envoyé des ordres dans diverſes
Provinces pour faire des levées de Soldats , cette
Princeffe ayant réfolu d'augmenter les Troupes
ſes
de 60000. hommes.
Les Négociations qui fe font entre les Princes
du Nord , donnent beaucoup d'inquiétude, & l'on
craint qu'il n'y ait quelque Alliance entre ces
Puiffances , pour réduire cet Etat à fes anciennes
limites.
Le Duc de Liria , Ambaffadeur d'Eſpagne en
Ruffie , partit de Mofcou le 30. Novembre pour
retourner à la Cour du Roi Catholique. La Cza
rine a ordonné qu'on le défrayât jufqu'aux Frontieres
de la Pologne , ayant dirigé la route par
Warfovie. S. M. Cz. a affuré S. Ex. avant fon
départ , dans les termes les plus obligeans , qu'elle
étoit fort fatisfaite de fa conduite, & qu'elle ne
négligeroit rien pour conferver l'amitié du Roi
fon Maître , & qu'elle favoriferoit en toute occafion
le Commerce établi entre l'Eſpagne & la
Ruffie.
On a appris par Mofcou , que le Pacha de Babylone
qui avoit été obligé de ſe retirer vers
Bagdat avec les Troupes du G. S. qu'il commande
, avoit trouvé le moyen de figner un Traité
d'accommodement avec le Roi de Perfe , en pro-
11. Vol. mettant
2958 MERCURE DE FRANCE
mettant au nom de S. H. de fournir à ce Prince
les fecours néceffaires pour l'aider à reprendre
toutes les Places conquifes en Perfe par le feu
Czar Pierre I. & qu'il avoit dépêché un Exprès
à Conftantinople pour faire ratifier ce Traité
le nouveau Sultan.
par
Des Lettres de l'Ukraine , portent que les Turcs
font divers mouvemens de ce côté là , & que les
Tartares voifins ont reçû ordre de ſe joindre à
eux dans un mois ou fix femaines .
On mande auffi de Conftantinople, qu'on y chargeoit
un grand nombre de Barques de Munitions
de guerre , qu'elles devoient traverſer la Mer
Noire , & que le bruit couroit que tous les préparatifs
qu'on faifoit , étoient contre les Mofcovites.
Il a été ftipulé par le Traité de Commerce ,
que le Duc de Liria , Ambaſſadeur Extaordinaire
de S. M. Cath. a conclu à Mofcou , que tous les
Vaiffeaux Mofcovites , foit de guerre , foit Mar
chands , feront reçus dans les Ports d'Eſpagne
comme les Vaiffeaux des autres Nations ; que
ceux qui apporteront des Goudrons , des bois
propres à la conftruction des Vaiffeaux & d'autres
Marchandiſes convenables à la Marine , ne payeront
qu'un droit très-modique , & que les Vaiffeaux
Eſpagnols qui iront dans les Ports de Mofcovie
, jouiront de la même liberté & des mê→
mes franchiſes .
E bruit court à Mofcou qu'il y a un nouveau
Traité d'Alliance conclu entre la Czarine ,
l'Empereur & le Roi de Pruffe , par lequel ils
doivent fe donner des fecours mutuels en cas de
guerre.
S. M. Cz. a envoyé des ordres dans diverſes
Provinces pour faire des levées de Soldats , cette
Princeffe ayant réfolu d'augmenter les Troupes
ſes
de 60000. hommes.
Les Négociations qui fe font entre les Princes
du Nord , donnent beaucoup d'inquiétude, & l'on
craint qu'il n'y ait quelque Alliance entre ces
Puiffances , pour réduire cet Etat à fes anciennes
limites.
Le Duc de Liria , Ambaffadeur d'Eſpagne en
Ruffie , partit de Mofcou le 30. Novembre pour
retourner à la Cour du Roi Catholique. La Cza
rine a ordonné qu'on le défrayât jufqu'aux Frontieres
de la Pologne , ayant dirigé la route par
Warfovie. S. M. Cz. a affuré S. Ex. avant fon
départ , dans les termes les plus obligeans , qu'elle
étoit fort fatisfaite de fa conduite, & qu'elle ne
négligeroit rien pour conferver l'amitié du Roi
fon Maître , & qu'elle favoriferoit en toute occafion
le Commerce établi entre l'Eſpagne & la
Ruffie.
On a appris par Mofcou , que le Pacha de Babylone
qui avoit été obligé de ſe retirer vers
Bagdat avec les Troupes du G. S. qu'il commande
, avoit trouvé le moyen de figner un Traité
d'accommodement avec le Roi de Perfe , en pro-
11. Vol. mettant
2958 MERCURE DE FRANCE
mettant au nom de S. H. de fournir à ce Prince
les fecours néceffaires pour l'aider à reprendre
toutes les Places conquifes en Perfe par le feu
Czar Pierre I. & qu'il avoit dépêché un Exprès
à Conftantinople pour faire ratifier ce Traité
le nouveau Sultan.
par
Des Lettres de l'Ukraine , portent que les Turcs
font divers mouvemens de ce côté là , & que les
Tartares voifins ont reçû ordre de ſe joindre à
eux dans un mois ou fix femaines .
On mande auffi de Conftantinople, qu'on y chargeoit
un grand nombre de Barques de Munitions
de guerre , qu'elles devoient traverſer la Mer
Noire , & que le bruit couroit que tous les préparatifs
qu'on faifoit , étoient contre les Mofcovites.
Il a été ftipulé par le Traité de Commerce ,
que le Duc de Liria , Ambaſſadeur Extaordinaire
de S. M. Cath. a conclu à Mofcou , que tous les
Vaiffeaux Mofcovites , foit de guerre , foit Mar
chands , feront reçus dans les Ports d'Eſpagne
comme les Vaiffeaux des autres Nations ; que
ceux qui apporteront des Goudrons , des bois
propres à la conftruction des Vaiffeaux & d'autres
Marchandiſes convenables à la Marine , ne payeront
qu'un droit très-modique , & que les Vaiffeaux
Eſpagnols qui iront dans les Ports de Mofcovie
, jouiront de la même liberté & des mê→
mes franchiſes .
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, des rumeurs évoquent un nouveau traité d'alliance entre la tsarine, l'empereur et le roi de Prusse, prévoyant des secours mutuels en cas de guerre. La tsarine a ordonné des levées de soldats pour augmenter ses troupes de 60 000 hommes. Les négociations entre les princes du Nord suscitent des inquiétudes, avec des craintes d'une alliance visant à réduire la Russie à ses anciennes limites. Le duc de Liria, ambassadeur d'Espagne en Russie, a quitté Moscou le 30 novembre pour retourner en Espagne. La tsarine l'a assuré de sa satisfaction quant à sa conduite et a promis de favoriser le commerce entre l'Espagne et la Russie. Par ailleurs, le pacha de Babylone a signé un traité avec le roi de Perse pour reprendre les places conquises par le tsar Pierre Ier. Des mouvements turcs et tartares sont signalés en Ukraine. À Constantinople, des barques sont chargées de munitions de guerre destinées à traverser la mer Noire, probablement contre les Moscovites. Un traité de commerce conclu par le duc de Liria stipule que les vaisseaux russes, qu'ils soient de guerre ou marchands, seront reçus dans les ports espagnols avec des droits modiques, et réciproquement pour les vaisseaux espagnols en Russie.
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18204
p. 171-225
Tout ce qui s'est fait le jour qu'ils ont esté à l'Audience du Roy à Versailles, les Ceremonies qui ont esté observées avec les complimens qu'ils ont faits à la pluspart des Princes & Princesses de la Maison Royale, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy estant guery de la Fiévre-quarte, dont il [...]
Mots clefs :
Roi, Roi de Siam, Trône, Audience, Ambassadeur, Ambassadeurs, Gardes du corps, Prince, Galerie, Duc de La Feuillade, Dauphin, Gardes de la porte, Suisses, Bonnets, Fleurs, Inclinations, Religion, Parler, France, Officiers, Versailles, Gardes françaises, Louvre, Trompettes, Compliments, Cérémonies, Maison royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est fait le jour qu'ils ont esté à l'Audience du Roy à Versailles, les Ceremonies qui ont esté observées avec les complimens qu'ils ont faits à la pluspart des Princes & Princesses de la Maison Royale, [titre d'après la table]
Le Roy estant guery de
la Fiévre- quarte , dont il
ayoit eu quelques accés ,
declara qu'il donneroit
Audience aux Ambaſſadeus
le premier jour de
Septembre . Ce jour - là
M'le Maréchal Duc de la
Feuillade, M'de Bonneuil,
Introducteur des Ambaffadeurs
, &M* Giraut, qui
맥 l'accompagne toujours
dans cette fonction , les
Pij
172 Voyage des Amb.
allerent prendre à l'Ho
ſtel des Ambaſſadeurs ,
dans les Caroffes du Roy,
& de Madame la Dauphine
, avec pluſieurs autres
Caroſſes de ſuite. M.
de la Feuillade leur marqua
la joye qu'il avoit de
les venir querir pour les
mener à l'Audience du
Roy , & leur dit qu'il auroit
l'honneur deles conduire
à toutes les Audiences
que leur donneroit Sa
Majefté. Le premier Amde
Siam.
173
.
a
baffadeur luy fit connoiſtre
l'extrême paffion qu'-
ils avoient de voir le Roy,
&luy dit, Que cet heureux
jour, pour lequel ils avoient
traverſé tant de Mers ,
estoit enfin arrivé Ils monterent
enfuite dans le Caroffe
du Roy , qui fut environné
de pluſieurs Va-
Iets de pied de Sa Majeſté
, & précedé par ceux
de M. de la Feuillade. Ils
s'entretinrent pendant la
plus grande partie du che-
Pij
174 Voyage des Amb.
min de la Religion des Siamois
, dont M. de la Feuillade
demanda les particularitez
. L'Ambaffadeur
luy répondit avec beaucoup
d'eſprit , Que tout ce
qu'on diſoit d'une Religion
inconnuë devoit d'abord
paroiftre ridicule à des per
Sonnes qui n'en avoient
nulle connoiffance , & qui
en profefforent une autre ,
parce qu'il eft naturel de
croire toûjours la Religion
que l'on a embraßee , 04
deSiam.
175
汇
dans laquelle on est né , la
1 meilleure de toutes , esqu'-
+ enfin il falloit plus de temps
pour parler à fond fur une
Afi grande matiere, &entrer
dans des details qui de
mandoient plus d'application
qu'ils n'en pouvoient
alors donner; qu'autrement
201
e
01
les choses les plus réelles pa-
* roiſſoient fans fondement
Es sans vray -Semblance..
Aprés cela ilsentrerent.en
10
conversation, & l'Ambaf_
fadeur ayant expliqué à
Pij
176 Voyage des Amb.
peu prés les chofes que je
vous ay déja marquées ſur
leur Religion , en ajoûta
trois , qu'il dit en eſtre les
trois principaux points ,
qui font, l'Amour des Ennemis
, l'Humilité , & la
Penitence.
Comme on ne peut aller
à Versailles fans voir
Saint Cloud & Meudon ,
& que ces Maiſons paroiffent
beaucoup , on dit
à l'Ambaſſadeur que l'une
appartenoit à Monfieur,
deSiam. 177
1
Frere unique de Sa Majeſté
, & l'autre à M. de
Louvois , Miniſtre d'Etat .
Il dit qu'il ne s'étonnoit
point de voir de fi belles
- Maiſons dans le Royaume,
Essur tout aprés le haut
point de gloire où le Roy avoit
mis la France. Enfin
on arriva à Versailles par
la grande avenuë, aprés
une converſation toute
pleine d'eſprit. Il y avoit
e dans la premiere Court
r mille hommes du Regi
178 Voyage des Amb.
ment des Gardes Françoi
fes& Suiffes ſous les armes
. Ils estoient tous veftus
en Juſteau corps rouges
brodez , & formoient
cinq files de chaque cofté,
Enſeignes déployées , &
tous lesOfficiers laPique à
la main. Les Suiffes eftoiet
à droite , & les François
à gauche , mais fans qu'ils
changent de diſpoſition ,
les François fe trouvent à
la droite de ceux qui fortent
du Chafteau , & les
de Siam. 179
S
ر
a
es
Suiffes à la gauche . On dit
aux Ambaſſadeurs que
c'eſtoit la Garde ordinaire
de dehors , qui monte
tous les trois jours. On
trouva les Gardes de la
Porte, qui formoient deux
hayes au delà de la porte
de la feconde Court . Ces
Gardes font pour ouvrir
la porte à ceux dont les
Caroffes ont droit d'enrrer
dans le Louvre ; ils
ne la gardent point la
nuit , & à fix heures du
180 Voyage des Amb.
ſoir les Gardes du Corps
en prennent poffeffion .
Les Ambaſſadeurs furent
conduits dans une Salle
appellée la Salle de Def
cente. C'est un lieu où l'on
mene tous les Ambaſſadeurs
en attendant l'heure
de l'Audience . On leur
fervit à déjeuner , mais ils
ne voulurent point manger
; ils ſe laverent feulement
, car ils font d'une
propreté extraordinaire .
Ils mirent enfuire les Bonde
Siam. 181
nets qui marquent leur
Dignité , & dont je vous
ay déja parlé. Ils ont au
bas de ces Bonnets , des
Couronnes d'or larges de
deux à trois doigts , d'où
fortent des fleurs faites de
feuilles d'or tres- minces ,
au milieu deſquelles font
1 quelques Rubis à la place
de la graine . Comme les
feüilles d'or qui forment
ces fleurs font fort lege-
-fres , elles ont un mouvement
qui les fait paroiſtre
e.
182 Voyage des Amb.
toûjours agitées. Le troifiéme
Ambaſſadeur n'a
point de ces fleurs autour
de ſa Couronne , il n'a
qu'un Cercle d'or large
de deux grands doigts &
cizelé. Lors qu'ils faifoient
travailler à ces Couronnes
par un Orphévre de
Paris , cét Orphévre leur
ayant dit qu'elles eſtoient
bien legeres , le premier
Ambaſſadeur répondit ,
Qu'ils les faisoient faire
pour des hommes, & quefi
de Siam. 183
10
هللا
be
elles estoient plus lourdes, il
les faudroit donner à porter
àdesBeftes . Leshuit Mandarins
qui accompagnent
les Ambaſsadeurs,ont une
pareille coëfure de Moufſeline
, mais il n'y a point
de Couronne autour de
leurs Bonnets. Ceux à qui
ces marquesde dignitéont
eſté données , n'oferoient
paroiftre devant le Roy
de Siam ſans les avoir,
L'heure de l'Audience étant
venuë , l'Introduce
184 Voyage des7
Amb.
teur des Ambassadeurs les
vint avertir que le Roy étoit
preſt á ſe mettre dans
fon Trône , & qu'il eſtoit
temps de partir. Il faut remarquer
que la Salle où
ils eftoient , regarde prefque
l'Eſcalierpar lequel ils
devoient monter chez le
Roy , & que pour ſe rendre
à cét Efcalier , il falloit
qu'ils traverſaffent la
Court. Ils trouverent en
haye dans cette Court les
Gardes de la Prevoſté, &
de Siam. 185
lesCent- Suiſses en approchant
de l'Eſcalier . M
Giraut marchoit à la teſte
des Domeſtiques des Ambassadeurs
; M' de Blainville
, grand Maiſtre des
Ceremonies , M. de Bon-
1 neuil Introducteur des
Ambassadeurs , & M
- Stolff Gentilhomme or-
Idinaire de la Maiſon du
| Roy , & nommé par Sa
Majesté pour les accom- el
pagner pendant tout le
| temps qu'ils feront ent
உ
186 Voyage des Amb.
France , venoient enfuite.
La Lettre du Roy de Siam
eſtoit portée par douze
Suifses dans la mesme
machine qui estoit à la
ruelle du Lit du premier
Ambassadeur , & que je
vous ay déja fait voir
gravée , & l'on portoit
quatre Parasols pour
couvrir cette Machine.
On avoit ordonné que
pour faire honneur à cette
Lettre , ily auroit au pied
de l'Escalier , en dehors ,
1
1
de Siam. 187
e
trente-fix Tambours , &
و
vingt - quatre Trompetes.
Les trois Ambaſsa
deurs marchoient de
front avec M² de la Feuillade
, & l'on portoit auprés
d'eux les marques de
leur dignité , qui font de
grandes Boetes rondes cizelées
avec des couvercles
relevez . C'eſt le Roy
de Siam qui les donne , &
l'on ne paroiſt jamais de--
vant luy ſans les avoir..
Elles font differentes auf
4
Qij
188 Voyage des Amb.
fi- bien que les Couronnes
, & font connoiſtre le
rang de ceux à qui elles apartiennent.
LesCours du
Chasteau estoient toutes
remplies de monde pour
voir paffer les Ambaffadeurs
. Ils trouverent deux
hayes desCent Suiffes, fur
le grand Efcalier , dont les
Eaux joüoient & faifoient
plufieurs napes dans le
milieu. Ils le traverſerent
au bruit des Fanfares des
yingt- quatre Trompetes
de Siam.
197
a
les falüa auffi. On ne
ſçauroit rien repreſenter
où le reſpect puiſse eftre
plus marqué , qu'il
l'eſtoit fur le viſage des
Ambassadeurs & de tous
ceux de leur fuire. Ils l'imprimerent
dans tous les
coeurs , & cette extreme
veneration qu'ilsfirent paroiſtre
pour laPerſonne de
Sa Majesté, leur attira de
S
S
grandes loüanges. Le Roy
avoit à la droite de fon
Trône Monſeigneur le
Riij
198 Voyage des Amb.
Dauphin , Monfieur le
Duc de Chartres , Monfieur
le Duc de Bourbon,
& Monfieur le Comte
de Toulouſe ; & à fa gauche,
Monfieur , Monfieur
le Duc , & Monfieur le
Ducdu Maine . Sonhabit
eftoit brodé à plein. Il y
avoit deſsus pour plufieurs
millions de Pierreries
, leſquelles formoient
en beaucoup d'endroisles
ornemens de la broderie.
Tous les Princes avoient
de Siam.
199
۲
د
des habits ou brodez , ou
de brocards d'or tous
couverts de Pierreries.Celuy
de Monfieur eftoit
noir , à cauſe que ce Prince
porte le deuil, & cette
couleur donnant un plus
vif éclat aux Diamans
dont il eſtoit remply, il n'y
avoit rien de plus brillant..
L'habit de Monfieur le
Duc du Maine estoit auffi
【
S
diftingué par un tresgrand
nombre de Rubis .Tous les
حا
grands Officiers du Roy
ו
Riiij
200 Voyage des Amb.
M.le Duc de Montaufier,
& ceux qui ont des Survivances
, eſtoient derriere
Sa Majesté , & derriere
ces Princes. Aprés
les troifiémes inclinations
dont je vous viens de parler
, le premier Ambaffadeur
commença ſa Harangue
. Quand il eut achevé,
M'l'Abbé de Lionne
, qui l'avoit traduire ,
la lût en François . Comme
c'eſt une Piece qui
peut eftre dérachée , je la
de Siam. 201
referve pour la fin de cette
Relation , afin de n'interrompre
pas les particularitez
de l'Audience.
M² l'Abbé de Lionne
ayant ceffé de parler ,
le premier Ambaſſadeur
monta pour remettre la
Lettre du Roy de Siam
entre les mains de SaMajeſté.
Les deux autres l'accompagnerent
, mais ils
laifferent toûjours une
marche entre eux , & le
premier Ambaſſadeur; ain202
Voyagedes Amb.
fi ils n'approcherent pas fi
prés . Le Roy ſeleva pour
prendre la Lettre , & la
reçeut debout , &découvert.
Enfuite Sa Majesté
appella M² l'Abbé de
Lionne , & luy dit qu'il
demandaſt à l'Ambaffadeur
des nouvelles de la
Santé du Roy de Siam, &
en quel eſtat il l'avoit
laiſsé quandil eſtoit party.
Le Roy demanda auſſi des
nouvelles de la Santé de
la Princeſse Reyne , & a
de Siam. 203
1
prés les réponſes de l'Ambaſsadeur,
Sa Majesté luy
ba
dit , Que s'il avoit quelque
choſe à luy propoſer , il le
pouvoitfaire,esqu Elle l'écouteroit.
L'Ambassadeur
demeura fi penetré des
bontez du Roy , qu'il ne
répondit qu'en ſe profternant
le plus bas qu'il put,
Ils recommencerent tous
juſqu'à trois fois les mefmes
inclinations qu'ils avoient
faires en s'approchant
du Trône du Roy,
204 Voyage des Amb.
& fe retirerent ayant toujours
les mains jointes, &
marchant à reculons jufqu'au
bout dela Galerie .
Ils ne ſe retournerent que
lors qu'ils ne pûrent plus
voir le Roy , qui demeura
dans ſon Trônejuſqu'à ce
qu'ils fuſsent fortis de la
Galerie. Comme ils avoient
traverſé tous les
Appartemens fans tourner
les yeux d'aucun coſté
, ſe croyant à tous momens
fur le point de pa
de Siam. 189
2
S
qui ſuivirent. Quand on
fut au haut de l'Efcalier ,
le premier Ambaffadeur
prit dans la Machine un
Vaſe où l'on avoit mis la
Boëte d'or qui renfermoit
la Lettre du Roy fon
Maistre , & le donna à
porter au troifiéme Ambaſſadeur
, puis l'on entra
dans la premiere Salle
des Gardes . Les Gardes du
Corps estoient en haye,
& fort ferrez des deux
coftez des deux premieres
190 Voyage des Amb.
Salles du grand Aparte
ment du Roy . M'le Duc
de Luxembourg les receut
à la porte de la premiere
avec trente Officiers
des Gardes fort lettes
& en jufte-au- corps bleu.
Le compliment de M'de
Luxembourg eftant finy ,
il accompagna les Ambaffadeurs
avec tous les Officiers
de ſa fuite , juſques
au bout de la Galerie où
eſtoir le Trône du Roy ,
& les Trompetes qui é
de Siam. 191
toient entrez avec les
meſmes Ambaffadeurs
pour accompagner la Lettre
du Roy de Siam,&luy
faire plus d'honneur,joue
rent juſques au bout de
la ſeconde Salle où les
Gardes du Corps eſtoient
en haye , & ne pafferent
point dans le reſte de l'Appartement,
que tous ceux
que je vous ay marquez
traverſerent. Ils entrerent
enfuite dans le Salon qui
eſt au bout de l'Apparte
192 Voyage des Amb.
ment , & par lequel on
va dans la Galerie , &
dés qu'ils furent ſous la
grande Arcade qui la ſepare
de ce Salon , & d'où
l'on pouvoit voir le Roy
en face , ils firent trois
profondes inclinations , &
tenant leurs mains jointes
, ils les éleverent autant
de fois juſques à leur
front . Ils firent la meſme
choſe au milieu de la Galerie,
dans laquelle étoient
environ quinze cens perſonnes
deSiam.
193
ſonnes , ce quiformoit fix
à fept rangs de chaque
cofté,& malgré cette foule
M'le Duc d'Aumont,
premier Gentilhomme de
la Chambre d'année , &
qui en cette qualité commandoit
dans lesAppartemens
avoit fi bien pris
ſes meſures , que fix perſonnes
pouvoient paffer
de front dans l'eſpace qui
reftoit vuide au milieu de
la Galerie . Le Trône d'argent
du Roy estoit poſé
د
R
194 Voyage des Amb.
fur une Eſtrade elevée de
neuf marches , & les marches
eftoient couvertes
d'un Tapis à fonds d'or.
Il y en avoit encore un
plus riche ſur l'eſplanade
, & autour de ce Tapis
eftoit une campanne
en broderie qui débordoit
fur la neuvième marche.
Les coſtez de ces neuf
marches eftoient garnis
de grandes Torcheres
d'argent de neuf pieds de
haut,&par delà les mar
de Siam. 195
ches , en élargiſſant toujours
, il y en avoit environ
dans l'eſpace de quatorze
ou quinze pieds de
long, entremelez de grandes
Buires , & de grands
Vaſes d'argent . Cet efpace
eſtoit pour mettre la
fuite des Ambaſſadeurs .
Comme elle precedoit ,
elley fut rangée à droite
& à gauche par M'Giraut ,
& ceux qui la compofoient
ſe profternerent
auffi - toft .Ils auroient toû-
Rij
196 Voyage des Amb.
jours eu le viſage contre
terre , fi le Roy n'euſt
permis qu'ils le regardaffent.
Lors qu'on en parla
à Sa Majesté , Elle dit,
Qu'ils estoient venus de
trop loin pour ne leur pas
permettre de le voir Quand
les trois Ambaſſadeurs furent
au pied de l'Eſtrade ,
ils firent leurs troiſiémes
inclinations , & les firent
fi profondes , qu'on
peut dire , que leur tefte
toucha la terre ; le Roy
de Siam.
205
roiſtre devant le Roy, la
beauté & la richesse des
Appartemens les furprirent
en fortant, & cedant
alors à la curiofité , ils ſe
détacherent pour en regarder
les Meubles . On
leur dit qu'on les ameneroit
tout exprés , afin qu'-
ils pûffent les voir à loifir ,
& le premier Ambaffadeur
répondit , Que c'eftoient
des choses à voir plus
d'une fois. Ils furent reconduits
dans la Salle où
206 Voyage des Amb.
,
ils eftoient defcendus en
arrivant ; & aprés qu'ils
s'y furent un peu repoſez ,
& qu'ils eurent ofté leurs
Bonnets de Ceremonie ,
on les mena dans une autre
Salle , où l'on avoit
ſervy un magnifique Difné.
Ils estoient tout remplis
de l'air majestueux &
delabontédu Roy , & en
parlement avec admiration
pendant la plus grande
partie du Repas ; ce
qu'ils font encore tous
de Siam .
T
0
207
les jours. M'de la Feüillade
diſna avec eux , &
fut placé à la droite entre
le premier , & le fecond
Ambaſſadeur . A la gauche
eſtoient le ſecond Ambaffadeur,
& M² de Bonneüil
enfuite ; à la droite M.
Stolf, à la gauche M. le
Chevalier de Chaumont;
à la droite les huit Mandarins
, à la gauche & vis
à vis , M' Delrieu , Maiftre
d'Hoſtel ordinaire de
la Maiſon du Roy , M.
r
208 Voyage des Amb.
l'Abbé de Lionne , & M.
Giraut. La Table estoit à
Pans,& comme elle estoit
extrémement grande , &
qu'il auroit eſté impoffible
que le plus grand
homme euſt placé des
plats juſques au milieu ,
on yavoit mis cinq Corbeilles
d'argent remplies
des plus belles fleurs, qui
toutes enſemble formoient
une piramide tresagreable.
Les plats furent
portez par les Cent Suif
de Siam. 209)
fes du Roy, ayant en tefte
M² de Riveroles , Controleur
de la Maiſon de Sa
Majeſté. Il y eur trois Services
,fans celuy du Fruit,,
& chaque fervice fut de
trente grands Plats , fans.
comprer les Hors- d'oen--
vre , & les Salades . Le
Defferr eſtoit parfaites
ment beau , & de pirami--
des fort élevées , & le
coloris des fruits , des
fleurs , & des confitures
1
ſeches faifoir un effer
2
S
210 Voyage des Amb.
plaiſant à la veuë. On fervit
quantité de Sous- coupes
, les unes remplies de
differentes liqueurs , &
les autres couvertes de
Taffes , remplies de toutes
fortes d'Eaux glacées ,
Onferviten meſme temps
une autre Table dans un
autre endroit , pour les
Secretaires , & les autres
Perſonnes de la fuite des
Ambaſſadeurs , fans celle
qui fut fervie pour les
Domestiques.Les Ambaf
deSiam. 211
fadeurs & les Mandarins
allerent en fortant de ta--
ble prendre leurs Bonnets.
de Ceremonie , parce que
c'eſtoit l'heure marquée:
pour l'Audience qu'ils de--
voient avoir de Monfeigueur
le Dauphin. Ils fe
rendirent chez ce Prince,
conduits par les mcfmess
Perſonnes qui les avoient
accompagnez à l'Audien
ce du Roy , & pafferent
au travers d'une double
S
e
es
1 haye de Gardes du Corps..
S. ij
212 Voyage des Amb.
Dés qu'ils apperçeûrent
Monſeigneur le Dauphin,
ils firent les meſmes inclinations
qu'ils avoient
faires chez leRoy.Le ſujet
du Compliment de l'Ambaſſadeur
fut fur ce que
le Roy Son Maistre regardoit
ce Prince comme le
digne Fils du plus grand
Roy de l'Europe , & dont
les grandes qualitez,
les Victoires s'estoient fait
connoistre jusques aux extrémite,
z de l'Univers , &
de Siam.
213
que mesme dans le temps
que le Roy faisoit des choses
qui paroiffent incroyables à
Ses Sujets-mefmes , le Roy
Son Maistre avoit eu le
bonheur de les apprendre ,
& d'en recevoir les confirmations
. Ilajoûta , que ce
mesme Roy esperoit que
Monseigneur le Dauphin
eftant forty d'un Sang ft
glorieux es fi genereux ,
-estant luy - mesme si bien-
- faisant , luy accorderoit les
= mesmes avantages , & la
214 Voyage des Amb.
misme amitié que le Roy
Son Pere , esqu'il estoit faché
de n'avoir pas eu le
temps de chercher dans toutes
les Indes des chofes plus
curieuses que celles qu'il luy
envoyoit. Monfcigneur le
Dauphin remercia non
ſeulement le Roy de
Siam , & les Ambaffadeurs
dans fa réponſe;
mais ce Prince fit auffi
connoiſtre qu'il leur donneroit
des marques de ſa
reconnoiffance . Les mou
deSiam. 215
vemens de leurs viſages
montrerent combien ils
eſtoient ſenſibles à des paroles
fi obligeantes , & ils
n'oferent y répondre
qu'en ſe profternant le
plus bas qu'il leur fut
poffible. Ils ſe retirerent
de la même maniere qu'ils
avoient fait chez le Roy.
Ils n'eurent point Audience
de Madame la Dauphine
, parce qu'elle eftoir
accouchée le jour precedent,&
en fortant de chez
216 Voyage des Amb.
Monteigneur le Dauphin,
ils allerent chez Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Les meſmes Ceremonies
y furent obfervées.
Je ne les repereray
point , & vous diray feulement
qu'elles ont eſté
égales pour toute la Maifon
Royale. L'Ambaffadeur
dit à Monſeigneur le
Duc de Bourgogne , Que
le Roy de Siam s'estoit réjozy
de fon heureuse Naif-
Sance, &les avoit chargez,
de
de Siam. 217
2
de l'en afſeurer; que la Princeffe
Reine luy envoyoit de
petites bagatelles pour le divertir
quelques momens ,
&quefi elles luy plaiſoient,
elle auroit ſoin de luy en envoyer
d'autres. Ils firent à
peu prés le meſme compliment
chez Monfeigneur
le Duc d'Anjou ,
& pafferent enfuite dans
la Chambre de Monfeigneur
le Duc de Berry.
L'Ambaſſadeur luy dit
Qu'il ne pouvoit que Sou-
T
218 Voyage des Amb.
haitertoutessortes de profperitez
à un Prince qui ne
Sçavoit pas encore parler,
qu'il estoit persuadé qu'il
feroit un jour un tres- grand
Prince, puis qu'il ſembloit
n'eſtre né que pour donner
ſa premiere Audience
à des Ambaſſadeurs venus
defix mille lieuës , & d'un
Païs d'où il n'en estoit point
encore venu en France, &
qu'il ne doutoit pas que lors
qu'il feroit plus grand , le
Roy Son Maistre ne luy
de Siam. 219
fuft connu , & qu'il ne s'en
Souvinſt, puis qu'on avoit
foin d'écrire l'Histoire des
Princes , &que l'Audience
qu'ils avoient ,ſeroit le premier
évenement qu'il rencontreroit
dans la fienne aprés
ſa Naiſſance. Madame
la Mareſchale de la
Mothe, Gouvernantedes
Enfans de France, répondit
à tous ces Complimens
avec l'eſprit qu'on ſçait
qu'elle a toûjours fait paroiſtre
en de pareilles oc-
Tij
220 Voyagedes Amb.
cafions. Ils traverſerent
enfuite la Galerie qui conduit
à l'Appartement de
Monfieur. Ils furent reçûs
par le Capitaine , &
les Officiers deſes Gardes ,
& pafferent la premiere
Sale au travers d'une
double haye des Gardes
du Corps de fon Alteſſe
Royale , & aprés avoir
traverſé pluſieurs Chambres
ils trouverent ce
Prince environné de toude
ſa Cour qui estoit fort
de Siam. 220
nombreuſe. Le Premier
Ambaffadeur , aprés avoir
felicité Monfieur fur les
Villes qu'il a prifes , & fur
le gain de la Bataille de
Caffel , s'étendit ſur la
parfaite union qui eſt en-
:
tre le Roy & ce Prince ,
& qui fait que les Ennemis
du Roy tont les fiens. IL
ajoûta , Qu'il ne doutoit
point que cette union &cette
conformité defentimens
ne fust cauſe qu'il n'eust
pour le Roy Son Maſtre les
Tij
222 Voyage des Amb.
mesmes sentimens que le
Roy avoit pour ce Monarque
, & qu'il eſperoit
que les Amis du Roy Son
Frere seroient ſes Amis,
commeſes Ennemis étoient
devenus lesſiens. Monfieur -
ayant fait à ce compliment
une réponſe auſſi favorable
que les Ambaffadeurs
la pouvoient attendre
, ils allerent chez
Madame, & pafferent encore
au travers d'une
double haye de Gardes
de Siam. 223
du Corps rangez dans la
premiere Salle . Madame
eſtoit accompagnée d'un
grand nombre de Princeffes
& de Ducheffes , & des
principales Dames de fa
Mailo Maiſon , dont les habits
eſtoient tout garnis de
pierreries. Il dit à Madame
, Que c'estoit pour eux
un honneurfort grand , que
de pouvoirfalüer une Heroïne
, Femme d'un Heros
quiestoit Frere d'un grand
5 invincible Monarque ..
Tij (
224 Voyage des Amb.
Es qu'ils mettroient ce jour
là au nombre des plus heureux
de leur vie. Aprés cette
Audience on les reconduifit
dans la Salle où ils
eſtoient defcendus d'abord.
Ilsy quiterent leurs
Bonnets de ceremonie , &
on leur prefenta la Collation
, mais ils ne mangerent
point. Ils monterent
enfuire en Caroffe pour
s'en retourner , & pafferent
encore entre les
Compagnies Françoiſes &
de Siam. 22.5
Suiffes de Garde qui eftoient
fous les Armes. Le
reſte du jour ils ne parlerent
que du Roy , de fa
bonne mine,de ſa taille,&
de la bonté qu'il mefle fi
dignement avec la fierté
Royale qu'un Monarque
doit avoir.
la Fiévre- quarte , dont il
ayoit eu quelques accés ,
declara qu'il donneroit
Audience aux Ambaſſadeus
le premier jour de
Septembre . Ce jour - là
M'le Maréchal Duc de la
Feuillade, M'de Bonneuil,
Introducteur des Ambaffadeurs
, &M* Giraut, qui
맥 l'accompagne toujours
dans cette fonction , les
Pij
172 Voyage des Amb.
allerent prendre à l'Ho
ſtel des Ambaſſadeurs ,
dans les Caroffes du Roy,
& de Madame la Dauphine
, avec pluſieurs autres
Caroſſes de ſuite. M.
de la Feuillade leur marqua
la joye qu'il avoit de
les venir querir pour les
mener à l'Audience du
Roy , & leur dit qu'il auroit
l'honneur deles conduire
à toutes les Audiences
que leur donneroit Sa
Majefté. Le premier Amde
Siam.
173
.
a
baffadeur luy fit connoiſtre
l'extrême paffion qu'-
ils avoient de voir le Roy,
&luy dit, Que cet heureux
jour, pour lequel ils avoient
traverſé tant de Mers ,
estoit enfin arrivé Ils monterent
enfuite dans le Caroffe
du Roy , qui fut environné
de pluſieurs Va-
Iets de pied de Sa Majeſté
, & précedé par ceux
de M. de la Feuillade. Ils
s'entretinrent pendant la
plus grande partie du che-
Pij
174 Voyage des Amb.
min de la Religion des Siamois
, dont M. de la Feuillade
demanda les particularitez
. L'Ambaffadeur
luy répondit avec beaucoup
d'eſprit , Que tout ce
qu'on diſoit d'une Religion
inconnuë devoit d'abord
paroiftre ridicule à des per
Sonnes qui n'en avoient
nulle connoiffance , & qui
en profefforent une autre ,
parce qu'il eft naturel de
croire toûjours la Religion
que l'on a embraßee , 04
deSiam.
175
汇
dans laquelle on est né , la
1 meilleure de toutes , esqu'-
+ enfin il falloit plus de temps
pour parler à fond fur une
Afi grande matiere, &entrer
dans des details qui de
mandoient plus d'application
qu'ils n'en pouvoient
alors donner; qu'autrement
201
e
01
les choses les plus réelles pa-
* roiſſoient fans fondement
Es sans vray -Semblance..
Aprés cela ilsentrerent.en
10
conversation, & l'Ambaf_
fadeur ayant expliqué à
Pij
176 Voyage des Amb.
peu prés les chofes que je
vous ay déja marquées ſur
leur Religion , en ajoûta
trois , qu'il dit en eſtre les
trois principaux points ,
qui font, l'Amour des Ennemis
, l'Humilité , & la
Penitence.
Comme on ne peut aller
à Versailles fans voir
Saint Cloud & Meudon ,
& que ces Maiſons paroiffent
beaucoup , on dit
à l'Ambaſſadeur que l'une
appartenoit à Monfieur,
deSiam. 177
1
Frere unique de Sa Majeſté
, & l'autre à M. de
Louvois , Miniſtre d'Etat .
Il dit qu'il ne s'étonnoit
point de voir de fi belles
- Maiſons dans le Royaume,
Essur tout aprés le haut
point de gloire où le Roy avoit
mis la France. Enfin
on arriva à Versailles par
la grande avenuë, aprés
une converſation toute
pleine d'eſprit. Il y avoit
e dans la premiere Court
r mille hommes du Regi
178 Voyage des Amb.
ment des Gardes Françoi
fes& Suiffes ſous les armes
. Ils estoient tous veftus
en Juſteau corps rouges
brodez , & formoient
cinq files de chaque cofté,
Enſeignes déployées , &
tous lesOfficiers laPique à
la main. Les Suiffes eftoiet
à droite , & les François
à gauche , mais fans qu'ils
changent de diſpoſition ,
les François fe trouvent à
la droite de ceux qui fortent
du Chafteau , & les
de Siam. 179
S
ر
a
es
Suiffes à la gauche . On dit
aux Ambaſſadeurs que
c'eſtoit la Garde ordinaire
de dehors , qui monte
tous les trois jours. On
trouva les Gardes de la
Porte, qui formoient deux
hayes au delà de la porte
de la feconde Court . Ces
Gardes font pour ouvrir
la porte à ceux dont les
Caroffes ont droit d'enrrer
dans le Louvre ; ils
ne la gardent point la
nuit , & à fix heures du
180 Voyage des Amb.
ſoir les Gardes du Corps
en prennent poffeffion .
Les Ambaſſadeurs furent
conduits dans une Salle
appellée la Salle de Def
cente. C'est un lieu où l'on
mene tous les Ambaſſadeurs
en attendant l'heure
de l'Audience . On leur
fervit à déjeuner , mais ils
ne voulurent point manger
; ils ſe laverent feulement
, car ils font d'une
propreté extraordinaire .
Ils mirent enfuire les Bonde
Siam. 181
nets qui marquent leur
Dignité , & dont je vous
ay déja parlé. Ils ont au
bas de ces Bonnets , des
Couronnes d'or larges de
deux à trois doigts , d'où
fortent des fleurs faites de
feuilles d'or tres- minces ,
au milieu deſquelles font
1 quelques Rubis à la place
de la graine . Comme les
feüilles d'or qui forment
ces fleurs font fort lege-
-fres , elles ont un mouvement
qui les fait paroiſtre
e.
182 Voyage des Amb.
toûjours agitées. Le troifiéme
Ambaſſadeur n'a
point de ces fleurs autour
de ſa Couronne , il n'a
qu'un Cercle d'or large
de deux grands doigts &
cizelé. Lors qu'ils faifoient
travailler à ces Couronnes
par un Orphévre de
Paris , cét Orphévre leur
ayant dit qu'elles eſtoient
bien legeres , le premier
Ambaſſadeur répondit ,
Qu'ils les faisoient faire
pour des hommes, & quefi
de Siam. 183
10
هللا
be
elles estoient plus lourdes, il
les faudroit donner à porter
àdesBeftes . Leshuit Mandarins
qui accompagnent
les Ambaſsadeurs,ont une
pareille coëfure de Moufſeline
, mais il n'y a point
de Couronne autour de
leurs Bonnets. Ceux à qui
ces marquesde dignitéont
eſté données , n'oferoient
paroiftre devant le Roy
de Siam ſans les avoir,
L'heure de l'Audience étant
venuë , l'Introduce
184 Voyage des7
Amb.
teur des Ambassadeurs les
vint avertir que le Roy étoit
preſt á ſe mettre dans
fon Trône , & qu'il eſtoit
temps de partir. Il faut remarquer
que la Salle où
ils eftoient , regarde prefque
l'Eſcalierpar lequel ils
devoient monter chez le
Roy , & que pour ſe rendre
à cét Efcalier , il falloit
qu'ils traverſaffent la
Court. Ils trouverent en
haye dans cette Court les
Gardes de la Prevoſté, &
de Siam. 185
lesCent- Suiſses en approchant
de l'Eſcalier . M
Giraut marchoit à la teſte
des Domeſtiques des Ambassadeurs
; M' de Blainville
, grand Maiſtre des
Ceremonies , M. de Bon-
1 neuil Introducteur des
Ambassadeurs , & M
- Stolff Gentilhomme or-
Idinaire de la Maiſon du
| Roy , & nommé par Sa
Majesté pour les accom- el
pagner pendant tout le
| temps qu'ils feront ent
உ
186 Voyage des Amb.
France , venoient enfuite.
