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1
p. 1244-1245
BOUQUET, A M. Antoine ***
Début :
Quelle saison pour votre Fête ! [...]
Mots clefs :
Fleurs, Bouquets, Ornements
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texteReconnaissance textuelle : BOUQUET, A M. Antoine ***
B OU QUET,
A M. Antoine *
Quelle Uelle saison pour votre
*
Fête!
J'ai beau chercher des fleurs pour orner votre
sête,
Je ne trouve que des glaçons ;
Quel présent , pour prouver à quel point je vous aime ;
La promte violette même ;
N'oseroit naître encore à l'abri des Buissons.
La nature gemit de se voir déparée
I. Vol.
Da
J'UIN. 1732. 1243
De tous ses plus beaux ornemens ;
Ce qu'elle avoit produit est détruit par Borée ,
Et la Cohorte des Autans ;
Les Zéphirs , Flore , et ses Compagnes
Ont abandonné nos Campagnes.
Je vais , faute de fleurs , former pour vous dés vœux ,
Puissent vos jours couler dans un repos heu
reux !
Qu'à Lachesis leur trame échape ,
Sans les remedes d'Esculape.
Que l'Astre qui fait les saisons ,
Fasse cent fois le tour de ses douze Maisons ;
Avant que la chaleur vous quitte ;..
Avant que vous passiez le fabuleux Cocyte.
M.CHABAUD.”
A M. Antoine *
Quelle Uelle saison pour votre
*
Fête!
J'ai beau chercher des fleurs pour orner votre
sête,
Je ne trouve que des glaçons ;
Quel présent , pour prouver à quel point je vous aime ;
La promte violette même ;
N'oseroit naître encore à l'abri des Buissons.
La nature gemit de se voir déparée
I. Vol.
Da
J'UIN. 1732. 1243
De tous ses plus beaux ornemens ;
Ce qu'elle avoit produit est détruit par Borée ,
Et la Cohorte des Autans ;
Les Zéphirs , Flore , et ses Compagnes
Ont abandonné nos Campagnes.
Je vais , faute de fleurs , former pour vous dés vœux ,
Puissent vos jours couler dans un repos heu
reux !
Qu'à Lachesis leur trame échape ,
Sans les remedes d'Esculape.
Que l'Astre qui fait les saisons ,
Fasse cent fois le tour de ses douze Maisons ;
Avant que la chaleur vous quitte ;..
Avant que vous passiez le fabuleux Cocyte.
M.CHABAUD.”
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Résumé : BOUQUET, A M. Antoine ***
L'auteur écrit à M. Antoine pour une fête hivernale, regrettant l'absence de fleurs. Il souhaite à M. Antoine un repos heureux et une longue vie. La lettre est signée M. Chabaud et datée de juin 1732.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. [3]-12
EPITRE A LOUISE.
Début :
Salut à vous, ma chere & douce amie [...]
Mots clefs :
Rimeur, Clément Marot, Reine, Roi, Poète, Amour, Bouquets, Louis
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A LOUISE.
EPITRE A LOUISE.
S
Alut à vous, ma chere & douce amie
Telle vous puis nommer fans infamie
,
Difoit Marot , rimear de fon métier ,
A fa Luna Diane de Poitier ,
Voire à Margot Princeffe de Navarre ;
Le bonhommeau de ces licences-là
En poëfie oncques ne fut avare ;
Même il ofoit encor , par- ci par- là ,
A ij
4
MERCURE
DE FRANCE
,
.*
Naïvement déployant fa tendreſſe ,
Les appeller mon coeur & ma maîtreſſe.
Or tant revére un fi gentil rimeur
Et l'aime tant que ne ferois d'humeur ,
Pour bienfeance ou tel autre prétexte
De le gâter en alterant fon texte.
Sur ce direz : petit rimeur hideux ,
La Reine & moi , Marot & toi font deux ;
Pas ne me vont fi douceṛeux vocables ,
Et ne me font du tout point applicables ;
Garde-toi donc de jamais ufer d'eux ,
La Reine & moi , Marot & toi font deux
Quant eft de vous , égalez en mérite ,
Comme en beauté la Reine Marguerite ,
Quant eft de moi , fi je n'ai le talent
De cettui Chantre & Poëte excellent ,
'Au moins de lui fuis -je image petite ,
Et par endroits je me diş reffemblant.
Etoit -il pas , fi bien je me remembre ,
Enfon vivant , ce difeur fans façon ,
Du Roi François humble valet- de -chambre ,
Et de fa foeur Madame d'Alençon ,
Etes-vous pas
de moi la fouveraine
Et fuis-je pas votre ſervant petit ,
Qui de fervir fa dame fuzeraine
Et Chevaliere
a fi grand appetit ?
Marot étoit joli faifeur de metres ,
Moi je les aime & j'en apprends par coeur;
"
DECEMBRE. 1747.
