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2901
p. 149-168
Suite de la Lettre de M. L. R. Desh. P. R. Sur la Chronologie de M. Newton.
Début :
M. Newton (1) confond aussi Sésac avec Osiris, mais il est aisé de montrer en [...]
Mots clefs :
Chronologie, Newton, Égypte, Hercule, Phéniciens, Égyptiens, Grèce, Peuples, Sésostris, Jupiter
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texteReconnaissance textuelle : Suite de la Lettre de M. L. R. Desh. P. R. Sur la Chronologie de M. Newton.
CHRONOLOGIE.
Suite de la Lettre de M. L. R. Desh . P. R.
fur la Chronologie de M. Newton.
M. Newton (1) confond auffi Séſac avec
Ofiris , mais il eft aifé de montrer en
deux mots qu'il fe trompe. Selon lui , Séfac
monta fur le trône d'Egypte pendant le
regne de Salomon : or il eft certain , &
tous les habiles gens en conviennent , que
le boeuf, fymbole d'Ofiris , étoit adoré dès
les tems de Moïfe. Le Géographe Eftienne
dit
que la ville de Thebes , cette fameuſe
Diofpolis appellée No-Hammon dans l'Ecriture
Sainte , avoir été bâtie par Ofiris
& Ifis. Krigua Crígid& vyù l'ord . Diodore
dit la même choſe. Or fi les peuples
de la Thébaïde font les plus anciens habitans
de l'Egypte , comme ( 2 ) les Hiftoriens
en conviennent , fi Thebes fut d'a-
( 1 ) Newton , p. 83. (2) Diodore , L. 1 .
G iij
150 MERCURE DE FRANCE.
bord le fiege des Rois d'Egypte , où en
fera M. Newton avec fon Séfac ?
Les Hiftoriens ( 1 ) nous diſent encore
qu'Ofiris enfeigna l'Agriculture aux Egyptiens
, que fon époufe leur donna l'ufage
du froment & de l'orge qui croiffoient auparavant
comme des plantes inconnues &
négligées . En un mot , ils conviennent
qu'Oficis fut le Légiflateur des Egyptiens.
Ya- t'il làquelque chofe qui puiffe regarder
Séfac ? Eft- ce que l'Egypte n'étoit pas dès
les temps de Jofeph , le grenier de tous les
peuples circonvoifins ? Cet Empire n'étoitil
pas gouverné par d'excellentes loix ? L'Ecriture
elle- même loue le
gouvernement
& la fageffe des Egyptiens dans ces temps
reculés , &c . Ces objections & plufieurs
autres que je pourrois accumuler ici , fe
préfentent naturellement à l'efprit ; pourquoi
M. Newton n'en a-t'il point fait ufage,
les croyoit- il peu dignes de fon attention
?
<< (2 ) Sous le regne d'Ammon , pere
» d'Ofiris ou Séfac, & ayeul d'Orus & de
» Bubafte , les Thébains
commencerent à
s'appliquer à la navigation & à l'Aftro-
» nomie , & par le lever & le coucher Hé-
"
(1 ) Diodore , L. 1. Plutarque dans fon Traité
d'Oliris & d'Ifis. ( 2) Newton , p. 83 .
DECEMBRE . 1755. 151
ל כ
» liaque des Etoiles , ils déterminerent la
longueur de l'année folaire ; ils ajouterent
» à la vieille année du Calendrier , cinq
» jours qu'ils confacrerent à fes cinq enfans
, & c. » .
و د
Cette détermination de l'année folaire ,
doit être attribuée à Ofiris , Prince éclairé
& très-inftruit. J'en ai de bonnes preuves ,
& fi mes réflexions donnent lieu à une réponſe
, j'aurai occafion de développer ce
poin: d'hiftoire que je ne mets point ici
pour ne pas trop m'étendre.
66
(1 ) Car il n'eft pas vraisemblable que
l'équation du mouvement du foleil ait
» été connue des l'enfance de l'Aftrono-
» mie ». Mais l'Aftronomie avoit pris fon
origine dans les plaines de Sennaar , avant
la difperfion des peuples , & il eft conftant
que cette équation a été connue & fixée
par le fondateur de la Monarchie Egyptienne.
Elle a été connue auffi des Chinois
fous leur Empereur Yao dont le regne paſſe
l'an 2000 avant Jefus-Chrift .
of
(2 ) Jules Céfar la corrigea , en y ajou
» tant un jour tous les quatre ans , & en
» fit l'année Romaine »
Cette correction étoit faite dès le tems
d'Oficis , & c'eft ce qu'il eft très- aifé de
(1 ) Newton , p. 84. (2 ) Ibid.
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
prouver par la compofition de la grande
période de 36525 ans qui fut dès- lors en
ufage.
( 1 ) Quand Amenophis eut fixé à l'équinoxe
du printems le commencement
» de la nouvelle année Egyptienne de 365
» jours , il mérita le monument dont on a
» parlé ci- deffus » . ( 2 ) Ce monument étoit
un cercle d'or de 365 coudées de circonférence
, divifé en 395 parties égales , pour
repréſenter tous les jours de l'année ; on
avoit auffi décrit fur chaque partie , le
lever & le coucher héliaque des étoiles .
Si l'on prouve que cet Amenophis n'eſt
pas différent du Prince Manoph ou Menès
fondateur de la Monarchie Egyptienne ,
& que Menès & Ofiris font deux noms
différens du même Prince , il fe trouvera
que M. Newton parle ici contre fon propre
fentiment. (3 ) Le Chevalier Marsham
fait voir qu'il y a eu plufieurs Amenophis ;
il dit de plus & avec raifon , que ce nom
d'Amenophis , comme celui de Memnon
ne different point du nom de Menès. Phamenophis
itaque , five Amenophis , Thebanis
is eft , qui Gracis Memnon , nomen ex Menis
, primi Regis , nómine componi videtur.
Memnoph Gracis , Euphonia gratiâ. Men-
(1 ) Newton , p. 69. ( 2 ) Diodore , L. I 、
(3 ) Marsham , P. 401 .
DECEMBRE. 1755. 153
non five Memnon. Je crois donc que cet
Amenophis dont la ftatue étoit à Thebes
dans les Syringes , & auquel on dédia le
riche monument dont on vient de parler
n'eft point différent de Menès auquel étoit
due la fixation de l'année Egyptienne . Il
eft aifé même de le faire voir
par les propres
paroles de M. Newton qui dit
104 , qu'Amenophis bâtit la ville qu'il
appella de fon nom , Amenoph ou Memphis.
Or ( 1 ) Memphis fut bâtie par Menès
fondateur de la Monarchie Egyptienne .
Amenophis & Menès font donc un feul &
même Prince.
page
« (2) Plufieurs nations célebrerent fous
» des noms différens , les louanges de Sé-
» foftris , à caufe de fes grandes conquêtes.
Les Chaldéens l'appelloient Belus , qui
» en leur langue veut dire Seigneur : les
» Arabes le nommoient Bacchus qui en
leur langue fignifie grand : les Phrygiens
& les Thraces lui donnoient le
» nom de Mafors , Mavors , Mars , qui
» veut dire vaillant , & c » .
23
Le culte de Belus exiftoit chez les Chaldéens
plufieurs fiecles avant Séfac & Séfoftris.
Je n'ignore pas auffi qu'il y a eu
plufieurs Belus , mais ils font tous anté-
( 1 ) Hérodote , L. z. ( 2) Newton , p. 101 ,
GY
154 MERCURE DE FRANCE.
rieurs aux deux Princes Egyptiens. Sans
fçavoit fi le nom de Bacchus fignifie grand
dans la langue des Arabes , je ne doute pas
que Bacchus ne foit le même qu'Oficis ,
mais non point que Bel & Séfac. Quant
au Mavors , Ares , Marts , je crois qu'il
eft le Nemrod de l'Ecriture Sainte , connu
des Grecs fous le nom de Ninus , & adoré
des Chaldéens fous le titre générique de
Baal. Ces quatre noms Ares ou Arets ,
Marts , Ninus & Nemrod , paroiffent fort
différens , il font formés cependant de la
même racine. Arats , fignifie violentiâ ufus
fuit , fortem aut violentum fe exhibuit. D'Arats
vint Arets , Tyran , Conquérant , &
avec le même du participe Marets ou Mavorts.
On remarquera que chez les Latins,
Mars fait au génitif Martis , ce qui prouve
qu'on a du prononcer dans l'origine
Marts au lieu de Mars , qui eft plus doux à
la prononciation , & que pour cette raifon
on a préferé. Dans mes réflexions fur
page 73 de M. Newton , j'ai déja remar
la
qué que le changement des lettres S , TS ,
T, étoit fort communs. Ainfi on prononçoit
indifféremment Agns , Mavorts , &
Mars ou Marts.
Dans Nemrod , nom que je crois un peu
corrompu , il doit y avoir l'n . Cette infertion
de l'n eft commune ; on en a vu un
DECEMBRE. 1755 155
exemple dans Noph , Moph , & Manoph
qui expriment la ville de Memphis . Avec
cette n inférée , on aura donc Ninmrod ,
ce qui doit être interprêté Nin , le Conquérant
ou le Tyran. On peut confulter la Dif
fertation d'un fçavant ( 1 ) Académicien ,
dans laquelle on établit un parallele auffi
ingénieux que folide entre les deux Conquérans
Ninus & Nemrod. Quelqu'un a
déja remarqué que le nom de Baal ou Bel ,
a formé le bellum des Latins , parce que
Mars eft le premier qui fe foit fervi des armes
, & qu'il eft réputé le dieu des guer
riers.
a ( 2) Les Egyptiens l'appelloient Héro
ou Hercule.
Je ne connois point ce nom de Héro ; je
ne crois point non plus que quelque Ancien
ait dit que les Egyptiens donnerent à
Ofiris le nom d'Hercule . Je pense que cet
Hercule n'eft point différent de Canaan
frere de Mifor ou Mefraim , frere par con
féquent d'Ofitis. On peut voir à cette occafion
une Differtation imprimée dans la
Bibliotheque choifie de M. le Clerc , dans
laquelle on établit ce fentiment.
( 3 ) En le déïfiant , ils lui donnerent les
(1) M. Gibert de l'Académie des Infcriptions
& Belles- Lettres . ( 2 ) Newton , p. 102. ( 3) Ibid,
P. 102.00 10:
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
»noms de ce fleuve ( du Nil ) , Sihor ,
» Nilus & Ægyptus " .
Sicher fignifie noir , & ce nom n'eſt
qu'une traduction ou épithete de celui de
Ham. Les Egyptiens avoient donné ce nom
de Ham , à leur royaume , à leur fleuve &
à Thebes leur ville capitale . Le nom d'Ægyptus
eft bien plus récent , il exprime en
grec un espece de Vautour extrêmement
noir il n'eft donc que la traduction du
nom de Ham .
"3
a ( 1 ) Les Grecs ayant entendu les
» Egyptiens s'exprimer ainfi dans leurs
» cantiques lugubres : O Sihor , Bou Sihor,
prirent delà occafion de l'appeller Ofiris
» & Bufiris ».
Le nom d'Ofiris ne dérive pas de Sihor ;
une lettre afpirée telle que le Cheth ne
s'éclipfe pas ainfi ; Ofiris & Siris viennent
d'une autre fource . Quant aux noms de
Bufiris , Tapofiris , on peut confulter faint
Clément d'Alexandrie.
(2) Ofiris fut donc tué la cinquieme
» année d'Afa par fon frere Japet , que les
» Egyptiens appelloient Typhon , Python
» & Neptune ce fut alors que les Lybiens
fous la conduite de Japet & de fon
fils Atlas , envahirent l'Egypte , & exci-
(1) Newton , p. 102. ( 2 ) Ibid. p . 103 .
1
DECEMBRE . 1755. 157
» terent la fameufe guerre des Dieux &
» des Géants ".
Comme M. Newton lui- même fait Japet
frere d'Ofiris , on peut juger delà ſi j'ai
eu tort de dire qu'Hammon étoit Ham ,
qu'Oficis étoit le fondateur de la Monarchie
Egyptienne ou Mefraïm . Mais Japet
qu'on ne peut méconnoître ici pour le
Patriarche Japhet étoit oncle d'Ofiris &
non point fon frere : les Grecs ont jetté
M. Newton dans cette méprife parce qu'ils
font Japet frere de Chronos ; mais il y a
eu deux Chronos comme on peut le voir
par le fragment de Sanchoniathon ancien
auteur Phénicien . Le premier Chronos eft
Noë , le fecond eſt Ham ; le Poëte Nonnus
dit auffi que le nom d'Hammon chez les
Arabes étoit Chronos. Il eft donc vrai que
Japet étoit frere du fecond Chronos &
fils du premier , par conféquent oncle
d'Ofiris.
Je penfe auffi comme M. Newton que
ce même Japet eft Neptune , mais non
point Python ou Typhon. Eft- il donc fi
difficile de reconnoître ce Python dans
Phuth , frere de Mefraïm . Ham avoit eu
l'Afrique en partage , il la diftribua à ſes
enfans. Chus eut l'Ethiopie , & depuis on
a toujours appellé les Ethiopiens des Chufites
; Mefr , Mifor , ou comme l'appelle
158 MERCURE DE FRANCE.
l'Écriture Sainte , Mefraïm , eur l'Egypte
qui porte encore aujourd'hui fon nom ;
Canaan eut le païs de ce nom , & enfin
Phuth cut les païs qui font à l'occident
de l'Egypte.
(1) Sur ces entrefaites , Amenophis
» quitta la Baffe-Egypte , & vint à Mem-
" phis fuivi par les reftes de l'armée Ethio-
»pienne de fon pere ; étant arrivé dans
» ce païs , il fit paffer le Nil dans un autre
» canal , fous un Pont neuf qu'il bâtit en-
» tre deux montagnes ; en même- tems if
»bâtit & fortifia cette ville contre Ofarfiphus
, & l'appella de fon nom Amenoph
» ou Memphis ».
Cet Amenophis comme nous l'avons
déja infinué eſt le même que Menès fondateur
de la Monarchie Egyptienne . Le nom
bien orthographié eft Manof on Menouf
comme les Arabes prononcent. Les Grecs
ont étrangement corrompu ce nom . Ils
l'ont écrit tantôt Menevis , Mnevis , Memphis
, tantôt Menophis Minevis , Meneus ,
Menes , Menon , & c . car on le trouve écrit
de toutes ces manieres. Ce nom fignifie
ville , habitation . Ainfi on appelloit MenoufMefr
ou la ville de Mefraim , celle
que les Grecs appellerent toujours Memphis
, mais que les Orientaux nomment
(1) Newton , p. 103.
DECEMBRE . 1755. 159
encore aujourd'hui Manof , Monf & Mefr.
Hérodote & Jofephe attribuent fa fondation
à Menès . En un mot , Menès n'a été
appellé ainfi que du nom de la ville qu'il
avoit fait bâtir ; car fon véritable nom
étoit Mefr , ou Mifor, comme il eft appellé
dans le fragment de Sanchoniathon .
M. Newton place cette expédition d'Amenophis
fept ans après celle des Argonautes
, c'eſt - à - dire , l'an 930. Eft- il vraifemblable
que la ville de Memphis ait été
bâtie fi tard ?
« (1 ) Il eft für que cet Hercule de Tyr
»ne fçauroit être plus ancien que la guerre
» de Troye , parce que les Tyriens ne
» commencerent à voyager fur la Médi
terranée , qu'après cette guerre..... ( 2)
Jofephe fait mention d'un autre Hercule
» plus ancien , en l'honneur duquel Hiram
fit bâtir un Temple à Tyr : peut- être y
» avoit-il auffi avant lui un Hercule de
» Tyr qui avoit établi le commerce des
Tyriens fur la Mer Rouge , du tems de
David & de Salomon »..
Sans doute il y avoit un ancien Hercule,
& bien antérieur à Salomon & à David.
Il y en avoit un comtemporain d'Oficis.
Il étoit fils du Nil , felon Ciceron , c'eſt-
( 1 ) Newton , p. 118. (2 ) Ibid. p. 119.
160 MERCURE DE FRANCE.
à - dire , fils de Ham , frere par conféquent
d'Ofiris ou Mefr .
Je dis qu'Hercule étant qualifié fils du
Ni , on doit entendre par là qu'il étoit fils
de Cham ; on en peut voir la raifon dans
la réflexion que j'ai faite précédemment
fur la page 102 de M. Newton . Le nom
d'Hercule ne fe trouve point parmi les enfans
de Ham , auffi n'étoit-ce là qu'une
épithete qui , felon la remarque ingénieufe
de M. le Clerc , paroît ne fignifier rien
autre chofe que Marchand , Négociant
Harokel . Mais écoutons l'Auteur de l'Etymologicon
Megad : Tìv H'ganaŭv qasì , x 1à
των λουπλέων διαλεκτον , ΧΩΝΑ λέγεθαι .
Hercule eft appellé Cona dans le Dialecle
1 Egyptien. Méconnoîtra t'on ici Canaan ou
Cna frere d'Ofiris ? Eufebe à la fuite du
fragment de Sanchoniathon , qualifie Ofiris
, frere de XNA , le premier , dit- il ,
qui ait été appellé Phénicien par les étrangers.
Hercule eft donc Canaan fils de Ham:
auffi les Grecs font -ils Hercule fils de Jupiter
, & en Egypte on ne connoiffoit
point d'autre Jupiter qu'Hammon ou Ham.
Quant à l'épithète d'Harokel , Marchand ,
elle n'a rien de ridicule. Canaan fe diftingua
par fon grand commerce , au point
que dans l'Ecriture même Cnani fignifie
un Marchand. Dans Etienne de Byzance
DECEMBRE. 1755. 161
XNA exprime la Phénicie , & xv un
Phénicien , ainfi on ne doit point ranget
cette étymologie au nombre des conjectures.
Hercule a été encore appellé Mélicerte
, mais ce nom ne fignifie que Roi de
la ville .
»(1 ) Après que les Phéniciens & les Grecs
» eurent reçu des Egyptiens l'art de naviger
, & la maniere de faire de longs
» vaiffeaux à voiles & à un rang de rames ,
» les Sidoniens porterent leur commerce
» dans la Gréce , & le continuerent pen-
» dant 50 ans.
Ce que dit ici M. Newton manque
d'exactitude. Les Phéniciens font les plus
anciens commerçans , & les premiers navigateurs
non -feulement ils ont les premiers
trouvé l'art de la navigation (2 ) , mais
encore ils ont appris aux autres peuples à
donner des batailles fur mer , à ufer du
droit de la royauté , & à foumettre les
peuples voifins. Le nom feul d'Hercule
qui a fait tant de bruit parmi les Grecs ,
prouve bien que les Phéniciens ont fçu
profiter d'abord de la fituation avantageufe
de leur païs pour le commerce maritime.
Marsham , page 109 , cite un paſſage
de Jofephe , qui fait voir que les Egyptiens
(1 ) Newton, p. 121. ( 2 ) Sanchoniathon . Stra
bon , L. 16. Pline , L. s . c. 12, Jofeph . Antiq.
162 MERCURE DE FRANCE.
n'ont été connus des Grecs que par le canal
des Phéniciens .
( 1 ) Du tems d'Erechthée , Roi d'A-
» thenes , & de Celeus , Roi d'Eleufis ,
» Cerès vint dans l'Attique , éleva Tripto-
» leme , fils de Celeus , & lui apprit à femer
» des grains ; elle coucha avec Jafon , &c.
Comment M. Newton n'a-t'il point vu
que cette Cerès étoit Egyptienne , & femme
d'Oɓiris , conféquemment qu'il ne s'agit
ici que de l'introduction de fon culte
dans la Grece ? (2) Erechthée étoit Egyp
tien; pendant une famine qui défoloit la
Grece , il y tranfporta des blés : il fut établi
Roi par les Athéniens en reconnoiffance
de ce bienfait. Erechthtée leur enfeigna les
facrifices de Cerès , & établit à Eleufis les
myfteres de cette Décffe , & des Prêtres
pour en obferver les pratiques fur le mo
dele de ceux d'Egypte.
Cette époque de l'introduction des myf
teres de Ĉerès dans la Grece eft fixée par
les Interprêtes des marbres d'Arondel à
Fan 1426 avant J.C. environ 280 ans avant
la guerre de Troye. M. Newton la fixe à
Pan rozo , la différence eft de 396 : est- ce
là ce qu'il appelle ne pas porrer l'exactitude
jufqu'à une année près ?
(1) Newton, p. 141. ( 2 ) Diodore.
DECEMBRE. 1755. 163
ود
» (1) Au retour de Séfoftris en Egypte ,
» fon frere Danaus attenta non-feulement
» à fa vie , comme on a déja dit , mais
» commanda encore à fes cinquante filles
qui épouferent les fils de Séfoftris , de
» tuer leurs maris , après quoi il fe fauva
d'Egypte fur un long vaiffeau , & c .
"
و ر
Dans la chronique abrégée à l'époque
956 , M. Newton dit » Séfac eft tué par
» fon frere Japet .
Si l'on fuppofe , avec M. Newton , que
Séfoftris foit le même que Séfac & qu'O
firis , il faudra dire auffi que ce Prince a
été tué par un de fes freres. Après avoir
prouvé plus haut la fauffeté de cette prétendue
identité , fi le fait fe trouvoit être
le même , ce ne pourroit être qu'un effet
du pur hazard ; mais comme il eft entiérement
faux , & que Diodore nous dit ,
» que Séfoftris ayant perdu la vue après un
>>regne de 33 ans , fe donna volontairement
» la mort » (2 ) , il eft vifible que M. Newton
ne marque cet affaffinat que pour foutenir
le parallele qu'il a établi entre Séfoftris
, Oficis & Séfac. Pourquoi tromper
fes Lecteurs , altérer les faits , & jetter de
l'obfcurité où il n'y en a point?
"
En lifant ces paffages dans M. Newton ,
( 1) Newton , p. 144. ( 2 ) Diodore , L. 1.
164 MERCURE DE FRANCE.
il me femble entendre quelqu'un qui dit ,
Louis XIV qui eft le même que Philippe
Augufte & que Clovis , eft tué par fon
frere Pharamond ; les Anachronismes de
M. Newton ne font guere moins violens.
(1 ) Hérodote dit que les Phéniciens
qui fuivirent Cadmus , introduisirent
» plufieurs fciences dans la Grece ; car il y
» avoit parmi ces Phéniciens des gens ap-
» pellés Curetes , qui étoient plus verfés
» dans les Arts & dans les fciences de la
Phénicie que d'autres les uns s'établi
» rent dans la Phrygie , où ils furent appellés
Corybantes , les autres dans la
» Crete , où on leur donna le nom d'Idoi
» Dactyli , &c.
Ces gens , appellés Curetes , Corybantes,
&c. étoient des Prêtres Phéniciens , comme
les noms qu'ils portent nous l'apprennent .
Curete , fignifie châtré , parce que ces Prêtres
, comme l'on fçait , étoient prefque
tous eunuques. Corybante fignifie Sacrificateur,
Prêtre , de Corban , facrifice , obla
tion les Chretiens Orientaux fe fervent
encore aujourd'hui de ce terme pour exprimer
le facrifice de la Meffe.
:
» (2 ) Les deux premiers Rois de Crete
qui regnerent après l'arrivée des Cure-
(1 ) Newton, p. 154. (1 ) Ibid. p . 158 .
DECEMBRE. 1755. 169
» tes , furent Afterius & Minos. Europe
» fut femme d'Afterius & mere de Minos :
» les Curetes du mont Ida furent fes compatriotes
, & vinrent avec elle ; .... par
» conféquent il faut qu'Afterius , Europe ,
» & Minos foyent le Saturne , la Rhea , &
» le Jupiter des Crétois .
Je doute que ce raifonnement foit bien
conféquent , puifque les Curetes & les Corybantes
qui fuivirent Cadmus en Grece ,
étoient des Prêtres Phéniciens : il eft , ce
me femble , plus naturel de penfer qu'a
vec la connoiffance des Arts & des fciences
, ils porterent encore celle des Divinités
qui étoient adorées dans la Phénicie ,
& dont ils étoient les Miniftres .
» ( 1 ) Car les Phéniciens dans leur pre-
» premier voyage en Grece donnoient le
» nom de Jaopater , Jupiter à tous les
» Rois.
Je doute très-fort que le nom de Jupiter
ait été connu des Phéniciens ; il n'étoit
feulement pas en ufage en Grece . Je ne
connois que les Latins qui l'aient employé
pour exprimer des Princes , fondateurs de
quelques Empires , des Héros qui par leurs
belles actions avoient mérité la déïfication
; mais jamais il n'a été un nom géné
rique de tous les Rois.
(1 ) Newton , p. 158.
166 MERCURE DE FRANCE.
Ce nom de Jupiter ne vient pas de Jaopater
, il vient du Cevs des Grecs , & le gus
des Grecs vient lui -même du Dzew des
Orientaux, qui fignifie Poffeffeur , Maître ,
Seigneur.
Les Grecs donnoient affez indiftinctement
le nom de Zeus à tous leurs Dieux ,
comme les Phéniciens donnoient aux leurs
celui de Baal , Bel .
( 1 ) Macrobe dit qu'après la mort de
» Saturne , Janus lui dreffa un autel com-
» me à un Dieu , établit des cérémonies fa-
» crées , & inftitua les Saturnales , & qu'on
» lui facrifioit des hommes , jufqu'à ce
qu'Hercule emmenant en Italie les bef-
» tiaux de Geryon , y abolît cette coutu-
» me ; on peut voir par ces facrifices hu-
» mains que Janus étoit un defcendant de
» Lycaon ; ce caractere a quelque rapport
» à notrus.
Ce que M. Newton dit ici n'eſt pas juſte :
ces facrifices inhumains qu'on faifoit en
l'honneur de Molok ou Saturne , ou Chronos
, ( car c'eft le même Dieu fous différens
noms ) avoient pris leur origine dans la
Phénicie , & n'avoient aucun rapport aux
Rois d'Italie ou de Grece . Les Phéniciens ,
Hercule lui-même , fondateur du Royau-
(1 ) Newton , p. 164.
!
:
DECEMBRE 1755. 167
me de Phénicie , porterent ces facrifices
partout où leur religion put prendre racine
, de même que Didon les porta en Afrique
, lorfqu'elle y alla fonder Carthage.
Âu refte la religion Phénicienne pouvoit
être connue en Afrique avant l'arrivée de
Didon , puifqu'Hercule avoit pouffé fes
découvertes par mer jufqu'au détroit de
Gades , où il fit élever ces fameufes colonnes
connues fous fon nom. M. Newton
convient lui-même , page 171 , que l'idolâtrie
commença dans la Chaldée & l'Egypte
, d'où elle s'étendit dans la Phénicie
& les pays voifins longtems avant qu'elle
eût été introduite en Europe.
( 1 ) Cependant du tems de Moyfe ,
» tous les charriots de l'Egypte , avec lef-
» quels Pharaon pourfuivit Ifraël , ne
» montoient qu'à 600.
"
Cela eft vrai : mais en doit-on conclure
que l'Egypte n'en poffédoit pas un nombre
beaucoup plus confiderable ? Pharaon dans
la pourfuite des Ifraelites , à laquelle il ne
pas, ne put fe fervir
charriots qui pouvoient être alors à Tanis
& dans les environs ; il n'eut pas le tems
d'en raffembler davantage.
s'attendoit
que
des
Voilà , Monfieur , les obfervations que
(1 ) Newton , p . 178 .
168 MERCURE DE FRANCE.
j'avois à faire fur la Chronologie des Grecs,
par M. Newton. Je n'ai relevé que les
Anachronifmes qui m'ont paru les plus
hardis : j'aurois pu en relever un plus grand
nombre , puifque tout eft Anachronisme
dans un ſyſtème fondé fur de pareils principes.
Je fuis réellement fâché qu'un auffi
grand homme fe foit trop prévenu en faveur
de l'obfervation d'Eudoxe pour la fixation
de l'époque des Argonautes. Avec une
lecture vafte , il étoit en état de faire d'importantes
découvertes en fait de Chronologie
: j'en juge par ce fyftême , que je crois
faux , mais qui par là même a demandé un
effort de génie d'autant plus grand . La
vérité ne coute pas tant de peines à dévoiler.
Suite de la Lettre de M. L. R. Desh . P. R.
fur la Chronologie de M. Newton.
M. Newton (1) confond auffi Séſac avec
Ofiris , mais il eft aifé de montrer en
deux mots qu'il fe trompe. Selon lui , Séfac
monta fur le trône d'Egypte pendant le
regne de Salomon : or il eft certain , &
tous les habiles gens en conviennent , que
le boeuf, fymbole d'Ofiris , étoit adoré dès
les tems de Moïfe. Le Géographe Eftienne
dit
que la ville de Thebes , cette fameuſe
Diofpolis appellée No-Hammon dans l'Ecriture
Sainte , avoir été bâtie par Ofiris
& Ifis. Krigua Crígid& vyù l'ord . Diodore
dit la même choſe. Or fi les peuples
de la Thébaïde font les plus anciens habitans
de l'Egypte , comme ( 2 ) les Hiftoriens
en conviennent , fi Thebes fut d'a-
( 1 ) Newton , p. 83. (2) Diodore , L. 1 .
G iij
150 MERCURE DE FRANCE.
bord le fiege des Rois d'Egypte , où en
fera M. Newton avec fon Séfac ?
Les Hiftoriens ( 1 ) nous diſent encore
qu'Ofiris enfeigna l'Agriculture aux Egyptiens
, que fon époufe leur donna l'ufage
du froment & de l'orge qui croiffoient auparavant
comme des plantes inconnues &
négligées . En un mot , ils conviennent
qu'Oficis fut le Légiflateur des Egyptiens.
Ya- t'il làquelque chofe qui puiffe regarder
Séfac ? Eft- ce que l'Egypte n'étoit pas dès
les temps de Jofeph , le grenier de tous les
peuples circonvoifins ? Cet Empire n'étoitil
pas gouverné par d'excellentes loix ? L'Ecriture
elle- même loue le
gouvernement
& la fageffe des Egyptiens dans ces temps
reculés , &c . Ces objections & plufieurs
autres que je pourrois accumuler ici , fe
préfentent naturellement à l'efprit ; pourquoi
M. Newton n'en a-t'il point fait ufage,
les croyoit- il peu dignes de fon attention
?
<< (2 ) Sous le regne d'Ammon , pere
» d'Ofiris ou Séfac, & ayeul d'Orus & de
» Bubafte , les Thébains
commencerent à
s'appliquer à la navigation & à l'Aftro-
» nomie , & par le lever & le coucher Hé-
"
(1 ) Diodore , L. 1. Plutarque dans fon Traité
d'Oliris & d'Ifis. ( 2) Newton , p. 83 .
DECEMBRE . 1755. 151
ל כ
» liaque des Etoiles , ils déterminerent la
longueur de l'année folaire ; ils ajouterent
» à la vieille année du Calendrier , cinq
» jours qu'ils confacrerent à fes cinq enfans
, & c. » .
و د
Cette détermination de l'année folaire ,
doit être attribuée à Ofiris , Prince éclairé
& très-inftruit. J'en ai de bonnes preuves ,
& fi mes réflexions donnent lieu à une réponſe
, j'aurai occafion de développer ce
poin: d'hiftoire que je ne mets point ici
pour ne pas trop m'étendre.
66
(1 ) Car il n'eft pas vraisemblable que
l'équation du mouvement du foleil ait
» été connue des l'enfance de l'Aftrono-
» mie ». Mais l'Aftronomie avoit pris fon
origine dans les plaines de Sennaar , avant
la difperfion des peuples , & il eft conftant
que cette équation a été connue & fixée
par le fondateur de la Monarchie Egyptienne.
Elle a été connue auffi des Chinois
fous leur Empereur Yao dont le regne paſſe
l'an 2000 avant Jefus-Chrift .
of
(2 ) Jules Céfar la corrigea , en y ajou
» tant un jour tous les quatre ans , & en
» fit l'année Romaine »
Cette correction étoit faite dès le tems
d'Oficis , & c'eft ce qu'il eft très- aifé de
(1 ) Newton , p. 84. (2 ) Ibid.
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
prouver par la compofition de la grande
période de 36525 ans qui fut dès- lors en
ufage.
( 1 ) Quand Amenophis eut fixé à l'équinoxe
du printems le commencement
» de la nouvelle année Egyptienne de 365
» jours , il mérita le monument dont on a
» parlé ci- deffus » . ( 2 ) Ce monument étoit
un cercle d'or de 365 coudées de circonférence
, divifé en 395 parties égales , pour
repréſenter tous les jours de l'année ; on
avoit auffi décrit fur chaque partie , le
lever & le coucher héliaque des étoiles .
Si l'on prouve que cet Amenophis n'eſt
pas différent du Prince Manoph ou Menès
fondateur de la Monarchie Egyptienne ,
& que Menès & Ofiris font deux noms
différens du même Prince , il fe trouvera
que M. Newton parle ici contre fon propre
fentiment. (3 ) Le Chevalier Marsham
fait voir qu'il y a eu plufieurs Amenophis ;
il dit de plus & avec raifon , que ce nom
d'Amenophis , comme celui de Memnon
ne different point du nom de Menès. Phamenophis
itaque , five Amenophis , Thebanis
is eft , qui Gracis Memnon , nomen ex Menis
, primi Regis , nómine componi videtur.
Memnoph Gracis , Euphonia gratiâ. Men-
(1 ) Newton , p. 69. ( 2 ) Diodore , L. I 、
(3 ) Marsham , P. 401 .
DECEMBRE. 1755. 153
non five Memnon. Je crois donc que cet
Amenophis dont la ftatue étoit à Thebes
dans les Syringes , & auquel on dédia le
riche monument dont on vient de parler
n'eft point différent de Menès auquel étoit
due la fixation de l'année Egyptienne . Il
eft aifé même de le faire voir
par les propres
paroles de M. Newton qui dit
104 , qu'Amenophis bâtit la ville qu'il
appella de fon nom , Amenoph ou Memphis.
Or ( 1 ) Memphis fut bâtie par Menès
fondateur de la Monarchie Egyptienne .
Amenophis & Menès font donc un feul &
même Prince.
page
« (2) Plufieurs nations célebrerent fous
» des noms différens , les louanges de Sé-
» foftris , à caufe de fes grandes conquêtes.
Les Chaldéens l'appelloient Belus , qui
» en leur langue veut dire Seigneur : les
» Arabes le nommoient Bacchus qui en
leur langue fignifie grand : les Phrygiens
& les Thraces lui donnoient le
» nom de Mafors , Mavors , Mars , qui
» veut dire vaillant , & c » .
23
Le culte de Belus exiftoit chez les Chaldéens
plufieurs fiecles avant Séfac & Séfoftris.
Je n'ignore pas auffi qu'il y a eu
plufieurs Belus , mais ils font tous anté-
( 1 ) Hérodote , L. z. ( 2) Newton , p. 101 ,
GY
154 MERCURE DE FRANCE.
rieurs aux deux Princes Egyptiens. Sans
fçavoit fi le nom de Bacchus fignifie grand
dans la langue des Arabes , je ne doute pas
que Bacchus ne foit le même qu'Oficis ,
mais non point que Bel & Séfac. Quant
au Mavors , Ares , Marts , je crois qu'il
eft le Nemrod de l'Ecriture Sainte , connu
des Grecs fous le nom de Ninus , & adoré
des Chaldéens fous le titre générique de
Baal. Ces quatre noms Ares ou Arets ,
Marts , Ninus & Nemrod , paroiffent fort
différens , il font formés cependant de la
même racine. Arats , fignifie violentiâ ufus
fuit , fortem aut violentum fe exhibuit. D'Arats
vint Arets , Tyran , Conquérant , &
avec le même du participe Marets ou Mavorts.
On remarquera que chez les Latins,
Mars fait au génitif Martis , ce qui prouve
qu'on a du prononcer dans l'origine
Marts au lieu de Mars , qui eft plus doux à
la prononciation , & que pour cette raifon
on a préferé. Dans mes réflexions fur
page 73 de M. Newton , j'ai déja remar
la
qué que le changement des lettres S , TS ,
T, étoit fort communs. Ainfi on prononçoit
indifféremment Agns , Mavorts , &
Mars ou Marts.
Dans Nemrod , nom que je crois un peu
corrompu , il doit y avoir l'n . Cette infertion
de l'n eft commune ; on en a vu un
DECEMBRE. 1755 155
exemple dans Noph , Moph , & Manoph
qui expriment la ville de Memphis . Avec
cette n inférée , on aura donc Ninmrod ,
ce qui doit être interprêté Nin , le Conquérant
ou le Tyran. On peut confulter la Dif
fertation d'un fçavant ( 1 ) Académicien ,
dans laquelle on établit un parallele auffi
ingénieux que folide entre les deux Conquérans
Ninus & Nemrod. Quelqu'un a
déja remarqué que le nom de Baal ou Bel ,
a formé le bellum des Latins , parce que
Mars eft le premier qui fe foit fervi des armes
, & qu'il eft réputé le dieu des guer
riers.
a ( 2) Les Egyptiens l'appelloient Héro
ou Hercule.
Je ne connois point ce nom de Héro ; je
ne crois point non plus que quelque Ancien
ait dit que les Egyptiens donnerent à
Ofiris le nom d'Hercule . Je pense que cet
Hercule n'eft point différent de Canaan
frere de Mifor ou Mefraim , frere par con
féquent d'Ofitis. On peut voir à cette occafion
une Differtation imprimée dans la
Bibliotheque choifie de M. le Clerc , dans
laquelle on établit ce fentiment.
( 3 ) En le déïfiant , ils lui donnerent les
(1) M. Gibert de l'Académie des Infcriptions
& Belles- Lettres . ( 2 ) Newton , p. 102. ( 3) Ibid,
P. 102.00 10:
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
»noms de ce fleuve ( du Nil ) , Sihor ,
» Nilus & Ægyptus " .
Sicher fignifie noir , & ce nom n'eſt
qu'une traduction ou épithete de celui de
Ham. Les Egyptiens avoient donné ce nom
de Ham , à leur royaume , à leur fleuve &
à Thebes leur ville capitale . Le nom d'Ægyptus
eft bien plus récent , il exprime en
grec un espece de Vautour extrêmement
noir il n'eft donc que la traduction du
nom de Ham .
"3
a ( 1 ) Les Grecs ayant entendu les
» Egyptiens s'exprimer ainfi dans leurs
» cantiques lugubres : O Sihor , Bou Sihor,
prirent delà occafion de l'appeller Ofiris
» & Bufiris ».
Le nom d'Ofiris ne dérive pas de Sihor ;
une lettre afpirée telle que le Cheth ne
s'éclipfe pas ainfi ; Ofiris & Siris viennent
d'une autre fource . Quant aux noms de
Bufiris , Tapofiris , on peut confulter faint
Clément d'Alexandrie.
(2) Ofiris fut donc tué la cinquieme
» année d'Afa par fon frere Japet , que les
» Egyptiens appelloient Typhon , Python
» & Neptune ce fut alors que les Lybiens
fous la conduite de Japet & de fon
fils Atlas , envahirent l'Egypte , & exci-
(1) Newton , p. 102. ( 2 ) Ibid. p . 103 .
1
DECEMBRE . 1755. 157
» terent la fameufe guerre des Dieux &
» des Géants ".
Comme M. Newton lui- même fait Japet
frere d'Ofiris , on peut juger delà ſi j'ai
eu tort de dire qu'Hammon étoit Ham ,
qu'Oficis étoit le fondateur de la Monarchie
Egyptienne ou Mefraïm . Mais Japet
qu'on ne peut méconnoître ici pour le
Patriarche Japhet étoit oncle d'Ofiris &
non point fon frere : les Grecs ont jetté
M. Newton dans cette méprife parce qu'ils
font Japet frere de Chronos ; mais il y a
eu deux Chronos comme on peut le voir
par le fragment de Sanchoniathon ancien
auteur Phénicien . Le premier Chronos eft
Noë , le fecond eſt Ham ; le Poëte Nonnus
dit auffi que le nom d'Hammon chez les
Arabes étoit Chronos. Il eft donc vrai que
Japet étoit frere du fecond Chronos &
fils du premier , par conféquent oncle
d'Ofiris.
Je penfe auffi comme M. Newton que
ce même Japet eft Neptune , mais non
point Python ou Typhon. Eft- il donc fi
difficile de reconnoître ce Python dans
Phuth , frere de Mefraïm . Ham avoit eu
l'Afrique en partage , il la diftribua à ſes
enfans. Chus eut l'Ethiopie , & depuis on
a toujours appellé les Ethiopiens des Chufites
; Mefr , Mifor , ou comme l'appelle
158 MERCURE DE FRANCE.
l'Écriture Sainte , Mefraïm , eur l'Egypte
qui porte encore aujourd'hui fon nom ;
Canaan eut le païs de ce nom , & enfin
Phuth cut les païs qui font à l'occident
de l'Egypte.
(1) Sur ces entrefaites , Amenophis
» quitta la Baffe-Egypte , & vint à Mem-
" phis fuivi par les reftes de l'armée Ethio-
»pienne de fon pere ; étant arrivé dans
» ce païs , il fit paffer le Nil dans un autre
» canal , fous un Pont neuf qu'il bâtit en-
» tre deux montagnes ; en même- tems if
»bâtit & fortifia cette ville contre Ofarfiphus
, & l'appella de fon nom Amenoph
» ou Memphis ».
Cet Amenophis comme nous l'avons
déja infinué eſt le même que Menès fondateur
de la Monarchie Egyptienne . Le nom
bien orthographié eft Manof on Menouf
comme les Arabes prononcent. Les Grecs
ont étrangement corrompu ce nom . Ils
l'ont écrit tantôt Menevis , Mnevis , Memphis
, tantôt Menophis Minevis , Meneus ,
Menes , Menon , & c . car on le trouve écrit
de toutes ces manieres. Ce nom fignifie
ville , habitation . Ainfi on appelloit MenoufMefr
ou la ville de Mefraim , celle
que les Grecs appellerent toujours Memphis
, mais que les Orientaux nomment
(1) Newton , p. 103.
DECEMBRE . 1755. 159
encore aujourd'hui Manof , Monf & Mefr.
Hérodote & Jofephe attribuent fa fondation
à Menès . En un mot , Menès n'a été
appellé ainfi que du nom de la ville qu'il
avoit fait bâtir ; car fon véritable nom
étoit Mefr , ou Mifor, comme il eft appellé
dans le fragment de Sanchoniathon .
M. Newton place cette expédition d'Amenophis
fept ans après celle des Argonautes
, c'eſt - à - dire , l'an 930. Eft- il vraifemblable
que la ville de Memphis ait été
bâtie fi tard ?
« (1 ) Il eft für que cet Hercule de Tyr
»ne fçauroit être plus ancien que la guerre
» de Troye , parce que les Tyriens ne
» commencerent à voyager fur la Médi
terranée , qu'après cette guerre..... ( 2)
Jofephe fait mention d'un autre Hercule
» plus ancien , en l'honneur duquel Hiram
fit bâtir un Temple à Tyr : peut- être y
» avoit-il auffi avant lui un Hercule de
» Tyr qui avoit établi le commerce des
Tyriens fur la Mer Rouge , du tems de
David & de Salomon »..
Sans doute il y avoit un ancien Hercule,
& bien antérieur à Salomon & à David.
Il y en avoit un comtemporain d'Oficis.
Il étoit fils du Nil , felon Ciceron , c'eſt-
( 1 ) Newton , p. 118. (2 ) Ibid. p. 119.
160 MERCURE DE FRANCE.
à - dire , fils de Ham , frere par conféquent
d'Ofiris ou Mefr .
Je dis qu'Hercule étant qualifié fils du
Ni , on doit entendre par là qu'il étoit fils
de Cham ; on en peut voir la raifon dans
la réflexion que j'ai faite précédemment
fur la page 102 de M. Newton . Le nom
d'Hercule ne fe trouve point parmi les enfans
de Ham , auffi n'étoit-ce là qu'une
épithete qui , felon la remarque ingénieufe
de M. le Clerc , paroît ne fignifier rien
autre chofe que Marchand , Négociant
Harokel . Mais écoutons l'Auteur de l'Etymologicon
Megad : Tìv H'ganaŭv qasì , x 1à
των λουπλέων διαλεκτον , ΧΩΝΑ λέγεθαι .
Hercule eft appellé Cona dans le Dialecle
1 Egyptien. Méconnoîtra t'on ici Canaan ou
Cna frere d'Ofiris ? Eufebe à la fuite du
fragment de Sanchoniathon , qualifie Ofiris
, frere de XNA , le premier , dit- il ,
qui ait été appellé Phénicien par les étrangers.
Hercule eft donc Canaan fils de Ham:
auffi les Grecs font -ils Hercule fils de Jupiter
, & en Egypte on ne connoiffoit
point d'autre Jupiter qu'Hammon ou Ham.
Quant à l'épithète d'Harokel , Marchand ,
elle n'a rien de ridicule. Canaan fe diftingua
par fon grand commerce , au point
que dans l'Ecriture même Cnani fignifie
un Marchand. Dans Etienne de Byzance
DECEMBRE. 1755. 161
XNA exprime la Phénicie , & xv un
Phénicien , ainfi on ne doit point ranget
cette étymologie au nombre des conjectures.
Hercule a été encore appellé Mélicerte
, mais ce nom ne fignifie que Roi de
la ville .
»(1 ) Après que les Phéniciens & les Grecs
» eurent reçu des Egyptiens l'art de naviger
, & la maniere de faire de longs
» vaiffeaux à voiles & à un rang de rames ,
» les Sidoniens porterent leur commerce
» dans la Gréce , & le continuerent pen-
» dant 50 ans.
Ce que dit ici M. Newton manque
d'exactitude. Les Phéniciens font les plus
anciens commerçans , & les premiers navigateurs
non -feulement ils ont les premiers
trouvé l'art de la navigation (2 ) , mais
encore ils ont appris aux autres peuples à
donner des batailles fur mer , à ufer du
droit de la royauté , & à foumettre les
peuples voifins. Le nom feul d'Hercule
qui a fait tant de bruit parmi les Grecs ,
prouve bien que les Phéniciens ont fçu
profiter d'abord de la fituation avantageufe
de leur païs pour le commerce maritime.
Marsham , page 109 , cite un paſſage
de Jofephe , qui fait voir que les Egyptiens
(1 ) Newton, p. 121. ( 2 ) Sanchoniathon . Stra
bon , L. 16. Pline , L. s . c. 12, Jofeph . Antiq.
162 MERCURE DE FRANCE.
n'ont été connus des Grecs que par le canal
des Phéniciens .
( 1 ) Du tems d'Erechthée , Roi d'A-
» thenes , & de Celeus , Roi d'Eleufis ,
» Cerès vint dans l'Attique , éleva Tripto-
» leme , fils de Celeus , & lui apprit à femer
» des grains ; elle coucha avec Jafon , &c.
Comment M. Newton n'a-t'il point vu
que cette Cerès étoit Egyptienne , & femme
d'Oɓiris , conféquemment qu'il ne s'agit
ici que de l'introduction de fon culte
dans la Grece ? (2) Erechthée étoit Egyp
tien; pendant une famine qui défoloit la
Grece , il y tranfporta des blés : il fut établi
Roi par les Athéniens en reconnoiffance
de ce bienfait. Erechthtée leur enfeigna les
facrifices de Cerès , & établit à Eleufis les
myfteres de cette Décffe , & des Prêtres
pour en obferver les pratiques fur le mo
dele de ceux d'Egypte.
Cette époque de l'introduction des myf
teres de Ĉerès dans la Grece eft fixée par
les Interprêtes des marbres d'Arondel à
Fan 1426 avant J.C. environ 280 ans avant
la guerre de Troye. M. Newton la fixe à
Pan rozo , la différence eft de 396 : est- ce
là ce qu'il appelle ne pas porrer l'exactitude
jufqu'à une année près ?
(1) Newton, p. 141. ( 2 ) Diodore.
DECEMBRE. 1755. 163
ود
» (1) Au retour de Séfoftris en Egypte ,
» fon frere Danaus attenta non-feulement
» à fa vie , comme on a déja dit , mais
» commanda encore à fes cinquante filles
qui épouferent les fils de Séfoftris , de
» tuer leurs maris , après quoi il fe fauva
d'Egypte fur un long vaiffeau , & c .
"
و ر
Dans la chronique abrégée à l'époque
956 , M. Newton dit » Séfac eft tué par
» fon frere Japet .
Si l'on fuppofe , avec M. Newton , que
Séfoftris foit le même que Séfac & qu'O
firis , il faudra dire auffi que ce Prince a
été tué par un de fes freres. Après avoir
prouvé plus haut la fauffeté de cette prétendue
identité , fi le fait fe trouvoit être
le même , ce ne pourroit être qu'un effet
du pur hazard ; mais comme il eft entiérement
faux , & que Diodore nous dit ,
» que Séfoftris ayant perdu la vue après un
>>regne de 33 ans , fe donna volontairement
» la mort » (2 ) , il eft vifible que M. Newton
ne marque cet affaffinat que pour foutenir
le parallele qu'il a établi entre Séfoftris
, Oficis & Séfac. Pourquoi tromper
fes Lecteurs , altérer les faits , & jetter de
l'obfcurité où il n'y en a point?
"
En lifant ces paffages dans M. Newton ,
( 1) Newton , p. 144. ( 2 ) Diodore , L. 1.
164 MERCURE DE FRANCE.
il me femble entendre quelqu'un qui dit ,
Louis XIV qui eft le même que Philippe
Augufte & que Clovis , eft tué par fon
frere Pharamond ; les Anachronismes de
M. Newton ne font guere moins violens.
(1 ) Hérodote dit que les Phéniciens
qui fuivirent Cadmus , introduisirent
» plufieurs fciences dans la Grece ; car il y
» avoit parmi ces Phéniciens des gens ap-
» pellés Curetes , qui étoient plus verfés
» dans les Arts & dans les fciences de la
Phénicie que d'autres les uns s'établi
» rent dans la Phrygie , où ils furent appellés
Corybantes , les autres dans la
» Crete , où on leur donna le nom d'Idoi
» Dactyli , &c.
Ces gens , appellés Curetes , Corybantes,
&c. étoient des Prêtres Phéniciens , comme
les noms qu'ils portent nous l'apprennent .
Curete , fignifie châtré , parce que ces Prêtres
, comme l'on fçait , étoient prefque
tous eunuques. Corybante fignifie Sacrificateur,
Prêtre , de Corban , facrifice , obla
tion les Chretiens Orientaux fe fervent
encore aujourd'hui de ce terme pour exprimer
le facrifice de la Meffe.
:
» (2 ) Les deux premiers Rois de Crete
qui regnerent après l'arrivée des Cure-
(1 ) Newton, p. 154. (1 ) Ibid. p . 158 .
DECEMBRE. 1755. 169
» tes , furent Afterius & Minos. Europe
» fut femme d'Afterius & mere de Minos :
» les Curetes du mont Ida furent fes compatriotes
, & vinrent avec elle ; .... par
» conféquent il faut qu'Afterius , Europe ,
» & Minos foyent le Saturne , la Rhea , &
» le Jupiter des Crétois .
Je doute que ce raifonnement foit bien
conféquent , puifque les Curetes & les Corybantes
qui fuivirent Cadmus en Grece ,
étoient des Prêtres Phéniciens : il eft , ce
me femble , plus naturel de penfer qu'a
vec la connoiffance des Arts & des fciences
, ils porterent encore celle des Divinités
qui étoient adorées dans la Phénicie ,
& dont ils étoient les Miniftres .
» ( 1 ) Car les Phéniciens dans leur pre-
» premier voyage en Grece donnoient le
» nom de Jaopater , Jupiter à tous les
» Rois.
Je doute très-fort que le nom de Jupiter
ait été connu des Phéniciens ; il n'étoit
feulement pas en ufage en Grece . Je ne
connois que les Latins qui l'aient employé
pour exprimer des Princes , fondateurs de
quelques Empires , des Héros qui par leurs
belles actions avoient mérité la déïfication
; mais jamais il n'a été un nom géné
rique de tous les Rois.
(1 ) Newton , p. 158.
166 MERCURE DE FRANCE.
Ce nom de Jupiter ne vient pas de Jaopater
, il vient du Cevs des Grecs , & le gus
des Grecs vient lui -même du Dzew des
Orientaux, qui fignifie Poffeffeur , Maître ,
Seigneur.
Les Grecs donnoient affez indiftinctement
le nom de Zeus à tous leurs Dieux ,
comme les Phéniciens donnoient aux leurs
celui de Baal , Bel .
( 1 ) Macrobe dit qu'après la mort de
» Saturne , Janus lui dreffa un autel com-
» me à un Dieu , établit des cérémonies fa-
» crées , & inftitua les Saturnales , & qu'on
» lui facrifioit des hommes , jufqu'à ce
qu'Hercule emmenant en Italie les bef-
» tiaux de Geryon , y abolît cette coutu-
» me ; on peut voir par ces facrifices hu-
» mains que Janus étoit un defcendant de
» Lycaon ; ce caractere a quelque rapport
» à notrus.
Ce que M. Newton dit ici n'eſt pas juſte :
ces facrifices inhumains qu'on faifoit en
l'honneur de Molok ou Saturne , ou Chronos
, ( car c'eft le même Dieu fous différens
noms ) avoient pris leur origine dans la
Phénicie , & n'avoient aucun rapport aux
Rois d'Italie ou de Grece . Les Phéniciens ,
Hercule lui-même , fondateur du Royau-
(1 ) Newton , p. 164.
!
:
DECEMBRE 1755. 167
me de Phénicie , porterent ces facrifices
partout où leur religion put prendre racine
, de même que Didon les porta en Afrique
, lorfqu'elle y alla fonder Carthage.
Âu refte la religion Phénicienne pouvoit
être connue en Afrique avant l'arrivée de
Didon , puifqu'Hercule avoit pouffé fes
découvertes par mer jufqu'au détroit de
Gades , où il fit élever ces fameufes colonnes
connues fous fon nom. M. Newton
convient lui-même , page 171 , que l'idolâtrie
commença dans la Chaldée & l'Egypte
, d'où elle s'étendit dans la Phénicie
& les pays voifins longtems avant qu'elle
eût été introduite en Europe.
( 1 ) Cependant du tems de Moyfe ,
» tous les charriots de l'Egypte , avec lef-
» quels Pharaon pourfuivit Ifraël , ne
» montoient qu'à 600.
"
Cela eft vrai : mais en doit-on conclure
que l'Egypte n'en poffédoit pas un nombre
beaucoup plus confiderable ? Pharaon dans
la pourfuite des Ifraelites , à laquelle il ne
pas, ne put fe fervir
charriots qui pouvoient être alors à Tanis
& dans les environs ; il n'eut pas le tems
d'en raffembler davantage.
s'attendoit
que
des
Voilà , Monfieur , les obfervations que
(1 ) Newton , p . 178 .
168 MERCURE DE FRANCE.
j'avois à faire fur la Chronologie des Grecs,
par M. Newton. Je n'ai relevé que les
Anachronifmes qui m'ont paru les plus
hardis : j'aurois pu en relever un plus grand
nombre , puifque tout eft Anachronisme
dans un ſyſtème fondé fur de pareils principes.
Je fuis réellement fâché qu'un auffi
grand homme fe foit trop prévenu en faveur
de l'obfervation d'Eudoxe pour la fixation
de l'époque des Argonautes. Avec une
lecture vafte , il étoit en état de faire d'importantes
découvertes en fait de Chronologie
: j'en juge par ce fyftême , que je crois
faux , mais qui par là même a demandé un
effort de génie d'autant plus grand . La
vérité ne coute pas tant de peines à dévoiler.
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Résumé : Suite de la Lettre de M. L. R. Desh. P. R. Sur la Chronologie de M. Newton.
Le texte critique la chronologie de M. Newton, notamment son identification de Sésac avec Osiris. Newton affirme que Sésac monta sur le trône d'Égypte pendant le règne de Salomon, mais le texte conteste cette affirmation en soulignant que le culte du bœuf, symbole d'Osiris, existait déjà du temps de Moïse. Des historiens comme Diodore et Plutarque sont cités pour montrer que les habitants de la Thébaïde étaient les plus anciens Égyptiens et que Thèbes était leur capitale. Le texte met en avant que les historiens attribuent à Osiris l'enseignement de l'agriculture aux Égyptiens et son rôle de législateur. Il souligne également que l'Égypte était déjà un grenier pour les peuples voisins du temps de Joseph et que son gouvernement était loué dans l'Écriture Sainte. Le texte discute de la détermination de l'année solaire par Osiris et de la correction du calendrier par Jules César. Il mentionne Amenophis, qui aurait fixé l'année égyptienne à 365 jours, et le compare à Menès, fondateur de la monarchie égyptienne. Le texte explore les différentes appellations d'Osiris dans diverses cultures et les confusions possibles entre les noms de Belus, Bacchus, Mars et Nemrod. Le texte aborde également la guerre des Dieux et des Géants, impliquant Japet et Atlas, et la fondation de Memphis par Amenophis, identifié comme Menès. Il conclut en discutant de l'ancienneté d'Hercule et de ses liens avec Osiris et Ham. Le texte critique les inexactitudes de M. Newton concernant les relations entre les Égyptiens, les Grecs et les Phéniciens. Il mentionne que les mystères de Cérès en Grèce proviennent d'Égypte et que les Phéniciens ont introduit diverses sciences en Grèce. Les Curetes, Corybantes et autres prêtres phéniciens sont décrits comme ayant joué un rôle clé dans la transmission des connaissances et des pratiques religieuses. Enfin, le texte conteste les affirmations de M. Newton sur les sacrifices humains et l'origine de l'idolâtrie, affirmant que ces pratiques proviennent de la Phénicie et de l'Égypte, bien avant leur introduction en Europe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2902
p. 168-184
Lettre de M. l'Abbé J*** à M. le Chevalier de B*** sur les pétrifications d'Albert.
Début :
Monsieur, je n'aurois jamais pensé à répondre aux remarques critiques [...]
Mots clefs :
Pétrifications, Pieds, Eau, Coquillages, Fougère, Hauteur, Profondeur, Cascade, Puits, Roseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. l'Abbé J*** à M. le Chevalier de B*** sur les pétrifications d'Albert.
Lettre de M. l'Abbé J *** à M. le Chevalier
de B *** fur les pétrifications d'Albert.
Onfieur , je n'aurois jamais penſé à
répondre aux remarques critiques
que le prétendu Obfervateur de Peronne a
fait inférer dans le Mercure de Juillet dernier
, fi vous n'aviez pas exigé de moi cette
preuve de complaifance. Je n'avois même
fait
DECEMBRE 1755. 169
fait jufqu'alors que me divertir avec mes
amis des découvertes qui rempliffent fa
lettre. Je croyois que le parti le plus raifonnable
étoit de voir d'un oeil indifférent
cer adverfaire , m'imaginant bien que le
public judicieux ne manqueroit pas , en
comparant la differtation avec la critique ,
de me rendre juſtice ; mais vous me confeillez
de répliquer , parce que vous craignez
dites - vous , Monfieur , que l'imputation
de faux , dont on m'accuſe , ne faſſe
impreffionfur ceux qui ne font pas en état de
faire la difference d'un obfervateur attentif ,
d'avec un critique auffi prévenu que peu
éclairé : Il eft , ajoutez - vous , des accufations
qu'il n'est pas permis à un Auteur de
négliger , telle qu'eft en particulier celle d'avoir
trahi la vérité.
,
Perfuadé de la jufteffe de cette réflexion
, je vais examiner , Monfieur , avec
la plus exacte recherche les remarques du
critique.
Reprenons , Monfieur , les fix articles.
de l'anonyme de Peronne .
1°. Il fe trompe , lorfqu'il avoue avec
moi , que l'eau du puits du fieur Decalogne
eft effectivement à trente- cing pieds jusqu'à
fon niveau . Je n'ai pas dit cela dans ma
defcription , puifque je me fuis fervi du
terme de déduction faite du niveau de l'ean
11. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
à celui de la carriere. Si l'Anonyme avoit
mefuré exactement la hauteur du puits depuis
le rez-de- chauffée de la cour jufqu'au
niveau de l'eau , il auroit trouvé trentehuit
pieds , fur lefquels , pour avoir la
jufte profondeur de la carrière de pétrifications
, au niveau du commencement de
fon ouverture , il faut ôter fept pieds , ce
qui fait trente-un pieds pour la hauteur
de cette carriere du niveau de la cour , au
niveau de fon entrée ; mais comme de
l'entrée de la carriere de pétrifications jufque
vers le milieu , il y a une pente douce
qui peut avoir quatre pieds , qu'il faut
joindre avec les trente- un pieds déja ſuppofés
, j'ai eu raifon d'avancer dans ma
differtation , que la carriere de pétrifications
avoit environ 35 à 36 pieds de profondeur.
Ce qui a trompé l'Anonyme de
Peronne , ( ce qui trompe encore tous les
jours plufieurs de ceux que la curiofité ,
plutôt que l'amour de la recherche, conduit
à Albert ) c'eft qu'il a confondu la car
riere dans laquelle le propriétaire a commencé
à tirer de la pierre , laquelle carriere
n'a en effet à fon entrée que vingtquatre
pieds de profondeur , c'est - à - dire
quatorze , depuis le niveau de la cour jufques
dans la cave du propriétaire , & dix
du niveau de cette cave au niveau de la
DECEMBRE. 1755. 171
premiere carriere ; mais pour avoir la véritable
profondeur de la carriere dans laquelle
fe trouvent les pétrifications , il
falloit de plus mefurer l'efcalier de terre
qui conduit de la premiere carriere de
pierres jufques dans celle de pétrifications,
& il auroit trouvé qu'il y a fept pieds ; ce
qui , ajouté aux vingt- quatre déja connus,
donne trente-un pieds de profondeur : enfin
il falloit remarquer & ajouter à ces
trente-un pieds les quatre pieds de pente
que la carriere de pétrifications a depuis le
niveau du fol de fon entrée , jufques vers
fon milieu , ce qui , avec les trente- un
pieds , produit les trente - cinq pieds de
profondeur que j'ai affignés à la carriere
de pétrifications. Ce n'eft pas avec moins.
de raifon que j'ai ajouté dans ma differta-,
tion , que la partie de la pétrification qui
s'étend fous le jardin , eft bien plus profonde
, par rapport au niveau du jardin.
Si l'Anonyme de Peronne s'étoit donné la
peine de paffer dans ce jardin , & d'obferver
que pour y parvenir , il faut monter
un efcalier de pierre qui porte plus de dix
pieds au-deffus du niveau de la cour , &
que de plus le terrein du jardin va en montant
depuis fon entrée jufqu'au foffé qui
le borne à fon extrêmité , il ne fe feroit
pas embrouillé dans une prétendue dé-
Hij ,
172 MERCURE DE FRANCE.
monſtration inutile par rapport à la queftion
préfente , & parfaitement contraire
aux principes d'une bonne Phyfique. Je dis
d'abord inutile par rapport à la queſtion
préfente , puifque ne donnant que trentecinq
pieds de profondeur à la carriere de
pétrifications , dans fon niveau le plus bas ,
comparé avec la profondeur du niveau de
l'eau du puits au niveau de la cour , l'eau
du puits qui eft à trente- huit pieds de profondeur
, ne peut pas , dans mon obfervation
, pénétrer dans la carriere & la remplir
d'eau ; ce que l'Anonyme prétend cependant
devoir arriver dans mon fentiment.
Je dis en fecond lieu , que quand
bien même la carriere feroit plus profonde
que le niveau de l'eau du puits , il pourroit
encore fe faire que la carriere n'en fût pas
plus humide : Il ne faut qu'une couche de
glaife pour retenir l'eau : C'eft ce qu'on
remarque dans quelques maifons où les
caves font plus profondes que les puits qui
en font voilins . Je m'étonne même que
l'habitant d'une ville auffi environnée
d'eau , comme l'eft Peronne , n'ait pas remarqué
qu'il y a chez lui beaucoup de
caves , dont le niveau eft inférieur à celui
des étangs & des foffés remplis d'eau , qui
en font cependant très- proches . Enfin , fi
l'Anonyme avoit quelque connoiffance de
DECEMBRE. 1755. 173
l'origine des fontaines , & des miracles
naturels que les eaux ramaffées dans les
différens réfervoirs des montagnes , produifent
dans ces fontaines ( 1 ) minérales ,
qui , prenant leurs fources dans la même
montagne , & coulant par des canaux voifins
les uns des autres , confervent cependant
des qualités différentes , il n'auroit
pas raifonné fur un principe auffi faux en
bonne Phyfique , qu'éloigné du point de
la queftion préfente.
2º. On ne voit pas quel peut être le but de
l'Anonyme de Peronne. Qu'entend-il , lorfqu'il
dit , que les ponts qui font fur la riviere
d'Albert , n'ont pas , à vue d'oeil , plus de dix
piedsfous voute ? Parle- t'il de la hauteur du
milieu de l'arche des ponts au niveau de
l'eau , ou du niveau de l'eau au fond de la
riviere ? Au reste qu'il entende ce qu'il voudra
par cette phraſe inintelligible , quid ad
me? Que m'importe cette hauteur dont je
n'ai point parlé dans ma differtation, & qui
eft auffi étrangere à mon fyftême , que ce
( 1 ) Si l'Anonyme ne veut point aller faire cette
remarque à Forges , il lui fera facile de fatisfaire
fa curiofité à Corbie . Il verra dans cette ville
voifine de Peronne, trois fontaines minérales, différentes
dans leurs dégrés , conler cependant à
trois pieds de diſtance les unes des autres , fans fe
confondre.
· H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
que l'Anonyme de Peronne ajoute, lorſqu'il
dit que la riviere eft pleine de fources ? Encore
une fois quel rapport ces deux obfervations
ont-elles avec ce que j'ai avancé
? Pourvu que depuis l'endroit où l'on
a commencé à couper les terres de la colline
pour bâtir la ville & le fort d'Albert
, on ait tracé un nouveau lit à la riviere
pour la faire couler en forme de canal
, autour de la nouvelle habitation , &
la faire paffer dans la ville. Que m'importe
qu'elle ait à vue d'oeil dix pieds fous voute
, & qu'ellefoit pleine de fources ? il fuffit
d'examiner le cours de cette riviere lorfqu'elle
paffe autour & dans Albert , & en
particulier à l'endroit où elle coule à côté
de la place , fous quelques -maifons , pour
fe perfuader qu'elle n'eft pas là dans fon
lit naturel , & qu'elle forme un canal factice
: Voilà où tend & où fe borne mon
obfervation fur cette riviere.
3°. La troifieme remarque de l'Anonyme
de Peronne n'eft pas moins inutile que la
feconde. En difant , que les terres de la pétrification
font de différentes nuances brunes
, mais qu'il eft vrai qu'elles blanchiſſent
à l'air , que prétend- it contre mon obfervation
? S'il avoit eu l'attention de remarquer
qu'il n'y a que la glaiſe qui blanchit
à l'air , en perdant une partie de cette hui-
1
DECEMBRE. 1755. 175
.
le graffe dont elle eft emprégnée , ce
qui n'arrive pas aux autres couches de terres
, ni aux pétrifications , il nous auroit
épargné une remarque auffi fauffe qu'inutile.
-
4°. Je placerois la quatrieme remarque
de l'Anonyme de Peronne dans le même
dégré d'inutilité que les deux précédentes
, fi elle ne m'avoit pas donné occafion
dans le dernier voyage que je viens de
faire à Albert , de chercher des coquillages
avec plus d'attention que la premiere
fois , & par là de faire une découverte
nouvelle . L'Anonyme de Peronne m'accufe
de paroître infinuer que les coquillages
qu'on trouve dans la carriere , font pétrifiés
, tandis qu'ils font au naturel : mais
où ai - je dit dans ma differtation que ces
coquillages font pétrifiés ? où ai - je infinué
cette affertion ? Au contraire , en envoyant
à quelques perfonnes diftinguées , & en
particulier à Monfieur le Duc de Chaulnes
, des morceaux de ces pétrifications ,
j'ai toujours fait remarquer que les coquillages
inférés dans les rofeaux & autres
herbes pétrifiées , étoient , ainfi
que ceux
que j'ai envoyés féparément , fans aucun
changement vifible . D'ailleurs , il n'y a
rien dans ma differtation qui puiffe faire
ſoupçonner que j'aie voulu infinuer que
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE
ces coquillages font pétrifiés. C'est dans
cet intervalle qui eft entre les rofeaux & la
glaife , ai - je dit , qu'on trouve certains coquillages
dont j'ai ramaffé de trois efpeces.
Les plus curieux font ceux qui s'élevent en
pyramides : on découvre auffi de ces coquil-
Lages entre les branches des rofeaux pétrifiés.
Voilà , Monfieur , les termes dont je me
fuis fervi. Je vous demande préfentement
fi un homme qui connoît la force de fa
langue , peut tirer de cet endroit , qui eft
le feul dans lequel je parle des coquillages,
que j'ai voulu infinuer qu'ils font pétrifiés
? J'ajouterai ici la nouvelle découverte
que j'ai faite de plufieurs coquillages
incruftés d'une matiere de pierre qui leur
eft intimement adhérent , fans cependant
pénétrer dans leurs pores . J'en ai rapporté
plufieurs , & entr'autres deux d'une grandeur
affez confidérable . A la vue de cette
découverte , je me fuis perfuadé que le
principe pétrifiant , qui a roulé & qui roule
encore ( comme je le dirai à la fin de
cette lettre ) dans cette carriere , ne s'eft
attaché qu'aux corps , dont les pores ont
été propres pour le recevoir , & que les
coquillages étant compofés d'une matiere
ferrée , ce principe n'a pu que s'attacher
autour d'eux fans les pénétrer .