La Lettre du Roy de Siam
eſtoit portée par douze
Suifses dans la mesme
machine qui estoit à la
ruelle du Lit du premier
Ambassadeur , & que je
vous ay déja fait voir
gravée , & l'on portoit
quatre Parasols pour
couvrir cette Machine.
On avoit ordonné que
pour faire honneur à cette
Lettre , ily auroit au pied
de l'Escalier , en dehors ,
1
1
de Siam. 187
e
trente-fix Tambours , &
و
vingt - quatre Trompetes.
Les trois Ambaſsa
deurs marchoient de
front avec M² de la Feuillade
, & l'on portoit auprés
d'eux les marques de
leur dignité , qui font de
grandes Boetes rondes cizelées
avec des couvercles
relevez . C'eſt le Roy
de Siam qui les donne , &
l'on ne paroiſt jamais de--
vant luy ſans les avoir..
Elles font differentes auf
4
Qij
188 Voyage des Amb.
fi- bien que les Couronnes
, & font connoiſtre le
rang de ceux à qui elles apartiennent.
LesCours du
Chasteau estoient toutes
remplies de monde pour
voir paffer les Ambaffadeurs
. Ils trouverent deux
hayes desCent Suiffes, fur
le grand Efcalier , dont les
Eaux joüoient & faifoient
plufieurs napes dans le
milieu. Ils le traverſerent
au bruit des Fanfares des
yingt- quatre Trompetes
de Siam.
197
a
les falüa auffi. On ne
ſçauroit rien repreſenter
où le reſpect puiſse eftre
plus marqué , qu'il
l'eſtoit fur le viſage des
Ambassadeurs & de tous
ceux de leur fuire. Ils l'imprimerent
dans tous les
coeurs , & cette extreme
veneration qu'ilsfirent paroiſtre
pour laPerſonne de
Sa Majesté, leur attira de
S
S
grandes loüanges. Le Roy
avoit à la droite de fon
Trône Monſeigneur le
Riij
198 Voyage des Amb.
Dauphin , Monfieur le
Duc de Chartres , Monfieur
le Duc de Bourbon,
& Monfieur le Comte
de Toulouſe ; & à fa gauche,
Monfieur , Monfieur
le Duc , & Monfieur le
Ducdu Maine . Sonhabit
eftoit brodé à plein. Il y
avoit deſsus pour plufieurs
millions de Pierreries
, leſquelles formoient
en beaucoup d'endroisles
ornemens de la broderie.
Tous les Princes avoient
de Siam.
199
۲
د
des habits ou brodez , ou
de brocards d'or tous
couverts de Pierreries.Celuy
de Monfieur eftoit
noir , à cauſe que ce Prince
porte le deuil, & cette
couleur donnant un plus
vif éclat aux Diamans
dont il eſtoit remply, il n'y
avoit rien de plus brillant..
L'habit de Monfieur le
Duc du Maine estoit auffi
【
S
diftingué par un tresgrand
nombre de Rubis .Tous les
حا
grands Officiers du Roy
ו
Riiij
200 Voyage des Amb.
M.le Duc de Montaufier,
& ceux qui ont des Survivances
, eſtoient derriere
Sa Majesté , & derriere
ces Princes. Aprés
les troifiémes inclinations
dont je vous viens de parler
, le premier Ambaffadeur
commença ſa Harangue
. Quand il eut achevé,
M'l'Abbé de Lionne
, qui l'avoit traduire ,
la lût en François . Comme
c'eſt une Piece qui
peut eftre dérachée , je la
de Siam. 201
referve pour la fin de cette
Relation , afin de n'interrompre
pas les particularitez
de l'Audience.
M² l'Abbé de Lionne
ayant ceffé de parler ,
le premier Ambaſſadeur
monta pour remettre la
Lettre du Roy de Siam
entre les mains de SaMajeſté.
Les deux autres l'accompagnerent
, mais ils
laifferent toûjours une
marche entre eux , & le
premier Ambaſſadeur; ain202
Voyagedes Amb.
fi ils n'approcherent pas fi
prés . Le Roy ſeleva pour
prendre la Lettre , & la
reçeut debout , &découvert.
Enfuite Sa Majesté
appella M² l'Abbé de
Lionne , & luy dit qu'il
demandaſt à l'Ambaffadeur
des nouvelles de la
Santé du Roy de Siam, &
en quel eſtat il l'avoit
laiſsé quandil eſtoit party.
Le Roy demanda auſſi des
nouvelles de la Santé de
la Princeſse Reyne , & a
de Siam. 203
1
prés les réponſes de l'Ambaſsadeur,
Sa Majesté luy
ba
dit , Que s'il avoit quelque
choſe à luy propoſer , il le
pouvoitfaire,esqu Elle l'écouteroit.
L'Ambassadeur
demeura fi penetré des
bontez du Roy , qu'il ne
répondit qu'en ſe profternant
le plus bas qu'il put,
Ils recommencerent tous
juſqu'à trois fois les mefmes
inclinations qu'ils avoient
faires en s'approchant
du Trône du Roy,
204 Voyage des Amb.
& fe retirerent ayant toujours
les mains jointes, &
marchant à reculons jufqu'au
bout dela Galerie .
Ils ne ſe retournerent que
lors qu'ils ne pûrent plus
voir le Roy , qui demeura
dans ſon Trônejuſqu'à ce
qu'ils fuſsent fortis de la
Galerie. Comme ils avoient
traverſé tous les
Appartemens fans tourner
les yeux d'aucun coſté
, ſe croyant à tous momens
fur le point de pa
de Siam. 189
2
S
qui ſuivirent. Quand on
fut au haut de l'Efcalier ,
le premier Ambaffadeur
prit dans la Machine un
Vaſe où l'on avoit mis la
Boëte d'or qui renfermoit
la Lettre du Roy fon
Maistre , & le donna à
porter au troifiéme Ambaſſadeur
, puis l'on entra
dans la premiere Salle
des Gardes . Les Gardes du
Corps estoient en haye,
& fort ferrez des deux
coftez des deux premieres
190 Voyage des Amb.
Salles du grand Aparte
ment du Roy . M'le Duc
de Luxembourg les receut
à la porte de la premiere
avec trente Officiers
des Gardes fort lettes
& en jufte-au- corps bleu.
Le compliment de M'de
Luxembourg eftant finy ,
il accompagna les Ambaffadeurs
avec tous les Officiers
de ſa fuite , juſques
au bout de la Galerie où
eſtoir le Trône du Roy ,
& les Trompetes qui é
de Siam. 191
toient entrez avec les
meſmes Ambaffadeurs
pour accompagner la Lettre
du Roy de Siam,&luy
faire plus d'honneur,joue
rent juſques au bout de
la ſeconde Salle où les
Gardes du Corps eſtoient
en haye , & ne pafferent
point dans le reſte de l'Appartement,
que tous ceux
que je vous ay marquez
traverſerent. Ils entrerent
enfuite dans le Salon qui
eſt au bout de l'Apparte
192 Voyage des Amb.
ment , & par lequel on
va dans la Galerie , &
dés qu'ils furent ſous la
grande Arcade qui la ſepare
de ce Salon , & d'où
l'on pouvoit voir le Roy
en face , ils firent trois
profondes inclinations , &
tenant leurs mains jointes
, ils les éleverent autant
de fois juſques à leur
front . Ils firent la meſme
choſe au milieu de la Galerie,
dans laquelle étoient
environ quinze cens perſonnes
deSiam.
193
ſonnes , ce quiformoit fix
à fept rangs de chaque
cofté,& malgré cette foule
M'le Duc d'Aumont,
premier Gentilhomme de
la Chambre d'année , &
qui en cette qualité commandoit
dans lesAppartemens
avoit fi bien pris
ſes meſures , que fix perſonnes
pouvoient paffer
de front dans l'eſpace qui
reftoit vuide au milieu de
la Galerie . Le Trône d'argent
du Roy estoit poſé
د
R
194 Voyage des Amb.
fur une Eſtrade elevée de
neuf marches , & les marches
eftoient couvertes
d'un Tapis à fonds d'or.
Il y en avoit encore un
plus riche ſur l'eſplanade
, & autour de ce Tapis
eftoit une campanne
en broderie qui débordoit
fur la neuvième marche.
Les coſtez de ces neuf
marches eftoient garnis
de grandes Torcheres
d'argent de neuf pieds de
haut,&par delà les mar
de Siam. 195
ches , en élargiſſant toujours
, il y en avoit environ
dans l'eſpace de quatorze
ou quinze pieds de
long, entremelez de grandes
Buires , & de grands
Vaſes d'argent . Cet efpace
eſtoit pour mettre la
fuite des Ambaſſadeurs .
Comme elle precedoit ,
elley fut rangée à droite
& à gauche par M'Giraut ,
& ceux qui la compofoient
ſe profternerent
auffi - toft .Ils auroient toû-
Rij
196 Voyage des Amb.
jours eu le viſage contre
terre , fi le Roy n'euſt
permis qu'ils le regardaffent.
Lors qu'on en parla
à Sa Majesté , Elle dit,
Qu'ils estoient venus de
trop loin pour ne leur pas
permettre de le voir Quand
les trois Ambaſſadeurs furent
au pied de l'Eſtrade ,
ils firent leurs troiſiémes
inclinations , & les firent
fi profondes , qu'on
peut dire , que leur tefte
toucha la terre ; le Roy
de Siam.
205
roiſtre devant le Roy, la
beauté & la richesse des
Appartemens les furprirent
en fortant, & cedant
alors à la curiofité , ils ſe
détacherent pour en regarder
les Meubles . On
leur dit qu'on les ameneroit
tout exprés , afin qu'-
ils pûffent les voir à loifir ,
& le premier Ambaffadeur
répondit , Que c'eftoient
des choses à voir plus
d'une fois. Ils furent reconduits
dans la Salle où
206 Voyage des Amb.
,
ils eftoient defcendus en
arrivant ; & aprés qu'ils
s'y furent un peu repoſez ,
& qu'ils eurent ofté leurs
Bonnets de Ceremonie ,
on les mena dans une autre
Salle , où l'on avoit
ſervy un magnifique Difné.
Ils estoient tout remplis
de l'air majestueux &
delabontédu Roy , & en
parlement avec admiration
pendant la plus grande
partie du Repas ; ce
qu'ils font encore tous
de Siam .
T
0
207
les jours. M'de la Feüillade
diſna avec eux , &
fut placé à la droite entre
le premier , & le fecond
Ambaſſadeur . A la gauche
eſtoient le ſecond Ambaffadeur,
& M² de Bonneüil
enfuite ; à la droite M.
Stolf, à la gauche M. le
Chevalier de Chaumont;
à la droite les huit Mandarins
, à la gauche & vis
à vis , M' Delrieu , Maiftre
d'Hoſtel ordinaire de
la Maiſon du Roy , M.
r
208 Voyage des Amb.
l'Abbé de Lionne , & M.
Giraut. La Table estoit à
Pans,& comme elle estoit
extrémement grande , &
qu'il auroit eſté impoffible
que le plus grand
homme euſt placé des
plats juſques au milieu ,
on yavoit mis cinq Corbeilles
d'argent remplies
des plus belles fleurs, qui
toutes enſemble formoient
une piramide tresagreable.
Les plats furent
portez par les Cent Suif
de Siam. 209)
fes du Roy, ayant en tefte
M² de Riveroles , Controleur
de la Maiſon de Sa
Majeſté. Il y eur trois Services
,fans celuy du Fruit,,
& chaque fervice fut de
trente grands Plats , fans.
comprer les Hors- d'oen--
vre , & les Salades . Le
Defferr eſtoit parfaites
ment beau , & de pirami--
des fort élevées , & le
coloris des fruits , des
fleurs , & des confitures
1
ſeches faifoir un effer
2
S
210 Voyage des Amb.
plaiſant à la veuë. On fervit
quantité de Sous- coupes
, les unes remplies de
differentes liqueurs , &
les autres couvertes de
Taffes , remplies de toutes
fortes d'Eaux glacées ,
Onferviten meſme temps
une autre Table dans un
autre endroit , pour les
Secretaires , & les autres
Perſonnes de la fuite des
Ambaſſadeurs , fans celle
qui fut fervie pour les
Domestiques.Les Ambaf
deSiam. 211
fadeurs & les Mandarins
allerent en fortant de ta--
ble prendre leurs Bonnets.
de Ceremonie , parce que
c'eſtoit l'heure marquée:
pour l'Audience qu'ils de--
voient avoir de Monfeigueur
le Dauphin. Ils fe
rendirent chez ce Prince,
conduits par les mcfmess
Perſonnes qui les avoient
accompagnez à l'Audien
ce du Roy , & pafferent
au travers d'une double
S
e
es
1 haye de Gardes du Corps..
S. ij
212 Voyage des Amb.
Dés qu'ils apperçeûrent
Monſeigneur le Dauphin,
ils firent les meſmes inclinations
qu'ils avoient
faires chez leRoy.Le ſujet
du Compliment de l'Ambaſſadeur
fut fur ce que
le Roy Son Maistre regardoit
ce Prince comme le
digne Fils du plus grand
Roy de l'Europe , & dont
les grandes qualitez,
les Victoires s'estoient fait
connoistre jusques aux extrémite,
z de l'Univers , &
de Siam.
213
que mesme dans le temps
que le Roy faisoit des choses
qui paroiffent incroyables à
Ses Sujets-mefmes , le Roy
Son Maistre avoit eu le
bonheur de les apprendre ,
& d'en recevoir les confirmations
. Ilajoûta , que ce
mesme Roy esperoit que
Monseigneur le Dauphin
eftant forty d'un Sang ft
glorieux es fi genereux ,
-estant luy - mesme si bien-
- faisant , luy accorderoit les
= mesmes avantages , & la
214 Voyage des Amb.
misme amitié que le Roy
Son Pere , esqu'il estoit faché
de n'avoir pas eu le
temps de chercher dans toutes
les Indes des chofes plus
curieuses que celles qu'il luy
envoyoit. Monfcigneur le
Dauphin remercia non
ſeulement le Roy de
Siam , & les Ambaffadeurs
dans fa réponſe;
mais ce Prince fit auffi
connoiſtre qu'il leur donneroit
des marques de ſa
reconnoiffance . Les mou
deSiam. 215
vemens de leurs viſages
montrerent combien ils
eſtoient ſenſibles à des paroles
fi obligeantes , & ils
n'oferent y répondre
qu'en ſe profternant le
plus bas qu'il leur fut
poffible. Ils ſe retirerent
de la même maniere qu'ils
avoient fait chez le Roy.
Ils n'eurent point Audience
de Madame la Dauphine
, parce qu'elle eftoir
accouchée le jour precedent,&
en fortant de chez
216 Voyage des Amb.
Monteigneur le Dauphin,
ils allerent chez Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Les meſmes Ceremonies
y furent obfervées.
Je ne les repereray
point , & vous diray feulement
qu'elles ont eſté
égales pour toute la Maifon
Royale. L'Ambaffadeur
dit à Monſeigneur le
Duc de Bourgogne , Que
le Roy de Siam s'estoit réjozy
de fon heureuse Naif-
Sance, &les avoit chargez,
de
de Siam. 217
2
de l'en afſeurer; que la Princeffe
Reine luy envoyoit de
petites bagatelles pour le divertir
quelques momens ,
&quefi elles luy plaiſoient,
elle auroit ſoin de luy en envoyer
d'autres. Ils firent à
peu prés le meſme compliment
chez Monfeigneur
le Duc d'Anjou ,
& pafferent enfuite dans
la Chambre de Monfeigneur
le Duc de Berry.
L'Ambaſſadeur luy dit
Qu'il ne pouvoit que Sou-
T
218 Voyage des Amb.
haitertoutessortes de profperitez
à un Prince qui ne
Sçavoit pas encore parler,
qu'il estoit persuadé qu'il
feroit un jour un tres- grand
Prince, puis qu'il ſembloit
n'eſtre né que pour donner
ſa premiere Audience
à des Ambaſſadeurs venus
defix mille lieuës , & d'un
Païs d'où il n'en estoit point
encore venu en France, &
qu'il ne doutoit pas que lors
qu'il feroit plus grand , le
Roy Son Maistre ne luy
de Siam. 219
fuft connu , & qu'il ne s'en
Souvinſt, puis qu'on avoit
foin d'écrire l'Histoire des
Princes , &que l'Audience
qu'ils avoient ,ſeroit le premier
évenement qu'il rencontreroit
dans la fienne aprés
ſa Naiſſance. Madame
la Mareſchale de la
Mothe, Gouvernantedes
Enfans de France, répondit
à tous ces Complimens
avec l'eſprit qu'on ſçait
qu'elle a toûjours fait paroiſtre
en de pareilles oc-
Tij
220 Voyagedes Amb.
cafions. Ils traverſerent
enfuite la Galerie qui conduit
à l'Appartement de
Monfieur. Ils furent reçûs
par le Capitaine , &
les Officiers deſes Gardes ,
& pafferent la premiere
Sale au travers d'une
double haye des Gardes
du Corps de fon Alteſſe
Royale , & aprés avoir
traverſé pluſieurs Chambres
ils trouverent ce
Prince environné de toude
ſa Cour qui estoit fort
de Siam. 220
nombreuſe. Le Premier
Ambaffadeur , aprés avoir
felicité Monfieur fur les
Villes qu'il a prifes , & fur
le gain de la Bataille de
Caffel , s'étendit ſur la
parfaite union qui eſt en-
:
tre le Roy & ce Prince ,
& qui fait que les Ennemis
du Roy tont les fiens. IL
ajoûta , Qu'il ne doutoit
point que cette union &cette
conformité defentimens
ne fust cauſe qu'il n'eust
pour le Roy Son Maſtre les
Tij
222 Voyage des Amb.
mesmes sentimens que le
Roy avoit pour ce Monarque
, & qu'il eſperoit
que les Amis du Roy Son
Frere seroient ſes Amis,
commeſes Ennemis étoient
devenus lesſiens. Monfieur -
ayant fait à ce compliment
une réponſe auſſi favorable
que les Ambaffadeurs
la pouvoient attendre
, ils allerent chez
Madame, & pafferent encore
au travers d'une
double haye de Gardes
de Siam. 223
du Corps rangez dans la
premiere Salle . Madame
eſtoit accompagnée d'un
grand nombre de Princeffes
& de Ducheffes , & des
principales Dames de fa
Mailo Maiſon , dont les habits
eſtoient tout garnis de
pierreries. Il dit à Madame
, Que c'estoit pour eux
un honneurfort grand , que
de pouvoirfalüer une Heroïne
, Femme d'un Heros
quiestoit Frere d'un grand
5 invincible Monarque ..
Tij (
224 Voyage des Amb.
Es qu'ils mettroient ce jour
là au nombre des plus heureux
de leur vie. Aprés cette
Audience on les reconduifit
dans la Salle où ils
eſtoient defcendus d'abord.
Ilsy quiterent leurs
Bonnets de ceremonie , &
on leur prefenta la Collation
, mais ils ne mangerent
point. Ils monterent
enfuire en Caroffe pour
s'en retourner , & pafferent
encore entre les
Compagnies Françoiſes &
de Siam. 22.5
Suiffes de Garde qui eftoient
fous les Armes. Le
reſte du jour ils ne parlerent
que du Roy , de fa
bonne mine,de ſa taille,&
de la bonté qu'il mefle fi
dignement avec la fierté
Royale qu'un Monarque
doit avoir.
Fermer
Résumé : Tout ce qui s'est fait le jour qu'ils ont esté à l'Audience du Roy à Versailles, les Ceremonies qui ont esté observées avec les complimens qu'ils ont faits à la pluspart des Princes & Princesses de la Maison Royale, [titre d'après la table]
Après sa guérison de la fièvre quarte, le roi de France annonça qu'il recevrait les ambassadeurs siamois le 1er septembre. Le maréchal Duc de la Feuillade, accompagné de M. de Bonneuil et M. Giraut, se rendit à leur hôtel pour les escorter. Durant le trajet vers Versailles, les ambassadeurs discutèrent de la religion des Siamois, soulignant que chaque religion peut sembler ridicule à ceux qui en ignorent les détails. À Versailles, les ambassadeurs furent accueillis par des gardes en uniforme et traversèrent plusieurs cours avant d'être conduits dans la salle de descente. Ils refusèrent de déjeuner mais se préparèrent en mettant leurs bonnets de dignité ornés de couronnes d'or et de rubis. Escortés par plusieurs dignitaires, ils furent conduits à l'escalier du roi. La lettre du roi de Siam, portée par douze Suisses, fut accompagnée de tambours et de trompettes. Les ambassadeurs traversèrent les cours remplies de monde, montèrent l'escalier au son des fanfares et firent des inclinations profondes en entrant dans la galerie. Le roi, vêtu d'un habit brodé de pierreries, était entouré de princes et de grands officiers. Après la harangue de l'ambassadeur, traduite par l'abbé de Lionne, le roi reçut la lettre debout et découvert. Il demanda des nouvelles du roi de Siam et de la reine, puis invita l'ambassadeur à faire des propositions. Les ambassadeurs se retirèrent en faisant des inclinations et en marchant à reculons jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus voir le roi. Les ambassadeurs exprimèrent leur admiration pour la beauté et la richesse des appartements royaux. Ils furent invités à un dîner somptueux, avec une table décorée de fleurs et de nombreux plats. Après le repas, ils rencontrèrent le Dauphin, qui répondit favorablement à leurs compliments. Ils rendirent également visite au duc de Bourgogne, au duc d'Anjou, et au duc de Berry, en leur adressant des compliments appropriés. Ils rencontrèrent également Monsieur et Madame, exprimant leur admiration pour leurs exploits et leur union avec le roi. Tout au long de leur visite, les ambassadeurs montrèrent une grande déférence et furent reçus avec des honneurs égaux pour toute la maison royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18205
p. 2958
POLOGNE.
Début :
Le Roy ayant résolu d'augmenter jusqu'à 400000. hommes les Troupes de l'Electorat [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
LE-Roy ayant réfolu d'augmenter jufqu'à
de Saxe , S. M. a envoyé fes ordres à Dreſde
pour y faire délivrer aux Officiers les fonds neceffaires
pour cette augmentation , & pour faire
remplir les Magazins de toutes fortes de munitions.
LE-Roy ayant réfolu d'augmenter jufqu'à
de Saxe , S. M. a envoyé fes ordres à Dreſde
pour y faire délivrer aux Officiers les fonds neceffaires
pour cette augmentation , & pour faire
remplir les Magazins de toutes fortes de munitions.
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18206
p. 2959
SUEDE.
Début :
On assure qu'il a été signé à Stokolm, au commencement de ce mois, un Traité d'Alliance [...]
Mots clefs :
Traité d'alliance, Roi
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texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
N affure qu'il a été figné à Stokolm , an
commencement de ce mois, un Traité d'Alliance
deffenfive entre le Roi , le Roi de la Grande
Bretagne & le Duc de Brunfwik- Wolfembutel,
pour la confervation & défenſe mutuelle de leurs
Etats d'Allemagne. Suivant ce Traité , ces trois
Puiffances doivent raffembler dans la Baff: Saxe
un Corps de Troupes de 35000. hommes , & on
invitera les autres Puiffances voifines d'acceder à
ce Traité pour la fureté de leurs Etats.
Il a été réſolu dans le Conſeil du Roi , de faire
drefler une Lifte de tous les jeunes gens depuis 20
juſqu'à 36. ans , dans toutes les Vilies , Bourgs
& Villages de fes Etats d'Allemagne , on établira
pour cet effet des Magazins d'Armes dans les Arfenaux
de Caffel , de Ziegenheim & de Marpurg.
Le Miniftre du Roi à Warfovie , a écrit que le
Roi de Pologne avoit accordé aux Proteftans de
fon Royaume le libre exercice de leur Religion
& qu'ils efperoient que dans la prochaine Diete
generale on les remettroit en poff ffion des biens
qu'on leur a enlevez depuis 12. ou 15. ans.
N affure qu'il a été figné à Stokolm , an
commencement de ce mois, un Traité d'Alliance
deffenfive entre le Roi , le Roi de la Grande
Bretagne & le Duc de Brunfwik- Wolfembutel,
pour la confervation & défenſe mutuelle de leurs
Etats d'Allemagne. Suivant ce Traité , ces trois
Puiffances doivent raffembler dans la Baff: Saxe
un Corps de Troupes de 35000. hommes , & on
invitera les autres Puiffances voifines d'acceder à
ce Traité pour la fureté de leurs Etats.
Il a été réſolu dans le Conſeil du Roi , de faire
drefler une Lifte de tous les jeunes gens depuis 20
juſqu'à 36. ans , dans toutes les Vilies , Bourgs
& Villages de fes Etats d'Allemagne , on établira
pour cet effet des Magazins d'Armes dans les Arfenaux
de Caffel , de Ziegenheim & de Marpurg.
Le Miniftre du Roi à Warfovie , a écrit que le
Roi de Pologne avoit accordé aux Proteftans de
fon Royaume le libre exercice de leur Religion
& qu'ils efperoient que dans la prochaine Diete
generale on les remettroit en poff ffion des biens
qu'on leur a enlevez depuis 12. ou 15. ans.
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Résumé : SUEDE.
En Suède, un traité d'alliance défensive a été signé à Stockholm entre le roi de Suède, le roi de Grande-Bretagne et le duc de Brunswick-Wolfenbüttel. Ce traité vise à la conservation et à la défense mutuelle de leurs États en Allemagne. Les trois puissances doivent rassembler un corps de troupes de 35 000 hommes en Basse-Saxe et invitent les autres puissances voisines à adhérer à ce traité pour assurer la sûreté de leurs États. Par ailleurs, il a été décidé de dresser une liste de tous les jeunes gens âgés de 20 à 36 ans dans toutes les villes, bourgs et villages des États d'Allemagne. Des magasins d'armes seront établis dans les arsenaux de Cassel, de Ziegenheim et de Marpurg. En Pologne, le roi a accordé aux protestants le libre exercice de leur religion. Ils espèrent que lors de la prochaine diète générale, les biens qui leur ont été enlevés au cours des 12 à 15 dernières années leur seront restitués.
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18207
p. 188-190
REMARQUES Sur le Drame, & sur la Musique.
Début :
Ce Drame, a par-dessus beaucoup d'autres, dans les Ouvrages de ce genre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES Sur le Drame, & sur la Musique.
REMARQUES
Sur le Drame, & sur la Musique.
Ce Drame, a par-dessus beaucoup
d'autres, dans les Ouvrages de ce genre
moitié lyrique moitié récité , d'être plus
lié , plus filé , & de contenir une forte
de conduite réguliére dans l'action . Pour
faire fentir cet avantage à nos Lecteurs ,
qui feroient étonnés peut- être de l'éten-
duë de cette Analyfe , il étoit indifpen-
fable d'expofer non feulement le Plan
de toute cette petite intrigue , mais en-
core prèfque celui du Dialogue , afin de
faire connoître le fil des Scènes , & les
mouvemens de l'action : cela nous a
paru d'autant plus nécéffaire qu'un précis
plus abregé n'auroit fait voir que les
fources d'où l'Auteur ne paroît pas dif-
JANVIER. 1764,
189
fimuler avoir puifé la principale par-
tie de l'invention ; mais dont on ne
peut lui refufer le mérite d'un ufage
adroit , d'où réfulte de l'agrément , &
furtout un fond très
heureux pour
mettre en œuvre le génie du Muficien
& lui procurer une grande variété de
caractères. La grande part qu'a ce der-
nier au brillant fuccès de cette Piéce
ne nous permet pas de nous taire fur
les juftes éloges qu'il mérite ; elle fem-
ble en effet mettre le fceau à la réputa
tion de M. Philidor. Les amateurs les
plus outrés de la frivolité du nouveau
genre , ont vu cependant avec fatis-
faction ce jeune Muficien fournir une
carrière nouvelle , & s'éloigner de ce
genre peut-être naturel , mais toujours
trivial quand il n'eft pas bifarre , qui do-
mine dans bien des Pièces de cette nou-
velle eſpéce. Au- contraire ici , fuccef-
fivement intéreffant , fouvent fublime
fçavant fans être moins gracieux, il fem
ble avoir déployé les plus heureuſes ref
fources de fon Art. Nous avons pour
preuves de ce que nous avançons entre
autres morceaux la Romance dont nous
avons rapporté les paroles ; le Duo du
premier Acte , la defcription de la Tem-
pête , l'Ariette de Blaiſe , la Scène de
130 MERCURE DE FRANCE.
la Reconnoiffance de Julien , l'admira-
ble Monologue d'Agathe , enfin le Vau-
deville de la fin , & nous pourrions dire
tout l'ouvrage. Ce qui laiffe efpérer que
le Muficien ne négligera pas d'étendre
fa gloire , en briguant de pareils fuccès
dans le premier genre, plus digne de fes
talens , & auquel il paroît fait pour at-
teindre , & pour y réuffir.
Nous defirerions que l'étenduë qu'a
déjà cet Article nous permît de rendre
inftice en particulier au talent de cha-
que Acteur, dans la jufte appréciation
que l'on doit faire de ce genre. On peut
toujours convenir que M. Caillot , entre
autres , indépendament des dons heureux
de la nature , & du talent de chanter ,
acquiert journellement celui de bon Co-
médien.
Les Amateurs de ce Théâtre ont vu
avec plaifir le retour de M. Audinot, dans
fes , Rôles de certains Caractéres qu'il
avoit pour ainfi dire établis dans leur
origine.
Sur le Drame, & sur la Musique.
Ce Drame, a par-dessus beaucoup
d'autres, dans les Ouvrages de ce genre
moitié lyrique moitié récité , d'être plus
lié , plus filé , & de contenir une forte
de conduite réguliére dans l'action . Pour
faire fentir cet avantage à nos Lecteurs ,
qui feroient étonnés peut- être de l'éten-
duë de cette Analyfe , il étoit indifpen-
fable d'expofer non feulement le Plan
de toute cette petite intrigue , mais en-
core prèfque celui du Dialogue , afin de
faire connoître le fil des Scènes , & les
mouvemens de l'action : cela nous a
paru d'autant plus nécéffaire qu'un précis
plus abregé n'auroit fait voir que les
fources d'où l'Auteur ne paroît pas dif-
JANVIER. 1764,
189
fimuler avoir puifé la principale par-
tie de l'invention ; mais dont on ne
peut lui refufer le mérite d'un ufage
adroit , d'où réfulte de l'agrément , &
furtout un fond très
heureux pour
mettre en œuvre le génie du Muficien
& lui procurer une grande variété de
caractères. La grande part qu'a ce der-
nier au brillant fuccès de cette Piéce
ne nous permet pas de nous taire fur
les juftes éloges qu'il mérite ; elle fem-
ble en effet mettre le fceau à la réputa
tion de M. Philidor. Les amateurs les
plus outrés de la frivolité du nouveau
genre , ont vu cependant avec fatis-
faction ce jeune Muficien fournir une
carrière nouvelle , & s'éloigner de ce
genre peut-être naturel , mais toujours
trivial quand il n'eft pas bifarre , qui do-
mine dans bien des Pièces de cette nou-
velle eſpéce. Au- contraire ici , fuccef-
fivement intéreffant , fouvent fublime
fçavant fans être moins gracieux, il fem
ble avoir déployé les plus heureuſes ref
fources de fon Art. Nous avons pour
preuves de ce que nous avançons entre
autres morceaux la Romance dont nous
avons rapporté les paroles ; le Duo du
premier Acte , la defcription de la Tem-
pête , l'Ariette de Blaiſe , la Scène de
130 MERCURE DE FRANCE.
la Reconnoiffance de Julien , l'admira-
ble Monologue d'Agathe , enfin le Vau-
deville de la fin , & nous pourrions dire
tout l'ouvrage. Ce qui laiffe efpérer que
le Muficien ne négligera pas d'étendre
fa gloire , en briguant de pareils fuccès
dans le premier genre, plus digne de fes
talens , & auquel il paroît fait pour at-
teindre , & pour y réuffir.
Nous defirerions que l'étenduë qu'a
déjà cet Article nous permît de rendre
inftice en particulier au talent de cha-
que Acteur, dans la jufte appréciation
que l'on doit faire de ce genre. On peut
toujours convenir que M. Caillot , entre
autres , indépendament des dons heureux
de la nature , & du talent de chanter ,
acquiert journellement celui de bon Co-
médien.
Les Amateurs de ce Théâtre ont vu
avec plaifir le retour de M. Audinot, dans
fes , Rôles de certains Caractéres qu'il
avoit pour ainfi dire établis dans leur
origine.
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18208
p. 177-180
Montagne d'eau ou Fontaine de l'Etoile, [titre d'après la table]
Début :
De là on passa dans un Bosquet appelé la Montagne [...]
Mots clefs :
Montagne d'eau, Fontaine de l'étoile, Fontaine, Allées, Figure, Jets d'eau, Treillage, Figures, Bassin
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texteReconnaissance textuelle : Montagne d'eau ou Fontaine de l'Etoile, [titre d'après la table]
De là con paſfa dans un
Boſquet applele la Montagno
dieon, ousta Eontaine de l'Ex
toilesparce que la principale
Fontaine qub en occupe la ام
4
172 Suite duVoyage
milieu , eft entourée de cinq
allées qui toutes enſemble
forment la figure d'une Etoide.
On trouve aux deux cô
tez de ces allées des rochers
d'où fortent des jets d'eau
qui tombent dans une rigo
le. La place aumilieu de la
quelle eft la principale Fontaine
, eſt environnée d'un
treillage orné d'Architecture
& de pilaftres. Ily a tout au
tour des enfoncemens cein
trez ou portique , dans lef
quels font des bans qui fuivent
la meſme figure. Tout
le deſſus de ce treillage eft
orné de Vazes de differentes
figures ,
des Amb. de Siam. 713
figures , qui font remplis de
tout ce qui peut donner de
l'agrément à ce lieu par la
diverſité des fleurs mêlées de
verdure. Les jets d'eau qui
ſont dans le principal Baffin ,
n'eſtant pas également éle
vez , forment comme une
montagne d'eau , du haut de
laquelle s'élance encore un
gros jet. Je ne finirois point
ſi je voulois entrer dans un
plus ample détail ; il ſuffira
de vous dire que les eaux
produifent encore d'agreables
& nouveaux effets autour
du bord de ce Baffin .
Boſquet applele la Montagno
dieon, ousta Eontaine de l'Ex
toilesparce que la principale
Fontaine qub en occupe la ام
4
172 Suite duVoyage
milieu , eft entourée de cinq
allées qui toutes enſemble
forment la figure d'une Etoide.
On trouve aux deux cô
tez de ces allées des rochers
d'où fortent des jets d'eau
qui tombent dans une rigo
le. La place aumilieu de la
quelle eft la principale Fontaine
, eſt environnée d'un
treillage orné d'Architecture
& de pilaftres. Ily a tout au
tour des enfoncemens cein
trez ou portique , dans lef
quels font des bans qui fuivent
la meſme figure. Tout
le deſſus de ce treillage eft
orné de Vazes de differentes
figures ,
des Amb. de Siam. 713
figures , qui font remplis de
tout ce qui peut donner de
l'agrément à ce lieu par la
diverſité des fleurs mêlées de
verdure. Les jets d'eau qui
ſont dans le principal Baffin ,
n'eſtant pas également éle
vez , forment comme une
montagne d'eau , du haut de
laquelle s'élance encore un
gros jet. Je ne finirois point
ſi je voulois entrer dans un
plus ample détail ; il ſuffira
de vous dire que les eaux
produifent encore d'agreables
& nouveaux effets autour
du bord de ce Baffin .
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Résumé : Montagne d'eau ou Fontaine de l'Etoile, [titre d'après la table]
Le texte présente la Montagne d'Eau, un bosquet situé dans un jardin. Au centre de ce bosquet se trouve une fontaine principale entourée de cinq allées disposées en étoile. De chaque côté de ces allées, des rochers projettent des jets d'eau qui tombent dans une rigole. La place centrale, où se trouve la fontaine, est entourée d'un treillage orné d'architecture et de pilastres. Autour de ce treillage, des enfoncements ou portiques contiennent des bancs disposés selon la même figure. Le treillage est décoré de vases de différentes formes, remplis de fleurs et de verdure. Les jets d'eau du bassin principal, de hauteurs variées, forment une montagne d'eau d'où s'élance un gros jet. Les eaux produisent également des effets agréables et nouveaux autour du bord du bassin.
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18209
p. 191
MORTS.
Début :
Jean-Hector de Fay, Baron de la Tour de Maubourg, Maréchal de France, [...]
Mots clefs :
Baron, Gouverneur, Marquis, Dame, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Jean-Hector de Fay , Baron de la Tour de
Maubourg , Maréchal de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Gouverneur des Ville & Château
de S. Malo & du Fort de Lillets , eft mort en
cette Ville le 15 Mai , âgé de quatre vingts ans.
Alexandre d'Orléans , Marquis de ' Rothelin
Lieutenant Général des Armées du Roi & Gouverneur
des Ports Louis & de l'Orient , eft mort
le même jour , âgé de loixante feize ans.
Marie Jacques de Bréhant , Marquis de Bréhant
, Maréchal de Camp & Infpe&eur Général
d'Infanterie , mourut en cette Ville le 31 , dans
la cinquante uniéme année de fon âge.
Marie- Françoile de Pardaillan de Gondrin ,
Comteffe de Civrac , Dame d'Atours de Madame
ett morte ici le premier de ce mois , âgee de
trente-cinq ans.
Louife- Elifabeth Jacqueline d'Alface d'Hennin.
Liétard époufe de Jofeph Gabriel Tancrede de
Felix , Marquis de Muy , Comte de la Reynarde ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & Premier
Maître d'Hôtel de Madame la Dauphine ,
mourut à Verlailles , le 27 du mois dernier , âgée
de trente- fept ans,
Jean-Hector de Fay , Baron de la Tour de
Maubourg , Maréchal de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Gouverneur des Ville & Château
de S. Malo & du Fort de Lillets , eft mort en
cette Ville le 15 Mai , âgé de quatre vingts ans.
Alexandre d'Orléans , Marquis de ' Rothelin
Lieutenant Général des Armées du Roi & Gouverneur
des Ports Louis & de l'Orient , eft mort
le même jour , âgé de loixante feize ans.
Marie Jacques de Bréhant , Marquis de Bréhant
, Maréchal de Camp & Infpe&eur Général
d'Infanterie , mourut en cette Ville le 31 , dans
la cinquante uniéme année de fon âge.
Marie- Françoile de Pardaillan de Gondrin ,
Comteffe de Civrac , Dame d'Atours de Madame
ett morte ici le premier de ce mois , âgee de
trente-cinq ans.
Louife- Elifabeth Jacqueline d'Alface d'Hennin.
Liétard époufe de Jofeph Gabriel Tancrede de
Felix , Marquis de Muy , Comte de la Reynarde ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & Premier
Maître d'Hôtel de Madame la Dauphine ,
mourut à Verlailles , le 27 du mois dernier , âgée
de trente- fept ans,
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Résumé : MORTS.
Le texte rapporte le décès de plusieurs personnalités françaises de haut rang. Jean-Hector de Fay, Baron de la Tour de Maubourg, Maréchal de France, Chevalier des Ordres du Roi, Gouverneur des Ville et Château de Saint-Malo et du Fort de Lillets, est décédé à Saint-Malo le 15 mai à l'âge de quatre-vingts ans. Alexandre d'Orléans, Marquis de Rothelin, Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur des Ports Louis et de l'Orient, est également décédé le même jour à l'âge de soixante-treize ans. Marie Jacques de Bréhant, Marquis de Bréhant, Maréchal de Camp et Inspecteur Général d'Infanterie, est mort à Saint-Malo le 31 mai à l'âge de cinquante et un ans. Marie-Françoise de Pardaillan de Gondrin, Comtesse de Civrac et Dame d'Atours de Madame, est décédée à Saint-Malo le 1er mai à l'âge de trente-cinq ans. Louise-Élisabeth Jacqueline d'Alface d'Hennin, Liétard, épouse de Joseph Gabriel Tancrede de Félix, Marquis de Muy, Comte de la Reynarde, Lieutenant Général des Armées du Roi et Premier Maître d'Hôtel de Madame la Dauphine, est morte à Versailles le 27 du mois précédent à l'âge de trente-sept ans.
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18210
p. 2959-2960
DANNEMARCK.
Début :
On a découvert aux environs de Konigsberg en Norwege une Mine d'argent dont les [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Corps du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
DANNEM ARC K.
Na découvert aux environs de Konigsberg
en Norwege une Mine d'argent dont les
produits font trés-confiderables.
