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p. 1208-1217
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant [...]
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis
d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant
du Régiment des Cuirassiers
du Roy , le Gouvernement d'Hesdin ,
vacant par la démission du Marquis
d'Havrincourt , son Pere.
M. de Chavigny , que le Roy a nom-
mé son Envoyé Extraordinaire auprès
du Roy de Dannemare , a pris congé de
S. M. et il est parti pour se rendre à
Coppenhague.
Le Marquis de Souvré , Maître de la
1. Vol.
Garde-
JUIN.
1737.
1209
Garde-Robe du Roy , et qui a été nom-
mê par S. M. pour aller à Luneville com-
plimenter le Roy de Pologne sur son ar-
rivée en Lorraine , s'est acquitté de cette
commission , et il a eu l'honneur d'en
rendre compte au Roy.
Le 29. Avril,il y eut Concert chés la Reine,M.
Destouches Sur-Intendant de la Musique du Roy,
y fit chanter le Prologue et le premier Acte de
son Opera de Callirhoé, qu'on continua le 6. et
le 8. May ; les principaux Rôlles furent exécu-
tés par les Diles d'Aigremont, Deschamps et Ma-
thieu , et par les sieurs d'Angerville et Jeliot.
Le 13. le 18. et le 20. on concerta l'Opera
d'Iphigenie, dont le premier Rôlle fut chanté par
la Dile d'Aigremont , et celui d'Electre par la
Dile Mathieu ; ceux d'Oreste , de Thoas et de
Pilade , par les sieurs d'Angerville , Petillot et
du Bourg .
Le 22. et le 27. on donna à la Reine l'Opera
d'Armide ; la Dlle Antier remplit parfaitement
bien le premier Rôlle , et les autres furent chan-
tés par les sieurs Petillot et d'Angerville , avec la
même précision.
Le 30. May , Fête de l'Ascension , il y eut
Concert Spirituel au Château des Tuilleries , ou
l'on chanta un très-beau Motet ( Diligam te )
de feu M. Gillet , Maître de Musique de la Ca-
thedrale de Toulouse ; il fut suivi d'une nou-
velle suite de Symphonie , du sieur Aubert, très-
bien executée et fort aplaudie. Le sieur Buffar-
ì
din de Marseille , Ordinaire de la Musique du
Roy de Pologne ,
pour
la
Electeur de Saxe
executa
premiere fois un Concerto de Flûte qui
1. Vol.
fur
1210 MERCURE DE FRANCE
fut generalement aplaudi. Le Concert fut termi-
né par le Cantate , Motet du sieur Cheron, Or-
dinaire de l'Académie Royale de Musique.
Le 9. Juin , Fête de la Pentecôte , on executa
au même Concert une autre suite de Sympho
nie du sieur Aubert , qui fut suivie d'un Moter
de M. Gervais , Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roy. La Dile Hottererre joûa un Con-
certo avec les mêmes aplaudisssmens dont le Pu-
blic l'a déja honorée. Le Te Deum de M. de la
Lande ter mina le Concert.
Le 20 jour de la Fête Dieu , on chanta le
Pange lingua du même Auteur , qui fut suivi da
petit Motet O Jesu , de M. Destouches , Sur-In-
tendant de la Musique du Roy. Le sieur Angelo
Valoti , nouveau Violon Italien , executa un
Concerto au gré du Public , et la Dile Regnaut
chanta pour la première fois dans le dernier
Moret le Recit Qui annuntiat avec aplaudisse-
ment.
Le 23 , May, les Superieurs des Religieux Be-
nedictins de la Congregation de 5. Maur se ren-
dirent à l'Abbaye de S. Germain -des- Prés pour
l'élection du Superieur Général , et ouvrirent
le matin leur Assemblée par une Messe solem-
nelle du S. Esprit. L'après- dinée , sur les deux
heures , les mêmes Superieurs assemblés élûrent,
au premier Scrutin , pour Général ,
le R. P.
Dom René Laneau. Ce Religieux avoit été con-
secutivement Assistant de trois Généraux´, et
depuis la mort du R. P. Dom Claude Dupré ,
dernier Général , il gouvernoit la Congregation
sous le nom de Vicaire Général. La joye qui
étoit marquée sur tous les visages , pendant la
Cérémonie de la Proclamation ,
fir connoître à
seux du dehors , qui y ont assisté , que ce R,
I. Vol.
Pere
1
JUIN.
tous ses Confreres.
•
1737
1211
Pere a également les cœurs et la véneration de
Le Cardinal de Fleury alla le 3. Juin au Jar-
din Royal, accompagné du Comte de Maurepas
et de M. Orry , Controlleur Général des Finan
ces , pour voir les augmentations et , les repara-
sions faites et à faire. M. Dufay , Intendant de
ce Jardin , reçût S. E. qui parut trés-satisfaite
du bon ordre qu'elle y trouva , de la beauté des
Serres , et du nombre prodigieux de Plantes
étrangeres dont ce Jardin est presentement
xempli.
Le 8. Juin , veille de la Fête de la Pen
tecôte , le Roy revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles , où
S. M. communia par les mains de l'Ar-
chevêque de Vienne , Premier Aumô-
nier de S. M. Le Roy toucha ensuite un
grand nombre de Malades.
Pendant la Messe , que le Roy enten-
dit , après avoir communié , l'Evêque
d'Acqs prêta serment de fidelité entre
les mains de S. M. L'après-midi le Roy
assista aux premieres Vêpres.
Le 9. jour de la Fête , les Chevaliers ,
Commandeurs , et Officiers de l'Ordre
du S. Esprit , s'étant rendus vers les 11.
heures du matin dans le Cabinet du Roy,
S.M. tint un Chapitre,dans lequel le Prin-
ce Vaïny , qui avoit été proposé le 1. du
I.Vol.
H
mois
1212 MERCURE DE FRANCE
mois de Janvier dernier, pour être nom-
mé Chevalier, fut admis après que l'Ab..
bé de Pomponne , Chancelier des Ordres
du Roy , eut raporté qu'il avoit satisfait
à ce qui est porté par les Statuts. Le Cha-
pitre étant fini , le Roy se rendit à la
Chapelle du Château , étant précédé du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon, du
Comte de Clermont , du Prince de Con-
ty , du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu , et des Chevaliers, Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le Roy, devant
lequel les deux Huissiers de la Chambre
portoient leurs Masses , étoit en Man-
reau , le Collier de l'Ordre par- dessus ,
ainsi
que
les Chevaliers. Le Cardinal de
Polignac et le Cardinal de Bissy mar-
choient derriere S. M. Le Roy entendi
la Grande Messe , chantée par la Musi-
que , à laquelle l'Archevêque de Vien-
ne ,
Prelat , Commandeur de l'Ordre du
Saint Esprit , officia Pontificalement.
La Reine , Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France , entendirent la
même Messe dans la Tribune.
L'après midi , le Roy entendit le Ser-
mon du Pere Dureau , Cordelier, et en-
suite les Vêpres , qui furent chantées par
la Musique , et auxquelles le même Pre-
lat officia. La Reine assista aux Vêpres
dans la Tribune,
Le
JUIN.
1737.
1213
Le 11. Don Louis d'Acunha, Ambassa
deur du Roy de Portugal, cut sa premiere
Audience particuliere du Roy. Il eut en-
suite Audience de la Reine , de Monsei
gneur le Dauphin et de Mesdames de
France , et il fut conduit à ces Audien-
ces par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambassadeurs.
Le 10. les Députés des Etats de Bour-
gogne eurent Audience du Roy.Ils furent
presentés par le Duc de Bourbon, Gouver
neur de la Province , et par le Comte de
S. Florentin, Secretaire d'Etat, et conduits
en la maniere accoûtumée par le Marquis
de Dreux, Grand Maître des Cérémonies,
et par M.Desgranges Maître des Cérémo-
nies. La Députation étoit composée de
l'Abbé Gagne de Perigny,Abbé de Châtil-
lon sur Seine , pour le Clergé , qui por-
ta la parole; du Comte de la Tournelle, *
pour la Noblesse, de M.Pourcher, Dépu-
té du Tiers- Etat , et de M. Perchet , Sin-
dic Général de la Province. Ces Députés
eurent ensuite Audience de la Reine , de
Monseigneur le Dauphin et de Mesda-
mes de France.
Le 16. le Chevalier Venier , Ambas-
* Son Bisayeul a eu l'honneur de se trouver trois
fois à la tête de la Noblesse de cette Province en la
même qualité.
1. Vol.
Hij
sadeur
1214 MERCURE DE FRANCE
sadeur ordinaire de la Republique de
Venise , fit son Entrée publique en cette
Ville
le Maréchal de Biron et Mon-
sieur de Verneuil, Introducteur des Am-
bassadeurs , allerent le prendre dans les
Carosses de leurs Majestés au Convent
de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur ;
ceux du Maréchal de Biron , précédés
de son Ecuyer et de deux Pages à che-
val; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val , sa livrée à pied , quatre de ses Offi-
ciers , deux Ecuyers et six Pages à che-
val ; le Carosse du Roy , aux côtés du-
quel marchoient la livrée du Maréchal
de Biron et celle de M. de Verneü ; le
Carosse de la Reine ; celui de Madame
la Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Prin-
cesse de Conty , seconde Doüairiere , du
Prince de Conty , de la Duchesse du
Maine, du Prince de Dombes, du Com-
te d'Eu , du Comte et de la Comtesse
de Toulouse , et celui de M. Amelot
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le
Département des Affaires étrangeres . Les
1. Vol.
quatro
JUIN.
1737.
1218
quatre Carosses de l'Ambassadeur mar
choient ensuite à une distance de trente
Ou quarante pas. Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut compli-
menté de la part du Roy par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son pre-
mier Ecuyer , et de la part de Madame la
Duchesse d'Orleans , par le Marquis de
Crevecœur , Premier Ecuyer de S. A. R.
Le 18. le Prince de Lambesc et M, de
Verneuil , Introducteur des Ambassa-
deur , allerent prendre l'Ambassadeur
en son Hôtel dans les Carosses du Roy
et de la Reine , et ils le conduisirent à
Versailles , où il eut sa premiere Au-
dience publique du Roy : il trouva àson
passage, dans l'Avant-cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses sous les Armes , les Tambours
apellant ; dans la Cour les Gardes de la
Porte et ceux de la Prevôté de l'Hôtel
sous les Armes à leurs postes ordinaires
et sur l'Escalier , les Cent - Suisses en ha
bits de cérémonie , la Hallebarde à la
main. Il fut reçû en dedans de la Sale
des Gardes par le Duc de Bethune , Ca
pitaine des Gardes du Corps , qui étoient
en haye et sous les Armes. Après l'Au-
I.Vol.
Hiij
dience
121 MERCURE DE FRANCE
dience du Roy , l'Ambassadeur fut con-
duit à l'Audience de la Reine et à celle
de Monseigneur le Dauphin par le Prin-
ce de Lambèse , et par M. de Verneuil
Introducteur des Ambassadeurs. Il fut
conduit ensuite à celle de Mesdames de
France ; et après avoir été traité par les
Officiers du Roy, il fut reconduit à Pa-
ris dans les Carosses de leurs Majestés
avec les cérémonies accoûtumées.
Le 20. Fête du S. Sacrement , le Roy
se rendit à l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau de Versailles , où S. M. entendit la
Grande Messe , après avoir assisté à la
Procession , qui , suivant l'usage , alla à
La Chapelle.
La Reine s'y rendit lorsque la Proces-
sion y arriva. Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France virent passer la
Procession.
Le 27. May , on chanta au Concert
de la Reine un Divertissement intitulé
le Triomphe de la Paix , dont les Paroles
sont de M. Morand , et la Musique de
M. Mathieu , Ordinaire de la Musique
du Roy. Il fut chanté par les Dlles Ma-
hieu , d'Aigremont et Deschamps , et reçut
beaucoup d'aplaudissement.
Le 29. May et le premier Juin , on
1. Vel.
chanta
JUIN.
1737.
1217
chanta devant la Reine le Ballet du Triom-
phe de l'Harmonie , dont on vient de don-
ner l'Extrait ; les Dlles Pellissier et Erre-
mens, et le sieur Chassé exécuterent avec
succès les Rôles qui les concernoient.
Les. et le 12 Juin S.M. entendit l'Opera
de Telemaque , mis en Musique par M.
Destouches , Sur- Intendant de la Musique
du Roy , les Diles Antier et Mathieu
chanterent les Rôles de Calypso et d'Eu
charis , avec autant de goût que de pré .
cision . Les sieurs Petillot et d'Angerville
remplirent ceux de Telemaque et d'Adras-
te. Le reste de l'Opera fut exécuté d'une
façon très-brillante. La Reine eut la bonté
d'en marquer sa satisfaction à l'Auteur.
Le 17. S. M. voulut entendre , pour
la seconde fois , le Divertissement du
Triopmhe de la Paix , et en parut aussi
contente que la premiere. On parlera
plus au long de ce Divertissement.
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis
d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant
du Régiment des Cuirassiers
du Roy , le Gouvernement d'Hesdin ,
vacant par la démission du Marquis
d'Havrincourt , son Pere.
M. de Chavigny , que le Roy a nom-
mé son Envoyé Extraordinaire auprès
du Roy de Dannemare , a pris congé de
S. M. et il est parti pour se rendre à
Coppenhague.
Le Marquis de Souvré , Maître de la
1. Vol.
Garde-
JUIN.
1737.
1209
Garde-Robe du Roy , et qui a été nom-
mê par S. M. pour aller à Luneville com-
plimenter le Roy de Pologne sur son ar-
rivée en Lorraine , s'est acquitté de cette
commission , et il a eu l'honneur d'en
rendre compte au Roy.
Le 29. Avril,il y eut Concert chés la Reine,M.
Destouches Sur-Intendant de la Musique du Roy,
y fit chanter le Prologue et le premier Acte de
son Opera de Callirhoé, qu'on continua le 6. et
le 8. May ; les principaux Rôlles furent exécu-
tés par les Diles d'Aigremont, Deschamps et Ma-
thieu , et par les sieurs d'Angerville et Jeliot.
Le 13. le 18. et le 20. on concerta l'Opera
d'Iphigenie, dont le premier Rôlle fut chanté par
la Dile d'Aigremont , et celui d'Electre par la
Dile Mathieu ; ceux d'Oreste , de Thoas et de
Pilade , par les sieurs d'Angerville , Petillot et
du Bourg .
Le 22. et le 27. on donna à la Reine l'Opera
d'Armide ; la Dlle Antier remplit parfaitement
bien le premier Rôlle , et les autres furent chan-
tés par les sieurs Petillot et d'Angerville , avec la
même précision.
Le 30. May , Fête de l'Ascension , il y eut
Concert Spirituel au Château des Tuilleries , ou
l'on chanta un très-beau Motet ( Diligam te )
de feu M. Gillet , Maître de Musique de la Ca-
thedrale de Toulouse ; il fut suivi d'une nou-
velle suite de Symphonie , du sieur Aubert, très-
bien executée et fort aplaudie. Le sieur Buffar-
ì
din de Marseille , Ordinaire de la Musique du
Roy de Pologne ,
pour
la
Electeur de Saxe
executa
premiere fois un Concerto de Flûte qui
1. Vol.
fur
1210 MERCURE DE FRANCE
fut generalement aplaudi. Le Concert fut termi-
né par le Cantate , Motet du sieur Cheron, Or-
dinaire de l'Académie Royale de Musique.
Le 9. Juin , Fête de la Pentecôte , on executa
au même Concert une autre suite de Sympho
nie du sieur Aubert , qui fut suivie d'un Moter
de M. Gervais , Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roy. La Dile Hottererre joûa un Con-
certo avec les mêmes aplaudisssmens dont le Pu-
blic l'a déja honorée. Le Te Deum de M. de la
Lande ter mina le Concert.
