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1
p. 113-133
GRAND ACCIDENT ARRIVÉ A LYON
Début :
L'accident arrivé à Lyon le onze Octobre est si [...]
Mots clefs :
Accident, Lyon, Pont de la Guillotière, Chevaux, Foule, Peuple, Femmes, Barrière, Chirurgiens, Cadavres, Morts
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texteReconnaissance textuelle : GRAND ACCIDENT ARRIVÉ A LYON
GRAND ACCIDENT,
ARRIVE' A LYON.
L'Accidentarrivé à
Lyon le onze Octobre
est si extraordinaire,
que l'on a crû en devoir
donner le récit
dans les mêmes termes
qu'il a esté envoyé par
un témoin oculaire.
De Lyon le 12. Octobre.
Hier Dimanche, onze
de ce mois, entre six &
sept heures du soir, cmi
centpersonnes furent
tuées oublessées sur le
Pont du "BJoone de la
Cuillotiere ; en voici le
sujet. Tous les ans lepeuplede
Lyon-va en dévotionà
une Eglise en Dlluphiné,
à une lieuë de la
Ville,sous l'invocation
desaint DenIs) dans la
Paroisse de Bron, & le
jour de la dévotion est
toujours le Dimanche qui
suitlejourde la fêtede
de ce Saint. Tout lepeuple
revenoit en soule, &
si pressé
, que depuis le
bout de la Guillotiere jusques
à la forte dela Ville
tout estoit plein&ferré
à ïexceZj. Lepont du
Rhône,comme voussçat¡;
ez. a une descente ajjez*
rapideauprès de la porte
qUI vienten Bellecourt,
cette foule de peuple à
l'endroit de cette descente
fut renversee&culbutée
demaniere que les dernierspoussant
lespremiers
ceux-cise monterent les
unssur les autres jusques
àla hauteur d'unpremier
étage,&s',é,.craso- ienttous
impitoyablement, en sortequ'on
tira lescorpsétous
se,souslapresseaunombre
de deux cent dix-huit
personnes quej'ay evues é.
tenduës le long du rampart
: les autres furent
emportez chezeux partie
mourans, (5 expirerent
peu de tempsaprés
vestrearrivez,plusieurs
vinrent finir leurvie
à l'Hôtel-Dieu, &plusieurs
enfin ont eeé blesfezj
,
meurtresou estropiez
: des familles entieresy
ontperi, peres, meres
fj) enfans. Des maris
y ont vu mourir leurs
femmes, des femmes y
ont vûécraser leursmaris
: Jugezcombien de
veuves, d'orphelins, en
un mot quelledesolation
Ifrmlna une journée qui
jusques-là avoit estési
bellei e5 où on s'efîoit bien
diverti.Vousestesenpeine
de sçavoir comment
arriva un accidentsisunefie
&si I*noü;>sIZ)OUS
allez.. l'apprendre.
Comme la nuit tomboit
lessoldats desportes
voulant rançonner les
gens qui se trouveroient
fermez hors de la Ville , tirerent la barrièredela
porte)(J) lessaisoient composer
pour entrer les uns
aprés les autres:cetteceremonie
donna le temps à
la foule du monde à se
presser encore davantage
à l'endroit du corps de
garde qui efi entre les
deuxportes,joint à ce qu'-
onsonnoit la retraitepour
faire avancer à grands
pas ceux qui estoient encore
au fauxbourg,& le
long des chemins:Voila
donc unepopulaceentasfée
au devant de cette
barriere
,
attendez un
moment, vous la verrez,
déboucher de la maniere
du monde laplussurprenante.
Un carosse venant
de Bellecour se presenta
àcettebarriere poursortir
la Ville ; les soldats
sont obligez, de leur donner
passagê, ft} pour cela
d'ouvrir ladite barriere;
toutaussitôt le peuple qui
est u" animal se jetta
avec tant d'impetuosité
pour profiter de cette ouruertur£,
& entrer plus
visse que leschevaux,
quinepouvantsoustenir
l'ffur; de la foule furent
renyerfezj dans le même
temps ; tout ce peuple ensemblese
jetta autravers
des chevaux, & en un
instant tout futconfondu,
hommes&femmes, ensans,
chevaux & caresse,
tout fut écrasé. Vous noterez,
qu'au dedans de
cette barriere étoientdeux
chaisesroulantes,des homme-
rà cheval
,
deschaises
àporteurs, 19 que le torrent
dela foulequipoussoit
toujours de dessus le
Pont,jointà l'avantage
que luy donnoit la descente
,que necessairement
les premiers furent obligez,
ase monter les uns
sur les autres à la hauteur
que je vouf aydit,
les chaises furent moulëes,
les chevaux étouffez^
avec les gens, non
sans avoir mordu &
rué de grands coups de
pieds, quifaisoientencore
plus tomber ceux quiestoient
contraints de s'en
approcher. Je vous laisse
à lueer quel désordre,
quels hurlemens, quels
hannissemens
, & quel
deuil afuivt cette trisse
scene.
Mais ce que v,ous admirerez,
encore davantage
eïl que ma soeur avec
une femme de chambre,
qui étoient allées àla
Guillotierre à pied pour
voirentrertoutcemonde,
eurent le bonheur dese
trouver prés de la barriere
lorsquonl'ouvrit pour
laiserpasser le carosse, &
quelles n'eurent que le
tems deseglisseràcoté du
carosie rerdans la
Ville, lorfàuuvinstant
aprèscemêmecarosse fut
renversé, & que to'4tle
fracas arriva ; la Maitrefft
du carofe estMadame
de Servien,&fut
traînéepar deuxsoldats
de la porte dans le Corps
de Garde: mais elle eut
lechagrin de voir perir
fon cocher, ses deux chevfaurx
,a&csoancajroiss.eetout
Des Chirurgiens acconrurent
à cet événement,
comme à lafindune bata
lie ; &entre autres
operations qu'ils eurent à
faire, celled'ouvrir les
femmes enceintes pour
en tirer les enfins fitpaslamoindre;pa,rmnye
tous ces morts il y a eu
,de bons Bourgeois, des
Marchands, despersonnes
aisées
,
des artisans3
.des valets & des sermantes.
Mr. le Prévost des,
Marchands> Mr. de
Vallorge Major de la
Ville,t0 Air.leProcureur
General, y accouturent,
ilsy ont passé
toute la nuit à faire ranger
les corpsmorts, à les
numérotersurlefront &
les marquerd'un cachet,
en même temps ils flisoientfaire
un pacquet de
leurs effets & de tout
-ce qui étoit sur eux
sujet àse perdre,&ma1--
quoient cepacquet du mê.
me numero rU du mème
cachet, afin que les Parens
pussent recevoir tout
ce qui pouvoit leur appartenir.
Le lendemain chacun
.a!la reconnoître les liens,
& ces Cadavres furent
emportez, chacun en sa
.P¿,roij]e,poury être enterrez;
deforte qu'après
lesVespres l'on nevojoit
par toute la Ville, que
ides Enterremens & des
lamentations.
D'autres Lettres portent
que la principale
cause de ce grand accident,
dent, fut que les gens
qui étoient les pluséloi.
gnez de tabarrière, entendant
le grand bruit
qu'on y faisoit, au lieu
des'écarter pour donner
aux autres la facilité
d'ouvrir le passage,
s'avancerent tout à
coup, soit par la curiosité
desçavoir ce que c'était, soit par la
crainte qu'ils avoient
-
de ne pouvoir rentrer
dans la ville, ensorte
que ceux qui se trouvoienc
à la tête de cette
longue file, ne pouvant
avancer furent renversez;
queceuxquiétoient
les plus prés d'eux furent
en Incme temps
culbutez sureux, & sur
ceux-cy, ceux qui les
joignoient,ne pouvant
faire autre chose que de
monter sur ceux qui
étoient devant eux, par
l'imposibilité de résister
au poids qui les
pressoit par derriere >
qu'un Lieutenant Colonel
qui avoit misle
pistolet à la main pour
le faire faire jour au travers
de la foule, avoit
aussi été étouffé de même
que son cheval, Se
que l'on avoit trouvé
dans la riviere une lieuë
au-dessous duPont,plusieurs
personnes qui s'y
étoient jettées plûtost
que de le laisserécraser
contre le parapet.
Le Pont de la Guillotiere,
sur le Rhosne,
est basti degrosses pierres
de taille: il a cent
cinquante pas de longueursur
dix-neuf
grandes arches: Ily a
dans le milieu de ce
Pont une forte Tour
que l'on dit faire la réparation
du Lyonnois
& du Dauphiné, quoyque
le Faux-bourg de
la Guiilotiere
, qui est
au, bout de ce Pont,
prétende estreduLyonnoise
On garde ordinairement
les portes de
laVillede Lyon: mais
principalement celle
du Rhosne, comme
étant la plus proche des
Terres Etrangères.
ARRIVE' A LYON.
L'Accidentarrivé à
Lyon le onze Octobre
est si extraordinaire,
que l'on a crû en devoir
donner le récit
dans les mêmes termes
qu'il a esté envoyé par
un témoin oculaire.
De Lyon le 12. Octobre.
Hier Dimanche, onze
de ce mois, entre six &
sept heures du soir, cmi
centpersonnes furent
tuées oublessées sur le
Pont du "BJoone de la
Cuillotiere ; en voici le
sujet. Tous les ans lepeuplede
Lyon-va en dévotionà
une Eglise en Dlluphiné,
à une lieuë de la
Ville,sous l'invocation
desaint DenIs) dans la
Paroisse de Bron, & le
jour de la dévotion est
toujours le Dimanche qui
suitlejourde la fêtede
de ce Saint. Tout lepeuple
revenoit en soule, &
si pressé
, que depuis le
bout de la Guillotiere jusques
à la forte dela Ville
tout estoit plein&ferré
à ïexceZj. Lepont du
Rhône,comme voussçat¡;
ez. a une descente ajjez*
rapideauprès de la porte
qUI vienten Bellecourt,
cette foule de peuple à
l'endroit de cette descente
fut renversee&culbutée
demaniere que les dernierspoussant
lespremiers
ceux-cise monterent les
unssur les autres jusques
àla hauteur d'unpremier
étage,&s',é,.craso- ienttous
impitoyablement, en sortequ'on
tira lescorpsétous
se,souslapresseaunombre
de deux cent dix-huit
personnes quej'ay evues é.
tenduës le long du rampart
: les autres furent
emportez chezeux partie
mourans, (5 expirerent
peu de tempsaprés
vestrearrivez,plusieurs
vinrent finir leurvie
à l'Hôtel-Dieu, &plusieurs
enfin ont eeé blesfezj
,
meurtresou estropiez
: des familles entieresy
ontperi, peres, meres
fj) enfans. Des maris
y ont vu mourir leurs
femmes, des femmes y
ont vûécraser leursmaris
: Jugezcombien de
veuves, d'orphelins, en
un mot quelledesolation
Ifrmlna une journée qui
jusques-là avoit estési
bellei e5 où on s'efîoit bien
diverti.Vousestesenpeine
de sçavoir comment
arriva un accidentsisunefie
&si I*noü;>sIZ)OUS
allez.. l'apprendre.
Comme la nuit tomboit
lessoldats desportes
voulant rançonner les
gens qui se trouveroient
fermez hors de la Ville , tirerent la barrièredela
porte)(J) lessaisoient composer
pour entrer les uns
aprés les autres:cetteceremonie
donna le temps à
la foule du monde à se
presser encore davantage
à l'endroit du corps de
garde qui efi entre les
deuxportes,joint à ce qu'-
onsonnoit la retraitepour
faire avancer à grands
pas ceux qui estoient encore
au fauxbourg,& le
long des chemins:Voila
donc unepopulaceentasfée
au devant de cette
barriere
,
attendez un
moment, vous la verrez,
déboucher de la maniere
du monde laplussurprenante.
Un carosse venant
de Bellecour se presenta
àcettebarriere poursortir
la Ville ; les soldats
sont obligez, de leur donner
passagê, ft} pour cela
d'ouvrir ladite barriere;
toutaussitôt le peuple qui
est u" animal se jetta
avec tant d'impetuosité
pour profiter de cette ouruertur£,
& entrer plus
visse que leschevaux,
quinepouvantsoustenir
l'ffur; de la foule furent
renyerfezj dans le même
temps ; tout ce peuple ensemblese
jetta autravers
des chevaux, & en un
instant tout futconfondu,
hommes&femmes, ensans,
chevaux & caresse,
tout fut écrasé. Vous noterez,
qu'au dedans de
cette barriere étoientdeux
chaisesroulantes,des homme-
rà cheval
,
deschaises
àporteurs, 19 que le torrent
dela foulequipoussoit
toujours de dessus le
Pont,jointà l'avantage
que luy donnoit la descente
,que necessairement
les premiers furent obligez,
ase monter les uns
sur les autres à la hauteur
que je vouf aydit,
les chaises furent moulëes,
les chevaux étouffez^
avec les gens, non
sans avoir mordu &
rué de grands coups de
pieds, quifaisoientencore
plus tomber ceux quiestoient
contraints de s'en
approcher. Je vous laisse
à lueer quel désordre,
quels hurlemens, quels
hannissemens
, & quel
deuil afuivt cette trisse
scene.
Mais ce que v,ous admirerez,
encore davantage
eïl que ma soeur avec
une femme de chambre,
qui étoient allées àla
Guillotierre à pied pour
voirentrertoutcemonde,
eurent le bonheur dese
trouver prés de la barriere
lorsquonl'ouvrit pour
laiserpasser le carosse, &
quelles n'eurent que le
tems deseglisseràcoté du
carosie rerdans la
Ville, lorfàuuvinstant
aprèscemêmecarosse fut
renversé, & que to'4tle
fracas arriva ; la Maitrefft
du carofe estMadame
de Servien,&fut
traînéepar deuxsoldats
de la porte dans le Corps
de Garde: mais elle eut
lechagrin de voir perir
fon cocher, ses deux chevfaurx
,a&csoancajroiss.eetout
Des Chirurgiens acconrurent
à cet événement,
comme à lafindune bata
lie ; &entre autres
operations qu'ils eurent à
faire, celled'ouvrir les
femmes enceintes pour
en tirer les enfins fitpaslamoindre;pa,rmnye
tous ces morts il y a eu
,de bons Bourgeois, des
Marchands, despersonnes
aisées
,
des artisans3
.des valets & des sermantes.
Mr. le Prévost des,
Marchands> Mr. de
Vallorge Major de la
Ville,t0 Air.leProcureur
General, y accouturent,
ilsy ont passé
toute la nuit à faire ranger
les corpsmorts, à les
numérotersurlefront &
les marquerd'un cachet,
en même temps ils flisoientfaire
un pacquet de
leurs effets & de tout
-ce qui étoit sur eux
sujet àse perdre,&ma1--
quoient cepacquet du mê.
me numero rU du mème
cachet, afin que les Parens
pussent recevoir tout
ce qui pouvoit leur appartenir.
Le lendemain chacun
.a!la reconnoître les liens,
& ces Cadavres furent
emportez, chacun en sa
.P¿,roij]e,poury être enterrez;
deforte qu'après
lesVespres l'on nevojoit
par toute la Ville, que
ides Enterremens & des
lamentations.
D'autres Lettres portent
que la principale
cause de ce grand accident,
dent, fut que les gens
qui étoient les pluséloi.
gnez de tabarrière, entendant
le grand bruit
qu'on y faisoit, au lieu
des'écarter pour donner
aux autres la facilité
d'ouvrir le passage,
s'avancerent tout à
coup, soit par la curiosité
desçavoir ce que c'était, soit par la
crainte qu'ils avoient
-
de ne pouvoir rentrer
dans la ville, ensorte
que ceux qui se trouvoienc
à la tête de cette
longue file, ne pouvant
avancer furent renversez;
queceuxquiétoient
les plus prés d'eux furent
en Incme temps
culbutez sureux, & sur
ceux-cy, ceux qui les
joignoient,ne pouvant
faire autre chose que de
monter sur ceux qui
étoient devant eux, par
l'imposibilité de résister
au poids qui les
pressoit par derriere >
qu'un Lieutenant Colonel
qui avoit misle
pistolet à la main pour
le faire faire jour au travers
de la foule, avoit
aussi été étouffé de même
que son cheval, Se
que l'on avoit trouvé
dans la riviere une lieuë
au-dessous duPont,plusieurs
personnes qui s'y
étoient jettées plûtost
que de le laisserécraser
contre le parapet.
Le Pont de la Guillotiere,
sur le Rhosne,
est basti degrosses pierres
de taille: il a cent
cinquante pas de longueursur
dix-neuf
grandes arches: Ily a
dans le milieu de ce
Pont une forte Tour
que l'on dit faire la réparation
du Lyonnois
& du Dauphiné, quoyque
le Faux-bourg de
la Guiilotiere
, qui est
au, bout de ce Pont,
prétende estreduLyonnoise
On garde ordinairement
les portes de
laVillede Lyon: mais
principalement celle
du Rhosne, comme
étant la plus proche des
Terres Etrangères.
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Résumé : GRAND ACCIDENT ARRIVÉ A LYON
Le 11 octobre, un accident tragique s'est produit à Lyon sur le Pont de la Guillotière. Environ cent personnes ont été tuées ou blessées lors d'une procession de retour d'une dévotion à une église en Dauphiné. La foule, pressée de rentrer en ville, s'est amassée sur le pont, provoquant une bousculade meurtrière. Les derniers de la file ont poussé les premiers, entraînant une chute en cascade où les gens se sont écrasés les uns sur les autres. Les corps ont été retrouvés le long du rempart, et de nombreux blessés ont été transportés à l'Hôtel-Dieu. Des familles entières ont été décimées, laissant de nombreux veufs et orphelins. L'accident a été exacerbé par l'ouverture de la barrière de la porte pour laisser passer un carrosse, permettant à la foule de se précipiter en avant. La descente rapide du pont et la pression de la foule ont contribué à la tragédie. Des chirurgiens ont dû intervenir pour des opérations d'urgence, y compris l'extraction d'enfants de femmes enceintes. Les autorités, dont le Prévôt des Marchands, le Major de la Ville et le Procureur Général, ont passé la nuit à organiser les corps et à récupérer les effets personnels des victimes. Le lendemain, les corps ont été identifiés et enterrés, et la ville était en deuil. D'autres rapports indiquent que la curiosité et la peur des retardataires ont également contribué à l'accident. Le Pont de la Guillotière, long de cent cinquante pas et composé de dix-neuf arches, est un point stratégique de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 65-72
Sur un Fœtus.
Début :
J'ai vû ce qu'on appelle voir ; j'ai vû [...]
Mots clefs :
Fœtus, Cadavre, Eau de vie, Chirurgiens, Baptême
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texteReconnaissance textuelle : Sur un Fœtus.
Sur un Foetus. 1
J'ai vû ce qu'on appelle
voir; j'ai vû de mes yeux le
cadavre d'un jeune enfanr,
qu'on dit âgé de 3. mois. Il
est enfermé dans une petite
bouteille de verre pleine
d'eau de vie. On ajoûte
qu'aprés avoir été ondoyé,
il a encore vécuune demiheure
, & qu'au premier
jour on doit l'enterrer en
terre fainte.
La petitesse de ce corps
mesurprend
;
il n'a pas plus
de huit lignes de long, sur
trois ou quatre de large; cependant
il a tous les traits
d'homme, & les membres
formez & organisez, une
tête, desbras, des mains,
un ventre, un estomach,
des cuisses
,
des jambes &
des pieds;ondistingue même
son sexe,c'etungarçon.
Une femme malade à
l'Hôtel-Dieu de Rouën il y
a environ trois semaines
sentit de terribles coliques;,
& comme elle se croyoit
grosse, elle pria la Religieuse
qui avoit foin d'elle,
de prendre garde à elle.Enfin
elle jette l'enfant,on le
dévelope, & on l'ondoye
sur lecham p. f
Les Chirurgiens croyent
que la petitesse du corps de
cet enfant vient du peu
de nourriture qu'il prenoit
dans le sein de sa mere.
On m'a dit autrefois que
Henry II. Duc deLongueville,
n'avoir pas six pouces
de long quand ilvint au
mande hors terme en 1595.
qu'on le mit dans une petite
boete pleine de coton,Club-,
on portoit dans la poche. Il
n'a pas laissé de croître du-'
ne grandeur de corps ordinaire,
& de vivre 68. ans.
