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Liste
301
p. 1031-1035
MORTS, NAISSANCE et Mariages.
Début :
Dame Marie-Françoise d'Apremont, Abbesse de l'Abbaye Royale du Lis, près de Melun, [...]
Mots clefs :
Roi, Marquis, Général, Dame, Brigadier des armées du roi, Auvergne
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCE et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
D
et Mariages.
Ame Marie-Françoise d'Apremont, Abbesse
de l'Abbaye Royale du Lis , près de Melun
mourut dans son Abbaye presque subitement ,
Lundy 13. Avril , âgée de plus de 40. ans.
le
M. de Montmyral , Brigadier des Armées du
Roy , Lieutenant pour le Roy au Gouvernement
de Strasbourg, y mourut le 27. du mois dernier.
M. de Beaulieu , Brigadier des Armées du Roy,
et Lieutenant de Roy de Schelestad , mourut le
même jour.
Louis Adolphe Rouault de Gamaches , Auditeur
de Rote pour la France , depuis près de 18. ans ,
Abbé de l'Abbaye de Mont- Majour , et Prieur
d'Arbois, mourut à Rome le 18. du mois dernier,
dans la 47. année de son âge.
L'Abbé de Courtenay , Abbé des Abbayes de
S. Pierre d'Auxerre , et d'Eschalis , mourut à
Paris les de ce mois , dans la 87. année de
son âge.
L'Abbé François Spilimberti , chargé des Affaires
de S. A. S. M. le Duc de Modêne , mourut
à Paris le 7. âgé de 45. ans.
M.jean le Normand, Evêque d'Evreux et Abbé
de S. Taurin de la même Ville , mourut le 7. du
même mois dans son Diocèse , âgé de 78. ans.
Joseph-Robert de Lignerac , Brigadier des Armées
du Roy , Grand - Baillif et Lieutenant General
de la Haute Auvergne, mourut le 11. May,
âgé de 63. ans .
Godefroy- Charles - Alexandre de la Tour d'Au
vergne I v
9032 MERCURE DE FRANCE
vergne , Duc de Château- Thierry , fils unique
de Frédéric- Jules de la Tour d'Auvergne , Prince
d'Auvergne , et de Madame Catherine Olive
de Trente , Princesse d'Auvergne , mourut le 16.
May , âgê de 7. ans 9. mois.
Françoise Charlotte de Bethisy , fille de Eugene
Marie de Bethisy , Chevalier , Seigneur , Marquis
de Méziere Campvermont , & c. Lieutenant
General des Armées du Roy , Gouverneur des
Ville et Citadelle d'Amiens et de Corbie , Grand-
Bailly d'Epée d'Amiens , Commandant pour le
Roy dans les Provinces de Picardie , Champagne,
Artois , Soissonnois , Cambresis et Haynaut , ef
de Dame Eleonore d'Oglethorge , mourut le 17.
May , âgée d'environ 15. ans.
M. Jeau Guyner , Conseiller du Roy, Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes , mourut
le même jour, âgé d'environ 64 , ans .
Dame Henriette- Magdeleine- Julie de Martel-
Fontaine , veuve de Charles - François Marie
Marquis d'Estaing , Lieutenant General du Verdunois
, Gouverneur de la Ville de Châlons
Mestre de Camp du Régiment de Forêt , Infanterie
, et Gouverneur de la Ville de Douay , en
-survivance du Comte d'Estaing son pere , mourut
à Paris le 19 âgée de 37. ans.
Jacques Bazin de Besons, Maréchal de France,
Chevalier des Ordres du Roy , Gouverneur des
Ville et Citadelle de Cambray et du Pays Cambresis
, ancien Conseiller au Conseil de Régence,
et Grand- Croix de l'Ordre Militaire de S. Louis,
mourut le 22. May âgé d'environ 87 ans .
Dame Marie-Edmée Terrier , veuve de Re
né Charles d'Hozier , Conseiller du Roy , Juge
General d'Armes et Garde de l'Armorial general
de France , Généalogiste de la Maison et des
Ecuries
MAY. 1733. 1033
Ecuries de S. M. Chevalier des Ordres de S. Maude
S. Lazare de Savoye , mourut le premier
Mars de la présente année 1733. âgée de
78. ans f. mois.
rice et
Feu M. d'Hozier , son mari , qui mourut le 13
de Février de l'année derniere , âgé de 2 ans
n'a point laissé d'enfans de ce Mariage ; mais il
a institué son seul héritier M. d'Hozier , son
neveu , Maître des Comptes et reçû en survivance
dès l'année 1710. dans les Charges de Juge
General d'Armes de France et de Généalogiste
de la Maison et des Ecuries du Roy. L'article qui
a été employé sur ce sujet dans le Mercure d'A
vril , a été dressé sur de faux Mémoires.
Dame Marie-Anne Robillard, femme de Louis
Pierre d'Hozier , Juge General d'Armes de France
, Chevalier de l'Ordre du Roy , son Conseiller
, Maître Ordinaire en sa Chambre des Comptes
de Paris , et Génealogiste de la Maison et
des Ecuries de S. M. et de celle de la Reine ,
accoucha le 6. d'Avril dernier , d'un fils , qui fut
baptisé le même jour dans l'Eglise de S. Nicolas
des Champs , et nommé Jean - François - Louis ,
par François Boula , Ecuyer , Seigneur de Quinci
et par Dame Marie- Jeanne Elisabeth Cappe ,
femine de Charles - François de Common , Conseiller
du Roy, Correcteur en la même Chambre
des Comptes.
Le 11 de ce mois , à 7. heures et un quart dự
soir , la Reine accoucha à Versailles , d'une Prinsesse
, qui fut gndoyée par l'Abbé de Bellefont ,
Aumônier du Roy en quartier , en présence du
Curé de la Paroisse. Après la Cérémonie cette
Princesse fut portée dans son Appartement par
Ja Duchesse de Tallard , Gouvernance des Enfans
I vj da
1034 MERCURE DE FRANCE
de France. La Reine se porte aussi bien qu'on
peut le desirer.
D. Gabrielle- Emilie de Breteuil , Epouse de Florent-
Claude , Marquis du Châtelet , &c. Gouverneur
de Semur , Grand- Bailly d'Aunoy et de
Sarlouis , Colonel du Régiment de Hainaut , accoucha
le 11. Avril , d'un fils qui fut nommé
Victor- Esprit , par François- Victor le Tonnelier
de Breteuil , Marquis de Fontenay- Trésigny,
&c. Commandeur des Ordres du Roy , Chancelier
de la Reine et ancien Secretaire d'Etat au Dé
partement de la Guerre ; et par D. Marie Florence
du Châtelet , Epouse de Melchior Esprit de
la Baume , Comte de Montrevel , & c. Brigadier
des Armées du Roy , `Mestre de Camp de Cavalerie
..
-
D. Marguerite Catherine Magdeleine le
Yoyer d'Argenson , Epouse de Thomas le Gendre
de Collande , Maréchal des Camps et Armées:
du Roy , Commandeur de l'Ordre de S. Louis
accoucha le 15. Avril d'un fils qui fut nommé
Antoine- François , par M. Jean-François - Paul
le Févre de Caumarun , Evêque de Blois , représonté
par Antoine- Louis- François le Févre de
Caumartin de S. Ange , fils d'Antoine- Louis
François , Marquis de S. Ange , Comte de Mauret
&c. Maître des Requêtes , et par D. Gatherine-
Françoise-Charlotte de Cossé de Brissac
fille de Charles Timoleon- Louis de Cossé , Duc
de Brissac , Pair et grand Pannetier de France !
Dame Yvonne- Sylvie du Bresil de Rais , Epou
se de Guy Auguste de Rohan Chabot , Mestre
de Camp , accoucha le zo. Avril d'un fils qui
fut nommé Louis - Antoine Auguste , par Louis
Bretagne Alain de Rohan - Chabor , Prince de
Leon , Duc de Rohan , Pair de Fance , et par
DI
MAY. 1733. 1035
DMarianne-Antoinette de Mesmes , Epouse de
Guy de Durfort , Duc de Lorge .
D. Marie-Susanne Prévôt de Sansac , Epouse
de Henry , Marquis de Bourdeilles , accoucha le
27. du même mois , d'une fille , qui fut nommée
Marie-Susanne , par Henry- Joseph , et par Marie-
Susanne de Bourdeilles , ses frere et soeur.
Simon- Joseph de Raousset , fils de Guillaume
de Raousset , Marquis de Seilhon et de Meslan ,
Conseiller au Parlement de Provence , et de D.
Anne de Vintimille , d'Oullioules , des Comtes
de Marseille , épousa le 16. Avril Marguerite-
Charlotte de la Roche de Fontenilles , fille de
François de la Roche , Marquis de Fontenilles, et
de D. Marie -Therese de Mesmes.
Yves- Marie de Bologne de Lens de Liques ,
Comie de Rupelmonde , Colonnel d'Infanterie et
Capitaine dans le Régiment d'Alsace , fils de feu
Maximilien- Philippe- Joseph de Bologne de Lens,
& c. Maréchal des Camps et Armées du Roy d'Espagne
et de D. Marie - Marguerite - Elisabeth d'Alegre
, Dame du Palais de la Reine , épousa le
21 Avril D. Marie- Chrétienne Christine de
Grammont d'Astel , file ' de' Louis , Comte de
Grammont, Brigadier des Armées du Roy, Chevalier
de ses Ordres , Gouverneur des Villes et
Château de Ham , et de Genevieve Gontaut de
Biton.
Alexandre de Mauleon de Beaupré, & c. Colonel
d'Infanterie et Major du Régiment du Roy ,
fils de Claude de Mauleon de Beaupré , & c . et de
D. Anne-Marie Carteron , épousa le 13. May D.
Marie Marthe de S Simon de Courtaumer , fille
de Jacques- Antoine de S. Simon Comte de
Courtaumer, & c, et de D. Marthe Charden .
D
et Mariages.
Ame Marie-Françoise d'Apremont, Abbesse
de l'Abbaye Royale du Lis , près de Melun
mourut dans son Abbaye presque subitement ,
Lundy 13. Avril , âgée de plus de 40. ans.
le
M. de Montmyral , Brigadier des Armées du
Roy , Lieutenant pour le Roy au Gouvernement
de Strasbourg, y mourut le 27. du mois dernier.
M. de Beaulieu , Brigadier des Armées du Roy,
et Lieutenant de Roy de Schelestad , mourut le
même jour.
Louis Adolphe Rouault de Gamaches , Auditeur
de Rote pour la France , depuis près de 18. ans ,
Abbé de l'Abbaye de Mont- Majour , et Prieur
d'Arbois, mourut à Rome le 18. du mois dernier,
dans la 47. année de son âge.
L'Abbé de Courtenay , Abbé des Abbayes de
S. Pierre d'Auxerre , et d'Eschalis , mourut à
Paris les de ce mois , dans la 87. année de
son âge.
L'Abbé François Spilimberti , chargé des Affaires
de S. A. S. M. le Duc de Modêne , mourut
à Paris le 7. âgé de 45. ans.
M.jean le Normand, Evêque d'Evreux et Abbé
de S. Taurin de la même Ville , mourut le 7. du
même mois dans son Diocèse , âgé de 78. ans.
Joseph-Robert de Lignerac , Brigadier des Armées
du Roy , Grand - Baillif et Lieutenant General
de la Haute Auvergne, mourut le 11. May,
âgé de 63. ans .
Godefroy- Charles - Alexandre de la Tour d'Au
vergne I v
9032 MERCURE DE FRANCE
vergne , Duc de Château- Thierry , fils unique
de Frédéric- Jules de la Tour d'Auvergne , Prince
d'Auvergne , et de Madame Catherine Olive
de Trente , Princesse d'Auvergne , mourut le 16.
May , âgê de 7. ans 9. mois.
Françoise Charlotte de Bethisy , fille de Eugene
Marie de Bethisy , Chevalier , Seigneur , Marquis
de Méziere Campvermont , & c. Lieutenant
General des Armées du Roy , Gouverneur des
Ville et Citadelle d'Amiens et de Corbie , Grand-
Bailly d'Epée d'Amiens , Commandant pour le
Roy dans les Provinces de Picardie , Champagne,
Artois , Soissonnois , Cambresis et Haynaut , ef
de Dame Eleonore d'Oglethorge , mourut le 17.
May , âgée d'environ 15. ans.
M. Jeau Guyner , Conseiller du Roy, Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes , mourut
le même jour, âgé d'environ 64 , ans .
Dame Henriette- Magdeleine- Julie de Martel-
Fontaine , veuve de Charles - François Marie
Marquis d'Estaing , Lieutenant General du Verdunois
, Gouverneur de la Ville de Châlons
Mestre de Camp du Régiment de Forêt , Infanterie
, et Gouverneur de la Ville de Douay , en
-survivance du Comte d'Estaing son pere , mourut
à Paris le 19 âgée de 37. ans.
Jacques Bazin de Besons, Maréchal de France,
Chevalier des Ordres du Roy , Gouverneur des
Ville et Citadelle de Cambray et du Pays Cambresis
, ancien Conseiller au Conseil de Régence,
et Grand- Croix de l'Ordre Militaire de S. Louis,
mourut le 22. May âgé d'environ 87 ans .
