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3601
p. 193
De LISBONNE, le 15 Juin.
Début :
Le Roi a fait arrêter le Nonce du Pape, & a ordonné que ce [...]
Mots clefs :
Roi, Nonce du Pape, Ministre, Frontières, Royaume
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texteReconnaissance textuelle : De LISBONNE, le 15 Juin.
DeLISBONNE , le 15 Juin.
> avec
Le Roi a fait arrêter le Nonce du Pape , & a
ordonné que ce Miniftre fût conduit , fous bonne
efcorte , fur les frontieres du Royaume
défenſe , de la part de Sa Majefté , de rentrer en
Portugal. On ne fçait point encore ce qui peut
avoir occafionné ce traitement.
> avec
Le Roi a fait arrêter le Nonce du Pape , & a
ordonné que ce Miniftre fût conduit , fous bonne
efcorte , fur les frontieres du Royaume
défenſe , de la part de Sa Majefté , de rentrer en
Portugal. On ne fçait point encore ce qui peut
avoir occafionné ce traitement.
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3602
p. 193
De MADRID, le 25 Juin.
Début :
Le 21 de ce mois, Don Joseph de Sylva, Ambassadeur Extraordinaire de Portugal [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Cour, Audience, Mariage, Princesse
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texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 25 Juin.
De MADRID , le 25 Juin.
Le 21 de ce mois , Don Joſeph de Sylva , Amballadeur
Extraordinaire de Portugal en cette
Cour , eut une audience particuliere du Roi, auquel
il remit les Lettres , par lesquelles Sa Majesté
Très-Fidelle lui fait part du mariage célébré, le 6 ,
entre la Princeffe de Bréfil, fille aînée de ce Monar.
que , & l'Infant Don Pedre , oncle de cette Prin →
cefle.
Le 21 de ce mois , Don Joſeph de Sylva , Amballadeur
Extraordinaire de Portugal en cette
Cour , eut une audience particuliere du Roi, auquel
il remit les Lettres , par lesquelles Sa Majesté
Très-Fidelle lui fait part du mariage célébré, le 6 ,
entre la Princeffe de Bréfil, fille aînée de ce Monar.
que , & l'Infant Don Pedre , oncle de cette Prin →
cefle.
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3603
p. 193
De ROME, le 22 Juin.
Début :
Le Chevalier de S. George est parfaitement rétabli. Un de ses [...]
Mots clefs :
Chevalier, Rétablissement de la santé, Gentilshommes, Maladie
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 22 Juin.
De ROME , le 22 Juin.
Le Chevalier de S. George eft parfaitement
rétabli. Un de fes Gentilshommes , a remercié de
La part le facré Collége , de l'intérêt qu'il a pris
à fa maladie.
Le Chevalier de S. George eft parfaitement
rétabli. Un de fes Gentilshommes , a remercié de
La part le facré Collége , de l'intérêt qu'il a pris
à fa maladie.
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3604
p. 194
De VERSAILLES, le 17 Juillet.
Début :
Le 27 du mois dernier, le Roi tint le Sceau. Le 30, le sieur Boyer, [...]
Mots clefs :
Roi, Médecin ordinaire du roi, Honneur, Princesse, Sceau, Comte, Ambassadeur, Empereur, Audience, Charge
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 17 Juillet.
DeVERSAILLES , le 17 Juillet.
E 27 du mois dernier , le Roi tint le Sceau.
Le 30 le fieur Boyer , Médecin ordinaire de
Sa Majefté , Doyen de la Faculté de Médecine ,
Chevalier & Secrétaire de l'Ordre de S. Michel ,
eut l'honneur de préfenter au Roi la mé faille,qui
doit être offerte à Sa Majeſté , à chaque tenue
du Chapitre de cet Ordre , conformément à la
fondation faite, par le fieur Perrotin de Barmond,
Chevalier du m me Ordre.
Le 3 de ce mois , la Princeffe Triwulfi, Dame
d'honneur de feue Madame Infante , eut l'hon.
neur de prendre congé de Leurs Majeftés, pour
Le rendre incellamment à Parme.
Le 11 de ce mois , le Roi tint le Sceau.
Le même jour , le Comte de Starhenberg,Am
baffadeur de l'Empereur & de l'Impératrice Reine
de Hongrie & de Bohême, eut une Audience particuliere
de Sa Majesté , à laquelle il fut conduit
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſfadeurs.
la
Le 14 , le Roi difpofa de la Charge de Grand-
Aumônier de France , qui étoit vacante par
mort du Cardinal de Tavannes , en faveur de
l'Archevêque de Narbonne.
E 27 du mois dernier , le Roi tint le Sceau.
Le 30 le fieur Boyer , Médecin ordinaire de
Sa Majefté , Doyen de la Faculté de Médecine ,
Chevalier & Secrétaire de l'Ordre de S. Michel ,
eut l'honneur de préfenter au Roi la mé faille,qui
doit être offerte à Sa Majeſté , à chaque tenue
du Chapitre de cet Ordre , conformément à la
fondation faite, par le fieur Perrotin de Barmond,
Chevalier du m me Ordre.
Le 3 de ce mois , la Princeffe Triwulfi, Dame
d'honneur de feue Madame Infante , eut l'hon.
neur de prendre congé de Leurs Majeftés, pour
Le rendre incellamment à Parme.
Le 11 de ce mois , le Roi tint le Sceau.
Le même jour , le Comte de Starhenberg,Am
baffadeur de l'Empereur & de l'Impératrice Reine
de Hongrie & de Bohême, eut une Audience particuliere
de Sa Majesté , à laquelle il fut conduit
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſfadeurs.
la
Le 14 , le Roi difpofa de la Charge de Grand-
Aumônier de France , qui étoit vacante par
mort du Cardinal de Tavannes , en faveur de
l'Archevêque de Narbonne.
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Résumé : De VERSAILLES, le 17 Juillet.
Du 27 juin au 14 juillet, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour. Le 27 juin, le roi prit possession du Sceau. Le 30 juin, le médecin Boyer, Médecin ordinaire du roi et Doyen de la Faculté de Médecine, remit au roi la médaille traditionnelle du Chapitre de l'Ordre de Saint-Michel. Le 3 juillet, la Princesse Trivulzi, Dame d'honneur de la défunte Madame Infante, quitta les souverains pour se rendre à Parme. Le 11 juillet, le roi reprit le Sceau et reçut le Comte de Starhenberg, Ambassadeur de l'Empereur et de l'Impératrice Reine de Hongrie et de Bohême, accompagné par l'Introducteur des Ambassadeurs. Le 14 juillet, le roi nomma l'Archevêque de Narbonne au poste de Grand-Aumônier de France, vacant depuis la mort du Cardinal de Tavannes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3605
p. 195
De l'Armée commandée par le Maréchal de Broglie, le 4 Juillet.
Début :
Le 30 du mois dernier, on a appris que le Commandant du château de Marbourg, [...]
Mots clefs :
Commandant, Comte, Maréchal, Camp, Garnison, Prisonnier
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée commandée par le Maréchal de Broglie, le 4 Juillet.
.De l'Armée commandée par le Maréchal de Broglie,
le 4 Juillet.
Le 30 du mois dernier , on a appris que le
Commandant du château de Marbourg , qui avoit
refufé de le rendre aux différentes fonimations
que lui avoit faites le Comte de Chabot , Maréchal
de Camp , s'étoit rendu à la fixiéme bombe,qu'on
avoit jettée fur la Ville & le château ; la garnifon
, confiftant en trois cens quatre-vingt dix - fept
hommes , a été faite prifonniere de guerre.
le 4 Juillet.
Le 30 du mois dernier , on a appris que le
Commandant du château de Marbourg , qui avoit
refufé de le rendre aux différentes fonimations
que lui avoit faites le Comte de Chabot , Maréchal
de Camp , s'étoit rendu à la fixiéme bombe,qu'on
avoit jettée fur la Ville & le château ; la garnifon
, confiftant en trois cens quatre-vingt dix - fept
hommes , a été faite prifonniere de guerre.
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3606
p. 195-200
Du Camp de Nider-Ense près de Corbach, le 11 Juillet.
Début :
Le Maréchal de Broglie, ayant eu l'avis, que le Comte de S. Germain [...]
Mots clefs :
Maréchal de Broglie, Comte, Marche, Ennemis, Équipages, Armée, Lieutenants, Escarmouche, Baron, Marquis, Prince de Condé, Forces armées, Infanterie, Alliés, Régiments, Mouvements des troupes, Attaque, Brigades, Escarmouche, Colonel, Canons, Artillerie, Prince héréditaire
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texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Nider-Ense près de Corbach, le 11 Juillet.
Du Camp de Nider-Enfeprès de Corbach, le 1 1 Juillet.
Le Maréchal de Broglie , ayant eu l'avis , que
le Comte de S. Germain devoit arriver le 9 de ce
mois à Corbach , ne perdit pas un inftant, pour
fe mettre en état d'exécuter la marche qu'il avoit
projetté de faire , pour prévenir les ennemis au
point de Corbach ,& effectuer la jonction avec lui .
Dès le même jour,il renvoya fes gros équipages.
Le 8,à deux heures du matin , l'Armée partit de fon
Camp de Neuftadt , & arriva après une marche
de près de fept lieues à Frankenberg , ſur le haut
Eder. Les corps féparés , aux ordres du Comte de
Rooth & du Marquis de Poyanne , Lieutenans-
Géneraux , s'avancèrent le même jour de Frankenberg
& de Holfdorff jufqu'a Sachfenberg , & le
Baron de Clauſen , Brigadier , qui étoit à Franken .
berg avec un détachement de deux mille quatre
cens hommes , eut ordre de s'avancer , juſqu'à
Radern fur le chemin de Corbach . La réſerve
commandée par le Comte de Luface , fit l'arrieregarde
de l'Ara.ée,en partant du Camp de Neufradt,
& alla camper le même jour à Raunhenberg.
Le Comte de Stainville , Lieutenant - Général ,
ayant fous les ordres le Comte de Lillebonne , le
Prince de Robecq , & le Baron du Blaifel . Maréchaux
de Camp , fut chargé de couvrir la droite.
I ij
796 MERCURE
DE FRANCE:
•
de la marche de l'Armée , & d'en faire l'arriere
garde. Il n'y eut que quelques efcarmouchesentre
les troupes légères.
Le 9 de grand matin , le Baron de Claufen
eut ordre de fe porter , ayec fon détachement , du
côté de Saxenhafen , afin d'avoir des nouvelles
de la marche des ennemis . On apprit , quelque
tems après qu'ils avoient quitté, le 8 , dans l'aprèsmidi
, le Camp de Ziegenhayn , & qu'ils fe dirigeoient
fur l'Eder ; auflitôt les différentes colonnes
de l'Armée , qui , en attendant que l'on eût des
nouvelles de la direction des ennemis , s'étoient
avancées jufques fur cette riviere près de Frankenberg
, eurent ordre de la paffer . Les corps ,
aux ordres du Comte de Rooth & du Marquis de
Poyane , marcherent fur Imminghaufen
, ou
l'Armée devoit aller camper , & la réſerve du
Comte de Luface eut ordre de fe porter à Frankenberg
Le Maréchal de Broglie devança les troupes &
fe pofta , avec le Prince le Condé , fur Corbach
Il reçut en chemin , des nouvelles du Baron de
Claufen ,qui l'affuroit que les ennemis avoient, en
tre Saxenhaufen & Corbach, deux camps dont on
ne pouvoir découvrir la force , à caufe des bois
qui en cachoient une partie. Le Maréchal de Broglie
eut bientôt joint le Baron de Claufen , il re
connut lui -même les Ennemis , & une hauteur
très - avantageule , qu'ils occupoient en force . Le
détachement du Baron de Claufen n'étoit pas
affez confidérable , pour entreprendre de les chal
fer ; & la nuit arriva , avant que l'on pût avoir
les troupes néceffaires pour les attaquer. Le détachement
du Baron de Claufen reſta , près de
Corbach. Le to , de grand matin , le Maréchal
de Broglie fit avancer deux Brigades d'Infanterie,
les Carabiniers & plufieurs Corps de troupes
1
AOUST. 1760 . 197
légères. On vit que les Ennemis étoient plus en
force,que la veille , fur les hauteurs dont ils étoient
maîtres , & qu'ils y amenoient du canon . Il y
eut une efcarmouche très- vive, entre nos Huffards
& les troupes légères des Alliés .
Ce fut dans ce moment , que le Comte de
S. Germain arriva , feulement avec deux Brigades
d'Infanterie de fa réferve , & le Régiment de
troupes légères des Volontaires de Flandre , commandé
par le Chevalier de Jaucourt. Le refte
ainfi que fon artillerie , n'avoit pû le fuivre , à
caule de la difficulté des chemins , & de la lon
gueur des marches forcées qu'il avoit faites.
Le Maréchal de Broglie fit occuper un Bois ,'
vis -à - vis celui où étoient les Ennemis , par les
Volontaires de Flandre . Il les fit foutenir , par les
deux Brigades de la Tour-du- Pin , & de la Couronne.
( Cette derniere formée de ce Régiment &
de celui d'Aumont, aux ordres du Comte de Montbarrey
, Brigadier , & du Duc de Mazarin , Colonel
) que le Comte de Saint Germain avoit
amenées avec lui . Les Brigades de Royal Suédois
& de Caftellas, qui arriverent peu de temps après ,
furent placées derriere le même bois , & on y
amena du canon . Les Volontaires de Flandre ,
furent attaqués vivement. Comme ils étoient foutenus
, par les deux Brigades d'Infanterie , ils réterent
pendant quelque temps ; mais la fupériorité
du nombre , leur fit céder une partie du
Bois aux ennemis .
Les quatre Briga les d'Infanterie, que le Maréchal
de Broglie avoit fait avancer , arrivoient , &
elles étoient fuivies de quatre brigades de Cavalerie
, & de vingt- quatre piéces de canon . A peine
celles de Navarre & du Roi , comman lées par
le Comte de Guerchy , étoient - elles arrivées à la
Juftice de Corbach , que deux colonnes des enne
I iij
198. MERCURE DE FRANCE.
mis déboucherent. Mais le Maréchal de Broglie
ayant reconnu le peu de profondeur de ces colonnes
, le détermina à envoyer ordre à toutes les
troupes de le venir joindre. Il manda en même
temps au Comte de S. Germain , de faire attaquer
le bois ,avec les deux brigades qu'il avoit ; celle de
Caftellas , formée de ce Régiment & de ceux de
Diesbach & d'Eptinguen, aux ordres du fieur Dies
bach, Brigadier, & du Sr d'Eptinguen Colonel ; &
celle de Royal Suédois formée de ce Régiment &
de celui de Royal de Deux- Ponts , & commandée
par le Baron de Claufen , Brigadier , & par le
Comte de Spar , Colonel. Cette derniere fut placée
fur une hauteur qui prenoit à revers l'endroit
du bois par où les ennemis arrivoient, & qui découvroient
la plaine. Le Maréchal de Broglie
plaça fes vingt - quatre piéces de canon , fur le'
haut du bois , pour battre l'artillerie que les ennemis
avoient a la pointe droire , & dont nous
étions incommodés .
Le Comte de S. Germain attaqua le bois, avec
fes trois autres Brigades , qui étoient aux ordres
du Marquis de Voyer , Lieutenant-Général , du
Marquis de Roquepine , & du fieur de la Mor
lière , Maréchaux de Camp , du Marquis de la
Tour - du - Pin & du Comte de Montbarrey
Brigadiers.
Le Comte de Guerchy marcha fur la droite,avec
celles de Navarre & du Roi ; celles d'Auvergne
& d'Orléans furent placées en réſerve , à l'entrée
du bois.
La Brigade de Navarre, formée par ce Régi-'
ment & par celui de la Marche Prince , & commandée
par le Comte de Waldner , Maréchal de
Camp , le Comte du Chatelet , Brigadier , & le
Marquis de Chamborand , Colonel , ſe poſta vers
la batterie des Ennemis ; & celle du Roi , com→
AOUST. 1760. 199
mandée par le fieur de Meyronnet , Brigadier ,
entra dans le bois, entre Navarre & les Brigades
du Comte de S. Germain . Le feu fut alors trèsvif
, & les Ennemis furent entierement chaffés
du bois. La Brigade de Navarre, qui, à la faveur
d'un fond, s'étoit poftée jufqu'à cinquante pas de
la batterie , s'en étant apperçue , l'attaqua avec
beaucoup de vivacité ; elle s'en empara & chaffa
les troupes qui la gardoient . Il y eut dans cet endroit,
un affez grand nombre d'Ennemis , qui fu
rent tués à coups de bayonnette.
Les Ennemis fortirent du bois en très - grand
défordre ; mais ils furent reçus par leur Cavalerie,
qui étoit en bataille derriere ce bois , & qui
empêcha notre Infanterie de les fuivre.
Alors les troupes, qui étoient à leur gauche fur
la hauteur de la Tour , s'ébranlerent , cominę
pour venir attaquer la Brigade de Navarre. Le
Maréchal de Broglie , la fit joindre par celles
d'Auvergne & d'Orléans ; & il fit marcher fur
leur flanc droit, quatre ou cinq cens chevaux de
troupes légères, qui étoient à la Juftice de Cor
bach , aux ordres du Comte de Chabot , Maréchal
de Camp, & du fisur de Vio menil , Colonel,
dix efcadrons aux ordres & il les fit foutenir par
du Prince Camille de Lorraine , Lieutenant- Gé
néral. Ce mouvement détermina les Ennemis à
fe retirer. Nos troupes légères joignirent un Régiment
de Dragons Anglois qn furent tous tués
cu faits prifonniers ; le refte entra dans un bois ,
qui fut tourné par nos troupes légères , fouteues
des Dragons de Beaufremont. Ces troupes
harcelerem , un Corps affez gros d'Infanterie, qui
fe retroit en fort bon ordre , & elles s'emparérent
, fous leur feu , d'une pièce de canon , dans
le moment même qu'elle venoit de tirer fur eux .
Comme une grande partie de l'Armée des en-
1 iv
200 MERCURE
DE FRANCE.
nemis étoit fur la hauteur , if fur impoffible de les
fuivre plus loin , d'autant que notre Armée n'étoit
pas encore arrivée. La tête de cette Armée ne fut
à la hauteur de Corbach , qu'à fix heures du foir.
Le Maréchal de Broglie fait les plus grands éloges
de toutes les troupes , qui ont combattu ; de
leur courage , & de l'ordre qu'elles ont obfervé ,
quoique combattant dans les bois . L'action a du-
Té quatre heures dans toute la force. Elle avoit
kté précédée , par de vives eſcarmouches , & par
un feu de canon prèſque continuel , depuis fept
Keures du matin jufqu'à près de quatre après- mi
di , que l'action a fini .
Notre perte est très- peu confidérable , en égard
au feu prodigieux , que les ennemis ont fait. Elle
ne fe monte pas à plus de fix à fept cens hommes ,
* taés ou bleflés ; le Comtede Waldner , Maréchal
de Camp, & le fieur d'Eptinguen , Colonel, font
tes feuls Officiers fapérieurs qui ayent été bleffés 3
on ignore ce que les ennemis ont
perdu ; mais
nous avons cinq ou fix cens de leurs bleflés , qu'ils
unt laifles fur le champ de bataille , ou que l'on a
trouvés dans les villages voisins.
Nous avons préfentement au Parc , douze pić
res de canon , & quatre obufiers qu'on a pris aux
le Ennemis. Notre artillerie , commandée par
Chevalier Pelletier , Lieutenant Général ,
très-bien fervie , & a fait beaucoup d'effet.
a été
Après l'action , l'Armée a campé furle terrein ,
où elle s'eft paffée ; celle des Ennemis a paffé la
nuit au Bivouac , fur les hauteurs de Saxenhaufen ,
& ce matin, ils y ont établi un Camp , qu'on affure
être celui de leur Armée entiere .
On vient d'apprendre que le Prince héréditaire
de Brunſwick , a été bleffé d'un coup de feu dans
les reins .
Le Maréchal de Broglie , ayant eu l'avis , que
le Comte de S. Germain devoit arriver le 9 de ce
mois à Corbach , ne perdit pas un inftant, pour
fe mettre en état d'exécuter la marche qu'il avoit
projetté de faire , pour prévenir les ennemis au
point de Corbach ,& effectuer la jonction avec lui .
Dès le même jour,il renvoya fes gros équipages.
Le 8,à deux heures du matin , l'Armée partit de fon
Camp de Neuftadt , & arriva après une marche
de près de fept lieues à Frankenberg , ſur le haut
Eder. Les corps féparés , aux ordres du Comte de
Rooth & du Marquis de Poyanne , Lieutenans-
Géneraux , s'avancèrent le même jour de Frankenberg
& de Holfdorff jufqu'a Sachfenberg , & le
Baron de Clauſen , Brigadier , qui étoit à Franken .
berg avec un détachement de deux mille quatre
cens hommes , eut ordre de s'avancer , juſqu'à
Radern fur le chemin de Corbach . La réſerve
commandée par le Comte de Luface , fit l'arrieregarde
de l'Ara.ée,en partant du Camp de Neufradt,
& alla camper le même jour à Raunhenberg.
Le Comte de Stainville , Lieutenant - Général ,
ayant fous les ordres le Comte de Lillebonne , le
Prince de Robecq , & le Baron du Blaifel . Maréchaux
de Camp , fut chargé de couvrir la droite.
I ij
796 MERCURE
DE FRANCE:
•
de la marche de l'Armée , & d'en faire l'arriere
garde. Il n'y eut que quelques efcarmouchesentre
les troupes légères.
Le 9 de grand matin , le Baron de Claufen
eut ordre de fe porter , ayec fon détachement , du
côté de Saxenhafen , afin d'avoir des nouvelles
de la marche des ennemis . On apprit , quelque
tems après qu'ils avoient quitté, le 8 , dans l'aprèsmidi
, le Camp de Ziegenhayn , & qu'ils fe dirigeoient
fur l'Eder ; auflitôt les différentes colonnes
de l'Armée , qui , en attendant que l'on eût des
nouvelles de la direction des ennemis , s'étoient
avancées jufques fur cette riviere près de Frankenberg
, eurent ordre de la paffer . Les corps ,
aux ordres du Comte de Rooth & du Marquis de
Poyane , marcherent fur Imminghaufen
, ou
l'Armée devoit aller camper , & la réſerve du
Comte de Luface eut ordre de fe porter à Frankenberg
Le Maréchal de Broglie devança les troupes &
fe pofta , avec le Prince le Condé , fur Corbach
Il reçut en chemin , des nouvelles du Baron de
Claufen ,qui l'affuroit que les ennemis avoient, en
tre Saxenhaufen & Corbach, deux camps dont on
ne pouvoir découvrir la force , à caufe des bois
qui en cachoient une partie. Le Maréchal de Broglie
eut bientôt joint le Baron de Claufen , il re
connut lui -même les Ennemis , & une hauteur
très - avantageule , qu'ils occupoient en force . Le
détachement du Baron de Claufen n'étoit pas
affez confidérable , pour entreprendre de les chal
fer ; & la nuit arriva , avant que l'on pût avoir
les troupes néceffaires pour les attaquer. Le détachement
du Baron de Claufen reſta , près de
Corbach. Le to , de grand matin , le Maréchal
de Broglie fit avancer deux Brigades d'Infanterie,
les Carabiniers & plufieurs Corps de troupes
1
AOUST. 1760 . 197
légères. On vit que les Ennemis étoient plus en
force,que la veille , fur les hauteurs dont ils étoient
maîtres , & qu'ils y amenoient du canon . Il y
eut une efcarmouche très- vive, entre nos Huffards
& les troupes légères des Alliés .
Ce fut dans ce moment , que le Comte de
S. Germain arriva , feulement avec deux Brigades
d'Infanterie de fa réferve , & le Régiment de
troupes légères des Volontaires de Flandre , commandé
par le Chevalier de Jaucourt. Le refte
ainfi que fon artillerie , n'avoit pû le fuivre , à
caule de la difficulté des chemins , & de la lon
gueur des marches forcées qu'il avoit faites.
Le Maréchal de Broglie fit occuper un Bois ,'
vis -à - vis celui où étoient les Ennemis , par les
Volontaires de Flandre . Il les fit foutenir , par les
deux Brigades de la Tour-du- Pin , & de la Couronne.
( Cette derniere formée de ce Régiment &
de celui d'Aumont, aux ordres du Comte de Montbarrey
, Brigadier , & du Duc de Mazarin , Colonel
) que le Comte de Saint Germain avoit
amenées avec lui . Les Brigades de Royal Suédois
& de Caftellas, qui arriverent peu de temps après ,
furent placées derriere le même bois , & on y
amena du canon . Les Volontaires de Flandre ,
furent attaqués vivement. Comme ils étoient foutenus
, par les deux Brigades d'Infanterie , ils réterent
pendant quelque temps ; mais la fupériorité
du nombre , leur fit céder une partie du
Bois aux ennemis .
Les quatre Briga les d'Infanterie, que le Maréchal
de Broglie avoit fait avancer , arrivoient , &
elles étoient fuivies de quatre brigades de Cavalerie
, & de vingt- quatre piéces de canon . A peine
celles de Navarre & du Roi , comman lées par
le Comte de Guerchy , étoient - elles arrivées à la
Juftice de Corbach , que deux colonnes des enne
I iij
198. MERCURE DE FRANCE.
mis déboucherent. Mais le Maréchal de Broglie
ayant reconnu le peu de profondeur de ces colonnes
, le détermina à envoyer ordre à toutes les
troupes de le venir joindre. Il manda en même
temps au Comte de S. Germain , de faire attaquer
le bois ,avec les deux brigades qu'il avoit ; celle de
Caftellas , formée de ce Régiment & de ceux de
Diesbach & d'Eptinguen, aux ordres du fieur Dies
bach, Brigadier, & du Sr d'Eptinguen Colonel ; &
celle de Royal Suédois formée de ce Régiment &
de celui de Royal de Deux- Ponts , & commandée
par le Baron de Claufen , Brigadier , & par le
Comte de Spar , Colonel. Cette derniere fut placée
fur une hauteur qui prenoit à revers l'endroit
du bois par où les ennemis arrivoient, & qui découvroient
la plaine. Le Maréchal de Broglie
plaça fes vingt - quatre piéces de canon , fur le'
haut du bois , pour battre l'artillerie que les ennemis
avoient a la pointe droire , & dont nous
étions incommodés .
Le Comte de S. Germain attaqua le bois, avec
fes trois autres Brigades , qui étoient aux ordres
du Marquis de Voyer , Lieutenant-Général , du
Marquis de Roquepine , & du fieur de la Mor
lière , Maréchaux de Camp , du Marquis de la
Tour - du - Pin & du Comte de Montbarrey
Brigadiers.
Le Comte de Guerchy marcha fur la droite,avec
celles de Navarre & du Roi ; celles d'Auvergne
& d'Orléans furent placées en réſerve , à l'entrée
du bois.
La Brigade de Navarre, formée par ce Régi-'
ment & par celui de la Marche Prince , & commandée
par le Comte de Waldner , Maréchal de
Camp , le Comte du Chatelet , Brigadier , & le
Marquis de Chamborand , Colonel , ſe poſta vers
la batterie des Ennemis ; & celle du Roi , com→
AOUST. 1760. 199
mandée par le fieur de Meyronnet , Brigadier ,
entra dans le bois, entre Navarre & les Brigades
du Comte de S. Germain . Le feu fut alors trèsvif
, & les Ennemis furent entierement chaffés
du bois. La Brigade de Navarre, qui, à la faveur
d'un fond, s'étoit poftée jufqu'à cinquante pas de
la batterie , s'en étant apperçue , l'attaqua avec
beaucoup de vivacité ; elle s'en empara & chaffa
les troupes qui la gardoient . Il y eut dans cet endroit,
un affez grand nombre d'Ennemis , qui fu
rent tués à coups de bayonnette.
Les Ennemis fortirent du bois en très - grand
défordre ; mais ils furent reçus par leur Cavalerie,
qui étoit en bataille derriere ce bois , & qui
empêcha notre Infanterie de les fuivre.
Alors les troupes, qui étoient à leur gauche fur
la hauteur de la Tour , s'ébranlerent , cominę
pour venir attaquer la Brigade de Navarre. Le
Maréchal de Broglie , la fit joindre par celles
d'Auvergne & d'Orléans ; & il fit marcher fur
leur flanc droit, quatre ou cinq cens chevaux de
troupes légères, qui étoient à la Juftice de Cor
bach , aux ordres du Comte de Chabot , Maréchal
de Camp, & du fisur de Vio menil , Colonel,
dix efcadrons aux ordres & il les fit foutenir par
du Prince Camille de Lorraine , Lieutenant- Gé
néral. Ce mouvement détermina les Ennemis à
fe retirer. Nos troupes légères joignirent un Régiment
de Dragons Anglois qn furent tous tués
cu faits prifonniers ; le refte entra dans un bois ,
qui fut tourné par nos troupes légères , fouteues
des Dragons de Beaufremont. Ces troupes
harcelerem , un Corps affez gros d'Infanterie, qui
fe retroit en fort bon ordre , & elles s'emparérent
, fous leur feu , d'une pièce de canon , dans
le moment même qu'elle venoit de tirer fur eux .
Comme une grande partie de l'Armée des en-
1 iv
200 MERCURE
DE FRANCE.
nemis étoit fur la hauteur , if fur impoffible de les
fuivre plus loin , d'autant que notre Armée n'étoit
pas encore arrivée. La tête de cette Armée ne fut
à la hauteur de Corbach , qu'à fix heures du foir.
Le Maréchal de Broglie fait les plus grands éloges
de toutes les troupes , qui ont combattu ; de
leur courage , & de l'ordre qu'elles ont obfervé ,
quoique combattant dans les bois . L'action a du-
Té quatre heures dans toute la force. Elle avoit
kté précédée , par de vives eſcarmouches , & par
un feu de canon prèſque continuel , depuis fept
Keures du matin jufqu'à près de quatre après- mi
di , que l'action a fini .
Notre perte est très- peu confidérable , en égard
au feu prodigieux , que les ennemis ont fait. Elle
ne fe monte pas à plus de fix à fept cens hommes ,
* taés ou bleflés ; le Comtede Waldner , Maréchal
de Camp, & le fieur d'Eptinguen , Colonel, font
tes feuls Officiers fapérieurs qui ayent été bleffés 3
on ignore ce que les ennemis ont
perdu ; mais
nous avons cinq ou fix cens de leurs bleflés , qu'ils
unt laifles fur le champ de bataille , ou que l'on a
trouvés dans les villages voisins.
Nous avons préfentement au Parc , douze pić
res de canon , & quatre obufiers qu'on a pris aux
le Ennemis. Notre artillerie , commandée par
Chevalier Pelletier , Lieutenant Général ,
très-bien fervie , & a fait beaucoup d'effet.
a été
Après l'action , l'Armée a campé furle terrein ,
où elle s'eft paffée ; celle des Ennemis a paffé la
nuit au Bivouac , fur les hauteurs de Saxenhaufen ,
& ce matin, ils y ont établi un Camp , qu'on affure
être celui de leur Armée entiere .
On vient d'apprendre que le Prince héréditaire
de Brunſwick , a été bleffé d'un coup de feu dans
les reins .
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Résumé : Du Camp de Nider-Ense près de Corbach, le 11 Juillet.
Du 1er au 10 juillet, le Maréchal de Broglie mène une série d'opérations militaires en vue de prévenir les ennemis et de rejoindre le Comte de Saint-Germain à Corbach. Le 8 juillet, l'armée quitte Neustadt pour Frankenberg, tandis que divers détachements avancent vers Sachsenberg et Radern. La réserve, sous le Comte de Luface, assure l'arrière-garde. Le 9 juillet, le Baron de Clausen est envoyé à Saxenhaufen pour obtenir des informations sur les mouvements ennemis, qui se dirigent vers l'Eder. Les colonnes françaises traversent la rivière et se dirigent vers Imminghaufen. Le Maréchal de Broglie, accompagné du Prince de Condé, se poste à Corbach et reconnaît les forces ennemies sur une hauteur avantageuse. Le 10 juillet, une escarmouche oppose les hussards français aux troupes légères ennemies. Le Comte de Saint-Germain arrive avec des renforts d'infanterie, mais son artillerie est en retard. Le Maréchal de Broglie organise la défense, plaçant les Volontaires de Flandre dans un bois face aux ennemis, soutenus par les brigades de la Tour-du-Pin et de la Couronne. Les brigades de Royal Suédois et de Castellas arrivent en soutien. Les Volontaires de Flandre sont attaqués et doivent céder une partie du bois, mais des renforts français permettent de lancer une contre-attaque. Les brigades de Navarre et du Roi, commandées par le Comte de Guerchy, avancent et capturent une batterie ennemie. Les ennemis sont chassés du bois et se retirent en désordre. L'action dure quatre heures, marquée par des escarmouches intenses et un feu de canon. Les pertes françaises sont légères, avec six à sept cents hommes tués ou blessés. Les ennemis laissent cinq à six cents blessés sur le champ de bataille, ainsi que douze pièces de canon et quatre obusiers capturés. Après l'action, l'armée française campe sur le terrain conquis, tandis que l'armée ennemie se replie sur les hauteurs de Saxenhaufen. On apprend que le Prince héréditaire de Brunswick a été blessé.
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3607
p. 201-202
De PARIS, le 19 Juillet.
Début :
L'Assemblée générale du Clergé ayant fini ses Séances, les Prélats & autres [...]
Mots clefs :
Séances, Clergé, Audience du roi, Archevêque, Insectes, Académie des sciences, Défaite anglaise, Écosse, Tirage, Loterie de l'école royale militaire
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 19 Juillet.
De PARIS , le 19 Juillet.
L'affemblée générale du Clergé ayant fini fes
Séances , les Prélats & autres députés qui la compofoient
, fe rendirent à Verſailles le 13 de ce
mois . Ils eurent audience du Roi avec les honneurs
qu'on rend au Clergé,quand il eft en Corps,
& avec les mêmes cérémonies , qui furent obfervées
, lorfque les mêmes députés rendirent leurs
refpects à Sa Majeſté , le s du mois de Mars
dernier. L'Archevêque de Narbonne , Préfident
de l'Affemblée , étoit à la tête des députés , &
l'Evêque du Puy porta la parole.
Le Limoufin eft défolé , par des infectes qui
mangent & gâtent les grains dans les greniers,
& furtout le bled. Le fieur Bertin , Contrôleur
Général des Finances , touché d'un accident , dont
la vigilance de l'Intendant de Limoges ne lui a
laillé ignorer aucuns détails , a écrit à l'Acadé
nie des Sciences , pour l'inviter a ' chercher les
moyens de détruire ces infectes. L'Académie a
nommé les fieurs Duhamel & Tillet , connus par
leurs ouvrages fur l'Agriculture , pour le tranfporter
fur les lieux , & pour y donner tous les fecours
, que leurs lumieres pourront leur fuggérer.
On apprend , par la voie d'Angleterre , qu'après
la défaite du Brigadier Général Murray , l'armée
Françoife avoit auffitôt mis le fiége devant Québec.
Mais l'arrivée des vaiffeaux du Lord Colville & du
Capitaine Swanton , avec un fecours confidérable
qu'ils amenoient d'Halifax , l'ont obligée de renoncer
à fon entrepriſe . Elle a levé le fiége le 17
de Mai , & s'eft retirée en bon ordre , & lans être
enramée. Quelques canons, dont la plupart étoient
les mêmes que ceux qu'elle avoit pris , à la faite de
l'action du 26 du mois précédent , ont été abandonnés.
Cette armée a repris la premiere pofition
Iv
202, MERCURE DE FRANCE.
à Montréal , & dans les environs . Le Général
Hamherst ne compte pas pouvoir recommencer les
opérations , avant la fin de Juillet.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Mili
taire , s'eit fait en la maniere accoutumée , dans
l'Hôtel de Ville de Paris , le 8 de ce mois . Les
numéros qui font fortis de la Roue de fortune ,
font 68 , 41 , 58 , 56 , 11. Le prochain tirage fe
fera le 7 du mois d'Août.
L'affemblée générale du Clergé ayant fini fes
Séances , les Prélats & autres députés qui la compofoient
, fe rendirent à Verſailles le 13 de ce
mois . Ils eurent audience du Roi avec les honneurs
qu'on rend au Clergé,quand il eft en Corps,
& avec les mêmes cérémonies , qui furent obfervées
, lorfque les mêmes députés rendirent leurs
refpects à Sa Majeſté , le s du mois de Mars
dernier. L'Archevêque de Narbonne , Préfident
de l'Affemblée , étoit à la tête des députés , &
l'Evêque du Puy porta la parole.
Le Limoufin eft défolé , par des infectes qui
mangent & gâtent les grains dans les greniers,
& furtout le bled. Le fieur Bertin , Contrôleur
Général des Finances , touché d'un accident , dont
la vigilance de l'Intendant de Limoges ne lui a
laillé ignorer aucuns détails , a écrit à l'Acadé
nie des Sciences , pour l'inviter a ' chercher les
moyens de détruire ces infectes. L'Académie a
nommé les fieurs Duhamel & Tillet , connus par
leurs ouvrages fur l'Agriculture , pour le tranfporter
fur les lieux , & pour y donner tous les fecours
, que leurs lumieres pourront leur fuggérer.
On apprend , par la voie d'Angleterre , qu'après
la défaite du Brigadier Général Murray , l'armée
Françoife avoit auffitôt mis le fiége devant Québec.
Mais l'arrivée des vaiffeaux du Lord Colville & du
Capitaine Swanton , avec un fecours confidérable
qu'ils amenoient d'Halifax , l'ont obligée de renoncer
à fon entrepriſe . Elle a levé le fiége le 17
de Mai , & s'eft retirée en bon ordre , & lans être
enramée. Quelques canons, dont la plupart étoient
les mêmes que ceux qu'elle avoit pris , à la faite de
l'action du 26 du mois précédent , ont été abandonnés.
Cette armée a repris la premiere pofition
Iv
202, MERCURE DE FRANCE.
à Montréal , & dans les environs . Le Général
Hamherst ne compte pas pouvoir recommencer les
opérations , avant la fin de Juillet.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Mili
taire , s'eit fait en la maniere accoutumée , dans
l'Hôtel de Ville de Paris , le 8 de ce mois . Les
numéros qui font fortis de la Roue de fortune ,
font 68 , 41 , 58 , 56 , 11. Le prochain tirage fe
fera le 7 du mois d'Août.
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Résumé : De PARIS, le 19 Juillet.
Le 19 juillet, les prélats et députés du Clergé se rendirent à Versailles après leur assemblée générale. Ils furent reçus par le roi, l'archevêque de Narbonne menant la délégation et l'évêque du Puy prenant la parole. Dans le Limousin, des insectes ravageaient les grains dans les greniers, notamment le blé. Le contrôleur général des Finances, Bertin, alerté par l'intendant de Limoges, invita l'Académie des Sciences à trouver des solutions. Les savants Duhamel et Tillet furent désignés pour se rendre sur place. En Amérique du Nord, après la défaite du brigadier général Murray, l'armée française avait mis le siège devant Québec. Cependant, l'arrivée de renforts britanniques força les Français à lever le siège le 17 mai et à se retirer en bon ordre. L'armée française reprit position à Montréal et ses environs. Le général Hamerst ne prévoyait pas de reprendre les opérations avant la fin juillet. Par ailleurs, le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire eut lieu le 8 juillet à Paris, avec les numéros gagnants 68, 41, 58, 56 et 11. Le prochain tirage est prévu pour le 7 août.
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3608
p. 201
De DANTZICK, le 24 Juillet 1760.
Début :
L'Armée Russienne, qui s'étoit rassemblée en Posnanie, est en pleine marche, [...]
Mots clefs :
Armée russe, Marche, Baron de Laudon, Prince Henri, Camps militaires, Détachements, Flotte, Vaisseaux
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texteReconnaissance textuelle : De DANTZICK, le 24 Juillet 1760.
De DANTZICK , le 24 Juillet 1760.
'Armée Ruffienne , qui s'étoit raffemblée en
Pofnanie , eft en pleine marche , depuis plu
fieurs jours , pour le porter fur la Siléfie. Elle,
eft actuellement dans les environs de Militsch ,
fe dirigeant fur Vohlau entre Glogau & Breſlau.
La communication , entre cette armée & celle du
Baron de Laudon , eft fur le point d'étre ou
verte .
L'armée du Prince Henri , campe encore dans
les environs de Landsberg . Le Général de Goltze ,
eft en avant , entre Zienlig & Meferitz . Les détachemens
Rules , font fouvent aux prifes avec
ceux de l'armée Pruffienne La flote Ruffe a mis
à la voile de Cronstadt , le 8 de ce mois , fous les
ordres de l'Amiral Mifchakoff. Elle est composée
de dix Vailleaux de ligne & de cinq Frégates ,
auxquels fe joindront quelques autres Vailleaux
de guerre équipés à Revel. Cette flote ira enfuite
fur les côtes de Scanie , pour s'y réunir à celle de
Suéde.
'Armée Ruffienne , qui s'étoit raffemblée en
Pofnanie , eft en pleine marche , depuis plu
fieurs jours , pour le porter fur la Siléfie. Elle,
eft actuellement dans les environs de Militsch ,
fe dirigeant fur Vohlau entre Glogau & Breſlau.
La communication , entre cette armée & celle du
Baron de Laudon , eft fur le point d'étre ou
verte .
L'armée du Prince Henri , campe encore dans
les environs de Landsberg . Le Général de Goltze ,
eft en avant , entre Zienlig & Meferitz . Les détachemens
Rules , font fouvent aux prifes avec
ceux de l'armée Pruffienne La flote Ruffe a mis
à la voile de Cronstadt , le 8 de ce mois , fous les
ordres de l'Amiral Mifchakoff. Elle est composée
de dix Vailleaux de ligne & de cinq Frégates ,
auxquels fe joindront quelques autres Vailleaux
de guerre équipés à Revel. Cette flote ira enfuite
fur les côtes de Scanie , pour s'y réunir à celle de
Suéde.
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Résumé : De DANTZICK, le 24 Juillet 1760.
Le 24 juillet 1760, l'armée russe avance vers la Silésie depuis la Poméranie. Elle est près de Militsch et se dirige vers Vohlau. La communication avec l'armée du Baron de Laudon sera bientôt rétablie. L'armée du Prince Henri est près de Landsberg. La flotte russe, partie de Cronstadt le 8 juillet avec dix vaisseaux de ligne et cinq frégates, se dirigera vers la Scanie pour rejoindre la flotte suédoise.
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3609
p. 201
De COPPENHAGUE, le premier Juillet.
Début :
On fit, le 10 du mois dernier, l'inoculation au Prince Royal. Cette opération a eu [...]
Mots clefs :
Inoculation, Prince royal, Succès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COPPENHAGUE, le premier Juillet.
De COPPRNHAGUE , le premier Juillet.
On fit , le to du mois dernier , l'inoculation
au Prince Royal . Cette opération a eu tout le fuc
cès qu'on pouvoit cfpérer.
On fit , le to du mois dernier , l'inoculation
au Prince Royal . Cette opération a eu tout le fuc
cès qu'on pouvoit cfpérer.
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3610
p. 202-203
De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
Début :
Nous avons appris, le 27 de ce mois, la nouvelle de la prise de [...]
Mots clefs :
Prise d'une ville, Artillerie, Attaque, Compagnies, Bataillons, Garnison, Conquête, Impératrice, Provisions, Munitions, Soldats, Déserteurs, Général Laudon, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
De VIENNE , le 2 Août.
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 29 Juillet.
Nous avons appris , le 27 de ce mois , la nouvelle
de la prife de Glatz . L'artillerie, confiftant
en quatre-vingt-deux canons & mortiers , diſtribuée
en quatorze batteries , n'avoit commencé à
tirer que le 26 à trois heures du matin . Le général
Laudon , qui étoit arrivé la veille pour juger
par lui- même des travaux & des progrès du fiége
, a fait attaquer à ſept heures du matin , par
deux Compagnies de Grenadiers , foutenues d'un
Bataillon , un ouvrage qui couvroit le chemin
couvert , & qui fut emporté fans réſiſtance . Les
Affiégeans ont pourfuivi les Pruffiens dans le chemin
couvert , & de là ils font entrés pêle-mêle
dans la Ville. Auflitôt la Garnifon s'eft rendue
à difciétion , & l'on s'eft emparé de la Ville &
du Château. Il reftoit encore un petit Fort , détaché
de la Place , qui eft abfolument dominé parle
Château , & qui s'eft rendu dans la journée .
La conquête de cette Place , ne coûte pas deux
cens hommes à l'Impératrice. L'artillerie n'a tiré
que pendant quatre heures , & l'emplacement
des batteries étoit fi bien choifi , & le feu fi bien
dirigé, que dans ce court efpace elle a caufé beaucoup
de dommage.
On a trouvé dans Glatz 22570 quintaux de farine
, 4.83 mefures de froment , 34828 mefures
d'avoine , 21870 quintaux de foin , & une grande
quantité d'autres provifions.
L'artillerie & les munitions de guerre confiftoient
en deux cens trois canons , mortiers ou
obufiers , avec quatre mille boulets , quatre mille
trois cens bombes , fix mille neuf cens grenades,
& dix-fept cens mille cartouches , tant de fufil
que de carabine.
SEPTEMBRE. 1760. 203
Lorfque nos troupes font entrées dans cette Pla
ce , la plupart des foldats qui compofoient la
garnion ont jetté bas les armes , & le font déclarés
déferteurs. Air fi , quoique leur nombre fût ,
au moment de la prife , de près de deux mille
cinq cens , nous n'avons pas fait plus de mille
prifonniers Pruſſiens .
Le Général Laudon a retiré fur le champ quinze
mille hommes des troupes employées au Siége
Pour renforcer fon armée , & dès aujourd'hui il
fe met en marche pour Breſlau.
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 29 Juillet.
Nous avons appris , le 27 de ce mois , la nouvelle
de la prife de Glatz . L'artillerie, confiftant
en quatre-vingt-deux canons & mortiers , diſtribuée
en quatorze batteries , n'avoit commencé à
tirer que le 26 à trois heures du matin . Le général
Laudon , qui étoit arrivé la veille pour juger
par lui- même des travaux & des progrès du fiége
, a fait attaquer à ſept heures du matin , par
deux Compagnies de Grenadiers , foutenues d'un
Bataillon , un ouvrage qui couvroit le chemin
couvert , & qui fut emporté fans réſiſtance . Les
Affiégeans ont pourfuivi les Pruffiens dans le chemin
couvert , & de là ils font entrés pêle-mêle
dans la Ville. Auflitôt la Garnifon s'eft rendue
à difciétion , & l'on s'eft emparé de la Ville &
du Château. Il reftoit encore un petit Fort , détaché
de la Place , qui eft abfolument dominé parle
Château , & qui s'eft rendu dans la journée .
La conquête de cette Place , ne coûte pas deux
cens hommes à l'Impératrice. L'artillerie n'a tiré
que pendant quatre heures , & l'emplacement
des batteries étoit fi bien choifi , & le feu fi bien
dirigé, que dans ce court efpace elle a caufé beaucoup
de dommage.
On a trouvé dans Glatz 22570 quintaux de farine
, 4.83 mefures de froment , 34828 mefures
d'avoine , 21870 quintaux de foin , & une grande
quantité d'autres provifions.
