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151
p. 206-208
MARIAGES.
Début :
Messire René-Antoine de Raity de Villeneuve, Marquis de Vitré, Capitaine de Cavalerie au Régiment [...]
Mots clefs :
Marquis, Capitaine, Ordre, Demoiselle, Comte, Chevalier, Comtesse, Marquise , Maison de Melun
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Methre René - Antoine de Raity de Villeneuve,
Marquis de Vitré , Capitaine de Cavaletie au Ré
gment de Fumel , Chevalier de l'Ordre Militaire
de Saint Louis fils de fea Mellite Antoine'
de Raity de Villeneuve, Marquis de Trans , &
de Marie-Anne-Therefe de Caftellane ; a épouJUILLET.
1760. 207
fé le quatre de Mai , a Angoulême , Demoiſelle
Renée - Marguerite d'Allogny , fille de Meffire
Thomas d'Allogny , Marquis d'Allogny , & de
feue Marguerite le Berthon.
-L'on ne donne pomt de généalogie de ces deux
grandes & anciennes Mailons. On les trouvera
dans l'Ordre de Malthe, & les grands Officiers
de la Couronne.
> Louis , Marquis de Melun Comte de Nogent
, fils de feu Armand , Comte de Melun ,'
Gouverneur du Fort de Sainte Croix de Bordeaux
, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & de Marie - Françoiſe de Saint Si
mon Rouvroy , veuf d'Henriette- Emilie de Bautru
, Comteffe de Nogent le Roi ; a été marié
lę 28 Avril dernier , dans l'Eglife de Saint Sulpice
de Paris , avec Angelique - Geneviève de
Guiry - Chaumont , fille de Jean - Baptifte René ,
Comte de Guiry , Maréchal des Camps & Ar
mées du Roi , & d'Angelique - Marguerite de Pitard
d'Ivry.
Voyez le deuxième volume du Mercure dé
Juin 1743. où eft rapporté l'article du mariage .
du Marquis de Melun , avec la Comtelle de
Nogent ; & celui de Janvier 1798 , où eft l'article
de fa mort .
La nouvelle Marquife de Melun eft d'une des
plus anciennes & illuftres maifons du Vexin François.
L'aîné de fa maifon , eft Maréchal héréditane
du Vexin. Il eft en poffeffion de ce titre ,
dès l'an 1475 , fuivant les actes de ce temps ;
& autres jufques à nos jours.
Cette Mailon avoit fait don , précédemment , de
la cinquième partie de fa terre de Guiry , à l'Ab- 7
baye de Notre Dame du Tréfor, Ordre de Citeaux™
dans le Vexin Normand , en 1243. Ce don fut
208 MERCURE DE FRANCE
1
confirmé par la Reine Blanche & par le Rof
Saint Louis , par Lettres données à Vincennes erc
Juillet 1245. Les Religieufes s'engagerent , pir
Use tranfaction , de recevoir en reconnoiffance
de cette donation , dans leur Abbaye , fans
dot & à perpétuité une Demoiſelle de la maifon
de Guiry , defcendante en ligne directe der
mâle en mále. Elle jouit toujours de ce privi
lége.
Cette Maiſon a donné à l'Etat , deux grands
Veneurs de France en 700 , & 820 , un grand
Chambellan en 883 , un Evêque de Lifieux en
900 , un chef de la Légion de Normandie , en
912 , puis Lieutenant Général de Richard- fanspeur
, Duc de Normandie en 954 , un Seigneur
de Guiry , ancêtre de la Marquise de Melun
qui fue choifi & donné en ôtage pour la Per
fonne du Roi Jean , après la bataille de Poitiers
deux Lieutenants Généraux du pays d'Aunis
Ville & Gouvernement de la Rochelle , Meftress
de Camp de Cavalerie pere & fils.
Cette maifon de Guiry , deſcend de Philippes
de Guiry , qui époufa en 1755 , Marguerite de
Dreux , fille de François de Dreux , Seigneur de
Morainville , lequel avoit pour dixiéme ayeul le
Roi Louis-le-Gros.
-Les deux freres de la Marquife de Melun ,
Capitaines de Carabiniers , Chevaliers de Saint
Louis , ont été tués , l'aîné à la bataille de Fontenoi
, & l'autre à celle de Laufeld .
Methre René - Antoine de Raity de Villeneuve,
Marquis de Vitré , Capitaine de Cavaletie au Ré
gment de Fumel , Chevalier de l'Ordre Militaire
de Saint Louis fils de fea Mellite Antoine'
de Raity de Villeneuve, Marquis de Trans , &
de Marie-Anne-Therefe de Caftellane ; a épouJUILLET.
1760. 207
fé le quatre de Mai , a Angoulême , Demoiſelle
Renée - Marguerite d'Allogny , fille de Meffire
Thomas d'Allogny , Marquis d'Allogny , & de
feue Marguerite le Berthon.
-L'on ne donne pomt de généalogie de ces deux
grandes & anciennes Mailons. On les trouvera
dans l'Ordre de Malthe, & les grands Officiers
de la Couronne.
> Louis , Marquis de Melun Comte de Nogent
, fils de feu Armand , Comte de Melun ,'
Gouverneur du Fort de Sainte Croix de Bordeaux
, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & de Marie - Françoiſe de Saint Si
mon Rouvroy , veuf d'Henriette- Emilie de Bautru
, Comteffe de Nogent le Roi ; a été marié
lę 28 Avril dernier , dans l'Eglife de Saint Sulpice
de Paris , avec Angelique - Geneviève de
Guiry - Chaumont , fille de Jean - Baptifte René ,
Comte de Guiry , Maréchal des Camps & Ar
mées du Roi , & d'Angelique - Marguerite de Pitard
d'Ivry.
Voyez le deuxième volume du Mercure dé
Juin 1743. où eft rapporté l'article du mariage .
du Marquis de Melun , avec la Comtelle de
Nogent ; & celui de Janvier 1798 , où eft l'article
de fa mort .
La nouvelle Marquife de Melun eft d'une des
plus anciennes & illuftres maifons du Vexin François.
L'aîné de fa maifon , eft Maréchal héréditane
du Vexin. Il eft en poffeffion de ce titre ,
dès l'an 1475 , fuivant les actes de ce temps ;
& autres jufques à nos jours.
Cette Mailon avoit fait don , précédemment , de
la cinquième partie de fa terre de Guiry , à l'Ab- 7
baye de Notre Dame du Tréfor, Ordre de Citeaux™
dans le Vexin Normand , en 1243. Ce don fut
208 MERCURE DE FRANCE
1
confirmé par la Reine Blanche & par le Rof
Saint Louis , par Lettres données à Vincennes erc
Juillet 1245. Les Religieufes s'engagerent , pir
Use tranfaction , de recevoir en reconnoiffance
de cette donation , dans leur Abbaye , fans
dot & à perpétuité une Demoiſelle de la maifon
de Guiry , defcendante en ligne directe der
mâle en mále. Elle jouit toujours de ce privi
lége.
Cette Maiſon a donné à l'Etat , deux grands
Veneurs de France en 700 , & 820 , un grand
Chambellan en 883 , un Evêque de Lifieux en
900 , un chef de la Légion de Normandie , en
912 , puis Lieutenant Général de Richard- fanspeur
, Duc de Normandie en 954 , un Seigneur
de Guiry , ancêtre de la Marquise de Melun
qui fue choifi & donné en ôtage pour la Per
fonne du Roi Jean , après la bataille de Poitiers
deux Lieutenants Généraux du pays d'Aunis
Ville & Gouvernement de la Rochelle , Meftress
de Camp de Cavalerie pere & fils.
Cette maifon de Guiry , deſcend de Philippes
de Guiry , qui époufa en 1755 , Marguerite de
Dreux , fille de François de Dreux , Seigneur de
Morainville , lequel avoit pour dixiéme ayeul le
Roi Louis-le-Gros.
-Les deux freres de la Marquife de Melun ,
Capitaines de Carabiniers , Chevaliers de Saint
Louis , ont été tués , l'aîné à la bataille de Fontenoi
, & l'autre à celle de Laufeld .
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Résumé : MARIAGES.
En 1760, deux mariages aristocratiques français notables ont eu lieu. Le premier fut celui de René-Antoine de Raity de Villeneuve, Marquis de Vitré, avec Renée-Marguerite d'Allogny, fille de Thomas d'Allogny, Marquis d'Allogny. Les généalogies de ces familles peuvent être consultées dans l'Ordre de Malthe et les grands Officiers de la Couronne. Le second mariage concerna Louis, Marquis de Melun et Comte de Nogent, fils d'Armand, Comte de Melun, et de Marie-Françoise de Saint Simon Rouvroy. Louis était veuf d'Henriette-Émilie de Bautru, Comtesse de Nogent le Roi. La cérémonie eut lieu le 28 avril à l'église Saint-Sulpice de Paris. La nouvelle Marquise de Melun, Angélique-Geneviève de Guiry-Chaumont, appartient à une des plus anciennes et illustres maisons du Vexin Français, détentrice du titre héréditaire de Maréchal du Vexin depuis 1475. La maison de Guiry a fait don d'une partie de sa terre de Guiry à l'abbaye de Notre Dame du Tréport en 1243, don confirmé par la Reine Blanche et Saint Louis en 1245. La famille a fourni à l'État plusieurs personnalités notables, dont des Veneurs de France, un Chambellan, un Évêque de Lisieux, et des Lieutenants Généraux. La Marquise descend de Philippe de Guiry, qui épousa Marguerite de Dreux en 1755. Ses deux frères, Capitaines de Carabiniers et Chevaliers de Saint Louis, furent tués respectivement aux batailles de Fontenoy et de Laufeld.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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152
p. 208-213
MORTS.
Début :
Messire Jean de Pujol, Brigadier des Armées du Roi, est mort le 30 Mai dernier [...]
Mots clefs :
Messire, Brigadier, Héritier, Maison de Buissy, Seigneur, Décès, Chevalier, Dame, Marquis, Comte, Duc
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Meffire Jean de Pujol , Brigadier des Armées
du Roi , eft mort le 30 Mai dernier au Château de
La Grave en Albigeois , dans la 83 ° année de fon
JUILLET. 17600. 200
age ; fans avoir pris d'alliance . Il'a fait ſon héritier
Meffire Pierre- Louis-Jacques de Pujol , Baron de
la Grave , Capitaine de Cavalerie au Régiment de
Royal-Piémont , fon arriere-petit- neveu Breton
M. de Pujol avoit mérité, par des fervites diftin
gués, des penfions confidérables,
-Le ſeize du mois de Mai dernier , mourut au
Château de Magreville,près Anvers , Marie Conftance
de Buiffy.
Elle étoit de l'ancienne Maifon de Builly , connue
en Arrois dès le commencement du douzième
frécle. On voit encore dans l'Abbaye de S. Aubert
en Flandres une chartre de l'an 1178, par laquelle
on prouve , que Hagues , fils de Thiebault de
Buifly fit plufieurs donations confidérables a cette
Abbaye. It s'y voit encore un autre Acte de donation
fait par un autre Thiebault de Buifly, en
Pan 1262. *
Les premiers qui foient connus,par une filiation
faivie , appuyée fur des actes authentiques , & done
les trois branches de ce nom actuellement exiftanres
en Picardie, prouvent leur defcendance , font :
• Premierement , Jean de Buiffy , premier du
nom , Ecuyer , Seigneur de Villers- Broulin , de
Villerelle , & de Noullette qui vivoit en 1380 ; il"
époufa Saincte de Gribauvalle. Il eut de ce ma
riage Jean fecond du nom , Seigneur defdites'
terres , qui prit pour femme Catherine de Mailly
en 1414.
Antoine, premier du nom, leur fils Ecuyer Seigheur
de Villers- Broulin & de Noulette , fur
marié en premieres noces à Catherine de Lieftre ,
dont il n'eut point d'enfans ; & en fecondes nôces,
à Marie du Lonvault, en 1459.
Hiftoire Généalogique des Pays- Bas , ou Hiftoire de
Cambrai & du Cambrefis. Par Jean Charpentier , pagy
178 & 38. Imprimé à Leyde , en 1664
I
218 MERCURE DE FRANCE.
Jean , troifiéme du nom , Ecuyer , Seigneur de
Villers Broulin & de Noulette,fils aîné d'Antoine
épo faJeanne de la Rivierre en 1479.Dont Jacques,
Philippe , François & Pierre , Auteurs de la branche
établie en l'icardie , rapportée après celle des
ainés.
Jacques ,de Bully , premier du nom, époufa
Francode d'Erces.
Thilippe ,fut allié avec Catherine de Poix.
*
Frans Builly , I'd non , époufa en premieres
noe Catherine de Boufflers , en fecondes,
Claire All Lis eurent pour enfans François de
Builly fecond du nom , Ecuyer Seigneur de
Noulette , mort fans alliance. En lui finit cette
bran , he,
Mariede Buifly,fa focur , Dame & héritiere de
Noulette, fur mariée avec laques de Brias , Chevalier
Seigneur de Brias, Gouverneur & Capitaine
de Marienbourg. Elle mourur, fans pofténté.
I
latelle de Bly , fa lceu & héritie e , époufa
Char es de Bonnieres , Chevalier Seigneur de
Souaftres , Comte de Guilnes , Gouverneur &,
Grand Bill de S. Omer . Par cetre alliance , les
te res de Villers Breulin & de Noulette fortirent
de la branche mafculine .
Pierre de Builly , premier du nom , Ecuyer ,
quatrieme fils de Jean de Buity , troifiéme du
nom , & de Janne de la Rivierre , eut pour femme
Agnette de Caullins.
De Cade de Buifly , fecond du nom , Chevalier
Seigneur Dumefnil Yvrench * , qui époufa
Marie- Marguerite l'Herminier , defcendante au
fixiéme degré dudit Pierre , premier du nom
& d'Aguette de Caullins , font fotti les trois
branches qui fubfiftent aujourd'hui .
Ces Terres font fituées dans le Comté de Ponthieu
en Picardie,
JUILLET. 1760 .
21
Pierre de Builly , fecond du nom , Chevalier
auffi Seigneur Dumefnil Yvrench , aîné par la
mort de fon frere , a formé la premiere bran
che. Il époufa , le 8 Juillet 1688 , Marie- Marguerite
Leblond d'Acqueft. De ce mariage font
nés Pierre- Paul de Builly , Prêtre Religieux de
Clugny , Prieur de Saint Gelais & de Saint Brilfon
, Vicaire général de l'Abbé de Clagny,
Trois autres fils morts fans pofterité , & trois
filles Religieufes .
François Jofeph de Buiffy , Chevalier Seigneur
Dumefnil Yvrench d'Acqueit &c. cinquiéme filsh
devenu aîné, fut marié le 27 Avril 1717 , à Ma
rie Marguerite Marthe le Bel d'Huchennevilleg
Dame de la Vicomté Dumefnil ; de laquelle il
eur 1 ° , un fils mort en bas âge , 1 °. Paul François
de Builly , Vicomte Dumefnil , Moufquetairer
Roi , né en 1731 , 3 ° . & 4º. Claude, Che
valier de Buiffy , Seigneur de Tacerville , Capi→
taine au Régiment de Lorraine , & Honoré Abbé
de Builly , Grand-Vicaire de Lombez , tous,
deux jumeaux nés en 1732.
Les tilles font , Marie- Marguerite- Marthe de
Builly , née en 1728 , & mariée en 1752 , à
Marc Antoine de Carpentier , Chevalier Seigneur
de Neuville Gapenne & autres lieux , Capitaine
au Régiment de Lorraine Infanterie , & Marie-
Thérele de Builly , dite Mademoifelle de Beal
court , morte fans avoir été mariée.
La feconde branche eut pour Chef Honoré de
Buifly , Chevalier Seigneur dudit Lieu , Châtelain
de Long , Seigneur , Fondateur & Patron de l'Eglife
Collégiale de Longprez aux Corps Saints,fe
cond fils de Claude de Buiffy , fecond du nom ,
Chevalier Seigneur Dumefnil Yvrench , & de
Marie- Marguerite l'Herminier. Il prit pour fem
me , l'an 1692 , Marie-Marguerite Fuzelier. De
112 MERCURE DE FRANCE
cè mariage, naquirent Honoré- Charles, qui faits
Jacques , Prêtre , Chanoine de la Cathédrale &
Grand-Vicaire de l'Evêque d'Arras, N *** de Buif
fy, Moufquetaire du Roi, & plufieurs filles mortes
fans être mariées.
: Honoré-Charles de Buiffy, Chevalier Châtelainde-
Long , Seigneur , fondateur & Patron de l'Eglife
Collégiale de Longprez , aux Corps Saints
&c. &c. &c. époufa , le 20 Février 1733 , The
refe - Genevieve Ravot-d'Ombreval. De ce mariage
font nés plufieurs garçons , morts en bas
age . Il ne refte que Pierre de Buiffy , troifiéme
du nom , Chevalier Seigneur de Longprez , né
en 1737 , reçu Chevaux - Léger de la Garde du
Roi en 1758 , & Officier au Régiment des Gar
des Françoiſes en 1759', & trois filles.
-L'Auteur de la troifiéme branche , eft Claude
Jofeph de Builly , Chevalier Seigneur de Moromainil,
Fontaine-lez-fec &c. troifiéme fils de
Claude de Builly. Il eut de fon mariage avec
Françoife de la. Caille , Pierre - Joſeph de Buiffy
qui fuit , & Françoife - Marguerite - Félicité de
Buiffy , Demoifelle de Ponthoille , morte fans être
mariée.
Pierre-Jofeph, épouſa Marie-Elizabeth Fuzelier.
Il eut de ce mariage quatre garçons & trois
Billes.
Les armes font d'argent , à la face de gueule ,
chargée de trois boucles d'or. Le cris d'armes , attente
nuit Buiffy. ・・
Dame Françoife Elizabeth de Rouxel de Gran
cey , veuve de Mellire Gabriel - Etienne - Louis
de Texier , Marquis d'Hautefeuille , Lieutenant
Général des Armées du Roi , & Meltre de Camp
Général des Dragons , mourut en cette Ville , le
Mai , dans la 88 année de fon âge.
JUILLET. 1760. 273
Therefe de Ligneville , fille de Jean-Jacques ,
Marquis de Ligneville , Comte du Saint Empire ,
& de Dame Soreau , eft morte à Marly , âgée
de 24 ans.
Claude-François de Narbonne- Peler , Evêque
de Leictour , eit mort dans fon Diocèfe , le 14
Mai , âgé de 68 ans.
Jeanne-Elizabeth , Douairiere de Chriſtian - Augufte
, Prince d'Anhalt - Zerbft , foeur du Roi de
Suéde , & mere de la grande Ducheſſe de Ruſ
fie , eft morte le 30 du mois dernier dans cette
Ville , où elle s'étoit retirée depuis deux ans , à
l'occafion des troubles qui regnent en Allemagne.
Cette Princeffe étoit dans fa 48º . année. Son
corps fera tranfporté en Allemagne , pour y
être inhumé dans le tombeau de la maifon d'Anhalt-
Zerbft.
Meffire Louis - Gabriel le Preftre , Marquis de
Vauban , Brigadier des Armées du Roi , mou
Fut le 22 du mois dernier , dans fon Châteam
de Vauban , âgé de 55 ans,
Meffire Jean de Pujol , Brigadier des Armées
du Roi , eft mort le 30 Mai dernier au Château de
La Grave en Albigeois , dans la 83 ° année de fon
JUILLET. 17600. 200
age ; fans avoir pris d'alliance . Il'a fait ſon héritier
Meffire Pierre- Louis-Jacques de Pujol , Baron de
la Grave , Capitaine de Cavalerie au Régiment de
Royal-Piémont , fon arriere-petit- neveu Breton
M. de Pujol avoit mérité, par des fervites diftin
gués, des penfions confidérables,
-Le ſeize du mois de Mai dernier , mourut au
Château de Magreville,près Anvers , Marie Conftance
de Buiffy.
Elle étoit de l'ancienne Maifon de Builly , connue
en Arrois dès le commencement du douzième
frécle. On voit encore dans l'Abbaye de S. Aubert
en Flandres une chartre de l'an 1178, par laquelle
on prouve , que Hagues , fils de Thiebault de
Buifly fit plufieurs donations confidérables a cette
Abbaye. It s'y voit encore un autre Acte de donation
fait par un autre Thiebault de Buifly, en
Pan 1262. *
Les premiers qui foient connus,par une filiation
faivie , appuyée fur des actes authentiques , & done
les trois branches de ce nom actuellement exiftanres
en Picardie, prouvent leur defcendance , font :
• Premierement , Jean de Buiffy , premier du
nom , Ecuyer , Seigneur de Villers- Broulin , de
Villerelle , & de Noullette qui vivoit en 1380 ; il"
époufa Saincte de Gribauvalle. Il eut de ce ma
riage Jean fecond du nom , Seigneur defdites'
terres , qui prit pour femme Catherine de Mailly
en 1414.
Antoine, premier du nom, leur fils Ecuyer Seigheur
de Villers- Broulin & de Noulette , fur
marié en premieres noces à Catherine de Lieftre ,
dont il n'eut point d'enfans ; & en fecondes nôces,
à Marie du Lonvault, en 1459.
Hiftoire Généalogique des Pays- Bas , ou Hiftoire de
Cambrai & du Cambrefis. Par Jean Charpentier , pagy
178 & 38. Imprimé à Leyde , en 1664
I
218 MERCURE DE FRANCE.
Jean , troifiéme du nom , Ecuyer , Seigneur de
Villers Broulin & de Noulette,fils aîné d'Antoine
épo faJeanne de la Rivierre en 1479.Dont Jacques,
Philippe , François & Pierre , Auteurs de la branche
établie en l'icardie , rapportée après celle des
ainés.
Jacques ,de Bully , premier du nom, époufa
Francode d'Erces.
Thilippe ,fut allié avec Catherine de Poix.
*
Frans Builly , I'd non , époufa en premieres
noe Catherine de Boufflers , en fecondes,
Claire All Lis eurent pour enfans François de
Builly fecond du nom , Ecuyer Seigneur de
Noulette , mort fans alliance. En lui finit cette
bran , he,
Mariede Buifly,fa focur , Dame & héritiere de
Noulette, fur mariée avec laques de Brias , Chevalier
Seigneur de Brias, Gouverneur & Capitaine
de Marienbourg. Elle mourur, fans pofténté.
I
latelle de Bly , fa lceu & héritie e , époufa
Char es de Bonnieres , Chevalier Seigneur de
Souaftres , Comte de Guilnes , Gouverneur &,
Grand Bill de S. Omer . Par cetre alliance , les
te res de Villers Breulin & de Noulette fortirent
de la branche mafculine .
Pierre de Builly , premier du nom , Ecuyer ,
quatrieme fils de Jean de Buity , troifiéme du
nom , & de Janne de la Rivierre , eut pour femme
Agnette de Caullins.
De Cade de Buifly , fecond du nom , Chevalier
Seigneur Dumefnil Yvrench * , qui époufa
Marie- Marguerite l'Herminier , defcendante au
fixiéme degré dudit Pierre , premier du nom
& d'Aguette de Caullins , font fotti les trois
branches qui fubfiftent aujourd'hui .
Ces Terres font fituées dans le Comté de Ponthieu
en Picardie,
JUILLET. 1760 .
21
Pierre de Builly , fecond du nom , Chevalier
auffi Seigneur Dumefnil Yvrench , aîné par la
mort de fon frere , a formé la premiere bran
che. Il époufa , le 8 Juillet 1688 , Marie- Marguerite
Leblond d'Acqueft. De ce mariage font
nés Pierre- Paul de Builly , Prêtre Religieux de
Clugny , Prieur de Saint Gelais & de Saint Brilfon
, Vicaire général de l'Abbé de Clagny,
Trois autres fils morts fans pofterité , & trois
filles Religieufes .
François Jofeph de Buiffy , Chevalier Seigneur
Dumefnil Yvrench d'Acqueit &c. cinquiéme filsh
devenu aîné, fut marié le 27 Avril 1717 , à Ma
rie Marguerite Marthe le Bel d'Huchennevilleg
Dame de la Vicomté Dumefnil ; de laquelle il
eur 1 ° , un fils mort en bas âge , 1 °. Paul François
de Builly , Vicomte Dumefnil , Moufquetairer
Roi , né en 1731 , 3 ° . & 4º. Claude, Che
valier de Buiffy , Seigneur de Tacerville , Capi→
taine au Régiment de Lorraine , & Honoré Abbé
de Builly , Grand-Vicaire de Lombez , tous,
deux jumeaux nés en 1732.
Les tilles font , Marie- Marguerite- Marthe de
Builly , née en 1728 , & mariée en 1752 , à
Marc Antoine de Carpentier , Chevalier Seigneur
de Neuville Gapenne & autres lieux , Capitaine
au Régiment de Lorraine Infanterie , & Marie-
Thérele de Builly , dite Mademoifelle de Beal
court , morte fans avoir été mariée.
La feconde branche eut pour Chef Honoré de
Buifly , Chevalier Seigneur dudit Lieu , Châtelain
de Long , Seigneur , Fondateur & Patron de l'Eglife
Collégiale de Longprez aux Corps Saints,fe
cond fils de Claude de Buiffy , fecond du nom ,
Chevalier Seigneur Dumefnil Yvrench , & de
Marie- Marguerite l'Herminier. Il prit pour fem
me , l'an 1692 , Marie-Marguerite Fuzelier. De
112 MERCURE DE FRANCE
cè mariage, naquirent Honoré- Charles, qui faits
Jacques , Prêtre , Chanoine de la Cathédrale &
Grand-Vicaire de l'Evêque d'Arras, N *** de Buif
fy, Moufquetaire du Roi, & plufieurs filles mortes
fans être mariées.
: Honoré-Charles de Buiffy, Chevalier Châtelainde-
Long , Seigneur , fondateur & Patron de l'Eglife
Collégiale de Longprez , aux Corps Saints
&c. &c. &c. époufa , le 20 Février 1733 , The
refe - Genevieve Ravot-d'Ombreval. De ce mariage
font nés plufieurs garçons , morts en bas
age . Il ne refte que Pierre de Buiffy , troifiéme
du nom , Chevalier Seigneur de Longprez , né
en 1737 , reçu Chevaux - Léger de la Garde du
Roi en 1758 , & Officier au Régiment des Gar
des Françoiſes en 1759', & trois filles.
-L'Auteur de la troifiéme branche , eft Claude
Jofeph de Builly , Chevalier Seigneur de Moromainil,
Fontaine-lez-fec &c. troifiéme fils de
Claude de Builly. Il eut de fon mariage avec
Françoife de la. Caille , Pierre - Joſeph de Buiffy
qui fuit , & Françoife - Marguerite - Félicité de
Buiffy , Demoifelle de Ponthoille , morte fans être
mariée.
Pierre-Jofeph, épouſa Marie-Elizabeth Fuzelier.
Il eut de ce mariage quatre garçons & trois
Billes.
Les armes font d'argent , à la face de gueule ,
chargée de trois boucles d'or. Le cris d'armes , attente
nuit Buiffy. ・・
Dame Françoife Elizabeth de Rouxel de Gran
cey , veuve de Mellire Gabriel - Etienne - Louis
de Texier , Marquis d'Hautefeuille , Lieutenant
Général des Armées du Roi , & Meltre de Camp
Général des Dragons , mourut en cette Ville , le
Mai , dans la 88 année de fon âge.
JUILLET. 1760. 273
Therefe de Ligneville , fille de Jean-Jacques ,
Marquis de Ligneville , Comte du Saint Empire ,
& de Dame Soreau , eft morte à Marly , âgée
de 24 ans.
Claude-François de Narbonne- Peler , Evêque
de Leictour , eit mort dans fon Diocèfe , le 14
Mai , âgé de 68 ans.
Jeanne-Elizabeth , Douairiere de Chriſtian - Augufte
, Prince d'Anhalt - Zerbft , foeur du Roi de
Suéde , & mere de la grande Ducheſſe de Ruſ
fie , eft morte le 30 du mois dernier dans cette
Ville , où elle s'étoit retirée depuis deux ans , à
l'occafion des troubles qui regnent en Allemagne.
Cette Princeffe étoit dans fa 48º . année. Son
corps fera tranfporté en Allemagne , pour y
être inhumé dans le tombeau de la maifon d'Anhalt-
Zerbft.
Meffire Louis - Gabriel le Preftre , Marquis de
Vauban , Brigadier des Armées du Roi , mou
Fut le 22 du mois dernier , dans fon Châteam
de Vauban , âgé de 55 ans,
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Résumé : MORTS.
En mai et juin 1760, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Jean de Pujol, Brigadier des Armées du Roi, est décédé le 30 mai à l'âge de 83 ans au Château de La Grave en Albigeois. Il a désigné comme héritier Pierre-Louis-Jacques de Pujol, Baron de la Grave, Capitaine de Cavalerie au Régiment de Royal-Piémont. Marie Constance de Buissy est morte le 16 mai au Château de Magreville près d'Anvers. Elle appartenait à l'ancienne Maison de Builly, une famille connue en Artois dès le douzième siècle. Le texte mentionne également plusieurs autres décès, notamment ceux de Dame Françoise Élisabeth de Rouxel de Grancy, veuve du Marquis d'Hautefeuille, Thérèse de Ligneville, Claude-François de Narbonne-Péler, Évêque de Lecoustre, et Jeanne-Élisabeth, Douairière de Christian-Auguste, Prince d'Anhalt-Zerbst. Louis-Gabriel Le Prestre, Marquis de Vauban, Brigadier des Armées du Roi, est décédé le 22 mai dans son château. Sébastien Le Prestre de Vauban, né en 1633, était un ingénieur militaire et architecte français célèbre pour ses fortifications et ses contributions à l'art de la guerre. Il a servi sous Louis XIV et a joué un rôle crucial dans la modernisation des défenses françaises. Ses travaux incluent la construction de citadelles et de remparts, ainsi que des innovations en matière de siège et de défense. Vauban est également connu pour ses écrits sur les fortifications et la stratégie militaire, qui ont influencé les pratiques militaires en Europe.
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153
p. 196
De ROME, le 19 Juin.
Début :
La santé du Chevalier de S. Georges s'affermit de jour en jour. [...]
Mots clefs :
Santé, Chevalier, Amélioration, Congrégation, Pape, Édit, République de Gênes, Sénat, Tensions
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 19 Juin.
De ROME , le 19 Juin.
La fanté du Chevalier de S , Georges s'affer
mit de jour en jour . Il s'eft trouvé le 21 du mois
dernier , en état de fe lever & de manger en Public
. On a reffenti le 26 à Mezzo , petite Ville de
la République de Ragufe , une fecouffe de tremblement
de terre ; elle a duré quatre minutes ,
mais elle a caufé peu de dommage .
Il fe tint , les de ce mois , en préſence de Sa
Sainteté , une Congrégation , dans laquelle il fut
réfolu d'annuller le fecond Edit de la République
de Gênes. On efpére cependant que , moyennant
les bons offices de quelques Puiffances
démêlé , avec cette République , ne tardera pas à
s'arranger. Le Sénat de Gênes paroit fe difpofer
à faire , à la Lettre exhortatoire du Pape , une ré
ponſe propre à concilier les efprits.
La fanté du Chevalier de S , Georges s'affer
mit de jour en jour . Il s'eft trouvé le 21 du mois
dernier , en état de fe lever & de manger en Public
. On a reffenti le 26 à Mezzo , petite Ville de
la République de Ragufe , une fecouffe de tremblement
de terre ; elle a duré quatre minutes ,
mais elle a caufé peu de dommage .
Il fe tint , les de ce mois , en préſence de Sa
Sainteté , une Congrégation , dans laquelle il fut
réfolu d'annuller le fecond Edit de la République
de Gênes. On efpére cependant que , moyennant
les bons offices de quelques Puiffances
démêlé , avec cette République , ne tardera pas à
s'arranger. Le Sénat de Gênes paroit fe difpofer
à faire , à la Lettre exhortatoire du Pape , une ré
ponſe propre à concilier les efprits.
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Résumé : De ROME, le 19 Juin.
Le 19 juin, la santé du Chevalier de S. Georges s'améliore à Rome. Le 21 mai, il s'est levé et a mangé en public. Le 26 mai, un tremblement de terre a été ressenti à Mezzo, causant peu de dommages. Le 1er juin, une congrégation a annulé un édit de la République de Gênes, espérant un accord rapide grâce à l'intervention de puissances. Le Sénat de Gênes est prêt à répondre favorablement au Pape.
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154
p. 193
De ROME, le 22 Juin.
Début :
Le Chevalier de S. George est parfaitement rétabli. Un de ses [...]
Mots clefs :
Chevalier, Rétablissement de la santé, Gentilshommes, Maladie
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 22 Juin.
De ROME , le 22 Juin.
Le Chevalier de S. George eft parfaitement
rétabli. Un de fes Gentilshommes , a remercié de
La part le facré Collége , de l'intérêt qu'il a pris
à fa maladie.
Le Chevalier de S. George eft parfaitement
rétabli. Un de fes Gentilshommes , a remercié de
La part le facré Collége , de l'intérêt qu'il a pris
à fa maladie.
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155
p. 210-212
De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
Début :
Nous avons appris que le Corps de troupes qui avoit été laissé aux ordres [...]
Mots clefs :
Troupes, Baron, Maréchal, Prince héréditaire, Colonel, Prince Ferdinand , Comte, Ennemis, Canons, Munitions, Maréchal de Broglie, Chevalier, Armée, Perte, Lieutenant, Attaque, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de
Broglie , le 6 Août .
Nos avons appris que le Corps de troupes
qui avoit été laifié aux ordres du Baron de Glaubitz
, Maréchal de Camp , pour couvrir Marbourg,
& qui avoit eu ordre de ſe porter
Embsdorff für le chemin de Treyla , a été furpris
, le 16 du mois dernier , par un Corps fort
fupérieur , commandé par le Prince héréditaire
de Brunswick , & que le fieur de Glaubitz a été
fait prifonnier avec une partie des troupes qu'il
commandoit. Le Comte d'Helfenberg , Colonel
du Régiment de fon nom , a été fait prifonnier.
Le Château de Dillenbourg , s'eft rendu le 15.
La Garnifon , compofée de cinq cens hommes ,
a été faite prifonniere de guerre.
Dans la nuit du 24 au 25 , le Prince Ferdinand
fut obligé , par les bonnes difpofitions que le
Maréchal de Broglie avoit faites , d'abandonner
fon camp de Saxenhaufen. Ce Prince marcha
fur Callel , couvrant fa retraite par une forte ar-'
riere- garde . {
Le 31 au matin , le Comte de Luface fe porta
fur Caffel. 11 attaqua , avec les Saxons & la Brigade
de la Marck , les retranchemens qui couvroient
la Ville. Les ennemis y avoient un corps
de fept à huit mille hommes , aux ordres du
Général Kilmanfeg , qui fut forcé de les abandonner.
Ce Corps fut vivement barcelé dans fa
retraite par les Volontaires de Haynaur par ceux
d'Auftrafie , & par les Dragons qui avoit paffé
la Fulde au- deffus & au- dellous de Callel. On a
SEPTEMBRE. 1760. 117
trouvé dans ces retranchemens dix huit piéces
de canon , avec une grande quantité de chariots
d'équipages , de chevaux & de vivres. Les ennemis
ont laiffé dans Caffel beaucoup de malades
& de munitions.
Le Maréchal de Broglie entra dans Caſſel , le
31 au foir. Il apprit , a fon arrivée ,
que le Che
valier de Muy avoit été attaqué le même jour ,
près de Varburg , par un Corps fort fupérieur à
celui qu'il comandoit. Il paroît que le Corps
des ennemis étoit fort de quarante mille hommes
, aux ordres du Prince héréditaire de Brunfwick
, & qu'il étoit foutenu par l'armée du Prince
Ferdinand. Le combat fut vif & des plus opiniâtres
pendant plus de quatre heures ; jamais
les troupes ne combattirent avec plus de fermeté
& d'ordre , ainfi que les Officiers généraux &
particuliers. Le Chevalier de Muy le porta partout
, & il n'ordonna la retraite que lorsqu'il s'y
vit forcé par la trop grande fupériorité des ennemis.
Elle fe fit en bon ordre , & les troupes ,
après avoir repaffé la Dymel , camperent , le
même jour , près de Volkmiffen.
La perte a été grande de part & d'autre. Le
Marquis de Caftries , Lieutenant Général , qui a
combattu pendant toute l'action à la tête de l'Infanterie
, a reçu une forte contufion d'un Bifcayen
. Le Marquis d'Amenezaga , Maréchal de
Camp , le Prince de Rohan Rochefort , le Comte
de Valence , Brigadier , Colonel du Régiment de
Bourbonnois , le Comte de Montbarey , Briga
dier- Colonel du Régiment de la Couronne , &
le Chevalier de la Tour du Pin , Aide- Major◄
Général , ont été bleffés. Le Chevalier de Muy ,
fait les plus grands éloges de la conduite de tous
ces Officiers , & de ceile du Marquis de Ségur ,
Lieutenant Général , qui a été chargé d'une des
212 MERCURE DE FRANCE
principales attaques. Le Marquis de Lugéac ,
Maréchal de Camp , a affuré la retraite de l'Infanterie
, par la charge qu'il a faire avec la Brigade
de Cavalerie de Bourbon , compofée de ce
Régiment & de ceux d'Archiac & de Beauvilliers.
Il s'eft fort diftingué , ainfi que les Colonels de
ces Régimens. Le Marquis de Champagne , Colonel
du Régiment de Rovergue , le Comte de
Gamache , Colonel du Régiment de Cavalerie-
Royal-Piémont , & les fieurs Jenner & Lockmin,
Colonels des Régimens Suiffes de leurs
noms , ont auffi combattu avec la plus grande
diftinction. Nous ignorons encore les noms & le
nombre des Offciers & des Soldats tués ou bleffés
& faits prifonniers. Le fieur de Lockman , eft
du nombre des derniers.
Le Comte de Luface eft campé , avec fa réſerve
, à la tête des défilés de Munden , près da
Village de Mulhaufen. C'eft le premier de ce
mois qu'il fit attaquer la Ville de Munden , dans
laquelle les ennemis avoient laiffé trois cens cinquante
hommes. Elle fut emportée , l'épée à la
main , par les Volontaires de Haynaur & d'Auftrafie
, commandés par les fieurs de Grandinaifon
& de Vignolles , & par les Grenadiers de la
Brigade de la Marck. On fit plus de trois cens
prifonniers , & l'on trouva plufieurs piéces de
canon , avec une grande quantité de munitions de
guerre & de bouche.
Broglie , le 6 Août .
Nos avons appris que le Corps de troupes
qui avoit été laifié aux ordres du Baron de Glaubitz
, Maréchal de Camp , pour couvrir Marbourg,
& qui avoit eu ordre de ſe porter
Embsdorff für le chemin de Treyla , a été furpris
, le 16 du mois dernier , par un Corps fort
fupérieur , commandé par le Prince héréditaire
de Brunswick , & que le fieur de Glaubitz a été
fait prifonnier avec une partie des troupes qu'il
commandoit. Le Comte d'Helfenberg , Colonel
du Régiment de fon nom , a été fait prifonnier.
Le Château de Dillenbourg , s'eft rendu le 15.
La Garnifon , compofée de cinq cens hommes ,
a été faite prifonniere de guerre.
Dans la nuit du 24 au 25 , le Prince Ferdinand
fut obligé , par les bonnes difpofitions que le
Maréchal de Broglie avoit faites , d'abandonner
fon camp de Saxenhaufen. Ce Prince marcha
fur Callel , couvrant fa retraite par une forte ar-'
riere- garde . {
Le 31 au matin , le Comte de Luface fe porta
fur Caffel. 11 attaqua , avec les Saxons & la Brigade
de la Marck , les retranchemens qui couvroient
la Ville. Les ennemis y avoient un corps
de fept à huit mille hommes , aux ordres du
Général Kilmanfeg , qui fut forcé de les abandonner.
Ce Corps fut vivement barcelé dans fa
retraite par les Volontaires de Haynaur par ceux
d'Auftrafie , & par les Dragons qui avoit paffé
la Fulde au- deffus & au- dellous de Callel. On a
SEPTEMBRE. 1760. 117
trouvé dans ces retranchemens dix huit piéces
de canon , avec une grande quantité de chariots
d'équipages , de chevaux & de vivres. Les ennemis
ont laiffé dans Caffel beaucoup de malades
& de munitions.
Le Maréchal de Broglie entra dans Caſſel , le
31 au foir. Il apprit , a fon arrivée ,
que le Che
valier de Muy avoit été attaqué le même jour ,
près de Varburg , par un Corps fort fupérieur à
celui qu'il comandoit. Il paroît que le Corps
des ennemis étoit fort de quarante mille hommes
, aux ordres du Prince héréditaire de Brunfwick
, & qu'il étoit foutenu par l'armée du Prince
Ferdinand. Le combat fut vif & des plus opiniâtres
pendant plus de quatre heures ; jamais
les troupes ne combattirent avec plus de fermeté
& d'ordre , ainfi que les Officiers généraux &
particuliers. Le Chevalier de Muy le porta partout
, & il n'ordonna la retraite que lorsqu'il s'y
vit forcé par la trop grande fupériorité des ennemis.
Elle fe fit en bon ordre , & les troupes ,
après avoir repaffé la Dymel , camperent , le
même jour , près de Volkmiffen.
La perte a été grande de part & d'autre. Le
Marquis de Caftries , Lieutenant Général , qui a
combattu pendant toute l'action à la tête de l'Infanterie
, a reçu une forte contufion d'un Bifcayen
. Le Marquis d'Amenezaga , Maréchal de
Camp , le Prince de Rohan Rochefort , le Comte
de Valence , Brigadier , Colonel du Régiment de
Bourbonnois , le Comte de Montbarey , Briga
dier- Colonel du Régiment de la Couronne , &
le Chevalier de la Tour du Pin , Aide- Major◄
Général , ont été bleffés. Le Chevalier de Muy ,
fait les plus grands éloges de la conduite de tous
ces Officiers , & de ceile du Marquis de Ségur ,
Lieutenant Général , qui a été chargé d'une des
212 MERCURE DE FRANCE
principales attaques. Le Marquis de Lugéac ,
Maréchal de Camp , a affuré la retraite de l'Infanterie
, par la charge qu'il a faire avec la Brigade
de Cavalerie de Bourbon , compofée de ce
Régiment & de ceux d'Archiac & de Beauvilliers.
Il s'eft fort diftingué , ainfi que les Colonels de
ces Régimens. Le Marquis de Champagne , Colonel
du Régiment de Rovergue , le Comte de
Gamache , Colonel du Régiment de Cavalerie-
Royal-Piémont , & les fieurs Jenner & Lockmin,
Colonels des Régimens Suiffes de leurs
noms , ont auffi combattu avec la plus grande
diftinction. Nous ignorons encore les noms & le
nombre des Offciers & des Soldats tués ou bleffés
& faits prifonniers. Le fieur de Lockman , eft
du nombre des derniers.
Le Comte de Luface eft campé , avec fa réſerve
, à la tête des défilés de Munden , près da
Village de Mulhaufen. C'eft le premier de ce
mois qu'il fit attaquer la Ville de Munden , dans
laquelle les ennemis avoient laiffé trois cens cinquante
hommes. Elle fut emportée , l'épée à la
main , par les Volontaires de Haynaur & d'Auftrafie
, commandés par les fieurs de Grandinaifon
& de Vignolles , & par les Grenadiers de la
Brigade de la Marck. On fit plus de trois cens
prifonniers , & l'on trouva plufieurs piéces de
canon , avec une grande quantité de munitions de
guerre & de bouche.
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Résumé : De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
Le 6 août, des rapports indiquent que les troupes du Baron de Glaubitz, chargées de protéger Marbourg, ont été surprises le 16 juillet par une force supérieure dirigée par le Prince héréditaire de Brunswick. Glaubitz et le Comte d'Helfenberg ont été capturés. Le Château de Dillenbourg s'est rendu le 15 juillet, entraînant la capture de sa garnison de cinq cents hommes. La nuit du 24 au 25 août, le Prince Ferdinand a dû abandonner son camp de Saxenhaufen en raison des manœuvres du Maréchal de Broglie. Le 31 août, le Comte de Luface a attaqué Cassel avec les Saxons et la Brigade de la Marck, forçant le Général Kilmanseg à se retirer. Les forces ennemies ont laissé derrière elles des pièces d'artillerie, des chariots, des chevaux et des vivres. Le Maréchal de Broglie est entré à Cassel le 31 août et a appris que le Chevalier de Muy avait été attaqué près de Varburg par une force supérieure commandée par le Prince héréditaire de Brunswick, soutenue par l'armée du Prince Ferdinand. Le combat a été intense et la retraite s'est faite en bon ordre. Les pertes ont été lourdes des deux côtés, avec plusieurs officiers blessés, dont le Marquis de Castries et le Marquis d'Amenezaga. Par la suite, le Comte de Luface a attaqué et pris la ville de Munden, capturant plus de trois cents prisonniers et plusieurs pièces d'artillerie.
