Résultats : 18 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 153-163
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Tant de grands Articles remplirent ma Lettre du dernier mois, [...]
Mots clefs :
Décès, Religieux, Éloge, Lettres, Congrégation, Manuscrits, Père, Processions, Capitaine, Fièvre, Maladie, Sacrements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Tant de grands Articles
remplirent ma Lettre du der
njer mois , que je ne pus vous
parler de la mort de Dom
Luc d'Acheri , Religieux &
Bibliothequaire de l'Abbaye
de Saint Germain , quia mis
au jour un fi grand nombre
de Traitez d'Autheurs con :
nus ou inconnus , enfevelis.
154 MERCURE
3
juſque là dans l'obſcurité des
Manufcrits. Il mourut le 29 :
Avril âgé de 76. ans. Je laiſſe
à d'autres à faire l'éloge de fa
vertu , & le dénombrement
de fes Livres . Il me fuffit
d'obſerver que fon fameux
Spicilegium , qu'il commença
à donner en 1655. contient
treize Tomes . Pendant quafante
ans qu'il s'eſt diſtingué
dans l'empire des Lettres , ik
à eſté uny d'amitié avec la
plufpart des Sçavans , tant du
Royaume que des Pays
Etrangers , dont il a receu , &
à qui il a donné reciproques
i
GALANT. 155
ment du fecours dans ce qui
regarde les Sciences. Ce qui
donne quelque confolation
dans la perte qu'on a faite,
c'est qu'il vit encore en la
Perfonne des Religieux dé
fa Congregation qu'il a in
ftruits , & qui fervent fi uti
lement l'Eglife par leurs étu
des , & principalement par
leur nouvelle Edition de Saint
Auguſtin , qui ſera bien - toft
fuivie de celle de Saint Am₁
broife , dont les Ouvrages.
ont grand befoin d'eftre rez
veus fur les Manufcrits , &
quelquefois éclaircis de No
156 MERCURE
tes. Il y a déja quatre où cinq
Tomes de Saint Auguſtin
donnez au Public. Il en paroiftra
dans deux mois un
nouveau où eft la Cité de
Dieu , & on donnera peu de
temps aprés le premier Tome
de Saint Ambroife.
Le 21. du dernier mois ,
Dom Anfelme Centurion,
Religieux de l'Ordre de Saint
Benoit , Congregation du
Mont Caffin , Patrice de Genes
, mourut icy en l'Hoſtel
du Doge , qu'il avoit accompagné
en France en qualité
d'Aumônier. Toute la Mai
GALANT. 157
I
fon du Doge affista à fon
Enterrement avec des Flambeaux.
Il fut inhumé à Saint
Sulpice , & on luy rendit tous
les honneurs qui estoient
deus à une Perfonne de fon
L
caractere.
Le 28. du mefme mois , le
Revérendiffime Pere en
•
Dieu , Pierre Mercier , Genéral
de tout l'Ordre de la Trinité
& Rédemption des Captifs
, & Miniftre Particulier
du Convent de Paris , dit Ma
thurins , mourut âgé de 72 .
ans . Comme fon mérite l'avoit
élevé à la dignité qu'il
158 MERCURE
poffedoit , on ne fait point de
pareilles pertes fans qu'elles
caufent un regret ſenſible .
Cette mort fur fuivie trois
ou quatre jours aprés de celle
de Meffire Pierre Roger Seigneur
de Dollé , Douville,
Cogné, Fourmelé , &c . Maître
des Comptes à Paris.
On ſe reſout à mourir avec
moins de peine lors qu'on a
vefcu long- temps , & qu'un
grand nombre d'années a fait
enviſager ferieufement lindifpenfable
neceffité qu'il y
a de quitter bien toft là vie ;
mais il eft rare dans un âge
GALANT. 159
peu avancé, & dans de certaines
Profeffions , de fe preparer
à ces terrible paffage
adiune maniere auffi fainte
squ'a fait depuis peu de temps
M' de Marcheville Capitaine
au Regiment des Fuzeliers
du Roy, du premier Bataillon,
Il eftoit party de Dreux , &
alloit rejoindre fon Regiment
campé prés de Galardon, pour
les Travaux que Sa Majeſté
fait faire le long de la Riviere
d'Evre, lors qu'en paſſant par
Nogent-le - Roy il y fut furpris
d'une Fiévre violente ,
qui jointe à une Pleuréfie,
44
160 MERCURE
Faccabla fi fort , qu'il fut emporté
le cinquième jour. Il
ne parut point épouvanté de
la nouvelle qu'on luy porta
du danger où il eftoit. Il dit
feulement qu'on luy avoit
prédit autrefois qu'à l'âge de
trente - fix ans il auroit une
dangereufe maladie , dont il
luy feroit difficile de ſe tirer ,
qu'il eftoit arrivé à cet âge- là ,
& que puis qu'il plaifoit à
Dieu qu'il ne vefcût pas aufli
long temps qu'avoit fait fon
Pere qui eftoit mort fort âge,
il le beniffoit de qu'il auroit
à luy rendre compte de
ce
GALANT. 161
1
moins de pechez . Il receut
fes Sacremens avec une réfignation
admirable , & comme
il avoit tres- bien étudié , if
paraphrafoit d'une maniere:
pieule & toute Chrétienne les
divers paffages qu'on luy al-
I leguoit. Peu de temps avant
fa mort voyant auprés de fon
Ilic quelques Capitaines &
Lieutenans que le hazard a
voit amenez , il parla avec um
zele quiles furprit tous , contre
le libertinage & l'aven
glement de plufieurs Offisiers
d'Armée , qui parce
qu'ils portent l'épée , sima
Juin 1685..
162 MERCURE
ginent qu'il leur eft permis
d'oublier Dieu , & de renoncer
à la grande affaire du fa
lut . Il dit encore qu'il regar
doit comme une grace tres
particuliere que luy avoit fait
la Bonté Divine , de ce qu'il
eftoit venu mourir hors de
Dreux , où pendant ſa maladie
il auroit efté accablé de
viſites de Capitaines , de Lieu
tenans d'autres Officiers
d'Armée , & de Dames de la
Ville , au lieu que mourant à
Nogent où il eftoit inconnu,
il ſe pouvoit donner tout entier
à Dieu , & penſer fans
GALANT. 163
aucune diffipation d'efprit à
l'importante affaire de l'Eternité.
Il eftoit Seigneur de
Canchy prés d'Abbeville , &
d'une des anciennes Maiſons
de Nobleffe du
Paysand
remplirent ma Lettre du der
njer mois , que je ne pus vous
parler de la mort de Dom
Luc d'Acheri , Religieux &
Bibliothequaire de l'Abbaye
de Saint Germain , quia mis
au jour un fi grand nombre
de Traitez d'Autheurs con :
nus ou inconnus , enfevelis.
154 MERCURE
3
juſque là dans l'obſcurité des
Manufcrits. Il mourut le 29 :
Avril âgé de 76. ans. Je laiſſe
à d'autres à faire l'éloge de fa
vertu , & le dénombrement
de fes Livres . Il me fuffit
d'obſerver que fon fameux
Spicilegium , qu'il commença
à donner en 1655. contient
treize Tomes . Pendant quafante
ans qu'il s'eſt diſtingué
dans l'empire des Lettres , ik
à eſté uny d'amitié avec la
plufpart des Sçavans , tant du
Royaume que des Pays
Etrangers , dont il a receu , &
à qui il a donné reciproques
i
GALANT. 155
ment du fecours dans ce qui
regarde les Sciences. Ce qui
donne quelque confolation
dans la perte qu'on a faite,
c'est qu'il vit encore en la
Perfonne des Religieux dé
fa Congregation qu'il a in
ftruits , & qui fervent fi uti
lement l'Eglife par leurs étu
des , & principalement par
leur nouvelle Edition de Saint
Auguſtin , qui ſera bien - toft
fuivie de celle de Saint Am₁
broife , dont les Ouvrages.
ont grand befoin d'eftre rez
veus fur les Manufcrits , &
quelquefois éclaircis de No
156 MERCURE
tes. Il y a déja quatre où cinq
Tomes de Saint Auguſtin
donnez au Public. Il en paroiftra
dans deux mois un
nouveau où eft la Cité de
Dieu , & on donnera peu de
temps aprés le premier Tome
de Saint Ambroife.
Le 21. du dernier mois ,
Dom Anfelme Centurion,
Religieux de l'Ordre de Saint
Benoit , Congregation du
Mont Caffin , Patrice de Genes
, mourut icy en l'Hoſtel
du Doge , qu'il avoit accompagné
en France en qualité
d'Aumônier. Toute la Mai
GALANT. 157
I
fon du Doge affista à fon
Enterrement avec des Flambeaux.
Il fut inhumé à Saint
Sulpice , & on luy rendit tous
les honneurs qui estoient
deus à une Perfonne de fon
L
caractere.
Le 28. du mefme mois , le
Revérendiffime Pere en
•
Dieu , Pierre Mercier , Genéral
de tout l'Ordre de la Trinité
& Rédemption des Captifs
, & Miniftre Particulier
du Convent de Paris , dit Ma
thurins , mourut âgé de 72 .
ans . Comme fon mérite l'avoit
élevé à la dignité qu'il
158 MERCURE
poffedoit , on ne fait point de
pareilles pertes fans qu'elles
caufent un regret ſenſible .
Cette mort fur fuivie trois
ou quatre jours aprés de celle
de Meffire Pierre Roger Seigneur
de Dollé , Douville,
Cogné, Fourmelé , &c . Maître
des Comptes à Paris.
On ſe reſout à mourir avec
moins de peine lors qu'on a
vefcu long- temps , & qu'un
grand nombre d'années a fait
enviſager ferieufement lindifpenfable
neceffité qu'il y
a de quitter bien toft là vie ;
mais il eft rare dans un âge
GALANT. 159
peu avancé, & dans de certaines
Profeffions , de fe preparer
à ces terrible paffage
adiune maniere auffi fainte
squ'a fait depuis peu de temps
M' de Marcheville Capitaine
au Regiment des Fuzeliers
du Roy, du premier Bataillon,
Il eftoit party de Dreux , &
alloit rejoindre fon Regiment
campé prés de Galardon, pour
les Travaux que Sa Majeſté
fait faire le long de la Riviere
d'Evre, lors qu'en paſſant par
Nogent-le - Roy il y fut furpris
d'une Fiévre violente ,
qui jointe à une Pleuréfie,
44
160 MERCURE
Faccabla fi fort , qu'il fut emporté
le cinquième jour. Il
ne parut point épouvanté de
la nouvelle qu'on luy porta
du danger où il eftoit. Il dit
feulement qu'on luy avoit
prédit autrefois qu'à l'âge de
trente - fix ans il auroit une
dangereufe maladie , dont il
luy feroit difficile de ſe tirer ,
qu'il eftoit arrivé à cet âge- là ,
& que puis qu'il plaifoit à
Dieu qu'il ne vefcût pas aufli
long temps qu'avoit fait fon
Pere qui eftoit mort fort âge,
il le beniffoit de qu'il auroit
à luy rendre compte de
ce
GALANT. 161
1
moins de pechez . Il receut
fes Sacremens avec une réfignation
admirable , & comme
il avoit tres- bien étudié , if
paraphrafoit d'une maniere:
pieule & toute Chrétienne les
divers paffages qu'on luy al-
I leguoit. Peu de temps avant
fa mort voyant auprés de fon
Ilic quelques Capitaines &
Lieutenans que le hazard a
voit amenez , il parla avec um
zele quiles furprit tous , contre
le libertinage & l'aven
glement de plufieurs Offisiers
d'Armée , qui parce
qu'ils portent l'épée , sima
Juin 1685..
162 MERCURE
ginent qu'il leur eft permis
d'oublier Dieu , & de renoncer
à la grande affaire du fa
lut . Il dit encore qu'il regar
doit comme une grace tres
particuliere que luy avoit fait
la Bonté Divine , de ce qu'il
eftoit venu mourir hors de
Dreux , où pendant ſa maladie
il auroit efté accablé de
viſites de Capitaines , de Lieu
tenans d'autres Officiers
d'Armée , & de Dames de la
Ville , au lieu que mourant à
Nogent où il eftoit inconnu,
il ſe pouvoit donner tout entier
à Dieu , & penſer fans
GALANT. 163
aucune diffipation d'efprit à
l'importante affaire de l'Eternité.
Il eftoit Seigneur de
Canchy prés d'Abbeville , &
d'une des anciennes Maiſons
de Nobleffe du
Paysand
Fermer
Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Le texte rapporte plusieurs décès notables. Dom Luc d'Acheri, religieux et bibliothécaire de l'Abbaye de Saint-Germain, est décédé le 29 avril à l'âge de 76 ans. Il est reconnu pour avoir publié de nombreux traités d'auteurs connus ou inconnus, dont le Spicilegium, commencé en 1655 et comprenant treize tomes. Dom Luc d'Acheri entretenait des relations avec de nombreux savants et collaborait avec eux sur divers projets scientifiques. Sa congrégation poursuit son œuvre, notamment par une nouvelle édition des œuvres de Saint Augustin et une future édition des œuvres de Saint Ambroise. Le 21 du mois précédent, Dom Anselme Centurion, religieux bénédictin et aumônier du Doge de Gênes, est mort à Paris. Il a reçu des honneurs funéraires appropriés à son rang. Le 28 avril, le Père Pierre Mercier, général de l'Ordre de la Trinité et Rédemption des Captifs, est décédé à l'âge de 72 ans. Sa mort a été suivie de celle de Pierre Roger, Seigneur de Dollé, Maître des Comptes à Paris. Le texte mentionne également le décès de M. de Marcheville, capitaine au régiment des fusiliers du Roi, survenu à l'âge de 36 ans après une fièvre violente et une pleurésie. Il a affronté sa mort avec résignation et a encouragé ses collègues à ne pas oublier Dieu malgré leur profession militaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 57-90
Services faits pour feu Mr le Chancelier en plusieurs Communautez de Paris, & en plusieurs Villes du Royaume, avec la Description de quelques Mausolées, & la Lettre Circulaire des Capucins, sur le mesme sujet, où l'ont voit l'Eloge de ce Ministre. [titre d'après la table]
Début :
Quelques marques d'attachement & de veneration que l'on donne [...]
Mots clefs :
Congrégation, Abbaye, Chancelier, Décès, Étoffe, Ornements, Services, Cérémonies, Inscriptions, Mémoire, Ministre, Vénération, Honneurs, Représentation, Richesses, Magnificence, Repos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Services faits pour feu Mr le Chancelier en plusieurs Communautez de Paris, & en plusieurs Villes du Royaume, avec la Description de quelques Mausolées, & la Lettre Circulaire des Capucins, sur le mesme sujet, où l'ont voit l'Eloge de ce Ministre. [titre d'après la table]
Quelques marques d'atta58
MERCURE
chement & de veneration
que l'on donne à ceux qui
font élevez dans un haut
rang, elles ne font pas toû
jours des affurances que l'on
ait pour eux une veritable
eftime ; mais quand on paroift
fenfiblement touché
de leur perte , & qu'on rend
à leur memoiré des honneurs
proportionnez à ceux qu'on
rendroit à leurs perfonnes,
s'ils eftoient vivans , il n'y a
point à douter qu'on n'ait
pour eux dans le coeur ce
qu'on a fouvent fait voir fur
les lévres. Nous en voyons
GALANT. 59-
un exemple dans la mort de
Mile Chancelier, puis qu'au
lieu d'oublier ce grand Miniftre,
ou du moins de ceffer
de luy donner les mefmes
marques de la tendre & ref
pectueufe eftime qu'on avoit
pour luy , chacun s'eſt
efforcé à l'envy de rendre des
honneurs funebres à fa memoire.
Les Religieux Benedictins
de la Congregation de Saint
Maur ont commencé. Sitoſt
qu'il fut mort ,le Pere D.
Benoift Brachet leur General
, ordonna qu'on dift plus
60 MERCURE
dé quinze cens Meſſes , que
les jeunes Religieux fiffent
une Communion , & que
chaque Monaftere de laCongregation
celebraft un Service
folemnel pour le repos
de l'Ame de cet illuftre Dé
funt. Mais afin que leur zele
ne paruft pas feulement dans
le Cloiftre , ils firent un Ser
vice fort magnifique dans
l'Eglife de l'Abbaye de Saint
Germain Defprez , le Samedy
17. du mois paffé , le tout par
les foins du P. D. Claude Bretagne
, Prieur de ce Monaf
tere , & grand Vicaire de M
GALANT 61
l'Archevefque de Paris,
On avoit tendu toute l'Eglife
jufqu'aux naiffances de
la Voute. Le tour du Chour
eftoit garny de grands Ecuffons
entremeflez de Maffes
pofées en fautoir fous un
Mortier d'or rebraffé d'hermines
, & liées d'un Cordon
bleu d'où pendoit la Croix
de l'Ordre du Saint Efprit.
On y avoit ajoûté deux lez
de velours , chargez de upetits
Ecuffous & de Maffes, qui
compofoient tout l'ornement
de la Croifée de l'Eglife
, & des coftez où eftoit
62 MERCURE
la Repreſentation. La Corniche
qui eft autour du San-
Atuaire, & qui regne fur toutes
les Chaires du Choeur, ef
roit garnie d'un grand nom
bre de Chandeliers d'argent
avec des cierges de cire blanche
chargez d'Ecuffons & de
Maffes entremellées, comine
je l'ay déja dit. Le grand Au
tel eftoit orné de dix - huit
Chandeliers
d'argent des
-plus beaux de Paris . Deux
grands Anges d'argentimaf
fif foûtenoient
la Croix de
vermeil doré , & enrichie de
pierreries que feu Madame
GALANT. 63
la Princeffe Palatine a donnée
à cette Abbaye. Outre
cela , comme l'on avoit découvert
le parement d'Autel
qui eft de vermeil doré , on
peut affeurer qu'il feroit fort
difficile de rien trouver de
plus riche & de mieux orné.
Je ne parle point icy de la
difpofition avantageufe de
l'Eglife pour ces fortes de
Ceremonies , parce que je
vous l'ay marquée fort exactement,
en vous entretenant
du Service que ces meſines
Peres firent pour la Reinc il
y a deux ans. Je vous diray
64 MERCURE
feulement qu'on avoit placé
la Reprefentation à vingtcinq
pas de l'Autel du colté
de la Nef.Ceux qui l'ont veuë
l'ont trouvée fort bien prife
dans ſa fimplicité, parce qu’-
ils y ont remarqué beaucoup
d'agrément fans confufion
d'ornemens inutiles . C'eftoit
un Octogone de fix degrez,
fur lequel on avoit élevé une
imaniere de Tombeau couvert
d'un grand Poële de velours
noir bordé d'hermines,
aux Armes du Défunt , & par
deffus un autre drap plus pevtit
broché or & argent à gros
GALANT. 65
fleurons rouges veloutez. La
figure de M le Chancelier
eftoit pofée à genoux fur le
Tombeau. Il eftoit reveftu
d'une Soutane de fatin violet
, & par deffus il avoit fa
Robe de velours auffi violet,
doublée de fatin rouge, avec
le Cordon bleu au col , d'ou
pendoit la Croix de l'Ordre
du Saint Efprit , dont il eftoit
Commandeur. Devant luy
eftoit le Mortier de toile
d'or rebraflée d'hermines ,
la Couronne & les Maffes
de Vermeil doré , qui font
les marques de fa Dignité ,
Decembre 1685. F
66 MERCURE
le tout pofé fur un Carreau
de velours couvert de crefpe.
Cette attitude d'un Mort
reprefenté comme vivant
fur fon Tombeau , n'eft pas
extraordinaire
, puis qu'elle
fe juftifie par un grand nom
bre de monumens anciens
& nouveaux particuliererement
à Saint Denys , où
les Roys Charles VIII . Louis
XII . François I. & Henry
II. font ainfi à genoux fur
leur Tombeau .
Aux quatre principaux
Angles de l'Octogone , s'éevoie
nt quatre Piramides de
GALANT. 67
5
Marbre blanc fin, avec leurs
Panneaux de Marbre noir
fur leurs piedeftaux de même.
Les Piramides eftoient
rehauffées de Maffes , de Lezards
, & d'Etoiles de Bronze
difpofées fur chaque face
en maniere de Feftons , &
foûtenoient de groffes Gi
randoles fort bien éclairées;
le refte des dégrez de l'Octogone
eftant garny de plus
de fix- vingts Chandeliers
d'argent , dont les cierges
eftoient chargez d'armoiries
& de maffes entremê
lées.
F ip
68 MERCURE
Il y avoit au tour de la
Repreſentation des Cartouches
, dans lesquels on avoit
peint des Deviſes & Emblêmes
fort Spirituelles , compoſées
par un ſçavant Religieux
de la Congregation.
C'eft le mefme qui eft Auteur
d'un Eloge Latin , ou
Profe quarrée à la loüange
de M ' le Chancelier , qu'or
prit foin de diftribuer à tou
tel'Affemblée avant la Ceremonie.
Cét Eloge qui eft
fort long , eft digne de la
curiofité de tous ceux qui
connoiffent la beauté des
GALANT. 69
Ouvrages de cette nature.
Le Maufolée eftoit couvert
d'un riche Dais en maniere
de Lit d'Ange , ayant
un fond de Velours noir
croifé de Moire d'argent.
Le tour eftoit de Moire auf
fi d'argent , bordé de riches.
Campanes recroifées qui ſe
terminoient en Houpes de
foye & d'argent. Quatre
gros Bouquets de plumes
avec leurs aigrettes remplif
foient les quatre coins dur
Dais. Les chutes des Ri
deaux liez par bouillons , avoient
beaucoup d'agré
70 MERCURE
ment , & faifoient un tresbel
effect.
,
Le P. General de la Congregation
, affifté de douze
Officiers tous reveftus de
riches Ornemens officia
folemnellement à la grand-
Meſſe qui fut chantée par
plus de quatre-vingt Religieux
, dont la modeſtie édifia
beaucoup l'Affemblée ,
qui eftoit compofée de plufieurs
perfonnes de la premiere
Qualité. La décoration
de ce Service a efté
conduite par le Pere Barré
Procureur de l'Abbaye , &
GALANT 71
par le celebre M' Benoift ,
fi connu par fon Cercle
Royal . C'eft luy qui avoit
fait le beau Portrait en Cire
de M' le Chancelier , &
qui avoit difpofé la Figure
dans une attitude qu'on a
trouvée fort naturelle . Il у
avoit dix Devifes ou Emblêmes
La I. reprefentoit un Lezard
qui s'étend fur une
muraille , & fe montre tout
entier à un Soleil brillant
de lumiere , avec ces paro
les ,
obb Soli fe totum explicat,
72 MERCURE
Ce qui marque que Lours
LE GRAND eft le feul qui
ait bien connu la Sageffe
des Confeils de feu M le
Chancelier , parce que ce
digne Miniftre ne s'eft jamais
découvert tout entier
qu'à fon Roy.
La II. avoit pour Corps
un Lezard' victorieux au milieu
des Scorpions & des
Araignées , & pour amer,.
Venenato mortifer hofti.
Les Naturaliftes remarquent
que le Lezard eſt ennemy
mortel des Araignées
& des Scorpions qu'il tue de
fom
GALANT. 73
fon feul régard. Le Livre
que Tertullien a écrit contre
les Heretiques , & auquel
il a donné le titre de
Scorpiacum , nous fait entendre
par les Scorpions & les
autres animaux de cette forte,
l'Herefie que Mile Chancelier
a toûjours eu foin de
détruire , autant qu'il a efté
en fon pouvoir.
La III. eftoit un Lezard
pofé devant un Palais Royal,
qui eft en Perſpective , avec
ces mots ,
Inter quatuor fapientior fapien.
tibus, Stellio in ædibus Regis,
G Decembre. 1685-
74 MERCURE
Cette penſée est tirée de
l'Ecriture Sainte au 30. Chapitre
des Proverbes , auffibien
que l'Infcription , qui
s'applique fort avantageufement
à feu Mr le Chance .
lier
principalement lors
qu'il eftoit Secretaire d'Etat .
La IV. eft un Lezard paſ
fant un torrent fur une épée,
avec cette Infcription ,
Faufta fert omina Regi.
Ceux qui fçavent noftre
Hiftoire fe fouviendront des
fervices importans
› que
feu Mle Tellier a rendus
au Roy , dans les temps les
plus fâcheux.
GALANT. 75
La V. marquoit un Ciel
rout remply d'Etoiles , entre
lefquelles on en voyoit briller
trois de la premiere gran.
deur , avec ces paroles ,
3. Solatia noctis.
Pour faire voir combien
l'on a tiré de fecours de la
grande fidelité & conftance
de Mle Chancelier ,
dans le temps de la Minorité
& des Troubles .
La VI. reprefentoit le
Signe de la Balance, dans le
Zodiaque, environné d'Etoiles
fous un Soleil , avec cette
Inſcription.
Gij
76 MERCURE
Hoc aquiffimus Orbi.
Lorfque le Soleil eft au
Signe de la Balance , il eſt
fur l'Equateur. , & partage
également les jours & les
nuits à tout le monde. Il eft
aifé de voir que l'on a voulu
marquer par là , que la
Juftice n'a jamais efté mieux
adminiftrée
que
gne de Louis LE GRAND ,
& par un plus digne Miniftre
que M le Tellier.
›
fous le Re-
La VII. faifoit voir un
Pain de cire rompu en deux
fur une table , qui portoit
d'un cofté deux ChandeGALANT.
77
liers d'Autel avec leurs Cierges
, & de l'autre cofté des
Lettres feellées du grand
Sceau de Sa Majeſté . Le Tapis
eftoit miparty , femé de
Lezards & d'Etoiles , le tout
aux Emaux des Armes de
' Mr le Tellier
>
avec ces paroles
tirées de l'Evangile du
jour ,
Qua funt Cafaris , Cafari ;
qua Dei Deo.
Ce raport fort ingenieux
'des Lettres feellées avec les
Lezards , qui font pour la
Terre , & des Chandeliers
avec les Etoiles qui font
G iij
78 MERCURE
pour le Ciel , fait voir par
une application tres - heu
reufe , toute la conduite de
ce grand Miniftre qui a toû
jours pris pour le principal.
motif de fes actions Dien &
le Roy
.
La VIII. eftoit encore tirée
de l'Ecriture Sainte . On
y voyoit trois Etoiles qui
Iançoient comme des rayons
foudroyans vers la Terre
avec cette Infcription prife
dans le Chapitre 5. desJuges,
Manentes in ordine fuo pugnaverunt.
On a voulu exprimer par
GALANT. 79
là , que quoy que M le
Chancelier fuft un homme
de Robe , il n'a pas laiffé
d'avoir part aux Victoires
remportées fur nos Ennemis
, non feulement par le:
foin qu'il a eu des Arméescomme
Intendant , & comme
Secretaire d'Etat pour la
Guerre ; mais auffi par les
grandes lumieres qu'il a données
dans le Confeil.
La IX. reprefentoit un Trépié
à la facon de ceux des
Oracles anciens . Il eftoit for
mé de trois Lezards d'argent
qui foûtenoient chacun une
G iiij.
80 MERCURE
Etoile d'or avec ces mots ,
Hoc nofter meliora Oracula
Phoebus.
On avoit depeint dans la
X. cette main miraculeufe
qui condamne l'Impie & le
Sacrilegue Balthafar , en é
crivant fur la muraille ces
paroles terribles , MANE
THECEL... qui n'eftoient
pas achevées , pour donner
à connoiftre qu'elles ne faifoient
pas l'Infcription principale
qu'on a marquée par
ces mots ,
Impia damnat.
Cette peinture reprefenGALANT.
81
te la derniere action de la
Vie de M le Chancelier ,
qui n'a pû finir par une
expedition plus heureuſe ,
qu'en fignant la Revocation
de l'Edit de Nantes , & la
Condamnation de l'Herefiè ,
quiavoit prophané nos San-
Quaires & nos Vafes facrez
, par les Impietez & les
Sacrileges qu'elle a commis
par tout ce Royaume.
Les Recolets de la Ville
de Luxembourg ont fait un
pareil Service, avec toute la
magnificence qui peut entrer
dans une fi lugubre Ce82
MERCURE
remonie .. M ' le Marquis de
Lambert , Gouverneur de
cette Place , y aſſiſta avec
tous les Officiers de la Garnifon.
Meffieurs du Confeil &
du Magiftrat s'y trouverent
auffi en corps , & toutes les
Perfonnes
qualifiées de la
Ville , fuivirent
l'exemple
qu'ils donnerent de leur zèle..
On a rendu ce meſme devoir
à la
memoire de ce digne
Chef de la Juftice dans l'Abaye
de S. Arnoult de Mets.
On y
chantá la Meſſe en
Mufique , & le Service fut
fait par les foins de Meffieurs
S
1
GALANT. 83:
"
les Secretaires du Roy.
On en a auffi fait un à Cha--
ftel - Cenfey en Nivernois
auffi bien qu'à Perpignan
, où
nouvelle de cette mort ne
fut pas plûtoft portée , que
M' le Prefident
Trobat , Intendant
en Rouffillon
, donna
des marques
de l'attachement
qu'il a toujours eu pour
la Maiſon de Mile Tellier. Il
fit dire un tres- grand nom-.
bre de Meffes dans toutes
les Eglifes de la Ville ,
l'on éleva par fon ordre un
fuperbe Maufolée
au milieu
&
du Choeur de Noftre - Dame:
84 MERCURE
de la Real. Il eftoit en Pyramide,
& de figure quarrée, &
avoit quatre toifes de hau
teur fur feize de fuperficie.
Deux rangs de flambeaux de
cire blanche eftoient fur chacun
des quatre degrez de ce
Maufolée , qui diminuoient
en Pyramide jufqu'au fommet
, où l'on avoit étendu un
grand tapis , & mis un carreau
de velours noir , fur lequel
eftoit le Mortier de toile
d'or rebraffé d'hermines ,
avec les deux grandes Maf
fes paffées en fautoir , & les
grands Seaux du Royaume.
GALANT. S
le
Cette trifte Ceremonie fe fit
15. du mois paffé. Toutes
les perfonnes de qualité de la
Ville de Perpignan, & les Of
ficiers de la Garniſon ſe rendirent
dans l'Eglife Collegiale
& Abbatiale de Noftre-
Dame , où M' l'Abbé de la
Real , Frere de Mr le Prefident
Trobat, fit l'Office avec
toute la folemnité poffible. Il
celebra la Meffe en habits
Pontificaux , croffé & mitré ,
& elle fut chantée en Mufique.
Les Capucins fe font diftinguez
dans ces meſmes de86
MERCURE
voirs de pieté rendus à feu M²
le Chancelier, dans leurConvent
de la rue Saint Honoré,
& dans tous les autres de cet
Ordre, aufquelsle Pere Charles
François de Paris, Vicaire
de ce Convent , Frere de M
le Chevalier , Commiffaire
apointé à la conduite du Regiment
des Gardes , écrivit
une Lettre Circulaire. Aprés
leur avoir marqué que lePere
Provincial fouhaitoit que
dans toutes leurs Communautez
on fift pour ce grand
Miniftre les mefmes chofes
qu'on avoit accouftumé de
GALANT. 87
Ves
pratiquer à la mort de chaque
Religieux de l'Ordre , il
ajoufte ce qui fuit . Les importans
fervices que ce digne
Chancelier
a rendus à l'Eglife
à l'Etat, fa tres- haute pieté, l'extréme
bonté qu'il avoit pour
Pauvres , fa douceur & fa modeftie
prefque inimitable dans l'éclatante
elevation que fon feul
merite luy avoit procuré , le zele
la fidelité inviolable qu'il
avoit pour les interefts & la
gloire de noftre augufte Monar
que , enfin l'approbation generale
qu'il s'eftoit acquife par ſa pro-
"fonde érudition , fon experience
88 MERCURE
confommée dans les affaires , &
fes autres admirables quilitez
ayant engagé tout le monde àfai
re des Prieres publiques pour le
repos de fon ame ; nousyfommes
d'autant plus obligez , que pendant
toute fa vie , il a eu pour
noftre Ordre une estime & une
affection finguliere , & qu'il eftoit
le Protecteur& le Syndicgeneral
de tousles Capucins de France
. Ce n'eftoit pas fans raifon
, Madame , que ce grand
Homme eftimoit fi fort les
Capucins , puifque l'avantage
que l'Egliſe tire de leur
zele , les rend dignes de la
GALANT. 89
veneration que tout le mon
de à pour eux . Ils ne laiffent .
échaper aucune occafion
d'en donner des marques ,
qu'ils ne l'embraffent avec
beaucoup de ferveur, & prefentement
ils ont plus de ni
le de leurs Religieux en
ployez aux Converſions des
Religionnaires.
2
२
Le 3. de ce mois , il y cua
auffi un Service tres -folemnel
pour feu M' le Chancelier
, dans l'Eglife des Carmes
des Billettes . Les Chevaliers
de Noftre - Dame du
Montcarmel & de Saint La-
Decembre 1685. H.
90 MERCURE
zare qui le faifoient faire , y
affifterent en corps au nombre
de plus de cent. L'éclat
& la magnificence y parurent
, mais d'une maniere trifte
, qui faifoit connoiſtre
combien tout le monde ef
toit fenfible à la perte que la
France a faite en la perfonne
de cet illuftre Miniftre .
MERCURE
chement & de veneration
que l'on donne à ceux qui
font élevez dans un haut
rang, elles ne font pas toû
jours des affurances que l'on
ait pour eux une veritable
eftime ; mais quand on paroift
fenfiblement touché
de leur perte , & qu'on rend
à leur memoiré des honneurs
proportionnez à ceux qu'on
rendroit à leurs perfonnes,
s'ils eftoient vivans , il n'y a
point à douter qu'on n'ait
pour eux dans le coeur ce
qu'on a fouvent fait voir fur
les lévres. Nous en voyons
GALANT. 59-
un exemple dans la mort de
Mile Chancelier, puis qu'au
lieu d'oublier ce grand Miniftre,
ou du moins de ceffer
de luy donner les mefmes
marques de la tendre & ref
pectueufe eftime qu'on avoit
pour luy , chacun s'eſt
efforcé à l'envy de rendre des
honneurs funebres à fa memoire.
Les Religieux Benedictins
de la Congregation de Saint
Maur ont commencé. Sitoſt
qu'il fut mort ,le Pere D.
Benoift Brachet leur General
, ordonna qu'on dift plus
60 MERCURE
dé quinze cens Meſſes , que
les jeunes Religieux fiffent
une Communion , & que
chaque Monaftere de laCongregation
celebraft un Service
folemnel pour le repos
de l'Ame de cet illuftre Dé
funt. Mais afin que leur zele
ne paruft pas feulement dans
le Cloiftre , ils firent un Ser
vice fort magnifique dans
l'Eglife de l'Abbaye de Saint
Germain Defprez , le Samedy
17. du mois paffé , le tout par
les foins du P. D. Claude Bretagne
, Prieur de ce Monaf
tere , & grand Vicaire de M
GALANT 61
l'Archevefque de Paris,
On avoit tendu toute l'Eglife
jufqu'aux naiffances de
la Voute. Le tour du Chour
eftoit garny de grands Ecuffons
entremeflez de Maffes
pofées en fautoir fous un
Mortier d'or rebraffé d'hermines
, & liées d'un Cordon
bleu d'où pendoit la Croix
de l'Ordre du Saint Efprit.
On y avoit ajoûté deux lez
de velours , chargez de upetits
Ecuffous & de Maffes, qui
compofoient tout l'ornement
de la Croifée de l'Eglife
, & des coftez où eftoit
62 MERCURE
la Repreſentation. La Corniche
qui eft autour du San-
Atuaire, & qui regne fur toutes
les Chaires du Choeur, ef
roit garnie d'un grand nom
bre de Chandeliers d'argent
avec des cierges de cire blanche
chargez d'Ecuffons & de
Maffes entremellées, comine
je l'ay déja dit. Le grand Au
tel eftoit orné de dix - huit
Chandeliers
d'argent des
-plus beaux de Paris . Deux
grands Anges d'argentimaf
fif foûtenoient
la Croix de
vermeil doré , & enrichie de
pierreries que feu Madame
GALANT. 63
la Princeffe Palatine a donnée
à cette Abbaye. Outre
cela , comme l'on avoit découvert
le parement d'Autel
qui eft de vermeil doré , on
peut affeurer qu'il feroit fort
difficile de rien trouver de
plus riche & de mieux orné.
Je ne parle point icy de la
difpofition avantageufe de
l'Eglife pour ces fortes de
Ceremonies , parce que je
vous l'ay marquée fort exactement,
en vous entretenant
du Service que ces meſines
Peres firent pour la Reinc il
y a deux ans. Je vous diray
64 MERCURE
feulement qu'on avoit placé
la Reprefentation à vingtcinq
pas de l'Autel du colté
de la Nef.Ceux qui l'ont veuë
l'ont trouvée fort bien prife
dans ſa fimplicité, parce qu’-
ils y ont remarqué beaucoup
d'agrément fans confufion
d'ornemens inutiles . C'eftoit
un Octogone de fix degrez,
fur lequel on avoit élevé une
imaniere de Tombeau couvert
d'un grand Poële de velours
noir bordé d'hermines,
aux Armes du Défunt , & par
deffus un autre drap plus pevtit
broché or & argent à gros
GALANT. 65
fleurons rouges veloutez. La
figure de M le Chancelier
eftoit pofée à genoux fur le
Tombeau. Il eftoit reveftu
d'une Soutane de fatin violet
, & par deffus il avoit fa
Robe de velours auffi violet,
doublée de fatin rouge, avec
le Cordon bleu au col , d'ou
pendoit la Croix de l'Ordre
du Saint Efprit , dont il eftoit
Commandeur. Devant luy
eftoit le Mortier de toile
d'or rebraflée d'hermines ,
la Couronne & les Maffes
de Vermeil doré , qui font
les marques de fa Dignité ,
Decembre 1685. F
66 MERCURE
le tout pofé fur un Carreau
de velours couvert de crefpe.
Cette attitude d'un Mort
reprefenté comme vivant
fur fon Tombeau , n'eft pas
extraordinaire
, puis qu'elle
fe juftifie par un grand nom
bre de monumens anciens
& nouveaux particuliererement
à Saint Denys , où
les Roys Charles VIII . Louis
XII . François I. & Henry
II. font ainfi à genoux fur
leur Tombeau .
Aux quatre principaux
Angles de l'Octogone , s'éevoie
nt quatre Piramides de
GALANT. 67
5
Marbre blanc fin, avec leurs
Panneaux de Marbre noir
fur leurs piedeftaux de même.
Les Piramides eftoient
rehauffées de Maffes , de Lezards
, & d'Etoiles de Bronze
difpofées fur chaque face
en maniere de Feftons , &
foûtenoient de groffes Gi
randoles fort bien éclairées;
le refte des dégrez de l'Octogone
eftant garny de plus
de fix- vingts Chandeliers
d'argent , dont les cierges
eftoient chargez d'armoiries
& de maffes entremê
lées.
F ip
68 MERCURE
Il y avoit au tour de la
Repreſentation des Cartouches
, dans lesquels on avoit
peint des Deviſes & Emblêmes
fort Spirituelles , compoſées
par un ſçavant Religieux
de la Congregation.
C'eft le mefme qui eft Auteur
d'un Eloge Latin , ou
Profe quarrée à la loüange
de M ' le Chancelier , qu'or
prit foin de diftribuer à tou
tel'Affemblée avant la Ceremonie.
Cét Eloge qui eft
fort long , eft digne de la
curiofité de tous ceux qui
connoiffent la beauté des
GALANT. 69
Ouvrages de cette nature.
Le Maufolée eftoit couvert
d'un riche Dais en maniere
de Lit d'Ange , ayant
un fond de Velours noir
croifé de Moire d'argent.
Le tour eftoit de Moire auf
fi d'argent , bordé de riches.
Campanes recroifées qui ſe
terminoient en Houpes de
foye & d'argent. Quatre
gros Bouquets de plumes
avec leurs aigrettes remplif
foient les quatre coins dur
Dais. Les chutes des Ri
deaux liez par bouillons , avoient
beaucoup d'agré
70 MERCURE
ment , & faifoient un tresbel
effect.
,
Le P. General de la Congregation
, affifté de douze
Officiers tous reveftus de
riches Ornemens officia
folemnellement à la grand-
Meſſe qui fut chantée par
plus de quatre-vingt Religieux
, dont la modeſtie édifia
beaucoup l'Affemblée ,
qui eftoit compofée de plufieurs
perfonnes de la premiere
Qualité. La décoration
de ce Service a efté
conduite par le Pere Barré
Procureur de l'Abbaye , &
GALANT 71
par le celebre M' Benoift ,
fi connu par fon Cercle
Royal . C'eft luy qui avoit
fait le beau Portrait en Cire
de M' le Chancelier , &
qui avoit difpofé la Figure
dans une attitude qu'on a
trouvée fort naturelle . Il у
avoit dix Devifes ou Emblêmes
La I. reprefentoit un Lezard
qui s'étend fur une
muraille , & fe montre tout
entier à un Soleil brillant
de lumiere , avec ces paro
les ,
obb Soli fe totum explicat,
72 MERCURE
Ce qui marque que Lours
LE GRAND eft le feul qui
ait bien connu la Sageffe
des Confeils de feu M le
Chancelier , parce que ce
digne Miniftre ne s'eft jamais
découvert tout entier
qu'à fon Roy.
La II. avoit pour Corps
un Lezard' victorieux au milieu
des Scorpions & des
Araignées , & pour amer,.
Venenato mortifer hofti.
Les Naturaliftes remarquent
que le Lezard eſt ennemy
mortel des Araignées
& des Scorpions qu'il tue de
fom
GALANT. 73
fon feul régard. Le Livre
que Tertullien a écrit contre
les Heretiques , & auquel
il a donné le titre de
Scorpiacum , nous fait entendre
par les Scorpions & les
autres animaux de cette forte,
l'Herefie que Mile Chancelier
a toûjours eu foin de
détruire , autant qu'il a efté
en fon pouvoir.
La III. eftoit un Lezard
pofé devant un Palais Royal,
qui eft en Perſpective , avec
ces mots ,
Inter quatuor fapientior fapien.
tibus, Stellio in ædibus Regis,
G Decembre. 1685-
74 MERCURE
Cette penſée est tirée de
l'Ecriture Sainte au 30. Chapitre
des Proverbes , auffibien
que l'Infcription , qui
s'applique fort avantageufement
à feu Mr le Chance .
lier
principalement lors
qu'il eftoit Secretaire d'Etat .
La IV. eft un Lezard paſ
fant un torrent fur une épée,
avec cette Infcription ,
Faufta fert omina Regi.
Ceux qui fçavent noftre
Hiftoire fe fouviendront des
fervices importans
› que
feu Mle Tellier a rendus
au Roy , dans les temps les
plus fâcheux.
GALANT. 75
La V. marquoit un Ciel
rout remply d'Etoiles , entre
lefquelles on en voyoit briller
trois de la premiere gran.
deur , avec ces paroles ,
3. Solatia noctis.
Pour faire voir combien
l'on a tiré de fecours de la
grande fidelité & conftance
de Mle Chancelier ,
dans le temps de la Minorité
& des Troubles .
La VI. reprefentoit le
Signe de la Balance, dans le
Zodiaque, environné d'Etoiles
fous un Soleil , avec cette
Inſcription.
Gij
76 MERCURE
Hoc aquiffimus Orbi.
Lorfque le Soleil eft au
Signe de la Balance , il eſt
fur l'Equateur. , & partage
également les jours & les
nuits à tout le monde. Il eft
aifé de voir que l'on a voulu
marquer par là , que la
Juftice n'a jamais efté mieux
adminiftrée
que
gne de Louis LE GRAND ,
& par un plus digne Miniftre
que M le Tellier.
›
fous le Re-
La VII. faifoit voir un
Pain de cire rompu en deux
fur une table , qui portoit
d'un cofté deux ChandeGALANT.
77
liers d'Autel avec leurs Cierges
, & de l'autre cofté des
Lettres feellées du grand
Sceau de Sa Majeſté . Le Tapis
eftoit miparty , femé de
Lezards & d'Etoiles , le tout
aux Emaux des Armes de
' Mr le Tellier
>
avec ces paroles
tirées de l'Evangile du
jour ,
Qua funt Cafaris , Cafari ;
qua Dei Deo.
Ce raport fort ingenieux
'des Lettres feellées avec les
Lezards , qui font pour la
Terre , & des Chandeliers
avec les Etoiles qui font
G iij
78 MERCURE
pour le Ciel , fait voir par
une application tres - heu
reufe , toute la conduite de
ce grand Miniftre qui a toû
jours pris pour le principal.
motif de fes actions Dien &
le Roy
.
La VIII. eftoit encore tirée
de l'Ecriture Sainte . On
y voyoit trois Etoiles qui
Iançoient comme des rayons
foudroyans vers la Terre
avec cette Infcription prife
dans le Chapitre 5. desJuges,
Manentes in ordine fuo pugnaverunt.
On a voulu exprimer par
GALANT. 79
là , que quoy que M le
Chancelier fuft un homme
de Robe , il n'a pas laiffé
d'avoir part aux Victoires
remportées fur nos Ennemis
, non feulement par le:
foin qu'il a eu des Arméescomme
Intendant , & comme
Secretaire d'Etat pour la
Guerre ; mais auffi par les
grandes lumieres qu'il a données
dans le Confeil.
La IX. reprefentoit un Trépié
à la facon de ceux des
Oracles anciens . Il eftoit for
mé de trois Lezards d'argent
qui foûtenoient chacun une
G iiij.
80 MERCURE
Etoile d'or avec ces mots ,
Hoc nofter meliora Oracula
Phoebus.
On avoit depeint dans la
X. cette main miraculeufe
qui condamne l'Impie & le
Sacrilegue Balthafar , en é
crivant fur la muraille ces
paroles terribles , MANE
THECEL... qui n'eftoient
pas achevées , pour donner
à connoiftre qu'elles ne faifoient
pas l'Infcription principale
qu'on a marquée par
ces mots ,
Impia damnat.
Cette peinture reprefenGALANT.
81
te la derniere action de la
Vie de M le Chancelier ,
qui n'a pû finir par une
expedition plus heureuſe ,
qu'en fignant la Revocation
de l'Edit de Nantes , & la
Condamnation de l'Herefiè ,
quiavoit prophané nos San-
Quaires & nos Vafes facrez
, par les Impietez & les
Sacrileges qu'elle a commis
par tout ce Royaume.
Les Recolets de la Ville
de Luxembourg ont fait un
pareil Service, avec toute la
magnificence qui peut entrer
dans une fi lugubre Ce82
MERCURE
remonie .. M ' le Marquis de
Lambert , Gouverneur de
cette Place , y aſſiſta avec
tous les Officiers de la Garnifon.