L'artillerie & les munitions de guerre confiftoient
en deux cens trois canons , mortiers ou
obufiers , avec quatre mille boulets , quatre mille
trois cens bombes , fix mille neuf cens grenades,
& dix-fept cens mille cartouches , tant de fufil
que de carabine.
SEPTEMBRE. 1760. 203
Lorfque nos troupes font entrées dans cette Pla
ce , la plupart des foldats qui compofoient la
garnion ont jetté bas les armes , & le font déclarés
déferteurs. Air fi , quoique leur nombre fût ,
au moment de la prife , de près de deux mille
cinq cens , nous n'avons pas fait plus de mille
prifonniers Pruſſiens .
Le Général Laudon a retiré fur le champ quinze
mille hommes des troupes employées au Siége
Pour renforcer fon armée , & dès aujourd'hui il
fe met en marche pour Breſlau.
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Résumé : De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
Le 27 juillet, la prise de Glatz a été annoncée après une offensive rapide. L'artillerie, composée de quatre-vingt-deux canons et mortiers, a commencé à tirer le 26 juillet à trois heures du matin. Le général Laudon a ordonné une attaque à sept heures par deux compagnies de grenadiers soutenues par un bataillon. Un ouvrage couvrant le chemin couvert a été pris sans résistance, permettant l'entrée dans la ville. La garnison s'est rendue immédiatement, et la ville ainsi que le château ont été capturés. Un petit fort détaché s'est rendu dans la journée. La conquête de Glatz a coûté moins de deux cents hommes à l'Impératrice. L'artillerie a tiré pendant seulement quatre heures, causant des dommages significatifs grâce à un emplacement des batteries bien choisi et un tir précis. À Glatz, on a trouvé d'importantes provisions, dont 22 570 quintaux de farine, 4 83 mesures de froment, 34 828 mesures d'avoine, et 21 870 quintaux de foin. L'artillerie et les munitions comprenaient deux cent trois canons, mortiers ou obusiers, avec quatre mille boulets, quatre mille trois cents bombes, six mille neuf cents grenades, et dix-sept mille cartouches. Lors de l'entrée des troupes, la plupart des soldats de la garnison ont jeté leurs armes et se sont déclarés déserteurs. Sur environ deux mille cinq cents soldats présents, mille prisonniers prussiens ont été faits. Le général Laudon a retiré quinze mille hommes pour renforcer son armée et se dirige vers Breslau.
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3611
p. 203-205
Extrait du Journal de l'armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 28 Juillet.
Début :
Le Roi de Prusse, après avoir fait plusieurs marches & tentatives inutiles pour rentrer [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Marche, Maréchal Daun, Canons, Bombes, Garnison, Général, Troupes, Prince, Escadron, Bataillons, Baron, Ennemis, Succès, Attaque, Camps militaires
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texteReconnaissance textuelle : Extrait du Journal de l'armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 28 Juillet.
Extrait du Journal de l'armée aux ordres du
Maréchal de Daun , le 28 Juillet.
Le Roi de Pruffe , après avoir fait plufieurs
marches & tentatives inutiles pour rentrer dans
la Siléfe, & ayant toujours eu en tête le Maréchal
Daun , retourna en Saxe , & s'étant préfenté
, le 13 de ce mois , devant Drefde , il tenta de
l'emporter d'emblée. Mais il fut vigoureuſement
repoutlé à plufieurs fois , ce qui lui fit prendre la
rétolation d'en faire le fiége dans les formes . L
17 au foir , quatre batteries de canon commencerent
à tirer avec beaucoup de vivacité. Il fir
aufli jetter une grande quantité de bombes fur la
vieille Ville. Plufieurs quartiers furent bientôt enflammés
; mais le fecours de la Garniſon & des
habitans , empêcha que le ravage ne devînt confi
dérable.
La certitude d'être inceffamment ſecouru par
le Maréchal de Daun , foutint la Garnifon . Le
Genéral Maquire fit le 16 une fortie du côté de
la Ville neuve . Il prit en flanc les troupes qui
bloquoient Drefde de ce côté ; & il les obligea
de plier après une affez grande perte . Le Générai
de Ried les attaqua en même temps , & les
obligea d'abandonner le poste de Weitenhirfch.
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE .
;
On apprit que le Maréchal de Daun n'étoit plus
qu'a deux marches de la Ville ; il arriva , en
effet , le 18 après midi , & il établit ſon camp à
Schonfeld. I alia , le 19 de grand matin , reconnoître
la pofition du corps Pruſſien qui aſſiégeoit
la Villeneuve , fous les ordres du Prince de,
Holstein . Sa réfolution fut auflitôt prife , de l'obliger
a paller l'Elbe, En conféquence , le Maréchal
de Daun envoya au Général de Ried un renfort
de plufieurs Basaillons & Escadrons , avec
ordre d'attaquer ce corps . Le Baron de Riederé
cuta cette commiffion avec autant d'intelligence
que de valeur . Il attaqua les Pruffiens de front
& en flanc , pendant qu'un gros corps de Croates
, forti de Drefde , les chargeoit d'un autre
côté. Les ennemis abandonnerent leurs retranchemens
& repafferent l'Elbe fur les ponts qu'ils
avoient à Ubigau & à Kaditz. On leur fit quatre
cens trente-fix prifonniers. Notre perte nefur que
de quatre-vingt- quatre hommes.
Le 20 , quelques Efclavons perent l'Elbe à la
nage ; ils s'emparerent de cinc, ' bateaux chargés
de grains qu'ils amenerent de notre côté. Les
Pruffiens en brûlerent eux- mêmes le lendemain.
quatre autres qu'on n'avoit pu leur enlever. Le
Roi de Pruffe fit brûler les Fauxbourgs de Wihdruff
& de Pyrna. Le 2 , il commença à faire
battre en brêche le cinquiéme bastion . Le Maréchal
Daun fit entrer dans la Ville feize Bataillons
de troupes fraîches; & il changea la poſition de
fon arniée . La droite fut placée le long de l'Elbe ,
depuis le jardin de Neumann jufqu'a Radebéal.
Le Prince de Loweſtein occupa , avec la réterve,
le pofte de Bordorf , & le Baron de Ried eut
ordre de pouler des partis du côté de Meilen
jufqu'à Torgau.
On fit , la nuit du 21 , au 22 , la fortiequia
!
SEPTEMBRE. 1760. 205
décidé la levée du fiége de Drefde. Neuf Ba
taillons , dix Compagnies de Genadiers , & cinq
Efcadrons le portereat vers le Fauxbourg de
Pyrna , fous les ordres du Lieutenant Général
Angers. En même tems , cinq Bataillons , autánt
de Compagnies de Grenadiers , & trois Elcadrons
pénét érent dans le Fa xbourg de Wilsdruff. Le
fuccès fut égal & complet des deux côtés . Toutes
les batteries de l'ennemi farent ruinées ; fes
canons furent encloués & les affurs brifés . On ne
put emmener cette artillerie , à caufe des décombres
qui embaraffoient les chemins . Notre perte
eft d'environ cinq cens hommes , tant tués que
bleffés . Celle des Pruffiens , eft incomparablement
plus confidérables. Nous leur avons fait
trois cens trente- fix prifonniers.
Le fuccès de cette attaque obligea le Roi de
Pruffe à fe mettre lui- même fur la défenfive. Il
reira , le 13 , de la ligne qui faifoit face à l'armée
de l'Empire , toute la cavalerie & plufieurs
Régimens d'infant " ie , pour en renforcer celle
qui étoit devant Dde. Le Maréchal de Daun
fit entrer le même jour , dans cette Ville , un détachement
de huit cens hommes pour foulager
la Garnifon , & pour l'aider à éteindre entierement
le feu. Quatre cens Pionniers y furent auffi
envoyés pour réparer es fortifications.
Il ne fe palla rien de remarquable le 25. Les
Pruffens travaillerent à élever des retranchemens
fur les flancs de leur camp. On fit de la Ville
un feu continuel fur eux , & ils ne tirerent pas
un feul coup de canon .
Le Maréchal de Daun alla à Dreſde le 26 ; il
fit le tour des remparts , avec le Comte de Maquire
, à qui il témoigna fa fatisfaction . On ache
va , le même jour , de ruiner dans les Fauxbourgs
de Wils ruff & de Pyrna tout ce qui ref
toit des travaux des ennemis.
Maréchal de Daun , le 28 Juillet.
Le Roi de Pruffe , après avoir fait plufieurs
marches & tentatives inutiles pour rentrer dans
la Siléfe, & ayant toujours eu en tête le Maréchal
Daun , retourna en Saxe , & s'étant préfenté
, le 13 de ce mois , devant Drefde , il tenta de
l'emporter d'emblée. Mais il fut vigoureuſement
repoutlé à plufieurs fois , ce qui lui fit prendre la
rétolation d'en faire le fiége dans les formes . L
17 au foir , quatre batteries de canon commencerent
à tirer avec beaucoup de vivacité. Il fir
aufli jetter une grande quantité de bombes fur la
vieille Ville. Plufieurs quartiers furent bientôt enflammés
; mais le fecours de la Garniſon & des
habitans , empêcha que le ravage ne devînt confi
dérable.
La certitude d'être inceffamment ſecouru par
le Maréchal de Daun , foutint la Garnifon . Le
Genéral Maquire fit le 16 une fortie du côté de
la Ville neuve . Il prit en flanc les troupes qui
bloquoient Drefde de ce côté ; & il les obligea
de plier après une affez grande perte . Le Générai
de Ried les attaqua en même temps , & les
obligea d'abandonner le poste de Weitenhirfch.
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE .
;
On apprit que le Maréchal de Daun n'étoit plus
qu'a deux marches de la Ville ; il arriva , en
effet , le 18 après midi , & il établit ſon camp à
Schonfeld. I alia , le 19 de grand matin , reconnoître
la pofition du corps Pruſſien qui aſſiégeoit
la Villeneuve , fous les ordres du Prince de,
Holstein . Sa réfolution fut auflitôt prife , de l'obliger
a paller l'Elbe, En conféquence , le Maréchal
de Daun envoya au Général de Ried un renfort
de plufieurs Basaillons & Escadrons , avec
ordre d'attaquer ce corps . Le Baron de Riederé
cuta cette commiffion avec autant d'intelligence
que de valeur . Il attaqua les Pruffiens de front
& en flanc , pendant qu'un gros corps de Croates
, forti de Drefde , les chargeoit d'un autre
côté. Les ennemis abandonnerent leurs retranchemens
& repafferent l'Elbe fur les ponts qu'ils
avoient à Ubigau & à Kaditz. On leur fit quatre
cens trente-fix prifonniers. Notre perte nefur que
de quatre-vingt- quatre hommes.
Le 20 , quelques Efclavons perent l'Elbe à la
nage ; ils s'emparerent de cinc, ' bateaux chargés
de grains qu'ils amenerent de notre côté. Les
Pruffiens en brûlerent eux- mêmes le lendemain.
quatre autres qu'on n'avoit pu leur enlever. Le
Roi de Pruffe fit brûler les Fauxbourgs de Wihdruff
& de Pyrna. Le 2 , il commença à faire
battre en brêche le cinquiéme bastion . Le Maréchal
Daun fit entrer dans la Ville feize Bataillons
de troupes fraîches; & il changea la poſition de
fon arniée . La droite fut placée le long de l'Elbe ,
depuis le jardin de Neumann jufqu'a Radebéal.
Le Prince de Loweſtein occupa , avec la réterve,
le pofte de Bordorf , & le Baron de Ried eut
ordre de pouler des partis du côté de Meilen
jufqu'à Torgau.
On fit , la nuit du 21 , au 22 , la fortiequia
!
SEPTEMBRE. 1760. 205
décidé la levée du fiége de Drefde. Neuf Ba
taillons , dix Compagnies de Genadiers , & cinq
Efcadrons le portereat vers le Fauxbourg de
Pyrna , fous les ordres du Lieutenant Général
Angers. En même tems , cinq Bataillons , autánt
de Compagnies de Grenadiers , & trois Elcadrons
pénét érent dans le Fa xbourg de Wilsdruff. Le
fuccès fut égal & complet des deux côtés . Toutes
les batteries de l'ennemi farent ruinées ; fes
canons furent encloués & les affurs brifés . On ne
put emmener cette artillerie , à caufe des décombres
qui embaraffoient les chemins . Notre perte
eft d'environ cinq cens hommes , tant tués que
bleffés . Celle des Pruffiens , eft incomparablement
plus confidérables. Nous leur avons fait
trois cens trente- fix prifonniers.
Le fuccès de cette attaque obligea le Roi de
Pruffe à fe mettre lui- même fur la défenfive. Il
reira , le 13 , de la ligne qui faifoit face à l'armée
de l'Empire , toute la cavalerie & plufieurs
Régimens d'infant " ie , pour en renforcer celle
qui étoit devant Dde. Le Maréchal de Daun
fit entrer le même jour , dans cette Ville , un détachement
de huit cens hommes pour foulager
la Garnifon , & pour l'aider à éteindre entierement
le feu. Quatre cens Pionniers y furent auffi
envoyés pour réparer es fortifications.
Il ne fe palla rien de remarquable le 25. Les
Pruffens travaillerent à élever des retranchemens
fur les flancs de leur camp. On fit de la Ville
un feu continuel fur eux , & ils ne tirerent pas
un feul coup de canon .
Le Maréchal de Daun alla à Dreſde le 26 ; il
fit le tour des remparts , avec le Comte de Maquire
, à qui il témoigna fa fatisfaction . On ache
va , le même jour , de ruiner dans les Fauxbourgs
de Wils ruff & de Pyrna tout ce qui ref
toit des travaux des ennemis.
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Résumé : Extrait du Journal de l'armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 28 Juillet.
Le 28 juillet, le Journal de l'armée aux ordres du Maréchal de Daun rapporte que le Roi de Prusse, après plusieurs tentatives infructueuses pour pénétrer en Silésie, se dirigea vers la Saxe et tenta de prendre Dresde le 13 juillet. Repoussé, il décida de mettre la ville en siège. Le 17 juillet, les batteries prussiennes bombardèrent Dresde, causant des incendies rapidement maîtrisés par la garnison et les habitants. La garnison, certaine d'être secourue par le Maréchal de Daun, résista efficacement. Le 16 juillet, le Général Maguire effectua une sortie et repoussa les troupes prussiennes, tandis que le Général de Ried les força à abandonner le poste de Weitenhirsch. Le Maréchal de Daun arriva près de Dresde le 18 juillet et attaqua les forces prussiennes le 19, les forçant à retraverser l'Elbe. Les Prussiens subirent de lourdes pertes et laissèrent 436 prisonniers. Le 20 juillet, des escadrons prussiens brûlèrent des bateaux de ravitaillement. Le Roi de Prusse incendia les faubourgs de Wilsdruff et de Pyrna et commença à bombarder les fortifications de Dresde. Le Maréchal de Daun renforça la ville avec des troupes fraîches et modifia la position de son armée. La nuit du 21 au 22 juillet, une sortie décisive permit de lever le siège de Dresde. Les forces françaises détruisirent les batteries ennemies et firent 336 prisonniers. Le Roi de Prusse dut se mettre en défense et renforça ses troupes devant Dresde. Le Maréchal de Daun visita Dresde le 26 juillet, exprimant sa satisfaction, et les travaux de destruction des fortifications ennemies furent achevés.
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3612
p. 206
De l'armée aux ordres du Général Baron de Laudon, le 26 Juillet.
Début :
Nous n'avons fait encore aucun nouveau mouvement vers l'intérieur de la Silésie. [...]
Mots clefs :
Général Laudon, Mouvements des troupes, Fleuve, Passage
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texteReconnaissance textuelle : De l'armée aux ordres du Général Baron de Laudon, le 26 Juillet.
De l'armée aux ordres du Général Baron de
Laudon , le 26 Juillet.
Nous n'avons fait encore aucun nouveau mouvement
vers l'intérieur de la Siléfie . On a feulement
travaillé à s'ailurer des pallages de l'Oder
dont nous fommes maîtres , & a s'étendre davantage
au-delà de ce fleuve. Le Général de Caramelli
eft chargé de garder celui de Leubus.
Laudon , le 26 Juillet.
Nous n'avons fait encore aucun nouveau mouvement
vers l'intérieur de la Siléfie . On a feulement
travaillé à s'ailurer des pallages de l'Oder
dont nous fommes maîtres , & a s'étendre davantage
au-delà de ce fleuve. Le Général de Caramelli
eft chargé de garder celui de Leubus.
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3613
p. 206
De [R]ATISBONNE, le premier Août.
Début :
Les Troupes du Duc de Wirtemberg sont en marche pour se rendre [...]
Mots clefs :
Duc, Troupes, Bataillons, Compagnie, Escadrons, Général, Marche, Corps, Armée
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texteReconnaissance textuelle : De [R]ATISBONNE, le premier Août.
De KATISBONNE , le premier Août.
Les Troupes du Duc de Wirtemberg font en
marche pour fe rendre en Saxe . Elles confiftent
én douze Bataillons , vingt Compagnies de Grenadiers
, quinze Elcadrons , & un corps de trois
cens Chafleurs , faifant en tout douze mille hom
mes . Elles feront rendues , le 13 de ce mois, à
Smalkalde. Le Général de Luzinsky , qui s'étoit
mis en marche de Romschild pour le réu
nir à l'armée de l'Empire , a eu ordre de rétrograder.
Le Corps qu'il commande formera l'avant-
garde de cette nouvelle armée, qui eſt commandé
par le Duc de Wirtemberg lui -même.
Les Troupes du Duc de Wirtemberg font en
marche pour fe rendre en Saxe . Elles confiftent
én douze Bataillons , vingt Compagnies de Grenadiers
, quinze Elcadrons , & un corps de trois
cens Chafleurs , faifant en tout douze mille hom
mes . Elles feront rendues , le 13 de ce mois, à
Smalkalde. Le Général de Luzinsky , qui s'étoit
mis en marche de Romschild pour le réu
nir à l'armée de l'Empire , a eu ordre de rétrograder.
Le Corps qu'il commande formera l'avant-
garde de cette nouvelle armée, qui eſt commandé
par le Duc de Wirtemberg lui -même.
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Résumé : De [R]ATISBONNE, le premier Août.
Le 1er août, les troupes du Duc de Wurtemberg, composées de douze bataillons, vingt compagnies de grenadiers, quinze escadrons et trois cents chasseurs, soit douze mille hommes, se dirigent vers la Saxe pour arriver à Smalkalde le 13 août. Le général de Luzinsky, revenu de Romschild, commande l'avant-garde de cette armée dirigée par le Duc de Wurtemberg.
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3614
p. 206
De MADRID, 23 Juillet.
Début :
Le Roi & la Reine, avec la Famille Royale, firent leur entrée solemnelle dans [...]
Mots clefs :
Famille royale, Réjouissances publiques, Serment de fidélité, Prince, Infant, Nobles, Députés, Duc
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texteReconnaissance textuelle : De MADRID, 23 Juillet.
De MADRID , 23 Juillet.
Le Roi & la Reine , avec la Famille Royale ,
firent leur entrée folemnelle dans cette Ville ,
le 13. Il y eut à cette occafion des réjouiffances
publiques , qui durerent plufieurs jours . Le Samedi
fuivant , le Roi reçut le ferment de fidélité
du Prince des Afturies , des Infants , des Prélats,
des Grands , des Nobles & des Députés des
Cours. Celui par lequel on reconnut Don Carlos
Antonio pour héritier préſomptif de la Couronne
, fut prêté entre les mains du Duc d'Albe.
Le Roi & la Reine , avec la Famille Royale ,
firent leur entrée folemnelle dans cette Ville ,
le 13. Il y eut à cette occafion des réjouiffances
publiques , qui durerent plufieurs jours . Le Samedi
fuivant , le Roi reçut le ferment de fidélité
du Prince des Afturies , des Infants , des Prélats,
des Grands , des Nobles & des Députés des
Cours. Celui par lequel on reconnut Don Carlos
Antonio pour héritier préſomptif de la Couronne
, fut prêté entre les mains du Duc d'Albe.
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3615
p. *207-207
De ROME, le 15 Juillet.
Début :
Le Comte de Almada y Mendoça, Ministre de Sa Majesté Très-Fidèle, étoit sur le point [...]
Mots clefs :
Comte, Ministre, Pape, Cardinal, Ministre portugais, Cour, Négociations
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 15 Juillet.
De ROME, le 15 Juillet.
Le Comte de Almada y Mendoça , Miniftre
de Sa Majesté Très- Fidèle , étoit fur le point de
partir fans prendre congé de Sa Sainteté ; mais
le Cardinal Corfini , Protecteur de la Nation
Portugaile , ayant interpofé fa médiation pour
un accommodement , le Miniftre Portugais avoir
fufpendu fon départ , & l'on eſpéroit que la
bonne intelligence pourroit renaître entre notre
Cour & celle de Lisbonne. De nouvelles circonftances
ont déterminé ce Miniftre à fe retirer de
Rome , fans attendre l'effet de la négociation
du Cardinal Corfini.
Le Comte de Almada y Mendoça , Miniftre
de Sa Majesté Très- Fidèle , étoit fur le point de
partir fans prendre congé de Sa Sainteté ; mais
le Cardinal Corfini , Protecteur de la Nation
Portugaile , ayant interpofé fa médiation pour
un accommodement , le Miniftre Portugais avoir
fufpendu fon départ , & l'on eſpéroit que la
bonne intelligence pourroit renaître entre notre
Cour & celle de Lisbonne. De nouvelles circonftances
ont déterminé ce Miniftre à fe retirer de
Rome , fans attendre l'effet de la négociation
du Cardinal Corfini.
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Résumé : De ROME, le 15 Juillet.
Le 15 juillet à Rome, le Comte de Almada y Mendoça, ministre du Portugal, a failli partir sans saluer le pape. Le Cardinal Corfini a suspendu son départ pour négocier entre Rome et Lisbonne. Cependant, le ministre a quitté Rome sans attendre la fin des négociations.
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3616
p. 207-210
De VERSAILLES, le 14 Août.
Début :
Le 20 du mois dernier, l'Archevêque de Narbonne prêta serment entre les mains du Roi [...]
Mots clefs :
Archevêque, Serment, Intendant, Ambassadeur de Venise, Audience, Capitaine, Comte, Duc, Sceau, Ambassadeur extraordinaire, Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Vicaire, Église, Nominations, Famille royale
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 14 Août.
De VERSAILLES , le 14 Août.
E 20 du mois dernier , l'Archevêque de Narbonne
prêta ferment entre les mains du Roi pour
la Charge de Grand Aumônier.
Le fieur de Berulle , ci devant Intendant de
Moulins , prêta auffi ferment , le même jour ,
pour la place de Premier Préſident du Parlement
de Grenoble.
Le 22 , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur de la
République de Venife , qui avoit eu audience de
Sa Majefté , le 22 Juin , n'ayant pu être admis ,
le même jour , à celle de Madame Victoire , qui
étoit indifpofée , eut audience de cette Princeſſe.
208 MERCURE DE FRANCE.
Il y fut conduit par le fieur de la Live , Intro
ducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine
Bernard de Paimpol , en confidération de fes actions
diftinguées fur mer .
Sa Majefté a accordé au Comte de Rannes ,
Gouverneur des Ville & Château d'Alençon , des
Lettres de commandement dans la Ville & le
Château
Le 17 du même mois dernier , le Roi a donné
au Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat
au département des Affaires Etrangeres , le
Gouvernement de Tourdine , vacant par la mort
du Comte de Charolois.
Le 29 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le même jour , Don Jaime Maffones de Lima,
Ambaffadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne ,
eut une audience particuliere du Roi , dans laquelle
il préfenta à Sa Majefté le Comte de
Aranda , Grand d'Espagne , & Ambaſſadeur Extraordinaire
du Roi fon Maître , auprès du Roi
de Pologne , Electeur de Saxe . Don Jaime Ma
fones de Lima , fut conduit à cette audience ,
ainfi qu'à celle de la Reine & de toute la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le Roi a donné l'Abbaye de Chambre- Fontaine,
Ordre de Prémontré , Diocèle de Meaux , à
l'Abbé de Grimaldi , Grand- Vicaire de Rouen ;
Celle de Saint Acheuil , Ordre de Saint Auguflin
, Diocèle d'Amiens , à l'Abbé le Gros ,
Chanoine de la fainte Chapelle de Paris ;
Celle de Notre Dame des Alleuds , Ordre de
Saint Benoit , Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de
Graves , Grand Vicaire de Saintes ;
Celle de Chante- Merle , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Troyes , à l'Abbé de Cicé ,
Vicaire Général du même Diocèle.
SEPTEMBRE. 1760. 209
Celle de Vierzon , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Bourges , à l'Abbé le Corgne de Launay
, Docteur de Sorbonne ;
Cele de Saint Symphorien , lès - Bauvais , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Gauville , Grand
Vicaire d'Evreux ;
Celle de la Mercy - Dieu , Ordre de Citeaux ,
Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de Jons , Grand
Vicaire de Couzerans ;
Celle de Celle -Frouin , O dre de Saint Auguf
tin , Diocèle d'Angoulême , à l'Abbé de Montgazin
de Mérie , Grand Vicaire de Boulogne ;
Celle de Bourfas , Ordre de Citeaux , Diocèle
d'Auxerre , à l'Abbé d'Ailly de faint Vidal , Chanoine
d'Ainay , à Lyon ;
Celle de Pleine- Selve , Ordre de Prémontré ,
Diocèle de Eo deaux à l'Abbé de Blanquefort ,
Grand Vicaire de Carcaflonne ;
Le Prieuré de Boulogne , Ordre de Prémontré
, Diocèle de Blois , à l'Abbé de Broves , Grand
Vicaire de Fréjus ;
Le Doyenné de Vezelay , Diocèle d'Autun , à
l'Abbé de Phalles ;
Et la Prevôté de l'Eglife Métropole de Lyon ,
à l'Abbé de Ciuni , Comte de Lyon , Aumônier
de Sa Ma efté.
Le ro de ce mois , Don Jaime Maffones de
Lina , eat une audience particuliere du Roi ,
dans laquelle il préfenta à Sa Majesté le Comte
d'Aranda , qui prit congé de Sa Majefté , pour
fe rendre auprès du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Don Jaime Maffones de Lima fut conduit
à cette audience , ainfi qu'à celle de la Rei
ne , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeignear le Duc de Berry , de
Monfeigneur le Comte de Provence , de Mon210
MERCURE DE FRANCE.
feigneur le Comte d'Artois , de Madame Adé
laide , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambaffadeurs.
E 20 du mois dernier , l'Archevêque de Narbonne
prêta ferment entre les mains du Roi pour
la Charge de Grand Aumônier.
Le fieur de Berulle , ci devant Intendant de
Moulins , prêta auffi ferment , le même jour ,
pour la place de Premier Préſident du Parlement
de Grenoble.
Le 22 , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur de la
République de Venife , qui avoit eu audience de
Sa Majefté , le 22 Juin , n'ayant pu être admis ,
le même jour , à celle de Madame Victoire , qui
étoit indifpofée , eut audience de cette Princeſſe.
208 MERCURE DE FRANCE.
Il y fut conduit par le fieur de la Live , Intro
ducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine
Bernard de Paimpol , en confidération de fes actions
diftinguées fur mer .
Sa Majefté a accordé au Comte de Rannes ,
Gouverneur des Ville & Château d'Alençon , des
Lettres de commandement dans la Ville & le
Château
Le 17 du même mois dernier , le Roi a donné
au Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat
au département des Affaires Etrangeres , le
Gouvernement de Tourdine , vacant par la mort
du Comte de Charolois.
Le 29 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le même jour , Don Jaime Maffones de Lima,
Ambaffadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne ,
eut une audience particuliere du Roi , dans laquelle
il préfenta à Sa Majefté le Comte de
Aranda , Grand d'Espagne , & Ambaſſadeur Extraordinaire
du Roi fon Maître , auprès du Roi
de Pologne , Electeur de Saxe . Don Jaime Ma
fones de Lima , fut conduit à cette audience ,
ainfi qu'à celle de la Reine & de toute la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le Roi a donné l'Abbaye de Chambre- Fontaine,
Ordre de Prémontré , Diocèle de Meaux , à
l'Abbé de Grimaldi , Grand- Vicaire de Rouen ;
Celle de Saint Acheuil , Ordre de Saint Auguflin
, Diocèle d'Amiens , à l'Abbé le Gros ,
Chanoine de la fainte Chapelle de Paris ;
Celle de Notre Dame des Alleuds , Ordre de
Saint Benoit , Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de
Graves , Grand Vicaire de Saintes ;
Celle de Chante- Merle , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Troyes , à l'Abbé de Cicé ,
Vicaire Général du même Diocèle.
SEPTEMBRE. 1760. 209
Celle de Vierzon , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Bourges , à l'Abbé le Corgne de Launay
, Docteur de Sorbonne ;
Cele de Saint Symphorien , lès - Bauvais , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Gauville , Grand
Vicaire d'Evreux ;
Celle de la Mercy - Dieu , Ordre de Citeaux ,
Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de Jons , Grand
Vicaire de Couzerans ;
Celle de Celle -Frouin , O dre de Saint Auguf
tin , Diocèle d'Angoulême , à l'Abbé de Montgazin
de Mérie , Grand Vicaire de Boulogne ;
Celle de Bourfas , Ordre de Citeaux , Diocèle
d'Auxerre , à l'Abbé d'Ailly de faint Vidal , Chanoine
d'Ainay , à Lyon ;
Celle de Pleine- Selve , Ordre de Prémontré ,
Diocèle de Eo deaux à l'Abbé de Blanquefort ,
Grand Vicaire de Carcaflonne ;
Le Prieuré de Boulogne , Ordre de Prémontré
, Diocèle de Blois , à l'Abbé de Broves , Grand
Vicaire de Fréjus ;
Le Doyenné de Vezelay , Diocèle d'Autun , à
l'Abbé de Phalles ;
Et la Prevôté de l'Eglife Métropole de Lyon ,
à l'Abbé de Ciuni , Comte de Lyon , Aumônier
de Sa Ma efté.
Le ro de ce mois , Don Jaime Maffones de
Lina , eat une audience particuliere du Roi ,
dans laquelle il préfenta à Sa Majesté le Comte
d'Aranda , qui prit congé de Sa Majefté , pour
fe rendre auprès du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Don Jaime Maffones de Lima fut conduit
à cette audience , ainfi qu'à celle de la Rei
ne , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeignear le Duc de Berry , de
Monfeigneur le Comte de Provence , de Mon210
MERCURE DE FRANCE.
feigneur le Comte d'Artois , de Madame Adé
laide , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambaffadeurs.
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Résumé : De VERSAILLES, le 14 Août.
En juillet, plusieurs nominations et audiences eurent lieu à la cour. Le 20 juillet, l'Archevêque de Narbonne devint Grand Aumônier du Roi et le sieur de Bérulle fut nommé Premier Président du Parlement de Grenoble. Le 22 juillet, l'Ambassadeur de Venise, le sieur Tiepolo, fut reçu par le Roi et Madame Victoire, accompagné par le sieur de la Live. Le Roi décerna une épée au Capitaine Bernard de Paimpol pour ses actions en mer et accorda des lettres de commandement au Comte de Rannes pour Alençon. Le 17 juillet, le Duc de Choiseul reçut le gouvernement de Tourdine. Le 29 juillet, le Roi tint le Sceau et reçut Don Jaime Massones de Lima, Ambassadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne, qui présenta le Comte d'Aranda, Ambassadeur auprès du Roi de Pologne. Le Roi attribua diverses abbayes et prieurés à des abbés et vicaires généraux. Le 10 septembre, Don Jaime Massones de Lima présenta à nouveau le Comte d'Aranda, qui prit congé pour se rendre auprès du Roi de Pologne, en présence de la famille royale.
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3617
p. 210-212
De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
Début :
Nous avons appris que le Corps de troupes qui avoit été laissé aux ordres [...]
Mots clefs :
Troupes, Baron, Maréchal, Prince héréditaire, Colonel, Prince Ferdinand , Comte, Ennemis, Canons, Munitions, Maréchal de Broglie, Chevalier, Armée, Perte, Lieutenant, Attaque, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de
Broglie , le 6 Août .
Nos avons appris que le Corps de troupes
qui avoit été laifié aux ordres du Baron de Glaubitz
, Maréchal de Camp , pour couvrir Marbourg,
& qui avoit eu ordre de ſe porter
Embsdorff für le chemin de Treyla , a été furpris
, le 16 du mois dernier , par un Corps fort
fupérieur , commandé par le Prince héréditaire
de Brunswick , & que le fieur de Glaubitz a été
fait prifonnier avec une partie des troupes qu'il
commandoit. Le Comte d'Helfenberg , Colonel
du Régiment de fon nom , a été fait prifonnier.
Le Château de Dillenbourg , s'eft rendu le 15.
La Garnifon , compofée de cinq cens hommes ,
a été faite prifonniere de guerre.
Dans la nuit du 24 au 25 , le Prince Ferdinand
fut obligé , par les bonnes difpofitions que le
Maréchal de Broglie avoit faites , d'abandonner
fon camp de Saxenhaufen. Ce Prince marcha
fur Callel , couvrant fa retraite par une forte ar-'
riere- garde . {
Le 31 au matin , le Comte de Luface fe porta
fur Caffel. 11 attaqua , avec les Saxons & la Brigade
de la Marck , les retranchemens qui couvroient
la Ville. Les ennemis y avoient un corps
de fept à huit mille hommes , aux ordres du
Général Kilmanfeg , qui fut forcé de les abandonner.
Ce Corps fut vivement barcelé dans fa
retraite par les Volontaires de Haynaur par ceux
d'Auftrafie , & par les Dragons qui avoit paffé
la Fulde au- deffus & au- dellous de Callel. On a
SEPTEMBRE. 1760. 117
trouvé dans ces retranchemens dix huit piéces
de canon , avec une grande quantité de chariots
d'équipages , de chevaux & de vivres. Les ennemis
ont laiffé dans Caffel beaucoup de malades
& de munitions.
Le Maréchal de Broglie entra dans Caſſel , le
31 au foir. Il apprit , a fon arrivée ,
que le Che
valier de Muy avoit été attaqué le même jour ,
près de Varburg , par un Corps fort fupérieur à
celui qu'il comandoit. Il paroît que le Corps
des ennemis étoit fort de quarante mille hommes
, aux ordres du Prince héréditaire de Brunfwick
, & qu'il étoit foutenu par l'armée du Prince
Ferdinand. Le combat fut vif & des plus opiniâtres
pendant plus de quatre heures ; jamais
les troupes ne combattirent avec plus de fermeté
& d'ordre , ainfi que les Officiers généraux &
particuliers. Le Chevalier de Muy le porta partout
, & il n'ordonna la retraite que lorsqu'il s'y
vit forcé par la trop grande fupériorité des ennemis.
Elle fe fit en bon ordre , & les troupes ,
après avoir repaffé la Dymel , camperent , le
même jour , près de Volkmiffen.
La perte a été grande de part & d'autre. Le
Marquis de Caftries , Lieutenant Général , qui a
combattu pendant toute l'action à la tête de l'Infanterie
, a reçu une forte contufion d'un Bifcayen
. Le Marquis d'Amenezaga , Maréchal de
Camp , le Prince de Rohan Rochefort , le Comte
de Valence , Brigadier , Colonel du Régiment de
Bourbonnois , le Comte de Montbarey , Briga
dier- Colonel du Régiment de la Couronne , &
le Chevalier de la Tour du Pin , Aide- Major◄
Général , ont été bleffés. Le Chevalier de Muy ,
fait les plus grands éloges de la conduite de tous
ces Officiers , & de ceile du Marquis de Ségur ,
Lieutenant Général , qui a été chargé d'une des
212 MERCURE DE FRANCE
principales attaques. Le Marquis de Lugéac ,
Maréchal de Camp , a affuré la retraite de l'Infanterie
, par la charge qu'il a faire avec la Brigade
de Cavalerie de Bourbon , compofée de ce
Régiment & de ceux d'Archiac & de Beauvilliers.
Il s'eft fort diftingué , ainfi que les Colonels de
ces Régimens. Le Marquis de Champagne , Colonel
du Régiment de Rovergue , le Comte de
Gamache , Colonel du Régiment de Cavalerie-
Royal-Piémont , & les fieurs Jenner & Lockmin,
Colonels des Régimens Suiffes de leurs
noms , ont auffi combattu avec la plus grande
diftinction. Nous ignorons encore les noms & le
nombre des Offciers & des Soldats tués ou bleffés
& faits prifonniers. Le fieur de Lockman , eft
du nombre des derniers.
Le Comte de Luface eft campé , avec fa réſerve
, à la tête des défilés de Munden , près da
Village de Mulhaufen. C'eft le premier de ce
mois qu'il fit attaquer la Ville de Munden , dans
laquelle les ennemis avoient laiffé trois cens cinquante
hommes. Elle fut emportée , l'épée à la
main , par les Volontaires de Haynaur & d'Auftrafie
, commandés par les fieurs de Grandinaifon
& de Vignolles , & par les Grenadiers de la
Brigade de la Marck. On fit plus de trois cens
prifonniers , & l'on trouva plufieurs piéces de
canon , avec une grande quantité de munitions de
guerre & de bouche.
Broglie , le 6 Août .
Nos avons appris que le Corps de troupes
qui avoit été laifié aux ordres du Baron de Glaubitz
, Maréchal de Camp , pour couvrir Marbourg,
& qui avoit eu ordre de ſe porter
Embsdorff für le chemin de Treyla , a été furpris
, le 16 du mois dernier , par un Corps fort
fupérieur , commandé par le Prince héréditaire
de Brunswick , & que le fieur de Glaubitz a été
fait prifonnier avec une partie des troupes qu'il
commandoit. Le Comte d'Helfenberg , Colonel
du Régiment de fon nom , a été fait prifonnier.
Le Château de Dillenbourg , s'eft rendu le 15.
La Garnifon , compofée de cinq cens hommes ,
a été faite prifonniere de guerre.
Dans la nuit du 24 au 25 , le Prince Ferdinand
fut obligé , par les bonnes difpofitions que le
Maréchal de Broglie avoit faites , d'abandonner
fon camp de Saxenhaufen. Ce Prince marcha
fur Callel , couvrant fa retraite par une forte ar-'
riere- garde . {
Le 31 au matin , le Comte de Luface fe porta
fur Caffel. 11 attaqua , avec les Saxons & la Brigade
de la Marck , les retranchemens qui couvroient
la Ville. Les ennemis y avoient un corps
de fept à huit mille hommes , aux ordres du
Général Kilmanfeg , qui fut forcé de les abandonner.
Ce Corps fut vivement barcelé dans fa
retraite par les Volontaires de Haynaur par ceux
d'Auftrafie , & par les Dragons qui avoit paffé
la Fulde au- deffus & au- dellous de Callel. On a
SEPTEMBRE. 1760. 117
trouvé dans ces retranchemens dix huit piéces
de canon , avec une grande quantité de chariots
d'équipages , de chevaux & de vivres. Les ennemis
ont laiffé dans Caffel beaucoup de malades
& de munitions.
Le Maréchal de Broglie entra dans Caſſel , le
31 au foir. Il apprit , a fon arrivée ,
que le Che
valier de Muy avoit été attaqué le même jour ,
près de Varburg , par un Corps fort fupérieur à
celui qu'il comandoit. Il paroît que le Corps
des ennemis étoit fort de quarante mille hommes
, aux ordres du Prince héréditaire de Brunfwick
, & qu'il étoit foutenu par l'armée du Prince
Ferdinand. Le combat fut vif & des plus opiniâtres
pendant plus de quatre heures ; jamais
les troupes ne combattirent avec plus de fermeté
& d'ordre , ainfi que les Officiers généraux &
particuliers. Le Chevalier de Muy le porta partout
, & il n'ordonna la retraite que lorsqu'il s'y
vit forcé par la trop grande fupériorité des ennemis.
Elle fe fit en bon ordre , & les troupes ,
après avoir repaffé la Dymel , camperent , le
même jour , près de Volkmiffen.
La perte a été grande de part & d'autre. Le
Marquis de Caftries , Lieutenant Général , qui a
combattu pendant toute l'action à la tête de l'Infanterie
, a reçu une forte contufion d'un Bifcayen
. Le Marquis d'Amenezaga , Maréchal de
Camp , le Prince de Rohan Rochefort , le Comte
de Valence , Brigadier , Colonel du Régiment de
Bourbonnois , le Comte de Montbarey , Briga
dier- Colonel du Régiment de la Couronne , &
le Chevalier de la Tour du Pin , Aide- Major◄
Général , ont été bleffés. Le Chevalier de Muy ,
fait les plus grands éloges de la conduite de tous
ces Officiers , & de ceile du Marquis de Ségur ,
Lieutenant Général , qui a été chargé d'une des
212 MERCURE DE FRANCE
principales attaques. Le Marquis de Lugéac ,
Maréchal de Camp , a affuré la retraite de l'Infanterie
, par la charge qu'il a faire avec la Brigade
de Cavalerie de Bourbon , compofée de ce
Régiment & de ceux d'Archiac & de Beauvilliers.
Il s'eft fort diftingué , ainfi que les Colonels de
ces Régimens. Le Marquis de Champagne , Colonel
du Régiment de Rovergue , le Comte de
Gamache , Colonel du Régiment de Cavalerie-
Royal-Piémont , & les fieurs Jenner & Lockmin,
Colonels des Régimens Suiffes de leurs
noms , ont auffi combattu avec la plus grande
diftinction. Nous ignorons encore les noms & le
nombre des Offciers & des Soldats tués ou bleffés
& faits prifonniers. Le fieur de Lockman , eft
du nombre des derniers.
Le Comte de Luface eft campé , avec fa réſerve
, à la tête des défilés de Munden , près da
Village de Mulhaufen. C'eft le premier de ce
mois qu'il fit attaquer la Ville de Munden , dans
laquelle les ennemis avoient laiffé trois cens cinquante
hommes. Elle fut emportée , l'épée à la
main , par les Volontaires de Haynaur & d'Auftrafie
, commandés par les fieurs de Grandinaifon
& de Vignolles , & par les Grenadiers de la
Brigade de la Marck. On fit plus de trois cens
prifonniers , & l'on trouva plufieurs piéces de
canon , avec une grande quantité de munitions de
guerre & de bouche.
Fermer
Résumé : De l'Armée commandée par le Maréchal Duc de Broglie, le 6 Août.
Le 6 août, des rapports indiquent que les troupes du Baron de Glaubitz, chargées de protéger Marbourg, ont été surprises le 16 juillet par une force supérieure dirigée par le Prince héréditaire de Brunswick. Glaubitz et le Comte d'Helfenberg ont été capturés. Le Château de Dillenbourg s'est rendu le 15 juillet, entraînant la capture de sa garnison de cinq cents hommes. La nuit du 24 au 25 août, le Prince Ferdinand a dû abandonner son camp de Saxenhaufen en raison des manœuvres du Maréchal de Broglie. Le 31 août, le Comte de Luface a attaqué Cassel avec les Saxons et la Brigade de la Marck, forçant le Général Kilmanseg à se retirer. Les forces ennemies ont laissé derrière elles des pièces d'artillerie, des chariots, des chevaux et des vivres. Le Maréchal de Broglie est entré à Cassel le 31 août et a appris que le Chevalier de Muy avait été attaqué près de Varburg par une force supérieure commandée par le Prince héréditaire de Brunswick, soutenue par l'armée du Prince Ferdinand. Le combat a été intense et la retraite s'est faite en bon ordre. Les pertes ont été lourdes des deux côtés, avec plusieurs officiers blessés, dont le Marquis de Castries et le Marquis d'Amenezaga. Par la suite, le Comte de Luface a attaqué et pris la ville de Munden, capturant plus de trois cents prisonniers et plusieurs pièces d'artillerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3618
p. 212-217
De PARIS, le 16 Août.
Début :
On a appris des Pays bas, qu'on y a ressenti le 16 du mois dernier. [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Comte, Prince du sang, Décès, Duc, Marquis, Fête, Ordre, Chevaliers, Pont, Tonnerre, Chambre mortuaire, Colonnes, Estrade, Cérémonies, Clergé, Officiers, Escadre, Vaisseaux, Pillage, Île, Tirage, Loterie de l'école royale militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 16 Août.
De PARIS , le 16 Août.
On a appris des Pays bas , qu'on y a reffenti
le 16 du mois dernier , plufieurs fecoufles de
tremblement de terre . La principale s'eft fait
fentir vers les deux heures du matin ; elle a
duré près de d.ux minutes. Les autres ont été
peu fenfibles.
SEPTEMBRE. 1760. 213
Le Comte de Charolois , Prince du Sang ,
Gouverneur de Touraine , eft mort en cette
Ville , le 22 , vers les onze heures du foir , âgé
de foixante ans , un mois & trois jours . Ce Prince,
qui fe nommoit Charles de Bourbon Condé,
étoit fils de Louis , Duc de Bourbon Condé ,
Prince du Sang , Grand - Maître de la Maiſon du
Roi , & Gouverneur du Duché de Bourgogne,
mort le 4 Mars 1710 ; & de Louife - Françoite
de Bourbon , légitimée de France , fille du feu
Roi , morte le 16 Juin 1743 .
L'Ordre Royal Militaire & Hofpitalier de Notre
Dame du Mont- Carmel & de Saint - Lazare
de Jérufalem , fit célébrer , le 21 du mois dernier
, dans la Chapelle du Louvre , la Fête folemnelle
de Notre - Dame du Mont Carmel , Patrone
de l'Ordre. L'Abbé de Bouville , Commandeur
Eccléfiaftique de l'Ordre , officia , & les
Grands Officiers , ainfi que plufieurs Chevaliers ,
y affilterent. Le 11 du même mois , Monfeigneur
le Duc de Berry , Grand - Maître de cet Ordre ,
reçut , a l'illue de fa Melle , & dans fon appartement
, par le miniflere du Comte de Saint Florentin
, en qualité de Chevaliers novices , les
fieurs de la Rocheblave & de Feriet , Gentilshommes
élevés a l'Ecole Militaire . Cette cérémonie
fut faite en préfence des Grands Officiers
& de plufieurs Chevaliers.
Le 20 du même mois , on commença à paffer
fur le nouveau pont que Sa Majetté a fie
conftruire à Orléans. Ce pont , l'un des plus
beaux de l'Europe par fa grandeur , par la beauté
de fes proportions , & par la magnificence
de fes abords , et formé de neuf arches , dont
celle du milieu a cent pieds d'ouverture . La
longueur eft de mille pieds. Il a été contruit
far les defleins & fous la direction du fieur Hu
214 MERCURE DE FRANCE.
peau , premier Ingénieur des ponts & chauffées
de France .
Le tonnerre tomba , la nuit du 19 au 20 du
même mois , fur le Couvent des Peres Récollers
de la Ville de Melun , & confuma leur Eglife ,
ainfi qu'une partie de ce Couvent.
Le corps du Comte de Charolois , après avoir
été embaumé , a été expofé pendant plufieurs
jours , dans une Chambre de parade , éclairée
par un grand nombre de lumières & tendue de
noir.