Marot vivoit fous un preux belliqueur
Aimé des fiens , & protecteur des Lettres ,
Et moi je vis fous un Prince vainqueur ,
Qui de fon peuple a fubjugué le coeur ,
Et de l'Europe un jour fera l'arbitre.
Marot étoit tendre & reconnoiffant ;
Le coeur aufli fut mon premier pupitre ;
A fon Monarque il fit gentille épitre ,
Et comme moi Poëte adoleſcent ,
Félicita fon Roi convalefcent ;
Même il ofa , fans doute à meilleur titre ,
Lui demander argent ou penfion ,
Ce fis-je auffi dans cette occafion ,
Non pas pourtant à même intention ,
Mais par un trait de cerveau plein de nitre,
Qui trouve & fuit fantafque invention .
Marot l'obtint , & c'eft fur ce chapitre
Qu'il me convient dire d'un ton piteux :
Pauvre rimeur, Marot & toi font deux.
Voyons encor en quoi je lui reffemble :
Marot aimoit Dame de grand renom ,
En qui brilloient mille vertus enfemble ,
En aimai - je une auffi , que vous en ſemble ?
Si je dis oui , pourrez -vous dire non ?
Ah ! pour fi peu n'allez me contredire ;
Mon pauvre coeur hélas , fçait trop qu'en dire ;
Sentant le trait dont Cupidon le point ;
Ou fi votre ame eft tellement mauvaiſe ,
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Qu'avec mon dire elle ne corde point ,
Oyez ceci ; je vais vous dire un point
Que vous pouvez contredire à votre aiſe.
Le bon Marot , quoique loyal amant,
En les amours n'eût point contentement ,
Ains il en eût toujours peine & fouffrance ,
Or donc pourriez y mettre difference ,
Difant à moi pauvret & fouffreteux ,
Prens bon courage & fois en affûrance ,
Or ne fois plus fi timide & honteux ;
Amour ne rit aux gens fans eſpérance ,
Mais fortune aide aux amans hazardeux ;
Gentil rimeur , Marot & toi font deux.
Pourtant ici quand j'oſe en avant mertre
Propos d'amour & d'eſpoir trop hautain ,
Il n'eft befoin que preniez à la lettre
Ce dont au fond je fuis très-peu certain.
Je ne fçais trop au vrai fi je vous aime ,
Suis là- deffus d'une ignorance extrême ,
Es loix d'amour n'étant grand bâchelier ,
Mais feulement jeune & tendre écolier ;
Pourriez pourtant m'aider dans mon problême
J'ignore hélas ! ce que mon coeur reffent ,
Bien eft-il vrai que je vous trouve belle ,
Qu'abfent de vous fuis trifte & languiffant ,
Mais je ne fçais comment cela s'appelle.
Eft - ce l'effet d'amour , ce Dieu puiffant
Si le croyez , j'y fuis acquiefcant ,
DECEMBRE
.
7 1747.
Si là-deffus votre coeur fe rebelle ,
Vous me verrez de mon ton rabaiſſant ,
Voir je dirai que je fuis haïffant.
Huit jours ya que fuis à la campagne ,
•
Et que me fuis départi d'avec vous
Huit jours y a que fouci m'accompagne
,
Et qu'ici rien ne me femble plus doux.
Tant ſeulement
je bâtis en Eſpagne
Châteaux
d'amour , bofquets & rendez- vous.
Puis quand la puit qui des amans prend cure ,
Couvert nous a de fa grand' robe obſcure ,
Souci commence
alors à déloger ,
S'en vient Morphée apportant votre image ,
Pour un petit mes tourmens alléger ;
Le lendemain fitôt que je m'éveille ,
Et que je vois que Madame Aurora
Par fa venue éclairci le jour a
Me revoilà penfant comme la veille ;
Or vais-je alors toujours en fupputant
Et la femaine , & le jour , & l'inftant ,
Où je verrai ma tant douce merveille ;
C'eſt en comptant ainfi dans mon cerveau ,
Et feuilletant mon almanach nouveau ,
Que j'avifai la glorieuſe fête
Du bon Louis , ce preux & devot Roi ;
C'eſt le patron , ce me dis- je en ma tête ,
De celle-là qui me tient fous la loi ;
A iiij
8 MERCURE DE FRANCE .
C'eft dans deux jours ; point n'ai d'offrande prête
Ah ! fi Louiſe étoit en ce lieu - ci ,
Lui donnerois un bouquet defouci ,
Souci marquant celui que j'ai pour elle ;
Ou bien pour mieux orner ma paftourelle
Je lui ferois préfent d'un bel oeillet
Clair- panaché , teint vif & vermeillet ,
Valet d'amour , & portant ſa livrée ,
Ou de jafmins un frais petit cueillet ,
Marquant du coeur la candeur épurée ,
Et détachant d'un petit caffolet
De fins foupirs une foule odorée ;
D'en être auffi fe tiendroit honorée
L'humble pensée en habit violet ,
D'un beau velours , & la juppe dorée ,
Veftement riche & fi pourtant fimplet ;
Plus fierement d'une marche affûrée
Viendroit Grenade avec fon air guerrier ,
Qui pour mieux plaire & fe rendre illuftrée ,
Affûreroit croître fur un laurier.