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156
p. 217-219
MORTS.
Début :
Dame Marguerite Bosc, Dame du Palais de la feue Reine d'Espagne, Louise [...]
Mots clefs :
Dame, Veuve, Comte, Gentilhomme, Messire, Ministre plénipotentiaire, Demoiselle, Duchesse, Chevalier, Commandeur, Décès
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Dame Marguerite Bofc , Dame du Palais de la
K
218 MER CURE DE FRANCE
fene Reine d'Eſpagne, Louife- Elifabeth d'Orléans,
veuve de Bertrand- Céfar du Guefclin , Meftre de
Camp de Cavalerie , & premier Gentilhomme
de la Chambre du Duc d'Orléans , mourut ici le
15 du mois dernier.
Charles Martel , Comte de Fontaine- Balbec ,
Maréchal de Camp & Armées du Roi , eft mort ,
en fon Château de Montréal , le 17 de ce mois ,
âgé de foixante & dix -fept ans.
Meffire Louis Duffon , Comte d'Alion , ci- devant
Miniftre Plénipotentiaire du Roi , auprès de
l'Impératrice de Ruffie , eft mort en cette Ville ,
le 31 Juillet dernier . Il avoit épousé haute &
puiffante Demoiſelle Louiſe Choart de Bufenval,
fille de haut & puiffant Seigneur Meire Guillaume
Choart de Bufenval , Seigneur de Bufenval
& autres lieux , Capitaine- Lieutenant des Chevaux-
Légers de la Reine , & de hautę & puiſſante
Dame de Thuilier.
Très-haute & très-illuftre Madame Anne-Ma
rie-Marguerite de Bullion , Ducheffe Douairiere
d'Uzèz , veuve de très - haut , très- illuftre Monfeigneur
Jean - Charles de Cruffol , Duc d'Uzèz ,
premier Pair de France, Prince de Soyons , Gouferneur
& Lieutenant- Général , pour le Roi , des
Provinces de Saintonges & Angoumois . Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , eſt décédée au
Couvent de la Vifitation de Sainte Marie , à Chaillot
, où elle s'étoit retirée ; elle étoit âgée de foixante-
feize ans , fix mois & trois jours , étant née
le 30 janvier 1684 .
Le fieur de Bombelles , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Commandant fur
la frontiere de la Lorraine Allemande , & ci -devant
Gouverneur du Duc d'Orléans , premier
Prince du Sang , mourut à Bitche , le 29 du
SEPTEMBRE. 1766. 219
mois dernier, dans la quatre-vingtiéme année de
fon âge.
Melfire Louis le Peletier de Rozambo , Préfi
dent du Parlement , eft mort le neuf du mois
d'Août , âgé de quarante- cinq ans.
Dame Marguerite Bofc , Dame du Palais de la
K
218 MER CURE DE FRANCE
fene Reine d'Eſpagne, Louife- Elifabeth d'Orléans,
veuve de Bertrand- Céfar du Guefclin , Meftre de
Camp de Cavalerie , & premier Gentilhomme
de la Chambre du Duc d'Orléans , mourut ici le
15 du mois dernier.
Charles Martel , Comte de Fontaine- Balbec ,
Maréchal de Camp & Armées du Roi , eft mort ,
en fon Château de Montréal , le 17 de ce mois ,
âgé de foixante & dix -fept ans.
Meffire Louis Duffon , Comte d'Alion , ci- devant
Miniftre Plénipotentiaire du Roi , auprès de
l'Impératrice de Ruffie , eft mort en cette Ville ,
le 31 Juillet dernier . Il avoit épousé haute &
puiffante Demoiſelle Louiſe Choart de Bufenval,
fille de haut & puiffant Seigneur Meire Guillaume
Choart de Bufenval , Seigneur de Bufenval
& autres lieux , Capitaine- Lieutenant des Chevaux-
Légers de la Reine , & de hautę & puiſſante
Dame de Thuilier.
Très-haute & très-illuftre Madame Anne-Ma
rie-Marguerite de Bullion , Ducheffe Douairiere
d'Uzèz , veuve de très - haut , très- illuftre Monfeigneur
Jean - Charles de Cruffol , Duc d'Uzèz ,
premier Pair de France, Prince de Soyons , Gouferneur
& Lieutenant- Général , pour le Roi , des
Provinces de Saintonges & Angoumois . Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , eſt décédée au
Couvent de la Vifitation de Sainte Marie , à Chaillot
, où elle s'étoit retirée ; elle étoit âgée de foixante-
feize ans , fix mois & trois jours , étant née
le 30 janvier 1684 .
Le fieur de Bombelles , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Commandant fur
la frontiere de la Lorraine Allemande , & ci -devant
Gouverneur du Duc d'Orléans , premier
Prince du Sang , mourut à Bitche , le 29 du
SEPTEMBRE. 1766. 219
mois dernier, dans la quatre-vingtiéme année de
fon âge.
Melfire Louis le Peletier de Rozambo , Préfi
dent du Parlement , eft mort le neuf du mois
d'Août , âgé de quarante- cinq ans.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate plusieurs décès notables. Dame Marguerite Bofc, Dame du Palais de la Reine d'Espagne, est décédée le 15 du mois précédent. Charles Martel, Comte de Fontaine-Balbec et Maréchal de Camp, est mort à son château de Montréal le 17 du mois en cours, à l'âge de soixante-dix-sept ans. Monsieur Louis Duffon, Comte d'Alion et ancien Ministre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice de Russie, est décédé à Paris le 31 juillet dernier. Il était marié à Demoiselle Louise Choart de Bussenval. Madame Anne-Marie-Marguerite de Bullion, Duchesse Douairière d'Uzès, veuve du Duc d'Uzès et premier Pair de France, est décédée au Couvent de la Visitation de Sainte Marie à Chaillot, à l'âge de soixante-treize ans, six mois et trois jours. Le sieur de Bombelles, Commandeur de l'Ordre de Saint Louis et Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort à Bitche le 29 septembre dernier, à l'âge de quatre-vingts ans. Monsieur Louis Le Peletier de Rozambo, Président du Parlement, est décédé le 9 août, à l'âge de quarante-cinq ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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157
p. 204-208
MORTS.
Début :
Dame Honorée-Marie Sophie de Montgrand, épouse du Marquis de Sorbe [...]
Mots clefs :
Ministre plénipotentiaire, Marquis, Brigadier, Évêque, Dame, Chevalier, Maison de Chasteigner, Comte, Chanoine, Maison de Seytres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S
Dame Honorée-Marie Sophie de Montgrand',
époufe du Marquis de Sorbe , Miniftre Plénipo
tentiaire de Genes auprès du Roi , eft morte à
Toulon le 7 du mois d'Août.
Le Marquis d'Hérouville de Claye , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , & Gouverneur du
Fort des Barraux , mourut le 27 en fon Château
de Claye , dans la quatre-vingtiéme année de fon
âge.
Le fieur Thomas Dutrou de Villetan, Brigadier
OCTOBRE. 1760. 201
des Armées de Sa Majefté , ancien Directeur des
Fortifications de Normandie , & Chevalier de
l'Ordre Royal & militaire de Saint Louis , eft
moft au Havre de Grace le 29 , âgé de foixante
& feize ans.
Mellire Pierre - Jofeph d'Artaud , Evêque de
Cavaillon , eft mort en cette Ville les Septembre,
âgé de cinquante- quatre ans , après une maladie
de quelques jours.
Dame Auguftine- Marie de Menou , époufe de
Meflire Louis - Théodore Andrault , Comte de
Langeron , Lieutenant - Général des Armées du
Roi , Gouverneur de Breft, & des Inles d'Oueffant ,
mourut ler dans la trente- cinquiéme année de
fon âge.
Gui- Augufte de Rohan- Chabot , Lieutenant-
Général des Armées de Sa Majefté , eft mort le
13 , âgé de foixante & dix- fept ans.
1
Mellire Eutrope Alexis Chafteigner , Chevalier,
Seigneur , Marquis de S. George , Touffou , Talmon
& autres lieux , ancien Capitaine de Cavalerie
au Régiment de Talmon , depuis Grammont ,
& à préfent Balincourt , mourut le vingt - deux
Juillet dernier à Poitiers , âgé de foixante- dixneuf
ans , regretté généralement de tous les pauvres
qu'il affittoir immenfement; il laiffe pour fillet
unique de fon mariage avec Dame Eléonore
de Megrigny , Dame Armande Eléonore Chafreigner
, Epoufe de Haut & Puiffant Seigneur ,
Meffire Jean-Henri Chafteignier , Chevalier , Seigneur
de Rouvre , ancien Capitaine de Cavalerie
au Régiment ci- devant de Granmont , aujourd'hui
Balincourt , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis & qui a été élu Commandant de la Nobleffe
du haut Poitou à l'Affemblée de la Nobleffe
à S. Jean Dangely , en 1758 , & dont le frere appellé
le Chevalier Chafteigner , eft actuellement
206 MERCURE DE FRANCE.
Capitaine de Carabiniers ; Monfieur l'Abbé de
Chafteigner de Rouyre , Abbé des Chaftelliers en
Poitou , eft fon oncle ; Monfieur l'Abbé de la
Chafteigneraye , Comte de Lyon & Aumônier du
Roi , eft de cette Maifon , & plufieurs autres branches
. Nous ne dirons rien de l'ancienneté & de
de l'illuftration de la Maiſon de Chafteigner.
Nous renvoyons à la généalogie qu'en a faite André
Duchefne au mémoire de M. de Thou & à·
Morery , à la liste des Chevaliers du S. Elprit ,.
fous Henri III, & d'autres livres des Officiers de
la Couronne. Cette Maifon eft alliée à celle de
Chatillon , Laval - Montmorency , Apelvoifin ,
Lamothe- Houdancourt , Rochechouard , Turpin ,
Luzignan ; & aurres de la plus grande diftinction..
Melfire Louis Auguftin Cafimir de Seytres
Caumont , Chanoine de l'Eglife , Comte de Lyon,
depuis le 9 Novembre 1751 , Vicaire général du
Diocèle de Dijon , mourut dans cette Ville le ro
Mai de cette année , après trois jours de maladie ,
âgé de 18 ans , cinq mois , vingt-un jours ; em
portant les regrets de fon Chapitre , & du Dio→
cèfe où il étoit employé.
-
Il étoit né le 19 Novembre 1731 ,de feu Meffire
Jofeph de Seytres , Marquis de Caumont , & de
Dame Marie- Elizabeth de Doni , encore vivante.
Deftiné à l'Etat Eccléfiaftique, dès fon'jeune âge,
il reçut de fes parens l'éducation qui y étoit pro
pres on l'envoya à l'âge de dix ans à Paris au
College Mazarin , plutôt pour être afluré qu'il y
feroit de bonnes études, que pour profiter du pri
vilége qu'ont les Avignonois , d'y être reçus
comme Sujets de N. S. P. le Pape . L'Abbé de
Caumont ne trompa pas l'efpérance de les parens ,
& il fit dans ce Collége toutes fes études , jufqu'à
la Théologie , avec une liftinction particuliere .
El entra enfuite à S. Sulpice , & fit de même fa
OCTOBRE . 1760. 207
licence dans la Maifon de Navarre. Sa famille
defira en 1750 , de faire fes preuves pour le Chapitre
de Lyon. Elles furent faites la même année ;
& quoiqu'il eût fix concurrens , dont les preaves
avoient été admifes avant lui , le Chapitre le '
nomma à la Comté vacante , par la mort de M.
le Comte de Dortan , Grand - Chantre de l'Eglife.
Feu N. S. P. le Pape Benoît XIV , adreffa
un mois après un Bref , auffi flateur pour le
Chapitre , que pour l'Abbé de Caumont , par lequel
Sa Sainteté recommandoit à Meffieurs les
Comtes , de le nommer a la premiere Comté vacante.
Mais les fouhaits du S. Pere , avoient déja
été prévenus. Après avoir fini fes études & fon Séminaire
, l'Abbé de Caumont fut choifi par M.-
l'Evêque de Dijon,pour être un de fes Vicaires Gé
néraux . Il s'acquitta avec foin des fonctions de
fon nouvel état , autant que le Service de fon
Eglife pouvoit le lui permettre , & il partagea fa
réfidence entre Lyon & Dijon . Il étoit né avec une
grande vivacité ; mais il ne la tourna qu'à remplir
avec exactitude fes devoirs même au- delà de
ce qu'ils lui prefcrivoient ; & il prêcha quelquefois
à Lyon , ou ailleurs. Il n'aimoit point le
inonde ; & fon délaffement , après avoir rempli
les devoirs de fon état , étoit l'étude des Belles-
Lettres. Le goût qu'il avoit pour elles , & qu'il
avoit puifé auprès d'un pére dont le nom eft affez
connu dans la République des Lettres , pour qu'il
fuffife de le nommer. Ce goût l'engagea à former
une Bibliotheque telle que fon revenu pou
voit lui permettre d'en former une. Il fe retrancha
même fur autre chofe pour fatisfaire la
paffion qu'il avoit pour les livres. La vivacité de
l'Abbé de Caumont , qui le portoit à remplir fi
bien fes devoirs , a abregé fes jours . Il fe trouva
incommodé du maigre le Carême dernier ; &
208 MERCURE DE FRANCE.
quelque repréfentation qu'on lui fit , il ne crut
pas devoir l'interrompre pour prendre quelque
rafraîchiffement ; & après le Carême fini , il négligea
encore de le faire pour fe rendre à Dijon
, & fervir le Diocèfe . Il partit de Lyon pour
cette Ville les premiers jours de Mai , & au bout
de trois jours de maladie , il mourut d'une fiévre
maligne dans les fentimens de piété & de religion
dans lefquels il avoit vêcu . On peut dire fans flatterie
que l'Eglife de France a fait en lui une véritable
perte , puifque fes Membres les plus refpec--
tables en ont rendu un pareil témoignage ; ennemi
de l'Efpric de parti , il aimoit la paix & ne ceffoit
de faire des voeux pour qu'elle régnât dans l'E--
glife . Le Chapitre de Lyon a donné une marque
d'eftime & d'affection pour la Maiſon de Seytres-
Caumont, en nommant à la Comté vacante Mellire
Olivier Eugene- François de Paule de Seytres
Chevalier de Malthe.
Dame Honorée-Marie Sophie de Montgrand',
époufe du Marquis de Sorbe , Miniftre Plénipo
tentiaire de Genes auprès du Roi , eft morte à
Toulon le 7 du mois d'Août.
Le Marquis d'Hérouville de Claye , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , & Gouverneur du
Fort des Barraux , mourut le 27 en fon Château
de Claye , dans la quatre-vingtiéme année de fon
âge.
Le fieur Thomas Dutrou de Villetan, Brigadier
OCTOBRE. 1760. 201
des Armées de Sa Majefté , ancien Directeur des
Fortifications de Normandie , & Chevalier de
l'Ordre Royal & militaire de Saint Louis , eft
moft au Havre de Grace le 29 , âgé de foixante
& feize ans.
Mellire Pierre - Jofeph d'Artaud , Evêque de
Cavaillon , eft mort en cette Ville les Septembre,
âgé de cinquante- quatre ans , après une maladie
de quelques jours.
Dame Auguftine- Marie de Menou , époufe de
Meflire Louis - Théodore Andrault , Comte de
Langeron , Lieutenant - Général des Armées du
Roi , Gouverneur de Breft, & des Inles d'Oueffant ,
mourut ler dans la trente- cinquiéme année de
fon âge.
Gui- Augufte de Rohan- Chabot , Lieutenant-
Général des Armées de Sa Majefté , eft mort le
13 , âgé de foixante & dix- fept ans.
1
Mellire Eutrope Alexis Chafteigner , Chevalier,
Seigneur , Marquis de S. George , Touffou , Talmon
& autres lieux , ancien Capitaine de Cavalerie
au Régiment de Talmon , depuis Grammont ,
& à préfent Balincourt , mourut le vingt - deux
Juillet dernier à Poitiers , âgé de foixante- dixneuf
ans , regretté généralement de tous les pauvres
qu'il affittoir immenfement; il laiffe pour fillet
unique de fon mariage avec Dame Eléonore
de Megrigny , Dame Armande Eléonore Chafreigner
, Epoufe de Haut & Puiffant Seigneur ,
Meffire Jean-Henri Chafteignier , Chevalier , Seigneur
de Rouvre , ancien Capitaine de Cavalerie
au Régiment ci- devant de Granmont , aujourd'hui
Balincourt , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis & qui a été élu Commandant de la Nobleffe
du haut Poitou à l'Affemblée de la Nobleffe
à S. Jean Dangely , en 1758 , & dont le frere appellé
le Chevalier Chafteigner , eft actuellement
206 MERCURE DE FRANCE.
Capitaine de Carabiniers ; Monfieur l'Abbé de
Chafteigner de Rouyre , Abbé des Chaftelliers en
Poitou , eft fon oncle ; Monfieur l'Abbé de la
Chafteigneraye , Comte de Lyon & Aumônier du
Roi , eft de cette Maifon , & plufieurs autres branches
. Nous ne dirons rien de l'ancienneté & de
de l'illuftration de la Maiſon de Chafteigner.
Nous renvoyons à la généalogie qu'en a faite André
Duchefne au mémoire de M. de Thou & à·
Morery , à la liste des Chevaliers du S. Elprit ,.
fous Henri III, & d'autres livres des Officiers de
la Couronne. Cette Maifon eft alliée à celle de
Chatillon , Laval - Montmorency , Apelvoifin ,
Lamothe- Houdancourt , Rochechouard , Turpin ,
Luzignan ; & aurres de la plus grande diftinction..
Melfire Louis Auguftin Cafimir de Seytres
Caumont , Chanoine de l'Eglife , Comte de Lyon,
depuis le 9 Novembre 1751 , Vicaire général du
Diocèle de Dijon , mourut dans cette Ville le ro
Mai de cette année , après trois jours de maladie ,
âgé de 18 ans , cinq mois , vingt-un jours ; em
portant les regrets de fon Chapitre , & du Dio→
cèfe où il étoit employé.
-
Il étoit né le 19 Novembre 1731 ,de feu Meffire
Jofeph de Seytres , Marquis de Caumont , & de
Dame Marie- Elizabeth de Doni , encore vivante.
Deftiné à l'Etat Eccléfiaftique, dès fon'jeune âge,
il reçut de fes parens l'éducation qui y étoit pro
pres on l'envoya à l'âge de dix ans à Paris au
College Mazarin , plutôt pour être afluré qu'il y
feroit de bonnes études, que pour profiter du pri
vilége qu'ont les Avignonois , d'y être reçus
comme Sujets de N. S. P. le Pape . L'Abbé de
Caumont ne trompa pas l'efpérance de les parens ,
& il fit dans ce Collége toutes fes études , jufqu'à
la Théologie , avec une liftinction particuliere .
El entra enfuite à S. Sulpice , & fit de même fa
OCTOBRE . 1760. 207
licence dans la Maifon de Navarre. Sa famille
defira en 1750 , de faire fes preuves pour le Chapitre
de Lyon. Elles furent faites la même année ;
& quoiqu'il eût fix concurrens , dont les preaves
avoient été admifes avant lui , le Chapitre le '
nomma à la Comté vacante , par la mort de M.
le Comte de Dortan , Grand - Chantre de l'Eglife.
Feu N. S. P. le Pape Benoît XIV , adreffa
un mois après un Bref , auffi flateur pour le
Chapitre , que pour l'Abbé de Caumont , par lequel
Sa Sainteté recommandoit à Meffieurs les
Comtes , de le nommer a la premiere Comté vacante.
Mais les fouhaits du S. Pere , avoient déja
été prévenus. Après avoir fini fes études & fon Séminaire
, l'Abbé de Caumont fut choifi par M.-
l'Evêque de Dijon,pour être un de fes Vicaires Gé
néraux . Il s'acquitta avec foin des fonctions de
fon nouvel état , autant que le Service de fon
Eglife pouvoit le lui permettre , & il partagea fa
réfidence entre Lyon & Dijon . Il étoit né avec une
grande vivacité ; mais il ne la tourna qu'à remplir
avec exactitude fes devoirs même au- delà de
ce qu'ils lui prefcrivoient ; & il prêcha quelquefois
à Lyon , ou ailleurs. Il n'aimoit point le
inonde ; & fon délaffement , après avoir rempli
les devoirs de fon état , étoit l'étude des Belles-
Lettres. Le goût qu'il avoit pour elles , & qu'il
avoit puifé auprès d'un pére dont le nom eft affez
connu dans la République des Lettres , pour qu'il
fuffife de le nommer. Ce goût l'engagea à former
une Bibliotheque telle que fon revenu pou
voit lui permettre d'en former une. Il fe retrancha
même fur autre chofe pour fatisfaire la
paffion qu'il avoit pour les livres. La vivacité de
l'Abbé de Caumont , qui le portoit à remplir fi
bien fes devoirs , a abregé fes jours . Il fe trouva
incommodé du maigre le Carême dernier ; &
208 MERCURE DE FRANCE.
quelque repréfentation qu'on lui fit , il ne crut
pas devoir l'interrompre pour prendre quelque
rafraîchiffement ; & après le Carême fini , il négligea
encore de le faire pour fe rendre à Dijon
, & fervir le Diocèfe . Il partit de Lyon pour
cette Ville les premiers jours de Mai , & au bout
de trois jours de maladie , il mourut d'une fiévre
maligne dans les fentimens de piété & de religion
dans lefquels il avoit vêcu . On peut dire fans flatterie
que l'Eglife de France a fait en lui une véritable
perte , puifque fes Membres les plus refpec--
tables en ont rendu un pareil témoignage ; ennemi
de l'Efpric de parti , il aimoit la paix & ne ceffoit
de faire des voeux pour qu'elle régnât dans l'E--
glife . Le Chapitre de Lyon a donné une marque
d'eftime & d'affection pour la Maiſon de Seytres-
Caumont, en nommant à la Comté vacante Mellire
Olivier Eugene- François de Paule de Seytres
Chevalier de Malthe.
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Résumé : MORTS.
En 1760, plusieurs personnalités notables ont décédé. Dame Honorée-Marie Sophie de Montgrand, épouse du Marquis de Sorbe, ministre plénipotentiaire de Gênes auprès du Roi, est morte à Toulon le 7 août. Le Marquis d'Hérouville de Claye, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Gouverneur du Fort des Barraux, est décédé le 27 août à son château de Claye à l'âge de 80 ans. Le sieur Thomas Dutrou de Villetan, Brigadier des Armées de Sa Majesté et Chevalier de l'Ordre Royal et militaire de Saint Louis, est mort au Havre de Grâce le 29 octobre à l'âge de 72 ans. Monseigneur Pierre-Joseph d'Artaud, Évêque de Cavaillon, a succombé en septembre à l'âge de 54 ans après une courte maladie. Dame Augustine-Marie de Menou, épouse de Monseigneur Louis-Théodore Andrault, Comte de Langeron, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Gouverneur de Brest et des Îles d'Ouessant, est décédée le 1er octobre à l'âge de 35 ans. Le sieur Gui-Auguste de Rohan-Chabot, Lieutenant-Général des Armées de Sa Majesté, est mort le 13 octobre à l'âge de 77 ans. Monseigneur Eutrope Alexis Chasteigner, Chevalier et Marquis de Saint-Georges, Touffou, Talmont et autres lieux, ancien Capitaine de Cavalerie, est décédé le 22 juillet à Poitiers à l'âge de 69 ans. Monseigneur Louis-Augustin Casimir de Seytres Caumont, Chanoine de l'Église et Comte de Lyon, est mort à Dijon le 10 mai à l'âge de 18 ans, 5 mois et 21 jours après une maladie de trois jours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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158
p. 187
Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Début :
Sçavoir. Chambellans de leurs Majestés Impériales. M. le Prince François De [...]
Mots clefs :
Chevalier, Prince, Comte, Conseiller, Maréchal, Major de cavalerie, Liste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Note des Perfonnes qui font venues à Parme ,
avec M. le Prince de Lichtenftein .
SCAVO I R.
Chambellans de
leurs Majeftés,
Impériales.
M. le Prince FRANÇOIS DE
LICHTENSTEIN , fon frére.
JEAN DE LICHTENSTEIN.
Le Comte ERNEST DE
KAUNITZ RITTBERG .
Son frere , DOMINIQUE DE
KAUNITZ..
Le Comte de LESTIER .
Le Comte de LAMBERG,
Le Comte BATHYANI.
Le Comte de PUTFFY .
Le Chevalier THOMASOLI . Majors deCava
M. BULDALSI . Slerie.
M. de LOCHENKHAL , Confeiller Aulique de
leurs Majeftés Impériales .
M. le Maréchal Comte BOTTA ADORNO .
M. le Comte de SÁLM .
M. le Comte de PAAR , Grand -Maître des Poftes.
avec M. le Prince de Lichtenftein .
SCAVO I R.
Chambellans de
leurs Majeftés,
Impériales.
M. le Prince FRANÇOIS DE
LICHTENSTEIN , fon frére.
JEAN DE LICHTENSTEIN.
Le Comte ERNEST DE
KAUNITZ RITTBERG .
Son frere , DOMINIQUE DE
KAUNITZ..
Le Comte de LESTIER .
Le Comte de LAMBERG,
Le Comte BATHYANI.
Le Comte de PUTFFY .
Le Chevalier THOMASOLI . Majors deCava
M. BULDALSI . Slerie.
M. de LOCHENKHAL , Confeiller Aulique de
leurs Majeftés Impériales .
M. le Maréchal Comte BOTTA ADORNO .
M. le Comte de SÁLM .
M. le Comte de PAAR , Grand -Maître des Poftes.
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Résumé : Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Le document énumère les visiteurs accompagnant le Prince François de Liechtenstein à Parme, incluant des nobles et dignitaires impériaux. Parmi eux figurent Jean de Liechtenstein, les comtes Ernest et Dominique de Kaunitz, les comtes de Lestier, de Lamberg, Bathyani, de Putffy, et le chevalier Thomasoli. Sont également mentionnés M. Buldalsi, M. de Lochenkhal, le maréchal comte Botta Adorno, le comte de Sálm et le comte de Paar.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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159
p. 213-214
De CASSEL, le 17 Septembre.
Début :
L'Armée a quitté le 13 de ce mois, le Camp d'Immenhausen, & elle est venue [...]
Mots clefs :
Armée, Camp, Réserve, Chevalier, Prince, Lieutenant, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CASSEL, le 17 Septembre.
De CASSEL, le 17 Septembre.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
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Résumé : De CASSEL, le 17 Septembre.
Le 17 septembre, l'armée a quitté Immenhausen le 13 septembre pour camper près de Cassel. La réserve, dirigée par le Chevalier de Muy, est à gauche. Le Prince de Croy est le long de la basse Fulde et de la basse-Verra. Le Prince de Robecq est à Landverhagen et Sandershaufen. Le Comte de Chabot occupe Breitenbach. La troupe du Comte de Luface est entre Friedland et Vitzenhaufen.
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160
p. 183-188
De VIENNE, le 10 Octobre.
Début :
La nouvelle Archiduchesse étant arrivée le 13 du mois dernier [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Comte, Ministre plénipotentiaire, Duc, Cour, Déplacements, Mondanités, Bal, Repas, Princesse, Chevalier, Décorations, Magnificence, Évêque, Bourgeoises, Château, Majestés impériales, Archiduc, Concert, Carosse, Arc de triomphe, Bénédiction, Église, Symphonie, Célébrations, Constantinople, Rébellion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 10 Octobre.
De VIENNE ,le 10 Oftobre.
A nouvelle Archiducheffe étant arrivée le
13 du mois dernier à midi à Cafal- Maggiore ,
fut remife par le Comte de Saint Vital , Grand-
Maître , & Miniftre Plénipotentiaire de l'Infant
Duc de Parme , de Plaiſance & de Guaftalle , entre
les mains du Prince de Lichtenſtein , chargé
de la recevoir au nom de Leurs Majestés Impériales
, & de l'accompagner jufqu'à Vienne. La
Cour qui l'avoit fuivie de Parme , prit alors publiquement
congé d'elle en lui baifant la main , &
fa nouvelle Cour lui fut préfentée , & eut le même.
honneur . La Princeffe , après avoir auffi donné
fa main à baifer à un grand nombre de perfonnes
de diftinction , qui étoient venues de divers endroits
pour la complimenter , dîna en public fous
le dais. Elle fe rendit le foir à la falle que les Etats
de Milan avoient fait préparer. On y exécuta un
Concert dans lequel plufieurs excellentes voix fe
firent entendre. La Ville fut illuminée cette nuit ,
ainfi que la fuivante ..
L'Archiducheffe partit le 15 au matin de Caſal-
Maggiore pour le rendre à Mantoue. Elle y arriva
vers une heure, après midi , au bruit d'une
triple décharge de l'artillerie . Une double haie
de troupes bordoit les rues depuis la porte de la
Ville jufqu'au Château , où elle defcendit . Après
184 MERCURE DE FRANCE.
avoir pris quelques momens de repos , elle donna
fa main à baifer à une grande quantité de No.
bleffe du Milanois. Elle dîna enfuite en public ,
& le foir Elle affifta à un Concert qui fut exécuté
au Théâtre du Château ; après quoi Elle ſe rendit
au Bal où Elle retta quelque temps. Le lendemain
16 , Elle féjourna dans la même Ville , Elle parcourut
en caroffe les principales rues. Elle parur
très -fatisfaite de leur décoration . Le Duc de Modène
, qui fe trouva à Montignano , eut l'honneur
de la complimenter.
Le 17 , la Princefle continua fa route. A fon
arrivée à Rovera -Bella dans les Etats de Venife
qu'elle devoit traverfer , Elle fut reçue & compli
mentée au nom de la République par le Chevalier
Contarini , Commandant de Vérone , accompagné
de vingt -quatre Nobles . Deux détachemens de
Cavalerie des Troupes Vénitiennes fe joignirent à
fon escorte . On avoit conftruit à Caftel - Nuovo ,
où la Princeffe devoit dîner , un Bâtiment , dont
l'intérieur étoit magnifiquement décoré en glaces ,
en cryftaux & en tapis. Ce fut là que l'Archiduchelle
defcendit. Elle y dina en public . Il y eur
enfuite onze tables fervies magnifiquement , par
ordre de la République , pour la Cour de l'Archiduchelle
& pour la Nobleffe qui fe trouvoit à
Caftel-Nuovo. Au départ de la Princeffe , le Chevalier
Contarinila pria , au nom de la République ,
d'accepter les glaces , les cryftaux & les tapis qui
avoient fervi d'ameublement à la falle où Elle
avoit dîné. Le Chevalier Contarini ſe trouva encore
avec la même députation au pont d'Etích , où l'on
devoit fortir des Etats de Venife , & il y prit congé
de l'Archiducheffe , qui lui témoigna la plus gran
de fatisfaction des attentions de la République , &
de la magnificence avec laquelle elle avoit été
reçue.
NOVEMBRE. 1760.
185
On arriva le même ſoir à Ala ; la Princeffe y
fut complimentée au nom de l'Evêque de Trente.
Elle en partit le 19 , & Elle a continué fa marche
par Trente , Bolzano , Brixen , & par la Carinthie.
Elle a trouvé dans toutes les Villes de fa route
des Troupes & des Compagnies bourgeoifes fous
les armes , & l'on s'eft empreffé partout à lui témoigner
par des fêtes la joie de fon augufte union
avec l'Archiduc Jofeph. Cette Princefle arriva enfin
le i de ce mois au matin à Laxembourg où Elle
dîna . Elle partit enfuite pour le Château de Belvedere
, où Elle refta jufqu'au 6 , jour de la célébration
de fon mariage.
Le 2 , Leurs Majeftés Impériales , accompagnées
de l'Archiduc Jofeph , des deux Archiducheffes
aînées , du Prince Charles & de la Princelle
Charlotte de Lorraine , fe rendirent vers le midi
au Belvedere , pour faire la premiere vifite à l'Archiduchelle
; Elles dinèrent enfuite en particulier
avec cette Princeffe que le refte de la Famille Impériale
vint complimenter l'après - midi. Il y eut le
foir dans la Galerie un magnifique Concert , dans
lequel plufieurs Muficiens dú premier ordre , appellés
de divers endroits de l'Europe , firent connoître
leurs talens . Les Ambaffadeurs & Miniftres
Etrangers , les Confeillers d'Etat & les Principaux
Officiers de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales
, furent préfentés le même foir à l'Archiducheffe
& eurent l'honneur de lui baiſer la main . Le
lendemain , il y eut encore concert au Belvedere.
Le 4 , jour de la fête de l'Empereur , la Cour
fut en Gala , & Sa Majefte Impériale reçut les
complimens accoutumés. La nouvelle garde des
Nobles Hongrois , qui étoit arrivée le 2 de Pref
bourg, fe rendit fur la place du Palais , & après
avoir fait le maniement des armes & plufieurs
186 MERCURE DE FRANCE.
évolutions , elle fut admiſe à l'honneur de baifer
la main de l'Empereur..
L'Archiducheffe fit , le 6 , fon entrée publique
dans cette Capitale. Elle partit du Beldevere à
deux heures après- midi. Les Trompettes & les
Timbales des Etats d'Autriche ouvroient la marche.
Après eux , venoient un grand nombre de
Caroffes remplis par diverfes perfonnes de la
Cour ou de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales.
Ils étoient fuivis du Carolle du Grand Ecuyer
où étoient cet Oficier & le Grand- Maître de la
Maifon de l'Archiducheffe . Le Caroffe du Prince
de Lichtenſtein , avec le Cortége nombreux qui
Favoit accompagné dans fon Ambaffade , marchoic
enfuite & précédoit le Caroffe de l'Archiducheffe ,
dans lequel étoit la Comteffe d'Erdodi , Grand-
Maîtrelle de fa Maiſon . Ce Caroffe étoit fuivi par
fix Pages à cheval , par plufieurs Sous- Ecuyers ,
par un détachement des Gardes-du-Corps , par la
garde des Nobles Hongrois , & par quelques au
tres Caroffes dans lefquels étoient plufieurs perfonnes
de la Cour. La Marche étoit fermée par un
détachement du Régiment des Dragons de l'Archiduc
Jofeph.
On avoit élevé plufieurs Arcs-de-triomphe en
divers quartiers de la Ville qui étoient décorés
avec goût & magnificence. Les rues étoient bordées
par la Bourgeoifie qui étoit fous les armes , &
vêtue de beaux uniformes.
On fe rendit dans cet ordre à l'Eglife des Auguftins-
Déchauffés , où l'Archiducheffe artiva vers
les cinq heures du foir. Leurs Majeftés Impériales
vinrent la recevoir à l'entrée de l'Eglife , & l'Arehiduc
Jofeph lui donna la main lorfqu'elle defcendit
de fon Caroffe. La Princeffe , après avoir
reçu ainfi que l'Archiduc, la bénédiction du Nonce
& l'eau benite que ce Prince leur préſenta , fut
NOVEMBRE. 1760. 187
conduite par l'Impératrice dans une Chapelle par
ticuliere pendant qu'on chantoit quelques Prieres,
après lefquelles Leurs Majeftés Impériales , précé
dées du Nonce & du Clergé , fe rendirent dans le
Choeur. Leurs Majeftés Impériales fe placèrent
fous le dais du côté de l'Evangile. L'Archiduc &
P'Archiducheffe , vêtus de drap d'argent , fe placerent
en face du Grand - Autel . Après quelques
Prieres , le Nonce leur donna la Bénédiction Nuptiale
;
il entonna le Te Deum qui fut chanté par la
Mufique de la Cour. Leurs Majeftés Impériales
fortirent de l'Eglife , & Elles rentrèrent au Palais
avec toute la Famille Impériale par la Galerie
qui conduit de ce Palais à l'Eglife. L'Archiducheffe
prit enfuite quelque repos , après quoi , Elle donna
fa main à baifer à plufieurs Miniftres & Confeillers
d'Etat , aux Généraux , & aux perfonnes de la
haute Nobleffe , qui n'avoient pas encore reçu cer
honneur.
A huit heures du foir ,. Leurs Majeftés Timpé
riales , les nouveaux Epoux , les Archiducs Charles
& Léopold , les quatre Archiducheffes aînées ,
le Prince Charles & la Princeffe Charlotte de Lorraine
, fe rendirent à la falle du feftin. Cette falle
avoit été décorée par le Chevalier Servandoni ş
elle étoit éclairée par un très- grand nombre de
luftres & de Girandoles de cryftal ; celles des
quatre coins avoient vingt cinq pieds de hauteurs ,
portées par des groupes d'Amours. Le dais étoit
d'une forme nouvelle , & décoré par le même Artifte
de figures fymboliques en fculpture . La Cour :
entra dans cette falle au bruit des fanfares . L'Empereur
& l'impératrice fe placerent fous le dais ,
& l'Archiducheffe à droite , entre l'Empereur &
F'Archiduc. La table fut fervie en vailfelle d'or
nouvellement faite , & d'un travail exquis. Une
nombreuſe troupe de Muficiens exécura , pendant
188 MERCURE DE FRANCE.
le repas , des fymphonies & des morceaux de mu
fique vocale , analogues à l'objet de la Fête. La
falle étoit remplie d'une foule de Spectateus placés
fur un amphithéâtre & fur une tribune , & l'on
donna au Peuple la permiffion d'y entrer fucceffivement.
Le feftin Impérial étant fini , Leurs
Majeftés retournerent dans leurs appartemens ,
& la Princeffe fut conduite dans celui qui lui étoit
deftiné. Il y eut pendant la nuit une illumination
générale.
On célébra le lendemain , dans l'Eglife des Auguftins
, une Meffe en inufique pour la prospérité
des nouveaux Epoux. L'Archevêque de Vienne
officia , & toure la Cour y affifta. Leurs Majeftés
Impériales dînerent enfuite en public , & le
foir on exécuta , for le Théâtre de la Cour , un
nouvel Opéra , intitulé Alcide al Bivio , piéce allégorique
, dont les paroles font de l'Abbé Metaftafio
, & la musique du fieur Haffe . Le Spectacle
fut terminé par un Ballet ingénieux du ſieur
Angiolini.
Selon les nouvelles de Conftantinople , le Pacha
d'Iconium perfifie dans fa rébellion . Il a
évité les différens piéges qu'on lui avoit dreffés ,
& après avoir battu quelques corps de troupes
qu'on avoit envoyés contre lui , il a pris , aur
environs d'Erferom , une pofition avantageuſe ,
qui le met en état de réfifter à des forces trèsfupérieures.
Les mêmes nouvelles portent qu'une
des Sultanes eft enceinte de quatre mois ; ce qui
fait beaucoup de plaifir dans cette Capitale , où
F'on conçoit l'efpérance de voir naître un Succeffeur
à fa Hautelle.
A nouvelle Archiducheffe étant arrivée le
13 du mois dernier à midi à Cafal- Maggiore ,
fut remife par le Comte de Saint Vital , Grand-
Maître , & Miniftre Plénipotentiaire de l'Infant
Duc de Parme , de Plaiſance & de Guaftalle , entre
les mains du Prince de Lichtenſtein , chargé
de la recevoir au nom de Leurs Majestés Impériales
, & de l'accompagner jufqu'à Vienne. La
Cour qui l'avoit fuivie de Parme , prit alors publiquement
congé d'elle en lui baifant la main , &
fa nouvelle Cour lui fut préfentée , & eut le même.
honneur . La Princeffe , après avoir auffi donné
fa main à baifer à un grand nombre de perfonnes
de diftinction , qui étoient venues de divers endroits
pour la complimenter , dîna en public fous
le dais. Elle fe rendit le foir à la falle que les Etats
de Milan avoient fait préparer. On y exécuta un
Concert dans lequel plufieurs excellentes voix fe
firent entendre. La Ville fut illuminée cette nuit ,
ainfi que la fuivante ..
L'Archiducheffe partit le 15 au matin de Caſal-
Maggiore pour le rendre à Mantoue. Elle y arriva
vers une heure, après midi , au bruit d'une
triple décharge de l'artillerie . Une double haie
de troupes bordoit les rues depuis la porte de la
Ville jufqu'au Château , où elle defcendit . Après
184 MERCURE DE FRANCE.
avoir pris quelques momens de repos , elle donna
fa main à baifer à une grande quantité de No.
bleffe du Milanois. Elle dîna enfuite en public ,
& le foir Elle affifta à un Concert qui fut exécuté
au Théâtre du Château ; après quoi Elle ſe rendit
au Bal où Elle retta quelque temps. Le lendemain
16 , Elle féjourna dans la même Ville , Elle parcourut
en caroffe les principales rues. Elle parur
très -fatisfaite de leur décoration . Le Duc de Modène
, qui fe trouva à Montignano , eut l'honneur
de la complimenter.
Le 17 , la Princefle continua fa route. A fon
arrivée à Rovera -Bella dans les Etats de Venife
qu'elle devoit traverfer , Elle fut reçue & compli
mentée au nom de la République par le Chevalier
Contarini , Commandant de Vérone , accompagné
de vingt -quatre Nobles . Deux détachemens de
Cavalerie des Troupes Vénitiennes fe joignirent à
fon escorte . On avoit conftruit à Caftel - Nuovo ,
où la Princeffe devoit dîner , un Bâtiment , dont
l'intérieur étoit magnifiquement décoré en glaces ,
en cryftaux & en tapis. Ce fut là que l'Archiduchelle
defcendit. Elle y dina en public . Il y eur
enfuite onze tables fervies magnifiquement , par
ordre de la République , pour la Cour de l'Archiduchelle
& pour la Nobleffe qui fe trouvoit à
Caftel-Nuovo. Au départ de la Princeffe , le Chevalier
Contarinila pria , au nom de la République ,
d'accepter les glaces , les cryftaux & les tapis qui
avoient fervi d'ameublement à la falle où Elle
avoit dîné. Le Chevalier Contarini ſe trouva encore
avec la même députation au pont d'Etích , où l'on
devoit fortir des Etats de Venife , & il y prit congé
de l'Archiducheffe , qui lui témoigna la plus gran
de fatisfaction des attentions de la République , &
de la magnificence avec laquelle elle avoit été
reçue.
NOVEMBRE. 1760.
185
On arriva le même ſoir à Ala ; la Princeffe y
fut complimentée au nom de l'Evêque de Trente.
Elle en partit le 19 , & Elle a continué fa marche
par Trente , Bolzano , Brixen , & par la Carinthie.
Elle a trouvé dans toutes les Villes de fa route
des Troupes & des Compagnies bourgeoifes fous
les armes , & l'on s'eft empreffé partout à lui témoigner
par des fêtes la joie de fon augufte union
avec l'Archiduc Jofeph. Cette Princefle arriva enfin
le i de ce mois au matin à Laxembourg où Elle
dîna . Elle partit enfuite pour le Château de Belvedere
, où Elle refta jufqu'au 6 , jour de la célébration
de fon mariage.
Le 2 , Leurs Majeftés Impériales , accompagnées
de l'Archiduc Jofeph , des deux Archiducheffes
aînées , du Prince Charles & de la Princelle
Charlotte de Lorraine , fe rendirent vers le midi
au Belvedere , pour faire la premiere vifite à l'Archiduchelle
; Elles dinèrent enfuite en particulier
avec cette Princeffe que le refte de la Famille Impériale
vint complimenter l'après - midi. Il y eut le
foir dans la Galerie un magnifique Concert , dans
lequel plufieurs Muficiens dú premier ordre , appellés
de divers endroits de l'Europe , firent connoître
leurs talens . Les Ambaffadeurs & Miniftres
Etrangers , les Confeillers d'Etat & les Principaux
Officiers de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales
, furent préfentés le même foir à l'Archiducheffe
& eurent l'honneur de lui baiſer la main . Le
lendemain , il y eut encore concert au Belvedere.
Le 4 , jour de la fête de l'Empereur , la Cour
fut en Gala , & Sa Majefte Impériale reçut les
complimens accoutumés. La nouvelle garde des
Nobles Hongrois , qui étoit arrivée le 2 de Pref
bourg, fe rendit fur la place du Palais , & après
avoir fait le maniement des armes & plufieurs
186 MERCURE DE FRANCE.
évolutions , elle fut admiſe à l'honneur de baifer
la main de l'Empereur..