Le 20 jour de la Fête Dieu , on chanta le
Pange lingua du même Auteur , qui fut suivi da
petit Motet O Jesu , de M. Destouches , Sur-In-
tendant de la Musique du Roy. Le sieur Angelo
Valoti , nouveau Violon Italien , executa un
Concerto au gré du Public , et la Dile Regnaut
chanta pour la première fois dans le dernier
Moret le Recit Qui annuntiat avec aplaudisse-
ment.
Le 23 , May, les Superieurs des Religieux Be-
nedictins de la Congregation de 5. Maur se ren-
dirent à l'Abbaye de S. Germain -des- Prés pour
l'élection du Superieur Général , et ouvrirent
le matin leur Assemblée par une Messe solem-
nelle du S. Esprit. L'après- dinée , sur les deux
heures , les mêmes Superieurs assemblés élûrent,
au premier Scrutin , pour Général ,
le R. P.
Dom René Laneau. Ce Religieux avoit été con-
secutivement Assistant de trois Généraux´, et
depuis la mort du R. P. Dom Claude Dupré ,
dernier Général , il gouvernoit la Congregation
sous le nom de Vicaire Général. La joye qui
étoit marquée sur tous les visages , pendant la
Cérémonie de la Proclamation ,
fir connoître à
seux du dehors , qui y ont assisté , que ce R,
I. Vol.
Pere
1
JUIN.
tous ses Confreres.
•
1737
1211
Pere a également les cœurs et la véneration de
Le Cardinal de Fleury alla le 3. Juin au Jar-
din Royal, accompagné du Comte de Maurepas
et de M. Orry , Controlleur Général des Finan
ces , pour voir les augmentations et , les repara-
sions faites et à faire. M. Dufay , Intendant de
ce Jardin , reçût S. E. qui parut trés-satisfaite
du bon ordre qu'elle y trouva , de la beauté des
Serres , et du nombre prodigieux de Plantes
étrangeres dont ce Jardin est presentement
xempli.
Le 8. Juin , veille de la Fête de la Pen
tecôte , le Roy revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles , où
S. M. communia par les mains de l'Ar-
chevêque de Vienne , Premier Aumô-
nier de S. M. Le Roy toucha ensuite un
grand nombre de Malades.
Pendant la Messe , que le Roy enten-
dit , après avoir communié , l'Evêque
d'Acqs prêta serment de fidelité entre
les mains de S. M. L'après-midi le Roy
assista aux premieres Vêpres.
Le 9. jour de la Fête , les Chevaliers ,
Commandeurs , et Officiers de l'Ordre
du S. Esprit , s'étant rendus vers les 11.
heures du matin dans le Cabinet du Roy,
S.M. tint un Chapitre,dans lequel le Prin-
ce Vaïny , qui avoit été proposé le 1. du
I.Vol.
H
mois
1212 MERCURE DE FRANCE
mois de Janvier dernier, pour être nom-
mé Chevalier, fut admis après que l'Ab..
bé de Pomponne , Chancelier des Ordres
du Roy , eut raporté qu'il avoit satisfait
à ce qui est porté par les Statuts. Le Cha-
pitre étant fini , le Roy se rendit à la
Chapelle du Château , étant précédé du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon, du
Comte de Clermont , du Prince de Con-
ty , du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu , et des Chevaliers, Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le Roy, devant
lequel les deux Huissiers de la Chambre
portoient leurs Masses , étoit en Man-
reau , le Collier de l'Ordre par- dessus ,
ainsi
que
les Chevaliers. Le Cardinal de
Polignac et le Cardinal de Bissy mar-
choient derriere S. M. Le Roy entendi
la Grande Messe , chantée par la Musi-
que , à laquelle l'Archevêque de Vien-
ne ,
Prelat , Commandeur de l'Ordre du
Saint Esprit , officia Pontificalement.
La Reine , Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France , entendirent la
même Messe dans la Tribune.
L'après midi , le Roy entendit le Ser-
mon du Pere Dureau , Cordelier, et en-
suite les Vêpres , qui furent chantées par
la Musique , et auxquelles le même Pre-
lat officia. La Reine assista aux Vêpres
dans la Tribune,
Le
JUIN.
1737.
1213
Le 11. Don Louis d'Acunha, Ambassa
deur du Roy de Portugal, cut sa premiere
Audience particuliere du Roy. Il eut en-
suite Audience de la Reine , de Monsei
gneur le Dauphin et de Mesdames de
France , et il fut conduit à ces Audien-
ces par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambassadeurs.
Le 10. les Députés des Etats de Bour-
gogne eurent Audience du Roy.Ils furent
presentés par le Duc de Bourbon, Gouver
neur de la Province , et par le Comte de
S. Florentin, Secretaire d'Etat, et conduits
en la maniere accoûtumée par le Marquis
de Dreux, Grand Maître des Cérémonies,
et par M.Desgranges Maître des Cérémo-
nies. La Députation étoit composée de
l'Abbé Gagne de Perigny,Abbé de Châtil-
lon sur Seine , pour le Clergé , qui por-
ta la parole; du Comte de la Tournelle, *
pour la Noblesse, de M.Pourcher, Dépu-
té du Tiers- Etat , et de M. Perchet , Sin-
dic Général de la Province. Ces Députés
eurent ensuite Audience de la Reine , de
Monseigneur le Dauphin et de Mesda-
mes de France.
Le 16. le Chevalier Venier , Ambas-
* Son Bisayeul a eu l'honneur de se trouver trois
fois à la tête de la Noblesse de cette Province en la
même qualité.
1. Vol.
Hij
sadeur
1214 MERCURE DE FRANCE
sadeur ordinaire de la Republique de
Venise , fit son Entrée publique en cette
Ville
le Maréchal de Biron et Mon-
sieur de Verneuil, Introducteur des Am-
bassadeurs , allerent le prendre dans les
Carosses de leurs Majestés au Convent
de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur ;
ceux du Maréchal de Biron , précédés
de son Ecuyer et de deux Pages à che-
val; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val , sa livrée à pied , quatre de ses Offi-
ciers , deux Ecuyers et six Pages à che-
val ; le Carosse du Roy , aux côtés du-
quel marchoient la livrée du Maréchal
de Biron et celle de M. de Verneü ; le
Carosse de la Reine ; celui de Madame
la Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Prin-
cesse de Conty , seconde Doüairiere , du
Prince de Conty , de la Duchesse du
Maine, du Prince de Dombes, du Com-
te d'Eu , du Comte et de la Comtesse
de Toulouse , et celui de M. Amelot
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le
Département des Affaires étrangeres . Les
1. Vol.
quatro
JUIN.
1737.
1218
quatre Carosses de l'Ambassadeur mar
choient ensuite à une distance de trente
Ou quarante pas. Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut compli-
menté de la part du Roy par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son pre-
mier Ecuyer , et de la part de Madame la
Duchesse d'Orleans , par le Marquis de
Crevecœur , Premier Ecuyer de S. A. R.
Le 18. le Prince de Lambesc et M, de
Verneuil , Introducteur des Ambassa-
deur , allerent prendre l'Ambassadeur
en son Hôtel dans les Carosses du Roy
et de la Reine , et ils le conduisirent à
Versailles , où il eut sa premiere Au-
dience publique du Roy : il trouva àson
passage, dans l'Avant-cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses sous les Armes , les Tambours
apellant ; dans la Cour les Gardes de la
Porte et ceux de la Prevôté de l'Hôtel
sous les Armes à leurs postes ordinaires
et sur l'Escalier , les Cent - Suisses en ha
bits de cérémonie , la Hallebarde à la
main. Il fut reçû en dedans de la Sale
des Gardes par le Duc de Bethune , Ca
pitaine des Gardes du Corps , qui étoient
en haye et sous les Armes. Après l'Au-
I.Vol.
Hiij
dience
121 MERCURE DE FRANCE
dience du Roy , l'Ambassadeur fut con-
duit à l'Audience de la Reine et à celle
de Monseigneur le Dauphin par le Prin-
ce de Lambèse , et par M. de Verneuil
Introducteur des Ambassadeurs. Il fut
conduit ensuite à celle de Mesdames de
France ; et après avoir été traité par les
Officiers du Roy, il fut reconduit à Pa-
ris dans les Carosses de leurs Majestés
avec les cérémonies accoûtumées.
Le 20. Fête du S. Sacrement , le Roy
se rendit à l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau de Versailles , où S. M. entendit la
Grande Messe , après avoir assisté à la
Procession , qui , suivant l'usage , alla à
La Chapelle.
La Reine s'y rendit lorsque la Proces-
sion y arriva. Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France virent passer la
Procession.
Le 27. May , on chanta au Concert
de la Reine un Divertissement intitulé
le Triomphe de la Paix , dont les Paroles
sont de M. Morand , et la Musique de
M. Mathieu , Ordinaire de la Musique
du Roy. Il fut chanté par les Dlles Ma-
hieu , d'Aigremont et Deschamps , et reçut
beaucoup d'aplaudissement.
Le 29. May et le premier Juin , on
1. Vel.
chanta
JUIN.
1737.
1217
chanta devant la Reine le Ballet du Triom-
phe de l'Harmonie , dont on vient de don-
ner l'Extrait ; les Dlles Pellissier et Erre-
mens, et le sieur Chassé exécuterent avec
succès les Rôles qui les concernoient.
Les. et le 12 Juin S.M. entendit l'Opera
de Telemaque , mis en Musique par M.
Destouches , Sur- Intendant de la Musique
du Roy , les Diles Antier et Mathieu
chanterent les Rôles de Calypso et d'Eu
charis , avec autant de goût que de pré .
cision . Les sieurs Petillot et d'Angerville
remplirent ceux de Telemaque et d'Adras-
te. Le reste de l'Opera fut exécuté d'une
façon très-brillante. La Reine eut la bonté
d'en marquer sa satisfaction à l'Auteur.
Le 17. S. M. voulut entendre , pour
la seconde fois , le Divertissement du
Triopmhe de la Paix , et en parut aussi
contente que la premiere. On parlera
plus au long de ce Divertissement.
Fermer
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MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
Début :
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
MORTS, NAISSANCES,
Et Mariages.
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri
de Choiseul-la Riviere , apellé le Marquis de
Choiseul , Comte de la Riviere , Chevigny ,
I. Vol .
Hiiij
1218 MERCURE DE FRANCE
et Couloutre , Vicomte de Bouconville , Ba
ron de Lux , Seigneur de Giry , Chassy , Briga-
dier des Armées du Roy, ancien Mestre de Camp
du Regiment de la Reine Cavalerie, avec lequet
elle avoit été mariée le 28. Avril 1711. mou-
rut à Paris , âgée d'environ 51. ans. Elle étoit
Fille puinée de Gabriel - Henri de Beauvau ,
Marquis de Montgauger , Comte de Crissé ,
ci- devant Capitaine des Gardes de feu Phi-
lipe , Fils de France , Duc d'Orleans , et de feuë
Marie- Angelique de Saint André , sa premiere
Femme. Elle laisse pour Fils unique César - Ga-
briel de Choiseul- la- Riviere, Comte de la Rivie-
re , apellé le Marquis de Choiseul , né le 14.
Août 1712. Mestre de Camp de Cavalerie, Sous-
Lieutenant de la Compagnie des Chevau Le-
gers Dauphins , du 25. Mars 1734. et aupara➡
vant Cornette de celle des Chevau - Legers de
Berri , dont le mariage avec Marie de Champa-
gne de Villaines est raporté dans le Mercure du
mois de May 1732. p. 1022.
Le 31. D. Louise - Henriette - Françoise de
Lorraine ,Duchesse Douairiere de Bouillon , Fille
aînée d'Anne- Marie- Joseph de Lorraine , Com .
re et Prince de Guise sur Moselle , et de feuë D.
Marie-Louise- Christine de Castille
·
Heritiere de Montjeu , morte le 11.Janv. 1736.
mourut à Paris , après une longue maladie de
poitrine , âgée de 30. ans. Elle avoit été mariée
le 21. Mars 1725. avec Emmanuel - Théodose
de la Tour , Duc de Bouillon , Vicomte de Tu-
renne, Duc d'Albret,et de Châteauthierry, Com-
te d'Auvergne , d'Evreux et du bas Armagnac ,
Baron de la Tour et de Mongaçon , &c. Pair ,
et ci -devant Grand Chambellan de France, Gou-
verneur et Lieutenant General du haut et bas
I. Vel,
Jeannin,
Auvergne
JUIN.
née le 20. Décembre 1728.
1737.
1219
Auvergne , mort le 17. May 1730. Elle étois
sa quatriéme Femme. Elle laisse de lui une Fille,
Le 1. Avril Jean- Luc, de Lauzieres, Marquis
deThemines- Cardailhac, Mestre de Camp de Ca-
valerie, par Brevet du premier Décembre 1718.
Gouverneur des Ville et Château de Dommes
en Perigord , par Provisions du 1. Juin 1721.
et Gentilhomme de la Chambre du Duc d'Or- .
leans , par autres Provisions du 5. Mars 1724.
mourut à Paris , âgé de 63. ans. Il avoit été
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
dont il quitta la Croix , lorsqu'il se maria le
13. Novembre 1730. avec Angelique - Sophie
d'Hautefort , Fille de feu Charles-Louis d'Hau-
tefort, Marquis de Surville , Lieutenant General
des Armées du Roy , et de Louise de Crevant-
d'Humieres. Le Duc d'Orleans lui accorda alors
une pension de 4000. livres pour le dédomma-
ger de la perte d'une de 3000. livres qui lui
avoit été accordée sur l'Evêché de Perigueux. le
11. Janvier 1721. Il étoit Fils puiné de feu
Henri de Lauzieres , Seigneur de Saint Beaulize,
et du Bosc , et de Marie de Nogaret de Tre-
lans. Le Duc d'Estrées , dernier mort , lui avoit
fait une donation entrevifs de plusieurs Terres
et Seigneuries provenantes de la Maison de Lau-
zieres-Themines , le 11. May 1721. Elles lai
furent disputées par les Soeurs du Donataire ,
mais il fut confirmé dans la proprieté , posses-
sion et jouissance de ces Terres , par Arrêt
contradictoire du Parlement de Toulouse du 29.
May 1728 .
Le 3. D. Cecile- Catherine de Falconis , Dame
d'Auvilliers , Veuve d'Antoine d'Amanzé, Com-
se de Choffailles en Mâconnois , Seigneur d'Ar-
I. Vel
Hr singes
1220 MERCURE DE FRANCE
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris ,
âgée d'environ fr. ans, laissant un Fils âgé de 20.
ans › et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre -Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ouroy , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paul
de Grivel
?
Comte d'Ouroüer , en
1
Berri
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feuë Dame Mar-
guerite-Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
on a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans , et sans avoir été marié.
Le 9: Nicolas-Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci- devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a étés
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau . Il avoit été d'a→
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
anat , et il se distingua à la Bataille de la Staf
I. Voli
-farde
JUIN.
1737.
1221
farde en Piémont le 18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel-
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur- Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699: à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mar
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cap de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
ze ans ; Jean Baptiste - François - Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22% Avril 1713 et Catherine- Cons "
tance-Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
IA-Foto-
H-vj
miques
1220 MERCURE DE FRANCE
"
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris
âgée d'environ fr. ans,laissant un Fils âgé de 20.-
ans , et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre-Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ourey , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paui
de Grivel , Comte d'Ourouer
en
Berri 9
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feue Dame Mar-
guerite -Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
ön a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans, et sans avoir été marié.
Le 9. Nicolas- Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci-devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a été
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau. Il avoit été d'a—
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
nar , et il se distingua à la Bataille de la Staf-
I. Vali
farde
JUIN.
farde en Piémont le
1737.