Dame Marie-Edmée Terrier , veuve de Re
né Charles d'Hozier , Conseiller du Roy , Juge
General d'Armes et Garde de l'Armorial general
de France , Généalogiste de la Maison et des
Ecuries
MAY. 1733. 1033
Ecuries de S. M. Chevalier des Ordres de S. Maude
S. Lazare de Savoye , mourut le premier
Mars de la présente année 1733. âgée de
78. ans f. mois.
rice et
Feu M. d'Hozier , son mari , qui mourut le 13
de Février de l'année derniere , âgé de 2 ans
n'a point laissé d'enfans de ce Mariage ; mais il
a institué son seul héritier M. d'Hozier , son
neveu , Maître des Comptes et reçû en survivance
dès l'année 1710. dans les Charges de Juge
General d'Armes de France et de Généalogiste
de la Maison et des Ecuries du Roy. L'article qui
a été employé sur ce sujet dans le Mercure d'A
vril , a été dressé sur de faux Mémoires.
Dame Marie-Anne Robillard, femme de Louis
Pierre d'Hozier , Juge General d'Armes de France
, Chevalier de l'Ordre du Roy , son Conseiller
, Maître Ordinaire en sa Chambre des Comptes
de Paris , et Génealogiste de la Maison et
des Ecuries de S. M. et de celle de la Reine ,
accoucha le 6. d'Avril dernier , d'un fils , qui fut
baptisé le même jour dans l'Eglise de S. Nicolas
des Champs , et nommé Jean - François - Louis ,
par François Boula , Ecuyer , Seigneur de Quinci
et par Dame Marie- Jeanne Elisabeth Cappe ,
femine de Charles - François de Common , Conseiller
du Roy, Correcteur en la même Chambre
des Comptes.
Le 11 de ce mois , à 7. heures et un quart dự
soir , la Reine accoucha à Versailles , d'une Prinsesse
, qui fut gndoyée par l'Abbé de Bellefont ,
Aumônier du Roy en quartier , en présence du
Curé de la Paroisse. Après la Cérémonie cette
Princesse fut portée dans son Appartement par
Ja Duchesse de Tallard , Gouvernance des Enfans
I vj da
1034 MERCURE DE FRANCE
de France. La Reine se porte aussi bien qu'on
peut le desirer.
D. Gabrielle- Emilie de Breteuil , Epouse de Florent-
Claude , Marquis du Châtelet , &c. Gouverneur
de Semur , Grand- Bailly d'Aunoy et de
Sarlouis , Colonel du Régiment de Hainaut , accoucha
le 11. Avril , d'un fils qui fut nommé
Victor- Esprit , par François- Victor le Tonnelier
de Breteuil , Marquis de Fontenay- Trésigny,
&c. Commandeur des Ordres du Roy , Chancelier
de la Reine et ancien Secretaire d'Etat au Dé
partement de la Guerre ; et par D. Marie Florence
du Châtelet , Epouse de Melchior Esprit de
la Baume , Comte de Montrevel , & c. Brigadier
des Armées du Roy , `Mestre de Camp de Cavalerie
..
-
D. Marguerite Catherine Magdeleine le
Yoyer d'Argenson , Epouse de Thomas le Gendre
de Collande , Maréchal des Camps et Armées:
du Roy , Commandeur de l'Ordre de S. Louis
accoucha le 15. Avril d'un fils qui fut nommé
Antoine- François , par M. Jean-François - Paul
le Févre de Caumarun , Evêque de Blois , représonté
par Antoine- Louis- François le Févre de
Caumartin de S. Ange , fils d'Antoine- Louis
François , Marquis de S. Ange , Comte de Mauret
&c. Maître des Requêtes , et par D. Gatherine-
Françoise-Charlotte de Cossé de Brissac
fille de Charles Timoleon- Louis de Cossé , Duc
de Brissac , Pair et grand Pannetier de France !
Dame Yvonne- Sylvie du Bresil de Rais , Epou
se de Guy Auguste de Rohan Chabot , Mestre
de Camp , accoucha le zo. Avril d'un fils qui
fut nommé Louis - Antoine Auguste , par Louis
Bretagne Alain de Rohan - Chabor , Prince de
Leon , Duc de Rohan , Pair de Fance , et par
DI
MAY. 1733. 1035
DMarianne-Antoinette de Mesmes , Epouse de
Guy de Durfort , Duc de Lorge .
D. Marie-Susanne Prévôt de Sansac , Epouse
de Henry , Marquis de Bourdeilles , accoucha le
27. du même mois , d'une fille , qui fut nommée
Marie-Susanne , par Henry- Joseph , et par Marie-
Susanne de Bourdeilles , ses frere et soeur.
Simon- Joseph de Raousset , fils de Guillaume
de Raousset , Marquis de Seilhon et de Meslan ,
Conseiller au Parlement de Provence , et de D.
Anne de Vintimille , d'Oullioules , des Comtes
de Marseille , épousa le 16. Avril Marguerite-
Charlotte de la Roche de Fontenilles , fille de
François de la Roche , Marquis de Fontenilles, et
de D. Marie -Therese de Mesmes.
Yves- Marie de Bologne de Lens de Liques ,
Comie de Rupelmonde , Colonnel d'Infanterie et
Capitaine dans le Régiment d'Alsace , fils de feu
Maximilien- Philippe- Joseph de Bologne de Lens,
& c. Maréchal des Camps et Armées du Roy d'Espagne
et de D. Marie - Marguerite - Elisabeth d'Alegre
, Dame du Palais de la Reine , épousa le
21 Avril D. Marie- Chrétienne Christine de
Grammont d'Astel , file ' de' Louis , Comte de
Grammont, Brigadier des Armées du Roy, Chevalier
de ses Ordres , Gouverneur des Villes et
Château de Ham , et de Genevieve Gontaut de
Biton.
Alexandre de Mauleon de Beaupré, & c. Colonel
d'Infanterie et Major du Régiment du Roy ,
fils de Claude de Mauleon de Beaupré , & c . et de
D. Anne-Marie Carteron , épousa le 13. May D.
Marie Marthe de S Simon de Courtaumer , fille
de Jacques- Antoine de S. Simon Comte de
Courtaumer, & c, et de D. Marthe Charden .
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Résumé : MORTS, NAISSANCE et Mariages.
En 1733, plusieurs événements marquants ont été enregistrés, incluant des décès, des naissances et des mariages. Parmi les décès notables, Marie-Françoise d'Apremont, abbesse de l'Abbaye Royale du Lis, est décédée le 13 avril à l'âge de plus de 40 ans. Plusieurs brigadiers des armées du roi ont également péri, tels que M. de Montmyral, M. de Beaulieu et Joseph-Robert de Lignerac. Louis Adolphe Rouault de Gamaches, auditeur de Rote pour la France, est mort à Rome le 18 avril à l'âge de 47 ans. L'abbé de Courtenay, abbé des abbayes de Saint-Pierre d'Auxerre et d'Eschalis, est décédé à Paris en mai à l'âge de 87 ans. L'abbé François Spilimberti, chargé des affaires du duc de Modène, est mort à Paris le 7 mai à l'âge de 45 ans. Jean le Normand, évêque d'Évreux, est décédé le 7 mai à l'âge de 78 ans. Godefroy-Charles-Alexandre de la Tour d'Auvergne, duc de Château-Thierry, est mort le 16 mai à l'âge de 7 ans et 9 mois. Françoise Charlotte de Bethisy est décédée le 17 mai à l'âge d'environ 15 ans. Jacques Bazin de Besons, maréchal de France, est mort le 22 mai à l'âge d'environ 87 ans. Marie-Edmée Terrier, veuve de René Charles d'Hozier, est décédée le 1er mars à l'âge de 78 ans. Du côté des naissances, Jean-François-Louis, fils de Marie-Anne Robillard et Louis Pierre d'Hozier, est né le 6 avril. Une princesse, fille de la reine, est née le 11 mai à Versailles. Victor-Esprit, fils de Gabrielle-Émilie de Breteuil et Florent-Claude, marquis du Châtelet, est né le 11 avril. Antoine-François, fils de Marguerite Catherine Magdeleine le Yoyer d'Argenson et Thomas le Gendre de Collande, est né le 15 avril. Louis-Antoine-Auguste, fils de Yvonne-Sylvie du Bresil de Rais et Guy Auguste de Rohan Chabot, est né le 20 avril. Marie-Susanne, fille de Marie-Susanne Prévôt de Sansac et Henry, marquis de Bourdeilles, est née le 27 avril. Concernant les mariages, Simon-Joseph de Raousset et Marguerite-Charlotte de la Roche de Fontenilles se sont mariés le 16 avril. Yves-Marie de Bologne de Lens de Liques et Marie-Chrétienne Christine de Grammont d'Astel se sont mariés le 21 avril. Alexandre de Mauleon de Beaupré et Marie-Marthe de Saint-Simon de Courtaumer se sont mariés le 13 mai.
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302
p. 1036-1044
ARRESTS NOTABLES.
Début :
LETTRES PATENTES, du 3 Mars 1733. Données à Versailles, qui reglent les Coupes [...]
Mots clefs :
Veuve Dumoulin, Arrêt, Gaspard de Fieubet, Wailly et consorts, Paris, Défenses
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
ETTRES PATENTES , du 3 Mars 17330
Lonnées àVersailles , qui reglent les Coupes
des Forêts de S. M. en la Maîtrise de Vierson
, et Gruerie d'Allogny. Registrées au Parle,
ment le 9 May suivant.
AUTRES Lettres Patentes , du 10 du mêm☛
mois, qui ordonnent l'ouverture de cinquantetrois
Routes , ou faux - fuyans , dans les Bois
des environs de S Germain , y énoncez. Regis
trées au Parlement , le 9 May.
SENTENCE rendue en la Chambre de Police
, au Châtelet de Paris , le 13 Mars 1733.
pour les Doyen et Docteurs - Regens de la Faculté
de Médecine , en l'Université de Paris
contre le nominé Fabre soi - disant Médecin i
portant deffenses audit Fabre de plus entrepren
dre de faire la Médecine , et pour l'avoir fait , le
condamne en 200 liv. de dommages et interêts,
AUTRES Lettres Patentes , du 17, du même
mois , qui ordonnent une ouverture de trente
nouvelles Routes dans la Forêt de Thelles er
Buissons en dépendans . Registrées au Parlemen
le même jour , 9 May.
AUTRE Sentence , rendue en la même Cham
bre de Police , le 27 Mars 1733.pour les Doyen
et Docteurs Regens de la Faculté de Médecine.
contre Jean- Baptiste Livernette , Maître Chirurgien
MAY. 17337 1037
rurgien à Paris , portant deffenses audit Liver
nette et à tous autres d'entreprendre sur la profession
des Médecins , et pour l'avoir fait , le
condamne en 200 liv . d'amende.
ARREST DU PARLEMENT , du 16 Mars
qui deffere aux Ayculs dans la succession de leurs
petits-enfans les Propres fictifs des Pere et Mere.
Entre Jacques Wailly et Catherine Durand, sa
femme à cause d'elle , Marguerite Dumoulin ,
fille majeure , Antoinette de la Collonge , veuve
de François Dumoulin, et Damoiselle Jeanne de
la Collonge , fille majeure , se prétendans heritiers
chacun pour un quart de Pierre - Gaspard
de Fieubet, décédé mineur,fils de Messire Louis-
Gaspard de Fieubet , Conseiller en la Cour , et
de défunte Dame Marie-Anne Dumoulin . ct
petit fils de la Dame Dumoulin, cy-après nom
mée ; appellans d'une Sentence rendue au Châ
telet de Paris , le 13 Aoust 1732. par laquelle
sur la demande desdits Wailly et Consorts, portéc
par leur Exploit du 1 Avril 1732. contre la
Dame de Santilly , heritiere quant aux Propres
par elle donnez , et quant aux meubles et effets
mobiliers ausquels ledit sieur de Fieubet ne peut
succeder à cause de la stipulation de Propre en
faveur de ladite défunte Dame Marie - Anne Dumoulin
, fille de ladite Dame veuve Dumoulin, et
des siens de son côté et ligne dudit feu sieur de
Fieubet , petir fils de ladite Dame Dumoulin ,
lequel étoit fils dudit sieur Gaspard de Fieubet ,
Conseiller en la Cour , et de ladite Marie Anne
Dumoulin , de laquelle ledit feu sieur de Fieubet
étoit seul et unique héritier. Ladite Dame veuve
Dumoulin ayant liquidé les biens et droits à elle
échus par la succession dudit sieur de Fieuber
·
son
1038 MERCURE DE FRANCE
son petit- fils , par Acte passé entr'elle et ledit
sieur de Fieubet, devant Lecourt et son Confrere
Notaires à Paris , le 17 Février 1732 , ladite demande
tendante à ce que ledit Acte ne puisse
nuire ni préjudicier ausdits Wailly et Consorts ,
et que la moitié des effets donnez en dot par le
feu sieur Dumoulin , et ladite Dame sa veuve , à
ladite Marie- Anne Dumoulin icur fille , ftipulez
Propres à elle et aux siens , de son côté et ligne,
leur soit rendue et restituée ; et sur les deffenses
fournies contre ladire demande du 10 Avril par
ladite Dame Dumoulin , et sa demande incidente ,
du 7 Mars 1732 , à ce que lesdits Wailly et Consorts
soient déclarez non- recevables à demander
compte des deniers stipulez Propres à ladite de
Fieuber , et aux sieus de son côré et ligne ; ausquels
deniers et effets stipulez Propres iis ne succedent
point ; et encore sur la demande incidente
desdits Wailly et Consorts , du 16 Juin dernier ,
à ce qu'attendu que ladite Dame Dumoulin ne
peut prétendre des Propres fictifs que la moitié
par elle donnée, et que l'autre moitié appartient
ausdits Wailly et Consorts, comme étant donnée
par ledit feu sieur Dumoulin ; ladite Dame Dumoulin
sa veuve , comme ayant pris le fait et
cause dudit sieur de Fieubet , fût condamnée
conjointement avec lui à rendre et restituer
ausdits Wailly et Consorts la somme de 172 500
liv. de principal pour la moitié de ladite dot ;
il a été ordonné , sans s'arrêter ausdites demandes
desdits Wailly et Consorts , dont ils
sont déboutez , que l'Acte passé entre ladite
Dame veuve Dumoulin et ledit sieur de Fieubet
seroit exécuté , d'une part ; et Dame Marie-
Anne de Santilly veuve de Pierre Dumoulin ,
Ecuyer , Secretaire du Roy , Maison , Couronne
M A Y. 1733 .