Meffieurs du Confeil &
du Magiftrat s'y trouverent
auffi en corps , & toutes les
Perfonnes
qualifiées de la
Ville , fuivirent
l'exemple
qu'ils donnerent de leur zèle..
On a rendu ce meſme devoir
à la
memoire de ce digne
Chef de la Juftice dans l'Abaye
de S. Arnoult de Mets.
On y
chantá la Meſſe en
Mufique , & le Service fut
fait par les foins de Meffieurs
S
1
GALANT. 83:
"
les Secretaires du Roy.
On en a auffi fait un à Cha--
ftel - Cenfey en Nivernois
auffi bien qu'à Perpignan
, où
nouvelle de cette mort ne
fut pas plûtoft portée , que
M' le Prefident
Trobat , Intendant
en Rouffillon
, donna
des marques
de l'attachement
qu'il a toujours eu pour
la Maiſon de Mile Tellier. Il
fit dire un tres- grand nom-.
bre de Meffes dans toutes
les Eglifes de la Ville ,
l'on éleva par fon ordre un
fuperbe Maufolée
au milieu
&
du Choeur de Noftre - Dame:
84 MERCURE
de la Real. Il eftoit en Pyramide,
& de figure quarrée, &
avoit quatre toifes de hau
teur fur feize de fuperficie.
Deux rangs de flambeaux de
cire blanche eftoient fur chacun
des quatre degrez de ce
Maufolée , qui diminuoient
en Pyramide jufqu'au fommet
, où l'on avoit étendu un
grand tapis , & mis un carreau
de velours noir , fur lequel
eftoit le Mortier de toile
d'or rebraffé d'hermines ,
avec les deux grandes Maf
fes paffées en fautoir , & les
grands Seaux du Royaume.
GALANT. S
le
Cette trifte Ceremonie fe fit
15. du mois paffé. Toutes
les perfonnes de qualité de la
Ville de Perpignan, & les Of
ficiers de la Garniſon ſe rendirent
dans l'Eglife Collegiale
& Abbatiale de Noftre-
Dame , où M' l'Abbé de la
Real , Frere de Mr le Prefident
Trobat, fit l'Office avec
toute la folemnité poffible. Il
celebra la Meffe en habits
Pontificaux , croffé & mitré ,
& elle fut chantée en Mufique.
Les Capucins fe font diftinguez
dans ces meſmes de86
MERCURE
voirs de pieté rendus à feu M²
le Chancelier, dans leurConvent
de la rue Saint Honoré,
& dans tous les autres de cet
Ordre, aufquelsle Pere Charles
François de Paris, Vicaire
de ce Convent , Frere de M
le Chevalier , Commiffaire
apointé à la conduite du Regiment
des Gardes , écrivit
une Lettre Circulaire. Aprés
leur avoir marqué que lePere
Provincial fouhaitoit que
dans toutes leurs Communautez
on fift pour ce grand
Miniftre les mefmes chofes
qu'on avoit accouftumé de
GALANT. 87
Ves
pratiquer à la mort de chaque
Religieux de l'Ordre , il
ajoufte ce qui fuit . Les importans
fervices que ce digne
Chancelier
a rendus à l'Eglife
à l'Etat, fa tres- haute pieté, l'extréme
bonté qu'il avoit pour
Pauvres , fa douceur & fa modeftie
prefque inimitable dans l'éclatante
elevation que fon feul
merite luy avoit procuré , le zele
la fidelité inviolable qu'il
avoit pour les interefts & la
gloire de noftre augufte Monar
que , enfin l'approbation generale
qu'il s'eftoit acquife par ſa pro-
"fonde érudition , fon experience
88 MERCURE
confommée dans les affaires , &
fes autres admirables quilitez
ayant engagé tout le monde àfai
re des Prieres publiques pour le
repos de fon ame ; nousyfommes
d'autant plus obligez , que pendant
toute fa vie , il a eu pour
noftre Ordre une estime & une
affection finguliere , & qu'il eftoit
le Protecteur& le Syndicgeneral
de tousles Capucins de France
. Ce n'eftoit pas fans raifon
, Madame , que ce grand
Homme eftimoit fi fort les
Capucins , puifque l'avantage
que l'Egliſe tire de leur
zele , les rend dignes de la
GALANT. 89
veneration que tout le mon
de à pour eux . Ils ne laiffent .
échaper aucune occafion
d'en donner des marques ,
qu'ils ne l'embraffent avec
beaucoup de ferveur, & prefentement
ils ont plus de ni
le de leurs Religieux en
ployez aux Converſions des
Religionnaires.
2
२
Le 3. de ce mois , il y cua
auffi un Service tres -folemnel
pour feu M' le Chancelier
, dans l'Eglife des Carmes
des Billettes . Les Chevaliers
de Noftre - Dame du
Montcarmel & de Saint La-
Decembre 1685. H.
90 MERCURE
zare qui le faifoient faire , y
affifterent en corps au nombre
de plus de cent. L'éclat
& la magnificence y parurent
, mais d'une maniere trifte
, qui faifoit connoiſtre
combien tout le monde ef
toit fenfible à la perte que la
France a faite en la perfonne
de cet illuftre Miniftre .
Fermer
Résumé : Services faits pour feu Mr le Chancelier en plusieurs Communautez de Paris, & en plusieurs Villes du Royaume, avec la Description de quelques Mausolées, & la Lettre Circulaire des Capucins, sur le mesme sujet, où l'ont voit l'Eloge de ce Ministre. [titre d'après la table]
Le texte décrit les hommages rendus à la mémoire d'un chancelier décédé, identifié comme étant probablement Michel Le Tellier. Les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur ont organisé diverses cérémonies en son honneur, incluant 1500 messes, des communions pour les jeunes religieux, et des services solennels dans plusieurs monastères. Un service particulièrement somptueux a été célébré à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dirigé par le Père Claude Bretagne. Cet événement était marqué par des décorations riches et une représentation du chancelier entourée de symboles de sa dignité. Les Récollets de Luxembourg ont également organisé une cérémonie funéraire, présidée par le Père Général. Cette cérémonie mettait en avant des emblèmes représentant la vie et les réalisations du chancelier, tels que sa sagesse, sa lutte contre l'hérésie, et son soutien au roi. Parmi les participants notables figuraient le Marquis de Lambert. D'autres villes et institutions ont également rendu hommage au chancelier, notamment l'abbaye de Saint-Arnoul de Metz, Château-Chenonceau, et Perpignan. Les Capucins et les Carmes ont également honoré le défunt par des prières et des services, soulignant ses mérites et son soutien aux ordres religieux. Ces hommages reflètent l'importance et le respect accordés au chancelier par diverses communautés religieuses et institutions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 167-176
A Malthe, ce 10. Juin.
Début :
Je vous dois compte, mon cher Monsieur, de tout ce qui [...]
Mots clefs :
Malte, Fortifications, Congrégation, Grand prieur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Malthe, ce 10. Juin.
A Maltb
, ce io. Juin.
Je vous dois compte, mon
cher Monsieur, de tout ce qui
se passe en ce païs cy. S. A. S.
Monseigneur le grand Prieur,
toujours attentif au bien de
l'Ordre de M-ilibeà la seureté
de l Isle,avoit envoyé des
Ingénieurs pour lever un plan
des Marines; cc Prince fut ensuite
visiter tous les endroits
qu'il falloit fortifierpourempêc
her qu'on ne fit des descentes
, & il drcflj un projet des
fortifications qu'il falloir faire,
& il communiqua le tout à la
Congrégation de guerre composéede
quatre Commissaires
quifont grands Croix, donc
deux furent d'un sentiment
conforme
conforme aux intentions de
S. A. qui étoit de faire travailler
incessamment aux fortifications
des Mannes, les deux
autres,quoiqu ils les jugeaffent
fort necessaires,renvoyerent
ce travail à l'année prochaine,
& insistoient à continuer
detravaillerauFortSainte
Marguerite.
Cette affaire fut portée le
lendemain au ConterdEfac
à la teste duquel se trouve le
le Grand Maître. Il est composé
, comme vous sçavez
de Monseigneur leGrand,
-
Prieur qui a la fécondé place,
comme Lieutenant de son
Eminence, de l'Evêque &
du Prieur de l'Egise ; & de
tous les grands Croix qui sont
assis par rang d'ancienneté ;
M Dalmeyda un des Commissaires
de la Congrégation
de guerre fit un rapport de ce
qui s'étoit passé le jour
auparavant à ladite Congregation
,
& il appuya fort son
sentiment qui étoit de continuer
àtravailleraufort Sainte
Marguerite. Le grand Maître
prit la parole avec beaucoup
de force& de dignité, il opina
en faveur des fortifications
de la Marine, il reprocha finement
à ces Meilleurs de la
Congregation que suivant l'esprit
de leur cabale
,
fait ils avoienc
dépenser bien de l'argent
mal-a-proposàl'Ordre,qu'ils
avoient suivi le projet d'un
Ingenieur ignorant, & qu'ils
s'opposoient toujours à ce qui
pouvoit estre avantageux au
public. Son Altesse parla enfuite
& entra dans des plus
grands détails. Ce Prince fit
,
voir que le fort Sainte Margueriteétoit
tres-inutile puisqu'il
ne couvroit pas entierementleBourg&
l'Isle ,&qu'il
étoit dominé par les haureurs
duCoradin & de~Bgny
,
qu'il
en coûteroit encore plus de
deux cens mille écus pour le
perfectionner
, au lieu que
pour quarante milleécus on
feroit fortifier toutes les Marines
; & que si le tresor n'avoit
pasdefonds,ils-obligeoit
d'en faire faire les avances ,
par des personnes qui ne demanderaient
le payement
qu'en trois années,faufintetêt.
Cette opinion fut applaudie
par tout le monde; & excira
le zele & la bonne volonté
de plusieurs
,
qui offrirent
genereusement de contribuée
aux frais qu'il falloit faire. Les
uns donnèrent mille écus>
les autres deux mille
,
son
Altesse quatre mille , si bien
que dans un moment de
tempsoneût des obligations
pour prés de la moitié de la
somme necessaire ,on a nommé
quatreCommissaires autres
que ceux de la Congrégation
,
pour recevoir les fonds, & faire
les payements ; ces Commissaires
rendront compte
en droiture à Son Altesse, &
&ce Prince à Son Eminence
3 onmettrala main à l'oeuvre,
pour le plus tard après la FeUc.
Dieu, de manière qu'on ne
craindra plus rien pour les
-
descentes; avec cette precautiononnefera
plus obligé,
à l'avenir,de faire des citations
générales
,
& les milices du
pays suffiront pour deffendre
tous les poRes) joint à cela
que le Roy de Sicile pour son
propre incerect, est toujours
disposé à leur donner du
secours.Quatreou cinq batail-
Ions suffiront avec les Milices,
pour mettre toute Tlfle en
seureté. Un Vaisseauarrivé
de Constantinople dans ce
Port depuis deux jours,arapporté
que l'Armée Navale
du Grand Seigneur, qui est de
30. Vaisseaux mal équipez &
mal armez,étoit à la Rade
devant cette grande Ville pr ête
à faire voile en Morée
que l'on a fait defiler les troupes
pour les transporter en ce
pays là. Les Galeres duPapc au
nombre de quatre arrivèrent
icy Vendredy dernier pour
prendre celles de la Religion,
& aller joindre l'Armée Navale
des Vénitiens. Voilà toutes
les nouve lles de Malthe les
plus essentielles; tous les Chevaliers
s'en retournent & ce
paysvaêtreunvraydefert.
, ce io. Juin.
Je vous dois compte, mon
cher Monsieur, de tout ce qui
se passe en ce païs cy. S. A. S.
Monseigneur le grand Prieur,
toujours attentif au bien de
l'Ordre de M-ilibeà la seureté
de l Isle,avoit envoyé des
Ingénieurs pour lever un plan
des Marines; cc Prince fut ensuite
visiter tous les endroits
qu'il falloit fortifierpourempêc
her qu'on ne fit des descentes
, & il drcflj un projet des
fortifications qu'il falloir faire,
& il communiqua le tout à la
Congrégation de guerre composéede
quatre Commissaires
quifont grands Croix, donc
deux furent d'un sentiment
conforme
conforme aux intentions de
S. A. qui étoit de faire travailler
incessamment aux fortifications
des Mannes, les deux
autres,quoiqu ils les jugeaffent
fort necessaires,renvoyerent
ce travail à l'année prochaine,
& insistoient à continuer
detravaillerauFortSainte
Marguerite.
Cette affaire fut portée le
lendemain au ConterdEfac
à la teste duquel se trouve le
le Grand Maître. Il est composé
, comme vous sçavez
de Monseigneur leGrand,
-
Prieur qui a la fécondé place,
comme Lieutenant de son
Eminence, de l'Evêque &
du Prieur de l'Egise ; & de
tous les grands Croix qui sont
assis par rang d'ancienneté ;
M Dalmeyda un des Commissaires
de la Congrégation
de guerre fit un rapport de ce
qui s'étoit passé le jour
auparavant à ladite Congregation
,
& il appuya fort son
sentiment qui étoit de continuer
àtravailleraufort Sainte
Marguerite. Le grand Maître
prit la parole avec beaucoup
de force& de dignité, il opina
en faveur des fortifications
de la Marine, il reprocha finement
à ces Meilleurs de la
Congregation que suivant l'esprit
de leur cabale
,
fait ils avoienc
dépenser bien de l'argent
mal-a-proposàl'Ordre,qu'ils
avoient suivi le projet d'un
Ingenieur ignorant, & qu'ils
s'opposoient toujours à ce qui
pouvoit estre avantageux au
public. Son Altesse parla enfuite
& entra dans des plus
grands détails. Ce Prince fit
,
voir que le fort Sainte Margueriteétoit
tres-inutile puisqu'il
ne couvroit pas entierementleBourg&
l'Isle ,&qu'il
étoit dominé par les haureurs
duCoradin & de~Bgny
,
qu'il
en coûteroit encore plus de
deux cens mille écus pour le
perfectionner
, au lieu que
pour quarante milleécus on
feroit fortifier toutes les Marines
; & que si le tresor n'avoit
pasdefonds,ils-obligeoit
d'en faire faire les avances ,
par des personnes qui ne demanderaient
le payement
qu'en trois années,faufintetêt.
Cette opinion fut applaudie
par tout le monde; & excira
le zele & la bonne volonté
de plusieurs
,
qui offrirent
genereusement de contribuée
aux frais qu'il falloit faire. Les
uns donnèrent mille écus>
les autres deux mille
,
son
Altesse quatre mille , si bien
que dans un moment de
tempsoneût des obligations
pour prés de la moitié de la
somme necessaire ,on a nommé
quatreCommissaires autres
que ceux de la Congrégation
,
pour recevoir les fonds, & faire
les payements ; ces Commissaires
rendront compte
en droiture à Son Altesse, &
&ce Prince à Son Eminence
3 onmettrala main à l'oeuvre,
pour le plus tard après la FeUc.
Dieu, de manière qu'on ne
craindra plus rien pour les
-
descentes; avec cette precautiononnefera
plus obligé,
à l'avenir,de faire des citations
générales
,
& les milices du
pays suffiront pour deffendre
tous les poRes) joint à cela
que le Roy de Sicile pour son
propre incerect, est toujours
disposé à leur donner du
secours.Quatreou cinq batail-
Ions suffiront avec les Milices,
pour mettre toute Tlfle en
seureté. Un Vaisseauarrivé
de Constantinople dans ce
Port depuis deux jours,arapporté
que l'Armée Navale
du Grand Seigneur, qui est de
30. Vaisseaux mal équipez &
mal armez,étoit à la Rade
devant cette grande Ville pr ête
à faire voile en Morée
que l'on a fait defiler les troupes
pour les transporter en ce
pays là. Les Galeres duPapc au
nombre de quatre arrivèrent
icy Vendredy dernier pour
prendre celles de la Religion,
& aller joindre l'Armée Navale
des Vénitiens. Voilà toutes
les nouve lles de Malthe les
plus essentielles; tous les Chevaliers
s'en retournent & ce
paysvaêtreunvraydefert.
Fermer
4
p. 5-13
AU ROY, Et à Nosseigneurs de son Conseil.
Début :
SIRE, Les Jesuites de vôtre Roïauime remontrent trés humblement à [...]
Mots clefs :
Roi, Congrégation, Jésuites, Droits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY, Et à Nosseigneurs de son Conseil.
AU ROY,
Et à NojpigncursJefonConfeil.
SIRE,
Les Jesuites de vôtre Roïau-
:me remontrent très humbleiment
à VOSTRE MAJESTE,
que par la nature de leur engagement
,
conformément
aux Bulles quiconfirment leur
Inttitut
,
& qui ont esté remues
par les Rois prédecesseurs
de VOSTREMAJESTE'
ils conservent jusqu'à leurs
derniers voeux) non feulement
la propriété, mais aussi la joiiifsance
de leurs biens: Que leur
saint & sage Fondateur regardoitce
point de son Institut
comme essentiel, pour engager
dans ta Compagnie de
bons sujets & n'y en conserver
point d'autres: Que depuis
leur establissement en France
jusqu'autemps qu'ils ont esté
c6nt^irttsrdJe« sortir , ils y
ont joüi de ce droit en entier:
Q^îc le Roy Henry le Grand
êc glorieusememoire à* qui
voulutbienlesyrappel1er,ne
jugeant pasalors les conjonctures
favorables pour les remettre
dans leur premier état,
Ife reserva à les y rétablir intfenfibîement
, comme il parole
par les Déclarations &
[Lettres sur ce sujet : Que dans
tous les Etats du monde
,
&
même dans les EtatsProteslans
,
ilsonttoujours joiii &£
joli.lient encore de tous leurs
droits selon la forme de leur
Institut:Que d^psplusieurs,
Congrégations établiesdepuis
eux dans leRoyaume, les ru.,
jets jouissent deleurs,biens
jusqu'à la mort,& ent disposent
même
,
quand ils le jugent
a propos ,enfaveur de ces
mêmes Congrégations sans
qu'on y ait trouvé jusqu'ici de
l'inconvcnient pour l'Etat:
Que dans les autres Etats où
leurs droits ne font pas limitez
, on ne voir à leur su jet
dans les familles, ni contestarions
,
ni trouble
, non plus
qu'on en voit en Franceau ru.
jet:desmembres des autres
Congrégations ,lesquels ne
font jamais défausisdefait de
ce, quiest à eux. 1-1 kuoi ?n ,n Les ,Suppliant qs: croïen^
pas déplaire a V 0 S T R E
MAJESTE'enluy representantqu'il
feraitde sajustice,
autant que du bien <Jc)euc
Compagnie, que VOSTRB
MÀ¡.HST'E voulut dés à présent
consommer à leur égard
ce que son glorieux Ayeul
| avoit commencé.Ce ne seroit
après tout que les conserver
dans les droits que leurnaissance
leur donner ausquels
ils n'ont pas renoncé par leur
état. Ce ne seroit leur accorder
que ce qu'ils possedent
dans tous les autres Etats du
monde, &Ce qu'ilsontmême
pots.:Jé'da'ns/lcs';vofires,SIRE;
avant que le malheur des tems
lestn fistsortir.Cene setoit
queleur donner pendant quelquesannées
d'épreuve feu e-*
ment ,
& jusqu à leurentier
engagement danslaCompa- ;
gnie
, ce donr plusieurs Congregations
j ulUnt pendant;
toute leur vie sans contradiction
,
& sans que le bien pu- ,- blic paroisseen souffrir. Ce se-
1
:
roit même un moyen sur de
Emettre: la paix dans les famil les:
ül n'y auroit plus de prétexte
à descontestations que la feule
peine de rendre ce donc onest
sasi, fait former depuis un ificlc. Opendinr,SIRE, si s:.
'TRE MAJESTE jugcoitCOïlVC1-
[nablede: borner les droits des
Suppliansàl'EditdHenryyIV.
iilsrecevront toujoursavec la
plus vive reconnoissance, la
grace de s'y voir au moins
pleinement maintenus.
A ces cau fcs, SIRE,plaise àVOSTREMAJESTE',au
cas qu'Elle ne jugeât pas à propos
de rendre aux Jesuites la
joüssance& pleine disposîtion
de leurs biens jusqu'à l'émission
de leurs derniers voeux,
telle qu'ils l'avoient selon leur
Institut, avant l'Edit du Roy,,
Henry IV. de 1603. & lur-"
quoy ce Grand Prince s'estoit
toûjours reservé deleurpourvoir
, dont ils se rapporttent
aujourdhuy à la ilillicc, sagesse
& bontédeVoS.T'RIE
MAJESTA';en ce cas d'ordonner
que l'Edit de 1603.
soit exccure dans toute ConJ
etendue, selon sa forme &te.
neur.Cefaisant, queceux qui
sortiront de leur Compagnie
-"
oar le congé de leur Supérieur,
sans avoir fait leurs derniers
voeux, rentreront dans tous
xs biens & droits qui leur apattenoient
,
lorsqu'ils sont
muez dans la Compagnie,&
qui leur seroient échus & ave-
~us ,
s'ils avoient continué de
~ivre dans le siecle : desqucls
~roits & biens, la joüissance
commencera du jour de leur
ngé & retour au siecle.
( LesSupplians continueront
~urs voeux& leurs prières pour
prosperité & fanté de Vos-
REMAJESTE'.
DE; SACY, Avocate
Et à NojpigncursJefonConfeil.
SIRE,
Les Jesuites de vôtre Roïau-
:me remontrent très humbleiment
à VOSTRE MAJESTE,
que par la nature de leur engagement
,
conformément
aux Bulles quiconfirment leur
Inttitut
,
& qui ont esté remues
par les Rois prédecesseurs
de VOSTREMAJESTE'
ils conservent jusqu'à leurs
derniers voeux) non feulement
la propriété, mais aussi la joiiifsance
de leurs biens: Que leur
saint & sage Fondateur regardoitce
point de son Institut
comme essentiel, pour engager
dans ta Compagnie de
bons sujets & n'y en conserver
point d'autres: Que depuis
leur establissement en France
jusqu'autemps qu'ils ont esté
c6nt^irttsrdJe« sortir , ils y
ont joüi de ce droit en entier:
Q^îc le Roy Henry le Grand
êc glorieusememoire à* qui
voulutbienlesyrappel1er,ne
jugeant pasalors les conjonctures
favorables pour les remettre
dans leur premier état,
Ife reserva à les y rétablir intfenfibîement
, comme il parole
par les Déclarations &
[Lettres sur ce sujet : Que dans
tous les Etats du monde
,
&
même dans les EtatsProteslans
,
ilsonttoujours joiii &£
joli.lient encore de tous leurs
droits selon la forme de leur
Institut:Que d^psplusieurs,
Congrégations établiesdepuis
eux dans leRoyaume, les ru.,
jets jouissent deleurs,biens
jusqu'à la mort,& ent disposent
même
,
quand ils le jugent
a propos ,enfaveur de ces
mêmes Congrégations sans
qu'on y ait trouvé jusqu'ici de
l'inconvcnient pour l'Etat:
Que dans les autres Etats où
leurs droits ne font pas limitez
, on ne voir à leur su jet
dans les familles, ni contestarions
,
ni trouble
, non plus
qu'on en voit en Franceau ru.
jet:desmembres des autres
Congrégations ,lesquels ne
font jamais défausisdefait de
ce, quiest à eux. 1-1 kuoi ?n ,n Les ,Suppliant qs: croïen^
pas déplaire a V 0 S T R E
MAJESTE'enluy representantqu'il
feraitde sajustice,
autant que du bien <Jc)euc
Compagnie, que VOSTRB
MÀ¡.HST'E voulut dés à présent
consommer à leur égard
ce que son glorieux Ayeul
| avoit commencé.Ce ne seroit
après tout que les conserver
dans les droits que leurnaissance
leur donner ausquels
ils n'ont pas renoncé par leur
état. Ce ne seroit leur accorder
que ce qu'ils possedent
dans tous les autres Etats du
monde, &Ce qu'ilsontmême
pots.:Jé'da'ns/lcs';vofires,SIRE;
avant que le malheur des tems
lestn fistsortir.Cene setoit
queleur donner pendant quelquesannées
d'épreuve feu e-*
ment ,
& jusqu à leurentier
engagement danslaCompa- ;
gnie
, ce donr plusieurs Congregations
j ulUnt pendant;
toute leur vie sans contradiction
,
& sans que le bien pu- ,- blic paroisseen souffrir. Ce se-
1
:
roit même un moyen sur de
Emettre: la paix dans les famil les:
ül n'y auroit plus de prétexte
à descontestations que la feule
peine de rendre ce donc onest
sasi, fait former depuis un ificlc. Opendinr,SIRE, si s:.
'TRE MAJESTE jugcoitCOïlVC1-
[nablede: borner les droits des
Suppliansàl'EditdHenryyIV.
iilsrecevront toujoursavec la
plus vive reconnoissance, la
grace de s'y voir au moins
pleinement maintenus.
A ces cau fcs, SIRE,plaise àVOSTREMAJESTE',au
cas qu'Elle ne jugeât pas à propos
de rendre aux Jesuites la
joüssance& pleine disposîtion
de leurs biens jusqu'à l'émission
de leurs derniers voeux,
telle qu'ils l'avoient selon leur
Institut, avant l'Edit du Roy,,
Henry IV. de 1603. & lur-"
quoy ce Grand Prince s'estoit
toûjours reservé deleurpourvoir
, dont ils se rapporttent
aujourdhuy à la ilillicc, sagesse
& bontédeVoS.T'RIE
MAJESTA';en ce cas d'ordonner
que l'Edit de 1603.
soit exccure dans toute ConJ
etendue, selon sa forme &te.
neur.Cefaisant, queceux qui
sortiront de leur Compagnie
-"
oar le congé de leur Supérieur,
sans avoir fait leurs derniers
voeux, rentreront dans tous
xs biens & droits qui leur apattenoient
,
lorsqu'ils sont
muez dans la Compagnie,&
qui leur seroient échus & ave-
~us ,
s'ils avoient continué de
~ivre dans le siecle : desqucls
~roits & biens, la joüissance
commencera du jour de leur
ngé & retour au siecle.
( LesSupplians continueront
~urs voeux& leurs prières pour
prosperité & fanté de Vos-
REMAJESTE'.
DE; SACY, Avocate
Fermer
5
p. 14-117
MEMOIRE Touchant les droits de ceux que les Jesuites congedient de leur Compagnie, avant qu'ils y ayent fait les derniers voeux.
Début :
Il faut par rapport à l'affaire presente diviser en deux classes [...]
Mots clefs :
Jésuites, Voeux, Compagnie, Religieux, Public, Familles, Édit, Henry Le Grand, Bien public, Naissance, Propriété, Congrégation, Succession, Sujets, Roi, Ordonnances, Pauvreté, Religion, Jurisprudence, Édits, Mariage, Jouissance, Ecclésiastique, Lois, Compagnie, Droits, Royaume, Noviciat, Héritiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE Touchant les droits de ceux que les Jesuites congedient de leur Compagnie, avant qu'ils y ayent fait les derniers voeux.
MEMOIRE
Touchant les droits cL1 ceux queq
*7 les JftitescongtdlLnI dt, Icuril
Compagnie , avant cjutlsy*
aytntjait les derniers vaux,,
Il faut par rapport à l'affaire
presente diviser en deux classes
les sujets qui forment le corps
de la
-
Compagnie de JEStis.,
La première elt composée de
ceuxqui après deux années des
Noviciat ontétéadmis à faire
lesvoeux simples de pauvreté
de ch;«H:aé;&. d'obeïssance. La
fcconvjQcIdflîtlt Compofeç de
ceux qUI après un certain nombre
d'années pssees dans la
Compagnie depuis les. premiersivoe
X:, ont, EFTEADMIS;À
fjire les VCCJX lotemnelsdela
Profession.. "','
: ParlespremiersvoeuxunJe
;
suites'engageàyjvré)perpctuellement
dans la Compagnie,
supposé qu'après l'avoir
éprouvé dans Xes fonctions
pendant un certain temps,elle
lIejugo,) propre à les remplir
pour toujours. Cetengagement
n'est doncque condi~ -
tionnel; la Compagnienes'cn.
gageant de son costéà garder
celuyqui le contracte, qu'autant
qu'elle le trouvera bon,
aprèsl'avoir éprouvé.Aussi ceg
voeux (impies Ce sont-ilsen
particulier, sans que la Compagnie
les reçoive : ils lient le
Jesuite à la Compagniesans
que laCompagnieiclieàluyj
Par les voeux de Professîon
l'engagement eû mutuel entre
leJefuitc & la Compagnie.
Le Jesuite s'engage alors à vivre
perpétuellement dans la
Compagnie, & laCompagnie
l'y reçoit pour toujours. Le
temps
temps dépreuve estfini: l'état
d'un Jesuitedevient fixe,com-,
me celuy de quelque autre Religieux
que ce soit qui a fait
Profl ssion.
La différence qu'il faut mettre
icy entre la Compagnie &
entre les autres Ordres Religieux
; c'est que dans tous les
Ordres Religieux
,
il n'y a
iju'un seul temps d'épreuves ,
au bout duquel on fait la Prosession
; au lieu que dans la
Compagnie il y a deux temps
d'épreuves, tres differcns l'un
de l'autre. Le premier cft le
Noviciat de deux ans ,au bout
duquel on s'engage par les
voeux sim ples. Là commence
le second temps d'épreuves,
pendant lequel la Compagnie
exerce ses sujets dans les fonctions
qui luy sont propres;&
ces secondes épreuves se terminent
par une troisiéme année
de Noviciat, pour se difsposeriauxovoeuxnde
la .Prof.:£: C'est seulement, comme
on l'adit, par ces derniers
voeux, qu'un Jefuitc cft engagé
irrévocablement & sans
retour. Mais cela n'empêche
point que parles voeux simples
qu'il fait après le premier Noviciat.,
ilne devienne véritablement
Religieux. Il est Religieux
,
mais il peut cesser de
l'estre
, parce qu'il n'est pas
Religieux Piofés. Jusqua la
Profession
,
la Compagnie a
droit de le congédier en le dispensant
de sesvoeux; & en cc
cas il devient absolument libre
,
capable de tous les emplois
civils; il peut même, s'il
n'est point dans les Ordres,
contracter un légitimé' mariage
sans autre dispense que
celle qui resulte du congéque
le General de la Compagnie
luy donne. B ij
Telest l'Inftitut de laCompagnie
,
fciemncllcmcnt approuvépar
les SouvsrainsPonti
ses, lefquclsen l'approuvant,
ont établi un droit nouveau
en ce point,quejusques-làil
n'y avoit que lesvoeu x de Pro.
session qui donnessent proprement
la guaJitç de Religieux.
Etant une fois Religieux,'c'éstoit
une necefifjt,é de l'estre
toujours; parce qu'on ne l'étoir
que par la Prose ssion, qui
ne laisse point de retour au siecle.
Mais les Souverains Pontifes,
en approuvant le Corps
des Jesuitescomme un Ordre
Religieux,ont voulu que ceux ui s'y engageoient, & qui en
devenoient membres par les
ACCUX simplesdepauvreté,de
chasteté & d'obéilfancc
,
fussent
aussi parlà devéritables
Religieux. C'est unpoint de
Droit Ecclesiastique que l'Eglise
a ratifié au Concile,de
OTreitte,^ qui aétéreçû sans
concradiction dans tous les
Etats du tnondc,
Il n'est pas difficile de penetrer
le* raisons qui ont porté le
Saint Fondateur de la Compagnie
à y établir un si longtemps
d'épreuves. Par rapport
à la nature &à la multiplicité
des fonctions qu'il embrassoit,«
illuy filloit des sujets qui eussent
& une vertu à l'épreuve,
& des talens qui ne peuvent
se développer dans letemps du
premier Noviciat. Ce qui est
essentiel à l'état des autres Religieux
,
ils le pratiquent des
leur entrée dans la Religion :
ce qu'ils y font pendant une
premiereannée, c'cft ce qu'ils
doivent la plûpart faire toute
la vie. U.1 Jesuite au contraire
hors les exercices de la vie In-'.
terieure, ne fait rien dans le:
premier Noviciat de ce qui
doit l'occuper le reste de fcs
jours. Il luy est essentiel d'être
employé au ministre des
âmes ; il faut qu'il enseigne ou
qu'il prêche; il doit estre prest
à passer dans les pays les plus
barb ires, pour y annoncer la
foy. Or comment dans les simples
exercices du premier Noviciat
,
qui est uniquement dcftiné
à la retraite & à la priere,
la Compagnie pourroit-elle
s'assûrer qu'un sujet est propre
aux - emplois du dehors qui
sont sa fin principale? Comment
pourroit-il s'en assûrer
luy même? Il est donc neces-
1'
faire de l'éprouver dans l'exercicc
de ces emplois, avant qu'il
s'engage sans retour à les remplir
toute sa vie.
Telles ont esté les vûës de
S. Ignace,pour ne borner pas
au premier Noviciat l'épreuve
de ceux qu'il devoit admettre
dans sa Compagnie par les
voeux irrévocables de la Prosession.
Mais comme il eOoira
craindre qu'en differant trop
longtemps de fixer leur état,
quelques-uns ne succombassentau
dégoût d'une épreuve
longue & penible ; il convenoit
dopposerà leur inconf- ', tance
,.
tance l'engagement des voeux
simples. Ces voeux les lient as-
(lz, pour qu'ilsne puissent plus
reculer simplement par legereté
: mais ils ne les lient pas
non plus tellement , qu'ils ne
[puiffent'Cire déliez pour des
raisons legitimes. -Aureste>S.Ignaceen pretnant
ainsises avantages pour leCorps Religieux qu'il avoic
à former, a pourvû aussi avec
toute la sagesse-possible à lavantage
de ceux qui devoient
s'y engager. Pour cela il leur
laisse dans le siecle jusqu'au
moment de leurs derniers
voeux, tous les droits que la
naissance leur donne.Il n'exige
d'eux que les voeux simples de
pauvreté, de chaLteré)d'ob¿i'f.
sance; & ce voeu simple de
pauvreté consiste uniquement
àse dépouiller de l'usage libre
de ses biens.
Il elt vray que le S Fondateur,
pour la perfection particuliere
des sujets de sa Compagnie,
voudroit qu'ils fussent
tous aff, z détachez, pour disposer
de leurs, biens dés qu'ils,
entrent dans la Compagnie,
& pournese laisser plus dercC---«
source dans le siecle. Il veut
même que des le premier Noviciat
,
ils promettent, sans
meanmoins s'y engager par
voeu,d'abandonner r leurs biens,
,yoeij,d ab,indonncr leurs quand le Supérieur le leur ordonnera
pour leur plus grande
perfection. Maisil ordonne en
iroèmc tems aux Superieurs de
me permettre pas aux particuliers
de se dépouiller de la forte
,
si l'on ne s'est auparavant
bien assuré de leur perséverance
dans leur vocation; & il
veut qu'on neprocédé jamais
en cela qu'avec une mûre deliberation.
rAj Juiqu'à cette abdication
volontaire qui dépend de la
volonté du Superieur, & qui
n'est point du tout attachée
aux premiers voeux , comme
on le voie, un Je suite qui n'a
fait que ces premiers voeux conferve ,
,
fclon les Constitutions
de la Compagnie
,
l'entiere
propriété de ses biens acquis;
il a le même droit de succeder
, que s'il étoit encore
dans le siecle; il peut disposer
selon les loix de ce qu'ila
,
de
ce qui luy échoit. Et qui les
luy donne ces droits? c'est sa
naissance. Il les avoit avant
que de faire son voeu de pzu.,
vreté: il n'y renonce pas en le
faisant : illes a donc toûjours
au même titre. Ce qu'il conserve
de droit sur ses biens
, cecyest tout-à-fait digne
d'attention) c'est à sa naissance
cule qu'il en est redevable :
d'être Religieux sansêtreobligé
de renoncer à ces droits
c'cft à son état qu'ille doit.
Et icy se découvre une erreur
confijerable de bien des
gens sur le point dont il s'agit.
Ce ne sont point, comme ils
se l'inlaginent les Constirutions
& les Bulles des Papes qui
donnent à un Jesuite jusqu'à
ses derniers voeux la propriété
& la jcü;{f..nce de ses biens, &
qui le rendent habile à succeder
: son droit sur cela n'est
que le droit naturel, à quoy
les Constitutions & les Bulles
ne font aucun obstacle, en ne
l'obligeant à y renoncer, que
quand il fait les derniers voeux.
Au reste, levoeusimple de
pauvretéjtel qu'on le represenle
ici,n'en poinr particulier aux
Jesuites.Mcssieurs dela Mission,
les Filles de l Union Chrétienneen
font un tout pareil.
Dans ces Congrégations les
sujets retiennent la propriété
de leurs biens; ils en peuvent
disposer par dons, par tesla.
mens;ils perçoivent des successions.
Tout l'engagement
qu'ils contrarient en voüant
la pauvreté,c'estde n'user de
leurs biens que fous le bon
plaisir de leurs Supérieurs; &
les Jesuitesen sinsant leurs
premiers voeux, ne font rien
de plus à cet égard.
Nousavons exposé jusquesicy
le veritable plan de l'Institut
des Jesuites par rapport
à l'affaire presente; & leurs
droits, dans l'étendue que
nous leur avonsdonnée, y font
si clairement marquez, qu'il y
auroit de la temerité à vouloir
formerla moindre copieration
sur ce point. Aussidepuis
l'Indication de leur JCotn.
pagnie, ils .oni partout joui
pleinement&constamment de
ces droits; & ils en joùissent
encore dans tout lemonde
Chrétien, hors la France, même
dans les Etats Protestans
où ils font établis, sans qu'il
leur soit causé le moindre
troubleàcesujet. - Ht
Ils en ont même joui en
France sans aucune modification
, jusqu'au temps où ils
furent obligez d'en sortir. On
le démontre par divers Atrêts,
& entre autres par ceux que le
Parlement de Paris rendit le
Oâobres585. en saveur
de Robillard, & le 13. PC"
cembre 1592. en faveur de la
Grange, tousdeux efhnt dans laCompagnie, qui certainement
étoit alors reçue & regardée
comme un 01.dce Religieux.
C'est ce qui est incontestablement
prouvé par ces Arrestsmêmes
que les Jesuites
produisent, & par l'Arrest de
Noalhes rendu dans le même ¡,.>'
temps au Parlement de Toulouse,
quiest aussi produit. Les
Auteurs contemporains&autrois
conviennent unanimement
que ces Arrests ont esté
renias uniquement sur la difsérence
desvoeux des Jesuites;
ces témoignages font rapportez.
Les Jesuitesproduisent
aussi les Lettres Patentes, où
les Bulles qui approuvent u
confirment leur Influât font
rapportées. Ils produisent entre
autres les Parentes de Charfont
levéesles modifierions
& les icitriâtons de l'Assc de
Poissy, par lequel ils n'avoicnc
été reçûs dans le Royaume que
comme Collège & Société }
celles du même Prince du mois
de FévrierIJ74. enregistrées
au Parlement de Paris, qui autorisent
l'Inflitut des Jesuites
& la fondation des Maisons
Profcfles fondées & à fonder
dans la fuite. Celles d' Henry
III. du mois de MlY 1580.
pareillement enregistrées, qui
rappellent & confirment les
précédentes.
Les deux Arrêts rendus au
Parlement de Paris en faveur
de deux Jesuites, & qu'on rapporte
comme les plus proches
du temps, où la Compagnie
fut obligée de quitter le RoïHJmeJfone
voir quelyétoitson
dernier état avant l'Edit par lequel
Henry le Grand, de gto.
rieuse mémoire
,
voulut
bien
l'y rappeller.
Les per Tonnesen place qui
étoient alorsopposéesaurétabh{
f:m,:nc des Jduires, insiftoienr
particulièrement auprès
du Roy sur lafing-Varité d'un
Corp) Religieux
,
donc les sujcts
con servoienc a près leurs
premiers voeux des droits de
propriclé & de succession inconnus
aux auu es Or dres: &
l'on exageron fort les inconvemiens
qu'il pourroit y avoir
à le (V'ufFur. Ce Prince par une
condt(ccndancc dicme de la
fagclle pour ceux qu'il trouvolt
d'un avis contraireau fien,
crut qu'il falloit un peu ceder
au temps, & apporter aux
droitsdontil étoit question,
un tempérament, quisansruiner
absolument rinftitut des
Jcsu,ltes,dcvoit contenter leurs
advcrfaircs. Ce temperameric
est renfermé dans lart. V. de
l'Edit. Envoicy les termes: Quccyaprès tous ceuxde laditesocieté,
tantceuxqui ontfait
lesvauxfimples feulement, que
lesautres. ne pourront accruttir
dans notredit Royaume aucuns
biens immeubles par achat, dona.
tion ou autrement, sans notre permijjton.
Nepourrontaujjïaux de
ladite Sociétéprendre ni recevoir
aucunefucajjion ni directe ni collaterAle,
non plus que les autres
Rrltgitux. ET NEANMOINS AUCAS
QUE PAR CY APRE'S ILS
F JSSENT LICENTIEZ ET CONGEDIEZ
PAR LADITE COMPAGNIE
, POURRONT REN-.
TRER EN LEURS DROITSi
COMME AUPARAVANT.
Il cit vray que cet Edit ne
sur corrglfire au Pai hITIent
iqu"ipié.%dcs rcmoniranccs failcs
au Roy & de sccondes Lettres
de ltflicn; & qu'au temps
de l'cnreg:ltrco1cnt) il fut arfêté
par la Cour,que le Roy
ycroîl tres-humbhmtnt supplie
pourvoirparune Déclarationàce
ue ceux qui auroientétéquelque
temps dans la Société, ntpûffint
iire reçusaux partages , pour le
trouble qu'ils apporteroient aux
familles, Mais cela montre d'un
lôré
,
combien le Roy avoit
de sortes raisons de maintenir
îledroit des Jesuites;&delautre,
que le Parlement le tenoit
lié sur ce point pat l'Edit, tuC:
qu'à ce qu'il y fût derogé par
une Declaration de Sa Majefté.
On ne sçauroit deviner sur
quel fondement quelques personnes
ont dit que les Etats de
1614avoientaussi demandé
au Roy de fixer un temps aux
Jesuites
,
après lequel sortant
de la Compagnie ils ne pour
roient plus être reçûs à partage.
On ales cahiers imprimez
de ces Etats;iln'yestparlé des
Jesuites que dans le cahier des,
Ecclesiastiques à l'articlesixiéme
i
me qui fut accordé par le Roy.
..e voicy : QjSattendu le fruit
we font journellement les Peres
efuitrs, tant a l'avancement de
« Religion,cjuel'inlfruétion de
1 jeunesse, il plaise à VoftreAfa-
^fiéque leur College de Glermont
sur foit redonné avec leurs anlevmes
fondations, £r les voulutconserver
& prendre en i/oie
protection
, & qu'il en foit
vttid'autres dans chacune des bon.i
zs Villes de ce Royaume
)
aufmlles
ilsferont demandek par le
Ilnfentement desdites Villes
1 &
:
fotimettant par eux aux Loix
m Statuts de l'TJniverfité.
Pour revenir à nôtre sujet,
tel devint l'état des Jsuites en
France par l'Edit de leur récablissement,
qui changea Tan-"
cienne Jurisprudence. Ils ne
pûrent plus succeder à aucun
bien
, comme ils faisoient &
font encore par tout ailleurs
avant leurs derniers voeux, &
comme ilsavoient toûjours
fait en France jusqu'à l'Edit :::
mais il leur conferva cet Edit
le pouvoir de rentrer dans;
tous leurs droits, au cas qu'ils
fossent congediez par la Compagnie.
Or ce que l'Edit a laisse
;
aux Jesuites subsiste-t-il cnco.',
~Te? Et s'il eil: vray qu'il subsiste,
doit il subsister plus longtemps?
C'est ce qu'il en question
d'examiner aujourdhuy.
L'Edit, en ce qu'il declare
les Jesuites capables de rentrer
dans leurs droits, au cas qu'ils
soient congediezpar la Compagnie
,
subsiste-t-il encore?
Ec comment en pourroit on
douter? Y a t-il quelque autre
Edit qui y deroge ? Où est la.
Loy qui paroisse y être contraire.
:
Mais n'est ce pas une Loy
generale
, que tout Religieux
~estmort civilement,&ne peut
plus prétendreà rien dans le
siecle îOiiy, c'est une Loy generale
que tout Religieux Profés
ert mort civilement,&n'a
plus rien à prétendre dans le
siecle: aussi les J;:fuices Profés
n'y prétendent ils plus rien.
Ql'on parcoure routes lesLoix
du Royaume ; ce n'est que le
Religieux Profés nommément
,
qu'on y verra exclus
pour toujours des successions,
& jamais le Religieux simplement
comme Religieux, ja.:
mais le Religieux en general.
CCLOIXne contredisentpoint
l'Edu3 comme l'Edit ne déroge
en aucune façon à ces Loix.
Les Loix regardent les seuls
ReligieuxProsés, à qui le retour
au siecle estinterdit pour
toûjours;&l'Edit regarde uni-
~quement ceux d'entre les Jesuites,
qui n'étantencore Religieux
que par les voeux (imples,
peuvent en être dispensez,
& rentrer dans lesiecle
avec le congé de la Compagnie.
Or
,
dés-làqu'ils peuvent
rentrer dans le siecle., &
V reprendre leur premier état,
~ycontractermêmeun legitime
mariage, ce qui ne leur fut
jamais contesté;quelle justice
yauroit ilde leur y contester
les biens que la naissance leur
donne, au quels ilsn'ont pas
renoncé, donc ils ont besoin
pour eux & pour lesenfansqui
leur peuventnaître?
1
Un homme donne la plus
-
grande partie de son bien à un
ami,qui moyennant cela fait
un mariage considerable.Tandis
que lafamille du donataire
grossit, le donateur s'avise de
se marier luy-même;&au moment
qu'illuy naît un enfant,
sa donation devient nulle selon
les Loix ,& il reprend tout :
ce qu'il a donné. Comment
donc les Loix ôteroient-elles à
un Jesuite legitimement con-
~gédié de la Compagnie, & qui
a la liberté de le marier, le
droic de reprendre dans sa famille
des biens ausquels il n'a
pointrenoncé?
t" Sont-ils donc si coupables
ces hommes qui retournent
au siecle;parce qu'ils ne fc trouventpoint
avoir affcz de santé,
)OU certains talens nec ffaires,
pour fournir la difficile & pemible
carriere d'unJesuite?