1221
18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur - Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699 ; à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mara
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre→
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cainp de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
·
ze ans ; Jean Baptiste - François- Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22 Avril 17136 et-Catherine- Cons
tance- Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
Is-Vols-
Hivj
miquet
1222 MERCURE DE FRANCE
unique, mariée le 25 Juin 1715. avec Jean-Joa-i
chim Rouault , Comte de Cayeu , aujourd'hu
Marquis de Gamaches, et Maréchal de Camp des
Armées du Roy.,
Le 12. Philipe Hecquet , Docteur-Regent, an-
cien Professeur , et ancien Doyen de la Faculté
de Médecine de Paris , connu par plusieurs Ou-
vrages de sa Profession , qu'il avoit rendus pu-
blics mourut âgé de 74. ans. Il avoit quité
•
depuis 1o. ans l'exercice de la Medecine , il s'é-
toit retiré dans l'Enclos du Convent des Car-
melites du Fauxbourg S. Jacques. On prétend
qu'il y avoit 30. ans qu'il n'avoit mangé de
viande , ni bû de vin .
Le 13. Nicolas Henin , Conseiller du Roy ea
son Grand Conseil , où il avoit été reçû le s .
May 1688. mourut après avoir été trois jours
entiers en apoplexie létargique.
Il étoit âgé de
82. ans 11. mois 10. jours , étant né le 3. May
1654. Il étoit veuf d'Anne- Henriette Brice
dont il laisse deux Fils et une Fille , ainsi qu'on
l'a raporté en annonçant la mort de cette Da-
me dans le Mercure du mois de Novembre
1734. P. 1530.
Le 26. Louis le Goux de la Berchere , Comte
de la Rochepot , Marquis de Santenay , Baron de
Thoisy, Seigneur de la Berchere , Conseiller d'E-
tat ordinaire , mourut à Paris subitement en alg
lant se mettre à table pour dîner. Il étoit dans la
61. année de son âge , étant né le 10. Octobre
1676. il avoit été successivement Conseiller au
Parlement de Paris le 14.Janvier 1699. Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy le 29
Juillet 1703. et Chancelier et Garde des. Sceaux
de Charles de France , Duc de Berri , le 11. Dé-
sembre 1710. Il perdit cette Charge à la mort de
1. Velo
JUIN.
1737.
1223
ce Prince , et ayant été fait Conseiller d'Etat au
mois de May 1715. il se démit de celle de Maî
tre des Requêtes , et obtint des Lettres d'Hono-
raire le 22. Juin de la même année. Il étoit veuf
sans enfans depuis le 16. Mars 1729. de Magde-
leine-Charlotte Voisin , fille aînée du feu Chan-
celier de France de ce nom , et fils de feu Urbain
le Goux de la Berchere , Marquis de Santenay ,
&c. Maître des RequêtesHonoraire de l'Hôtel du
Roy , ci-devant Intendant successivement à
Moulins , à Riom , à Montauban et à Rouen ,
mort le 30. Août 1721. à l'âge de 79. ans , es
d'Antoinette le Févre d'Eaubonne , morte le 29%
Décembre 1708. âgée de 17. ans.
Le 27. Jean- Baptiste Poncy de Neuville , Prê-
tre, mourut à Paris dans la 39. année de son
âge. Les heureux talens dont il étoit orné , le
font universellement regretter , comme un sujet
également utile à la Religion qu'il a défendue
avec un zele infatigable par ses éloquents et so
lides Sermons ; et à la République des Lettres ,
qu'il a enrichie de plusieurs Ouvrages poëtiques
qui ont mérité plus d'une fois d'être couronnés .
dans l'Académie des Jeux Floraux. Il étoit d'ail
leurs autant estimable par les qualités du cœur
que par celles de l'esprit. Il prononça l'année
derniere avec beaucoup de succès dans l'Eglise
des R R. PP. de l'Oratoire , le Panégyrique de
S. Louis , en présence de deux célebres Acadé
mies. Il a aussi prêché plusieurs Sermons dans
l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice et dans d'autres
Eglises de la Ville . Un redoublement de zele
pour les devoirs de son Ministere dans les cir-
constances de la fin du Carême , lui a causé la
maladie qui l'a enlevé en très-peu de jours.
Le même jour D. Jeanne-Louise d'Herbouville
I. Vd.
épouse
1224 MERCURE DE FRANCE
épouse de Charles de Houdetot , dit le Comte de
Houdetot , Chevalier Seigneur de Fontaines-le-
Châtel , de S. Germain des Essours , des Autieux,
&c. son cousin paternel et maternel du 3. au 4.
mourut après une courte maladie d'un abcès dans
la tête , à Paris dans la 26. année de son âge ,
étant née le s. Décembre 1711. elle étoit fille
d'Adrien , Marquis d'Herbouville , Chevalier-
Seigneur de S. Jean du Cardonnay , la Cour-le-
Comte , la Gaillarde , le Bourgdun , Luneray ,
S Pierre le Vieux , Baron de Longueval , Lagny,
fe Marqué , Bellan , &c. ci - devant premier Ea-
seigne de la Compagnie des Gendarmes de la
Garde du Roy , Mestre de Camp de Cavalerie ,
er de D. Françoise- Chrétienne Dauvet des Ma-
rets ; elle laisse un garçon et une fille en bas àge,
n'ayant été mariée qu'au mois de Novembre
1731. c'étoit la cinquiéme alliance réciproque
que ces deux Maisons , qui sont d'une ancienne
Noblesse de Normandie , avoient faites entre-el-
les. La Généalogie de celle de Houdetot est rå-
portée dans le Tome VIII.des Grands Officiers de
la Couronne , au Chapitre des Grands-Maîtres
des Arbalêrriers , page 16. Ses Armes sont d'ar-
gent à une bande d'azur , chargée de trois anne
lets d'or remplis , celui du milieu d'un Lion ,
les deux autres d'une Aigle à deux têtes , et Dia-
prée d'or. Herbouville porte de gueules à une
Fleur de Lys d'or.
Le nommé Félix de la Mata , mourut le 28.
Avril à Pampelune , âgé de 125. ans ; il s'étoit
marié à l'âge de 110. ans pour la troisième fois,
et il a eu trois enfans de sa derniere femme.
et.
Le 29. Dile Marie Cousinet , Dame.de Boisro-
ger , fille de Robert Coasinet , Maître ordinaire
en-l Chambre des Compres de Paris , mort le
JUIN.
L. Vol
1737.
1225
36. Août 1701. et de Di Elizabeth-Catherine
Rousselet , morte le premier May 1694. mourut
d'une fluxion de poitrine à Paris , dans un âge
avancé , sans avoir été mariée..
Le même jour François Gacon , ancien Avocat
au Parlement de Paris , où il avoit été immatri-
culé le 4. Février 1698. et l'un des grands Con-
sultans du Palais , mourut âgé d'environ 63 ans.
Le même jour D. Jeanne-Margueritte de Bre-
han , veuve depuis le 27. Mars 1713. de Charles,
Marquis de Sévigné , Seigneur des Rochers ,
Lieutenant pour le Roy de la Ville de Nantes et
Comté Nantois, et auparavant Sous-Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Dauphins, avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Fevrier
1-684. mourut à Paris, sans enfans , âgée de 69.
ans. Elle étoit sœur de Jean- François Amalrie
de Bréhan , Comte de Mauron et de Plélo , Sei-
gueur de Galinée , ci-devant Conseiller au Par-
fement de Bretagne ; tous deux enfans de Mau-
rille de Breban , aussi Comte de Mauron et de
Plélo , et de D. Louise de Quelen. Feu Charles?
Marquis de Sévigné , étoit frere de feuë Fran-
go:se -Marguerite de Sévigné , troisiéme femme.
de François Adhemar de Monteil de Castelane ,
Comte de Grignan , Chevalier des Ordres du
Roy ,, et seul Lieutenant General au Gouverne
ment de Provence, morte le 13. Août 1705. tous
deux enfans de Henry , Marquis de Sévigné, Sei-
gneur des Rochers , Maréchal des Camps et Ar
mées du Roy, et Gouverneur de la Ville de Fou-
geres en Bretagne , qui fut tué en 1651. dans un
combat singulier contre le Chevalier d'Albret ,,
et de Marie de Rabutin de Chantal , morte au
mois de May 1696. après s'être renduë celebre
par son esprit et par ses Lettres à la Comtesse de
Grignan ,
1226 MERCURE DE FRANCE
Grignan , sa fille , dont on a donné un Recueil
au Public en 1734. en 6. vol. in 12.
Le 2. May Antoine- Simon le Courtois , Ecuyer
Seigneur d'Avery et de Chome , ci-devant Con
trôleur Géneral des Fermes de Languedoc , ze.
Fils de feu Pierre le Courtois , Ecuyer Conseil-
ler au Siege Présidial de Troyes , et de Margue-
ritte Laigneau , mourut à Paris , laissant de D.
Marthe Ricaud, sa femme, Jacques le Courtois
d'Averly , Conseiller en la Cour des Aydes de
Paris , où il a été reçû le 10. May 1735.
Le 3. mourut subitement à Paris à l'Hôtel de
la Bibliotheque du Roy , âgé de 78. ans , Louis
de Targny , Prêtre du Diocèse de Noyon , Doc-
teur en Théologie de la Faculté de Paris , du 22.
Septembre 1688. l'un des Gardes de la Biblio-
theque du Roy , depuis le mois de Janvier 1712.
et Abbé Commandataire de l'Abbaye de S. Lo ,
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Coutances
qu'il avoit obtenuë le 13. May 1724. en remet-
tant celle de Sainte Marie d'Obasine , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Limoges , qui lui avoit été
accordée le 17. Octobre . 1723. il s'étoit démis il
y avoit environ 18. mois de la Dignité de Chan-
tre de l'Eglise Métropolitaine de Rheims ,et avoit
été autrefois Principal du College de Dainville.
François Sévin , Pensionnaire depuis 1726. de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres , dans laquelle il avoit été reçû Eleve dès
1711. et ensuite Associé en 1714. a cû la Place
de Garde de la Bibliotheque du Roy, vacante par
la mort de Louis de Targny ; il en faisoit les
fonctions depuis quelques années.
Le 3. Dom Etienne Richard , General de
l'Ordre des Chartreux , mourut à la grande Char-
treuse en Dauphiné, dans la 69. année de son
I. Val
âge,
JUIN 1737.
I. Vol.
1227
ge , et dans la 6. de son Géneralat , ayant été
élû le 3. Février 1732. il étoit alors Prieur de la
Chartreuse de Castres en Languedoc , et Visiteur
de la Province d'Aquitaine.Dom Michel de Lar-
nage Prieur de la Chartreuse de S. Hugon , a été
élu Géneral en son lieu et place.
Le 4. Ferdinand , Duc de Curlande , et de Se-
migalle , qui depuis deux à trois ans faisoit son
séjour le plus ordinaire à Dantzig , y mourut
dans la 82. année de son âge , étant né le 2. No-
vembre 1655. il étoit 4 fils de Jacques , Duc de
Curlande et de Semigalle , mort le 31. Décembre
1682.et de Louise-Charlotte de Brandebourg,
morte le 29. Août 1676. il avoit embrasse la
Religion Catholique en 1698. et il avoit été au-
trefois Lieutenant d'Artillerie des Troupes de
l'Electeur de Brandebourg et ensuite du Roy de
Pologne. Après la mort du Duc Frederic Casi-
mir , son frere aîné , arrivée le
22. Janvier .
1698. il eut la Régence et l'administration du
Duché de Curlande jusqu'en 1710. pendant la
minorité du Duc Frédéric Guillaume , son ne-
veu , qui mourut le 21. Janvier 1711. il devoit
être son successeur , étant le seul mâle qui restất
de sa Maison , mais Anne Juanowna , veuve de
son neveu , quoique sans enfans , garda ses Etats
jusqu'en 1730. qu'elle fut apellée au Trône de
la Monarchie de Russie ; ensorte qu'il ne reçut
l'investiture du Duché de Curlande et de ses dépen
dances du Roy de Pologne , que le 28. Février
1731. Il s'étoit marié le 25. Septembre 1730.
avec Jeanne- Magdelaine de Saxe , née le 17.
Mars 1708, fille de feu Jean- Georges , Duc de
Saxe-Weissenfels , et de Frederique- Elizabeth de
Saxe-Eysenach. Il n'en a point eû d'enfans , de-
sorte qu'en lui finit la Maison de Ketler , qui
avoit
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Oüen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
.de Paris , mourut dans la 84. année de son âge
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Consciller au Parlement le 6. May 1682. il mon-
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont, Courbevoye, & c. Conseil
ler-Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances ,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feüe Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
L.Voli
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
l'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte- Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit eû d'elle deux enfans ; sçavoir,
Jean-Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese - Gene-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port - Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
1. Val.
nang
*
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Ouen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
de Paris , mourut dans la 84. année de son âge ,
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Conseiller au Parlement le 6. May 1682. il mon
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont , Courbevoye, & c. Conseil
ler- Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feue Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
I Vol
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
P'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte-Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit cû d'elle deux enfans ; sçavoir
"
Jean- Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
Laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese Genc-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar-
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Loüis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port- Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
I. Val.
nang
230 MERCURE DE FRANCE
nant General de ses Armées , Grand-Bailly et
Gouverneur de Peronne , Montdidier et Roye ,
mort au mois de Décembre 1689. et de Dame
Marie Molé de Jusanvigny , morte le 21. Jan-
vier 1694. Il ne lui restoit plus qu'une Fille , qui
est D. Pauline- Corisande de Pas- Feuquieres ,
née le 19. Janvier 1704. et mariée le 30. Jan-
vier 1720. avec Joachim Adolphe de Seigliere
Marquis de Soyecourt , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Brigadier des Armées
du Roy , ci-devant Colonel du Regiment de
Bourgogne.
Le 9. Jean-Jacques du Bergier , Seigneur des
Salles , et de Montaumer , Gentilhomme Ore
dinaire du feu Duc d'Orleans , mourut à Paris
en la Maison des PP. de la Doctrine Chrétien-
ne , dans un âge fort avancé.
Il étoit Fils de
Jean-Jacques Bergier , Seigneur des Salles , et
de Marie de Machaut , et veuf de Marie Gene-
viéve Routtier, morte le 24. Janvier 1731. âgée
de 74. ans, Fille de Michel Routtier Payeur des
Rentes de l'Hôtel de Ville de Paris , et de Ge
nevieve Lalleman.
Le 11. Augustin de la lacquerie de Simphalle,
natif de Beauvais en Picardie , Chanoine-Dia-
cre de l'Eglise Métropolitaine de Paris,mourut âgé
de 84.ans comple:s moins un jour, étant né le 12.
May 1653. Il étoit petit Neveu du célebre Clau-
de Joly , Chantre , Chanoine et Official de Pa-
ris , mort le 16. Janvier 1700. dans la 94 an-
née de son âge , qui lui avoit resigné avant sa
mort son Canonicat , auquel il fut reçû le 25.
du même mois de Janvier. Il étoit auparavant
Chanoine et Théologal de l'Eglise de Tournay.
Claude Joly avoit succedé en 1631. dans ce Ca
nonicat à Gui Loysel , son Oncle ; celui- ci à
I. Vol.
Arnoul
JUIN.
17370
1231
Arnoul du Mesnil , son grand Oncle en 1590.
et ce dernier à Paul du Mesnil , son Frere , en
$ 178 . ainsi il y avoit 159. ans que ce Bénéfice
étoit dans cette Famille.