1c39
e de France et deses Finances ; et Messire Gaspard
de Fieubet , Conseiller en la Cour ,
Intimez
, d'autre part ; et entre ladite Dame veuve
Dumoulin ès noms , demanderesse aux fins de
ses Commission et Exploit , des Is Octobre et
14 Novembre 1732. à ce que le present Arrest
fût déclaré commun avec ladite Marguerite
Dumoulin , pour être exécuté avec elle , selon
sa forme et teneur , d'une part ; et Damoiselle
Marguerite Duinoulin , fille majeure , deffenderesse
, d'autre part , et entre lesdits Wailly et
Consorts , demandeurs en Requête , du 23 Février
dernier , d'une part , et lesdits Dame veuve
Dumoulin et sieur de Fieubet , deffendeurs
d'autre ; et encore entre ladite Dame Marguerite
Dumoulin , demanderesse en Requête, du 24 Février
aussi dernier , à fin d'intervention et autres
conclusions y portées , d'une part , et lesdites
Dame veuve Dumoulin et sieur de Fieubet , deffendeurs
, d'autre part. Après que du Vaudier ,
Avocat de Jacques Wailly et Consorts , Normant
, Avocat de Marguerite Dumoulin , er
Cochin , Avocat de Marie -Anne de Santilly et
de Fieubet ont été ojiis pendant cinq Audiances;
ensemble , Chauvelin pour le Procureur General
du Roy. LA COUR a mis et met l'appellation
au néant , ordonne que ce dont est appel
sortira effet ; condamne les Appellans en l'amende
de 12 liv. et aux dépens. Ordonne que le
present Arrêt sera lû et publié par tout ou be
soin sera. Fait en Parlement , & c.
ARREST du Conseil du 31 Mars , portant Réglement
pour la Charge de Chevalier du Guet ,
et les Officiers et Archers , tant à pied qu'à che
val , de sa Compagnie , qui étoient ci- deyant à
sa nomination.
106 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du 14 Avril , qui évoque ceux des
14 Octobre 1732. et 4 Janvier dernier , portant
exemption de tous droits sur les grains
farines et légumes qui seroient transportez en
Dauphiné et dans le Lyonnois.
AUTRE du 21 Avril , qui permet de Contrôler
jusqu'au premier Novembre prochain
les Actes de foi et hommage , adjudications de
bois ; ensemble les déclarations on reconnoissances
aux Papiers Terriers , &c.
AUTRE du 1. Mai 1733. au sujet de l'Arrêt
du Parlement du 25 Avril.
Le Roi s'étant fait représenter ce que Sa
Majesté avoit jugé à propos d'ordonner pour
la révocation du Privilege en vertu duquel on
avoit imprimé à Rouen en l'année 1729. un
Livre qui a pour titre , Nouvelle deffense de la
Constitution , &c. Comme aussi l'Arrêt du 31.
Août dernier , par lequel le Roi auroit ordonné
qu'un autre Ouvrage intitulé : Traité de l'Amour
de Dien , tirê des Livres saints , &c. imprimé à
Paris en l'année 1732 demeureroit supprimé
comme contenant des déclamations également
injurieuses et témeraires , Sa Majesté auroir
jugé à propos de faire éxaminer en son Conseil
. l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris
le z Avril dernier , et Elle auroit reconnu que
non- seulement on y avoit prononcé sur des
Livres déja proscrits par l'autorité de Sa Majesté
qui avoit donné les ordres nécessaires
pour en arrêter entierement le cours et la distribution
, mais que par le même Arrêt ladite
Cour avoit entrepris de décider des questions
qui
MAY. 1733. 1041
qui ne sont nullement de sa compétence , et de
retenir la connoissance d'une affaire particuliere
qui n'étoit pas de nature à être portée , comme
on l'a fait audit Parlement. A quoi étant nécessaire
de pourvoir pour empêcher les suites
d'un exemple si contraire à toute sorte de Régles
et d'Usages. Vû ledit Arrêt du 25 Avril
dernier , er tout consideré. Sa Majesté étant en
son Conseil , sans s'arrêter audit Arrêt qu'Elle
déclare nul et de nul effet ; ensemble tout ce qui
pourroit avoir été ou être fait au sujet des points
qui y sont contenus , a retenu et retient à sa
Personne la connoissance de tout ce qui concerne
les deux Livres ci-dessus marquez , et de
l'éxecution de ce qui a été ordonné à cet égard
par Sa Majesté ; comme aussi des contraventions
, si aucunes y ont été faites ; évoque Sa
Majesté , et réserve pareillement à sa Personne
la connoissance de ce qui regarde l'affaire du
Curé de S. Medard mentionnée audit Arrêt du
Parlement de Paris , pour y être pourvû par
Sa Majesté , ainsi qu'il appartiendra , faisant
très--cexpresses inhibitions et deffenses à toutes
ses Cours de Parlement et autres Juges de
prendre connoissance de tout ce qui est contenu
au présent Arrêt , lequel sera lû , publié
et affiché par tout où besoin sera . Fait , &c .
AUTRE du 9. Mai 1733. qui ordonne la
suppression d'une These dans la Faculté du
Droit d'Orleans .
Le Roi s'étant fait représenter l'Arrêt du 10.
Mars 1731. par lequel , en imposant par provision
un silence géneral et absolu au sujet des
disputes qui s'étoient élevées sur la nature , l'étendue
et les bornes de l'autorité Ecclesiastique
042 MERCURE DE FRANCE
et de la puissance séculiere , Sa Majesté a fair
très- expresses inhibitions et deffenses à toutes
les Universitez du Royaume , notamment aux
Facultez de Théologie , et de Droit Civil et
Canonique , de permettre aucunes disputes dans
les Ecoles sur cette matiere , comme aussi d'enseigner
, ou de souffrir qu'on enseigne rien de
contraire aux principes marquez par ledit Arrêt
sur les deux puissances : Sa Majesté auroit
été informée que contre la disposition de cet
Arrêt , dont l'éxecution a été encore ordonnée
par celui du 30 Juillet suivant , le nommé
François de Sales Daniel Poullin , voulant être
reçû Docteur dans la Faculté de Droit d'Orleans,
y auroit soûtenu une These le 13 Avril dernier ,
dont les Positions qui concernent le Droit Cafonique
, méritent d'autant plus l'animadversion
de Sa Majesté , qu'on a entrepris nonseulement
d'y traiter presque tous les points
qu'Elle a deffendus par l'Arrêt du 10. Mars
1731. de laisser mettre en dispute dans les
Ecoles , mais de le faire dans des termes qui
marquent autant d'ignorance que de témerite
à quoi voulant pourvoir , Sa Majesté étant en
son Conseil , a ordonné et ordonne que ladite
These , ayant pour titre : Positiones utriusque
juris , quas Deo optimo maximo auxiliante , ex
decreto amplissimi juris consultorum ordinis in perantiqua
et celeberrimâ Aurelianensium Academiâ
, D. D. Florentio Goullu du Plessis , Rectore
,magnifico Praside , pro summis in utroque jure
honoribus et privilegiis Doctoralibus ritè consequendis
, publicè discutiendas exhibet Franciscus
Salesus Daniel Poullin , die 23. Aprilis hor
post meridiem secundâ in publico juris auditorio.
Aurelia ex Typographiâ vidua Francisci Borde
UniMAY.
1733- 7043.
Universitatis Typographi 1733. sera et demeurera
supprimée : Enjoint à cet effet à tous ceux qui
en ont des exemplaires , de les remettre au
Greffe du Lieutenant General de Police de la
Ville d'Orleans ; deffend à tous Imprimeurs
Libraires , Colporteurs et autres , de quelque
état , qualité ou condition qu'ils soient , d'en
imprimer , vendre , débiter ou autrement distribuer
, à peine de punition exemplaire. Fait
pareillement Sa Majesté très - expresses inhibitions
et deffenses aux Recteur , Professeurs
Syndic et autres Membres de ladite Université
d'Orleans , de souffrir qu'il y soit soûtenu de
pareilles Theses , leur enjoignant d'observer et
de faire observer exactement le contenu audit
Arrêt du 1o Mars 1731. à peine de privation
de leurs Chaires , ou autres places , même de
ieurs degrez , s'il y écheoit. Et sera le présent
Arrêt transcrit dans les Registres de ladite Université
, lû , publié et affiché par tout où besoin
sera , pour être éxecuté selon sa forme et teneur.
Enjoint au sieur de Baussan Intendant
et Commissaire départi dans la Generalité d'Or
leans , d'y tenir la main , &c.
AUTRE du 9 Mai , qui fait deffenses à tous
Armateurs et Négocians , faisant le commerce
des Isles et Colonies Françoises de l'Amérique ,
d'y envoyer des étoffes et toiles peintes des Indes
, de Perse , de la Chine ou du Levant.
ARREST du Parlement , rendu le r
May , en la cinquième Chambre des Enquêtes ,
au rapport de M. le Clerc de Lesseville , en faveur
de l'Hôpital , dit l'Aumône Generale de la
Ville d'Avignon , contre le sieur de Royre , Seigneur
1044 MERCURE DE FRANCE
gaeur de Negrin , &c . Maître des Eaux et Forêts
de S. Pons en Languedoc , et contre la
veuve Charles , de ladite Ville d'Avignon , Partie
intervenante. Cet Arrêt est d'autant plus
notable , que l'Aumône d'Avignon avoit été
déboutée en premiere Instance par les Officiers
de la Sénéchaussée de Lyon , contre les
Conclusions du Procureur du Roi. Au Parlement
, M. le Procureur General a conclu en
faveur des Pauvres , et l'Arrêt a été conforme
aux Conclusions . Cette Affaire a produit plu
sieurs Ecrits qui ont été imprimez , c'est M. le
Clerc de Vodonne , Avocat au Parlement qui
a fait le grand Mémoire et les deux Réponses
pour les Pauvres .
ORDONNANCE DE POLICE du 16 Mai ,
qui fait deffenses de faire aucuns dégats dans les
Bleds , sous prétexte d'y cueillir des Fleurs appellées
Barbeaux , ou autrement , et d'apporter ,
vendre ni débiter aucunes de ces Fleurs dans la
Ville de Paris , même aux Bouquetieres et autres
personnes d'en exposer en vente , à peine de
so liv. d'amende.¸
AUTRE du même jour pour le renouvellement
de l'arrosement des rues de la Ville et
Fauxbourgs de Paris , qui sera fait pendant le
tems des chaleurs , tous les jours à dix heures
du matin et à trois heures après midi , à
compter du jour de la publication de ladite Ordonnance.
ETTRES PATENTES , du 3 Mars 17330
Lonnées àVersailles , qui reglent les Coupes
des Forêts de S. M. en la Maîtrise de Vierson
, et Gruerie d'Allogny. Registrées au Parle,
ment le 9 May suivant.
AUTRES Lettres Patentes , du 10 du mêm☛
mois, qui ordonnent l'ouverture de cinquantetrois
Routes , ou faux - fuyans , dans les Bois
des environs de S Germain , y énoncez. Regis
trées au Parlement , le 9 May.
SENTENCE rendue en la Chambre de Police
, au Châtelet de Paris , le 13 Mars 1733.
pour les Doyen et Docteurs - Regens de la Faculté
de Médecine , en l'Université de Paris
contre le nominé Fabre soi - disant Médecin i
portant deffenses audit Fabre de plus entrepren
dre de faire la Médecine , et pour l'avoir fait , le
condamne en 200 liv. de dommages et interêts,
AUTRES Lettres Patentes , du 17, du même
mois , qui ordonnent une ouverture de trente
nouvelles Routes dans la Forêt de Thelles er
Buissons en dépendans . Registrées au Parlemen
le même jour , 9 May.
AUTRE Sentence , rendue en la même Cham
bre de Police , le 27 Mars 1733.pour les Doyen
et Docteurs Regens de la Faculté de Médecine.
contre Jean- Baptiste Livernette , Maître Chirurgien
MAY. 17337 1037
rurgien à Paris , portant deffenses audit Liver
nette et à tous autres d'entreprendre sur la profession
des Médecins , et pour l'avoir fait , le
condamne en 200 liv . d'amende.
ARREST DU PARLEMENT , du 16 Mars
qui deffere aux Ayculs dans la succession de leurs
petits-enfans les Propres fictifs des Pere et Mere.