5 °. L'Anonyme de Peronne regarde
DECEMBRE. 1755 177
fans doute la cinquieme remarque , comme
une des plus importantes de toutes
celles qu'il a faites fur ma differtation ,
parce qu'elle femble venger l'honneur
d'un Almanach qu'il paroît vouloir défendre
envers & contre tous. En difant dans
mes obfervations que c'étoit en vain que
j'avois cherché de la fougere pétrifiée dans
la carriere , d'Albert , j'ai rapporté les raifons
pour lefquelles je n'en ai pas même
dû trouver. L'Anonyme de Peronne ne dit
pas qu'il y en ait trouvé , ce qu'il falloit
cependant avancer pour foutenir l'honneur
de l'Almanach d'Amiens : c'eſt un fait fur
lequel il devoit prononcer hardiment , fi
réellement il a été plus heureux que moi
dans cette recherche. Mais au lieu de
finir la difpute par une affirmation , il fe
retranche fur des raifons de convenance
qui ne prouvent que mieux la foibleffe de
fa caufe. Il m'accufe de ne pas avoir bien
vifité les marais d'Albert , parce que , ditil
, fi je l'avois fait avec attention , j'y aurois
trouvé des fougeres. La raifon qu'il en apporte
, c'eft qu'il y a des arbres ,
fol eft fablonneux. En vérité peut-on raifonner
de la forte ? Parce que dans la partie
fupérieure d'un marais il pourra fe
trouver du fable & de la fougere ( ce qui
cependant n'eſt pas ordinaire , puifque les
ق ب
que
le
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
marais font toujours des terreins fangeux)
doit-il s'enfuivre qu'il y en ait aufli dans
la partie baile de ces mêmes marais , furtout
fi on y fuppofe un ruiffeau rempli
d'eau ? La preuve tirée des arbres qui fe
trouvent dans les marais d'Albert , pour
appuyer la poffibilité de la fougere dans
la carriere de pétrifications , n'eft - elle pas
encore auffi rifible que contraire à l'expérience
? Ne voit- on pas tous les jours dans
les marais & autour des prés , de l'ofier ,
des faules , des peupliers , & d'autres arbres
qui fe plaifent dans les terreins humides
, fans que pour cela on trouve de
la fougere dans ces mêmes marais & dans
ces mêmes prés ? Ce feroit perdre le tems
inutilement que de s'arrêter davantage à
répondre férieufement à une pareille remarque.
Il fuffit de la réduire à fa jufte
valeur , en difant d'après l'Anonyme de
Peronne , que partout où il y a des arbres ,
il doit y avoir de la J fougere , pour en fentir
tout le faux & tout le ridicule.
Quelques magnifiques morceaux de pétrifications
que j'ai choifis dans le corps
de la carriere , furtout dans l'endroit où
l'on m'a affuré que les obfervateurs cités
dans l'almanach d'Amiens , & quelques
autres curieux , ont depuis vifité la carriere
, me convainquent de plus en plus
DECEMBRE. 1755. 179
que ce qu'ils ont pris pour de la fougere ,
n'eft que de l'argentine : la grandeur ,
l'arrangement & la forme des feuilles fautent
manifeftement aux yeux. Tous ceux
qui m'ont honoré de leur vifite depuis
mon retour d'Albert , ont reconnu cette
vérité . J'ai cependant trouvé un connoiffeur
, qui d'abord ne vouloit reconnoître ,
dans ces différens grouppes de pétrifications
, ni argentine , ni fougere , ni aucune
autre herbe pétrifiée. Il les regardoit
comme une pure ftalagmite fi connue dans
la lithologie , mais fes doutes fe font bientôt
diffipés , lorfque je lui ai fait remarquer
à la bafe de chaque morceau les trous
des fibres qui fe confervent vuides dans
toutes les plantes pétrifiées , ce qui les diftingue
de la pure ftalagmite. Enfin , Monfieur
, je me fuis encore appliqué de bonne
foi , pendant l'efpace de plufieurs heures ,
à chercher de la fougere pétrifiée , fans
avoir été plus heureux qu'à mon premier
voyage. Après un fcrupuleux examen fait
en préfence de plufieurs témoins refpectables
, puis-je ne pas refter dans mon in
crédulité fur la fougere pétrifiée , juſqu'à
ce que quelqu'un de ceux qui ont eu le
bonheur d'en trouver , me faffe la grace
de m'en montrer ? A ce prix je fuis prêt à
tout croire.
H vj
1So MERCURE DE FRANCE.
6º. La derniere remarque de l'Anonyme
de Peronne regarde la hauteur de la
calcade d'Albert. J'ai donné dans ma differtation
environ foixante pieds à cette magnifique
cafcade : C'eft fur cette meſure
que l'Anonyme s'écrie , qu'il faut fçavoir
exagérer pour lui donner cette hauteur , &
me confeille de retourner fur les lieux , la
toife à la main, pour donner des dimenfions
juftes. Comme il eft probable qu'il a fait
ce voyage , au lieu de cette exclamation
qui ne dit rien , il lui étoit facile , en donnant
la juſte mefure de la caſcade , de détromper
le public qu'il fuppofe que j'ai
abufe : car ou l'Anonyme a mefuré la cafcade,
ou il ne l'a pas mefurée. S'il s'eft contenté
de la toifer à vue d'oeil , comme il
avoue lui-même avoir mefuré les ponts qui
font fur la riviere d'Albert , il n'a pas droit
d'attaquer la meſure que j'ai donnée à cette
cafcade. Si au contraire il a mefuré
exactement la cafcade , il y a dû trouver
cinquante-fept pieds de hauteur perpendiculaire.
Il a donc compris qu'il manqueroit
l'occafion de me badiner , & de me
donner l'avis de retourner à Albert , s'il
affignoit la véritable mefure de la cafcade.
Malgré le peu d'exactitude vifible de l'Anonyme
de Peronne , j'ai fuivi fon confeil.
J'ai retourné fur les lieux , & dans la
1
DECEMBRE . 1755 181
crainte de m'être trompé la premiere fois
j'ai mefuré la caſcade : j'y ai trouvé cinquante-
fept pieds de hauteur perpendiculaire
du niveau du bord fupérieur au niveau
de l'eau d'enbas , & foixante- fept
pieds en fuivant la pente. Cette double.
mefure eft conforme à celle de M. de la
Combe ( 1 ) , qui a eu occafion de faire travailler
plufieurs fois à cette cafcade.
Jugez à préfent , Monfieur , de quel
côté eft l'erreur , & à qui doit s'appliquer
à plus jufte titre le reproche que l'Anonyme
de Peronne m'a adreffé au commencement
de fa lettre. Qu'il me foit permis de
rétorquer contre lui - même l'argument
qu'il m'a fi injuſtement adreffé. De quelque
façon qu'on enrichiſſe la République des Lettres
( ne fût - ce que par de petites remarques
) il faut être vrai ; & c'est ce qui manque
à un Auteur qui , animé de la feule
envie de contredire , donne au public des
obfervations dont les unes font abfolument
fauffes , & les autres auffi inutiles
que ridicules. En effet , quand bien même
celles de fes remarques qui paroiffent les
moins étrangeres à la caufe des pétrifications
, feroient vraies , que s'enfuivroit-il
contre le fyftême que j'ai établi , & fur la
(1 ) Prevôt Général de la Maréchauffée de Pi
cardic.
182 MERCURE DE FRANCE.
caufe & fur l'origine de ce phénomene naturel
? En fuppofant , par exemple , avec
l'Anonyme de Peronne , que la carriere
de pétrifications ne feroit qu'à vingt - deux
pieds de profondeur , & que la cafcade
n'auroit pas cinquante- fept pieds de hau
teur perpendiculaire , que conclure contre
mon fentiment ? Au contraire , n'est - il pas
vifible que moins la carriere auroit de
profondeur & la cafcade de hauteur , plus
mon opinion devient foutenable , puifque
dèflors le remuement des terres fur lefquelles
elle eft appuyée, a dû être moins confidérable
? Mais il falloit à l'Anonyme de
Peronne une connoiffance plus étendue de
la Phyfique pour fentir cette vérité.
Jufqu'à préfent mon fyftême refte donc,
Monfieur , dans fon entier. Ce n'eft pas
au reste que j'aie envie de le foutenir avec
cette opiniâtreté que le préjugé feul peut
donner , & que nouveau Pancrace , je fois
difpofé à le défendre ( 1 ) pugnis & calcibus ,
unguibus & roftro Non , Monfieur , mais
jufqu'à ce qu'on me donne des remarques
plus certaines & plus conféquentes que
celles de l'Anonyme de Peronne , je ne
crois pas devoir en changer. Au refte , fi
l'envie de contredire le prend dorénavant ,
(1 ) Le Mariage forcé.
DECEMBR E. 1755 183
il aura beau jeu ; je le laifferai parler ſeul .
Les ouvrages polémiques ne font agréables
qu'à ceux qui ne fçavent pas s'occuper plus
utilement . Il me fuffit d'avoir montré que
c'est à tort que l'Anonyme de Peronne
m'accufe de faux.
Je ne nierai pas cependant qu'outre
la découverte des coquillages incrultés , je
ne fois redevable à l'Anonyme d'une nouvelle
obſervation , puifque fans lui je neferois
pas retourné fur les lieux. Vers le
milieu de la carriere , fur la droite en allant
, je fentis , environ à la hauteur de
deux pieds & demi de terre , quelque cho
fe d'humide & de mol . Ayant approché
ma lumiere de cet endroit , j'y apperçus
une cavité , de laquelle j'ai retiré quelques
morceaux de rofeaux qui étoient encore
dans un état actuel de pétrification : Ces
morceaux reffembloient à une pâte trèsmolle
. Ceux que j'ai apportés à l'air , fe
font un peu affermis , mais pas affez cependant
pour être tranfportables . Ce qui
m'avoit paru mol & humide au bord de la
tranchée , n'étoit qu'un petit banc de glaife
, fur laquelle il y avoit encore un peu
d'eau qui couloit des morceaux de rofeaux
qui fe pétrifioient. Cette derniere décou
verte m'a confirmé dans l'opinion dans
laquelle j'étois déja , que le principe pé184
MERCURE DE FRANCE .
trifiant réfide encore actuellement dans
cette carriere : Ainfi , Monfieur , je penſe
que les morceaux de bois , de rofeaux , &
que d'autres corps dont les pores fe trouveront
analogues aux corpufcules pierreux
qui roulent dans ce fouterrein , pourront
réellement fe pétrifier , pourvu qu'on ait
foin de les mettre immédiatement au - deffus
de la glaife.
J'ai l'honneur d'être , &c.
A Amiens , ce 28 Août 1755.
de B *** fur les pétrifications d'Albert.
Onfieur , je n'aurois jamais penſé à
répondre aux remarques critiques
que le prétendu Obfervateur de Peronne a
fait inférer dans le Mercure de Juillet dernier
, fi vous n'aviez pas exigé de moi cette
preuve de complaifance. Je n'avois même
fait
DECEMBRE 1755. 169
fait jufqu'alors que me divertir avec mes
amis des découvertes qui rempliffent fa
lettre. Je croyois que le parti le plus raifonnable
étoit de voir d'un oeil indifférent
cer adverfaire , m'imaginant bien que le
public judicieux ne manqueroit pas , en
comparant la differtation avec la critique ,
de me rendre juſtice ; mais vous me confeillez
de répliquer , parce que vous craignez
dites - vous , Monfieur , que l'imputation
de faux , dont on m'accuſe , ne faſſe
impreffionfur ceux qui ne font pas en état de
faire la difference d'un obfervateur attentif ,
d'avec un critique auffi prévenu que peu
éclairé : Il eft , ajoutez - vous , des accufations
qu'il n'est pas permis à un Auteur de
négliger , telle qu'eft en particulier celle d'avoir
trahi la vérité.
,
Perfuadé de la jufteffe de cette réflexion
, je vais examiner , Monfieur , avec
la plus exacte recherche les remarques du
critique.
Reprenons , Monfieur , les fix articles.
de l'anonyme de Peronne .
1°. Il fe trompe , lorfqu'il avoue avec
moi , que l'eau du puits du fieur Decalogne
eft effectivement à trente- cing pieds jusqu'à
fon niveau . Je n'ai pas dit cela dans ma
defcription , puifque je me fuis fervi du
terme de déduction faite du niveau de l'ean
11. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
à celui de la carriere. Si l'Anonyme avoit
mefuré exactement la hauteur du puits depuis
le rez-de- chauffée de la cour jufqu'au
niveau de l'eau , il auroit trouvé trentehuit
pieds , fur lefquels , pour avoir la
jufte profondeur de la carrière de pétrifications
, au niveau du commencement de
fon ouverture , il faut ôter fept pieds , ce
qui fait trente-un pieds pour la hauteur
de cette carriere du niveau de la cour , au
niveau de fon entrée ; mais comme de
l'entrée de la carriere de pétrifications jufque
vers le milieu , il y a une pente douce
qui peut avoir quatre pieds , qu'il faut
joindre avec les trente- un pieds déja ſuppofés
, j'ai eu raifon d'avancer dans ma
differtation , que la carriere de pétrifications
avoit environ 35 à 36 pieds de profondeur.
Ce qui a trompé l'Anonyme de
Peronne , ( ce qui trompe encore tous les
jours plufieurs de ceux que la curiofité ,
plutôt que l'amour de la recherche, conduit
à Albert ) c'eft qu'il a confondu la car
riere dans laquelle le propriétaire a commencé
à tirer de la pierre , laquelle carriere
n'a en effet à fon entrée que vingtquatre
pieds de profondeur , c'est - à - dire
quatorze , depuis le niveau de la cour jufques
dans la cave du propriétaire , & dix
du niveau de cette cave au niveau de la
DECEMBRE. 1755. 171
premiere carriere ; mais pour avoir la véritable
profondeur de la carriere dans laquelle
fe trouvent les pétrifications , il
falloit de plus mefurer l'efcalier de terre
qui conduit de la premiere carriere de
pierres jufques dans celle de pétrifications,
& il auroit trouvé qu'il y a fept pieds ; ce
qui , ajouté aux vingt- quatre déja connus,
donne trente-un pieds de profondeur : enfin
il falloit remarquer & ajouter à ces
trente-un pieds les quatre pieds de pente
que la carriere de pétrifications a depuis le
niveau du fol de fon entrée , jufques vers
fon milieu , ce qui , avec les trente- un
pieds , produit les trente - cinq pieds de
profondeur que j'ai affignés à la carriere
de pétrifications. Ce n'eft pas avec moins.
de raifon que j'ai ajouté dans ma differta-,
tion , que la partie de la pétrification qui
s'étend fous le jardin , eft bien plus profonde
, par rapport au niveau du jardin.
Si l'Anonyme de Peronne s'étoit donné la
peine de paffer dans ce jardin , & d'obferver
que pour y parvenir , il faut monter
un efcalier de pierre qui porte plus de dix
pieds au-deffus du niveau de la cour , &
que de plus le terrein du jardin va en montant
depuis fon entrée jufqu'au foffé qui
le borne à fon extrêmité , il ne fe feroit
pas embrouillé dans une prétendue dé-
Hij ,
172 MERCURE DE FRANCE.
monſtration inutile par rapport à la queftion
préfente , & parfaitement contraire
aux principes d'une bonne Phyfique. Je dis
d'abord inutile par rapport à la queſtion
préfente , puifque ne donnant que trentecinq
pieds de profondeur à la carriere de
pétrifications , dans fon niveau le plus bas ,
comparé avec la profondeur du niveau de
l'eau du puits au niveau de la cour , l'eau
du puits qui eft à trente- huit pieds de profondeur
, ne peut pas , dans mon obfervation
, pénétrer dans la carriere & la remplir
d'eau ; ce que l'Anonyme prétend cependant
devoir arriver dans mon fentiment.
Je dis en fecond lieu , que quand
bien même la carriere feroit plus profonde
que le niveau de l'eau du puits , il pourroit
encore fe faire que la carriere n'en fût pas
plus humide : Il ne faut qu'une couche de
glaife pour retenir l'eau : C'eft ce qu'on
remarque dans quelques maifons où les
caves font plus profondes que les puits qui
en font voilins . Je m'étonne même que
l'habitant d'une ville auffi environnée
d'eau , comme l'eft Peronne , n'ait pas remarqué
qu'il y a chez lui beaucoup de
caves , dont le niveau eft inférieur à celui
des étangs & des foffés remplis d'eau , qui
en font cependant très- proches . Enfin , fi
l'Anonyme avoit quelque connoiffance de
DECEMBRE. 1755. 173
l'origine des fontaines , & des miracles
naturels que les eaux ramaffées dans les
différens réfervoirs des montagnes , produifent
dans ces fontaines ( 1 ) minérales ,
qui , prenant leurs fources dans la même
montagne , & coulant par des canaux voifins
les uns des autres , confervent cependant
des qualités différentes , il n'auroit
pas raifonné fur un principe auffi faux en
bonne Phyfique , qu'éloigné du point de
la queftion préfente.
2º. On ne voit pas quel peut être le but de
l'Anonyme de Peronne. Qu'entend-il , lorfqu'il
dit , que les ponts qui font fur la riviere
d'Albert , n'ont pas , à vue d'oeil , plus de dix
piedsfous voute ? Parle- t'il de la hauteur du
milieu de l'arche des ponts au niveau de
l'eau , ou du niveau de l'eau au fond de la
riviere ? Au reste qu'il entende ce qu'il voudra
par cette phraſe inintelligible , quid ad
me? Que m'importe cette hauteur dont je
n'ai point parlé dans ma differtation, & qui
eft auffi étrangere à mon fyftême , que ce
( 1 ) Si l'Anonyme ne veut point aller faire cette
remarque à Forges , il lui fera facile de fatisfaire
fa curiofité à Corbie . Il verra dans cette ville
voifine de Peronne, trois fontaines minérales, différentes
dans leurs dégrés , conler cependant à
trois pieds de diſtance les unes des autres , fans fe
confondre.
· H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
que l'Anonyme de Peronne ajoute, lorſqu'il
dit que la riviere eft pleine de fources ? Encore
une fois quel rapport ces deux obfervations
ont-elles avec ce que j'ai avancé
? Pourvu que depuis l'endroit où l'on
a commencé à couper les terres de la colline
pour bâtir la ville & le fort d'Albert
, on ait tracé un nouveau lit à la riviere
pour la faire couler en forme de canal
, autour de la nouvelle habitation , &
la faire paffer dans la ville. Que m'importe
qu'elle ait à vue d'oeil dix pieds fous voute
, & qu'ellefoit pleine de fources ? il fuffit
d'examiner le cours de cette riviere lorfqu'elle
paffe autour & dans Albert , & en
particulier à l'endroit où elle coule à côté
de la place , fous quelques -maifons , pour
fe perfuader qu'elle n'eft pas là dans fon
lit naturel , & qu'elle forme un canal factice
: Voilà où tend & où fe borne mon
obfervation fur cette riviere.
3°. La troifieme remarque de l'Anonyme
de Peronne n'eft pas moins inutile que la
feconde. En difant , que les terres de la pétrification
font de différentes nuances brunes
, mais qu'il eft vrai qu'elles blanchiſſent
à l'air , que prétend- it contre mon obfervation
? S'il avoit eu l'attention de remarquer
qu'il n'y a que la glaiſe qui blanchit
à l'air , en perdant une partie de cette hui-
1
DECEMBRE. 1755. 175
.
le graffe dont elle eft emprégnée , ce
qui n'arrive pas aux autres couches de terres
, ni aux pétrifications , il nous auroit
épargné une remarque auffi fauffe qu'inutile.
-
4°. Je placerois la quatrieme remarque
de l'Anonyme de Peronne dans le même
dégré d'inutilité que les deux précédentes
, fi elle ne m'avoit pas donné occafion
dans le dernier voyage que je viens de
faire à Albert , de chercher des coquillages
avec plus d'attention que la premiere
fois , & par là de faire une découverte
nouvelle . L'Anonyme de Peronne m'accufe
de paroître infinuer que les coquillages
qu'on trouve dans la carriere , font pétrifiés
, tandis qu'ils font au naturel : mais
où ai - je dit dans ma differtation que ces
coquillages font pétrifiés ? où ai - je infinué
cette affertion ? Au contraire , en envoyant
à quelques perfonnes diftinguées , & en
particulier à Monfieur le Duc de Chaulnes
, des morceaux de ces pétrifications ,
j'ai toujours fait remarquer que les coquillages
inférés dans les rofeaux & autres
herbes pétrifiées , étoient , ainfi
que ceux
que j'ai envoyés féparément , fans aucun
changement vifible . D'ailleurs , il n'y a
rien dans ma differtation qui puiffe faire
ſoupçonner que j'aie voulu infinuer que
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE
ces coquillages font pétrifiés. C'est dans
cet intervalle qui eft entre les rofeaux & la
glaife , ai - je dit , qu'on trouve certains coquillages
dont j'ai ramaffé de trois efpeces.
Les plus curieux font ceux qui s'élevent en
pyramides : on découvre auffi de ces coquil-
Lages entre les branches des rofeaux pétrifiés.
Voilà , Monfieur , les termes dont je me
fuis fervi. Je vous demande préfentement
fi un homme qui connoît la force de fa
langue , peut tirer de cet endroit , qui eft
le feul dans lequel je parle des coquillages,
que j'ai voulu infinuer qu'ils font pétrifiés
? J'ajouterai ici la nouvelle découverte
que j'ai faite de plufieurs coquillages
incruftés d'une matiere de pierre qui leur
eft intimement adhérent , fans cependant
pénétrer dans leurs pores . J'en ai rapporté
plufieurs , & entr'autres deux d'une grandeur
affez confidérable . A la vue de cette
découverte , je me fuis perfuadé que le
principe pétrifiant , qui a roulé & qui roule
encore ( comme je le dirai à la fin de
cette lettre ) dans cette carriere , ne s'eft
attaché qu'aux corps , dont les pores ont
été propres pour le recevoir , & que les
coquillages étant compofés d'une matiere
ferrée , ce principe n'a pu que s'attacher
autour d'eux fans les pénétrer .
5 °. L'Anonyme de Peronne regarde
DECEMBRE. 1755 177
fans doute la cinquieme remarque , comme
une des plus importantes de toutes
celles qu'il a faites fur ma differtation ,
parce qu'elle femble venger l'honneur
d'un Almanach qu'il paroît vouloir défendre
envers & contre tous. En difant dans
mes obfervations que c'étoit en vain que
j'avois cherché de la fougere pétrifiée dans
la carriere , d'Albert , j'ai rapporté les raifons
pour lefquelles je n'en ai pas même
dû trouver. L'Anonyme de Peronne ne dit
pas qu'il y en ait trouvé , ce qu'il falloit
cependant avancer pour foutenir l'honneur
de l'Almanach d'Amiens : c'eſt un fait fur
lequel il devoit prononcer hardiment , fi
réellement il a été plus heureux que moi
dans cette recherche. Mais au lieu de
finir la difpute par une affirmation , il fe
retranche fur des raifons de convenance
qui ne prouvent que mieux la foibleffe de
fa caufe. Il m'accufe de ne pas avoir bien
vifité les marais d'Albert , parce que , ditil
, fi je l'avois fait avec attention , j'y aurois
trouvé des fougeres. La raifon qu'il en apporte
, c'eft qu'il y a des arbres ,
fol eft fablonneux. En vérité peut-on raifonner
de la forte ? Parce que dans la partie
fupérieure d'un marais il pourra fe
trouver du fable & de la fougere ( ce qui
cependant n'eſt pas ordinaire , puifque les
ق ب
que
le
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
marais font toujours des terreins fangeux)
doit-il s'enfuivre qu'il y en ait aufli dans
la partie baile de ces mêmes marais , furtout
fi on y fuppofe un ruiffeau rempli
d'eau ? La preuve tirée des arbres qui fe
trouvent dans les marais d'Albert , pour
appuyer la poffibilité de la fougere dans
la carriere de pétrifications , n'eft - elle pas
encore auffi rifible que contraire à l'expérience
? Ne voit- on pas tous les jours dans
les marais & autour des prés , de l'ofier ,
des faules , des peupliers , & d'autres arbres
qui fe plaifent dans les terreins humides
, fans que pour cela on trouve de
la fougere dans ces mêmes marais & dans
ces mêmes prés ? Ce feroit perdre le tems
inutilement que de s'arrêter davantage à
répondre férieufement à une pareille remarque.
Il fuffit de la réduire à fa jufte
valeur , en difant d'après l'Anonyme de
Peronne , que partout où il y a des arbres ,
il doit y avoir de la J fougere , pour en fentir
tout le faux & tout le ridicule.
Quelques magnifiques morceaux de pétrifications
que j'ai choifis dans le corps
de la carriere , furtout dans l'endroit où
l'on m'a affuré que les obfervateurs cités
dans l'almanach d'Amiens , & quelques
autres curieux , ont depuis vifité la carriere
, me convainquent de plus en plus
DECEMBRE. 1755. 179
que ce qu'ils ont pris pour de la fougere ,
n'eft que de l'argentine : la grandeur ,
l'arrangement & la forme des feuilles fautent
manifeftement aux yeux. Tous ceux
qui m'ont honoré de leur vifite depuis
mon retour d'Albert , ont reconnu cette
vérité . J'ai cependant trouvé un connoiffeur
, qui d'abord ne vouloit reconnoître ,
dans ces différens grouppes de pétrifications
, ni argentine , ni fougere , ni aucune
autre herbe pétrifiée. Il les regardoit
comme une pure ftalagmite fi connue dans
la lithologie , mais fes doutes fe font bientôt
diffipés , lorfque je lui ai fait remarquer
à la bafe de chaque morceau les trous
des fibres qui fe confervent vuides dans
toutes les plantes pétrifiées , ce qui les diftingue
de la pure ftalagmite. Enfin , Monfieur
, je me fuis encore appliqué de bonne
foi , pendant l'efpace de plufieurs heures ,
à chercher de la fougere pétrifiée , fans
avoir été plus heureux qu'à mon premier
voyage. Après un fcrupuleux examen fait
en préfence de plufieurs témoins refpectables
, puis-je ne pas refter dans mon in
crédulité fur la fougere pétrifiée , juſqu'à
ce que quelqu'un de ceux qui ont eu le
bonheur d'en trouver , me faffe la grace
de m'en montrer ? A ce prix je fuis prêt à
tout croire.
H vj
1So MERCURE DE FRANCE.
6º. La derniere remarque de l'Anonyme
de Peronne regarde la hauteur de la
calcade d'Albert. J'ai donné dans ma differtation
environ foixante pieds à cette magnifique
cafcade : C'eft fur cette meſure
que l'Anonyme s'écrie , qu'il faut fçavoir
exagérer pour lui donner cette hauteur , &
me confeille de retourner fur les lieux , la
toife à la main, pour donner des dimenfions
juftes. Comme il eft probable qu'il a fait
ce voyage , au lieu de cette exclamation
qui ne dit rien , il lui étoit facile , en donnant
la juſte mefure de la caſcade , de détromper
le public qu'il fuppofe que j'ai
abufe : car ou l'Anonyme a mefuré la cafcade,
ou il ne l'a pas mefurée. S'il s'eft contenté
de la toifer à vue d'oeil , comme il
avoue lui-même avoir mefuré les ponts qui
font fur la riviere d'Albert , il n'a pas droit
d'attaquer la meſure que j'ai donnée à cette
cafcade. Si au contraire il a mefuré
exactement la cafcade , il y a dû trouver
cinquante-fept pieds de hauteur perpendiculaire.
Il a donc compris qu'il manqueroit
l'occafion de me badiner , & de me
donner l'avis de retourner à Albert , s'il
affignoit la véritable mefure de la cafcade.
Malgré le peu d'exactitude vifible de l'Anonyme
de Peronne , j'ai fuivi fon confeil.
J'ai retourné fur les lieux , & dans la
1
DECEMBRE . 1755 181
crainte de m'être trompé la premiere fois
j'ai mefuré la caſcade : j'y ai trouvé cinquante-
fept pieds de hauteur perpendiculaire
du niveau du bord fupérieur au niveau
de l'eau d'enbas , & foixante- fept
pieds en fuivant la pente. Cette double.
mefure eft conforme à celle de M. de la
Combe ( 1 ) , qui a eu occafion de faire travailler
plufieurs fois à cette cafcade.
Jugez à préfent , Monfieur , de quel
côté eft l'erreur , & à qui doit s'appliquer
à plus jufte titre le reproche que l'Anonyme
de Peronne m'a adreffé au commencement
de fa lettre. Qu'il me foit permis de
rétorquer contre lui - même l'argument
qu'il m'a fi injuſtement adreffé. De quelque
façon qu'on enrichiſſe la République des Lettres
( ne fût - ce que par de petites remarques
) il faut être vrai ; & c'est ce qui manque
à un Auteur qui , animé de la feule
envie de contredire , donne au public des
obfervations dont les unes font abfolument
fauffes , & les autres auffi inutiles
que ridicules. En effet , quand bien même
celles de fes remarques qui paroiffent les
moins étrangeres à la caufe des pétrifications
, feroient vraies , que s'enfuivroit-il
contre le fyftême que j'ai établi , & fur la
(1 ) Prevôt Général de la Maréchauffée de Pi
cardic.
182 MERCURE DE FRANCE.
caufe & fur l'origine de ce phénomene naturel
? En fuppofant , par exemple , avec
l'Anonyme de Peronne , que la carriere
de pétrifications ne feroit qu'à vingt - deux
pieds de profondeur , & que la cafcade
n'auroit pas cinquante- fept pieds de hau
teur perpendiculaire , que conclure contre
mon fentiment ? Au contraire , n'est - il pas
vifible que moins la carriere auroit de
profondeur & la cafcade de hauteur , plus
mon opinion devient foutenable , puifque
dèflors le remuement des terres fur lefquelles
elle eft appuyée, a dû être moins confidérable
? Mais il falloit à l'Anonyme de
Peronne une connoiffance plus étendue de
la Phyfique pour fentir cette vérité.
Jufqu'à préfent mon fyftême refte donc,
Monfieur , dans fon entier. Ce n'eft pas
au reste que j'aie envie de le foutenir avec
cette opiniâtreté que le préjugé feul peut
donner , & que nouveau Pancrace , je fois
difpofé à le défendre ( 1 ) pugnis & calcibus ,
unguibus & roftro Non , Monfieur , mais
jufqu'à ce qu'on me donne des remarques
plus certaines & plus conféquentes que
celles de l'Anonyme de Peronne , je ne
crois pas devoir en changer. Au refte , fi
l'envie de contredire le prend dorénavant ,
(1 ) Le Mariage forcé.
DECEMBR E. 1755 183
il aura beau jeu ; je le laifferai parler ſeul .
Les ouvrages polémiques ne font agréables
qu'à ceux qui ne fçavent pas s'occuper plus
utilement . Il me fuffit d'avoir montré que
c'est à tort que l'Anonyme de Peronne
m'accufe de faux.
Je ne nierai pas cependant qu'outre
la découverte des coquillages incrultés , je
ne fois redevable à l'Anonyme d'une nouvelle
obſervation , puifque fans lui je neferois
pas retourné fur les lieux. Vers le
milieu de la carriere , fur la droite en allant
, je fentis , environ à la hauteur de
deux pieds & demi de terre , quelque cho
fe d'humide & de mol . Ayant approché
ma lumiere de cet endroit , j'y apperçus
une cavité , de laquelle j'ai retiré quelques
morceaux de rofeaux qui étoient encore
dans un état actuel de pétrification : Ces
morceaux reffembloient à une pâte trèsmolle
. Ceux que j'ai apportés à l'air , fe
font un peu affermis , mais pas affez cependant
pour être tranfportables . Ce qui
m'avoit paru mol & humide au bord de la
tranchée , n'étoit qu'un petit banc de glaife
, fur laquelle il y avoit encore un peu
d'eau qui couloit des morceaux de rofeaux
qui fe pétrifioient. Cette derniere décou
verte m'a confirmé dans l'opinion dans
laquelle j'étois déja , que le principe pé184
MERCURE DE FRANCE .
trifiant réfide encore actuellement dans
cette carriere : Ainfi , Monfieur , je penſe
que les morceaux de bois , de rofeaux , &
que d'autres corps dont les pores fe trouveront
analogues aux corpufcules pierreux
qui roulent dans ce fouterrein , pourront
réellement fe pétrifier , pourvu qu'on ait
foin de les mettre immédiatement au - deffus
de la glaife.
J'ai l'honneur d'être , &c.
A Amiens , ce 28 Août 1755.
Fermer
Résumé : Lettre de M. l'Abbé J*** à M. le Chevalier de B*** sur les pétrifications d'Albert.
L'Abbé J*** répond à des critiques formulées par un anonyme de Peronne concernant ses observations sur les pétrifications d'Albert. Il explique qu'il n'avait pas initialement l'intention de répliquer, mais il le fait à la demande du Chevalier de B***. L'Abbé conteste les accusations de faux et de trahison de la vérité, affirmant que le public judicieux saura lui rendre justice. L'Abbé examine les remarques de l'anonyme point par point. Premièrement, il corrige les erreurs de mesure de la profondeur de la carrière de pétrifications, expliquant que l'anonyme a confondu plusieurs carrières et n'a pas pris en compte la pente et les escaliers. Deuxièmement, il ignore les observations sur la hauteur des ponts et le cours de la rivière, car elles sont sans rapport avec ses observations. Troisièmement, il note que les différentes nuances des terres de pétrification ne contredisent pas ses observations. Quatrièmement, il clarifie qu'il n'a jamais affirmé que les coquillages trouvés dans la carrière étaient pétrifiés, mais qu'ils sont naturels. Cinquièmement, il réfute l'accusation de ne pas avoir bien visité les marais d'Albert pour y trouver de la fougère pétrifiée, jugeant la remarque ridicule et sans fondement. Le texte relate une discussion scientifique concernant des observations faites dans une carrière et une cascade à Albert. L'auteur affirme que ce qui a été pris pour de la fougère pétrifiée est en réalité de l'argentine, une conclusion soutenue par plusieurs visiteurs et un examen minutieux des feuilles. Un connaisseur a d'abord douté, mais ses doutes ont été dissipés par la présence de trous de fibres dans les pétrifications, distinguant ainsi l'argentine de la stalagmite. L'auteur mentionne également une controverse sur la hauteur de la cascade d'Albert. Il avait initialement mesuré environ soixante pieds, mais un anonyme de Peronne a contesté cette mesure. L'auteur a donc refait les mesures, trouvant cinquante-sept pieds de hauteur perpendiculaire et soixante-sept pieds en suivant la pente, confirmant ainsi ses précédentes observations. L'auteur rejette les critiques de l'anonyme, soulignant que ses remarques sont souvent fausses ou inutiles. Il note que, même si certaines observations de l'anonyme sont correctes, elles ne remettent pas en cause son système sur les pétrifications. Il mentionne également une découverte de roseliers en cours de pétrification, confirmant la présence d'un principe pétrifiant actif dans la carrière. L'auteur conclut en exprimant sa disponibilité à changer d'avis face à des remarques plus certaines et conséquentes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2903
p. 184-195
Lettre à l'Auteur du Mercure.
Début :
MONSIEUR, les réflexions que M. Cresp, Maître en Chirurgie de [...]
Mots clefs :
Virus, Chien, Hydrophobie, Humeurs, Plaie, Pommade mercurielle, Remède contre la rage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre à l'Auteur du Mercure.
Lettre à l'Auteur du Mercure.
ONSIEUR , les réflexions que M.
Crefp , Maître en Chirurgie de
Graffe , a fait inférer dans le Mercure du
moi de Septembre dernier , ne tendant
rien moins qu'à faire fufpecter ma bonnefoi
, & diminuer le poids des obfervations
authentiques que j'annonce au Public
, je me hâte de vous adreffer ma réponſe
, avec d'autant plus d'affurance que
je connois l'impartialité dont vous faites
profeffion dans votre Mercure , & combien
vous laiſſez un libre champ à ceux
qu'on y attaque , d'oppoſer une légitime
défenfe.
DECEMBRE. 1755. 185
J'adopte volontiers le principe par où
débute M. Crefp ; j'ajoute même que tout
Ecrivain doit prendre non- feulement la
vérité pour guide : mais dès qu'il confacre
fa plume au bien de la fociété , il faut qu'il
publie également les bons & les mauvais
fuccès. L'appas d'une frêle gloire , l'envie
de fe faire un nom , ne doivent jamais tenter
, un obfervateur judicieux , fincere ,
exact à taire les fuites défavorables de fes
travaux . L'hiftoire de nos erreurs fert d'acheminement
au vrai , & c'eft en les expofant
au grand jour , qu'on parvient quelque
fois plus furement à fa découverte . Mais
ce principe-là, M. Crefp l'a- t'il bien fuivi ?
& ne fauroit- on le taxer d'un peu de prévention
? Car à moins de vouloir fe faire
illufion à foi- même , je ne vois pas
que ma fixieme obfervation , qui ne renferme
qu'un fimple & court expofé de fa
manoeuvre , fans annotation , fans détail
des faits & des circonftances , foit le
produit
d'une habileté mal entendue , uniquement
étalée pour farder la vérité avec
art , & le déprimer à ce qu'il dit.
Seroit-ce dans ce que j'avançai , que la
plaie de la jeune Ferrand fut bientôt
cicatrifée par fon fecours , qu'il y trouveroit
fon honneur intéreffé ? Mais de
fon aveu cette morfure étoit fort légere ,
TSG MERCURE DE FRANCE.
à peine paffoit- elle au -delà de la peau ;
& malgré les fcarifications & le doux
fuppuratif qu'il employa , elle fut confolidée
dans huit à dix jours. Voilà ce que
j'ai voulu dire à mon tour , & mes expreffions
ne préfentent à l'efprit aucun
fens équivoque , ni moins encore injurieux.
Je protefte fincérement que je fuis l'ami
des talens dans la perfonne de Meffieurs
les Chirurgiens , que je regarde
uniquement faits pour concourir avec
nous au foulagement des maux attachés
à la nature humaine ; que j'applaudis de
grand coeur aux découvertes laborieuſes ,
& aux fçavantes productions de nos meilleurs
maîtres en ce genre ; que jaime ,
que je recherche même cet heureux accord
qui doit régner entre nous , furtout
lorfque la probité , le dèfintéreffement
, & une noble émulation pour le
progrès de l'art , en font le mobile ; &
que fi jamais M. Crefp me met à portée
de connoître tout fon mérite , j'en
ferai volontiers le panégyrifte , bien loin
d'avoir cherché à le déprimer , lors même
que je n'ai point penté à lui.
Sans nous arrêter aux traits peu judicieux
& exagérés dont il remplit fes réflexions
, réduifons - les à deux ou trois
DECEMBRE. 1755. 187
points principaux . Un chien mord la jeune
Ferrand au métacarpe gauche ce
chien eft-il enragé ou non ? M. Crefp
nous affure qu'après s'être enquis avec
foin de tout ce qu'avoit fait ce chien ,
il n'a pu tirer la moindre induction qu'il
le fût. Mais font- ce là tous les foins qu'un
homme qui cherche à me rendre meilleur
obfervateur devoit fe donner ? &
faut-il dans une matiere auffi intéreffante
pour la vie de cette enfant , nous
laiffer deviner à quoi s'eft borné fa laborieufe
enquête, fans daigner nous apprendre
fur quels fignes exclufifs de la rage ;
il s'eft décidé fi pofitivement ? S'il avoit
bien voulu s'informer un peu mieux ,
ne lui auroit- on pas dit , ainfi que je le
tiens des perfonnes dignes de foi , que
c'étoit ici un chien égaré ; que fa démarche
effarée , fa gueule béante , la fuite
des autres chiens à fon afpect menaçant , &
fur lefquels il fe ruoit indifféremment , quelques-
uns qu'il avoit égorgés la nuit d'auparavant,
l'ayant fait croire enragé, on le pourfuivoit
de part & d'autre , le matin qu'il
mordit fur fon paffage la jeune Ferrand?
A cet expofé que je ne furfais point ,
j'ai pu décider que le chien étoit vraifemblablement
enragé ; & dans ce doute
que la mort des autres chiens mordus
1S8 MERCURE DE FRANCE.
qu'on tua le même jour ne me permit
pas d'éclaircir , j'ai mieux aimé préferver
d'une mort affurée cette jeune enfant
que
les prétendus antidotes de M. Crefp ,
fon eau thériacale & toute fon huile de
fcorpion n'auroient certainement pas garantie
, plutôt que d'en commetre la décifion
à l'évenement . Suis- je blamable par
trop de précaution , & devois- je être expofé
à fes invectives pour m'être montré
plus prudent que lui , prévenu comme
je fuis par des faits avérés , qu'on
ne s'endort que trop fouvent fur les fuites
de pareilles morfures , & qu'un mal
qui fe développe tard , n'en devient pas
moins dangereux , dès qu'on a été fi pcu
foigneux d'y remedier à l'avance ? Ceux
qui ont employé le même préfervatif ,
n'ont-il pas agi quelquefois fur des cas
encore plus équivoques ( 1 ) ?
Mais écoutons M. Crefp ; il va nous
apprendre ce qu'il auroit fallu faire. Convenons
, s'écrie- r'il , que les remedes
euffent été bien infuffifans fi la fille eût
été hydrophobe. D'accord : mais l'ai - je trai-
(1) Voyez les Obfervations de M. James , Dictionnaire
de Médecine , tom. 4 , verbo Hydrophobia
; celles de M. Default , Traité de la Rage,
som. 5 ; M. Lazerme , de Morbis Capitis, pag. 1995
la Differtation de M. Defauvages , fur la fin , &c.
DECEMBRE. 1755. 189
tée comme telle ? & n'admets -je aucune
différence entre une morfure occafionnée
par un chien enragé , & l'hydrophobie ?
entre la caufe & fon effet ? J'annonce
le mercure comme un préfervatif affuré
contre la rage ; je n'ay garde de le donner
encore comme un remede curatif. L'hydrophobie
une fois déclarée exige qu'on
opére différemment. Cette dangereuſe
affection où l'érethifme conftant du genre
nerveux , les contractions convulfives
des muſcles de la gorge , & la tenfion
fpafmodique des folides , amenent fi
promptement des inflammations gangréneufes
dans tous les vifceres , ne demandet'elle
pas qu'on marie fagement le mercure
avec les remedes fédatifs , les ano-'
dins , les calmans , les narcotiques mêmes,
fi l'on veut réuffir à la combattre auffi heureufement
que je le ferai voir , lorfque
cette pratique qu'on vient de tenter
pareillement
avec fuccès en Angleterre , fera
étayée par un nombre de guérifons à
l'épreuve du temps ( 1 ) . Je pense qu'il ne
réfultera jamais de mes expreffions un
fens auffi contraire que celui que veut
en tirer M. Crefp , & qui dénote fa facilité
à prendre le change .
(1 ) Voyez le Journal des Sçavans du mois de
Juillet dernier, pag. 1404.
190 MERCURE DE FRANCE.
La pommade mercurielle , ajoute-t’il ,
étoit en trop petite quantité pour produire
l'effet qu'on s'en promettoit. Ce raiſonnement
feroit concluant , fi l'expérience
& des effais réitérés lui en avoient appris
la jufte dofe. Mais fur quels faits
obfervés de fa part , voudroit- il nous la
régler le ton de maître fied-t'il bien lorfqu'on
ne fçait encore que par oui dice ,
qu'on prévient heureuſement la rage par
les mercuriels ?
Il s'éleve un préjugé bien dangereux à
la fociété , contre lequel on doit s'oppofer
vivement , & qui ne peut avoir pris
naiffance que dans la tête de ces Chirurgiens
frictionneurs, qui ne fe font point
une peine de couvrir impitoyablement de
mercure un malade , au moindre fymptôme
équivoque dont il eft menacé. Le mercure
, dit- on , fait des merveilles contre la
rage , pourquoi ne pas faire effayer ce remede
à plein , fur tous ceux qui font
mordus par quelque animal enragé. Tel
étoit fans doute le raifonnement de M.
Crefp , lorfqu'il propofa aux parens allarmés
fur les fuites de la morfure qu'avoit
reçue leur jeune fille , de la paffer
au plutôt par les grands remedes , fi le
chien étoit tel qu'on le difoit communément
; du moins c'eft ici l'unique fondeDECEMBRE
. 1755. 191
ment de ſes réflexions contre moi , qui ai
fçu la préferver d'un mal dangereux fans
donner dans cet excès : loin de le juger
à la rigueur , convenons que les expreffions
fuivantes , préfentent naturellement
cette conféquence à l'efprit .
Il eft certain , continue - t'il , que dans
quinze jours le virus devoit avoir fait
bien des progrès , & avoir imprégné toute
la maffe des humeurs ; parconféquent
fuffifoit-il de faire quelques legeres frictions
fur la partie offenfée . Oui fans dou
te , cela fuffifoit , & l'expérience qui doit
l'emporter fur le raifonnement nous a
appris que pour prévenir heureuſement
l'hydrophobie , quelques frictions , lorfqu'on
a été mordu aux parties inférieures
, & réitérées tout le temps convenable
, font plus que fuffifantes pour y parvenir
, fans couvrir impétueufement de
mercure ces perfonnes mordues , ni les
affujettir à ce régime fcrupuleux qu'exige
la curation de la vérole. C'eft ainfi qu'on
l'a pratiqué fur la main offenfée & le
bras de cette jeune fille , pendant plus de
quinze jours , à la dofe d'une dragme &
demie de la pommade mercurielle chaque
fois ; & je n'en fis difcontinuer l'ufage
qu'après être moralement certain , par la
cellation de la douleur fous la cicatrice
192 MERCURE DE FRANCE .
de la plaie , qu'il n'y avoit plus rien à
craindre pour les fuites. C'eft ici un fait
dont je prie M. Crefp de vouloir s'informer
un peu mieux , s'il a affez de candeur
& de bonne foi pour reconnoître ,
ainsi que doit faire tout honnête homme
qui s'eft trompé , qu'on peut quelquefois
en impofer au Public faute d'examen.
Ne diroit- on pas , à l'entendre , que le
virus de la rage vicie promptement la
maffe des humeurs ; qu'il jette le fang
dans une diffolution fubite , pour ne
pouvoir le combattre dix à douze jours
après fon infertion dans les chairs. Qu'il
fe donne la peine de lire mes obfervations,
ainfi que celles que j'ai citées d'après
quantité de Médecins célebres , il y verra
qu'on a réuffi après un terme encore plus
fong. Eft- ce là bien pofféder la théorie de
la rage ? Apprenons -lui donc que le virus
hydrophobique , par une action analogue
à quantité d'autres venins , agit moins
fur les Auides que fur les folides ; que
la bave de l'animal enragé , collée contre
les fibres des mufcles dilacérés , peut
y refter des années entieres fous une forme
infenfible , fans donner aucune marque
de fa préfence , fans infecter les
humeurs : ainfi l'obfervons- nous tous les
jours. Mais ce que l'hiſtoire de cette maladie
,
DECEMBRE. 1755. 193
ladie , malgré le grand nombre d'Auteurs ,
.parmi les anciens & les modernes qui
I'ont traitée , ne nous avoit point appris
jufqu'ici , c'est que le virus une fois développé
, cette bave exaltée , annonce fon
action , par une douleur qui fe fait fentir
fous la cicatrice de la partie offenſée ,
d'où s'élévant diftinctement à travers les
muſcles & les chairs qu'elle femble déchirer
en paffant , elle va fe fixer à la gorge
, pour être fuivie d'un étranglement
fubit , des contractions fpafmodiques
des mufcles de la déglutition , & de l'orifice
fupérieur de l'eftomac , de l'hydrophobie
en un mot.
M. Nugent Médecin à Bath ( 1 ) en Angleterre
, vient d'obferver depuis peu ce
fymptôme dans une hydrophobie bien
caractérisée qu'il a guérie. Un coup reçu
fur la cicatrice d'une plaie oblitérée depuis
longtemps , fuffit quelquefois pour
développer le virus amorti . Vainement
contefteroit- on ce cas étonnant . Il eft des
faits dans la nature que nous ne connoiffons
point encore , & l'expérience
reclame toujours contre le raifonnement.
J'ai donc pu quinze jours après l'accident
(1 ) Effai fur l'Hydrophobie , traduit de l'Apglois
de Chriftophe Nugent , à Paris , chez la
veuve Cavelier , 1754.
II. Vol.
4
I
>
194 MERCURE DE FRANCE.
arrivé à cette jeune fille , mettre en oeuvre
la façon prudente que j'ai annoncée ,
fans avoir à craindre une infection générale
des humeurs , contre laquelle j'avoue
qu'il auroit fallu des remedes plus
actifs , fi le virus de la rage agiffoit ainfi
que le penfe M. Crefp.
Les plaies de la bouche & du vifage ,
exigent une curation toute oppofée. Le
virus qui fe développe ordinairement
fur ces parties dans la quarantaine , l'étendue
& la quantité des morfures , le
court trajet de leur fituation jufqu'aux
mufcles de la gorge demandent qu'on
précipite bien fouvent les frictions ; mais
ce n'étoit point ici le cas : on peut employer
alors avec fuccès le turbit minéral.
Son action vive & prompte fur les
glandes fébacées de la gorge , amenant
bientôt la falivation , empêche brufquement
l'action du virus , dont on connoît
l'affinité avec ces humeurs & la ftructure
des organes qui les féparent ; ainfi
que les fels cauftiques des cantharides
agiffent directement fur le vélouté &
l'humeur muqueufe de la veffie.
Les morfures des parties inférieures ,
dans lesquelles on fçait que le virus tarde
beaucoup plus longtemps à donner des
marques de fa préfence , n'exigent pas
DECEMB - R E. 1755. 195
tout cet appareil. C'eft affez de preſcrire
quelques frictions éloignées , en panſant ·
régulierement la plaie avec la pommade
mercurielle & le digeftif ordinaire. Si
l'on emploie le turbit minéral pour plus
grande fureté , ce n'eft jamais qu'en qualité
d'altérant . Tel l'ordonnai - je à cette
jeune fille , & loin que fon ufage foit
dangereux , comme l'infinue M. Crefp, je
n'ai qu'à le renvoyer au traité exprès queM.
James a compofé la deffus ; parallele bien
fingulier au refte, que celui qu'il établit entre
les parens de cette fille, & moi qu'il fuppofe
plus éclairé fur les fuites & l'action
de cette chaux mercurielle. Mais c'eſt
affez de nous arrêter fur un fait qui ne mé
ritoit point d'être improuvé , & que
pourrois appuyer même par des certificats
authentiques , fi tout cela devoit influer
pour quelque chofe à l'inftruction du Public
; motif que l'on doit toujours fe propofer
, ce me femble , dans toute critique ,
fans faire naître ici , comme M. Crefp , une
conteftation à propos de rien ; & de laquelle
il auroit fort bien pu fe paffer ,
s'il avoit eu des meilleurs confeils.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DARLUC , Docteur en Médecine.
A Callian 10 Octobre 1755 ..
ONSIEUR , les réflexions que M.
Crefp , Maître en Chirurgie de
Graffe , a fait inférer dans le Mercure du
moi de Septembre dernier , ne tendant
rien moins qu'à faire fufpecter ma bonnefoi
, & diminuer le poids des obfervations
authentiques que j'annonce au Public
, je me hâte de vous adreffer ma réponſe
, avec d'autant plus d'affurance que
je connois l'impartialité dont vous faites
profeffion dans votre Mercure , & combien
vous laiſſez un libre champ à ceux
qu'on y attaque , d'oppoſer une légitime
défenfe.
DECEMBRE. 1755. 185
J'adopte volontiers le principe par où
débute M. Crefp ; j'ajoute même que tout
Ecrivain doit prendre non- feulement la
vérité pour guide : mais dès qu'il confacre
fa plume au bien de la fociété , il faut qu'il
publie également les bons & les mauvais
fuccès. L'appas d'une frêle gloire , l'envie
de fe faire un nom , ne doivent jamais tenter
, un obfervateur judicieux , fincere ,
exact à taire les fuites défavorables de fes
travaux . L'hiftoire de nos erreurs fert d'acheminement
au vrai , & c'eft en les expofant
au grand jour , qu'on parvient quelque
fois plus furement à fa découverte . Mais
ce principe-là, M. Crefp l'a- t'il bien fuivi ?
& ne fauroit- on le taxer d'un peu de prévention
? Car à moins de vouloir fe faire
illufion à foi- même , je ne vois pas
que ma fixieme obfervation , qui ne renferme
qu'un fimple & court expofé de fa
manoeuvre , fans annotation , fans détail
des faits & des circonftances , foit le
produit
d'une habileté mal entendue , uniquement
étalée pour farder la vérité avec
art , & le déprimer à ce qu'il dit.
Seroit-ce dans ce que j'avançai , que la
plaie de la jeune Ferrand fut bientôt
cicatrifée par fon fecours , qu'il y trouveroit
fon honneur intéreffé ? Mais de
fon aveu cette morfure étoit fort légere ,
TSG MERCURE DE FRANCE.
à peine paffoit- elle au -delà de la peau ;
& malgré les fcarifications & le doux
fuppuratif qu'il employa , elle fut confolidée
dans huit à dix jours. Voilà ce que
j'ai voulu dire à mon tour , & mes expreffions
ne préfentent à l'efprit aucun
fens équivoque , ni moins encore injurieux.
Je protefte fincérement que je fuis l'ami
des talens dans la perfonne de Meffieurs
les Chirurgiens , que je regarde
uniquement faits pour concourir avec
nous au foulagement des maux attachés
à la nature humaine ; que j'applaudis de
grand coeur aux découvertes laborieuſes ,
& aux fçavantes productions de nos meilleurs
maîtres en ce genre ; que jaime ,
que je recherche même cet heureux accord
qui doit régner entre nous , furtout
lorfque la probité , le dèfintéreffement
, & une noble émulation pour le
progrès de l'art , en font le mobile ; &
que fi jamais M. Crefp me met à portée
de connoître tout fon mérite , j'en
ferai volontiers le panégyrifte , bien loin
d'avoir cherché à le déprimer , lors même
que je n'ai point penté à lui.
Sans nous arrêter aux traits peu judicieux
& exagérés dont il remplit fes réflexions
, réduifons - les à deux ou trois
DECEMBRE. 1755. 187
points principaux . Un chien mord la jeune
Ferrand au métacarpe gauche ce
chien eft-il enragé ou non ? M. Crefp
nous affure qu'après s'être enquis avec
foin de tout ce qu'avoit fait ce chien ,
il n'a pu tirer la moindre induction qu'il
le fût. Mais font- ce là tous les foins qu'un
homme qui cherche à me rendre meilleur
obfervateur devoit fe donner ? &
faut-il dans une matiere auffi intéreffante
pour la vie de cette enfant , nous
laiffer deviner à quoi s'eft borné fa laborieufe
enquête, fans daigner nous apprendre
fur quels fignes exclufifs de la rage ;
il s'eft décidé fi pofitivement ? S'il avoit
bien voulu s'informer un peu mieux ,
ne lui auroit- on pas dit , ainfi que je le
tiens des perfonnes dignes de foi , que
c'étoit ici un chien égaré ; que fa démarche
effarée , fa gueule béante , la fuite
des autres chiens à fon afpect menaçant , &
fur lefquels il fe ruoit indifféremment , quelques-
uns qu'il avoit égorgés la nuit d'auparavant,
l'ayant fait croire enragé, on le pourfuivoit
de part & d'autre , le matin qu'il
mordit fur fon paffage la jeune Ferrand?
A cet expofé que je ne furfais point ,
j'ai pu décider que le chien étoit vraifemblablement
enragé ; & dans ce doute
que la mort des autres chiens mordus
1S8 MERCURE DE FRANCE.
qu'on tua le même jour ne me permit
pas d'éclaircir , j'ai mieux aimé préferver
d'une mort affurée cette jeune enfant
que
les prétendus antidotes de M. Crefp ,
fon eau thériacale & toute fon huile de
fcorpion n'auroient certainement pas garantie
, plutôt que d'en commetre la décifion
à l'évenement . Suis- je blamable par
trop de précaution , & devois- je être expofé
à fes invectives pour m'être montré
plus prudent que lui , prévenu comme
je fuis par des faits avérés , qu'on
ne s'endort que trop fouvent fur les fuites
de pareilles morfures , & qu'un mal
qui fe développe tard , n'en devient pas
moins dangereux , dès qu'on a été fi pcu
foigneux d'y remedier à l'avance ? Ceux
qui ont employé le même préfervatif ,
n'ont-il pas agi quelquefois fur des cas
encore plus équivoques ( 1 ) ?
Mais écoutons M. Crefp ; il va nous
apprendre ce qu'il auroit fallu faire. Convenons
, s'écrie- r'il , que les remedes
euffent été bien infuffifans fi la fille eût
été hydrophobe. D'accord : mais l'ai - je trai-
(1) Voyez les Obfervations de M. James , Dictionnaire
de Médecine , tom. 4 , verbo Hydrophobia
; celles de M. Default , Traité de la Rage,
som. 5 ; M. Lazerme , de Morbis Capitis, pag. 1995
la Differtation de M. Defauvages , fur la fin , &c.
DECEMBRE. 1755. 189
tée comme telle ? & n'admets -je aucune
différence entre une morfure occafionnée
par un chien enragé , & l'hydrophobie ?
entre la caufe & fon effet ? J'annonce
le mercure comme un préfervatif affuré
contre la rage ; je n'ay garde de le donner
encore comme un remede curatif. L'hydrophobie
une fois déclarée exige qu'on
opére différemment. Cette dangereuſe
affection où l'érethifme conftant du genre
nerveux , les contractions convulfives
des muſcles de la gorge , & la tenfion
fpafmodique des folides , amenent fi
promptement des inflammations gangréneufes
dans tous les vifceres , ne demandet'elle
pas qu'on marie fagement le mercure
avec les remedes fédatifs , les ano-'
dins , les calmans , les narcotiques mêmes,
fi l'on veut réuffir à la combattre auffi heureufement
que je le ferai voir , lorfque
cette pratique qu'on vient de tenter
pareillement
avec fuccès en Angleterre , fera
étayée par un nombre de guérifons à
l'épreuve du temps ( 1 ) . Je pense qu'il ne
réfultera jamais de mes expreffions un
fens auffi contraire que celui que veut
en tirer M. Crefp , & qui dénote fa facilité
à prendre le change .
(1 ) Voyez le Journal des Sçavans du mois de
Juillet dernier, pag. 1404.
190 MERCURE DE FRANCE.
La pommade mercurielle , ajoute-t’il ,
étoit en trop petite quantité pour produire
l'effet qu'on s'en promettoit. Ce raiſonnement
feroit concluant , fi l'expérience
& des effais réitérés lui en avoient appris
la jufte dofe. Mais fur quels faits
obfervés de fa part , voudroit- il nous la
régler le ton de maître fied-t'il bien lorfqu'on
ne fçait encore que par oui dice ,
qu'on prévient heureuſement la rage par
les mercuriels ?
Il s'éleve un préjugé bien dangereux à
la fociété , contre lequel on doit s'oppofer
vivement , & qui ne peut avoir pris
naiffance que dans la tête de ces Chirurgiens
frictionneurs, qui ne fe font point
une peine de couvrir impitoyablement de
mercure un malade , au moindre fymptôme
équivoque dont il eft menacé. Le mercure
, dit- on , fait des merveilles contre la
rage , pourquoi ne pas faire effayer ce remede
à plein , fur tous ceux qui font
mordus par quelque animal enragé. Tel
étoit fans doute le raifonnement de M.
Crefp , lorfqu'il propofa aux parens allarmés
fur les fuites de la morfure qu'avoit
reçue leur jeune fille , de la paffer
au plutôt par les grands remedes , fi le
chien étoit tel qu'on le difoit communément
; du moins c'eft ici l'unique fondeDECEMBRE
. 1755. 191
ment de ſes réflexions contre moi , qui ai
fçu la préferver d'un mal dangereux fans
donner dans cet excès : loin de le juger
à la rigueur , convenons que les expreffions
fuivantes , préfentent naturellement
cette conféquence à l'efprit .
Il eft certain , continue - t'il , que dans
quinze jours le virus devoit avoir fait
bien des progrès , & avoir imprégné toute
la maffe des humeurs ; parconféquent
fuffifoit-il de faire quelques legeres frictions
fur la partie offenfée . Oui fans dou
te , cela fuffifoit , & l'expérience qui doit
l'emporter fur le raifonnement nous a
appris que pour prévenir heureuſement
l'hydrophobie , quelques frictions , lorfqu'on
a été mordu aux parties inférieures
, & réitérées tout le temps convenable
, font plus que fuffifantes pour y parvenir
, fans couvrir impétueufement de
mercure ces perfonnes mordues , ni les
affujettir à ce régime fcrupuleux qu'exige
la curation de la vérole. C'eft ainfi qu'on
l'a pratiqué fur la main offenfée & le
bras de cette jeune fille , pendant plus de
quinze jours , à la dofe d'une dragme &
demie de la pommade mercurielle chaque
fois ; & je n'en fis difcontinuer l'ufage
qu'après être moralement certain , par la
cellation de la douleur fous la cicatrice
192 MERCURE DE FRANCE .
de la plaie , qu'il n'y avoit plus rien à
craindre pour les fuites. C'eft ici un fait
dont je prie M. Crefp de vouloir s'informer
un peu mieux , s'il a affez de candeur
& de bonne foi pour reconnoître ,
ainsi que doit faire tout honnête homme
qui s'eft trompé , qu'on peut quelquefois
en impofer au Public faute d'examen.
Ne diroit- on pas , à l'entendre , que le
virus de la rage vicie promptement la
maffe des humeurs ; qu'il jette le fang
dans une diffolution fubite , pour ne
pouvoir le combattre dix à douze jours
après fon infertion dans les chairs. Qu'il
fe donne la peine de lire mes obfervations,
ainfi que celles que j'ai citées d'après
quantité de Médecins célebres , il y verra
qu'on a réuffi après un terme encore plus
fong. Eft- ce là bien pofféder la théorie de
la rage ? Apprenons -lui donc que le virus
hydrophobique , par une action analogue
à quantité d'autres venins , agit moins
fur les Auides que fur les folides ; que
la bave de l'animal enragé , collée contre
les fibres des mufcles dilacérés , peut
y refter des années entieres fous une forme
infenfible , fans donner aucune marque
de fa préfence , fans infecter les
humeurs : ainfi l'obfervons- nous tous les
jours. Mais ce que l'hiſtoire de cette maladie
,
DECEMBRE. 1755. 193
ladie , malgré le grand nombre d'Auteurs ,
.parmi les anciens & les modernes qui
I'ont traitée , ne nous avoit point appris
jufqu'ici , c'est que le virus une fois développé
, cette bave exaltée , annonce fon
action , par une douleur qui fe fait fentir
fous la cicatrice de la partie offenſée ,
d'où s'élévant diftinctement à travers les
muſcles & les chairs qu'elle femble déchirer
en paffant , elle va fe fixer à la gorge
, pour être fuivie d'un étranglement
fubit , des contractions fpafmodiques
des mufcles de la déglutition , & de l'orifice
fupérieur de l'eftomac , de l'hydrophobie
en un mot.
M. Nugent Médecin à Bath ( 1 ) en Angleterre
, vient d'obferver depuis peu ce
fymptôme dans une hydrophobie bien
caractérisée qu'il a guérie. Un coup reçu
fur la cicatrice d'une plaie oblitérée depuis
longtemps , fuffit quelquefois pour
développer le virus amorti . Vainement
contefteroit- on ce cas étonnant . Il eft des
faits dans la nature que nous ne connoiffons
point encore , & l'expérience
reclame toujours contre le raifonnement.
J'ai donc pu quinze jours après l'accident
(1 ) Effai fur l'Hydrophobie , traduit de l'Apglois
de Chriftophe Nugent , à Paris , chez la
veuve Cavelier , 1754.
II. Vol.
4
I
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194 MERCURE DE FRANCE.
arrivé à cette jeune fille , mettre en oeuvre
la façon prudente que j'ai annoncée ,
fans avoir à craindre une infection générale
des humeurs , contre laquelle j'avoue
qu'il auroit fallu des remedes plus
actifs , fi le virus de la rage agiffoit ainfi
que le penfe M. Crefp.
Les plaies de la bouche & du vifage ,
exigent une curation toute oppofée. Le
virus qui fe développe ordinairement
fur ces parties dans la quarantaine , l'étendue
& la quantité des morfures , le
court trajet de leur fituation jufqu'aux
mufcles de la gorge demandent qu'on
précipite bien fouvent les frictions ; mais
ce n'étoit point ici le cas : on peut employer
alors avec fuccès le turbit minéral.
Son action vive & prompte fur les
glandes fébacées de la gorge , amenant
bientôt la falivation , empêche brufquement
l'action du virus , dont on connoît
l'affinité avec ces humeurs & la ftructure
des organes qui les féparent ; ainfi
que les fels cauftiques des cantharides
agiffent directement fur le vélouté &
l'humeur muqueufe de la veffie.
Les morfures des parties inférieures ,
dans lesquelles on fçait que le virus tarde
beaucoup plus longtemps à donner des
marques de fa préfence , n'exigent pas
DECEMB - R E. 1755. 195
tout cet appareil. C'eft affez de preſcrire
quelques frictions éloignées , en panſant ·
régulierement la plaie avec la pommade
mercurielle & le digeftif ordinaire. Si
l'on emploie le turbit minéral pour plus
grande fureté , ce n'eft jamais qu'en qualité
d'altérant . Tel l'ordonnai - je à cette
jeune fille , & loin que fon ufage foit
dangereux , comme l'infinue M. Crefp, je
n'ai qu'à le renvoyer au traité exprès queM.
James a compofé la deffus ; parallele bien
fingulier au refte, que celui qu'il établit entre
les parens de cette fille, & moi qu'il fuppofe
plus éclairé fur les fuites & l'action
de cette chaux mercurielle. Mais c'eſt
affez de nous arrêter fur un fait qui ne mé
ritoit point d'être improuvé , & que
pourrois appuyer même par des certificats
authentiques , fi tout cela devoit influer
pour quelque chofe à l'inftruction du Public
; motif que l'on doit toujours fe propofer
, ce me femble , dans toute critique ,
fans faire naître ici , comme M. Crefp , une
conteftation à propos de rien ; & de laquelle
il auroit fort bien pu fe paffer ,
s'il avoit eu des meilleurs confeils.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DARLUC , Docteur en Médecine.
A Callian 10 Octobre 1755 ..
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Résumé : Lettre à l'Auteur du Mercure.
Dans une lettre datée du 10 octobre 1755, Darluc, Docteur en Médecine, répond aux critiques de M. Crefp publiées dans le Mercure de septembre 1755. M. Crefp avait remis en question la bonne foi et la validité des observations de Darluc. Darluc affirme qu'il publie ses succès et échecs dans un esprit de vérité et pour le bien de la société. Il conteste les accusations de M. Crefp concernant une observation sur une jeune fille mordue par un chien, précisant que la morsure était légère et rapidement cicatrisée. Darluc insiste sur la prudence nécessaire dans de tels cas, citant des exemples où des morsures similaires ont entraîné des complications tardives. Darluc critique M. Crefp pour ne pas avoir suffisamment enquêté sur les signes de rage du chien et pour avoir proposé des remèdes inefficaces. Il défend l'utilisation du mercure comme préventif contre la rage, soulignant que le virus peut rester latent pendant des années avant de se manifester. Il mentionne des cas où des frictions mercurielles ont été efficaces pour prévenir la rage et critique les pratiques excessives de certains chirurgiens. Dans une autre lettre datée du 10 octobre 1755, Darluc discute de l'utilisation du turbit minéral, un composé mercuriel, pour traiter une jeune fille. Il conteste les accusations de dangerosité formulées par M. Cresp, se référant à un traité de M. James qui compare les effets de cette substance. Darluc souligne que l'usage de ce traitement n'est pas dangereux et qu'il peut être appuyé par des certificats authentiques. Il exprime son regret de devoir aborder ce sujet, estimant que cela n'apporte rien à l'instruction du public. Darluc critique M. Cresp pour avoir provoqué une controverse inutile, suggérant qu'il aurait pu éviter cela en ayant de meilleurs conseils. La lettre se conclut par une formule de politesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2904
p. 196-214
SEANCES PARTICULIERES De la Société Littéraire de Châlons sur Marne.
Début :
La Société littéraire ouvrit ses séances par la lecture du remerciement, envoyé [...]
Mots clefs :
Société littéraire de Châlons, Société littéraire, Cadavres, Cimetière, Calomnie, Coeur, Discours, Exhumation, Sciences, Académies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SEANCES PARTICULIERES De la Société Littéraire de Châlons sur Marne.
SEANCES PARTICULIERES
De la Société Littéraire de Châlons
fur Marne.
A Société littéraire ouvrit fes féances
Lpar la lecture du remerciement , envoyé
par M. Desforges- Maillard , l'un de
fes Allociés externes.
Ce difcours eft le fruit du zéle que le
nouvel afſocié a toujours fait paroître pour
le progrès des Sciences & des Lettres , dont
l'utilité eft attaquée dans certains ouvrages
enfantés de nos jours par l'amour de
la fingularité , & par l'envie de paroître.....
M. D. F. M. examine les différens paradoxes
, qui tour à tour ont occupé la ſcene ,
& il expofe avec jufteffe & préciſion ce que
nous devons aux fciences , dont l'origine
a été celle des Arts & de l'induftrie , & aux
Lettres qui font la clef des fciences ....
En vain , pour foutenir une opinion
bizarre , allegue -t'on les abus occafionnés
par les oeuvres de la dépravation du coeur.
M. D. F. M. répond que des abus particuliers
il n'eft pas permis de tirer des conféquences
générales .... J'aimerois autant
qu'on avançat que la création du feu eft
DECEMBRE 1755. 197
pernicieufe , parce qu'il dépend d'un fou
de fe précipiter dans les flammes , & que
le feu venant à manquer à la malice hu
maine, il n'y auroit plus d'incendiaires, &c .
M. D. F. M. paffe à l'examen d'une autre
thefe. Comme une erreur fe renouvelle
ordinairement dans une autre , j'ai vu ,
dit-il , mettre en problême fi la multipli
cité des Académies ne feroit point un jour
la perte des talens.... N'eft- ce pas la même
chofe que fi l'on s'avifoit de dire qu'il feroit
dangereux peut- être que la plûpare
des hommes recherchâffent la vertu , parce
que la poffeffion en devenant trop commune
, il n'y auroit plus de gloire à devenir
vertueux ?
Après avoir fait fentir que ces chimériques
fyftêmes ont pris naiffance chez les
uns dans l'ambition & le défefpoir de parvenir
à la fupériorité littéraire , & chez
les autres dans l'ennui que leur caufe l'étude,
... il déplore le malheur de ces aveugles
nés , qui ne devant jamais voir la lumiere
, voudroient pouvoir l'éteindre de
leur fouffle pour tout le genre humain.
Pour réfoudre ce fecond problême , M.
D. F. M. avance avec vérité
avec vérité que les
Capitales des Royaumes ne font pas les
feuls endroits du monde où il foit permis
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
d'être fçavant & d'avoir de l'efprit.... Il eſt
de tous les païs , de tous les tems , de tous
les fexes , de toutes les conditions..... I
parle toutes les langues , & fructifie partout
où il eft cultivé.... D'où il conclud
que la multiplicité des Académies , loin
de pouvoir nuire aux talens , les éleve au
contraire , les encourage , & les multiplie....