On avoit élevé , aux deux côtés de l'Eftrade ,
deux Aurels. Aux pieds de l'Eftrade étoient les
Hérauts d'Armes , vêrus de leur robe , le chaperon
en tête , & le caducée à la main ; à la droite
étoient douze Prêtres de la Paroille , qui avoient
été priés de la part du premier Gentilhomme de
la Chambre , de venir garder le corps ; à gauche
, étoit le même nombre de Cordeliers.
Le 26 , le Curé de Saint Gervais vint avec fon
Clergé jetter de l'eau bénite fur le Corps. Le
29, l'Univerfité , le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aides , la Cour des onnoyes
& le Corps de Ville , ainfi que plufieurs
Communautés , rendirent au Corps les mêmes
devoirs. Le Chapitre de l'Eglife de Paris y vint
le 30 , ainfi que le Châtelet.
Le Roi avoit choifi le Comte de la Marche ,
pour jetter l'eau bénite fur le Corps ; Sa Majesté
avoit nommé en même temps le Duc de Rohan
& le Marquis de la Salle pour accompagner ce
Prince. Le 28 , le Comte de la Marche ſe rendit ,
à quatre heures àprès midi , à l'Hôtel du Comte
de Charolois , dans le caroffe du Roi , accompagne
du Duc de Rohan , du Marquis de la Salle,
& du Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies.
Un détachement des Cent- Suilles préSEPTEMBRE.
1760 . 215
-
cédoit le caroffe , après lequel marchoit un déchement
des Gardes du Corps du Roi.
Le Comte de Clermont , Prince , qui faifoit
les honneurs , & les Ducs de Boutteville , de
Briffac , & le Comte de Montmorency , ainſi que
tous les Gentilshommes & les Officiers de la
Maiſon , fe trouverent au bas de l'elcalier pour
recevoir le Comte de la Marche, Le Marquis de
Dreux le conduifit dans la chambre du dépôt , où
l'Aumonier' du Roi lui préfenta le goupillon. II
fut conduit jufqu'à fon carofle , ainfi qu'il avoit
été reçu ; peu de temps après , le Comte de la
Marche revint pour faire , en fon nom , la même
cérémonie.
Le 30 , le coeur du Comte de Charolois fut
transporté aux Jéfuites de la Maiſon Profeffe , où
il fut préfenté par l'Archevêque de Bordeaux ; &
le premier de ce nois , le corps fut porté à Enghien
pour y être inhumé. Le Curé de S. Gervais
, accompagné de fon Clergé , fe rendit proceffionnellement
à l'Hôtel du Prince , où l'Archevêque
de Bordeaux , qui devoit faire la cérémonie
, le trouva . Après les prieres accoutumées,
le corps fut defcendu de la chambre du dépôt par
douze valets de chambre. Les quatre coins du
poëte étoient portés par quatre Gentilshommes.
Le cortège du convoi étoit compoté de vingt
Suiffes du Régiment des Gardes , tenant chacun
un flambeau , de douze Pages , des Officiers , des
Suiffes , & des Valets - de Chambre du Prince à
cheval , de plus de cent cinquante Valets de pied ,
des quatre Hérauts & le Roi d'Armes , de huit
carolles drappés , à fix chevaux , harnachés & caparaçonnés
de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes & les principaux
Officiers. Le dernier de fes carolles , étoit occupé
par le Comte de Luffan , premier Gentilhomme
216 MERCURE DE FRANCE.
de la Chambre , & par le fieur de Nantouillet ,
Maître des Cérémonies. Enfuite marchoit le ca-
Toile à huit chevaux , dans lequel étoit le corps
du Prince , entouré de quatre Aumôniers , porsant
les quatre coins du poèle, du premie: Ecuyer
à cheval , & du Capitaine des Gardes , de quatre
Suilles , & d'un grand nombre de Valets de pied.
Lorfqu'on fut arrivé a Enghien , le Corps fut reçu
par le Général des Peres de l'Oratoire ; & le lendemain
, après le Service , auquela ffiftérent le
Comte de la Marche , accompagné des Ducs de
Bouteville , de Briffac , & du Comite de Montmorenci
, il fut inhumé dans le Caveau deftiné à la
fépulture des Princes de la Maifon de Condé.
Une Efcadre Angloife, compotée de deux Vaiſfeaux
de ligne & de trois Frégates , parut le 28
du mois dernier , devant l'ifle de Grouais & elle
vint mouiller , à dix heures du matin , dans la
rade. Le Lord Hervey , Commandant de cette
Elcadre , envoya auffitôt un Officier fommer le
Château de Sainte- Croix de fe ren fre . Cette fommation
étoit accompagnée de la menace de mettre
l'Ile au pillage , & de ne faire aucun quartier
aux habitans & à la Garniſon, Le Comte de Véné
rofi Peſciolini , Commandant pour le Roi dans
l'Ifle & dans le Château , répondit qu'il étoit réfolu
de fe défendre. Sur cette réponſe , le Lord
fit avancer dix-huit bâtimens de tranſports , el
cortés de quelques Frégates qui entrerent dans la
rade le lendemain au matin . On fit les difpofitions
néceffaires pour le bien défendre . Ce të
contenance en impofa aux Anglois , & lear flote
fe retira , peu de temps après , fans aucune at
taque. Les cinq Vaiffeaux de guerre re'ierent
feulement , pendant pufieurs jours , devant le
Fort ; ils tirerent quelques bordées auxque les
l'artillerie du Fort répondit. On leur a tué quel
ques
SEPTEMBRE. 1760. 217
ques hommes dans une de leurs Chaloupes.
On écrit des environs d'Aufch & de Commiąges
qu'il y eft tombé , le 20 du même mois ,
une grêle qui a fait dans ce Pays le plus grand ravage
dont on ait conſervé la mémoire . Les hom-
' mes & les animaux qui fe font trouvés trop éloignés
de quelque abri , ont été tués . Les arbres
fruitiers ont été dépouillés de leurs branches ,
les campagnes enfin font dans l'état le plus déplorable
, & comme dans le milieu de l'hyver.
Les grains étoient auffi gros que des oeufs de
poule d'inde , & quelques - uns avoient cinq pouces
de diamêtre.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
s'eft fait , dans l'Hôtel de Ville , en la maniere
accoutumée , le 7. Les Numéros qui font
fortis de la roue de fortune , font 46 , 77 , 49 ,
88 , 50. Le prochain tirage ſe fera le 6 du mois
de Septembre:
On a appris des Pays bas , qu'on y a reffenti
le 16 du mois dernier , plufieurs fecoufles de
tremblement de terre . La principale s'eft fait
fentir vers les deux heures du matin ; elle a
duré près de d.ux minutes. Les autres ont été
peu fenfibles.
SEPTEMBRE. 1760. 213
Le Comte de Charolois , Prince du Sang ,
Gouverneur de Touraine , eft mort en cette
Ville , le 22 , vers les onze heures du foir , âgé
de foixante ans , un mois & trois jours . Ce Prince,
qui fe nommoit Charles de Bourbon Condé,
étoit fils de Louis , Duc de Bourbon Condé ,
Prince du Sang , Grand - Maître de la Maiſon du
Roi , & Gouverneur du Duché de Bourgogne,
mort le 4 Mars 1710 ; & de Louife - Françoite
de Bourbon , légitimée de France , fille du feu
Roi , morte le 16 Juin 1743 .
L'Ordre Royal Militaire & Hofpitalier de Notre
Dame du Mont- Carmel & de Saint - Lazare
de Jérufalem , fit célébrer , le 21 du mois dernier
, dans la Chapelle du Louvre , la Fête folemnelle
de Notre - Dame du Mont Carmel , Patrone
de l'Ordre. L'Abbé de Bouville , Commandeur
Eccléfiaftique de l'Ordre , officia , & les
Grands Officiers , ainfi que plufieurs Chevaliers ,
y affilterent. Le 11 du même mois , Monfeigneur
le Duc de Berry , Grand - Maître de cet Ordre ,
reçut , a l'illue de fa Melle , & dans fon appartement
, par le miniflere du Comte de Saint Florentin
, en qualité de Chevaliers novices , les
fieurs de la Rocheblave & de Feriet , Gentilshommes
élevés a l'Ecole Militaire . Cette cérémonie
fut faite en préfence des Grands Officiers
& de plufieurs Chevaliers.
Le 20 du même mois , on commença à paffer
fur le nouveau pont que Sa Majetté a fie
conftruire à Orléans. Ce pont , l'un des plus
beaux de l'Europe par fa grandeur , par la beauté
de fes proportions , & par la magnificence
de fes abords , et formé de neuf arches , dont
celle du milieu a cent pieds d'ouverture . La
longueur eft de mille pieds. Il a été contruit
far les defleins & fous la direction du fieur Hu
214 MERCURE DE FRANCE.
peau , premier Ingénieur des ponts & chauffées
de France .
Le tonnerre tomba , la nuit du 19 au 20 du
même mois , fur le Couvent des Peres Récollers
de la Ville de Melun , & confuma leur Eglife ,
ainfi qu'une partie de ce Couvent.
Le corps du Comte de Charolois , après avoir
été embaumé , a été expofé pendant plufieurs
jours , dans une Chambre de parade , éclairée
par un grand nombre de lumières & tendue de
noir.
On avoit élevé , aux deux côtés de l'Eftrade ,
deux Aurels. Aux pieds de l'Eftrade étoient les
Hérauts d'Armes , vêrus de leur robe , le chaperon
en tête , & le caducée à la main ; à la droite
étoient douze Prêtres de la Paroille , qui avoient
été priés de la part du premier Gentilhomme de
la Chambre , de venir garder le corps ; à gauche
, étoit le même nombre de Cordeliers.
Le 26 , le Curé de Saint Gervais vint avec fon
Clergé jetter de l'eau bénite fur le Corps. Le
29, l'Univerfité , le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aides , la Cour des onnoyes
& le Corps de Ville , ainfi que plufieurs
Communautés , rendirent au Corps les mêmes
devoirs. Le Chapitre de l'Eglife de Paris y vint
le 30 , ainfi que le Châtelet.
Le Roi avoit choifi le Comte de la Marche ,
pour jetter l'eau bénite fur le Corps ; Sa Majesté
avoit nommé en même temps le Duc de Rohan
& le Marquis de la Salle pour accompagner ce
Prince. Le 28 , le Comte de la Marche ſe rendit ,
à quatre heures àprès midi , à l'Hôtel du Comte
de Charolois , dans le caroffe du Roi , accompagne
du Duc de Rohan , du Marquis de la Salle,
& du Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies.
Un détachement des Cent- Suilles préSEPTEMBRE.
1760 . 215
-
cédoit le caroffe , après lequel marchoit un déchement
des Gardes du Corps du Roi.
Le Comte de Clermont , Prince , qui faifoit
les honneurs , & les Ducs de Boutteville , de
Briffac , & le Comte de Montmorency , ainſi que
tous les Gentilshommes & les Officiers de la
Maiſon , fe trouverent au bas de l'elcalier pour
recevoir le Comte de la Marche, Le Marquis de
Dreux le conduifit dans la chambre du dépôt , où
l'Aumonier' du Roi lui préfenta le goupillon. II
fut conduit jufqu'à fon carofle , ainfi qu'il avoit
été reçu ; peu de temps après , le Comte de la
Marche revint pour faire , en fon nom , la même
cérémonie.
Le 30 , le coeur du Comte de Charolois fut
transporté aux Jéfuites de la Maiſon Profeffe , où
il fut préfenté par l'Archevêque de Bordeaux ; &
le premier de ce nois , le corps fut porté à Enghien
pour y être inhumé. Le Curé de S. Gervais
, accompagné de fon Clergé , fe rendit proceffionnellement
à l'Hôtel du Prince , où l'Archevêque
de Bordeaux , qui devoit faire la cérémonie
, le trouva . Après les prieres accoutumées,
le corps fut defcendu de la chambre du dépôt par
douze valets de chambre. Les quatre coins du
poëte étoient portés par quatre Gentilshommes.
Le cortège du convoi étoit compoté de vingt
Suiffes du Régiment des Gardes , tenant chacun
un flambeau , de douze Pages , des Officiers , des
Suiffes , & des Valets - de Chambre du Prince à
cheval , de plus de cent cinquante Valets de pied ,
des quatre Hérauts & le Roi d'Armes , de huit
carolles drappés , à fix chevaux , harnachés & caparaçonnés
de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes & les principaux
Officiers. Le dernier de fes carolles , étoit occupé
par le Comte de Luffan , premier Gentilhomme
216 MERCURE DE FRANCE.
de la Chambre , & par le fieur de Nantouillet ,
Maître des Cérémonies. Enfuite marchoit le ca-
Toile à huit chevaux , dans lequel étoit le corps
du Prince , entouré de quatre Aumôniers , porsant
les quatre coins du poèle, du premie: Ecuyer
à cheval , & du Capitaine des Gardes , de quatre
Suilles , & d'un grand nombre de Valets de pied.
Lorfqu'on fut arrivé a Enghien , le Corps fut reçu
par le Général des Peres de l'Oratoire ; & le lendemain
, après le Service , auquela ffiftérent le
Comte de la Marche , accompagné des Ducs de
Bouteville , de Briffac , & du Comite de Montmorenci
, il fut inhumé dans le Caveau deftiné à la
fépulture des Princes de la Maifon de Condé.
Une Efcadre Angloife, compotée de deux Vaiſfeaux
de ligne & de trois Frégates , parut le 28
du mois dernier , devant l'ifle de Grouais & elle
vint mouiller , à dix heures du matin , dans la
rade. Le Lord Hervey , Commandant de cette
Elcadre , envoya auffitôt un Officier fommer le
Château de Sainte- Croix de fe ren fre . Cette fommation
étoit accompagnée de la menace de mettre
l'Ile au pillage , & de ne faire aucun quartier
aux habitans & à la Garniſon, Le Comte de Véné
rofi Peſciolini , Commandant pour le Roi dans
l'Ifle & dans le Château , répondit qu'il étoit réfolu
de fe défendre. Sur cette réponſe , le Lord
fit avancer dix-huit bâtimens de tranſports , el
cortés de quelques Frégates qui entrerent dans la
rade le lendemain au matin . On fit les difpofitions
néceffaires pour le bien défendre . Ce të
contenance en impofa aux Anglois , & lear flote
fe retira , peu de temps après , fans aucune at
taque. Les cinq Vaiffeaux de guerre re'ierent
feulement , pendant pufieurs jours , devant le
Fort ; ils tirerent quelques bordées auxque les
l'artillerie du Fort répondit. On leur a tué quel
ques
SEPTEMBRE. 1760. 217
ques hommes dans une de leurs Chaloupes.
On écrit des environs d'Aufch & de Commiąges
qu'il y eft tombé , le 20 du même mois ,
une grêle qui a fait dans ce Pays le plus grand ravage
dont on ait conſervé la mémoire . Les hom-
' mes & les animaux qui fe font trouvés trop éloignés
de quelque abri , ont été tués . Les arbres
fruitiers ont été dépouillés de leurs branches ,
les campagnes enfin font dans l'état le plus déplorable
, & comme dans le milieu de l'hyver.
Les grains étoient auffi gros que des oeufs de
poule d'inde , & quelques - uns avoient cinq pouces
de diamêtre.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
s'eft fait , dans l'Hôtel de Ville , en la maniere
accoutumée , le 7. Les Numéros qui font
fortis de la roue de fortune , font 46 , 77 , 49 ,
88 , 50. Le prochain tirage ſe fera le 6 du mois
de Septembre:
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Résumé : De PARIS, le 16 Août.
En août 1760, plusieurs secousses sismiques ont été ressenties aux Pays-Bas, dont la principale a duré près de deux minutes. En septembre 1760, le Comte de Charolois, Prince du Sang et Gouverneur de Touraine, est décédé à Paris à l'âge de soixante ans. Il était le fils de Louis, Duc de Bourbon Condé, et de Louise-Françoise de Bourbon, légitimée de France. Après son décès, son corps a été embaumé et exposé plusieurs jours dans une chambre de parade. Diverses cérémonies et hommages lui ont été rendus par le clergé, l'Université, le Parlement et d'autres institutions. Le 30 septembre, son cœur a été transporté aux Jésuites de la Maison Professe et son corps a été inhumé à Enghien. Le 21 septembre, l'Ordre Royal Militaire et Hospitalier de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare a célébré la fête solennelle de Notre-Dame du Mont-Carmel au Louvre. Le 11 septembre, le Duc de Berry a reçu les sieurs de la Rocheblave et de Feriet comme Chevaliers novices. Le 20 septembre, la construction d'un nouveau pont à Orléans a commencé, ce pont étant l'un des plus beaux d'Europe par sa grandeur et sa magnificence. Le 19 au 20 septembre, la foudre a frappé le couvent des Pères Récollets de Melun, endommageant leur église et une partie du couvent. Une escadre anglaise a menacé l'île de Grouais mais s'est retirée sans attaquer. Une grêle dévastatrice a frappé les environs d'Auch et de Comminges, causant des ravages considérables. Le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire a eu lieu le 7 septembre, avec les numéros 46, 77, 49, 88 et 50.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3619
p. 187
De PETERSBOURG, le premier Août 1760.
Début :
Le Comte de Galitzin, nommé Ambassadeur à la Cour de France, [...]
Mots clefs :
Comte, Cour de France, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PETERSBOURG, le premier Août 1760.
De PETERSBOURG , le premier Août 1760 .
LEE
Comte de Galitzin , nommé Ambaſſadeur
à la Cour de France , fe difpofe à partir inceffamment
pour fe rendre à fa deſtination .
LEE
Comte de Galitzin , nommé Ambaſſadeur
à la Cour de France , fe difpofe à partir inceffamment
pour fe rendre à fa deſtination .
Fermer
3620
p. 187-190
De VIENNE, le 7 Septembre.
Début :
On apprend de Constantinople, que les Hospodans de Valachie & de Moldavie [...]
Mots clefs :
Investiture, Principautés, Rébellion, Tremblement de terre, Maréchal Daun, Baron de Laudon, Armée, Ordres, Régiment, Cavalerie, Attaque, Combat, Artillerie, Colonel, Troupes, Ennemis, Prisonniers, Blessés et morts, Lieutenant, Prince Henri, Mouvements des troupes, Général, Fête, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 7 Septembre.
De VIENNE , le 7 Septembre.
On apprend de Conftantinople, que les Hofpodas
de Valachie & de Moldavie ont reçu de la
Porte l'inveftiture de ces Principautés. Le Bacha
d'Iconium , ayant reçu l'ordre de venir rendre
compte de fa conduite au Grand- Seigneur , s'eft
révoltés il est à la tête de vingt mille hommes,
& il met à contribution les Pays voifins de fon
Gouvernement . On a délibéré dans un Divan
extraordinaire fur les moyens d'étouffer une
rebellion qui peut avoir de dangereufes fuites .
On a reffenti le 13 , vers les fept heures du
foir , une fecouffe de tremblement de terre ; mais
elle a été fort légére , & n'a caufé aucun dommage.
La Cour a reçu du Maréchal Comte de Daun
les détails fuivans de l'action paffée entre le
Corps du Baron de Laudon & l'Armée Pruffienne,
Ce Général , fe conformant aux ordres du
Comte de Daun , s'étoit mis en mouvement le
14 au foir , & il avoit paffé le Katzbach près de
Forthmuhle. L'avant-garde compofće de huis
188 MERCURE DE FRANCE.
'bataillons & de deux regimens de Cavalerie, étoit
commandée par le Général Baron de Wolfersdorff.
On marcha une partie de la nuit en fe dirigeant
vers les hauteurs de Banthen , où l'on devoit
le former pour attaquer le flane gauche de
l'Armée Pruffienne. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon , qui formoient la tête de la
marche, rencontrerent en y arrivant , le régiment
des Huffards de Ziethen , qui fe retira avec
précipitation. Le Baron de Laudon fit alors hâter
la marche du refte de fon Corps pour s'affurer de
ces hauteurs , mais on s'apperçut , à la pointe du
jour , qu'elles étoient occupées par beaucoup d'Infanterie
& de Cavalerie Pruffienne. Il n'étoit plus
poffible d'éviter un combat ; ainfi l'ordre fut auffitôt
donné pour attaquer , & on le fit avec tant
de fuccès , que l'Ennemi fut obligé d'abandonner
ce poſte avec toute fon artillerie. Le Baron de
Laudon faifoit fes difpofitions pour profiter de cet
avantage , lorfque l'Armée Pruffienne , qui s'étoit
formée derriere le bois d'Humelen , marcha
pour l'attaquer. Le combat recommença avec la
plus grande vivacité , & devint général ; mais le
Baron de Laudon s'étant apperçu vers les fix
heures du matin qu'il avoit à foutenir l'effort de
toute l'Armée Pruſſienne , ordonna la retraite qui
fe fit fans précipitation , & avec la contenance la
plus ferme. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon protégerent cette retraite en occupant
des hauteurs de Binowitz . Le Colonel de Rouvroi
y conduit l'artillerie , & il s'en fervit avec tant
d'habileté que les Corps Pruffiens , qui avoient été
détachés à notre pourſuite , furent contraints de
fe retirer .
Toutes les troupes fe font comportées dans
cette action avec la plus grande valeur, & la perte
de l'Ennemi ne peut être que fort confidérable.
OCTOBRE . 1760? 189
Les patrouilles envoyées le lendemain fur le
champ de bataille ont rapporté qu'il y avoir eu
deux Régimens Pruffiens prèfqu'entierement détruits.
Nous avons fait quantité de prifonniers
parmi lesquels font un Colonel , un Major , plufieurs
Capitaines & autres Officiers de moindre
grade.
Suivant l'état dreffé après cette affaire , nous
avons eu quatorze cens vingt & un hommes de
tués , & deux mille trois cens foixante & dix de
bleffés. Le nombre des manquans étoit de deux
mille cent quarante ; mais un grand nombre
de ces derniers rejoignent fucceffivement leurs
Corps.
Les Lieutenans- Généraux de Drafkowitz & de
Campitelli ont été bleffés ainsi que les Généraux-
Majors de Giannini,de Calemberg, de Gourcy & de
Rebbach. Le Baron de Biela & le Comte de Gondrecour,
Généraux- Majors, ont été faits prifonniers.
L'Armée du Prince Henri a fait un mouvement
depuis peu , pour fe réunir à celle du Ro
de Pruffe. Un corps de Troupes détaché de la
premiere , fous le commandement du Général
de Goltze , a paffé l'Oder à Koben . Son arrieregarde
a été attaquée par le Général de Tottleben ,
& elle a été fort maltraitée . On attend les détails
de cette petite action . Les Rufles font actuellement
dans les environs d'Herrenftadt, & leurs troupes
légéres s'étendent du côté de Wintzig & de Wohlau.
Le Général- Major de Gribauval fe rendit, le
23 du mois dernier , devant Schweidnitz , pour
diriger les opérations du fiége de cette Place.
L'Artillerie néceffaire partit le 21 , des environs
d'Olmutz. On a conduit ici depuis quelquesjours ,
fous fûre garde , un homme qui travailloit à exci
ter quelques mouvemens dans la Hongrie..
い
190 MERCURE DE FRANCE
On hâre les préparatifs des fêtes qui doivent
être exécutées à l'occafion du mariage de l'Archiduc.
Le Feld- Maréchal Prince de Lichtenſten ,
Grand- Maître de l'Artillerie , doit être à Parme
depuis le premier de ce mois. La plus grande partie
de la Maifon de la future Archiduchelle eſt en
chemin pour s'y rendre.
On apprend de Conftantinople, que les Hofpodas
de Valachie & de Moldavie ont reçu de la
Porte l'inveftiture de ces Principautés. Le Bacha
d'Iconium , ayant reçu l'ordre de venir rendre
compte de fa conduite au Grand- Seigneur , s'eft
révoltés il est à la tête de vingt mille hommes,
& il met à contribution les Pays voifins de fon
Gouvernement . On a délibéré dans un Divan
extraordinaire fur les moyens d'étouffer une
rebellion qui peut avoir de dangereufes fuites .
On a reffenti le 13 , vers les fept heures du
foir , une fecouffe de tremblement de terre ; mais
elle a été fort légére , & n'a caufé aucun dommage.
La Cour a reçu du Maréchal Comte de Daun
les détails fuivans de l'action paffée entre le
Corps du Baron de Laudon & l'Armée Pruffienne,
Ce Général , fe conformant aux ordres du
Comte de Daun , s'étoit mis en mouvement le
14 au foir , & il avoit paffé le Katzbach près de
Forthmuhle. L'avant-garde compofće de huis
188 MERCURE DE FRANCE.
'bataillons & de deux regimens de Cavalerie, étoit
commandée par le Général Baron de Wolfersdorff.
On marcha une partie de la nuit en fe dirigeant
vers les hauteurs de Banthen , où l'on devoit
le former pour attaquer le flane gauche de
l'Armée Pruffienne. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon , qui formoient la tête de la
marche, rencontrerent en y arrivant , le régiment
des Huffards de Ziethen , qui fe retira avec
précipitation. Le Baron de Laudon fit alors hâter
la marche du refte de fon Corps pour s'affurer de
ces hauteurs , mais on s'apperçut , à la pointe du
jour , qu'elles étoient occupées par beaucoup d'Infanterie
& de Cavalerie Pruffienne. Il n'étoit plus
poffible d'éviter un combat ; ainfi l'ordre fut auffitôt
donné pour attaquer , & on le fit avec tant
de fuccès , que l'Ennemi fut obligé d'abandonner
ce poſte avec toute fon artillerie. Le Baron de
Laudon faifoit fes difpofitions pour profiter de cet
avantage , lorfque l'Armée Pruffienne , qui s'étoit
formée derriere le bois d'Humelen , marcha
pour l'attaquer. Le combat recommença avec la
plus grande vivacité , & devint général ; mais le
Baron de Laudon s'étant apperçu vers les fix
heures du matin qu'il avoit à foutenir l'effort de
toute l'Armée Pruſſienne , ordonna la retraite qui
fe fit fans précipitation , & avec la contenance la
plus ferme. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon protégerent cette retraite en occupant
des hauteurs de Binowitz . Le Colonel de Rouvroi
y conduit l'artillerie , & il s'en fervit avec tant
d'habileté que les Corps Pruffiens , qui avoient été
détachés à notre pourſuite , furent contraints de
fe retirer .
Toutes les troupes fe font comportées dans
cette action avec la plus grande valeur, & la perte
de l'Ennemi ne peut être que fort confidérable.
OCTOBRE . 1760? 189
Les patrouilles envoyées le lendemain fur le
champ de bataille ont rapporté qu'il y avoir eu
deux Régimens Pruffiens prèfqu'entierement détruits.
Nous avons fait quantité de prifonniers
parmi lesquels font un Colonel , un Major , plufieurs
Capitaines & autres Officiers de moindre
grade.
Suivant l'état dreffé après cette affaire , nous
avons eu quatorze cens vingt & un hommes de
tués , & deux mille trois cens foixante & dix de
bleffés. Le nombre des manquans étoit de deux
mille cent quarante ; mais un grand nombre
de ces derniers rejoignent fucceffivement leurs
Corps.
Les Lieutenans- Généraux de Drafkowitz & de
Campitelli ont été bleffés ainsi que les Généraux-
Majors de Giannini,de Calemberg, de Gourcy & de
Rebbach. Le Baron de Biela & le Comte de Gondrecour,
Généraux- Majors, ont été faits prifonniers.
L'Armée du Prince Henri a fait un mouvement
depuis peu , pour fe réunir à celle du Ro
de Pruffe. Un corps de Troupes détaché de la
premiere , fous le commandement du Général
de Goltze , a paffé l'Oder à Koben . Son arrieregarde
a été attaquée par le Général de Tottleben ,
& elle a été fort maltraitée . On attend les détails
de cette petite action . Les Rufles font actuellement
dans les environs d'Herrenftadt, & leurs troupes
légéres s'étendent du côté de Wintzig & de Wohlau.
Le Général- Major de Gribauval fe rendit, le
23 du mois dernier , devant Schweidnitz , pour
diriger les opérations du fiége de cette Place.
L'Artillerie néceffaire partit le 21 , des environs
d'Olmutz. On a conduit ici depuis quelquesjours ,
fous fûre garde , un homme qui travailloit à exci
ter quelques mouvemens dans la Hongrie..
い
190 MERCURE DE FRANCE
On hâre les préparatifs des fêtes qui doivent
être exécutées à l'occafion du mariage de l'Archiduc.
Le Feld- Maréchal Prince de Lichtenſten ,
Grand- Maître de l'Artillerie , doit être à Parme
depuis le premier de ce mois. La plus grande partie
de la Maifon de la future Archiduchelle eſt en
chemin pour s'y rendre.
Fermer
Résumé : De VIENNE, le 7 Septembre.
Le 7 septembre, des nouvelles de Constantinople indiquent que les hospodars de Valachie et de Moldavie ont reçu l'investiture de la Porte pour leurs principautés. Le bacha d'Iconium, ayant reçu l'ordre de se rendre à Constantinople pour justifier sa conduite, s'est révolté et rassemble vingt mille hommes, mettant à contribution les pays voisins. Un divan extraordinaire a délibéré sur les moyens de réprimer cette rébellion. À Vienne, une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 13 septembre sans causer de dommages. La Cour a reçu des détails du maréchal comte de Daun concernant une action entre le corps du baron de Laudon et l'armée prussienne. Le 14 septembre, le baron de Laudon, suivant les ordres du comte de Daun, a traversé le Katzbach près de Fortmuhle avec une avant-garde composée de huit bataillons et de deux régiments de cavalerie, commandée par le général baron de Wolfersdorff. L'armée a marché vers les hauteurs de Banthen pour attaquer le flanc gauche de l'armée prussienne. Les grenadiers de Laudon ont rencontré et repoussé le régiment des hussards de Ziethen. Le combat a commencé à l'aube et s'est intensifié, forçant les Prussiens à abandonner leur position avec leur artillerie. Le baron de Laudon a préparé une contre-attaque, mais l'armée prussienne, formée derrière le bois d'Humelen, a lancé une offensive. Le combat est devenu général, et Laudon a ordonné la retraite, protégée par les grenadiers et l'artillerie dirigée par le colonel de Rouvroi. Les pertes ennemies sont considérables, avec deux régiments prussiens presque entièrement détruits et de nombreux prisonniers, dont un colonel et plusieurs officiers. Les troupes autrichiennes ont subi des pertes de 1 421 tués, 2 360 blessés et 2 140 manquants, dont beaucoup ont rejoint leurs unités. Plusieurs généraux ont été blessés ou capturés. L'armée du prince Henri de Prusse a effectué un mouvement pour se réunir à celle du roi de Prusse. Un corps de troupes prussiennes, commandé par le général de Goltze, a traversé l'Oder à Koben et a été attaqué par le général de Tottleben. Les Russes sont actuellement près d'Herrenstadt, et leurs troupes légères se déplacent vers Wintzig et Wohlau. Le général-major de Gribauval dirige le siège de Schweidnitz, avec l'artillerie partie d'Olmutz. Un individu suspect a été arrêté pour avoir tenté de provoquer des troubles en Hongrie. À Vienne, les préparatifs pour les fêtes du mariage de l'archiduc sont en cours. Le feld-maréchal prince de Lichtenstein, grand-maître de l'artillerie, est attendu à Parme, et la maison de la future archiduchesse est en route pour s'y rendre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3621
p. 190-194
De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
Début :
Le Feld-Maréchal Prince de Deux-Ponts, ayant résolu d'obliger les Prussiens [...]
Mots clefs :
Armée, Feld-maréchal, Prince de Deux-Ponts, Général, Mouvements des troupes, Prussiens, Corps, Ennemis, Camps militaires, Colonel, Ordre, Attaques, Résistance, Positions, Détachement, Cavalerie, Artillerie, Infanterie, Grenadiers, Prince Henri, Marche, Forces armées, Perte de l'ennemi, Champ de bataille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
De l'Armée de l'Empire , le 21 Août.
Le Feld-Maréchal Prince de Deux -Ponts , ayant
réfolu d'obligerles Pruffiens à quitter les environs
de Drefde , fit avancer , dès le de ce mois , le
Prince de Stolberg avec la réferve à Keffeldorff.
Le Général de Weczey fe porta avec les troupes
Jégéres à Wilfdruff , d'où il étendit les poftes jufqu'à
Weiffdrop & Lamperfdorff. En même temps
le Général de Klééfeld marcha de Freyberg à Auguftulberg
, & il fit occuper par des détachemens
Roffwein & Seligenstadt . Ces difpofitions obligerent
les Pruffiens à fe retirer de la Ville de Noffen .
Il ne fe fit le 10 & le 11 aucun mouvement confidérable
, les poftes que nous avions du côté de
Seligenstadt furent attaqués par un Corps de Huffards
& de Dragons Pruffiens ; mais il fut repous
fé & fuivi jufqu'à Windifchbora ; l'on fit dans cetteoccafion
plufieurs prifonniers. Le pofte de Roffwein
fut attaqué le 11 par des forces fupérieures ,
& nos troupes furent obligées de fe replier. Mais
les Pruffiens , après avoir exigé des contributions
de cette petite ville , l'abandonnerent la nuit fuivante
; & nous y rentrâmes auffitôt . On eut avis
le même jour , que les ennemis raffembloient
au- deffous de leur Camp un grand nombre de
bateaux ; ce qui détermina le Prince de Deux-
Ponts à renforcer par un Corps de Grenadiers
& de Huffards le Colonel de Zetwitz , qui étoit
chargé de garder , avec les Bannaliſtes , la rive
OCTOBRE. 1760 191
droite de l'Elbe . On apprit que le fieur de Graven ,
Colonel dans le Régiment de Baroniai , avoit
marché de Gera à Naumbourg , & qu'à ſon approche
, le Colonel de Salemon s'étoit replie
fur Léipfick , & le Capitaine Kowars ſur Merſe
bourg.
L'Armée eut ordre , le 12 au foir , de fe tenir
prête à marcher. Les Grenadiers & les Carabiniers
, avec l'artillerie de réſerve , fe mirent en
mouvement , à l'entrée de la nuit , fous les ordres
du Lieutenant Général Comte de Guafco.
L'Armée décampa de Plawen , le 13 à la pointe
du jour , & marcha vers Meiffen . Elle établit fon
camp près de Reiodorff, fa droite appuyée à
Conitabel , & fa gauche à Sora . Le corps du
Général de Guafco prit pofte entre Seligenstadt
& Burckerswalde . Le Prince de Deux-Ponts fit
en même temps attaquer les poftes avancés des
ennemis par la réſerve du Général Prince de
Stolberg. Cette attaque eut tout le fuccès qu'on
pouvoit defirer. On délogea les Pruffiens des hauteurs
de Polentz & de Sihenrichen , & on les
pouffa jufqu'aux Fauxbourgs de Meiffen.Le Géné
ral Klééfeld chaffa auffi les ennemis des retran--
chemens qu'ils occupoient du côté d'Auguſtuſberg
, & il les repouffa jufqu'à Katzenhaufen :
pendant qu'on exécutoit ces attaques à la gauche
de l'Elbe , le Colonel de Zetwitz fe pofta fur la
droite à Alten- Clofter au - deffous du camp des
Ennemis , & il brûla les bateaux qu'ils y avoient
raffemblés . Il s'en trouva plufieurs qui venoient
d'arriver de Torgau , & qui étoient chargés de
vivres & de munitions de guerre. On continua ,
le 14 , de pouffer les Pruffiens de pofte en pofte ,
ils furent délogés des hauteurs de Katzenhaufen,
ainfi que des Villages de Miltitz , de Sopen & de
Gregitz , & ils le retirerent dans leur camp re
91 MERCURE DE FRANCE
tranché entre Lotayn & Meyffen, L'Armée occur
pa le pofte de Katzenhaufen , & le quartier général
fut établi à Haynitz. La Ville de Meiffen
fut évacuée , & nous en prîmes poffeffion . On y
trouva un magazin confidérable & beaucoup d'armes
. Un des fauxbourgs avoit été brûlé la veille ,
par ordre du Commandant Pruffien .
L'armée ne fit aucun mouvement le rs & le 16;
le Maréchal Prince de Deux - Ponts alla reconnoître
le Camp Pruffien , & il en trouva la poſition extrêmement
avantageufe. La difficulté de le forcer
lui fit prendre la réfolution d'en déloger l'ennemi
, en lui coupant fes communications ; dans ce
deffein il pouffa le corps de réſerve en avant juſqu'à
Giezenhayn fur le chemin de Lomatfch. Ce
mouvement détermina le Général Hulsen à quitter
fa pofition. L'Armée Pruffienne détendit fon
camp à dix heures du foir . Elle marcha toure
la nuit par Nieder-Miltitz , & par Welfch , &
elle alla camper entre Riefa & Brauffnitz. Auffitôt
qu'on eut avis de fa retraite , les troupes légéres
& quelques détachemens de Cavalerie furent
envoyés à fa pourſuite. On amena plufieurs
prifonniers avec quelques chevaux . Le Colonel
Zetwitz continua , le même jour , de marcher
le long de la rive droite de l'Elbe ; il fe porta de
de Wienbiehla à Zahdel , où il brûla encore fix
bateaux qui venoient de Torgau chargés de vivres
& de fourages pour l'Armée Pruffienne. Il y eur ,
près de Waldheim , une vive efcarmouche entre un
gros détachement Pruffien fous les ordres du Cofonel
de Kleift & un corps de nos Chaffeurs com .
mandé par le Colonel Otto ; ce dernier fut obligé
de fe replier fur Sloha . Il ne fut point pourfuivi
par les Pruffiens.
On fe remit en marche le 17 à midi , & l'on
occupa les hauteurs de Lomatfch. Le Corps des
Grenadiers
OCTOBRE . 1760. 193
Grenadiers fut porté en avant , & le Colonel de
Zetwitz fe pofta a Zeidlitz , d'où il poulla des Détachemens
jufqu'a Zehrhauzen. La réſerve du
Prince de Stolberg , qui avoit cottoyé les Pruffiens
pendant leur marche , prit poſte à Staucha..
Nous fumes informés , le lendemain au matin,
que l'armée Prullienne avoit profité de l'obfcurité
pour continuer fa retraite fur Strehla , & qu'elle
y campoit dans la même pofition que le Prince.
Henri avoit occupée l'année précédente. Sur cette.
nouvelle , l'Armée reçut ordre de poursuivre fa
marche , & elle vint camper à Riefa , où le quartier
général fut établi . On fit le même jour quel
ques prifonniers aux Pruffiens, & l'on reçut un
grand nombre de déſerteurs.
Le Maréchal Prince de Deux Ponts alla reconnoître
, le 19 au matin , avec le Baron de Haddick
, la pofition des Pruffiens. Il remarqua qu'ils
Occupoient une étendue beaucoup plus confidérable
que leurs forces ne leur permettoient. Cette
circonftance le détermina à les attaquer dès le
lendemain.
On le mit en marche , à minuit , du Camp de
Riela fur quatre colonnes ; & l'on fut , avant le
jour , à la portée de l'ennemi. La principale attaque
fut dirigée contre le Corps qui occupoit les
retranchemens de la montagne de Dirrenberg,
& le foin en fut confié au Prince de Stolberg. Ce
Général, à la tête de la réſerve ſoutenue par les
Grenadiers & par les Régimens de Palavicini &
de Saxe-Gotha aux ordres du Général Comte de
Guafco , commença l'attaque au point du jour.
Notre artillerie fut fi bien fervie , que les bateries
des ennemis furent démontées en peu de
temps ; & en moins de demi heure , nous fumes
maîtres de ce pofte important. Les ennemis fe
replierent en défordre fur une hauteur qu'ils
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
avoient derriere eux . Ils firent pendant quelques
hêúres une vigoureuſe réſiſtance ; mais le Géné
ral de Kleefeld , qui étoit chargé d'une des atta
ques , les prit en flanc avec tant de vivacité , qu'il
les obligea d'abandonner ce fecond poſte. Ils le res
tirèrent dans les retranchemens de Strehla , laillant
fur le champ de bataille un grand nombre de
morts & de bleffés . Il étoit à peine huit heures du
matin, lorſque nos troupes remporterent ce fecond
avantage.
Cependant les ennemis occupoient en Force
leur Camp de Strehla. Pour en rendre l'accès plus
difficile , ils mirent le feu à deux villages qu'ils
avoient en avant. Mais lorfqu'ils virent qu'on fe
difpofoit à les attaquer , ils fe retirèrent du côté de
Torgau , à travers les bois & les défilés. Le Maréchal
Prince de Deux- Ponts détacha fur le champ
pour les pourfuivre fes troupes légères , foutenues
par quelques régimens de Cavalerie & de Dragons,
fous les ordres du Lieutenant Général Comte
de Lanthieri. La perte des ennemis n'eſt pas
encore conftatée ; mais on eftime qu'elle monte
à plus de deux mille hommes , & qu'elle eft au
moins double de la nôtre.
Le Feld-Maréchal Prince de Deux -Ponts , ayant
réfolu d'obligerles Pruffiens à quitter les environs
de Drefde , fit avancer , dès le de ce mois , le
Prince de Stolberg avec la réferve à Keffeldorff.
Le Général de Weczey fe porta avec les troupes
Jégéres à Wilfdruff , d'où il étendit les poftes jufqu'à
Weiffdrop & Lamperfdorff. En même temps
le Général de Klééfeld marcha de Freyberg à Auguftulberg
, & il fit occuper par des détachemens
Roffwein & Seligenstadt . Ces difpofitions obligerent
les Pruffiens à fe retirer de la Ville de Noffen .
Il ne fe fit le 10 & le 11 aucun mouvement confidérable
, les poftes que nous avions du côté de
Seligenstadt furent attaqués par un Corps de Huffards
& de Dragons Pruffiens ; mais il fut repous
fé & fuivi jufqu'à Windifchbora ; l'on fit dans cetteoccafion
plufieurs prifonniers. Le pofte de Roffwein
fut attaqué le 11 par des forces fupérieures ,
& nos troupes furent obligées de fe replier. Mais
les Pruffiens , après avoir exigé des contributions
de cette petite ville , l'abandonnerent la nuit fuivante
; & nous y rentrâmes auffitôt . On eut avis
le même jour , que les ennemis raffembloient
au- deffous de leur Camp un grand nombre de
bateaux ; ce qui détermina le Prince de Deux-
Ponts à renforcer par un Corps de Grenadiers
& de Huffards le Colonel de Zetwitz , qui étoit
chargé de garder , avec les Bannaliſtes , la rive
OCTOBRE. 1760 191
droite de l'Elbe . On apprit que le fieur de Graven ,
Colonel dans le Régiment de Baroniai , avoit
marché de Gera à Naumbourg , & qu'à ſon approche
, le Colonel de Salemon s'étoit replie
fur Léipfick , & le Capitaine Kowars ſur Merſe
bourg.
L'Armée eut ordre , le 12 au foir , de fe tenir
prête à marcher. Les Grenadiers & les Carabiniers
, avec l'artillerie de réſerve , fe mirent en
mouvement , à l'entrée de la nuit , fous les ordres
du Lieutenant Général Comte de Guafco.
L'Armée décampa de Plawen , le 13 à la pointe
du jour , & marcha vers Meiffen . Elle établit fon
camp près de Reiodorff, fa droite appuyée à
Conitabel , & fa gauche à Sora . Le corps du
Général de Guafco prit pofte entre Seligenstadt
& Burckerswalde . Le Prince de Deux-Ponts fit
en même temps attaquer les poftes avancés des
ennemis par la réſerve du Général Prince de
Stolberg. Cette attaque eut tout le fuccès qu'on
pouvoit defirer. On délogea les Pruffiens des hauteurs
de Polentz & de Sihenrichen , & on les
pouffa jufqu'aux Fauxbourgs de Meiffen.Le Géné
ral Klééfeld chaffa auffi les ennemis des retran--
chemens qu'ils occupoient du côté d'Auguſtuſberg
, & il les repouffa jufqu'à Katzenhaufen :
pendant qu'on exécutoit ces attaques à la gauche
de l'Elbe , le Colonel de Zetwitz fe pofta fur la
droite à Alten- Clofter au - deffous du camp des
Ennemis , & il brûla les bateaux qu'ils y avoient
raffemblés . Il s'en trouva plufieurs qui venoient
d'arriver de Torgau , & qui étoient chargés de
vivres & de munitions de guerre. On continua ,
le 14 , de pouffer les Pruffiens de pofte en pofte ,
ils furent délogés des hauteurs de Katzenhaufen,
ainfi que des Villages de Miltitz , de Sopen & de
Gregitz , & ils le retirerent dans leur camp re
91 MERCURE DE FRANCE
tranché entre Lotayn & Meyffen, L'Armée occur
pa le pofte de Katzenhaufen , & le quartier général
fut établi à Haynitz. La Ville de Meiffen
fut évacuée , & nous en prîmes poffeffion . On y
trouva un magazin confidérable & beaucoup d'armes
. Un des fauxbourgs avoit été brûlé la veille ,
par ordre du Commandant Pruffien .
L'armée ne fit aucun mouvement le rs & le 16;
le Maréchal Prince de Deux - Ponts alla reconnoître
le Camp Pruffien , & il en trouva la poſition extrêmement
avantageufe. La difficulté de le forcer
lui fit prendre la réfolution d'en déloger l'ennemi
, en lui coupant fes communications ; dans ce
deffein il pouffa le corps de réſerve en avant juſqu'à
Giezenhayn fur le chemin de Lomatfch. Ce
mouvement détermina le Général Hulsen à quitter
fa pofition. L'Armée Pruffienne détendit fon
camp à dix heures du foir . Elle marcha toure
la nuit par Nieder-Miltitz , & par Welfch , &
elle alla camper entre Riefa & Brauffnitz. Auffitôt
qu'on eut avis de fa retraite , les troupes légéres
& quelques détachemens de Cavalerie furent
envoyés à fa pourſuite. On amena plufieurs
prifonniers avec quelques chevaux . Le Colonel
Zetwitz continua , le même jour , de marcher
le long de la rive droite de l'Elbe ; il fe porta de
de Wienbiehla à Zahdel , où il brûla encore fix
bateaux qui venoient de Torgau chargés de vivres
& de fourages pour l'Armée Pruffienne. Il y eur ,
près de Waldheim , une vive efcarmouche entre un
gros détachement Pruffien fous les ordres du Cofonel
de Kleift & un corps de nos Chaffeurs com .
mandé par le Colonel Otto ; ce dernier fut obligé
de fe replier fur Sloha . Il ne fut point pourfuivi
par les Pruffiens.
On fe remit en marche le 17 à midi , & l'on
occupa les hauteurs de Lomatfch. Le Corps des
Grenadiers
OCTOBRE . 1760. 193
Grenadiers fut porté en avant , & le Colonel de
Zetwitz fe pofta a Zeidlitz , d'où il poulla des Détachemens
jufqu'a Zehrhauzen. La réſerve du
Prince de Stolberg , qui avoit cottoyé les Pruffiens
pendant leur marche , prit poſte à Staucha..
Nous fumes informés , le lendemain au matin,
que l'armée Prullienne avoit profité de l'obfcurité
pour continuer fa retraite fur Strehla , & qu'elle
y campoit dans la même pofition que le Prince.
Henri avoit occupée l'année précédente. Sur cette.
nouvelle , l'Armée reçut ordre de poursuivre fa
marche , & elle vint camper à Riefa , où le quartier
général fut établi . On fit le même jour quel
ques prifonniers aux Pruffiens, & l'on reçut un
grand nombre de déſerteurs.
