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18351
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second Mercure du mois [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond Mercure du mois d'Avril , & je n'y
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreffion .
A Paris , ce 14 Avril 1759. GÜIR OY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond Mercure du mois d'Avril , & je n'y
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreffion .
A Paris , ce 14 Avril 1759. GÜIR OY.
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18352
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 2792. ligne 25. les, ôtez ce mot. Pag. 2809. l. 17 dans, lisez de. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fantes à corriger dans ce Livre.
PAge 2792. ligne 25. les , ôtez ce mos.
Pag. 2809. 1. 17 dans , lifez de.
P. 28 17. 1. 26. il feroit , lif. il fe fercit.
P. 284. 1. 11. effrayer le , f. effrayer par le.
P. 2853. 1. 20. entiere , lif. en tierce.
P. 2877. I. 21. année , ôtez ce mot.
P. 2882. 1. 8. ces aftres , tif. cet aſtre.
P. 2919. 1. 23. Rabotin , lif. Ragotin.
Ibid. 1. 26. 4. du mois de Janvier , lif. le 14 du
mois dernier.
P. 2910. l. 12. Meiffonniere , lif. Meiffonnier
PAge 2792. ligne 25. les , ôtez ce mos.
Pag. 2809. 1. 17 dans , lifez de.
P. 28 17. 1. 26. il feroit , lif. il fe fercit.
P. 284. 1. 11. effrayer le , f. effrayer par le.
P. 2853. 1. 20. entiere , lif. en tierce.
P. 2877. I. 21. année , ôtez ce mot.
P. 2882. 1. 8. ces aftres , tif. cet aſtre.
P. 2919. 1. 23. Rabotin , lif. Ragotin.
Ibid. 1. 26. 4. du mois de Janvier , lif. le 14 du
mois dernier.
P. 2910. l. 12. Meiffonniere , lif. Meiffonnier
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18353
p. 212-213
AUTRE.
Début :
Le sieur Cousin Expert, reçu à Saint Côme pour les descentes, donne avis [...]
Mots clefs :
Bandage, Perfectionnement, Solidité, Commodité, Exomphale, Hernie
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Le fieur Coufin Expert , reçu à Saint Côme
pour les defcentes , donne avis qu'il a confidérablement
perfectionné le bandage à reffort pour
l'exomphale reduit , en lui donnant plus de folidité
& de commodité . C'eft fur ces raifons que la
Faculté de Médecine , fur le rapport des Commiffaires
qu'elle a nommés pour l'examen de ce bandage
lui a accordé une approbation authentique ,
& a jugé que les avantages de ce bandage
AVRIL. 1757. 217
furpaffoient tous ceux des autres bandages qui
avoient été propofés pour cette maladie . On trouve
auffi chez lui des bandages élastiques à reffort &
fans reffort , à charniere & à corps ouvert.
Il demeure , rue Comteffe d'Artois.
Le fieur Coufin Expert , reçu à Saint Côme
pour les defcentes , donne avis qu'il a confidérablement
perfectionné le bandage à reffort pour
l'exomphale reduit , en lui donnant plus de folidité
& de commodité . C'eft fur ces raifons que la
Faculté de Médecine , fur le rapport des Commiffaires
qu'elle a nommés pour l'examen de ce bandage
lui a accordé une approbation authentique ,
& a jugé que les avantages de ce bandage
AVRIL. 1757. 217
furpaffoient tous ceux des autres bandages qui
avoient été propofés pour cette maladie . On trouve
auffi chez lui des bandages élastiques à reffort &
fans reffort , à charniere & à corps ouvert.
Il demeure , rue Comteffe d'Artois.
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Résumé : AUTRE.
Le texte annonce M. Coufin, expert en bandages, reçu à Saint Côme pour les défenses. Il a amélioré le bandage à ressort pour l'exomphale réduite, jugé supérieur par la Faculté de Médecine. M. Coufin propose aussi divers bandages élastiques. Il réside rue Comtesse d'Artois.
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18354
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers sur la [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSI.
VERS fur la mort de M. le Comte de Broglie ,
page s
L'Amour , la Beauté & la Laideur, Fable , 6 &
Héroïde. Canacée , fille d'Eole , roi des vents à
21-5
fon frere Macarée . Imitation d'Ovide , ibid.
L'Amour & les Oifeleurs , 13
Boutade,fur la fauffe félicité , 14
Lettre à M...、.16
La Bienfaiſance , Ode à M. le Comte de Saint Florentin
, Miniftre & Secretaire d'Etat , le jour de
S. Louis fa fête , 34
Réponse à cette Question : Lequel est le plus fatisfaifant
defupplanter un Rival aimé , ou de fou
mettre un coeur tout neuf. Par Madame *** , 41
Portrait de l'auteur des vers précédens ,
Caracteres diftinctifs de l'Efprit & de l'imagination
, par M. N. P. F. de I.
44
45
Extrait d'une lettre d'an Gentilhomme Anglois ,
ci -devant au ſervice de France , à un de fes amis
à Paris ,
I
Vers par M. Gaillard ,
49
505.1
Vers à Mlle Pouponne de Molac de l'Eftival , par
le Montagnard des Pyrénées ,
Vers à Mademoiſelle de J.
54
5.6
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers par M. Anneix
de Souvenel ,
Le
57
59
voyage manqué , Conte par une Penfionnaire
de Breft ,
6.2
De la force de la nouveauté & de celle de la coutume
, par M. le M..is de G. à Béthune ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure d'Octobre ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Pot-pourry,
Chanfon ,
? 71
72
73
75
76
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co-
77 chin ,
Suite de l'ami des Hommes , quatrieme partie.
216
Réponses aux objections contre les Mémoires
fur les Etats provinciaux ,
Oraifon funebre de M. le Comte de Gifors ,
99
116
125
Extrait des recherches fur les moyens de refroidir
les liqueurs ,
Difcours qui a remporté le prix d'Eloquence de
l'Académie Françoife , en l'année 1758 , par
M. Soret , Avocat , 130
Autres indications de Livres nouveaux ; 136 &
fuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Profpectus d'une nouvelle Méthode
d'enfeigner le Latin , par M. l'Abbé Legeron ,
143
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure , 153
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Montauban ,
Affemblé publique de l'Acad. des Belles -Lettres
de Montauban ,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
Pharmacie. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Deffein &c.
Gravure &c.
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoife ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
ARTICLE VI.
158
160
165
170
171
181
182
192
197
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
Mariage & Morts,
Avis ,
203
208
ibid.
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSI.
VERS fur la mort de M. le Comte de Broglie ,
page s
L'Amour , la Beauté & la Laideur, Fable , 6 &
Héroïde. Canacée , fille d'Eole , roi des vents à
21-5
fon frere Macarée . Imitation d'Ovide , ibid.
L'Amour & les Oifeleurs , 13
Boutade,fur la fauffe félicité , 14
Lettre à M...、.16
La Bienfaiſance , Ode à M. le Comte de Saint Florentin
, Miniftre & Secretaire d'Etat , le jour de
S. Louis fa fête , 34
Réponse à cette Question : Lequel est le plus fatisfaifant
defupplanter un Rival aimé , ou de fou
mettre un coeur tout neuf. Par Madame *** , 41
Portrait de l'auteur des vers précédens ,
Caracteres diftinctifs de l'Efprit & de l'imagination
, par M. N. P. F. de I.
44
45
Extrait d'une lettre d'an Gentilhomme Anglois ,
ci -devant au ſervice de France , à un de fes amis
à Paris ,
I
Vers par M. Gaillard ,
49
505.1
Vers à Mlle Pouponne de Molac de l'Eftival , par
le Montagnard des Pyrénées ,
Vers à Mademoiſelle de J.
54
5.6
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers par M. Anneix
de Souvenel ,
Le
57
59
voyage manqué , Conte par une Penfionnaire
de Breft ,
6.2
De la force de la nouveauté & de celle de la coutume
, par M. le M..is de G. à Béthune ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure d'Octobre ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Pot-pourry,
Chanfon ,
? 71
72
73
75
76
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co-
77 chin ,
Suite de l'ami des Hommes , quatrieme partie.
216
Réponses aux objections contre les Mémoires
fur les Etats provinciaux ,
Oraifon funebre de M. le Comte de Gifors ,
99
116
125
Extrait des recherches fur les moyens de refroidir
les liqueurs ,
Difcours qui a remporté le prix d'Eloquence de
l'Académie Françoife , en l'année 1758 , par
M. Soret , Avocat , 130
Autres indications de Livres nouveaux ; 136 &
fuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Profpectus d'une nouvelle Méthode
d'enfeigner le Latin , par M. l'Abbé Legeron ,
143
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure , 153
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Montauban ,
Affemblé publique de l'Acad. des Belles -Lettres
de Montauban ,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
Pharmacie. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Deffein &c.
Gravure &c.
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoife ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
ARTICLE VI.
158
160
165
170
171
181
182
192
197
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
Mariage & Morts,
Avis ,
203
208
ibid.
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections. La première section rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des fables, des lettres et des réponses littéraires. Parmi les œuvres notables figurent des vers pour la mort du Comte de Broglie, une fable intitulée 'L'Amour, la Beauté & la Laideur', et une ode au Comte de Saint Florentin. La section inclut aussi des extraits de lettres et des portraits d'auteurs. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, avec des extraits de voyages, des suites de publications précédentes, des oraisons funèbres, des discours primés et des indications de nouveaux livres. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des contributions sur la grammaire, la médecine et des séances académiques. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, incluant la pharmacie, la gravure et des lettres adressées à l'auteur du Mercure. La cinquième section liste les spectacles tels que l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les annonces de mariages et de décès.
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18355
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Suite de l'Histoire raisonnée [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
SUITE
ARTICLE PREMIER.
UITE de l'Hiftoire raiſonnée des Difcours
de Cicéron.
ÉPITRE fur un Mariage , par M. Greffet , de
l'Académie Frauçoiſe.
Page 5
20
28
VERS à ma femme , fur l'anniverſaire de
mon mariage.
LA Vanité corrigée , Conte Oriental. 29
TRADUCTION de l'Hymne de Cléanthe , &c. 36
VERS à Son Excellence le Baron de Rodenhaufen
, &c.
VERS fur le mariage de M. D. L. G. & de
Mlle T.
SUR Pierre Corneille.
VARS fur le mariage d'un Officier François
avec une Américaine à Nantes.
LES Graces réformées , à Mlle B **
MORALITE , traduite de l'Anglois de Sir
Beaumont.
LETTRE à M. De la Place.
38
39
ibid .
52
53
$@
56
JUILLET. 1764 . 215
RONDEAU irrégulier.
MADRIGAL fur Madame L. C. D. B.
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES.
CHANSON.
f8
ibid.
$9 & 60.
61 & 62
I
63
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
SUITB de la Lettre de M. l'Abbè Jacquin , à
l'Auteur du Mercure , fur les Médailles.
LETTRE à l'Auteur du Mercure , far ane
Anecdote fingulière de l'Hiftoire de la
Ville de LILLE,
Au même.
AVIS touchant un Recueil de Plantes , & c.
Avis au Public.
ANNONCES de Livres.
87
89
96
97 & fuiv.
ART. III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES ,
ACADEMIES.
SEANCE publique de la Société Littéraire
d'ARRAS.
ILS
MEMOIRE fur le Canal de BOURGOGNE ,
par M. Dumorey.
128
GÉOGRAPHIE .
134
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTLI E S.
CHIRURGIE.
LETTRE à M. De la Place , (ur les hernies. 136
DÉCOUVERTE
nouvelle.
ARTS AGRÉABLES.
142
MUSIQUE.
144
GRAVURE.
146
ART. V. SPECTACLES.
OPERA. 147
COMÉDIE Françoiſe.
148
216 MERCURE DE FRANCE.
LETTRE à M. Delagarde , adrellée au Bureau
du Mercure , par la voie de la petite
Pofte.
COMÉDIE Italienne.
CONCERT Spirituel.
AR. VI . Nouvelles Politiques.
149
152
154
154
196
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives.
LETTRE de M. de la Dixmerie , à M. De
la Place , au fujet d'un Ouvrage de M. de
Saintjoix.
LETTRE à M. De la Place , fur un événe-
200
ment intéreffant .
204
LETTRE d'un Anonyme , à M. le Général
Betski à Pétersbourg.
206
RÉPONSE à l'Anonyme . 209
Avis divers.
212
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
SUITE
ARTICLE PREMIER.
UITE de l'Hiftoire raiſonnée des Difcours
de Cicéron.
ÉPITRE fur un Mariage , par M. Greffet , de
l'Académie Frauçoiſe.
Page 5
20
28
VERS à ma femme , fur l'anniverſaire de
mon mariage.
LA Vanité corrigée , Conte Oriental. 29
TRADUCTION de l'Hymne de Cléanthe , &c. 36
VERS à Son Excellence le Baron de Rodenhaufen
, &c.
VERS fur le mariage de M. D. L. G. & de
Mlle T.
SUR Pierre Corneille.
VARS fur le mariage d'un Officier François
avec une Américaine à Nantes.
LES Graces réformées , à Mlle B **
MORALITE , traduite de l'Anglois de Sir
Beaumont.
LETTRE à M. De la Place.
38
39
ibid .
52
53
$@
56
JUILLET. 1764 . 215
RONDEAU irrégulier.
MADRIGAL fur Madame L. C. D. B.
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES.
CHANSON.
f8
ibid.
$9 & 60.
61 & 62
I
63
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
SUITB de la Lettre de M. l'Abbè Jacquin , à
l'Auteur du Mercure , fur les Médailles.
LETTRE à l'Auteur du Mercure , far ane
Anecdote fingulière de l'Hiftoire de la
Ville de LILLE,
Au même.
AVIS touchant un Recueil de Plantes , & c.
Avis au Public.
ANNONCES de Livres.
87
89
96
97 & fuiv.
ART. III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES ,
ACADEMIES.
SEANCE publique de la Société Littéraire
d'ARRAS.
ILS
MEMOIRE fur le Canal de BOURGOGNE ,
par M. Dumorey.
128
GÉOGRAPHIE .
134
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTLI E S.
CHIRURGIE.
LETTRE à M. De la Place , (ur les hernies. 136
DÉCOUVERTE
nouvelle.
ARTS AGRÉABLES.
142
MUSIQUE.
144
GRAVURE.
146
ART. V. SPECTACLES.
OPERA. 147
COMÉDIE Françoiſe.
148
216 MERCURE DE FRANCE.
LETTRE à M. Delagarde , adrellée au Bureau
du Mercure , par la voie de la petite
Pofte.
COMÉDIE Italienne.
CONCERT Spirituel.
AR. VI . Nouvelles Politiques.
149
152
154
154
196
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives.
LETTRE de M. de la Dixmerie , à M. De
la Place , au fujet d'un Ouvrage de M. de
Saintjoix.
LETTRE à M. De la Place , fur un événe-
200
ment intéreffant .
204
LETTRE d'un Anonyme , à M. le Général
Betski à Pétersbourg.
206
RÉPONSE à l'Anonyme . 209
Avis divers.
212
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles de diverses publications littéraires et scientifiques. Il commence par une section intitulée 'Pièces fugitives en vers et en prose', incluant des œuvres telles que 'Suite de l'Histoire raisonnée des Discours de Cicéron', une 'Épître sur un Mariage' par M. Greffet, des vers pour divers anniversaires et événements, ainsi que des traductions et des lettres. Parmi les œuvres notables, on trouve 'La Vanité corrigée', un conte oriental, et des vers dédiés à des personnalités comme le Baron de Rodenhaufen et Pierre Corneille. La table des articles se poursuit avec des 'Nouvelles littéraires', incluant des lettres et des avis sur des sujets variés comme les médailles, des anecdotes historiques, et des annonces de livres. La section 'Sciences et Belles-Lettres, Académies' mentionne une séance publique de la Société Littéraire d'Arras et un mémoire sur le Canal de Bourgogne par M. Dumorey. Les 'Beaux-Arts' sont également abordés, avec des sous-sections sur la chirurgie, la musique, et la gravure. Enfin, le document inclut des informations sur les spectacles, tels que l'opéra, la comédie française, la comédie italienne, et les concerts spirituels. La dernière section traite des 'Nouvelles politiques', avec diverses lettres et réponses sur des événements intéressants et des avis divers.
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18356
p. 218-222
Premiere Déclaration.
Début :
Louis, par la grace de Dieu, Roi de France & de Navare : [...]
Mots clefs :
Royaume de France, Troubles, Pape, Bien de l'État, Articles, Constitution Unigenitus, Déclarations, Tranquillité publique
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texteReconnaissance textuelle : Premiere Déclaration.
Premiere Déclaration.
Louis , par la grace de Dieu , Roi de France &
de Navare : A tous ceux qui ces préſentes lettres
verront , Salut. Nous nous sommes propoſé dans
tous les temps , de faire ceffer les troubles qui
ſe ſont élevés dans notre Royaume , à l'occaſion
de la Conſtitution Unigenitus , en employant également
notre autorité à lui faire rendre le refpect
&la ſoumifſion qui lui ſont dûs , & à empêcher
l'abus qu'on en voudroit faire , en lui attribuant
un caractere & des effets qu'elle ne peut
avoir par ſa nature. Il nous a paru ſurtout , qu'il
étoit important de preſcrire un filence abfolu fur
des queſtions qui ne peuvent tendre qu'à troubler
la tranquillité publique. Nous avons eu la fatisfaction
de voir Notre Saint Fere le Pape , en rendant
justice à notreamour pour la Religion , donner
ſes éloges aux vues qui nous ont conduit pour
faire rendre à l'autorité de l'Egliſe Pobéiſſance
qui lui eſt dûe , entretenir la paix , & réprimer
ceux qui cherchent à la troubler ; & nous avons
reçu avec reconnoiſſance les témoignages que la
bonté paternelle de ce ſaint Pontife , qui remplit
fi dignement la chaire de faint Pierre , nous en
• donnés par les lettres qu'il nous a adrefiés,
JANVIER. 1757 . 219
Animés du même eſprit & du deſir de conſommer
un ouvrage ſi néceſſaire au bien de notre
Etat, nous avons cru devoir encore, en maintenant
l'éxécution des loix précédemment rendues , ſtatuer
ſur différens points qui ont donné lieu à
de nouvelles conteſtations , & abolir en même
temps tout ce qui s'est fait de part & d'autre
à l'occaſion de ces diſputes , pour en effacer ,
s'il eſt poſſible , juſqu'au ſouvenir. A ces cauſes ,
& autres à ce nous mouvant,de l'avis de notre Conſeil
, de notre certaine ſcience , pleine puiſſance
& autorité royale , Nous avons dit , déclaré &
ordonné , & par ces Préſentes ſignées de notre
main , diſons , déclarons & ordonnons , voulons &
Nous plaît :
ART. I. Que les Lettres Patentes & Déclarations
données , tant par le feu Roi notre très-honoré
Seigneur & Bifaïeul , que par nous , & régiſtrées
ennos Cours au ſujet de la Conſtitution Unigenitus
, ſoient exécutées ſelon leur forme& teneur ;
&qu'en conféquence , tous nos ſujets ayent pour
laditeConſtitution le reſpect & la foumiffion qui
Hui ſont dûs ; fans néanmoins qu'on puiſſe lui
attribuer la dénomination, le caractere, ni les effets
de Regle de Foi.
II . N'entendons que le filence abſolu preſcrit
par noſdites Déclarations , & que nous voulons
être inviolablement obſervé , puiſſe préjudicier
au droit qu'ont les Archevêques & Evêques , d'enſeigner
les Eccléſiaſtiques & les peuples confiés
à leurs foins. Exhortons& néanmoins enjoignons
auxdits Archevêques & Evêques , de ſe renfermer ,
pour l'exercice de leurs fonctions , dans les bornes
de la charité & de la modération chrétienne , &
d'éviter tout ce qui pourroit troubler la tranquillité
-publique.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
III . L'article XXXIV de l'Edit du mois d'Avril
1695 ſera exécuté ſelon ſa forme & teneur ; &
en conféquence , toutes cauſes & actions civiles ,
concernant l'adminiſtration & le refus des Sacremens
, feront portées devant les Juges d'Eglife ,
excluſivement à tous Juges & Tribunaux ſéculiers ,
auxquels nous enjoignonsde leur en faire le renvoi,
fauf & ſans préjudice de l'appel comme d'abus.
Et à l'égard des plaintes & pourſuites criminelles
en cette matiere , elles feront portées , tant devant
nos Juges ayant la connoiſſance des cas royaux ,
&par appel en nos Cours , que devant les Juges
d'Eglife , chacun en ce qui les concerne & eſt
de leur compétence ; ſçavoir , pardevant nos
Juges pour raiſon du cas privilégié , & pardevant
les Juges d'Eglife pour le délit commun , le tout
conformément aux Ordonnances ; fans néanmoins
que nos cours & Juges puiffent ordonner , en
quelque maniere & fous quelque expreſſion que
ce ſoit , que les Sacremens feront adminiſtrés ;
fauf à nofdites Cours & Juges à prononcer telle
peine qu'il appartiendra , contre ceux qui ſe ſeroient
rendus coupables , lors de l'adminiſtration
ou du refus des Sacremens .
IV. Ne pourront néanmoins les Curés & autres
Eccléſiaſtiques , chargés de l'adminiſtration des
Sacremens , être pourſuivis pour raiſon des refus
de Sacremens par eux faits à ceux contre lefquels
il ſubſiſteroit des condamnations & cenfures
juridiquement & perſonnellement prononcées
contre eux , & actuellement exécutoires pour
leur déſobéiſſance à l'autorité & aux déciſions
de l'Eglife , & notamment à la Conftitution
Unigenitus ; ou à ceux qui dans le tems même
qu'ils demanderoient à être admis à la participation
des Sacremens , auroient fait connoître d'eux
JANVIER. 1757 . 221
mêmes publiquement leur défobéiſſance à ladite
Conftitution. Exhortons & néanmoins enjoignons
aux Archevêques & Evêques , de veiller à ce que
leſdits Curés & autres Prêtres ne faſſent à ceux
à qui ils adminiſtreront les Sacremens , aucunes
interrogations indifcretes qui puiſſent tendre à
troubler la paix.
Et voulons que tout ce qui s'eſt fait à l'occaſion
des derniers troubles, ſoit enſeveli dans l'oubli ;
ordonnons que le tout ſoit réputé & demeure comme
non avenu. Voulons pareillement que toutes
pourfuites , décrets & procédures qui pourroient
avoir été faits , & tous Arrêts , Sentences ou
Jugemens , qui pourroient avoir été rendus au
même ſujet , demeurent ſans aucune fuite & fans
aucun effet; & , en conféquence , que ceux contre
leſquels leſdites procédures auroient été faites ,
& leſdits Arrêts , Sentences ou Jugemens rendus ,
rentrent , en vertu des préſentes , en leur état &
fonctions. Si donnons en Mandement à nos amés
& féaux Confeillers les Gens tenant notre Cour de
Parlement à Paris , que ces préſentes ils ayent à
faire lire , publier & enregistrer , & le contenu
en icelles garder & obſerver de point en point , ſelon
leur forme & teneur : Car tel eſt notre plaifir.
En temoin de quoi nous avons fait mettre notre
ſcel à ceſdites préſentes. Donné à Versailles le
dixieme jour de Décembre , l'an de grace mil
ſeptcent cinquante- fix , & de notre regne le quarante-
deuxieme. Signé Louis. Et plus bas. Par le
Roi . M. P. de Voyer d'Argenson . Et ſcellé du grand
ſceau de cire jaune.
Lue &publiée , le Roi féant en ſon Lit de Juftice
, & régistrée , oui , & ce requérant le Procureur
Général du Roi , pour être exécutée selon ſa
forme& teneur ; & copies collationnées d'icelle en- .
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
voyées aux Baillages & Sénéchauſſées du réſſort ,
pour y être pareillement lue , publiée to enregistrée :
Enjoint aux Subſtituts deſon Procureur Général d'y
tenir la main , & d'en certifier la Cour dans un
mois . A Paris , en Parlement , le Roi tenant fon
Son Lit de Justice , le treize Décembre milſept cent
cinquante-fix. Signé Dufranc.
Louis , par la grace de Dieu , Roi de France &
de Navare : A tous ceux qui ces préſentes lettres
verront , Salut. Nous nous sommes propoſé dans
tous les temps , de faire ceffer les troubles qui
ſe ſont élevés dans notre Royaume , à l'occaſion
de la Conſtitution Unigenitus , en employant également
notre autorité à lui faire rendre le refpect
&la ſoumifſion qui lui ſont dûs , & à empêcher
l'abus qu'on en voudroit faire , en lui attribuant
un caractere & des effets qu'elle ne peut
avoir par ſa nature. Il nous a paru ſurtout , qu'il
étoit important de preſcrire un filence abfolu fur
des queſtions qui ne peuvent tendre qu'à troubler
la tranquillité publique. Nous avons eu la fatisfaction
de voir Notre Saint Fere le Pape , en rendant
justice à notreamour pour la Religion , donner
ſes éloges aux vues qui nous ont conduit pour
faire rendre à l'autorité de l'Egliſe Pobéiſſance
qui lui eſt dûe , entretenir la paix , & réprimer
ceux qui cherchent à la troubler ; & nous avons
reçu avec reconnoiſſance les témoignages que la
bonté paternelle de ce ſaint Pontife , qui remplit
fi dignement la chaire de faint Pierre , nous en
• donnés par les lettres qu'il nous a adrefiés,
JANVIER. 1757 . 219
Animés du même eſprit & du deſir de conſommer
un ouvrage ſi néceſſaire au bien de notre
Etat, nous avons cru devoir encore, en maintenant
l'éxécution des loix précédemment rendues , ſtatuer
ſur différens points qui ont donné lieu à
de nouvelles conteſtations , & abolir en même
temps tout ce qui s'est fait de part & d'autre
à l'occaſion de ces diſputes , pour en effacer ,
s'il eſt poſſible , juſqu'au ſouvenir. A ces cauſes ,
& autres à ce nous mouvant,de l'avis de notre Conſeil
, de notre certaine ſcience , pleine puiſſance
& autorité royale , Nous avons dit , déclaré &
ordonné , & par ces Préſentes ſignées de notre
main , diſons , déclarons & ordonnons , voulons &
Nous plaît :
ART. I. Que les Lettres Patentes & Déclarations
données , tant par le feu Roi notre très-honoré
Seigneur & Bifaïeul , que par nous , & régiſtrées
ennos Cours au ſujet de la Conſtitution Unigenitus
, ſoient exécutées ſelon leur forme& teneur ;
&qu'en conféquence , tous nos ſujets ayent pour
laditeConſtitution le reſpect & la foumiffion qui
Hui ſont dûs ; fans néanmoins qu'on puiſſe lui
attribuer la dénomination, le caractere, ni les effets
de Regle de Foi.
II . N'entendons que le filence abſolu preſcrit
par noſdites Déclarations , & que nous voulons
être inviolablement obſervé , puiſſe préjudicier
au droit qu'ont les Archevêques & Evêques , d'enſeigner
les Eccléſiaſtiques & les peuples confiés
à leurs foins. Exhortons& néanmoins enjoignons
auxdits Archevêques & Evêques , de ſe renfermer ,
pour l'exercice de leurs fonctions , dans les bornes
de la charité & de la modération chrétienne , &
d'éviter tout ce qui pourroit troubler la tranquillité
-publique.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
III . L'article XXXIV de l'Edit du mois d'Avril
1695 ſera exécuté ſelon ſa forme & teneur ; &
en conféquence , toutes cauſes & actions civiles ,
concernant l'adminiſtration & le refus des Sacremens
, feront portées devant les Juges d'Eglife ,
excluſivement à tous Juges & Tribunaux ſéculiers ,
auxquels nous enjoignonsde leur en faire le renvoi,
fauf & ſans préjudice de l'appel comme d'abus.
Et à l'égard des plaintes & pourſuites criminelles
en cette matiere , elles feront portées , tant devant
nos Juges ayant la connoiſſance des cas royaux ,
&par appel en nos Cours , que devant les Juges
d'Eglife , chacun en ce qui les concerne & eſt
de leur compétence ; ſçavoir , pardevant nos
Juges pour raiſon du cas privilégié , & pardevant
les Juges d'Eglife pour le délit commun , le tout
conformément aux Ordonnances ; fans néanmoins
que nos cours & Juges puiffent ordonner , en
quelque maniere & fous quelque expreſſion que
ce ſoit , que les Sacremens feront adminiſtrés ;
fauf à nofdites Cours & Juges à prononcer telle
peine qu'il appartiendra , contre ceux qui ſe ſeroient
rendus coupables , lors de l'adminiſtration
ou du refus des Sacremens .
IV. Ne pourront néanmoins les Curés & autres
Eccléſiaſtiques , chargés de l'adminiſtration des
Sacremens , être pourſuivis pour raiſon des refus
de Sacremens par eux faits à ceux contre lefquels
il ſubſiſteroit des condamnations & cenfures
juridiquement & perſonnellement prononcées
contre eux , & actuellement exécutoires pour
leur déſobéiſſance à l'autorité & aux déciſions
de l'Eglife , & notamment à la Conftitution
Unigenitus ; ou à ceux qui dans le tems même
qu'ils demanderoient à être admis à la participation
des Sacremens , auroient fait connoître d'eux
JANVIER. 1757 . 221
mêmes publiquement leur défobéiſſance à ladite
Conftitution. Exhortons & néanmoins enjoignons
aux Archevêques & Evêques , de veiller à ce que
leſdits Curés & autres Prêtres ne faſſent à ceux
à qui ils adminiſtreront les Sacremens , aucunes
interrogations indifcretes qui puiſſent tendre à
troubler la paix.
Et voulons que tout ce qui s'eſt fait à l'occaſion
des derniers troubles, ſoit enſeveli dans l'oubli ;
ordonnons que le tout ſoit réputé & demeure comme
non avenu. Voulons pareillement que toutes
pourfuites , décrets & procédures qui pourroient
avoir été faits , & tous Arrêts , Sentences ou
Jugemens , qui pourroient avoir été rendus au
même ſujet , demeurent ſans aucune fuite & fans
aucun effet; & , en conféquence , que ceux contre
leſquels leſdites procédures auroient été faites ,
& leſdits Arrêts , Sentences ou Jugemens rendus ,
rentrent , en vertu des préſentes , en leur état &
fonctions. Si donnons en Mandement à nos amés
& féaux Confeillers les Gens tenant notre Cour de
Parlement à Paris , que ces préſentes ils ayent à
faire lire , publier & enregistrer , & le contenu
en icelles garder & obſerver de point en point , ſelon
leur forme & teneur : Car tel eſt notre plaifir.
En temoin de quoi nous avons fait mettre notre
ſcel à ceſdites préſentes. Donné à Versailles le
dixieme jour de Décembre , l'an de grace mil
ſeptcent cinquante- fix , & de notre regne le quarante-
deuxieme. Signé Louis. Et plus bas. Par le
Roi . M. P. de Voyer d'Argenson . Et ſcellé du grand
ſceau de cire jaune.
Lue &publiée , le Roi féant en ſon Lit de Juftice
, & régistrée , oui , & ce requérant le Procureur
Général du Roi , pour être exécutée selon ſa
forme& teneur ; & copies collationnées d'icelle en- .
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
voyées aux Baillages & Sénéchauſſées du réſſort ,
pour y être pareillement lue , publiée to enregistrée :
Enjoint aux Subſtituts deſon Procureur Général d'y
tenir la main , & d'en certifier la Cour dans un
mois . A Paris , en Parlement , le Roi tenant fon
Son Lit de Justice , le treize Décembre milſept cent
cinquante-fix. Signé Dufranc.
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Résumé : Premiere Déclaration.
En janvier 1757, Louis, Roi de France et de Navarre, a émis une déclaration visant à mettre fin aux troubles causés par la Constitution Unigenitus en France. Le roi insiste sur l'importance de respecter cette constitution tout en évitant d'en abuser, soulignant l'approbation du Pape pour ses efforts en faveur de la paix et de l'ordre. La déclaration royale comprend plusieurs articles clés. Premièrement, les lettres patentes et déclarations concernant la Constitution Unigenitus doivent être exécutées, mais sans lui attribuer un caractère de règle de foi. Deuxièmement, le silence absolu prescrit par les déclarations précédentes doit être observé, tout en permettant aux archevêques et évêques d'enseigner avec modération. Troisièmement, l'article XXXIV de l'édit d'avril 1695 doit être appliqué, et les affaires civiles concernant les sacrements doivent être portées devant les juges d'Église. Enfin, les curés et ecclésiastiques ne peuvent être poursuivis pour refus de sacrements si des condamnations ou censures existent contre les demandeurs. Le roi ordonne également que tous les troubles passés soient oubliés et que les procédures et jugements relatifs à ces troubles soient annulés. La déclaration a été signée à Versailles le 10 décembre 1756 et enregistrée au Parlement de Paris le 13 décembre 1756.
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18357
p. 201-205
Fontaine de la Piramide, [titre d'après la table]
Début :
Au bout de cette Allée on voit la Fontaine de la Pyramide. [...]
Mots clefs :
Fontaine de la pyramide, Figures, Tritons, Bassins, Marbre blanc, Nappe, Naturel, Pyramide, Nymphes, Ensemble
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texteReconnaissance textuelle : Fontaine de la Piramide, [titre d'après la table]
Au bout de cette Allée on
voit la Fontaine de la Piramide.
Elle est composée de quatre
Baffins de marbre blanc,,
les uns fur les autres , dont le
premier a 12. pieds de diametre
, & eft fait d'un ſeul
bloc de marbre. C'eſt peuteſtre
le plus grand ouvrage
que l'on puiſſe voir d'un ſeul
des Amb. de Siam.
195
mar
ner
morceaux. Les trois autres qui
font moins grands , ſont proportionez
à ce premier. Il
eſt porté par quatre Tritons
to plus grands que le naturel.
Les autres ſont ſoutenus de
meſme , mais avec la dimi
nution neceffaire tant pour
les Figures que pour les Baffins..
Tout cet ouvrage eft
de marbre blanc , & les Piédeſtaux
de marbre de coufleur.
Toutes les Figures &
tous les ornemens font de
bronze ; & le tout enſemble
pe Be fait qu'une nape d'eau ,
au traversde laquelle on apperçoit
les Figures.. Au bas
vras
196 SuiteduVoyage
de cette Pyramide eſt un
grand quarré d'eau qui en
reçoit la décharge , & qui
forme une nape qui couvre
un fort grand Bas-relief. On
voit au travers de la nape ,
huit ou dix Nymphes de
grandeur naturelle , qui ſe
baignent. Aux côtez de ce
Bas- relief font encore d'autres
Bas-reliefs qui reprefentent
des Fleuves , des Nymphes
& quelques Enfans , le
tout grand comme le naturel,
&fait par Me Girardon. Toutes
ces Figures la font fort
eſtimées.
Je ne ſçay ſi je pourray
yous
des Amb. de Siam.
197
vous bien exprimer le deluige
d'eau qu'on voit de l'en-
( droit où eſtoient les Ambaf-
But fadeurs. Ils avoient en face
Fallée d'eau & la Pyramide
a que je viens de vous décrire,
aux deux côtez le lieu appelé
les Trois Fontaines , &
de l'arc de Triomphe ; & derdriere
, la Fontaine du Dragon,
re & la grande piece de Nep-
Ne tune. Tout cela peut joüer
as enſemble , & eſt vû en même
temps ; &c'eſtà vous à vous
I figurer la beauté de ce ſpectacle
, en vous repreſentant
laprodigieuſe quantité d'eaux
qui fortent de tous ces endroits
.
voit la Fontaine de la Piramide.
Elle est composée de quatre
Baffins de marbre blanc,,
les uns fur les autres , dont le
premier a 12. pieds de diametre
, & eft fait d'un ſeul
bloc de marbre. C'eſt peuteſtre
le plus grand ouvrage
que l'on puiſſe voir d'un ſeul
des Amb. de Siam.
195
mar
ner
morceaux. Les trois autres qui
font moins grands , ſont proportionez
à ce premier. Il
eſt porté par quatre Tritons
to plus grands que le naturel.
Les autres ſont ſoutenus de
meſme , mais avec la dimi
nution neceffaire tant pour
les Figures que pour les Baffins..
Tout cet ouvrage eft
de marbre blanc , & les Piédeſtaux
de marbre de coufleur.
Toutes les Figures &
tous les ornemens font de
bronze ; & le tout enſemble
pe Be fait qu'une nape d'eau ,
au traversde laquelle on apperçoit
les Figures.. Au bas
vras
196 SuiteduVoyage
de cette Pyramide eſt un
grand quarré d'eau qui en
reçoit la décharge , & qui
forme une nape qui couvre
un fort grand Bas-relief. On
voit au travers de la nape ,
huit ou dix Nymphes de
grandeur naturelle , qui ſe
baignent. Aux côtez de ce
Bas- relief font encore d'autres
Bas-reliefs qui reprefentent
des Fleuves , des Nymphes
& quelques Enfans , le
tout grand comme le naturel,
&fait par Me Girardon. Toutes
ces Figures la font fort
eſtimées.
Je ne ſçay ſi je pourray
yous
des Amb. de Siam.
197
vous bien exprimer le deluige
d'eau qu'on voit de l'en-
( droit où eſtoient les Ambaf-
But fadeurs. Ils avoient en face
Fallée d'eau & la Pyramide
a que je viens de vous décrire,
aux deux côtez le lieu appelé
les Trois Fontaines , &
de l'arc de Triomphe ; & derdriere
, la Fontaine du Dragon,
re & la grande piece de Nep-
Ne tune. Tout cela peut joüer
as enſemble , & eſt vû en même
temps ; &c'eſtà vous à vous
I figurer la beauté de ce ſpectacle
, en vous repreſentant
laprodigieuſe quantité d'eaux
qui fortent de tous ces endroits
.
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Résumé : Fontaine de la Piramide, [titre d'après la table]
La Fontaine de la Pyramide, située au bout d'une allée, est composée de quatre bassins de marbre blanc superposés. Le premier bassin, d'un diamètre de 12 pieds, est taillé dans un seul bloc de marbre, probablement le plus grand ouvrage de marbre blanc des ambassadeurs de Siam. Les trois autres bassins, plus petits, sont proportionnés au premier. Chaque bassin est soutenu par des Tritons surdimensionnés. L'ensemble de la structure est en marbre blanc, avec des piédestaux en marbre coloré et des figures en bronze. L'eau forme une nappe transparente permettant d'apercevoir les figures. Au bas de la pyramide se trouve un grand bassin carré recevant l'eau et couvrant un vaste bas-relief. À travers cette nappe, on distingue huit à dix nymphes de grandeur naturelle. Autour de ce bas-relief, d'autres bas-reliefs représentent des fleuves, des nymphes et des enfants, tous de taille naturelle et réalisés par Me Girardon. Ces figures sont très appréciées. Le texte mentionne également l'impressionnante quantité d'eau visible depuis un point de vue élevé, avec plusieurs fontaines et structures environnantes, comme les Trois Fontaines, l'arc de Triomphe et la Fontaine du Dragon, créant un spectacle majestueux.
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18358
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du Mercure [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois de Juin , &
je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 12 Juin 1757 .
GUIROY
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois de Juin , &
je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 12 Juin 1757 .
GUIROY
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18359
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP OBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois de Juillet
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 19 Juillet 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois de Juillet
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 19 Juillet 1758.
GUIROY,
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18360
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Vice-Chancelier, le second volume [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'AI lu , par ordre de Monſeigneur ΑΙ le Vice-Chan-
> celier le fecond volume du Mercure du mois.
de Janvier 1764 , & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe
en empêcher l'impreffion. A Paris , ce 14 Janvier
1764. GUIROY.
J'AI lu , par ordre de Monſeigneur ΑΙ le Vice-Chan-
> celier le fecond volume du Mercure du mois.
de Janvier 1764 , & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe
en empêcher l'impreffion. A Paris , ce 14 Janvier
1764. GUIROY.
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18361
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 12 Avril 1757.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 12 Avril 1757.
GUIROY.
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18362
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. La Mere, l'Enfant & [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES
ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LA Mère , l'Enfant & les Chars . Fable . Page 5
Les avantages de l'adverfité . Fable.
Le Trophée.
Vers préfentés à Madame de R***. le jour de
La fête.
Vers fur le Portrait d'une jeune Dame.
Epitre à M. le Marquis de la G***.
Synonimes François.
Lettre a M. d'Alembert , fur l'Art de traduire.
Imitation de l'Ode d'Horace , Beatus ille
qui procul negotiis , &c.
Jufqu'a quel point les fens influent-ils dans
les Ouvrages de goût ?
Damon , ou le Sage infenfé. Conte moral ,
en vers.
Lettre fur l'étude de l'Hiftoire.
Enigme & Logogryphe.
Chanfon.
7.
ΤΟ
14
Is
20
30
43
49
581
661
737
74
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRE S.
Extrait des Lettres Portugaises en vers , par
Mlle d'Ol***.
Extrait du Mémoire fur la manière la plus
fimple & la plus fûre de rappeller les
noyés à la vie.
Lettre fur l'éducation par rapport aux làngues.
Tablettes anecdotes & hiſtoriques des Rois
de France.
76
82
92
95
Effai géographique fur les Ifies Britanniques. 129
Annonces des Livres nouveaux. 142 &fuiv,
216 M ERCURE DE FRANCE.
ART. III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES.
MÉDECINE.
Suite de la feconde Lettre de M. de la Condamine.
ACADEMIES.
Programme de l'Académie de Lyon .
Aflemblée publique de l'Académie de la Rochelle.
de celle de Rouen.
Programme de l'Académie de Pruffe.
ART. IV . BEAUX - ARTS .
ARTS UTILES .
ECONOMIE POLITIQUE,
Mémoire tendant à rendre les muriers & les
Vers à foie moins fujets à périr. Par M.
Rodier.
145
168
170
175
178
183
Oblervations importantes pour le Commerce. 188 .
ARTS AGRÉABLES. Gravure .
ART. V. SPECTACLES.
Opéra.
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne,
Qpéra- Comique.
193
195
196
198
Ibid.
Supplément à l'Article Médecine.
Extrait d'une Lettre de M. Boucher , Médecin
de Lille en Flandre .
2
Avis. 2
Morts.
ART. VI. Nouvelles Politiques .
I 3.
Suite du Catalogue de M. le Chevalier Blon-
2 deau du Charnage.
200
203
209
Ibid.
211
ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LA Mère , l'Enfant & les Chars . Fable . Page 5
Les avantages de l'adverfité . Fable.
Le Trophée.
Vers préfentés à Madame de R***. le jour de
La fête.
Vers fur le Portrait d'une jeune Dame.
Epitre à M. le Marquis de la G***.
Synonimes François.
Lettre a M. d'Alembert , fur l'Art de traduire.
Imitation de l'Ode d'Horace , Beatus ille
qui procul negotiis , &c.
Jufqu'a quel point les fens influent-ils dans
les Ouvrages de goût ?
Damon , ou le Sage infenfé. Conte moral ,
en vers.
Lettre fur l'étude de l'Hiftoire.
Enigme & Logogryphe.
Chanfon.
7.
ΤΟ
14
Is
20
30
43
49
581
661
737
74
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRE S.
Extrait des Lettres Portugaises en vers , par
Mlle d'Ol***.
Extrait du Mémoire fur la manière la plus
fimple & la plus fûre de rappeller les
noyés à la vie.
Lettre fur l'éducation par rapport aux làngues.
Tablettes anecdotes & hiſtoriques des Rois
de France.
76
82
92
95
Effai géographique fur les Ifies Britanniques. 129
Annonces des Livres nouveaux. 142 &fuiv,
216 M ERCURE DE FRANCE.
ART. III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES.
MÉDECINE.
Suite de la feconde Lettre de M. de la Condamine.
ACADEMIES.
Programme de l'Académie de Lyon .
Aflemblée publique de l'Académie de la Rochelle.
de celle de Rouen.
Programme de l'Académie de Pruffe.
ART. IV . BEAUX - ARTS .
ARTS UTILES .
ECONOMIE POLITIQUE,
Mémoire tendant à rendre les muriers & les
Vers à foie moins fujets à périr. Par M.
Rodier.
145
168
170
175
178
183
Oblervations importantes pour le Commerce. 188 .
ARTS AGRÉABLES. Gravure .
ART. V. SPECTACLES.
Opéra.
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne,
Qpéra- Comique.
193
195
196
198
Ibid.
Supplément à l'Article Médecine.
Extrait d'une Lettre de M. Boucher , Médecin
de Lille en Flandre .
2
Avis. 2
Morts.
ART. VI. Nouvelles Politiques .
I 3.
Suite du Catalogue de M. le Chevalier Blon-
2 deau du Charnage.
200
203
209
Ibid.