Le 12. D. Catherine Turgot de Saint Clair ;
Epouse de Claude-Charles Hatte de Chevilly
Brigadier des Armées du Roy , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis , et ci-devant Ca-
pitaine au Regiment des Gardes Françoises , et
auparavant veuve de Gilles d'Aligre , Seigneur
de Boislandry et de Beauvoir , Conseiller au
Parlement de Paris , decédé le 12. Avril 1711 .
mourut à Paris après 6, mois d'une maladie de
langueur, âgée d'environ 65. ans , sans laisser
d'enfans. Elle étoit fille de feu Antoine Turgot ,
Seigneur de S, Clair , Lanteuil , le Ménil-Gon-
douin
Belon , Sainte Honorine , &c. mort
Sous-Doïen des Maîtres des Requêtes de l'Hôtel
du Roy , le 15. Février 1713. et de feuë D,
Jeanne du Tillet , morte le 12 May 1728,
Le 13. Sœur Angelique de Lanfernat , sur
nommée de Tous - les- Saints , Religieuse, Ursuli-
ne du Convent de Crevant , ou Cavant en Au-
xerrois, mourut dans ce Monastere, âgée de plus
d'un Siécle. Elle étoit fille afnée de Charles de
Lanfernat , Ecuyer , Seigneur de la Jaque mi-
niere , et des Bards , et de D. Claude-Marie du
Plessis de la Perrine , Dame d'Asnieres , quifu
rent mariés par Contrat du 28. Décembre 1635,
Elle fur ondoyée au Château de la Jacquemi-
niere au Perche , et baptisée peu de jours après
dans l'Eglise de Moncorbon , le jour de Noël
?
25. Décembre 1636. Elle avoit deux Sœurs ca-
dettes , Religieuses au Convent des Ursulines de
Crevant , où elles sont mortes en reputation de
Sainteté ,
gées de plus de 80. ans, Elle prit à
J. Vol.
Jeug
1232 MERCURE DE FRANCE
leur exemple le même parti ; et après son No-
viciat , elle fut admise à la Profession le s. No-
vembre 1662. Elle a édifié , pendant sa vie
1
toute la Communauté par ses vertus , et par sa
régularité à remplir les Observances de son état,
dont elle ne s'estjamais relâchée , même dans sa
vieillesse la plus avancée. Feu Edme de Lanfer-
nat , son frere , Seigneur de la Jacqueminiere et
d'Asnieres , mort au mois d'Octobre 1718. a
laissé de Catherine Sauvat , qu'il avoit épousée
Je 9. Juin 1676, et du chef de laquelle il étoit
devenu Seigneur de Villars , Paroisse de Cham-
pignelles près de S. Fargeau en Puisaye ; entre
autres Enfans , Jean
·
Baptiste de Lanfernat ,
Seigneur de Villars , marié avec Damoisel
le Guillaume de Marsangis , d'auprès de Sens ,
et Charlote de Lanfernat , mariée avec Joseph
de Montigny , Seigneur de Montigny- les-Has-
tes , Paroisse de Pereux. On a parlé de la Fa-
mille de Lanfernat dans le Mercure du mois
de Février 1731. p. 284 à l'occasion de la mort
de D. Louise- Marie de Lanfernat , Dame de
Courteilles- le-Guerin , du Teil , et de Cham-
moteux , Veuve de François de l'Osmone , Sei-
gneur du Bois-de- la-Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roy , et Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , laquelle s'étoit fait connoître par son
talent pour la Poësie , et par les Recherches et
Mémoires qu'elle avoit faites sur l'Histoire de
Normandie.
Le 14 May , Louis de Rochechouart, Seigneur
de Montigny et du Monceau , qui avoit servi
dans sa jeunesse en qualité d'Enseigne , et en-
suite de Lieutenant des Galeres , mourut dans
son Château de Montigny , dans la Forêt d'Or-
leans , âgé de 72. ans 10 mois. 11 étoit fils
I. Vol.
d'Isaac
du Roi.
JUIN.
1737.
1233
Isaac- Louis de Rochechouart , Seigneur de
Montigny, de la Brosse et du Monceau , Baron
de Loury dans la Forêt d'Orleans, mort en 1683.
et de Françoise le Conquerant , sa premiere fem-
me , et il avoit épousé en 1692. Elizabeth de
Cugnac , fille de Philipe de Cugnac , Baron de
Jouy en Beauce , et d'Elizabeth de Morain-
ville, Il en laisse Louis-Philipe-Esprit-Juvenal
de Rochechouart, Chevalier des Ordres de N.D.
du Mont Carmel , et de S. Lazare de Jerusalem,
Capitaine dans le Regiment de la Reine Infan-
terie; Pierre-Jules-César de Rochechouart, Evê-
que d'Evreux , sacré le 15. Février 1734. Jo-
seph de Rochechouart , et Louise Elisabeth de
Rochechouart , mariée le 10. Décembre 1731.
avec Henri Lambert d'Herbigny , Marquis de
Thibouville , ci-devant Mestre de Camp du Re-
giment de Dragons de la Reine.
Le 17. D. Marguerite de Lalive , veuve depuis
le 17. Juin 1731. de Jean Martial de Jaucen de
la Perriére, Seigneur de Crosne , et de Noisy sur
Seine,Conseiller-Secretaire du Roi, Maison,Cou-
ronne de France et de ses Finances , ancien Re-
ceveur general des Finances de Flandres , et an-
cien Fermier general , mourut en son Châ-
teau de Crosne , âgée d'environ 84. ans , lais-
sant 2. filles,qui sont D. Marie Anne de Jaucen,
veuve de Pierre Larcher , Marquis d'Arey , et
de Vindici, Seigneur d'Avrilly , Bailli d'Epée de
Vermandois , et Président en la Chambre des
Comptes de Paris , et D. Marguerite Françoise
de Jaucen, épouse de François- Louis - Martial de
Montiers , Comte de Merinville , Vicomte de
Brigueil , Baron de Montrocher , et de Château-
brun, Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , et Brigadier des Armées
Lo
234 MERCURE DE FRANCE
Le 27. La Dlle Lucas , fille aînée de feu An-
toine-Jean Lucas , Seigneur de Romeval , et de
Neuvirelle , Conseiller en la Grand'Chambre du
Parlement de Paris mort le 7. Décembre 1728.
et de D. Anne Magdelaine Loyseau , sa veuve ,
mourut
>
âgée de 21. ans ou environ .
Le 29. Alexis Paneau , Conseiller-Secretaire da
Roi,Maison,Couronne de France et de ses Finan.
ces, Honoraire , et ancien Directeur general des
Aydes et Entrées de la Ville de Paris, aussi ancien
Payeur des Rentes de l'Hôtel de Ville , mourut
dans la 100e. année de son âge , étant né au mois
de Juillet 1637. Il avoit été marié 1º. avec Vic-
toire Elian , Femme de Chambre des Enfans de
France , morte le 22. Septembre 1694. 2 ° avec
Jeanne- Angelique le Vaillant , sœur de François
le Vaillant , Conseiller au Grand Conseil. Il
laisse de celle-ci 2. filles qui ne sont point ma-
riées , et de la premiere un fils apellé le sieur
d'Arty, qui lui a succedé dans l'Emploi de Di-
recteur General des Aydes et Entrées de Paris ,
et qui a épousé une des filles de Louis Guillau-
me , Ecuier , Sieur de Fontaine, Commissaire et
Controlleur de la Marine au Département de
Flandres et de Picardie , et de Marie Armande
Carton.
Le premier Juin , D. Marie- Thérese Colbert ,
veuve depuis le 6. Novembre 1725. de Jacques
Eleonor Rouxel, Comte de Medavy et de Gran-
cey , Maréchal de France , Chevalier des Or-
dres du Roi , Gouverneur de la Ville et Princi-
pauté de Sedan, avec lequel elle avoit été mariée
le 12. Juin 1685. mourut à Paris , âgée de 68 .
ans , sans laisser d'enfans. Elle étoit fille d'E-
douard-François Colbert , Comte de Maulevrier,
Baron de la Frogerie &c. Chevalier des Ordres
da
I. Vol.
JUIN.
1737.
1235
du Roi , Lieutenant General de ses Armées , or
Gouverneur des Ville et Citadelle de Tournay
>
mort le 31. Mai 1693. et de Marie Magdelaine
Bautrude Serrant , morte le 10. Mars 1700.
Le même jour D. Louise - Emilie de la Tour
d'Auvergne, ancienne Abbesse de l'Abbaye Roya
ie de Montmartre-lès- Paris , mourut dans le
Monastere du Prieuré du Cherchemidi , où elle
s'étoit retirée, dans la 70. aunée de son âge . Elle
étoit Professe de l'Abbaye de N. D. de Soissons,
de l'Ordre de S. Benoît, elle fut nommée au mois
de Février 1707. Abbesse de S. Remy de Villers-
Côte-Rets , du même Ordre , Diocèse de Sois-
sons,d'où elle fut transferée au mois de Novem-
bre 1727. à celle de Montmartre , dont elle
donna sa démission au mois de Février 1735.
Elle étoit fille de Frédéric- Maurice de la Tour ,
Comte d'Auvergne et d'Oliergues , Marquis de
Lanquais, Colonel Général de la Cavalerie Lé
gere de France , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Gouverneur et Sénéchal du haut et bas
Limosin , mort le 23. Novembre 1707. et de
Henriette- Françoise de Hohen- Zollern , Mar-
quise de Berg-op - Zoom , sa premiere femme
morte le 17. Octobre 1698.
Le 7. Avril , pâquit dans le Château de Wailly
Marie Anne Christiane Josephine, fille premiere
née de Louis Ferdinand Joseph de Croy , Duo
d'Havré , et de Croy , Prince du Saint Empire ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe, Châtelain
heréditaire de Mons , Marquis de Thie-le Châ-
teau,&c. Colonel du Régiment de la Couronne,
et de D. Marie- Louise Cunegonde de Montmo-
rency-Luxembourg , mariés le 16. Janvier de
Pannée derniere 1736. elle fut baptisée le lende-
I
main
1236 MERCURE DE FRANCE
main 8. par l'Evêque d'Amiens dans l'Eglise pa,
roissiale de ce lieu au bruit de plusieurs déchar
ges de canon. Les Parain et Maraine furent
Louis Christian de Montmorency - Luxembourg,
Comte Souverain de Luxe , Comte de Beau-
mont , Seigneur de Dollor , Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Gene
ral au Gouvernement de Flandres , et Gouver
neur de Valenciennes
la baptisée.
Ayeul maternel
"
et
D. Marie-Anne Cesarée Lanti, Duchesse Dožiai-
riere d'Havré , et de Croy , Ayeule paternelle de
Quelques semaines après cette cérémonie , il
y eut dans les Jardins du Château de Wailly un
fort -beau feu d'artifice , qui fut tiré entre 9. et
10. heures du soir avec beaucoup de succès. Il
fut accompagné d'une illumination d'environ
3000. lampions dont toutes les fenêtres du Châ-
teau étoient entourées ; quantité de piramides
sur les bords d'un Canal , qui passe au milieu
du jardin , étoient aussi garnies de lampions ,
et formoient par la reverberation de leur lumie
re dans le canal un objet fort charmant à la vûë,
Plusieurs personnes de la premiere distinction
de la Province , se trouverent à cette fête.
Le premier Avril dernier , D. Joachim- An
toine Ximenès , Marquis d'Ariza , et de la Guar-
dia , Amirante heréditaire du Royaume d'Arra-
gon , Grand d'Espagne de la premiere Classe ,
veuf de feie. D. Rose Perez de Gusman Bueno
Sylva et Mendoza , épousa dans la Chapelle
du Château de Wailly à 4. lieues d'Amiens en
Picardie , Dlle Marie Anne. Charlotte de Croy,
âgée d'environ 20. ans, seconde fille de feu Jean-
Baptiste Erançois Joseph.de Croy , Duc d'Ha
J Vol.
γκέ
JU IN.
1737.
1237
ré et de Croy , Marquis de Wailly , Prince de
l'Empire, Grand d'Espagne de la premiere Clas-
se , mort le 24. Mai 1727. et de D. Marie An-
ne Cesarée Lanti , sa veuve , Duchesse Douai-
riere d'Havré et de Croy. La cerémonie des Fian
çailles , et des Epousailles fut faite par Louis-
François d'Orleans de la Mothe , Evêque d'A-
miens.
Et Mariages.
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri
de Choiseul-la Riviere , apellé le Marquis de
Choiseul , Comte de la Riviere , Chevigny ,
I. Vol .
Hiiij
1218 MERCURE DE FRANCE
et Couloutre , Vicomte de Bouconville , Ba
ron de Lux , Seigneur de Giry , Chassy , Briga-
dier des Armées du Roy, ancien Mestre de Camp
du Regiment de la Reine Cavalerie, avec lequet
elle avoit été mariée le 28. Avril 1711. mou-
rut à Paris , âgée d'environ 51. ans. Elle étoit
Fille puinée de Gabriel - Henri de Beauvau ,
Marquis de Montgauger , Comte de Crissé ,
ci- devant Capitaine des Gardes de feu Phi-
lipe , Fils de France , Duc d'Orleans , et de feuë
Marie- Angelique de Saint André , sa premiere
Femme. Elle laisse pour Fils unique César - Ga-
briel de Choiseul- la- Riviere, Comte de la Rivie-
re , apellé le Marquis de Choiseul , né le 14.
Août 1712. Mestre de Camp de Cavalerie, Sous-
Lieutenant de la Compagnie des Chevau Le-
gers Dauphins , du 25. Mars 1734. et aupara➡
vant Cornette de celle des Chevau - Legers de
Berri , dont le mariage avec Marie de Champa-
gne de Villaines est raporté dans le Mercure du
mois de May 1732. p. 1022.
Le 31. D. Louise - Henriette - Françoise de
Lorraine ,Duchesse Douairiere de Bouillon , Fille
aînée d'Anne- Marie- Joseph de Lorraine , Com .
re et Prince de Guise sur Moselle , et de feuë D.
Marie-Louise- Christine de Castille
·
Heritiere de Montjeu , morte le 11.Janv. 1736.
mourut à Paris , après une longue maladie de
poitrine , âgée de 30. ans. Elle avoit été mariée
le 21. Mars 1725. avec Emmanuel - Théodose
de la Tour , Duc de Bouillon , Vicomte de Tu-
renne, Duc d'Albret,et de Châteauthierry, Com-
te d'Auvergne , d'Evreux et du bas Armagnac ,
Baron de la Tour et de Mongaçon , &c. Pair ,
et ci -devant Grand Chambellan de France, Gou-
verneur et Lieutenant General du haut et bas
I. Vel,
Jeannin,
Auvergne
JUIN.
née le 20. Décembre 1728.
1737.
1219
Auvergne , mort le 17. May 1730. Elle étois
sa quatriéme Femme. Elle laisse de lui une Fille,
Le 1. Avril Jean- Luc, de Lauzieres, Marquis
deThemines- Cardailhac, Mestre de Camp de Ca-
valerie, par Brevet du premier Décembre 1718.
Gouverneur des Ville et Château de Dommes
en Perigord , par Provisions du 1. Juin 1721.
et Gentilhomme de la Chambre du Duc d'Or- .
leans , par autres Provisions du 5. Mars 1724.
mourut à Paris , âgé de 63. ans. Il avoit été
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
dont il quitta la Croix , lorsqu'il se maria le
13. Novembre 1730. avec Angelique - Sophie
d'Hautefort , Fille de feu Charles-Louis d'Hau-
tefort, Marquis de Surville , Lieutenant General
des Armées du Roy , et de Louise de Crevant-
d'Humieres. Le Duc d'Orleans lui accorda alors
une pension de 4000. livres pour le dédomma-
ger de la perte d'une de 3000. livres qui lui
avoit été accordée sur l'Evêché de Perigueux. le
11. Janvier 1721. Il étoit Fils puiné de feu
Henri de Lauzieres , Seigneur de Saint Beaulize,
et du Bosc , et de Marie de Nogaret de Tre-
lans. Le Duc d'Estrées , dernier mort , lui avoit
fait une donation entrevifs de plusieurs Terres
et Seigneuries provenantes de la Maison de Lau-
zieres-Themines , le 11. May 1721. Elles lai
furent disputées par les Soeurs du Donataire ,
mais il fut confirmé dans la proprieté , posses-
sion et jouissance de ces Terres , par Arrêt
contradictoire du Parlement de Toulouse du 29.
May 1728 .