Le Maréchal Prince de Deux Ponts alla reconnoître
, le 19 au matin , avec le Baron de Haddick
, la pofition des Pruffiens. Il remarqua qu'ils
Occupoient une étendue beaucoup plus confidérable
que leurs forces ne leur permettoient. Cette
circonftance le détermina à les attaquer dès le
lendemain.
On le mit en marche , à minuit , du Camp de
Riela fur quatre colonnes ; & l'on fut , avant le
jour , à la portée de l'ennemi. La principale attaque
fut dirigée contre le Corps qui occupoit les
retranchemens de la montagne de Dirrenberg,
& le foin en fut confié au Prince de Stolberg. Ce
Général, à la tête de la réſerve ſoutenue par les
Grenadiers & par les Régimens de Palavicini &
de Saxe-Gotha aux ordres du Général Comte de
Guafco , commença l'attaque au point du jour.
Notre artillerie fut fi bien fervie , que les bateries
des ennemis furent démontées en peu de
temps ; & en moins de demi heure , nous fumes
maîtres de ce pofte important. Les ennemis fe
replierent en défordre fur une hauteur qu'ils
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
avoient derriere eux . Ils firent pendant quelques
hêúres une vigoureuſe réſiſtance ; mais le Géné
ral de Kleefeld , qui étoit chargé d'une des atta
ques , les prit en flanc avec tant de vivacité , qu'il
les obligea d'abandonner ce fecond poſte. Ils le res
tirèrent dans les retranchemens de Strehla , laillant
fur le champ de bataille un grand nombre de
morts & de bleffés . Il étoit à peine huit heures du
matin, lorſque nos troupes remporterent ce fecond
avantage.
Cependant les ennemis occupoient en Force
leur Camp de Strehla. Pour en rendre l'accès plus
difficile , ils mirent le feu à deux villages qu'ils
avoient en avant. Mais lorfqu'ils virent qu'on fe
difpofoit à les attaquer , ils fe retirèrent du côté de
Torgau , à travers les bois & les défilés. Le Maréchal
Prince de Deux- Ponts détacha fur le champ
pour les pourfuivre fes troupes légères , foutenues
par quelques régimens de Cavalerie & de Dragons,
fous les ordres du Lieutenant Général Comte
de Lanthieri. La perte des ennemis n'eſt pas
encore conftatée ; mais on eftime qu'elle monte
à plus de deux mille hommes , & qu'elle eft au
moins double de la nôtre.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
Le 21 août, le Feld-Maréchal Prince de Deux-Ponts initia une offensive contre les Prussiens autour de Dresde. Il déploya le Prince de Stolberg avec la réserve à Keffeldorff et le Général de Weczey avec les troupes légères à Wilfdruff, étendant les postes jusqu'à Weiffdrop et Lamperfdorff. Le Général de Klééfeld, ayant marché de Freyberg à Auguftulberg, occupa Rosswein et Seligenstadt, forçant les Prussiens à se retirer de Nossen. Les 10 et 11 août, les Prussiens tentèrent d'attaquer les postes à Seligenstadt et Rosswein, mais furent repoussés. Le 12 août, l'armée reçut l'ordre de se préparer à marcher. Le 13 août, elle quitta Plawen pour Meissen et établit son camp près de Reiodorff. Les attaques contre les Prussiens furent couronnées de succès, les repoussant jusqu'aux faubourgs de Meissen. Le 14 août, les Prussiens furent délogés de plusieurs positions et se retirèrent dans leur camp retranché entre Lomatz et Meissen. Le 16 août, le Maréchal Prince de Deux-Ponts décida de couper les communications ennemies, forçant les Prussiens à se retirer. Le 17 août, l'armée occupa les hauteurs de Lomatz. Le 18 août, elle poursuivit les Prussiens en retraite jusqu'à Strehla. Le 19 août, le Maréchal reconnut la position ennemie et décida de les attaquer le lendemain. À minuit, l'armée se mit en marche et attaqua les Prussiens, les repoussant de plusieurs positions. Les Prussiens se retirèrent vers Torgau, laissant de lourdes pertes sur le champ de bataille.
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3622
p. 194-195
De BERLIN, le 20 Août.
Début :
Après l'avantage remporté le 15 de ce mois, par les [...]
Mots clefs :
Avantages, Corps, Général Laudon, Marche, Prince Henri, Armée prussienne, Mouvements des troupes, Maréchal Daun, Postes militaires, Occupation militaire
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texteReconnaissance textuelle : De BERLIN, le 20 Août.
De BERLIN , le 20 Août.
Après l'avantage remporté le 1s de ce mois ,
par les troupes de Sa Majefté fur le Corps du Gé
néral Laudon , elles marcherent fur Parchwitz ,
& elles y pafférent le défilé de ce nom , L'Armée
du Roi s'eft enfuite avancée juſqu'à Neumarek ,
d'où elle couvre Breslau , le Prince Henri eft audelà
de l'Oder , & il obſerve l'Armée Pruffienne
qui eft toujours campée dans les environs de Leu
bus & d'Auras. Le Général de Goltze eft chargé
de veiller , avec fon Corps, fur les mouvemens
des Troupes Ruffes, poftées près de Wohlau. Le
OCTOBRE.: 1760.
ت و ر
Maréchal Conte de Daun , informé de cette
marche , mit fon, Armée en mouvement. Elle
marcha fur Striegau , où elle arriva le même
jour. Le lendemain elle palla la riviere , & elle
vint camper fur les hauteurs de Groff- Poferitz.
Celles de Pirschenberg furent occupées par les
Grenadiers de l'Armée , pendant que le Baron de
Laudon prit pofte à Striegau , & le Prince de Lo
wenſtein à Wurben dans les environs de Schweid-
Laitz.
Après l'avantage remporté le 1s de ce mois ,
par les troupes de Sa Majefté fur le Corps du Gé
néral Laudon , elles marcherent fur Parchwitz ,
& elles y pafférent le défilé de ce nom , L'Armée
du Roi s'eft enfuite avancée juſqu'à Neumarek ,
d'où elle couvre Breslau , le Prince Henri eft audelà
de l'Oder , & il obſerve l'Armée Pruffienne
qui eft toujours campée dans les environs de Leu
bus & d'Auras. Le Général de Goltze eft chargé
de veiller , avec fon Corps, fur les mouvemens
des Troupes Ruffes, poftées près de Wohlau. Le
OCTOBRE.: 1760.
ت و ر
Maréchal Conte de Daun , informé de cette
marche , mit fon, Armée en mouvement. Elle
marcha fur Striegau , où elle arriva le même
jour. Le lendemain elle palla la riviere , & elle
vint camper fur les hauteurs de Groff- Poferitz.
Celles de Pirschenberg furent occupées par les
Grenadiers de l'Armée , pendant que le Baron de
Laudon prit pofte à Striegau , & le Prince de Lo
wenſtein à Wurben dans les environs de Schweid-
Laitz.
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Résumé : De BERLIN, le 20 Août.
Le 20 août 1760, les troupes prussiennes, après une victoire contre le général Laudon, avancèrent vers Parchwitz et franchirent le défilé du même nom. Elles se positionnèrent ensuite à Neumarek pour couvrir Breslau. Le prince Henri surveillait l'armée russe près de Leubus et d'Auras, tandis que le général de Goltze observait les mouvements russes près de Wohlau. En octobre 1760, le maréchal comte de Daun, informé de ces mouvements, déplaça son armée. Elle atteignit Striegau, traversa une rivière et campa sur les hauteurs de Gross-Pöseritz. Les grenadiers occupèrent les hauteurs de Pirschenberg, le baron de Laudon se positionna à Striegau et le prince de Löwenstein à Wurben, près de Schweidnitz.
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3623
p. 195
De HAMBOURG, le 23 Août.
Début :
Les Prussiens, à l'approche de l'Armée Suédoise, ont abandonné Demmin, [...]
Mots clefs :
Prussiens, Armée suédoise, Retraite, Prisonniers, Pillage, Landgrave
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texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 23 Août.
De HAMBOURG , le 23 Août.
Les Pruffiens , à l'approche de l'Armée Suédoife
, ont abandonné Demmin , & les Suédois y
font entrés. Ils font actuellement maîtres d'Anclam
; les Pruffiens ont perdu dans leur retraite
précipitée plus de foixante & dix chariots chargés
de farine , & on leur a fait quelques prifonniers.
Le Général Baron de Lantingshaufen a établi , le
21 de ce mois, ſon quartier général à Schmarzow.
La Ville de Brunfwick , où le Landgrave dé
Heffe faifoit fon féjour depuis quelque tems ,
n'étant plus un endroit affez für , ce Prince va
réfider à Lunebourg , où une partie de les gardes
selt déjà rendue.
Les Pruffiens , à l'approche de l'Armée Suédoife
, ont abandonné Demmin , & les Suédois y
font entrés. Ils font actuellement maîtres d'Anclam
; les Pruffiens ont perdu dans leur retraite
précipitée plus de foixante & dix chariots chargés
de farine , & on leur a fait quelques prifonniers.
Le Général Baron de Lantingshaufen a établi , le
21 de ce mois, ſon quartier général à Schmarzow.
La Ville de Brunfwick , où le Landgrave dé
Heffe faifoit fon féjour depuis quelque tems ,
n'étant plus un endroit affez für , ce Prince va
réfider à Lunebourg , où une partie de les gardes
selt déjà rendue.
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Résumé : De HAMBOURG, le 23 Août.
Le 23 août, les Suédois ont pris le contrôle de Demmin et Anclam après le retrait des Prussiens, qui ont perdu des chariots de farine et des prisonniers. Le 21 août, le général baron de Lantingshaufen a installé son quartier général à Schmarzow. Le landgrave de Hesse a quitté Brunswick pour Lunebourg.
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3624
p. 195-196
De LISBONNE, le 20 Août.
Début :
Le démêlés de notre Cour avec celle de Rome, loin de se terminer, s'aigriffent [...]
Mots clefs :
Tensions, Rome, Ordonnance, Pape, Marchandises, Prohibition, Bulle pontificale, Prisonniers, Infant
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texteReconnaissance textuelle : De LISBONNE, le 20 Août.
De LISBONNE , le 20 Août.
Les démêlés de notre Cour avec celle de Rome ,
loin de le terminer , s'aigriffent de jour en jour.
Sa Majesté a enjoint , par une ordonnance publiée
le 4 de ce mois , à tous les fujets de Sa Sainteté
de fortir de fon Royaume dans l'efpace de deux
mois. Elle a prohibé les marchandiſes qui viennent
de l'état Eccéfiaftique , & elle a défendu à
tous les fujets de folliciter à la Cour de Rome, ou,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'en recevoir aucune Bulle grace ou difpenfe
fans une permiffion expreffe du Bureau des Secrétaires
d'Etat .
On a amené de Brague à Oporto trois nou
yeaux prifonniers, qu'on dit être des Clercs du Palais
de l'Archevêque , frere du Roi . Les Infans
Don- Antoine & Don Jofeph , font renfermés
féparément dans deux hérmitages des jardins du
Couvent de Bolaco , autour defquels veille une
garde nombreule. On travaille à les enfermer de
hautes murailles , afin de mieux interdire toute
Communication .
Les démêlés de notre Cour avec celle de Rome ,
loin de le terminer , s'aigriffent de jour en jour.
Sa Majesté a enjoint , par une ordonnance publiée
le 4 de ce mois , à tous les fujets de Sa Sainteté
de fortir de fon Royaume dans l'efpace de deux
mois. Elle a prohibé les marchandiſes qui viennent
de l'état Eccéfiaftique , & elle a défendu à
tous les fujets de folliciter à la Cour de Rome, ou,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'en recevoir aucune Bulle grace ou difpenfe
fans une permiffion expreffe du Bureau des Secrétaires
d'Etat .
On a amené de Brague à Oporto trois nou
yeaux prifonniers, qu'on dit être des Clercs du Palais
de l'Archevêque , frere du Roi . Les Infans
Don- Antoine & Don Jofeph , font renfermés
féparément dans deux hérmitages des jardins du
Couvent de Bolaco , autour defquels veille une
garde nombreule. On travaille à les enfermer de
hautes murailles , afin de mieux interdire toute
Communication .
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Résumé : De LISBONNE, le 20 Août.
Le 20 août, à Lisbonne, les tensions entre le Portugal et Rome s'intensifient. Le roi a ordonné l'expulsion des sujets du pape et interdit les importations des États pontificaux. Trois clercs ont été transférés de Braga à Porto. Les infants Don Antoine et Don Joseph sont confinés dans des ermitages surveillés. Des murs sont construits pour empêcher toute communication extérieure.
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3625
p. 196
De ROME, le 9 Août.
Début :
Le Pape a déclaré qu'il destinoit la Rose-d'Or, qu'il bénit, suivant [...]
Mots clefs :
Pape, Rose d'Or, Coutume, Carême, Infante, Présent
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 9 Août.
De ROME, le 9 Août.
Le Pape a déclaré qu'il deſtinoit la Roſe-d'Or ,
qu'il bénit , fuivant la coutume , le premier Di
manche de Carême, à l'Infante- Habelle de Parme,
Ila nommé Don-Jean-Baptifte Rezzonico , l'un
de fes neveux , pour porter ce préfent à cette
Princeffe,
Le Pape a déclaré qu'il deſtinoit la Roſe-d'Or ,
qu'il bénit , fuivant la coutume , le premier Di
manche de Carême, à l'Infante- Habelle de Parme,
Ila nommé Don-Jean-Baptifte Rezzonico , l'un
de fes neveux , pour porter ce préfent à cette
Princeffe,
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3626
p. 196-197
De PARME, le 25 Août.
Début :
On fait ici de grands préparatifs, pour célébrer le mariage de [...]
Mots clefs :
Préparatifs , Mariage, Princesse Isabelle, Archiduc, Maréchal, Équipages, Fête
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texteReconnaissance textuelle : De PARME, le 25 Août.
De PARME le 25 Août.
On fait ici de grands préparatifs , pour célébrer
le mariage de la Princeffe Ifabelle , avec l'Archi-
Duc Jofeph. Une partie des magnifiques équipages
du Maréchal , Prince de Lichtenftein , eft arrivée
dans cette Ville . On apprend de Mantoue
que ce Prince y paffa le 21 de ce mois , & qu'il en
partit le lendemain , prenant la route de Milan,
On compte qu'il arrivera ici vers le commencement
du mois prochain. Le concours des étran
gers qui viennent pour affifier aux Fètes brillantes ,
qui feront données à l'occafion de ce mariage
très- nombreux . On commence à conſtruire à
OCTOBRE . 1780. 197
1
Gafal Maggiore , un pont fur le Pô , pour le
paffage de la future Archiducheffe , & de fa
fuite.:
On fait ici de grands préparatifs , pour célébrer
le mariage de la Princeffe Ifabelle , avec l'Archi-
Duc Jofeph. Une partie des magnifiques équipages
du Maréchal , Prince de Lichtenftein , eft arrivée
dans cette Ville . On apprend de Mantoue
que ce Prince y paffa le 21 de ce mois , & qu'il en
partit le lendemain , prenant la route de Milan,
On compte qu'il arrivera ici vers le commencement
du mois prochain. Le concours des étran
gers qui viennent pour affifier aux Fètes brillantes ,
qui feront données à l'occafion de ce mariage
très- nombreux . On commence à conſtruire à
OCTOBRE . 1780. 197
1
Gafal Maggiore , un pont fur le Pô , pour le
paffage de la future Archiducheffe , & de fa
fuite.:
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Résumé : De PARME, le 25 Août.
À Parme, des préparatifs sont en cours pour le mariage de la princesse Isabelle avec l'archiduc Joseph. Le prince de Lichtenstein est attendu début septembre. Des équipages somptueux sont arrivés et un pont sur le Pô est en construction pour le passage de l'archiduchesse. De nombreux étrangers sont attendus pour les festivités.
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3627
p. *197-197
De GENES, le 30 Août.
Début :
Le Doge, Mathieu Franzone, ayant rempli le temps ordinaire de cette [...]
Mots clefs :
Doge, Élection, Rébellion, Corse, Cardinal
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texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 30 Août.
De GENES le 30 Août
Le Doge , Mathieu Franzone, ayant rempli le
temps ordinaire de certe Dignité , la dépofa le
de ce mois , & il quitta le Palais Ducal pour retourner
en fon hôtel . On n'a pas encore procédé
àl'élection d'un nouveau Doge. Les révolutions en
Corfe , continuent toujours. On croit que le Cardinal
Spinola , qui doit paffer en cette Ville , en
revenant d'Espagne , eft chargé d'un projet d'accommodement
, qui pourra terminer nos diffi
cultés avec le S. Siége .
Le Doge , Mathieu Franzone, ayant rempli le
temps ordinaire de certe Dignité , la dépofa le
de ce mois , & il quitta le Palais Ducal pour retourner
en fon hôtel . On n'a pas encore procédé
àl'élection d'un nouveau Doge. Les révolutions en
Corfe , continuent toujours. On croit que le Cardinal
Spinola , qui doit paffer en cette Ville , en
revenant d'Espagne , eft chargé d'un projet d'accommodement
, qui pourra terminer nos diffi
cultés avec le S. Siége .
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3628
p. 197-199
De VERSAILLES, le 18 Septembre 1760.
Début :
Le 23 du mois dernier, on tira sur la terrasse, [...]
Mots clefs :
Comtesse, Feu d'artifice, Anniversaire, Duc de Berry, Monseigneur, Ministre d'État, Démission, Charge, Comte, Roi, Duc, Nominations, Députés, Clergé, Famille royale, Archevêque, Madame la Dauphine, Monseigneur le Dauphin, Ambassadeur, Contrat de mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 18 Septembre 1760.
De VERSAILLES , le 18 Septembre 1760.
Lis
5.
3
E23 du mois dernier , on tira fur la terraffe ,
par ordre de la Comtelle de Marfan , Gouvernante
des Enfans de France , un feu d'artifice pour l'anniverfaire
de la naiffance de Monfeigneur le Duc
de Berry. Monfeigneur le Duc de Bourgogne honora
de la préfence cette petite fête , & donna le
fignal pour tirer ce feu , qui fut parfaitement exé
cute par le fear Garnier , Artificier breveté du
Roi , pour Verfalles .
• Le fieur Rouillé ,-Miniftre d'Etat , ayant fup-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
plié le Roi de recevoir fa démiflion de la Charge
de Grand- Maître & Sur- Intendant Général des
Poftes & relais de France , Sa Majefté a réuni
cette Charge à celle de Miniftre & Secrétaire d'Etat
, au département des affaires étrangeres.
Le Roi a donné au Comte de Treffan , Lieutenant-
Général de fes armées , & Grand- Maréchal des Logisdu
Roi de Pologne , Ducde Lorraine & de Bar ,
Je Commandement de Bitche & de la Lorraine
Allemande , vacant par la mort du Comte de
Bombelles.
>
Le feur Hurfon , Confeiller Honoraire au
Parlement & ci - devant Intendant de la Martinique
, a été nommé par Sa Majefté , à la place
d'Intendant de la Marine à Toulon , vacante par
la mort du fieur Charron.
Le Roi a accordé au Comte de Jumilhac Saint
Jean , Moufquetaire de la premiere Compagnie,
un Guidon de la Gendarmerie , Compagnie de
Flandre.
Le 3 de Septembre , le Roi de Pologne , Duc
de Lorraine & de Bar , partit d'ici pour ſe rendre
à Luneville .
Le 4 , les Députés des Etats de Languedoc , eurent
Audience du Roi , Ils furent préſentés par le
Comte d'Eu , Gouverneur de la Province , & par
le Comte de Saint Florentin , Miniftre & Secré
taire d'Etat , & conduits par le fieur Defgranges ,
Maître des Cérémonies . La députation étoit compofée
; pour le Clergé , de l'Archevêque d'Albi ,.
qui porta la parole ; du Marquis de Calviffon ,
pour la Nobleffe ; des fieurs Guérin & Journet
pour le Tiers-Etat ; & du heur Joubert , Syndic
Général de la Province.
Les , le Roi , la Reine & la Famille Royale furent
en vifite chez Mademoiſelle de Sens , à l'oc
cafion de la mort de l'Abbeffe de Saint AntoineOCTOBRE
. 1760 , 199
Le , Monfeigneur le Duc de Berry fut remis
entre les mains des hommes , après les formalités
requifes à cette occafion. On tira le foir , dans
l'appartement de ce Prince , un feu d'artifice qui
fat exécuté par le fieur Garnier Artificier des
Enfans de France .
Le 9 , le fieur Pamphili , Archevêque de Colofle
, & Nonce du Pape , eur fa premiere Audience
particuliere de Sa Majefté , à laquelle il
fut conduit, ainfi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine ,
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne , de Monfeigneur
le Duc de Berry , de Monfeigneur le
Comte de Provence , de Monfeigneur le Comte
d'Artois , de Madame Adélaïde & de Mel
dames Victoire , Sophie , & Louiſe , par le feur
de la Live , Introducteur des Amballareurs.
X
Le 14 , le Roi , la Reine , & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage du Comte d'E
pinay , avec Demoiſelle de Sebeville.
Le 16 , Sa Majefté tint le Sceau.
Lis
5.
3
E23 du mois dernier , on tira fur la terraffe ,
par ordre de la Comtelle de Marfan , Gouvernante
des Enfans de France , un feu d'artifice pour l'anniverfaire
de la naiffance de Monfeigneur le Duc
de Berry. Monfeigneur le Duc de Bourgogne honora
de la préfence cette petite fête , & donna le
fignal pour tirer ce feu , qui fut parfaitement exé
cute par le fear Garnier , Artificier breveté du
Roi , pour Verfalles .
• Le fieur Rouillé ,-Miniftre d'Etat , ayant fup-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
plié le Roi de recevoir fa démiflion de la Charge
de Grand- Maître & Sur- Intendant Général des
Poftes & relais de France , Sa Majefté a réuni
cette Charge à celle de Miniftre & Secrétaire d'Etat
, au département des affaires étrangeres.
Le Roi a donné au Comte de Treffan , Lieutenant-
Général de fes armées , & Grand- Maréchal des Logisdu
Roi de Pologne , Ducde Lorraine & de Bar ,
Je Commandement de Bitche & de la Lorraine
Allemande , vacant par la mort du Comte de
Bombelles.
>
Le feur Hurfon , Confeiller Honoraire au
Parlement & ci - devant Intendant de la Martinique
, a été nommé par Sa Majefté , à la place
d'Intendant de la Marine à Toulon , vacante par
la mort du fieur Charron.
Le Roi a accordé au Comte de Jumilhac Saint
Jean , Moufquetaire de la premiere Compagnie,
un Guidon de la Gendarmerie , Compagnie de
Flandre.
Le 3 de Septembre , le Roi de Pologne , Duc
de Lorraine & de Bar , partit d'ici pour ſe rendre
à Luneville .
Le 4 , les Députés des Etats de Languedoc , eurent
Audience du Roi , Ils furent préſentés par le
Comte d'Eu , Gouverneur de la Province , & par
le Comte de Saint Florentin , Miniftre & Secré
taire d'Etat , & conduits par le fieur Defgranges ,
Maître des Cérémonies . La députation étoit compofée
; pour le Clergé , de l'Archevêque d'Albi ,.
qui porta la parole ; du Marquis de Calviffon ,
pour la Nobleffe ; des fieurs Guérin & Journet
pour le Tiers-Etat ; & du heur Joubert , Syndic
Général de la Province.
Les , le Roi , la Reine & la Famille Royale furent
en vifite chez Mademoiſelle de Sens , à l'oc
cafion de la mort de l'Abbeffe de Saint AntoineOCTOBRE
. 1760 , 199
Le , Monfeigneur le Duc de Berry fut remis
entre les mains des hommes , après les formalités
requifes à cette occafion. On tira le foir , dans
l'appartement de ce Prince , un feu d'artifice qui
fat exécuté par le fieur Garnier Artificier des
Enfans de France .
Le 9 , le fieur Pamphili , Archevêque de Colofle
, & Nonce du Pape , eur fa premiere Audience
particuliere de Sa Majefté , à laquelle il
fut conduit, ainfi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine ,
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne , de Monfeigneur
le Duc de Berry , de Monfeigneur le
Comte de Provence , de Monfeigneur le Comte
d'Artois , de Madame Adélaïde & de Mel
dames Victoire , Sophie , & Louiſe , par le feur
de la Live , Introducteur des Amballareurs.
X
Le 14 , le Roi , la Reine , & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage du Comte d'E
pinay , avec Demoiſelle de Sebeville.
Le 16 , Sa Majefté tint le Sceau.
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Résumé : De VERSAILLES, le 18 Septembre 1760.
Le 18 septembre 1760, un feu d'artifice fut organisé à Versailles pour célébrer l'anniversaire du Duc de Berry, en présence du Duc de Bourgogne. Cet événement fut dirigé par le sieur Garnier, artificier du Roi. Le sieur Rouillé, Ministre d'État, démissionna de ses fonctions de Grand-Maître et Surintendant général des Postes et relais de France, ainsi que de Ministre et Secrétaire d'État aux affaires étrangères. Le Roi nomma le Comte de Tressan au commandement de Bitche et de la Lorraine allemande, poste vacant après la mort du Comte de Bombelles. Le sieur Hurfon fut nommé Intendant de la Marine à Toulon, succédant au sieur Charron. Le Comte de Jumilhac Saint Jean reçut un guidon de la Gendarmerie. Le Roi de Pologne, Duc de Lorraine et de Bar, quitta Versailles pour Luneville le 3 septembre. Le 4 septembre, les députés des États de Languedoc furent reçus par le Roi, présentés par le Comte d'Eu et le Comte de Saint Florentin. Diverses visites et audiences eurent lieu, notamment celle de l'Archevêque de Colosse, Nonce du Pape, le 9 septembre. Le 14 septembre, le Roi et la famille royale signèrent le contrat de mariage du Comte d'Epinay avec Mademoiselle de Sévéville. Enfin, le Roi tint le Sceau le 16 septembre.
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3629
p. 199-200
De l'Armée, commandée par le Maréchal de Broglie, le 14 Septembre.
Début :
Cette Armée n'a pas encore fait de mouvement important, le quartier [...]
Mots clefs :
Armée, Mouvements des troupes, Quartier général, Prince Héréditaire de Brunswick, Régiments, Ville, Brigadier, Colonel, Retraite des ennemis, Prince de Condé, Escarmouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée, commandée par le Maréchal de Broglie, le 14 Septembre.
De l'Armée , commandée par le Maréchal de
Broglie, le 14 Septembre
Cette Armée n'a pas encore fait de mouvement
important, le quartier général eſt toujours
à Immenhaufen .
>
Le 6 de ce mois , à deux heures du matin , un
Corps de quatre à cinq mille hommes , commandé
par le Prince héréditaire de Brunfwick.
fe porta fur Zierenberg , petite Ville de la Heffe ,
à trois lieues de Cafel ; elle étoit occupée par les
deux Régimens des Volontaires du Dauphiné &
de Clermont. Les Grenadiers Anglois , ayant pénétré
dans la Ville , y firent trois cens foixante &
feize prifonniers tant de l'Infanterie que des Dra
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
gons , & une trentaine d'Officiers , parmi lesquels
fe trouvent le fieur de Nortmann , Brigadier , qur
commandoit cette Brigade, & le Sr. de Comeiras,
Colonel du Régiment des Volontaires de Clermont
; ces deux Officiers ont été bleffés . Le fieur
de Viomenil , qui a auffi été bleffé légérement ,
ayant raffemblé ce qui reftoit des deux Régimens,
a fuivi les ennemis dans leur retraite , & a repris
Pofte à Zierenberg ; il y a eu dans cette affaire environ
cinquanté hommes tués , tant du côté des
Anglois , que de celui des François .
Le 9 , le Prince de Condé, ayant à fes ordres
différens Corps de troupes , au nombre d'environ
quinze mille hommes commandés par les Marquis
de Saint Pern , de Poyanne & de Ségur , Lieutenans
Généraux , par le Prince de Robecq, Maréchal
de Camp , & par le Baron de Clozen , Brigadier
, ayant prévenu l'ennemi fur les hauteurs
voifines de Geifmar , fit un fourage avec le plus
grand fuccès. Il n'y a eu que quelques efcarmouches
dans lesquelles on a fait quelques prifonniers,
& on n'a eu qu'un Officier & fix ou fept hommes
de blétlés.
Broglie, le 14 Septembre
Cette Armée n'a pas encore fait de mouvement
important, le quartier général eſt toujours
à Immenhaufen .
>
Le 6 de ce mois , à deux heures du matin , un
Corps de quatre à cinq mille hommes , commandé
par le Prince héréditaire de Brunfwick.
fe porta fur Zierenberg , petite Ville de la Heffe ,
à trois lieues de Cafel ; elle étoit occupée par les
deux Régimens des Volontaires du Dauphiné &
de Clermont. Les Grenadiers Anglois , ayant pénétré
dans la Ville , y firent trois cens foixante &
feize prifonniers tant de l'Infanterie que des Dra
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
gons , & une trentaine d'Officiers , parmi lesquels
fe trouvent le fieur de Nortmann , Brigadier , qur
commandoit cette Brigade, & le Sr. de Comeiras,
Colonel du Régiment des Volontaires de Clermont
; ces deux Officiers ont été bleffés . Le fieur
de Viomenil , qui a auffi été bleffé légérement ,
ayant raffemblé ce qui reftoit des deux Régimens,
a fuivi les ennemis dans leur retraite , & a repris
Pofte à Zierenberg ; il y a eu dans cette affaire environ
cinquanté hommes tués , tant du côté des
Anglois , que de celui des François .
Le 9 , le Prince de Condé, ayant à fes ordres
différens Corps de troupes , au nombre d'environ
quinze mille hommes commandés par les Marquis
de Saint Pern , de Poyanne & de Ségur , Lieutenans
Généraux , par le Prince de Robecq, Maréchal
de Camp , & par le Baron de Clozen , Brigadier
, ayant prévenu l'ennemi fur les hauteurs
voifines de Geifmar , fit un fourage avec le plus
grand fuccès. Il n'y a eu que quelques efcarmouches
dans lesquelles on a fait quelques prifonniers,
& on n'a eu qu'un Officier & fix ou fept hommes
de blétlés.
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Résumé : De l'Armée, commandée par le Maréchal de Broglie, le 14 Septembre.
Le 14 septembre, l'armée du Maréchal de Broglie était stationnée à Immenhaufen sans mouvement significatif. Le 6 septembre, à 2 heures du matin, le Prince héréditaire de Brunswick attaqua Zierenberg avec 4 à 5 000 hommes. La ville, occupée par les régiments des Volontaires du Dauphiné et de Clermont, fut prise par les grenadiers anglais, qui capturèrent 362 prisonniers, dont une trentaine d'officiers. Parmi eux, les sieurs de Nortmann et de Comeiras furent blessés. Le sieur de Viomenil, également blessé, rassembla les survivants et reprit la position. Cette bataille fit environ cinquante morts des deux côtés. Le 9 septembre, le Prince de Condé, à la tête de 15 000 hommes, surprit l'ennemi près de Geismar. Cette opération, menée par les marquis de Saint Pern, de Poyanne et de Ségur, ainsi que le prince de Robecq et le baron de Clozen, fut couronnée de succès avec quelques escarmouches mineures et plusieurs blessés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3630
p. 200-204
De PARIS, le 20 Septembre.
Début :
Sa Majesté voulant mettre la Ville de Paris en état d'exécuter [...]
Mots clefs :
Embellissement, Ville, Revenus, Loterie, Lots, Royaume, Duc, Comte, Ministre, Audience du roi, Prince du sang, Nominations, Abbesse, Roi de Sardaigne, Traité, Liberté, Puissances, Provinces, Noblesse, Canada, Évêque de Québec, Décès, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 20 Septembre.
De PARIS , le 20 Septembre.
Sa Majesté voulant mettre la Ville de Paris en
état d'exécuter différentes entreprifes projettées
pour l'utilité & pour l'embélillement de cette Capitale
, fans intervertir la deſtination de fes revenus
ordinaires , fpécialement affectés au payement
des rentes & des autres Charges dont Elle eft
tenue , vient de lui accorder pour trois années ,
une loterie de 2400000 livres , qui fera renouvellée
& tirée tous les deux mois . Cette loterie
fera compolée decent mille billets, chacun du prix
de
24 liv. Il y aura dix mille lots , dont le pre
OCTOBRE . 1760. 201
nier fera de 150000 livres , le fecond de 100000 ,
& le troifiéme de 50000. Parmi les antres lots , il
y en aura deux de 3000 livres , quatre de 15000,
vingt de rooco , cinquante de 3000 , cent neuf
de 2000 , deux cens onze de rooo , fix cens deux
de soo . Les autres au nombre de huit mille neuf
cens quatre- vingt dix neuf , feront de roo liv . à
l'exception d'un qui fera de 200. On retiendra fur
lefdits lots , dix pour cent , pour les frais & pour
le bénéfice de la loterie. Sa Majefté permet à toutes
perfonnes de s'y intéreller , même aux étrangers
non naturalifés demeurant dans le Royaume ,
ou hors du Royaume , fans excepter les Sujets des
Puiffances avec lesquelles Elle eft actuellement , &
ou Elle pourroit être en guerre ; & Elle renonce
en leur faveur à tous droits de dèshérence , bâtardile
, &c. fur les billets de ladité loterie , & fur
les lots qui pourroient leur écheoir .
Le 25 du mois dernier , Fête de Saint Louis , le
Gorps de Ville alla à Verſailles , & ayant à la tête
le Duc de Chevreuſe , Gouverneur de Paris , il
eur Audience du Roi . Il fut préfenté à Sa Majeſé
par le Comte de Saint Florentin , Miniftre & Secrétaire
d'Etat , & conduit par le fieur Defgranges ,
Maître des Cérémonies. Le fieur Camus de Pontcarré
de Viarme , Prévôt des Marchands , & les
feurs Darlu & Boyer , nouveaux Echevins , prê
terent le ferment , dont le Comte de Saint Florentin
' fit l'a lecture , ainfi que du fcrutin qui fur
préfenté par le fieur de la Briffe , Avocat du Roi
au Châtelet. Le Corps de Ville eut enfuite l'honneur
de rendre les refpects à la Reine , & à la Fa
mille Royale.
Le niême jour , la proceffion des Carmes dut
Grand Couvent fe rendit , felon la coutume , à la
Chapelle du Palais des Tuileries , où ces Religieu
chanterent la Melle:
I w
202 MERCURE DE FRANCE.
On célébra le premier de ce mois , dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de Saint Denis , le Service annuel
pour le repos de l'ame de Louis XIV . L'Evêque
de Comminges y officia pontificalement.
Le Duc de Penthiévre , & le Prince de Lamballe y
affiftérent , ainfi que le Maréchal Duc de Noail
les , & plufieurs autres Seigneurs de la Cour.
>
P
Marie Gabrielle Eléonore de Bourbon Condé ,
Princelle du Sang , Abbeffe de l'Abbaye Royale
de Saint Antoine de Paris mourut à la Sauffaye
le 28 du mois dernier , âgée de 69 ans , 8 mois &
6 jours. Elle étoit fille aînée de Louis , Duc de
Bourbon-Condé , Prince du Sang , Grand- Maître
de la Maifon du Roi , & Gouverneur du Duché
de Bourgogne , & de Louife- Françoiſe de Bourbon
, légitimée de France , fille du feu Roi ,
morte le 6 Juin 1743. Cette Princeffe avoit fait
fa profeffion dans l'Abbaye de Fontevrault , le
20 Mai 1707 , & Sa Majesté l'avoit nommée Abbeffe
de l'Abbaye Royale de Saint Antoine , le
Mai 1723. Elle a été transférée du Couvent de la
Saulaye le 3 de ce mois , à l'Abbaye Royale de
Saint Antoine , où elle a été inhumée le même
jour , avec toutes les cérémonies dues à fon rang.
Son corps avoit été préfenté à la Supérieure par
l'Abbé de Citeaux. La Cour a pris le deuil le 5 ,
pour douze jours , à l'occafion de la mort de
cette Princeffe.
و ت
Sa Majesté a conclu avec le Roi de Sardaigne
un traité , portant une fixation exacte , générale
& définitive des limites , qui doivent déformais
féparer leurs Etats , depuis la fortie du Rhône des
Terres de la Répub ique de Genève , juſqu'à l'em➡
bouchure du Var . Par ce traité , la Ville de Che
zery , fituće en-deçà du Rhône , ainsi que fes ap
partenances , depuis le pont de Grefin , jufqu'aux
OCTOBRE. 1760. 203
confins de la Franche-Comté , font cédées à la
France ; & en échange , une partie de la vallée
de Seiffel , & divers territoires fitués au- delà đu
Rhône , font réunis à la Savoye. La Provence acquiert
par cette fixation , quelques territoires ; &
quelques autres , ci -devant de la domination Francoife
, font cédés au Roi de Sardaigne . Et pour.ci
menter de plus en plus l'union & la correfpondance
, que les deux Rois defirent voir regner entre
leurs Sujets refpectifs , ils renoncent pour l'avenir
au droit d'Aubaine , & à tous autres qui
pourroient être contraires à la liberté des fucceffions
& difpofitions réciproques pour tous less
Etats des deux Puiffances , y compris les Duchés
de Lorraine & de Bar. Par le même traité , la
Nobleffe des Provinces de Breffe, Bugey , Valro
mey & Gex , eft confervée dans fes exemptions
relativement aux biens qu'elle poffède en Savoye
dès l'année 1738 ; & les mêmes priviléges font
affurés à la Nobleffe de Savoye , pour les biens
qu'elle pofféde dans les Provinces fufdites , dès la
même date. La même réciprocité d'exemptions:
aura lieu, à l'égard de la Nobleffe des Terres qui
viennent d'être échangées , & pour les biens:
qu'elle pofféde en franchife , à la date de ce traité..
Cette réciprocité d'exemptions n'aura lieu néanmoins
, à l'égard de la Nobleffe du Dauphiné &
de Savoye, qu'en faveur de ceux qui feront preuve
de Noblefle & de poffeffion fucceffive , dès le
Commencement de l'année 1600. Il eſt ſtipulé
par un autre article , que les hypothéques établiss
dans un des deux Etats , auront lieu dans l'autre ,,
& que les Cours Supérieures déféreront de part &
d'autre , aux réquifitoires qui leur ferontadreffés.
Ce traité été conclu & figné à Turin le 24
Mars de cette année , & ratifié par Sa Majesté le
10 du mois de Juillet.
On a appris par des Lettres du Canada dir moiss
Lvj
204 MERCURE DE FRANCE
dernier , que l'Evêque de Quebec étoit mort à
Montréal le 9 Juin ; il eft univerfellement regretté.
Ces mêmes Lettres ajoutent , que le Général
Amherst étoit retenu au Fort Saint Frederic,,
à caufe des Chiroquois , qui menaçoient les colonies
Angloifes; & que le Général Murray,Gouverneur
de Quebec , qui s'étoit avancé jusqu'au
Richelieu , avoit été battu au mois de Juillet dernier
par les Canadiens , joints aux troupes de la
colonie, commandées par le fieur Repantigny..
Le tirage de la loterie de l'Ecole Royale mili
taire , s'eft fait en la maniere accoutumée , dans
l'Hôtel de Ville de Paris , le 6. Les numeros qui:
font fortis de la roue de fortune , font 62 , 89, 28,
30 , 38. Le prochain tirage fe fera le 7 du mois .
d'Octobre..
Sa Majesté voulant mettre la Ville de Paris en
état d'exécuter différentes entreprifes projettées
pour l'utilité & pour l'embélillement de cette Capitale
, fans intervertir la deſtination de fes revenus
ordinaires , fpécialement affectés au payement
des rentes & des autres Charges dont Elle eft
tenue , vient de lui accorder pour trois années ,
une loterie de 2400000 livres , qui fera renouvellée
& tirée tous les deux mois . Cette loterie
fera compolée decent mille billets, chacun du prix
de
24 liv. Il y aura dix mille lots , dont le pre
OCTOBRE . 1760. 201
nier fera de 150000 livres , le fecond de 100000 ,
& le troifiéme de 50000. Parmi les antres lots , il
y en aura deux de 3000 livres , quatre de 15000,
vingt de rooco , cinquante de 3000 , cent neuf
de 2000 , deux cens onze de rooo , fix cens deux
de soo . Les autres au nombre de huit mille neuf
cens quatre- vingt dix neuf , feront de roo liv . à
l'exception d'un qui fera de 200. On retiendra fur
lefdits lots , dix pour cent , pour les frais & pour
le bénéfice de la loterie. Sa Majefté permet à toutes
perfonnes de s'y intéreller , même aux étrangers
non naturalifés demeurant dans le Royaume ,
ou hors du Royaume , fans excepter les Sujets des
Puiffances avec lesquelles Elle eft actuellement , &
ou Elle pourroit être en guerre ; & Elle renonce
en leur faveur à tous droits de dèshérence , bâtardile
, &c. fur les billets de ladité loterie , & fur
les lots qui pourroient leur écheoir .
Le 25 du mois dernier , Fête de Saint Louis , le
Gorps de Ville alla à Verſailles , & ayant à la tête
le Duc de Chevreuſe , Gouverneur de Paris , il
eur Audience du Roi . Il fut préfenté à Sa Majeſé
par le Comte de Saint Florentin , Miniftre & Secrétaire
d'Etat , & conduit par le fieur Defgranges ,
Maître des Cérémonies. Le fieur Camus de Pontcarré
de Viarme , Prévôt des Marchands , & les
feurs Darlu & Boyer , nouveaux Echevins , prê
terent le ferment , dont le Comte de Saint Florentin
' fit l'a lecture , ainfi que du fcrutin qui fur
préfenté par le fieur de la Briffe , Avocat du Roi
au Châtelet. Le Corps de Ville eut enfuite l'honneur
de rendre les refpects à la Reine , & à la Fa
mille Royale.
Le niême jour , la proceffion des Carmes dut
Grand Couvent fe rendit , felon la coutume , à la
Chapelle du Palais des Tuileries , où ces Religieu
chanterent la Melle:
I w
202 MERCURE DE FRANCE.
On célébra le premier de ce mois , dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de Saint Denis , le Service annuel
pour le repos de l'ame de Louis XIV . L'Evêque
de Comminges y officia pontificalement.
Le Duc de Penthiévre , & le Prince de Lamballe y
affiftérent , ainfi que le Maréchal Duc de Noail
les , & plufieurs autres Seigneurs de la Cour.
>
P
Marie Gabrielle Eléonore de Bourbon Condé ,
Princelle du Sang , Abbeffe de l'Abbaye Royale
de Saint Antoine de Paris mourut à la Sauffaye
le 28 du mois dernier , âgée de 69 ans , 8 mois &
6 jours. Elle étoit fille aînée de Louis , Duc de
Bourbon-Condé , Prince du Sang , Grand- Maître
de la Maifon du Roi , & Gouverneur du Duché
de Bourgogne , & de Louife- Françoiſe de Bourbon
, légitimée de France , fille du feu Roi ,
morte le 6 Juin 1743. Cette Princeffe avoit fait
fa profeffion dans l'Abbaye de Fontevrault , le
20 Mai 1707 , & Sa Majesté l'avoit nommée Abbeffe
de l'Abbaye Royale de Saint Antoine , le
Mai 1723. Elle a été transférée du Couvent de la
Saulaye le 3 de ce mois , à l'Abbaye Royale de
Saint Antoine , où elle a été inhumée le même
jour , avec toutes les cérémonies dues à fon rang.
Son corps avoit été préfenté à la Supérieure par
l'Abbé de Citeaux. La Cour a pris le deuil le 5 ,
pour douze jours , à l'occafion de la mort de
cette Princeffe.
و ت
Sa Majesté a conclu avec le Roi de Sardaigne
un traité , portant une fixation exacte , générale
& définitive des limites , qui doivent déformais
féparer leurs Etats , depuis la fortie du Rhône des
Terres de la Répub ique de Genève , juſqu'à l'em➡
bouchure du Var . Par ce traité , la Ville de Che
zery , fituće en-deçà du Rhône , ainsi que fes ap
partenances , depuis le pont de Grefin , jufqu'aux
OCTOBRE. 1760. 203
confins de la Franche-Comté , font cédées à la
France ; & en échange , une partie de la vallée
de Seiffel , & divers territoires fitués au- delà đu
Rhône , font réunis à la Savoye. La Provence acquiert
par cette fixation , quelques territoires ; &
quelques autres , ci -devant de la domination Francoife
, font cédés au Roi de Sardaigne . Et pour.ci
menter de plus en plus l'union & la correfpondance
, que les deux Rois defirent voir regner entre
leurs Sujets refpectifs , ils renoncent pour l'avenir
au droit d'Aubaine , & à tous autres qui
pourroient être contraires à la liberté des fucceffions
& difpofitions réciproques pour tous less
Etats des deux Puiffances , y compris les Duchés
de Lorraine & de Bar. Par le même traité , la
Nobleffe des Provinces de Breffe, Bugey , Valro
mey & Gex , eft confervée dans fes exemptions
relativement aux biens qu'elle poffède en Savoye
dès l'année 1738 ; & les mêmes priviléges font
affurés à la Nobleffe de Savoye , pour les biens
qu'elle pofféde dans les Provinces fufdites , dès la
même date. La même réciprocité d'exemptions:
aura lieu, à l'égard de la Nobleffe des Terres qui
viennent d'être échangées , & pour les biens:
qu'elle pofféde en franchife , à la date de ce traité..
Cette réciprocité d'exemptions n'aura lieu néanmoins
, à l'égard de la Nobleffe du Dauphiné &
de Savoye, qu'en faveur de ceux qui feront preuve
de Noblefle & de poffeffion fucceffive , dès le
Commencement de l'année 1600. Il eſt ſtipulé
par un autre article , que les hypothéques établiss
dans un des deux Etats , auront lieu dans l'autre ,,
& que les Cours Supérieures déféreront de part &
d'autre , aux réquifitoires qui leur ferontadreffés.
Ce traité été conclu & figné à Turin le 24
Mars de cette année , & ratifié par Sa Majesté le
10 du mois de Juillet.
On a appris par des Lettres du Canada dir moiss
Lvj
204 MERCURE DE FRANCE
dernier , que l'Evêque de Quebec étoit mort à
Montréal le 9 Juin ; il eft univerfellement regretté.
Ces mêmes Lettres ajoutent , que le Général
Amherst étoit retenu au Fort Saint Frederic,,
à caufe des Chiroquois , qui menaçoient les colonies
Angloifes; & que le Général Murray,Gouverneur
de Quebec , qui s'étoit avancé jusqu'au
Richelieu , avoit été battu au mois de Juillet dernier
par les Canadiens , joints aux troupes de la
colonie, commandées par le fieur Repantigny..
Le tirage de la loterie de l'Ecole Royale mili
taire , s'eft fait en la maniere accoutumée , dans
l'Hôtel de Ville de Paris , le 6. Les numeros qui:
font fortis de la roue de fortune , font 62 , 89, 28,
30 , 38. Le prochain tirage fe fera le 7 du mois .
d'Octobre..
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Résumé : De PARIS, le 20 Septembre.