On dit la même chose de
M. d'Acqueville, Conseiller
au Parlement de Rouen,
& vivant encore.
Pour moy j'aurois fait
quelque difficulté pour baptiser
cet enfant: il semble
que l'ame de l'homme ne
peut entrer que dans un
corps d'une certaine étendue
de matiere proportioncnoéerpsà
son espece. Or un
de deux tiers de pouce
n'a. aucune proportion a
-r
l'étendue de la matière du
corps humain.
Mais, dit on, on l'a vû
remuer. J'ai peu de foy à ce
pretendu remuement ,
je
voudrois l'avoir vû pour le
croire; d'ailleurs on sçait
que le mouvement est naturel
& ordinaire à toutes
les matieres gluantes, qui
sortent d'un lieu chaud &
humide, & vivant:mais
ces matieres remuantes ne
sont pas pour cela animé,
es. -
Mais supposé que ce petit
corps eût pris nourriturc,
& qu'il se fût augmenté
des deux tiers, il
n'auroit eu que deux pouces
à sa naissance. Comme
donc l'étendue du corps
d'un enfant naissant est la
mesure de la moitié de sa
grandeur future, celui- ci
n'auroit donc eu au plus
que quatre pouces, c'est
à dire un tiers de pied. On
l'auroit donc écrasé fous
les pieds, & les petits chiens
auroient insulté ce pigmée
d'homme
,
lui qui cH né
le maître des animaux les
plus grands & les plus fiers.
--
J'ai obiervé que ce petit
corps est étendu tout
de son long, & couché
sur le dos, qu'il presente
toujourssonvisage à ceux
qui le regardent de haut
en bas, & le dos à ceux
qui le regardent de bas en
haut; qu'il ne s'éleve point
dans l'eau, quelque secousse
qu'on lui donne,
& qu'il n'y change point
de posture qu'ilsetrouve
toujours dans les flancs
de la bouteille, dont le
milieu du fonds est plus
élevé que les flancs, qui
- font comme creux dans
leur circonférence.
J'ai encore.observé que
l'eau de vie a perdu sa netteté
& sa pureté, qu'elle
cft d'une couleur rousseâtre.
J'ai vû ce qu'on appelle
voir; j'ai vû de mes yeux le
cadavre d'un jeune enfanr,
qu'on dit âgé de 3. mois. Il
est enfermé dans une petite
bouteille de verre pleine
d'eau de vie. On ajoûte
qu'aprés avoir été ondoyé,
il a encore vécuune demiheure
, & qu'au premier
jour on doit l'enterrer en
terre fainte.
La petitesse de ce corps
mesurprend
;
il n'a pas plus
de huit lignes de long, sur
trois ou quatre de large; cependant
il a tous les traits
d'homme, & les membres
formez & organisez, une
tête, desbras, des mains,
un ventre, un estomach,
des cuisses
,
des jambes &
des pieds;ondistingue même
son sexe,c'etungarçon.
Une femme malade à
l'Hôtel-Dieu de Rouën il y
a environ trois semaines
sentit de terribles coliques;,
& comme elle se croyoit
grosse, elle pria la Religieuse
qui avoit foin d'elle,
de prendre garde à elle.Enfin
elle jette l'enfant,on le
dévelope, & on l'ondoye
sur lecham p. f
Les Chirurgiens croyent
que la petitesse du corps de
cet enfant vient du peu
de nourriture qu'il prenoit
dans le sein de sa mere.
On m'a dit autrefois que
Henry II. Duc deLongueville,
n'avoir pas six pouces
de long quand ilvint au
mande hors terme en 1595.
qu'on le mit dans une petite
boete pleine de coton,Club-,
on portoit dans la poche. Il
n'a pas laissé de croître du-'
ne grandeur de corps ordinaire,
& de vivre 68. ans.
On dit la même chose de
M. d'Acqueville, Conseiller
au Parlement de Rouen,
& vivant encore.
Pour moy j'aurois fait
quelque difficulté pour baptiser
cet enfant: il semble
que l'ame de l'homme ne
peut entrer que dans un
corps d'une certaine étendue
de matiere proportioncnoéerpsà
son espece. Or un
de deux tiers de pouce
n'a. aucune proportion a
-r
l'étendue de la matière du
corps humain.
Mais, dit on, on l'a vû
remuer. J'ai peu de foy à ce
pretendu remuement ,
je
voudrois l'avoir vû pour le
croire; d'ailleurs on sçait
que le mouvement est naturel
& ordinaire à toutes
les matieres gluantes, qui
sortent d'un lieu chaud &
humide, & vivant:mais
ces matieres remuantes ne
sont pas pour cela animé,
es. -
Mais supposé que ce petit
corps eût pris nourriturc,
& qu'il se fût augmenté
des deux tiers, il
n'auroit eu que deux pouces
à sa naissance. Comme
donc l'étendue du corps
d'un enfant naissant est la
mesure de la moitié de sa
grandeur future, celui- ci
n'auroit donc eu au plus
que quatre pouces, c'est
à dire un tiers de pied. On
l'auroit donc écrasé fous
les pieds, & les petits chiens
auroient insulté ce pigmée
d'homme
,
lui qui cH né
le maître des animaux les
plus grands & les plus fiers.
--
J'ai obiervé que ce petit
corps est étendu tout
de son long, & couché
sur le dos, qu'il presente
toujourssonvisage à ceux
qui le regardent de haut
en bas, & le dos à ceux
qui le regardent de bas en
haut; qu'il ne s'éleve point
dans l'eau, quelque secousse
qu'on lui donne,
& qu'il n'y change point
de posture qu'ilsetrouve
toujours dans les flancs
de la bouteille, dont le
milieu du fonds est plus
élevé que les flancs, qui
- font comme creux dans
leur circonférence.
J'ai encore.observé que
l'eau de vie a perdu sa netteté
& sa pureté, qu'elle
cft d'une couleur rousseâtre.
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Résumé : Sur un Fœtus.
Le texte décrit l'observation d'un fœtus de trois mois conservé dans une bouteille d'eau-de-vie. Ce fœtus, mesurant environ huit lignes de long sur trois ou quatre de large, présente tous les traits humains, y compris les membres et les organes. Il a été ondoyé après sa naissance et a vécu une demi-heure. Sa petite taille est attribuée à un manque de nourriture dans le sein maternel. Une femme à l'Hôtel-Dieu de Rouen a accouché prématurément de cet enfant après avoir ressenti des coliques. Le texte mentionne des cas similaires, comme ceux d'Henri II, Duc de Longueville, et de M. d'Acqueville, qui étaient de petite taille à la naissance mais ont atteint une taille normale. L'auteur exprime des doutes sur la viabilité et l'animation de ce fœtus, remettant en question la possibilité que l'âme puisse habiter un corps aussi petit. Il observe également que l'eau-de-vie a perdu sa clarté et sa pureté, prenant une couleur rousseâtre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1453-1469
EXTRAIT de la Dissertation sur la Taille par l'appareil Lateral, luë par M. Morand à la rentrée publique de l'Académie Royale des Sciences d'aprés Pâques.
Début :
Nous avons donné dans le Mercure du mois de Decembre 1729. une [...]
Mots clefs :
Londres, Cadavres, Chirurgiens, Guérison, Opérations, Méthodes, Incision, Observation, Vessie, Gangrène
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la Dissertation sur la Taille par l'appareil Lateral, luë par M. Morand à la rentrée publique de l'Académie Royale des Sciences d'aprés Pâques.
EXTRAIT de la Dissertation sur la
Taille
par l'appareil Lateral, luë par M.
Morand à la rentrée publique de l'Aca
démie Royale des Sciences d'aprés Pâques .
hhhhhhhh
N
Ous avons donné dans le Mercure
du mois de Decembre 1729. une
Lettre de M. Morand , dans laquelle il
expose les motifs de son Voyage à Lon
dres , et se déclare Partisan de la Taille
Laterale qu'il a vû pratiquer par M. Che
selden , cèlebre Chirurgien Anglois. M.
Morand ayant fait sur les Cadavres tou
tes les expériences nécessaires , pour exa
miner à fond cette Operation sur les
notions que les Conferences qu'il avoit
eûes avec M. Cheselden , et que ses
lettres lui avoient données ; il la pro
que
posa à M. Maréchal premier Chirurgien
du Roy. Sous ses yeux et en présence
de plusieurs Académiciens , Medecins ,
et Chirurgiens , cette Operation se fit
l'année derniere à Paris avec grand suc
cès , et nous en avons rendus compte
dans le Mercure du mois d'Aoust 1730.
de quinze Malades taillées à l'appareil La
teral par M. Morand et Perchet , douze
II. Vol. étoient
1454 MER CURE DE FRANCE
étoient gueris , M. le Muet étoit en voye
de guérison , et a été parfaitement guéri .
Depuis ce temps là M. Perchet en a taillé
un à Louviers , et l'a bien guéri ; de sorte
que voilà seize Operations bien avérées
dont quatorze ont réussies tout au mieux ,
il n'est mort que deux personnes , et des
quatorze guéris , il y avoit quatre sujets
en trés mauvais état , lorsqu'ils furent
taillés. M. Maréchal fut si content de
ces Operations qu'il écrivit à M. Morand
de venir à Marly , afin de le présenter à
son Eminence M. le Cardinal de Fleury ,
2
qui les pierres furent montrées , et qui
exorta M. Morand à continuer.
En 1729. M. Morand avoit lû à l'Aca
démie les lettres de M. Cheselden
dans lesquelles il détailloit sa Methode
et répondoit à toutes les difficultés qu'ont
lui avoit faites . En 1730. M. Cheselden
a publié lui même sa Methode dans une
petite Dissertation en Anglois , dans la
quelle il nous apprend qu'aprés avoir
essayé toutes les Methodes de la Taille,
et les avoir comparées , il s'est dévoué
toujours à celle- cy, qu'il a reconnu la meil
feure. La voici rapportée par lui - même .
pour
Je lie le Malade comme au grand appa
reil , aprés l'avoir couché sur une Table ho
risontale de la hauteur de trois pieds , ayant
ر ا
IL. Vol. seulement:
JUIN. 1731. 455
seulement laTête un peu élevée,jefais d'abord
une incision aux tegumens , aussi longue qu'il
est possible , en commençant prés l'endroit
où elle finit au grand appareil , je continue
de couper de haut en bas , inter musculos.
acceleratorem urinæ et erectorem penis ,
et à côté de l'intestin Rectum , je tâte ensuite
pour trouver la sonde sur laquelle je coupe.
le long de laglande Prostate , en continuant
jusqu'à la véssie et assuje tissant le Rectum en
bas pendant tout le temps de l'Operation, avec
un ou deux doigts de la main gauche le
reste comme dans l'ancienne Méthode &c.
Dans la Dissertation lüe par M. Mo
rand à l'Académie , il ajoute à cette Des
cription donnée par M. Cheselden quel
ques particularités qui sont dans ses let
tres écrites pour l'Académie , il cite la
sçavante These de M. Falconet , au sujet
des raisons de préferer l'appareil Lateral.
au grand , il ajoute à ces motifs de pré
ference
, que le manuel de cette. Opera
tion lui a paru plus facile et plus sur ,
que dans l'appareil Lateral on coupe
certaines parties qu'on déchire dans le
grand ; qu'enfin ceux qui en ont été
guéris , n'ont eu de reste , ni fistule , ni
incontinence d'urine , et s'engage de faire.
voir les avantages de cette Operation dans
un Traité qu'il donnera exprés sur cette
matiere, Ensuite
1456 MERCURE DE FRANCE
Ensuite il donne à l'Académie quel
ques observations qui regardent la partie
Historique de cette Opération . Dans la
premiere est contenue presque toute la
vie de Frere Jacques , que M. Morand
a suivi par tout par ses Récherches ; ce
sont ces mêmes Récherches qui lui ont
fait voir , pour ainsi dire , deux Freres
Jacques ; à ne le connoître que sur le rap
port de M. Mery , son Operation est in
certaine , et il faut la répudier , ce sont
les mots de M. Morand même dans sa
lettre du Mercure de Decembre 1629 .
mais M. Morand a eu le bonheur de dé
couvrir deux Pieces fugitives sur l'Ope
ration de Frere Jacques que deux de
ses Confreres se sont fait un plaisir de
lui communiquer. L'une est un Ma
nuscrit de M. Hunaud , celebre Me
decin d'Angers , qui avoit vû tailler le
Frere Jacques à Angers , et qui avoit
pris la plume pour le déffendre contre
M. Mery ; l'autre est un Ouvrage de Fre
re Jacques même imprimé en 7. à 8. pag.
et dont les exemplaires sont devenus fort
rares. Dans ces deux ouvrages , l'incision
de Frere Jacques est nettement détermi
née il y est bien positivement énoncé
que Frere Jacques avoit rectifié son Opé
ration , substitué une sonde crénelée à
II. Vol. La
JUIN.
1457 1731 .
la sonde informe qu'il employoit d'abord ,
et trouvé le moyen de couper toujours le
col de laVessie. Voilà dans l'Histoire de F.
Jacques 2. Epoques bien differentes pour
son Operation , de laquelle nous serions de
meurés en possession sans nôtre vivacité.
La seconde Observation de M. Mo
rand' roule sur l'Operation de M. Rau ;
M. Morand pense que celle-cy est celle
de Frere Jacques rectifiée. 1 °. On ne
peut pas prouver le contraire , parceque
M. Rau ne donnoit point d'éclaircisse
ment de sa Méthode , que M. Rau est
mort en 1719. sans la publier luy-même ,
et qu'elle a été donnée par un autre Pro
fesseur , enfin qu'on ne voit nulle part ;
suivant la rémarque du Docteur Douglas ,
des Observations tirées de l'ouverture
des Cadavres. 2 °. On peut prouver que
cela est ainsi , parceque selon M. Albi
nus même , M. Rau et le Frere Jacques
faisoient tous deux l'incision dans le mê
me endroit, et que M.Rau ,pressé par ceux
qui l'interrogeoient sur son Operation ,
leur disoit , lisés Celse. Or il est facile
de prouver que Frere Jacques tailloit
par la Méthode de Celse.
La troisiéme Observation de M. Mo
rand est employée à expliquer cette es
pece
de Paradoxe sur la Méthode de Cel
II. Vol
se
4458 MERCURE DE FRANCE
se. M. Morand ne demande autre chose
pour cela , sinon qu'on lise avec atten
tion , et sans préjugé , le septiéme Livre
de cet Atiteur , Chap. 26. Sect. 2. on ver
ra que l'incision exterieure de Celse est
oblique et prés de l'Anus , et que l'inte
rieure interesse le col de la Vessie. Voilà
ce que fait l'appareil Lateral , et ce que ne
fait point le grand appareil. M. Morand
convient que cette Analogie a été apper
çue par M. Mery , M. Freind , M. Dou
glas , M. Falconet. Il résulteroit de-là
que l'appareil Lateral qui paroît une nou
velle Méthode seroit la plus ancienne.
M. Morand finit sa Dissertation en ré
capitulant les Opérations pratiquées par
cette Méthode depuis le mois de Mars
1727. jusqu'à la fin de 1730. Dans l'Ap
pendix de M. Cheselden , on lit les noms
de 46. Malades qu'il avoit taillés dans
l'Hôpital de S. Thomas , et dont il n'avoit
perdu que deux , M. Morand venoit de
récevoir la Liste posterieure à celle- cy ,
dans laquelle il y en a vingt de taillés ,
dont il n'est mort que deux : en la joignant
à la premiere Liste de M. Cheselden , et
à celle de M. Morand , il se trouve de
compte fait en Mars 173 1. quatre- vingt
deux personnes taillées par l'appareil La
teral , depuis Mars 1727. dont il n'est
II. Vol
mort
JUIN. 1731
1459
mort que fix , et soixante et seize ont été
parfaitement gueries , dont dix de diffe
rens âges , depuis 40. jusqu'à 67. ans.
Tels étoient les progrès de l'appareil
Lateral à Paris , lorsque M. Morand lût
sa Dissertation à l'Académie Royale des
Sciences. Depuis ce temps là , il a fair
cette Operation à M. de Janson et Du
blaisel qui sont morts six jours aprés
l'Operation. L'Ouverture de leur corps
a été faite , l'Académie Royale des Scien
ces a examiné les choses , Mrs. Chirac et
Maréchal ont vû ce qui concernoit M,
de Janson . Voici le rapport de ces deux
Ouvertures .
DETAIL de ce qui s'est trouvé à l'ou
verture de Mrs de Janson et du Blaisel.
Le 24. Avril 1731. Nous Docteurs en
Medecine , et Chirurgiens de Paris , nous
sommes transportés à neuf heures du soir
à l'Archevêché pour l'ouverture du corps
de Feu M. le Commandeur de Janson ,
mort ledit jour à neuf heures du matin
aprés avoir été taillé le Jeudi précedent
dix- neuf dudit mois et nous déclarons
avoir réconnu ce qui est détaillé à nôtre
present rapport par l'ouverture faite en
nôtre presence par M. Verdier , Chirur
ر
.
11. Vol.
gien
1460 MERCURE DE FRANCE
juré et DémonstrateurRoyal enAnatomie.
Le corps exposé sur une Table nous
n'avons vû aux parties voisines de la
playe , ni lividité , ni tension , en aucune
region du bas -ventre ni élevation ni gon
Alement , la région de la vessie étant au
contraire plate , enfoncée , et molete.
A l'ouverture du ventre il nous'a paru
à la premiere inspection qu'il n'y avoit ,
ni aux entrailles , ni à la vessie vers le
peritoine , ni au tissu cellulaire qui l'en
vironne , aucune Phlogose , inflammation,
ou marque de gangréne .
Les intestins étant ôtés du ventre , les
Reins ont été examinés , et on a trouvé
le droit diminué de la moitié de son vo
lume naturel , et sa substance glan
duleuse fondue , de sorte que l'on ne
distinguoit plus interieurement que les
sacs des entonnoirs qui étoient fort dila
tés aussi bien que les bassinets , et rem
plis d'une liqueur noire , puante , et mê
lée de quelques matieres glaireuses et
purulentes. L'uretere du même côté
dilaté depuis sa sortie du Rein jusqu'à
son insertion à la vessie , et étranglé en
quelques endroits par plusieurs infléxions
contre nature ; enfin sa trace le long du
muscle Psoas , marquée par une tache
livide et assés profonde dans la substance
II. Vol
de
JUIN. 1731. 1461
de ce muscle , dont le reste étoit de la
couleur et rougeur naturelle.
Le Rein gauche avoit les mêmes sin
gularités que le droit , mais il étoit plus
maigre et plus fondu , plein d'un pus trés
fætide , et d'un blanc sale. L'uretere de
ce côté étoit un peu moins malade que
l'autre.
La vessie nous parut s'élever assés haut
au dessus du Pubis , et sa consistence
étoit bien plus dure que dans l'état natu
rel , mais pour l'ouvrir dans toute son
étendue , et examiner plus scrupuleuse
ment toutes les parties du voisinage , et
de la dépendance de l'Operation , on a
ôté la vessie entiere avec le canal de l'ure
tre , le rectum , et la partie incisée par
la Taille.
Ensuite la vessie a été ouverte dans.
toute son étendue , depuis son fond jus
ques et au de-là de l'incision faite par la
Taille ; alors tout le corps de la vessie
nous ' a paru considerablement épaissi
on n'a trouvé dans sa cavité , ni pierre
ni fragment de celle qui avoit été tirée ,
il y avoit à la surface de sa tunique inter
ne plusieurs points blanchâtres et durs ,
quelques rugosités , mais aucun vestige
de contusion . Vers sa partie inferieure et
un peu plus du côté droit que
du gauche
,
II. Vol C IL
462 MERCURE DE FRANCE
3 il y avoit une tumeur carcinomateuse
fort dure , grosse comme un gros oeuf,
faisant corps avec la vessie même ,
aussi large par sa baze que par sa partie
saillante , et d'une étenduë assés grande
faire la vessie eut comme deux pour que
capacités , dont la plus grande étoit au
dessus du carcinôme. Prés de cette tu
meur , étoit une excroissance fongueuse
applatic , grosse et longue comme le petit
doigt , de la consistence du fongus qui
avoit été tiré avec la pierre , attaché par
un pedicule membraneux à la tunique
interne de la vessie , et flottante dans la
vessie , de façon qu'elle pouvoit tomber
dans l'incision .'