Combien en voyons- nous éclorre ;
qui fe fuffent ignorés eux - mêmes , s'ils
ne s'étoient réveillés au bruit flateur de l'émulation
excitée par la gloire prochaine !
Combien de fçavans fe fuffent ensevelis
dès leur naiffance , privés par la fortune
des fecours néceffaires pour fe rendre dans
la Capitale, loin de laquelle on s'imaginoit
par un faux préjugé, qu'il n'étoit pas poffible
de mettre au jour quelque chofe qui fûr
digne de paroître ! ..
M. D. F. M. examine quelles étoient
les fources de cette prévention fatale , &
en affigne trois principales ; le chagrin de
manquer , dans la Province , d'équitables &
de fages critiques , que l'on pût familiérement
confulter fur fes effais ; le défagrément
de produire de bonnes chofes , fans
avoir d'approbateurs , dans des lieux où les
hommes capables de juger demeuroient
ifolés dans leurs cabinets , & de ne trouDECEMBRE.
1755. 199
ver dans le refte des Citoyens que des ames
infenfibles aux fruits de leurs veilles ....
L'établiſſement des Sociétés Littéraires
dans les Villes les plus confidérables des
Provinces lui paroît avoir levé tous les obftacles
que la distance de la Capitale oppofoit
au progrès des beaux Arts. Il entre
dans le détail des avantages que l'on retire
tous les jours de ces fortes d'établiſſemens,
ce qui le conduit naturellement à l'éloge
de l'Académie Françoife , qu'il nomme
avec autant de juftice que de vérité , la
Reine des Académies ..... Une comparaifon
délicate , heureufement amenée , fournit
à M. D. F. M. l'occafion de marquer fon attachement
au premier Tribunal du Royaume
par un éloge bien mérité de ce Sénat
par excellence.... Nous voudrions pouvoir
communiquer à nos lecteurs toutes les
beautés de ce morceau . Nous terminerons
cet extrait par l'éloge du Prince , Protec
teur.... » Scipion à la guerre , le laurier de.
» Mars le couronne ; Scipion pendant la
paix , il honore les Térences de fon ef-
" time , de fes confeils & de fon amitié....
Parlant enfuite de la réception de ce Prince
à l'Académie Françoife , M. D. F. M. dit.
que cet événement doit être à jamais écrit .
en lettres d'or ; événement qui comble
ود
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
d'honneur , non feulement les Académiciens
vivans , mais dont l'éclat rétroactif
réjaillir fur ceux mêmes qui ont payé le
fatal tribut à la nature.... & c.
A la fuite de ce difcours étoit une ode ,
tirée du Pleaume 45. Deus nofter refugium
& virtus , adjutor in tribulationibus...
M. l'Abbé Suicer , Licencié ès Loix ,
chargé de répondre à ce difcours , fir l'éloge
du nouveau récipiendaire. Nous allons
tranfcrire les principaux traits de ce
morceau, qui nous a paru vrai &bien frappé.
» Où vit - on un génie plus heureux &
» plus fécond , une imagination plus brillante
& plus ornée ? Beauté dans les
» images ; délicateffe dans les fentimens ;
» finelle dans les expreffions.... Quel genre
savez-vous effayé qui n'ait réuffi entre
» vos mains ? .... Perfonne n'écrivit avec
plus de force , ne badina avec plus d'efprit
, ne conta avec plus de légereté....
» L'empreffement que le public a marqué
pour vos ouvrages , à mefure qu'ils
voyoient le jour , n'a rien qui doive fur-
» prendre : il étoit l'effet de ce goût pour
»la belle nature , qui fe trouve toute en-
» tiere avec fes graces naïves dans ces pro-
→ductions admirables , dignes d'un fiecle
plus équitable ou moins prévenu .
DECEMBRE. 1755. 201.
M. l'Abbé Suicer caractériſe enfuite les
Ouvrages qui ont paru fous le nom de
Mile Malerais Delavigne : « Vos charman-
» tes hirondelles ont pris leur vol en
" 1730 ( 1 ) , & fur leurs aîles legeres ont
porté dans toute l'Europe fçavante la réputation
juftement méritée de celui qui
» leur avoit donné l'être....
M. Culoteau de Velie , Avocat du Roi
au Préfidial , Directeur , a lu un difcours
fur l'abus des talens ; fon ouvrage eft divifé
en deux parties : dans la premiere , if
examine quelle peut être la fource de ces
abus , & croit la trouver dans l'amourpropre
& la cupidité : l'un gâte l'efprit ,
l'autre corrompt le coeur ; le premier diminuant
à fes yeux ( de l'homme ) l'idée
de fes propres défauts , augmente en mê
me-tems celle de fon mérite ; la feconde
le foumet à l'empire des paffions : de l'un
naiffent la folle vanité , l'ambition , Penvie
, &c ; de l'autre l'intempérance , la
diffipation , la débauche , &c ; de toutes
les deux fuit la perte de l'homme entier.
M. D. V. parcourt quelques états de la
vie : il y découvre divers abus des talens .
Comme fon deffein eft moins d'entrer dans
(1 ) L'Idylle des hirondelles a été imprimée dans
le Mercure de France , Décembre 1730 , 1 vol. g.
2577
I iv
202 MERCURE DE FRANCE.
un détail fuivi , que de chercher les moyens
de les prévenir , ou d'y remédier ; il effaye
de les déterminer dans la feconde partie.
D'abord il confidere l'homme dans les premieres
années de fa jeuneffe , dans ces
tems heureux où l'efprit cherche à connoître
, & le coeur commence à défirer : invefti
par une multitude d'objets , également
nouveaux & inconnus , peut - être
dangereux , M. D. V. reconnoît qu'un
guide feroit bien utile à l'homme pour
éclairer fon ignorance , former fon goût ,
diriger fes pas incertains.... Il demande ce
guide rempli de zéle.... Il veut qu'il réuniffe
les qualités du coeur aux dons de l'efprit....
M. D. V. confidere enfuite l'homme plus
avancé en âge : dans la fuppofition que les
paffions auront pris le deffus : il indique
trois moyens pour rétablir tout dans l'ordre
: » Aimer la vérité , étudier la fageffe ,
» & chercher dans la fociété des gens de
» bien les fecours néceffaires pour arriver
plus furement à la connoiffance de l'une
» & de l'autre. »> M. D. V. prouve la néceffité
de ces trois points par des exemples
tirés de l'histoire , & par des autorités ref,
pectables.
M. Dupré d'Aulnay , ancien Commiffaire
des Guerres , Chevalier de l'Ordre
DECEMBRE. 1755. 203
de Chriſt , de la Société Littéraire d'Arras ,
lut un Mémoire fur l'écoulement de la matiere
fubtile dans le fer & dans l'aimant
par lequel il combat le fyftême de Descartes,
& de quelques Phyficiens qui l'ont fuivi ,
& qui attribuent la détermination de cet
écoulement dans le fer à des poils qu'ils
fuppofent exiſter dans ce métal , &c. Il explique
de quelle maniere les émanations
du foleil & de l'air fubtil agiffent fur les
corps mols ou folides ; il réfute la prétention
de ceux qui foutiennent que la ma
tiere magnétique fe meut avec plus de facilité
dans le fer que dans l'air , & rapporte
diverfes propriétés de la matiere univerfelle
connue fous différentes dénominations
d'air fubil , d'éther , de matiere
électrique , &c. Sur tous ces articles , l'Auteur
entre dans une infinité de détails phyfiques
qu'il n'eft guere poffible d'abréger.
M. Navier , Docteur en Médecine , Affocié-
Correfpondant de l'Académie Royale
des Sciences de Paris , toujours occupé de
recherches utiles , a lu une differtation
fur le danger des exhumations en général ,
& en particulier fur celle que Pon fe propofoit
de faire des cadavres qui repofent
dans le cimetiere ( 1 ) de la Paroiffe de
S. Alpin de Châlons.
(1 ) On avoit formé le projet d'agrandir la
1 vi
204 MERCURE DE FRANCE.
Ce Mémoire a deux parties ; dans la
premiere M. N. établit les différens degrés
de corruption que parcourent fucceffivement
les corps des animaux deftitués de
vie , & qui doivent les conduire à une
deftruction totale . De ces principes il conclud
que le monftrueux mêlange qui réfulte
de la putréfaction , venant à s'élever
fous la forme d'exhalaifons infectes ,
& pouvant atteindre jufqu'à l'intérieur
des organes tendres & délicats des corps
animés , il y porteroit infailliblement la
deftruction... Ces exhalaifons fe tranfmettroient
plus ou moins à tous ceux qui ſe
trouveroient dans cette atmoſphere ... Nos
liqueurs une fois imprégnées de ces parties
virulentes,ne s'en dépouilleroient qu'avec
peine , & plufieurs fuccomberoient ,
malgré les efforts redoublés que la nature
Place qui eft devant l'Hôtel de Ville, par le retranchement
du Cimetiere de S. Alpin , qui en occupe
une bonne partie . On devoit transporter incelfamment
les cadavres de ce cimetiere dans un autre
également au coeur de la Ville . M. N averti
des préparations que l'on faifoit à cet effet , & prévoyant
les fâcheux accidens auxquels la Ville alloit
être expofée par une exhumation auffi précipitée
, car il y avoit à peine dix-huit mois que
l'on ceffoit d'y enterrer , fe propofa de faire
connoître les funeftes effets qui alloient en réfalter.
DECEMBRE . 1755. 205
pourroit faire pour fecouer le joug d'un
ennemi auffi redoutable.... Le malheur qui
en réfulteroit , ne fe borneroit pas feulement
au court efpace de temps pendant
lequel l'air fe trouveroit alteré. Une partie
des miafmes corrupteurs
qui fe feroient
gliffés dans les corps vivans , y
pourroient féjourner fort long- temps , en
fe tranfmettant
des uns aux autres , ou
même en s'y tenant comme cachés pendant
un certain temps , avant que d'y exercer
leur fureur....
M. N. obferve qu'en telle circonftance
le poifon fe gliffe dans les corps par plus
d'une voie .... Les pores cutanés , la refpiration
, les nourritures , &c , font autant de
moyens qui en facilitent l'introduction ....
Un intervalle de dix huit à vingt mois ne
lui paroît pas un temps fuffifant pour confumer
tous les cadavres d'un cimetiere ,
& pour laiffer aux parties corrompues
dont la terre eft pénétrée , le loifir de
fe diffiper ou de changer entierement de
nature , en reprenant leurs premieres formes
& principes....
Il le prouve , 1 ° . par l'exhumation des
cadavres d'un cimetiere ( 1 ) de Châlons,
,
(1 ) Le cimetiere , dit De la Madeleine , appartenant
à l'Hôtel-Dieu . Cette exhumation fe fit en
1724.
Z06 MERCURE DE FRANCE.
lefquels , quoiqu'au bout de quatre ans
au moins , ne fe trouverent cependant pas
à beaucoup près confumés , exhalant encore
une odeur fi infecte , que l'on avoit
peine d'y réfifter , malgré la quantité d'encens
que l'on brûloit. 2 °. Par le rapport de
différens foffoyeurs , qui tous affurent ,
d'après l'expérience , qu'il y auroit danger
d'ouvrir les tombeaux avant quatre ans.
Il en eft même , ajoute M. N. qui ont
obfervé que la pluie confervoit les corps
morts. 3 °. Par le récit d'un fait , dont luimême
a été témoin tout récemment. Un
foffoyeur , en creufant une foffe ( 1 ) , lui
a fait voir les débris de trois cadavres qui
étoient l'un fur l'autre , encore tous chargés
de fubftance charnue , de cheveux &
d'entrailles , quoiqu'il y eut vingt ans que
le premier étoit inhumé , le ſecond onze
ans , & le troifieme huit.
Dans la feconde partie , M. N. propoſe
les moyens qu'il juge les plus propres pour
garantir de la contagion prefque inévitable
, ceux qui font exposés au mauvais
air des exhumations . Il confeille de les differer
le plus qu'il eft poffible , comme le
(1 ) Dans l'Eglife Collégiale & Paroiffiale de
Notre Dame en Vaux , le foffoyeur avoit été
obligé de quitter plufieurs fois l'ouvrage pour
aller refpirer un nouvel air.
DECEMBRE. 1755. 207
moyen le plus fûr. Si une néceflité extrê
me ne permet aucun délai , il faut prendre
des précautions . La premiere , & une
des plus effentielles , confifte à faire dans
les cimetieres plufieurs petites tranchées ,
que l'on remplira de chaux- vive , fur laquelle
on aura foin de jetter beaucoup
d'eau . L'eau imprégnée des particules
ignées & abforbantes de la chaux , pénétreront
la terre & les reftes des cadavres dont
elles détruiront les miafmes corrupteurs ,
en tout ou en partie .... Réiterer cette opération
plus ou moins , felon la quantité
& l'état des cadavres.... Employer toujours
de la chaux nouvelle , & fort chargée
de parties de feu... 2 °. Choifir pour
l'exhumation , le temps le plus froid de
l'année , celui où le vent du Nord
regnera
le plus.... 3 ° . Allumer de grands feux autour
du cimetiere .... tirer du canon , ou
faire détonner au moins trois ou quatre
fois par jour , tout autre inftrument chargé
de poudre fulminante.... Ces derniers
moyens , dit M. N. ont la propriété de
corriger & de détruire efficacement les
exhalaifons putrides . dont l'atmoſphere
pourroit encore fe trouver chargée ; d'accélerer
les courans de l'air , &c. ( 1 )
•
J
(1) Meffieurs les Officiers municipaux , fur les
représentations qui leur ont été faites par M. N
208 MERCURE DE FRANCE.
Ceux qui fouhaiteront connoître plus à
fonds l'excellence de ces moyens pour les
temps de contagion , peuvent confulter
un ouvrage que M. N. a donné au Public
en 1753 , où il développe le méchanifme,
par lequel ils operent des effets fi prompts
& fi falutaires. Il fe trouve à Paris , chez
Cavelier , rue faint Jacques , au lys d'or.
L'ufage d'enterrer dans les Eglifes , &
d'expofer les offemens de corps morts dans
des Charniers , a donné lieu à M. Navier
de faire des obfervations fur ce double
abus. Dans un fecond mémoire qui est une
fuite du précedent , il s'éleve avec raifon
contre les inhumations dans les Eglifes ,
que l'on permet trop fréquemment , furtout
à Châlons , fous le fpécieux prétexte
de quelque profit qui en revient aux Fabriques.
Il obferve que les enterremens
dans les Eglifes n'ont point été permis
avant le neuvieme fiecle ; que depuis
qu'ils ne font plus défendus , ils ont toujours
occafionné des accidens très -fâcheux.
Il en rapporte quelques-uns , tant anciens
que nouveaux, arrivés à Châlons, à Montpellier,
à Paris , dans les Royaumes étrangers
, &c. Les terres que l'on remue , en
creufant de nouvelles foffes dans les Egli-
, ont ordonné fur le champ de difcontinuer le re
muement des terres du cimetiere de S. Alpin.
DECEMBRE. 1755. 209.
fes, fe trouvant imprégnées d'une grande
quantité de parties corrompues que les
cadavres y ont tranfmis ; il n'eft pas étonnant
qu'il en résulte des effets auffi funeftes....
Si les corps des animaux deftitués
de vie , abandonnés en plein air , occafionnent
fouvent des maladies contagieufes
, quoique l'air libre où ils fe trouvent
expofés , enleve & balaye , pour ainfi dire
continuellement les miafmes putrides qui
s'élevent de ces cadavres , à meſure qu'ils
fe corrompent , que n'y- a- t'il pas à craindre
dans les Eglifes où l'on enterre beaucoup
de monde ? .... Ce font ces parties:
empoifonnées , dont la terre fe trouve imprégnée
, qui ont caufé la mort à une in-.
finité de folloyeurs , en ouvrant des terreins
où même il ne fe trouvoit aucuns:
veftiges de cadavres.... C'eft auffi la raiſon
pour laquelle ils ne peuvent creufer une
foffe qu'en plufieurs reprifes. Interrogezles
, dit M. N. ils vous répondront qu'ils
ſe ſentent comme fuffoqués , lorfqu'ils y
reftent long- temps.... Cet Académicien
attribue , avec Ramazzini , la courte du
rée de leur vie, aux vapeurs infectées qu'ils
reſpirent.
Pour remedier à cet abus , le moyen le
plus efficace , felon M. N. feroit de net
point enterrer dans les Eglifes , ou au210
MERCURE DE FRANCE.
moins de le faire très- rarement. Alors il
recommande d'éteindre beaucoup de chaux
fur les corps , n'y ayant pas de méthode
plus fure pour les détruire promptement ,
fans qu'ils paffent , pour ainfi dire , par
aucun degré de corruption ....
Malgré ces précautions , comme l'air
des Eglifes pourroit toujours être un peu
alteré, M. N. propoſe un moyen bien fimple
pour lui rendre toute fa pureté ; moyen
qui a été indiqué dans les Mémoires de
l'Académie Royale des Sciences de Paris ,
vol. 1748 , pour renouveller l'air des Hôpitaux
: ce feroit de pratiquer des jours
vers les voûtes , à certaines diſtances , en
détachant quelques carreaux de vitres les
plus elevés. Ces petites ouvertures , qui ne
pourroient donner beaucoup de froid ,
procureroient à l'air extérieur une libre
communication avec l'intérieur.
M. N. n'approuve point l'établiſſement
des Charniers. Il nous apprend un fait qui
mérite quelque attention . J'ai fouvent été,
dit-il , vifiter les Charniers dans les divers
endroits où j'ai fait quelque réfidence, & j'y
ai toujours vu des os ( 1 ) chargés de parties
(1) Nous fommes en état de confirmer la vérité
de ce récit , par un autre fait , qui a eu pour
témoin une perfonne de grande confidération.
Elle a vu dans un charnier une tête de mort ,
dont la cervelle dégoutoit encore,
DECEMBRE. 1755 .
21T
charnues & corrompues
.... Ne devroit- on
pas remédier à un tel abus , & défendre ,
fous des peines exemplaires
, d'expofer en
plein air les offemens des cadavres , qui
peuvent toujours l'alterer par des exhalaifons
mal-faifantes , quand bien même ils
ne feroient point chargés de parties charnues....
On ne peut veiller avec trop de
foin à entrenir l'air dans toute fa pureté,
puifque la vie & la fanté en dépendent....
M. N. conclud à la fuppreffion
& deftruction
des Charniers , qui lui paroiffent plus
nuifibles qu'utiles : il defireroit qu'on obligeât
les foffoyeurs à remettre en terre tous
les offemens qu'ils pourroient
trouver en
creufant les foffes....
Nous nous fommes un peu étendus fur
cés deux Mémoires , à caufe de l'importance
des matieres qui y font traitées. Il
feroit à fouhaiter , pour le bien de l'humanité,
que le miniftere public entrât dans
les fages vues de l'Auteur .
M. Viallet , l'un des Ingenieurs
de la
Province, & Membre de la Société , lut
des remarques fur la divifibilité de la matiere
, relatives au fyftême de Needham ,
dans fes obfervations
microfcopiques
; cetre
differtation
, qui eft toute en calculs &
dimenfions
, n'eft pas fufceptible d'extrait.
M. Meunier , Avocat en Parlement
212 MERCURE DE FRANCE.
dans une fuite de réflexions fut la mort ,
s'attacha à montrer l'aveuglement des
hommes qui vivent comme s'ils ne devoient
jamais mourir ; & après avoir fait
connoître , par une expofition touchante
de ce que nous voyons arriver tous les
jours , que la force du tempérament & la
bonté de la complexion ne font point des
titres fur lefquels on puiffe fe promettre
une longue vie , il examina ces deux importantes
queſtions : « Pourquoi dans le mon
» de on a tant de foin d'écarter la pensée
» de la mort ; & pourquoi , tandis que
tout paffe dans la nature , l'homme feul
voudroit toujours demeurer. »
M. l'Abbé Suicer a lu des réflexions en
vers fur le peu de fruit qu'operent aujourd'hui
les Prédications. Il en attribue la
caufe , & au Miniftre qui cherche moins
à convertir, qu'à fe faire un nom ; & aux
Auditeurs , que l'habitude & la curiofité
menent fouvent à l'Eglife , plutôt que le
defir de l'inftruction .
Nous terminerons ce Programme par
l'extrait d'un difcours fur la Calomnie ,
envoyé par M. de la Motte-Conflans ,
Avocat , l'un des Affociés externes.
Le fameux Tableau dans lequel Apelle
repréſenta les attributs de la calomnie , a
fourni la matiere & l'idée de ce difcours.
DECEMBRE. 1755. 213
Voici la defcription que M. D. L. M. C.
fait de la calomnie , d'après ce chef- d'oeuvre
de la Peinture : « L'envie eft preſque
toujours fon motif. La flatterie eft un
reffort qu'elle fait jouer avec le plus funefte
fuccès. Elle porte le feu de la difcorde
, & facrifie la trop foible innocence
avec une fureur impitoyable . C'eſt
» à la crédulité qu'elle s'adreffe : la crédulité
eft la fille de l'ignorance , & l'ignorance
fe livre facilement aux impreffions
du foupçon . Cependant la vérité
» cherche à fe faire jour ; elle s'avance à
lents , & fait marcher le trifte repentir
à la fuite de la calomnie...."
و ر
pas
M. D. L. M. C. ne fe borne point à une
ftérile admiration de ce célebre morceau :
la morale lui fournit des traits lumineux ,
& des leçons utiles pour tous les Etats.
Le Sage regarde la calomnie comme un
avis falutaire qui lui indique les vices
qu'il doit éviter , & le mérite calomnié
acquiert un nouveau luftre... Ces deux réflexions
, dit M. D. L. M. C. fuffifent pour
nous mettre au- deffus des traits d'une fatyre
injufte .... Il s'applique à les développer
dans le cours de fon ouvrage. Nous
ne le fuivrons pas dans fa marche , nous
nous contenterons feulement de copier ici
quelques-unes de ces réflexions.
1
214 MERCURE DE FRANCE.
Le Philofophe faifit toutes les inftructions
avec empreffement . L'amertume qui
les accompagne, ne peut l'effrayer , c'eſt à
la perfection qu'il tend : aucun obſtacle
n'eft capable de le détourner de fon objet.
Une prudente diffimulation & la perfévérance
dans le bien ; telles font les armes
qu'il oppofe à la calomnie .... Cette
leçon eft de pratique.
Le fouffle de la calomnie ne peut jamais
éteindre le flambeau de la vérité , qui fans
ceffe éclaire les démarches de la vertu.
Que le menfonge , pour frapper des coups
plus violens , épuile toutes fes odieufes
reffources , ils viendront tôt ou tard ces
temps heureux , où l'impofture fera forcée
de rendre hommage à la vérité.…... Ceci eſt
la confolation de l'innocence.
En finiffant fa differtation , M. de la
Motte-Conflans obſerve qu'il eft furprenant
que parmi tant de Peintres célebres ,
qui ont fleuri depuis deux fiecles , aucun
n'ait tenté de faire revivre le tableau d'Apelle.
De la Société Littéraire de Châlons
fur Marne.
A Société littéraire ouvrit fes féances
Lpar la lecture du remerciement , envoyé
par M. Desforges- Maillard , l'un de
fes Allociés externes.
Ce difcours eft le fruit du zéle que le
nouvel afſocié a toujours fait paroître pour
le progrès des Sciences & des Lettres , dont
l'utilité eft attaquée dans certains ouvrages
enfantés de nos jours par l'amour de
la fingularité , & par l'envie de paroître.....
M. D. F. M. examine les différens paradoxes
, qui tour à tour ont occupé la ſcene ,
& il expofe avec jufteffe & préciſion ce que
nous devons aux fciences , dont l'origine
a été celle des Arts & de l'induftrie , & aux
Lettres qui font la clef des fciences ....
En vain , pour foutenir une opinion
bizarre , allegue -t'on les abus occafionnés
par les oeuvres de la dépravation du coeur.
M. D. F. M. répond que des abus particuliers
il n'eft pas permis de tirer des conféquences
générales .... J'aimerois autant
qu'on avançat que la création du feu eft
DECEMBRE 1755. 197
pernicieufe , parce qu'il dépend d'un fou
de fe précipiter dans les flammes , & que
le feu venant à manquer à la malice hu
maine, il n'y auroit plus d'incendiaires, &c .
M. D. F. M. paffe à l'examen d'une autre
thefe. Comme une erreur fe renouvelle
ordinairement dans une autre , j'ai vu ,
dit-il , mettre en problême fi la multipli
cité des Académies ne feroit point un jour
la perte des talens.... N'eft- ce pas la même
chofe que fi l'on s'avifoit de dire qu'il feroit
dangereux peut- être que la plûpare
des hommes recherchâffent la vertu , parce
que la poffeffion en devenant trop commune
, il n'y auroit plus de gloire à devenir
vertueux ?
Après avoir fait fentir que ces chimériques
fyftêmes ont pris naiffance chez les
uns dans l'ambition & le défefpoir de parvenir
à la fupériorité littéraire , & chez
les autres dans l'ennui que leur caufe l'étude,
... il déplore le malheur de ces aveugles
nés , qui ne devant jamais voir la lumiere
, voudroient pouvoir l'éteindre de
leur fouffle pour tout le genre humain.
Pour réfoudre ce fecond problême , M.
D. F. M. avance avec vérité
avec vérité que les
Capitales des Royaumes ne font pas les
feuls endroits du monde où il foit permis
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
d'être fçavant & d'avoir de l'efprit.... Il eſt
de tous les païs , de tous les tems , de tous
les fexes , de toutes les conditions..... I
parle toutes les langues , & fructifie partout
où il eft cultivé.... D'où il conclud
que la multiplicité des Académies , loin
de pouvoir nuire aux talens , les éleve au
contraire , les encourage , & les multiplie....
Combien en voyons- nous éclorre ;
qui fe fuffent ignorés eux - mêmes , s'ils
ne s'étoient réveillés au bruit flateur de l'émulation
excitée par la gloire prochaine !
Combien de fçavans fe fuffent ensevelis
dès leur naiffance , privés par la fortune
des fecours néceffaires pour fe rendre dans
la Capitale, loin de laquelle on s'imaginoit
par un faux préjugé, qu'il n'étoit pas poffible
de mettre au jour quelque chofe qui fûr
digne de paroître ! ..
M. D. F. M. examine quelles étoient
les fources de cette prévention fatale , &
en affigne trois principales ; le chagrin de
manquer , dans la Province , d'équitables &
de fages critiques , que l'on pût familiérement
confulter fur fes effais ; le défagrément
de produire de bonnes chofes , fans
avoir d'approbateurs , dans des lieux où les
hommes capables de juger demeuroient
ifolés dans leurs cabinets , & de ne trouDECEMBRE.
1755. 199
ver dans le refte des Citoyens que des ames
infenfibles aux fruits de leurs veilles ....
L'établiſſement des Sociétés Littéraires
dans les Villes les plus confidérables des
Provinces lui paroît avoir levé tous les obftacles
que la distance de la Capitale oppofoit
au progrès des beaux Arts. Il entre
dans le détail des avantages que l'on retire
tous les jours de ces fortes d'établiſſemens,
ce qui le conduit naturellement à l'éloge
de l'Académie Françoife , qu'il nomme
avec autant de juftice que de vérité , la
Reine des Académies ..... Une comparaifon
délicate , heureufement amenée , fournit
à M. D. F. M. l'occafion de marquer fon attachement
au premier Tribunal du Royaume
par un éloge bien mérité de ce Sénat
par excellence.... Nous voudrions pouvoir
communiquer à nos lecteurs toutes les
beautés de ce morceau . Nous terminerons
cet extrait par l'éloge du Prince , Protec
teur.... » Scipion à la guerre , le laurier de.
» Mars le couronne ; Scipion pendant la
paix , il honore les Térences de fon ef-
" time , de fes confeils & de fon amitié....
Parlant enfuite de la réception de ce Prince
à l'Académie Françoife , M. D. F. M. dit.
que cet événement doit être à jamais écrit .
en lettres d'or ; événement qui comble
ود
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
d'honneur , non feulement les Académiciens
vivans , mais dont l'éclat rétroactif
réjaillir fur ceux mêmes qui ont payé le
fatal tribut à la nature.... & c.
A la fuite de ce difcours étoit une ode ,
tirée du Pleaume 45. Deus nofter refugium
& virtus , adjutor in tribulationibus...
M. l'Abbé Suicer , Licencié ès Loix ,
chargé de répondre à ce difcours , fir l'éloge
du nouveau récipiendaire. Nous allons
tranfcrire les principaux traits de ce
morceau, qui nous a paru vrai &bien frappé.
» Où vit - on un génie plus heureux &
» plus fécond , une imagination plus brillante
& plus ornée ? Beauté dans les
» images ; délicateffe dans les fentimens ;
» finelle dans les expreffions.... Quel genre
savez-vous effayé qui n'ait réuffi entre
» vos mains ? .... Perfonne n'écrivit avec
plus de force , ne badina avec plus d'efprit
, ne conta avec plus de légereté....
» L'empreffement que le public a marqué
pour vos ouvrages , à mefure qu'ils
voyoient le jour , n'a rien qui doive fur-
» prendre : il étoit l'effet de ce goût pour
»la belle nature , qui fe trouve toute en-
» tiere avec fes graces naïves dans ces pro-
→ductions admirables , dignes d'un fiecle
plus équitable ou moins prévenu .
DECEMBRE. 1755. 201.
M. l'Abbé Suicer caractériſe enfuite les
Ouvrages qui ont paru fous le nom de
Mile Malerais Delavigne : « Vos charman-
» tes hirondelles ont pris leur vol en
" 1730 ( 1 ) , & fur leurs aîles legeres ont
porté dans toute l'Europe fçavante la réputation
juftement méritée de celui qui
» leur avoit donné l'être....
M. Culoteau de Velie , Avocat du Roi
au Préfidial , Directeur , a lu un difcours
fur l'abus des talens ; fon ouvrage eft divifé
en deux parties : dans la premiere , if
examine quelle peut être la fource de ces
abus , & croit la trouver dans l'amourpropre
& la cupidité : l'un gâte l'efprit ,
l'autre corrompt le coeur ; le premier diminuant
à fes yeux ( de l'homme ) l'idée
de fes propres défauts , augmente en mê
me-tems celle de fon mérite ; la feconde
le foumet à l'empire des paffions : de l'un
naiffent la folle vanité , l'ambition , Penvie
, &c ; de l'autre l'intempérance , la
diffipation , la débauche , &c ; de toutes
les deux fuit la perte de l'homme entier.
M. D. V. parcourt quelques états de la
vie : il y découvre divers abus des talens .
Comme fon deffein eft moins d'entrer dans
(1 ) L'Idylle des hirondelles a été imprimée dans
le Mercure de France , Décembre 1730 , 1 vol. g.
2577
I iv
202 MERCURE DE FRANCE.
un détail fuivi , que de chercher les moyens
de les prévenir , ou d'y remédier ; il effaye
de les déterminer dans la feconde partie.
D'abord il confidere l'homme dans les premieres
années de fa jeuneffe , dans ces
tems heureux où l'efprit cherche à connoître
, & le coeur commence à défirer : invefti
par une multitude d'objets , également
nouveaux & inconnus , peut - être
dangereux , M. D. V. reconnoît qu'un
guide feroit bien utile à l'homme pour
éclairer fon ignorance , former fon goût ,
diriger fes pas incertains.... Il demande ce
guide rempli de zéle.... Il veut qu'il réuniffe
les qualités du coeur aux dons de l'efprit....
M. D. V. confidere enfuite l'homme plus
avancé en âge : dans la fuppofition que les
paffions auront pris le deffus : il indique
trois moyens pour rétablir tout dans l'ordre
: » Aimer la vérité , étudier la fageffe ,
» & chercher dans la fociété des gens de
» bien les fecours néceffaires pour arriver
plus furement à la connoiffance de l'une
» & de l'autre. »> M. D. V. prouve la néceffité
de ces trois points par des exemples
tirés de l'histoire , & par des autorités ref,
pectables.
M. Dupré d'Aulnay , ancien Commiffaire
des Guerres , Chevalier de l'Ordre
DECEMBRE. 1755. 203
de Chriſt , de la Société Littéraire d'Arras ,
lut un Mémoire fur l'écoulement de la matiere
fubtile dans le fer & dans l'aimant
par lequel il combat le fyftême de Descartes,
& de quelques Phyficiens qui l'ont fuivi ,
& qui attribuent la détermination de cet
écoulement dans le fer à des poils qu'ils
fuppofent exiſter dans ce métal , &c. Il explique
de quelle maniere les émanations
du foleil & de l'air fubtil agiffent fur les
corps mols ou folides ; il réfute la prétention
de ceux qui foutiennent que la ma
tiere magnétique fe meut avec plus de facilité
dans le fer que dans l'air , & rapporte
diverfes propriétés de la matiere univerfelle
connue fous différentes dénominations
d'air fubil , d'éther , de matiere
électrique , &c. Sur tous ces articles , l'Auteur
entre dans une infinité de détails phyfiques
qu'il n'eft guere poffible d'abréger.
M. Navier , Docteur en Médecine , Affocié-
Correfpondant de l'Académie Royale
des Sciences de Paris , toujours occupé de
recherches utiles , a lu une differtation
fur le danger des exhumations en général ,
& en particulier fur celle que Pon fe propofoit
de faire des cadavres qui repofent
dans le cimetiere ( 1 ) de la Paroiffe de
S. Alpin de Châlons.
(1 ) On avoit formé le projet d'agrandir la
1 vi
204 MERCURE DE FRANCE.
Ce Mémoire a deux parties ; dans la
premiere M. N. établit les différens degrés
de corruption que parcourent fucceffivement
les corps des animaux deftitués de
vie , & qui doivent les conduire à une
deftruction totale . De ces principes il conclud
que le monftrueux mêlange qui réfulte
de la putréfaction , venant à s'élever
fous la forme d'exhalaifons infectes ,
& pouvant atteindre jufqu'à l'intérieur
des organes tendres & délicats des corps
animés , il y porteroit infailliblement la
deftruction... Ces exhalaifons fe tranfmettroient
plus ou moins à tous ceux qui ſe
trouveroient dans cette atmoſphere ... Nos
liqueurs une fois imprégnées de ces parties
virulentes,ne s'en dépouilleroient qu'avec
peine , & plufieurs fuccomberoient ,
malgré les efforts redoublés que la nature
Place qui eft devant l'Hôtel de Ville, par le retranchement
du Cimetiere de S. Alpin , qui en occupe
une bonne partie . On devoit transporter incelfamment
les cadavres de ce cimetiere dans un autre
également au coeur de la Ville . M. N averti
des préparations que l'on faifoit à cet effet , & prévoyant
les fâcheux accidens auxquels la Ville alloit
être expofée par une exhumation auffi précipitée
, car il y avoit à peine dix-huit mois que
l'on ceffoit d'y enterrer , fe propofa de faire
connoître les funeftes effets qui alloient en réfalter.
DECEMBRE . 1755. 205
pourroit faire pour fecouer le joug d'un
ennemi auffi redoutable.... Le malheur qui
en réfulteroit , ne fe borneroit pas feulement
au court efpace de temps pendant
lequel l'air fe trouveroit alteré. Une partie
des miafmes corrupteurs
qui fe feroient
gliffés dans les corps vivans , y
pourroient féjourner fort long- temps , en
fe tranfmettant
des uns aux autres , ou
même en s'y tenant comme cachés pendant
un certain temps , avant que d'y exercer
leur fureur....
M. N. obferve qu'en telle circonftance
le poifon fe gliffe dans les corps par plus
d'une voie .... Les pores cutanés , la refpiration
, les nourritures , &c , font autant de
moyens qui en facilitent l'introduction ....
Un intervalle de dix huit à vingt mois ne
lui paroît pas un temps fuffifant pour confumer
tous les cadavres d'un cimetiere ,
& pour laiffer aux parties corrompues
dont la terre eft pénétrée , le loifir de
fe diffiper ou de changer entierement de
nature , en reprenant leurs premieres formes
& principes....
Il le prouve , 1 ° . par l'exhumation des
cadavres d'un cimetiere ( 1 ) de Châlons,
,
(1 ) Le cimetiere , dit De la Madeleine , appartenant
à l'Hôtel-Dieu . Cette exhumation fe fit en
1724.
Z06 MERCURE DE FRANCE.
lefquels , quoiqu'au bout de quatre ans
au moins , ne fe trouverent cependant pas
à beaucoup près confumés , exhalant encore
une odeur fi infecte , que l'on avoit
peine d'y réfifter , malgré la quantité d'encens
que l'on brûloit. 2 °. Par le rapport de
différens foffoyeurs , qui tous affurent ,
d'après l'expérience , qu'il y auroit danger
d'ouvrir les tombeaux avant quatre ans.
Il en eft même , ajoute M. N. qui ont
obfervé que la pluie confervoit les corps
morts. 3 °. Par le récit d'un fait , dont luimême
a été témoin tout récemment. Un
foffoyeur , en creufant une foffe ( 1 ) , lui
a fait voir les débris de trois cadavres qui
étoient l'un fur l'autre , encore tous chargés
de fubftance charnue , de cheveux &
d'entrailles , quoiqu'il y eut vingt ans que
le premier étoit inhumé , le ſecond onze
ans , & le troifieme huit.
Dans la feconde partie , M. N. propoſe
les moyens qu'il juge les plus propres pour
garantir de la contagion prefque inévitable
, ceux qui font exposés au mauvais
air des exhumations . Il confeille de les differer
le plus qu'il eft poffible , comme le
(1 ) Dans l'Eglife Collégiale & Paroiffiale de
Notre Dame en Vaux , le foffoyeur avoit été
obligé de quitter plufieurs fois l'ouvrage pour
aller refpirer un nouvel air.
DECEMBRE. 1755. 207
moyen le plus fûr. Si une néceflité extrê
me ne permet aucun délai , il faut prendre
des précautions . La premiere , & une
des plus effentielles , confifte à faire dans
les cimetieres plufieurs petites tranchées ,
que l'on remplira de chaux- vive , fur laquelle
on aura foin de jetter beaucoup
d'eau . L'eau imprégnée des particules
ignées & abforbantes de la chaux , pénétreront
la terre & les reftes des cadavres dont
elles détruiront les miafmes corrupteurs ,
en tout ou en partie .... Réiterer cette opération
plus ou moins , felon la quantité
& l'état des cadavres.... Employer toujours
de la chaux nouvelle , & fort chargée
de parties de feu... 2 °. Choifir pour
l'exhumation , le temps le plus froid de
l'année , celui où le vent du Nord
regnera
le plus.... 3 ° . Allumer de grands feux autour
du cimetiere .... tirer du canon , ou
faire détonner au moins trois ou quatre
fois par jour , tout autre inftrument chargé
de poudre fulminante.... Ces derniers
moyens , dit M. N. ont la propriété de
corriger & de détruire efficacement les
exhalaifons putrides . dont l'atmoſphere
pourroit encore fe trouver chargée ; d'accélerer
les courans de l'air , &c. ( 1 )
•
J
(1) Meffieurs les Officiers municipaux , fur les
représentations qui leur ont été faites par M. N
208 MERCURE DE FRANCE.
Ceux qui fouhaiteront connoître plus à
fonds l'excellence de ces moyens pour les
temps de contagion , peuvent confulter
un ouvrage que M. N. a donné au Public
en 1753 , où il développe le méchanifme,
par lequel ils operent des effets fi prompts
& fi falutaires. Il fe trouve à Paris , chez
Cavelier , rue faint Jacques , au lys d'or.
L'ufage d'enterrer dans les Eglifes , &
d'expofer les offemens de corps morts dans
des Charniers , a donné lieu à M. Navier
de faire des obfervations fur ce double
abus. Dans un fecond mémoire qui est une
fuite du précedent , il s'éleve avec raifon
contre les inhumations dans les Eglifes ,
que l'on permet trop fréquemment , furtout
à Châlons , fous le fpécieux prétexte
de quelque profit qui en revient aux Fabriques.
Il obferve que les enterremens
dans les Eglifes n'ont point été permis
avant le neuvieme fiecle ; que depuis
qu'ils ne font plus défendus , ils ont toujours
occafionné des accidens très -fâcheux.
Il en rapporte quelques-uns , tant anciens
que nouveaux, arrivés à Châlons, à Montpellier,
à Paris , dans les Royaumes étrangers
, &c. Les terres que l'on remue , en
creufant de nouvelles foffes dans les Egli-
, ont ordonné fur le champ de difcontinuer le re
muement des terres du cimetiere de S. Alpin.
DECEMBRE. 1755. 209.
fes, fe trouvant imprégnées d'une grande
quantité de parties corrompues que les
cadavres y ont tranfmis ; il n'eft pas étonnant
qu'il en résulte des effets auffi funeftes....
Si les corps des animaux deftitués
de vie , abandonnés en plein air , occafionnent
fouvent des maladies contagieufes
, quoique l'air libre où ils fe trouvent
expofés , enleve & balaye , pour ainfi dire
continuellement les miafmes putrides qui
s'élevent de ces cadavres , à meſure qu'ils
fe corrompent , que n'y- a- t'il pas à craindre
dans les Eglifes où l'on enterre beaucoup
de monde ? .... Ce font ces parties:
empoifonnées , dont la terre fe trouve imprégnée
, qui ont caufé la mort à une in-.
finité de folloyeurs , en ouvrant des terreins
où même il ne fe trouvoit aucuns:
veftiges de cadavres.... C'eft auffi la raiſon
pour laquelle ils ne peuvent creufer une
foffe qu'en plufieurs reprifes. Interrogezles
, dit M. N. ils vous répondront qu'ils
ſe ſentent comme fuffoqués , lorfqu'ils y
reftent long- temps.... Cet Académicien
attribue , avec Ramazzini , la courte du
rée de leur vie, aux vapeurs infectées qu'ils
reſpirent.
Pour remedier à cet abus , le moyen le
plus efficace , felon M. N. feroit de net
point enterrer dans les Eglifes , ou au210
MERCURE DE FRANCE.
moins de le faire très- rarement. Alors il
recommande d'éteindre beaucoup de chaux
fur les corps , n'y ayant pas de méthode
plus fure pour les détruire promptement ,
fans qu'ils paffent , pour ainfi dire , par
aucun degré de corruption ....
Malgré ces précautions , comme l'air
des Eglifes pourroit toujours être un peu
alteré, M. N. propoſe un moyen bien fimple
pour lui rendre toute fa pureté ; moyen
qui a été indiqué dans les Mémoires de
l'Académie Royale des Sciences de Paris ,
vol. 1748 , pour renouveller l'air des Hôpitaux
: ce feroit de pratiquer des jours
vers les voûtes , à certaines diſtances , en
détachant quelques carreaux de vitres les
plus elevés. Ces petites ouvertures , qui ne
pourroient donner beaucoup de froid ,
procureroient à l'air extérieur une libre
communication avec l'intérieur.
M. N. n'approuve point l'établiſſement
des Charniers. Il nous apprend un fait qui
mérite quelque attention . J'ai fouvent été,
dit-il , vifiter les Charniers dans les divers
endroits où j'ai fait quelque réfidence, & j'y
ai toujours vu des os ( 1 ) chargés de parties
(1) Nous fommes en état de confirmer la vérité
de ce récit , par un autre fait , qui a eu pour
témoin une perfonne de grande confidération.
Elle a vu dans un charnier une tête de mort ,
dont la cervelle dégoutoit encore,
DECEMBRE. 1755 .
21T
charnues & corrompues
.... Ne devroit- on
pas remédier à un tel abus , & défendre ,
fous des peines exemplaires
, d'expofer en
plein air les offemens des cadavres , qui
peuvent toujours l'alterer par des exhalaifons
mal-faifantes , quand bien même ils
ne feroient point chargés de parties charnues....
On ne peut veiller avec trop de
foin à entrenir l'air dans toute fa pureté,
puifque la vie & la fanté en dépendent....
M. N. conclud à la fuppreffion
& deftruction
des Charniers , qui lui paroiffent plus
nuifibles qu'utiles : il defireroit qu'on obligeât
les foffoyeurs à remettre en terre tous
les offemens qu'ils pourroient
trouver en
creufant les foffes....
Nous nous fommes un peu étendus fur
cés deux Mémoires , à caufe de l'importance
des matieres qui y font traitées. Il
feroit à fouhaiter , pour le bien de l'humanité,
que le miniftere public entrât dans
les fages vues de l'Auteur .
M. Viallet , l'un des Ingenieurs
de la
Province, & Membre de la Société , lut
des remarques fur la divifibilité de la matiere
, relatives au fyftême de Needham ,
dans fes obfervations
microfcopiques
; cetre
differtation
, qui eft toute en calculs &
dimenfions
, n'eft pas fufceptible d'extrait.
M. Meunier , Avocat en Parlement
212 MERCURE DE FRANCE.
dans une fuite de réflexions fut la mort ,
s'attacha à montrer l'aveuglement des
hommes qui vivent comme s'ils ne devoient
jamais mourir ; & après avoir fait
connoître , par une expofition touchante
de ce que nous voyons arriver tous les
jours , que la force du tempérament & la
bonté de la complexion ne font point des
titres fur lefquels on puiffe fe promettre
une longue vie , il examina ces deux importantes
queſtions : « Pourquoi dans le mon
» de on a tant de foin d'écarter la pensée
» de la mort ; & pourquoi , tandis que
tout paffe dans la nature , l'homme feul
voudroit toujours demeurer. »
M. l'Abbé Suicer a lu des réflexions en
vers fur le peu de fruit qu'operent aujourd'hui
les Prédications. Il en attribue la
caufe , & au Miniftre qui cherche moins
à convertir, qu'à fe faire un nom ; & aux
Auditeurs , que l'habitude & la curiofité
menent fouvent à l'Eglife , plutôt que le
defir de l'inftruction .
Nous terminerons ce Programme par
l'extrait d'un difcours fur la Calomnie ,
envoyé par M. de la Motte-Conflans ,
Avocat , l'un des Affociés externes.
Le fameux Tableau dans lequel Apelle
repréſenta les attributs de la calomnie , a
fourni la matiere & l'idée de ce difcours.
DECEMBRE. 1755. 213
Voici la defcription que M. D. L. M. C.
fait de la calomnie , d'après ce chef- d'oeuvre
de la Peinture : « L'envie eft preſque
toujours fon motif. La flatterie eft un
reffort qu'elle fait jouer avec le plus funefte
fuccès. Elle porte le feu de la difcorde
, & facrifie la trop foible innocence
avec une fureur impitoyable . C'eſt
» à la crédulité qu'elle s'adreffe : la crédulité
eft la fille de l'ignorance , & l'ignorance
fe livre facilement aux impreffions
du foupçon . Cependant la vérité
» cherche à fe faire jour ; elle s'avance à
lents , & fait marcher le trifte repentir
à la fuite de la calomnie...."
و ر
pas
M. D. L. M. C. ne fe borne point à une
ftérile admiration de ce célebre morceau :
la morale lui fournit des traits lumineux ,
& des leçons utiles pour tous les Etats.
Le Sage regarde la calomnie comme un
avis falutaire qui lui indique les vices
qu'il doit éviter , & le mérite calomnié
acquiert un nouveau luftre... Ces deux réflexions
, dit M. D. L. M. C. fuffifent pour
nous mettre au- deffus des traits d'une fatyre
injufte .... Il s'applique à les développer
dans le cours de fon ouvrage. Nous
ne le fuivrons pas dans fa marche , nous
nous contenterons feulement de copier ici
quelques-unes de ces réflexions.
1
214 MERCURE DE FRANCE.
Le Philofophe faifit toutes les inftructions
avec empreffement . L'amertume qui
les accompagne, ne peut l'effrayer , c'eſt à
la perfection qu'il tend : aucun obſtacle
n'eft capable de le détourner de fon objet.
Une prudente diffimulation & la perfévérance
dans le bien ; telles font les armes
qu'il oppofe à la calomnie .... Cette
leçon eft de pratique.
Le fouffle de la calomnie ne peut jamais
éteindre le flambeau de la vérité , qui fans
ceffe éclaire les démarches de la vertu.
Que le menfonge , pour frapper des coups
plus violens , épuile toutes fes odieufes
reffources , ils viendront tôt ou tard ces
temps heureux , où l'impofture fera forcée
de rendre hommage à la vérité.…... Ceci eſt
la confolation de l'innocence.
En finiffant fa differtation , M. de la
Motte-Conflans obſerve qu'il eft furprenant
que parmi tant de Peintres célebres ,
qui ont fleuri depuis deux fiecles , aucun
n'ait tenté de faire revivre le tableau d'Apelle.
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Résumé : SEANCES PARTICULIERES De la Société Littéraire de Châlons sur Marne.
La Société Littéraire de Châlons-sur-Marne a débuté ses séances par la lecture d'un remerciement de M. Desforges-Maillard, un associé externe. Ce discours met en avant l'importance des sciences et des lettres, souvent critiquées par des ouvrages contemporains cherchant la singularité et l'apparence. M. Desforges-Maillard défend l'utilité des sciences et des lettres, soulignant qu'elles sont à l'origine des arts et de l'industrie. Il réfute les arguments basés sur les abus occasionnés par la dépravation du cœur, affirmant qu'il ne faut pas tirer de conclusions générales à partir d'abus particuliers. Il compare cette idée à celle de condamner la création du feu parce qu'il peut causer des incendies. Le discours aborde ensuite la question de la multiplicité des académies, qui ne devrait pas être perçue comme une perte pour les talents. Au contraire, les académies encouragent et multiplient les talents. M. Desforges-Maillard déplore les préjugés qui limitent la reconnaissance des talents en dehors des capitales et souligne que les sociétés littéraires dans les provinces aident à surmonter ces obstacles. L'Abbé Suicer, licencié en lois, a répondu au discours en louant le génie et la fécondité de M. Desforges-Maillard, soulignant sa maîtrise de divers genres littéraires et l'accueil favorable du public à ses œuvres. M. Culoteau de Velie, avocat du roi, a lu un discours sur l'abus des talents, divisé en deux parties. La première examine les sources de ces abus, qu'il trouve dans l'amour-propre et la cupidité. La seconde propose des moyens pour prévenir ou remédier à ces abus, notamment en formant le goût et en dirigeant les pas incertains des jeunes esprits. M. Dupré d'Aulnay a présenté un mémoire sur l'écoulement de la matière subtile dans le fer et l'aimant, réfutant le système de Descartes et de certains physiciens. Il explique les interactions entre les émanations du soleil et de l'air subtil avec les corps mols ou solides. Enfin, M. Navier, docteur en médecine, a lu une dissertation sur les dangers des exhumations, en particulier celle prévue pour le cimetière de la paroisse de Saint-Alpin à Châlons. Il détaille les degrés de corruption des corps et les risques sanitaires associés aux exhalaisons infectes, proposant un délai minimum de quatre ans avant toute exhumation pour éviter les dangers pour la santé publique. M. Navier rapporte que dans l'église collégiale de Notre-Dame en Vaux, des fossoyeurs ont dû quitter leur travail en raison de l'air vicié. Pour prévenir la contagion lors des exhumations, il recommande de les différer autant que possible et, si nécessaire, de prendre des précautions telles que creuser des tranchées remplies de chaux vive et d'eau pour détruire les miasmes corrupteurs. Il suggère également de choisir le temps le plus froid de l'année, d'allumer des feux autour du cimetière et de tirer du canon pour purifier l'air. M. Navier critique l'usage d'enterrer dans les églises, pratique qui a causé des accidents fâcheux. Il observe que cette pratique, interdite avant le neuvième siècle, a été réintroduite pour des raisons financières. Les terres des cimetières, imprégnées de particules corrompues, provoquent des maladies contagieuses. Pour remédier à cet abus, il propose de cesser les inhumations dans les églises ou de les rendre très rares, et de brûler de la chaux sur les corps pour les détruire rapidement. Il recommande également de pratiquer des ouvertures dans les voûtes des églises pour renouveler l'air. M. Navier s'oppose aux charniers, notant que des os chargés de parties charnues y sont souvent trouvés. Il propose de supprimer et détruire les charniers et d'obliger les fossoyeurs à réenterrer les ossements trouvés. Le texte mentionne également d'autres contributions, comme celles de M. Viallet sur la divisibilité de la matière, de M. Meunier sur la mortalité humaine, et de l'abbé Suicer sur l'inefficacité des prédications. Enfin, M. de la Motte-Conflans présente un discours sur la calomnie, inspirée par un tableau d'Apelle, soulignant que la vérité finit toujours par triompher.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2905
p. 215
MUSIQUE.
Début :
Nous annonçons pour les Amateurs un excellent Recueil de Pieces Françoises [...]
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
Ous annonçons pour les Amateurs
un excellent Recueil de Pieces Frangoifes
& Italiennes , Petits Airs , Brunettes
Menuets , & c. avec des Doubles & Varia-
Lions accommodés pour deux Flûtes traverfieres
, Violons , Par- deffus de Viole ; par M.
Taillart l'aîné , maître de Flute , rue des
Lavandieres
On y trouve auffi beaucoup de morceaux
d'effet & d'exécution , qui font dignes
du nom & du talent de l'Auteur. Ce
Recueil fe vend fix livres chez le fieur
Bayard , rue S. Honoré , à la Regle d'or ;
le fieur Vernadé , rue du Roule , à la
Croix d'or ; & Mademoiſelle Caftagnery,
rue des Prouvaires.
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Résumé : MUSIQUE.
Le recueil de pièces musicales de M. Taillart l'aîné, maître de flûte, comprend des airs, brunettes, menuets et variations pour deux flûtes traversières, violons et viole. Disponible chez Bayard, Vernadé et Mademoiselle Caftagnery, il contient des morceaux d'effet et d'exécution remarquables. Prix : six livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2906
p. 216
GRAVURE.
Début :
Le sieur Chenu vient de mettre encore au jour une nouvelle Estampe qui a [...]
Mots clefs :
Estampe
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
E fieur Chenu vient de mettre encore
au jour une nouvelle Eftampe qui a
pour titre La Moiffon on l'Eté. Il l'a
gravée d'après le Tableau original de A.
D. Velde , qui fe trouve dans le Cabinet
de fon Ex. Mgr. le Comte de Bruhl , Premier
Miniftre de S. M. le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Nous croyons qu'elle
mérite l'approbation des Connoiffeurs. On
la vend chez l'Auteur , rue de la Harpe ,
près le paffage des Jacobins , vis- à-vis le
caffé de Condé.
Nous annonçons une autre belle Eftampe
repréfentant Jefus Chrift reffufcité ;
elle eft gravée par Salvador , Penfionnaire
du Roi d'Efpagne , à Paris , d'après le
Tableau de M. Carlo- Vanloo , qu'on voit
dans le Cabinet de M. de Julienne.
E fieur Chenu vient de mettre encore
au jour une nouvelle Eftampe qui a
pour titre La Moiffon on l'Eté. Il l'a
gravée d'après le Tableau original de A.
D. Velde , qui fe trouve dans le Cabinet
de fon Ex. Mgr. le Comte de Bruhl , Premier
Miniftre de S. M. le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Nous croyons qu'elle
mérite l'approbation des Connoiffeurs. On
la vend chez l'Auteur , rue de la Harpe ,
près le paffage des Jacobins , vis- à-vis le
caffé de Condé.
Nous annonçons une autre belle Eftampe
repréfentant Jefus Chrift reffufcité ;
elle eft gravée par Salvador , Penfionnaire
du Roi d'Efpagne , à Paris , d'après le
Tableau de M. Carlo- Vanloo , qu'on voit
dans le Cabinet de M. de Julienne.
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Résumé : GRAVURE.
Deux gravures sont annoncées. La première, 'La Moisson en l'Été', par Chenu d'après van de Velde, appartient au Comte de Bruhl. La seconde, 'Jésus-Christ ressuscité', par Salvador d'après Vanloo, est dans la collection de Monsieur de Julienne. Les gravures sont disponibles à l'achat chez l'auteur, rue de la Harpe.
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2907
p. 217
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
Les Comédiens François ont repris Nanine, Comédie en trois Actes de [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Voltaire
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texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
Es Comédiens François ont repris
Lanine , Comédie en trois Actes de
M. de Voltaire , qui eft auffi applaudie
qu'elle eft bien jouée. Ils ont remis fucceffivement
au Théâtre la Coupe Enchantée ;
petite piece dont la premiere moitié eft des
plus faillantes , & qui n'avoit pas été jouée
depuis plus de vingt ans. Mlle Beaumenard
y eft charmante dans le rôle du jeune homme.
Les mêmes Comédiens fe préparent à
donner inceffamment Aftianax , Tragédie
nouvelle de M. de Châteaubrun . Les voyages
de la Cour ne leur ont pas permis de
reprendre les Troyennes , ni Philoctete du
même Auteur , comme nous l'avions annoncé
d'après leur premier arrangement.
Es Comédiens François ont repris
Lanine , Comédie en trois Actes de
M. de Voltaire , qui eft auffi applaudie
qu'elle eft bien jouée. Ils ont remis fucceffivement
au Théâtre la Coupe Enchantée ;
petite piece dont la premiere moitié eft des
plus faillantes , & qui n'avoit pas été jouée
depuis plus de vingt ans. Mlle Beaumenard
y eft charmante dans le rôle du jeune homme.
Les mêmes Comédiens fe préparent à
donner inceffamment Aftianax , Tragédie
nouvelle de M. de Châteaubrun . Les voyages
de la Cour ne leur ont pas permis de
reprendre les Troyennes , ni Philoctete du
même Auteur , comme nous l'avions annoncé
d'après leur premier arrangement.
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Résumé : COMEDIE FRANÇOISE.
Les Comédiens Français ont repris 'Lanine' de Voltaire et 'La Coupe Enchantée', absente des scènes depuis plus de vingt ans. Mlle Beaumenard a été remarquée dans cette dernière pièce. Ils se préparent à jouer 'Astianax' de M. de Châteaubrun. Les voyages de la Cour ont retardé la reprise des pièces 'Les Troyennes' et 'Philoctète'.
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2908
p. 218
COMEDIE ITALIENNE.
Début :
Les Comédiens Italiens ont continué jusqu'ici l'Epouse suivante. Elle est actuellement [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens
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texteReconnaissance textuelle : COMEDIE ITALIENNE.
COMEDIE
ITALIENNE
.
LES
Es Comédiens
Italiens ont continué
juſqu'ici l'Eponſeſuivante. Elle eft actuellement
fuivie des Fêtes Parifiennes
qui
ont été données pour la premiere fois le 29 Novembre
, à l'occafion de la Naiffance
de Monfeigneur
le Comte de Provence.
Les Scenes qui les amenent font de M.
Chevrier ; & le Ballet qu'on a trouvé aufſi
agréable que bien décoré , eft de M. Dehelle.
Nous rendrons au plutôt un compre
plus détaillé de ce divertiffement
, ainfi
que de l'Epoufe Suivante .
Voici des Couplets de M. Guérin qu'on
a chantés au même fpectacle le jour de la
Nailfance du nouveau Prince.
ITALIENNE
.
LES
Es Comédiens
Italiens ont continué
juſqu'ici l'Eponſeſuivante. Elle eft actuellement
fuivie des Fêtes Parifiennes
qui
ont été données pour la premiere fois le 29 Novembre
, à l'occafion de la Naiffance
de Monfeigneur
le Comte de Provence.
Les Scenes qui les amenent font de M.
Chevrier ; & le Ballet qu'on a trouvé aufſi
agréable que bien décoré , eft de M. Dehelle.
Nous rendrons au plutôt un compre
plus détaillé de ce divertiffement
, ainfi
que de l'Epoufe Suivante .
Voici des Couplets de M. Guérin qu'on
a chantés au même fpectacle le jour de la
Nailfance du nouveau Prince.
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Résumé : COMEDIE ITALIENNE.
Le texte évoque des comédies italiennes et des fêtes parisiennes célébrant la naissance du Comte de Provence le 29 novembre. Les scènes sont de M. Chevrier et le ballet, agréable et bien décoré, de M. Dehelle. Des couplets de M. Guérin ont été chantés à cette occasion. Des détails supplémentaires sur ces divertissements seront fournis ultérieurement.
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2909
p. 219-220
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le 8 de ce mois, jour de la Conception, le Concert commença par [...]
Mots clefs :
Concert
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
ES de ce mois , jour de la Concep-
Lo › tion le Concert commença par
une fymphonie des Pieces de clavecin de
M. Mondonville . Enfuite Deus nofter
refugium , Motet à grand choeur de M. Cordelet.
Madame Veftris de Giardini chanta
deux airs Italiens . On exécuta une fimphonie
nouvelle . Mlle Fel chanta un petit
Motet de M. Martin . M. Balbâtre joua fur
l'orgue un nouveau Concerto de fa compofition
qui fut très - applaudi . Le Concert
Kij
220 MERCURE
DE FRANCE.
finit par Cali enarrant , Motet à grand
choeur de M. Mondonville .
ES de ce mois , jour de la Concep-
Lo › tion le Concert commença par
une fymphonie des Pieces de clavecin de
M. Mondonville . Enfuite Deus nofter
refugium , Motet à grand choeur de M. Cordelet.
Madame Veftris de Giardini chanta
deux airs Italiens . On exécuta une fimphonie
nouvelle . Mlle Fel chanta un petit
Motet de M. Martin . M. Balbâtre joua fur
l'orgue un nouveau Concerto de fa compofition
qui fut très - applaudi . Le Concert
Kij
220 MERCURE
DE FRANCE.
finit par Cali enarrant , Motet à grand
choeur de M. Mondonville .
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le concert spirituel du début du mois, célébré le jour de la Conception, a commencé par une symphonie de Mondonville et le motet 'Deus nostrum refugium' de Cordelet. Madame Vestris de Giardini a interprété deux airs italiens. Mlle Fel a chanté un motet de Martin, et M. Balbâtre a joué un concerto à l'orgue. Le concert s'est conclu par le motet 'Caeli enarrant' de Mondonville.
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2910
p. 220-223
PRECIS de la Tragédie de Justin, représentée au College de louis le Grand par les Pensionnaires, le 6 Août 1755.
Début :
On nous a envoyé trop tard l'extrait de cette Tragédie. L'abondance des [...]
Mots clefs :
Tragédie, Empereur, Collège de Louis le Grand, Pensionnaires
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texteReconnaissance textuelle : PRECIS de la Tragédie de Justin, représentée au College de louis le Grand par les Pensionnaires, le 6 Août 1755.
PRECIS de la Tragédie de Juftin , repréfentée
au College de Louis le Grand par
Penfionnaires , le 6 Août 1755 .
ΟOde cette Tragedie . L'abondance des
N nous a envoyé trop tard l'extrait
matieres qui nous font furvenues , nous
ont obligé de le réduire à un précis ou plutôt
à un Programme , pour ne pas le reculer
davantage .
La Scene eft à Conftantinople dans le
Palais d'Anaftafe. L'Auteur peint cet Empereur
d'après l'Hiftoire comme un Prince
impie , cruel , ombrageux. Une fédition
dans laquelle , pour calmer le peuple , il
s'étoit dépouillé des marques de fa dignité,
l'irrite vivement , & reveille fes foupçons
contre Juftin . Celui - ci , Thrace d'origine
, & d'une nailfance obfcure , s'eft vu
élever par dégrés aux premieres dignités
de l'Empire . Son attachement à la foi , &
fa générofité lui ont acquis l'eftime &
I amour des Citoyens . Quoiqu'innocent
il eft fur le point de périr avec Juftinien
fon neveu , lorfqu'Anaftafe
dont mille
Longes affreux avoient jufqu'alors fufpen
DECEMBRE . 1755. 221
du la vengeance , eft frappé d'un coup de
tonnere. Le P. Geoffroi , l'un des Profeffeurs
de Rhétorique , a travaillé fur ce
fonds avec fuccès. Il a pris les Grecs pour
modeles , & les a heureufement imités.
Il n'a changé l'Hiftoire que dans un point;
c'eft dans le genre de mort dont Anaſtaſe
eft frappé.
Cet Empereur ouvre la Scene avec
Adrafte , Miniftre & Confident digne d'un
tel maître. Le peuple eft prêt à fe révolter.
Anaftafe témoigne fes allarmes fur cette
émeute au perfide Adrafte qui en eft l'auteur
fecret , & dont l'adreffe fcélérate fait
tomber le foupçon fur Juftin . Le Tyran
effrayé ordonne qu'on faffe entrer dans
Conftantinople les troupes étrangeres dévouées
à fa vengeance. Cependant Juftin
appaife l'orage excité par les fourdes intrigues
d'Adrafte & de Vitallien. L'Empereur
eft dépouillé des marques de fa dignité
& couvert de honte ; mais Juftin rejette
avec fermeté les hommages & le
fceptre qu'on lui préfente. Anaftafe raffermi
fur le Trône , rentre dans fon premier
caractere , & oubliant ce qu'il doit à
ce Héros , lui ordonne de juger Mégiſte
fon ami , qui lui a offert la Couronne. La
cruauté d'Anaſtaſe va plus loin : on eft fur
le point de voir périr Justin ainfi que Mé-
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
gifte par l'ordre de l'Empereur. Mais le
peuple qui veille à leur confervation , s'eſt
faifi de Trafille dont la vie doit répondre
pour la leur . Anaftafe court délivrer le
Prince fon neveu , mais il fe trouve invefti
de toutes parts par fes fujets , par
Vitallien à la tête des troupes étrangeres ,
& par Adrafte qui leve le mafque. Juſtin
vole une feconde fois au fecours du Tyran
qui avoit juré fa perte. Adrafte convaincu
de perfidie fubit le châtiment qu'il a mérité
, Trafille eft tué dans le combat , &
l'Empereur bleffé à mort , eft forcé de remettre
fon fceptre entre les mains de Juftin
plus digne de le porter. Ce dénouement
heureux fatisfait tous les fpectateurs,
& la piece entiere fait honneur au P. Geoffroi
par fa conduite & par les détails . Le
rôle d'Anaftafe a été parfaitement rendu
par M. le Vaffeur . Il mérite d'autant plus
d'éloge , qu'il n'en avoit été chargé que fix
jours avant la repréfentation de la Tragédie.
La maladie furvenue lors de l'exercice
à M. Guerin , occafionna au nouvel
Acteur un redoublement de travail & d'applaudiffemens
dont un pere refpectable a
partagé la joie. M. de Quinfonas fils de
M le Premier Préfident du Parlement de
Befançon , s'eft furpaffé dans celui de Juſtin.
MM. de Villefranche & Chalon ont
DECEMBRE. 1755. 223
rempli avec force les perfonnages d'Adrafte
& de Vitallien ; M. Varnier ne s'eft
pas moins bien acquitté de celui de Mégifte
, & MM. Miran & Thevenin ont été
également applaudis , l'un dans le rôle
de Trafille , & l'autre dans celui de Juftinien
.
On exécuta dans les entr'actes un Ballet
intitulé , la Profpérité. M. Dupré le
jeune & M. Dourdet en avoient compofé
les pas , & le P. Geoffroi , en avoit donné
l'idée. Il l'avoit partagé en quatre entrées
qui formoient chacune les différens caracteres
de la Profpérité avec autant de jufteffe
que d'efprit.
10. Les impreffions que fait une profpérité
naiffante . 2 °. Les avantages que
produit une profpérité bien établie. 3 ° . Les
vices qui déshonorent une profpérité mal
employée. 4°. Les reffources qui peuvent
rétablir une profpérité chancelante. Le ralent
de M. la Riviere , Directeur des Ballets
de la Comédie Françoife , brilla furtout
dans cette fête , & contribuà le plus
à fa réuffite. Après la diftribution des Prix
fondés par Sa Majefté , la Séance fut
agréablement
couronnée par un feu Chinois
de la compofition des fieurs Ruggieri.
au College de Louis le Grand par
Penfionnaires , le 6 Août 1755 .
ΟOde cette Tragedie . L'abondance des
N nous a envoyé trop tard l'extrait
matieres qui nous font furvenues , nous
ont obligé de le réduire à un précis ou plutôt
à un Programme , pour ne pas le reculer
davantage .
La Scene eft à Conftantinople dans le
Palais d'Anaftafe. L'Auteur peint cet Empereur
d'après l'Hiftoire comme un Prince
impie , cruel , ombrageux. Une fédition
dans laquelle , pour calmer le peuple , il
s'étoit dépouillé des marques de fa dignité,
l'irrite vivement , & reveille fes foupçons
contre Juftin . Celui - ci , Thrace d'origine
, & d'une nailfance obfcure , s'eft vu
élever par dégrés aux premieres dignités
de l'Empire . Son attachement à la foi , &
fa générofité lui ont acquis l'eftime &
I amour des Citoyens . Quoiqu'innocent
il eft fur le point de périr avec Juftinien
fon neveu , lorfqu'Anaftafe
dont mille
Longes affreux avoient jufqu'alors fufpen
DECEMBRE . 1755. 221
du la vengeance , eft frappé d'un coup de
tonnere. Le P. Geoffroi , l'un des Profeffeurs
de Rhétorique , a travaillé fur ce
fonds avec fuccès. Il a pris les Grecs pour
modeles , & les a heureufement imités.
Il n'a changé l'Hiftoire que dans un point;
c'eft dans le genre de mort dont Anaſtaſe
eft frappé.
Cet Empereur ouvre la Scene avec
Adrafte , Miniftre & Confident digne d'un
tel maître. Le peuple eft prêt à fe révolter.
Anaftafe témoigne fes allarmes fur cette
émeute au perfide Adrafte qui en eft l'auteur
fecret , & dont l'adreffe fcélérate fait
tomber le foupçon fur Juftin . Le Tyran
effrayé ordonne qu'on faffe entrer dans
Conftantinople les troupes étrangeres dévouées
à fa vengeance. Cependant Juftin
appaife l'orage excité par les fourdes intrigues
d'Adrafte & de Vitallien. L'Empereur
eft dépouillé des marques de fa dignité
& couvert de honte ; mais Juftin rejette
avec fermeté les hommages & le
fceptre qu'on lui préfente. Anaftafe raffermi
fur le Trône , rentre dans fon premier
caractere , & oubliant ce qu'il doit à
ce Héros , lui ordonne de juger Mégiſte
fon ami , qui lui a offert la Couronne. La
cruauté d'Anaſtaſe va plus loin : on eft fur
le point de voir périr Justin ainfi que Mé-
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
gifte par l'ordre de l'Empereur. Mais le
peuple qui veille à leur confervation , s'eſt
faifi de Trafille dont la vie doit répondre
pour la leur . Anaftafe court délivrer le
Prince fon neveu , mais il fe trouve invefti
de toutes parts par fes fujets , par
Vitallien à la tête des troupes étrangeres ,
& par Adrafte qui leve le mafque. Juſtin
vole une feconde fois au fecours du Tyran
qui avoit juré fa perte. Adrafte convaincu
de perfidie fubit le châtiment qu'il a mérité
, Trafille eft tué dans le combat , &
l'Empereur bleffé à mort , eft forcé de remettre
fon fceptre entre les mains de Juftin
plus digne de le porter. Ce dénouement
heureux fatisfait tous les fpectateurs,
& la piece entiere fait honneur au P. Geoffroi
par fa conduite & par les détails . Le
rôle d'Anaftafe a été parfaitement rendu
par M. le Vaffeur . Il mérite d'autant plus
d'éloge , qu'il n'en avoit été chargé que fix
jours avant la repréfentation de la Tragédie.