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles répartie en six sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut des fables, épîtres, lettres, imitations de poèmes classiques, contes moraux et réflexions sur l'influence des sens. Des œuvres notables sont 'La Mère, l'Enfant & les Chars', 'Les avantages de l'adversité', et 'Damon, ou le Sage insensé'. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', comprend des extraits de lettres, mémoires et tables historiques, comme les 'Tablettes anecdotes & historiques des Rois de France'. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', aborde des sujets médicaux et académiques, avec des contributions de personnalités telles que M. de la Condamine et des programmes d'académies. La quatrième section, 'Beaux-Arts', traite des arts utiles et agréables, incluant un mémoire sur la protection des muriers et des vers à soie, ainsi que des observations sur le commerce. La cinquième section, 'Spectacles', liste divers types de spectacles comme l'opéra, la comédie française et italienne, et l'opéra-comique. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles politiques', continue un catalogue et mentionne des avis et des décès.
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18363
p. 213-214
ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
Début :
Page 14, ligne 6, pas, pas plus long-temps, lisez, pas plus [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
ERRATA
du premier volume du Mercure d'Avril.
PAAGE 14 , ligne 6 , pas , pas plus long-temps ,
lifex , pas plus long-temps.
Page 15 , lig. 17 , l'air qu'il appris , lifex , qu'il a
appris.
Page 21 , lig. 5 , elle fut tenté d'interpréter , liſez,
elle fut tentée , &c.
Page 39 , ligne premiere ,
lifez ,
D'abord , mon taudis en Tibur¸
D'abord , mon taudis eft Tibur ,
Même page , lig. 26 & 27 ,
C'est l'aimable Reine de Gnide.
214
Sortant de l'écume des mers ,
Changez ainfi la ponctuation ,
C'eft l'aimable Reine de Gnide ;
Sortant de l'écume des mers.
Page 43 , lig. 26 & 27 , d'ailleurs ces plaifirs ne
lui font pas moins infupportables , qu'elle lui
eft odieufe , lifex , d'ailleurs il ne lui eft pas
moins infupportable , qu'elle lui eft odieufe.
( Il s'agit du Mifanthrope & de la fociété . )
Page 102 , lig. 3 , ils deshonora , lif. il deshonora.
Page 123 , lig 9 & 10 , par la certitude qu'elles
ont des fottifes reproduites dans des objets aimables
, par une imitation fine , elles deviennent
des moyens de plaire , &c. lifez , par la certitude
qu'elles ont que des fottifes reproduites
dans des objets aimables, par une imitation fine,
deviennent des moyens de plaire ,
Page 137 , lig. 23 , qui nous ait plus attaché ,
lifex , qui nous ait plus attachés.
du premier volume du Mercure d'Avril.
PAAGE 14 , ligne 6 , pas , pas plus long-temps ,
lifex , pas plus long-temps.
Page 15 , lig. 17 , l'air qu'il appris , lifex , qu'il a
appris.
Page 21 , lig. 5 , elle fut tenté d'interpréter , liſez,
elle fut tentée , &c.
Page 39 , ligne premiere ,
lifez ,
D'abord , mon taudis en Tibur¸
D'abord , mon taudis eft Tibur ,
Même page , lig. 26 & 27 ,
C'est l'aimable Reine de Gnide.
214
Sortant de l'écume des mers ,
Changez ainfi la ponctuation ,
C'eft l'aimable Reine de Gnide ;
Sortant de l'écume des mers.
Page 43 , lig. 26 & 27 , d'ailleurs ces plaifirs ne
lui font pas moins infupportables , qu'elle lui
eft odieufe , lifex , d'ailleurs il ne lui eft pas
moins infupportable , qu'elle lui eft odieufe.
( Il s'agit du Mifanthrope & de la fociété . )
Page 102 , lig. 3 , ils deshonora , lif. il deshonora.
Page 123 , lig 9 & 10 , par la certitude qu'elles
ont des fottifes reproduites dans des objets aimables
, par une imitation fine , elles deviennent
des moyens de plaire , &c. lifez , par la certitude
qu'elles ont que des fottifes reproduites
dans des objets aimables, par une imitation fine,
deviennent des moyens de plaire ,
Page 137 , lig. 23 , qui nous ait plus attaché ,
lifex , qui nous ait plus attachés.
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Résumé : ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
Le document présente une liste d'errata pour le premier volume du Mercure d'Avril, visant à corriger plusieurs erreurs typographiques et grammaticales. Les corrections sont réparties sur diverses pages, allant de 14 à 137. Parmi les modifications notables, on trouve des ajustements de ponctuation et de phrases. Par exemple, sur la page 14, ligne 6, 'pas plus long-temps' est corrigé en 'pas plus long-temps, lifex'. Sur la page 15, ligne 17, 'l'air qu'il appris' devient 'qu'il a appris'. D'autres corrections incluent des ajustements de verbes et de prépositions, comme sur la page 21, ligne 5, où 'elle fut tenté d'interpréter' est corrigé en 'elle fut tentée'. Le document mentionne également des corrections spécifiques à des œuvres littéraires, telles que 'Le Misanthrope' et 'la société'. Ces errata visent à améliorer la précision et la clarté du texte.
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18364
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers à Madame de [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSIJ
VERS à Madame de l'Eſt ...
Le Choix difficile . Avis à Life ,
page s
6
Le Billet d'Enterrement & le Billet de Mariage..
Fable ,
18
Sur la maniere d'écrire la Vie des grands Hommes
, par M. de Maupertuis ,
Idylle
20
311
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers fur l'Ecole
de l'Amitié ,
Lettre de M. de B. à Mlle de M.
Réponse ,
Voyage de Saint- Cloud ,
Sonnet de M. de la Monnoye ,
Vers à Madame De...le jour de fa Fête ,
L'Amour , à Mlle de R…………
Byng juſtifié ,
....
33
34
39
44
52
54
ibid.
59
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure de Juin , 64
Enigmographique , tenant lieu de l'Enigme & du .
Logogryphe ,
Chanfon ,
65
66
216
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Précis ou Indication de livres nouveaux ,
67
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES,
Grammaire. Difcours hiftorique fur l'origine de
la Langue Françoiſe ,
Chirurgie. Mémoire touchant un Trépan coronnaire
,
ΙΟΣ
129
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique.
133
Gravure ,
137
Architecture. 143
Méchanique ,
144
Horlogerie.
147
ART. V. SPECTACLES,
Opera ,
163
Comédie Françoiſe ,
167
Comédie Italienne
169
Extrait de Ramir , ibid.
Concert Spirituel , 181
CS
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres 183
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 187
Bénéfices donnés , 203
Mariages & Morts , 204
Avis divers , 211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSIJ
VERS à Madame de l'Eſt ...
Le Choix difficile . Avis à Life ,
page s
6
Le Billet d'Enterrement & le Billet de Mariage..
Fable ,
18
Sur la maniere d'écrire la Vie des grands Hommes
, par M. de Maupertuis ,
Idylle
20
311
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers fur l'Ecole
de l'Amitié ,
Lettre de M. de B. à Mlle de M.
Réponse ,
Voyage de Saint- Cloud ,
Sonnet de M. de la Monnoye ,
Vers à Madame De...le jour de fa Fête ,
L'Amour , à Mlle de R…………
Byng juſtifié ,
....
33
34
39
44
52
54
ibid.
59
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure de Juin , 64
Enigmographique , tenant lieu de l'Enigme & du .
Logogryphe ,
Chanfon ,
65
66
216
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Précis ou Indication de livres nouveaux ,
67
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES,
Grammaire. Difcours hiftorique fur l'origine de
la Langue Françoiſe ,
Chirurgie. Mémoire touchant un Trépan coronnaire
,
ΙΟΣ
129
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique.
133
Gravure ,
137
Architecture. 143
Méchanique ,
144
Horlogerie.
147
ART. V. SPECTACLES,
Opera ,
163
Comédie Françoiſe ,
167
Comédie Italienne
169
Extrait de Ramir , ibid.
Concert Spirituel , 181
CS
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres 183
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 187
Bénéfices donnés , 203
Mariages & Morts , 204
Avis divers , 211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier énumère diverses pièces fugitives en vers et en prose, telles que des poèmes, des lettres, des fables, des idylles et des réponses, adressés à différentes personnes ou traitant de divers sujets. L'Article II se concentre sur les nouvelles littéraires, incluant un précis ou une indication de livres nouveaux. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, avec un discours historique sur l'origine de la langue française et un mémoire sur la chirurgie. L'Article IV couvre les beaux-arts, incluant des sections sur la musique, la gravure, l'architecture, la mécanique et l'horlogerie. L'Article V se concentre sur les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française et italienne, ainsi que des extraits et des concerts spirituels. Enfin, l'Article VI présente des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des bénéfices donnés, des mariages et des morts, ainsi que divers avis.
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18365
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. La Douceur & la Beauté [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES
ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LA Douceur & la Beauté , Fable.
Traduction libre de l'Ode d'Horace :
Solvitur acris hyems , &c .
Lettre en Profe & en Vers.
Eglogue.
Les Tombeaux.
Epître de M. D. B. à M. ***¸·
Apoftille à quelques Dames.
page f
7
8
16
28
32
34
36
42
49
Réponse de M. *** à l'Epître de Madame de ***
Aux Amateurs de la belle Nature .
Fragmens d'une Epître fur l'Amitié.
Imitation de l'Ode d'Horace :
Mater fava cupidinum.
Lettre d'un Receveur des Tailles à fon fils.
Epître de Flore, petite chienne , à une jeune
Demoiſelle à qui on l'avoit enlevée.
Caractères,
Les mots de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure précédent .
Enigme.
Logogryphe.
Logogryphus.
La Coquette , Chanfon .
La petite vérole.
fr
62
64
68
Ibid.
69
70
71
72
Chanfon d'un Ami à Madame de ***. après
ART. II. NOUVELLES
LITTÉRAIRES , ^^ -
Euvres diverſes de M. Dulard.
73
Extrait de l'ouvrage intitulé : Ethologie , ou
le coeur de l'homme,
93
216 MERCURE DE FRANCE.
Suite de l'Extrait du feptième Volume de
l'Hiftoire Naturelle.
Suite de l'Extrait du Livre intitulé : l'Incrédulité
convaincue par les Prophéties.
Annonces des Livres nouveaux.
112
122
135 &fuix.
ART. III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES .
Suite de l'Hiftoire des Gallinfectes . 140
Apparition de la Comète. 181
Lettre fur le même ſujet. 184
Obfervations de l'Auteur de la Lettre fur quelquelques
Monumens d'Antiquités . 191
ART. IV. BEAUX - ARTS .
Mufique.
194
Gravure.
195
ART. V. SPECTACLE 9.
Opéra.
197
Comédie Françoiſe.
198
Comédie Italienne,
200
Opéra-Comique.
203
Concert - Spirituel .
Ibid.
ART. VI. Nouvelles Politiques. 204
Morts.
210
Mariages.
214
ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LA Douceur & la Beauté , Fable.
Traduction libre de l'Ode d'Horace :
Solvitur acris hyems , &c .
Lettre en Profe & en Vers.
Eglogue.
Les Tombeaux.
Epître de M. D. B. à M. ***¸·
Apoftille à quelques Dames.
page f
7
8
16
28
32
34
36
42
49
Réponse de M. *** à l'Epître de Madame de ***
Aux Amateurs de la belle Nature .
Fragmens d'une Epître fur l'Amitié.
Imitation de l'Ode d'Horace :
Mater fava cupidinum.
Lettre d'un Receveur des Tailles à fon fils.
Epître de Flore, petite chienne , à une jeune
Demoiſelle à qui on l'avoit enlevée.
Caractères,
Les mots de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure précédent .
Enigme.
Logogryphe.
Logogryphus.
La Coquette , Chanfon .
La petite vérole.
fr
62
64
68
Ibid.
69
70
71
72
Chanfon d'un Ami à Madame de ***. après
ART. II. NOUVELLES
LITTÉRAIRES , ^^ -
Euvres diverſes de M. Dulard.
73
Extrait de l'ouvrage intitulé : Ethologie , ou
le coeur de l'homme,
93
216 MERCURE DE FRANCE.
Suite de l'Extrait du feptième Volume de
l'Hiftoire Naturelle.
Suite de l'Extrait du Livre intitulé : l'Incrédulité
convaincue par les Prophéties.
Annonces des Livres nouveaux.
112
122
135 &fuix.
ART. III . SCIENCES ET BELLES-LETTRES .
Suite de l'Hiftoire des Gallinfectes . 140
Apparition de la Comète. 181
Lettre fur le même ſujet. 184
Obfervations de l'Auteur de la Lettre fur quelquelques
Monumens d'Antiquités . 191
ART. IV. BEAUX - ARTS .
Mufique.
194
Gravure.
195
ART. V. SPECTACLE 9.
Opéra.
197
Comédie Françoiſe.
198
Comédie Italienne,
200
Opéra-Comique.
203
Concert - Spirituel .
Ibid.
ART. VI. Nouvelles Politiques. 204
Morts.
210
Mariages.
214
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en six sections. La première section, 'Pièces fugitives en vers et en prose,' inclut des fables, des traductions de poèmes, des lettres, des églogues, des épîtres, des apophtegmes, des énigmes et des logogryphes. Parmi les œuvres notables figurent 'La Douceur & la Beauté,' une fable, et plusieurs traductions et imitations de poèmes d'Horace. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires,' comprend des extraits d'ouvrages comme 'Ethologie, ou le cœur de l'homme' et des suites d'extraits d'autres livres. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres,' aborde des sujets variés tels que l'histoire des Gallinacées, l'observation de la comète et des antiquités. La quatrième section, 'Beaux-Arts,' couvre la musique et la gravure. La cinquième section, 'Spectacle,' détaille les différents genres de spectacles comme l'opéra, la comédie française et italienne, l'opéra-comique et les concerts spirituels. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles Politiques,' mentionne les décès et les mariages.
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18366
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Le Cheval & les deux [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
"ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LE Cheval & les deux Afnes , Fable ,
page s
La Conftance couronnée , Anecdote par Madame
de S *** , 8
Ode Anacréontique , à Madame G... de P ... 23
Lettre de Madame de St... M.. , à Mademoiſelle
de N... 25
Epître fur l'Age d'Or , à l'Anonyme de Chartrait ,
près Melun ,
Réflexions ,
29
39
Vers à Mademoiſelle Arnould , fur fon rôle de
Pfyché ,
t
45
Vers à Mademoiſelle Lemiere , fur fon rôle de
l'Amour , ibid.
46
Vers à Mademoiſelle Lany , fur fa danfe dans le
Ballet de l'Inconſtance ,
Vers à Mademoiſelle Puvigné , fur fa danſe dans
le Pas de Deux ibid.
Traduction de la neuvieme Ode du troifieme Livre
d'Horace ,
Le Triomphe de la Raifon , Allégorie ,
47
48
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
216
premier Mercure da moj
let ;
ibid.
୨୨
Enigme ,
Logogryphe ,
Couplets chantés fur le Théâtre de la Comédie Italienne
dans le Ballet de la Fête du Moulin , 101
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES:
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux;
103
137
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Lettre de M. G *** , à M. F ***, fur
l'Inftruction de la Jeuneſſe ,
Monnoies. Conjectures fur quelques difficultés touchant
la valeur des Monnoies des VIII , IX , XII
& XIVe fiecles , & les Evaluations Coutumieres,
Mufique,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
145,
179
174
175
Gravure ,
Lettre de M. Gando , le jeune ,
Architecture. Defcription du Maufolée de Philippe
V, Roi d'Eſpagne ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
183
187
Comédie Françoife ,
194
Comédie Italienne ,
ibid
Орска Comique , 195
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 197
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c,, 201
Mort ,
Bénéfices donnés ,
Supplément à l'Article Chirurgie ,
誓Avis ,
206
ibid.
207
214
"ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LE Cheval & les deux Afnes , Fable ,
page s
La Conftance couronnée , Anecdote par Madame
de S *** , 8
Ode Anacréontique , à Madame G... de P ... 23
Lettre de Madame de St... M.. , à Mademoiſelle
de N... 25
Epître fur l'Age d'Or , à l'Anonyme de Chartrait ,
près Melun ,
Réflexions ,
29
39
Vers à Mademoiſelle Arnould , fur fon rôle de
Pfyché ,
t
45
Vers à Mademoiſelle Lemiere , fur fon rôle de
l'Amour , ibid.
46
Vers à Mademoiſelle Lany , fur fa danfe dans le
Ballet de l'Inconſtance ,
Vers à Mademoiſelle Puvigné , fur fa danſe dans
le Pas de Deux ibid.
Traduction de la neuvieme Ode du troifieme Livre
d'Horace ,
Le Triomphe de la Raifon , Allégorie ,
47
48
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
216
premier Mercure da moj
let ;
ibid.
୨୨
Enigme ,
Logogryphe ,
Couplets chantés fur le Théâtre de la Comédie Italienne
dans le Ballet de la Fête du Moulin , 101
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES:
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux;
103
137
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Lettre de M. G *** , à M. F ***, fur
l'Inftruction de la Jeuneſſe ,
Monnoies. Conjectures fur quelques difficultés touchant
la valeur des Monnoies des VIII , IX , XII
& XIVe fiecles , & les Evaluations Coutumieres,
Mufique,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
145,
179
174
175
Gravure ,
Lettre de M. Gando , le jeune ,
Architecture. Defcription du Maufolée de Philippe
V, Roi d'Eſpagne ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
183
187
Comédie Françoife ,
194
Comédie Italienne ,
ibid
Орска Comique , 195
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 197
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c,, 201
Mort ,
Bénéfices donnés ,
Supplément à l'Article Chirurgie ,
誓Avis ,
206
ibid.
207
214
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections. L'Article Premier répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, anecdotes, odes, lettres, épîtres, réflexions, traductions, allégories, énigmes, logogryphes et couplets chantés. Parmi les œuvres notables figurent 'Le Cheval & les deux Ânes', une fable, et 'Le Triomphe de la Raison', une allégorie. L'Article II aborde les nouvelles littéraires, incluant des extraits et des indications de livres récents. L'Article III traite des sciences et des belles-lettres, couvrant des sujets comme la grammaire, les monnaies et la musique. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, avec des sections sur la gravure, une lettre de M. Gando et l'architecture, notamment la description du mausolée de Philippe V, Roi d'Espagne. L'Article V couvre les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, l'Article VI présente les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, les avis de décès, les bénéfices donnés et un supplément sur la chirurgie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18367
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert .
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18368
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
rue & vis-à-vis la Comédie Françoife.
rue & vis-à-vis la Comédie Françoife.
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18369
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant. Jombert .
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18370
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SRBASTIEN JO RRY,
rue & vis-a-vis la Comédie Françoife.
rue & vis-a-vis la Comédie Françoife.
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18371
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
rue & vis-à-vis la Comédie Françoife .
rue & vis-à-vis la Comédie Françoife .
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18372
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 66. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 66. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 66. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 66.
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18373
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant. Jombert .
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18374
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Ode sur la mort de M. Racine. [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN Prose.
ARTICLE PREMIER.
ODE fur DE fur la mort de M. Racine.
ÉPITAPHE d'une jolie Enfant de 4 ans &
demi.
VERS à Mile L. P.
VERS à Mile Camille.
LES Péris & les Néris , Conte.
Page 5
ΤΟ
II
13
14
38
39
ibid.
40
VERS à M. l'Evêque d'Orléans , par M.
Ygou.
DIANE & Endimion.
MADRIGAL.
AUTRE Madrigal.
4I VERS à M. le Marquis d'Entragues , &c.
ÉTRENNES à Madame la Marquile de Pr... ibid.
RÉFLEXIONS fur les Hommes , par Madame
D***
LETTRE à M. De la Place , fur les Priviléges
des Dames de Beauvais.
QUATRIEME Lettre d'une jeune Étrangère
fur les Modes & Usages de France.
ENIGMES.
LOGOGRYPHES.
CHANSON.
42
44
46
50 & SI
51 &52
ibid.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
LETTRE à M. de la Place , Auteur du Mercure
, fur l'éloge de Sully par M. Thomas . 53
LETTRE à l'Auteur du Mercure . 66
JANVIER. 1764.
275
LETTRE fur un Auteur du 17. Siécle , par
M. de Maffac , &c.
ELOGE de Maximilien de Béthune , Duc de
Sully , & c. par Mile Mazarelli.
HISTOIRE des Loix &Ufages de la Lorraine
& du Barrois , par M. François - Timothée
Thibault.
INTRODUCTION à la Science des Médailles ,
&c , par Dom Thomas Mangeart.
LETTRE à M. de la Piace , fur M. le Préfident
de Montefquieu .
A l'Auteur du Mercure , fur deux Médailles.
70
78
90.
94
99
100
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETtres.
GEOMÉTRIE.
LETTRE à M. de la Place.
ASTRONOMIB.
NOUVEAUX Cadrans folaires qu'on peut
orienter fans le fecours de la Bouffole.
MÉDECINE.
102
104
TOPIQUE pour détourner la Goute.
blimé corroſif.
OBSERVATION fur les mauvais effets du Su-
109
108
RECHERCHES hiftoriques, &c. Par M. D. R. 113
OBSERVATIONS fur le Ver folitaire.
SUPPLEMENT aux Nouvelles Littéraires.
ANNONCES de Livres.
140
157 & fuiv.
ART. IV . BEAUX - ARTS .
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
MUSIQUE.
167
169
216 MERCURE DE FRANCE.
ART. V. SPECTACLES.
SPECTACLES de la Cour à Versailles. 171
SPECTACLES de Paris , Opéra. 175
LETTRE de l'Auteur de l'Almanach des Théâtres
à M. Dela Garde. 177
COMÉDIE Françoife. 181
COMÉDIE Italienne. 182
ART. VI. Nouvelles Politiques. 191
AVIS, 296
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN Prose.
ARTICLE PREMIER.
ODE fur DE fur la mort de M. Racine.
ÉPITAPHE d'une jolie Enfant de 4 ans &
demi.
VERS à Mile L. P.
VERS à Mile Camille.
LES Péris & les Néris , Conte.
Page 5
ΤΟ
II
13
14
38
39
ibid.
40
VERS à M. l'Evêque d'Orléans , par M.
Ygou.
DIANE & Endimion.
MADRIGAL.
AUTRE Madrigal.
4I VERS à M. le Marquis d'Entragues , &c.
ÉTRENNES à Madame la Marquile de Pr... ibid.
RÉFLEXIONS fur les Hommes , par Madame
D***
LETTRE à M. De la Place , fur les Priviléges
des Dames de Beauvais.
QUATRIEME Lettre d'une jeune Étrangère
fur les Modes & Usages de France.
ENIGMES.
LOGOGRYPHES.
CHANSON.
42
44
46
50 & SI
51 &52
ibid.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
LETTRE à M. de la Place , Auteur du Mercure
, fur l'éloge de Sully par M. Thomas . 53
LETTRE à l'Auteur du Mercure . 66
JANVIER. 1764.
275
LETTRE fur un Auteur du 17. Siécle , par
M. de Maffac , &c.
ELOGE de Maximilien de Béthune , Duc de
Sully , & c. par Mile Mazarelli.
HISTOIRE des Loix &Ufages de la Lorraine
& du Barrois , par M. François - Timothée
Thibault.
INTRODUCTION à la Science des Médailles ,
&c , par Dom Thomas Mangeart.
LETTRE à M. de la Piace , fur M. le Préfident
de Montefquieu .
A l'Auteur du Mercure , fur deux Médailles.
70
78
90.
94
99
100
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETtres.
GEOMÉTRIE.
LETTRE à M. de la Place.
ASTRONOMIB.
NOUVEAUX Cadrans folaires qu'on peut
orienter fans le fecours de la Bouffole.
MÉDECINE.
102
104
TOPIQUE pour détourner la Goute.
blimé corroſif.
OBSERVATION fur les mauvais effets du Su-
109
108
RECHERCHES hiftoriques, &c. Par M. D. R. 113
OBSERVATIONS fur le Ver folitaire.
SUPPLEMENT aux Nouvelles Littéraires.
ANNONCES de Livres.
140
157 & fuiv.
ART. IV . BEAUX - ARTS .
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
MUSIQUE.
167
169
216 MERCURE DE FRANCE.
ART. V. SPECTACLES.
SPECTACLES de la Cour à Versailles. 171
SPECTACLES de Paris , Opéra. 175
LETTRE de l'Auteur de l'Almanach des Théâtres
à M. Dela Garde. 177
COMÉDIE Françoife. 181
COMÉDIE Italienne. 182
ART. VI. Nouvelles Politiques. 191
AVIS, 296
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections principales. L'article premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des odes, épitaphes, contes, madrigaux, réflexions, lettres, énigmes, logogryphes et chansons. L'article II contient des nouvelles littéraires, telles que des lettres et des éloges, notamment sur Sully et Maximilien de Béthune, ainsi que des ouvrages historiques et scientifiques. L'article III explore les sciences et les belles-lettres, avec des sections sur la géométrie, l'astronomie, la médecine et des recherches historiques. L'article IV traite des beaux-arts, incluant la gravure et la musique. L'article V se concentre sur les spectacles, détaillant les spectacles de la cour à Versailles, les spectacles de Paris, et les comédies françaises et italiennes. Enfin, l'article VI présente des nouvelles politiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18375
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers de M. le Président [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS ERS de M. le Préſident de Ruffey à M. de
Voltaire , $
Vers fur la perte que nous avons faite de M. de
Fontenelle ,
Le Bonheur imprévu , Conte ,
6
8
Invitation à M. le Curé de Saint Jean, aux Amo.
gnes,,
Dialogue entre Stratonice & Fontenelle ,
Epître à M. de Reaumur,
30
33
42
215
Lettre de M. Trublet à M. de Boiffy , & l'examen
de l'Opéra de Pfyché , par M. de la
Motte ,
Epitre badine à M. l'Abbé Bernier ,
Penfées diverfes ,
Le Riche , le Noble & le Sage , Fable ,
46
57.
61
64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Couplets fur des vers à foye ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait de l'Ecole de l'Amitié ,
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
66
ibid.
69,
71
89
127
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 15 Mars 1757,
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Medailles. Deviſes des Jettons pour l'année 1757 ;
141
144
Phyfique. Efquiffe fur l'irritabilité & la fenfibilité
des parties du corps de l'homme ,
Séance publique de la Société Littéraire de Châ◄
lons -fur-Marne ,
ART. IV . BEAUX-ARTS .
ISI.
Mufique, Lettre à l'Auteur du Mercure , fur la
déclamation notée ,
Gravure ,
ART. V. SPECTA LES.
Comédie Françoiſe ,
159
166
Compliment prononcé à la cloture du Théâtre
par M. de la Noue ,
Comédie Italienne
Vers à Mlle. Camille Veroneze ,
167
ibid.
171
ibida
216
Opera Comique , 175
Concert Spirituel ,
ibid.
Spectacle de M. Servandonni , 177
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
179
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 189
Bénéfice donné , 197
Supplément à l'Article de Chirurgie ,
Supplément à l'article des Spectacles ,
Mariages & Morts ,
Avis divers.
198
201
ibid.
204
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS ERS de M. le Préſident de Ruffey à M. de
Voltaire , $
Vers fur la perte que nous avons faite de M. de
Fontenelle ,
Le Bonheur imprévu , Conte ,
6
8
Invitation à M. le Curé de Saint Jean, aux Amo.
gnes,,
Dialogue entre Stratonice & Fontenelle ,
Epître à M. de Reaumur,
30
33
42
215
Lettre de M. Trublet à M. de Boiffy , & l'examen
de l'Opéra de Pfyché , par M. de la
Motte ,
Epitre badine à M. l'Abbé Bernier ,
Penfées diverfes ,
Le Riche , le Noble & le Sage , Fable ,
46
57.
61
64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Couplets fur des vers à foye ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait de l'Ecole de l'Amitié ,
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
66
ibid.
69,
71
89
127
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 15 Mars 1757,
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Medailles. Deviſes des Jettons pour l'année 1757 ;
141
144
Phyfique. Efquiffe fur l'irritabilité & la fenfibilité
des parties du corps de l'homme ,
Séance publique de la Société Littéraire de Châ◄
lons -fur-Marne ,
ART. IV . BEAUX-ARTS .
ISI.
Mufique, Lettre à l'Auteur du Mercure , fur la
déclamation notée ,
Gravure ,
ART. V. SPECTA LES.
Comédie Françoiſe ,
159
166
Compliment prononcé à la cloture du Théâtre
par M. de la Noue ,
Comédie Italienne
Vers à Mlle. Camille Veroneze ,
167
ibid.
171
ibida
216
Opera Comique , 175
Concert Spirituel ,
ibid.
Spectacle de M. Servandonni , 177
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
179
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 189
Bénéfice donné , 197
Supplément à l'Article de Chirurgie ,
Supplément à l'article des Spectacles ,
Mariages & Morts ,
Avis divers.
198
201
ibid.
204
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en six sections principales. L'article premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des contes, des lettres et des fables. Parmi les œuvres mentionnées figurent des vers adressés à Voltaire, un conte intitulé 'Le Bonheur imprévu' et une fable 'Le Riche, le Noble & le Sage'. L'article II traite des nouvelles littéraires, avec des extraits de l''École de l'Amitié' et des indications de livres récents. L'article III aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des médailles, des devises de jetons et des discussions sur la physique. L'article IV est dédié aux beaux-arts, avec des sections sur la musique et la gravure. L'article V concerne les spectacles, listant divers événements théâtraux et musicaux, tels que la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, l'article VI couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que des avis divers, incluant des mariages et des décès.
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18376
p. 1267-1269
RÉPONSE de l'Auteur de Marseille Sçavante &c. à la Lettre qui lui a été écrite de Provence le premier Fevrier 1729.
Début :
Je fais, Monsieur, tout le cas possible de vos Reflexions sur la Lettre qui est [...]
Mots clefs :
Savants, Beaux-arts
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de l'Auteur de Marseille Sçavante &c. à la Lettre qui lui a été écrite de Provence le premier Fevrier 1729.
REPONSE de l'Auteur de Marſeille
Sçavante &c. à la Lettre qui lui a été
écrite de Provence le premier Fevrier
1729.
Jde vos
E fais , Monfieur , tout le cas poffible
de vos Reflexions fur la Lettre qui eft
imprimée dans le Mercure de Françe
intitulée Marseille Sçavante &c. J'aurois
pû , il eft vrai , donner plus d'étenduë
aux differens articles qui la compofent,
& augmenter même le nombre de ces articles
, fur-tout à l'égard des Sçavans modernes
; mais un Livre entier auroit à
peine fuffi pour executer un Plan plus
vafte , & j'ai entrepris d'écrire feulement
II. Vol.
Aiiij une
1268 MERCURE DE FRANCE
une Lettre , dans la vûë que j'ai eu ſoin
d'expofer au commencement de la même
Lettre. Je me fuis cependant refervé ,
comme vous fçavez , la liberté de reparer
par un Supplément les omiffions effentielles
que je puis avoir faites , faute d'avoir
connu quelques Marfeillois Sçavans,
ou leurs Ouvrages , & de corriger les
fautes qui me feront échapées.
Mais avant que d'en venir là
me permettrez , Monfieur , de pourfuivre
mon deffein , & de mettre à la fuite des.
Auteurs Marfeillois les noms & les Ouvrages
de ceux de nos Compatriotes qui
ont cultivé les beaux Arts , fur- tout les
Arts utiles & qui y ont excellé. C'eſt ,
comme je l'ai déja dit , ce qui doit faire
la feconde Partie de Marseille Sçavante.
Vous
Cependant j'ai fait attention à ce que
vous m'écrivez , qu'il y a plufieurs Marfeillois
qui fans avoir été ni fçavans , ni
habiles dans les Arts fe font fait une grande
réputation par d'autres voyes ; fur
quoi vous me citez plufieurs perfonnages
illuftres qui font , dites vous , trèsdignes
d'exercer la plume d'un homme
de Lettres. Je conviens avec vous , Monfieur
, de cette verité ; mais je ne conviens
pas que cela puiffe regarder , fi ce n'eft
indirectement , mon premier deffein , &
le motif que j'ai eu en écrivant ce que
II. Vel.. VOUS
JUIN. 1730. 1269
vous avez vû dans le Mercure.Pour donner
cependant quelque chofe à vos idées qui
font toujours juftes , fans m'engager autrement
dans l'entrepriſe que vous m'indiquez
, j'ai choifi entre les fujets que vous
nommez, celui qu'il me convient le plus de
traiter , & dont j'ai le plus de connoiffance.
J'ai fait là - deffus un effai que je vous
adreffe avec ma Réponse ; je fouhaite que
vous en foyez content , & de trouver
fouvent les occafions de vous marquer à
quel point je fuis , Monfieur &c .
Sçavante &c. à la Lettre qui lui a été
écrite de Provence le premier Fevrier
1729.
Jde vos
E fais , Monfieur , tout le cas poffible
de vos Reflexions fur la Lettre qui eft
imprimée dans le Mercure de Françe
intitulée Marseille Sçavante &c. J'aurois
pû , il eft vrai , donner plus d'étenduë
aux differens articles qui la compofent,
& augmenter même le nombre de ces articles
, fur-tout à l'égard des Sçavans modernes
; mais un Livre entier auroit à
peine fuffi pour executer un Plan plus
vafte , & j'ai entrepris d'écrire feulement
II. Vol.
Aiiij une
1268 MERCURE DE FRANCE
une Lettre , dans la vûë que j'ai eu ſoin
d'expofer au commencement de la même
Lettre. Je me fuis cependant refervé ,
comme vous fçavez , la liberté de reparer
par un Supplément les omiffions effentielles
que je puis avoir faites , faute d'avoir
connu quelques Marfeillois Sçavans,
ou leurs Ouvrages , & de corriger les
fautes qui me feront échapées.
Mais avant que d'en venir là
me permettrez , Monfieur , de pourfuivre
mon deffein , & de mettre à la fuite des.
Auteurs Marfeillois les noms & les Ouvrages
de ceux de nos Compatriotes qui
ont cultivé les beaux Arts , fur- tout les
Arts utiles & qui y ont excellé. C'eſt ,
comme je l'ai déja dit , ce qui doit faire
la feconde Partie de Marseille Sçavante.
Vous
Cependant j'ai fait attention à ce que
vous m'écrivez , qu'il y a plufieurs Marfeillois
qui fans avoir été ni fçavans , ni
habiles dans les Arts fe font fait une grande
réputation par d'autres voyes ; fur
quoi vous me citez plufieurs perfonnages
illuftres qui font , dites vous , trèsdignes
d'exercer la plume d'un homme
de Lettres. Je conviens avec vous , Monfieur
, de cette verité ; mais je ne conviens
pas que cela puiffe regarder , fi ce n'eft
indirectement , mon premier deffein , &
le motif que j'ai eu en écrivant ce que
II. Vel.. VOUS
JUIN. 1730. 1269
vous avez vû dans le Mercure.Pour donner
cependant quelque chofe à vos idées qui
font toujours juftes , fans m'engager autrement
dans l'entrepriſe que vous m'indiquez
, j'ai choifi entre les fujets que vous
nommez, celui qu'il me convient le plus de
traiter , & dont j'ai le plus de connoiffance.
J'ai fait là - deffus un effai que je vous
adreffe avec ma Réponse ; je fouhaite que
vous en foyez content , & de trouver
fouvent les occafions de vous marquer à
quel point je fuis , Monfieur &c .
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Résumé : RÉPONSE de l'Auteur de Marseille Sçavante &c. à la Lettre qui lui a été écrite de Provence le premier Fevrier 1729.
L'auteur de Marseille répond à une lettre du 1er février 1729 concernant la publication 'Marseille Sçavante' dans le Mercure de France. Il reconnaît la pertinence des réflexions de son correspondant mais explique que des contraintes de place l'ont empêché de développer davantage les articles ou d'inclure plus de savants modernes. Il envisage de publier un supplément pour corriger les omissions et les erreurs. L'auteur souhaite poursuivre son objectif initial de lister les noms et les œuvres des Marseillais ayant excellé dans les beaux-arts et les arts utiles. Il note que certains Marseillais se sont distingués par d'autres voies que la science ou les arts et méritent également d'être mentionnés. Cependant, il choisit de traiter un sujet spécifique pour lequel il a une meilleure connaissance. Il envoie un essai sur ce sujet avec sa réponse, espérant que son correspondant en sera satisfait.
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18377
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY
rue & vis-à- vis la Comédie Françoife.
rue & vis-à- vis la Comédie Françoife.
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18378
p. 216
« La Planche des Jettons doit se place à la page 141. [...] »
Début :
La Planche des Jettons doit se place à la page 141. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Planche des Jettons doit se place à la page 141. [...] »
La Planche des Jettons doit fe placer à la page 141.
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18379
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant. Jombert.
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18380
p. 205-208
Parterre du Nort, & ses figures de Marbre. [titre d'après la table]
Début :
Les Ambassadeurs allerent ensuite au Parterre du Nord, qui est [...]
Mots clefs :
Parterre du nord, Figures, Ambassadeurs, Parterre, Allée, Eau, Tritons, Admirer, Fer à cheval, Étienne Le Hongre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parterre du Nort, & ses figures de Marbre. [titre d'après la table]
Les Ambaſſadeurs allerent
enfuite au Parterre du Nord,
qui eſt au bout de l'Allée
d'eau , où ils trouverent encore
deux Baffins qui font un
peu au - delà de celuy de lå
Pyramide. On y voit des Tritons
& des Sirenes qui ſoûtiennent
de riches Couronnes
, & il en fort beaucoup
de jets d'eau. Ils admirerent
encore dans ce lieu , deux
Vaſes d'environ cinq pieds
de haut , avec leurs couvercles
, autour deſquels il y a
des Bas- reliefs qui reprefentent
des Nymphes , des Tritons
, des Enfans & des Tefdes
Amb. de Siam.
199
or
tes de Belier , dont les cornes
fervent d'anſe. Ces.Va-
Ak ſes ont eſté faits par Mr Girardon.
Les Ambaſſadeurs viatt
rent enſuite les Figures de
marbre , qui font le long des
I paliſſades du Parterre du
Nord , & celles qui font en
remontant juſques à l'endroit
co) appelé le Fer àcheval , quireet
garde l'Allée Royale, qui fait
des faces au Château. Entre ces
pad Figures font les 4. Saifons, les
4. Parties du monde , les 4
Ages, les quatre Poëmes, les 4
ele Parties du four & de la Nuit,
In & les 4. Elemens. Toutes ces
1 Figures ont eſté faites fur les
Rij
200 Suite du Voyage
deſſeins de Mr le Brun. Ils
admirerent la Figure de l'Air,
faite par Mele Hongre , qui
eſt du nombre de ces 24. &
qui eſt beaucoup eſtimée
pour la delicateſſe du travail,
&pour la correction du deffein.
enfuite au Parterre du Nord,
qui eſt au bout de l'Allée
d'eau , où ils trouverent encore
deux Baffins qui font un
peu au - delà de celuy de lå
Pyramide. On y voit des Tritons
& des Sirenes qui ſoûtiennent
de riches Couronnes
, & il en fort beaucoup
de jets d'eau. Ils admirerent
encore dans ce lieu , deux
Vaſes d'environ cinq pieds
de haut , avec leurs couvercles
, autour deſquels il y a
des Bas- reliefs qui reprefentent
des Nymphes , des Tritons
, des Enfans & des Tefdes
Amb. de Siam.
199
or
tes de Belier , dont les cornes
fervent d'anſe. Ces.Va-
Ak ſes ont eſté faits par Mr Girardon.
Les Ambaſſadeurs viatt
rent enſuite les Figures de
marbre , qui font le long des
I paliſſades du Parterre du
Nord , & celles qui font en
remontant juſques à l'endroit
co) appelé le Fer àcheval , quireet
garde l'Allée Royale, qui fait
des faces au Château. Entre ces
pad Figures font les 4. Saifons, les
4. Parties du monde , les 4
Ages, les quatre Poëmes, les 4
ele Parties du four & de la Nuit,
In & les 4. Elemens. Toutes ces
1 Figures ont eſté faites fur les
Rij
200 Suite du Voyage
deſſeins de Mr le Brun. Ils
admirerent la Figure de l'Air,
faite par Mele Hongre , qui
eſt du nombre de ces 24. &
qui eſt beaucoup eſtimée
pour la delicateſſe du travail,
&pour la correction du deffein.
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Résumé : Parterre du Nort, & ses figures de Marbre. [titre d'après la table]
Les Ambassadeurs visitèrent le Parterre du Nord, situé au bout de l'Allée d'eau, où ils découvrirent deux bassins appelés Baffins, au-delà du bassin de la Pyramide. Ces bassins étaient ornés de Tritons et de Sirènes soutenant des couronnes riches, avec de nombreux jets d'eau. Ils admirèrent également deux vases hauts de cinq pieds, réalisés par Monsieur Girardon, avec des couvercles et des bas-reliefs représentant des Nymphes, des Tritons, des Enfants et des Têtes de Bélier. Ensuite, ils observèrent les figures de marbre alignées le long des palissades du Parterre du Nord et jusqu'au Fer à cheval, qui garde l'Allée Royale face au Château. Parmi ces figures se trouvaient les quatre Saisons, les quatre Parties du monde, les quatre Âges, les quatre Poèmes, les quatre Parties du jour et de la nuit, et les quatre Éléments, toutes conçues d'après les dessins de Monsieur Le Brun. Ils apprécièrent particulièrement la Figure de l'Air, réalisée par Mele Hongre, pour la délicatesse de son travail et la correction de son dessin.
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18381
p. 222-228
Seconde Déclaration du Roi, pour la Discipline du Parlement.
Début :
Louis, &c. la réduction que nous avons ordonnée du nombre des Officiers de notre [...]
Mots clefs :
Parlement, Discipline, Déclaration du roi, Fonctions, Magistratures, Assemblées, Chambres, Articles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Seconde Déclaration du Roi, pour la Discipline du Parlement.
Seconde Déclaration du Roi , pour la Discipline du
Parlement .
Louis , &c. la réduction que nous avons ordonnée
du nombre des Officiers de notre Parlement
de Paris , en nous procurant l'avantage de
choiſir parmi ceux qui ſe préfenteront pour y entrer
, les Sujets qui nous paroîtront les plus propres
à remplir les fonctions de la Magiftrature , ne
fera qu'aſſurer de plus en plus l'adminiſtration la
plus exacte de la Juſtice dans ce Tribunal : mais
ayant reconnu que le défaut de la difcipline qui
s'obſerve dans l'intérieur de cette Compagnie , en
ce qui concerne ſingulièrement les matieres d'ordre
public , nuit le plus ſouvent à l'expédition des
affaires qui y font relatives , ſoit en confondant
les objets qui peuvent ou qui doivent être traités
dans l'aſſemblée des Chambres , ſoit en multipliant
ces aſſemblées , au préjudice de l'expédition
des affaires des particuliers ; nous avons en
même temps conſidéré que ſi la nature des affaires
ordinaires a exigé que la décifion n'en fût confiée
qu'à des Magiſtrats d'un expérience reconnue ,
ces mêmes conſidérations devenoient encore plus
effentielles & plus néceffaires pour les affaires
d'un ordre fupérieur , qui ne ſe déliberent que
dans les Chambres aſſemblées , & que le poids &
la dignité des délibérations qui doivent s'y prendre
, demandoient que les nouveaux Magiſtrats ne
JANVIER. 1757 . 22.3
puſſent déſormais y être admis , qu'après s'être
formes par le ſervice d'un certain nombre d'années
; nous avons donc jugé que l'admiſſion à l'afſemblée
des Chambres , la convocation de ces afſemblées
& la diſcuſſion des matieres qui y font
portées, doivent être ſoumiſes à des regles ,& nous
ne pouvons mieux veiller à leur obſervation , qu'en
nous repoſant du ſoin d'une partie de ces objets ,
fur les perſonnes mêmes de notre Parlement , dont
la maturité , la capacité & l'expérience , ſont propres
à leur concilier la vénération de nos peuples ,
&à leur mériter notre confiance & la leur. C'eſt
par une ſuite de cette même confiance , que nous
ferons toujours diſpoſés à écouter favorablement
les remontrances que le zele de notre Parlement
pour le bien de notre Etat pourra lui inſpirer :
mais ſi l'uſagede ces remontrances n'étoit lui -même
réglé par la prudence & le reſpect pour nos
ordres , il dégénéreroit dans un abus contraire à
notre autorité. Le droit législatif qui réſide en notre
Couronne ſeule , ne s'étend pas moins ſur les
Magiftrats que ſur les peuples auxquels nous les
avons chargés de rendre la juſtice en notre nom ;
& le premier de leurs devoirs eſt de donner à nos
Sujets l'exemple de la ſoumiſſion & de l'obéifſance.