Le Corps du teu Roy fut porté le 13. du mois
dernier d'Odenfée à la Fregate qui devoit le tranfporter
en Zelande , au bruit de plufieurs décharges
d'artillerie. Les Seigneurs de la Cour & les
Officiers de ce Prince s'embarquerent fur divers
Batinens , & pafferent le Belt en trés- peu de
! 11. Vol. 1 tems
2960 MERCURE DE FRANCE
temps. Auffi - tôt que la Fregate eut jetté l'ancre ,
le Corps du Roy fut reçu à terre par un étachement
de Cavalerie , qui le conduifit à Rofchild
, où eſt la Sepulture des Rois de Dannemarck.
La marche du Convoi commença dans la
Ville par un Eſcadron des Gardes à cheval , qui
étoit fuivi de 34. Caroffes de deuil , où étoient les
Chevaliers de l'Ordre de l'Elephant , & de l'Ordre
de Dannebrock , des Pages du Roy , des
Trompettes & des Hautbois de S. M. de plufieurs
Officiers portant des Drapeaux & des Etendarts
aux Armes des differentes Provinces de ce Royau
me , & de trois Lieutenans Colonels qui portoient
le grand Etendart Royal. Le Corps du feu Roy
étoit dans un Carofle à huit chevaux , précedé
du Grand - Maréchal de la Cour , du Grand-
Chambellan , & du Grand- Ecuyer. Le Roy qui
s'y etoit rendu pour recevoir le Corps à la Porte
-de l'Eglife , revint à Copenhague aprés la ceremonie.
Na découvert aux environs de Konigsberg
en Norwege une Mine d'argent dont les
produits font trés-confiderables.
Le Corps du teu Roy fut porté le 13. du mois
dernier d'Odenfée à la Fregate qui devoit le tranfporter
en Zelande , au bruit de plufieurs décharges
d'artillerie. Les Seigneurs de la Cour & les
Officiers de ce Prince s'embarquerent fur divers
Batinens , & pafferent le Belt en trés- peu de
! 11. Vol. 1 tems
2960 MERCURE DE FRANCE
temps. Auffi - tôt que la Fregate eut jetté l'ancre ,
le Corps du Roy fut reçu à terre par un étachement
de Cavalerie , qui le conduifit à Rofchild
, où eſt la Sepulture des Rois de Dannemarck.
La marche du Convoi commença dans la
Ville par un Eſcadron des Gardes à cheval , qui
étoit fuivi de 34. Caroffes de deuil , où étoient les
Chevaliers de l'Ordre de l'Elephant , & de l'Ordre
de Dannebrock , des Pages du Roy , des
Trompettes & des Hautbois de S. M. de plufieurs
Officiers portant des Drapeaux & des Etendarts
aux Armes des differentes Provinces de ce Royau
me , & de trois Lieutenans Colonels qui portoient
le grand Etendart Royal. Le Corps du feu Roy
étoit dans un Carofle à huit chevaux , précedé
du Grand - Maréchal de la Cour , du Grand-
Chambellan , & du Grand- Ecuyer. Le Roy qui
s'y etoit rendu pour recevoir le Corps à la Porte
-de l'Eglife , revint à Copenhague aprés la ceremonie.
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Résumé : DANNEMARCK.
Le texte relate deux événements historiques distincts. Premièrement, il mentionne la découverte d'une mine d'argent près de Konigsberg en Norvège, dont les produits sont très considérables. Deuxièmement, il décrit le transfert du corps du roi de Dannemarck. Le 13 du mois précédent, le corps du roi a été transporté d'Odenfée à une frégate, qui devait le transporter en Zelande, au son de plusieurs décharges d'artillerie. Les seigneurs de la cour et les officiers du prince se sont embarqués sur divers bateaux et ont traversé le Belt en peu de temps. Une fois la frégate ancrée, le corps du roi a été accueilli à terre par un détachement de cavalerie, qui l'a conduit à Roschild, où se trouve la sépulture des rois de Dannemarck. La procession funéraire a commencé dans la ville avec un escadron des Gardes à cheval, suivi de 34 carrosses de deuil. Ces carrosses transportaient les Chevaliers de l'Ordre de l'Éléphant et de l'Ordre de Dannebrock, des pages du roi, des trompettes et des hautbois de Sa Majesté, ainsi que plusieurs officiers portant des drapeaux et des étendards aux armes des différentes provinces du royaume. Trois lieutenants-colonels portaient le grand étendard royal. Le corps du défunt roi était placé dans un carrosse à huit chevaux, précédé du Grand-Maréchal de la Cour, du Grand-Chambellan et du Grand-Écuyer. Le roi, qui s'était rendu à la porte de l'église pour recevoir le corps, est retourné à Copenhague après la cérémonie.
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18211
p. 189-197
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Il paroît une Ordonnance du Roi pour régler l'uniforme des Officiers de [...]
Mots clefs :
Habillement des soldats, Officier, Croix de Malte, Ducs, Maréchal de camp, Sceau, Ordonnances, Abbé, Chancelier, Chanoine, Nominations, Comte, Procès, Robert-François Damiens, Parricide, Suplice, Corsaires, Marchandises, Navires, Capitaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L paroît une Ordonnance du Roi pour régler
P'uniforme des Officiers de l'Etat Major des Armées
de Sa Majeſté , & de ceux employés en qualité
d'Aides de Camp. Les uns & les autres porteront
des habits non croifés , de couleur vulgaire
ment appellée bleu de Roi , doublés d'une étoffe
de même couleur , lefquels habits feront garnis
de boutons de cuivre doré. Les Officiers de l'Etat
Major auront des boutonnieres en broderie de
fil d'or , huit de chaque côté jufqu'à la hauteur de
la poche , trois à chaque poche , & deux fur chaque
manche. Ceux de ces Officiers qui feront en
190 MERCURE DE FRANCE.
chef , pourront porter fur leurs habits un bordé
en borderie , dans le même goût que leurs boutonnieres.
S'ils font Officiers Généraux , ils
porteront
l'uniforme attaché à leur grade .
Le Grand Maître & le Confeil de l'Ordre de
Malte ont accordé à M. le Marquis & àMadame la
Marquife de Bauffrem.ont la permiffion de porter
la Croix de Malte. La Marquife de Bauffremont
tient des Ducs d'Atri , fes ancêtres maternels , de
la branche aînée defquels elle eft héritiere & repréfentante
, le droit de nommer une Commanderie
de l'Ordre dans la Tofcane , en qualité de Fondatrice.
Ce droit s'étend à fa poftérité de l'un &
Pautre fexe. र
M. de la Serre , Maréchal de Camp , Grand
Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis , &
Gouverneur de l'Hôtel Royal des Invalides , a
obtenu la place d'Infpecteur Général de l'Infanterie
, qu'avoit le Maréchal de Thomond.
Le 18 Mars , le Roi tint le Sceau pour la feconde
fois , dans la même Piece de fon Appartement,
où Sa Majesté l'avoit déja tenu , & avec les mêmes
formalités qui avoient été obfervées le 4.
Il vient de fortir de deffous preffe trois nou
velles Ordonnances ; la premiere , portant création
d'un Régiment d'Infanterie Allemande , fous
le titre de Royal Deux Ponts ; la feconde , concernant
le ſervice du Corps Royal de l'Artillerie
& du Génie ; la troifieme , pour régler les équipages
& les tables dans les armées.
Le Roi a fait conftruire un Pavillon à l'extrê→
mité du Jardin du Château de la Meute , pour y
placer le Télescope de huit pieds , que le Pere
Noël , de la congrégation de Saint Maur , a fait
pour Sa Majesté fous les confeils du Duc de
Chaulnes. Sa Majesté y vit ce Télescope pour la
AVRIL. 1757.
191
premiere fois le 14 du mois de Décembre dernier.
Le 18 de ce mois , le Roi étant venu à ce
Château , le Pere Noel eut l'honneur de lui préfenter
une Machine Pneumatique
à deux corps
de pompe , d'une conftruction nouvelle . Sa Majefté
parut fatisfaite des expériences , que M. de
Lor fit avec cette Machine , & Elle prit auffi beaucoup
de plaifir à voir fouffler le verre, par M. Capidont
l'habileté dans cette partie eft reconnue de
tous les Phyficiens. M. de Fouchy , Secretaire
Perpétuel de l'Académie Royale des Sciences ,
traça en préſence du Roi une Meridienne,
M. l'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-
Garde des Sceaux , Chef du Confeil , & Sur - Intendant
des Maiſon , Finances & Bâtimens du
Duc d'Orléans , à la place de M. de Silhouette ,
qui a donné ſa démiſſion.
"
M. l'Abbé de Foy , Chanoine de l'Eglife Cathédrale
de Maux a eu l'honneur de préfenter
au Roi le profpectus d'une defcription Hiftorique
, Géographique & Diplomatique , de la
France. M. le Comte de Saint- Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat , qui conduifoit l'Auteur ,
rendit compte à Sa Majesté de l'état où eft cet
ouvrage important , dont feu M. Secouffe , penfionnaire
de l'Académie Royale des Belles- Lettres,
avoit conçu le projet, & que d'autres occupations
ont empêché cet Académicien d'entreprendre.
Encouragé par les exhortations de M. Secouffe.
M. l'Abbé de Foy s'eft chargé de l'exécution , en
adoptant pour la plus grande partie le plan de ce
Sçavant. La nouvelle defcription de la France fera
en fix Volumes in-folio. M. le Préfident Henault &
M. de Foncemagne ont confenti d'aider de leurs
confeils , l'Auteur dans fon travail. Peut-il être
mieux guidé?
1
C
192 MERCURE DE FRANCE.
Le Duc d'Orléans , le Prince de Condé , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche, Princes du Sang, & les Ducs
& Pairs , fe font rendus le 12 , le r9 , le 26 Février
, le S le 9 , le 21 , le 23 , le 24 & le 26
Mars , à la Grande Chambre , pour affifter à l'inftruction
du procés de Robert- François Damiens.
Le 21 & le 23 Mars , ils s'y font affemblés le matin
& l'après- midi . Ils y fiégerent le 26 depuis
huit heures du matin jufqu'à fept heures du foir.
Ce même jour , le coupable fut jugé . La Cour ordonna
que ce déteftable affaffin feroit amende
honorable devant la principale porte de l'Eglife
Métropolitaine , où il feroit conduit dans un
tombereau , nu en chemiſe , tenant une torche
de cire ardente , du poids de deux livres ; que delà
il feroit mené dans le même tombereau à la Place
de Greve ; que , fur un échafaud , il y ferroit
tenaillé aux mammelles , aux bras , aux cuiffes
, & aux gras de jambes , tenant de la main
droite le couteau dont il a commis fon affreux parricide
; qu'on lui brûleroit cette main avec du feu
de foufre ; que fur les endroits où il auroit été
tenaillé , on jetteroit du plomb fondu , de l'huile
bouillante , de la poix réfine , avec de la cire &
du foufre fondus enfemble ; qu'enfuite il feroit
tiré à quatre chevaux & écartelé , & ſes membres
& corps jettés dans un bucher , pour y être
confumés par le feu , & fes cendres jettées au vent.
Le 28 du mois dernier au matin , ce malheureux
fut appliqué à la queſtion ordinaire & extraordinaire
, & on le tint plus de deux heures dans les
tortures. Sur les deux heures après-midi , on le
fit fortir de la Conciergerie , pour le conduire au
fupplice. Lorfqu'il fut arrivé à la Place de Gréve ,
il demanda de monter à l'Hôtel de Ville. Il y a
déclaré
AVRIL. 1757. 193
déclaré qu'il n'y avoit ni complots , ni complices .
Ce monftre a fubi enfuite la punition dûe à fon
exécrable forfait. Ses tourmens ont duré trois
heures. Il étoit encore en vie ayant deux cuiffes
& le bras droit féparés du corps ; & il n'eft mort
qu'après que fon bras gauche a été détaché. Il
étoit né le 9 Janvier 1715 , au lieu de Thieulloy ,
en la Paroiffe de Monchi -Breton dans l'Artois.
Sa famille eft auffi obfcure que pauvre , & il a
paflé la plus grande partie de fa vie dans la plus
baffe domefticité . Il avoit déja commis plufieurs
crimes , avant de former l'abominable deffein qui
a achevé de le rendre l'objet de l'exécration publique
, & il avoit été obligé de s'enfuir de Paris
pour éviter les pourfuites de la Juftice . La maifon
où il a reçu le jour doit être démolie , & l'on ne
pourra à l'avenir élever fur le terrein de cere
maiſon aucun autre bâtiment.
Nous nous fommes reftraints jufqu'ici
à ne rien inférer fur cet article que d'après
la Gazette de France . Nous prions en conféquence
les Auteurs de ne plus nous envoyer
de Pieces qui y foient relatives : nous
perfiftons conftamment à ne faire ufage
d'aucune. Nous nous conformons en cela
aux premieres intentions de la Cour , qui
nous avoit ordonné le filence . Eh ! plût au
Ciel qu'il pût être gardé partout avec le
même fcrupule, & que pour la gloire de la
Nation, un fi noir attentat fût à jamais exclu
de l'hiftoire comme de notre Recueil !
M. le Comte de Biffy , Brigadier de Cavalerie ,
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
& premier Enfeigne de la feconde Compagnie
des Moufquetaires de la Garde du Roi , ayant
donné fa démiffion , Sa Majefté a difpofé de la
Cornette vacante , en faveur de M. le Comte de
Monteynard , Sous - Lieutenant au Régiment d'Infanterie
du Roi.
C Le Corfaire le Bart , de Calais , commandé
par le Capitaine Etienne- François Potier , a rançonné
deux Bâtimens Anglois pour 594 guinées.
Des Lettres écrites de Dieppe marquent que le
Corfaire le Baftien , de Boulogne , s'eft rendu
maître du Navise Anglois le Dally & Nancy , de
200 tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec
un chargement qu'on eftime environ 300000 livres
, & qui confifte en 141 barriques de fucre ,
63 barriques de taffia , foo facs & 15 barriques
de poivre , 9 facs de coton , un fac de carret de
tortue , 570 cuirs , & 19 tonneaux de bois pour
teinture.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire la
Vengeance, de Saint - Malo , s'eft emparé d'un Senaw
Anglois, armé de 8 canons & de fix pierriers.
La Comteffe de Bentheim , autre Corfaire de
Saint Malo , a fait conduire à Breft le Paquebot
Anglois le Hanovre , armé de 14 canons , & de
62 hommes d'équipage , qui alloit de Falmouth à
Liſbonne.
Le Navire Anglois la Profpérité , de Darmouth
, a été pris & conduit dans la riviere de
Landerneau par le Corfaire le Cabriolet , du Conquet.
Il eft arrivé à la Rochelle un Brigantin Anglois
de 60 tonneaux , chargé de vin de Malaga , qui
a été pris par le Navire le Tavignon , de S. Malo .
Le Navire Anglois le Duc de Tofcane , de 300°
tonneaux , armé de 18 canons , de 4 pierriers 2
AVRIL. 1757. 195
& de 60 hommes d'équipage , a été pris par le
Corfaire le Grand Alexandre , de Marfeille ,
commandé par le Capitaine Martiche. La cargai
fon de ce Bâtiment , qui eft arrivé à Marſeille ,
confifte en 600 barrils de harengs , 500 quintaux
de plomb, 65 caiffes de tabac , &c .
La Marie défiée , autre Corfaire de Marſeille ,'
Capitaine le fieur Poulhariez , a conduit en ce
Port le Senaw Anglois l'Aventure , de 140 ton
neaux , chargé de morue & de faumon.
Le Capitaine Defbois , qui commande le Corfaire
le Puyzieulx , de Saint -Malo , s'eft emparé
des Navires Anglois le Howmiton , de 70 tonneaux
, chargé de charbon de terre ; & le Triwbreton
, de 100 tonneaux , chargé de mine de fer
Ces deux Bâtimens ont été conduits à Granville .
Le même Corfaire a fait conduire à Saint Malo
le Navire Anglois la Marie- Anne , de 80 tonneaux
, venant de la Caroline avec un chargement
d'indigo & de ris , & un Brigantin dont la cargaifon
confifte en oranges & en citrons.
On mande de Marſeille , que le Corſaire le
Roi Gafpard , de ce Port , dont eft Capitaine
François Roudeng , y a fait conduire le Senaw
Anglois la Catherine , n'ayant que fon left , & un
'Brigantin chargé d'huile & de limons.
Le Capitaine Sauvé , commandant le Corſaire
le Général Lally, de Boulogne , s'eft rendu maître
du Paquebot Anglois le Dauphin , armé de fix
' canons , de quatre pierriers & de vingt hommes
d'équipage. Outre plufieurs caiffes & coffres dont
ce Paquebot étoit chargé , on a trouvé à bord une
caiffe de lingots d'or pefant 238 livres . Cette
priſe a été conduite à Calais.
Le même Corſaire a rançonné fix Bâtimens Anglois
, pour la fomme de 975 guinées , & il en a
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
remis les ôtages dans le même Port.
Le Brigantin Anglois le Nancy, de 90 tonneaux,'
chargé de 90 barrils de graine de lin & de merrains
, a été pris par le Corfaire le Caincy , de
Dieppe , & eft arrivé à Dunkerque.
Le Capitaine Feray , qui commande le Corſaire
Le Comte d'Argenfon , de Dieppe , y a conduit un
Bâtiment dont le chargement eft composé de
canons , de boulets , de poudre , de fabres , de
chanvre , de toiles à voiles , & d'autres munitions
& marchandiſes.
Le Corfaire le Machault , de Granville , Capitaine
Magnonnet , a pris & conduit en ce Port le
Navire Anglois le Jean & Georges , de 300 tonneaux
, chargé de 1500 barrils de goudron , & de
2500 livres d'indigo.
Le Corfaire le Puyzieulx s'eft emparé des Navires
Anglois la Flore , de Bofton , de 90 tonneaux
, chargé d'huile de baleine & de goudron ,
& la Minerve , de Londres , de so tonneaux ,
armé de fix canons & quatre pierriers , dont la
cargaifon confifte en ris & en indigo. Ces deux
Bâtimens font arrivés à Saint-Malo .
Le Corfaire le Duc d'Aiguillon a fait conduire
en ce Port le Navire le Meffager de Bordeaux , de
60 tonneaux , chargé de vin & de fruits , & un
autre Bâtiment de 200 tonneaux , chargé de ris ,
d'indigo , de taffia , de bois de Campeche , &
d'autres marchandiſes .
11 eſt auſſi arrivé à Saint-Malo un autre Navire
Anglois de 150 tonneaux , appellé le Bofton- Galley,
de Bofton , qui a pour chargement 1300 barrils
de goudron , & 201 futailles d'indigo . Il a été
pris par le Corfaire la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de Bordeaux ,
y a conduit le Navire Anglois l'Ofgoot , venant de
AVRIL. 1757.
197
la Virginie , avec un chargement qui confifte en
250 boucauts de tabac , huit quarts d'indigo , 20
tonneaux de fer roulé , & autres marchandifes .
Le Navire Anglois le Duché de Beaufort , de
Bristol , chargé de fucre , de coton , de café , de
gingembre , & de bois de Campeche , a été pris
par le Corfaire la Repréfaille , de Bayonne.
La Cybelle , autre Corfaire de ce Port , y a fair
conduire le Navire le Molly , de Londres , de 300
tonneaux , ayant pour chargement 428 boucauts
de tabac , onze barrils & vingt- trois paquets de
pelleteries , & 25 barrils d'indigo.
Le Navire le Blackeney , de Londres , de roo
tonneaux , chargé de 208 barriques d'huile , &
autres marchandiſes , qui a été pris par le Corfaire
P'Espérance , de Bayonne , eft auffi arrivé en ce
Port.
On eftinformé que le Navire Anglois le Duc de
Scarborough , pris par le Navire la Marquise d'Amou
, de Bayonne , eft arrivé par relâche à Saint-
Ogne , & que fa cargaifon eft compofée de 600
barrils de faumon , vingt tonneaux de ftocfich
un boucaut d'indigo, une caiffe de caftors , & une
balle de toile.
L paroît une Ordonnance du Roi pour régler
P'uniforme des Officiers de l'Etat Major des Armées
de Sa Majeſté , & de ceux employés en qualité
d'Aides de Camp. Les uns & les autres porteront
des habits non croifés , de couleur vulgaire
ment appellée bleu de Roi , doublés d'une étoffe
de même couleur , lefquels habits feront garnis
de boutons de cuivre doré. Les Officiers de l'Etat
Major auront des boutonnieres en broderie de
fil d'or , huit de chaque côté jufqu'à la hauteur de
la poche , trois à chaque poche , & deux fur chaque
manche. Ceux de ces Officiers qui feront en
190 MERCURE DE FRANCE.
chef , pourront porter fur leurs habits un bordé
en borderie , dans le même goût que leurs boutonnieres.
S'ils font Officiers Généraux , ils
porteront
l'uniforme attaché à leur grade .
Le Grand Maître & le Confeil de l'Ordre de
Malte ont accordé à M. le Marquis & àMadame la
Marquife de Bauffrem.ont la permiffion de porter
la Croix de Malte. La Marquife de Bauffremont
tient des Ducs d'Atri , fes ancêtres maternels , de
la branche aînée defquels elle eft héritiere & repréfentante
, le droit de nommer une Commanderie
de l'Ordre dans la Tofcane , en qualité de Fondatrice.
Ce droit s'étend à fa poftérité de l'un &
Pautre fexe. र
M. de la Serre , Maréchal de Camp , Grand
Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis , &
Gouverneur de l'Hôtel Royal des Invalides , a
obtenu la place d'Infpecteur Général de l'Infanterie
, qu'avoit le Maréchal de Thomond.
Le 18 Mars , le Roi tint le Sceau pour la feconde
fois , dans la même Piece de fon Appartement,
où Sa Majesté l'avoit déja tenu , & avec les mêmes
formalités qui avoient été obfervées le 4.
Il vient de fortir de deffous preffe trois nou
velles Ordonnances ; la premiere , portant création
d'un Régiment d'Infanterie Allemande , fous
le titre de Royal Deux Ponts ; la feconde , concernant
le ſervice du Corps Royal de l'Artillerie
& du Génie ; la troifieme , pour régler les équipages
& les tables dans les armées.
Le Roi a fait conftruire un Pavillon à l'extrê→
mité du Jardin du Château de la Meute , pour y
placer le Télescope de huit pieds , que le Pere
Noël , de la congrégation de Saint Maur , a fait
pour Sa Majesté fous les confeils du Duc de
Chaulnes. Sa Majesté y vit ce Télescope pour la
AVRIL. 1757.
191
premiere fois le 14 du mois de Décembre dernier.
Le 18 de ce mois , le Roi étant venu à ce
Château , le Pere Noel eut l'honneur de lui préfenter
une Machine Pneumatique
à deux corps
de pompe , d'une conftruction nouvelle . Sa Majefté
parut fatisfaite des expériences , que M. de
Lor fit avec cette Machine , & Elle prit auffi beaucoup
de plaifir à voir fouffler le verre, par M. Capidont
l'habileté dans cette partie eft reconnue de
tous les Phyficiens. M. de Fouchy , Secretaire
Perpétuel de l'Académie Royale des Sciences ,
traça en préſence du Roi une Meridienne,
M. l'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-
Garde des Sceaux , Chef du Confeil , & Sur - Intendant
des Maiſon , Finances & Bâtimens du
Duc d'Orléans , à la place de M. de Silhouette ,
qui a donné ſa démiſſion.
"
M. l'Abbé de Foy , Chanoine de l'Eglife Cathédrale
de Maux a eu l'honneur de préfenter
au Roi le profpectus d'une defcription Hiftorique
, Géographique & Diplomatique , de la
France. M. le Comte de Saint- Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat , qui conduifoit l'Auteur ,
rendit compte à Sa Majesté de l'état où eft cet
ouvrage important , dont feu M. Secouffe , penfionnaire
de l'Académie Royale des Belles- Lettres,
avoit conçu le projet, & que d'autres occupations
ont empêché cet Académicien d'entreprendre.
Encouragé par les exhortations de M. Secouffe.
M. l'Abbé de Foy s'eft chargé de l'exécution , en
adoptant pour la plus grande partie le plan de ce
Sçavant. La nouvelle defcription de la France fera
en fix Volumes in-folio. M. le Préfident Henault &
M. de Foncemagne ont confenti d'aider de leurs
confeils , l'Auteur dans fon travail. Peut-il être
mieux guidé?
1
C
192 MERCURE DE FRANCE.
Le Duc d'Orléans , le Prince de Condé , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche, Princes du Sang, & les Ducs
& Pairs , fe font rendus le 12 , le r9 , le 26 Février
, le S le 9 , le 21 , le 23 , le 24 & le 26
Mars , à la Grande Chambre , pour affifter à l'inftruction
du procés de Robert- François Damiens.
Le 21 & le 23 Mars , ils s'y font affemblés le matin
& l'après- midi . Ils y fiégerent le 26 depuis
huit heures du matin jufqu'à fept heures du foir.
Ce même jour , le coupable fut jugé . La Cour ordonna
que ce déteftable affaffin feroit amende
honorable devant la principale porte de l'Eglife
Métropolitaine , où il feroit conduit dans un
tombereau , nu en chemiſe , tenant une torche
de cire ardente , du poids de deux livres ; que delà
il feroit mené dans le même tombereau à la Place
de Greve ; que , fur un échafaud , il y ferroit
tenaillé aux mammelles , aux bras , aux cuiffes
, & aux gras de jambes , tenant de la main
droite le couteau dont il a commis fon affreux parricide
; qu'on lui brûleroit cette main avec du feu
de foufre ; que fur les endroits où il auroit été
tenaillé , on jetteroit du plomb fondu , de l'huile
bouillante , de la poix réfine , avec de la cire &
du foufre fondus enfemble ; qu'enfuite il feroit
tiré à quatre chevaux & écartelé , & ſes membres
& corps jettés dans un bucher , pour y être
confumés par le feu , & fes cendres jettées au vent.
Le 28 du mois dernier au matin , ce malheureux
fut appliqué à la queſtion ordinaire & extraordinaire
, & on le tint plus de deux heures dans les
tortures. Sur les deux heures après-midi , on le
fit fortir de la Conciergerie , pour le conduire au
fupplice. Lorfqu'il fut arrivé à la Place de Gréve ,
il demanda de monter à l'Hôtel de Ville. Il y a
déclaré
AVRIL. 1757. 193
déclaré qu'il n'y avoit ni complots , ni complices .
Ce monftre a fubi enfuite la punition dûe à fon
exécrable forfait. Ses tourmens ont duré trois
heures. Il étoit encore en vie ayant deux cuiffes
& le bras droit féparés du corps ; & il n'eft mort
qu'après que fon bras gauche a été détaché. Il
étoit né le 9 Janvier 1715 , au lieu de Thieulloy ,
en la Paroiffe de Monchi -Breton dans l'Artois.
Sa famille eft auffi obfcure que pauvre , & il a
paflé la plus grande partie de fa vie dans la plus
baffe domefticité . Il avoit déja commis plufieurs
crimes , avant de former l'abominable deffein qui
a achevé de le rendre l'objet de l'exécration publique
, & il avoit été obligé de s'enfuir de Paris
pour éviter les pourfuites de la Juftice . La maifon
où il a reçu le jour doit être démolie , & l'on ne
pourra à l'avenir élever fur le terrein de cere
maiſon aucun autre bâtiment.
Nous nous fommes reftraints jufqu'ici
à ne rien inférer fur cet article que d'après
la Gazette de France . Nous prions en conféquence
les Auteurs de ne plus nous envoyer
de Pieces qui y foient relatives : nous
perfiftons conftamment à ne faire ufage
d'aucune. Nous nous conformons en cela
aux premieres intentions de la Cour , qui
nous avoit ordonné le filence . Eh ! plût au
Ciel qu'il pût être gardé partout avec le
même fcrupule, & que pour la gloire de la
Nation, un fi noir attentat fût à jamais exclu
de l'hiftoire comme de notre Recueil !
M. le Comte de Biffy , Brigadier de Cavalerie ,
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
& premier Enfeigne de la feconde Compagnie
des Moufquetaires de la Garde du Roi , ayant
donné fa démiffion , Sa Majefté a difpofé de la
Cornette vacante , en faveur de M. le Comte de
Monteynard , Sous - Lieutenant au Régiment d'Infanterie
du Roi.
C Le Corfaire le Bart , de Calais , commandé
par le Capitaine Etienne- François Potier , a rançonné
deux Bâtimens Anglois pour 594 guinées.
Des Lettres écrites de Dieppe marquent que le
Corfaire le Baftien , de Boulogne , s'eft rendu
maître du Navise Anglois le Dally & Nancy , de
200 tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec
un chargement qu'on eftime environ 300000 livres
, & qui confifte en 141 barriques de fucre ,
63 barriques de taffia , foo facs & 15 barriques
de poivre , 9 facs de coton , un fac de carret de
tortue , 570 cuirs , & 19 tonneaux de bois pour
teinture.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire la
Vengeance, de Saint - Malo , s'eft emparé d'un Senaw
Anglois, armé de 8 canons & de fix pierriers.
La Comteffe de Bentheim , autre Corfaire de
Saint Malo , a fait conduire à Breft le Paquebot
Anglois le Hanovre , armé de 14 canons , & de
62 hommes d'équipage , qui alloit de Falmouth à
Liſbonne.
Le Navire Anglois la Profpérité , de Darmouth
, a été pris & conduit dans la riviere de
Landerneau par le Corfaire le Cabriolet , du Conquet.
Il eft arrivé à la Rochelle un Brigantin Anglois
de 60 tonneaux , chargé de vin de Malaga , qui
a été pris par le Navire le Tavignon , de S. Malo .
Le Navire Anglois le Duc de Tofcane , de 300°
tonneaux , armé de 18 canons , de 4 pierriers 2
AVRIL. 1757. 195
& de 60 hommes d'équipage , a été pris par le
Corfaire le Grand Alexandre , de Marfeille ,
commandé par le Capitaine Martiche. La cargai
fon de ce Bâtiment , qui eft arrivé à Marſeille ,
confifte en 600 barrils de harengs , 500 quintaux
de plomb, 65 caiffes de tabac , &c .
La Marie défiée , autre Corfaire de Marſeille ,'
Capitaine le fieur Poulhariez , a conduit en ce
Port le Senaw Anglois l'Aventure , de 140 ton
neaux , chargé de morue & de faumon.
Le Capitaine Defbois , qui commande le Corfaire
le Puyzieulx , de Saint -Malo , s'eft emparé
des Navires Anglois le Howmiton , de 70 tonneaux
, chargé de charbon de terre ; & le Triwbreton
, de 100 tonneaux , chargé de mine de fer
Ces deux Bâtimens ont été conduits à Granville .
Le même Corfaire a fait conduire à Saint Malo
le Navire Anglois la Marie- Anne , de 80 tonneaux
, venant de la Caroline avec un chargement
d'indigo & de ris , & un Brigantin dont la cargaifon
confifte en oranges & en citrons.
On mande de Marſeille , que le Corſaire le
Roi Gafpard , de ce Port , dont eft Capitaine
François Roudeng , y a fait conduire le Senaw
Anglois la Catherine , n'ayant que fon left , & un
'Brigantin chargé d'huile & de limons.
Le Capitaine Sauvé , commandant le Corſaire
le Général Lally, de Boulogne , s'eft rendu maître
du Paquebot Anglois le Dauphin , armé de fix
' canons , de quatre pierriers & de vingt hommes
d'équipage. Outre plufieurs caiffes & coffres dont
ce Paquebot étoit chargé , on a trouvé à bord une
caiffe de lingots d'or pefant 238 livres . Cette
priſe a été conduite à Calais.
Le même Corſaire a rançonné fix Bâtimens Anglois
, pour la fomme de 975 guinées , & il en a
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
remis les ôtages dans le même Port.
Le Brigantin Anglois le Nancy, de 90 tonneaux,'
chargé de 90 barrils de graine de lin & de merrains
, a été pris par le Corfaire le Caincy , de
Dieppe , & eft arrivé à Dunkerque.
Le Capitaine Feray , qui commande le Corſaire
Le Comte d'Argenfon , de Dieppe , y a conduit un
Bâtiment dont le chargement eft composé de
canons , de boulets , de poudre , de fabres , de
chanvre , de toiles à voiles , & d'autres munitions
& marchandiſes.
Le Corfaire le Machault , de Granville , Capitaine
Magnonnet , a pris & conduit en ce Port le
Navire Anglois le Jean & Georges , de 300 tonneaux
, chargé de 1500 barrils de goudron , & de
2500 livres d'indigo.
Le Corfaire le Puyzieulx s'eft emparé des Navires
Anglois la Flore , de Bofton , de 90 tonneaux
, chargé d'huile de baleine & de goudron ,
& la Minerve , de Londres , de so tonneaux ,
armé de fix canons & quatre pierriers , dont la
cargaifon confifte en ris & en indigo. Ces deux
Bâtimens font arrivés à Saint-Malo .
Le Corfaire le Duc d'Aiguillon a fait conduire
en ce Port le Navire le Meffager de Bordeaux , de
60 tonneaux , chargé de vin & de fruits , & un
autre Bâtiment de 200 tonneaux , chargé de ris ,
d'indigo , de taffia , de bois de Campeche , &
d'autres marchandiſes .
11 eſt auſſi arrivé à Saint-Malo un autre Navire
Anglois de 150 tonneaux , appellé le Bofton- Galley,
de Bofton , qui a pour chargement 1300 barrils
de goudron , & 201 futailles d'indigo . Il a été
pris par le Corfaire la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de Bordeaux ,
y a conduit le Navire Anglois l'Ofgoot , venant de
AVRIL. 1757.
197
la Virginie , avec un chargement qui confifte en
250 boucauts de tabac , huit quarts d'indigo , 20
tonneaux de fer roulé , & autres marchandifes .
Le Navire Anglois le Duché de Beaufort , de
Bristol , chargé de fucre , de coton , de café , de
gingembre , & de bois de Campeche , a été pris
par le Corfaire la Repréfaille , de Bayonne.
La Cybelle , autre Corfaire de ce Port , y a fair
conduire le Navire le Molly , de Londres , de 300
tonneaux , ayant pour chargement 428 boucauts
de tabac , onze barrils & vingt- trois paquets de
pelleteries , & 25 barrils d'indigo.
Le Navire le Blackeney , de Londres , de roo
tonneaux , chargé de 208 barriques d'huile , &
autres marchandiſes , qui a été pris par le Corfaire
P'Espérance , de Bayonne , eft auffi arrivé en ce
Port.
On eftinformé que le Navire Anglois le Duc de
Scarborough , pris par le Navire la Marquise d'Amou
, de Bayonne , eft arrivé par relâche à Saint-
Ogne , & que fa cargaifon eft compofée de 600
barrils de faumon , vingt tonneaux de ftocfich
un boucaut d'indigo, une caiffe de caftors , & une
balle de toile.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1757, plusieurs ordonnances royales et événements marquants ont été enregistrés en France. Une ordonnance royale a réglementé l'uniforme des officiers de l'État-Major et des aides-de-camp, qui devaient porter des habits bleus doublés de la même couleur, avec des boutons de cuivre doré et des broderies en fil d'or. Les officiers généraux devaient porter un uniforme correspondant à leur grade. Le Grand Maître et le Conseil de l'Ordre de Malte ont accordé au Marquis et à la Marquise de Bauffremont la permission de porter la Croix de Malte. La Marquise de Bauffremont, héritière des Ducs d'Atri, détenait le droit de nommer une commanderie de l'Ordre en Toscane. M. de la Serre, Maréchal de Camp et Grand Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis, a été nommé Inspecteur Général de l'Infanterie. Le Roi a signé plusieurs ordonnances, dont la création d'un régiment d'infanterie allemande sous le titre de Royal Deux Ponts, et des règlements concernant le service de l'artillerie et du génie, ainsi que les équipages et les tables dans les armées. Le Roi a fait construire un pavillon pour y placer un télescope de huit pieds, présenté par le Père Noël. Il a également été satisfait des expériences réalisées avec une machine pneumatique et a assisté à la soufflerie du verre. L'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-Garde des Sceaux et Chef du Conseil. L'Abbé de Foy a présenté au Roi un prospectus pour une description historique, géographique et diplomatique de la France, un projet initialement conçu par M. Secouffe. Plusieurs princes du sang et ducs ont assisté à l'instruction du procès de Robert-François Damiens, condamné pour avoir attenté à la vie du Roi. Damiens a été soumis à la question ordinaire et extraordinaire avant d'être exécuté par écartèlement. Des nouvelles de la marine rapportent plusieurs prises de navires anglais par des corsaires français, avec des cargaisons variées telles que du sucre, du tabac, du coton, et des bois de teinture. Le document décrit également la composition d'un navire nommé 'Ogne' et sa cargaison, qui se composait de 600 barils de saumon, 20 tonneaux de stockfish, un boucaut d'indigo, une caiffe de castors et une balle de toile.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18212
p. 192
NAISSANCE.
Début :
Le 22 Mai 1764 fut baptisé par M. l'Évêque de Perpignan, à Couturelle en Artois, [...]
Mots clefs :
Évêque, Chevalier, Parrains et marraines, Mademoiselle
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE.
NAISSANCE.
Le 22 Mai 1764 fat baptifée par M. l'Evêque de
Perpignan , à Couturelle en Artois , Augufte-
Charlotte , née le 7 Mars précédent , de Meffire
Charles-Joseph -François Boudart , Chevalier ,
Marquis de Couturelle , Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , & de Catherine-Charlotte de Wignacourt
, fille du Seigneur dudit lieu , Baron d'Humbercourt
. Elle a eu l'honneur d'avoir pour parrain
& marraine , leurs Alteiles Séréniffimes Electorales
Palatines , repréfentées par le Comte de
Couturelle , Chevalier de S. Louis , Chambellan-
Actuel de l'Electeur , & Mademoiſelle de Wignacourt
, oncle & tante de cet enfant,
Le 22 Mai 1764 fat baptifée par M. l'Evêque de
Perpignan , à Couturelle en Artois , Augufte-
Charlotte , née le 7 Mars précédent , de Meffire
Charles-Joseph -François Boudart , Chevalier ,
Marquis de Couturelle , Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , & de Catherine-Charlotte de Wignacourt
, fille du Seigneur dudit lieu , Baron d'Humbercourt
. Elle a eu l'honneur d'avoir pour parrain
& marraine , leurs Alteiles Séréniffimes Electorales
Palatines , repréfentées par le Comte de
Couturelle , Chevalier de S. Louis , Chambellan-
Actuel de l'Electeur , & Mademoiſelle de Wignacourt
, oncle & tante de cet enfant,
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Résumé : NAISSANCE.
Le 7 mars 1764, Auguste-Charlotte naquit à Couturelle en Artois. Elle fut baptisée le 22 mai 1764 par l'évêque de Perpignan. Ses parents étaient Charles-Joseph-François Boudart, Marquis de Couturelle, et Catherine-Charlotte de Wignacourt. Les parrain et marraine étaient les Altesses Sérénissimes Électorales Palatines, représentées par le Comte de Couturelle et Mademoiselle de Wignacourt.
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18213
p. 2960-2961
ALLEMAGNE.
Début :
On écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy d'Angleterre, comme Electeur d'Hanover, [...]
Mots clefs :
Duché de Mecklembourg
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy
O agile de V, cone a au
& au Duc de Brunſwick- Woltembutel , un Refcript
Imperial , concernant les affaires du Duché
de Meckelbourg , par lequel ces Princes font priés
de repréfenter au Duc Charles Leopold les fuites fâcheufes
de fa longue defobéiflance aux Refcripts de
P'Empereur,&de faire leurs efforts pour l'engager à
fe foumettre fans aucune reſtriction , d'empêcher
que les peuples du Duché de Meckelbourg ne
foient ruinez par les véxations des troupes d'execution
, & a'employer toutes fortes de moyens
pour mettre à l'abri de toutes violences le Duc
Chrétien Louis , fa Famille , & la Nobleffe qui
luy eft affectionnée,
II. Vole Оп
DECEMBRE . 1730. 2961
On a reçu avis de Roftock , depuis la publica
tion de ce Decret , que la Nobleffe & les Etats du
Duché de Mekelbourg devoient s'aſſembler au
commencement de l'année prochaine , pour déliberer
fur les affaires du Duché , conformément
aux intentions de S. M. Imp .
On a auffi reçu avis de Conftantinople , que le
G. S. avoit refolu de renforcer de 40000. homines
les garnifons qui font fur les frontieres de
Tranfilvanie , & de faire marcher au Printems
prochain , vers les mêmes Frontieres , une armée
de 150. mille hommes .
On a appris d'Hanover que S. M. Brit. auroit
dans cet Electorat au Printems prochain 34000.
hommes , non compris la Milice & les Compagnies
d'Invalides qui font diftribuées dans divers
endroits.
On écrit de Dantzick que le Roi de Pologne
avoit refufé le paffage par ce Royaume aux
30000. Mofcovites que la Czarine a promis de
fournir à l'Empereur en cas de guerre.
N écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy
O agile de V, cone a au
& au Duc de Brunſwick- Woltembutel , un Refcript
Imperial , concernant les affaires du Duché
de Meckelbourg , par lequel ces Princes font priés
de repréfenter au Duc Charles Leopold les fuites fâcheufes
de fa longue defobéiflance aux Refcripts de
P'Empereur,&de faire leurs efforts pour l'engager à
fe foumettre fans aucune reſtriction , d'empêcher
que les peuples du Duché de Meckelbourg ne
foient ruinez par les véxations des troupes d'execution
, & a'employer toutes fortes de moyens
pour mettre à l'abri de toutes violences le Duc
Chrétien Louis , fa Famille , & la Nobleffe qui
luy eft affectionnée,
II. Vole Оп
DECEMBRE . 1730. 2961
On a reçu avis de Roftock , depuis la publica
tion de ce Decret , que la Nobleffe & les Etats du
Duché de Mekelbourg devoient s'aſſembler au
commencement de l'année prochaine , pour déliberer
fur les affaires du Duché , conformément
aux intentions de S. M. Imp .
On a auffi reçu avis de Conftantinople , que le
G. S. avoit refolu de renforcer de 40000. homines
les garnifons qui font fur les frontieres de
Tranfilvanie , & de faire marcher au Printems
prochain , vers les mêmes Frontieres , une armée
de 150. mille hommes .
On a appris d'Hanover que S. M. Brit. auroit
dans cet Electorat au Printems prochain 34000.
hommes , non compris la Milice & les Compagnies
d'Invalides qui font diftribuées dans divers
endroits.
On écrit de Dantzick que le Roi de Pologne
avoit refufé le paffage par ce Royaume aux
30000. Mofcovites que la Czarine a promis de
fournir à l'Empereur en cas de guerre.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1730, l'empereur a adressé un réquisitoire aux rois de Vienne, de Prusse et au Duc de Brunswick-Wolfenbüttel concernant le Duché de Meckelbourg. Ce document demande à ces princes de convaincre le Duc Charles Léopold de se soumettre aux ordres impériaux pour éviter la ruine des peuples du duché par les vexations des troupes d'exécution. Il est également demandé de protéger le Duc Chrétien Louis, sa famille et la noblesse fidèle. La noblesse et les États du Duché de Meckelbourg doivent se réunir au début de l'année suivante pour délibérer sur les affaires du duché, conformément aux intentions de l'empereur. À Constantinople, le Grand Sultan a décidé de renforcer les garnisons aux frontières de Transylvanie de 40 000 hommes et de préparer une armée de 150 000 hommes pour le printemps. À Hanover, le roi de Grande-Bretagne disposera de 34 000 hommes au printemps, sans compter la milice et les compagnies d'invalides. Enfin, le roi de Pologne a refusé le passage à travers son royaume aux 30 000 Moscovites promis par la tsarine à l'empereur en cas de guerre.
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18214
p. 192-196
MARIAGES.
Début :
Henri de Tripoly de Mark de Panisses de Passis, Chevalier Marquis de la Garde [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Dame, Maison de Panisses, Descendance, Famille, Armes, Commandement, Époux
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de
Palis , Chevalier Marquis de la Garde - Enſeigne
de la Gendarmerie de la Compagnie de
Flandre , Fils de Jofeph-Charles de Tripoly de
Mark de Paniffes de Paffis , Chevalier Marquis
de la Garde Baron de Cipieres & Cauffols ,
Seigneur de Villeneuve , &c , & de Dame
Elizabeth de Vintimille des Comtes de Marfeille
, époufa le 21 Mars 1764 , à Aix en
Provence , Jeanne- Charlotte d'Albertas , fille de
Jean- Baptifte d'Albertas , Chevalier , Premier
Préſident en la Cour des Comptes , Aides &
Finances de Provence ; Marquis de Bouc , Comte
de Ners & de Pechauris , Seigneur de Gemenos
, Confonoves , &c , & de Dame Marguerite.
Françoile de Montullé,
Les différens Auteurs qui ont fait les Génealogies
des Mailons nobles de Provence , n'ont
pas été d'accord entr'eux fur la véritable origine
de cette Maiſon, Les uns ont dit que cette
Famille
JUILLET. 1764 : 193
Famille deſcendoit des anciens Comtes de Tripoli
, les autres de la Maiſon de Paniffes , & le
plus grand nombre de celle de Mark & ils n'ont
jamais été contredits par ceux qui étoient de
cette Famille , dont les papiers avoient été égarés
du temps des Guerres civiles qu'il y avoit
eu dans cette Province , dans lesquelles ils avoient
joué un rôle. Les pupillarités & minorités des
chefs de cette Famille qui fuccédérent à ce temps
de trouble avoient ôté les moyens d'en chercher
les titres dont une partie fe trouvoit hors
du Royaume ; mais en ayant connu la néceffité
par la variété des origines qu'on leur donnoit
ils ont fait des perquifitions & les ont
trouvés. Ils font en état de prouver qu'ils defcendent
des anciens Comtes de Tripoly , Famille
qui étoit établie dans la Comté de Nice
depuis longues années .
Cette Famille porte pour Armes parti d'un ,
coupé d'un qui fait quatre quartiers .
Au premier le champ taillé de Gueule fur
argent , le Gueule chargé d'une Croix clichée ,
vuidée & pommetée d'or taillée en coeur ,
l'argent chargé de rofes de gueule , pofée en
pal , qui elt Tripoly , au deuxième d'azur à
trois pointes de diamant d'argent les pointes
en haut pofées , deux & une furmontées d'une
étoile à 6 rayes d'or qui eft Mark .
Au troifiéme d'azur à 6 épics de bled renverfés
d'or , 3. 2. & 1. qui eſt Panilles.
Au quatrième d'azur femé de Croix recroifetées
, au pied fiché d'or , à deux dauphins
adollés de même qui eft Paffis .
Jofeph - Charles de Tripoly de Paffis , Pere
d'Henri qui vient d'époufer Mlle d'Albertas ,
a eu aufi de fon mariage avec Mlle de Vin-
II. Vol. I
194
MERCURE DE FRANCE .
54
timille des Comtes de Marſeille , un autre fils
qui eft mort Chevalier de Malte & une fille
mariée avec M. le Marquis de Grimaldy d'Antibes;
il eft Fils de Céfar de Tripoli de Panif
fes , & de Magdelaine de Ballon ; celui - ci a
recueilli Phéritage de Charles de Paniffes de
Paffis fon grand Oncle maternel , qui l'a obli̟-
gé lui & fes defcendans de porter fon nom &
Tes armes. C'eſt en exécution de cette volonté
qu'on a pris dans cette Famille le Nom & les
Armes de Paniffes ; & c'eft ce qui a donné
lieu à Pérreur qu'ont fait quelques Hiftoriens
de prétendre qu'ils en defcendoient. Célar etoit
fils de François Tripoly & de Therefe de Chabert
& petit fils de Marc Antoine de Tripoli ,
& de Françoife de Paniffes ; l'un & l'autre ont
paffé leurs vies au fervice de leur Prince &
font morts jeunes des bleflures qu'ils avoient
effuyées.
,
Marc-Antoine de Tripoly étoit né du Mariage
de Claude de Tripoly avec Honorade de
Roux. Celui- ci a rendu des grands fervices à fon
Roi qui l'avoit employé en différentes occafions ,
comme l'on voit par les commiflions dont il
l'avoit chargé ; il étoit fils d'Antoine Tripoly ,
marié en 1560 , avec Honorade de Marſeille
des Comtes de Vintimille , parente de M. le
Comte de Tende , pour lors Gouverneur de
Provence , qui fit lui-même ce mariage , & les
fit époufer dans une campagne qu'il avoit dans
le terroir de Marfeille. Il comptoit fi fort fur
fa valeur & fa droiture , qu'il l'occupa toujours
dans le tems des Guerres civiles , lui fit avoir
bien des Commiffions honorables & lui procura
le Commandement de la Ville d'Aix , &
de plufieurs autres Villes de la Province. Il
JUILLET. 1764. 195
B
>
mourut peu de temps après fon mariage , lailfant
fon fils en pupillarité ; il étoit fils de
Louis Mark dê Tripoly, & de Marguerite de
Mark , Fille de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft de Venafque , mariés en 1505. Voilà
ce qui a donné lieu à l'érreur de quelques
Hiftoriens qui ont avancé que cette Famille
defcendoit de celle de Mark ils ont trouvé à
propos de fupprimer le Mariage intermédiaire
de Louis de Mark de Tripoly & de Marguerite
de Mark , & ont fait naître Antoine de
Tripoly de celui de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft , fans faire attention au temps
des ans qui fe trouvoit entre ces deux mariages.
Ils ont véritablement été autorifés à
cette mépriſe par le nom de Louis de Mark ,
qu'Antoine donne à ſon père dans ſon contrat de
mariage ; mais voici ce qui y a donné lieu.
Louis de Mark , époux d'Antoinette de Guaft ,
avoit un fils nommé Antoine , & entr'autres filles
, une appellée Marguerite , qui épousa Louis
de Tripoly. Antoine , héritier de fon père , fe
voyant fans enfans , laiffa fa foeur Marguerite se
Louis de Tripoly , ſon beau- frère , ſes héritiers ,
les chargeant de porter fon nom & armes. C'eſt
en exécution de ce teftament que ce Louis prit le
• nom de Mark . La preuve de ce fait eft claire &
préciſe.
Ce Louis de Tripoly , furnommé Louis de
Mark , étoit fils de Paul de Tripoly & de Marguerite
Chabauda , & petit-fils de Pierre de Tripoly
& de Marie Fabry ; l'un & l'autre habitoient
la Comté de Nice , & avoient , autant qu'on en
peut recueillir de divers fragmens, paſſé leur vie
au Service.
Pierre de Tripoly étoit fils de Claude & d'He-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
leine de Beire , & Claude de Michel & de Magdelaine
Gaufredy , mariés le 18 Juin 1369. Il le dit
fils dans ce contrat de mariage d'Antoine de Tripoly
& de Magdelaine Berengara , dont on n'a
encore pû trouver le contrat de mariage , qui
vraisemblablement fe fera égaré dans le temps
des troubles.
Le 26 Juin 1764 , Denis Laurian Turmeau
de la Morandiere , Membre des Sociétés Royales
d'Agriculture des Généralités d'Orléans & de
Soiffons , connu par différens Ouvrages eſtimables
, a époufé Dame Marie Françoife Mallet ,
fille de Meffire Jacques-François Mallet , Chevalier
, Seigneur de Trumilly , Chanteloup , Godonvilliers
& autres Lieux , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Préſident de fa Chambre des Comptes
, & veuve de Simon - Louis de Brulart , Chevalier
, Marquis de Brulart & de Rouvre , Seigneur
de Beaubourg , Clotomond & autres
Lieux .
Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de
Palis , Chevalier Marquis de la Garde - Enſeigne
de la Gendarmerie de la Compagnie de
Flandre , Fils de Jofeph-Charles de Tripoly de
Mark de Paniffes de Paffis , Chevalier Marquis
de la Garde Baron de Cipieres & Cauffols ,
Seigneur de Villeneuve , &c , & de Dame
Elizabeth de Vintimille des Comtes de Marfeille
, époufa le 21 Mars 1764 , à Aix en
Provence , Jeanne- Charlotte d'Albertas , fille de
Jean- Baptifte d'Albertas , Chevalier , Premier
Préſident en la Cour des Comptes , Aides &
Finances de Provence ; Marquis de Bouc , Comte
de Ners & de Pechauris , Seigneur de Gemenos
, Confonoves , &c , & de Dame Marguerite.
Françoile de Montullé,
Les différens Auteurs qui ont fait les Génealogies
des Mailons nobles de Provence , n'ont
pas été d'accord entr'eux fur la véritable origine
de cette Maiſon, Les uns ont dit que cette
Famille
JUILLET. 1764 : 193
Famille deſcendoit des anciens Comtes de Tripoli
, les autres de la Maiſon de Paniffes , & le
plus grand nombre de celle de Mark & ils n'ont
jamais été contredits par ceux qui étoient de
cette Famille , dont les papiers avoient été égarés
du temps des Guerres civiles qu'il y avoit
eu dans cette Province , dans lesquelles ils avoient
joué un rôle. Les pupillarités & minorités des
chefs de cette Famille qui fuccédérent à ce temps
de trouble avoient ôté les moyens d'en chercher
les titres dont une partie fe trouvoit hors
du Royaume ; mais en ayant connu la néceffité
par la variété des origines qu'on leur donnoit
ils ont fait des perquifitions & les ont
trouvés. Ils font en état de prouver qu'ils defcendent
des anciens Comtes de Tripoly , Famille
qui étoit établie dans la Comté de Nice
depuis longues années .
Cette Famille porte pour Armes parti d'un ,
coupé d'un qui fait quatre quartiers .
Au premier le champ taillé de Gueule fur
argent , le Gueule chargé d'une Croix clichée ,
vuidée & pommetée d'or taillée en coeur ,
l'argent chargé de rofes de gueule , pofée en
pal , qui elt Tripoly , au deuxième d'azur à
trois pointes de diamant d'argent les pointes
en haut pofées , deux & une furmontées d'une
étoile à 6 rayes d'or qui eft Mark .
Au troifiéme d'azur à 6 épics de bled renverfés
d'or , 3. 2. & 1. qui eſt Panilles.
Au quatrième d'azur femé de Croix recroifetées
, au pied fiché d'or , à deux dauphins
adollés de même qui eft Paffis .
Jofeph - Charles de Tripoly de Paffis , Pere
d'Henri qui vient d'époufer Mlle d'Albertas ,
a eu aufi de fon mariage avec Mlle de Vin-
II. Vol. I
194
MERCURE DE FRANCE .
54
timille des Comtes de Marſeille , un autre fils
qui eft mort Chevalier de Malte & une fille
mariée avec M. le Marquis de Grimaldy d'Antibes;
il eft Fils de Céfar de Tripoli de Panif
fes , & de Magdelaine de Ballon ; celui - ci a
recueilli Phéritage de Charles de Paniffes de
Paffis fon grand Oncle maternel , qui l'a obli̟-
gé lui & fes defcendans de porter fon nom &
Tes armes. C'eſt en exécution de cette volonté
qu'on a pris dans cette Famille le Nom & les
Armes de Paniffes ; & c'eft ce qui a donné
lieu à Pérreur qu'ont fait quelques Hiftoriens
de prétendre qu'ils en defcendoient. Célar etoit
fils de François Tripoly & de Therefe de Chabert
& petit fils de Marc Antoine de Tripoli ,
& de Françoife de Paniffes ; l'un & l'autre ont
paffé leurs vies au fervice de leur Prince &
font morts jeunes des bleflures qu'ils avoient
effuyées.
,
Marc-Antoine de Tripoly étoit né du Mariage
de Claude de Tripoly avec Honorade de
Roux. Celui- ci a rendu des grands fervices à fon
Roi qui l'avoit employé en différentes occafions ,
comme l'on voit par les commiflions dont il
l'avoit chargé ; il étoit fils d'Antoine Tripoly ,
marié en 1560 , avec Honorade de Marſeille
des Comtes de Vintimille , parente de M. le
Comte de Tende , pour lors Gouverneur de
Provence , qui fit lui-même ce mariage , & les
fit époufer dans une campagne qu'il avoit dans
le terroir de Marfeille. Il comptoit fi fort fur
fa valeur & fa droiture , qu'il l'occupa toujours
dans le tems des Guerres civiles , lui fit avoir
bien des Commiffions honorables & lui procura
le Commandement de la Ville d'Aix , &
de plufieurs autres Villes de la Province. Il
JUILLET. 1764. 195
B
>
mourut peu de temps après fon mariage , lailfant
fon fils en pupillarité ; il étoit fils de
Louis Mark dê Tripoly, & de Marguerite de
Mark , Fille de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft de Venafque , mariés en 1505. Voilà
ce qui a donné lieu à l'érreur de quelques
Hiftoriens qui ont avancé que cette Famille
defcendoit de celle de Mark ils ont trouvé à
propos de fupprimer le Mariage intermédiaire
de Louis de Mark de Tripoly & de Marguerite
de Mark , & ont fait naître Antoine de
Tripoly de celui de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft , fans faire attention au temps
des ans qui fe trouvoit entre ces deux mariages.
Ils ont véritablement été autorifés à
cette mépriſe par le nom de Louis de Mark ,
qu'Antoine donne à ſon père dans ſon contrat de
mariage ; mais voici ce qui y a donné lieu.
Louis de Mark , époux d'Antoinette de Guaft ,
avoit un fils nommé Antoine , & entr'autres filles
, une appellée Marguerite , qui épousa Louis
de Tripoly. Antoine , héritier de fon père , fe
voyant fans enfans , laiffa fa foeur Marguerite se
Louis de Tripoly , ſon beau- frère , ſes héritiers ,
les chargeant de porter fon nom & armes. C'eſt
en exécution de ce teftament que ce Louis prit le
• nom de Mark . La preuve de ce fait eft claire &
préciſe.
Ce Louis de Tripoly , furnommé Louis de
Mark , étoit fils de Paul de Tripoly & de Marguerite
Chabauda , & petit-fils de Pierre de Tripoly
& de Marie Fabry ; l'un & l'autre habitoient
la Comté de Nice , & avoient , autant qu'on en
peut recueillir de divers fragmens, paſſé leur vie
au Service.
Pierre de Tripoly étoit fils de Claude & d'He-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
leine de Beire , & Claude de Michel & de Magdelaine
Gaufredy , mariés le 18 Juin 1369. Il le dit
fils dans ce contrat de mariage d'Antoine de Tripoly
& de Magdelaine Berengara , dont on n'a
encore pû trouver le contrat de mariage , qui
vraisemblablement fe fera égaré dans le temps
des troubles.
Le 26 Juin 1764 , Denis Laurian Turmeau
de la Morandiere , Membre des Sociétés Royales
d'Agriculture des Généralités d'Orléans & de
Soiffons , connu par différens Ouvrages eſtimables
, a époufé Dame Marie Françoife Mallet ,
fille de Meffire Jacques-François Mallet , Chevalier
, Seigneur de Trumilly , Chanteloup , Godonvilliers
& autres Lieux , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Préſident de fa Chambre des Comptes
, & veuve de Simon - Louis de Brulart , Chevalier
, Marquis de Brulart & de Rouvre , Seigneur
de Beaubourg , Clotomond & autres
Lieux .
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate le mariage d'Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de Palis, Chevalier Marquis de la Garde et Enseigne de la Gendarmerie de la Compagnie de Flandre, avec Jeanne-Charlotte d'Albertas, fille de Jean-Baptiste d'Albertas, Chevalier et Premier Président à la Cour des Comptes, Aides et Finances de Provence. La cérémonie a eu lieu le 21 mars 1764 à Aix-en-Provence. La famille de Tripoly de Mark de Paniffes de Palis possède une origine controversée. Certains historiens la font descendre des anciens Comtes de Tripoli, d'autres de la Maison de Paniffes, et la majorité de la Maison de Mark. La famille a retrouvé des documents prouvant qu'elle descend des anciens Comtes de Tripoli, établis dans la Comté de Nice depuis longtemps. Les armes de la famille combinent des éléments héraldiques des maisons de Tripoli, Mark, Paniffes et Paffis. Joseph-Charles de Tripoly de Paffis, père d'Henri, a eu un autre fils, mort Chevalier de Malte, et une fille mariée au Marquis de Grimaldi d'Antibes. Joseph-Charles est le fils de César de Tripoli de Paniffes et de Magdelaine de Ballon. Le texte mentionne également plusieurs générations précédentes, telles que Marc-Antoine de Tripoly, Claude de Tripoly, et Louis de Mark de Tripoly. Ces ancêtres ont servi leur prince et sont morts jeunes des blessures de guerre. Le texte corrige des erreurs historiques concernant les origines de la famille, notamment l'erreur selon laquelle ils descendraient de la Maison de Mark. Enfin, le texte mentionne le mariage de Denis Laurian Turmeau de la Morandiere avec Dame Marie Françoise Mallet, veuve de Simon-Louis de Brulart, Chevalier et Marquis de Brulart et de Rouvre, le 26 juin 1764.
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18215
p. 191
De WARSOVIE, le 10 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Bienlinski, Staroste de Czersk, est parti le 7 [...]
Mots clefs :
Comte, Versailles, Majesté très chrétienne, Commission, Décès, Roi Auguste III
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 10 Décembre 1763.
De WARSOVIE , le 10 Décembre 1763.
E Comte de Bielinski , Starofte de Czersɛ ,
eft parti le 7 de ce mois pour le rendre à Verfailles
& y notifier à Sa Majefté Très- Chrétienne
la mort du Roi Augußte III. Il eft chargé de la
même commiffion auprès du Roi Stanillas , Duc.
de Lorraine & de Bar.
E Comte de Bielinski , Starofte de Czersɛ ,
eft parti le 7 de ce mois pour le rendre à Verfailles
& y notifier à Sa Majefté Très- Chrétienne
la mort du Roi Augußte III. Il eft chargé de la
même commiffion auprès du Roi Stanillas , Duc.
de Lorraine & de Bar.
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18216
p. 191
De STOCKOLM, le 6 Décembre 1763.
Début :
Le Baron de Breteuil, Ambassadeur de Sa Majesté Très-Chrétienne auprès du Roi, [...]
Mots clefs :
Baron, Capitale, Danemark, Ministre, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De STOCKOLM, le 6 Décembre 1763.
De STOCKOLM , le 6 Décembre 1763.
Le Baron de Breteuil Ambafladeur de Sa
Majefté Très- Chrétienne auprès du Roi , vient
d'arriver en cette Capitale avec la Baronne fon
époule. En paffant par les Etats de Dannemarck,
ce Miniftre fut préfenté le 18 Novembre à Leurs
Majeftés , qui étoient à Friedensbourg , par le
Préfident Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté :
Très-Chrétienne auprès du Roi de Dannemarck .
Le Baron de Breteuil Ambafladeur de Sa
Majefté Très- Chrétienne auprès du Roi , vient
d'arriver en cette Capitale avec la Baronne fon
époule. En paffant par les Etats de Dannemarck,
ce Miniftre fut préfenté le 18 Novembre à Leurs
Majeftés , qui étoient à Friedensbourg , par le
Préfident Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté :
Très-Chrétienne auprès du Roi de Dannemarck .
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18217
p. 191-192
De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
Début :
Le Président Ogier, Ambassadeur de France en cette Cour, remit, le 20 du mois [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Majesté très chrétienne, Épée d'or, Capitaine, Service, Distinction, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
De COPPENHAGUE , le 3 Décembre 1763 .
Le Préfident Ogier , Ambaffadeur de France.
en cette Cour , remit , le 20 du mois dernier ,
au nom de Sa Majefté Très- Chrétienne , une
épée d'or au fieur Laub , Capitaine- Lieutenant
de la Marine Danoife , lequel a fervi avec diftination
pendant la derniere guerre dans la Marine
de France . Des fept Officiers Danois qui ont
été admis à fervir conjointement avec les Offi192
MERCURE DE FRANCE .
ciers François , le fieur Laub eft le quatrième qui
air reçu des marques diftinguées de la bienveillance
de Sa Majesté Très- Chrétienne ; deux autres
ont été tués en combattant avec vvaleur fur
les Vailleaux François , & un troifiéme eft mort
ici peu de temps après fon retour en cette Ca- cette Capitale.
Le Préfident Ogier , Ambaffadeur de France.
en cette Cour , remit , le 20 du mois dernier ,
au nom de Sa Majefté Très- Chrétienne , une
épée d'or au fieur Laub , Capitaine- Lieutenant
de la Marine Danoife , lequel a fervi avec diftination
pendant la derniere guerre dans la Marine
de France . Des fept Officiers Danois qui ont
été admis à fervir conjointement avec les Offi192
MERCURE DE FRANCE .
ciers François , le fieur Laub eft le quatrième qui
air reçu des marques diftinguées de la bienveillance
de Sa Majesté Très- Chrétienne ; deux autres
ont été tués en combattant avec vvaleur fur
les Vailleaux François , & un troifiéme eft mort
ici peu de temps après fon retour en cette Ca- cette Capitale.
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Résumé : De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
Le 3 décembre 1763, à Copenhague, l'ambassadeur de France Ogier remit une épée d'or au capitaine danois Laub pour ses services distingués dans la Marine française. Sept officiers danois avaient servi avec les Français, deux étaient morts au combat, et un autre après son retour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18218
p. 2961-2963
ITALIE.
Début :
Le 30. Novembre les Peres de la Compagnie de Jesus élurent pour leur General le Pere [...]
Mots clefs :
Cardinal, Abbé, Pape
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
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Résumé : ITALIE.
Le 30 novembre, les Jésuites élurent François Res comme nouveau Général. Le Cardinal Secrétaire d'État convoqua Mgr Coscia, Évêque de Targa, à comparaître devant le Pape sous peine de suspension et d'excommunication. Le Cardinal de Polignac baptisa le fils du Marquis Gualterio et remit un portrait du Roi à la mère. Le 11 décembre, un consistoire secret nomma les Cardinaux Aldobrandini, Grimaldi et Maffei aux légations de Bologne, Ferrare et Romagne. L'affaire du Grand-Prieuré de Rome fut résolue en faveur du Cardinal Cibo, qui transmit ensuite cette charge au Cardinal Ruspoli. Le Cardinal Ottoboni proposa plusieurs postes ecclésiastiques, dont l'évêché de Mirepoix, l'abbaye de Saint-Étienne de Baulge, et l'évêché d'Angers. Lors du consistoire du 18 décembre, il proposa l'évêché de Carcassonne, l'abbaye de la Grave, et l'abbaye de Saint-Florent-lez-Saumur. À Benevent, la population enleva les armes du Cardinal Coscia du portail du Palais Archépiscopal. On murmurait que l'archevêché pourrait être donné au Cardinal Grimaldi si Coscia démissionnait. À Gênes, Jérôme Veneroso revint de Corse avec deux galères, et Camille Doria était attendu pour le remplacer. Les rebelles des montagnes avaient remis leurs armes dans des magasins publics.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18219
p. 190-192
« Ce qui suit devroit avoir esté placé plustost, mais je n'estois [...] »
Début :
Ce qui suit devroit avoir esté placé plustost, mais je n'estois [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Ce qui suit devroit avoir esté placé plustost, mais je n'estois [...] »
Ce qui suit devroit avoir esté
placé plustost, mais je n'estois
pas encore bien informé de ce
que je devois dire sur cet ar-
ticle.
Le jour de la naissance de
Monseigheur le Duc de Breta-
gne, il y eut un feu devant
Hotel de Pontchartrain, au-
quel il ne manqua rien de tout
ece qui pouvoit faire éclater le
zele & la joye du grand Mi-
mniſtre qui l'avoit ordonné. Le
frontispice de ce superbe Hô-
tel, estoit éclairé par une gran-
de quantité de lampes disposées
avec beaucoup d'art & d'ordre.
On
Réjouissances.
191
On commença d'abord par ti-
rer plusieurs fusées volantes & il
se fit trois grandes décharges de
Mousqueterie, qui furent sui-
vies de trois décharges de boë-
tes Les Trompettes, les Tim-
balles & les Haut bois, qui
estoient dans le Salon, qui est
au fond de la cour, se firent
entendre avec un extrême plai-
sir, pendant tout le temps que
le feu dura. Quatre fontaines
de vin ne cesserent point de
couler en abondance du haut
des balcons, pendant plus de
de trois heures. On diſtribua
outre cela à la porte de toutes
fortes de vins, à tous ceux qui
en voulurent Quoy qu'il y eust
une affluence extraordinaire de
peuple, toutes les melures
Juillet 1704. II. P.
R.
Réjouissances.
192
voient esté si bien prises, &
elles furent si bien exécutées
qu'il n'y arriva aucun desordre.
placé plustost, mais je n'estois
pas encore bien informé de ce
que je devois dire sur cet ar-
ticle.
Le jour de la naissance de
Monseigheur le Duc de Breta-
gne, il y eut un feu devant
Hotel de Pontchartrain, au-
quel il ne manqua rien de tout
ece qui pouvoit faire éclater le
zele & la joye du grand Mi-
mniſtre qui l'avoit ordonné. Le
frontispice de ce superbe Hô-
tel, estoit éclairé par une gran-
de quantité de lampes disposées
avec beaucoup d'art & d'ordre.
On
Réjouissances.
191
On commença d'abord par ti-
rer plusieurs fusées volantes & il
se fit trois grandes décharges de
Mousqueterie, qui furent sui-
vies de trois décharges de boë-
tes Les Trompettes, les Tim-
balles & les Haut bois, qui
estoient dans le Salon, qui est
au fond de la cour, se firent
entendre avec un extrême plai-
sir, pendant tout le temps que
le feu dura. Quatre fontaines
de vin ne cesserent point de
couler en abondance du haut
des balcons, pendant plus de
de trois heures. On diſtribua
outre cela à la porte de toutes
fortes de vins, à tous ceux qui
en voulurent Quoy qu'il y eust
une affluence extraordinaire de
peuple, toutes les melures
Juillet 1704. II. P.
R.
Réjouissances.
192
voient esté si bien prises, &
elles furent si bien exécutées
qu'il n'y arriva aucun desordre.
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18220
p. 180-185
Theatre d'eau, [titre d'après la table]
Début :
Les Ambassadeurs admirerent, non seulement les eaux qui sont en [...]
Mots clefs :
Théâtre d'eau, Jets d'eau, Figures, Allée, Allées d'eau, Nappes d'eau, Cascades
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texteReconnaissance textuelle : Theatre d'eau, [titre d'après la table]
Les Ambaſſadeurs admi
P
374 Suite du Voyage
rerent , non ſeulement les
caux qui ſont en ce lieu ,
mais encore la maniere ga
- lante dont il eſt conſtruit,
Ils furent enfuite conduits
au Theatre d'eau. Il eſt ainſi
appellé à caufe des diverſes
figures que les jets d'eau dont
il eft remply , y reprefentent.
Il offre d'abord à la veuë
trois allées d'eau qui font la
patte d'oye , & qui font plus
élevées que le lieu d'où on
les voit , parce que le terrain
va en montant ; elles font
bordées de treiflage. Aux
deux coſtez de celle du milicu
font deux enfoncemens
des Amb. de Siam.
175
ceintrez & treillicez qui la ſeparent
des deux autres. Au
devant de ces ceintres , on
voit deux baffins , dans lefquels
font encor d'autres baffins
plus petit & plus élevez ;
demaniere que les jets d'eau
qui en fortent les remplif
fant trop , font des napes
d'eau tout autour. Il y en a
encore de pareils par delà les
deux autres allées; ainfi-chaque
allée en a àſes deux cô
tez. L'allée du milieu eſt plus
élevée , & l'on y voit des cafcades
qui font quatorze ou
quinze napes d'eau , les unes
fur les autres , & ces cafca-
Pij
176 Suite du Voyage
des & ces napes,,
font formées
par un tres-grand nombre
de jets , puiſque cette allée
en a cinq dans ſa largeur ,
qui continuant juſques au
bout , font paroître fix allées
d'eau. Au bas de cette allée
eſt un grand Baffin , qui occupe
toute la face des cafcades
, & qui en reçoit l'eau ,
&plus bas encore , il y a un
autre baſſin remply de ſigros
jets . Les allées des coſtés ont
chacune deux jets d'eau dans
leur largeur , qui forment
trois allées d'eau ; ils font
dans un baſſin qui cotinuë
tout le long de l'allée , &
des Amb. de Siam. 177
comme elle eſt en pente , &
qu'on a mis d'eſpace en efpace
dequoy arrêter l'eau ,
elle forme des napes tout le
long de la meſme allée , &
ces napes , des caſcades , qui
accompagnent celles de l'allée
du milieu. Entre le treillage
& les jets d'eau de ces
trois allées , il y a fix rangs
de petits arbres , qui eſtant
taillés de diferentes maniere
reprefentent diverſes figures.
Je ne parleray point
du reſte des ornemens qui
embelliffent ce lieu mais
comme il eſt fait pour les
د
divers changements des jets
Piij
178 Saite du Voyage
d'eau qui imitent les Decorations
de Theatre , je vous
diray qu'il y en a de cinq
fortes . Les jets s'elancent d'abord
en haut & demeurent
droits , enſuite ils ſe courbent
& font des berceaux en dedans
& puis en dehors ; aprés
cela il forment des cercles
en avant , quieſtant changés
tout à coup paroiffoient en arriere.
Il eſt aiſe de s'imagi
ner que les divers ſpectacles
que ces eaux donnerent aux
Ambaſfadeurs , les divertirent
beaucoup car quoy qu'ils
cuſſent veu tous ce que les
caux peuvent produire de
des Amb. de siam. 179
beau , rien ne leur avoit en
core marqué tant de diffe
rents effets produits par les
meſmes jets.
P
374 Suite du Voyage
rerent , non ſeulement les
caux qui ſont en ce lieu ,
mais encore la maniere ga
- lante dont il eſt conſtruit,
Ils furent enfuite conduits
au Theatre d'eau. Il eſt ainſi
appellé à caufe des diverſes
figures que les jets d'eau dont
il eft remply , y reprefentent.
Il offre d'abord à la veuë
trois allées d'eau qui font la
patte d'oye , & qui font plus
élevées que le lieu d'où on
les voit , parce que le terrain
va en montant ; elles font
bordées de treiflage. Aux
deux coſtez de celle du milicu
font deux enfoncemens
des Amb. de Siam.
175
ceintrez & treillicez qui la ſeparent
des deux autres. Au
devant de ces ceintres , on
voit deux baffins , dans lefquels
font encor d'autres baffins
plus petit & plus élevez ;
demaniere que les jets d'eau
qui en fortent les remplif
fant trop , font des napes
d'eau tout autour. Il y en a
encore de pareils par delà les
deux autres allées; ainfi-chaque
allée en a àſes deux cô
tez. L'allée du milieu eſt plus
élevée , & l'on y voit des cafcades
qui font quatorze ou
quinze napes d'eau , les unes
fur les autres , & ces cafca-
Pij
176 Suite du Voyage
des & ces napes,,
font formées
par un tres-grand nombre
de jets , puiſque cette allée
en a cinq dans ſa largeur ,
qui continuant juſques au
bout , font paroître fix allées
d'eau. Au bas de cette allée
eſt un grand Baffin , qui occupe
toute la face des cafcades
, & qui en reçoit l'eau ,
&plus bas encore , il y a un
autre baſſin remply de ſigros
jets . Les allées des coſtés ont
chacune deux jets d'eau dans
leur largeur , qui forment
trois allées d'eau ; ils font
dans un baſſin qui cotinuë
tout le long de l'allée , &
des Amb. de Siam. 177
comme elle eſt en pente , &
qu'on a mis d'eſpace en efpace
dequoy arrêter l'eau ,
elle forme des napes tout le
long de la meſme allée , &
ces napes , des caſcades , qui
accompagnent celles de l'allée
du milieu. Entre le treillage
& les jets d'eau de ces
trois allées , il y a fix rangs
de petits arbres , qui eſtant
taillés de diferentes maniere
reprefentent diverſes figures.
Je ne parleray point
du reſte des ornemens qui
embelliffent ce lieu mais
comme il eſt fait pour les
د
divers changements des jets
Piij
178 Saite du Voyage
d'eau qui imitent les Decorations
de Theatre , je vous
diray qu'il y en a de cinq
fortes . Les jets s'elancent d'abord
en haut & demeurent
droits , enſuite ils ſe courbent
& font des berceaux en dedans
& puis en dehors ; aprés
cela il forment des cercles
en avant , quieſtant changés
tout à coup paroiffoient en arriere.
Il eſt aiſe de s'imagi
ner que les divers ſpectacles
que ces eaux donnerent aux
Ambaſfadeurs , les divertirent
beaucoup car quoy qu'ils
cuſſent veu tous ce que les
caux peuvent produire de
des Amb. de siam. 179
beau , rien ne leur avoit en
core marqué tant de diffe
rents effets produits par les
meſmes jets.
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Résumé : Theatre d'eau, [titre d'après la table]
Le texte relate la visite des ambassadeurs de Siam au Théâtre d'eau, une structure impressionnante par ses diverses figures créées par les jets d'eau. Le Théâtre d'eau se compose de trois allées d'eau en forme de patte d'oie, bordées de treillage. Chaque allée est ornée de bassins et de jets d'eau formant des nappes et des cascades. L'allée centrale, la plus élevée, compte cinq jets d'eau dans sa largeur, donnant l'illusion de six allées d'eau. Les allées latérales, en pente, forment également des nappes et des cascades grâce à des obstacles placés pour arrêter l'eau. Entre les jets d'eau et le treillage, six rangs de petits arbres taillés en diverses figures embellissent le lieu. Le Théâtre d'eau est conçu pour des changements de décoration des jets d'eau, imitant les décors de théâtre. Les jets d'eau peuvent s'élancer en hauteur, se courber pour former des berceaux, ou créer des cercles en avant ou en arrière. Les ambassadeurs furent grandement divertis par les spectacles variés offerts par les jets d'eau, bien qu'ils aient déjà vu de nombreuses merveilles aquatiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18221
p. 192
De VIENNE, le 21 Novembre 1763.
Début :
Madame l'Archiduchesse Infante a été attaquée, le 18 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Maux, Reins, Petite vérole, Symptômes, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 21 Novembre 1763.
De VIENNE , le 21 Novembre 1763.
Madame l'Archiducheffe Infante a été attaquée,
le 18 de ce mois , d'une fiévre affez forte , accompagnée
de maux de reins : elle a été faignée
le 19. Le lendemain la petite vérole s'eſt manifeftée
, elle eft aflez abondante , mais elle eft fortie
avec des fymptômes favorables , fans qu'on
puille encore juger fi elle eft de bonne ou de¹
mauvaiſe eſpéce. Cette Princeffe eft aujourd'hui
aufli bien que fon état le comporte.
Madame l'Archiducheffe Infante a été attaquée,
le 18 de ce mois , d'une fiévre affez forte , accompagnée
de maux de reins : elle a été faignée
le 19. Le lendemain la petite vérole s'eſt manifeftée
, elle eft aflez abondante , mais elle eft fortie
avec des fymptômes favorables , fans qu'on
puille encore juger fi elle eft de bonne ou de¹
mauvaiſe eſpéce. Cette Princeffe eft aujourd'hui
aufli bien que fon état le comporte.
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18222
p. 192-193
Du 24.
Début :
Madame l'Archiduchesse Infante, qui étoit grosse de sept mois, [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Accouchement, Maladies, Princesse, Symptômes, Médecins, Désolation, Fausse couche, Affaiblissement, Empereur, Commissaire, Diète, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 24.
Du 24.
Madame l'Archiducheffe Infante , qui étoit
groffe de fept mois , eft accouchée d'une fille
qui a vécu aflez de temps pour recevoir le baptême.
Cette faulle couche avoit rendu plus dangereux
les accidens da la petite vérole , les bou
tons s'étoient applatis , & la tête étoit embarrallée
; ces fymptêmes donnoient les plus vives
inquiétudes fur l'état de cette Princeſſe ; mais
aujourd'hui l'éruption paroît le rétablir , la tête
eft libre , & les Médecins ont repris efpérance.
Du 24. กา
·Rien ne peut exprimer la déſolation que répand
à la Cour & dans cette Ville la perte que
nous venons de faire. Tous les fecours de l'Art
n'ont pû conferver Madame l'Archiducheffe Inwicy
to tivist Alefante
JANVIER. 1764. 193
fante: les fuites de fa fauffe couche avoient entiérement
épuisé les forces , & rendoient , chaque
jour , plus dangereux les accidens de la petite vérole.
Hier au matin fe font manifeftés quelques
fymptômes de gangrene ; après midi , la Princeffe
a commencé à avoir la diglutition plus difficile ,
& peu de temps après , elle a refufé tout ce qu'on
lui préfentoit , le poulx s'eft affoibli , la refpira--
tion s'eft embarraffée de plus en plus , & tout a
annoncé dès ce moment les approches de la mort.
Cet état a duré toute la nuit ; ce matin à cinq
heures , fon Alteffe Royale a rendu le dernier foupir
après une agonie courte & tranquille . Cette
Princeffe avoit reçu les facremens le 22 , & le lendemain
, on lui avoit adminiftré l'extrême-onction
dans tout le cours de fa maladie ,
elle a
montré beaucoup de réfignation & de courage.
L'Archiduc s'eſt enfermé avec elle , dès l'inſtant
que la petite véroles'eft manifeftée, & il ne l'a pas
quittée jufqu'au dernier moment.7
Durs Décembre.
L'Empereur a nommé pour fon premier Commiffaire
à la Diete Electorale de Francfort le Prin
ce Jofeph de Lichtenſtein & pour ſecond , le Baron
de Bartenſtein , Confeiller Aulique de Sa Majefté
Impériale . On travaille avec activité aux préparatifs
néceffaires pour le départ de l'Empereur
& des Ambafladeurs qui fuivront Sa Majeſté Impériale
à Francfort .
Madame l'Archiducheffe Infante , qui étoit
groffe de fept mois , eft accouchée d'une fille
qui a vécu aflez de temps pour recevoir le baptême.
Cette faulle couche avoit rendu plus dangereux
les accidens da la petite vérole , les bou
tons s'étoient applatis , & la tête étoit embarrallée
; ces fymptêmes donnoient les plus vives
inquiétudes fur l'état de cette Princeſſe ; mais
aujourd'hui l'éruption paroît le rétablir , la tête
eft libre , & les Médecins ont repris efpérance.
Du 24. กา
·Rien ne peut exprimer la déſolation que répand
à la Cour & dans cette Ville la perte que
nous venons de faire. Tous les fecours de l'Art
n'ont pû conferver Madame l'Archiducheffe Inwicy
to tivist Alefante
JANVIER. 1764. 193
fante: les fuites de fa fauffe couche avoient entiérement
épuisé les forces , & rendoient , chaque
jour , plus dangereux les accidens de la petite vérole.