La maladie furvenue lors de l'exercice
à M. Guerin , occafionna au nouvel
Acteur un redoublement de travail & d'applaudiffemens
dont un pere refpectable a
partagé la joie. M. de Quinfonas fils de
M le Premier Préfident du Parlement de
Befançon , s'eft furpaffé dans celui de Juſtin.
MM. de Villefranche & Chalon ont
DECEMBRE. 1755. 223
rempli avec force les perfonnages d'Adrafte
& de Vitallien ; M. Varnier ne s'eft
pas moins bien acquitté de celui de Mégifte
, & MM. Miran & Thevenin ont été
également applaudis , l'un dans le rôle
de Trafille , & l'autre dans celui de Juftinien
.
On exécuta dans les entr'actes un Ballet
intitulé , la Profpérité. M. Dupré le
jeune & M. Dourdet en avoient compofé
les pas , & le P. Geoffroi , en avoit donné
l'idée. Il l'avoit partagé en quatre entrées
qui formoient chacune les différens caracteres
de la Profpérité avec autant de jufteffe
que d'efprit.
10. Les impreffions que fait une profpérité
naiffante . 2 °. Les avantages que
produit une profpérité bien établie. 3 ° . Les
vices qui déshonorent une profpérité mal
employée. 4°. Les reffources qui peuvent
rétablir une profpérité chancelante. Le ralent
de M. la Riviere , Directeur des Ballets
de la Comédie Françoife , brilla furtout
dans cette fête , & contribuà le plus
à fa réuffite. Après la diftribution des Prix
fondés par Sa Majefté , la Séance fut
agréablement
couronnée par un feu Chinois
de la compofition des fieurs Ruggieri.
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Résumé : PRECIS de la Tragédie de Justin, représentée au College de louis le Grand par les Pensionnaires, le 6 Août 1755.
Le texte relate la représentation de la tragédie 'Juftin' au Collège de Louis le Grand le 6 août 1755 par les pensionnaires. Initialement prévue comme un extrait, la pièce a été réduite à un programme en raison de l'abondance des matières et des délais. L'action se déroule à Constantinople, dans le palais d'Anastase, un empereur impie, cruel et ombrageux. Une sédition pousse Anastase à se dépouiller des marques de sa dignité pour apaiser le peuple, mais cela réveille ses soupçons contre Justin, un Thrace d'origine modeste élevé aux plus hautes dignités de l'Empire grâce à sa foi et à sa générosité. La pièce commence avec Anastase et Adraste, son ministre et confident. Le peuple est prêt à se révolter, et Adraste, auteur secret de l'émeute, fait retomber les soupçons sur Justin. Anastase ordonne l'entrée de troupes étrangères pour réprimer la révolte. Justin apaise l'orage causé par les intrigues d'Adraste et de Vitalien. Anastase, rétabli sur le trône, ordonne à Justin de juger Mégiste, un ami qui lui a offert la couronne. Le peuple, veillant à la conservation de Justin et de Mégiste, se soulève. Anastase est blessé et contraint de remettre le sceptre à Justin, plus digne de le porter. Adraste est puni pour sa perfidie, et Trafille est tué dans le combat. Les rôles principaux ont été interprétés par des élèves du collège. M. le Vasseur a joué Anastase et a été félicité pour sa performance malgré un délai de préparation court. M. de Quinfonas a excellé dans le rôle de Justin. Les rôles d'Adraste et de Vitalien ont été joués par MM. de Villefranche et Chalon, tandis que M. Varnier a interprété Mégiste. MM. Miran et Thevenin ont été applaudis pour leurs rôles de Trafille et de Justinien, respectivement. Des ballets intitulés 'La Prosperité' ont été exécutés entre les actes, composés par M. Dupré le jeune et M. Dourdet, sous la direction du P. Geoffroi. Ces ballets illustraient différents aspects de la prospérité. La séance s'est conclue par une distribution de prix et un feu d'artifice chinois des frères Ruggieri.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2911
p. 220-222
PHYSIQUE. Lettre de M. Ferrand, Maître-ès-Arts de la Faculté de Paris, & Chirurgien à l'Hôtel Royal des Invalides, à M. Vacher, Docteur en Médecine, sur la mort d'un homme, occasionnée par le tonnerre.
Début :
Monsieur, connoissant votre goût pour la Physique, & l'avidité avec laquelle [...]
Mots clefs :
Causes physiques, Tonnerre, Mort, Autopsie du cadavre, Soldat invalide, Observation médicale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PHYSIQUE. Lettre de M. Ferrand, Maître-ès-Arts de la Faculté de Paris, & Chirurgien à l'Hôtel Royal des Invalides, à M. Vacher, Docteur en Médecine, sur la mort d'un homme, occasionnée par le tonnerre.
PHYSIQUE.
LETTRE de M. Ferrand , Maître-ès-Arts
de la Faculté de Paris , & Chirurgien à
l'Hôtel Royal des Invalides , à MVacher,
Docteur en Médecine , fur la mort d'un
homme , occafionnée par le tonnerre.
Monfieur , connoiffant votre goût pour la
Phyfique , & l'avidité avec laquelle vous ſaiſillez
JU IN. 1756.
227
tous les objets qui ont rapport à votre art, j'ai cru
devoir vous communiquer ce qui a été obſervé à
l'ouverture du cadavre d'un Soldat Invalide , tué
par le tonnerre le 22 Mai.
Une petite portion de cheveux brûlés au côté
gauche de la tête , & une ( 1 ) échymofe affez confidérable
aux paupieres de l'oeil droit , firent d'abord
foupçonner que le coup avoit exercé fon
action fur le crâne & fur le cerveau ; ce qui déter
mina M. Guerin , Chirurgien - Major des Moufquetaires
, à examiner l'un & l'autre ' : mais il n'y
trouva rien qui pût vérifier le foupçon . Il n'y
avoit point de fente à la boîte offeuſe , point de
fracture , point de contufion. Le cerveau , avec fa
couleur & fa confiftance naturelle , paroiffoit n'avoir
fouffert aucun ébranlement . Il n'y avoit
point d'épanchement dans fes ventricules , ni fur
aucune partie de fa fubftance ; les vaiffeaux étoient
feulement engorgés comme ils le font à la fuite
des morts violentes : en un mot , le cervelet & la
moëlle alongée étoient abfolument fains .
On fut donc obligé de tourner fes recherches
du côté de la poitrine. J'en fis moi- même l'ouverture.
Le coeur étoit en bon état auffi -bien que
le lobe droit du poulmon ; mais le lobe gauche
étoit affaiffé , & les trois quarts environ de fa furface
poftérieure étoient couverts d'une tache violette
tirant fur le noir.
Je penfe , Monfieur , què d'après ce petit expofé
, on pourra deviner la caufe de la mort de cet
homme : l'affaiffement du lobe gauche du poulmon
femble l'indiquer. En effet , ne pare it- il , pas
vraisemblable qu'il a été étouffé foit par la vapeur
(1) Tache noire à la peau occafionnée par l'effe
fion du fang hors de fes vaiſſeaux.
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
foufre , qui , au fentiment des Phyficiens , eft un
poifon très-prompt pour tous les animaux , foir
par le défaut d'air . Car ne pourroit-on pas dire auffi
que lorfque la foudre , dans l'inftant de la détonation
aura chaffé ce fluide en le privant de fon
élafticité , cet homme ſe ſera trouvé dans un vuide
parfait , & qu'il fera mort de la même maniere
que les animaux que l'on enferme fous le récipient
de la machine pneumatique ?
Je pafferois les bornes que je me fuis prefcrites ,
fi je faifois les frais d'une differtation en regle.
Mon but a feulement été de vous faire part de
l'obſervation pour vous laiffer le foin d'en raifonner.
J'ai l'honneur d'être , & c .
LETTRE de M. Ferrand , Maître-ès-Arts
de la Faculté de Paris , & Chirurgien à
l'Hôtel Royal des Invalides , à MVacher,
Docteur en Médecine , fur la mort d'un
homme , occafionnée par le tonnerre.
Monfieur , connoiffant votre goût pour la
Phyfique , & l'avidité avec laquelle vous ſaiſillez
JU IN. 1756.
227
tous les objets qui ont rapport à votre art, j'ai cru
devoir vous communiquer ce qui a été obſervé à
l'ouverture du cadavre d'un Soldat Invalide , tué
par le tonnerre le 22 Mai.
Une petite portion de cheveux brûlés au côté
gauche de la tête , & une ( 1 ) échymofe affez confidérable
aux paupieres de l'oeil droit , firent d'abord
foupçonner que le coup avoit exercé fon
action fur le crâne & fur le cerveau ; ce qui déter
mina M. Guerin , Chirurgien - Major des Moufquetaires
, à examiner l'un & l'autre ' : mais il n'y
trouva rien qui pût vérifier le foupçon . Il n'y
avoit point de fente à la boîte offeuſe , point de
fracture , point de contufion. Le cerveau , avec fa
couleur & fa confiftance naturelle , paroiffoit n'avoir
fouffert aucun ébranlement . Il n'y avoit
point d'épanchement dans fes ventricules , ni fur
aucune partie de fa fubftance ; les vaiffeaux étoient
feulement engorgés comme ils le font à la fuite
des morts violentes : en un mot , le cervelet & la
moëlle alongée étoient abfolument fains .
On fut donc obligé de tourner fes recherches
du côté de la poitrine. J'en fis moi- même l'ouverture.
Le coeur étoit en bon état auffi -bien que
le lobe droit du poulmon ; mais le lobe gauche
étoit affaiffé , & les trois quarts environ de fa furface
poftérieure étoient couverts d'une tache violette
tirant fur le noir.
Je penfe , Monfieur , què d'après ce petit expofé
, on pourra deviner la caufe de la mort de cet
homme : l'affaiffement du lobe gauche du poulmon
femble l'indiquer. En effet , ne pare it- il , pas
vraisemblable qu'il a été étouffé foit par la vapeur
(1) Tache noire à la peau occafionnée par l'effe
fion du fang hors de fes vaiſſeaux.
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
foufre , qui , au fentiment des Phyficiens , eft un
poifon très-prompt pour tous les animaux , foir
par le défaut d'air . Car ne pourroit-on pas dire auffi
que lorfque la foudre , dans l'inftant de la détonation
aura chaffé ce fluide en le privant de fon
élafticité , cet homme ſe ſera trouvé dans un vuide
parfait , & qu'il fera mort de la même maniere
que les animaux que l'on enferme fous le récipient
de la machine pneumatique ?
Je pafferois les bornes que je me fuis prefcrites ,
fi je faifois les frais d'une differtation en regle.
Mon but a feulement été de vous faire part de
l'obſervation pour vous laiffer le foin d'en raifonner.
J'ai l'honneur d'être , & c .
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Résumé : PHYSIQUE. Lettre de M. Ferrand, Maître-ès-Arts de la Faculté de Paris, & Chirurgien à l'Hôtel Royal des Invalides, à M. Vacher, Docteur en Médecine, sur la mort d'un homme, occasionnée par le tonnerre.
La lettre de M. Ferrand, Maître-ès-Arts de la Faculté de Paris et chirurgien à l'Hôtel Royal des Invalides, adressée à M. Vacher, Docteur en Médecine, décrit l'autopsie d'un soldat invalide tué par la foudre le 22 mai 1756. Les premières observations notaient des cheveux brûlés et une ecchymose sur la paupière droite, suggérant une action du coup sur le crâne et le cerveau. Cependant, l'examen du crâne et du cerveau n'a révélé aucune fracture, contusion ou épanchement. Le cerveau semblait intact, et les vaisseaux sanguins étaient engorgés, comme souvent observé dans les morts violentes. Les recherches se sont ensuite orientées vers la poitrine. Le cœur et le lobe droit du poumon étaient en bon état, mais le lobe gauche du poumon était affaissé, avec environ trois quarts de sa surface postérieure couverts d'une tache violette tirant sur le noir. M. Ferrand suggère que cet affaissement pourrait être la cause de la mort, soit par l'effet toxique de la vapeur soufrée libérée par la foudre, soit par un manque d'air dû à la perte d'élasticité du fluide pulmonaire. Il conclut en laissant à M. Vacher le soin de réfléchir sur cette observation.
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2912
p. 217
Compliment de Dom Couthaud à Monseigneur le Dauphin.
Début :
Monseigneur, ce Temple doit tout ce qu'il est à votre protection [...]
Mots clefs :
Dom Couthaud, Monseigneur le Dauphin
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texteReconnaissance textuelle : Compliment de Dom Couthaud à Monseigneur le Dauphin.
Compliment de Dom Couthaud à Monseigneur le
Dauphin.
Monfeigneur , ce Temple doit tout ce qu'il eff
à votre protection & à vos bienfaits ; auffi fera- ce
un monument précieux & durable de votre piété :
votre nom y eft gravé fur le marbre & fur l'airain
, en mémoire des deux Cérémonies que vous
avez daigné y honorer de votre préfence. Vos
bontés le font bien plus profondément dans le
coeur de celles qui en font les pierres vivantes :
que de voeux n'y ont- elles déja pas offert , & n'y
offriront- elles pas chaque jour pour le bonheur
d'un Prince , leur protecteur & leur bienfaicteur
l'amour & les délices de toute la France !
Dauphin.
Monfeigneur , ce Temple doit tout ce qu'il eff
à votre protection & à vos bienfaits ; auffi fera- ce
un monument précieux & durable de votre piété :
votre nom y eft gravé fur le marbre & fur l'airain
, en mémoire des deux Cérémonies que vous
avez daigné y honorer de votre préfence. Vos
bontés le font bien plus profondément dans le
coeur de celles qui en font les pierres vivantes :
que de voeux n'y ont- elles déja pas offert , & n'y
offriront- elles pas chaque jour pour le bonheur
d'un Prince , leur protecteur & leur bienfaicteur
l'amour & les délices de toute la France !
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Résumé : Compliment de Dom Couthaud à Monseigneur le Dauphin.
Dom Couthaud remercie Monseigneur le Dauphin pour sa protection et ses bienfaits. Le Temple honore sa piété, marquée par sa présence à deux cérémonies. Les membres du Temple, appelés 'pierres vivantes', souhaitent son bonheur et soulignent l'amour qu'il inspire en France.
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2913
p. 218
Autre Compliment de Dom Couthaud à Madame.
Début :
Madame, une grande partie de la pompe de cette Cérémonie, [...]
Mots clefs :
Dom Couthaud
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texteReconnaissance textuelle : Autre Compliment de Dom Couthaud à Madame.
Autre Compliment de Dom Couthaud à Madame.
Madame , une grande partie de la pompe de
cette Cérémonie , lui vient de l'éclat de votre
préfence & de celui du nom que vous venez y
donner. Les Vierges de ce Sanctuaire reçoivent en
cette occafion une marque bien glorieuſe de votre
bienveillance pour elles : daignez recevoir ici les
premices de leur reconnoiffance , de leur empreffement
& du profond refpect dont elles vont
yous affurer elles-mêmes.
Madame , une grande partie de la pompe de
cette Cérémonie , lui vient de l'éclat de votre
préfence & de celui du nom que vous venez y
donner. Les Vierges de ce Sanctuaire reçoivent en
cette occafion une marque bien glorieuſe de votre
bienveillance pour elles : daignez recevoir ici les
premices de leur reconnoiffance , de leur empreffement
& du profond refpect dont elles vont
yous affurer elles-mêmes.
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2914
p. 84-87
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Deux choses que j'ai lues, Monsieur, dans votre dernier Mercure d'Août, m'ont [...]
Mots clefs :
Mlle de Car...., Logogriphes, Mercure, Sexe, Grâces
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
LETTRE
A L'AUTEUR DU MERCURE
Deux chofes que j'ai lues , Monfieur
dans votre dernier Mercure d'Août , m'ont
affez piquée pour ne pouvoir me refuſer
à l'envie de vous le dire. Peut-être la
gloire d'occuper un inſtant votre attention
OCTOBRE. 1756. & >
peuty
a-t'elle plus de part que le dépit. La premiere
eft la tromperie de Mlle de Car....
de Toulouſe , pour laquelle je me fentois
une espece de fympathie , qui étoit
être une preuve tacite qu'elle n'étoit pas
fi fille que moi , qui la fuis , Monfieur ,
je vous affure , & la ferai , je crois dans
Tous les fiecles des fiecles ; je fupprime
ainfi foit- il , qui pourroit me faire
foupçonner de ne l'être pas plus que M. le
Riche , à qui je ne pardonne point d'avoir
mafqué fon efprit des graces de mon fexe
& de m'avoir fait prendre peut- être un
grand vifage dans une perruque quarrée
pour un joli minois féminin. Comme
homme vous devez fentir mieux que moi, -
Monfieur , le piquant de la méprife , &
l'inconvénient de ne pouvoir plus même
en Province fe connoître en fille . Celle
qui les taxe , dans ce même Mercure , de
mal adreffe à rimer , ma paru vouloir donner
à fa poéfie un mérite dont elle n'avoit
pas befoin , & en ôter un à mon fexe que
je crois très-capable d'avoir . Si nous en
faifons moins d'ufage , c'eft qu'on nous
donne trop à croire que nous en avons
mille autres . Nous trouvons plus aifé de
plaire par les agrémens de la figure qu'un
pompon augmente , que par ceux de l'ef
prit qui demandent une étude qui vole
S6 MERCURE DE FRANCE.
roit les momens précieux d'une jolie femme.
Je penſe donc que la rareté des rimeufes
procede plutôt de pareffe que de
manque de talens . Ce n'eft point , Monfieur
, pour joindre la force des preuves à
mon raiſonnement que je vous envoie mes
deux Logogryphes , peut-être feroient- ils
celle du contraire ; c'eft pour faire un paſſeport
à ma Lettre. Je n'imagine pas non plus
que mon courroux foit exprimé d'une
façon à mériter le jour. J'avoue que je
ferois trop flattée qu'il valût un mot de
votre critique vous l'habillez ordinairement
d'une jufteffe & d'une légèreté de
ftyle qui peut apprendre à penfer , & qui
fait plus eftimer la louange ou fon contraire
, que ce qui en fait le fujet . Excufez
, Monfieur , la longueur d'un babil
qui peut faire demi- preuve de mon fexe ;
fi mon nom en étoit une de l'eftime que
j'ai pour les gens d'efprit comme vous ,
Monfieur , je ne le fupprimerois pas.
Nous fommes fi fenfibles aux politeffes
des femmes , quelque exagerées qu'elles
foient , que pour y répondre nous inférons
ici un de ces Logogryphes . Nous ne
fçaurions trop les encourager à parer notre
Recueil de leurs productions. Leur
profe a furtout des graces qui nous font
oublier les négligences de leur poéfie , &
OCTOBRE. 17566 8.7
nous engagent même à corriger celles qui
trop fenfiblement les regles .
A L'AUTEUR DU MERCURE
Deux chofes que j'ai lues , Monfieur
dans votre dernier Mercure d'Août , m'ont
affez piquée pour ne pouvoir me refuſer
à l'envie de vous le dire. Peut-être la
gloire d'occuper un inſtant votre attention
OCTOBRE. 1756. & >
peuty
a-t'elle plus de part que le dépit. La premiere
eft la tromperie de Mlle de Car....
de Toulouſe , pour laquelle je me fentois
une espece de fympathie , qui étoit
être une preuve tacite qu'elle n'étoit pas
fi fille que moi , qui la fuis , Monfieur ,
je vous affure , & la ferai , je crois dans
Tous les fiecles des fiecles ; je fupprime
ainfi foit- il , qui pourroit me faire
foupçonner de ne l'être pas plus que M. le
Riche , à qui je ne pardonne point d'avoir
mafqué fon efprit des graces de mon fexe
& de m'avoir fait prendre peut- être un
grand vifage dans une perruque quarrée
pour un joli minois féminin. Comme
homme vous devez fentir mieux que moi, -
Monfieur , le piquant de la méprife , &
l'inconvénient de ne pouvoir plus même
en Province fe connoître en fille . Celle
qui les taxe , dans ce même Mercure , de
mal adreffe à rimer , ma paru vouloir donner
à fa poéfie un mérite dont elle n'avoit
pas befoin , & en ôter un à mon fexe que
je crois très-capable d'avoir . Si nous en
faifons moins d'ufage , c'eft qu'on nous
donne trop à croire que nous en avons
mille autres . Nous trouvons plus aifé de
plaire par les agrémens de la figure qu'un
pompon augmente , que par ceux de l'ef
prit qui demandent une étude qui vole
S6 MERCURE DE FRANCE.
roit les momens précieux d'une jolie femme.
Je penſe donc que la rareté des rimeufes
procede plutôt de pareffe que de
manque de talens . Ce n'eft point , Monfieur
, pour joindre la force des preuves à
mon raiſonnement que je vous envoie mes
deux Logogryphes , peut-être feroient- ils
celle du contraire ; c'eft pour faire un paſſeport
à ma Lettre. Je n'imagine pas non plus
que mon courroux foit exprimé d'une
façon à mériter le jour. J'avoue que je
ferois trop flattée qu'il valût un mot de
votre critique vous l'habillez ordinairement
d'une jufteffe & d'une légèreté de
ftyle qui peut apprendre à penfer , & qui
fait plus eftimer la louange ou fon contraire
, que ce qui en fait le fujet . Excufez
, Monfieur , la longueur d'un babil
qui peut faire demi- preuve de mon fexe ;
fi mon nom en étoit une de l'eftime que
j'ai pour les gens d'efprit comme vous ,
Monfieur , je ne le fupprimerois pas.
Nous fommes fi fenfibles aux politeffes
des femmes , quelque exagerées qu'elles
foient , que pour y répondre nous inférons
ici un de ces Logogryphes . Nous ne
fçaurions trop les encourager à parer notre
Recueil de leurs productions. Leur
profe a furtout des graces qui nous font
oublier les négligences de leur poéfie , &
OCTOBRE. 17566 8.7
nous engagent même à corriger celles qui
trop fenfiblement les regles .
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Dans une lettre, l'auteur exprime son mécontentement après avoir lu deux informations dans le dernier numéro du Mercure d'août 1756. La première concerne la tromperie de Mlle de Car... de Toulouse, envers qui l'auteur ressentait de la sympathie. Cette sympathie est remise en question, et l'auteur affirme que Mlle de Car... n'est pas la fille de M. le Riche, qu'il accuse de manquer d'esprit et de grâce envers les femmes. L'auteur déplore que les femmes soient souvent jugées sur leur apparence plutôt que sur leur esprit, rendant rares les femmes capables de rimer. L'auteur envoie deux logogryphes pour justifier l'envoi de sa lettre, mais doute que son courroux mérite une critique. Elle admire la justice et la légèreté du style de la critique du Mercure, qui valorise la réflexion. Elle s'excuse pour la longueur de sa lettre et encourage les femmes à contribuer au recueil avec leurs productions, malgré les négligences possibles dans leur poésie.
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2915
p. 223-227
DESCRIPTION de la décoration du Temple de Mars, & du Feu d'artifice que la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer la prise du Fort S. Philippe.
Début :
Le Plan du Temple de Mars représentoit un quarré parfait. [...]
Mots clefs :
Bordeaux, Temple de Mars, Feux d'artifice, Obélisque, Marbre, Dorures, Arcade, Statues, Maréchal de Richelieu, Symbolique
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texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION de la décoration du Temple de Mars, & du Feu d'artifice que la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer la prise du Fort S. Philippe.
DESCRIPTION de la décoration du
Temple de Mars , & du Feu d'artifice que
la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer
la prife du Fort S. Philippe
LE Plan du Temple de Mars repréfentoit un
quarré parfait. Sa hauteur, depuis le pavé jufqu'au
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
deffus de la corniche étoit de vingt-deux pieds ;
au deffus de la corniche ou entablement , & au
pourtour de tout l'édifice régnoit une balustrade
dorée de quatre pieds de hauteur.
Au deffus , & fur le milieu du Temple , s'élevoit
un obélifque de trente-fix pieds de hauteur , furmonté
d'un grand Globe d'artifice de cinq pieds
de diametre.
Toute la hauteur de l'édifice étoit de foixantelept
pieds ; tous les corps maffifs du Temple
étoient peints en marbre Sérancolin , & les tables .
& panneaux en marbre verd antique ; les focles du
Temple & de l'obélifque étoient en grotte.
La façade , du côté de l'Hôtel de Ville , étoit
décorée d'un avant - corps de dix- fept pieds de largeur
,fur un pied fix pouces de faillie , dans le milieu
duquel il y avoit une arcade de neuf pieds de
largeur fur dix-neuf pieds d'élévation , formée
par deux pilaftres de quatre pieds de largeur , à
cadres doiés & ornés des panneaux de relief, fur
lefquels étoient peints & rehauffés en or des trophées
d'armes entrelacées de branches de lauriers.
L'impofte , l'archivolte & les tables qui régnoient
au tour de l'archivolte étoient de relief
doré.
Au deffus de l'arcade étoit placé un grand cartouche
en relief de fix pieds fix pouces de largeur
fur neuf pieds de hauteur, y compris la couronne ,
dans lequel étoient deux écuffons accolés aux Armes
de France & de Navarre , entourées des colliers
des Ordres du Roi ; le cartouche , la couronne
& tous les ornemens étoient dorés , & les écusfons
blazonnés en couleur.
Au bas du cartouche , & joignant l'archivolte ;
fortoient deux chûtes en feftons de feuilles de
laurier , en relief doré , de neuf pieds de longueur,
OCTOBRE. 1756. 225
de l'extrêmité defquelles tomboient des guirlandes
auffi de relief , attachées par des agraites.
Dans le renfoncement de l'arcade , étoit placée
la ftatue de M. le Maréchal de Richelieu fous
les habits du Dieu Mars , l'épée à la main , &
appuyée fur des trophées d'armes mêlés de lauriers
; à côté étoit un génie portant le bâton
de Maréchal de France , & les armes de M. le
Duc de Richelieu ; ce grouppe de bronze peint en
tranfparent , étoit élevé fur un piedeſtal Corinthien
de marbre de Carrare , dans le panneau duquel
on lifoit cette infcription : Marti Gallico
civitas Burdigalenfis pofuit.
Le piedeftal portoit fur trois marches de marbre
blanc , veiné.
De chaque côté de l'avant- corps & dans les
parties fimples , étoient deux grands cadres à
bordures & ceintres dorés , ornés dans leur milieu
d'agraffes , le tout en relief doré de fix pieds
fix pouces de largeur , fur treize pieds de hauteur,
y compris un fecond focle peint en marbre de
Carrare , fur lefquels repofoient deux tableaux de
coloris en tranfparent , dont l'un représentoit
Neptune fortant du fein de la mer , appuyé fur un
rocher , tendant fes bras au Génie de la France
qui lui ôtoit des fers qu'il préfentoit à la ftatue
de M. le Maréchal de Richelieu . Dans le focle
da tranfparent qui étoit au bas du tableau ,
étoient ces mots : Neptunus Mediterraneus. Liberatori
fuo. L'Attique au deffus de ce tableau
étoit ornée & chantournée d'une bordure en relief
doré , au milieu de laquelle on voyoit en tranfparent
colorié les colonnes d'Hercule pofées fur des
rochers , entre lefquels étoient la maffue de ce:
Dieu avec la dépouille du Lion de Némée : autour:
étoient ces mots : Et plus ultrà , pour défignen
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
que
les conquêtes du Roi fur les Anglois s'éten➡
droient au delà de Gibraltar figuré par les colonnes
d'Hercule .
Le fecond tableau auffi en tranfparent à gauche
de l'avant -corps , repréfentoit la ville de Bordeaux
fous la figure d'ure femme couronnée de
tours , couverte d'une robe rouge , parfemée de
croiflans d'argent qui font partie des armes de la
Ville. Cette figure dans une attitude d'admiration
pofoit une couronne de lauriers fur l'écuffon
des armes de Monfeigneur le Maréchal de Richelien
, fupportées par deux Génies , dont l'un tenoit
des palmes , & l'autre le bâton de Maréchal
entouré de lauriers .Cet écuffon repofoit fur des tro.
phées d'armes. A côté de la ville de Bordeaux étoit
un autre Génie appuyé fur les armes de la Ville .
Dans le focle on lifoit cette infcription : Civi
tas Burdigalenfis . Gubernatori invictiffimo. Dans
l'Attique au- deffus , ornée comme la précédente
, étoit peint en tranfparent un grand foleil
rayonnant , prefque tout couvert , & traversé dans
fon milieu par d'épais nuages , avec ces mots :
Tegitur , dum fulmina pariet ; pour repréſenter la
longue modération du Roi dont les Anglois ont
fi longtemps abufé , & le fecret impénétrable
avec lequel Sa Majesté a préparé & difpofé toutes
les opérations d'une campagne dont le fuccès
étonne aujourd'ui l'Angleterre.
Tout ce qui peut rendre plus éclatante une
grande fête , fut employé dans celle- ci avec une
magnificence extraordinaire. Illumination géné
tale , feux devant les portes , grand fouper où
cert femmes furent fervies par deux cens cava-
Jicis , feu d'artifice très- long & très - heureuſement
exécuté , bal mafqué répété dans fix falles
immenfes, tout ce que l'art , lajoie & le zele peuOCTOBRE.
1756. 227
vent inventer fut mis en ufage pour exprimer
Padmiration pour M. de Richelieu , & l'amour pour
le Roi.
Temple de Mars , & du Feu d'artifice que
la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer
la prife du Fort S. Philippe
LE Plan du Temple de Mars repréfentoit un
quarré parfait. Sa hauteur, depuis le pavé jufqu'au
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
deffus de la corniche étoit de vingt-deux pieds ;
au deffus de la corniche ou entablement , & au
pourtour de tout l'édifice régnoit une balustrade
dorée de quatre pieds de hauteur.
Au deffus , & fur le milieu du Temple , s'élevoit
un obélifque de trente-fix pieds de hauteur , furmonté
d'un grand Globe d'artifice de cinq pieds
de diametre.
Toute la hauteur de l'édifice étoit de foixantelept
pieds ; tous les corps maffifs du Temple
étoient peints en marbre Sérancolin , & les tables .
& panneaux en marbre verd antique ; les focles du
Temple & de l'obélifque étoient en grotte.
La façade , du côté de l'Hôtel de Ville , étoit
décorée d'un avant - corps de dix- fept pieds de largeur
,fur un pied fix pouces de faillie , dans le milieu
duquel il y avoit une arcade de neuf pieds de
largeur fur dix-neuf pieds d'élévation , formée
par deux pilaftres de quatre pieds de largeur , à
cadres doiés & ornés des panneaux de relief, fur
lefquels étoient peints & rehauffés en or des trophées
d'armes entrelacées de branches de lauriers.
L'impofte , l'archivolte & les tables qui régnoient
au tour de l'archivolte étoient de relief
doré.
Au deffus de l'arcade étoit placé un grand cartouche
en relief de fix pieds fix pouces de largeur
fur neuf pieds de hauteur, y compris la couronne ,
dans lequel étoient deux écuffons accolés aux Armes
de France & de Navarre , entourées des colliers
des Ordres du Roi ; le cartouche , la couronne
& tous les ornemens étoient dorés , & les écusfons
blazonnés en couleur.
Au bas du cartouche , & joignant l'archivolte ;
fortoient deux chûtes en feftons de feuilles de
laurier , en relief doré , de neuf pieds de longueur,
OCTOBRE. 1756. 225
de l'extrêmité defquelles tomboient des guirlandes
auffi de relief , attachées par des agraites.
Dans le renfoncement de l'arcade , étoit placée
la ftatue de M. le Maréchal de Richelieu fous
les habits du Dieu Mars , l'épée à la main , &
appuyée fur des trophées d'armes mêlés de lauriers
; à côté étoit un génie portant le bâton
de Maréchal de France , & les armes de M. le
Duc de Richelieu ; ce grouppe de bronze peint en
tranfparent , étoit élevé fur un piedeſtal Corinthien
de marbre de Carrare , dans le panneau duquel
on lifoit cette infcription : Marti Gallico
civitas Burdigalenfis pofuit.
Le piedeftal portoit fur trois marches de marbre
blanc , veiné.
De chaque côté de l'avant- corps & dans les
parties fimples , étoient deux grands cadres à
bordures & ceintres dorés , ornés dans leur milieu
d'agraffes , le tout en relief doré de fix pieds
fix pouces de largeur , fur treize pieds de hauteur,
y compris un fecond focle peint en marbre de
Carrare , fur lefquels repofoient deux tableaux de
coloris en tranfparent , dont l'un représentoit
Neptune fortant du fein de la mer , appuyé fur un
rocher , tendant fes bras au Génie de la France
qui lui ôtoit des fers qu'il préfentoit à la ftatue
de M. le Maréchal de Richelieu . Dans le focle
da tranfparent qui étoit au bas du tableau ,
étoient ces mots : Neptunus Mediterraneus. Liberatori
fuo. L'Attique au deffus de ce tableau
étoit ornée & chantournée d'une bordure en relief
doré , au milieu de laquelle on voyoit en tranfparent
colorié les colonnes d'Hercule pofées fur des
rochers , entre lefquels étoient la maffue de ce:
Dieu avec la dépouille du Lion de Némée : autour:
étoient ces mots : Et plus ultrà , pour défignen
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
que
les conquêtes du Roi fur les Anglois s'éten➡
droient au delà de Gibraltar figuré par les colonnes
d'Hercule .
Le fecond tableau auffi en tranfparent à gauche
de l'avant -corps , repréfentoit la ville de Bordeaux
fous la figure d'ure femme couronnée de
tours , couverte d'une robe rouge , parfemée de
croiflans d'argent qui font partie des armes de la
Ville. Cette figure dans une attitude d'admiration
pofoit une couronne de lauriers fur l'écuffon
des armes de Monfeigneur le Maréchal de Richelien
, fupportées par deux Génies , dont l'un tenoit
des palmes , & l'autre le bâton de Maréchal
entouré de lauriers .Cet écuffon repofoit fur des tro.
phées d'armes. A côté de la ville de Bordeaux étoit
un autre Génie appuyé fur les armes de la Ville .
Dans le focle on lifoit cette infcription : Civi
tas Burdigalenfis . Gubernatori invictiffimo. Dans
l'Attique au- deffus , ornée comme la précédente
, étoit peint en tranfparent un grand foleil
rayonnant , prefque tout couvert , & traversé dans
fon milieu par d'épais nuages , avec ces mots :
Tegitur , dum fulmina pariet ; pour repréſenter la
longue modération du Roi dont les Anglois ont
fi longtemps abufé , & le fecret impénétrable
avec lequel Sa Majesté a préparé & difpofé toutes
les opérations d'une campagne dont le fuccès
étonne aujourd'ui l'Angleterre.
Tout ce qui peut rendre plus éclatante une
grande fête , fut employé dans celle- ci avec une
magnificence extraordinaire. Illumination géné
tale , feux devant les portes , grand fouper où
cert femmes furent fervies par deux cens cava-
Jicis , feu d'artifice très- long & très - heureuſement
exécuté , bal mafqué répété dans fix falles
immenfes, tout ce que l'art , lajoie & le zele peuOCTOBRE.
1756. 227
vent inventer fut mis en ufage pour exprimer
Padmiration pour M. de Richelieu , & l'amour pour
le Roi.
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Résumé : DESCRIPTION de la décoration du Temple de Mars, & du Feu d'artifice que la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer la prise du Fort S. Philippe.
Le texte décrit les festivités organisées par la ville de Bordeaux pour célébrer la prise du Fort Saint-Philippe, mettant en avant la décoration du Temple de Mars et un feu d'artifice. Le Temple de Mars était un édifice carré de soixante-sept pieds de hauteur, orné d'une balustrade dorée et d'un obélisque surmonté d'un globe d'artifice. Les matériaux utilisés comprenaient du marbre Sérancolin et du marbre verd antique, avec des décorations en grottes. La façade côté Hôtel de Ville présentait un avant-corps de dix-sept pieds de largeur, avec une arcade de neuf pieds de largeur et dix-neuf pieds d'élévation. Cette arcade était ornée de trophées d'armes et de lauriers. Au-dessus de l'arcade, un cartouche doré affichait les armes de France et de Navarre. Dans l'arcade, une statue du Maréchal de Richelieu en habit de Mars était accompagnée d'un génie portant le bâton de Maréchal. De chaque côté de l'avant-corps, deux tableaux en transparent représentaient Neptune libérant la statue du Maréchal et la ville de Bordeaux couronnant les armes du Maréchal. Ces tableaux étaient ornés de bordures dorées et d'inscriptions latines. La célébration comprenait une illumination générale, des feux devant les portes, un grand souper servi par deux cents cavaliers, un feu d'artifice et des bals masqués dans six salles immenses. Cette fête visait à exprimer l'admiration pour le Maréchal de Richelieu et l'amour pour le Roi.
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2916
p. 234-235
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, il arrive tous les jours aux gens de Robe & [...]
Mots clefs :
Finances, Tableau, Arrêts, Déclarations, Édits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DU MERCURE.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Monfieur , il arrive tous les jours aux gens
de Robe & de Finance , & à des Particuliers
même , d'avoir befoin dans des opérations , des
EPOQUES des Dixiemes , Cinquantieme , Vingtiemes
des deux fols pour livre en fus du dernier
Dixieme. La difficulté eft de trouver ſous ſa main
dans l'inftant qu'on en a befoin , les différens
Edits , Arrêts & Déclarations qui les ont établis
& fupprimés. Ceux qui n'en ont pas fouvent befoin
, donnent avec peine quatre livres ou cent
fols , pour fe procurer ces pièces chez les Libraires
qui en ont fait la collection , & qui ne les donnent
pas à bon marché : l'épreuve que j'en ai faite
m'a donné l'idée de dreffer le petit tableau que je
vous envoie ; & comme la Société peut y trouver
de l'utilité , j'ai cru qu'il pourroit tenir une
place dans le Mercure .
J'ai l'honneur d'être , & c.
DELAGRAVE , Commiſſaire au Châtelet.
Monfieur , il arrive tous les jours aux gens
de Robe & de Finance , & à des Particuliers
même , d'avoir befoin dans des opérations , des
EPOQUES des Dixiemes , Cinquantieme , Vingtiemes
des deux fols pour livre en fus du dernier
Dixieme. La difficulté eft de trouver ſous ſa main
dans l'inftant qu'on en a befoin , les différens
Edits , Arrêts & Déclarations qui les ont établis
& fupprimés. Ceux qui n'en ont pas fouvent befoin
, donnent avec peine quatre livres ou cent
fols , pour fe procurer ces pièces chez les Libraires
qui en ont fait la collection , & qui ne les donnent
pas à bon marché : l'épreuve que j'en ai faite
m'a donné l'idée de dreffer le petit tableau que je
vous envoie ; & comme la Société peut y trouver
de l'utilité , j'ai cru qu'il pourroit tenir une
place dans le Mercure .
J'ai l'honneur d'être , & c.
DELAGRAVE , Commiſſaire au Châtelet.
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Résumé : A L'AUTEUR DU MERCURE.
Delagrave, Commissaire au Châtelet, souligne la difficulté à accéder rapidement aux édits et arrêts relatifs aux Dixièmes, Cinquantièmes, Vingtièmes et aux deux sols pour livre. Ces documents sont essentiels pour les opérations financières ou juridiques. Delagrave propose un tableau pour faciliter cet accès et suggère sa publication dans le Mercure.
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2917
p. 224-227
SUPPLEMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Nous avons annoncé le mois dernier l'établissement de l'hôpital de [...]
Mots clefs :
Duc de Biron, Registres de l'hôpital, États de santé, Guérison, Maux de tête, Urètre, Engorgement, Pustules, Traitement, Sortie des malades
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLEMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
1
NOUouSs avons annoncé le mois dernier l'établifſement
de l'hôpital de M. le Duc de Biron , &
promis de rendre au Public le compte le plus
exact & le plus fidele des maladies & traitemens
par les dragées du ſieur Keyfer. En conféquence
voici le compte du premier traitement fait fous
les yeux de MM. Morand , Guerin , Faget , du
Fouard, & autres..
:
EXTRAIT des Regiſtres de l'hôpital de M.
le Duc de Biron.
Le 18 Novembre 1756 , il entra dans ledit hôpital
douze ſoldats du Régiment desGardes. Nous
croyons en devoir rapporter les noms , l'état où
FEVRIER . 1757 . 225
ils étoient lors de leur entrée & leur guérifon
, le tout atteſté par MM. les Chirurgiens
ci-deſſus , ſuivant leurs certificats déposés dans les
archives dudit hôpital.
Premier malade. Le nommé Briſſon avoit une
ch. .... depuis trois mois & pluſieurs ch.....
& un engorgement conſidérable aux glandes inguinales
des deux côtés , eſt ſorti le 28 Décembre
1756 entiérement guéri , & ne reſſent plus
aucune incommodité.
Deuxieme malade. Le nommé Bellerofe avoit
des puſtules répandues ſur toutes les parties du
corps , à la ſuite de pluſieurs accidens vénériens ,
eft forti le même jour entiérement guéri.
Troisieme malade. Le nommé S. Julien avoit
un ch... conſidérable qui rongeoit le filet , eft
forti le même jour entiérement guéri.
Quatrieme malade. Le nommé Piot avoit des
douleurs conſidérables à la tête , un aſſoupiſſement
continuel , des bouffiſſures , une ſurdité furvenue
à la ſuite d'un bubon rentré, eſt ſorti le
même jour entiérement guéri , & a recouvré l'entendement.
Cinquieme malade. Le nommé d'Amour avoit
un phim... & pluſieurs ch... , eſt ſorti le même
jour entiérement guéri.
Sixieme malade. Le nommé Vermenton avoit
deux p... fuppurant , une ch...depuis 4 ans ,& un
engorgementdans le canal de l'uretre , qui empêchoit
la libre iſſue desurines , entiérement guéri de
la maladie vénerienne & des accidens ci-deſſus ;
mais a reſté quelques jours de plus que les autres
, pour prendre encore quelques dragées.
Septieme malade. Le nommé Bavoyau avoit
des ch.... & des pustules ſuppurantes aux cuiffes
& dans diverſes autres parties de ſon corps ,
226 MERCURE DE FRANCE.
eſt ſorti le même jour entiérement gueri.
Huitieme malade. Le nommé Robert avoit
un bubon ou p... chancreux au prépuce , &un
autre plus conſidérable à la racine de la V...
avec des pustules aux parties ſupérieures de la
cuiffe , eſt ſorti le mêmejour entiérement guéri.
Neuvieme malade. Le nommé la Vertu avoit
des ch... repandus en diverſes parties , des porreaux
& des crêtes , eſt ſorti le même jour entierément
guéri.
Dixieme malade. Le nommé Simon avoit des
douleurs vagues par tout le corps , pour leſquelles
il avoit été traité inutilement par les remedes
ordinaires , eſt ſorti le mêmejour , & ne reffent
plus aucune douleur.
Onzieme malade. Le nommé Blondin avoit
des ulceres & des pustules en diverſes parties du
corps , eſt ſorti le même jour entiérement guéri .
Douzieme malade. Le nommé Julien avoit un
phim... & quantité de pustules ſur toutes les parties
, eſt ſorti le même jour entiérement guéri.
Tous les états ci-deſſus ont été vérifiés , les
traitemens ſuivis , & les guériſons conftatées&
certifiées par MM. Faget , du Fouard , Morand,
Guerin& pluſieurs autres Docteurs en Médecine
& Maîtres en Chirurgie , qui ont voulu voir.
Il eſt aiſé d'ailleurs d'examiner les ſoldats qui
ſont ſortis &que l'on nomme, & après des faits
auſſi vrais , auffi authentiquement reconnus , &
expoſés au plus grand jour , il ſeroit bien difficile
, & il y auroit bien de l'entêtement de ſe
refufer à la vérité.
Il faut obſerver auſſi queles foldatsci-deſſusen
trés dans l'hôpital dans laſaiſon laplus rude , n'ont
eu ni bains , ni diette , qu'ilsyont vécu de viande ,
&bu du vin pendant tout le traitement , & qu'ils
FEVRIER. 1757. 227
:
Tont fortis avec l'embonpoint le meilleur , fans
reſſentir aucune eſpece d'incommodité , & ont
pu aller faire leur ſervice le même jour.
Il eſt entré le 28 Décembre 1756 , jour de
lafortie de ces malades , onze autres ſoldats dont
nous rendrons pareillement le mois prochain un
compte auſſi fidele.
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
1
NOUouSs avons annoncé le mois dernier l'établifſement
de l'hôpital de M. le Duc de Biron , &
promis de rendre au Public le compte le plus
exact & le plus fidele des maladies & traitemens
par les dragées du ſieur Keyfer. En conféquence
voici le compte du premier traitement fait fous
les yeux de MM. Morand , Guerin , Faget , du
Fouard, & autres..
:
EXTRAIT des Regiſtres de l'hôpital de M.
le Duc de Biron.
Le 18 Novembre 1756 , il entra dans ledit hôpital
douze ſoldats du Régiment desGardes. Nous
croyons en devoir rapporter les noms , l'état où
FEVRIER . 1757 . 225
ils étoient lors de leur entrée & leur guérifon
, le tout atteſté par MM. les Chirurgiens
ci-deſſus , ſuivant leurs certificats déposés dans les
archives dudit hôpital.
Premier malade. Le nommé Briſſon avoit une
ch. .... depuis trois mois & pluſieurs ch.....
& un engorgement conſidérable aux glandes inguinales
des deux côtés , eſt ſorti le 28 Décembre
1756 entiérement guéri , & ne reſſent plus
aucune incommodité.
Deuxieme malade. Le nommé Bellerofe avoit
des puſtules répandues ſur toutes les parties du
corps , à la ſuite de pluſieurs accidens vénériens ,
eft forti le même jour entiérement guéri.
Troisieme malade. Le nommé S. Julien avoit
un ch... conſidérable qui rongeoit le filet , eft
forti le même jour entiérement guéri.
Quatrieme malade. Le nommé Piot avoit des
douleurs conſidérables à la tête , un aſſoupiſſement
continuel , des bouffiſſures , une ſurdité furvenue
à la ſuite d'un bubon rentré, eſt ſorti le
même jour entiérement guéri , & a recouvré l'entendement.
Cinquieme malade. Le nommé d'Amour avoit
un phim... & pluſieurs ch... , eſt ſorti le même
jour entiérement guéri.
Sixieme malade. Le nommé Vermenton avoit
deux p... fuppurant , une ch...depuis 4 ans ,& un
engorgementdans le canal de l'uretre , qui empêchoit
la libre iſſue desurines , entiérement guéri de
la maladie vénerienne & des accidens ci-deſſus ;
mais a reſté quelques jours de plus que les autres
, pour prendre encore quelques dragées.
Septieme malade. Le nommé Bavoyau avoit
des ch.... & des pustules ſuppurantes aux cuiffes
& dans diverſes autres parties de ſon corps ,
226 MERCURE DE FRANCE.
eſt ſorti le même jour entiérement gueri.
Huitieme malade. Le nommé Robert avoit
un bubon ou p... chancreux au prépuce , &un
autre plus conſidérable à la racine de la V...
avec des pustules aux parties ſupérieures de la
cuiffe , eſt ſorti le mêmejour entiérement guéri.
Neuvieme malade. Le nommé la Vertu avoit
des ch... repandus en diverſes parties , des porreaux
& des crêtes , eſt ſorti le même jour entierément
guéri.
Dixieme malade. Le nommé Simon avoit des
douleurs vagues par tout le corps , pour leſquelles
il avoit été traité inutilement par les remedes
ordinaires , eſt ſorti le mêmejour , & ne reffent
plus aucune douleur.
Onzieme malade. Le nommé Blondin avoit
des ulceres & des pustules en diverſes parties du
corps , eſt ſorti le même jour entiérement guéri .
Douzieme malade. Le nommé Julien avoit un
phim... & quantité de pustules ſur toutes les parties
, eſt ſorti le même jour entiérement guéri.
Tous les états ci-deſſus ont été vérifiés , les
traitemens ſuivis , & les guériſons conftatées&
certifiées par MM. Faget , du Fouard , Morand,
Guerin& pluſieurs autres Docteurs en Médecine
& Maîtres en Chirurgie , qui ont voulu voir.
Il eſt aiſé d'ailleurs d'examiner les ſoldats qui
ſont ſortis &que l'on nomme, & après des faits
auſſi vrais , auffi authentiquement reconnus , &
expoſés au plus grand jour , il ſeroit bien difficile
, & il y auroit bien de l'entêtement de ſe
refufer à la vérité.
Il faut obſerver auſſi queles foldatsci-deſſusen
trés dans l'hôpital dans laſaiſon laplus rude , n'ont
eu ni bains , ni diette , qu'ilsyont vécu de viande ,
&bu du vin pendant tout le traitement , & qu'ils
FEVRIER. 1757. 227
:
Tont fortis avec l'embonpoint le meilleur , fans
reſſentir aucune eſpece d'incommodité , & ont
pu aller faire leur ſervice le même jour.
Il eſt entré le 28 Décembre 1756 , jour de
lafortie de ces malades , onze autres ſoldats dont
nous rendrons pareillement le mois prochain un
compte auſſi fidele.
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Résumé : SUPPLEMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Le document est un supplément à un article sur la chirurgie, annonçant la création de l'hôpital du Duc de Biron et promettant un compte précis des traitements effectués par les dragées du sieur Keyfer. Le 18 novembre 1756, douze soldats du Régiment des Gardes ont été admis à cet hôpital. Les noms des malades, leurs états de santé à l'entrée et leur guérison ont été attestés par plusieurs chirurgiens. Les soldats présentaient divers maux, notamment des chancres, des pustules, des engorgements, des douleurs, des bouffissures et des maladies vénériennes. Tous ont été guéris et ont quitté l'hôpital le 28 décembre 1756, sans ressentir d'inconvénients. Les traitements et les guérisons ont été vérifiés et certifiés par plusieurs docteurs en médecine et maîtres en chirurgie. Les soldats ont été traités pendant la saison la plus rude sans bénéficier de bains ou de régimes spécifiques, vivant de viande et de vin. Malgré cela, ils ont récupéré avec un bon embonpoint et ont pu reprendre leur service immédiatement après leur sortie. Le 28 décembre 1756, onze autres soldats ont été admis à l'hôpital, et un compte fidèle de leur traitement sera rendu le mois suivant.
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2918
p. 230-233
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Nous avons rendu compte dans le second Volume du mois de [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Hôpital, Dragées, Maladies vénériennes, Registres des malades, Guérison, Soins
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLEMENT
A
L'ARTICLE
CHIRURGIE.
Nous avons rendu compte dans le fecond Vo
lume du mois de Février dernier , du
tement fait audit Hôpital par la méthode & avec
premier trailes
dragées anti-vénériennes de M. Keyfer. Nous
avons promis de continuer
fucceffivement à fur &
mefure qu'il entreroit des malades audit Hôpital.
En conféquence , voici le compte du fecond traitement
opéré fous les yeux des Docteurs en Médecine
& Maîtres en Chirurgie , que nous avons
précédemment
annoncés.
EXTRAIT des Regiftres de l'Hôpital , en date
du 30 Décembre
1756,
Le nommé
Vermanthon , douzieme malade du
premier traitement , & qui n'eft point forti avec
les autres , ne fortira point encore
ayant un ulcere au pli de l'aine , occafionné par
, ce foldat
in p .... chancreux , dont la cicatrice eft d'ordi
naire très-longue & très- difficile ; étant très -bien
guéri d'ailleurs , ne faifant plus ufage de remedes ,
& dans le meilleur
embonpoint.Meffieurs Morand ,
Guérin , Faget & du Fouard en ont donné leurs
certificats , & l'on peut aller voir ce malade.
Etat des onze Soldats entrés le 30 Décembre 1756.
Premier malade. Le nomméDupré qui avoit une
quantité de p . & autres fymptomes vénériens
bien
caractérisés , eft forti le premier Février entiérement
guéri.
....
Deuxieme malade . Le nommé Léopold qui avoit
des ch .... & beaucoup de puſtules en
différentes
MAR S. 1757. 231
parties du corps , eft également forti le premier
Février entiérement guéri.
Troisieme malade. Le nommé l'Evêque eft tombé
le furlendemain de fon entrée à l'Hôpital ma
lade d'une fluxion de poitrine : l'on avoit à peine
commencé à lui adminiftrer le remede pour la maladie
vénérienne , il a fallu le fufpendre ; & quoique
cette complication ait fait appréhender beaucoup
pour fa vie , les foins continuels & généreux
de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie , ont fau
vé les jours de ce malheureux : comme fa convalefcence
ne permet pas encore de lui adminiftrer
les dragées , il eft forti pour ſe remettre & fe difpofer
à rentrer , pour y être traité de ſa maladie
vénérienne. Nous rendrons compte en fon temps
de fa maladie & de fon traitement.
Quatrieme malade. Le nommé l'Ami , quí
avoit un ch ... conſidérable , un commencement
d'exoftofe bien conftaté au front , & un gonflement
très- douloureux au genouil , eft forti le 8 Fé
vrier entiérement guéri.
Cinquieme malade. Le nommé Sourdet , qui
avoit des ch ... des p ... & une dartre confidérable
à l'anus , & des douleurs très-vives au genouil,
eft forti le même jour entiérement guéri,
Sixieme malade. Le nommé Montplaifir , qui
avoit une ch ... depuis quatre mois , & quantité
de ch.... à l'anus & ailleurs , eft forti le même
jour entiérement guéri..
Septieme malade. Le nommé Sans fouci , qui
avoit deux p.... dont un ouvert & l'autre fuppurant
, des puftules , ragattes ; &c. , eft forti le mê
me jour entiérement guéti.
Huitieme malade. Le nommé Laplante , quil
avoit un phim.... très- conſidérable , occafionné
par des ch.... au couronnement & des puftules
232 MERCURE DE FRANCE.
eft forti le même jour entiérement guéri fans opé
ration ni topique quelconque .
Neuvieme malade. Le nomméAcoulon,qui avoit
des crêtes très-confidérables , & des ch... à toute
la circonférence de l'anus , avec un engorgement
dans les glandes inguinales , eft forti le 15 Février
entiérement guéri.
Le nommé Dauvain , qui avoit quantité de ch...
une dartre humide à la cuiffe gauche , un ulcere à
la cloiſon & aux amigdales , avec une quantité de
puftules très-confidérables fur toute l'habitude du
corps , eft forti le même jour 15 Février entiérement
guéri.
Onzieme malade. Le nommé Decombe , qui
avoit quatre exoftofes , fçavoir un à la clavicule
droite , un à la partie fupérieure du fternum , un
à la partie moyenne & latérale du même os , & un
à la derniere des vraies côtes , large de fix travers
de doigts , des douleurs partout le corps , & une
tumeur à la partie fupérieure du coronal , qui paroiffoit
lymphatique , eft refté à l'Hôpital , pour
attendre l'exfoliation de l'os malade , M. Bourbelain
ayant apperçu une carie qui pénétroit juſqu'au
diploé. Ce foldat étoit dans un état véritablement
déplorable ; il eft actuellement dans le meilleur
train de guérifon. Nous annoncerons dans le tems
fa fortie , ainfi que l'état où il fe trouvera ; & il
eft aifé de fentir que les traitemens de maladies
aufli graves demanderont un peu plus de temps &
de foins.
10
11 eft inutile de répéter que tous ces malades
font fuivis & éclairés par les yeux les plus habiles,
-& qu'il n'en eft pas un feul dont le traitement &
la guérifon ne foit atteftée par des certificats authentiques
, & couchés fur les regiftres de l'Hô~
pital.
MARS. 1757. 233
Il eſt entré dix malades , dont nous rendrons
compte le mois prochain .
M. Keyfer croit devoir avertir le Public qu'il y
a beaucoup de gens qui ofent fe vanter d'avoir de
fes dragées , & qui , foit en les imitant , foit en
prétendant en avoir la compofition , en donnent à
divers malades , fous fon nom , & comme venant
de lui : que cependant il n'en donne à qui que ce
foit , finon à fes Affociés : que fon remede eft indécompofable
, & que tout autre eft une impofture
contre laquelle il prie le Public d'être en garde ,
ne répondant que de celui qu'il adminiſtrera luimême
, ou qui le fera par fes Affociés.
Comme on lui adreffe des lettres journellement
à l'Hôpital , & qu'il n'y demeure point , il prie
ceux qui lui feront l'honneur de lui écrire , de
mettre fon adreffe , rue & Iſle S. Louis , où il demeure.
A
L'ARTICLE
CHIRURGIE.
Nous avons rendu compte dans le fecond Vo
lume du mois de Février dernier , du
tement fait audit Hôpital par la méthode & avec
premier trailes
dragées anti-vénériennes de M. Keyfer. Nous
avons promis de continuer
fucceffivement à fur &
mefure qu'il entreroit des malades audit Hôpital.
En conféquence , voici le compte du fecond traitement
opéré fous les yeux des Docteurs en Médecine
& Maîtres en Chirurgie , que nous avons
précédemment
annoncés.
EXTRAIT des Regiftres de l'Hôpital , en date
du 30 Décembre
1756,
Le nommé
Vermanthon , douzieme malade du
premier traitement , & qui n'eft point forti avec
les autres , ne fortira point encore
ayant un ulcere au pli de l'aine , occafionné par
, ce foldat
in p .... chancreux , dont la cicatrice eft d'ordi
naire très-longue & très- difficile ; étant très -bien
guéri d'ailleurs , ne faifant plus ufage de remedes ,
& dans le meilleur
embonpoint.Meffieurs Morand ,
Guérin , Faget & du Fouard en ont donné leurs
certificats , & l'on peut aller voir ce malade.
Etat des onze Soldats entrés le 30 Décembre 1756.
Premier malade. Le nomméDupré qui avoit une
quantité de p . & autres fymptomes vénériens
bien
caractérisés , eft forti le premier Février entiérement
guéri.
....
Deuxieme malade . Le nommé Léopold qui avoit
des ch .... & beaucoup de puſtules en
différentes
MAR S. 1757. 231
parties du corps , eft également forti le premier
Février entiérement guéri.
Troisieme malade. Le nommé l'Evêque eft tombé
le furlendemain de fon entrée à l'Hôpital ma
lade d'une fluxion de poitrine : l'on avoit à peine
commencé à lui adminiftrer le remede pour la maladie
vénérienne , il a fallu le fufpendre ; & quoique
cette complication ait fait appréhender beaucoup
pour fa vie , les foins continuels & généreux
de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie , ont fau
vé les jours de ce malheureux : comme fa convalefcence
ne permet pas encore de lui adminiftrer
les dragées , il eft forti pour ſe remettre & fe difpofer
à rentrer , pour y être traité de ſa maladie
vénérienne. Nous rendrons compte en fon temps
de fa maladie & de fon traitement.
Quatrieme malade. Le nommé l'Ami , quí
avoit un ch ... conſidérable , un commencement
d'exoftofe bien conftaté au front , & un gonflement
très- douloureux au genouil , eft forti le 8 Fé
vrier entiérement guéri.
Cinquieme malade. Le nommé Sourdet , qui
avoit des ch ... des p ... & une dartre confidérable
à l'anus , & des douleurs très-vives au genouil,
eft forti le même jour entiérement guéri,
Sixieme malade. Le nommé Montplaifir , qui
avoit une ch ... depuis quatre mois , & quantité
de ch.... à l'anus & ailleurs , eft forti le même
jour entiérement guéri..
Septieme malade. Le nommé Sans fouci , qui
avoit deux p.... dont un ouvert & l'autre fuppurant
, des puftules , ragattes ; &c. , eft forti le mê
me jour entiérement guéti.
Huitieme malade. Le nommé Laplante , quil
avoit un phim.... très- conſidérable , occafionné
par des ch.... au couronnement & des puftules
232 MERCURE DE FRANCE.
eft forti le même jour entiérement guéri fans opé
ration ni topique quelconque .
Neuvieme malade. Le nomméAcoulon,qui avoit
des crêtes très-confidérables , & des ch... à toute
la circonférence de l'anus , avec un engorgement
dans les glandes inguinales , eft forti le 15 Février
entiérement guéri.
Le nommé Dauvain , qui avoit quantité de ch...
une dartre humide à la cuiffe gauche , un ulcere à
la cloiſon & aux amigdales , avec une quantité de
puftules très-confidérables fur toute l'habitude du
corps , eft forti le même jour 15 Février entiérement
guéri.
Onzieme malade. Le nommé Decombe , qui
avoit quatre exoftofes , fçavoir un à la clavicule
droite , un à la partie fupérieure du fternum , un
à la partie moyenne & latérale du même os , & un
à la derniere des vraies côtes , large de fix travers
de doigts , des douleurs partout le corps , & une
tumeur à la partie fupérieure du coronal , qui paroiffoit
lymphatique , eft refté à l'Hôpital , pour
attendre l'exfoliation de l'os malade , M. Bourbelain
ayant apperçu une carie qui pénétroit juſqu'au
diploé. Ce foldat étoit dans un état véritablement
déplorable ; il eft actuellement dans le meilleur
train de guérifon. Nous annoncerons dans le tems
fa fortie , ainfi que l'état où il fe trouvera ; & il
eft aifé de fentir que les traitemens de maladies
aufli graves demanderont un peu plus de temps &
de foins.
10
11 eft inutile de répéter que tous ces malades
font fuivis & éclairés par les yeux les plus habiles,
-& qu'il n'en eft pas un feul dont le traitement &
la guérifon ne foit atteftée par des certificats authentiques
, & couchés fur les regiftres de l'Hô~
pital.
MARS. 1757. 233
Il eſt entré dix malades , dont nous rendrons
compte le mois prochain .
M. Keyfer croit devoir avertir le Public qu'il y
a beaucoup de gens qui ofent fe vanter d'avoir de
fes dragées , & qui , foit en les imitant , foit en
prétendant en avoir la compofition , en donnent à
divers malades , fous fon nom , & comme venant
de lui : que cependant il n'en donne à qui que ce
foit , finon à fes Affociés : que fon remede eft indécompofable
, & que tout autre eft une impofture
contre laquelle il prie le Public d'être en garde ,
ne répondant que de celui qu'il adminiſtrera luimême
, ou qui le fera par fes Affociés.
Comme on lui adreffe des lettres journellement
à l'Hôpital , & qu'il n'y demeure point , il prie
ceux qui lui feront l'honneur de lui écrire , de
mettre fon adreffe , rue & Iſle S. Louis , où il demeure.
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
En décembre 1756, douze malades ont été traités à l'hôpital avec des dragées anti-vénériennes de M. Keyfer. Parmi eux, Vermanthon, bien que guéri de la syphilis, est resté hospitalisé en raison d'un ulcère à l'aine. Le 30 décembre 1756, onze autres soldats ont reçu le même traitement. Dix d'entre eux ont été guéris de diverses manifestations syphilitiques, telles que des chancres, des pustules et des douleurs articulaires. L'Évêque, le troisième malade, a développé une fluxion de poitrine et a dû interrompre son traitement. Decombe, le onzième malade, souffrait d'exostoses et d'une carie osseuse, nécessitant une hospitalisation prolongée pour une guérison complète. Tous les traitements ont été supervisés par des médecins et des chirurgiens compétents, et des certificats authentiques ont été délivrés. M. Keyfer a mis en garde le public contre les imitations de son remède, affirmant qu'il ne le distribue qu'à ses associés et ne répond que de celui qu'il administre personnellement.
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2919
p. 201
SUPPLÉMENT A LA PARTIE FUGITIVE.
Début :
Nous prions le Lecteur d'ajouter à la Fable des Oeillets, page 54, [...]
Mots clefs :
Fable, Médaillon, Grâces, Apollon, Fontenelle, Titon du Tillet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A LA PARTIE FUGITIVE.
SUPPLEMENT
A LA PARTIE FUGITIVE.
Nous prions le Lecteur d'ajouter à la
Fable des Oeillets , page 54 , après ce vers :
On le chicana fur l'odeur , cette moralité
qui doit la terminer :
Le même fort attend l'ouvrage de génie :
Qu'il brille dans les Arts & ſe montre paré
D'un éclat qui leur donne une nouvelle vie ,
Par la foule d'abord il fe voit cenfuré :
Le temps feul l'établit , & fait taire l'envie.
Cette Fable eft de M. Aubert.
Addition au morceau fur M. de Fontenelle
, page 86 , après ces mots : ce non
honoreroit un Souverain.
Note. Dès 1730 , M. Titon -da Tillet fit exécuter
le Médaillon de M. de Fontenelle. Au revers font
les trois Graces , Apollon & Minerve avec cette
légende :
Les Graces , Apollon , Minerve l'ont formé,
On peut voir ce Médaillon gravé avec quefques
autres dans le Parnaffe François de M. du
Tillet , page 32-
A LA PARTIE FUGITIVE.
Nous prions le Lecteur d'ajouter à la
Fable des Oeillets , page 54 , après ce vers :
On le chicana fur l'odeur , cette moralité
qui doit la terminer :
Le même fort attend l'ouvrage de génie :
Qu'il brille dans les Arts & ſe montre paré
D'un éclat qui leur donne une nouvelle vie ,
Par la foule d'abord il fe voit cenfuré :
Le temps feul l'établit , & fait taire l'envie.
Cette Fable eft de M. Aubert.
Addition au morceau fur M. de Fontenelle
, page 86 , après ces mots : ce non
honoreroit un Souverain.
Note. Dès 1730 , M. Titon -da Tillet fit exécuter
le Médaillon de M. de Fontenelle. Au revers font
les trois Graces , Apollon & Minerve avec cette
légende :
Les Graces , Apollon , Minerve l'ont formé,
On peut voir ce Médaillon gravé avec quefques
autres dans le Parnaffe François de M. du
Tillet , page 32-
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Résumé : SUPPLÉMENT A LA PARTIE FUGITIVE.
Le texte est un supplément à une œuvre littéraire. Il invite à ajouter une moralité à la fable des Œillets, page 54, soulignant que les œuvres de génie sont d'abord critiquées mais reconnues par le temps. La fable est attribuée à M. Aubert. Il mentionne aussi un médaillon de M. de Fontenelle, exécuté dès 1730 par M. Titon de Tillet, visible dans le 'Parnasse Français'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2920
p. 202-204
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Des gens sans doute mal intentionnés, & jaloux de voir que le remede de M. [...]
Mots clefs :
Sieur Keyfer, Jalousie, Considération, Soldats, Dragées, Rumeurs, Vérité, Guérison, Santé
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLÉMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Des gens fans doute mal intentionnés , & jaloux
de voir que le remede de M. Keyfer non ſeulement
ne s'eft point encore démenti dans fes effets , mais
même acquiert de jour en jour la confidération
qu'il mérite , répandant fans ceffe dans Paris des
impoſtures malignes contre le remede & fes effets ,
en difant , tantôt que quantité de Soldats traités
par les dragées ont été manqués , & ont eù re-
Cours aux traitemens des Hôpitaux publics , tantôt
que la plus grande partie a la poitrine affectée &
Peftomac dérangé , tantôt qu'il fe donne des frictions
clandeftines à l'Hôpital de M. le Maréchal ,
impoſture d'autant plus groffiere & d'autant plus
ftupidement imaginée , qu'il y a trop d'yeux
non fufpects pour éclairer chaque jour les
traitemens qui s'y font , & que d'ailleurs on ne
fe fert pas même pour les panfemens de remedes
ordinaires ; pour
confondre toutes ces fauffetés
& faire une fois pour toutes parler la vérité , qui
feule préfide à cet Hôpital , M. le Maréchal ordonna
le onze du mois dernier , qu'il fût fait une
revue générale de tous les Soldats qui ont été
traités jufqu'à ce jour par ce remede , non feulement
dans fon Hôpital depuis fon établiſſement
mais même de ceux qui l'ont été il y a quinze &
dix-huit mois dans le temps des expériences faites
au Fauxbourg S.Jacques . En conféquence de quoi
>
AVRIL 1757. 203
>
cette revue s'étant faite ledit jour chez M. de
Cornillon , Major du Régiment des Gardes Fran
çoifes , en fa préfence , & celle d'un grand nom◄
bre d'Officiers & Sergens , par Meffieurs Guérin
Chirurgien-Major des Moufquetaires , Bourbelain
& Dieuzayde , Adminiſtrateurs de l'Hôpital
nous croyons devoir rendre compte & expoſer
aux yeux du Public les noms d'une trentaine de
ces Soldats traités tels qu'on les a pu raffembler ;
le refte étant abfent par congé ou montant alors
la garde à Verſailles , ajoutant néanmoins que les
Sergens des Compagnies des Soldats abfens , ont
certifié leur bon état , & qu'à leur retour il en
fera faite une pareille revue dont nous rendrons
également compte.
Etat des Soldats traités il y a 15 ou 18 mois an
: Fauxbourg Saint Jacques dans le temps des
expériences.
Bellerose , Saint-Julien , Francoeur , Laliberté ,
Tranquille , Maffon , Valentin , Laplume , Comtois
, Caumont , Latendreffe , Lefueur , Beauget ,
Lavigne , Leger.
Etat des Soldats nouvellement traités dans
l'Hôpital.
Francoeur , Simon , Blandin , Comtois , Léopold
, Lavertu , Gabriel , Acoulon , Dauvin ,
Laplante , Bavoyau , Vermenthon , Laloés , Lami
, Lourder , Briffau .
Certificat de M. Guerin , & de MM. Bourbelain
Dieuzayde.