Aces cauſes , & autres à ce nous mouvant , de
l'avis de notre Conſeil , &de notre certaine ſcience
, pleine puiſſance & autorité royale , nous
avons dit , déclaré & ordonné , & par ces préſentes
ſignées de notre main , diſons , déclarons &
ordonnons , voulons & nous plaît ce qui fuit :
ART. I. Tout ce qui concerne la police générale
dans les matieres civiles ou eccléſiaſtiques , ſera &
demeurera ſpécialement attribué à la Grand Chambre
de notre Parlement , qui ſeule en pourra
connoître , foit par appel ſimple ou comme d'a-1
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
bus , foit en premiere instance , ſans que fous
aucun prétexte , les Officiers des Chambres des
Enquêtes & Requêtes de notredit Parlement puifſent
en prendre connoiſſance , fi ce n'eſt dans les
cas où l'affemblée des Chambres auroit été jugée
néceſſaire , ainſi qu'il fera dit ci-après ; n'entendons
néanmoins empêcher que les appels comme
d'abus incident aux procès qui ſeroient pendans
en l'une des trois Chambres des Enquêtes , ne
puiffent y être jugés en la maniere accoutumée.
II. Pour lejugement des cauſes &matieres énoncées
dans l'article précédent , tous les Préfidens
de notre Parlement , & les Confeillers ayant féance
en la Grand Chambre pourront y affifter , encore
qu'aucunsd'eux fufſent de ſervice en laChambre
de la Tournelle , & généralement tous ceux
qui ont le droit de fiéger en la Grand Chambre.
III. Les Chambres ne pourront être aſſemblées
pour le jugement deſdites cauſes & matieres
qu'au préalable le Premier Préſident , ou celui
qui, en ſon abſence , préſidera la Compagnie ,
n'ait été inſtruit des motifs pour leſquels ſera demandée
ladite aſſemblée , & des objets ſur lefquels
on ſe propoſe de délibérer.
IV. Le Premier Préſident , ou celui qui , en fon
abfence , préſidera , communiquera aux Préfidens
du Parlement & à la Grand Chambre aſſemblée ,
la demande qui lui ſera faite de l'aſſemblée des
Chambres & les motifs d'icelle , pour , fur le
tout , être par toute ladite Chambre délibéré s'il
y a lieu à aſſembler les Chambres ; & dans le cas
où à la pluralité des ſuffrages il auroit été arrêté
d'aſſembler leſdites Chambres , il y ſera procédé
en la forme ordinaire & accoutumée.
V. Dans le cas où il auroit été délibéré qu'il n'y a
lieu à affembler les Chambres , défendons à tous
JANVIER . 1757 . 225
& chacun des Officiers des Enquêtes & Requêtes ,
de venir prendre place en la Grand Chambre , &
de troubler & interrompre les audiences & fervices
ordinaires; le toutà peine de deſobéiſſance ,
même de privation d'office .
VI. Ne pourront dans aucun cas être faites aucunes
dénonciations à notre Parlement que par le
miniftere de notre Procureur général , Lauf néanmoins
à ceux qui ſeroient inſtruits de quelques
faits qu'ils regarderoient comme ſujets à dénonciation
, d'en informer le Premier Préſident , ou
celui qui en fon abſence , préſidera , pour ,
ſur le compte qu'il en rendra en la Grand Chambre
, être enjoint au Procureur général de faire
ladite dénonciation , s'il y a lieu , ſans même que
ſous prétexte d'aſſemblée pour la réception d'aucuns
officiers ayant féance en ladite Cour , il puifſe
en être ufé autrement.
,
VII. La délibération preſcrite par l'article IV
de notre préſente declaration , pour déterminer
par ladite Grand Chambre aſſemblée les cas efquels
il conviendra d'aſſembler les Chambres , aura
lieu en toute matiere , ſauf néanmoins à l'égard
de nos ordonnances , édits , déclarations ou lettres
patentes concernant Padminiſtration général
de la justice , les impoſitions nouvelles , les créations
de rentes & d'office , à l'enregiſtrement defquelles
il ne pourra être procédé qu'aux Chambres
aſſemblées , comme par le paſſe .
VIII . En procédant à l'enregiſtrement deſdites
ordonnances , édits , déclarations ou lettres patentes
, pourra notredite Cour de Parlement arrêter
qu'il nous foit fait telles remontrances& repréſentations
qu'elle eſtimera convenables au bien
de notre ſervice & à l'intérêt public .
Kv :
226 MERCURE DE FRANCE.
IX. Notredite Cour de Parlement ſera tenue
de vaquer à la confection deſdites remontrances
ou repréſentations , auffi-tôt qu'elles auront été
arrêtées , en ſorte qu'elles puiſſent nous être préſentées
dans la quinzaine , au plus tard , du jour
que leſdites ordonnances , édits , déclarations ou
lettres patentes auront été remiſes à ladite Cour
par nos Avocats & Procureur généraux , lequel
delà ne pourra être prorogé ſans notre congé &
permiſſion ſpéciale.
,
X. Lorſqu'il nous aura plu de répondre auxdites
remontrances ou repréſentations , notre Parlement
ſera tenu d'enregiſtrer dans le lendemain duz
jour de notre réponſe lefdites ordonnances ,
édits , déclarations ou lettres patentes , ſaufànotredite
Cour , après ledit enregiſtrement , à nous
repréſenter ce qu'elle aviſera bon être ſur l'exécu
tion d'icelles , poury être par nous pourvu ainfi
que nous le jugerons à propos , ſans néanmoins
queleſdites repréſentations puiſſent ſuſpendre l'éxécutionde
noſdites ordonnances , édits , déclarations
ou lettres patentes , juſqu'à ce que nous
ayons de nouveau expliqué nos intentions.
XI. Faute par notre Cour de Parlement de procéder
à l'enregistrement preſcrit par l'article précédent
deſdites ordonnances , édits , déclarations
ou lettres patentes , dans le jour qui ſuivra celui
de la réponſeque nous aurons faite à ces remontrances
ou répréſentations , voulons & ordonnons
que nofdites ordonnances , édits , déclarations
ou lettres patentes foient tenues pour publiées &
enrégiſtrées , qu'elles ſoient gardées & obfervées ,
&qu'elles foient envoyées par notre Procureur
général aux Bailliages , Sénéchauffées & Sieges
du reffort , pour y être pareillement gardées &
obſervées.
JANVIER. 1757. 227
XII. Les Conſeillers en notre Cour de Parle-
,
ment , foit clercs ou lais , qui y feront reçus à
l'avenir , à compter du jour de l'enregiſtrement
de notre préſente déclaration ne pourront
avoir entrée , féance & voix délibérative en l'afſemblée
des Chambres dudit Parlement , qu'après
qu'ils auront ſervi dix ans dans ladite Compagnie
a compter du jour de leurs réceptions , dont ſera
fait mention expreſſe dans les provifions qu'ils
obtiendront deſdits offices: exceptons néanmoins
les aſſemblées qui fe tiennent pour la lecture des
ordonnances , pour les mercuriales & la réception
des officiers , en ce qui concerne ſeulement
l'objet ordinaire de la lecture deſdites ordonnances
, deſdites mercuriales & réceptions des Officiers
ayant féance audit Parlement.
XIII. Voulons pareillement qu'il ne ſoit accordé
aucunes lettres de diſpenſe , ſous quelque prétexte
que ce puiſſe être , à l'effet de donner voix
délibérative avant l'âge de vingt- cinq ans ; n'entendons
néanmoins abroger l'uſage dans lequel eſt
notredit Parlement de Paris de compter la voix
des Rapporteurs dans les affaires dont ils font le
rapport , encore qu'ils n'ayent pas l'âge de vingtcinq
ans.
XIV. Faifons très-expreſſes inhibitions & dé
fenfes à tous & chacun des officiers de notredite
Cour de Parlement de Paris , de ceſſer , fufpendre
ou interrompre , pour quelque caufe & fous
quelque prétexte que ce ſoit, leurs fonctions &
le ſervice ordinaire & accoutumé , auquel ils font
obligés , tant envers nous qu'envers nos fujers ,
ni de former ou propoſer ſous aucun prétexte ,
aucune délibération contraire au préſent art ce ,
fous peine de deſobéiflance & de privation de
leurs offices.
Kvj
228 MERCURE DE FRANCE.
XV. Ordonnons que tout le contenu en la pré
ſente déclaration , ſoit à toujours gardé & obfervé
dans notredite Cour de Parlement. Défendons
au Premier Préſident & aux autres Préfidens de
notre Parlement , de permettre aucune affemblée
ou déliberation à ce ſujet , d'y préſider , même
d'y affifter , à peine de deſobéiffance ; déclarons
nulles toute aſſemblée & délibération contraires à
la préſente diſpoſition. Si donnons en Mandement
à nos amés & féaux Conſeillers les Gens tenant
notre Cour de Parlement à Paris , que ces
préſentes ils aient à faire lire & régiſtrer , & le
contenu en icelles garder & obſerver ſelon leur
forme &teneur : Car tel eſt notre plaiſir. En témoin
de quoi nous avons fait mettre notre ſcelàceſdites
préſentes. Donné à Verſailles le dixieme jour de
Décembre , l'an de grace mil ſept cent cinquantefix
,& de notre regne le quarante-deuxieme. Signé
LOUIS . Et plus bas , par le Roi , M. P. de Voyer
d'Argenſon. Et ſcellé du grand ſceau de cire jaune.
Lue publiée , le Roiféant enſon Lit dejustice,
de régistrée , oui , & ce requérant le Procureur
général du Roi , pour être exécutée selonsaforme
teneur . A Paris , en Parlement , le Roi tenant
Son Lit de Justice , le treize Décembre milſept cent
cinquante-fix. Signé Dufranc.
Nous donnerons l'Edit, portant fuppreffion
de deux Chambres des Enquêtes
dans le Mercure prochain .
Parlement .
Louis , &c. la réduction que nous avons ordonnée
du nombre des Officiers de notre Parlement
de Paris , en nous procurant l'avantage de
choiſir parmi ceux qui ſe préfenteront pour y entrer
, les Sujets qui nous paroîtront les plus propres
à remplir les fonctions de la Magiftrature , ne
fera qu'aſſurer de plus en plus l'adminiſtration la
plus exacte de la Juſtice dans ce Tribunal : mais
ayant reconnu que le défaut de la difcipline qui
s'obſerve dans l'intérieur de cette Compagnie , en
ce qui concerne ſingulièrement les matieres d'ordre
public , nuit le plus ſouvent à l'expédition des
affaires qui y font relatives , ſoit en confondant
les objets qui peuvent ou qui doivent être traités
dans l'aſſemblée des Chambres , ſoit en multipliant
ces aſſemblées , au préjudice de l'expédition
des affaires des particuliers ; nous avons en
même temps conſidéré que ſi la nature des affaires
ordinaires a exigé que la décifion n'en fût confiée
qu'à des Magiſtrats d'un expérience reconnue ,
ces mêmes conſidérations devenoient encore plus
effentielles & plus néceffaires pour les affaires
d'un ordre fupérieur , qui ne ſe déliberent que
dans les Chambres aſſemblées , & que le poids &
la dignité des délibérations qui doivent s'y prendre
, demandoient que les nouveaux Magiſtrats ne
JANVIER. 1757 . 22.3
puſſent déſormais y être admis , qu'après s'être
formes par le ſervice d'un certain nombre d'années
; nous avons donc jugé que l'admiſſion à l'afſemblée
des Chambres , la convocation de ces afſemblées
& la diſcuſſion des matieres qui y font
portées, doivent être ſoumiſes à des regles ,& nous
ne pouvons mieux veiller à leur obſervation , qu'en
nous repoſant du ſoin d'une partie de ces objets ,
fur les perſonnes mêmes de notre Parlement , dont
la maturité , la capacité & l'expérience , ſont propres
à leur concilier la vénération de nos peuples ,
&à leur mériter notre confiance & la leur. C'eſt
par une ſuite de cette même confiance , que nous
ferons toujours diſpoſés à écouter favorablement
les remontrances que le zele de notre Parlement
pour le bien de notre Etat pourra lui inſpirer :
mais ſi l'uſagede ces remontrances n'étoit lui -même
réglé par la prudence & le reſpect pour nos
ordres , il dégénéreroit dans un abus contraire à
notre autorité. Le droit législatif qui réſide en notre
Couronne ſeule , ne s'étend pas moins ſur les
Magiftrats que ſur les peuples auxquels nous les
avons chargés de rendre la juſtice en notre nom ;
& le premier de leurs devoirs eſt de donner à nos
Sujets l'exemple de la ſoumiſſion & de l'obéifſance.
Aces cauſes , & autres à ce nous mouvant , de
l'avis de notre Conſeil , &de notre certaine ſcience
, pleine puiſſance & autorité royale , nous
avons dit , déclaré & ordonné , & par ces préſentes
ſignées de notre main , diſons , déclarons &
ordonnons , voulons & nous plaît ce qui fuit :
ART. I. Tout ce qui concerne la police générale
dans les matieres civiles ou eccléſiaſtiques , ſera &
demeurera ſpécialement attribué à la Grand Chambre
de notre Parlement , qui ſeule en pourra
connoître , foit par appel ſimple ou comme d'a-1
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
bus , foit en premiere instance , ſans que fous
aucun prétexte , les Officiers des Chambres des
Enquêtes & Requêtes de notredit Parlement puifſent
en prendre connoiſſance , fi ce n'eſt dans les
cas où l'affemblée des Chambres auroit été jugée
néceſſaire , ainſi qu'il fera dit ci-après ; n'entendons
néanmoins empêcher que les appels comme
d'abus incident aux procès qui ſeroient pendans
en l'une des trois Chambres des Enquêtes , ne
puiffent y être jugés en la maniere accoutumée.
II. Pour lejugement des cauſes &matieres énoncées
dans l'article précédent , tous les Préfidens
de notre Parlement , & les Confeillers ayant féance
en la Grand Chambre pourront y affifter , encore
qu'aucunsd'eux fufſent de ſervice en laChambre
de la Tournelle , & généralement tous ceux
qui ont le droit de fiéger en la Grand Chambre.
III. Les Chambres ne pourront être aſſemblées
pour le jugement deſdites cauſes & matieres
qu'au préalable le Premier Préſident , ou celui
qui, en ſon abſence , préſidera la Compagnie ,
n'ait été inſtruit des motifs pour leſquels ſera demandée
ladite aſſemblée , & des objets ſur lefquels
on ſe propoſe de délibérer.
IV. Le Premier Préſident , ou celui qui , en fon
abfence , préſidera , communiquera aux Préfidens
du Parlement & à la Grand Chambre aſſemblée ,
la demande qui lui ſera faite de l'aſſemblée des
Chambres & les motifs d'icelle , pour , fur le
tout , être par toute ladite Chambre délibéré s'il
y a lieu à aſſembler les Chambres ; & dans le cas
où à la pluralité des ſuffrages il auroit été arrêté
d'aſſembler leſdites Chambres , il y ſera procédé
en la forme ordinaire & accoutumée.
V. Dans le cas où il auroit été délibéré qu'il n'y a
lieu à affembler les Chambres , défendons à tous
JANVIER . 1757 . 225
& chacun des Officiers des Enquêtes & Requêtes ,
de venir prendre place en la Grand Chambre , &
de troubler & interrompre les audiences & fervices
ordinaires; le toutà peine de deſobéiſſance ,
même de privation d'office .
VI. Ne pourront dans aucun cas être faites aucunes
dénonciations à notre Parlement que par le
miniftere de notre Procureur général , Lauf néanmoins
à ceux qui ſeroient inſtruits de quelques
faits qu'ils regarderoient comme ſujets à dénonciation
, d'en informer le Premier Préſident , ou
celui qui en fon abſence , préſidera , pour ,
ſur le compte qu'il en rendra en la Grand Chambre
, être enjoint au Procureur général de faire
ladite dénonciation , s'il y a lieu , ſans même que
ſous prétexte d'aſſemblée pour la réception d'aucuns
officiers ayant féance en ladite Cour , il puifſe
en être ufé autrement.
,
VII. La délibération preſcrite par l'article IV
de notre préſente declaration , pour déterminer
par ladite Grand Chambre aſſemblée les cas efquels
il conviendra d'aſſembler les Chambres , aura
lieu en toute matiere , ſauf néanmoins à l'égard
de nos ordonnances , édits , déclarations ou lettres
patentes concernant Padminiſtration général
de la justice , les impoſitions nouvelles , les créations
de rentes & d'office , à l'enregiſtrement defquelles
il ne pourra être procédé qu'aux Chambres
aſſemblées , comme par le paſſe .
VIII . En procédant à l'enregiſtrement deſdites
ordonnances , édits , déclarations ou lettres patentes
, pourra notredite Cour de Parlement arrêter
qu'il nous foit fait telles remontrances& repréſentations
qu'elle eſtimera convenables au bien
de notre ſervice & à l'intérêt public .
Kv :
226 MERCURE DE FRANCE.
IX. Notredite Cour de Parlement ſera tenue
de vaquer à la confection deſdites remontrances
ou repréſentations , auffi-tôt qu'elles auront été
arrêtées , en ſorte qu'elles puiſſent nous être préſentées
dans la quinzaine , au plus tard , du jour
que leſdites ordonnances , édits , déclarations ou
lettres patentes auront été remiſes à ladite Cour
par nos Avocats & Procureur généraux , lequel
delà ne pourra être prorogé ſans notre congé &
permiſſion ſpéciale.
,
X. Lorſqu'il nous aura plu de répondre auxdites
remontrances ou repréſentations , notre Parlement
ſera tenu d'enregiſtrer dans le lendemain duz
jour de notre réponſe lefdites ordonnances ,
édits , déclarations ou lettres patentes , ſaufànotredite
Cour , après ledit enregiſtrement , à nous
repréſenter ce qu'elle aviſera bon être ſur l'exécu
tion d'icelles , poury être par nous pourvu ainfi
que nous le jugerons à propos , ſans néanmoins
queleſdites repréſentations puiſſent ſuſpendre l'éxécutionde
noſdites ordonnances , édits , déclarations
ou lettres patentes , juſqu'à ce que nous
ayons de nouveau expliqué nos intentions.
XI. Faute par notre Cour de Parlement de procéder
à l'enregistrement preſcrit par l'article précédent
deſdites ordonnances , édits , déclarations
ou lettres patentes , dans le jour qui ſuivra celui
de la réponſeque nous aurons faite à ces remontrances
ou répréſentations , voulons & ordonnons
que nofdites ordonnances , édits , déclarations
ou lettres patentes foient tenues pour publiées &
enrégiſtrées , qu'elles ſoient gardées & obfervées ,
&qu'elles foient envoyées par notre Procureur
général aux Bailliages , Sénéchauffées & Sieges
du reffort , pour y être pareillement gardées &
obſervées.
JANVIER. 1757. 227
XII. Les Conſeillers en notre Cour de Parle-
,
ment , foit clercs ou lais , qui y feront reçus à
l'avenir , à compter du jour de l'enregiſtrement
de notre préſente déclaration ne pourront
avoir entrée , féance & voix délibérative en l'afſemblée
des Chambres dudit Parlement , qu'après
qu'ils auront ſervi dix ans dans ladite Compagnie
a compter du jour de leurs réceptions , dont ſera
fait mention expreſſe dans les provifions qu'ils
obtiendront deſdits offices: exceptons néanmoins
les aſſemblées qui fe tiennent pour la lecture des
ordonnances , pour les mercuriales & la réception
des officiers , en ce qui concerne ſeulement
l'objet ordinaire de la lecture deſdites ordonnances
, deſdites mercuriales & réceptions des Officiers
ayant féance audit Parlement.
XIII. Voulons pareillement qu'il ne ſoit accordé
aucunes lettres de diſpenſe , ſous quelque prétexte
que ce puiſſe être , à l'effet de donner voix
délibérative avant l'âge de vingt- cinq ans ; n'entendons
néanmoins abroger l'uſage dans lequel eſt
notredit Parlement de Paris de compter la voix
des Rapporteurs dans les affaires dont ils font le
rapport , encore qu'ils n'ayent pas l'âge de vingtcinq
ans.
XIV. Faifons très-expreſſes inhibitions & dé
fenfes à tous & chacun des officiers de notredite
Cour de Parlement de Paris , de ceſſer , fufpendre
ou interrompre , pour quelque caufe & fous
quelque prétexte que ce ſoit, leurs fonctions &
le ſervice ordinaire & accoutumé , auquel ils font
obligés , tant envers nous qu'envers nos fujers ,
ni de former ou propoſer ſous aucun prétexte ,
aucune délibération contraire au préſent art ce ,
fous peine de deſobéiflance & de privation de
leurs offices.
Kvj
228 MERCURE DE FRANCE.
XV. Ordonnons que tout le contenu en la pré
ſente déclaration , ſoit à toujours gardé & obfervé
dans notredite Cour de Parlement. Défendons
au Premier Préſident & aux autres Préfidens de
notre Parlement , de permettre aucune affemblée
ou déliberation à ce ſujet , d'y préſider , même
d'y affifter , à peine de deſobéiffance ; déclarons
nulles toute aſſemblée & délibération contraires à
la préſente diſpoſition. Si donnons en Mandement
à nos amés & féaux Conſeillers les Gens tenant
notre Cour de Parlement à Paris , que ces
préſentes ils aient à faire lire & régiſtrer , & le
contenu en icelles garder & obſerver ſelon leur
forme &teneur : Car tel eſt notre plaiſir. En témoin
de quoi nous avons fait mettre notre ſcelàceſdites
préſentes. Donné à Verſailles le dixieme jour de
Décembre , l'an de grace mil ſept cent cinquantefix
,& de notre regne le quarante-deuxieme. Signé
LOUIS . Et plus bas , par le Roi , M. P. de Voyer
d'Argenſon. Et ſcellé du grand ſceau de cire jaune.
Lue publiée , le Roiféant enſon Lit dejustice,
de régistrée , oui , & ce requérant le Procureur
général du Roi , pour être exécutée selonsaforme
teneur . A Paris , en Parlement , le Roi tenant
Son Lit de Justice , le treize Décembre milſept cent
cinquante-fix. Signé Dufranc.
Nous donnerons l'Edit, portant fuppreffion
de deux Chambres des Enquêtes
dans le Mercure prochain .
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Résumé : Seconde Déclaration du Roi, pour la Discipline du Parlement.
En janvier 1757, Louis XV émit une déclaration royale visant à réformer et discipliner le Parlement de Paris. Le roi ordonna la réduction du nombre d'officiers pour ne conserver que les plus aptes à administrer la justice. Il souligna que le manque de discipline au sein du Parlement entravait l'expédition des affaires publiques et privées. Pour remédier à cette situation, il imposa des règles strictes pour l'admission des nouveaux magistrats aux assemblées des Chambres, stipulant qu'ils ne pourraient y participer qu'après dix années de service. La déclaration attribua la police générale des matières civiles et ecclésiastiques à la Grand Chambre, interdisant aux officiers des Chambres des Enquêtes et Requêtes de s'en occuper sauf en cas d'assemblée nécessaire. Le Premier Président ou son remplaçant devait être informé des motifs des assemblées et des objets de délibération. La déclaration interdit également toute dénonciation au Parlement sans passer par le Procureur général. Elle régula les remontrances du Parlement concernant les ordonnances royales, imposant un délai de quinzaine pour leur présentation après leur remise. En cas de non-respect de ces règles, les ordonnances seraient considérées comme publiées et enregistrées. Les conseillers ne pourraient avoir voix délibérative en assemblée des Chambres qu'après dix années de service et ne pourraient obtenir de dispense avant l'âge de vingt-cinq ans. Enfin, le roi interdit aux officiers du Parlement d'interrompre leurs fonctions et de proposer des délibérations contraires à la déclaration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18382
p. 1269-1286
ELOGE de M. Baron, Consul de France en Syrie, puis Directeur General du Commerce aux Indes Orientales, adressé à M. de ....
Début :
Rendre à la mémoire des hommes vertueux ce qui lui est dû, proposer [...]
Mots clefs :
Consul de France, Commerce, Indes orientales, Syrie, Marchands, Constantinople, Égypte, Voyage, Roi, Consulat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE de M. Baron, Consul de France en Syrie, puis Directeur General du Commerce aux Indes Orientales, adressé à M. de ....
ELOG E de M. Baron , Conful de France
en Syrie , puis Direcleur General du
Commerce aux Indes Orientales , adreſſe
à M. de
R
....
Endre à la mémoire des hommes
vertueux ce qui lui eft dû , propo--
fer leur exemple à la Pofterité , en donnant
un abregé de leur vie , c'eft , Monfieur
, une action de Juftice , un hommage
rendu au vrai mérite , & un foin qui
tourne à l'utilité publique . Ainfi , quʊique
M. Baron foit mort depuis plufieurs
années , & qu'après le decès de M. J. Bap
tifte Baron fon neveu , Chevalier de l'Or
dre de S. Jean de Jerufalem , Comman--
deur d'Efpagnac , arrivé le 20. Novembre
il ne reste plus perfonne en France
1724.
II. Vol.
A y de
1270 MERCURE DE FRANCE
de cette vertueufe famille , je ne fais point
difficulté d'entreprendre de vous marquer
ici les principales circonftances de fa vie..
François Baron nâquit à Marſeille le 4 ..
Novembre 16 20. d'une ancienne famille
de la même Ville qui étoit originaire de
Cofme dans le Duché de Milan . Après
avoir fait fes Etudes & fes Exercices , il
entra dans le monde , & fe fit confiderer
par fes manieres polies & par le carac
tere d'une exacte probité.
Quelque tems après , il forma le deffein
de voyager ; après avoir vû une partie de
l'Italie , & féjourné particulierement à la
Cour de Turin , il paffa en Egypte ; c'étoit
dans le tems de la rupture des Turcs avec
la République de Venife , & durant le
Siege de Candie. Cependant il y avoit
encore au Caire un Conful & plufieurs
Marchands Venitiens , aufquels le Pacha
de cette Ville fit plus qu'une avanie Turque
car après leur avoir fuppofé des intelligences
criminelles avec les Affiegés
de Candie , il les fit mettre aux fers , &
enfuite d'une courte procedure , il les
condamna tous à la mort , ce qui empor-.
toit la confifcation de leurs effets dont il
s'empara d'abord.
Dans cette extremité , les Venitiens eurent
recours à M. Baron qu'ils fçavoient
être fort confideré du Pacha . Il s'employa
II. Vol. effiJUIN.
1730. 1271'
efficacement pour eux , & il obtint enfin
leur délivrance , moyennant une fomme
dont on convint en argent comptant . Les
Venitiens n'en pouvoient pas trouver à
caufe de la faifie de leurs effets , & ils
reftoient toûjours dans les fers , lorfque
M. Baron , par un excès de cette generofité
qui lui a toûjours été naturelle , prêta
lui- même la fomme en queftion , qui étoit
d'environ cinq mille Piaftres , dont il emprunta
une bonne partie de divers Marchands
, au moyen de quoi les Venitiens
furent tous élargis , & déchargés de l'accufation
.
Il eſt preſque inutile d'ajoûter que pour
la fûreté des deniers prêtés , le Sieur
Marco Zen , Conful de Veniſe au Caire ,
paffa en cette qualité , & au nom de fa
Nation le 3. May 1657. une obligation
en bonne forme en faveur de M. Baron
de la fomme prêtée , payable dans une
année , avec ftipulation d'interêts faute
de rembourſement paffé ledit terme
; l'Obligation fut enregistrée en la
Chancellerie du Confulat de France le 10 .
Novembre 1657. fuivant l'Expedition
autentique qui eft dans mes Mémoires .
Mais ce que la Pofterité aura de la peine
à croire , & ce qui eft cependant bien
certain , c'eft qu'un fervice fi fignalé fut
payé d'une ingratitude qui dure encore,
II. Vol. A vj
car
1272 MERCURE DE FRANCE
car jamais M. Baron ni fes heritiers n'ont
pû être payés de cette Obligation .
le
Il prêta auffi de les deniers, deux années :
après ,deux mille fix cent Piaftres pour une
moindre avanie faite aux * Harbis
par
même Pacha , dont il ne put être remboursé
avant fon départ d'Egypte , ce
qui eft encore tourné en pure perte. Peu
de tems après , & dans la même année
1659. M. Baron fut député à la Cour par
M. de Bermond Conful , & par le Corps
de la Nation Françoife établie au Caire ,
pour des affaires importantes , concernant
le commerce de cette Echelle ; ce qu'il
accepta au préjudice de fes propres affai--
res & du recouvrement de fes deniers.
Nos Marchands d'Egypte eurent toutlieu
de fe louer de cette députation , après
laquelle M. Baron revint à Marſeille , où
il fe lia d'une étroite amitié avec Gafpar
de Glandevez , Seigneur de Niozelles ;
ce Gentilhomme des plus qualifiés de la
Province , fut accufé d'être le principal
Auteur des troubles qui agitoient alors
la Ville de Marfeille , & le Roi étant venu
en Provence pour y remedier , fon Procès
Harbis , nom Arabe , qui fignifie , en un cer--
tainfens , Etranger , par lequel on entend tous
les:Marchands Européens qui réfident en Egyp
te, & qui n'y ont aucun Conful de leur Na-
11. Vol. lui
JUIN. 1730. 1273
›
fui fut fait avec la derniere rigueur , en--
forte qu'après la condamnation & fa retraite
tous les amis fe trouverent embaraffés
. M. Baron, quoique perfuadé de l'in--
nocence de M. de Niozelles , & encore
plus de la fienne , crut fe devoir quelque
précaution , & quitta cette Ville pour
un tems .
Cependant tout le monde lui rendit juk
tice , & en l'année 1661. le Roi informé
de fon mérite & de fa capacité lui fit
l'honneur de le nommer au Confulat d'Alep
, l'un des plus importans de tout le
Levant, & qui comprenoit alors , outre la
plus grande partie de la Syrie , la Caramanie
& les Echelles de Tripoly & de Chipre
, dont les Vice-Confuls lui étoient
fubordonnés. Le Conful d'Alep étoit auffi
Conful , avec l'agrément du Roi , des
Hollandois établis en cette Echelle . Le
Commerce des François à Alep avoit be--
foin d'un Conful de ce caractere ; il étoit
prefque ruiné par les abus qui s'y étoient
introduits & par l'avidité des Gouver
neurs, qui, contre la difpofition des Traités
, exigeoient des droits injuftes , opprimoient
, au lieu de proteger les Mar--
chands .
M. Picquet , qui depuis a été Evêque
de Babilone , étoit alors Conful dAlep ,
& devoit ceder fa place à M. Baron .
II. Vol. Après
#274 MERCURE DE FRANCE
Après avoir conferé enſemble fur l'Etat
du Commerce & fur les moyens de le rétablir
, on n'en trouva pas de plus affuré
que celui de prier le nouveau Conful de
faire avant toutes chofes , fous le bon plaifir
du Roi , un voyage à Conftantinople,
pour obtenir du Grand - Seigneur les commandemens
& les ordres neceffaires pour
ce rétabliffement.
M. Baron toûjours prêt à faire le bien
au préjudice même de fes interêts , entreprit
ce long voyage à fes dépens . Il confera
utilement avec M. de la Haye , Ambaffadeur
de France , de qui il fe fit confiderer
, & négocia fi heureuſement avec
le fameux Vizir Cupruli , qui ne put lui
-refufer fon eftime , qu'il obtint tout ce
qu'il demanda. Il revint à Alep , chargé
d'un Catacherif ou Commandement Imperial
qui fit bientôt changer de face au
Commerce de Syrie , qui fert encore de
regle , & qui met un frein à l'avarice infatiable
des Gouverneurs. L'un des Arti--
cles les plus importans , étoit la fupreffion
des interêts anciens des dettes de la Na--
-tion Françoise de Seyde , qui montoient™
à plus de dix huit mille Piaftres par an ,
& qui furent éteint pour toûjours.
Une année s'étoit à peine écoulée , que
M. Colbert , parvenu au Miniftere après
la mort du Cardinal Mazarin , & ayant
II. Vol
de
JUIN. 1730. 1275
›
de grandes vûës pour l'augmentation du
Commerce du Levant , fut bien aife de
confulter M. Baron fur ce fujet ; il lui
envoya pour cela , fur la fin de l'année
1662. un ordre du Roi conçû en ces termes.
» Cher & bien amé. Defirant être in-
» formé par votre bouche de l'Etat dus
» Commerce qui s'exerce par nos Sujets
» en l'étendue de votre Confulat , pour
» y pourvoir felon les befoins & l'amélio-
» rer par les voyes qui feront jugées les
»plus convenables nous vous faifons
>> cette Lettre pour vous dire qu'auffi tôt
» que vous l'aurez reçûë vous ayez à vous
» rendre auprès de nous , après toutefois
» avoir établi le Sieur Pierre Baron votre
» frere pour exercer votre Charge pen--
>> dant votre abfence , & mis fi bon ordre
» aux affaires dudit Confulat qu'elle ne
» leur puiffe être d'aucun préjudice ; &
» comme il ne feroit pas jufte que vous
faifant venir pour l'interêt general du
» Commerce , les frais de votre voyage
tombaffent fur vous , nous entendons
» que toute la Nation les fupporte , puifnous
ne vous le faifons entreprenque
» dre que pour le bien & l'avantage de
fon négoce ; n'y faites donc faute. Car
tel eft notre plaifir , Donné à Paris le
2-13 . d'Octobre 1662. figné Louis &c. &
30
>>
"
II Vol.
av
1276 MERCURE DE FRANCE
>
» au dos eft écrit : A notre cher & bien
» amé , le Sieur Baron , Conful de la Nation
Françoife à Alep.
Mes Mémoires ne portent aucune cirtance
particuliere fur l'execution de
cet ordre du Roi ; mais ils marquent indirectement
que; Sa Majefté en fut fatisfaite
, & que le Miniftre fut confirmé dans
l'opinion avantageufe qu'il avoit déja de
M. Baron , lequel exerça pendant neuf
années confécutives le Confulat d'Alep ,
avec beaucoup de dignité & d'utilité pour
le Commerce de la Nation ; ce Commerce
fut fi floriffant que les Droits de Confulat
pour ces neuf années fe monterent à la
fomme de quatre vingt dix mille Piaftres.
Comme il avoit un grand fond de Religion
& de pieté , il ſe déclara d'abord le
protecteur & le pere de tous les Miffionnaires
de l'Orient , qui trouverent nonfeulement
un azile dans fa maiſon , mais
fouvent des reffources folides dans les
conjonctures fâcheufes qui n'arrivent que
trop fouvent dans le Pays des Infideles .
Il avoit la même attention pour les Prélats
, les Ecclefiaftiques & tous les Chré--
tiens du Pays qui n'étoient point féparés
de l'Eglife Romaine par le Schifme ou par
des erreurs . condamnées ; & il n'oublioit
rien pour attirer ceux qui avoient le
malheur d'être nés dans cette féparation.
- II. Vol.
Sa
JUIN. 1730. 1277
>
Sa charité fans bornes & fans diftinction
des Sujets n'étoit jamais épuifée , quoique
fes facultés le fuffent quelquefois en donnant
comme il faifoit de toutes mains
;
alors , en attendant d'autres reffources, il
donnoit jufqu'à fes meubles & fes propres
habits. Le P. Jofeph Beffon , Miffionnaire
de la Compagnie de Jefus en Syrie , étant
allé un jour lui repréfenter le danger évident
où fe trouvoit une jeune fille Maronite
auffi belle qquuee ppaauuvvrree ,, recherchée
par un Turc de confideration , faute de
quelque argent pour la mettre en fûreté
en l'envoyant chez fes parens du Mont
Liban ; le pieux Conful ſe trouvant alors
dépourvû d'argent , dépouilla fa Robe
Confulaire , qui étoit d'une belle écarlate,
doublée d'une fourrure de prix , & la
donna au Miffionnaire , qui touché d'une
telle action la déclara hautement , & fit
enforte avec un neveu de M. Baron que
l'argent en queftion fur trouvé ſur le cré-
' dit du Conful , & la fille Maronite fauvée.
Je me contente de ce trait entre plufieurs
autres qui font venus à ma connoiffance ,
& dont on parle encore dans là Ville d'Alep.
Je tiens celui ci de M. Feau que j'ai
vû deux fois dans l'Ile de Chypre , où il
eft mort Conful , lequel étoit fils d'une
foeur de M. Baron , & ne l'avoit prefque
jamais quitté durant fon Confulat d'Alep.
IL Vol.. C'eft:
7278 MERCURE DE FRANCE
>
C'eſt de ce même M. Feau que je tiens le
beau Portrait de notre illuftre Conful
que vous avez vû dans mon Cabinet , &
qu'il me remit à Chypre en l'année 1688 .
Il fut peint à Alep par un habile Flamand
que M. Baron avoit logé chez lui par eftime
& par courtoisie.
A l'égard de ce que j'ai dit , Monfieur,
de fon attention à proteger la Religion ,
& à bien traiter les Prélats & tous les
Ouvriers Evangeliques , je le trouve
confirmé par des Actes de la Congrégation
de la Propagande qui honorent fa
mémoire , & ces Actes font eux mêmes.
confirmés par un Bref du Pape Clement
IX. écrit au Roi en faveur de M. Baron;
vous ferez , fans doute , bien aife de le
trouver ici.
CHARISSIMO IN CHRISTO FILIO
NOSTRO ,
LUDOVICO , FRANCORUM REGI
CHRISTIANISSIMO.
CLEMENS PAPA IX.
CHARISSIME IN CHRISTO FILI NOSTER :
SALUTEM : Inclita pietati ac benefi
centia Majeftatis tuæ , non minus quàmgloria
per gratas accidere palam eft occafiones
omnes , fefe longè latèque per univerfum or-
II. Vol bem
JUIN. 1730. 1279
bem extendendi ; ubi præfertim non folum de
privatis hominum utilitatibus augendis , verum
etiam de publici boni , & vel maximè
fidei Chriftiane rationibus juvandis, ac provehendis
agatur. Quapropter accuratè, acfidenter
ei commendamus Francifcum Baronium
, eo die Nationis Francorum in Civitate
Aleppi Confulem , qui profecto , ut omni
fide digni viri, ac potiffimum Apoftolici Miffionarii
teftantur , quaftudio , folertia , Confiliis
, quà propriis etiam impenfis , cunctis
in Afia fanita Religionis vel confervanda ,
vel propaganda rebus per plures jam annos
efficaciter incumbit ; adeò ut fedulitas ejus
domus omnium in vineâ domini laborantium
neceffitatibus , commodis in Partibus
illis communiter pateant , hac Majef
tati tuæ non ignota effe , fufficere arbitramur
, ut eum dignum exiftimet , quem opportunè
regio beneficio aliquo donet : Cum prafertim
premium tam infigni virtuti tributum,
aliorum complurium charitatem acuere & inflammare
poffit ad eum imitandum , ingenti
multis in Regionibus fidei Chriftiana bono.
Ceterum officia Pontificia Ven. Fr. Archiepifcopus
Thebarum Nuncius nofter explicabit.
Nos Majeftati tuæ ex intimis animi paterni
fenfibus amantiffime benedicimus . ĎATUM
ROME, apud S. Mariam Majorem
fub annulo Pifcatoris . Die xxiv .
Augufti 1669. Pontificatûs noftri anno
III. M.
#280 MERCURE DE FRANCE
•
C.
M. Baron a encore fervi l'Eglife dans
une conjoncture ' importante & particuliere.
Vous fçavez ; Monfieur , qu'environ
dans ce tems - là Antoine Arnauld
Docteur de Sorbone , entreprit dans fon
grand Ouvrage ( a ) de la Perpetuité de la
Foy, & c. de prouver aux Novateurs, que
I'Eglife Orientale avoit toujours cru &
croit encore aujourd'hui , ce que croit
l'Eglife Latine fur la Tranfubftantiation
dans le Sacrement de l'Euchariftie , & c.
Ce qui ne fe pouvoit faire avec plus de
folidité & plus defuccès qu'en rapportant
les témoignages juridiques des principales
Eglifes fur ce point important. M. de
Nointel , alors Ambaffadeur à la Porte , fet
chargea de ce qui concernoit l'Eglife Patriarchale
de Conftantinople ; & M. Baron
, travailla de fon côté à fe rendre bien
certain de la Doctrine de toutes les Eglifes
Syriennes , fur le même point , ce qui
demandoit beaucoup de foin , d'applica
tion & de difcernement.
C'est par ce moyen qu'on voit dans le
premier volume de la Perpetuité de la
Foy , Liv. XII . page 82. deux Atteftations
autentiques ; fçavoir , l'une du Patriar-
( a ) La Perpetuité de la Foy de l'Eglife Catholique
, touchant l'Euchariftie, deffendue contre
le fieur Claude, Miniftre de Charenton.3.vol
in 4. Paris 1669. dédié au Pape Clement 1X.
II. Vol. che
JUIN. 1730. 1281
che , des Evêques & de plufieurs Prêtres
Arméniens , réfidens à Alep , de la créance
de cette Eglife fur l'Euchariſtie ; elle
eft dattée du premier Mars r117 . felon
L'Epoque des Arméniens , qui répond à'
l'année 1668. des Latins, traduite de l'Arménien
en Latin , ſouſcrite par les Prélats
y dénommez , & légalifée le même jour'
par M. Baron , qui affirme & attefte que
les Sceaux & les Seings qu'on y voit ont
été mis en fa préfence par les mêmes perfonnes.
L'autre Atteftation eft du Patriarche
des Syriens fur la créance de fon Egli
fe . Elle eft pareillement foufcrite de ce
Patriarche & de plufieurs Evêques , Prêtres
& Moines Syriens , & enfin renduë
autentique par la légaliſation du même
Conful.
Les Originaux de ces deux atteftations
qui font autant de Profeffions de Foy ,
écrits dans la Langue & dans les propres
caracteres de chaque Nation , fe trouvent
parmi les autres Originaux de cette efpece
dans le dépôt general qui en fut
fait à la Biblioteque de l'Abbaye S. Germain
des Prez , le 29 Septembre 1668 , &
le 7 Aouft 1670. fuivant le Procès verbal
latin qui eft à la tête de ce Recueil . Lex
Procès verbal eft foufcrit par M. (a) Jan-
(a ) M. Jannon étoit un Ecclefiaftique fort
zélé pour la Religion , & particulierement lié
II. Vol.
non
1282 MERCURE DE FRANCE.
non , Prêtre & Chanoine de S. Juft de
Lyon , par le R. P. General des Benedictins
de S. Maur , & fes Affiftans , par le
P. Prieur de S. Germain , par le Bibliotequaire
en chef, par Dom Luc d'Achery .
& par d'autresSçavans de la mêmeMaifon;
il eft enfin figné par deux Notaires Apoftoliques.
>-
Il y a dans le même Dépôt la Profef
fion de Foy originale , auffi légalifée par
M. Baron , le 4 Juin 1668. du Čuré Néophile
, Vicaire General de Macaire , Patriarche
Grec d'Antioche,foufcrite par lui
& par les principaux Curez & Prêtres du
Patriarchat.
M.Arnauld n'a point employé cette piéce
dans fon Livre de la Perpetuité de la
Foy. Peut-être lui arriva- t - elle trop tard.
Je ne dis rien des Profeffions de Foy
envoyées par M. de Nointel ; concernant
le Patriarchat de Conftantinople , qui
font partie du même Dépôt. Le tout enfemble
fait un des plus curieux Monumens
qu'on puiffe trouver en ce genre ;
j'ay eu le ppllaaiiffiirr ddee vvooiirr toutes
piéces à cette occafion.
ces
Entre celles qui m'ont parû mériter le
plus d'attention , j'ai diftingué les Actes,
avec M. Picquet & M. Arnauld, Il avoit recen
ces Originaux du Levant , & les depofa de la
maniere qu'il eft dit dans le Procès Verbal.
II. Vol. Origi
JUIN. 1730. 1288
Originaux, en grand nombre , du Métropolitain
Elie , Chef de l'Eglife Neftorienne
de ( a ) Diarbek , énoncez en Langue
Arabe , & écrits en caracteres Syriaques..
Ce précieux Recueil enfin contenu dans
deux gros volumes in-folio , prefente par
ta diverfité des Langues & des Caracte
res une refpectable variété , & mérite l'at
tention particuliere que les Sçavans Dépofitaires
ont pour fa confervation .
Sur la fin de l'année 1670. M. Colbert
qui honoroit M. Baron d'une eftime particuliere
& qui étoit tres- fatisfait des changemens
favorables arrivez au Commerce
de Syrie pendant fon Confulat , le propofa
au Roy comme un fujet propre à rétablir
& à faire fleurir celui de la Compagnie
des Indes Orientales ; & en conféquence
des Ordres de S. M. Mr Baron:
toujours prêt à obéir & à fe livrer au
bien public , partit d'Alep dans le courant
de l'année 1671. pour fe rendre à
Surate, lieu de la réfidence du Directeur
General du Commerce de France , & de
l'établiffement du principal Comptoir de
la Compagnie.