En outre plus auroit ma Louifette
Un plein pannier d'une franche noisette,
Et puis lapêche à l'air luxurieux ,
Très-dure au coeur , au-dehors pateline ,
Portant fur elle un manteau gracieux ,
Blanc & fanguin , plaqué fous mouffeline :
Auroit auffi du raifin noir hâtif,
DECEMBRE. 1747. 9
Un peu furet , comme fon coeur retif.
J'ajouterois encor , fe fafchât- elle ,
Pour la parer quelques petits atours ,
Bel affiquet , piquante bagatelle ,
Rubans touffus , d'amour plaifante échelle ,
Qui du château va gagner les deux tours ,
Ou de fin lin une claire mentelle
Falbalaffée & pliffée en dentelle ,
Mule écourtée en les juttes contours
Qui galamment un petit pied décore ,
Et devant foi va pouffant les amours ,
Que jambe & juppe en trottant font éclorre ,
Ou bien de paille un reluifant chapeau :
Métail des champs moins faux que l'oripeau ,
Deffus c'eft or , en dedans ce font rofes ,
Sous fon arcade il tient cent beautés claufes ,
Et va gardant que Phébus fur la peau
Pat trop d'amour ne faffe du bobo .
Mais vain defir ! On n'eft pas toujours maître
Comme l'on veut de choifir fon bien être.
Sechez bouquets ; fuivez votre deftin .
Péchés & fruits , devenez chicotin ;
Votre beauté ine devient inutile ,
Bouquets , vivez l'efpace d'un matin ,
Puis périffez , devenez berbe vile ,
Sechez bouquets , Louiſe eſt à la ville .
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Me voilà donc à tourner & virer
Dedans mon coeur plein de deuil & fouffrance ,
Comment pourrois cettui cas réparer ;
Lors mon efprit courant à toute outrance ,
Divers fujets fe plaifoit de fleurer ;
Si vins -je alors à vous accomparer
'A ce qu'avons de plus aimable en Francé ,
Qu'avons- nous donc , ce me dis je à part mois
De plus exquis › Louis notre bon Roi .
Ah ! le voilà , c'eft lui par préference.
Pourtant j'y mets certaine difference ,
Refpect eft là qui dit , homme hazardeux ,
Tout beau , Louis & Louife font deux ;
Je le fçais bien ; quoique faifeur de time ,
Je vous connois Beau Monfieur du respect ;
Suis vers mon Prince & tendre & circonfpect ;
Le ton du coeur eft unique , unanime ,
Mais le parler diverſement l'exprime ;
J'aime eft le ton dont il s'agit ici ,
J'aime eft un mot qui comprend tout en ſomme ,
Un mot tout d'or ; en effet quel eft l'homme
Qui me voulut contredire en ceci ,
J'aime le Roi , j'aime Louife auffi ?
Qu'il eut d'efprit , n'eft il pas vrai ma chere 2
Ce beau Précheur qui le premier en chaire
Trois ans y a dans ce tems a nommé
DECEMBRE 11
1747 .
Notre bon Roi Louis le Bien-aimé ?
Ce terme- là vraiment étoit idoine
A fon fujet ; vous noterez pourtant
Que moi n'étant Clerc , ni Prêtre , ni Moine ,
Je crois qu'alors j'en eus dit tout autant .
Ce beau nom là vaut bien celui de Sire ;
Or à ma Life il va comme de cire
Dans ce petit Royaume d'amitiés ,
Ce peu d'amis qu'elle a fçu bien élire ,
Et que l'efprit & le coeur ont liés .
Amis elle a tant elle eft amiable ,
Et complaifante & douce & fociable )
Voir chés fon fexe , & c'eft un très -grand point ;
Car comme on fçait femmes ne s'aiment point .
A donc ferez aujourd'hui proclamée
Par moi chetif, Louife bien aimée ;
Ce joli nom fera votre bouquet ;
Il part du coeur & vaut mieux que muguet ,
Et n'eft befoin que foyez bien aimante ,
Quoique pourtant cela ne gâtât rien ;
Il me fuffit que vous foyez charmante
Toujours dirai que je vous aime bien ,
Mais comme amie & non plus comme amante.
Autant dirai-je encor un coup du Roi ,
Et je crois bien que l'aimez comme moi.
C'est bien raifon qu'ici je le louange ,
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Comme je fais de vous mon très bel ange .
On ne peut trop , nous dit Jean la Fontaine ,
C'est mon patron , à lui je fuis dévor
Autant & plus encor qu'à mon Marot ,
On ne peut trop trouver belles & bonnes
Et louanger trois fortes de perfonnes ;
Sçavoir les Dieux , fa Maîtreffe & fon Roi.