Nous fouffignés , Chirurgien-Major des Monf
quetaires , invité par M, le Maréchal de Biron à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
faire une revue générale de tous les Soldats du
Régiment des Gardes , traités , tant au Fauxbourg
S. Jacques , depuis le 22 Octobre 1756 , que dans
l'Hôpital du Fauxbourg S. Marceau , par les dragées
anti- véneriennes de M. Keyfer ; & nous
Bourbelain & Dieuzayde , Adminiſtrateurs dudit
Hôpital , certifions à M. le Maréchal , & à qui
il appartiendra , que tous les malades qui nous
ont été préſentés & dont les noms font ci - deffus ,
font parfaitement guéris , jouiffent de la meilleure
Tanté , & ne fe font plaint en aucune façon
de la poitrine ni de l'eftomac. En foi de quoi
nous avons figné le préfent Certificat. A Paris ,
le 12 Mars 1757. Guerin, Bourbelain , Dieuzayde.
Comme les effets des dragées anti- vénériennes
paroiffent aujourd'hui bien conftatés , & ne laiſfent
plus rien à defirer dans les comptes que nous
allons continuer de rendre tous les mois des nouveaux
traitemens , nous épargnerons aux yeux
de nos Lecteurs les détails défagréables que nous
avons inférés précédemment , & nous défignerons
feulement les noms des différens Malades, & ceux
de leurs Compagnies.
M. Keyfer nous prie de répéter qu'il fupplie
le Public d'être en garde , & de n'ajouter aucune
foi à quantité de gens qui ofent fe vanter d'avoir
de fes dragées , gens qui les contrefont , & defquels
il feroit à craindre qu'on ne devînt la
dupe, & peut-être la victime , ne répondant que
de celles qui feront adminiftrées par lui-même ,
ou par fes Affociés qui font actuellement au fait
de fa méthode.
I prie les perfonnes qui ont à lui écrire
d'adreffer leurs lettres rue & Ife S. Louis
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Des gens fans doute mal intentionnés , & jaloux
de voir que le remede de M. Keyfer non ſeulement
ne s'eft point encore démenti dans fes effets , mais
même acquiert de jour en jour la confidération
qu'il mérite , répandant fans ceffe dans Paris des
impoſtures malignes contre le remede & fes effets ,
en difant , tantôt que quantité de Soldats traités
par les dragées ont été manqués , & ont eù re-
Cours aux traitemens des Hôpitaux publics , tantôt
que la plus grande partie a la poitrine affectée &
Peftomac dérangé , tantôt qu'il fe donne des frictions
clandeftines à l'Hôpital de M. le Maréchal ,
impoſture d'autant plus groffiere & d'autant plus
ftupidement imaginée , qu'il y a trop d'yeux
non fufpects pour éclairer chaque jour les
traitemens qui s'y font , & que d'ailleurs on ne
fe fert pas même pour les panfemens de remedes
ordinaires ; pour
confondre toutes ces fauffetés
& faire une fois pour toutes parler la vérité , qui
feule préfide à cet Hôpital , M. le Maréchal ordonna
le onze du mois dernier , qu'il fût fait une
revue générale de tous les Soldats qui ont été
traités jufqu'à ce jour par ce remede , non feulement
dans fon Hôpital depuis fon établiſſement
mais même de ceux qui l'ont été il y a quinze &
dix-huit mois dans le temps des expériences faites
au Fauxbourg S.Jacques . En conféquence de quoi
>
AVRIL 1757. 203
>
cette revue s'étant faite ledit jour chez M. de
Cornillon , Major du Régiment des Gardes Fran
çoifes , en fa préfence , & celle d'un grand nom◄
bre d'Officiers & Sergens , par Meffieurs Guérin
Chirurgien-Major des Moufquetaires , Bourbelain
& Dieuzayde , Adminiſtrateurs de l'Hôpital
nous croyons devoir rendre compte & expoſer
aux yeux du Public les noms d'une trentaine de
ces Soldats traités tels qu'on les a pu raffembler ;
le refte étant abfent par congé ou montant alors
la garde à Verſailles , ajoutant néanmoins que les
Sergens des Compagnies des Soldats abfens , ont
certifié leur bon état , & qu'à leur retour il en
fera faite une pareille revue dont nous rendrons
également compte.
Etat des Soldats traités il y a 15 ou 18 mois an
: Fauxbourg Saint Jacques dans le temps des
expériences.
Bellerose , Saint-Julien , Francoeur , Laliberté ,
Tranquille , Maffon , Valentin , Laplume , Comtois
, Caumont , Latendreffe , Lefueur , Beauget ,
Lavigne , Leger.
Etat des Soldats nouvellement traités dans
l'Hôpital.
Francoeur , Simon , Blandin , Comtois , Léopold
, Lavertu , Gabriel , Acoulon , Dauvin ,
Laplante , Bavoyau , Vermenthon , Laloés , Lami
, Lourder , Briffau .
Certificat de M. Guerin , & de MM. Bourbelain
Dieuzayde.
Nous fouffignés , Chirurgien-Major des Monf
quetaires , invité par M, le Maréchal de Biron à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
faire une revue générale de tous les Soldats du
Régiment des Gardes , traités , tant au Fauxbourg
S. Jacques , depuis le 22 Octobre 1756 , que dans
l'Hôpital du Fauxbourg S. Marceau , par les dragées
anti- véneriennes de M. Keyfer ; & nous
Bourbelain & Dieuzayde , Adminiſtrateurs dudit
Hôpital , certifions à M. le Maréchal , & à qui
il appartiendra , que tous les malades qui nous
ont été préſentés & dont les noms font ci - deffus ,
font parfaitement guéris , jouiffent de la meilleure
Tanté , & ne fe font plaint en aucune façon
de la poitrine ni de l'eftomac. En foi de quoi
nous avons figné le préfent Certificat. A Paris ,
le 12 Mars 1757. Guerin, Bourbelain , Dieuzayde.
Comme les effets des dragées anti- vénériennes
paroiffent aujourd'hui bien conftatés , & ne laiſfent
plus rien à defirer dans les comptes que nous
allons continuer de rendre tous les mois des nouveaux
traitemens , nous épargnerons aux yeux
de nos Lecteurs les détails défagréables que nous
avons inférés précédemment , & nous défignerons
feulement les noms des différens Malades, & ceux
de leurs Compagnies.
M. Keyfer nous prie de répéter qu'il fupplie
le Public d'être en garde , & de n'ajouter aucune
foi à quantité de gens qui ofent fe vanter d'avoir
de fes dragées , gens qui les contrefont , & defquels
il feroit à craindre qu'on ne devînt la
dupe, & peut-être la victime , ne répondant que
de celles qui feront adminiftrées par lui-même ,
ou par fes Affociés qui font actuellement au fait
de fa méthode.
I prie les perfonnes qui ont à lui écrire
d'adreffer leurs lettres rue & Ife S. Louis
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Le texte est un supplément à un article sur la chirurgie, traitant de l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Des rumeurs malveillantes circulent concernant le remède de M. Keyfer, affirmant que des soldats traités par ce remède ont échoué et ont dû recourir à des soins hospitaliers publics, ou qu'ils souffrent de problèmes pulmonaires et gastriques. Ces allégations incluent également des accusations de frictions clandestines à l'hôpital. Pour réfuter ces fausses informations, le Maréchal a ordonné une revue générale des soldats traités par le remède de M. Keyfer. Cette revue a eu lieu le 11 avril 1757 chez M. de Cornillon, sous la supervision d'officiers et de chirurgiens. Une trentaine de soldats ont été examinés et déclarés guéris et en bonne santé. Les sergents des compagnies absentes ont certifié l'état de santé des soldats manquants. Un certificat signé par M. Guerin, Bourbelain et Dieuzayde confirme que les soldats traités par les dragées anti-vénériennes de M. Keyfer sont parfaitement guéris et ne souffrent d'aucun problème pulmonaire ou gastrique. M. Keyfer met en garde le public contre les contrefaçons de son remède et invite les personnes souhaitant le contacter à lui écrire rue et île Saint-Louis.
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2921
p. 198-200
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Nous avons prévenu dans le volume du mois d'Avril, que nous [...]
Mots clefs :
Sieur Keyfer, Traitement, Remèdes, Guérison, État de santé, Registres de l'hôpital
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLÉMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Troifieme traitement par le Remede du fieur
Keyfer.
Extrait des Regiftres de l'Hôpital , du 17 Mars.
Nous ous avons prévenu dans le volume du mois
d'Avril , que nous épargnerions dorénavant aux
yeux de nos Lecteurs les détails défagréables de
ces maladies ; ainfi nous nous contenterons de
donner les noms des Soldats , ceux de leurs Compagnies
, & d'ajouter qu'ils étoient tous attaqués
des maux de ce genre les plus graves & les plus
difficiles à traiter.
ETAT des douze Malades du troiſieme traitement,
nouvellement guéris.
Premier malade. Dominique Albain , Compagnie
de la Tour. Ce malade , indépendamment
de quantité de fymptomes caractérifés , avoit de
grands maux de poitrine , dont il ne fe reffent
plus , & une infomnie continuelle qui l'a quitté.
Il eft entré à l'Hôpital le 3 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Deuxieme malade. Bertrand Furcatte , Compagnie
d'Eaubonne , eft entré le même jour 3 Février
, & eft forti le 17 Mars, parfaitement guéri.
Troifieme malade. Le nommé Dardart , Compagnie
Colonelle , eft entré le même jour 3 FéAVRIL
1757. 199
vrier, & eft forti le 17 Mars parfaitement guéri.
Quatrieme malade . Morinal, dit la Fleur , Compagnie
d'Afpremont. Ce malade, indépendamment
des fymptomes ordinaires, avoit des douleurs trèsconfidérables
dans le genouil droit , dont il ne fe
reffent plus : il eft entré le 10 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Cinquieme malade. Gibert , Compagnie de Bouville
, eft entré le 10 Février , & eft forti le 22
Mars parfaitement guérí .
Sixieme malade. Champigny , Compagnie de
Bragelongne. Ce malade ayant des puftules répandues
fur tout le corps , à la tête , au vifage , &
inflammation confidérable dans les amygdales , eft
entré le 10 Février, & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Septieme malade. Decombe , malade de l'avantdernier
traitement , qu'on avoit annoncé dans le
Volume de Mars être refté encore à l'Hôpital pour
attendre l'exfoliation de la carie du coral dont on
a fait mention , eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri .
Huitieme malade. Thiercelin , Compagnie de
Chevalier. Ce malade étoit dans un état pitoyable
, & couvert de dartres fuppurantes ; il eft entré
le 10 Février , & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Neuvieme malade. Alard , Compagnie de Coettrieux
. Ce malade avoit , outre les ſymptomes or
dinaires , un gonflement confidérable fur les os du
métatarfe du pied gauche , & une douleur aigue à
la plante du pied droit , qui l'empêchoit de marcher
; il eft entré le 17 Février , & eft forti le 29
Mars parfaitement guéri.
Dixieme malade. Duval , Compagnie de Poudeux.
Ce malade avoit les glandes inguinales du
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
côté droit gonflées & dures , & la jugulaire de la
groffeur d'un gros cuf; il eft entré le 17 Février ,
& eft forti le 29 Mars parfaitement guéris
Onzieme malade. Vauffier , Compagnie d'Argenlieu
, eft forti fans être traité , ayant été attaqué
de la colique des Plombiers , étant fondeur
en caracteres de fon métier : l'on rendra compte
de fon traitement à fa rentrée dans l'Hôpital .
Douzieme malade. L'Efpérance , Compagnie
d'Efpiés. Ce foldat étoit dans un état affreux , rempli
de dartres fuppurantes au corps & à la tête ,
deux bubons gros comme des oeufs , & quantité
d'autres fymptomes confidérables : il eft entré le
23 Février , & eft forti le 22 Mars . Tous les fymptomes
de fa maladie ont bien difparu ; mais on
n'aflure point fa guérifon , parce qu'il n'a pu
prendre affez de remedes , vu la complicité dominante
d'un vice fcorbutique qui a obligé de lui
faire changer d'air , & de lui donner les anti-fcorbutiques
: on ne manquéra cependant pas de rendre
compte de fon état tel qu'il fera dans un mois
ou fix femaines ; & quoique l'on n'affure pas fa
guérifon , on ne doute cependant pas qu'il ne foit
quitte de la premiere maladie.
Il vient d'entrer douze autres malades , tous attaqués
des maladies les plus graves , dont on rendra
compte le mois prochain.
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Troifieme traitement par le Remede du fieur
Keyfer.
Extrait des Regiftres de l'Hôpital , du 17 Mars.
Nous ous avons prévenu dans le volume du mois
d'Avril , que nous épargnerions dorénavant aux
yeux de nos Lecteurs les détails défagréables de
ces maladies ; ainfi nous nous contenterons de
donner les noms des Soldats , ceux de leurs Compagnies
, & d'ajouter qu'ils étoient tous attaqués
des maux de ce genre les plus graves & les plus
difficiles à traiter.
ETAT des douze Malades du troiſieme traitement,
nouvellement guéris.
Premier malade. Dominique Albain , Compagnie
de la Tour. Ce malade , indépendamment
de quantité de fymptomes caractérifés , avoit de
grands maux de poitrine , dont il ne fe reffent
plus , & une infomnie continuelle qui l'a quitté.
Il eft entré à l'Hôpital le 3 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Deuxieme malade. Bertrand Furcatte , Compagnie
d'Eaubonne , eft entré le même jour 3 Février
, & eft forti le 17 Mars, parfaitement guéri.
Troifieme malade. Le nommé Dardart , Compagnie
Colonelle , eft entré le même jour 3 FéAVRIL
1757. 199
vrier, & eft forti le 17 Mars parfaitement guéri.
Quatrieme malade . Morinal, dit la Fleur , Compagnie
d'Afpremont. Ce malade, indépendamment
des fymptomes ordinaires, avoit des douleurs trèsconfidérables
dans le genouil droit , dont il ne fe
reffent plus : il eft entré le 10 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Cinquieme malade. Gibert , Compagnie de Bouville
, eft entré le 10 Février , & eft forti le 22
Mars parfaitement guérí .
Sixieme malade. Champigny , Compagnie de
Bragelongne. Ce malade ayant des puftules répandues
fur tout le corps , à la tête , au vifage , &
inflammation confidérable dans les amygdales , eft
entré le 10 Février, & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Septieme malade. Decombe , malade de l'avantdernier
traitement , qu'on avoit annoncé dans le
Volume de Mars être refté encore à l'Hôpital pour
attendre l'exfoliation de la carie du coral dont on
a fait mention , eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri .
Huitieme malade. Thiercelin , Compagnie de
Chevalier. Ce malade étoit dans un état pitoyable
, & couvert de dartres fuppurantes ; il eft entré
le 10 Février , & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Neuvieme malade. Alard , Compagnie de Coettrieux
. Ce malade avoit , outre les ſymptomes or
dinaires , un gonflement confidérable fur les os du
métatarfe du pied gauche , & une douleur aigue à
la plante du pied droit , qui l'empêchoit de marcher
; il eft entré le 17 Février , & eft forti le 29
Mars parfaitement guéri.
Dixieme malade. Duval , Compagnie de Poudeux.
Ce malade avoit les glandes inguinales du
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
côté droit gonflées & dures , & la jugulaire de la
groffeur d'un gros cuf; il eft entré le 17 Février ,
& eft forti le 29 Mars parfaitement guéris
Onzieme malade. Vauffier , Compagnie d'Argenlieu
, eft forti fans être traité , ayant été attaqué
de la colique des Plombiers , étant fondeur
en caracteres de fon métier : l'on rendra compte
de fon traitement à fa rentrée dans l'Hôpital .
Douzieme malade. L'Efpérance , Compagnie
d'Efpiés. Ce foldat étoit dans un état affreux , rempli
de dartres fuppurantes au corps & à la tête ,
deux bubons gros comme des oeufs , & quantité
d'autres fymptomes confidérables : il eft entré le
23 Février , & eft forti le 22 Mars . Tous les fymptomes
de fa maladie ont bien difparu ; mais on
n'aflure point fa guérifon , parce qu'il n'a pu
prendre affez de remedes , vu la complicité dominante
d'un vice fcorbutique qui a obligé de lui
faire changer d'air , & de lui donner les anti-fcorbutiques
: on ne manquéra cependant pas de rendre
compte de fon état tel qu'il fera dans un mois
ou fix femaines ; & quoique l'on n'affure pas fa
guérifon , on ne doute cependant pas qu'il ne foit
quitte de la premiere maladie.
Il vient d'entrer douze autres malades , tous attaqués
des maladies les plus graves , dont on rendra
compte le mois prochain.
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Le document est un supplément à un article sur la chirurgie, détaillant le troisième traitement par un remède du sieur Keyfer à l'hôpital du Maréchal Duc de Biron. Les registres de l'hôpital du 17 mars indiquent que douze malades ont été nouvellement guéris. Les noms des soldats, leurs compagnies, leurs symptômes, ainsi que les dates d'entrée et de sortie sont listés. Les patients souffraient de divers maux graves, tels que des douleurs de poitrine, des inflammations, des dartres suppurantes et des gonflements. Tous les malades ont été déclarés parfaitement guéris, à l'exception d'un cas où la guérison n'est pas assurée en raison d'un vice scorbutique. Par ailleurs, douze nouveaux malades, atteints de maladies graves, viennent d'entrer à l'hôpital.
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2922
p. 201
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE DES SPECTACLES ; Comédie Françoise.
Début :
En insérant le Compliment de la clôture, fait & prononcé par M. de la Noue, [...]
Mots clefs :
Compliment, Mlle Clairon, M. de la Noue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE DES SPECTACLES ; Comédie Françoise.
SUPPLEMENT
A L'ARTICLE DES SPECTACLES ,'
Comédie Françoise.
En inférant le Compliment de la clôture
, fait & prononcé par M. de la Noue ,
nous avons oublié d'inftruire nos Lecteurs
qu'il en avoit été prié par fes Camarades ,
& que Mlle Clairon avoit porté la parole
à leur Affemblée avant Pâques . Perfonne
ne pouvoit mieux s'en acquitter que lui ,
& rien n'étoit plus convenable.
A L'ARTICLE DES SPECTACLES ,'
Comédie Françoise.
En inférant le Compliment de la clôture
, fait & prononcé par M. de la Noue ,
nous avons oublié d'inftruire nos Lecteurs
qu'il en avoit été prié par fes Camarades ,
& que Mlle Clairon avoit porté la parole
à leur Affemblée avant Pâques . Perfonne
ne pouvoit mieux s'en acquitter que lui ,
& rien n'étoit plus convenable.
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2923
p. 207-209
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, je vous prie d'insérer dans votre Mercure de France, l'observation suivante [...]
Mots clefs :
Sieur la Salle, Guérisons, Loupes, Charlatanerie, Incurable, Tumeur, Maladie, Crédulité, Danger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DU MERCURE.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , je vous prie d'inférer dans votre
Mercure de France , Pobfervation fuivante fur
l'Avis au Public donné par le fieur de la Salle, Chirurgien
, dans le Mercure de France du mois de
Juillet dernier , à la page 237.
Je croirois manquer à ce que je dois au Public,
fi je différois plus long- temps à le précautionner
contre le fecret du fieur la Salle , Chirurgien empirique.
Il donne à ce fecret des vertus fingulieres
pour guérir indéfiniment toutes fortes de loupes
vraie charlatanerie , dont le Public n'eft que trop
fouvent la dupe & la victime ! la perte de fon argent
eft le moindre rifque qu'on court : en s'y prê
tant , la fanté en fouffre ; & l'expérience nous apprend
par des accidens , que le fieur la Salle ne
devroit pas fe diffimuler que les maladies empirent
par ces fortes de remedes , & deviennent fouvent
incurables. Cette réflexion ne fuffiroit peut-être
pas pour mettre en garde le Public contre le fecret
dont il s'agit ; en voici d'autres plus frappantes :
falfe le Ciel qu'elles arrêtent ceux qu'une confiance
aveugle pourroit livrer entre les mains du fienr
la Salle . Il est évident que ce Chirurgien ignore la
force & l'étendue du mot de loupe. Qu'est- ce que
loupe ou tumeur enkiftée : S'il étoit tant foit
verfé dans la théorie de fon métier , il fçauroit que
le nom de loupe eft un terme générique qui renferme
plufieurs efpeces , auxquels la fituation & lat
qualité de la matiere font donner différens noms.
mais il n'eft pas néceffaire d'entrer dans ce détail
& de parcourir les différentes parties ou les tumeurs
fe jettent & s'enkiftent. Il me fuffira , pour
peu
2
208 MERCURE DE FRANCE.
démontrer la charlatanerie du fieur la Salle , de
faire obferver que fon fecret , tel qu'il l'annonce ,
doit guérir toute forte de loupes , fans qu'il ait befoin
de fe fervir d'aucuns inftrumens de Chirurgie.
Il a fans doute fes raiſons pour s'en tenir à ſon ſecret.
Il faut , pour en venir aux opérations de la
main,une grande connoiffance de fon fujet; & c'eſt
ce qu'ignorent les Charlatans : mais ce que le fieur
la Salle , en qualité de Chirurgien , devroit fçavoir,
c'eft que l'application de ces prétendus fpécifiques
eft prefque toujours dangereufe. S'il avoit lu les
Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie ,
page 347 , il auroit vu que dans cette efpece de
maladie les topiques font pernicieux ; c'eft la remarque
de M. Petit , Auteur de cette obſervation .
Il n'a pas lu fans doute la brochure de M. Louis
contre les perfonnages à fecret ; cette lecture lui
cût ôté l'envie de faire imprimer le fien . Quoi
qu'il en foit , on prie le fieur la Salle de nous dire
comment il pourroit guérir une loupe pefant
plufieurs livres nous en voyons fouvent de femblables.
Son remede ne feroit-il point dans ce caslà
infructueux ? De plus , on a trouvé , à l'ouverture
de ces fortes de tumeurs , plufieurs corps
étrangers de tous genres , jufqu'à des os de différentes
figures , comme l'a remarqué M. de Ruylely,
& nombre d'autres Auteurs qui traitent de cette
efpece de maladie. Or , dans le fecond cas quel
effet doit produire l'application de fon remede
Les gens un peu éclairés doivent en appercevoir
ici l'inutilité & le danger. On n'a garde d'accufer
de malice le fieur la Salle : c'eft l'amour du bien
public qui lui a fait faire toutes les recherches néceffaires
pour la compofition de ſon ſecret . Il a encore
trouvé le moyen de le tranſporter dans tous
les lieux fans la moindre altération voilà ce qu'il
AVRIL. 1757. 209
T
nous affure. Dans quelque autre profeffion que la
fienne , l'application & le travail peuvent mériter
quelques éloges, indépendamment du fuccès : mais
en fait de fecret qui intéreffe la fanté , les feuls
fuccès foutenus font la gloire & le mérite de ceux
qui les ont trouvés . Il faut que les recherches du
fieur la Salle aient été bien longues , ou que le fuccès
ait été bien douteux , puifqu'il a attendu ſeize
ans pour faire encore imprimer cette curieuſe dé-
Couverte. N'y a-t'il pas lieu de douter qu'elle ait
eu aucun fuccès , puiſqu'il ne l'appuie d'aucun fait
de pratique ? Si cependant il trouve dans cette obfervation
quelque chofe à relever , comme on
ne craint point les objections , on ſe fera un vrai
plaifir d'y répondre.
MONSIEUR , je vous prie d'inférer dans votre
Mercure de France , Pobfervation fuivante fur
l'Avis au Public donné par le fieur de la Salle, Chirurgien
, dans le Mercure de France du mois de
Juillet dernier , à la page 237.
Je croirois manquer à ce que je dois au Public,
fi je différois plus long- temps à le précautionner
contre le fecret du fieur la Salle , Chirurgien empirique.
Il donne à ce fecret des vertus fingulieres
pour guérir indéfiniment toutes fortes de loupes
vraie charlatanerie , dont le Public n'eft que trop
fouvent la dupe & la victime ! la perte de fon argent
eft le moindre rifque qu'on court : en s'y prê
tant , la fanté en fouffre ; & l'expérience nous apprend
par des accidens , que le fieur la Salle ne
devroit pas fe diffimuler que les maladies empirent
par ces fortes de remedes , & deviennent fouvent
incurables. Cette réflexion ne fuffiroit peut-être
pas pour mettre en garde le Public contre le fecret
dont il s'agit ; en voici d'autres plus frappantes :
falfe le Ciel qu'elles arrêtent ceux qu'une confiance
aveugle pourroit livrer entre les mains du fienr
la Salle . Il est évident que ce Chirurgien ignore la
force & l'étendue du mot de loupe. Qu'est- ce que
loupe ou tumeur enkiftée : S'il étoit tant foit
verfé dans la théorie de fon métier , il fçauroit que
le nom de loupe eft un terme générique qui renferme
plufieurs efpeces , auxquels la fituation & lat
qualité de la matiere font donner différens noms.
mais il n'eft pas néceffaire d'entrer dans ce détail
& de parcourir les différentes parties ou les tumeurs
fe jettent & s'enkiftent. Il me fuffira , pour
peu
2
208 MERCURE DE FRANCE.
démontrer la charlatanerie du fieur la Salle , de
faire obferver que fon fecret , tel qu'il l'annonce ,
doit guérir toute forte de loupes , fans qu'il ait befoin
de fe fervir d'aucuns inftrumens de Chirurgie.
Il a fans doute fes raiſons pour s'en tenir à ſon ſecret.
Il faut , pour en venir aux opérations de la
main,une grande connoiffance de fon fujet; & c'eſt
ce qu'ignorent les Charlatans : mais ce que le fieur
la Salle , en qualité de Chirurgien , devroit fçavoir,
c'eft que l'application de ces prétendus fpécifiques
eft prefque toujours dangereufe. S'il avoit lu les
Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie ,
page 347 , il auroit vu que dans cette efpece de
maladie les topiques font pernicieux ; c'eft la remarque
de M. Petit , Auteur de cette obſervation .
Il n'a pas lu fans doute la brochure de M. Louis
contre les perfonnages à fecret ; cette lecture lui
cût ôté l'envie de faire imprimer le fien . Quoi
qu'il en foit , on prie le fieur la Salle de nous dire
comment il pourroit guérir une loupe pefant
plufieurs livres nous en voyons fouvent de femblables.
Son remede ne feroit-il point dans ce caslà
infructueux ? De plus , on a trouvé , à l'ouverture
de ces fortes de tumeurs , plufieurs corps
étrangers de tous genres , jufqu'à des os de différentes
figures , comme l'a remarqué M. de Ruylely,
& nombre d'autres Auteurs qui traitent de cette
efpece de maladie. Or , dans le fecond cas quel
effet doit produire l'application de fon remede
Les gens un peu éclairés doivent en appercevoir
ici l'inutilité & le danger. On n'a garde d'accufer
de malice le fieur la Salle : c'eft l'amour du bien
public qui lui a fait faire toutes les recherches néceffaires
pour la compofition de ſon ſecret . Il a encore
trouvé le moyen de le tranſporter dans tous
les lieux fans la moindre altération voilà ce qu'il
AVRIL. 1757. 209
T
nous affure. Dans quelque autre profeffion que la
fienne , l'application & le travail peuvent mériter
quelques éloges, indépendamment du fuccès : mais
en fait de fecret qui intéreffe la fanté , les feuls
fuccès foutenus font la gloire & le mérite de ceux
qui les ont trouvés . Il faut que les recherches du
fieur la Salle aient été bien longues , ou que le fuccès
ait été bien douteux , puifqu'il a attendu ſeize
ans pour faire encore imprimer cette curieuſe dé-
Couverte. N'y a-t'il pas lieu de douter qu'elle ait
eu aucun fuccès , puiſqu'il ne l'appuie d'aucun fait
de pratique ? Si cependant il trouve dans cette obfervation
quelque chofe à relever , comme on
ne craint point les objections , on ſe fera un vrai
plaifir d'y répondre.
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Résumé : A L'AUTEUR DU MERCURE.
La lettre adressée à l'éditeur du Mercure de France met en garde le public contre les pratiques du sieur de la Salle, un chirurgien empirique. L'auteur critique les prétentions de ce dernier, qui affirme pouvoir guérir toutes sortes de loupes grâce à un secret. Ce secret est qualifié de charlatanerie, mettant en danger la santé des patients et aggravant souvent leurs maladies. L'auteur souligne l'ignorance du sieur de la Salle concernant la diversité des tumeurs appelées loupes et la nécessité d'instruments chirurgicaux pour les traiter. Il est également mentionné que les remèdes topiques sont généralement pernicieux dans ce type de maladie, comme le note M. Petit dans les Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie. La lettre questionne l'efficacité du remède du sieur de la Salle face à des tumeurs volumineuses et contenant des corps étrangers. Enfin, l'auteur exprime son scepticisme quant au succès réel du secret du sieur de la Salle, qui n'est appuyé par aucun fait de pratique et a mis seize ans à être publié.
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2924
p. 198-200
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
Début :
Le nommé Leroi, de la Compagnie Colonelles, avoit, outre les syptômes [...]
Mots clefs :
Hôpital, Symptômes, M. Keyser, Maladies, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
SUPPLEMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
E
Quatrieme traitement depuis ſon établiſſement.
Ls nommé Leroi , de la Compagnie Colonelle
avoit , outre les fymptômes les plus graves , un ulcere
confidérable , des chairs fongueufes à la racine
du gros orteil du pied gauche : on l'avoit traité
plufieurs fois inutilement fans pouvoir le guérir ,
& ce n'eft qu'au remede de M. Keyfer, & auxfoins
particuliers de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie
& Adminiftrateur dudit Hôpital , qu'il doit
aujourd'hui fa guériſon . Il est entré le 10 Mars &
eft forti le 3 Mai.
JUIN. 1757.
199
Le nommé Briere , de la Compagnie de Ma
than , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 3 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Vivarais , de la Compagnie Colonelle
, eft entré le 17 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Jefquy , de la Compagnie de Launoy
, eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai.
Ce foldat étoit dans un état fâcheux tous les
fymptômes de fa maladie ont été bien effacés ;
mais l'on ne répond point de la guérifon , parce
que quelque inftance qu'on ait pu lui faire , il n'a
pas été poffible de lui faire prendre exactement le
remede , & qu'il auroit été néceffaire qu'il en prft
encore quelques jours.
Le nommé Bromont, de la Compagnie de Broc,
eft entré le 24 Mars , & eft forti le zo Mai parfaitement
guéri.
Le nommé Point du Jour , de la Compagnie de
la Sône , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Orléans , de la Compagnie du Trévon
, avoit des douleurs infupportables par tout le
corps , & furtout à la tête où elles étoient continuelles
; il en étoit fi cruellement tourmenté pendant
la nuit , que depuis long-temps il ne pouvoit
fermer l'oeil. Il eſt entré le 24 Mars , & eft ſorti le
10 Mai parfaitement guéri.
Le nommé le Bon , de la Compagnie de la Ferriere
; ce Soldat , outre les fymptômes ordinaires ,
avoit le bras droit impotent , des douleurs trèsvives
dans les lombes & à la cuiffe du même côté.
Il eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Chamarais , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
liv
200 MERCURE DE FRANCE
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Vitré , de la Compagnie de Coettrieux
, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Gallée , de la Compagnie de Champignelles
; ce Soldat étoit dans un état cruel ,
reffentant depuis plus de deux ans des douleurs
de tête qui lui caufoient des étourdiffemens
continuels ; il en reffentoit encore à toutes les
extrêmités ; il ne pouvoit repoſer ni travailler . II
eft entré le 31 Mars ,& eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Beaufoleil , de la Compagnie de
Poudeux, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 17
Mai parfaitement guéri.
Il vient d'entrer douze autres malades dont on
rendra pareillement compte le mois prochain.
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
E
Quatrieme traitement depuis ſon établiſſement.
Ls nommé Leroi , de la Compagnie Colonelle
avoit , outre les fymptômes les plus graves , un ulcere
confidérable , des chairs fongueufes à la racine
du gros orteil du pied gauche : on l'avoit traité
plufieurs fois inutilement fans pouvoir le guérir ,
& ce n'eft qu'au remede de M. Keyfer, & auxfoins
particuliers de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie
& Adminiftrateur dudit Hôpital , qu'il doit
aujourd'hui fa guériſon . Il est entré le 10 Mars &
eft forti le 3 Mai.
JUIN. 1757.
199
Le nommé Briere , de la Compagnie de Ma
than , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 3 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Vivarais , de la Compagnie Colonelle
, eft entré le 17 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Jefquy , de la Compagnie de Launoy
, eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai.
Ce foldat étoit dans un état fâcheux tous les
fymptômes de fa maladie ont été bien effacés ;
mais l'on ne répond point de la guérifon , parce
que quelque inftance qu'on ait pu lui faire , il n'a
pas été poffible de lui faire prendre exactement le
remede , & qu'il auroit été néceffaire qu'il en prft
encore quelques jours.
Le nommé Bromont, de la Compagnie de Broc,
eft entré le 24 Mars , & eft forti le zo Mai parfaitement
guéri.
Le nommé Point du Jour , de la Compagnie de
la Sône , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Orléans , de la Compagnie du Trévon
, avoit des douleurs infupportables par tout le
corps , & furtout à la tête où elles étoient continuelles
; il en étoit fi cruellement tourmenté pendant
la nuit , que depuis long-temps il ne pouvoit
fermer l'oeil. Il eſt entré le 24 Mars , & eft ſorti le
10 Mai parfaitement guéri.
Le nommé le Bon , de la Compagnie de la Ferriere
; ce Soldat , outre les fymptômes ordinaires ,
avoit le bras droit impotent , des douleurs trèsvives
dans les lombes & à la cuiffe du même côté.
Il eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Chamarais , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
liv
200 MERCURE DE FRANCE
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Vitré , de la Compagnie de Coettrieux
, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Gallée , de la Compagnie de Champignelles
; ce Soldat étoit dans un état cruel ,
reffentant depuis plus de deux ans des douleurs
de tête qui lui caufoient des étourdiffemens
continuels ; il en reffentoit encore à toutes les
extrêmités ; il ne pouvoit repoſer ni travailler . II
eft entré le 31 Mars ,& eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Beaufoleil , de la Compagnie de
Poudeux, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 17
Mai parfaitement guéri.
Il vient d'entrer douze autres malades dont on
rendra pareillement compte le mois prochain.
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
En juin 1757, un supplément à un article sur la chirurgie relate le quatrième traitement effectué à l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Plusieurs soldats ont été traités avec succès. Leroi, de la Compagnie Colonelle, souffrait d'un ulcère et de chairs fongueuses au gros orteil. Après plusieurs traitements infructueux, il a été guéri grâce au remède de M. Keyfer et aux soins de M. Bourbelain, entrant le 10 mars et sortant le 3 mai. D'autres soldats, tels que Briere, Vivarais, Bromont, Point du Jour, Orléans, le Bon, Chamarais, Vitré, Gallée et Beaufoleil, ont également été guéris de diverses affections après des périodes de traitement allant du 24 mars au 17 mai. Jefquy, bien que montrant des améliorations, n'a pas suivi correctement le traitement, rendant sa guérison incertaine. Douze nouveaux malades sont récemment entrés à l'hôpital.
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2925
p. 225-229
LES PROCÉDÉS CONTRE LES USAGES, Ou Réponse à la Lettre de la Dame de l'Orient.
Début :
Vous avez bien raison, Monsieur, de trouver le procédé d'Ulalie contre [...]
Mots clefs :
Ulalie, Usages, Époux, Honneur, Raison, Bonheur, Procédés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES PROCÉDÉS CONTRE LES USAGES, Ou Réponse à la Lettre de la Dame de l'Orient.
LES PROCÉDÉS
CONTRE LES USAGES ,
Ou Réponse à la Lettre de la Dame de
l'Orient.
Vous avez bien raifon , Monfieur , de ,
trouver le procédé d'Ulalie contre les ufages.
Il eft unique ; mais il étonne , & il
mérite les plus grands éloges. Puifqu'elle
vous a fait le confident de cette aventure ,
vous devez , Monfieur , raffurer fa délicateffe
, en rendant ma Lettre publique.
Il est vrai que je lui ai envoyé à l'Orient
la caffette dont elle fe plaint . Il l'eft encore
que les bijoux en valent plus de 30000 liv.
Le fieur Pierre les a fournis , on peut le
lui demander. Il n'eft pas moins vrai que
j'y ai joint une bourfe de 750 louis , &
KY
216 MERCURE DE FRANCE.
mon portrait mais il ne l'eft pas que j'aie
eu des vues qui puiffent l'offenfer. Expliquons
ce myftere.
Il y a bien des années que je fuis l'ami
'de fon mari. Il vint à Paris , il y a peu de
mois ; je l'y vis tous les jours , & tous les
jours il me parloit de la divine Ulalie. Il
en eft l'époux , il en eft l'amant ; il le dit ,
il le penfe. Il fçait qu'elle eft la plus belle
des femmes , & il la croit la plus tendre &
la plus vertueufe des époufes. Je dis , il la
croit , puifqu'en en effet il eft occupé de
ce fentiment jufqu'au foupçon , & ce foupçon
eft l'unique peine qui traverſe fon
bonheur. Je l'ai voulu détruire , & je n'ai
pu y réuffir. C'étoit , me difoit- il , une
fantaisie de Marin , qu'il vouloit diffiper
en l'approfondiffant. Pour cet effet , il
imagina de lui donner des bijoux , de l'or
& mon portrait , à qui il fit l'honneur de
donner la préférence. L'idée d'un envoi
mystérieux lui parut brillante ; elle ne
pouvoit annoncer qu'un Amant magnifique
, difcret & délicat. Il penfa bien qu'elle
ne le foupçonneroit pas d'être l'auteur
d'une pareille galanterie ; elle est trop
contre les procédés ordinaires aux maris.
Il fit dépendre fon bonheur de la réception
qu'elle feroit à ce préfent , & enfin il
exigea de mon amitié que je n'en ferois
SEPTEMBRE . 1757. 227
l'envoi que lorsqu'il feroit fur mer ; car
il voulut encore favorifer la féduction
par fon éloignement. Voilà l'origine de
cette caffette. Je l'ai envoyée avec les précautions
qu'il m'avoit fuggérées. Ulalie l'a
reçue. Mais quel dénouement ! que ne
puis-je le faire fçavoir à mon ami ! Il reviendra
peut- être bientôt. Je lui laifferois
bien le plaifir de faire connoître au tendre
objet de fon amour , qu'il eft l'auteur du
préfent : mais elle menace de vous le confier
, Monfieur , & j'ai cru devoir lui donner
un éclairciffement qui la raffurera , La
caffette lui appartient : elle doit la garder ,
& elle le fera avec plaifir.
Il me reste un embarras dont j'aurai peine
à me tirer. Sans avoir l'honneur de connoître
la charmante Ulalie , je prévois
qu'elle trouvera cet envoi un outrage. Un
foupçon en eft le motif, un foupçon eft un
crime : el le voudra s'en venger ; & fur qui ?
Voilà mon embarras : avec toute autre , il
n'y en auroit aucun . On fe venge fur un
mari : voilà l'ufage. Mais avec elle , on ne
peut compter fur les ufages les plus anciens.
& les plus fuivis. Elle pardonnera à l'époux,
& fa colere tombera fur moi . Si elle me
fait cette injuftice , mon ami m'en fera
raifon ou il me procurera les occafions de
lui faire ma cour , ou je romps avec lui ;
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
c'eſt le feul moyen que je veux employer
pour prévenir une haine injufte. Que la
belle Ulalie foit de bonne foi. Si j'avois.
réuffi à détruire les foupçons du Marin ,
la caffette & les bijoux feroient encore
chez le fieur Pierre. Me le pardonneroitelle
? Non fans doute , & elle auroit raifon.
On ne s'eft jamais avifé d'empêcher
un mari de donner 50000 liv . à fa femme.
Quel que foit le but d'un pareil don , il
flatte toujours , & elle paroît trop dévouée
aux procédés contre les ufages pour n'être
pas enchantée de celui-ci.
:
Je l'avertis encore qu'elle doit garder
mon portrait jufqu'au retour de fon mari.
Il eft intéreffant qu'il le voie il croiroit
peut -être que j'en aurois fubftitué quelqu'autre.
Il avoit décidé pour le mien :
enfin c'étoit un article de fa fantaifie . Mais.
qu'elle ne s'en allarme pas ; je lui promets:
de ne pas croire cette démarche une faveur .
J'ai le fien ; je le vois tous les jours , fans
qu'elle ait fujet de s'en fcandalifer . Je ne
me fuis pas encore mis dans l'efprit que ce
pouvoit être une faveur. Son mari me l'a
donné pour me prouver l'étendue de fon
bonheur. Mais pour prévenir toutes difcuffions
fur ces portraits , j'aurai l'honneur
de lui dire que je dois aller à l'Orient dès
que mon ami fera de retour , & il décidera
SEPTEMBRE. 1757. 229
de leur fort . Je fçais qu'il ne doit appartenir
qu'à elle d'en décider : mais ferat'elle
la feule à laquelle il foit permis d'avoir
des procédés finguliers ? Je veux tenir
de fon mari le bonheur de la voir , de la
connoître & de l'aimer. Je ne veux pas en
attendre celui de lui plaire , à moins qu'elle
ne l'exige . Je me promets bien de lui obéir
avec une attention fcrupuleufe ; & fi elle
aime les procédés contre les ufages , j'ent
aurai toujours autant qu'elle le defirera .
J'ai l'honneur d'être , & c.
Paris , le Août 1757.
ALZIDOR.
Ulalie me permettra de lui cacher mon
nom , jufqu'à ce que je fois raffuré contre
fa haine. Qu'elle me laiffe entrevoir mon
pardon , je vole à l'Orient : je lui livre le
coupable avant le retour de fon mari , &
j'ofe l'affurer qu'il me verra chez lui avec
un plaifir extrême . Il eft d'ufage d'être le
complaifant de l'époux d'une femme dont
on veut mériter les bontés.Ce fera encore un
procédé qu'elle n'aura pas à me reprocher.
CONTRE LES USAGES ,
Ou Réponse à la Lettre de la Dame de
l'Orient.
Vous avez bien raifon , Monfieur , de ,
trouver le procédé d'Ulalie contre les ufages.
Il eft unique ; mais il étonne , & il
mérite les plus grands éloges. Puifqu'elle
vous a fait le confident de cette aventure ,
vous devez , Monfieur , raffurer fa délicateffe
, en rendant ma Lettre publique.
Il est vrai que je lui ai envoyé à l'Orient
la caffette dont elle fe plaint . Il l'eft encore
que les bijoux en valent plus de 30000 liv.
Le fieur Pierre les a fournis , on peut le
lui demander. Il n'eft pas moins vrai que
j'y ai joint une bourfe de 750 louis , &
KY
216 MERCURE DE FRANCE.
mon portrait mais il ne l'eft pas que j'aie
eu des vues qui puiffent l'offenfer. Expliquons
ce myftere.
Il y a bien des années que je fuis l'ami
'de fon mari. Il vint à Paris , il y a peu de
mois ; je l'y vis tous les jours , & tous les
jours il me parloit de la divine Ulalie. Il
en eft l'époux , il en eft l'amant ; il le dit ,
il le penfe. Il fçait qu'elle eft la plus belle
des femmes , & il la croit la plus tendre &
la plus vertueufe des époufes. Je dis , il la
croit , puifqu'en en effet il eft occupé de
ce fentiment jufqu'au foupçon , & ce foupçon
eft l'unique peine qui traverſe fon
bonheur. Je l'ai voulu détruire , & je n'ai
pu y réuffir. C'étoit , me difoit- il , une
fantaisie de Marin , qu'il vouloit diffiper
en l'approfondiffant. Pour cet effet , il
imagina de lui donner des bijoux , de l'or
& mon portrait , à qui il fit l'honneur de
donner la préférence. L'idée d'un envoi
mystérieux lui parut brillante ; elle ne
pouvoit annoncer qu'un Amant magnifique
, difcret & délicat. Il penfa bien qu'elle
ne le foupçonneroit pas d'être l'auteur
d'une pareille galanterie ; elle est trop
contre les procédés ordinaires aux maris.
Il fit dépendre fon bonheur de la réception
qu'elle feroit à ce préfent , & enfin il
exigea de mon amitié que je n'en ferois
SEPTEMBRE . 1757. 227
l'envoi que lorsqu'il feroit fur mer ; car
il voulut encore favorifer la féduction
par fon éloignement. Voilà l'origine de
cette caffette. Je l'ai envoyée avec les précautions
qu'il m'avoit fuggérées. Ulalie l'a
reçue. Mais quel dénouement ! que ne
puis-je le faire fçavoir à mon ami ! Il reviendra
peut- être bientôt. Je lui laifferois
bien le plaifir de faire connoître au tendre
objet de fon amour , qu'il eft l'auteur du
préfent : mais elle menace de vous le confier
, Monfieur , & j'ai cru devoir lui donner
un éclairciffement qui la raffurera , La
caffette lui appartient : elle doit la garder ,
& elle le fera avec plaifir.
Il me reste un embarras dont j'aurai peine
à me tirer. Sans avoir l'honneur de connoître
la charmante Ulalie , je prévois
qu'elle trouvera cet envoi un outrage. Un
foupçon en eft le motif, un foupçon eft un
crime : el le voudra s'en venger ; & fur qui ?
Voilà mon embarras : avec toute autre , il
n'y en auroit aucun . On fe venge fur un
mari : voilà l'ufage. Mais avec elle , on ne
peut compter fur les ufages les plus anciens.
& les plus fuivis. Elle pardonnera à l'époux,
& fa colere tombera fur moi . Si elle me
fait cette injuftice , mon ami m'en fera
raifon ou il me procurera les occafions de
lui faire ma cour , ou je romps avec lui ;
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
c'eſt le feul moyen que je veux employer
pour prévenir une haine injufte. Que la
belle Ulalie foit de bonne foi. Si j'avois.
réuffi à détruire les foupçons du Marin ,
la caffette & les bijoux feroient encore
chez le fieur Pierre. Me le pardonneroitelle
? Non fans doute , & elle auroit raifon.
On ne s'eft jamais avifé d'empêcher
un mari de donner 50000 liv . à fa femme.
Quel que foit le but d'un pareil don , il
flatte toujours , & elle paroît trop dévouée
aux procédés contre les ufages pour n'être
pas enchantée de celui-ci.
:
Je l'avertis encore qu'elle doit garder
mon portrait jufqu'au retour de fon mari.
Il eft intéreffant qu'il le voie il croiroit
peut -être que j'en aurois fubftitué quelqu'autre.
Il avoit décidé pour le mien :
enfin c'étoit un article de fa fantaifie . Mais.
qu'elle ne s'en allarme pas ; je lui promets:
de ne pas croire cette démarche une faveur .
J'ai le fien ; je le vois tous les jours , fans
qu'elle ait fujet de s'en fcandalifer . Je ne
me fuis pas encore mis dans l'efprit que ce
pouvoit être une faveur. Son mari me l'a
donné pour me prouver l'étendue de fon
bonheur. Mais pour prévenir toutes difcuffions
fur ces portraits , j'aurai l'honneur
de lui dire que je dois aller à l'Orient dès
que mon ami fera de retour , & il décidera
SEPTEMBRE. 1757. 229
de leur fort . Je fçais qu'il ne doit appartenir
qu'à elle d'en décider : mais ferat'elle
la feule à laquelle il foit permis d'avoir
des procédés finguliers ? Je veux tenir
de fon mari le bonheur de la voir , de la
connoître & de l'aimer. Je ne veux pas en
attendre celui de lui plaire , à moins qu'elle
ne l'exige . Je me promets bien de lui obéir
avec une attention fcrupuleufe ; & fi elle
aime les procédés contre les ufages , j'ent
aurai toujours autant qu'elle le defirera .
J'ai l'honneur d'être , & c.
Paris , le Août 1757.
ALZIDOR.
Ulalie me permettra de lui cacher mon
nom , jufqu'à ce que je fois raffuré contre
fa haine. Qu'elle me laiffe entrevoir mon
pardon , je vole à l'Orient : je lui livre le
coupable avant le retour de fon mari , &
j'ofe l'affurer qu'il me verra chez lui avec
un plaifir extrême . Il eft d'ufage d'être le
complaifant de l'époux d'une femme dont
on veut mériter les bontés.Ce fera encore un
procédé qu'elle n'aura pas à me reprocher.
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Résumé : LES PROCÉDÉS CONTRE LES USAGES, Ou Réponse à la Lettre de la Dame de l'Orient.
Dans la lettre intitulée 'LES PROCÉDÉS CONTRE LES USAGES, Ou Réponse à la Lettre de la Dame de l'Orient', l'auteur Alzidor répond à une accusation de la dame Ulalie concernant un cadeau qu'elle a reçu. Alzidor explique qu'il a envoyé à Ulalie une cassette contenant des bijoux d'une valeur de plus de 30 000 livres et une bourse de 750 louis, ainsi que son portrait. Ces présents ont été envoyés à la demande du mari d'Ulalie, qui souhaitait dissiper ses soupçons sur la fidélité de sa femme. Le mari, ami d'Alzidor, a imaginé ce geste pour prouver son amour et sa confiance en Ulalie. Alzidor assure qu'il n'avait aucune intention malveillante et qu'il a agi par amitié pour le mari. Il exprime son embarras face à la possible réaction d'Ulalie, qui pourrait voir cet envoi comme un outrage. Alzidor prévoit de se rendre à l'Orient pour clarifier la situation et éviter toute haine injustifiée. Il promet de respecter les décisions d'Ulalie concernant les portraits et de se comporter en complaisant du mari, conformément aux usages.
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2926
p. *231-231
SUPPLÉMENT AUX NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Début :
Jean-Thomas Hérissant, Libraire, rue S. Jacques, à Saint Paul & [...]
Mots clefs :
Nouvelle parution, Ouvrage
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT AUX NOUVELLES LITTÉRAIRES.
SUPPLEMENT
AUX NOUVELLES LITTÉRAIres .
EAN - THOMAS Hériſſant , Libraire , rue
S. Jacques , à Saint Paul & à Saint Hilaire,
vient de mettre fous- preffe l'Abrégé chronologique
de l'Hiftoire d'Espagne & de Portugal
, ouvrage fort avancé par M. le Préfident
Hénault , & continué par M. Macquer
, à qui M. le Préfident Hénault a
remis fon manufcrit.
AUX NOUVELLES LITTÉRAIres .
EAN - THOMAS Hériſſant , Libraire , rue
S. Jacques , à Saint Paul & à Saint Hilaire,
vient de mettre fous- preffe l'Abrégé chronologique
de l'Hiftoire d'Espagne & de Portugal
, ouvrage fort avancé par M. le Préfident
Hénault , & continué par M. Macquer
, à qui M. le Préfident Hénault a
remis fon manufcrit.
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2927
p. 231-234
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Cinquieme traitement depuis son établissement.
Début :
I. Le nommé Coupet, de la Compagnie de Champignelles, avoit entr'autres symptômes [...]
Mots clefs :
Symptômes, Douleurs, Maux, Guérison, Santé, Malades, Remèdes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Cinquieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Cinquieme traitement depuisfon établiſſement,
E 1. II nommé Coupet , de la Compagnie de
Champignelles , avoit entr'autres fymptômes biex
232 MERCURE DE FRANCE:
caracterifés , des douleurs aigues dans les extrê
mités il ne pouvoit dormir depuis fort longtemps.
Il eft entré les de Mai , & eft forti le 14
Juin parfaitement guéri .
2. Le nommé Brunet , Compagnie de la Tour ,
étoit dans un état fâcheux . Il avoit depuis quatre
mois un exoſtoſe & un hypéroſtoſe au ſternum . If
eft entré les Mai , & eft forti le 14 Juin parfaitement
guéri.
3. Le nommé Cleret , de la Compagnie de
Vizé , avoit une maladie des plus graves ; fes
douleurs étoient univerfelles , il n'avoit pu prendre
aucun repes depuis cinq femaines . Il est entré
le 12 de Mai , & à peine fut-il à l'Hôpital , que
le fcorbut fe déclara fi confidérablement , qu'il
fallut ceffer le traitement pour commencer à détruire
le vice fcorbutique , au moyen de quoi ce
malade eft encore à l'Hôpital , mais fur la fin de
fon traitement, & dans la meilleure fanté du monde.
L'on annoncera fa fortie dans le compte fubféquent.
4. Le nommé Charly , Compagnie de Vizé ,
eft entré le 12 Mai , & eft forti le 12 Juin parfaitement
guéri.
5. Le nommé Giroudin , de la Compagnie de
Broc , entr'autres fymptômes , avoit des douleurs
de tête inexprimables , & d'autres très- confidérables
à toutes les extrêmités , des pefanteurs
& un anéantiffement périodique dans tous les
changemens de temps . Il eft entré le 12 Mai , &
eft forti le 14 Juin parfaitement guéri .
6. Le nommé Saint - Louis , de la Compagnie
d'Hallot , avoit également des douleurs de tête fi
vives & fi aigues , qu'il n'avoit pas fermé l'oeil
depuis 3 femaines , quand il eft entré dans l'Hô
pital : il y eft venu le 12 Mai , & eft forti le 21
Juin parfaitement gueri
&
SEPTEMBRE . 1757. 233
7 Le nommé Chevalier , de la Compagnie de
Champignelles , avoit à la gorge un ulcere fi confidérable
& fi profond , qu'il lui empêchoit la
déglutition , & de prendre des nourritures folides.
Il est entré le 12 Mai , & eft forti le 28
Juin parfaitement guéri .
S. Le nommé Francler , de la Compagnie de
Champignelles , outre les fymptômes que l'on ne
nomme plus , avoit également des douleurs aigues
, une infomnie continuelle & des pefanteurs.
Il eft entré le 12 Mai , & eft forti le 14 Juin parfaitement
guéri.
9. Le nommé Lifle , de la Compagnie de Ra
fitti , outre les fymptômes ordinaires , avoit un
ulcere au voile du palais , & un à l'oefophage. Il eſt
entré le 16 Mai , & eft forti le 21 Juin parfaitement
guéri .
10. Le nommé Baudot , de la Compagnie
Deaubonne , maladie ordinaire , eft entré le 16
Mai , & eft forti le 21 Juin parfaitement guéri.
11. Le nommé Saint-Martin , de la Compagnie
Deaubonne , ' eft entré le 19 Mai , & eft forti le
28 Juin , ne voulant pas continuer le remede dont
il avoit encore befoin. C'eſt pourquoi on ne le
compte pas guéri , & on le reprendra dans le premier
traitement.
12. Le nommé Coeur de Roi , de la Compagnie
de Chevalier , avoit outre les fymptômes
ordinaires , des douleurs univerfelles , & des
étourdiffemens fi fréquens , qu'il ne pouvoit ni
dormir , ni travailler. Il eſt entré le 19 Mai , & eft
forti parfaitement gueri.
Il vient d'entrer douze autres malades , dont on
rendra compte l'ordinaire prochain .
M. Keyfer croit devoir répéter, que , quoiqu'il ne
mette plus au bas de ces traitemens les certificats
234 MERCURE DE FRANCE .
de MM. Guerin , Faget & du Fouard , Inspecteurs
de l'Hôpital , ces Meffieurs fuivent néanmoins
toujours tous les traitemens qui s'y font , ainfi
qu'une trentaine d'autres perfonnes de l'art que
la curiofité y attire , & auxquelles les portes font
tous les jours ouvertes .
Il vient de donner l'adminiftration de fon re- .
mede à M. Ray , Maître en Chirurgie à Lyon ,
qui vient de faire déja plufieurs cures confidérables .
A M. Naudinat , à Marseille , auquel MM. les
Echevins & Directeurs de l'Hôpital ont donné
quatre hommes & quatre filles à traiter pour faire
fes preuves , & defquelles il fera rendu compte.
A M.de la Plaine , ancien Chirurgien de Mgr le
Maréchal de Biron.
Il fe fera un vrai plaifir , ainfi qu'il l'a promis
, de recevoir & de montrer la méthode à
tout les gens de l'art , qui voudront en prendre
connoiffance , & leur confiera fon remède dès
qu'ils feront en état de l'adminiftrer. Il n'en donnera
cependant pas à plufieurs perfonnes dans la
même Ville. Sa demeure eft toujours rue & IAE
Saint Louis , près du Pont -Rouge. Il fupplie
qu'on ait la bonté d'affranchir les Lettres qu'on
lui écrit journellement , foit pour le confulter
foit pour lui demander inutilement fon remede
faute de quoi lesdites lettres refteront au rebut .
Cinquieme traitement depuisfon établiſſement,
E 1. II nommé Coupet , de la Compagnie de
Champignelles , avoit entr'autres fymptômes biex
232 MERCURE DE FRANCE:
caracterifés , des douleurs aigues dans les extrê
mités il ne pouvoit dormir depuis fort longtemps.
Il eft entré les de Mai , & eft forti le 14
Juin parfaitement guéri .
2. Le nommé Brunet , Compagnie de la Tour ,
étoit dans un état fâcheux . Il avoit depuis quatre
mois un exoſtoſe & un hypéroſtoſe au ſternum . If
eft entré les Mai , & eft forti le 14 Juin parfaitement
guéri.
3. Le nommé Cleret , de la Compagnie de
Vizé , avoit une maladie des plus graves ; fes
douleurs étoient univerfelles , il n'avoit pu prendre
aucun repes depuis cinq femaines . Il est entré
le 12 de Mai , & à peine fut-il à l'Hôpital , que
le fcorbut fe déclara fi confidérablement , qu'il
fallut ceffer le traitement pour commencer à détruire
le vice fcorbutique , au moyen de quoi ce
malade eft encore à l'Hôpital , mais fur la fin de
fon traitement, & dans la meilleure fanté du monde.
L'on annoncera fa fortie dans le compte fubféquent.
4. Le nommé Charly , Compagnie de Vizé ,
eft entré le 12 Mai , & eft forti le 12 Juin parfaitement
guéri.
5. Le nommé Giroudin , de la Compagnie de
Broc , entr'autres fymptômes , avoit des douleurs
de tête inexprimables , & d'autres très- confidérables
à toutes les extrêmités , des pefanteurs
& un anéantiffement périodique dans tous les
changemens de temps . Il eft entré le 12 Mai , &
eft forti le 14 Juin parfaitement guéri .
6. Le nommé Saint - Louis , de la Compagnie
d'Hallot , avoit également des douleurs de tête fi
vives & fi aigues , qu'il n'avoit pas fermé l'oeil
depuis 3 femaines , quand il eft entré dans l'Hô
pital : il y eft venu le 12 Mai , & eft forti le 21
Juin parfaitement gueri
&
SEPTEMBRE . 1757. 233
7 Le nommé Chevalier , de la Compagnie de
Champignelles , avoit à la gorge un ulcere fi confidérable
& fi profond , qu'il lui empêchoit la
déglutition , & de prendre des nourritures folides.
Il est entré le 12 Mai , & eft forti le 28
Juin parfaitement guéri .
S. Le nommé Francler , de la Compagnie de
Champignelles , outre les fymptômes que l'on ne
nomme plus , avoit également des douleurs aigues
, une infomnie continuelle & des pefanteurs.
Il eft entré le 12 Mai , & eft forti le 14 Juin parfaitement
guéri.
9. Le nommé Lifle , de la Compagnie de Ra
fitti , outre les fymptômes ordinaires , avoit un
ulcere au voile du palais , & un à l'oefophage. Il eſt
entré le 16 Mai , & eft forti le 21 Juin parfaitement
guéri .
10. Le nommé Baudot , de la Compagnie
Deaubonne , maladie ordinaire , eft entré le 16
Mai , & eft forti le 21 Juin parfaitement guéri.
11. Le nommé Saint-Martin , de la Compagnie
Deaubonne , ' eft entré le 19 Mai , & eft forti le
28 Juin , ne voulant pas continuer le remede dont
il avoit encore befoin. C'eſt pourquoi on ne le
compte pas guéri , & on le reprendra dans le premier
traitement.
12. Le nommé Coeur de Roi , de la Compagnie
de Chevalier , avoit outre les fymptômes
ordinaires , des douleurs univerfelles , & des
étourdiffemens fi fréquens , qu'il ne pouvoit ni
dormir , ni travailler. Il eſt entré le 19 Mai , & eft
forti parfaitement gueri.
Il vient d'entrer douze autres malades , dont on
rendra compte l'ordinaire prochain .
M. Keyfer croit devoir répéter, que , quoiqu'il ne
mette plus au bas de ces traitemens les certificats
234 MERCURE DE FRANCE .
de MM. Guerin , Faget & du Fouard , Inspecteurs
de l'Hôpital , ces Meffieurs fuivent néanmoins
toujours tous les traitemens qui s'y font , ainfi
qu'une trentaine d'autres perfonnes de l'art que
la curiofité y attire , & auxquelles les portes font
tous les jours ouvertes .
Il vient de donner l'adminiftration de fon re- .
mede à M. Ray , Maître en Chirurgie à Lyon ,
qui vient de faire déja plufieurs cures confidérables .
A M. Naudinat , à Marseille , auquel MM. les
Echevins & Directeurs de l'Hôpital ont donné
quatre hommes & quatre filles à traiter pour faire
fes preuves , & defquelles il fera rendu compte.
A M.de la Plaine , ancien Chirurgien de Mgr le
Maréchal de Biron.
Il fe fera un vrai plaifir , ainfi qu'il l'a promis
, de recevoir & de montrer la méthode à
tout les gens de l'art , qui voudront en prendre
connoiffance , & leur confiera fon remède dès
qu'ils feront en état de l'adminiftrer. Il n'en donnera
cependant pas à plufieurs perfonnes dans la
même Ville. Sa demeure eft toujours rue & IAE
Saint Louis , près du Pont -Rouge. Il fupplie
qu'on ait la bonté d'affranchir les Lettres qu'on
lui écrit journellement , foit pour le confulter
foit pour lui demander inutilement fon remede
faute de quoi lesdites lettres refteront au rebut .
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Cinquieme traitement depuis son établissement.
Le document relate le cinquième traitement effectué à l'Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron entre mai et juin 1757. Douze patients ont été traités durant cette période. Parmi eux, dix ont été guéris et ont quitté l'hôpital : Coupet, Brunet, Charly, Giroudin, Saint-Louis, Chevalier, Francler, Lifle, Baudot, et Coeur de Roi. Cleret, atteint du scorbut, est toujours en traitement mais se porte bien. Saint-Martin a quitté l'hôpital sans terminer son traitement. Douze nouveaux malades sont entrés et seront mentionnés dans le prochain rapport. M. Keyfer, responsable de l'hôpital, note que plusieurs médecins et personnes intéressées par l'art médical suivent les traitements. Il a également administré son remède à des chirurgiens à Lyon, Marseille, et à un ancien chirurgien de M. le Maréchal de Biron. Keyfer se tient disponible pour montrer sa méthode et son remède aux professionnels de la santé, tout en précisant qu'il ne le distribuera pas à plusieurs personnes dans la même ville. Il réside rue et Hôtel Saint-Louis, près du Pont-Rouge, et demande que les lettres lui soient envoyées affranchies.
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2928
p. 204-207
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Sixieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Saint-Martin, de la Compagnie Deaubonne, de la guérison duquel nous avions douté, [...]
Mots clefs :
Remèdes, Santé, Malades, Guérison, Douleurs, Symptômes
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texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Sixieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Sixieme traitement depuis fon établiſſement.
B La nommé Saint - Martin , de la Compagnie
Deaubonne , de la guérifon duquel nous avions
douté , pour n'avoir pas voulu fur la fin du traitement
, continuer encore de prendre quelque dra
gés que nous avions cru néceffaires , fe trouvant
néanmoins bien & radicalement guéri , n'eſt pas
rentré dans l'hôpital , ainfi que nous l'avions an
noncé.
OCTOBRE , 1757 . 205
1. Le nommé la Roche , de la Compagnie Colonelle
, après avoir eu plufieurs gonorrhées
avoit deux exoftofes à l'extrêmité antérieure des
troifiemes côtes , & depuis trois femaines , il lui
étoit furvenu des fymptomes qui denoncoient la
maladie la plus grave. Il eft entré le 16 Juin ,
eft forti le 18 Juillet parfaitement guéri.
&
2. Le nommé Lemaret , de la Compagnie Delatour
, avoit des douleurs aiguës dans toutes les
extrêmités , & des puftules répandues dans toutes
les parties du corps , la plupart en fuppuration . Il
eft entré le 16 Juin , & eft forti le 26 Juillet parfaitement
guéri.
3. Le nommé Debaude , de la Compagnie de
Bragelongne s'étant fait paffer plufieurs fymptômes
véroliques avec la pierre de vitriol , il lui étoit
furvenu à l'aine droite un bubon confidérable qui
s'eft terminé par la fupuration. Il eft entré le 16
Juin , & eft forti le 2 Août parfaitement guéri..
4. Le nommé Marchand , de la Compagnie de
Bragelongne , avoit également un bubon à l'aine
gauche , avec quantité d'autres fymptomes bien
cara térifés , le bubon s'eft terminé par la fuppuration
, & il eft forti le même jour 2 Août parfaitement
guéri .
5. Le nommé Pointé , de la Compagnie de
Lautrec , étoit dans un état horrible , & cou
vert de puftules repandues dans toute l'habitude
du corps , lefquelles lui formoient une véri
table lepre.. Il eft entré le 23 Juin , & eft forti le 2
Août parfaitement guéri .
6. Le nommé Thibaut , de la Compagnie
d'Eaubonne , eft forti fans traitement , n'ayant
jamais voulu fouffrir l'adminiftration des bougies
qui lui étoient indifpenfablement néceffaires pour
guérir une fiftule qu'il avoit au periné.
206 MERCURE DE FRANCE.
7. Le nommé Bellerofe , de la Compagnie de
Voifinon , étoit dans un état très cruel : outre une
tumeur groffe comme un oeuf à la baſe de la mâil
choire , avec gonflement confidérable à l'os ,
avoit deux bubons dans les aines de droite , & de
gauche. Celui du côté droit s'eft terminé par réfolution
, & l'autre par fuppuration . Il eft entré le
23 Juin , & eft forti le 16 Août parfaitement.
guéri.
8. Le nommé Verly , de la Compagnie de Chevalier
, outre toutes fortes de fymptomes véroliques
très- confidérables , & en quantité , avoit un
phimofis , & un engorgement monftrueux aux
glandes jugulaires du côté gauche ; il avoit de
plus des douleurs de tête fi violentes , qu'il ne
pouvoit prendre de repos. Il est entré le 23 Juin ,
& eft forti le 16 Août parfaitement guéri .
9. Le nommé Senlis , de la compagnie de la
Vieuville , outre beaucoup de fymptomes bien ca
ractérisés , qu'on ne nomme plus , avoit un bubon
très - confidérable dans l'aine gauche , lequel
s'eft terminé par la fuppuration. Il eft entré le 23
Juin , & eft forti le 16 Août parfaitement guéri.
10. Le nommé Vincent , de la compagnie de
Sinety , avoit un phimofis & une quantité de puf
tules en fuppuration. Ileft entré le 30 Jain , & eft
forti le 9 Août parfaitement guéri .
11. Le nommé Bellecroix , de la Compagnie
d'Eaubonne avoit , outre les fymptomes les plus
caractérifés, un ulcere très-profond à la gorge, lequel
lui avoit occafionné une extinction de voir
totale , & empêchoit la déglutition des boiffons.
Il est entré le 30 Juin , & eft forti le 9 Août parfaitement
guéri.
12. Le nommé Cleret , annoncé dans le deraier
Mercure être refté à l'hôpital pour cauf
OCTOBRE. 1757. 207
d'une maladie fcorbutique des plus graves , fe
trouve dans le meilleur état du monde , & va fortir
inceffamment.
Il est entré douze autres malades , dont nous
rendrons compte dans le volume fuivant.
Le.fieur Keyfer fupplie le Public d'obferver :
1°. Que toutes les maladies qu'il détaille depuis
Pétabl ffement de l'hôpital , font presque toutes
des efpeces les plus graves & les plus difficiles
à traiter.
2°. Que ce dernier traitements'eft fait pendant
les chaleurs exceffives de la faifon , & lefquelles les
perfonnes jouillant de la meilleur fanté , avoient
peine à fupporter.
3°. Qu'il n'a employé ni bains , ni autres
moyens que fes feules dragées , pour parvenir à la
guérifon générale , fon remede n'ayant pour l'or
dinaire befoin d'aucun autre acceffoire.
Il prévient en même-temps le Publi :, qu'il a
répondu d'une façon authentique , & capable de
faire rougir fes advertaires à des fauffes imputa
tions inférées contre lui dans un volume du
Journal Economique , dont le titre la date du
mois de Janvier , quoiqu'il n'ait paru que dans le
mois de Juillet ; & que les démentis ont été formels
, même de la part des foldats qu'on a ofe
citer. Sa réponse que l'on diftribue gratis , fe
trouve chez la veuve de Lormel , & fils , Marchand
Libraire- Imprimeur , rue du Foin.
Comme fon unique but eft de faire voir de
plus en plus la vérité dans tout ſon jour , que d'ail
leurs il a promis de rendre un compte exact des
différens traitemens qui fe feroient par les éleves
déja répandus dans quelques provinces , il débute
aujourd'hui par rendre celui qui vient de lui être
envoyé de la part de M. Rey, Maître en chirurgie,
demeurant rue Tupin à Lyon.
Sixieme traitement depuis fon établiſſement.
B La nommé Saint - Martin , de la Compagnie
Deaubonne , de la guérifon duquel nous avions
douté , pour n'avoir pas voulu fur la fin du traitement
, continuer encore de prendre quelque dra
gés que nous avions cru néceffaires , fe trouvant
néanmoins bien & radicalement guéri , n'eſt pas
rentré dans l'hôpital , ainfi que nous l'avions an
noncé.
OCTOBRE , 1757 . 205
1. Le nommé la Roche , de la Compagnie Colonelle
, après avoir eu plufieurs gonorrhées
avoit deux exoftofes à l'extrêmité antérieure des
troifiemes côtes , & depuis trois femaines , il lui
étoit furvenu des fymptomes qui denoncoient la
maladie la plus grave. Il eft entré le 16 Juin ,
eft forti le 18 Juillet parfaitement guéri.
&
2. Le nommé Lemaret , de la Compagnie Delatour
, avoit des douleurs aiguës dans toutes les
extrêmités , & des puftules répandues dans toutes
les parties du corps , la plupart en fuppuration . Il
eft entré le 16 Juin , & eft forti le 26 Juillet parfaitement
guéri.