Le 20 septembre, le roi de France a instauré une loterie de 2 400 000 livres, renouvelée et tirée tous les deux mois pendant trois ans. Cette loterie, composée de 10 000 billets à 24 livres chacun, offre 10 000 lots, dont les principaux sont de 150 000, 100 000 et 50 000 livres. Les autres lots varient de 3 000 à 100 livres, avec une retenue de 10 % pour les frais et le bénéfice. Tous les résidents, y compris les étrangers non naturalisés, peuvent participer, sauf les sujets des puissances en guerre avec la France. Le 25 août, à la fête de Saint Louis, le corps de ville de Paris s'est rendu à Versailles pour une audience royale. Le duc de Chevreuse, gouverneur de Paris, a conduit la délégation, qui a prêté serment en présence du roi et de la famille royale. Le 1er octobre, un service annuel pour le repos de l'âme de Louis XIV a été célébré à l'abbaye royale de Saint-Denis, avec la participation de plusieurs personnalités de la cour. Marie Gabrielle Eléonore de Bourbon Condé, princesse du sang et abbesse de l'abbaye royale de Saint-Antoine de Paris, est décédée le 28 août à l'âge de 69 ans. Elle a été inhumée à l'abbaye royale de Saint-Antoine après une cérémonie appropriée à son rang. La cour a observé un deuil de douze jours à cette occasion. La France a conclu un traité avec le roi de Sardaigne fixant les limites entre leurs États, depuis le Rhône jusqu'à l'embouchure du Var. Ce traité prévoit des échanges territoriaux, notamment la cession de la ville de Chezery à la France et de territoires en Savoie. Les deux rois ont également renoncé au droit d'aubaine et assuré des exemptions réciproques pour les nobles des deux pays. Le traité a été signé à Turin le 24 mars et ratifié par le roi de France le 10 juillet. Des nouvelles du Canada indiquent la mort de l'évêque de Québec à Montréal le 9 juin. Le général Amherst était retenu au Fort Saint Frédéric en raison des menaces des Chiroquois, tandis que le général Murray, gouverneur de Québec, a été battu par les Canadiens et les troupes coloniales en juillet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3631
p. 179-180
De VIENNE, le 20 Septembre.
Début :
Selon les nouvelles de Constantinople, la révolte du Pacha d'Iconium [...]
Mots clefs :
Révolte, Pacha , Grand seigneur, Fêtes, Mariage, Comte, Concert, Repas, Bal, Procession, Commémorations, Siège, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 20 Septembre.
De VIENNE , le 20 Septembre."
SELON
ELON les nouvelles de Conftantinople , la révolte
du Pacha d'Iconium commence à donner de
l'inquiétude au Divan. Ce Pacha , à la tête de
quinze mille hommes , s'eft mis en marche de fon
Gouvernement vers cette Capitale . On prétend
que le Grand-Seigneur la fait allurer de la grâce
s'il rentroit dans fon devoir ; mais on ne croit pas
que ce Rebelle fe laiffe prendre à ce piege , & il
faudra employer la force pour le foumettre .
Les fêtes préparées pour le mariage de l'Archi-
Duc Jofeph avec l'Infante Ifabelle , viennent de
commencer. La nouvelle de la conclufion de ce
mariage fut apportée le 14 de ce mois , par le
Comte de Kaunitz-Rittberg , Chambellan de leurs
Majeftés Impériales , fils aîné du Comte de ce
nom , Chancelier de Cour & d'Etat ; la Cour ſe
mit , à cette occafion , en grand gala pour trois
jours , & leurs Majeftés Impériales furent compli
mentées par les Ambaffadeurs & les Miniftres,
étrangers , ainfi que par la haute Nobleffe. Elles
dînerent enfuite en Public avec les Archiducs Jofeph
, Charles & Léopold , quatre des Archidscheffes
, & avec le Prince Charles & la Princeffe
Charlotte de Lorraine. On exécuta un beau Concert
pendant le repas. Le foir , il y eur un bal paré
qui fut fuivi d'un grand fouper. Le matin , Leurs
Majeftés Impériales , accompagnées de l'Archiduc
Jofeph , avoient affifté à la Proceffion qui fe fait
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
annnellement , en mémoire de la levée du Siége
de cette Capitale , par les Turcs en 1683. L'Artillerie
des remparts fit une triple falve , à chacune
defquelles la Garniſon répondit par le feu de fa
Moufquetterie.
Le Comte de Palfi , Général d'Infanterie , fut
déclaré, le même jour, Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps , formée par le Royaume de
Hongrie, pour
la Garde de l'Archiduc & de l'Archiduchelle
.
On a reçu
de Parme , le détail fuivant des cérémonies
qui ont été faites , à l'occafion du Mariage
de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante Ifabelle.
SELON
ELON les nouvelles de Conftantinople , la révolte
du Pacha d'Iconium commence à donner de
l'inquiétude au Divan. Ce Pacha , à la tête de
quinze mille hommes , s'eft mis en marche de fon
Gouvernement vers cette Capitale . On prétend
que le Grand-Seigneur la fait allurer de la grâce
s'il rentroit dans fon devoir ; mais on ne croit pas
que ce Rebelle fe laiffe prendre à ce piege , & il
faudra employer la force pour le foumettre .
Les fêtes préparées pour le mariage de l'Archi-
Duc Jofeph avec l'Infante Ifabelle , viennent de
commencer. La nouvelle de la conclufion de ce
mariage fut apportée le 14 de ce mois , par le
Comte de Kaunitz-Rittberg , Chambellan de leurs
Majeftés Impériales , fils aîné du Comte de ce
nom , Chancelier de Cour & d'Etat ; la Cour ſe
mit , à cette occafion , en grand gala pour trois
jours , & leurs Majeftés Impériales furent compli
mentées par les Ambaffadeurs & les Miniftres,
étrangers , ainfi que par la haute Nobleffe. Elles
dînerent enfuite en Public avec les Archiducs Jofeph
, Charles & Léopold , quatre des Archidscheffes
, & avec le Prince Charles & la Princeffe
Charlotte de Lorraine. On exécuta un beau Concert
pendant le repas. Le foir , il y eur un bal paré
qui fut fuivi d'un grand fouper. Le matin , Leurs
Majeftés Impériales , accompagnées de l'Archiduc
Jofeph , avoient affifté à la Proceffion qui fe fait
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
annnellement , en mémoire de la levée du Siége
de cette Capitale , par les Turcs en 1683. L'Artillerie
des remparts fit une triple falve , à chacune
defquelles la Garniſon répondit par le feu de fa
Moufquetterie.
Le Comte de Palfi , Général d'Infanterie , fut
déclaré, le même jour, Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps , formée par le Royaume de
Hongrie, pour
la Garde de l'Archiduc & de l'Archiduchelle
.
On a reçu
de Parme , le détail fuivant des cérémonies
qui ont été faites , à l'occafion du Mariage
de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante Ifabelle.
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Résumé : De VIENNE, le 20 Septembre.
Le 20 septembre, des nouvelles de Constantinople signalent une révolte du Pacha d'Iconium, qui inquiète le Divan. À la tête de quinze mille hommes, ce Pacha avance vers la capitale. Le Grand-Seigneur lui propose la grâce s'il se soumet, mais son acceptation est incertaine, rendant une intervention militaire possible. À Vienne, les festivités pour le mariage de l'Archiduc Joseph avec l'Infante Isabelle ont débuté. La nouvelle du mariage a été annoncée le 14 septembre par le Comte de Kaunitz-Rittberg. La cour s'est mise en grand gala pendant trois jours, avec des compliments des ambassadeurs, ministres étrangers et haute noblesse. Un dîner public, un concert et un bal ont suivi. Le matin, les Majestés Impériales ont assisté à une procession commémorant la levée du siège de Vienne par les Turcs en 1683. Le Comte de Palfi a été nommé Capitaine de la Compagnie des Gardes du Corps hongrois pour la garde de l'Archiduc et de l'Archiduchesse. Des détails des cérémonies du mariage à Parme ont également été reçus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3632
p. 180-186
DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
Début :
M. le Prince de Lichtenstein arriva à Parme le 1 Septembre ; [...]
Mots clefs :
Prince du Lichtenstein, Infant, Audience, Palais, Prince Ferdinand , Ministres, Officiers, Audience publique, Comte, Marquis, Valets, Honneurs, Carosse, Bataillons, Armes, Pages, Dames, Noblesse, Empereur, Gentilshommes, Opéra, Infante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
DETAIL de tout ce qui s'eft paffé depuis l'arrivée
de M. le Prince de LICHTENSTEIN jufqu'au 4 .
M. le Prince de Lichtenſtein arriva à Parme le
1 Septembre ; auflitôt après , il fit informer M.
Dutillot , par un de fes Gentilshommes.
M. Dutillot fe tranfporta chez lui , & lui donna
l'heure que l'Infant avoit fixé pour fon audience
particuliere.
Cette audience fut le lendemain à midi & demi;
M.Dutillot alla prendre M. le Prince de Lichtenftein
au Palais Palavicini où il eſt logé , & l'amena
chez l'Infant , il le conduifit enfuite chez le Prince
Ferdinand , de là à l'appartement de Madame
Infante Ifabelle , où le trouva auffi Madame Louiſe ..
M.le Prince de Lichtenſtein, fut au fortir du Palais
, rendre la vifire à M. Dutillot ; fortit de chez
Ge Miniftre , & y revint dîner avec les Miniftres de
France , d'Espagne , de Turin , de Gènes & de
Malte ; M. le Comte de Neuilly , M le Bailli de
Breteuil , M. l'Abbé de Canillac & M. le Comte
de Mercy . Il amena avec lui les huit Chambellans
qui l'ont accompagné , & deux Officiers Majors..
OCTOBRE. 1760. 185
M. Dutillot avoit invité le Capitaine & le Major
des Gardes du Corps , le grand Ecuyer & le premier
Ecuyer de l'Infant , le Gouverneur du Frince
Ferdinand , des Gentilshommes de la Chambre ,
des Majordomes , des Dames du Palais , M. l'Evêque
de Plaifance , frere du feu Chancelier Criftiani
chargé par l'Infant , à caufe de la mort de
l'Evêque de Parme , de la cérémonie du mariage )
& quelques Perfonnes de la premiere Nobleffe du
Pays.
Après le dîner , M. de Lichtenftein retourna à
fon Hôtel , où il reçut des vifites .
Le troifiéme jour fixé pour l'Audience publique,
M. le Comte Peroli , Introducteur, partit du
Palais à onze heures & demie , dans un caroffe
de l'Infant attelé à huit chevaux ; ce caroffe étoit
précédé par un autre à fix chevaux ( vuide ) , &
fuivi par trois autres attelés à huit chevaux ; dans
chacun de ces caroffes , étoit un Majordome.
Un Officier de l'Ecurie étoit à cheval à la tête
de ce Cortége ; douze Valets de pied étoient fur
deux files aux deux côtés de la voiture de l'Infant
, où étoit M. l'Introducteur , trois derriere ce
carofie , & deux derriere chacun des autres .
Deux Palfreniers à cheval ſuivoient l'Officier
de l'Ecurie
M. le Comte Peroli fut dans cet ordre prendre
chez lui M. le Marquis Palavicini , premier Gentilhomme
de la Chambre , que l'Infant avoir
chargé de faire les honneurs à M. le Prince de
Lichtenſtein .
M. de Palavicini monta dans le même caroffe ,
dans lequel étoit venu M. le Comte Peroli ; ce
dernier lui donna la droite.
Ils furent dans le même ordre chez M. le Prin
ce de Lichtenſtein.
Ils monterent l'efcalier , fuivis des trois Majordomes
qui les avoient accompagnés : les
182 MERCURE DE FRANCE. 1
douze valets de pieds fuivoient fur deux files.
M. le Prince de Lichtenſtein étoit venu au-devant
d'eux, & avoit defcendu deux marches; il les conduifitjufques
à la chambre. MM . les Majordomest
refterent à la piéce la plus voisine de cette chambre
, où ils entrerent un moment après M. de
Palavicini & M. Peroli , à qui M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait partout les honneurs des
Portes.
On defcendit de chez M. le Prince , qui fit
toujours les honneurs à M. de Palavicini jufques
au bas de fon efcalier ; où étant arrivé , M. de
Palavicini lui fit les honneurs du caroffe , il y
monta , fe plaça feul dans le fond , M. de Pałavicini
fur le devant à droite , M. Peroli à gauche.
MM. les Majordomes firent également les
bonneurs des caroffes de l'Infant dans lesquels
ils étoient venus , aux huit Chambellans .
On fe mit en marche dans l'ordre fuivant :
Un Officier de l'Ecurie de l'Infant , & deur
Palfreniers à cheval.
Le caroffe de M. l'Introducteur , à fix chevaux ,
vuide.
Deux Suiffes , de M. le Prince de Lichtenſtein ,
à cheval.
24 Valets de pied.
6 Coureurs.
6 Heyducs.
12 Palfreniers , tenant chacun un cheval par la
bride.
9 Officiers , de la Maifon de M. le Prince , à
cheval.
Son Ecuyer.
& Pages, dont deux Hongrois, & fix Allemands
Quatre Gentilshommes.
Le caroffe de l'Infant , où étoit M. le Prince de
Lichtenſtein , M. de Palavicini & M. Peroli , 1 %
Valets de pied de l'Infant aux deux côtés.
OCTOBRE . 1760 . 184
Un grand caroffe d'entrée , à M. le Prince,
attelé à 8 chevaux.
Les trois caroffes de l'Infant , dont les Majordomes
faifoient les honneurs.
A une diſtance de 30 ou 40 pas , trois autres
carolles , à M. le Prince de Lichtenſtein , attelés à
huit chevaux .
Les rues étoient bordées , depuis l'Hôtel Palavicini
jufques au Palais , par les deux Bataillons du
Régiment de Parme habillés de neuf, à-peu-près
comme le Corps des Grenadiers de France
douze Compagnies de Grenadiers.
> &
Les Troupes préfentoient les armes , les tambours
rappelloient , & les Officiers ont falué du
chapeau .
La Garde du Palais étoit formée devant la
porte; elle préfentoit les armes ; les tambours rappelloient
, & les Officiers ont falué du chapeau.
12 Suifles des Portes étoient fous la voute de
l'entrée du Palais.
80 Hallebardiers de la Garde de S. A. R. bordoient
l'escalier fur deux files, depuis la premiere
marche juſques au pallier d'en- haut ; & les deux
portes qui donnent de ce pallier à l'appartement
de l'Infant & à celui de Madame Ifabelle , étoient
gardées par quatre de ces mêmes Hallebardiers ,
la hallebarde fur l'épaule.
M. Le Comte Rimbaldefi, Maître des Cérémonies,
vint recevoir M. le Prince au bas de l'efcalier
& marcha devant lui.
La Livrée de l'Infant précédoit fur deux files ;
celle de M. le Prince fuivoit ce Seigneur , qui mar
choit entre M. le Marquis Palavicini & l'Introducteur.
La Livrée de M. le Prince s'arrêta dans deur
anti-falles avec celle de l'Infant ; deux Suiffes de la
porte empêchoient celle des particuliers d'y entrer,
184 MERCURE DE FRANCE.
M. le Prince de Lichtenstein , toujours précédé
par le Maître des Cérémonies , & ayant M. de Pala
vicini à fa droite & l'Introducteur à ſa gauche, traverfa
la Salle des Gardes : les Gardes du Corps
étoient fous les armes. Le Capitaine des Gardes le
reçut à la porte de la Salle en dedans, prit la place
de M. l'Introducteur à côté de lui , & marcha
ainfi à toutes les Audiences. L'Introducteur s'étoit
avancé d'un pas , & marchoit à côté du Maître
des Cérémonies . M. le Prince étoit précédé par
les Officiers de fa Maiſon qui s'arrêterent dans la
prémiere antichambre après la Salle des Gardes ,
par les Pages qui s'arrêterent dans l'antichambre
après celle où étoient reftés les Officiers de fa
Maifon , & avant celle où étoient les Pages de
S. A. R. par fes quatre Gentilshommes qui entrerentjufques
dans la piéce du Sallon de l'Audience
de l'Infant ; & par les huit Chambellans de l'Empereur
qui les précédérent jufques aux pieds , da
Throne .
Toutes les Dames de la Nobleffe du Pays &
Etrangeres , s'étoient rendues le matin chez Madame
Ifabelle .
La Nobleffe de l'Etat , les Seigneurs les plus
diftingués d'Italie , & l'Infant , étoient placés autour
de fon thrône , & rempliffoient douze Piéces
que traverfa M. le Prince de Lichtenftein , depuis
celle où s'étoient arrêtés fes Pages juſques à la
porte de la Salle de l'Audience.
Certe Salle eft , très-vaffe , & avoit été richement
& galamment ornée ; le dais de l'Infant étoit au
fond , vis-à-vis de la porte , par où entra M. le
Prince de Lichtenftein .
Au moment où ce Seigneur parut dans la Salle,
S. A. R. fe leva du fauteuil , ou il étoit affis , falua
M. le Prince de Lichtenftein & remit fon chapeau.
M.le Prince fe couvrit , & expola l'objet de fa
million..
OCTOBRE. 1760. r&'s
M. le Comte de S. Vital fut envoyé , avec deux
Gentilshommes de la Chambre , & deux Majordomes
prendre Madame Infante Ifabelle dans fon
appartement. Elle entra dans la Salle d'audience
par une porte pratiquée à côté du dais, précédée des
perfonnes qui avoient été envoyées pour la chercher
, & fuivie par Madame de Gonzales , Madame
la Comteffe de Siffa , & cing Dames du Palais.
M. le Prince de Lichtenſtein s'adreſſant à Madame
Infante Ifabelle , lui répéta la demande qu'il
avoit faite à S. A. R. Madame fe tourna du côté de
l'Infant , comme pour lui demander fon approbation
; après quoi elle répondit à M. le Prince de
Lichtenſtein , & reçut de lui une Lettre de la main
de l'Archiduc , & le portrait de ce Prince ; enfuite
elle fe retira dans fon appartement.
L'Infant & M. le Prince de Lichtenstein resterent
découverts , tout le tems que Madame Infante
Ifabelle refta dans la Salle .
M. le Prince de Lichtenftein préfenta à l'Infant
Les huit Chambellans de l'Empereur.
M. le Prince de Lichtenſtein forrit de l'audience
de l'Infant dans le même ordre qu'il yétoit entré ,
& marcha dans ce même ordre à celle du Prince
Ferdinand ; le cérémonial y fut obfervé comme à
celle de l'Infant.
M. le Prince de Lichtenstein paffa de cette audience
à celle de Madame Infante Ifabelle. Tour y
fut obfervé comme aux précédentes, excepté que M.
le Prince ne fe couvrit qu'un moment , ôta fon chapeau
, & refta découvert julques à ce qu'il fortît.
Il paffa à l'Audience de Madame Louife où tout
fut exactement obfervé comme à celle de Madame
Infante Iíabelle.
Il fut conduit enfuite dans l'appartement qui
lui avoit été préparé à la Cour , par M. de Palavicini,
M. l'Introducteur & le Maître des Cérémo186
MERCURE DE FRANCE.
nies.Il y fut fuivi par quantité de Nobleſſe .
M. de Lichtenſtein arrivé dans cet appartement
, y fut vifité par un Gentilhomme de la
Chambre de la part dé l'Infant.
Un moment après , M. le Comte de S. Vital ,
fur auffi lui annoncer que S. A. R. le faifoit
traiter. Il lui préſenta en même- tems le Majordome
, le Comte de S. Vital , le Capitaine des
Gardes , le Gouverneur du Prince Ferdinand ,
des Gentilshommes de la Chambre , le Maître
des Cérémonies , l'Introducteur , quatre Chambellans
de l'Empereur , M. le Marquis Canoffa , &
quelques autres perfonnes de la Nobleſſe du Pays ,
& Allemande.
M. Le Prince fut fervi par les Officiers de l'Infant
, propofés pour fervir S. A. R. à table :
toutes les autres perfonnes furent fervies par la
livrée de S. A. R.
On ne s'étoit mis à table qu'après que l'Infant
eut dîné.
Après le repas , M. de Lichtenſtein paſſa chez
l'Infant lui faire une vifite , & en fortit un moment
après pour retourner dans ſon appartement,
où il reçut des vifites.
Afept heures & demie , on paffa au Théâtre
pour voir l'Opéra. L'Infant & Madame Ifabelle
furent , avec leur Cour , dans la grande loge du
milieu , appellée la loge de la Couronne. M. le
Prince de Lichtenſtein étoit , avec quelques Scigneurs
de fa fuite , dans celle qui eft la plus près
du Théâtre à droite.
Trois Majordomes avoient été chargés par
l'Infant , de faire les honneurs du Théâtre où
tout fe paffa dans le plus grand ordre.
Le parterre & les loges étoient remplis de
toute la Nobleffe du Pays , & Etrangeres , qui
avoient pu y contenir.
de M. le Prince de LICHTENSTEIN jufqu'au 4 .
M. le Prince de Lichtenſtein arriva à Parme le
1 Septembre ; auflitôt après , il fit informer M.
Dutillot , par un de fes Gentilshommes.
M. Dutillot fe tranfporta chez lui , & lui donna
l'heure que l'Infant avoit fixé pour fon audience
particuliere.
Cette audience fut le lendemain à midi & demi;
M.Dutillot alla prendre M. le Prince de Lichtenftein
au Palais Palavicini où il eſt logé , & l'amena
chez l'Infant , il le conduifit enfuite chez le Prince
Ferdinand , de là à l'appartement de Madame
Infante Ifabelle , où le trouva auffi Madame Louiſe ..
M.le Prince de Lichtenſtein, fut au fortir du Palais
, rendre la vifire à M. Dutillot ; fortit de chez
Ge Miniftre , & y revint dîner avec les Miniftres de
France , d'Espagne , de Turin , de Gènes & de
Malte ; M. le Comte de Neuilly , M le Bailli de
Breteuil , M. l'Abbé de Canillac & M. le Comte
de Mercy . Il amena avec lui les huit Chambellans
qui l'ont accompagné , & deux Officiers Majors..
OCTOBRE. 1760. 185
M. Dutillot avoit invité le Capitaine & le Major
des Gardes du Corps , le grand Ecuyer & le premier
Ecuyer de l'Infant , le Gouverneur du Frince
Ferdinand , des Gentilshommes de la Chambre ,
des Majordomes , des Dames du Palais , M. l'Evêque
de Plaifance , frere du feu Chancelier Criftiani
chargé par l'Infant , à caufe de la mort de
l'Evêque de Parme , de la cérémonie du mariage )
& quelques Perfonnes de la premiere Nobleffe du
Pays.
Après le dîner , M. de Lichtenftein retourna à
fon Hôtel , où il reçut des vifites .
Le troifiéme jour fixé pour l'Audience publique,
M. le Comte Peroli , Introducteur, partit du
Palais à onze heures & demie , dans un caroffe
de l'Infant attelé à huit chevaux ; ce caroffe étoit
précédé par un autre à fix chevaux ( vuide ) , &
fuivi par trois autres attelés à huit chevaux ; dans
chacun de ces caroffes , étoit un Majordome.
Un Officier de l'Ecurie étoit à cheval à la tête
de ce Cortége ; douze Valets de pied étoient fur
deux files aux deux côtés de la voiture de l'Infant
, où étoit M. l'Introducteur , trois derriere ce
carofie , & deux derriere chacun des autres .
Deux Palfreniers à cheval ſuivoient l'Officier
de l'Ecurie
M. le Comte Peroli fut dans cet ordre prendre
chez lui M. le Marquis Palavicini , premier Gentilhomme
de la Chambre , que l'Infant avoir
chargé de faire les honneurs à M. le Prince de
Lichtenſtein .
M. de Palavicini monta dans le même caroffe ,
dans lequel étoit venu M. le Comte Peroli ; ce
dernier lui donna la droite.
Ils furent dans le même ordre chez M. le Prin
ce de Lichtenſtein.
Ils monterent l'efcalier , fuivis des trois Majordomes
qui les avoient accompagnés : les
182 MERCURE DE FRANCE. 1
douze valets de pieds fuivoient fur deux files.
M. le Prince de Lichtenſtein étoit venu au-devant
d'eux, & avoit defcendu deux marches; il les conduifitjufques
à la chambre. MM . les Majordomest
refterent à la piéce la plus voisine de cette chambre
, où ils entrerent un moment après M. de
Palavicini & M. Peroli , à qui M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait partout les honneurs des
Portes.
On defcendit de chez M. le Prince , qui fit
toujours les honneurs à M. de Palavicini jufques
au bas de fon efcalier ; où étant arrivé , M. de
Palavicini lui fit les honneurs du caroffe , il y
monta , fe plaça feul dans le fond , M. de Pałavicini
fur le devant à droite , M. Peroli à gauche.
MM. les Majordomes firent également les
bonneurs des caroffes de l'Infant dans lesquels
ils étoient venus , aux huit Chambellans .
On fe mit en marche dans l'ordre fuivant :
Un Officier de l'Ecurie de l'Infant , & deur
Palfreniers à cheval.
Le caroffe de M. l'Introducteur , à fix chevaux ,
vuide.
Deux Suiffes , de M. le Prince de Lichtenſtein ,
à cheval.
24 Valets de pied.
6 Coureurs.
6 Heyducs.
12 Palfreniers , tenant chacun un cheval par la
bride.
9 Officiers , de la Maifon de M. le Prince , à
cheval.
Son Ecuyer.
& Pages, dont deux Hongrois, & fix Allemands
Quatre Gentilshommes.
Le caroffe de l'Infant , où étoit M. le Prince de
Lichtenſtein , M. de Palavicini & M. Peroli , 1 %
Valets de pied de l'Infant aux deux côtés.
OCTOBRE . 1760 . 184
Un grand caroffe d'entrée , à M. le Prince,
attelé à 8 chevaux.
Les trois caroffes de l'Infant , dont les Majordomes
faifoient les honneurs.
A une diſtance de 30 ou 40 pas , trois autres
carolles , à M. le Prince de Lichtenſtein , attelés à
huit chevaux .
Les rues étoient bordées , depuis l'Hôtel Palavicini
jufques au Palais , par les deux Bataillons du
Régiment de Parme habillés de neuf, à-peu-près
comme le Corps des Grenadiers de France
douze Compagnies de Grenadiers.
> &
Les Troupes préfentoient les armes , les tambours
rappelloient , & les Officiers ont falué du
chapeau .
La Garde du Palais étoit formée devant la
porte; elle préfentoit les armes ; les tambours rappelloient
, & les Officiers ont falué du chapeau.
12 Suifles des Portes étoient fous la voute de
l'entrée du Palais.
80 Hallebardiers de la Garde de S. A. R. bordoient
l'escalier fur deux files, depuis la premiere
marche juſques au pallier d'en- haut ; & les deux
portes qui donnent de ce pallier à l'appartement
de l'Infant & à celui de Madame Ifabelle , étoient
gardées par quatre de ces mêmes Hallebardiers ,
la hallebarde fur l'épaule.
M. Le Comte Rimbaldefi, Maître des Cérémonies,
vint recevoir M. le Prince au bas de l'efcalier
& marcha devant lui.
La Livrée de l'Infant précédoit fur deux files ;
celle de M. le Prince fuivoit ce Seigneur , qui mar
choit entre M. le Marquis Palavicini & l'Introducteur.
La Livrée de M. le Prince s'arrêta dans deur
anti-falles avec celle de l'Infant ; deux Suiffes de la
porte empêchoient celle des particuliers d'y entrer,
184 MERCURE DE FRANCE.
M. le Prince de Lichtenstein , toujours précédé
par le Maître des Cérémonies , & ayant M. de Pala
vicini à fa droite & l'Introducteur à ſa gauche, traverfa
la Salle des Gardes : les Gardes du Corps
étoient fous les armes. Le Capitaine des Gardes le
reçut à la porte de la Salle en dedans, prit la place
de M. l'Introducteur à côté de lui , & marcha
ainfi à toutes les Audiences. L'Introducteur s'étoit
avancé d'un pas , & marchoit à côté du Maître
des Cérémonies . M. le Prince étoit précédé par
les Officiers de fa Maiſon qui s'arrêterent dans la
prémiere antichambre après la Salle des Gardes ,
par les Pages qui s'arrêterent dans l'antichambre
après celle où étoient reftés les Officiers de fa
Maifon , & avant celle où étoient les Pages de
S. A. R. par fes quatre Gentilshommes qui entrerentjufques
dans la piéce du Sallon de l'Audience
de l'Infant ; & par les huit Chambellans de l'Empereur
qui les précédérent jufques aux pieds , da
Throne .
Toutes les Dames de la Nobleffe du Pays &
Etrangeres , s'étoient rendues le matin chez Madame
Ifabelle .
La Nobleffe de l'Etat , les Seigneurs les plus
diftingués d'Italie , & l'Infant , étoient placés autour
de fon thrône , & rempliffoient douze Piéces
que traverfa M. le Prince de Lichtenftein , depuis
celle où s'étoient arrêtés fes Pages juſques à la
porte de la Salle de l'Audience.
Certe Salle eft , très-vaffe , & avoit été richement
& galamment ornée ; le dais de l'Infant étoit au
fond , vis-à-vis de la porte , par où entra M. le
Prince de Lichtenftein .
Au moment où ce Seigneur parut dans la Salle,
S. A. R. fe leva du fauteuil , ou il étoit affis , falua
M. le Prince de Lichtenftein & remit fon chapeau.
M.le Prince fe couvrit , & expola l'objet de fa
million..
OCTOBRE. 1760. r&'s
M. le Comte de S. Vital fut envoyé , avec deux
Gentilshommes de la Chambre , & deux Majordomes
prendre Madame Infante Ifabelle dans fon
appartement. Elle entra dans la Salle d'audience
par une porte pratiquée à côté du dais, précédée des
perfonnes qui avoient été envoyées pour la chercher
, & fuivie par Madame de Gonzales , Madame
la Comteffe de Siffa , & cing Dames du Palais.
M. le Prince de Lichtenſtein s'adreſſant à Madame
Infante Ifabelle , lui répéta la demande qu'il
avoit faite à S. A. R. Madame fe tourna du côté de
l'Infant , comme pour lui demander fon approbation
; après quoi elle répondit à M. le Prince de
Lichtenſtein , & reçut de lui une Lettre de la main
de l'Archiduc , & le portrait de ce Prince ; enfuite
elle fe retira dans fon appartement.
L'Infant & M. le Prince de Lichtenstein resterent
découverts , tout le tems que Madame Infante
Ifabelle refta dans la Salle .
M. le Prince de Lichtenftein préfenta à l'Infant
Les huit Chambellans de l'Empereur.
M. le Prince de Lichtenſtein forrit de l'audience
de l'Infant dans le même ordre qu'il yétoit entré ,
& marcha dans ce même ordre à celle du Prince
Ferdinand ; le cérémonial y fut obfervé comme à
celle de l'Infant.
M. le Prince de Lichtenstein paffa de cette audience
à celle de Madame Infante Ifabelle. Tour y
fut obfervé comme aux précédentes, excepté que M.
le Prince ne fe couvrit qu'un moment , ôta fon chapeau
, & refta découvert julques à ce qu'il fortît.
Il paffa à l'Audience de Madame Louife où tout
fut exactement obfervé comme à celle de Madame
Infante Iíabelle.
Il fut conduit enfuite dans l'appartement qui
lui avoit été préparé à la Cour , par M. de Palavicini,
M. l'Introducteur & le Maître des Cérémo186
MERCURE DE FRANCE.
nies.Il y fut fuivi par quantité de Nobleſſe .
M. de Lichtenſtein arrivé dans cet appartement
, y fut vifité par un Gentilhomme de la
Chambre de la part dé l'Infant.
Un moment après , M. le Comte de S. Vital ,
fur auffi lui annoncer que S. A. R. le faifoit
traiter. Il lui préſenta en même- tems le Majordome
, le Comte de S. Vital , le Capitaine des
Gardes , le Gouverneur du Prince Ferdinand ,
des Gentilshommes de la Chambre , le Maître
des Cérémonies , l'Introducteur , quatre Chambellans
de l'Empereur , M. le Marquis Canoffa , &
quelques autres perfonnes de la Nobleſſe du Pays ,
& Allemande.
M. Le Prince fut fervi par les Officiers de l'Infant
, propofés pour fervir S. A. R. à table :
toutes les autres perfonnes furent fervies par la
livrée de S. A. R.
On ne s'étoit mis à table qu'après que l'Infant
eut dîné.
Après le repas , M. de Lichtenſtein paſſa chez
l'Infant lui faire une vifite , & en fortit un moment
après pour retourner dans ſon appartement,
où il reçut des vifites.
Afept heures & demie , on paffa au Théâtre
pour voir l'Opéra. L'Infant & Madame Ifabelle
furent , avec leur Cour , dans la grande loge du
milieu , appellée la loge de la Couronne. M. le
Prince de Lichtenſtein étoit , avec quelques Scigneurs
de fa fuite , dans celle qui eft la plus près
du Théâtre à droite.
Trois Majordomes avoient été chargés par
l'Infant , de faire les honneurs du Théâtre où
tout fe paffa dans le plus grand ordre.
Le parterre & les loges étoient remplis de
toute la Nobleffe du Pays , & Etrangeres , qui
avoient pu y contenir.
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Résumé : DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
Le 1er septembre 1760, le Prince de Lichtenstein arriva à Parme et fut informé par M. Dutillot de l'heure de son audience privée avec l'Infant, fixée au lendemain à midi et demi. L'audience débuta au Palais Palavicini, où M. Dutillot accompagna le Prince de Lichtenstein chez l'Infant, puis chez le Prince Ferdinand, et enfin chez l'Infante Isabelle, en présence de Madame Louise. Après l'audience, le Prince de Lichtenstein rendit visite à M. Dutillot et dîna avec divers ministres, dont ceux de France, d'Espagne, de Turin, de Gênes et de Malte. Le troisième jour, pour l'audience publique, un cortège composé de plusieurs carrosses et de nombreux valets se rendit chez le Marquis Palavicini, premier Gentilhomme de la Chambre, qui fut chargé de faire les honneurs au Prince de Lichtenstein. Le cortège se dirigea ensuite vers l'hôtel du Prince de Lichtenstein, où il fut accueilli et conduit à l'intérieur. Le cortège, incluant le Prince de Lichtenstein, le Marquis Palavicini et l'Introducteur, se rendit au Palais de l'Infant. Les rues étaient bordées par des troupes en uniforme, et la garde du Palais était formée. À l'intérieur, le Prince de Lichtenstein traversa plusieurs salles ornées, où étaient présents la noblesse du pays et des étrangers. L'Infant se leva et salua le Prince, qui exposa l'objet de sa mission. Madame Infante Isabelle fut ensuite amenée dans la salle d'audience et reçut une lettre et un portrait de l'Archiduc. Le Prince de Lichtenstein présenta les Chambellans de l'Empereur à l'Infant et passa aux audiences du Prince Ferdinand et de Madame Infante Isabelle, suivant le même cérémonial. Il fut ensuite conduit dans son appartement à la Cour, où il reçut diverses visites de la noblesse. Après le dîner, le Prince de Lichtenstein rendit visite à l'Infant et retourna dans son appartement. En soirée, il se rendit au théâtre pour assister à l'opéra, où l'Infant et Madame Isabelle occupaient la loge royale, tandis que le Prince de Lichtenstein était dans une loge voisine.
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3633
p. 187
Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Début :
Sçavoir. Chambellans de leurs Majestés Impériales. M. le Prince François De [...]
Mots clefs :
Chevalier, Prince, Comte, Conseiller, Maréchal, Major de cavalerie, Liste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Note des Perfonnes qui font venues à Parme ,
avec M. le Prince de Lichtenftein .
SCAVO I R.
Chambellans de
leurs Majeftés,
Impériales.
M. le Prince FRANÇOIS DE
LICHTENSTEIN , fon frére.
JEAN DE LICHTENSTEIN.
Le Comte ERNEST DE
KAUNITZ RITTBERG .
Son frere , DOMINIQUE DE
KAUNITZ..
Le Comte de LESTIER .
Le Comte de LAMBERG,
Le Comte BATHYANI.
Le Comte de PUTFFY .
Le Chevalier THOMASOLI . Majors deCava
M. BULDALSI . Slerie.
M. de LOCHENKHAL , Confeiller Aulique de
leurs Majeftés Impériales .
M. le Maréchal Comte BOTTA ADORNO .
M. le Comte de SÁLM .
M. le Comte de PAAR , Grand -Maître des Poftes.
avec M. le Prince de Lichtenftein .
SCAVO I R.
Chambellans de
leurs Majeftés,
Impériales.
M. le Prince FRANÇOIS DE
LICHTENSTEIN , fon frére.
JEAN DE LICHTENSTEIN.
Le Comte ERNEST DE
KAUNITZ RITTBERG .
Son frere , DOMINIQUE DE
KAUNITZ..
Le Comte de LESTIER .
Le Comte de LAMBERG,
Le Comte BATHYANI.
Le Comte de PUTFFY .
Le Chevalier THOMASOLI . Majors deCava
M. BULDALSI . Slerie.
M. de LOCHENKHAL , Confeiller Aulique de
leurs Majeftés Impériales .
M. le Maréchal Comte BOTTA ADORNO .
M. le Comte de SÁLM .
M. le Comte de PAAR , Grand -Maître des Poftes.
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Résumé : Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Le document énumère les visiteurs accompagnant le Prince François de Liechtenstein à Parme, incluant des nobles et dignitaires impériaux. Parmi eux figurent Jean de Liechtenstein, les comtes Ernest et Dominique de Kaunitz, les comtes de Lestier, de Lamberg, Bathyani, de Putffy, et le chevalier Thomasoli. Sont également mentionnés M. Buldalsi, M. de Lochenkhal, le maréchal comte Botta Adorno, le comte de Sálm et le comte de Paar.
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3634
p. 187-203
Suite de la Relation de tout ce qui s'est passé depuis.
Début :
L'Opera que l'on représenta, est composé de trois Actes ; il est intitulé [...]
Mots clefs :
Opéra, Amour, Hymen, Dieux, Querelles, Humanité, Destin, Campagne, Mer, Nymphe, Conseils, Magnificence, Enchantements, Merveilles, Fête, Noblesse, Ministres étrangers, Comte, Dîner, Marquis, Cérémonie, Mariage, Escadrons, Église, Décorations, Cortège, Ornements, Argent, Or, Étoffes, Arcades, Nef, Lumières, Sanctuaire, Hallebardiers, Chevaux, Capitaine, Carosse, Anneaux, Salle, Repas, Plats, Palais, Union, Temple, Jardins, Colonnes, Pyramides, Beauté, Clémence, Fécondité, Douceur, Figures, Dignité, Intelligence, Fontaines, Illuminations, Feu d'artifice, Guirlandes, Fleurs, Bal, Archiduchesse, Officiers, Chevaliers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de la Relation de tout ce qui s'est passé depuis.
Suite de la Relation de tout ce qui s'eft
paffé depuis.
L'Opera que l'on repréſenta , eft compofé de
trois Actes ; il eft intitulé les Fétes de L'Hymen
pour les nôces de LL. AA. RR. &c. il eft précédé
d'un Prologue.
Ce Prologue , qui a pour Titre le Triomphe de
PAmour , eft une querelle que les Dieux font à
l'Amour , fur les maux qu'il ne ceffe de faire
aux hommes . L'Amour convient de toutes ces
fauces, & obtient fon pardon en faveur de l'Union ,
qu'il vient de faire de la vertu & de la beauté,
188 MERCURE DE FRANCE.
Les fajets des trois Actes qui compofent l'Opéra
font féparés. C'est une licence que l'on a cru
devoir prendre à caufe du merveilleux & de la
galanterie qu'apportent avec eux des fujers fabuleux
& variés , qui femblent mieux convenir à la
Fête qu'on a célébrée .
L'Acte d'Aris eft le premier. L'Amour par ordre
du Deftin , ceffe d'être aveugle ; il jette fes premiers
regards fur Iris , & en devient amoureux ;
Iris le prend pour le Zéphire ; mais revenue de
fon erreur, elle en devient éprife , diffipe les nuages
qu'Aquilon jaloux lui oppofe fans ceffe , &
sunit à l'Amour pour rendre au monde les jours
les plus beaux & les plus fereins.
Le fecond Acte , eft celui de Sapho . Le Poëte
a feint cette dixiéme Muſe , amoureufe d'Alcée
celèbre Poëte Lyrique natif de Lesbos : il a
feint aufli Doris , fils de Neptune , amant de Sapho
, qui fe voyant préferer fon rival , a recours
a fon pére , & le prie de le vanger par la mort
de l'un & de l'autre. Neptune écoute les voeux
de fon fiis ; & par le fecours d'Eole , & des vents
fouléve tellement les eaux , que les habitans de
la campagne craignent d'ètre fubmergés : 1
paroît lui-même fur une vague qui s'élève beaucoup
au defius des autres ; menace de tour
inonder , fi dans une heure , Sapho n'eft pas fenible
à l'amour de fon fils il rentre dans le fein
de la mer , qui continue dans la plus grande
agitation .
Sapho invoque Apollon , & l'Amour. Une
Lyre defcend du Ciel attachée à des guirlandes
de fleurs ; un arc s'élève dans la Mer à l'endroit
où elle doit avoir fes bornes , & les lui marque
pour l'avenir.
Sapho prend la Lyre : à mesure qu'elle chante
les prodiges opérés par Apollon , & l'Amour ;
OCTOBRE. 1760. 189
la Mer fe calme & fe retire au lieu où elle
étoit avant le débordement ; remplie des infpirations
divines , & de l'enthousiasme poétique ,
elle voit dans l'avenir la fuitte nombreufe des
héros , dont elle doit célébrer l'alliance , annonce
le bonheur dont l'Univers doit jouir ; & par fon
mariage avec Alcée , accomplit le triomphe de
l'harmonie , & de l'amour.
Le troifiéme Acte eft intitulé Eglé. Cette Nymphe
eft amoureufe de Chromis ; Alcée fa compagne
l'eft de Lincée .Elles fe plaifent enſemble
à faire foupirer leurs Amants , en leur cachant
leur tendreffe ; enfin Eglé dit à Chromis qu'elle
l'aimera , lorfqu'elle verra les eaux d'un torrent
enchaînées ; Alcée promet à Lincée de l'aimer
quand Eglé aimera Chromis.
Ces deux jeunes Faunes , déſeſpérés , fe confultent
enſemble , & vont trouver Silene pour qu'il
les aide de fes confeils . Ce vieillard leur demande
où ils ont laillé Eglé & Alcée ; ils répondent
qu'elles font à cueillir des mûres pour lui
teindre le vifage, lorfqu'elles le trouveront endormi
. Silene confole les deux Faunes, leur ordonne
de ſe retirer , leur promet de les fervir , & fe
met fur un lit de gazon où il feint de dormir
en attendant les deux Nymphes. Elles arrivent
avec des guirlandes de fleurs , en enchaînent Si-
Lene qu'elles croyent endormi ; elles le pouffents
il feint de s'éveiller & montre de la colere :
mais bien-tôt après il leur conte la fable d'Acis
& Galatée. Au milieu de cette fable , il s'arrête
comme infpiré , & leur conſeille d'aller trouver
Prothée , de le furprendre endormi , & de l'enchaîner
fans s'épouvanter des différentes formes
qu'il prendra , parce qu'à la fin il parlera , & leur
apprendra des chofes merveilleules.
Elles remercient Silene , & le quittent pour al190
MERCURE DE FRANCE:
ler chercher Prothée ; Chromis & Lincée les accoma
pagnent. Elles le furprennent , l'enchaînent , &
ferrent toujours plus fes liens , à mesure qu'il change
de forme ; il fe change enfin en un Torrent
qui refte immobile : toutes les Nymphes admirent
ce prodige . Silene arrive , rapelle à Eglé le ferment
qu'elle a fait d'être à Chromis lorſqu'elle
verra enchaîner un torrent ; Eglé confent à être
unie à Chromis , & Alcée tient auffi fa parole à
Lincée ; les Faunes & les Nymphes applaudiffent
à cette union,& Silene; au lieu de finir la fable qu'il
fe fouvient d'avoir commencée , ordonne aux Faunes,
& aux Nymphes, de célébrer cet heureux jour,
en repréfentant par leurs danfes , les amours
d'Acis , & Galatée.
L'Italie a vû dans cette occafion renaître fur la
fcène les enchantemens , & la nouveauté de ce
fpectacle digne de l'admiration des étrangers , par
la magnificence , la vérité , & le bon goût qui eft
diftribué dans l'exécution de toutes ces parties. Les
machines employées aux différens prodiges amenés
par le Sujet , ont eu le plus grand fuccès ;
& le Théâtre actuellement difpofé par les machines
à recevoir tout ce que l'imagination peut fournir
de plus merveilleux , retracera chaque fois le
fouvenir de la fête pour laquelle il fert la premiere
fois.
Après l'Opéra l'Infant & Madame Infante Iſabelle,
furent à l'hôtel Palavicini où M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait préparer une Fête, à laquelle
toute la Nobleſſe fut invitée ; plufieurs tables furent
abondamment ſervies , ainſi que quantité de
rafraîchiffemens. On y danſa juſqu'au matin.
1
Le lendemain, M. le Prince de Lichtenſtein donna
un fuperbe dîner à tous les Miniftres étrangers ,
& à la Nobleffe la plus confidérable de l'Etat , &
Etrangere . Le foir il y eut Opéra.
OCTOBRE. 1760. Iol
Le Vendredi cinq , M. le Comte de Rochechouart
donna un grand dîner à M. le Prince de
Lichtenſtein & aux mêmes perfonnes qui avoient
dîné chez lui la veille . Il y eut Opéra le foir.
Le Samedi fix , M. de Lichtenſtein le Prince
dîna chez M. le Marquis de Revilla . Il y eut le foir
affemblée au Palais.
Le Dimanche ſept, jour fixé pour la Cérémonie
du Mariage , les Troupes prirent les Armes dès le
matin ; deux bataillons du Régiment de Parme &
quatorze Compagnies de Grenadiers borderent
les rues par où le Cortége devoit paffer.
Six cens Carabiniers formèrent quatre eſcadrons
fur la place , deux defquelles y retterent , jufques
après que le cortége y eut paffé ; les deux autres
furent repartis pour fermer toutes les rues qui
viennent aboutir à celles par où les Princes pafferent:
chaque troupe étoit formée fur deux rangs ,
à trente pas derriere l'Infanterie qui occupoit le
débouché de la rue.
" L'Eglife Cathédrale , où fe fit la cérémonie ,
étoit magnifiquement décorée. Les Peintures du
Corrége , & des autres excellents Maîtres dont ce
vafte Edifice fe trouve orné dans les voutes , &
dans les frifes , donnant des bornes à la richeffe
de la décoration projettée pour cette Augufte cérémonie
; on fut obligé de fe contenter d'orner
les pilaftres , les arcades , & les baffes nefs de damas
cramoifi à fleurs , enrichis de grandes lames
d'étoffes d'argent , de deux pieds de large; lefquelles
interrompoient fymétriquenient , d'espace
en efpace, le cours du damas d'une maniere agréable
& gracieufe; les impoftes fur lesquelles repofent
les arcades , étoient entourées d'une riche
pente du même damas , pliffée & terminée par
une frange d'or , ainfi que les rideaux qui ornoient
le dedans des arcades , & qui étoient retrouffés
192 MERCURE DE FRANCE.
vers l'impofte , pour donner lieu de découvrir la
décoration des chapelles , & des nefs laterales . Aux
deux côtés de la porte de lagrande nef étoient deur
orcheftres , parées dans le même goût que le refte
de l'Eglife : elles étoient remplies de trente Muficiens
que l'on avoit fait venir pour jouer des
fanfares , depuis le moment où les Princes defcen➡
dirent de carolles , juſqu'a celui où ils furent entrés
dans le fanctuaire ; les deux tribunes qui fe'
trouvent près du Maître Autel , étoient remplies
des Muficiens de la Chambre de S. A. R. qui exé-'
cuterent fupérieurement d'excellentes fymphonies
à deux choeurs.