Sont-ils si coupables
,
qu'on
noive pour cela les dépoüiller
~k~és droits que la nature leur
cs
donne,&qu'ilss'etoient sage.
ment reservez pour le temps
qu'ils éprouveroient leurs forces,
avant que d'être engagez
sans retour? Cette pieuse épreuve
qu'ils ont voulu faire
d'cux-Inêmes)cfi elle une raison
de les desheriter,& de les
mettre à cet égard au rang des
bâtards, ou des scelerats condamnez
pour toûjours aux galeres
? Les traiterat on plus
mal que des enfans vagabonds,
qui rentrent dans leurs
biens aussitôtqu'ils se fontreconnoitre?
Ce furent ces principes de
1equiré
l'équité naturelle, qui porterent
Henry le Grand à user de
toute son autorité pour aflii*
ret aux Jesuites par son Edit le
droit qu'on le sollicitoit de
leur ôccr. Nulle Loy n'y est
contraire à cet Edit:aucun auire
Edit n'y a derogé: il subsiste
onc encore aujourd'huy dans
route sa vigueur; & le droit
qu'il conferve à ceux que la
Compagnie congedie, cil toûjours
en son entier.
I- Si quelque chose pouvoit
oatoître y avoir donné atteinyc,
ce seroit une suite d'Arr êts
lui auroient été rendus contre
la dispositiondel'Edit,sur
tout dans le premier Parlement
du Royaume. Or ilest conftanr
que depuis l'Edit jusqu'à
1'.,ffjlredusieur lePicard d'Aubercourt,
on ne sçauroit citer
un seul Arrêt de cette nature.
On luy a objecté qu'un
Avocat écrivant en 1685.
dans uneaffaire des JrUlces
convenait d'une Jaritprudence
d'Arrêts opposéeàl'Edit :
mais c'est une méprise de cet
Avocat qui en cela a parlé dei
son chef Les Jesuites n'ont
jamais pûl'avoüer sur unetel-<
le fausseté
,
& ils le désavoüent
; i- 4111
jourd huy
,
aussi bien que
r ce qu'il a dit , qu'iln'y a
oint de differencepoul'enagcmcnc&:
le retranchement
u siecle entre leurs premiers
leurs seconds voeux. Desereurs
de fairne sçauroientnuià
la verité clairement prouée
par des Adtes. n
On a montrécydessus la
ifference essentielle des preoiers
& seconds voeux desJeuites
: & à l'égard de la pré-
:nduë Jurisprudence dont il glt) de trois Arrêts
,
les
,ulsquisoient intervenus sur
matiere jusqu'àl'affaire du
sieur le Picart d' Aubercourt,,
l'un est un Arrêt consenti crutre
les Parties, qui parconsequent
ne decide rien: c'est;
l' Arrêt de Martin du 23. ,No,
vembre1631. Les deuxau.
tres ont esté rendus dans i'afy
faire de Charles Begat. Le premier
qui est du 14. Mars;
1629. luy adjuge la succession,
de ClaudeBegat; & le second
quiest du 30. janvier1631.
enterine la Requête civile contre
le premier;, sur ce que
CharlesBegat se trouvoit avoir
fait les derniers voeux dans lac
Compagnie, & que d'ailleurs
ne produisoitau lieu deconé
qu'un certificat de l'avoir
btenu, & même uncertificat
rgué de faux. Il est manifeste
ue lepremier de ces Arrêts en
iveur deBegat,soy disant conedié
par la Compagnie,conrme
la disposition de l'Edit
faveur des Jesuites
: & que
:
second n'y eH point aire con-
; puisqu'il n'estfondé
Sue sur ce que Begat avoit fait
s derniers voeux, & ne proisoit
point même de congé
n forme, ce qui le mettoic
ors ducas de l'Edit.
Quelqu'un demandera peutêtre
icy commentBegat étoit
sorti des,Jesuites
,
puisqu'il
avoirfait lesderniers voeux,
C'estque parmy les Jesuites
les derniers voeux ne sont pas
Toujours les voeux de Profession
: mais ceux que la Compagnie
ne juge point a propos
d'admettre au degré de
Profés
,
font reçus par elle au
degré de Coadjuteurs spirituels,
Ces Coadjuteurs spirituels
ne font à la véritéque:
des voeux simples
: mais ils les
fDnr"en public entre les mains
du Superieur., & par ces voeux:
publics & reçus du Supérieur,,
ils deviennent, selon lesConstitutions,
incapables dequelque
succession que ce soit, &
font à cet égard au rang des
Profés. C'est là le cas où étoit
Begat, & ce qui le fit exclure
d'une succession qui lui avoit
d'abord étéadjugée conformémental'Edit
, en supposant
qu'il n'avoit encore fait
que ses premiers voeux.
Comme les Coadjuteurs [pi.
rituels ne font que des voeux
simples
,
ils peuvent toûjours
être congediez par la Compagnie
: mais comme en les faisantils
renoncent à rous leurs
droits, la Compagnie ne les
congedie jamais que pour des
raisons bien griéves. Et c'estlà
ce qui peut avoir donné lieu
à Begat de ne produire pas
son veritablecongé, où ces
raisons étoient peut être exprimées.
Quoyqu'il en foit
l'Edit , en faveur des Je suites
congédiez ne reçût aucune atteinte
dans sapersonne:voïons
si depuis il en a reçu quelqu'-
une.
Il subsistoit encore cerrainement
,
lorsque le sieur le Picart
d'Aubercourt en demanda
au Parlement l'cxccution en
sa faveur. En effet, la Cour en
1701. ayant jugé deffnitivement,
qu'ilne pouvoitêtre
debouté de sa demande sur le
fait particulier de l'affaire ,011
d'abord quelques-uns des Juges
avoient crû voir une fin
de non recevoir; Elle ordonna
par son Arrêt du 10. Mais
,
que S. M. feroit tres- humblement
fupphée d'expliquer ses
intentions sur l'Edit par rapport
aux droits des Je fuites
congediez par la Compagnie.
Le Parlement reconnoissoit
donc alors que l'Edit en faveur
des Jesuites congédiez étoit
encore dans toute sa force; &
il le reconnoissoit dans une affaire,
où tout ce qu'il s'est jamais
rendu d'Arrêts dans le
Royaume avoir esté produit ,
comme ils le sont encore aujourd'huy
par1esJefuites.Mais
il reconnoissoit aussienmême
temps, ce quiestcertain, qu'il
ne pouvoit légitimement prononcer
au préjudice de cet Edit
, à moins que le Roy ne se
fût expliqué d'une maniere à
l'y autoriser.
Il est pourtant vray que
s.
M n'ayant pas jugé à propos
de donneralors une
décision
générale,& ayant ordonné de
procéder au jugement définitifde
l'affaire particulière dans
l'état où elleétoit
,
lesieur
d'Aubercourt fut debouté de
les demandes par l'Arrest qui
s'ensuivit. Mais comme il ne
pouvoir plus Tertre par la fin
de non recevoir
,
sur quoy il
avoir g.1gné sa cause;c'est une
necessitéd'avoüer que le Parlement
se détermina enfin à juger
au préjudice de l'Edit, en
attendant qu'il plût au Roy
de s 'expliquer sur ce su jet.
Quelques personnes ont
prétendu que la Cour s'étoit
cruë suffisammentaucorisée à
juger au préjudice de l'Edit,
sur ce que l'ordre du Roy portoit
de rendre aux Parties la justice
cjuElle estimeroit leur estre
dûe. M us le Roy avoit il jamais
pu penser qu'Elle: pût
prouver de la justiceàjuger
formellementcontre un Edit.
auquel il declaroit actuellement
ne vouloir pas déroger.
C'est ce que l'Ordonnance
de S. M. condamne expressement.
Enjoignons aux Cours
l'observation des Edits tant au
jugement des procez qu'autrem,
nIJsansy contrevenir,ni que
fous prétexted'équité, bien public
, accélération de la 7ufilce
J ou
de ce que les Cours auraient à nous
reprtfenter, Elles, ni les autres
Juges, s'en pwjf-nt di.ff:>nfèr) ou
en moderer les diftofuions en quel
casy ou pour quelque cause que
ce soit. arc. 6. tit. I. de l'Observation.
1
L'Arrest du sieur d'Aubercourt
rendu au préjudice &
contre la disposition ex presse
de l'Edit ,;1 frayé le chemin à
un autre Arrestporté depuis
contre le sieur Boudart de
Cousturelle, Gentilhomme
d'Artois. Le sieur Boudart sur
les Traitez de Capitulation
,
les Déclarations & Lettres Patentes
de Sa Majclié en faveur
des Jesuites de Flandre
,
avoic
été maintenu dans tous ses
droits par Sentencecontradictoire
du Conseil d'Artois,
renduë le 21. ÑIJY 1711. La
seconde Chambre des Enquestes
par son Arrest du15.juillet
1712. annulla laSentence;
& le sieur Boudart fut débouté
malgre les Déclarations du
Roy pour la Flandre,ainsi que
le sieur dAubercourt l'avoic
étémalgré l'Editd'Henry IV.
pour la France.
- Les Jesuites n'ont pointété
jppciKzàcesjugemens: mais
ss voyant sur le point de si
multiplier, ils n'ont pas crû
ilevoir garder un plus long sibnce.
On en auroit peut-estre
Iré avantage contre eux; &on i feroit persuadé qu'ils ne
prennent point de part à fin
Tadtion de l'Edit, s'ils avoient
11tendu- plus,longtems à s'en
Plaindre.
LAfrest du sieur Boudarc
fiant dans une espece étrangèreàjPEdi-
t, il ne se trouve
incoreapréstoutd"Arteft conxe
la disposition de cet Edit)
que 1Arrête du sieur d'Aubercourt.
Or un Arrest contre lequella
partie- est en état & en
voye de se pourvoir en cassation
,
& contre lequel l'Edit
même & les Ordonnances de
S. M. sont un moyen certain
&infaillible decassation, peutil
estre serieusement opposé.
aux Jesuits&appellé la Jurisprudence
des Arrests? Des Arrests
contre un Edit peuventils
faire Loy au préjudice de
l'Edit ? C'est au Prince seul à
changer, à revoquer les Edits.
Ils subsistent donc, tandis que
le Prince n'y a point derogé:
&,
y tandis qu ils subsistent, bien
oin que les Magistrats puisent
les abroger par des jugenens
contraires, ce sontleurs
ogemens mêmes qui sont
lors reformez selon les Edits.
Il ne leur est pas même pernis
dans les doutes &lcdlfii.
ultez sur le sens des Edits, de
i:s interpréterpar leurs jugenens,
avant que d'estre ins
puits des intentions de Sa Ma C'est ce que portent les
Ordonnances : Si dans lespro-
':{ qui seront pendans en nos
ours
,
ilsurvient quelques dou-
~s ou difficultezsuraucuns articles
de nos Editi, Déclarations (Y
Lettres Patentes : Mous leurdéfendons
de les interpréter ; mais
voulons opuElles tryent à Je retirerpardevm
Nous,pour apprendre
ce qui Jera de nostre intention.
¡.
Mais en attendantque le
Roy foit consulté ,ou bienSa
Majelté différantàdeclaer ses;
intentions, si lesCourscroient
devoir prononcer au préjudice)
des Ordonnances, & qu'il foie!
intervenu consequemment un
grand nombre
d'Arrestscon-l
foriiics;cccre multitude d' Arrefis
ne fera-t elle pas une Ja-j
1
risprudence? Non:car surune
question decidée par quantité
d' Arrests qui avoient formé
uneJurisprudence presque uniforme
dans toutes les Cours
contraire aux articles 57. &
58. de l'Ordonnance de Moulins,
ileft dit dans la Dcclaration
du Roy, enregistréeau,
Parlement de Paris par Arrest
uneJurisprudence estant contraire
à une Ordonnance
, ne
peut eltre solidement établie
K]ne par une Déclaration quiy
deroge. Pour cet effet, le Roi
ed ecl are qu'ilveut bienamoriser
ces Arrests; & pour le faire,
il dérogéexpressementauxarticles
57. & jg de l'Ordonnance
de Moulins.
1
:
Delàil resulte évidemment,
que quelque nombre qu'on
pût produire d'Arrests contrai.,
res à l'Edit de 1603.en faveur:
des Je uites congédiez, ces Arrests
feroient nuls aux termes
des Ordonnances,&ne pourroient
avoir de force, qu'au-j
tant qu'il plairoit au Roy de
les autori fer
, en dérogeant àj
l'Edit dont les Cours nausoient
pas suivy la dicpofition.
Déclarons tous Arrests cr
Jrte-',
Lynl&ca&p, DVLJ^rctdZc)c-Tt^mctftcdrt
1
- 1
,
il 3 Y- i JPclsjeez^ucxttLoc,ioiws pcwscz^ coup ciici
<9omjcn^à^iusS't-uastc- taurOl
-
1 '1 ,. If joitur ele.cilarniespow* nioy>*_A£eribertfn-*clcgsjc dGl '¿.ILrurc. -
JLJvu 1 : I.. t~.y. 1*1I|»1-? l7C/"Coy-, cotltvunt J«d att-r- ¿L
.: ttcrfjrci^xnyver jue &--Il-,f
convient Seul emoz
Civ
_r
huuOtt Jm.è[;¡:é?aJ me. hvrc,Peufis
mens quiferont donnfZ contre la
disposition de nos Ordonnances,
Edits çy Déclarationsynnls fY
denuleffetcmvaleur. Art. 8.de
l'Ordonn. titre 1.
A la vérité l'usage est quelquefois
l'interprète des LOIX:
mais c'est des Loix que l'usage
même a établies,& non de celles
qui font portées dans les
Edits du Prince. Il n'appartient
qu'au Prince luy même, ainsi
qu'onla déjà dit,à les interpréter
ces Loix
, ou à y deroger
,
s'ille trouve bon: jusques-
là l'usage qui y seroit
É
gardé que comme un abus à
reformerselon la teneur des
Edirs qui lesrenfrrment.
Mais s'il est vray en toute
matiere quenul nombre d'Ar.,
restsne peut abroger un Edir„
il l'est sur tout dans la matière
pre fente, où il s'agit de TétaC
des hommesqui ne Içiuroitfis:
pre scrire. Etant attaché à leur
naissance, il est du droit public
& pu consequent il ne peut
estre changé que par la Loy::
Qvoe funt publicijuris, sola leges.
dari, sola lege adimi possunt.
Cest sur ces principes que:
feu M. Erard, Avocatcélébré,,
consulté sur l'affaire du sieur
bd'Aubercourt
,
s'explique en
xes termes dans sa Consulta-
Kion du 1j Novembre 1699.
UEditde1603. quiconferve
.Yxprfjfément le droit defuccedcr
y,,r tous les effets civils a ceux
uiferont congediez par la Compagnie
des ¡t'fuites
, & qui portent
qu'ils rentreront dans leurs
k/roits
,
na eslé changé par aucun
vautre E-dit ni Loy du Royaume.
)sAlnfxcess une LOy (ubfiftantc que
tious lesfijetsfont obligezdfui.
\jvre. VArrête que la Cour mit
ur[es Registres enfuite de la verification
de cet Edit,ne peut pas
3
ne
en empêcher l'execution : ce riétoit
qu'un voeu qu"elle faisoit
y qu'ilplutau Roy fixer un terme
vour la sortie de cette Societé.
Mais elle ne le fixe point, (7
elle reconnoit même par-là, qu'il
n'appartient qu'au Roy de lefixer.
Elle luy en a fait lafûpplication
: il n'y a pointeu d'égard, eil a latjjel'Edit dans son entier
: son refus efi encore une confirmationsurabondante
de la dif
position de l'Edit. Or cela étant,
les Juges peuvent-ils juger contre
cette dispositionsPeuvent-ils donner
atteinte à l'état d'un homme
qui s'ejt engagé dans la Société
des
des Jesuites
, (y qui en (si sorti
lafoy de cet Edit?
Que peut-on donc oppo.
ser à un particulier, qui avec
uncongé légitime de la Compagnie
se pre fenre pour ptentHrc
sa part dans l'heritagc de
Tes percs ?Je redemande, die-
1,1 ce que la naissance m'a don-,
né ,& à quoy je n'ay jamais
renoncé: sur quel fondement
me refu reroit-on ce quiest veritablement
à moy ? Ou est la,
loyquime dépouille de mon
troit naturel? J'en voy une
qui m'ymaintient,c'estEdit
D'Henry le Grand: qu'on me
montre celleen vertu de laquelleon
voudroit ncdfcsheriter
,
& changer mon état. La
Loyest précise en ma faveur
:
en vain doncm'opposeroi ")0
une prétendue Jusprudence
des Ârrets:j'appelleray deces
Arrests à la Loy
,
à tEdtr du
Prince ; c'est la regle des juftesi
Arrets. La Loy me laisse la 11-:
bertéde m'établir dans le monde,
d'entrer dans des Charges:t
comment donc pourroit-oni
prérendrequ'elle me dépouille:
du bien que le me fuis reservé,
& qui m'estnecessairepourcet
effVi ? La Loy ne sçauroitainsi
se contredire.
MJlS si ce Jesuite-étoit le
seul héritier d une famille riche
& honorable, comme il
est arrivé, & commeilpeut
arriver quelquefois; ne seroit-*
il pas odieux d'en transporter*
les biens à descollatéraux,plûtôt
que d'en laisser jouirl'hériticr
legitime,qui n'a rien fait
qUlldépoüdle »& qui esten
état de perpétuer le nom de
ses peres? Et qui doute que ce
ne fut-là violer les Loix si uni.
versellement,& si Ggemenc
établiesdanstout leRoyaume,
qui rappellent aux successions
la ligne dircte àl'infini, pour
porter) s'il se peut, à l'infini
le nom desfamilles?
On se flattedavoir suffisamment
éclairci la premicre
question
,
sçavoir sij l'Edit
d'Henry le Grand en faveur
des Jesuites congédiez subsiste
encore. Oui, cet Edit subsiste:f
& les Jesuites congédiez par la
Compagnie peuvent encore
aujourd'huy,ainsi qu'ils l'ont
toujours pû
,
reprendre dans
le siecle tous leurs droits. Mais
cet Edit doit-il subsister plus
longtems ? Henry le Grand a
déjà limité les droits des Jesuites
, en leur ôtant aptés leurs'
premiers voeuxle droit de joüir
& de disposer de leurs biens,
& ne leur biffant jusqu'aux
derniers: voeax que le seul droit
d'y rentrer, au cas qu'ils fuCsent
congédiez par la Compagnie.
Ne convient-il pas de
le modifier encore ce droit
,
:OU, de l'abroger même tout- àfait
, en reduisant les Jesuites
aurang de tous les aurres Religieux
î C'estla secondé quef-
:éofëiqji'il nous resteà examine*.
.;, Me ferat-il p, ermis de de.
mander icy si les Jesuites depuis
qu'ils ont été rappeliezen
France par l'EditHenry. le
Grand
, ont mérité par quelque
faute*qu'on ule envers
eux d'une nouvelle rigueur ?
Les temps doivent ils être aujourdhuy
plus fâcheux pour
eux, qu'ilsne l'éroienralors?
Les services qu'ils onttaché
de rendre à l'Etat depuis leur
rappel*, ne semblent ils pas au
contraire demander qu'onleur
rende
-
ce qui leur fut ôré dans
ces tem ps de disgrace';rp!&ôc
que de leur ôter ce gu't!..nry
le Grand
,
malgré tout ce qu'il
trouva d'obstacles
,
crur'devoir
alors leurconserver fii
C'dl
,
diton, l'interêt public
qui demande qu'on reduifc
les Je suites sur le pied des
autres Religieux. Mais l'interêtpublicn'est
il pas lemême
à cet égard dans tous les Etats
du monde Chrétien, où les jfuites non seulement reprennent
leurs droitsquand ils
sortent de la Compagnie avant
leurs derniers voeux ,
mais où
ils joii'fTcnr & peuvent disposer
de leurs biens dans laCompagniemême
,
pendanttout
le temps qu'elle les éprouve?
On ne les inquiète là dessus en
nul endroit du monde.
En second lieu, ce qu'on
semble trouver aujourd'huy si
contraire au bien public, fut
tant de fois & en tant de maniérés
representé comme telà
Henry le Grand, avant que
soônEdit fût enregistré. Ce
grandPrincedontla fagelfc
sur encore au dessus de sa valeur
,
après avoir tout entendu
, tout pesé
, en jugea autrement.
Il crut faire assez pour
lesfamilles,quedoter aux Jesuites
, tandis qu'ils le seroient,
la joüssance & la disposition
de leurs biens. Dépoüiller absolument
de leurs biens des sujets
qui n'y renonçoient point
par leurétat,&neleurlaisser
de partage dans le siecle où ils
pouvoienc retourner, que la
mendicité;c'est ce que ce Prince
plein d'équité eût horreur
de faire. La Compagnie se reservant
le droit de congedier
ses sujets jusqu'à la Profession,
il trouvoit de l'inhumanité à
les dépouiller de leurs droits
avant que ce temps foit expiré
; & il ne voulut jamais entendre
à y apporter aucune limitation.
Ce refus d'Henry
IV. ne doit-il pas aujourd'huy
tenir lieu de Loy ?
L'Edit de ce Prince en faveur
des Jouîtes congédiez
est , comme la Loy que les Romains
appelloient Juspostliminit,
laquelle permertoit aux
captifs dont le droit étoit demeuré
en suspens pendant leur
captivité, derentrer à leur retour
dans tous leurs biens.Ce
droit ne se preserivoit pas, parce
qu'il n'érait pas au pouvoir
ducapusderecouvrerla liber-,
té; comme il n'est pas au pouvoir
d'un Jesuite qui a fait les
premiers voeux ,
de se délier
luy même
,
il faut qu'on le congédié.:,
itr,i Tandis que les Jesuites n'onc
pas encore fait leurs derniers
'ioe)x)oncftJdit-onincertain
Hans les familles, s'ils ne reviendront
point y reprendre
eurs drOir?'9*cê quiempêche
les éta blArÍnens confinerao!
ès5,quand il s yrevien- iiell ;dvy jettent le trouble
irnHe nouveaux partages qu'il
Ssutefaire C'està ces deux chefs re duisent les raisons
Bune-.êrpublic,pour oblig r
_>csJ'fiîices à renoncer à tous
eurs droits des le temps de
Uf5 premiers VOBJX : examirdôns
en la solidité.
A l'égard de l'incertitude
doncil s'agit, le monde est
plein de ces fortes d'incertitudes,
sans qu'on se foit encore
avisé de penser qu'il fût de
bien public d'y remedier pa
de nouvelles Loix. Un per
veuf marie un fils unique: q!
fils cfl; dans l'incertitude si fo".
pere ne se remariera point, &
n'aura point d'autres enfant
qui partagent la succession.
fautil que les Loix épargnée,
au fils cetteincertitude ,en or
bligeant le pere, ou de luy ce
der tout son bien
, ou dere
noncer à un second mariage
e fils en ce cas trouveroit un
tablissement plus confidera- le mais le pere est-il obligé
se le luy procurer àce prix?
1t peut il venir dans l'esprit
qu'il soit de l'intérêtpublicde
w obliger par quelque Loy
cr)uvcllc? Cette sorte de Loy
roit au reste d'autant plus
cessairedanslesystême que
ous combattons, que pour
Jesuite qui par le délay de
Profession tient ses freres &
eurs dans cette sorte d'incerjiude
,
il y a dans le Royause
cent peres ou mères veufs,
iui par le droit qu'on leur laisle
de leremarier,tiennentleurs
enfrns dans l'incertitudex&c{
les empêchentpar-là de scladi
biu à leur gré,souventmême;
comme il conviendroit au
foû*
tienJe la fami«Ic.sj.IrVj
Mais faisons sur cela
un
fuppofinon dans nôtre fUlct
nême, & faisons la la plus
favorable qui- sepeutà la prétention
de nos adver faires.
Un jeune homme sefait Je-j
fuite,& laisse dans le siècle une
soeur unique
,
qui ne sçauroit
s'établir comme il convient Jtj
sans la portion de son frere;
qu'il conservejusquà la PIO;,
Hfcflîon. Volia sans douter ce qu on peut proposer de plus
specieux contre le droit que la
Loy rcfcrve aux Jesuites,tandis
qu'ils n'ont fait que les pie..
mniersvceux. x •;;;
Mais le demande en premierlieu
sicette fille aimeroit
mieux que son frere, sefist Ececlesiastique,
ou de 1 Oratoire,
ou qu'ilentrai chez Messieurs
WC la Mission , que de le voir.
t'eruitTroùveroi[ ellemieux
Mon compte ,
ftroitcllt, mieux
ou plûtôt mariée
,
s'illuy falloitattendre
lamort naturelle
de son frere dans ces états,où
l'on conservependant toute
la vie la jouissance & la propriété
de ses biens, que quand
illuy en faudroit attendre la
mort civile par les derniers
voeux que font les Jesuites au
bout de quelques années d'épreuve
? Pour établir toutes les
fillesqui auroient un frere Ecclesiastique,
ou de l'Oratoire,
ou de la Missîon
,
faut-il faire
une Loy qui oblige à renoncer
à ses biens, aussi-tôt qu'on embrasse
ces genres de vie ? Mais
il faudroit encore dans ces
principes que les Loix obligeassent
les Chevaliers de Malthc~
the à ne pas differer leur Profession
les trente & quarante
années, comme ils font presque
tous,& à se contenter au
moins jusques là d'une penïïon
alimentaire, pour fixer
l'incertitude des familles sur
leur sujet, & ne point mettre
d'obstacle à l'établissement de
fleurs fieres & soeurs. Il fau-
Hroitmême que ces Loix s'éendissent
jusqu'aucelibat;que
peux qui en font profession
devinssent aprés * un certain
3:emps incapables de mariage;
& que ne le reservant de leurs
oiens qu'un honnête necessaire
, ils sacrifiassent le reste au
repos & à l'établissement de
leurs familles. Revenons à nôtre
exemple.
En second lieu, ceux ouii
trouvent le bien public à ne
laisser point cettefille dans la
necessité, ou de ne s'établirpas
ou de s'établirmoins blrltan..
dis qu'elle attend les derniers:
VCÊJX de son fiere; le trouveront
ilsaussiàobligersonfrere
de luy ceder fort bien, & dei
se dépoü ller du necelTairene
pour rétablir, ou pour l'éta-j
blir mieux ? Unperen'est Probligé
de se priver du rieceffaW
re pour établir ses enfans:comrment
un frerc peut-,1 y être
aobhgé pour établir une f-oe,Ur?
Il s'agit en effet du necessaire
pour le frere : car il peut être
congedié par la Compagnie;
)& le cas arrivant, de quoy fbsistera-
t'il après qu'on laura
dépoüillé de tous ses droits? Il
faudra donc quecefrerepour
rétablir sa foeur , foie exposé
lui même àune honteuse mendicité:'
Le bel avantage pour
unefamille! La soeuremportetroit
le bien dansune famille
étrangere ; & celuy que les
Loix destinent à en per petuer
le nom ,
l'enseveliroit dans une
ignominieuse obscurité. Ce
n'est donc point le bien public
,ce n'est pas même l'avantage
des familles qu'on procurerait
; en dépouillant les Jeftkcfridudroit
naturel que la
naissance leur donne jusqu'a
leurs derniers voeux; c'est le
(impie avantage d'un enfant
qu'on procureroit au préjudice
d'un autre, & le plus souvent
mêmeaupréjudice de la
famille.
Mais un Jesuite congedié
peut il manquer de causer du
trouble dans sa famille en y
venant
reprendre ses droits? Et
ce trouble n'etf-ce pas aux
Loix à le prévenir?C'estla seconde
raison d'interest public
que l'on oppose au droit des
Jesuites, & dont il est aisé de
faire sentirlefoible.
Qael trouble pour ce donataire
dont nous avons parlé
cy-dessus,lorsqu'il r voit obligé;
de rendre ce qui luy enne..
cessaire pour soûtenir sa famille;
Mais ce trouble
,
la Loy
doit-elle le luy épargner ? Il a
dû le prévoir, & s'arranger
surce pied-là.
Que les familles fassent attention,
commeelles doivent,
que les premiersvoeux d'un Je.
fuite ne leur donnent pas le
droit de compter abfolumenc
sut sa per feverance
-, & que la
joüissance de ses biens ne leur
efl; laissée par le bienfait du
Prince
,
qua condition de les:
rendre en cas de sortie: qu'elless'arrangent
suivantla dl.f-..
position de l'Edit d'Henry IV(,
& elles ne se trouveront point
troublées, quand un Jesuite legitimement
congédié avant (es?
derniers voeux viendra y reprendre
sa place & ses droirs.,.
Des peres fages établissentleurs?
familles sur la disposition des
Loix ,&jamais les Loix n'en
troublent la Tranquillité : les
Loix ne troublent que ceux qui
refusentdes'yassujettir.
lînJefuitc congedié qui de-
1 mande à rentrer dans ses biens,
ne demande rien à quoy il ait
renoncé
,
& dont il nVittoû-
Il joursestépropriétaire à juste Ititre? Que si safamille se les est
tappropriez ces biens,c"elfune
jtipjuftice qu'elle luy a faite
; &
lesLoixn'ont jamais empêche
qu'onne pût troubler un poc.
széisosenurinjuste. La simple led'un
cohéritier renverse 1 •icritier r~nverft
après vingt & trente ans des
parcages.L'absent présumé
mort revient; y eût-il cent
partages, on les reforme, pour
luy rendre le capital & les
fruits. Si donc une famille fait
des partages, sans avoir égard
au pouvoir que les Loix Ecclesiastiques
& Civiles
,
aussibien
quelaLoy naturelle,laissent
à un jeune Jesuite derentrer
dans ses droits ;elle contrevient
auxLoix cette famille,
& par cette contravention elle
merite d'être troubléedans ses
partages faits conrre ladispohtion
expressedelaLoy.. ", Un.
Un homme prest à faire un
long & périlleux voyage, laisse
en dépôt dix mille écus à un
parent, en luy disant qu'illuy
en donne l'usage jusqu'à son
retour, & la propriété même
IJaU cas que la mort le prenne
un chemin. Le voyageur revient,
&redemande le dépôt.
trouve un jeune homme qui
s'engage dans la Compagnie
pour y estre éprouvé,& qui
en sort avant les derniers
voeux Il redemande sa portion
d'herirage
,
dontil a laide ses
coheritiers dépositaires; & on
luy répond:Onenadisposé
pour aider à établir vos freres
& vos soeurs; mal-àpropos
vous venez troublervostre famille.
Eh !c'esrmoymême,s'écriera
t'il,quemafamilletroubIc,
en me re fusant ce qui est
à moy selon toures les Loix,
en voulant inhumainement
me desheriter contre tout
droit. Celuy qui ne demande
que ce qui l-uy appartient selon
les Loix,nefaitpas letrouble;
ou s'ille fait ,ceux qui le
souffrent pour avoir disposé
de ce qui ne leur appartenoit
pas, ou pour vouloir le retenirinjustement
,
doivent se
l'imputer à eux seuls.
Lors donc qu'un Jesuite
congedié parlaCompagnie va
reprendre dans le siecle des
droits au squels il n'a pas renoncé
;si la famille comptant,
comme elle a dû faire
,
qu'il
pourroir ne point per severer,
s'est arrangée sur ce pied,là,il
ne la trouble en aucune façon.
Si elle a compté absolument
sur sa perseverance, ou si elle
s'est persuadée que ne perseverant
pas, il ne pourroit rentrer
dans ses droits; ce sont
des mécompres donc elle doit
feule porter la peine par le
trouble & l'embarras ou elle
se trouve: pourquoy ignorct'ellelaLoy!
Mais convient-il de se gros
nr ainsi les objets ? Un Jesuite
congédié qui revient dans sa
famille, n'est après tout qu'un
enfant de plus qui doit en partager
le bien;unenfant
,
quia
ses-droits acquis commelesautres;
un enfant,qui sans avoir
cjlé à charge à sa famille, luy
revient souvent en état de luy
faire honneur,& d'en e stre le
soûtien par ses ralens & l'éducation
qu'il a euë. Ell-celàen
verité dequoy jetter letrouble
dans lesfamilles?Voyons nous
que lanaissance tardivedesensans
qui suivent de loin les premicr
trouble des peres &. des
meres qui ne s'attendoient plus
a en avoir? Les premiers nez
peuvent ressentir de là peine,
envoyant croître le nombre
de leurs coheritiers:mais serace
jamais la une raison d'exclurede
la succession paternelle
ceux qui viendroienr un peu
tard à la partager ,
& de fixer
par les Loix le nombre desensans
habiles à succeder?
Que deviennent donc les
raisons de bien public
, pour
retrancher aux Jc suites les
droits que la natureleur donne,
& que les Loix leuront as
sûrezjusqu'icy ? Il n'est pascontre
le bien public que les
sujets des Congregations de
l'Oratoire
,
de la Mission,da.
l'Union Chrétienne :) conservent
tous jusqu'à la mort la
)joiiflince & la proprieté de
¡leul'5 biens;qu'ilspuissent toûjoursen
disposer, & mêmeen
faveur des Congregations où
ils vivenr. Comment donc
pourroit il estre contre le bien
public de laisser aux Jesuites de
[France juTcjua leurs derniers
"Voeux le seul droit qu'ils se
sont reservez de rentrer dans
leurs biens,au casqu'ils soient
obligez de rentrer dans le fiecIe?
Dans toutes ces Congregations
les sujets peuvent enlever
à leurs familles tout ce
qui est à eux, sans qu'on ait
crû jusques icy devoir y apporterd'obstacle.
Un Jesuite,
tandis qu'il est Jesuite, n'oste
rien à la famille ; il ne se reserve
que le pouvoir de reprendre
sesdroits,&cela pendant
letemps que la Compagniel'éprouve
pour l'admettre
aux derniers voeux: peuton
le réduire à moins? Entre
les Jesuites que la Compagnie
rient dans les épreuves, elle en
congediera peutestre quatre
ou cinq sur cent: cft ce là dequoy
s'allarmer pour le bien
public?
Mais les Jesuites qui sont
encore dans le temps d'épreuves
,qu'ont-ils fait plus que les
autres sujets des autres Congregations
,pour les vouloir
fairechanger d'étatmalgré
eux, en les dépouillant des
droits que la naissance leur
donne, queleur Institut permet
qu'ils conservent,qu'un
Edit du Prince autorité ? C'est
sur lafoy de cet Edit qu'ils se
font engagez à la Compagnie
par des voeux simples
; c'est
dans l'assûrancc que si elle ne
jugeoit pas à propos de se les
engagerpourtoûjours
,
engager pour toûjours) ils
pourroient au moins reprendre
avec la dispense de leurs
voeux Luipremieretat&leurs
droits dans le siecle. De[oO'i.[
aujourd'huy à Ï) cet Editiliefc,-
roit ce pas les autoriser à reclamer
contre un engage-
1TIent dont on changreroit une
des conditions des pVlfus essentielles,&
faire par là une playe
mortelleàla Compagnie?
Ilest vray que des familles
se trouveront quelquefois surchargées
d'un sujet que la
Compagnie aura congedié.
Mils quelest le plusjuste,ou
qu'unefamille reprenneun fujet
que la nai flTmce luy donne ;
ou que la Compagnie qui ne
a pris qu'a l'esty
,
le gade
sans pouvoir s'en aider? L'avantage
de quelques familles
ooit il l'emporter sur l'interest
pital d'un Corps de Religieux
,tous dévoüez par leurs
emplois au service du public?
Comment la Compagnie
oourroitelle les soûvenir ces - emplois, si elle n'avoir des sujets
éprouvez? Et comment
seroient ils tels, si on luy ôtoit
: moyen de leséprouver? Ne
souvant plus en renvoyer atrés
les premiers voeux ,
sans
.taindre de les voir réduits à la
~endicité,nese verroit-elle
pas comme forcée d'en garde
plusieurs qui ne luy convien
droient point,&peut-estre
même au péril d'en estre des'
honorée au dehors? D'ailleurs,
combien d'enfans de famille
& de bons su jets seroient détournez
d'encrer dans la Compagnie,
par la pensée qu'ils se
trouveroiont un joursansressource,
s'ils venoient à en sortir?
Souffrir des sujets défectueux
, manquerd'en recevoir
beaucoup de bons, ce seroit la
suite inévitable du ch angementessentiel
qu'on voudroit
faire à l'Institut de la Compa-
'Â
nie,par la suppressiondel'E-
~t dHenry le Grand. i- : Mais les Jesuites croyent
>YOII tout lieu d'esperer dela
bonté&delajustice duRoy,
»ue s'il y avoit quelque chanixment
à faire à l'Edit
, ce
~roit en leur faveur qu'il deçoit
être fait. Sa Majesté
j'ignore pas que son glorieux.
,yeul ,enrétablissant les Jesuites
en France par son Edit
croit voulu les y remettre sur
la même pied où ils y avoient é ; qu'ilnecroyoit pas qu'ils
Iwflcnt être moins bien traitez
~ns ses Etats, qu'ils l'étoient
danstous les autres Etats
<
monde,&tlvzlesPiotiftî
mêmes ; qu'il étoit rcfolu
ainsi qu'il l'avoir -fait dire ;
Pape de faire dans la fuite
petit à petit ce qu'il n'avo
pas pû fairetout à uncoup)
ce sont ses propres paroles
qu'il accorda même aprés fo
son Edir à des sujets de (
Compagnie quin'avoient p
encore fait leurs demie
voeux, dy recevoir des su
cessions pour en disposerain
qu'ils le jugeroient à propos
'&qu'ifdonna une Declar^noi
surcesujet. Seroit il rien 1
plus naturel,que le Koy vou- fûtconsommer en faveurdes
suites, un ouvrage que son
tglo.ricux Ayeul n'eût pas le
temps de conduireà sa fin,
ainsiqu'ille desiroit ? Et que
ce qu Henry le Grand croyoit
devoir àla Compagnie il y a
plus d'un fictlc, Loüis le Grand
crût pouvoir l'accorderaux
services qu'elle n'a depuis cessé
berendre à1Erat?p
L'esperancequ'auroientles
Jesuites de se voirremis dans
tous les droits que leursConstitutions
leur donnent, pourroit
paroître d'autant mieux
fondée, que le temps & l'experience
en ont levé le plus grand
obstacle, par l'établissement
de diversesCongregations,où
l'on conserve jusqu'à la mort
la joüissance & la propriété de
ses biens. Un tel usage a pû
paroître d'abqrd sujet à desinconveniens
:mais en pourroiton
trouver aujourdhuy à laisser
aux Jesuites pour le temps
que laCompagnie les éprouve,
le droit dont depuis longtems
on voit joüir sans inconvénient
les su jets de plusieurs
Congrégations pendant toute
leurvie>„
Les
Les Je1ùicesjileltvray^onc
[ Religieux dés le moment qlJils
ont fait leurs premiers
voeux:mais ils ne le sont en-
> coreque par les VCCJX simples,
) en fortequ'ils peuvent cesser
) de l'estre : la qualité de Rcligicux
ne sauroit donc préju-
) dicier en rien à leur droit. Le
voeu simple de pauvretéqu'ils
ont fait, ne les a pas dépoüillez
davantage,selon leurs Cons-
; titutions
, que le voeu simple
de pauvreté ne dépouille ceux
qui le font chez Messieurs de la
Mission,chez les Filles de l'Union
Chrétienne; & l'engagement
des voeux simples n'est
pas plus irrevocable pour un
Jesuite que pour les sujets de
ces Congrégations. En un
mot, l'Eglise qui a déclaré les
premiers voeox des Jesuites
voeux de Religion a déclaré
aussi quecesvoeux ne les dépoüillent
point de la propriété
de leurs biens. On ne peut
donc pas conclure de ce que
les Je suites font Religieux par
les voe.¿x simples
,
qu'ils sont
aussi incapables de rien posseder.
L'institution des voeux
CLnr de Droit Ecclesiastique
,
il n'appartient quaiEglise,&
d'en établir la forme
,
& d'en
interpreter les obligations.
-
Il seroit même du repos puolic
que les Jesuites reprissent
en France leurs droits, ainsi
JJJU'IISenjoiiiflent par tout ailleurs.
Conservant alors jufigu'à
leurs derniers voeux la
joüissance de leurs bienslors-
Jou'lls seroient congediez par
a Compagnie, ils n'éprouveoient
pas les difficultez qu'ils
prouvent aujourd'huy pour
"en remettreen possession. Et
iVeft-làla vraïe source du trou-
~ole des familles. La longue
joüissance d'un bien fait qu'on
s'accoûtume à le regarder con
me propre:&accoutumé qu
on est à le regarder comm
propre, on ne peut plus seré
foudre à le rendre. Delà le
violences, les contestation
qu'ont eu à essuyer depuis l'
dit, les Jesuites que la Com
pagnie a congédiez. Ce n'es
donc pas véritablement 1
droit des Jesuites qui troubl
les familles,c'est la restrictio
de leur droit, qui fouve
a troublées par l'avidité de
coheritiers à laquellecette~res
triction a donné lieu. Juftc
raisons pour lesJesuitesde Tou
haitter & d'esperer mesme
d'estre remis par le Roy dans
tous leurs droits. Ce seroit une
grande joye pour eux de revoir
sur ce point, comme sur
tout le reste
,
l'uniformité de
laCompagnieétabliedans tout
le monde.
DE SACY,Avocat.
Touchant les droits cL1 ceux queq
*7 les JftitescongtdlLnI dt, Icuril
Compagnie , avant cjutlsy*
aytntjait les derniers vaux,,
Il faut par rapport à l'affaire
presente diviser en deux classes
les sujets qui forment le corps
de la
-
Compagnie de JEStis.,
La première elt composée de
ceuxqui après deux années des
Noviciat ontétéadmis à faire
lesvoeux simples de pauvreté
de ch;«H:aé;&. d'obeïssance. La
fcconvjQcIdflîtlt Compofeç de
ceux qUI après un certain nombre
d'années pssees dans la
Compagnie depuis les. premiersivoe
X:, ont, EFTEADMIS;À
fjire les VCCJX lotemnelsdela
Profession.. "','
: ParlespremiersvoeuxunJe
;
suites'engageàyjvré)perpctuellement
dans la Compagnie,
supposé qu'après l'avoir
éprouvé dans Xes fonctions
pendant un certain temps,elle
lIejugo,) propre à les remplir
pour toujours. Cetengagement
n'est doncque condi~ -
tionnel; la Compagnienes'cn.
gageant de son costéà garder
celuyqui le contracte, qu'autant
qu'elle le trouvera bon,
aprèsl'avoir éprouvé.Aussi ceg
voeux (impies Ce sont-ilsen
particulier, sans que la Compagnie
les reçoive : ils lient le
Jesuite à la Compagniesans
que laCompagnieiclieàluyj
Par les voeux de Professîon
l'engagement eû mutuel entre
leJefuitc & la Compagnie.
Le Jesuite s'engage alors à vivre
perpétuellement dans la
Compagnie, & laCompagnie
l'y reçoit pour toujours. Le
temps
temps dépreuve estfini: l'état
d'un Jesuitedevient fixe,com-,
me celuy de quelque autre Religieux
que ce soit qui a fait
Profl ssion.
La différence qu'il faut mettre
icy entre la Compagnie &
entre les autres Ordres Religieux
; c'est que dans tous les
Ordres Religieux
,
il n'y a
iju'un seul temps d'épreuves ,
au bout duquel on fait la Prosession
; au lieu que dans la
Compagnie il y a deux temps
d'épreuves, tres differcns l'un
de l'autre. Le premier cft le
Noviciat de deux ans ,au bout
duquel on s'engage par les
voeux sim ples. Là commence
le second temps d'épreuves,
pendant lequel la Compagnie
exerce ses sujets dans les fonctions
qui luy sont propres;&
ces secondes épreuves se terminent
par une troisiéme année
de Noviciat, pour se difsposeriauxovoeuxnde
la .Prof.:£: C'est seulement, comme
on l'adit, par ces derniers
voeux, qu'un Jefuitc cft engagé
irrévocablement & sans
retour. Mais cela n'empêche
point que parles voeux simples
qu'il fait après le premier Noviciat.,
ilne devienne véritablement
Religieux. Il est Religieux
,
mais il peut cesser de
l'estre
, parce qu'il n'est pas
Religieux Piofés. Jusqua la
Profession
,
la Compagnie a
droit de le congédier en le dispensant
de sesvoeux; & en cc
cas il devient absolument libre
,
capable de tous les emplois
civils; il peut même, s'il
n'est point dans les Ordres,
contracter un légitimé' mariage
sans autre dispense que
celle qui resulte du congéque
le General de la Compagnie
luy donne. B ij
Telest l'Inftitut de laCompagnie
,
fciemncllcmcnt approuvépar
les SouvsrainsPonti
ses, lefquclsen l'approuvant,
ont établi un droit nouveau
en ce point,quejusques-làil
n'y avoit que lesvoeu x de Pro.
session qui donnessent proprement
la guaJitç de Religieux.
Etant une fois Religieux,'c'éstoit
une necefifjt,é de l'estre
toujours; parce qu'on ne l'étoir
que par la Prose ssion, qui
ne laisse point de retour au siecle.
Mais les Souverains Pontifes,
en approuvant le Corps
des Jesuitescomme un Ordre
Religieux,ont voulu que ceux ui s'y engageoient, & qui en
devenoient membres par les
ACCUX simplesdepauvreté,de
chasteté & d'obéilfancc
,
fussent
aussi parlà devéritables
Religieux. C'est unpoint de
Droit Ecclesiastique que l'Eglise
a ratifié au Concile,de
OTreitte,^ qui aétéreçû sans
concradiction dans tous les
Etats du tnondc,
Il n'est pas difficile de penetrer
le* raisons qui ont porté le
Saint Fondateur de la Compagnie
à y établir un si longtemps
d'épreuves. Par rapport
à la nature &à la multiplicité
des fonctions qu'il embrassoit,«
illuy filloit des sujets qui eussent
& une vertu à l'épreuve,
& des talens qui ne peuvent
se développer dans letemps du
premier Noviciat. Ce qui est
essentiel à l'état des autres Religieux
,
ils le pratiquent des
leur entrée dans la Religion :
ce qu'ils y font pendant une
premiereannée, c'cft ce qu'ils
doivent la plûpart faire toute
la vie. U.1 Jesuite au contraire
hors les exercices de la vie In-'.
terieure, ne fait rien dans le:
premier Noviciat de ce qui
doit l'occuper le reste de fcs
jours. Il luy est essentiel d'être
employé au ministre des
âmes ; il faut qu'il enseigne ou
qu'il prêche; il doit estre prest
à passer dans les pays les plus
barb ires, pour y annoncer la
foy. Or comment dans les simples
exercices du premier Noviciat
,
qui est uniquement dcftiné
à la retraite & à la priere,
la Compagnie pourroit-elle
s'assûrer qu'un sujet est propre
aux - emplois du dehors qui
sont sa fin principale? Comment
pourroit-il s'en assûrer
luy même? Il est donc neces-
1'
faire de l'éprouver dans l'exercicc
de ces emplois, avant qu'il
s'engage sans retour à les remplir
toute sa vie.