On ne fçauroit exprimer le regret
qu'on eut de le perdre à Alep. Le Procès
verbal de l'Affemblée de la Nation , tenuë
(a) Ville & Pays fituex dans l'ancienne
Mésopotamie
II. Vol. fur
1284 MERCURE DE FRANCE
fur ce fujet le 11. Janvier 1671 , dont
j'ai une Expédition en forme , apprend
là deffus quelques circonftances qu'il eft
bon de ne pas omettre .
M. du Pont , qui préfidoit à l'Affemblée
, en qualité de nouveau Conful d'Alep
, y fait l'éloge de M. Baron , puis il
propofe de déliberer fur deux Chefs. Le
premier , fur le prefent ou la gratification
ordinaire qui eſt dûë aux Confuls à
la fin de leur Charge , alléguant pour
exemple le plus recent celui de Mr.
Piquet , qui avoit reçû mille Piaftres de
gratification , quoique fon Confulat eût
été beaucoup moins long.
Le fecond Chef rouloit fur un rembourſement
de 519 Piaftres , données par
M. Baron de fes propres deniers , pour
terminer la malheureuſe affaire de deux
jeunes François , nommez dans l'Acte ,
que leur libertinage fit tomber entre les
mains du Sous- Bachi ou Officier du Guet,
dans un lieu de débauche , lequel les traita
avec la derniere rigueur , & prétendit
qu'il ne pouvoit les délivrer qu'en fe
faifant Mahometans , & c.
Sur quoi , dit l'Acte que je viens de
citer , lefdits Sieurs Affemblez , ont dit &
déliberé ;
ود
que
Que quelque reconnoiffance la
»Nation puiffe accorder àmondit fieur
II. Vol.
le
JUIN. 1730. 1285
» le Conful Baron , étant au deffous de ce
» qu'elle lui doit , pour le grand zele &
» le grand amour avec lequel il a agi
» pendant tout le tems de fon exercice ,
» & pour les fommes qu'il peut avoir
» fournies pour ladite Nation , dont il n'a
» pas été remboursé , qu'ils fe fentent
>> obligez de manifefter cette verité, & de
» prier M" les Echevins & Députez du-
>> Commerce de la Ville de Marfeille , de
» la lui donner auffi avantageuſe, qu'il l'a
» méritée fa bonne adminiftration &
par
» conduites ou fupplier tres-humblement
» Sa Majefté de lui accorder icelle.En foy
dequoi , &c. Signé Dupont Conful , Truillard
& Vitalis , Deputez de la Nation.
S. Jacques , Cheillan , Gardane , Gleize ,
Foreft , Bazan , Etienne , Marchands
François & Feris , Chancelier , Secretaire
du Confulat d'Alep. A côté eft le grand
Sceau du Conful ou l'Ecu des armes de
France , & c.
Ce font là , Monfieur , les belles difpofitions
, enfuite defquelles M.Baron partit
d'Alep pour les Indes , & qui lui ont tenu
lieu de réalité ; car il n'a jamais rien reçû
en confequence de cette déliberation ; fon
éloignement , fon efprit défintereffé , les
difficultez ou le peu de difpofition de la
part de ceux qui devoient effectuer ,
II. Vol. B ont
1236 MERCURE DE FRANCE
ont toujours été des obftacles plus que
fuffifans.
La fuite paroîtra dans le Mercure prochain.
en Syrie , puis Direcleur General du
Commerce aux Indes Orientales , adreſſe
à M. de
R
....
Endre à la mémoire des hommes
vertueux ce qui lui eft dû , propo--
fer leur exemple à la Pofterité , en donnant
un abregé de leur vie , c'eft , Monfieur
, une action de Juftice , un hommage
rendu au vrai mérite , & un foin qui
tourne à l'utilité publique . Ainfi , quʊique
M. Baron foit mort depuis plufieurs
années , & qu'après le decès de M. J. Bap
tifte Baron fon neveu , Chevalier de l'Or
dre de S. Jean de Jerufalem , Comman--
deur d'Efpagnac , arrivé le 20. Novembre
il ne reste plus perfonne en France
1724.
II. Vol.
A y de
1270 MERCURE DE FRANCE
de cette vertueufe famille , je ne fais point
difficulté d'entreprendre de vous marquer
ici les principales circonftances de fa vie..
François Baron nâquit à Marſeille le 4 ..
Novembre 16 20. d'une ancienne famille
de la même Ville qui étoit originaire de
Cofme dans le Duché de Milan . Après
avoir fait fes Etudes & fes Exercices , il
entra dans le monde , & fe fit confiderer
par fes manieres polies & par le carac
tere d'une exacte probité.
Quelque tems après , il forma le deffein
de voyager ; après avoir vû une partie de
l'Italie , & féjourné particulierement à la
Cour de Turin , il paffa en Egypte ; c'étoit
dans le tems de la rupture des Turcs avec
la République de Venife , & durant le
Siege de Candie. Cependant il y avoit
encore au Caire un Conful & plufieurs
Marchands Venitiens , aufquels le Pacha
de cette Ville fit plus qu'une avanie Turque
car après leur avoir fuppofé des intelligences
criminelles avec les Affiegés
de Candie , il les fit mettre aux fers , &
enfuite d'une courte procedure , il les
condamna tous à la mort , ce qui empor-.
toit la confifcation de leurs effets dont il
s'empara d'abord.
Dans cette extremité , les Venitiens eurent
recours à M. Baron qu'ils fçavoient
être fort confideré du Pacha . Il s'employa
II. Vol. effiJUIN.
1730. 1271'
efficacement pour eux , & il obtint enfin
leur délivrance , moyennant une fomme
dont on convint en argent comptant . Les
Venitiens n'en pouvoient pas trouver à
caufe de la faifie de leurs effets , & ils
reftoient toûjours dans les fers , lorfque
M. Baron , par un excès de cette generofité
qui lui a toûjours été naturelle , prêta
lui- même la fomme en queftion , qui étoit
d'environ cinq mille Piaftres , dont il emprunta
une bonne partie de divers Marchands
, au moyen de quoi les Venitiens
furent tous élargis , & déchargés de l'accufation
.
Il eſt preſque inutile d'ajoûter que pour
la fûreté des deniers prêtés , le Sieur
Marco Zen , Conful de Veniſe au Caire ,
paffa en cette qualité , & au nom de fa
Nation le 3. May 1657. une obligation
en bonne forme en faveur de M. Baron
de la fomme prêtée , payable dans une
année , avec ftipulation d'interêts faute
de rembourſement paffé ledit terme
; l'Obligation fut enregistrée en la
Chancellerie du Confulat de France le 10 .
Novembre 1657. fuivant l'Expedition
autentique qui eft dans mes Mémoires .
Mais ce que la Pofterité aura de la peine
à croire , & ce qui eft cependant bien
certain , c'eft qu'un fervice fi fignalé fut
payé d'une ingratitude qui dure encore,
II. Vol. A vj
car
1272 MERCURE DE FRANCE
car jamais M. Baron ni fes heritiers n'ont
pû être payés de cette Obligation .
le
Il prêta auffi de les deniers, deux années :
après ,deux mille fix cent Piaftres pour une
moindre avanie faite aux * Harbis
par
même Pacha , dont il ne put être remboursé
avant fon départ d'Egypte , ce
qui eft encore tourné en pure perte. Peu
de tems après , & dans la même année
1659. M. Baron fut député à la Cour par
M. de Bermond Conful , & par le Corps
de la Nation Françoife établie au Caire ,
pour des affaires importantes , concernant
le commerce de cette Echelle ; ce qu'il
accepta au préjudice de fes propres affai--
res & du recouvrement de fes deniers.
Nos Marchands d'Egypte eurent toutlieu
de fe louer de cette députation , après
laquelle M. Baron revint à Marſeille , où
il fe lia d'une étroite amitié avec Gafpar
de Glandevez , Seigneur de Niozelles ;
ce Gentilhomme des plus qualifiés de la
Province , fut accufé d'être le principal
Auteur des troubles qui agitoient alors
la Ville de Marfeille , & le Roi étant venu
en Provence pour y remedier , fon Procès
Harbis , nom Arabe , qui fignifie , en un cer--
tainfens , Etranger , par lequel on entend tous
les:Marchands Européens qui réfident en Egyp
te, & qui n'y ont aucun Conful de leur Na-
11. Vol. lui
JUIN. 1730. 1273
›
fui fut fait avec la derniere rigueur , en--
forte qu'après la condamnation & fa retraite
tous les amis fe trouverent embaraffés
. M. Baron, quoique perfuadé de l'in--
nocence de M. de Niozelles , & encore
plus de la fienne , crut fe devoir quelque
précaution , & quitta cette Ville pour
un tems .
Cependant tout le monde lui rendit juk
tice , & en l'année 1661. le Roi informé
de fon mérite & de fa capacité lui fit
l'honneur de le nommer au Confulat d'Alep
, l'un des plus importans de tout le
Levant, & qui comprenoit alors , outre la
plus grande partie de la Syrie , la Caramanie
& les Echelles de Tripoly & de Chipre
, dont les Vice-Confuls lui étoient
fubordonnés. Le Conful d'Alep étoit auffi
Conful , avec l'agrément du Roi , des
Hollandois établis en cette Echelle . Le
Commerce des François à Alep avoit be--
foin d'un Conful de ce caractere ; il étoit
prefque ruiné par les abus qui s'y étoient
introduits & par l'avidité des Gouver
neurs, qui, contre la difpofition des Traités
, exigeoient des droits injuftes , opprimoient
, au lieu de proteger les Mar--
chands .
M. Picquet , qui depuis a été Evêque
de Babilone , étoit alors Conful dAlep ,
& devoit ceder fa place à M. Baron .
II. Vol. Après
#274 MERCURE DE FRANCE
Après avoir conferé enſemble fur l'Etat
du Commerce & fur les moyens de le rétablir
, on n'en trouva pas de plus affuré
que celui de prier le nouveau Conful de
faire avant toutes chofes , fous le bon plaifir
du Roi , un voyage à Conftantinople,
pour obtenir du Grand - Seigneur les commandemens
& les ordres neceffaires pour
ce rétabliffement.
M. Baron toûjours prêt à faire le bien
au préjudice même de fes interêts , entreprit
ce long voyage à fes dépens . Il confera
utilement avec M. de la Haye , Ambaffadeur
de France , de qui il fe fit confiderer
, & négocia fi heureuſement avec
le fameux Vizir Cupruli , qui ne put lui
-refufer fon eftime , qu'il obtint tout ce
qu'il demanda. Il revint à Alep , chargé
d'un Catacherif ou Commandement Imperial
qui fit bientôt changer de face au
Commerce de Syrie , qui fert encore de
regle , & qui met un frein à l'avarice infatiable
des Gouverneurs. L'un des Arti--
cles les plus importans , étoit la fupreffion
des interêts anciens des dettes de la Na--
-tion Françoise de Seyde , qui montoient™
à plus de dix huit mille Piaftres par an ,
& qui furent éteint pour toûjours.
Une année s'étoit à peine écoulée , que
M. Colbert , parvenu au Miniftere après
la mort du Cardinal Mazarin , & ayant
II. Vol
de
JUIN. 1730. 1275
›
de grandes vûës pour l'augmentation du
Commerce du Levant , fut bien aife de
confulter M. Baron fur ce fujet ; il lui
envoya pour cela , fur la fin de l'année
1662. un ordre du Roi conçû en ces termes.
» Cher & bien amé. Defirant être in-
» formé par votre bouche de l'Etat dus
» Commerce qui s'exerce par nos Sujets
» en l'étendue de votre Confulat , pour
» y pourvoir felon les befoins & l'amélio-
» rer par les voyes qui feront jugées les
»plus convenables nous vous faifons
>> cette Lettre pour vous dire qu'auffi tôt
» que vous l'aurez reçûë vous ayez à vous
» rendre auprès de nous , après toutefois
» avoir établi le Sieur Pierre Baron votre
» frere pour exercer votre Charge pen--
>> dant votre abfence , & mis fi bon ordre
» aux affaires dudit Confulat qu'elle ne
» leur puiffe être d'aucun préjudice ; &
» comme il ne feroit pas jufte que vous
faifant venir pour l'interêt general du
» Commerce , les frais de votre voyage
tombaffent fur vous , nous entendons
» que toute la Nation les fupporte , puifnous
ne vous le faifons entreprenque
» dre que pour le bien & l'avantage de
fon négoce ; n'y faites donc faute. Car
tel eft notre plaifir , Donné à Paris le
2-13 . d'Octobre 1662. figné Louis &c. &
30
>>
"
II Vol.
av
1276 MERCURE DE FRANCE
>
» au dos eft écrit : A notre cher & bien
» amé , le Sieur Baron , Conful de la Nation
Françoife à Alep.
Mes Mémoires ne portent aucune cirtance
particuliere fur l'execution de
cet ordre du Roi ; mais ils marquent indirectement
que; Sa Majefté en fut fatisfaite
, & que le Miniftre fut confirmé dans
l'opinion avantageufe qu'il avoit déja de
M. Baron , lequel exerça pendant neuf
années confécutives le Confulat d'Alep ,
avec beaucoup de dignité & d'utilité pour
le Commerce de la Nation ; ce Commerce
fut fi floriffant que les Droits de Confulat
pour ces neuf années fe monterent à la
fomme de quatre vingt dix mille Piaftres.
Comme il avoit un grand fond de Religion
& de pieté , il ſe déclara d'abord le
protecteur & le pere de tous les Miffionnaires
de l'Orient , qui trouverent nonfeulement
un azile dans fa maiſon , mais
fouvent des reffources folides dans les
conjonctures fâcheufes qui n'arrivent que
trop fouvent dans le Pays des Infideles .
Il avoit la même attention pour les Prélats
, les Ecclefiaftiques & tous les Chré--
tiens du Pays qui n'étoient point féparés
de l'Eglife Romaine par le Schifme ou par
des erreurs . condamnées ; & il n'oublioit
rien pour attirer ceux qui avoient le
malheur d'être nés dans cette féparation.
- II. Vol.
Sa
JUIN. 1730. 1277
>
Sa charité fans bornes & fans diftinction
des Sujets n'étoit jamais épuifée , quoique
fes facultés le fuffent quelquefois en donnant
comme il faifoit de toutes mains
;
alors , en attendant d'autres reffources, il
donnoit jufqu'à fes meubles & fes propres
habits. Le P. Jofeph Beffon , Miffionnaire
de la Compagnie de Jefus en Syrie , étant
allé un jour lui repréfenter le danger évident
où fe trouvoit une jeune fille Maronite
auffi belle qquuee ppaauuvvrree ,, recherchée
par un Turc de confideration , faute de
quelque argent pour la mettre en fûreté
en l'envoyant chez fes parens du Mont
Liban ; le pieux Conful ſe trouvant alors
dépourvû d'argent , dépouilla fa Robe
Confulaire , qui étoit d'une belle écarlate,
doublée d'une fourrure de prix , & la
donna au Miffionnaire , qui touché d'une
telle action la déclara hautement , & fit
enforte avec un neveu de M. Baron que
l'argent en queftion fur trouvé ſur le cré-
' dit du Conful , & la fille Maronite fauvée.
Je me contente de ce trait entre plufieurs
autres qui font venus à ma connoiffance ,
& dont on parle encore dans là Ville d'Alep.
Je tiens celui ci de M. Feau que j'ai
vû deux fois dans l'Ile de Chypre , où il
eft mort Conful , lequel étoit fils d'une
foeur de M. Baron , & ne l'avoit prefque
jamais quitté durant fon Confulat d'Alep.
IL Vol.. C'eft:
7278 MERCURE DE FRANCE
>
C'eſt de ce même M. Feau que je tiens le
beau Portrait de notre illuftre Conful
que vous avez vû dans mon Cabinet , &
qu'il me remit à Chypre en l'année 1688 .
Il fut peint à Alep par un habile Flamand
que M. Baron avoit logé chez lui par eftime
& par courtoisie.
A l'égard de ce que j'ai dit , Monfieur,
de fon attention à proteger la Religion ,
& à bien traiter les Prélats & tous les
Ouvriers Evangeliques , je le trouve
confirmé par des Actes de la Congrégation
de la Propagande qui honorent fa
mémoire , & ces Actes font eux mêmes.
confirmés par un Bref du Pape Clement
IX. écrit au Roi en faveur de M. Baron;
vous ferez , fans doute , bien aife de le
trouver ici.
CHARISSIMO IN CHRISTO FILIO
NOSTRO ,
LUDOVICO , FRANCORUM REGI
CHRISTIANISSIMO.
CLEMENS PAPA IX.
CHARISSIME IN CHRISTO FILI NOSTER :
SALUTEM : Inclita pietati ac benefi
centia Majeftatis tuæ , non minus quàmgloria
per gratas accidere palam eft occafiones
omnes , fefe longè latèque per univerfum or-
II. Vol bem
JUIN. 1730. 1279
bem extendendi ; ubi præfertim non folum de
privatis hominum utilitatibus augendis , verum
etiam de publici boni , & vel maximè
fidei Chriftiane rationibus juvandis, ac provehendis
agatur. Quapropter accuratè, acfidenter
ei commendamus Francifcum Baronium
, eo die Nationis Francorum in Civitate
Aleppi Confulem , qui profecto , ut omni
fide digni viri, ac potiffimum Apoftolici Miffionarii
teftantur , quaftudio , folertia , Confiliis
, quà propriis etiam impenfis , cunctis
in Afia fanita Religionis vel confervanda ,
vel propaganda rebus per plures jam annos
efficaciter incumbit ; adeò ut fedulitas ejus
domus omnium in vineâ domini laborantium
neceffitatibus , commodis in Partibus
illis communiter pateant , hac Majef
tati tuæ non ignota effe , fufficere arbitramur
, ut eum dignum exiftimet , quem opportunè
regio beneficio aliquo donet : Cum prafertim
premium tam infigni virtuti tributum,
aliorum complurium charitatem acuere & inflammare
poffit ad eum imitandum , ingenti
multis in Regionibus fidei Chriftiana bono.
Ceterum officia Pontificia Ven. Fr. Archiepifcopus
Thebarum Nuncius nofter explicabit.
Nos Majeftati tuæ ex intimis animi paterni
fenfibus amantiffime benedicimus . ĎATUM
ROME, apud S. Mariam Majorem
fub annulo Pifcatoris . Die xxiv .
Augufti 1669. Pontificatûs noftri anno
III. M.
#280 MERCURE DE FRANCE
•
C.
M. Baron a encore fervi l'Eglife dans
une conjoncture ' importante & particuliere.
Vous fçavez ; Monfieur , qu'environ
dans ce tems - là Antoine Arnauld
Docteur de Sorbone , entreprit dans fon
grand Ouvrage ( a ) de la Perpetuité de la
Foy, & c. de prouver aux Novateurs, que
I'Eglife Orientale avoit toujours cru &
croit encore aujourd'hui , ce que croit
l'Eglife Latine fur la Tranfubftantiation
dans le Sacrement de l'Euchariftie , & c.
Ce qui ne fe pouvoit faire avec plus de
folidité & plus defuccès qu'en rapportant
les témoignages juridiques des principales
Eglifes fur ce point important. M. de
Nointel , alors Ambaffadeur à la Porte , fet
chargea de ce qui concernoit l'Eglife Patriarchale
de Conftantinople ; & M. Baron
, travailla de fon côté à fe rendre bien
certain de la Doctrine de toutes les Eglifes
Syriennes , fur le même point , ce qui
demandoit beaucoup de foin , d'applica
tion & de difcernement.
C'est par ce moyen qu'on voit dans le
premier volume de la Perpetuité de la
Foy , Liv. XII . page 82. deux Atteftations
autentiques ; fçavoir , l'une du Patriar-
( a ) La Perpetuité de la Foy de l'Eglife Catholique
, touchant l'Euchariftie, deffendue contre
le fieur Claude, Miniftre de Charenton.3.vol
in 4. Paris 1669. dédié au Pape Clement 1X.
II. Vol. che
JUIN. 1730. 1281
che , des Evêques & de plufieurs Prêtres
Arméniens , réfidens à Alep , de la créance
de cette Eglife fur l'Euchariſtie ; elle
eft dattée du premier Mars r117 . felon
L'Epoque des Arméniens , qui répond à'
l'année 1668. des Latins, traduite de l'Arménien
en Latin , ſouſcrite par les Prélats
y dénommez , & légalifée le même jour'
par M. Baron , qui affirme & attefte que
les Sceaux & les Seings qu'on y voit ont
été mis en fa préfence par les mêmes perfonnes.
L'autre Atteftation eft du Patriarche
des Syriens fur la créance de fon Egli
fe . Elle eft pareillement foufcrite de ce
Patriarche & de plufieurs Evêques , Prêtres
& Moines Syriens , & enfin renduë
autentique par la légaliſation du même
Conful.
Les Originaux de ces deux atteftations
qui font autant de Profeffions de Foy ,
écrits dans la Langue & dans les propres
caracteres de chaque Nation , fe trouvent
parmi les autres Originaux de cette efpece
dans le dépôt general qui en fut
fait à la Biblioteque de l'Abbaye S. Germain
des Prez , le 29 Septembre 1668 , &
le 7 Aouft 1670. fuivant le Procès verbal
latin qui eft à la tête de ce Recueil . Lex
Procès verbal eft foufcrit par M. (a) Jan-
(a ) M. Jannon étoit un Ecclefiaftique fort
zélé pour la Religion , & particulierement lié
II. Vol.
non
1282 MERCURE DE FRANCE.
non , Prêtre & Chanoine de S. Juft de
Lyon , par le R. P. General des Benedictins
de S. Maur , & fes Affiftans , par le
P. Prieur de S. Germain , par le Bibliotequaire
en chef, par Dom Luc d'Achery .
& par d'autresSçavans de la mêmeMaifon;
il eft enfin figné par deux Notaires Apoftoliques.
>-
Il y a dans le même Dépôt la Profef
fion de Foy originale , auffi légalifée par
M. Baron , le 4 Juin 1668. du Čuré Néophile
, Vicaire General de Macaire , Patriarche
Grec d'Antioche,foufcrite par lui
& par les principaux Curez & Prêtres du
Patriarchat.
M.Arnauld n'a point employé cette piéce
dans fon Livre de la Perpetuité de la
Foy. Peut-être lui arriva- t - elle trop tard.
Je ne dis rien des Profeffions de Foy
envoyées par M. de Nointel ; concernant
le Patriarchat de Conftantinople , qui
font partie du même Dépôt. Le tout enfemble
fait un des plus curieux Monumens
qu'on puiffe trouver en ce genre ;
j'ay eu le ppllaaiiffiirr ddee vvooiirr toutes
piéces à cette occafion.
ces
Entre celles qui m'ont parû mériter le
plus d'attention , j'ai diftingué les Actes,
avec M. Picquet & M. Arnauld, Il avoit recen
ces Originaux du Levant , & les depofa de la
maniere qu'il eft dit dans le Procès Verbal.
II. Vol. Origi
JUIN. 1730. 1288
Originaux, en grand nombre , du Métropolitain
Elie , Chef de l'Eglife Neftorienne
de ( a ) Diarbek , énoncez en Langue
Arabe , & écrits en caracteres Syriaques..
Ce précieux Recueil enfin contenu dans
deux gros volumes in-folio , prefente par
ta diverfité des Langues & des Caracte
res une refpectable variété , & mérite l'at
tention particuliere que les Sçavans Dépofitaires
ont pour fa confervation .
Sur la fin de l'année 1670. M. Colbert
qui honoroit M. Baron d'une eftime particuliere
& qui étoit tres- fatisfait des changemens
favorables arrivez au Commerce
de Syrie pendant fon Confulat , le propofa
au Roy comme un fujet propre à rétablir
& à faire fleurir celui de la Compagnie
des Indes Orientales ; & en conféquence
des Ordres de S. M. Mr Baron:
toujours prêt à obéir & à fe livrer au
bien public , partit d'Alep dans le courant
de l'année 1671. pour fe rendre à
Surate, lieu de la réfidence du Directeur
General du Commerce de France , & de
l'établiffement du principal Comptoir de
la Compagnie.
On ne fçauroit exprimer le regret
qu'on eut de le perdre à Alep. Le Procès
verbal de l'Affemblée de la Nation , tenuë
(a) Ville & Pays fituex dans l'ancienne
Mésopotamie
II. Vol. fur
1284 MERCURE DE FRANCE
fur ce fujet le 11. Janvier 1671 , dont
j'ai une Expédition en forme , apprend
là deffus quelques circonftances qu'il eft
bon de ne pas omettre .
M. du Pont , qui préfidoit à l'Affemblée
, en qualité de nouveau Conful d'Alep
, y fait l'éloge de M. Baron , puis il
propofe de déliberer fur deux Chefs. Le
premier , fur le prefent ou la gratification
ordinaire qui eſt dûë aux Confuls à
la fin de leur Charge , alléguant pour
exemple le plus recent celui de Mr.
Piquet , qui avoit reçû mille Piaftres de
gratification , quoique fon Confulat eût
été beaucoup moins long.
Le fecond Chef rouloit fur un rembourſement
de 519 Piaftres , données par
M. Baron de fes propres deniers , pour
terminer la malheureuſe affaire de deux
jeunes François , nommez dans l'Acte ,
que leur libertinage fit tomber entre les
mains du Sous- Bachi ou Officier du Guet,
dans un lieu de débauche , lequel les traita
avec la derniere rigueur , & prétendit
qu'il ne pouvoit les délivrer qu'en fe
faifant Mahometans , & c.
Sur quoi , dit l'Acte que je viens de
citer , lefdits Sieurs Affemblez , ont dit &
déliberé ;
ود
que
Que quelque reconnoiffance la
»Nation puiffe accorder àmondit fieur
II. Vol.
le
JUIN. 1730. 1285
» le Conful Baron , étant au deffous de ce
» qu'elle lui doit , pour le grand zele &
» le grand amour avec lequel il a agi
» pendant tout le tems de fon exercice ,
» & pour les fommes qu'il peut avoir
» fournies pour ladite Nation , dont il n'a
» pas été remboursé , qu'ils fe fentent
>> obligez de manifefter cette verité, & de
» prier M" les Echevins & Députez du-
>> Commerce de la Ville de Marfeille , de
» la lui donner auffi avantageuſe, qu'il l'a
» méritée fa bonne adminiftration &
par
» conduites ou fupplier tres-humblement
» Sa Majefté de lui accorder icelle.En foy
dequoi , &c. Signé Dupont Conful , Truillard
& Vitalis , Deputez de la Nation.
S. Jacques , Cheillan , Gardane , Gleize ,
Foreft , Bazan , Etienne , Marchands
François & Feris , Chancelier , Secretaire
du Confulat d'Alep. A côté eft le grand
Sceau du Conful ou l'Ecu des armes de
France , & c.
Ce font là , Monfieur , les belles difpofitions
, enfuite defquelles M.Baron partit
d'Alep pour les Indes , & qui lui ont tenu
lieu de réalité ; car il n'a jamais rien reçû
en confequence de cette déliberation ; fon
éloignement , fon efprit défintereffé , les
difficultez ou le peu de difpofition de la
part de ceux qui devoient effectuer ,
II. Vol. B ont
1236 MERCURE DE FRANCE
ont toujours été des obftacles plus que
fuffifans.
La fuite paroîtra dans le Mercure prochain.
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Résumé : ELOGE de M. Baron, Consul de France en Syrie, puis Directeur General du Commerce aux Indes Orientales, adressé à M. de ....
François Baron, né à Marseille le 4 novembre 1620, est un diplomate français distingué par ses manières polies et sa probité. Après des voyages en Italie et en Égypte, il se rend utile en obtenant la libération de marchands vénitiens emprisonnés au Caire, sans jamais recevoir de remboursement malgré une obligation signée. En 1659, Baron est envoyé à la cour pour des affaires commerciales. En 1661, il est nommé consul à Alep, un poste stratégique pour le commerce français. Il voyage à Constantinople pour obtenir des ordres impériaux afin de rétablir le commerce, ce qui conduit à la suppression des intérêts anciens des dettes françaises à Seyde. Colbert, ministre du commerce, le consulte sur l'état du commerce du Levant. Baron exerce le consulat d'Alep pendant neuf ans, améliorant considérablement le commerce français et montrant une grande charité envers les missionnaires et les chrétiens de l'Orient. Son dévouement est confirmé par des actes de la Congrégation de la Propagande et un bref du pape Clément IX. En 1669, Baron est chargé de recueillir des témoignages sur la doctrine de la transsubstantiation dans le sacrement de l'Eucharistie. Il obtient deux attestations authentiques : l'une des Arméniens résidant à Alep et l'autre du Patriarche des Syriens. Ces documents, rédigés dans les langues et caractères originaux, sont légalisés par Baron et déposés à la bibliothèque de l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés. En 1670, Colbert propose à Louis XIV de nommer Baron pour revitaliser le commerce de la Compagnie des Indes Orientales. Baron quitte Alep en 1671 pour Surate, laissant derrière lui des regrets et des reconnaissances pour son zèle et son dévouement. Une assemblée de la Nation française à Alep délibère pour lui accorder une gratification et un remboursement pour des dépenses personnelles, mais ces décisions ne sont jamais mises en œuvre.
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18383
p. 208
Groupes de Milon & d'Andromede, [titre d'après la table]
Début :
Ils passerent plus avant, & donnerent beaucoup de loüanges [...]
Mots clefs :
Andromède, Milon de Crotone, Pierre Puget
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texteReconnaissance textuelle : Groupes de Milon & d'Andromede, [titre d'après la table]
Ils paſſerent plus avant ,
& donnerent beaucoup de
loüanges à deux Groupes
de Monfieur Puget Provençal
, dont l'un eſt appelé
l'Andromede , & l'autre le Milon.
Ces ouvrages ont de
tres-grandes beautez.
& donnerent beaucoup de
loüanges à deux Groupes
de Monfieur Puget Provençal
, dont l'un eſt appelé
l'Andromede , & l'autre le Milon.
Ces ouvrages ont de
tres-grandes beautez.
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18384
p. 208-209
Bassin de Latone, [titre d'après la table]
Début :
Ils virent ensuite, avant que de remonter par le Fer [...]
Mots clefs :
Bassin de Latone, Bassin
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texteReconnaissance textuelle : Bassin de Latone, [titre d'après la table]
Ils virent
enſuite , avant que de
remonter par le Fer à cheval
des Amb. de Siam. 201
pe
leBaffin de Latone. Cette Déef-
4 ſe eſt au milieu avec Apollon
& Diane ſes enfans. Les
Païfans qui ſe changent en
Grenoüilles ; font en pluſieurs
endroits de ce Baffin , dont
de les bords ſont auſſi ornez de
ſemblables Animaux.
enſuite , avant que de
remonter par le Fer à cheval
des Amb. de Siam. 201
pe
leBaffin de Latone. Cette Déef-
4 ſe eſt au milieu avec Apollon
& Diane ſes enfans. Les
Païfans qui ſe changent en
Grenoüilles ; font en pluſieurs
endroits de ce Baffin , dont
de les bords ſont auſſi ornez de
ſemblables Animaux.
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18385
p. 3-4
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Mots clefs :
Greffier, Commis, Libraires des provinces ou des pays étrangers, Format, Poste, Volume, Table
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE
Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier
Commis
au Greffe Civil du Parlement
Commis
au recouvrement
du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch à côté du
Sellier du Roi.
2
C'est à lui que l'on prie d'adreſſer ,
francs de port , les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piece.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir , ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raison de 30 fols
parvolum, c'est-à - dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes,
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers , qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les perfonnes des provinces
d'envoyer par la pofte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affran
chis , refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à an
noncer , d'en marquer le prix,
Le Nouveau Choix de Pièces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préfent quatre-vingt-dix- huit volumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante- douziéme.
LE
Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier
Commis
au Greffe Civil du Parlement
Commis
au recouvrement
du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch à côté du
Sellier du Roi.
2
C'est à lui que l'on prie d'adreſſer ,
francs de port , les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piece.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir , ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raison de 30 fols
parvolum, c'est-à - dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes,
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers , qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les perfonnes des provinces
d'envoyer par la pofte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affran
chis , refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à an
noncer , d'en marquer le prix,
Le Nouveau Choix de Pièces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préfent quatre-vingt-dix- huit volumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante- douziéme.
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18386
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure eft chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Mots clefs :
Greffier, Commis, Libraires des provinces ou des pays étrangers, Poste, Table générale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch à côté du
Sellier du Roi.
2
C'est à lui que l'on prie d'adreffer ,
francs de port, les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piece.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re--
cevront francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir, ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum, c'est-à- dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers , qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les perfonnes des provinces
d'envoyer par la pofte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affranchis
, refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à annoncer,
d'en marquer le prix,
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M, DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a juf
qu'à préfent quatre - vingt - fix yolumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante- douxiémę,
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch à côté du
Sellier du Roi.
2
C'est à lui que l'on prie d'adreffer ,
francs de port, les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pour feize volumes
, à raifon de 30 fols piece.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re--
cevront francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
le faire venir, ou qui prendront les frais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raifon de 30 fols
parvolum, c'est-à- dire 24 livres d'avance,
en s'abonnant pour feize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
A ij
pays étrangers , qui voudront faire venir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les perfonnes des provinces
d'envoyer par la pofte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affranchis
, refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à annoncer,
d'en marquer le prix,
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M, DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a juf
qu'à préfent quatre - vingt - fix yolumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , fe trouve à la fin du
foixante- douxiémę,
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document est un avertissement concernant la distribution et l'abonnement au Mercure, une publication périodique. Le Bureau du Mercure se trouve chez M. LUTTON, avocat et greffier, rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Les abonnés doivent envoyer leurs paquets et lettres à cette adresse, en spécifiant que les contenus littéraires seront remis à M. DE LA PLACE, l'auteur du Mercure. Le prix de chaque volume est de 36 sols, tandis que les abonnements pour douze volumes coûtent 24 livres à Paris. Pour les personnes en province, le coût est de 32 livres pour douze volumes, avec livraison gratuite. Ceux qui préfèrent prendre en charge les frais de port paieront également 24 livres pour douze volumes. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent écrire à l'adresse indiquée pour obtenir le Mercure. Les commandes des provinces doivent être envoyées par la poste avec paiement à l'avance, les paquets non affranchis étant rejetés. Les personnes envoyant des livres, estampes ou musique doivent indiquer le prix de ces articles. Le Nouveau Choix de Pièces tirées des Mercures et autres Journaux, par M. DE LA PLACE, est également disponible au Bureau du Mercure, avec les mêmes conditions de format et de nombre de volumes pour une année. À ce jour, il existe quatre-vingt-six volumes, et une table générale des matières est disponible à la fin du soixante-douzième volume.
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18387
p. 71-88
DEPART de la rade de Siam.
Début :
Aprés le peu que je viens de raconter de la Religion, des [...]
Mots clefs :
Fort, Heures, Coups de vent, Eau, Route, Jour, Lieues, Vaisseau, Voyage, Boeufs, Mouiller, Cap de Bonne-Espérance, Gouverneur, Oiseaux, Poissons, Alexandre de Chaumont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEPART de la rade de Siam.
DEPART
de la rade de Siam .
A
Prés le peu que je viens de
raconter de la Religion , des
Moeurs , du Gouvernement , de
la ſcituation &de diverſes chofes
curieuſes du Royaume de
Siam , je reviens à mon départ
dela rade où j'ay interrompu le
ſtil de ma Relation & je diray
quej'en partis le vingt-deuxiéme
Decembre de l'année derniere
mil fix cens quatre- vingt cinq.
Je me misà la Voile ſur les trois
heures du matin avec un bon
vent du Nort qui m'a continuć
tout lelongdes côtes de Camboge
qui eſt un Royaume limitro
72 RELATION
phe de Siam , en tirant vers la
Cochinchine. Les peuples de ces
deux Royaumes ont la meſme
croïance & vivent de la meſme
maniere. Il ne ſe paſſa rien de
digne d'être remarqué juſqu'au
d'etroit deBanca oùj'échoüay par
par le travers d'une Iſle qui ſe
nomme Lucapara , ſur un banc
de vaſe où il n'y avoit que trois
braſſes d'eau , & il en falloit plus
de dix- sept pieds pour le Vaifſeau
, cela ne m'inquieta pas , &
donna feulement de la peine à
l'équipage que j'envoyay auſſi-tôt
ſonder aux environs du Vaiffeau
& on trouva plus de fond , j'y fis
porter un petit ancre que l'on
moüilla fur lequel il y avoit un
cable , & nous nous ôtâmes de
deſſus ce banc avec les cabeftans
du Navireen moins de quatre
ou cinq heures , quoy que
jeuſſe un bon Pilote Hollandois
DU VOYAGE DE SIAM. 73
dois je ne laiſſé pas de toucher
dans ce détroit , en allant & en
revenant ; je continué ma route
& j'arrivay à Bantam le onzeJanvier
mil fix cens quatre- vingt fix
Auſſi- tôtquej'y fus moüillé j'envoyé
Monfieur de Cibois Officier
faire compliment auGouverneur,
& pour avoir des rafraîchiffe
mens. Il m'envoya pour preſent
fix boeufs , des fruits & des herbes;;
je n'y fis point d'eau , parce
qu'elle estoit fortdifficile à avoir,
&je ne reſté que trente heures
dans cette rade. Jefis lever l'ancreledouziéme
au foir , mais le
calme nous prit , ce qui nous
obligea de moüiller.
Letreizićme je fis lever l'ancre,
nous eûmes tout le jour du calme
&du ventcontraire ; mais ſur le
foir il ſe leva un petit vent qui
nous fit doubler la pointe deBantam
,&nous fit paaffffeerr le détroit
g
74 REELATION
de Sonda en moins de huit heu
res . Je fus obligé de mettre en
pane par le travers de l'Ifle du
Prince , qui eft à la fortie de ce
détroit , pour attendre la Fregate
la Malige , qui ne nous avoit
pu ſuivre ,& elle nous y joignit,
Le quatorze je poutfuivis tha
route pour aller droit au Capde
bonne eſperance avec un bon
vent de Nort , &de nort nort eft ,
Le vingt-trois à la pointe du jour
aprés avoir fait environ centcinquante
lieuës nous vimes la terre
des Ifles de ſainte Croix'; ce qui
nous furprit, parce que la veille
jem'étois fait montrer le point
des Pilotes qui ſe difoient tous
à plus de quinzelieuës de latitude
Sud & de vingtde longitude .
Cette Terre eſt fort baffe, & s'il
y avoit eu trois ou quatre heures
de nuit de plus nous nous y
fuffions échoués ; mais il plût
DU VOYAGE DE SIAM. 75
Dieu de nous en preſerver. Nous
attribuâmes
courans qui eſtoientcontre nous
& qui nous empêchoient d'aller
autant de lavant que nous le
croyons; nous paſſames cette Iſle
bien vite , parce qu'il ventoit
beaucoup , & nous continuâmes
noſtre route. La Mer eſt fort
poiffonneuſe en cet endroit-là ,
& il y a quantité d'oiſeaux , le
temps eftoit beau , & nous faiſions
tous les jours trente , quarante
, cinquante , & foixante
lieuës ventarriere , nous nous divertiſſions
à voir une chaffe affez
plaiſante qui ſe donnoit par les
Albucorps & les Bonnittes,& un
petit poiſſon qui ſe nomme poiffon
volant qui quand il ſe
cette erreur aux
د
voit poursuivi des poiſſons qui
en fontleur nourriture , forthors
del'eau & volle tant que ſes aîles
font humides , c'eſt à dire auſſi
gij
76 RELATION
د
loin que le vol d'une caille ; mais
il y a un oiſeau que l'on nomme
paille en quëu , qui porte ce nom
à cauſe d'unegrande plume qu'il
a à la queüe furpaſſant les autres
de plus d'un grand demy pied
&qui a la figure & preſque la
couleur d'une paille ; il eſt toûjours
en l'air & quand il voit ce
poiſſon vollant ſortir de l'eau , il ſe
laiſſe tomber deſſus comme fait
un oiſeau de proye ſur le gibier ,
&quelquefois ils vont plus d'une
braſſe dans l'eau le chercher, ſi
bien que le poiſſon vollant ne
peut pas manquer d'eſtre pris .
Le 15. Février nous nous trouvâmes
par le travers de l'Iſle Maurice
où nous eûmes un coup de
vent qui nous dura trois jours ;
da Mer eſtoit extrémement groffe
& nous tourmenta beaucoup ,
les coups de mer paſſoient frequemment
pardeſſus le Vaiſſeau ,
DU VOYAGE DE SIAM. 77
& nous obligeoient à pomper
ſouvent à cauſe de l'eau que nous
řecevions .
Le dix-neuf le temps s'adoucit&
nous donna lieu de racommoder
ce que la mer nous avoit
ébranlé , il y eut de grands clouds
qui fortoient du bordage qui
tient l'arcaffe du Vaiſſeau au defſous
de ce Tambor , & cela s'étoit
fait par les vagues qui frapoient
contre le Vaiſſeau comme
contre un rocher. La nuit dés le
premier jour dece mauvais temps
la fregatte qui estoit avec moy
s'en ſepara , ſon rendés- vous
eſtoit au Cap de bonne-Eſperance
. Pourſuivant noſtre route
nous eûmes encore deux coups
de vents qui nous incommoderent
fort , parce que la mer eſtoit
fort rude , les vents faiſoient pref
que toûjours le tour du compas ,
de forte que les vagues ſe rengiij
78 RELATION
contrant lesunes contre les autres
font qu'un vaiſſeau ſouffre beaucoup.
Le dixiéme Mars ſur les deux
heures aprésmidy nous apperçûmes
un vaiſſeau , d'abord je crûs
que c'eſtoit celui qui m'avoit
quitté , mais en l'approchant
nous luy vîmes arborer le pavillon
Anglois , & comme j'étois
bien- aiſe d'apprendre des nouvelles
, & queje jugeois qu'il venoit
d'Europe , j'arrivay ſur luy
& quand j'en fus proche je mis
mon canot à la mer & j'envoyé
un Officier à fon bord , pour
ſçavoir s'il n'y avoit point de
guerre ; car quand il y a longtemps
que l'ona quitté la France
, on neſçait point à qui ſe fier,
principalement quand il faut aller
moüiller chez des Etrangers,
on me rapporta que c'eſtoit un
yaiſſeau Marchand Anglois , qui
DU VOYAGE DE SIAM. 79
eſtoit parti de Londres depuis
cinqmois , &qu'il n'avoit touché
ennullepart , qu'il alloit en droi
ture au Tonquin , que le Capitaine
luy avoit dit qu'il n'y avoit
point de guerre en France , &
que toute l'Europe eſtoit en paix,
qu'ily avoit cependant eu quel
que revolte en Angleterre par le
Duc de Monmout qui s'eſtoit
mis à la teſte de dix ou douze mil
hommes ; mais que les trouppes
du Roy l'avoient batu& fait prifonnier
, qu'on luy avoit coupé
la teſte , & qu'on avoit pendu
beaucoup de perſonnes que l'on
avoit auſſi priſes , mais que cette
rebellion eſtoit finie avant fon
départ ; il dit auſſi qu'il avoit
veu la terre le jour d'auparavant
à ſept lieuës , ce qui nous fit juger
que nous devions en eſtre à
30. ou 35. lieuës ; nous conti
nuâmes noſtre route le reſte du
g iiij
80M RELATION
jour & de la nuit , & le lendemain
ſur les dix heures nous vimes
la terre ſous le vent denous,
à ſeptou huit lieuës , j'y fis fonder
& on trouva quatre- vingt
cinq brafſſes qui fit que nous connûmes
que c'eſtoit la terre & le
banc des Eguilles , outre qu'il y
avoitgrande quantité d'oiſeaux ;
ce bancmet trente lieuës au large&
à la meſme longueur , on y
trouve fond juſqu'à cent vingt
braffes, nous forçâmes de voiles
pour tâcher à voiravant la nuit le
Cap de Bonne- Efperance ; le lendemainà
la pointe du jour nous
le vîmes& nous le doublâmes ,
fur les dix heures nous vîmes un
Vaiſſeau ſous le vent de nous
& en l'approchant nous reconnûmes
que c'eſtoir la Fregate , qui
comme je l'ay dit m'avoit quitté
par le travers de l'Iſle Maurice ,
ce fut la ſeconde fois qu'aprés
DU VOYAGE DE SIAM. 8г
beaucoupde temps de ſeparation
nous nous retrouvâmes le meſme
jour de noſtre arrivée, ce qui ne
ſe rencontre que rarement dans
la navigation ; car la meſme chofe
nous eſtoit arrivée en entrant
audétroit de Sonda , ainſi que je
l'ay dit. Comme j'étois preſt de
moüiller le vent vint ſi fort &
tellement contraire que je fus
obligé de faire vent arriere , &
d'aller moüiller à l'Iſle Robins
qui eſt environ à trois lieuësde la
Fortereſſe du Cap ; le lendemain
treiziéme Mars je fis lever l'ancre
, &je m'en allé moüiller prés
de la Fortereſſe où j'arrivay fur
les deux heures , j'y trouvé neuf
Vaiſſeaux qui venoient de Batavia
& s'en alloient en Europe ;
j'envoyé Monfieur le Chevalier
Cibois faire compliment au Gouverneur&
luy demander permiffiond'envoyer
huit ou dixmala-
9
82 RELATION
des à terre faire de l'eau , & prenpre
des rafraîchiſſemens . Il reçût
fort honnêtement mon compliment
, & il dit à l'Officier que
j'étois le Maiſtre , & que je pou
vois faire tout ce qu'il me plairoit
: comme nous eſtions dans le
temps de leur Automne où tous
les fruits étoientbons;il m'envoya
des melons , des raiſins , & des
falades ; je fis ſaluër le Fort de
ſept coups de Canon ; car l'ordre
du Roy eſt de ſaluër les Fortereſſes
les premieres , il me rendit
coup pour coup , le Vaiffeau
qui portoit le pavillon d'Amiral
me ſalua enſuite de ſept coups ,
je luy en rendis autant. Il y avoit
dans cette Flotte trois pavillons ,
Admiral,Vice- Admiral , & Contre-
Admiral. Les fruits qu'on
m'apporta eſtoient admirables de
meſme que les ſalades , les melons
eftoient tres -bons ,& le rai
DU VOYAGE DE SIAM. 83
ſin meilleur qu'en France; j'allay
me promener dans leur beau
Jardin , qui me fit reſſouvenir de
ceux qui font en France ; car
comme je l'ai déja dit il eſt tresbeau
& fort bien entretenu ; la
grande quantité de legumes
qu'on y trouve fait grand plaiſir
aux équipages ; car le Gouverneur
en faifoit donner tant qu'on
en vouloit , il y a auſſi grande
quantité de coins qui font fort
bons pour les voyageurs, card'ordinaire
les maladies de ces traverſes
ſont des flux de fang .