L'incision faite par la Taille étoit à la
fin de l'uretre et au cou de la vessie.
Mettant un doigt dans l'anus et un autre
dans l'incision ; on a vû que le rectum
n'avoit point été interessé, y ayant entre
deux une cloison fort épaisse : enfin en
examinant le trajet de l'incision-, nous
avons vû qu'il n'y avoit d'autre route
que celle qui conduisoit directement de
l'incision à la vessie , et qu'il n'y en avoit
point de fausse autour du rectum , ni
dans le tissu cellulaire des parties voisi
nes.
Comme nous reconnoissons dans le
II. Vel désordre
JUIN. 1731 . 146
désordre des parties dénommées au pre
sent rapport des causes de mort évidentes
et indépendentes de l'opération de la
Taille faite à M. le Commandeur de Jan
son , on n'a point fait l'ouverture de la
Poitrine ni de la Tête , et aucun de nous
ne l'a demandée. A Paris çe .27 . Avril
1731. et ont signés. Mrs. Winslow et Silva
Medecins , Guerin , Le Dran , Boudou ',
Pibrac , Morand , Verdier , Guerin fils
et Perchet , Chirurgiens .
L'Original a été remis à M. le Mar
quis de Janson , avec le dessein des parties
malades , qui ont été examinées dans une
sceance par l'Académie Royale des Scien
aussi bien celles dont est ques
tion dans le rapport suivant .
ces , que
Le Samedi 28. Avril 1731. nous Doc
teur en Medecine , et Chirurgiens de
Paris soussignés , nous sommes transpor
tés à l'Hôteld'Espagne, rue duColombier,
l'ouverture du corps de M.du Blai
sel , mort la nuit précedente, aprés avoir
été taillé le Lundi 23. dudit mois.
pour
A l'ouverture du bas- ventre , l'estomach
et les intestins ont paru dans leur état na
turel, les ayant écartés pour éxaminer la ré
gion de la vessie nous avons trouvé un
abscès considerable dans le tissu cellulaire
du peritoine entre l'endroit où l'uretere
>
I La Kol Cij gauche
3454 MERCURE DE FRANCE
gauche se jette dans la vessie et le lieu de
f'incision. La vessie ouverte depuis son
fond jusqu'au de - là de l'incision , elle
nous a paru saine ; mais à sa partie pos
terieure , et entre ses tuniques étoit un
sac plein d'un grand nombre de petites
pierres , et de ce sac il suintoit quelques
goutes de pus dans la vessie.
La supression totale des urines arrivée
la veille de sa mort ayant fait tourner
nos vûës vers les reins , nous avons trou
vé le rein droit en inflammation , et par
là augmenté considerablement du volu
me naturel ; de ce rein partoient deux
ureteres , dont les vaisseaux sanguins
étoient gonflés et en inflammation , ces
ureteres s'unissant ensemble à quelques
pouces de la vessie , n'avoient qu'une et
même insertion .
Au lieu du rein gauche qui étoit obli
teré, il y avoit une capsule membraneuse
avec deux ureteres, qui sans se confondre
alloient séparément à la vessie , l'un s'ou
vroit dans la vessie à l'ordinaire , l'autre
étoit bouché en haut par deux petites
pierres , et prés de la vessie par plusieurs
autres ; enfin au lieu de s'ouvrir dans la
vessie , il se terminoit dans le sac pierreux
qui étoit en suppuration .
Cette organisation particuliere nous
11. Val.
fair
JUIN.
1731. 1469
que
fait croire le rein droit étant attaqué
d'une inflammation qui a produit la ne
phretique , le gauche n'avoit pû supléer
à ses fonctions , puis qu'il n'y en avoit
point , de là la supression des urines , et
que
la même cause qui a formé dù pus
dans le sac pierreux , a pû donner lieu à
l'abscès du tissu cellulaire . A Paris ce 6 .
May 1731. et ont signés Sylva , Boudon ,
Verdier , Morand , Perchet.
LETTRE de M. Morand à M. de la R
' Ay l'honneur de vous envoyer,Mon
sieur, le rapport de l'ouverture de M.
de Janson, et j'execute les ordres positifs
que j'en ay reçû : ces Ordres sont si pré
cieux pour moi que je n'en puis retran
cher un mot , et je vous envoye en mê
me temps la Lettre de M. Mareschal qui
me les a signifiés .
· Je viens de rendre un compte exact de
votre Operation à son Eminence M. le Car
dinal , et des obstacles invincibles de
рои
voir guerir M. de Janson ; je lui ai ajouté
que vous aviés en raison de ne point tirer
la pierre , et que cet examen avoit étéfait en
presence de M. Chirac, cela lui a faitplaisir.
Son Eminence m'a dit qu'il falloit le dire
au Roy, ce que je feray ; la seconde chose
II. Vol.. Ciij que
1466 MERCURE DE FRANCE
que vous deviés en faire une Relation pré
cise et de tous les temoins , et en faire un
article dans les Nouvelles pour détromper
le Public. Voila ce que son Eminence m'a
dit, et je crois qu'elle pense juste . Je vous sa
lue & c. Mareschal. A Rambouillet le 25.
Avril 1731 .
Je vous envoye en même temps ,
Monsieur , la Rélation de l'ouverture de
M. du Blaisel , et je crois qu'avec ces deux.
Pieces il m'est permis de demander à
l'Auteur anonyme de la Lettre inserée
dans le Mercure de May , pag. 1135 .
raison des Réflexions qu'il a ajoutées au
détail des Operations de la Taille faites
à l'Hôpital de la Charité le 14. du mois.
passé.
Je n'avois pas plus promis cette année
cy que l'autre de faire la Taille par l'Ope
ration Laterale . L'Année derniere M ..
Mareschal trouva bon qu'on la fit , je l'ai
faite devant lui , et elle a reussi . Cette
année M. Mareschal a trouvé bon qu'on
ne fit
que le grand Appareil , j'en ai fait
deux , et j'ai gueri mes deux malades.
Ainsi cette année cy comme la précedente,,
j'ay obéi.
➤
Mais l'Anonyme avance que M. Ma
reschal qui connoit les inconveniens de l'ap
pareil Lateral , en disposa autrement , en
II. Vol. execu
JUIN. 1731. 1467
1
executant lui même,et faisant executer l'Opé
ration à la maniere ordinaire. Je demande
si l'Anonyme a ordre d'expliquer les mo
tifs de M. Mareschal , et pourquoy it
abuse gratuitement d'un nom si respec
table ; car personne ne peut connoître
les inconveniens de cette Opération .
que sur des éclaircissemens fournis par
la Theorie ou sur les faits de Pratique .
Sera-ce sur les éclaircissemens de Théorie?
M. Mareschal n'est pas encore determi
né , et M. le Comte de Broglio m'a fait
l'honneur de me dire que M. Mareschal
venoit de proposer plusieurs questions à
M. Cheselden , et qu'il a demandé qu'on
envoyât icy , s'il étoit possible , les Parties
de quelqu'un , mort aprés cette Opération .
Sera-ce sur les Faits de Pratique jusqu'à
l'Epoque deM . deJanson et du Blaisel De
Londres , M. Cheselden fournira le Mé
moire de soixante six Opérations dont
soixante -deux ont réussi à Paris il y en
a eu seize l'année passée , faites par M.
Perchet et moi , et quatorze malades ont
été gueris. Sera - ce sur l'Opération de
M. de Janson ? M. Mareschal m'or
donne lui-même de faire une Rélation
exacte de l'ouverture pour détromper
le Public. Sera-ce sur la Taille de M. du
Blaisel les singularitez qu'on voit dans
II. Vol.
C iiij l'ou
1468 MERCURE DE FRANCE
P'ouverture , pourroient seules justifier
l'Operation , qui d'ailleurs fut faite très
heureusement ; mais quand on suppo
seroit le contraire , il resteroit toujours
pour vrai , que nous en avons gueri
l'année passée quatorze de seize ; qui
sçait si quatorze taillés cette année à l'ap
pareil Lateral , immediatement aprés Mrs.
deJanson et du Blaisel , n'auroient pas été
gueris ? cela étoit aussi possible cette an
née-ci que l'autre. Sera-ce enfin sur les
réprésentations de quelques Chirurgiens
qui verroient avec peine les progrès de
cette Operation ? ceux qui sont à la tête
de la Chirurgie ne préfereront jamais l'in
terêt de quelques particuliers au bien
blic. Je conclus donc que l'Anonyme
a trés imprudemment compromis le nom
de M. Mareschal .
pu
C'est avec la même licence que l'Anony
me arrange la Chirurgie de l'Hôpital . Si
M. Mareschal avoit confié le soin de l'Hô
pital à M.Guerin le Pere , comme il le dit, je
ne jouirois point de la place de Chirurgien
en Chef, dont j'ai été pourvu sur la présen
tation de M.Mareschal , mais j'enjoüis com
me auparavant, et si je ne puis assurer que
j'aye merité les faveurs de M. Mares
chal , au moins puis- je assurer qu'il ne me
les a pas retiré.
II. Vol. L'Anonyme
JUIN. 1731 1469
L'Anonyme finit ses Reflexions en
'disant , que les Pauvres serviront d'instruc
tion aux éleves sans être leurs victimes. Si
cela roule sur la Taille Laterale , comme
il n'y a pas lieu d'en douter, c'est à vous ,
M. à me vanger de cette noirceur , en rap
pellant les Faits que vous avés imprimés
l'année derniere..
L'Anonyme auroit pû terminer sa nar
ration, en disant que M. Mareschal veut de
plus amples éclaircissemens sur l'Opera
tion Laterale. C'est faire l'Eloge de sa pru
dence ; mais nous ajoutons que quand l'ex
cellence de cette Opération sera bien prou
vée ,M. Mareschal toujours plein de zéle et
daffection pour les Pauvres , voudra non ṣeu
lementy être présent, mais la fera peut être lui
même. Je suis , Monsieur , Vôtre &c.
A Paris ce 10. Fuin . 1731.
Taille
par l'appareil Lateral, luë par M.
Morand à la rentrée publique de l'Aca
démie Royale des Sciences d'aprés Pâques .
hhhhhhhh
N
Ous avons donné dans le Mercure
du mois de Decembre 1729. une
Lettre de M. Morand , dans laquelle il
expose les motifs de son Voyage à Lon
dres , et se déclare Partisan de la Taille
Laterale qu'il a vû pratiquer par M. Che
selden , cèlebre Chirurgien Anglois. M.
Morand ayant fait sur les Cadavres tou
tes les expériences nécessaires , pour exa
miner à fond cette Operation sur les
notions que les Conferences qu'il avoit
eûes avec M. Cheselden , et que ses
lettres lui avoient données ; il la pro
que
posa à M. Maréchal premier Chirurgien
du Roy. Sous ses yeux et en présence
de plusieurs Académiciens , Medecins ,
et Chirurgiens , cette Operation se fit
l'année derniere à Paris avec grand suc
cès , et nous en avons rendus compte
dans le Mercure du mois d'Aoust 1730.
de quinze Malades taillées à l'appareil La
teral par M. Morand et Perchet , douze
II. Vol. étoient
1454 MER CURE DE FRANCE
étoient gueris , M. le Muet étoit en voye
de guérison , et a été parfaitement guéri .
Depuis ce temps là M. Perchet en a taillé
un à Louviers , et l'a bien guéri ; de sorte
que voilà seize Operations bien avérées
dont quatorze ont réussies tout au mieux ,
il n'est mort que deux personnes , et des
quatorze guéris , il y avoit quatre sujets
en trés mauvais état , lorsqu'ils furent
taillés. M. Maréchal fut si content de
ces Operations qu'il écrivit à M. Morand
de venir à Marly , afin de le présenter à
son Eminence M. le Cardinal de Fleury ,
2
qui les pierres furent montrées , et qui
exorta M. Morand à continuer.
En 1729. M. Morand avoit lû à l'Aca
démie les lettres de M. Cheselden
dans lesquelles il détailloit sa Methode
et répondoit à toutes les difficultés qu'ont
lui avoit faites . En 1730. M. Cheselden
a publié lui même sa Methode dans une
petite Dissertation en Anglois , dans la
quelle il nous apprend qu'aprés avoir
essayé toutes les Methodes de la Taille,
et les avoir comparées , il s'est dévoué
toujours à celle- cy, qu'il a reconnu la meil
feure. La voici rapportée par lui - même .
pour
Je lie le Malade comme au grand appa
reil , aprés l'avoir couché sur une Table ho
risontale de la hauteur de trois pieds , ayant
ر ا
IL. Vol. seulement:
JUIN. 1731. 455
seulement laTête un peu élevée,jefais d'abord
une incision aux tegumens , aussi longue qu'il
est possible , en commençant prés l'endroit
où elle finit au grand appareil , je continue
de couper de haut en bas , inter musculos.
acceleratorem urinæ et erectorem penis ,
et à côté de l'intestin Rectum , je tâte ensuite
pour trouver la sonde sur laquelle je coupe.
le long de laglande Prostate , en continuant
jusqu'à la véssie et assuje tissant le Rectum en
bas pendant tout le temps de l'Operation, avec
un ou deux doigts de la main gauche le
reste comme dans l'ancienne Méthode &c.
Dans la Dissertation lüe par M. Mo
rand à l'Académie , il ajoute à cette Des
cription donnée par M. Cheselden quel
ques particularités qui sont dans ses let
tres écrites pour l'Académie , il cite la
sçavante These de M. Falconet , au sujet
des raisons de préferer l'appareil Lateral.
au grand , il ajoute à ces motifs de pré
ference
, que le manuel de cette. Opera
tion lui a paru plus facile et plus sur ,
que dans l'appareil Lateral on coupe
certaines parties qu'on déchire dans le
grand ; qu'enfin ceux qui en ont été
guéris , n'ont eu de reste , ni fistule , ni
incontinence d'urine , et s'engage de faire.
voir les avantages de cette Operation dans
un Traité qu'il donnera exprés sur cette
matiere, Ensuite
1456 MERCURE DE FRANCE
Ensuite il donne à l'Académie quel
ques observations qui regardent la partie
Historique de cette Opération . Dans la
premiere est contenue presque toute la
vie de Frere Jacques , que M. Morand
a suivi par tout par ses Récherches ; ce
sont ces mêmes Récherches qui lui ont
fait voir , pour ainsi dire , deux Freres
Jacques ; à ne le connoître que sur le rap
port de M. Mery , son Operation est in
certaine , et il faut la répudier , ce sont
les mots de M. Morand même dans sa
lettre du Mercure de Decembre 1629 .
mais M. Morand a eu le bonheur de dé
couvrir deux Pieces fugitives sur l'Ope
ration de Frere Jacques que deux de
ses Confreres se sont fait un plaisir de
lui communiquer. L'une est un Ma
nuscrit de M. Hunaud , celebre Me
decin d'Angers , qui avoit vû tailler le
Frere Jacques à Angers , et qui avoit
pris la plume pour le déffendre contre
M. Mery ; l'autre est un Ouvrage de Fre
re Jacques même imprimé en 7. à 8. pag.
et dont les exemplaires sont devenus fort
rares. Dans ces deux ouvrages , l'incision
de Frere Jacques est nettement détermi
née il y est bien positivement énoncé
que Frere Jacques avoit rectifié son Opé
ration , substitué une sonde crénelée à
II. Vol. La
JUIN.
1457 1731 .
la sonde informe qu'il employoit d'abord ,
et trouvé le moyen de couper toujours le
col de laVessie. Voilà dans l'Histoire de F.
Jacques 2. Epoques bien differentes pour
son Operation , de laquelle nous serions de
meurés en possession sans nôtre vivacité.
La seconde Observation de M. Mo
rand' roule sur l'Operation de M. Rau ;
M. Morand pense que celle-cy est celle
de Frere Jacques rectifiée. 1 °. On ne
peut pas prouver le contraire , parceque
M. Rau ne donnoit point d'éclaircisse
ment de sa Méthode , que M. Rau est
mort en 1719. sans la publier luy-même ,
et qu'elle a été donnée par un autre Pro
fesseur , enfin qu'on ne voit nulle part ;
suivant la rémarque du Docteur Douglas ,
des Observations tirées de l'ouverture
des Cadavres. 2 °. On peut prouver que
cela est ainsi , parceque selon M. Albi
nus même , M. Rau et le Frere Jacques
faisoient tous deux l'incision dans le mê
me endroit, et que M.Rau ,pressé par ceux
qui l'interrogeoient sur son Operation ,
leur disoit , lisés Celse. Or il est facile
de prouver que Frere Jacques tailloit
par la Méthode de Celse.
La troisiéme Observation de M. Mo
rand est employée à expliquer cette es
pece
de Paradoxe sur la Méthode de Cel
II. Vol
se
4458 MERCURE DE FRANCE
se. M. Morand ne demande autre chose
pour cela , sinon qu'on lise avec atten
tion , et sans préjugé , le septiéme Livre
de cet Atiteur , Chap. 26. Sect. 2. on ver
ra que l'incision exterieure de Celse est
oblique et prés de l'Anus , et que l'inte
rieure interesse le col de la Vessie. Voilà
ce que fait l'appareil Lateral , et ce que ne
fait point le grand appareil. M. Morand
convient que cette Analogie a été apper
çue par M. Mery , M. Freind , M. Dou
glas , M. Falconet. Il résulteroit de-là
que l'appareil Lateral qui paroît une nou
velle Méthode seroit la plus ancienne.
M. Morand finit sa Dissertation en ré
capitulant les Opérations pratiquées par
cette Méthode depuis le mois de Mars
1727. jusqu'à la fin de 1730. Dans l'Ap
pendix de M. Cheselden , on lit les noms
de 46. Malades qu'il avoit taillés dans
l'Hôpital de S. Thomas , et dont il n'avoit
perdu que deux , M. Morand venoit de
récevoir la Liste posterieure à celle- cy ,
dans laquelle il y en a vingt de taillés ,
dont il n'est mort que deux : en la joignant
à la premiere Liste de M. Cheselden , et
à celle de M. Morand , il se trouve de
compte fait en Mars 173 1. quatre- vingt
deux personnes taillées par l'appareil La
teral , depuis Mars 1727. dont il n'est
II. Vol
mort
JUIN. 1731
1459
mort que fix , et soixante et seize ont été
parfaitement gueries , dont dix de diffe
rens âges , depuis 40. jusqu'à 67. ans.
Tels étoient les progrès de l'appareil
Lateral à Paris , lorsque M. Morand lût
sa Dissertation à l'Académie Royale des
Sciences. Depuis ce temps là , il a fair
cette Operation à M. de Janson et Du
blaisel qui sont morts six jours aprés
l'Operation. L'Ouverture de leur corps
a été faite , l'Académie Royale des Scien
ces a examiné les choses , Mrs. Chirac et
Maréchal ont vû ce qui concernoit M,
de Janson . Voici le rapport de ces deux
Ouvertures .
DETAIL de ce qui s'est trouvé à l'ou
verture de Mrs de Janson et du Blaisel.
Le 24. Avril 1731. Nous Docteurs en
Medecine , et Chirurgiens de Paris , nous
sommes transportés à neuf heures du soir
à l'Archevêché pour l'ouverture du corps
de Feu M. le Commandeur de Janson ,
mort ledit jour à neuf heures du matin
aprés avoir été taillé le Jeudi précedent
dix- neuf dudit mois et nous déclarons
avoir réconnu ce qui est détaillé à nôtre
present rapport par l'ouverture faite en
nôtre presence par M. Verdier , Chirur
ر
.
11. Vol.
gien
1460 MERCURE DE FRANCE
juré et DémonstrateurRoyal enAnatomie.
Le corps exposé sur une Table nous
n'avons vû aux parties voisines de la
playe , ni lividité , ni tension , en aucune
region du bas -ventre ni élevation ni gon
Alement , la région de la vessie étant au
contraire plate , enfoncée , et molete.
A l'ouverture du ventre il nous'a paru
à la premiere inspection qu'il n'y avoit ,
ni aux entrailles , ni à la vessie vers le
peritoine , ni au tissu cellulaire qui l'en
vironne , aucune Phlogose , inflammation,
ou marque de gangréne .