Telles ont esté les vûës de
S. Ignace,pour ne borner pas
au premier Noviciat l'épreuve
de ceux qu'il devoit admettre
dans sa Compagnie par les
voeux irrévocables de la Prosession.
Mais comme il eOoira
craindre qu'en differant trop
longtemps de fixer leur état,
quelques-uns ne succombassentau
dégoût d'une épreuve
longue & penible ; il convenoit
dopposerà leur inconf- ', tance
,.
tance l'engagement des voeux
simples. Ces voeux les lient as-
(lz, pour qu'ilsne puissent plus
reculer simplement par legereté
: mais ils ne les lient pas
non plus tellement , qu'ils ne
[puiffent'Cire déliez pour des
raisons legitimes. -Aureste>S.Ignaceen pretnant
ainsises avantages pour leCorps Religieux qu'il avoic
à former, a pourvû aussi avec
toute la sagesse-possible à lavantage
de ceux qui devoient
s'y engager. Pour cela il leur
laisse dans le siecle jusqu'au
moment de leurs derniers
voeux, tous les droits que la
naissance leur donne.Il n'exige
d'eux que les voeux simples de
pauvreté, de chaLteré)d'ob¿i'f.
sance; & ce voeu simple de
pauvreté consiste uniquement
àse dépouiller de l'usage libre
de ses biens.
Il elt vray que le S Fondateur,
pour la perfection particuliere
des sujets de sa Compagnie,
voudroit qu'ils fussent
tous aff, z détachez, pour disposer
de leurs, biens dés qu'ils,
entrent dans la Compagnie,
& pournese laisser plus dercC---«
source dans le siecle. Il veut
même que des le premier Noviciat
,
ils promettent, sans
meanmoins s'y engager par
voeu,d'abandonner r leurs biens,
,yoeij,d ab,indonncr leurs quand le Supérieur le leur ordonnera
pour leur plus grande
perfection. Maisil ordonne en
iroèmc tems aux Superieurs de
me permettre pas aux particuliers
de se dépouiller de la forte
,
si l'on ne s'est auparavant
bien assuré de leur perséverance
dans leur vocation; & il
veut qu'on neprocédé jamais
en cela qu'avec une mûre deliberation.
rAj Juiqu'à cette abdication
volontaire qui dépend de la
volonté du Superieur, & qui
n'est point du tout attachée
aux premiers voeux , comme
on le voie, un Je suite qui n'a
fait que ces premiers voeux conferve ,
,
fclon les Constitutions
de la Compagnie
,
l'entiere
propriété de ses biens acquis;
il a le même droit de succeder
, que s'il étoit encore
dans le siecle; il peut disposer
selon les loix de ce qu'ila
,
de
ce qui luy échoit. Et qui les
luy donne ces droits? c'est sa
naissance. Il les avoit avant
que de faire son voeu de pzu.,
vreté: il n'y renonce pas en le
faisant : illes a donc toûjours
au même titre. Ce qu'il conserve
de droit sur ses biens
, cecyest tout-à-fait digne
d'attention) c'est à sa naissance
cule qu'il en est redevable :
d'être Religieux sansêtreobligé
de renoncer à ces droits
c'cft à son état qu'ille doit.
Et icy se découvre une erreur
confijerable de bien des
gens sur le point dont il s'agit.
Ce ne sont point, comme ils
se l'inlaginent les Constirutions
& les Bulles des Papes qui
donnent à un Jesuite jusqu'à
ses derniers voeux la propriété
& la jcü;{f..nce de ses biens, &
qui le rendent habile à succeder
: son droit sur cela n'est
que le droit naturel, à quoy
les Constitutions & les Bulles
ne font aucun obstacle, en ne
l'obligeant à y renoncer, que
quand il fait les derniers voeux.
Au reste, levoeusimple de
pauvretéjtel qu'on le represenle
ici,n'en poinr particulier aux
Jesuites.Mcssieurs dela Mission,
les Filles de l Union Chrétienneen
font un tout pareil.
Dans ces Congrégations les
sujets retiennent la propriété
de leurs biens; ils en peuvent
disposer par dons, par tesla.
mens;ils perçoivent des successions.
Tout l'engagement
qu'ils contrarient en voüant
la pauvreté,c'estde n'user de
leurs biens que fous le bon
plaisir de leurs Supérieurs; &
les Jesuitesen sinsant leurs
premiers voeux, ne font rien
de plus à cet égard.
Nousavons exposé jusquesicy
le veritable plan de l'Institut
des Jesuites par rapport
à l'affaire presente; & leurs
droits, dans l'étendue que
nous leur avonsdonnée, y font
si clairement marquez, qu'il y
auroit de la temerité à vouloir
formerla moindre copieration
sur ce point. Aussidepuis
l'Indication de leur JCotn.
pagnie, ils .oni partout joui
pleinement&constamment de
ces droits; & ils en joùissent
encore dans tout lemonde
Chrétien, hors la France, même
dans les Etats Protestans
où ils font établis, sans qu'il
leur soit causé le moindre
troubleàcesujet. - Ht
Ils en ont même joui en
France sans aucune modification
, jusqu'au temps où ils
furent obligez d'en sortir. On
le démontre par divers Atrêts,
& entre autres par ceux que le
Parlement de Paris rendit le
Oâobres585. en saveur
de Robillard, & le 13. PC"
cembre 1592. en faveur de la
Grange, tousdeux efhnt dans laCompagnie, qui certainement
étoit alors reçue & regardée
comme un 01.dce Religieux.
C'est ce qui est incontestablement
prouvé par ces Arrestsmêmes
que les Jesuites
produisent, & par l'Arrest de
Noalhes rendu dans le même ¡,.>'
temps au Parlement de Toulouse,
quiest aussi produit. Les
Auteurs contemporains&autrois
conviennent unanimement
que ces Arrests ont esté
renias uniquement sur la difsérence
desvoeux des Jesuites;
ces témoignages font rapportez.
Les Jesuitesproduisent
aussi les Lettres Patentes, où
les Bulles qui approuvent u
confirment leur Influât font
rapportées. Ils produisent entre
autres les Parentes de Charfont
levéesles modifierions
& les icitriâtons de l'Assc de
Poissy, par lequel ils n'avoicnc
été reçûs dans le Royaume que
comme Collège & Société }
celles du même Prince du mois
de FévrierIJ74. enregistrées
au Parlement de Paris, qui autorisent
l'Inflitut des Jesuites
& la fondation des Maisons
Profcfles fondées & à fonder
dans la fuite. Celles d' Henry
III. du mois de MlY 1580.
pareillement enregistrées, qui
rappellent & confirment les
précédentes.
Les deux Arrêts rendus au
Parlement de Paris en faveur
de deux Jesuites, & qu'on rapporte
comme les plus proches
du temps, où la Compagnie
fut obligée de quitter le RoïHJmeJfone
voir quelyétoitson
dernier état avant l'Edit par lequel
Henry le Grand, de gto.
rieuse mémoire
,
voulut
bien
l'y rappeller.
Les per Tonnesen place qui
étoient alorsopposéesaurétabh{
f:m,:nc des Jduires, insiftoienr
particulièrement auprès
du Roy sur lafing-Varité d'un
Corp) Religieux
,
donc les sujcts
con servoienc a près leurs
premiers voeux des droits de
propriclé & de succession inconnus
aux auu es Or dres: &
l'on exageron fort les inconvemiens
qu'il pourroit y avoir
à le (V'ufFur. Ce Prince par une
condt(ccndancc dicme de la
fagclle pour ceux qu'il trouvolt
d'un avis contraireau fien,
crut qu'il falloit un peu ceder
au temps, & apporter aux
droitsdontil étoit question,
un tempérament, quisansruiner
absolument rinftitut des
Jcsu,ltes,dcvoit contenter leurs
advcrfaircs. Ce temperameric
est renfermé dans lart. V. de
l'Edit. Envoicy les termes: Quccyaprès tous ceuxde laditesocieté,
tantceuxqui ontfait
lesvauxfimples feulement, que
lesautres. ne pourront accruttir
dans notredit Royaume aucuns
biens immeubles par achat, dona.
tion ou autrement, sans notre permijjton.
Nepourrontaujjïaux de
ladite Sociétéprendre ni recevoir
aucunefucajjion ni directe ni collaterAle,
non plus que les autres
Rrltgitux. ET NEANMOINS AUCAS
QUE PAR CY APRE'S ILS
F JSSENT LICENTIEZ ET CONGEDIEZ
PAR LADITE COMPAGNIE
, POURRONT REN-.
TRER EN LEURS DROITSi
COMME AUPARAVANT.
Il cit vray que cet Edit ne
sur corrglfire au Pai hITIent
iqu"ipié.%dcs rcmoniranccs failcs
au Roy & de sccondes Lettres
de ltflicn; & qu'au temps
de l'cnreg:ltrco1cnt) il fut arfêté
par la Cour,que le Roy
ycroîl tres-humbhmtnt supplie
pourvoirparune Déclarationàce
ue ceux qui auroientétéquelque
temps dans la Société, ntpûffint
iire reçusaux partages , pour le
trouble qu'ils apporteroient aux
familles, Mais cela montre d'un
lôré
,
combien le Roy avoit
de sortes raisons de maintenir
îledroit des Jesuites;&delautre,
que le Parlement le tenoit
lié sur ce point pat l'Edit, tuC:
qu'à ce qu'il y fût derogé par
une Declaration de Sa Majefté.
On ne sçauroit deviner sur
quel fondement quelques personnes
ont dit que les Etats de
1614avoientaussi demandé
au Roy de fixer un temps aux
Jesuites
,
après lequel sortant
de la Compagnie ils ne pour
roient plus être reçûs à partage.
On ales cahiers imprimez
de ces Etats;iln'yestparlé des
Jesuites que dans le cahier des,
Ecclesiastiques à l'articlesixiéme
i
me qui fut accordé par le Roy.
..e voicy : QjSattendu le fruit
we font journellement les Peres
efuitrs, tant a l'avancement de
« Religion,cjuel'inlfruétion de
1 jeunesse, il plaise à VoftreAfa-
^fiéque leur College de Glermont
sur foit redonné avec leurs anlevmes
fondations, £r les voulutconserver
& prendre en i/oie
protection
, & qu'il en foit
vttid'autres dans chacune des bon.i
zs Villes de ce Royaume
)
aufmlles
ilsferont demandek par le
Ilnfentement desdites Villes
1 &
:
fotimettant par eux aux Loix
m Statuts de l'TJniverfité.
Pour revenir à nôtre sujet,
tel devint l'état des Jsuites en
France par l'Edit de leur récablissement,
qui changea Tan-"
cienne Jurisprudence. Ils ne
pûrent plus succeder à aucun
bien
, comme ils faisoient &
font encore par tout ailleurs
avant leurs derniers voeux, &
comme ilsavoient toûjours
fait en France jusqu'à l'Edit :::
mais il leur conferva cet Edit
le pouvoir de rentrer dans;
tous leurs droits, au cas qu'ils
fossent congediez par la Compagnie.
Or ce que l'Edit a laisse
;
aux Jesuites subsiste-t-il cnco.',
~Te? Et s'il eil: vray qu'il subsiste,
doit il subsister plus longtemps?
C'est ce qu'il en question
d'examiner aujourdhuy.
L'Edit, en ce qu'il declare
les Jesuites capables de rentrer
dans leurs droits, au cas qu'ils
soient congediezpar la Compagnie
,
subsiste-t-il encore?
Ec comment en pourroit on
douter? Y a t-il quelque autre
Edit qui y deroge ? Où est la.
Loy qui paroisse y être contraire.
:
Mais n'est ce pas une Loy
generale
, que tout Religieux
~estmort civilement,&ne peut
plus prétendreà rien dans le
siecle îOiiy, c'est une Loy generale
que tout Religieux Profés
ert mort civilement,&n'a
plus rien à prétendre dans le
siecle: aussi les J;:fuices Profés
n'y prétendent ils plus rien.
Ql'on parcoure routes lesLoix
du Royaume ; ce n'est que le
Religieux Profés nommément
,
qu'on y verra exclus
pour toujours des successions,
& jamais le Religieux simplement
comme Religieux, ja.:
mais le Religieux en general.
CCLOIXne contredisentpoint
l'Edu3 comme l'Edit ne déroge
en aucune façon à ces Loix.
Les Loix regardent les seuls
ReligieuxProsés, à qui le retour
au siecle estinterdit pour
toûjours;&l'Edit regarde uni-
~quement ceux d'entre les Jesuites,
qui n'étantencore Religieux
que par les voeux (imples,
peuvent en être dispensez,
& rentrer dans lesiecle
avec le congé de la Compagnie.
Or
,
dés-làqu'ils peuvent
rentrer dans le siecle., &
V reprendre leur premier état,
~ycontractermêmeun legitime
mariage, ce qui ne leur fut
jamais contesté;quelle justice
yauroit ilde leur y contester
les biens que la naissance leur
donne, au quels ilsn'ont pas
renoncé, donc ils ont besoin
pour eux & pour lesenfansqui
leur peuventnaître?
1
Un homme donne la plus
-
grande partie de son bien à un
ami,qui moyennant cela fait
un mariage considerable.Tandis
que lafamille du donataire
grossit, le donateur s'avise de
se marier luy-même;&au moment
qu'illuy naît un enfant,
sa donation devient nulle selon
les Loix ,& il reprend tout :
ce qu'il a donné. Comment
donc les Loix ôteroient-elles à
un Jesuite legitimement con-
~gédié de la Compagnie, & qui
a la liberté de le marier, le
droic de reprendre dans sa famille
des biens ausquels il n'a
pointrenoncé?
t" Sont-ils donc si coupables
ces hommes qui retournent
au siecle;parce qu'ils ne fc trouventpoint
avoir affcz de santé,
)OU certains talens nec ffaires,
pour fournir la difficile & pemible
carriere d'unJesuite?
Sont-ils si coupables
,
qu'on
noive pour cela les dépoüiller
~k~és droits que la nature leur
cs
donne,&qu'ilss'etoient sage.
ment reservez pour le temps
qu'ils éprouveroient leurs forces,
avant que d'être engagez
sans retour? Cette pieuse épreuve
qu'ils ont voulu faire
d'cux-Inêmes)cfi elle une raison
de les desheriter,& de les
mettre à cet égard au rang des
bâtards, ou des scelerats condamnez
pour toûjours aux galeres
? Les traiterat on plus
mal que des enfans vagabonds,
qui rentrent dans leurs
biens aussitôtqu'ils se fontreconnoitre?
Ce furent ces principes de
1equiré
l'équité naturelle, qui porterent
Henry le Grand à user de
toute son autorité pour aflii*
ret aux Jesuites par son Edit le
droit qu'on le sollicitoit de
leur ôccr. Nulle Loy n'y est
contraire à cet Edit:aucun auire
Edit n'y a derogé: il subsiste
onc encore aujourd'huy dans
route sa vigueur; & le droit
qu'il conferve à ceux que la
Compagnie congedie, cil toûjours
en son entier.
I- Si quelque chose pouvoit
oatoître y avoir donné atteinyc,
ce seroit une suite d'Arr êts
lui auroient été rendus contre
la dispositiondel'Edit,sur
tout dans le premier Parlement
du Royaume. Or ilest conftanr
que depuis l'Edit jusqu'à
1'.,ffjlredusieur lePicard d'Aubercourt,
on ne sçauroit citer
un seul Arrêt de cette nature.
On luy a objecté qu'un
Avocat écrivant en 1685.
dans uneaffaire des JrUlces
convenait d'une Jaritprudence
d'Arrêts opposéeàl'Edit :
mais c'est une méprise de cet
Avocat qui en cela a parlé dei
son chef Les Jesuites n'ont
jamais pûl'avoüer sur unetel-<
le fausseté
,
& ils le désavoüent
; i- 4111
jourd huy
,
aussi bien que
r ce qu'il a dit , qu'iln'y a
oint de differencepoul'enagcmcnc&:
le retranchement
u siecle entre leurs premiers
leurs seconds voeux. Desereurs
de fairne sçauroientnuià
la verité clairement prouée
par des Adtes. n
On a montrécydessus la
ifference essentielle des preoiers
& seconds voeux desJeuites
: & à l'égard de la pré-
:nduë Jurisprudence dont il glt) de trois Arrêts
,
les
,ulsquisoient intervenus sur
matiere jusqu'àl'affaire du
sieur le Picart d' Aubercourt,,
l'un est un Arrêt consenti crutre
les Parties, qui parconsequent
ne decide rien: c'est;
l' Arrêt de Martin du 23. ,No,
vembre1631. Les deuxau.
tres ont esté rendus dans i'afy
faire de Charles Begat. Le premier
qui est du 14. Mars;
1629. luy adjuge la succession,
de ClaudeBegat; & le second
quiest du 30. janvier1631.
enterine la Requête civile contre
le premier;, sur ce que
CharlesBegat se trouvoit avoir
fait les derniers voeux dans lac
Compagnie, & que d'ailleurs
ne produisoitau lieu deconé
qu'un certificat de l'avoir
btenu, & même uncertificat
rgué de faux. Il est manifeste
ue lepremier de ces Arrêts en
iveur deBegat,soy disant conedié
par la Compagnie,conrme
la disposition de l'Edit
faveur des Jesuites
: & que
:
second n'y eH point aire con-
; puisqu'il n'estfondé
Sue sur ce que Begat avoit fait
s derniers voeux, & ne proisoit
point même de congé
n forme, ce qui le mettoic
ors ducas de l'Edit.
Quelqu'un demandera peutêtre
icy commentBegat étoit
sorti des,Jesuites
,
puisqu'il
avoirfait lesderniers voeux,
C'estque parmy les Jesuites
les derniers voeux ne sont pas
Toujours les voeux de Profession
: mais ceux que la Compagnie
ne juge point a propos
d'admettre au degré de
Profés
,
font reçus par elle au
degré de Coadjuteurs spirituels,
Ces Coadjuteurs spirituels
ne font à la véritéque:
des voeux simples
: mais ils les
fDnr"en public entre les mains
du Superieur., & par ces voeux:
publics & reçus du Supérieur,,
ils deviennent, selon lesConstitutions,
incapables dequelque
succession que ce soit, &
font à cet égard au rang des
Profés. C'est là le cas où étoit
Begat, & ce qui le fit exclure
d'une succession qui lui avoit
d'abord étéadjugée conformémental'Edit
, en supposant
qu'il n'avoit encore fait
que ses premiers voeux.
Comme les Coadjuteurs [pi.
rituels ne font que des voeux
simples
,
ils peuvent toûjours
être congediez par la Compagnie
: mais comme en les faisantils
renoncent à rous leurs
droits, la Compagnie ne les
congedie jamais que pour des
raisons bien griéves. Et c'estlà
ce qui peut avoir donné lieu
à Begat de ne produire pas
son veritablecongé, où ces
raisons étoient peut être exprimées.
Quoyqu'il en foit
l'Edit , en faveur des Je suites
congédiez ne reçût aucune atteinte
dans sapersonne:voïons
si depuis il en a reçu quelqu'-
une.
Il subsistoit encore cerrainement
,
lorsque le sieur le Picart
d'Aubercourt en demanda
au Parlement l'cxccution en
sa faveur. En effet, la Cour en
1701. ayant jugé deffnitivement,
qu'ilne pouvoitêtre
debouté de sa demande sur le
fait particulier de l'affaire ,011
d'abord quelques-uns des Juges
avoient crû voir une fin
de non recevoir; Elle ordonna
par son Arrêt du 10. Mais
,
que S. M. feroit tres- humblement
fupphée d'expliquer ses
intentions sur l'Edit par rapport
aux droits des Je fuites
congediez par la Compagnie.
Le Parlement reconnoissoit
donc alors que l'Edit en faveur
des Jesuites congédiez étoit
encore dans toute sa force; &
il le reconnoissoit dans une affaire,
où tout ce qu'il s'est jamais
rendu d'Arrêts dans le
Royaume avoir esté produit ,
comme ils le sont encore aujourd'huy
par1esJefuites.Mais
il reconnoissoit aussienmême
temps, ce quiestcertain, qu'il
ne pouvoit légitimement prononcer
au préjudice de cet Edit
, à moins que le Roy ne se
fût expliqué d'une maniere à
l'y autoriser.
Il est pourtant vray que
s.
M n'ayant pas jugé à propos
de donneralors une
décision
générale,& ayant ordonné de
procéder au jugement définitifde
l'affaire particulière dans
l'état où elleétoit
,
lesieur
d'Aubercourt fut debouté de
les demandes par l'Arrest qui
s'ensuivit. Mais comme il ne
pouvoir plus Tertre par la fin
de non recevoir
,
sur quoy il
avoir g.1gné sa cause;c'est une
necessitéd'avoüer que le Parlement
se détermina enfin à juger
au préjudice de l'Edit, en
attendant qu'il plût au Roy
de s 'expliquer sur ce su jet.
Quelques personnes ont
prétendu que la Cour s'étoit
cruë suffisammentaucorisée à
juger au préjudice de l'Edit,
sur ce que l'ordre du Roy portoit
de rendre aux Parties la justice
cjuElle estimeroit leur estre
dûe. M us le Roy avoit il jamais
pu penser qu'Elle: pût
prouver de la justiceàjuger
formellementcontre un Edit.
auquel il declaroit actuellement
ne vouloir pas déroger.
C'est ce que l'Ordonnance
de S. M. condamne expressement.
Enjoignons aux Cours
l'observation des Edits tant au
jugement des procez qu'autrem,
nIJsansy contrevenir,ni que
fous prétexted'équité, bien public
, accélération de la 7ufilce
J ou
de ce que les Cours auraient à nous
reprtfenter, Elles, ni les autres
Juges, s'en pwjf-nt di.ff:>nfèr) ou
en moderer les diftofuions en quel
casy ou pour quelque cause que
ce soit. arc. 6. tit. I. de l'Observation.
1
L'Arrest du sieur d'Aubercourt
rendu au préjudice &
contre la disposition ex presse
de l'Edit ,;1 frayé le chemin à
un autre Arrestporté depuis
contre le sieur Boudart de
Cousturelle, Gentilhomme
d'Artois. Le sieur Boudart sur
les Traitez de Capitulation
,
les Déclarations & Lettres Patentes
de Sa Majclié en faveur
des Jesuites de Flandre
,
avoic
été maintenu dans tous ses
droits par Sentencecontradictoire
du Conseil d'Artois,
renduë le 21. ÑIJY 1711. La
seconde Chambre des Enquestes
par son Arrest du15.juillet
1712. annulla laSentence;
& le sieur Boudart fut débouté
malgre les Déclarations du
Roy pour la Flandre,ainsi que
le sieur dAubercourt l'avoic
étémalgré l'Editd'Henry IV.
pour la France.
- Les Jesuites n'ont pointété
jppciKzàcesjugemens: mais
ss voyant sur le point de si
multiplier, ils n'ont pas crû
ilevoir garder un plus long sibnce.
On en auroit peut-estre
Iré avantage contre eux; &on i feroit persuadé qu'ils ne
prennent point de part à fin
Tadtion de l'Edit, s'ils avoient
11tendu- plus,longtems à s'en
Plaindre.
LAfrest du sieur Boudarc
fiant dans une espece étrangèreàjPEdi-
t, il ne se trouve
incoreapréstoutd"Arteft conxe
la disposition de cet Edit)
que 1Arrête du sieur d'Aubercourt.
Or un Arrest contre lequella
partie- est en état & en
voye de se pourvoir en cassation
,
& contre lequel l'Edit
même & les Ordonnances de
S. M. sont un moyen certain
&infaillible decassation, peutil
estre serieusement opposé.
aux Jesuits&appellé la Jurisprudence
des Arrests? Des Arrests
contre un Edit peuventils
faire Loy au préjudice de
l'Edit ? C'est au Prince seul à
changer, à revoquer les Edits.
Ils subsistent donc, tandis que
le Prince n'y a point derogé:
&,
y tandis qu ils subsistent, bien
oin que les Magistrats puisent
les abroger par des jugenens
contraires, ce sontleurs
ogemens mêmes qui sont
lors reformez selon les Edits.
Il ne leur est pas même pernis
dans les doutes &lcdlfii.
ultez sur le sens des Edits, de
i:s interpréterpar leurs jugenens,
avant que d'estre ins
puits des intentions de Sa Ma C'est ce que portent les
Ordonnances : Si dans lespro-
':{ qui seront pendans en nos
ours
,
ilsurvient quelques dou-
~s ou difficultezsuraucuns articles
de nos Editi, Déclarations (Y
Lettres Patentes : Mous leurdéfendons
de les interpréter ; mais
voulons opuElles tryent à Je retirerpardevm
Nous,pour apprendre
ce qui Jera de nostre intention.
¡.
Mais en attendantque le
Roy foit consulté ,ou bienSa
Majelté différantàdeclaer ses;
intentions, si lesCourscroient
devoir prononcer au préjudice)
des Ordonnances, & qu'il foie!
intervenu consequemment un
grand nombre
d'Arrestscon-l
foriiics;cccre multitude d' Arrefis
ne fera-t elle pas une Ja-j
1
risprudence? Non:car surune
question decidée par quantité
d' Arrests qui avoient formé
uneJurisprudence presque uniforme
dans toutes les Cours
contraire aux articles 57. &
58. de l'Ordonnance de Moulins,
ileft dit dans la Dcclaration
du Roy, enregistréeau,
Parlement de Paris par Arrest
uneJurisprudence estant contraire
à une Ordonnance
, ne
peut eltre solidement établie
K]ne par une Déclaration quiy
deroge. Pour cet effet, le Roi
ed ecl are qu'ilveut bienamoriser
ces Arrests; & pour le faire,
il dérogéexpressementauxarticles
57. & jg de l'Ordonnance
de Moulins.
1
:
Delàil resulte évidemment,
que quelque nombre qu'on
pût produire d'Arrests contrai.,
res à l'Edit de 1603.en faveur:
des Je uites congédiez, ces Arrests
feroient nuls aux termes
des Ordonnances,&ne pourroient
avoir de force, qu'au-j
tant qu'il plairoit au Roy de
les autori fer
, en dérogeant àj
l'Edit dont les Cours nausoient
pas suivy la dicpofition.
Déclarons tous Arrests cr
Jrte-',
Lynl&ca&p, DVLJ^rctdZc)c-Tt^mctftcdrt
1
- 1
,
il 3 Y- i JPclsjeez^ucxttLoc,ioiws pcwscz^ coup ciici
<9omjcn^à^iusS't-uastc- taurOl
-
1 '1 ,. If joitur ele.cilarniespow* nioy>*_A£eribertfn-*clcgsjc dGl '¿.ILrurc. -
JLJvu 1 : I.. t~.y. 1*1I|»1-? l7C/"Coy-, cotltvunt J«d att-r- ¿L
.: ttcrfjrci^xnyver jue &--Il-,f
convient Seul emoz
Civ
_r
huuOtt Jm.è[;¡:é?aJ me. hvrc,Peufis
mens quiferont donnfZ contre la
disposition de nos Ordonnances,
Edits çy Déclarationsynnls fY
denuleffetcmvaleur. Art. 8.de
l'Ordonn. titre 1.
A la vérité l'usage est quelquefois
l'interprète des LOIX:
mais c'est des Loix que l'usage
même a établies,& non de celles
qui font portées dans les
Edits du Prince. Il n'appartient
qu'au Prince luy même, ainsi
qu'onla déjà dit,à les interpréter
ces Loix
, ou à y deroger
,
s'ille trouve bon: jusques-
là l'usage qui y seroit
É
gardé que comme un abus à
reformerselon la teneur des
Edirs qui lesrenfrrment.
Mais s'il est vray en toute
matiere quenul nombre d'Ar.,
restsne peut abroger un Edir„
il l'est sur tout dans la matière
pre fente, où il s'agit de TétaC
des hommesqui ne Içiuroitfis:
pre scrire. Etant attaché à leur
naissance, il est du droit public
& pu consequent il ne peut
estre changé que par la Loy::
Qvoe funt publicijuris, sola leges.
dari, sola lege adimi possunt.
Cest sur ces principes que:
feu M. Erard, Avocatcélébré,,
consulté sur l'affaire du sieur
bd'Aubercourt
,
s'explique en
xes termes dans sa Consulta-
Kion du 1j Novembre 1699.
UEditde1603. quiconferve
.Yxprfjfément le droit defuccedcr
y,,r tous les effets civils a ceux
uiferont congediez par la Compagnie
des ¡t'fuites
, & qui portent
qu'ils rentreront dans leurs
k/roits
,
na eslé changé par aucun
vautre E-dit ni Loy du Royaume.
)sAlnfxcess une LOy (ubfiftantc que
tious lesfijetsfont obligezdfui.
\jvre. VArrête que la Cour mit
ur[es Registres enfuite de la verification
de cet Edit,ne peut pas
3
ne
en empêcher l'execution : ce riétoit
qu'un voeu qu"elle faisoit
y qu'ilplutau Roy fixer un terme
vour la sortie de cette Societé.
Mais elle ne le fixe point, (7
elle reconnoit même par-là, qu'il
n'appartient qu'au Roy de lefixer.
Elle luy en a fait lafûpplication
: il n'y a pointeu d'égard, eil a latjjel'Edit dans son entier
: son refus efi encore une confirmationsurabondante
de la dif
position de l'Edit. Or cela étant,
les Juges peuvent-ils juger contre
cette dispositionsPeuvent-ils donner
atteinte à l'état d'un homme
qui s'ejt engagé dans la Société
des
des Jesuites
, (y qui en (si sorti
lafoy de cet Edit?
Que peut-on donc oppo.
ser à un particulier, qui avec
uncongé légitime de la Compagnie
se pre fenre pour ptentHrc
sa part dans l'heritagc de
Tes percs ?Je redemande, die-
1,1 ce que la naissance m'a don-,
né ,& à quoy je n'ay jamais
renoncé: sur quel fondement
me refu reroit-on ce quiest veritablement
à moy ? Ou est la,
loyquime dépouille de mon
troit naturel? J'en voy une
qui m'ymaintient,c'estEdit
D'Henry le Grand: qu'on me
montre celleen vertu de laquelleon
voudroit ncdfcsheriter
,
& changer mon état. La
Loyest précise en ma faveur
:
en vain doncm'opposeroi ")0
une prétendue Jusprudence
des Ârrets:j'appelleray deces
Arrests à la Loy
,
à tEdtr du
Prince ; c'est la regle des juftesi
Arrets. La Loy me laisse la 11-:
bertéde m'établir dans le monde,
d'entrer dans des Charges:t
comment donc pourroit-oni
prérendrequ'elle me dépouille:
du bien que le me fuis reservé,
& qui m'estnecessairepourcet
effVi ? La Loy ne sçauroitainsi
se contredire.
MJlS si ce Jesuite-étoit le
seul héritier d une famille riche
& honorable, comme il
est arrivé, & commeilpeut
arriver quelquefois; ne seroit-*
il pas odieux d'en transporter*
les biens à descollatéraux,plûtôt
que d'en laisser jouirl'hériticr
legitime,qui n'a rien fait
qUlldépoüdle »& qui esten
état de perpétuer le nom de
ses peres? Et qui doute que ce
ne fut-là violer les Loix si uni.
versellement,& si Ggemenc
établiesdanstout leRoyaume,
qui rappellent aux successions
la ligne dircte àl'infini, pour
porter) s'il se peut, à l'infini
le nom desfamilles?
On se flattedavoir suffisamment
éclairci la premicre
question
,
sçavoir sij l'Edit
d'Henry le Grand en faveur
des Jesuites congédiez subsiste
encore. Oui, cet Edit subsiste:f
& les Jesuites congédiez par la
Compagnie peuvent encore
aujourd'huy,ainsi qu'ils l'ont
toujours pû
,
reprendre dans
le siecle tous leurs droits. Mais
cet Edit doit-il subsister plus
longtems ? Henry le Grand a
déjà limité les droits des Jesuites
, en leur ôtant aptés leurs'
premiers voeuxle droit de joüir
& de disposer de leurs biens,
& ne leur biffant jusqu'aux
derniers: voeax que le seul droit
d'y rentrer, au cas qu'ils fuCsent
congédiez par la Compagnie.
Ne convient-il pas de
le modifier encore ce droit
,
:OU, de l'abroger même tout- àfait
, en reduisant les Jesuites
aurang de tous les aurres Religieux
î C'estla secondé quef-
:éofëiqji'il nous resteà examine*.
.;, Me ferat-il p, ermis de de.
mander icy si les Jesuites depuis
qu'ils ont été rappeliezen
France par l'EditHenry. le
Grand
, ont mérité par quelque
faute*qu'on ule envers
eux d'une nouvelle rigueur ?
Les temps doivent ils être aujourdhuy
plus fâcheux pour
eux, qu'ilsne l'éroienralors?
Les services qu'ils onttaché
de rendre à l'Etat depuis leur
rappel*, ne semblent ils pas au
contraire demander qu'onleur
rende
-
ce qui leur fut ôré dans
ces tem ps de disgrace';rp!&ôc
que de leur ôter ce gu't!..nry
le Grand
,
malgré tout ce qu'il
trouva d'obstacles
,
crur'devoir
alors leurconserver fii
C'dl
,
diton, l'interêt public
qui demande qu'on reduifc
les Je suites sur le pied des
autres Religieux. Mais l'interêtpublicn'est
il pas lemême
à cet égard dans tous les Etats
du monde Chrétien, où les jfuites non seulement reprennent
leurs droitsquand ils
sortent de la Compagnie avant
leurs derniers voeux ,
mais où
ils joii'fTcnr & peuvent disposer
de leurs biens dans laCompagniemême
,
pendanttout
le temps qu'elle les éprouve?
On ne les inquiète là dessus en
nul endroit du monde.
En second lieu, ce qu'on
semble trouver aujourd'huy si
contraire au bien public, fut
tant de fois & en tant de maniérés
representé comme telà
Henry le Grand, avant que
soônEdit fût enregistré. Ce
grandPrincedontla fagelfc
sur encore au dessus de sa valeur
,
après avoir tout entendu
, tout pesé
, en jugea autrement.
Il crut faire assez pour
lesfamilles,quedoter aux Jesuites
, tandis qu'ils le seroient,
la joüssance & la disposition
de leurs biens. Dépoüiller absolument
de leurs biens des sujets
qui n'y renonçoient point
par leurétat,&neleurlaisser
de partage dans le siecle où ils
pouvoienc retourner, que la
mendicité;c'est ce que ce Prince
plein d'équité eût horreur
de faire. La Compagnie se reservant
le droit de congedier
ses sujets jusqu'à la Profession,
il trouvoit de l'inhumanité à
les dépouiller de leurs droits
avant que ce temps foit expiré
; & il ne voulut jamais entendre
à y apporter aucune limitation.
Ce refus d'Henry
IV. ne doit-il pas aujourd'huy
tenir lieu de Loy ?
L'Edit de ce Prince en faveur
des Jouîtes congédiez
est , comme la Loy que les Romains
appelloient Juspostliminit,
laquelle permertoit aux
captifs dont le droit étoit demeuré
en suspens pendant leur
captivité, derentrer à leur retour
dans tous leurs biens.Ce
droit ne se preserivoit pas, parce
qu'il n'érait pas au pouvoir
ducapusderecouvrerla liber-,
té; comme il n'est pas au pouvoir
d'un Jesuite qui a fait les
premiers voeux ,
de se délier
luy même
,
il faut qu'on le congédié.:,
itr,i Tandis que les Jesuites n'onc
pas encore fait leurs derniers
'ioe)x)oncftJdit-onincertain
Hans les familles, s'ils ne reviendront
point y reprendre
eurs drOir?'9*cê quiempêche
les éta blArÍnens confinerao!
ès5,quand il s yrevien- iiell ;dvy jettent le trouble
irnHe nouveaux partages qu'il
Ssutefaire C'està ces deux chefs re duisent les raisons
Bune-.êrpublic,pour oblig r
_>csJ'fiîices à renoncer à tous
eurs droits des le temps de
Uf5 premiers VOBJX : examirdôns
en la solidité.
A l'égard de l'incertitude
doncil s'agit, le monde est
plein de ces fortes d'incertitudes,
sans qu'on se foit encore
avisé de penser qu'il fût de
bien public d'y remedier pa
de nouvelles Loix. Un per
veuf marie un fils unique: q!
fils cfl; dans l'incertitude si fo".
pere ne se remariera point, &
n'aura point d'autres enfant
qui partagent la succession.
fautil que les Loix épargnée,
au fils cetteincertitude ,en or
bligeant le pere, ou de luy ce
der tout son bien
, ou dere
noncer à un second mariage
e fils en ce cas trouveroit un
tablissement plus confidera- le mais le pere est-il obligé
se le luy procurer àce prix?
1t peut il venir dans l'esprit
qu'il soit de l'intérêtpublicde
w obliger par quelque Loy
cr)uvcllc? Cette sorte de Loy
roit au reste d'autant plus
cessairedanslesystême que
ous combattons, que pour
Jesuite qui par le délay de
Profession tient ses freres &
eurs dans cette sorte d'incerjiude
,
il y a dans le Royause
cent peres ou mères veufs,
iui par le droit qu'on leur laisle
de leremarier,tiennentleurs
enfrns dans l'incertitudex&c{
les empêchentpar-là de scladi
biu à leur gré,souventmême;
comme il conviendroit au
foû*
tienJe la fami«Ic.sj.IrVj
Mais faisons sur cela
un
fuppofinon dans nôtre fUlct
nême, & faisons la la plus
favorable qui- sepeutà la prétention
de nos adver faires.
Un jeune homme sefait Je-j
fuite,& laisse dans le siècle une
soeur unique
,
qui ne sçauroit
s'établir comme il convient Jtj
sans la portion de son frere;
qu'il conservejusquà la PIO;,
Hfcflîon. Volia sans douter ce qu on peut proposer de plus
specieux contre le droit que la
Loy rcfcrve aux Jesuites,tandis
qu'ils n'ont fait que les pie..
mniersvceux. x •;;;
Mais le demande en premierlieu
sicette fille aimeroit
mieux que son frere, sefist Ececlesiastique,
ou de 1 Oratoire,
ou qu'ilentrai chez Messieurs
WC la Mission , que de le voir.
t'eruitTroùveroi[ ellemieux
Mon compte ,
ftroitcllt, mieux
ou plûtôt mariée
,
s'illuy falloitattendre
lamort naturelle
de son frere dans ces états,où
l'on conservependant toute
la vie la jouissance & la propriété
de ses biens, que quand
illuy en faudroit attendre la
mort civile par les derniers
voeux que font les Jesuites au
bout de quelques années d'épreuve
? Pour établir toutes les
fillesqui auroient un frere Ecclesiastique,
ou de l'Oratoire,
ou de la Missîon
,
faut-il faire
une Loy qui oblige à renoncer
à ses biens, aussi-tôt qu'on embrasse
ces genres de vie ? Mais
il faudroit encore dans ces
principes que les Loix obligeassent
les Chevaliers de Malthc~
the à ne pas differer leur Profession
les trente & quarante
années, comme ils font presque
tous,& à se contenter au
moins jusques là d'une penïïon
alimentaire, pour fixer
l'incertitude des familles sur
leur sujet, & ne point mettre
d'obstacle à l'établissement de
fleurs fieres & soeurs. Il fau-
Hroitmême que ces Loix s'éendissent
jusqu'aucelibat;que
peux qui en font profession
devinssent aprés * un certain
3:emps incapables de mariage;
& que ne le reservant de leurs
oiens qu'un honnête necessaire
, ils sacrifiassent le reste au
repos & à l'établissement de
leurs familles. Revenons à nôtre
exemple.
En second lieu, ceux ouii
trouvent le bien public à ne
laisser point cettefille dans la
necessité, ou de ne s'établirpas
ou de s'établirmoins blrltan..
dis qu'elle attend les derniers:
VCÊJX de son fiere; le trouveront
ilsaussiàobligersonfrere
de luy ceder fort bien, & dei
se dépoü ller du necelTairene
pour rétablir, ou pour l'éta-j
blir mieux ? Unperen'est Probligé
de se priver du rieceffaW
re pour établir ses enfans:comrment
un frerc peut-,1 y être
aobhgé pour établir une f-oe,Ur?
Il s'agit en effet du necessaire
pour le frere : car il peut être
congedié par la Compagnie;
)& le cas arrivant, de quoy fbsistera-
t'il après qu'on laura
dépoüillé de tous ses droits? Il
faudra donc quecefrerepour
rétablir sa foeur , foie exposé
lui même àune honteuse mendicité:'
Le bel avantage pour
unefamille! La soeuremportetroit
le bien dansune famille
étrangere ; & celuy que les
Loix destinent à en per petuer
le nom ,
l'enseveliroit dans une
ignominieuse obscurité. Ce
n'est donc point le bien public
,ce n'est pas même l'avantage
des familles qu'on procurerait
; en dépouillant les Jeftkcfridudroit
naturel que la
naissance leur donne jusqu'a
leurs derniers voeux; c'est le
(impie avantage d'un enfant
qu'on procureroit au préjudice
d'un autre, & le plus souvent
mêmeaupréjudice de la
famille.
Mais un Jesuite congedié
peut il manquer de causer du
trouble dans sa famille en y
venant
reprendre ses droits? Et
ce trouble n'etf-ce pas aux
Loix à le prévenir?C'estla seconde
raison d'interest public
que l'on oppose au droit des
Jesuites, & dont il est aisé de
faire sentirlefoible.
Qael trouble pour ce donataire
dont nous avons parlé
cy-dessus,lorsqu'il r voit obligé;
de rendre ce qui luy enne..
cessaire pour soûtenir sa famille;
Mais ce trouble
,
la Loy
doit-elle le luy épargner ? Il a
dû le prévoir, & s'arranger
surce pied-là.
Que les familles fassent attention,
commeelles doivent,
que les premiersvoeux d'un Je.
fuite ne leur donnent pas le
droit de compter abfolumenc
sut sa per feverance
-, & que la
joüissance de ses biens ne leur
efl; laissée par le bienfait du
Prince
,
qua condition de les:
rendre en cas de sortie: qu'elless'arrangent
suivantla dl.f-..
position de l'Edit d'Henry IV(,
& elles ne se trouveront point
troublées, quand un Jesuite legitimement
congédié avant (es?
derniers voeux viendra y reprendre
sa place & ses droirs.,.
Des peres fages établissentleurs?
familles sur la disposition des
Loix ,&jamais les Loix n'en
troublent la Tranquillité : les
Loix ne troublent que ceux qui
refusentdes'yassujettir.
lînJefuitc congedié qui de-
1 mande à rentrer dans ses biens,
ne demande rien à quoy il ait
renoncé
,
& dont il nVittoû-
Il joursestépropriétaire à juste Ititre? Que si safamille se les est
tappropriez ces biens,c"elfune
jtipjuftice qu'elle luy a faite
; &
lesLoixn'ont jamais empêche
qu'onne pût troubler un poc.
széisosenurinjuste. La simple led'un
cohéritier renverse 1 •icritier r~nverft
après vingt & trente ans des
parcages.L'absent présumé
mort revient; y eût-il cent
partages, on les reforme, pour
luy rendre le capital & les
fruits. Si donc une famille fait
des partages, sans avoir égard
au pouvoir que les Loix Ecclesiastiques
& Civiles
,
aussibien
quelaLoy naturelle,laissent
à un jeune Jesuite derentrer
dans ses droits ;elle contrevient
auxLoix cette famille,
& par cette contravention elle
merite d'être troubléedans ses
partages faits conrre ladispohtion
expressedelaLoy.. ", Un.
Un homme prest à faire un
long & périlleux voyage, laisse
en dépôt dix mille écus à un
parent, en luy disant qu'illuy
en donne l'usage jusqu'à son
retour, & la propriété même
IJaU cas que la mort le prenne
un chemin. Le voyageur revient,
&redemande le dépôt.
trouve un jeune homme qui
s'engage dans la Compagnie
pour y estre éprouvé,& qui
en sort avant les derniers
voeux Il redemande sa portion
d'herirage
,
dontil a laide ses
coheritiers dépositaires; & on
luy répond:Onenadisposé
pour aider à établir vos freres
& vos soeurs; mal-àpropos
vous venez troublervostre famille.
Eh !c'esrmoymême,s'écriera
t'il,quemafamilletroubIc,
en me re fusant ce qui est
à moy selon toures les Loix,
en voulant inhumainement
me desheriter contre tout
droit. Celuy qui ne demande
que ce qui l-uy appartient selon
les Loix,nefaitpas letrouble;
ou s'ille fait ,ceux qui le
souffrent pour avoir disposé
de ce qui ne leur appartenoit
pas, ou pour vouloir le retenirinjustement
,
doivent se
l'imputer à eux seuls.
Lors donc qu'un Jesuite
congedié parlaCompagnie va
reprendre dans le siecle des
droits au squels il n'a pas renoncé
;si la famille comptant,
comme elle a dû faire
,
qu'il
pourroir ne point per severer,
s'est arrangée sur ce pied,là,il
ne la trouble en aucune façon.
Si elle a compté absolument
sur sa perseverance, ou si elle
s'est persuadée que ne perseverant
pas, il ne pourroit rentrer
dans ses droits; ce sont
des mécompres donc elle doit
feule porter la peine par le
trouble & l'embarras ou elle
se trouve: pourquoy ignorct'ellelaLoy!
Mais convient-il de se gros
nr ainsi les objets ? Un Jesuite
congédié qui revient dans sa
famille, n'est après tout qu'un
enfant de plus qui doit en partager
le bien;unenfant
,
quia
ses-droits acquis commelesautres;
un enfant,qui sans avoir
cjlé à charge à sa famille, luy
revient souvent en état de luy
faire honneur,& d'en e stre le
soûtien par ses ralens & l'éducation
qu'il a euë. Ell-celàen
verité dequoy jetter letrouble
dans lesfamilles?Voyons nous
que lanaissance tardivedesensans
qui suivent de loin les premicr
trouble des peres &. des
meres qui ne s'attendoient plus
a en avoir? Les premiers nez
peuvent ressentir de là peine,
envoyant croître le nombre
de leurs coheritiers:mais serace
jamais la une raison d'exclurede
la succession paternelle
ceux qui viendroienr un peu
tard à la partager ,
& de fixer
par les Loix le nombre desensans
habiles à succeder?