3. Le nommé Debaude , de la Compagnie de
Bragelongne s'étant fait paffer plufieurs fymptômes
véroliques avec la pierre de vitriol , il lui étoit
furvenu à l'aine droite un bubon confidérable qui
s'eft terminé par la fupuration. Il eft entré le 16
Juin , & eft forti le 2 Août parfaitement guéri..
4. Le nommé Marchand , de la Compagnie de
Bragelongne , avoit également un bubon à l'aine
gauche , avec quantité d'autres fymptomes bien
cara térifés , le bubon s'eft terminé par la fuppuration
, & il eft forti le même jour 2 Août parfaitement
guéri .
5. Le nommé Pointé , de la Compagnie de
Lautrec , étoit dans un état horrible , & cou
vert de puftules repandues dans toute l'habitude
du corps , lefquelles lui formoient une véri
table lepre.. Il eft entré le 23 Juin , & eft forti le 2
Août parfaitement guéri .
6. Le nommé Thibaut , de la Compagnie
d'Eaubonne , eft forti fans traitement , n'ayant
jamais voulu fouffrir l'adminiftration des bougies
qui lui étoient indifpenfablement néceffaires pour
guérir une fiftule qu'il avoit au periné.
206 MERCURE DE FRANCE.
7. Le nommé Bellerofe , de la Compagnie de
Voifinon , étoit dans un état très cruel : outre une
tumeur groffe comme un oeuf à la baſe de la mâil
choire , avec gonflement confidérable à l'os ,
avoit deux bubons dans les aines de droite , & de
gauche. Celui du côté droit s'eft terminé par réfolution
, & l'autre par fuppuration . Il eft entré le
23 Juin , & eft forti le 16 Août parfaitement.
guéri.
8. Le nommé Verly , de la Compagnie de Chevalier
, outre toutes fortes de fymptomes véroliques
très- confidérables , & en quantité , avoit un
phimofis , & un engorgement monftrueux aux
glandes jugulaires du côté gauche ; il avoit de
plus des douleurs de tête fi violentes , qu'il ne
pouvoit prendre de repos. Il est entré le 23 Juin ,
& eft forti le 16 Août parfaitement guéri .
9. Le nommé Senlis , de la compagnie de la
Vieuville , outre beaucoup de fymptomes bien ca
ractérisés , qu'on ne nomme plus , avoit un bubon
très - confidérable dans l'aine gauche , lequel
s'eft terminé par la fuppuration. Il eft entré le 23
Juin , & eft forti le 16 Août parfaitement guéri.
10. Le nommé Vincent , de la compagnie de
Sinety , avoit un phimofis & une quantité de puf
tules en fuppuration. Ileft entré le 30 Jain , & eft
forti le 9 Août parfaitement guéri .
11. Le nommé Bellecroix , de la Compagnie
d'Eaubonne avoit , outre les fymptomes les plus
caractérifés, un ulcere très-profond à la gorge, lequel
lui avoit occafionné une extinction de voir
totale , & empêchoit la déglutition des boiffons.
Il est entré le 30 Juin , & eft forti le 9 Août parfaitement
guéri.
12. Le nommé Cleret , annoncé dans le deraier
Mercure être refté à l'hôpital pour cauf
OCTOBRE. 1757. 207
d'une maladie fcorbutique des plus graves , fe
trouve dans le meilleur état du monde , & va fortir
inceffamment.
Il est entré douze autres malades , dont nous
rendrons compte dans le volume fuivant.
Le.fieur Keyfer fupplie le Public d'obferver :
1°. Que toutes les maladies qu'il détaille depuis
Pétabl ffement de l'hôpital , font presque toutes
des efpeces les plus graves & les plus difficiles
à traiter.
2°. Que ce dernier traitements'eft fait pendant
les chaleurs exceffives de la faifon , & lefquelles les
perfonnes jouillant de la meilleur fanté , avoient
peine à fupporter.
3°. Qu'il n'a employé ni bains , ni autres
moyens que fes feules dragées , pour parvenir à la
guérifon générale , fon remede n'ayant pour l'or
dinaire befoin d'aucun autre acceffoire.
Il prévient en même-temps le Publi :, qu'il a
répondu d'une façon authentique , & capable de
faire rougir fes advertaires à des fauffes imputa
tions inférées contre lui dans un volume du
Journal Economique , dont le titre la date du
mois de Janvier , quoiqu'il n'ait paru que dans le
mois de Juillet ; & que les démentis ont été formels
, même de la part des foldats qu'on a ofe
citer. Sa réponse que l'on diftribue gratis , fe
trouve chez la veuve de Lormel , & fils , Marchand
Libraire- Imprimeur , rue du Foin.
Comme fon unique but eft de faire voir de
plus en plus la vérité dans tout ſon jour , que d'ail
leurs il a promis de rendre un compte exact des
différens traitemens qui fe feroient par les éleves
déja répandus dans quelques provinces , il débute
aujourd'hui par rendre celui qui vient de lui être
envoyé de la part de M. Rey, Maître en chirurgie,
demeurant rue Tupin à Lyon.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Sixieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le sixième traitement réalisé à l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron en octobre 1757. Plusieurs cas de guérison y sont rapportés. Saint-Martin, de la Compagnie de Deaubonne, a été guéri malgré sa réticence à prendre certains médicaments. La Roche, de la Compagnie Colonelle, souffrait de gonorrhées et d'exostoses, mais est sorti guéri le 18 juillet. Lemaret, de la Compagnie Delatour, avait des douleurs aiguës et des pustules, mais est sorti guéri le 26 juillet. Debaude et Marchand, tous deux de la Compagnie de Bragelongne, avaient des bubons et des symptômes véroliques, mais sont sortis guéris le 2 août. Pointé, de la Compagnie de Lautrec, couvert de pustules, est sorti guéri le 2 août. Thibaut, de la Compagnie d'Eaubonne, n'a pas suivi le traitement pour une fistule et est sorti sans traitement. Bellerofe, de la Compagnie de Voisinon, avait une tumeur et des bubons, mais est sorti guéri le 16 août. Verly, de la Compagnie de Chevalier, souffrait de symptômes véroliques et d'un engorgement, mais est sorti guéri le 16 août. Senlis, de la Compagnie de la Vieuville, avait un bubon et est sorti guéri le 16 août. Vincent, de la Compagnie de Sinety, avait un phimosis et des pustules, mais est sorti guéri le 9 août. Bellecroix, de la Compagnie d'Eaubonne, avait un ulcère à la gorge et une extinction de voix, mais est sorti guéri le 9 août. Cleret, annoncé comme ayant une maladie scorbutique grave, se trouve en bon état et va sortir. Douze autres malades sont entrés, et leur compte sera rendu dans le volume suivant. Le sieur Keyfer souligne la gravité des maladies traitées, les conditions difficiles des chaleurs estivales, et l'efficacité de ses dragées sans autres moyens. Il répond aux accusations du Journal Economique et prévoit de rendre compte des traitements effectués par ses élèves dans différentes provinces.
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2929
p. 208-211
LETTRE de M. Rey, à M. Keyser, en date du 29 Août.
Début :
Depuis que nous nous sommes quittés, Monsieur, & que vous avez bien voulu [...]
Mots clefs :
Remèdes, Symptômes, Dragées, Guérison, Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Rey, à M. Keyser, en date du 29 Août.
LETTRE de M. Reg , à M. Keyfer , en date
du 29 Août .
Depuis que nous nous fommes quittés, Monfieur,
& que vous avez bien voulu me confier l'adminif
tration de votre remede , j'ai eu occafion de traiter
& de guérir cinq malades . Le hazard m'a fait
rencontrer les maladies les plus épineules , & quoi
qu'après tout ce que j'avois vu à l'hôpital de M.
le Maréchal de Biron , je ne fille aucun doute de
réuffir , je vous avouerai que fi j'ai été un peu hardi
d'entreprendre tout ce qu'il y avoit de plus grave
& de plus invétéré en maladies vénériennes , je
vous dois la juftice d'avouer qu'il faut abfolument
que votre remede ait bien de la vertu , & que malgré
vos ennemis & les miens , car je m'en fuis
fait un bon nombre , je ne puis n'empêcher de
dire hautement que ce remede eft fans contredit
le plus grand qui foit aujourd'hui dans la nature ;
& dans la médecine . C'eft un tribut qu'un galant
homme doit à la vérité ; & comme cette profesion
eft la premiere de toutes , je ne craindrai jamais
de lui donner la préférence .
Voici l'état & la guérifon de ces cinq malades ,
en attendant celle de plufieurs autres qui font entre
mes mairs,
Le premier avoit paffé , il y a huit ans , par les
grands remedes ; felon le récit du malade & des
parens dignes de foi , on l'avoit adminiftré dans
toutes les formes , en excitant une ample ſalivation
, & employant tous les moyens que des gens
habiles mettent en ufage pour parvenir à une gué
rifon radicale. Il avoit prefque tout ce que l'on
peut avoir en fymptomes , que ce premier traite
ment fit difparoître , & il fur jugé alors guéri par
OCTOBRE. 1757. 209,
les perfonnes qui l'avoient traité. Ces fymptomes
étant revenus quelque mois après , même avec
plus d'accidens , on le repaffa par extinction , &
ce fut encore inutilement . On lui a fait prendre
enfuite pendant des années des bols fondans ;
des panacées , des pillules de toutes façons , rien.
ne mordit , & il étoit dans un état affreux quand
il vint le préfenter à moi . Outre une immenfité de
fymptomes qu'on ne peut nommer , il avoit des
bubons à chaque aine , & des obftructions fi confidérables
dans les glandes axillaires & les ingui
nales, que je craignis d'abord qu'il n'y eût plus de
reffources . Je l'entrepris : vos feules dragées pouvoient
en faire la guérifon . Elle eft authentique ,
& j'en ai de bons certificats. Ce malade n'a ceflé
de vaquer à fes affaires : fon embonpoint eft
revenu , & fon teint qui étoit jaune & noir , a repris
la couleur naturelle . Il jouit enfin d'une fanté
qu'il n'avoit pas depuis huit années. Je l'ai tenu
près de deux mois , & fon état ne permettoit pas
d'être mené plus promptement.
Le fecond avoit pour fymptomes une chûte de
cheveux prefque totale , la voûte du palais dans un
défordre affreux , des ulcérations chancreufes , les
amygdales gonflées & ulcérées , enfin un mal de
tête fi cruel , que la chaleur du lit lui étoit devenue
infupportable , & qu'il ne pouvoit prendre aucun
repos . Je fuis obligé de vous dire qu'au bout de
15 jours de l'ufage de vos dragées , les ulceres fe
font cicatrifés , les obftructions fe font fondues
la chute des cheveux s'eft arrêté , & qu'enfin au
bout de 45 jours , la guériſon a été totale , &
qu'il jouit aujourd'hui de la meilleure fanté .
Le troifieme avoit une gonorrhée virulente de ,
la plus grave efpece qui lui occafionnoit une difurie
des plus mordicantes , & lui interdifoit toute
210 MERCURE DE FRANCE.
efpece de repos , quantité d'autres ſymptomes ;
dont un traverſoit dans la foffe naviculaire juſqu'à
P'extérieure , & s'étendoit vers le filet , un bubon
confidérable dans l'aine droite , & un tempérament
on ne peut pas plus délicat : l'ufage de vos
dragées en 25 jours a cicatrifé les ulceres , a enlevé
les maux de tête , le bubon s'eft terminé par
réfolution , & cela va vous paroître fort plaifant ,
mais quoique ce malade à mon infcu ait fait pendant
fon traitement à diverfes repriſes plus de
cent lieues en pofte pour des affaires indifpenfable
, le remede n'en a pas agi avec moins de vivacité
, & enfin il jouit de la meilleure fanté du
monde.
Le quatrieme étoit dans un état digne de pitié.
Tous les fymptomes étoient fi invétérés , que la premiere
fois que je le vis , je me crus dans l'obligation
indifpenfable de lui faire l'opération , tant la gangrene
menaçoit les parties attaquées. La guérifon
fuccéda cependant plus promptement & plus heureufement
que je ne pouvois l'imaginer , & après
les fympromes bien effacés , j'obfervai de continuer
encore quinze jours ou trois semaines , afin
de bien affurer le traitement .
Le cinquieme avoit une très - petite maladie ,
c'eft-à- dire fort peu de choſe Il a voulu abfolument
prendre le remede , malgré que je lui difois qu'il
pouvoit s'en paffer , & qu'il guériroit par le moindre
remede ordinaire . Toute fa maladie confiftoir
en un écoulement que je regardois de très - petite
conféquence. Il apris le remede pendant fix femaines
, & fon écoulement qui effectivement
avoit refifté à beaucoup de remedes que différentes
perfonnes de l'art lui avoit fuggetés inutilement ,
s'eft terminé , & il fe porte à merveille .
Voilà , Monfieur , le détail auffi vrai que fimOCTOBRE
. 1757. 211
ple & fuccinct des cures que j'ai déja faites . J'aurai
foin dans la fuite de vous apprendre les nouveaux
fuccès de vos dragées.
J'ai l'honneur d'être , &c.
REY.
du 29 Août .
Depuis que nous nous fommes quittés, Monfieur,
& que vous avez bien voulu me confier l'adminif
tration de votre remede , j'ai eu occafion de traiter
& de guérir cinq malades . Le hazard m'a fait
rencontrer les maladies les plus épineules , & quoi
qu'après tout ce que j'avois vu à l'hôpital de M.
le Maréchal de Biron , je ne fille aucun doute de
réuffir , je vous avouerai que fi j'ai été un peu hardi
d'entreprendre tout ce qu'il y avoit de plus grave
& de plus invétéré en maladies vénériennes , je
vous dois la juftice d'avouer qu'il faut abfolument
que votre remede ait bien de la vertu , & que malgré
vos ennemis & les miens , car je m'en fuis
fait un bon nombre , je ne puis n'empêcher de
dire hautement que ce remede eft fans contredit
le plus grand qui foit aujourd'hui dans la nature ;
& dans la médecine . C'eft un tribut qu'un galant
homme doit à la vérité ; & comme cette profesion
eft la premiere de toutes , je ne craindrai jamais
de lui donner la préférence .
Voici l'état & la guérifon de ces cinq malades ,
en attendant celle de plufieurs autres qui font entre
mes mairs,
Le premier avoit paffé , il y a huit ans , par les
grands remedes ; felon le récit du malade & des
parens dignes de foi , on l'avoit adminiftré dans
toutes les formes , en excitant une ample ſalivation
, & employant tous les moyens que des gens
habiles mettent en ufage pour parvenir à une gué
rifon radicale. Il avoit prefque tout ce que l'on
peut avoir en fymptomes , que ce premier traite
ment fit difparoître , & il fur jugé alors guéri par
OCTOBRE. 1757. 209,
les perfonnes qui l'avoient traité. Ces fymptomes
étant revenus quelque mois après , même avec
plus d'accidens , on le repaffa par extinction , &
ce fut encore inutilement . On lui a fait prendre
enfuite pendant des années des bols fondans ;
des panacées , des pillules de toutes façons , rien.
ne mordit , & il étoit dans un état affreux quand
il vint le préfenter à moi . Outre une immenfité de
fymptomes qu'on ne peut nommer , il avoit des
bubons à chaque aine , & des obftructions fi confidérables
dans les glandes axillaires & les ingui
nales, que je craignis d'abord qu'il n'y eût plus de
reffources . Je l'entrepris : vos feules dragées pouvoient
en faire la guérifon . Elle eft authentique ,
& j'en ai de bons certificats. Ce malade n'a ceflé
de vaquer à fes affaires : fon embonpoint eft
revenu , & fon teint qui étoit jaune & noir , a repris
la couleur naturelle . Il jouit enfin d'une fanté
qu'il n'avoit pas depuis huit années. Je l'ai tenu
près de deux mois , & fon état ne permettoit pas
d'être mené plus promptement.
Le fecond avoit pour fymptomes une chûte de
cheveux prefque totale , la voûte du palais dans un
défordre affreux , des ulcérations chancreufes , les
amygdales gonflées & ulcérées , enfin un mal de
tête fi cruel , que la chaleur du lit lui étoit devenue
infupportable , & qu'il ne pouvoit prendre aucun
repos . Je fuis obligé de vous dire qu'au bout de
15 jours de l'ufage de vos dragées , les ulceres fe
font cicatrifés , les obftructions fe font fondues
la chute des cheveux s'eft arrêté , & qu'enfin au
bout de 45 jours , la guériſon a été totale , &
qu'il jouit aujourd'hui de la meilleure fanté .
Le troifieme avoit une gonorrhée virulente de ,
la plus grave efpece qui lui occafionnoit une difurie
des plus mordicantes , & lui interdifoit toute
210 MERCURE DE FRANCE.
efpece de repos , quantité d'autres ſymptomes ;
dont un traverſoit dans la foffe naviculaire juſqu'à
P'extérieure , & s'étendoit vers le filet , un bubon
confidérable dans l'aine droite , & un tempérament
on ne peut pas plus délicat : l'ufage de vos
dragées en 25 jours a cicatrifé les ulceres , a enlevé
les maux de tête , le bubon s'eft terminé par
réfolution , & cela va vous paroître fort plaifant ,
mais quoique ce malade à mon infcu ait fait pendant
fon traitement à diverfes repriſes plus de
cent lieues en pofte pour des affaires indifpenfable
, le remede n'en a pas agi avec moins de vivacité
, & enfin il jouit de la meilleure fanté du
monde.
Le quatrieme étoit dans un état digne de pitié.
Tous les fymptomes étoient fi invétérés , que la premiere
fois que je le vis , je me crus dans l'obligation
indifpenfable de lui faire l'opération , tant la gangrene
menaçoit les parties attaquées. La guérifon
fuccéda cependant plus promptement & plus heureufement
que je ne pouvois l'imaginer , & après
les fympromes bien effacés , j'obfervai de continuer
encore quinze jours ou trois semaines , afin
de bien affurer le traitement .
Le cinquieme avoit une très - petite maladie ,
c'eft-à- dire fort peu de choſe Il a voulu abfolument
prendre le remede , malgré que je lui difois qu'il
pouvoit s'en paffer , & qu'il guériroit par le moindre
remede ordinaire . Toute fa maladie confiftoir
en un écoulement que je regardois de très - petite
conféquence. Il apris le remede pendant fix femaines
, & fon écoulement qui effectivement
avoit refifté à beaucoup de remedes que différentes
perfonnes de l'art lui avoit fuggetés inutilement ,
s'eft terminé , & il fe porte à merveille .
Voilà , Monfieur , le détail auffi vrai que fimOCTOBRE
. 1757. 211
ple & fuccinct des cures que j'ai déja faites . J'aurai
foin dans la fuite de vous apprendre les nouveaux
fuccès de vos dragées.
J'ai l'honneur d'être , &c.
REY.
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Résumé : LETTRE de M. Rey, à M. Keyser, en date du 29 Août.
Dans une lettre datée du 29 août, M. Rey informe M. Keyfer des succès obtenus avec un remède confié par ce dernier. Depuis leur séparation, M. Rey a traité et guéri cinq malades atteints de maladies vénériennes graves et invétérées. Il reconnaît la grande efficacité du remède, le qualifiant comme le plus grand actuellement connu en médecine. Le premier malade, après huit années de traitements infructueux et un état critique, a été guéri en deux mois grâce aux dragées de M. Keyfer. Le second, souffrant de symptômes variés dont une chute de cheveux et des ulcères, a été guéri en 45 jours. Le troisième, atteint d'une gonorrhée virulente, a vu ses symptômes disparaître en 25 jours, malgré des déplacements fréquents. Le quatrième, en état de gangrène, a été guéri rapidement et a continué le traitement pour assurer la guérison. Le cinquième, avec une maladie légère, a insisté pour prendre le remède et a été guéri après six semaines. M. Rey conclut en promettant de rapporter les futurs succès du remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2930
p. 202-206
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Septieme traitement depuis son établissement.
Début :
I. Le nommé Laplante, Compagnie de la Fériere, avoit les amygdales ulcérées, [...]
Mots clefs :
Malades, Guérison, Symptômes, Amygdales, Gonflement, Santé, Ulcères, Succès, Ennemis, Dragées, Réponse de M. Keyser, Saliver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Septieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Septieme traitement depuis fon établiſſement.
I. LE nommé Laplante , Compagnie de la Fériere
, avoit les amygdales ulcérées , une dureté confidérable
, & plufieurs excoriations . Il eft fortile
13 Août parfaitement guéri.
2. Le nommé Vandeuil , Compagnie Dutrévoux
, outre les fymptômes ordinaires , avoit
une inflammation confidérable aux amygdales , &
une ulcération à la partie poftérieure de l'afopha
NOVEMBRE. 1757. 203
ge. Il eft entré le 28 Juillet , & eft fortile 6 Septembre
parfaitement guéri.
3. Le nommé Guiot , Compagnie de Guer , outre
les fymptômes ordinaires , avoit un phimofis ,
& un gonflement aux glandes inguinales des deux
côtés. Il est entré le 9 Août , & eft forti le 13
Septembre parfaitement guéri .
4. Le nommé Belfleur , Compagnie de Guer
outre les fymptômes ordinaires , avoit une gonorrhée
, un phimofis , & un engorgement aux
glandes inguinales . Il eft entré le 4 Août , & eft
forti le 13 Septembre parfaitement guéri. De la
maladie vénérienne , ce foldat en entrant dans
P'Hôpital , avoit la poitrine extrêmement affectée
, & comme il a été jugé que cet accident
pouvoit lui être venu pour caufe du virus , après le
traitement , il lui a été ordonné de prendre le
lait , dont il fe trouve très - bien.
5. Le nommé Laîné , Compagnie d'Eaubonne ,
outre les fymptômes ordinaires , avoit un phimofis
, & étoit couvert de puftules à la tête , au vifage
& dans toute l'habitude du corps : il avoit des foibleffes
dans toutes les extrêmités , & un gonflement
à l'articulation du pied gauche. Il est entré
le 4 Août , & eft forti le 20 Septembre parfaitement
guéri.
6. Le nommé Saint- Germain , Compagnie de
Pondeux , avoit les fymptômes ordinaires en
grande quantité. Il eft entré le 11 Août , & eft forti
le 17 Septembre parfaitement guéri .
7. Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon
, avoit également beaucoup de fymptômes
ordinaires. Il eft entré le 18 Août , & eft forti le
27 Septembre parfaitement guéri.
8. Le nommé fans Chagrin , Compagnie Dela
toar , étoit dans un très-mauvais état : outre les
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
fymtômes ordinaires , il avoit un engorgement
général dans toutes les glandes inguinales , des
douleurs & un accablement inexprimable. Il eft
entré le 20 Août , & eft forti le 20 Septembre parfaitement
guéri.
9. Le nommé Billy , Compagnie de la Ferriere
, outre les fymptômes ordinaires , avoit un
paraphimofis , & une ulcération conſidérable à
l'endroit de l'étranglement. 11 eft entré le 16
Août , & eft forti le 13 Septembre parfaitement
guéri .
10. Le nommé Marne , Compagnie Datréyoux
, avoit les fymptômes ordinaires. Il eft entré
le 17 Août, & eft forti le 4 Septembre parfaitement
guéri.
11. Le nommé Laverdiere , idem.
12. Le nommé Cleret , fcorbutique , qui n'eft
pas encore forti ; mais qui va de mieux en mieux.
Comme Sa Majefté a bien voulu accorder à
Phôpital de M. le Maréchal de Biron des Lettres
patentes pour l'acquifition des terreins qui font
néceffaires , M. le Maréchal Duc de Biron ,
vient d'augmenter les lits du dit hôpital , au moyen
de quoi , le nombre des Soldats qui y pafferont ,
augmentant chaque jour , & excédant l'efpace
que M. de Boiffy peut & veut bien donner dans le
Mercure de chaque mois , on fe contentera déformais
de nommer feulement les Soldars , leurs
compagnies , & quelques maladies des plus graves
, fans plus entrer dans les détails de celles qui
font ordinaires , comme par le paffé. D'ailleurs
dix traitemens confécutifs , tant au faubourg Saint
Jacques qu'à l'Hôpital , & annoncés avec la plus
grande vérité , paroiffent fuffire pour perfuader
& convaincre .
M. Keyfer n'ignorant aucun des propos que fes
P
21
to
fe
£
2
C
Σ
F
NOVEMBRE . 1757.
ennemis tiennent chaque jour , propos qui aug-
2༠ ༔
mente à fur & mefure que fes fuccès fe multi-
Plient, prie inftamment toutes les perfonnes qui au-
Font quelques doutes ou méfiances fur des faits inventés
& repandus avec malice , de vouloir bien ,
avant d'y ajouter foi , s'en faire informer , foiz
à l'hôpital , foit en lui écrivant directement , ou en
anonyme , parce qu'il les fatisfera à tous égards ,
& leur prouvera d'une façon bien authentique
toute la fauffeté de ces imputations .
Ces propos qui ont varié tant de fois , fe réduifent
aujourd'hui à dire que fon remede excite une
falivation pareille à celle des frictions. Un Soldat
qui eft à la Charité , a , dit- on , dit tout haut ,
avoir pris 30 dragées , & ſalivé 25 jours. Delà ,
MM. les Antidragiftes s'applaudiffant d'avoir fait
cette belle trouvaille , vont criailler partout , &
répandre leur triomphe imaginaire .
A cela , M. Keyfer répond. 1 ° . Que fon reme
de n'excitera jamais de falivation à aucun malade
qui voudra donner le temps néceffaire , & que
cet incident n'arrive qu'en voulant preffer le traitement
, & donner des doſes trop fortes, pour
terminer en un mois une cure qui en exigeroit
deux ; ce qui alors feroit tout fimple , puifque fon
remede n'eft autre chofe , qu'un mercure plus
fubtil , & plus épuré qu'aucun autre connu jufqu'ici.
2°. Que cette falivation telle qu'elle foit , n'ap
proche pas à cent degrés près de celles que les frictions
occafionnent , puifque jamais les malades
ne ceffent de manger , & qu'il défie qu'on lui
prouve le contraire .
Qu'enfin à l'égard du Soldat en question , chacun
fçait que l'incident de cette falivation n'eft prévenu
que par la délicateffe & la fingularité de fon
1
206 MERCURE DE FRANCE.
tempérament ; puifqu'en entrant à l'Hôpital , il
a prévenu lui- même , qu'une fois pour une feule
friction qu'on lui avoit donnée , d'un ou deux gros
au plus de mercure , il avoit falivé pendant un
mois entier , & qu'en dernier lieu , ayant eu be
foin de fe frotter d'onguent gris , pareille chofe
lui étoit arrivé. Ce Soldat exifte ; il eſt , dit- on , à
la Charité , qu'on le queftionne ? D'ailleurs la
vérité de ce raifonnement fe prouve par le peu du
remede qu'il a pris , puifque 30 dragées ne font
- pas la dixieme partie de ce qu'il en faut pour un
traitement.
Au furplus qui oferoit fe flatter de contenter
tout le monde ? & furtout , des Soldats , qui quelquefois
font impatiens de fe voir retenus , & qui
voyant les fymptômes de leur maladies difparus ,
fe croyent guéris , & crient de ce que l'on les retient
encore 8 ou 15 jours après . Heureufement
que la plus grande partie eft raifonnable , & íçait
connoître combien eft grande la différence du trastement
avec les dragées , à celui des frictions.
Septieme traitement depuis fon établiſſement.
I. LE nommé Laplante , Compagnie de la Fériere
, avoit les amygdales ulcérées , une dureté confidérable
, & plufieurs excoriations . Il eft fortile
13 Août parfaitement guéri.
2. Le nommé Vandeuil , Compagnie Dutrévoux
, outre les fymptômes ordinaires , avoit
une inflammation confidérable aux amygdales , &
une ulcération à la partie poftérieure de l'afopha
NOVEMBRE. 1757. 203
ge. Il eft entré le 28 Juillet , & eft fortile 6 Septembre
parfaitement guéri.
3. Le nommé Guiot , Compagnie de Guer , outre
les fymptômes ordinaires , avoit un phimofis ,
& un gonflement aux glandes inguinales des deux
côtés. Il est entré le 9 Août , & eft forti le 13
Septembre parfaitement guéri .
4. Le nommé Belfleur , Compagnie de Guer
outre les fymptômes ordinaires , avoit une gonorrhée
, un phimofis , & un engorgement aux
glandes inguinales . Il eft entré le 4 Août , & eft
forti le 13 Septembre parfaitement guéri. De la
maladie vénérienne , ce foldat en entrant dans
P'Hôpital , avoit la poitrine extrêmement affectée
, & comme il a été jugé que cet accident
pouvoit lui être venu pour caufe du virus , après le
traitement , il lui a été ordonné de prendre le
lait , dont il fe trouve très - bien.
5. Le nommé Laîné , Compagnie d'Eaubonne ,
outre les fymptômes ordinaires , avoit un phimofis
, & étoit couvert de puftules à la tête , au vifage
& dans toute l'habitude du corps : il avoit des foibleffes
dans toutes les extrêmités , & un gonflement
à l'articulation du pied gauche. Il est entré
le 4 Août , & eft forti le 20 Septembre parfaitement
guéri.
6. Le nommé Saint- Germain , Compagnie de
Pondeux , avoit les fymptômes ordinaires en
grande quantité. Il eft entré le 11 Août , & eft forti
le 17 Septembre parfaitement guéri .
7. Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon
, avoit également beaucoup de fymptômes
ordinaires. Il eft entré le 18 Août , & eft forti le
27 Septembre parfaitement guéri.
8. Le nommé fans Chagrin , Compagnie Dela
toar , étoit dans un très-mauvais état : outre les
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
fymtômes ordinaires , il avoit un engorgement
général dans toutes les glandes inguinales , des
douleurs & un accablement inexprimable. Il eft
entré le 20 Août , & eft forti le 20 Septembre parfaitement
guéri.
9. Le nommé Billy , Compagnie de la Ferriere
, outre les fymptômes ordinaires , avoit un
paraphimofis , & une ulcération conſidérable à
l'endroit de l'étranglement. 11 eft entré le 16
Août , & eft forti le 13 Septembre parfaitement
guéri .
10. Le nommé Marne , Compagnie Datréyoux
, avoit les fymptômes ordinaires. Il eft entré
le 17 Août, & eft forti le 4 Septembre parfaitement
guéri.
11. Le nommé Laverdiere , idem.
12. Le nommé Cleret , fcorbutique , qui n'eft
pas encore forti ; mais qui va de mieux en mieux.
Comme Sa Majefté a bien voulu accorder à
Phôpital de M. le Maréchal de Biron des Lettres
patentes pour l'acquifition des terreins qui font
néceffaires , M. le Maréchal Duc de Biron ,
vient d'augmenter les lits du dit hôpital , au moyen
de quoi , le nombre des Soldats qui y pafferont ,
augmentant chaque jour , & excédant l'efpace
que M. de Boiffy peut & veut bien donner dans le
Mercure de chaque mois , on fe contentera déformais
de nommer feulement les Soldars , leurs
compagnies , & quelques maladies des plus graves
, fans plus entrer dans les détails de celles qui
font ordinaires , comme par le paffé. D'ailleurs
dix traitemens confécutifs , tant au faubourg Saint
Jacques qu'à l'Hôpital , & annoncés avec la plus
grande vérité , paroiffent fuffire pour perfuader
& convaincre .
M. Keyfer n'ignorant aucun des propos que fes
P
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2
C
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F
NOVEMBRE . 1757.
ennemis tiennent chaque jour , propos qui aug-
2༠ ༔
mente à fur & mefure que fes fuccès fe multi-
Plient, prie inftamment toutes les perfonnes qui au-
Font quelques doutes ou méfiances fur des faits inventés
& repandus avec malice , de vouloir bien ,
avant d'y ajouter foi , s'en faire informer , foiz
à l'hôpital , foit en lui écrivant directement , ou en
anonyme , parce qu'il les fatisfera à tous égards ,
& leur prouvera d'une façon bien authentique
toute la fauffeté de ces imputations .
Ces propos qui ont varié tant de fois , fe réduifent
aujourd'hui à dire que fon remede excite une
falivation pareille à celle des frictions. Un Soldat
qui eft à la Charité , a , dit- on , dit tout haut ,
avoir pris 30 dragées , & ſalivé 25 jours. Delà ,
MM. les Antidragiftes s'applaudiffant d'avoir fait
cette belle trouvaille , vont criailler partout , &
répandre leur triomphe imaginaire .
A cela , M. Keyfer répond. 1 ° . Que fon reme
de n'excitera jamais de falivation à aucun malade
qui voudra donner le temps néceffaire , & que
cet incident n'arrive qu'en voulant preffer le traitement
, & donner des doſes trop fortes, pour
terminer en un mois une cure qui en exigeroit
deux ; ce qui alors feroit tout fimple , puifque fon
remede n'eft autre chofe , qu'un mercure plus
fubtil , & plus épuré qu'aucun autre connu jufqu'ici.
2°. Que cette falivation telle qu'elle foit , n'ap
proche pas à cent degrés près de celles que les frictions
occafionnent , puifque jamais les malades
ne ceffent de manger , & qu'il défie qu'on lui
prouve le contraire .
Qu'enfin à l'égard du Soldat en question , chacun
fçait que l'incident de cette falivation n'eft prévenu
que par la délicateffe & la fingularité de fon
1
206 MERCURE DE FRANCE.
tempérament ; puifqu'en entrant à l'Hôpital , il
a prévenu lui- même , qu'une fois pour une feule
friction qu'on lui avoit donnée , d'un ou deux gros
au plus de mercure , il avoit falivé pendant un
mois entier , & qu'en dernier lieu , ayant eu be
foin de fe frotter d'onguent gris , pareille chofe
lui étoit arrivé. Ce Soldat exifte ; il eſt , dit- on , à
la Charité , qu'on le queftionne ? D'ailleurs la
vérité de ce raifonnement fe prouve par le peu du
remede qu'il a pris , puifque 30 dragées ne font
- pas la dixieme partie de ce qu'il en faut pour un
traitement.
Au furplus qui oferoit fe flatter de contenter
tout le monde ? & furtout , des Soldats , qui quelquefois
font impatiens de fe voir retenus , & qui
voyant les fymptômes de leur maladies difparus ,
fe croyent guéris , & crient de ce que l'on les retient
encore 8 ou 15 jours après . Heureufement
que la plus grande partie eft raifonnable , & íçait
connoître combien eft grande la différence du trastement
avec les dragées , à celui des frictions.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Septieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le septième traitement effectué à l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron en 1757, détaillant les cas de onze soldats présentant des symptômes variés en plus des symptômes ordinaires. Laplante, de la Compagnie de la Fériere, avait les amygdales ulcérées et des excoriations, et fut guéri le 13 août. Vandeuil, de la Compagnie Dutrévoux, souffrait d'une inflammation et d'une ulcération aux amygdales, et fut guéri le 6 septembre. Guiot, de la Compagnie de Guer, avait un phimosis et un gonflement aux glandes inguinales, et fut guéri le 13 septembre. Belfleur, également de la Compagnie de Guer, présentait une gonorrhée, un phimosis et un engorgement aux glandes inguinales, et fut guéri le 13 septembre. Laîné, de la Compagnie d'Eaubonne, était couvert de pustules et avait des faiblesses dans les extrémités, et fut guéri le 20 septembre. Saint-Germain, de la Compagnie de Pondeux, avait une grande quantité de symptômes ordinaires et fut guéri le 17 septembre. Leveillé, de la Compagnie de Voisenon, avait également beaucoup de symptômes ordinaires et fut guéri le 27 septembre. Sans Chagrin, de la Compagnie Dela Toar, était dans un état très mauvais avec un engorgement général des glandes inguinales, et fut guéri le 20 septembre. Billy, de la Compagnie de la Ferriere, avait un paraphimosis et une ulcération, et fut guéri le 13 septembre. Marne, de la Compagnie Datréyoux, fut guéri le 4 septembre. Laverdiere, de la même compagnie, et Cleret, scorbutique, n'était pas encore sorti mais allait mieux. Le document mentionne également que le nombre de lits à l'hôpital a été augmenté grâce à des lettres patentes accordées par Sa Majesté. M. Keyfer répond aux propos malveillants sur son remède, affirmant que la salivation observée chez certains patients est due à une administration incorrecte du traitement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2931
p. 206-211
LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
Début :
Les bontés & la protection particuliere dont il a plu, Monsieur, à M. le Duc [...]
Mots clefs :
Dragées, Guérison, Malades, Succès, Symptômes, Douleurs, Maladies vénériennes, Certificats, Médecins, Marseille, Chirurgiens, Hôtel-Dieu, Échevins
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des
dragées , antivéneriennes , à Marseille , à M.
Keyfer , en date du 25 Septembre 1757.
Les bontés & la protection particuliere dont il
a plu , Monfieur , à M. le Duc de Villars de
m'honorer , celles de MM . les Magiftrats &
Echevins de cette Ville , le zele & l'amour da
bien public , qui a animé MM . les Recteurs de
l'Hôtel - Dieu & de l'Hôpital , les bons offices
& l'impartialité de M. le Médecin de quartier , &
de M. le Chirurgien Gagnant maîtrife ; tout a
concouru ici , Monfieur , à faire mes épreuves
avec tout l'agrément & l'authenticité poffibles
Fo
ΣΟ
E
27
C
C
E
NOVEMBRE. 1757. 207
Point de brigue point de jaloufie aidé par
tout , & éclairé cependant , tous les fecours
m'ont été procurés. Les malades m'ont été donnés
: mes traitemens ont été fuivis , la vérité s'eft
montrée dans tout fon jour . Chacun a voulu voir,a
été fatisfait de mes épreuves , & c'eft avec le plus
grand empreffement qu'il m'a été donné , Monheur
, les certificats authentiques que j'ai l'honneur
de vous envoyer , avec le compte des dix
malades ci joints . Permettez moi de vous ajouter
en même temps , que plus ces temoignages font
flatteurs pour vous , pour votre remede & pour
moi , plus nous en devons rendre les hommages les
plus refpectueux aux illuftres protecteurs qui nous
honorent , & plus nous devons redoubler de
zele ; vous , pour m'aider de vos confeils , & me
fournir les moyens d'être de plus en plus utile à
l'humanité , & moi , pour en profiter , en confacrant
mes jours au fervice des pauvres & de tous
ceux qui auront befoin de mes fecours .
ETAT de dix malades traités à l'Hôtel- Dieu da
Marfeille , avec les dragées de M. Keyfer , fuivant
l'état conftaté par M. Montagnier , Medecin
de quartier , & M. Melicy , Chirurgien
dudit Hopital ygagnant maitrife.
1º. Jean Baptifte Neton , âgé de 10 ans , né
avec la maladie vénérienne , avoit un ulcere au
gofier , large d'environ un écu de trois livres ,
lequel avoit détruit une partie de la cloifon de la
luette & de la glande amygdale droite ; il avoit
plufieurs autres ulceres dans la bouche : cet enfant
a été parfaitement guéri .
2º. Jean Arge , âgé de 22 ans , outre plufieurs
fymptômes bien caractérisés , avoit des douleurs
4
208 MERCURE DE FRANCE.
nocturnes à prefque toutes les parties du corps,
& une entr'autres très- vive au bras droit , avec
un gonflement fur la partie latérale externe de l'avant
bras , qui empêchoit de faire aucune fonction
de fon bras depuis 3 mois. Vers le quinzieme
jour de fon traitement , ce malade fut attaqué de
la petite vérole , & il a été délivré de ces deux ma
ladies fans aucune incommodité.
3. Chriftophe Jourdan âgé de 20 ans , à la
fuite de graves fymptômes qui lui avoient paru il
y a7 à 8 mois , avoit des puftules feches au front,
une dureté confidérable & d'un pouce d'épaiffeur,
des douleurs de tête affreufes , & qui lui occafion.
noient des infomnies perpétuelles. Ce malade a été
parfaitement guéri .
4°. Catherine Canonge , âgée de 18 ans , ou
tre des fymptômes bien caractérités , avoit des
douleurs nocturnes aux extrêmités fupérieures
& inférieures : elle a été parfaitement guérie.
5. Marie Audibert , âgée de 22 ans , outre
des fymptômes bien caractérisés , avoit une ulcération
dans l'aîne , & une dureté confidérable à
une des glandes inguinales de la groffeur de
noix , elle avoit de plus des douleurs très-aigués à
la cuiffe droite. Elle a été parfaitement guérie.
6. Agnès Roche , âgée de 25 ans , avoit gagné
la maladie vénérienne , d'un enfant qu'elle
avoit nourri . Ses mammelles étoient à moitié rongées
par le virus , & elle y avoit deux chancres de
la largeur d'une piece de 24 fols chacun : elle avoit
de plus des douleurs fi aiguës , qu'elle ne pouvoit
dormir la nuit. Elle a été parfaitement guérie.
Les quatre malades qui fuivent , font encore
dans les remedes ; mais fur la fin de leurs traitemens
, & dans le meilleur état du monde.
7°. Honoré Mouton, âgé de 18 ans, eft atteint de
NOVEMBRE. 1757. 209
Tymptômes bien caractérisés à chaque côté des al
nes & autres. La fuppuration s'eft bien établie , &
fa guérifon eft très prochaine.
8. Marguerite Michel , âgée de 32 ans , à la
fuite d'un mal contidérable , fe trouve atteinte de
deux ulceres au gofier , un à chaque glande amygdale
, de la largeur d'une piece de 24 fols chacun.
Ces deux ulceres font prefque cicatrifes & fa guézifon
très - prochaine.
9. Marie Caftellant , âgée de 26 ans, étoit atreinte
d'une quantité de fymptômes bien caractérifés
, & entr'autres de dix à douze puftules fuppurées.
Tout eft féché, & fa guérifon très prochaine.
10°. Marie Rochet , eft auffi atteinte , d'une
quantité de fymptômes , & entr'autres de plufieurs
puftules durcies. Sa guérifon cit de même trèsprochaine.
J'aurai l'honneur de vous envoyer par le premier
Courier , la confirmation de ces quatres guérifons
, & j'ai celui d'être bien fincérement
Monfieur , votre & c. NAUDINAT
Certificat de M.le Médecin de quartier , de l'Hôtel-
Dieu de Marfeille.
En qualité de Médecin de quartier actuellement
de fervice , j'attefte que les fix premiers malades
ei - deffus , font fortis , qu'ils nous ont paru
bien guéris , & que les quatre autres font en voie
de guérifon. A Marseille , le 22 Septembre 1797-
Montagnier , Médecin .
Certificat de M. Mélicy , Chirurgiengagnant mak
trife à l'Hôtel-Dieu de Marfeille.
Je, fouffigné Chirurgien gagnant maîtriſe à l'Hô
el- Dieu de Marſeille attefte avoir vifité les mala
210 MERCURE DE FRANCE.
des denoncés dans cet état , & les avoir trouvé
tous atteints des fymptômes y mentionnés , &
qu'ayant fuivi le traitement du fieur Naudinat , je
déclare qu'il ne s'eft fervi que des dragées antivénériennes
de M. Keyfer , que les fix premiers malades
font fortis guéris , & que les quatre autres
font en voie d'une heureuſe guériſon , attendu
qu'il n'ont commencé à uſer du remede , que
quelque jours après les autres . A Marseille , le 22
Septembre 1757. Melicy.
Certificat de MM. les Directeurs de l'Hôtel - Dien
de Marſeille.
Nous , Directeurs dudit Hôtel- Dieu , certifions
le contenu des deux certificats ci- deffus , & atteftons
à tous qu'il appartiendra , que ceux qui les
ont fignés , font tels qu'ils fe qualifient . En foi de
quoi , nous avons figné le prefent , & à icelui fait
appofer le fceau des armes de cet Hôpital . Fait à
Marseille , le 22 Septembre 1757. Nouvil , Orry ,
Granier , Boiffon , Daller , Arnaud , Gouffet.
Certificat de MM. les Echevins de Marſeillle.
Nous , Echevins , Confeillers du Roi , Lieutenants
Généraux de police de cette ville de Marfeille
, certifions & atteftons à tous qu'il appartiendra
, que le fieur Naudinat , Chirurgien,
éleve de M. Keyfer pour adminiftrer les dragées
antivénériennes , s'eft préfenté à nous , & nous
a requis de lui indiquer des perfonnes pauvres de
l'un & de l'autre fexe , atteintes du mal vénérien ,
pour les traiter gratis , à quoi adhéraus , & informés
de l'efficacité de ce remede , nous lui avons
affigné les dix pauvres malades dénommés dans l'état
ci-deffus , dont fix ont été parfaitement guéris
fous nos yeux , & les quatre autres font en vois
NOVEMBRE: 1757. 211
de guériſon , conformément à ce qui nous eft
porté par les certificats des fieurs Directeurs de
Î'Hôtel- Dieu , du Médecin de quartier , & du
Chirurgien gagnant maîtrife . En foi de quoi nous
avons figné les préfentes , & à icelles ,
fait appofer
le fceau & armes de la Ville , pour fervir & valoir
ce que de raifon. Fait & donné , dans l'Hôtel
de Ville de Marfeille , le 24 Septembre 1757.
Mennicard , Ricaud , Couturier , la Force.
dragées , antivéneriennes , à Marseille , à M.
Keyfer , en date du 25 Septembre 1757.
Les bontés & la protection particuliere dont il
a plu , Monfieur , à M. le Duc de Villars de
m'honorer , celles de MM . les Magiftrats &
Echevins de cette Ville , le zele & l'amour da
bien public , qui a animé MM . les Recteurs de
l'Hôtel - Dieu & de l'Hôpital , les bons offices
& l'impartialité de M. le Médecin de quartier , &
de M. le Chirurgien Gagnant maîtrife ; tout a
concouru ici , Monfieur , à faire mes épreuves
avec tout l'agrément & l'authenticité poffibles
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NOVEMBRE. 1757. 207
Point de brigue point de jaloufie aidé par
tout , & éclairé cependant , tous les fecours
m'ont été procurés. Les malades m'ont été donnés
: mes traitemens ont été fuivis , la vérité s'eft
montrée dans tout fon jour . Chacun a voulu voir,a
été fatisfait de mes épreuves , & c'eft avec le plus
grand empreffement qu'il m'a été donné , Monheur
, les certificats authentiques que j'ai l'honneur
de vous envoyer , avec le compte des dix
malades ci joints . Permettez moi de vous ajouter
en même temps , que plus ces temoignages font
flatteurs pour vous , pour votre remede & pour
moi , plus nous en devons rendre les hommages les
plus refpectueux aux illuftres protecteurs qui nous
honorent , & plus nous devons redoubler de
zele ; vous , pour m'aider de vos confeils , & me
fournir les moyens d'être de plus en plus utile à
l'humanité , & moi , pour en profiter , en confacrant
mes jours au fervice des pauvres & de tous
ceux qui auront befoin de mes fecours .
ETAT de dix malades traités à l'Hôtel- Dieu da
Marfeille , avec les dragées de M. Keyfer , fuivant
l'état conftaté par M. Montagnier , Medecin
de quartier , & M. Melicy , Chirurgien
dudit Hopital ygagnant maitrife.
1º. Jean Baptifte Neton , âgé de 10 ans , né
avec la maladie vénérienne , avoit un ulcere au
gofier , large d'environ un écu de trois livres ,
lequel avoit détruit une partie de la cloifon de la
luette & de la glande amygdale droite ; il avoit
plufieurs autres ulceres dans la bouche : cet enfant
a été parfaitement guéri .
2º. Jean Arge , âgé de 22 ans , outre plufieurs
fymptômes bien caractérisés , avoit des douleurs
4
208 MERCURE DE FRANCE.
nocturnes à prefque toutes les parties du corps,
& une entr'autres très- vive au bras droit , avec
un gonflement fur la partie latérale externe de l'avant
bras , qui empêchoit de faire aucune fonction
de fon bras depuis 3 mois. Vers le quinzieme
jour de fon traitement , ce malade fut attaqué de
la petite vérole , & il a été délivré de ces deux ma
ladies fans aucune incommodité.
3. Chriftophe Jourdan âgé de 20 ans , à la
fuite de graves fymptômes qui lui avoient paru il
y a7 à 8 mois , avoit des puftules feches au front,
une dureté confidérable & d'un pouce d'épaiffeur,
des douleurs de tête affreufes , & qui lui occafion.
noient des infomnies perpétuelles. Ce malade a été
parfaitement guéri .
4°. Catherine Canonge , âgée de 18 ans , ou
tre des fymptômes bien caractérités , avoit des
douleurs nocturnes aux extrêmités fupérieures
& inférieures : elle a été parfaitement guérie.
5. Marie Audibert , âgée de 22 ans , outre
des fymptômes bien caractérisés , avoit une ulcération
dans l'aîne , & une dureté confidérable à
une des glandes inguinales de la groffeur de
noix , elle avoit de plus des douleurs très-aigués à
la cuiffe droite. Elle a été parfaitement guérie.
6. Agnès Roche , âgée de 25 ans , avoit gagné
la maladie vénérienne , d'un enfant qu'elle
avoit nourri . Ses mammelles étoient à moitié rongées
par le virus , & elle y avoit deux chancres de
la largeur d'une piece de 24 fols chacun : elle avoit
de plus des douleurs fi aiguës , qu'elle ne pouvoit
dormir la nuit. Elle a été parfaitement guérie.
Les quatre malades qui fuivent , font encore
dans les remedes ; mais fur la fin de leurs traitemens
, & dans le meilleur état du monde.
7°. Honoré Mouton, âgé de 18 ans, eft atteint de
NOVEMBRE. 1757. 209
Tymptômes bien caractérisés à chaque côté des al
nes & autres. La fuppuration s'eft bien établie , &
fa guérifon eft très prochaine.
8. Marguerite Michel , âgée de 32 ans , à la
fuite d'un mal contidérable , fe trouve atteinte de
deux ulceres au gofier , un à chaque glande amygdale
, de la largeur d'une piece de 24 fols chacun.
Ces deux ulceres font prefque cicatrifes & fa guézifon
très - prochaine.
9. Marie Caftellant , âgée de 26 ans, étoit atreinte
d'une quantité de fymptômes bien caractérifés
, & entr'autres de dix à douze puftules fuppurées.
Tout eft féché, & fa guérifon très prochaine.
10°. Marie Rochet , eft auffi atteinte , d'une
quantité de fymptômes , & entr'autres de plufieurs
puftules durcies. Sa guérifon cit de même trèsprochaine.
J'aurai l'honneur de vous envoyer par le premier
Courier , la confirmation de ces quatres guérifons
, & j'ai celui d'être bien fincérement
Monfieur , votre & c. NAUDINAT
Certificat de M.le Médecin de quartier , de l'Hôtel-
Dieu de Marfeille.
En qualité de Médecin de quartier actuellement
de fervice , j'attefte que les fix premiers malades
ei - deffus , font fortis , qu'ils nous ont paru
bien guéris , & que les quatre autres font en voie
de guérifon. A Marseille , le 22 Septembre 1797-
Montagnier , Médecin .
Certificat de M. Mélicy , Chirurgiengagnant mak
trife à l'Hôtel-Dieu de Marfeille.
Je, fouffigné Chirurgien gagnant maîtriſe à l'Hô
el- Dieu de Marſeille attefte avoir vifité les mala
210 MERCURE DE FRANCE.
des denoncés dans cet état , & les avoir trouvé
tous atteints des fymptômes y mentionnés , &
qu'ayant fuivi le traitement du fieur Naudinat , je
déclare qu'il ne s'eft fervi que des dragées antivénériennes
de M. Keyfer , que les fix premiers malades
font fortis guéris , & que les quatre autres
font en voie d'une heureuſe guériſon , attendu
qu'il n'ont commencé à uſer du remede , que
quelque jours après les autres . A Marseille , le 22
Septembre 1757. Melicy.
Certificat de MM. les Directeurs de l'Hôtel - Dien
de Marſeille.
Nous , Directeurs dudit Hôtel- Dieu , certifions
le contenu des deux certificats ci- deffus , & atteftons
à tous qu'il appartiendra , que ceux qui les
ont fignés , font tels qu'ils fe qualifient . En foi de
quoi , nous avons figné le prefent , & à icelui fait
appofer le fceau des armes de cet Hôpital . Fait à
Marseille , le 22 Septembre 1757. Nouvil , Orry ,
Granier , Boiffon , Daller , Arnaud , Gouffet.
Certificat de MM. les Echevins de Marſeillle.
Nous , Echevins , Confeillers du Roi , Lieutenants
Généraux de police de cette ville de Marfeille
, certifions & atteftons à tous qu'il appartiendra
, que le fieur Naudinat , Chirurgien,
éleve de M. Keyfer pour adminiftrer les dragées
antivénériennes , s'eft préfenté à nous , & nous
a requis de lui indiquer des perfonnes pauvres de
l'un & de l'autre fexe , atteintes du mal vénérien ,
pour les traiter gratis , à quoi adhéraus , & informés
de l'efficacité de ce remede , nous lui avons
affigné les dix pauvres malades dénommés dans l'état
ci-deffus , dont fix ont été parfaitement guéris
fous nos yeux , & les quatre autres font en vois
NOVEMBRE: 1757. 211
de guériſon , conformément à ce qui nous eft
porté par les certificats des fieurs Directeurs de
Î'Hôtel- Dieu , du Médecin de quartier , & du
Chirurgien gagnant maîtrife . En foi de quoi nous
avons figné les préfentes , & à icelles ,
fait appofer
le fceau & armes de la Ville , pour fervir & valoir
ce que de raifon. Fait & donné , dans l'Hôtel
de Ville de Marfeille , le 24 Septembre 1757.
Mennicard , Ricaud , Couturier , la Force.
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Résumé : LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
Dans une lettre datée du 25 septembre 1757, M. Naudinat, administrateur des dragées antivénériennes à Marseille, informe M. Keyfer des résultats positifs des traitements effectués sur des malades atteints de la maladie vénérienne. Naudinat exprime sa gratitude envers le Duc de Villars, les magistrats et échevins de Marseille, ainsi que les recteurs de l'Hôtel-Dieu et de l'hôpital, pour leur soutien et leur collaboration. Les traitements ont été suivis avec succès, conduisant à la guérison ou à une amélioration notable des patients. L'état des dix malades traités à l'Hôtel-Dieu de Marseille, établi par M. Montagnier, médecin de quartier, et M. Melicy, chirurgien, révèle que six malades ont été parfaitement guéris. Les quatre autres sont en voie de guérison. Parmi les cas notables, Jean Baptiste Neton, âgé de 10 ans, a été guéri d'un ulcère au goitre et d'autres ulcères dans la bouche. Jean Arge, âgé de 22 ans, a été délivré de douleurs nocturnes et d'un gonflement au bras droit, tout en surmontant la petite vérole. Catherine Canonge, âgée de 18 ans, et Marie Audibert, âgée de 22 ans, ont également été parfaitement guéries de leurs symptômes. Les certificats des directeurs de l'Hôtel-Dieu, du médecin de quartier, du chirurgien, et des échevins de Marseille confirment l'efficacité des dragées antivénériennes de M. Keyfer et la guérison des malades. Naudinat conclut en exprimant son désir de continuer à servir l'humanité et de redoubler de zèle pour aider les pauvres et ceux qui ont besoin de ses soins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2932
p. 205
LETTRE de l'Auteur du Dictionnaire héraldique, chronologique & historique, à l'Auteur du Mercure, sur la Maison du Chastel.
Début :
L'ouvrage que j'ai donné au Public, Monsieur, est trop étendu pour qu'il ne s'y [...]
Mots clefs :
Ouvrage, Supplément, Libraire, Corrections, Familles nobles, Édition
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de l'Auteur du Dictionnaire héraldique, chronologique & historique, à l'Auteur du Mercure, sur la Maison du Chastel.
LETTRE de l'Auteur du Dictionnaire béraldique
, chronologique & hiftorique, à l'Auteur
du Mercure , fur la Maifon du Chaftel.
L'OUVRAG
' OUVRAGE que j'ai donné au Public , Mon
fieur , eft trop érendu pour qu'il ne s'y trouve pas
beaucoup de fautes , & trop intéreffant pour que
je ne m'empreffe pas de les réparer. C'est pour
remplir cette vue , que je vais faire imprimer un
fupplément , qui contiendra un nombre affez confidérable
de corrections néceffaires , & de nouveaux
articles de beaucoup de familles Nobles de
différens endroits du Royaume , qui me font
parvenus par la voie du Libraire . Mais comme
Pédition demande encore quelque temps pour
être achevée , je ne dois pas attendre jufques- là à'
reconnoître publiquement entr'autres erreurs ,
celle dans laquelle je fuis tombé fur une des plus
illuftres Maifons du Royaume , que j'avois crue
éteinte fur la foi de quelques mauvais Mémoires,
Celui que j'ai l'honneur de vous envoyer eft plus
correct ; il eft prouvé fur des titres dont il feroit
aifé de prouver l'authenticité. Je vous prie de l'inférer
dans le Mercure prochain .
J'ai l'honneur d'être , &c.
· A Paris , ce 21 Novembre 1757-
, chronologique & hiftorique, à l'Auteur
du Mercure , fur la Maifon du Chaftel.
L'OUVRAG
' OUVRAGE que j'ai donné au Public , Mon
fieur , eft trop érendu pour qu'il ne s'y trouve pas
beaucoup de fautes , & trop intéreffant pour que
je ne m'empreffe pas de les réparer. C'est pour
remplir cette vue , que je vais faire imprimer un
fupplément , qui contiendra un nombre affez confidérable
de corrections néceffaires , & de nouveaux
articles de beaucoup de familles Nobles de
différens endroits du Royaume , qui me font
parvenus par la voie du Libraire . Mais comme
Pédition demande encore quelque temps pour
être achevée , je ne dois pas attendre jufques- là à'
reconnoître publiquement entr'autres erreurs ,
celle dans laquelle je fuis tombé fur une des plus
illuftres Maifons du Royaume , que j'avois crue
éteinte fur la foi de quelques mauvais Mémoires,
Celui que j'ai l'honneur de vous envoyer eft plus
correct ; il eft prouvé fur des titres dont il feroit
aifé de prouver l'authenticité. Je vous prie de l'inférer
dans le Mercure prochain .
J'ai l'honneur d'être , &c.
· A Paris , ce 21 Novembre 1757-
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Résumé : LETTRE de l'Auteur du Dictionnaire héraldique, chronologique & historique, à l'Auteur du Mercure, sur la Maison du Chastel.
Un auteur de dictionnaire béraldique, chronologique et historique écrit à l'auteur du Mercure pour signaler des erreurs dans son ouvrage. Il reconnaît que son livre, bien que volumineux et intéressant, contient des fautes qu'il souhaite corriger. Pour ce faire, il prépare un supplément incluant des corrections et de nouveaux articles sur des familles nobles de diverses régions du royaume, obtenus via le libraire. Cependant, l'édition du supplément nécessitant du temps, l'auteur décide de corriger publiquement certaines erreurs dès à présent. Il mentionne une erreur concernant une illustre maison du royaume qu'il croyait éteinte, basée sur des mémoires erronés. Il fournit une version corrigée, appuyée par des titres authentiques, et demande à l'auteur du Mercure de l'insérer dans la prochaine édition. La lettre est datée du 21 novembre 1757.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2933
p. 205-210
Mémoire sur la Maison du Chastel.
Début :
La Maison du Chastel est d'ancienne Chevalerie. L'histoire de Bretagne [...]
Mots clefs :
Maison du Chastel, Généalogie, Alliances, Militaire, Chevalier, Seigneur de Coetangars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoire sur la Maison du Chastel.
Mémoire fur la Maison du Chaftel.
A Maifon du Chaftel eft d'ancienne Chevale
rie. L'hiftoire de Bretagne eft remplie de monumens
qui conftatent ſon ancienneté , fes fervices
militaires , & fes grandes alliances,
206 MERCURE DE FRANCE.
Bernard du Chaftel , Chevalier , fcella de fon
fceau un acte de l'an 1174. Il y eft repréſenté à
cheval , tenant l'épée haute de la main droite , &
foutenant de la gauche un écu chargé de fafces ;
le cheval caparaçonné aux mêmes armes. Il époufa
Anne de Léon de grande lignée , dont il eut Hervé
du Chaſtel , Chevalier , vivant en 1296 .
Bernard II , du nom , fire du Chaſtel , fils de
celui- ci , époufa Eléonore de Rofmadec , & en eut
Tanneguy, premier du nom , fire du Chaſtel ,
Lieutenant général des armées du Comte de
Montfort , contre CHARLES de Blois , fur lequel
il gagna la bataille de la Roche - de Rien en 1347 ,
& qui gagna encore celle de Mauron en 1352 .
Ce Tanneguyfut pere, entr'autres enfans , de Guillaume
, fire du Chaftel , qui fuit ; de Tanneguy,
Seigneur de la Roche- Dronion , chef de la branche
des Seigneurs de Melle , éteinte ; de Garfin
ou Garfis du Chaftel , Seigneur du Bois , appellé ,
à caufe de lui , le Bois de Garfis ( en Breton Coetangars
) Maréchal & Général d'armée du Duc d'An.
jou , mort fans alliance ; & Marguerite , femme
de Guillaume , fire de Rofmadec.
Guillaume , fire du Chaftel , de Leſlein ( & de
Coetangars , par la mort de fon frere Garfin )
rendit de grands fervices à JBAN , dit le vaillant ,
Duc de Bretagne , pour lequel il demeura prifonnier
en une rencontre , & paya 6000 écus d'or
pour fa rançon ; il mourut en 1370 , laiſſant pour
fils & héritier, Hervé , qui porta les armes pour le
Roi CHARLES V. Celui - ci fut pere de quatre fils ;
fçavoir :
1º. Guillaume du Chaftel , Chambellan du Roi
CHARLES V , & du Duc d'Orléans , qui fut l'un
des fept Champions du. Seigneur de Barbazan ,
contre fept Anglois en 1402 , gagna un combatDECEMBRE
. 1757. 207
naval contre les Anglois en 1403 ; pilla l'Ile de
Gerzé , où il fut tué l'année ſuivante , fans laiffer
de postérité .
2º. Olivier, fire du Chaſtel , &c. qui fuit .
3°. Hervé du Chaftel , tige des Seigneurs de
Coetelez , éteinte.
4°. Tanneguy , Chevalier , Confeiller & Cham
bellan du Roi , Grand Maître de fa Maifon , Prevôt
de Paris , Gouverneur & Sénéchal de Provence
, fi renommé dans l'hiftoire de France par fon
attachement à la perfonne du Dauphin depuis
Charles VII . Il mourut en Provence en 1449 ,
fans postérité.
Olivier , fire ou Seigneur du Chaftel , de Leſlein
, Chevalier Banneret , Chambellan du Duc de
Bretagne , Capitaine de Dinan & de Breft , Sénéchal
de Saintonge , donna quittance de fes gages.
comme Chevalier Banneret , le 20 Novembre.
1415 , & la fcella de fon fceau qui eft fafcé de
fix pieces d'or & de gueules . Il mourut en 1455 ,
ayant eu pour fils :
1° François , fire du Chaftel , qui continua la
poftérité.
2. Guillaume du Chaftel , Pannetier du Roi ,
& Ecuyer du Dauphin , depuis Louis XI , tué en
1441 au fiege de Pontoife en préſence du Roi
qui , pour récompenfer fa valeur & fes fervices, le
fit enterrer dans l'Eglife de Saint Denis , avec les
Rois ( Hift. de S. Denis , par Eelibien , pages 3.52.
562.)
3. Jean du Chaftel , Evêque de Carcaffonne ,
en 1457.
4°. Tanneguy du Chaſtel , Vicomte de la Belliere
, Confeiller & Chambellan du Roi CHARLES
VII, Grand Ecuyer de France , Grand Maître
'Hôtel du Duc de Bretagne , Gouverneur du
108 MERCURE DE FRANCE.
Rouffillon & de Cerdagne , Chevalier de l'Ordre
de S. Michel , lequel fut bleffé d'un coup de fauconneau
, au siege de Bouchain , en 1477, & mourut
de cette bleffure , au grand regret du Roi , qui
envoya offrir cent marcs d'argent à l'Eglife de
Notre-Dame de la Victoire , qu'il avoit voué pour
be falut de l'ame de ce Seigneur ( compte de Pierre
de Lailly ) . Il avoit marqué fon zele & ſa fidélité
au fervice du Roi CHARLES VII , en ſe tenant auprès
de lui jufqu'au dernier foupir , avoit fait faire
fes funérailles , & y avoit employé une fomme de
30 mille écus. Il ne laiffa de Jeanne de Raguenel ,
Vicomteffe de la Belliere & de Combour , fa
femme , qu'une fille nommée Jeanne , mariée à
Louis , Seigneur de Montejan.
François , fire du Chaftel , de Leſlein , de Le
zourny , &c. fut fait Chevalier Banneret ( Baron )
aux Etats de Bretagne de l'année 1495. Il eut de
Jeanne de Kerman , Olivier, fire du Chaftel , de
Leflein , de Lezourny & de Lefcoet. Celui- ci fut
pere de trois fils , Tanneguy , fire du Chaftel , qui
continua la branche aînée ; Gabriel , Seigneur de
Coetangars , dont la poftérité fera rapportée ciaprès
, & Olivier , Evêque de Saint- Brieu , mort
en 1523 .
Tanneguy , fire du Chaftel , de Poulmie , &c
époufa 1 ° . en 1492 , Louife du Pont , fille de
Pierre , Seigneur du Pont-l'Abbé , & d'Helene de
Rohan ; 20. en 1901 , Marie , Dame de Juch.
Du premier mariage vint Gillette du Chaftel ,
Dame du Pont-l'Abbé , de Roftrenen , &c. qu'elle
porta en dotte à Charles du Guellenée , Vicomte
du Fou; & du fecond , François , fire du Chaftel ,
de Lefcoet & du Jueh : celui- ci eut pour fils & héritier
Claude , Baron du Chaftel , &c. qui ne laisa
de Claude d'Acigné , Vicomteffe de la Belliere
DECEMBRE . 1757. 209
fa femme , que deux filles , nommées Anne &
Jeanne: la premiere héritiere de la Baronie du
Chaftel , épousa Guy de Rieux , Seigneur de Châteauneuf
, & l'autre , Charles Goyon , Baron de la
Mouffaye.
Branche des Seigneurs de Coetangars.
Gabriel du Chaftel , fecond fils d'Olivier , fire
du Chaftel , comme il a été dit ci - devant , eut en
partage la terre de Coetangars ; il fut pere de
Tanneguy du Chaftel , Seigneur de Coetangars ,
qui de Marie de Kerguiziau , fille & héritiere du
Seigneur de Kerguiziau , eut un fils nommé Guillaume
, qui fut auffi Seigneur de Coetangars & de
Kerivant , & époufa Léventze de Kermeno , qui
le rendit pere de Jean qui fuit :
Jean du Chaftel , Seigneur de Coetangars , de
Kerivant & de Bruillac , Chevalier de l'Ordre du
Roi , dit de S. Michel , Gentilhomme ordinaire
de fa chambre , fe qualifia chef du nom & d'armes
de la maifon du Chaftel , qualification que
fes fucceffeurs ont prife jufqu'aujourd'hui. Il
époufa 1 °. Marguerite de Cofquier , dont il n'eut
que des filles ; 2. en 1625 , Marie le Long- de
Keranroux , Dame de Mefaurun , qui le rendit
pere entr'autres de trois fils ; fçavoir 1 ° . Ignace-
François , appellé le Marquis du Chaſtel , dont la
petite-fille époufa en 1716 Hugues Humbert Huchet
, Comte de la Bedoyere ; 2 °. Marc-Antoine
du Chaftel , Seigneur de Kéranroux , mort fans
postérité ; 3 °. Tanneguy du Chaftel , Baron de
Bruillac , qui fuit :
Tannegny du Chaftel , Baron de Bruillac ,
époufa en 1659 Françoise de Kerprijan , Dame de
Parcaric , & en eut trois fils & une fille ; fçavoir
MERCURE DE FRANCE.
DE
acques-Claude du Chaftel , Baron de Braila
qui fuit ; 2 °. Tanneguy- Querian du Chaſtel ,
eur de Parcaric , mort fans poftérité ; 3 °,
-Jonathas du Chaftel , Infpecteur général
oupes du Roi en Amérique , Chevalier de
ais , Lieutenant de Roi de Marie- Galante ,
a laiffé des enfans établis en Amérique , &
le petit- fils nommé Claude Tanneguy eft
gne des Vaiffeaux du Roi ; & 4° . Mariee
du Chaftel , mariée en 1680 , àFrançois
Fer de Locrift , Seigneur de Kergariou.
ques - Claude du Chaftel , Chevalier , Sei-
Baron de Bruillac , de Parcarie , de Coal
i , & c . Maréchal des Logis de la compaolonelle
des Gentilshommes de l'Evêché de
Her , épouſa en 1691 , Marguerite de la Por
me de Guerdevollée ; de ce mariage font
plufieurs enfans , dont les trois ci deffous
és font vivans ; fçavoir , Hyacinthe-Marie du Chaftel , Chevalier ,
ar de Parcaric , Guerdevollée
, &c. chefde
d'armes , Chevalier de S. Louis ; il époufa
Françoife-Mauricette de Kergariou , Da-
Keruegant , dont deux filles.
arques-Thomas du Chaftel , Chevalier de
s , Lieutenant des Vaiffeaux du Roi.
Tanneguy du Chaftel , Aumonier du Roi ,
de l'Abbaye de Samer aux Bois.
armes , fafcé d'or & de gueules de fix
A Maifon du Chaftel eft d'ancienne Chevale
rie. L'hiftoire de Bretagne eft remplie de monumens
qui conftatent ſon ancienneté , fes fervices
militaires , & fes grandes alliances,
206 MERCURE DE FRANCE.
Bernard du Chaftel , Chevalier , fcella de fon
fceau un acte de l'an 1174. Il y eft repréſenté à
cheval , tenant l'épée haute de la main droite , &
foutenant de la gauche un écu chargé de fafces ;
le cheval caparaçonné aux mêmes armes. Il époufa
Anne de Léon de grande lignée , dont il eut Hervé
du Chaſtel , Chevalier , vivant en 1296 .
Bernard II , du nom , fire du Chaſtel , fils de
celui- ci , époufa Eléonore de Rofmadec , & en eut
Tanneguy, premier du nom , fire du Chaſtel ,
Lieutenant général des armées du Comte de
Montfort , contre CHARLES de Blois , fur lequel
il gagna la bataille de la Roche - de Rien en 1347 ,
& qui gagna encore celle de Mauron en 1352 .