Les intestins étant ôtés du ventre , les
Reins ont été examinés , et on a trouvé
le droit diminué de la moitié de son vo
lume naturel , et sa substance glan
duleuse fondue , de sorte que l'on ne
distinguoit plus interieurement que les
sacs des entonnoirs qui étoient fort dila
tés aussi bien que les bassinets , et rem
plis d'une liqueur noire , puante , et mê
lée de quelques matieres glaireuses et
purulentes. L'uretere du même côté
dilaté depuis sa sortie du Rein jusqu'à
son insertion à la vessie , et étranglé en
quelques endroits par plusieurs infléxions
contre nature ; enfin sa trace le long du
muscle Psoas , marquée par une tache
livide et assés profonde dans la substance
II. Vol
de
JUIN. 1731. 1461
de ce muscle , dont le reste étoit de la
couleur et rougeur naturelle.
Le Rein gauche avoit les mêmes sin
gularités que le droit , mais il étoit plus
maigre et plus fondu , plein d'un pus trés
fætide , et d'un blanc sale. L'uretere de
ce côté étoit un peu moins malade que
l'autre.
La vessie nous parut s'élever assés haut
au dessus du Pubis , et sa consistence
étoit bien plus dure que dans l'état natu
rel , mais pour l'ouvrir dans toute son
étendue , et examiner plus scrupuleuse
ment toutes les parties du voisinage , et
de la dépendance de l'Operation , on a
ôté la vessie entiere avec le canal de l'ure
tre , le rectum , et la partie incisée par
la Taille.
Ensuite la vessie a été ouverte dans.
toute son étendue , depuis son fond jus
ques et au de-là de l'incision faite par la
Taille ; alors tout le corps de la vessie
nous ' a paru considerablement épaissi
on n'a trouvé dans sa cavité , ni pierre
ni fragment de celle qui avoit été tirée ,
il y avoit à la surface de sa tunique inter
ne plusieurs points blanchâtres et durs ,
quelques rugosités , mais aucun vestige
de contusion . Vers sa partie inferieure et
un peu plus du côté droit que
du gauche
,
II. Vol C IL
462 MERCURE DE FRANCE
3 il y avoit une tumeur carcinomateuse
fort dure , grosse comme un gros oeuf,
faisant corps avec la vessie même ,
aussi large par sa baze que par sa partie
saillante , et d'une étenduë assés grande
faire la vessie eut comme deux pour que
capacités , dont la plus grande étoit au
dessus du carcinôme. Prés de cette tu
meur , étoit une excroissance fongueuse
applatic , grosse et longue comme le petit
doigt , de la consistence du fongus qui
avoit été tiré avec la pierre , attaché par
un pedicule membraneux à la tunique
interne de la vessie , et flottante dans la
vessie , de façon qu'elle pouvoit tomber
dans l'incision .'
L'incision faite par la Taille étoit à la
fin de l'uretre et au cou de la vessie.
Mettant un doigt dans l'anus et un autre
dans l'incision ; on a vû que le rectum
n'avoit point été interessé, y ayant entre
deux une cloison fort épaisse : enfin en
examinant le trajet de l'incision-, nous
avons vû qu'il n'y avoit d'autre route
que celle qui conduisoit directement de
l'incision à la vessie , et qu'il n'y en avoit
point de fausse autour du rectum , ni
dans le tissu cellulaire des parties voisi
nes.
Comme nous reconnoissons dans le
II. Vel désordre
JUIN. 1731 . 146
désordre des parties dénommées au pre
sent rapport des causes de mort évidentes
et indépendentes de l'opération de la
Taille faite à M. le Commandeur de Jan
son , on n'a point fait l'ouverture de la
Poitrine ni de la Tête , et aucun de nous
ne l'a demandée. A Paris çe .27 . Avril
1731. et ont signés. Mrs. Winslow et Silva
Medecins , Guerin , Le Dran , Boudou ',
Pibrac , Morand , Verdier , Guerin fils
et Perchet , Chirurgiens .
L'Original a été remis à M. le Mar
quis de Janson , avec le dessein des parties
malades , qui ont été examinées dans une
sceance par l'Académie Royale des Scien
aussi bien celles dont est ques
tion dans le rapport suivant .
ces , que
Le Samedi 28. Avril 1731. nous Doc
teur en Medecine , et Chirurgiens de
Paris soussignés , nous sommes transpor
tés à l'Hôteld'Espagne, rue duColombier,
l'ouverture du corps de M.du Blai
sel , mort la nuit précedente, aprés avoir
été taillé le Lundi 23. dudit mois.
pour
A l'ouverture du bas- ventre , l'estomach
et les intestins ont paru dans leur état na
turel, les ayant écartés pour éxaminer la ré
gion de la vessie nous avons trouvé un
abscès considerable dans le tissu cellulaire
du peritoine entre l'endroit où l'uretere
>
I La Kol Cij gauche
3454 MERCURE DE FRANCE
gauche se jette dans la vessie et le lieu de
f'incision. La vessie ouverte depuis son
fond jusqu'au de - là de l'incision , elle
nous a paru saine ; mais à sa partie pos
terieure , et entre ses tuniques étoit un
sac plein d'un grand nombre de petites
pierres , et de ce sac il suintoit quelques
goutes de pus dans la vessie.
La supression totale des urines arrivée
la veille de sa mort ayant fait tourner
nos vûës vers les reins , nous avons trou
vé le rein droit en inflammation , et par
là augmenté considerablement du volu
me naturel ; de ce rein partoient deux
ureteres , dont les vaisseaux sanguins
étoient gonflés et en inflammation , ces
ureteres s'unissant ensemble à quelques
pouces de la vessie , n'avoient qu'une et
même insertion .
Au lieu du rein gauche qui étoit obli
teré, il y avoit une capsule membraneuse
avec deux ureteres, qui sans se confondre
alloient séparément à la vessie , l'un s'ou
vroit dans la vessie à l'ordinaire , l'autre
étoit bouché en haut par deux petites
pierres , et prés de la vessie par plusieurs
autres ; enfin au lieu de s'ouvrir dans la
vessie , il se terminoit dans le sac pierreux
qui étoit en suppuration .
Cette organisation particuliere nous
11. Val.
fair
JUIN.
1731. 1469
que
fait croire le rein droit étant attaqué
d'une inflammation qui a produit la ne
phretique , le gauche n'avoit pû supléer
à ses fonctions , puis qu'il n'y en avoit
point , de là la supression des urines , et
que
la même cause qui a formé dù pus
dans le sac pierreux , a pû donner lieu à
l'abscès du tissu cellulaire . A Paris ce 6 .
May 1731. et ont signés Sylva , Boudon ,
Verdier , Morand , Perchet.
LETTRE de M. Morand à M. de la R
' Ay l'honneur de vous envoyer,Mon
sieur, le rapport de l'ouverture de M.
de Janson, et j'execute les ordres positifs
que j'en ay reçû : ces Ordres sont si pré
cieux pour moi que je n'en puis retran
cher un mot , et je vous envoye en mê
me temps la Lettre de M. Mareschal qui
me les a signifiés .
· Je viens de rendre un compte exact de
votre Operation à son Eminence M. le Car
dinal , et des obstacles invincibles de
рои
voir guerir M. de Janson ; je lui ai ajouté
que vous aviés en raison de ne point tirer
la pierre , et que cet examen avoit étéfait en
presence de M. Chirac, cela lui a faitplaisir.
Son Eminence m'a dit qu'il falloit le dire
au Roy, ce que je feray ; la seconde chose
II. Vol.. Ciij que
1466 MERCURE DE FRANCE
que vous deviés en faire une Relation pré
cise et de tous les temoins , et en faire un
article dans les Nouvelles pour détromper
le Public. Voila ce que son Eminence m'a
dit, et je crois qu'elle pense juste . Je vous sa
lue & c. Mareschal. A Rambouillet le 25.
Avril 1731 .
Je vous envoye en même temps ,
Monsieur , la Rélation de l'ouverture de
M. du Blaisel , et je crois qu'avec ces deux.
Pieces il m'est permis de demander à
l'Auteur anonyme de la Lettre inserée
dans le Mercure de May , pag. 1135 .
raison des Réflexions qu'il a ajoutées au
détail des Operations de la Taille faites
à l'Hôpital de la Charité le 14. du mois.
passé.
Je n'avois pas plus promis cette année
cy que l'autre de faire la Taille par l'Ope
ration Laterale . L'Année derniere M ..
Mareschal trouva bon qu'on la fit , je l'ai
faite devant lui , et elle a reussi . Cette
année M. Mareschal a trouvé bon qu'on
ne fit
que le grand Appareil , j'en ai fait
deux , et j'ai gueri mes deux malades.
Ainsi cette année cy comme la précedente,,
j'ay obéi.
➤
Mais l'Anonyme avance que M. Ma
reschal qui connoit les inconveniens de l'ap
pareil Lateral , en disposa autrement , en
II. Vol. execu
JUIN. 1731. 1467
1
executant lui même,et faisant executer l'Opé
ration à la maniere ordinaire. Je demande
si l'Anonyme a ordre d'expliquer les mo
tifs de M. Mareschal , et pourquoy it
abuse gratuitement d'un nom si respec
table ; car personne ne peut connoître
les inconveniens de cette Opération .
que sur des éclaircissemens fournis par
la Theorie ou sur les faits de Pratique .
Sera-ce sur les éclaircissemens de Théorie?
M. Mareschal n'est pas encore determi
né , et M. le Comte de Broglio m'a fait
l'honneur de me dire que M. Mareschal
venoit de proposer plusieurs questions à
M. Cheselden , et qu'il a demandé qu'on
envoyât icy , s'il étoit possible , les Parties
de quelqu'un , mort aprés cette Opération .
Sera-ce sur les Faits de Pratique jusqu'à
l'Epoque deM . deJanson et du Blaisel De
Londres , M. Cheselden fournira le Mé
moire de soixante six Opérations dont
soixante -deux ont réussi à Paris il y en
a eu seize l'année passée , faites par M.
Perchet et moi , et quatorze malades ont
été gueris. Sera - ce sur l'Opération de
M. de Janson ? M. Mareschal m'or
donne lui-même de faire une Rélation
exacte de l'ouverture pour détromper
le Public. Sera-ce sur la Taille de M. du
Blaisel les singularitez qu'on voit dans
II. Vol.
C iiij l'ou
1468 MERCURE DE FRANCE
P'ouverture , pourroient seules justifier
l'Operation , qui d'ailleurs fut faite très
heureusement ; mais quand on suppo
seroit le contraire , il resteroit toujours
pour vrai , que nous en avons gueri
l'année passée quatorze de seize ; qui
sçait si quatorze taillés cette année à l'ap
pareil Lateral , immediatement aprés Mrs.
deJanson et du Blaisel , n'auroient pas été
gueris ? cela étoit aussi possible cette an
née-ci que l'autre. Sera-ce enfin sur les
réprésentations de quelques Chirurgiens
qui verroient avec peine les progrès de
cette Operation ? ceux qui sont à la tête
de la Chirurgie ne préfereront jamais l'in
terêt de quelques particuliers au bien
blic. Je conclus donc que l'Anonyme
a trés imprudemment compromis le nom
de M. Mareschal .
pu
C'est avec la même licence que l'Anony
me arrange la Chirurgie de l'Hôpital . Si
M. Mareschal avoit confié le soin de l'Hô
pital à M.Guerin le Pere , comme il le dit, je
ne jouirois point de la place de Chirurgien
en Chef, dont j'ai été pourvu sur la présen
tation de M.Mareschal , mais j'enjoüis com
me auparavant, et si je ne puis assurer que
j'aye merité les faveurs de M. Mares
chal , au moins puis- je assurer qu'il ne me
les a pas retiré.
II. Vol. L'Anonyme
JUIN. 1731 1469
L'Anonyme finit ses Reflexions en
'disant , que les Pauvres serviront d'instruc
tion aux éleves sans être leurs victimes. Si
cela roule sur la Taille Laterale , comme
il n'y a pas lieu d'en douter, c'est à vous ,
M. à me vanger de cette noirceur , en rap
pellant les Faits que vous avés imprimés
l'année derniere..
L'Anonyme auroit pû terminer sa nar
ration, en disant que M. Mareschal veut de
plus amples éclaircissemens sur l'Opera
tion Laterale. C'est faire l'Eloge de sa pru
dence ; mais nous ajoutons que quand l'ex
cellence de cette Opération sera bien prou
vée ,M. Mareschal toujours plein de zéle et
daffection pour les Pauvres , voudra non ṣeu
lementy être présent, mais la fera peut être lui
même. Je suis , Monsieur , Vôtre &c.
A Paris ce 10. Fuin . 1731.
Fermer
Résumé : EXTRAIT de la Dissertation sur la Taille par l'appareil Lateral, luë par M. Morand à la rentrée publique de l'Académie Royale des Sciences d'aprés Pâques.
En 1729, M. Morand a présenté à l'Académie Royale des Sciences une méthode de taille latérale inspirée par les travaux du chirurgien anglais M. Cheselden. Après des expériences sur des cadavres, M. Morand a réalisé cette opération à Paris avec succès, sous la supervision de M. Maréchal, premier chirurgien du roi, et en présence de plusieurs académiciens, médecins et chirurgiens. En 1730, sur quinze malades opérés par M. Morand et Perchet, douze ont été guéris et deux autres étaient en voie de guérison. M. Cheselden a publié sa méthode en 1730, détaillant une incision latérale qu'il jugeait la plus efficace. M. Morand a ajouté des particularités à cette description, soulignant les avantages de la taille latérale, comme l'absence de fistule ou d'incontinence urinaire chez les guéris. M. Morand a exploré l'histoire de cette opération, découvrant des documents sur Frère Jacques et M. Rau, confirmant l'efficacité de la méthode latérale. Il a recapitulé les opérations réussies, totalisant 82 personnes taillées par cette méthode entre mars 1727 et mars 1731, avec seulement six décès. En avril 1731, M. Morand a opéré M. de Janson et Du Blaisel, qui sont décédés six jours après l'opération. Les autopsies ont révélé des causes de mort indépendantes de l'opération, confirmant l'absence de complications liées à la taille latérale. Les rapports d'autopsie ont été examinés par l'Académie Royale des Sciences. L'autopsie de M. de Janson, réalisée le 23 mai 1731, a révélé plusieurs anomalies. Un abcès considérable a été trouvé dans le tissu cellulaire du péritoine entre l'uretère gauche et le lieu de l'incision. La vessie, ouverte depuis son fond jusqu'au-delà de l'incision, semblait saine mais contenait un sac rempli de petites pierres et de pus. L'absence d'urines la veille du décès a orienté l'examen vers les reins. Le rein droit était enflammé et augmenté de volume, avec deux uretères s'unissant avant de se connecter à la vessie. Le rein gauche était oblitéré, remplacé par une capsule membraneuse avec deux uretères, l'un bouché par des pierres. Ces anomalies ont conduit à la suppression des urines et à la formation de pus dans le sac pierreux. L'autopsie a été signée par plusieurs médecins, dont Sylva, Boudon, Verdier, Morand et Perchet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 2949-2952
ACADEMIE DE CHIRURGIE.
Début :
Le 18. Decembre 1731. il y eut une assemblée de 70. Maîtres Chirurgiens [...]
Mots clefs :
Observations, Académie, Chirurgiens, Secrétaire, Société académique, Correspondances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADEMIE DE CHIRURGIE.
ACADEMIE DE CHIRURGIE.
L
la-
E 18. Decembre 1731. il y eut
une assemblée de 70. Maîtres Chirurgiens
de Paris , convoquée par M. le
premier Chirurgien du Roy , qui y présida.
On y lût un projet de Reglement
pour une Académie de Chirurgie établie
sous la protection du Roy , et l'inspec-.
tion du premier Chirurgien de Sa Majesté
; ensuite une Lettre de M. le Comte ..
de Maurepas , Sécretaire d'Etat , par
quelle il mande à M. Mareschal , que
S. M. a approuvé ce projet , qu'elle ap-..
prouve aussi que les Assemblées Académiques
de Chirurgie se tiennent conformément
à ce projet ; qu'elle a reglé le
nombre des Chirurgiens de Paris qui doivent
composer cette Societé Académique;
qu'Elle souhaitte que M. Maréchal en-..
voye à M. le Comte de Maurepas , un
II, Vol.
ad
2950 MERCURE DE FRANCE
état de ceux qu'il croira à propos d'y
admettre , sur quoi il sera informé des
ordres de S. M.
Après cette Lettre , on lût la Liste des
Académiciens , qui sont , Mrs. Maréchal
et La Peyronie , dix Académiciens libres
et soixante ordinaires. De ces derniers il
y a six Officiers agréés par le Roy , qui
sont , les Srs. Petit , Directeur , Malaval,
Vice-Directeur , Morand , Sécretaire , Le
Dran , chargé des correspondances , Garengeot
, chargé des Extraits des Livres de
Chirurgie , et Bourgeois fils , Trésorier.
Sa Majesté a approuvé le choix de M.
Mareschal , qui a reçu , à ce sujet , une
seconde Lettre de M. le Comte de Maurepas.
Voici les principaux articles , et en
même temps les motifs de cet établissement
dont l'objet est de perfection--
ner la Chirurgie par l'expérience et l'ob-
,
servation.
La Societé Académique s'assemblera
dans la grande Sale de Saint Côme
tous les Mardis , pour y recevoir les observations
qui seront présentées et luës
tant par les Académiciens que par les.
autres Maîtres Chirurgiens , qui ne sont
point ordinaires de l'Académie
II. Kola
mais
point
DECEMBRE. 1731 2957
qui en sont censés les Adjoints , et qui y
prendront séance chaque fois qu'ils y apporteront
quelques observations de Chirurgie.
Les observations ne rouleront que sur des á
histoires de Maladies Chirurgicales singulieres
, operations nouvelles , effets re- ,
marquables de remedes topiques , soitconnus
, soit particuliers à quelques- uns..
Les observations seront écrites dans la
forme des Memoires Académiques
délivrées au Sécretaire , pour en être fait
Fusage convenable , au jugement d'un Comité
composé des six Officiers et de sept
Commissaires , élus librement et par voie
de suffrage .
و
ct
Ces observations composeront le recueil
que la Societé Académique donnera au
Public , partie dans l'Histoire , partic
dans les Mémoires au long , chaque observation
portant à la tête le nom de
son Auteur,
Les habiles Chirurgiens du Royaume
et même des Pays Etrangers , sont invitez
à faire part de leurs découvertes à
l'Académie , qui se fera un honneur de
les associer à ses travaux , et qui , sur
deux morceaux approuvez par elle , leur
envoyera des Lettres de correspondance...
II. Kol
Pour
2352 MERCURE DE FRANCE
›
Pour exciter de plus en plus l'émula--
tion , elle donnera tous les ans une Mé-.
daille d'or à celui qui aura fourni le meilleur
Mémoire sur une question impor-.
tante de Chirurgie , indiquée par l'Académie
, et annoncée dans les Journaux
et Nouvelles Litteraires .
On n'entre point icy dans le détail des
articles qui regardent la direction de cette
Académie , et les fonctions de ses Officiers.
Il faut pour cela consulter le Ré-.
glement qui vient d'être imprimé. On
annoncera dans le mois de Janvier 1732 .
la question proposée pour le prix de l'Académie.
Lû et approuvé dans l'Assemblée du 24
Decembre. MORAND.
L
la-
E 18. Decembre 1731. il y eut
une assemblée de 70. Maîtres Chirurgiens
de Paris , convoquée par M. le
premier Chirurgien du Roy , qui y présida.
On y lût un projet de Reglement
pour une Académie de Chirurgie établie
sous la protection du Roy , et l'inspec-.
tion du premier Chirurgien de Sa Majesté
; ensuite une Lettre de M. le Comte ..
de Maurepas , Sécretaire d'Etat , par
quelle il mande à M. Mareschal , que
S. M. a approuvé ce projet , qu'elle ap-..
prouve aussi que les Assemblées Académiques
de Chirurgie se tiennent conformément
à ce projet ; qu'elle a reglé le
nombre des Chirurgiens de Paris qui doivent
composer cette Societé Académique;
qu'Elle souhaitte que M. Maréchal en-..
voye à M. le Comte de Maurepas , un
II, Vol.
ad
2950 MERCURE DE FRANCE
état de ceux qu'il croira à propos d'y
admettre , sur quoi il sera informé des
ordres de S. M.