Le 3. D. Cecile- Catherine de Falconis , Dame
d'Auvilliers , Veuve d'Antoine d'Amanzé, Com-
se de Choffailles en Mâconnois , Seigneur d'Ar-
I. Vel
Hr singes
1220 MERCURE DE FRANCE
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris ,
âgée d'environ fr. ans, laissant un Fils âgé de 20.
ans › et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre -Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ouroy , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paul
de Grivel
?
Comte d'Ouroüer , en
1
Berri
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feuë Dame Mar-
guerite-Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
on a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans , et sans avoir été marié.
Le 9: Nicolas-Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci- devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a étés
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau . Il avoit été d'a→
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
anat , et il se distingua à la Bataille de la Staf
I. Voli
-farde
JUIN.
1737.
1221
farde en Piémont le 18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel-
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur- Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699: à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mar
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cap de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
ze ans ; Jean Baptiste - François - Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22% Avril 1713 et Catherine- Cons "
tance-Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
IA-Foto-
H-vj
miques
1220 MERCURE DE FRANCE
"
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris
âgée d'environ fr. ans,laissant un Fils âgé de 20.-
ans , et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre-Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ourey , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paui
de Grivel , Comte d'Ourouer
en
Berri 9
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feue Dame Mar-
guerite -Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
ön a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans, et sans avoir été marié.
Le 9. Nicolas- Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci-devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a été
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau. Il avoit été d'a—
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
nar , et il se distingua à la Bataille de la Staf-
I. Vali
farde
JUIN.
farde en Piémont le
1737.
1221
18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur - Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699 ; à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mara
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre→
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cainp de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
·
ze ans ; Jean Baptiste - François- Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22 Avril 17136 et-Catherine- Cons
tance- Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
Is-Vols-
Hivj
miquet
1222 MERCURE DE FRANCE
unique, mariée le 25 Juin 1715. avec Jean-Joa-i
chim Rouault , Comte de Cayeu , aujourd'hu
Marquis de Gamaches, et Maréchal de Camp des
Armées du Roy.,
Le 12. Philipe Hecquet , Docteur-Regent, an-
cien Professeur , et ancien Doyen de la Faculté
de Médecine de Paris , connu par plusieurs Ou-
vrages de sa Profession , qu'il avoit rendus pu-
blics mourut âgé de 74. ans. Il avoit quité
•
depuis 1o. ans l'exercice de la Medecine , il s'é-
toit retiré dans l'Enclos du Convent des Car-
melites du Fauxbourg S. Jacques. On prétend
qu'il y avoit 30. ans qu'il n'avoit mangé de
viande , ni bû de vin .
Le 13. Nicolas Henin , Conseiller du Roy ea
son Grand Conseil , où il avoit été reçû le s .
May 1688. mourut après avoir été trois jours
entiers en apoplexie létargique.
Il étoit âgé de
82. ans 11. mois 10. jours , étant né le 3. May
1654. Il étoit veuf d'Anne- Henriette Brice
dont il laisse deux Fils et une Fille , ainsi qu'on
l'a raporté en annonçant la mort de cette Da-
me dans le Mercure du mois de Novembre
1734. P. 1530.
Le 26. Louis le Goux de la Berchere , Comte
de la Rochepot , Marquis de Santenay , Baron de
Thoisy, Seigneur de la Berchere , Conseiller d'E-
tat ordinaire , mourut à Paris subitement en alg
lant se mettre à table pour dîner. Il étoit dans la
61. année de son âge , étant né le 10. Octobre
1676. il avoit été successivement Conseiller au
Parlement de Paris le 14.Janvier 1699. Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy le 29
Juillet 1703. et Chancelier et Garde des. Sceaux
de Charles de France , Duc de Berri , le 11. Dé-
sembre 1710. Il perdit cette Charge à la mort de
1. Velo
JUIN.
1737.
1223
ce Prince , et ayant été fait Conseiller d'Etat au
mois de May 1715. il se démit de celle de Maî
tre des Requêtes , et obtint des Lettres d'Hono-
raire le 22. Juin de la même année. Il étoit veuf
sans enfans depuis le 16. Mars 1729. de Magde-
leine-Charlotte Voisin , fille aînée du feu Chan-
celier de France de ce nom , et fils de feu Urbain
le Goux de la Berchere , Marquis de Santenay ,
&c. Maître des RequêtesHonoraire de l'Hôtel du
Roy , ci-devant Intendant successivement à
Moulins , à Riom , à Montauban et à Rouen ,
mort le 30. Août 1721. à l'âge de 79. ans , es
d'Antoinette le Févre d'Eaubonne , morte le 29%
Décembre 1708. âgée de 17. ans.
Le 27. Jean- Baptiste Poncy de Neuville , Prê-
tre, mourut à Paris dans la 39. année de son
âge. Les heureux talens dont il étoit orné , le
font universellement regretter , comme un sujet
également utile à la Religion qu'il a défendue
avec un zele infatigable par ses éloquents et so
lides Sermons ; et à la République des Lettres ,
qu'il a enrichie de plusieurs Ouvrages poëtiques
qui ont mérité plus d'une fois d'être couronnés .
dans l'Académie des Jeux Floraux. Il étoit d'ail
leurs autant estimable par les qualités du cœur
que par celles de l'esprit. Il prononça l'année
derniere avec beaucoup de succès dans l'Eglise
des R R. PP. de l'Oratoire , le Panégyrique de
S. Louis , en présence de deux célebres Acadé
mies. Il a aussi prêché plusieurs Sermons dans
l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice et dans d'autres
Eglises de la Ville . Un redoublement de zele
pour les devoirs de son Ministere dans les cir-
constances de la fin du Carême , lui a causé la
maladie qui l'a enlevé en très-peu de jours.
Le même jour D. Jeanne-Louise d'Herbouville
I. Vd.
épouse
1224 MERCURE DE FRANCE
épouse de Charles de Houdetot , dit le Comte de
Houdetot , Chevalier Seigneur de Fontaines-le-
Châtel , de S. Germain des Essours , des Autieux,
&c. son cousin paternel et maternel du 3. au 4.
mourut après une courte maladie d'un abcès dans
la tête , à Paris dans la 26. année de son âge ,
étant née le s. Décembre 1711. elle étoit fille
d'Adrien , Marquis d'Herbouville , Chevalier-
Seigneur de S. Jean du Cardonnay , la Cour-le-
Comte , la Gaillarde , le Bourgdun , Luneray ,
S Pierre le Vieux , Baron de Longueval , Lagny,
fe Marqué , Bellan , &c. ci - devant premier Ea-
seigne de la Compagnie des Gendarmes de la
Garde du Roy , Mestre de Camp de Cavalerie ,
er de D. Françoise- Chrétienne Dauvet des Ma-
rets ; elle laisse un garçon et une fille en bas àge,
n'ayant été mariée qu'au mois de Novembre
1731. c'étoit la cinquiéme alliance réciproque
que ces deux Maisons , qui sont d'une ancienne
Noblesse de Normandie , avoient faites entre-el-
les. La Généalogie de celle de Houdetot est rå-
portée dans le Tome VIII.des Grands Officiers de
la Couronne , au Chapitre des Grands-Maîtres
des Arbalêrriers , page 16. Ses Armes sont d'ar-
gent à une bande d'azur , chargée de trois anne
lets d'or remplis , celui du milieu d'un Lion ,
les deux autres d'une Aigle à deux têtes , et Dia-
prée d'or. Herbouville porte de gueules à une
Fleur de Lys d'or.
Le nommé Félix de la Mata , mourut le 28.
Avril à Pampelune , âgé de 125. ans ; il s'étoit
marié à l'âge de 110. ans pour la troisième fois,
et il a eu trois enfans de sa derniere femme.
et.
Le 29. Dile Marie Cousinet , Dame.de Boisro-
ger , fille de Robert Coasinet , Maître ordinaire
en-l Chambre des Compres de Paris , mort le
JUIN.
L. Vol
1737.
1225
36. Août 1701. et de Di Elizabeth-Catherine
Rousselet , morte le premier May 1694. mourut
d'une fluxion de poitrine à Paris , dans un âge
avancé , sans avoir été mariée..
Le même jour François Gacon , ancien Avocat
au Parlement de Paris , où il avoit été immatri-
culé le 4. Février 1698. et l'un des grands Con-
sultans du Palais , mourut âgé d'environ 63 ans.
Le même jour D. Jeanne-Margueritte de Bre-
han , veuve depuis le 27. Mars 1713. de Charles,
Marquis de Sévigné , Seigneur des Rochers ,
Lieutenant pour le Roy de la Ville de Nantes et
Comté Nantois, et auparavant Sous-Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Dauphins, avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Fevrier
1-684. mourut à Paris, sans enfans , âgée de 69.
ans. Elle étoit sœur de Jean- François Amalrie
de Bréhan , Comte de Mauron et de Plélo , Sei-
gueur de Galinée , ci-devant Conseiller au Par-
fement de Bretagne ; tous deux enfans de Mau-
rille de Breban , aussi Comte de Mauron et de
Plélo , et de D. Louise de Quelen. Feu Charles?
Marquis de Sévigné , étoit frere de feuë Fran-
go:se -Marguerite de Sévigné , troisiéme femme.
de François Adhemar de Monteil de Castelane ,
Comte de Grignan , Chevalier des Ordres du
Roy ,, et seul Lieutenant General au Gouverne
ment de Provence, morte le 13. Août 1705. tous
deux enfans de Henry , Marquis de Sévigné, Sei-
gneur des Rochers , Maréchal des Camps et Ar
mées du Roy, et Gouverneur de la Ville de Fou-
geres en Bretagne , qui fut tué en 1651. dans un
combat singulier contre le Chevalier d'Albret ,,
et de Marie de Rabutin de Chantal , morte au
mois de May 1696. après s'être renduë celebre
par son esprit et par ses Lettres à la Comtesse de
Grignan ,
1226 MERCURE DE FRANCE
Grignan , sa fille , dont on a donné un Recueil
au Public en 1734. en 6. vol. in 12.
Le 2. May Antoine- Simon le Courtois , Ecuyer
Seigneur d'Avery et de Chome , ci-devant Con
trôleur Géneral des Fermes de Languedoc , ze.
Fils de feu Pierre le Courtois , Ecuyer Conseil-
ler au Siege Présidial de Troyes , et de Margue-
ritte Laigneau , mourut à Paris , laissant de D.
Marthe Ricaud, sa femme, Jacques le Courtois
d'Averly , Conseiller en la Cour des Aydes de
Paris , où il a été reçû le 10. May 1735.
Le 3. mourut subitement à Paris à l'Hôtel de
la Bibliotheque du Roy , âgé de 78. ans , Louis
de Targny , Prêtre du Diocèse de Noyon , Doc-
teur en Théologie de la Faculté de Paris , du 22.
Septembre 1688. l'un des Gardes de la Biblio-
theque du Roy , depuis le mois de Janvier 1712.
et Abbé Commandataire de l'Abbaye de S. Lo ,
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Coutances
qu'il avoit obtenuë le 13. May 1724. en remet-
tant celle de Sainte Marie d'Obasine , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Limoges , qui lui avoit été
accordée le 17. Octobre . 1723. il s'étoit démis il
y avoit environ 18. mois de la Dignité de Chan-
tre de l'Eglise Métropolitaine de Rheims ,et avoit
été autrefois Principal du College de Dainville.
François Sévin , Pensionnaire depuis 1726. de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres , dans laquelle il avoit été reçû Eleve dès
1711. et ensuite Associé en 1714. a cû la Place
de Garde de la Bibliotheque du Roy, vacante par
la mort de Louis de Targny ; il en faisoit les
fonctions depuis quelques années.
Le 3. Dom Etienne Richard , General de
l'Ordre des Chartreux , mourut à la grande Char-
treuse en Dauphiné, dans la 69. année de son
I. Val
âge,
JUIN 1737.
I. Vol.
1227
ge , et dans la 6. de son Géneralat , ayant été
élû le 3. Février 1732. il étoit alors Prieur de la
Chartreuse de Castres en Languedoc , et Visiteur
de la Province d'Aquitaine.Dom Michel de Lar-
nage Prieur de la Chartreuse de S. Hugon , a été
élu Géneral en son lieu et place.
Le 4. Ferdinand , Duc de Curlande , et de Se-
migalle , qui depuis deux à trois ans faisoit son
séjour le plus ordinaire à Dantzig , y mourut
dans la 82. année de son âge , étant né le 2. No-
vembre 1655. il étoit 4 fils de Jacques , Duc de
Curlande et de Semigalle , mort le 31. Décembre
1682.et de Louise-Charlotte de Brandebourg,
morte le 29. Août 1676. il avoit embrasse la
Religion Catholique en 1698. et il avoit été au-
trefois Lieutenant d'Artillerie des Troupes de
l'Electeur de Brandebourg et ensuite du Roy de
Pologne. Après la mort du Duc Frederic Casi-
mir , son frere aîné , arrivée le
22. Janvier .
1698. il eut la Régence et l'administration du
Duché de Curlande jusqu'en 1710. pendant la
minorité du Duc Frédéric Guillaume , son ne-
veu , qui mourut le 21. Janvier 1711. il devoit
être son successeur , étant le seul mâle qui restất
de sa Maison , mais Anne Juanowna , veuve de
son neveu , quoique sans enfans , garda ses Etats
jusqu'en 1730. qu'elle fut apellée au Trône de
la Monarchie de Russie ; ensorte qu'il ne reçut
l'investiture du Duché de Curlande et de ses dépen
dances du Roy de Pologne , que le 28. Février
1731. Il s'étoit marié le 25. Septembre 1730.
avec Jeanne- Magdelaine de Saxe , née le 17.
Mars 1708, fille de feu Jean- Georges , Duc de
Saxe-Weissenfels , et de Frederique- Elizabeth de
Saxe-Eysenach. Il n'en a point eû d'enfans , de-
sorte qu'en lui finit la Maison de Ketler , qui
avoit
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Oüen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
.de Paris , mourut dans la 84. année de son âge
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Consciller au Parlement le 6. May 1682. il mon-
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont, Courbevoye, & c. Conseil
ler-Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances ,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feüe Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
L.Voli
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
l'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte- Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit eû d'elle deux enfans ; sçavoir,
Jean-Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese - Gene-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port - Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
1. Val.
nang
*
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Ouen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
de Paris , mourut dans la 84. année de son âge ,
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Conseiller au Parlement le 6. May 1682. il mon
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont , Courbevoye, & c. Conseil
ler- Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feue Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
I Vol
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
P'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte-Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit cû d'elle deux enfans ; sçavoir
"
Jean- Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
Laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese Genc-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar-
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Loüis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port- Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
I. Val.
nang
230 MERCURE DE FRANCE
nant General de ses Armées , Grand-Bailly et
Gouverneur de Peronne , Montdidier et Roye ,
mort au mois de Décembre 1689. et de Dame
Marie Molé de Jusanvigny , morte le 21. Jan-
vier 1694. Il ne lui restoit plus qu'une Fille , qui
est D. Pauline- Corisande de Pas- Feuquieres ,
née le 19. Janvier 1704. et mariée le 30. Jan-
vier 1720. avec Joachim Adolphe de Seigliere
Marquis de Soyecourt , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Brigadier des Armées
du Roy , ci-devant Colonel du Regiment de
Bourgogne.
Le 9. Jean-Jacques du Bergier , Seigneur des
Salles , et de Montaumer , Gentilhomme Ore
dinaire du feu Duc d'Orleans , mourut à Paris
en la Maison des PP. de la Doctrine Chrétien-
ne , dans un âge fort avancé.
Il étoit Fils de
Jean-Jacques Bergier , Seigneur des Salles , et
de Marie de Machaut , et veuf de Marie Gene-
viéve Routtier, morte le 24. Janvier 1731. âgée
de 74. ans, Fille de Michel Routtier Payeur des
Rentes de l'Hôtel de Ville de Paris , et de Ge
nevieve Lalleman.