Ce Tanneguyfut pere, entr'autres enfans , de Guillaume
, fire du Chaftel , qui fuit ; de Tanneguy,
Seigneur de la Roche- Dronion , chef de la branche
des Seigneurs de Melle , éteinte ; de Garfin
ou Garfis du Chaftel , Seigneur du Bois , appellé ,
à caufe de lui , le Bois de Garfis ( en Breton Coetangars
) Maréchal & Général d'armée du Duc d'An.
jou , mort fans alliance ; & Marguerite , femme
de Guillaume , fire de Rofmadec.
Guillaume , fire du Chaftel , de Leſlein ( & de
Coetangars , par la mort de fon frere Garfin )
rendit de grands fervices à JBAN , dit le vaillant ,
Duc de Bretagne , pour lequel il demeura prifonnier
en une rencontre , & paya 6000 écus d'or
pour fa rançon ; il mourut en 1370 , laiſſant pour
fils & héritier, Hervé , qui porta les armes pour le
Roi CHARLES V. Celui - ci fut pere de quatre fils ;
fçavoir :
1º. Guillaume du Chaftel , Chambellan du Roi
CHARLES V , & du Duc d'Orléans , qui fut l'un
des fept Champions du. Seigneur de Barbazan ,
contre fept Anglois en 1402 , gagna un combatDECEMBRE
. 1757. 207
naval contre les Anglois en 1403 ; pilla l'Ile de
Gerzé , où il fut tué l'année ſuivante , fans laiffer
de postérité .
2º. Olivier, fire du Chaſtel , &c. qui fuit .
3°. Hervé du Chaftel , tige des Seigneurs de
Coetelez , éteinte.
4°. Tanneguy , Chevalier , Confeiller & Cham
bellan du Roi , Grand Maître de fa Maifon , Prevôt
de Paris , Gouverneur & Sénéchal de Provence
, fi renommé dans l'hiftoire de France par fon
attachement à la perfonne du Dauphin depuis
Charles VII . Il mourut en Provence en 1449 ,
fans postérité.
Olivier , fire ou Seigneur du Chaftel , de Leſlein
, Chevalier Banneret , Chambellan du Duc de
Bretagne , Capitaine de Dinan & de Breft , Sénéchal
de Saintonge , donna quittance de fes gages.
comme Chevalier Banneret , le 20 Novembre.
1415 , & la fcella de fon fceau qui eft fafcé de
fix pieces d'or & de gueules . Il mourut en 1455 ,
ayant eu pour fils :
1° François , fire du Chaftel , qui continua la
poftérité.
2. Guillaume du Chaftel , Pannetier du Roi ,
& Ecuyer du Dauphin , depuis Louis XI , tué en
1441 au fiege de Pontoife en préſence du Roi
qui , pour récompenfer fa valeur & fes fervices, le
fit enterrer dans l'Eglife de Saint Denis , avec les
Rois ( Hift. de S. Denis , par Eelibien , pages 3.52.
562.)
3. Jean du Chaftel , Evêque de Carcaffonne ,
en 1457.
4°. Tanneguy du Chaſtel , Vicomte de la Belliere
, Confeiller & Chambellan du Roi CHARLES
VII, Grand Ecuyer de France , Grand Maître
'Hôtel du Duc de Bretagne , Gouverneur du
108 MERCURE DE FRANCE.
Rouffillon & de Cerdagne , Chevalier de l'Ordre
de S. Michel , lequel fut bleffé d'un coup de fauconneau
, au siege de Bouchain , en 1477, & mourut
de cette bleffure , au grand regret du Roi , qui
envoya offrir cent marcs d'argent à l'Eglife de
Notre-Dame de la Victoire , qu'il avoit voué pour
be falut de l'ame de ce Seigneur ( compte de Pierre
de Lailly ) . Il avoit marqué fon zele & ſa fidélité
au fervice du Roi CHARLES VII , en ſe tenant auprès
de lui jufqu'au dernier foupir , avoit fait faire
fes funérailles , & y avoit employé une fomme de
30 mille écus. Il ne laiffa de Jeanne de Raguenel ,
Vicomteffe de la Belliere & de Combour , fa
femme , qu'une fille nommée Jeanne , mariée à
Louis , Seigneur de Montejan.
François , fire du Chaftel , de Leſlein , de Le
zourny , &c. fut fait Chevalier Banneret ( Baron )
aux Etats de Bretagne de l'année 1495. Il eut de
Jeanne de Kerman , Olivier, fire du Chaftel , de
Leflein , de Lezourny & de Lefcoet. Celui- ci fut
pere de trois fils , Tanneguy , fire du Chaftel , qui
continua la branche aînée ; Gabriel , Seigneur de
Coetangars , dont la poftérité fera rapportée ciaprès
, & Olivier , Evêque de Saint- Brieu , mort
en 1523 .
Tanneguy , fire du Chaftel , de Poulmie , &c
époufa 1 ° . en 1492 , Louife du Pont , fille de
Pierre , Seigneur du Pont-l'Abbé , & d'Helene de
Rohan ; 20. en 1901 , Marie , Dame de Juch.
Du premier mariage vint Gillette du Chaftel ,
Dame du Pont-l'Abbé , de Roftrenen , &c. qu'elle
porta en dotte à Charles du Guellenée , Vicomte
du Fou; & du fecond , François , fire du Chaftel ,
de Lefcoet & du Jueh : celui- ci eut pour fils & héritier
Claude , Baron du Chaftel , &c. qui ne laisa
de Claude d'Acigné , Vicomteffe de la Belliere
DECEMBRE . 1757. 209
fa femme , que deux filles , nommées Anne &
Jeanne: la premiere héritiere de la Baronie du
Chaftel , épousa Guy de Rieux , Seigneur de Châteauneuf
, & l'autre , Charles Goyon , Baron de la
Mouffaye.
Branche des Seigneurs de Coetangars.
Gabriel du Chaftel , fecond fils d'Olivier , fire
du Chaftel , comme il a été dit ci - devant , eut en
partage la terre de Coetangars ; il fut pere de
Tanneguy du Chaftel , Seigneur de Coetangars ,
qui de Marie de Kerguiziau , fille & héritiere du
Seigneur de Kerguiziau , eut un fils nommé Guillaume
, qui fut auffi Seigneur de Coetangars & de
Kerivant , & époufa Léventze de Kermeno , qui
le rendit pere de Jean qui fuit :
Jean du Chaftel , Seigneur de Coetangars , de
Kerivant & de Bruillac , Chevalier de l'Ordre du
Roi , dit de S. Michel , Gentilhomme ordinaire
de fa chambre , fe qualifia chef du nom & d'armes
de la maifon du Chaftel , qualification que
fes fucceffeurs ont prife jufqu'aujourd'hui. Il
époufa 1 °. Marguerite de Cofquier , dont il n'eut
que des filles ; 2. en 1625 , Marie le Long- de
Keranroux , Dame de Mefaurun , qui le rendit
pere entr'autres de trois fils ; fçavoir 1 ° . Ignace-
François , appellé le Marquis du Chaſtel , dont la
petite-fille époufa en 1716 Hugues Humbert Huchet
, Comte de la Bedoyere ; 2 °. Marc-Antoine
du Chaftel , Seigneur de Kéranroux , mort fans
postérité ; 3 °. Tanneguy du Chaftel , Baron de
Bruillac , qui fuit :
Tannegny du Chaftel , Baron de Bruillac ,
époufa en 1659 Françoise de Kerprijan , Dame de
Parcaric , & en eut trois fils & une fille ; fçavoir
MERCURE DE FRANCE.
DE
acques-Claude du Chaftel , Baron de Braila
qui fuit ; 2 °. Tanneguy- Querian du Chaſtel ,
eur de Parcaric , mort fans poftérité ; 3 °,
-Jonathas du Chaftel , Infpecteur général
oupes du Roi en Amérique , Chevalier de
ais , Lieutenant de Roi de Marie- Galante ,
a laiffé des enfans établis en Amérique , &
le petit- fils nommé Claude Tanneguy eft
gne des Vaiffeaux du Roi ; & 4° . Mariee
du Chaftel , mariée en 1680 , àFrançois
Fer de Locrift , Seigneur de Kergariou.
ques - Claude du Chaftel , Chevalier , Sei-
Baron de Bruillac , de Parcarie , de Coal
i , & c . Maréchal des Logis de la compaolonelle
des Gentilshommes de l'Evêché de
Her , épouſa en 1691 , Marguerite de la Por
me de Guerdevollée ; de ce mariage font
plufieurs enfans , dont les trois ci deffous
és font vivans ; fçavoir , Hyacinthe-Marie du Chaftel , Chevalier ,
ar de Parcaric , Guerdevollée
, &c. chefde
d'armes , Chevalier de S. Louis ; il époufa
Françoife-Mauricette de Kergariou , Da-
Keruegant , dont deux filles.
arques-Thomas du Chaftel , Chevalier de
s , Lieutenant des Vaiffeaux du Roi.
Tanneguy du Chaftel , Aumonier du Roi ,
de l'Abbaye de Samer aux Bois.
armes , fafcé d'or & de gueules de fix
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Résumé : Mémoire sur la Maison du Chastel.
Le texte relate l'histoire de la Maison du Chastel, une ancienne chevalerie bretonne. Bernard du Chastel, un chevalier mentionné dans un acte de 1174, épousa Anne de Léon et eut un fils nommé Hervé du Chastel, également chevalier en 1296. Hervé eut à son tour un fils, Bernard II du Chastel, qui épousa Eléonore de Rosmadec. Leur fils, Tanneguy du Chastel, fut Lieutenant général des armées du Comte de Montfort et remporta des victoires notables lors des batailles de la Roche-Derrien en 1347 et de Mauron en 1352. Tanneguy eut plusieurs enfants, dont Guillaume du Chastel, qui servit Jean IV, Duc de Bretagne, et fut prisonnier de guerre. Guillaume mourut en 1370, laissant Hervé comme héritier. Hervé eut quatre fils, parmi lesquels Guillaume du Chastel, Chambellan du Roi Charles V, et Tanneguy du Chastel, conseiller du Roi Charles VII. Olivier du Chastel, Chevalier Banneret, fut Capitaine de Dinan et Sénéchal de Saintonge. Il eut plusieurs fils, dont François du Chastel, Chevalier Banneret, et Jean du Chastel, Évêque de Carcassonne. Tanneguy du Chastel, Vicomte de la Bellière, fut Grand Écuyer de France et mourut en 1477. François du Chastel eut Olivier du Chastel, père de Tanneguy du Chastel, Gabriel du Chastel, et Olivier, Évêque de Saint-Brieuc. La branche des Seigneurs de Coetangars inclut Gabriel du Chastel, père de Tanneguy du Chastel, Seigneur de Coetangars. Jean du Chastel, Chevalier de l'Ordre du Roi, épousa Marguerite de Cosquier et Marie le Long de Keranroux, ayant plusieurs descendants notables. Jacques-Claude du Chastel, Baron de Bruillac, eut plusieurs enfants, dont Hyacinthe-Marie du Chastel, Chevalier de Saint-Louis, et Tanneguy du Chastel, Aumonier du Roi.
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2934
p. 200-202
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Tout ce qui tient à la République des Lettres, Monsieur, doit vous être cher [...]
Mots clefs :
République des Lettres, Mort, Charles-Louis de la Fontaine, Jean de La Fontaine, Maladie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DU MERCURE.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
TOUT
OUT ce qui tient à la République des Lettres,
Monfieur , doit vous être cher par tant de titres ,
que quand même M. de la Fontaine n'auroit pas,
cu l'honneur d'être connu de vous perfonnellement
( & je crois qu'il avoit cet avantage ) , je
fuis perfuadé que vous n'apprendriez pas avec indifférence
la mort du petit- fils d'un homme qui
yous a montré le chemin par lequel des génies,
JANVIER. 1758. 201
comme le vôtre & le fien parviennent à l'immortalité.
Charles-Louis de la Fontaine , petit fils unique
de Jean de la Fontaine , de l'Académie Françoi
fe , eft mort à Palmiers , le Is de Novembre ,
dans fa quarantieme année. Quoique la nature
ſui eût donné des talens qui auroient pu le rendre
digne du nom qu'il portoit , s'il avoit voulu les
mettre à profit , & qu'il eût fait dans la Littérature
tous les progrès qu'on peut y faire avec un efprit
vif , jufte & pénétrant , fécondé d'une mémoire
prodigieufe , j'ofe même dire unique , fon goût
pour les plaifirs , & un peu d'indolence naturelle ,
l'avoient empêché d'en faire uſage , & il n'a rien
fait pour le public , non plus que pour la gloire de
fon nom , ni pour fon utilité perfonnelle. Il avoit
été recherché pour l'agrément de fon efprit , & le
brillant de fes faillies , par les gens les plus diftingués
de la Cour & de Paris , dont il a fait les délices
pendant les premieres années de fa jeuneffe.
Son goût pour la vie privée , fon attachement à
une jolie femme , qu'il avoit épousée en ce pays ,,
fui avoient fait accepter la direction des biens que
le Marquis de Bonnac poffede dans cette province,,
après avoir rempli avec diftinction la place de
premier Secretaire de ce Marquis , dans fon ambaffade
de Hollande. Il étoit fait de toute façon
pour une fortune plus honnête & plus brillante ::
mais la tournure de fon efprit , qui déteſtoit également
le travail & l'affujettiffement , lui avoit:
fait négliger les moyens infaillibles qu'il avoit de:
fe la procurer , s'il eût voulu . Il laiffe trois enfans ,,
dont un feul mâle , âgé feulement de quatre mois ,.
unique rejetton d'un nom fi illuftre dans toute:
l'Europe. Sa femme fe nomme Marie le Mercier,.
fille du Maître particulier des Eaux & Forêts d'icis.
Ly
202 MERCURE DE FRANCE.
M. de la Fontaine étoit depuis mon enfance fe
plus cher de mes amis. Le plaifir de vivre avec lui
m'avoit attiré dans ce coin reculé du royaume.
J'ai eu la douleur de le voir expirer dans mes bras,
après une année prefqu'entiere de fouffrances. Sa
maladie étoit une hydropifie de poitrine, mal auquel
la Médecine n'a pas encore connu de remede.
Je dois vous demander mille fois pardon , Monfieur
, de la longueur de ce détail : mais je fuis excufable
de me plaire à parler , le plus qu'il m'eft
poffible , de l'homme que j'ai le plus aimé, & que
je regretterai toute ma vie . Je voudrois pouvoir
obtenir de vous , Monfieur , que vous vouluffiez
bien faire l'honneur à la mémoire de mon ami , de
faire mention de lui dans le premier Mercure. Le
Public doit s'intéreffer au fort de la postérité du
grand homme dont il defcendoit . Je vous demande
cette grace avec l'inftance la plus vive , & j'en conferverai
la plus parfaite reconnoiffance.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Le Marquis DE GUENANDE , Lieutenant- Colonel
de Dragons.
TOUT
OUT ce qui tient à la République des Lettres,
Monfieur , doit vous être cher par tant de titres ,
que quand même M. de la Fontaine n'auroit pas,
cu l'honneur d'être connu de vous perfonnellement
( & je crois qu'il avoit cet avantage ) , je
fuis perfuadé que vous n'apprendriez pas avec indifférence
la mort du petit- fils d'un homme qui
yous a montré le chemin par lequel des génies,
JANVIER. 1758. 201
comme le vôtre & le fien parviennent à l'immortalité.
Charles-Louis de la Fontaine , petit fils unique
de Jean de la Fontaine , de l'Académie Françoi
fe , eft mort à Palmiers , le Is de Novembre ,
dans fa quarantieme année. Quoique la nature
ſui eût donné des talens qui auroient pu le rendre
digne du nom qu'il portoit , s'il avoit voulu les
mettre à profit , & qu'il eût fait dans la Littérature
tous les progrès qu'on peut y faire avec un efprit
vif , jufte & pénétrant , fécondé d'une mémoire
prodigieufe , j'ofe même dire unique , fon goût
pour les plaifirs , & un peu d'indolence naturelle ,
l'avoient empêché d'en faire uſage , & il n'a rien
fait pour le public , non plus que pour la gloire de
fon nom , ni pour fon utilité perfonnelle. Il avoit
été recherché pour l'agrément de fon efprit , & le
brillant de fes faillies , par les gens les plus diftingués
de la Cour & de Paris , dont il a fait les délices
pendant les premieres années de fa jeuneffe.
Son goût pour la vie privée , fon attachement à
une jolie femme , qu'il avoit épousée en ce pays ,,
fui avoient fait accepter la direction des biens que
le Marquis de Bonnac poffede dans cette province,,
après avoir rempli avec diftinction la place de
premier Secretaire de ce Marquis , dans fon ambaffade
de Hollande. Il étoit fait de toute façon
pour une fortune plus honnête & plus brillante ::
mais la tournure de fon efprit , qui déteſtoit également
le travail & l'affujettiffement , lui avoit:
fait négliger les moyens infaillibles qu'il avoit de:
fe la procurer , s'il eût voulu . Il laiffe trois enfans ,,
dont un feul mâle , âgé feulement de quatre mois ,.
unique rejetton d'un nom fi illuftre dans toute:
l'Europe. Sa femme fe nomme Marie le Mercier,.
fille du Maître particulier des Eaux & Forêts d'icis.
Ly
202 MERCURE DE FRANCE.
M. de la Fontaine étoit depuis mon enfance fe
plus cher de mes amis. Le plaifir de vivre avec lui
m'avoit attiré dans ce coin reculé du royaume.
J'ai eu la douleur de le voir expirer dans mes bras,
après une année prefqu'entiere de fouffrances. Sa
maladie étoit une hydropifie de poitrine, mal auquel
la Médecine n'a pas encore connu de remede.
Je dois vous demander mille fois pardon , Monfieur
, de la longueur de ce détail : mais je fuis excufable
de me plaire à parler , le plus qu'il m'eft
poffible , de l'homme que j'ai le plus aimé, & que
je regretterai toute ma vie . Je voudrois pouvoir
obtenir de vous , Monfieur , que vous vouluffiez
bien faire l'honneur à la mémoire de mon ami , de
faire mention de lui dans le premier Mercure. Le
Public doit s'intéreffer au fort de la postérité du
grand homme dont il defcendoit . Je vous demande
cette grace avec l'inftance la plus vive , & j'en conferverai
la plus parfaite reconnoiffance.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Le Marquis DE GUENANDE , Lieutenant- Colonel
de Dragons.
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Résumé : A L'AUTEUR DU MERCURE.
La lettre informe de la mort de Charles-Louis de la Fontaine, petit-fils de Jean de la Fontaine, survenue à Palmiers le 11 novembre 1758 à l'âge de quarante ans. Doté de talents littéraires et d'une mémoire exceptionnelle, Charles-Louis n'a pas exploité ses capacités en raison de son goût pour les plaisirs et de son indolence. Il était apprécié pour son esprit et son charme par des personnalités distinguées de la cour et de Paris. Après avoir servi comme premier secrétaire du Marquis de Bonnac en Hollande, il a dirigé les biens du Marquis en Provence. Charles-Louis laisse derrière lui trois enfants, dont un seul garçon, âgé de quatre mois. Sa femme, Marie le Mercier, est la fille du Maître particulier des Eaux et Forêts. Le Marquis de Guénande, auteur de la lettre, exprime sa douleur et demande que la mémoire de son ami soit honorée dans le Mercure.
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2935
p. 204-205
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Début :
Nous avons prévenu le Public dans le dernier Mercure que nous lui [...]
Mots clefs :
Traitement, Maladies, Soldats, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Huitieme traitement depuis fon établiſſement ..
NOUS ous avons prévenu le Public dans le dernier
Mercure que nous lui épargnerons déformais les
détails défagréables des maladies de chaque foldat
nous croyons que huit traitemens confécugifs
à l'hôpital & trois précédemment faits au
JANVIER. 1758. zor
fauxbourg S. Jacques , doivent fuffire pour per
fuader & convaincre ; ainfi nous nous contenterons
déformais de lui nommer les foldats traités
& guéris , avec les noms de leurs compagnies ,
comme nous faifons aujourd'hui , & continuerons
dans la fuite.
Etat des Soldats traités à l'Hôpital de M. le Ma
réchal de Biron , & fortis guéris depuis le feptieme
traitement..
Le nommé Saint Germain , Compagnie de
Pondeux , guéri.
Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon,
guéri.
Le nommé Margnet ; Compagnie du Trévoux,,
guéri.
Le nommé Meunier , Compagnie de Sinety ,
guéri ..
Le nommé Durofier , Compagnie de Bragelon,
gne , guéri.
Le nommé Cardin , Compagnie de Vifé , guéri .
Le nommé Chance , Compagnie de Bragelon
gne , guéri .
Le nommé Sans quartier , Compagnie du Tré
Youx , guéri.
Le nommé Joli- coeur , Compagnie de la Sone;
guéri .
Le nommé Chaperon , Compagnie Colonelle ,
guéri.
Le nommé Cleret , fcorbutique , forti pour
changer d'air , & n'ayant prefque plus de fymp
tômes de fcorbut..
Il fera fait au courant du mois prochain une revue
générale de tous les foldats traités avant & de,
puis l'établiffement de l'Hôpital , & nous en rens
dronsle compte le plus fidele..
Huitieme traitement depuis fon établiſſement ..
NOUS ous avons prévenu le Public dans le dernier
Mercure que nous lui épargnerons déformais les
détails défagréables des maladies de chaque foldat
nous croyons que huit traitemens confécugifs
à l'hôpital & trois précédemment faits au
JANVIER. 1758. zor
fauxbourg S. Jacques , doivent fuffire pour per
fuader & convaincre ; ainfi nous nous contenterons
déformais de lui nommer les foldats traités
& guéris , avec les noms de leurs compagnies ,
comme nous faifons aujourd'hui , & continuerons
dans la fuite.
Etat des Soldats traités à l'Hôpital de M. le Ma
réchal de Biron , & fortis guéris depuis le feptieme
traitement..
Le nommé Saint Germain , Compagnie de
Pondeux , guéri.
Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon,
guéri.
Le nommé Margnet ; Compagnie du Trévoux,,
guéri.
Le nommé Meunier , Compagnie de Sinety ,
guéri ..
Le nommé Durofier , Compagnie de Bragelon,
gne , guéri.
Le nommé Cardin , Compagnie de Vifé , guéri .
Le nommé Chance , Compagnie de Bragelon
gne , guéri .
Le nommé Sans quartier , Compagnie du Tré
Youx , guéri.
Le nommé Joli- coeur , Compagnie de la Sone;
guéri .
Le nommé Chaperon , Compagnie Colonelle ,
guéri.
Le nommé Cleret , fcorbutique , forti pour
changer d'air , & n'ayant prefque plus de fymp
tômes de fcorbut..
Il fera fait au courant du mois prochain une revue
générale de tous les foldats traités avant & de,
puis l'établiffement de l'Hôpital , & nous en rens
dronsle compte le plus fidele..
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Le rapport traite des traitements réalisés à l'Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron. Depuis l'établissement de l'hôpital, huit traitements ont été effectués, en plus de trois autres en janvier 1758 dans le faubourg Saint-Jacques. L'auteur ne détaillera plus les maladies des soldats, mais nommera ceux qui ont été traités et guéris, ainsi que leurs compagnies. Les soldats traités et guéris depuis le septième traitement incluent Saint Germain (Compagnie de Pondeux), Leveillé (Compagnie de Voisenon), Margnet (Compagnie du Trévoux), Meunier (Compagnie de Sinety), Durofier (Compagnie de Bragelon), Cardin (Compagnie de Visé), Chance (Compagnie de Bragelon), Sans quartier (Compagnie du Trévoux), Joli-coeur (Compagnie de la Sonne), Chaperon (Compagnie Colonelle), et Cleret, atteint de scorbut et nécessitant un changement d'air, mais presque sans symptômes. Une revue générale de tous les soldats traités avant et après l'établissement de l'hôpital est prévue pour le mois suivant, avec un compte rendu fidèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2936
p. 206
Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
Début :
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes précédentes, Monsieur, que j'avois entrepris [...]
Mots clefs :
Maladie, Soins, Dragées, Traitements, Succès, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
Lettre de M. Delaplaine , Chirurgien de M.
de Thomond , écrite de Bordeaux , en date du
22 Octobre , à M. Keyfer,
>
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes
précédentes , Monfieur , que j'avois entrepris de
traiter avec vos dragées, deux filles , dont l'état extrêmement
fâcheux étoit connu , & au fçu de
toute la Ville de Bordeaux ; qu'avant de les comcommencer
, je les avois préfentées à MM. de la
Montagne & Betbeder , Docteur en médecine
qui avoient eu la bonté de conftater avec moi l'état
cruel où ces deux malheureuſes fe trouvoient.
Sans rentrer dans les détails que je vous en ai fait ,
ni vous importuner de ceux des traitemens que j'aî
conduits , je crois n'avoir rien de mieux à faire
que de vous envoyer les certificats de Meffieurs
les Médecins ci - deffus nommés , par lefquels
Vous verrez la guérifon de ces deux filles , & le
fuccès de vos dragées entre mes mains . Ces traite
mens ont été comme publics : les filles font
trop connues dans la ville & à la Comédie , pour
que l'on puiffe révoquer leur guérifon en
doute les fuffrages n'ont point été mandiés , &
je crois pouvoir vous affurer que leur état & leur
curé n'ont pas laiffé que de faire du bruit dans
cette Ville.
de Thomond , écrite de Bordeaux , en date du
22 Octobre , à M. Keyfer,
>
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes
précédentes , Monfieur , que j'avois entrepris de
traiter avec vos dragées, deux filles , dont l'état extrêmement
fâcheux étoit connu , & au fçu de
toute la Ville de Bordeaux ; qu'avant de les comcommencer
, je les avois préfentées à MM. de la
Montagne & Betbeder , Docteur en médecine
qui avoient eu la bonté de conftater avec moi l'état
cruel où ces deux malheureuſes fe trouvoient.
Sans rentrer dans les détails que je vous en ai fait ,
ni vous importuner de ceux des traitemens que j'aî
conduits , je crois n'avoir rien de mieux à faire
que de vous envoyer les certificats de Meffieurs
les Médecins ci - deffus nommés , par lefquels
Vous verrez la guérifon de ces deux filles , & le
fuccès de vos dragées entre mes mains . Ces traite
mens ont été comme publics : les filles font
trop connues dans la ville & à la Comédie , pour
que l'on puiffe révoquer leur guérifon en
doute les fuffrages n'ont point été mandiés , &
je crois pouvoir vous affurer que leur état & leur
curé n'ont pas laiffé que de faire du bruit dans
cette Ville.
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Résumé : Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
M. Delaplaine, chirurgien de M. de Thomond, adresse une lettre à M. Keyfer depuis Bordeaux le 22 octobre. Il y relate le traitement de deux jeunes filles dont l'état de santé préoccupant était connu dans toute la ville. Avant de commencer le traitement, Delaplaine a présenté les patientes à MM. de la Montagne et Betbeder, docteur en médecine, qui ont confirmé leur état critique. Il ne détaille pas les traitements mais envoie les certificats médicaux attestant la guérison des deux filles grâce aux dragées de M. Keyfer. Les traitements ayant été publics, la guérison des patientes, bien connues à Bordeaux et à la Comédie, est incontestable. Leur état et leur rétablissement ont suscité une grande attention dans la ville.
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2937
p. 206-208
Certificat de M. de la Montagne, Docteur en médecine à Bordeaux.
Début :
Premier Malade. Je, soussigné, Docteur en Médecine, Aggregé au College [...]
Mots clefs :
Certificats, Malades, Guérison, Traitement, Symptômes, Maux, Dragées, M. Keyser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Certificat de M. de la Montagne, Docteur en médecine à Bordeaux.
Certificat de M. de la Montagne , Docteur en médecine
à Bordeaux .
Premier Malade. Je , fouffigné , Docteur en
Médecine , Aggregé au College des Médecins de
Bordeaux , déclare avoir été appellé par M. de la
Plaine , Chirurgien de M. le Maréchal de Thomond
, Commandant en chef dans la province de
Guyenne , pour examiner une fille agée d'envi
JANVIER. 1758 . 207
ron vingt ans , qui avoit contracté depuis quatre
mois une G..... virulente , accompagnée d'un
grand nombre de puftules , & autres fymptômes
qu'on ne nommera plus. Dans cet état , elle
avoit eu recours à un Chirurgien , qui par le
moyen de quelque topiques , avoit fait difparoître
les puftules. Peu de temps après elle fut attaquée
d'un violent mal de tête , & de douleurs dans
tous les membres , qui vers le foir devenoient
plus vives , & lui ôtoient entiérement le fommeil.
Bientôt les puftules reparurent en plus grand
nombre : elles furent fuivies à l'entour de l'a ....
d'excroiffances fongueufes , en forme de champignons
très -larges , & tellement douloureufes ,
qu'elle avoit à peine la liberté de marcher . Dans
le même temps , le fond de la gorge & la cloiſon
du palais s'enflammerent , au point de rendre la
déglutition très-difficile . Plufieurs ulceres chancreux
fuccéderent à cette inflammation . L'état déplorable
de cete fille exigeoit les fecours les plus
prompts & les plus efficaces. M. de la Plaine entreprit
de les traiter avec les dragées , & felon la
méthode de M. Keyfer . Quelques jours après je
fus appellé pour être témoin des effets qu'avoit
déja produit l'ufage du remede. Le plus grand
nombre des puftules avoit difparu , les excroiffances
s'étoient fondues , l'inflammation de la
gorge étoit diffipée. Dix ou douze jours après ce
fecond examen , le fieur de la Plaine me prefenta
encore la malade , & je vis avec étonnement qu'il
ne reftoit plus aucune trace des fymptômes affreux
dont j'avois été le témoin . Au reſte , cette
fille m'a affuré n'avoir éprouvé aucun accident facheux
dans le cours du traitement de fa maladie , "
& avoir vaqué à fes différentes occupations , comme
dans le temps de la meilleure fanté. En foi de
ZoS MERCURE DE FRANCE.
quoi j'ai fouffigné le préfent certificat . A Bor
deaux le 30 Octobre 1757. Lamontagne.
Deuxieme Certificat pour la deuxieme Malade:
Je , fouffigné , déclare avoir été appellé par
M. de la Plaine , pour examiner une fille , âgée
de 17 ans , qui avoit depuis un an contracté une
maladie vénérienne des plus confidérables . Ici Pon
épargnera les noms des Symptômes dénoncés dans le
Certificat. La malade avoit de plus des douleurs
dans tous les membres , & étoit tourmentée d'un
mal de tête , dont la violence lui avoit fait pers
dre entiérement le fommeil, Le fieur de la Plaine
la mit à l'ufage des dragées antivénériennes , & la
traita felon la méthode de M. Keyfer. Environ
trois femaines après , j'ai vu la malade : elle m'a
paru parfaitement rétablie , & je n'ai rien obſervé
qui pût me faire douter de l'éfficacité merveil
leufe du remede de M. Keyfer. Cette fille n'a gardé
aucun regime , & quoique fa mifere l'empê
chât de prendre les plus légeres précautions , elle
m'a affuré n'avoir éprouvé dans tout le cours du
traitement , rien qui l'ait le moins du monde incommodée.
Les effets finguliers de ce remede
m'ont étonné , & ma furprife & mon admiration
font égales. A. Bordeaux le 20 Octobre 1757.
Lamontagne.
à Bordeaux .
Premier Malade. Je , fouffigné , Docteur en
Médecine , Aggregé au College des Médecins de
Bordeaux , déclare avoir été appellé par M. de la
Plaine , Chirurgien de M. le Maréchal de Thomond
, Commandant en chef dans la province de
Guyenne , pour examiner une fille agée d'envi
JANVIER. 1758 . 207
ron vingt ans , qui avoit contracté depuis quatre
mois une G..... virulente , accompagnée d'un
grand nombre de puftules , & autres fymptômes
qu'on ne nommera plus. Dans cet état , elle
avoit eu recours à un Chirurgien , qui par le
moyen de quelque topiques , avoit fait difparoître
les puftules. Peu de temps après elle fut attaquée
d'un violent mal de tête , & de douleurs dans
tous les membres , qui vers le foir devenoient
plus vives , & lui ôtoient entiérement le fommeil.
Bientôt les puftules reparurent en plus grand
nombre : elles furent fuivies à l'entour de l'a ....
d'excroiffances fongueufes , en forme de champignons
très -larges , & tellement douloureufes ,
qu'elle avoit à peine la liberté de marcher . Dans
le même temps , le fond de la gorge & la cloiſon
du palais s'enflammerent , au point de rendre la
déglutition très-difficile . Plufieurs ulceres chancreux
fuccéderent à cette inflammation . L'état déplorable
de cete fille exigeoit les fecours les plus
prompts & les plus efficaces. M. de la Plaine entreprit
de les traiter avec les dragées , & felon la
méthode de M. Keyfer . Quelques jours après je
fus appellé pour être témoin des effets qu'avoit
déja produit l'ufage du remede. Le plus grand
nombre des puftules avoit difparu , les excroiffances
s'étoient fondues , l'inflammation de la
gorge étoit diffipée. Dix ou douze jours après ce
fecond examen , le fieur de la Plaine me prefenta
encore la malade , & je vis avec étonnement qu'il
ne reftoit plus aucune trace des fymptômes affreux
dont j'avois été le témoin . Au reſte , cette
fille m'a affuré n'avoir éprouvé aucun accident facheux
dans le cours du traitement de fa maladie , "
& avoir vaqué à fes différentes occupations , comme
dans le temps de la meilleure fanté. En foi de
ZoS MERCURE DE FRANCE.
quoi j'ai fouffigné le préfent certificat . A Bor
deaux le 30 Octobre 1757. Lamontagne.
Deuxieme Certificat pour la deuxieme Malade:
Je , fouffigné , déclare avoir été appellé par
M. de la Plaine , pour examiner une fille , âgée
de 17 ans , qui avoit depuis un an contracté une
maladie vénérienne des plus confidérables . Ici Pon
épargnera les noms des Symptômes dénoncés dans le
Certificat. La malade avoit de plus des douleurs
dans tous les membres , & étoit tourmentée d'un
mal de tête , dont la violence lui avoit fait pers
dre entiérement le fommeil, Le fieur de la Plaine
la mit à l'ufage des dragées antivénériennes , & la
traita felon la méthode de M. Keyfer. Environ
trois femaines après , j'ai vu la malade : elle m'a
paru parfaitement rétablie , & je n'ai rien obſervé
qui pût me faire douter de l'éfficacité merveil
leufe du remede de M. Keyfer. Cette fille n'a gardé
aucun regime , & quoique fa mifere l'empê
chât de prendre les plus légeres précautions , elle
m'a affuré n'avoir éprouvé dans tout le cours du
traitement , rien qui l'ait le moins du monde incommodée.
Les effets finguliers de ce remede
m'ont étonné , & ma furprife & mon admiration
font égales. A. Bordeaux le 20 Octobre 1757.
Lamontagne.
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Résumé : Certificat de M. de la Montagne, Docteur en médecine à Bordeaux.
Le document contient deux certificats médicaux rédigés par M. de la Montagne, Docteur en médecine à Bordeaux. Le premier certificat, daté du 30 octobre 1757, concerne une fille d'environ vingt ans atteinte depuis quatre mois d'une maladie virulente avec pustules et autres symptômes. Après un traitement chirurgical, la patiente a développé des maux de tête, des douleurs dans les membres et des excroissances fongueuses douloureuses. M. de la Plaine a alors utilisé des dragées selon la méthode de M. Keyfer, améliorant rapidement l'état de la malade. En dix à douze jours, tous les symptômes avaient disparu sans effets secondaires. Le second certificat, daté du 20 octobre 1757, concerne une fille de dix-sept ans souffrant d'une maladie vénérienne depuis un an, accompagnée de douleurs et de maux de tête. M. de la Plaine a utilisé les dragées antivénériennes de M. Keyfer, et après trois semaines, la patiente était rétablie sans désagréments. M. de la Montagne exprime son admiration pour l'efficacité du remède.
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2938
p. 208-210
Certificat de M. Betbeder, Professeur Royal à Bordeaux.
Début :
Je, soussigné, Professeur royal de médecine en l'université de Bordeaux, [...]
Mots clefs :
Certificats, Guérison, Maladies, Symptômes, Douleurs, Dragées, Maladie vénérienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Certificat de M. Betbeder, Professeur Royal à Bordeaux.
Certificat de M. Betbeder Profeſſeur Royal à
Bordeaux.
Je , fouffigné , Profeffeur royal de médecine
en l'univerfité de Bordeaux , Médecin de l'Hôpital
de Saint André , certifie qu'ayant examiné le 12
Septembre dernier , une fille âgée de 18 ans , que
M. de la Plaine propofoit de traiter avec le remede
& fuivans la méthode de M. Keyfer , j'ai
JANVIER. 1758. 209
trouvé que cette fille avoit les plus graves fymptô
mes de la maladie vénérienne . Onfouftrait encore
ici tous les noms de ces fymptômes. Que l'ayant
interrogée fi elle n'éprouvoit pas encore d'autres
accidens , elle me dit reffentir de violentes
douleurs de tête , & dans tous les membres ,
particuliérement pendant la nuit , des infomnies
cruelles , & un grand mal de gorge . Ce qui
m'ayant fait examiner l'intérieur de la bouche ,
je vis la luette , les piliers des amygdales , & le
voile du palais confidérablement gonflés avec
exulcération dans ces parties . Que dans cet état ,
la malade paffa à l'ufage du remede de M. Keyſer,
adminiftré par M. de la Plaine , & qu'ayant été
invité une feconde fois d'examiner la malade le
18 Octobre fuivant , je vis avec plaifir que les fymp
tômes énoncés , avoient difparus , & la malade
m'affura ne point reffentir de douleurs de tête, ni
dans les membres , & qu'elle avoit recouvré le
fommeil le gonflement de la luette , du voile du
palais , & des piliers des amygdales avoit entiérement
difparu ; il ne fubfiftoit plus que quelque
petites ulcérations très-légeres aux gencives , qui
me parurent provenir d'un agacement occafionné
par le remede qui avoit pu porter à la bouche , &
qu'on avoit conduit avec autant de prudence que
de fagacité. En foi de quoi j'ai donné le préfent
certificat. A Bordeaux , le 21 Octobre 17573
Betheder , Profeſſeur royal de médecine.
Deuxieme Certificat.
Le 25 Septembre 1757 , j'examinai une fecon
de fille , âgée de 17 ans , pareillement atteinte depuis
15 mois d'une maladie vénérienne bien confirmée
& fort grave , au point même qu'elle étoit
hors d'état de marcher. L'on fupprime encore ici
210 MERCURE DE FRANCE.
tous les noms de maux déſagréables . Aux accidens
qui exiftoient lorfque je vifitai la malade , fe joignoient
de violentes douleurs de tête , & dans tous
les membres dans cet état la malade a paffé à
P'ufage du remede de M. Keyfer , adminiftré par
M. de la Plaine , Chirurgien de M. le Maréchal
de Thomond , & après trois femaines de traitement
, tous les fymptômes puftules , &c . avoient
difparus , ce que je declare très - vrai . A Bordeaux
le 21 Octobre 1757. Betbeder , Profeſſeur royal
de médecine.
Bordeaux.
Je , fouffigné , Profeffeur royal de médecine
en l'univerfité de Bordeaux , Médecin de l'Hôpital
de Saint André , certifie qu'ayant examiné le 12
Septembre dernier , une fille âgée de 18 ans , que
M. de la Plaine propofoit de traiter avec le remede
& fuivans la méthode de M. Keyfer , j'ai
JANVIER. 1758. 209
trouvé que cette fille avoit les plus graves fymptô
mes de la maladie vénérienne . Onfouftrait encore
ici tous les noms de ces fymptômes. Que l'ayant
interrogée fi elle n'éprouvoit pas encore d'autres
accidens , elle me dit reffentir de violentes
douleurs de tête , & dans tous les membres ,
particuliérement pendant la nuit , des infomnies
cruelles , & un grand mal de gorge . Ce qui
m'ayant fait examiner l'intérieur de la bouche ,
je vis la luette , les piliers des amygdales , & le
voile du palais confidérablement gonflés avec
exulcération dans ces parties . Que dans cet état ,
la malade paffa à l'ufage du remede de M. Keyſer,
adminiftré par M. de la Plaine , & qu'ayant été
invité une feconde fois d'examiner la malade le
18 Octobre fuivant , je vis avec plaifir que les fymp
tômes énoncés , avoient difparus , & la malade
m'affura ne point reffentir de douleurs de tête, ni
dans les membres , & qu'elle avoit recouvré le
fommeil le gonflement de la luette , du voile du
palais , & des piliers des amygdales avoit entiérement
difparu ; il ne fubfiftoit plus que quelque
petites ulcérations très-légeres aux gencives , qui
me parurent provenir d'un agacement occafionné
par le remede qui avoit pu porter à la bouche , &
qu'on avoit conduit avec autant de prudence que
de fagacité. En foi de quoi j'ai donné le préfent
certificat. A Bordeaux , le 21 Octobre 17573
Betheder , Profeſſeur royal de médecine.
Deuxieme Certificat.
Le 25 Septembre 1757 , j'examinai une fecon
de fille , âgée de 17 ans , pareillement atteinte depuis
15 mois d'une maladie vénérienne bien confirmée
& fort grave , au point même qu'elle étoit
hors d'état de marcher. L'on fupprime encore ici
210 MERCURE DE FRANCE.
tous les noms de maux déſagréables . Aux accidens
qui exiftoient lorfque je vifitai la malade , fe joignoient
de violentes douleurs de tête , & dans tous
les membres dans cet état la malade a paffé à
P'ufage du remede de M. Keyfer , adminiftré par
M. de la Plaine , Chirurgien de M. le Maréchal
de Thomond , & après trois femaines de traitement
, tous les fymptômes puftules , &c . avoient
difparus , ce que je declare très - vrai . A Bordeaux
le 21 Octobre 1757. Betbeder , Profeſſeur royal
de médecine.
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Résumé : Certificat de M. Betbeder, Professeur Royal à Bordeaux.
Le document contient deux certificats médicaux rédigés par M. Betbeder, Professeur Royal de médecine à l'université de Bordeaux, datés du 21 octobre 1757. Le premier certificat concerne une fille de 18 ans atteinte de la maladie vénérienne, présentant des douleurs de tête, des douleurs dans les membres, des insomnies et un mal de gorge. Un examen de la bouche révéla un gonflement de la luette, des piliers des amygdales et du voile du palais, avec des exulcérations. Après traitement avec le remède de M. Keyfer, administré par M. de la Plaine, les symptômes disparurent et la malade récupéra son sommeil. Le second certificat concerne une fille de 17 ans atteinte de la maladie vénérienne depuis 15 mois, au point qu'elle ne pouvait plus marcher. Après trois semaines de traitement avec le remède de M. Keyfer, administré par M. de la Plaine, tous les symptômes disparurent.
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2939
p. 210-211
Lettre de M. Defréssiniat, Docteur en Médecine, à Limoges, écrites à M. Keyser, le 28 Octobre 1757.
Début :
C'est avec le plus grand plaisir, Monsieur, que je vous apprends que, [...]
Mots clefs :
Dragées, Malades, Remèdes, Succès, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Defréssiniat, Docteur en Médecine, à Limoges, écrites à M. Keyser, le 28 Octobre 1757.
Lettre de M. Defréffiniat , Docteur en Médecine ,
à Limoges , écrites à M. Keyfer , le 28 Octobre
1757.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur ,
que je vous apprends que , graces à vos merveilleufes
dragées , le malade pour lequel je vous les
avois demandées , fe trouve parfaitement guéri.
C'est un homme nouveau qui ne fe reffent plus des
maux paffés , qui a pris l'embonpoint le plus parfait
, & enfin jouit d'une très-bonne fanté . Vous
pouvez me citer dans le Mercure , & dans tel
Journal qu'il vous plaira , parce que je me ferai
toujours gloire & honneur de procurer au Public
tous les fecours qu'il me fera poffible , & de lui
faire éprouver les avantages d'un remede dans
lequel je viens de voir par moi - même autant d'efficacité.
Je vous ferai très-obligé de m'en faire
paffer encore quelque boîtes , & vous exhorte à
prendre courage . L'on eft bien fort , quand on
combat avec les armes de la vérité. Jefuis , &c.
De Freffiniat , Docteur en médecine , à Limoges .
M. Keyfer avertit le Public , qu'il a encore
plus de 30 à 40 lettres , venues de toutes parts , &
à lui écrites , par les plus habiles maîtres de l'art
JANVIER, 1758. 211
dans toutes les provinces , lefquels ont fait par
eux-mêmes les expériences les plus authentiques ,
& defquels il rendra compte fucceffivement.
à Limoges , écrites à M. Keyfer , le 28 Octobre
1757.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur ,
que je vous apprends que , graces à vos merveilleufes
dragées , le malade pour lequel je vous les
avois demandées , fe trouve parfaitement guéri.
C'est un homme nouveau qui ne fe reffent plus des
maux paffés , qui a pris l'embonpoint le plus parfait
, & enfin jouit d'une très-bonne fanté . Vous
pouvez me citer dans le Mercure , & dans tel
Journal qu'il vous plaira , parce que je me ferai
toujours gloire & honneur de procurer au Public
tous les fecours qu'il me fera poffible , & de lui
faire éprouver les avantages d'un remede dans
lequel je viens de voir par moi - même autant d'efficacité.
Je vous ferai très-obligé de m'en faire
paffer encore quelque boîtes , & vous exhorte à
prendre courage . L'on eft bien fort , quand on
combat avec les armes de la vérité. Jefuis , &c.
De Freffiniat , Docteur en médecine , à Limoges .
M. Keyfer avertit le Public , qu'il a encore
plus de 30 à 40 lettres , venues de toutes parts , &
à lui écrites , par les plus habiles maîtres de l'art
JANVIER, 1758. 211
dans toutes les provinces , lefquels ont fait par
eux-mêmes les expériences les plus authentiques ,
& defquels il rendra compte fucceffivement.
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Résumé : Lettre de M. Defréssiniat, Docteur en Médecine, à Limoges, écrites à M. Keyser, le 28 Octobre 1757.
Le Docteur Defréffiniat de Limoges écrit à M. Keyfer le 28 octobre 1757 pour annoncer la guérison complète d'un patient grâce aux dragées de M. Keyfer. Le malade, désormais en parfaite santé, a retrouvé un poids idéal. Defréffiniat exprime sa satisfaction et son honneur à recommander ce remède, affirmant qu'il se fera toujours un plaisir de promouvoir les bienfaits de ce traitement. Il demande à M. Keyfer de lui envoyer d'autres boîtes de dragées et l'encourage à persévérer, soulignant la force de la vérité. En janvier 1758, M. Keyfer informe le public qu'il possède plus de 30 à 40 lettres de maîtres éminents de diverses provinces, attestant de l'efficacité des dragées après des expériences authentiques. Keyfer prévoit de rendre compte de ces témoignages successivement.
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2940
p. 212
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Début :
Je viens d'apprendre, Monsieur, qu'on a imprimé à mon insçu une Relation [...]
Mots clefs :
Publication, Voyage aux Indes, Autorisation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
E viens d'apprendre , Monfieur , qu'on a impri
mé à mon infçu une Relation de mon voyage aux
Indes en 1746. Je ferois très -fâché par toutes fortes
de raifons qu'on crût que j'ai aucune part à
cette édition ; j'ai même obtenu des ordres pour
en arrêter le débit , & je vous prie d'en inſtruire le
public. J'ai l'honneur d'être , &c.
LE COMTE DE ROSTAING
A Paris , le 8 Décembre 1757-
E viens d'apprendre , Monfieur , qu'on a impri
mé à mon infçu une Relation de mon voyage aux
Indes en 1746. Je ferois très -fâché par toutes fortes
de raifons qu'on crût que j'ai aucune part à
cette édition ; j'ai même obtenu des ordres pour
en arrêter le débit , & je vous prie d'en inſtruire le
public. J'ai l'honneur d'être , &c.
LE COMTE DE ROSTAING
A Paris , le 8 Décembre 1757-
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2941
p. 189-191
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Neuvième traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé la Réjouissance, Compagnie Colonelle, entré le 13 Octobre, & sorti [...]
Mots clefs :
Malades, Guérison, Soldats, M. Keyser, Remèdes, Santé
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texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Neuvième traitement depuis son établissement.
Hopital de M. le Maréchal Duc de Biron,
Neuvieme traitement depuisfon établiſſement.
LE nommé la Réjouiffance , Compagnie Colonelle,
entré le 13 Octobre, & forti le 8 Novembre,
parfaitement guéri,
Le nommé Thibault , Compagnie de la Tour ,
190 MERCURE DE FRANCE.
entré le 6 Octobre , & forti le 22 Novembre , part
faitement guéri ...
Le nommé Blois , Compagnie de Voifenon,
entré le 6 Octobre , & forti le 22 Novembre, parfaitement
guéri .
Le nommé Durel , Compagnie de la Vieuville, 1 :
entré le 16 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé la Meule , Compagnie de Mathan ,
entré le 20 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Desjardins , Compagnie de Baglion,
entré le 21 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé la Grenade , Compagnie de Tourville
, entré le 22 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Blanchet , Compagnie de Lautrec ,
entré le 27 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Arpin , Compagnie de Baglion ,
entré le 3 Novembre , & forti le 20 Décembre ,
parfaitement guéri .
Le nommé Condé , Compagnie de Nolivos ,
entré le 10 Novembre , & forti le 20 Décembre ,
parfaitement guéri .
Le nommé Bellehumeur, Compagnie de Cheva.
lier , entré le 10 Novembre , & forti le 20 Décembre
, parfaitement guéri .
Le nommé S. Paul , Compagnie de Rafilly ,
entré le 10 Novembre , & forti le 27 Décembre.
L'on n'aflure point la guériſon de ce foldat. Son
traitement ayant été interrompu par plufieurs acçès
desesgoutte , & lui n'ayant pas voulu donner le
semps qu'on l'achevât.
Nous avons annoncé dans le volume de Janvier
FEVRIER. 1758. 191
3 , &
qu'il fe feroit une révue générale ( on obfervera
que cette revue s'eſt déja faite trois fois de tous les
foldats quelconques , traités & guéris par M. Keyfer
, depuis l'établiffement de l'Hôpital jufqu'à ce
jour. Cette revue vient de fe faire le mardi
le vendredi 6 Janvier , en préfence de MM . les
Officiers -Majors du Régiment , de MM . Verdelan
, Médecin de S. A. S. Monfeigneur le Prince
de Condé , Poiffonnier le jeune , Boury & Demours
, Docteurs en Médecine , lefquels ont bien
voulu affifter à la premiere revue ; MM . Morand ,
Chirurgien -Major des Invalides , Faget & du Fouare
, Chirurgiens- Majors du Régiment des Gardes-
Françoiſes , & Guerin , Chirurgien- Major des
Moufquetaires , Infpecteur & Major de l'Hôpital
de M. le Maréchal de Biron .
Nous ne répéterons point ici les noms de chaque
foldat , ni les détails de leur traitement, dont
il a été rendu un compte exact dans les précédens
Mercures , ne voulant pas abuſer , ni de l'attention
du public , ni de la place que M. de Boiffy veut
bien nous donner dans ce volume , & nous nous
> contenterons de dire que dans le nombre confidérable
des foldats traités jufqu'ici , il ne s'en eft
trouvé que fept à huit qui ont été décidés à revoir
comme fufpectés , foit pour avoir revu des femmes
& repris de nouveau le mal , foit pour avoir
confervé des vices locaux & fait trop peu d'ufage
du remede , foit enfin , pour avoir été véritablement
manqués , ce dont on conviendra , & l'on
rendra un compte vrai à la revue prochaine quí
en fera faite ; toutes les guérifons des autres , au
nombre de près de deux cens , fe trouvant d'ail
leurs bien conftantes , & tous les foldats jouiffant :
de la meilleure fanté,
Neuvieme traitement depuisfon établiſſement.
LE nommé la Réjouiffance , Compagnie Colonelle,
entré le 13 Octobre, & forti le 8 Novembre,
parfaitement guéri,
Le nommé Thibault , Compagnie de la Tour ,
190 MERCURE DE FRANCE.
entré le 6 Octobre , & forti le 22 Novembre , part
faitement guéri ...
Le nommé Blois , Compagnie de Voifenon,
entré le 6 Octobre , & forti le 22 Novembre, parfaitement
guéri .
Le nommé Durel , Compagnie de la Vieuville, 1 :
entré le 16 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé la Meule , Compagnie de Mathan ,
entré le 20 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Desjardins , Compagnie de Baglion,
entré le 21 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé la Grenade , Compagnie de Tourville
, entré le 22 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Blanchet , Compagnie de Lautrec ,
entré le 27 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Arpin , Compagnie de Baglion ,
entré le 3 Novembre , & forti le 20 Décembre ,
parfaitement guéri .
Le nommé Condé , Compagnie de Nolivos ,
entré le 10 Novembre , & forti le 20 Décembre ,
parfaitement guéri .
Le nommé Bellehumeur, Compagnie de Cheva.
lier , entré le 10 Novembre , & forti le 20 Décembre
, parfaitement guéri .
Le nommé S. Paul , Compagnie de Rafilly ,
entré le 10 Novembre , & forti le 27 Décembre.
L'on n'aflure point la guériſon de ce foldat. Son
traitement ayant été interrompu par plufieurs acçès
desesgoutte , & lui n'ayant pas voulu donner le
semps qu'on l'achevât.
Nous avons annoncé dans le volume de Janvier
FEVRIER. 1758. 191
3 , &
qu'il fe feroit une révue générale ( on obfervera
que cette revue s'eſt déja faite trois fois de tous les
foldats quelconques , traités & guéris par M. Keyfer
, depuis l'établiffement de l'Hôpital jufqu'à ce
jour. Cette revue vient de fe faire le mardi
le vendredi 6 Janvier , en préfence de MM . les
Officiers -Majors du Régiment , de MM . Verdelan
, Médecin de S. A. S. Monfeigneur le Prince
de Condé , Poiffonnier le jeune , Boury & Demours
, Docteurs en Médecine , lefquels ont bien
voulu affifter à la premiere revue ; MM . Morand ,
Chirurgien -Major des Invalides , Faget & du Fouare
, Chirurgiens- Majors du Régiment des Gardes-
Françoiſes , & Guerin , Chirurgien- Major des
Moufquetaires , Infpecteur & Major de l'Hôpital
de M. le Maréchal de Biron .
Nous ne répéterons point ici les noms de chaque
foldat , ni les détails de leur traitement, dont
il a été rendu un compte exact dans les précédens
Mercures , ne voulant pas abuſer , ni de l'attention
du public , ni de la place que M. de Boiffy veut
bien nous donner dans ce volume , & nous nous
> contenterons de dire que dans le nombre confidérable
des foldats traités jufqu'ici , il ne s'en eft
trouvé que fept à huit qui ont été décidés à revoir
comme fufpectés , foit pour avoir revu des femmes
& repris de nouveau le mal , foit pour avoir
confervé des vices locaux & fait trop peu d'ufage
du remede , foit enfin , pour avoir été véritablement
manqués , ce dont on conviendra , & l'on
rendra un compte vrai à la revue prochaine quí
en fera faite ; toutes les guérifons des autres , au
nombre de près de deux cens , fe trouvant d'ail
leurs bien conftantes , & tous les foldats jouiffant :
de la meilleure fanté,
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Neuvième traitement depuis son établissement.
Le document décrit le neuvième traitement de l'hôpital du Maréchal Duc de Biron, détaillant les cas de soldats traités et guéris. Plusieurs soldats, comme La Réjouissance, Thibault, Blois, Durel, La Meule, Desjardins, La Grenade, Blanchet, Arpin, Condé, et Bellehumeur, sont mentionnés avec leurs dates d'entrée et de sortie, tous déclarés parfaitement guéris. Le soldat S. Paul est un cas particulier, car son traitement a été interrompu par des accès de goutte, empêchant sa guérison complète. Une revue générale des soldats traités et guéris par M. Keyfer a eu lieu le 6 janvier 1758, en présence de plusieurs officiers et médecins, dont M. Verdelan, Médecin de S. A. S. Monseigneur le Prince de Condé. Sur près de deux cents soldats traités, seuls sept à huit ont été jugés suspects, soit pour avoir repris contact avec des femmes, soit pour des vices locaux ou un mauvais usage du remède. Les guérisons des autres soldats sont jugées constantes et ces derniers jouissent d'une bonne santé.
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2942
p. 192-195
Etat des quatre Malades sur les dix qui ont été traités dans les Hôpitaux de Marseille, annoncés dans les volumes précédens, & dont on a promis de rendre compte.
Début :
I. Marie Cujés, âgée de 58 ans, avoit eu, il y a quatre ans, la Maladie Vénérienne, [...]
Mots clefs :
Malades, Maladie vénérienne, Ulcères, Douleurs, Guérison, Santé, Symptômes, Fistules, Certificats, Recteurs de l'Hôpital, M. Keyser, Succès, Remèdes, Fausses accusations
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texteReconnaissance textuelle : Etat des quatre Malades sur les dix qui ont été traités dans les Hôpitaux de Marseille, annoncés dans les volumes précédens, & dont on a promis de rendre compte.
Etat des quatre Malades fur les dix qui ont été
traités dans les Hôpitaux de Marſeille , annoncés
dans les volumes précédens , & dont on a promis
de rendre compte.
. Marie Cujés , âgée de 8 ans , avoit eu , ily a
quatre ans , la Maladie Vénérienne , pour laquelle
elle avoit été traitée. Elle avoit un ulceré trèsprofond
à la partie fupérieure du. pariétat droit ,
de la largeur d'une piece de vingt- quatre fols ;
deux fur le front de la largeur d'un écu de trois
livress un fur la partie inférieure du fourcil droit ,
avec un finus qui perçoit le mufcle fourcillier ; ce
qui avoit occafionné une infiltration à la paupiere
fupérieure , & l'avoit rendue groffe comme un
ceufde poule ; un quatrieme ulcere fur la partie
fupérieure du nez , & deux finus au deffous du
grand angle de l'oeil gauche un cinquieme au mi- `
lieu de la mâchoire inférieure , avec dureté de la
groffeur d'une noix ; un fixieme ulcere de quatre
pouces de longueur , fur la partie fupérieure du
fternum avec une exoftofe de la groffeur d'une
noix ; un feptieme ulcere au milieu de la clavicule
; ; un cautere au bras gauche , des douleurs de
tête fi violentes qu'elle ne pouvoit prendre aucun
repos ; un appauvriffement de fang fi confidérable
que la malade étoit entiérement defféchée ; enfin
cette femme étoit dans un état fi fâcheux , qu'il
étoit très -problématique de l'entreprendre & de
fe flatter de la guérir . Elle jɔuit actuellement de
la meilleure fanté.
2. Pierre Cujés fon mari , avoit des douleurs
nocturnes dans tous les membres , & des fiſtulesi
fur toutes les parties de fon corps . Il eſt parfaite
ment guéri.
3. Marie Dupré avoit , outre les fymptômes orordinaires
,
FEVRIER. 1758. 193
dinaires , des douleurs très -aigues aux extrêmités
inférieures , dont elle ne fe reffent plus.
4. Anne Imbert , outre les fymptômes ordinaires,
avoit des douleurs aux cuiffes & aux genoux ,
fort aigues , dont elle eft parfaitement guérie.
CERTIFICAT de Meffieurs les Recteurs de l'Hôpital
, aufujet de ces quatre Malades.
Nous,fouffignés , Recteurs de l'Hôpital général
de la grande Miféricorde de cette Ville de Marfeille
, certifions que nous avons remis à M. Naudinat
les quatre Malades dont l'état est constaté
ci-deffus , & qu'il les a traités avec les dragées anti-
vénériennes de M. Keyfer , jufqu'à la parfaite
guériſon qui s'en eft enfuivie : en foi de quoi nous
avons donné le préfent certificat . A Marſeille , ce
2 Novembre 1757. Bruttier , Lafont , Lombaut
Barrot , Sabatier , Judavaque , Aubergy- Gouffé,
de Troivilles , Lefbrot , Teileire.
›
M. Keyfer annonce au public , qu'ayant actuel
lement multiplié les envois de fon remede à l'infini
& recevant tous les jours de mille endroits
des lettres & des certificats authentiques qui lui
apprennent les fuccès journaliers tant des épreuves
déja faites , que de celles qui fe font tous les jours ,
il n'en peut inférer ici le nombre qui devient immenfe
; mais qu'il en rendra compte à la fin de
chaque année , par un écrit féparé .
Qu'il donnera auffi inceffamment la lifte générale
de tous fes correfpondans , dans chaque Ville
du Royaume & celles des Pays étrangers , n'attendant
pour cela que le confentement de quelquesuns
qui n'ont point encore fini leurs épreuves ; &
qu'en attendant , il avertit le public de bien prendre
garde de donner légérement fa confiance à
I
194 MERCURE DE FRANCE.
le
beaucoup de gens qui , foit à Paris , foit dans les
Provinces , fe vantent d'avoir fon remede ,
contrefont , & difent être fes correſpondans ; ce
qui eft d'autant plus faux , qu'il ne l'a donné jufqu'ici
, & ne le donnera qu'à une feule perſonne
dans chaque endroit .
Au refte , il croit n'avoir plus à fe défendre , ni
devoir répondre à de faux & malins écrits qui ſe
multiplient tous les jours , n'ayant ni le goût ni le
temps de le faire , & convaincu que' les gens fenfés
verront clairement que des milliers d'épreuves annoncées
, faites dans tous les lieux par les perfonnes
les plus connues dans la Médecine & la Chirurgie
, & qui n'ont aucune espece d'intérêt à vanter
la bonté de fon remede , fuffiront pour confondre
& faire rougir des gens qui fe font fait un
métier d'écrire fans miffion , & qui font affez mauvais
citoyens pour chercher & employer toutes
fortes de manoeuvres à faire échouer un remede .
dont il réfulte tant d'avantages pour l'humanité.
Il ne fe flatte pas de contenter tout le monde,
11 eft clair que , dans le genre des maladies qu'il·
entreprend, ilfe trouve par fois des complications
incurables : mais comme il ne donne & n'a jamais
donné fon remede , que pour ce qui eft Maladie
Vénérienne , il croit qu'on ne peut ni ne doit lui
demander autre chofe. Ce qui le fàche davantage,
& qu'il eft forcé de dire avec douleur ', c'eft qu'il
fe rencontre quelquefois , dans le cours de les traitemens
, des gens dont la mauvaiſe foi & la fourberie
font au-delà de tout ce qui fe peut imaginer:
gens qui , étant venus implorer fon fecours , aux
moyens defquels il s'eft prêté en galant homme ,
qu'il a guéris , fans autre efpoir que celui de leurs
promeffes ou leurs paroles d'honneur , font affez
lâches & affez méprifables pour le fouftraire aux
1
FEVRIER . 1758. 195
:
paiemens qu'ils ont promis par des billets ou engagemens
convenus, en le menaçant de dire qu'ils
ne font pas guéris , que fon remede leur a fait du
mal , & de donner même des certificats contre
lui. Il eft en état de prouver ce qu'il avance. Il
veut bien ne pas nommer des efpeces auffi méprifables
mais il eft muni de certificats vrais & fa-.
vorables de la part de tels gens , qui , féduits par
fes adverfaires , n'ont pas eu honte de leur en donner
de contraires , & dont il a été fait ufage dans
un dernier mémoire compofé contre lui . D'autres
qui , ayant leurs billets entre fes mains , & ayant
repris du mal nouveau depuis leurs guérifons
croient pouvoir impunément lui redemander leurs
engagemens , en lui faiſant de pareilles menaces.
Il eft en état de fe juftifier bien authentiquement
de tout ce que l'on pourroit jamais lui reprocher,
à toutes fortes d'égards ; & comme il a la vérité
& les faits pour lui , il ne craindra jamais de les
expofer aux yeux de qui il appartiendra.
Nous croyons devoir ajouter à l'article de M.
Keyfer , qu'il nous eft adreffé à nous- mêmes des
lettres qu'on nous prie d'inférer dans nos volumes
, que le peu d'efpace ne nous permet pas d'y
ajouter , mais qui font on ne peut pas plus favo
rables au remede qu'il adminiftre.
traités dans les Hôpitaux de Marſeille , annoncés
dans les volumes précédens , & dont on a promis
de rendre compte.
. Marie Cujés , âgée de 8 ans , avoit eu , ily a
quatre ans , la Maladie Vénérienne , pour laquelle
elle avoit été traitée. Elle avoit un ulceré trèsprofond
à la partie fupérieure du. pariétat droit ,
de la largeur d'une piece de vingt- quatre fols ;
deux fur le front de la largeur d'un écu de trois
livress un fur la partie inférieure du fourcil droit ,
avec un finus qui perçoit le mufcle fourcillier ; ce
qui avoit occafionné une infiltration à la paupiere
fupérieure , & l'avoit rendue groffe comme un
ceufde poule ; un quatrieme ulcere fur la partie
fupérieure du nez , & deux finus au deffous du
grand angle de l'oeil gauche un cinquieme au mi- `
lieu de la mâchoire inférieure , avec dureté de la
groffeur d'une noix ; un fixieme ulcere de quatre
pouces de longueur , fur la partie fupérieure du
fternum avec une exoftofe de la groffeur d'une
noix ; un feptieme ulcere au milieu de la clavicule
; ; un cautere au bras gauche , des douleurs de
tête fi violentes qu'elle ne pouvoit prendre aucun
repos ; un appauvriffement de fang fi confidérable
que la malade étoit entiérement defféchée ; enfin
cette femme étoit dans un état fi fâcheux , qu'il
étoit très -problématique de l'entreprendre & de
fe flatter de la guérir . Elle jɔuit actuellement de
la meilleure fanté.
2. Pierre Cujés fon mari , avoit des douleurs
nocturnes dans tous les membres , & des fiſtulesi
fur toutes les parties de fon corps . Il eſt parfaite
ment guéri.
3. Marie Dupré avoit , outre les fymptômes orordinaires
,
FEVRIER. 1758. 193
dinaires , des douleurs très -aigues aux extrêmités
inférieures , dont elle ne fe reffent plus.
4. Anne Imbert , outre les fymptômes ordinaires,
avoit des douleurs aux cuiffes & aux genoux ,
fort aigues , dont elle eft parfaitement guérie.
CERTIFICAT de Meffieurs les Recteurs de l'Hôpital
, aufujet de ces quatre Malades.
Nous,fouffignés , Recteurs de l'Hôpital général
de la grande Miféricorde de cette Ville de Marfeille
, certifions que nous avons remis à M. Naudinat
les quatre Malades dont l'état est constaté
ci-deffus , & qu'il les a traités avec les dragées anti-
vénériennes de M. Keyfer , jufqu'à la parfaite
guériſon qui s'en eft enfuivie : en foi de quoi nous
avons donné le préfent certificat . A Marſeille , ce
2 Novembre 1757. Bruttier , Lafont , Lombaut
Barrot , Sabatier , Judavaque , Aubergy- Gouffé,
de Troivilles , Lefbrot , Teileire.
›
M. Keyfer annonce au public , qu'ayant actuel
lement multiplié les envois de fon remede à l'infini
& recevant tous les jours de mille endroits
des lettres & des certificats authentiques qui lui
apprennent les fuccès journaliers tant des épreuves
déja faites , que de celles qui fe font tous les jours ,
il n'en peut inférer ici le nombre qui devient immenfe
; mais qu'il en rendra compte à la fin de
chaque année , par un écrit féparé .
Qu'il donnera auffi inceffamment la lifte générale
de tous fes correfpondans , dans chaque Ville
du Royaume & celles des Pays étrangers , n'attendant
pour cela que le confentement de quelquesuns
qui n'ont point encore fini leurs épreuves ; &
qu'en attendant , il avertit le public de bien prendre
garde de donner légérement fa confiance à
I
194 MERCURE DE FRANCE.
le
beaucoup de gens qui , foit à Paris , foit dans les
Provinces , fe vantent d'avoir fon remede ,
contrefont , & difent être fes correſpondans ; ce
qui eft d'autant plus faux , qu'il ne l'a donné jufqu'ici
, & ne le donnera qu'à une feule perſonne
dans chaque endroit .
Au refte , il croit n'avoir plus à fe défendre , ni
devoir répondre à de faux & malins écrits qui ſe
multiplient tous les jours , n'ayant ni le goût ni le
temps de le faire , & convaincu que' les gens fenfés
verront clairement que des milliers d'épreuves annoncées
, faites dans tous les lieux par les perfonnes
les plus connues dans la Médecine & la Chirurgie
, & qui n'ont aucune espece d'intérêt à vanter
la bonté de fon remede , fuffiront pour confondre
& faire rougir des gens qui fe font fait un
métier d'écrire fans miffion , & qui font affez mauvais
citoyens pour chercher & employer toutes
fortes de manoeuvres à faire échouer un remede .
dont il réfulte tant d'avantages pour l'humanité.
Il ne fe flatte pas de contenter tout le monde,
11 eft clair que , dans le genre des maladies qu'il·
entreprend, ilfe trouve par fois des complications
incurables : mais comme il ne donne & n'a jamais
donné fon remede , que pour ce qui eft Maladie
Vénérienne , il croit qu'on ne peut ni ne doit lui
demander autre chofe. Ce qui le fàche davantage,
& qu'il eft forcé de dire avec douleur ', c'eft qu'il
fe rencontre quelquefois , dans le cours de les traitemens
, des gens dont la mauvaiſe foi & la fourberie
font au-delà de tout ce qui fe peut imaginer:
gens qui , étant venus implorer fon fecours , aux
moyens defquels il s'eft prêté en galant homme ,
qu'il a guéris , fans autre efpoir que celui de leurs
promeffes ou leurs paroles d'honneur , font affez
lâches & affez méprifables pour le fouftraire aux
1
FEVRIER . 1758. 195
:
paiemens qu'ils ont promis par des billets ou engagemens
convenus, en le menaçant de dire qu'ils
ne font pas guéris , que fon remede leur a fait du
mal , & de donner même des certificats contre
lui. Il eft en état de prouver ce qu'il avance. Il
veut bien ne pas nommer des efpeces auffi méprifables
mais il eft muni de certificats vrais & fa-.
vorables de la part de tels gens , qui , féduits par
fes adverfaires , n'ont pas eu honte de leur en donner
de contraires , & dont il a été fait ufage dans
un dernier mémoire compofé contre lui . D'autres
qui , ayant leurs billets entre fes mains , & ayant
repris du mal nouveau depuis leurs guérifons
croient pouvoir impunément lui redemander leurs
engagemens , en lui faiſant de pareilles menaces.