Que deviennent donc les
raisons de bien public
, pour
retrancher aux Jc suites les
droits que la natureleur donne,
& que les Loix leuront as
sûrezjusqu'icy ? Il n'est pascontre
le bien public que les
sujets des Congregations de
l'Oratoire
,
de la Mission,da.
l'Union Chrétienne :) conservent
tous jusqu'à la mort la
)joiiflince & la proprieté de
¡leul'5 biens;qu'ilspuissent toûjoursen
disposer, & mêmeen
faveur des Congregations où
ils vivenr. Comment donc
pourroit il estre contre le bien
public de laisser aux Jesuites de
[France juTcjua leurs derniers
"Voeux le seul droit qu'ils se
sont reservez de rentrer dans
leurs biens,au casqu'ils soient
obligez de rentrer dans le fiecIe?
Dans toutes ces Congregations
les sujets peuvent enlever
à leurs familles tout ce
qui est à eux, sans qu'on ait
crû jusques icy devoir y apporterd'obstacle.
Un Jesuite,
tandis qu'il est Jesuite, n'oste
rien à la famille ; il ne se reserve
que le pouvoir de reprendre
sesdroits,&cela pendant
letemps que la Compagniel'éprouve
pour l'admettre
aux derniers voeux: peuton
le réduire à moins? Entre
les Jesuites que la Compagnie
rient dans les épreuves, elle en
congediera peutestre quatre
ou cinq sur cent: cft ce là dequoy
s'allarmer pour le bien
public?
Mais les Jesuites qui sont
encore dans le temps d'épreuves
,qu'ont-ils fait plus que les
autres sujets des autres Congregations
,pour les vouloir
fairechanger d'étatmalgré
eux, en les dépouillant des
droits que la naissance leur
donne, queleur Institut permet
qu'ils conservent,qu'un
Edit du Prince autorité ? C'est
sur lafoy de cet Edit qu'ils se
font engagez à la Compagnie
par des voeux simples
; c'est
dans l'assûrancc que si elle ne
jugeoit pas à propos de se les
engagerpourtoûjours
,
engager pour toûjours) ils
pourroient au moins reprendre
avec la dispense de leurs
voeux Luipremieretat&leurs
droits dans le siecle. De[oO'i.[
aujourd'huy à Ï) cet Editiliefc,-
roit ce pas les autoriser à reclamer
contre un engage-
1TIent dont on changreroit une
des conditions des pVlfus essentielles,&
faire par là une playe
mortelleàla Compagnie?
Ilest vray que des familles
se trouveront quelquefois surchargées
d'un sujet que la
Compagnie aura congedié.
Mils quelest le plusjuste,ou
qu'unefamille reprenneun fujet
que la nai flTmce luy donne ;
ou que la Compagnie qui ne
a pris qu'a l'esty
,
le gade
sans pouvoir s'en aider? L'avantage
de quelques familles
ooit il l'emporter sur l'interest
pital d'un Corps de Religieux
,tous dévoüez par leurs
emplois au service du public?
Comment la Compagnie
oourroitelle les soûvenir ces - emplois, si elle n'avoir des sujets
éprouvez? Et comment
seroient ils tels, si on luy ôtoit
: moyen de leséprouver? Ne
souvant plus en renvoyer atrés
les premiers voeux ,
sans
.taindre de les voir réduits à la
~endicité,nese verroit-elle
pas comme forcée d'en garde
plusieurs qui ne luy convien
droient point,&peut-estre
même au péril d'en estre des'
honorée au dehors? D'ailleurs,
combien d'enfans de famille
& de bons su jets seroient détournez
d'encrer dans la Compagnie,
par la pensée qu'ils se
trouveroiont un joursansressource,
s'ils venoient à en sortir?
Souffrir des sujets défectueux
, manquerd'en recevoir
beaucoup de bons, ce seroit la
suite inévitable du ch angementessentiel
qu'on voudroit
faire à l'Institut de la Compa-
'Â
nie,par la suppressiondel'E-
~t dHenry le Grand. i- : Mais les Jesuites croyent
>YOII tout lieu d'esperer dela
bonté&delajustice duRoy,
»ue s'il y avoit quelque chanixment
à faire à l'Edit
, ce
~roit en leur faveur qu'il deçoit
être fait. Sa Majesté
j'ignore pas que son glorieux.
,yeul ,enrétablissant les Jesuites
en France par son Edit
croit voulu les y remettre sur
la même pied où ils y avoient é ; qu'ilnecroyoit pas qu'ils
Iwflcnt être moins bien traitez
~ns ses Etats, qu'ils l'étoient
danstous les autres Etats
<
monde,&tlvzlesPiotiftî
mêmes ; qu'il étoit rcfolu
ainsi qu'il l'avoir -fait dire ;
Pape de faire dans la fuite
petit à petit ce qu'il n'avo
pas pû fairetout à uncoup)
ce sont ses propres paroles
qu'il accorda même aprés fo
son Edir à des sujets de (
Compagnie quin'avoient p
encore fait leurs demie
voeux, dy recevoir des su
cessions pour en disposerain
qu'ils le jugeroient à propos
'&qu'ifdonna une Declar^noi
surcesujet. Seroit il rien 1
plus naturel,que le Koy vou- fûtconsommer en faveurdes
suites, un ouvrage que son
tglo.ricux Ayeul n'eût pas le
temps de conduireà sa fin,
ainsiqu'ille desiroit ? Et que
ce qu Henry le Grand croyoit
devoir àla Compagnie il y a
plus d'un fictlc, Loüis le Grand
crût pouvoir l'accorderaux
services qu'elle n'a depuis cessé
berendre à1Erat?p
L'esperancequ'auroientles
Jesuites de se voirremis dans
tous les droits que leursConstitutions
leur donnent, pourroit
paroître d'autant mieux
fondée, que le temps & l'experience
en ont levé le plus grand
obstacle, par l'établissement
de diversesCongregations,où
l'on conserve jusqu'à la mort
la joüissance & la propriété de
ses biens. Un tel usage a pû
paroître d'abqrd sujet à desinconveniens
:mais en pourroiton
trouver aujourdhuy à laisser
aux Jesuites pour le temps
que laCompagnie les éprouve,
le droit dont depuis longtems
on voit joüir sans inconvénient
les su jets de plusieurs
Congrégations pendant toute
leurvie>„
Les
Les Je1ùicesjileltvray^onc
[ Religieux dés le moment qlJils
ont fait leurs premiers
voeux:mais ils ne le sont en-
> coreque par les VCCJX simples,
) en fortequ'ils peuvent cesser
) de l'estre : la qualité de Rcligicux
ne sauroit donc préju-
) dicier en rien à leur droit. Le
voeu simple de pauvretéqu'ils
ont fait, ne les a pas dépoüillez
davantage,selon leurs Cons-
; titutions
, que le voeu simple
de pauvreté ne dépouille ceux
qui le font chez Messieurs de la
Mission,chez les Filles de l'Union
Chrétienne; & l'engagement
des voeux simples n'est
pas plus irrevocable pour un
Jesuite que pour les sujets de
ces Congrégations. En un
mot, l'Eglise qui a déclaré les
premiers voeox des Jesuites
voeux de Religion a déclaré
aussi quecesvoeux ne les dépoüillent
point de la propriété
de leurs biens. On ne peut
donc pas conclure de ce que
les Je suites font Religieux par
les voe.¿x simples
,
qu'ils sont
aussi incapables de rien posseder.
L'institution des voeux
CLnr de Droit Ecclesiastique
,
il n'appartient quaiEglise,&
d'en établir la forme
,
& d'en
interpreter les obligations.
-
Il seroit même du repos puolic
que les Jesuites reprissent
en France leurs droits, ainsi
JJJU'IISenjoiiiflent par tout ailleurs.
Conservant alors jufigu'à
leurs derniers voeux la
joüissance de leurs bienslors-
Jou'lls seroient congediez par
a Compagnie, ils n'éprouveoient
pas les difficultez qu'ils
prouvent aujourd'huy pour
"en remettreen possession. Et
iVeft-làla vraïe source du trou-
~ole des familles. La longue
joüissance d'un bien fait qu'on
s'accoûtume à le regarder con
me propre:&accoutumé qu
on est à le regarder comm
propre, on ne peut plus seré
foudre à le rendre. Delà le
violences, les contestation
qu'ont eu à essuyer depuis l'
dit, les Jesuites que la Com
pagnie a congédiez. Ce n'es
donc pas véritablement 1
droit des Jesuites qui troubl
les familles,c'est la restrictio
de leur droit, qui fouve
a troublées par l'avidité de
coheritiers à laquellecette~res
triction a donné lieu. Juftc
raisons pour lesJesuitesde Tou
haitter & d'esperer mesme
d'estre remis par le Roy dans
tous leurs droits. Ce seroit une
grande joye pour eux de revoir
sur ce point, comme sur
tout le reste
,
l'uniformité de
laCompagnieétabliedans tout
le monde.
DE SACY,Avocat.
Fermer
6
p. 2288-2291
ORDONNANCE du Pape pour l'établissement d'une Congrégation, pour rechercher & punir tous ceux qui ont malversé dans le maniment des affaires sous le dernier Pontificat.
Début :
Comme nous avons appris par des personnes dignes de foi, & par les bruits publics, [...]
Mots clefs :
Pape, Intégrité, Justice, Pouvoir, Ordonnance, Pape Clément XII, Congrégation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDONNANCE du Pape pour l'établissement d'une Congrégation, pour rechercher & punir tous ceux qui ont malversé dans le maniment des affaires sous le dernier Pontificat.
ORDONNANCE du Pape pour l'établiffement
d'une Congrégation ,pour
rechercher & punir tous ceux qui ont
malverfé dans le maniment des affaires
fous le dernier Pontificat .
C
Omme nous avons appris par des perfonnes
dignes de foi , & par les bruits publics
lors méme que nous n'étions encore que Cardinal
, que certaines gens employez dans les affaires
fous le precédent Pontificat , ont nonfeulement
malverfé impudemment & injurieu-
Sement
nt dans tout
Ggee qui a été eommis à leurs
foins , tant par rapport aux graces qu'ils ont
accordées , qu'à la justice qu'ils ont fait rendre
aux expéditions qu'ils ont ordonnées smais
auffi qu'au préjudice de l'integrité de cette
Cour , & au mépris de la droiture de Benoît
KIII. notre Predéeeffeur , ils ont tâché de fur
prendre fa Religion par de malignes & fausse
infinuations , de le détourner de l'amour qu'i
a toujours eu pour la Justice , de corrompre fe
bonnes intentions par des artifices trompeurs,>
OCTOBRE . 1730. 2289
& d'empêcher que fa probité & fa vertu ne produififfent
les fruits qu'on en devoit attendre . Et
comme nous nous ferions propofez dé venger avec
éclat l'integrité l'honneur de notre Prédeceffeur
de toutes les embuches qui lui ont été tendues,
des fautes qu'il a ,pour ainsi dire , com
mifes innocemment , Nous croyons qu'à préfent
que nous fommes élevez fur le Trône fuprême
de la Justice , fans aucnn mérite de notre part ,
Nous ne pouvons mieux faire que de mettre en
exécution le pouvoir que nous avons en main s
afin d'effacer les injures atroces qui rejailliffent
fur la droiture & l'integrité d'unfi faint Pontife
, de rendre à notre chere ville & à la
Cour de Rome les degrez d'estime qu'elles fe font
asquifes , de peur que l'Innocent ne souffre
pour le coupable.
Pour cet effet nous créons une nouvelle Con
grégation particuliere , compofée des CardinauxJean
René Imperiali , Louis Pico , Pierre
Marcellin Corradini , Léandre de Porzia
Aufone Bancheri , leur donnant pour Secretaire
Dominique Céfar Florelli , Réferendaire dans
l'une & l'autre fignature : Nous donnons aufdits
Cardinaux pouvoir & ordre de rechercher
tous ceux qui feront coupables de pareils excès ,
crimes délits , ou qui contre tout droit , &
au préjudice du bien public & particulier
auront injuftement prévariqué , tant dans le
Spirituel que dans le temporel : & nous leur ordonnons
par les préfentes , de proceder , foit
par eux- mêmes , foit pardevant tels Tribunaux
Ecclefiafiques & Laïques de cette ville , far
les accufations des Parties , dénonciations , ou
fur ce qu'ils pourront découvrir eux- mêmes , coptre
ceux qui fe trouveront dans les cas fufdits :
voulant en vertu de notre autorité Apofloliy
Hv que
2290 MERCURE DE FRANCE
que , que tous les Tribunaux & Congrégations
de Cardinaux leur tendent la main , à cette
accafion , qu'il leur foit permis d'y prendre toutes
les informations neceffaires , & d'inftruire
des Procès par eux , ou par d'autres Juges qu'ils
pourront commettre pour cet effet , afin d'agir
contre toute chaque perfonne Eccléfiaftique ,
réguliere & féculiere , de quelque qualité ;
condition , ou dignité qu'elles puiffent être ,
Sans excepter aucun Ordre ou Congrégation , pas
même la Societé de Jefus , l'Ordre militaire
de S. Jeand Jeruzalem , Miniftres , Officiers de
Pinquifition, ou autres perfonnes privilegiées ..
Nous ordonnons à nofdits Commiffaires , lorfque
les crimes ci-deſſus énoncez , ou quelque
chofe d'approchant , feront averez engenéral os
en particulier , de les faire punir , foit par euxmêmes,
fort pardes Juges deleguez , dans la perfonne
des coupables , des complices , desfauteurs
& des Confeillers Nous leur permettons pour cet
effet de faire entendré les Témoins requis ; ou en
relles perfonnes que cepuiffe être , Eccléfiaftiques,
réguliers &féculiers ; privilegiés ou non s
d'évoquer enJugement , citer ou faire citer quiconque
fe trouvera dans le cas, de recevoir leurs
difpofitions par écrit , & d'obliger tous les Tribunaux
de cette Cour & de l'Etat Eccléfiaftique
même les Officiers de notre Chambre Apoftolique ,
de leur fournir tous les Actes dont ils pourron
avoir befoin , avec pouvoir de poursuivre les défobeiffans
par amendes pécuniaires , s'il eft befoin
par corps ou par les cenfures fpirituelles , ainfi
que cette Congrégation le jugera convenable.
Et afin qu'elle puiſſe d'autant mieux exécuer
nos ordres
nous lui conferons parces Pré-
Jintes, toute l'autorité , jurifdiction & plenisude
de notre pouvoir , tant par rapport à l'or
dre
OCTOBRE. 1730. 2291
dre de proceder , à la maniere de prouver, & à
la forme dejuger de faire exécuter leurs ju
gemens ; dérogeant pour cet effet à toutes Conftitutions
apoftoliques & regles de notre Chancellerie
, aux Droits & Ordonnances des Conciles
genéraux , Provinciaux & Synodaux , & aux
autres décrets particuliers à ce contraires
quoi qu'on n'en faffe pas-ici mention de mot à
mot , ou felon leurs claufes generales , co-
Donné au Quirinal le 8. Août 1750. Ainfi Nous
plaît , ainfi nous commettons & ordonnons de
notre mouvement . Etoit figné CLEMENT
XII.
d'une Congrégation ,pour
rechercher & punir tous ceux qui ont
malverfé dans le maniment des affaires
fous le dernier Pontificat .
C
Omme nous avons appris par des perfonnes
dignes de foi , & par les bruits publics
lors méme que nous n'étions encore que Cardinal
, que certaines gens employez dans les affaires
fous le precédent Pontificat , ont nonfeulement
malverfé impudemment & injurieu-
Sement
nt dans tout
Ggee qui a été eommis à leurs
foins , tant par rapport aux graces qu'ils ont
accordées , qu'à la justice qu'ils ont fait rendre
aux expéditions qu'ils ont ordonnées smais
auffi qu'au préjudice de l'integrité de cette
Cour , & au mépris de la droiture de Benoît
KIII. notre Predéeeffeur , ils ont tâché de fur
prendre fa Religion par de malignes & fausse
infinuations , de le détourner de l'amour qu'i
a toujours eu pour la Justice , de corrompre fe
bonnes intentions par des artifices trompeurs,>
OCTOBRE . 1730. 2289
& d'empêcher que fa probité & fa vertu ne produififfent
les fruits qu'on en devoit attendre . Et
comme nous nous ferions propofez dé venger avec
éclat l'integrité l'honneur de notre Prédeceffeur
de toutes les embuches qui lui ont été tendues,
des fautes qu'il a ,pour ainsi dire , com
mifes innocemment , Nous croyons qu'à préfent
que nous fommes élevez fur le Trône fuprême
de la Justice , fans aucnn mérite de notre part ,
Nous ne pouvons mieux faire que de mettre en
exécution le pouvoir que nous avons en main s
afin d'effacer les injures atroces qui rejailliffent
fur la droiture & l'integrité d'unfi faint Pontife
, de rendre à notre chere ville & à la
Cour de Rome les degrez d'estime qu'elles fe font
asquifes , de peur que l'Innocent ne souffre
pour le coupable.
Pour cet effet nous créons une nouvelle Con
grégation particuliere , compofée des CardinauxJean
René Imperiali , Louis Pico , Pierre
Marcellin Corradini , Léandre de Porzia
Aufone Bancheri , leur donnant pour Secretaire
Dominique Céfar Florelli , Réferendaire dans
l'une & l'autre fignature : Nous donnons aufdits
Cardinaux pouvoir & ordre de rechercher
tous ceux qui feront coupables de pareils excès ,
crimes délits , ou qui contre tout droit , &
au préjudice du bien public & particulier
auront injuftement prévariqué , tant dans le
Spirituel que dans le temporel : & nous leur ordonnons
par les préfentes , de proceder , foit
par eux- mêmes , foit pardevant tels Tribunaux
Ecclefiafiques & Laïques de cette ville , far
les accufations des Parties , dénonciations , ou
fur ce qu'ils pourront découvrir eux- mêmes , coptre
ceux qui fe trouveront dans les cas fufdits :
voulant en vertu de notre autorité Apofloliy
Hv que
2290 MERCURE DE FRANCE
que , que tous les Tribunaux & Congrégations
de Cardinaux leur tendent la main , à cette
accafion , qu'il leur foit permis d'y prendre toutes
les informations neceffaires , & d'inftruire
des Procès par eux , ou par d'autres Juges qu'ils
pourront commettre pour cet effet , afin d'agir
contre toute chaque perfonne Eccléfiaftique ,
réguliere & féculiere , de quelque qualité ;
condition , ou dignité qu'elles puiffent être ,
Sans excepter aucun Ordre ou Congrégation , pas
même la Societé de Jefus , l'Ordre militaire
de S. Jeand Jeruzalem , Miniftres , Officiers de
Pinquifition, ou autres perfonnes privilegiées ..
Nous ordonnons à nofdits Commiffaires , lorfque
les crimes ci-deſſus énoncez , ou quelque
chofe d'approchant , feront averez engenéral os
en particulier , de les faire punir , foit par euxmêmes,
fort pardes Juges deleguez , dans la perfonne
des coupables , des complices , desfauteurs
& des Confeillers Nous leur permettons pour cet
effet de faire entendré les Témoins requis ; ou en
relles perfonnes que cepuiffe être , Eccléfiaftiques,
réguliers &féculiers ; privilegiés ou non s
d'évoquer enJugement , citer ou faire citer quiconque
fe trouvera dans le cas, de recevoir leurs
difpofitions par écrit , & d'obliger tous les Tribunaux
de cette Cour & de l'Etat Eccléfiaftique
même les Officiers de notre Chambre Apoftolique ,
de leur fournir tous les Actes dont ils pourron
avoir befoin , avec pouvoir de poursuivre les défobeiffans
par amendes pécuniaires , s'il eft befoin
par corps ou par les cenfures fpirituelles , ainfi
que cette Congrégation le jugera convenable.
Et afin qu'elle puiſſe d'autant mieux exécuer
nos ordres
nous lui conferons parces Pré-
Jintes, toute l'autorité , jurifdiction & plenisude
de notre pouvoir , tant par rapport à l'or
dre
OCTOBRE. 1730. 2291
dre de proceder , à la maniere de prouver, & à
la forme dejuger de faire exécuter leurs ju
gemens ; dérogeant pour cet effet à toutes Conftitutions
apoftoliques & regles de notre Chancellerie
, aux Droits & Ordonnances des Conciles
genéraux , Provinciaux & Synodaux , & aux
autres décrets particuliers à ce contraires
quoi qu'on n'en faffe pas-ici mention de mot à
mot , ou felon leurs claufes generales , co-
Donné au Quirinal le 8. Août 1750. Ainfi Nous
plaît , ainfi nous commettons & ordonnons de
notre mouvement . Etoit figné CLEMENT
XII.
Fermer
Résumé : ORDONNANCE du Pape pour l'établissement d'une Congrégation, pour rechercher & punir tous ceux qui ont malversé dans le maniment des affaires sous le dernier Pontificat.
En octobre 1730, le Pape émit une ordonnance pour créer une congrégation chargée de rechercher et punir les malversations commises durant le pontificat précédent. Informé par des sources fiables et des rumeurs publiques, le Pape accusait certains individus d'avoir malversé dans la gestion des affaires, accordé des grâces de manière injurieuse, et rendu une justice partiale. Ces individus étaient également accusés d'avoir tenté de corrompre Benoît XIII, le prédécesseur, et d'entraver ses bonnes intentions. Pour restaurer l'intégrité et l'honneur de Benoît XIII et éviter que l'innocent ne souffre pour le coupable, le Pape institua une congrégation composée des cardinaux Jean René Imperiali, Louis Pico, Pierre Marcellin Corradini, Léandre de Porzia et Ausone Bancheri, avec Dominique César Florelli comme secrétaire. Cette congrégation avait pour mission de rechercher et punir les coupables de délits, tant dans le spirituel que dans le temporel, sans exception pour aucun ordre ou congrégation, y compris la Société de Jésus et l'Ordre militaire de Saint-Jean de Jérusalem. Les cardinaux étaient autorisés à procéder par eux-mêmes ou devant des tribunaux ecclésiastiques et laïques, et à recueillir toutes les informations nécessaires. Ils pouvaient également évoquer en jugement, citer ou faire citer toute personne impliquée, et obliger les tribunaux à leur fournir les actes nécessaires. Le Pape leur conféra toute l'autorité et la juridiction nécessaires pour exécuter leurs jugements, dérogeant à toutes les constitutions et règles contraires. Cette ordonnance fut signée au Quirinal le 8 août 1750 par Clément XII.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 1162-1167
ITALIE.
Début :
Le Pape a nommé une Congrégation particuliere, composée de quatre Cardinaux et de [...]
Mots clefs :
Pape, Congrégation, Jeux, Loteries de Gênes, Rome, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Lier
E Pape a nommé une Congrégation particuliere
, composée de quatre Cardinanx et de
quelques Prélats , pour examiner quelics ont été ,
les raisons qui ont déterminé le fou Pape a défendre
les Jeux ou Lotteries de Génes , et a fait
publier une Bulle d'excommunication contre ceux
qui prendroient interêt à ces Lotteries, ou qui en
distribueroient des Billets , et le bruit court que
ces Lotteries pourront être rétablies au profit de
la Chambre Apostolique , et que l'excommuni-
'cation ne subsistera que contre ceux qui se serviront
des moyens superstitieux , détendus par les
Canons , dans l'esperance de faire un choix plus
sûr des Numeros qui doivent leur faire gagner
des Lots.
Sur les grandes contestations du Chap, general
des Carmes Déchaussez , assemblé à Rome, le Pape
Bomma le 10 Avril , le Cardinal Impériali pour
y assister de sa part ; et le 14. ces Religieux élurent
en sa présence le Pere Robert de sainte Anne
pour Général de toute la Congrégation d'Italie.
Ce Religieux qui est né à Bruxelles , où il se
nommoit Arroud de Roy , avant que d'entrer
dans cet Ordre , étoit actuellement Définiteur
Général , et il avoit été auparavant Provincial
de la Province des Pais - Bas.
On mande de Rome qu'on y avoit reçu des dépêches
de M.Guillelmi , que le Pape avoit envoyé
à Turin , portant , qu'étant arrivé à Alexandrie,
il y avoit d'abord été reçu avec beaucoup de dis
tinction , et traité magnifiquement à dîner par le
Gouyer
M A Y. 1731. 1763
Gouverneur, qui, après le repas, lui dit qu'il avoit
ordre du Roy de le faire ressortir de ses Etats, et
de lui donner des Gardes pour le conduire jusques
sur les Frontieres ; ce qui avoit été exécuté .
Dins le Consistoire secret , du 9 Avril , le Pape
proposa l'érection de l'Evêché de Dijon , et les
Bulles de cet Evêché , pour l'Abbé Bouhier.
Le Cardinal Cibo , qu'on croyoit être allé à
Massa, pour y passer quelque temps, s'est rendu
à Gaete , dans le dessein de finir ses jours dans
P'Hermitage de Castellone , aux environs de cette
• Ville ; mais le Pape qui l'aime beaucoup , l'a rapellé
, il est arrivé à Pérouse , où S. S. lui a permis
de passer quelque temps.
Le bruit court que la Congrégation de l'Immunité
a reçu ordre d'agir contre le Cardinal
Fini , qu'on accuse d'être le premier auteur de
tous les différends du S. Siége , avec le Roy de
Sardaigne. On a appris depuis que ce Cardinal a
reçu ordre du Pape de se présenter devant cette
Congrégation , composée des trois Cardinaux ,
Chefs d'Ordres , de M. Fiorelli , et d'un Notaire,
Ces Cardinaux auront des Fauteuils à bras avec
des tapis de pied ; et le Cardinal Fini , une simple
Chaise à dos , sans tapis.
-
Le Monitoire qui a été affiché contre le Cardinal
Coscia , contient un ordre du Pape à ce
Cardinal,de se représenter dans six semaines , et
en cas qu'il refuse de s'y soumettre , on le menace
de le traiter comme rebelle et désobéissant au
S.Siége, et de le condamner par contumace . Le 4.
Avril le Card. Coscia arriva à Naples , er alla descendre
chez M. Martino , son parent. On a appris
depuis que le Nonce du Pape ayant fait citer
devant le Tribunal de la Nonciature , les voitu
riers qui avoient conduit ce Cardinal , et les voi-
Hij
sins
1164 MERCURE DE FRANCE
sins de la maison de M. Martino , il les fit - interroger
par M. d'Asti , Ministre de ce Tribunal
mais le Conseil collatéral en ayant été instruit
députa au Nonce , pour se plaindre de cette procedure
; et le Nonce répondit qu'elle ne devoit
pas être regardée comme un Acte de Jurisdiction ,
puisqu'il n'avoit fait faire serment à aucun
des interrogez , ne les ayant fait citer que pour
satisfaire aux Ordres du Pape , qui vouloit être
"informé de certaines circonstances de la fuite dua
Cardinal Coscia .
pas
On a appris de Naples , que le tremblement de
Terre, du o Mars , qui renversa la Ville de Foggia
, située dans la Province de la Capitanatte ,
sar la Riviere de Cervaro , à quatre lieues de
Manfredonia , n'a épargné aucune des Eglises de
la Ville , de sorte que les habitans, qui se sont
sauvez , ont été obligez d'élever en pleine Campagne
un Autel sur lequel ils ont placé une Image
miraculeuse de la Vierge , qui n'a point été
endommagée , et on y célébré une Messe tous
les jours.
Les Religieuses , dont tous les Monasteres ont
été détruits , se sont rassemblées dans le Cloître
de saint Pascal,où elles n'ont,pour se mettre à l'abri
des injures de l'air , que de méchantes Cabanes
, construites de Planches , ramassées à la
hâte.
La plupart des Religieux se sont dispersez
dans les Campagnes pour chercher de quoi vivre.
Les autres habitans sont dans une misére affreuse
, n'ayant ni vivres , ni moulins , ni fours ; plusieurs
d'entr'eux ont perdu la vue par les vapeurs
malignes,sorties des ouvertures de la terre,
pendant le tremblement.
Les Travailleurs n'ont pû encore retirer que
8:
MAY. 1731. 1165
8 à 900 corps morts , et il leur est presque impossible
de donner du soulagement à ceux qu'ils
entendent sous les décombres , demander du secours
et crier miséricorde,parce qu'ils courroient
risque eux -mêmes d'être écrasez sous les ruines ,
par la chute imprévue des murailles , dont tous
Ies fondemens sont ébranlez .
Dom Vincent del Pezzo , Auditeur Royal de
Foggia , qui ne fut retiré que le 23. de dessous
les décombres de sa maison , où il vivoit encore,
mourut le 24 au soir,et tout le reste de sa famille
a péri.
On a remarqué , avec étonnement , que l'eau
des Puits et des Citernes s'est élevée de plusieurs
pieds au dessus de la surface de la terre, et qu'elle
a inondé les jardins et les vignes des environs.
Le même tremblement de terre s'est fait sentir
à Barletta avec la même violence , mais il n'y a
pas causé tant de dommage. La seule Eglise des
Carmes a souffert en quelques endroits , et l'une
des Portes de la Ville est tombée.
A Cérignola, presque toutes les Eglises ont été
renversées , et la plupart des Maisons à demi rui-
* nées par les 25 secousses de tremblement de terre
qu'on y a ressenties , mais il n'y a péri que sept
personnes .
Les Villes de Canosa et d'Andria ont beaucoup
souffert ; à Molfetta il n'y a eu que trois Maisons
renversées et trois personnes tuées . A Bari , les
secousses ont été presque continuelles , depuis le
20 jusqu'au 21, mais elles y ont seulement endommagé
quelques murailles, et entr'autres celles
de l'Eglise de S.Nicolas ; quelques Bâtimens de la
Chartreuse voisine de Manfredonia ont été abbatus
, et le P.Tarno , Procureur de la Maison , a
péri avec vingt autres personnes.
H iiij
La
1166 MERCURE DE FRANCE
La Foire de Foggia se tiendra pourtant cette
année comme à l'ordinaire , malgré la destruction
de cette Ville, et les Ministres de l'Empereur
y font construire des Baraques de bois pour la
commodité des Marchands. S. M. Imp. a accordé
aux habitans de cette malheureuse Ville , qui
ont pû échaper , une exemption de tous droits
taxes et impôts pendant dix années ; et elle leur
fait fournir une certaine quantité de matériaux
pour les aider à rétablir leurs maisons. On travaille
encore à démolir , le reste des maisons de
>
Foggia , parce que les fondemens de celles que le
tremblement de terre n'a point renversées , sont
entierement ébranlez. Le nombre des morts , ensevelis
sous les ruines , monte à 3600 ,y compris
les enfans , les vieillards et les malades.
Le 11 Avril, on fit à Naples une Procession solemnelle
, dans laquelle on porta le Chef de saint
Janvier. Toute la Noblesse y assista en habits
noirs , sans domestiques et sans épées .
On mande d'Aversa , qu'un Religieux Minime
, qui a prêché le Carême dernier dans l'une
des Paroisses dépendante des Terres du Prince
d'Avelino , y avoit été assassiné par un Particu
lier , au desespoir de ce que les Sermons de ce
Pere avoient déterminé à la pénitence une Courtisanne
à laquelle cet Assassin étoit attaché . On
ajoûte qu'il a été arrêté.
On a appris qu'il est arrivé au commencement
du mois dernier dans le port d'Alger , un
Vaisseau de Guerre Suedois et deux autres Bâtimens
de transport , chargez du Present que le
Roi de Suede devoit envoyer à la Régence , conformément
au dernier Traité conclu avec le Dey,
Ce Présent consistoit en 8co. Barils de Poudre ,
8. gros Cables d'Ancre , so. Mats , 800. Fusils ,
800.
MAY. 173T. 1167
800. Sabres , 40. Canons, dont 12. sont de douze
livres de bales , 14. de 18. livres, 14. de
6000. Boulets.
24.et
Les Lettres de Genes portent que plusieurs
Familles de la Bastia , Capitale de l'Isle de Corse,
s'étoient sauvées dans l'Ile de Capraia avec leurs
meilleurs Effers ,pour se soustraire à a fureur des
Rebelles, qui ayant repris les armes , s'étoient emparez
de Feringoli , Poste avantageux , situé près
de la Bastia ; qu'ils avoient brulé le Bourg d'Araliola
, qu'ils avoient surpris la petite Ville de
San Fiorenzo , et menacé le Commandant de la
Tour de cette Ville , de faire mourir sa mere et
sa niece , arrêtées dans la Ville , s'il ne se rendoit
dans un certain temps.
On écrit de Turin , que le Roi de Sardaigne
a fait arrêter et conduire au Chateau de Miolans,
le Comte de Sales , qu'on accuse d'avoir parle
trop indiscretement des differends de la Cour avec
le Saint Siege.
Lier
E Pape a nommé une Congrégation particuliere
, composée de quatre Cardinanx et de
quelques Prélats , pour examiner quelics ont été ,
les raisons qui ont déterminé le fou Pape a défendre
les Jeux ou Lotteries de Génes , et a fait
publier une Bulle d'excommunication contre ceux
qui prendroient interêt à ces Lotteries, ou qui en
distribueroient des Billets , et le bruit court que
ces Lotteries pourront être rétablies au profit de
la Chambre Apostolique , et que l'excommuni-
'cation ne subsistera que contre ceux qui se serviront
des moyens superstitieux , détendus par les
Canons , dans l'esperance de faire un choix plus
sûr des Numeros qui doivent leur faire gagner
des Lots.
Sur les grandes contestations du Chap, general
des Carmes Déchaussez , assemblé à Rome, le Pape
Bomma le 10 Avril , le Cardinal Impériali pour
y assister de sa part ; et le 14. ces Religieux élurent
en sa présence le Pere Robert de sainte Anne
pour Général de toute la Congrégation d'Italie.
Ce Religieux qui est né à Bruxelles , où il se
nommoit Arroud de Roy , avant que d'entrer
dans cet Ordre , étoit actuellement Définiteur
Général , et il avoit été auparavant Provincial
de la Province des Pais - Bas.
On mande de Rome qu'on y avoit reçu des dépêches
de M.Guillelmi , que le Pape avoit envoyé
à Turin , portant , qu'étant arrivé à Alexandrie,
il y avoit d'abord été reçu avec beaucoup de dis
tinction , et traité magnifiquement à dîner par le
Gouyer
M A Y. 1731. 1763
Gouverneur, qui, après le repas, lui dit qu'il avoit
ordre du Roy de le faire ressortir de ses Etats, et
de lui donner des Gardes pour le conduire jusques
sur les Frontieres ; ce qui avoit été exécuté .
Dins le Consistoire secret , du 9 Avril , le Pape
proposa l'érection de l'Evêché de Dijon , et les
Bulles de cet Evêché , pour l'Abbé Bouhier.
Le Cardinal Cibo , qu'on croyoit être allé à
Massa, pour y passer quelque temps, s'est rendu
à Gaete , dans le dessein de finir ses jours dans
P'Hermitage de Castellone , aux environs de cette
• Ville ; mais le Pape qui l'aime beaucoup , l'a rapellé
, il est arrivé à Pérouse , où S. S. lui a permis
de passer quelque temps.
Le bruit court que la Congrégation de l'Immunité
a reçu ordre d'agir contre le Cardinal
Fini , qu'on accuse d'être le premier auteur de
tous les différends du S. Siége , avec le Roy de
Sardaigne. On a appris depuis que ce Cardinal a
reçu ordre du Pape de se présenter devant cette
Congrégation , composée des trois Cardinaux ,
Chefs d'Ordres , de M. Fiorelli , et d'un Notaire,
Ces Cardinaux auront des Fauteuils à bras avec
des tapis de pied ; et le Cardinal Fini , une simple
Chaise à dos , sans tapis.
-
Le Monitoire qui a été affiché contre le Cardinal
Coscia , contient un ordre du Pape à ce
Cardinal,de se représenter dans six semaines , et
en cas qu'il refuse de s'y soumettre , on le menace
de le traiter comme rebelle et désobéissant au
S.Siége, et de le condamner par contumace . Le 4.
Avril le Card. Coscia arriva à Naples , er alla descendre
chez M. Martino , son parent. On a appris
depuis que le Nonce du Pape ayant fait citer
devant le Tribunal de la Nonciature , les voitu
riers qui avoient conduit ce Cardinal , et les voi-
Hij
sins
1164 MERCURE DE FRANCE
sins de la maison de M. Martino , il les fit - interroger
par M. d'Asti , Ministre de ce Tribunal
mais le Conseil collatéral en ayant été instruit
députa au Nonce , pour se plaindre de cette procedure
; et le Nonce répondit qu'elle ne devoit
pas être regardée comme un Acte de Jurisdiction ,
puisqu'il n'avoit fait faire serment à aucun
des interrogez , ne les ayant fait citer que pour
satisfaire aux Ordres du Pape , qui vouloit être
"informé de certaines circonstances de la fuite dua
Cardinal Coscia .
pas
On a appris de Naples , que le tremblement de
Terre, du o Mars , qui renversa la Ville de Foggia
, située dans la Province de la Capitanatte ,
sar la Riviere de Cervaro , à quatre lieues de
Manfredonia , n'a épargné aucune des Eglises de
la Ville , de sorte que les habitans, qui se sont
sauvez , ont été obligez d'élever en pleine Campagne
un Autel sur lequel ils ont placé une Image
miraculeuse de la Vierge , qui n'a point été
endommagée , et on y célébré une Messe tous
les jours.
Les Religieuses , dont tous les Monasteres ont
été détruits , se sont rassemblées dans le Cloître
de saint Pascal,où elles n'ont,pour se mettre à l'abri
des injures de l'air , que de méchantes Cabanes
, construites de Planches , ramassées à la
hâte.
La plupart des Religieux se sont dispersez
dans les Campagnes pour chercher de quoi vivre.
Les autres habitans sont dans une misére affreuse
, n'ayant ni vivres , ni moulins , ni fours ; plusieurs
d'entr'eux ont perdu la vue par les vapeurs
malignes,sorties des ouvertures de la terre,
pendant le tremblement.
Les Travailleurs n'ont pû encore retirer que
8:
MAY. 1731. 1165
8 à 900 corps morts , et il leur est presque impossible
de donner du soulagement à ceux qu'ils
entendent sous les décombres , demander du secours
et crier miséricorde,parce qu'ils courroient
risque eux -mêmes d'être écrasez sous les ruines ,
par la chute imprévue des murailles , dont tous
Ies fondemens sont ébranlez .
Dom Vincent del Pezzo , Auditeur Royal de
Foggia , qui ne fut retiré que le 23. de dessous
les décombres de sa maison , où il vivoit encore,
mourut le 24 au soir,et tout le reste de sa famille
a péri.
On a remarqué , avec étonnement , que l'eau
des Puits et des Citernes s'est élevée de plusieurs
pieds au dessus de la surface de la terre, et qu'elle
a inondé les jardins et les vignes des environs.
Le même tremblement de terre s'est fait sentir
à Barletta avec la même violence , mais il n'y a
pas causé tant de dommage. La seule Eglise des
Carmes a souffert en quelques endroits , et l'une
des Portes de la Ville est tombée.
A Cérignola, presque toutes les Eglises ont été
renversées , et la plupart des Maisons à demi rui-
* nées par les 25 secousses de tremblement de terre
qu'on y a ressenties , mais il n'y a péri que sept
personnes .
Les Villes de Canosa et d'Andria ont beaucoup
souffert ; à Molfetta il n'y a eu que trois Maisons
renversées et trois personnes tuées . A Bari , les
secousses ont été presque continuelles , depuis le
20 jusqu'au 21, mais elles y ont seulement endommagé
quelques murailles, et entr'autres celles
de l'Eglise de S.Nicolas ; quelques Bâtimens de la
Chartreuse voisine de Manfredonia ont été abbatus
, et le P.Tarno , Procureur de la Maison , a
péri avec vingt autres personnes.
H iiij
La
1166 MERCURE DE FRANCE
La Foire de Foggia se tiendra pourtant cette
année comme à l'ordinaire , malgré la destruction
de cette Ville, et les Ministres de l'Empereur
y font construire des Baraques de bois pour la
commodité des Marchands. S. M. Imp. a accordé
aux habitans de cette malheureuse Ville , qui
ont pû échaper , une exemption de tous droits
taxes et impôts pendant dix années ; et elle leur
fait fournir une certaine quantité de matériaux
pour les aider à rétablir leurs maisons. On travaille
encore à démolir , le reste des maisons de
>
Foggia , parce que les fondemens de celles que le
tremblement de terre n'a point renversées , sont
entierement ébranlez. Le nombre des morts , ensevelis
sous les ruines , monte à 3600 ,y compris
les enfans , les vieillards et les malades.
Le 11 Avril, on fit à Naples une Procession solemnelle
, dans laquelle on porta le Chef de saint
Janvier. Toute la Noblesse y assista en habits
noirs , sans domestiques et sans épées .
On mande d'Aversa , qu'un Religieux Minime
, qui a prêché le Carême dernier dans l'une
des Paroisses dépendante des Terres du Prince
d'Avelino , y avoit été assassiné par un Particu
lier , au desespoir de ce que les Sermons de ce
Pere avoient déterminé à la pénitence une Courtisanne
à laquelle cet Assassin étoit attaché . On
ajoûte qu'il a été arrêté.
On a appris qu'il est arrivé au commencement
du mois dernier dans le port d'Alger , un
Vaisseau de Guerre Suedois et deux autres Bâtimens
de transport , chargez du Present que le
Roi de Suede devoit envoyer à la Régence , conformément
au dernier Traité conclu avec le Dey,
Ce Présent consistoit en 8co. Barils de Poudre ,
8. gros Cables d'Ancre , so. Mats , 800. Fusils ,
800.
MAY. 173T. 1167
800. Sabres , 40. Canons, dont 12. sont de douze
livres de bales , 14. de 18. livres, 14. de
6000. Boulets.
24.et
Les Lettres de Genes portent que plusieurs
Familles de la Bastia , Capitale de l'Isle de Corse,
s'étoient sauvées dans l'Ile de Capraia avec leurs
meilleurs Effers ,pour se soustraire à a fureur des
Rebelles, qui ayant repris les armes , s'étoient emparez
de Feringoli , Poste avantageux , situé près
de la Bastia ; qu'ils avoient brulé le Bourg d'Araliola
, qu'ils avoient surpris la petite Ville de
San Fiorenzo , et menacé le Commandant de la
Tour de cette Ville , de faire mourir sa mere et
sa niece , arrêtées dans la Ville , s'il ne se rendoit
dans un certain temps.
On écrit de Turin , que le Roi de Sardaigne
a fait arrêter et conduire au Chateau de Miolans,
le Comte de Sales , qu'on accuse d'avoir parle
trop indiscretement des differends de la Cour avec
le Saint Siege.
Fermer
Résumé : ITALIE.
En 1731, plusieurs événements marquants ont eu lieu en Italie et dans les régions voisines. Le Pape a créé une congrégation pour examiner les raisons de la défense des lotteries de Gênes et a publié une bulle d'excommunication contre ceux qui s'y impliquent. Il a été suggéré que ces lotteries pourraient être rétablies au profit de la Chambre Apostolique, avec une excommunication limitée à ceux utilisant des moyens superstitieux. Le Pape a nommé le Cardinal Impériali pour assister au Chapitre général des Carmes Déchaussés à Rome, où le Père Robert de Sainte-Anne, né à Bruxelles et ancien Provincial des Pays-Bas, a été élu Général. Des dépêches de M. Guillelmi, envoyé à Turin, rapportent son expulsion des États du Roi de Sardaigne après avoir été reçu avec distinction à Alexandrie. Dans un consistoire secret, le Pape a proposé l'érection de l'évêché de Dijon pour l'Abbé Bouhier. Le Cardinal Cibo, initialement destiné à passer ses derniers jours à Castellone, a été rappelé par le Pape. Des rumeurs indiquent que la Congrégation de l'Immunité agit contre le Cardinal Fini, accusé d'être à l'origine des différends entre le Saint-Siège et le Roi de Sardaigne. Le Cardinal Coscia, menacé d'excommunication, a été cité par le Nonce du Pape à Naples. Un tremblement de terre à Foggia a causé des destructions massives, tuant environ 3600 personnes et endommageant gravement les infrastructures. Les habitants de Foggia ont été exemptés de droits et taxes pendant dix ans, et des mesures sont prises pour reconstruire la ville. Des secousses similaires ont été ressenties à Barletta, Cérignola, Canosa, Andria, Molfetta, Bari et Manfredonia, avec des dégâts variés. À Naples, une procession solennelle a eu lieu avec le Chef de saint Janvier. Un religieux Minime a été assassiné à Aversa pour avoir déterminé une courtisanne à la pénitence. Enfin, des vaisseaux suédois ont livré des présents militaires à Alger, et des familles corses se sont réfugiées à Capraia pour échapper aux rebelles. Le Roi de Sardaigne a fait arrêter le Comte de Sales pour des propos indiscrets sur les différends avec le Saint-Siège.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8
p. 2241-2247
ITALIE.
Début :
L'Archevêque de Saltzbourg ayant écrit d'Allemagne que les Habitans de plusieurs Bourgs, [...]
Mots clefs :
Congrégation, Archevêque, Chanoine, Traité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
'Archevêque de Saltzbourg ayant écrit d'Al-
L'lemagne que les Habitans de plusieurs Bourgs,
Villages et Hameaux de son Diocese, qu'on croyoit
Catholiques , s'étoient déclarez Luthériens , et
qu'ils avoient demandé, les armes à la main, qu'on
feur accordât le libre exercice de leur Religion ;
Ja Congregation de Propaganda Fide s'est assemblée
plusieurs fois pour chercher les moyens
de prévenir ce mal , et le bruit court qu'il a été
résolu d'exhorter l'Archevêque de Saltzbourg à
rappeller quelques Religieux et Ecclesiastiques
Seculiers des endroits dont les Habitans se sont
soulevez , et d'y en envoyer d'autres qui seroient
peut-être plus agréables à ces Peuples . On a ordonné
de réciter une Collecte à la Messe dans
toutes les Eglises de Rome , pour demander à
Dieu qu'il daigne ramener ces heretiques dans le
sein de l'Eglise.
Par les Lettres de Bruxelles , on apprend que
I cet
2242 MERCURE DE FRANCE
cet Archevêque avoit accordé à ses Sujets révol
rez un terme de 15. jours pour se déclarer ou
vertement Catholiques ou Luthériens ; qu'il avoit
permis à ces derniers de vendre leurs Effets, et de
se retirer où ils voudroient que plusieurs de ces
Revoltez étoient rentrez dans leur devoir, et qu'ils
avoient demandé seulement quelque diminution
des Impositions qu'on leur fait payer ; que d'autres
s'étoient soumis sans aucune condition , er
que les plus obstinés prenoient le party de se re
tirer .