L'Archiducheffe fit , le 6 , fon entrée publique
dans cette Capitale. Elle partit du Beldevere à
deux heures après- midi. Les Trompettes & les
Timbales des Etats d'Autriche ouvroient la marche.
Après eux , venoient un grand nombre de
Caroffes remplis par diverfes perfonnes de la
Cour ou de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales.
Ils étoient fuivis du Carolle du Grand Ecuyer
où étoient cet Oficier & le Grand- Maître de la
Maifon de l'Archiducheffe . Le Caroffe du Prince
de Lichtenſtein , avec le Cortége nombreux qui
Favoit accompagné dans fon Ambaffade , marchoic
enfuite & précédoit le Caroffe de l'Archiducheffe ,
dans lequel étoit la Comteffe d'Erdodi , Grand-
Maîtrelle de fa Maiſon . Ce Caroffe étoit fuivi par
fix Pages à cheval , par plufieurs Sous- Ecuyers ,
par un détachement des Gardes-du-Corps , par la
garde des Nobles Hongrois , & par quelques au
tres Caroffes dans lefquels étoient plufieurs perfonnes
de la Cour. La Marche étoit fermée par un
détachement du Régiment des Dragons de l'Archiduc
Jofeph.
On avoit élevé plufieurs Arcs-de-triomphe en
divers quartiers de la Ville qui étoient décorés
avec goût & magnificence. Les rues étoient bordées
par la Bourgeoifie qui étoit fous les armes , &
vêtue de beaux uniformes.
On fe rendit dans cet ordre à l'Eglife des Auguftins-
Déchauffés , où l'Archiducheffe artiva vers
les cinq heures du foir. Leurs Majeftés Impériales
vinrent la recevoir à l'entrée de l'Eglife , & l'Arehiduc
Jofeph lui donna la main lorfqu'elle defcendit
de fon Caroffe. La Princeffe , après avoir
reçu ainfi que l'Archiduc, la bénédiction du Nonce
& l'eau benite que ce Prince leur préſenta , fut
NOVEMBRE. 1760. 187
conduite par l'Impératrice dans une Chapelle par
ticuliere pendant qu'on chantoit quelques Prieres,
après lefquelles Leurs Majeftés Impériales , précé
dées du Nonce & du Clergé , fe rendirent dans le
Choeur. Leurs Majeftés Impériales fe placèrent
fous le dais du côté de l'Evangile. L'Archiduc &
P'Archiducheffe , vêtus de drap d'argent , fe placerent
en face du Grand - Autel . Après quelques
Prieres , le Nonce leur donna la Bénédiction Nuptiale
;
il entonna le Te Deum qui fut chanté par la
Mufique de la Cour. Leurs Majeftés Impériales
fortirent de l'Eglife , & Elles rentrèrent au Palais
avec toute la Famille Impériale par la Galerie
qui conduit de ce Palais à l'Eglife. L'Archiducheffe
prit enfuite quelque repos , après quoi , Elle donna
fa main à baifer à plufieurs Miniftres & Confeillers
d'Etat , aux Généraux , & aux perfonnes de la
haute Nobleffe , qui n'avoient pas encore reçu cer
honneur.
A huit heures du foir ,. Leurs Majeftés Timpé
riales , les nouveaux Epoux , les Archiducs Charles
& Léopold , les quatre Archiducheffes aînées ,
le Prince Charles & la Princeffe Charlotte de Lorraine
, fe rendirent à la falle du feftin. Cette falle
avoit été décorée par le Chevalier Servandoni ş
elle étoit éclairée par un très- grand nombre de
luftres & de Girandoles de cryftal ; celles des
quatre coins avoient vingt cinq pieds de hauteurs ,
portées par des groupes d'Amours. Le dais étoit
d'une forme nouvelle , & décoré par le même Artifte
de figures fymboliques en fculpture . La Cour :
entra dans cette falle au bruit des fanfares . L'Empereur
& l'impératrice fe placerent fous le dais ,
& l'Archiducheffe à droite , entre l'Empereur &
F'Archiduc. La table fut fervie en vailfelle d'or
nouvellement faite , & d'un travail exquis. Une
nombreuſe troupe de Muficiens exécura , pendant
188 MERCURE DE FRANCE.
le repas , des fymphonies & des morceaux de mu
fique vocale , analogues à l'objet de la Fête. La
falle étoit remplie d'une foule de Spectateus placés
fur un amphithéâtre & fur une tribune , & l'on
donna au Peuple la permiffion d'y entrer fucceffivement.
Le feftin Impérial étant fini , Leurs
Majeftés retournerent dans leurs appartemens ,
& la Princeffe fut conduite dans celui qui lui étoit
deftiné. Il y eut pendant la nuit une illumination
générale.
On célébra le lendemain , dans l'Eglife des Auguftins
, une Meffe en inufique pour la prospérité
des nouveaux Epoux. L'Archevêque de Vienne
officia , & toure la Cour y affifta. Leurs Majeftés
Impériales dînerent enfuite en public , & le
foir on exécuta , for le Théâtre de la Cour , un
nouvel Opéra , intitulé Alcide al Bivio , piéce allégorique
, dont les paroles font de l'Abbé Metaftafio
, & la musique du fieur Haffe . Le Spectacle
fut terminé par un Ballet ingénieux du ſieur
Angiolini.
Selon les nouvelles de Conftantinople , le Pacha
d'Iconium perfifie dans fa rébellion . Il a
évité les différens piéges qu'on lui avoit dreffés ,
& après avoir battu quelques corps de troupes
qu'on avoit envoyés contre lui , il a pris , aur
environs d'Erferom , une pofition avantageuſe ,
qui le met en état de réfifter à des forces trèsfupérieures.
Les mêmes nouvelles portent qu'une
des Sultanes eft enceinte de quatre mois ; ce qui
fait beaucoup de plaifir dans cette Capitale , où
F'on conçoit l'efpérance de voir naître un Succeffeur
à fa Hautelle.
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Résumé : De VIENNE, le 10 Octobre.
Le 13 octobre, l'archiduchesse arriva à Casal-Maggiore, où elle fut remise au prince de Liechtenstein par le comte de Saint Vital. La cour de Parme lui présenta ses adieux, et elle rencontra sa nouvelle cour. Elle dîna en public et assista à un concert, tandis que la ville était illuminée. Le 15 octobre, elle se dirigea vers Mantoue, accueillie par une triple salve d'artillerie et une haie de troupes. Elle rencontra le duc de Modène à Montignano. Le 17 octobre, elle poursuivit son voyage à travers les États de Venise, où elle fut reçue par le chevalier Contarini. Elle dîna à Castel-Nuovo et reçut des cadeaux de la République de Venise. Son itinéraire se poursuivit par Ala, Trente, Bolzano, Brixen et la Carinthie, où elle fut accueillie par des troupes et des fêtes. Le 1er novembre, elle arriva à Laxembourg et séjourna au château de Belvedere jusqu'au 6 novembre, jour de son mariage. Le 2 novembre, les Majestés Impériales lui rendirent visite au Belvedere. Le 6 novembre, l'archiduchesse fit son entrée publique à Vienne, accompagnée d'une procession solennelle et d'arcs de triomphe. Elle se rendit à l'église des Augustins-Déchaussés pour la bénédiction nuptiale, suivie d'un festin impérial et d'une illumination générale. Le lendemain, une messe fut célébrée pour la prospérité des nouveaux époux, suivie d'un opéra allégorique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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161
p. 15-38
SUITE DES QUIPROQUO, NOUVELLE.
Début :
LA Marquise n'étoit point présente à ces propos ; Damon profita de son [...]
Mots clefs :
Marquise , Portrait, Chevalier, Peindre, Rivale, Ridicule, Jalousie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DES QUIPROQUO, NOUVELLE.
SUITE DES QUIPROQUO ,
L
NOUVELLE.
A Marquife n'étoit point préfente
à ces propos ; Damon profita de fon
abfence pour tirer Dorval à l'écart. Il
l'invite fimplement à fe rendre avec lui
à l'étoile fous quelques minutes. Je vais
t'y devancer , reprit ce dernier , fans'
être cependant , au fait du myftère . En
effet , il fortit l'inftant d'après . Damon
ne tarda pas à le fuivre. Tous deux fe
rejoignirent au lieu indiqué. L'air férieux
de Damon ne furprit point Dorval
; il ne lui en connoiffoit guères d'autre.
Comment va la nouvelle intrigue
lui dit- il ? ma foi , Comte , je t'en félicite
, ton choix ne pouvoit mieux tomber
que fur la Marquife. Elle te fera
faire plus de progrès en deux mois que
Lucile en deux ans. Mes progrès , répondit
féchement Damon , font encore
plus prompts que vous ne penfez ; j'ai
16 MERCURE DE FRANCE.
,
•
déja appris à difcerner un ami vrai d'a-.
vec un ami faux. Quoi ? repliqua Dorval
, un peu furpris du ton avec lequel
ces paroles avoient été prononcées
eft- ce à ces fortes d'inftructions que la
Marquife borne fes foins ? Laiffons-là
la Marquife , reprit Damon , avec encore
plus de hauteur , parlons de vos
procédés : ce n'eft pas la premiere fois
qu'ils me choquent ; mais je fonge à
m'en venger plutôt qu'à les définir.
Sçais-tu bien, Comte , ajouta Dorval
qu'à la fin ce ton m'ôteroit la liberté
& même la volonté de te défabufer ?
Peu m'importe , interrompit Damon
& d'ailleurs , ce feroit peine perdue ; je
fçais à quoi m'en tenir . Cherchons quelque
endroit plus écarté. Ils s'avancent
fans ancune fuite , & ne tardent pas à
trouver ce qui leur convient. Dorval qui
n'avoit qu'un feul ton pour toutes les
circonftances de la vie , n'en changea
point dans celle où il fe trouvoit . Il me
femble , difoit-il , voir renaître le fiécle
de nos anciens Preux : quand ils n'avoient
rien de mieux à faire , ils s'amufoient
à rompre une lance en l'honneur
de leurs Dames. Il eft vrai , pourſuivoit-
il , qu'un bras en écharpe eut toujours
des grâces aux yeux d'une Belle.
>
JANVIER. 1763 . 17
Ils s'arrêtent en un lieu qui leur paroît
propre à ce qu'ils méditent. Là ils mettent
l'épée à la main & fe battent avec
la même ardeur que s'ils euffent toujours
été ennemis. Ils s'étoient déja
bleffés l'un & l'autre, quand le Chevalier
de B..... arriva. Meffieurs , leur dit il ,
en les féparant , que fignifie cette fcène
? Ma foi , mon cher Chevalier ,
prit Dorval , je l'ignore : demande-le à
Damon ; peut - être le fçait-il . Damon
croyoit effectivement le fçavoir ; mais
il ne jugea pas à propos de s'expliquer.
Les deux prétendus rivaux avoient chacun
befoin des fecours d'un Chirurgien.
On en fait venir un chez le Suiffe
du Bois de Boulogne. Il panfa les
deux bleffés ; après quoi , l'un & l'autre
ayant envoyé ordre à leurs épuipages
d'avancer , chacun remonta dans le fien .
Le Chevalier accompagna Damon qu'il
jugeoit avoir été l'aggreffeur dans cette
affaire . Il lui fit encore quelques quef
tions inutiles pour en favoir le motif. II
conclud , enfin , que la jaloufie armoit
les deux rivaux l'un contre l'autre , &
que l'objet de cette jaloufie étoit la Marquife.
C'étoit du moins elle qui avoit foupçonné
la premiere le motif de leur for18
MERCURE DE FRANCE.
tie . Elle étoit fans qu'on le fçût , dans
un cabinet voifin , lorfque Damon avoit
parlé en fecret à Dorval ; elle avoit entendu
nommer le lieu du rendez -vous
& c'étoit à fa priére que le Chevalier
avoit fuivi les deux Champions. De-là
fon apparition fi fubite , & que ni Dorval
, ni Damon n'avoient pû prévoir.
Le Chevalier l'inftruifit de ce qui s'étoit
paffé , & lui fit part de fes conjectu
res. Le mot de combat l'éffraya d'abord.
Elle n'étoit pas de nos Coquettes qui
dans ces fortes d'occafions regardent la
mort d'un amant , comme une victime
offerte à leurs charmes, comme le triomphe
le plus réel de leur beauté. Le Che
valier la raffura , en lui apprenant que
les bleffures des deux rivaux n'étoient
pas dangereufes . Rien , au furplus , ne
pouvoit l'induire en erreur . Elle favoit
que Damon aimoit Lucile , elle favoit
qu'il etoit l'aggreffeur dans cette difpute.
Elle n'avoit qu'une crainte ; c'étoit que
la jaloufie de Damon ne fût point mal
fondée. Cependant , par un motif de
tracafferie , affez commun parmi les
›
femmes elle fit fécrettement informer
Cinthie de la difpute des deux amis. On
ajouta de plus , par fon ordre , que felon
toutes les apparences , la Marquife les
avoit rendus rivaux.
JANVIER. 1763. 19
A
Il eft facile de rendre jaloufe une
femme qui ne peut que difficilement réparer
fes pertes . Cinthie étoit dans le
cas. Lui enlever Dorval c'étoit lui ravir
Tout ce qui lui reftcit . Elle ne put déguifer
fon défefpoir , même aux yeux
de fa niéce. D'ailleurs elle diffimuloit
beaucoup moins avec Lucile , depuis
qu'elle la croyoit oubliée de Damon .
J'ajouterai même qu'elle avoit porté la
confiance envers elle à un point éxceffif.
Lucile s'amufoit à peindre en miniature
, & y réuffiffoit parfaitement . Cinthie
voulut qu'elle traçât de mémoire lè
Portrait de Dorval. Un prétexte affez
frivole vint à l'appui de cette demande.
Lucile fans approfondir fes vues , obéit
à fes ordres , & fongea à faire auffi
ufage de ce talent pour elle - même . Elle
fe trouvoit cependant encore plus hu
miliée que fa tante. Hélas ! difoit- elle
s'il eft vrai que Damon & Dorval s'étoient
querellés pour la Marquife , il
eft donc bien sûr que Damon ne fonge
plus à moi , qu'il me facrifie à cette rivale
! C'étoit pour accroître ce facrifice
que l'Ingrat vouloit fçavoir ce qui fè
paffoit dans mon coeur. Je lui en ai tû
la meilleure partie , & lui en ai trop dit
encore .
•
20 MERCURE DE FRANCE .
mon ,
Tandis que Lucile accufoit ainfi Dail
étoit lui-même partagé entre
les regrets d'avoir peut- être injuftement
querellé Dorval , & la crainte d'avoir
eu trop de raifon de le faire. La fiévre
l'avoit faifi & retardoit la guériſon de
fa bleffure . Dorval , au contraire fut
guéri de la fienne au bout de huit jours.
Il apprit l'état où étoit fon adverfaire
& en fut touché. Toute rancune étoir
bannie de fon âme , ou pour mieux dire
fon âme étoit incapable d'en conferver.
Il s'étoit battu avec Damon fans être fon
ennemi . Il réfolut de le fervir comme'
s'ils ne fe fuffent jamais battus , à le réconcilier
une feconde fois avec Lucile.
Ce font , difoit-il , deux enfans qui s'aiment
& qui fe boudent. Il faut avoir pi
tié de leur inexpérience , il faut les obliger
à s'entendre.
Dans ce deffein il ſe rend chez Cinthie
, à laquelle il fe propofoit de taire
la vraie caufe de fon abfence depuis huit
jours. Il fut furpris de l'en trouver inftruite.
Quoi ! Monfieur , lui dit - elle ,
auffi-tôt qu'elle l'apperçut , vous vous
expofez aux rifques de fortir ? Celle qui
vous a fait braver les périls d'un combat
ne vous oblige pas , du moins , à
prendre foin de votre guérifon ? C'eſt
JANVIER. 1763 . 21
bien mal connoître le prix de certaines
choſes. Je vous jure d'honneur , Madame
, reprit Dorval , que j'ignore de qui
vous vouliez parler.... Comment , Monfieur
n'avez-vous pas eu affaire avec
Damon ? ... Je l'avoue , puifque vous le
favez ; mais c'eft tout ce que je fais làdeffus
moi-même.... Quoi ? vous vous
battez fans fçavoir pour qui , ni à quel
fujet ? ... Eh ! Madame , eft- ce donc une
chofe fi extraordinaire ? ... Mais on s'explique
du moins .... Madame , reprit
encore Dorval, ces fortes d'explications
ne fervent qu'à faire foupçonner la valeur
de quiconque s'y arrête , un peu
équivoque. Il vaut mieux paroître s'entendre.
On s'explique après , s'il en eft
encore temps. Mais Damon garde encore
pour lui fon fecret.
Dorval en étoit cependant bien inf
truit ; mais il n'en vouloit faire part qu'à
Lucile. Nayant pu alors l'entretenir en
particulier , il revint le jour fuivant.
L'occafion étoit favorable ; Cinthie étoit
abfente & Lucile abfolument feule dans
fon cabinet. Dorval qui étoit en poffeffion
d'entrer librement , ufe de ce privilége.
Il pénétre fans bruit jufqu'au cabinet
, dontla porte fe trouva toute ouverte.
Il voit Lucile occupée à peindre ,
22 MERCURE DE FRANCE.
& reconnoît le Portrait de Damon qu'elle
traçoit de fouvenir , en laiffant de loin .
à loin échapper quelques larmes. L'ouvrage
étoit affez avancé pour que Dorval
ne pût s'y méprendre. Il comprit dèslors
que le foin d'apaifer Lucile n'étoit
pas le plus preffé & qu'on pouvoit s'en
repofer fur elle même . Il fort comme il
étoit entré fans faire de bruit , fans être
apperçu . Lucile étoit trop férieufement
occupée pour qu'il fût aifé de la diftraire.
Voici ,, difoit
Dorval
, chemin
faifant
, voici
un
nouveau
fpécifique
pour
ce
pauvre
Damon
; refte
à trouver
le
moyen
de
lui
en
faire
part
. Il craignoit
d'irriter
fon
mal
, en
s'offrant
à fa vue
.
Il fe rendit
chez
le
Chevalier
qui
leva
fes
doutes
avant
qu'il
les
lui
eût
expliqués
. J'allois
chez
toi
, lui
dit-il , auffitôt
qu'il
l'apperçut
, &
j'y
allois
de
la
part
de Damon
, qui
t'invite
fincérement
à te
rendre
chez
lui. De
tout
mon
coeur
reprit
Dorval
; ma
vifite
je crois
, vaudra
mieux
pour
lui
que
celle
de
fon
Médecin
. Tous
deux
fe
rendent
chez
le
malade
, qu'ils
trouvent
au
lit.
A peine
apperçut
-il
Dorval
, qu'il
lui
tendit
la
main
de l'air
le plus
intime
. On
m'affu
re , lui
dit-il , que
tous
mes
foupçons
à
F
JANVIER. 1763. 23
ton égard font faux , je commence à le
croire. Oublions le paffé , & daigne encore
être mon ami. Très -volontiers , répondit
Dorval , je le fuis , & n'ai point
ceffé de l'être. J'ai fait , de plus , une
découverte qui doit anéantir ta fiévre
& tes foupçons . Quelle est - elle ? reprit
vivement Damon... Des meilleures pour
toi.Tu fçais ou ne fçais pas que la fille d'un
certain Dibutade craignant de ne plus revoir
fon amant , charbonna fes traits fur
le mur de fa chambre ? ... Hé bien ! que
m'importe ? ... Lucile te traite avec plus
de diftinction ; elle te peint en miniature.
Lucile me peint ! s'écria Damon....
Mieux que ne feroit un peintre , repliqua
Dorval: une jeune perfonne dont
F'Amour conduit le pinceau , fait toujours
des prodiges dans ces fortes d'occafions.
Tu me flattes , mon cher Marquis
, ajoutoit Damon , en fe foulevant
pour l'embraffer , tu me flattes ! Lucile
eft trop indifférente pour en ufer ainfi ...
Oh , parbleu ! je veux t'en donner le
plaifir. D'ailleurs , il faut bien que tu
viennes obtenir ton pardon ; c'eſt une
cérémonie préalable... Je t'avoue que je
crains les reproches de Cinthie ... Cinthie
eft occupée à faire juger un procès de
la plus grande là conféquence. Elle fort
24 MERCURE
DE FRANCE .
"
tous les matins & a la maladreffe de ne
pas mener Lucile avec elle. Tu profiteras
de cette lourde bévue.
Damon fut en état de fortir au bout
de quelques jours , tant le ſpécifique de
Dorval avoit produit un prompt effet.
Ce dernier conduit Damon chez Cinthie.
Elle étoit abfente , comme ils l'a--
voient prévu. Lucile elle-même ne fe
trouva point dans fon appartement. On
leur dit qu'elle accompagnoit
dans le
Parc une vieille parente qui étoit venue
la vifiter. Damon pria Dorval d'aller la
prévenir fécrettement
fur fon arrivée :
ce que ce dernier exécuta avec plaifir.
A peine commençoit - il à s'éloigner ,
Damon entre dans le cabinet de
Lucile. Son but ne pouvoit pas être
bien décidé. Peut être efpéroit-il y trouver
ſon portrait. Mais que devint-il ,
en appercevant celui de Dorval , trèsreffemblant
, & auquel Lucile paroifloit
avoir encore travaillé le jour même ?
Une pareille vue déconcerteroit
l'amant
le plus flegmatique . Pour Damon , il
devint furieux. Quoi ! s'écria-t- il , hois
de lui-même , je ferai donc fans ceffe
le jouet d'une perfide & d'un traître ?
C'est pour me rendre le témoin de ma
honte qu'il ofe me conduire ici ? Ah !.
que
je
JANVIER. 1763.. 25
je, ne dois plus écouter que ma rage . Il
s'en fallut peu qu'il ne mît le portrait en
piéces ; mais il fe contenta de fortir de
la maiſon , fans avoir parlé ni à Lucile
ni à Dorval.
Tandis qu'il retourne chez lui ne refpirant
que vengeance , Dorval inftruifoit
Lucile de fon arrivée. Cet avis la
jette dans le plus grand trouble . Elle
quitte avec précipitation fa Parente &
Dorval pour courir à fon appartement.
Voilà , difoit ce dernier , une activité
qui n'eft point de mauvais augure pour
Damon. Mais le defir de le revoir n'étoit
pas l'unique raifon qui engageât
Lucile à fe preffer ainfi . Elle vouloit
fouftraire à fa vue le portrait qu'elle
avoit laiffé en évidence ; oubli dont l'arrivée
de fa vieille parente étoit la feule
caufe. Lucile arrive , retrouve le portrait
à peu près à la même place , mais elle
n'apperçoit point Damon : elle fonne
elle demande ce qu'il eft devenu ; on
lui apprend qu'il vient de remonter dans
fon vis-à-vis & de s'éloigner en toute diligence.
Alors Lucile ne doute plus
qu'il n'ait vû le fatal portrait. Je fuis
perdue , difoit- elle , il va me regarder
comme une perfide , rien ne pourra plus
le défabufer : que je fuis malheureuſe !
II. Vol. B
>
26 MERCURE DE FRANCE.
Elle s'étoit renfermée dans fon cabinet ;
elle y reftoit accablée, elle oublioit qu'elle
eût compagnie dans le jardin . Dorval,
qui s'ennuyoit fort avec la vieille, jugeoit
qu'apparemment Lucile & Damon trouvoient
les inftans plus courts. Il avoit été
un peu furpris de voir Lucile s'éloigner
avec tant d'activité ; il ne le fut pas moins
de la voir reparoître avec un air de trifteffe
& d'abattement . La vieille Coufine
ayant mis fin à fa vifite , leur laiffa le
temps de s'expliquer. Eh bien ! belle
Lucile , lui dit Dorval , ne vous ai -je pas
ramené Damon , le plus docile de tous
les hommes ? je ne crains plus qu'une
chofe , c'eft qu'il ne devienne timide à
l'excès . Je n'ai pù le réfoudre à fe montrer
avant que vous foyez prévenue de
fon arrivée mais que vous a-t - il dit ?
qui ? Damon ? reprit Lucile , hélas ! je
ne l'ai pas même vû ! ... Quoi , Mademoiſelle
, vous m'avez laiffé morfondre
une demie -heure auprès d'une Baronne
feptuagénaire , & vous n'étiez pas -avec
Damon ? ... Je ne l'ai point vû , vous
dis -je , il étoit déjà parti : fa viſite n'eſt
qu'un outrage de plus pour moi ... Oh
parbleu , il y a là-deffous du fingulier ,
de l'extraordinaire ! Lucile foupçonnoit
bien ce qu'il pouvoit y avoir , mais elle
JANVIER. 1763. 27
n'ofoit en inftruire Dorval. Je vais , lui
dit ce dernier , éclaircir cette énigme
& reviens auffi-tôt vous faire part de ma
découverte. Arrêtez ! lui cria Lucile
je crains quelque nouvelle criſe entre
Damon & vous ... mais cette objection ,
& beaucoup d'autres , ne purent empêcher
Dorval de s'éloigner.
Il arrive chez Damon & le trouve
feul fe promenant à grands pas . Sçaistu
bien , lui dit-il , que tu deviens l'homme
de France le plus fingulier ? &
qu'on rifque de fe couvrir de ridicule
en s'intéreffant pour toi ? Damon
furpris de fa vifite , & le regardant
avec des yeux ou la furcur étoit peinte :
Monfieur , lui dit- il , venez-vous braver
jufque chez lui un ami que vous
trahiffez indignement ? ... Alte- là , interrompit
Dorval , je vois qu'il y a
ici quelque nouvelle méprife. Non ,
non , reprit Damon , il ne peut y avoir
d'équivoque ; tous mes doutes font
éclaircis. Julie , & vous êtes d'accord
enfemble pour me jouer. Mais que
plutôt .... Écoute , Damon , ajoûta
Dorval, nous nous connoiffons ; que
penferois-tu qui pût me réduire à diffimuler
avec toi ? Sais- tu qu'il y auroit
urieuſement d'orgueil de ta part à me
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
foupçonner de cette baffeffe ? ... Hé
bien , foit ; je confens à croire que tu
n'es point le complice de Lucile ; mais
je n'en fuis pas moins trahi , tu n'en es
pas moins la principale caufe... Oh !
explique-toi plus clairement fi tu veux
que je t'entende. Mais non, réponds- moi
d'abord : pourquoi , quand je vais annoncer
ton arrivée à Lucile, & que cette
pauvre enfant accourt vers toi , fans
prendre garde qu'elle rifque de facher
une parente , riche , caduque & qui
veut la faire fon héritière ; pourquoi Lu
cile ne te retrouve-t- elle plus ? Ah la
perfide ! s'écria Damon , ce n'étoit pas
moi qu'elle afpiroit à voir , c'étoit la
preuve de fa trahifon qu'elle vouloit
fouftraire à mes yeux ! , .. Comment ?
quelle preuye ? .., ton portrait , puifqu'il
faut le dire : l'ingrate eft actuellementoccupée
à te peindre...Mon portrait ! mais tu
te trompes , Damon , c'eſt le tien ; j'ai vu
Lucile occupée à l'achever... c'eft le tien ,
te dis-je ; crois- en l'attention avec la
quelle je l'ai examiné , crois-en la rage
qui me possède ! ... Parbleu l'aventure
eft des plus comiques , le quiproquo des
plus bizarres : tu crois , dis- tu , être bien
fur de ton fait ? ... Ah , trop fùr ! que
n'en puis-je au moins douter I mais non ,
JANVIER. 1763.. 29
tout est éclairci. C'est toi que l'ingrate
me préfére, c'est toi qu'elle aime. Dorval
reſta un moment rêveur , après quoi il
ajoûta , en pirouettant , ma foi , mon
pauvre Damon , cela pourroit bien être ,
je ne vois rien là de miraculeux , ce n'eft
pas la première fois que je triomphe fans
le fçavoir & fans y prétendre : après tout ,
il y auroit de la barbarie à rébuter cet
enfant ... Songe que la vie n'eft rien
pour moi fi Lucile m'eft enlevée , &
que tu n'obtiendras l'une qu'après m'avoir
arraché l'autre ... En vérité , Damon,
tu ne te formes point , tu es l'homme du
monde que je voudrois le moins tuer ;
mais , enfin , que veux -tu que je faffe ?
tu connois Lucile ; crois - tu qu'il foit
bien-aifé de lui tenir rigueur ? ... La
perfide ! ... Qu'entends-tu par ce mot ?...
Quoi ! peut- elle douter un inftant que
je ne l'adore ? ... Elle s'en fouviendra
quelque jour , & alors tu prendras ta
revanche , en lui préférant une rivale ...
Non , je veux , je prétends qu'elle s'explique
dès aujourd'hui , qu'elle prononce
entre toi & moi ... Tu n'y fonges pas ;
as-tu donc oublié que Lucile n'eft qu'un
enfant ? & qu'un pareil aveu embarrafferoit
la femme la plus aguerrie ? ....
N'importe , je jouirai de fa confufion ,
B iij
30 MERCURE DE FRANCE .
je pourrai l'accabler de reproches....
oh parbleu , c'eft ce que je ne dois pas
fouffrir. D'ailleurs , fonge au ridicule de
la démarche oùtu veux m'engager : l'amour
n'eft aujourd'hui qu'une convention
tacite ; on s'aime , on fe laiffe , &
tout cela doit fe deviner ; toute queſtion
à cet égard eft puérile , tout aveu fuperflu,
tout reproche ignoble & déplacé.
Il fallut , cependant , que Dorval cédât
aux inftances de Damon ; mais ce
ne fut qu'avec beaucoup de répugnance.
Lorfqu'il avoit promis à Lucile de le
lui ramener , il croyoit lui caufer de la
joie , & non de l'embarras . Leur arrivée
la fit pálir. C'eft de quoi Dorval
s'apperçut d'abord. Il prit ce ton léger
qu'il employoit à tous propos. Belle Lucile
, lui dit-il , banniffez toute contrainte.
Le défolé Damon veut être inftruit
de fon fort. Il foupçonne votre coeur de
fe déclarer pour moi , il croit que cer→
tain portrait , dont vous faites myftère
eft le mien. C'eft éxiger un aveu bien
authentique je l'avoue ; mais tel eft Damon
; Il préfére un arrêt foudroyant à
une plus longue incertitude .
Lucile ne répondit rien & parut encore
plus agitée . Ah ! s'écria Damon
ce filence n'en dit que trop. C'en eft
JANVIER. 1763. 31
>
fait , je fuis facrifié. Mais cruelle , celui
que vous me préférez ne jouira pas de
fon triomphe , ou la mort que je recevrai
de fa main m'empêchera de voir
mon opprobre. Lucile ne répondoit rien
encore. Ma foi , mon pauvre Damon
dit alors Dorval , j'ai pitié de l'état où
je te vois , & s'il n'étoit pas au-deffus ·
de l'homme d'être ingrat envers Lucile
peut- être euffé- je porté l'héroïsme à
fon comble. Mais regarde-la & vois ce
qu'il eft poffible de faire ? Lucile ne put
foutenir plus long-temps cette bifarre
-méprife. Mais , Monfieur , dit- elle à Damon
, avec une agitation extrême , depuis
quand prenez- vous tant d'intérêt à
ce qui fe paffe dans mon coeur ? Vous
avez paru en faire trop peu de cas
pour.... Oui , Oui , interrompit Damon
oui , j'ai mérité vos rigueurs , votre haine.
J'ai paru oublier vos charmes , j'ai
paru vous donner une rivale ; mais , en
vous fuyant , je vous adorois , je n'entretenois
cette rivale que de vous . Elle
a des charmes & je ne lui parlois que
des vôtres.Peut- être elle m'abhorre pour
avoir connu à quel point je vous aime ...
Ah Ciel ! s'écria Lucile , à quelle extrẻ-
mité me vois-je réduite ? Parlez , reprenoit
Damon , il n'eft plus temps de fein-
>
>
Biv
32 MERCURE DE FRANCE .
1
du
>
dre . Mais que pourriez-vous dire qui pût
démentir ce que j'ai vu ? Tranchez net
la difficulté , difoit Dorval , ou ,
moins , expliquez-vous par emblême ;
laiffez parler le portrait en queftion. Je
tremble ! ajoûta Lucile , en tirant un
portrait de fa poche. O Ciel ! s'écrioit
Damon , cette vue va donc regler ma
deſtinée ? Courage , difoit Dorval à Lucile
qui héfitoit toujours , faites ce que
votre coeur vous préfcrira. Hé bien , lui
dit-elle , en tremblant de plus en plus
voyez vous-même ce qu'il convient de
faire... A ces mots elle lui donne le
portrait.
Grand Dieu ! s'écrie de nouveau
Damon , c'en eft donc fait ? Il ne me
refte plus qu'à m'immoler aux pieds de
l'ingrate. Déja il avoit tiré fon épée &
la tournoit contre fon fein . Arrête , arrête
lui cria Dorval , voila un défefpoir
finguliérement placé : regarde cette
pienture. Damon la fixe d'un ceil égaré ,
& reconnoît fes traits. Adorable Lucile
dit-il , en fe précipitant à fes genoux ,
que ne vous dois-je point ? & que mes
foupçons me rendent coupable ! Quoi ,
tandis que je vous outrageois , vous daigniez
raffembler les traits d'un ingrat ?...
Mais reprenoit-il , en s'interrompant ,
un autre a joui de la même faveur ! A
JANVIER. 1763. 33
ce difcours Lucile change de couleur &
refte interdite. Nouvelles allarmes pour
-Damon. Oui , pourſuivoit- il , un autre
portrait a tantôt frappé ma vue. De grace
, expliquez- nous ce qu'il fignifie . En
faites- vous une collection ? Ecoute
mon cher, interrompit Dorval , Mademoiſelle
a un talent fi décidé pour ce
genre qu'il feroit affreux qu'elle l'enfouît.
Craignez , dit alors Lucile à Damon
, craignez que je n'éclairciffe vos
injuftes foupçons ; je ne vous les pardonnerai
pas après les avoir détruits .
Ces trois perfonnes étoient occupées
au point que Cinthie entra fans qu'on ſe
fut même douté de for arrivée . Elle
venoit annoncer à fa niéce le gain de
fon procès. Elle la trouve dans une agitation
extrême , voit Damon à -peu-près
dans le même état , & Dorval qui fembloit
participer à cette fcène . Qu'est-ce
que cela fignifie , Mademoifelle ? demanda
Cinthie. Mais Lucile n'avoit pas
l'affurance de répondre. Dorval commençoit
à fe douter du fait. Il réfolut de
mettre fin à toute cette intrigue , &
d'ufer de l'afcendant qu'il avoit fur l'efprit
de la tante. Il s'agit , Madame , lui
dit-il , de certain portrait furtivement
apperçu . Comment ! quel portrait ? de-
B
34 MERCURE DE FRANCE .
manda- t-elle avec empreffement. Lucile,
qui ne pouvoit plus foutenir l'état où
elle voyoit Damon, fit un effort fur ellemême.
Le voilà ce portrait , dit- elle à
Cinthie; il n'appartient qu'à vous d'en
difpofer. Alors elle le lui donne . Cinthie
irritée , n'en prit que plus promptement
fa réfolution . Elle s'approche de Dorval
& lui fait voir le portrait que Lucile
vient de lui remettre. C'eft le vôtre , lui
dit-elle , & c'est par mon ordre que
Lucile a imité vos traits. Vous ne doutez
point que l'on ne s'intéreffe à un objet
que l'on fait peindre . Je garde le portrait,
& vous offre en échange ma main avec
toute ma fortune augmentée de cent
mille livres de rente par le gain de mon
procès. Madame , reprit Dorval , voilà
un concours de circonftances bien favorable.
Mais fouffrez que je m'occupe
d'abord des intérêts d'un ami. Sans doute
qu'en vous décidant à vous marier vous
ne prétendez pas condamner Lucile au
célibat. Il y auroit de l'inhumanité dans
cet arrangement. Ici Damon interrompit
Dorval , & s'adreffant à Cinthie : je
ne puis plus vous cacher , Madame , lui
dit-il , que j'adore votre charmante niéce.
Ma conduite , je le fais , annoncoit
tout le contraire ; mais ce n'étoit qu'une
JANVIER. 1763. 35
ce
feinte , & cette rufe eft une faute que
l'aimable Lucile me pardonne : daignez
imiter fon indulgence. Vraiment , reprit
Cinthie , je m'apperçois bien que ma
niéce eft fort indulgente. Mais , enfin
Marquis , dit- elle à Dorval , confeillezmoi
, que faut- il faire ? Il faut , Madame,
repliqua-t- il , unir Lucile avec Damon ,
& partager avec eux votre fortune.
Madame , interrompit ce dernier ,
n'eſt point à vos richeffes que j'en veux ;
l'aimable Lucile eft au- deffus de tous les
tréfors de la terre ; & d'ailleurs , ce que
j'ai de bien peut fuffire... Non , non ,
interrompit Cinthie à fon tour , il en
fera comme le Marquis vient de le régler.
Ah ! ma chère tante ! s'écria Lucile ; ah
cher Dorval! s'écria en même temps
Damon... Dorval fe refufa à de plus
longs remercimens . Maintenant , Madame
, ajoûta- t-il , voyez quelles font
vos dernières réfolutions. Comment ,፡
Marquis , reprit Cinthie , que fignifie ce
langage ... Oh ! Madame , il ne fignifie
que ce que vous voudrez... Le mariage
vous éffraye - t-il? ... Point du tout;
le mariage n'éffraye point quiconque
fait fon monde ... C'eft -à -dire , que vous
imirerez ceux qui fe piquent de le bien
favoir ? ... Moi ? Madame ; oh parbleu ,
B vj
36 MERCURE DE FRANCE .
je ne me calque fur perfonne . Mais il eft
des cas où il faut fuivre l'ufage , ou fe
couvrir d'un éternel ridicule ... Et moi ,
Marquis , je vous déclare qu'un mari du
bon ton me conviendroit fort peu...
Mais , Madame , comment donc faire ?
Faut-il fe reléguer jufques dans la claffe
des moindres bourgeois ? Ce font les
feuls qui n'ayent pas encore mis à l'écart
les gothiques entraves de l'hymen . Cela
étoit bon du temps de Saturne & de
Rhée !... Je prétends vivre comme on
vivoit alors... Alors , Madame , l'hymen
étoit le Dieu de la contrainte : aujourd'hui
c'eſt le Dieu de la liberté . On a
fubftitué aux froids égards , à l'éternelle
affiduité , une aifance toute aimable ,
une confiance à toute épreuve. En un
mot , le domaine de l'hymen eft devenu
la maiſon de campagne de l'amour. C'eſt
le lieu où il prend les vacances & où il
fe remet de fes fatigues. Il femble , reprit
vivement Cinthie , que vous ayez
reçu des mémoires de feu mon époux ,
il agiffoit comme vous propofez d'agir ;
mais il a fçu me dégoûter d'un mari
Petit- maître. Oubliez l'offre que je vous
ai faite : j'oublierai de mon côté.... Ah
cher Dorval! interrompit Damon tu
me replonges dans l'abîme d'où tu fem-
,
JANVIER. 1763. 37
blois m'avoir tiré ! Mais , point du tout ,
reprit Dorval , me voila encore tout prêt
à me dévouer. Il n'en eft pas befoin ,
ajoûta vivement Cinthie; raffurez - vous ,
Damon. En rompant pour jamais avec
Dorval, je n'en tiendrai pas moins ce
que je vous avois promis . Je confens
que vous époufiez ma Niéce , & je lui
donne la moitié de mon bien , en attendant
mieux. A ces mots , Cinthie entre
& s'enferme dans fon boudoir.
Que ne te dois-je , point , cher Dorval,
difoit Damon ? C'est toi qui as conduit
les chofes jufqu'à cet heureux dénouement
. Oublie mes torts. & mes injuftes
foupçons : J'ai pour jamais appris
à te connoître . Comment donc ? reprit
Dorval , tes craintes n'avoient rien de
ridicule ; on craindroit à moins . Il n'eft
pas maintenant douteux que Lucile ne
te préfére : mais , franchement , j'ai eu
peur pour toi.
Le temps éclaircit la deftinée de ces
différens Perfonnages. Cinthie ſe jetta
dans la réforme , y joignit la médifan-
& y prit goût. Dorval époufa la
Marquife , & tous deux vécurent dans
une confiance & une diffipation réciproques.
Lucile & Damon vécurent en
ce 9
38 MERCURE DE FRANCE.
Epoux qui fe fuffifent à eux mêmes.
tous furent contens.
Par M. DE LA Dixmerie.
L
NOUVELLE.
A Marquife n'étoit point préfente
à ces propos ; Damon profita de fon
abfence pour tirer Dorval à l'écart. Il
l'invite fimplement à fe rendre avec lui
à l'étoile fous quelques minutes. Je vais
t'y devancer , reprit ce dernier , fans'
être cependant , au fait du myftère . En
effet , il fortit l'inftant d'après . Damon
ne tarda pas à le fuivre. Tous deux fe
rejoignirent au lieu indiqué. L'air férieux
de Damon ne furprit point Dorval
; il ne lui en connoiffoit guères d'autre.
Comment va la nouvelle intrigue
lui dit- il ? ma foi , Comte , je t'en félicite
, ton choix ne pouvoit mieux tomber
que fur la Marquife. Elle te fera
faire plus de progrès en deux mois que
Lucile en deux ans. Mes progrès , répondit
féchement Damon , font encore
plus prompts que vous ne penfez ; j'ai
16 MERCURE DE FRANCE.
,
•
déja appris à difcerner un ami vrai d'a-.
vec un ami faux. Quoi ? repliqua Dorval
, un peu furpris du ton avec lequel
ces paroles avoient été prononcées
eft- ce à ces fortes d'inftructions que la
Marquife borne fes foins ? Laiffons-là
la Marquife , reprit Damon , avec encore
plus de hauteur , parlons de vos
procédés : ce n'eft pas la premiere fois
qu'ils me choquent ; mais je fonge à
m'en venger plutôt qu'à les définir.
Sçais-tu bien, Comte , ajouta Dorval
qu'à la fin ce ton m'ôteroit la liberté
& même la volonté de te défabufer ?
Peu m'importe , interrompit Damon
& d'ailleurs , ce feroit peine perdue ; je
fçais à quoi m'en tenir . Cherchons quelque
endroit plus écarté. Ils s'avancent
fans ancune fuite , & ne tardent pas à
trouver ce qui leur convient. Dorval qui
n'avoit qu'un feul ton pour toutes les
circonftances de la vie , n'en changea
point dans celle où il fe trouvoit . Il me
femble , difoit-il , voir renaître le fiécle
de nos anciens Preux : quand ils n'avoient
rien de mieux à faire , ils s'amufoient
à rompre une lance en l'honneur
de leurs Dames. Il eft vrai , pourſuivoit-
il , qu'un bras en écharpe eut toujours
des grâces aux yeux d'une Belle.
>
JANVIER. 1763 . 17
Ils s'arrêtent en un lieu qui leur paroît
propre à ce qu'ils méditent. Là ils mettent
l'épée à la main & fe battent avec
la même ardeur que s'ils euffent toujours
été ennemis. Ils s'étoient déja
bleffés l'un & l'autre, quand le Chevalier
de B..... arriva. Meffieurs , leur dit il ,
en les féparant , que fignifie cette fcène
? Ma foi , mon cher Chevalier ,
prit Dorval , je l'ignore : demande-le à
Damon ; peut - être le fçait-il . Damon
croyoit effectivement le fçavoir ; mais
il ne jugea pas à propos de s'expliquer.
Les deux prétendus rivaux avoient chacun
befoin des fecours d'un Chirurgien.
On en fait venir un chez le Suiffe
du Bois de Boulogne. Il panfa les
deux bleffés ; après quoi , l'un & l'autre
ayant envoyé ordre à leurs épuipages
d'avancer , chacun remonta dans le fien .
Le Chevalier accompagna Damon qu'il
jugeoit avoir été l'aggreffeur dans cette
affaire . Il lui fit encore quelques quef
tions inutiles pour en favoir le motif. II
conclud , enfin , que la jaloufie armoit
les deux rivaux l'un contre l'autre , &
que l'objet de cette jaloufie étoit la Marquife.
C'étoit du moins elle qui avoit foupçonné
la premiere le motif de leur for18
MERCURE DE FRANCE.
tie . Elle étoit fans qu'on le fçût , dans
un cabinet voifin , lorfque Damon avoit
parlé en fecret à Dorval ; elle avoit entendu
nommer le lieu du rendez -vous
& c'étoit à fa priére que le Chevalier
avoit fuivi les deux Champions. De-là
fon apparition fi fubite , & que ni Dorval
, ni Damon n'avoient pû prévoir.