Ce beau conteur avoit raifon , je croi.
Par M. B** de M***.
S
Alut à vous, ma chere & douce amie
Telle vous puis nommer fans infamie
,
Difoit Marot , rimear de fon métier ,
A fa Luna Diane de Poitier ,
Voire à Margot Princeffe de Navarre ;
Le bonhommeau de ces licences-là
En poëfie oncques ne fut avare ;
Même il ofoit encor , par- ci par- là ,
A ij
4
MERCURE
DE FRANCE
,
.*
Naïvement déployant fa tendreſſe ,
Les appeller mon coeur & ma maîtreſſe.
Or tant revére un fi gentil rimeur
Et l'aime tant que ne ferois d'humeur ,
Pour bienfeance ou tel autre prétexte
De le gâter en alterant fon texte.
Sur ce direz : petit rimeur hideux ,
La Reine & moi , Marot & toi font deux ;
Pas ne me vont fi douceṛeux vocables ,
Et ne me font du tout point applicables ;
Garde-toi donc de jamais ufer d'eux ,
La Reine & moi , Marot & toi font deux
Quant eft de vous , égalez en mérite ,
Comme en beauté la Reine Marguerite ,
Quant eft de moi , fi je n'ai le talent
De cettui Chantre & Poëte excellent ,
'Au moins de lui fuis -je image petite ,
Et par endroits je me diş reffemblant.
Etoit -il pas , fi bien je me remembre ,
Enfon vivant , ce difeur fans façon ,
Du Roi François humble valet- de -chambre ,
Et de fa foeur Madame d'Alençon ,
Etes-vous pas
de moi la fouveraine
Et fuis-je pas votre ſervant petit ,
Qui de fervir fa dame fuzeraine
Et Chevaliere
a fi grand appetit ?
Marot étoit joli faifeur de metres ,
Moi je les aime & j'en apprends par coeur;
"
DECEMBRE. 1747.
Marot vivoit fous un preux belliqueur
Aimé des fiens , & protecteur des Lettres ,
Et moi je vis fous un Prince vainqueur ,
Qui de fon peuple a fubjugué le coeur ,
Et de l'Europe un jour fera l'arbitre.
Marot étoit tendre & reconnoiffant ;
Le coeur aufli fut mon premier pupitre ;
A fon Monarque il fit gentille épitre ,
Et comme moi Poëte adoleſcent ,
Félicita fon Roi convalefcent ;
Même il ofa , fans doute à meilleur titre ,
Lui demander argent ou penfion ,
Ce fis-je auffi dans cette occafion ,
Non pas pourtant à même intention ,
Mais par un trait de cerveau plein de nitre,
Qui trouve & fuit fantafque invention .
Marot l'obtint , & c'eft fur ce chapitre
Qu'il me convient dire d'un ton piteux :
Pauvre rimeur, Marot & toi font deux.
Voyons encor en quoi je lui reffemble :
Marot aimoit Dame de grand renom ,
En qui brilloient mille vertus enfemble ,
En aimai - je une auffi , que vous en ſemble ?
Si je dis oui , pourrez -vous dire non ?
Ah ! pour fi peu n'allez me contredire ;
Mon pauvre coeur hélas , fçait trop qu'en dire ;
Sentant le trait dont Cupidon le point ;
Ou fi votre ame eft tellement mauvaiſe ,
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Qu'avec mon dire elle ne corde point ,
Oyez ceci ; je vais vous dire un point
Que vous pouvez contredire à votre aiſe.
Le bon Marot , quoique loyal amant,
En les amours n'eût point contentement ,
Ains il en eût toujours peine & fouffrance ,
Or donc pourriez y mettre difference ,
Difant à moi pauvret & fouffreteux ,
Prens bon courage & fois en affûrance ,
Or ne fois plus fi timide & honteux ;
Amour ne rit aux gens fans eſpérance ,
Mais fortune aide aux amans hazardeux ;
Gentil rimeur , Marot & toi font deux.
Pourtant ici quand j'oſe en avant mertre
Propos d'amour & d'eſpoir trop hautain ,
Il n'eft befoin que preniez à la lettre
Ce dont au fond je fuis très-peu certain.
Je ne fçais trop au vrai fi je vous aime ,
Suis là- deffus d'une ignorance extrême ,
Es loix d'amour n'étant grand bâchelier ,
Mais feulement jeune & tendre écolier ;
Pourriez pourtant m'aider dans mon problême
J'ignore hélas ! ce que mon coeur reffent ,
Bien eft-il vrai que je vous trouve belle ,
Qu'abfent de vous fuis trifte & languiffant ,
Mais je ne fçais comment cela s'appelle.
Eft - ce l'effet d'amour , ce Dieu puiffant
Si le croyez , j'y fuis acquiefcant ,
DECEMBRE
.
7 1747.