Entre Jacques Wailly et Catherine Durand, sa
femme à cause d'elle , Marguerite Dumoulin ,
fille majeure , Antoinette de la Collonge , veuve
de François Dumoulin, et Damoiselle Jeanne de
la Collonge , fille majeure , se prétendans heritiers
chacun pour un quart de Pierre - Gaspard
de Fieubet, décédé mineur,fils de Messire Louis-
Gaspard de Fieubet , Conseiller en la Cour , et
de défunte Dame Marie-Anne Dumoulin . ct
petit fils de la Dame Dumoulin, cy-après nom
mée ; appellans d'une Sentence rendue au Châ
telet de Paris , le 13 Aoust 1732. par laquelle
sur la demande desdits Wailly et Consorts, portéc
par leur Exploit du 1 Avril 1732. contre la
Dame de Santilly , heritiere quant aux Propres
par elle donnez , et quant aux meubles et effets
mobiliers ausquels ledit sieur de Fieubet ne peut
succeder à cause de la stipulation de Propre en
faveur de ladite défunte Dame Marie - Anne Dumoulin
, fille de ladite Dame veuve Dumoulin, et
des siens de son côté et ligne dudit feu sieur de
Fieubet , petir fils de ladite Dame Dumoulin ,
lequel étoit fils dudit sieur Gaspard de Fieubet ,
Conseiller en la Cour , et de ladite Marie Anne
Dumoulin , de laquelle ledit feu sieur de Fieubet
étoit seul et unique héritier. Ladite Dame veuve
Dumoulin ayant liquidé les biens et droits à elle
échus par la succession dudit sieur de Fieuber
·
son
1038 MERCURE DE FRANCE
son petit- fils , par Acte passé entr'elle et ledit
sieur de Fieubet, devant Lecourt et son Confrere
Notaires à Paris , le 17 Février 1732 , ladite demande
tendante à ce que ledit Acte ne puisse
nuire ni préjudicier ausdits Wailly et Consorts ,
et que la moitié des effets donnez en dot par le
feu sieur Dumoulin , et ladite Dame sa veuve , à
ladite Marie- Anne Dumoulin icur fille , ftipulez
Propres à elle et aux siens , de son côté et ligne,
leur soit rendue et restituée ; et sur les deffenses
fournies contre ladire demande du 10 Avril par
ladite Dame Dumoulin , et sa demande incidente ,
du 7 Mars 1732 , à ce que lesdits Wailly et Consorts
soient déclarez non- recevables à demander
compte des deniers stipulez Propres à ladite de
Fieuber , et aux sieus de son côré et ligne ; ausquels
deniers et effets stipulez Propres iis ne succedent
point ; et encore sur la demande incidente
desdits Wailly et Consorts , du 16 Juin dernier ,
à ce qu'attendu que ladite Dame Dumoulin ne
peut prétendre des Propres fictifs que la moitié
par elle donnée, et que l'autre moitié appartient
ausdits Wailly et Consorts, comme étant donnée
par ledit feu sieur Dumoulin ; ladite Dame Dumoulin
sa veuve , comme ayant pris le fait et
cause dudit sieur de Fieubet , fût condamnée
conjointement avec lui à rendre et restituer
ausdits Wailly et Consorts la somme de 172 500
liv. de principal pour la moitié de ladite dot ;
il a été ordonné , sans s'arrêter ausdites demandes
desdits Wailly et Consorts , dont ils
sont déboutez , que l'Acte passé entre ladite
Dame veuve Dumoulin et ledit sieur de Fieubet
seroit exécuté , d'une part ; et Dame Marie-
Anne de Santilly veuve de Pierre Dumoulin ,
Ecuyer , Secretaire du Roy , Maison , Couronne
M A Y. 1733 .
1c39
e de France et deses Finances ; et Messire Gaspard
de Fieubet , Conseiller en la Cour ,
Intimez
, d'autre part ; et entre ladite Dame veuve
Dumoulin ès noms , demanderesse aux fins de
ses Commission et Exploit , des Is Octobre et
14 Novembre 1732. à ce que le present Arrest
fût déclaré commun avec ladite Marguerite
Dumoulin , pour être exécuté avec elle , selon
sa forme et teneur , d'une part ; et Damoiselle
Marguerite Duinoulin , fille majeure , deffenderesse
, d'autre part , et entre lesdits Wailly et
Consorts , demandeurs en Requête , du 23 Février
dernier , d'une part , et lesdits Dame veuve
Dumoulin et sieur de Fieubet , deffendeurs
d'autre ; et encore entre ladite Dame Marguerite
Dumoulin , demanderesse en Requête, du 24 Février
aussi dernier , à fin d'intervention et autres
conclusions y portées , d'une part , et lesdites
Dame veuve Dumoulin et sieur de Fieubet , deffendeurs
, d'autre part. Après que du Vaudier ,
Avocat de Jacques Wailly et Consorts , Normant
, Avocat de Marguerite Dumoulin , er
Cochin , Avocat de Marie -Anne de Santilly et
de Fieubet ont été ojiis pendant cinq Audiances;
ensemble , Chauvelin pour le Procureur General
du Roy. LA COUR a mis et met l'appellation
au néant , ordonne que ce dont est appel
sortira effet ; condamne les Appellans en l'amende
de 12 liv. et aux dépens. Ordonne que le
present Arrêt sera lû et publié par tout ou be
soin sera. Fait en Parlement , & c.
ARREST du Conseil du 31 Mars , portant Réglement
pour la Charge de Chevalier du Guet ,
et les Officiers et Archers , tant à pied qu'à che
val , de sa Compagnie , qui étoient ci- deyant à
sa nomination.
106 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du 14 Avril , qui évoque ceux des
14 Octobre 1732. et 4 Janvier dernier , portant
exemption de tous droits sur les grains
farines et légumes qui seroient transportez en
Dauphiné et dans le Lyonnois.
AUTRE du 21 Avril , qui permet de Contrôler
jusqu'au premier Novembre prochain
les Actes de foi et hommage , adjudications de
bois ; ensemble les déclarations on reconnoissances
aux Papiers Terriers , &c.
AUTRE du 1. Mai 1733. au sujet de l'Arrêt
du Parlement du 25 Avril.
Le Roi s'étant fait représenter ce que Sa
Majesté avoit jugé à propos d'ordonner pour
la révocation du Privilege en vertu duquel on
avoit imprimé à Rouen en l'année 1729. un
Livre qui a pour titre , Nouvelle deffense de la
Constitution , &c. Comme aussi l'Arrêt du 31.
Août dernier , par lequel le Roi auroit ordonné
qu'un autre Ouvrage intitulé : Traité de l'Amour
de Dien , tirê des Livres saints , &c. imprimé à
Paris en l'année 1732 demeureroit supprimé
comme contenant des déclamations également
injurieuses et témeraires , Sa Majesté auroir
jugé à propos de faire éxaminer en son Conseil
. l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris
le z Avril dernier , et Elle auroit reconnu que
non- seulement on y avoit prononcé sur des
Livres déja proscrits par l'autorité de Sa Majesté
qui avoit donné les ordres nécessaires
pour en arrêter entierement le cours et la distribution
, mais que par le même Arrêt ladite
Cour avoit entrepris de décider des questions
qui
MAY. 1733. 1041
qui ne sont nullement de sa compétence , et de
retenir la connoissance d'une affaire particuliere
qui n'étoit pas de nature à être portée , comme
on l'a fait audit Parlement. A quoi étant nécessaire
de pourvoir pour empêcher les suites
d'un exemple si contraire à toute sorte de Régles
et d'Usages. Vû ledit Arrêt du 25 Avril
dernier , er tout consideré. Sa Majesté étant en
son Conseil , sans s'arrêter audit Arrêt qu'Elle
déclare nul et de nul effet ; ensemble tout ce qui
pourroit avoir été ou être fait au sujet des points
qui y sont contenus , a retenu et retient à sa
Personne la connoissance de tout ce qui concerne
les deux Livres ci-dessus marquez , et de
l'éxecution de ce qui a été ordonné à cet égard
par Sa Majesté ; comme aussi des contraventions
, si aucunes y ont été faites ; évoque Sa
Majesté , et réserve pareillement à sa Personne
la connoissance de ce qui regarde l'affaire du
Curé de S. Medard mentionnée audit Arrêt du
Parlement de Paris , pour y être pourvû par
Sa Majesté , ainsi qu'il appartiendra , faisant
très--cexpresses inhibitions et deffenses à toutes
ses Cours de Parlement et autres Juges de
prendre connoissance de tout ce qui est contenu
au présent Arrêt , lequel sera lû , publié
et affiché par tout où besoin sera . Fait , &c .
AUTRE du 9. Mai 1733. qui ordonne la
suppression d'une These dans la Faculté du
Droit d'Orleans .
Le Roi s'étant fait représenter l'Arrêt du 10.
Mars 1731. par lequel , en imposant par provision
un silence géneral et absolu au sujet des
disputes qui s'étoient élevées sur la nature , l'étendue
et les bornes de l'autorité Ecclesiastique
042 MERCURE DE FRANCE
et de la puissance séculiere , Sa Majesté a fair
très- expresses inhibitions et deffenses à toutes
les Universitez du Royaume , notamment aux
Facultez de Théologie , et de Droit Civil et
Canonique , de permettre aucunes disputes dans
les Ecoles sur cette matiere , comme aussi d'enseigner
, ou de souffrir qu'on enseigne rien de
contraire aux principes marquez par ledit Arrêt
sur les deux puissances : Sa Majesté auroit
été informée que contre la disposition de cet
Arrêt , dont l'éxecution a été encore ordonnée
par celui du 30 Juillet suivant , le nommé
François de Sales Daniel Poullin , voulant être
reçû Docteur dans la Faculté de Droit d'Orleans,
y auroit soûtenu une These le 13 Avril dernier ,
dont les Positions qui concernent le Droit Cafonique
, méritent d'autant plus l'animadversion
de Sa Majesté , qu'on a entrepris nonseulement
d'y traiter presque tous les points
qu'Elle a deffendus par l'Arrêt du 10. Mars
1731. de laisser mettre en dispute dans les
Ecoles , mais de le faire dans des termes qui
marquent autant d'ignorance que de témerite
à quoi voulant pourvoir , Sa Majesté étant en
son Conseil , a ordonné et ordonne que ladite
These , ayant pour titre : Positiones utriusque
juris , quas Deo optimo maximo auxiliante , ex
decreto amplissimi juris consultorum ordinis in perantiqua
et celeberrimâ Aurelianensium Academiâ
, D. D. Florentio Goullu du Plessis , Rectore
,magnifico Praside , pro summis in utroque jure
honoribus et privilegiis Doctoralibus ritè consequendis
, publicè discutiendas exhibet Franciscus
Salesus Daniel Poullin , die 23. Aprilis hor
post meridiem secundâ in publico juris auditorio.
Aurelia ex Typographiâ vidua Francisci Borde
UniMAY.
1733- 7043.
Universitatis Typographi 1733. sera et demeurera
supprimée : Enjoint à cet effet à tous ceux qui
en ont des exemplaires , de les remettre au
Greffe du Lieutenant General de Police de la
Ville d'Orleans ; deffend à tous Imprimeurs
Libraires , Colporteurs et autres , de quelque
état , qualité ou condition qu'ils soient , d'en
imprimer , vendre , débiter ou autrement distribuer
, à peine de punition exemplaire. Fait
pareillement Sa Majesté très - expresses inhibitions
et deffenses aux Recteur , Professeurs
Syndic et autres Membres de ladite Université
d'Orleans , de souffrir qu'il y soit soûtenu de
pareilles Theses , leur enjoignant d'observer et
de faire observer exactement le contenu audit
Arrêt du 1o Mars 1731. à peine de privation
de leurs Chaires , ou autres places , même de
ieurs degrez , s'il y écheoit. Et sera le présent
Arrêt transcrit dans les Registres de ladite Université
, lû , publié et affiché par tout où besoin
sera , pour être éxecuté selon sa forme et teneur.
Enjoint au sieur de Baussan Intendant
et Commissaire départi dans la Generalité d'Or
leans , d'y tenir la main , &c.
AUTRE du 9 Mai , qui fait deffenses à tous
Armateurs et Négocians , faisant le commerce
des Isles et Colonies Françoises de l'Amérique ,
d'y envoyer des étoffes et toiles peintes des Indes
, de Perse , de la Chine ou du Levant.
ARREST du Parlement , rendu le r
May , en la cinquième Chambre des Enquêtes ,
au rapport de M. le Clerc de Lesseville , en faveur
de l'Hôpital , dit l'Aumône Generale de la
Ville d'Avignon , contre le sieur de Royre , Seigneur
1044 MERCURE DE FRANCE
gaeur de Negrin , &c . Maître des Eaux et Forêts
de S. Pons en Languedoc , et contre la
veuve Charles , de ladite Ville d'Avignon , Partie
intervenante. Cet Arrêt est d'autant plus
notable , que l'Aumône d'Avignon avoit été
déboutée en premiere Instance par les Officiers
de la Sénéchaussée de Lyon , contre les
Conclusions du Procureur du Roi. Au Parlement
, M. le Procureur General a conclu en
faveur des Pauvres , et l'Arrêt a été conforme
aux Conclusions . Cette Affaire a produit plu
sieurs Ecrits qui ont été imprimez , c'est M. le
Clerc de Vodonne , Avocat au Parlement qui
a fait le grand Mémoire et les deux Réponses
pour les Pauvres .