Le Chanoine Articone , dont la tête a été mise
à prix par la République de Genes , est arrivé à
Rome de l'Isle de Corse, chargé des pleins pou →
voirs des Mécontens de cette Isle , pour traiter
leur accommodement avec la République par la
médiation du Pape.
Dans le Consistoire secret que le Papė tint le
6. Août , le Cardinal Otthoboni proposa PAB
baye de S. Pierre de Poultiers , Diocèse de Langres
, pour l'Abbé de Cantin : il préconisa en
suite M. Etienne Blascowich , Prêtre de Spalatro,
pour l'Evêché de Macarseka ; l'Abbé de Sesmaisons
, pour l'Abbaye de N. Dame de Ham, Diocese
de Noyon'; B'Abbé Joly de Fleury , pour
cèlle de S. Pierre de Chezy , Diocèse de Soissons;
ét l'Abbé de Pins de Roquefort , pour celle de
N. D. de Senanques , Diocèse de Cavaillon.
M. Coscia , frere du Cardinal de ce nom , est
encore prisonnier au Château S. Ange ; son jugement
diffinitif n'est pas encore prononcé, mais
il a été suspendu de toutes les Fonctions Sacerdotales.
•
1
On a appris que le Duc Coscia étoit allé à
Naples avec son Epouse ; que le Cardinal Coscia
les avoit vus pabliquement ; que le Duc faisoit
travailler
SEPTEMBRE. 1731. 2243
travailler à une magnifique Livrée , et qu'il avoit
fait mettre ses Armes sur la Porte du Palais qu'il
a fait loüer ; et on mande de Naples , que sur la
fin du mois dernier , le Cardinal Coscia reçut la
plus grande partie de ce qui lui étoit dû par les
Fermiers de ses Benefices , quoique le Nonce du
Pape eut fait saisir ses revenus ; mais le Conseil
Collateral a déclaré nulle cette saisie , que le
Nonce avoit crû pouvoir faire sur des Benefices
situez dans le Royaume de Naples sans la permission
de ce Conseil.
On écrit de Rome , que le 22. Août on y af
ficha un Decret de la Congregation de Non Nullis
, par lequel le Cardinal Coscia est déclaré
incapable d'exercer aucune Jurisdiction dans l'étendue
de ses Benefices , avec défenses à lui d'y
contrevenir , sous peine d'excommunication ma
jeure , et même de plus grande peine que le Pape
se réserve de prononcer.
On a appris par les dernieres Lettres de Naples,
que le Fiscal , le Notaire et le Curseur de la Nonciature
avoient reçû ordre de la part de l'Empefeur
de sortir dans trois jours de la Ville , et
dans huit du Royaume de Naples , pour avoir ,
sans une permission expresse du Conseil Colla
teral , arrêté et visité les voitures qui y ont con
duit le Cardinal Coscia ; que les Vicaires Generaux
du Diocèse d'Aversa et de celui de Capote ,
Commissaires déleguez du Nonce du Pape
avoient reçu de pareils ordres.
>
On apprend de Florence , que le Pere Ascanio ,'
Dominicain , a dépêché un Courier à Seville pour
y porter la Copie du Traité particulier qu'il a signé
avec le Grand Duc , par lequel Traité on assure
que ce Prince recevra l'Infant . Don Carlos
en qualité de Prrince Heredtaire de Toscane ; que
I ij Ics
2244 MERCURE
DE FRANCE
les Magistrats , les Ministres , les Commandans .
des Places lui prêteront serment de fidelité en
cette qualité ; que l'Infant Don Carlos heritera
de tous les biens allodiaux appartenans au Grand
Duc , à l'exception de ceux de Ravenne et d'Urbin
, dont les revenus sont destinez à l'entretien
de l'Electrice Douairiere Palatine , à laquelle on
laissera la liberté de disposer de ses Effets mobi- ,
liaires comme elle le jugera à propos ; que l'In
fant Don Carlos demeurera chargé de toutes les
dettes contractées par le Grand Duc et par ses
Prédecesseurs , et payera toutes les Pensions et
Gratifications qu'il pourra faire en mourant à
ses Officiers ; qu'en cas que le Grand Duc vienne
à mourir , l'Electrice Doüairiere Palatine sera
Tutrice de Infant Don Carlos jusqu'à ce qu'il
ait atteint l'âge de 18. ans.
Le Juif Fonseca , fameux Banquier de Constantinople
, qui est arrivé le mois dernier à Florence
avec son fils , pour se faire baisser la cataracte
, eut le 21. Août une Audience du Grand
Duc qui lui a envoyé deux de ses Carosses pour
son usage pendant tout le temps qu'il restera dans
cette Ville.
On a fait à Parme tous les préparatifs neces
saires pour les Couches de la Duchesse Douairiere.
Tous les Ministres Etrangers qui doivent
assister aux Couches de cette Princesse , sont ar
rivez , et on leur a construit des chambres au
tour de la sienne , afin qu'ils soient plus à portée
de se trouver à la naissance du Prince ou de la
Princesse qu'elle mettra au monde.
On a appris en dernier lieu que le Marquis de
Monteleon , Ambassadeur du Roy d'Espagne à
Venise , lequel est actuellement à Parme , y a
protesté au nom de S. M. Catholique contre la
grossesse
SEPTEMBRE 2245
1731. •
grossesse de la Duchesse Douairiere de Parme ,
et en même temps il a sommé, avec les formalitez
ordinaires, le General Stampa de faire sortir
des Duchez de Parme et de Plaisance , les troupes
Imperiales qui y sont , conformément au
dernier Traité de Vienne ; sur quoi ce General a
dépêché un Courier pour avoir les derniers ordres
de S. M. Imperiale.
On à reçu avis de Turin , que le Roy Victor
Amedée y étoit arrivé le 20. d'Août , et qu'on
croyoit qu'il feroit dorênavant son séjour dans
les environs de cette Ville .
Le 6. Août , on fit partir de Genes , avec un
vent favorable , le Convoy qui a transporté les
Troupes Auxiliaires de l'Empereur dans l'Isle de
Corse. Le Comte de Daun , fils du Gouverneur
General du Milanez , est allé avec les Troupes
de cette expedition.
Le Convoy arriva le 9. à la Bastia, et le débarquement
des Troupes et de l'Artillerie se fit le
même jour. Le 10. le Colonel , Velas à la tête
de 800, Genois , soutenus d'un détachement de
Troupes Imperiales , commandé par le General
Wachtendonc , fit une sortie sur les Rebelles qui
assiegeoient la Ville , et qui ayant abandonné
Jeurs retranchemens , se retirerent dans les montagnes
aprés avoir perdu environ 400. hommes.
On prit leur Canon , leurs Munitions de guerre
et leurs Provisions. Le 11. on exécuta plusieurs
de ces Rebelles qui avoient été pris la veille. Le
14. le General Wachtendone, à la tête de 2 500.
hommes , attaqua un Corps de Rebelles de 4000 .
hommes retranchez à Foriano . La plupart pri
rent la fuite , et les autres furent passez au fil de
l'épée ; leurs Magazins furent pillez et ensuite
brûlez ; parce qu'on ne pouvoit ni les consom»
I iij mer
2246 MERCURE DE FRANCE
mer ,
à la Bastia.
ni les transporter
Les Rebelles de ce Poste ayant été poursuivis
le long de la Côte par deux Compagnies de Hussars
, furent obligez de se précipiter dans un Marais
où la plupart ont péri. Le 15. le General
Wachtendonc retourna à la Bastia , où on tint un
Conseil de Guerre pour déliberer si on attaqueroit
les Rebelles dans leurs montagnes , ou si on se
contenteroit de les avoir chassez de la plaine.
On écrit de Genes que la Republique avoit accordé
une Amnistie generale aux Rebelles de l'Isle
de Corse, qui dans le terme de six semaines quitteront
les armes, et rentreront dans leur devoir,
et qu'elle n'avoit excepté de cette grace que
quelques Chefs dont la tête a été mise à prix.
Les dernieres Lettres de Genes portent , que M.
Doria , Commissaire General de l'Isle de Corse,
partit le 20. d'Août pour la Bastia avec un grand
nombre de jeune Noblesse Genoise qui va servir
comme Volontaire dans les Troupes de la Ré
publique.
C
On écrit de la Bastia que l'Armée de la Répu
blique s'étant fort augmentée par la jonction des
Corses Rebelles qui se sont soumis , s'étoit emparée
du Port de S. Firenzo sans aucune résis
tance ; que les Rebelles qui gardoient ce Poste
avoient pris la fuite avec tant de précipitation ,
que les Hussars n'avoient pú les joindres qu'a
prés cette Expedition , l'Armée s'étoit mise en
marche pour le Quartier de Vescovado , où les
Rebelles étoient retranchez , et qu'on ne doutoir
pas qu'elle ne les chassât des postes qu'ils y occupoient.
On apprend par d'autres Lettres arrivées depuis
, qu'un detachement de l'Armée s'étoit saisi
de la famille du nommé Alexandrini , l'un des
sept
SEPTEMBRE . 1731. 2247
sept Chefs des Rebelles , qu'on l'avoit envoyée à
La Bastia , et que l'Armée étoit revenue dans les
environs de cette Ville , sans avoir pû rien entreprendre
sur le quartier de Vescovado.
Il se répand un bruit qu'on travaille aux Préliminaires
d'un Traité d'accommodement entre
sette Republique et les Rebelles , et que dans peu
ce Traité sera signé.
'Archevêque de Saltzbourg ayant écrit d'Al-
L'lemagne que les Habitans de plusieurs Bourgs,
Villages et Hameaux de son Diocese, qu'on croyoit
Catholiques , s'étoient déclarez Luthériens , et
qu'ils avoient demandé, les armes à la main, qu'on
feur accordât le libre exercice de leur Religion ;
Ja Congregation de Propaganda Fide s'est assemblée
plusieurs fois pour chercher les moyens
de prévenir ce mal , et le bruit court qu'il a été
résolu d'exhorter l'Archevêque de Saltzbourg à
rappeller quelques Religieux et Ecclesiastiques
Seculiers des endroits dont les Habitans se sont
soulevez , et d'y en envoyer d'autres qui seroient
peut-être plus agréables à ces Peuples . On a ordonné
de réciter une Collecte à la Messe dans
toutes les Eglises de Rome , pour demander à
Dieu qu'il daigne ramener ces heretiques dans le
sein de l'Eglise.
Par les Lettres de Bruxelles , on apprend que
I cet
2242 MERCURE DE FRANCE
cet Archevêque avoit accordé à ses Sujets révol
rez un terme de 15. jours pour se déclarer ou
vertement Catholiques ou Luthériens ; qu'il avoit
permis à ces derniers de vendre leurs Effets, et de
se retirer où ils voudroient que plusieurs de ces
Revoltez étoient rentrez dans leur devoir, et qu'ils
avoient demandé seulement quelque diminution
des Impositions qu'on leur fait payer ; que d'autres
s'étoient soumis sans aucune condition , er
que les plus obstinés prenoient le party de se re
tirer .
Le Chanoine Articone , dont la tête a été mise
à prix par la République de Genes , est arrivé à
Rome de l'Isle de Corse, chargé des pleins pou →
voirs des Mécontens de cette Isle , pour traiter
leur accommodement avec la République par la
médiation du Pape.
Dans le Consistoire secret que le Papė tint le
6. Août , le Cardinal Otthoboni proposa PAB
baye de S. Pierre de Poultiers , Diocèse de Langres
, pour l'Abbé de Cantin : il préconisa en
suite M. Etienne Blascowich , Prêtre de Spalatro,
pour l'Evêché de Macarseka ; l'Abbé de Sesmaisons
, pour l'Abbaye de N. Dame de Ham, Diocese
de Noyon'; B'Abbé Joly de Fleury , pour
cèlle de S. Pierre de Chezy , Diocèse de Soissons;
ét l'Abbé de Pins de Roquefort , pour celle de
N. D. de Senanques , Diocèse de Cavaillon.
M. Coscia , frere du Cardinal de ce nom , est
encore prisonnier au Château S. Ange ; son jugement
diffinitif n'est pas encore prononcé, mais
il a été suspendu de toutes les Fonctions Sacerdotales.
•
1
On a appris que le Duc Coscia étoit allé à
Naples avec son Epouse ; que le Cardinal Coscia
les avoit vus pabliquement ; que le Duc faisoit
travailler
SEPTEMBRE. 1731. 2243
travailler à une magnifique Livrée , et qu'il avoit
fait mettre ses Armes sur la Porte du Palais qu'il
a fait loüer ; et on mande de Naples , que sur la
fin du mois dernier , le Cardinal Coscia reçut la
plus grande partie de ce qui lui étoit dû par les
Fermiers de ses Benefices , quoique le Nonce du
Pape eut fait saisir ses revenus ; mais le Conseil
Collateral a déclaré nulle cette saisie , que le
Nonce avoit crû pouvoir faire sur des Benefices
situez dans le Royaume de Naples sans la permission
de ce Conseil.
On écrit de Rome , que le 22. Août on y af
ficha un Decret de la Congregation de Non Nullis
, par lequel le Cardinal Coscia est déclaré
incapable d'exercer aucune Jurisdiction dans l'étendue
de ses Benefices , avec défenses à lui d'y
contrevenir , sous peine d'excommunication ma
jeure , et même de plus grande peine que le Pape
se réserve de prononcer.
On a appris par les dernieres Lettres de Naples,
que le Fiscal , le Notaire et le Curseur de la Nonciature
avoient reçû ordre de la part de l'Empefeur
de sortir dans trois jours de la Ville , et
dans huit du Royaume de Naples , pour avoir ,
sans une permission expresse du Conseil Colla
teral , arrêté et visité les voitures qui y ont con
duit le Cardinal Coscia ; que les Vicaires Generaux
du Diocèse d'Aversa et de celui de Capote ,
Commissaires déleguez du Nonce du Pape
avoient reçu de pareils ordres.
>
On apprend de Florence , que le Pere Ascanio ,'
Dominicain , a dépêché un Courier à Seville pour
y porter la Copie du Traité particulier qu'il a signé
avec le Grand Duc , par lequel Traité on assure
que ce Prince recevra l'Infant . Don Carlos
en qualité de Prrince Heredtaire de Toscane ; que
I ij Ics
2244 MERCURE
DE FRANCE
les Magistrats , les Ministres , les Commandans .
des Places lui prêteront serment de fidelité en
cette qualité ; que l'Infant Don Carlos heritera
de tous les biens allodiaux appartenans au Grand
Duc , à l'exception de ceux de Ravenne et d'Urbin
, dont les revenus sont destinez à l'entretien
de l'Electrice Douairiere Palatine , à laquelle on
laissera la liberté de disposer de ses Effets mobi- ,
liaires comme elle le jugera à propos ; que l'In
fant Don Carlos demeurera chargé de toutes les
dettes contractées par le Grand Duc et par ses
Prédecesseurs , et payera toutes les Pensions et
Gratifications qu'il pourra faire en mourant à
ses Officiers ; qu'en cas que le Grand Duc vienne
à mourir , l'Electrice Doüairiere Palatine sera
Tutrice de Infant Don Carlos jusqu'à ce qu'il
ait atteint l'âge de 18. ans.
Le Juif Fonseca , fameux Banquier de Constantinople
, qui est arrivé le mois dernier à Florence
avec son fils , pour se faire baisser la cataracte
, eut le 21. Août une Audience du Grand
Duc qui lui a envoyé deux de ses Carosses pour
son usage pendant tout le temps qu'il restera dans
cette Ville.
On a fait à Parme tous les préparatifs neces
saires pour les Couches de la Duchesse Douairiere.
Tous les Ministres Etrangers qui doivent
assister aux Couches de cette Princesse , sont ar
rivez , et on leur a construit des chambres au
tour de la sienne , afin qu'ils soient plus à portée
de se trouver à la naissance du Prince ou de la
Princesse qu'elle mettra au monde.
On a appris en dernier lieu que le Marquis de
Monteleon , Ambassadeur du Roy d'Espagne à
Venise , lequel est actuellement à Parme , y a
protesté au nom de S. M. Catholique contre la
grossesse
SEPTEMBRE 2245
1731. •
grossesse de la Duchesse Douairiere de Parme ,
et en même temps il a sommé, avec les formalitez
ordinaires, le General Stampa de faire sortir
des Duchez de Parme et de Plaisance , les troupes
Imperiales qui y sont , conformément au
dernier Traité de Vienne ; sur quoi ce General a
dépêché un Courier pour avoir les derniers ordres
de S. M. Imperiale.
On à reçu avis de Turin , que le Roy Victor
Amedée y étoit arrivé le 20. d'Août , et qu'on
croyoit qu'il feroit dorênavant son séjour dans
les environs de cette Ville .
Le 6. Août , on fit partir de Genes , avec un
vent favorable , le Convoy qui a transporté les
Troupes Auxiliaires de l'Empereur dans l'Isle de
Corse. Le Comte de Daun , fils du Gouverneur
General du Milanez , est allé avec les Troupes
de cette expedition.
Le Convoy arriva le 9. à la Bastia, et le débarquement
des Troupes et de l'Artillerie se fit le
même jour. Le 10. le Colonel , Velas à la tête
de 800, Genois , soutenus d'un détachement de
Troupes Imperiales , commandé par le General
Wachtendonc , fit une sortie sur les Rebelles qui
assiegeoient la Ville , et qui ayant abandonné
Jeurs retranchemens , se retirerent dans les montagnes
aprés avoir perdu environ 400. hommes.
On prit leur Canon , leurs Munitions de guerre
et leurs Provisions. Le 11. on exécuta plusieurs
de ces Rebelles qui avoient été pris la veille. Le
14. le General Wachtendone, à la tête de 2 500.
hommes , attaqua un Corps de Rebelles de 4000 .
hommes retranchez à Foriano . La plupart pri
rent la fuite , et les autres furent passez au fil de
l'épée ; leurs Magazins furent pillez et ensuite
brûlez ; parce qu'on ne pouvoit ni les consom»
I iij mer
2246 MERCURE DE FRANCE
mer ,
à la Bastia.
ni les transporter
Les Rebelles de ce Poste ayant été poursuivis
le long de la Côte par deux Compagnies de Hussars
, furent obligez de se précipiter dans un Marais
où la plupart ont péri. Le 15. le General
Wachtendonc retourna à la Bastia , où on tint un
Conseil de Guerre pour déliberer si on attaqueroit
les Rebelles dans leurs montagnes , ou si on se
contenteroit de les avoir chassez de la plaine.
On écrit de Genes que la Republique avoit accordé
une Amnistie generale aux Rebelles de l'Isle
de Corse, qui dans le terme de six semaines quitteront
les armes, et rentreront dans leur devoir,
et qu'elle n'avoit excepté de cette grace que
quelques Chefs dont la tête a été mise à prix.
Les dernieres Lettres de Genes portent , que M.
Doria , Commissaire General de l'Isle de Corse,
partit le 20. d'Août pour la Bastia avec un grand
nombre de jeune Noblesse Genoise qui va servir
comme Volontaire dans les Troupes de la Ré
publique.
C
On écrit de la Bastia que l'Armée de la Répu
blique s'étant fort augmentée par la jonction des
Corses Rebelles qui se sont soumis , s'étoit emparée
du Port de S. Firenzo sans aucune résis
tance ; que les Rebelles qui gardoient ce Poste
avoient pris la fuite avec tant de précipitation ,
que les Hussars n'avoient pú les joindres qu'a
prés cette Expedition , l'Armée s'étoit mise en
marche pour le Quartier de Vescovado , où les
Rebelles étoient retranchez , et qu'on ne doutoir
pas qu'elle ne les chassât des postes qu'ils y occupoient.
On apprend par d'autres Lettres arrivées depuis
, qu'un detachement de l'Armée s'étoit saisi
de la famille du nommé Alexandrini , l'un des
sept
SEPTEMBRE . 1731. 2247
sept Chefs des Rebelles , qu'on l'avoit envoyée à
La Bastia , et que l'Armée étoit revenue dans les
environs de cette Ville , sans avoir pû rien entreprendre
sur le quartier de Vescovado.
Il se répand un bruit qu'on travaille aux Préliminaires
d'un Traité d'accommodement entre
sette Republique et les Rebelles , et que dans peu
ce Traité sera signé.
Fermer
Résumé : ITALIE.
En Italie, l'archevêque de Salzbourg a signalé que des habitants de plusieurs localités de son diocèse, initialement catholiques, se sont déclarés luthériens et ont exigé le libre exercice de leur religion par la force. La Congrégation de Propaganda Fide a réagi en exhortant l'archevêque à rappeler certains religieux et à en envoyer d'autres plus acceptables. Une collecte a été ordonnée dans les églises de Rome pour prier le retour des hérétiques. L'archevêque avait accordé un délai de 15 jours à ses sujets pour se déclarer catholiques ou luthériens, permettant aux luthériens de vendre leurs biens et de partir. Certains révoltés sont revenus dans le devoir, demandant une diminution des impôts, tandis que d'autres se sont soumis sans condition et que les plus obstinés ont choisi de partir. À Rome, le chanoine Articone, recherché par la République de Gênes, est arrivé de Corse avec des pouvoirs pour négocier un accord avec la République par l'intermédiaire du Pape. Plusieurs nominations ecclésiastiques ont été proposées lors d'un consistoire secret. Le frère du cardinal Coscia reste prisonnier au Château Saint-Ange, suspendu de toutes fonctions sacerdotales. À Naples, le duc Coscia et son épouse ont été vus publiquement, et le cardinal Coscia a récupéré une grande partie de ses revenus malgré une saisie ordonnée par le nonce du Pape. Un décret a déclaré le cardinal Coscia incapable d'exercer toute juridiction dans ses bénéfices, sous peine d'excommunication. Le fiscal, le notaire et le curseur de la nonciature ont été ordonnés de quitter Naples pour avoir arrêté et visité les voitures du cardinal sans permission. À Florence, le père Ascanio, dominicain, a envoyé un courrier à Séville avec un traité stipulant que l'Infant Don Carlos héritera de la Toscane et des biens allodiaux du Grand-Duc, à l'exception de Ravenne et d'Urbino. Le banquier juif Fonseca a été reçu en audience par le Grand-Duc de Florence. À Parme, des préparatifs ont été faits pour les couches de la duchesse douairière. L'ambassadeur d'Espagne a protesté contre sa grossesse et sommé le général Stampa de faire sortir les troupes impériales des duchés de Parme et de Plaisance. Le roi Victor-Amédée est arrivé à Turin et y résidera. À Gênes, des troupes auxiliaires de l'Empereur ont été transportées en Corse, où des combats ont eu lieu contre les rebelles. La République de Gênes a accordé une amnistie générale aux rebelles corses, à l'exception de quelques chefs, et des négociations pour un traité d'accommodement sont en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 2657-2660
ITALIE.
Début :
La Congregation établie à Rome pour faire construire le nouveau Portail de l'Eglise de [...]
Mots clefs :
Congrégation, Rome, Pape, Obédience, Régence, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
>
> pour
A Congregation établie à Rome pour faire
construire le nouveau Portail de l'Eglise de
S. Jean de Latran s'assembla le 8. Octobre
chez le Cardinal Corsini chercher les
moyens d'avoir les fonds nécessaires , et il fut
résolu de représenter au Pape , qu'il étoit impossible
d'entreprendre cet Edifice , à moins que
S. S. ne voulût y contribuer de ses propres
deniers , à l'exemple d'Innocent XIII .
On convint aussi de prier le Pape d'écrire à
tous les Princes Catholiques , pour les engager
à contribuer à l'édification d'un Monument qui
doit orner la premiere Eglise de cette Capitale.
L'Architecte qui en a fourni le Dessein , a offert
de le faire executer sans en recevoir aucun émolument
.
> Le Pape a résolu de rétablir l'ancien usage
qui oblige les nouveaux Cardinaux à faire une
Entrée publique , et à se rendre en Cavalcade au
Palais pour l'obédience .
"
Le 30. Octobre , on fit partir pour Civita-
Vecchia , une Chaîne de 66, Criminels , condamnez
aux Galeres du nombre desquels étoit
le Caporal des Sbirres , qui eût l'insolence de
frapper , il y a quelques mois , le Suisse du Ministre
du Roi de Pologne.
Le 7: Ottobre vers les 8 , heures du matin ,
Hv
2658 MERCURE DE FRANCE
on ressentit à Naples une secousse de Tremblement
de Terre , qui ne causa aucun dom- .
mage ; mais le Peuple en fut si fort effrayé ,
qu'il sortit en foule de la Ville et resta jusqu'au
lendemain dans la Campagne.
"
On a fermé à cette occasion tous les Theatres ,
et on a exposé les principales Reliques de l'Eglise
Métropolitaine.
On a appris que la Regence de Parme avoit
fait payer à la Duchesse Doüairiere , Henriette
de Modene , les 60000. Pistoles que le feu Duc
son Epoux lui avoit laissées par son Testament ;
qu'on faisoit à Parme de grands Préparatis.
pour la réception de l'Infant Don Carlos , et
que le bruit couroit qu'on devoit fortifier quelques
Places de ce Duché , pour y former des
Magazins tant de Provisions que de Munitions
de Guerre.
>
>-
On écrit de Florence , que le 18. Octobre
M. Marmos , Auditeur General , eût une longue
Audience du Grand Duc , dans laquelle il fit
en presence de M. Tornaquinci , Secretaire d'Etat
et de l'Auditeur Fiscal , la lecture du projet
de Serment que le Grand Duc doit prêter en
qualité de Tuteur de l'Infant Don Carlos , done
la Princesse Dorothée premiere Duchesse
Douairiere de Parme sera aussi Tutrice jusqu'à
la majorité de ce Prince , qui est fixée à
18. ans.
"
>
L'Escadre du Roy d'Espagne et celle du Roy
d'Angleterre , qui étoient parties le 16 et le 17
Octobre de Barcelonne , parurent à la vûë de
Livourne le 26 sur les 4. heures après midi. Le
27. au matin , elles commencerent à y jetter
P'Ancre elles sont composées de 36 Vaisseaux
de Guerre et de 116 Bâtimens de transport.
:
>
NOVEMBRE 1731. 2659
>
Le 29 on commença à débarquer les Troupes
Espagnoles , qu'on a distribuées dans leurs quartiers
, à mesure qu'elles entroient dans la Ville.
Le Comte Caponi , Gouverneur de Livourne
reçut le même jour les complimens des deux
Commandans de ces Escadres , qui dépêcherent
le soir à Florence deux Officiers de distinction
pour rendre au Grand Duc des respects de leur
part..
Les Galeres du Roy d'Espagne sont restées
à Antibes , où elles attendront l'Infant Don
Carlos , qui montera la Capitane.
Les Gouverneurs de Pise et de Porto- Ferrayo ,
se sont rendus à leurs Gouvernemens » pour recevoir
les détachemens des Troupes Espagnoles ,
qu'on doit envoyer dans ces deux Places.
On a appris de Venise , que le Renegat Jean
Joggia étoit avec son Escadre dans les Mers
du Levant ; qu'il avoit pris un Vaisseau de la
République qu'il en avoit fait massacrer l'Equipage
, et mis le Capitaine aux Fers , et qu'on
craignoit qu'il ne vint attaquer quelques Forte
resses de la Republique dans le Levant
On mande de Genes que le Grand Conseil a
nommé plusieurs Gentilshommes pour compli
menter le Duc de S. Aignan , Ambassadeur du
Roi T. Ch . auprès du S. Siege , à son arrivée
à Genes , et pour lui tenir compagnie pendant
le séjour qu'il y fera..
Les Lettres de Corse portent que le Colone,,
Vela s'étoit emparé de la petite Ville de Luncio,
O plusieurs Rebelles . qui s'y étoient retirés é
avoient été taillés en pieces ; qu'il étoit retourn
ensuite à Ajaccio et que les habitans de plus
sieurs autres Villes de l'Isle de Corse y avoien
euvoyé des Députez pour se soumettre à la République..
Hvis Le
2660 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que , malgré les Négociations ,
commencées pour terminer les affaires de cente
Isle , par l'entremise de l'Empereur , le General
Wachtendonck avoit dû attaquer les Rebelles
dans leurs retranchemens de Vescovado .
L'Officier Allemand que le même General
avoit dépêché à Vienne , pour y porter les Propositions
des Rebelles de l'Isle de Corse , en est
revenu ; et on assure qu'il a rapporté que l'Empereur
étoit disposé à se rendre Mediateur de leur
differend avec la Republique , à condition que
les Chefs de ces Rebelles ne seroient point compris
dans l'Amnistie Generale qu'on accordera à
tous les autres et qu'ils sortiroient de l'Isle
avec leurs Familles et leurs Effets , sans jamais
pouvoir y revenir , sous quelque prétexte que
ce puisse être.
Le bruit court qu'on a attaqué les Rebelles
dans leurs rétranchemens de Vescovado ; qu'ils
ont été contraints de les abandonner , mais que
les Troupes de la Republique , et les Troupes
Auxiliaires de l'Empereur y avoient perdu plu
sieurs Officiers de consideration.
>
> pour
A Congregation établie à Rome pour faire
construire le nouveau Portail de l'Eglise de
S. Jean de Latran s'assembla le 8. Octobre
chez le Cardinal Corsini chercher les
moyens d'avoir les fonds nécessaires , et il fut
résolu de représenter au Pape , qu'il étoit impossible
d'entreprendre cet Edifice , à moins que
S. S. ne voulût y contribuer de ses propres
deniers , à l'exemple d'Innocent XIII .
On convint aussi de prier le Pape d'écrire à
tous les Princes Catholiques , pour les engager
à contribuer à l'édification d'un Monument qui
doit orner la premiere Eglise de cette Capitale.
L'Architecte qui en a fourni le Dessein , a offert
de le faire executer sans en recevoir aucun émolument
.
> Le Pape a résolu de rétablir l'ancien usage
qui oblige les nouveaux Cardinaux à faire une
Entrée publique , et à se rendre en Cavalcade au
Palais pour l'obédience .
"
Le 30. Octobre , on fit partir pour Civita-
Vecchia , une Chaîne de 66, Criminels , condamnez
aux Galeres du nombre desquels étoit
le Caporal des Sbirres , qui eût l'insolence de
frapper , il y a quelques mois , le Suisse du Ministre
du Roi de Pologne.
Le 7: Ottobre vers les 8 , heures du matin ,
Hv
2658 MERCURE DE FRANCE
on ressentit à Naples une secousse de Tremblement
de Terre , qui ne causa aucun dom- .
mage ; mais le Peuple en fut si fort effrayé ,
qu'il sortit en foule de la Ville et resta jusqu'au
lendemain dans la Campagne.
"
On a fermé à cette occasion tous les Theatres ,
et on a exposé les principales Reliques de l'Eglise
Métropolitaine.
On a appris que la Regence de Parme avoit
fait payer à la Duchesse Doüairiere , Henriette
de Modene , les 60000. Pistoles que le feu Duc
son Epoux lui avoit laissées par son Testament ;
qu'on faisoit à Parme de grands Préparatis.
pour la réception de l'Infant Don Carlos , et
que le bruit couroit qu'on devoit fortifier quelques
Places de ce Duché , pour y former des
Magazins tant de Provisions que de Munitions
de Guerre.
>
>-
On écrit de Florence , que le 18. Octobre
M. Marmos , Auditeur General , eût une longue
Audience du Grand Duc , dans laquelle il fit
en presence de M. Tornaquinci , Secretaire d'Etat
et de l'Auditeur Fiscal , la lecture du projet
de Serment que le Grand Duc doit prêter en
qualité de Tuteur de l'Infant Don Carlos , done
la Princesse Dorothée premiere Duchesse
Douairiere de Parme sera aussi Tutrice jusqu'à
la majorité de ce Prince , qui est fixée à
18. ans.
"
>
L'Escadre du Roy d'Espagne et celle du Roy
d'Angleterre , qui étoient parties le 16 et le 17
Octobre de Barcelonne , parurent à la vûë de
Livourne le 26 sur les 4. heures après midi. Le
27. au matin , elles commencerent à y jetter
P'Ancre elles sont composées de 36 Vaisseaux
de Guerre et de 116 Bâtimens de transport.
:
>
NOVEMBRE 1731. 2659
>
Le 29 on commença à débarquer les Troupes
Espagnoles , qu'on a distribuées dans leurs quartiers
, à mesure qu'elles entroient dans la Ville.
Le Comte Caponi , Gouverneur de Livourne
reçut le même jour les complimens des deux
Commandans de ces Escadres , qui dépêcherent
le soir à Florence deux Officiers de distinction
pour rendre au Grand Duc des respects de leur
part..
Les Galeres du Roy d'Espagne sont restées
à Antibes , où elles attendront l'Infant Don
Carlos , qui montera la Capitane.
Les Gouverneurs de Pise et de Porto- Ferrayo ,
se sont rendus à leurs Gouvernemens » pour recevoir
les détachemens des Troupes Espagnoles ,
qu'on doit envoyer dans ces deux Places.
On a appris de Venise , que le Renegat Jean
Joggia étoit avec son Escadre dans les Mers
du Levant ; qu'il avoit pris un Vaisseau de la
République qu'il en avoit fait massacrer l'Equipage
, et mis le Capitaine aux Fers , et qu'on
craignoit qu'il ne vint attaquer quelques Forte
resses de la Republique dans le Levant
On mande de Genes que le Grand Conseil a
nommé plusieurs Gentilshommes pour compli
menter le Duc de S. Aignan , Ambassadeur du
Roi T. Ch . auprès du S. Siege , à son arrivée
à Genes , et pour lui tenir compagnie pendant
le séjour qu'il y fera..
Les Lettres de Corse portent que le Colone,,
Vela s'étoit emparé de la petite Ville de Luncio,
O plusieurs Rebelles . qui s'y étoient retirés é
avoient été taillés en pieces ; qu'il étoit retourn
ensuite à Ajaccio et que les habitans de plus
sieurs autres Villes de l'Isle de Corse y avoien
euvoyé des Députez pour se soumettre à la République..
Hvis Le
2660 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que , malgré les Négociations ,
commencées pour terminer les affaires de cente
Isle , par l'entremise de l'Empereur , le General
Wachtendonck avoit dû attaquer les Rebelles
dans leurs retranchemens de Vescovado .
L'Officier Allemand que le même General
avoit dépêché à Vienne , pour y porter les Propositions
des Rebelles de l'Isle de Corse , en est
revenu ; et on assure qu'il a rapporté que l'Empereur
étoit disposé à se rendre Mediateur de leur
differend avec la Republique , à condition que
les Chefs de ces Rebelles ne seroient point compris
dans l'Amnistie Generale qu'on accordera à
tous les autres et qu'ils sortiroient de l'Isle
avec leurs Familles et leurs Effets , sans jamais
pouvoir y revenir , sous quelque prétexte que
ce puisse être.
Le bruit court qu'on a attaqué les Rebelles
dans leurs rétranchemens de Vescovado ; qu'ils
ont été contraints de les abandonner , mais que
les Troupes de la Republique , et les Troupes
Auxiliaires de l'Empereur y avoient perdu plu
sieurs Officiers de consideration.
Fermer
Résumé : ITALIE.
En octobre 1731, à Rome, une congrégation se réunit pour discuter de la construction du nouveau portail de l'église Saint-Jean-de-Latran. Il fut décidé de solliciter une contribution financière du Pape et des princes catholiques. L'architecte proposa de réaliser le projet sans rémunération. Le Pape rétablit également l'usage des entrées publiques des nouveaux cardinaux. Le 30 octobre, 66 criminels, dont un caporal des sbires, furent envoyés aux galères à Civita-Vecchia. À Naples, une secousse de tremblement de terre le 7 octobre effraya la population, entraînant la fermeture des théâtres et l'exposition des principales reliques de l'église métropolitaine. À Parme, la régence versa 60 000 pistoles à la duchesse douairière Henriette de Modène et se préparait à recevoir l'infant Don Carlos. Des rumeurs circulaient sur la fortification de certaines places du duché. À Florence, l'auditeur général Marmos lut un projet de serment que le grand-duc devait prêter en tant que tuteur de Don Carlos. La princesse Dorothée était également tutrice jusqu'à la majorité du prince, fixée à 18 ans. Les escadres du roi d'Espagne et du roi d'Angleterre, composées de 36 vaisseaux de guerre et 116 bâtiments de transport, apparurent à Livourne le 26 octobre. Le 27, elles commencèrent à débarquer les troupes espagnoles. Les gouverneurs de Pise et de Porto-Ferrajo se rendirent à leurs postes pour recevoir les détachements des troupes espagnoles. À Venise, le renégat Jean Joggia attaqua un vaisseau de la République, massacrant l'équipage et capturant le capitaine. À Gênes, le grand conseil nomma des gentilshommes pour accueillir l'ambassadeur du roi auprès du Saint-Siège. En Corse, le colonel Vela s'empara de la ville de Luncio et reçut la soumission de plusieurs autres villes. Des négociations étaient en cours pour terminer les affaires de l'île, avec l'Empereur comme médiateur potentiel. Les rebelles furent attaqués dans leurs retranchements de Vescovado, mais les troupes subirent des pertes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10
p. 1000-1004
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 31. Mars, [...]
Mots clefs :
Italie, Rebelles, Congrégation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT A LI E. وخ
Ans le Consistoire que le Pape tint le 31.
Mars, Sa Sainteté proposa l'Archevêché titulaire de Thessalonique , pour le Pere Galliani,
Religieux Celestin , Archevêque de Tarente ; le
Cardinal Ottoboni proposa l'Evêché de Peri- gueux pour l'Abbé de Prémeaux; celui de Treguier, pour l'Abbé Frugulay de Kenver , et l'Abbaye de Morimond , pour le P. Languet de Gergy , Procureur General de l'Ordre de Câteaux.
Il préconisa ensuite l'Abbé de Valras , pour l'Ë-- vêché de Mâcon , et l'Abbé de la Pause , pour l'Abbaye de S. Hilaire de Carcassone.
La Chambre Apostolique ayant eu un profic Considerable de deux Extractions de la Loterie
rétablie , le Pape a ordonné qu'on en employeroit
20000. écus à soulager les pauvres Communau
tez Religieuses ; qu'on en donneroit 2000. aux
Monts de Preté , pour soutenir leur crédit, et pareille somme aux pauvres Familles des Paroisses
de la Ville de Rome.
Le Pape a établi une Congrégation particu- lier de Cardinaux , pour connoître de l'affaire du
Cardinal Coscia, qui arriva à Rome le 13. d'Aril. Il alla descendre chez le Prince de Caserte
et après une Conference de près d'une heure, il
se rendit au Convent de sainte Praxede , d'où il
envoya le Marquis Bieschicci au Cardinal Secretaire
MAY. 1732. 1001
retaire d'Etat , pour le prier. de donner part an
Pape de son arrivée.
La Congrégation de Nonmillis a changé ce Titre en celui de Pro causa nota , à l'occasion du
nouveau Bref qui lui auribuë la connoissance des
affaires du Cardinal de Coscia.
On a publié depuis peu à Rome , avec les Cé- sémonies accoûtumées , une Bulle du Pape , par
laquelle S. S. a réduit aux termes du Droit comun , les Constitutions et Priviléges donnez par
le feu Pape Benoît XIII. à quelques Ordres Re- digieux et Mandians.
Le Cardinal de Polignac , cy-devant chargé
des affaires du Roy T. Ch. ayant pris congé du
Pape et du Sacré Collége , partit de Rome le 8
d'Avril , dans les Calosses du Duc de S. Aignan,
Ambassadeur Extraordinaire de S. M. T. C. qui
le conduisirent jusqu'à deux lieuës hors de la
Ville; toutes les personnes de considération l'ont
vú partir avec beaucoup de regret.
Vers le commencement du mois deMay,un Sol- dat Allemand fut tué dans le Territoire du Diocèse de Benevent ; et ce meurtre ayant fait naître de grandes contestations entre les Officiers
de Justice du Diocèse , et ceux du Royaume de
Naples , le Gouvernement a pris le parti de faire
mettre des Troupes sur toutes les avenues set les
chemins de ce Diocèse , par lesquels on peut enarrer dans ce Royaume , afin d'arrêter tous ceux
qui en voudront sortir ; mais les Officiers Beneventins refusant toujours de livrer les Auteurs du
meurtre qui sont connus , le Conseil Collatéral
s'est déterminé à faire saisir tous les biens et autres effets que les habitans du Diocèse de Benerent peuvent avoir dans le Royaume de Naples.
On apprend de Gênes que le reste des Trou-
Tooz MERCURE DE FRANCE
•
pes que l'Empereur a accordées à la République,
est arrivé de Lombardie, et qu'on les fait embar
quer pour l'Isle de Corse, avec une grande quantité de Provisions et de Munitions de Guerre. Ce
secours est de 6400 hommes. Le Pr. de Culmbach et le Pr. Louis de Wirtemberg sont partis
pour aller les commander.
On mande de Milan , que le Pr. Louis de Wir.
temberg, qui commande les Troupes de l'Empe- reur dans l'Isle de Corse , avoit eu ordre , avant
que d'attaquer les Rebelles de cette Isle , d'employer la voie de la Négociation pour les rame- ner àleur devoir , et pour les engager à se soumettre à la République. On ajoute qu'il a ordre ,
aussi de leur offrir la Médiation et la Garantie de
S.M. Imp. pour la sureté du Traité de Pacification , qu'ils pourroient conclure avec les Génois.
Des Lettres posterieures de la même Ville porzent qu'ilyétoit arrivé de nouveaux Ordres de
l'Empereur , pour faire défiler vers l'Etat de Gê-
-nes un nouveau Corps de Troupes , pour faire
-passer dans l'Isle de Corse , en cas de besoin. *
On écrit de Rome qu'on y voit plusieurs Copies d'une Lettre des Rebelles de l'Isle de Corse ,
adressée à tous leurs Compatriotes qui sont hors
du Pais , par laquelle ils les exhortent à les venir
ejoindre , pour deffendre ensemble leur liberté et
leurs Privileges.
On a appris de Gênes , que le Dey d'Alger a
fait tenir une Lettre aux Chefs des Rebelles de
PIsle de Corse , par laquelle il les remercie de ce
qu'ils ont bien reçu les Forçats Turcs, qui se sont
sauvez des Galleres de la République de Gênes ,
de ce qu'ils n'ont pas voulu les livrer à ceux qui
les ont reclamez, et de ce qu'ils les ont renvoyez
Alger, les assurant qu'en reconnoissance, il deur auroit
MAY. 17328 1003
·
auroit envoyé quelques Munitions de Guerre ,
s'il en avoit eu assez pour le service de son Païs;
mais qu'il les prioit d'accepter chacun un Sabre,
garni de Diamans , avec deux pieces de Drap écarlate.
du
Les dernieres Lettres de Gênes portent , qu'on
y avoit appris de Clavenzana , dans l'Isle de Corse , que le Pr. Louis de Wirtemberg soupçonnant que les Rebelles cherchoient a gagner
temps par les négociations , dans l'esperance d'
tre secourus par quelque Puissance Etrangeres, il
les avoit fait sommer dans leurs differens quartiers de quitter les Armes , de se soumettre à la
République , d'accepter l'Amnistie générale qui
leur avoit été offerte, et de livrer des Otages sous
la garantie de l'Emp. Ces propositions furent reçues avec beaucoup de respect , de la part des
Chefs , par rapport à l'offre faite au nom.de Sa
M. Imp. mais ils ne rendirent aucune réponse
positive ; sur quoi le Pr. de Culmbach , Général
de Bataille , se mit en marche avec 2500 hom--
mes , et les ayant divisez en trois Corps il s'avança vers le Bourg de Clavenzana ; il apprit que
les habitans de ce Bourg , et ceux de Monistero
et.de Montemaggiore , avoient quitté les Armes
et s'étoient soumis , de sorte que la Province de
Balagna , la plus fertile de l'isle , est rentrée sous
Pobéissance de la République. Les habitans de
Chastagnezza et des environs , plus opiniâtres ,
ayant refusé le pardon offert, le Général Schmet
tau et le Colonel Wachtendone , ausquels le Pr.
de Wirtemberg avoit envoyé quelques détachemens pour renforcer le.Corps de Troupes qu'ils
commandoient, partirent de S. Fiorenzo , peur
aller attaquer les trois Postes de S Jacques , de
Biganno, et de la Croix de Lento. L'attaque se
H fit
-1004 MERCURE DE FRANCE
fit en même-temps dans ces trois endroits. Les
Troupes de l'Empereur trouverent d'abord quelque résistance; mais après une heure de combat,
les Rebelles se retirerent et abandonnerent ces 3
postes pour se retirer dans les Montagnes où on
doit les poursuivre. Les Impériaux n'ont eu que huit hommes de tuez et dix de blessez dans cette
attaque , quoique les Rebelles , commandez par
Ciaccaldi , l'un de leurs Chefs , fussent au, nombre de près de 2000.
On a appris par des Lettres de Malte , que le
Chevalier de Ricard , Commandeur de Châlons
en Champagne , et de Pontaubert en Bourgogne,
ancien Capitaine de Galeres , a été fait Bailly
Grand- Croix de l'Ordre. C'est un des freres de
M. de Ricard , second Président de la Courdes
Aydes de Paris.
Ans le Consistoire que le Pape tint le 31.
Mars, Sa Sainteté proposa l'Archevêché titulaire de Thessalonique , pour le Pere Galliani,
Religieux Celestin , Archevêque de Tarente ; le
Cardinal Ottoboni proposa l'Evêché de Peri- gueux pour l'Abbé de Prémeaux; celui de Treguier, pour l'Abbé Frugulay de Kenver , et l'Abbaye de Morimond , pour le P. Languet de Gergy , Procureur General de l'Ordre de Câteaux.
Il préconisa ensuite l'Abbé de Valras , pour l'Ë-- vêché de Mâcon , et l'Abbé de la Pause , pour l'Abbaye de S. Hilaire de Carcassone.
La Chambre Apostolique ayant eu un profic Considerable de deux Extractions de la Loterie
rétablie , le Pape a ordonné qu'on en employeroit
20000. écus à soulager les pauvres Communau
tez Religieuses ; qu'on en donneroit 2000. aux
Monts de Preté , pour soutenir leur crédit, et pareille somme aux pauvres Familles des Paroisses
de la Ville de Rome.
Le Pape a établi une Congrégation particu- lier de Cardinaux , pour connoître de l'affaire du
Cardinal Coscia, qui arriva à Rome le 13. d'Aril. Il alla descendre chez le Prince de Caserte
et après une Conference de près d'une heure, il
se rendit au Convent de sainte Praxede , d'où il
envoya le Marquis Bieschicci au Cardinal Secretaire
MAY. 1732. 1001
retaire d'Etat , pour le prier. de donner part an
Pape de son arrivée.