Si là-deffus votre coeur fe rebelle ,
Vous me verrez de mon ton rabaiſſant ,
Voir je dirai que je fuis haïffant.
Huit jours ya que fuis à la campagne ,
•
Et que me fuis départi d'avec vous
Huit jours y a que fouci m'accompagne
,
Et qu'ici rien ne me femble plus doux.
Tant ſeulement
je bâtis en Eſpagne
Châteaux
d'amour , bofquets & rendez- vous.
Puis quand la puit qui des amans prend cure ,
Couvert nous a de fa grand' robe obſcure ,
Souci commence
alors à déloger ,
S'en vient Morphée apportant votre image ,
Pour un petit mes tourmens alléger ;
Le lendemain fitôt que je m'éveille ,
Et que je vois que Madame Aurora
Par fa venue éclairci le jour a
Me revoilà penfant comme la veille ;
Or vais-je alors toujours en fupputant
Et la femaine , & le jour , & l'inftant ,
Où je verrai ma tant douce merveille ;
C'eſt en comptant ainfi dans mon cerveau ,
Et feuilletant mon almanach nouveau ,
Que j'avifai la glorieuſe fête
Du bon Louis , ce preux & devot Roi ;
C'eſt le patron , ce me dis- je en ma tête ,
De celle-là qui me tient fous la loi ;
A iiij
8 MERCURE DE FRANCE .
C'eft dans deux jours ; point n'ai d'offrande prête
Ah ! fi Louiſe étoit en ce lieu - ci ,
Lui donnerois un bouquet defouci ,
Souci marquant celui que j'ai pour elle ;
Ou bien pour mieux orner ma paftourelle
Je lui ferois préfent d'un bel oeillet
Clair- panaché , teint vif & vermeillet ,
Valet d'amour , & portant ſa livrée ,
Ou de jafmins un frais petit cueillet ,
Marquant du coeur la candeur épurée ,
Et détachant d'un petit caffolet
De fins foupirs une foule odorée ;
D'en être auffi fe tiendroit honorée
L'humble pensée en habit violet ,
D'un beau velours , & la juppe dorée ,
Veftement riche & fi pourtant fimplet ;
Plus fierement d'une marche affûrée
Viendroit Grenade avec fon air guerrier ,
Qui pour mieux plaire & fe rendre illuftrée ,
Affûreroit croître fur un laurier.
En outre plus auroit ma Louifette
Un plein pannier d'une franche noisette,
Et puis lapêche à l'air luxurieux ,
Très-dure au coeur , au-dehors pateline ,
Portant fur elle un manteau gracieux ,
Blanc & fanguin , plaqué fous mouffeline :
Auroit auffi du raifin noir hâtif,
DECEMBRE. 1747. 9
Un peu furet , comme fon coeur retif.
J'ajouterois encor , fe fafchât- elle ,
Pour la parer quelques petits atours ,
Bel affiquet , piquante bagatelle ,
Rubans touffus , d'amour plaifante échelle ,
Qui du château va gagner les deux tours ,
Ou de fin lin une claire mentelle
Falbalaffée & pliffée en dentelle ,
Mule écourtée en les juttes contours
Qui galamment un petit pied décore ,
Et devant foi va pouffant les amours ,
Que jambe & juppe en trottant font éclorre ,
Ou bien de paille un reluifant chapeau :
Métail des champs moins faux que l'oripeau ,
Deffus c'eft or , en dedans ce font rofes ,
Sous fon arcade il tient cent beautés claufes ,
Et va gardant que Phébus fur la peau
Pat trop d'amour ne faffe du bobo .
Mais vain defir ! On n'eft pas toujours maître
Comme l'on veut de choifir fon bien être.
Sechez bouquets ; fuivez votre deftin .
Péchés & fruits , devenez chicotin ;
Votre beauté ine devient inutile ,
Bouquets , vivez l'efpace d'un matin ,
Puis périffez , devenez berbe vile ,
Sechez bouquets , Louiſe eſt à la ville .
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Me voilà donc à tourner & virer
Dedans mon coeur plein de deuil & fouffrance ,
Comment pourrois cettui cas réparer ;
Lors mon efprit courant à toute outrance ,
Divers fujets fe plaifoit de fleurer ;
Si vins -je alors à vous accomparer
'A ce qu'avons de plus aimable en Francé ,
Qu'avons- nous donc , ce me dis je à part mois
De plus exquis › Louis notre bon Roi .
Ah ! le voilà , c'eft lui par préference.
Pourtant j'y mets certaine difference ,
Refpect eft là qui dit , homme hazardeux ,
Tout beau , Louis & Louife font deux ;
Je le fçais bien ; quoique faifeur de time ,
Je vous connois Beau Monfieur du respect ;
Suis vers mon Prince & tendre & circonfpect ;
Le ton du coeur eft unique , unanime ,
Mais le parler diverſement l'exprime ;
J'aime eft le ton dont il s'agit ici ,
J'aime eft un mot qui comprend tout en ſomme ,
Un mot tout d'or ; en effet quel eft l'homme
Qui me voulut contredire en ceci ,
J'aime le Roi , j'aime Louife auffi ?