Après cette Lettre , on lût la Liste des
Académiciens , qui sont , Mrs. Maréchal
et La Peyronie , dix Académiciens libres
et soixante ordinaires. De ces derniers il
y a six Officiers agréés par le Roy , qui
sont , les Srs. Petit , Directeur , Malaval,
Vice-Directeur , Morand , Sécretaire , Le
Dran , chargé des correspondances , Garengeot
, chargé des Extraits des Livres de
Chirurgie , et Bourgeois fils , Trésorier.
Sa Majesté a approuvé le choix de M.
Mareschal , qui a reçu , à ce sujet , une
seconde Lettre de M. le Comte de Maurepas.
Voici les principaux articles , et en
même temps les motifs de cet établissement
dont l'objet est de perfection--
ner la Chirurgie par l'expérience et l'ob-
,
servation.
La Societé Académique s'assemblera
dans la grande Sale de Saint Côme
tous les Mardis , pour y recevoir les observations
qui seront présentées et luës
tant par les Académiciens que par les.
autres Maîtres Chirurgiens , qui ne sont
point ordinaires de l'Académie
II. Kola
mais
point
DECEMBRE. 1731 2957
qui en sont censés les Adjoints , et qui y
prendront séance chaque fois qu'ils y apporteront
quelques observations de Chirurgie.
Les observations ne rouleront que sur des á
histoires de Maladies Chirurgicales singulieres
, operations nouvelles , effets re- ,
marquables de remedes topiques , soitconnus
, soit particuliers à quelques- uns..
Les observations seront écrites dans la
forme des Memoires Académiques
délivrées au Sécretaire , pour en être fait
Fusage convenable , au jugement d'un Comité
composé des six Officiers et de sept
Commissaires , élus librement et par voie
de suffrage .
و
ct
Ces observations composeront le recueil
que la Societé Académique donnera au
Public , partie dans l'Histoire , partic
dans les Mémoires au long , chaque observation
portant à la tête le nom de
son Auteur,
Les habiles Chirurgiens du Royaume
et même des Pays Etrangers , sont invitez
à faire part de leurs découvertes à
l'Académie , qui se fera un honneur de
les associer à ses travaux , et qui , sur
deux morceaux approuvez par elle , leur
envoyera des Lettres de correspondance...
II. Kol
Pour
2352 MERCURE DE FRANCE
›
Pour exciter de plus en plus l'émula--
tion , elle donnera tous les ans une Mé-.
daille d'or à celui qui aura fourni le meilleur
Mémoire sur une question impor-.
tante de Chirurgie , indiquée par l'Académie
, et annoncée dans les Journaux
et Nouvelles Litteraires .
On n'entre point icy dans le détail des
articles qui regardent la direction de cette
Académie , et les fonctions de ses Officiers.
Il faut pour cela consulter le Ré-.
glement qui vient d'être imprimé. On
annoncera dans le mois de Janvier 1732 .
la question proposée pour le prix de l'Académie.
Lû et approuvé dans l'Assemblée du 24
Decembre. MORAND.
Fermer
Résumé : ACADEMIE DE CHIRURGIE.
Le 18 décembre 1731, une assemblée de 70 Maîtres Chirurgiens de Paris, convoquée par le premier Chirurgien du Roi, a approuvé la création d'une Académie de Chirurgie sous la protection du Roi. Le projet a été validé par le Roi, qui a également régulé le nombre de chirurgiens composant cette société académique. La lettre du Comte de Maurepas, Secrétaire d'État, a été lue, indiquant que le Roi souhaitait une liste des chirurgiens à admettre. La liste des académiciens, comprenant M. Maréchal et La Peyronie, dix académiciens libres et soixante ordinaires, a été lue. Six officiers, agréés par le Roi, ont été nommés pour des rôles spécifiques. L'objectif de l'Académie est de perfectionner la chirurgie par l'expérience et l'observation. Les assemblées se tiendront tous les mardis à Saint Côme pour discuter des observations sur des maladies chirurgicales, des opérations nouvelles et des remèdes. Ces observations seront écrites sous forme de mémoires académiques et jugées par un comité. L'Académie invitera les chirurgiens du Royaume et des pays étrangers à partager leurs découvertes et offrira une médaille d'or chaque année pour le meilleur mémoire. La question pour le prix de l'Académie sera annoncée en janvier 1732. Le règlement détaillé de l'Académie a été approuvé lors de l'assemblée du 24 décembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 890-898
WAMPIRS, fait singulier et des plus extraordinaires, s'il est vrai.
Début :
Voicy le rapport des Chirurgiens Impériaux, sur ce qui s'est [...]
Mots clefs :
Vampires, Sang, Mort, Jour, Chirurgiens, Maladie, Corps, Médugion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : WAMPIRS, fait singulier et des plus extraordinaires, s'il est vrai.
WAMPIRS, fait singulier et des plus .
extraordinaires , s'il est vrai.
Oicy le rapport des Chirurgiens
V. Impériaux , sur pur cece qui s'est s'est trouvé
en Servie au Village de Médugion , sur
les Frontieres de la Turquie , au sujet des
Wampirs; c'est le nom qu'on donne en
ce
MAY. 1732. 891
ce Païs , à des gens , qui après leur mort
viennent , dit- on , sucer les vivans.
Sur l'avis qui fût donné que dans le
Village de Médugion , certains Wampirs
avoient fait mourir quelques personnes
en les suçant. J'ai été envoyé sur les
lieux par l'ordre du Commandant de ces
quartiers, pour examiner la chose à fond
avec deux Officiers et deux Chirurgiens ,
commandez , à cet effét ; et j'ai fait l'in
formation suivante , en présence de tous
les Chefs du Village , du Gerschita , Càpitaine des Haiduchs, du Hadnach, du Fariala , et des plus anciens Hayduchs du
village, ce qui s'est passé en cette maniere:
3
Après les interrogatoires requis , tous
les gens du Village ont dit unanimement
que depuis, environ 5 ans , un Hayduch
du Païs , nommé Arnoud - Parte , lequel
s'étoit cassé le col en tombant du haut
d'un Chariot à foin , et avoit souvent raconté pendant sa vie , que près de Gossera , dans la Servie Turque , il avoit été
toarmenté par un Wampirs , et qu'il
avoit ensuite mangé la terre de sa fosse et
s'étoit frotté de son sang , pour se déli
vrer de ce tourment ; que 20 ou 30 jours
après la mort de ce Hayduch , quelques
personnes s'étoient plaintes d'avoir été
tourmentées par le même Arnoud, et
Cv qu'en
892 MERCURE DE FRANCE
qu'en effet cinq personnes en étoient
mortes ; que d'abord pour arrêter ce mal¸
on avoit été, du conseil de leur Hadnach,
qui s'étoit trouvé cn pareil cas ,
déterrer
corps d'Arnoud-Parte environ 40 jours
après sa mort , et qu'on avoit trouvé qu'il
étoit encore entier , sans aucune corruple
tion ; que le sang lui couloit encore tout
frais des yeux , du nez , de la bouche et
des oreilles , que son drap , sa chemise et
son cercueil , étoient pleins de sang , que
les ongles des mains et des pieds lui
étoient tombez avec la peau , et qu'il lui
en croissoit d'autres ; que comme on reconnut que c'étoit un véritable Wampir ,
on lui enfonça , selon la coutume , un
Pal à travers du cœur , sur quoi il fit un
petit crachement , et la playe,rendit une
grande quantité de sang ; on brula le cadavre le même jour , et on jetta les cendres dans la fosse.
Les mêmes gens ont encore dit , que,
tous ceux qui sont tourmentez par les
Wampirs. et qui en meurent, deviennent
aussi Wampirs eux - mêmes , et que c'est
pour cela qu'ils firent la même opération
sur les cinq personnes dont on a parlé s
Ils ajoutent encore que le même ArnoudParte, attaquoit et suivoit non- seulementles hommes , mais aussi les bestiaux , et
que
MAY. 1732. 893
que comme illyy avoit des personnes qui
avoient mangé de leur chair , on s'appercevoit de nouveau dans le païs qu'il s'y
trouvoit beaucoup de Vvampirs ; de sorte
qu'en trois mois de temps , la mort avoit
enlevé 17 personnes , tant jeunes que
vieux , dont quelques uns étoient morts
en deux ou trois jours sans avoir été malades.
Le Hayduc Jorvina a déposé de plus ;
qu'il y avoit environ 20 jours que sa bru,
nommée Stanaha , s'étoit mise au lit en
bonne santé , et s'étant reveillée en sursaut , avec un cri , une frayeur , et un
tremblement extraordinaire , se plaignit
d'avoir été sucée au col par le fils d'un
Hayduc , nommé Miller , mort depuis 9
semaines , dont elle avoit senti une gran
de douleur à la poitrine ; et que se trouvant plus mal d'heure en heure , elle étoit
enfin morte au bout de trois jours..
Le même jour après midi , nous nous
transportames au Cimetiere , accompagnez des mêmes Ouvriers Hayducs dut
Village , pour faire ouvrir les tombeaux
suspects , et en faire visiter les corps ; ce
qu'ayant fait,nous trouvâmes: 1 ° .Une fem
me , nommée Stana, qui étoit morte,âgée
de 20 ans, après une maladie de trois jours ,
causée par ses couches , et qui avoit dic
I
Cvj, avant
894 MERCURE DE FRANCE
ayant sa mort, s'être frottée du sang d'un
Wampir , dont elle et son enfant , mort
aussi-tôt après sa naissance , et qui avoit
été encore mangé par les chiens , parce
que sa fosse n'étoit pas assez profonde
étoient devenus Wampirs.
Cette femme étoit toute entiere , sans
pourriture. Après l'ouverture du corps on
lui trouva quantité de sangextravasé dans
la cavité de la poitrine , les vaisscaux ,
comme arteres et veines , avec les ventri
cules du cœur , n'étoient pas , comme il
sont ordinairement , remplis de sang coagulé; tous les visceres , comme le poulmon et le foye , l'estomac , la ratte et le
reste des intestins , étant aussi sains que
dans une personne en santé, mais la matrice étoit fort grande et intérieurement
enflammée, parce que l'arriere- faix et les
vuidanges y étoient restez , ce qui avoit
causé une entiere pourriture. La peau des
mains et des pieds , de même que les ongles tomboient d'eux - mêmes , et il reparoissoit à la place de nouveaux ongles ep
une nouvelle peau fraiche et vive.
2. Nous déterrames une autre femme,
nommée Mélica , qui étoit morte , âgée
d'environ 60 ans , après une maladie de 3
mois on lui trouva dans la poitrine beaucoup de sang liquide , le reste des entrailles
...
MAY. 1732. 8955
les étoit comme dans l'autre femme , en
bon état. Tous les Hayduchs qui étoient
présens à la dissection , furent fort étonnéz de la graisse et de l'embonpoint de
cette femme, disant unanimement l'avoir
très-bien connue dès sa jeunesse , et que
pendant sa vie elle avoit été toujours fort :
maigre et fort seche. Ils ajoutoient unanimement qu'il falloit que cet embonpoint
fut venu dans le tombeau , et que selon
le rapport des gens du lieu , c'étoit elle..
qui avoit été la premiere desWampirsd'àpresent , parce qu'elle avoit mangé de la chair des Brebis qui avoient été tuées par
les Wampirs précédens..
3. Nous trouvames un enfant de huit
jours , enterré depuis trois mois , lequel ™
étoit pareillement dans le même état des
Wampirs
4. Le fils d'an Hayduch ; nommé Millot , mort à 16 ans , après une maladie de
trois jours , et enterré depuis neuf semaines , fut trouvé dans le même état des
Wampirs.
5. Un Hayduch, nommé Joachin, mort
à 17 ans , après 2 jours de maladie , et enterré depuis 8 semaines.
6. Une femme , nommée Ruscha, morte
après dix jours de maladie , et enterrée .
depuis six semaines ; on trouva beaucoup
de
896 MERCURE DE FRANCE
de sang tout frais , non- seulement dans la
poitrine , mais aussi au fond du ventricule; la même chose fut observée à l'égard
de son enfant , qui étoit mort depuis cinq
semaines , âgé de 18 ans.
7. Une jeune fille de dix ans , morte depuis 2 mois , pareillement toute entiere
et avec du sang dans la poitrine.
8. La femme d'un Hayduch , avec un
enfant , laquelle étoit morte depuis 7 semaines, et son enfant mort depuis 15 jours
âgé de 8 ans ; la mere et l'enfant furent
trouvez tout pourris , quoiqu'enterrez
tout auprès des Wampirs.
9. Le Valet d'un Caporal de Heyduchs,
d'un païs nommé Rad , mort âgé de 23:
ans , après trois mois de maladie , et enterré depuis 5 semaines , fut trouvé en
tierement pourri .
10. Lafemme du Bariactar du lieu, avec
son enfant, mort depuis six semaines, pareillement pourris.
11. Auprès du même , un Heyduch¸.
mort depuis 6 semaines , âgé de 60 ans. Je
lai trouvai , comme aux autres Wampirs,
quantité de sang liquide dans la poitrine
et l'estomach , avec tout le corps , dans le
même état des Wampirs..
12. La femme d'un Heyduch , appel
lée Stanaha, morte à l'âge de 20 ans,après
trois
ΜΑΥ. 17323 899
3 jours de maladie , et enterrée depuis 18
jours à la dissection je trouvai qu'elleavoit le visage d'une couleur toute rouge,.
et vive ; et comme on a dit cy dessus
qu'elle avoit été sucée au col par le fils
d'un Heyduch , nommé Millve. On remarquoit effectivement qu'elle avoit au :
dessus de l'oreille du côté droit , une tache bleuë , mêlée de sang extravasé , de la
longueur du doigt. Au sortir de la fosse.
elle jetta une grande quantité de sang
tout frais par le nez,et après la dissection,
je trouvai , comme je l'ai souvent remarqué , une grande quantité de sang balsamique et tout frais , non seulement dans
le creux de la poitrine , mais aussi dans
le ventricule du cœur ; tous les visceres
étoient entierement sains et en bon état ,
et la peau de tout le corps , de même que
les ongles des mains et des pieds étoient
pareillement tout frais.
Après la visite de ces corps , on fit couper la tête à tous les Wampirs , par l'E--
xécuteur du lieu , et ensuite on brûla les
têtes et les corps , les cendres en furentjettées dans la Riviere du Morave ; pour
les Cadavres pourris on les remit dans
leurs premieres fosses. Toutes lesquelles.
choses j'atteste veritables , conjointement
气
avec
898 MER CURE DE FRANCE
*
avec les deux Chirurgiens qui m'ont été
adjoints pour cette information..
Signé ,Jean Schchinge, Chirurgien du
Regiment de Rischembach , Infanterie.
Jean Ferdirack , Chirurgien du même
Régiment. J. H.Sicq, Chirurgien au Ké
giment de Moralt..
Nous , soussignez , certifions-que tout
ce que les Chirurgiens de Rischembach ,
et les deux Chirurgiens cy- dessus nommez, ont attesté à l'égard des Wampirs a été par Nous vû et trouvé conforme à
la vérité dans tous les points , ayant éré
présens à la visite et à l'examen de toutes
choses ; en foy de quoi nous avons signé
le present Acte , et apposé nos Cachets.
A Belgrade, le 26 Janv.1732. Signé , Bultrul, Lieutenant Colonel du Regiment dư
Pr. Alexandre de Wirtemberg, C. L. S.
de Linden fils , Enseigne dans le Regiment du Pr. Alexandre de Wirtemberg.
extraordinaires , s'il est vrai.
Oicy le rapport des Chirurgiens
V. Impériaux , sur pur cece qui s'est s'est trouvé
en Servie au Village de Médugion , sur
les Frontieres de la Turquie , au sujet des
Wampirs; c'est le nom qu'on donne en
ce
MAY. 1732. 891
ce Païs , à des gens , qui après leur mort
viennent , dit- on , sucer les vivans.
Sur l'avis qui fût donné que dans le
Village de Médugion , certains Wampirs
avoient fait mourir quelques personnes
en les suçant. J'ai été envoyé sur les
lieux par l'ordre du Commandant de ces
quartiers, pour examiner la chose à fond
avec deux Officiers et deux Chirurgiens ,
commandez , à cet effét ; et j'ai fait l'in
formation suivante , en présence de tous
les Chefs du Village , du Gerschita , Càpitaine des Haiduchs, du Hadnach, du Fariala , et des plus anciens Hayduchs du
village, ce qui s'est passé en cette maniere:
3
Après les interrogatoires requis , tous
les gens du Village ont dit unanimement
que depuis, environ 5 ans , un Hayduch
du Païs , nommé Arnoud - Parte , lequel
s'étoit cassé le col en tombant du haut
d'un Chariot à foin , et avoit souvent raconté pendant sa vie , que près de Gossera , dans la Servie Turque , il avoit été
toarmenté par un Wampirs , et qu'il
avoit ensuite mangé la terre de sa fosse et
s'étoit frotté de son sang , pour se déli
vrer de ce tourment ; que 20 ou 30 jours
après la mort de ce Hayduch , quelques
personnes s'étoient plaintes d'avoir été
tourmentées par le même Arnoud, et
Cv qu'en
892 MERCURE DE FRANCE
qu'en effet cinq personnes en étoient
mortes ; que d'abord pour arrêter ce mal¸
on avoit été, du conseil de leur Hadnach,
qui s'étoit trouvé cn pareil cas ,
déterrer
corps d'Arnoud-Parte environ 40 jours
après sa mort , et qu'on avoit trouvé qu'il
étoit encore entier , sans aucune corruple
tion ; que le sang lui couloit encore tout
frais des yeux , du nez , de la bouche et
des oreilles , que son drap , sa chemise et
son cercueil , étoient pleins de sang , que
les ongles des mains et des pieds lui
étoient tombez avec la peau , et qu'il lui
en croissoit d'autres ; que comme on reconnut que c'étoit un véritable Wampir ,
on lui enfonça , selon la coutume , un
Pal à travers du cœur , sur quoi il fit un
petit crachement , et la playe,rendit une
grande quantité de sang ; on brula le cadavre le même jour , et on jetta les cendres dans la fosse.
Les mêmes gens ont encore dit , que,
tous ceux qui sont tourmentez par les
Wampirs. et qui en meurent, deviennent
aussi Wampirs eux - mêmes , et que c'est
pour cela qu'ils firent la même opération
sur les cinq personnes dont on a parlé s
Ils ajoutent encore que le même ArnoudParte, attaquoit et suivoit non- seulementles hommes , mais aussi les bestiaux , et
que
MAY. 1732. 893
que comme illyy avoit des personnes qui
avoient mangé de leur chair , on s'appercevoit de nouveau dans le païs qu'il s'y
trouvoit beaucoup de Vvampirs ; de sorte
qu'en trois mois de temps , la mort avoit
enlevé 17 personnes , tant jeunes que
vieux , dont quelques uns étoient morts
en deux ou trois jours sans avoir été malades.
Le Hayduc Jorvina a déposé de plus ;
qu'il y avoit environ 20 jours que sa bru,
nommée Stanaha , s'étoit mise au lit en
bonne santé , et s'étant reveillée en sursaut , avec un cri , une frayeur , et un
tremblement extraordinaire , se plaignit
d'avoir été sucée au col par le fils d'un
Hayduc , nommé Miller , mort depuis 9
semaines , dont elle avoit senti une gran
de douleur à la poitrine ; et que se trouvant plus mal d'heure en heure , elle étoit
enfin morte au bout de trois jours..
Le même jour après midi , nous nous
transportames au Cimetiere , accompagnez des mêmes Ouvriers Hayducs dut
Village , pour faire ouvrir les tombeaux
suspects , et en faire visiter les corps ; ce
qu'ayant fait,nous trouvâmes: 1 ° .Une fem
me , nommée Stana, qui étoit morte,âgée
de 20 ans, après une maladie de trois jours ,
causée par ses couches , et qui avoit dic
I
Cvj, avant
894 MERCURE DE FRANCE
ayant sa mort, s'être frottée du sang d'un
Wampir , dont elle et son enfant , mort
aussi-tôt après sa naissance , et qui avoit
été encore mangé par les chiens , parce
que sa fosse n'étoit pas assez profonde
étoient devenus Wampirs.