Le Maître-Autel , beaucoup plus étendu qu'à
l'ordinaire , le trouvoit richement paré d'étoffe
d'or , & couvert d'une quantité de lumieres . Du
côté de l'Evangile , étoit le dais de S. A. R. du
côté de l'Epitre , étoit la Cathetra , deftinée pour
l'Evêque de Plaifance , qui devoit faire la cérémonie.
Au milieu du Sanctuaire , qui étoit couvert de
tapis de la Savonerie , étoit un prie- Dieu , cou-'
vert d'un grand tapis de velours cramoihi galonné
d'or , ainfi que trois couffins , qui étoient pofés
au bas.
Les latereaux du Sanctuaire , furent remplis
par un nombre infini de Nobleffe. Aux deux côtés ,
en face du Maître - Autel , étoient deux grands parquets
décorés dans la même ordonnance de l'Eglife
, l'un defquels étoit deftiné pour tous les
Miniftres Etrangers , l'autre pour les Dames de
la premiere diftinction .
Le Sanctuaire étoit gardé par les Gardes du
Corps de S. A. R. le veftibule du Sanctuaire ainfi
que les degrés qui defcendent à la grande nef
& toute cette nef jufqu'à la porte de l'Eglife
étoir bordée par la garde des Hallebardiers
Royaux. M.
OCTOBRE. 1760.
M.Je Prince de Lichtenſtein partit à 11 heures de
195
l'Hôtel Palavicini où il étoit logé pour le rendre à
la Cathédrale,fon cortége marchoit dans le même
ordre que le jour de fon Audience publique ; il fut
reçu à la porte de L'Eglife par le Chapitre qui le
complimenta. Sa Livrée entra dans la nef du milieu
& fe rangea des deux côtés devant les Hailebardiers
Royaux.
Pendant ce tems- là le cortége de la Cour s'étoit
mis en mrcche dans l'ordre fuivant.
Quarante Hallebardiers Royaux ouvroient la
marche ; la mufique de cette Compagnie étoit à
la tête.
Le Commandant de l'Ecurie & deux Officiers
de l'Ecurie à cheval , quatre Palfreniers les fuivoient
à pied .
I caroffe à fix chevaux pour le Maître des
Cérémonies & trois
Majordomes.
I caroffe à fix chevaux , quatre Gentilshommes
de la Chambre.
I caroffe à fix chevaux, quatre Dames du Palais.
I caroffe à fix chevaux , quatre Dames du Palais.
I caroffe àfix chevaux , quatre
Gentilshommes
de la Chambre.
I caroffe à 8 chevaux. Le Gentilhomme de la
Chambre de fervice à l'Infant.
Le premier Ecuyer , le Majordome de ſervice.
I caroffe à huit chevaux . Le ſervice de Madame
Infante Ifabelle.
Les trompettes & timballes des Gardes du
Corps , avec feize Gardes.
1 caroffe à huit chevaux , l'Infant.
Le Capitaine des Gardes , le Grand Ecuyer.
I caroffe à 8 chevaux ,¡Madame InfanteÏfabelle,
Madame de Gonzales , Madame de Siſſa .
La Compagnie des Gardes du Corps ayant à
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
leur tête le Lieutenant , l'Enſeigne , & huic
Exempts.
2 caroffes de refpect vuidės , attelés à 8 chevaux.
I caroffe à fix chevaux , quatre Gentilshommes
de la Chambre.
Tous les Pages marchoient à pied aux deux côtés
des caroffes des Princes .
On arriva dans cet ordre à la porte de l'Eglife :
on marchoit lentement pour donner aux perfonnes
qui étoient dans les caroffes qui précédoient
ceux des Princes , le temps de defcendre .
M.le Prince de Lichtenſtein attendoit à la porte
de l'Eglife.
Pendant que l'Infant defcendoit de fon carolle,
Le Maître desCérémonies fut prendre M.le Prince
Liechtenſtein & le conduifit à la portiere du caroffe
de Madame Infantelfabelle . L'Infant s'en aprocha
auffi & reçut la main droite de Madame fa fille en
defcendant du caroffe;M. le Prince reçur la main
gauche.
Ils marcherent ainfi jufqu'au prie- Dieu qui fe
trouvoit dans le Sanctuaire en face du Maître-
Autel , où ils fe mirent à genoux fur les couffins
qui étoient au bas de ce prie- Dieu. L'Infant occupa
celui de la droite ; Madame Ifabelle celui
du milieu ; M. de Lichtenſtein celui de la gauche.
Ils fe leverent un moment après , & s'approcherent
des degrés de l'Autel ; l'Evêque déranda
à M. le Prince s'il avoit le pouvoir d'épouler Mae
InfanteIfabelle, au nom de l'Archiduc Jofeph ; fes
Pouvoirs furent lus à haute voix par un Secretaire
impérial , après quoi le Chancelier de l'Evêché
lutauffi à haute voix la Difpenfe du Pape .
Le refte de la Cérémonie fut exécutée ſuivant le
Rituel ordinaire de l'Eglife , excepté que l'anneau
fut préfenté à Madame l'Archiduchelle par M. le
Prince de Lichtenftein , fur une foucoupe , & qu'elle
le mit elle-même à fon doigt.
OCTOBRE. 1760.
195
Après cette cérémonie , Madame l'Archiducheffe
retourna au Pri - Dieu , ayant toujours M.
de Lichtenſtein à la gauche. Après une courte
priere , les Princes fe remirent en marche pour
fortir de l'Eglife dans le même ordre qu'ils y
étoient entrés ; l'Infant & M. de Lichtenttein
donnerent la main à Madaine
l'Archiducheffe
pour monter dans fon carolle , l'Infant monta
dans le fien , & M. le Prince fut joindre les
équipages qui l'attendoient à une des portes latérales
de l'Eglife.
l'on
On le mit en marche pour retourner au Palais
par un chemin plus long que celui
avoit fait en venant du Palais à la Cathédrale
que
afin que tout le Peuple , & une quantité prodigieufe
d'Etrangers qui s'étoient rendus à Parme
pullent voir la magnificence , de cette marche.
Le Cortége de M. le Prince de Lichtenſtein
précédoit celui de la Cour , de 60 ou 80 pas . Les
Troupes qui bordoient les rues lui préfenterent
les armes , les tambours rappelloient , & les
Officiers le faluerent du chapeau .
Pendant l'efpace qui étoit entre le caroffe de
M. de Lichtenftein & celui de l'Infant , l'Infanterie
mit la bayonnette au bout du fufl. Lorsqu'ils
pafferent , on préſenta les armes , les tambours
battirent au champ , & les Officiers faluerent de
l'eſponton .
M. de Lichtenſtein defcendit à la porte du Palais
pour y attendre Madame l'Archiducheſſe ;
l'Infant aufuôt arrivé defcendit de fon caroffe ,
& s'avança à la portiere de celui de Madame
l'Archiducheffe fa fille pour lui donner la main.
Elle fut conduite à ſon
appartement par l'Infant
& M. de Lichtenftein toujours dans l'ordre
obfervé
précédemment , c'eft à dire l'Infant à
fa droite , & M. de Lichtenſtein à la gauche ;
I j
196 MERCURE DE FRANCE.
yne quantité prodigieufe de Nobleffe rem pliffoit
le Palais .
S. A. R. l'Infant fe retira dans fon appartement
, après avoir reſté un moment dans celui
de la fille ; qui , après que l'Infant fut retiré
donna fa main à baifer à tous les Sujets de la
Maifon d'Autriche qui fe trouverent préfens.
L'heure du repas étant arrivée , le Maître des
Cérémonies fut avertir l'Infant , & marcha devant
lui jufques à l'appartement de Madame
l'Archiducheffe , où S. A. R. s'étoit propofée de
l'aller prendre pour la conduire à la table de
nôces.
2
Cette table étoit préparée dans la falle d'audience
, de façon que les trois fiéges fe trouvoient
fous le dais ; il n'y avoit pas de fauteuil ,
mais trois chaifes à dos parfaitement égales.
Madame l'Archiducheſſe entra dans la falle &
fut conduite à table par Monfeigneur l'Infant à
qui elle donnoit la main droite , & M. le Prince
de Lichtenſtein à qui elle donnoit la main gauche
; elle fe plaça au milieu , l'Infant à fa droite ,
& M. de Lichtenftein à fa gauche ; le Maître des
Cérémonies avoit toujours précédé les Princes jufques
à la table.
M. le Comte de S. Vital , Gouverneur de la
Maifon de S. A. R. avec tous les Majordomes ,
excepté celui qui étoit de fervice , furent prendre
lés plats au buffet , & les apporterent ſur la table
dans l'ordre ci-après.
L'Huifier des viandes entre deux Gardes du
Corps , la carabine fur l'épaule : les Gardes s'arrêterent
à la porte de la falle .
Le Maître des Cérémonies marchoit feul quatre
pas après l'Huiffier des viandes.
Douze Pages , portant chacun un plat.
Six Majordomes , portant chacun un plat.
OCTOBRE. 1760. 197
M. le Comte de S. Vital , marchant feul immédiatement
après ,
Le Contrôleur de la Bouche.
Quatre Gardes du Corps la carabine fur l'épaule
, qui fe font arrêtés au même endroit que
les deux premiers.
Le Majordome de fervice prit les plats des
mains des autres Majordomes , & des Pages , &
les arrangea fur la table. Pendant ce temps ,
M. de S. Vital fut fe mettre derriere les Princes
pour fervir Madame l'Archiducheffe , il lui ap
procha fa chaife , celle de l'Infant fut approchée
par un Majordone , & celle de M. le Prince de
Lichtentein par un Gentilhomme de la Maiſon
de S. A R. Madame l'Archiducheffe fut fervie
par M. de S. Vital , l'infant le fut à l'ordinaire
par le entilhomme de la Chambre de fervice ,
& M. le Prince de Lichtenſtein par un Gentilhomme
de la Maiſon.
Ce repas fut fervi avec toute la magnificence
& tout le goût imaginable.
Au fortir de table , Madame l'Archiducheffe
fut reconduite dans fon appartement dans le mê -
me ordre qui avoit été observé en venant à table.
Il n'y eut plus rien jufqu'au foir.
L
Toute la Nobleffe étoit invitée de fe rendre à
huit heures du foir au Palais du Jardin , pour de
là , voir tirer un feu d'artifice , & voir en même
temps une fuperbe illumination difpofée dans le
Jardin . L'ordonnance en étoit riche & galante.
Le Palais du jardin fut dès fept heures rempli
d'un grand nombre de Nobleffe. M. le Prince de
Lichtenftein s'y rendit à fept heures & demie. Le
Prince Ferdinand & Madame Louife , s'y rendirent
peu après , & l'Infant & Madame l'Archiduchefle
y arriverent à huit heures précifes.
Le feu d'artifice fut appliqué à un monument
· Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
Hlevé au milieu d'une très- grande place dans le
jardin de Parme , & faifoit face au Palais où les
Princes fe tranfportérent pour en voir l'effet .
Il repréfentoit l'union de l'Amour & de l'hymen
dans le Temple de Minerve. Ce Temple
étoit élevé fur un grand fondement amtique , dont
la forme étoit ovale , de quatre - vingt - dix - huit
pieds de longueur , fur foixante- quatre pieds de
large ; un grand focle de porphyre , comprenant.
dans fa hauteur les gradins qui formoient les deux
entrées principales du Temple , s'élevoit au-delfus
de ce fondement , & contournoit la baſe de ce
monument , qui étoit orné de vingt- quatre colonnes
d'ordre Dorique entourées de guirlandes
de fleurs. Il avoit quatre faces égales , & fes angles
étoient flanqués de quatre pyramides ifolées
dédiées aux Arts & portant leurs attributs en trophées.
Ces Pyramides étoient environnées de quatre
colonnes du même ordre , formant des avantcorne
à jour , rachetés fur les angles du quarré
du Temple , en forme de tours ou de baftions.
L'entablement étoit décoré de guirlandes de
fleurs dans la frife , & les quatre avant- corps. de
colonnes qui couvroient les Pyramides , foutenoient
fur chaque face des médaillons , en tout au
nombre de ſeize , moitié appuyés ſur la frife &
l'architrave de cet ordre , & moitié tombant dans
le vuide de l'entre- colonne. Ils repréſentoient
des tableaux où étoient peintes les qualités vertueufes
de l'Archiduc & de Madame Iſabelle
comme la nobleffe , la magnanimité , la Majesté
Royale , la libéralité , la jeunelle , la beauté , la
bonté , la clémence , la fécondité , la douceur ,
l'amour de la gloire , l'amour de la Patrie , l'amour
des Sciences , l'amour des Arts , l'enjoûment
& l'affabilité .
Au- deffus des quatre tours des Colonnes , s'élevoir
OCTOBRE. 1760. 199
au milieu des trophées Militaires, un piédeftal portant
des renommées,fur les quatre portes ou Arcades
de ce Temple étoient les Écuffons de l'Archiduc
& de Madame Ifabelle , au milieu de deux
vales ,de Parfums , & appuyé fur le focle qui couronnait
la Corniche .
Au -dellus de ce Socle, dont le plan étoit quarré
comme le Temple , s'élevoit une attique ronde
en forme de Piédeftal couronnée d'un dôme ouvert
par le haur & décoré de guirlandes de fleurs .
Ce Piédeſtal fervita porterautour dela Naillance
du dôme 12 Figures réprefentant les Jeux , les
Ris, & les Plairs , danfant & formant une chaîne
de guirlandes autour de ce monument.
Les quatre portes du Temple étoient décorées &
comme gardées par huit Figures repréſentantes la
vigilance , la dignité , l'Intelligence , la pureté ,
le filence , la douceur , & le courage , qui compo.
fept enfemble toutes les vertus qui caractérisent.
la fagelle.
Au milieu de ce temple dont la forme intérieure.
étoit octogone rachetant une voûte ronde & farbaillée
, étoit la Figure de Minerve fur différens
plans de quées , réuniffant entre fes bras les Figures
de l'Amour & de l'Hymen.
Sur les deux aîles du focle qui joignoit toute la
longueur du fondement ovale , & qui comprenoit
toute la hauteur des perrons , étoient de chaque
côté les autels de l'Amour & de l'Hymen .
Quatre fontaines de feu élevées fur des rochers
qui fortoient de terre contribuoient à la richeſſe de
la bafe de ce monument , en même tems qu'elles
augmentoient l'effet des différens tableaux de feu
qui fortoient de cet édifice deftiné à faire éclater
la joie publique que procure cet événement.
L'Illumination générale de cette machine d'Artifice
fur accompagnée de deux Phénomènes qui
I iv
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif :
tance du feu & comme dans le lointain. Ils montroient
chacun le Globe du Monde tranfparent
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage
. Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir ſur le ſommer du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illumination
générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & baſſes ; les miroirs de feu , les
pots à-feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen
tes avenues en étoile , qui y conduifent ; enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête augufte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe fe ren lit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal mafqué.
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plane
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée .
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui feparent les Loges , &
de
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryftal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlan
des de fleurs , qui ornoient le devant des Loges .
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui par
devant , & on defcendoit de-là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Turquie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle ,
pår une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheffe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danferent enſemble : Madame l'Archiduchefe
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenſtein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenſtein
prit fon Audience de congé ; tout fut obſervé à
cette Audience comme à celle de la demande ,
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fur à celle de
I v
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif
tance du feu & comme dans le lointain. Ils mon
troient chacun le Globe du Monde tranſparent
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage.
Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir fur le fommer du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illu
mination générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & balles ; les miroirs de feu , les
pots à- feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face à
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen➡
tes avenues en étoile , qui y conduifent ; enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête auguſte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame :
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe fe ren lit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal mafqué.
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plan
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
de gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui feparent les Loges , &
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qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryftal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlan
des de fleurs , qui ornoient le devant des Loges.
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui pardevant
, & on defcendoit de -là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Tur
quie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle ,
par une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheffe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danſerent enſemble : Madame l'Archiduchele
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenſtein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenftein
prit fon Audience de congé ; tout fut obfervé à
cette Audience comme à celle de la demande 9
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fur à celle de
1 ་
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif
tance du feu & comme dans le lointain. Ils montroient
chacun le Globe du Monde tranfparent , '
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage
. Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir fur le fommet du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illu
mination générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & baffes ; les miroirs de feu , les
pots à-feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face à
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen
tes avenues en étoile , qui y conduifent enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête augufte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe ſe ren fit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal maſqué .
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plan
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
de gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui ſéparent les Loges , &
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryſtal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlandes
de fleurs , qui ornoient le devant des Loges.
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui pardevant
, & on defcendoit de -là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Turquie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle
pår une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheſſe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danferent enſemble : Madame l'Archiduchele
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenftein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenftein
prit fon Audience de congé ; tout fut obfervé à
cette Audience comme à celle de la demande ,
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fut à celle de
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Madame l'Archiducheffe , avant d'être conduit à
celle du Prince Ferdinand.
Après l'Audience de Madame Louife , M. le
Prince , au lieu de retourner dans fon appartement
a la Cour , defcendit par le grand efcalier ,
& fut monter dans fon Caroffe qui l'attendoit a la
porte du Palais , pour le ramener à l'Hôtel Palavicini
.
Le Maître des Cérémonies l'accompagna juf
qu'au bas de l'efcalier , M. de Palavicini & M.
Introducteur jufques à la portiere de la voiture ,
qui ne fur fermée que quand ces Meffieurs fe futent
retirés.
Le foir , il y eut Opéra.
Le 9. l'Infant fut dîner chez M. de Lichtenſtein.
Lé foir , il y eut Opéra.
Le to M. le Prince de Lichtenſtein dina chez M.
Dutillot , & partit après dîner pour Cafalmajor.
Le foir , il y eut Aflemblée au Paļais .
Le 11. au matin tous les Corps de l'Etat , le
Militaire , la Nobleffe , & la Maifon de S. A R.
eurent l'honneur de baifer la main à Madame
l'Archiducheffe .
Il y eut Opéra , le ſoir.
Le .les Princes n'ont reçu perfonne .
Le 13. S. A. R. Madame l'Archiducheffe partit
à dix heures du matin pour le rendre à Cafalmajor:
elle y a été accompagnée par Madame de
Gonzales , Madame de Silla , quatre Dames du
Pálais , des Majordomes , & huit Gentilshommes
de la Chambre ; elle étoit faivîe d'un nombre de
Pages , d'Ecuyers , de fon premier fervice , & defon
fervice du fecond Ordre , du Commandant de
l'Ecurie de deux Officiers des Ecuries , du Sellier >
du Maréchal , du Charron & de 24 Palfreniers à
Cheval;elle étoit éfcortée par des Gardes du Corps.
Les rues par lesquelles elle a pallé, étoient bordées
OCTOBRE , 1760. 203
de troupes , on avoit difpofé des Détachemens de
Cavalerie & d'Infanterie fur différens endroits de
la roure.
Des Bataillons Provinciaux , fix Compagnies de
Grenadiers, un Bataillon du Régiment de Parme ,
& les deux Compagnies de Grenadiers de inême
Régiment, étoient difpofées fur les bords du Pô ,
en deçà de la tête du Pont. Elle y a trouvé des
Elcadrons de Gardes du Corps & de Cavalerie. Elle
eft arrivée à Cafalmajor à midi & deux minutes.
M. le Comte de S. Vital eft chargé de la Cérémonie
de la remife , un Secrétaire du Cabinet de
l'Acte de certe ' remiſe .
S. A. R. s'arrête demain à Cafalmajor pour y
donner la main à bailer aux Deputés de la Lombardie
Autrichienne , aux Chambres Souveraines ,
& à la Nobleffe. Le lundi elle ira à Mantoue, où elle
s'arrêtera encore un jour, pour un objet ſemblable.
paffé depuis.
L'Opera que l'on repréſenta , eft compofé de
trois Actes ; il eft intitulé les Fétes de L'Hymen
pour les nôces de LL. AA. RR. &c. il eft précédé
d'un Prologue.
Ce Prologue , qui a pour Titre le Triomphe de
PAmour , eft une querelle que les Dieux font à
l'Amour , fur les maux qu'il ne ceffe de faire
aux hommes . L'Amour convient de toutes ces
fauces, & obtient fon pardon en faveur de l'Union ,
qu'il vient de faire de la vertu & de la beauté,
188 MERCURE DE FRANCE.
Les fajets des trois Actes qui compofent l'Opéra
font féparés. C'est une licence que l'on a cru
devoir prendre à caufe du merveilleux & de la
galanterie qu'apportent avec eux des fujers fabuleux
& variés , qui femblent mieux convenir à la
Fête qu'on a célébrée .
L'Acte d'Aris eft le premier. L'Amour par ordre
du Deftin , ceffe d'être aveugle ; il jette fes premiers
regards fur Iris , & en devient amoureux ;
Iris le prend pour le Zéphire ; mais revenue de
fon erreur, elle en devient éprife , diffipe les nuages
qu'Aquilon jaloux lui oppofe fans ceffe , &
sunit à l'Amour pour rendre au monde les jours
les plus beaux & les plus fereins.
Le fecond Acte , eft celui de Sapho . Le Poëte
a feint cette dixiéme Muſe , amoureufe d'Alcée
celèbre Poëte Lyrique natif de Lesbos : il a
feint aufli Doris , fils de Neptune , amant de Sapho
, qui fe voyant préferer fon rival , a recours
a fon pére , & le prie de le vanger par la mort
de l'un & de l'autre. Neptune écoute les voeux
de fon fiis ; & par le fecours d'Eole , & des vents
fouléve tellement les eaux , que les habitans de
la campagne craignent d'ètre fubmergés : 1
paroît lui-même fur une vague qui s'élève beaucoup
au defius des autres ; menace de tour
inonder , fi dans une heure , Sapho n'eft pas fenible
à l'amour de fon fils il rentre dans le fein
de la mer , qui continue dans la plus grande
agitation .
Sapho invoque Apollon , & l'Amour. Une
Lyre defcend du Ciel attachée à des guirlandes
de fleurs ; un arc s'élève dans la Mer à l'endroit
où elle doit avoir fes bornes , & les lui marque
pour l'avenir.
Sapho prend la Lyre : à mesure qu'elle chante
les prodiges opérés par Apollon , & l'Amour ;
OCTOBRE. 1760. 189
la Mer fe calme & fe retire au lieu où elle
étoit avant le débordement ; remplie des infpirations
divines , & de l'enthousiasme poétique ,
elle voit dans l'avenir la fuitte nombreufe des
héros , dont elle doit célébrer l'alliance , annonce
le bonheur dont l'Univers doit jouir ; & par fon
mariage avec Alcée , accomplit le triomphe de
l'harmonie , & de l'amour.
Le troifiéme Acte eft intitulé Eglé. Cette Nymphe
eft amoureufe de Chromis ; Alcée fa compagne
l'eft de Lincée .Elles fe plaifent enſemble
à faire foupirer leurs Amants , en leur cachant
leur tendreffe ; enfin Eglé dit à Chromis qu'elle
l'aimera , lorfqu'elle verra les eaux d'un torrent
enchaînées ; Alcée promet à Lincée de l'aimer
quand Eglé aimera Chromis.
Ces deux jeunes Faunes , déſeſpérés , fe confultent
enſemble , & vont trouver Silene pour qu'il
les aide de fes confeils . Ce vieillard leur demande
où ils ont laillé Eglé & Alcée ; ils répondent
qu'elles font à cueillir des mûres pour lui
teindre le vifage, lorfqu'elles le trouveront endormi
. Silene confole les deux Faunes, leur ordonne
de ſe retirer , leur promet de les fervir , & fe
met fur un lit de gazon où il feint de dormir
en attendant les deux Nymphes. Elles arrivent
avec des guirlandes de fleurs , en enchaînent Si-
Lene qu'elles croyent endormi ; elles le pouffents
il feint de s'éveiller & montre de la colere :
mais bien-tôt après il leur conte la fable d'Acis
& Galatée. Au milieu de cette fable , il s'arrête
comme infpiré , & leur conſeille d'aller trouver
Prothée , de le furprendre endormi , & de l'enchaîner
fans s'épouvanter des différentes formes
qu'il prendra , parce qu'à la fin il parlera , & leur
apprendra des chofes merveilleules.
Elles remercient Silene , & le quittent pour al190
MERCURE DE FRANCE:
ler chercher Prothée ; Chromis & Lincée les accoma
pagnent. Elles le furprennent , l'enchaînent , &
ferrent toujours plus fes liens , à mesure qu'il change
de forme ; il fe change enfin en un Torrent
qui refte immobile : toutes les Nymphes admirent
ce prodige . Silene arrive , rapelle à Eglé le ferment
qu'elle a fait d'être à Chromis lorſqu'elle
verra enchaîner un torrent ; Eglé confent à être
unie à Chromis , & Alcée tient auffi fa parole à
Lincée ; les Faunes & les Nymphes applaudiffent
à cette union,& Silene; au lieu de finir la fable qu'il
fe fouvient d'avoir commencée , ordonne aux Faunes,
& aux Nymphes, de célébrer cet heureux jour,
en repréfentant par leurs danfes , les amours
d'Acis , & Galatée.
L'Italie a vû dans cette occafion renaître fur la
fcène les enchantemens , & la nouveauté de ce
fpectacle digne de l'admiration des étrangers , par
la magnificence , la vérité , & le bon goût qui eft
diftribué dans l'exécution de toutes ces parties. Les
machines employées aux différens prodiges amenés
par le Sujet , ont eu le plus grand fuccès ;
& le Théâtre actuellement difpofé par les machines
à recevoir tout ce que l'imagination peut fournir
de plus merveilleux , retracera chaque fois le
fouvenir de la fête pour laquelle il fert la premiere
fois.
Après l'Opéra l'Infant & Madame Infante Iſabelle,
furent à l'hôtel Palavicini où M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait préparer une Fête, à laquelle
toute la Nobleſſe fut invitée ; plufieurs tables furent
abondamment ſervies , ainſi que quantité de
rafraîchiffemens. On y danſa juſqu'au matin.
1
Le lendemain, M. le Prince de Lichtenſtein donna
un fuperbe dîner à tous les Miniftres étrangers ,
& à la Nobleffe la plus confidérable de l'Etat , &
Etrangere . Le foir il y eut Opéra.
OCTOBRE. 1760. Iol
Le Vendredi cinq , M. le Comte de Rochechouart
donna un grand dîner à M. le Prince de
Lichtenſtein & aux mêmes perfonnes qui avoient
dîné chez lui la veille . Il y eut Opéra le foir.
Le Samedi fix , M. de Lichtenſtein le Prince
dîna chez M. le Marquis de Revilla . Il y eut le foir
affemblée au Palais.
Le Dimanche ſept, jour fixé pour la Cérémonie
du Mariage , les Troupes prirent les Armes dès le
matin ; deux bataillons du Régiment de Parme &
quatorze Compagnies de Grenadiers borderent
les rues par où le Cortége devoit paffer.
Six cens Carabiniers formèrent quatre eſcadrons
fur la place , deux defquelles y retterent , jufques
après que le cortége y eut paffé ; les deux autres
furent repartis pour fermer toutes les rues qui
viennent aboutir à celles par où les Princes pafferent:
chaque troupe étoit formée fur deux rangs ,
à trente pas derriere l'Infanterie qui occupoit le
débouché de la rue.
" L'Eglife Cathédrale , où fe fit la cérémonie ,
étoit magnifiquement décorée. Les Peintures du
Corrége , & des autres excellents Maîtres dont ce
vafte Edifice fe trouve orné dans les voutes , &
dans les frifes , donnant des bornes à la richeffe
de la décoration projettée pour cette Augufte cérémonie
; on fut obligé de fe contenter d'orner
les pilaftres , les arcades , & les baffes nefs de damas
cramoifi à fleurs , enrichis de grandes lames
d'étoffes d'argent , de deux pieds de large; lefquelles
interrompoient fymétriquenient , d'espace
en efpace, le cours du damas d'une maniere agréable
& gracieufe; les impoftes fur lesquelles repofent
les arcades , étoient entourées d'une riche
pente du même damas , pliffée & terminée par
une frange d'or , ainfi que les rideaux qui ornoient
le dedans des arcades , & qui étoient retrouffés
192 MERCURE DE FRANCE.
vers l'impofte , pour donner lieu de découvrir la
décoration des chapelles , & des nefs laterales . Aux
deux côtés de la porte de lagrande nef étoient deur
orcheftres , parées dans le même goût que le refte
de l'Eglife : elles étoient remplies de trente Muficiens
que l'on avoit fait venir pour jouer des
fanfares , depuis le moment où les Princes defcen➡
dirent de carolles , juſqu'a celui où ils furent entrés
dans le fanctuaire ; les deux tribunes qui fe'
trouvent près du Maître Autel , étoient remplies
des Muficiens de la Chambre de S. A. R. qui exé-'
cuterent fupérieurement d'excellentes fymphonies
à deux choeurs.
Le Maître-Autel , beaucoup plus étendu qu'à
l'ordinaire , le trouvoit richement paré d'étoffe
d'or , & couvert d'une quantité de lumieres . Du
côté de l'Evangile , étoit le dais de S. A. R. du
côté de l'Epitre , étoit la Cathetra , deftinée pour
l'Evêque de Plaifance , qui devoit faire la cérémonie.
Au milieu du Sanctuaire , qui étoit couvert de
tapis de la Savonerie , étoit un prie- Dieu , cou-'
vert d'un grand tapis de velours cramoihi galonné
d'or , ainfi que trois couffins , qui étoient pofés
au bas.
Les latereaux du Sanctuaire , furent remplis
par un nombre infini de Nobleffe. Aux deux côtés ,
en face du Maître - Autel , étoient deux grands parquets
décorés dans la même ordonnance de l'Eglife
, l'un defquels étoit deftiné pour tous les
Miniftres Etrangers , l'autre pour les Dames de
la premiere diftinction .
Le Sanctuaire étoit gardé par les Gardes du
Corps de S. A. R. le veftibule du Sanctuaire ainfi
que les degrés qui defcendent à la grande nef
& toute cette nef jufqu'à la porte de l'Eglife
étoir bordée par la garde des Hallebardiers
Royaux. M.
OCTOBRE. 1760.
M.Je Prince de Lichtenſtein partit à 11 heures de
195
l'Hôtel Palavicini où il étoit logé pour le rendre à
la Cathédrale,fon cortége marchoit dans le même
ordre que le jour de fon Audience publique ; il fut
reçu à la porte de L'Eglife par le Chapitre qui le
complimenta. Sa Livrée entra dans la nef du milieu
& fe rangea des deux côtés devant les Hailebardiers
Royaux.
Pendant ce tems- là le cortége de la Cour s'étoit
mis en mrcche dans l'ordre fuivant.
Quarante Hallebardiers Royaux ouvroient la
marche ; la mufique de cette Compagnie étoit à
la tête.
Le Commandant de l'Ecurie & deux Officiers
de l'Ecurie à cheval , quatre Palfreniers les fuivoient
à pied .
I caroffe à fix chevaux pour le Maître des
Cérémonies & trois
Majordomes.
I caroffe à fix chevaux , quatre Gentilshommes
de la Chambre.
I caroffe à fix chevaux, quatre Dames du Palais.
I caroffe à fix chevaux , quatre Dames du Palais.
I caroffe àfix chevaux , quatre
Gentilshommes
de la Chambre.
I caroffe à 8 chevaux. Le Gentilhomme de la
Chambre de fervice à l'Infant.
Le premier Ecuyer , le Majordome de ſervice.
I caroffe à huit chevaux . Le ſervice de Madame
Infante Ifabelle.
Les trompettes & timballes des Gardes du
Corps , avec feize Gardes.
1 caroffe à huit chevaux , l'Infant.
Le Capitaine des Gardes , le Grand Ecuyer.
I caroffe à 8 chevaux ,¡Madame InfanteÏfabelle,
Madame de Gonzales , Madame de Siſſa .
La Compagnie des Gardes du Corps ayant à
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
leur tête le Lieutenant , l'Enſeigne , & huic
Exempts.
2 caroffes de refpect vuidės , attelés à 8 chevaux.
I caroffe à fix chevaux , quatre Gentilshommes
de la Chambre.
Tous les Pages marchoient à pied aux deux côtés
des caroffes des Princes .
On arriva dans cet ordre à la porte de l'Eglife :
on marchoit lentement pour donner aux perfonnes
qui étoient dans les caroffes qui précédoient
ceux des Princes , le temps de defcendre .
M.le Prince de Lichtenſtein attendoit à la porte
de l'Eglife.
Pendant que l'Infant defcendoit de fon carolle,
Le Maître desCérémonies fut prendre M.le Prince
Liechtenſtein & le conduifit à la portiere du caroffe
de Madame Infantelfabelle . L'Infant s'en aprocha
auffi & reçut la main droite de Madame fa fille en
defcendant du caroffe;M. le Prince reçur la main
gauche.
Ils marcherent ainfi jufqu'au prie- Dieu qui fe
trouvoit dans le Sanctuaire en face du Maître-
Autel , où ils fe mirent à genoux fur les couffins
qui étoient au bas de ce prie- Dieu. L'Infant occupa
celui de la droite ; Madame Ifabelle celui
du milieu ; M. de Lichtenſtein celui de la gauche.
Ils fe leverent un moment après , & s'approcherent
des degrés de l'Autel ; l'Evêque déranda
à M. le Prince s'il avoit le pouvoir d'épouler Mae
InfanteIfabelle, au nom de l'Archiduc Jofeph ; fes
Pouvoirs furent lus à haute voix par un Secretaire
impérial , après quoi le Chancelier de l'Evêché
lutauffi à haute voix la Difpenfe du Pape .
Le refte de la Cérémonie fut exécutée ſuivant le
Rituel ordinaire de l'Eglife , excepté que l'anneau
fut préfenté à Madame l'Archiduchelle par M. le
Prince de Lichtenftein , fur une foucoupe , & qu'elle
le mit elle-même à fon doigt.
OCTOBRE. 1760.
195
Après cette cérémonie , Madame l'Archiducheffe
retourna au Pri - Dieu , ayant toujours M.
de Lichtenſtein à la gauche. Après une courte
priere , les Princes fe remirent en marche pour
fortir de l'Eglife dans le même ordre qu'ils y
étoient entrés ; l'Infant & M. de Lichtenttein
donnerent la main à Madaine
l'Archiducheffe
pour monter dans fon carolle , l'Infant monta
dans le fien , & M. le Prince fut joindre les
équipages qui l'attendoient à une des portes latérales
de l'Eglife.
l'on
On le mit en marche pour retourner au Palais
par un chemin plus long que celui
avoit fait en venant du Palais à la Cathédrale
que
afin que tout le Peuple , & une quantité prodigieufe
d'Etrangers qui s'étoient rendus à Parme
pullent voir la magnificence , de cette marche.
Le Cortége de M. le Prince de Lichtenſtein
précédoit celui de la Cour , de 60 ou 80 pas . Les
Troupes qui bordoient les rues lui préfenterent
les armes , les tambours rappelloient , & les
Officiers le faluerent du chapeau .
Pendant l'efpace qui étoit entre le caroffe de
M. de Lichtenftein & celui de l'Infant , l'Infanterie
mit la bayonnette au bout du fufl. Lorsqu'ils
pafferent , on préſenta les armes , les tambours
battirent au champ , & les Officiers faluerent de
l'eſponton .
M. de Lichtenſtein defcendit à la porte du Palais
pour y attendre Madame l'Archiducheſſe ;
l'Infant aufuôt arrivé defcendit de fon caroffe ,
& s'avança à la portiere de celui de Madame
l'Archiducheffe fa fille pour lui donner la main.
Elle fut conduite à ſon
appartement par l'Infant
& M. de Lichtenftein toujours dans l'ordre
obfervé
précédemment , c'eft à dire l'Infant à
fa droite , & M. de Lichtenſtein à la gauche ;
I j
196 MERCURE DE FRANCE.
yne quantité prodigieufe de Nobleffe rem pliffoit
le Palais .
S. A. R. l'Infant fe retira dans fon appartement
, après avoir reſté un moment dans celui
de la fille ; qui , après que l'Infant fut retiré
donna fa main à baifer à tous les Sujets de la
Maifon d'Autriche qui fe trouverent préfens.
L'heure du repas étant arrivée , le Maître des
Cérémonies fut avertir l'Infant , & marcha devant
lui jufques à l'appartement de Madame
l'Archiducheffe , où S. A. R. s'étoit propofée de
l'aller prendre pour la conduire à la table de
nôces.
2
Cette table étoit préparée dans la falle d'audience
, de façon que les trois fiéges fe trouvoient
fous le dais ; il n'y avoit pas de fauteuil ,
mais trois chaifes à dos parfaitement égales.
Madame l'Archiducheſſe entra dans la falle &
fut conduite à table par Monfeigneur l'Infant à
qui elle donnoit la main droite , & M. le Prince
de Lichtenſtein à qui elle donnoit la main gauche
; elle fe plaça au milieu , l'Infant à fa droite ,
& M. de Lichtenftein à fa gauche ; le Maître des
Cérémonies avoit toujours précédé les Princes jufques
à la table.
M. le Comte de S. Vital , Gouverneur de la
Maifon de S. A. R. avec tous les Majordomes ,
excepté celui qui étoit de fervice , furent prendre
lés plats au buffet , & les apporterent ſur la table
dans l'ordre ci-après.
L'Huifier des viandes entre deux Gardes du
Corps , la carabine fur l'épaule : les Gardes s'arrêterent
à la porte de la falle .
Le Maître des Cérémonies marchoit feul quatre
pas après l'Huiffier des viandes.
Douze Pages , portant chacun un plat.
Six Majordomes , portant chacun un plat.
OCTOBRE. 1760. 197
M. le Comte de S. Vital , marchant feul immédiatement
après ,
Le Contrôleur de la Bouche.
Quatre Gardes du Corps la carabine fur l'épaule
, qui fe font arrêtés au même endroit que
les deux premiers.
Le Majordome de fervice prit les plats des
mains des autres Majordomes , & des Pages , &
les arrangea fur la table. Pendant ce temps ,
M. de S. Vital fut fe mettre derriere les Princes
pour fervir Madame l'Archiducheffe , il lui ap
procha fa chaife , celle de l'Infant fut approchée
par un Majordone , & celle de M. le Prince de
Lichtentein par un Gentilhomme de la Maiſon
de S. A R. Madame l'Archiducheffe fut fervie
par M. de S. Vital , l'infant le fut à l'ordinaire
par le entilhomme de la Chambre de fervice ,
& M. le Prince de Lichtenſtein par un Gentilhomme
de la Maiſon.
Ce repas fut fervi avec toute la magnificence
& tout le goût imaginable.
Au fortir de table , Madame l'Archiducheffe
fut reconduite dans fon appartement dans le mê -
me ordre qui avoit été observé en venant à table.
Il n'y eut plus rien jufqu'au foir.
L
Toute la Nobleffe étoit invitée de fe rendre à
huit heures du foir au Palais du Jardin , pour de
là , voir tirer un feu d'artifice , & voir en même
temps une fuperbe illumination difpofée dans le
Jardin . L'ordonnance en étoit riche & galante.
Le Palais du jardin fut dès fept heures rempli
d'un grand nombre de Nobleffe. M. le Prince de
Lichtenftein s'y rendit à fept heures & demie. Le
Prince Ferdinand & Madame Louife , s'y rendirent
peu après , & l'Infant & Madame l'Archiduchefle
y arriverent à huit heures précifes.
Le feu d'artifice fut appliqué à un monument
· Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
Hlevé au milieu d'une très- grande place dans le
jardin de Parme , & faifoit face au Palais où les
Princes fe tranfportérent pour en voir l'effet .
Il repréfentoit l'union de l'Amour & de l'hymen
dans le Temple de Minerve. Ce Temple
étoit élevé fur un grand fondement amtique , dont
la forme étoit ovale , de quatre - vingt - dix - huit
pieds de longueur , fur foixante- quatre pieds de
large ; un grand focle de porphyre , comprenant.
dans fa hauteur les gradins qui formoient les deux
entrées principales du Temple , s'élevoit au-delfus
de ce fondement , & contournoit la baſe de ce
monument , qui étoit orné de vingt- quatre colonnes
d'ordre Dorique entourées de guirlandes
de fleurs. Il avoit quatre faces égales , & fes angles
étoient flanqués de quatre pyramides ifolées
dédiées aux Arts & portant leurs attributs en trophées.
Ces Pyramides étoient environnées de quatre
colonnes du même ordre , formant des avantcorne
à jour , rachetés fur les angles du quarré
du Temple , en forme de tours ou de baftions.
L'entablement étoit décoré de guirlandes de
fleurs dans la frife , & les quatre avant- corps. de
colonnes qui couvroient les Pyramides , foutenoient
fur chaque face des médaillons , en tout au
nombre de ſeize , moitié appuyés ſur la frife &
l'architrave de cet ordre , & moitié tombant dans
le vuide de l'entre- colonne. Ils repréſentoient
des tableaux où étoient peintes les qualités vertueufes
de l'Archiduc & de Madame Iſabelle
comme la nobleffe , la magnanimité , la Majesté
Royale , la libéralité , la jeunelle , la beauté , la
bonté , la clémence , la fécondité , la douceur ,
l'amour de la gloire , l'amour de la Patrie , l'amour
des Sciences , l'amour des Arts , l'enjoûment
& l'affabilité .
Au- deffus des quatre tours des Colonnes , s'élevoir
OCTOBRE. 1760. 199
au milieu des trophées Militaires, un piédeftal portant
des renommées,fur les quatre portes ou Arcades
de ce Temple étoient les Écuffons de l'Archiduc
& de Madame Ifabelle , au milieu de deux
vales ,de Parfums , & appuyé fur le focle qui couronnait
la Corniche .
Au -dellus de ce Socle, dont le plan étoit quarré
comme le Temple , s'élevoit une attique ronde
en forme de Piédeftal couronnée d'un dôme ouvert
par le haur & décoré de guirlandes de fleurs .
Ce Piédeſtal fervita porterautour dela Naillance
du dôme 12 Figures réprefentant les Jeux , les
Ris, & les Plairs , danfant & formant une chaîne
de guirlandes autour de ce monument.
Les quatre portes du Temple étoient décorées &
comme gardées par huit Figures repréſentantes la
vigilance , la dignité , l'Intelligence , la pureté ,
le filence , la douceur , & le courage , qui compo.
fept enfemble toutes les vertus qui caractérisent.
la fagelle.
Au milieu de ce temple dont la forme intérieure.
étoit octogone rachetant une voûte ronde & farbaillée
, étoit la Figure de Minerve fur différens
plans de quées , réuniffant entre fes bras les Figures
de l'Amour & de l'Hymen.
Sur les deux aîles du focle qui joignoit toute la
longueur du fondement ovale , & qui comprenoit
toute la hauteur des perrons , étoient de chaque
côté les autels de l'Amour & de l'Hymen .
Quatre fontaines de feu élevées fur des rochers
qui fortoient de terre contribuoient à la richeſſe de
la bafe de ce monument , en même tems qu'elles
augmentoient l'effet des différens tableaux de feu
qui fortoient de cet édifice deftiné à faire éclater
la joie publique que procure cet événement.
L'Illumination générale de cette machine d'Artifice
fur accompagnée de deux Phénomènes qui
I iv
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif :
tance du feu & comme dans le lointain. Ils montroient
chacun le Globe du Monde tranfparent
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage
. Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir ſur le ſommer du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illumination
générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & baſſes ; les miroirs de feu , les
pots à-feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen
tes avenues en étoile , qui y conduifent ; enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête augufte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe fe ren lit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal mafqué.
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plane
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée .
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui feparent les Loges , &
de
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryftal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlan
des de fleurs , qui ornoient le devant des Loges .
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui par
devant , & on defcendoit de-là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Turquie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle ,
pår une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheffe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danferent enſemble : Madame l'Archiduchefe
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenſtein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenſtein
prit fon Audience de congé ; tout fut obſervé à
cette Audience comme à celle de la demande ,
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fur à celle de
I v
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif
tance du feu & comme dans le lointain. Ils mon
troient chacun le Globe du Monde tranſparent
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage.
Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir fur le fommer du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illu
mination générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & balles ; les miroirs de feu , les
pots à- feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face à
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen➡
tes avenues en étoile , qui y conduifent ; enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête auguſte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame :
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe fe ren lit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal mafqué.
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plan
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
de gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui feparent les Loges , &
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryftal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlan
des de fleurs , qui ornoient le devant des Loges.
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui pardevant
, & on defcendoit de -là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Tur
quie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle ,
par une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheffe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danſerent enſemble : Madame l'Archiduchele
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenſtein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenftein
prit fon Audience de congé ; tout fut obfervé à
cette Audience comme à celle de la demande 9
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fur à celle de
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200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif
tance du feu & comme dans le lointain. Ils montroient
chacun le Globe du Monde tranfparent , '
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage
. Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir fur le fommet du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illu
mination générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & baffes ; les miroirs de feu , les
pots à-feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face à
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen
tes avenues en étoile , qui y conduifent enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête augufte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe ſe ren fit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal maſqué .
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plan
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
de gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui ſéparent les Loges , &
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryſtal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlandes
de fleurs , qui ornoient le devant des Loges.
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui pardevant
, & on defcendoit de -là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Turquie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle
pår une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheſſe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danferent enſemble : Madame l'Archiduchele
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenftein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenftein
prit fon Audience de congé ; tout fut obfervé à
cette Audience comme à celle de la demande ,
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fut à celle de
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Madame l'Archiducheffe , avant d'être conduit à
celle du Prince Ferdinand.
Après l'Audience de Madame Louife , M. le
Prince , au lieu de retourner dans fon appartement
a la Cour , defcendit par le grand efcalier ,
& fut monter dans fon Caroffe qui l'attendoit a la
porte du Palais , pour le ramener à l'Hôtel Palavicini
.
Le Maître des Cérémonies l'accompagna juf
qu'au bas de l'efcalier , M. de Palavicini & M.
Introducteur jufques à la portiere de la voiture ,
qui ne fur fermée que quand ces Meffieurs fe futent
retirés.
Le foir , il y eut Opéra.
Le 9. l'Infant fut dîner chez M. de Lichtenſtein.
Lé foir , il y eut Opéra.
Le to M. le Prince de Lichtenſtein dina chez M.
Dutillot , & partit après dîner pour Cafalmajor.
Le foir , il y eut Aflemblée au Paļais .
Le 11. au matin tous les Corps de l'Etat , le
Militaire , la Nobleffe , & la Maifon de S. A R.
eurent l'honneur de baifer la main à Madame
l'Archiducheffe .
Il y eut Opéra , le ſoir.
Le .les Princes n'ont reçu perfonne .