Qu'il eut d'efprit , n'eft il pas vrai ma chere 2
Ce beau Précheur qui le premier en chaire
Trois ans y a dans ce tems a nommé
DECEMBRE 11
1747 .
Notre bon Roi Louis le Bien-aimé ?
Ce terme- là vraiment étoit idoine
A fon fujet ; vous noterez pourtant
Que moi n'étant Clerc , ni Prêtre , ni Moine ,
Je crois qu'alors j'en eus dit tout autant .
Ce beau nom là vaut bien celui de Sire ;
Or à ma Life il va comme de cire
Dans ce petit Royaume d'amitiés ,
Ce peu d'amis qu'elle a fçu bien élire ,
Et que l'efprit & le coeur ont liés .
Amis elle a tant elle eft amiable ,
Et complaifante & douce & fociable )
Voir chés fon fexe , & c'eft un très -grand point ;
Car comme on fçait femmes ne s'aiment point .
A donc ferez aujourd'hui proclamée
Par moi chetif, Louife bien aimée ;
Ce joli nom fera votre bouquet ;
Il part du coeur & vaut mieux que muguet ,
Et n'eft befoin que foyez bien aimante ,
Quoique pourtant cela ne gâtât rien ;
Il me fuffit que vous foyez charmante
Toujours dirai que je vous aime bien ,
Mais comme amie & non plus comme amante.
Autant dirai-je encor un coup du Roi ,
Et je crois bien que l'aimez comme moi.
C'est bien raifon qu'ici je le louange ,
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Comme je fais de vous mon très bel ange .
On ne peut trop , nous dit Jean la Fontaine ,
C'est mon patron , à lui je fuis dévor
Autant & plus encor qu'à mon Marot ,
On ne peut trop trouver belles & bonnes
Et louanger trois fortes de perfonnes ;
Sçavoir les Dieux , fa Maîtreffe & fon Roi.
Ce beau conteur avoit raifon , je croi.
Par M. B** de M***.
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3
p. 215-220
TROISIÈME BAL, le 31 Janvier.
Début :
On redonna les Provençaux. Le Sujet du nouveau Ballet étoit pour cette nuit, [...]
Mots clefs :
Noce, Garçons, Filles, Bouquets, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TROISIÈME BAL, le 31 Janvier.
TROISIÈME BAL , le 31
On redonna les
Provençaux. Le Sujet
du nouveau Ballet étoit pour cette nuit,
la Noce de Village. Celui- ci , d'un autre
genre & beaucoup plus confidérable
que les précédens , offroit à -peu-près
le même tableau que la Fête champêtre
dans Rolland. Nous
donnerons
d'abord la
diftribution des Danfeurs
fuivant les perſonnages qu'ils avoient
figurer.
216 MERCURE DE FRANCE .
LE SEIGNEUR DU
VILLAGE ,
LA DAME ,
LE MARIÉ ,
LA MARIÉE ,
M. le Duc d'ORLÉANS.
Mde la Duchele,
de MAZARIN.
M. le Prince de
CONDÉ.
Mde la Marquife
de DURAS .
Le Frere de la MA- M. le Duc de
2 RIÉE ,
CHARTRES.
d'ESPARBÉS .
La Soeur du MA- Mde la Comteſſe
RIÉ,
Le Père du MA- M. le Marquis de
RIÉ ,
VAUDREUIL.
La Mère de la MA- Mde la Comteffe de
-RIÉE ,
Le MAGISTER
L'ILLEBONNE.
M. le Marquis de
SERAN.
La Femme du MA- Mde la Marquife
GISTER ,
de BRANCAS .
GARÇONS DE
FILLES DE
LA NOCE. LA NOCE.
M. le Marquis de Mde la Marquiſe
VIBRAL. de RONCÉ.
M.
MARS. 1763. 217
M. le Marquis de Mde la Comteffe
DURAS .
M. le Marquis de
BELSUNCE .
M. le Comte de
RABODANge .
de MAILLÉ .
Mde la Marquife de
ROCHANBAU.
Mde la Marquife
de BEZONS.
SYMPHONISTES jouans de divers
inftrumens à la tête de la Marche.
,
Cette Troupe arrivoit dans l'ordre
fuivant. Le Magifter & fa femme conduifoient
des Symphoniſtes , après lefquels
venoient les Garçons & les Filles
de la Nôce , précédans le Seigneur
& la Dame. La Marche étoit fermée par
un groupe , compofé du Marié & de
la Mariée fe tenans par la main lė
Pere & la Mere à leurs côtés ; le frere
& la foeur à leur fuite . On jouoit la marche
de la fête des Mariés de Roland.
Le Seigneur & la Dame alloient s'affeoir
en face, fous les loges de leurs Majeftés.