ORDONNANCE DE POLICE du 16 Mai ,
qui fait deffenses de faire aucuns dégats dans les
Bleds , sous prétexte d'y cueillir des Fleurs appellées
Barbeaux , ou autrement , et d'apporter ,
vendre ni débiter aucunes de ces Fleurs dans la
Ville de Paris , même aux Bouquetieres et autres
personnes d'en exposer en vente , à peine de
so liv. d'amende.¸
AUTRE du même jour pour le renouvellement
de l'arrosement des rues de la Ville et
Fauxbourgs de Paris , qui sera fait pendant le
tems des chaleurs , tous les jours à dix heures
du matin et à trois heures après midi , à
compter du jour de la publication de ladite Ordonnance.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En mars et mai 1733, plusieurs arrêtés et lettres patentes ont été publiés en France. Le 3 mars, des lettres patentes réglaient les coupes des forêts royales dans la maîtrise de Vierson et la gruerie d'Allogny, enregistrées au Parlement le 9 mai. Le 10 mars, d'autres lettres ordonnaient l'ouverture de cinquante-trois routes dans les bois autour de Saint-Germain, également enregistrées le 9 mai. Le 17 mars, des lettres patentes ordonnaient l'ouverture de trente nouvelles routes dans la forêt de Thelles et ses dépendances, enregistrées le même jour. Le 13 mars, la Chambre de Police au Châtelet de Paris condamnait Fabre, se disant médecin, à une amende de 200 livres pour exercice illégal de la médecine. Le 27 mars, Jean-Baptiste Livernette, maître chirurgien, était condamné à la même amende pour avoir empiété sur la profession de médecin. Le 16 mars, un arrêt du Parlement déférait aux aïeuls la succession de leurs petits-enfants concernant les propres fictifs des père et mère. Cet arrêt concernait une succession complexe impliquant Jacques Wailly, Catherine Durand, Marguerite Dumoulin, Antoinette de la Collonge, et Jeanne de la Collonge, tous prétendant à des parts de l'héritage de Pierre-Gaspard de Fieubet. Le 31 mars, un arrêt du Conseil réglementait la charge de Chevalier du Guet et ses officiers. Le 14 avril, un autre arrêt exemptait les grains, farines et légumes transportés en Dauphiné et Lyonnois de droits. Le 21 avril, un arrêt permettait le contrôle des actes de foi et hommage jusqu'au 1er novembre. Le 1er mai, le roi révoquait un privilège d'impression et supprimait un ouvrage intitulé 'Traité de l'Amour de Dieu'. Le 9 mai, un arrêt ordonnait la suppression d'une thèse à la Faculté de Droit d'Orléans pour avoir traité des sujets interdits. Un autre arrêt du même jour interdisait l'envoi d'étoffes et toiles peintes des Indes, de Perse, de Chine ou du Levant vers les colonies françaises d'Amérique. Enfin, le 9 mai, un arrêt du Parlement favorisait l'Hôpital de l'Aumône Générale de la Ville d'Avignon contre le sieur de Royre et la veuve Charles. Le document traite également d'une affaire parisienne ayant donné lieu à plusieurs écrits imprimés, notamment un grand Mémoire et deux Réponses rédigés par M. le Clerc de Vodonne, Avocat au Parlement, en faveur des Pauvres. Deux ordonnances de police ont été émises le 16 mai. La première interdisait de causer des dégâts dans les champs pour cueillir des fleurs appelées Barbeaux, ainsi que d'apporter, vendre ou exposer ces fleurs à Paris, sous peine d'une amende de soixante livres. La seconde ordonnance concernait le renouvellement de l'arrosage des rues de Paris et de ses faubourgs pendant les périodes chaudes, à raison de deux fois par jour, à dix heures du matin et à trois heures de l'après-midi, à compter de la publication de l'ordonnance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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303
p. 1226-1229
« Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
Début :
Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...]
Mots clefs :
Roi, Assemblée, Doctrine chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
E 26. May , les Prêtres de la Doctrihe
Chrétienne , tinrent leur Assemblée
Générale en cette Ville dans leur
1. Vol. Maison
MA Y. 1733 1227
Maison de S. Charles. Après la Messe
du S. Esprit , M. Hérault , Conseiller d'Etat
, nommé Commissaire par le Roy
pour y présider , en fit l'ouverture par
un Discours très- poli et très- éloquent ,
rempli sur tout de témoignages d'estime
et de consideration pour la Congrégation
de la Doctrine Chrétienne.
L'Assemblée cut d'autant plus lieu
d'être contente de ce Magistrat , qu'il
déclara expressément ne venir que dans
un esprit de paix , et qu'en effet il ne
proposa rien qui fût capable ni de bløsser
les sentimens , ni de gêner la liberté
des suffrages de ceux ausquels il parloit ;
aussi tout s'est- il passé dans une tranquillité
parfaite et dans une intelligence
si grande que dès ce jour là même et
à la premiere nomination , le Pere Bacarere
a été élû Superieur Général . Ce
Pere étoit actuellement Assistant pour
la troisième foit.
M. Herault, en sortant de l'Assemblée ,
ne put s'empêcher de marquer combien
il étoit édifié et satisfait de la maniere
dont toutes les choses s'étoient passées
dans cette Election . La Congrégation
espere beaucoup de la sagesse de ce nouveau
Général .
1. Vol.
Le
# 228 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Chalmazel , que le Roy
a nommé son Envoyé Extraordinaire pour
aller complimenter l'Electeur de Saxe
sur la mort du Roy de Pologne , som
Pere , partit le 2. de ce mois pour se rendre
à Dresde.
Le 4. Fête du S. Sacrement , le Roy
accompagné du Duc d'Orleans , du Prince
de Conty , du Prince de Dombes , du
Comte d'Eu , et de ses principaux Officiers
, se rendit à l'Eglise de la Paroisse
de Versailles , où S.M. entendit la grand'-
Messe après avoir assisté à la Proces
sion qui alla , suivant l'usage , à la Chapelle
du Château.
Le même jour , il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries ; on
y chanta deux Motets de M. de la Lande,
dont l'exécution fit beaucoup de plaisir
; la Dile le Maure chanta seule un
Motet , qui fut tres- applaudi . Le sicur
le Clair l'aîné , dont on a déja eu occasion
de parler plusieurs fois au sujet de
differens Ouvrages qu'il a donnez au pu-'
blic , joiia un nouveau Concerto de sa
composition , qui fut généralement goûté
et applaudi par une tres nombreuse
assemblée.
尊
1. Vol Le
JUIN. 1733 . 1229
Le 7 Juin , le R. P. Bacarere , nouveau
General de la Doctrine Chrétienne
eut l'honneur de saluer le Roy , accompagné
de ses Assistans. Il fut présenté à
Sa Majesté par S. E. M. le Cardinal de
Fleury ; et fit un petit Discours que S.M.
écouta avec bonté.
Il alla ensuite chez les Ministres et les
principaux Seigneurs de la Cour , qui lui
firent compliment sur sa nouvelle Digni
té de General.
Le 12. le Roy partit de Versailles pour
aller à Compiegne.
Chrétienne , tinrent leur Assemblée
Générale en cette Ville dans leur
1. Vol. Maison
MA Y. 1733 1227
Maison de S. Charles. Après la Messe
du S. Esprit , M. Hérault , Conseiller d'Etat
, nommé Commissaire par le Roy
pour y présider , en fit l'ouverture par
un Discours très- poli et très- éloquent ,
rempli sur tout de témoignages d'estime
et de consideration pour la Congrégation
de la Doctrine Chrétienne.
L'Assemblée cut d'autant plus lieu
d'être contente de ce Magistrat , qu'il
déclara expressément ne venir que dans
un esprit de paix , et qu'en effet il ne
proposa rien qui fût capable ni de bløsser
les sentimens , ni de gêner la liberté
des suffrages de ceux ausquels il parloit ;
aussi tout s'est- il passé dans une tranquillité
parfaite et dans une intelligence
si grande que dès ce jour là même et
à la premiere nomination , le Pere Bacarere
a été élû Superieur Général . Ce
Pere étoit actuellement Assistant pour
la troisième foit.
M. Herault, en sortant de l'Assemblée ,
ne put s'empêcher de marquer combien
il étoit édifié et satisfait de la maniere
dont toutes les choses s'étoient passées
dans cette Election . La Congrégation
espere beaucoup de la sagesse de ce nouveau
Général .
1. Vol.
Le
# 228 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Chalmazel , que le Roy
a nommé son Envoyé Extraordinaire pour
aller complimenter l'Electeur de Saxe
sur la mort du Roy de Pologne , som
Pere , partit le 2. de ce mois pour se rendre
à Dresde.
Le 4. Fête du S. Sacrement , le Roy
accompagné du Duc d'Orleans , du Prince
de Conty , du Prince de Dombes , du
Comte d'Eu , et de ses principaux Officiers
, se rendit à l'Eglise de la Paroisse
de Versailles , où S.M. entendit la grand'-
Messe après avoir assisté à la Proces
sion qui alla , suivant l'usage , à la Chapelle
du Château.
Le même jour , il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries ; on
y chanta deux Motets de M. de la Lande,
dont l'exécution fit beaucoup de plaisir
; la Dile le Maure chanta seule un
Motet , qui fut tres- applaudi . Le sicur
le Clair l'aîné , dont on a déja eu occasion
de parler plusieurs fois au sujet de
differens Ouvrages qu'il a donnez au pu-'
blic , joiia un nouveau Concerto de sa
composition , qui fut généralement goûté
et applaudi par une tres nombreuse
assemblée.
尊
1. Vol Le
JUIN. 1733 . 1229
Le 7 Juin , le R. P. Bacarere , nouveau
General de la Doctrine Chrétienne
eut l'honneur de saluer le Roy , accompagné
de ses Assistans. Il fut présenté à
Sa Majesté par S. E. M. le Cardinal de
Fleury ; et fit un petit Discours que S.M.
écouta avec bonté.
Il alla ensuite chez les Ministres et les
principaux Seigneurs de la Cour , qui lui
firent compliment sur sa nouvelle Digni
té de General.
Le 12. le Roy partit de Versailles pour
aller à Compiegne.
Fermer
Résumé : « Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
Le 26 mai 1733, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne tinrent leur Assemblée Générale à Paris. M. Hérault, Conseiller d'État et Commissaire du Roi, ouvrit l'assemblée en témoignant d'estime et de considération pour la congrégation. L'élection du Supérieur Général se déroula dans la tranquillité, et le Père Bacarere fut élu dès le premier tour. M. Hérault exprima sa satisfaction quant au déroulement de l'élection. Le même mois, le Marquis de Chalmazel partit pour Dresde afin de complimenter l'Électeur de Saxe sur la mort du Roi de Pologne. Le 4 mai, le Roi assista à la fête du Saint-Sacrement à Versailles et à une procession au château, suivie d'un concert spirituel aux Tuileries. Le 7 juin, le Père Bacarere salua le Roi et fut présenté par le Cardinal de Fleury. Il rendit ensuite visite aux ministres et principaux seigneurs de la cour. Le 12 juin, le Roi partit de Versailles pour se rendre à Compiègne.
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304
p. 1229-1231
« Le Lundy 15 Juin, jour de grande Fête dans l'Université, à cause du Lendi, dont [...] »
Début :
Le Lundy 15 Juin, jour de grande Fête dans l'Université, à cause du Lendi, dont [...]
Mots clefs :
Dauphin, Collège d'Harcourt, Prince, Écoliers, Congé, Dîner, Collège Louis le Grand
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Lundy 15 Juin, jour de grande Fête dans l'Université, à cause du Lendi, dont [...] »
Le Lundy 15 Juin , jour de grande Fête
dans l'Université , à cause du Lendi, dont
on peut voir l'origine dans son Histoire
et ailleurs , auquel tous les Ecoliers ont
un Congé extraordinaire , et vont ordinairement
se promener aux environs de
Paris , un nombre d'élite des plus jeunes
de ceux du College d'Harcourt , choisirent
le Château de Meudon , pour avoir
l'honneur de voir Monseigneur le Dau
phin , et de faire leur Cour. Ce Prince
les reçut avec beaucoup de graces et de
bonté; et leur ayant donné sa main à
baiser , leur fit plusieurs questions sur
leurs noms , leurs études , leurs divertis
1. Vol. semcas
1130 MERCURE DE FRANCE
semens, &c. il les écouta avec une attention
et un discernement au dessus de son
âge. Il voulut sur tout être informé du
sujet de leur voyage , de la Fête qui y
donnoit lieu , et qui dispensoit les Ecoliers
de travailler ce jour - là , ajoûtant
agréablement , qu'il chomeroit aussi cette
Fête et qu'il ne travailleroit pas non
plus dans la journée. Le Prince attentif à
tout , trouva qu'un de ces Mrs ne portoit
pas bien son Epée , et qu'il falloit l'élever
davantage à son côté ; ce qui donna occasion
à l'Ecolier de répondre que s'il ne
portoit pas bien l'Epée , il sçauroit bien
s'en servir un jour pour le service du
Roy. Tout cela se passa dans la Promenade
que fit M. le Dauphin dans le Parc
un peu après son lever. La promenade
finie , le Prince ordonna que les mêmes
Ecoliers d'Harcourt se trouvassent à son
diner , ce qui fut exécuté , et cela donna
lieu à de nouvelles marques de bonté et
à d'autres questions ingénieuses.
Après le dîner , les Ecoliers , tant du
College d'Harcourt que de quelques autres
Colleges qui s'y trouverent , propo-.
serent , sous le bon plaisir de MONSEIGNEUR
, une Partie de Ballon , qui fut
parfaitement bien jouée , et qui divertit
beaucoup le Prince. Pour marque de son
1. Vol. conJUIN.
1733
1231
contentement de tout ce qui s'étoit passé
, il leur accorda quatre jours de congé
; surquoi il y eut des Billets expédiez ,
signez de Madame la Duchesse de Ventadour
; et dans cette expédition le Marquis
Doria , Ecolier , Pensionnaire d'Harcourt
, fut particulierement distingué.
Douze Ecoliers choisis , du College de
LOUIS LE GRAND , vinrent aussi , après le
dîner , faire leur cour à M. le Dauphin ,
qui les reçut avec les mêmes bontez.