Le 11. Augustin de la lacquerie de Simphalle,
natif de Beauvais en Picardie , Chanoine-Dia-
cre de l'Eglise Métropolitaine de Paris,mourut âgé
de 84.ans comple:s moins un jour, étant né le 12.
May 1653. Il étoit petit Neveu du célebre Clau-
de Joly , Chantre , Chanoine et Official de Pa-
ris , mort le 16. Janvier 1700. dans la 94 an-
née de son âge , qui lui avoit resigné avant sa
mort son Canonicat , auquel il fut reçû le 25.
du même mois de Janvier. Il étoit auparavant
Chanoine et Théologal de l'Eglise de Tournay.
Claude Joly avoit succedé en 1631. dans ce Ca
nonicat à Gui Loysel , son Oncle ; celui- ci à
I. Vol.
Arnoul
JUIN.
17370
1231
Arnoul du Mesnil , son grand Oncle en 1590.
et ce dernier à Paul du Mesnil , son Frere , en
$ 178 . ainsi il y avoit 159. ans que ce Bénéfice
étoit dans cette Famille.
Le 12. D. Catherine Turgot de Saint Clair ;
Epouse de Claude-Charles Hatte de Chevilly
Brigadier des Armées du Roy , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis , et ci-devant Ca-
pitaine au Regiment des Gardes Françoises , et
auparavant veuve de Gilles d'Aligre , Seigneur
de Boislandry et de Beauvoir , Conseiller au
Parlement de Paris , decédé le 12. Avril 1711 .
mourut à Paris après 6, mois d'une maladie de
langueur, âgée d'environ 65. ans , sans laisser
d'enfans. Elle étoit fille de feu Antoine Turgot ,
Seigneur de S, Clair , Lanteuil , le Ménil-Gon-
douin
Belon , Sainte Honorine , &c. mort
Sous-Doïen des Maîtres des Requêtes de l'Hôtel
du Roy , le 15. Février 1713. et de feuë D,
Jeanne du Tillet , morte le 12 May 1728,
Le 13. Sœur Angelique de Lanfernat , sur
nommée de Tous - les- Saints , Religieuse, Ursuli-
ne du Convent de Crevant , ou Cavant en Au-
xerrois, mourut dans ce Monastere, âgée de plus
d'un Siécle. Elle étoit fille afnée de Charles de
Lanfernat , Ecuyer , Seigneur de la Jaque mi-
niere , et des Bards , et de D. Claude-Marie du
Plessis de la Perrine , Dame d'Asnieres , quifu
rent mariés par Contrat du 28. Décembre 1635,
Elle fur ondoyée au Château de la Jacquemi-
niere au Perche , et baptisée peu de jours après
dans l'Eglise de Moncorbon , le jour de Noël
?
25. Décembre 1636. Elle avoit deux Sœurs ca-
dettes , Religieuses au Convent des Ursulines de
Crevant , où elles sont mortes en reputation de
Sainteté ,
gées de plus de 80. ans, Elle prit à
J. Vol.
Jeug
1232 MERCURE DE FRANCE
leur exemple le même parti ; et après son No-
viciat , elle fut admise à la Profession le s. No-
vembre 1662. Elle a édifié , pendant sa vie
1
toute la Communauté par ses vertus , et par sa
régularité à remplir les Observances de son état,
dont elle ne s'estjamais relâchée , même dans sa
vieillesse la plus avancée. Feu Edme de Lanfer-
nat , son frere , Seigneur de la Jacqueminiere et
d'Asnieres , mort au mois d'Octobre 1718. a
laissé de Catherine Sauvat , qu'il avoit épousée
Je 9. Juin 1676, et du chef de laquelle il étoit
devenu Seigneur de Villars , Paroisse de Cham-
pignelles près de S. Fargeau en Puisaye ; entre
autres Enfans , Jean
·
Baptiste de Lanfernat ,
Seigneur de Villars , marié avec Damoisel
le Guillaume de Marsangis , d'auprès de Sens ,
et Charlote de Lanfernat , mariée avec Joseph
de Montigny , Seigneur de Montigny- les-Has-
tes , Paroisse de Pereux. On a parlé de la Fa-
mille de Lanfernat dans le Mercure du mois
de Février 1731. p. 284 à l'occasion de la mort
de D. Louise- Marie de Lanfernat , Dame de
Courteilles- le-Guerin , du Teil , et de Cham-
moteux , Veuve de François de l'Osmone , Sei-
gneur du Bois-de- la-Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roy , et Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , laquelle s'étoit fait connoître par son
talent pour la Poësie , et par les Recherches et
Mémoires qu'elle avoit faites sur l'Histoire de
Normandie.
Le 14 May , Louis de Rochechouart, Seigneur
de Montigny et du Monceau , qui avoit servi
dans sa jeunesse en qualité d'Enseigne , et en-
suite de Lieutenant des Galeres , mourut dans
son Château de Montigny , dans la Forêt d'Or-
leans , âgé de 72. ans 10 mois. 11 étoit fils
I. Vol.
d'Isaac
du Roi.
JUIN.
1737.
1233
Isaac- Louis de Rochechouart , Seigneur de
Montigny, de la Brosse et du Monceau , Baron
de Loury dans la Forêt d'Orleans, mort en 1683.
et de Françoise le Conquerant , sa premiere fem-
me , et il avoit épousé en 1692. Elizabeth de
Cugnac , fille de Philipe de Cugnac , Baron de
Jouy en Beauce , et d'Elizabeth de Morain-
ville, Il en laisse Louis-Philipe-Esprit-Juvenal
de Rochechouart, Chevalier des Ordres de N.D.
du Mont Carmel , et de S. Lazare de Jerusalem,
Capitaine dans le Regiment de la Reine Infan-
terie; Pierre-Jules-César de Rochechouart, Evê-
que d'Evreux , sacré le 15. Février 1734. Jo-
seph de Rochechouart , et Louise Elisabeth de
Rochechouart , mariée le 10. Décembre 1731.
avec Henri Lambert d'Herbigny , Marquis de
Thibouville , ci-devant Mestre de Camp du Re-
giment de Dragons de la Reine.
Le 17. D. Marguerite de Lalive , veuve depuis
le 17. Juin 1731. de Jean Martial de Jaucen de
la Perriére, Seigneur de Crosne , et de Noisy sur
Seine,Conseiller-Secretaire du Roi, Maison,Cou-
ronne de France et de ses Finances , ancien Re-
ceveur general des Finances de Flandres , et an-
cien Fermier general , mourut en son Châ-
teau de Crosne , âgée d'environ 84. ans , lais-
sant 2. filles,qui sont D. Marie Anne de Jaucen,
veuve de Pierre Larcher , Marquis d'Arey , et
de Vindici, Seigneur d'Avrilly , Bailli d'Epée de
Vermandois , et Président en la Chambre des
Comptes de Paris , et D. Marguerite Françoise
de Jaucen, épouse de François- Louis - Martial de
Montiers , Comte de Merinville , Vicomte de
Brigueil , Baron de Montrocher , et de Château-
brun, Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , et Brigadier des Armées
Lo
234 MERCURE DE FRANCE
Le 27. La Dlle Lucas , fille aînée de feu An-
toine-Jean Lucas , Seigneur de Romeval , et de
Neuvirelle , Conseiller en la Grand'Chambre du
Parlement de Paris mort le 7. Décembre 1728.
et de D. Anne Magdelaine Loyseau , sa veuve ,
mourut
>
âgée de 21. ans ou environ .
Le 29. Alexis Paneau , Conseiller-Secretaire da
Roi,Maison,Couronne de France et de ses Finan.
ces, Honoraire , et ancien Directeur general des
Aydes et Entrées de la Ville de Paris, aussi ancien
Payeur des Rentes de l'Hôtel de Ville , mourut
dans la 100e. année de son âge , étant né au mois
de Juillet 1637. Il avoit été marié 1º. avec Vic-
toire Elian , Femme de Chambre des Enfans de
France , morte le 22. Septembre 1694. 2 ° avec
Jeanne- Angelique le Vaillant , sœur de François
le Vaillant , Conseiller au Grand Conseil. Il
laisse de celle-ci 2. filles qui ne sont point ma-
riées , et de la premiere un fils apellé le sieur
d'Arty, qui lui a succedé dans l'Emploi de Di-
recteur General des Aydes et Entrées de Paris ,
et qui a épousé une des filles de Louis Guillau-
me , Ecuier , Sieur de Fontaine, Commissaire et
Controlleur de la Marine au Département de
Flandres et de Picardie , et de Marie Armande
Carton.
Le premier Juin , D. Marie- Thérese Colbert ,
veuve depuis le 6. Novembre 1725. de Jacques
Eleonor Rouxel, Comte de Medavy et de Gran-
cey , Maréchal de France , Chevalier des Or-
dres du Roi , Gouverneur de la Ville et Princi-
pauté de Sedan, avec lequel elle avoit été mariée
le 12. Juin 1685. mourut à Paris , âgée de 68 .
ans , sans laisser d'enfans. Elle étoit fille d'E-
douard-François Colbert , Comte de Maulevrier,
Baron de la Frogerie &c. Chevalier des Ordres
da
I. Vol.
JUIN.
1737.
1235
du Roi , Lieutenant General de ses Armées , or
Gouverneur des Ville et Citadelle de Tournay
>
mort le 31. Mai 1693. et de Marie Magdelaine
Bautrude Serrant , morte le 10. Mars 1700.
Le même jour D. Louise - Emilie de la Tour
d'Auvergne, ancienne Abbesse de l'Abbaye Roya
ie de Montmartre-lès- Paris , mourut dans le
Monastere du Prieuré du Cherchemidi , où elle
s'étoit retirée, dans la 70. aunée de son âge . Elle
étoit Professe de l'Abbaye de N. D. de Soissons,
de l'Ordre de S. Benoît, elle fut nommée au mois
de Février 1707. Abbesse de S. Remy de Villers-
Côte-Rets , du même Ordre , Diocèse de Sois-
sons,d'où elle fut transferée au mois de Novem-
bre 1727. à celle de Montmartre , dont elle
donna sa démission au mois de Février 1735.
Elle étoit fille de Frédéric- Maurice de la Tour ,
Comte d'Auvergne et d'Oliergues , Marquis de
Lanquais, Colonel Général de la Cavalerie Lé
gere de France , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Gouverneur et Sénéchal du haut et bas
Limosin , mort le 23. Novembre 1707. et de
Henriette- Françoise de Hohen- Zollern , Mar-
quise de Berg-op - Zoom , sa premiere femme
morte le 17. Octobre 1698.
Le 7. Avril , pâquit dans le Château de Wailly
Marie Anne Christiane Josephine, fille premiere
née de Louis Ferdinand Joseph de Croy , Duo
d'Havré , et de Croy , Prince du Saint Empire ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe, Châtelain
heréditaire de Mons , Marquis de Thie-le Châ-
teau,&c. Colonel du Régiment de la Couronne,
et de D. Marie- Louise Cunegonde de Montmo-
rency-Luxembourg , mariés le 16. Janvier de
Pannée derniere 1736. elle fut baptisée le lende-
I
main
1236 MERCURE DE FRANCE
main 8. par l'Evêque d'Amiens dans l'Eglise pa,
roissiale de ce lieu au bruit de plusieurs déchar
ges de canon. Les Parain et Maraine furent
Louis Christian de Montmorency - Luxembourg,
Comte Souverain de Luxe , Comte de Beau-
mont , Seigneur de Dollor , Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Gene
ral au Gouvernement de Flandres , et Gouver
neur de Valenciennes
la baptisée.
Ayeul maternel
"
et
D. Marie-Anne Cesarée Lanti, Duchesse Dožiai-
riere d'Havré , et de Croy , Ayeule paternelle de
Quelques semaines après cette cérémonie , il
y eut dans les Jardins du Château de Wailly un
fort -beau feu d'artifice , qui fut tiré entre 9. et
10. heures du soir avec beaucoup de succès. Il
fut accompagné d'une illumination d'environ
3000. lampions dont toutes les fenêtres du Châ-
teau étoient entourées ; quantité de piramides
sur les bords d'un Canal , qui passe au milieu
du jardin , étoient aussi garnies de lampions ,
et formoient par la reverberation de leur lumie
re dans le canal un objet fort charmant à la vûë,
Plusieurs personnes de la premiere distinction
de la Province , se trouverent à cette fête.
Le premier Avril dernier , D. Joachim- An
toine Ximenès , Marquis d'Ariza , et de la Guar-
dia , Amirante heréditaire du Royaume d'Arra-
gon , Grand d'Espagne de la premiere Classe ,
veuf de feie. D. Rose Perez de Gusman Bueno
Sylva et Mendoza , épousa dans la Chapelle
du Château de Wailly à 4. lieues d'Amiens en
Picardie , Dlle Marie Anne. Charlotte de Croy,
âgée d'environ 20. ans, seconde fille de feu Jean-
Baptiste Erançois Joseph.de Croy , Duc d'Ha
J Vol.
γκέ
JU IN.
1737.
1237
ré et de Croy , Marquis de Wailly , Prince de
l'Empire, Grand d'Espagne de la premiere Clas-
se , mort le 24. Mai 1727. et de D. Marie An-
ne Cesarée Lanti , sa veuve , Duchesse Douai-
riere d'Havré et de Croy. La cerémonie des Fian
çailles , et des Epousailles fut faite par Louis-
François d'Orleans de la Mothe , Evêque d'A-
miens.
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3
p. 1237-1256
ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
Début :
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du [...]
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
ARRESTS NOTABLES,
EDITS, &c.
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du
Tabac au Comté de Bourgogne , par lequel Sa
Majesté ordonne l'exécution des 26. Articles
Contenus audit Arrêt.
ORDONNANCE du Roy , du 8. Janvier sui
vant,portant réduction des Régimens d'Infante-
rie Allemande , par laquelle S. M. ordonne l'exe
cution des dix Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant rétablisse-
ment des Congés d'ancienneté , dont la déli-
vrance avoit été suspenduë par celle du Is. Fé
vrier 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Troupes Suisses et Grisonnes qui sont au Ser-
vice de S. M. et regler leur payement.
1 AUTRE du même jour , portant réduction
dans les Régimens de Hussards , qui ordonne
I. Kol.
I ij , l'execution
1238 MERCURE DE FRANCE
Eexecution des huit Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant réduction
des Compagnies de Cavalerie Françoise et Etrans
gere , et de Carabiniers.
AUTRE du même jour , pour réduire tou-
tes les Compagnies des Régimens d'Infanterie
Françoise , à trente hommes.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens de Dragons à vingt-
cinq , dont quinze à cheval et dix à pied.
AUTRE du même jour , concernant la ré-
duction des quatre Compagnies des Gardes du
Corps , par laquelle S. M. ordonne qu'à com
mencer du 20. du présent mois de Janvier ,
il
sera réformé cinq Gardes par Brigade , à raison
de trente par Compagnie , et au total cent vingt
Gardes, &c.
AUTRE du même jour , pour réduire la
Compagnie des Grenadiers à cheval du Roy , a
cent trente Maîtres , avec quatre Tambours.
AUTRE du même jour , pour retranches
les cinquante Mousquetaires à cheval , dont
chacune des premiere et seconde Compagnies
avoient été augmentées par Ordonnance du pre-
mier Mars 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
trente Compagnies ordinaires du Régiment des
Gardes Françoises , à cent dix hommes chacune ,
Bon compris les Officiers.
I.Vol
AUTRE
JUIN.
1737.
seize Compagnies de la Gendarmerie.
1235
AUTRE du même jour , pour réduire les
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens d'infanterie Iklan-
coise à trente hommes , et composer les Batail-
lons de dix - sept Compagnies , de même que les
Bataillons François,
AUTRE du même jour , contenant 44. pa
ges , portant Reglement pour le payement des
Troupes de Sa Majesté , par laquelle il est dit
que S. M. ayant fait expédier ses ofdres pour le
licenciement et les réductións qu'elle s'est déter-
minée de faire dans ses Troupes , tant Françoises
qu'Etrangeres , à l'occasion de la Paix ; et vou-
Tant expliquer ses intentions sur la composition ,
après la réforme , et l'entretenement de celles
qu'elle a résolu de conserver ; elie a ordonné et
ordonne l'execution de tous les Articles conte-
nus en ladite Ordonnance , &c.