Les Joueurs d'inftrumens fe plaçoient
fur des banquetes de gazon aux deux
côtés de la Salle .
Le Ballet ouvroit par une Danfe générale
des Garçons & des Filles du Vil-
K
218 MERCURE DE FRANCE.
lage , après laquelle le frère & la foeeuk
des Mariés , danfant un pas- de - deux
alloient préfenter des Bouquets au Seigneur
& à la Dame , que tous les Garçons
& toutes les Filles, réunis au frère
& à la four , alloient enfuite inviter à
prendre part à la fête .
Le Seigneur & la Dame danfoient
une courante , un menuet & une gigue
de caractère , après quoi ils retournoient
à leur place . On ne pouvoit trop¨admirer
la nobleffe & les graces avec
lefquelles étoient exécutées ces Danſes ,
que leur ancienneté ainfi que celle des
habillemens quoique fort riches , rendoient
comiques ; mais de ce genre de
comique que peut - être les perfonnes
du plus haut rang font feules en état
de bien rendre,& dont elles peuvent s'amufer
avec dignité.
Les Filles de la nôce formoient enfuite
une danſe entr'elles pour aller préfenter
des bouquets au Marié. Le Magifter
& fa femme danfoient enfemble.
Les garçons de la nôce faifoient
à la Mariée la même galanterie de
bouquets que les Filles avoient faite au
Marie. Le Père & la Mère dansoient
feuls enfemble . Après leur Entrée , le
frère , la foeur , les garçons & les filles
MARS. 1763. 219
Te joignoient tous pour aller inviter le
Marie & la Mariée à danfer : ce que
faifoient ceux- ci , après en avoir demandé
la permiffion au Père & à la
Mère . Ce pas de Deux étoit une des Entrées
diftinguées & des plus applaudies ,
dans ce joli Ballet , par les grâces nobles
& naturelles des perfonnes qui l'exécutoient.
Leurs habillemens étoient
charmans,& d'une galanterie peut- être
un peu au-deffus de la condition villageoife
, mais qui en rappelloit néanmoins
le caractère .
Le Magifter & fa femme , les Garçons
& les Filles de la Noce , le frère
la foeur , le Marié & la Mariée fe joignoient
tous pour aller prendre le Seigneur
& la Dame, Ceux-ci fe mêloient
avec toute la Nôce pour former les Entrées
générales qui terminoient le Ballet.
On doit penfer avec quelle vivacité
ce Ballet fut applaudi par toute la Cour ,
& avec quel empreffement il fut redemandé
; on le danfa une feconde fois,
Il étoit de la compofition du fieur de
Heffe.
On avoit changé la premiere décoration
de la falle pour ce nouveau Ballet.
La partie ceintréé repréfentoit un ancien
Château avec quelques arbres ; &
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
la partie de la falle où l'on danfoit étoit
ornée en guirlandes & en feftons de
fleurs
On redonna les
Provençaux. Le Sujet
du nouveau Ballet étoit pour cette nuit,
la Noce de Village. Celui- ci , d'un autre
genre & beaucoup plus confidérable
que les précédens , offroit à -peu-près
le même tableau que la Fête champêtre
dans Rolland. Nous
donnerons
d'abord la
diftribution des Danfeurs
fuivant les perſonnages qu'ils avoient
figurer.
216 MERCURE DE FRANCE .
LE SEIGNEUR DU
VILLAGE ,
LA DAME ,
LE MARIÉ ,
LA MARIÉE ,
M. le Duc d'ORLÉANS.
Mde la Duchele,
de MAZARIN.
M. le Prince de
CONDÉ.
Mde la Marquife
de DURAS .
Le Frere de la MA- M. le Duc de
2 RIÉE ,
CHARTRES.
d'ESPARBÉS .
La Soeur du MA- Mde la Comteſſe
RIÉ,
Le Père du MA- M. le Marquis de
RIÉ ,
VAUDREUIL.
La Mère de la MA- Mde la Comteffe de
-RIÉE ,
Le MAGISTER
L'ILLEBONNE.
M. le Marquis de
SERAN.
La Femme du MA- Mde la Marquife
GISTER ,
de BRANCAS .
GARÇONS DE
FILLES DE
LA NOCE. LA NOCE.
M. le Marquis de Mde la Marquiſe
VIBRAL. de RONCÉ.
M.
MARS. 1763. 217
M. le Marquis de Mde la Comteffe
DURAS .
M. le Marquis de
BELSUNCE .
M. le Comte de
RABODANge .
de MAILLÉ .
Mde la Marquife de
ROCHANBAU.
Mde la Marquife
de BEZONS.
SYMPHONISTES jouans de divers
inftrumens à la tête de la Marche.