La Congrégation de Nonmillis a changé ce Titre en celui de Pro causa nota , à l'occasion du
nouveau Bref qui lui auribuë la connoissance des
affaires du Cardinal de Coscia.
On a publié depuis peu à Rome , avec les Cé- sémonies accoûtumées , une Bulle du Pape , par
laquelle S. S. a réduit aux termes du Droit comun , les Constitutions et Priviléges donnez par
le feu Pape Benoît XIII. à quelques Ordres Re- digieux et Mandians.
Le Cardinal de Polignac , cy-devant chargé
des affaires du Roy T. Ch. ayant pris congé du
Pape et du Sacré Collége , partit de Rome le 8
d'Avril , dans les Calosses du Duc de S. Aignan,
Ambassadeur Extraordinaire de S. M. T. C. qui
le conduisirent jusqu'à deux lieuës hors de la
Ville; toutes les personnes de considération l'ont
vú partir avec beaucoup de regret.
Vers le commencement du mois deMay,un Sol- dat Allemand fut tué dans le Territoire du Diocèse de Benevent ; et ce meurtre ayant fait naître de grandes contestations entre les Officiers
de Justice du Diocèse , et ceux du Royaume de
Naples , le Gouvernement a pris le parti de faire
mettre des Troupes sur toutes les avenues set les
chemins de ce Diocèse , par lesquels on peut enarrer dans ce Royaume , afin d'arrêter tous ceux
qui en voudront sortir ; mais les Officiers Beneventins refusant toujours de livrer les Auteurs du
meurtre qui sont connus , le Conseil Collatéral
s'est déterminé à faire saisir tous les biens et autres effets que les habitans du Diocèse de Benerent peuvent avoir dans le Royaume de Naples.
On apprend de Gênes que le reste des Trou-
Tooz MERCURE DE FRANCE
•
pes que l'Empereur a accordées à la République,
est arrivé de Lombardie, et qu'on les fait embar
quer pour l'Isle de Corse, avec une grande quantité de Provisions et de Munitions de Guerre. Ce
secours est de 6400 hommes. Le Pr. de Culmbach et le Pr. Louis de Wirtemberg sont partis
pour aller les commander.
On mande de Milan , que le Pr. Louis de Wir.
temberg, qui commande les Troupes de l'Empe- reur dans l'Isle de Corse , avoit eu ordre , avant
que d'attaquer les Rebelles de cette Isle , d'employer la voie de la Négociation pour les rame- ner àleur devoir , et pour les engager à se soumettre à la République. On ajoute qu'il a ordre ,
aussi de leur offrir la Médiation et la Garantie de
S.M. Imp. pour la sureté du Traité de Pacification , qu'ils pourroient conclure avec les Génois.
Des Lettres posterieures de la même Ville porzent qu'ilyétoit arrivé de nouveaux Ordres de
l'Empereur , pour faire défiler vers l'Etat de Gê-
-nes un nouveau Corps de Troupes , pour faire
-passer dans l'Isle de Corse , en cas de besoin. *
On écrit de Rome qu'on y voit plusieurs Copies d'une Lettre des Rebelles de l'Isle de Corse ,
adressée à tous leurs Compatriotes qui sont hors
du Pais , par laquelle ils les exhortent à les venir
ejoindre , pour deffendre ensemble leur liberté et
leurs Privileges.
On a appris de Gênes , que le Dey d'Alger a
fait tenir une Lettre aux Chefs des Rebelles de
PIsle de Corse , par laquelle il les remercie de ce
qu'ils ont bien reçu les Forçats Turcs, qui se sont
sauvez des Galleres de la République de Gênes ,
de ce qu'ils n'ont pas voulu les livrer à ceux qui
les ont reclamez, et de ce qu'ils les ont renvoyez
Alger, les assurant qu'en reconnoissance, il deur auroit
MAY. 17328 1003
·
auroit envoyé quelques Munitions de Guerre ,
s'il en avoit eu assez pour le service de son Païs;
mais qu'il les prioit d'accepter chacun un Sabre,
garni de Diamans , avec deux pieces de Drap écarlate.
du
Les dernieres Lettres de Gênes portent , qu'on
y avoit appris de Clavenzana , dans l'Isle de Corse , que le Pr. Louis de Wirtemberg soupçonnant que les Rebelles cherchoient a gagner
temps par les négociations , dans l'esperance d'
tre secourus par quelque Puissance Etrangeres, il
les avoit fait sommer dans leurs differens quartiers de quitter les Armes , de se soumettre à la
République , d'accepter l'Amnistie générale qui
leur avoit été offerte, et de livrer des Otages sous
la garantie de l'Emp. Ces propositions furent reçues avec beaucoup de respect , de la part des
Chefs , par rapport à l'offre faite au nom.de Sa
M. Imp. mais ils ne rendirent aucune réponse
positive ; sur quoi le Pr. de Culmbach , Général
de Bataille , se mit en marche avec 2500 hom--
mes , et les ayant divisez en trois Corps il s'avança vers le Bourg de Clavenzana ; il apprit que
les habitans de ce Bourg , et ceux de Monistero
et.de Montemaggiore , avoient quitté les Armes
et s'étoient soumis , de sorte que la Province de
Balagna , la plus fertile de l'isle , est rentrée sous
Pobéissance de la République. Les habitans de
Chastagnezza et des environs , plus opiniâtres ,
ayant refusé le pardon offert, le Général Schmet
tau et le Colonel Wachtendone , ausquels le Pr.
de Wirtemberg avoit envoyé quelques détachemens pour renforcer le.Corps de Troupes qu'ils
commandoient, partirent de S. Fiorenzo , peur
aller attaquer les trois Postes de S Jacques , de
Biganno, et de la Croix de Lento. L'attaque se
H fit
-1004 MERCURE DE FRANCE
fit en même-temps dans ces trois endroits. Les
Troupes de l'Empereur trouverent d'abord quelque résistance; mais après une heure de combat,
les Rebelles se retirerent et abandonnerent ces 3
postes pour se retirer dans les Montagnes où on
doit les poursuivre. Les Impériaux n'ont eu que huit hommes de tuez et dix de blessez dans cette
attaque , quoique les Rebelles , commandez par
Ciaccaldi , l'un de leurs Chefs , fussent au, nombre de près de 2000.
On a appris par des Lettres de Malte , que le
Chevalier de Ricard , Commandeur de Châlons
en Champagne , et de Pontaubert en Bourgogne,
ancien Capitaine de Galeres , a été fait Bailly
Grand- Croix de l'Ordre. C'est un des freres de
M. de Ricard , second Président de la Courdes
Aydes de Paris.
Fermer
Résumé : ITALIE.
En mars 1732, le Pape organisa un Consistoire pour annoncer plusieurs nominations ecclésiastiques, dont l'Archevêché titulaire de Thessalonique pour le Père Galliani, ainsi que divers évêchés et abbayes pour d'autres religieux. La Chambre Apostolique, grâce aux gains de la loterie, alloua 20 000 écus pour aider les pauvres communautés religieuses, 2 000 écus pour les Monts-de-Piété, et une somme équivalente pour les familles pauvres des paroisses de Rome. Le Pape créa une congrégation de cardinaux pour traiter de l'affaire du Cardinal Coscia, qui était arrivé à Rome le 13 avril. Une bulle papale modifia les constitutions et privilèges accordés par Benoît XIII à certains ordres religieux. Le Cardinal de Polignac, représentant du Roi de France, quitta Rome le 8 avril. En mai, un soldat allemand fut tué dans le diocèse de Benevent, ce qui provoqua des tensions entre les autorités locales et celles du Royaume de Naples. Le gouvernement napolitain envoya des troupes pour contrôler les accès au diocèse. À Gênes, des troupes impériales furent envoyées en Corse pour réprimer une rébellion. Le Prince Louis de Wurtemberg, commandant ces troupes, tenta de négocier avec les rebelles avant de les attaquer. Les rebelles reçurent du soutien, notamment du Dey d'Alger, qui leur envoya des armes et des drapeaux. Après des combats, les troupes impériales prirent plusieurs postes rebelles, mais les rebelles se retirèrent dans les montagnes. À Malte, le Chevalier de Ricard fut nommé Bailly Grand-Croix de l'Ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11
p. 2272-2274
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 3. Septembre, le Cardinal Ottoboni préconisa [...]
Mots clefs :
Cardinal Ottoboni, Congrégation, Chanoines réguliers, Traité, Criminels
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Ans le Consistoire que le Pape tint le 3.
Septembre , le Cardinal Ottoboni préconisa
F'Abbé de Souillac pour l'Evêché de Lodeve , et
l'Abbé le Mercier pour l'Abbaye de S. Jacques
de Provins ; et à la fin du Consistoire , S. S. accorda le Pallium pour l'Archevêque Titulaire de
Naxivan en Amérique , pour l'Archevêque de
Mayence , et pour le nouvel Evêque d'Autun.
La Congrégation de Non Nullis a donné quinze jours au Cardinal Coscia pour rédiger le Mémoire qu'il veut publier pour sa défense : l'Avocat
Toppi ayant refusé d'y travailler avec lui , il a
été obligé de faire venir deux Jurisconsultes Napolitains.
>
On a appris que le Roi de Portugal avoit donné ordre au Gouverneur de la premiere Villefrontiere de son Royaume , par laquelle M. Ca- valieri nouveau Nonce du Pape , passera , de
déclarer à ce Prélat que l'entrée du pays lui étoit
interdite , à moins qu'il ne voulut à son arrivée
à Lisbonne rendre la premiere visite à l'Archevêque et au Patriarche de cette Ville.. 1
Sur les differends de la Cour de Rome avec la
Cour de Turin , on apprend que le Roi de Sardaigne a fait publier une Déclaration par laquelle
OCTOBRE. 1732. 2273 * ! p6 il est ordonné à tous ses Sujets , qui à l'occasion
de ces différends , ont quitté leur pays pour se
retirer dans l'Etat Ecclésiastique , de revenir dans
deux mois , à peine de punition corporelle , et de
confiscation de leurs biens.
Les Chanoines Réguliers de l'Eglise de Sainte
Marie dans le Montferrat , ayant fait démolir
quelques anciens Bâtimens de leur maison , ont
trouvé dans une chambre, dont la porté étoit mus rée deux cercueils de plomb , où étoient les
Corps des Papes Alexandre VI. et Sixte II. dont.
on ignoroit le lieu de la sépulture..
On mande en dernier lieu de Rome , que le
premier de ce mois , le Pape avoit tenu un Con
sistoire , dans lequel il avoit fait Cardinaux
M. Aquaviva , Majordome de S. S. et M. Mosca ,
Clerc de la Chambre , et Chanoine de l'Eglise de S. Pierre.
La réponse de l'Empereur à la République de Genes , au sujet du retardement de l'éxécution du
dernier Traité fait avec les habitans de l'Isle de
Corse , porte en substance que S. M. I. éxige
que la République fasse partir incessamment
pour Milan les quatre Chefs des mécontens
qu'elle retient prisonniers qu'elle renvoye dans
leurs familles les otages que les mécontens ont
remis à la Bastia pour sûreté de leur parole , et
qu'elle fasse jouir les peuples de l'Isle de toutes
fes conditions stipulées par le Traité qui a été
fait sous la garantie de l'Empereur.
On a appris en dernier lieu que le Gouverneur
de Milan a reçu ordre d'envoyer un détaches ment de Cavalerie au-devant desisquatre Chefs des
mécontens de l'Isle de Corse que la République
de Genes doit mettre en liberté 3 .16 1
On écrit.de Naples que le Président de Cosen Hv Za
2274 MERCURE DE FRANCE
za , dans la Calabre ulterieure , avoit été tué par un Gentilhomme dans la Salle de son Tribunal ;
que ce Gentilhomme s'étant sauvé , s'étoit mis
depuis à la tête de 6 ou 700. hommes qui commtttoient de grands désordres dans la Province que le Comte d'Harrach et le Général Caraffe
avoient envoyé un Détachement de Cavalerie
après cette troupe de Brigands , mais que jusqu'à
présént on n'avoit pû les attaquer avec su- reté.
Le Comte d'Harrach a fait arrêter et conduire.
au Château de S. Elme le Duc de Minutillo, qu'on
accuse d'avoir fait assassiner, à prix d'argent, un
Gentilhomme qui fut tué il y a près d'un an sur
le Fief d'Orta. Les assassins qui s'étoient refugiés
dans l'Eglise Cathedrale d'Aversa , en ont été
enlevés par ordre du Viceroy , qui a prétendu que
les Eglises ne devoient point servir d'azile pour de tels criminels.
Ans le Consistoire que le Pape tint le 3.
Septembre , le Cardinal Ottoboni préconisa
F'Abbé de Souillac pour l'Evêché de Lodeve , et
l'Abbé le Mercier pour l'Abbaye de S. Jacques
de Provins ; et à la fin du Consistoire , S. S. accorda le Pallium pour l'Archevêque Titulaire de
Naxivan en Amérique , pour l'Archevêque de
Mayence , et pour le nouvel Evêque d'Autun.
La Congrégation de Non Nullis a donné quinze jours au Cardinal Coscia pour rédiger le Mémoire qu'il veut publier pour sa défense : l'Avocat
Toppi ayant refusé d'y travailler avec lui , il a
été obligé de faire venir deux Jurisconsultes Napolitains.
>
On a appris que le Roi de Portugal avoit donné ordre au Gouverneur de la premiere Villefrontiere de son Royaume , par laquelle M. Ca- valieri nouveau Nonce du Pape , passera , de
déclarer à ce Prélat que l'entrée du pays lui étoit
interdite , à moins qu'il ne voulut à son arrivée
à Lisbonne rendre la premiere visite à l'Archevêque et au Patriarche de cette Ville.. 1
Sur les differends de la Cour de Rome avec la
Cour de Turin , on apprend que le Roi de Sardaigne a fait publier une Déclaration par laquelle
OCTOBRE. 1732. 2273 * ! p6 il est ordonné à tous ses Sujets , qui à l'occasion
de ces différends , ont quitté leur pays pour se
retirer dans l'Etat Ecclésiastique , de revenir dans
deux mois , à peine de punition corporelle , et de
confiscation de leurs biens.
Les Chanoines Réguliers de l'Eglise de Sainte
Marie dans le Montferrat , ayant fait démolir
quelques anciens Bâtimens de leur maison , ont
trouvé dans une chambre, dont la porté étoit mus rée deux cercueils de plomb , où étoient les
Corps des Papes Alexandre VI. et Sixte II. dont.
on ignoroit le lieu de la sépulture..
On mande en dernier lieu de Rome , que le
premier de ce mois , le Pape avoit tenu un Con
sistoire , dans lequel il avoit fait Cardinaux
M. Aquaviva , Majordome de S. S. et M. Mosca ,
Clerc de la Chambre , et Chanoine de l'Eglise de S. Pierre.
La réponse de l'Empereur à la République de Genes , au sujet du retardement de l'éxécution du
dernier Traité fait avec les habitans de l'Isle de
Corse , porte en substance que S. M. I. éxige
que la République fasse partir incessamment
pour Milan les quatre Chefs des mécontens
qu'elle retient prisonniers qu'elle renvoye dans
leurs familles les otages que les mécontens ont
remis à la Bastia pour sûreté de leur parole , et
qu'elle fasse jouir les peuples de l'Isle de toutes
fes conditions stipulées par le Traité qui a été
fait sous la garantie de l'Empereur.
On a appris en dernier lieu que le Gouverneur
de Milan a reçu ordre d'envoyer un détaches ment de Cavalerie au-devant desisquatre Chefs des
mécontens de l'Isle de Corse que la République
de Genes doit mettre en liberté 3 .16 1
On écrit.de Naples que le Président de Cosen Hv Za
2274 MERCURE DE FRANCE
za , dans la Calabre ulterieure , avoit été tué par un Gentilhomme dans la Salle de son Tribunal ;
que ce Gentilhomme s'étant sauvé , s'étoit mis
depuis à la tête de 6 ou 700. hommes qui commtttoient de grands désordres dans la Province que le Comte d'Harrach et le Général Caraffe
avoient envoyé un Détachement de Cavalerie
après cette troupe de Brigands , mais que jusqu'à
présént on n'avoit pû les attaquer avec su- reté.
Le Comte d'Harrach a fait arrêter et conduire.
au Château de S. Elme le Duc de Minutillo, qu'on
accuse d'avoir fait assassiner, à prix d'argent, un
Gentilhomme qui fut tué il y a près d'un an sur
le Fief d'Orta. Les assassins qui s'étoient refugiés
dans l'Eglise Cathedrale d'Aversa , en ont été
enlevés par ordre du Viceroy , qui a prétendu que
les Eglises ne devoient point servir d'azile pour de tels criminels.
Fermer
Résumé : ITALIE.
En septembre 1732, le Pape tint un consistoire où le Cardinal Ottoboni proposa l'Abbé de Souillac pour l'Évêché de Lodève et l'Abbé le Mercier pour l'Abbaye de Saint-Jacques de Provins. Le Pape accorda également le pallium à plusieurs prélats, dont l'Archevêque titulaire de Naxivan en Amérique, l'Archevêque de Mayence et le nouvel Évêque d'Autun. La Congrégation de Non Nullis accorda quinze jours au Cardinal Coscia pour rédiger un mémoire de défense après le refus de l'avocat Toppi. Le Roi de Portugal interdit l'entrée de son pays au nouveau Nonce du Pape, M. Cavalieri, sauf s'il rendait visite à l'Archevêque et au Patriarche de Lisbonne. En octobre, le Roi de Sardaigne ordonna à ses sujets réfugiés dans l'État Ecclésiastique de revenir sous peine de punition corporelle et de confiscation de biens. À Sainte-Marie dans le Montferrat, des Chanoines Réguliers découvrirent les cercueils des Papes Alexandre VI et Sixte II. À Rome, le Pape créa cardinaux M. Aquaviva et M. Mosca. L'Empereur répondit à la République de Gênes concernant le retard dans l'exécution du traité avec les habitants de Corse, exigeant la libération des chefs mécontents. À Naples, le Président de Cosenza fut tué par un gentilhomme, qui se réfugia ensuite à la tête d'une troupe de brigands. Le Duc de Minutillo fut arrêté pour complicité dans un assassinat, et les assassins réfugiés dans une cathédrale furent enlevés sur ordre du Viceroy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12
p. 2480-2485
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le 1 Octobre, le Cardinal Otthoboni proposa [...]
Mots clefs :
Italie, Cardinal Ottoboni, Congrégation, Jurisconsule, Te Deum, Don Carlos, Infant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Ans le Consistoire secret que le Pape tint
le 1 Octobre , le Cardinal Otthoboni proEvêché de Lodeve pour l'Abbé de Souil lac; il préconisa ensuite l'Evêque de Lomber
pour l'Abbaye de S. Pierre de Lézat , Diocèse de
Rieux.
On,assure qu'il a été résolu que les 4 Cardinaux que le Pape a nommez pour être de la Cóngrégation de Non nullis , assisteront aux nou veaux Interrogatoires que le Cardinal Coscia
doit subir pour l'éclaircissement de quelques faits qu'il n'a pas niez ; qu'on lui donnera le terme de
2 mois pour travailler à ses deffenfes ; qu'il lui
sera permis de choisir un Jurisconsulte étranger
pour plaider sa cause devant la Congrégation ; mais que ce Jurisconsulte sera as- isté d'un Audireur-Romain ; que M. Fiorelli , Secretaire de la Congrégation , sera tenu de fournir au Card. Coscia toutes les Pieces du Procès , dont il aura
besoin pour sa deffense , .en prenant les précau tions
NOVEMBRE. 1732. 248€
2
tions necessaires pour empêcher qu'elles ne soient
soustraites ; et qu'il ira de la part du Pape renou- veller à ce Cardinal la deffense de sortir de Rome
sous quelque prétexte et par quelque moyen que ce puisse être , à peine d'être privé de son Titre
de Cardinal , de tous ses Benefices et Revenus
Ecclesiastiques et de confiscation de tous ses autres biens , qui , en cas de fuite , seront dévolus
à la Chambre Apostolique. Cependant le 6 Oc tobre , on leva la Garde du Cardinal de Coscia
et il eut la permission de recevoir des visites et
de reprendre un certain nombre de ses anciens
Domestiques. Il a depuis obtenu du Pape la permission de sortir de temps en temps du Convent où il fait sa résidence , et il alla le 28 Octobre
se promener du côté de sainte Croix en Jeru- salem.
-
On apprend- de Florence , que le 4 Octobre l'Infant Don Carlos alla visiter le Grand Duc
et l'Electrice Palatine Douairiere ; il partit le 6 .
pour se rendre à Parme , accompagné du Comte
de Sant-Estevan. S. A. R. coucha le 7. à Bo
logne , d'où il partit le 8. pour continuer sa route. Elle a choisi pour Gentilshommes de sa
Chambre le Comte de San- Severin , Milanois
et le Comte Bologini de Plaisance , et pour son
Majordome de Semaine; le Comte Tarafoni de
Parme.
Ce Prince arriva à Parme le 9. Octobre vers
les 3. heures après midi. Il se rendit d'abord à
P'Eglise du Dôme où on chanta le Te Deum, en
actions de graces de son heureuse arrivée ; après
quoi S.A. R. fut conduite au Palais par un nombreux Cortege de Noblesse et aux acclamations,
réiterées du peuple, qui fit le soir des Feux de joye et des Illuminations dans toutes les Rues de la
le.
Spe
Hviij D'aut
2482 MERCURE DE FRANCE
D'autres Lettres portent, que la veille de son départ de Florence il avoit été visité par le Grand
Duc ,qui lui avoit [envoyé le matin un tres- beau
Tableau,peint par Marc Tuscher de Nuremberg,
représentant la Cérémonie de l'hommage des
Etats du Grand Duché de Toscane , que S.A.R.
a reçu cette année au nom du Grand Duc , le
24 juin dernier , Fête de S. Jean- Baptiste.
L'Infant Don Carlos étant arrivé le 6 Octobre à la Scarperie , y fut salué par une decharge générale de l'Artillerie du Fort de S. Martin.
Le soir il arriva à Firenzuola , d'où il congédia
les Carabiniers et autres Troupes que le Grand
Duc avoit fait partir avec lui pour l'escorter
jusqu'à la Frontiere de ses Etats.
Le 7 , ce Prince dîna dans le Convent des
Cordeliers de Lojano , et le soir il alla coucher
dans celui des Religieux Olivetains de S. Michel
in Bosco , hors des Portes de la Ville de Bologne,
où il fut complimenté par le Comte Marc-Antoine Ranuzzi , de la part du Grand Duc , et de l'Electrice Doüairiere Palatine.
Le 8 , S. A. R. étant entrée dans le Duché de
Modéne,trouva sur la Frontiere le Marquis Rangoni , qui la complimenta au nom du Duc de
Modéne , lequel lui avoit enyoyé trois Carosses
à six Chevaux , dont l'Infant Don Carlos le remercia. Aussi- tôt qu'il fut à la vûë de Modéne il
fut salué de cent coups de Canon, tant de la Ville que de la Forteresse. Le chemin qui conduit à
cette Ville , avoit été arrosé par ordre du Duc de
Modéne , afin d'abbatrre la poussiere.
Le Duc de Modéne vint audevant de ce Prince,
étant accompagné d'une nombreuse suite de Seigneurs de sa Cour , pour l'engager à entrer dans
la Ville et à faire quelque séjour dans son Palais.
Ils
NOVEMBRE. 1732. 2493
Ils se donnerent réciproquement de grandes marques de tendresse ; mais l'Infant Don Carlos:
n'ayant pas accepté l'offre du Duc de Modéne ,
ils se séparerent , et S. A. R. continua sa route
par les dehors de la Ville.
Etant arrivée à la Rubiera , elle envoya un des
Gentilhommes de sa Chambre complimenter le Duc de Modéne de sa part.
L'Infant Don Carlos se rendit l'après midi à
Pantaro , Maison de plaisance de la Comtesse
Borri , où il trouva un tres-grand nombre de Gentilhommes des Duchez de Parme et de Plaisance , qui étoient venus pour lui rendre leurs
respects. La Duchesse Dorothée, Duchesse Douairiere de Parme et Ayeule maternelle de S. A. R. y
arriva peu de temps après pour le complimenter..
L'Infant Don Carlos alla la recevoir à la portè de
sa Chambre et demeura avec elle pendant une
heure. Cette Princesse lui presenta les Dames de
sa suite , qui eurent l'honneur de baiser la main de S. A. R.
Le , l'Infant alla dîner au Convent de
la Certosa , à un mille de Parme ; après le
diné , ayant pris un habit magnifique, il mon ta à Cheval pour faire son Entrée publique dans
cette Ville, à la porte de laquelle on avoit dressé
un Autel , où il fut reçu par le Chapitre de l'Eglise Cathédrale de S.Michel, le plus ancien Cha
noine lui ayant presenté l'Eau-benite et un Crucifix à baiser. S. A R.se plaça ensuite dans un Fau
teuil , sous un Dais magnifique , du côté de l'E
vangile où le Gouverneur lui presenta les Clefs
de la Ville , que ce Prince lui rendit. Après les Prières ordinaires , l'Infant Don Carlos remonta
à Cheval et entra dans la Ville au bruit des Salves réiterées de l'Artillerie , du son de toutes les
2 Hiiij Clos
2484 MERCURE DE FRANCE
Cloches et des acclamations de joïe du Peuple.
La marche se fit dans l'ordre suivant :
Une Compagnie d'Infanterie Irlandoise , deux
Compagnies des Cuirassiers de Parme et de Plaisance , et deux Compagnies de Carabiniers préacedoient 54 Gentilhommes des deux Duchez, habillez magnifiquement , et montez sur des Chevaux richement harnachez ; ils étoient suivis des
Majord'hommes de semaine de S. A. R. et des
Gentilhommes de sa Chambre aussi à Cheval ,
des Ordres Mandians , des grandes Confrairies ,
- du Clergé Séculier des Paroisses , et de celui de
'Eglise Cathédrale.
L'Infant Don Carlos marchoit ensuite , monté
sur un tres- beau Cheval d'Espagne et sous un
Dais d'Etoffe d'argent , dont les douze Cordons
étoient tenus par douze Députez , représentant les Etats des deux Duchez.
S. A. R. étoit suivie du Comte de Sant Estevan,Grand Maître de sa Maison, du Prince Corsi
ni , son Grand-Ecuyer , de Don Lélio Caraffe ,
Capitaine de ses Gardes du Corps , et de trois autres des principaux Officiers de sa Garde , et la
marche étoit fermée par un détachement d'Infanterie de 400 hommes , qui étoient habillez de
neuf, ainsi que toutes les autres Troupes qui s'é- toient mises en haye et sous les Armes , dans
toutes les rues de son passage.
S.A. R. fut reçue dans le Parvis de l'Eglise
Cathedrale par les principaux Magistrats , et à la
porte de l'Eglise par l'Abbé de Castromonte ,
Grand-Chapelain, qui lui présenta l'Eau -benite ,
et le conduisit dans le Choeur, où le Te Deumfut
chanté à plusieurs Choeurs de Musique. Après le
Te Deum , l'Infant monta en Carosse avec le
Comte de Sant- Estevan, et le Pr. Corsini. H
trouva
NOVEMBRE. 1732. 2485
trouva au Palais la Duchesse Doüairiere Dorothée , qui le conduisit dans l'appartement qu'on
lui avoit préparé , et une heure après il donna audience au Chevalier Antinori, qui vint le com
plimenter de la part du Grand Duc , et de l'Electrice Douairiere Palatine,
On écrit de Génes que le grand Conseil n'a voit encore rien déterminé touchant la liberté
des quatre Chefs des Mécontens de l'Isle de Corse; que Don Louis Giafferi , l'un de ces Chefsétoit dangereusement malade ; que le P. Certa
zini , Capucin , autrefois Prédicateur des Mécon
tens, et qui avoit été conduit à Génes il y a 3 ou
4 mois, avoit été remis entre les mains de ses Supérieurs qui l'avoient condamné au painet à l'eau
pour le reste de ses jours , et l'avoient renfermé
dans la Prison de leur Convent.
On apprend en dernier lieu que les 4 Chefs avoient été transferez à Savonne ; qu'on les y
traitoit avec beaucoup de douceur et d'humanité;
qu'ils avoient été visitez par le Gouverneur de cette Ville , qui leur avoit dit , de la part du
Grand- Conseil , qu'ils avoient la liberté de s'y promener . et qu'on avoit renvoyé chez eux les
Otages des Mécontens retenus jusqu'à present à />
la Bastia.
On mande de Naples , que le 24 Septembre
plusieurs-Dames de distinction , commencerent
à faire une quête chez tous les habitans de cette
Ville , pour rassembler 3000 Ducats , qu'on doit employer à faire en argent une Statuë de Ste Iré- ne , Vierge , que le peuple a choisie pour être
la Patrone particuliere de cette Ville , contre les offers du Tonnerre »
Ans le Consistoire secret que le Pape tint
le 1 Octobre , le Cardinal Otthoboni proEvêché de Lodeve pour l'Abbé de Souil lac; il préconisa ensuite l'Evêque de Lomber
pour l'Abbaye de S. Pierre de Lézat , Diocèse de
Rieux.
On,assure qu'il a été résolu que les 4 Cardinaux que le Pape a nommez pour être de la Cóngrégation de Non nullis , assisteront aux nou veaux Interrogatoires que le Cardinal Coscia
doit subir pour l'éclaircissement de quelques faits qu'il n'a pas niez ; qu'on lui donnera le terme de
2 mois pour travailler à ses deffenfes ; qu'il lui
sera permis de choisir un Jurisconsulte étranger
pour plaider sa cause devant la Congrégation ; mais que ce Jurisconsulte sera as- isté d'un Audireur-Romain ; que M. Fiorelli , Secretaire de la Congrégation , sera tenu de fournir au Card. Coscia toutes les Pieces du Procès , dont il aura
besoin pour sa deffense , .en prenant les précau tions
NOVEMBRE. 1732. 248€
2
tions necessaires pour empêcher qu'elles ne soient
soustraites ; et qu'il ira de la part du Pape renou- veller à ce Cardinal la deffense de sortir de Rome
sous quelque prétexte et par quelque moyen que ce puisse être , à peine d'être privé de son Titre
de Cardinal , de tous ses Benefices et Revenus
Ecclesiastiques et de confiscation de tous ses autres biens , qui , en cas de fuite , seront dévolus
à la Chambre Apostolique. Cependant le 6 Oc tobre , on leva la Garde du Cardinal de Coscia
et il eut la permission de recevoir des visites et
de reprendre un certain nombre de ses anciens
Domestiques. Il a depuis obtenu du Pape la permission de sortir de temps en temps du Convent où il fait sa résidence , et il alla le 28 Octobre
se promener du côté de sainte Croix en Jeru- salem.
-
On apprend- de Florence , que le 4 Octobre l'Infant Don Carlos alla visiter le Grand Duc
et l'Electrice Palatine Douairiere ; il partit le 6 .
pour se rendre à Parme , accompagné du Comte
de Sant-Estevan. S. A. R. coucha le 7. à Bo
logne , d'où il partit le 8. pour continuer sa route. Elle a choisi pour Gentilshommes de sa
Chambre le Comte de San- Severin , Milanois
et le Comte Bologini de Plaisance , et pour son
Majordome de Semaine; le Comte Tarafoni de
Parme.
Ce Prince arriva à Parme le 9. Octobre vers
les 3. heures après midi. Il se rendit d'abord à
P'Eglise du Dôme où on chanta le Te Deum, en
actions de graces de son heureuse arrivée ; après
quoi S.A. R. fut conduite au Palais par un nombreux Cortege de Noblesse et aux acclamations,
réiterées du peuple, qui fit le soir des Feux de joye et des Illuminations dans toutes les Rues de la
le.
Spe
Hviij D'aut
2482 MERCURE DE FRANCE
D'autres Lettres portent, que la veille de son départ de Florence il avoit été visité par le Grand
Duc ,qui lui avoit [envoyé le matin un tres- beau
Tableau,peint par Marc Tuscher de Nuremberg,
représentant la Cérémonie de l'hommage des
Etats du Grand Duché de Toscane , que S.A.R.
a reçu cette année au nom du Grand Duc , le
24 juin dernier , Fête de S. Jean- Baptiste.
L'Infant Don Carlos étant arrivé le 6 Octobre à la Scarperie , y fut salué par une decharge générale de l'Artillerie du Fort de S. Martin.
Le soir il arriva à Firenzuola , d'où il congédia
les Carabiniers et autres Troupes que le Grand
Duc avoit fait partir avec lui pour l'escorter
jusqu'à la Frontiere de ses Etats.
Le 7 , ce Prince dîna dans le Convent des
Cordeliers de Lojano , et le soir il alla coucher
dans celui des Religieux Olivetains de S. Michel
in Bosco , hors des Portes de la Ville de Bologne,
où il fut complimenté par le Comte Marc-Antoine Ranuzzi , de la part du Grand Duc , et de l'Electrice Doüairiere Palatine.
Le 8 , S. A. R. étant entrée dans le Duché de
Modéne,trouva sur la Frontiere le Marquis Rangoni , qui la complimenta au nom du Duc de
Modéne , lequel lui avoit enyoyé trois Carosses
à six Chevaux , dont l'Infant Don Carlos le remercia. Aussi- tôt qu'il fut à la vûë de Modéne il
fut salué de cent coups de Canon, tant de la Ville que de la Forteresse. Le chemin qui conduit à
cette Ville , avoit été arrosé par ordre du Duc de
Modéne , afin d'abbatrre la poussiere.
Le Duc de Modéne vint audevant de ce Prince,
étant accompagné d'une nombreuse suite de Seigneurs de sa Cour , pour l'engager à entrer dans
la Ville et à faire quelque séjour dans son Palais.
Ils
NOVEMBRE. 1732. 2493
Ils se donnerent réciproquement de grandes marques de tendresse ; mais l'Infant Don Carlos:
n'ayant pas accepté l'offre du Duc de Modéne ,
ils se séparerent , et S. A. R. continua sa route
par les dehors de la Ville.
Etant arrivée à la Rubiera , elle envoya un des
Gentilhommes de sa Chambre complimenter le Duc de Modéne de sa part.
L'Infant Don Carlos se rendit l'après midi à
Pantaro , Maison de plaisance de la Comtesse
Borri , où il trouva un tres-grand nombre de Gentilhommes des Duchez de Parme et de Plaisance , qui étoient venus pour lui rendre leurs
respects. La Duchesse Dorothée, Duchesse Douairiere de Parme et Ayeule maternelle de S. A. R. y
arriva peu de temps après pour le complimenter..
L'Infant Don Carlos alla la recevoir à la portè de
sa Chambre et demeura avec elle pendant une
heure. Cette Princesse lui presenta les Dames de
sa suite , qui eurent l'honneur de baiser la main de S. A. R.
Le , l'Infant alla dîner au Convent de
la Certosa , à un mille de Parme ; après le
diné , ayant pris un habit magnifique, il mon ta à Cheval pour faire son Entrée publique dans
cette Ville, à la porte de laquelle on avoit dressé
un Autel , où il fut reçu par le Chapitre de l'Eglise Cathédrale de S.Michel, le plus ancien Cha
noine lui ayant presenté l'Eau-benite et un Crucifix à baiser. S. A R.se plaça ensuite dans un Fau
teuil , sous un Dais magnifique , du côté de l'E
vangile où le Gouverneur lui presenta les Clefs
de la Ville , que ce Prince lui rendit. Après les Prières ordinaires , l'Infant Don Carlos remonta
à Cheval et entra dans la Ville au bruit des Salves réiterées de l'Artillerie , du son de toutes les
2 Hiiij Clos
2484 MERCURE DE FRANCE
Cloches et des acclamations de joïe du Peuple.
La marche se fit dans l'ordre suivant :
Une Compagnie d'Infanterie Irlandoise , deux
Compagnies des Cuirassiers de Parme et de Plaisance , et deux Compagnies de Carabiniers préacedoient 54 Gentilhommes des deux Duchez, habillez magnifiquement , et montez sur des Chevaux richement harnachez ; ils étoient suivis des
Majord'hommes de semaine de S. A. R. et des
Gentilhommes de sa Chambre aussi à Cheval ,
des Ordres Mandians , des grandes Confrairies ,
- du Clergé Séculier des Paroisses , et de celui de
'Eglise Cathédrale.
L'Infant Don Carlos marchoit ensuite , monté
sur un tres- beau Cheval d'Espagne et sous un
Dais d'Etoffe d'argent , dont les douze Cordons
étoient tenus par douze Députez , représentant les Etats des deux Duchez.
S. A. R. étoit suivie du Comte de Sant Estevan,Grand Maître de sa Maison, du Prince Corsi
ni , son Grand-Ecuyer , de Don Lélio Caraffe ,
Capitaine de ses Gardes du Corps , et de trois autres des principaux Officiers de sa Garde , et la
marche étoit fermée par un détachement d'Infanterie de 400 hommes , qui étoient habillez de
neuf, ainsi que toutes les autres Troupes qui s'é- toient mises en haye et sous les Armes , dans
toutes les rues de son passage.
S.A. R. fut reçue dans le Parvis de l'Eglise
Cathedrale par les principaux Magistrats , et à la
porte de l'Eglise par l'Abbé de Castromonte ,
Grand-Chapelain, qui lui présenta l'Eau -benite ,
et le conduisit dans le Choeur, où le Te Deumfut
chanté à plusieurs Choeurs de Musique. Après le
Te Deum , l'Infant monta en Carosse avec le
Comte de Sant- Estevan, et le Pr. Corsini. H
trouva
NOVEMBRE. 1732. 2485
trouva au Palais la Duchesse Doüairiere Dorothée , qui le conduisit dans l'appartement qu'on
lui avoit préparé , et une heure après il donna audience au Chevalier Antinori, qui vint le com
plimenter de la part du Grand Duc , et de l'Electrice Douairiere Palatine,
On écrit de Génes que le grand Conseil n'a voit encore rien déterminé touchant la liberté
des quatre Chefs des Mécontens de l'Isle de Corse; que Don Louis Giafferi , l'un de ces Chefsétoit dangereusement malade ; que le P. Certa
zini , Capucin , autrefois Prédicateur des Mécon
tens, et qui avoit été conduit à Génes il y a 3 ou
4 mois, avoit été remis entre les mains de ses Supérieurs qui l'avoient condamné au painet à l'eau
pour le reste de ses jours , et l'avoient renfermé
dans la Prison de leur Convent.
On apprend en dernier lieu que les 4 Chefs avoient été transferez à Savonne ; qu'on les y
traitoit avec beaucoup de douceur et d'humanité;
qu'ils avoient été visitez par le Gouverneur de cette Ville , qui leur avoit dit , de la part du
Grand- Conseil , qu'ils avoient la liberté de s'y promener . et qu'on avoit renvoyé chez eux les
Otages des Mécontens retenus jusqu'à present à />
la Bastia.
On mande de Naples , que le 24 Septembre
plusieurs-Dames de distinction , commencerent
à faire une quête chez tous les habitans de cette
Ville , pour rassembler 3000 Ducats , qu'on doit employer à faire en argent une Statuë de Ste Iré- ne , Vierge , que le peuple a choisie pour être
la Patrone particuliere de cette Ville , contre les offers du Tonnerre »
Fermer
Résumé : ITALIE.
En octobre 1732, le pape organisa un Consistoire secret où le cardinal Otthoboni nomma l'abbé de Souilac à l'évêché de Lodève et l'évêque de Lombez à l'abbaye de Saint-Pierre de Lézat, diocèse de Rieux. Quatre cardinaux furent désignés pour assister aux interrogatoires du cardinal Coscia afin d'éclaircir certains faits. Coscia disposa de deux mois pour préparer sa défense, avec l'aide d'un jurisconsulte étranger et d'un auditeur romain. Le secrétaire de la Congrégation, M. Fiorelli, devait fournir toutes les pièces du procès nécessaires à la défense de Coscia. Le 6 octobre, la garde du cardinal Coscia fut levée, lui permettant de recevoir des visites et de sortir occasionnellement du couvent où il résidait. À Florence, l'infant Don Carlos visita le grand-duc et l'électrice palatine douairière le 4 octobre, avant de partir pour Parme le 6 octobre, accompagné du comte de Sant-Estevan. Il fut accueilli par divers dignitaires et nobles lors de son passage à Bologne et Modène. Le 9 octobre, il arriva à Parme, où il fut reçu par une procession solennelle et des festivités publiques. Il fut accueilli par la duchesse Dorothée, duchesse douairière de Parme, et reçut les hommages des nobles des duchés de Parme et Plaisance. En Corse, le grand Conseil de Gênes n'avait pas encore décidé du sort des quatre chefs des mécontents de l'île. Don Louis Giafferi était gravement malade, et le père Certa zini, capucin, avait été condamné au pain et à l'eau pour le reste de ses jours. Les chefs furent transférés à Savone, où ils furent traités avec humanité, et les otages des mécontents furent renvoyés chez eux. À Naples, le 24 septembre, plusieurs dames de distinction commencèrent une quête pour rassembler 3000 ducats afin de faire une statue en argent de Sainte Irène, choisie par le peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
13
p. 2490-2491
ITALIE.
Début :
Le Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter sur son Avénement au Trône, et il a [...]
Mots clefs :
Pape, Pologne, Congrégation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter
sur son Avénement au Trône , et il a
-envoyé ordre à M. Paulucci , son Nonce à Warsovie
, de se rendre à Dantzick auprès de S. M. P.
* Dans l'Assemblée de la Congrégation de Nonmullis
, qui se tint le 16 Octobre , il fut résolu
qu'on donneroit un mois à M. Coscia , Evêque
de Targa , pour répondre aux accusations formées
contre lui , et qu'il seroit constitué prisonnier
au Château de S. Ange jusqu'à la fin de
son Procès. On assure que le Cardinal son frete
est déterminé à se soumettre au jugement prononcé
par cette Congrégation, et qu'il acquitera
incessamment une partie des sommes au payement
desquelles il a été condamné.
La Congrégation établie pour examiner les
moyens de terminer les differens qui sont entre la
Cour de Rome et celle de Lisbonne , s'assembla
le 24. Octobre , et il y fut résolu qu'on accorderoit
au Roi de Portugal 4. pour 100. sur le
produit
NOVEMBRE. 1733. 2491
produit des Expéditions que la Datterie délivreroit
pour les Sujets de S. M. et que cet argent seroit
employé à faire rebâtir l'Eglise de S. Antoine
de la Nation Portugaise.
On a appris d'Ancone que le 19. et le 20 d'Octobre
, on y avoit senti deux nouvelles secousses
de tremblement de terre , qui avoient été très
violentes , et renversé plusieurs maisons tant de
la Ville que des environs.
On a appris à Genes le 10. de ce mois , par
L'Equipage d'un Bâtiment venu de Tunis , que
quelques jours avant son départ de ce Port , il y
étoit entré un Vaisseau Anglois , dont l'Equipa
ge s'érant soulevé contre son Commandant l'avoit
massacré , et avoit pris la résolution de courir
sur les Chrétiens ; que ces Pirates avoient fait
diverses prises assez considérables , et qu'ils s'étoient
empatés d'une Galiotte Venitienne , dont
ils avoient égorgé le Capitaine et tous les Matelots
ét à bord de laquelle ils avoient trouvé une som
me considérable d'argent ; qu'ils s'étoient rendus
ensuite à Tunis pour se mettre sous la protection
du Bey ; que le plus grand nombre avoit embrassé
le Mahométisme , et que celui , qu'ils avoient élu
pour leur Chef, avoit fait mettre aux fers ceux
qui avoient refusé de suivre l'exemple de leurs
camarades.
E Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter
sur son Avénement au Trône , et il a
-envoyé ordre à M. Paulucci , son Nonce à Warsovie
, de se rendre à Dantzick auprès de S. M. P.
* Dans l'Assemblée de la Congrégation de Nonmullis
, qui se tint le 16 Octobre , il fut résolu
qu'on donneroit un mois à M. Coscia , Evêque
de Targa , pour répondre aux accusations formées
contre lui , et qu'il seroit constitué prisonnier
au Château de S. Ange jusqu'à la fin de
son Procès. On assure que le Cardinal son frete
est déterminé à se soumettre au jugement prononcé
par cette Congrégation, et qu'il acquitera
incessamment une partie des sommes au payement
desquelles il a été condamné.
La Congrégation établie pour examiner les
moyens de terminer les differens qui sont entre la
Cour de Rome et celle de Lisbonne , s'assembla
le 24. Octobre , et il y fut résolu qu'on accorderoit
au Roi de Portugal 4. pour 100. sur le
produit
NOVEMBRE. 1733. 2491
produit des Expéditions que la Datterie délivreroit
pour les Sujets de S. M. et que cet argent seroit
employé à faire rebâtir l'Eglise de S. Antoine
de la Nation Portugaise.
On a appris d'Ancone que le 19. et le 20 d'Octobre
, on y avoit senti deux nouvelles secousses
de tremblement de terre , qui avoient été très
violentes , et renversé plusieurs maisons tant de
la Ville que des environs.
On a appris à Genes le 10. de ce mois , par
L'Equipage d'un Bâtiment venu de Tunis , que
quelques jours avant son départ de ce Port , il y
étoit entré un Vaisseau Anglois , dont l'Equipa
ge s'érant soulevé contre son Commandant l'avoit
massacré , et avoit pris la résolution de courir
sur les Chrétiens ; que ces Pirates avoient fait
diverses prises assez considérables , et qu'ils s'étoient
empatés d'une Galiotte Venitienne , dont
ils avoient égorgé le Capitaine et tous les Matelots
ét à bord de laquelle ils avoient trouvé une som
me considérable d'argent ; qu'ils s'étoient rendus
ensuite à Tunis pour se mettre sous la protection
du Bey ; que le plus grand nombre avoit embrassé
le Mahométisme , et que celui , qu'ils avoient élu
pour leur Chef, avoit fait mettre aux fers ceux
qui avoient refusé de suivre l'exemple de leurs
camarades.
Fermer
Résumé : ITALIE.