Hier au matin fe font manifeftés quelques
fymptômes de gangrene ; après midi , la Princeffe
a commencé à avoir la diglutition plus difficile ,
& peu de temps après , elle a refufé tout ce qu'on
lui préfentoit , le poulx s'eft affoibli , la refpira--
tion s'eft embarraffée de plus en plus , & tout a
annoncé dès ce moment les approches de la mort.
Cet état a duré toute la nuit ; ce matin à cinq
heures , fon Alteffe Royale a rendu le dernier foupir
après une agonie courte & tranquille . Cette
Princeffe avoit reçu les facremens le 22 , & le lendemain
, on lui avoit adminiftré l'extrême-onction
dans tout le cours de fa maladie ,
elle a
montré beaucoup de réfignation & de courage.
L'Archiduc s'eſt enfermé avec elle , dès l'inſtant
que la petite véroles'eft manifeftée, & il ne l'a pas
quittée jufqu'au dernier moment.7
Durs Décembre.
L'Empereur a nommé pour fon premier Commiffaire
à la Diete Electorale de Francfort le Prin
ce Jofeph de Lichtenſtein & pour ſecond , le Baron
de Bartenſtein , Confeiller Aulique de Sa Majefté
Impériale . On travaille avec activité aux préparatifs
néceffaires pour le départ de l'Empereur
& des Ambafladeurs qui fuivront Sa Majeſté Impériale
à Francfort .
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Résumé : Du 24.
Le 24 janvier 1764, Madame l'Archiduchesse Infante, enceinte de sept mois, accoucha d'une fille qui fut baptisée. Cependant, sa grossesse compliqua une infection de petite vérole qu'elle avait contractée. Les symptômes s'aggravèrent, avec des boutons sur le visage et la tête, provoquant une inquiétude croissante. Le 24, une amélioration temporaire fut observée, mais ses forces diminuèrent, rendant l'évolution de la maladie plus dangereuse. Le 25, des signes de gangrène apparurent, suivis de difficultés à avaler et d'un refus de nourriture. Son pouls s'affaiblit, sa respiration devint laborieuse, et elle mourut à cinq heures du matin après une agonie courte et tranquille. Elle avait reçu les sacrements le 22 et l'extrême-onction le lendemain. L'Archiduc resta à ses côtés jusqu'à son dernier moment. Par ailleurs, l'Empereur nomma le Prince Joseph de Lichtenstein et le Baron de Bartenstein comme commissaires pour la Diète électorale de Francfort, et les préparatifs pour le départ de l'Empereur et des ambassadeurs étaient en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18223
p. 2963
ESPAGNE.
Début :
Quelques Troupes du Roy sont occupées à revêtir le retranchement qui empêche la [...]
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
QTelques Troupes du Roy font occupées à
revêtir le retranchement qui empêche la
Contrebande qu'on pourroit faire de Gibraltar
dans l'intérieur du Pays , & à conſtruire un Fort
à la pointe Occidentale de la Baye de Gibraltar
QTelques Troupes du Roy font occupées à
revêtir le retranchement qui empêche la
Contrebande qu'on pourroit faire de Gibraltar
dans l'intérieur du Pays , & à conſtruire un Fort
à la pointe Occidentale de la Baye de Gibraltar
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18224
p. 193-194
De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
Début :
Voici la liste des noms des Ambassadeurs qui doivent assister [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Assemblée électorale, Barons, Comte, Conseiller d'État
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texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
De RATISBONNE , le 19 Novembre 1763 .
Voici la liste des noms des Ambaſſadeurs qui
doivent affifter à l'Aſſemblée Electorale convoquée
à Ausbourg pour le 15 Décembre prochain.
De la part de l'Electeur de Mayence , les Barons
d'Erthal & de Grofchlag ; de Treves , les Barons
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Breidenbach & de Keffelstadt , & le fieur de
Munch ; de Cologne , le Comte de Hohenzollern
& le Baron de Francken Sierstorff ; de Bohéme ,
Prince Efterhazy , le Comte de Pergen & le Baron
de Borić , Confeiller d'Etat ; de Saxe , le Comte
de Rex & le Baron de Ponickau ; de Brandebourg,
le Comte de Reuſſ & le Baron de Plotho ; de Baviere
, le Comte de Paumgarten & le Baron de
Schneid ; Palatin , le Comte de Linange & le Ba-
1on de Beckers , & de Hanovre , les Barons de
Buſch & de Gemmingen.
Voici la liste des noms des Ambaſſadeurs qui
doivent affifter à l'Aſſemblée Electorale convoquée
à Ausbourg pour le 15 Décembre prochain.
De la part de l'Electeur de Mayence , les Barons
d'Erthal & de Grofchlag ; de Treves , les Barons
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Breidenbach & de Keffelstadt , & le fieur de
Munch ; de Cologne , le Comte de Hohenzollern
& le Baron de Francken Sierstorff ; de Bohéme ,
Prince Efterhazy , le Comte de Pergen & le Baron
de Borić , Confeiller d'Etat ; de Saxe , le Comte
de Rex & le Baron de Ponickau ; de Brandebourg,
le Comte de Reuſſ & le Baron de Plotho ; de Baviere
, le Comte de Paumgarten & le Baron de
Schneid ; Palatin , le Comte de Linange & le Ba-
1on de Beckers , & de Hanovre , les Barons de
Buſch & de Gemmingen.
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Résumé : De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
Le document du 19 novembre 1763 convoque les ambassadeurs à l'Assemblée Electorale d'Augsbourg du 15 décembre. Les représentants incluent les Barons d'Erthal et de Grofchlag pour Mayence, les Barons de Breidenbach et de Keffelstadt pour Trèves, et le Comte de Hohenzollern pour Cologne. La Bohême est représentée par le Prince Esterházy, la Saxe par le Comte de Rex, et le Brandebourg par le Comte de Reuss. La Bavière est représentée par le Comte de Paumgarten, le Palatinat par le Comte de Linange, et Hanovre par les Barons de Busch.
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18225
p. 184-185
« Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné a fait un tresbeau Sonnet [...] »
Début :
Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné a fait un tresbeau Sonnet [...]
Mots clefs :
Sonnet, Altesse royale, Abbé Tallement, Abbé Esprit, Abbé Cottin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné a fait un tresbeau Sonnet [...] »
Monfieur l'Abbé Talle -
mant l'aîné a fait un tres-beau
Sonnet ſur cete grande huma- nité que Son Alteſſe Royale fit voir le lendemain que le combatfutdonné. Je voudrois
vous en faire part , auffi bien.
que de ceux de Monfieur
l'Abbé Eſprit; mais ie paſſerois de trop loin lesbornes que ie me fuis preſcrites, &ie vous les
GALANT. 133
15
1
envoyeray , avecpluſieurs au- tres Vers ſur les Conqueſtes du Roy,faits par les beaux ef prits de France , la premiere fois que je vous écriray. Ce- pendant comme l'en ay beau- coup de Monfieur l'AbbéCo- tin , que ie fuis contraint de vous garder , avec les autres ,
ie ne puis m'empêcher de vous envoyer aujourd'huy ces huit Versde ſa façon.
mant l'aîné a fait un tres-beau
Sonnet ſur cete grande huma- nité que Son Alteſſe Royale fit voir le lendemain que le combatfutdonné. Je voudrois
vous en faire part , auffi bien.
que de ceux de Monfieur
l'Abbé Eſprit; mais ie paſſerois de trop loin lesbornes que ie me fuis preſcrites, &ie vous les
GALANT. 133
15
1
envoyeray , avecpluſieurs au- tres Vers ſur les Conqueſtes du Roy,faits par les beaux ef prits de France , la premiere fois que je vous écriray. Ce- pendant comme l'en ay beau- coup de Monfieur l'AbbéCo- tin , que ie fuis contraint de vous garder , avec les autres ,
ie ne puis m'empêcher de vous envoyer aujourd'huy ces huit Versde ſa façon.
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Résumé : « Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné a fait un tresbeau Sonnet [...] »
L'auteur écrit à l'Abbé Talle pour mentionner un sonnet de l'aîné de l'Abbé, célébrant l'humanité de Son Altesse Royale après un combat. Il souhaite partager ce sonnet et d'autres œuvres, mais se restreint en raison de ses limites. Il promet d'envoyer ces poèmes et des vers sur les conquêtes du roi dans une prochaine lettre. Il inclut huit vers de l'Abbé Cotin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18226
p. 2963-2964
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On a arrêté depuis peu à Winchester un Gentilhomme, d'une des plus anciennes Familles [...]
Mots clefs :
Enfants, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
Orilhomme, d'une des plus anciennes Familles
Na arrêté depuis peu à Wincheſter un Gendu
Comté de Warwick , & un Lieutenant d'un
II. Vol. Vaif-
I iij
2964 MERCURE DE FRANCE
Vaiffeau de Guerre du Roy , accufez d'avoir fait
deux vols de grand chemin.
On mande de Dublin , du z 5 du mois dernier
que ce jour-là le fieur Richard Johnfton , frere
d'un fameux Avocat , & le fieur Jean Porter , fils
aîné de M. Porter , Alderman de cette Ville,&
cy devant Maire , y avoient été exécutez pour
meurtre, quoiqu'ï's euffent nié le fait juſques à la
-mort; & que peu après leur exécution , il y arriva
un répit pour 40 jours , du Duc de Dorfet ,
Viceroy d'Irlande , mais trop tard , au grand
regret de tous les Spectateurs , qui étoient extrê
mement touchez du malheur de ces deux Gentilshommes
.
Suivant l'Extrait des Regiftres Baptiftaires &
Mortuaires des Paroiffes de Londres , on a bap-
-tifé pendant l'année 1730., tant dans cette Ville ,
que dans les dépendances de Weftminſter 8606
garçons , & 812. filles , ce qui fait en tout
17118 enfans. Il eft mort pendant la même an.
née 13306 hommes ou enfans , & 13455 femmes
ou filles . Le nombre des morts eft moindre que
celui de l'année précedente de 2951, Dans le
nombre des morts de cette année, il y en a 10368
au deffous de l'âge de 2 ans , 2448. entre 2 & 5
ans , 1092 entre 5 & 10 ans , 901. entre 10 &
entre 30
20 ans , 2048. entre 20 & 30. 2471
40. 2373. entre 40 & 50. 1713. entre 50 & 60.
1577. entre 60 & 70. 1001. entre 70 & 80.
622. entre 80 & 90. 138. entre 90 & 100. 22
101 ans. 2 à 103. ans. 3 à 104. & un à 105 .
Orilhomme, d'une des plus anciennes Familles
Na arrêté depuis peu à Wincheſter un Gendu
Comté de Warwick , & un Lieutenant d'un
II. Vol. Vaif-
I iij
2964 MERCURE DE FRANCE
Vaiffeau de Guerre du Roy , accufez d'avoir fait
deux vols de grand chemin.
On mande de Dublin , du z 5 du mois dernier
que ce jour-là le fieur Richard Johnfton , frere
d'un fameux Avocat , & le fieur Jean Porter , fils
aîné de M. Porter , Alderman de cette Ville,&
cy devant Maire , y avoient été exécutez pour
meurtre, quoiqu'ï's euffent nié le fait juſques à la
-mort; & que peu après leur exécution , il y arriva
un répit pour 40 jours , du Duc de Dorfet ,
Viceroy d'Irlande , mais trop tard , au grand
regret de tous les Spectateurs , qui étoient extrê
mement touchez du malheur de ces deux Gentilshommes
.
Suivant l'Extrait des Regiftres Baptiftaires &
Mortuaires des Paroiffes de Londres , on a bap-
-tifé pendant l'année 1730., tant dans cette Ville ,
que dans les dépendances de Weftminſter 8606
garçons , & 812. filles , ce qui fait en tout
17118 enfans. Il eft mort pendant la même an.
née 13306 hommes ou enfans , & 13455 femmes
ou filles . Le nombre des morts eft moindre que
celui de l'année précedente de 2951, Dans le
nombre des morts de cette année, il y en a 10368
au deffous de l'âge de 2 ans , 2448. entre 2 & 5
ans , 1092 entre 5 & 10 ans , 901. entre 10 &
entre 30
20 ans , 2048. entre 20 & 30. 2471
40. 2373. entre 40 & 50. 1713. entre 50 & 60.
1577. entre 60 & 70. 1001. entre 70 & 80.
622. entre 80 & 90. 138. entre 90 & 100. 22
101 ans. 2 à 103. ans. 3 à 104. & un à 105 .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, deux individus, un gentilhomme du comté de Warwick et un lieutenant de vaisseau de guerre, ont été arrêtés à Winchester pour des vols de grand chemin. À Dublin, Richard Johnston et Jean Porter ont été exécutés pour meurtre le 25 du mois précédent, malgré leurs dénégations. Un répit du Duc de Dorset est arrivé trop tard. En 1730, à Londres, 8606 garçons et 812 filles ont été baptisés, totalisant 17118 enfants. La même année, 13306 hommes ou enfants et 13455 femmes ou filles sont décédés, soit 2951 de moins que l'année précédente. Les décès étaient répartis selon les tranches d'âge suivantes : 10368 enfants de moins de 2 ans, 2448 entre 2 et 5 ans, 1092 entre 5 et 10 ans, 901 entre 10 et 20 ans, 2048 entre 20 et 30 ans, 2471 entre 30 et 40 ans, 2373 entre 40 et 50 ans, 1713 entre 50 et 60 ans, 1577 entre 60 et 70 ans, 1001 entre 70 et 80 ans, 622 entre 80 et 90 ans, 138 entre 90 et 100 ans, 2 à 101 ans, 3 à 104 ans et 1 à 105 ans.
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18227
p. 192-198
« Le 13. de Juillet les nouveaux réünis de la Paroisse de S. [...] »
Début :
Le 13. de Juillet les nouveaux réünis de la Paroisse de S. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 13. de Juillet les nouveaux réünis de la Paroisse de S. [...] »
Le 13. de Juillet les nouveaux
réünis de la Paroisse de S.
Sulpice firent éclater leur pie-
té, leur zele & leur tendre re-
connoissance, en faisant chanter
dans la Chapelle de la Com-
munion, une Messe Solennelle,
un Te Deum & un Exaudiat, en
action de graces de l'heureuse
Naissance de Monseigneur le
Duc de Bretagne, pour la con-
servation du Roy, de toute la
Famille Royale & pour la pros-
perité de ses Armes. Madame
la Comtesse de Miossens d'Al-
bret, en avoit obtenu la per-
mission de Monsieur le Cardi-
nal de Noailles: La ceremonie
Réjouissances.
193
fut tres. auguste & dura prés
de trois heures, le lieu estoit
magnisiquement orné, & plu-
fieurs des nouveaux réunis com-
munierent à la Messe. Ce qui
fait voir combien ils profitent
des instructions que leur fait
tous les Dimanches & Festes,
Monsieur l'Abbé Cassé, Doc-
teur de Sorbonne, qui s'y ap-
plique depuis plusieurs années;
ce vigilant & zelé Ecclesiasti.
que, par ses soins & ses trayaux
inexprimables, a entierement
détruit l'erreur où estoient en-
gagées ces pauvres brebis éga-
rées de l'Evangile & les a rame-
nées dans le giron de l'Eglise.
Le Mardy 15. Juillet, Mon-
sieur le Recteur alla à la teste
des 4. Eacultés, qui composent
R1
194 Réjouissances.
la celebre Université de Pariss
ſçavoir, la Theologie, le Droit,
à l'E-
la Medecine & les Arts
glise des Cordeliers, ou l'on
chanta une grande Messe &
ensuite le Te Deum, pour re-
mercier Dieu d'avoir donné un
Prince à la France On s'assem-
bla aux Mathurins, qui est le
Jieu ordinaire où se rendent les
Membres del'Université: Mon-
sieur le Recteur avant que de
partir, fit un tres-éloquent dis-
cour sur le grand évenement qui
les assembloit; Ila voit convoque
pour cette Procession generale-
ment tous les Membres de l'U-
niversité, c'est-à-dire tous les
Docteurs de chaque Faculté &e
tous les Bacheliers, si bien que
presque tous les Docteurs, les
Réjovissances.
195
Bacheliers & les Maîtres es
Arts en chaque Faculte assiste-
rent à certe Procession; Il y
avoit tres long- temps qu'elle
n avoit paru si nombreuse. Le
Pere Frassen, Docteur de Sor-
bonne, & Gardien des Cor-
deliers, attendoit Mr le Recteur
avec la Croix à la porte de l'E
glise, il l'accompagna jusques
dans le Chœur, ou Monsieur
le Recteur prit la place du
Gardien; Il y fut harangué par
dle Pere le Ferron, le Discours
ffut tres éloquent & il le pro-
nonça de bonne grace. Mr le
Recteur luy répondit en peu de
mots, avec la juſteſse & l'éle-
gance qui luy sont ordinaires.
Les Facultés de Theologie, de
Droit, de Medecine & des
»
1j
196
Réjouissances.
Arts firent faire une distribu-
tion d'argent à chacun des
Membres de la Faculté. Cette
retribution extraordinaire a-
voit esté ordonnée par l'Uni-
versité.
Estant obligé en fidele his-
torien, de raporter toutes les
réjouissances qui se sont faites,
je ne dois pas oublier le Con-
cierge des petites Maisons, qui
doit avoir fait une dépense con-
siderable, puisqu'il n'en de-
meura pas a l'illumination de
la grande porte de cet Hôpi-
tal; Il fit distribuer sous cette
porte du pain & du vin à tous
les Passans, qui témoignerent
de l'empressement pour boire
à la ſanté du Roy & de toute
la famille Royale, il traita en-
195
Réjouissances.
suite en commun tous ceux qui
ont de l'employ, ou que la cha-
rité fait recevoir dans cette
grande Maison, sans avoir l'es-
prit aliené, & les fit boire à
la ſanté de toute la famille
Royale: Et afin que tout se sen-
tit de la fête, il fit ouvrir les
loges des fols, ausquels il donnà
à boire & à manger & la liberté
tant que la feste dura; ce qui
rendit le bon sens à quelques
uns pendant le repas, rien ne
raccommodant mieux l'esprit
qu'une nourriture un peu forte;
Ceux qui revinrent un peu à
eux, burent à la santé de toute
la famille Royale. Ainsi l'on
peut dire qu'en cette occasion
personne n'a manqué d'y boire
a Paris, & l'on ne doit point
Riiij
198
Réjovissances.
douter du zele du Sieur Ve-
raquin, puisqu'il l'a accompa-
gné d'une si grande dépense.
réünis de la Paroisse de S.
Sulpice firent éclater leur pie-
té, leur zele & leur tendre re-
connoissance, en faisant chanter
dans la Chapelle de la Com-
munion, une Messe Solennelle,
un Te Deum & un Exaudiat, en
action de graces de l'heureuse
Naissance de Monseigneur le
Duc de Bretagne, pour la con-
servation du Roy, de toute la
Famille Royale & pour la pros-
perité de ses Armes. Madame
la Comtesse de Miossens d'Al-
bret, en avoit obtenu la per-
mission de Monsieur le Cardi-
nal de Noailles: La ceremonie
Réjouissances.
193
fut tres. auguste & dura prés
de trois heures, le lieu estoit
magnisiquement orné, & plu-
fieurs des nouveaux réunis com-
munierent à la Messe. Ce qui
fait voir combien ils profitent
des instructions que leur fait
tous les Dimanches & Festes,
Monsieur l'Abbé Cassé, Doc-
teur de Sorbonne, qui s'y ap-
plique depuis plusieurs années;
ce vigilant & zelé Ecclesiasti.
que, par ses soins & ses trayaux
inexprimables, a entierement
détruit l'erreur où estoient en-
gagées ces pauvres brebis éga-
rées de l'Evangile & les a rame-
nées dans le giron de l'Eglise.
Le Mardy 15. Juillet, Mon-
sieur le Recteur alla à la teste
des 4. Eacultés, qui composent
R1
194 Réjouissances.
la celebre Université de Pariss
ſçavoir, la Theologie, le Droit,
à l'E-
la Medecine & les Arts
glise des Cordeliers, ou l'on
chanta une grande Messe &
ensuite le Te Deum, pour re-
mercier Dieu d'avoir donné un
Prince à la France On s'assem-
bla aux Mathurins, qui est le
Jieu ordinaire où se rendent les
Membres del'Université: Mon-
sieur le Recteur avant que de
partir, fit un tres-éloquent dis-
cour sur le grand évenement qui
les assembloit; Ila voit convoque
pour cette Procession generale-
ment tous les Membres de l'U-
niversité, c'est-à-dire tous les
Docteurs de chaque Faculté &e
tous les Bacheliers, si bien que
presque tous les Docteurs, les
Réjovissances.
195
Bacheliers & les Maîtres es
Arts en chaque Faculte assiste-
rent à certe Procession; Il y
avoit tres long- temps qu'elle
n avoit paru si nombreuse. Le
Pere Frassen, Docteur de Sor-
bonne, & Gardien des Cor-
deliers, attendoit Mr le Recteur
avec la Croix à la porte de l'E
glise, il l'accompagna jusques
dans le Chœur, ou Monsieur
le Recteur prit la place du
Gardien; Il y fut harangué par
dle Pere le Ferron, le Discours
ffut tres éloquent & il le pro-
nonça de bonne grace. Mr le
Recteur luy répondit en peu de
mots, avec la juſteſse & l'éle-
gance qui luy sont ordinaires.
Les Facultés de Theologie, de
Droit, de Medecine & des
»
1j
196
Réjouissances.
Arts firent faire une distribu-
tion d'argent à chacun des
Membres de la Faculté. Cette
retribution extraordinaire a-
voit esté ordonnée par l'Uni-
versité.
Estant obligé en fidele his-
torien, de raporter toutes les
réjouissances qui se sont faites,
je ne dois pas oublier le Con-
cierge des petites Maisons, qui
doit avoir fait une dépense con-
siderable, puisqu'il n'en de-
meura pas a l'illumination de
la grande porte de cet Hôpi-
tal; Il fit distribuer sous cette
porte du pain & du vin à tous
les Passans, qui témoignerent
de l'empressement pour boire
à la ſanté du Roy & de toute
la famille Royale, il traita en-
195
Réjouissances.
suite en commun tous ceux qui
ont de l'employ, ou que la cha-
rité fait recevoir dans cette
grande Maison, sans avoir l'es-
prit aliené, & les fit boire à
la ſanté de toute la famille
Royale: Et afin que tout se sen-
tit de la fête, il fit ouvrir les
loges des fols, ausquels il donnà
à boire & à manger & la liberté
tant que la feste dura; ce qui
rendit le bon sens à quelques
uns pendant le repas, rien ne
raccommodant mieux l'esprit
qu'une nourriture un peu forte;
Ceux qui revinrent un peu à
eux, burent à la santé de toute
la famille Royale. Ainsi l'on
peut dire qu'en cette occasion
personne n'a manqué d'y boire
a Paris, & l'on ne doit point
Riiij
198
Réjovissances.
douter du zele du Sieur Ve-
raquin, puisqu'il l'a accompa-
gné d'une si grande dépense.
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18228
p. 194
De BERLIN, le 15 Novembre 1763.
Début :
L'Envoyé de la Porte, Achmet Effendi, fut le 9 de ce mois son entrée [...]
Mots clefs :
Envoyé de la Porte, Arrivée, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BERLIN, le 15 Novembre 1763.
De BERLIN , le 15 Novembre 1763.
L'Envoyé de la Porte , Achmet Effendi , fit le
de ce mois fon entrée publique en cette Ville
& alla loger au Palais de Wernefobre qui avoit
étédifpofe pour le recevoir.
L'Envoyé de la Porte , Achmet Effendi , fit le
de ce mois fon entrée publique en cette Ville
& alla loger au Palais de Wernefobre qui avoit
étédifpofe pour le recevoir.
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18229
p. 194
De LISBONNE, le 22 Novembre 1763.
Début :
Le Chevalier de Saint Priest, Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté Très [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ministre plénipotentiaire, Majesté très chrétienne, Consul de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LISBONNE, le 22 Novembre 1763.
De LISBONNE , le 22 Novembre 1763 .
Le Chevalier de Saint Prieft , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majesté Très- Chrétienne , & le
Geur Semonin , Conful de France , font arrivés
hier fur la Frégate la Terpficore..
Le Chevalier de Saint Prieft , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majesté Très- Chrétienne , & le
Geur Semonin , Conful de France , font arrivés
hier fur la Frégate la Terpficore..
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18230
p. 194-195
De ROME, le 14 Décembre 1763.
Début :
Le Marquis d'Aubeterre, Ambassadeur Extraordinaire du Roi Très-Chrétien, [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur extraordinaire, Capitale, Cardinal, Abbé, Audience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 14 Décembre 1763.
De ROME , le 14 Décembre 1763.
Le Marquis d'Aubeterre, Ambaffadeur Extraor
dinaire du Roi Très- Chrétien , auprès du Saint
Siége , arriva le 6 de Lerici en cette Capitale : il y
entra dans les équipages que le Cardinal Colonna
de Sciarra , Protecteur des Eglifes de France, avoir
envoyés à la rencontre . Le Bailli de Breteuil , Ams
bafladeur de Malte , le Chevalier de la Houze ,
chargé des Affaires de France , & l'Abbé de Véri ,
Auditeur de Rote , étoient allés au -devant de cer
Ambaffadeur hors des portes dela Ville. Le Marquis
d'Aubeterre vit hier le Cardinal Neveu & le
JANVIER. 1764. 195
Cardinal Secrétaire d'Etat : il a eu , ce foir , une
audience du Souverain Pontife qui lui a fait l'accueil
le plus diftingué & à qui il a préſenté le fieur
Melon , fon Secrétaire d'Ambaſſade , ainſi que
plufieurs François de fa fuite , parmi lesquels s'eft
trouvé l'Abbé Coyer , connu par divers ouvrages
eftimés.
Le Marquis d'Aubeterre, Ambaffadeur Extraor
dinaire du Roi Très- Chrétien , auprès du Saint
Siége , arriva le 6 de Lerici en cette Capitale : il y
entra dans les équipages que le Cardinal Colonna
de Sciarra , Protecteur des Eglifes de France, avoir
envoyés à la rencontre . Le Bailli de Breteuil , Ams
bafladeur de Malte , le Chevalier de la Houze ,
chargé des Affaires de France , & l'Abbé de Véri ,
Auditeur de Rote , étoient allés au -devant de cer
Ambaffadeur hors des portes dela Ville. Le Marquis
d'Aubeterre vit hier le Cardinal Neveu & le
JANVIER. 1764. 195
Cardinal Secrétaire d'Etat : il a eu , ce foir , une
audience du Souverain Pontife qui lui a fait l'accueil
le plus diftingué & à qui il a préſenté le fieur
Melon , fon Secrétaire d'Ambaſſade , ainſi que
plufieurs François de fa fuite , parmi lesquels s'eft
trouvé l'Abbé Coyer , connu par divers ouvrages
eftimés.
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Résumé : De ROME, le 14 Décembre 1763.
Le Marquis d'Aubeterre, ambassadeur du Roi de France, arriva à Rome le 6 décembre 1763. Il fut accueilli par le Cardinal Colonna et d'autres dignitaires. Le 19 janvier 1764, il rencontra le pape, qui lui réserva un accueil distingué. Il présenta son secrétaire et plusieurs Français, dont l'Abbé Coyer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18231
p. 196-200
LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
Début :
J'espere, Monsieur, que dans la partie de votre Journal que vous réservez [...]
Mots clefs :
Lettre, Ouvrage, M. Turmeau, Maison des Turmea, Noblesse, Fortune, Médiocrité, Mariage, Famille, Énonciation, Vérité, Succession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
LETTRE à l'Auteur du MERCURE. *
A Paris , le 24 Mars 1764.
J''EESSPPEERREE ,, Monfieur , que dans la partie de votre
Journal que vous réservez aux Annonces généalogiques
, vous voudrez bien inférer cette Lettre.
L'intérêt que je prends à M. Turmeau de la Morandiere
, mon parent , me fait fouhaiter de détruire
la furprife que bien des perfonnes ont reffentie à
l'occafion de ce qu'il dit de fes Ayeux dans fon
* L'abondance des matières eft caufe que cette
Lettre n'a point paru plutôt dans le Mercure.
JUILLET . 1764. 197
Ouvrage intitulé , Principes politiques fur le rap- .
pel des Proteftans en France.
Son nom eft Turmeau : le furnom de la Morandiere
eft celui d'un petit Fief fitué à deux lieues
de Romorantin , fur le bord du Cher , dont les
Turmeau ont communément porté le nom par
préférence à leur propre nom & a celui des autres
Fiefs qui leur appartenoient : tels que la Grande-.
Maifon de Parpeçay , la Jarrerie , &c . Il y a cependant
eu des Turmeau des Beraudières & des
Turmeau de la Grange.
Les Turmeau font du nombre des anciennes
Nobleffes ils font compris dans le Catalogue des
Familles nobles de Blois , fait par Bernier en
1682. Il eft vrai que commé il y a plus de cent
cinquante ans qu'ils font pauvres , ils ont été
tellement ignorés , que Bernier les a cru éteints .
On ne connoît pas leur origine : il y a lieu de
croire qu'ils ons été appellés avec les Brachet dans
le Bléfois en 151s par Louife , Ducheffe d' Angou
lême , lorfque François I. fon fils monta fur le
Trône. Un fait conftant , c'eft que Jean Brachet,,
qui avoit été Précepteur de François I , donna
l'une de fes filles en mariage à un des Aïeux, pa-,
ternels de M. de la Morandiere , avec une portion
du Fief fis à Romorantin , qui lui avoit été donné
par Madame d' Angoulême , de forte que ce Fief
s'appella le Fief de Turmeau. Il fubfifte encore
fous ce nom , quoique très dénaturé.
La médiocrité de la fortune de fes defcendans ,
les Guerres Civiles , le peu de durée de la faveur,
des Brachet , ont été autant de caufes d'éloignement
& d'oubli . Malgré ces contre temps , les.
Turmeau & les Brachet ont fouvent renouvellé
par des mariages leur ancienne alliance , & c'eft
de ces mariages que M. de la Morandiere tire lon
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
droit au Collège de Boily pour y placer fes en
fans , comme parens du Fondateur.
Il eft à obferver que dans la généalogie des
Chartier, qui eft commune aux Maifons de Gefres
, de Molé , d'Ormefon , de Montholon , &
autres qui ont , comme lui , droit au Collège au
même titre de parenté , il eft ignoré , fi Françoife
Chartier dont il defcend , a eu postérité.
Quelque pauvre que foit cette Famille , on ne
peut lui reprocher comme à beaucoup d'autres
qui figurent aujourd'hui , qu'elle ait un feul rejetton
qui ait exercé aucune profeffion méchanique
ou humiliante. Tous ont été voués depuis un
remps immémorial à la Magiftrature ou au Barreau.
Les uns ont été Châtelains ou Procureurs du
Roi de Romorantin , oa Juges Royaux ; les autres
ont été Avocats au Parlement ou dans d'autres
Places analogues , & tous ont fait de grandes
Alliances. Il y a fort peu de Maiſons à la Cour
auxquelles cette Famille n'ait l'honneur d'apparrenir.
La mère de fon père étoit Charlotte de Bafoges
de Boismaitre , laquelle étoit petite-fille de
Marguerite de Caftelnau , foeur du Marquis de-
Caftelnau , Ambaffadeur en Angleterre , &
grande- tante du Maréchal de France . L'Abbé
Te Laboureur a dit à l'Article de Marguerite de Caf
telnau , qu'elle mourut fans poſtérité.
Heft , Monfieur , bien fingulier , que dans une
même Généalogie , on trouve trois énonciations
auffi peu éxactes . Bernier a dit que les Turmeau
étoient éteints ; l'ancien Rédacteur de la généalogie
du Collège de Boiffy paroît faire conjecturer
que Françoife Chartier étoit morte fans postérité ;
& le Laboureur annonce le même fait contre les
enfans de Madame de Boismaitre .
Aujourd'hui M. de la Morandiere rapporte des
JUILLET. 1764. 199
L
titres non équivoques pour prouver le peu d'éxactitude
de ces trois énonciations. Il eft fans contredit
de la Famille Turmeau de Blois ; il vient de
prouver fon droit au Collège de Boiffy , comme
defcendant de Françoife Chartier , mariée à
Etienne Bracher , & il a le contrat de mariage
de Charlotte de Bafoges , Dame de Boismaitre
fon aïeule paternelle , petite-fille de Marguerite
de Caftelnau.
D'après cet expofé , la furpriſe du Public difparoîtra
en fentant que dans ce qu'a dit M. de laMorandiere
dans fon Ouvrage , il a eu principalement
en vue fes Aieux maternels . Il a donc été fondé à
dire que les Aïeux ( Brachet , Chartier , Caftelnau
& beaucoup d'autres que ces mêmes alliances lui
ont donné , ) ont rempli pendant cinq fiécles de
très-grandes places à la Cour. La médiocrité de
la fortune de fes Aïeux paternels depuis plus
d'un fiécle ne doit rien faire contre lui. On fait
qu'il y a des Maiſons illuftres dont plufieurs rejettons
font tombés dans l'oubli par le défaut de
fortune. On peut encore ajouter en faveur des
Turmeau que s'ils ont eu l'honneur de s'allier
conftamment avec les bonnes Maifons de la Province
qu'ils ont habitée , plufieurs Gentilshommes
ont pris alliance dans cette famille. La Bifaïeule
de M. le Comte de Riocourt étoit une Turmeau ,
de la branche des Seigneurs de Monteaux , &c .
Les alliances ont été fréquentes & réciproques
avec les Familles Gallus de Rioubert Brachet
de la Milletiere & de Pormoran , Pajon Devillai
mes, Dauvergne , Leclerc de Douy , &c.
Meffieurs de Montmorency & de Fains , ont
recueilli la fucceffion d'un Montmorency , Seigneur
de Neavy- le-Palliou , au partage de laquelle fe
préfenta comme parent il y a vingt einq ans le
Iiv
200 MERCURE DE FRANCE.
père de M. de la Morandiere . A la vérité il n'y
eur aucune portion , parce qu'on lui fit croire qu'il
étoit parent plus éloigné du défunt que les copartageans.
Je fais qu'il eſt dans l'intention d'examiner
s'il ne pourroit pas revenir également
contre cette exclufion à la fucceffion de cette
branche Montmorency , comme il revient aujour
d'hui contre les énonciations qui fembloient détruire
fes Aïeuls tant paternels que maternels.
J'ai l'honneur d'être &c.
PAJON DE MONCATS.
Lafuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
A Paris , le 24 Mars 1764.
J''EESSPPEERREE ,, Monfieur , que dans la partie de votre
Journal que vous réservez aux Annonces généalogiques
, vous voudrez bien inférer cette Lettre.
L'intérêt que je prends à M. Turmeau de la Morandiere
, mon parent , me fait fouhaiter de détruire
la furprife que bien des perfonnes ont reffentie à
l'occafion de ce qu'il dit de fes Ayeux dans fon
* L'abondance des matières eft caufe que cette
Lettre n'a point paru plutôt dans le Mercure.
JUILLET . 1764. 197
Ouvrage intitulé , Principes politiques fur le rap- .
pel des Proteftans en France.
Son nom eft Turmeau : le furnom de la Morandiere
eft celui d'un petit Fief fitué à deux lieues
de Romorantin , fur le bord du Cher , dont les
Turmeau ont communément porté le nom par
préférence à leur propre nom & a celui des autres
Fiefs qui leur appartenoient : tels que la Grande-.
Maifon de Parpeçay , la Jarrerie , &c . Il y a cependant
eu des Turmeau des Beraudières & des
Turmeau de la Grange.
Les Turmeau font du nombre des anciennes
Nobleffes ils font compris dans le Catalogue des
Familles nobles de Blois , fait par Bernier en
1682. Il eft vrai que commé il y a plus de cent
cinquante ans qu'ils font pauvres , ils ont été
tellement ignorés , que Bernier les a cru éteints .
On ne connoît pas leur origine : il y a lieu de
croire qu'ils ons été appellés avec les Brachet dans
le Bléfois en 151s par Louife , Ducheffe d' Angou
lême , lorfque François I. fon fils monta fur le
Trône. Un fait conftant , c'eft que Jean Brachet,,
qui avoit été Précepteur de François I , donna
l'une de fes filles en mariage à un des Aïeux, pa-,
ternels de M. de la Morandiere , avec une portion
du Fief fis à Romorantin , qui lui avoit été donné
par Madame d' Angoulême , de forte que ce Fief
s'appella le Fief de Turmeau. Il fubfifte encore
fous ce nom , quoique très dénaturé.
La médiocrité de la fortune de fes defcendans ,
les Guerres Civiles , le peu de durée de la faveur,
des Brachet , ont été autant de caufes d'éloignement
& d'oubli . Malgré ces contre temps , les.
Turmeau & les Brachet ont fouvent renouvellé
par des mariages leur ancienne alliance , & c'eft
de ces mariages que M. de la Morandiere tire lon
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
droit au Collège de Boily pour y placer fes en
fans , comme parens du Fondateur.
Il eft à obferver que dans la généalogie des
Chartier, qui eft commune aux Maifons de Gefres
, de Molé , d'Ormefon , de Montholon , &
autres qui ont , comme lui , droit au Collège au
même titre de parenté , il eft ignoré , fi Françoife
Chartier dont il defcend , a eu postérité.
Quelque pauvre que foit cette Famille , on ne
peut lui reprocher comme à beaucoup d'autres
qui figurent aujourd'hui , qu'elle ait un feul rejetton
qui ait exercé aucune profeffion méchanique
ou humiliante. Tous ont été voués depuis un
remps immémorial à la Magiftrature ou au Barreau.
Les uns ont été Châtelains ou Procureurs du
Roi de Romorantin , oa Juges Royaux ; les autres
ont été Avocats au Parlement ou dans d'autres
Places analogues , & tous ont fait de grandes
Alliances. Il y a fort peu de Maiſons à la Cour
auxquelles cette Famille n'ait l'honneur d'apparrenir.
La mère de fon père étoit Charlotte de Bafoges
de Boismaitre , laquelle étoit petite-fille de
Marguerite de Caftelnau , foeur du Marquis de-
Caftelnau , Ambaffadeur en Angleterre , &
grande- tante du Maréchal de France . L'Abbé
Te Laboureur a dit à l'Article de Marguerite de Caf
telnau , qu'elle mourut fans poſtérité.
Heft , Monfieur , bien fingulier , que dans une
même Généalogie , on trouve trois énonciations
auffi peu éxactes . Bernier a dit que les Turmeau
étoient éteints ; l'ancien Rédacteur de la généalogie
du Collège de Boiffy paroît faire conjecturer
que Françoife Chartier étoit morte fans postérité ;
& le Laboureur annonce le même fait contre les
enfans de Madame de Boismaitre .
Aujourd'hui M. de la Morandiere rapporte des
JUILLET. 1764. 199
L
titres non équivoques pour prouver le peu d'éxactitude
de ces trois énonciations. Il eft fans contredit
de la Famille Turmeau de Blois ; il vient de
prouver fon droit au Collège de Boiffy , comme
defcendant de Françoife Chartier , mariée à
Etienne Bracher , & il a le contrat de mariage
de Charlotte de Bafoges , Dame de Boismaitre
fon aïeule paternelle , petite-fille de Marguerite
de Caftelnau.
D'après cet expofé , la furpriſe du Public difparoîtra
en fentant que dans ce qu'a dit M. de laMorandiere
dans fon Ouvrage , il a eu principalement
en vue fes Aieux maternels . Il a donc été fondé à
dire que les Aïeux ( Brachet , Chartier , Caftelnau
& beaucoup d'autres que ces mêmes alliances lui
ont donné , ) ont rempli pendant cinq fiécles de
très-grandes places à la Cour. La médiocrité de
la fortune de fes Aïeux paternels depuis plus
d'un fiécle ne doit rien faire contre lui. On fait
qu'il y a des Maiſons illuftres dont plufieurs rejettons
font tombés dans l'oubli par le défaut de
fortune. On peut encore ajouter en faveur des
Turmeau que s'ils ont eu l'honneur de s'allier
conftamment avec les bonnes Maifons de la Province
qu'ils ont habitée , plufieurs Gentilshommes
ont pris alliance dans cette famille. La Bifaïeule
de M. le Comte de Riocourt étoit une Turmeau ,
de la branche des Seigneurs de Monteaux , &c .
Les alliances ont été fréquentes & réciproques
avec les Familles Gallus de Rioubert Brachet
de la Milletiere & de Pormoran , Pajon Devillai
mes, Dauvergne , Leclerc de Douy , &c.
Meffieurs de Montmorency & de Fains , ont
recueilli la fucceffion d'un Montmorency , Seigneur
de Neavy- le-Palliou , au partage de laquelle fe
préfenta comme parent il y a vingt einq ans le
Iiv
200 MERCURE DE FRANCE.
père de M. de la Morandiere . A la vérité il n'y
eur aucune portion , parce qu'on lui fit croire qu'il
étoit parent plus éloigné du défunt que les copartageans.
Je fais qu'il eſt dans l'intention d'examiner
s'il ne pourroit pas revenir également
contre cette exclufion à la fucceffion de cette
branche Montmorency , comme il revient aujour
d'hui contre les énonciations qui fembloient détruire
fes Aïeuls tant paternels que maternels.
J'ai l'honneur d'être &c.
PAJON DE MONCATS.