,
Cette Troupe arrivoit dans l'ordre
fuivant. Le Magifter & fa femme conduifoient
des Symphoniſtes , après lefquels
venoient les Garçons & les Filles
de la Nôce , précédans le Seigneur
& la Dame. La Marche étoit fermée par
un groupe , compofé du Marié & de
la Mariée fe tenans par la main lė
Pere & la Mere à leurs côtés ; le frere
& la foeur à leur fuite . On jouoit la marche
de la fête des Mariés de Roland.
Le Seigneur & la Dame alloient s'affeoir
en face, fous les loges de leurs Majeftés.
Les Joueurs d'inftrumens fe plaçoient
fur des banquetes de gazon aux deux
côtés de la Salle .
Le Ballet ouvroit par une Danfe générale
des Garçons & des Filles du Vil-
K
218 MERCURE DE FRANCE.
lage , après laquelle le frère & la foeeuk
des Mariés , danfant un pas- de - deux
alloient préfenter des Bouquets au Seigneur
& à la Dame , que tous les Garçons
& toutes les Filles, réunis au frère
& à la four , alloient enfuite inviter à
prendre part à la fête .
Le Seigneur & la Dame danfoient
une courante , un menuet & une gigue
de caractère , après quoi ils retournoient
à leur place . On ne pouvoit trop¨admirer
la nobleffe & les graces avec
lefquelles étoient exécutées ces Danſes ,
que leur ancienneté ainfi que celle des
habillemens quoique fort riches , rendoient
comiques ; mais de ce genre de
comique que peut - être les perfonnes
du plus haut rang font feules en état
de bien rendre,& dont elles peuvent s'amufer
avec dignité.
Les Filles de la nôce formoient enfuite
une danſe entr'elles pour aller préfenter
des bouquets au Marié. Le Magifter
& fa femme danfoient enfemble.
Les garçons de la nôce faifoient
à la Mariée la même galanterie de
bouquets que les Filles avoient faite au
Marie. Le Père & la Mère dansoient
feuls enfemble . Après leur Entrée , le
frère , la foeur , les garçons & les filles
MARS. 1763. 219
Te joignoient tous pour aller inviter le
Marie & la Mariée à danfer : ce que
faifoient ceux- ci , après en avoir demandé
la permiffion au Père & à la
Mère . Ce pas de Deux étoit une des Entrées
diftinguées & des plus applaudies ,
dans ce joli Ballet , par les grâces nobles
& naturelles des perfonnes qui l'exécutoient.
Leurs habillemens étoient
charmans,& d'une galanterie peut- être
un peu au-deffus de la condition villageoife
, mais qui en rappelloit néanmoins
le caractère .
Le Magifter & fa femme , les Garçons
& les Filles de la Noce , le frère
la foeur , le Marié & la Mariée fe joignoient
tous pour aller prendre le Seigneur
& la Dame, Ceux-ci fe mêloient
avec toute la Nôce pour former les Entrées
générales qui terminoient le Ballet.
On doit penfer avec quelle vivacité
ce Ballet fut applaudi par toute la Cour ,
& avec quel empreffement il fut redemandé
; on le danfa une feconde fois,
Il étoit de la compofition du fieur de
Heffe.
On avoit changé la premiere décoration
de la falle pour ce nouveau Ballet.
La partie ceintréé repréfentoit un ancien
Château avec quelques arbres ; &
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
la partie de la falle où l'on danfoit étoit
ornée en guirlandes & en feftons de
fleurs
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Résumé : TROISIÈME BAL, le 31 Janvier.
Le 31 mars 1763, un troisième bal fut organisé lors duquel le ballet 'La Noce de Village' fut présenté. Ce ballet, plus élaboré que les précédents, offrait un tableau similaire à 'La Fête champêtre' de Rolland. La distribution des danseurs était basée sur les personnages qu'ils incarnaient, incluant des figures notables telles que M. le Duc d'Orléans, Mde la Duchesse de Mazarin, et M. le Prince de Condé. La troupe arrivait dans un ordre précis : le magister et sa femme conduisaient les symphonistes, suivis des garçons et des filles de la noce, puis du seigneur et de la dame. La marche était fermée par un groupe composé du marié et de la mariée, accompagnés de leurs parents et frères et sœurs. Le ballet débutait par une danse générale des garçons et des filles du village, suivie d'un pas-de-deux du frère et de la sœur des mariés, qui présentaient des bouquets au seigneur et à la dame. Ces derniers dansaient ensuite une courante, un menuet et une gigue, exécutés avec noblesse et grâce malgré leur ancienneté et les habits riches mais comiques. Les filles et les garçons de la noce présentaient à leur tour des bouquets au marié et à la mariée. Le magister et sa femme, ainsi que les parents des mariés, dansaient ensemble. Tous les participants se joignaient ensuite pour inviter le marié et la mariée à danser, formant des entrées générales qui terminaient le ballet. Le ballet, composé par le sieur de Heffe, fut acclamé par la cour et redemandé une seconde fois. La décoration de la salle avait été modifiée pour l'occasion, représentant un ancien château avec des arbres et des guirlandes de fleurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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