Le Chevalier l'inftruifit de ce qui s'étoit
paffé , & lui fit part de fes conjectu
res. Le mot de combat l'éffraya d'abord.
Elle n'étoit pas de nos Coquettes qui
dans ces fortes d'occafions regardent la
mort d'un amant , comme une victime
offerte à leurs charmes, comme le triomphe
le plus réel de leur beauté. Le Che
valier la raffura , en lui apprenant que
les bleffures des deux rivaux n'étoient
pas dangereufes . Rien , au furplus , ne
pouvoit l'induire en erreur . Elle favoit
que Damon aimoit Lucile , elle favoit
qu'il etoit l'aggreffeur dans cette difpute.
Elle n'avoit qu'une crainte ; c'étoit que
la jaloufie de Damon ne fût point mal
fondée. Cependant , par un motif de
tracafferie , affez commun parmi les
›
femmes elle fit fécrettement informer
Cinthie de la difpute des deux amis. On
ajouta de plus , par fon ordre , que felon
toutes les apparences , la Marquife les
avoit rendus rivaux.
JANVIER. 1763. 19
A
Il eft facile de rendre jaloufe une
femme qui ne peut que difficilement réparer
fes pertes . Cinthie étoit dans le
cas. Lui enlever Dorval c'étoit lui ravir
Tout ce qui lui reftcit . Elle ne put déguifer
fon défefpoir , même aux yeux
de fa niéce. D'ailleurs elle diffimuloit
beaucoup moins avec Lucile , depuis
qu'elle la croyoit oubliée de Damon .
J'ajouterai même qu'elle avoit porté la
confiance envers elle à un point éxceffif.
Lucile s'amufoit à peindre en miniature
, & y réuffiffoit parfaitement . Cinthie
voulut qu'elle traçât de mémoire lè
Portrait de Dorval. Un prétexte affez
frivole vint à l'appui de cette demande.
Lucile fans approfondir fes vues , obéit
à fes ordres , & fongea à faire auffi
ufage de ce talent pour elle - même . Elle
fe trouvoit cependant encore plus hu
miliée que fa tante. Hélas ! difoit- elle
s'il eft vrai que Damon & Dorval s'étoient
querellés pour la Marquife , il
eft donc bien sûr que Damon ne fonge
plus à moi , qu'il me facrifie à cette rivale
! C'étoit pour accroître ce facrifice
que l'Ingrat vouloit fçavoir ce qui fè
paffoit dans mon coeur. Je lui en ai tû
la meilleure partie , & lui en ai trop dit
encore .
•
20 MERCURE DE FRANCE .
mon ,
Tandis que Lucile accufoit ainfi Dail
étoit lui-même partagé entre
les regrets d'avoir peut- être injuftement
querellé Dorval , & la crainte d'avoir
eu trop de raifon de le faire. La fiévre
l'avoit faifi & retardoit la guériſon de
fa bleffure . Dorval , au contraire fut
guéri de la fienne au bout de huit jours.
Il apprit l'état où étoit fon adverfaire
& en fut touché. Toute rancune étoir
bannie de fon âme , ou pour mieux dire
fon âme étoit incapable d'en conferver.
Il s'étoit battu avec Damon fans être fon
ennemi . Il réfolut de le fervir comme'
s'ils ne fe fuffent jamais battus , à le réconcilier
une feconde fois avec Lucile.
Ce font , difoit-il , deux enfans qui s'aiment
& qui fe boudent. Il faut avoir pi
tié de leur inexpérience , il faut les obliger
à s'entendre.
Dans ce deffein il ſe rend chez Cinthie
, à laquelle il fe propofoit de taire
la vraie caufe de fon abfence depuis huit
jours. Il fut furpris de l'en trouver inftruite.
Quoi ! Monfieur , lui dit - elle ,
auffi-tôt qu'elle l'apperçut , vous vous
expofez aux rifques de fortir ? Celle qui
vous a fait braver les périls d'un combat
ne vous oblige pas , du moins , à
prendre foin de votre guérifon ? C'eſt
JANVIER. 1763 . 21
bien mal connoître le prix de certaines
choſes. Je vous jure d'honneur , Madame
, reprit Dorval , que j'ignore de qui
vous vouliez parler.... Comment , Monfieur
n'avez-vous pas eu affaire avec
Damon ? ... Je l'avoue , puifque vous le
favez ; mais c'eft tout ce que je fais làdeffus
moi-même.... Quoi ? vous vous
battez fans fçavoir pour qui , ni à quel
fujet ? ... Eh ! Madame , eft- ce donc une
chofe fi extraordinaire ? ... Mais on s'explique
du moins .... Madame , reprit
encore Dorval, ces fortes d'explications
ne fervent qu'à faire foupçonner la valeur
de quiconque s'y arrête , un peu
équivoque. Il vaut mieux paroître s'entendre.
On s'explique après , s'il en eft
encore temps. Mais Damon garde encore
pour lui fon fecret.
Dorval en étoit cependant bien inf
truit ; mais il n'en vouloit faire part qu'à
Lucile. Nayant pu alors l'entretenir en
particulier , il revint le jour fuivant.
L'occafion étoit favorable ; Cinthie étoit
abfente & Lucile abfolument feule dans
fon cabinet. Dorval qui étoit en poffeffion
d'entrer librement , ufe de ce privilége.
Il pénétre fans bruit jufqu'au cabinet
, dontla porte fe trouva toute ouverte.
Il voit Lucile occupée à peindre ,
22 MERCURE DE FRANCE.
& reconnoît le Portrait de Damon qu'elle
traçoit de fouvenir , en laiffant de loin .
à loin échapper quelques larmes. L'ouvrage
étoit affez avancé pour que Dorval
ne pût s'y méprendre. Il comprit dèslors
que le foin d'apaifer Lucile n'étoit
pas le plus preffé & qu'on pouvoit s'en
repofer fur elle même . Il fort comme il
étoit entré fans faire de bruit , fans être
apperçu . Lucile étoit trop férieufement
occupée pour qu'il fût aifé de la diftraire.
Voici ,, difoit
Dorval
, chemin
faifant
, voici
un
nouveau
fpécifique
pour
ce
pauvre
Damon
; refte
à trouver
le
moyen
de
lui
en
faire
part
. Il craignoit
d'irriter
fon
mal
, en
s'offrant
à fa vue
.
Il fe rendit
chez
le
Chevalier
qui
leva
fes
doutes
avant
qu'il
les
lui
eût
expliqués
. J'allois
chez
toi
, lui
dit-il , auffitôt
qu'il
l'apperçut
, &
j'y
allois
de
la
part
de Damon
, qui
t'invite
fincérement
à te
rendre
chez
lui. De
tout
mon
coeur
reprit
Dorval
; ma
vifite
je crois
, vaudra
mieux
pour
lui
que
celle
de
fon
Médecin
. Tous
deux
fe
rendent
chez
le
malade
, qu'ils
trouvent
au
lit.
A peine
apperçut
-il
Dorval
, qu'il
lui
tendit
la
main
de l'air
le plus
intime
. On
m'affu
re , lui
dit-il , que
tous
mes
foupçons
à
F
JANVIER. 1763. 23
ton égard font faux , je commence à le
croire. Oublions le paffé , & daigne encore
être mon ami. Très -volontiers , répondit
Dorval , je le fuis , & n'ai point
ceffé de l'être. J'ai fait , de plus , une
découverte qui doit anéantir ta fiévre
& tes foupçons . Quelle est - elle ? reprit
vivement Damon... Des meilleures pour
toi.Tu fçais ou ne fçais pas que la fille d'un
certain Dibutade craignant de ne plus revoir
fon amant , charbonna fes traits fur
le mur de fa chambre ? ... Hé bien ! que
m'importe ? ... Lucile te traite avec plus
de diftinction ; elle te peint en miniature.
Lucile me peint ! s'écria Damon....
Mieux que ne feroit un peintre , repliqua
Dorval: une jeune perfonne dont
F'Amour conduit le pinceau , fait toujours
des prodiges dans ces fortes d'occafions.
Tu me flattes , mon cher Marquis
, ajoutoit Damon , en fe foulevant
pour l'embraffer , tu me flattes ! Lucile
eft trop indifférente pour en ufer ainfi ...
Oh , parbleu ! je veux t'en donner le
plaifir. D'ailleurs , il faut bien que tu
viennes obtenir ton pardon ; c'eſt une
cérémonie préalable... Je t'avoue que je
crains les reproches de Cinthie ... Cinthie
eft occupée à faire juger un procès de
la plus grande là conféquence. Elle fort
24 MERCURE
DE FRANCE .
"
tous les matins & a la maladreffe de ne
pas mener Lucile avec elle. Tu profiteras
de cette lourde bévue.
Damon fut en état de fortir au bout
de quelques jours , tant le ſpécifique de
Dorval avoit produit un prompt effet.
Ce dernier conduit Damon chez Cinthie.
Elle étoit abfente , comme ils l'a--
voient prévu. Lucile elle-même ne fe
trouva point dans fon appartement. On
leur dit qu'elle accompagnoit
dans le
Parc une vieille parente qui étoit venue
la vifiter. Damon pria Dorval d'aller la
prévenir fécrettement
fur fon arrivée :
ce que ce dernier exécuta avec plaifir.
A peine commençoit - il à s'éloigner ,
Damon entre dans le cabinet de
Lucile. Son but ne pouvoit pas être
bien décidé. Peut être efpéroit-il y trouver
ſon portrait. Mais que devint-il ,
en appercevant celui de Dorval , trèsreffemblant
, & auquel Lucile paroifloit
avoir encore travaillé le jour même ?
Une pareille vue déconcerteroit
l'amant
le plus flegmatique . Pour Damon , il
devint furieux. Quoi ! s'écria-t- il , hois
de lui-même , je ferai donc fans ceffe
le jouet d'une perfide & d'un traître ?
C'est pour me rendre le témoin de ma
honte qu'il ofe me conduire ici ? Ah !.
que
je
JANVIER. 1763.. 25
je, ne dois plus écouter que ma rage . Il
s'en fallut peu qu'il ne mît le portrait en
piéces ; mais il fe contenta de fortir de
la maiſon , fans avoir parlé ni à Lucile
ni à Dorval.
Tandis qu'il retourne chez lui ne refpirant
que vengeance , Dorval inftruifoit
Lucile de fon arrivée. Cet avis la
jette dans le plus grand trouble . Elle
quitte avec précipitation fa Parente &
Dorval pour courir à fon appartement.
Voilà , difoit ce dernier , une activité
qui n'eft point de mauvais augure pour
Damon. Mais le defir de le revoir n'étoit
pas l'unique raifon qui engageât
Lucile à fe preffer ainfi . Elle vouloit
fouftraire à fa vue le portrait qu'elle
avoit laiffé en évidence ; oubli dont l'arrivée
de fa vieille parente étoit la feule
caufe. Lucile arrive , retrouve le portrait
à peu près à la même place , mais elle
n'apperçoit point Damon : elle fonne
elle demande ce qu'il eft devenu ; on
lui apprend qu'il vient de remonter dans
fon vis-à-vis & de s'éloigner en toute diligence.
Alors Lucile ne doute plus
qu'il n'ait vû le fatal portrait. Je fuis
perdue , difoit- elle , il va me regarder
comme une perfide , rien ne pourra plus
le défabufer : que je fuis malheureuſe !
II. Vol. B
>
26 MERCURE DE FRANCE.
Elle s'étoit renfermée dans fon cabinet ;
elle y reftoit accablée, elle oublioit qu'elle
eût compagnie dans le jardin . Dorval,
qui s'ennuyoit fort avec la vieille, jugeoit
qu'apparemment Lucile & Damon trouvoient
les inftans plus courts. Il avoit été
un peu furpris de voir Lucile s'éloigner
avec tant d'activité ; il ne le fut pas moins
de la voir reparoître avec un air de trifteffe
& d'abattement . La vieille Coufine
ayant mis fin à fa vifite , leur laiffa le
temps de s'expliquer. Eh bien ! belle
Lucile , lui dit Dorval , ne vous ai -je pas
ramené Damon , le plus docile de tous
les hommes ? je ne crains plus qu'une
chofe , c'eft qu'il ne devienne timide à
l'excès . Je n'ai pù le réfoudre à fe montrer
avant que vous foyez prévenue de
fon arrivée mais que vous a-t - il dit ?
qui ? Damon ? reprit Lucile , hélas ! je
ne l'ai pas même vû ! ... Quoi , Mademoiſelle
, vous m'avez laiffé morfondre
une demie -heure auprès d'une Baronne
feptuagénaire , & vous n'étiez pas -avec
Damon ? ... Je ne l'ai point vû , vous
dis -je , il étoit déjà parti : fa viſite n'eſt
qu'un outrage de plus pour moi ... Oh
parbleu , il y a là-deffous du fingulier ,
de l'extraordinaire ! Lucile foupçonnoit
bien ce qu'il pouvoit y avoir , mais elle
JANVIER. 1763. 27
n'ofoit en inftruire Dorval. Je vais , lui
dit ce dernier , éclaircir cette énigme
& reviens auffi-tôt vous faire part de ma
découverte. Arrêtez ! lui cria Lucile
je crains quelque nouvelle criſe entre
Damon & vous ... mais cette objection ,
& beaucoup d'autres , ne purent empêcher
Dorval de s'éloigner.
Il arrive chez Damon & le trouve
feul fe promenant à grands pas . Sçaistu
bien , lui dit-il , que tu deviens l'homme
de France le plus fingulier ? &
qu'on rifque de fe couvrir de ridicule
en s'intéreffant pour toi ? Damon
furpris de fa vifite , & le regardant
avec des yeux ou la furcur étoit peinte :
Monfieur , lui dit- il , venez-vous braver
jufque chez lui un ami que vous
trahiffez indignement ? ... Alte- là , interrompit
Dorval , je vois qu'il y a
ici quelque nouvelle méprife. Non ,
non , reprit Damon , il ne peut y avoir
d'équivoque ; tous mes doutes font
éclaircis. Julie , & vous êtes d'accord
enfemble pour me jouer. Mais que
plutôt .... Écoute , Damon , ajoûta
Dorval, nous nous connoiffons ; que
penferois-tu qui pût me réduire à diffimuler
avec toi ? Sais- tu qu'il y auroit
urieuſement d'orgueil de ta part à me
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
foupçonner de cette baffeffe ? ... Hé
bien , foit ; je confens à croire que tu
n'es point le complice de Lucile ; mais
je n'en fuis pas moins trahi , tu n'en es
pas moins la principale caufe... Oh !
explique-toi plus clairement fi tu veux
que je t'entende. Mais non, réponds- moi
d'abord : pourquoi , quand je vais annoncer
ton arrivée à Lucile, & que cette
pauvre enfant accourt vers toi , fans
prendre garde qu'elle rifque de facher
une parente , riche , caduque & qui
veut la faire fon héritière ; pourquoi Lu
cile ne te retrouve-t- elle plus ? Ah la
perfide ! s'écria Damon , ce n'étoit pas
moi qu'elle afpiroit à voir , c'étoit la
preuve de fa trahifon qu'elle vouloit
fouftraire à mes yeux ! , .. Comment ?
quelle preuye ? .., ton portrait , puifqu'il
faut le dire : l'ingrate eft actuellementoccupée
à te peindre...Mon portrait ! mais tu
te trompes , Damon , c'eſt le tien ; j'ai vu
Lucile occupée à l'achever... c'eft le tien ,
te dis-je ; crois- en l'attention avec la
quelle je l'ai examiné , crois-en la rage
qui me possède ! ... Parbleu l'aventure
eft des plus comiques , le quiproquo des
plus bizarres : tu crois , dis- tu , être bien
fur de ton fait ? ... Ah , trop fùr ! que
n'en puis-je au moins douter I mais non ,
JANVIER. 1763.. 29
tout est éclairci. C'est toi que l'ingrate
me préfére, c'est toi qu'elle aime. Dorval
reſta un moment rêveur , après quoi il
ajoûta , en pirouettant , ma foi , mon
pauvre Damon , cela pourroit bien être ,
je ne vois rien là de miraculeux , ce n'eft
pas la première fois que je triomphe fans
le fçavoir & fans y prétendre : après tout ,
il y auroit de la barbarie à rébuter cet
enfant ... Songe que la vie n'eft rien
pour moi fi Lucile m'eft enlevée , &
que tu n'obtiendras l'une qu'après m'avoir
arraché l'autre ... En vérité , Damon,
tu ne te formes point , tu es l'homme du
monde que je voudrois le moins tuer ;
mais , enfin , que veux -tu que je faffe ?
tu connois Lucile ; crois - tu qu'il foit
bien-aifé de lui tenir rigueur ? ... La
perfide ! ... Qu'entends-tu par ce mot ?...
Quoi ! peut- elle douter un inftant que
je ne l'adore ? ... Elle s'en fouviendra
quelque jour , & alors tu prendras ta
revanche , en lui préférant une rivale ...
Non , je veux , je prétends qu'elle s'explique
dès aujourd'hui , qu'elle prononce
entre toi & moi ... Tu n'y fonges pas ;
as-tu donc oublié que Lucile n'eft qu'un
enfant ? & qu'un pareil aveu embarrafferoit
la femme la plus aguerrie ? ....
N'importe , je jouirai de fa confufion ,
B iij
30 MERCURE DE FRANCE .
je pourrai l'accabler de reproches....
oh parbleu , c'eft ce que je ne dois pas
fouffrir. D'ailleurs , fonge au ridicule de
la démarche oùtu veux m'engager : l'amour
n'eft aujourd'hui qu'une convention
tacite ; on s'aime , on fe laiffe , &
tout cela doit fe deviner ; toute queſtion
à cet égard eft puérile , tout aveu fuperflu,
tout reproche ignoble & déplacé.
Il fallut , cependant , que Dorval cédât
aux inftances de Damon ; mais ce
ne fut qu'avec beaucoup de répugnance.
Lorfqu'il avoit promis à Lucile de le
lui ramener , il croyoit lui caufer de la
joie , & non de l'embarras . Leur arrivée
la fit pálir. C'eft de quoi Dorval
s'apperçut d'abord. Il prit ce ton léger
qu'il employoit à tous propos. Belle Lucile
, lui dit-il , banniffez toute contrainte.
Le défolé Damon veut être inftruit
de fon fort. Il foupçonne votre coeur de
fe déclarer pour moi , il croit que cer→
tain portrait , dont vous faites myftère
eft le mien. C'eft éxiger un aveu bien
authentique je l'avoue ; mais tel eft Damon
; Il préfére un arrêt foudroyant à
une plus longue incertitude .
Lucile ne répondit rien & parut encore
plus agitée . Ah ! s'écria Damon
ce filence n'en dit que trop. C'en eft
JANVIER. 1763. 31
>
fait , je fuis facrifié. Mais cruelle , celui
que vous me préférez ne jouira pas de
fon triomphe , ou la mort que je recevrai
de fa main m'empêchera de voir
mon opprobre. Lucile ne répondoit rien
encore. Ma foi , mon pauvre Damon
dit alors Dorval , j'ai pitié de l'état où
je te vois , & s'il n'étoit pas au-deffus ·
de l'homme d'être ingrat envers Lucile
peut- être euffé- je porté l'héroïsme à
fon comble. Mais regarde-la & vois ce
qu'il eft poffible de faire ? Lucile ne put
foutenir plus long-temps cette bifarre
-méprife. Mais , Monfieur , dit- elle à Damon
, avec une agitation extrême , depuis
quand prenez- vous tant d'intérêt à
ce qui fe paffe dans mon coeur ? Vous
avez paru en faire trop peu de cas
pour.... Oui , Oui , interrompit Damon
oui , j'ai mérité vos rigueurs , votre haine.
J'ai paru oublier vos charmes , j'ai
paru vous donner une rivale ; mais , en
vous fuyant , je vous adorois , je n'entretenois
cette rivale que de vous . Elle
a des charmes & je ne lui parlois que
des vôtres.Peut- être elle m'abhorre pour
avoir connu à quel point je vous aime ...
Ah Ciel ! s'écria Lucile , à quelle extrẻ-
mité me vois-je réduite ? Parlez , reprenoit
Damon , il n'eft plus temps de fein-
>
>
Biv
32 MERCURE DE FRANCE .
1
du
>
dre . Mais que pourriez-vous dire qui pût
démentir ce que j'ai vu ? Tranchez net
la difficulté , difoit Dorval , ou ,
moins , expliquez-vous par emblême ;
laiffez parler le portrait en queftion. Je
tremble ! ajoûta Lucile , en tirant un
portrait de fa poche. O Ciel ! s'écrioit
Damon , cette vue va donc regler ma
deſtinée ? Courage , difoit Dorval à Lucile
qui héfitoit toujours , faites ce que
votre coeur vous préfcrira. Hé bien , lui
dit-elle , en tremblant de plus en plus
voyez vous-même ce qu'il convient de
faire... A ces mots elle lui donne le
portrait.
Grand Dieu ! s'écrie de nouveau
Damon , c'en eft donc fait ? Il ne me
refte plus qu'à m'immoler aux pieds de
l'ingrate. Déja il avoit tiré fon épée &
la tournoit contre fon fein . Arrête , arrête
lui cria Dorval , voila un défefpoir
finguliérement placé : regarde cette
pienture. Damon la fixe d'un ceil égaré ,
& reconnoît fes traits. Adorable Lucile
dit-il , en fe précipitant à fes genoux ,
que ne vous dois-je point ? & que mes
foupçons me rendent coupable ! Quoi ,
tandis que je vous outrageois , vous daigniez
raffembler les traits d'un ingrat ?...
Mais reprenoit-il , en s'interrompant ,
un autre a joui de la même faveur ! A
JANVIER. 1763. 33
ce difcours Lucile change de couleur &
refte interdite. Nouvelles allarmes pour
-Damon. Oui , pourſuivoit- il , un autre
portrait a tantôt frappé ma vue. De grace
, expliquez- nous ce qu'il fignifie . En
faites- vous une collection ? Ecoute
mon cher, interrompit Dorval , Mademoiſelle
a un talent fi décidé pour ce
genre qu'il feroit affreux qu'elle l'enfouît.
Craignez , dit alors Lucile à Damon
, craignez que je n'éclairciffe vos
injuftes foupçons ; je ne vous les pardonnerai
pas après les avoir détruits .
Ces trois perfonnes étoient occupées
au point que Cinthie entra fans qu'on ſe
fut même douté de for arrivée . Elle
venoit annoncer à fa niéce le gain de
fon procès. Elle la trouve dans une agitation
extrême , voit Damon à -peu-près
dans le même état , & Dorval qui fembloit
participer à cette fcène . Qu'est-ce
que cela fignifie , Mademoifelle ? demanda
Cinthie. Mais Lucile n'avoit pas
l'affurance de répondre. Dorval commençoit
à fe douter du fait. Il réfolut de
mettre fin à toute cette intrigue , &
d'ufer de l'afcendant qu'il avoit fur l'efprit
de la tante. Il s'agit , Madame , lui
dit-il , de certain portrait furtivement
apperçu . Comment ! quel portrait ? de-
B
34 MERCURE DE FRANCE .
manda- t-elle avec empreffement. Lucile,
qui ne pouvoit plus foutenir l'état où
elle voyoit Damon, fit un effort fur ellemême.
Le voilà ce portrait , dit- elle à
Cinthie; il n'appartient qu'à vous d'en
difpofer. Alors elle le lui donne . Cinthie
irritée , n'en prit que plus promptement
fa réfolution . Elle s'approche de Dorval
& lui fait voir le portrait que Lucile
vient de lui remettre. C'eft le vôtre , lui
dit-elle , & c'est par mon ordre que
Lucile a imité vos traits. Vous ne doutez
point que l'on ne s'intéreffe à un objet
que l'on fait peindre . Je garde le portrait,
& vous offre en échange ma main avec
toute ma fortune augmentée de cent
mille livres de rente par le gain de mon
procès. Madame , reprit Dorval , voilà
un concours de circonftances bien favorable.
Mais fouffrez que je m'occupe
d'abord des intérêts d'un ami. Sans doute
qu'en vous décidant à vous marier vous
ne prétendez pas condamner Lucile au
célibat. Il y auroit de l'inhumanité dans
cet arrangement. Ici Damon interrompit
Dorval , & s'adreffant à Cinthie : je
ne puis plus vous cacher , Madame , lui
dit-il , que j'adore votre charmante niéce.
Ma conduite , je le fais , annoncoit
tout le contraire ; mais ce n'étoit qu'une
JANVIER. 1763. 35
ce
feinte , & cette rufe eft une faute que
l'aimable Lucile me pardonne : daignez
imiter fon indulgence. Vraiment , reprit
Cinthie , je m'apperçois bien que ma
niéce eft fort indulgente. Mais , enfin
Marquis , dit- elle à Dorval , confeillezmoi
, que faut- il faire ? Il faut , Madame,
repliqua-t- il , unir Lucile avec Damon ,
& partager avec eux votre fortune.
Madame , interrompit ce dernier ,
n'eſt point à vos richeffes que j'en veux ;
l'aimable Lucile eft au- deffus de tous les
tréfors de la terre ; & d'ailleurs , ce que
j'ai de bien peut fuffire... Non , non ,
interrompit Cinthie à fon tour , il en
fera comme le Marquis vient de le régler.
Ah ! ma chère tante ! s'écria Lucile ; ah
cher Dorval! s'écria en même temps
Damon... Dorval fe refufa à de plus
longs remercimens . Maintenant , Madame
, ajoûta- t-il , voyez quelles font
vos dernières réfolutions. Comment ,፡
Marquis , reprit Cinthie , que fignifie ce
langage ... Oh ! Madame , il ne fignifie
que ce que vous voudrez... Le mariage
vous éffraye - t-il? ... Point du tout;
le mariage n'éffraye point quiconque
fait fon monde ... C'eft -à -dire , que vous
imirerez ceux qui fe piquent de le bien
favoir ? ... Moi ? Madame ; oh parbleu ,
B vj
36 MERCURE DE FRANCE .
je ne me calque fur perfonne . Mais il eft
des cas où il faut fuivre l'ufage , ou fe
couvrir d'un éternel ridicule ... Et moi ,
Marquis , je vous déclare qu'un mari du
bon ton me conviendroit fort peu...
Mais , Madame , comment donc faire ?
Faut-il fe reléguer jufques dans la claffe
des moindres bourgeois ? Ce font les
feuls qui n'ayent pas encore mis à l'écart
les gothiques entraves de l'hymen . Cela
étoit bon du temps de Saturne & de
Rhée !... Je prétends vivre comme on
vivoit alors... Alors , Madame , l'hymen
étoit le Dieu de la contrainte : aujourd'hui
c'eſt le Dieu de la liberté . On a
fubftitué aux froids égards , à l'éternelle
affiduité , une aifance toute aimable ,
une confiance à toute épreuve. En un
mot , le domaine de l'hymen eft devenu
la maiſon de campagne de l'amour. C'eſt
le lieu où il prend les vacances & où il
fe remet de fes fatigues. Il femble , reprit
vivement Cinthie , que vous ayez
reçu des mémoires de feu mon époux ,
il agiffoit comme vous propofez d'agir ;
mais il a fçu me dégoûter d'un mari
Petit- maître. Oubliez l'offre que je vous
ai faite : j'oublierai de mon côté.... Ah
cher Dorval! interrompit Damon tu
me replonges dans l'abîme d'où tu fem-
,
JANVIER. 1763. 37
blois m'avoir tiré ! Mais , point du tout ,
reprit Dorval , me voila encore tout prêt
à me dévouer. Il n'en eft pas befoin ,
ajoûta vivement Cinthie; raffurez - vous ,
Damon. En rompant pour jamais avec
Dorval, je n'en tiendrai pas moins ce
que je vous avois promis . Je confens
que vous époufiez ma Niéce , & je lui
donne la moitié de mon bien , en attendant
mieux. A ces mots , Cinthie entre
& s'enferme dans fon boudoir.
Que ne te dois-je , point , cher Dorval,
difoit Damon ? C'est toi qui as conduit
les chofes jufqu'à cet heureux dénouement
. Oublie mes torts. & mes injuftes
foupçons : J'ai pour jamais appris
à te connoître . Comment donc ? reprit
Dorval , tes craintes n'avoient rien de
ridicule ; on craindroit à moins . Il n'eft
pas maintenant douteux que Lucile ne
te préfére : mais , franchement , j'ai eu
peur pour toi.
Le temps éclaircit la deftinée de ces
différens Perfonnages. Cinthie ſe jetta
dans la réforme , y joignit la médifan-
& y prit goût. Dorval époufa la
Marquife , & tous deux vécurent dans
une confiance & une diffipation réciproques.
Lucile & Damon vécurent en
ce 9
38 MERCURE DE FRANCE.
Epoux qui fe fuffifent à eux mêmes.
tous furent contens.
Par M. DE LA Dixmerie.
Fermer
Résumé : SUITE DES QUIPROQUO, NOUVELLE.
Le texte relate une série de malentendus et de quiproquos entre plusieurs personnages, principalement Damon, Dorval, la Marquise, Cinthie et Lucile. Damon invite Dorval à se rendre à l'Étoile pour discuter en privé. Lors de cette rencontre, Damon reproche à Dorval ses procédés et exprime son désir de vengeance. Ils en viennent aux mains et se blessent mutuellement. Leur duel est interrompu par le Chevalier de B..., qui les sépare et les soigne. La Marquise, ayant entendu leur conversation, informe le Chevalier du rendez-vous, ce qui explique son intervention. La Marquise est inquiète car elle sait que Damon aime Lucile et qu'il a provoqué Dorval. Elle craint que la jalousie de Damon ne soit fondée. Par tracasserie, elle informe Cinthie de la dispute, laissant entendre que la Marquise en est la cause. Cinthie, jalouse et désespérée à l'idée de perdre Dorval, se confie à Lucile, qui est également troublée par la situation. Dorval, guéri plus rapidement que Damon, décide de réconcilier les deux amis. Il se rend chez Cinthie et apprend que celle-ci est déjà informée du duel. Il rencontre ensuite Lucile, qui peint un portrait de Damon en pleurant. Dorval comprend alors que Lucile aime toujours Damon et décide de ne pas intervenir. Dorval et le Chevalier rendent visite à Damon, qui est alité. Damon tend la main à Dorval, reconnaissant ses erreurs. Dorval révèle à Damon que Lucile le peint en miniature, ce qui apaise Damon. Quelques jours plus tard, Damon, guéri, se rend chez Cinthie avec Dorval. Lucile, avertie par Dorval, se précipite dans son cabinet mais trouve Damon furieux après avoir vu le portrait de Dorval. Damon quitte la maison sans parler à Lucile. Lucile, désespérée, craint que Damon ne la considère comme perfide après avoir vu le portrait. Le texte relate ensuite une situation complexe impliquant Lucile, Damon et Dorval. Lucile, accablée, se trouve dans le jardin, oubliant la présence de Dorval. Ce dernier, s'ennuyant avec une vieille dame, observe que Lucile et Damon semblent passer un moment agréable ensemble. Il est surpris de voir Lucile revenir avec un air triste et abattu après une brève absence. La vieille dame, ayant terminé sa visite, laisse Lucile et Dorval seuls. Dorval interroge Lucile sur sa rencontre avec Damon, mais elle révèle qu'elle ne l'a pas vu, car il était déjà parti. Dorval, intrigué par cette situation, décide d'aller voir Damon pour éclaircir l'affaire. Chez Damon, Dorval trouve ce dernier en train de se promener nerveusement. Damon accuse Dorval et Julie de comploter contre lui. Dorval, surpris, explique qu'il n'est pas complice de Lucile mais qu'il a vu Lucile occupée à peindre un portrait. Damon, furieux, révèle que Lucile est en train de peindre son propre portrait, croyant qu'il s'agit de celui de Dorval. Dorval comprend alors le quiproquo et explique à Damon que Lucile peignait en réalité son portrait à lui. De retour auprès de Lucile, Dorval révèle la vérité à Damon, qui est bouleversé. Lucile, agitée, finit par montrer le portrait à Damon, qui reconnaît ses propres traits. Damon, confus et reconnaissant, se jette aux pieds de Lucile. Cinthie, la tante de Lucile, entre et annonce le gain de son procès. Elle découvre l'agitation des trois personnages et demande des explications. Lucile montre le portrait à Cinthie, qui révèle qu'elle avait ordonné à Lucile de peindre les traits de Dorval. Cinthie propose alors sa main et sa fortune à Dorval, mais ce dernier suggère de marier Lucile et Damon, partageant ainsi sa fortune avec eux. Damon accepte, affirmant que son amour pour Lucile dépasse tous les trésors. Cinthie approuve finalement cette union. Dorval et Cinthie discutent ensuite des convenances du mariage, Cinthie exprimant son désir de vivre selon les usages modernes, où le mariage est vu comme un lieu de liberté et de confiance. Le texte se conclut par la révélation des destins des personnages : Cinthie se réforme et se consacre à la méditation, Dorval épouse la marquise et vit dans la confiance et la dissipation réciproque, tandis que Lucile et Damon vivent heureux en tant qu'époux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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162
p. 47-58
ANGELIQUE, Anecdote qu'on auroit rendue plus intéressante, si elle étoit moins vraie.
Début :
Qui est là ? s'écrie la Marquiſe de *** qui a l'audace de me reveiller si matin ? [...]
Mots clefs :
Comte, Juges, Maladie, Chevalier, Marquise , Cœur, Mère
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texteReconnaissance textuelle : ANGELIQUE, Anecdote qu'on auroit rendue plus intéressante, si elle étoit moins vraie.
ANGELIQUE , Anecdote qu'on au
roit rendue plus intéreſſante , fi elle
étoit moins vraie.
Qui eft là ? s'écrie la Marquiſe de ***
1
qui a l'audace de me reveiller fi matin ?
qui ofe entrer dans mon appartement
avant que j'aie fonné ? c'est vous , impertinente
qu'elle heure eft - il ? Madame
, répond Lifette , en tremblant ,
il est midi paffé ... eh bien , Mademoifelle
, doit-il être jour chez moi à
midi ? On ne tient pas à vos étourderies
réïtérées ; je vous en ai prévenue , vous
travaillez à vous faire chaffer... Je vous
demande pardon ! mais... Ne voilà-t- il
pas de vos Mais? Je vous ai dit que mais
étoit déplacé dans votre bouche.... fi
48 MERCURE DE FRANCE.
Madame vouloit permettre ... Si Madame
! Vous ne finirez point avec vos
mais & vos fi qui m'affomment.... Au
nom de Dieu , Madame ! laiffez - moi
vous dire le fujet... Je m'en doute le
Comte impatient , peu jaloux d'obſerver
l'ordre des procédés , vous aura
payée pour fe faire annoncer ? ... Non,
Madame... ce Provincial qui m'eft recommandé
eft venu pour m'entretenir
de fon procès. Je ne fçais pas un mot
de fon affaire : n'importe , j'arrangerai
un fouper avec fes Juges ; je foutiendrai
fon bon droit au deffert ; je lui réponds
d'une douzaine de voix : qu'il
foit tranquille... Ce n'eft pas cela , Madame...
C'est donc ce jeune Chanoine
dont mon Abbé m'a parlé , qui vient
me demander ce que je penfe d'un Sermon
fur l'humilité , qu'il doit prêcher
à la Cour?..Non , je ne l'ai pas vu ... C'eſt
donc cet Officier Gafcon avec qui j'ai
joué fur fa parole , qui m'enyoye les
cent piftoles qu'il a perdues ? mais cela
n'eft pas croiable Cela n'eſt pas
non plus .... Ceci commence à m'impatienter.
Vous verrez que la Préfidente
me fait prier de lui dicter ce qu'elle
doit dire de la Piéce qu'on donnera ce
foir aux François. Il fuffit de la faire
....
avertir
MARS. 1763. 2018 49
avertir que l'Auteur me l'a lue , que j'ai
retenu trois Loges , & que tous mes domeftiques
déguifés fe rendront au Parterre
pour contribuer au fuccès de cette
Piéce , en claquant des mains à tort &
à travers. Attendez ; ne feroit- ce pas
plutôt cet apprentif Financier , qui voudroit
de tout fon coeur paroitre boffu
& qui n'est que contrefait. ? J'y fuis fans
doute: il m'apporte ce joli perroquet qui
a fait tout mon amufement dans l'ennuyeufe
fête qu'il m'a donnée avanthier.
Ah , que j'aurai de peine à lui faire def
apprendre les fadeurs qu'il a entendu
débiter à fon maître ! ... Non , Madame,
il n'eft pas queftion de la Préfidente
, du Financier ni de fon Perroquet.
Une choſe bien plus férieuſe ....
Vous me faites trembler , Lifette ! ô
Ciel que voulez-vous dire ; mon Angola....
Il n'eft arrivé aucun accident à
ce cher animal, Hélas ! il vaudroit mieux
qu'il fût mort & avec lui tous les An
gola , du monde ... Treve à vos
fouhaits impertinens. Vous me pouffez
à bout , vous m'excédez ; le Chevalier
eft malade , je le vois trop , il ne fortira
pas d'aujourd'hui. Il a hier prodigieufement
foupé Quel fâcheux contre-
temps , à la veille du jour où je dois
C
2
"
50 MERCURE DE FRANCE.
couronner fa conftance ! .... J'ignore
fi M. le Chevalier a foupé & s'il eft
malade mais Mademoiſelle votre fille
´eft dans un état que je ne peux vous
celer. Elle s'eft couchée avec un mal
de tête très- violent , accompagné de
beaucoup de fiévre ; elle a eu des convulfions
pendant la nuit. Le Médecin l'a
trouvée en danger & nous a confeillé
de vous en avertir ..... Lifette , mon
Médecin eft un efprit pufillanime qui
voit du danger partout. L'indifpofition
d'Angélique n'aura pas de fuite. D'ail
leurs quel changement voulez- vous qu'opére
ma préfence ? Vous auriez pu vous
difpenfer de me réveillér. Cependant
je verraí Angélique ; allons qu'on m'habille;
& avant tout , informez -vous fi
fa maladie ..... je crains le mauvais air.
mais vous avez fans doute pris l'allarme
trop légérement.
En voilà probablement affez pour
faire connoître cette Marquife , qu'on
peut mettre au nombre de ces demimonftres
dont le nom change tous
les jours à Paris & qu'on défigne encore
en Province fous celui de petites
Maitreffes. De grands biens , une phifionomie
fans caractère , mais propre
à faifir toutes les nuances dans l'occaMARS.
1763. 51
fion , un efprit faux & un coeur gâté ;
tel doit être le partage de ces femmes à
prétentions qui aviliffent leur féxe &
le nôtre. Tel étoit auffi celui de la Marquife.
Reftée veuve à l'âge de vingt
ans , elle avoit tâché par toutes fortes
de voies, de fe dédommager de la contrainte
dans laquelle elle avoit gémi
avec un honnête homme qui avoit ofé
l'empêcher de fe déshonorer. Elle n'avoit
pu lui pardonner cet excès de févérité
; & c'étoit le motif de la haine
qu'elle gardoit à fa mémoire.
Angélique étoit le feul fruit de cet
Hymen mal afforti, fans être exactement
régulière , fa beauté frappe au premier
coup d'oeil . On ne cherche pas à détailler
fes traits ; on en admire l'enfemble
. Quoique fes yeux ayent perdur de
leur vivacité & que l'incarnat de fon
teint foit flétri par fes pleurs , on ne
la voit pas encore fans un tendre intérêt.
Je ne m'arrêterai pas à tracer l'éfquiffe
des agrémens extérieurs qu'An →
gélique tient de la Nature ; elle les dédaigna
dès qu'elle les eut connus . Ceci
conduit à l'éloge de fon âme : mais je ne
fuis que fon Hiftorien & je dois me
borner au fimple récit des faits pour ménager
au Lecteur le plaifir délicat de
prononcer lui - même. Cij
52 MERCURE DE FRANCE
2
La Marquife étoit fur le point de
prendre pour Epoux le Chevalier de
*** qu'elle préféroit à fes rivaux , à
caufe de l'éloignement qu'il avoit tou→
jours marqué pour la jaloufie. Le Che
valier n'avoit qu'un grand nom , des
efpérances de fortune & un fond d'a
mour propre inépuifable. Il avoit ai
mé Angelique avant que de s'être décla
ré pour fa mère. Il fut le premier qui
s'offrit à fes yeux , à peine ouverts à
l'amour. Une paffion d'une verité momentanée
, maniée par un habile hom →
me , n'eft que trop propre à féduire
l'innocence. Angelique eft née fenfible.
Elle fe livra à fon penchant avec fécurité.
L'abîme étoit couvert de fleurs ;
elle ne s'en apperçut qu'en s'y précipi
tant. Le Chevalier , pour furmonter fes
fcrupules , avoit eu la baffeffe de recourir
aux fermens. Il l'avoit même
obligée d'accepter une promeffe de ma
iiage. Il n'en falloit pas tant pour abufer
de fa crédulité. Elle ne concevoit
pas qu'un homme d'honneur dût jamais
en manquer. Il lui étoit refervé
d'en faire la trifte expérience & de paffer
tout-à- coup de l'eftime & de l'as
mour à l'indignation & au mépris. O
vous qui voulez mériter le doux nom
... c -iv .
MARS. 1763
de mère occupez -vous fans ceffe
montrer aux jeunes perfonnes qui fous
vos yeux commencent leur entrée ſur
la fcène du monde , tout ce qu'elles
doivent faire pour fe garantir du poifon
qu'on y verfe dans des coupes trompeufes
! arrachez le voile que l'illufion
tient fufpendu fur tous les objets qu'elles
y rencontrent. Apprenez-leur à n'eftimer
que ce qu'eftiment les gens fenfés
, qui furnagent fur cette mer ora
geufe , & qui gouvernés par une fage
défiance , évitent les écueils dont elle
eft environnée .
腻
Angélique venoit de s'appercevoir
qu'elle étoit la victime de fa créduli
té. Une feule voie lui fembloit ouverte
pour eviter l'opprobre ; elle la trouva
fermée. Elle apprit que le Chevalier
alloit jurer à fa mère , à la face des
autels , la foi qu'il lui avoit donnée."
Cette nouvelle lui fit une fi grande révolution
, qu'auffitôt après fa maladie ,
on défefpéroit qu'elle pût recouvrer fa
fanté. La Marquife vint la voir , com--
me elle l'avoit promis. Angélique fixa
fes yeux mourans fur elle. Elle prit fa'
main & la tint long-temps fur fon
coeur. Elle voulut parler ; la voix luimanqua.
Le danger ne ceffa qu'au bout
i
1
1
.
"
Cij
54 MERCURE DE FRANCE .
de quelques jours. Les Médecins' la vi
rent à leur grand regret dans cet état
de langueur , qui réfifte aux efforts de
leur art , & qui donne la mort à tout
moment fans ôter la vie.
La Marquife contracta avec le Chevalier
, ne s'imaginant pas qu'elle por
toit le coup le plus funefte à la fenfibilité
d'Angélique. Le mariage fe fit
avec ce vain appareil de réjouiffances,
qui n'eft fouvent que le fimulacre de
la joie. Les motifs du Chevalier & de la
Marquife n'étoient pas affez purs pour
leur procurer cette fatisfaction intérieure,
qui eft peut- être l'unique récompenfe
de la vertu.
Angélique n'avoit pu fe réfoudre à
déclarer à fa mère fon fatal fecret. Cependant
il ne lui étoit plus poffible
de le cacher. La douleur dans laquelle
elle étoit plongée ne lui ayant pas permis
de quitter fon appartement , elle
n'avoit pas vu le Chevalier depuis fa
maladie. Elle prit enfin le parti de lui
confier fon état. Il fe rendit chez elle
dès qu'elle lui eut fait fçavoir qu'elle.
vouloit lui parler. Il la trouva les cou-.
des appuyés fur une table , une plume
à la main , & les yeux fixés fur un pa-.
pier arrofé de fes larmes. Ses joues
MARS. 1763.
étoient colorées d'un rouge âpre qui
rendoit plus remarquable la pâleur mortelle
qui régnoit fur le refte de fon vifage.
Ses lévres étoient entr'ouvertes ;
tout en elle annonçoit un être accablé
fous le poids du malheur & prêt à ne
prendre confeil que de fon défeſpoir.
Le Chevalier , avec un air d'attendrif
fement , voulut lui témoigner fa furpriſe
de la trouver fi changée. Il ofa même
entreprendre de juftifier fon procédé &
l'affura que fon amour n'avoit fouffert
ancune altération. Mon établiſſement
lui dit-il , eft une affaire d'intérêt , à laquelle
mon coeur n'a pas pris la moindre
part. Je fuis bien éloigné de vouloir
rompre les noeuds qui nous uniffent.