Cette femme étoit toute entiere , sans
pourriture. Après l'ouverture du corps on
lui trouva quantité de sangextravasé dans
la cavité de la poitrine , les vaisscaux ,
comme arteres et veines , avec les ventri
cules du cœur , n'étoient pas , comme il
sont ordinairement , remplis de sang coagulé; tous les visceres , comme le poulmon et le foye , l'estomac , la ratte et le
reste des intestins , étant aussi sains que
dans une personne en santé, mais la matrice étoit fort grande et intérieurement
enflammée, parce que l'arriere- faix et les
vuidanges y étoient restez , ce qui avoit
causé une entiere pourriture. La peau des
mains et des pieds , de même que les ongles tomboient d'eux - mêmes , et il reparoissoit à la place de nouveaux ongles ep
une nouvelle peau fraiche et vive.
2. Nous déterrames une autre femme,
nommée Mélica , qui étoit morte , âgée
d'environ 60 ans , après une maladie de 3
mois on lui trouva dans la poitrine beaucoup de sang liquide , le reste des entrailles
...
MAY. 1732. 8955
les étoit comme dans l'autre femme , en
bon état. Tous les Hayduchs qui étoient
présens à la dissection , furent fort étonnéz de la graisse et de l'embonpoint de
cette femme, disant unanimement l'avoir
très-bien connue dès sa jeunesse , et que
pendant sa vie elle avoit été toujours fort :
maigre et fort seche. Ils ajoutoient unanimement qu'il falloit que cet embonpoint
fut venu dans le tombeau , et que selon
le rapport des gens du lieu , c'étoit elle..
qui avoit été la premiere desWampirsd'àpresent , parce qu'elle avoit mangé de la chair des Brebis qui avoient été tuées par
les Wampirs précédens..
3. Nous trouvames un enfant de huit
jours , enterré depuis trois mois , lequel ™
étoit pareillement dans le même état des
Wampirs
4. Le fils d'an Hayduch ; nommé Millot , mort à 16 ans , après une maladie de
trois jours , et enterré depuis neuf semaines , fut trouvé dans le même état des
Wampirs.
5. Un Hayduch, nommé Joachin, mort
à 17 ans , après 2 jours de maladie , et enterré depuis 8 semaines.
6. Une femme , nommée Ruscha, morte
après dix jours de maladie , et enterrée .
depuis six semaines ; on trouva beaucoup
de
896 MERCURE DE FRANCE
de sang tout frais , non- seulement dans la
poitrine , mais aussi au fond du ventricule; la même chose fut observée à l'égard
de son enfant , qui étoit mort depuis cinq
semaines , âgé de 18 ans.
7. Une jeune fille de dix ans , morte depuis 2 mois , pareillement toute entiere
et avec du sang dans la poitrine.
8. La femme d'un Hayduch , avec un
enfant , laquelle étoit morte depuis 7 semaines, et son enfant mort depuis 15 jours
âgé de 8 ans ; la mere et l'enfant furent
trouvez tout pourris , quoiqu'enterrez
tout auprès des Wampirs.
9. Le Valet d'un Caporal de Heyduchs,
d'un païs nommé Rad , mort âgé de 23:
ans , après trois mois de maladie , et enterré depuis 5 semaines , fut trouvé en
tierement pourri .
10. Lafemme du Bariactar du lieu, avec
son enfant, mort depuis six semaines, pareillement pourris.
11. Auprès du même , un Heyduch¸.
mort depuis 6 semaines , âgé de 60 ans. Je
lai trouvai , comme aux autres Wampirs,
quantité de sang liquide dans la poitrine
et l'estomach , avec tout le corps , dans le
même état des Wampirs..
12. La femme d'un Heyduch , appel
lée Stanaha, morte à l'âge de 20 ans,après
trois
ΜΑΥ. 17323 899
3 jours de maladie , et enterrée depuis 18
jours à la dissection je trouvai qu'elleavoit le visage d'une couleur toute rouge,.
et vive ; et comme on a dit cy dessus
qu'elle avoit été sucée au col par le fils
d'un Heyduch , nommé Millve. On remarquoit effectivement qu'elle avoit au :
dessus de l'oreille du côté droit , une tache bleuë , mêlée de sang extravasé , de la
longueur du doigt. Au sortir de la fosse.
elle jetta une grande quantité de sang
tout frais par le nez,et après la dissection,
je trouvai , comme je l'ai souvent remarqué , une grande quantité de sang balsamique et tout frais , non seulement dans
le creux de la poitrine , mais aussi dans
le ventricule du cœur ; tous les visceres
étoient entierement sains et en bon état ,
et la peau de tout le corps , de même que
les ongles des mains et des pieds étoient
pareillement tout frais.
Après la visite de ces corps , on fit couper la tête à tous les Wampirs , par l'E--
xécuteur du lieu , et ensuite on brûla les
têtes et les corps , les cendres en furentjettées dans la Riviere du Morave ; pour
les Cadavres pourris on les remit dans
leurs premieres fosses. Toutes lesquelles.
choses j'atteste veritables , conjointement
气
avec
898 MER CURE DE FRANCE
*
avec les deux Chirurgiens qui m'ont été
adjoints pour cette information..
Signé ,Jean Schchinge, Chirurgien du
Regiment de Rischembach , Infanterie.
Jean Ferdirack , Chirurgien du même
Régiment. J. H.Sicq, Chirurgien au Ké
giment de Moralt..
Nous , soussignez , certifions-que tout
ce que les Chirurgiens de Rischembach ,
et les deux Chirurgiens cy- dessus nommez, ont attesté à l'égard des Wampirs a été par Nous vû et trouvé conforme à
la vérité dans tous les points , ayant éré
présens à la visite et à l'examen de toutes
choses ; en foy de quoi nous avons signé
le present Acte , et apposé nos Cachets.
A Belgrade, le 26 Janv.1732. Signé , Bultrul, Lieutenant Colonel du Regiment dư
Pr. Alexandre de Wirtemberg, C. L. S.
de Linden fils , Enseigne dans le Regiment du Pr. Alexandre de Wirtemberg.
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Résumé : WAMPIRS, fait singulier et des plus extraordinaires, s'il est vrai.
En mai 1732, un rapport des chirurgiens impériaux a documenté des événements survenus au village de Médugion, en Serbie, aux frontières de la Turquie, concernant des créatures appelées 'Wampirs'. Ces Wampirs sont des individus décédés qui, selon les croyances locales, sucent le sang des vivants. Une enquête a été menée par un officier et deux chirurgiens après des informations sur des décès suspects. Les habitants du village ont rapporté que depuis environ cinq ans, un homme nommé Arnoud-Parte, mort après une chute, était devenu un Wampir. Après sa mort, plusieurs personnes ont été tourmentées et cinq sont décédées. Le corps d'Arnoud-Parte, exhumé 40 jours après son décès, était intact et rempli de sang frais. Pour le neutraliser, on lui a enfoncé un pieu dans le cœur et son cadavre a été brûlé. Les habitants ont également mentionné que les personnes tuées par les Wampirs deviennent elles-mêmes des Wampirs. Arnoud-Parte attaquait aussi les animaux, et ceux qui consommaient leur chair risquaient de devenir des Wampirs. En trois mois, 17 personnes sont mortes dans des circonstances similaires. Lors de l'exhumation de plusieurs corps suspects, les chirurgiens ont trouvé des signes de vampirisme, tels que du sang frais dans la poitrine et des organes internes en bon état. Les corps des Wampirs étaient intacts, contrairement aux autres cadavres qui étaient en décomposition. Les Wampirs identifiés ont été décapités et brûlés, leurs cendres jetées dans la rivière Morave. Les chirurgiens et les officiers présents ont attesté la véracité de ces observations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 206-211
LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
Début :
Les bontés & la protection particuliere dont il a plu, Monsieur, à M. le Duc [...]
Mots clefs :
Dragées, Guérison, Malades, Succès, Symptômes, Douleurs, Maladies vénériennes, Certificats, Médecins, Marseille, Chirurgiens, Hôtel-Dieu, Échevins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des
dragées , antivéneriennes , à Marseille , à M.
Keyfer , en date du 25 Septembre 1757.
Les bontés & la protection particuliere dont il
a plu , Monfieur , à M. le Duc de Villars de
m'honorer , celles de MM . les Magiftrats &
Echevins de cette Ville , le zele & l'amour da
bien public , qui a animé MM . les Recteurs de
l'Hôtel - Dieu & de l'Hôpital , les bons offices
& l'impartialité de M. le Médecin de quartier , &
de M. le Chirurgien Gagnant maîtrife ; tout a
concouru ici , Monfieur , à faire mes épreuves
avec tout l'agrément & l'authenticité poffibles
Fo
ΣΟ
E
27
C
C
E
NOVEMBRE. 1757. 207
Point de brigue point de jaloufie aidé par
tout , & éclairé cependant , tous les fecours
m'ont été procurés. Les malades m'ont été donnés
: mes traitemens ont été fuivis , la vérité s'eft
montrée dans tout fon jour . Chacun a voulu voir,a
été fatisfait de mes épreuves , & c'eft avec le plus
grand empreffement qu'il m'a été donné , Monheur
, les certificats authentiques que j'ai l'honneur
de vous envoyer , avec le compte des dix
malades ci joints . Permettez moi de vous ajouter
en même temps , que plus ces temoignages font
flatteurs pour vous , pour votre remede & pour
moi , plus nous en devons rendre les hommages les
plus refpectueux aux illuftres protecteurs qui nous
honorent , & plus nous devons redoubler de
zele ; vous , pour m'aider de vos confeils , & me
fournir les moyens d'être de plus en plus utile à
l'humanité , & moi , pour en profiter , en confacrant
mes jours au fervice des pauvres & de tous
ceux qui auront befoin de mes fecours .
ETAT de dix malades traités à l'Hôtel- Dieu da
Marfeille , avec les dragées de M. Keyfer , fuivant
l'état conftaté par M. Montagnier , Medecin
de quartier , & M. Melicy , Chirurgien
dudit Hopital ygagnant maitrife.
1º. Jean Baptifte Neton , âgé de 10 ans , né
avec la maladie vénérienne , avoit un ulcere au
gofier , large d'environ un écu de trois livres ,
lequel avoit détruit une partie de la cloifon de la
luette & de la glande amygdale droite ; il avoit
plufieurs autres ulceres dans la bouche : cet enfant
a été parfaitement guéri .
2º. Jean Arge , âgé de 22 ans , outre plufieurs
fymptômes bien caractérisés , avoit des douleurs
4
208 MERCURE DE FRANCE.
nocturnes à prefque toutes les parties du corps,
& une entr'autres très- vive au bras droit , avec
un gonflement fur la partie latérale externe de l'avant
bras , qui empêchoit de faire aucune fonction
de fon bras depuis 3 mois. Vers le quinzieme
jour de fon traitement , ce malade fut attaqué de
la petite vérole , & il a été délivré de ces deux ma
ladies fans aucune incommodité.
3. Chriftophe Jourdan âgé de 20 ans , à la
fuite de graves fymptômes qui lui avoient paru il
y a7 à 8 mois , avoit des puftules feches au front,
une dureté confidérable & d'un pouce d'épaiffeur,
des douleurs de tête affreufes , & qui lui occafion.
noient des infomnies perpétuelles. Ce malade a été
parfaitement guéri .
4°. Catherine Canonge , âgée de 18 ans , ou
tre des fymptômes bien caractérités , avoit des
douleurs nocturnes aux extrêmités fupérieures
& inférieures : elle a été parfaitement guérie.
5. Marie Audibert , âgée de 22 ans , outre
des fymptômes bien caractérisés , avoit une ulcération
dans l'aîne , & une dureté confidérable à
une des glandes inguinales de la groffeur de
noix , elle avoit de plus des douleurs très-aigués à
la cuiffe droite. Elle a été parfaitement guérie.
6. Agnès Roche , âgée de 25 ans , avoit gagné
la maladie vénérienne , d'un enfant qu'elle
avoit nourri . Ses mammelles étoient à moitié rongées
par le virus , & elle y avoit deux chancres de
la largeur d'une piece de 24 fols chacun : elle avoit
de plus des douleurs fi aiguës , qu'elle ne pouvoit
dormir la nuit. Elle a été parfaitement guérie.
Les quatre malades qui fuivent , font encore
dans les remedes ; mais fur la fin de leurs traitemens
, & dans le meilleur état du monde.
7°. Honoré Mouton, âgé de 18 ans, eft atteint de
NOVEMBRE. 1757. 209
Tymptômes bien caractérisés à chaque côté des al
nes & autres. La fuppuration s'eft bien établie , &
fa guérifon eft très prochaine.
8. Marguerite Michel , âgée de 32 ans , à la
fuite d'un mal contidérable , fe trouve atteinte de
deux ulceres au gofier , un à chaque glande amygdale
, de la largeur d'une piece de 24 fols chacun.
Ces deux ulceres font prefque cicatrifes & fa guézifon
très - prochaine.
9. Marie Caftellant , âgée de 26 ans, étoit atreinte
d'une quantité de fymptômes bien caractérifés
, & entr'autres de dix à douze puftules fuppurées.
Tout eft féché, & fa guérifon très prochaine.
10°. Marie Rochet , eft auffi atteinte , d'une
quantité de fymptômes , & entr'autres de plufieurs
puftules durcies. Sa guérifon cit de même trèsprochaine.
J'aurai l'honneur de vous envoyer par le premier
Courier , la confirmation de ces quatres guérifons
, & j'ai celui d'être bien fincérement
Monfieur , votre & c. NAUDINAT
Certificat de M.le Médecin de quartier , de l'Hôtel-
Dieu de Marfeille.
En qualité de Médecin de quartier actuellement
de fervice , j'attefte que les fix premiers malades
ei - deffus , font fortis , qu'ils nous ont paru
bien guéris , & que les quatre autres font en voie
de guérifon. A Marseille , le 22 Septembre 1797-
Montagnier , Médecin .
Certificat de M. Mélicy , Chirurgiengagnant mak
trife à l'Hôtel-Dieu de Marfeille.
Je, fouffigné Chirurgien gagnant maîtriſe à l'Hô
el- Dieu de Marſeille attefte avoir vifité les mala
210 MERCURE DE FRANCE.
des denoncés dans cet état , & les avoir trouvé
tous atteints des fymptômes y mentionnés , &
qu'ayant fuivi le traitement du fieur Naudinat , je
déclare qu'il ne s'eft fervi que des dragées antivénériennes
de M. Keyfer , que les fix premiers malades
font fortis guéris , & que les quatre autres
font en voie d'une heureuſe guériſon , attendu
qu'il n'ont commencé à uſer du remede , que
quelque jours après les autres . A Marseille , le 22
Septembre 1757. Melicy.
Certificat de MM. les Directeurs de l'Hôtel - Dien
de Marſeille.
Nous , Directeurs dudit Hôtel- Dieu , certifions
le contenu des deux certificats ci- deffus , & atteftons
à tous qu'il appartiendra , que ceux qui les
ont fignés , font tels qu'ils fe qualifient . En foi de
quoi , nous avons figné le prefent , & à icelui fait
appofer le fceau des armes de cet Hôpital . Fait à
Marseille , le 22 Septembre 1757. Nouvil , Orry ,
Granier , Boiffon , Daller , Arnaud , Gouffet.
Certificat de MM. les Echevins de Marſeillle.
Nous , Echevins , Confeillers du Roi , Lieutenants
Généraux de police de cette ville de Marfeille
, certifions & atteftons à tous qu'il appartiendra
, que le fieur Naudinat , Chirurgien,
éleve de M. Keyfer pour adminiftrer les dragées
antivénériennes , s'eft préfenté à nous , & nous
a requis de lui indiquer des perfonnes pauvres de
l'un & de l'autre fexe , atteintes du mal vénérien ,
pour les traiter gratis , à quoi adhéraus , & informés
de l'efficacité de ce remede , nous lui avons
affigné les dix pauvres malades dénommés dans l'état
ci-deffus , dont fix ont été parfaitement guéris
fous nos yeux , & les quatre autres font en vois
NOVEMBRE: 1757. 211
de guériſon , conformément à ce qui nous eft
porté par les certificats des fieurs Directeurs de
Î'Hôtel- Dieu , du Médecin de quartier , & du
Chirurgien gagnant maîtrife . En foi de quoi nous
avons figné les préfentes , & à icelles ,
fait appofer
le fceau & armes de la Ville , pour fervir & valoir
ce que de raifon. Fait & donné , dans l'Hôtel
de Ville de Marfeille , le 24 Septembre 1757.
Mennicard , Ricaud , Couturier , la Force.
dragées , antivéneriennes , à Marseille , à M.
Keyfer , en date du 25 Septembre 1757.
Les bontés & la protection particuliere dont il
a plu , Monfieur , à M. le Duc de Villars de
m'honorer , celles de MM . les Magiftrats &
Echevins de cette Ville , le zele & l'amour da
bien public , qui a animé MM . les Recteurs de
l'Hôtel - Dieu & de l'Hôpital , les bons offices
& l'impartialité de M. le Médecin de quartier , &
de M. le Chirurgien Gagnant maîtrife ; tout a
concouru ici , Monfieur , à faire mes épreuves
avec tout l'agrément & l'authenticité poffibles
Fo
ΣΟ
E
27
C
C
E
NOVEMBRE. 1757. 207
Point de brigue point de jaloufie aidé par
tout , & éclairé cependant , tous les fecours
m'ont été procurés. Les malades m'ont été donnés
: mes traitemens ont été fuivis , la vérité s'eft
montrée dans tout fon jour . Chacun a voulu voir,a
été fatisfait de mes épreuves , & c'eft avec le plus
grand empreffement qu'il m'a été donné , Monheur
, les certificats authentiques que j'ai l'honneur
de vous envoyer , avec le compte des dix
malades ci joints . Permettez moi de vous ajouter
en même temps , que plus ces temoignages font
flatteurs pour vous , pour votre remede & pour
moi , plus nous en devons rendre les hommages les
plus refpectueux aux illuftres protecteurs qui nous
honorent , & plus nous devons redoubler de
zele ; vous , pour m'aider de vos confeils , & me
fournir les moyens d'être de plus en plus utile à
l'humanité , & moi , pour en profiter , en confacrant
mes jours au fervice des pauvres & de tous
ceux qui auront befoin de mes fecours .
ETAT de dix malades traités à l'Hôtel- Dieu da
Marfeille , avec les dragées de M. Keyfer , fuivant
l'état conftaté par M. Montagnier , Medecin
de quartier , & M. Melicy , Chirurgien
dudit Hopital ygagnant maitrife.
1º. Jean Baptifte Neton , âgé de 10 ans , né
avec la maladie vénérienne , avoit un ulcere au
gofier , large d'environ un écu de trois livres ,
lequel avoit détruit une partie de la cloifon de la
luette & de la glande amygdale droite ; il avoit
plufieurs autres ulceres dans la bouche : cet enfant
a été parfaitement guéri .
2º. Jean Arge , âgé de 22 ans , outre plufieurs
fymptômes bien caractérisés , avoit des douleurs
4
208 MERCURE DE FRANCE.
nocturnes à prefque toutes les parties du corps,
& une entr'autres très- vive au bras droit , avec
un gonflement fur la partie latérale externe de l'avant
bras , qui empêchoit de faire aucune fonction
de fon bras depuis 3 mois. Vers le quinzieme
jour de fon traitement , ce malade fut attaqué de
la petite vérole , & il a été délivré de ces deux ma
ladies fans aucune incommodité.
3. Chriftophe Jourdan âgé de 20 ans , à la
fuite de graves fymptômes qui lui avoient paru il
y a7 à 8 mois , avoit des puftules feches au front,
une dureté confidérable & d'un pouce d'épaiffeur,
des douleurs de tête affreufes , & qui lui occafion.
noient des infomnies perpétuelles. Ce malade a été
parfaitement guéri .
4°. Catherine Canonge , âgée de 18 ans , ou
tre des fymptômes bien caractérités , avoit des
douleurs nocturnes aux extrêmités fupérieures
& inférieures : elle a été parfaitement guérie.
5. Marie Audibert , âgée de 22 ans , outre
des fymptômes bien caractérisés , avoit une ulcération
dans l'aîne , & une dureté confidérable à
une des glandes inguinales de la groffeur de
noix , elle avoit de plus des douleurs très-aigués à
la cuiffe droite. Elle a été parfaitement guérie.