M. Gérard , Ecolier de cinquième , porta
la parole et fit , avec grace , un petit
Discours , qui fut écouté avec plaisir. Le
Prince leur donna aussi sa main à baiser, et
voulut qu'ils participassent à la mêmẹ
faveur des jours de congé.
dans l'Université , à cause du Lendi, dont
on peut voir l'origine dans son Histoire
et ailleurs , auquel tous les Ecoliers ont
un Congé extraordinaire , et vont ordinairement
se promener aux environs de
Paris , un nombre d'élite des plus jeunes
de ceux du College d'Harcourt , choisirent
le Château de Meudon , pour avoir
l'honneur de voir Monseigneur le Dau
phin , et de faire leur Cour. Ce Prince
les reçut avec beaucoup de graces et de
bonté; et leur ayant donné sa main à
baiser , leur fit plusieurs questions sur
leurs noms , leurs études , leurs divertis
1. Vol. semcas
1130 MERCURE DE FRANCE
semens, &c. il les écouta avec une attention
et un discernement au dessus de son
âge. Il voulut sur tout être informé du
sujet de leur voyage , de la Fête qui y
donnoit lieu , et qui dispensoit les Ecoliers
de travailler ce jour - là , ajoûtant
agréablement , qu'il chomeroit aussi cette
Fête et qu'il ne travailleroit pas non
plus dans la journée. Le Prince attentif à
tout , trouva qu'un de ces Mrs ne portoit
pas bien son Epée , et qu'il falloit l'élever
davantage à son côté ; ce qui donna occasion
à l'Ecolier de répondre que s'il ne
portoit pas bien l'Epée , il sçauroit bien
s'en servir un jour pour le service du
Roy. Tout cela se passa dans la Promenade
que fit M. le Dauphin dans le Parc
un peu après son lever. La promenade
finie , le Prince ordonna que les mêmes
Ecoliers d'Harcourt se trouvassent à son
diner , ce qui fut exécuté , et cela donna
lieu à de nouvelles marques de bonté et
à d'autres questions ingénieuses.
Après le dîner , les Ecoliers , tant du
College d'Harcourt que de quelques autres
Colleges qui s'y trouverent , propo-.
serent , sous le bon plaisir de MONSEIGNEUR
, une Partie de Ballon , qui fut
parfaitement bien jouée , et qui divertit
beaucoup le Prince. Pour marque de son
1. Vol. conJUIN.
1733
1231
contentement de tout ce qui s'étoit passé
, il leur accorda quatre jours de congé
; surquoi il y eut des Billets expédiez ,
signez de Madame la Duchesse de Ventadour
; et dans cette expédition le Marquis
Doria , Ecolier , Pensionnaire d'Harcourt
, fut particulierement distingué.
Douze Ecoliers choisis , du College de
LOUIS LE GRAND , vinrent aussi , après le
dîner , faire leur cour à M. le Dauphin ,
qui les reçut avec les mêmes bontez.
M. Gérard , Ecolier de cinquième , porta
la parole et fit , avec grace , un petit
Discours , qui fut écouté avec plaisir. Le
Prince leur donna aussi sa main à baiser, et
voulut qu'ils participassent à la mêmẹ
faveur des jours de congé.
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Résumé : « Le Lundy 15 Juin, jour de grande Fête dans l'Université, à cause du Lendi, dont [...] »
Le lundi 15 juin, à l'occasion du Lendi, les écoliers bénéficiaient d'un congé extraordinaire. Un groupe d'élèves du Collège d'Harcourt se rendit au Château de Meudon pour voir le Dauphin. Le prince les accueillit avec grâce et bonté, s'intéressant à leurs noms, études et divertissements. Il nota qu'un écolier ne portait pas bien son épée et écouta une réponse engageante sur le service du roi. Après une promenade dans le parc, le Dauphin invita les écoliers à dîner et continua de leur montrer de la bonté. Une partie de ballon divertit beaucoup le prince, qui leur accorda quatre jours de congé, notifiés par des billets signés par Madame la Duchesse de Ventadour. Le Marquis Doria fut particulièrement distingué. Douze écoliers du Collège Louis-le-Grand vinrent également rendre visite au Dauphin, qui les reçut avec la même bonté. M. Gérard prononça un discours gracieux, et le prince leur accorda également des jours de congé.
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305
p. 1231-1232
« On écrit de Mets que M. le Comte de Belle-Isle y fut reçu le 18 Avril, en qualité [...] »
Début :
On écrit de Mets que M. le Comte de Belle-Isle y fut reçu le 18 Avril, en qualité [...]
Mots clefs :
Comte de Belle-Isle, Metz
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texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Mets que M. le Comte de Belle-Isle y fut reçu le 18 Avril, en qualité [...] »
On écrit de Mets que M. le Comte de
Belle -Isle y fut reçû le 18 Avril , en qualité
de Gouverneur de cette Ville et du
Païs Messin. Sa réception fut des plus
magnifiques ; il donna un grand Repas ,
servi avec toute la délicatesse possible
à plusieurs Membres du Parlement ; et
le 21 , Madame de Belle - Isle régala à sou
per quarante Dames , sur une Table en
Fer- à- Cheval. Après le souper , on tira
an fort - beau Feu d'Artifice , suivi d'un
Bal , qui dura toute la nuit, On y servit
1. Vol.
avec
1232 MERCURE DE FRANCE
avec profusion , toute sorte de rafraîchis
semens.
On mande de la même Ville , du 24
May , qu'on y avoit ressenti une légere
secousse de tremblement de Terre, et que
depuis ce temps - là , les Pluyes étoient
continuelles ; ce qui empêchoit la continuation
des nouvelles Fortifications.
Belle -Isle y fut reçû le 18 Avril , en qualité
de Gouverneur de cette Ville et du
Païs Messin. Sa réception fut des plus
magnifiques ; il donna un grand Repas ,
servi avec toute la délicatesse possible
à plusieurs Membres du Parlement ; et
le 21 , Madame de Belle - Isle régala à sou
per quarante Dames , sur une Table en
Fer- à- Cheval. Après le souper , on tira
an fort - beau Feu d'Artifice , suivi d'un
Bal , qui dura toute la nuit, On y servit
1. Vol.
avec
1232 MERCURE DE FRANCE
avec profusion , toute sorte de rafraîchis
semens.
On mande de la même Ville , du 24
May , qu'on y avoit ressenti une légere
secousse de tremblement de Terre, et que
depuis ce temps - là , les Pluyes étoient
continuelles ; ce qui empêchoit la continuation
des nouvelles Fortifications.
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Résumé : « On écrit de Mets que M. le Comte de Belle-Isle y fut reçu le 18 Avril, en qualité [...] »
Le Comte de Belle-Isle fut accueilli à Metz le 18 avril en tant que Gouverneur. Des réceptions somptueuses furent organisées, incluant un grand repas pour le Parlement et un dîner pour quarante dames. Le 24 mai, une légère secousse sismique et des pluies continues perturbèrent la construction des fortifications.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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306
p. 1232-1237
RELATION de ce qui s'est passé dans l'Arsenal de Paris, le premier jour de Juillet 1732. au sujet de la figure d'ozier, que le peuple nomme, mal à propos : Le Suisse de la ruë aux Ours.
Début :
Pierre Claus, du Bailliage de Schwartzembourg, Canton de Berne, cy-devant Soldat aux [...]
Mots clefs :
Figure, Nation, Suisse, Gardes suisses, Arsenal, Pierre Claus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé dans l'Arsenal de Paris, le premier jour de Juillet 1732. au sujet de la figure d'ozier, que le peuple nomme, mal à propos : Le Suisse de la ruë aux Ours.
RELATION de ce qui s'est passé
dans l'Arsenal de Paris , le premier jour
de fuillet 1732. au sujet de la figure
d'ozier , que le peuple nomme , mal à
propos :
Le Suisse de la ruë aux Ours .
Pierre Claus , du Bailliage de Schwartzembourg
, Canton de Berne , cy- devant Soldat aux
Gardes Suisses , Compagnie d'Affry , à present
Suisse de S. A. S. Monseigneur le Duc du Maiwe
, sous , la Porte de l'Horloge , préposé pour
Garde de l'Arsenal , apperçut ledit jour 1 Juiller
1732. sur les trois heures après midi , une foule
de monde , qui étant entrée dans l'Arsenal , du
côté de la Bastille , se mettoit en devoir de traverser
la Cour du Manége , portant la Figure
d'osier, qu'on nomme, mal à propos : Le Suisse
de la rue aux Ours , et auquel on attribue une
impiété commise contre PImage de la Vierge ,
en 1418 .
Comme cette Figure se trouvoit habillée de
rouge , avec des agrémens , ainsi que les Gardes
Suisses du Roy ; ledit sieur Claus ferma la
Porte dudit Arsenal , poursuivit la populace et
I. Vol. saisit
JUIN.
1733. 1233.
isit la Figure représentant un Suisse , d'autant
lieux que cette entrée dans une Maison Royale
toit un manque de respect , et que l'habit dont
a Figure étoit revêtuë , faisoit insulte â une Nation
depuis long- temps alliée à la France.
Les Chefs de la Société de la ruë aux Ours
informez que ladite Figure étoit saisie , se rendient
à l'instant chez ledit sieur Claus , pour lui
fare excuse de l'insulte du passage à travers de
P'Arsenal , en lui protestant qu'ils n'avoient jamais
prétendu représenter un Suisse par cette Figure
, et pour le lui prouver , ils le lui envoyeent
le même jour un ancien Tableau , qui fait
simplement mention d'un malheureux Soldat ,
ans spécifier de quelle Nation il fût . Ledit sieur
Claus rempli de satisfaction en son particulier
le découvrir la vérité d'un fait qui lui faisoit
le la peine depuis long- temps , comme à toute sa
Nation en general , et cela par les personnes les
fus interessées dans cette cérémonie, après avoir
endu la Figure , crut ne pouvoir mieux faire
que d'envoyer sur le champ ledit Tableau à S. A.
. Monseigneur le Duc du Maine , tant pour sa
justification personnelle sur ce qui s'étoit passé
à l'Arsenal , que pour l'interêt que ce Prince
prend à ce qui regarde la Nation Suisse.
•
S. A. S. ayant jugé à propos de faire éclaireir
la chose , on trouva , tant par des Pieces authentiques
, que par le récit des Historiens, même
contemporains , que cet impie n'étoit connu
que sous le nom d'un Goujat ou Soldat en
general , sans qu'il y ait aucune apparence que ce
ce fut un Suisse ; que d'ailleurs par les. Epoques
les plus constantes , il n'étoit pas possible que ce
malheureux Soldat fut de cette Nation , puisque
la premiere alliance entre la France et les Suisses AI, Vol.
ne
1234 MERCURE DE FRANCE
ne s'étoit faite qu'en 1444. et qu'avant ce tempslà
aucun Militaire de cette Nation n'avoit par
dans le Royaume, et que par conséquent l'opinion
du peuple , peu instruit , ne pouvoit avoir
aucun fondement à croire que ce malheureux
fut un Suisse , si ce n'est par l'habillement qu
la Société lui donne depuis long- temps , san:
fondement.
Ceux qui par une association de piété sont
chargez de faire cette cérémonie annuelle , ont
été eux- mêmes si persuadez de toutes ces véri
tez , qu'ils ont volontairement donné un acte de
déclaration en bonne forme à ce sujet , dont
ledit sieur Claus a cru qu'il étoit de son devoir
de faire part au Public , pour la satisfaction de
ses compatriotes , qui verront par là tomber a
abus populaire dont ils n'ont pas eu lieu d'être
édifiez jusqu'à présent..
Cet Acte a été dressé de la maniere qu
suit :
Aujourd'hui sont comparus pardevant les Con
seillers du Roy , Notaires à Paris soussignez ,Claudi
Piccard Rolland, Maître Layetier , ancien Juré d
sa Communauté , Rox en charge de la Sociéé
de la Sainte Vierge , rue aux Ours , de cette Ville,
Leon-François Terreau , ancien Garde des Grands
Gardes du Corps des Marchands de Vins , ancien
Consul de la Ville de Paris , Roy deux fois de la
Société ; Siméon Jacob , Marchand de Vins , ancien
Roy de ladite Société ; Jean Vallée , Maitro
Rotisseur , ancien Roy de ladite Société ; Paul Chevillot
, Maitre Boulanger , Associé, et Edme Langlois
, Maître Rotisseur , Cuisinier Privilegié du
Roy , ancien Roy de ladite Société , tous demeurans
an ladite rue aux Qurs , et stipulans , tant pour
I.Vol.
JUI N. 1732- 1235
eux que pour tous leurs Associez , tant présens que
futurs , et leurs Successeurs à perpetuité. Lesquels ,
sur la demande et réquisition du sieurPierre Claus,
Suisse de S. A. S. Monseigneur le Duc du Maine,
à l'Arsenal de Paris , à ce present , ont dit et déclaré
qu'ils désavoüoient, comme par ces Présentes ils le
désavoüent , en la meilleure forme qu'il leur est
possible , le particulier qui a été chargé les premiers
jours du present mois , de porter par les rues de Paris
, la Figure d'ozier , qui représente un soldat
qui en 1418. commit une impiété sur une Image
de la très-Sainte Vierge ; qu'ils désavoüoient pas
reillement ledit particulier , Porteur de ladite Figure
, de l'avoir fait entrer dans l'Arsenal , ce qui
est contre le respect dû à une Maison Royale.
?
Déclarant en outre , que ni eux ni personne de
leur Société n'ont jamais prétendu représenter par
ladite Figure , aucun Soldat Suisse , ni autre de
leur Nation , étant certain que l'Histoire ne fait
mention que d'un Soldat impie en general , sans
marquer de quelle Nation il étoit ; et cela d'autant
plus que ceux de la Nation Suisse n'ont commencé
d'être au service de la France qu'après l'année
1444 .