Le Gouverneur eſt homme
d'eſprit , & fort propre pour les
Colonies , & on dit que s'il y
reſte long-temps il fera en ces
quartiers-là un tres-bel établiſſement
; lorſqu'il y a quelques
Hollandois qui veulent s'y habituer
, il leur donnent des terres
autant qu'ils en veulent , leus
84
1
RELATION
د
fait bâtir une maiſon , leur donne
des boeufs pour labourer &
tous les autres animaux & uſtencils
qui leur font neceſſaires , on
fait eſtimer tout ce qu'on leur
donne qu'ils rembourſent aprés à
la Compagnie , quand ils le peuvent.
Ils font obligez de vendre
tout ce qu'ils recuëillent de leurs
terres à la Compagnie ſeulement
&à un prix taxé , ce qui luy eſt
avantageux ainſi qu'auxhabitans .
Le vin qu'elle achete d'eux ſeize
écus la baricque,elle le revent
cent aux Etrangers& à ſes propres
Flottes qui paffent en cet
endroit , c'eſt à dire aux Matelots
qui le boivent fur le lieu ; les
moutons , les boeufs &les autres
chofes ſe vendent à proportion ,
ce quirapporre un grand revenu
à cette Compagnie , & fait que
leurs Flottes s'y rafraîchiffent à
peu de frais & y reſtent des
DU VOYAGE DE SIAM. 85
mois & fix ſemaines entieres
ſelon les malades qu'elles ont.
Quand j'arrivay il n'y avoit pas
long-temps que le Gouverneur
eſtoit de retour d'une découverte
qu'il venoit de faire de mines:
d'or & d'argent , il en a rapporté
plufieurs pierres.Ondit qu'en ces
minesil y a beaucoup d'or &d'ar
gent , &qu'elles font fort faciles
eſtant peu profondes. Il a eſté
juſqu'à deux cens cinquante
lieuës dans les terres ; il menai
avec luy trois ou quatre Outantoſt
du Cap , qui parloient Hollandois
, qui le menerent à la
prochaine Nation qui estoit auffo
Outantoſt , il en prit d'autres
en faiſant ſa route. Il a trouvé
juſques à neuf Nations differentes
, il en prenoit à meſure , qu'il
changeoit de Nation pour ſe faire
entendre , il a tiré à ce que l'on
86 RELATION
dit un fort grand éclairciflement
ſur tout ce qu'il ſouhaittoir,
il dit que la derniere Nation eſt
la plus polie , & qu'ils vinrent
au devant de luy hommes , femmes
& enfans , en danſant , &
qu'ils eſtoient tous habillez de
peaux de Tigres ; c'étoit une
grande robbe qui leur venoit
juſqu'aux pieds. Il a amené un de
ſes Outantots à qui il fait apprendre
l'Hollandois poury retourner
l'année prochaine.Toutes cesNations-
là ont beaucoup de beſtiaux
& c'eſt tout leur revenu. Le
Gouverneur avoit avec luy cinquante
Soldats , un Peintre pour
tirer les couleurs des animaux,des
oiſeaux , des ferpens & des plantes
, qu'il trouveroit, un Deſſinateur
pour marquer ſa route ,&un
Pilote ; car ils alloient toûjours à
la bouffole & avoit emmené trois
cens boeufs pour porter leurs viDU
VOYAGE DE SIAM. 87
vres & traîner quatorze ou quinze
charettes ; quand ils trouvoient
des montagnes ils démontoient
leurs charettes & les chargeoient
avec ce qui estoit dedans ſur les
boeufs pour les paſſer , eſtant
avancé dans le païs il fut trois ou
quatre jours fans trouver d'eau,
ce qui les incommoda fort , il a
eſté cinq mois & demy en fon
voyage.
Il a rencontré beaucoup de bêtes
ſauvages , il dit que les Elephansy
font monstrueux & bien
plus grands qu'aux Indes ,des Rinoceros
d'une prodigieuſe grofſeur.
Il en a veu un dont il penſa
eſtre tué ; car quand cet animal
eſt en furie il n'y a point d'arme
qui le puiſſe arrêter , ſa peau eſt
tres - dure , & où les coups de
mouſquets ne font rien , il faut
les attrapper au deffaut de l'épaule
pour les tuer , ils ont deux cor-
L
88 RELATION
nes , je rapporte trois de ſes cornes
, il y en a deux qui ſe tiennent
enſemble avec de la peau decet
animal ; le ſejour que j'ay fait au
Cap m'a fourni beaucoup de
poiſſon durant le Carême où nous
eſtions. Je vis une balaine d'une
furieuſe groffeur qui vint à la
portéed'un demy piſtolet de mon
Vaiſſeau ; il y avoit auſſi des oiſeaux
en quantité , qui nous donnoient
le meſme plaiſir que les
pailles en queue dont j'ay parlé .
de la rade de Siam .
A
Prés le peu que je viens de
raconter de la Religion , des
Moeurs , du Gouvernement , de
la ſcituation &de diverſes chofes
curieuſes du Royaume de
Siam , je reviens à mon départ
dela rade où j'ay interrompu le
ſtil de ma Relation & je diray
quej'en partis le vingt-deuxiéme
Decembre de l'année derniere
mil fix cens quatre- vingt cinq.
Je me misà la Voile ſur les trois
heures du matin avec un bon
vent du Nort qui m'a continuć
tout lelongdes côtes de Camboge
qui eſt un Royaume limitro
72 RELATION
phe de Siam , en tirant vers la
Cochinchine. Les peuples de ces
deux Royaumes ont la meſme
croïance & vivent de la meſme
maniere. Il ne ſe paſſa rien de
digne d'être remarqué juſqu'au
d'etroit deBanca oùj'échoüay par
par le travers d'une Iſle qui ſe
nomme Lucapara , ſur un banc
de vaſe où il n'y avoit que trois
braſſes d'eau , & il en falloit plus
de dix- sept pieds pour le Vaifſeau
, cela ne m'inquieta pas , &
donna feulement de la peine à
l'équipage que j'envoyay auſſi-tôt
ſonder aux environs du Vaiffeau
& on trouva plus de fond , j'y fis
porter un petit ancre que l'on
moüilla fur lequel il y avoit un
cable , & nous nous ôtâmes de
deſſus ce banc avec les cabeftans
du Navireen moins de quatre
ou cinq heures , quoy que
jeuſſe un bon Pilote Hollandois
DU VOYAGE DE SIAM. 73
dois je ne laiſſé pas de toucher
dans ce détroit , en allant & en
revenant ; je continué ma route
& j'arrivay à Bantam le onzeJanvier
mil fix cens quatre- vingt fix
Auſſi- tôtquej'y fus moüillé j'envoyé
Monfieur de Cibois Officier
faire compliment auGouverneur,
& pour avoir des rafraîchiffe
mens. Il m'envoya pour preſent
fix boeufs , des fruits & des herbes;;
je n'y fis point d'eau , parce
qu'elle estoit fortdifficile à avoir,
&je ne reſté que trente heures
dans cette rade. Jefis lever l'ancreledouziéme
au foir , mais le
calme nous prit , ce qui nous
obligea de moüiller.
Letreizićme je fis lever l'ancre,
nous eûmes tout le jour du calme
&du ventcontraire ; mais ſur le
foir il ſe leva un petit vent qui
nous fit doubler la pointe deBantam
,&nous fit paaffffeerr le détroit
g
74 REELATION
de Sonda en moins de huit heu
res . Je fus obligé de mettre en
pane par le travers de l'Ifle du
Prince , qui eft à la fortie de ce
détroit , pour attendre la Fregate
la Malige , qui ne nous avoit
pu ſuivre ,& elle nous y joignit,
Le quatorze je poutfuivis tha
route pour aller droit au Capde
bonne eſperance avec un bon
vent de Nort , &de nort nort eft ,
Le vingt-trois à la pointe du jour
aprés avoir fait environ centcinquante
lieuës nous vimes la terre
des Ifles de ſainte Croix'; ce qui
nous furprit, parce que la veille
jem'étois fait montrer le point
des Pilotes qui ſe difoient tous
à plus de quinzelieuës de latitude
Sud & de vingtde longitude .
Cette Terre eſt fort baffe, & s'il
y avoit eu trois ou quatre heures
de nuit de plus nous nous y
fuffions échoués ; mais il plût
DU VOYAGE DE SIAM. 75
Dieu de nous en preſerver. Nous
attribuâmes
courans qui eſtoientcontre nous
& qui nous empêchoient d'aller
autant de lavant que nous le
croyons; nous paſſames cette Iſle
bien vite , parce qu'il ventoit
beaucoup , & nous continuâmes
noſtre route. La Mer eſt fort
poiffonneuſe en cet endroit-là ,
& il y a quantité d'oiſeaux , le
temps eftoit beau , & nous faiſions
tous les jours trente , quarante
, cinquante , & foixante
lieuës ventarriere , nous nous divertiſſions
à voir une chaffe affez
plaiſante qui ſe donnoit par les
Albucorps & les Bonnittes,& un
petit poiſſon qui ſe nomme poiffon
volant qui quand il ſe
cette erreur aux
د
voit poursuivi des poiſſons qui
en fontleur nourriture , forthors
del'eau & volle tant que ſes aîles
font humides , c'eſt à dire auſſi
gij
76 RELATION
د
loin que le vol d'une caille ; mais
il y a un oiſeau que l'on nomme
paille en quëu , qui porte ce nom
à cauſe d'unegrande plume qu'il
a à la queüe furpaſſant les autres
de plus d'un grand demy pied
&qui a la figure & preſque la
couleur d'une paille ; il eſt toûjours
en l'air & quand il voit ce
poiſſon vollant ſortir de l'eau , il ſe
laiſſe tomber deſſus comme fait
un oiſeau de proye ſur le gibier ,
&quelquefois ils vont plus d'une
braſſe dans l'eau le chercher, ſi
bien que le poiſſon vollant ne
peut pas manquer d'eſtre pris .
Le 15. Février nous nous trouvâmes
par le travers de l'Iſle Maurice
où nous eûmes un coup de
vent qui nous dura trois jours ;
da Mer eſtoit extrémement groffe
& nous tourmenta beaucoup ,
les coups de mer paſſoient frequemment
pardeſſus le Vaiſſeau ,
DU VOYAGE DE SIAM. 77
& nous obligeoient à pomper
ſouvent à cauſe de l'eau que nous
řecevions .
Le dix-neuf le temps s'adoucit&
nous donna lieu de racommoder
ce que la mer nous avoit
ébranlé , il y eut de grands clouds
qui fortoient du bordage qui
tient l'arcaffe du Vaiſſeau au defſous
de ce Tambor , & cela s'étoit
fait par les vagues qui frapoient
contre le Vaiſſeau comme
contre un rocher. La nuit dés le
premier jour dece mauvais temps
la fregatte qui estoit avec moy
s'en ſepara , ſon rendés- vous
eſtoit au Cap de bonne-Eſperance
. Pourſuivant noſtre route
nous eûmes encore deux coups
de vents qui nous incommoderent
fort , parce que la mer eſtoit
fort rude , les vents faiſoient pref
que toûjours le tour du compas ,
de forte que les vagues ſe rengiij
78 RELATION
contrant lesunes contre les autres
font qu'un vaiſſeau ſouffre beaucoup.
Le dixiéme Mars ſur les deux
heures aprésmidy nous apperçûmes
un vaiſſeau , d'abord je crûs
que c'eſtoit celui qui m'avoit
quitté , mais en l'approchant
nous luy vîmes arborer le pavillon
Anglois , & comme j'étois
bien- aiſe d'apprendre des nouvelles
, & queje jugeois qu'il venoit
d'Europe , j'arrivay ſur luy
& quand j'en fus proche je mis
mon canot à la mer & j'envoyé
un Officier à fon bord , pour
ſçavoir s'il n'y avoit point de
guerre ; car quand il y a longtemps
que l'ona quitté la France
, on neſçait point à qui ſe fier,
principalement quand il faut aller
moüiller chez des Etrangers,
on me rapporta que c'eſtoit un
yaiſſeau Marchand Anglois , qui
DU VOYAGE DE SIAM. 79
eſtoit parti de Londres depuis
cinqmois , &qu'il n'avoit touché
ennullepart , qu'il alloit en droi
ture au Tonquin , que le Capitaine
luy avoit dit qu'il n'y avoit
point de guerre en France , &
que toute l'Europe eſtoit en paix,
qu'ily avoit cependant eu quel
que revolte en Angleterre par le
Duc de Monmout qui s'eſtoit
mis à la teſte de dix ou douze mil
hommes ; mais que les trouppes
du Roy l'avoient batu& fait prifonnier
, qu'on luy avoit coupé
la teſte , & qu'on avoit pendu
beaucoup de perſonnes que l'on
avoit auſſi priſes , mais que cette
rebellion eſtoit finie avant fon
départ ; il dit auſſi qu'il avoit
veu la terre le jour d'auparavant
à ſept lieuës , ce qui nous fit juger
que nous devions en eſtre à
30. ou 35. lieuës ; nous conti
nuâmes noſtre route le reſte du
g iiij
80M RELATION
jour & de la nuit , & le lendemain
ſur les dix heures nous vimes
la terre ſous le vent denous,
à ſeptou huit lieuës , j'y fis fonder
& on trouva quatre- vingt
cinq brafſſes qui fit que nous connûmes
que c'eſtoit la terre & le
banc des Eguilles , outre qu'il y
avoitgrande quantité d'oiſeaux ;
ce bancmet trente lieuës au large&
à la meſme longueur , on y
trouve fond juſqu'à cent vingt
braffes, nous forçâmes de voiles
pour tâcher à voiravant la nuit le
Cap de Bonne- Efperance ; le lendemainà
la pointe du jour nous
le vîmes& nous le doublâmes ,
fur les dix heures nous vîmes un
Vaiſſeau ſous le vent de nous
& en l'approchant nous reconnûmes
que c'eſtoir la Fregate , qui
comme je l'ay dit m'avoit quitté
par le travers de l'Iſle Maurice ,
ce fut la ſeconde fois qu'aprés
DU VOYAGE DE SIAM. 8г
beaucoupde temps de ſeparation
nous nous retrouvâmes le meſme
jour de noſtre arrivée, ce qui ne
ſe rencontre que rarement dans
la navigation ; car la meſme chofe
nous eſtoit arrivée en entrant
audétroit de Sonda , ainſi que je
l'ay dit. Comme j'étois preſt de
moüiller le vent vint ſi fort &
tellement contraire que je fus
obligé de faire vent arriere , &
d'aller moüiller à l'Iſle Robins
qui eſt environ à trois lieuësde la
Fortereſſe du Cap ; le lendemain
treiziéme Mars je fis lever l'ancre
, &je m'en allé moüiller prés
de la Fortereſſe où j'arrivay fur
les deux heures , j'y trouvé neuf
Vaiſſeaux qui venoient de Batavia
& s'en alloient en Europe ;
j'envoyé Monfieur le Chevalier
Cibois faire compliment au Gouverneur&
luy demander permiffiond'envoyer
huit ou dixmala-
9
82 RELATION
des à terre faire de l'eau , & prenpre
des rafraîchiſſemens . Il reçût
fort honnêtement mon compliment
, & il dit à l'Officier que
j'étois le Maiſtre , & que je pou
vois faire tout ce qu'il me plairoit
: comme nous eſtions dans le
temps de leur Automne où tous
les fruits étoientbons;il m'envoya
des melons , des raiſins , & des
falades ; je fis ſaluër le Fort de
ſept coups de Canon ; car l'ordre
du Roy eſt de ſaluër les Fortereſſes
les premieres , il me rendit
coup pour coup , le Vaiffeau
qui portoit le pavillon d'Amiral
me ſalua enſuite de ſept coups ,
je luy en rendis autant. Il y avoit
dans cette Flotte trois pavillons ,
Admiral,Vice- Admiral , & Contre-
Admiral. Les fruits qu'on
m'apporta eſtoient admirables de
meſme que les ſalades , les melons
eftoient tres -bons ,& le rai
DU VOYAGE DE SIAM. 83
ſin meilleur qu'en France; j'allay
me promener dans leur beau
Jardin , qui me fit reſſouvenir de
ceux qui font en France ; car
comme je l'ai déja dit il eſt tresbeau
& fort bien entretenu ; la
grande quantité de legumes
qu'on y trouve fait grand plaiſir
aux équipages ; car le Gouverneur
en faifoit donner tant qu'on
en vouloit , il y a auſſi grande
quantité de coins qui font fort
bons pour les voyageurs, card'ordinaire
les maladies de ces traverſes
ſont des flux de fang .
Le Gouverneur eſt homme
d'eſprit , & fort propre pour les
Colonies , & on dit que s'il y
reſte long-temps il fera en ces
quartiers-là un tres-bel établiſſement
; lorſqu'il y a quelques
Hollandois qui veulent s'y habituer
, il leur donnent des terres
autant qu'ils en veulent , leus
84
1
RELATION
د
fait bâtir une maiſon , leur donne
des boeufs pour labourer &
tous les autres animaux & uſtencils
qui leur font neceſſaires , on
fait eſtimer tout ce qu'on leur
donne qu'ils rembourſent aprés à
la Compagnie , quand ils le peuvent.
Ils font obligez de vendre
tout ce qu'ils recuëillent de leurs
terres à la Compagnie ſeulement
&à un prix taxé , ce qui luy eſt
avantageux ainſi qu'auxhabitans .
Le vin qu'elle achete d'eux ſeize
écus la baricque,elle le revent
cent aux Etrangers& à ſes propres
Flottes qui paffent en cet
endroit , c'eſt à dire aux Matelots
qui le boivent fur le lieu ; les
moutons , les boeufs &les autres
chofes ſe vendent à proportion ,
ce quirapporre un grand revenu
à cette Compagnie , & fait que
leurs Flottes s'y rafraîchiffent à
peu de frais & y reſtent des
DU VOYAGE DE SIAM. 85
mois & fix ſemaines entieres
ſelon les malades qu'elles ont.
Quand j'arrivay il n'y avoit pas
long-temps que le Gouverneur
eſtoit de retour d'une découverte
qu'il venoit de faire de mines:
d'or & d'argent , il en a rapporté
plufieurs pierres.Ondit qu'en ces
minesil y a beaucoup d'or &d'ar
gent , &qu'elles font fort faciles
eſtant peu profondes. Il a eſté
juſqu'à deux cens cinquante
lieuës dans les terres ; il menai
avec luy trois ou quatre Outantoſt
du Cap , qui parloient Hollandois
, qui le menerent à la
prochaine Nation qui estoit auffo
Outantoſt , il en prit d'autres
en faiſant ſa route. Il a trouvé
juſques à neuf Nations differentes
, il en prenoit à meſure , qu'il
changeoit de Nation pour ſe faire
entendre , il a tiré à ce que l'on
86 RELATION
dit un fort grand éclairciflement
ſur tout ce qu'il ſouhaittoir,
il dit que la derniere Nation eſt
la plus polie , & qu'ils vinrent
au devant de luy hommes , femmes
& enfans , en danſant , &
qu'ils eſtoient tous habillez de
peaux de Tigres ; c'étoit une
grande robbe qui leur venoit
juſqu'aux pieds. Il a amené un de
ſes Outantots à qui il fait apprendre
l'Hollandois poury retourner
l'année prochaine.Toutes cesNations-
là ont beaucoup de beſtiaux
& c'eſt tout leur revenu. Le
Gouverneur avoit avec luy cinquante
Soldats , un Peintre pour
tirer les couleurs des animaux,des
oiſeaux , des ferpens & des plantes
, qu'il trouveroit, un Deſſinateur
pour marquer ſa route ,&un
Pilote ; car ils alloient toûjours à
la bouffole & avoit emmené trois
cens boeufs pour porter leurs viDU
VOYAGE DE SIAM. 87
vres & traîner quatorze ou quinze
charettes ; quand ils trouvoient
des montagnes ils démontoient
leurs charettes & les chargeoient
avec ce qui estoit dedans ſur les
boeufs pour les paſſer , eſtant
avancé dans le païs il fut trois ou
quatre jours fans trouver d'eau,
ce qui les incommoda fort , il a
eſté cinq mois & demy en fon
voyage.
Il a rencontré beaucoup de bêtes
ſauvages , il dit que les Elephansy
font monstrueux & bien
plus grands qu'aux Indes ,des Rinoceros
d'une prodigieuſe grofſeur.
Il en a veu un dont il penſa
eſtre tué ; car quand cet animal
eſt en furie il n'y a point d'arme
qui le puiſſe arrêter , ſa peau eſt
tres - dure , & où les coups de
mouſquets ne font rien , il faut
les attrapper au deffaut de l'épaule
pour les tuer , ils ont deux cor-
L
88 RELATION
nes , je rapporte trois de ſes cornes
, il y en a deux qui ſe tiennent
enſemble avec de la peau decet
animal ; le ſejour que j'ay fait au
Cap m'a fourni beaucoup de
poiſſon durant le Carême où nous
eſtions. Je vis une balaine d'une
furieuſe groffeur qui vint à la
portéed'un demy piſtolet de mon
Vaiſſeau ; il y avoit auſſi des oiſeaux
en quantité , qui nous donnoient
le meſme plaiſir que les
pailles en queue dont j'ay parlé .
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Résumé : DEPART de la rade de Siam.
Le texte relate le départ du narrateur de la rade de Siam le 22 décembre 1785, à bord d'un navire naviguant avec un bon vent du nord le long des côtes du Cambodge en direction de la Cochinchine. Les peuples de ces royaumes partagent des croyances et modes de vie similaires. Le voyage se poursuit sans incident notable jusqu'au détroit de Banca, où le navire échoue sur un banc de vase. Grâce à l'intervention rapide de l'équipage, le vaisseau est rapidement dégagé. Le narrateur arrive à Bantam le 11 janvier 1786 et envoie un officier faire des compliments au gouverneur et obtenir des rafraîchissements. Après un court séjour, il reprend la mer mais doit faire face à des calmes et des vents contraires. Le 14 janvier, il rejoint la frégate La Malige et continue vers le Cap de Bonne-Espérance. Le 23 janvier, ils aperçoivent les îles de Sainte-Croix plus tôt que prévu en raison de courants contraires. Le 15 février, ils passent près de l'île Maurice et affrontent une tempête. Le 10 mars, ils rencontrent un vaisseau anglais qui les informe de l'absence de guerre en Europe. Le 13 mars, ils doublent le Cap de Bonne-Espérance et retrouvent la frégate qu'ils avaient perdue de vue. Le narrateur mouille ensuite près de la forteresse du Cap, où il est accueilli par neuf vaisseaux venant de Batavia. Il envoie un officier faire des compliments au gouverneur, qui lui offre des fruits et des légumes. Le gouverneur du Cap est décrit comme un homme d'esprit, propice aux colonies, aidant les Hollandais à s'installer en leur fournissant terres et animaux. Le texte mentionne également une récente découverte de mines d'or et d'argent par le gouverneur, qui a exploré des terres à plus de 250 lieues de la côte. Le séjour au Cap permet d'obtenir une grande quantité de poisson durant le Carême. Une baleine de grande taille est observée à portée de demi-pistolet du vaisseau. Le texte mentionne aussi la présence d'oiseaux en grande quantité, offrant un plaisir similaire à celui des pailles en queue. De plus, le narrateur décrit une rencontre avec un animal sauvage particulièrement dangereux. Cet animal, lorsqu'il est en furie, ne peut être arrêté par aucune arme en raison de sa peau très dure, imperméable aux coups de mousquet. La seule méthode efficace pour le tuer est de le frapper au défaut de l'épaule. L'animal possède deux cornes, dont trois spécimens sont rapportés, deux d'entre elles étant attachées par la peau de l'animal.
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18388
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
340.6
M553
LA
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
1733 pour les faire tenir. いる
V. 2
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
June foin
d'en
affranchir
le
Port
, comme
cela
s'eft
toûjours
pratiqué
, afin
d'épargner
, à
nous
le
déplaifir
de
les
rebuter
, &
à
ceux
qui
les
envoyent
, celui
, non
-feulement
de
ne
pas
voir
paroître
leurs
Ouvrages
,
même
de
les
perdre
, s'ils
n'en
ont
pas
gardé
de
copie
.
mais
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans,
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on aux Meffageries qu'on
Ini indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
340.6
M553
LA
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
1733 pour les faire tenir. いる
V. 2
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
June foin
d'en
affranchir
le
Port
, comme
cela
s'eft
toûjours
pratiqué
, afin
d'épargner
, à
nous
le
déplaifir
de
les
rebuter
, &
à
ceux
qui
les
envoyent
, celui
, non
-feulement
de
ne
pas
voir
paroître
leurs
Ouvrages
,
même
de
les
perdre
, s'ils
n'en
ont
pas
gardé
de
copie
.
mais
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans,
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on aux Meffageries qu'on
Ini indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document présente les instructions pour l'envoi et la réception du Mercure, une publication. L'adresse générale pour les envois est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les paquets peuvent être remis aux libraires vendant le Mercure à Paris, avec la mention de l'année 1733. Il est recommandé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet et la perte des ouvrages si aucune copie n'a été conservée. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir rapidement le Mercure de France, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et enverra les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix de cet envoi est de trente sols.
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18389
p. 209-211
Figures Antique[s] autour du fer à Cheval, [titre d'après la table]
Début :
Ils regarderent fort toutes les Statuës antiques qui sont autour [...]
Mots clefs :
Figures antiques, Fer à cheval, Tête, Vénus, Bassins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Figures Antique[s] autour du fer à Cheval, [titre d'après la table]
Ils regarderent fort toutes
les Statues antiques qui ſont
autour du Fer à cheval , &
furent furpris d'en trouver un
fi grand nombre. Ils avoient
> pris beaucoup de plaifir auparavant
à voir la Venus à la
Coquille , & la Venus accroupie ,
qui bien que modernes ont
e cité faites ſur des Antiques.
Riij
201 Suite du Voyage
1.
Ils avoient auſſi admiré une
Teſte de Mars , faites parPhidias
,& reſtaurée par M Girardon
, lequel y a ajoûté un
Buſte. Cette Teſte eſt ſur une
colomne d'un Albâtre orienxal.
Une Teſte de Jupiter
trouvée à Besançon , & mife
fur un Terme , avoit auſſi
attiré leur admiration. Enfin
ils ſortoient remplis d'avoir
vû tant d'or , de bronze &
de marbre , tous les rebords
des Baffins , les bans & les
degrez , n'eſtant faits que de
cette derniere matiere , lors
qu'ils ſe virent auprés des
deux Baffins qui regardent
desAmb. de Siam.
203
1
■ la Face du Château ; ce qui
1 leur donna une nouvelle oc-
( caſion d'admirer.
les Statues antiques qui ſont
autour du Fer à cheval , &
furent furpris d'en trouver un
fi grand nombre. Ils avoient
> pris beaucoup de plaifir auparavant
à voir la Venus à la
Coquille , & la Venus accroupie ,
qui bien que modernes ont
e cité faites ſur des Antiques.
Riij
201 Suite du Voyage
1.
Ils avoient auſſi admiré une
Teſte de Mars , faites parPhidias
,& reſtaurée par M Girardon
, lequel y a ajoûté un
Buſte. Cette Teſte eſt ſur une
colomne d'un Albâtre orienxal.
Une Teſte de Jupiter
trouvée à Besançon , & mife
fur un Terme , avoit auſſi
attiré leur admiration. Enfin
ils ſortoient remplis d'avoir
vû tant d'or , de bronze &
de marbre , tous les rebords
des Baffins , les bans & les
degrez , n'eſtant faits que de
cette derniere matiere , lors
qu'ils ſe virent auprés des
deux Baffins qui regardent
desAmb. de Siam.
203
1
■ la Face du Château ; ce qui
1 leur donna une nouvelle oc-
( caſion d'admirer.
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Résumé : Figures Antique[s] autour du fer à Cheval, [titre d'après la table]
Des visiteurs ont admiré diverses statues autour du Fer à cheval, dont la Vénus à la Coquille et la Vénus accroupie. Ils ont vu une tête de Mars par Phidias et une tête de Jupiter de Besançon. Ils ont été impressionnés par l'abondance d'or, de bronze et de marbre. Ils ont également admiré la face du château près des bassins.
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18390
p. 1257-1262
L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
Début :
Funeste et vaine Astrologie, [...]
Mots clefs :
Vol, Astres, Ciel, Académie des Jeux floraux, Astrologie judiciaire, Deslandes
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texteReconnaissance textuelle : L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE
O DE.
Présentée à l'Académie des Jeux Floraux , pour le
Prix de cette année 1733.
A M. Deslandes , Contrôleur Général de la
Marine , à Brest , et de l'Académie Royale
des Sciences. <
Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie
en Bretagne.
Uneste et vaine Astrologie ,
F
Qui dans les ténébreux replis ,
De ta séduisante Magie ,
Tiens tant de coeurs ensevelis ,
Reste à jamais dans la Chaldée ,
11. Vol. A ij UA
1250 MERCURE DE FRANCE
Une coupable et fausse idée ,
Nous a trop long - temps égarez ;
Ses Peuples qu'à tort on crut sages ,
Rendront bien sans nous leurs hommages ,
Aux Astres par eux adorez.
Monstre à qui fit voir la lumiere ,
L'avide curiosité ,
Tu ne dûs ta grandeur premiere ,
Qu'à l'humaine crédulité.
Tu profitas de nos foiblesses ,
L'appas trompeur de tes promesses ,
Masqua tes mensonges divers :
La peur fit valoir ton audace ,
Et ton Idole prit la place
Du Souverain de l'Univers,
M
Mortels , dont les cervelles folles ;
Changent les Astres en métaux ,
Vous voulez que des noms frivoles ,
Operent nos biens ou nos maux ?
Vous frémissez , Payens impies ,
De voir présider sur nos vies ,
Saturne ou Mars à l'oeil de fer ;
Garans d'une heureuse affluence ,
Pour ceux qu'anima l'influence ,
Deyénus ou de Jupiter ,
11. Voli Yous
JUIN.
1733. 1259
Vous prêtez à tels et tels Astres ,
De bizarres aversions ,
Cruels Messagers des désastres ,
Par leurs tristes conjonctions.
Le Scorpion me pronostique ,
Si dans ma Planette il s'implique
L'Exil , le Désespoir , la Mort ;
Et ma trame est infortunée ,
Si de sa queue empoisonnée ,
Le Dragon infecte mon sort .
Quoi cette Masse étincelante ,
Qui dans l'air roule loin de moi ,
Rendra mon ame chancelante ;
Entre l'espérance et l'effroi ?
Prête à m'en louer , ou m'en plaindre ,
J'aurai la bassesse de craindre ,
Un corps privé de sentiment ,
Qui n'a jamais connu son être ,
Et n'est pas lui- même le Maître ,
De regner sur son mouvement !
M
Croirai -je , étrange extravagance !
Que le Ciel à votre Art soumis ,
Au point qu'il fut à ma naissance ,
Puisse à vos yeux être remis ?
son compas infaillible , Seul de
II. Vol.
Dieu
A iij
260 MERCURE DE FRANCE
Dieu marque du temps insensible ,
Tous les espaces écoulez ,
Eternel Torrent ! cours immense !
Pendant que mon esprit y pense ,
Mille instans se sont envolez.
Si suivant votre absurde fable ;
La même Etoile au même aspect ,
D'un bonheur ou malheur semblable ,
Porte un présage non suspect ;
Pourquoi ne sont- ils pas insignes ,
Tant d'hommes nez sous mêmes signes ,
Que les Rois et les Conquérans ?
Où pourquoi le même naufrage ,
Perd-t-il cent Nochers à tout âge ,
Nez sous des signes differens ?
Celui-là vit et meurt infame ;
Cet autre est porté vers le bien ,
Et l'Astre seul captive une ame ,
Sous ce doux ou fatal lien :
Maudis ton sort , misérable homme ;
Ta liberté n'est qu'un Fantôme ;
N'attends plus rien des Immortels ,
Tes voeux sont désormais stériles ,
Détruits des Temples inutiles ,
Ravage et brûle leurs Autels.
11. Vol. Non
JUIN. 1251
1733.
Non, la ronde et vaste Machine ,
Du seul vrai Dieu connoît les Loix ,
Le Ciel à son aspect s'incline ,
Il parle et tout tremble à sa voix.
Toujours unie à sa justice ,
Sa volonté n'est point complice ,
De l'iniquité des humains ;
Le libre arbitre qu'il leur donne ,
De la honte ou de la couronne ,
Laisse le choix entre leurs mains.
學
Mais par de criminels prestiges ,
N'allons pas , esprits indiscrets ,
Chercher dans les airs les vestiges ,
De ses immuables Décrets .
Auroit-il de sa Providence ,
Fait aux Astres la confidence ?
L'idée en révolte mes sens :
Il créa ces Corps que j'admire ,
Pour éclairer , non pour prédire ,
pour recevoir mon encens. Ni
DESLANDES , mon hardi génie ,
Alla , loin des terrestres Lieux ,
Saisir la force et l'harmonie ,
Du brillant langage des Dieux.
Mon entousiasme intrépide ,
11.Vol. Aiiij Brive
126 2 MERCURE DE FRANCE
Brave en prenant le Nord pour guide ,
D'Icare l'éternel affront >
LefilsdeJapet sur son aîle
M'enleve , et m'offre une étincelle ,
Dont j'embrase le sacré Mont .
Cependant ma vigueur Lyrique ,
S'arma dans les Tournois FloraUX ,
Et le Laurier Académique ,
Récompensa d'autres travaux.
N'importe , ton docte suffrage ,
Me console et me dédommage
Du prix vainement espéré ;
Si conviens que des Couronnes
L'honneur à des Piéces moins bonnes ,
Plus d'unefois fut déféré.
O DE.
Présentée à l'Académie des Jeux Floraux , pour le
Prix de cette année 1733.
A M. Deslandes , Contrôleur Général de la
Marine , à Brest , et de l'Académie Royale
des Sciences. <
Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie
en Bretagne.
Uneste et vaine Astrologie ,
F
Qui dans les ténébreux replis ,
De ta séduisante Magie ,
Tiens tant de coeurs ensevelis ,
Reste à jamais dans la Chaldée ,
11. Vol. A ij UA
1250 MERCURE DE FRANCE
Une coupable et fausse idée ,
Nous a trop long - temps égarez ;
Ses Peuples qu'à tort on crut sages ,
Rendront bien sans nous leurs hommages ,
Aux Astres par eux adorez.
Monstre à qui fit voir la lumiere ,
L'avide curiosité ,
Tu ne dûs ta grandeur premiere ,
Qu'à l'humaine crédulité.
Tu profitas de nos foiblesses ,
L'appas trompeur de tes promesses ,
Masqua tes mensonges divers :
La peur fit valoir ton audace ,
Et ton Idole prit la place
Du Souverain de l'Univers,
M
Mortels , dont les cervelles folles ;
Changent les Astres en métaux ,
Vous voulez que des noms frivoles ,
Operent nos biens ou nos maux ?
Vous frémissez , Payens impies ,
De voir présider sur nos vies ,
Saturne ou Mars à l'oeil de fer ;
Garans d'une heureuse affluence ,
Pour ceux qu'anima l'influence ,
Deyénus ou de Jupiter ,
11. Voli Yous
JUIN.
1733. 1259
Vous prêtez à tels et tels Astres ,
De bizarres aversions ,
Cruels Messagers des désastres ,
Par leurs tristes conjonctions.
Le Scorpion me pronostique ,
Si dans ma Planette il s'implique
L'Exil , le Désespoir , la Mort ;
Et ma trame est infortunée ,
Si de sa queue empoisonnée ,
Le Dragon infecte mon sort .
Quoi cette Masse étincelante ,
Qui dans l'air roule loin de moi ,
Rendra mon ame chancelante ;
Entre l'espérance et l'effroi ?
Prête à m'en louer , ou m'en plaindre ,
J'aurai la bassesse de craindre ,
Un corps privé de sentiment ,
Qui n'a jamais connu son être ,
Et n'est pas lui- même le Maître ,
De regner sur son mouvement !
M
Croirai -je , étrange extravagance !
Que le Ciel à votre Art soumis ,
Au point qu'il fut à ma naissance ,
Puisse à vos yeux être remis ?
son compas infaillible , Seul de
II. Vol.
Dieu
A iij
260 MERCURE DE FRANCE
Dieu marque du temps insensible ,
Tous les espaces écoulez ,
Eternel Torrent ! cours immense !
Pendant que mon esprit y pense ,
Mille instans se sont envolez.
Si suivant votre absurde fable ;
La même Etoile au même aspect ,
D'un bonheur ou malheur semblable ,
Porte un présage non suspect ;
Pourquoi ne sont- ils pas insignes ,
Tant d'hommes nez sous mêmes signes ,
Que les Rois et les Conquérans ?
Où pourquoi le même naufrage ,
Perd-t-il cent Nochers à tout âge ,
Nez sous des signes differens ?
Celui-là vit et meurt infame ;
Cet autre est porté vers le bien ,
Et l'Astre seul captive une ame ,
Sous ce doux ou fatal lien :
Maudis ton sort , misérable homme ;
Ta liberté n'est qu'un Fantôme ;
N'attends plus rien des Immortels ,
Tes voeux sont désormais stériles ,
Détruits des Temples inutiles ,
Ravage et brûle leurs Autels.
11. Vol. Non
JUIN. 1251
1733.
Non, la ronde et vaste Machine ,
Du seul vrai Dieu connoît les Loix ,
Le Ciel à son aspect s'incline ,
Il parle et tout tremble à sa voix.
Toujours unie à sa justice ,
Sa volonté n'est point complice ,
De l'iniquité des humains ;
Le libre arbitre qu'il leur donne ,
De la honte ou de la couronne ,
Laisse le choix entre leurs mains.
學
Mais par de criminels prestiges ,
N'allons pas , esprits indiscrets ,
Chercher dans les airs les vestiges ,
De ses immuables Décrets .
Auroit-il de sa Providence ,
Fait aux Astres la confidence ?
L'idée en révolte mes sens :
Il créa ces Corps que j'admire ,
Pour éclairer , non pour prédire ,
pour recevoir mon encens. Ni
DESLANDES , mon hardi génie ,
Alla , loin des terrestres Lieux ,
Saisir la force et l'harmonie ,
Du brillant langage des Dieux.
Mon entousiasme intrépide ,
11.Vol. Aiiij Brive
126 2 MERCURE DE FRANCE
Brave en prenant le Nord pour guide ,
D'Icare l'éternel affront >
LefilsdeJapet sur son aîle
M'enleve , et m'offre une étincelle ,
Dont j'embrase le sacré Mont .
Cependant ma vigueur Lyrique ,
S'arma dans les Tournois FloraUX ,
Et le Laurier Académique ,
Récompensa d'autres travaux.
N'importe , ton docte suffrage ,
Me console et me dédommage
Du prix vainement espéré ;
Si conviens que des Couronnes
L'honneur à des Piéces moins bonnes ,
Plus d'unefois fut déféré.
Fermer
Résumé : L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
Le texte 'L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE' a été présenté à l'Académie des Jeux Floraux en 1733 par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie en Bretagne. L'auteur y critique sévèrement l'astrologie, qu'elle décrit comme une 'vain' et 'séduisante magie' ayant longtemps égaré les peuples. Elle dénonce l'astrologie comme un 'monstre' issu de la curiosité et de la crédulité humaines, qui a usurpé la place de Dieu. Le texte met en garde contre les fausses croyances astrologiques, qui attribuent aux astres des pouvoirs sur les vies humaines. L'auteur souligne l'absurdité de craindre des corps célestes privés de sentiment. Elle affirme que Dieu seul connaît les lois de l'univers et que les astres sont créés pour éclairer, non pour prédire. L'auteur exprime son admiration pour la science et la raison, illustrée par son 'entousiasme intrépide' et son désir de comprendre les lois divines. Malgré l'absence de récompense académique, elle trouve consolation dans le suffrage docte et l'honneur académique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18390
18391
s. p.
ODE SUR LA PAIX.
Début :
UN léger Tourbillon, prémices des orages, A peine de Cérès fait courber les épis, [...]
Mots clefs :
Paix, Europe, Humanité, Mars, Guerre, Mercure, Glaive, Mort, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SUR LA PAIX.
ODE SUR LA PAIX .
UN léger Tourbillon , prémices des orages ,
A peine de Cérès fait courber les épis ,
Qu'il vole fur les mers éveiller les naufrages
Et les flots affoupis.
C'eft ainfi que voilant fa funefte origine ,
La Guèrre , qui dans l'ombre alluma fes fambeaux
,
II. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE .
Vint changer tout-à- coup nos Palais en ruine ,
Et la Tèrre en tombeaux.
J'aivuMars, jeཏུ མl'ai vû, des fommets du Rodope ,
Précipiter fon char & les courfiers fougueux ;
Je t'ai vue , ô Bellone ! épouvanter l'Europe
Detes cris belliqueux .
Ah ! périffe le jour où la Sprée infultante ,
Pareille à ces torrens échappés de l'Etna ,
Vint choquer fa rivale , éperdue & tremblante ,
Aux rochers de Pyrna . *
*
Depuis ce jour fanglant , ô que de jours funeftes
Ont épuifé fur nous leurs tragiques horreurs ,
Les crimes , les revers , les vengeances céleſtes ,
Et nos propres fureurs.
Organe de la Mort , la trompette éffrayante
Appelloit aux combats & la Tèrre & les Mers ;
Et l'Amérique a vû l'Europe foudroyante
Tonner dans les déferts.
Alors furent changés en glaives homicides
Le foc de Triptolème & la faulx de Cérès :
Aux yeux du Laboureur le char des Euménides
Sillonna les guérêts.
Sept fois l'Eté brûlant , fept ois l'humide
tomne ,
* Invafion en Saxe.
JANVIER. 1763. 7
Sept fois le fombre Hyver entouré de glaçons ,
Vit l'affreufe Atropos faire aux champs de Bellone
D'éffroyablesmoillons.
Eh ! pourquoi de la Mort précipiter les aîles ?
La tombe eſt-elle encor trop loin de nos berceaux ?
Malheureux ! eft- ce à nous que les Parques cruelles
Ont remis leurs ciſeaux ?
Mortel , que veut ce glaive en tes mains fanguinaires
?
Menace-t-il le fein des Tigres dévorans ?
Quoi ! l'Homme égorge l'Homme , affaffins mercenaires
Vendus aux Conquérans !
O fainte Humanité ! quel fpectacle fauvage
Offre à tes yeux en pleurs ce Globe malheureux ,
Tous ces fleuves de fang , ces plaines de carnage,
Et ces piéges de feux !
Sans doute Néméfis , en fes profondes nues ,
Accumulant fur nous les orages du Sort ,
Lança de toutes parts ces fléches inconnues
Au carquois de la Mort.
Affez & trop long- temps ont roulé fur nos têtes
Tous ces globes de fer qui brifent les remparts ;
Trop long- temps ont regné les homicides fêtes ,
Les jeux fanglans de Mars.