Lafuite des Nouvelles Politiques au Mercure
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
La lettre datée du 24 mars 1764, adressée à l'auteur du Mercure, vise à rectifier des informations erronées concernant la famille de M. Turmeau de la Morandiere. L'auteur souhaite clarifier les origines et la noblesse de cette famille, souvent méconnues ou mal interprétées. La famille Turmeau porte le surnom de la Morandiere, issu d'un fief près de Romorantin. Elle est une ancienne famille noble, mentionnée dans le catalogue des familles nobles de Blois en 1682. Leur origine exacte est inconnue, mais il est probable qu'ils aient été appelés en Berry par Louise d'Angoulême au début du XVIe siècle. Un fait avéré est que Jean Brachet, précepteur de François Ier, a marié l'une de ses filles à un ancêtre de M. de la Morandiere, lui transmettant ainsi un fief. Malgré des périodes de pauvreté et d'oubli, les Turmeau ont maintenu leur noblesse et ont souvent renouvelé leurs alliances avec d'autres familles nobles par des mariages. M. de la Morandiere revendique ainsi des droits au Collège de Boily grâce à ces alliances. La lettre souligne que, bien que la famille soit modeste, elle n'a jamais exercé de professions méprisables. Les Turmeau ont traditionnellement été impliqués dans la magistrature ou le barreau, et ont fait de nombreuses alliances prestigieuses. La mère du père de M. de la Morandiere était Charlotte de Bafoges de Boismaitre, petite-fille de Marguerite de Castelnau, sœur du Marquis de Castelnau, ambassadeur en Angleterre. L'auteur critique les erreurs trouvées dans diverses généalogies, notamment celles de Bernier, du rédacteur du Collège de Boily, et de l'Abbé Te Laboureur. M. de la Morandiere a fourni des preuves pour corriger ces erreurs, démontrant ainsi la continuité de sa lignée et ses droits nobles. Enfin, la lettre mentionne que la famille Turmeau a souvent été alliée à des maisons illustres et que des gentilshommes ont pris des alliances dans cette famille. Elle conclut en exprimant l'intention de M. de la Morandiere de réexaminer une exclusion de succession dans la branche Montmorency.
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18232
p. 2965
MARIAGES des Païs Etrangers.
Début :
Le Mariage du Duc de Guastella, avec la Princesse Marie Eléonore de Holstein-Weissembourg [...]
Mots clefs :
Princesse, Baron, Prince, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES des Païs Etrangers.
MARIAGES
des Pais Etrangers.
LE Mariage du Duc de Guaftella , avec la Princeffe
Marie Eléonore de Holftein - Weiffembourg
a été conclu à Vienne depuis peu, avec l'agrément
de l'Empereur.
On mande de Turin que le Baron de Sthall
Confeiller Privé de l'Electeur Palatin , y étoit arrivé
avec les pleins pouvoirs du Prince hereditaire
de Sultzbach , pour la conclufion du Mariage de
ce Prince avec la Princeffe de Heffe - Rheinfels .
foeur de la Reine de Sardaigne, & de la Princeffe,
Epoufe du Duc de Bourbon ; que le 8 de ce mois
les articles de Mariage avoient été fignez par
cette Princeffe & par le Baron de Sthall , au nom
du Pr.'de Sultzbach , en prefence du Roy , de la
Reine de Sardaigne & des principaux Seigneurs
de la Cour , que le 9 , cet Envoyé avoit preſenté
à la Princeffe une Caffette pleine de Bijoux ; que
le. 20 , jour deſtiné pour la cérémonie dn mariage
, la Princeffe de Heffe , conduite par le Baron
de Sthall , s'étoit rendue à la grande Salle du Palais
, où l'Archevêque de Turin leur avoit donné
la Benediction nuptiale ; que le foir il y avoit eu
un Feftin, & enfuite un Bal magnifique dans l'ap
partement de la Princeffe de Sultzbach ; que le 21
elle avoit pris congé de L. M. & que le 22. elle
étoit partie pour fe rendre à Manheim,
des Pais Etrangers.
LE Mariage du Duc de Guaftella , avec la Princeffe
Marie Eléonore de Holftein - Weiffembourg
a été conclu à Vienne depuis peu, avec l'agrément
de l'Empereur.
On mande de Turin que le Baron de Sthall
Confeiller Privé de l'Electeur Palatin , y étoit arrivé
avec les pleins pouvoirs du Prince hereditaire
de Sultzbach , pour la conclufion du Mariage de
ce Prince avec la Princeffe de Heffe - Rheinfels .
foeur de la Reine de Sardaigne, & de la Princeffe,
Epoufe du Duc de Bourbon ; que le 8 de ce mois
les articles de Mariage avoient été fignez par
cette Princeffe & par le Baron de Sthall , au nom
du Pr.'de Sultzbach , en prefence du Roy , de la
Reine de Sardaigne & des principaux Seigneurs
de la Cour , que le 9 , cet Envoyé avoit preſenté
à la Princeffe une Caffette pleine de Bijoux ; que
le. 20 , jour deſtiné pour la cérémonie dn mariage
, la Princeffe de Heffe , conduite par le Baron
de Sthall , s'étoit rendue à la grande Salle du Palais
, où l'Archevêque de Turin leur avoit donné
la Benediction nuptiale ; que le foir il y avoit eu
un Feftin, & enfuite un Bal magnifique dans l'ap
partement de la Princeffe de Sultzbach ; que le 21
elle avoit pris congé de L. M. & que le 22. elle
étoit partie pour fe rendre à Manheim,
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Résumé : MARIAGES des Païs Etrangers.
Le texte décrit deux mariages de princes étrangers. Le premier est celui du Duc de Guaftella avec la Princesse Marie Eléonore de Holftein-Weiffembourg, approuvé par l'Empereur à Vienne. Le second concerne le mariage du Prince héritier de Sultzbach avec la Princesse de Heffe-Rheinfels, fille de la Reine de Sardaigne et sœur du Duc de Bourbon. Le Baron de Sthall, conseiller privé de l'Électeur Palatin, a représenté le Prince de Sultzbach à Turin. Le 8 du mois, les articles de mariage ont été signés en présence du Roi, de la Reine de Sardaigne et des principaux seigneurs de la cour. Le 9, le Baron a offert des bijoux à la Princesse. Le mariage a eu lieu le 20, bénit par l'Archevêque de Turin, suivi d'un festin et d'un bal. Le 21, la Princesse de Sultzbach a pris congé du Roi et est partie pour Manheim le 22.
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18233
p. 186
A MONSIEUR SUR SA VICTOIRE.
Début :
Surmonter en tous lieux, la Nature & le Temps, [...]
Mots clefs :
Victoire, France, Philippe, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR SUR SA VICTOIRE.
A MONSIEVR
Sur ſa Victoire .
S
Vrmonterentous lieux,laNature&le Temps,
Prendre Villes &Forts, &donner
des batailles,
134 LE MERCURE
:
Oùtu domptes l'orgueilde cesfærs combatans ,
Dont la Flandre aux aboispleure
les funerailles,
Suprendre l'Univers pardes Faits
inoüis,
Etcontraindrel'Espagne& l'en- vie àfetaire,
Onnepeutfaireplus; Maispou- vois-tu moinsfaire Philippe, Fils deFrance, &frere de Loüis?
Sur ſa Victoire .
S
Vrmonterentous lieux,laNature&le Temps,
Prendre Villes &Forts, &donner
des batailles,
134 LE MERCURE
:
Oùtu domptes l'orgueilde cesfærs combatans ,
Dont la Flandre aux aboispleure
les funerailles,
Suprendre l'Univers pardes Faits
inoüis,
Etcontraindrel'Espagne& l'en- vie àfetaire,
Onnepeutfaireplus; Maispou- vois-tu moinsfaire Philippe, Fils deFrance, &frere de Loüis?
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18234
p. 195-196
De LONDRES, le 8 Décembre 1763. Extrait d'une Lettre écrite à Kingston à la Jamaïque le 30 Septembre 1763.
Début :
La magasin à poudre du Fort Augusta a sauté en l'air, [...]
Mots clefs :
Magasin à poudre, Accident, Explosions, Dégâts, Officiers, Bâtiments, Fort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 8 Décembre 1763. Extrait d'une Lettre écrite à Kingston à la Jamaïque le 30 Septembre 1763.
De LONDRES , le 8 Décembre 1763 .
Extrait d'une Lettre écrite de Kingston à la Jamaique
le 30 Septembre 1763 .
Le magafin à poudre du Fort Auguſta a ſauté
en l'air , le 28 de ce mois , entre une & deux heures
après midi. Cet accident , que l'on croit occa
fionné par le tonnerre , a détruit la meilleure fortereffe
qu'il y eût dans l'ifle . L'exploſion a été fi
violente qu'il n'eft pas refté en ſa place une feule
pierre du bâtiment & des murs qui l'environnoient.
Une partie du terrein fur lequel étoit ſitué le magafin
, a fauté auffi en l'air , & a formé une ouver
rure de plus de vingt pieds de profondeur , de
cinquante de largeur , & de cent de longueur.
Plufieurs canons de vingt- quatre livres de balle
qui étoient placés fur un baltion contigu , ont été
démontés de leurs affuts , & ily en a eu un qui a été
enlevé à plus de cent toifés de la Place. On a fenti
la terre trembler dans l'efpace de dix milles à la
ronde. Tout ce qui fe trouvoit dans le port a été
bouleverfé : la maison du Commandant , les baraques
des Officiers & plufieurs autres bâtimens
ont été renverfés : il y a eu un grand nombre de
perfonnes tuées ou bleflées; onfait monter le nom
bre des morts à trente blancs & onze négres . Le
Fort avoitt été conftruit par Amiral Knowlles
& étoit regardé comme un des meilleurs des In-
-Iij
196 MERCURE DE FRANCE.
des Occidentales : les murs avoient feize pieds
d'épaiffeur. On évalue à plus de 150000 livres
Sterling les dommages occafionnés par cet accident
, fans compter plus de 28 50 barils de pou-.
dre.
Extrait d'une Lettre écrite de Kingston à la Jamaique
le 30 Septembre 1763 .
Le magafin à poudre du Fort Auguſta a ſauté
en l'air , le 28 de ce mois , entre une & deux heures
après midi. Cet accident , que l'on croit occa
fionné par le tonnerre , a détruit la meilleure fortereffe
qu'il y eût dans l'ifle . L'exploſion a été fi
violente qu'il n'eft pas refté en ſa place une feule
pierre du bâtiment & des murs qui l'environnoient.
Une partie du terrein fur lequel étoit ſitué le magafin
, a fauté auffi en l'air , & a formé une ouver
rure de plus de vingt pieds de profondeur , de
cinquante de largeur , & de cent de longueur.
Plufieurs canons de vingt- quatre livres de balle
qui étoient placés fur un baltion contigu , ont été
démontés de leurs affuts , & ily en a eu un qui a été
enlevé à plus de cent toifés de la Place. On a fenti
la terre trembler dans l'efpace de dix milles à la
ronde. Tout ce qui fe trouvoit dans le port a été
bouleverfé : la maison du Commandant , les baraques
des Officiers & plufieurs autres bâtimens
ont été renverfés : il y a eu un grand nombre de
perfonnes tuées ou bleflées; onfait monter le nom
bre des morts à trente blancs & onze négres . Le
Fort avoitt été conftruit par Amiral Knowlles
& étoit regardé comme un des meilleurs des In-
-Iij
196 MERCURE DE FRANCE.
des Occidentales : les murs avoient feize pieds
d'épaiffeur. On évalue à plus de 150000 livres
Sterling les dommages occafionnés par cet accident
, fans compter plus de 28 50 barils de pou-.
dre.
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Résumé : De LONDRES, le 8 Décembre 1763. Extrait d'une Lettre écrite à Kingston à la Jamaïque le 30 Septembre 1763.
Le 28 septembre 1763, le magasin à poudre du Fort Augusta à Kingston, en Jamaïque, a explosé entre une et deux heures de l'après-midi, probablement à cause du tonnerre. Cette explosion a entièrement détruit la forteresse, considérée comme la meilleure de l'île. Elle a laissé un cratère de plus de vingt pieds de profondeur, cinquante de largeur et cent de longueur. Plusieurs canons ont été délogés de leurs affûts, l'un d'eux étant projeté à plus de cent toises. La secousse a été ressentie dans un rayon de dix milles. Les bâtiments du port, y compris la maison du commandant et les baraques des officiers, ont été renversés. Le bilan humain est de trente blancs et onze noirs tués ou blessés. Le Fort Augusta, construit par l'amiral Knowles, était réputé pour ses murs épais de seize pieds. Les dommages sont évalués à plus de 150 000 livres sterling, sans compter les 285 barils de poudre détruits.
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18235
p. 197-200
ALLEMAGNE.
Début :
Sur l'avis qu'avoit depuis quelques jours le Maréchal Comte de Daun, [...]
Mots clefs :
Moravie, Armée impériale, Ravitaillement, Comte, Ennemi, Général Laudon, Prusse, Explosions, Canons, Baron de Ziskowitz, Capitaine, Régiments, Mouvements des troupes, Ratisbonne, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 2
Juillet.
SUR l'avis qu'avoit depuis quelques jours le
Maréchal Comte de Daun , qu'un convoi confidérable
chargé de vivres & de munitions de guerre
, étoit en route pour arriver à l'armée du Roi
de Pruffe , ce Général envoya le Comte de Lau
don & le Baron de Ziskowitz avec de forts Détachemens
, pour tâcher de l'intercepter. Le 28 du
mois de Juin , le Général Laudon attaqua ce convoi
près de Gunderfdorff ; mais le retard du Baron
de Ziskowitz , qui n'étoit pas encore à portée ,
l'obligea de fe retirer pour l'attendre. Pendant ce
court délai , l'ennemi reçut du renfort , & l'escorte
du convoi fe trouva de plus de quinze mille hommes.
Le lendemain , les deux Généraux de Laudon
& de Ziskowitz le trouvant rapprochés , concerterent
leur opération , & l'exécuterent le 30. A
dix heures & demie du matin , pendant que l'ennemi
étoit occupé à faire défiler les charriots
derriere lefquels il s'étoit retranché près de Neudorffel
, le Baron de Ziskowitz attaqua. Les Pruf
fiens qui avoient gagné des hauteurs , & qui manoeuvroient
avec toute l'habileté poffible , firent
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
la plus belle défenfe ; leur cavalerie fort fupérieure
à la nôtre , fe rallia jufqu'à quatre fois , mais enfin
elle fut défaite & mife en déroute. Leur infanterie
tint beaucoup plus long-temps , & fut de même
entiérement culbutée . Le convoi ennemi dont
s'empara le Général Laudon , confiftoit en plus de
trois mille charriots chargés de vivres , de munitions
de guerre , & d'habillemens pour les troupes.
Comme le feu du canon avoit tué la plus grande
partie des chevaux & des conducteurs , on fut
obligé de faire fauter la poudre , les bombes &
les grenades chargées , & de brûler la farine &
tous les charriots. Ceux qui étoient chargés d'argent
échapperent avec l'avant - garde Pruffienne ;
mais dans la premiere attaque du 28 , l'ennemi
perdit à Gundersdorff près d'un million de florins,
qui fut pillé en partie par nos troupes légeres &
par les payfans , en partie par les Pruffiens mêmes.
Nos troupes ont pris fur le champ de bataille fix
pieces de canon , un Major général , deux Majors ,
beaucoup d'Officiers & près de fept cens foldats.
La perte des enne nis en morts monte à mille out
douze cens hommes , & la nôtre à près de cinq
cens.
Le Baron de Ziskowitz de fon côté enleva fix
pieces de canon & mille charriots qu'il fit aufh
fauter. I fit de plus prifonniers un Major , vingthuit
Officiers , & deux bataillons de Grenadiers.
Plus de cinq cens Pruffiens ont resté fur le champ
de bataille , & fa perte ne va guere à plus de cent
homes.
L'action a duré depuis midi jufqu'à quatre heu
res , avec une bravoure & une opiniâtreté égales
des deux parts. Le feu du canon & de la moufquc➡
terie ne s'eft pas ralenti un inftant. Tous les Offi.
ciers Généraux & les Commandans des Corps le
JUILLET. 1758 . 199
font extrêmement diftingués ; & entr'autres le
Comte de Caramelly , Commandant du Régiment
de Deux-Ponts ; le fieur Rouvoy , Capitaine d'Artillerie
, qui a fi bien fait fervir le canon , que
prefque chaque coup a porté ; le fieur de Brantano,
Colonel des Waradins ; le Comte de Nafely , Colonel
de Collowrath ; le fieur de Stampach , Lieutenant-
Colonel du même Régiment ; le fieur de
Riefe , Lieutenant- Colonel des Waradins ; le fieur
de Grimau , Major de Stharemberg ; le fieur de
Caldevel , Capitaine de Grenadiers de Vieux Wol
fenbuttel ; le fieur Grifoni , Capitaine de Grenadiers
de Konigseg , & le premier Lieutenant de
Ruft , Aide de Camp du Général Laudon. Les
Régimens de Nadafty , de Deux - Ponts , de Collowrath
, infanterie ; les Grenadiers , & en général
tous les Corps ont fuppléé par leur intrépidité à
l'inégalité du nombre. Trois mille Croates &
foixante Huffards , aux ordres du Major Hamiluſe
, ont été détachés vers Neyff , pour tâcher d'enlever
huit cens charriots de remonte , qui font près
de cette Ville .
Le même jour 30 Juin , le Comte de Daun fit
attaquer par fes troupes légeres les poftes avancés
de l'ennemi . Le Roi de Pruffe croyant qu'il vouloit
en venir à un engagement général , retira
précipitamment tous fes poftes ; mais notre Général
leva fon camp à dix heures du foir , & n'ayant
laiffé repofer fon armée que deux heures , il paffa
le lendemain la Morave , fit une marche de cinq à
fix lieues d'Allemagne , & s'approcha des portes
d'Olmutz. Ainfi par cette pofition , l'armée Impériale
fe trouvoit non feulement à portée de fe
courir de toutes façons la Place affiégée , mais de
fournir encore des détachemens néceffaires pour
faire, conjointement avec la garnifon , une fortie,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
moyennant laquelle on auroit culbuté fans rel
fource le Corps ennemi qui formoit le fiege , enlevé
toute fon artillerie , & rendu la retraite des
Pruffiens en Siléfie extrêmement difficile . Le Roi
de Pruffe
ayant connu le danger , cette confidération
jointe au manque de vivres & de munitions
de guerre , l'obligea de lever le fiege ; ce qu'il fit
le 2 à trois heures du matin , après avoir fait faire
pendant toute la nuit un feu continuel pour cou
vrir fon deffein . L'ennemi a abandonné dans fes
retranchemens un feul canon de batterie , cinq
mortiers , & une grande quantité de bombes &
de grenades. H eft poursuivi dans fa retraite par
les Généraux de Laudon , de Ziskowitz , de Saint-
Ignon , de Bucow & de Ville , dont les détachemens
forment enſemble un Corps d'environ vingtquatre
mille hommes.
DE RATISBONNE , le 19 Juins
Plufieurs lettres de Berlin marquent , qu'un
Corps de Huffards , de Croates & de Pandoures a
pénétré par la Luface dans le Brandebourg , fans
que les Pruffiens ayent eu aucun avis de fa marche.
Elles ajoutent que ce Corps a tiré des contributions
confidérables , qu'il a enlevé beaucoup
de bétail , & qu'il a pris un détachement de cent
Fufiliers , & de vingt Huffards Pruffiens qu'on
avoit envoyés contre lui .
Les mêmes lettres affurent encore , que le Général
Haddick a auffi pénétré dans le Brandebourg
avec un Corps de huit mille hommes , &
qu'il s'eft réuni avec un gros Corps de Ruffiens
aux environs de Cuftrin & de Landſberg.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 2
Juillet.
SUR l'avis qu'avoit depuis quelques jours le
Maréchal Comte de Daun , qu'un convoi confidérable
chargé de vivres & de munitions de guerre
, étoit en route pour arriver à l'armée du Roi
de Pruffe , ce Général envoya le Comte de Lau
don & le Baron de Ziskowitz avec de forts Détachemens
, pour tâcher de l'intercepter. Le 28 du
mois de Juin , le Général Laudon attaqua ce convoi
près de Gunderfdorff ; mais le retard du Baron
de Ziskowitz , qui n'étoit pas encore à portée ,
l'obligea de fe retirer pour l'attendre. Pendant ce
court délai , l'ennemi reçut du renfort , & l'escorte
du convoi fe trouva de plus de quinze mille hommes.
Le lendemain , les deux Généraux de Laudon
& de Ziskowitz le trouvant rapprochés , concerterent
leur opération , & l'exécuterent le 30. A
dix heures & demie du matin , pendant que l'ennemi
étoit occupé à faire défiler les charriots
derriere lefquels il s'étoit retranché près de Neudorffel
, le Baron de Ziskowitz attaqua. Les Pruf
fiens qui avoient gagné des hauteurs , & qui manoeuvroient
avec toute l'habileté poffible , firent
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
la plus belle défenfe ; leur cavalerie fort fupérieure
à la nôtre , fe rallia jufqu'à quatre fois , mais enfin
elle fut défaite & mife en déroute. Leur infanterie
tint beaucoup plus long-temps , & fut de même
entiérement culbutée . Le convoi ennemi dont
s'empara le Général Laudon , confiftoit en plus de
trois mille charriots chargés de vivres , de munitions
de guerre , & d'habillemens pour les troupes.
Comme le feu du canon avoit tué la plus grande
partie des chevaux & des conducteurs , on fut
obligé de faire fauter la poudre , les bombes &
les grenades chargées , & de brûler la farine &
tous les charriots. Ceux qui étoient chargés d'argent
échapperent avec l'avant - garde Pruffienne ;
mais dans la premiere attaque du 28 , l'ennemi
perdit à Gundersdorff près d'un million de florins,
qui fut pillé en partie par nos troupes légeres &
par les payfans , en partie par les Pruffiens mêmes.
Nos troupes ont pris fur le champ de bataille fix
pieces de canon , un Major général , deux Majors ,
beaucoup d'Officiers & près de fept cens foldats.
La perte des enne nis en morts monte à mille out
douze cens hommes , & la nôtre à près de cinq
cens.
Le Baron de Ziskowitz de fon côté enleva fix
pieces de canon & mille charriots qu'il fit aufh
fauter. I fit de plus prifonniers un Major , vingthuit
Officiers , & deux bataillons de Grenadiers.
Plus de cinq cens Pruffiens ont resté fur le champ
de bataille , & fa perte ne va guere à plus de cent
homes.
L'action a duré depuis midi jufqu'à quatre heu
res , avec une bravoure & une opiniâtreté égales
des deux parts. Le feu du canon & de la moufquc➡
terie ne s'eft pas ralenti un inftant. Tous les Offi.
ciers Généraux & les Commandans des Corps le
JUILLET. 1758 . 199
font extrêmement diftingués ; & entr'autres le
Comte de Caramelly , Commandant du Régiment
de Deux-Ponts ; le fieur Rouvoy , Capitaine d'Artillerie
, qui a fi bien fait fervir le canon , que
prefque chaque coup a porté ; le fieur de Brantano,
Colonel des Waradins ; le Comte de Nafely , Colonel
de Collowrath ; le fieur de Stampach , Lieutenant-
Colonel du même Régiment ; le fieur de
Riefe , Lieutenant- Colonel des Waradins ; le fieur
de Grimau , Major de Stharemberg ; le fieur de
Caldevel , Capitaine de Grenadiers de Vieux Wol
fenbuttel ; le fieur Grifoni , Capitaine de Grenadiers
de Konigseg , & le premier Lieutenant de
Ruft , Aide de Camp du Général Laudon. Les
Régimens de Nadafty , de Deux - Ponts , de Collowrath
, infanterie ; les Grenadiers , & en général
tous les Corps ont fuppléé par leur intrépidité à
l'inégalité du nombre. Trois mille Croates &
foixante Huffards , aux ordres du Major Hamiluſe
, ont été détachés vers Neyff , pour tâcher d'enlever
huit cens charriots de remonte , qui font près
de cette Ville .
Le même jour 30 Juin , le Comte de Daun fit
attaquer par fes troupes légeres les poftes avancés
de l'ennemi . Le Roi de Pruffe croyant qu'il vouloit
en venir à un engagement général , retira
précipitamment tous fes poftes ; mais notre Général
leva fon camp à dix heures du foir , & n'ayant
laiffé repofer fon armée que deux heures , il paffa
le lendemain la Morave , fit une marche de cinq à
fix lieues d'Allemagne , & s'approcha des portes
d'Olmutz. Ainfi par cette pofition , l'armée Impériale
fe trouvoit non feulement à portée de fe
courir de toutes façons la Place affiégée , mais de
fournir encore des détachemens néceffaires pour
faire, conjointement avec la garnifon , une fortie,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
moyennant laquelle on auroit culbuté fans rel
fource le Corps ennemi qui formoit le fiege , enlevé
toute fon artillerie , & rendu la retraite des
Pruffiens en Siléfie extrêmement difficile . Le Roi
de Pruffe
ayant connu le danger , cette confidération
jointe au manque de vivres & de munitions
de guerre , l'obligea de lever le fiege ; ce qu'il fit
le 2 à trois heures du matin , après avoir fait faire
pendant toute la nuit un feu continuel pour cou
vrir fon deffein . L'ennemi a abandonné dans fes
retranchemens un feul canon de batterie , cinq
mortiers , & une grande quantité de bombes &
de grenades. H eft poursuivi dans fa retraite par
les Généraux de Laudon , de Ziskowitz , de Saint-
Ignon , de Bucow & de Ville , dont les détachemens
forment enſemble un Corps d'environ vingtquatre
mille hommes.
DE RATISBONNE , le 19 Juins
Plufieurs lettres de Berlin marquent , qu'un
Corps de Huffards , de Croates & de Pandoures a
pénétré par la Luface dans le Brandebourg , fans
que les Pruffiens ayent eu aucun avis de fa marche.
Elles ajoutent que ce Corps a tiré des contributions
confidérables , qu'il a enlevé beaucoup
de bétail , & qu'il a pris un détachement de cent
Fufiliers , & de vingt Huffards Pruffiens qu'on
avoit envoyés contre lui .
Les mêmes lettres affurent encore , que le Général
Haddick a auffi pénétré dans le Brandebourg
avec un Corps de huit mille hommes , &
qu'il s'eft réuni avec un gros Corps de Ruffiens
aux environs de Cuftrin & de Landſberg.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 2 juillet, l'Armée Impériale en Moravie fut informée d'un convoi prussien transportant des vivres et des munitions. Le Maréchal Comte de Daun envoya le Comte de Laudon et le Baron de Ziskowitz pour l'intercepter. Le 28 juin, Laudon attaqua près de Gundersdorff mais dut se retirer en attendant Ziskowitz. Les Prussiens reçurent des renforts, portant leur effectif à plus de quinze mille hommes. Le 30 juin, Laudon et Ziskowitz attaquèrent conjointement et capturèrent le convoi, qui comprenait plus de trois mille charriots chargés de vivres, de munitions et d'habits. En raison des pertes de chevaux et de conducteurs, une partie des munitions dut être détruite. Les Prussiens perdirent près d'un million de florins lors de la première attaque et environ mille cent douze hommes sur le champ de bataille. Les troupes impériales capturèrent six pièces de canon, un Major général, deux Majors, de nombreux officiers et près de sept cents soldats. Le Baron de Ziskowitz captura également six pièces de canon et mille charriots, faisant prisonniers un Major, vingt-huit officiers et deux bataillons de Grenadiers. L'action dura de midi à quatre heures, avec une bravoure égale des deux côtés. Le même jour, le Comte de Daun fit attaquer les postes avancés prussiens, forçant le Roi de Prusse à lever le siège d'Olmutz. Les Prussiens abandonnèrent des canons, des mortiers et des munitions et furent poursuivis par les généraux impériaux. Par ailleurs, des lettres de Berlin rapportèrent des incursions de troupes impériales en Brandebourg, où elles tirèrent des contributions et capturèrent des détachements prussiens.
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18236
p. 2966
« Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
Début :
Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...]
Mots clefs :
Roi, Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
E 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes ,
pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée , à l'Hôtel de la Compagnie.
La Lifte des Numero des Actions & Dixiemes
d'Action , qui doivent être remboursées ,
a été renduë publique , faiſant en tout le nombre
de trois cens Actions.
Le Roy a nommé à l'Evêché de Soiffons l'Abbé
'de Sefmaifons , Aumônier de S. M.
Le Roy a accordé l'Abbaye de S. Quentin de
Beauvais , Ordre de S. Auguftin , à l'Abbé Labifenski
, Confeffeur de la Reine.
pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée , à l'Hôtel de la Compagnie.
La Lifte des Numero des Actions & Dixiemes
d'Action , qui doivent être remboursées ,
a été renduë publique , faiſant en tout le nombre
de trois cens Actions.
Le Roy a nommé à l'Evêché de Soiffons l'Abbé
'de Sefmaifons , Aumônier de S. M.
Le Roy a accordé l'Abbaye de S. Quentin de
Beauvais , Ordre de S. Auguftin , à l'Abbé Labifenski
, Confeffeur de la Reine.
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Résumé : « Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
Le 23, la Lotterie de la Compagnie des Indes a été organisée pour rembourser trois cents actions. Le roi a nommé l'Abbé de Sefmaifons à l'évêché de Soiffons et l'Abbé Labifenski à l'Abbaye de Saint-Quentin de Beauvais.
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18237
p. 196-197
De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Wartensleben, Ministre des Seigneurs Etats-Généraux auprès des trois [...]
Mots clefs :
Comte, Ministres, Landgrave de Hesle-Cassel, Arrestation, Mémoire, Résumé des faits, États généraux, Détention, Motifs, Testament, Mauvaises intentions, Injures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
De la HAYE , le 23 Décembre 1763 .
Le Comte de Wartenfleben , Miniftre des Seigneurs
Etats-Généraux auprès des trois Electeurs
Eccléfiaftiques & des Cercles du Haut & Bas-
Rhin , s'étant rendu à Caffel pour les affaires parculieres
, le Landgrave de Heffe l'a fait arrêter
par un bas- Officier & huit fufiliers qui , après
lui avoir ôté ſon épée , l'ont étroitement enfermé
dans une chambre où il eſt gardé à vue. Leurs
Hautes Puiffances , étonnées d'un acte de violence
fi contraire aux droits des gens , ont dépêché au
Landgrave de Heffe un Courier qui eft revenu
fans apporter réponſe , mais depuis le Langdgrave
a répondu à la Lettre des Etats-Généraux. Cette
réponse fut accompagnée d'un mémoire contenant
l'expofé des motifs juftificatifs de la conduite
du Landgrave en cette occafion. Le Comte de
Wartenfleben a envoyé , de fon côté , à les maîtres
un mémoire contenant le détail des faits. Les mo
tifs du Landgrave n'ayant pas paru fuffifans pour,
autorifer la violence commife envers le Comte
Leurs Hautes Puiffances ont envoyé hier à Caffel
une Eftafette chargée de la réplique qu'Elles ont
jugé à propos de faire à la réponſe du Landgrave
, & par laquelle Elles infiftent avec force fur
la demande d'une fatisfaction éclatante & proportionnée
à l'injure faite à la République dans
la perfonne de fon Miniftre. Les Etats Généraux
témoignent dans cette réplique le defir qu'ils
ant de ne devoir cette fatisfaction qu'à l'équité de
ji I.
JANVIER. 1764. 197
ce Prince fans être obligés de recourir à des
moyens dont ils ne feroient ufage qu'à regret.
Le Landgrave a fait publier le mémoire dans
lequel il expofe fes motifs . Voici le précis des faits
qui ont donné lieu à la détention du Comte.
>
La Baronne de Gorz'avoit quitté la Heffe pour
éviter les troubles de la guerre & s'étoit retirée
à Francfort fur le Mein , où elle mourut en 1762 .
Elle légua par fon Teftament tous les biens pour
établir un Chapitre de Dames à fon Château de
Homberg dans la Heffe & elle nomma - le
.Comte de Wartenfleben fon éxécuteur Teftamentaire
& Directeur de cet établiffement. On
accufe ce Miniftre d'avoir eu des vues contraires
-aux intérêts de la Nobleffe du Pays , & aux difpolitions
da Teftament de la Baronne de Goerz ,
en prétendant fonder hors de la Heffe le Chapitre
dont l'établiffement lui étoit confié. Le Landgrave
: lui fit déclarer qu'il ne permettroit pas que l'on
s'écartât des difpofitions du Teftament & enjoignit
à la Régence de pourvoit a la fûreté de l'héritage,
En conféquence , la Régence demanda au Comte
la reftitution des deniers & effets dont il avoit été
mis en poffeffion ; mais ce Miniftre , au lieu de les
rendre , les fit fortir hors de la Heffe. Ces procédés
ayant paru auffi injurieux à la dignité du
Landgrave & de la Régence , que contraires aux
intentions de la Baronne de Goerz , le Comte de
Wartenfleben n'étant pas d'ailleurs accrédité à
la Cour de Caffel , le Landgrave a cru devoir
le faire arrêter pour l'obliger à fe foumettre aux
clauſes du Teftament dont il eft l'Exécuteur.
Le Comte de Wartenfleben , Miniftre des Seigneurs
Etats-Généraux auprès des trois Electeurs
Eccléfiaftiques & des Cercles du Haut & Bas-
Rhin , s'étant rendu à Caffel pour les affaires parculieres
, le Landgrave de Heffe l'a fait arrêter
par un bas- Officier & huit fufiliers qui , après
lui avoir ôté ſon épée , l'ont étroitement enfermé
dans une chambre où il eſt gardé à vue. Leurs
Hautes Puiffances , étonnées d'un acte de violence
fi contraire aux droits des gens , ont dépêché au
Landgrave de Heffe un Courier qui eft revenu
fans apporter réponſe , mais depuis le Langdgrave
a répondu à la Lettre des Etats-Généraux. Cette
réponse fut accompagnée d'un mémoire contenant
l'expofé des motifs juftificatifs de la conduite
du Landgrave en cette occafion. Le Comte de
Wartenfleben a envoyé , de fon côté , à les maîtres
un mémoire contenant le détail des faits. Les mo
tifs du Landgrave n'ayant pas paru fuffifans pour,
autorifer la violence commife envers le Comte
Leurs Hautes Puiffances ont envoyé hier à Caffel
une Eftafette chargée de la réplique qu'Elles ont
jugé à propos de faire à la réponſe du Landgrave
, & par laquelle Elles infiftent avec force fur
la demande d'une fatisfaction éclatante & proportionnée
à l'injure faite à la République dans
la perfonne de fon Miniftre. Les Etats Généraux
témoignent dans cette réplique le defir qu'ils
ant de ne devoir cette fatisfaction qu'à l'équité de
ji I.
JANVIER. 1764. 197
ce Prince fans être obligés de recourir à des
moyens dont ils ne feroient ufage qu'à regret.
Le Landgrave a fait publier le mémoire dans
lequel il expofe fes motifs . Voici le précis des faits
qui ont donné lieu à la détention du Comte.
>
La Baronne de Gorz'avoit quitté la Heffe pour
éviter les troubles de la guerre & s'étoit retirée
à Francfort fur le Mein , où elle mourut en 1762 .
Elle légua par fon Teftament tous les biens pour
établir un Chapitre de Dames à fon Château de
Homberg dans la Heffe & elle nomma - le
.Comte de Wartenfleben fon éxécuteur Teftamentaire
& Directeur de cet établiffement. On
accufe ce Miniftre d'avoir eu des vues contraires
-aux intérêts de la Nobleffe du Pays , & aux difpolitions
da Teftament de la Baronne de Goerz ,
en prétendant fonder hors de la Heffe le Chapitre
dont l'établiffement lui étoit confié. Le Landgrave
: lui fit déclarer qu'il ne permettroit pas que l'on
s'écartât des difpofitions du Teftament & enjoignit
à la Régence de pourvoit a la fûreté de l'héritage,
En conféquence , la Régence demanda au Comte
la reftitution des deniers & effets dont il avoit été
mis en poffeffion ; mais ce Miniftre , au lieu de les
rendre , les fit fortir hors de la Heffe. Ces procédés
ayant paru auffi injurieux à la dignité du
Landgrave & de la Régence , que contraires aux
intentions de la Baronne de Goerz , le Comte de
Wartenfleben n'étant pas d'ailleurs accrédité à
la Cour de Caffel , le Landgrave a cru devoir
le faire arrêter pour l'obliger à fe foumettre aux
clauſes du Teftament dont il eft l'Exécuteur.
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Résumé : De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
Le 23 décembre 1763, le Comte de Wartenfleben, ministre des États-Généraux, a été arrêté à Cassel par le Landgrave de Hesse. Cet acte a provoqué l'indignation des Hautes Puissances, qui ont demandé des explications au Landgrave. Ce dernier a justifié son action par un mémoire, tout comme le Comte de Wartenfleben. Les motifs du Landgrave n'ont pas été jugés suffisants, et les États-Généraux ont exigé une satisfaction proportionnée à l'injure faite à la République. Ils ont souhaité résoudre l'affaire par l'équité du Prince, évitant des moyens plus radicaux. L'arrestation est liée à un conflit concernant l'exécution du testament de la Baronne de Gorz, qui avait légué ses biens pour établir un Chapitre de Dames à Homberg. Le Landgrave accuse le Comte de vouloir établir ce Chapitre hors de la Hesse, contraignant ainsi l'arrestation du Comte pour le forcer à se conformer aux clauses testamentaires.
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18238
p. 187-189
LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Début :
Toute la France a pris part à cette Victoire; & / Monseigneur, Je n'oserois quasi mesler ma voix au bruit des [...]
Mots clefs :
Louanges, Altesse royale, Valeur, Triomphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Toute la France a pris part
àcette Victoire; &le jour même que Monfieur le Duc de S.Aignan l'aprit ,il en témoi- gnaſa joye à SonAlteſſeRoya- le par unelettre que voicy.
GALANT. 13.5
1
LETTRE DE MONSIEVR
le Duc de S.Aignan , à Son AlteſſeRoyale.
M°
ONSEIGNEVR,
Ien'oferois quasi mester mavoix au bruit des applaudiffemens & des loüanges qui vous font deues,&quevous recevezde
toutes parts. Mais , MONSEI- GNEVR,monprofond respectpour
VOSTRE ALTESSE ROYALE,
1
fijosey adjoûter ce mot, mon estime tres parfaite , me font prendre cette liberté. Voila
MONSEIGNEVR , deglorieuses fuites des premieres marques de cette valeur naiſſante dont j'avois esté témoin ily avingtansau
6
fiegedeMontmedy.le ne doutepas que dans une action fi glorieuse
136 LE MERCURE
-
vous nefoyez plus Satisfait d'a- voirvaincu pourle Roy, que d'avoir vaincu par vous même.
Triomphez , MONSEIGNEVR,
de reſte des ennemisdont vousvenez defurmonterunfi grand nom- bre; &foyez,s'il vous plaiſt,bien persuadé que personne ne s'inte- reffe plus que reſuis en voſtre con- Servation , nynepeut eftre avec
plus de respect que moy ,
MONSEIGNEUR,
DeVostreAlteffe Royale,
Letres humble, tres-obeïffant &tres- ſoûmisServiteur,
LEDUCDES.AIGNAN
DeParis le 13, d'Avril 1677
àcette Victoire; &le jour même que Monfieur le Duc de S.Aignan l'aprit ,il en témoi- gnaſa joye à SonAlteſſeRoya- le par unelettre que voicy.
GALANT. 13.5
1
LETTRE DE MONSIEVR
le Duc de S.Aignan , à Son AlteſſeRoyale.
M°
ONSEIGNEVR,
Ien'oferois quasi mester mavoix au bruit des applaudiffemens & des loüanges qui vous font deues,&quevous recevezde
toutes parts. Mais , MONSEI- GNEVR,monprofond respectpour
VOSTRE ALTESSE ROYALE,
1
fijosey adjoûter ce mot, mon estime tres parfaite , me font prendre cette liberté. Voila
MONSEIGNEVR , deglorieuses fuites des premieres marques de cette valeur naiſſante dont j'avois esté témoin ily avingtansau
6
fiegedeMontmedy.le ne doutepas que dans une action fi glorieuse
136 LE MERCURE
-
vous nefoyez plus Satisfait d'a- voirvaincu pourle Roy, que d'avoir vaincu par vous même.
Triomphez , MONSEIGNEVR,
de reſte des ennemisdont vousvenez defurmonterunfi grand nom- bre; &foyez,s'il vous plaiſt,bien persuadé que personne ne s'inte- reffe plus que reſuis en voſtre con- Servation , nynepeut eftre avec
plus de respect que moy ,
MONSEIGNEUR,
DeVostreAlteffe Royale,
Letres humble, tres-obeïffant &tres- ſoûmisServiteur,
LEDUCDES.AIGNAN
DeParis le 13, d'Avril 1677
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Résumé : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Le Duc de Saint-Aignan adresse une lettre à Son Altesse Royale le 13 avril 1677, exprimant sa joie et son admiration pour une récente victoire. Il souligne que toute la France a contribué à cette victoire et rappelle avoir observé la valeur naissante de Son Altesse Royale lors du siège de Montmédy, vingt ans plus tôt. Le Duc espère que Son Altesse Royale sera satisfait d'avoir combattu pour le roi et par lui-même. Il encourage Son Altesse Royale à triompher des ennemis restants et assure de son intérêt pour la conservation de Son Altesse Royale. La lettre se conclut par des marques de respect et de soumission.