AUTRE du 1o. pour faire
retournee
dans les Provinces et Generalités du Royaumë
Jes Cavaliers , Dragons et Soldats François qui
seront réformés , et leur défendre de commettre
aucun désordre ni de passer dans les Pays Etran-
gers , sur les peines qui y sont contenues.
SENTENCE de Police du 11. qui renouvelle
les défenses à tous Boulangers , Meûniers , Bras-
seurs et autres , d'acheter aucuns Grains et Fa-
rines , et à tous Fermiers , Laboureurs et autres,
d'en vendre par montre , dans l'étenduë de huit
lieues aux environs de Paris..
1. Vol.
I iij
ARREST
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se Itveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sieurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
ge
JUIN 1737.
I iij
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé caillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés eux
aux Jeux de Pair-ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour, les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I. Vol.
Qu'on
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se leveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sicurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece-
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
de
JUIN 1737.
I. Vol.
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé taillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés cux
aux Jeux de Pair -ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I iiij
Qu'on
•
1242 MERCURE DE FRANCE
Qu'on y lit à la page 7. que la Dame Mar-
quise de Bauffremont est effectivement Heleine
de Courtenay, Princesse du Sang Royal de France
:
et que comme si ce n'étoit pas assés qu'un tel
Mémoire eût été hazardé au fond d'une Pro-
vince à l'extrémité du Royaume ; un Ecrivain
qui met au jour des feuilles successives sous le ti-
tre, d'Observations sur les Ecrits modernes , vient
de lui donner un nouveau degré de publicité à
Paris jusque sous nos yeux , par l'extrait qu'il
en a fait dans ses feuilles du 12. Janvier , dans
lequel il a transcrit les propres termes de l'èn-
droit où est employée cette qualité.
Qu'ils ne s'étendront point sur ce qui se passa
en la Cour au commencement du dernier siecle,
aux premieres tentatives de quelques personnes
de la maison de Courtenay , pour s'arroger
s'il eût été possible , quelque commencement de
possession d'une pareille qualité. Que les mo-
numens qui reposent dans le Greffe de la Cour
en font foy : et que ce qu'on y voit à ce sujet
sera à jamais une preuve mémorable du zele de
ceux qui exerçoient alors le Ministere dont ils
at l'honneur d'être revétus..
Mais que ni la mémoire des choses passées ,
ni l'exemple de leurs Prédécesseurs , ne sont né-
cessaires pour authoriser une démarche qu'ils
ne pouroient obmettre , sans manquer au plus
sacré de leurs devoirs , et sans être responsables
de leur silence , au Roi , à l'Etat et à la Cour.
Qu'on ne peut trop sentir de quelle extrême
conséquence il est , que le caractere auguste qui
distingue en France les Princes du Sang Royal,
ne puisse au gré de l'opinion et des conjectures ,
devenir l'objet d'ambitieuses prétentions Qu'au-
trement , plus une Maison seroit illustre , plus
les
JUIN.
17278
dans la nuit des temps reculés
T243
les traces de son ancienne origine se perdroient
quence pour d'autres Maisons.
et plus il lui
seroit facile de se laisser éblouir aux idées Ala-
teuses , dont la temérité ou l'artifice cheiche-
roient à repaître son ambition , et que lors mê-
me qu'elle viendroit à s'éteindre , son éxemple
demeureroit toujours capable de tirer à consé
Que ce sont ces considérations , dont la Cour
sçaura mieux peser encore toute l'importance ,
qui leur ont dicté les Conclusions qu'ils ont
l'honneur de lui remettre
et le sujet.
Mémoire et lesdites Feuilles.
avec le Mémoire ,
et les Feuilles imprimées qui en font l'occasion:
Lequel Mémoire , et lesquelles Feuilles ils ont
laissé sur le Bureau , avec les Conclusions par
écrit du Procureur Général du Roi contre ledit
:
Eux retirés Vú l'imprimé intitulé : Mémoire
pour Messive Louis Benigne , Marquis de Baufre-
mont , c. contenant quinze pages , ensemble
les Feuilles intitulées: Observations sur les Ecrits
modernes, Lettre quatre vingt-dix-neuf, commen.
çant à la page cent-quatre- vingt- treize , et fi-
nissant à la page deux - cent-seize , dattées à la
fin , le douze Janvier mil sept-cent trente-fept. A
Paris , chés Chaubert : Conclusions du Procu-
1eur Général du Roi, La matiere sur ce mise en
délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que les termes
Heleine de Courtenay , Princesse du Sang Royal
de France , étant au bas de la page sept dudit
Mémoire , demeureront rayés et suprimés , et
que les Feuilles intitulées
Observations sur les
Ecrits modernes , Lettre quatre-vingt- dix-neuf ,
lesdites Feuilles commençant à là page cent-qua-
I. Vol.
Ly
tre
244 MERCURE DE FRANCE
tre-vingt-treize , et finissant à la page deux-
cent-seize , dattées à la fin, le douze Janvier mil-
sept-cent-trente-sept. A Paris , chés Chaubert , se-
font et demeureront suprimées ; Fait inhibitions
et défenses , tant audit de Bauffremont qu'à tous
autres , d'employer lesdits titre et qualité pour
ladite Heleine de Courtenay , et notamment à
tous Libraires et Imprimeurs et tous autres , de
les employer dans aucuns Livres ou Imprimés ,,
et pareillement d'imprimer , vendre et cébiter ,
ou autrement distribuer tant lesdites Feuilles que
ledit Mémoire , avec les termes cy- dessus ; le
tout à peine d'être procedé extraordinairement
contre les Contrevenans , Enjoint à tous ceux
qui auroient des Exemplaires dudit Mémoire ,
ou desdites Feuilles , de les aporter au Greffe de
la Cour , pour être lesdites Feuilles suprimées ,
et les termes cy- dessus rayés dudit Mémoire..
Ordonne en outre que Copies collationnées du
présent Arrêt, seront envoyées dans les Baillia-
ges et Sénéchaussées du Ressort pour y être lû ,.
publié et registré : Enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roi, d'y tenir la main , et
en certifier la Cour dans le mois. Fait en Par-
lement le sept Février mil- sept-cent trente-sept .
Signé YSABEAU..
ORDONNANCE du Roi , du 11. au sujet
des Deserteurs des troupes des Isles Françoises.
de l'Amérique , par laquelle il est dit que Sae
Majesté voulant exciter de plus en plus ses Su-
jets des Isles Françoises de l'Amérique à arrê-
ter les Deserteurs des troupes qu'Elle y entre-
tient , E le a ordonné et ordonne que par le Tré-
sorier general de la Marine il sera payé , sut-
les ordonnances des Intendans ou Commissai
I. Vola
IRE
JUIN.
I. Vah
1737.
1245
res ordonnateurs auxdites Isles , la somme de
cent livres pour chaque deserteur desdites trou-
pes , à celui ou à ceux qui en auront fait la cap-
ture , et l'ameneront.
DECLARATION du Rey , qui regle la for
me en laquelle les Procurations pour résigner
les Bénéfices doivent êtres faites. Donnée à Ver-
sailles le 14. Février registrée en Parlement
le 13. Mars.
ARREST du 15. qui commet le sieur de
Saint Contest de la Chataigneraye , Maître des
Requêtes , pour défendre , en qualité de Procu-
reur General , aux demandes en cassation des
jugemens de competence..
AUTRE du 17. par lequel il est dit que le
Roi ayant été informé de ce qui s'est passé dan's
la Ville de Douay , à l'occasion de la mort d'un
Chanoine du Chapitre de S. Amé ; S. M. au-
roit jugé à propos de se faire rendre un compte
éxact de cette affaire , dont l'importance lui a
paru mériter son attention à quoy voulant
pourvoir , Sa Majesté étant en son Conseil , a
ordonné et ordonne que les déliberations capi-
tulaires du Chapitre de S. Amé , concernant le
dit Chanoine, et les Ordonnances 'en Jugement ,
rendues à son égard , ensemble les Apellations
simples ou comme d'abus , si aucunes en ont
été interjettées seront incessamment remises en-
tre les mains du sieur d'Argenvilliers , Secretaire
d'Etat , pour y être pourvû par Sa Majesté
ainsi qu'il apartiendra , sur le compte qui lui
sera rendu desdites pieces. : Sa Majesté réservant
à sa Personne la connoissance de cette affaire,
Evj
cife
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou- .
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis ,
ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre-vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt- six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
né à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par la grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , S -
LUT. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très- cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à ce nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val..
LEB
JUIN.
1. Vol
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettres
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à-présent et à l'avenir , nul et comme´non ave--
au , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes . Si
donnons en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand - Con
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstant
tous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré-
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogeons par ces Pié
sentes , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir
;
et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce}
à cesdites Présentes Donné , &c .
Lu , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud t Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURN A'Y.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars,
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Ports de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
AUTRI
248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires..
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Quvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit:
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément , sous
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains ; et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas c , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
sous silence.
a Cour en jugera comme eux , si elle
seulement ce qui regarde diverses
ont nommées dans cette Feuille,
ent compromises , mais encore
de dangereux pour le Pablic,
n présente des esprits sur les af
Laires
JUIN 1737.
Y249'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre ..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité ses
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne , n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur connoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à cette These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnaissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar--
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être :
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout t
la fermeté inébranlable de la France .
ral dans l'ordre de la Puissance sp
τί
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus susce
´ment à maintenir la supériorité du C
Vole
•
•
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partic
principale et essentielle de l'institution de 1 Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas.
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elie réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi--bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutemë
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31.
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que laditt
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoine
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
I. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
Les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
lu , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , et
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal - Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal- Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
POrdonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M: a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
11252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crû des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada er
à l'Isle- Royale..
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du cru des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres
crites.
ORDONNANCE DU ROY du ro. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
gerie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant ,
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
La perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris
Etrangers.
suit.
par
AUTRE du 5. May , dont la tencur
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
u par Sa Majesté le 9. Décembre 1731. par
1. Vol.
les
lequel
JUIN.
I. Fol
+1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus ,
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , et
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, & c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy ajugé à propos de suprimer par son
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain-
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excirent une nouvelle émotion dans les esprits:
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori-
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon ,second Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , &c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
et autres.
LETTRES
1254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran-
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
-que
JUIN.
1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
qu'il Nous plairoit regler ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ace Nous mouvans ', de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
erie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me,Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très- expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
ctuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause ,
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
*iaux
7254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
1. Vol.
que
JUIN..1737.
J. Vol.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte : mais
comme ledit sicur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très- humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous p'airoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ice Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
crie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
tuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
tiaux
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné.
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou-.
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis , ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre- vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt-six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
Lé à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par Ia grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , SA-
IU T. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
"du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très-cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à cẹ nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val.
JUIN.
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettreg
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à- présent et à l'avenir , nul et comme non ave--
nu , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes. Si
donuous en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand- Con-
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstanť
fous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogcons par ces Pié
senies , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir , et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce
ă cesdites Présentes Donné , &c.
Lú , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud 1 Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURNAY.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Pòrts de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
1. Vol
AUTRI
T248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires.
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Ouvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, er
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément ,
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains, et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas crû , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
la passer sous silence .
Que la Cour en jugera comme eux , si elle
considere non-seulement ce qui regarde diverses
Personnes qui sont nommées dans cette Feuille,
et qui s'y trouvent compromises , mais encore
plus ce qu'elle a de dangereux pour le Pablic ,
dans la disposition présente des esprits sur les af
L.. Vole
Sous
faires
JUIN 1737.
Le Volo
Y'49'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité sés
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur counoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à certe These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnoissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar-
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être:
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choisi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus suscepti
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout temps
la fermeté inébranlable de la France , non-seule
´ment à maintenir la supériorité du Concile géne
ral dans l'ordre de la Puissance spirituelle , mais
encore
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partie
principale et essentielle de l'institution de l Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi-
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas .
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elle réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi- bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutene
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31-
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que ladit☛
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoint
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
J. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour !
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
Iû , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , er
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal- Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal-Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
l'Ordonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M : a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
1252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crú des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada et
à l'Isle- Royale.
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né-
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du crû des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres.
crites.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
terie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant
7
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
la perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris par les
Etrangers.
AUTRE du 5. May , dont la teneur
suit.
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
du par Sa Majesté le 9. Décembre 1731, par
1. Vol.
lequel
JUIN.
I. Vola
1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , er
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, &c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy a jugé à propos de suprimer parson
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain--
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excitent une nouvelle émotion dans les esprits :
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
edit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon, secon¹ Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , & c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôlle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
ft autres.
LETTRES
2254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren.
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
paisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
que
JUIN.. 1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en Egypte : mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous plairoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter ledit sieur Meiffren , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES , et autres
ace Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vû le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre-Scel de notre Chancel-
lerie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
Cruire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
riaux
1256 MERCURE DE FRANCE
riaux , outils , et ustenciles qui auroient servi à
leur fabrication ,
et de quinze cent livres d'a-
mende , aplicable un tiers à notre profit, un tiers
au profit du Sicur Meiffren , ses Hoirs et ayans
cause, et l'autre tiers au profit de l'Hôpital le
plus prochain du lieu où il sera contrevenu aux
Presentes. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos
amés et feaux Conseillers les Gens tenans nos
Cours de Parlement , et à tous autres nos Of
ciers et Justiciers qu'il apartiendra , que du con-
tenu des Presentes ils fassent jouir et user ledit
sieur Exposant , ses Hoirs et ayans cause , plei-
nement et paisiblement, cessant et faisant cesser
tous troubles et empêchemens contraires. CAR
tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le tren-
tiéme jour d'Avril , l'an de Grace mil sept cent
trente sept , et de notre Regne le vingt- deuxié-
me , Signé , LOUIS , Et plus bas , par le Roy,
PHE PEAUX.
Nous croyons devoir ajoûter que , par les dif
ferens effets de cette Machine , il semble qu'elle
doit être extrémement composée , elle est ce-
pendant très-simple , peu couteuse et de presque
nul entretien. Depuis qu'elle a été vûë et exa-
minée par Messieurs de l'Académie des Sciences,
le sieur Meiffren l'a encore beaucoup perfection-
née , ensorte qu'il n'y a personne qui ne soit
frapé de cette Invention , une des plus utiles
qui ait encore été trouvée en ce genre.
EDITS, &c.
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du
Tabac au Comté de Bourgogne , par lequel Sa
Majesté ordonne l'exécution des 26. Articles
Contenus audit Arrêt.
ORDONNANCE du Roy , du 8. Janvier sui
vant,portant réduction des Régimens d'Infante-
rie Allemande , par laquelle S. M. ordonne l'exe
cution des dix Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant rétablisse-
ment des Congés d'ancienneté , dont la déli-
vrance avoit été suspenduë par celle du Is. Fé
vrier 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Troupes Suisses et Grisonnes qui sont au Ser-
vice de S. M. et regler leur payement.
1 AUTRE du même jour , portant réduction
dans les Régimens de Hussards , qui ordonne
I. Kol.
I ij , l'execution
1238 MERCURE DE FRANCE
Eexecution des huit Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant réduction
des Compagnies de Cavalerie Françoise et Etrans
gere , et de Carabiniers.
AUTRE du même jour , pour réduire tou-
tes les Compagnies des Régimens d'Infanterie
Françoise , à trente hommes.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens de Dragons à vingt-
cinq , dont quinze à cheval et dix à pied.