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
Que ces Bouches de feux ouvertes au carnage ,
Que ces Monftres d'airain fe taifent pour jamais ;
Ou grondent fans fureur , expiant leur ravage ,
Aux fêtes de la Paix .
Telle après les éclats d'un horrible tonnèrre ,
Sur les reftes grondans d'un nuage enflammé ,
La bienfaiſante Iris vient apprendre à la Tèrre
Que l'Olympe eft calmé.
Rois , enfans des Dieux , imitez leur clémence !
Un thrône bienfaiſant eft rival des autels :
Etouffez des combats la fatale femence ,
Epargnez les Mortels.
Paſteurs des Nations que le Ciel vous confie ,
Quittez ce titre augufte , ou rendez-nous heureux ;
Mais l'orgueil des Héros fouvent nous facrifie
A fes coupables voeux.
Zh !qui peut envier une palme fragile ,
S'il faut , pour la cueillir , enfanglanter fes mains ?
LOUIS , ton coeur préfére à fon éclat ſtérile
Le bonheur des Humains.
Ton Miniftre fidéle , & que Minerve inſpire ,
Va réparer de Mars les finiftres revers ;
Le moment qui rendra la Paix à ton Empire,
La rend à l'Univers .
JANVIER. 1763 . 9
Quel Mécène nouveau , jaloux de ſa mémoire ,
Raffermira des Arts les autels chancelans ?
CHOISEUL , ce fera toi ; tout Amant de la Gloire
Eft Ami des Talens.
O PAIX , divine Paix fi long-temps implorée ,
Prends du haut de l'Olympe un favorable éffor !
Et fur le front fanglant de l'Europe éplorée ,
Fixe tes aîles d'or !
Tes mains de l'Océan nous ouvrent les barrières ;
Ces Pins navigateurs , amis des Matelots ,
Vont deſcendre à ta voix de leurs forêts altières ,
Pour traverser les flots.
Par les noeuds du Commerce embraſſe les deux
Mondes ;
Et des climats de l'Inde aux rives du Boetis ,
Guide nos pavillons fur les vagues profondes
De l'immenfe Thétis.
Tes regards ont calmé l'orageuſe Angleterre ;
Les Peuples du Soleil , enfans des vaſtes Eaux ,
Ne verront plus fortir & la foudre & la guèrre
Des flancs de ſes vaiffeaux.
Aux deux Mondes rivaux donne un juſte équilibre,
Rends les Peuples heureux & les Rois citoyens :
Exile tous les maux ; le bonheur d'être libce
Eft le premier des biens.
1
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Eh ! peux-tu , fans pitié voir un or tyrannique
De l'Africain fervile acheter les malheurs?
L'Humanité qu'outrage un abus politique
Te préfente fes pleurs.
Des enfans du Niger affranchis le rivage ;
De la Nature entin ofe venger les droits :
Fais que l'Humanité , briſant leur esclavage ,
Signe aux Traités des Rois .
L'Univers te rappelle , aimable Fugitive ;
Enchaîne la Difcorde aux Autels dé Janus :
Brife les noirs Cyprès , & joins ta douce olive
Aux myrthes de Vénus .
De pampres & de fleurs tu couronnes la Tèrre ;
Les Bergers conduiront leurs paifibles troupeaux ,
Où Mars tendit fes camps , où grondoit fon tonnèrre
,
Où flottoient fes drapeaux.
O que
de fils rendus à leurs mères tremblantes !
Que d'époufes en pleurs reverront leurs époux ,
* M. de Montefquieu , ce Légiflateur de l'Humanité
, dit au fujet de la Traite des Négres :
» Ne viendrait il pas dans la tête des Princes
» d'Europe qui font entr'eux tant de conven-
> tions , d'en faire une générale en faveur de la
>> miféricorde & de la pitié ? Liv . 15. chap . 5. de
"Efprit des Loix.
JANVIER. 1763 . II
Et ne pâliront plus aux nouvelles fanglantes
De Bellone en courroux !
Ta fouris & de Mars domptant la fière audace
Tu vois fuir les combats devant tes yeux fereins
Ton afpect fait tomber la guèrre & la menace
Du front des Souverains.
Ainfi , quand les Zéphyrs , fur leur aile fleurie ,
Raménent l'Alcyon , doux efpoir des Nochers ,
Le flot grondant s'appaife , & roule fans furie
Du fommet des rochers.
UN léger Tourbillon , prémices des orages ,
A peine de Cérès fait courber les épis ,
Qu'il vole fur les mers éveiller les naufrages
Et les flots affoupis.
C'eft ainfi que voilant fa funefte origine ,
La Guèrre , qui dans l'ombre alluma fes fambeaux
,
II. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE .
Vint changer tout-à- coup nos Palais en ruine ,
Et la Tèrre en tombeaux.
J'aivuMars, jeཏུ མl'ai vû, des fommets du Rodope ,
Précipiter fon char & les courfiers fougueux ;
Je t'ai vue , ô Bellone ! épouvanter l'Europe
Detes cris belliqueux .
Ah ! périffe le jour où la Sprée infultante ,
Pareille à ces torrens échappés de l'Etna ,
Vint choquer fa rivale , éperdue & tremblante ,
Aux rochers de Pyrna . *
*
Depuis ce jour fanglant , ô que de jours funeftes
Ont épuifé fur nous leurs tragiques horreurs ,
Les crimes , les revers , les vengeances céleſtes ,
Et nos propres fureurs.
Organe de la Mort , la trompette éffrayante
Appelloit aux combats & la Tèrre & les Mers ;
Et l'Amérique a vû l'Europe foudroyante
Tonner dans les déferts.
Alors furent changés en glaives homicides
Le foc de Triptolème & la faulx de Cérès :
Aux yeux du Laboureur le char des Euménides
Sillonna les guérêts.
Sept fois l'Eté brûlant , fept ois l'humide
tomne ,
* Invafion en Saxe.
JANVIER. 1763. 7
Sept fois le fombre Hyver entouré de glaçons ,
Vit l'affreufe Atropos faire aux champs de Bellone
D'éffroyablesmoillons.
Eh ! pourquoi de la Mort précipiter les aîles ?
La tombe eſt-elle encor trop loin de nos berceaux ?
Malheureux ! eft- ce à nous que les Parques cruelles
Ont remis leurs ciſeaux ?
Mortel , que veut ce glaive en tes mains fanguinaires
?
Menace-t-il le fein des Tigres dévorans ?
Quoi ! l'Homme égorge l'Homme , affaffins mercenaires
Vendus aux Conquérans !
O fainte Humanité ! quel fpectacle fauvage
Offre à tes yeux en pleurs ce Globe malheureux ,
Tous ces fleuves de fang , ces plaines de carnage,
Et ces piéges de feux !
Sans doute Néméfis , en fes profondes nues ,
Accumulant fur nous les orages du Sort ,
Lança de toutes parts ces fléches inconnues
Au carquois de la Mort.
Affez & trop long- temps ont roulé fur nos têtes
Tous ces globes de fer qui brifent les remparts ;
Trop long- temps ont regné les homicides fêtes ,
Les jeux fanglans de Mars.
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
Que ces Bouches de feux ouvertes au carnage ,
Que ces Monftres d'airain fe taifent pour jamais ;
Ou grondent fans fureur , expiant leur ravage ,
Aux fêtes de la Paix .
Telle après les éclats d'un horrible tonnèrre ,
Sur les reftes grondans d'un nuage enflammé ,
La bienfaiſante Iris vient apprendre à la Tèrre
Que l'Olympe eft calmé.
Rois , enfans des Dieux , imitez leur clémence !
Un thrône bienfaiſant eft rival des autels :
Etouffez des combats la fatale femence ,
Epargnez les Mortels.
Paſteurs des Nations que le Ciel vous confie ,
Quittez ce titre augufte , ou rendez-nous heureux ;
Mais l'orgueil des Héros fouvent nous facrifie
A fes coupables voeux.
Zh !qui peut envier une palme fragile ,
S'il faut , pour la cueillir , enfanglanter fes mains ?
LOUIS , ton coeur préfére à fon éclat ſtérile
Le bonheur des Humains.
Ton Miniftre fidéle , & que Minerve inſpire ,
Va réparer de Mars les finiftres revers ;
Le moment qui rendra la Paix à ton Empire,
La rend à l'Univers .
JANVIER. 1763 . 9
Quel Mécène nouveau , jaloux de ſa mémoire ,
Raffermira des Arts les autels chancelans ?
CHOISEUL , ce fera toi ; tout Amant de la Gloire
Eft Ami des Talens.
O PAIX , divine Paix fi long-temps implorée ,
Prends du haut de l'Olympe un favorable éffor !
Et fur le front fanglant de l'Europe éplorée ,
Fixe tes aîles d'or !
Tes mains de l'Océan nous ouvrent les barrières ;
Ces Pins navigateurs , amis des Matelots ,
Vont deſcendre à ta voix de leurs forêts altières ,
Pour traverser les flots.
Par les noeuds du Commerce embraſſe les deux
Mondes ;
Et des climats de l'Inde aux rives du Boetis ,
Guide nos pavillons fur les vagues profondes
De l'immenfe Thétis.
Tes regards ont calmé l'orageuſe Angleterre ;
Les Peuples du Soleil , enfans des vaſtes Eaux ,
Ne verront plus fortir & la foudre & la guèrre
Des flancs de ſes vaiffeaux.
Aux deux Mondes rivaux donne un juſte équilibre,
Rends les Peuples heureux & les Rois citoyens :
Exile tous les maux ; le bonheur d'être libce
Eft le premier des biens.
1
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Eh ! peux-tu , fans pitié voir un or tyrannique
De l'Africain fervile acheter les malheurs?
L'Humanité qu'outrage un abus politique
Te préfente fes pleurs.
Des enfans du Niger affranchis le rivage ;
De la Nature entin ofe venger les droits :
Fais que l'Humanité , briſant leur esclavage ,
Signe aux Traités des Rois .
L'Univers te rappelle , aimable Fugitive ;
Enchaîne la Difcorde aux Autels dé Janus :
Brife les noirs Cyprès , & joins ta douce olive
Aux myrthes de Vénus .
De pampres & de fleurs tu couronnes la Tèrre ;
Les Bergers conduiront leurs paifibles troupeaux ,
Où Mars tendit fes camps , où grondoit fon tonnèrre
,
Où flottoient fes drapeaux.
O que
de fils rendus à leurs mères tremblantes !
Que d'époufes en pleurs reverront leurs époux ,
* M. de Montefquieu , ce Légiflateur de l'Humanité
, dit au fujet de la Traite des Négres :
» Ne viendrait il pas dans la tête des Princes
» d'Europe qui font entr'eux tant de conven-
> tions , d'en faire une générale en faveur de la
>> miféricorde & de la pitié ? Liv . 15. chap . 5. de
"Efprit des Loix.
JANVIER. 1763 . II
Et ne pâliront plus aux nouvelles fanglantes
De Bellone en courroux !
Ta fouris & de Mars domptant la fière audace
Tu vois fuir les combats devant tes yeux fereins
Ton afpect fait tomber la guèrre & la menace
Du front des Souverains.
Ainfi , quand les Zéphyrs , fur leur aile fleurie ,
Raménent l'Alcyon , doux efpoir des Nochers ,
Le flot grondant s'appaife , & roule fans furie
Du fommet des rochers.
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Résumé : ODE SUR LA PAIX.
L'ode 'Sur la Paix' décrit les ravages de la guerre et appelle à la paix. Elle commence par comparer les prémices des orages et leurs dangers à la guerre, qui détruit tout sur son passage. L'auteur évoque Mars et Bellone, déesses de la guerre, semant la terreur en Europe. Il rappelle un jour funeste où la Sprée, en crue, a causé des ravages, symbolisant les conflits destructeurs. Depuis ce jour, de nombreux jours funestes ont épuisé leurs horreurs sur l'humanité, avec des crimes, des revers, des vengeances célestes et des fureurs humaines. La trompette de la mort appelait aux combats sur terre et sur mer, et l'Amérique a vu l'Europe foudroyante tonner dans les déserts. Les outils de paix, comme le soc de Triptolème et la faucille de Cérès, ont été transformés en armes meurtrières. Pendant sept étés, sept automnes et sept hivers, la guerre a ravagé les champs de bataille. L'auteur dénonce les hommes qui s'entretuent, devenus des mercenaires au service des conquérants. L'humanité est présentée comme un spectacle sauvage, avec des fleuves de sang et des plaines de carnage. Némésis, déesse de la vengeance, a accumulé les malheurs sur l'humanité. Les armes de guerre, comme les bouches à feu et les monstres d'airain, doivent se taire pour toujours ou expié leur ravage lors des fêtes de la paix. L'auteur appelle les rois à imiter la clémence des dieux et à étouffer la semence des combats. Il loue le roi Louis et son ministre Choiseul pour leurs efforts en faveur de la paix. La paix est comparée à Iris, qui annonce la fin de l'orage après un tonnerre. L'ode se termine par un appel à la paix, qui doit ouvrir les barrières de l'Océan et embrasser les deux mondes par les nœuds du commerce. La paix doit calmer les conflits, rendre les peuples heureux et les rois citoyens, et exiler tous les maux. L'auteur dénonce également l'esclavage et appelle à l'affranchissement des peuples opprimés. La paix doit enchaîner la discorde et couronner la terre de pampres et de fleurs, permettant aux bergers de conduire leurs troupeaux en paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18392
p. 5-15
LETTRE de M. DE LA DIXMERIE à M. DE LA PLACE, à l'occasion de la Fête du ROI, célébrée le jour de S. LOUIS par les Éléves de M. l'Abbé CHOCQUART, rue & Brarière S. Dominique.
Début :
LES exemples dignes d'être imités, Monsieur, ne peuvent être ni trop tôt [...]
Mots clefs :
Manière, Élèves, Spectateurs, Guerriers, Assemblée, Exercice, Théâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DE LA DIXMERIE à M. DE LA PLACE, à l'occasion de la Fête du ROI, célébrée le jour de S. LOUIS par les Éléves de M. l'Abbé CHOCQUART, rue & Brarière S. Dominique.
LETTRE de M. DE LA DIXMERIB
à M. DE LA PLACE , à l'occafion
de la Fête du ROI , célébrée le jour
de S. LOUIS par les Élèves de M.
l'Abbé CHOCQUART , rue & Brarière
S. Dominique.
LES
ES exemples dignes d'être imités ,
Monfieur , ne peuvent être ni trop tôt ,
A iij II.Vol.
6 MERCURE DE FRANCE.
ni trop généralement répandus. Vous
daignâtes faire mention dans un de
vos Mercures de l'année dernière d'une
Fête donnée en l'honneur du Roi le
jour de S. Louis par une Société de
jeunes Gentilshommes confiés aux foins
de M. l'Abbé Chocquart . Ces Meffieurs
viennent de renouveller d'une manière
très -éclatante cette louable preuve de
leur zéle. Peu de fêtes ont réuni plus amplement
les fuffrages des Spectateurs, &
ont eu des Spectateurs mieux choifis .
Celle dont il eft ici queftion commença
vers les quatre heures de l'aprèsmidi
par la repréfentation des Originaux
de M. Fagan , Piéce à laquelle M. l'Abbé
Chocquart avoit fait plufieurs additions
très-agréables . Elle fut fuivie du
Mahomet de M. de Voltaire. Il eft inutile
de prévenir que les rôles de femmes
avoient été retranchés de l'une &
de l'autre Piéce. A cela près elles parurent
généralement fatisfaire l'Affemblée.
D'ailleurs elles ne fervoient que de prélude
à la fête ; elles formoient en même
temps une forte d'exercice pour les
Eléves qui en repréfenterent les différens
rôles , & qui s'en acquitterent avec
une intelligence bien rare dans ces fortes
d'occafions. Il n'y eut pas jufqu'au ·
OCTOBRE 1763. 7
Coſtume qui n'y fût obfervé avec autant
de précifion que de magnificence.
Le Théâtre placé au fond d'une cour
très-étendue & bien couverte , étoit lui .
même très- vafte & noblement décoré. A
peine la feconde Piéce venoit de finir ,que
toute cetre jeune Nobleffe parut en armes
fur la Scène . Chaque Eléve étoit
en habit uniforme très -élégant, & ceint
d'une écharpe blanche . Un d'entre ces
Meffieurs s'étant avancé au bord du
Théâtre , prononça , au nom de tous ,
un difcours en vers françois à la louange
de Sa Majesté. Il me parut être généralement
applaudi . C'est tout ce que
j'en dirai , & c'en eft peut- être déja
trop : car enfin , fi comme le dit la Fontaine
, il n'eft pas permis de louer fes
amis , il doit l'être encore moins de fe
louer foi-même. Je joins ce difcours à
cette lettre , & j'efpére , Monfieur
qu'en faveur du fujet de l'un & du motifde
l'autre , vous leur donnerez entrée
dans votre prochain Mercure. Je pourfuis.
Une falve d'environ cent boëtes, entrêmêlées
de petards , fuccéda au difcours,
qui fut lui- même fuivi de l'Exercice
Militaire fait par vingt- quatre de
fans autre commande- ces Meffieurs
A iv
8 MERCURE DE FRANČE.
ment que le coup de tambour
. On admira
univerfellement
la grace & la précifion
qu'ils mirent
dans tous leurs mouvemens
. Vers la fin de cet Exercice
une
Symphonie
guerrière
fe fit entendre
. Elle
annonçoit
l'ouverture
d'un Ballet Militaire
qui fut exécuté
par une partie des
premiers
Sujets de l'Opéra
. Voici quel
étoit le fond de ce divertiffement
.
,
Mars paroît tout-à-coup fur la Scène
accompagné d'une troupe de Guerriers
anciens & modernes , parmi lesquels
on diftingue Hercule & Théfée du
Guefclin & Bayard. Le Dieu de la
Guerre vient prendre part à la fête que
de jeunes Eléves , dévoués á fuivre fes
étendarts , célébrent en l'honneur d'un
Roi qui leur eft cher , & que lui-même
a rendu victorieux dans tous les combats
où ce Monarque a préfidé en Perfonne.
A l'arrivée de Mars & de fa fuite
, la jeune troupe s'ouvrit fur deux lignes,
& continua encore quelques mouvemens
d'exercice très - heureufement
combinés . Ils furent fuivis d'une marche
de Guerriers fuivie elle - même
d'un pas de Cinq danfé par Mars &
les quatre héros déja nommés . Après
quoi un des Suivans de Mars chanta
une Ariette en rondeau & relative à
>
OCTOBRE. 1763 . 9
l'objet de la Fête. En voici le troifiéme
couplet.
Louis du feu de fes regards
Doit enflammer un jour votre audace guerrière.
Cent tonnèrres grondans fur d'orgueilleux rem -1
parts
Voudroient fufpendre en vain fa brillante carrière
,
Lorfque Louis paroît , il commande aux haſards.
le
La Mufique de cette Ariette eft dans
genre le plus mâle , & toutefois d'un
chant très-agréable. Hercule & Thésée
danferent enfuite un pas de Lutteurs
qui fervoit en même temps à donner
aux jeunes Eléves une idée de l'ancienne
manière de combattre ; ce Pas fit un
plaifir infini tant par l'exécution que
par la variété des attitudes . Elles étoient
ménagées de manière que l'on remarquoit
dans Hercule plus de force & dans
Théfée plus de foupleffe. L'inftant où
le premier terraffa le fecond offroit
un tableau digne d'être faifi par le
crayon du plus grand Peintre. Mars ,
après avoir féparé les Combattans
danfa lui -même une loure du genre .
le plus noble. Il arracha enfuite de deux
faifceaux d'armes que portoient deux
>
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Guerriers , quatre drapeaux qu'il diſtri→
bua à Hercule , Théfée , du Guefelin &
Bayard , pour en faire don aux quatre
anciens des Eléves . Ceux- ci après avoir
falué Mars , exécuterent un Pas combiné
de manière que les Spectateurs purent
lire ce qui étoit écrit fur les dra-,
peaux . Il y avoit en tout quatre mots
qui feuls préfentent l'idée d'un parfait
Militaire : force , prudence , courage ,
activité. De là ces quatre Eléves allerent
en chercher douze beaucoup plus.
jeunes & les mirent fous les drapeaux
de Mars ; ce qu'ils effectuerent dans un
pas très-figuré & du deffein le plus ingénieux
. Ce Morceau fut fuivi d'une
entrée martiale que danfa du Guefclin.
Une grande Chaconne dont la Mufique
& la Danfe étoient abfolument neuves,
termina le Ballet , & renfermoit ellemême
différentes parties ; d'abord un
Pas de Quatre exécuté par Hercule
Théfée , du Guefclin & Bayard. Ce
Pas fut d'une beauté qui enleva tous les
fuffrages ; mais ce qui acheva d'étonner
les Spectateurs , fut de voir dans un moment
grave de la Chaconne , Mars &
les quatre Héros exécuter un début qui
ne s'eft encore vu nulle part , & que
chacun a dû regretter de ne voir qu'une
OCTOBRE. 1763. II
fois. Mars enfuite danfa feul , après
quoi , fur un bruit de guerre qui terminoit
la Chaconne , on vit les fix-
Guerriers , les quatre Héros & tous les
Eléves fe réunir à Mars & mettre fin
à ce divertiffement de la manière la
plus brillante ; mais les applaudiffemens
des Spectateurs duroient encore longtemps
après.
Ce Ballet eft de la compofition de
M. Gardel Père , dont les talens ont
brillé dans prèfque toutes les Cours
de l'Europe . M. Gardel Fils danfa Mars
avec cette dignité, cette précifion , cette
vigueur impérieuſe qu'éxigeoit ce grand
caractère , & qui fembla épuifer les
applaudiffemens de l'affemblée . Ce jeune
Danfeur , qui atteint le fublime de fon
art dans un âge où de très -grands Sujets
ne donnoient encore que des efpérances
, joint à des talens fi diftingués
ceux du vrai Muficien. La Mufique
de la Chaconne eft de lui ; &
mérite les plus grandes éloges. C'eſt lui
également qui a compofé toute la danfe
de cette Chaconne , ainfi que le
Pas de Quatre & celui des Lutteurs . Ce
dernier Pas fut éxécuté par MM . Ro
gier & Groffet dont les talens font gé
néralement connus , M, Campioni dan-
A vi
12 MERCURE DE FRANCE.
fa avec beaucoup d'applaudiffemens
une entrée de Guerrier. Il repréfentoit
du Guefclin. M. Trupti qui repréfentoit
Bayard feconda parfaitement fes
Confrères dans tous les morceaux où
il parut avec eux . Les fix autres Guerriers
de la fuite de Mars , remplirent
auffi très-bien leur partie. Ils étoient repréſentés
par MM . Lani le jeune , Lieffe,
Armerie, Doffion, Defnoyers, & Linard.
Pardonnez , Monfieur , tout ce détail
. Il est bien naturel de rendre juftice
à des hommes de talent qui ont
contribué avec autant de zéle que de
fuccès à embellir cette Fête . J'avoue
qu'elle avoit pour objet un Monarque.
auquel la plupart d'entre eux font attachés
à double titre ; mais c'est une
raifon de plus pour que leur empreffement
ne foit point ignoré. Au furplus
l'Orchestre répondoit parfaitement
au mérite des Danfeurs. C'étoit l'Orcheftre
de l'Opéra même. L'Ariette
fut chantée par M. Vaudémont , ordidinaire
de cette Académie . La Mufique
de cette Ariette eft de M. Prudent
Profeffeur de compofition.
Je ne dois pas oublier , Monfieur
un article qui fir beaucoup de plaifir à
ceux des Spectateurs qui en furent les
témoins. Le Théâtre mafquoit la vue
OCTOBRE. 1763. 13
du Jardin qui eft très - vafte & termi
né par un Boulaingrin des plus agréables
& de même étendue . On avoit
cependant ménagé une entrée latérale
dans ce Jardin . Un grand nombre d'af
fiftans y pénétrerent après le Spectacle
& y en trouverent un d'une autre efpéce.
C'étoit une illumination des plus
brillantes qui accompagnoit tout le deffein
du parterre & décoroit de Girandoles
& de Guirlandes de feu toute
la façade du bois. Ce bois lui -même
étoit artiſtement illuminé d'un bout
jufqu'à l'autre ; ce qui formoit un de
ces tableaux dont Rembrant auroit fçû
profiter.
Ce n'eft pas tout ; la façade de la
maifon , qui fut autrefois l'Hôtel de Ségur
, offroit outre plufieurs cordons de
de lumières , un Portique de feu confidérable
& très - ingénieufement deffiné.
En un mot rien ne fut épargné
de ce qui pouvoit rendre cette Fête
intéreffante , & autant qu'il etoit poffible
, digne de fon objet. L'affemblée
compofée de plus de mille perfonnes
choifies , dont plus d'un tiers étoient
de la premiere diftin& ion , l'affemblée ,
dis-je , marqua fa fatisfaction de la
manière la plus éclatante , la plus una14
MERCURE DE FRANCE.
nime ; une chofe bien digne de remarque
, c'eft l'extrême tranquillité qui
régna parmi les affiftans durant le
long cours de ces différens Spectacles,
Rien n'en troubla l'ordre , ni n'interrompit
l'attention des Auditeurs . Il
fembla en un mot que chacun voulût
contribuer pour fa part au plaifir de
cette Journée & participer au zéle qui
animoit les Auteurs même de la Fête.
› Il faut l'avouer Monfieur , il eft
bien furprenant que chez une Nation
qui adore fes Rois , l'ufage de célébrer
la Fête du Monarque puiffe être envifagé
comme une nouveauté parmi un
Corps de Citoyens , fur-tout parmi des
Éléves. C'en eft une en effet qu'on peut
attribuer à M. l'Abbé Chocquart ; mais il
eft beau d'innover ainfi. Il n'eft pas
moins beau à l'Inftituteur qui préfide à
leur éducation , de nourrir en eux l'efprit
qui fe manifefte par des preuves
de cette nature . Ces preuves en améneront
avec l'âge de plus effentielles à
la Patrie . Ce font de jeunes arbres qui
ne donnent encore que des fleurs : les
fruits auront leur tour . Je parle de toutes
ces chofes en fpectateur défintéreſſé ;
je n'y fuis abfolument pour rien , excepté
pour avoir une feconde fois fervi
OCTOBRE. 1763. IS
d'interpréte au zéle de ces Meffieurs,
Je voudrois avoir fait des vers auffi excellens
que la matière m'étoit précieufe ;
tels qu'ils font , je les avoue. Il ne m'en
coutera jamais rien pour garder l'Ano :
nyme en fait de contes , de dialogues ,
ou de telles autres bagatelles. C'eft tout
autre chofe , lorfqu'il s'agira d'un Roi
que j'ai éffaié de louer dès mon enfance.
J'avoue que c'eft au nom d'autrui que
j'ai répandu ce nouvel encens ; mais il
me fera toujours flateur de tenir un bout
de l'encenfoir.
J'ai l'honneur d'être , & c.
à M. DE LA PLACE , à l'occafion
de la Fête du ROI , célébrée le jour
de S. LOUIS par les Élèves de M.
l'Abbé CHOCQUART , rue & Brarière
S. Dominique.
LES
ES exemples dignes d'être imités ,
Monfieur , ne peuvent être ni trop tôt ,
A iij II.Vol.
6 MERCURE DE FRANCE.
ni trop généralement répandus. Vous
daignâtes faire mention dans un de
vos Mercures de l'année dernière d'une
Fête donnée en l'honneur du Roi le
jour de S. Louis par une Société de
jeunes Gentilshommes confiés aux foins
de M. l'Abbé Chocquart . Ces Meffieurs
viennent de renouveller d'une manière
très -éclatante cette louable preuve de
leur zéle. Peu de fêtes ont réuni plus amplement
les fuffrages des Spectateurs, &
ont eu des Spectateurs mieux choifis .
Celle dont il eft ici queftion commença
vers les quatre heures de l'aprèsmidi
par la repréfentation des Originaux
de M. Fagan , Piéce à laquelle M. l'Abbé
Chocquart avoit fait plufieurs additions
très-agréables . Elle fut fuivie du
Mahomet de M. de Voltaire. Il eft inutile
de prévenir que les rôles de femmes
avoient été retranchés de l'une &
de l'autre Piéce. A cela près elles parurent
généralement fatisfaire l'Affemblée.
D'ailleurs elles ne fervoient que de prélude
à la fête ; elles formoient en même
temps une forte d'exercice pour les
Eléves qui en repréfenterent les différens
rôles , & qui s'en acquitterent avec
une intelligence bien rare dans ces fortes
d'occafions. Il n'y eut pas jufqu'au ·
OCTOBRE 1763. 7
Coſtume qui n'y fût obfervé avec autant
de précifion que de magnificence.
Le Théâtre placé au fond d'une cour
très-étendue & bien couverte , étoit lui .
même très- vafte & noblement décoré. A
peine la feconde Piéce venoit de finir ,que
toute cetre jeune Nobleffe parut en armes
fur la Scène . Chaque Eléve étoit
en habit uniforme très -élégant, & ceint
d'une écharpe blanche . Un d'entre ces
Meffieurs s'étant avancé au bord du
Théâtre , prononça , au nom de tous ,
un difcours en vers françois à la louange
de Sa Majesté. Il me parut être généralement
applaudi . C'est tout ce que
j'en dirai , & c'en eft peut- être déja
trop : car enfin , fi comme le dit la Fontaine
, il n'eft pas permis de louer fes
amis , il doit l'être encore moins de fe
louer foi-même. Je joins ce difcours à
cette lettre , & j'efpére , Monfieur
qu'en faveur du fujet de l'un & du motifde
l'autre , vous leur donnerez entrée
dans votre prochain Mercure. Je pourfuis.
Une falve d'environ cent boëtes, entrêmêlées
de petards , fuccéda au difcours,
qui fut lui- même fuivi de l'Exercice
Militaire fait par vingt- quatre de
fans autre commande- ces Meffieurs
A iv
8 MERCURE DE FRANČE.
ment que le coup de tambour
. On admira
univerfellement
la grace & la précifion
qu'ils mirent
dans tous leurs mouvemens
. Vers la fin de cet Exercice
une
Symphonie
guerrière
fe fit entendre
. Elle
annonçoit
l'ouverture
d'un Ballet Militaire
qui fut exécuté
par une partie des
premiers
Sujets de l'Opéra
. Voici quel
étoit le fond de ce divertiffement
.
,
Mars paroît tout-à-coup fur la Scène
accompagné d'une troupe de Guerriers
anciens & modernes , parmi lesquels
on diftingue Hercule & Théfée du
Guefclin & Bayard. Le Dieu de la
Guerre vient prendre part à la fête que
de jeunes Eléves , dévoués á fuivre fes
étendarts , célébrent en l'honneur d'un
Roi qui leur eft cher , & que lui-même
a rendu victorieux dans tous les combats
où ce Monarque a préfidé en Perfonne.
A l'arrivée de Mars & de fa fuite
, la jeune troupe s'ouvrit fur deux lignes,
& continua encore quelques mouvemens
d'exercice très - heureufement
combinés . Ils furent fuivis d'une marche
de Guerriers fuivie elle - même
d'un pas de Cinq danfé par Mars &
les quatre héros déja nommés . Après
quoi un des Suivans de Mars chanta
une Ariette en rondeau & relative à
>
OCTOBRE. 1763 . 9
l'objet de la Fête. En voici le troifiéme
couplet.
Louis du feu de fes regards
Doit enflammer un jour votre audace guerrière.
Cent tonnèrres grondans fur d'orgueilleux rem -1
parts
Voudroient fufpendre en vain fa brillante carrière
,
Lorfque Louis paroît , il commande aux haſards.
le
La Mufique de cette Ariette eft dans
genre le plus mâle , & toutefois d'un
chant très-agréable. Hercule & Thésée
danferent enfuite un pas de Lutteurs
qui fervoit en même temps à donner
aux jeunes Eléves une idée de l'ancienne
manière de combattre ; ce Pas fit un
plaifir infini tant par l'exécution que
par la variété des attitudes . Elles étoient
ménagées de manière que l'on remarquoit
dans Hercule plus de force & dans
Théfée plus de foupleffe. L'inftant où
le premier terraffa le fecond offroit
un tableau digne d'être faifi par le
crayon du plus grand Peintre. Mars ,
après avoir féparé les Combattans
danfa lui -même une loure du genre .
le plus noble. Il arracha enfuite de deux
faifceaux d'armes que portoient deux
>
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Guerriers , quatre drapeaux qu'il diſtri→
bua à Hercule , Théfée , du Guefelin &
Bayard , pour en faire don aux quatre
anciens des Eléves . Ceux- ci après avoir
falué Mars , exécuterent un Pas combiné
de manière que les Spectateurs purent
lire ce qui étoit écrit fur les dra-,
peaux . Il y avoit en tout quatre mots
qui feuls préfentent l'idée d'un parfait
Militaire : force , prudence , courage ,
activité. De là ces quatre Eléves allerent
en chercher douze beaucoup plus.
jeunes & les mirent fous les drapeaux
de Mars ; ce qu'ils effectuerent dans un
pas très-figuré & du deffein le plus ingénieux
. Ce Morceau fut fuivi d'une
entrée martiale que danfa du Guefclin.
Une grande Chaconne dont la Mufique
& la Danfe étoient abfolument neuves,
termina le Ballet , & renfermoit ellemême
différentes parties ; d'abord un
Pas de Quatre exécuté par Hercule
Théfée , du Guefclin & Bayard. Ce
Pas fut d'une beauté qui enleva tous les
fuffrages ; mais ce qui acheva d'étonner
les Spectateurs , fut de voir dans un moment
grave de la Chaconne , Mars &
les quatre Héros exécuter un début qui
ne s'eft encore vu nulle part , & que
chacun a dû regretter de ne voir qu'une
OCTOBRE. 1763. II
fois. Mars enfuite danfa feul , après
quoi , fur un bruit de guerre qui terminoit
la Chaconne , on vit les fix-
Guerriers , les quatre Héros & tous les
Eléves fe réunir à Mars & mettre fin
à ce divertiffement de la manière la
plus brillante ; mais les applaudiffemens
des Spectateurs duroient encore longtemps
après.
Ce Ballet eft de la compofition de
M. Gardel Père , dont les talens ont
brillé dans prèfque toutes les Cours
de l'Europe . M. Gardel Fils danfa Mars
avec cette dignité, cette précifion , cette
vigueur impérieuſe qu'éxigeoit ce grand
caractère , & qui fembla épuifer les
applaudiffemens de l'affemblée . Ce jeune
Danfeur , qui atteint le fublime de fon
art dans un âge où de très -grands Sujets
ne donnoient encore que des efpérances
, joint à des talens fi diftingués
ceux du vrai Muficien. La Mufique
de la Chaconne eft de lui ; &
mérite les plus grandes éloges. C'eſt lui
également qui a compofé toute la danfe
de cette Chaconne , ainfi que le
Pas de Quatre & celui des Lutteurs . Ce
dernier Pas fut éxécuté par MM . Ro
gier & Groffet dont les talens font gé
néralement connus , M, Campioni dan-
A vi
12 MERCURE DE FRANCE.
fa avec beaucoup d'applaudiffemens
une entrée de Guerrier. Il repréfentoit
du Guefclin. M. Trupti qui repréfentoit
Bayard feconda parfaitement fes
Confrères dans tous les morceaux où
il parut avec eux . Les fix autres Guerriers
de la fuite de Mars , remplirent
auffi très-bien leur partie. Ils étoient repréſentés
par MM . Lani le jeune , Lieffe,
Armerie, Doffion, Defnoyers, & Linard.
Pardonnez , Monfieur , tout ce détail
. Il est bien naturel de rendre juftice
à des hommes de talent qui ont
contribué avec autant de zéle que de
fuccès à embellir cette Fête . J'avoue
qu'elle avoit pour objet un Monarque.
auquel la plupart d'entre eux font attachés
à double titre ; mais c'est une
raifon de plus pour que leur empreffement
ne foit point ignoré. Au furplus
l'Orchestre répondoit parfaitement
au mérite des Danfeurs. C'étoit l'Orcheftre
de l'Opéra même. L'Ariette
fut chantée par M. Vaudémont , ordidinaire
de cette Académie . La Mufique
de cette Ariette eft de M. Prudent
Profeffeur de compofition.
Je ne dois pas oublier , Monfieur
un article qui fir beaucoup de plaifir à
ceux des Spectateurs qui en furent les
témoins. Le Théâtre mafquoit la vue
OCTOBRE. 1763. 13
du Jardin qui eft très - vafte & termi
né par un Boulaingrin des plus agréables
& de même étendue . On avoit
cependant ménagé une entrée latérale
dans ce Jardin . Un grand nombre d'af
fiftans y pénétrerent après le Spectacle
& y en trouverent un d'une autre efpéce.
C'étoit une illumination des plus
brillantes qui accompagnoit tout le deffein
du parterre & décoroit de Girandoles
& de Guirlandes de feu toute
la façade du bois. Ce bois lui -même
étoit artiſtement illuminé d'un bout
jufqu'à l'autre ; ce qui formoit un de
ces tableaux dont Rembrant auroit fçû
profiter.
Ce n'eft pas tout ; la façade de la
maifon , qui fut autrefois l'Hôtel de Ségur
, offroit outre plufieurs cordons de
de lumières , un Portique de feu confidérable
& très - ingénieufement deffiné.
En un mot rien ne fut épargné
de ce qui pouvoit rendre cette Fête
intéreffante , & autant qu'il etoit poffible
, digne de fon objet. L'affemblée
compofée de plus de mille perfonnes
choifies , dont plus d'un tiers étoient
de la premiere diftin& ion , l'affemblée ,
dis-je , marqua fa fatisfaction de la
manière la plus éclatante , la plus una14
MERCURE DE FRANCE.
nime ; une chofe bien digne de remarque
, c'eft l'extrême tranquillité qui
régna parmi les affiftans durant le
long cours de ces différens Spectacles,
Rien n'en troubla l'ordre , ni n'interrompit
l'attention des Auditeurs . Il
fembla en un mot que chacun voulût
contribuer pour fa part au plaifir de
cette Journée & participer au zéle qui
animoit les Auteurs même de la Fête.
› Il faut l'avouer Monfieur , il eft
bien furprenant que chez une Nation
qui adore fes Rois , l'ufage de célébrer
la Fête du Monarque puiffe être envifagé
comme une nouveauté parmi un
Corps de Citoyens , fur-tout parmi des
Éléves. C'en eft une en effet qu'on peut
attribuer à M. l'Abbé Chocquart ; mais il
eft beau d'innover ainfi. Il n'eft pas
moins beau à l'Inftituteur qui préfide à
leur éducation , de nourrir en eux l'efprit
qui fe manifefte par des preuves
de cette nature . Ces preuves en améneront
avec l'âge de plus effentielles à
la Patrie . Ce font de jeunes arbres qui
ne donnent encore que des fleurs : les
fruits auront leur tour . Je parle de toutes
ces chofes en fpectateur défintéreſſé ;
je n'y fuis abfolument pour rien , excepté
pour avoir une feconde fois fervi
OCTOBRE. 1763. IS
d'interpréte au zéle de ces Meffieurs,
Je voudrois avoir fait des vers auffi excellens
que la matière m'étoit précieufe ;
tels qu'ils font , je les avoue. Il ne m'en
coutera jamais rien pour garder l'Ano :
nyme en fait de contes , de dialogues ,
ou de telles autres bagatelles. C'eft tout
autre chofe , lorfqu'il s'agira d'un Roi
que j'ai éffaié de louer dès mon enfance.
J'avoue que c'eft au nom d'autrui que
j'ai répandu ce nouvel encens ; mais il
me fera toujours flateur de tenir un bout
de l'encenfoir.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Fermer
18393
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE du Mercure est à M. MERIEN, Commis au Mercure, rue de l'Echelle Saint Honoré, [...]
Mots clefs :
Mercure, Adresse, Poste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
L'ADRESSE du Mercure est à M. MERIEN,
Commis au Mercure, rue de l'Echelle Saint Honoré,
à l'Hotel de la Roche-sur-Ton, pour remettre à
M. l'Abbé Raynal.
&O,(Nous prions très-instamment ceux qui nous adresse-
ront des Paquets par la Poste, d'en affranchir lo port,
S pour nous épargner le deplaisir de les rebuter, & a cux
Scolui de ne pas voir paroitre lours Ouvrages.
Les Libraires des Provinces ou des Pays Etrangers
qui souhaiteroni avoir le Mercure de France de la pre-
miere main, & plus promptement, n'auront qu'à
écrire a l'adresse ci-dessus indi quée.
On l'envoye aussi par la Poste, aux personnes de Pro-
vince qui le desirent, les frais de la poste ne sont pas
considérables.
On avertit aussi que ceux qui voudront qu'on le porte
chez eux a Paris chaque mois, n'ont qu'a faire sçavoir
leurs itentions, leur nom & leur demeure audit sieur
Merien, Commis au Mercure; on leur portera le Mercure
très exactement, moyennant 21 livr.s par an, qu'il;
payeront, scavoir, 10 liv. 10s. en recevant le second
volume de Juin, & 10l. 10 s. en recevant le second
volume de Décembre. On lus supplis instamment de
donner leurs ordres pour que ces payemens soient faita
dans leurs temi.
On prie aussi les personnes de Province, à qui on
envoye le Mercure par la Poste, d'être exactas à faira
payer au Bureau u Mercure à la fin de cha que semes-
tre, sans cela on seroit bors d'état de soutenir les
a ances considérables qu'exige l'impression de cer
auvrage.
On adresse la même priore aux Libraires de Province.
Las personnes qui voudront d'autres Mercures que
ceux du mois courant, les trouveront chez la veuve
Fiso:, Quai de Coiti.
PKIX XXX. SOLS.
L'ADRESSE du Mercure est à M. MERIEN,
Commis au Mercure, rue de l'Echelle Saint Honoré,
à l'Hotel de la Roche-sur-Ton, pour remettre à
M. l'Abbé Raynal.
&O,(Nous prions très-instamment ceux qui nous adresse-
ront des Paquets par la Poste, d'en affranchir lo port,
S pour nous épargner le deplaisir de les rebuter, & a cux
Scolui de ne pas voir paroitre lours Ouvrages.
Les Libraires des Provinces ou des Pays Etrangers
qui souhaiteroni avoir le Mercure de France de la pre-
miere main, & plus promptement, n'auront qu'à
écrire a l'adresse ci-dessus indi quée.
On l'envoye aussi par la Poste, aux personnes de Pro-
vince qui le desirent, les frais de la poste ne sont pas
considérables.
On avertit aussi que ceux qui voudront qu'on le porte
chez eux a Paris chaque mois, n'ont qu'a faire sçavoir
leurs itentions, leur nom & leur demeure audit sieur
Merien, Commis au Mercure; on leur portera le Mercure
très exactement, moyennant 21 livr.s par an, qu'il;
payeront, scavoir, 10 liv. 10s. en recevant le second
volume de Juin, & 10l. 10 s. en recevant le second
volume de Décembre. On lus supplis instamment de
donner leurs ordres pour que ces payemens soient faita
dans leurs temi.
On prie aussi les personnes de Province, à qui on
envoye le Mercure par la Poste, d'être exactas à faira
payer au Bureau u Mercure à la fin de cha que semes-
tre, sans cela on seroit bors d'état de soutenir les
a ances considérables qu'exige l'impression de cer
auvrage.
On adresse la même priore aux Libraires de Province.
Las personnes qui voudront d'autres Mercures que
ceux du mois courant, les trouveront chez la veuve
Fiso:, Quai de Coiti.
PKIX XXX. SOLS.
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18394
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Avis, Adresse générale, Paris, Lettres, Poste, Libraires des Provinces et des Pays étrangers, Sols
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
L
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Fran
goife , à Paris. Ceux qui pour leur com
modité voudront remettre leurs Paquets ca
chetez aux Libraires qui vendent le Mer
cure, à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prietrès- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
Le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaite
ront avoir le Mercure de France de la pre
miere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porierfur
theure à la Pofte , on anx Meffageries qu'on
lui indiquera,
PRIX XXX, SOLS,
L
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Fran
goife , à Paris. Ceux qui pour leur com
modité voudront remettre leurs Paquets ca
chetez aux Libraires qui vendent le Mer
cure, à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prietrès- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
Le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaite
ront avoir le Mercure de France de la pre
miere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porierfur
theure à la Pofte , on anx Meffageries qu'on
lui indiquera,
PRIX XXX, SOLS,
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Résumé : AVIS.
Le document détaille les procédures pour l'envoi et la réception du Mercure, une publication. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les lecteurs peuvent également déposer leurs paquets chez les libraires parisiens vendant le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet et la perte des ouvrages, surtout si aucune copie n'est conservée. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers désirant recevoir rapidement le Mercure de France, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier s'engage à préparer et expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le coût de cette prestation est de trente sols.