L'Amour les a formés : ils font facrés
pour moi. Belle Angélique , après vous
avoir aimée , avez-vous pu croire que
la Marquife m'ait rendu inconſtant ? Non ,
je jure à vos pieds que je n'ai jamais
eu pour elle que de l'indifférence. Tant
pis , répondit Angélique ! vous n'en
êtes que plus coupable & ma mère plus
malheureufe. Mais peu m'importe que
vous m'ayez aimée , ou non. C'eft affez
qu'il ait fubfifté entre nous une
liaifon que je détefte. Je ne vous ferai
point de reproches , car je ne vous hais
Civ
56
MERCURE
DE
FRANCE
.
pas je vous méprife & me borne
vous déclarer l'état où je fuis. Vous
en êtes la caufe. Vous pouvez feul me ;
fournir les moyens d'en dérober la ,
connoiffance au Public. Je n'en ferai ;
pas moins dégradée à mes propres yeux:
mais je me dois à moi-même & à ma
famille , la trifte confolation d'avoir fait
tous mes efforts pour cacher mon opprobre
& ma honte ; foible & derniére ,
reffource d'une infortunée , que..
I le remords
pourfuivra fans ceffe & qui nel
voit d'autre terme à fes maux que ce
lui de fa vie bh , guits debit
-Ce difcours prononcé , de fang froid,
glaça d'horreur le Chevalier. Il eut peine
à bégayer quelques motsS pour faire
entendre à Angélique qu'il avoit.compris
ce qu'elle exigeoit de lui , &
qu'elle pouvoir compter fur fes foins.
Illa quitta dans un défordre dont la
Marques'apperçut. Elle lui demanda
quel lavoit été le fujet de fas donverfation
avec fa fille . Le Chevalier habile à
diffimuler, l'afflura que fa langueur fe
diffiperoit bientôt fi elle vouloit lui :
permettre d'aller refpirer l'air de la campagne.
La Marquife ne demandoit pas
mieux , & dès le lendemain , Angéli-!
que avec fa femme de chambre & un
MARS. 1763. 57
vieux domeftique , partit pour le Chateau
de ***. Le Chevalier peu de temps'
après y envoya un Chirurgien. La femme
de chambre & lui furent les feuls
qu'on mit dans la confidence : l'un
& l'autre ont répondu à la confiance
qu'on leur avoit témoignée ; & tout fut
conduit avec tant de prudence , que
perfonne ne fe douta de la trifte avanture
d'Angélique.
Avec toutes les qualités néceffaires pour
plaire dans la fociété, il eft difficile qu'on
s'ennuye avec foi- même. Angélique
paffa une année entiere dans fa retraite
fans defirer d'en fortir. Enfin la Marquife
la rappella auprès d'elle . Elle trou- '
va la maifon de fa mère dans un défordre
dont la maîtreffe feule ne s'appercevoit
pas . Le Chevalier avoit diffipé
la meilleure partie des biens de fa
femme & l'avoit même déterminée à
s'obliger pour des fommes confidérables
. Il fe préfentoit alors un parti fort
avantageux pour Angélique ; mais fa ré
folution étoit prife : elle avoit vu qu'elle
ne pouvoit reclamer le bien que fon
père lui avoit laiflé , fans ruirer fa mère
: un coeur comme le fien ne balance
guères. Elle prit de fi fages mefures
, qu'elle fit réfoudre la Marquise à
c
v
58. MERCURE DE FRANCE.
fe faire féparer d'avec fon mari , & lui fit
enfuite une donation de tout ce qu'elle
avoit droit de reclamer. La Marquife
ne put réſiſter à un procédé fi généreux .
Elle connut qu'elle étoit mère. L'amitié
dont elle commença à fentir les douceurs
, la dédommagea des vains plaifirs
qu'elle avoit perdus. Elle s'applique
aujourd'hui à réparer par une conduite
irréprochable les égaremens de fa
vie. Elle fe plaît à croire qu'elle doit
fon bonheur à fa fille & ne ceffe de
lui en témoigner fa reconnoiffance.
Angélique s'applaudit du facrifice
qu'elle a fait ; & toutes deux jouiffent
d'une tranquillité d'autant plus flateuſe,
qu'elles ont appris à leur dépens à en
connoître tout le prix.
Par M: de C *** , à Lyon.
roit rendue plus intéreſſante , fi elle
étoit moins vraie.
Qui eft là ? s'écrie la Marquiſe de ***
1
qui a l'audace de me reveiller fi matin ?
qui ofe entrer dans mon appartement
avant que j'aie fonné ? c'est vous , impertinente
qu'elle heure eft - il ? Madame
, répond Lifette , en tremblant ,
il est midi paffé ... eh bien , Mademoifelle
, doit-il être jour chez moi à
midi ? On ne tient pas à vos étourderies
réïtérées ; je vous en ai prévenue , vous
travaillez à vous faire chaffer... Je vous
demande pardon ! mais... Ne voilà-t- il
pas de vos Mais? Je vous ai dit que mais
étoit déplacé dans votre bouche.... fi
48 MERCURE DE FRANCE.
Madame vouloit permettre ... Si Madame
! Vous ne finirez point avec vos
mais & vos fi qui m'affomment.... Au
nom de Dieu , Madame ! laiffez - moi
vous dire le fujet... Je m'en doute le
Comte impatient , peu jaloux d'obſerver
l'ordre des procédés , vous aura
payée pour fe faire annoncer ? ... Non,
Madame... ce Provincial qui m'eft recommandé
eft venu pour m'entretenir
de fon procès. Je ne fçais pas un mot
de fon affaire : n'importe , j'arrangerai
un fouper avec fes Juges ; je foutiendrai
fon bon droit au deffert ; je lui réponds
d'une douzaine de voix : qu'il
foit tranquille... Ce n'eft pas cela , Madame...
C'est donc ce jeune Chanoine
dont mon Abbé m'a parlé , qui vient
me demander ce que je penfe d'un Sermon
fur l'humilité , qu'il doit prêcher
à la Cour?..Non , je ne l'ai pas vu ... C'eſt
donc cet Officier Gafcon avec qui j'ai
joué fur fa parole , qui m'enyoye les
cent piftoles qu'il a perdues ? mais cela
n'eft pas croiable Cela n'eſt pas
non plus .... Ceci commence à m'impatienter.
Vous verrez que la Préfidente
me fait prier de lui dicter ce qu'elle
doit dire de la Piéce qu'on donnera ce
foir aux François. Il fuffit de la faire
....
avertir
MARS. 1763. 2018 49
avertir que l'Auteur me l'a lue , que j'ai
retenu trois Loges , & que tous mes domeftiques
déguifés fe rendront au Parterre
pour contribuer au fuccès de cette
Piéce , en claquant des mains à tort &
à travers. Attendez ; ne feroit- ce pas
plutôt cet apprentif Financier , qui voudroit
de tout fon coeur paroitre boffu
& qui n'est que contrefait. ? J'y fuis fans
doute: il m'apporte ce joli perroquet qui
a fait tout mon amufement dans l'ennuyeufe
fête qu'il m'a donnée avanthier.
Ah , que j'aurai de peine à lui faire def
apprendre les fadeurs qu'il a entendu
débiter à fon maître ! ... Non , Madame,
il n'eft pas queftion de la Préfidente
, du Financier ni de fon Perroquet.
Une choſe bien plus férieuſe ....
Vous me faites trembler , Lifette ! ô
Ciel que voulez-vous dire ; mon Angola....
Il n'eft arrivé aucun accident à
ce cher animal, Hélas ! il vaudroit mieux
qu'il fût mort & avec lui tous les An
gola , du monde ... Treve à vos
fouhaits impertinens. Vous me pouffez
à bout , vous m'excédez ; le Chevalier
eft malade , je le vois trop , il ne fortira
pas d'aujourd'hui. Il a hier prodigieufement
foupé Quel fâcheux contre-
temps , à la veille du jour où je dois
C
2
"
50 MERCURE DE FRANCE.
couronner fa conftance ! .... J'ignore
fi M. le Chevalier a foupé & s'il eft
malade mais Mademoiſelle votre fille
´eft dans un état que je ne peux vous
celer. Elle s'eft couchée avec un mal
de tête très- violent , accompagné de
beaucoup de fiévre ; elle a eu des convulfions
pendant la nuit. Le Médecin l'a
trouvée en danger & nous a confeillé
de vous en avertir ..... Lifette , mon
Médecin eft un efprit pufillanime qui
voit du danger partout. L'indifpofition
d'Angélique n'aura pas de fuite. D'ail
leurs quel changement voulez- vous qu'opére
ma préfence ? Vous auriez pu vous
difpenfer de me réveillér. Cependant
je verraí Angélique ; allons qu'on m'habille;
& avant tout , informez -vous fi
fa maladie ..... je crains le mauvais air.
mais vous avez fans doute pris l'allarme
trop légérement.
En voilà probablement affez pour
faire connoître cette Marquife , qu'on
peut mettre au nombre de ces demimonftres
dont le nom change tous
les jours à Paris & qu'on défigne encore
en Province fous celui de petites
Maitreffes. De grands biens , une phifionomie
fans caractère , mais propre
à faifir toutes les nuances dans l'occaMARS.
1763. 51
fion , un efprit faux & un coeur gâté ;
tel doit être le partage de ces femmes à
prétentions qui aviliffent leur féxe &
le nôtre. Tel étoit auffi celui de la Marquife.
Reftée veuve à l'âge de vingt
ans , elle avoit tâché par toutes fortes
de voies, de fe dédommager de la contrainte
dans laquelle elle avoit gémi
avec un honnête homme qui avoit ofé
l'empêcher de fe déshonorer. Elle n'avoit
pu lui pardonner cet excès de févérité
; & c'étoit le motif de la haine
qu'elle gardoit à fa mémoire.
Angélique étoit le feul fruit de cet
Hymen mal afforti, fans être exactement
régulière , fa beauté frappe au premier
coup d'oeil . On ne cherche pas à détailler
fes traits ; on en admire l'enfemble
. Quoique fes yeux ayent perdur de
leur vivacité & que l'incarnat de fon
teint foit flétri par fes pleurs , on ne
la voit pas encore fans un tendre intérêt.
Je ne m'arrêterai pas à tracer l'éfquiffe
des agrémens extérieurs qu'An →
gélique tient de la Nature ; elle les dédaigna
dès qu'elle les eut connus . Ceci
conduit à l'éloge de fon âme : mais je ne
fuis que fon Hiftorien & je dois me
borner au fimple récit des faits pour ménager
au Lecteur le plaifir délicat de
prononcer lui - même. Cij
52 MERCURE DE FRANCE
2
La Marquife étoit fur le point de
prendre pour Epoux le Chevalier de
*** qu'elle préféroit à fes rivaux , à
caufe de l'éloignement qu'il avoit tou→
jours marqué pour la jaloufie. Le Che
valier n'avoit qu'un grand nom , des
efpérances de fortune & un fond d'a
mour propre inépuifable. Il avoit ai
mé Angelique avant que de s'être décla
ré pour fa mère. Il fut le premier qui
s'offrit à fes yeux , à peine ouverts à
l'amour. Une paffion d'une verité momentanée
, maniée par un habile hom →
me , n'eft que trop propre à féduire
l'innocence. Angelique eft née fenfible.
Elle fe livra à fon penchant avec fécurité.
L'abîme étoit couvert de fleurs ;
elle ne s'en apperçut qu'en s'y précipi
tant. Le Chevalier , pour furmonter fes
fcrupules , avoit eu la baffeffe de recourir
aux fermens. Il l'avoit même
obligée d'accepter une promeffe de ma
iiage. Il n'en falloit pas tant pour abufer
de fa crédulité. Elle ne concevoit
pas qu'un homme d'honneur dût jamais
en manquer. Il lui étoit refervé
d'en faire la trifte expérience & de paffer
tout-à- coup de l'eftime & de l'as
mour à l'indignation & au mépris. O
vous qui voulez mériter le doux nom
... c -iv .
MARS. 1763
de mère occupez -vous fans ceffe
montrer aux jeunes perfonnes qui fous
vos yeux commencent leur entrée ſur
la fcène du monde , tout ce qu'elles
doivent faire pour fe garantir du poifon
qu'on y verfe dans des coupes trompeufes
! arrachez le voile que l'illufion
tient fufpendu fur tous les objets qu'elles
y rencontrent. Apprenez-leur à n'eftimer
que ce qu'eftiment les gens fenfés
, qui furnagent fur cette mer ora
geufe , & qui gouvernés par une fage
défiance , évitent les écueils dont elle
eft environnée .
腻
Angélique venoit de s'appercevoir
qu'elle étoit la victime de fa créduli
té. Une feule voie lui fembloit ouverte
pour eviter l'opprobre ; elle la trouva
fermée. Elle apprit que le Chevalier
alloit jurer à fa mère , à la face des
autels , la foi qu'il lui avoit donnée."
Cette nouvelle lui fit une fi grande révolution
, qu'auffitôt après fa maladie ,
on défefpéroit qu'elle pût recouvrer fa
fanté. La Marquife vint la voir , com--
me elle l'avoit promis. Angélique fixa
fes yeux mourans fur elle. Elle prit fa'
main & la tint long-temps fur fon
coeur. Elle voulut parler ; la voix luimanqua.
Le danger ne ceffa qu'au bout
i
1
1
.
"
Cij
54 MERCURE DE FRANCE .
de quelques jours. Les Médecins' la vi
rent à leur grand regret dans cet état
de langueur , qui réfifte aux efforts de
leur art , & qui donne la mort à tout
moment fans ôter la vie.
La Marquife contracta avec le Chevalier
, ne s'imaginant pas qu'elle por
toit le coup le plus funefte à la fenfibilité
d'Angélique. Le mariage fe fit
avec ce vain appareil de réjouiffances,
qui n'eft fouvent que le fimulacre de
la joie. Les motifs du Chevalier & de la
Marquife n'étoient pas affez purs pour
leur procurer cette fatisfaction intérieure,
qui eft peut- être l'unique récompenfe
de la vertu.
Angélique n'avoit pu fe réfoudre à
déclarer à fa mère fon fatal fecret. Cependant
il ne lui étoit plus poffible
de le cacher. La douleur dans laquelle
elle étoit plongée ne lui ayant pas permis
de quitter fon appartement , elle
n'avoit pas vu le Chevalier depuis fa
maladie. Elle prit enfin le parti de lui
confier fon état. Il fe rendit chez elle
dès qu'elle lui eut fait fçavoir qu'elle.
vouloit lui parler. Il la trouva les cou-.
des appuyés fur une table , une plume
à la main , & les yeux fixés fur un pa-.
pier arrofé de fes larmes. Ses joues
MARS. 1763.
étoient colorées d'un rouge âpre qui
rendoit plus remarquable la pâleur mortelle
qui régnoit fur le refte de fon vifage.
Ses lévres étoient entr'ouvertes ;
tout en elle annonçoit un être accablé
fous le poids du malheur & prêt à ne
prendre confeil que de fon défeſpoir.
Le Chevalier , avec un air d'attendrif
fement , voulut lui témoigner fa furpriſe
de la trouver fi changée. Il ofa même
entreprendre de juftifier fon procédé &
l'affura que fon amour n'avoit fouffert
ancune altération. Mon établiſſement
lui dit-il , eft une affaire d'intérêt , à laquelle
mon coeur n'a pas pris la moindre
part. Je fuis bien éloigné de vouloir
rompre les noeuds qui nous uniffent.
L'Amour les a formés : ils font facrés
pour moi. Belle Angélique , après vous
avoir aimée , avez-vous pu croire que
la Marquife m'ait rendu inconſtant ? Non ,
je jure à vos pieds que je n'ai jamais
eu pour elle que de l'indifférence. Tant
pis , répondit Angélique ! vous n'en
êtes que plus coupable & ma mère plus
malheureufe. Mais peu m'importe que
vous m'ayez aimée , ou non. C'eft affez
qu'il ait fubfifté entre nous une
liaifon que je détefte. Je ne vous ferai
point de reproches , car je ne vous hais
Civ
56
MERCURE
DE
FRANCE
.
pas je vous méprife & me borne
vous déclarer l'état où je fuis. Vous
en êtes la caufe. Vous pouvez feul me ;
fournir les moyens d'en dérober la ,
connoiffance au Public. Je n'en ferai ;
pas moins dégradée à mes propres yeux:
mais je me dois à moi-même & à ma
famille , la trifte confolation d'avoir fait
tous mes efforts pour cacher mon opprobre
& ma honte ; foible & derniére ,
reffource d'une infortunée , que..
I le remords
pourfuivra fans ceffe & qui nel
voit d'autre terme à fes maux que ce
lui de fa vie bh , guits debit
-Ce difcours prononcé , de fang froid,
glaça d'horreur le Chevalier. Il eut peine
à bégayer quelques motsS pour faire
entendre à Angélique qu'il avoit.compris
ce qu'elle exigeoit de lui , &
qu'elle pouvoir compter fur fes foins.
Illa quitta dans un défordre dont la
Marques'apperçut. Elle lui demanda
quel lavoit été le fujet de fas donverfation
avec fa fille . Le Chevalier habile à
diffimuler, l'afflura que fa langueur fe
diffiperoit bientôt fi elle vouloit lui :
permettre d'aller refpirer l'air de la campagne.
La Marquife ne demandoit pas
mieux , & dès le lendemain , Angéli-!
que avec fa femme de chambre & un
MARS. 1763. 57
vieux domeftique , partit pour le Chateau
de ***. Le Chevalier peu de temps'
après y envoya un Chirurgien. La femme
de chambre & lui furent les feuls
qu'on mit dans la confidence : l'un
& l'autre ont répondu à la confiance
qu'on leur avoit témoignée ; & tout fut
conduit avec tant de prudence , que
perfonne ne fe douta de la trifte avanture
d'Angélique.
Avec toutes les qualités néceffaires pour
plaire dans la fociété, il eft difficile qu'on
s'ennuye avec foi- même. Angélique
paffa une année entiere dans fa retraite
fans defirer d'en fortir. Enfin la Marquife
la rappella auprès d'elle . Elle trou- '
va la maifon de fa mère dans un défordre
dont la maîtreffe feule ne s'appercevoit
pas . Le Chevalier avoit diffipé
la meilleure partie des biens de fa
femme & l'avoit même déterminée à
s'obliger pour des fommes confidérables
. Il fe préfentoit alors un parti fort
avantageux pour Angélique ; mais fa ré
folution étoit prife : elle avoit vu qu'elle
ne pouvoit reclamer le bien que fon
père lui avoit laiflé , fans ruirer fa mère
: un coeur comme le fien ne balance
guères. Elle prit de fi fages mefures
, qu'elle fit réfoudre la Marquise à
c
v
58. MERCURE DE FRANCE.
fe faire féparer d'avec fon mari , & lui fit
enfuite une donation de tout ce qu'elle
avoit droit de reclamer. La Marquife
ne put réſiſter à un procédé fi généreux .
Elle connut qu'elle étoit mère. L'amitié
dont elle commença à fentir les douceurs
, la dédommagea des vains plaifirs
qu'elle avoit perdus. Elle s'applique
aujourd'hui à réparer par une conduite
irréprochable les égaremens de fa
vie. Elle fe plaît à croire qu'elle doit
fon bonheur à fa fille & ne ceffe de
lui en témoigner fa reconnoiffance.
Angélique s'applaudit du facrifice
qu'elle a fait ; & toutes deux jouiffent
d'une tranquillité d'autant plus flateuſe,
qu'elles ont appris à leur dépens à en
connoître tout le prix.
Par M: de C *** , à Lyon.
Fermer
Résumé : ANGELIQUE, Anecdote qu'on auroit rendue plus intéressante, si elle étoit moins vraie.
Le texte narre les malheurs amoureux d'Angélique, fille de la Marquise de ***. La Marquise, veuve à vingt ans, est présentée comme une femme aux mœurs légères et au cœur corrompu. Angélique, belle et sensible, est séduite par le Chevalier de ***, qui lui promet le mariage. Cependant, il finit par épouser sa mère. À l'annonce de cette nouvelle, Angélique tombe gravement malade. Le Chevalier tente de justifier son comportement mais accepte finalement d'aider Angélique à cacher sa situation. Désespérée, Angélique se retire à la campagne où elle accouche en secret. Après une année de retraite, elle revient et convainc sa mère de se séparer de son mari. Elle lui cède tous ses droits d'héritage, ce qui touche profondément la Marquise. Cette dernière change alors de comportement et s'efforce de réparer ses erreurs passées, reconnaissant la générosité de sa fille. Par la suite, le texte mentionne la satisfaction d'Angélique après un sacrifice qu'elle a accompli. Elle et une compagne jouissent d'une tranquillité particulièrement précieuse, d'autant plus appréciée qu'elles en ont appris la valeur à leurs dépens. Le texte est signé par un certain 'M: de C ***' à Lyon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
163
p. *174-174
A Mad... L. D... De......
Début :
J'AI promis à mon Roi d'être son Chevalier, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Serment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mad... L. D... De......
A Mad... L. D ... De......
'AI promis à mon Roi d'être fon Chevalier ,
Et dès long- temps je fuis le vôtre ;
Par ce double ferment je viens de me lier.
Je fuis fûr & jamais je ne veux l'oublier ,
En fervant l'un , de plaire à l'autre.
Par unjeune Chevalier de l'Ordre de S. Louis.
'AI promis à mon Roi d'être fon Chevalier ,
Et dès long- temps je fuis le vôtre ;
Par ce double ferment je viens de me lier.
Je fuis fûr & jamais je ne veux l'oublier ,
En fervant l'un , de plaire à l'autre.
Par unjeune Chevalier de l'Ordre de S. Louis.
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164
p. 198-200
De NUREMBERG le 1 Mars 1763.
Début :
Le 27 Janvier dernier, Antoine-Ulric, Duc Régent de Saxe-Meinungen, est mort [...]
Mots clefs :
Duc de Meinungen, Décès, Empereur Charles VI, Prince, Décret, Testament, Assemblée, Général, Infanterie, Cavalerie, Chevalier, Électeurs, Mariage, Princesse, Successeur
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texteReconnaissance textuelle : De NUREMBERG le 1 Mars 1763.
De NUREMBERG le Mars 1763.
Le 27 Janvier dernier , Antoine-Ulric , Duc
Régent de Saxe- Meinungen , eft mort à Francfort
, dans la foixante-dix- feptiéme année de fon
âge , étant né le 22 Octobre 1687. Il avoit été
marié deux fois , la première en 1713 avec Philippine
Elifabeth Cefarin Schurmann , morte au
mois d'Août 1744 , & la feconde le 26 Septembre
1750 avec Charlotte- Amélie de Helle - Philipfthat,
actuellement vivante . "
".
L'Empereur Charles VI avoit élevé en 1,727
la dignité de Princes , la première femme du Duc
de Meinungen & les enfans ; mais les Ducs de
Saxe de la branche Erneftine
, ayant conftamment
protefté contre cette élévation , obtinrent
en 1744 un Décret du Confeil Aulique de l'Empire
, portant que le Diplome de 1727 ne rendroit
pas lefdits enfans habiles à fuccéder au Duché
de Meinungen , & ce Décret a été confirmé
en 1747 par la Diete de l'Empire , à laquelle le
Duc de Saxe-Meinungen avoit eu recours.
Il s'élève aujourd'hui une nouvelle conteftation
à l'occafion de la mort ce Prince il avoit nommé
par fon teftament la Ducheffe , fa veuve , tutrice
MA I. 1763. Icg
de fes enfans & Régente du Pays. Les Ducs de
Saxe , de la branche Erneftine , qui prétendent ,
· en qualité d'Agnats , participer à cette adminif
eration en vertu des Pactes de Famille de leur
Maiſon , fe font oppofés à l'exécution du teſtament
du Duc de Meinungen , & ont nommé une
commiffion pour l'adminiftration du Pays. En
même-temps , ils y ont envoyé des Troupes pour
foutenir à main armée leur droit d'Agnation . La
Régence de Meinungen s'eft adreffée à l'Affemblée
du Cercle de Franconie pour demander ſon aſſiftance
, & celle- ci a écrit aux Ducs de Saxe pour
des engager à le défifter des voies de fait , & à
laifler le cours libre à la Justice .
>
Le Margrave Frédéric de Brandebourg-Culmbach
, Lieutenant-Feld- Maréchal de l'Empire ,
Lieutenant Général de Cavalerie du Roi de Pruffe ,
Général- Feld - Maréchal du Cercle de Franconie ,
Colonel de trois Régimens d'Infanterie & de Cavalerie
, Chevalier des Ordres de l'Eléphant
de l'Aigle blanc , de l'Aigle noire , & de l'Union
parfaite , & Grand Maître de l'Ordre de l'Aigle
rouge , eft mort le 26 Février à Bareith , où il
faifoit la réfidence ordinaire , dans la cinquantedeuxième
année de fon âge . Il étoit fils du Margrave
George Frédéric- Charles , & petit - fils de
Chrétien- Henri , dont l'Ayeul étoit Chrétien , auteur
de la branche de Culmbach , & le bifayeul
Jean - George , Electeur de Brandebourg , tige
commune de tous les Margraves de Brandebourg ,
actuellement vivans .
Le feu Margrave avoit épousé en 1731 , une
Princeffe de Pruffe , Fille du Roi Frédéric- Guillaume
, & Soeur aînée du Roi régnant , & en
1759 une Princeffe de Brunſwick , Fille du Duc
-Charles de Brunswick Wolfembutel . Comme il
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
e laiffe qu'une Princeffe née de foh premier
mariage , & mariée au Duc régnant de Wur
temberg , le Prince Frédéric- Chrétien , réfidam
à Wansbeck près de Hambourg , devient fon fuc
ceffeur.
Le 27 Janvier dernier , Antoine-Ulric , Duc
Régent de Saxe- Meinungen , eft mort à Francfort
, dans la foixante-dix- feptiéme année de fon
âge , étant né le 22 Octobre 1687. Il avoit été
marié deux fois , la première en 1713 avec Philippine
Elifabeth Cefarin Schurmann , morte au
mois d'Août 1744 , & la feconde le 26 Septembre
1750 avec Charlotte- Amélie de Helle - Philipfthat,
actuellement vivante . "
".
L'Empereur Charles VI avoit élevé en 1,727
la dignité de Princes , la première femme du Duc
de Meinungen & les enfans ; mais les Ducs de
Saxe de la branche Erneftine
, ayant conftamment
protefté contre cette élévation , obtinrent
en 1744 un Décret du Confeil Aulique de l'Empire
, portant que le Diplome de 1727 ne rendroit
pas lefdits enfans habiles à fuccéder au Duché
de Meinungen , & ce Décret a été confirmé
en 1747 par la Diete de l'Empire , à laquelle le
Duc de Saxe-Meinungen avoit eu recours.
Il s'élève aujourd'hui une nouvelle conteftation
à l'occafion de la mort ce Prince il avoit nommé
par fon teftament la Ducheffe , fa veuve , tutrice
MA I. 1763. Icg
de fes enfans & Régente du Pays. Les Ducs de
Saxe , de la branche Erneftine , qui prétendent ,
· en qualité d'Agnats , participer à cette adminif
eration en vertu des Pactes de Famille de leur
Maiſon , fe font oppofés à l'exécution du teſtament
du Duc de Meinungen , & ont nommé une
commiffion pour l'adminiftration du Pays. En
même-temps , ils y ont envoyé des Troupes pour
foutenir à main armée leur droit d'Agnation . La
Régence de Meinungen s'eft adreffée à l'Affemblée
du Cercle de Franconie pour demander ſon aſſiftance
, & celle- ci a écrit aux Ducs de Saxe pour
des engager à le défifter des voies de fait , & à
laifler le cours libre à la Justice .
>
Le Margrave Frédéric de Brandebourg-Culmbach
, Lieutenant-Feld- Maréchal de l'Empire ,
Lieutenant Général de Cavalerie du Roi de Pruffe ,
Général- Feld - Maréchal du Cercle de Franconie ,
Colonel de trois Régimens d'Infanterie & de Cavalerie
, Chevalier des Ordres de l'Eléphant
de l'Aigle blanc , de l'Aigle noire , & de l'Union
parfaite , & Grand Maître de l'Ordre de l'Aigle
rouge , eft mort le 26 Février à Bareith , où il
faifoit la réfidence ordinaire , dans la cinquantedeuxième
année de fon âge . Il étoit fils du Margrave
George Frédéric- Charles , & petit - fils de
Chrétien- Henri , dont l'Ayeul étoit Chrétien , auteur
de la branche de Culmbach , & le bifayeul
Jean - George , Electeur de Brandebourg , tige
commune de tous les Margraves de Brandebourg ,
actuellement vivans .
Le feu Margrave avoit épousé en 1731 , une
Princeffe de Pruffe , Fille du Roi Frédéric- Guillaume
, & Soeur aînée du Roi régnant , & en
1759 une Princeffe de Brunſwick , Fille du Duc
-Charles de Brunswick Wolfembutel . Comme il
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
e laiffe qu'une Princeffe née de foh premier
mariage , & mariée au Duc régnant de Wur
temberg , le Prince Frédéric- Chrétien , réfidam
à Wansbeck près de Hambourg , devient fon fuc
ceffeur.
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Résumé : De NUREMBERG le 1 Mars 1763.
Le 27 janvier 1763, Antoine-Ulric, Duc Régent de Saxe-Meiningen, est décédé à Francfort à l'âge de 75 ans. Il avait été marié deux fois : en 1713 avec Philippine Élisabeth Charin Schurmann, décédée en 1744, et en 1750 avec Charlotte-Amélie de Hesse-Philippsthal. En 1727, l'Empereur Charles VI avait élevé la première épouse du Duc et leurs enfants au rang de Princes. Cependant, les Ducs de Saxe de la branche Ernestine avaient contesté cette élévation, obtenant en 1744 un décret du Conseil Aulique de l'Empire, confirmé en 1747 par la Diète de l'Empire, stipulant que les enfants n'étaient pas habilités à succéder au Duché de Saxe-Meiningen. À la mort du Duc, une nouvelle contestation a surgi concernant la tutelle de leurs enfants et la Régence du Pays. Les Ducs de Saxe de la branche Ernestine ont nommé une commission pour l'administration du Pays et envoyé des troupes. La Régence de Saxe-Meiningen a sollicité l'assistance de l'Assemblée du Cercle de Franconie. Par ailleurs, le Margrave Frédéric de Brandebourg-Culmbach est décédé le 26 février 1763 à Bareith à l'âge de 52 ans. Il laisse une fille issue de son premier mariage et son successeur est le Prince Frédéric-Chrétien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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165
p. 174-176
MORTS.
Début :
Louis de Talaru, Marquis de Chalmasel, Comte de Chamarande, Chevalier des Ordres du [...]
Mots clefs :
Marquis, Chevalier, Brigadier, Conseiller d'État, Lieutenant, Décès, Vicomte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Louis de Talaru , Marquis de Chalmafel
Comte de Chamarande , Chevalier des Ordres
du Roi , Brigadier de fes Armées , Gouverneur
des Villes & Châteaux de Phalsbourg & SareJUILLET.
1763 . 175
bourg , Confeiller d'Etat , premier Maître d'Hotel
de la Reine , eft mort à Versailles le 31
Mars , âgé de quatre-vingt- deux ans.
Nicolas Léon Philippes , Lieutenant Général
des Armées du Roi & Gouverneur de Maubeuge
, eft mort le 26 Mars âgé de quatre -vingtun
an.
François Louis Comte de Danois , Lieutenant
Général & Gouverneur de Condé , eft mort le
27 , âgé de quatre-vingt-quatre ans.
Les feurs du Villars , ancien Capitaine aux
Gardes- Françoiles & de la Borde de Canablin ,
tous deux Brigadiers des Armées du Roi , font
morts auffi à Paris à la fin du même mois.
Jean - Louis Aléxandre d'Alface , Comte de
Hennien Liérard , eft mort à Paris , dans la
feizième année de ſon âge.
Armand-Elifabeth de Froullay de Teffé , Comte
de Froullay , Guidon de Gendarmerie , eft
mort à Paris le 11 Mars , âgé de vingt - cinq
ans .
Charles-Jean de Monneville , Chevalier non-
Profès de l'Ordre de Malte , eft mort au Châreau
de Theuville en Normandie , le 28 Mars
âgé de vingt- neuf ans . Son Frère aîné ayant été
tué à la bataille de Minden , il laiffe pour fon
unique héritiere la Marquile de Colbert Maulevrier
, fa Soeur , Coufine Germaine de la Ducheffe
de Mortemart .
Marie Geneviève- Louiſe Gauthier de Chiffreville
, veuve de Charles Obrien , Lord Comte
de Thomond , Vicomte de Clare , Pair d'Irlande
, Maréchal de France , Chevalier des Ordres
du Roi , Gouverneur du Neuf- Brifac , &
Commandant pour Sa Majefté en Languedoc ,
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
eft morte à Paris le 6 Avril , âgée de vingt-fix
ans.
Louis -Alexandre- Xavier le Sénéchal , Marquis
de Carcado , Lieutenant- Général des Armées du
Roi , eft mort le 8 Avril , au Château de Carcado,
âge de cinquante & un ans.
Anne-Marie d'Arzens - de- Bruet , veuve de Clement-
Jofeph de Groffolles , Comte de Flamarens,
Colonel d'Infanterie , eft morte dans fon Château
de Buzet en Guyenne le 30 Mars , âgée de
foixante & un ans.
Louis Marquis de Melun , Comte de Nogentle
Roi , eft mort fans pofterité à Paris le 29 Avril
1763 , âgé de foixante ans ; il étoit neveu de Louis
Marquis de Melun-Maupertuis , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Gouverneur
de la Ville , Province & Comté de Toul en Lor-
1aine , & Commandant de la premiere Compagnie
des Moufqueraires de la garde du Roi , L'an
& l'autre de la branche cadette de la maiſon de
Melun , dite de la Borde- le-Vicomte , dont il ne
refte plus depuis l'extinction de la branche aînée
arrivée par le décès de Louis- Gabriel Vicomte de
Melun , dernier Prince d'Epinai le 21 Août 1739,
que deux mâles actuellement fans alliance qui
font Adam , Joachim , Marie, Vicomte de Melun
& Alof Claude Marie Comte de Melun
fon frère cadet , tous deux Seigneurs de Brumets
& coufins du Marquis de Melun , qui les a fait
par fon teftament héritiers de tous les biens par
fubftitutions .
Louis de Talaru , Marquis de Chalmafel
Comte de Chamarande , Chevalier des Ordres
du Roi , Brigadier de fes Armées , Gouverneur
des Villes & Châteaux de Phalsbourg & SareJUILLET.
1763 . 175
bourg , Confeiller d'Etat , premier Maître d'Hotel
de la Reine , eft mort à Versailles le 31
Mars , âgé de quatre-vingt- deux ans.
Nicolas Léon Philippes , Lieutenant Général
des Armées du Roi & Gouverneur de Maubeuge
, eft mort le 26 Mars âgé de quatre -vingtun
an.
François Louis Comte de Danois , Lieutenant
Général & Gouverneur de Condé , eft mort le
27 , âgé de quatre-vingt-quatre ans.
Les feurs du Villars , ancien Capitaine aux
Gardes- Françoiles & de la Borde de Canablin ,
tous deux Brigadiers des Armées du Roi , font
morts auffi à Paris à la fin du même mois.
Jean - Louis Aléxandre d'Alface , Comte de
Hennien Liérard , eft mort à Paris , dans la
feizième année de ſon âge.
Armand-Elifabeth de Froullay de Teffé , Comte
de Froullay , Guidon de Gendarmerie , eft
mort à Paris le 11 Mars , âgé de vingt - cinq
ans .
Charles-Jean de Monneville , Chevalier non-
Profès de l'Ordre de Malte , eft mort au Châreau
de Theuville en Normandie , le 28 Mars
âgé de vingt- neuf ans . Son Frère aîné ayant été
tué à la bataille de Minden , il laiffe pour fon
unique héritiere la Marquile de Colbert Maulevrier
, fa Soeur , Coufine Germaine de la Ducheffe
de Mortemart .
Marie Geneviève- Louiſe Gauthier de Chiffreville
, veuve de Charles Obrien , Lord Comte
de Thomond , Vicomte de Clare , Pair d'Irlande
, Maréchal de France , Chevalier des Ordres
du Roi , Gouverneur du Neuf- Brifac , &
Commandant pour Sa Majefté en Languedoc ,
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
eft morte à Paris le 6 Avril , âgée de vingt-fix
ans.
Louis -Alexandre- Xavier le Sénéchal , Marquis
de Carcado , Lieutenant- Général des Armées du
Roi , eft mort le 8 Avril , au Château de Carcado,
âge de cinquante & un ans.
Anne-Marie d'Arzens - de- Bruet , veuve de Clement-
Jofeph de Groffolles , Comte de Flamarens,
Colonel d'Infanterie , eft morte dans fon Château
de Buzet en Guyenne le 30 Mars , âgée de
foixante & un ans.
Louis Marquis de Melun , Comte de Nogentle
Roi , eft mort fans pofterité à Paris le 29 Avril
1763 , âgé de foixante ans ; il étoit neveu de Louis
Marquis de Melun-Maupertuis , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Gouverneur
de la Ville , Province & Comté de Toul en Lor-
1aine , & Commandant de la premiere Compagnie
des Moufqueraires de la garde du Roi , L'an
& l'autre de la branche cadette de la maiſon de
Melun , dite de la Borde- le-Vicomte , dont il ne
refte plus depuis l'extinction de la branche aînée
arrivée par le décès de Louis- Gabriel Vicomte de
Melun , dernier Prince d'Epinai le 21 Août 1739,
que deux mâles actuellement fans alliance qui
font Adam , Joachim , Marie, Vicomte de Melun
& Alof Claude Marie Comte de Melun
fon frère cadet , tous deux Seigneurs de Brumets
& coufins du Marquis de Melun , qui les a fait
par fon teftament héritiers de tous les biens par
fubftitutions .
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Résumé : MORTS.
En 1763, plusieurs personnalités françaises de la noblesse et de l'armée sont décédées. Louis de Talaru, Marquis de Chalmafel, Comte de Chamarande, Chevalier des Ordres du Roi, Brigadier des Armées, Gouverneur de Phalsbourg et Sarebourg, Conseiller d'État et premier Maître d'Hôtel de la Reine, est mort à Versailles le 31 mars à 82 ans. Nicolas Léon Philippes, Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur de Maubeuge, est décédé le 26 mars à 81 ans. François Louis Comte de Danois, Lieutenant Général et Gouverneur de Condé, est mort le 27 mars à 84 ans. Les Brigadiers des Armées du Roi, sieurs du Villars et de la Borde de Canablin, sont également décédés à Paris à la fin mars. Jean-Louis Alexandre d'Alface, Comte de Hennien Liérard, est mort à Paris à 15 ans. Armand-Élisabeth de Froullay de Tessé, Comte de Froullay et Guidon de Gendarmerie, est décédé à Paris le 11 mars à 25 ans. Charles-Jean de Monneville, Chevalier de l'Ordre de Malte, est mort au Château de Theuville en Normandie le 28 mars à 29 ans, laissant sa sœur, la Marquise de Colbert Maulevrier, comme unique héritière. Marie Geneviève-Louise Gauthier de Chiffreville, veuve de Charles O'Brien, Lord Comte de Thomond, Maréchal de France, est morte à Paris le 6 avril à 29 ans. Louis-Alexandre-Xavier le Sénéchal, Marquis de Carcado, Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 8 avril au Château de Carcado à 51 ans. Anne-Marie d'Arzens de Bruet, veuve de Clément-Joseph de Groffolles, Comte de Flamarens et Colonel d'Infanterie, est morte dans son Château de Buzet en Guyenne le 30 mars à 61 ans. Louis Marquis de Melun, Comte de Nogent, est mort sans postérité à Paris le 29 avril à 60 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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166
p. 179
De VENISE, le 23 Avril 1763.
Début :
Marc Foscarini, Doge de cette République, est morte le 30 du mois dernier, âgé [...]
Mots clefs :
Doge, République, Siège, Chevalier, Ambassadeur, Cérémonie, Couronnement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VENISE, le 23 Avril 1763.
De VENISE , le 23 Avril 1763.
Marc Fofcarini , Doge de cette République
eft mort le 30 du mois dernier , âgé de foixantefept
ans . Il n'a occupé le Siége Ducal que pendant
l'espace de dix mois.
Eloy Mocenigo , Chevalier de l'Etole d'Or ,
Procurateur de S. Marc , & ci -devant Ambaffadeur
de la République près des Cours de Versailles ,
de Naples & de Rome , fut élevé le 19 de ce
mois , à la dignité de Doge de cette République ,
& le lendemain , la Cérémonie de fon Couronnement
fe fit avec la pompe accoutumée.
Marc Fofcarini , Doge de cette République
eft mort le 30 du mois dernier , âgé de foixantefept
ans . Il n'a occupé le Siége Ducal que pendant
l'espace de dix mois.
Eloy Mocenigo , Chevalier de l'Etole d'Or ,
Procurateur de S. Marc , & ci -devant Ambaffadeur
de la République près des Cours de Versailles ,
de Naples & de Rome , fut élevé le 19 de ce
mois , à la dignité de Doge de cette République ,
& le lendemain , la Cérémonie de fon Couronnement
fe fit avec la pompe accoutumée.
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Résumé : De VENISE, le 23 Avril 1763.
Le 30 mars 1763, Marc Fofcarini, Doge de Venise, est décédé à 67 ans après dix mois de mandat. Le 19 avril 1763, Eloy Mocenigo, ancien ambassadeur, a été élu Doge. Son couronnement a eu lieu le lendemain avec la pompe habituelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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167
p. 184-187
De PARIS, le 13 Mai 1763.
Début :
Le 13 Avril, le Corps de la Ville, à la tête duquel étoit le sieur de Pontcarré de [...]
Mots clefs :
Prévôts des marchands, Duc, Chevalier, Cérémonie, Ministre plénipotentiaire, Diplomatie, Météores, Lumière, Lune, Incendie, Prince de Condé, Ville, Dégâts, Perte, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Gains
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 13 Mai 1763.
De PARIS, le 13 Mai 1763.
Le 13 Avril , le Corps de Ville , à la tête
duquel étoit le fieur de Pontcarré de Viarmes ,
Prévôt des Marchands , fe tranſporta a l'Hôtel
de Lamoignon , rue Pavée , où il fit l'ouver
ture de la nouvelle Bibliothèque Publique que
l'on a déja annoncée. Le Duc de Brillac , Pair
& Grand Pannetier de France , Chevalier des
Ordres du Roi , & Lieutenant - Général de ſes
JUILLET. 1763. 185
au Armées , nommé pour préfider cette année,
Chapitre de l'Ordre de S. Michel , s'eft rendu
le 9 de ce mois , à la Grand'Salle des Pères
Cordeliers de cette Ville . Là , revêtu du Manteau
& du Collier des Ordres du Roi , & ayant à
fes côtés le fieur Chendret , Héraut , & le fieur
Perfeville , Huifier defdits Ordres , en habit de
cérémonie ; il reçut Chevalier de l'Ordre de S.
Michel , le fieur Brochier , Ecuyer , premier Secré
taire du Comte de Rochechouart , Miniftre plénipotentiaire
du Roi à la Cour de Parme. Le
Duc de Briffac aſſiſta enſuite , avec tous les Chevaliers
qui fe trouvoient préfens , à la Grand'-
Meffe qui fe célébre tous les ans dans l'Eglife des
Pères Cordeliers , en mémoire de l'apparition
de S. Michel.
On a appris de Lisbone , que Don Vincent
de Souza Coufinho , Miniftre plénipotentiaire du
Roi de Portugal , auprè; du Roi de Sardaigne
a été nommé par Sa Majefté Très-Fidèle , pour
venir réfider en la même qualité auprès du
Roi.
Le fieur Meffier , habile Aftronome , obfervant
à l'Obfervatoire Royal de la Marine , à l'Hôtel
de Clugny , le 29 Avril , à une heure quarantehuit
minutes du matin , a apperçu un globe de
feu , à la hauteur d'environ douze degrés fur
l'Horifon & à l'Orient de Paris , traînant une
longue queue lumineuſe , comme le fillon que
trace en l'air une fufée volante : fon diamétre
apparent étoit environ le tiers de la Lune , &
fa couleur étoit d'un rouge vif. La Lune qui
étoit alors fur l'Horifon , effaçoit une grande partie
de la lumière de ce Météore qui , dans une
nuit obfcure , auroit répandu une lumière confidérable
dans l'Atmosphère. Ce globe parut tome
186 MERCURE DE FRANCE.
ber prefque perpendiculairement , en employant
dans fa chute jufqu'à l'Horiſon environ quatorze
fecondes de temps. Le Ciel étoit pour lors prefque
totalement couvert , le vent au Sud- Oueſt
& le Barometre étoit à la hauteur de vingtfept
pouces fix lignes.