6. Agnès Roche , âgée de 25 ans , avoit gagné
la maladie vénérienne , d'un enfant qu'elle
avoit nourri . Ses mammelles étoient à moitié rongées
par le virus , & elle y avoit deux chancres de
la largeur d'une piece de 24 fols chacun : elle avoit
de plus des douleurs fi aiguës , qu'elle ne pouvoit
dormir la nuit. Elle a été parfaitement guérie.
Les quatre malades qui fuivent , font encore
dans les remedes ; mais fur la fin de leurs traitemens
, & dans le meilleur état du monde.
7°. Honoré Mouton, âgé de 18 ans, eft atteint de
NOVEMBRE. 1757. 209
Tymptômes bien caractérisés à chaque côté des al
nes & autres. La fuppuration s'eft bien établie , &
fa guérifon eft très prochaine.
8. Marguerite Michel , âgée de 32 ans , à la
fuite d'un mal contidérable , fe trouve atteinte de
deux ulceres au gofier , un à chaque glande amygdale
, de la largeur d'une piece de 24 fols chacun.
Ces deux ulceres font prefque cicatrifes & fa guézifon
très - prochaine.
9. Marie Caftellant , âgée de 26 ans, étoit atreinte
d'une quantité de fymptômes bien caractérifés
, & entr'autres de dix à douze puftules fuppurées.
Tout eft féché, & fa guérifon très prochaine.
10°. Marie Rochet , eft auffi atteinte , d'une
quantité de fymptômes , & entr'autres de plufieurs
puftules durcies. Sa guérifon cit de même trèsprochaine.
J'aurai l'honneur de vous envoyer par le premier
Courier , la confirmation de ces quatres guérifons
, & j'ai celui d'être bien fincérement
Monfieur , votre & c. NAUDINAT
Certificat de M.le Médecin de quartier , de l'Hôtel-
Dieu de Marfeille.
En qualité de Médecin de quartier actuellement
de fervice , j'attefte que les fix premiers malades
ei - deffus , font fortis , qu'ils nous ont paru
bien guéris , & que les quatre autres font en voie
de guérifon. A Marseille , le 22 Septembre 1797-
Montagnier , Médecin .
Certificat de M. Mélicy , Chirurgiengagnant mak
trife à l'Hôtel-Dieu de Marfeille.
Je, fouffigné Chirurgien gagnant maîtriſe à l'Hô
el- Dieu de Marſeille attefte avoir vifité les mala
210 MERCURE DE FRANCE.
des denoncés dans cet état , & les avoir trouvé
tous atteints des fymptômes y mentionnés , &
qu'ayant fuivi le traitement du fieur Naudinat , je
déclare qu'il ne s'eft fervi que des dragées antivénériennes
de M. Keyfer , que les fix premiers malades
font fortis guéris , & que les quatre autres
font en voie d'une heureuſe guériſon , attendu
qu'il n'ont commencé à uſer du remede , que
quelque jours après les autres . A Marseille , le 22
Septembre 1757. Melicy.
Certificat de MM. les Directeurs de l'Hôtel - Dien
de Marſeille.
Nous , Directeurs dudit Hôtel- Dieu , certifions
le contenu des deux certificats ci- deffus , & atteftons
à tous qu'il appartiendra , que ceux qui les
ont fignés , font tels qu'ils fe qualifient . En foi de
quoi , nous avons figné le prefent , & à icelui fait
appofer le fceau des armes de cet Hôpital . Fait à
Marseille , le 22 Septembre 1757. Nouvil , Orry ,
Granier , Boiffon , Daller , Arnaud , Gouffet.
Certificat de MM. les Echevins de Marſeillle.
Nous , Echevins , Confeillers du Roi , Lieutenants
Généraux de police de cette ville de Marfeille
, certifions & atteftons à tous qu'il appartiendra
, que le fieur Naudinat , Chirurgien,
éleve de M. Keyfer pour adminiftrer les dragées
antivénériennes , s'eft préfenté à nous , & nous
a requis de lui indiquer des perfonnes pauvres de
l'un & de l'autre fexe , atteintes du mal vénérien ,
pour les traiter gratis , à quoi adhéraus , & informés
de l'efficacité de ce remede , nous lui avons
affigné les dix pauvres malades dénommés dans l'état
ci-deffus , dont fix ont été parfaitement guéris
fous nos yeux , & les quatre autres font en vois
NOVEMBRE: 1757. 211
de guériſon , conformément à ce qui nous eft
porté par les certificats des fieurs Directeurs de
Î'Hôtel- Dieu , du Médecin de quartier , & du
Chirurgien gagnant maîtrife . En foi de quoi nous
avons figné les préfentes , & à icelles ,
fait appofer
le fceau & armes de la Ville , pour fervir & valoir
ce que de raifon. Fait & donné , dans l'Hôtel
de Ville de Marfeille , le 24 Septembre 1757.
Mennicard , Ricaud , Couturier , la Force.
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Résumé : LETTRE de M. Naudinat, Administrateur des dragées, antivéneriennes, à Marseille, à M. Keyser, en date du 25 Septembre 1757.
Dans une lettre datée du 25 septembre 1757, M. Naudinat, administrateur des dragées antivénériennes à Marseille, informe M. Keyfer des résultats positifs des traitements effectués sur des malades atteints de la maladie vénérienne. Naudinat exprime sa gratitude envers le Duc de Villars, les magistrats et échevins de Marseille, ainsi que les recteurs de l'Hôtel-Dieu et de l'hôpital, pour leur soutien et leur collaboration. Les traitements ont été suivis avec succès, conduisant à la guérison ou à une amélioration notable des patients. L'état des dix malades traités à l'Hôtel-Dieu de Marseille, établi par M. Montagnier, médecin de quartier, et M. Melicy, chirurgien, révèle que six malades ont été parfaitement guéris. Les quatre autres sont en voie de guérison. Parmi les cas notables, Jean Baptiste Neton, âgé de 10 ans, a été guéri d'un ulcère au goitre et d'autres ulcères dans la bouche. Jean Arge, âgé de 22 ans, a été délivré de douleurs nocturnes et d'un gonflement au bras droit, tout en surmontant la petite vérole. Catherine Canonge, âgée de 18 ans, et Marie Audibert, âgée de 22 ans, ont également été parfaitement guéries de leurs symptômes. Les certificats des directeurs de l'Hôtel-Dieu, du médecin de quartier, du chirurgien, et des échevins de Marseille confirment l'efficacité des dragées antivénériennes de M. Keyfer et la guérison des malades. Naudinat conclut en exprimant son désir de continuer à servir l'humanité et de redoubler de zèle pour aider les pauvres et ceux qui ont besoin de ses soins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 204-211
Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Début :
Vous recevrez, Monsieur, avec la présente, les certificats de MM. les Médecins [...]
Mots clefs :
Toulouse, M. Laboric, M. Keyser, Dragées, Maladies vénériennes, Succès, Certificats, Médecins, Chirurgiens, Guérison, Rennes, Cure, Besançon, Lyon, M. Rey, M. Dupont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Nouvelles épreuves faites à Toulouse , à Rennes en:
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
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Résumé : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
En 1758, plusieurs villes françaises ont mené des épreuves et certifications pour évaluer l'efficacité des dragées de M. Keyser dans le traitement des maladies vénériennes. À Toulouse, M. Laborie, maître en chirurgie, a traité deux malades sous la supervision de médecins et chirurgiens. Ces derniers ont attesté de la guérison rapide et sans inconvénients des patients. Les Capitouls, les médecins, et M. le Président de Nupces ont confirmé l'authenticité de ces témoignages. À Rennes, M. Dupont et M. Sevoy ont certifié la guérison de trois patients grâce aux dragées de M. Keyser. À Besançon, M. Juffy a rapporté le succès du traitement sur un employé et un aubergiste. À Lyon, M. Rey a informé de la guérison de deux malades sous la supervision de M. le Prévôt des Marchands et des Recteurs de l'Hôtel-Dieu. Enfin, M. Garengeot a attesté de l'efficacité du remède sur trois officiers de l'armée, malgré les conditions difficiles de la campagne militaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 218-222
EXTRAIT de différentes cures dans différentes Villes du Royaume.
Début :
J'ai l'honneur de vous envoyer, Monsieur, les Certificats de deux de mes [...]
Mots clefs :
Nîmes, M. Keyser, Chirurgiens, Maladies vénériennes, Guérison, Certificats, Symptômes, Médecins, Dragées, Metz, Curés, Villes de France, Succès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de différentes cures dans différentes Villes du Royaume.
EXTRAIT de différentes cures dans
différentes Villes du Royaume.
Nimes en Languedoc.
Lettre de M. Rajoux , Docteur en Médecine
, & Membre de l'Acad, Royale
de Nimes ; à M. Keyfer.
'Ar l'honneur de vous envoyer , Monfieur ,
les Certificats de deux de mes Confrères , & de
trois Maîtres en . Chirurgie de cette Ville , dont
l'un eft le Doyen , & tous les trois Chirurgiens
très - expérimentés. Vous verrez qu'ils ont été
très - fatisfaits de la cure que j'ai faite , & dont
je vous ai rendu compre dans mes précédentes,
MARS. 1759. 219
Vous pouvez en faire l'ufage qu'il vous plaira ,
& fi vous les faites inférer dans le premier Mercure
, vous pourriez y joindre un Extrait court
& fuccint de la maladie. J'espère , Monfieur ,
que votre remède aura dans cette Ville la même
réputation qu'il a partout ailleurs , quand il fera
fagement adminiftré : car je vous répéte qu'il y
faut beaucoup d'art. Dès que les épreuves que
j'ai faites encore feront connues , on ne fera
certainement point de difficulté de fe fier pour
la guérifon des maladies vénériennes à un remède
dont on verra partout les effets aufli heureux &
auffi -bien conftatés .
J'ai l'honneur d'être , &c.
Signé RAJOUx , Dot en Méd.
Extrait des Certificats de Meffieurs les
Médecins de Nîmes. ( On Jupprime les
détails d'une Maladie qui étoit des plus
graves.)
Nous Pierre Baux , Docteur en Médecine de
J'Univerfité de Montpellier , Correfpondant des
Académies Royales des Sciences de Paris & de
Montpellier , Aggrégé au Collège des Médecins
de Nimes , & Jean-Baptiste Mitier , Do &tear en
Médecins , Aggrégé au Collège des Médecins de
Nimes :
Certifions & atteftons que le premier Septembre
1758 nous avons vifité , conjointement avec
M. Rajoux , Médecin de l'Hôtel - Dieu , & Membre
de l'Académie Royale de Nimes , la nommée
Marguerite ***, femme de Jofeph R** , que nous
avons trouvée dans un état des plus cruels , accablée
de tous les plus graves fymptomes qui caractérifent
la maladie vénérienne ... la Malade ne
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
pouvant plus manger ni dormir , & étant enfin
dans un état d'exténuation qui faifoit craindre
pour la vie qu'ayant commencé à prendre les
Dragées anti- vénériennes de M. Keyfer , le 8 du
mois de Septembre , fous la direction de M.
Rajoux , ce remède a produit l'effet le plus heureux
que nous ayant été repréſentée le 2 Décembre
, un mois après l'ufage des Dragées , afin
d'être plus certains de la guérifon ; nous avons
trouvé qu'elle étoit parfaitement guérie... que
la Malade ne fouffroit plus aucune espèce de douleur
, & étoit d'un embonpoint qui la faifoit preque
méconnoître. En conféquence de quoi nous
ne pouvons que rendre un bon témoignage du
fuccès de la méthode qui a été employée dans
cette occafion , & avons donné la préfente Atteltation.
A Nîmes , le 27 Décembre 1758 .
Signé BAUX & MITIER. D. E. M.
Extrait des Certificats de Meffieurs Mitier,
Bonnefoi & Clufeau , Maitres en Chiturgie
de ladite Ville, pour la même care.
Nous fouffignés , Maîtres Chirurgiens de
Nimes, certifions que le premier Novembre 1758,
nous avons été appellés conjointement avec M.
Kajoux Docteur en Médecine de la Faculté de
Montpellier pour voir & vifiter la nommée Marguerite
*** femme de Joſeph
** que nous n'eumes
befoin que des yeux pour juger de fa maladie.
Que cette femme étoit dans un état digne de
pitié .... Que M. Rajoux fe chargea de la cure de
cette femme , avec les Dragées de M. Keyfer ;
& qu'elles ont eu dans fes mains un fi heureux
fuccès, que vers le commencement de Décembre ,
peut-être un mois après la guérifon , nous avons
MAR S. 1759.
221
été furpris de trouver cette femme fans aucune
incommodité. En conféquence de quoi nous ne
pouvons que donner des éloges au mérite de cette
compofition dans la cure des Maladies Vénériennes
, quand elle fera furtout conduite par un habile
Médecin. A Nîmes le 22 Décembre 1758.
Signé , MITIER Chirurgien- Major de l'Hôtel-
Dieu , BONNEFOY , CLUZEAU ,
Maîtres en
Chirurgie.
Il vient de fe faire également à S. Malo , à
Metz, & dans diverfes autres Villes des cures autentiques
dont il fera rendu compte fucceffivement
parce qu'on ne peut les inférer que les unes après
les autres. Le Public obfervera que depuis deux
ans, prefque toutes les principales Villes du Royaume
ont envoyé les certificats les plus authentiques
, qu'il ne peut y avoir de brigues , ni de
faveurs dans des faits atteftés aufli généralement ;
que jamais remède n'a été expo é a tant d'épreuves
; que M. Keyfer fait aujourd'hui fon feizième
traitement à l'Hôpital de M. le Maréchal de Biron
; qu'il y a guéri plus de 3 à 400 foldats qui
exiftent , & dont il ne lui eft pas mort un feul
entre les mains ; qu'il a fait plus de trois mille
cures à Paris ; que fon remède en a fait auta nt
dans les Provinces , & que malgré les comptes
exacts & vrais qu'il en a rendas , il voit avec douleur
qu'il eft perpétuellement des gens affez ennemis
du bien public & de l'humanité pour chercher
à décrier ce remèdę .
D'autres font affez ignorans pour ofer dire fans
le connoître , qu'il eft compofe de drogues pernicieufes
, tandis que ce n'eft que du mercure extrêmement
purifié , & que d'ailleurs on peut ef
fayer de le décompofer quand on voudra : d'autres
affez imbécilles pour dire qu'il eft infuffifant
parce qu'il aura quelquefois échoué contre de,
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
maladies compliquées , où n'ayant agi que contre
la maladie vénérienne , qu'il aura détruite , il
n'aura pas fait le miracle d'emporter toutes les
autres complications , & tandis qu'il y a cent faits
qui prouveront qu'il a guéri des Maladies manquées
jufqu'à fept fois par les frictions ; enfin qui
employent toutes fortes de manoeuvres pour le
difcréditer , foit par jaloufie , foit par ignorance,
ou par un entêrement déplacé.
différentes Villes du Royaume.
Nimes en Languedoc.
Lettre de M. Rajoux , Docteur en Médecine
, & Membre de l'Acad, Royale
de Nimes ; à M. Keyfer.
'Ar l'honneur de vous envoyer , Monfieur ,
les Certificats de deux de mes Confrères , & de
trois Maîtres en . Chirurgie de cette Ville , dont
l'un eft le Doyen , & tous les trois Chirurgiens
très - expérimentés. Vous verrez qu'ils ont été
très - fatisfaits de la cure que j'ai faite , & dont
je vous ai rendu compre dans mes précédentes,
MARS. 1759. 219
Vous pouvez en faire l'ufage qu'il vous plaira ,
& fi vous les faites inférer dans le premier Mercure
, vous pourriez y joindre un Extrait court
& fuccint de la maladie. J'espère , Monfieur ,
que votre remède aura dans cette Ville la même
réputation qu'il a partout ailleurs , quand il fera
fagement adminiftré : car je vous répéte qu'il y
faut beaucoup d'art. Dès que les épreuves que
j'ai faites encore feront connues , on ne fera
certainement point de difficulté de fe fier pour
la guérifon des maladies vénériennes à un remède
dont on verra partout les effets aufli heureux &
auffi -bien conftatés .
J'ai l'honneur d'être , &c.
Signé RAJOUx , Dot en Méd.
Extrait des Certificats de Meffieurs les
Médecins de Nîmes. ( On Jupprime les
détails d'une Maladie qui étoit des plus
graves.)
Nous Pierre Baux , Docteur en Médecine de
J'Univerfité de Montpellier , Correfpondant des
Académies Royales des Sciences de Paris & de
Montpellier , Aggrégé au Collège des Médecins
de Nimes , & Jean-Baptiste Mitier , Do &tear en
Médecins , Aggrégé au Collège des Médecins de
Nimes :
Certifions & atteftons que le premier Septembre
1758 nous avons vifité , conjointement avec
M. Rajoux , Médecin de l'Hôtel - Dieu , & Membre
de l'Académie Royale de Nimes , la nommée
Marguerite ***, femme de Jofeph R** , que nous
avons trouvée dans un état des plus cruels , accablée
de tous les plus graves fymptomes qui caractérifent
la maladie vénérienne ... la Malade ne
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
pouvant plus manger ni dormir , & étant enfin
dans un état d'exténuation qui faifoit craindre
pour la vie qu'ayant commencé à prendre les
Dragées anti- vénériennes de M. Keyfer , le 8 du
mois de Septembre , fous la direction de M.
Rajoux , ce remède a produit l'effet le plus heureux
que nous ayant été repréſentée le 2 Décembre
, un mois après l'ufage des Dragées , afin
d'être plus certains de la guérifon ; nous avons
trouvé qu'elle étoit parfaitement guérie... que
la Malade ne fouffroit plus aucune espèce de douleur
, & étoit d'un embonpoint qui la faifoit preque
méconnoître. En conféquence de quoi nous
ne pouvons que rendre un bon témoignage du
fuccès de la méthode qui a été employée dans
cette occafion , & avons donné la préfente Atteltation.
A Nîmes , le 27 Décembre 1758 .
Signé BAUX & MITIER. D. E. M.
Extrait des Certificats de Meffieurs Mitier,
Bonnefoi & Clufeau , Maitres en Chiturgie
de ladite Ville, pour la même care.
Nous fouffignés , Maîtres Chirurgiens de
Nimes, certifions que le premier Novembre 1758,
nous avons été appellés conjointement avec M.
Kajoux Docteur en Médecine de la Faculté de
Montpellier pour voir & vifiter la nommée Marguerite
*** femme de Joſeph
** que nous n'eumes
befoin que des yeux pour juger de fa maladie.
Que cette femme étoit dans un état digne de
pitié .... Que M. Rajoux fe chargea de la cure de
cette femme , avec les Dragées de M. Keyfer ;
& qu'elles ont eu dans fes mains un fi heureux
fuccès, que vers le commencement de Décembre ,
peut-être un mois après la guérifon , nous avons
MAR S. 1759.
221
été furpris de trouver cette femme fans aucune
incommodité. En conféquence de quoi nous ne
pouvons que donner des éloges au mérite de cette
compofition dans la cure des Maladies Vénériennes
, quand elle fera furtout conduite par un habile
Médecin. A Nîmes le 22 Décembre 1758.
Signé , MITIER Chirurgien- Major de l'Hôtel-
Dieu , BONNEFOY , CLUZEAU ,
Maîtres en
Chirurgie.
Il vient de fe faire également à S. Malo , à
Metz, & dans diverfes autres Villes des cures autentiques
dont il fera rendu compte fucceffivement
parce qu'on ne peut les inférer que les unes après
les autres. Le Public obfervera que depuis deux
ans, prefque toutes les principales Villes du Royaume
ont envoyé les certificats les plus authentiques
, qu'il ne peut y avoir de brigues , ni de
faveurs dans des faits atteftés aufli généralement ;
que jamais remède n'a été expo é a tant d'épreuves
; que M. Keyfer fait aujourd'hui fon feizième
traitement à l'Hôpital de M. le Maréchal de Biron
; qu'il y a guéri plus de 3 à 400 foldats qui
exiftent , & dont il ne lui eft pas mort un feul
entre les mains ; qu'il a fait plus de trois mille
cures à Paris ; que fon remède en a fait auta nt
dans les Provinces , & que malgré les comptes
exacts & vrais qu'il en a rendas , il voit avec douleur
qu'il eft perpétuellement des gens affez ennemis
du bien public & de l'humanité pour chercher
à décrier ce remèdę .