Le 13. S. A. R. Madame l'Archiducheffe partit
à dix heures du matin pour le rendre à Cafalmajor:
elle y a été accompagnée par Madame de
Gonzales , Madame de Silla , quatre Dames du
Pálais , des Majordomes , & huit Gentilshommes
de la Chambre ; elle étoit faivîe d'un nombre de
Pages , d'Ecuyers , de fon premier fervice , & defon
fervice du fecond Ordre , du Commandant de
l'Ecurie de deux Officiers des Ecuries , du Sellier >
du Maréchal , du Charron & de 24 Palfreniers à
Cheval;elle étoit éfcortée par des Gardes du Corps.
Les rues par lesquelles elle a pallé, étoient bordées
OCTOBRE , 1760. 203
de troupes , on avoit difpofé des Détachemens de
Cavalerie & d'Infanterie fur différens endroits de
la roure.
Des Bataillons Provinciaux , fix Compagnies de
Grenadiers, un Bataillon du Régiment de Parme ,
& les deux Compagnies de Grenadiers de inême
Régiment, étoient difpofées fur les bords du Pô ,
en deçà de la tête du Pont. Elle y a trouvé des
Elcadrons de Gardes du Corps & de Cavalerie. Elle
eft arrivée à Cafalmajor à midi & deux minutes.
M. le Comte de S. Vital eft chargé de la Cérémonie
de la remife , un Secrétaire du Cabinet de
l'Acte de certe ' remiſe .
S. A. R. s'arrête demain à Cafalmajor pour y
donner la main à bailer aux Deputés de la Lombardie
Autrichienne , aux Chambres Souveraines ,
& à la Nobleffe. Le lundi elle ira à Mantoue, où elle
s'arrêtera encore un jour, pour un objet ſemblable.
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Résumé : Suite de la Relation de tout ce qui s'est passé depuis.
Le texte relate les festivités entourant le mariage des Altesses Royales, notamment Madame l'Archiduchesse à Parme. Les célébrations incluent la représentation de l'opéra 'Les Fêtes de l'Hymen', composé de trois actes indépendants précédés d'un prologue intitulé 'Le Triomphe de l'Amour'. Ce prologue met en scène une querelle entre les dieux et l'Amour, qui obtient leur pardon pour l'union de la vertu et de la beauté. Les trois actes de l'opéra sont 'Aris', 'Sapho' et 'Eglé', chacun racontant des histoires d'amour et d'interventions divines. Les festivités comprennent des réceptions et des dîners offerts par des nobles tels que le Prince de Liechtenstein et le Comte de Rochechouart, avec des représentations d'opéra et des danses. La cérémonie de mariage à la cathédrale est décrite avec une décoration somptueuse et une procession ordonnée. Les troupes et les gardes assurent la sécurité, et la cérémonie religieuse suit le rituel ordinaire avec quelques adaptations spécifiques. Après la cérémonie, les princes retournent au palais dans le même ordre qu'à l'arrivée. Les événements incluent également un feu d'artifice et une illumination dans le jardin du palais, représentant l'union de l'Amour et de l'Hymen, suivi d'un bal masqué au théâtre. Madame l'Archiduchesse ouvre le bal avec le Prince François. Le lendemain, le Prince de Liechtenstein prend congé selon les cérémonies protocolaires. Les festivités se poursuivent avec des audiences et des repas officiels. Le 11 octobre, divers corps de l'État rendent hommage à Madame l'Archiduchesse. Le 13 octobre, elle quitte pour Casalmaggiore, escortée par des troupes et des dignitaires, et arrive à midi. Elle prévoit de s'arrêter à Casalmaggiore et à Mantoue pour saluer les députés et la noblesse.
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3635
p. 203-204
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
Début :
Le Roi de Prusse ayant voulu occuper le poste de Nieder-Arnsdorff, & se trouvant prévenu [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Postes militaires, Général, Détachements, Artillerie, Attaque, Baron, Bataillons, Secours, Maréchal Daun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun ,
le 7 Septembre.
Le Roi de Pruffe ayant voulu occuper le pofte
de Nieder-Arnsdorff , & fe trouvant prévenu par
le Général Beck , détacha trois Régimens , avec
quelques pieces d'Artillerie , pour en déloger nos
troupes. Ils attaquèrent ce pofte avec beaucoup
de vivacité ; mais le Baron de Beck eut le tems
de faire foutenir les Volontaires de Siléfie , qui
Foccupoient , par deux Bataillons de Waradins,
& le Comte de Daun détacha , de fon côté , dans '
le méme deffein , trois Bataillons de Grenadiers.
Au moyen de ce fecours , les Pruffiens furent re
pouffés ; & après une attaque de trois heures, ils
fe retirèrent avec une perte confidérable . On ne
peut pas l'évaluer à moins de fept à huir cens
Bommes.› ant tués que bleffés. La nôtre eft de
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
trois cens hommes. Depuis , le Roi de Pruffe ayant
voulu gagner Landshut , le Maréchal de Daun
fit une marche qui arrêta ce Prince , & le Comte
de Lafcy a pris pofte à Landshut & fur les hauteurs
voifines. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable .
le 7 Septembre.
Le Roi de Pruffe ayant voulu occuper le pofte
de Nieder-Arnsdorff , & fe trouvant prévenu par
le Général Beck , détacha trois Régimens , avec
quelques pieces d'Artillerie , pour en déloger nos
troupes. Ils attaquèrent ce pofte avec beaucoup
de vivacité ; mais le Baron de Beck eut le tems
de faire foutenir les Volontaires de Siléfie , qui
Foccupoient , par deux Bataillons de Waradins,
& le Comte de Daun détacha , de fon côté , dans '
le méme deffein , trois Bataillons de Grenadiers.
Au moyen de ce fecours , les Pruffiens furent re
pouffés ; & après une attaque de trois heures, ils
fe retirèrent avec une perte confidérable . On ne
peut pas l'évaluer à moins de fept à huir cens
Bommes.› ant tués que bleffés. La nôtre eft de
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
trois cens hommes. Depuis , le Roi de Pruffe ayant
voulu gagner Landshut , le Maréchal de Daun
fit une marche qui arrêta ce Prince , & le Comte
de Lafcy a pris pofte à Landshut & fur les hauteurs
voifines. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable .
Fermer
Résumé : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
Le 7 septembre, le roi de Prusse tenta d'occuper le poste de Nieder-Arnsdorff, mais fut devancé par le général Beck. Les Prussiens attaquèrent avec trois régiments et quelques pièces d'artillerie pour déloger les troupes françaises. Le baron de Beck mobilisa les Volontaires de Silésie, soutenus par deux bataillons de Waradins. Le comte de Daun renforça la défense en envoyant trois bataillons de grenadiers. Après trois heures de combat, les Prussiens furent repoussés, subissant entre sept cents et huit cents pertes. Les forces françaises perdirent environ trois cents hommes. Par la suite, le roi de Prusse chercha à atteindre Landshut, mais le maréchal de Daun intervint pour l'arrêter. Le comte de La Fcy prit position à Landshut et sur les hauteurs voisines. Aucune action notable n'a été signalée depuis.
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3636
p. 204
De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
Début :
Nous attaquames, le 10, avec succès, quelques postes avancés des ennemis. [...]
Mots clefs :
Attaque, Ennemis, Succès, Postes militaires, Résistance, Prince de Deux-Ponts, Armée, Village, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
De l'Armée de l'Empire , le 16 Septembre.
>
>
Nous attaquames , ' le 1o , avec fuccès , quelques
poftes avancés des ennemis. Ils fe repliérent avec
précipitation jufques fous le canon de leurs retranchemens
de Torgau. On reconnut , par ce
moyen , de fort près leur pofition . Le +1 les
ennemis attaquérent , à leur tour , vers le foir
nos poftes avancés ; mais on leur oppofa une
vigoureuſe réſiſtance & ils fe retirerent après
une heure d'attaque infructueufe. Le Prince de
Deux- Ponts a fon Quartier à Strehla où la droite
de l'Armée eft appuyée , & la gauche eft à Doberschitz
. Le Corps de réſerve eft entre Schilda
& Profthayn , & les Troupes légères occupent les
Bois & les Villages que nous avons en avant d'ici
à Torgau.
I
>
Le Prince de Deux-Ponts , informé de l'arrivée
du Duc de Wirtemberg dans les environs de Hall ,
lui dépêcha , le 1 ,, le Général d'Infanterie Baron
de Haddick , pour concerter les opérations du
refte de la Campagne. Le Général Lucfinsky occupe
Duben & fes environs.
>
>
Nous attaquames , ' le 1o , avec fuccès , quelques
poftes avancés des ennemis. Ils fe repliérent avec
précipitation jufques fous le canon de leurs retranchemens
de Torgau. On reconnut , par ce
moyen , de fort près leur pofition . Le +1 les
ennemis attaquérent , à leur tour , vers le foir
nos poftes avancés ; mais on leur oppofa une
vigoureuſe réſiſtance & ils fe retirerent après
une heure d'attaque infructueufe. Le Prince de
Deux- Ponts a fon Quartier à Strehla où la droite
de l'Armée eft appuyée , & la gauche eft à Doberschitz
. Le Corps de réſerve eft entre Schilda
& Profthayn , & les Troupes légères occupent les
Bois & les Villages que nous avons en avant d'ici
à Torgau.
I
>
Le Prince de Deux-Ponts , informé de l'arrivée
du Duc de Wirtemberg dans les environs de Hall ,
lui dépêcha , le 1 ,, le Général d'Infanterie Baron
de Haddick , pour concerter les opérations du
refte de la Campagne. Le Général Lucfinsky occupe
Duben & fes environs.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
Du 10 au 16 septembre, l'Armée de l'Empire a mené des opérations militaires autour de Torgau. Le 10 septembre, les troupes ont attaqué avec succès des postes avancés ennemis, qui se sont repliés jusqu'à leurs retranchements de Torgau, permettant ainsi de mieux connaître leur position. Le 11 septembre, les ennemis ont attaqué les postes avancés de l'Armée, mais ont été repoussés après une heure de combat infructueux. Le Prince de Deux-Ponts a établi son quartier général à Strehla, avec la droite de l'Armée appuyée à cet endroit et la gauche à Doberschitz. Le Corps de réserve est positionné entre Schilda et Prohstayn, tandis que les troupes légères occupent les bois et les villages situés entre la position actuelle de l'Armée et Torgau. Le Prince de Deux-Ponts a envoyé le Général d'Infanterie Baron de Haddick pour coordonner les opérations avec le Duc de Wurtemberg, récemment arrivé près de Halle. Le Général Lucinsky contrôle Duben et ses environs.
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3637
p. 204-206
De HAMBOURG, le 10 Septembre.
Début :
L'Armée Suédoise, qui campoit depuis quelques jours à Strasbourg, petite [...]
Mots clefs :
Armée suédoise, Prussiens, Colonel, Cavalerie, Baron, Escadrons, Prisonnier, Mouvements des troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 10 Septembre.
De HAMBOURG , le 10 Septembre.
L'Armée Suédoiſe , qui campoit depuis quel
ques curs à Strasbourg , petite Ville de l'Ucker-
Marck ,, s'ébranla le trois de ce mois. A l'ap-
J
OCTOBRE. 1760 205
proche des Suédois , les Pruffiens abandonnerent
leurs poftes & fe retirerent du côté de Prentzlow
. Le Colonel de Sparre avec ſa Cavalerie ,
fe mit à la pourfuite d'un corps ennemi ; il atteignit
quatre cens cinquante Dragons & Huffards qu'il
nrit en déroute; le Baron de Wrangel à la tête d'un
corps d'Infanterie & de Cavalerie , attaqua auffi.`
le corps Pruffien , & il prit cent- quarante trois
hommes & quatre Officiers , parmi lesquels étoit
le Major de Kalckstein ' , Commandant de ce
Corps.
Le Colonel de Klinpfor fit une troifiéme attaque,
qui cut d'abord le plus grand fuccès. Il renverfa
avec deux Eſcadrons le Bataillon de Dohna
mais les Pruffiens étant revenus avec des forces
fupérieures , dégagérent ce Bataillon , & le Colonel
de Klinpfor refta prifonnier avec cinquante
à foixante Soldats & quelques Officiers , la plûpart
griévement bleffés. Les Suédois ont eu , dans
ces différens chocs , une centaine d'hommes tués ,
bleffés ou prifonniers. Les Pruffiens ont perdu environ
deux cens hommes qui ont été pris , fans
compter les morts , dont le nombre eft au moins
égal .
- L'Armée Suédoife ſe remit le 6 en mouvement,
de Werbelow. Elle marcha le long de la Rive
gauche de l'Ucker , fur Prenzlow , Les Pruffiens
avoient pris une pofition avantageuſe en avant
de cette Ville ; mais ils l'abandonnerent à l'approche
des Suédois . Le Baron de Lantingshauſen
envoya fommer le Commandant de Prenzlow
de rendre cette place ; & fur fon refus , il ordonna
l'attaque. Les deux portes de Beflin & d'Anclam
furent forcées , les Pruffiens firent leur retraite
avec précipitation , on leur a fait plus de cent
Priſonniers , & les Suédois n'ont eu qu'un homme
tué & un petit nombre de bleſſés . Quoique cette
206 MERCURE DE FRANCE.
Ville ait été prife de force , le foldat Suédois a
obfervé la plus exacte difcipline.
Les troupes Suédoifes employées en Pomeranie,
confiftent en dix-fept Bataillons , & en quarantedeux
Eſcadrons. Six autres Bataillons ont été laiſfés
pour veiller à la fureté de Daungarten , de
Triblés , de Gutzkow & de Wolgaft.
L'Armée Suédoiſe , qui campoit depuis quel
ques curs à Strasbourg , petite Ville de l'Ucker-
Marck ,, s'ébranla le trois de ce mois. A l'ap-
J
OCTOBRE. 1760 205
proche des Suédois , les Pruffiens abandonnerent
leurs poftes & fe retirerent du côté de Prentzlow
. Le Colonel de Sparre avec ſa Cavalerie ,
fe mit à la pourfuite d'un corps ennemi ; il atteignit
quatre cens cinquante Dragons & Huffards qu'il
nrit en déroute; le Baron de Wrangel à la tête d'un
corps d'Infanterie & de Cavalerie , attaqua auffi.`
le corps Pruffien , & il prit cent- quarante trois
hommes & quatre Officiers , parmi lesquels étoit
le Major de Kalckstein ' , Commandant de ce
Corps.
Le Colonel de Klinpfor fit une troifiéme attaque,
qui cut d'abord le plus grand fuccès. Il renverfa
avec deux Eſcadrons le Bataillon de Dohna
mais les Pruffiens étant revenus avec des forces
fupérieures , dégagérent ce Bataillon , & le Colonel
de Klinpfor refta prifonnier avec cinquante
à foixante Soldats & quelques Officiers , la plûpart
griévement bleffés. Les Suédois ont eu , dans
ces différens chocs , une centaine d'hommes tués ,
bleffés ou prifonniers. Les Pruffiens ont perdu environ
deux cens hommes qui ont été pris , fans
compter les morts , dont le nombre eft au moins
égal .
- L'Armée Suédoife ſe remit le 6 en mouvement,
de Werbelow. Elle marcha le long de la Rive
gauche de l'Ucker , fur Prenzlow , Les Pruffiens
avoient pris une pofition avantageuſe en avant
de cette Ville ; mais ils l'abandonnerent à l'approche
des Suédois . Le Baron de Lantingshauſen
envoya fommer le Commandant de Prenzlow
de rendre cette place ; & fur fon refus , il ordonna
l'attaque. Les deux portes de Beflin & d'Anclam
furent forcées , les Pruffiens firent leur retraite
avec précipitation , on leur a fait plus de cent
Priſonniers , & les Suédois n'ont eu qu'un homme
tué & un petit nombre de bleſſés . Quoique cette
206 MERCURE DE FRANCE.
Ville ait été prife de force , le foldat Suédois a
obfervé la plus exacte difcipline.
Les troupes Suédoifes employées en Pomeranie,
confiftent en dix-fept Bataillons , & en quarantedeux
Eſcadrons. Six autres Bataillons ont été laiſfés
pour veiller à la fureté de Daungarten , de
Triblés , de Gutzkow & de Wolgaft.
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Résumé : De HAMBOURG, le 10 Septembre.
Le 10 septembre 1760, l'armée suédoise, basée à Strasbourg, se mit en mouvement vers Prenzlow. Les Prussiens se retirèrent face à l'avancée suédoise. Le colonel de Sparre dispersa 450 dragons et hussards prussiens, tandis que le baron de Wrangel captura 143 hommes et quatre officiers, dont le major de Kalckstein. Le colonel de Klinpfor lança une attaque initialement réussie, mais les Prussiens contre-attaquèrent, capturant Klinpfor et une cinquantaine de soldats. Les Suédois perdirent environ 100 hommes, les Prussiens environ 200 capturés et autant de morts. Le 6 octobre, les Suédois se dirigèrent vers Prenzlow, que les Prussiens abandonnèrent. Après un assaut, les Suédois prirent la ville avec plus de 100 prisonniers, subissant peu de pertes. Les troupes suédoises en Poméranie comptaient 17 bataillons et 42 escadrons, avec six bataillons pour sécuriser Daungarten, Triblés, Gutzkow et Wolgast.
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3638
p. 206
De RATISBONNE le 20 Septembre.
Début :
Le Corps de troupes du Duc de Wirtemberg campe actuellement dans les [...]
Mots clefs :
Corps, Duc, Prince, Commandant, Incendie, Ville
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texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE le 20 Septembre.
De RATISBONNE le 20 Septembre.
Le Corps de troupes du Duc de Wirtemberg
campe actuellement dans les environs de Hall.
Ce Prince fit fommer , le 10 de ce mois , le Commandant
Pruffien de Leipfick de fe retirer de cette
place. Ce Commandant répondit qu'il avoit ordre
du Roi fon Maître de la défendre juſqu'à
la derniere extrémité , & de bruler fes fauxbourgs
& la Ville même plutôt que de la rendre. Le
Duc de Wirtemberg lui fit dire que la Ville de
Hall , dont il étoit en poffeffion , lui répondroic .
du traitement que l'on feroit à celle de Leipfick .
Le Corps de troupes du Duc de Wirtemberg
campe actuellement dans les environs de Hall.
Ce Prince fit fommer , le 10 de ce mois , le Commandant
Pruffien de Leipfick de fe retirer de cette
place. Ce Commandant répondit qu'il avoit ordre
du Roi fon Maître de la défendre juſqu'à
la derniere extrémité , & de bruler fes fauxbourgs
& la Ville même plutôt que de la rendre. Le
Duc de Wirtemberg lui fit dire que la Ville de
Hall , dont il étoit en poffeffion , lui répondroic .
du traitement que l'on feroit à celle de Leipfick .
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Résumé : De RATISBONNE le 20 Septembre.
Le 20 septembre, les troupes du Duc de Wurtemberg sont près de Hall. Le 10 septembre, le Duc a ordonné au commandant prussien de Leipzig, Leipfick, de se retirer. Leipfick a refusé, affirmant qu'il devait défendre et brûler Leipzig sur ordre du roi. Le Duc a menacé de traiter Hall de la même manière si elle n'était pas rendue.
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3639
p. 206
De MADRID, le 17 Septembre.
Début :
Le Comte de Merle, Ambassadeur de Sa Majesté Très Chrétienne auprès du Roi [...]
Mots clefs :
Comte, Roi de Portugal, Voyage, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 17 Septembre.
De MADRID , le 17 Septembre,
Le Comte de Merle , Ambaffadeur de Sa Majefté
Très Chrétienne auprès du Roi de Portugal ,
qui a obtenu la permilion de faire un Voyage
en France , fut préfenté , de 14 de ce mois , au
Roj par le Marquis d'Oflum , qui réfide ici avec
le même caractère.
Le Comte de Merle , Ambaffadeur de Sa Majefté
Très Chrétienne auprès du Roi de Portugal ,
qui a obtenu la permilion de faire un Voyage
en France , fut préfenté , de 14 de ce mois , au
Roj par le Marquis d'Oflum , qui réfide ici avec
le même caractère.
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3640
p. 207
De VERSAILLES, le 2 Octobre.
Début :
Le 29 du mois dernier, le Roi tint le sceau. Sa Majesté a donné l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Sceau, Roi, Abbaye, Ordre, Diocèse, Prieuré, Religieuse
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 2 Octobre.
De VERSAILLES , le 2 Octobre.
L 29 du mois dernier , le Roi tint le fceau.
B
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Saint Antoine,
Ordre de Cieaux , Diocèle & fauxbourg de Paris ,
à la Dame de Beauvau-Craon , Religeufe de celle
de Juvigni ;
L'Abbaye de la Regle , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Limoges , à la Dame de Bois- jolland ,
Religieufe de celle de Saint Aufonne ;
L'Abbaye de Nidoifeau , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèse d'Angers , à la Dame de Scépeaux ,
Religieufe de celle d'Eftival , Diocèle du Mans ;
L'Abbaye de la Vaflin , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèfe de Clermont , à la Dame de la Salle ,
Religieufe de la même Abbaye ;
Et le Prieuré de la Ferté - Milon , à la Dame
de Rochelambert , Religieufe du même Monaftere.
L 29 du mois dernier , le Roi tint le fceau.
B
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Saint Antoine,
Ordre de Cieaux , Diocèle & fauxbourg de Paris ,
à la Dame de Beauvau-Craon , Religeufe de celle
de Juvigni ;
L'Abbaye de la Regle , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Limoges , à la Dame de Bois- jolland ,
Religieufe de celle de Saint Aufonne ;
L'Abbaye de Nidoifeau , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèse d'Angers , à la Dame de Scépeaux ,
Religieufe de celle d'Eftival , Diocèle du Mans ;
L'Abbaye de la Vaflin , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèfe de Clermont , à la Dame de la Salle ,
Religieufe de la même Abbaye ;
Et le Prieuré de la Ferté - Milon , à la Dame
de Rochelambert , Religieufe du même Monaftere.
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Résumé : De VERSAILLES, le 2 Octobre.
Le 29 septembre, le Roi a attribué plusieurs abbayes et prieurés. L'Abbaye de Saint-Antoine à Paris a été donnée à la Dame de Beauvau-Craon. L'Abbaye de la Règle à Limoges à la Dame de Bois-jolland. L'Abbaye de Nidifau à Angers à la Dame de Scépeaux. L'Abbaye de la Vauisle à Clermont à la Dame de la Salle. Le Prieuré de la Ferté-Milon à la Dame de Rochelambert.
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3641
p. 207-208
De PARIS, le 4 Octobre.
Début :
Le 21 du mois dernier, on fit la Dédicace de l'Eglise Paroissiale [...]
Mots clefs :
Église, Dédicace, Évêque, Clergé, Monseigneur le Dauphin, Madame la Dauphine, Archevêque
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 4 Octobre.
De PARIS , le 4 Octobre,
Le 21 du mois dernier , on fit la Dédicace de
l'Eglife Paroiffiale de Choifi- le- Roi : cette Eglife
fur dédiée fous l'invocation de Saint Louis , Roi
de France , & de Saint Nicolas , Evêque de Myrre.
Cette Cérémonie fut faite par l'Archevêque de
Paris , affifté des Archevêques d'Aries , de Tours ,
de Befançon , de Touloufe , d'Alby , & des Evêques
de Grenoble , de Chartres , d'Orléans , de
208 MERCURE DE FRANCE.
Meaux , de Metz & d'Autun , en qualité de
Co-Confécrateurs . Les autres Evêques qui fe trouvoient
ici y affiftérent avec les Agens Généraux
du Clergé , fur l'invitation qui leur en avoit été
faite de la part de Sa Majefté. Le Roi , la Reine ,
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine ,
& Mefdames , affifterent à cette Cérémonie.
L'Archevêque de Paris , les Archevêques & Evêques
Co-Confécrateurs , les autres Evêques qui
avoient affifté à la Cérémonie , & les deux Agens
Généraux du Clergé , eurent l'honneur de dîner
avec Sa Majesté .
Le 21 du mois dernier , on fit la Dédicace de
l'Eglife Paroiffiale de Choifi- le- Roi : cette Eglife
fur dédiée fous l'invocation de Saint Louis , Roi
de France , & de Saint Nicolas , Evêque de Myrre.
Cette Cérémonie fut faite par l'Archevêque de
Paris , affifté des Archevêques d'Aries , de Tours ,
de Befançon , de Touloufe , d'Alby , & des Evêques
de Grenoble , de Chartres , d'Orléans , de
208 MERCURE DE FRANCE.
Meaux , de Metz & d'Autun , en qualité de
Co-Confécrateurs . Les autres Evêques qui fe trouvoient
ici y affiftérent avec les Agens Généraux
du Clergé , fur l'invitation qui leur en avoit été
faite de la part de Sa Majefté. Le Roi , la Reine ,
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine ,
& Mefdames , affifterent à cette Cérémonie.
L'Archevêque de Paris , les Archevêques & Evêques
Co-Confécrateurs , les autres Evêques qui
avoient affifté à la Cérémonie , & les deux Agens
Généraux du Clergé , eurent l'honneur de dîner
avec Sa Majesté .
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Résumé : De PARIS, le 4 Octobre.
Le 21 septembre, l'église paroissiale de Choisy-le-Roi a été dédiée sous la protection de Saint Louis et Saint Nicolas. La cérémonie, présidée par l'archevêque de Paris, a réuni plusieurs archevêques et évêques. Le roi, la reine, le dauphin, la dauphine et Mesdames y ont assisté. Un dîner a suivi avec Sa Majesté.
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3642
p. 208
De METZ, le 18 Septembre.
Début :
Sa Majesté vient d'accorder des Lettres patentes à une nouvelle Société [...]
Mots clefs :
Lettres patentes, Société des sciences et des arts, Maréchal, Ministre, Progrès, Agriculture, Prix
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texteReconnaissance textuelle : De METZ, le 18 Septembre.
De METZ , le 18 Septembre.
'Sa Majesté vient d'accorder des Lettres patentes
à une nouvelle Société des Sciences & des Arts
établie dans cette Ville , fous les aufpices du ,
Maréchal Duc de Belle- Ifle , Pair de France , Miniftre
& Secrétaire d'Etat de la guerre , Gouverneur
des Trois Evéchés . L'objet de cet établiffement
eft de contribuer aux progrès de l'Agriculture
& des Arts utiles à l'économie & au Commerce
. Le Maréchal Duc de Belle -Ifle a fair en
fa faveur une fondation de trois mille livres de
renté annuelle. Cette Société propoſera chaque
année un fujet de Prix , qui fera toujours relatif
aux Arts utiles . Le prix fera une médaille d'Or
de la valeur de quatre cens livres & portant l'effigie
de fon Fondateur. Elle tiendra fa premiere
Allemblée publique le 17 Novembre prochain .
'Sa Majesté vient d'accorder des Lettres patentes
à une nouvelle Société des Sciences & des Arts
établie dans cette Ville , fous les aufpices du ,
Maréchal Duc de Belle- Ifle , Pair de France , Miniftre
& Secrétaire d'Etat de la guerre , Gouverneur
des Trois Evéchés . L'objet de cet établiffement
eft de contribuer aux progrès de l'Agriculture
& des Arts utiles à l'économie & au Commerce
. Le Maréchal Duc de Belle -Ifle a fair en
fa faveur une fondation de trois mille livres de
renté annuelle. Cette Société propoſera chaque
année un fujet de Prix , qui fera toujours relatif
aux Arts utiles . Le prix fera une médaille d'Or
de la valeur de quatre cens livres & portant l'effigie
de fon Fondateur. Elle tiendra fa premiere
Allemblée publique le 17 Novembre prochain .
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Résumé : De METZ, le 18 Septembre.
Le 18 septembre, Sa Majesté a créé la Société des Sciences et des Arts à Metz, sous la protection du Maréchal Duc de Belle-Isle. Cette société vise à promouvoir l'agriculture et les arts utiles. Une rente annuelle de trois mille livres a été fondée. Chaque année, un sujet de prix sera proposé avec une médaille d'or. La première assemblée publique se tiendra le 17 novembre.
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3643
p. 208-209
De BAYONNE, le 16 Septembre.
Début :
On apprend par un Vaisseau arrivé à Saint Ander que des six [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Marchand, Marquis, Ennemis, Combat naval, Capitaines, Cargaison, Artillerie, Armateur
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texteReconnaissance textuelle : De BAYONNE, le 16 Septembre.
De BAYONNE , le 16 Septembre.
On apprend par un Vaiffeau arrivé à Saint Ander
que des fix Vaiffeaux partis de Bordeaux ,
trois font arrivés dans le fleuve Saint Laurent ,
favoir ; le Marchand , le Marquis de Malaufe &
le Bienfaifant. Ils ont atterré dans la Baye des
Chaleurs avec fix prifes qu'ils avoient faites dans
OCTOBRE. 1760. 206-
ce fleuve fur les Anglois. Cinq Vaiffeaux de guerre
ennemis les ont pourfuivis jufques dans ce port,
Les Capitaines de ces trois VaiffeauxMarchands ,
ont fait la plus belle manoeuvre ; ils ont mis à
terre prèfque tous leurs Canons ; ils ont conftruit
à la hate une efpéce de fort d'où ils ont tiré fur
les Vaiffeaux Anglois ; ils en ont coulé un à fond
ils ont eu le tems de mettre à terre leur Car
gaifon , & l'on ne doute pas qu'ils n'ayent fait
paffer à Montréal les munitions & les fubfiftancés
qui étoient deftinées pour cette place. Ils ont
enfuite mis le feu à leurs trois Vailleaux & aux
fix qu'ils avoient pris , afin qu'ils ne tombaſſent
point entre les mains des Anglois.
Le Marquis de Vaudreuil , ayant formé le projet
d'une expédition fur le fleuve Saint Laurent ,
a chargé le fieur Minville l'aîné , Armateur de ce
port , de l'exécuter . Cet Armateur a paffé hardiment
avec fon Vaiffeau fous le fort de Quebec
de l'Artillerie duquel il a effuyé tout le feu , &
dont il a été fort endommagé; cela ne l'a pas em
pêché de remplir fon objet ; il a pris dans ce
fleuve quatorze Vaifleaux Anglois pleins de munitions
pour Quebec ; il les a conduits un peu plus
haut que la Baye des Chaleurs , & après en avoir
fait décharger toutes les Cargaifons qu'il a fair
tranfporter à Montréal , il les a brulés ainfi que
fon Vaiffeau , pour 'qu'ils ne devinflent pas la
proie des ennemis.
On affure que la recolte a été abondante dans
le Territoire de Montréal , & que nous fommes
en état de nous y foutenir long-tems contre les
Anglois,
On apprend par un Vaiffeau arrivé à Saint Ander
que des fix Vaiffeaux partis de Bordeaux ,
trois font arrivés dans le fleuve Saint Laurent ,
favoir ; le Marchand , le Marquis de Malaufe &
le Bienfaifant. Ils ont atterré dans la Baye des
Chaleurs avec fix prifes qu'ils avoient faites dans
OCTOBRE. 1760. 206-
ce fleuve fur les Anglois. Cinq Vaiffeaux de guerre
ennemis les ont pourfuivis jufques dans ce port,
Les Capitaines de ces trois VaiffeauxMarchands ,
ont fait la plus belle manoeuvre ; ils ont mis à
terre prèfque tous leurs Canons ; ils ont conftruit
à la hate une efpéce de fort d'où ils ont tiré fur
les Vaiffeaux Anglois ; ils en ont coulé un à fond
ils ont eu le tems de mettre à terre leur Car
gaifon , & l'on ne doute pas qu'ils n'ayent fait
paffer à Montréal les munitions & les fubfiftancés
qui étoient deftinées pour cette place. Ils ont
enfuite mis le feu à leurs trois Vailleaux & aux
fix qu'ils avoient pris , afin qu'ils ne tombaſſent
point entre les mains des Anglois.
Le Marquis de Vaudreuil , ayant formé le projet
d'une expédition fur le fleuve Saint Laurent ,
a chargé le fieur Minville l'aîné , Armateur de ce
port , de l'exécuter . Cet Armateur a paffé hardiment
avec fon Vaiffeau fous le fort de Quebec
de l'Artillerie duquel il a effuyé tout le feu , &
dont il a été fort endommagé; cela ne l'a pas em
pêché de remplir fon objet ; il a pris dans ce
fleuve quatorze Vaifleaux Anglois pleins de munitions
pour Quebec ; il les a conduits un peu plus
haut que la Baye des Chaleurs , & après en avoir
fait décharger toutes les Cargaifons qu'il a fair
tranfporter à Montréal , il les a brulés ainfi que
fon Vaiffeau , pour 'qu'ils ne devinflent pas la
proie des ennemis.
On affure que la recolte a été abondante dans
le Territoire de Montréal , & que nous fommes
en état de nous y foutenir long-tems contre les
Anglois,
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Résumé : De BAYONNE, le 16 Septembre.
Le 16 septembre, trois vaisseaux français, le Marchand, le Marquis de Malaufe et le Bienfaifant, ont atteint le fleuve Saint-Laurent après avoir capturé six navires anglais. Ils ont accosté dans la Baie des Chaleurs, où cinq vaisseaux de guerre ennemis les poursuivaient. Les capitaines ont débarqué leurs canons et construit une fortification pour repousser les Anglais, coulant un vaisseau ennemi et mettant leur cargaison à terre, probablement à Montréal. Pour éviter la capture, ils ont incendié leurs vaisseaux. Parallèlement, le Marquis de Vaudreuil a organisé une expédition sur le fleuve Saint-Laurent. L'armateur Minville l'aîné a mené cette mission, capturant quatorze vaisseaux anglais chargés de munitions pour Québec. Il a conduit ces vaisseaux au-delà de la Baie des Chaleurs, déchargé les cargaisons à Montréal, et incendié les navires, y compris le sien. Enfin, la récolte dans le territoire de Montréal a été abondante, permettant de soutenir une longue résistance contre les Anglais.
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3644
p. 209-213
De FRANCFORT, le 22 Septembre.
Début :
On a été ici quelques jours sans recevoir des nouvelles de l'Armée. [...]
Mots clefs :
Armée, Corps, Détachement, Prince Ferdinand , Communication, Prisonniers, Maréchal de Broglie, Ennemis, Infanterie, Régiment, Comte, Bataille, Obstacle, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 22 Septembre.
De FRANCFORT , le 22 Septembre.
On a été ici quelques jours fans recevoir des
nouvelles de l'Armée. Un Corps détaché de celle .
"
210 MERCURE DE FRANCE.
da Prince Ferdinand s'érgit poſté fur Marburg &
ayoit interrompu la communication ; les polles
qui avoient été établis pour fa fureté s'étant repliés
à l'approche des ennemis , deux, Compagnies
da Régiment de Cavalerie de Rougrave , qui occupoient
celui de Butzbach , y furent attaquées
le au matin , & furent faites Prifonnieres de
guerre. Le Maréchal de Broglie , ayant eu avis
de la marche des ennemis , fit partir de Merdenhagen
, le 12 à la pointe du jour , le Corps
aux ordres du Comte de Stainville , Lieutenant
Général , & du Marquis d'Aubigni , Maréchal de
Camp , pour le pofter fur Marburg afin de leur
couper leur retraite . Ce Corps étoit compofé de
la Brigade d'Infanterie d'Auvergne ; de celle de
Bouillon formée de ce Régiment & de ceux de
Vierzet & d'Horion , & des Régimens, de Dragons
du Roi & de la Ferronaye ; & de la Brigade
de Cavalerie de Royal- Pologne , compoſée
de ce Régiment & de ceux de Poly & de Touftain,
Ilarriva le même jour à Marienhagen . On trouva
en arrivant un détachement des ennemis qui fe
reriroit de Marburg à Franckenberg . On leur fit
trente Prifonniers,
Le Comte de Stainville fut informé que le Corps
des ennemis , commandé par les Généraux de
Bulowet & de Ferien , n'ayant pu fe rendre maître
du Chateau de Marburg par la réſiſtance du fieur
Kenedy , Commandant , & après avoir fait quelque
dégât dans la Ville, fe retiroit auffi fur Franckenberg.
Il ne voulur pas manquer l'occaſion de
le joindre , & il fe remit en marche le 13 à la
pointe du jour. Il fe porta avec la plus grande
diligence vers Radern. Les ennemis étoient en
Bataille à une demi- lieue de ce Village. Le Comte
de Stainville fit auffi - tôt les difpofitions pour les
attaquer ; toutes les troupes pallerent le ruiffeau
OCTOBRE. 1760. 211
du ravin qui les féparoient des ennemis. Les deux
Régimens de Dragons , commandés par le Comte
de Cey , Brigadier , & la Caval rie de la Légion
Royale commandée par le Comte de Melfort
fe portérent pendant ce tems , avec la plus grande
vivacité fur la hauteur occupée par les ennemis.
Ils chargérent la Cavalerie qui s'y trouva & ils la
culbuterent. Le Comte de Ferfen furrué dans cette
charge.
Les ennemis furent fuivis de près , malgré les
obftacles du terrein , par les Grenadiers & les
Challeurs , par la Brigade d'Auvergne, commandée
par le Marquis de Rochambeau , Brigadier ,
& par l'Infanterie de la Légion Royale. Ils furent
ainfi obligés d'abandonner la hauteur qu'ils occupoient
; ils le retirérent par le Village de Munden
où leur droite avoit été appuyée , & ils gagnérent
une autre hauteur près de Neukirchen , On les y
canona vivement jufqu'à ceque les troupes devancées
par les Dragons , après avoir paffé un fecond
ruiffeau affez profond & un ravin difficile , les chaf
ferent de hauteurs , en hauteurs , & les obligerent
de s'appuyer à une haute montagne derniere leVillage
de Hallenberg .
Commela nuit approchoit , le Comte de Stainville
, afin d'empêcher les ennemis d'en profiter
pour affurer leur pofition, ou pour fe retirer en bon
ordre , ne perdit pas un moment à les faire attaquer.
La Brigade d'Auvergne gravit avec la plus
grande vivacité une montagne d'un accès très-difficile.
La Légion Royale & les Dragons s'y porterent
de même , malgré les obftacles du terrein & la roideur
de la montagne. Ils mirent les ennemis en déroute
les Dragons leur firent abandonner trois piéces
de Canon ; le fieur Duchemin, Major de la Légion
Royale, avec quelques Dragons de ce Corps ,
en prit auffi trois pieces , & l'on en trouva deur
212 MERCURE DE FRANCE.
autres abandonnées dans le bois. La nuit mit fin
au combat , qui avoit commencé à dix heures du
matin.
Le Corps des ennemis , étoit d'environ fix mille
hommes. Ils ont perdu beaucoup , & on leur a
fait près de 400 Priſonniers, parmi lesquels il y a
plufieurs Officiers. On leur a pris auffi tous les
bagages ; du côté des François , on n'a perdu qu'environ
cinquante hommes tués ou bleffès.
A
Depuis , le Maréchal de Broglie , ayant réfolu
de faire attaquer le Camp du Général Vangenheim
, par les troupes aux ordres du Comte de
Luface campées entre Fridlandet Vitzenhauſen ,
fe rendit pour cet effet au quartier du Comte de,
Luface , & il renforça fa réferve d'un Corps de
troupes tiré de l'Armée. Le Corps ennemi étoit
d'environ quinze mille hommes. On marcha fur
quatre colonnes dirigées fur Dransfeld ; auffi- tôt
qu'elles parurent fur la hauteur voiſine de cette
Ville , les ennemis leverent leur Camp & entrerent
dans le bois qu'ils avoient derriere eux. La Colonne
d'Infanterie de notre droite , aux ordres du
Comte de Luface , compofée du Corps Saxon &
des Brigades de Caftelas & de la Marck , s'avança
avec toute la diligence poffible . Elle étoit précédée
par le Comte de Vaux , Lieutenant Général , ayant
avec lui les Grenadiers & les Chaffeurs des ces Brigades
, & par le fieur de Klingenberg , Maréchal
de Camp , ayant avec lui trois Bataillons de Grenadiers
Saxons , foutenus de la Brigade Suiffe.de
Diesbach. L'attaque ne put commencer que vers
les fept heures du foir.Le feu de Moufquetterie fut ,
vif & dura plus d'une heure ; mais il futpeu meurtrier,
à caufe de l'obfcurité & de l'épaiffeur du bois .
Les ennemis furent pouffés jufqu'à l'efcarpement
du Vefer. Les Grenadiers Saxons leur prirent deux
piéces de Canon , & le fieur de Grandmaiſon ,
OCTOBRE. 1760. 213
Commandant les Volontaires de Hainault , en
prit deux autres & fit quelques Priſonniers,
Pendant ce tems- là , le Prince de Croy fit déboucher
de Munden un Détachement aux ordres
du fieur de la Borde , Lieutenant Colonel du Régiment
de Condé , pour le porter fur le pont des
-ennemis à Humel ; il l'attaqua & s'en rendit maître.
Mais les ennemis étant revenus par la gauche
du Véfer avec des forces fupérieures & beaucoup
d'Artillerie , il ne put le conferver . Le lendemain
matin , le fieur de Grandmaifon s'étant porté vers
ce pont , il le trouva abandonné ; il le fit
& en fit brifer les pontons.
trompre
Auffi- tôt après cette opération , le Prince de Robecq
, Maréchal de Camp , fut détaché avec fa divifion
pour aller à Gottinguen , d'où il a dû envoyer
des Détachemens fur Northeim & Eimbeck.
Le fieur de Cambefort , Commandant d'un
Corps de troupes légères , fe trouvant à Bocholtz
avec la troupe , fut averti qu'un Détachement fort
fupérieur au fien marchoit à lui : il ſe retira ; & ce
Détachement l'ayant fuivi , le fieur de Cambefort
fit volte-face , & l'attaqua avec tant de vivacité
qu'il le mit en déroute , & le pourſuivit jufqu'à
la porte de Coesfeldt. Il a tué ou bleffé dans ce
choc, plus de cinquante hommes aux ennemis ,
& il a fait trente quatre Prifonniers , avec lesquels
il a repris la route de Wefel. Il n'a eu que trois
hommes bleffés & trois autres faits Prifonniers.
On a été ici quelques jours fans recevoir des
nouvelles de l'Armée. Un Corps détaché de celle .
"
210 MERCURE DE FRANCE.
da Prince Ferdinand s'érgit poſté fur Marburg &
ayoit interrompu la communication ; les polles
qui avoient été établis pour fa fureté s'étant repliés
à l'approche des ennemis , deux, Compagnies
da Régiment de Cavalerie de Rougrave , qui occupoient
celui de Butzbach , y furent attaquées
le au matin , & furent faites Prifonnieres de
guerre. Le Maréchal de Broglie , ayant eu avis
de la marche des ennemis , fit partir de Merdenhagen
, le 12 à la pointe du jour , le Corps
aux ordres du Comte de Stainville , Lieutenant
Général , & du Marquis d'Aubigni , Maréchal de
Camp , pour le pofter fur Marburg afin de leur
couper leur retraite . Ce Corps étoit compofé de
la Brigade d'Infanterie d'Auvergne ; de celle de
Bouillon formée de ce Régiment & de ceux de
Vierzet & d'Horion , & des Régimens, de Dragons
du Roi & de la Ferronaye ; & de la Brigade
de Cavalerie de Royal- Pologne , compoſée
de ce Régiment & de ceux de Poly & de Touftain,
Ilarriva le même jour à Marienhagen . On trouva
en arrivant un détachement des ennemis qui fe
reriroit de Marburg à Franckenberg . On leur fit
trente Prifonniers,
Le Comte de Stainville fut informé que le Corps
des ennemis , commandé par les Généraux de
Bulowet & de Ferien , n'ayant pu fe rendre maître
du Chateau de Marburg par la réſiſtance du fieur
Kenedy , Commandant , & après avoir fait quelque
dégât dans la Ville, fe retiroit auffi fur Franckenberg.
Il ne voulur pas manquer l'occaſion de
le joindre , & il fe remit en marche le 13 à la
pointe du jour. Il fe porta avec la plus grande
diligence vers Radern. Les ennemis étoient en
Bataille à une demi- lieue de ce Village. Le Comte
de Stainville fit auffi - tôt les difpofitions pour les
attaquer ; toutes les troupes pallerent le ruiffeau
OCTOBRE. 1760. 211
du ravin qui les féparoient des ennemis. Les deux
Régimens de Dragons , commandés par le Comte
de Cey , Brigadier , & la Caval rie de la Légion
Royale commandée par le Comte de Melfort
fe portérent pendant ce tems , avec la plus grande
vivacité fur la hauteur occupée par les ennemis.
Ils chargérent la Cavalerie qui s'y trouva & ils la
culbuterent. Le Comte de Ferfen furrué dans cette
charge.
Les ennemis furent fuivis de près , malgré les
obftacles du terrein , par les Grenadiers & les
Challeurs , par la Brigade d'Auvergne, commandée
par le Marquis de Rochambeau , Brigadier ,
& par l'Infanterie de la Légion Royale. Ils furent
ainfi obligés d'abandonner la hauteur qu'ils occupoient
; ils le retirérent par le Village de Munden
où leur droite avoit été appuyée , & ils gagnérent
une autre hauteur près de Neukirchen , On les y
canona vivement jufqu'à ceque les troupes devancées
par les Dragons , après avoir paffé un fecond
ruiffeau affez profond & un ravin difficile , les chaf
ferent de hauteurs , en hauteurs , & les obligerent
de s'appuyer à une haute montagne derniere leVillage
de Hallenberg .
Commela nuit approchoit , le Comte de Stainville
, afin d'empêcher les ennemis d'en profiter
pour affurer leur pofition, ou pour fe retirer en bon
ordre , ne perdit pas un moment à les faire attaquer.
La Brigade d'Auvergne gravit avec la plus
grande vivacité une montagne d'un accès très-difficile.
La Légion Royale & les Dragons s'y porterent
de même , malgré les obftacles du terrein & la roideur
de la montagne. Ils mirent les ennemis en déroute
les Dragons leur firent abandonner trois piéces
de Canon ; le fieur Duchemin, Major de la Légion
Royale, avec quelques Dragons de ce Corps ,
en prit auffi trois pieces , & l'on en trouva deur
212 MERCURE DE FRANCE.
autres abandonnées dans le bois. La nuit mit fin
au combat , qui avoit commencé à dix heures du
matin.
Le Corps des ennemis , étoit d'environ fix mille
hommes. Ils ont perdu beaucoup , & on leur a
fait près de 400 Priſonniers, parmi lesquels il y a
plufieurs Officiers. On leur a pris auffi tous les
bagages ; du côté des François , on n'a perdu qu'environ
cinquante hommes tués ou bleffès.
A
Depuis , le Maréchal de Broglie , ayant réfolu
de faire attaquer le Camp du Général Vangenheim
, par les troupes aux ordres du Comte de
Luface campées entre Fridlandet Vitzenhauſen ,
fe rendit pour cet effet au quartier du Comte de,
Luface , & il renforça fa réferve d'un Corps de
troupes tiré de l'Armée. Le Corps ennemi étoit
d'environ quinze mille hommes. On marcha fur
quatre colonnes dirigées fur Dransfeld ; auffi- tôt
qu'elles parurent fur la hauteur voiſine de cette
Ville , les ennemis leverent leur Camp & entrerent
dans le bois qu'ils avoient derriere eux. La Colonne
d'Infanterie de notre droite , aux ordres du
Comte de Luface , compofée du Corps Saxon &
des Brigades de Caftelas & de la Marck , s'avança
avec toute la diligence poffible . Elle étoit précédée
par le Comte de Vaux , Lieutenant Général , ayant
avec lui les Grenadiers & les Chaffeurs des ces Brigades
, & par le fieur de Klingenberg , Maréchal
de Camp , ayant avec lui trois Bataillons de Grenadiers
Saxons , foutenus de la Brigade Suiffe.de
Diesbach. L'attaque ne put commencer que vers
les fept heures du foir.Le feu de Moufquetterie fut ,
vif & dura plus d'une heure ; mais il futpeu meurtrier,
à caufe de l'obfcurité & de l'épaiffeur du bois .