On écrit de Nancy , que le même jour , à une
heure & demie du matin , le même globe de
feu y a été obfervé. Ce globe n'a été apperçu
qu'un inftant à l'Oueft de Nancy , fort près de
l'Horifon , & traînant une queue brillante qui
auroit jetté une lumière très-conſidérable fi elle
n'avoit été effacée par celle de la Lune.
On vient d'apprendre la malheureuſe nouvelle
d'un incendie qui a détruit plus de la moitié de
la petite Ville d'Hirfon , appartenante au Prince
de Condé , & fituée dans la Généralité de Soiffons ,
Election de Guife . Le 23 du mois dernier , à cinq
heures du foir , le feu prit à la maiſon d'un
Couvreur , les flammes excitées par un vent du
Nord très-violent , fe portèrent , en moins d'une
demic heure , d'une extrémité à l'autre de la
Ville , & s'attachèrent en fept ou huit endroits
différens , avec une telle impétuofité , qu'en moins
de deux heures , plus de trois cens Bâtimens
furent entiérement confumés avec tous les meubles
, grains , fourages & effets qui s'y trou
voient enfermés , fans qu'il eût été poffible de
retirer du plus grand nombre de ces maifons ,
ni les papiers des Notaires & des Employés des
Fermes , ni même l'argent comptant. On regarde
comme un grand bonheur , qu'un enfant feul air
péri dans les flammes. Les Officiers & les principaux
Habitans du lieu , ont dreflé un Procèsverbal
de la perte que cet incendie a occafionnée ,
& l'eftimation monte à quatre cens quarante &
un mille fept cens vingt - une livres.
JUILLET. 1763 . 187
Un femblable malheur eft arrivé le premier
de ce mois , au Village de Perrigny , Bailliage
d'Auxonne , où cinquante maiſons ont été confumées
par le feu.
Le vingt - huitième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel- de- Ville s'eft fait le 25 du mois dernier ,
en la manière accoutumée. Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 8694 ; celurde
vingt mille livres au numéro 11093 ; & les deux
de dix mille livres aux numéros 5978 & 7110 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de
l'Ecole Royale Militaire. Les Numéros fortis de
la Roue de Fortune , font , 7 , 19 , 34 , 56 , 59.
Le prochain Tirage fe fera le 16 Juin .
Le 13 Avril , le Corps de Ville , à la tête
duquel étoit le fieur de Pontcarré de Viarmes ,
Prévôt des Marchands , fe tranſporta a l'Hôtel
de Lamoignon , rue Pavée , où il fit l'ouver
ture de la nouvelle Bibliothèque Publique que
l'on a déja annoncée. Le Duc de Brillac , Pair
& Grand Pannetier de France , Chevalier des
Ordres du Roi , & Lieutenant - Général de ſes
JUILLET. 1763. 185
au Armées , nommé pour préfider cette année,
Chapitre de l'Ordre de S. Michel , s'eft rendu
le 9 de ce mois , à la Grand'Salle des Pères
Cordeliers de cette Ville . Là , revêtu du Manteau
& du Collier des Ordres du Roi , & ayant à
fes côtés le fieur Chendret , Héraut , & le fieur
Perfeville , Huifier defdits Ordres , en habit de
cérémonie ; il reçut Chevalier de l'Ordre de S.
Michel , le fieur Brochier , Ecuyer , premier Secré
taire du Comte de Rochechouart , Miniftre plénipotentiaire
du Roi à la Cour de Parme. Le
Duc de Briffac aſſiſta enſuite , avec tous les Chevaliers
qui fe trouvoient préfens , à la Grand'-
Meffe qui fe célébre tous les ans dans l'Eglife des
Pères Cordeliers , en mémoire de l'apparition
de S. Michel.
On a appris de Lisbone , que Don Vincent
de Souza Coufinho , Miniftre plénipotentiaire du
Roi de Portugal , auprè; du Roi de Sardaigne
a été nommé par Sa Majefté Très-Fidèle , pour
venir réfider en la même qualité auprès du
Roi.
Le fieur Meffier , habile Aftronome , obfervant
à l'Obfervatoire Royal de la Marine , à l'Hôtel
de Clugny , le 29 Avril , à une heure quarantehuit
minutes du matin , a apperçu un globe de
feu , à la hauteur d'environ douze degrés fur
l'Horifon & à l'Orient de Paris , traînant une
longue queue lumineuſe , comme le fillon que
trace en l'air une fufée volante : fon diamétre
apparent étoit environ le tiers de la Lune , &
fa couleur étoit d'un rouge vif. La Lune qui
étoit alors fur l'Horifon , effaçoit une grande partie
de la lumière de ce Météore qui , dans une
nuit obfcure , auroit répandu une lumière confidérable
dans l'Atmosphère. Ce globe parut tome
186 MERCURE DE FRANCE.
ber prefque perpendiculairement , en employant
dans fa chute jufqu'à l'Horiſon environ quatorze
fecondes de temps. Le Ciel étoit pour lors prefque
totalement couvert , le vent au Sud- Oueſt
& le Barometre étoit à la hauteur de vingtfept
pouces fix lignes.
On écrit de Nancy , que le même jour , à une
heure & demie du matin , le même globe de
feu y a été obfervé. Ce globe n'a été apperçu
qu'un inftant à l'Oueft de Nancy , fort près de
l'Horifon , & traînant une queue brillante qui
auroit jetté une lumière très-conſidérable fi elle
n'avoit été effacée par celle de la Lune.
On vient d'apprendre la malheureuſe nouvelle
d'un incendie qui a détruit plus de la moitié de
la petite Ville d'Hirfon , appartenante au Prince
de Condé , & fituée dans la Généralité de Soiffons ,
Election de Guife . Le 23 du mois dernier , à cinq
heures du foir , le feu prit à la maiſon d'un
Couvreur , les flammes excitées par un vent du
Nord très-violent , fe portèrent , en moins d'une
demic heure , d'une extrémité à l'autre de la
Ville , & s'attachèrent en fept ou huit endroits
différens , avec une telle impétuofité , qu'en moins
de deux heures , plus de trois cens Bâtimens
furent entiérement confumés avec tous les meubles
, grains , fourages & effets qui s'y trou
voient enfermés , fans qu'il eût été poffible de
retirer du plus grand nombre de ces maifons ,
ni les papiers des Notaires & des Employés des
Fermes , ni même l'argent comptant. On regarde
comme un grand bonheur , qu'un enfant feul air
péri dans les flammes. Les Officiers & les principaux
Habitans du lieu , ont dreflé un Procèsverbal
de la perte que cet incendie a occafionnée ,
& l'eftimation monte à quatre cens quarante &
un mille fept cens vingt - une livres.
JUILLET. 1763 . 187
Un femblable malheur eft arrivé le premier
de ce mois , au Village de Perrigny , Bailliage
d'Auxonne , où cinquante maiſons ont été confumées
par le feu.
Le vingt - huitième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel- de- Ville s'eft fait le 25 du mois dernier ,
en la manière accoutumée. Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 8694 ; celurde
vingt mille livres au numéro 11093 ; & les deux
de dix mille livres aux numéros 5978 & 7110 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de
l'Ecole Royale Militaire. Les Numéros fortis de
la Roue de Fortune , font , 7 , 19 , 34 , 56 , 59.
Le prochain Tirage fe fera le 16 Juin .
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Résumé : De PARIS, le 13 Mai 1763.
En avril 1763, plusieurs événements marquants eurent lieu. Le 13 avril, le Corps de Ville, sous la direction du Prévôt des Marchands Pontcarré de Viarmes, inaugura la nouvelle Bibliothèque Publique à l'Hôtel de Lamoignon. Lors de cette cérémonie, le Duc de Brillac, président pour l'année, accueillit le Chevalier Brochier dans l'Ordre de Saint-Michel. Par la suite, le Duc de Brillac assista à la Grand-Messe en mémoire de Saint-Michel. À Lisbonne, Don Vincent de Souza Couto fut nommé ministre plénipotentiaire du Roi de Portugal auprès du Roi de Sardaigne. Le 29 avril, l'astronome Messier observa un globe de feu lumineux à l'Observatoire Royal de la Marine, phénomène également observé à Nancy le même jour. Les conditions météorologiques étaient particulières, avec un ciel couvert, un vent soufflant du sud-ouest et un baromètre à vingt-sept pouces six lignes. Le 23 mai, un incendie dévasta plus de la moitié de la ville d'Hirson, appartenant au Prince de Condé. En moins de deux heures, plus de trois cents bâtiments furent détruits, causant la mort d'un enfant et des pertes estimées à quatre cent quarante et un mille sept cent vingt et une livres. Le 1er juillet, un autre incendie détruisit cinquante maisons au village de Perrigny, dans le Bailliage d'Auxonne. Le 25 mai, le vingt-huitième tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville eut lieu, avec les numéros gagnants 8694, 11093, 5978 et 7110. La Loterie de l'École Royale Militaire fut également tirée, révélant les numéros fortunés 7, 19, 34, 56 et 59. Le prochain tirage était prévu pour le 16 juin.
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168
p. 204
De BELLEISLE, le 11 Mai 1763.
Début :
Le Chevalier de Warren, Maréchal de Camp, nommé par le Roi pour commander [...]
Mots clefs :
Chevalier, Maréchal de camp, Troupes, Gouverneur, Citadelle, Anglais, Belle-Île
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BELLEISLE, le 11 Mai 1763.
De BELLEISLE , le 11 Mai 1763 .
Le Chevalier de Warren , Maréchal de Camp ,
nommé par le Roi pour commander les troupes
deftinées à reprendre poffeffion de cette Ile ,
ayant remis hier au Gouverneur Anglõis la let-:
tre par laquelle Sa Majeſté Britannique ordonne
que l'lfle , la Citadelle , le Fort , &c , foient re- .
mis entre les mains des François ; les Anglois fe
font retirés , & le Chevalier de Warren a pris poffeffion
de l'Ifle.
Le Chevalier de Warren , Maréchal de Camp ,
nommé par le Roi pour commander les troupes
deftinées à reprendre poffeffion de cette Ile ,
ayant remis hier au Gouverneur Anglõis la let-:
tre par laquelle Sa Majeſté Britannique ordonne
que l'lfle , la Citadelle , le Fort , &c , foient re- .
mis entre les mains des François ; les Anglois fe
font retirés , & le Chevalier de Warren a pris poffeffion
de l'Ifle.
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169
p. 190-193
De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
Début :
Le Roi ayant nommé Chevalier des Ordres Royaux, Militaires & Hospitaliers [...]
Mots clefs :
Roi, Chevalier, Ordres, Nominations, Comte, Colonel, Duc, Obédience, Comtesse, Famille royale, Revue de la garde, Contrat de mariage, Envoyés, Nouvelles parutions, Inventions, Académie royale des sciences, Compiègne
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
De VERSAILLES , le 2 Juillet 1763.
LBE Roi ayant nommé Chevalier des Ordres
Royaux, Militaires & Hofpitaliers de Notre- Dame
de Mont-Carmel & de S , Lazare de Jerufalem , le '
Chevalier Maflo de la Ferriere, Maréchal de Camp,
AOUST. 1763 . Igr
& Sous- Gouverneur Monfeigneur le Duc de Berry
& de Monfeigneur le Comte Provence ; le nouveau
Chevalier , ainsi que le Comte de Montault, Colonel
d'Infanterie & Gentilhomme de la Manche de
Monfeigneur le Duc de Berry, le fieur de Ruis-
Embito , Intendant de la Marine , à Rochefort , &
le fieur Durand, ci- devant Miniftre de Sa Majesté
près du Roi & de la République de Pologne , qui
avoient été nommés Chevaliers defdits Ordres par
Sa Majeſté au mois de Janvier dernier , ont été re
çus le premier de ce mois , dans l'appartement &
en préfence de Monfeigneur le Duc de Berry ,
Grand-Maître defdits Ördres. Après avoir fait
leurs profeffions & l'émiffion de leurs voeux entre
les mains du Comte de S. Florentin , Gérent &
Adminiftrateur Général de ces Ordres pendant la
minorité de Monfeigneur le Duc de Berry : ils ont
été admis à baifer la main du Prince Grand Maitre,
en figne d'obédience. Les Chevaliers , Commandeurs
, Grands Officiers & nombre d'autres
Chevaliers & Commandeurs Laïcs & Eccléfiaftiques
defdits Ordres , ont affifté à cette cérémonie.
Le 23 du mois dernier , la Comteffe de Noailles
, Grande d'Efpagne de la premiere Claire &
Grand' Croix de Malte , fut préfentée par la Duceffe
de Villars à Leurs Majeftés & à la Eamille
Royale , en qualité de Dame d'Honneur de la
Reine , en furvivance de la Ducheffe de Luynes ; le
lendemain , elle prêta ferment en cette qualité entre
les mains de la Reine.
La Comteffe de Gontaut , fut auffi préſentée le
29 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la
Maréchale de Biron .
Le 30 , le Roi accompagné de la Reine , de
Monfeigneur le Dauphin , de Madame la Dauphine
, de Madame Adélaide, de Meldames Vica
192 MERCURE DE FRANCE,
toire , Sophie & Louife , de Monfeigneur le Duc
de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence,
de Monſeigneur le Comte d'Artois & de Madame,
fe rendit à la Plaine de Marly , où Sa Majefté paffa
en revue les quatre Compagnies des Gardes-du-
Corps celles des Gendarmes , des Chevaux légers,
des Moufquetaires & celle des Grenadiers
à Cheval de fa Garde. Le Roi fuivi de Monfeigneur
le Dauphin , du Duc de Chartres , du
Prince de Condé, du Prince de Lamballe, pafla dans
les rangs de ces Troupes , qui défilerent enfuite
devant Leurs Majeftés & la Famille Royale. La
Comteffe de la Marche , & un grand nombre de
Seigneurs affifterent à cette revue.
>
Le 3 de ce mois , Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale, ont figné le contrat de Mariage
du Marquis de Graffe & de Demoiſelle de Carcado.
Le même jour , le Duc de Richemont a été préfenté
au Roi.
Le même jour , la Comteſſe de Meflé a été préfentée
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale, par
la Marquife de Saint- Chamand ; la Comteffe de-
Guines par la Princeſſe de Guiſtel . La Ducheffe de
la Trémoille par la Princeffe de Talmond;
Dom Delrue, nouvellement élu Général de la
Congrégation de S. Maur , pour la troifiéme fois ,
dans le Chapitre Général tenu à Marmoutiers , a
été préfenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale.
Le 29 neuf du mois dernier , l'Abbé Lambert
Penfionnaire du Roi , eut l'honneur de préſenter
à Sa Majesté une nouvelle tra duction de divers
morceaux choifis des Euvres Morales de Plutarque;
& le lendemain , le fieur le Rouge , Ingénieur
Géographe du Roi, préfenta à Sa Majeltě la
prefpective de la nouvelle Place,
Le
AOUST. 1763. 193
Le 30 , les fieurs
Camus
& Berthoud
, qui
avoient
été envoyés
à Londres
par ordre
du Roi
'pour
l'examen
de l'Horloge
Marine
du fieur
Har
rifon
, eurent
l'honneur
d'être
préſentés
à Sa Majellé
par le Comte
de Saint-
Florentin
.
Le même jour , l'Académie Royale des Sciences
eut l'honneur de préfenter au Roi le volu
me de fon Hiftoire & de les Mémoires pour
l'année 1761 & fes defcriptions des différens
Arts qu'elle a publiées jufqu'à ce jour.
Le Roi , Monfeigneur le Dauphin & Madame
la Dauphine font partis hier pour Compiegne.
Monfeigneur le Duc de Berry & Monfeigneur
le Comte de Provence y étoient arrivés la veille.
La Reine , Madame Adélaïde, Meldames Victoire,
Sophie & Louife , s'y rendront aujourd'hui,
LBE Roi ayant nommé Chevalier des Ordres
Royaux, Militaires & Hofpitaliers de Notre- Dame
de Mont-Carmel & de S , Lazare de Jerufalem , le '
Chevalier Maflo de la Ferriere, Maréchal de Camp,
AOUST. 1763 . Igr
& Sous- Gouverneur Monfeigneur le Duc de Berry
& de Monfeigneur le Comte Provence ; le nouveau
Chevalier , ainsi que le Comte de Montault, Colonel
d'Infanterie & Gentilhomme de la Manche de
Monfeigneur le Duc de Berry, le fieur de Ruis-
Embito , Intendant de la Marine , à Rochefort , &
le fieur Durand, ci- devant Miniftre de Sa Majesté
près du Roi & de la République de Pologne , qui
avoient été nommés Chevaliers defdits Ordres par
Sa Majeſté au mois de Janvier dernier , ont été re
çus le premier de ce mois , dans l'appartement &
en préfence de Monfeigneur le Duc de Berry ,
Grand-Maître defdits Ördres. Après avoir fait
leurs profeffions & l'émiffion de leurs voeux entre
les mains du Comte de S. Florentin , Gérent &
Adminiftrateur Général de ces Ordres pendant la
minorité de Monfeigneur le Duc de Berry : ils ont
été admis à baifer la main du Prince Grand Maitre,
en figne d'obédience. Les Chevaliers , Commandeurs
, Grands Officiers & nombre d'autres
Chevaliers & Commandeurs Laïcs & Eccléfiaftiques
defdits Ordres , ont affifté à cette cérémonie.
Le 23 du mois dernier , la Comteffe de Noailles
, Grande d'Efpagne de la premiere Claire &
Grand' Croix de Malte , fut préfentée par la Duceffe
de Villars à Leurs Majeftés & à la Eamille
Royale , en qualité de Dame d'Honneur de la
Reine , en furvivance de la Ducheffe de Luynes ; le
lendemain , elle prêta ferment en cette qualité entre
les mains de la Reine.
La Comteffe de Gontaut , fut auffi préſentée le
29 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la
Maréchale de Biron .
Le 30 , le Roi accompagné de la Reine , de
Monfeigneur le Dauphin , de Madame la Dauphine
, de Madame Adélaide, de Meldames Vica
192 MERCURE DE FRANCE,
toire , Sophie & Louife , de Monfeigneur le Duc
de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence,
de Monſeigneur le Comte d'Artois & de Madame,
fe rendit à la Plaine de Marly , où Sa Majefté paffa
en revue les quatre Compagnies des Gardes-du-
Corps celles des Gendarmes , des Chevaux légers,
des Moufquetaires & celle des Grenadiers
à Cheval de fa Garde. Le Roi fuivi de Monfeigneur
le Dauphin , du Duc de Chartres , du
Prince de Condé, du Prince de Lamballe, pafla dans
les rangs de ces Troupes , qui défilerent enfuite
devant Leurs Majeftés & la Famille Royale. La
Comteffe de la Marche , & un grand nombre de
Seigneurs affifterent à cette revue.
>
Le 3 de ce mois , Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale, ont figné le contrat de Mariage
du Marquis de Graffe & de Demoiſelle de Carcado.
Le même jour , le Duc de Richemont a été préfenté
au Roi.
Le même jour , la Comteſſe de Meflé a été préfentée
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale, par
la Marquife de Saint- Chamand ; la Comteffe de-
Guines par la Princeſſe de Guiſtel . La Ducheffe de
la Trémoille par la Princeffe de Talmond;
Dom Delrue, nouvellement élu Général de la
Congrégation de S. Maur , pour la troifiéme fois ,
dans le Chapitre Général tenu à Marmoutiers , a
été préfenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale.
Le 29 neuf du mois dernier , l'Abbé Lambert
Penfionnaire du Roi , eut l'honneur de préſenter
à Sa Majesté une nouvelle tra duction de divers
morceaux choifis des Euvres Morales de Plutarque;
& le lendemain , le fieur le Rouge , Ingénieur
Géographe du Roi, préfenta à Sa Majeltě la
prefpective de la nouvelle Place,
Le
AOUST. 1763. 193
Le 30 , les fieurs
Camus
& Berthoud
, qui
avoient
été envoyés
à Londres
par ordre
du Roi
'pour
l'examen
de l'Horloge
Marine
du fieur
Har
rifon
, eurent
l'honneur
d'être
préſentés
à Sa Majellé
par le Comte
de Saint-
Florentin
.
Le même jour , l'Académie Royale des Sciences
eut l'honneur de préfenter au Roi le volu
me de fon Hiftoire & de les Mémoires pour
l'année 1761 & fes defcriptions des différens
Arts qu'elle a publiées jufqu'à ce jour.
Le Roi , Monfeigneur le Dauphin & Madame
la Dauphine font partis hier pour Compiegne.
Monfeigneur le Duc de Berry & Monfeigneur
le Comte de Provence y étoient arrivés la veille.
La Reine , Madame Adélaïde, Meldames Victoire,
Sophie & Louife , s'y rendront aujourd'hui,
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Résumé : De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
En juillet 1763, le roi de France a procédé à plusieurs nominations prestigieuses au sein des Ordres Royaux, Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Le Chevalier Maillot de la Ferrière a été nommé Maréchal de Camp et Sous-Gouverneur des princes Duc de Berry et Comte de Provence. D'autres nominations incluent le Comte de Montault, Colonel d'Infanterie, le sieur de Ruis-Embito, Intendant de la Marine à Rochefort, et le sieur Durand, ancien ministre auprès du Roi et de la République de Pologne. Le 1er août 1763, ces nouveaux Chevaliers ont été reçus dans l'appartement du Duc de Berry, Grand-Maître des Ordres, après avoir fait leurs professions et émis leurs vœux. Plusieurs Chevaliers, Commandeurs, Grands Officiers et autres dignitaires ont assisté à cette cérémonie. En juin 1763, plusieurs présentations ont eu lieu à la cour. La Comtesse de Noailles a été présentée comme Dame d'Honneur de la Reine, remplaçant la Duchesse de Luynes. La Comtesse de Gontaut a également été présentée. Le 30 juin, le roi, accompagné de la famille royale, a passé en revue les troupes à la Plaine de Marly. Le 3 juillet, le contrat de mariage du Marquis de Graffe et de Mademoiselle de Carcado a été signé. Plusieurs présentations de dignitaires et de personnalités ont également eu lieu ce jour-là, notamment celles de la Comtesse de Melflé, de la Comtesse de Guines, de la Duchesse de la Trémoille, et du Dom Delrue, nouvellement élu Général de la Congrégation de Saint-Maur. Le 29 juin, l'Abbé Lambert a présenté au roi une nouvelle traduction des Œuvres Morales de Plutarque. Le 30 juin, les sieurs Camus et Berthoud, envoyés à Londres pour examiner l'horloge marine de M. Harrison, ont été présentés au roi. L'Académie Royale des Sciences a également présenté au roi le volume de son Histoire et des Mémoires pour l'année 1761. Le roi, le Dauphin et la Dauphine se sont rendus à Compiègne, où le Duc de Berry et le Comte de Provence étaient déjà arrivés. La Reine et les princesses Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise devaient les rejoindre.
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170
p. 191
De ROME, le 24 Août 1763.
Début :
Le Mausolée du Cardinal d'Ossat, vient d'être replacé dans l'Eglise nationale [...]
Mots clefs :
Mausolée, Cardinal, Église, Chevalier, Portrait, Mosaïque, Dorures, Messe
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 24 Août 1763.
De ROME , le 24 Août 1763 .
Le Mauſolée du Cardinal d'Oſſat , vient d'être
replacé dans l'Egliſe nationale de Saint Louisdes
François , par les ſoins & aux dépens du Chevalier
de la Houze , chargé des Affaires de France
en cette Cour. Le Portrait en Moſaïque qu'il a
fait faire de ce Cardinal , eſt enrichi d'une magnifique
bordure de bronze doré & de pluſieurs
autres ornemens. Le 18 de ce mois , le Chevalier
de laHouze a fait chanter à cette occafion ,
dans l'Egliſe de Saint- Louis , une Meſſe ſolemnelle
pour le repos de l'âme de ce Cardinal.
Toute la Nation Françoiſe s'eſt empreſſée d'y
aſſiſter , ainſi que pluſieurs autres perſonnes de
distinction .
Le Mauſolée du Cardinal d'Oſſat , vient d'être
replacé dans l'Egliſe nationale de Saint Louisdes
François , par les ſoins & aux dépens du Chevalier
de la Houze , chargé des Affaires de France
en cette Cour. Le Portrait en Moſaïque qu'il a
fait faire de ce Cardinal , eſt enrichi d'une magnifique
bordure de bronze doré & de pluſieurs
autres ornemens. Le 18 de ce mois , le Chevalier
de laHouze a fait chanter à cette occafion ,
dans l'Egliſe de Saint- Louis , une Meſſe ſolemnelle
pour le repos de l'âme de ce Cardinal.
Toute la Nation Françoiſe s'eſt empreſſée d'y
aſſiſter , ainſi que pluſieurs autres perſonnes de
distinction .
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Résumé : De ROME, le 24 Août 1763.
Le 24 août 1763, le mausolée du Cardinal d'Ossat a été replacé dans l'église Saint-Louis-des-Français à Rome, grâce au Chevalier de la Houze. Le portrait du cardinal a été enrichi de nouveaux ornements. Le 18 août, une messe solennelle a été organisée, attirant la nation française et des personnalités distinguées.
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171
p. 195-197
MORTS.
Début :
François Baron de Fumel, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis [...]
Mots clefs :
Baron, Chevalier, Secrétaire du roi, Comte, Marquis, Évêque, Épouse, Décès, Veuve, Dame Ursule Duquesne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
François Baron de Fumel , Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Mestre de
Camp de Cavalerie , Exempt , Aide - Major des
Gardes du Corps , Compagnie de Beauvau , eſt
mort à Troyes le 20 Août , dans la ſoixantecinquiéme
année de ſon âge.
Gérard Heuſch , Marquis de Janvry , Secrétaire
du Roi Honoraire , eſt mort à Paris , le 8
Septembre , dans la quatre vingt-huitiéme année
de ſon âge.
Jean- Louis Philippeaux , Comte de Montlhery
, ancien Guidon des Gendarmes de la Garde
du Roi , Meſtre de Camp de Cavalerie , eſt mort
àParis , le 12 Septembre.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Marie , Comte de Saint Maure , Marquis
de Chaux & d'Archiac , Comte du Saint-
Empire , Premier Ecuyer du Roi , Commandantde
ſa Grande Ecurie & Maréchal de Camp ,
eſt mort à Paris , le 14 Septembre , dans la
ſoixante-cinquième année de ſon âge.
Charles-François de Malezieu , Marquis Destournelles
, Brigadier des Armées du Roi , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,
Gouverneur pour Sa Majesté des Tours , Ports ,
Chaînes & Havre de la Rochelle , eſt mort à
Châlons-fur-Saone , le 3 Septembre.
Simon-Pierre de la Corée , Evêque de Saintes,
eſt mort en ſon Palais Epiſcopal , le 12
Septembre , àgé de foixante-douze ans.
Le Pere Jean Reinal , Supérieur Général de
la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrézienne
, eſt mort à Paris , dans leur maiſon de S.
Charles , dans les premiers jours de Septembre.
Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne
de Bouillon , épouſe du Prince Charles-
Juſt de Beauvau , Prince du Saint-Empire ,
Grandd'Eſpagne de la premiere Claſſe , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant Général de
ſes Armées , Capitaine des Gardes du Corps de
Sa Majesté , Grand- Maître de la Maiſon du Roi
de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar , Gouverneur
& Bailli d'Epée des Ville & Châteaux
deBar-le-Duc & de Luneville , eſt morte à Commerci
, le 6 Septembre , âgée de trente-quatre
ans. Cette Princeſſe étoit Soeur cadette & confanguine
du Duc de Bouillon , Pair & Grand
Chambellan de France.
*Dame Urſule de Poſſel , Veuve de Meſfire
Abraham Duqueſne Monier , Chef d'Eſcadre des
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , ci-devant
DECEMBRE. 1763. 197
commandant le Département de la Marine au
Port de Toulon , & neveu du célébre Abraham
Duqueſne , mort Lieutenant Général des Armées
navales , eſt morte à Toulon le 6 Juillet , dans
la quatre-vingt-quatorziéme année de ſon âge.
Elle avoit eu de ſon mariage pluſieurs enfans
dontdeux font morts au ſervice du Rot. Il lui
en reſte encore trois qui font :
Lange , Marquis Duqueſne , Chef d'Eſcadredes
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , ci-devantGouverneur
& Lieutenant-Général au Gouvernement .
de la Nouvelle France & Prédéceſſeur immédiat
du Marquis de Vaudreuil.
Victor- Elizabeth Duqueſne , Chanoine de la
Ste Egliſe d'Arles & Pentionnaire du Roi ſur l'Archevêché
de Toulouſe.
Et Dame Urſule Duqueſne , mariée & veuve
dès 1744 de Meſſire Guillaume d'Icard , Gentilhomme
d'Arles .
Meffire Thomas- Charles , Marquis de Morantz
Comtede Penzes , Baron de Fontenay & de Ru-.
pierre , Seigneur-Châlelain de Bréquigny , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Dépuré
au Roi en 1757 , par la Nobleſſe de Bretagne afſemblée
aux Etats , mourut le 18 Octobre dernier
en ſon Château de Bréquigny , âgé de 36 ans &
deux mois.
François Baron de Fumel , Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Mestre de
Camp de Cavalerie , Exempt , Aide - Major des
Gardes du Corps , Compagnie de Beauvau , eſt
mort à Troyes le 20 Août , dans la ſoixantecinquiéme
année de ſon âge.
Gérard Heuſch , Marquis de Janvry , Secrétaire
du Roi Honoraire , eſt mort à Paris , le 8
Septembre , dans la quatre vingt-huitiéme année
de ſon âge.
Jean- Louis Philippeaux , Comte de Montlhery
, ancien Guidon des Gendarmes de la Garde
du Roi , Meſtre de Camp de Cavalerie , eſt mort
àParis , le 12 Septembre.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Marie , Comte de Saint Maure , Marquis
de Chaux & d'Archiac , Comte du Saint-
Empire , Premier Ecuyer du Roi , Commandantde
ſa Grande Ecurie & Maréchal de Camp ,
eſt mort à Paris , le 14 Septembre , dans la
ſoixante-cinquième année de ſon âge.
Charles-François de Malezieu , Marquis Destournelles
, Brigadier des Armées du Roi , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,
Gouverneur pour Sa Majesté des Tours , Ports ,
Chaînes & Havre de la Rochelle , eſt mort à
Châlons-fur-Saone , le 3 Septembre.
Simon-Pierre de la Corée , Evêque de Saintes,
eſt mort en ſon Palais Epiſcopal , le 12
Septembre , àgé de foixante-douze ans.
Le Pere Jean Reinal , Supérieur Général de
la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrézienne
, eſt mort à Paris , dans leur maiſon de S.
Charles , dans les premiers jours de Septembre.
Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne
de Bouillon , épouſe du Prince Charles-
Juſt de Beauvau , Prince du Saint-Empire ,
Grandd'Eſpagne de la premiere Claſſe , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant Général de
ſes Armées , Capitaine des Gardes du Corps de
Sa Majesté , Grand- Maître de la Maiſon du Roi
de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar , Gouverneur
& Bailli d'Epée des Ville & Châteaux
deBar-le-Duc & de Luneville , eſt morte à Commerci
, le 6 Septembre , âgée de trente-quatre
ans. Cette Princeſſe étoit Soeur cadette & confanguine
du Duc de Bouillon , Pair & Grand
Chambellan de France.
*Dame Urſule de Poſſel , Veuve de Meſfire
Abraham Duqueſne Monier , Chef d'Eſcadre des
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , ci-devant
DECEMBRE. 1763. 197
commandant le Département de la Marine au
Port de Toulon , & neveu du célébre Abraham
Duqueſne , mort Lieutenant Général des Armées
navales , eſt morte à Toulon le 6 Juillet , dans
la quatre-vingt-quatorziéme année de ſon âge.
Elle avoit eu de ſon mariage pluſieurs enfans
dontdeux font morts au ſervice du Rot. Il lui
en reſte encore trois qui font :
Lange , Marquis Duqueſne , Chef d'Eſcadredes
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , ci-devantGouverneur
& Lieutenant-Général au Gouvernement .
de la Nouvelle France & Prédéceſſeur immédiat
du Marquis de Vaudreuil.
Victor- Elizabeth Duqueſne , Chanoine de la
Ste Egliſe d'Arles & Pentionnaire du Roi ſur l'Archevêché
de Toulouſe.
Et Dame Urſule Duqueſne , mariée & veuve
dès 1744 de Meſſire Guillaume d'Icard , Gentilhomme
d'Arles .
Meffire Thomas- Charles , Marquis de Morantz
Comtede Penzes , Baron de Fontenay & de Ru-.
pierre , Seigneur-Châlelain de Bréquigny , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Dépuré
au Roi en 1757 , par la Nobleſſe de Bretagne afſemblée
aux Etats , mourut le 18 Octobre dernier
en ſon Château de Bréquigny , âgé de 36 ans &
deux mois.
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Résumé : MORTS.
En 1763, plusieurs personnalités notables sont décédées. François Baron de Fumel, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, est mort à Troyes le 20 août à 65 ans. Gérard Heusch, Marquis de Janvry et Secrétaire du Roi Honoraire, est décédé à Paris le 8 septembre à 88 ans. Jean-Louis Philippeaux, Comte de Montlhery et ancien Guidon des Gendarmes de la Garde du Roi, est mort à Paris le 12 septembre. Louis-Marie, Comte de Saint Maure, Marquis de Chaux & d'Archiac et Premier Ecuyer du Roi, est décédé à Paris le 14 septembre à 65 ans. Charles-François de Malezieu, Marquis Destournelles et Brigadier des Armées du Roi, est mort à Châlons-sur-Saône le 3 septembre. Simon-Pierre de la Corée, Évêque de Saintes, est décédé dans son Palais Épiscopal le 12 septembre à 62 ans. Le Père Jean Reinal, Supérieur Général de la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrétienne, est mort à Paris au début du mois de septembre. Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne de Bouillon, épouse du Prince Charles-Just de Beauvau, est décédée à Commercy le 6 septembre à 34 ans. Dame Ursule de Possel, veuve de Messire Abraham Duquesne Monier, Chef d'Escadre des Armées navales du Roi, est morte à Toulon le 6 juillet à 84 ans. Elle a eu plusieurs enfants, dont deux sont morts au service du Roi. Thomas-Charles, Marquis de Morantz, Comte de Penzes et Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, est décédé en son Château de Bréquigny le 18 octobre à 36 ans et 2 mois.
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172
p. 175-176
Du 26.
Début :
Suivant les dernières nouvelles de Corse, nos troupes se disposent à abandonner [...]
Mots clefs :
Corse, Troupes, Positions, Assemblée générale, Soumission, Général, Arrêt, Gouvernement, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : Du 26.
Du 26.
Suivant les dernières nouvelles de Corfe , nos
troupes fe difpofent à abandonner le Maccinaggio
, parce que l'importance de cette pofition
n'eft pas proportionnée aux dépenfes qu'on eft
obligé de faire pour la conferver ; le Gouvernement
le bornera , dit- on , à fortifier & à faire
garder la Cofcio , pofte qui n'eft pas éloigné du
Maccinaggio. On ajoute que Paoli a convoqué
une affemblée générale de la Nation , pour dé
libérer fur les mesures qu'il conviendra de pren-
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
dre au cas que l'on envoye des troupes étrangères
pour foumettre l'Ifle à la République.
Le Général des Religieux Services a refufé
conftamment de rappeller de Corſe le Viſiteur
qu'il a envoyés en conféquence , l'Arrêt de prof
cription qui a été lancé contre ces Pères a été
mis à exécution . Le 19 , ils évacuerent les trois
maifons qu'ils occupoient dans les Etats de la
République, & le Gouvernement a placé les Carmes
Déchauffés dans celle de Gênes , les Récol-
Lets dans celle de Savone , & les Auguſtins Réformés
dans celle de Camogli.
Le Chevalier du Muy , après avoir féjourné
fept jours dans cette Ville , en eſt parti le 23
pour retourner en France.
Suivant les dernières nouvelles de Corfe , nos
troupes fe difpofent à abandonner le Maccinaggio
, parce que l'importance de cette pofition
n'eft pas proportionnée aux dépenfes qu'on eft
obligé de faire pour la conferver ; le Gouvernement
le bornera , dit- on , à fortifier & à faire
garder la Cofcio , pofte qui n'eft pas éloigné du
Maccinaggio. On ajoute que Paoli a convoqué
une affemblée générale de la Nation , pour dé
libérer fur les mesures qu'il conviendra de pren-
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
dre au cas que l'on envoye des troupes étrangères
pour foumettre l'Ifle à la République.
Le Général des Religieux Services a refufé
conftamment de rappeller de Corſe le Viſiteur
qu'il a envoyés en conféquence , l'Arrêt de prof
cription qui a été lancé contre ces Pères a été
mis à exécution . Le 19 , ils évacuerent les trois
maifons qu'ils occupoient dans les Etats de la
République, & le Gouvernement a placé les Carmes
Déchauffés dans celle de Gênes , les Récol-
Lets dans celle de Savone , & les Auguſtins Réformés
dans celle de Camogli.
Le Chevalier du Muy , après avoir féjourné
fept jours dans cette Ville , en eſt parti le 23
pour retourner en France.
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Résumé : Du 26.
Le 26, les troupes françaises se préparent à quitter le Maccinaggio, jugé peu stratégique. Le gouvernement envisage de fortifier la Coscia, près du Maccinaggio. Paoli convoque une assemblée générale pour discuter des mesures à prendre en cas d'intervention étrangère pour soumettre la Corse à la République. Le Général des Religieux Services refuse de rappeler le Visiteur envoyé en Corse. Le 19, les Pères ont évacué leurs maisons dans les États de la République. Le gouvernement reloge les Carmes Déchaussés à Gênes, les Récollets à Savone et les Augustins Réformés à Camogli. Le Chevalier du Muy quitte la ville le 23 après un séjour de sept jours pour retourner en France.
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173
p. 176
De HUNINGUE, le 11 Octobre 1763.
Début :
Le Chevalier de Beauteville, Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis [...]
Mots clefs :
Chevalier, Commandeur, Armées du roi, Suisse
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texteReconnaissance textuelle : De HUNINGUE, le 11 Octobre 1763.
De HUNINGUE , le 11 Octobre 1763.
Le Chevalier de Beauteville , Commandeur de
'Ordre Royal & Militaire de S. Louis Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Ambaſſadeur
de Sa Majesté en Suiffe , arriva le 8 en cette
Ville , où il reçut les honneurs dûs à ſon carac-
¿ère .
Le Chevalier de Beauteville , Commandeur de
'Ordre Royal & Militaire de S. Louis Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Ambaſſadeur
de Sa Majesté en Suiffe , arriva le 8 en cette
Ville , où il reçut les honneurs dûs à ſon carac-
¿ère .
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174
p. 176-177
De ZURICH, le 20 Octobre 1763.
Début :
Le sieur de Fontaine, Gentilhomme de l'Ambassade de France, a remis aujourd'hui aux Bourgue mestres [...]
Mots clefs :
Gentilhomme, Ambassade de France, Suisse, Accréditation, Chevalier, Corps helvétique, Trois ligues grises, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : De ZURICH, le 20 Octobre 1763.
De ZURICH , le 20 Octobre 1763.
Le fieur de Fontaine , Gentilhomme de l'Ambaffade
de France , a remis aujourd'hui aux
Bourgue mestres de ce canton la Lettre par laquelle
Sa Majesté Très-Chrétienne accrédite le
JANVIER. 1764. 177
Chevalier de Beauteville auprès du Corps Helvétique
. Le fieur de Fontaine doit fe rendre demain
a Coire pour remplir la même miſſion auprès
des Chefs des trois Ligues Grifes. Le Marquis
d'Entraigues , qui étoit chargé des Affaires de
France , a pris congé du Corps Helvétique.
Le fieur de Fontaine , Gentilhomme de l'Ambaffade
de France , a remis aujourd'hui aux
Bourgue mestres de ce canton la Lettre par laquelle
Sa Majesté Très-Chrétienne accrédite le
JANVIER. 1764. 177
Chevalier de Beauteville auprès du Corps Helvétique
. Le fieur de Fontaine doit fe rendre demain
a Coire pour remplir la même miſſion auprès
des Chefs des trois Ligues Grifes. Le Marquis
d'Entraigues , qui étoit chargé des Affaires de
France , a pris congé du Corps Helvétique.
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Résumé : De ZURICH, le 20 Octobre 1763.
Le 20 octobre 1763, le sieur de Fontaine a remis une lettre aux bourgmestres de Zurich accréditant le chevalier de Beauteville auprès du Corps Helvétique. Il doit ensuite se rendre à Coire pour une mission similaire auprès des Ligues Grises. Le marquis d'Entraigues a quitté ses fonctions.
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175
p. 194
De LISBONNE, le 22 Novembre 1763.
Début :
Le Chevalier de Saint Priest, Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté Très [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ministre plénipotentiaire, Majesté très chrétienne, Consul de France
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texteReconnaissance textuelle : De LISBONNE, le 22 Novembre 1763.
De LISBONNE , le 22 Novembre 1763 .
Le Chevalier de Saint Prieft , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majesté Très- Chrétienne , & le
Geur Semonin , Conful de France , font arrivés
hier fur la Frégate la Terpficore..
Le Chevalier de Saint Prieft , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majesté Très- Chrétienne , & le
Geur Semonin , Conful de France , font arrivés
hier fur la Frégate la Terpficore..
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176
p. 198-206
De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Début :
Le Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché de Mâcon ; & à l'Evêché [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Évêché, Abbé, Honneur, Famille royale, Comte, Marquis, Monseigneur, Académie, Chevalier, Parlement, Ministres, Commandeur, Princesse, Ministre plénipotentiaire
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
De VERSAILLES , le 31 Décembre 1763.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Le document détaille les nominations et événements à la cour de France à la fin de l'année 1763 et au début de l'année 1764. Le roi a procédé à plusieurs nominations ecclésiastiques, notamment celle de l'évêque de Vence à l'évêché de Mâcon et de l'abbé de Lorry à l'évêché de Vence. D'autres nominations concernent diverses abbayes et diocèses à travers la France. Le marquis de Vibraye a été nommé gouverneur de Belle-Île. Plusieurs présentations et congés de diplomates et de nobles ont eu lieu, incluant le baron de Gleicken, envoyé extraordinaire de la cour de Danemark, et le chevalier du Buat, ministre du roi auprès de la Diète générale de l'Empire. Des événements marquants incluent un service pour le repos de l'âme de Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme, et la prise de deuil à la cour suite à la mort de l'archiduchesse infante. Le document mentionne également des présentations de livres et d'ouvrages par divers auteurs et membres de l'Académie Royale des Sciences. Le 1er janvier 1764, les princes, princesses, seigneurs et dames de la cour ont rendu leurs respects au roi à l'occasion de la nouvelle année. Par ailleurs, les premiers exemplaires des plans, profils et élévations de la nouvelle paroisse de la Madeleine, gravés d'après les dessins de l'architecte du roi, le sieur Content, ont été présentés. Cet édifice est prévu pour être construit à l'extrémité septentrionale de la nouvelle rue Royale et servira de point de vue à la Place de Louis XV. Enfin, la publication des nouvelles politiques est annoncée pour le prochain Mercure.
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177
p. 230-232
De PARIS, le 30 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Mailly, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant Général [...]
Mots clefs :
Comte, Chevalier, Gouverneur, Ordres, Académie, Discours, Lettres patentes, Université, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 30 Décembre 1763.
De PARIS, le 30 Décembre 1763 .