D'autres font affez ignorans pour ofer dire fans
le connoître , qu'il eft compofe de drogues pernicieufes
, tandis que ce n'eft que du mercure extrêmement
purifié , & que d'ailleurs on peut ef
fayer de le décompofer quand on voudra : d'autres
affez imbécilles pour dire qu'il eft infuffifant
parce qu'il aura quelquefois échoué contre de,
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
maladies compliquées , où n'ayant agi que contre
la maladie vénérienne , qu'il aura détruite , il
n'aura pas fait le miracle d'emporter toutes les
autres complications , & tandis qu'il y a cent faits
qui prouveront qu'il a guéri des Maladies manquées
jufqu'à fept fois par les frictions ; enfin qui
employent toutes fortes de manoeuvres pour le
difcréditer , foit par jaloufie , foit par ignorance,
ou par un entêrement déplacé.
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Résumé : EXTRAIT de différentes cures dans différentes Villes du Royaume.
Le document relate des témoignages de médecins et chirurgiens de Nîmes concernant l'efficacité d'un remède contre les maladies vénériennes. M. Rajoux, Docteur en Médecine et membre de l'Académie Royale de Nîmes, a traité avec succès une patiente nommée Marguerite, souffrant de symptômes graves de la maladie vénérienne. Plusieurs certificats médicaux, émanant de M. Baux, M. Mitier, M. Bonnefoi et M. Cluzeau, attestent de la guérison complète de Marguerite après l'administration des dragées anti-vénériennes de M. Keyfer, sous la supervision de M. Rajoux. Ces témoignages mettent en avant l'efficacité du remède lorsqu'il est administré par un médecin compétent. Des guérisons similaires ont été rapportées dans d'autres villes comme Saint-Malo et Metz. Le remède, composé de mercure purifié, a également été utilisé avec succès dans diverses régions, notamment à l'Hôpital du Maréchal de Biron et à Paris, où plus de 3 000 cures ont été réalisées. Malgré ces succès, le remède fait face à des critiques de la part de personnes mal informées ou malveillantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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p. 203-208
NOUVEL Avis, concernant le Spécifique antivénérien du Docteur FELS, premier Médecin & Bourgmestre de la ville de Schelestat en Alsace.
Début :
La Dame veuve du Docteur Fels ayant obtenu un Arrêt du Conseil d'Etat du Roi, par lequel Sa [...]
Mots clefs :
Remède, Docteur, Maladie, Vénérien, Chirurgiens
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texteReconnaissance textuelle : NOUVEL Avis, concernant le Spécifique antivénérien du Docteur FELS, premier Médecin & Bourgmestre de la ville de Schelestat en Alsace.
NOUVEL Avis , concernant le Spécifique antivénérien
du Docteur FELS , premier Médecin &
·Bourgmestre de la ville de Scheleftat en Alface.
La Dame veuve du Docteur Fels ayant obtent
un Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , par lequel Sa
Majefté lui a permis de continuer de compofer
& d'adminiftrer , ou faire adminiftrer par fes Pré-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
pofés , tant à Paris , fous l'infpection & direction
de M. Caumont , Médecin ordinaire du Roi ,
que dans les Provinces du Royaume , le Remède ,
ou Spécifique anti - vénérien , dont fon mari a fait
la découverte , en fit publier peu après cette
obtention , les propriétés effentielles & très-intéreffantes
pour le Public . ( Voyez le Mercure
d'Août 1762 & la Feuille des Affiches du 19 Juillet
même année , &c. ) Mais , comme elle ne put
alors accompagner fon Avis ou Inftruction d'un
Extrait de Piéces juftificatives propres à prouver
& conftater l'excellence & les avantages de ce
Spécifique , ces Piéces étant pour - lors fous les
fcellés appofés après le décès de fon mari ; elle
croit devoir maintenant faire part au Public de
quelques-uns des principaux faits qui y font
énoncés & atteftés par pluſieurs Médecins & Chirurgiens
très- célébres .
1. Trois Atteftations qui prouvent très- authentiquement
qu'une femme de la Paroiffe d'Ablincourt
, Diocèle de Noyon , enceinte de 4 mois
& demi , ayant tous les fymptômes les plus graves
& les plus caractériſtiques de la V .... a été parfairement
guérie en huit jours par l'ufage de la Tifane
ou Apozême du Docteur Fels. Ces Atteftations
font fignées par M. Petit , premier Médecin de S.
A. S. Mgr. le Duc d'Orléans ; par M. Guérin ,
Chirurgien- Major des Moufquetaires Noirs , &
M. Moreau , premier Chirurgien de l'Hôtel- Dieu
de Paris. Il est à remarquer que le reste du temps
de la groffeffe de cette femme s'elt paflé en parfaite
fanté , & que l'enfant dont elle eſt accouchée
à terme & très - heureufement , ne s'est trouvé
affecté d'aucun fymptôme de maladie vénérienne.
2. Trois autres Atteftations , par lesquelles
FEVRIER. 1763 . 205
Te même M. Petit , M. le Thieullier & M. Cantwel
, Docteurs Régens de la Faculté de Médecine
de Paris , certifient que le mari de cette même
femme avoit auffi les fymptômes véroliques
les plus graves , lefquels fymprômes ont été en
outre reconnus tels par M. de Senac , premier
Médecin du Roi , par M. Quefnay , M. de la
Sone , MM. le Gagneur , Caumont , Hevin ,
Duval & autres Médecins & Chirurgiens de la
Cour & de la ville de Verſailles , où ce malade a
été traité fous leurs yeux , jufqu'à parfaite guérifon
, obtenue en pareil efpace de temps que la
précédente.
3º. Un Certificat de M. M... Capitaine de
Dragons & Chevalier de S. Louis , par lequel cet
Officier attefte qu'il a été parfaitement guéri par
la Tifane du Docteur Fels , d'une maladie vénérienne
très-grave & très-invétérée , qui l'avoit réduit
à une telle extrémité , que l'on défefpéroit
de la vie.
4. Une Déclaration volontaire , paffée devant
Me Deruelle & fon Confrère , Notaires à Paris ,
par le fieur D ... bourgeois de Paris , contenant ,
qu'après avoir été traité d'une maladie vénérienne
par plufieurs Chirurgiens , qui l'avoient manqué
(ce font les termes.) il a été parfaitement guéri par
le Reméde fpécifique qui lui a été confeillé & adminiftré
par M. Fels.
5º. Une Lettre de M. Monnet , par laquelle il
déclare que dès le neuvième jour •qu'il a fait
ufage de la Tifane du Docteur Fels , il a été délivré
de très vives douleurs de tête , de bras & de
jambes , qui le tourmentoient depuis long- temps ,
& qu'aucuns remédes n'avoient pu guérir ; qu'il
avoit confulté plufieurs Médecins , qui n'avoient
pu découvrir aucun fymptôme qui caractériſâr la
206 MERCURE DE FRANCE.
V.... mais que , fur quelques foupçons , il s'étoit
déterminé à prendre ce Remède , par lequel il
certifie avoir été parfaitement guéri en vingtquatre
jours , jouillant préfentement de la meil
leure fanté en foi de quoi , ce généreux Citoyen
a confenti que ce fait fût rendu public , & qu'on
le nommâr , pour lui donner plus d'authenticité.
On pourroit encore rapporter plufieurs autres
guérifons de maux vénériens de toutes eſpèces ,
& notamment de plufieurs caries , exoftoles &
autres maladies affectant les os , les cartilages ,
&c. que cet excellent Spécifique a radicalement
détruites ; mais les perfonnes qui ont été guéries
ne confentant pas d'être citées , on les doit
paffer fous filence ; d'autant plus que les fairs cideffus
rapportés fuffifent pour faire connoître évidemment
que ce Reméde eft un Spécifique certain
contre toute maladie vénérienne , foit récente
, ſoit invétérée , ſoit héréditaire , &c . &
que , de plus , un de fes effets particuliers eft de
réuffir parfaitement dans la cure des maladies
vénériennes qui ont réfifté à l'uſage du mercure
le mieux adminiftré ; avantage dont l'humanité
étoit privée avant la découverte de ce précieux
Reméde. Une remarque qu'il eft encore trèsnéceffaire
de faire , & qui ajoûte beaucoup à
l'importance de ce Spécifique , c'eft qu'il eft compofé
fans aucun ingrédient mercuriel , & par conféquent
exempt de tous les inconvéniens inféparables
du mercure.
M. Caumont efpere donner dans peu les obfervations
qu'il a faites fur ce Reméde & fur les
effets , depuis qu'il eft fous la direction.
Sa demeure eft à Paris , rue de Bourgogne ,
près de la rue de Varenne .
FEVRIER. 1763. 20
Madame Fels demeure toujours rue Quincampoix
, près de la rue de Venife , même maifon
que M. Arnoult , ancien Epicier- Droguifte.
Il eft bon de rappeller ici , en faveur des perfonnes
qui pourroient n'avoir pas été à portée de
lire les ouvrages périodiques où il a été fait mention
de ce Reméde , ce qui a déja été dit ſur ſes
propriétés.
Ce Spécifique eft un Apozême dont on boit trois
verres par jour.
Il a l'avantage , 1º. de guérir les maladies vénériennes,
fans jamais caufer de falivation , étant
compofé , comme on vient de le faire remarquer
, fans aucun ingrédient mercuriel.
2º. Les préparations qui le précédent fe font
-en très-peu de jours , les bains n'y étant pas néceffaires.
3º. Pendant l'ufage de ce Reméde , qui ne dure
ordinairement que vingt - quatre jours , on n'eſt
point aftreint à garder la chambre : on peut
même vaquer aux affaires qui ne caufent point
trop de fatigue & n'exigent point une trop longue
contention d'efprit , ayant foin néanmoins
de ne fe pas expofer aux injures de l'air.
4°. Ce Spécifique n'a rien de contraire aux
eftomachs débiles ni aux poitrines délicates ; il
en eſt même fouvent le véritable antidote , principalement
lorsque la langueur ou le mal- aife
de ces organes provient de quelques anciens
réfidus , vénériens maſqués ou dégénérés , comme
il n'arrive que trop communément à ceux qui
ont eu dans la jeuneffe certaines galanteries imparfaitement
terminées.
> s . Ce Reméde agit avec tant de douceur
que M. Fels , ainſi qu'on l'a vu ci-deffus , l'a
employé pendant le cours de la groffeffe même ,
208 MERCURE DE FRANCE.
avec le plus heureux fuccès ; & de même , pour
les enfans à la mammelle , en le faiſant boire à
leurs nourrices.
60. Loin d'être affoibli ou maigri par fon
ulage , on y recouvre les forces & l'embon
point détruits ou diminués par la maladie.
du Docteur FELS , premier Médecin &
·Bourgmestre de la ville de Scheleftat en Alface.
La Dame veuve du Docteur Fels ayant obtent
un Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , par lequel Sa
Majefté lui a permis de continuer de compofer
& d'adminiftrer , ou faire adminiftrer par fes Pré-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
pofés , tant à Paris , fous l'infpection & direction
de M. Caumont , Médecin ordinaire du Roi ,
que dans les Provinces du Royaume , le Remède ,
ou Spécifique anti - vénérien , dont fon mari a fait
la découverte , en fit publier peu après cette
obtention , les propriétés effentielles & très-intéreffantes
pour le Public . ( Voyez le Mercure
d'Août 1762 & la Feuille des Affiches du 19 Juillet
même année , &c. ) Mais , comme elle ne put
alors accompagner fon Avis ou Inftruction d'un
Extrait de Piéces juftificatives propres à prouver
& conftater l'excellence & les avantages de ce
Spécifique , ces Piéces étant pour - lors fous les
fcellés appofés après le décès de fon mari ; elle
croit devoir maintenant faire part au Public de
quelques-uns des principaux faits qui y font
énoncés & atteftés par pluſieurs Médecins & Chirurgiens
très- célébres .
1. Trois Atteftations qui prouvent très- authentiquement
qu'une femme de la Paroiffe d'Ablincourt
, Diocèle de Noyon , enceinte de 4 mois
& demi , ayant tous les fymptômes les plus graves
& les plus caractériſtiques de la V .... a été parfairement
guérie en huit jours par l'ufage de la Tifane
ou Apozême du Docteur Fels. Ces Atteftations
font fignées par M. Petit , premier Médecin de S.
A. S. Mgr. le Duc d'Orléans ; par M. Guérin ,
Chirurgien- Major des Moufquetaires Noirs , &
M. Moreau , premier Chirurgien de l'Hôtel- Dieu
de Paris. Il est à remarquer que le reste du temps
de la groffeffe de cette femme s'elt paflé en parfaite
fanté , & que l'enfant dont elle eſt accouchée
à terme & très - heureufement , ne s'est trouvé
affecté d'aucun fymptôme de maladie vénérienne.
2. Trois autres Atteftations , par lesquelles
FEVRIER. 1763 . 205
Te même M. Petit , M. le Thieullier & M. Cantwel
, Docteurs Régens de la Faculté de Médecine
de Paris , certifient que le mari de cette même
femme avoit auffi les fymptômes véroliques
les plus graves , lefquels fymprômes ont été en
outre reconnus tels par M. de Senac , premier
Médecin du Roi , par M. Quefnay , M. de la
Sone , MM. le Gagneur , Caumont , Hevin ,
Duval & autres Médecins & Chirurgiens de la
Cour & de la ville de Verſailles , où ce malade a
été traité fous leurs yeux , jufqu'à parfaite guérifon
, obtenue en pareil efpace de temps que la
précédente.
3º. Un Certificat de M. M... Capitaine de
Dragons & Chevalier de S. Louis , par lequel cet
Officier attefte qu'il a été parfaitement guéri par
la Tifane du Docteur Fels , d'une maladie vénérienne
très-grave & très-invétérée , qui l'avoit réduit
à une telle extrémité , que l'on défefpéroit
de la vie.
4. Une Déclaration volontaire , paffée devant
Me Deruelle & fon Confrère , Notaires à Paris ,
par le fieur D ... bourgeois de Paris , contenant ,
qu'après avoir été traité d'une maladie vénérienne
par plufieurs Chirurgiens , qui l'avoient manqué
(ce font les termes.) il a été parfaitement guéri par
le Reméde fpécifique qui lui a été confeillé & adminiftré
par M. Fels.
5º. Une Lettre de M. Monnet , par laquelle il
déclare que dès le neuvième jour •qu'il a fait
ufage de la Tifane du Docteur Fels , il a été délivré
de très vives douleurs de tête , de bras & de
jambes , qui le tourmentoient depuis long- temps ,
& qu'aucuns remédes n'avoient pu guérir ; qu'il
avoit confulté plufieurs Médecins , qui n'avoient
pu découvrir aucun fymptôme qui caractériſâr la
206 MERCURE DE FRANCE.
V.... mais que , fur quelques foupçons , il s'étoit
déterminé à prendre ce Remède , par lequel il
certifie avoir été parfaitement guéri en vingtquatre
jours , jouillant préfentement de la meil
leure fanté en foi de quoi , ce généreux Citoyen
a confenti que ce fait fût rendu public , & qu'on
le nommâr , pour lui donner plus d'authenticité.
On pourroit encore rapporter plufieurs autres
guérifons de maux vénériens de toutes eſpèces ,
& notamment de plufieurs caries , exoftoles &
autres maladies affectant les os , les cartilages ,
&c. que cet excellent Spécifique a radicalement
détruites ; mais les perfonnes qui ont été guéries
ne confentant pas d'être citées , on les doit
paffer fous filence ; d'autant plus que les fairs cideffus
rapportés fuffifent pour faire connoître évidemment
que ce Reméde eft un Spécifique certain
contre toute maladie vénérienne , foit récente
, ſoit invétérée , ſoit héréditaire , &c . &
que , de plus , un de fes effets particuliers eft de
réuffir parfaitement dans la cure des maladies
vénériennes qui ont réfifté à l'uſage du mercure
le mieux adminiftré ; avantage dont l'humanité
étoit privée avant la découverte de ce précieux
Reméde. Une remarque qu'il eft encore trèsnéceffaire
de faire , & qui ajoûte beaucoup à
l'importance de ce Spécifique , c'eft qu'il eft compofé
fans aucun ingrédient mercuriel , & par conféquent
exempt de tous les inconvéniens inféparables
du mercure.
M. Caumont efpere donner dans peu les obfervations
qu'il a faites fur ce Reméde & fur les
effets , depuis qu'il eft fous la direction.
Sa demeure eft à Paris , rue de Bourgogne ,
près de la rue de Varenne .
FEVRIER. 1763. 20
Madame Fels demeure toujours rue Quincampoix
, près de la rue de Venife , même maifon
que M. Arnoult , ancien Epicier- Droguifte.
Il eft bon de rappeller ici , en faveur des perfonnes
qui pourroient n'avoir pas été à portée de
lire les ouvrages périodiques où il a été fait mention
de ce Reméde , ce qui a déja été dit ſur ſes
propriétés.
Ce Spécifique eft un Apozême dont on boit trois
verres par jour.
Il a l'avantage , 1º. de guérir les maladies vénériennes,
fans jamais caufer de falivation , étant
compofé , comme on vient de le faire remarquer
, fans aucun ingrédient mercuriel.
2º. Les préparations qui le précédent fe font
-en très-peu de jours , les bains n'y étant pas néceffaires.
3º. Pendant l'ufage de ce Reméde , qui ne dure
ordinairement que vingt - quatre jours , on n'eſt
point aftreint à garder la chambre : on peut
même vaquer aux affaires qui ne caufent point
trop de fatigue & n'exigent point une trop longue
contention d'efprit , ayant foin néanmoins
de ne fe pas expofer aux injures de l'air.
4°. Ce Spécifique n'a rien de contraire aux
eftomachs débiles ni aux poitrines délicates ; il
en eſt même fouvent le véritable antidote , principalement
lorsque la langueur ou le mal- aife
de ces organes provient de quelques anciens
réfidus , vénériens maſqués ou dégénérés , comme
il n'arrive que trop communément à ceux qui
ont eu dans la jeuneffe certaines galanteries imparfaitement
terminées.
> s . Ce Reméde agit avec tant de douceur
que M. Fels , ainſi qu'on l'a vu ci-deffus , l'a
employé pendant le cours de la groffeffe même ,
208 MERCURE DE FRANCE.
avec le plus heureux fuccès ; & de même , pour
les enfans à la mammelle , en le faiſant boire à
leurs nourrices.
60. Loin d'être affoibli ou maigri par fon
ulage , on y recouvre les forces & l'embon
point détruits ou diminués par la maladie.
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Résumé : NOUVEL Avis, concernant le Spécifique antivénérien du Docteur FELS, premier Médecin & Bourgmestre de la ville de Schelestat en Alsace.
Le document traite d'un avis concernant le spécifique antivénérien du Docteur Fels, premier médecin et bourgmestre de la ville de Scheleftat en Alface. La veuve du Docteur Fels a obtenu un arrêt du Conseil d'État du Roi, lui permettant de continuer à composer et administrer ce remède à Paris et dans les provinces du Royaume, sous la direction de M. Caumont, médecin ordinaire du Roi. Le texte mentionne plusieurs attestations et certificats de médecins et chirurgiens célèbres, prouvant l'efficacité du spécifique antivénérien. Parmi les cas notables, une femme enceinte de quatre mois et demi, guérie en huit jours, et son mari, également guéri en peu de temps. D'autres témoignages incluent un capitaine de dragons et un bourgeois de Paris, tous ayant été guéris de maladies vénériennes graves. Le spécifique est décrit comme un apozème à boire, composé sans ingrédient mercuriel, ce qui évite les inconvénients du mercure. Il guérit les maladies vénériennes sans salivation, en peu de jours, et permet de vaquer aux affaires sans contrainte excessive. Il est également bénéfique pour les estomacs débiles et les poitrines délicates, et peut être utilisé pendant la grossesse et pour les nourrissons via leurs nourrices. Le remède renforce les forces et l'embonpoint. M. Caumont prévoit de publier ses observations sur ce remède. Les adresses de M. Caumont et de Madame Fels sont fournies pour toute demande d'information.
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