Il eft en état de fe juftifier bien authentiquement
de tout ce que l'on pourroit jamais lui reprocher,
à toutes fortes d'égards ; & comme il a la vérité
& les faits pour lui , il ne craindra jamais de les
expofer aux yeux de qui il appartiendra.
Nous croyons devoir ajouter à l'article de M.
Keyfer , qu'il nous eft adreffé à nous- mêmes des
lettres qu'on nous prie d'inférer dans nos volumes
, que le peu d'efpace ne nous permet pas d'y
ajouter , mais qui font on ne peut pas plus favo
rables au remede qu'il adminiftre.
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Résumé : Etat des quatre Malades sur les dix qui ont été traités dans les Hôpitaux de Marseille, annoncés dans les volumes précédens, & dont on a promis de rendre compte.
Le document relate l'état de quatre patients traités pour la maladie vénérienne dans les hôpitaux de Marseille. Marie Cujés, âgée de 8 ans, présentait plusieurs ulcères et fistules, ainsi que des douleurs violentes et un appauvrissement du sang. Elle est désormais en bonne santé. Pierre Cujés, son mari, souffrait de douleurs nocturnes et de fistules sur tout le corps, mais il est maintenant guéri. Marie Dupré et Anne Imbert avaient respectivement des douleurs aiguës aux extrémités inférieures et aux articulations, et elles sont également guéries. Les recteurs de l'Hôpital général de la grande Miséricorde de Marseille certifient que ces patients ont été traités avec les dragées antivenériennes de M. Keyfer et sont complètement guéris. M. Keyfer mentionne recevoir de nombreux témoignages de succès de son remède et met en garde contre les contrefaçons. Il déplore également la mauvaise foi de certains patients qui menacent de le diffamer pour éviter de payer leurs traitements.
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2943
p. 195-207
MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
Début :
Les démarches qui ont été faites par Messieurs de Caumont de Gauville, transmigrés de Guienne [...]
Mots clefs :
Famille Caumont de Gauville, Picardie, Guyenne, Migration, Preuves, Armes, Ducs, Généalogie, Seigneur, Trésorier, Service du roi, Comte, Maison, Branche, Degrés
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
MEMOIRE GENEALOGIQUE
De la branche des Caumont de Picardie ,
connus fous le nom de Gauville , depuis
leur tranfmigration de Guyenne , vers
l'an 1400.
Les démarches qui ont été faites par Meffieurs
de Caumont de Gauville , tranfmigrés de Guien
I ij
196 MERCURE DE FRANCE:
ne ès Frontieres de Picardie & Normandie vers
l'an 1400 , pour ſe réunir à leur vraie origine ,
font trop connues , & ont trop affecté les perfonnes
de la plus haute confidération , & furtout
celles qui ont la bonté de s'intéreffer à leur fort ,
pour ne pas juftifier dans la circonftance préfente,
la légitimité de leurs prétentions & des moyens
fur lefquels ils s'apuient , pour fe raffoucher à la
Maifon de Caumont de Guienne , depuis Ducs
de la Force.
La Généalogie de M. de Caumont de Beauvilla,
qui paroît annoncer qu'il eft le feul rejetton de
cette illuftre Souche , opére une espece d'exclufion
peu favorable pour ceux de ce nom & Armes
anciennes qui fe croient en droit d'y prétendre.
L'on va travailler à diffiper ces préjugés par les
preuves fuivantes.
La Branche des Caumont de Gauville n'eft animée
en cela que du feul amour de la vérité , & de
la gloire de fe remonter à la pureté de fa fource.
Loin d'ici tous foupçons d'antitation : pour pouvoir
en préfumer , il faudroit prêter à Jean & à
Guy ou Guyot de Caumont , leurs Auteurs , des
perfpectives auffi prématurées qu'étendues , en
ayant amaffé des matériaux , comme Nom & Armes
dès l'année 1386 , dans la vue que leurs Succeffeurs
en fiffent un ufage frauduleux pour fe
greffer en 1757 , fur une Maifon à laquelle ils
n'auroient eu aucun raport , furtout dans un
temps où ils ignoroient les illuftrations qui devoient
décorer cette branche ainée , telles que des
Duchés & Bâtons de Maréchaux de France. On
Jaiffe le Public & les perfonnes défintérefféès , juges
d'une pareille précaution . Elles feront plus
a même d'en décider , fi elles veulent jetter les
yeux fur ce Mémoire , que l'on fera le plus ferré
le plus précis qu'il fera poffible.
FEVRIER. 1758. 197
Toutes les citations feront marquées au coinde
la vérité la plus fcrupuleufe : l'on offre d'en donner
la preuve , foit par titres originaux , foit par
différentes époques ou anecdotes tirées de la
Chambre des Comptes.
PREUVE de l'Identité des anciennes armes.
Il eft conftant que les premieres Armes de la
Maiſon Ducale de Caumont n'étoient point les
Léopards. M. le Duc de la Force convient qu'il
les porte par conceffion des Rois d'Angleterre ; la
tradition de cette Maiſon annonce que c'étoient
des Faces ou Bandes. Cette tradition va être appuyée
de preuves inconteftables . MM. les Ducs
de Lauzun qui font féparés de cette branche aînée,
vers l'an 1250 , ont toujours porté tiercé en bandes
; ce qui eft la même chofe que les Faces , à la
pofition de différence : donc les anciennes Armes
de la Maiſon Ducale de la Force n'étoient pas les
Léopards.
Guillelme ou Guillaume III , du nom qui for
me le douzieme degré de la Généalogie de la
Maiſon Ducale de la Force , donna quittance en
qualité d'Ecuyer à Hardouin le Roi , Tréforier
des guerres à Leuze , le mercredi 24 Septembre
1315. Cet acte eft fcellé de fon Sceau en cire
rouge , où il eft repréſenté à cheval , tenant fon
bouclier de la main gauche , fur lequel il paroît 3
Faces & 3 Léopards , le cheval caparaçonné des
mêmes armes. Il eft le premier que l'on voit
écarteler les Léopards avec les Faces .
Guillefme Raymond , Seigneur de Caumont ,
qui fait le XIII degré de la même généalogie ,
donna quittance le 18 Avril 1347 , à Jean Chauyel
, tréforier des guerres de 300 liv. pour le de
I iij
TOS MERCURE DE FRANCE .
meurant de fes gages : fon fceau eft en cire rouge ,
partie de 3 Léopards & d'un Facé.
26 Septembre 1352. Autre quittance du même ,
& fous le même fcel de 752 liv , donnée à Jacques
l'Empereur , tréforier des guerres.
Jean Bâtard de Guillelme ou Guillaume , légitimé
au Monceau S. Mayence , le 25 Mars 1346,
donna quittance fur fes gages de 15 liv. à Paris le
13 Octobre 1356 ; fon iceau eft en cire rouge ,
une face accompagnée de 3 Etoiles à fix raies :
comme bâtard il garda une face , le tiers des armes
de fa Maiſon avec différentes Brifures .
Ce que l'on vient de rapporter démontre clairement
que les Auteurs de la Maiſon Ducale de
Caumont, jufqu'au 13 dégré inclufivement , ont
porté les Faces pour Armes.
Nompar , qui a fait le 14 degré , quitta totalement
les faces en 1366 , pour prendre les léopards ',
armes d'Angleterre , pendant que Guillefme ou
Guillaume Raimond fon pere & fon grand- pere ,
avoient porté les faces écartelées avec les léopards,
comme on a dit ci - deffus , & dont on pourroit
'donner d'autres exemples.
Guillelme Raimont , Seigneur de Caumont ,
eut pour femme Efclamor de Defpins , dont il eut
trois enfans mâles , Nompar , Jean & Gaiton . Il
fit fon teftament en 1365 , par lequel il ſubſtitua
& rappella au défaut de hoirs mâles de Nompar
fon aîné , Jean fon fecord fils , auteur de la branche
des Caumont de Picardie ; il rappella auffi
Gafton fon troifieme fils.
Nompar , Seigneur de Caumont , qui fait le
quatorzieme degré de la généalogie de la branche
Ducale , époufa Magne de Caftelnau , par contrat
du 26 novembre 1368. Il rappella par fon
teftament dus août 1400 , Jean & Gaſton fes
FEVRIER. 1758 .
199
›freres :: ce titre eft en original dans les archives
de M. le Duc de la Force , ce qui prouve qu'il
connoiffoit leur exiftence jufques dans le commencement
du quatorzieme fiécle , & fait en même
temps une liaiſon parfaite avec les différentes
époques des quittances que Jean de Caumont a
données aux Tréforiers des guerres , que l'on va
ordre & par dates.
·
rapporter par
Il paroît par le compte de Guillaume Denfernet
, Tréforier des guerres , que Jean de Caumont
, Ecuyer- Servant avec neufautres Ecuyers ,
donna quittance de 150 liv . fur fes gages & de fes
Ecuyers , le 16 février 1386 , fcélée en cire rouge
du fceau de fes armes , trois faces furmontées
en chef de deux tourteaux & une étoile.
L'on voit une autre quittance en 1388 , fcélée
du même fcel , avec cette différence , que les
-trois faces font furmontées d'une étoile & de deux
tourteaux , & une autre fois d'une étoile & d'un
tourteau .
Tout le monde fçait que les armes varioient
anciennement , & que le fçeau du Gentilhomme
tenoit lieu de fa fignature : ioriqu'il lui arrivoit
de le perdre , il en faifoit déclaration juridique ,
le révoquoit , & pour qu'il ne lui pût porter aucun
préjudice , il déclaroit celui qu'il avoit pris
de nouveau , auquel il avoit fait quelque changement
ou addition .
Le Comte de Macéhéron , Tréforier des guerres
de l'année 1405 , marque que Jean de Cau-
-mont Ecuyer , fut reçu , avec plufieurs autres
-Ecuyers à fa fuite , à Gravelines , dans les mois de
juin , juillet & août 1404 ; il toucha plufieurs
fommes fur les gages de fes fervices militaires &
de fes Ecuyers , de Jean de Précy , Tréforier des
guerres : plufieurs montres & quittances de Jean
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de Caumont font fcélées de fon fcel en cire rou
ge , avec l'empreinte de fes armes , trois faces
furmontées de trois tourteaux , telles qu'il les a
tranfmis à Guy ou Guyot de Caumont fon fuccef.
feur & héritier , aux mêmes noms & armes que
fes defcendans ont portés, fans aucun changement
ni interruption jufqu'à ce jour.
Preuves présomptives de la Tranfmigration.
L'on a vu Jean & Gafton de Caumont freres ;
venir de Guienne pendant dix années confécutives
, fervir fur les frontieres de Normandie , Picardie
& Flandre , fous le commandement du Sire
d'Albret & des Ducs d'Aquitaine , avec à peu près
le même nombre d'Ecuyers à leur fuite , portant
le même nom & les mêmes armes avec cette
feule différence , que Gafton avoit changé quelque
chofe dans fes brifures ; c'eft pendant ces
guerres que la tranfmigration de Jean de Caumont
s'eft faite en Picardie ; l'on peut d'autant mieux
l'aflurer , que l'on ne voit pas qu'il ait fait aucun
établiffement de
ment dans la patrie ni rien qui annonce
qu'il fait mort fans postérité.
r
Jean étant admis frere de Gaſton , par une con
féquence néceffaire & abfolue , il eft auffi frere de
Nompar l'un fe prouve par l'autre , & établit
l'identité. L'on convient qu'il manque ici un contrat
qui dife que Guyot de Caumont eft fils de
Jean . Un titre de cette nature ſeroit trop fatis
faifant , puifque dans une généalogie de vingttrois
dégrés , il conftateroit la fucceffion & la filiation
d'une façon auffi précife & auffi claire que
celle d'un pere à fon fils . Malgré le défaut de ce
feul titre , il ne refte rien de louche ni d'équivoque
dans la jonction , parce qu'en rapprochant
C
FEVRIER. 1758. 201
ceux de M. le Duc de la Force , Pon y verra que
Nompar a rappellé Jean fon frere par fon teftament
du 5 août 1400. En remontant ceux de la
Branche de Caumont de Picardie , l'on y lira
que
Guyot de Caumont qui a fait fon teſtament le s
mai 1472 , s'étoit marié le 14 avril 1436 , en
fuppofant qu'il ait contracté mariage de 25 à 30
ans; tout eft rempli , de forte qu'il ne fe trouve
ni vuide , ni lacune , ni interruption dans la fucceffion
du nom & des armes dont Guyot de Caumont
& fes defcendans font les héritiers .
ont
Mais , dira- t-on fans doute , pourquoi Jean
dans fa tranfmigration n'a-t -il pas pris les léopards
que Nompar fon frere avoit adoptés , &
que Guillefime Raimond fon pere , avoit portés
avec les faces ? Il est tout fimple de répondre ,
qu'il ne le pouvoit , qu'il ne le devoit , parce que
la branche aînée qui tenoit pour lors le parti des
Rois d'Angleterre , n'a pu fe difpenfer de prendre
les léopards qu'elle avoit eus par conceffion
de ces mêmes Rois ; au lieu que Jean & Gaſton
qui étoient au fervice des Rois de France ,
confervé les faces , anciennes armes de leur maifon
, fans y mêler celles d'Angleterre contre qui
ils faifoient la guerre , ce qui indépendamment
de leurs différentes quittances rapportées ci - def
fus , eft prouvé par un titre latin , tiré fur l'onginal
de la Tour de Londres , par lequel Henri
V , Roi d'Angleterre , pour lors en poffeffion de
la Normandie , prononce la confifcation des biens
de Jean de Caumont , pour avoir porté les armes
contre lui : elle eft de Bayeux , datée de la fixieme
année de fon regne. Comme il feroit trop long
de rapporter ici tout ce qui peut militer en faveur
des Caumont de Picardie , l'on fe contentera de
dire , qu'après avoir ſuffiſamment détruit tous les
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
foupçons d'antitation , établi l'identité & la fucceffion
du nom & des armes fans interruption ,
prouvé le même nombre de degrés , après avoir
fait voir par un manufcrit fort étendu , l'extinction
des bâtards de ce nom , & démontré l'alibi
des différentes maifons de Caumont avec leſquel-
1es ils n'ont & ne peuvent avoir aucun rapport ,
ni par la contemporanité , ni par les titres , ni
par les fucceffions des terres , & encore moins par
Îa conformité des armes , le tout bien conftaté ,
ils continueront à fe dire hautement comme ils
ont toujours fait , non pas de la maifon de la Force
, parce que le Duché de ce nom n'en étoit
point l'appanage lors de leur féparation ; mais
bien defcendans des Caumont de Guienne ou Agenois
, depuis Ducs de la Force , à moins qu'on
ne leur faffe voir que Jean de Caumont frere de
Nompar , n'ait fait fouche ailleurs , ou ne ſoit
mort fans poftérité. M. de Caumont de Fontaine ,
ancien Major du Régiment des Dragons de la Reine
, qui a entrepris l'ouvrage de cette jonction ,
& qui continue avec foin fes recherches pour le
conduire à fa perfection , fe flatte que non-feulement
M. le Duc de la Force ne défapprouvera pas
l'ardeur & le zele avec lefquels il travaille , pour
fe réunir à une des plus grandes maiſons , d'où il
attend tout fon luftre & fa gloire ; mais encore
qu'il voudra bien l'aider de la communication de
fes titres , & furtout des teftamens de Guilleſme
Raimond & de Nompar de Caumont . Il s'appuye
fur neuf ou dix dégrés foutenus de titres originaux
, fans une feule méfalliance , pour le remonter
& tendre la main à M. le Duc de la Force : s'il
veut avoir la bonté d'en defcendre un feul , la jonction
fera faite felon l'ordre généalogique le plus
ftrict & le plus févere.
FEVRIER . 1758. 203
Si contre tout espoir , & par le malheur des
temps , le feul titre de jonction qui eft écarté , ne
le recouvre pas , & que l'on ne veuille point admettre
ceux qui devroient y ſuppléer , les Caumont
de Picardie s'en tiendront à la preuve qu'ils
ont donnée , qu'ils font nobles d'extraction militaire
dès l'an 1400 & au- deffus , portant les anciennes
armes des Caumont de Guienne dont on
ne voit pas l'origine , & dont les premiers auteurs
ont paru avec dignité & diftinction , foit à la
guerre , foit à la Cour , puifque Jean de Caumont
eft qualifié de Capitaine de cent quarante
hommes d'armes ; qu'on le voit fervir avec plufieurs
Ecuyers à fa fuite , & que Guy ou Guyot
de Caumont fon héritier & fucceffeur aux nom &
armes , étoit Ecuyer d'honneur du Roi Charles
VI, felon l'ordonnance de fon Hôtel , du mois de
ſeptembre 1418.
Ils ont de plus l'honneur d'appartenir à ce qu'il
y a de plus grandes maifons dans la Picardie & le
Vexin ils font en état d'en juftifier par des actes
de partages & de tutelles avec les Princes de
Montmorenci Logny , les Comtes de Mailli- Haucourt
, les Ducs de Biron & Belloy-Morangle ,
& d'autres alliances directes ou mutuelles , avec
les maifons de Mouy , de Conflans , d'Etrées , de
Gaillard -Bois , de Paulmy , au troifieme degré
par les Lefévre de Caumartin , d'Eftrades , de
Manneville , de Guiry- Chaumont , de Saveuſe
de la Boifiere - Chambort , de Boulainvilliers , de
Crény , d'Alencourt , de Monfure , de la Ruë-
Bernapré & autres , ce qui les autorife à fe remonter
à ce qu'il y a de plus élevé.
Le pere Simplicien qui a traité l'hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne , auroit bien dû
conduire Jean & Gafton de Caumont freres de
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Nompar , jufqu'à quelques degrés de leur fépara
tion , furtout les voyant rappellés par deux teftamens
confécutifs. Cette attention de fa part auroit
mis les chofes dans une évidence parfaite. Mais
non , il s'eft contenté de les laiffer en blanc au
treizieme degré de la généalogie de la maifon
Ducale de la Force : fans doute qu'il ignoroit leur
tranfmigration . On peut lui paffer cette omiffion,
après la confufion & l'erreur manifefte qu'il a faite
au feizieme degré de la même généalogie , où il
donne Charles de Caumont pour auteur de la branche
des Caumont de la Force , pendant que c'eft
lui qui a formé celle des Caumont de Monbeton
& de Beauvilla ; il n'a pas moins fallu que toute
la précifion , la pureté & l'autenticité des titres de
M. le Marquis de Caumont de Beauvilla , pour
détruire cette erreur & diffiper le préjugé où le
public & M. le Duc de la Force étoit lui- même ,
qu'il reftoit le dernier de fa maiſon. Les Caumont
de Gauville n'étoient point frappés de cette illufion.
Le mariage que Cofme de Caumont , Lieu
tenant- Colonel de Cavalerie , connu fous le nom
de Foucaucourt , avoit fait avec Ifabeau de Roquefeuille
, l'ayant rétabli dans fon ancienne Patrie , il
avoit été à portée de lier connoiffance avec Monfieur
de Caumont de Bauvilla , dont il s'eft trouvé
voifin par fa terre de Sérignac : comme ils
étoient l'un & l'autre plus près de leur fource , il
leur étoit plus facile d'en connoître les points de
féparation , ce qui faifoit qu'ils le regardoient deſ
cendans de la même fouche .
La liaiſon mutuelle qui avoit régné entre ces
deux maifons , a fubfifté jufqu'au décès du fieur
de Caumont de Foucaucourt arrivé en 1733 .
N'ayant point laiffé d'enfans , le grand éloignement
qu'il y a de Quercy en Picardie , a fait que
FEVRIER. 1758. 203
fes neveux ont perdu de vue cette branche de
Caumont de Beauvilla : c'eft avec toute la fatisfaction
poffible qu'ils la voyent revivre avec fplendeur
, par la repréfentation & le rappel authenti .
que de M. le Marquis de Caumont.
Les Caumont de Picardie ne fe remonteront que
jufqu'au treizieme degré de la maiſon Ducale de
la Force , qui fait le point de leur féparation . Ils
fuivent pour tout ce qui eft au- deffus , les généalogies
fubfiftantes de Meffieurs les Ducs de la
Force & de Lauzun.
Additions à l'arbre généalogique de la Maiſon de
Caumont.
XIII. Degré. Guillefme-Rémond , Seigneur de
Caumont, portoit pour armes trois faces & trois léopards.
Il a épouse Efclamonde Defpins. Ils ont eu
pour enfans mâles Nompar , Jean & Gafton : ce
dernier eft mort fans poftérité. Nompar a formé les
deux branches qui fuivent.
XIV. Degré. Nompar de Caumont , qui a
adopté les léopards .
Magne de Caftelnau , pour femme .
XV. Degré. Brandelis de Caumont.
Marguerite de Bretagne.
Branche de la Maifon Ducale de la Force.
XVI. Degré . François de Caumont .
Claude de Cardaillac.
XVII. Degré . Charles de Caumont.
Jeanne de Perrufe d'Efcar.
XVIII. Degré. François de Caumont.
Philippe de Beaupoil de la Force.
XIX . Degré. Jacques Nompar de Caumont
206 MERCURE DE FRANCE:
Duc de la Force , Pair & Maréchal de France.
Catherine de Gontault .
XX. Degré . Henri Nompar de Caumont, Duc
de la Force.
Marguerite Defcodeca.
XXI. Degré. Jacques de Caumont , Marquis
de Boiffe. 1
Louife de Saint Georges.
XXII. Degré. Jacques Nompar de Caumont ,
Duc de la Force.
Sufanne de Beringhen.
XXIII. Degré. Armand Nompar de Caumont,
Duc de la Force .
Anne- Elifabeth de Gruel de la Frette.
Branche des Caumont de Beauvilla.
XVI. Charles de Caumont de Berbiguieres .
Jeanne de Baynac.
XVII . Degré. François I. de Caumont de Berbiguieres.
Jeanne de Saint -Etienne de Montbeton .
XVIII. Degré. François II. de Caumont de
Berbiguieres & de Montbeton.
Olimpe de Bitel du Buis.
XIX. Degré. Hercules de Caumont , Sieur de
Beauvilla.
Claude de Puis d'Orfille.
XX. Degré. François de Caumont de Beauvilla.
Jeanne de Langlade.
XXI. Degré. Bernard de Caumont de Beauvilla.
.Marie de Brois de S. André .
XXII. Degré. Jean-François de Caumont de
Beauvilla.
1
FEVRIER. 1758. 207
Jeanne de Maury.
XXIII. Degré. Bertrand de Caumont de Beanvilla.
Gallard de Braffac de Bearn.
XIII . Degré. Jean de Caumont a formé la
branche qui fuit.
Branche des Caumont de Gauville.
XIV. Degré. Jean de Caumont a pris les faces
pour armes. On lui donne Jeanne Danchot pour
femme.
XV. Degré. Gui ou Guyot de Caumont.
Marguerite de Fourdrinoy.
XVI. Degré. Jean de Caumont.
Marguerite de Boulainvilliers.
XVII. Degré. Antoine de Caumont aſſiſta au
mariage de Jean fon fils.
XVIII . Degré. Jean de Caumont.
I. Appolline de Montomer.
II. Antoinette de Manneville .
XIX. Degré. Antoine II. de Caumont.
Sufanne de Monfure.
II. Magdeleine du Bois.
XX . Degré. Antoine III. de Caumont .
Catherine le Fevre de Caumartin. ·
II. Marguerite d'Acheux .
XXI . Degré . Louis - Gabriel de Caumont.
Marie-Jeanne de Guerfan.
XXII. Degré. François - Marie de Caumont.
Eléonore Sabine le Meffier de Menillets.
XXIII. Degré. Augufte - Marie de Caumont,
Cornette au régiment des dragons de la Reine.
De la branche des Caumont de Picardie ,
connus fous le nom de Gauville , depuis
leur tranfmigration de Guyenne , vers
l'an 1400.
Les démarches qui ont été faites par Meffieurs
de Caumont de Gauville , tranfmigrés de Guien
I ij
196 MERCURE DE FRANCE:
ne ès Frontieres de Picardie & Normandie vers
l'an 1400 , pour ſe réunir à leur vraie origine ,
font trop connues , & ont trop affecté les perfonnes
de la plus haute confidération , & furtout
celles qui ont la bonté de s'intéreffer à leur fort ,
pour ne pas juftifier dans la circonftance préfente,
la légitimité de leurs prétentions & des moyens
fur lefquels ils s'apuient , pour fe raffoucher à la
Maifon de Caumont de Guienne , depuis Ducs
de la Force.
La Généalogie de M. de Caumont de Beauvilla,
qui paroît annoncer qu'il eft le feul rejetton de
cette illuftre Souche , opére une espece d'exclufion
peu favorable pour ceux de ce nom & Armes
anciennes qui fe croient en droit d'y prétendre.
L'on va travailler à diffiper ces préjugés par les
preuves fuivantes.
La Branche des Caumont de Gauville n'eft animée
en cela que du feul amour de la vérité , & de
la gloire de fe remonter à la pureté de fa fource.
Loin d'ici tous foupçons d'antitation : pour pouvoir
en préfumer , il faudroit prêter à Jean & à
Guy ou Guyot de Caumont , leurs Auteurs , des
perfpectives auffi prématurées qu'étendues , en
ayant amaffé des matériaux , comme Nom & Armes
dès l'année 1386 , dans la vue que leurs Succeffeurs
en fiffent un ufage frauduleux pour fe
greffer en 1757 , fur une Maifon à laquelle ils
n'auroient eu aucun raport , furtout dans un
temps où ils ignoroient les illuftrations qui devoient
décorer cette branche ainée , telles que des
Duchés & Bâtons de Maréchaux de France. On
Jaiffe le Public & les perfonnes défintérefféès , juges
d'une pareille précaution . Elles feront plus
a même d'en décider , fi elles veulent jetter les
yeux fur ce Mémoire , que l'on fera le plus ferré
le plus précis qu'il fera poffible.
FEVRIER. 1758. 197
Toutes les citations feront marquées au coinde
la vérité la plus fcrupuleufe : l'on offre d'en donner
la preuve , foit par titres originaux , foit par
différentes époques ou anecdotes tirées de la
Chambre des Comptes.
PREUVE de l'Identité des anciennes armes.
Il eft conftant que les premieres Armes de la
Maiſon Ducale de Caumont n'étoient point les
Léopards. M. le Duc de la Force convient qu'il
les porte par conceffion des Rois d'Angleterre ; la
tradition de cette Maiſon annonce que c'étoient
des Faces ou Bandes. Cette tradition va être appuyée
de preuves inconteftables . MM. les Ducs
de Lauzun qui font féparés de cette branche aînée,
vers l'an 1250 , ont toujours porté tiercé en bandes
; ce qui eft la même chofe que les Faces , à la
pofition de différence : donc les anciennes Armes
de la Maiſon Ducale de la Force n'étoient pas les
Léopards.
Guillelme ou Guillaume III , du nom qui for
me le douzieme degré de la Généalogie de la
Maiſon Ducale de la Force , donna quittance en
qualité d'Ecuyer à Hardouin le Roi , Tréforier
des guerres à Leuze , le mercredi 24 Septembre
1315. Cet acte eft fcellé de fon Sceau en cire
rouge , où il eft repréſenté à cheval , tenant fon
bouclier de la main gauche , fur lequel il paroît 3
Faces & 3 Léopards , le cheval caparaçonné des
mêmes armes. Il eft le premier que l'on voit
écarteler les Léopards avec les Faces .
Guillefme Raymond , Seigneur de Caumont ,
qui fait le XIII degré de la même généalogie ,
donna quittance le 18 Avril 1347 , à Jean Chauyel
, tréforier des guerres de 300 liv. pour le de
I iij
TOS MERCURE DE FRANCE .
meurant de fes gages : fon fceau eft en cire rouge ,
partie de 3 Léopards & d'un Facé.
26 Septembre 1352. Autre quittance du même ,
& fous le même fcel de 752 liv , donnée à Jacques
l'Empereur , tréforier des guerres.
Jean Bâtard de Guillelme ou Guillaume , légitimé
au Monceau S. Mayence , le 25 Mars 1346,
donna quittance fur fes gages de 15 liv. à Paris le
13 Octobre 1356 ; fon iceau eft en cire rouge ,
une face accompagnée de 3 Etoiles à fix raies :
comme bâtard il garda une face , le tiers des armes
de fa Maiſon avec différentes Brifures .
Ce que l'on vient de rapporter démontre clairement
que les Auteurs de la Maiſon Ducale de
Caumont, jufqu'au 13 dégré inclufivement , ont
porté les Faces pour Armes.
Nompar , qui a fait le 14 degré , quitta totalement
les faces en 1366 , pour prendre les léopards ',
armes d'Angleterre , pendant que Guillefme ou
Guillaume Raimond fon pere & fon grand- pere ,
avoient porté les faces écartelées avec les léopards,
comme on a dit ci - deffus , & dont on pourroit
'donner d'autres exemples.
Guillelme Raimont , Seigneur de Caumont ,
eut pour femme Efclamor de Defpins , dont il eut
trois enfans mâles , Nompar , Jean & Gaiton . Il
fit fon teftament en 1365 , par lequel il ſubſtitua
& rappella au défaut de hoirs mâles de Nompar
fon aîné , Jean fon fecord fils , auteur de la branche
des Caumont de Picardie ; il rappella auffi
Gafton fon troifieme fils.
Nompar , Seigneur de Caumont , qui fait le
quatorzieme degré de la généalogie de la branche
Ducale , époufa Magne de Caftelnau , par contrat
du 26 novembre 1368. Il rappella par fon
teftament dus août 1400 , Jean & Gaſton fes
FEVRIER. 1758 .
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›freres :: ce titre eft en original dans les archives
de M. le Duc de la Force , ce qui prouve qu'il
connoiffoit leur exiftence jufques dans le commencement
du quatorzieme fiécle , & fait en même
temps une liaiſon parfaite avec les différentes
époques des quittances que Jean de Caumont a
données aux Tréforiers des guerres , que l'on va
ordre & par dates.
·
rapporter par
Il paroît par le compte de Guillaume Denfernet
, Tréforier des guerres , que Jean de Caumont
, Ecuyer- Servant avec neufautres Ecuyers ,
donna quittance de 150 liv . fur fes gages & de fes
Ecuyers , le 16 février 1386 , fcélée en cire rouge
du fceau de fes armes , trois faces furmontées
en chef de deux tourteaux & une étoile.
L'on voit une autre quittance en 1388 , fcélée
du même fcel , avec cette différence , que les
-trois faces font furmontées d'une étoile & de deux
tourteaux , & une autre fois d'une étoile & d'un
tourteau .
Tout le monde fçait que les armes varioient
anciennement , & que le fçeau du Gentilhomme
tenoit lieu de fa fignature : ioriqu'il lui arrivoit
de le perdre , il en faifoit déclaration juridique ,
le révoquoit , & pour qu'il ne lui pût porter aucun
préjudice , il déclaroit celui qu'il avoit pris
de nouveau , auquel il avoit fait quelque changement
ou addition .
Le Comte de Macéhéron , Tréforier des guerres
de l'année 1405 , marque que Jean de Cau-
-mont Ecuyer , fut reçu , avec plufieurs autres
-Ecuyers à fa fuite , à Gravelines , dans les mois de
juin , juillet & août 1404 ; il toucha plufieurs
fommes fur les gages de fes fervices militaires &
de fes Ecuyers , de Jean de Précy , Tréforier des
guerres : plufieurs montres & quittances de Jean
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de Caumont font fcélées de fon fcel en cire rou
ge , avec l'empreinte de fes armes , trois faces
furmontées de trois tourteaux , telles qu'il les a
tranfmis à Guy ou Guyot de Caumont fon fuccef.
feur & héritier , aux mêmes noms & armes que
fes defcendans ont portés, fans aucun changement
ni interruption jufqu'à ce jour.
Preuves présomptives de la Tranfmigration.
L'on a vu Jean & Gafton de Caumont freres ;
venir de Guienne pendant dix années confécutives
, fervir fur les frontieres de Normandie , Picardie
& Flandre , fous le commandement du Sire
d'Albret & des Ducs d'Aquitaine , avec à peu près
le même nombre d'Ecuyers à leur fuite , portant
le même nom & les mêmes armes avec cette
feule différence , que Gafton avoit changé quelque
chofe dans fes brifures ; c'eft pendant ces
guerres que la tranfmigration de Jean de Caumont
s'eft faite en Picardie ; l'on peut d'autant mieux
l'aflurer , que l'on ne voit pas qu'il ait fait aucun
établiffement de
ment dans la patrie ni rien qui annonce
qu'il fait mort fans postérité.
r
Jean étant admis frere de Gaſton , par une con
féquence néceffaire & abfolue , il eft auffi frere de
Nompar l'un fe prouve par l'autre , & établit
l'identité. L'on convient qu'il manque ici un contrat
qui dife que Guyot de Caumont eft fils de
Jean . Un titre de cette nature ſeroit trop fatis
faifant , puifque dans une généalogie de vingttrois
dégrés , il conftateroit la fucceffion & la filiation
d'une façon auffi précife & auffi claire que
celle d'un pere à fon fils . Malgré le défaut de ce
feul titre , il ne refte rien de louche ni d'équivoque
dans la jonction , parce qu'en rapprochant
C
FEVRIER. 1758. 201
ceux de M. le Duc de la Force , Pon y verra que
Nompar a rappellé Jean fon frere par fon teftament
du 5 août 1400. En remontant ceux de la
Branche de Caumont de Picardie , l'on y lira
que
Guyot de Caumont qui a fait fon teſtament le s
mai 1472 , s'étoit marié le 14 avril 1436 , en
fuppofant qu'il ait contracté mariage de 25 à 30
ans; tout eft rempli , de forte qu'il ne fe trouve
ni vuide , ni lacune , ni interruption dans la fucceffion
du nom & des armes dont Guyot de Caumont
& fes defcendans font les héritiers .
ont
Mais , dira- t-on fans doute , pourquoi Jean
dans fa tranfmigration n'a-t -il pas pris les léopards
que Nompar fon frere avoit adoptés , &
que Guillefime Raimond fon pere , avoit portés
avec les faces ? Il est tout fimple de répondre ,
qu'il ne le pouvoit , qu'il ne le devoit , parce que
la branche aînée qui tenoit pour lors le parti des
Rois d'Angleterre , n'a pu fe difpenfer de prendre
les léopards qu'elle avoit eus par conceffion
de ces mêmes Rois ; au lieu que Jean & Gaſton
qui étoient au fervice des Rois de France ,
confervé les faces , anciennes armes de leur maifon
, fans y mêler celles d'Angleterre contre qui
ils faifoient la guerre , ce qui indépendamment
de leurs différentes quittances rapportées ci - def
fus , eft prouvé par un titre latin , tiré fur l'onginal
de la Tour de Londres , par lequel Henri
V , Roi d'Angleterre , pour lors en poffeffion de
la Normandie , prononce la confifcation des biens
de Jean de Caumont , pour avoir porté les armes
contre lui : elle eft de Bayeux , datée de la fixieme
année de fon regne. Comme il feroit trop long
de rapporter ici tout ce qui peut militer en faveur
des Caumont de Picardie , l'on fe contentera de
dire , qu'après avoir ſuffiſamment détruit tous les
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
foupçons d'antitation , établi l'identité & la fucceffion
du nom & des armes fans interruption ,
prouvé le même nombre de degrés , après avoir
fait voir par un manufcrit fort étendu , l'extinction
des bâtards de ce nom , & démontré l'alibi
des différentes maifons de Caumont avec leſquel-
1es ils n'ont & ne peuvent avoir aucun rapport ,
ni par la contemporanité , ni par les titres , ni
par les fucceffions des terres , & encore moins par
Îa conformité des armes , le tout bien conftaté ,
ils continueront à fe dire hautement comme ils
ont toujours fait , non pas de la maifon de la Force
, parce que le Duché de ce nom n'en étoit
point l'appanage lors de leur féparation ; mais
bien defcendans des Caumont de Guienne ou Agenois
, depuis Ducs de la Force , à moins qu'on
ne leur faffe voir que Jean de Caumont frere de
Nompar , n'ait fait fouche ailleurs , ou ne ſoit
mort fans poftérité. M. de Caumont de Fontaine ,
ancien Major du Régiment des Dragons de la Reine
, qui a entrepris l'ouvrage de cette jonction ,
& qui continue avec foin fes recherches pour le
conduire à fa perfection , fe flatte que non-feulement
M. le Duc de la Force ne défapprouvera pas
l'ardeur & le zele avec lefquels il travaille , pour
fe réunir à une des plus grandes maiſons , d'où il
attend tout fon luftre & fa gloire ; mais encore
qu'il voudra bien l'aider de la communication de
fes titres , & furtout des teftamens de Guilleſme
Raimond & de Nompar de Caumont . Il s'appuye
fur neuf ou dix dégrés foutenus de titres originaux
, fans une feule méfalliance , pour le remonter
& tendre la main à M. le Duc de la Force : s'il
veut avoir la bonté d'en defcendre un feul , la jonction
fera faite felon l'ordre généalogique le plus
ftrict & le plus févere.
FEVRIER . 1758. 203
Si contre tout espoir , & par le malheur des
temps , le feul titre de jonction qui eft écarté , ne
le recouvre pas , & que l'on ne veuille point admettre
ceux qui devroient y ſuppléer , les Caumont
de Picardie s'en tiendront à la preuve qu'ils
ont donnée , qu'ils font nobles d'extraction militaire
dès l'an 1400 & au- deffus , portant les anciennes
armes des Caumont de Guienne dont on
ne voit pas l'origine , & dont les premiers auteurs
ont paru avec dignité & diftinction , foit à la
guerre , foit à la Cour , puifque Jean de Caumont
eft qualifié de Capitaine de cent quarante
hommes d'armes ; qu'on le voit fervir avec plufieurs
Ecuyers à fa fuite , & que Guy ou Guyot
de Caumont fon héritier & fucceffeur aux nom &
armes , étoit Ecuyer d'honneur du Roi Charles
VI, felon l'ordonnance de fon Hôtel , du mois de
ſeptembre 1418.
Ils ont de plus l'honneur d'appartenir à ce qu'il
y a de plus grandes maifons dans la Picardie & le
Vexin ils font en état d'en juftifier par des actes
de partages & de tutelles avec les Princes de
Montmorenci Logny , les Comtes de Mailli- Haucourt
, les Ducs de Biron & Belloy-Morangle ,
& d'autres alliances directes ou mutuelles , avec
les maifons de Mouy , de Conflans , d'Etrées , de
Gaillard -Bois , de Paulmy , au troifieme degré
par les Lefévre de Caumartin , d'Eftrades , de
Manneville , de Guiry- Chaumont , de Saveuſe
de la Boifiere - Chambort , de Boulainvilliers , de
Crény , d'Alencourt , de Monfure , de la Ruë-
Bernapré & autres , ce qui les autorife à fe remonter
à ce qu'il y a de plus élevé.
Le pere Simplicien qui a traité l'hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne , auroit bien dû
conduire Jean & Gafton de Caumont freres de
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Nompar , jufqu'à quelques degrés de leur fépara
tion , furtout les voyant rappellés par deux teftamens
confécutifs. Cette attention de fa part auroit
mis les chofes dans une évidence parfaite. Mais
non , il s'eft contenté de les laiffer en blanc au
treizieme degré de la généalogie de la maifon
Ducale de la Force : fans doute qu'il ignoroit leur
tranfmigration . On peut lui paffer cette omiffion,
après la confufion & l'erreur manifefte qu'il a faite
au feizieme degré de la même généalogie , où il
donne Charles de Caumont pour auteur de la branche
des Caumont de la Force , pendant que c'eft
lui qui a formé celle des Caumont de Monbeton
& de Beauvilla ; il n'a pas moins fallu que toute
la précifion , la pureté & l'autenticité des titres de
M. le Marquis de Caumont de Beauvilla , pour
détruire cette erreur & diffiper le préjugé où le
public & M. le Duc de la Force étoit lui- même ,
qu'il reftoit le dernier de fa maiſon. Les Caumont
de Gauville n'étoient point frappés de cette illufion.
Le mariage que Cofme de Caumont , Lieu
tenant- Colonel de Cavalerie , connu fous le nom
de Foucaucourt , avoit fait avec Ifabeau de Roquefeuille
, l'ayant rétabli dans fon ancienne Patrie , il
avoit été à portée de lier connoiffance avec Monfieur
de Caumont de Bauvilla , dont il s'eft trouvé
voifin par fa terre de Sérignac : comme ils
étoient l'un & l'autre plus près de leur fource , il
leur étoit plus facile d'en connoître les points de
féparation , ce qui faifoit qu'ils le regardoient deſ
cendans de la même fouche .
La liaiſon mutuelle qui avoit régné entre ces
deux maifons , a fubfifté jufqu'au décès du fieur
de Caumont de Foucaucourt arrivé en 1733 .
N'ayant point laiffé d'enfans , le grand éloignement
qu'il y a de Quercy en Picardie , a fait que
FEVRIER. 1758. 203
fes neveux ont perdu de vue cette branche de
Caumont de Beauvilla : c'eft avec toute la fatisfaction
poffible qu'ils la voyent revivre avec fplendeur
, par la repréfentation & le rappel authenti .
que de M. le Marquis de Caumont.
Les Caumont de Picardie ne fe remonteront que
jufqu'au treizieme degré de la maiſon Ducale de
la Force , qui fait le point de leur féparation . Ils
fuivent pour tout ce qui eft au- deffus , les généalogies
fubfiftantes de Meffieurs les Ducs de la
Force & de Lauzun.
Additions à l'arbre généalogique de la Maiſon de
Caumont.
XIII. Degré. Guillefme-Rémond , Seigneur de
Caumont, portoit pour armes trois faces & trois léopards.
Il a épouse Efclamonde Defpins. Ils ont eu
pour enfans mâles Nompar , Jean & Gafton : ce
dernier eft mort fans poftérité. Nompar a formé les
deux branches qui fuivent.
XIV. Degré. Nompar de Caumont , qui a
adopté les léopards .
Magne de Caftelnau , pour femme .
XV. Degré. Brandelis de Caumont.
Marguerite de Bretagne.
Branche de la Maifon Ducale de la Force.
XVI. Degré . François de Caumont .
Claude de Cardaillac.
XVII. Degré . Charles de Caumont.
Jeanne de Perrufe d'Efcar.
XVIII. Degré. François de Caumont.
Philippe de Beaupoil de la Force.
XIX . Degré. Jacques Nompar de Caumont
206 MERCURE DE FRANCE:
Duc de la Force , Pair & Maréchal de France.
Catherine de Gontault .
XX. Degré . Henri Nompar de Caumont, Duc
de la Force.
Marguerite Defcodeca.
XXI. Degré. Jacques de Caumont , Marquis
de Boiffe. 1
Louife de Saint Georges.
XXII. Degré. Jacques Nompar de Caumont ,
Duc de la Force.
Sufanne de Beringhen.
XXIII. Degré. Armand Nompar de Caumont,
Duc de la Force .
Anne- Elifabeth de Gruel de la Frette.
Branche des Caumont de Beauvilla.
XVI. Charles de Caumont de Berbiguieres .
Jeanne de Baynac.
XVII . Degré. François I. de Caumont de Berbiguieres.
Jeanne de Saint -Etienne de Montbeton .
XVIII. Degré. François II. de Caumont de
Berbiguieres & de Montbeton.
Olimpe de Bitel du Buis.
XIX. Degré. Hercules de Caumont , Sieur de
Beauvilla.
Claude de Puis d'Orfille.
XX. Degré. François de Caumont de Beauvilla.
Jeanne de Langlade.
XXI. Degré. Bernard de Caumont de Beauvilla.
.Marie de Brois de S. André .
XXII. Degré. Jean-François de Caumont de
Beauvilla.
1
FEVRIER. 1758. 207
Jeanne de Maury.
XXIII. Degré. Bertrand de Caumont de Beanvilla.
Gallard de Braffac de Bearn.
XIII . Degré. Jean de Caumont a formé la
branche qui fuit.
Branche des Caumont de Gauville.
XIV. Degré. Jean de Caumont a pris les faces
pour armes. On lui donne Jeanne Danchot pour
femme.
XV. Degré. Gui ou Guyot de Caumont.
Marguerite de Fourdrinoy.
XVI. Degré. Jean de Caumont.
Marguerite de Boulainvilliers.
XVII. Degré. Antoine de Caumont aſſiſta au
mariage de Jean fon fils.
XVIII . Degré. Jean de Caumont.
I. Appolline de Montomer.
II. Antoinette de Manneville .
XIX. Degré. Antoine II. de Caumont.
Sufanne de Monfure.
II. Magdeleine du Bois.
XX . Degré. Antoine III. de Caumont .
Catherine le Fevre de Caumartin. ·
II. Marguerite d'Acheux .
XXI . Degré . Louis - Gabriel de Caumont.
Marie-Jeanne de Guerfan.
XXII. Degré. François - Marie de Caumont.
Eléonore Sabine le Meffier de Menillets.
XXIII. Degré. Augufte - Marie de Caumont,
Cornette au régiment des dragons de la Reine.
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Résumé : MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
Le document 'Mémoire généalogique' explore la branche des Caumont de Picardie, connue sous le nom de Gauville, qui a migré de Guyenne vers l'an 1400. Cette branche a entrepris des démarches pour se rattacher à la maison de Caumont de Guienne, devenue Ducs de la Force. La généalogie de M. de Caumont de Beauvilliers semble exclure les autres branches portant le même nom et les mêmes armes anciennes. Les Caumont de Gauville cherchent à dissiper les préjugés en fournissant des preuves de leur légitimité, affirmant être animés par l'amour de la vérité et la gloire de remonter à la pureté de leur source. Ils soutiennent que les premières armes de la maison ducale de Caumont n'étaient pas les léopards, mais des faces ou bandes, et apportent des preuves telles que des sceaux et des quittances datant du XIVe siècle. Le texte détaille les relations familiales et les successions au sein de la famille Caumont, mentionnant des figures comme Guillaume III, Nompar, et Jean de Caumont. Jean de Caumont a servi sous les Rois de France et a conservé les anciennes armes de sa maison, contrairement à la branche aînée qui avait adopté les léopards des Rois d'Angleterre. Les Caumont de Picardie se présentent comme nobles d'extraction militaire dès l'an 1400, portant les anciennes armes des Caumont de Guienne. Ils appartiennent à des maisons prestigieuses en Picardie et en Normandie. Le document se conclut par une demande de communication de titres et de testaments pour établir une jonction généalogique avec la maison de Caumont de la Force. Le père Simplicien, dans son ouvrage sur les Grands Officiers de la Couronne, a omis de tracer la généalogie complète des frères Jean et Gaston de Caumont, se limitant au treizième degré. Il a également commis une erreur en attribuant à Charles de Caumont la branche des Caumont de la Force, alors qu'il a fondé celle des Caumont de Monbeton et de Beauvilliers. Les titres authentiques du Marquis de Caumont de Beauvilliers ont permis de corriger cette erreur. Les Caumont de Gauville, grâce à un mariage et des liens de voisinage, ont pu mieux connaître les points de séparation de leur lignée. La liaison entre les Caumont de Gauville et de Beauvilliers a perduré jusqu'au décès de Cosme de Caumont en 1733. Les Caumont de Picardie se réfèrent au treizième degré de la maison Ducale de la Force pour leur généalogie, suivant les lignées des Ducs de la Force et de Lauzun pour les degrés antérieurs.
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2944
p. 206-207
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Dixieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Brindamour, de la Compagnie de Sinety, est entré le 24 Novembre, [...]
Mots clefs :
Malades, Soldats, Santé, Guérison, Succès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Dixieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Dixieme traitement depuis fon établiſſement.
Le nommé Brindamour , de la Compagnie de
Sinety , eft entré le 24 Novembre , & eft forti le
3 Janvier parfaitement guéri.
E
Le nommé Saint- Antoine , de la Compagnie de
Gauville , eft entré le 24 Novembre , & eft forti le
3 Janvier parfaitement guéri..
Le nommé la Fayeur , Compagnie de Ratilly
eft entré le premier Décembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Lépine , Compagnie de Poudenx ,
eft entré le premier Décembre , & eft forti le
3Janvier parfaitement guéri.
AVRTE. 1758.
207
Le nommé Beaudevin , Compagnie de Guer ,
eft entré le premier Décembre, & eft forti le 3:
Janvier parfaitement guéri.
Le nominé Lapierre , Compagnie des Defpiez ,.
eft entré le premier Décembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Comtois, Compagnie de la Ferriere ,.
eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Cuify , Compagnie de Chevalier ,
eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Alphonfe , de la Compagnie de.
Coëttrieux , eft entré le 28 Novembre , & eft forti
le 3 Janvier parfaitement guéri.
Le nommé la Sonde , Compagnie de la Vieuville
, eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Robert , de la Compagnie de Vifé ,
eft entré le 28 Novembre, & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Dixieme traitement depuis fon établiſſement.
Le nommé Brindamour , de la Compagnie de
Sinety , eft entré le 24 Novembre , & eft forti le
3 Janvier parfaitement guéri.
E
Le nommé Saint- Antoine , de la Compagnie de
Gauville , eft entré le 24 Novembre , & eft forti le
3 Janvier parfaitement guéri..
Le nommé la Fayeur , Compagnie de Ratilly
eft entré le premier Décembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Lépine , Compagnie de Poudenx ,
eft entré le premier Décembre , & eft forti le
3Janvier parfaitement guéri.
AVRTE. 1758.
207
Le nommé Beaudevin , Compagnie de Guer ,
eft entré le premier Décembre, & eft forti le 3:
Janvier parfaitement guéri.
Le nominé Lapierre , Compagnie des Defpiez ,.
eft entré le premier Décembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Comtois, Compagnie de la Ferriere ,.
eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Cuify , Compagnie de Chevalier ,
eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Alphonfe , de la Compagnie de.
Coëttrieux , eft entré le 28 Novembre , & eft forti
le 3 Janvier parfaitement guéri.
Le nommé la Sonde , Compagnie de la Vieuville
, eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Robert , de la Compagnie de Vifé ,
eft entré le 28 Novembre, & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Dixieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le dixième traitement de l'hôpital du Maréchal Duc de Biron, en se concentrant sur les patients et leurs guérisons. Entre le 24 novembre et le 1er décembre 1757, neuf soldats ont été admis et sont sortis guéris le 3 janvier 1758. Les soldats admis sont Brindamour de la Compagnie de Sinety, Saint-Antoine de la Compagnie de Gauville, la Fayeur de la Compagnie de Ratilly, Lépine de la Compagnie de Poudenx, Beaudevin de la Compagnie de Guer, Lapierre de la Compagnie des Despiez, Comtois de la Compagnie de la Ferrière, Cuisy de la Compagnie de Chevalier, Alphonce de la Compagnie de Coëttrieux, la Sonde de la Compagnie de la Vieuville et Robert de la Compagnie de Visé.
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2945
p. 207-208
Expérience faite à Rheims. Lettre de M. Méric, Maitre en Chirurgie, à M. Keyser, en date du 14 Février 1758.
Début :
Je crois devoir vous faire part, Monsieur, du succès de vos dragées [...]
Mots clefs :
Dragées, Maladies vénériennes, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Expérience faite à Rheims. Lettre de M. Méric, Maitre en Chirurgie, à M. Keyser, en date du 14 Février 1758.
Expériencefaite à Rheims
Lettre de M. Méric , Maitre en Chirurgie , à M..
Keyfer , en date du
Février 1758.
14
Je crois devoir vous faire part , Monfieur , du
fuccès de vos dragées antivénériennes , dont je
viens de me fervir fur une homme d'environ quarante
ans , lequel avoit deux larges & profondes
puftules véroliques avec un gonflement confidé--
rable dans les glandes inguinales. Ce qui lui étoir
furvenu à la fuite de plufieurs g... maltraitées , &
qui a été parfaitement guéri le trente- cinquieme
jour de l'ufage de vos dragées , quoique le maladefoit
forti tous les jours pour aller à les occupa
20 MERCURE DE FRANCE.
·
tions ordinaires , excepté les jours de purgation
Le tout a été exécuté fous les yeux d'un habile
Médecin de cette Ville. Cer exemple me prouve
l'efficacité de votre remede , que j'adminiftrerai
déformais avec la plus grande confiance à tous
ceux qui feront dans le cas d'en avoir beſoin , &
qui s'adrefferont à moi. Je me flatte qu'en fuivant
exactement votre méthode & vos confeils dans les
cas particuliers , je réuffirai toujours , & me ferai
gloire de contribuer avec vous au bien de lafo
ciété. J'ai l'honneur d'être , &c. Signé , Méric.
Lettre de M. Méric , Maitre en Chirurgie , à M..
Keyfer , en date du
Février 1758.
14
Je crois devoir vous faire part , Monfieur , du
fuccès de vos dragées antivénériennes , dont je
viens de me fervir fur une homme d'environ quarante
ans , lequel avoit deux larges & profondes
puftules véroliques avec un gonflement confidé--
rable dans les glandes inguinales. Ce qui lui étoir
furvenu à la fuite de plufieurs g... maltraitées , &
qui a été parfaitement guéri le trente- cinquieme
jour de l'ufage de vos dragées , quoique le maladefoit
forti tous les jours pour aller à les occupa
20 MERCURE DE FRANCE.
·
tions ordinaires , excepté les jours de purgation
Le tout a été exécuté fous les yeux d'un habile
Médecin de cette Ville. Cer exemple me prouve
l'efficacité de votre remede , que j'adminiftrerai
déformais avec la plus grande confiance à tous
ceux qui feront dans le cas d'en avoir beſoin , &
qui s'adrefferont à moi. Je me flatte qu'en fuivant
exactement votre méthode & vos confeils dans les
cas particuliers , je réuffirai toujours , & me ferai
gloire de contribuer avec vous au bien de lafo
ciété. J'ai l'honneur d'être , &c. Signé , Méric.
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Résumé : Expérience faite à Rheims. Lettre de M. Méric, Maitre en Chirurgie, à M. Keyser, en date du 14 Février 1758.
En février 1758, M. Méric, maître en chirurgie, écrit à M. Keyfer pour partager le succès des dragées antivénériennes de ce dernier. Méric a soigné un homme d'environ quarante ans atteint de deux pustules vénériennes profondes et d'un gonflement des glandes inguinales, suite à des relations sexuelles non protégées. Après trente-cinq jours de traitement par les dragées, le patient a été guéri, malgré ses activités quotidiennes, sauf les jours de purgation. Le traitement a été supervisé par un médecin compétent de Reims. Méric confirme l'efficacité du remède et s'engage à l'utiliser pour ses futurs patients en suivant les instructions de Keyfer. Il exprime son désir de collaborer avec Keyfer pour le bien-être de la société.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2946
p. 208-209
Lettre de M. Perrin maître en Chirurgie, & Greffier de M. le premier Chirurgien du Roi, à Vernon en Normandie, à M. Keyser.
Début :
J'ai été longtemps sans vous donner de mes nouvelles, Monsieur, parce qu'avant de rien [...]
Mots clefs :
Remèdes, Efficacité, Enfant, Nourrice, Boutons, Mort, Douleurs, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Perrin maître en Chirurgie, & Greffier de M. le premier Chirurgien du Roi, à Vernon en Normandie, à M. Keyser.
Lettre de M. Perrin maître en Chirurgie , & Gref
fier de M. le premier Chirurgien du Roi ,
Vernon en Normandie , à M. Keyfer.
J'ai été longtemps fans vous donner de mes
nouvelles , Monfieur , parce qu'avant de rien pro
noncer fur l'efficacité de vos remedes , & malgré
la quantité des cures que je vous ai vu faire , j'ai
voulu par moi-même être sûr d'une qui fût bien
radicale ; la voici , & je me hâte de vous en faire
part , en vous priant de la faire inférer dans le
Mercure.
Elizabeth Laurent âgée de 35 ans , femme de
Jean Grenier Vigneron de la Paroiffe de Nieville
avoit pris à Paris en 1756 un nourriffon . Quel
que temps après fon retour , cet enfant deving
cruel ce qu'elle attribua à des tranchées , mala
dies affez ordinaires aux enfans nouveaux nés. Auk
mois de mars , il furvint des boutons à cet enfanc
efquels jettoient un pus verdâtre , & ne furent
pas regardés comme des puftules , quoique c'em
étoit bien effectivement. L'on fe contenta de faigner
& purger la nourrice , de lui faire prendre
des plantes rafraichiffantes , ce qui ne ' fit aucun
effer . Les boutons fe multiplierent de plus en plus
AVRIL 1758. 209
furvint des ulceres , l'enfant mourut & fon corps
devint dans une fi grande mortification , qu'on fut
obligé de l'enterrer deux heures après.
La nourrice vers ce même temps fut at aquée
des plus violens maux de tête , des douleurs dans
tous les membres & dans les articulations des démangeaifons
cruelles aux nymphos , des ulceres
& deux chancres , dont il y en avoit un qui conmençoit
à ronger les parties , un condiiôme ; enfin
cette femme étoit dans un état affreux , fans
qu'on eût voulu connoître fon mal , ni que le
Chirurgien qui la foignoit , eût imaginé de lui
donner le Mercure. Dans cet état , elle vint donc
me confulter , je n'eus rien de plus preffé que de
lui confeiller votre remede , je la fis voir à un
Seigneur de notre Ville , qui toujours prêt à fecourir
& protéger les malheureux , voulut bien
écrire à M. le Major des Gardes- Françoiſes , pour
lui procurer le remede qu'elle a pris , & au moyen
de quoi elle eft parfaitement guérie , dormant
bien , & dans le meilleur embonpoint . Je l'ai fuivie
exactement. Aucun fymptôme n'a reparu , &
la femme a accouché depuis très- heureuſement.
Or , quoique votre remede n'ait pas befoin , Monfieur
, de l'authenticité de cette cure pour le faire
adopter , je me ferois reproché de ne l'avoir pas
rendue publique , en certifiant avec vérité que
l'effet de la cure a été prompt & radical , le traitement
fort doux , & que cette malheureuſe n'a
fouffert en aucune maniere. A Vernon , ce 6 décembre
1757. Perrin
fier de M. le premier Chirurgien du Roi ,
Vernon en Normandie , à M. Keyfer.
J'ai été longtemps fans vous donner de mes
nouvelles , Monfieur , parce qu'avant de rien pro
noncer fur l'efficacité de vos remedes , & malgré
la quantité des cures que je vous ai vu faire , j'ai
voulu par moi-même être sûr d'une qui fût bien
radicale ; la voici , & je me hâte de vous en faire
part , en vous priant de la faire inférer dans le
Mercure.
Elizabeth Laurent âgée de 35 ans , femme de
Jean Grenier Vigneron de la Paroiffe de Nieville
avoit pris à Paris en 1756 un nourriffon . Quel
que temps après fon retour , cet enfant deving
cruel ce qu'elle attribua à des tranchées , mala
dies affez ordinaires aux enfans nouveaux nés. Auk
mois de mars , il furvint des boutons à cet enfanc
efquels jettoient un pus verdâtre , & ne furent
pas regardés comme des puftules , quoique c'em
étoit bien effectivement. L'on fe contenta de faigner
& purger la nourrice , de lui faire prendre
des plantes rafraichiffantes , ce qui ne ' fit aucun
effer . Les boutons fe multiplierent de plus en plus
AVRIL 1758. 209
furvint des ulceres , l'enfant mourut & fon corps
devint dans une fi grande mortification , qu'on fut
obligé de l'enterrer deux heures après.
La nourrice vers ce même temps fut at aquée
des plus violens maux de tête , des douleurs dans
tous les membres & dans les articulations des démangeaifons
cruelles aux nymphos , des ulceres
& deux chancres , dont il y en avoit un qui conmençoit
à ronger les parties , un condiiôme ; enfin
cette femme étoit dans un état affreux , fans
qu'on eût voulu connoître fon mal , ni que le
Chirurgien qui la foignoit , eût imaginé de lui
donner le Mercure. Dans cet état , elle vint donc
me confulter , je n'eus rien de plus preffé que de
lui confeiller votre remede , je la fis voir à un
Seigneur de notre Ville , qui toujours prêt à fecourir
& protéger les malheureux , voulut bien
écrire à M. le Major des Gardes- Françoiſes , pour
lui procurer le remede qu'elle a pris , & au moyen
de quoi elle eft parfaitement guérie , dormant
bien , & dans le meilleur embonpoint . Je l'ai fuivie
exactement. Aucun fymptôme n'a reparu , &
la femme a accouché depuis très- heureuſement.
Or , quoique votre remede n'ait pas befoin , Monfieur
, de l'authenticité de cette cure pour le faire
adopter , je me ferois reproché de ne l'avoir pas
rendue publique , en certifiant avec vérité que
l'effet de la cure a été prompt & radical , le traitement
fort doux , & que cette malheureuſe n'a
fouffert en aucune maniere. A Vernon , ce 6 décembre
1757. Perrin
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Résumé : Lettre de M. Perrin maître en Chirurgie, & Greffier de M. le premier Chirurgien du Roi, à Vernon en Normandie, à M. Keyser.
La lettre de M. Perrin, maître en chirurgie et greffier du premier chirurgien du roi, adressée à M. Keyfer, décrit une cure réussie grâce aux remèdes de ce dernier. M. Perrin a voulu vérifier personnellement l'efficacité des remèdes avant de les recommander. Il relate le cas d'Elizabeth Laurent, âgée de 35 ans, femme de Jean Grenier, vigneron de la paroisse de Nieville. En 1756, Elizabeth Laurent avait pris un nourrisson à Paris, qui tomba malade peu après leur retour. L'enfant développa des boutons purulents, des ulcères, et mourut rapidement. La nourrice contracta ensuite des maux de tête violents, des douleurs articulaires, des démangeaisons, des ulcères et des chancres. Un seigneur de Vernon intervint pour lui procurer le remède de M. Keyfer, qui la guérit parfaitement. M. Perrin certifie que le traitement a été prompt et radical, sans souffrances pour la patiente, qui accoucha ensuite heureusement. La lettre est datée du 6 décembre 1757.
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2947
p. 202-203
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Début :
Monsieur, il est naturel de vous prendre pour Juge dans le différend poétique, [...]
Mots clefs :
Différend poétique, Vers, Poète, Poétesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
t
MONSIEUR , il eft naturel de vous prendre
pour Juge dans le différend poétique,
qui s'eft élevé entre ma foeur & moi ; &
vous ne pourriez vous récufer dans certe
caufe , quoique vous y foyez intéreffé
fans nous faire le plus fenfible déplaifir.
Voici le fait. Nous nous difputons qui de
nous a le mieux réuffi, dans les vers cijoints
, que nous avons faits en réponſe à
ceux que vous adreffez à M. le Contrôleur
Général dans ce dernier Mercure. Lifez
Monfieur , & prononcez nous ferons
d'accord. Mais comme chez un galant- hom
me , le coeur prend fouvent la place de
refprit , quand il s'agit des intérêts du
beau fexe, c'est pour obvier à cet inconvénient
, que j'ai cru devoir vous cacher
lequel de ces deux petits morceaux eft de
ma foeur. Si par hazard , Monfieur , vous
trouviez qu'ils méritaffent , foit en les
laiffant féparés , foit en les fondant enfemble
, l'attention du public , je ferais.
AVRIL 1758.. 203.
fort aile , ainfi que ma foeur , qu'il vît
par le moyen du Mercure , ce témoignage.
de l'admiration que nous avons pour vos
talens , & de l'eftime parfaite avec laquelle
j'ai l'honneur d'être , & c.
Le Chevalier DE JUILLY -THOMASSIN ,
Garde du Corps du Roi.
A Arc- en - Barois , Le 14 8.
t
MONSIEUR , il eft naturel de vous prendre
pour Juge dans le différend poétique,
qui s'eft élevé entre ma foeur & moi ; &
vous ne pourriez vous récufer dans certe
caufe , quoique vous y foyez intéreffé
fans nous faire le plus fenfible déplaifir.
Voici le fait. Nous nous difputons qui de
nous a le mieux réuffi, dans les vers cijoints
, que nous avons faits en réponſe à
ceux que vous adreffez à M. le Contrôleur
Général dans ce dernier Mercure. Lifez
Monfieur , & prononcez nous ferons
d'accord. Mais comme chez un galant- hom
me , le coeur prend fouvent la place de
refprit , quand il s'agit des intérêts du
beau fexe, c'est pour obvier à cet inconvénient
, que j'ai cru devoir vous cacher
lequel de ces deux petits morceaux eft de
ma foeur. Si par hazard , Monfieur , vous
trouviez qu'ils méritaffent , foit en les
laiffant féparés , foit en les fondant enfemble
, l'attention du public , je ferais.
AVRIL 1758.. 203.
fort aile , ainfi que ma foeur , qu'il vît
par le moyen du Mercure , ce témoignage.
de l'admiration que nous avons pour vos
talens , & de l'eftime parfaite avec laquelle
j'ai l'honneur d'être , & c.
Le Chevalier DE JUILLY -THOMASSIN ,
Garde du Corps du Roi.
A Arc- en - Barois , Le 14 8.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
La lettre adressée à l'auteur du Mercure traite d'un différend poétique entre l'auteur de la lettre et sa sœur. Ils sollicitent l'arbitrage de l'auteur du Mercure pour déterminer qui a le mieux réussi dans les vers composés en réponse à ceux adressés à M. le Contrôleur Général dans le dernier numéro du Mercure. Pour garantir l'impartialité, l'auteur de la lettre ne révèle pas l'identité des auteurs des deux poèmes. Il demande à l'auteur du Mercure de juger les vers et, si ceux-ci méritent l'attention du public, de les publier. La lettre exprime le respect et l'admiration pour les talents de l'auteur du Mercure. Elle est signée par le Chevalier de Juilly-Thomassin, Garde du Corps du Roi, et datée du 14 août à Arc-en-Barois.
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2948
p. 88-90
« Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Début :
Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...]
Mots clefs :
Mercure, Public, Moulins, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai nous nous
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
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Résumé : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai, Mademoiselle de la Boiffiere de Moulins conteste la publication d'une énigme parue sous son nom dans le Mercure d'Avril. Elle exprime son désaveu et demande la publication de sa lettre pour clarifier la situation. Dans cette lettre, datée du 12 avril 1758, elle affirme n'être ni l'auteure de l'énigme ni impliquée dans la littérature ou la poésie. Elle manifeste son mécontentement face à cette usurpation de son nom et souhaite désabuser le public. Mademoiselle de la Boiffiere précise qu'elle n'aurait jamais donné son consentement pour une telle publication et nie chercher à se faire passer pour une auteure. Elle conclut en demandant la publication de sa lettre pour rétablir la vérité.
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2949
p. 203-204
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Daniel, Compagnie de Tourville, entré le premier Décembre, est sorti [...]
Mots clefs :
Malade, Guérison, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Onzieme traitement depuis ſon établiſſement.
Le nommé Daniel , Compagnie LE de Tourville ,
entré le premier Décembre, eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri . I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Lavertu , Compagnie de la Ferriere,
entré le premier Décembre , eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Mille , Compagnie de Champignelles
, entré le 22 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri ..
Le nommé Joly , Compagnie de Coettrieux
entré le 23 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Popin , Compagne de Gauville ,
entré le s Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri .
f
Le nommé Pagnon , Compagnie de Poudenx ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri.
Le nommé Légal , Compagnie de la Tour ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaite.
ment guéri .
Il faut obferver que le nombre des malades
diminue par celui des foldats guéris , & par le
départ du Régiment des Gardes.
Onzieme traitement depuis ſon établiſſement.
Le nommé Daniel , Compagnie LE de Tourville ,
entré le premier Décembre, eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri . I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Lavertu , Compagnie de la Ferriere,
entré le premier Décembre , eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Mille , Compagnie de Champignelles
, entré le 22 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri ..
Le nommé Joly , Compagnie de Coettrieux
entré le 23 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Popin , Compagne de Gauville ,
entré le s Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri .
f
Le nommé Pagnon , Compagnie de Poudenx ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri.
Le nommé Légal , Compagnie de la Tour ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaite.
ment guéri .
Il faut obferver que le nombre des malades
diminue par celui des foldats guéris , & par le
départ du Régiment des Gardes.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le onzième traitement de l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Plusieurs soldats ont été soignés et déclarés parfaitement guéris. Daniel, de la Compagnie LE de Tourville, est entré le 1er décembre et sorti le 10 janvier. Lavertu, de la Compagnie de la Ferriere, a suivi le même parcours. Mille, de la Compagnie de Champignelles, est entré le 22 décembre et sorti le 31 janvier. Joly, de la Compagnie de Coettrieux, a été soigné entre le 23 décembre et le 31 janvier. Popin, de la Compagnie de Gauville, est entré le 5 janvier et sorti le 14 février. Pagnon, de la Compagnie de Poudenx, et Légal, de la Compagnie de la Tour, sont entrés les 5 et 6 janvier respectivement et sont sortis le 14 février. Le nombre de malades diminue grâce aux soldats guéris et au départ du Régiment des Gardes.
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2950
p. 204-211
Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Début :
Vous recevrez, Monsieur, avec la présente, les certificats de MM. les Médecins [...]
Mots clefs :
Toulouse, M. Laboric, M. Keyser, Dragées, Maladies vénériennes, Succès, Certificats, Médecins, Chirurgiens, Guérison, Rennes, Cure, Besançon, Lyon, M. Rey, M. Dupont
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Nouvelles épreuves faites à Toulouse , à Rennes en:
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
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Résumé : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
En 1758, plusieurs villes françaises ont mené des épreuves et certifications pour évaluer l'efficacité des dragées de M. Keyser dans le traitement des maladies vénériennes. À Toulouse, M. Laborie, maître en chirurgie, a traité deux malades sous la supervision de médecins et chirurgiens. Ces derniers ont attesté de la guérison rapide et sans inconvénients des patients. Les Capitouls, les médecins, et M. le Président de Nupces ont confirmé l'authenticité de ces témoignages. À Rennes, M. Dupont et M. Sevoy ont certifié la guérison de trois patients grâce aux dragées de M. Keyser. À Besançon, M. Juffy a rapporté le succès du traitement sur un employé et un aubergiste. À Lyon, M. Rey a informé de la guérison de deux malades sous la supervision de M. le Prévôt des Marchands et des Recteurs de l'Hôtel-Dieu. Enfin, M. Garengeot a attesté de l'efficacité du remède sur trois officiers de l'armée, malgré les conditions difficiles de la campagne militaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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