LE Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du
Roi , Lieutenant Général de ſes Armées , Gouverneur
des Ville & Château de Dieppe , premier
Ecuyer de Madame la Dauphine , ſe rendit,
le 28 du mois dernier au Couvent des Peres
Cordeliers , revêtu des marques des Ordres de
Sa Majesté & précédé des ſieurs Chendret , Hé,
rault , & Perſeville , Huiſſier deſdits Ordres , aves
leur habit de Cérémonie. Il y préſida , au nom
du Roi , au Chapitre de Saint Michel , & reçut
Chevaliers de cet Ordre , avec les Cérémonies
accoutumées , le ſieur Dunod de Charnage ,
Avocat au Parlement de Besançon , Ancien Vicomte
Mayeur & Lieutenant Général de la même
Ville ; le ſieur Guillot Aubry , de l'Académie
3
FEVRIER. 1764. 231
Royale d'Architecture de la premiere Claffe &
Contrôleur des Bâtimens dépendans des Domaines
de Sa Majeſté ; le ſieur Mercier , ancien
premier Echevin de Paris , & le ſieur Babille ,
Avocat au Parlement , ancien Echevin. Le fieur
Boyer , Chevalier , Secrétaire de l'Ordre , avoit
auparavant adreſſé à l'aſſemblée un Dicours dans
lequel il avoit fait l'éloge des nouveaux Chevaliers ,
&avoit fait mention des motifs qui ont déter
miné Sa Majesté à leur accorder cette grace. Le
Comte de Mailly , & les Chevaliers ſe rendirent
enſuite en proceffion à l'Eglife , & y aſſiſterent
au Service qu'on y célébre tous les ans , lepremier
Lundi de l'Avent , pour les Rois , les Princes&
les Chevaliers décédés.
Le 24 du même mois , l'Académie Françoiſe
s'aſſembla & nomma le ſieur Marmontel pour
remplir la place vacante par la mort du ſieur de
Bougainville.
On a publié ici deux Lettres Patentes du Roi .
Les premieres , datées du 26 Octobre dernier ,
confirment le Collége de Fontenay- le-Comte ,
& l'union qui y a été faite du Prieuré de Rohan-
Rohan ; les ſecondes , du 16 Novembre , portent
tranflation des Ecoles de la Faculté des Droits de
l'Univerſité de Paris ſur la place de la nouvelle
Egliſe de Sainte Genevieve du Mont.
Le 3 dece mois , l'Univerſité tint ſon aſſemblée
al College de LoUIS- LE-GRAND , & annonça
pour l'année prochaine le prix d'Eloquence Latine
fondé par le ſieur Coignard , Secrétaire du
Roi , & Conſervateur des Hypothèques : ce prix
doit avoir pour ſujet: Ubi viget virilis difciplina ,
ibi optima estjuventutis inſtitutio. Le ſieur Camić ,
Profeſſeur au Collége de Lizieux , a été élu , le
16 de ce mois , Recteur de l'Univerſité à la place
du ſieur Fourneau,
232 MERCURE DE FRANCE.
Le 22 , l'Académie Françoiſe tint une ſéance
publique pour la réception du ſieur Marmontel
Le ſieur Bignon répondit , en qualité de Directeur
, au Diſcours du nouvel Académicien.
La ſéance fut terminée par la lecture d'une Epître
en vers du ſieur Marmontel ,fur la force & la
foibleffe de l'Esprit humain .
Le trente - fixiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait , le 24 de ce mois , en
la manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
livres eſt échu au Numéro 64567 celui de vingt
mille livres au Numéro 78669 , & les deux de
dix mille livres aux Numéro 70033 & 74726.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale Mi
litaire . Les Numéros ſortis de la roue de fortune,
font , 2,39,36,6,900
LE Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du
Roi , Lieutenant Général de ſes Armées , Gouverneur
des Ville & Château de Dieppe , premier
Ecuyer de Madame la Dauphine , ſe rendit,
le 28 du mois dernier au Couvent des Peres
Cordeliers , revêtu des marques des Ordres de
Sa Majesté & précédé des ſieurs Chendret , Hé,
rault , & Perſeville , Huiſſier deſdits Ordres , aves
leur habit de Cérémonie. Il y préſida , au nom
du Roi , au Chapitre de Saint Michel , & reçut
Chevaliers de cet Ordre , avec les Cérémonies
accoutumées , le ſieur Dunod de Charnage ,
Avocat au Parlement de Besançon , Ancien Vicomte
Mayeur & Lieutenant Général de la même
Ville ; le ſieur Guillot Aubry , de l'Académie
3
FEVRIER. 1764. 231
Royale d'Architecture de la premiere Claffe &
Contrôleur des Bâtimens dépendans des Domaines
de Sa Majeſté ; le ſieur Mercier , ancien
premier Echevin de Paris , & le ſieur Babille ,
Avocat au Parlement , ancien Echevin. Le fieur
Boyer , Chevalier , Secrétaire de l'Ordre , avoit
auparavant adreſſé à l'aſſemblée un Dicours dans
lequel il avoit fait l'éloge des nouveaux Chevaliers ,
&avoit fait mention des motifs qui ont déter
miné Sa Majesté à leur accorder cette grace. Le
Comte de Mailly , & les Chevaliers ſe rendirent
enſuite en proceffion à l'Eglife , & y aſſiſterent
au Service qu'on y célébre tous les ans , lepremier
Lundi de l'Avent , pour les Rois , les Princes&
les Chevaliers décédés.
Le 24 du même mois , l'Académie Françoiſe
s'aſſembla & nomma le ſieur Marmontel pour
remplir la place vacante par la mort du ſieur de
Bougainville.
On a publié ici deux Lettres Patentes du Roi .
Les premieres , datées du 26 Octobre dernier ,
confirment le Collége de Fontenay- le-Comte ,
& l'union qui y a été faite du Prieuré de Rohan-
Rohan ; les ſecondes , du 16 Novembre , portent
tranflation des Ecoles de la Faculté des Droits de
l'Univerſité de Paris ſur la place de la nouvelle
Egliſe de Sainte Genevieve du Mont.
Le 3 dece mois , l'Univerſité tint ſon aſſemblée
al College de LoUIS- LE-GRAND , & annonça
pour l'année prochaine le prix d'Eloquence Latine
fondé par le ſieur Coignard , Secrétaire du
Roi , & Conſervateur des Hypothèques : ce prix
doit avoir pour ſujet: Ubi viget virilis difciplina ,
ibi optima estjuventutis inſtitutio. Le ſieur Camić ,
Profeſſeur au Collége de Lizieux , a été élu , le
16 de ce mois , Recteur de l'Univerſité à la place
du ſieur Fourneau,
232 MERCURE DE FRANCE.
Le 22 , l'Académie Françoiſe tint une ſéance
publique pour la réception du ſieur Marmontel
Le ſieur Bignon répondit , en qualité de Directeur
, au Diſcours du nouvel Académicien.
La ſéance fut terminée par la lecture d'une Epître
en vers du ſieur Marmontel ,fur la force & la
foibleffe de l'Esprit humain .
Le trente - fixiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait , le 24 de ce mois , en
la manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
livres eſt échu au Numéro 64567 celui de vingt
mille livres au Numéro 78669 , & les deux de
dix mille livres aux Numéro 70033 & 74726.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale Mi
litaire . Les Numéros ſortis de la roue de fortune,
font , 2,39,36,6,900
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Résumé : De PARIS, le 30 Décembre 1763.
Le 28 décembre 1763, le Comte de Mailly présida au Couvent des Pères Cordeliers le Chapitre de Saint Michel, où les sieurs Dunod de Charnage, Guillot Aubry, Mercier et Babille furent reçus comme Chevaliers. Le Chevalier Boyer prononça un discours élogieux. Ensuite, ils assistèrent à un service en mémoire des défunts Rois, Princes et Chevaliers. Le 24 décembre, l'Académie Française nomma Jean-François Marmontel pour remplacer François Bougainville. Deux Lettres Patentes du Roi confirmèrent l'union du Collège de Fontenay-le-Comte avec le Prieuré de Rohan-Rohan et transférèrent les écoles de la Faculté des Droits de l'Université de Paris sur la place de la nouvelle Église de Sainte Geneviève du Mont. Le 30 décembre, l'Université annonça un prix d'éloquence latine pour l'année suivante, avec pour sujet 'Ubi viget virilis disciplina, ibi optima est juventutis institutio'. Le sieur Camic fut élu Recteur de l'Université le 16 décembre. Le 22 décembre, l'Académie Française tint une séance publique pour la réception de Marmontel, au cours de laquelle le sieur Bignon répondit au discours du nouvel académicien. La séance se termina par la lecture d'une épître en vers de Marmontel sur la force et la faiblesse de l'esprit humain. Le 24 décembre, la Loterie de l'Hôtel de Ville attribua des lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres, et la Loterie de l'École Royale Militaire tira les numéros 2, 39, 36, 6 et 900.
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178
p. 232-233
MARIAGES.
Début :
Le 10 du mois de Janvier, Joseph Durey ; Marquis Duterrail, Maréchal des Camps [...]
Mots clefs :
Marquis, Maréchal, Chevalier, Fille, Seigneur, Bénédiction nuptiale, Maison de Châtillon, Conjoints
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Le te du mois de Janvier , Joſeph Durey;
Marquis Duterrail , Maréchal des Camps& Armées
du Roi , ſon Lieutenant Général du Verdunois
, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de
S. Louis , Seigneur du Duché-Pairie de Damville ,
Baron de S. André , de la Rambandière , Neuville,
Meliné , Mongon & autres lieux ; époula Marie
Charlotte de Cruffol de Montauſier ; elle eſt fille
du Marquis de Crufſol d'Uzès de Montaufier &
d'Elifabeth d'Aubuffon la Feuillade , & foeur du
Comte de Cruffol de Montauſier , Colonel du
Régiment d'Orléans.
LeMarquis Duterrail eſt fils de Joſeph Durey,
Seigneur de Sauroy , Duterrail , du Duché-Pairie
de Damville , de Martigni-le-Comte , de la Motte
S. Jean , Digoin S. Valier , Montigni , Monquel
, Beauvillier & autres lieux , Commandeur
FEVRIER. 1764. 293
honoraire de l'Ordre Royal & Militaire de S.
Louis ; & de Marie Claire d'Estaing , Dame Duterrail
Bayard.
La Bénédiction Nuptiale leur fut donnée par
l'Abbé de Crufſol S. Sulpice, Grand-Vicaire d'Angers
, également parent des deux conjoints , dans
la Paroiſſe de S. Sulpice .
Le Marquis Duterrail avoit épousé en premières
nôces , Marie Roſalie de Goeſbriand ,dont la
mere étoit héritiére de la ſeconde branche de la
maiſon de Châtillon , & niéce du feu Duc de
Châtillon , Gouverneur de Monſeigneur le Dauphin.
Il a eu de ſa première femme quatre enfans
qui font morts en bas âge.
Il avoit pour ſoeur , feue la Ducheſſe de Brif-.
fac, premiere Dame de Mesdames Henriette &
Adelaide de France.
Le te du mois de Janvier , Joſeph Durey;
Marquis Duterrail , Maréchal des Camps& Armées
du Roi , ſon Lieutenant Général du Verdunois
, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de
S. Louis , Seigneur du Duché-Pairie de Damville ,
Baron de S. André , de la Rambandière , Neuville,
Meliné , Mongon & autres lieux ; époula Marie
Charlotte de Cruffol de Montauſier ; elle eſt fille
du Marquis de Crufſol d'Uzès de Montaufier &
d'Elifabeth d'Aubuffon la Feuillade , & foeur du
Comte de Cruffol de Montauſier , Colonel du
Régiment d'Orléans.
LeMarquis Duterrail eſt fils de Joſeph Durey,
Seigneur de Sauroy , Duterrail , du Duché-Pairie
de Damville , de Martigni-le-Comte , de la Motte
S. Jean , Digoin S. Valier , Montigni , Monquel
, Beauvillier & autres lieux , Commandeur
FEVRIER. 1764. 293
honoraire de l'Ordre Royal & Militaire de S.
Louis ; & de Marie Claire d'Estaing , Dame Duterrail
Bayard.
La Bénédiction Nuptiale leur fut donnée par
l'Abbé de Crufſol S. Sulpice, Grand-Vicaire d'Angers
, également parent des deux conjoints , dans
la Paroiſſe de S. Sulpice .
Le Marquis Duterrail avoit épousé en premières
nôces , Marie Roſalie de Goeſbriand ,dont la
mere étoit héritiére de la ſeconde branche de la
maiſon de Châtillon , & niéce du feu Duc de
Châtillon , Gouverneur de Monſeigneur le Dauphin.
Il a eu de ſa première femme quatre enfans
qui font morts en bas âge.
Il avoit pour ſoeur , feue la Ducheſſe de Brif-.
fac, premiere Dame de Mesdames Henriette &
Adelaide de France.
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Résumé : MARIAGES.
En janvier, Joseph Durey, Marquis Duterrail, Maréchal des Camps et Armées du Roi, Lieutenant Général du Verdunois, Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, Seigneur du Duché-Pairie de Damville, épousa Marie Charlotte de Cruffol de Montausier. Cette dernière est la fille du Marquis de Crufsol d'Uzès de Montaufier et d'Élisabeth d'Aubuffon la Feuillade, et la sœur du Comte de Cruffol de Montausier, Colonel du Régiment d'Orléans. Le Marquis Duterrail est le fils de Joseph Durey, Seigneur de Sauroy, Duterrail, du Duché-Pairie de Damville, et de Marie Claire d'Estaing, Dame Duterrail Bayard. La bénédiction nuptiale fut donnée par l'Abbé de Crufsol Saint-Sulpice, Grand-Vicaire d'Angers, parent des deux conjoints, dans la paroisse de Saint-Sulpice. Précédemment, le Marquis Duterrail avait épousé Marie Rosalie de Goesbriand, dont la mère était héritière de la seconde branche de la maison de Châtillon et nièce du feu Duc de Châtillon, Gouverneur de Monseigneur le Dauphin. De cette première union, il eut quatre enfants morts en bas âge. Il avait également pour sœur la défunte Duchesse de Brissac, première Dame de Mesdames Henriette et Adélaïde de France.
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179
p. 233-234
MORTS.
Début :
Le Marquis Dupleix, Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de Saint [...]
Mots clefs :
Marquis, Chevalier, Abbé, Décès, Chef d'escadre, Comte
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
P
→
Le Marquis Dupleix , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Chevalier
de l'Ordre du Roi , ci devant Commandant
Général des Etabliſſemens François aux Indes
Orientales , & Gouverneur de Ville & Forts de
Pondichery , eſt mort ici le 10 Novembre.
René Benigue de Croizier - Sainte - Segraux ,
Maréchal de Camp , eſt mort à Chaumont en
Baſſigny le 17 , dans la foixante- dix-huitiéme
année de ſon age.
L'Abbé Prevoſt , qui s'eſt rendu célébre par
un grand nombre d'Ouvrages d'eſprit & d'imagination
, eſt mort , le 25 , d'une attaque d'apopléxie,
dont il a été frappé en allant à une Maiſon
de Campagne qu'il avoit à quelques lieues
de cette Capitale.
234 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé de Trudaine , Grand- Vicaire deSenlis ,
Abbé de Preuilly , Ordre de Citeaux , Diocèſe
de Sens , & Prieur de Donas , Ordre de Saint
Benoît , Diocèſe d'Arras , eſt mort ici les Décembre
, âgé de trente-quatre ans. Son Abbaye
de Preuilly a été donnée a l'Evêque de Dijon.
Louis Philippe de Rigaud , Comte de Vaudreuil
, Lieutenant-Général desArmées Navales ,
Grand - Croix de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , eſt mort à Tours , âgé de ſoixantedouze
ans.
Charles- Hyacinthe-Auguſte le Merecrel de
Chaſteloger , Chef d'Eſcadre , eſt mort les Décembre
, âgé de ſoixante-cinq ans.
Ernest Louis Comte de Mortaigne , ancien
Général de la Cavalerie de Sa Majeſté Impériale
Charles VII & ſon Chambellan , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , ancien Commandant
en Chef dans les trois Evêchés de Lorraine &
Inſpecteur de Cavalerie , eſt mort ici le 15 ,
dans la ſoixante - onzième année de ſon âge.
Louis Alexandre Comte de Damas mourut le.
6dans ſon Château de Crux en Nivernois , âgé
de cinquante-fept ans .
Jean-Jacques du Deffand , Marquis de la Lande
, ancien Colonel d'Infanterie & Lieutenant-
Général de l'Orléanois , eſt mort dans ſes Terres
, le 13 , âgé de ſoixante- ſept ans.
Antoine de Laſtic , Evêque de Comminges ,
nommé à l'Evêché de Châlons-fur Marne & à
l'Abbaye de Mouſtier- en- Der , même Diocèſe ,
eſt mort ici le 23 , âgé de cinquante-quatre ans.
Claude - Jacques - Céſar Marquis de Murat ,
ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie de
fon nom , eſt mort dans ſes Terres au Pays du
Maine ,de 25.
P
→
Le Marquis Dupleix , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Chevalier
de l'Ordre du Roi , ci devant Commandant
Général des Etabliſſemens François aux Indes
Orientales , & Gouverneur de Ville & Forts de
Pondichery , eſt mort ici le 10 Novembre.
René Benigue de Croizier - Sainte - Segraux ,
Maréchal de Camp , eſt mort à Chaumont en
Baſſigny le 17 , dans la foixante- dix-huitiéme
année de ſon age.
L'Abbé Prevoſt , qui s'eſt rendu célébre par
un grand nombre d'Ouvrages d'eſprit & d'imagination
, eſt mort , le 25 , d'une attaque d'apopléxie,
dont il a été frappé en allant à une Maiſon
de Campagne qu'il avoit à quelques lieues
de cette Capitale.
234 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé de Trudaine , Grand- Vicaire deSenlis ,
Abbé de Preuilly , Ordre de Citeaux , Diocèſe
de Sens , & Prieur de Donas , Ordre de Saint
Benoît , Diocèſe d'Arras , eſt mort ici les Décembre
, âgé de trente-quatre ans. Son Abbaye
de Preuilly a été donnée a l'Evêque de Dijon.
Louis Philippe de Rigaud , Comte de Vaudreuil
, Lieutenant-Général desArmées Navales ,
Grand - Croix de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , eſt mort à Tours , âgé de ſoixantedouze
ans.
Charles- Hyacinthe-Auguſte le Merecrel de
Chaſteloger , Chef d'Eſcadre , eſt mort les Décembre
, âgé de ſoixante-cinq ans.
Ernest Louis Comte de Mortaigne , ancien
Général de la Cavalerie de Sa Majeſté Impériale
Charles VII & ſon Chambellan , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , ancien Commandant
en Chef dans les trois Evêchés de Lorraine &
Inſpecteur de Cavalerie , eſt mort ici le 15 ,
dans la ſoixante - onzième année de ſon âge.
Louis Alexandre Comte de Damas mourut le.
6dans ſon Château de Crux en Nivernois , âgé
de cinquante-fept ans .
Jean-Jacques du Deffand , Marquis de la Lande
, ancien Colonel d'Infanterie & Lieutenant-
Général de l'Orléanois , eſt mort dans ſes Terres
, le 13 , âgé de ſoixante- ſept ans.
Antoine de Laſtic , Evêque de Comminges ,
nommé à l'Evêché de Châlons-fur Marne & à
l'Abbaye de Mouſtier- en- Der , même Diocèſe ,
eſt mort ici le 23 , âgé de cinquante-quatre ans.
Claude - Jacques - Céſar Marquis de Murat ,
ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie de
fon nom , eſt mort dans ſes Terres au Pays du
Maine ,de 25.
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère plusieurs personnalités décédées en novembre et décembre. Parmi elles, le Marquis Dupleix, ancien Commandant Général des Établissements Français aux Indes Orientales et Gouverneur de Pondichéry, est mort le 10 novembre. René Benigue de Croizier - Sainte - Segraux, Maréchal de Camp, est décédé à Chaumont en Bassigny le 17 novembre à 68 ans. L'Abbé Prévost, connu pour ses œuvres littéraires, est mort le 25 novembre d'une attaque d'apoplexie. L'Abbé de Trudaine, Grand-Vicaire de Senlis, est décédé en décembre à 34 ans. Son abbaye de Preuilly a été attribuée à l'Évêque de Dijon. Louis Philippe de Rigaud, Comte de Vaudreuil, Lieutenant-Général des Armées Navales, est mort à Tours à 72 ans. Charles-Hyacinthe-Auguste le Merecrel de Chasteloger, Chef d'Escadre, est décédé en décembre à 65 ans. Ernest Louis Comte de Mortaigne, ancien Général de la Cavalerie, est mort le 15 décembre à 71 ans. Louis Alexandre Comte de Damas est décédé le 6 décembre à 57 ans. Jean-Jacques du Deffand, Marquis de la Lande, ancien Colonel d'Infanterie, est mort le 13 décembre à 67 ans. Antoine de Lastic, Évêque de Comminges, est décédé le 23 décembre à 54 ans. Claude-Jacques-César Marquis de Murat, ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie, est mort le 25 décembre.
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180
p. 205-206
MORTS.
Début :
Messire Louis-Chardon, Seigneur de Parteville, Chevalier de l'Ordre [...]
Mots clefs :
Seigneur, Chevalier, Marquis, Colonel d'infanterie, Veuve, Décès, Dame
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Meſſire Louis-Chardon, Seigneur de Parteville,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , & ancien Exempt des Gardes du Corps de
Sa Majefté , mort à Vernon en Normandie , le
25 Novembre 1763 , âgé d'environ ſoixante &
douze ans.
Bernard , Marquis de Verdelin , ancien Colonel
d'Infanterie , eſt mort à Paris le 27 Décembre
dernier dans la ſoixante-dix-ſeptiéme année de
fon âge
Antoinette-Henriette de Meſmes, veuve d'Hec
zor- Louis deGelas de Voiſins , Marquis d'Ambres,
206 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Lautrec , Brigadier des Armées du
Roi & Lieutenant Général pour Sa Majesté en la
Province de Guyenne , eſt morte à Paris le 2 Janvier
, âgée de ſoixante- quatre ans.
Marie-Guyonne de Theobon- Rochefort , Marquiſe
de Pons , Dame d'Atour de feue Madame la
Ducheſſe de Berry , & depuis Dame d'Honneur
de feue Madame la Ducheſſe d'Orléans , épouſe
du Marquis de Pons , premier Maître de la Garderobe
de feu Monſeigneur le Duc de Berry , eſt
morte à Paris , le 6 , dans la quatre-vingt-troifiéme
année de fon âge.
Suivant les Regiſtres publics des Egliſes Paroiffiales
de cette Capitale , il y a eu, pendant le
cours de l'année derniere , 20171 Morts , 4479
Mariages , 17456 Baptêmes , & le nombre des
Enfans Trouvés ſe monte à 52530
Meſſire Louis-Chardon, Seigneur de Parteville,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , & ancien Exempt des Gardes du Corps de
Sa Majefté , mort à Vernon en Normandie , le
25 Novembre 1763 , âgé d'environ ſoixante &
douze ans.
Bernard , Marquis de Verdelin , ancien Colonel
d'Infanterie , eſt mort à Paris le 27 Décembre
dernier dans la ſoixante-dix-ſeptiéme année de
fon âge
Antoinette-Henriette de Meſmes, veuve d'Hec
zor- Louis deGelas de Voiſins , Marquis d'Ambres,
206 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Lautrec , Brigadier des Armées du
Roi & Lieutenant Général pour Sa Majesté en la
Province de Guyenne , eſt morte à Paris le 2 Janvier
, âgée de ſoixante- quatre ans.
Marie-Guyonne de Theobon- Rochefort , Marquiſe
de Pons , Dame d'Atour de feue Madame la
Ducheſſe de Berry , & depuis Dame d'Honneur
de feue Madame la Ducheſſe d'Orléans , épouſe
du Marquis de Pons , premier Maître de la Garderobe
de feu Monſeigneur le Duc de Berry , eſt
morte à Paris , le 6 , dans la quatre-vingt-troifiéme
année de fon âge.
Suivant les Regiſtres publics des Egliſes Paroiffiales
de cette Capitale , il y a eu, pendant le
cours de l'année derniere , 20171 Morts , 4479
Mariages , 17456 Baptêmes , & le nombre des
Enfans Trouvés ſe monte à 52530
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Résumé : MORTS.
Le texte relate les décès de plusieurs personnalités notables et présente des statistiques démographiques pour l'année précédente. Messire Louis-Chardon, Seigneur de Parteville, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis et ancien Exempt des Gardes du Corps du Roi, est décédé à Vernon en Normandie le 25 novembre 1763 à l'âge d'environ soixante-douze ans. Bernard, Marquis de Verdelin, ancien Colonel d'Infanterie, est mort à Paris le 27 décembre à l'âge de soixante-dix-sept ans. Antoinette-Henriette de Mesmes, veuve d'Hector-Louis de Gelas de Voisins, Marquis d'Ambres, Vicomte de Lautrec, Brigadier des Armées du Roi et Lieutenant Général en Guyenne, est décédée à Paris le 2 janvier à l'âge de soixante-quatre ans. Marie-Guyonne de Theobon-Rochefort, Marquise de Pons, Dame d'Atour de la défunte Duchesse de Berry et Dame d'Honneur de la défunte Duchesse d'Orléans, épouse du Marquis de Pons, premier Maître de la Garderobe du défunt Duc de Berry, est morte à Paris le 6 janvier à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Les registres publics des églises paroissiales de Paris indiquent 20 171 décès, 4 479 mariages, 17 456 baptêmes et 52 530 enfants trouvés au cours de l'année précédente.
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181
p. 209
De MADRID, le 24 Janvier 1764.
Début :
On a appris de Lisbonne que le Chevalier de Saint-Priest, Ministre [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ministre plénipotentiaire, Audience du roi, Famille royale, Portugal
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texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 24 Janvier 1764.
De MADRID, le 24 Janvier 1764.
On a appris de Liſbonne que le Chevalier de
Saint-Prieſt , Miniſtre Plénipotentiaire du Roi
Très- Chrétien , avoit eu , le 17 de ce mois , fes
premières audiences du Roi , de la Reine &de la
Famille Royale de Portugal.
On a appris de Liſbonne que le Chevalier de
Saint-Prieſt , Miniſtre Plénipotentiaire du Roi
Très- Chrétien , avoit eu , le 17 de ce mois , fes
premières audiences du Roi , de la Reine &de la
Famille Royale de Portugal.
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182
p. 204
De MARSEILLE, le 3 Février 1764.
Début :
Les différends qui s'étoient élevés entre notre Nation & la Régence d'Alger viennent [...]
Mots clefs :
Différends, Régence, Nation, Escadre, Chevalier, Consul, Arrangement, Intelligence
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texteReconnaissance textuelle : De MARSEILLE, le 3 Février 1764.
De MARSEILLE , le 3 Février 1764.
L E s différends qui s'étoient élevés entre notre
Nation & la Régence d'Alger viennent d'être
heureuſement terminés par les ſoins du Chevalier
de Fabry, Commandant l'Eſcadre du Roi & du
ſieur Valliere, Conſul de la Nation auprès de
cette Régence. Par cet arrangement la bonne
intelligence ſe trouve rétablie d'une manière
avantageuſe & ſolide.
L E s différends qui s'étoient élevés entre notre
Nation & la Régence d'Alger viennent d'être
heureuſement terminés par les ſoins du Chevalier
de Fabry, Commandant l'Eſcadre du Roi & du
ſieur Valliere, Conſul de la Nation auprès de
cette Régence. Par cet arrangement la bonne
intelligence ſe trouve rétablie d'une manière
avantageuſe & ſolide.
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183
p. 210
De LISBONNE, le 25 Janvier 1764.
Début :
Le Chevalier de Saint Priest, Ministre Plénipotentiaire de France, a eu [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ministre plénipotentiaire, Audiences, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LISBONNE, le 25 Janvier 1764.
De LIsE oNNE , le 25 Janvier 1764.
Le Chevalier de Saint Prieſt, Miniſtre Plénipo
tentiaire de France, a eu le 17 de ce mois, ſes
premières audiences de Leurs Majeſtés & de la
Famille Royale.
Le Chevalier de Saint Prieſt, Miniſtre Plénipo
tentiaire de France, a eu le 17 de ce mois, ſes
premières audiences de Leurs Majeſtés & de la
Famille Royale.
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184
p. 200-202
MORTS.
Début :
Le sieur de Barcos, Chanoine Honoraire de l'Église de Paris, & Abbé [...]
Mots clefs :
Chanoine, Abbé, Comte, Marquis, Lieutenant, Chevalier, Maréchal de camp, Épouse, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M O R T S.
Le ſieur de Barcos, Chanoine Honoraire de
l'Egliſe de Paris , & Abbé Commendataire de
l'Abbaye de S. Jacques, Ordre de S. Auguſtin,
Diocèſe de Béziers , eſt mort en cette Ville,.
le 26 Février, dans la quatre-vingt-cinquiéme
année de ſon âge.
Marie, Comte de Borio, Chevalier de l'Or
dre de Chriſt , qui a été ſucceſſivement char
gé des Affaires de la Cour de Rome , & Mi
niſtre des deux derniers Ducs de Guaſtalla, au
près du Roi , eſt mort en cette Ville le 27
Février, dans la quatre-vingt-troiſiéme année de
fon âge.
ca§-Louis-Joachim, Marquis de Caſtellier
J U I N. 1764. 2.c ) I
Dumeſnil , Lieutenant-Général des Armées du
Roi, Grand-Croix de l'Ordre Royal & Militaire
, de S. Louis, Inſpecteur Général de la Cavalerie
& des Dragons, Gouverneur de Brouage , Lieu
tenant-Général & Commandant pour Sa Majeſté
de la Province de Dauphiné, eſt mort le 1 Mars
dans la ſoixante-quatriéme année de ſon âge.
François-Frédéric de Boullenc , Marquis de
S. Remi, ancien Exempt des Gardes du Corps
du Roi, Meſtre de Camp, eſt mort à Soiſſons, le
27 Février, âgé de ſoixante-quatre ans.
Le Comte de Romecourt, Maréchal de Camp
& Gouverneur de la Citadelle de Cambrai , eſt
mort à Vaſſy le 5 Mars , dans la quatre-vingt
ſixiéme année de ſon âge.
Maximilien-Joſeph de Vernaſſal, Colonel du
Régiment Royal-Etranger, Cavalerie, eſt mort
en cette Ville, le 2o Février,
Jean-François de Boyer, Chevalier de Maillac
Tauriac , ci-devant Aide-Maréchal-Général des
Logis de la Cavalerie & Major du Régiment des
Cuiraſſiers du Roi, eſt mort le 13 Février dans
ſa.Terre de S. Urſice en Languedoc , âgé de ſoi--
xante-dix-ſept ans. -
| Marguerite-Guillemette Allemant de Mont
martin , épouſe de Claude-Guillaume Teſtu,
Marquis de Balincourt, Maréchal de France,,eſt
morte en cette Ville, le 17 Mars, dans la ſoi
xante-quinziéme année de ſon âge.
Marie-Geneviéve le Tonnellier de Charmeaux,
Veuve du Marquis de Chiffreville, Lieutenant
Général des Armées du Roi, eſt morte en cette
Ville, le 1o Mars , âgée de cinquante-huit ans.
Marthe de Kerſulguen, Veuve de Jean-Bap
tiſte-Pierre-Joſeph , Marquis de Lannion, Ma
réchal des Camps & Armées du Roi, eſt morte
I v
2o2 MERCURE DE FRANCE.
le 17 Mars à Guincamp en Bretagne, âgée de
ſoixante-dix-ſept ans.
Marie Arthemiſe de Choiſeul, épouſe de Char
les de Buſſy , Marquis de Caſtelnau , Brigadier
des Armées du Roi, eſt morte en cette Ville, le
5 Mars, âgée de vingt ans.
Marie Geneviéve de Watteville , épouſe de
Marie Marguerite-François Firmin des Friches,
Comte Doria , eſt morte en cette Ville, le 1o
· Marse
Le ſieur de Barcos, Chanoine Honoraire de
l'Egliſe de Paris , & Abbé Commendataire de
l'Abbaye de S. Jacques, Ordre de S. Auguſtin,
Diocèſe de Béziers , eſt mort en cette Ville,.
le 26 Février, dans la quatre-vingt-cinquiéme
année de ſon âge.
Marie, Comte de Borio, Chevalier de l'Or
dre de Chriſt , qui a été ſucceſſivement char
gé des Affaires de la Cour de Rome , & Mi
niſtre des deux derniers Ducs de Guaſtalla, au
près du Roi , eſt mort en cette Ville le 27
Février, dans la quatre-vingt-troiſiéme année de
fon âge.
ca§-Louis-Joachim, Marquis de Caſtellier
J U I N. 1764. 2.c ) I
Dumeſnil , Lieutenant-Général des Armées du
Roi, Grand-Croix de l'Ordre Royal & Militaire
, de S. Louis, Inſpecteur Général de la Cavalerie
& des Dragons, Gouverneur de Brouage , Lieu
tenant-Général & Commandant pour Sa Majeſté
de la Province de Dauphiné, eſt mort le 1 Mars
dans la ſoixante-quatriéme année de ſon âge.
François-Frédéric de Boullenc , Marquis de
S. Remi, ancien Exempt des Gardes du Corps
du Roi, Meſtre de Camp, eſt mort à Soiſſons, le
27 Février, âgé de ſoixante-quatre ans.
Le Comte de Romecourt, Maréchal de Camp
& Gouverneur de la Citadelle de Cambrai , eſt
mort à Vaſſy le 5 Mars , dans la quatre-vingt
ſixiéme année de ſon âge.
Maximilien-Joſeph de Vernaſſal, Colonel du
Régiment Royal-Etranger, Cavalerie, eſt mort
en cette Ville, le 2o Février,
Jean-François de Boyer, Chevalier de Maillac
Tauriac , ci-devant Aide-Maréchal-Général des
Logis de la Cavalerie & Major du Régiment des
Cuiraſſiers du Roi, eſt mort le 13 Février dans
ſa.Terre de S. Urſice en Languedoc , âgé de ſoi--
xante-dix-ſept ans. -
| Marguerite-Guillemette Allemant de Mont
martin , épouſe de Claude-Guillaume Teſtu,
Marquis de Balincourt, Maréchal de France,,eſt
morte en cette Ville, le 17 Mars, dans la ſoi
xante-quinziéme année de ſon âge.
Marie-Geneviéve le Tonnellier de Charmeaux,
Veuve du Marquis de Chiffreville, Lieutenant
Général des Armées du Roi, eſt morte en cette
Ville, le 1o Mars , âgée de cinquante-huit ans.
Marthe de Kerſulguen, Veuve de Jean-Bap
tiſte-Pierre-Joſeph , Marquis de Lannion, Ma
réchal des Camps & Armées du Roi, eſt morte
I v
2o2 MERCURE DE FRANCE.
le 17 Mars à Guincamp en Bretagne, âgée de
ſoixante-dix-ſept ans.
Marie Arthemiſe de Choiſeul, épouſe de Char
les de Buſſy , Marquis de Caſtelnau , Brigadier
des Armées du Roi, eſt morte en cette Ville, le
5 Mars, âgée de vingt ans.
Marie Geneviéve de Watteville , épouſe de
Marie Marguerite-François Firmin des Friches,
Comte Doria , eſt morte en cette Ville, le 1o
· Marse
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Résumé : MORTS.
En février et mars 1764, plusieurs personnalités notables sont décédées. Le sieur de Barcos, Chanoine Honoraire de l'Église de Paris et Abbé Commendataire de l'Abbaye de Saint-Jacques à Béziers, est mort le 26 février à 85 ans. Marie, Comte de Borio, Chevalier de l'Ordre de Christ et ancien ministre des Ducs de Guastalla, est décédé le 27 février à 83 ans. Louis-Joachim, Marquis de Castellier, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Gouverneur du Dauphiné, est mort le 1 mars à 64 ans. François-Frédéric de Boullenc, Marquis de Saint-Remi et ancien Exempt des Gardes du Corps du Roi, est décédé à Soissons le 27 février à 64 ans. Le Comte de Romecourt, Maréchal de Camp et Gouverneur de la Citadelle de Cambrai, est mort à Vassy le 5 mars à 86 ans. Maximilien-Joseph de Vernassal, Colonel du Régiment Royal-Étranger de Cavalerie, est décédé le 20 février. Jean-François de Boyer, Chevalier de Maillac Tauriac et ancien Aide-Maréchal-Général des Logis de la Cavalerie, est mort le 13 février à 97 ans. Marguerite-Guillemette Allemant de Montmartin, épouse du Marquis de Balincourt, est décédée le 17 mars à 65 ans. Marie-Geneviève le Tonnellier de Charmeaux, veuve du Marquis de Chiffreville, est morte le 10 mars à 58 ans. Marthe de Kersulguen, veuve du Marquis de Lannion, est décédée à Guincamp en Bretagne le 17 mars à 77 ans. Marie Arthemise de Choiseul, épouse du Marquis de Castelnau, est morte le 5 mars à 20 ans. Marie Geneviève de Watteville, épouse du Comte Doria, est décédée le 10 mars.
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185
p. 205-206
« Le premier du mois d'Avril, la Marquise de Grasse, épouse du Marquis [...] »
Début :
Le premier du mois d'Avril, la Marquise de Grasse, épouse du Marquis [...]
Mots clefs :
Marquise , Capitaine, Comtesse, Maréchal, Chevalier, Décès
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texteReconnaissance textuelle : « Le premier du mois d'Avril, la Marquise de Grasse, épouse du Marquis [...] »
LE premier du mois d'Avril, la Marquiſe de
2io6 MERCURE DE FRANCE.
Graſſe, épouſe du Marquis de Graſſe, Capitaine
au Régiment des Gardes-Françoiſes, fut préſen
rée au Roi & à la Famille Royale,par la Comteſſe
de Carcado ſa tante. - -
GABRIEL-Claude Charton Deſmauguins, an
cien Maréchal des Logis, des Gendarmes de la
Garde , avec Brévet de Meſtre de Camp , eſt
mort à Bourbon-l'Archambault , âgé de 83 ans.
Il avoit reçu ſes trois enfans Chevaliers de S.
Eouis , dont deux ſont Brigadiers dans les Gen
darmes de la Garde , & l'autre Capitaine de
Grenadiers dans le Régiment de Flandre.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
2io6 MERCURE DE FRANCE.
Graſſe, épouſe du Marquis de Graſſe, Capitaine
au Régiment des Gardes-Françoiſes, fut préſen
rée au Roi & à la Famille Royale,par la Comteſſe
de Carcado ſa tante. - -
GABRIEL-Claude Charton Deſmauguins, an
cien Maréchal des Logis, des Gendarmes de la
Garde , avec Brévet de Meſtre de Camp , eſt
mort à Bourbon-l'Archambault , âgé de 83 ans.
Il avoit reçu ſes trois enfans Chevaliers de S.
Eouis , dont deux ſont Brigadiers dans les Gen
darmes de la Garde , & l'autre Capitaine de
Grenadiers dans le Régiment de Flandre.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : « Le premier du mois d'Avril, la Marquise de Grasse, épouse du Marquis [...] »
Le 1er avril, la Marquise de Grasse a été présentée au Roi et à la Famille Royale par la Comtesse de Carcado. Gabriel-Claude Charton Desmauguins, ancien Maréchal des Logis des Gendarmes de la Garde, est décédé à 83 ans. Ses trois fils sont Chevaliers de Saint-Louis, dont deux sont Brigadiers et le troisième est Capitaine de Grenadiers. La suite des Nouvelles Politiques paraîtra dans le prochain Mercure de France.
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186
p. 192
NAISSANCE.
Début :
Le 22 Mai 1764 fut baptisé par M. l'Évêque de Perpignan, à Couturelle en Artois, [...]
Mots clefs :
Évêque, Chevalier, Parrains et marraines, Mademoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE.
NAISSANCE.
Le 22 Mai 1764 fat baptifée par M. l'Evêque de
Perpignan , à Couturelle en Artois , Augufte-
Charlotte , née le 7 Mars précédent , de Meffire
Charles-Joseph -François Boudart , Chevalier ,
Marquis de Couturelle , Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , & de Catherine-Charlotte de Wignacourt
, fille du Seigneur dudit lieu , Baron d'Humbercourt
. Elle a eu l'honneur d'avoir pour parrain
& marraine , leurs Alteiles Séréniffimes Electorales
Palatines , repréfentées par le Comte de
Couturelle , Chevalier de S. Louis , Chambellan-
Actuel de l'Electeur , & Mademoiſelle de Wignacourt
, oncle & tante de cet enfant,
Le 22 Mai 1764 fat baptifée par M. l'Evêque de
Perpignan , à Couturelle en Artois , Augufte-
Charlotte , née le 7 Mars précédent , de Meffire
Charles-Joseph -François Boudart , Chevalier ,
Marquis de Couturelle , Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , & de Catherine-Charlotte de Wignacourt
, fille du Seigneur dudit lieu , Baron d'Humbercourt
. Elle a eu l'honneur d'avoir pour parrain
& marraine , leurs Alteiles Séréniffimes Electorales
Palatines , repréfentées par le Comte de
Couturelle , Chevalier de S. Louis , Chambellan-
Actuel de l'Electeur , & Mademoiſelle de Wignacourt
, oncle & tante de cet enfant,
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Résumé : NAISSANCE.
Le 7 mars 1764, Auguste-Charlotte naquit à Couturelle en Artois. Elle fut baptisée le 22 mai 1764 par l'évêque de Perpignan. Ses parents étaient Charles-Joseph-François Boudart, Marquis de Couturelle, et Catherine-Charlotte de Wignacourt. Les parrain et marraine étaient les Altesses Sérénissimes Électorales Palatines, représentées par le Comte de Couturelle et Mademoiselle de Wignacourt.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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187
p. 192-196
MARIAGES.
Début :
Henri de Tripoly de Mark de Panisses de Passis, Chevalier Marquis de la Garde [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Dame, Maison de Panisses, Descendance, Famille, Armes, Commandement, Époux
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de
Palis , Chevalier Marquis de la Garde - Enſeigne
de la Gendarmerie de la Compagnie de
Flandre , Fils de Jofeph-Charles de Tripoly de
Mark de Paniffes de Paffis , Chevalier Marquis
de la Garde Baron de Cipieres & Cauffols ,
Seigneur de Villeneuve , &c , & de Dame
Elizabeth de Vintimille des Comtes de Marfeille
, époufa le 21 Mars 1764 , à Aix en
Provence , Jeanne- Charlotte d'Albertas , fille de
Jean- Baptifte d'Albertas , Chevalier , Premier
Préſident en la Cour des Comptes , Aides &
Finances de Provence ; Marquis de Bouc , Comte
de Ners & de Pechauris , Seigneur de Gemenos
, Confonoves , &c , & de Dame Marguerite.
Françoile de Montullé,
Les différens Auteurs qui ont fait les Génealogies
des Mailons nobles de Provence , n'ont
pas été d'accord entr'eux fur la véritable origine
de cette Maiſon, Les uns ont dit que cette
Famille
JUILLET. 1764 : 193
Famille deſcendoit des anciens Comtes de Tripoli
, les autres de la Maiſon de Paniffes , & le
plus grand nombre de celle de Mark & ils n'ont
jamais été contredits par ceux qui étoient de
cette Famille , dont les papiers avoient été égarés
du temps des Guerres civiles qu'il y avoit
eu dans cette Province , dans lesquelles ils avoient
joué un rôle. Les pupillarités & minorités des
chefs de cette Famille qui fuccédérent à ce temps
de trouble avoient ôté les moyens d'en chercher
les titres dont une partie fe trouvoit hors
du Royaume ; mais en ayant connu la néceffité
par la variété des origines qu'on leur donnoit
ils ont fait des perquifitions & les ont
trouvés. Ils font en état de prouver qu'ils defcendent
des anciens Comtes de Tripoly , Famille
qui étoit établie dans la Comté de Nice
depuis longues années .
Cette Famille porte pour Armes parti d'un ,
coupé d'un qui fait quatre quartiers .
Au premier le champ taillé de Gueule fur
argent , le Gueule chargé d'une Croix clichée ,
vuidée & pommetée d'or taillée en coeur ,
l'argent chargé de rofes de gueule , pofée en
pal , qui elt Tripoly , au deuxième d'azur à
trois pointes de diamant d'argent les pointes
en haut pofées , deux & une furmontées d'une
étoile à 6 rayes d'or qui eft Mark .
Au troifiéme d'azur à 6 épics de bled renverfés
d'or , 3. 2. & 1. qui eſt Panilles.
Au quatrième d'azur femé de Croix recroifetées
, au pied fiché d'or , à deux dauphins
adollés de même qui eft Paffis .
Jofeph - Charles de Tripoly de Paffis , Pere
d'Henri qui vient d'époufer Mlle d'Albertas ,
a eu aufi de fon mariage avec Mlle de Vin-
II. Vol. I
194
MERCURE DE FRANCE .