En octobre 1733, le Pape a félicité le Roi de Pologne pour son avènement au trône et a envoyé son nonce à Dantzig pour le rencontrer. La Congrégation de Nonmullis a accordé un mois à M. Coscia, évêque de Targa, pour répondre aux accusations contre lui et l'a maintenu prisonnier au Château Saint-Ange jusqu'à la fin de son procès. Le cardinal, frère de M. Coscia, a accepté de se soumettre au jugement de la Congrégation et de payer une partie des sommes pour lesquelles il a été condamné. Le 24 octobre, une réduction de 4 pour 100 sur les produits des expéditions délivrées par la Datérie a été accordée au Roi de Portugal pour financer la reconstruction de l'église Saint-Antoine de la Nation Portugaise. À Ancone, des secousses sismiques violentes ont détruit plusieurs maisons les 19 et 20 octobre. À Gênes, un équipage venu de Tunis a rapporté qu'un vaisseau anglais, dont l'équipage s'était mutiné, avait massacré son commandant et s'était attaqué aux chrétiens, se réfugiant à Tunis sous la protection du Bey. La majorité des mutins avait embrassé l'islam, les autres ayant été mis aux fers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14
p. 2521-252[9]
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Dans le Mercure du mois dernier, en parlant de la mort d'Hercule-Joseph [...]
Mots clefs :
Marquis, Général, Seigneur, Épouse, Maison, Abbaye, Capitaine, Président, Diocèse, Congrégation, François-Jean-Baptiste-Joseph de Sade, Michel-François de Maillé de La Tour, Maison de Maillé, Anne-Geneviève de Meuves, Charlotte-Elisabeth de Bassompierre, Guillaume-Jean-Baptiste-François de Becdelièvre, Gabriel de Riberolles, Pierre de Pardaillan de Gondrin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
D
Ans le Mercure du mois dernier
en parlant de la mort d'Hercule-
Joseph de Lur , Chevalier , Marquis de
Saluces , de Drujac et de la Groliere , on
doit ajouter qu'il étoit ; Vicomte , Seigneur
de Melangein , de l'Isle de Couderot
, &c.
La Maison de Lur est très ancienne , et
tire son origine d'Allemagne ; elle est
établie depuis plusieurs siècles dans la
Ι province
2522 MERCURE DE FRANCE
Province de Guienne , et a contracté en
France des alliances avec les Maisons les
plus considerables du Royaume.
Le Marquis de Saluces étoit l'aîné de la
Maison ; il ne laisse qu'un fils , Officier
aux Gardes Françoises,
D. Gabrielle de Rochechouart- Morte
mar, Abbesse de l'Abbaye de Beaumontlès-
Tours ,Ordre de S. Benoît , mourut le
24. Octobre , âgée d'environ soixante
seize ans , après avoir gouverné cette Abbaye
avec beaucoup de sagesse et d'édification
pendant près de 44. ans. Elle étoit
fille aînée de Louis Victor de Rochechouart,
Duc deVivonne , Pair et Maréchal
de France , Général des Galeres , Gouverneur
de Champagne et Brie , mort le 18
Septemb. 1688.et de D. Antoinette Louise
de Mesmes, morte le 10 Mars 1709.
M. Pierre de Pardaillan de Gondrin
d'Antin , Evêque et Duc de Langres ,
Pair de France , Abbé des Abbayes de
Montier-Ramey et de Lire , Docteur en
Théologie de la Faculté de Paris , et l'un
des 40 de l'Académie Françoise , mourut
dans son Diocèse le 2. Novembre âgé
d'environ 41 ans. Il étoit quatriéme fils er
Le seul qui restât de Louis- Antoine dePar
daillan de Gondrin , Duc d'Antin , Pair
de France , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant
NOVEMBRE . 1733. 2525
Lieutenant général de ses Armées , et de
la haute et basse Alsace &c. Gouverneur
des Ville et Duché d'Orleans & c. Directeur
général des Bâtimens du Roi , Jardins
et Manufactures de France , et de D.
Julie Françoise de Crussol d'Uzez .
Le R. P. Gabriel de Riberolles , Prêtre '
Chanoine Régulier de l'Ordre de S. Augustin
, de la Congrégation de France ,
mourut le 2. Novembre en l'Abbaye Ste
Geneviève à Paris , âgé d'environ 81 ans ,
après avoir été pendant six années Abbé
de cette Abbaye, et Superieur Général de
sa Congrégation . Il étoit de Paris , et fils
d'Abraham de Riberolles , Conseiller au
Châtelet, et de Clemence du Mas , Soeur
d'Hilaire du Mas , Docteur de la Maison
et Societé de Sorbonne , et Conseiller au
Parlement. Le P. de Riberolles , fut élû
pour la premiere fois Abbé de Ste Genevieve
, et Superieur général de sa Congrégation
, le 11. Septembre 1715. et fut
continué par le Chapitre général pour
trois autres années, le is . Septembre 1718.
étant premier Assistant de sa Congrégation
lors de la mort du R. P. Jean Polinier
, Abbé et Superieur général , arrivée
le 6. Mars 1727. Il fut choisi pour achever
les sept mois qui restoient au deffunt
de ses trois ans , et le 11. Septembre sui-
Iij
vant ,
2524 MERCURE DE FRANCE
vant , il fut élû Abbé et Superieur général
pour la troisième fois , et le 11. Septembre
1730. pour la quatrième fois .
J
D. Magdelaine le Cousturier de Neuville
, Veuve de Claude Potier , Comte
de Novion ,Brigadier des Armées du Roi,
mourut le 4. Novembre sans enfans. Elle
étoit fille de Henri le Cousturier , Seigneur
de Neuville , vivant Capitaine ,
commandant le premier Bataillon du Regiment
du Roi , et de Catherine - Françoise-
Louise de la Broise , soeur de la Veuve
de Charles - Jean - Louis de Faucon
Marquis de Ris.
Henri Joseph de Vassé , Marquis d'Esguilly
&c. Seigneur de Fontenay , Mestre
de Camp de Cavalerie , mourut le
6. Novembre , âgé d'environ 34. ans.
Il étoit fils ds Joseph Artus de Vassé
, Marquis d'Esguilly &c. mort le 2 .
Septembre 1710. Et de Louise de Fesque
morte en 1732 ..Il avoit épousé en 1724 .
D. Magdeleine - Gabrielle des Gentils du
Bessay , de laquelle il laisse deux fils .
D. Jeanne Marie Palatine de Dyo de
Momperous , Marquise de Roquefeuil
Baronne de Castelnau , Epouse de Marie
François Roger de Langhac , Comte de
Dalet et de Toulongon &c. mourut le 7 .
âgée d'environ 5.5.ans , laissant deux filles,
dont
NOVEMBRE . 1733 2525
dont la cadette Françoise Charlotte de
Langhac fut mariée le 7. Juillet 1732.
avec Jean-Baptiste - François de Cugnac
Marquis de Dampierre &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , cy- devant Cornette
des Chevaux Legers de Berry.
Le même jour , Guillaume - Jean-
Baptiste- François Becdelievre , Seigneur
de la Busnelays et de Treambert , premier
Président en la Chambre des Comtes
de Nantes , Charge en laquelle il·
avoit été reçu par la résignation de son
Pere , le 17. Novembre 1722. après avoir
étéauparavant successivement Maître ordinaire
, et Président en la même Chambre
, mourut âgé de 46. ans . Il étoit fils
aîné de feu Jean - Baptiste Becdeljevre ,
Seigneur de la Busnelays , le deuxième
de sa famille , premier Président én la
Chambre des Comptes de Nantes , et de
Renée de Sesmaisons de Treambert , et
il avoit été marié le 30. Juillet 1705. avec
Françoise Renée le Nobletz , fille de René
le Noblerz , Seigneur de Lescus , et de
Marie Agnes du Chastel . Il en a eu plusieurs
enfans , qui sont rapportés dans
l'Etat de la France'de 17 27. vol.4.p. sí7 .
"la Généalogie de cette famille se trouve
dans le Dictionnaire Histor. éditions de
1725. et 1732.
3
I iij
Le
2526 MERCURE DE FRANCE
Le 8.Philippe- Auguste Porlier, Ecuyer,
Sieur de Compiègne , et de Maillezais ,
autrefois Capitaine au Regiment Dauphin
Infanterie , mourut à Paris , âgé d'environ
65 ans. Il avoit épousé au mois de
Mai 1700. Susanne Fardoil , sa Cousine
issuë de germain , morte le 12. Février
1710. âgée de 32. ans , fille unique de Nicolas
Fardoil , Conseiller en la Cour des
Aides de Paris , mort le 8. Juin 1699. et
de Magdeleine Poussé , de laquelle il laisse
des enfans.
>
D. Charlotte- Elizabeth de Bassompierre
Epouse de Charles Marie , Marquis
de Choiseul , Mestre de Camp de Cava
krie , Sous-Lieutenant des Gendarmes
Ecossois , et Lieutenant général pour le
Roi au Gouvernement de Champagne et
Brie, accoucha le 6. Octobre dans la Ville
de Nanci , d'un fils qui a été nommé
Claude Antoine par M. l'Abbé de Choiseul
, Aumônier du Roi , nommé à l'Evêché
de Châlons sur Marne , et par D.
Charlotte de Choiseul , Comtesse de
Ludre.
D. Anne- Geneviève de Meuves, Epou
se de Jean- Paul Bochard de Champigny,
Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, Chevalier de S. Louis , accoucha
NOVEMBRE. 1733 2527
-
le 24 Octobre d'un fils qui a été nommé
Conrard Alexandre , par Conrard
Alexandre , Comte de Rottembourg ,
Brigadier des Armées du Roi , Gouver
neur de Bethune , Chevalier des Ordres
du Roi , Ambassadeur de S. M. en Espagne
, et par D. Emilie Mailly du Bruëil ,
Epouse de Jean-François de Creil , Brigadier
des Armées du Roi, Capitaine - Commandant
de la Compagnie des Grenadiers
à cheval, Chevalier de S. Louis.
Le Lundy 26, Octobre , à une heure
du matin , a été celebré dans la Chapelle
du Château du Houssay , près de Bonneval,
Diocèse de Chartres par M. Michel
François de Maillé de la Tour Landri ,
Prêtre , Chanoine et Chefcier de l'Eglise
Cathedrale , et Vicaire général de l'Evêque
de Chartres, Abbé commandataire de
F'Abbaye de S.Pierre de L'Esterp, Diocèse
de Limoges , le Mariage de François- Antoine
- Alexandre d'Albignac , Marquis de
Castelnau, âgé de 21. ans, fils aîné de Fran
çois d'Albignac, Chevalier , Baron de Castelnau
, Seigneur du Triadous au Diocèse
de Mende, & c.avec Dlle Anne- Elizabeth-
Constance de Montboissier , âgée de 19 .
ans , fille aînée de Philippe - Claude de
Montboissier- Canillac , Capitaine - Lieu-
I iiij
tenant
2528 MERCURE DE FRANCE
tenant de la seconde Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roi , et
Brigadier des Armées de S. M. et de D.
Marie-Anne Genevieve de Maillé- Benchart
, Dame du Houssay.
M. le Marquis de Courbons , premier
Président du Parlement de Navarre , fils
de M. Miche , Marquis de Gaubert ,
premier Président au même Parlement ,
épousa le même jour Dlle Angelique
de Lons , fille de feu M. le Marquis
de Lons , Lieutenant pour le Roi et
'Commandant en Navarre et Bearn."
-
Le 13. Novembre , François - Jean-
Baptiste Joseph de Sade , Chevalier ,
Comte de la Coste et de Saumane dans
le païs Venaissin , Colonel général de la
Cavalerie du Pape , fils de Gaspard-François
de Sade , Chevalier , Marquis de
Mazan , Seigneur de Saumane , &c. et
de D. Louise - Aldonce d'Astoüaud de
Mus , épousa à Paris Dlle Marie - Eleonore
de Maillé de Carman , fille de Do
natien de Maillé , Chevalier , Marquis de
Carman , Comte de Maillé , Baron de
Lesquelen , Seigneur Desterres de Dameny
, et de Villeromain , second Baron de
Bretagne , et de Dame Marie - Louise Binet
de Marcognet son Epouse. Ce mariage
a été celebré dans la Chapelle de l'Hôtel
NOVEMBRE. 1733. 2527
tel de Condé , en présence du Duc et
de la jeune Duchesse de Bourbon . La
Mariée a été nommée Dame d'accompagnement
par M.le Duc, à qui elle a l'honneur
d'être alliée . Le marié est d'une des
plus anciennes familles de Provence , l'Abbé
Robert de Briançon en parle avantageusement
dans son Livre intitulé PEtat
de la Provence dans sa Noblesse,Tom.
3. p. 21 , La belle Laure , si connue par les
loüanges , que le fameux Petrarque , qui
s'étoit laissé toucher par sa beauté et par
son esprit , lui donna dans les Vers qu'il
fit en son honneur , pendant sa vie , et
même après sa mort arrivée en 1348. sans
avoir été mariée , étoit de la famille de
Sade. Il y a un article d'Elle dans le Dictionnaire
Histor. sous le nom de Laurc..
La Maison de Maillé originaire de
Touraine , est trop connue pour en parler
icy. La Généalogie de cette Illustre
Maison se trouve dans le 7. Tome des
grands Officiers de la Couronne à l'art.
des Maréchaux de France p. 497.
et Mariages.
D
Ans le Mercure du mois dernier
en parlant de la mort d'Hercule-
Joseph de Lur , Chevalier , Marquis de
Saluces , de Drujac et de la Groliere , on
doit ajouter qu'il étoit ; Vicomte , Seigneur
de Melangein , de l'Isle de Couderot
, &c.
La Maison de Lur est très ancienne , et
tire son origine d'Allemagne ; elle est
établie depuis plusieurs siècles dans la
Ι province
2522 MERCURE DE FRANCE
Province de Guienne , et a contracté en
France des alliances avec les Maisons les
plus considerables du Royaume.
Le Marquis de Saluces étoit l'aîné de la
Maison ; il ne laisse qu'un fils , Officier
aux Gardes Françoises,
D. Gabrielle de Rochechouart- Morte
mar, Abbesse de l'Abbaye de Beaumontlès-
Tours ,Ordre de S. Benoît , mourut le
24. Octobre , âgée d'environ soixante
seize ans , après avoir gouverné cette Abbaye
avec beaucoup de sagesse et d'édification
pendant près de 44. ans. Elle étoit
fille aînée de Louis Victor de Rochechouart,
Duc deVivonne , Pair et Maréchal
de France , Général des Galeres , Gouverneur
de Champagne et Brie , mort le 18
Septemb. 1688.et de D. Antoinette Louise
de Mesmes, morte le 10 Mars 1709.
M. Pierre de Pardaillan de Gondrin
d'Antin , Evêque et Duc de Langres ,
Pair de France , Abbé des Abbayes de
Montier-Ramey et de Lire , Docteur en
Théologie de la Faculté de Paris , et l'un
des 40 de l'Académie Françoise , mourut
dans son Diocèse le 2. Novembre âgé
d'environ 41 ans. Il étoit quatriéme fils er
Le seul qui restât de Louis- Antoine dePar
daillan de Gondrin , Duc d'Antin , Pair
de France , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant
NOVEMBRE . 1733. 2525
Lieutenant général de ses Armées , et de
la haute et basse Alsace &c. Gouverneur
des Ville et Duché d'Orleans & c. Directeur
général des Bâtimens du Roi , Jardins
et Manufactures de France , et de D.
Julie Françoise de Crussol d'Uzez .
Le R. P. Gabriel de Riberolles , Prêtre '
Chanoine Régulier de l'Ordre de S. Augustin
, de la Congrégation de France ,
mourut le 2. Novembre en l'Abbaye Ste
Geneviève à Paris , âgé d'environ 81 ans ,
après avoir été pendant six années Abbé
de cette Abbaye, et Superieur Général de
sa Congrégation . Il étoit de Paris , et fils
d'Abraham de Riberolles , Conseiller au
Châtelet, et de Clemence du Mas , Soeur
d'Hilaire du Mas , Docteur de la Maison
et Societé de Sorbonne , et Conseiller au
Parlement. Le P. de Riberolles , fut élû
pour la premiere fois Abbé de Ste Genevieve
, et Superieur général de sa Congrégation
, le 11. Septembre 1715. et fut
continué par le Chapitre général pour
trois autres années, le is . Septembre 1718.
étant premier Assistant de sa Congrégation
lors de la mort du R. P. Jean Polinier
, Abbé et Superieur général , arrivée
le 6. Mars 1727. Il fut choisi pour achever
les sept mois qui restoient au deffunt
de ses trois ans , et le 11. Septembre sui-
Iij
vant ,
2524 MERCURE DE FRANCE
vant , il fut élû Abbé et Superieur général
pour la troisième fois , et le 11. Septembre
1730. pour la quatrième fois .
J
D. Magdelaine le Cousturier de Neuville
, Veuve de Claude Potier , Comte
de Novion ,Brigadier des Armées du Roi,
mourut le 4. Novembre sans enfans. Elle
étoit fille de Henri le Cousturier , Seigneur
de Neuville , vivant Capitaine ,
commandant le premier Bataillon du Regiment
du Roi , et de Catherine - Françoise-
Louise de la Broise , soeur de la Veuve
de Charles - Jean - Louis de Faucon
Marquis de Ris.
Henri Joseph de Vassé , Marquis d'Esguilly
&c. Seigneur de Fontenay , Mestre
de Camp de Cavalerie , mourut le
6. Novembre , âgé d'environ 34. ans.
Il étoit fils ds Joseph Artus de Vassé
, Marquis d'Esguilly &c. mort le 2 .
Septembre 1710. Et de Louise de Fesque
morte en 1732 ..Il avoit épousé en 1724 .
D. Magdeleine - Gabrielle des Gentils du
Bessay , de laquelle il laisse deux fils .
D. Jeanne Marie Palatine de Dyo de
Momperous , Marquise de Roquefeuil
Baronne de Castelnau , Epouse de Marie
François Roger de Langhac , Comte de
Dalet et de Toulongon &c. mourut le 7 .
âgée d'environ 5.5.ans , laissant deux filles,
dont
NOVEMBRE . 1733 2525
dont la cadette Françoise Charlotte de
Langhac fut mariée le 7. Juillet 1732.
avec Jean-Baptiste - François de Cugnac
Marquis de Dampierre &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , cy- devant Cornette
des Chevaux Legers de Berry.
Le même jour , Guillaume - Jean-
Baptiste- François Becdelievre , Seigneur
de la Busnelays et de Treambert , premier
Président en la Chambre des Comtes
de Nantes , Charge en laquelle il·
avoit été reçu par la résignation de son
Pere , le 17. Novembre 1722. après avoir
étéauparavant successivement Maître ordinaire
, et Président en la même Chambre
, mourut âgé de 46. ans . Il étoit fils
aîné de feu Jean - Baptiste Becdeljevre ,
Seigneur de la Busnelays , le deuxième
de sa famille , premier Président én la
Chambre des Comptes de Nantes , et de
Renée de Sesmaisons de Treambert , et
il avoit été marié le 30. Juillet 1705. avec
Françoise Renée le Nobletz , fille de René
le Noblerz , Seigneur de Lescus , et de
Marie Agnes du Chastel . Il en a eu plusieurs
enfans , qui sont rapportés dans
l'Etat de la France'de 17 27. vol.4.p. sí7 .
"la Généalogie de cette famille se trouve
dans le Dictionnaire Histor. éditions de
1725. et 1732.
3
I iij
Le
2526 MERCURE DE FRANCE
Le 8.Philippe- Auguste Porlier, Ecuyer,
Sieur de Compiègne , et de Maillezais ,
autrefois Capitaine au Regiment Dauphin
Infanterie , mourut à Paris , âgé d'environ
65 ans. Il avoit épousé au mois de
Mai 1700. Susanne Fardoil , sa Cousine
issuë de germain , morte le 12. Février
1710. âgée de 32. ans , fille unique de Nicolas
Fardoil , Conseiller en la Cour des
Aides de Paris , mort le 8. Juin 1699. et
de Magdeleine Poussé , de laquelle il laisse
des enfans.
>
D. Charlotte- Elizabeth de Bassompierre
Epouse de Charles Marie , Marquis
de Choiseul , Mestre de Camp de Cava
krie , Sous-Lieutenant des Gendarmes
Ecossois , et Lieutenant général pour le
Roi au Gouvernement de Champagne et
Brie, accoucha le 6. Octobre dans la Ville
de Nanci , d'un fils qui a été nommé
Claude Antoine par M. l'Abbé de Choiseul
, Aumônier du Roi , nommé à l'Evêché
de Châlons sur Marne , et par D.
Charlotte de Choiseul , Comtesse de
Ludre.
D. Anne- Geneviève de Meuves, Epou
se de Jean- Paul Bochard de Champigny,
Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, Chevalier de S. Louis , accoucha
NOVEMBRE. 1733 2527
-
le 24 Octobre d'un fils qui a été nommé
Conrard Alexandre , par Conrard
Alexandre , Comte de Rottembourg ,
Brigadier des Armées du Roi , Gouver
neur de Bethune , Chevalier des Ordres
du Roi , Ambassadeur de S. M. en Espagne
, et par D. Emilie Mailly du Bruëil ,
Epouse de Jean-François de Creil , Brigadier
des Armées du Roi, Capitaine - Commandant
de la Compagnie des Grenadiers
à cheval, Chevalier de S. Louis.
Le Lundy 26, Octobre , à une heure
du matin , a été celebré dans la Chapelle
du Château du Houssay , près de Bonneval,
Diocèse de Chartres par M. Michel
François de Maillé de la Tour Landri ,
Prêtre , Chanoine et Chefcier de l'Eglise
Cathedrale , et Vicaire général de l'Evêque
de Chartres, Abbé commandataire de
F'Abbaye de S.Pierre de L'Esterp, Diocèse
de Limoges , le Mariage de François- Antoine
- Alexandre d'Albignac , Marquis de
Castelnau, âgé de 21. ans, fils aîné de Fran
çois d'Albignac, Chevalier , Baron de Castelnau
, Seigneur du Triadous au Diocèse
de Mende, & c.avec Dlle Anne- Elizabeth-
Constance de Montboissier , âgée de 19 .
ans , fille aînée de Philippe - Claude de
Montboissier- Canillac , Capitaine - Lieu-
I iiij
tenant
2528 MERCURE DE FRANCE
tenant de la seconde Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roi , et
Brigadier des Armées de S. M. et de D.
Marie-Anne Genevieve de Maillé- Benchart
, Dame du Houssay.
M. le Marquis de Courbons , premier
Président du Parlement de Navarre , fils
de M. Miche , Marquis de Gaubert ,
premier Président au même Parlement ,
épousa le même jour Dlle Angelique
de Lons , fille de feu M. le Marquis
de Lons , Lieutenant pour le Roi et
'Commandant en Navarre et Bearn."
-
Le 13. Novembre , François - Jean-
Baptiste Joseph de Sade , Chevalier ,
Comte de la Coste et de Saumane dans
le païs Venaissin , Colonel général de la
Cavalerie du Pape , fils de Gaspard-François
de Sade , Chevalier , Marquis de
Mazan , Seigneur de Saumane , &c. et
de D. Louise - Aldonce d'Astoüaud de
Mus , épousa à Paris Dlle Marie - Eleonore
de Maillé de Carman , fille de Do
natien de Maillé , Chevalier , Marquis de
Carman , Comte de Maillé , Baron de
Lesquelen , Seigneur Desterres de Dameny
, et de Villeromain , second Baron de
Bretagne , et de Dame Marie - Louise Binet
de Marcognet son Epouse. Ce mariage
a été celebré dans la Chapelle de l'Hôtel
NOVEMBRE. 1733. 2527
tel de Condé , en présence du Duc et
de la jeune Duchesse de Bourbon . La
Mariée a été nommée Dame d'accompagnement
par M.le Duc, à qui elle a l'honneur
d'être alliée . Le marié est d'une des
plus anciennes familles de Provence , l'Abbé
Robert de Briançon en parle avantageusement
dans son Livre intitulé PEtat
de la Provence dans sa Noblesse,Tom.
3. p. 21 , La belle Laure , si connue par les
loüanges , que le fameux Petrarque , qui
s'étoit laissé toucher par sa beauté et par
son esprit , lui donna dans les Vers qu'il
fit en son honneur , pendant sa vie , et
même après sa mort arrivée en 1348. sans
avoir été mariée , étoit de la famille de
Sade. Il y a un article d'Elle dans le Dictionnaire
Histor. sous le nom de Laurc..
La Maison de Maillé originaire de
Touraine , est trop connue pour en parler
icy. La Généalogie de cette Illustre
Maison se trouve dans le 7. Tome des
grands Officiers de la Couronne à l'art.
des Maréchaux de France p. 497.
Fermer
Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En novembre 1733, plusieurs événements marquants ont eu lieu parmi la noblesse française. Plusieurs décès notables sont à signaler. Le Chevalier Marquis de Saluces, Joseph de Lur, issu d'une ancienne famille allemande établie en Guienne, est décédé, laissant un fils officier. Gabrielle de Rochechouart, Abbesse de Beaumont-lès-Tours, est morte à l'âge de 76 ans après 44 ans de gouvernance. Pierre de Pardaillan de Gondrin, Évêque de Langres, est décédé à 41 ans. Gabriel de Riberolles, Chanoine Régulier de l'Ordre de Saint Augustin, est mort à 81 ans après avoir été Abbé de Sainte-Geneviève. D'autres décès incluent ceux de Magdeleine le Cousturier, Henri Joseph de Vassé, Jeanne Marie Palatine de Dyo, Guillaume-Jean-Baptiste Becdelievre, et Philippe-Auguste Porlier. Parallèlement, plusieurs naissances ont été signalées. Charlotte-Elisabeth de Bassompierre a accouché d'un fils nommé Claude Antoine, et Anne-Geneviève de Meuves a donné naissance à un fils nommé Conrad Alexandre. Des mariages ont également eu lieu, notamment celui de François-Antoine-Alexandre d'Albignac avec Anne-Elisabeth-Constance de Montboissier, et celui de François-Jean-Baptiste-Joseph de Sade avec Marie-Éléonore de Maillé de Carman. Le Marquis de Courbons a épousé Angélique de Lons. Ces événements illustrent la dynamique des familles nobles à travers les naissances, les mariages et les décès qui structurent la continuité et les alliances au sein de l'aristocratie française.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
15
p. 536-539
EXTRAIT d'une Lettre de M... sur la mort du R. P. Dom CLAUDE DE VIC, l'un des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
Début :
Dom CLAUDE DE VIC, Religieux Benedictin de la Congrégation de [...]
Mots clefs :
Dom Claude Devic, Procureur général, Congrégation, Monastère, Pape Clément XI
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M... sur la mort du R. P. Dom CLAUDE DE VIC, l'un des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
EXTRAIT d'une Lettre de M... sur
la mort du R. P. Dom CLAUDE de Vic ,
Fun des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
CLAUDE DE VIC , Reli-
Dgieux Benedictin de la Congrégation
de S. Maur , nâquit à Soréze, petite
Ville du Diocèse de Lavaur . Il n'avoit
que 17 ans lorsqu'il fit profession à Toulouse
, dans le Monastere de la Daurade
le 25 d'Octobre de l'an 1687. Il enseignoit
la Réthorique à l'Abbaye de S. Séver
, en Gascogne , dans un College que
les Religieux de ce Monastere y avoient
établi depuis quelques années , pour l'éducation
de la jeunesse de la Ville , lorsque
ses Supérieurs l'envoyerent à Rome
en 1701. pour y servir de Compagnon
au Procureur General de la Congregation.
Sa modestie , sa droiture , sa piété ,
SES
MARS. 1734. 537
ses manieres obligeantes , et son bon
coeur , qui le firent toujours aimef et estimer
en France , lui attirerent un tresgrand
nombre d'amis en Italie : Le Pape
Clement XI . et la Reine de Pologne Marie
Casimire l'honorerent en particulier
de leur bienveillance.
Il exerça avec succès en 1708. les fonc
tions de Vice -Procureur General , durant
l'absence de Dom Couillaume le Parre
Procureur General , que le Pape chargea
alors de reconduire en France , les six Religieuses
Françoises du S. Sacrement , que
la Reine de Pologne avoit appelées à Rome,
pour y fonder un Monastere de leur
Institut. Une des principales occupations
de Dom de Vic dans cette Ville , fut de
favoriser les études des Religieux de S.
Germain des Prez ses Confreres . Pour les
quels Ouvrages , il collationna plusieurs
Manuscrits du Vatican et des autres Bibliotheques
de Rome , et ausquels il
fournit divers autres Mémoires. Ce soin
ne l'empêcha pas de cultiver lui - même
les Lettres qu'il avoit aimées dès sa plus
tendre jeunesse , il traduisit , entr'autres
en latin , et augmenta la vie Françoise de
Dom Jean Mabillon , composée par Dom.
Thierri Ruinart ; il la fit imprimer à Padoue
en 1714. et la dédia à M. Aléxan-
Fv dr
*
$38 MERCURE DE FRANCE
dre Albani , neveu du Pape Clement XI.
et aujourd'hui Cardinal .
Il demanda de revenir en France, où il
fut rappellé en 1715 , dans le temps que
M. de la Berchere , Archevêque de Narbonne
, demandoit des Ouvriers au R. P.
General de la Congregation de S. Maur ,
pour l'Histoire de Languedoc. Il fut associé
pour cet ouvrage avec Dom Joseph
Vaissete , et ils ont travaillé depuis de
concert à cette Histoire , dont les deux
premiers volumes sont déja publics .
Dom Claude de Vic s'est employé à ce
travail autant que la foiblesse de son
temperamment peu robuste et diverses
Occupations , ausquelles il ne pouvoit se
refuser , le lui ont permis. Il étoit chargé
entr'autres , depuis plusieurs années de la
supériorité de divers Monasteres de Re
ligieuses que M. le Cardinal de Noailles,
Archevêque de Paris , et M. de Vintimille
du Luc , son successeur , lui avoient
confiée. Les bontez dont notre S. Pere le
Pape , Clement XII . heureusement regnant,
l'honoroit , avoient engagé depuis
peu ses Supérieurs à le nommer pour al
ler à Rome en qualité de Procureur General
de la Congrégation . Il se disposoit
à faire ce voyage au Printems prochain
lorsque la mort l'a enlevé le 23 Janvier
1734.
MARS. 1734- 539
734. dans le Monastere de S. Germain
des Prez , âgé de 64 ans accomplis.
la mort du R. P. Dom CLAUDE de Vic ,
Fun des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
CLAUDE DE VIC , Reli-
Dgieux Benedictin de la Congrégation
de S. Maur , nâquit à Soréze, petite
Ville du Diocèse de Lavaur . Il n'avoit
que 17 ans lorsqu'il fit profession à Toulouse
, dans le Monastere de la Daurade
le 25 d'Octobre de l'an 1687. Il enseignoit
la Réthorique à l'Abbaye de S. Séver
, en Gascogne , dans un College que
les Religieux de ce Monastere y avoient
établi depuis quelques années , pour l'éducation
de la jeunesse de la Ville , lorsque
ses Supérieurs l'envoyerent à Rome
en 1701. pour y servir de Compagnon
au Procureur General de la Congregation.
Sa modestie , sa droiture , sa piété ,
SES
MARS. 1734. 537
ses manieres obligeantes , et son bon
coeur , qui le firent toujours aimef et estimer
en France , lui attirerent un tresgrand
nombre d'amis en Italie : Le Pape
Clement XI . et la Reine de Pologne Marie
Casimire l'honorerent en particulier
de leur bienveillance.
Il exerça avec succès en 1708. les fonc
tions de Vice -Procureur General , durant
l'absence de Dom Couillaume le Parre
Procureur General , que le Pape chargea
alors de reconduire en France , les six Religieuses
Françoises du S. Sacrement , que
la Reine de Pologne avoit appelées à Rome,
pour y fonder un Monastere de leur
Institut. Une des principales occupations
de Dom de Vic dans cette Ville , fut de
favoriser les études des Religieux de S.
Germain des Prez ses Confreres . Pour les
quels Ouvrages , il collationna plusieurs
Manuscrits du Vatican et des autres Bibliotheques
de Rome , et ausquels il
fournit divers autres Mémoires. Ce soin
ne l'empêcha pas de cultiver lui - même
les Lettres qu'il avoit aimées dès sa plus
tendre jeunesse , il traduisit , entr'autres
en latin , et augmenta la vie Françoise de
Dom Jean Mabillon , composée par Dom.
Thierri Ruinart ; il la fit imprimer à Padoue
en 1714. et la dédia à M. Aléxan-
Fv dr
*
$38 MERCURE DE FRANCE
dre Albani , neveu du Pape Clement XI.
et aujourd'hui Cardinal .
Il demanda de revenir en France, où il
fut rappellé en 1715 , dans le temps que
M. de la Berchere , Archevêque de Narbonne
, demandoit des Ouvriers au R. P.
General de la Congregation de S. Maur ,
pour l'Histoire de Languedoc. Il fut associé
pour cet ouvrage avec Dom Joseph
Vaissete , et ils ont travaillé depuis de
concert à cette Histoire , dont les deux
premiers volumes sont déja publics .
Dom Claude de Vic s'est employé à ce
travail autant que la foiblesse de son
temperamment peu robuste et diverses
Occupations , ausquelles il ne pouvoit se
refuser , le lui ont permis. Il étoit chargé
entr'autres , depuis plusieurs années de la
supériorité de divers Monasteres de Re
ligieuses que M. le Cardinal de Noailles,
Archevêque de Paris , et M. de Vintimille
du Luc , son successeur , lui avoient
confiée. Les bontez dont notre S. Pere le
Pape , Clement XII . heureusement regnant,
l'honoroit , avoient engagé depuis
peu ses Supérieurs à le nommer pour al
ler à Rome en qualité de Procureur General
de la Congrégation . Il se disposoit
à faire ce voyage au Printems prochain
lorsque la mort l'a enlevé le 23 Janvier
1734.
MARS. 1734- 539
734. dans le Monastere de S. Germain
des Prez , âgé de 64 ans accomplis.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M... sur la mort du R. P. Dom CLAUDE DE VIC, l'un des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
Claude de Vic, religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, naquit à Soréze dans le diocèse de Lavaur. À 17 ans, il entra au monastère de la Daurade à Toulouse en 1687. Il enseigna la rhétorique à l'abbaye de Saint-Sever en Gascogne avant d'être envoyé à Rome en 1701. Sa modestie, sa droiture, sa piété et son bon cœur lui gagnèrent l'amitié du Pape Clément XI et de la Reine de Pologne Marie Casimire. En 1708, il devint Vice-Procureur Général à Rome. Il soutint les études des religieux de Saint-Germain-des-Prés en collationnant des manuscrits et fournissant des mémoires. Il traduisit et augmenta la vie de Dom Jean Mabillon, publiée à Padoue en 1714. Rappelé en France en 1715, il collabora avec Dom Joseph Vaissete à l'Histoire de Languedoc, dont les deux premiers volumes furent publiés. Il supervisa également divers monastères de religieuses. Claude de Vic mourut le 23 janvier 1734 à l'âge de 64 ans au monastère de Saint-Germain-des-Prés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
16
p. 196
De ROME, le 19 Juin.
Début :
La santé du Chevalier de S. Georges s'affermit de jour en jour. [...]
Mots clefs :
Santé, Chevalier, Amélioration, Congrégation, Pape, Édit, République de Gênes, Sénat, Tensions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 19 Juin.
De ROME , le 19 Juin.
La fanté du Chevalier de S , Georges s'affer
mit de jour en jour . Il s'eft trouvé le 21 du mois
dernier , en état de fe lever & de manger en Public
. On a reffenti le 26 à Mezzo , petite Ville de
la République de Ragufe , une fecouffe de tremblement
de terre ; elle a duré quatre minutes ,
mais elle a caufé peu de dommage .
Il fe tint , les de ce mois , en préſence de Sa
Sainteté , une Congrégation , dans laquelle il fut
réfolu d'annuller le fecond Edit de la République
de Gênes. On efpére cependant que , moyennant
les bons offices de quelques Puiffances
démêlé , avec cette République , ne tardera pas à
s'arranger. Le Sénat de Gênes paroit fe difpofer
à faire , à la Lettre exhortatoire du Pape , une ré
ponſe propre à concilier les efprits.
La fanté du Chevalier de S , Georges s'affer
mit de jour en jour . Il s'eft trouvé le 21 du mois
dernier , en état de fe lever & de manger en Public
. On a reffenti le 26 à Mezzo , petite Ville de
la République de Ragufe , une fecouffe de tremblement
de terre ; elle a duré quatre minutes ,
mais elle a caufé peu de dommage .
Il fe tint , les de ce mois , en préſence de Sa
Sainteté , une Congrégation , dans laquelle il fut
réfolu d'annuller le fecond Edit de la République
de Gênes. On efpére cependant que , moyennant
les bons offices de quelques Puiffances
démêlé , avec cette République , ne tardera pas à
s'arranger. Le Sénat de Gênes paroit fe difpofer
à faire , à la Lettre exhortatoire du Pape , une ré
ponſe propre à concilier les efprits.
Fermer
Résumé : De ROME, le 19 Juin.
Le 19 juin, la santé du Chevalier de S. Georges s'améliore à Rome. Le 21 mai, il s'est levé et a mangé en public. Le 26 mai, un tremblement de terre a été ressenti à Mezzo, causant peu de dommages. Le 1er juin, une congrégation a annulé un édit de la République de Gênes, espérant un accord rapide grâce à l'intervention de puissances. Le Sénat de Gênes est prêt à répondre favorablement au Pape.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
17
p. 195-197
« Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint Laumer, de la Congrégation [...] »
Début :
Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint Laumer, de la Congrégation [...]
Mots clefs :
Abbaye, Congrégation, Messe, Soldats morts à la guerre, Service, Sanctuaire, Grand-messe, Diacres, Religieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint Laumer, de la Congrégation [...] »
Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint
Laumer , de la Congrégation de Saint Maur ,
Ville & Diocèfe de Blois , pour fatisfaire aux Réglemens
de leur dernier Chapitre , ont fait , le
du préfent mois de Novembre , le Service folem
nel pour le repos de l'âme de Meffieurs les Offi
ciers & Soldats, tués dans la guerre actuelle . Ces
Religieux , pour témoigner leur zéle à s'acquitter
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
de ce qu'ils peuvent , felon leur état , ont fait
ce Service avec toute la folemnité poffible . Comme
tous les grands & les petits font intéreſſés aux
pertes inféparables d'une action , y ayant des parens
ou amis , ils ont fait inviter par billets imprimés
tous les Habitans de la Ville . Ce Service
a été annoncé le 4 par le fon des cloches , qui
ont fonné à midi , à fept heures du foir , &
le lendemain à fix du matin , pendant une heure
à chaque fois ; le Choeur & le Sanctuaire de leur
Eglife étoient tendus en noir de la hauteur de douze
pieds au milieu s'élevoit un Catafalque haut de
quinze pieds , illuminé de plus de cent cierges.
La Grand'- Meffe a été célébrée par le Prieur de
l'Abbaye , avec les Diacre & Soûdiacre. Elle a
été entonnée par le premier Chantre , avec fon
bâton de dignité , accompagné de les deux Sous-
Chantres , & a été pourfuivie par les Religieux du
Choeur , avec deux Serpents que Meſſieurs de la
Cathédrale de Blois fe font fait un plaifir d'accor--
der à la demande des Religieux. La Profe Dies
ira , &c. a été chantée , à l'alternative avec le
Choeur , par le Sous - Chantre avec fon bâton de
dignité , accompagné de deux autres Religieux
tous trois en chappe de velours noir , A la fin de
la Melle , quatre Religieux Prêtres , y compris le
Prieur , tous revêtus d'aube , étole & chappes de
velours noir , ont fait les quatre Abfoutes qui ,
feules , ont duré près d'une heure.
On peut dire qu'on ne peut pas afſiſter à un
Office qui puille fe faire , de la part de ces Religieux
, avec plus de fageffe , de modeſție & de
gravité de chant ; comme également on doit ajoûter
que la piété , la dévotion & le recueillement
des affiftans , étoient capables d'en infpirer aux
plus indifférens. Tout s'eft paflé avec ordre , décence
& fans trouble. Meffieurs de l'Hôtel- deDECEMBRE
1760. 107
Ville ont eu la politeffe d'accorder aux Religieux
des Soldats de leur garde , pour empêcher la cokue
& maintenir le bon ordre.
Tout ce qu'il y a de grands & petits à Blois y ont
affifté. On y a vu des Chanoines de la Cathédrale ,
des Curés , Vicaires , & beaucoup d'autres Ecclé .
fiaftiques ; comme aufli Chanoines Réguliers , Jacobins
, Cordeliers , Minimes , Capucins. M. le
Premier Président de la Chambre des Comptes ,
& d'autres Membres de cette Cour , s'y font trouvés
; comme auffi des Membres du Préfidial
de la Cour des Aydes & de la Chambre de Ville ;
il y avoit beaucoup de Nobleffe , anciens Officiers ,
quantité de Meffieurs & Dames de diftinction , &
un nombre très-grand de tout état. Nifi enim eos refurecturos fperaret , fuperfluum
Videretur & vanum orare pro mortuiss
Laumer , de la Congrégation de Saint Maur ,
Ville & Diocèfe de Blois , pour fatisfaire aux Réglemens
de leur dernier Chapitre , ont fait , le
du préfent mois de Novembre , le Service folem
nel pour le repos de l'âme de Meffieurs les Offi
ciers & Soldats, tués dans la guerre actuelle . Ces
Religieux , pour témoigner leur zéle à s'acquitter
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
de ce qu'ils peuvent , felon leur état , ont fait
ce Service avec toute la folemnité poffible . Comme
tous les grands & les petits font intéreſſés aux
pertes inféparables d'une action , y ayant des parens
ou amis , ils ont fait inviter par billets imprimés
tous les Habitans de la Ville . Ce Service
a été annoncé le 4 par le fon des cloches , qui
ont fonné à midi , à fept heures du foir , &
le lendemain à fix du matin , pendant une heure
à chaque fois ; le Choeur & le Sanctuaire de leur
Eglife étoient tendus en noir de la hauteur de douze
pieds au milieu s'élevoit un Catafalque haut de
quinze pieds , illuminé de plus de cent cierges.
La Grand'- Meffe a été célébrée par le Prieur de
l'Abbaye , avec les Diacre & Soûdiacre. Elle a
été entonnée par le premier Chantre , avec fon
bâton de dignité , accompagné de les deux Sous-
Chantres , & a été pourfuivie par les Religieux du
Choeur , avec deux Serpents que Meſſieurs de la
Cathédrale de Blois fe font fait un plaifir d'accor--
der à la demande des Religieux. La Profe Dies
ira , &c. a été chantée , à l'alternative avec le
Choeur , par le Sous - Chantre avec fon bâton de
dignité , accompagné de deux autres Religieux
tous trois en chappe de velours noir , A la fin de
la Melle , quatre Religieux Prêtres , y compris le
Prieur , tous revêtus d'aube , étole & chappes de
velours noir , ont fait les quatre Abfoutes qui ,
feules , ont duré près d'une heure.
On peut dire qu'on ne peut pas afſiſter à un
Office qui puille fe faire , de la part de ces Religieux
, avec plus de fageffe , de modeſție & de
gravité de chant ; comme également on doit ajoûter
que la piété , la dévotion & le recueillement
des affiftans , étoient capables d'en infpirer aux
plus indifférens. Tout s'eft paflé avec ordre , décence
& fans trouble. Meffieurs de l'Hôtel- deDECEMBRE
1760. 107
Ville ont eu la politeffe d'accorder aux Religieux
des Soldats de leur garde , pour empêcher la cokue
& maintenir le bon ordre.
Tout ce qu'il y a de grands & petits à Blois y ont
affifté. On y a vu des Chanoines de la Cathédrale ,
des Curés , Vicaires , & beaucoup d'autres Ecclé .
fiaftiques ; comme aufli Chanoines Réguliers , Jacobins
, Cordeliers , Minimes , Capucins. M. le
Premier Président de la Chambre des Comptes ,
& d'autres Membres de cette Cour , s'y font trouvés
; comme auffi des Membres du Préfidial
de la Cour des Aydes & de la Chambre de Ville ;
il y avoit beaucoup de Nobleffe , anciens Officiers ,
quantité de Meffieurs & Dames de diftinction , &
un nombre très-grand de tout état. Nifi enim eos refurecturos fperaret , fuperfluum
Videretur & vanum orare pro mortuiss
Fermer
Résumé : « Les RR. Péres Bénédictins de l'Abbaye de Saint Laumer, de la Congrégation [...] »
Les Révérends Pères Bénédictins de l'Abbaye de Saint-Laumer, de la Congrégation de Saint-Maur, à Blois, ont célébré un service solennel en novembre pour honorer les officiers et soldats tués lors de la guerre actuelle. Conforme aux règlements de leur dernier chapitre, ce service a été réalisé avec toute la solennité possible. Les religieux ont invité tous les habitants de la ville par des billets imprimés, soulignant l'impact des pertes de la guerre sur chacun. Le service a été annoncé par le son des cloches à des heures précises. L'église était tendue de noir, avec un catafalque illuminé de plus de cent cierges. La grand-messe a été célébrée par le Prieur, assisté du Diacre et du Sous-Diacre, et chantée par les religieux du chœur avec des instruments prêtés par la cathédrale de Blois. La prière Dies irae a été chantée alternativement par le Sous-Chantre et le chœur. Quatre prêtres ont prononcé les absoutes, qui ont duré près d'une heure. L'office a été marqué par la sagesse, la modestie et la gravité du chant des religieux, ainsi que par la piété et la dévotion des assistants. L'ordre et la décence ont été maintenus grâce à la présence de soldats de la garde de l'Hôtel de Ville. De nombreux dignitaires, ecclésiastiques et laïcs, y compris des membres de la noblesse et des officiers, ont assisté à ce service.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
18
p. *237-237
De ROME, le 21 Décembre 1763.
Début :
La Congrégation nommée pour examiner l'affaire de la double Élection [...]
Mots clefs :
Congrégation, Élection, Évêché, Cardinaux, Comte, Suffrages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 21 Décembre 1763.
De ROME , le 21 Décembre 1763 .
La Congrégation nommée pour examiner l'affairede
la double Election à l'Evêché de Liége ,
& compoſée des Cardinaux Cavalchini , Alexandre
Albani , Colonna de Sciarra , Torrigiani ,
Rezzonico , Santuzzi , Corſini & Negroni , &
des Prélats Antonelli & Mattei , s'aſſembla hier,
Le Comte d'Outremont ayant réuni en ſa faveur
la pluralité des ſuffrages , fon élection fut confirmée.
La Congrégation nommée pour examiner l'affairede
la double Election à l'Evêché de Liége ,
& compoſée des Cardinaux Cavalchini , Alexandre
Albani , Colonna de Sciarra , Torrigiani ,
Rezzonico , Santuzzi , Corſini & Negroni , &
des Prélats Antonelli & Mattei , s'aſſembla hier,
Le Comte d'Outremont ayant réuni en ſa faveur
la pluralité des ſuffrages , fon élection fut confirmée.
Fermer