Les ennemis furent pouffés jufqu'à l'efcarpement
du Vefer. Les Grenadiers Saxons leur prirent deux
piéces de Canon , & le fieur de Grandmaiſon ,
OCTOBRE. 1760. 213
Commandant les Volontaires de Hainault , en
prit deux autres & fit quelques Priſonniers,
Pendant ce tems- là , le Prince de Croy fit déboucher
de Munden un Détachement aux ordres
du fieur de la Borde , Lieutenant Colonel du Régiment
de Condé , pour le porter fur le pont des
-ennemis à Humel ; il l'attaqua & s'en rendit maître.
Mais les ennemis étant revenus par la gauche
du Véfer avec des forces fupérieures & beaucoup
d'Artillerie , il ne put le conferver . Le lendemain
matin , le fieur de Grandmaifon s'étant porté vers
ce pont , il le trouva abandonné ; il le fit
& en fit brifer les pontons.
trompre
Auffi- tôt après cette opération , le Prince de Robecq
, Maréchal de Camp , fut détaché avec fa divifion
pour aller à Gottinguen , d'où il a dû envoyer
des Détachemens fur Northeim & Eimbeck.
Le fieur de Cambefort , Commandant d'un
Corps de troupes légères , fe trouvant à Bocholtz
avec la troupe , fut averti qu'un Détachement fort
fupérieur au fien marchoit à lui : il ſe retira ; & ce
Détachement l'ayant fuivi , le fieur de Cambefort
fit volte-face , & l'attaqua avec tant de vivacité
qu'il le mit en déroute , & le pourſuivit jufqu'à
la porte de Coesfeldt. Il a tué ou bleffé dans ce
choc, plus de cinquante hommes aux ennemis ,
& il a fait trente quatre Prifonniers , avec lesquels
il a repris la route de Wefel. Il n'a eu que trois
hommes bleffés & trois autres faits Prifonniers.
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Résumé : De FRANCFORT, le 22 Septembre.
Le 22 septembre, les communications à Francfort étaient perturbées par un corps détaché du Prince Ferdinand à Marburg. Deux compagnies du Régiment de Cavalerie de Rougrave furent attaquées et capturées à Butzbach. Le Maréchal de Broglie, informé de la progression des ennemis, envoya un corps commandé par le Comte de Stainville et le Marquis d'Aubigni pour couper leur retraite. Ce corps, composé de diverses brigades d'infanterie et de cavalerie, arriva à Marienhagen et captura trente prisonniers ennemis. Le Comte de Stainville apprit que les ennemis, dirigés par les Généraux de Bulow et de Ferien, se retiraient vers Franckenberg après avoir échoué à prendre le Château de Marburg. Il les attaqua près de Radern, où les dragons et la cavalerie de la Légion Royale repoussèrent la cavalerie ennemie. Les ennemis furent repoussés jusqu'à Hallenberg. Le combat intense se termina à la nuit tombée, avec près de 400 prisonniers et plusieurs pièces de canon capturées par les Français. Par la suite, le Maréchal de Broglie décida d'attaquer le camp du Général Vangenheim. Les troupes françaises, dirigées par le Comte de Luface, marchèrent en quatre colonnes vers Dransfeld. Les ennemis levèrent leur camp et se retirèrent dans un bois. Les grenadiers saxons prirent deux pièces de canon, et le pont des ennemis à Humel fut brièvement conquis avant d'être abandonné. Le Prince de Robecq fut envoyé à Gottinguen avec sa division, tandis que le Sieur de Cambefort, commandant des troupes légères, mit en déroute un détachement ennemi près de Coesfeldt, capturant trente-quatre prisonniers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3645
p. 213-214
De CASSEL, le 17 Septembre.
Début :
L'Armée a quitté le 13 de ce mois, le Camp d'Immenhausen, & elle est venue [...]
Mots clefs :
Armée, Camp, Réserve, Chevalier, Prince, Lieutenant, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CASSEL, le 17 Septembre.
De CASSEL, le 17 Septembre.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
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Résumé : De CASSEL, le 17 Septembre.
Le 17 septembre, l'armée a quitté Immenhausen le 13 septembre pour camper près de Cassel. La réserve, dirigée par le Chevalier de Muy, est à gauche. Le Prince de Croy est le long de la basse Fulde et de la basse-Verra. Le Prince de Robecq est à Landverhagen et Sandershaufen. Le Comte de Chabot occupe Breitenbach. La troupe du Comte de Luface est entre Friedland et Vitzenhaufen.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3646
p. 183-188
De VIENNE, le 10 Octobre.
Début :
La nouvelle Archiduchesse étant arrivée le 13 du mois dernier [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Comte, Ministre plénipotentiaire, Duc, Cour, Déplacements, Mondanités, Bal, Repas, Princesse, Chevalier, Décorations, Magnificence, Évêque, Bourgeoises, Château, Majestés impériales, Archiduc, Concert, Carosse, Arc de triomphe, Bénédiction, Église, Symphonie, Célébrations, Constantinople, Rébellion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 10 Octobre.
De VIENNE ,le 10 Oftobre.
A nouvelle Archiducheffe étant arrivée le
13 du mois dernier à midi à Cafal- Maggiore ,
fut remife par le Comte de Saint Vital , Grand-
Maître , & Miniftre Plénipotentiaire de l'Infant
Duc de Parme , de Plaiſance & de Guaftalle , entre
les mains du Prince de Lichtenſtein , chargé
de la recevoir au nom de Leurs Majestés Impériales
, & de l'accompagner jufqu'à Vienne. La
Cour qui l'avoit fuivie de Parme , prit alors publiquement
congé d'elle en lui baifant la main , &
fa nouvelle Cour lui fut préfentée , & eut le même.
honneur . La Princeffe , après avoir auffi donné
fa main à baifer à un grand nombre de perfonnes
de diftinction , qui étoient venues de divers endroits
pour la complimenter , dîna en public fous
le dais. Elle fe rendit le foir à la falle que les Etats
de Milan avoient fait préparer. On y exécuta un
Concert dans lequel plufieurs excellentes voix fe
firent entendre. La Ville fut illuminée cette nuit ,
ainfi que la fuivante ..
L'Archiducheffe partit le 15 au matin de Caſal-
Maggiore pour le rendre à Mantoue. Elle y arriva
vers une heure, après midi , au bruit d'une
triple décharge de l'artillerie . Une double haie
de troupes bordoit les rues depuis la porte de la
Ville jufqu'au Château , où elle defcendit . Après
184 MERCURE DE FRANCE.
avoir pris quelques momens de repos , elle donna
fa main à baifer à une grande quantité de No.
bleffe du Milanois. Elle dîna enfuite en public ,
& le foir Elle affifta à un Concert qui fut exécuté
au Théâtre du Château ; après quoi Elle ſe rendit
au Bal où Elle retta quelque temps. Le lendemain
16 , Elle féjourna dans la même Ville , Elle parcourut
en caroffe les principales rues. Elle parur
très -fatisfaite de leur décoration . Le Duc de Modène
, qui fe trouva à Montignano , eut l'honneur
de la complimenter.
Le 17 , la Princefle continua fa route. A fon
arrivée à Rovera -Bella dans les Etats de Venife
qu'elle devoit traverfer , Elle fut reçue & compli
mentée au nom de la République par le Chevalier
Contarini , Commandant de Vérone , accompagné
de vingt -quatre Nobles . Deux détachemens de
Cavalerie des Troupes Vénitiennes fe joignirent à
fon escorte . On avoit conftruit à Caftel - Nuovo ,
où la Princeffe devoit dîner , un Bâtiment , dont
l'intérieur étoit magnifiquement décoré en glaces ,
en cryftaux & en tapis. Ce fut là que l'Archiduchelle
defcendit. Elle y dina en public . Il y eur
enfuite onze tables fervies magnifiquement , par
ordre de la République , pour la Cour de l'Archiduchelle
& pour la Nobleffe qui fe trouvoit à
Caftel-Nuovo. Au départ de la Princeffe , le Chevalier
Contarinila pria , au nom de la République ,
d'accepter les glaces , les cryftaux & les tapis qui
avoient fervi d'ameublement à la falle où Elle
avoit dîné. Le Chevalier Contarini ſe trouva encore
avec la même députation au pont d'Etích , où l'on
devoit fortir des Etats de Venife , & il y prit congé
de l'Archiducheffe , qui lui témoigna la plus gran
de fatisfaction des attentions de la République , &
de la magnificence avec laquelle elle avoit été
reçue.
NOVEMBRE. 1760.
185
On arriva le même ſoir à Ala ; la Princeffe y
fut complimentée au nom de l'Evêque de Trente.
Elle en partit le 19 , & Elle a continué fa marche
par Trente , Bolzano , Brixen , & par la Carinthie.
Elle a trouvé dans toutes les Villes de fa route
des Troupes & des Compagnies bourgeoifes fous
les armes , & l'on s'eft empreffé partout à lui témoigner
par des fêtes la joie de fon augufte union
avec l'Archiduc Jofeph. Cette Princefle arriva enfin
le i de ce mois au matin à Laxembourg où Elle
dîna . Elle partit enfuite pour le Château de Belvedere
, où Elle refta jufqu'au 6 , jour de la célébration
de fon mariage.
Le 2 , Leurs Majeftés Impériales , accompagnées
de l'Archiduc Jofeph , des deux Archiducheffes
aînées , du Prince Charles & de la Princelle
Charlotte de Lorraine , fe rendirent vers le midi
au Belvedere , pour faire la premiere vifite à l'Archiduchelle
; Elles dinèrent enfuite en particulier
avec cette Princeffe que le refte de la Famille Impériale
vint complimenter l'après - midi. Il y eut le
foir dans la Galerie un magnifique Concert , dans
lequel plufieurs Muficiens dú premier ordre , appellés
de divers endroits de l'Europe , firent connoître
leurs talens . Les Ambaffadeurs & Miniftres
Etrangers , les Confeillers d'Etat & les Principaux
Officiers de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales
, furent préfentés le même foir à l'Archiducheffe
& eurent l'honneur de lui baiſer la main . Le
lendemain , il y eut encore concert au Belvedere.
Le 4 , jour de la fête de l'Empereur , la Cour
fut en Gala , & Sa Majefte Impériale reçut les
complimens accoutumés. La nouvelle garde des
Nobles Hongrois , qui étoit arrivée le 2 de Pref
bourg, fe rendit fur la place du Palais , & après
avoir fait le maniement des armes & plufieurs
186 MERCURE DE FRANCE.
évolutions , elle fut admiſe à l'honneur de baifer
la main de l'Empereur..
L'Archiducheffe fit , le 6 , fon entrée publique
dans cette Capitale. Elle partit du Beldevere à
deux heures après- midi. Les Trompettes & les
Timbales des Etats d'Autriche ouvroient la marche.
Après eux , venoient un grand nombre de
Caroffes remplis par diverfes perfonnes de la
Cour ou de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales.
Ils étoient fuivis du Carolle du Grand Ecuyer
où étoient cet Oficier & le Grand- Maître de la
Maifon de l'Archiducheffe . Le Caroffe du Prince
de Lichtenſtein , avec le Cortége nombreux qui
Favoit accompagné dans fon Ambaffade , marchoic
enfuite & précédoit le Caroffe de l'Archiducheffe ,
dans lequel étoit la Comteffe d'Erdodi , Grand-
Maîtrelle de fa Maiſon . Ce Caroffe étoit fuivi par
fix Pages à cheval , par plufieurs Sous- Ecuyers ,
par un détachement des Gardes-du-Corps , par la
garde des Nobles Hongrois , & par quelques au
tres Caroffes dans lefquels étoient plufieurs perfonnes
de la Cour. La Marche étoit fermée par un
détachement du Régiment des Dragons de l'Archiduc
Jofeph.
On avoit élevé plufieurs Arcs-de-triomphe en
divers quartiers de la Ville qui étoient décorés
avec goût & magnificence. Les rues étoient bordées
par la Bourgeoifie qui étoit fous les armes , &
vêtue de beaux uniformes.
On fe rendit dans cet ordre à l'Eglife des Auguftins-
Déchauffés , où l'Archiducheffe artiva vers
les cinq heures du foir. Leurs Majeftés Impériales
vinrent la recevoir à l'entrée de l'Eglife , & l'Arehiduc
Jofeph lui donna la main lorfqu'elle defcendit
de fon Caroffe. La Princeffe , après avoir
reçu ainfi que l'Archiduc, la bénédiction du Nonce
& l'eau benite que ce Prince leur préſenta , fut
NOVEMBRE. 1760. 187
conduite par l'Impératrice dans une Chapelle par
ticuliere pendant qu'on chantoit quelques Prieres,
après lefquelles Leurs Majeftés Impériales , précé
dées du Nonce & du Clergé , fe rendirent dans le
Choeur. Leurs Majeftés Impériales fe placèrent
fous le dais du côté de l'Evangile. L'Archiduc &
P'Archiducheffe , vêtus de drap d'argent , fe placerent
en face du Grand - Autel . Après quelques
Prieres , le Nonce leur donna la Bénédiction Nuptiale
;
il entonna le Te Deum qui fut chanté par la
Mufique de la Cour. Leurs Majeftés Impériales
fortirent de l'Eglife , & Elles rentrèrent au Palais
avec toute la Famille Impériale par la Galerie
qui conduit de ce Palais à l'Eglife. L'Archiducheffe
prit enfuite quelque repos , après quoi , Elle donna
fa main à baifer à plufieurs Miniftres & Confeillers
d'Etat , aux Généraux , & aux perfonnes de la
haute Nobleffe , qui n'avoient pas encore reçu cer
honneur.
A huit heures du foir ,. Leurs Majeftés Timpé
riales , les nouveaux Epoux , les Archiducs Charles
& Léopold , les quatre Archiducheffes aînées ,
le Prince Charles & la Princeffe Charlotte de Lorraine
, fe rendirent à la falle du feftin. Cette falle
avoit été décorée par le Chevalier Servandoni ş
elle étoit éclairée par un très- grand nombre de
luftres & de Girandoles de cryftal ; celles des
quatre coins avoient vingt cinq pieds de hauteurs ,
portées par des groupes d'Amours. Le dais étoit
d'une forme nouvelle , & décoré par le même Artifte
de figures fymboliques en fculpture . La Cour :
entra dans cette falle au bruit des fanfares . L'Empereur
& l'impératrice fe placerent fous le dais ,
& l'Archiducheffe à droite , entre l'Empereur &
F'Archiduc. La table fut fervie en vailfelle d'or
nouvellement faite , & d'un travail exquis. Une
nombreuſe troupe de Muficiens exécura , pendant
188 MERCURE DE FRANCE.
le repas , des fymphonies & des morceaux de mu
fique vocale , analogues à l'objet de la Fête. La
falle étoit remplie d'une foule de Spectateus placés
fur un amphithéâtre & fur une tribune , & l'on
donna au Peuple la permiffion d'y entrer fucceffivement.
Le feftin Impérial étant fini , Leurs
Majeftés retournerent dans leurs appartemens ,
& la Princeffe fut conduite dans celui qui lui étoit
deftiné. Il y eut pendant la nuit une illumination
générale.
On célébra le lendemain , dans l'Eglife des Auguftins
, une Meffe en inufique pour la prospérité
des nouveaux Epoux. L'Archevêque de Vienne
officia , & toure la Cour y affifta. Leurs Majeftés
Impériales dînerent enfuite en public , & le
foir on exécuta , for le Théâtre de la Cour , un
nouvel Opéra , intitulé Alcide al Bivio , piéce allégorique
, dont les paroles font de l'Abbé Metaftafio
, & la musique du fieur Haffe . Le Spectacle
fut terminé par un Ballet ingénieux du ſieur
Angiolini.
Selon les nouvelles de Conftantinople , le Pacha
d'Iconium perfifie dans fa rébellion . Il a
évité les différens piéges qu'on lui avoit dreffés ,
& après avoir battu quelques corps de troupes
qu'on avoit envoyés contre lui , il a pris , aur
environs d'Erferom , une pofition avantageuſe ,
qui le met en état de réfifter à des forces trèsfupérieures.
Les mêmes nouvelles portent qu'une
des Sultanes eft enceinte de quatre mois ; ce qui
fait beaucoup de plaifir dans cette Capitale , où
F'on conçoit l'efpérance de voir naître un Succeffeur
à fa Hautelle.
A nouvelle Archiducheffe étant arrivée le
13 du mois dernier à midi à Cafal- Maggiore ,
fut remife par le Comte de Saint Vital , Grand-
Maître , & Miniftre Plénipotentiaire de l'Infant
Duc de Parme , de Plaiſance & de Guaftalle , entre
les mains du Prince de Lichtenſtein , chargé
de la recevoir au nom de Leurs Majestés Impériales
, & de l'accompagner jufqu'à Vienne. La
Cour qui l'avoit fuivie de Parme , prit alors publiquement
congé d'elle en lui baifant la main , &
fa nouvelle Cour lui fut préfentée , & eut le même.
honneur . La Princeffe , après avoir auffi donné
fa main à baifer à un grand nombre de perfonnes
de diftinction , qui étoient venues de divers endroits
pour la complimenter , dîna en public fous
le dais. Elle fe rendit le foir à la falle que les Etats
de Milan avoient fait préparer. On y exécuta un
Concert dans lequel plufieurs excellentes voix fe
firent entendre. La Ville fut illuminée cette nuit ,
ainfi que la fuivante ..
L'Archiducheffe partit le 15 au matin de Caſal-
Maggiore pour le rendre à Mantoue. Elle y arriva
vers une heure, après midi , au bruit d'une
triple décharge de l'artillerie . Une double haie
de troupes bordoit les rues depuis la porte de la
Ville jufqu'au Château , où elle defcendit . Après
184 MERCURE DE FRANCE.
avoir pris quelques momens de repos , elle donna
fa main à baifer à une grande quantité de No.
bleffe du Milanois. Elle dîna enfuite en public ,
& le foir Elle affifta à un Concert qui fut exécuté
au Théâtre du Château ; après quoi Elle ſe rendit
au Bal où Elle retta quelque temps. Le lendemain
16 , Elle féjourna dans la même Ville , Elle parcourut
en caroffe les principales rues. Elle parur
très -fatisfaite de leur décoration . Le Duc de Modène
, qui fe trouva à Montignano , eut l'honneur
de la complimenter.
Le 17 , la Princefle continua fa route. A fon
arrivée à Rovera -Bella dans les Etats de Venife
qu'elle devoit traverfer , Elle fut reçue & compli
mentée au nom de la République par le Chevalier
Contarini , Commandant de Vérone , accompagné
de vingt -quatre Nobles . Deux détachemens de
Cavalerie des Troupes Vénitiennes fe joignirent à
fon escorte . On avoit conftruit à Caftel - Nuovo ,
où la Princeffe devoit dîner , un Bâtiment , dont
l'intérieur étoit magnifiquement décoré en glaces ,
en cryftaux & en tapis. Ce fut là que l'Archiduchelle
defcendit. Elle y dina en public . Il y eur
enfuite onze tables fervies magnifiquement , par
ordre de la République , pour la Cour de l'Archiduchelle
& pour la Nobleffe qui fe trouvoit à
Caftel-Nuovo. Au départ de la Princeffe , le Chevalier
Contarinila pria , au nom de la République ,
d'accepter les glaces , les cryftaux & les tapis qui
avoient fervi d'ameublement à la falle où Elle
avoit dîné. Le Chevalier Contarini ſe trouva encore
avec la même députation au pont d'Etích , où l'on
devoit fortir des Etats de Venife , & il y prit congé
de l'Archiducheffe , qui lui témoigna la plus gran
de fatisfaction des attentions de la République , &
de la magnificence avec laquelle elle avoit été
reçue.
NOVEMBRE. 1760.
185
On arriva le même ſoir à Ala ; la Princeffe y
fut complimentée au nom de l'Evêque de Trente.
Elle en partit le 19 , & Elle a continué fa marche
par Trente , Bolzano , Brixen , & par la Carinthie.
Elle a trouvé dans toutes les Villes de fa route
des Troupes & des Compagnies bourgeoifes fous
les armes , & l'on s'eft empreffé partout à lui témoigner
par des fêtes la joie de fon augufte union
avec l'Archiduc Jofeph. Cette Princefle arriva enfin
le i de ce mois au matin à Laxembourg où Elle
dîna . Elle partit enfuite pour le Château de Belvedere
, où Elle refta jufqu'au 6 , jour de la célébration
de fon mariage.
Le 2 , Leurs Majeftés Impériales , accompagnées
de l'Archiduc Jofeph , des deux Archiducheffes
aînées , du Prince Charles & de la Princelle
Charlotte de Lorraine , fe rendirent vers le midi
au Belvedere , pour faire la premiere vifite à l'Archiduchelle
; Elles dinèrent enfuite en particulier
avec cette Princeffe que le refte de la Famille Impériale
vint complimenter l'après - midi. Il y eut le
foir dans la Galerie un magnifique Concert , dans
lequel plufieurs Muficiens dú premier ordre , appellés
de divers endroits de l'Europe , firent connoître
leurs talens . Les Ambaffadeurs & Miniftres
Etrangers , les Confeillers d'Etat & les Principaux
Officiers de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales
, furent préfentés le même foir à l'Archiducheffe
& eurent l'honneur de lui baiſer la main . Le
lendemain , il y eut encore concert au Belvedere.
Le 4 , jour de la fête de l'Empereur , la Cour
fut en Gala , & Sa Majefte Impériale reçut les
complimens accoutumés. La nouvelle garde des
Nobles Hongrois , qui étoit arrivée le 2 de Pref
bourg, fe rendit fur la place du Palais , & après
avoir fait le maniement des armes & plufieurs
186 MERCURE DE FRANCE.
évolutions , elle fut admiſe à l'honneur de baifer
la main de l'Empereur..
L'Archiducheffe fit , le 6 , fon entrée publique
dans cette Capitale. Elle partit du Beldevere à
deux heures après- midi. Les Trompettes & les
Timbales des Etats d'Autriche ouvroient la marche.
Après eux , venoient un grand nombre de
Caroffes remplis par diverfes perfonnes de la
Cour ou de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales.
Ils étoient fuivis du Carolle du Grand Ecuyer
où étoient cet Oficier & le Grand- Maître de la
Maifon de l'Archiducheffe . Le Caroffe du Prince
de Lichtenſtein , avec le Cortége nombreux qui
Favoit accompagné dans fon Ambaffade , marchoic
enfuite & précédoit le Caroffe de l'Archiducheffe ,
dans lequel étoit la Comteffe d'Erdodi , Grand-
Maîtrelle de fa Maiſon . Ce Caroffe étoit fuivi par
fix Pages à cheval , par plufieurs Sous- Ecuyers ,
par un détachement des Gardes-du-Corps , par la
garde des Nobles Hongrois , & par quelques au
tres Caroffes dans lefquels étoient plufieurs perfonnes
de la Cour. La Marche étoit fermée par un
détachement du Régiment des Dragons de l'Archiduc
Jofeph.
On avoit élevé plufieurs Arcs-de-triomphe en
divers quartiers de la Ville qui étoient décorés
avec goût & magnificence. Les rues étoient bordées
par la Bourgeoifie qui étoit fous les armes , &
vêtue de beaux uniformes.
On fe rendit dans cet ordre à l'Eglife des Auguftins-
Déchauffés , où l'Archiducheffe artiva vers
les cinq heures du foir. Leurs Majeftés Impériales
vinrent la recevoir à l'entrée de l'Eglife , & l'Arehiduc
Jofeph lui donna la main lorfqu'elle defcendit
de fon Caroffe. La Princeffe , après avoir
reçu ainfi que l'Archiduc, la bénédiction du Nonce
& l'eau benite que ce Prince leur préſenta , fut
NOVEMBRE. 1760. 187
conduite par l'Impératrice dans une Chapelle par
ticuliere pendant qu'on chantoit quelques Prieres,
après lefquelles Leurs Majeftés Impériales , précé
dées du Nonce & du Clergé , fe rendirent dans le
Choeur. Leurs Majeftés Impériales fe placèrent
fous le dais du côté de l'Evangile. L'Archiduc &
P'Archiducheffe , vêtus de drap d'argent , fe placerent
en face du Grand - Autel . Après quelques
Prieres , le Nonce leur donna la Bénédiction Nuptiale
;
il entonna le Te Deum qui fut chanté par la
Mufique de la Cour. Leurs Majeftés Impériales
fortirent de l'Eglife , & Elles rentrèrent au Palais
avec toute la Famille Impériale par la Galerie
qui conduit de ce Palais à l'Eglife. L'Archiducheffe
prit enfuite quelque repos , après quoi , Elle donna
fa main à baifer à plufieurs Miniftres & Confeillers
d'Etat , aux Généraux , & aux perfonnes de la
haute Nobleffe , qui n'avoient pas encore reçu cer
honneur.
A huit heures du foir ,. Leurs Majeftés Timpé
riales , les nouveaux Epoux , les Archiducs Charles
& Léopold , les quatre Archiducheffes aînées ,
le Prince Charles & la Princeffe Charlotte de Lorraine
, fe rendirent à la falle du feftin. Cette falle
avoit été décorée par le Chevalier Servandoni ş
elle étoit éclairée par un très- grand nombre de
luftres & de Girandoles de cryftal ; celles des
quatre coins avoient vingt cinq pieds de hauteurs ,
portées par des groupes d'Amours. Le dais étoit
d'une forme nouvelle , & décoré par le même Artifte
de figures fymboliques en fculpture . La Cour :
entra dans cette falle au bruit des fanfares . L'Empereur
& l'impératrice fe placerent fous le dais ,
& l'Archiducheffe à droite , entre l'Empereur &
F'Archiduc. La table fut fervie en vailfelle d'or
nouvellement faite , & d'un travail exquis. Une
nombreuſe troupe de Muficiens exécura , pendant
188 MERCURE DE FRANCE.
le repas , des fymphonies & des morceaux de mu
fique vocale , analogues à l'objet de la Fête. La
falle étoit remplie d'une foule de Spectateus placés
fur un amphithéâtre & fur une tribune , & l'on
donna au Peuple la permiffion d'y entrer fucceffivement.
Le feftin Impérial étant fini , Leurs
Majeftés retournerent dans leurs appartemens ,
& la Princeffe fut conduite dans celui qui lui étoit
deftiné. Il y eut pendant la nuit une illumination
générale.
On célébra le lendemain , dans l'Eglife des Auguftins
, une Meffe en inufique pour la prospérité
des nouveaux Epoux. L'Archevêque de Vienne
officia , & toure la Cour y affifta. Leurs Majeftés
Impériales dînerent enfuite en public , & le
foir on exécuta , for le Théâtre de la Cour , un
nouvel Opéra , intitulé Alcide al Bivio , piéce allégorique
, dont les paroles font de l'Abbé Metaftafio
, & la musique du fieur Haffe . Le Spectacle
fut terminé par un Ballet ingénieux du ſieur
Angiolini.
Selon les nouvelles de Conftantinople , le Pacha
d'Iconium perfifie dans fa rébellion . Il a
évité les différens piéges qu'on lui avoit dreffés ,
& après avoir battu quelques corps de troupes
qu'on avoit envoyés contre lui , il a pris , aur
environs d'Erferom , une pofition avantageuſe ,
qui le met en état de réfifter à des forces trèsfupérieures.
Les mêmes nouvelles portent qu'une
des Sultanes eft enceinte de quatre mois ; ce qui
fait beaucoup de plaifir dans cette Capitale , où
F'on conçoit l'efpérance de voir naître un Succeffeur
à fa Hautelle.
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Résumé : De VIENNE, le 10 Octobre.
Le 13 octobre, l'archiduchesse arriva à Casal-Maggiore, où elle fut remise au prince de Liechtenstein par le comte de Saint Vital. La cour de Parme lui présenta ses adieux, et elle rencontra sa nouvelle cour. Elle dîna en public et assista à un concert, tandis que la ville était illuminée. Le 15 octobre, elle se dirigea vers Mantoue, accueillie par une triple salve d'artillerie et une haie de troupes. Elle rencontra le duc de Modène à Montignano. Le 17 octobre, elle poursuivit son voyage à travers les États de Venise, où elle fut reçue par le chevalier Contarini. Elle dîna à Castel-Nuovo et reçut des cadeaux de la République de Venise. Son itinéraire se poursuivit par Ala, Trente, Bolzano, Brixen et la Carinthie, où elle fut accueillie par des troupes et des fêtes. Le 1er novembre, elle arriva à Laxembourg et séjourna au château de Belvedere jusqu'au 6 novembre, jour de son mariage. Le 2 novembre, les Majestés Impériales lui rendirent visite au Belvedere. Le 6 novembre, l'archiduchesse fit son entrée publique à Vienne, accompagnée d'une procession solennelle et d'arcs de triomphe. Elle se rendit à l'église des Augustins-Déchaussés pour la bénédiction nuptiale, suivie d'un festin impérial et d'une illumination générale. Le lendemain, une messe fut célébrée pour la prospérité des nouveaux époux, suivie d'un opéra allégorique.
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3647
p. 188-190
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 30 Septembre.
Début :
Le Maréchal de Daun, par ses bonnes dispositions, a obligé le Roi [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Roi de Prusse, Corps, Général, Cavalerie, Infanterie, Bataillons, Ennemis, Détachement, Attaque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 30 Septembre.
De l'Armée aux ordres du Maréchal de
Daun , le 30 Septembre.
Le Maréchal de Daun , par les bonnes difpofi
NOVEMBRE. 1760. 189
>
tions, a obligé le Roi de Pruffe de renoncer au
projet qu'n avoit formé de pénétrer du côté de
Glatz & de Landshut . Il s'eft donné , à cette occafion
, plufieurs petits combats pour déloger les
Pruffiens de leurs poftes: Il n'y a eu que nos corps
avancés qui aient agi . Le Général d'ajafas
qui fuivoit les ennemis dans la plaine , avec les
Carabiniers & les Grenadiers à cheval , s'étant ap
perçu que l'Infanterie Pruffienne étoit fort éloignée
de la Cavalerie , & que la célérité de fa
marche y avoit caufé quelque défordre , réſolut
de l'attaquer. Il le fit avec tant de vivacité , qu'il
enfonça d'abord trois Bataillons ennemis de la
premiere ligne , prit douze piéces de canon , &
fit soo prifonniers . La feconde ligne commençoit
à plier lorsque les Pruffiens reçurent du renfort
; ils fe rallieren & firent fur notre Cavalerie
⚫un feu très- vif de leur Artillerie. Le Général d'Ajaffas
fut alors obligé de fe retirer & d'abandonner
une partie de fes prifonniers ; il n'en emmena
qu'environ 130 , parmi lesquels étoit un Officier
de l'Etat - Major Sa perte fur d'une centaine
d'hommes tués ou bleffés . Celle des ennemis fut
beaucoup plus conſidérable au rapport des déferteurs
qui ſe rendirent le même jour à notre armée
au nombre de plus de 60.
Pendant que nos Corps détachés harceloient
l'ennemi , notre armée arriva , & campa , fa droi
te appuyée à Seittendorff , & la gauche à Kunzendorff.
Le Général de Lafcy occupa en même
tems Langen-Wattersdorff , & pouffa les troupes
légères aux ordres du Général Brentano jufqu'à
Dannhauſen . Le Général Baron de Laudon fuivit ,
pendant tous ces mouvemens l'arriere - garde
Pruffienne , & établit ſon Camp fur les hauteurs
de Reifendorff & de Waldenbourg. Le Roi de
Prufle fit camper fon armée fur les hauteurs de
190 MERCURE DE FRANCE
Hohen- Gersdorff , fa gauche s'étendant juſqu'à
Blaven- Rantzen. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable.
Daun , le 30 Septembre.
Le Maréchal de Daun , par les bonnes difpofi
NOVEMBRE. 1760. 189
>
tions, a obligé le Roi de Pruffe de renoncer au
projet qu'n avoit formé de pénétrer du côté de
Glatz & de Landshut . Il s'eft donné , à cette occafion
, plufieurs petits combats pour déloger les
Pruffiens de leurs poftes: Il n'y a eu que nos corps
avancés qui aient agi . Le Général d'ajafas
qui fuivoit les ennemis dans la plaine , avec les
Carabiniers & les Grenadiers à cheval , s'étant ap
perçu que l'Infanterie Pruffienne étoit fort éloignée
de la Cavalerie , & que la célérité de fa
marche y avoit caufé quelque défordre , réſolut
de l'attaquer. Il le fit avec tant de vivacité , qu'il
enfonça d'abord trois Bataillons ennemis de la
premiere ligne , prit douze piéces de canon , &
fit soo prifonniers . La feconde ligne commençoit
à plier lorsque les Pruffiens reçurent du renfort
; ils fe rallieren & firent fur notre Cavalerie
⚫un feu très- vif de leur Artillerie. Le Général d'Ajaffas
fut alors obligé de fe retirer & d'abandonner
une partie de fes prifonniers ; il n'en emmena
qu'environ 130 , parmi lesquels étoit un Officier
de l'Etat - Major Sa perte fur d'une centaine
d'hommes tués ou bleffés . Celle des ennemis fut
beaucoup plus conſidérable au rapport des déferteurs
qui ſe rendirent le même jour à notre armée
au nombre de plus de 60.
Pendant que nos Corps détachés harceloient
l'ennemi , notre armée arriva , & campa , fa droi
te appuyée à Seittendorff , & la gauche à Kunzendorff.
Le Général de Lafcy occupa en même
tems Langen-Wattersdorff , & pouffa les troupes
légères aux ordres du Général Brentano jufqu'à
Dannhauſen . Le Général Baron de Laudon fuivit ,
pendant tous ces mouvemens l'arriere - garde
Pruffienne , & établit ſon Camp fur les hauteurs
de Reifendorff & de Waldenbourg. Le Roi de
Prufle fit camper fon armée fur les hauteurs de
190 MERCURE DE FRANCE
Hohen- Gersdorff , fa gauche s'étendant juſqu'à
Blaven- Rantzen. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable.
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Résumé : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 30 Septembre.
Le 30 septembre 1760, le Maréchal de Daun a empêché le Roi de Prusse d'avancer vers Glatz et Landshut. Plusieurs affrontements ont opposé les troupes françaises et prussiennes, notamment les corps avancés. Le Général d'Ajaffas, à la tête des Carabiniers et des Grenadiers à cheval, a attaqué l'infanterie prussienne, profitant de son désordre. Cette offensive a permis de repousser trois bataillons ennemis, de capturer douze canons et environ 130 prisonniers, dont un officier de l'état-major. Cependant, l'arrivée de renforts prussiens a contraint le Général d'Ajaffas à se retirer, abandonnant une partie des prisonniers. Les pertes françaises s'élèvent à une centaine d'hommes tués ou blessés, tandis que les désertions prussiennes ont atteint plus de 60 hommes. Pendant ces événements, l'armée principale française a campé avec sa droite à Seittendorff et sa gauche à Kunzendorff. Le Général de Laffy a occupé Langen-Wattersdorff et envoyé des troupes légères jusqu'à Dannhausen sous les ordres du Général Brentano. Le Général Baron de Laudon a suivi l'arrière-garde prussienne et établi son camp sur les hauteurs de Reifendorff et de Waldenbourg. Le Roi de Prusse a campé son armée sur les hauteurs de Hohen-Gersdorff, sa gauche s'étendant jusqu'à Blaven-Rantzen. Aucune action notable n'a suivi ces mouvements.
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3648
p. 190-191
De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
Début :
La Conférence du Feld Maréchal Prince de Deux-Ponts avec le Duc [...]
Mots clefs :
Conférence, Feld-maréchal, Prince, Duc, Armée prussienne, Ennemis, Mouvements des troupes, Général, Combat, Retraite, Artillerie, Colonel, Blessés et morts, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
De l'Armée de l'Empire , le 28 Septembre .
La Conférence du Feld Maréchal Prince de
Deux- Ponts avec le Duc de Wirtemberg avoit eu
pour objet de déloger le Corps Pruffien aux ordres
du Général Hullen , du Camp avantageux qu'il
occupoit: En conféquence , les Corps avancés de
l'arméefe mirent en mouvement le 13.On occupa
Malitſchen , Elfnig , Wogellang & Weidenhayn.
En même tems , le Corps d'armée du Duc de
Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch , & le
Général Luczinsky prit pofte à Domitſch au- deffous
de Torgau , où on lui envoya un train de
pontons.
L'armée quitta , le 24 à la pointe du jour, fon
Camp de Strehla. On délogea les ennemis deSuptitz
, de Zina & de Wollau . On campa enfuite
fur les hauteurs de Suptitz . Le Colonel de Zetwitz
délogea , de fon côté, les Pruffiens de Lockwitz
& Behrewitz , &il s'établit entre l'Elbe & le grand
étang.
un Le Général Lucfinsky fit conftruire , le 25 ,
pont fur l'Elbe à Domitſch ; il y paffa ce Fleuve
pendant la nuit , avec toute la cavalerie & quelques
bataillons , & il fe pofta fur la rive droite.
Le 26 à midi , l'armée ſe forma en bataille & s'approcha
du Camp Pruffien . Pendant qu'elle faifoit
ce mouvement , le Corps du Général Lucfinsky
longeoit l'Elbe , & faifoit replier les poftes ennemisqu'il
pourfuivit jufqu'au pontde Torgau . Alors
le Général Hulfen , craignant d'être attaqué de
tous côtés , prit le parti de la retraite & rentra
dans la Ville avec précipitation. On atteignit fon
NOVEMBRE.
1760.
arriere- garde , & le
combat fut
pendant
quelque
191
tems des plus vifs .
L'ennemi
craignant
d'être coupé
, fe retira en
défordre vers la Ville , & fe rallia
fous le feu des
remparts.
Le
Général
Hulfen
faifoit ,
pendant ce tems
paffer l'Elbe à fon armée fur le pont de la Ville &
fur un de
pontons. Le
Prince de Deux - Ponts.
s'en étant
apperçu , fit
amener de la
groffe artillerie
pour les
ruiner,
pendant
qu'on
tâchoit de pénétrer
dans la Ville.
Toutes ces
difpofitions
furent
exécutées avec
beaucoup de
concert & de
jufteffe.
On
pénétra ,
malgré le feu des
ennemis ,
jufqu'au
pont
volant dont on
s'empara , &
l'artillerie fur
fervie avec tant
d'habileté
qu'on mit le feu à l'extrémité
du pont de la Ville. Par là tout
moyen
retraite fut ôté au refte des
troupes
ennemies quide
n'avoient pu paffer
l'Elbe. Le
Prince de
Deux-
Ponts
envoya
fommer le
Colonel de
Normann
leur
Commandant , de fe
rendre ; ce qu'il fi,
après
quelques
difficultés. La
Capitulation fut fignée
le 27 à trois heures du
matin , &
auffitôt
l'armée fut miſe en
poffeffion des deux
portes de
la Ville. Les
troupes
Pruffiennes
fortirent à midi
&
mirent bas les armes . Le
nombre des
priſonniers
faits en cette
occafion eft de deux
mille cinq
cens
vingt-fept ,
parmi
lesquels ſe
trouvent un
Colonel , fix
Majors & douze
Capitaines .
Notre
perte eft très-legére , &
n'excéde pas cent hommes
, tant tués que bleffés .
L'armée
Pruſſienne
profita de la nuit pour fe retirer du côté de Wirtemberg
, le long de l'Elbe.
La Conférence du Feld Maréchal Prince de
Deux- Ponts avec le Duc de Wirtemberg avoit eu
pour objet de déloger le Corps Pruffien aux ordres
du Général Hullen , du Camp avantageux qu'il
occupoit: En conféquence , les Corps avancés de
l'arméefe mirent en mouvement le 13.On occupa
Malitſchen , Elfnig , Wogellang & Weidenhayn.
En même tems , le Corps d'armée du Duc de
Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch , & le
Général Luczinsky prit pofte à Domitſch au- deffous
de Torgau , où on lui envoya un train de
pontons.
L'armée quitta , le 24 à la pointe du jour, fon
Camp de Strehla. On délogea les ennemis deSuptitz
, de Zina & de Wollau . On campa enfuite
fur les hauteurs de Suptitz . Le Colonel de Zetwitz
délogea , de fon côté, les Pruffiens de Lockwitz
& Behrewitz , &il s'établit entre l'Elbe & le grand
étang.
un Le Général Lucfinsky fit conftruire , le 25 ,
pont fur l'Elbe à Domitſch ; il y paffa ce Fleuve
pendant la nuit , avec toute la cavalerie & quelques
bataillons , & il fe pofta fur la rive droite.
Le 26 à midi , l'armée ſe forma en bataille & s'approcha
du Camp Pruffien . Pendant qu'elle faifoit
ce mouvement , le Corps du Général Lucfinsky
longeoit l'Elbe , & faifoit replier les poftes ennemisqu'il
pourfuivit jufqu'au pontde Torgau . Alors
le Général Hulfen , craignant d'être attaqué de
tous côtés , prit le parti de la retraite & rentra
dans la Ville avec précipitation. On atteignit fon
NOVEMBRE.
1760.
arriere- garde , & le
combat fut
pendant
quelque
191
tems des plus vifs .
L'ennemi
craignant
d'être coupé
, fe retira en
défordre vers la Ville , & fe rallia
fous le feu des
remparts.
Le
Général
Hulfen
faifoit ,
pendant ce tems
paffer l'Elbe à fon armée fur le pont de la Ville &
fur un de
pontons. Le
Prince de Deux - Ponts.
s'en étant
apperçu , fit
amener de la
groffe artillerie
pour les
ruiner,
pendant
qu'on
tâchoit de pénétrer
dans la Ville.
Toutes ces
difpofitions
furent
exécutées avec
beaucoup de
concert & de
jufteffe.
On
pénétra ,
malgré le feu des
ennemis ,
jufqu'au
pont
volant dont on
s'empara , &
l'artillerie fur
fervie avec tant
d'habileté
qu'on mit le feu à l'extrémité
du pont de la Ville. Par là tout
moyen
retraite fut ôté au refte des
troupes
ennemies quide
n'avoient pu paffer
l'Elbe. Le
Prince de
Deux-
Ponts
envoya
fommer le
Colonel de
Normann
leur
Commandant , de fe
rendre ; ce qu'il fi,
après
quelques
difficultés. La
Capitulation fut fignée
le 27 à trois heures du
matin , &
auffitôt
l'armée fut miſe en
poffeffion des deux
portes de
la Ville. Les
troupes
Pruffiennes
fortirent à midi
&
mirent bas les armes . Le
nombre des
priſonniers
faits en cette
occafion eft de deux
mille cinq
cens
vingt-fept ,
parmi
lesquels ſe
trouvent un
Colonel , fix
Majors & douze
Capitaines .
Notre
perte eft très-legére , &
n'excéde pas cent hommes
, tant tués que bleffés .
L'armée
Pruſſienne
profita de la nuit pour fe retirer du côté de Wirtemberg
, le long de l'Elbe.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
Le 28 septembre, une conférence entre le Feld Maréchal Prince de Deux-Ponts et le Duc de Wirtemberg visait à déloger le Corps Prussien du Général Hullen de sa position. Les mouvements militaires commencèrent le 13 septembre, avec l'occupation de plusieurs localités. Le Corps d'armée du Duc de Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch, tandis que le Général Luczinsky se posta à Domitsch près de Torgau. Le 24 septembre, l'armée quitta Strehla à l'aube, délogeant les ennemis de Suptitz, Zina et Wollau, et campa sur les hauteurs de Suptitz. Le Colonel de Zetwitz délogea les Prussiens de Lockwitz et Behrewitz, et le Général Luczinsky construisit un pont sur l'Elbe à Domitsch. Le 26 septembre, l'armée se forma en bataille et s'approcha du camp prussien, repoussant les postes ennemis jusqu'au pont de Torgau. Le Général Hullen se retira dans la ville, mais un combat vif eut lieu, forçant l'ennemi à se retirer en désordre. Le Prince de Deux-Ponts fit amener de la grosse artillerie pour ruiner les ponts et pénétra dans la ville. La capitulation fut signée le 27 septembre à trois heures du matin, et les troupes prussiennes se rendirent à midi. Le nombre de prisonniers prussiens s'éleva à deux mille cinq cent vingt-sept, incluant un colonel, six majors et douze capitaines. Les pertes françaises furent légères, n'excédant pas cent hommes tués ou blessés.
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3649
p. 191
De Rome, le 26 Septembre.
Début :
On écrit de Naples que le sieur Bignon, chargé de porter au Roi [...]
Mots clefs :
Naples, Roi des deux Siciles, Ordre, Cordon, Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 26 Septembre.
De
Rome , le 26
Septembre .
On écrit de
Naples que le fieur
Bignon ,
chargé
de porter au Roi des Deux - Siciles le Cordon de
l'Ordre du Saint- Elprit , y eft arrivé , le 12 , à
bord du
Vaiſſeau de guerre
Efpagnol le Ferme,
Rome , le 26
Septembre .
On écrit de
Naples que le fieur
Bignon ,
chargé
de porter au Roi des Deux - Siciles le Cordon de
l'Ordre du Saint- Elprit , y eft arrivé , le 12 , à
bord du
Vaiſſeau de guerre
Efpagnol le Ferme,
Fermer
3650
p. *192-192
De Londres, le 10 Octobre.
Début :
On apporta, le 5 de ce mois, au Roi la nouvelle que la Ville [...]
Mots clefs :
Montréal, Capitulation, Ministère, Gazette extraordinaire, Français, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 10 Octobre.
De Londres , le 10 Octobre.
On apporta , le S de ce mois , au Roi la nouvelle
que la Ville de Montréal avoit capitulé le 8
du mois dernier. Le Miniftere a fait imprimer
une
Cazette extraordinaire
, pour faire part au Public
de cet événement. Par la Capitulation , les troupes
Françoifes
qui défendoient
le Canada doivent
être traníportées en France aux frais de Sa Majeté
, & ne ferviront point pendant cette guerre,
Les habitans du Pays font maintenus
dans leurs
priviléges & dans le libre exercice de leur Religion.
On apporta , le S de ce mois , au Roi la nouvelle
que la Ville de Montréal avoit capitulé le 8
du mois dernier. Le Miniftere a fait imprimer
une
Cazette extraordinaire
, pour faire part au Public
de cet événement. Par la Capitulation , les troupes
Françoifes
qui défendoient
le Canada doivent
être traníportées en France aux frais de Sa Majeté
, & ne ferviront point pendant cette guerre,
Les habitans du Pays font maintenus
dans leurs
priviléges & dans le libre exercice de leur Religion.
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Résumé : De Londres, le 10 Octobre.
Le 10 octobre, Londres annonce la capitulation de Montréal le 8 septembre. Les troupes françaises seront rapatriées en France aux frais du roi. Les habitants conservent leurs privilèges et la liberté religieuse. Une gazette extraordinaire informe le public.
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