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18395
p. 211-215
Grands Canaux avec tout ce qui les doit orner quand ils seront achevez, [titre d'après la table]
Début :
Ces Canaux ont 20 toises de large dans oeuvre, 40 [...]
Mots clefs :
Grands canaux, Canaux, Figures de bronze, Marbre, Groupes, Canal, Vénus, Thétis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Grands Canaux avec tout ce qui les doit orner quand ils seront achevez, [titre d'après la table]
Ces Canaux
ont 20 toiſes de large
dans oeuvre , 40. de long , &
1600. pieds de tour. Ils font
accoudez par les coins , &
■ leurs rebords qui font tout
# de marbre , ont trois pieds
d'épaiffeur , ſans la marche
d'en-bas ; ce qui marque une
at magnificence finguliere. On
* dit aux Ambaſſadeurs qu'on
travailloit à des Groupes de
Figures de bronze pour les
orner ; que ces Groupes devoient
eſtre d'environ 7 pieds
& de long , & pofez ſur les re-
Riiij
204 Suite du Voyage
avec
bords de ces Canaux ; qu'on
en devoir mettre 12 fur cha
cun , ſçavoir deux Fleuves
avec leurs attributs , deux Rivieres
, & quatre Nymphes
accompagnées des attributs
qui leur conviennent ,
quatre Groupes d'Enfans ;
qu'au milieu de chaque Canal
, il y auroit diverſes Figures
pour repreſenter la
naiſſance de Venus & de Thetis
; qu'ainſi l'un de ces Canaux
feroit appelé le Canal
de Thetis , & l'autre le Canal
de Venus ; & que ces Figures
devoient eſtre accompagnées
de Dieux marins , & de di-
1
des Amb. de Siam.
205
or
-verſes fortes de Poiffons jettans
de l'eau , le tout de
U bronze. Il feroit difficile de
rien imaginer qui faſſe mieux
connoiſtre la grandeur & la
magnificence du Roy , auffi
at bien que le bon goût de ceanh
luy qui aprés Sa Majesté , eft
le premier mobile de toutes
est ces choſes. Cependant ce
n'eſt pas tout ce qu'on re-
To marquera en cet endroit ,
puiſque dans deux petits Baf-
(as fins tout de marbre , qui font
Can quarrez , & élevez , qu'on a
gut placez- un peu par
de-la ces
at deux Canaux , & fur la même
eſplanade on doit voir
2
R. v.
206 Suite du Voyage
encore des combats d'animaux
, qui feront de bronze ,
& qu'on doit mettre le long
de la façade du Château ,
pluſieurs grandes Cuvettes de
meſme matiere , & remplies
d'ornemens ; de forte qu'on
verra en meſme temps les Figures
des Canaux , les Animaux
des Baſſins , & les Cuvettes
du Château. Tous ces
ouvrages ſe font à l'Arcenal ,
& doivent eſtre bien - toſt
achevez , ce que le Roy reſout
eſtant toujours preſque
auſſi-tôt executé que conclu.
On voit dans le meſme
licu pluſieurs grands Vaſes de
des Amb. de Siam. 207
marbre , avec des Bas- reliefs .
Ilyen aſur les degrez de la
Terraffe qui donne vis- à-vis
les Canaux dont je viens de
parler , qui repreſentent plufieurs
Places priſes par leRoy,
& par de- là l'autre bout de
s ces Canaux , on voit les Va-
, appelez de Medicis , fi
est bien copiez qu'on les pours
roit prendre pour les origifes
cob naux.
ont 20 toiſes de large
dans oeuvre , 40. de long , &
1600. pieds de tour. Ils font
accoudez par les coins , &
■ leurs rebords qui font tout
# de marbre , ont trois pieds
d'épaiffeur , ſans la marche
d'en-bas ; ce qui marque une
at magnificence finguliere. On
* dit aux Ambaſſadeurs qu'on
travailloit à des Groupes de
Figures de bronze pour les
orner ; que ces Groupes devoient
eſtre d'environ 7 pieds
& de long , & pofez ſur les re-
Riiij
204 Suite du Voyage
avec
bords de ces Canaux ; qu'on
en devoir mettre 12 fur cha
cun , ſçavoir deux Fleuves
avec leurs attributs , deux Rivieres
, & quatre Nymphes
accompagnées des attributs
qui leur conviennent ,
quatre Groupes d'Enfans ;
qu'au milieu de chaque Canal
, il y auroit diverſes Figures
pour repreſenter la
naiſſance de Venus & de Thetis
; qu'ainſi l'un de ces Canaux
feroit appelé le Canal
de Thetis , & l'autre le Canal
de Venus ; & que ces Figures
devoient eſtre accompagnées
de Dieux marins , & de di-
1
des Amb. de Siam.
205
or
-verſes fortes de Poiffons jettans
de l'eau , le tout de
U bronze. Il feroit difficile de
rien imaginer qui faſſe mieux
connoiſtre la grandeur & la
magnificence du Roy , auffi
at bien que le bon goût de ceanh
luy qui aprés Sa Majesté , eft
le premier mobile de toutes
est ces choſes. Cependant ce
n'eſt pas tout ce qu'on re-
To marquera en cet endroit ,
puiſque dans deux petits Baf-
(as fins tout de marbre , qui font
Can quarrez , & élevez , qu'on a
gut placez- un peu par
de-la ces
at deux Canaux , & fur la même
eſplanade on doit voir
2
R. v.
206 Suite du Voyage
encore des combats d'animaux
, qui feront de bronze ,
& qu'on doit mettre le long
de la façade du Château ,
pluſieurs grandes Cuvettes de
meſme matiere , & remplies
d'ornemens ; de forte qu'on
verra en meſme temps les Figures
des Canaux , les Animaux
des Baſſins , & les Cuvettes
du Château. Tous ces
ouvrages ſe font à l'Arcenal ,
& doivent eſtre bien - toſt
achevez , ce que le Roy reſout
eſtant toujours preſque
auſſi-tôt executé que conclu.
On voit dans le meſme
licu pluſieurs grands Vaſes de
des Amb. de Siam. 207
marbre , avec des Bas- reliefs .
Ilyen aſur les degrez de la
Terraffe qui donne vis- à-vis
les Canaux dont je viens de
parler , qui repreſentent plufieurs
Places priſes par leRoy,
& par de- là l'autre bout de
s ces Canaux , on voit les Va-
, appelez de Medicis , fi
est bien copiez qu'on les pours
roit prendre pour les origifes
cob naux.
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Résumé : Grands Canaux avec tout ce qui les doit orner quand ils seront achevez, [titre d'après la table]
Le texte décrit des canaux ornés de sculptures en bronze, mesurant 20 toises de large, 40 de long et 1600 pieds de tour. Leurs rebords en marbre ont trois pieds d'épaisseur, soulignant une magnificence singulière. Des groupes de figures en bronze, d'environ 7 pieds de long, sont en cours de réalisation pour orner les canaux. Chaque canal doit comporter 12 groupes : deux fleuves, deux rivières, quatre nymphes et quatre groupes d'enfants. Au milieu de chaque canal, des figures représentent la naissance de Vénus et de Thétis, désignant ainsi un canal comme le Canal de Thétis et l'autre comme le Canal de Vénus. Ces figures sont accompagnées de dieux marins et de divinités fortes de poissons jetant de l'eau. Le texte met en avant la grandeur et le bon goût du roi. De plus, deux petits bassins carrés et élevés en marbre, près des canaux, doivent présenter des combats d'animaux en bronze. Des cuvettes ornées doivent être installées le long de la façade du château. Tous ces ouvrages sont en cours de réalisation à l'Arsenal et doivent être achevés rapidement. Le texte mentionne également plusieurs grands vases en marbre avec des bas-reliefs représentant des places prises par le roi, ainsi que des vases appelés de Médicis.
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18396
p. 228-232
« Le premier jour de l'an les Princes & les Princesses, [...] »
Début :
Le premier jour de l'an les Princes & les Princesses, [...]
Mots clefs :
Princes, Princesses, Chevaliers, Chancelier, Nominations, Comtes, Marquis, Attaque au couteau, Roi de France, Tentative de meurtre, Corsaires, Marchandises, Capitaine Dumont, Dunkerque, Capitaine Dupont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier jour de l'an les Princes & les Princesses, [...] »
Le premierjour de l'an les Princes & les Prin -
ceſſes , ainſi que les Seigneurs & Dames de la
Cour , eurent l'honneur de complimenter le Roi
fur la nouvelle année.
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant aſſemblés , vers
JANVIER. 1757. 229
les onze heures du matin , dans le cabinet du Roi,
Sa Majesté tint un Chapitre. Conformément à une
deciſion de Louis XIV , qui a réglé que les preuves
du Chancelier des Ordres ſeroient examinées
par deux Chevaliers , le Duc de Villeroy & le Marquis
de Beringhen avoient été nommés Commiffaires
pour l'examen de celles du Comte de Saint-
Florentin, qui a été pourvu de cette charge. Elles.
furent admiſes. Le Roi nomma Chevaliers de ſes
Ordres le Prince de Beauvau , Maréchal de ſes
Camps & Armées , le Marquis de Gontaut , Lieutenant-
Général , le Comte de Maillebois , auffi
Lieutenant-Général ; le Marquis de Bethune
Maréchal de Camp , Mestre de Camp Général de
la Cavalerie ; le Marquis d'Aubeterre , Maréchal
de Camp , Ambaſſadeur du Roi auprès de Sa Majeſté
Catholique ; le Marquis d'Oſſun , Brigadier
de Cavalerie , Ambaſſadeur de Sa Majesté auprès
du Roi des deux Siciles , & le Comte de Broglie ,
Brigadier d'Infanterie , Ambaſſadeur auprès du
Roi de Pologne , Electeur de Saxe. Le Comte de
Baſchi , dont les preuves , ainſi que l'information
des vie & moeurs , & laprofeffion de foi , avoient
été admiſes dans le Chapitre du premier Février de
l'année derniere , fut introduit , en habit de novice,
dans le cabinet du Roi , & reçu Chevalier de l'Ordre
de Saint Michel. Le Roi fortit enſuite de ſon
appartement pour aller à la chapelle. Sa Majesté ,
devant laquelle les deux Huiſſiers de la Chambre
portoient leurs maffes, étoit en manteau, le collier
de l'Ordre par deſſus , ainſi que celui de l'Ordre
de la Toiſon d'Or. Elle étoit précédée de
Monſeigneur le Dauphin , du Duc d'Orléans , du
Prince de Condé , du Comte de Clermont , du
Prince de Conty , du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre , & des Che230
MERCURE DE FRANCE.
valiers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre.
Le nouveau Chevalier marchoit entre les Cheva--
liers & les Officiers. La grand'Meſſe ayant été
célébrée par le Prince Conſtantin , Evêque de
Strasbourg , Premier Aumônier du Roi , & Prélat
Commandeur de l'Ordre du Saint Eſprit , le Roi
monta à ſon trône , & revêtit des marques de
l'Ordre le Comte de Baſchi , qui eut pour parreins
le Maréchal de Clermont Tonnerre & le Marquis
de Beringhen. Lorſque cette cérémonie fut
finie , Sa Majesté fut reconduite à ſon appartement
en la maniere accoutumée.
Le Roi a admis dans ſon Conſeil d'Etat M.
PAbbé Comte de Bernis , nommé Ambaſſadeur
près de Leurs Majeſtés Impériales .
Les Janvier , à cinq heures trois quarts du foir,
le Roi fortit de chez Mesdames de France pour
monter dans ſon carroffe , & fe rendre à Trianon .
Un malheureux trouva alors le moyen d'approcher
Sa Majesté au milieu de fa garde , fans être apperçu.
Il étoit armé d'un couteau à deux lames ,
dont l'une étoit une lame ordinaire ; l'autre avoit
la forme d'un canif , & étoit large de cinq à fix
lignes , & longue d'environ quatre pouces. C'eſt
avec la derniere lame que le coup a été porté. II
eſt tombéfurla partie latérale inférieure & un peu
poſtérieure de la poitrine ; c'est- à dire entre la
quatrieme& la cinquieme des côtes inférieures du
côté droit. Le coup a été dirigé de bas en haut ,
&a pénétré environ quatre travers de doigt. Le
Roi, en le recevant, crut ſeulement qu'il étoit frappé
d'un coup de poing. Il ſertit enfuite un peu de
chaleur , & il ne s'apperçut qu'il étroit bleſſe , que
par l'effufion du ſang. Sa majesté fut laignée à fix
heures un quart ; & quoique cette fargrée eût
produit ungrand foulagement , on la réitéra qua
,
JANVIER. 1757 . 231
tre heures après , pour plus grande fûreté. Sa Majeſté
, quoiqu'elle ait peu dormi , a paffé la nuit
aflez tranquillement. Il eſt ſurvenu ce matin une
légere moteur , après un ſommeil d'une heure.
On a levé l'appareil à dix heures ; on a trouvé le
gonflement conſidérablement diminué ; & au
moment qu'on écrit ce détail , Sa Majesté eſt auſſi
Dien qu'Elle puiſſe êtredans une telle circonstance .
Tout juſqu'à preſent paroît indiquer que le coup
n'a pas pénétré dans la poitrine . On a arrêté ſur
le champ l'affaffin , & on travaille à inſtruire ſon
procès.
Le Saint Sacrement a été expoſé dans toutes les
égliſes de Versailles , & M. le Comte de Saint-
Florentin a écrit , par l'ordre du Roi , à l'Archevêque
de Paris , pour qu'on fit des prieres publiques
, afin d'obtenir de Dieu la prompte guériſon
de Sa Majesté . ( 1 )
On mande de Dunkerque , que le Corſaire
le Prince de Soubize , commandé par le Capitaine
Canon , eſt rentré en ce Port , & qu'il
s'eſt rendu maître des Navires. Anglois la Marguerite
, de Leith , & les Deux Freres , de Yarmouth
, de 150 tonneaux chacun chargés , le
premier de plomb, en ſaumon ,l'autre de fer &
de planches.
Le Capitaine Dumont , commandant le Hardi
Mendiant , autre Corfaire de Dunkerque , y a fait
conduire le Navire Anglois la Marie de Bantf ,
de so tonneaux , dont la cargaiſon confifte en
208 tonnes de ſaumon. Il s'eſt auffi emparé du
Navire Anglois la Sara , de Berwick , de 100
tonneaux armé de 4 canons , &chargé de 560
tonnes de ſaumons.
(1 ) Elle est heureusement rétablie , &lajoye a
Succédé aux plus vives allarmes.
232 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire la Favorite , du Havre , Capitaine
Mouchel , y a fait conduire le Navire Anglois
le Tobie , chargé de vin de Malaga ; & il eſt
entré à Cherbourg avec un autre Bâtiment Anglois
, de 130 tonneaux , ayant un chargement
compoſé de vin , d'huile & de raiſins ſecs .
Un autre Corfaire de Dunkerque , appellé le
Comte de Saint- Germain , y a conduit le Brigantin
Anglois l'Unité , de Yarmouth , de 90 tonneux
, armé de 4 canons , & dont la cargaifon
confitte en grains .
Le Capitaine Dupont , commandant le Corſaire
le Danger , de Boulogne , qui a repris ſur les
Anglois le Corfaire l'Intrépide , de Nantes , a pris ,
& a conduit à Quimper le Paquebot le Dieppe ,
de Londres , chargé d'oranges , de citrons , de
grenades & de limons .
Il eſt arrivé à Bayonne un Brigantin Anglois ,
appellé l'Aventure , de Poole , de 80 tonneaux ,
chargé de morue & d'huile , qui a été pris par
le Corfaite l'Amiral , dont eſt Capitaine M. Jean
Samfon.
Le Corſaire l'Aigle de Marseille , y a fait conduire
les Navires le Dolly , de 120 tonneaux
chargé de raiſins ſecs , & le Sally , de Gibraltar ,
dont la cargaiſon conſiſte en biſcuit , en vin &
autres proviſions ; & le Berton & le John ,
autres Bâtimens Anglois chargés de morue & de
fardines , ont été pris & conduits en ce Port
par le Capitaine Louis-Augustin Icard qui commande
le Navire la Marie.
Le Corſaire le Duc d'Aumont , de Boulogne ,
dont eſt Capitaine Louis Libert fils , s'eſt rendu
maître du Navire Anglois le Saint-Michel , de
300 tonneaux , armé de 15 canons , & chargé
de raiſins de Corinthe , & l'a fait conduire à
Dieppe.
ceſſes , ainſi que les Seigneurs & Dames de la
Cour , eurent l'honneur de complimenter le Roi
fur la nouvelle année.
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant aſſemblés , vers
JANVIER. 1757. 229
les onze heures du matin , dans le cabinet du Roi,
Sa Majesté tint un Chapitre. Conformément à une
deciſion de Louis XIV , qui a réglé que les preuves
du Chancelier des Ordres ſeroient examinées
par deux Chevaliers , le Duc de Villeroy & le Marquis
de Beringhen avoient été nommés Commiffaires
pour l'examen de celles du Comte de Saint-
Florentin, qui a été pourvu de cette charge. Elles.
furent admiſes. Le Roi nomma Chevaliers de ſes
Ordres le Prince de Beauvau , Maréchal de ſes
Camps & Armées , le Marquis de Gontaut , Lieutenant-
Général , le Comte de Maillebois , auffi
Lieutenant-Général ; le Marquis de Bethune
Maréchal de Camp , Mestre de Camp Général de
la Cavalerie ; le Marquis d'Aubeterre , Maréchal
de Camp , Ambaſſadeur du Roi auprès de Sa Majeſté
Catholique ; le Marquis d'Oſſun , Brigadier
de Cavalerie , Ambaſſadeur de Sa Majesté auprès
du Roi des deux Siciles , & le Comte de Broglie ,
Brigadier d'Infanterie , Ambaſſadeur auprès du
Roi de Pologne , Electeur de Saxe. Le Comte de
Baſchi , dont les preuves , ainſi que l'information
des vie & moeurs , & laprofeffion de foi , avoient
été admiſes dans le Chapitre du premier Février de
l'année derniere , fut introduit , en habit de novice,
dans le cabinet du Roi , & reçu Chevalier de l'Ordre
de Saint Michel. Le Roi fortit enſuite de ſon
appartement pour aller à la chapelle. Sa Majesté ,
devant laquelle les deux Huiſſiers de la Chambre
portoient leurs maffes, étoit en manteau, le collier
de l'Ordre par deſſus , ainſi que celui de l'Ordre
de la Toiſon d'Or. Elle étoit précédée de
Monſeigneur le Dauphin , du Duc d'Orléans , du
Prince de Condé , du Comte de Clermont , du
Prince de Conty , du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre , & des Che230
MERCURE DE FRANCE.
valiers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre.
Le nouveau Chevalier marchoit entre les Cheva--
liers & les Officiers. La grand'Meſſe ayant été
célébrée par le Prince Conſtantin , Evêque de
Strasbourg , Premier Aumônier du Roi , & Prélat
Commandeur de l'Ordre du Saint Eſprit , le Roi
monta à ſon trône , & revêtit des marques de
l'Ordre le Comte de Baſchi , qui eut pour parreins
le Maréchal de Clermont Tonnerre & le Marquis
de Beringhen. Lorſque cette cérémonie fut
finie , Sa Majesté fut reconduite à ſon appartement
en la maniere accoutumée.
Le Roi a admis dans ſon Conſeil d'Etat M.
PAbbé Comte de Bernis , nommé Ambaſſadeur
près de Leurs Majeſtés Impériales .
Les Janvier , à cinq heures trois quarts du foir,
le Roi fortit de chez Mesdames de France pour
monter dans ſon carroffe , & fe rendre à Trianon .
Un malheureux trouva alors le moyen d'approcher
Sa Majesté au milieu de fa garde , fans être apperçu.
Il étoit armé d'un couteau à deux lames ,
dont l'une étoit une lame ordinaire ; l'autre avoit
la forme d'un canif , & étoit large de cinq à fix
lignes , & longue d'environ quatre pouces. C'eſt
avec la derniere lame que le coup a été porté. II
eſt tombéfurla partie latérale inférieure & un peu
poſtérieure de la poitrine ; c'est- à dire entre la
quatrieme& la cinquieme des côtes inférieures du
côté droit. Le coup a été dirigé de bas en haut ,
&a pénétré environ quatre travers de doigt. Le
Roi, en le recevant, crut ſeulement qu'il étoit frappé
d'un coup de poing. Il ſertit enfuite un peu de
chaleur , & il ne s'apperçut qu'il étroit bleſſe , que
par l'effufion du ſang. Sa majesté fut laignée à fix
heures un quart ; & quoique cette fargrée eût
produit ungrand foulagement , on la réitéra qua
,
JANVIER. 1757 . 231
tre heures après , pour plus grande fûreté. Sa Majeſté
, quoiqu'elle ait peu dormi , a paffé la nuit
aflez tranquillement. Il eſt ſurvenu ce matin une
légere moteur , après un ſommeil d'une heure.
On a levé l'appareil à dix heures ; on a trouvé le
gonflement conſidérablement diminué ; & au
moment qu'on écrit ce détail , Sa Majesté eſt auſſi
Dien qu'Elle puiſſe êtredans une telle circonstance .
Tout juſqu'à preſent paroît indiquer que le coup
n'a pas pénétré dans la poitrine . On a arrêté ſur
le champ l'affaffin , & on travaille à inſtruire ſon
procès.
Le Saint Sacrement a été expoſé dans toutes les
égliſes de Versailles , & M. le Comte de Saint-
Florentin a écrit , par l'ordre du Roi , à l'Archevêque
de Paris , pour qu'on fit des prieres publiques
, afin d'obtenir de Dieu la prompte guériſon
de Sa Majesté . ( 1 )
On mande de Dunkerque , que le Corſaire
le Prince de Soubize , commandé par le Capitaine
Canon , eſt rentré en ce Port , & qu'il
s'eſt rendu maître des Navires. Anglois la Marguerite
, de Leith , & les Deux Freres , de Yarmouth
, de 150 tonneaux chacun chargés , le
premier de plomb, en ſaumon ,l'autre de fer &
de planches.
Le Capitaine Dumont , commandant le Hardi
Mendiant , autre Corfaire de Dunkerque , y a fait
conduire le Navire Anglois la Marie de Bantf ,
de so tonneaux , dont la cargaiſon confifte en
208 tonnes de ſaumon. Il s'eſt auffi emparé du
Navire Anglois la Sara , de Berwick , de 100
tonneaux armé de 4 canons , &chargé de 560
tonnes de ſaumons.
(1 ) Elle est heureusement rétablie , &lajoye a
Succédé aux plus vives allarmes.
232 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire la Favorite , du Havre , Capitaine
Mouchel , y a fait conduire le Navire Anglois
le Tobie , chargé de vin de Malaga ; & il eſt
entré à Cherbourg avec un autre Bâtiment Anglois
, de 130 tonneaux , ayant un chargement
compoſé de vin , d'huile & de raiſins ſecs .
Un autre Corfaire de Dunkerque , appellé le
Comte de Saint- Germain , y a conduit le Brigantin
Anglois l'Unité , de Yarmouth , de 90 tonneux
, armé de 4 canons , & dont la cargaifon
confitte en grains .
Le Capitaine Dupont , commandant le Corſaire
le Danger , de Boulogne , qui a repris ſur les
Anglois le Corfaire l'Intrépide , de Nantes , a pris ,
& a conduit à Quimper le Paquebot le Dieppe ,
de Londres , chargé d'oranges , de citrons , de
grenades & de limons .
Il eſt arrivé à Bayonne un Brigantin Anglois ,
appellé l'Aventure , de Poole , de 80 tonneaux ,
chargé de morue & d'huile , qui a été pris par
le Corfaite l'Amiral , dont eſt Capitaine M. Jean
Samfon.
Le Corſaire l'Aigle de Marseille , y a fait conduire
les Navires le Dolly , de 120 tonneaux
chargé de raiſins ſecs , & le Sally , de Gibraltar ,
dont la cargaiſon conſiſte en biſcuit , en vin &
autres proviſions ; & le Berton & le John ,
autres Bâtimens Anglois chargés de morue & de
fardines , ont été pris & conduits en ce Port
par le Capitaine Louis-Augustin Icard qui commande
le Navire la Marie.
Le Corſaire le Duc d'Aumont , de Boulogne ,
dont eſt Capitaine Louis Libert fils , s'eſt rendu
maître du Navire Anglois le Saint-Michel , de
300 tonneaux , armé de 15 canons , & chargé
de raiſins de Corinthe , & l'a fait conduire à
Dieppe.
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Résumé : « Le premier jour de l'an les Princes & les Princesses, [...] »
Le 1er janvier 1757, la cour française célébra la nouvelle année en complimentant le roi. À onze heures du matin, les membres de l'Ordre du Saint Esprit se réunirent dans le cabinet royal pour un chapitre. Conformément à une décision de Louis XIV, les preuves du Chancelier des Ordres furent examinées par deux Chevaliers, le Duc de Villeroy et le Marquis de Beringhen, qui approuvèrent le Comte de Saint-Florentin. Le roi nomma plusieurs nouveaux Chevaliers, dont le Prince de Beauvau, le Marquis de Gontaut, le Comte de Maillebois, le Marquis de Bethune, le Marquis d'Aubeterre, le Marquis d'Ossun et le Comte de Broglie. Le Comte de Baschi, dont les preuves avaient été admises lors du chapitre précédent, fut introduit en habit de novice et reçu Chevalier de l'Ordre de Saint Michel. Le roi se rendit ensuite à la chapelle pour la grand'Messe, célébrée par le Prince Constantin, Evêque de Strasbourg. Le roi admit l'Abbé Comte de Bernis, nommé Ambassadeur auprès des Majestés Impériales, dans son Conseil d'État. Le 5 janvier, alors que le roi se rendait à Trianon, un individu armé d'un couteau à deux lames le blessa légèrement. Le roi fut soigné et passa la nuit tranquillement. Le 6 janvier, une légère fièvre apparut après une heure de sommeil, mais l'état du roi s'améliora. L'agresseur fut arrêté et son procès instruit. Le Saint Sacrement fut exposé dans toutes les églises de Versailles, et des prières publiques furent organisées pour la guérison du roi. Des nouvelles de Dunkerque rapportèrent que plusieurs corsaires français avaient capturé des navires anglais chargés de diverses marchandises. Parmi ces corsaires figuraient le Prince de Soubize, le Hardi Mendiant, la Favorite, le Comte de Saint-Germain, le Danger, l'Amiral, l'Aigle de Marseille et le Duc d'Aumont. Ces corsaires avaient pris des navires anglais dans la Manche et les avaient conduits dans divers ports français.
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18397
p. 221-237
DESCRIPTION D'UNE FESTE DONNÉE A VERSAILLES SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BRETAGNE.
Début :
La relation suivante, ayant esté faite par une plume éloquente, / L'Heureuse Naissance de Monseigneur le Duc de Bretagne, estant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION D'UNE FESTE DONNÉE A VERSAILLES SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BRETAGNE.
La relation suivante, ayant
esté faite par une plume éloquente,
je vous l'envoye, sans
y avoir seulement changé une
syllabe.
DESCRIPTION
D'UNE FESTE
DONNÉE A VERSAILLES
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BRETAGNE.
L'Heureuse Naissance de
Monseigneur le Duc de Bretagne,
estant regardée comme une Bene-
diction singuliere que le Ciel a re.
222
Réjouissances.
panduë sur la France; la Ville &
la Cour se sont efforcées à l'envie
d'en témoigner leur reconnoissance
par des actions de graces solem-
nelles, de signaler leur joye par
des Festes publiques. Mr Bontemps
Premier Valet de Chambre du
Roy ayant obienu permission de Sa
Majesté de luy en donner une à Ver-
sailles, elle fut conduite par le Sr
Berrain le fils, & exécutée avec
tout le succès possible.
Le Samedy 26. Juillet, jour
marque pour cette Feste, elle fut
annoncée dès le midy par cinquante
boetes qui tirèrent pendant le dis-
ner du Roy, & furent comme le
premier coup de signal qui avertit
la Cour du spectacle qui se devoit
donner à l'entrée de la nnit.
Sur les neuf beures du soir on en-
tendit un semblable bruit de canon
Réjovissances. 223
qui rassembla les Courtisans, &
qui sortant de la grande Avenuë
du Chasteau, attira tous les yeux
de ce costé-la. Dans le moment on
y vit paroistie un Char magnifi-
que tout doré & illuminé, qui
dans l'obscurité de la nuit fit un
effet surprenant. On l'auroit pris
d'abord pour un globe de feu que
la distance empeschoit de discerner,
tant il estoit brillant de lumieres,
qui jointes à l'éclat de l'or, for-
moient une vive clartè au milien
des tenebres les plus épaisses: mais
les yeux enchantez par la nou-
veauté du spectacle, & eblouis par
un si grand jour, d'stinguérene bien-
tost la figure du Dieu qui estoit pla-
cée au fond du Char.
C'estoit Mars, que les Poetes
prennent pour le Dieu de la guerre,
& qui a si fidelement secondé les
224 Réjouissances.
desseins du Roy dans ses Conquestes,
qu'on le crott toujours également
gelé pour la gloire de Sa Majeste.
Il estoit representé comme un Vain-
queur revenant des rivages du Po
qu'il a parcourus, & où, il a ré-
panda le nom de LOUIS LE
GRAND, qui a jettè dans l'es-
prit des Peuples une si prompte con-
sternation. Il avoit appris sur sa
route la naissance de Monseigneur
le Duc de Bretagne, qui luy ayant
cause une joye extraordinaire, le
pressoit d'arriver plutost à la Cour
de ce Prince; autant pour luy ren-
dre compte de l'heureux succès de ses
armes en Italie, que pour le feli-
citer sur un évenement si singulier
& aussi avantageux à l'Espagne
qu'à la France.
Mars s'étant arrèté à Montreuil,
Réjouissances.
225
distant de Versailles d'un quart de
lieue, en partit sur son Char pour
se rendre au Chasteau: à mesure
qu'il avançoit dans l'Avenuè, on
remarquoit la fierté de sa conte-
nance, & la richesse de son habil-
lement. Il portoit sur sa teste un
casque orné de pierreries, & surmon-
tè d'un panache blanc: sa cuirasse
estoit de diamans, & il tenoit de
la main droite son javelot, tel
que le representent les Medailles.
On le voyoit assis sur un Throsne
élevé de cinq pieds au dessus du
Char, & enrichi de Fleurs- de - lys
d'or, appliquées sur un fond bleu,
au milieu duquel estoit peint une
Genie qui écrivoit les actions du
Roy, pour les transmettie à la
posteritè la plus reculée.
Au dessus du Throsne, estoit une
226 Réjouissances.
Couronne de France dorée, dont
le bandeau estoit garni de douze
pierres precieuses, sur lesquelles é-
toient gravez les noms des Villes
conquises par le Roy. Elle estoit
d'une si grande circonference, qu'elle
formoit une espece de dais, qui cou-
vroit la teste de Mars, & une par-
tie du Char, sur lequel elle re-
pandoit sa lumiere.
Sur le devant du Char, & aux
pieds de Mars estoient assises deux
figures qui représentoient Bellone
& Pallas, revestuës de leurs or-
nemens guerriers, & accompagnez
de leurs symboles ; elles avoient
près d'elles deux tymbales.
Derriere le Trone du Dieu Mars,
étoient posez plusieurs Trophées
d'armes differentes, comme de Pi-
ques, Lances, Drapeaux, Eten-
Réjouissances.
22
dars, Corseleis, Casques & Bou-
cliers bien groupez, au dessous des-
quels estoient attachez avec des
chaisnes d'or quatre Esclaves Ita-
liens, que Mars triomphant, ame-
noit des Villes nouvellement con-
quises.
Le corps de ce superbe Char estoit
tout enrichi de sculptare & de do-
rure, & revestu aux costez de toiles
iransparentes & peintes, qui sous
differens symboles marquoient les
actions memorables du Roy: on
voyoit d'un costé des sieges de Villes,
& de l'autre des batailles données,
tant sur mer que sur terre, qui par
le secours des lumieres se distin-
guoient aisèment.
Il estoit traisné par deux chevaux
isabelles richement enharnachez
qui portoient un fronte au dorè garni
228 Réjouissances.
de pierreries, avec une aigrette sur
la teste. Ils estoient montez par deux
Renommées vetuës à l'antique, &
tenant chacune à la mainune trom-
pette, dont elles sonnoient pour an-
noncer l'arrivee de Mars, & dont
le son mesté au bruit des tambours
& des fifres, faisoit une harmonie
militaire & tres agréable.
Autour du Char marchoient douze
Officiers François, six de chaque
costè, tous habillez magnifique.
ment: & à l'imitation des Ro-
mains, qui portoient dans leurs
triomphes les tableaux des Villes
conquises, ou des victoires rempor-
tées, chacun tenoit une espece de
lanterne ou fallot éclairé, surmontè
d'une Fleur-de-lis d'or, & orne de
festons de lauriers. Le corps de ces
fallots estoit plat & couvert d'une
Réjouissances.
229
toile transparente, sur la quelle
estoient écrits des deux costez en gros
caracteres les noms des batailles
les plus celebres qui ont estè gagnées
par les François, sous le regne du
Roy; scavoir, celles de Lens, de
Rocroy, de Nortlingue, de Fribourg
de Fleurus, de Nervinde, de Stin-
kerk, de la Marsaille, de Sta-
farde, du Ter de Fridelingue, de
Spire & de Luzzara; aussi-bien
que la prise de Philisbourg faite
par Monseigneur le Dauphin, &
celle de Brisac par Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Dans cei ordre, s'avança le Chav
de Mars, parmi le bruit des tym-
bales, des trompetes, des fifres &
tambours. Il ne fut pas plustost à
la vuë de l'Hostel de Conty, qu'au
signal marquè, le canon recom-
230 Réjouissances.
mença a tirer, & fit encore senti-
plus fottement près de la grilledes
Ecuries l'approche de Mars par une
nouvelle decharge. Mais dés quil
entra dans l'avant-cour du Cha-
teau, le mesme tonnerre qui le pre-
cede ordinairement, se fit entendre
par des coups plus vifs que les pre-
miers: non-seulement les maisons
voisines, mais encore les montagnes
qui regnent autour de Versailles,
en furent ébranlées jusqu'aux fon.
demens.
Pendant ce bruit terrible, l'avant-
cour du Chaste au se trouva tout d'un
coup éclairée par une infinité de
terrines ou pots à feu, qui dans un
clin d'æil parurent tous posez sur
deux lignes, & éclairerent par
leurs lum eres le bas du Char, dont
elles fient remarquer les richespein-
Réjovissances.
231
tures & les soul assemens magnifi-
ques qui descendoient jusques sur les
roues. Les Suisses, si distinguez pat
leur air guerrier, s'estant rangez en
haye derriere ces terrines, recurent
Mars, qui traversa l'avant-cour
avec une majestè étonnante. Des
qu'il fut entré dans la Cour, les
lumieres du Char eclairans les de-
hors dorez du Chasteau, le rendi-
vent si brillant, qu'on croyott voir
le Palais du Soleil, tel qu'il est
décrit dans Ovide. Mais une nou-
velle décharge de canon fit bientost
changer cette idée, & répandit par
tout l'effroy cause par la présence
redoutable de Mars. Le feu de ses
yeux & de son armure le faisoit pa-
roistre aussi terrible qu'il est dans la
Thrace, lien de son Empire, ou à
la teste des armées, precedé de la-
Juillet 1704. II. P. V
Réjouissances.
232
Guerre & de l'Epouvante, comme
nous le peint Homere,
Aussi tost ayant fait tourner ses
chevaux autour de la Cour du
Chasteau, pour en admirer en
passant le superbe edifice, il arresta
son Char sous l'Appartement du
Roy.
Ce fut la, qu'une nouvelle Scene
Souviit, & que la joye succeda à
la frayeur, lorsque les musettes &
les hautbois accorderent la douceur
de leurs sons avec celuy des trom-
petes & des fifres. Le Roy qui at-
tendoit Mars dans son apparte-
ment, impatient de son arrivee,
parut sur un balcon dorè au milieu
de l'élite de sa Cour, où du pre-
mier coup d'œil il jouit avet plaisir
de la beauté du spectacle, Mars
ayant d'abord apperça le Roy
Réjouissances.
22
plus venerable par la majesté de
son front, que par son sceptre & par
sa couronne, estoit sur le point de
descendre de son Char; mais trop
empresse de feliciter ce Monarque, il
se leva de son Throsne pour te sa-
luer, & après que les trompettes &
tes hautbois eurent cesse de jouer, il
fit ce beau compliment à Sa Majesté.
Ouverain Maistre de la
Terre,
Je viens d'obeir à ta Loy-
Des rivages du Pô, que j'ay
remplis d'effroy,
Où le bruit de ton Nom fait
plus que mon tonnere
J'accours te signaler & mon
zele & ma foy.
Dans le jeune Heros, dont
j'apprens la naifsance,
Vij
234
Réjouissances.
Le Ciel a couronné le bonheur
de la France.
Croissant au milieu des Lau-
riers,
Et dans le sein de la Victoire;
Il te suivra bien-tost au Tem-
ple de la Gloire.
Déja de ses travaux guerriers
Jlay plus d'un heureux pré-
sage:
Jespere tout de son courage.
Sur ta haute prudence, aux
sieges, aux combats
Je formeray son cœur, je re-
re
gleray ſes pas:
Ihapprendra de moy l'art de
lancer ta foudre,
Et de mettre les murs en
poudre
Par son berceau deux Thrô-
nes affermis
Réjouissances.
23
Répondent des succés,
où sa
valeur afpire:
Quy; ce Prince naissant, que
l'Univers admire
Domptera la fureur des plus
fiers Ennemis;
Et voyant à son bras mille Peu-
ples soûmis,
Perpetuera ton sang, ton Nom
& ton Empire.
Mars n'eut pas plutot acheve son
compliment, dont le Roy parut tres-
satisfait, qu'il fit avancer son Cha-
au milieu de la Cour., où il donna
un nouveau spectacle à Sa Majeste.
Ce fut pour lirs que le Theatre
changea de face, & surprit agrea-
blement les yeux des spectateurs; car
pendant que les instrumens de Mu-
sique faisoient, avec les trompettes
Réjoiissances.
236
un concertsi harmonieux, on vit tiut
d'un coup briller autour du Chasteau
des Lances, des Gerbes & des So-
leils fixes & tournans, qui firent
un effet surprenant, & qui par l'é-
clat du feu artificiel, representerent
une vive image de la guerre. Pres-
que dans le mesme instant, un
nombre infini de fusèes & de serpen-
teaux se répandit dans les airs, & y
fit admirer tout ce que l'Art à de plus
ingenieux & de plus surprenant.
Mars s'estant atresté la quelque
temps pour voir la fin d'une Feste,
dont le Roy faisoit le principal or-
nement par sa présence, se preßa de
retourner en Italie, Ayant pouße
vivement ses chevaux, il sortit de
Versailles au mème bruit du canon
qui l'avoit accompagne en y en-
trant, & se rendit bien- tost au dela
Réjouissances.
23
des Alpes, pour y conduire les pro-
jeis du Roy, & donner à Sa Ma-
jeste de nouvelles marques de son
zele.
esté faite par une plume éloquente,
je vous l'envoye, sans
y avoir seulement changé une
syllabe.
DESCRIPTION
D'UNE FESTE
DONNÉE A VERSAILLES
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BRETAGNE.
L'Heureuse Naissance de
Monseigneur le Duc de Bretagne,
estant regardée comme une Bene-
diction singuliere que le Ciel a re.
222
Réjouissances.
panduë sur la France; la Ville &
la Cour se sont efforcées à l'envie
d'en témoigner leur reconnoissance
par des actions de graces solem-
nelles, de signaler leur joye par
des Festes publiques. Mr Bontemps
Premier Valet de Chambre du
Roy ayant obienu permission de Sa
Majesté de luy en donner une à Ver-
sailles, elle fut conduite par le Sr
Berrain le fils, & exécutée avec
tout le succès possible.
Le Samedy 26. Juillet, jour
marque pour cette Feste, elle fut
annoncée dès le midy par cinquante
boetes qui tirèrent pendant le dis-
ner du Roy, & furent comme le
premier coup de signal qui avertit
la Cour du spectacle qui se devoit
donner à l'entrée de la nnit.
Sur les neuf beures du soir on en-
tendit un semblable bruit de canon
Réjovissances. 223
qui rassembla les Courtisans, &
qui sortant de la grande Avenuë
du Chasteau, attira tous les yeux
de ce costé-la. Dans le moment on
y vit paroistie un Char magnifi-
que tout doré & illuminé, qui
dans l'obscurité de la nuit fit un
effet surprenant. On l'auroit pris
d'abord pour un globe de feu que
la distance empeschoit de discerner,
tant il estoit brillant de lumieres,
qui jointes à l'éclat de l'or, for-
moient une vive clartè au milien
des tenebres les plus épaisses: mais
les yeux enchantez par la nou-
veauté du spectacle, & eblouis par
un si grand jour, d'stinguérene bien-
tost la figure du Dieu qui estoit pla-
cée au fond du Char.
C'estoit Mars, que les Poetes
prennent pour le Dieu de la guerre,
& qui a si fidelement secondé les
224 Réjouissances.
desseins du Roy dans ses Conquestes,
qu'on le crott toujours également
gelé pour la gloire de Sa Majeste.
Il estoit representé comme un Vain-
queur revenant des rivages du Po
qu'il a parcourus, & où, il a ré-
panda le nom de LOUIS LE
GRAND, qui a jettè dans l'es-
prit des Peuples une si prompte con-
sternation. Il avoit appris sur sa
route la naissance de Monseigneur
le Duc de Bretagne, qui luy ayant
cause une joye extraordinaire, le
pressoit d'arriver plutost à la Cour
de ce Prince; autant pour luy ren-
dre compte de l'heureux succès de ses
armes en Italie, que pour le feli-
citer sur un évenement si singulier
& aussi avantageux à l'Espagne
qu'à la France.
Mars s'étant arrèté à Montreuil,
Réjouissances.
225
distant de Versailles d'un quart de
lieue, en partit sur son Char pour
se rendre au Chasteau: à mesure
qu'il avançoit dans l'Avenuè, on
remarquoit la fierté de sa conte-
nance, & la richesse de son habil-
lement. Il portoit sur sa teste un
casque orné de pierreries, & surmon-
tè d'un panache blanc: sa cuirasse
estoit de diamans, & il tenoit de
la main droite son javelot, tel
que le representent les Medailles.
On le voyoit assis sur un Throsne
élevé de cinq pieds au dessus du
Char, & enrichi de Fleurs- de - lys
d'or, appliquées sur un fond bleu,
au milieu duquel estoit peint une
Genie qui écrivoit les actions du
Roy, pour les transmettie à la
posteritè la plus reculée.
Au dessus du Throsne, estoit une
226 Réjouissances.
Couronne de France dorée, dont
le bandeau estoit garni de douze
pierres precieuses, sur lesquelles é-
toient gravez les noms des Villes
conquises par le Roy. Elle estoit
d'une si grande circonference, qu'elle
formoit une espece de dais, qui cou-
vroit la teste de Mars, & une par-
tie du Char, sur lequel elle re-
pandoit sa lumiere.
Sur le devant du Char, & aux
pieds de Mars estoient assises deux
figures qui représentoient Bellone
& Pallas, revestuës de leurs or-
nemens guerriers, & accompagnez
de leurs symboles ; elles avoient
près d'elles deux tymbales.
Derriere le Trone du Dieu Mars,
étoient posez plusieurs Trophées
d'armes differentes, comme de Pi-
ques, Lances, Drapeaux, Eten-
Réjouissances.
22
dars, Corseleis, Casques & Bou-
cliers bien groupez, au dessous des-
quels estoient attachez avec des
chaisnes d'or quatre Esclaves Ita-
liens, que Mars triomphant, ame-
noit des Villes nouvellement con-
quises.
Le corps de ce superbe Char estoit
tout enrichi de sculptare & de do-
rure, & revestu aux costez de toiles
iransparentes & peintes, qui sous
differens symboles marquoient les
actions memorables du Roy: on
voyoit d'un costé des sieges de Villes,
& de l'autre des batailles données,
tant sur mer que sur terre, qui par
le secours des lumieres se distin-
guoient aisèment.
Il estoit traisné par deux chevaux
isabelles richement enharnachez
qui portoient un fronte au dorè garni
228 Réjouissances.
de pierreries, avec une aigrette sur
la teste. Ils estoient montez par deux
Renommées vetuës à l'antique, &
tenant chacune à la mainune trom-
pette, dont elles sonnoient pour an-
noncer l'arrivee de Mars, & dont
le son mesté au bruit des tambours
& des fifres, faisoit une harmonie
militaire & tres agréable.