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18239
p. 185-188
Marais d'eau, [titre d'après la table]
Début :
Ils allerent ensuite admirer le Marais d'eau. C'est un [...]
Mots clefs :
Marais d'eau, Eau, Bords, Roseaux, Marais, Pièces
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texteReconnaissance textuelle : Marais d'eau, [titre d'après la table]
Ils allerent enſuite admi
rer le Marais d'eau. C'eſt un
quarré long qui a douze toi
fes de longueur & huit de
largeur. Ilya un grand chef
ne au milieu environné de
tout ce qui peut croître dans
un Marais. Les bords de ce
quarré d'eau ſont remplis de
roſeaux ,parmy leſquels font
desCignes dans les coins , &
toutes les branches du chefne,
toutes les herbes qui l'entourent
, tous les roſeaux &
Piiij
180
Suite du Voyage
les Cignes qui en rempliffent,
ou plutoſt qui en forment les
bords, venant à jetter de l'eau
tout enſemble , & un million
de petits jets paroiſſant à la
fois , dont les uns font plus,
& les autres moins elevés
forment une pluye d'eau , qui
Javant la verdure dont elle
fort , luy donne un plus vif
éclat , & réjoüit la veuë.
,
Au milieu des deux aifles
de ce Marais dans deux enfoncemens
élevés de quelques
marches , font deux tables
de marbre , ſur leſquelles
on voit pluſieurs choſes
qui peuvent fervir à conſtruides
Amb. de Siam. 181
tre un buffet ; mais comme la
plupart de ces pieces n'ont
que des cercles ou autres morceaux
dorez , il feroit difficile
à ceux qui n'auroient
point encore oüy parler de
ces buffets , de deviner à
quels uſages ils ſont deſtince.
Lorſque l'eau vient à joüer ,
elle fatisfait la curioſité des
ſpectateurs , & en rempliſſant
les vuides qui ſont entre ces
pieces , elle forme des vafes
parfaits , dont le corps paroiſt
d'un beau criſtal enrichy
d'ornements dorés.
rer le Marais d'eau. C'eſt un
quarré long qui a douze toi
fes de longueur & huit de
largeur. Ilya un grand chef
ne au milieu environné de
tout ce qui peut croître dans
un Marais. Les bords de ce
quarré d'eau ſont remplis de
roſeaux ,parmy leſquels font
desCignes dans les coins , &
toutes les branches du chefne,
toutes les herbes qui l'entourent
, tous les roſeaux &
Piiij
180
Suite du Voyage
les Cignes qui en rempliffent,
ou plutoſt qui en forment les
bords, venant à jetter de l'eau
tout enſemble , & un million
de petits jets paroiſſant à la
fois , dont les uns font plus,
& les autres moins elevés
forment une pluye d'eau , qui
Javant la verdure dont elle
fort , luy donne un plus vif
éclat , & réjoüit la veuë.
,
Au milieu des deux aifles
de ce Marais dans deux enfoncemens
élevés de quelques
marches , font deux tables
de marbre , ſur leſquelles
on voit pluſieurs choſes
qui peuvent fervir à conſtruides
Amb. de Siam. 181
tre un buffet ; mais comme la
plupart de ces pieces n'ont
que des cercles ou autres morceaux
dorez , il feroit difficile
à ceux qui n'auroient
point encore oüy parler de
ces buffets , de deviner à
quels uſages ils ſont deſtince.
Lorſque l'eau vient à joüer ,
elle fatisfait la curioſité des
ſpectateurs , & en rempliſſant
les vuides qui ſont entre ces
pieces , elle forme des vafes
parfaits , dont le corps paroiſt
d'un beau criſtal enrichy
d'ornements dorés.
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Résumé : Marais d'eau, [titre d'après la table]
Le texte décrit le Marais d'eau, un espace rectangulaire de douze toises de longueur et huit de largeur. Au centre se trouve un grand chef-d'œuvre entouré de plantes et de fleurs typiques des marais. Les bords sont garnis de roseaux parmi lesquels nagent des cygnes. Ces derniers, en projetant de l'eau simultanément, créent une pluie d'eau qui accentue la verdure et réjouit la vue. Au milieu du marais, deux tables de marbre sont installées dans des enfoncements surélevés. Elles supportent divers objets pouvant servir à construire un buffet, mais la plupart de ces pièces sont ornées de cercles ou de morceaux dorés, rendant difficile leur identification. Lorsque l'eau joue, elle remplit les vides entre les pièces, formant des vases parfaits au corps cristallin enrichi d'ornements dorés, satisfaisant ainsi la curiosité des spectateurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18240
p. 2966-2970
MORTS, NAISSANCES
Début :
M. Christople Pajot, Abbé Commandataire des Abbayes Royales de S. Jacques de Provins [...]
Mots clefs :
Roi, Duc, Épouse, Paris, Duchesse
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES
MORTS , NAISSANCES
M® Chriftople Pajot , Abbé Commandataire
des Abbayes Royales de S.Jacques deProvins
de N. D. de Valfainte , Confeiller en la Grand'-
Chambre du Parlement , eft decedé le 24. Novembre
, âgé d'environ 80. ans.
-
Dame Magdelaine le Tellier , veuve de Germain
Chriftophe de. Thumery , Seigneur de
Boiflifle-le- Roy , &c. Doyen des Préfidens des
Enquêtes, eft décedée le 11.Decembre, âgée de 96.
ans 5. mois 15. jours .
Nicolas Clérambault , Secretaire du Roy , pre-
Lla Vol
mier
DECEMBRE. 1730. 2967
mier Commis du Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat , décéda le 11 Décembre , âge de 87
à 88 ans. Il est mort comme il a vécu , dans une
grande pratique de vertu & de charité . Il a été
chargé pendant 30 ans de la diftribution des aumônes
du Roy aux nouveaux Catholiques &
aux pauvres de Paris.
>
Charles Amelot de Gournay , Préfident à Mortier
, mourut à Paris le 25. de ce mois‚âgé d'erviron
51. ans.
Dame Eléonor Thomelin , veuve de M. Nicolas
Aunillon , Ecuyer, Confeiller du Roy, premier
Préſident de l'Election de Paris , eft décédée
le 25 Decembre , âgée de 66 ans .
Dame Marie-Anne -Françoife Bignon , Epoufe
de M. François - Michel de Verthamont , Commandeur
des Ordres du Roy , & Premier Préfr
dent du Grand-Confeil , mourut à Paris le 26.
dans la 70 année de fon âge.
Dame Charlotte - Felice - Armande de Durfort ,
Epoufe de Paul- Jules Mazarin , Duc de Mazarin
de la Meilleraye & de Mayenne , Pair de France ,
Prince de Chateau- Portien , Gouverneur des Villes
& Citadelles de Port-Louis , &c . mourut le
27. Decembre , âgée de 58. ans. Elle fut portéé le
24. au foir à S. Roch , fa Paroiffe , & enfuite
tranfportée dans la Chapelle du College Mazarin.
Dans l'une & dans l'autre Egliſe il n'y eut
aucune tenture , ainfi qu'elle l'avoit ordonné.
M. Bence , Curé de S. Roch , en préfentant le
Corps à M. Robbe , Grand- Maître du College
Mazarin , dit que dans la maladie dont elle eft
morte , elle avoit demandé avec empreffement à
recevoir les Sacremens de l'Eglife , & qu'elle les
avoit reçus avec des ſentimens de pieté & d'édifrcation
non communs. M. le Grand- Maître en recevant
le corps , loua la pieté de cette Ducheffe
LI Vol Iv
2968 MERCURE DE FRANCE
fa patience dans fa maladie : & il exprima en
peu de mots les regrets de tout le College fur la
perte d'une Dame qui vouloit bien honorer de fes
bontés & de fa protection tous les Membres de
ce Corps.
La maladie de cette Ducheffe a été longue , elle
ne la regardoit dans le commencement que comme
des vapeurs. La mort de Mad. de Ñefle , ſa
fille , qu'elle reffentit vivement , augmenta beaucoup
fon mal. Pendant long- temps elle fut attaquée
de violentes coliques. Malgré les douleurs
dont elle fe plaignoit , fa famille ne croyoit pas
que fa mort fut fi prochaine. On l'ouvrit , & on
luy trouva plufieurs caufes de mort , entr'autres
la grande aorte offifiée , deux Polypes au coeur
& le foye gâté.
Elle a eu trois enfans de Mr le Duc de Mazarin
, qu'elle époufa en 1685 , fçavoir Armande-
Felice Mazarin , Epoufe de Louis de Mailly, Marquis
de Nefle , décedée à Verſailles le 14. Octobre
1729. dans fa trente- huitième année. Guy-
Paul-Jule Mazarin , Duc de la Meilleraye , qui
époufa le 26. Avril 1716. Louife de Rohan- Soubize.
Et Paul Jule Mazarin , Duc de Mayenne ,
qui mourut le 28. Juin 1715. âgé de douze ans.
La Ducheffe de Mazarin étoit fille de Jacques
Henry de Durfort , Duc de Duras , Marechal
de France , & de Marguerite Felice de Levi Vantadour
, mariés en 1668. La Maifon de Durfort
eft des plus anciennes , & affez connue pour que
nous nous difpenfions d'entrer icy dans un long
détail fur ce fujet : nous dirons feulement que Arnault
de Durfort époufa vers 1300. la Marquife,
de Gouth , fille d'Arnault Garcie de Gouth , Vicomte
de Loumagne & de Miramonde de Mauleon.
Cette Dame étoit niéce du Pape Clement V.
& foeur de Regine , qui époula Bernard de Dur-
11 Vol.
fort
DECEMBRE. 1730. 2969
fort , Seigneur de Flamarins. Le Roy Philippe le
"Bel étant à Poitiers , luy donna & à fon Epoufe ,
en 1308. la Juftice de la Terre de Montaguillon.
C'eſt par ce mariage que la Terre de Duras & au
tres font entrées & font encore dans cette Maiſon.
On peut confulter là - deffus les Genealogiftes , les .
Hiftoriens de France , d'Angleterre , &c.
Le 28. Jean-Antoine Chef- de-ville , Ecuyer ,,
Confeiller du Roy , Subftitut du Procureur Ge
neral du Parlement , mourut âgé de 72 ans.
Le 30. Lucius - Henry Cary , Vicomte de Falkland,
Pair de la Grande Bretagne, mourut à Pa--
ris , âgé d'environ 43 ans.
Jeanne Gradou , veuve de Jean du Chefne, l'un
des Cent - Suiffes du Roy , mourut à Paris le 31
Decembre , âgée de 103 ans 9 mois , étant née
au mios d'Avril 1627 .
François Mornay , de Montchevreuil, Abbé de
P'Abbaye de S. Quentin de Beauvais , Ordre de
S. Auguftin , mourut à Paris le 2. de ce mois ,
âgé de 72. ans .
Ca-
D. Louife Elifabeth le Maffon de Tréves ,
Epoufe de Charles Louis Baron d'Haubits ,
pitaine dans le Régiment Allemand de la Mark ,
accoucha le 28 Novembre d'un fils qui fut nom
mé Marie Louis par Louis Engelbert , Comte de
la Mark , Colonel , & par D. Marie Anne Ce--
farée de Lanty , Ducheffe d'Havré & de Croy.
D. Françoife Magdelaine Chauvelin , Epoufe
de Louis Denis Talon , Marquis du Boulay ,.
Avocat Genéral au Parlement , accoucha le 2.
Decembre d'une fille qui fut nommée Françoife:
Magdelaine par M. Guillaume François Joly de
Fleury , Procureur Genéral du Parlement
par D. Louife Marthe Billard , Veuve de Jerômes
Bignon , Confeilier d'Etat ordinaire , & Ancien.
·2 &
Prevêt des Marchands,
2970 MERCURE DE FRANCE
D. Anne Charlotte de Cruffol , Epouſe d'Armand
Louis de Vignerod du Pleffis , de Richelieu
, Comte d'Agenois , Duc d'Aiguillon &c.
accoucha le s . du même mois d'un fils qui fut
nommé Armand Jules Charles.
D. Emilie de la Roche- Foucault Epoufe de
Charles_Emmanuel de Cruffol S. Sulpice , Duc
de Cruffol , Meftre de Camp du Régiment de
Medoc Infanterie , accoucha le 29. Decembre
d'un fils qui fut nommé Charles Emmanuel par
Jean Charles de Cruffol , Duc d'Ufez , Premier
Pair de France , Prince de Soyon , Comte de
Cruffol &c. Chevalier des Ordres du Roi , Gouverneur
& Lieutenant Genéral pour Sa Majeſté
en fes Provinces de Xaintonge & Angoumois ,
& Gouverneur particulier des Villes & Châteaux
de Xaintes & d'Angoulême , & par D. Magdelaine
Charlotte Le Tellier de Louvois , Ducheffe
de la Roche- Foucault.
M® Chriftople Pajot , Abbé Commandataire
des Abbayes Royales de S.Jacques deProvins
de N. D. de Valfainte , Confeiller en la Grand'-
Chambre du Parlement , eft decedé le 24. Novembre
, âgé d'environ 80. ans.
-
Dame Magdelaine le Tellier , veuve de Germain
Chriftophe de. Thumery , Seigneur de
Boiflifle-le- Roy , &c. Doyen des Préfidens des
Enquêtes, eft décedée le 11.Decembre, âgée de 96.
ans 5. mois 15. jours .
Nicolas Clérambault , Secretaire du Roy , pre-
Lla Vol
mier
DECEMBRE. 1730. 2967
mier Commis du Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat , décéda le 11 Décembre , âge de 87
à 88 ans. Il est mort comme il a vécu , dans une
grande pratique de vertu & de charité . Il a été
chargé pendant 30 ans de la diftribution des aumônes
du Roy aux nouveaux Catholiques &
aux pauvres de Paris.
>
Charles Amelot de Gournay , Préfident à Mortier
, mourut à Paris le 25. de ce mois‚âgé d'erviron
51. ans.
Dame Eléonor Thomelin , veuve de M. Nicolas
Aunillon , Ecuyer, Confeiller du Roy, premier
Préſident de l'Election de Paris , eft décédée
le 25 Decembre , âgée de 66 ans .
Dame Marie-Anne -Françoife Bignon , Epoufe
de M. François - Michel de Verthamont , Commandeur
des Ordres du Roy , & Premier Préfr
dent du Grand-Confeil , mourut à Paris le 26.
dans la 70 année de fon âge.
Dame Charlotte - Felice - Armande de Durfort ,
Epoufe de Paul- Jules Mazarin , Duc de Mazarin
de la Meilleraye & de Mayenne , Pair de France ,
Prince de Chateau- Portien , Gouverneur des Villes
& Citadelles de Port-Louis , &c . mourut le
27. Decembre , âgée de 58. ans. Elle fut portéé le
24. au foir à S. Roch , fa Paroiffe , & enfuite
tranfportée dans la Chapelle du College Mazarin.
Dans l'une & dans l'autre Egliſe il n'y eut
aucune tenture , ainfi qu'elle l'avoit ordonné.
M. Bence , Curé de S. Roch , en préfentant le
Corps à M. Robbe , Grand- Maître du College
Mazarin , dit que dans la maladie dont elle eft
morte , elle avoit demandé avec empreffement à
recevoir les Sacremens de l'Eglife , & qu'elle les
avoit reçus avec des ſentimens de pieté & d'édifrcation
non communs. M. le Grand- Maître en recevant
le corps , loua la pieté de cette Ducheffe
LI Vol Iv
2968 MERCURE DE FRANCE
fa patience dans fa maladie : & il exprima en
peu de mots les regrets de tout le College fur la
perte d'une Dame qui vouloit bien honorer de fes
bontés & de fa protection tous les Membres de
ce Corps.
La maladie de cette Ducheffe a été longue , elle
ne la regardoit dans le commencement que comme
des vapeurs. La mort de Mad. de Ñefle , ſa
fille , qu'elle reffentit vivement , augmenta beaucoup
fon mal. Pendant long- temps elle fut attaquée
de violentes coliques. Malgré les douleurs
dont elle fe plaignoit , fa famille ne croyoit pas
que fa mort fut fi prochaine. On l'ouvrit , & on
luy trouva plufieurs caufes de mort , entr'autres
la grande aorte offifiée , deux Polypes au coeur
& le foye gâté.
Elle a eu trois enfans de Mr le Duc de Mazarin
, qu'elle époufa en 1685 , fçavoir Armande-
Felice Mazarin , Epoufe de Louis de Mailly, Marquis
de Nefle , décedée à Verſailles le 14. Octobre
1729. dans fa trente- huitième année. Guy-
Paul-Jule Mazarin , Duc de la Meilleraye , qui
époufa le 26. Avril 1716. Louife de Rohan- Soubize.
Et Paul Jule Mazarin , Duc de Mayenne ,
qui mourut le 28. Juin 1715. âgé de douze ans.
La Ducheffe de Mazarin étoit fille de Jacques
Henry de Durfort , Duc de Duras , Marechal
de France , & de Marguerite Felice de Levi Vantadour
, mariés en 1668. La Maifon de Durfort
eft des plus anciennes , & affez connue pour que
nous nous difpenfions d'entrer icy dans un long
détail fur ce fujet : nous dirons feulement que Arnault
de Durfort époufa vers 1300. la Marquife,
de Gouth , fille d'Arnault Garcie de Gouth , Vicomte
de Loumagne & de Miramonde de Mauleon.
Cette Dame étoit niéce du Pape Clement V.
& foeur de Regine , qui époula Bernard de Dur-
11 Vol.
fort
DECEMBRE. 1730. 2969
fort , Seigneur de Flamarins. Le Roy Philippe le
"Bel étant à Poitiers , luy donna & à fon Epoufe ,
en 1308. la Juftice de la Terre de Montaguillon.
C'eſt par ce mariage que la Terre de Duras & au
tres font entrées & font encore dans cette Maiſon.
On peut confulter là - deffus les Genealogiftes , les .
Hiftoriens de France , d'Angleterre , &c.
Le 28. Jean-Antoine Chef- de-ville , Ecuyer ,,
Confeiller du Roy , Subftitut du Procureur Ge
neral du Parlement , mourut âgé de 72 ans.
Le 30. Lucius - Henry Cary , Vicomte de Falkland,
Pair de la Grande Bretagne, mourut à Pa--
ris , âgé d'environ 43 ans.
Jeanne Gradou , veuve de Jean du Chefne, l'un
des Cent - Suiffes du Roy , mourut à Paris le 31
Decembre , âgée de 103 ans 9 mois , étant née
au mios d'Avril 1627 .
François Mornay , de Montchevreuil, Abbé de
P'Abbaye de S. Quentin de Beauvais , Ordre de
S. Auguftin , mourut à Paris le 2. de ce mois ,
âgé de 72. ans .
Ca-
D. Louife Elifabeth le Maffon de Tréves ,
Epoufe de Charles Louis Baron d'Haubits ,
pitaine dans le Régiment Allemand de la Mark ,
accoucha le 28 Novembre d'un fils qui fut nom
mé Marie Louis par Louis Engelbert , Comte de
la Mark , Colonel , & par D. Marie Anne Ce--
farée de Lanty , Ducheffe d'Havré & de Croy.
D. Françoife Magdelaine Chauvelin , Epoufe
de Louis Denis Talon , Marquis du Boulay ,.
Avocat Genéral au Parlement , accoucha le 2.
Decembre d'une fille qui fut nommée Françoife:
Magdelaine par M. Guillaume François Joly de
Fleury , Procureur Genéral du Parlement
par D. Louife Marthe Billard , Veuve de Jerômes
Bignon , Confeilier d'Etat ordinaire , & Ancien.
·2 &
Prevêt des Marchands,
2970 MERCURE DE FRANCE
D. Anne Charlotte de Cruffol , Epouſe d'Armand
Louis de Vignerod du Pleffis , de Richelieu
, Comte d'Agenois , Duc d'Aiguillon &c.
accoucha le s . du même mois d'un fils qui fut
nommé Armand Jules Charles.
D. Emilie de la Roche- Foucault Epoufe de
Charles_Emmanuel de Cruffol S. Sulpice , Duc
de Cruffol , Meftre de Camp du Régiment de
Medoc Infanterie , accoucha le 29. Decembre
d'un fils qui fut nommé Charles Emmanuel par
Jean Charles de Cruffol , Duc d'Ufez , Premier
Pair de France , Prince de Soyon , Comte de
Cruffol &c. Chevalier des Ordres du Roi , Gouverneur
& Lieutenant Genéral pour Sa Majeſté
en fes Provinces de Xaintonge & Angoumois ,
& Gouverneur particulier des Villes & Châteaux
de Xaintes & d'Angoulême , & par D. Magdelaine
Charlotte Le Tellier de Louvois , Ducheffe
de la Roche- Foucault.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES
En décembre 1730, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Parmi eux, M. Christophe Pajot, abbé commandataire des abbayes royales de Saint-Jacques de Provins et de Notre-Dame de Valfainte, conseiller au Parlement, est décédé le 24 novembre à environ 80 ans. Dame Magdelaine le Tellier, veuve de Germain Christophe de Thumery, seigneur de Boisfle-le-Roy et doyen des présidents des enquêtes, est décédée le 11 décembre à l'âge de 96 ans, 5 mois et 15 jours. Nicolas Clérambault, secrétaire du roi et premier commis du comte de Maurepas, secrétaire d'État, est décédé le même jour à l'âge de 87 à 88 ans. Il était reconnu pour sa pratique de la vertu et de la charité, ayant distribué les aumônes du roi pendant 30 ans. Charles Amelot de Gournay, président à mortier, est mort à Paris le 25 décembre à environ 51 ans. Dame Éléonore Thomelin, veuve de Nicolas Aunillon, écuyer et conseiller du roi, premier président de l'élection de Paris, est décédée le même jour à 66 ans. Dame Marie-Anne-Françoise Bignon, épouse de François-Michel de Verthamont, commandeur des ordres du roi et premier président du Grand-Conseil, est morte à Paris le 26 décembre à 70 ans. Dame Charlotte-Félice-Armande de Durfort, épouse de Paul-Jules Mazarin, duc de Mazarin, de la Meilleraye et de Mayenne, pair de France, est décédée le 27 décembre à 58 ans. Elle a été portée au chœur de l'église Saint-Roch puis transportée dans la chapelle du Collège Mazarin. Jean-Antoine Chef-de-ville, écuyer et conseiller du roi, substitut du procureur général du Parlement, est mort le 28 décembre à 72 ans. Lucius-Henry Cary, vicomte de Falkland, pair de Grande-Bretagne, est décédé à Paris le 30 décembre à environ 43 ans. Jeanne Gradou, veuve de Jean du Chefne, l'un des Cent-Suisses du roi, est morte à Paris le 31 décembre à 103 ans et 9 mois. François Mornay, abbé de l'abbaye de Saint-Quentin de Beauvais, est décédé à Paris le 2 janvier à 72 ans. Du côté des naissances, Dame Louise-Élisabeth Le Masson de Trèves, épouse de Charles-Louis baron d'Haubits, a accouché le 28 novembre d'un fils nommé Marie-Louis. Dame Françoise-Magdelaine Chauvelin, épouse de Louis-Denis Talon, marquis du Boulay, avocat général au Parlement, a accouché le 2 décembre d'une fille nommée Françoise-Magdelaine. Dame Anne-Charlotte de Crussol, épouse d'Armand-Louis de Vignerot du Plessis, duc d'Aiguillon, a accouché le 5 décembre d'un fils nommé Armand-Jules-Charles. Dame Émilie de La Roche-Fontault, épouse de Charles-Emmanuel de Crussol, duc de Crussol, a accouché le 29 décembre d'un fils nommé Charles-Emmanuel.
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18241
p. 197
BÉNÉFICE DONNÉ.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Saint-Quentin en Isle, [...]
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICE DONNÉ.
BÉNÉFICE DONNÉ.
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Saint-Quentin
en Ifle , Ordre de S. Benoît , Dioceſe de Noyon ,
au Prince de Salm - Salm.
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Saint-Quentin
en Ifle , Ordre de S. Benoît , Dioceſe de Noyon ,
au Prince de Salm - Salm.
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18242
p. 198-200
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Nous avons prévenu dans le volume du mois d'Avril, que nous [...]
Mots clefs :
Sieur Keyfer, Traitement, Remèdes, Guérison, État de santé, Registres de l'hôpital
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLÉMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Troifieme traitement par le Remede du fieur
Keyfer.
Extrait des Regiftres de l'Hôpital , du 17 Mars.
Nous ous avons prévenu dans le volume du mois
d'Avril , que nous épargnerions dorénavant aux
yeux de nos Lecteurs les détails défagréables de
ces maladies ; ainfi nous nous contenterons de
donner les noms des Soldats , ceux de leurs Compagnies
, & d'ajouter qu'ils étoient tous attaqués
des maux de ce genre les plus graves & les plus
difficiles à traiter.
ETAT des douze Malades du troiſieme traitement,
nouvellement guéris.
Premier malade. Dominique Albain , Compagnie
de la Tour. Ce malade , indépendamment
de quantité de fymptomes caractérifés , avoit de
grands maux de poitrine , dont il ne fe reffent
plus , & une infomnie continuelle qui l'a quitté.
Il eft entré à l'Hôpital le 3 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Deuxieme malade. Bertrand Furcatte , Compagnie
d'Eaubonne , eft entré le même jour 3 Février
, & eft forti le 17 Mars, parfaitement guéri.
Troifieme malade. Le nommé Dardart , Compagnie
Colonelle , eft entré le même jour 3 FéAVRIL
1757. 199
vrier, & eft forti le 17 Mars parfaitement guéri.
Quatrieme malade . Morinal, dit la Fleur , Compagnie
d'Afpremont. Ce malade, indépendamment
des fymptomes ordinaires, avoit des douleurs trèsconfidérables
dans le genouil droit , dont il ne fe
reffent plus : il eft entré le 10 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Cinquieme malade. Gibert , Compagnie de Bouville
, eft entré le 10 Février , & eft forti le 22
Mars parfaitement guérí .
Sixieme malade. Champigny , Compagnie de
Bragelongne. Ce malade ayant des puftules répandues
fur tout le corps , à la tête , au vifage , &
inflammation confidérable dans les amygdales , eft
entré le 10 Février, & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Septieme malade. Decombe , malade de l'avantdernier
traitement , qu'on avoit annoncé dans le
Volume de Mars être refté encore à l'Hôpital pour
attendre l'exfoliation de la carie du coral dont on
a fait mention , eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri .
Huitieme malade. Thiercelin , Compagnie de
Chevalier. Ce malade étoit dans un état pitoyable
, & couvert de dartres fuppurantes ; il eft entré
le 10 Février , & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Neuvieme malade. Alard , Compagnie de Coettrieux
. Ce malade avoit , outre les ſymptomes or
dinaires , un gonflement confidérable fur les os du
métatarfe du pied gauche , & une douleur aigue à
la plante du pied droit , qui l'empêchoit de marcher
; il eft entré le 17 Février , & eft forti le 29
Mars parfaitement guéri.
Dixieme malade. Duval , Compagnie de Poudeux.
Ce malade avoit les glandes inguinales du
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
côté droit gonflées & dures , & la jugulaire de la
groffeur d'un gros cuf; il eft entré le 17 Février ,
& eft forti le 29 Mars parfaitement guéris
Onzieme malade. Vauffier , Compagnie d'Argenlieu
, eft forti fans être traité , ayant été attaqué
de la colique des Plombiers , étant fondeur
en caracteres de fon métier : l'on rendra compte
de fon traitement à fa rentrée dans l'Hôpital .
Douzieme malade. L'Efpérance , Compagnie
d'Efpiés. Ce foldat étoit dans un état affreux , rempli
de dartres fuppurantes au corps & à la tête ,
deux bubons gros comme des oeufs , & quantité
d'autres fymptomes confidérables : il eft entré le
23 Février , & eft forti le 22 Mars . Tous les fymptomes
de fa maladie ont bien difparu ; mais on
n'aflure point fa guérifon , parce qu'il n'a pu
prendre affez de remedes , vu la complicité dominante
d'un vice fcorbutique qui a obligé de lui
faire changer d'air , & de lui donner les anti-fcorbutiques
: on ne manquéra cependant pas de rendre
compte de fon état tel qu'il fera dans un mois
ou fix femaines ; & quoique l'on n'affure pas fa
guérifon , on ne doute cependant pas qu'il ne foit
quitte de la premiere maladie.
Il vient d'entrer douze autres malades , tous attaqués
des maladies les plus graves , dont on rendra
compte le mois prochain.
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Troifieme traitement par le Remede du fieur
Keyfer.
Extrait des Regiftres de l'Hôpital , du 17 Mars.
Nous ous avons prévenu dans le volume du mois
d'Avril , que nous épargnerions dorénavant aux
yeux de nos Lecteurs les détails défagréables de
ces maladies ; ainfi nous nous contenterons de
donner les noms des Soldats , ceux de leurs Compagnies
, & d'ajouter qu'ils étoient tous attaqués
des maux de ce genre les plus graves & les plus
difficiles à traiter.
ETAT des douze Malades du troiſieme traitement,
nouvellement guéris.
Premier malade. Dominique Albain , Compagnie
de la Tour. Ce malade , indépendamment
de quantité de fymptomes caractérifés , avoit de
grands maux de poitrine , dont il ne fe reffent
plus , & une infomnie continuelle qui l'a quitté.
Il eft entré à l'Hôpital le 3 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Deuxieme malade. Bertrand Furcatte , Compagnie
d'Eaubonne , eft entré le même jour 3 Février
, & eft forti le 17 Mars, parfaitement guéri.
Troifieme malade. Le nommé Dardart , Compagnie
Colonelle , eft entré le même jour 3 FéAVRIL
1757. 199
vrier, & eft forti le 17 Mars parfaitement guéri.
Quatrieme malade . Morinal, dit la Fleur , Compagnie
d'Afpremont. Ce malade, indépendamment
des fymptomes ordinaires, avoit des douleurs trèsconfidérables
dans le genouil droit , dont il ne fe
reffent plus : il eft entré le 10 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Cinquieme malade. Gibert , Compagnie de Bouville
, eft entré le 10 Février , & eft forti le 22
Mars parfaitement guérí .
Sixieme malade. Champigny , Compagnie de
Bragelongne. Ce malade ayant des puftules répandues
fur tout le corps , à la tête , au vifage , &
inflammation confidérable dans les amygdales , eft
entré le 10 Février, & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Septieme malade. Decombe , malade de l'avantdernier
traitement , qu'on avoit annoncé dans le
Volume de Mars être refté encore à l'Hôpital pour
attendre l'exfoliation de la carie du coral dont on
a fait mention , eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri .
Huitieme malade. Thiercelin , Compagnie de
Chevalier. Ce malade étoit dans un état pitoyable
, & couvert de dartres fuppurantes ; il eft entré
le 10 Février , & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Neuvieme malade. Alard , Compagnie de Coettrieux
. Ce malade avoit , outre les ſymptomes or
dinaires , un gonflement confidérable fur les os du
métatarfe du pied gauche , & une douleur aigue à
la plante du pied droit , qui l'empêchoit de marcher
; il eft entré le 17 Février , & eft forti le 29
Mars parfaitement guéri.
Dixieme malade. Duval , Compagnie de Poudeux.
Ce malade avoit les glandes inguinales du
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
côté droit gonflées & dures , & la jugulaire de la
groffeur d'un gros cuf; il eft entré le 17 Février ,
& eft forti le 29 Mars parfaitement guéris
Onzieme malade. Vauffier , Compagnie d'Argenlieu
, eft forti fans être traité , ayant été attaqué
de la colique des Plombiers , étant fondeur
en caracteres de fon métier : l'on rendra compte
de fon traitement à fa rentrée dans l'Hôpital .
Douzieme malade. L'Efpérance , Compagnie
d'Efpiés. Ce foldat étoit dans un état affreux , rempli
de dartres fuppurantes au corps & à la tête ,
deux bubons gros comme des oeufs , & quantité
d'autres fymptomes confidérables : il eft entré le
23 Février , & eft forti le 22 Mars . Tous les fymptomes
de fa maladie ont bien difparu ; mais on
n'aflure point fa guérifon , parce qu'il n'a pu
prendre affez de remedes , vu la complicité dominante
d'un vice fcorbutique qui a obligé de lui
faire changer d'air , & de lui donner les anti-fcorbutiques
: on ne manquéra cependant pas de rendre
compte de fon état tel qu'il fera dans un mois
ou fix femaines ; & quoique l'on n'affure pas fa
guérifon , on ne doute cependant pas qu'il ne foit
quitte de la premiere maladie.
Il vient d'entrer douze autres malades , tous attaqués
des maladies les plus graves , dont on rendra
compte le mois prochain.
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Le document est un supplément à un article sur la chirurgie, détaillant le troisième traitement par un remède du sieur Keyfer à l'hôpital du Maréchal Duc de Biron. Les registres de l'hôpital du 17 mars indiquent que douze malades ont été nouvellement guéris. Les noms des soldats, leurs compagnies, leurs symptômes, ainsi que les dates d'entrée et de sortie sont listés. Les patients souffraient de divers maux graves, tels que des douleurs de poitrine, des inflammations, des dartres suppurantes et des gonflements. Tous les malades ont été déclarés parfaitement guéris, à l'exception d'un cas où la guérison n'est pas assurée en raison d'un vice scorbutique. Par ailleurs, douze nouveaux malades, atteints de maladies graves, viennent d'entrer à l'hôpital.
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18243
p. 200-204
LETTRE de M. DE LA DIXMERIE à M. DE LA PLACE.
Début :
J'ai lu, Monsieur, dans votre Mercure du mois de Juillet dernier, Article [...]
Mots clefs :
Mémoire, Histoire de France, Anecdotes, Ouvrage, Historiens, Bibliothèque, Saint-Esprit, Ordres, Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DE LA DIXMERIE à M. DE LA PLACE.
LETTRE de M. DE LA DIXMERIE
à M. DE LA PLACE.
J'AI lu , Monfieur , dans votre Mercure
du mois de Juillet dernier , Article
des Nouvelles Littéraires , cette annonce
: Mémoire pour fervir à l'Hiftoire
de France du quatorziéme fiécle , contenant
les Statuts de l'Ordre du S. Efprit
AU DROIT DESIROU DU NOEU , inf
titué à Naples , en 1352 , par Louis
Premier du Nom , Roi de Jerufalem ,
JUILLET. 1764. 201
de Naples & de Sicile , & renouvellé en
1579 par Henri III , Roi de France
,fous le titre de l'ORDRE DU S. Es-
PRIT , avec une notice fur le manufcrit
original qui renferme les anciens Statuts
, & des Remarques Hiftoriques fur
cet Ordre , par M. LEFEVRE , Prétre
de la Doctrine Chrétienne. Brochure
de quatre vingt-deux pages.
J'ai cru fur ce titre , que je trouverois
dans cette petite brochure quelques
Anecdotes & quelques faits concernant
notre Ordre du S. Efprit ; il n'y
en a pas un feul , excepté que l'Auteur
dit qu'il a été renouvellé d'après
celui de Naples.
M. de Saintfoix , en 1758 , fit imprimer
un petit Ouvrage fur notre
Ordre du S. Efprit ; il le préfenta même
au Roi ; il y rapporte les Statuts
de celui de Naples avec des notes &
quelques Anecdotes fur cet Ordre qui
font à- peu-près les mêmes que celles
de M. Le Fevre. Je ne prétends pas
dire que M. Le Fevre ait vù ce petit
Ouvrage de M. de Saintfoix ; j'ai même
des raifons pour ne le pas croire ;
mais voici ce que M. de Saintfoix y
dit : Louis d'Anjou , Roi de Jérufalem
& de Naples , inflitua , en 1352 ,
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
un Ordre du S. Efprit. Plufieurs dé
nos Hiftoriens difent qu'attendu les
troubles dont fon régne fut agité dès
l'an 1354 , cet Ordre du S. Efprit
ne putfe foutenir, & que peut - être igno
reroit-on qu'il eût exifté , fi le hafard
n'avoit pas fait tomber le titre original
de fon inflitution entre les mains d'un
Noble Vénitien qui en fit préfent a
Henri III , lorfqu'il paffa par Venife
à fon retour de Pologne ; que ce
Prince voulant s'en approprier l'idée,
le tint fort caché , & qu'après avoir
fait extraire par Chiverni , Chancelier
de France , ce qu'il en vouloit tirer
pour fon nouvel Ordre , il lui ordonna
de le briller ; que Chiverni conferva
cette pièce rare & curieufe , en
partie à caufe des belles mignatures
dont elle étoit ornée ; qu'après fa mort ,
elle paffa dans la Bibliothèque de fon
Fils , & de cette Bibliothèque dans celle
du Président de Maifons . Si ces Hiftoriens
avoient confronté les Statuts de
rOrdre du S. Efprit de Naples , inftituée
en 1352 ; avec ceux de l'Ordre
de l'Etoile , inftitué à Paris un an
auparavant , en 1351 , par le Roi
Jean , ils auroient vu qu'ils font les
mêmes , & qu'étant les mêmes , & ceux
JUILLET. 1764. 203
de l'Ordre de l'Etoile étant très connus
en France , Henri III par conséquent
n'avoit pas pu penfer à s'en approprier
l'idée. D'ailleurs parmi les Statuts de
notre Ordre du S. Efprit , il n'y en
a' au que ou
femblent à ceux de cinq qui refl'Ordre
S.
prit de Naples , & ces quatre ou cinq
Statuts fe trouvent auffi parmi ceux de
S. Michel inftitué par Louis XI: ainfi
ce ne feroit pas de l'Ordre du S. Ef
prit de Naples que Henri III les auroit
pris, mais de celui de S. Michel. Enfin
fi ces Hiftoriens avoient la les Statuts
de nos Ordres de S. Michel & du
S. Efprit , ils auroient vu que le fond
eft entierement le même , & qu'il n'y
a que les changemens qu'exigeoient les
temps différens ; le droit féodal par
rapport a la convocation des grands
& petits Vaffaux , fubfiftoit encore du
temps de Louis XI , au lieu qu'il ne
fubfiftoit plus du temps de Henri III.
Voilà ce qu'avoit dit M. de Saintfoix
& ce que nous retrouverons fans
doute dans fon Hiftoire des Ordres
du Roi . On peut juger à préfent fis
M. Le Fevre a raifon de mettre dans
le titre de fa Brochure que Henri III
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
n'a fait que renouveller l'Ordre du
S. Efprit de Naples.
J'ai l'honneur d'être & c.
DE LA DIX MERIE,
A Paris , le 7 Juillet 1764.
à M. DE LA PLACE.
J'AI lu , Monfieur , dans votre Mercure
du mois de Juillet dernier , Article
des Nouvelles Littéraires , cette annonce
: Mémoire pour fervir à l'Hiftoire
de France du quatorziéme fiécle , contenant
les Statuts de l'Ordre du S. Efprit
AU DROIT DESIROU DU NOEU , inf
titué à Naples , en 1352 , par Louis
Premier du Nom , Roi de Jerufalem ,
JUILLET. 1764. 201
de Naples & de Sicile , & renouvellé en
1579 par Henri III , Roi de France
,fous le titre de l'ORDRE DU S. Es-
PRIT , avec une notice fur le manufcrit
original qui renferme les anciens Statuts
, & des Remarques Hiftoriques fur
cet Ordre , par M. LEFEVRE , Prétre
de la Doctrine Chrétienne. Brochure
de quatre vingt-deux pages.
J'ai cru fur ce titre , que je trouverois
dans cette petite brochure quelques
Anecdotes & quelques faits concernant
notre Ordre du S. Efprit ; il n'y
en a pas un feul , excepté que l'Auteur
dit qu'il a été renouvellé d'après
celui de Naples.
M. de Saintfoix , en 1758 , fit imprimer
un petit Ouvrage fur notre
Ordre du S. Efprit ; il le préfenta même
au Roi ; il y rapporte les Statuts
de celui de Naples avec des notes &
quelques Anecdotes fur cet Ordre qui
font à- peu-près les mêmes que celles
de M. Le Fevre. Je ne prétends pas
dire que M. Le Fevre ait vù ce petit
Ouvrage de M. de Saintfoix ; j'ai même
des raifons pour ne le pas croire ;
mais voici ce que M. de Saintfoix y
dit : Louis d'Anjou , Roi de Jérufalem
& de Naples , inflitua , en 1352 ,
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
un Ordre du S. Efprit. Plufieurs dé
nos Hiftoriens difent qu'attendu les
troubles dont fon régne fut agité dès
l'an 1354 , cet Ordre du S. Efprit
ne putfe foutenir, & que peut - être igno
reroit-on qu'il eût exifté , fi le hafard
n'avoit pas fait tomber le titre original
de fon inflitution entre les mains d'un
Noble Vénitien qui en fit préfent a
Henri III , lorfqu'il paffa par Venife
à fon retour de Pologne ; que ce
Prince voulant s'en approprier l'idée,
le tint fort caché , & qu'après avoir
fait extraire par Chiverni , Chancelier
de France , ce qu'il en vouloit tirer
pour fon nouvel Ordre , il lui ordonna
de le briller ; que Chiverni conferva
cette pièce rare & curieufe , en
partie à caufe des belles mignatures
dont elle étoit ornée ; qu'après fa mort ,
elle paffa dans la Bibliothèque de fon
Fils , & de cette Bibliothèque dans celle
du Président de Maifons . Si ces Hiftoriens
avoient confronté les Statuts de
rOrdre du S. Efprit de Naples , inftituée
en 1352 ; avec ceux de l'Ordre
de l'Etoile , inftitué à Paris un an
auparavant , en 1351 , par le Roi
Jean , ils auroient vu qu'ils font les
mêmes , & qu'étant les mêmes , & ceux
JUILLET. 1764. 203
de l'Ordre de l'Etoile étant très connus
en France , Henri III par conséquent
n'avoit pas pu penfer à s'en approprier
l'idée. D'ailleurs parmi les Statuts de
notre Ordre du S. Efprit , il n'y en
a' au que ou
femblent à ceux de cinq qui refl'Ordre
S.
prit de Naples , & ces quatre ou cinq
Statuts fe trouvent auffi parmi ceux de
S. Michel inftitué par Louis XI: ainfi
ce ne feroit pas de l'Ordre du S. Ef
prit de Naples que Henri III les auroit
pris, mais de celui de S. Michel. Enfin
fi ces Hiftoriens avoient la les Statuts
de nos Ordres de S. Michel & du
S. Efprit , ils auroient vu que le fond
eft entierement le même , & qu'il n'y
a que les changemens qu'exigeoient les
temps différens ; le droit féodal par
rapport a la convocation des grands
& petits Vaffaux , fubfiftoit encore du
temps de Louis XI , au lieu qu'il ne
fubfiftoit plus du temps de Henri III.