De plus , ils auront une attention particuliere à
ce que
ladite Figure ne soit plus à l'avenir habillée
d'une maniere qui puisse dénoter l'uniforme
d'aucun Soldat Suisse , ni autre de cette Nation, ni
portée dans l'Arsenal ; c'est ce qui a donné sujet
audit sieur Pierre Claus d'être scandalisé , et
porté à s'opposer au passage de ladite Figure au
travers de l'Arsenal , et à demander en conséquence
la présente déclaration , tant pour lui-même ,
que pour la satisfaction de tous ceux de sa Nation ,
Militaires et autres,; laquelle déclaration les soussignez
accordent volontairement , sur la demande
I. Vol. I qui
1236 MERCURE DE FRANCE
qui leur en est faite , et pour marquer de leurpart
la considération et estime qu'ils ont pour tous ceux
de la Nation Suisse en general , et en particulier
pour ledit sieur Claus. Fait et passé à Paris ès demeures
des soussignez , le 19 Ïuillet 1732. et ont
signé la minute des Présentes, demeurée à lagar¬
de et possession de Veillard , Notaire.
Signé , Melin et Veillard , Notaires ,
arca paraphes.
* Ces mêmes Associez , pour donner plus de
poids à leur déclaration se rendirent le jour
même chez M. le Baron de Bézenval , Lieutenant
General des Armées du Roy , et Colonel du Régiment
des Gardes Suisses, pour la lui présenter;
Tequel après l'avoir lûe,approuva leurs sentimens
sinceres et équitables à réformer cet abus; les assurant
qu'il en feroit part à Messieurs les Officiers
Suisses , et autres de cette Nation ; ce qui
continueroit à maintenir la tranquilité dans la
Cérémonie annuelle qu'ils avoient coutume de
faire. Ce qui fut annéxé à la déclaration cy - dessus.
A Bale , chez, Pierre Bicler , Imprimeur- Libraire,
La Relation qu'on vient de lire , nous a été
envoyée par Messieurs les Maire et Bourgeois de
la Ville de Bâle, accompagnée d'une Leute, dont
voici la teneur :
Nous vous prions , Monsieur , de faire usa
ge dans votre prochain Mercure , de la Relation
que nous avons l'honneur de vous addresser
; vous verrez , en la lisant , de quoi i
s'agit ; nous ne pûmes vous l'envoyer l'année
passée assez à temps pour être mise dans celui
de 1732. mais comme cette Cérémonie se ré-
I. Val
pere
JUIN. 1733. 1237
pete tous les ans , à pareil jour , nous esperons
qu'elle pourra trouver place cette année dans
votre Mercure, d'autant plus qu'elle ne contient
rien que de trés- vrai . Nous sommes tres- parfai
tement , Monsieur , vos tres - humbles et tresobéissans
serviteurs , les Maire et Bourgeois de
Bâle.
Ce 1 Juin 1733.
dans l'Arsenal de Paris , le premier jour
de fuillet 1732. au sujet de la figure
d'ozier , que le peuple nomme , mal à
propos :
Le Suisse de la ruë aux Ours .
Pierre Claus , du Bailliage de Schwartzembourg
, Canton de Berne , cy- devant Soldat aux
Gardes Suisses , Compagnie d'Affry , à present
Suisse de S. A. S. Monseigneur le Duc du Maiwe
, sous , la Porte de l'Horloge , préposé pour
Garde de l'Arsenal , apperçut ledit jour 1 Juiller
1732. sur les trois heures après midi , une foule
de monde , qui étant entrée dans l'Arsenal , du
côté de la Bastille , se mettoit en devoir de traverser
la Cour du Manége , portant la Figure
d'osier, qu'on nomme, mal à propos : Le Suisse
de la rue aux Ours , et auquel on attribue une
impiété commise contre PImage de la Vierge ,
en 1418 .
Comme cette Figure se trouvoit habillée de
rouge , avec des agrémens , ainsi que les Gardes
Suisses du Roy ; ledit sieur Claus ferma la
Porte dudit Arsenal , poursuivit la populace et
I. Vol. saisit
JUIN.
1733. 1233.
isit la Figure représentant un Suisse , d'autant
lieux que cette entrée dans une Maison Royale
toit un manque de respect , et que l'habit dont
a Figure étoit revêtuë , faisoit insulte â une Nation
depuis long- temps alliée à la France.
Les Chefs de la Société de la ruë aux Ours
informez que ladite Figure étoit saisie , se rendient
à l'instant chez ledit sieur Claus , pour lui
fare excuse de l'insulte du passage à travers de
P'Arsenal , en lui protestant qu'ils n'avoient jamais
prétendu représenter un Suisse par cette Figure
, et pour le lui prouver , ils le lui envoyeent
le même jour un ancien Tableau , qui fait
simplement mention d'un malheureux Soldat ,
ans spécifier de quelle Nation il fût . Ledit sieur
Claus rempli de satisfaction en son particulier
le découvrir la vérité d'un fait qui lui faisoit
le la peine depuis long- temps , comme à toute sa
Nation en general , et cela par les personnes les
fus interessées dans cette cérémonie, après avoir
endu la Figure , crut ne pouvoir mieux faire
que d'envoyer sur le champ ledit Tableau à S. A.
. Monseigneur le Duc du Maine , tant pour sa
justification personnelle sur ce qui s'étoit passé
à l'Arsenal , que pour l'interêt que ce Prince
prend à ce qui regarde la Nation Suisse.
•
S. A. S. ayant jugé à propos de faire éclaireir
la chose , on trouva , tant par des Pieces authentiques
, que par le récit des Historiens, même
contemporains , que cet impie n'étoit connu
que sous le nom d'un Goujat ou Soldat en
general , sans qu'il y ait aucune apparence que ce
ce fut un Suisse ; que d'ailleurs par les. Epoques
les plus constantes , il n'étoit pas possible que ce
malheureux Soldat fut de cette Nation , puisque
la premiere alliance entre la France et les Suisses AI, Vol.
ne
1234 MERCURE DE FRANCE
ne s'étoit faite qu'en 1444. et qu'avant ce tempslà
aucun Militaire de cette Nation n'avoit par
dans le Royaume, et que par conséquent l'opinion
du peuple , peu instruit , ne pouvoit avoir
aucun fondement à croire que ce malheureux
fut un Suisse , si ce n'est par l'habillement qu
la Société lui donne depuis long- temps , san:
fondement.
Ceux qui par une association de piété sont
chargez de faire cette cérémonie annuelle , ont
été eux- mêmes si persuadez de toutes ces véri
tez , qu'ils ont volontairement donné un acte de
déclaration en bonne forme à ce sujet , dont
ledit sieur Claus a cru qu'il étoit de son devoir
de faire part au Public , pour la satisfaction de
ses compatriotes , qui verront par là tomber a
abus populaire dont ils n'ont pas eu lieu d'être
édifiez jusqu'à présent..
Cet Acte a été dressé de la maniere qu
suit :
Aujourd'hui sont comparus pardevant les Con
seillers du Roy , Notaires à Paris soussignez ,Claudi
Piccard Rolland, Maître Layetier , ancien Juré d
sa Communauté , Rox en charge de la Sociéé
de la Sainte Vierge , rue aux Ours , de cette Ville,
Leon-François Terreau , ancien Garde des Grands
Gardes du Corps des Marchands de Vins , ancien
Consul de la Ville de Paris , Roy deux fois de la
Société ; Siméon Jacob , Marchand de Vins , ancien
Roy de ladite Société ; Jean Vallée , Maitro
Rotisseur , ancien Roy de ladite Société ; Paul Chevillot
, Maitre Boulanger , Associé, et Edme Langlois
, Maître Rotisseur , Cuisinier Privilegié du
Roy , ancien Roy de ladite Société , tous demeurans
an ladite rue aux Qurs , et stipulans , tant pour
I.Vol.
JUI N. 1732- 1235
eux que pour tous leurs Associez , tant présens que
futurs , et leurs Successeurs à perpetuité. Lesquels ,
sur la demande et réquisition du sieurPierre Claus,
Suisse de S. A. S. Monseigneur le Duc du Maine,
à l'Arsenal de Paris , à ce present , ont dit et déclaré
qu'ils désavoüoient, comme par ces Présentes ils le
désavoüent , en la meilleure forme qu'il leur est
possible , le particulier qui a été chargé les premiers
jours du present mois , de porter par les rues de Paris
, la Figure d'ozier , qui représente un soldat
qui en 1418. commit une impiété sur une Image
de la très-Sainte Vierge ; qu'ils désavoüoient pas
reillement ledit particulier , Porteur de ladite Figure
, de l'avoir fait entrer dans l'Arsenal , ce qui
est contre le respect dû à une Maison Royale.
?
Déclarant en outre , que ni eux ni personne de
leur Société n'ont jamais prétendu représenter par
ladite Figure , aucun Soldat Suisse , ni autre de
leur Nation , étant certain que l'Histoire ne fait
mention que d'un Soldat impie en general , sans
marquer de quelle Nation il étoit ; et cela d'autant
plus que ceux de la Nation Suisse n'ont commencé
d'être au service de la France qu'après l'année
1444 .
De plus , ils auront une attention particuliere à
ce que
ladite Figure ne soit plus à l'avenir habillée
d'une maniere qui puisse dénoter l'uniforme
d'aucun Soldat Suisse , ni autre de cette Nation, ni
portée dans l'Arsenal ; c'est ce qui a donné sujet
audit sieur Pierre Claus d'être scandalisé , et
porté à s'opposer au passage de ladite Figure au
travers de l'Arsenal , et à demander en conséquence
la présente déclaration , tant pour lui-même ,
que pour la satisfaction de tous ceux de sa Nation ,
Militaires et autres,; laquelle déclaration les soussignez
accordent volontairement , sur la demande
I. Vol. I qui
1236 MERCURE DE FRANCE
qui leur en est faite , et pour marquer de leurpart
la considération et estime qu'ils ont pour tous ceux
de la Nation Suisse en general , et en particulier
pour ledit sieur Claus. Fait et passé à Paris ès demeures
des soussignez , le 19 Ïuillet 1732. et ont
signé la minute des Présentes, demeurée à lagar¬
de et possession de Veillard , Notaire.
Signé , Melin et Veillard , Notaires ,
arca paraphes.
* Ces mêmes Associez , pour donner plus de
poids à leur déclaration se rendirent le jour
même chez M. le Baron de Bézenval , Lieutenant
General des Armées du Roy , et Colonel du Régiment
des Gardes Suisses, pour la lui présenter;
Tequel après l'avoir lûe,approuva leurs sentimens
sinceres et équitables à réformer cet abus; les assurant
qu'il en feroit part à Messieurs les Officiers
Suisses , et autres de cette Nation ; ce qui
continueroit à maintenir la tranquilité dans la
Cérémonie annuelle qu'ils avoient coutume de
faire. Ce qui fut annéxé à la déclaration cy - dessus.
A Bale , chez, Pierre Bicler , Imprimeur- Libraire,
La Relation qu'on vient de lire , nous a été
envoyée par Messieurs les Maire et Bourgeois de
la Ville de Bâle, accompagnée d'une Leute, dont
voici la teneur :
Nous vous prions , Monsieur , de faire usa
ge dans votre prochain Mercure , de la Relation
que nous avons l'honneur de vous addresser
; vous verrez , en la lisant , de quoi i
s'agit ; nous ne pûmes vous l'envoyer l'année
passée assez à temps pour être mise dans celui
de 1732. mais comme cette Cérémonie se ré-
I. Val
pere
JUIN. 1733. 1237
pete tous les ans , à pareil jour , nous esperons
qu'elle pourra trouver place cette année dans
votre Mercure, d'autant plus qu'elle ne contient
rien que de trés- vrai . Nous sommes tres- parfai
tement , Monsieur , vos tres - humbles et tresobéissans
serviteurs , les Maire et Bourgeois de
Bâle.
Ce 1 Juin 1733.
Fermer
Résumé : RELATION de ce qui s'est passé dans l'Arsenal de Paris, le premier jour de Juillet 1732. au sujet de la figure d'ozier, que le peuple nomme, mal à propos : Le Suisse de la ruë aux Ours.
Le 1er juillet 1732, Pierre Claus, un Suisse au service du Duc du Maine, observa une foule pénétrer dans l'Arsenal de Paris avec une figure d'osier appelée 'Le Suisse de la rue aux Ours'. Cette figure, vêtue comme les Gardes Suisses, était liée à un acte d'impiété commis en 1418 contre une image de la Vierge. Claus estima cette entrée irrespectueuse et insultante pour la nation suisse, alliée à la France. Il ferma la porte de l'Arsenal et saisit la figure. Les responsables de la Société de la rue aux Ours affirmèrent que la figure ne représentait pas un Suisse et présentèrent à Claus un ancien tableau montrant un soldat sans spécifier sa nation. Satisfait de cette explication, Claus envoya le tableau au Duc du Maine. Une enquête confirma que l'individu impie n'était pas connu comme un Suisse et que la première alliance franco-suisse datait de 1444, rendant improbable que le soldat fût suisse. Les organisateurs de la cérémonie annuelle désavouèrent l'incident et déclarèrent que la figure ne représenterait plus un soldat suisse ni ne serait portée dans l'Arsenal. Ils signèrent une déclaration à ce sujet, approuvée par le Baron de Bézenval, Lieutenant Général des Armées du Roi et Colonel des Gardes Suisses. La relation de cet événement fut envoyée par les Maire et Bourgeois de Bâle pour publication dans le Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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307
p. 1237-1240
« Le Samedy 16 May, les RR. PP. Dominiquains du Noviciat Général, du [...] »
Début :
Le Samedy 16 May, les RR. PP. Dominiquains du Noviciat Général, du [...]