Autour du Char marchoient douze
Officiers François, six de chaque
costè, tous habillez magnifique.
ment: & à l'imitation des Ro-
mains, qui portoient dans leurs
triomphes les tableaux des Villes
conquises, ou des victoires rempor-
tées, chacun tenoit une espece de
lanterne ou fallot éclairé, surmontè
d'une Fleur-de-lis d'or, & orne de
festons de lauriers. Le corps de ces
fallots estoit plat & couvert d'une
Réjouissances.
229
toile transparente, sur la quelle
estoient écrits des deux costez en gros
caracteres les noms des batailles
les plus celebres qui ont estè gagnées
par les François, sous le regne du
Roy; scavoir, celles de Lens, de
Rocroy, de Nortlingue, de Fribourg
de Fleurus, de Nervinde, de Stin-
kerk, de la Marsaille, de Sta-
farde, du Ter de Fridelingue, de
Spire & de Luzzara; aussi-bien
que la prise de Philisbourg faite
par Monseigneur le Dauphin, &
celle de Brisac par Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Dans cei ordre, s'avança le Chav
de Mars, parmi le bruit des tym-
bales, des trompetes, des fifres &
tambours. Il ne fut pas plustost à
la vuë de l'Hostel de Conty, qu'au
signal marquè, le canon recom-
230 Réjouissances.
mença a tirer, & fit encore senti-
plus fottement près de la grilledes
Ecuries l'approche de Mars par une
nouvelle decharge. Mais dés quil
entra dans l'avant-cour du Cha-
teau, le mesme tonnerre qui le pre-
cede ordinairement, se fit entendre
par des coups plus vifs que les pre-
miers: non-seulement les maisons
voisines, mais encore les montagnes
qui regnent autour de Versailles,
en furent ébranlées jusqu'aux fon.
demens.
Pendant ce bruit terrible, l'avant-
cour du Chaste au se trouva tout d'un
coup éclairée par une infinité de
terrines ou pots à feu, qui dans un
clin d'æil parurent tous posez sur
deux lignes, & éclairerent par
leurs lum eres le bas du Char, dont
elles fient remarquer les richespein-
Réjovissances.
231
tures & les soul assemens magnifi-
ques qui descendoient jusques sur les
roues. Les Suisses, si distinguez pat
leur air guerrier, s'estant rangez en
haye derriere ces terrines, recurent
Mars, qui traversa l'avant-cour
avec une majestè étonnante. Des
qu'il fut entré dans la Cour, les
lumieres du Char eclairans les de-
hors dorez du Chasteau, le rendi-
vent si brillant, qu'on croyott voir
le Palais du Soleil, tel qu'il est
décrit dans Ovide. Mais une nou-
velle décharge de canon fit bientost
changer cette idée, & répandit par
tout l'effroy cause par la présence
redoutable de Mars. Le feu de ses
yeux & de son armure le faisoit pa-
roistre aussi terrible qu'il est dans la
Thrace, lien de son Empire, ou à
la teste des armées, precedé de la-
Juillet 1704. II. P. V
Réjouissances.
232
Guerre & de l'Epouvante, comme
nous le peint Homere,
Aussi tost ayant fait tourner ses
chevaux autour de la Cour du
Chasteau, pour en admirer en
passant le superbe edifice, il arresta
son Char sous l'Appartement du
Roy.
Ce fut la, qu'une nouvelle Scene
Souviit, & que la joye succeda à
la frayeur, lorsque les musettes &
les hautbois accorderent la douceur
de leurs sons avec celuy des trom-
petes & des fifres. Le Roy qui at-
tendoit Mars dans son apparte-
ment, impatient de son arrivee,
parut sur un balcon dorè au milieu
de l'élite de sa Cour, où du pre-
mier coup d'œil il jouit avet plaisir
de la beauté du spectacle, Mars
ayant d'abord apperça le Roy
Réjouissances.
22
plus venerable par la majesté de
son front, que par son sceptre & par
sa couronne, estoit sur le point de
descendre de son Char; mais trop
empresse de feliciter ce Monarque, il
se leva de son Throsne pour te sa-
luer, & après que les trompettes &
tes hautbois eurent cesse de jouer, il
fit ce beau compliment à Sa Majesté.
Ouverain Maistre de la
Terre,
Je viens d'obeir à ta Loy-
Des rivages du Pô, que j'ay
remplis d'effroy,
Où le bruit de ton Nom fait
plus que mon tonnere
J'accours te signaler & mon
zele & ma foy.
Dans le jeune Heros, dont
j'apprens la naifsance,
Vij
234
Réjouissances.
Le Ciel a couronné le bonheur
de la France.
Croissant au milieu des Lau-
riers,
Et dans le sein de la Victoire;
Il te suivra bien-tost au Tem-
ple de la Gloire.
Déja de ses travaux guerriers
Jlay plus d'un heureux pré-
sage:
Jespere tout de son courage.
Sur ta haute prudence, aux
sieges, aux combats
Je formeray son cœur, je re-
re
gleray ſes pas:
Ihapprendra de moy l'art de
lancer ta foudre,
Et de mettre les murs en
poudre
Par son berceau deux Thrô-
nes affermis
Réjouissances.
23
Répondent des succés,
où sa
valeur afpire:
Quy; ce Prince naissant, que
l'Univers admire
Domptera la fureur des plus
fiers Ennemis;
Et voyant à son bras mille Peu-
ples soûmis,
Perpetuera ton sang, ton Nom
& ton Empire.
Mars n'eut pas plutot acheve son
compliment, dont le Roy parut tres-
satisfait, qu'il fit avancer son Cha-
au milieu de la Cour., où il donna
un nouveau spectacle à Sa Majeste.
Ce fut pour lirs que le Theatre
changea de face, & surprit agrea-
blement les yeux des spectateurs; car
pendant que les instrumens de Mu-
sique faisoient, avec les trompettes
Réjoiissances.
236
un concertsi harmonieux, on vit tiut
d'un coup briller autour du Chasteau
des Lances, des Gerbes & des So-
leils fixes & tournans, qui firent
un effet surprenant, & qui par l'é-
clat du feu artificiel, representerent
une vive image de la guerre. Pres-
que dans le mesme instant, un
nombre infini de fusèes & de serpen-
teaux se répandit dans les airs, & y
fit admirer tout ce que l'Art à de plus
ingenieux & de plus surprenant.
Mars s'estant atresté la quelque
temps pour voir la fin d'une Feste,
dont le Roy faisoit le principal or-
nement par sa présence, se preßa de
retourner en Italie, Ayant pouße
vivement ses chevaux, il sortit de
Versailles au mème bruit du canon
qui l'avoit accompagne en y en-
trant, & se rendit bien- tost au dela
Réjouissances.
23
des Alpes, pour y conduire les pro-
jeis du Roy, & donner à Sa Ma-
jeste de nouvelles marques de son
zele.
Fermer
18398
p. [1415]-1421
LA SCIENCE, ODE.
Début :
Fuyez, Esclaves volontaires, [...]
Mots clefs :
Grèce, Humilité, Arrogance, Pyrrhonisme, Sophisme, Mânes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA SCIENCE, ODE.
LA
SCIENCE ,
O D E.
Uyez , Esclaves volontaires ,
D'un aveuglement séducteur.
Craignez que mes traits salutaires ,
Ne percent un masque imposteur,
Loin ces hommes dont l'arrogance ,
Pour prix d'une vaine Science ,
Semble demander des Autels :
Je hais ces lumieres steriles ,
II, Vol A ij Qui
1416 MERCURE
DE FRANCE
Qui sans les rendre plus habiles ,
Les ont rendus plus criminels.
諾T
Celui qui des Mysteres sombres ,
Connoît toute la profondeur
Se cache sous d'épaisses ombres ,
Et nous dérobe sa grandeur.
Ainsi , privez de sa lumiere ,
Toûjours une vapeur grossiere ,
Obscurcit nos foibles esprits :
Heureux ! si limitant leur vûë ,
Le Ciel eût borné l'étenduë ,
De l'orgueil dont ils sont épris !
Mais , helas ! suivant avec joye ,
D'agréables impressions ,
Les hommes se livrent en proye ,
A de douces illusions.
Un foible rayon vient -il luire ? }
Si leur esprit cherche à s'instruire,
Leur vanité le croit instruit ;
Et ces insensez qu'on adore ,
Abusant d'une belle Aurore ,
Restent dans une affreuse nuit,
Ainsi par des routes chéries ,
11. Vol. L'orgueil
JUIN. 173. 1417
L'orgueil nous promene à son gré.
De ses subtiles flatteries ,
L'esprit est bien- tôt enyvré.
Dans le piege d'un vain systême ,
Que le coeur se tend à lui -même ,
L'homme aveuglé cherche à perir ;
Et jusqu'au sein de l'ignorance ,
S'enorgueillit d'une science ,
Qu'il ne peut pas même acquerir.
que
Telle est la misere orgueilleuse ,
D'un Philosophe * ambitieux ,
Dont la lumiere tenebreuse ,
Croit avoir penetré les Cieux .
Plus hardi les Zoroastres ,
Il veut de la Terre et des Astres
Regler les sublimes ressorts ;
Mais le Ciel qui l'avoit fait naître ,
Le créa bien moins pour connoître ,.
Que pour jouir de ses trésors.
A des Estres imaginaires ,
Livrant sa coupable raison ,
Des plus ridicules chimeres ,
Un autre ** avale le poison..
Le Phisicien.
** Le Métaphisicizen.
II. Vol. A iij Dans
1418 MERCURE DE FRANCE
14
Dans sa sublime extravagance ,
Il seche pour sonder l'essence ,
D'un objet qu'il ne connoît pas ;
La verité fuit sa poursuite ;
Mais l'orgueil qui marche à sa suite
A pour lui, les mêmes appas..
23
Et vous (a ) qui des siecles antiques ;
Confondez les Evenemens ;
Vous , dont les pompeuses Chroniques
Obscurcissent l'ordre des tems ;、
Parlez , quel est votre avantage ?
N'est- ce pas d'errer d'âge en âge ,
Pour en débrouiller le cahos ?
'Aussi le fruit de votre étude
N'est qu'une triste incertitude ,
Qui vient traverser vos travaux.
Mais que sert l'audace sévere ,
De mes transports injurieux ,
Tandis que notre esprit révere ,
Ceux qui nous ont fermé les yeux ?
Si des traits douteux de l'Histoire , (b)
Ils ont alteré la memoire ,
(a) Les Chronologistes .
(b) Les Sçavans qui travaillent à l'Histoires
t
11. Vol Nous
JUIN. 1419 1731 .
Nous sommes leurs adorateurs
Et leur redoutable imposture ,
D'une incertaine conjecture ,
Nous fait adopter les erreurs.
NE
Ainsi trompé par l'apparence ,
L'homme est éclairé sans rien voir;
> Et sa fastueuse ignorance
Se produit sous un faux sçavoir.
Paré d'une science vaine ,
Jadis un Sçavant de Priène , (a )
N'en conserva que les dehors ;
Et , des débris de sa Patrie ,
Il n'emporta que sa folie ,
Le plus cher de tous ses trésors.
Illustres Morts , superbes Mânes ,
Sortez d'un Tombeau plein d'horreur ;
Dépouillez ces titres prophanes ,
Que vous consacra notre erreur .
Où sont ces Couronnes sacrées ,2
Que sur vos têtes reverées ,.
(a) Bias , qui voyant sa Ville au pillage , ne
voulut rien sauver de ses richesses , disant
qu'il portoit tout son bien , c'est-à-dire , toute
SA Science avec lui.
II. Vol..
A. iiij.
La
1420 MERCURE DE FRANCE
Mit jadis un Peuple insensé ? ...
La fausse gloire est disparuë ,
Et la vanité confonduë ,
Lui dit qu'il s'étoit abusé.
Non , que d'un frivole Sophisme
Empruntant le subtil secours ,
Sur un dangereux Pyrrhonisms ,
Je veuille appuyer mes discours.
Je sçais que les forces humaines ,
De quelques veritez certaines ,
Ont sçû nous frayer les chemins ;
Mais des routes si favorables ,
Nous ont rendus plus miserables ,
En ne nous rendant que plus vains.
M
Laisson la superbe arrogance ,
D'un Pédant rempli de fierté ;
Tâchons d'acquerir sa Science ,
Mais non pas sa fatuité.
Alors , d'un sçavoir légitime ,
Une humilité magnanime ,
Sera le plus ferme soutien ;
Et nous suivrons l'humble sagesse ,
11. Vel.
De
JUIN. 1731 .
14: 1
De ce vrai Sçavant de la Grece , *
Qui sçavoit qu'il ne sçavoit rien.
* Socrate disoit que tout ce qu'il "sçavoir"
'étoit qu'il ne sçavoit rien .
Par René-Vincent des F ****
SCIENCE ,
O D E.
Uyez , Esclaves volontaires ,
D'un aveuglement séducteur.
Craignez que mes traits salutaires ,
Ne percent un masque imposteur,
Loin ces hommes dont l'arrogance ,
Pour prix d'une vaine Science ,
Semble demander des Autels :
Je hais ces lumieres steriles ,
II, Vol A ij Qui
1416 MERCURE
DE FRANCE
Qui sans les rendre plus habiles ,
Les ont rendus plus criminels.
諾T
Celui qui des Mysteres sombres ,
Connoît toute la profondeur
Se cache sous d'épaisses ombres ,
Et nous dérobe sa grandeur.
Ainsi , privez de sa lumiere ,
Toûjours une vapeur grossiere ,
Obscurcit nos foibles esprits :
Heureux ! si limitant leur vûë ,
Le Ciel eût borné l'étenduë ,
De l'orgueil dont ils sont épris !
Mais , helas ! suivant avec joye ,
D'agréables impressions ,
Les hommes se livrent en proye ,
A de douces illusions.
Un foible rayon vient -il luire ? }
Si leur esprit cherche à s'instruire,
Leur vanité le croit instruit ;
Et ces insensez qu'on adore ,
Abusant d'une belle Aurore ,
Restent dans une affreuse nuit,
Ainsi par des routes chéries ,
11. Vol. L'orgueil
JUIN. 173. 1417
L'orgueil nous promene à son gré.
De ses subtiles flatteries ,
L'esprit est bien- tôt enyvré.
Dans le piege d'un vain systême ,
Que le coeur se tend à lui -même ,
L'homme aveuglé cherche à perir ;
Et jusqu'au sein de l'ignorance ,
S'enorgueillit d'une science ,
Qu'il ne peut pas même acquerir.
que
Telle est la misere orgueilleuse ,
D'un Philosophe * ambitieux ,
Dont la lumiere tenebreuse ,
Croit avoir penetré les Cieux .
Plus hardi les Zoroastres ,
Il veut de la Terre et des Astres
Regler les sublimes ressorts ;
Mais le Ciel qui l'avoit fait naître ,
Le créa bien moins pour connoître ,.
Que pour jouir de ses trésors.
A des Estres imaginaires ,
Livrant sa coupable raison ,
Des plus ridicules chimeres ,
Un autre ** avale le poison..
Le Phisicien.
** Le Métaphisicizen.
II. Vol. A iij Dans
1418 MERCURE DE FRANCE
14
Dans sa sublime extravagance ,
Il seche pour sonder l'essence ,
D'un objet qu'il ne connoît pas ;
La verité fuit sa poursuite ;
Mais l'orgueil qui marche à sa suite
A pour lui, les mêmes appas..
23
Et vous (a ) qui des siecles antiques ;
Confondez les Evenemens ;
Vous , dont les pompeuses Chroniques
Obscurcissent l'ordre des tems ;、
Parlez , quel est votre avantage ?
N'est- ce pas d'errer d'âge en âge ,
Pour en débrouiller le cahos ?
'Aussi le fruit de votre étude
N'est qu'une triste incertitude ,
Qui vient traverser vos travaux.
Mais que sert l'audace sévere ,
De mes transports injurieux ,
Tandis que notre esprit révere ,
Ceux qui nous ont fermé les yeux ?
Si des traits douteux de l'Histoire , (b)
Ils ont alteré la memoire ,
(a) Les Chronologistes .
(b) Les Sçavans qui travaillent à l'Histoires
t
11. Vol Nous
JUIN. 1419 1731 .
Nous sommes leurs adorateurs
Et leur redoutable imposture ,
D'une incertaine conjecture ,
Nous fait adopter les erreurs.
NE
Ainsi trompé par l'apparence ,
L'homme est éclairé sans rien voir;
> Et sa fastueuse ignorance
Se produit sous un faux sçavoir.
Paré d'une science vaine ,
Jadis un Sçavant de Priène , (a )
N'en conserva que les dehors ;
Et , des débris de sa Patrie ,
Il n'emporta que sa folie ,
Le plus cher de tous ses trésors.
Illustres Morts , superbes Mânes ,
Sortez d'un Tombeau plein d'horreur ;
Dépouillez ces titres prophanes ,
Que vous consacra notre erreur .
Où sont ces Couronnes sacrées ,2
Que sur vos têtes reverées ,.
(a) Bias , qui voyant sa Ville au pillage , ne
voulut rien sauver de ses richesses , disant
qu'il portoit tout son bien , c'est-à-dire , toute
SA Science avec lui.
II. Vol..
A. iiij.
La
1420 MERCURE DE FRANCE
Mit jadis un Peuple insensé ? ...
La fausse gloire est disparuë ,
Et la vanité confonduë ,
Lui dit qu'il s'étoit abusé.
Non , que d'un frivole Sophisme
Empruntant le subtil secours ,
Sur un dangereux Pyrrhonisms ,
Je veuille appuyer mes discours.
Je sçais que les forces humaines ,
De quelques veritez certaines ,
Ont sçû nous frayer les chemins ;
Mais des routes si favorables ,
Nous ont rendus plus miserables ,
En ne nous rendant que plus vains.
M
Laisson la superbe arrogance ,
D'un Pédant rempli de fierté ;
Tâchons d'acquerir sa Science ,
Mais non pas sa fatuité.
Alors , d'un sçavoir légitime ,
Une humilité magnanime ,
Sera le plus ferme soutien ;
Et nous suivrons l'humble sagesse ,
11. Vel.
De
JUIN. 1731 .
14: 1
De ce vrai Sçavant de la Grece , *
Qui sçavoit qu'il ne sçavoit rien.
* Socrate disoit que tout ce qu'il "sçavoir"
'étoit qu'il ne sçavoit rien .
Par René-Vincent des F ****
Fermer
Résumé : LA SCIENCE, ODE.
Le poème critique la science et l'orgueil humain, mettant en garde contre les dangers de la vanité et de l'arrogance intellectuelle. L'auteur dénonce ceux qui, sous couvert de science, cherchent à dominer et à être vénérés. Il souligne que la véritable connaissance est souvent cachée et que les hommes, aveuglés par leur orgueil, se laissent tromper par des illusions et des chimères. Le texte critique également les philosophes, les physiciens et les métaphysiciens, qui, dans leur quête de savoir, finissent par se perdre. Les chronologistes et les historiens sont également visés, leurs travaux étant souvent marqués par des erreurs et des incertitudes. Le poème se conclut par un appel à l'humilité, en prenant l'exemple de Socrate, qui reconnaissait l'étendue de son ignorance. L'auteur invite à acquérir la science sans fatuité, afin de cultiver une humilité magnanime.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18399
p. 3-9
PREDICTION SUR LA NAISSANCE D'UN DUC DE BOURGOGNE. Par Madame Curé.
Début :
Loin d'ici Fées mensongeres du Parnasse, dont le langage fut [...]
Mots clefs :
Prédiction, Naissance du duc de Bourgogne, Peuples, Temps, Traits, Fils, Yeux, Dieux, Fille, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREDICTION SUR LA NAISSANCE D'UN DUC DE BOURGOGNE. Par Madame Curé.
PREDICTION
SUR LA NAISSANCE
D'UN DUC
DE BOURGOGNE.
Par Madame Curé.
Loin d'ici Fées mensongeres du
Parnasse, dont le langage fut
de tout tems consacré à l'impos-
ture. Je renonce à vos faveurs.
Vous fites jadis entendre sur le Tybre in-
digné, des accens impies, à la louange
A ij
II. Vol.
Digsiues vO
4 MERCUREDEFRANCE.
du * Meurtrier d'Agripine. Pour combien
de Tyrans vos nourrissons insensés allu-
merent-ils un encens criminel? Que de
traits leur plume sacrilège ne lança t'elle
pas contre des Héros bien-faisans, les
délices de leurs peuples & de toute la terre?
.
Je t'invoque, fils de l'Océan & de
Thétis, volage & savant Protée, à qui le
Livre des Destins est ouvert. Fais moi lire
dans l'avenit: éclaire moi. Quels seront
les fruits de l'Hymen glorieux qui joint
l'Auguste Lovis avec l'adorable Jo-
SEPHE? **Nos voeux & nos espérances
seront-ils trompés? La seule violence
peut, dit-on, arracher tes faveurs: mais
que peut une foible mortelle contre les
Dieux? Mes voeux & mon zéle seront les
sculs efforis que j'employrai pour te fixer.
Quels sentimens inconnus s'emparent
de moi! Je trenible, je frissonne. Quels
rayons viennent m'éclairer! L'avenir se dé-
voile à mesyeux. J'entens les bords enchan-
tés de la Seine reteutir de mille concerts
harmonieux. Les Peuples enyvtés de joie &
*Lucain dans sa Pharsile, a lové Nerou,
** Marie Josephe, P. iacesse de Pologue.
JANVIER. 1752.
d'allégresse célébrent à l'envi la bonté des
immortels. Un nouveau Lys va naître sur
nos rives fortunées. Lucine tend déja ses
mains propices à la Princesse adorable qui
le donne à notre amour. Parez- vous,
Apollon, de traits nouveaux & plus bril-
lans. Répandez, mon frere, une lumiere
& plus pure & plus belle. Elle va frapper
pour la premiere fois les yeux charmans
du petit- fils de LOVIS & de MARIN-
Je le vois dans son divin berceau entou-
ré des ris, des jeux & des graces. Vénus
en sa faveur, pardonne à la beauté de sa
rivale, la fille du Roi des Sarmates. * Elle
prodigue à cet enfant gloneux ses caresses.
Le Dieu de Paphos laissant tomber son arc
de ses mains redoutables, l'air sombre &
la tênte baissée, gémit & soupire, Ah! s'é-
crie-t'il, mon Empire est perdu! Je vois
un rival invincible dans cet enfant: il a
mes traits, mes graces: mais ai- je des yeux
comme lui, capables d'enflammer les cieux
& la tetre?
W
Tu souris, Prince illustre: l'Amour ir-
rité s'envole. Ah! quelle différence entre
toi & ceDieu cruel! Que de Sceptres brises!
La sille du Roi des Sarmates, c'est Madame
la Dauphine, qui est fille du Roi de Pologne. Les
Polonois s'appelloient autresois Sarmates.
Aiij
6 MERCUREDEFRANCE.
Que de Cités ravagées ; De combien de
maux & de calamités n est-il point l'Artisan
funeste? Mais que de Trônes soutenus! Que
de Nations sauvées! Que de bonheur & de
prospérité ta main prodigue va répandre
sur l'Univers!
Marchant sur les traces de ton auguste
Ayeul & de son fils, & digne comme eux
du nom si rare de BIEN-AIME, tuembarras-
seras l'Histoire. Clio, destinée à débrouiller
le cahos des Tems, nommera confusément,
dans nos fastes, trois Titus, plus ressemblans
encore par la bonté, la clemence, & par
routes les vertus des grands Rois, que par
le nom flatteur qui les annonce.
Peuples asservis sous un Maître barba-
re, * Grecs infortunés si différens de vos
Peres, fermez vos coeurs à une joye insen-
sée. Des Devins trompeurs brisant fausse-
ment, dans leurs oracles, vos fers & vos
chaînes, planterent nos Lys sut vos tristes
rives. Vaines illusions! Frivoles espéran-
ces ! Les destins propices préparent au
Prince qui vient de naître un bonheur plus
doux & plus sensible: il augmentera celui
de ses peuples.
* Ceitains Entousiastes ont prédit que la Fran-
ce détruiroit l'Empire des Turcs.
30
JANVIER.
1752.
La fille de Jupiter & de Thémis, Astrée
quitte les Cieux; elle vient habiter les
climats heureusemeni sou misà la Loi des
BOURBONS. Dicux! Quels tems me
découvres-tu, sçavant Prothée! L'avarice
expire, la discorde frémit, la pauvreté
s'envole, le fortuné Gaulois n'a de désirs
que pour remplir ceux des autres, de dé-
bats que pour exercer, à l'envi, sa généro-
fité, & de besoins que celui de remerciet
les Dieux de son abondance.
Le Tytan de nos plaisirs, le vil intérêt ne
forge plus de traits dorés pour le Dicu d'A-
mathonte. La tendresse, la constance, le
mystere effacent l'éclat des métaux funestes
qu'une main avare tira des entrailles de la
terre. Les Amans sçauront aimer; ils soupite-
ront pour des charmes toujours nouveaux
& toujours les mêmes, & ils ne s'en vante-
ront qu'à l'objet de leurs flammes.
L'ouvrage divin, dont le Vainqueur
pacisique de Fontenoy a jetté les fonde-
mens, s'acheve. Je vois la paix bâtir de ses
mains tranquilles son empire sur les debris
de celui de Bellone. L'arbre de Minerve
répand de toutes parts ses rameaux ver-
A iiij
LeNOO
9MERCURE DE FRANCE-
doyans. L'ambition, la cruauté & l'injustice
unissent envain leur fureur pour r'ouvrir-
un Templobarbare teint du sang des mortels
dévoués au Dieu des meurtres & du carnage.
Quel spectacle frappe mes yeux ! Je
vois, sous un ciel sercin & tranquille,
mille & mille Laboureurs amasser à l'en-
vi les dons abondans de la blonde Cerés.
La faux du Soldat effréné n'a pas moisson-
né leurs douces espérances. Bien-tôt, au
milieu de leurs chastes épouses & de leurs
enfans chéris, ils vont rroubler agréable-
ment le silence de leurs foyers parsibles,
par des hymnes sacrées que leur inspirora la
piété & la reconnoissance. Le doux Nectat
du fils de Sémelle prête une nouvelle force
à leurs voix saintement fatiguées. Les
Dieux applaudissent eux mêmes à des fêtes
dont ils ont dicté l'appareil.
Tu m'abandonnes, Dieu volage, incons-
tant Prothée. L'avenit se dérobe à mes
yeux. J'apperçois un tems bien différent,
trop présent encore à ma douleur; le pas-
sé funeste, où la Parque m'enleva le mor-
tel vertueux dont l'hymen avoit uni nos
destinées. Hélas! Quel abattement! Quel-
les douleurs! Mais de quels sons généreux-
viens-tu frapper mes oreilles? Je t'entens,
300
JANVIER. 1732.
ombre plaintive: Cesse, dis-tu, de répan-
dre des larmes stériles sur ma cendre: je-
quitte ta tendresse de regrets superflus: ta
Patrie prospére, tout rit à LO uIS: Ses
peuples sont heureux. Ton coeur pourroit-
il encore s'ouvrit à la tristesse:
SUR LA NAISSANCE
D'UN DUC
DE BOURGOGNE.
Par Madame Curé.
Loin d'ici Fées mensongeres du
Parnasse, dont le langage fut
de tout tems consacré à l'impos-
ture. Je renonce à vos faveurs.
Vous fites jadis entendre sur le Tybre in-
digné, des accens impies, à la louange
A ij
II. Vol.
Digsiues vO
4 MERCUREDEFRANCE.
du * Meurtrier d'Agripine. Pour combien
de Tyrans vos nourrissons insensés allu-
merent-ils un encens criminel? Que de
traits leur plume sacrilège ne lança t'elle
pas contre des Héros bien-faisans, les
délices de leurs peuples & de toute la terre?
.
Je t'invoque, fils de l'Océan & de
Thétis, volage & savant Protée, à qui le
Livre des Destins est ouvert. Fais moi lire
dans l'avenit: éclaire moi. Quels seront
les fruits de l'Hymen glorieux qui joint
l'Auguste Lovis avec l'adorable Jo-
SEPHE? **Nos voeux & nos espérances
seront-ils trompés? La seule violence
peut, dit-on, arracher tes faveurs: mais
que peut une foible mortelle contre les
Dieux? Mes voeux & mon zéle seront les
sculs efforis que j'employrai pour te fixer.
Quels sentimens inconnus s'emparent
de moi! Je trenible, je frissonne. Quels
rayons viennent m'éclairer! L'avenir se dé-
voile à mesyeux. J'entens les bords enchan-
tés de la Seine reteutir de mille concerts
harmonieux. Les Peuples enyvtés de joie &
*Lucain dans sa Pharsile, a lové Nerou,
** Marie Josephe, P. iacesse de Pologue.
JANVIER. 1752.
d'allégresse célébrent à l'envi la bonté des
immortels. Un nouveau Lys va naître sur
nos rives fortunées. Lucine tend déja ses
mains propices à la Princesse adorable qui
le donne à notre amour. Parez- vous,
Apollon, de traits nouveaux & plus bril-
lans. Répandez, mon frere, une lumiere
& plus pure & plus belle. Elle va frapper
pour la premiere fois les yeux charmans
du petit- fils de LOVIS & de MARIN-
Je le vois dans son divin berceau entou-
ré des ris, des jeux & des graces. Vénus
en sa faveur, pardonne à la beauté de sa
rivale, la fille du Roi des Sarmates. * Elle
prodigue à cet enfant gloneux ses caresses.
Le Dieu de Paphos laissant tomber son arc
de ses mains redoutables, l'air sombre &
la tênte baissée, gémit & soupire, Ah! s'é-
crie-t'il, mon Empire est perdu! Je vois
un rival invincible dans cet enfant: il a
mes traits, mes graces: mais ai- je des yeux
comme lui, capables d'enflammer les cieux
& la tetre?
W
Tu souris, Prince illustre: l'Amour ir-
rité s'envole. Ah! quelle différence entre
toi & ceDieu cruel! Que de Sceptres brises!
La sille du Roi des Sarmates, c'est Madame
la Dauphine, qui est fille du Roi de Pologne. Les
Polonois s'appelloient autresois Sarmates.
Aiij
6 MERCUREDEFRANCE.
Que de Cités ravagées ; De combien de
maux & de calamités n est-il point l'Artisan
funeste? Mais que de Trônes soutenus! Que
de Nations sauvées! Que de bonheur & de
prospérité ta main prodigue va répandre
sur l'Univers!
Marchant sur les traces de ton auguste
Ayeul & de son fils, & digne comme eux
du nom si rare de BIEN-AIME, tuembarras-
seras l'Histoire. Clio, destinée à débrouiller
le cahos des Tems, nommera confusément,
dans nos fastes, trois Titus, plus ressemblans
encore par la bonté, la clemence, & par
routes les vertus des grands Rois, que par
le nom flatteur qui les annonce.
Peuples asservis sous un Maître barba-
re, * Grecs infortunés si différens de vos
Peres, fermez vos coeurs à une joye insen-
sée. Des Devins trompeurs brisant fausse-
ment, dans leurs oracles, vos fers & vos
chaînes, planterent nos Lys sut vos tristes
rives. Vaines illusions! Frivoles espéran-
ces ! Les destins propices préparent au
Prince qui vient de naître un bonheur plus
doux & plus sensible: il augmentera celui
de ses peuples.
* Ceitains Entousiastes ont prédit que la Fran-
ce détruiroit l'Empire des Turcs.
30
JANVIER.
1752.
La fille de Jupiter & de Thémis, Astrée
quitte les Cieux; elle vient habiter les
climats heureusemeni sou misà la Loi des
BOURBONS. Dicux! Quels tems me
découvres-tu, sçavant Prothée! L'avarice
expire, la discorde frémit, la pauvreté
s'envole, le fortuné Gaulois n'a de désirs
que pour remplir ceux des autres, de dé-
bats que pour exercer, à l'envi, sa généro-
fité, & de besoins que celui de remerciet
les Dieux de son abondance.
Le Tytan de nos plaisirs, le vil intérêt ne
forge plus de traits dorés pour le Dicu d'A-
mathonte. La tendresse, la constance, le
mystere effacent l'éclat des métaux funestes
qu'une main avare tira des entrailles de la
terre. Les Amans sçauront aimer; ils soupite-
ront pour des charmes toujours nouveaux
& toujours les mêmes, & ils ne s'en vante-
ront qu'à l'objet de leurs flammes.
L'ouvrage divin, dont le Vainqueur
pacisique de Fontenoy a jetté les fonde-
mens, s'acheve. Je vois la paix bâtir de ses
mains tranquilles son empire sur les debris
de celui de Bellone. L'arbre de Minerve
répand de toutes parts ses rameaux ver-
A iiij
LeNOO
9MERCURE DE FRANCE-
doyans. L'ambition, la cruauté & l'injustice
unissent envain leur fureur pour r'ouvrir-
un Templobarbare teint du sang des mortels
dévoués au Dieu des meurtres & du carnage.
Quel spectacle frappe mes yeux ! Je
vois, sous un ciel sercin & tranquille,
mille & mille Laboureurs amasser à l'en-
vi les dons abondans de la blonde Cerés.
La faux du Soldat effréné n'a pas moisson-
né leurs douces espérances. Bien-tôt, au
milieu de leurs chastes épouses & de leurs
enfans chéris, ils vont rroubler agréable-
ment le silence de leurs foyers parsibles,
par des hymnes sacrées que leur inspirora la
piété & la reconnoissance. Le doux Nectat
du fils de Sémelle prête une nouvelle force
à leurs voix saintement fatiguées. Les
Dieux applaudissent eux mêmes à des fêtes
dont ils ont dicté l'appareil.
Tu m'abandonnes, Dieu volage, incons-
tant Prothée. L'avenit se dérobe à mes
yeux. J'apperçois un tems bien différent,
trop présent encore à ma douleur; le pas-
sé funeste, où la Parque m'enleva le mor-
tel vertueux dont l'hymen avoit uni nos
destinées. Hélas! Quel abattement! Quel-
les douleurs! Mais de quels sons généreux-
viens-tu frapper mes oreilles? Je t'entens,
300
JANVIER. 1732.
ombre plaintive: Cesse, dis-tu, de répan-
dre des larmes stériles sur ma cendre: je-
quitte ta tendresse de regrets superflus: ta
Patrie prospére, tout rit à LO uIS: Ses
peuples sont heureux. Ton coeur pourroit-
il encore s'ouvrit à la tristesse:
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18400
p. 185-193
Bethune. [titre d'après la table]
Début :
Aprés un Repas aussi magnifique qu'on l'eût pû faire [...]
Mots clefs :
Béthune, Régiment, Ville, Fort, Lieutenant, Capitaine, Place, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bethune. [titre d'après la table]
Aprés un Repas auffi magnifique
qu'on l'eût pû faire
dans la plus grande &la plus
abondante Ville du Royaume
, ils partirent pour aller
coucher à Bethune. C'eſt
une Place du Pays - Bas dans
186 III . P. du Voyage
l'Artois , affez bien fortifiée.
Elle eſt ſur la petite Riviere
de Biette. Les François la
prirent en 1645. & elle leur
fut cedée en 1659. par leTraité
de la Paix des Pyrenées.
Elle a eu des Seigneurs particuliers
. Robert VII. Seigneur
de Bethune & deTenremonde
, maria Mahaud fa
Fille unique avec Guy de
Dampierre , Comte de Flandres
, dont elle cut Robert
VIII. dit de Bethune , Comte
de Flandres. Le Regiment
de Cavalerie de Chartres qui
eſtoit enGarniſon àBethune,
des Amb. de Siam. 187
fit un détachement pour aller
au devant des Ambafladeurs
, & le refte eſtant demeuré
en bataille ſur la Contreſcarpe,
les falua l'épée à la
main lorſqu'ils pafferent. Mr
de Limbeuf Lieutenant de
Roy de cette Place , les reçut
à la Porte de la Ville. Le
Regiment de Baffigny d'Infanterie
commandé par M
de Chanterene Lieutenant
Colonel, en l'absence de M
le Comte de Mailly qui en
eft Colonel , formoit deux
hayes juſqu'au Château où ils
logerent. M² de Chanter
12
r
Qij
188 III . P. du Voyage
3
rene tenoit la droite du pre
mier rang , & le premier Capitaine
la gauche. LesAmbaſſadeurs
qui en furent
falüez , ainſi que de tous
les autres Capitaines , trouverent
à la porte de leur Logis
une Garde du même Regiment
, avec un Capitaine,
un Lieutenant, un Enſeigne,
& deux Sergens. Auffi-tôt
qu'ils furent arrivez , ils reçûrent
les complimens de la
Ville , & les Prefens ordinaites
. Ils fortirent enfuite à
pied , pour voir le Regiment
que je vous ay dit qui s'eſtoit
e
desAmb. de Siam. 189
mis en bataille fur la Place ,
& demanderent qu'on luy
fiſt faire l'exercice au Tambour
; ce qui fut aufli - tôt
executé. Ils témoignerent
en eſtre fort fatisfaits , & aprés
pluſieurs queſtions qu'ils
firent , ils voulurent ſavoir
de combien d'Hommes ce
Regiment estoit compofé.
Onles fatisfit fur toutes leurs
demandes, & ils loüerent la
propreté de ce Regiment qui
eſtoit fort leſte. Tous lesSoldats
avoient des Chapeaux
neufs , & bordez d'or. Leurs
Bandolieres , Ceinturons , &
190 III. P. du Voyage
cordons de Poires , eſtoient
auffi fort propres ; le tour
garny de force Rubans, couleur
de feu & blancs . Leurs
Epées eſtoient toutes de même
maniere , & tous les Officiers
avoient des Habits fort
riches , & également ornez .
Aprés cela les Ambaſſadeurs
allerent fur les ramparts, dont
ils firent le tour à pied , &
aprés en avoir examiné toutes
les Fortifications , ils rentrerent
au Château où ils eftoient
logez. Ils en fortirent,
quelque temps aprés pour en
faire le tour ſur la Terraffe,
des Amb. de Siam. 191
Σ
r
& admirerent la ſituation de
laVille, qu'ils trouverent trésbelle
& fort à leur gré. M
de Limbeuf alla enfuite prendre
le mot , & ils donnerent
la valeur & la vigilance, parcequ'ils
avoient fceu que M
le Mareſchal de Crequy eftoit
Gouverneur de la Ville ,
& qu'il avoit pris des Places
importantes en commandant
en chef les Armées du Roy ;
ce qui ne ſe peut faire fans
vigilance & fans valeur. Ils
arreſterent le ſoir M de
Chanterene à ſouper, avec le
Capitaine qui commandoit
192 III . P. duVoyage
la Garde devant leur logis.
M de Chanterene fit venir
des Violons qui joüerent
pendant tout le Repas.
Quantité de Dames qui s'y
trouverent , & dont beaucoup
leur parurent belles, en
reçûrent autant de loüanges
que de Fruits & de Confitures
. On leur fit le lendemain
à leur départ les mêmes honneurs
qu'on leur avoit faits à
leur arrivée , & ils fortirent
de la Ville au bruit du Canon
comme ils y estoient entrez,
aprés avoir remercié avec les
termes obligeans qui leur font
des Amb . de Siam. 193
finaturels , M'le Lieutenant
de Roy , & les Officiers des
Troupes.
qu'on l'eût pû faire
dans la plus grande &la plus
abondante Ville du Royaume
, ils partirent pour aller
coucher à Bethune. C'eſt
une Place du Pays - Bas dans
186 III . P. du Voyage
l'Artois , affez bien fortifiée.
Elle eſt ſur la petite Riviere
de Biette. Les François la
prirent en 1645. & elle leur
fut cedée en 1659. par leTraité
de la Paix des Pyrenées.
Elle a eu des Seigneurs particuliers
. Robert VII. Seigneur
de Bethune & deTenremonde
, maria Mahaud fa
Fille unique avec Guy de
Dampierre , Comte de Flandres
, dont elle cut Robert
VIII. dit de Bethune , Comte
de Flandres. Le Regiment
de Cavalerie de Chartres qui
eſtoit enGarniſon àBethune,
des Amb. de Siam. 187
fit un détachement pour aller
au devant des Ambafladeurs
, & le refte eſtant demeuré
en bataille ſur la Contreſcarpe,
les falua l'épée à la
main lorſqu'ils pafferent. Mr
de Limbeuf Lieutenant de
Roy de cette Place , les reçut
à la Porte de la Ville. Le
Regiment de Baffigny d'Infanterie
commandé par M
de Chanterene Lieutenant
Colonel, en l'absence de M
le Comte de Mailly qui en
eft Colonel , formoit deux
hayes juſqu'au Château où ils
logerent. M² de Chanter
12
r
Qij
188 III . P. du Voyage
3
rene tenoit la droite du pre
mier rang , & le premier Capitaine
la gauche. LesAmbaſſadeurs
qui en furent
falüez , ainſi que de tous
les autres Capitaines , trouverent
à la porte de leur Logis
une Garde du même Regiment
, avec un Capitaine,
un Lieutenant, un Enſeigne,
& deux Sergens. Auffi-tôt
qu'ils furent arrivez , ils reçûrent
les complimens de la
Ville , & les Prefens ordinaites
. Ils fortirent enfuite à
pied , pour voir le Regiment
que je vous ay dit qui s'eſtoit
e
desAmb. de Siam. 189
mis en bataille fur la Place ,
& demanderent qu'on luy
fiſt faire l'exercice au Tambour
; ce qui fut aufli - tôt
executé. Ils témoignerent
en eſtre fort fatisfaits , & aprés
pluſieurs queſtions qu'ils
firent , ils voulurent ſavoir
de combien d'Hommes ce
Regiment estoit compofé.
Onles fatisfit fur toutes leurs
demandes, & ils loüerent la
propreté de ce Regiment qui
eſtoit fort leſte. Tous lesSoldats
avoient des Chapeaux
neufs , & bordez d'or. Leurs
Bandolieres , Ceinturons , &
190 III. P. du Voyage
cordons de Poires , eſtoient
auffi fort propres ; le tour
garny de force Rubans, couleur
de feu & blancs . Leurs
Epées eſtoient toutes de même
maniere , & tous les Officiers
avoient des Habits fort
riches , & également ornez .
Aprés cela les Ambaſſadeurs
allerent fur les ramparts, dont
ils firent le tour à pied , &
aprés en avoir examiné toutes
les Fortifications , ils rentrerent
au Château où ils eftoient
logez. Ils en fortirent,
quelque temps aprés pour en
faire le tour ſur la Terraffe,
des Amb. de Siam. 191
Σ
r
& admirerent la ſituation de
laVille, qu'ils trouverent trésbelle
& fort à leur gré. M
de Limbeuf alla enfuite prendre
le mot , & ils donnerent
la valeur & la vigilance, parcequ'ils
avoient fceu que M
le Mareſchal de Crequy eftoit
Gouverneur de la Ville ,
& qu'il avoit pris des Places
importantes en commandant
en chef les Armées du Roy ;
ce qui ne ſe peut faire fans
vigilance & fans valeur. Ils
arreſterent le ſoir M de
Chanterene à ſouper, avec le
Capitaine qui commandoit
192 III . P. duVoyage
la Garde devant leur logis.
M de Chanterene fit venir
des Violons qui joüerent
pendant tout le Repas.
Quantité de Dames qui s'y
trouverent , & dont beaucoup
leur parurent belles, en
reçûrent autant de loüanges
que de Fruits & de Confitures
. On leur fit le lendemain
à leur départ les mêmes honneurs
qu'on leur avoit faits à
leur arrivée , & ils fortirent
de la Ville au bruit du Canon
comme ils y estoient entrez,
aprés avoir remercié avec les
termes obligeans qui leur font
des Amb . de Siam. 193
finaturels , M'le Lieutenant
de Roy , & les Officiers des
Troupes.
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Résumé : Bethune. [titre d'après la table]
Après un repas somptueux, les ambassadeurs se rendirent à Béthune, une ville fortifiée de l'Artois située sur la rivière de Biette. Les Français s'emparèrent de Béthune en 1645 et elle leur fut cédée en 1659 par le traité des Pyrénées. La ville eut des seigneurs particuliers, dont Robert VII de Béthune, qui maria sa fille unique à Guy de Dampierre, Comte de Flandres. À leur arrivée, les ambassadeurs furent accueillis par le régiment de cavalerie de Chartres et le régiment d'infanterie de Bassigny, commandé par M. de Chanterene. Ils furent logés au château et reçurent des honneurs militaires, incluant une démonstration de l'exercice du régiment. Les ambassadeurs admirèrent la propreté et la discipline des soldats, ainsi que la richesse de leurs uniformes. Ils visitèrent également les fortifications de la ville et apprécièrent sa situation. Le soir, ils invitèrent M. de Chanterene et le capitaine de la garde à souper, accompagné de musique et de la présence de nombreuses dames. Le lendemain, ils quittèrent Béthune avec les mêmes honneurs qu'à leur arrivée, remerciant les officiers des troupes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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