Voilà ce qu'avoit dit M. de Saintfoix
& ce que nous retrouverons fans
doute dans fon Hiftoire des Ordres
du Roi . On peut juger à préfent fis
M. Le Fevre a raifon de mettre dans
le titre de fa Brochure que Henri III
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
n'a fait que renouveller l'Ordre du
S. Efprit de Naples.
J'ai l'honneur d'être & c.
DE LA DIX MERIE,
A Paris , le 7 Juillet 1764.
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Résumé : LETTRE de M. DE LA DIXMERIE à M. DE LA PLACE.
M. de La Dixmerie écrit à M. de La Place au sujet d'une brochure de M. Lefèvre intitulée 'Mémoire pour servir à l'histoire de France du quatorzième siècle'. Cette brochure traite des Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit, institué à Naples en 1352 par Louis Ier, Roi de Jérusalem, de Naples et de Sicile, et renouvelé en 1579 par Henri III. La brochure ne contient aucune autre information sur l'Ordre du Saint-Esprit, sauf la mention de son renouvellement par Henri III. M. de La Dixmerie compare cette brochure à un ouvrage de M. de Saintfoix publié en 1758. Saintfoix relate que Louis d'Anjou a institué l'Ordre du Saint-Esprit en 1352, mais que les troubles de son règne ont empêché sa pérennité. Henri III a redécouvert cet ordre grâce à un titre original trouvé par un noble vénitien et a décidé de le renouveler. Saintfoix souligne que les Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit de Naples sont identiques à ceux de l'Ordre de l'Étoile, institué en 1351 par le Roi Jean. Il note également des similitudes avec les Statuts de l'Ordre de Saint-Michel, institué par Louis XI. Saintfoix conclut que Henri III a probablement repris les Statuts de l'Ordre de Saint-Michel pour renouveler l'Ordre du Saint-Esprit. M. de La Dixmerie conclut que M. Lefèvre a raison de mentionner dans le titre de sa brochure que Henri III a renouvelé l'Ordre du Saint-Esprit de Naples.
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18244
p. 198-206
De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Début :
Le Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché de Mâcon ; & à l'Evêché [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Évêché, Abbé, Honneur, Famille royale, Comte, Marquis, Monseigneur, Académie, Chevalier, Parlement, Ministres, Commandeur, Princesse, Ministre plénipotentiaire
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
De VERSAILLES , le 31 Décembre 1763.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Le document détaille les nominations et événements à la cour de France à la fin de l'année 1763 et au début de l'année 1764. Le roi a procédé à plusieurs nominations ecclésiastiques, notamment celle de l'évêque de Vence à l'évêché de Mâcon et de l'abbé de Lorry à l'évêché de Vence. D'autres nominations concernent diverses abbayes et diocèses à travers la France. Le marquis de Vibraye a été nommé gouverneur de Belle-Île. Plusieurs présentations et congés de diplomates et de nobles ont eu lieu, incluant le baron de Gleicken, envoyé extraordinaire de la cour de Danemark, et le chevalier du Buat, ministre du roi auprès de la Diète générale de l'Empire. Des événements marquants incluent un service pour le repos de l'âme de Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme, et la prise de deuil à la cour suite à la mort de l'archiduchesse infante. Le document mentionne également des présentations de livres et d'ouvrages par divers auteurs et membres de l'Académie Royale des Sciences. Le 1er janvier 1764, les princes, princesses, seigneurs et dames de la cour ont rendu leurs respects au roi à l'occasion de la nouvelle année. Par ailleurs, les premiers exemplaires des plans, profils et élévations de la nouvelle paroisse de la Madeleine, gravés d'après les dessins de l'architecte du roi, le sieur Content, ont été présentés. Cet édifice est prévu pour être construit à l'extrémité septentrionale de la nouvelle rue Royale et servira de point de vue à la Place de Louis XV. Enfin, la publication des nouvelles politiques est annoncée pour le prochain Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18245
p. 198
« Messieurs de l'Archiconfrairie du S. Sepulchre de Jerusalem ont [...] »
Début :
Messieurs de l'Archiconfrairie du S. Sepulchre de Jerusalem ont [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Messieurs de l'Archiconfrairie du S. Sepulchre de Jerusalem ont [...] »
Messieurs de l'Archiconfrairie
du S. Sepulchre de Jerusalem
ont fait chanter une grande
Messe dans leur Chapelle qui
est dans l'Eglise des Corde-
liers, & le foir ils firent chan-
ter le Te Deum & l'Exaudiat,
en musique.
On donna gratis le 10. Juillet,
dans la Menagerie qui est sur-
le Rempart entre la porte S.
Martin & celle du Temple, un
combat des ahimaux qui y sont
renfermés.
du S. Sepulchre de Jerusalem
ont fait chanter une grande
Messe dans leur Chapelle qui
est dans l'Eglise des Corde-
liers, & le foir ils firent chan-
ter le Te Deum & l'Exaudiat,
en musique.
On donna gratis le 10. Juillet,
dans la Menagerie qui est sur-
le Rempart entre la porte S.
Martin & celle du Temple, un
combat des ahimaux qui y sont
renfermés.
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18246
p. *201-201
PAYS-BAS.
Début :
Suivant les derniers avis que nous avons reçus ; les Hanovriens ont [...]
Mots clefs :
Hanovre, Liège, Armée, Corps français, Garnison, Ruremonde, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS - BAS.
DE LIEGE, le S Juillet.
Suivant les derniers avis que nous avons reçus
Fes Hanovriens ont abandonné la ville de Ruremonde
, & le Quartier général de leur armée eft
à Saint-Nicolas. Celui de l'armée du Roi a été
transféré de Nippes à Cafter fur la riviere d'Erft .
Les François ont fait paffer le Rhin au deffus
de Cologne à un Corps de quinze à ſeize mille
hommes. On affure que ce Corps doit marcher
fur la rive droite du fleuve vers Vezel , pour couper
la retraite aux ennemis.
La garnifon de Ruremonde avec divers détachemens
qu'on y a joints , forme un camp fur la
hauteur de Saint - Gilles à une demi -lieue de cette
Ville . Ces difpofitions , & la marche d'un Corps
d'environ dix mille hommes qui nous viennent
des Pays- bas , ont obligé les ennemis de fe replier.
DE LIEGE, le S Juillet.
Suivant les derniers avis que nous avons reçus
Fes Hanovriens ont abandonné la ville de Ruremonde
, & le Quartier général de leur armée eft
à Saint-Nicolas. Celui de l'armée du Roi a été
transféré de Nippes à Cafter fur la riviere d'Erft .
Les François ont fait paffer le Rhin au deffus
de Cologne à un Corps de quinze à ſeize mille
hommes. On affure que ce Corps doit marcher
fur la rive droite du fleuve vers Vezel , pour couper
la retraite aux ennemis.
La garnifon de Ruremonde avec divers détachemens
qu'on y a joints , forme un camp fur la
hauteur de Saint - Gilles à une demi -lieue de cette
Ville . Ces difpofitions , & la marche d'un Corps
d'environ dix mille hommes qui nous viennent
des Pays- bas , ont obligé les ennemis de fe replier.
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Résumé : PAYS-BAS.
En juillet, les Hanovriens ont quitté Ruremonde pour Saint-Nicolas. Le quartier général de l'armée du Roi a été déplacé de Nippes à Cafter. Les Français ont fait traverser le Rhin à 15 000 hommes pour se diriger vers Vezel. La garnison de Ruremonde a établi un camp à Saint-Gilles. Ces mouvements et l'arrivée de 10 000 hommes des Pays-Bas ont forcé les ennemis à se replier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18247
p. 190-191
LETTRE DE S. A. R. à M. le Duc de S. Aignan.
Début :
Monsieur ayant reçeu cette Lettre, y fit de sa main [...]
Mots clefs :
Armée du roi, Tendresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE S. A. R. à M. le Duc de S. Aignan.
Monfieur ayant receu cette Lettre , y fit deſamain
ponſe ſuivante.
la re
NORD
LETTRE DE SON ALTESSE
Royale à Monfieur le Duc
de S. Aignan .
DEVIL LA
.
On Cousin,Vous croirezfa- cilementlajoyequeiereçois par l'aſſuranceque vous me
donnezdecelleque vous avez re- ceuë de l'heureux fuccés qu'ent Dimanche dernierl'Arméequele
Roy m'afait l'honneur deme confier,puisque cela acause unmo- ment deplaisir au Roy,&l'aobligéde medonner en cette occafion des marquesdeſatendreſſe , quoy
que ie fuſſe celuy qui avoic eu le
moins depart au bonheur deses
Armes. Iene laiſſepas de vous en
138 LE MERCURE
4
estrefort obligé ; &devous prier decroirequeiefuis,
MON COVSIN,
Voſtrebienbon Coufin,
PHILIPPE,
Le18.Avril, nuCamp deMont Caffel.
ponſe ſuivante.
la re
NORD
LETTRE DE SON ALTESSE
Royale à Monfieur le Duc
de S. Aignan .
DEVIL LA
.
On Cousin,Vous croirezfa- cilementlajoyequeiereçois par l'aſſuranceque vous me
donnezdecelleque vous avez re- ceuë de l'heureux fuccés qu'ent Dimanche dernierl'Arméequele
Roy m'afait l'honneur deme confier,puisque cela acause unmo- ment deplaisir au Roy,&l'aobligéde medonner en cette occafion des marquesdeſatendreſſe , quoy
que ie fuſſe celuy qui avoic eu le
moins depart au bonheur deses
Armes. Iene laiſſepas de vous en
138 LE MERCURE
4
estrefort obligé ; &devous prier decroirequeiefuis,
MON COVSIN,
Voſtrebienbon Coufin,
PHILIPPE,
Le18.Avril, nuCamp deMont Caffel.
Fermer
Résumé : LETTRE DE S. A. R. à M. le Duc de S. Aignan.
Le roi Philippe, dans une lettre datée du 18 avril depuis le camp de Mont Cassel, exprime sa joie au Duc de Saint-Aignan pour le succès militaire du dimanche précédent. Il remercie le duc et lui assure de son amitié, bien qu'il ait eu peu de part dans ce succès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18248
p. 188-190
Les trois Fontaines, [titre d'après la table]
Début :
Je passe pardessus les autres embellissements de ce lieu, & [...]
Mots clefs :
Fontaines
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texteReconnaissance textuelle : Les trois Fontaines, [titre d'après la table]
Je
belliſtementsde
paffe pardeſſus les autres embelliſſements
de ce lieu , & ne
4
Pv
182 Suite du Voyage
t
dis rien de divers rangs de
porcelaines remplies de ver
dure, ni de tout ce que l'habileté
du Jardinier ajoûte à
tous ces endroits , où l'Art
furpaſſe la nature , ce qui pa
roift bien encore dans le bol
quet appellé des trois fontai
nes, que les Ambaſfadeurs allerent
voir , aprés avoir donnémille
loïanges au Mazis
d'eau. Ce Boſquet eſt dans
un lieu bas ; de ſorte que les
élevations qui ſont autour ,
eſtant remplies de vaſes de
porcelaine fur quantité de
manieres de piedeſtaux , qui
font au devant des treillages,
des Amb. de Siam. 183
produiſent un fort agréable
effet. Toutes les eaux de ce
lieu conſiſtent en trois baffins
de diverſes figures , &
dont les jets fortant de differente
maniere. Il y en a de ſi
gros qu'on ne les peut voir
qu'avec ſurpriſe. Cet endroit
a l'air grand , & c'eſt un de
ceux que l'on eſtime le plus.
belliſtementsde
paffe pardeſſus les autres embelliſſements
de ce lieu , & ne
4
Pv
182 Suite du Voyage
t
dis rien de divers rangs de
porcelaines remplies de ver
dure, ni de tout ce que l'habileté
du Jardinier ajoûte à
tous ces endroits , où l'Art
furpaſſe la nature , ce qui pa
roift bien encore dans le bol
quet appellé des trois fontai
nes, que les Ambaſfadeurs allerent
voir , aprés avoir donnémille
loïanges au Mazis
d'eau. Ce Boſquet eſt dans
un lieu bas ; de ſorte que les
élevations qui ſont autour ,
eſtant remplies de vaſes de
porcelaine fur quantité de
manieres de piedeſtaux , qui
font au devant des treillages,
des Amb. de Siam. 183
produiſent un fort agréable
effet. Toutes les eaux de ce
lieu conſiſtent en trois baffins
de diverſes figures , &
dont les jets fortant de differente
maniere. Il y en a de ſi
gros qu'on ne les peut voir
qu'avec ſurpriſe. Cet endroit
a l'air grand , & c'eſt un de
ceux que l'on eſtime le plus.
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Résumé : Les trois Fontaines, [titre d'après la table]
Les ambassadeurs visitent le bosquet des 'Trois Fontaines' après avoir admiré le 'Mazis d'eau'. Ce lieu, situé dans une dépression, est entouré d'élévations ornées de vases de porcelaine. Il comprend trois bassins avec des jets d'eau variés, certains impressionnants. Cet endroit est grand et très apprécié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18249
p. 201-206
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi, la Reine, & la Famille Royale, signerent le 11 Juin le Contrat [...]
Mots clefs :
Famille royale, Audiences, Bretagne, Anglais, Duc, Troupes, Munitions, Camp de Granville, Flotte anglaise, Régiments, Nominations, Ordonnance, Maréchal, Conseil, Brigades
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LeRoi , la Reine, & la Famille Royale , figne:
rent le 11 Juin le Contrat de mariage de M. le
Marquis d'Efparbès , avec Mademoiſelle Thoinard
de Jouy , & celui de M. le Comte de Guitaut
avec Mademoiſelle Durey de Meinieres.
Le IS le Prince Xavier de Saxe partit de Ver
failles vers les dix heures du foir pour fe rendre à
Parmée du Roi.
Iw
201 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majesté a tenu le Sceau pour la trente-unies
me & trente- deuxieme fois.
Madame la Ducheffe de Rohan-Chabot fut préfentée
le 18 au Roi & à la Reine , & elle prit le tabouret.
Le 19 , M. de Chevert , Lieutenant- Général
des Armées du Roi , arriva ici fur les fept heures
du foir. Il eut une conférence avec M. le Maréchal
Duc de Belle -Ifte , & il partit la nuit même pour
fe rendre à l'Armée de M. le Comte de Clermont.
Toutes les lettres qu'on reçoit de Bretagne confirment
que les Anglois fe font rembarqués les 1 1 ,
12 & 13 de Juin avec effroi & précipitation . Ils
n'ont point jugé à propos d'attendre l'arrivée des
Troupes que M. le Duc d'Aiguillon avoit fait venir
de divers endroits de la Province , ni celles
que M. le Duc d'Harcourt amenoit de Normandie.
Tout le dommage qu'ils ont caufé s'eft borné
à Saint- Servan , Fauxbourg de Saint - Malo ; ils
n'ont rien ofé entreprendre contre la Vile , ou
l'on avoit fait entrer deux mille hommes de Trou
pes , foutenus par trois mil e Bourgeois bien ar❤
més & d'une grande réfolution . Cette Ville étoit
d'ailleurs bien pourvue de munitions de toute efpece
, & par conféquent en état de faire une vigoureufe
défenfe. Les Troupes ont marqué beaucoup
d'ardeur pour marcher à l'ennemi , & les
Bretons le plus grand zele pour la défenſe de leur
Province. La Nobleffe , plufieurs Préfidens & Con
feillers du Parlement de Rennes faifoient armer
leurs Vaffaux , & les Ecoliers de Droit ne demandoient
des Officiers
que
les conduire contre
pour
les Anglois. L'Amiral Anfon avoit fait fortir le 15
fa flotte de la Baye de Cancale ; mais les vents
contraires l'ont obligé d'y rentrer , & elle y étoit
encore le Dimanche 18. Partout où fe porteront
les Anglois , ils trouveront nos côtes garnies & en
JUILLET. 1758. 203
état de faire échouer toutes leurs entrepriſes.
Une lettre du camp de Granville , en Baffe - Nor
mandie , datée du ro Juin , contient le détail fuivant.
« Le z de Juin vers les neuf heures du ma-
» tin , la Flotte Angloiſe párut à la Folle de Mon
» ville , & le même jour elle entra vers les fix heu
» res du foir dans l'Anfe de Vauville . Au premier
» avis qu'en reçut M. le Comte de Raymond , Ma.
» réchal de Camp , qui commande à Vallogne
>>> cet Officier Général fit marcher les Grenadiers
» du Régiment de Guyenne , avec un Piquet , &
#il envoya des ordres pour raffembler toutes les
» Troupes de ce quartier . Ces difpofitions devin→
rent inutiles par le départ de la flotte , qu'on re-
» vit le à trois heures du matin à la hauteur du
>> Cap Frehel & cette Flotte mouilla le même
» jour à neuf heures du matin fous Cancale. M.
>> le Com e de Coetlogon , Lieutenant- Général ,
» qui commande à Coutances , fit partir les Gre
>> nidiers de Saint - Chamond ; il donna en même-
>> temps des ordres pour faire marcher les Trou-
» pes de la Généralité , & pour les raffembler à
» Granville , où il arriva le lendemain 6 avec le
» Régiment de Saint - Chamond. Il trouva les ha
» bitans de cette Ville , qui étoient ratfurés par la
>>prefence & par les bonnes difpofitions de M. le
» Prince de Robec , dans la plus grande fécurité .
» Le même jour , ce Général alla reconnoître &
» marquer un camp , où toutes les Troupes fe
>> read rent avec la plus grande diligence. Le Sub-
» dé égué de l'Election de Coutances , que ce Gé
néral avoit char é de faire les approvifionne
» mens néc flaires , avoit pr's des metures fi exac-
> res , que le Régiment de Lorraine fut campé le
» 8 & le reste de l'armée le 9. Ce camp formé en
» quatre jours dans le canton le plus ingrat de la
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Normandie , fut abondamment pourvu de tou
tes chofes , & le bois de campement , ainfi que
le bois de chauffage ,fut fourni fi à propos , que
» le Soldat ne fit pas le moindre défordre . La vian-
» de pour le Soldat , eft ici taxée à trois fols , & le
pain le plus blanc à un fol fix deniers . >>
M. le Marquis de Villeroi a prêté ferment le 25
Juin , entre les mains du Roi , pour la furvivance
de la place de Capitaine des Gardes du Corps ,
dont M. le Duc de Villerei , fon oncle , eft titu→
laire. Il en a fait les fonctions le même jour.
Le Roi a nommé Protecteur des affaires de
France , à Rome , M. le Cardinal Profper Colonna
de Sciarra.
M. le Marquis de Cambis , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , à qui le Roi avoit donné celui
de Nice , vacant par la mort de M. le Comte dela
Queille , ayant défiré de garder le fien , Sa<
Majefté a difpofé de celui de Nice , en faveur
de M. le Vicomte de la Tournelle , Capitaine de
Grenadiers dans le Régiment de Cambis.
Par une nouvelle Ordonnance rendue le premier
Juin dernier , le Roi a accordé une augmentation
de traitement aux Troupes d'Infante
rie Françoife , pour l'entretien du linge & de la
chauffure defdites Troupes.
Le 29. Juin , M. Rouillé , ci- devant Miniftre des
affaires étrangeres , M. le Marquis de Paulmy &
M. de Moras , eurent l'agrément du Roi , pour fe
retirer du Confeil.
Le 30 Juin , M. le Maréchal Duc de Belle- Me
à l'occafion de la mort de M. le Comte de Giſors ,
fon fils , eut l'honneur d'être vifité par le Roi ,
la Reine , Monfeigneur le Dauphin , Madame
Infante & Madame Adelaide. Madame la Dauphine
& Mesdames Victoire, Sophie & Louife
JUILLET. 1758. 201
firent le lendemain premier Juillet , le même honce
Maréchal. neur à
Le 2 Juillet , Sa Majefté admit au Confeil M.
le Maréchal d'Eftrées , & M. de Berryer , qui
étoit déja du Confeil des dépêches . M. le Marquis
de Puyfieulx y reprit auffi féance.
Le même jour , M. le Duc de Trefmes prêta
ferment entre les mains du Roi , pour le Gouver
nement de l'Ile de France .
Le 3 Juillet , le Roi donna les entrées de la
Chambre à M. le Duc de Broglie , Lieutenant-
Général de fes Armées.
Le Roi a difpofé de la charge de Meftre de
Camp-Lieutenant du Régiment des Carabiniers
de Monſeigneur le Comte de Provence , en fa-*
veur de M. le Marquis de Poyanne , Lieutenant-
Général , Infpecteur Général des Troupes de
Cavalerie & de Dragons.
De la Brigade vacante dans le même Régiment
, par la mort de M. de la Tour , en faveur
de M. de Saint - André , Lieutenant- Colonel
de celle de Bovet , avec rang de Meſtre de
Camp.
Et de la Brigade vacante par la retraite de
M. de Maifons , en faveur de M. Poiffon de
Malvoifin , Meftre de Camp de Cavalerie..
Le 28, Juin , M. le Duc de Trefmes fut reçu
au Parlement , Pair de France,
Le 26 Juin , M. de la Curne de Sainte- Palaye ,
élu par l'Académie Françoife , pour remplir la
place vacante par la mort de M. Boiffy , prit
féance dans cette Compagnie , & prononça fon
difcours de remerciment auquel M. l'Abbé Alaric
répondit.
La Tartane que commandoit M. Calais d'Arles
, & dont un Ĉorfaire Anglois s'étoit emparé ,
106 MERCURE DE FRANCE.
a été réprife le premier de Jain , par le Navire
le Saint- Antoine, fur les côtes de Catalogue , &
ramenée dans ce Port.
LeRoi , la Reine, & la Famille Royale , figne:
rent le 11 Juin le Contrat de mariage de M. le
Marquis d'Efparbès , avec Mademoiſelle Thoinard
de Jouy , & celui de M. le Comte de Guitaut
avec Mademoiſelle Durey de Meinieres.
Le IS le Prince Xavier de Saxe partit de Ver
failles vers les dix heures du foir pour fe rendre à
Parmée du Roi.
Iw
201 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majesté a tenu le Sceau pour la trente-unies
me & trente- deuxieme fois.
Madame la Ducheffe de Rohan-Chabot fut préfentée
le 18 au Roi & à la Reine , & elle prit le tabouret.
Le 19 , M. de Chevert , Lieutenant- Général
des Armées du Roi , arriva ici fur les fept heures
du foir. Il eut une conférence avec M. le Maréchal
Duc de Belle -Ifte , & il partit la nuit même pour
fe rendre à l'Armée de M. le Comte de Clermont.
Toutes les lettres qu'on reçoit de Bretagne confirment
que les Anglois fe font rembarqués les 1 1 ,
12 & 13 de Juin avec effroi & précipitation . Ils
n'ont point jugé à propos d'attendre l'arrivée des
Troupes que M. le Duc d'Aiguillon avoit fait venir
de divers endroits de la Province , ni celles
que M. le Duc d'Harcourt amenoit de Normandie.
Tout le dommage qu'ils ont caufé s'eft borné
à Saint- Servan , Fauxbourg de Saint - Malo ; ils
n'ont rien ofé entreprendre contre la Vile , ou
l'on avoit fait entrer deux mille hommes de Trou
pes , foutenus par trois mil e Bourgeois bien ar❤
més & d'une grande réfolution . Cette Ville étoit
d'ailleurs bien pourvue de munitions de toute efpece
, & par conféquent en état de faire une vigoureufe
défenfe. Les Troupes ont marqué beaucoup
d'ardeur pour marcher à l'ennemi , & les
Bretons le plus grand zele pour la défenſe de leur
Province. La Nobleffe , plufieurs Préfidens & Con
feillers du Parlement de Rennes faifoient armer
leurs Vaffaux , & les Ecoliers de Droit ne demandoient
des Officiers
que
les conduire contre
pour
les Anglois. L'Amiral Anfon avoit fait fortir le 15
fa flotte de la Baye de Cancale ; mais les vents
contraires l'ont obligé d'y rentrer , & elle y étoit
encore le Dimanche 18. Partout où fe porteront
les Anglois , ils trouveront nos côtes garnies & en
JUILLET. 1758. 203
état de faire échouer toutes leurs entrepriſes.
Une lettre du camp de Granville , en Baffe - Nor
mandie , datée du ro Juin , contient le détail fuivant.
« Le z de Juin vers les neuf heures du ma-
» tin , la Flotte Angloiſe párut à la Folle de Mon
» ville , & le même jour elle entra vers les fix heu
» res du foir dans l'Anfe de Vauville . Au premier
» avis qu'en reçut M. le Comte de Raymond , Ma.
» réchal de Camp , qui commande à Vallogne
>>> cet Officier Général fit marcher les Grenadiers
» du Régiment de Guyenne , avec un Piquet , &
#il envoya des ordres pour raffembler toutes les
» Troupes de ce quartier . Ces difpofitions devin→
rent inutiles par le départ de la flotte , qu'on re-
» vit le à trois heures du matin à la hauteur du
>> Cap Frehel & cette Flotte mouilla le même
» jour à neuf heures du matin fous Cancale. M.
>> le Com e de Coetlogon , Lieutenant- Général ,
» qui commande à Coutances , fit partir les Gre
>> nidiers de Saint - Chamond ; il donna en même-
>> temps des ordres pour faire marcher les Trou-
» pes de la Généralité , & pour les raffembler à
» Granville , où il arriva le lendemain 6 avec le
» Régiment de Saint - Chamond. Il trouva les ha
» bitans de cette Ville , qui étoient ratfurés par la
>>prefence & par les bonnes difpofitions de M. le
» Prince de Robec , dans la plus grande fécurité .
» Le même jour , ce Général alla reconnoître &
» marquer un camp , où toutes les Troupes fe
>> read rent avec la plus grande diligence. Le Sub-
» dé égué de l'Election de Coutances , que ce Gé
néral avoit char é de faire les approvifionne
» mens néc flaires , avoit pr's des metures fi exac-
> res , que le Régiment de Lorraine fut campé le
» 8 & le reste de l'armée le 9. Ce camp formé en
» quatre jours dans le canton le plus ingrat de la
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Normandie , fut abondamment pourvu de tou
tes chofes , & le bois de campement , ainfi que
le bois de chauffage ,fut fourni fi à propos , que
» le Soldat ne fit pas le moindre défordre . La vian-
» de pour le Soldat , eft ici taxée à trois fols , & le
pain le plus blanc à un fol fix deniers . >>
M. le Marquis de Villeroi a prêté ferment le 25
Juin , entre les mains du Roi , pour la furvivance
de la place de Capitaine des Gardes du Corps ,
dont M. le Duc de Villerei , fon oncle , eft titu→
laire. Il en a fait les fonctions le même jour.
Le Roi a nommé Protecteur des affaires de
France , à Rome , M. le Cardinal Profper Colonna
de Sciarra.
M. le Marquis de Cambis , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , à qui le Roi avoit donné celui
de Nice , vacant par la mort de M. le Comte dela
Queille , ayant défiré de garder le fien , Sa<
Majefté a difpofé de celui de Nice , en faveur
de M. le Vicomte de la Tournelle , Capitaine de
Grenadiers dans le Régiment de Cambis.
Par une nouvelle Ordonnance rendue le premier
Juin dernier , le Roi a accordé une augmentation
de traitement aux Troupes d'Infante
rie Françoife , pour l'entretien du linge & de la
chauffure defdites Troupes.
Le 29. Juin , M. Rouillé , ci- devant Miniftre des
affaires étrangeres , M. le Marquis de Paulmy &
M. de Moras , eurent l'agrément du Roi , pour fe
retirer du Confeil.
Le 30 Juin , M. le Maréchal Duc de Belle- Me
à l'occafion de la mort de M. le Comte de Giſors ,
fon fils , eut l'honneur d'être vifité par le Roi ,
la Reine , Monfeigneur le Dauphin , Madame
Infante & Madame Adelaide. Madame la Dauphine
& Mesdames Victoire, Sophie & Louife
JUILLET. 1758. 201
firent le lendemain premier Juillet , le même honce
Maréchal. neur à
Le 2 Juillet , Sa Majefté admit au Confeil M.
le Maréchal d'Eftrées , & M. de Berryer , qui
étoit déja du Confeil des dépêches . M. le Marquis
de Puyfieulx y reprit auffi féance.
Le même jour , M. le Duc de Trefmes prêta
ferment entre les mains du Roi , pour le Gouver
nement de l'Ile de France .
Le 3 Juillet , le Roi donna les entrées de la
Chambre à M. le Duc de Broglie , Lieutenant-
Général de fes Armées.
Le Roi a difpofé de la charge de Meftre de
Camp-Lieutenant du Régiment des Carabiniers
de Monſeigneur le Comte de Provence , en fa-*
veur de M. le Marquis de Poyanne , Lieutenant-
Général , Infpecteur Général des Troupes de
Cavalerie & de Dragons.
De la Brigade vacante dans le même Régiment
, par la mort de M. de la Tour , en faveur
de M. de Saint - André , Lieutenant- Colonel
de celle de Bovet , avec rang de Meſtre de
Camp.
Et de la Brigade vacante par la retraite de
M. de Maifons , en faveur de M. Poiffon de
Malvoifin , Meftre de Camp de Cavalerie..
Le 28, Juin , M. le Duc de Trefmes fut reçu
au Parlement , Pair de France,
Le 26 Juin , M. de la Curne de Sainte- Palaye ,
élu par l'Académie Françoife , pour remplir la
place vacante par la mort de M. Boiffy , prit
féance dans cette Compagnie , & prononça fon
difcours de remerciment auquel M. l'Abbé Alaric
répondit.
La Tartane que commandoit M. Calais d'Arles
, & dont un Ĉorfaire Anglois s'étoit emparé ,
106 MERCURE DE FRANCE.
a été réprife le premier de Jain , par le Navire
le Saint- Antoine, fur les côtes de Catalogue , &
ramenée dans ce Port.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En juin et juillet 1758, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 11 juin, le roi et la reine ont signé les contrats de mariage du marquis d'Éparbès avec Mademoiselle Thoinard de Jouy, et du comte de Guitaut avec Mademoiselle Durey de Meinieres. Le prince Xavier de Saxe a quitté la cour pour rejoindre l'armée royale. Le roi a exercé ses fonctions de sceau pour la trente-et-unième et trente-deuxième fois. La duchesse de Rohan-Chabot a été présentée au roi et à la reine le 18 juin et a reçu le privilège du tabouret. Le 19 juin, M. de Chevert, lieutenant-général des armées du roi, est arrivé à Paris et a eu une conférence avec le maréchal duc de Belle-Isle avant de partir pour l'armée du comte de Clermont. En Bretagne, les Anglais ont tenté de débarquer à Saint-Malo les 11, 12 et 13 juin, mais ont dû se rembarquer sans attaquer, face à la résistance des troupes et des bourgeois armés. L'amiral Anson a également échoué à sortir sa flotte de la baie de Cancale en raison des vents contraires. En Basse-Normandie, une flotte anglaise est apparue près de Montville le 22 juin et a mouillé sous Cancale. Les troupes françaises se sont préparées et ont campé près de Granville. Le marquis de Villeroi a prêté serment pour la survivance de la place de capitaine des Gardes du Corps. Le roi a nommé le cardinal Prosper Colonna de Sciarra protecteur des affaires de France à Rome et a accordé une augmentation de traitement aux troupes d'infanterie pour l'entretien du linge et du chauffage. Le 29 juin, M. Rouillé, le marquis de Paulmy et M. de Moras ont obtenu l'agrément du roi pour se retirer du Conseil. Le 30 juin, le maréchal duc de Belle-Isle a été visité par le roi et la famille royale à l'occasion de la mort de son fils. Le 2 juillet, le roi a admis au Conseil le maréchal d'Estrées et M. de Berryer, et le duc de Trémoïlle a prêté serment pour le gouvernement de l'île de France. Le duc de Broglie a reçu les entrées de la Chambre. Plusieurs nominations et promotions ont été effectuées dans les régiments de cavalerie et d'infanterie. Le duc de Trémoïlle a été reçu au Parlement en tant que pair de France. M. de la Curne de Sainte-Palaye a été élu à l'Académie Française pour remplacer M. Boissy. Enfin, la tartane commandée par M. Calais d'Arles, capturée par un corsaire anglais, a été reprise et ramenée en Catalogne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18250
p. 198-204
« Il est temps de parler des Communautez de Paris qui ont [...] »
Début :
Il est temps de parler des Communautez de Paris qui ont [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Il est temps de parler des Communautez de Paris qui ont [...] »
Il est temps de parler des
Communautez de Paris qui ont
199
Réjouissances.
fait chanter le Te Deum Celle
des Libraires a donné l'exem-
ple aux autres & voulant mar-
quer son zele la premiere; elle
ne ſe donna pas le temps de
faire préparer un Te Deum en
musique, & en fit chanter un
le 29 de Juin, dans l'Eglise des
Machurins. Monsieur Emery,
Sindic de cette Communauté
ſe distingua le soir par des il-
luminations & distribution de
vin, des feux, par un grand
repas qu'il donna chez luy &
géneralement par tout ce qui
pouvoit marquer son zele. Tous
ses confreres firent connoître
le soir, par la plus grande par-
tie de ces choses, qu'ils estoient
animez du même zele Les Im-
primeurs, & les Relicurs, qui
200
Réjoiissances.
sont de la même Communau-
té, donnerent aussi le soir de
grandes marques de leur joye,
& leurs Maisons furent remar-
quées par les feux qui les é-
clairoient de tous côtés.
Le même jour les Gardes de
la Communauté des Marchands
Merciers, firent chanter. un
Te Deum dans l'Eglise du saint
Sepulchre. Cette Eglise étoit
magnifiquement parée, & le
Te Deum fut chanté au bruit
des timballes, des trompettes
& des haut bois. La maison de
leur Communauté, scituée, ruë
Quinquempoix, fut illuminée en
dedans & en dehors, d'une in-
finité de lamprons; on tira
plusieurs fusées volantes de plu-
sieurs manieres differentes, les
Réjouissances.
201
unes s'élevant en l'air , & les
autres allant d'un bout à l'autre
de la ruë sur une corde, & re-
venant au même endroit d'ou
elles étoient parties. On distri-
bua du vin au peuple; il y eut un
grand bal dans la maison, qui fut
accompagné d'une collation, où
l'on servit en abondance toutes
sortes de rafraichissemens, ce
bal dura toute la nuit Les Gar-
des qui étoient en charge firent
des feux devant toutes leurs por-
tes, & des illuminations, & firent
distribuer du vin au peuple, &
cet exemple fut imité de tous les
Marchands de leur Communau-
té, qui se trouverent en état de
le suivre, & les autres ne laisse
rent pas de donner de grandes
marques de leur joye Monsieur
202
Réjouissances.
Boucher, ruë de la Monnoye se
fit distinguer, ayant fait deco-
rer & illuminer dedans & de-
hors toute sa maison, qui est ex
trémement grande; Il donna
un bal & une grande collation,
& ses manieres parurent fort
honnêtes & fort gracieuses.
Le même jour 19. La Com-
pagnie des Maîtres Apoticai-
res fit chanter dans l'Eglise des
Grands Augustins un Te Deum
en musique, avec vingt cinq
violons, deux paires de tim-
balles & quatre trompettes Ils
allerent ensuite dans leur Bu-
reau, Cloître ſainte Opportu-
ne, aude vant duquel ils firent
un feu, qui fut accompagne
d'une grande quantité d'artifi-
ces. La façade du Bureau étoit
Réjouissances.
203
illuminée par un grand nombre
de bougies de cire blanche.
Deux fontaines de vin coule-
rent pendant la plus grande
partie de la nuit & plusieurs ta-
bles furent servies tres magni-
fiquement, ou tout le monde
etoit tres-bien recu. On distri-
bua au peuple devant la porte
du Bureau, plus de cent boë-
tes de confitures seches. Le mê
me jour, la même Communauté
des Apoticaires fit faire une
rande illumination accompa-
gnée d'un grand feu devant la
porie du jardin des plantes,
qui s ont dans la rue de l'Ar-
balête, Faux-bourg saint Mar-
ceau. On donna à boire à tous
ceux que ce beau spectacle atti-
ra. Ces deux fêtes ont été faites
Rejouissances.
204
par les soins de Messieurs Bal-
by, Mayol & Allary, Gardes
en charge.
Communautez de Paris qui ont
199
Réjouissances.
fait chanter le Te Deum Celle
des Libraires a donné l'exem-
ple aux autres & voulant mar-
quer son zele la premiere; elle
ne ſe donna pas le temps de
faire préparer un Te Deum en
musique, & en fit chanter un
le 29 de Juin, dans l'Eglise des
Machurins. Monsieur Emery,
Sindic de cette Communauté
ſe distingua le soir par des il-
luminations & distribution de
vin, des feux, par un grand
repas qu'il donna chez luy &
géneralement par tout ce qui
pouvoit marquer son zele. Tous
ses confreres firent connoître
le soir, par la plus grande par-
tie de ces choses, qu'ils estoient
animez du même zele Les Im-
primeurs, & les Relicurs, qui
200
Réjoiissances.
sont de la même Communau-
té, donnerent aussi le soir de
grandes marques de leur joye,
& leurs Maisons furent remar-
quées par les feux qui les é-
clairoient de tous côtés.
Le même jour les Gardes de
la Communauté des Marchands
Merciers, firent chanter. un
Te Deum dans l'Eglise du saint
Sepulchre. Cette Eglise étoit
magnifiquement parée, & le
Te Deum fut chanté au bruit
des timballes, des trompettes
& des haut bois. La maison de
leur Communauté, scituée, ruë
Quinquempoix, fut illuminée en
dedans & en dehors, d'une in-
finité de lamprons; on tira
plusieurs fusées volantes de plu-
sieurs manieres differentes, les
Réjouissances.
201
unes s'élevant en l'air , & les
autres allant d'un bout à l'autre
de la ruë sur une corde, & re-
venant au même endroit d'ou
elles étoient parties. On distri-
bua du vin au peuple; il y eut un
grand bal dans la maison, qui fut
accompagné d'une collation, où
l'on servit en abondance toutes
sortes de rafraichissemens, ce
bal dura toute la nuit Les Gar-
des qui étoient en charge firent
des feux devant toutes leurs por-
tes, & des illuminations, & firent
distribuer du vin au peuple, &
cet exemple fut imité de tous les
Marchands de leur Communau-
té, qui se trouverent en état de
le suivre, & les autres ne laisse
rent pas de donner de grandes
marques de leur joye Monsieur
202
Réjouissances.
Boucher, ruë de la Monnoye se
fit distinguer, ayant fait deco-
rer & illuminer dedans & de-
hors toute sa maison, qui est ex
trémement grande; Il donna
un bal & une grande collation,
& ses manieres parurent fort
honnêtes & fort gracieuses.
Le même jour 19. La Com-
pagnie des Maîtres Apoticai-
res fit chanter dans l'Eglise des
Grands Augustins un Te Deum
en musique, avec vingt cinq
violons, deux paires de tim-
balles & quatre trompettes Ils
allerent ensuite dans leur Bu-
reau, Cloître ſainte Opportu-
ne, aude vant duquel ils firent
un feu, qui fut accompagne
d'une grande quantité d'artifi-
ces. La façade du Bureau étoit
Réjouissances.
203
illuminée par un grand nombre
de bougies de cire blanche.
Deux fontaines de vin coule-
rent pendant la plus grande
partie de la nuit & plusieurs ta-
bles furent servies tres magni-
fiquement, ou tout le monde
etoit tres-bien recu. On distri-
bua au peuple devant la porte
du Bureau, plus de cent boë-
tes de confitures seches. Le mê
me jour, la même Communauté
des Apoticaires fit faire une
rande illumination accompa-
gnée d'un grand feu devant la
porie du jardin des plantes,
qui s ont dans la rue de l'Ar-
balête, Faux-bourg saint Mar-
ceau. On donna à boire à tous
ceux que ce beau spectacle atti-
ra. Ces deux fêtes ont été faites
Rejouissances.
204
par les soins de Messieurs Bal-
by, Mayol & Allary, Gardes
en charge.
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