AUTRE du même jour , concernant la ré-
duction des quatre Compagnies des Gardes du
Corps , par laquelle S. M. ordonne qu'à com
mencer du 20. du présent mois de Janvier ,
il
sera réformé cinq Gardes par Brigade , à raison
de trente par Compagnie , et au total cent vingt
Gardes, &c.
AUTRE du même jour , pour réduire la
Compagnie des Grenadiers à cheval du Roy , a
cent trente Maîtres , avec quatre Tambours.
AUTRE du même jour , pour retranches
les cinquante Mousquetaires à cheval , dont
chacune des premiere et seconde Compagnies
avoient été augmentées par Ordonnance du pre-
mier Mars 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
trente Compagnies ordinaires du Régiment des
Gardes Françoises , à cent dix hommes chacune ,
Bon compris les Officiers.
I.Vol
AUTRE
JUIN.
1737.
seize Compagnies de la Gendarmerie.
1235
AUTRE du même jour , pour réduire les
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens d'infanterie Iklan-
coise à trente hommes , et composer les Batail-
lons de dix - sept Compagnies , de même que les
Bataillons François,
AUTRE du même jour , contenant 44. pa
ges , portant Reglement pour le payement des
Troupes de Sa Majesté , par laquelle il est dit
que S. M. ayant fait expédier ses ofdres pour le
licenciement et les réductións qu'elle s'est déter-
minée de faire dans ses Troupes , tant Françoises
qu'Etrangeres , à l'occasion de la Paix ; et vou-
Tant expliquer ses intentions sur la composition ,
après la réforme , et l'entretenement de celles
qu'elle a résolu de conserver ; elie a ordonné et
ordonne l'execution de tous les Articles conte-
nus en ladite Ordonnance , &c.
AUTRE du 1o. pour faire
retournee
dans les Provinces et Generalités du Royaumë
Jes Cavaliers , Dragons et Soldats François qui
seront réformés , et leur défendre de commettre
aucun désordre ni de passer dans les Pays Etran-
gers , sur les peines qui y sont contenues.
SENTENCE de Police du 11. qui renouvelle
les défenses à tous Boulangers , Meûniers , Bras-
seurs et autres , d'acheter aucuns Grains et Fa-
rines , et à tous Fermiers , Laboureurs et autres,
d'en vendre par montre , dans l'étenduë de huit
lieues aux environs de Paris..
1. Vol.
I iij
ARREST
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se Itveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sieurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
ge
JUIN 1737.
I iij
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé caillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés eux
aux Jeux de Pair-ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour, les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I. Vol.
Qu'on
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se leveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sicurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece-
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
de
JUIN 1737.
I. Vol.
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé taillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés cux
aux Jeux de Pair -ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I iiij
Qu'on
•
1242 MERCURE DE FRANCE
Qu'on y lit à la page 7. que la Dame Mar-
quise de Bauffremont est effectivement Heleine
de Courtenay, Princesse du Sang Royal de France
:
et que comme si ce n'étoit pas assés qu'un tel
Mémoire eût été hazardé au fond d'une Pro-
vince à l'extrémité du Royaume ; un Ecrivain
qui met au jour des feuilles successives sous le ti-
tre, d'Observations sur les Ecrits modernes , vient
de lui donner un nouveau degré de publicité à
Paris jusque sous nos yeux , par l'extrait qu'il
en a fait dans ses feuilles du 12. Janvier , dans
lequel il a transcrit les propres termes de l'èn-
droit où est employée cette qualité.
Qu'ils ne s'étendront point sur ce qui se passa
en la Cour au commencement du dernier siecle,
aux premieres tentatives de quelques personnes
de la maison de Courtenay , pour s'arroger
s'il eût été possible , quelque commencement de
possession d'une pareille qualité. Que les mo-
numens qui reposent dans le Greffe de la Cour
en font foy : et que ce qu'on y voit à ce sujet
sera à jamais une preuve mémorable du zele de
ceux qui exerçoient alors le Ministere dont ils
at l'honneur d'être revétus..
Mais que ni la mémoire des choses passées ,
ni l'exemple de leurs Prédécesseurs , ne sont né-
cessaires pour authoriser une démarche qu'ils
ne pouroient obmettre , sans manquer au plus
sacré de leurs devoirs , et sans être responsables
de leur silence , au Roi , à l'Etat et à la Cour.
Qu'on ne peut trop sentir de quelle extrême
conséquence il est , que le caractere auguste qui
distingue en France les Princes du Sang Royal,
ne puisse au gré de l'opinion et des conjectures ,
devenir l'objet d'ambitieuses prétentions Qu'au-
trement , plus une Maison seroit illustre , plus
les
JUIN.
17278
dans la nuit des temps reculés
T243
les traces de son ancienne origine se perdroient
quence pour d'autres Maisons.
et plus il lui
seroit facile de se laisser éblouir aux idées Ala-
teuses , dont la temérité ou l'artifice cheiche-
roient à repaître son ambition , et que lors mê-
me qu'elle viendroit à s'éteindre , son éxemple
demeureroit toujours capable de tirer à consé
Que ce sont ces considérations , dont la Cour
sçaura mieux peser encore toute l'importance ,
qui leur ont dicté les Conclusions qu'ils ont
l'honneur de lui remettre
et le sujet.
Mémoire et lesdites Feuilles.
avec le Mémoire ,
et les Feuilles imprimées qui en font l'occasion:
Lequel Mémoire , et lesquelles Feuilles ils ont
laissé sur le Bureau , avec les Conclusions par
écrit du Procureur Général du Roi contre ledit
:
Eux retirés Vú l'imprimé intitulé : Mémoire
pour Messive Louis Benigne , Marquis de Baufre-
mont , c. contenant quinze pages , ensemble
les Feuilles intitulées: Observations sur les Ecrits
modernes, Lettre quatre vingt-dix-neuf, commen.
çant à la page cent-quatre- vingt- treize , et fi-
nissant à la page deux - cent-seize , dattées à la
fin , le douze Janvier mil sept-cent trente-fept. A
Paris , chés Chaubert : Conclusions du Procu-
1eur Général du Roi, La matiere sur ce mise en
délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que les termes
Heleine de Courtenay , Princesse du Sang Royal
de France , étant au bas de la page sept dudit
Mémoire , demeureront rayés et suprimés , et
que les Feuilles intitulées
Observations sur les
Ecrits modernes , Lettre quatre-vingt- dix-neuf ,
lesdites Feuilles commençant à là page cent-qua-
I. Vol.
Ly
tre
244 MERCURE DE FRANCE
tre-vingt-treize , et finissant à la page deux-
cent-seize , dattées à la fin, le douze Janvier mil-
sept-cent-trente-sept. A Paris , chés Chaubert , se-
font et demeureront suprimées ; Fait inhibitions
et défenses , tant audit de Bauffremont qu'à tous
autres , d'employer lesdits titre et qualité pour
ladite Heleine de Courtenay , et notamment à
tous Libraires et Imprimeurs et tous autres , de
les employer dans aucuns Livres ou Imprimés ,,
et pareillement d'imprimer , vendre et cébiter ,
ou autrement distribuer tant lesdites Feuilles que
ledit Mémoire , avec les termes cy- dessus ; le
tout à peine d'être procedé extraordinairement
contre les Contrevenans , Enjoint à tous ceux
qui auroient des Exemplaires dudit Mémoire ,
ou desdites Feuilles , de les aporter au Greffe de
la Cour , pour être lesdites Feuilles suprimées ,
et les termes cy- dessus rayés dudit Mémoire..
Ordonne en outre que Copies collationnées du
présent Arrêt, seront envoyées dans les Baillia-
ges et Sénéchaussées du Ressort pour y être lû ,.
publié et registré : Enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roi, d'y tenir la main , et
en certifier la Cour dans le mois. Fait en Par-
lement le sept Février mil- sept-cent trente-sept .
Signé YSABEAU..
ORDONNANCE du Roi , du 11. au sujet
des Deserteurs des troupes des Isles Françoises.
de l'Amérique , par laquelle il est dit que Sae
Majesté voulant exciter de plus en plus ses Su-
jets des Isles Françoises de l'Amérique à arrê-
ter les Deserteurs des troupes qu'Elle y entre-
tient , E le a ordonné et ordonne que par le Tré-
sorier general de la Marine il sera payé , sut-
les ordonnances des Intendans ou Commissai
I. Vola
IRE
JUIN.
I. Vah
1737.
1245
res ordonnateurs auxdites Isles , la somme de
cent livres pour chaque deserteur desdites trou-
pes , à celui ou à ceux qui en auront fait la cap-
ture , et l'ameneront.
DECLARATION du Rey , qui regle la for
me en laquelle les Procurations pour résigner
les Bénéfices doivent êtres faites. Donnée à Ver-
sailles le 14. Février registrée en Parlement
le 13. Mars.
ARREST du 15. qui commet le sieur de
Saint Contest de la Chataigneraye , Maître des
Requêtes , pour défendre , en qualité de Procu-
reur General , aux demandes en cassation des
jugemens de competence..
AUTRE du 17. par lequel il est dit que le
Roi ayant été informé de ce qui s'est passé dan's
la Ville de Douay , à l'occasion de la mort d'un
Chanoine du Chapitre de S. Amé ; S. M. au-
roit jugé à propos de se faire rendre un compte
éxact de cette affaire , dont l'importance lui a
paru mériter son attention à quoy voulant
pourvoir , Sa Majesté étant en son Conseil , a
ordonné et ordonne que les déliberations capi-
tulaires du Chapitre de S. Amé , concernant le
dit Chanoine, et les Ordonnances 'en Jugement ,
rendues à son égard , ensemble les Apellations
simples ou comme d'abus , si aucunes en ont
été interjettées seront incessamment remises en-
tre les mains du sieur d'Argenvilliers , Secretaire
d'Etat , pour y être pourvû par Sa Majesté
ainsi qu'il apartiendra , sur le compte qui lui
sera rendu desdites pieces. : Sa Majesté réservant
à sa Personne la connoissance de cette affaire,
Evj
cife
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou- .
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis ,
ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre-vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt- six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
né à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par la grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , S -
LUT. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très- cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à ce nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val..
LEB
JUIN.
1. Vol
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettres
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à-présent et à l'avenir , nul et comme´non ave--
au , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes . Si
donnons en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand - Con
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstant
tous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré-
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogeons par ces Pié
sentes , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir
;
et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce}
à cesdites Présentes Donné , &c .
Lu , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud t Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURN A'Y.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars,
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Ports de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
AUTRI
248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires..
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Quvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit:
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément , sous
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains ; et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas c , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
sous silence.
a Cour en jugera comme eux , si elle
seulement ce qui regarde diverses
ont nommées dans cette Feuille,
ent compromises , mais encore
de dangereux pour le Pablic,
n présente des esprits sur les af
Laires
JUIN 1737.
Y249'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre ..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité ses
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne , n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur connoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à cette These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnaissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar--
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être :
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout t
la fermeté inébranlable de la France .
ral dans l'ordre de la Puissance sp
τί
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus susce
´ment à maintenir la supériorité du C
Vole
•
•
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partic
principale et essentielle de l'institution de 1 Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas.
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elie réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi--bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutemë
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31.
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que laditt
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoine
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
I. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
Les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
lu , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , et
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal - Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal- Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
POrdonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M: a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
11252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crû des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada er
à l'Isle- Royale..
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du cru des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres
crites.
ORDONNANCE DU ROY du ro. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
gerie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant ,
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
La perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris
Etrangers.
suit.
par
AUTRE du 5. May , dont la tencur
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
u par Sa Majesté le 9. Décembre 1731. par
1. Vol.
les
lequel
JUIN.
I. Fol
+1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus ,
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , et
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, & c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy ajugé à propos de suprimer par son
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain-
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excirent une nouvelle émotion dans les esprits:
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori-
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon ,second Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , &c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
et autres.
LETTRES
1254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran-
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
-que
JUIN.
1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
qu'il Nous plairoit regler ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ace Nous mouvans ', de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
erie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me,Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très- expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
ctuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause ,
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
*iaux
7254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
1. Vol.
que
JUIN..1737.
J. Vol.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte : mais
comme ledit sicur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très- humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous p'airoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ice Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
crie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
tuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
tiaux
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné.
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou-.
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis , ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre- vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt-six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
Lé à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par Ia grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , SA-
IU T. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
"du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très-cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à cẹ nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val.
JUIN.
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettreg
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à- présent et à l'avenir , nul et comme non ave--
nu , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes. Si
donuous en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand- Con-
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstanť
fous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogcons par ces Pié
senies , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir , et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce
ă cesdites Présentes Donné , &c.
Lú , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud 1 Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURNAY.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Pòrts de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
1. Vol
AUTRI
T248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires.
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Ouvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, er
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément ,
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains, et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas crû , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
la passer sous silence .
Que la Cour en jugera comme eux , si elle
considere non-seulement ce qui regarde diverses
Personnes qui sont nommées dans cette Feuille,
et qui s'y trouvent compromises , mais encore
plus ce qu'elle a de dangereux pour le Pablic ,
dans la disposition présente des esprits sur les af
L.. Vole
Sous
faires
JUIN 1737.
Le Volo
Y'49'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité sés
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur counoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à certe These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnoissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar-
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être:
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choisi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus suscepti
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout temps
la fermeté inébranlable de la France , non-seule
´ment à maintenir la supériorité du Concile géne
ral dans l'ordre de la Puissance spirituelle , mais
encore
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partie
principale et essentielle de l'institution de l Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi-
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas .
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elle réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi- bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutene
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31-
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que ladit☛
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoint
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
J. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour !
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
Iû , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , er
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal- Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal-Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
l'Ordonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M : a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
1252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crú des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada et
à l'Isle- Royale.
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né-
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du crû des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres.
crites.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
terie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant
7
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
la perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris par les
Etrangers.
AUTRE du 5. May , dont la teneur
suit.
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
du par Sa Majesté le 9. Décembre 1731, par
1. Vol.
lequel
JUIN.
I. Vola
1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , er
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, &c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy a jugé à propos de suprimer parson
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain--
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excitent une nouvelle émotion dans les esprits :
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
edit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon, secon¹ Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , & c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôlle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
ft autres.
LETTRES
2254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren.
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
paisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
que
JUIN.. 1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en Egypte : mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous plairoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter ledit sieur Meiffren , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES , et autres
ace Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vû le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre-Scel de notre Chancel-
lerie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
Cruire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
riaux
1256 MERCURE DE FRANCE
riaux , outils , et ustenciles qui auroient servi à
leur fabrication ,
et de quinze cent livres d'a-
mende , aplicable un tiers à notre profit, un tiers
au profit du Sicur Meiffren , ses Hoirs et ayans
cause, et l'autre tiers au profit de l'Hôpital le
plus prochain du lieu où il sera contrevenu aux
Presentes. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos
amés et feaux Conseillers les Gens tenans nos
Cours de Parlement , et à tous autres nos Of
ciers et Justiciers qu'il apartiendra , que du con-
tenu des Presentes ils fassent jouir et user ledit
sieur Exposant , ses Hoirs et ayans cause , plei-
nement et paisiblement, cessant et faisant cesser
tous troubles et empêchemens contraires. CAR
tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le tren-
tiéme jour d'Avril , l'an de Grace mil sept cent
trente sept , et de notre Regne le vingt- deuxié-
me , Signé , LOUIS , Et plus bas , par le Roy,
PHE PEAUX.
Nous croyons devoir ajoûter que , par les dif
ferens effets de cette Machine , il semble qu'elle
doit être extrémement composée , elle est ce-
pendant très-simple , peu couteuse et de presque
nul entretien. Depuis qu'elle a été vûë et exa-
minée par Messieurs de l'Académie des Sciences,
le sieur Meiffren l'a encore beaucoup perfection-
née , ensorte qu'il n'y a personne qui ne soit
frapé de cette Invention , une des plus utiles
qui ait encore été trouvée en ce genre.
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