Etat des quatre Malades fur les dix qui ont été
traités dans les Hôpitaux de Marſeille , annoncés
dans les volumes précédens , & dont on a promis
de rendre compte.
. Marie Cujés , âgée de 8 ans , avoit eu , ily a
quatre ans , la Maladie Vénérienne , pour laquelle
elle avoit été traitée. Elle avoit un ulceré trèsprofond
à la partie fupérieure du. pariétat droit ,
de la largeur d'une piece de vingt- quatre fols ;
deux fur le front de la largeur d'un écu de trois
livress un fur la partie inférieure du fourcil droit ,
avec un finus qui perçoit le mufcle fourcillier ; ce
qui avoit occafionné une infiltration à la paupiere
fupérieure , & l'avoit rendue groffe comme un
ceufde poule ; un quatrieme ulcere fur la partie
fupérieure du nez , & deux finus au deffous du
grand angle de l'oeil gauche un cinquieme au mi- `
lieu de la mâchoire inférieure , avec dureté de la
groffeur d'une noix ; un fixieme ulcere de quatre
pouces de longueur , fur la partie fupérieure du
fternum avec une exoftofe de la groffeur d'une
noix ; un feptieme ulcere au milieu de la clavicule
; ; un cautere au bras gauche , des douleurs de
tête fi violentes qu'elle ne pouvoit prendre aucun
repos ; un appauvriffement de fang fi confidérable
que la malade étoit entiérement defféchée ; enfin
cette femme étoit dans un état fi fâcheux , qu'il
étoit très -problématique de l'entreprendre & de
fe flatter de la guérir . Elle jɔuit actuellement de
la meilleure fanté.
2. Pierre Cujés fon mari , avoit des douleurs
nocturnes dans tous les membres , & des fiſtulesi
fur toutes les parties de fon corps . Il eſt parfaite
ment guéri.
3. Marie Dupré avoit , outre les fymptômes orordinaires
,
FEVRIER. 1758. 193
dinaires , des douleurs très -aigues aux extrêmités
inférieures , dont elle ne fe reffent plus.
4. Anne Imbert , outre les fymptômes ordinaires,
avoit des douleurs aux cuiffes & aux genoux ,
fort aigues , dont elle eft parfaitement guérie.
CERTIFICAT de Meffieurs les Recteurs de l'Hôpital
, aufujet de ces quatre Malades.
Nous,fouffignés , Recteurs de l'Hôpital général
de la grande Miféricorde de cette Ville de Marfeille
, certifions que nous avons remis à M. Naudinat
les quatre Malades dont l'état est constaté
ci-deffus , & qu'il les a traités avec les dragées anti-
vénériennes de M. Keyfer , jufqu'à la parfaite
guériſon qui s'en eft enfuivie : en foi de quoi nous
avons donné le préfent certificat . A Marſeille , ce
2 Novembre 1757. Bruttier , Lafont , Lombaut
Barrot , Sabatier , Judavaque , Aubergy- Gouffé,
de Troivilles , Lefbrot , Teileire.
›
M. Keyfer annonce au public , qu'ayant actuel
lement multiplié les envois de fon remede à l'infini
& recevant tous les jours de mille endroits
des lettres & des certificats authentiques qui lui
apprennent les fuccès journaliers tant des épreuves
déja faites , que de celles qui fe font tous les jours ,
il n'en peut inférer ici le nombre qui devient immenfe
; mais qu'il en rendra compte à la fin de
chaque année , par un écrit féparé .
Qu'il donnera auffi inceffamment la lifte générale
de tous fes correfpondans , dans chaque Ville
du Royaume & celles des Pays étrangers , n'attendant
pour cela que le confentement de quelquesuns
qui n'ont point encore fini leurs épreuves ; &
qu'en attendant , il avertit le public de bien prendre
garde de donner légérement fa confiance à
I
194 MERCURE DE FRANCE.
le
beaucoup de gens qui , foit à Paris , foit dans les
Provinces , fe vantent d'avoir fon remede ,
contrefont , & difent être fes correſpondans ; ce
qui eft d'autant plus faux , qu'il ne l'a donné jufqu'ici
, & ne le donnera qu'à une feule perſonne
dans chaque endroit .
Au refte , il croit n'avoir plus à fe défendre , ni
devoir répondre à de faux & malins écrits qui ſe
multiplient tous les jours , n'ayant ni le goût ni le
temps de le faire , & convaincu que' les gens fenfés
verront clairement que des milliers d'épreuves annoncées
, faites dans tous les lieux par les perfonnes
les plus connues dans la Médecine & la Chirurgie
, & qui n'ont aucune espece d'intérêt à vanter
la bonté de fon remede , fuffiront pour confondre
& faire rougir des gens qui fe font fait un
métier d'écrire fans miffion , & qui font affez mauvais
citoyens pour chercher & employer toutes
fortes de manoeuvres à faire échouer un remede .
dont il réfulte tant d'avantages pour l'humanité.
Il ne fe flatte pas de contenter tout le monde,
11 eft clair que , dans le genre des maladies qu'il·
entreprend, ilfe trouve par fois des complications
incurables : mais comme il ne donne & n'a jamais
donné fon remede , que pour ce qui eft Maladie
Vénérienne , il croit qu'on ne peut ni ne doit lui
demander autre chofe. Ce qui le fàche davantage,
& qu'il eft forcé de dire avec douleur ', c'eft qu'il
fe rencontre quelquefois , dans le cours de les traitemens
, des gens dont la mauvaiſe foi & la fourberie
font au-delà de tout ce qui fe peut imaginer:
gens qui , étant venus implorer fon fecours , aux
moyens defquels il s'eft prêté en galant homme ,
qu'il a guéris , fans autre efpoir que celui de leurs
promeffes ou leurs paroles d'honneur , font affez
lâches & affez méprifables pour le fouftraire aux
1
FEVRIER . 1758. 195
:
paiemens qu'ils ont promis par des billets ou engagemens
convenus, en le menaçant de dire qu'ils
ne font pas guéris , que fon remede leur a fait du
mal , & de donner même des certificats contre
lui. Il eft en état de prouver ce qu'il avance. Il
veut bien ne pas nommer des efpeces auffi méprifables
mais il eft muni de certificats vrais & fa-.
vorables de la part de tels gens , qui , féduits par
fes adverfaires , n'ont pas eu honte de leur en donner
de contraires , & dont il a été fait ufage dans
un dernier mémoire compofé contre lui . D'autres
qui , ayant leurs billets entre fes mains , & ayant
repris du mal nouveau depuis leurs guérifons
croient pouvoir impunément lui redemander leurs
engagemens , en lui faiſant de pareilles menaces.
Il eft en état de fe juftifier bien authentiquement
de tout ce que l'on pourroit jamais lui reprocher,
à toutes fortes d'égards ; & comme il a la vérité
& les faits pour lui , il ne craindra jamais de les
expofer aux yeux de qui il appartiendra.
Nous croyons devoir ajouter à l'article de M.
Keyfer , qu'il nous eft adreffé à nous- mêmes des
lettres qu'on nous prie d'inférer dans nos volumes
, que le peu d'efpace ne nous permet pas d'y
ajouter , mais qui font on ne peut pas plus favo
rables au remede qu'il adminiftre.