54
timille des Comtes de Marſeille , un autre fils
qui eft mort Chevalier de Malte & une fille
mariée avec M. le Marquis de Grimaldy d'Antibes;
il eft Fils de Céfar de Tripoli de Panif
fes , & de Magdelaine de Ballon ; celui - ci a
recueilli Phéritage de Charles de Paniffes de
Paffis fon grand Oncle maternel , qui l'a obli̟-
gé lui & fes defcendans de porter fon nom &
Tes armes. C'eſt en exécution de cette volonté
qu'on a pris dans cette Famille le Nom & les
Armes de Paniffes ; & c'eft ce qui a donné
lieu à Pérreur qu'ont fait quelques Hiftoriens
de prétendre qu'ils en defcendoient. Célar etoit
fils de François Tripoly & de Therefe de Chabert
& petit fils de Marc Antoine de Tripoli ,
& de Françoife de Paniffes ; l'un & l'autre ont
paffé leurs vies au fervice de leur Prince &
font morts jeunes des bleflures qu'ils avoient
effuyées.
,
Marc-Antoine de Tripoly étoit né du Mariage
de Claude de Tripoly avec Honorade de
Roux. Celui- ci a rendu des grands fervices à fon
Roi qui l'avoit employé en différentes occafions ,
comme l'on voit par les commiflions dont il
l'avoit chargé ; il étoit fils d'Antoine Tripoly ,
marié en 1560 , avec Honorade de Marſeille
des Comtes de Vintimille , parente de M. le
Comte de Tende , pour lors Gouverneur de
Provence , qui fit lui-même ce mariage , & les
fit époufer dans une campagne qu'il avoit dans
le terroir de Marfeille. Il comptoit fi fort fur
fa valeur & fa droiture , qu'il l'occupa toujours
dans le tems des Guerres civiles , lui fit avoir
bien des Commiffions honorables & lui procura
le Commandement de la Ville d'Aix , &
de plufieurs autres Villes de la Province. Il
JUILLET. 1764. 195
B
>
mourut peu de temps après fon mariage , lailfant
fon fils en pupillarité ; il étoit fils de
Louis Mark dê Tripoly, & de Marguerite de
Mark , Fille de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft de Venafque , mariés en 1505. Voilà
ce qui a donné lieu à l'érreur de quelques
Hiftoriens qui ont avancé que cette Famille
defcendoit de celle de Mark ils ont trouvé à
propos de fupprimer le Mariage intermédiaire
de Louis de Mark de Tripoly & de Marguerite
de Mark , & ont fait naître Antoine de
Tripoly de celui de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft , fans faire attention au temps
des ans qui fe trouvoit entre ces deux mariages.
Ils ont véritablement été autorifés à
cette mépriſe par le nom de Louis de Mark ,
qu'Antoine donne à ſon père dans ſon contrat de
mariage ; mais voici ce qui y a donné lieu.
Louis de Mark , époux d'Antoinette de Guaft ,
avoit un fils nommé Antoine , & entr'autres filles
, une appellée Marguerite , qui épousa Louis
de Tripoly. Antoine , héritier de fon père , fe
voyant fans enfans , laiffa fa foeur Marguerite se
Louis de Tripoly , ſon beau- frère , ſes héritiers ,
les chargeant de porter fon nom & armes. C'eſt
en exécution de ce teftament que ce Louis prit le
• nom de Mark . La preuve de ce fait eft claire &
préciſe.
Ce Louis de Tripoly , furnommé Louis de
Mark , étoit fils de Paul de Tripoly & de Marguerite
Chabauda , & petit-fils de Pierre de Tripoly
& de Marie Fabry ; l'un & l'autre habitoient
la Comté de Nice , & avoient , autant qu'on en
peut recueillir de divers fragmens, paſſé leur vie
au Service.
Pierre de Tripoly étoit fils de Claude & d'He-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
leine de Beire , & Claude de Michel & de Magdelaine
Gaufredy , mariés le 18 Juin 1369. Il le dit
fils dans ce contrat de mariage d'Antoine de Tripoly
& de Magdelaine Berengara , dont on n'a
encore pû trouver le contrat de mariage , qui
vraisemblablement fe fera égaré dans le temps
des troubles.
Le 26 Juin 1764 , Denis Laurian Turmeau
de la Morandiere , Membre des Sociétés Royales
d'Agriculture des Généralités d'Orléans & de
Soiffons , connu par différens Ouvrages eſtimables
, a époufé Dame Marie Françoife Mallet ,
fille de Meffire Jacques-François Mallet , Chevalier
, Seigneur de Trumilly , Chanteloup , Godonvilliers
& autres Lieux , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Préſident de fa Chambre des Comptes
, & veuve de Simon - Louis de Brulart , Chevalier
, Marquis de Brulart & de Rouvre , Seigneur
de Beaubourg , Clotomond & autres
Lieux .
Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de
Palis , Chevalier Marquis de la Garde - Enſeigne
de la Gendarmerie de la Compagnie de
Flandre , Fils de Jofeph-Charles de Tripoly de
Mark de Paniffes de Paffis , Chevalier Marquis
de la Garde Baron de Cipieres & Cauffols ,
Seigneur de Villeneuve , &c , & de Dame
Elizabeth de Vintimille des Comtes de Marfeille
, époufa le 21 Mars 1764 , à Aix en
Provence , Jeanne- Charlotte d'Albertas , fille de
Jean- Baptifte d'Albertas , Chevalier , Premier
Préſident en la Cour des Comptes , Aides &
Finances de Provence ; Marquis de Bouc , Comte
de Ners & de Pechauris , Seigneur de Gemenos
, Confonoves , &c , & de Dame Marguerite.
Françoile de Montullé,
Les différens Auteurs qui ont fait les Génealogies
des Mailons nobles de Provence , n'ont
pas été d'accord entr'eux fur la véritable origine
de cette Maiſon, Les uns ont dit que cette
Famille
JUILLET. 1764 : 193
Famille deſcendoit des anciens Comtes de Tripoli
, les autres de la Maiſon de Paniffes , & le
plus grand nombre de celle de Mark & ils n'ont
jamais été contredits par ceux qui étoient de
cette Famille , dont les papiers avoient été égarés
du temps des Guerres civiles qu'il y avoit
eu dans cette Province , dans lesquelles ils avoient
joué un rôle. Les pupillarités & minorités des
chefs de cette Famille qui fuccédérent à ce temps
de trouble avoient ôté les moyens d'en chercher
les titres dont une partie fe trouvoit hors
du Royaume ; mais en ayant connu la néceffité
par la variété des origines qu'on leur donnoit
ils ont fait des perquifitions & les ont
trouvés. Ils font en état de prouver qu'ils defcendent
des anciens Comtes de Tripoly , Famille
qui étoit établie dans la Comté de Nice
depuis longues années .
Cette Famille porte pour Armes parti d'un ,
coupé d'un qui fait quatre quartiers .
Au premier le champ taillé de Gueule fur
argent , le Gueule chargé d'une Croix clichée ,
vuidée & pommetée d'or taillée en coeur ,
l'argent chargé de rofes de gueule , pofée en
pal , qui elt Tripoly , au deuxième d'azur à
trois pointes de diamant d'argent les pointes
en haut pofées , deux & une furmontées d'une
étoile à 6 rayes d'or qui eft Mark .
Au troifiéme d'azur à 6 épics de bled renverfés
d'or , 3. 2. & 1. qui eſt Panilles.
Au quatrième d'azur femé de Croix recroifetées
, au pied fiché d'or , à deux dauphins
adollés de même qui eft Paffis .
Jofeph - Charles de Tripoly de Paffis , Pere
d'Henri qui vient d'époufer Mlle d'Albertas ,
a eu aufi de fon mariage avec Mlle de Vin-
II. Vol. I
194
MERCURE DE FRANCE .
54
timille des Comtes de Marſeille , un autre fils
qui eft mort Chevalier de Malte & une fille
mariée avec M. le Marquis de Grimaldy d'Antibes;
il eft Fils de Céfar de Tripoli de Panif
fes , & de Magdelaine de Ballon ; celui - ci a
recueilli Phéritage de Charles de Paniffes de
Paffis fon grand Oncle maternel , qui l'a obli̟-
gé lui & fes defcendans de porter fon nom &
Tes armes. C'eſt en exécution de cette volonté
qu'on a pris dans cette Famille le Nom & les
Armes de Paniffes ; & c'eft ce qui a donné
lieu à Pérreur qu'ont fait quelques Hiftoriens
de prétendre qu'ils en defcendoient. Célar etoit
fils de François Tripoly & de Therefe de Chabert
& petit fils de Marc Antoine de Tripoli ,
& de Françoife de Paniffes ; l'un & l'autre ont
paffé leurs vies au fervice de leur Prince &
font morts jeunes des bleflures qu'ils avoient
effuyées.
,
Marc-Antoine de Tripoly étoit né du Mariage
de Claude de Tripoly avec Honorade de
Roux. Celui- ci a rendu des grands fervices à fon
Roi qui l'avoit employé en différentes occafions ,
comme l'on voit par les commiflions dont il
l'avoit chargé ; il étoit fils d'Antoine Tripoly ,
marié en 1560 , avec Honorade de Marſeille
des Comtes de Vintimille , parente de M. le
Comte de Tende , pour lors Gouverneur de
Provence , qui fit lui-même ce mariage , & les
fit époufer dans une campagne qu'il avoit dans
le terroir de Marfeille. Il comptoit fi fort fur
fa valeur & fa droiture , qu'il l'occupa toujours
dans le tems des Guerres civiles , lui fit avoir
bien des Commiffions honorables & lui procura
le Commandement de la Ville d'Aix , &
de plufieurs autres Villes de la Province. Il
JUILLET. 1764. 195
B
>
mourut peu de temps après fon mariage , lailfant
fon fils en pupillarité ; il étoit fils de
Louis Mark dê Tripoly, & de Marguerite de
Mark , Fille de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft de Venafque , mariés en 1505. Voilà
ce qui a donné lieu à l'érreur de quelques
Hiftoriens qui ont avancé que cette Famille
defcendoit de celle de Mark ils ont trouvé à
propos de fupprimer le Mariage intermédiaire
de Louis de Mark de Tripoly & de Marguerite
de Mark , & ont fait naître Antoine de
Tripoly de celui de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft , fans faire attention au temps
des ans qui fe trouvoit entre ces deux mariages.
Ils ont véritablement été autorifés à
cette mépriſe par le nom de Louis de Mark ,
qu'Antoine donne à ſon père dans ſon contrat de
mariage ; mais voici ce qui y a donné lieu.
Louis de Mark , époux d'Antoinette de Guaft ,
avoit un fils nommé Antoine , & entr'autres filles
, une appellée Marguerite , qui épousa Louis
de Tripoly. Antoine , héritier de fon père , fe
voyant fans enfans , laiffa fa foeur Marguerite se
Louis de Tripoly , ſon beau- frère , ſes héritiers ,
les chargeant de porter fon nom & armes. C'eſt
en exécution de ce teftament que ce Louis prit le
• nom de Mark . La preuve de ce fait eft claire &
préciſe.
Ce Louis de Tripoly , furnommé Louis de
Mark , étoit fils de Paul de Tripoly & de Marguerite
Chabauda , & petit-fils de Pierre de Tripoly
& de Marie Fabry ; l'un & l'autre habitoient
la Comté de Nice , & avoient , autant qu'on en
peut recueillir de divers fragmens, paſſé leur vie
au Service.
Pierre de Tripoly étoit fils de Claude & d'He-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
leine de Beire , & Claude de Michel & de Magdelaine
Gaufredy , mariés le 18 Juin 1369. Il le dit
fils dans ce contrat de mariage d'Antoine de Tripoly
& de Magdelaine Berengara , dont on n'a
encore pû trouver le contrat de mariage , qui
vraisemblablement fe fera égaré dans le temps
des troubles.
Le 26 Juin 1764 , Denis Laurian Turmeau
de la Morandiere , Membre des Sociétés Royales
d'Agriculture des Généralités d'Orléans & de
Soiffons , connu par différens Ouvrages eſtimables
, a époufé Dame Marie Françoife Mallet ,
fille de Meffire Jacques-François Mallet , Chevalier
, Seigneur de Trumilly , Chanteloup , Godonvilliers
& autres Lieux , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Préſident de fa Chambre des Comptes
, & veuve de Simon - Louis de Brulart , Chevalier
, Marquis de Brulart & de Rouvre , Seigneur
de Beaubourg , Clotomond & autres
Lieux .
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate le mariage d'Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de Palis, Chevalier Marquis de la Garde et Enseigne de la Gendarmerie de la Compagnie de Flandre, avec Jeanne-Charlotte d'Albertas, fille de Jean-Baptiste d'Albertas, Chevalier et Premier Président à la Cour des Comptes, Aides et Finances de Provence. La cérémonie a eu lieu le 21 mars 1764 à Aix-en-Provence. La famille de Tripoly de Mark de Paniffes de Palis possède une origine controversée. Certains historiens la font descendre des anciens Comtes de Tripoli, d'autres de la Maison de Paniffes, et la majorité de la Maison de Mark. La famille a retrouvé des documents prouvant qu'elle descend des anciens Comtes de Tripoli, établis dans la Comté de Nice depuis longtemps. Les armes de la famille combinent des éléments héraldiques des maisons de Tripoli, Mark, Paniffes et Paffis. Joseph-Charles de Tripoly de Paffis, père d'Henri, a eu un autre fils, mort Chevalier de Malte, et une fille mariée au Marquis de Grimaldi d'Antibes. Joseph-Charles est le fils de César de Tripoli de Paniffes et de Magdelaine de Ballon. Le texte mentionne également plusieurs générations précédentes, telles que Marc-Antoine de Tripoly, Claude de Tripoly, et Louis de Mark de Tripoly. Ces ancêtres ont servi leur prince et sont morts jeunes des blessures de guerre. Le texte corrige des erreurs historiques concernant les origines de la famille, notamment l'erreur selon laquelle ils descendraient de la Maison de Mark. Enfin, le texte mentionne le mariage de Denis Laurian Turmeau de la Morandiere avec Dame Marie Françoise Mallet, veuve de Simon-Louis de Brulart, Chevalier et Marquis de Brulart et de Rouvre, le 26 juin 1764.
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188
p. 209-211
CERTIFICAT donné par la Noblesse de Poitou d'après l'examen des Piéces originales.
Début :
Nous soussignés, nobles Gentilhommes de cette Province du Poitou, certifions que la Maison [...]
Mots clefs :
Noblesse, Gentilhommes, Familles, Maréchal de camp, Chevalier, Maison de Bruneau, Certificats, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CERTIFICAT donné par la Noblesse de Poitou d'après l'examen des Piéces originales.
CERTIFICAT donné par la Noblefe de Poitou ,
d'après l'examen des Piéces originales .
Nous ſouffignés , nobles Gentilhommes de cette
Province du Poitou , certifions que la Maifon de
Bruneau a toujours été noble d'extraction & de
toute ancienneté ; que la branche aînée des mâles
s'eft éteinte dans la perfonne de Pierre Bruneau
, Seigneur de Larabateliere en Poitou ,
& que la Branche cadette des
mâles ,,
que le peu de fortune a fait déroger ,
defcendante de Denis Bruneau fon Frère , s'éteint
mort en 1727 ,
210 MERCURE DE FRANCE.
·
dans les perfonnes de Pierre- René François
Bruneau , Prêtre - Chanoine de S Hilaire , &
de Dame Florence- Radegon le- Louife- Eléonor-
Julie Bruneau , Marquife de Crillon ; à Poitiers ,
ce 22 Mai 1764. Signés , du Couffour , Chevalier
de S. Louis , de Laufon de la Poupardiere Chevalier
de S. Louis , Commandant du Régiment de
Poitiers , L. Frottier de la Melleliere , Maréchal
de Camp , Chardeboeuf de Pradel , Maréchal de
Camp , de Vaily de Ville- neuve , Marquis de
Vitrey , de la Porte du Theil , Chevalier de S.
Louis , d'Augeard Chauvelin . Chanoine de l'Eglife
de S. Hilaire- le-Grand , de Durivau , de la
Sayette , Sous- Chantre de S. Hilaire - le - Grand ,
Daviau de Piolan . Au- deffous eft écrit , nous In .
tendant de la Généralité de Poitiers , certifions
reconnoître les fignatures ci- deffus comme étant
véritablement celles qui compofent la première
Nobleffe qui fe trouve raffemblée à Poitiers &
auxquelles on doit ajouter le plus de foi , étant
de la plus éxacte probité. Signé , de Labourdonnaye
de Bloffac .
Les armes de la Maifon de Bruneau à S.
Jean de Cambran , Election de Thouars , font
d'argent à fept merlettes de fable trois , trois-
& une. Jacques Bruneau , grand Oncle de la
Marquife de Crillon , fut reçu Chevalier de
Malthe dans le dernier fiécle au Grand Prieuré
d'Aquitaine de Poitiers , & le Père de la Dé
fante eft Coulin- Germain du Seigneur du Rivau
& a prouvé par les Actes d'après lefquels a été
fait le Certificat de la Nobleffe ci - deffus , que
les Pères avoient toujours contracté des allian
ces avec les plus grandes Maifons , telles que
celles de Beauvau , de Defcars , de la Beaume ,
de Rochechouart , de la Trémouille , & c , & c .
On peut voir les originaux des Certificats aina
OCTOBR E. 1764. 201
que tous les Actes fur lefquels ils ont été donnés
chez M Jarry , Notaire au Marché Neuf ;
toutes les mêmes Piéces collationnées à Paris fur
les Originaux le 26 Mai 1764 , fignées dudit Me.
Jarry & de M Perron auffi Notaire , & authentiquées
par M. Dargouges , Lieutenant Civil de
la Ville , Prévôté & Vicomté de Paris , qui y
a fait appofer le cachet de fes Armes , & contre
-figné par le Sieur Burbay , fon Secrétaire ,
le S Juin 1764.
d'après l'examen des Piéces originales .
Nous ſouffignés , nobles Gentilhommes de cette
Province du Poitou , certifions que la Maifon de
Bruneau a toujours été noble d'extraction & de
toute ancienneté ; que la branche aînée des mâles
s'eft éteinte dans la perfonne de Pierre Bruneau
, Seigneur de Larabateliere en Poitou ,
& que la Branche cadette des
mâles ,,
que le peu de fortune a fait déroger ,
defcendante de Denis Bruneau fon Frère , s'éteint
mort en 1727 ,
210 MERCURE DE FRANCE.
·
dans les perfonnes de Pierre- René François
Bruneau , Prêtre - Chanoine de S Hilaire , &
de Dame Florence- Radegon le- Louife- Eléonor-
Julie Bruneau , Marquife de Crillon ; à Poitiers ,
ce 22 Mai 1764. Signés , du Couffour , Chevalier
de S. Louis , de Laufon de la Poupardiere Chevalier
de S. Louis , Commandant du Régiment de
Poitiers , L. Frottier de la Melleliere , Maréchal
de Camp , Chardeboeuf de Pradel , Maréchal de
Camp , de Vaily de Ville- neuve , Marquis de
Vitrey , de la Porte du Theil , Chevalier de S.
Louis , d'Augeard Chauvelin . Chanoine de l'Eglife
de S. Hilaire- le-Grand , de Durivau , de la
Sayette , Sous- Chantre de S. Hilaire - le - Grand ,
Daviau de Piolan . Au- deffous eft écrit , nous In .
tendant de la Généralité de Poitiers , certifions
reconnoître les fignatures ci- deffus comme étant
véritablement celles qui compofent la première
Nobleffe qui fe trouve raffemblée à Poitiers &
auxquelles on doit ajouter le plus de foi , étant
de la plus éxacte probité. Signé , de Labourdonnaye
de Bloffac .
Les armes de la Maifon de Bruneau à S.
Jean de Cambran , Election de Thouars , font
d'argent à fept merlettes de fable trois , trois-
& une. Jacques Bruneau , grand Oncle de la
Marquife de Crillon , fut reçu Chevalier de
Malthe dans le dernier fiécle au Grand Prieuré
d'Aquitaine de Poitiers , & le Père de la Dé
fante eft Coulin- Germain du Seigneur du Rivau
& a prouvé par les Actes d'après lefquels a été
fait le Certificat de la Nobleffe ci - deffus , que
les Pères avoient toujours contracté des allian
ces avec les plus grandes Maifons , telles que
celles de Beauvau , de Defcars , de la Beaume ,
de Rochechouart , de la Trémouille , & c , & c .
On peut voir les originaux des Certificats aina
OCTOBR E. 1764. 201
que tous les Actes fur lefquels ils ont été donnés
chez M Jarry , Notaire au Marché Neuf ;
toutes les mêmes Piéces collationnées à Paris fur
les Originaux le 26 Mai 1764 , fignées dudit Me.
Jarry & de M Perron auffi Notaire , & authentiquées
par M. Dargouges , Lieutenant Civil de
la Ville , Prévôté & Vicomté de Paris , qui y
a fait appofer le cachet de fes Armes , & contre
-figné par le Sieur Burbay , fon Secrétaire ,
le S Juin 1764.
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Résumé : CERTIFICAT donné par la Noblesse de Poitou d'après l'examen des Piéces originales.
Le document est un certificat émanant de la Noblefe de Poitou, attestant de la noblesse de la maison de Bruneau. Il certifie que cette famille est noble de longue date. La branche aînée s'est éteinte avec Pierre Bruneau, Seigneur de Larabateliere. La branche cadette, issue de Denis Bruneau, frère de Pierre, s'est également éteinte en 1727 avec Pierre-René-François Bruneau, Prêtre-Chanoine de Saint-Hilaire, et Dame Florence-Radegon-le-Louise-Éléonor-Julie Bruneau, Marquise de Crillon. Le certificat est daté du 22 mai 1764 et signé par plusieurs nobles et dignitaires, dont le Chevalier de Saint-Louis, des Maréchaux de Camp, et des Chanoines. Les armes de la maison de Bruneau sont décrites comme étant d'argent à sept merlettes de sable. Jacques Bruneau, grand-oncle de la Marquise de Crillon, fut Chevalier de Malthe au Grand Prieuré d'Aquitaine de Poitiers. Les actes et certificats originaux sont conservés chez Maître Jarry, Notaire au Marché Neuf, et ont été authentifiés à Paris le 26 mai 1764 par Maître Dargouges, Lieutenant Civil de Paris.
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189
p. 168-170
De VERSAILLES, le 3 Octobre 1764.
Début :
Le Roi de Pologne, Duc de Lorraine & de Bar, [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Duc de Lorraine, Chevalier, Colonie, Commandant, Contrat de mariage, Ambassadeur, Ouvrage, Professeur, Capitaines, Lieutenant, Marquis, Vicomte
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 3 Octobre 1764.
De VERSAILLES , le 3.Octobre 1764.
La Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar ,
eft arrivé de Lunéville ici , le 15 du mois dernier,
& il eft parti aujourd'hui pour retourner à Lunéville.
Le Chevalier Turgot , Gouverneur , Lieutenant-
Général de la Guyane , & le fieur de Béhague
, Commandant en Chef dans cette Colonie ,
ont eu l'honneur de prendre congé le 9 de Leurs
Majeftés & de la Famille Royale : ils fe difpolent
à partir inceffamment pour Rochefort , où ils doiyent
s'embarquer pour paller à Cayenne,
La
NOVEMBRE. 1764. 1fg
le
La Comteffe de Bercheny , nominée Dame
our accompagner Mefdames à la place de la
Marquife de Soulanges , a été en cette qualité
préfentée au Roi le 20 .
Le Roi a accordé les entrées de fa Chambre au
Duc de Villars , Pair de France , Gouverneur &
Commandant en Provence.
Leurs Majeſtés & la Famille Royale ont figné le
30 le contrat de mariage du Marquis de Rochechouart
avec Demoiſelle de Courteille . Le même
jour le fieur de S. Prieft , Intendant de Languedoc
, qui a obtenu la Place de Conſeiller d'Etat
vacante par la mort du fieur de Lucé , Intendant,
d'Alface , a eu l'honneur d'être préfenté au Roi
en cette qualité.
Le même jour le Comte de Guerchy , Ambaf
fadeur du Roi auprès de Sa Majefté Britannique ,
& la Comteffe de Guerchy , fon époufe , ont pris
congé de Leurs Majeftés & de la Famille Royale ,
pour retourner à Londres,
Le 29 , le fieur de Fleury , ancien Profeffeur
Royal de Mathématique , de Génie & d'Artillerie
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés & à
la Famille Royale , ainſi qu'au Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , un Ouvrage intitulé : .,
Effaifur les moyens de réformer l'éducation particu
Lière & générale.
"
Le koi a nommé Lieutenans - Généraux des Armées
Navales le Prince de Beauffremont - Liftenois
, le Comte de Blenac , le Chevalier d'Aubigny .
& le fieur de Bompar , Chefs d'Eſcadre. Le Marquis
de Saint Aignan, le Comte de Coufages , les
fieurs Rofily , Maurville , Keruforet & le Borgne
le Chevalier d'Eaux de Raimondis le fieur de
Sabran , le Vicomte d'Urtubie , les fieurs Beauffiers
de l'Ifle , de Rochemore & de Panat , le
H
•
1-0 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Bouville , les fieurs d'Orvilliers , du
Chaffault & le Chevalier de Rohan , Capitaines de
Vaiffeaux , ont été faits Chefs d'Efcadre. Sa Ma➡
jefté ayant rétabli le grade de Capitaine de Frégate
, a avancé à ce grade cinquante Lieutenans
de Va fleau, Elle a accordé le grade de Lieutenant
de Vaiſeau à foixante- deux Enfeignes , & celui
d'Enfeigne de Vaiffeau à quatre - vingt - fix Gardes
du Pavillon & de la Marine . Elle a auſſi fait un
remplacement de fix Gardes de la Marine.
Sa Majefté a rendu le 14 du mois dernier
deux Ordonnances ; l'une concernant les régles
qu'elle prefcrit pour l'avancement aux différens
grades de la Marine & fur l'uniforme des Officiers
de la Marine ; l'autre , fur la compofition , le fervice
, la difcipline & l'inftruction des Compagnies
des Gardes du Pavillon & de la Marine , & fur
l'admiffion des Volontaires qui feront agréés pour
fervir fur les Vaiffeaux de Sa Majesté.
Le Roi a difpofé de fa Lieutenance des Gardes
du Corps dans la Compagnie de Luxembourg
vacante par la retraite du Marquis de Vareille ,
en faveur du Marquis de Laubepin , qui étoit
premier Enfeigne de la même Compagnie , &
qui a été remplacé par le Marquis de Floreffac,
Le fieur de Bonfol a obtenu le Bâton d'Exempt.
La Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar ,
eft arrivé de Lunéville ici , le 15 du mois dernier,
& il eft parti aujourd'hui pour retourner à Lunéville.
Le Chevalier Turgot , Gouverneur , Lieutenant-
Général de la Guyane , & le fieur de Béhague
, Commandant en Chef dans cette Colonie ,
ont eu l'honneur de prendre congé le 9 de Leurs
Majeftés & de la Famille Royale : ils fe difpolent
à partir inceffamment pour Rochefort , où ils doiyent
s'embarquer pour paller à Cayenne,
La
NOVEMBRE. 1764. 1fg
le
La Comteffe de Bercheny , nominée Dame
our accompagner Mefdames à la place de la
Marquife de Soulanges , a été en cette qualité
préfentée au Roi le 20 .
Le Roi a accordé les entrées de fa Chambre au
Duc de Villars , Pair de France , Gouverneur &
Commandant en Provence.
Leurs Majeſtés & la Famille Royale ont figné le
30 le contrat de mariage du Marquis de Rochechouart
avec Demoiſelle de Courteille . Le même
jour le fieur de S. Prieft , Intendant de Languedoc
, qui a obtenu la Place de Conſeiller d'Etat
vacante par la mort du fieur de Lucé , Intendant,
d'Alface , a eu l'honneur d'être préfenté au Roi
en cette qualité.
Le même jour le Comte de Guerchy , Ambaf
fadeur du Roi auprès de Sa Majefté Britannique ,
& la Comteffe de Guerchy , fon époufe , ont pris
congé de Leurs Majeftés & de la Famille Royale ,
pour retourner à Londres,
Le 29 , le fieur de Fleury , ancien Profeffeur
Royal de Mathématique , de Génie & d'Artillerie
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés & à
la Famille Royale , ainſi qu'au Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , un Ouvrage intitulé : .,
Effaifur les moyens de réformer l'éducation particu
Lière & générale.
"
Le koi a nommé Lieutenans - Généraux des Armées
Navales le Prince de Beauffremont - Liftenois
, le Comte de Blenac , le Chevalier d'Aubigny .
& le fieur de Bompar , Chefs d'Eſcadre. Le Marquis
de Saint Aignan, le Comte de Coufages , les
fieurs Rofily , Maurville , Keruforet & le Borgne
le Chevalier d'Eaux de Raimondis le fieur de
Sabran , le Vicomte d'Urtubie , les fieurs Beauffiers
de l'Ifle , de Rochemore & de Panat , le
H
•
1-0 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Bouville , les fieurs d'Orvilliers , du
Chaffault & le Chevalier de Rohan , Capitaines de
Vaiffeaux , ont été faits Chefs d'Efcadre. Sa Ma➡
jefté ayant rétabli le grade de Capitaine de Frégate
, a avancé à ce grade cinquante Lieutenans
de Va fleau, Elle a accordé le grade de Lieutenant
de Vaiſeau à foixante- deux Enfeignes , & celui
d'Enfeigne de Vaiffeau à quatre - vingt - fix Gardes
du Pavillon & de la Marine . Elle a auſſi fait un
remplacement de fix Gardes de la Marine.
Sa Majefté a rendu le 14 du mois dernier
deux Ordonnances ; l'une concernant les régles
qu'elle prefcrit pour l'avancement aux différens
grades de la Marine & fur l'uniforme des Officiers
de la Marine ; l'autre , fur la compofition , le fervice
, la difcipline & l'inftruction des Compagnies
des Gardes du Pavillon & de la Marine , & fur
l'admiffion des Volontaires qui feront agréés pour
fervir fur les Vaiffeaux de Sa Majesté.
Le Roi a difpofé de fa Lieutenance des Gardes
du Corps dans la Compagnie de Luxembourg
vacante par la retraite du Marquis de Vareille ,
en faveur du Marquis de Laubepin , qui étoit
premier Enfeigne de la même Compagnie , &
qui a été remplacé par le Marquis de Floreffac,
Le fieur de Bonfol a obtenu le Bâton d'Exempt.
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Résumé : De VERSAILLES, le 3 Octobre 1764.
En octobre 1764, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de Versailles. Le 3 octobre, le roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, arriva de Lunéville et repartit le même jour. Le 9 octobre, le chevalier Turgot et le sieur de Béhague prirent congé pour se rendre à Rochefort avant d'embarquer pour Cayenne. En novembre, la comtesse de Bercheny fut présentée au roi pour remplacer la marquise de Soulanges auprès de Mesdames. Le duc de Villars devint gouverneur de Provence. Le 30 novembre, le contrat de mariage du marquis de Rochechouart fut signé. Le sieur de Saint-Priest fut présenté comme conseiller d'État et intendant de Languedoc. Le comte et la comtesse de Guerchy prirent congé pour retourner à Londres. Le sieur de Fleury présenta un ouvrage sur la réforme de l'éducation. Le roi nomma plusieurs lieutenants-généraux des armées navales et rendit des ordonnances sur l'avancement et l'uniforme des officiers de la marine. Le marquis de Laubepin succéda au marquis de Vareille comme lieutenant des gardes du corps, et le sieur de Bonfol obtint le bâton d'exempt.
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190
p. 204-205
MORTS.
Début :
Louis de Mailly, Marquis de Nesse, Chevalier des Ordres du Roi, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Capitaine, Comte, Décès, Baron, Abbesse, Veuve
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Louis de Mailly, Marquis de Nefle , Chevalier
des Ordres du Roi , & ancien Capitaine - Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Ecoffois ,
eft mort à Dijon le 25 Octobre , âgé de foixantequinze
ans .
Jofeph - Hyacinthe de Rigaud , Marquis de
Vaudreuil , Grand'Croix , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Capitaine des
Vailleaux du Roi , ancien Commandant Général
en Chef des Ifles Françoiles de l'Amérique fousle-
Vent , eft mort à Paris , le premier Novembre.
Hyacinthe- François Georges , Comte de Montecler
Maréchal de Camp , eft mort le s Octobre
à fa Terre de la Rongetre , au Maine , âgé
de quarante cinq ans.
Henri- Gabriel Amproux , Comte de la Mainais ,
Maréchal de Camp , eft mort à Paris le 7 Octobre
.
On a appris auffi la mort du Baron de Clofen ,
DECEMBRE . 1764. 205
&
auffi Maréchal de Camp des Armées du Roi ,
Général des Troupes des Deux- Ponts.
·
Charles Guillaume de la Croix de Poinly
Meftre-de-Camp de Cavalerie , ancien Exempt
des Gardes du Corps de la Compagnie de Villeroy
, eft mort au Château de Flambermont près
de Beauvais , le 30 Octobre , âgé de quatre- vingttrois
ans.
Louife-Françoiſe du Vivier de Tournefort , ancienne
Abbeffe de Sainte Perrine de Chaillor , &
Prieure perpétuelle du Prieuré Royal & Hôpital
de S. Nicolas de Pontoife , fondé par S. Louis ,
eft morte à fon Prieuré , le 18 Octobre , âgée de
foixante-treize ans .
-
Angélique Henriette Thérèfe Chauvelin ;
Epoule d'Anne-Claude de Thiard , Marquis de
Biffy , Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Gouverneur des Villes & Château d'Auxonne ; &
ci-devant Miniftre Plénipotentiaire de France auprès
du Roi des Deux - Siciles , eft morte à Paris ,
23 Octobre , âgée de foixante dix- neuf ans. le
Marie- Gaëtanne de Mornay de Montchevreuil ,
veuve d'Anne Bretagne de Lannion , Lieutenant
Général des Armées du Roi , eft morte en fon
Château de Bois - Geoffroy auprès de Rennes en
Bretagne.
Bonne-Françoiſe d'Engelgent , veuve de Louis-
Laurent , Baron du Lau ,, Meftre - de- Camp de
Cavalerie , & premier Aide- Major de la Gendarmerie
, eft morte le 26 dans fon Château de
Bourchemin au Maine , dans la foixante fixiéme
année de fon âge .
Louis de Mailly, Marquis de Nefle , Chevalier
des Ordres du Roi , & ancien Capitaine - Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Ecoffois ,
eft mort à Dijon le 25 Octobre , âgé de foixantequinze
ans .
Jofeph - Hyacinthe de Rigaud , Marquis de
Vaudreuil , Grand'Croix , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Capitaine des
Vailleaux du Roi , ancien Commandant Général
en Chef des Ifles Françoiles de l'Amérique fousle-
Vent , eft mort à Paris , le premier Novembre.
Hyacinthe- François Georges , Comte de Montecler
Maréchal de Camp , eft mort le s Octobre
à fa Terre de la Rongetre , au Maine , âgé
de quarante cinq ans.
Henri- Gabriel Amproux , Comte de la Mainais ,
Maréchal de Camp , eft mort à Paris le 7 Octobre
.
On a appris auffi la mort du Baron de Clofen ,
DECEMBRE . 1764. 205
&
auffi Maréchal de Camp des Armées du Roi ,
Général des Troupes des Deux- Ponts.
·
Charles Guillaume de la Croix de Poinly
Meftre-de-Camp de Cavalerie , ancien Exempt
des Gardes du Corps de la Compagnie de Villeroy
, eft mort au Château de Flambermont près
de Beauvais , le 30 Octobre , âgé de quatre- vingttrois
ans.
Louife-Françoiſe du Vivier de Tournefort , ancienne
Abbeffe de Sainte Perrine de Chaillor , &
Prieure perpétuelle du Prieuré Royal & Hôpital
de S. Nicolas de Pontoife , fondé par S. Louis ,
eft morte à fon Prieuré , le 18 Octobre , âgée de
foixante-treize ans .
-
Angélique Henriette Thérèfe Chauvelin ;
Epoule d'Anne-Claude de Thiard , Marquis de
Biffy , Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Gouverneur des Villes & Château d'Auxonne ; &
ci-devant Miniftre Plénipotentiaire de France auprès
du Roi des Deux - Siciles , eft morte à Paris ,
23 Octobre , âgée de foixante dix- neuf ans. le
Marie- Gaëtanne de Mornay de Montchevreuil ,
veuve d'Anne Bretagne de Lannion , Lieutenant
Général des Armées du Roi , eft morte en fon
Château de Bois - Geoffroy auprès de Rennes en
Bretagne.
Bonne-Françoiſe d'Engelgent , veuve de Louis-
Laurent , Baron du Lau ,, Meftre - de- Camp de
Cavalerie , & premier Aide- Major de la Gendarmerie
, eft morte le 26 dans fon Château de
Bourchemin au Maine , dans la foixante fixiéme
année de fon âge .
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Résumé : MORTS.
En octobre et novembre 1764, plusieurs personnalités notables sont décédées. Louis de Mailly, Marquis de Nefle et ancien Capitaine-Lieutenant des Gendarmes Ecoffois, est mort à Dijon le 25 octobre à l'âge de soixante-quinze ans. Joseph-Hyacinthe de Rigaud, Marquis de Vaudreuil, Grand'Croix de l'Ordre de Saint-Louis et ancien Commandant Général des îles françaises d'Amérique, est décédé à Paris le 1er novembre. Hyacinthe-François Georges, Comte de Montecler, Maréchal de Camp, est mort le 7 octobre à sa terre de la Rongetre, au Maine, à l'âge de quarante-cinq ans. Henri-Gabriel Amproux, Comte de la Mainais, Maréchal de Camp, est décédé à Paris le 7 octobre. Le Baron de Clofen, également Maréchal de Camp, est mort. Charles Guillaume de la Croix de Poinly, Maître-de-Camp de Cavalerie, est décédé au Château de Flambermont près de Beauvais le 30 octobre à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Louise-Françoise du Vivier de Tournefort, ancienne Abbesse de Sainte Perrine de Chaillot et Prieure perpétuelle du Prieuré Royal de Saint-Nicolas de Pontoise, est morte à son Prieuré le 18 octobre à l'âge de soixante-treize ans. Angélique Henriette Thérèse Chauvelin, épouse d'Anne-Claude de Thiard, Marquis de Bissy, Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédée à Paris le 23 octobre à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Marie-Gaëtanne de Mornay de Montchevreuil, veuve d'Anne Bretagne de Lannion, Lieutenant Général des Armées du Roi, est morte en son Château de Bois-Geoffroy près de Rennes. Bonne-Françoise d'Engelgent, veuve de Louis-Laurent, Baron du Lau, Maître-de-Camp de Cavalerie, est décédée le 26 octobre dans son Château de Bourchemin au Maine à l'âge de soixante-six ans.
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191
p. 208-209
SUPPLEMENT à l'Article du Théâtre. Mort de M. Roy, Chevalier de l'Ordre de S. Michel, Poëte Lyrique.
Début :
Le 3 Octobre dernier est décédé à Paris M. Pierre-Charles Roy, Chevalier de S. [...]
Mots clefs :
Chevalier, Théâtre lyrique, Ouvrages, Poète, Recueil de poésies, Rumeurs, Éloge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT à l'Article du Théâtre. Mort de M. Roy, Chevalier de l'Ordre de S. Michel, Poëte Lyrique.
SUPPLEMENT à l'Article du Théâtre.
Mort de M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
S. Michel , Poëte Lyrique.
LR 3 Octobre dernier eſt décédé à Paris M •
Pierre- Charles Ror , Chevalier de S. Michel,
DECEMBRE . 1764. 209
>
Callirrhoé & le Ballet des Elémens faffiroient à la
célébrité des talens de ce Poëte pour le Théâtre
Lyrique. On connoît de lui beaucoup d'autres
Ouvrages du même genre , qui ne font pas
moins d'honneur à fa Mufe. Le caractère particulier
du génie de ce Poëte étoit d'avoir tellement
étudié les Poëtes Latins & principale- .
ment Ovide , qu'il fe les étoit appropriés. Il a
fait paffer une grande quantité de leurs pentées ,
on pourroit dire prèfque de leurs vers dans les
fiens Il a compofé auffi un Recueil de Poéfies
diverfes , imprimé depuis long -temps , où l'on
trouve des chofes affez agréablement imaginées ,.
& far-tout fort correctement verfifiées . Il eft mort
à l'âge de 81 ans , ignoré du Monde & de la Société
depuis plus de dix ou douze ans.
Nous avions par erreur , & fur la foi d'une.
rumeur publique , annoncé la mort de cet Auteur
dès l'année précédente. Nous avons été ou prévenus
ou fuivis , dans cette erreur , par tous les Journaliſtes
& tous les Papiers publics : enforte que
l'Auteur du nouveau Nécrologe , en annonçant il
y a quelques mois celui du mois de Janvier prochain
, promettoit , entr'autres Eloges hiftoriques
de Perfonnes célèbres décédées dans le courant de
cette année , celui de M. Roy , qui n'étoit pas encore
mort alors. Que ceux qui condamnent les
erreurs trop fréquentes des Hiftoriographes du
Théâtre ou de la Littérature , fondées fur celles
des Ecrivains contemporains , apprennent par
cet exemple , que la plupart font dues à la négligence
impardonnable des familles ; lefquelles ,
comme en cette occafion , loin de prendre l'intérêt
convenable pour informer la Poftérité de ce qui
concerne les talens qui les ont honorées , ne,
daignent pas même faire conftater le temps & le
terme de leur exiſtence.
Mort de M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
S. Michel , Poëte Lyrique.
LR 3 Octobre dernier eſt décédé à Paris M •
Pierre- Charles Ror , Chevalier de S. Michel,
DECEMBRE . 1764. 209
>
Callirrhoé & le Ballet des Elémens faffiroient à la
célébrité des talens de ce Poëte pour le Théâtre
Lyrique. On connoît de lui beaucoup d'autres
Ouvrages du même genre , qui ne font pas
moins d'honneur à fa Mufe. Le caractère particulier
du génie de ce Poëte étoit d'avoir tellement
étudié les Poëtes Latins & principale- .
ment Ovide , qu'il fe les étoit appropriés. Il a
fait paffer une grande quantité de leurs pentées ,
on pourroit dire prèfque de leurs vers dans les
fiens Il a compofé auffi un Recueil de Poéfies
diverfes , imprimé depuis long -temps , où l'on
trouve des chofes affez agréablement imaginées ,.
& far-tout fort correctement verfifiées . Il eft mort
à l'âge de 81 ans , ignoré du Monde & de la Société
depuis plus de dix ou douze ans.
Nous avions par erreur , & fur la foi d'une.
rumeur publique , annoncé la mort de cet Auteur
dès l'année précédente. Nous avons été ou prévenus
ou fuivis , dans cette erreur , par tous les Journaliſtes
& tous les Papiers publics : enforte que
l'Auteur du nouveau Nécrologe , en annonçant il
y a quelques mois celui du mois de Janvier prochain
, promettoit , entr'autres Eloges hiftoriques
de Perfonnes célèbres décédées dans le courant de
cette année , celui de M. Roy , qui n'étoit pas encore
mort alors. Que ceux qui condamnent les
erreurs trop fréquentes des Hiftoriographes du
Théâtre ou de la Littérature , fondées fur celles
des Ecrivains contemporains , apprennent par
cet exemple , que la plupart font dues à la négligence
impardonnable des familles ; lefquelles ,
comme en cette occafion , loin de prendre l'intérêt
convenable pour informer la Poftérité de ce qui
concerne les talens qui les ont honorées , ne,
daignent pas même faire conftater le temps & le
terme de leur exiſtence.
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Résumé : SUPPLEMENT à l'Article du Théâtre. Mort de M. Roy, Chevalier de l'Ordre de S. Michel, Poëte Lyrique.
Le 3 octobre 1764, à Paris, est décédé M. Pierre-Charles Roy, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et poète lyrique. Ses œuvres les plus célèbres incluent 'Callirrhoé' et 'le Ballet des Éléments'. Roy a également écrit de nombreux ouvrages lyriques et un recueil de poésies diverses, imprimé depuis longtemps, contenant des textes imaginatifs et correctement versifiés. Son génie se caractérisait par une étude approfondie des poètes latins, notamment Ovide, dont il a adapté de nombreuses pensées et presque des vers entiers. Roy est mort à l'âge de 81 ans, après avoir été ignoré du monde et de la société pendant plus de dix ou douze ans. Une erreur avait été commise par divers journaux et publications, annonçant sa mort l'année précédente, alors qu'il était encore en vie. Cet exemple illustre la négligence des familles qui ne prennent pas l'intérêt convenable pour informer la postérité des talents de leurs membres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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