Mots clefs :
Église, Noviciat général, Faubourg Saint-Germain, Coeur, Sanctuaire, Dominicains, Catherine de Ricci
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Samedy 16 May, les RR. PP. Dominiquains du Noviciat Général, du [...] »
Le Samedy 16 May , les RR . PP, Dominiquains
du Noviciat Général , du
Faubourg S. Germain , firent l'ouverture
d'une Solemnité , qui devoit durer'
trois jours dans leur Eglise, au sujet de la
Béatification de la Bienheureuse Catherine
de Ricci , Religieuse Prof.sse du Tiers-
Ordre de S. Dominique , au Monastere
de la Ville de Prato , dans la Toscane. La
Cérémonie commença par la publication
de la Bulle , accordée par N.S.P. le Pape
Clement XII. à l'instance du Grand Duc
de Toscane , et de tout l'Ordre de Saint
Dominique.
L'Eglise du Noviciat , l'une des plus
régulieres de Paris , étoit magnifiquement
ornée ; le Sanctuaire éclairé de plusieurs
Lustres , et le Maître Autel enrichi de
quantité de Reliquaires , de Vases , et de
Chandeliers d'argent. Le Portrait de la
Bienheureuse , paroissoit élevé au milieu
d'ure Gloire , sous le grand ceintre , qui
1. Vol. Iij sé1238
MERCURE DE FRANCE
sépare le Choeur du Sanctuaire , d'où
pendoient des Guirlandes , et de longs
Festons , soutenus par des Anges.
,
Le lendemain Dimanche , M. Menay ,
Chanoine Régulier de la Congrégation
de S. Antoine , prononça après Vêpres ,
le Panégyrique avec beaucoup de succès ;
et quelque temps après la Communauté
des RR. PP. Benedictins de l'Abbaye
Royale de S. Germain Desprez , vint processionnellement
chanter le Salut
l'Officiant donna la Benediction du tres-
Saint Sacrement. Le Lundy , la Commu
nauté des RR. PP. Augustins du Fauxbourg
S. Germain ; et le Mardy , celle des
RR. PP . Prémontrez , du même Fauxbourg
, firent les mêmes Cérémonies, qui
furent terminées par un Te Deum , sọ-
lemnellement chanté.
La sainte Religieuse, qui a donné lieu
à cette solemnité nâquit à Florence , le
2 Avril 1522 , de l'illustre Mai on de
Ricci , qui a donné divers Prélats et des
Cardinaux à l'Eglise . Elle fût un parfait
modele de la plus sublime piété , dont
l'éclat a brillé dans toute l'Italie , ensorte
que les Personnes les plus éminentes
dans l'Eglise et dans le Monde Chrétien,
voulurent la visiter et la consulter , à
I. Vol. Cause
JUIN 1733.
1239
cause des lumiéres extraordinaires , confirmées
par plusieurs Miracles , dont il
plaisoit au Ciel de la favoriser ; ce qui a
été reconnu par les plus grands Serviteurs
de Dieu de son temps ; en particulier
par S. Philippe de Néri , qui ne pouvoit
se lasser de publier les merveilles , qu'il
reconnoissoit dans cette Servante de Dieu.
Elle mourut le 3 Février 1589 , dans la
77 année de son âge. M. Cartari , Evêque
de Fiesoli a donné sa vie au Public
et M. l'Evêque de Pistoye fit en l'année
1614 les informations juridiques des Miracles
opérez par son intercession , pour
proceder ensuite à sa Béatification , laquelle
a été enfin concluë , déclarée , et
célébrée à Rome en cette année 1733 .
ainsi que dans tous les Monasteres de
l'Ordre de S, Dominique.
Le concours que cette cérémonie a áttiré
à celui du Noviciat de Paris , a don
né occasion de remarquer les nouveaux
Ouvrages qui en ont embelli l'Eglise. Le
principal est la construction d'un Choeur
à la Romaine , avec un double rang de
Stales , d'une Menuiserie, ornée de beaucoup
de Sculpture , les Panneaux sont
chargez de differens Tableaux de l'histoire
de la Passion, & c, sans compter deux
I. Vol. I iij autres
1240 MERCURE DE FRANCE
·
autres grands Tableaux , qui sont élevez
à l'entrée , en regard ; l'un , de S. Thomas
d'Aquin , l'autre , du S. Pape Pie V.
d'une très belle exécution. Le Plafond
peint par M. le Moine , Peintre fameux
de l'Académie Royale , attire les regards
des connoisseurs. Les Tableaux du Choeur
dont on vient de parler , et beaucoup.
d'autres qui sont dans cette Eglise et ailleurs
, sont du Frere André , Religieux
de la Maison , qui s'est acquis beaucoup
de réputation dans cet Art.On remarque
enfin la nouvelle disposition du Maître
Autel,tout construit d'un tres- beau Marbre,
avec les ornemens convenables, mais
d'une noble simplicité , sans parler du
Sanctuaire et des autres accompagnemens
qui donnent à cette Eglise une nouvelle
décoration , et un certain air de majesté.
du Noviciat Général , du
Faubourg S. Germain , firent l'ouverture
d'une Solemnité , qui devoit durer'
trois jours dans leur Eglise, au sujet de la
Béatification de la Bienheureuse Catherine
de Ricci , Religieuse Prof.sse du Tiers-
Ordre de S. Dominique , au Monastere
de la Ville de Prato , dans la Toscane. La
Cérémonie commença par la publication
de la Bulle , accordée par N.S.P. le Pape
Clement XII. à l'instance du Grand Duc
de Toscane , et de tout l'Ordre de Saint
Dominique.
L'Eglise du Noviciat , l'une des plus
régulieres de Paris , étoit magnifiquement
ornée ; le Sanctuaire éclairé de plusieurs
Lustres , et le Maître Autel enrichi de
quantité de Reliquaires , de Vases , et de
Chandeliers d'argent. Le Portrait de la
Bienheureuse , paroissoit élevé au milieu
d'ure Gloire , sous le grand ceintre , qui
1. Vol. Iij sé1238
MERCURE DE FRANCE
sépare le Choeur du Sanctuaire , d'où
pendoient des Guirlandes , et de longs
Festons , soutenus par des Anges.
,
Le lendemain Dimanche , M. Menay ,
Chanoine Régulier de la Congrégation
de S. Antoine , prononça après Vêpres ,
le Panégyrique avec beaucoup de succès ;
et quelque temps après la Communauté
des RR. PP. Benedictins de l'Abbaye
Royale de S. Germain Desprez , vint processionnellement
chanter le Salut
l'Officiant donna la Benediction du tres-
Saint Sacrement. Le Lundy , la Commu
nauté des RR. PP. Augustins du Fauxbourg
S. Germain ; et le Mardy , celle des
RR. PP . Prémontrez , du même Fauxbourg
, firent les mêmes Cérémonies, qui
furent terminées par un Te Deum , sọ-
lemnellement chanté.
La sainte Religieuse, qui a donné lieu
à cette solemnité nâquit à Florence , le
2 Avril 1522 , de l'illustre Mai on de
Ricci , qui a donné divers Prélats et des
Cardinaux à l'Eglise . Elle fût un parfait
modele de la plus sublime piété , dont
l'éclat a brillé dans toute l'Italie , ensorte
que les Personnes les plus éminentes
dans l'Eglise et dans le Monde Chrétien,
voulurent la visiter et la consulter , à
I. Vol. Cause
JUIN 1733.
1239
cause des lumiéres extraordinaires , confirmées
par plusieurs Miracles , dont il
plaisoit au Ciel de la favoriser ; ce qui a
été reconnu par les plus grands Serviteurs
de Dieu de son temps ; en particulier
par S. Philippe de Néri , qui ne pouvoit
se lasser de publier les merveilles , qu'il
reconnoissoit dans cette Servante de Dieu.
Elle mourut le 3 Février 1589 , dans la
77 année de son âge. M. Cartari , Evêque
de Fiesoli a donné sa vie au Public
et M. l'Evêque de Pistoye fit en l'année
1614 les informations juridiques des Miracles
opérez par son intercession , pour
proceder ensuite à sa Béatification , laquelle
a été enfin concluë , déclarée , et
célébrée à Rome en cette année 1733 .
ainsi que dans tous les Monasteres de
l'Ordre de S, Dominique.
Le concours que cette cérémonie a áttiré
à celui du Noviciat de Paris , a don
né occasion de remarquer les nouveaux
Ouvrages qui en ont embelli l'Eglise. Le
principal est la construction d'un Choeur
à la Romaine , avec un double rang de
Stales , d'une Menuiserie, ornée de beaucoup
de Sculpture , les Panneaux sont
chargez de differens Tableaux de l'histoire
de la Passion, & c, sans compter deux
I. Vol. I iij autres
1240 MERCURE DE FRANCE
·
autres grands Tableaux , qui sont élevez
à l'entrée , en regard ; l'un , de S. Thomas
d'Aquin , l'autre , du S. Pape Pie V.
d'une très belle exécution. Le Plafond
peint par M. le Moine , Peintre fameux
de l'Académie Royale , attire les regards
des connoisseurs. Les Tableaux du Choeur
dont on vient de parler , et beaucoup.
d'autres qui sont dans cette Eglise et ailleurs
, sont du Frere André , Religieux
de la Maison , qui s'est acquis beaucoup
de réputation dans cet Art.On remarque
enfin la nouvelle disposition du Maître
Autel,tout construit d'un tres- beau Marbre,
avec les ornemens convenables, mais
d'une noble simplicité , sans parler du
Sanctuaire et des autres accompagnemens
qui donnent à cette Eglise une nouvelle
décoration , et un certain air de majesté.
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Résumé : « Le Samedy 16 May, les RR. PP. Dominiquains du Noviciat Général, du [...] »
Du 16 au 18 mai, les Dominicains du Noviciat Général à Paris ont célébré une solennité de trois jours en l'honneur de la béatification de la Bienheureuse Catherine de Ricci, religieuse du Tiers-Ordre de Saint Dominique au monastère de Prato, en Toscane. La cérémonie a débuté par la publication de la bulle papale accordée par le Pape Clément XII à la demande du Grand Duc de Toscane et de l'Ordre de Saint Dominique. L'église du Noviciat, magnifiquement ornée, présentait un sanctuaire éclairé par plusieurs lustres et un maître-autel enrichi de reliquaires, vases et chandeliers d'argent. Le portrait de la bienheureuse était exposé au milieu d'une gloire, sous le grand cintre séparant le chœur du sanctuaire, décoré de guirlandes et de festons soutenus par des anges. Le dimanche suivant, le Chanoine Régulier M. Menay a prononcé un panégyrique après les vêpres. Les communautés des Bénédictins de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, des Augustins et des Prémontrés ont participé aux cérémonies, qui se sont conclues par un Te Deum solennellement chanté. Catherine de Ricci, née à Florence le 2 avril 1522 dans une famille illustre, fut un modèle de piété. Ses lumières spirituelles et les miracles attribués à son intercession attirèrent des visites de personnalités éminentes, dont Saint Philippe de Néri. Elle mourut le 3 février 1589 à l'âge de 77 ans. Sa béatification, reconnue par les informations juridiques des miracles opérés par son intercession, a été célébrée en 1733 à Rome et dans tous les monastères de l'Ordre de Saint Dominique. La solennité a également mis en lumière les nouveaux ouvrages d'art dans l'église du Noviciat, notamment la construction d'un chœur à la romaine, des sculptures, des tableaux historiques et des œuvres de peintres renommés comme le Frère André. Le maître-autel, construit en marbre, et la nouvelle disposition du sanctuaire ont ajouté une majesté à l'église.
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308
p. 1240-1245
INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
Début :
La Riviere qui avoit commencé à croître la premiere Fête de la Pentecôte, se [...]
Mots clefs :
Inondation, Loire, Pont, Rivière, Levées, Maisons, Eaux , Côte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
INONDATION de la Riviere de
Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Or
leans , le 8 Juin 1733 .
La Riviere qui avoit commencé à croî
tre la premiere Fête de la Pentecôte , se
trouva tres grosse le Mercredy au soir ,
et ce qu'on appelle , en plein chantier ; ce
qui n'étonna encor personne ; cette Riviere
croissant d'ordinaire considérable-,
I. Vol.
ment
JUIN. 1733. 121
ment vers ce temps cy. C'est ce que nos
Mariniers nomment , je ne sçais - pourquoi
; La crûë des Sapins Depuis , la Riviere
augm nta de telle sorte , qu'elle se
trouva au Niveau de Lévées , se répandit
ensuite sur les Quais , entra dans la
Ville e inonda les rues basses ; mais comme
Orleans est bâti sur le penchant d'un
côteau , elle ne pût s'avancer beaucoup
de ce côté là. Il n'en fut pas de même
de l'autre côté , dans le Fauxbourg , appellé
Portereau, qui fut tout inonde étant
dans un Terrain bas , égal à celui du Val
de Loire.
Comme on ne douta point que les Lévées
ne rompissent , l'eau augmentant
toujours , et une partie des Arches du
Pont , proche des Lévées , étant bouchées;
on sonna le Tocsin dans les Paroisses du
Val , pour avertir les Habitans de se précautionner
contre l'Inondation . Les plus
prochains accoururent à laVille,avec leurs
Enfans et leurs Bestiaux . Les autres montèrent
dans les Greniers de leurs maisons .
La nuit arriva, qui augmenta de beaucoup
la terreur et la confusion où tout se trouvoit
; et ce fut dans ce temps- là que sur
les 9 à 10 heures , un petit Pont de pierre
, qui fait la communication du grand
Pont à une des Mottes , qui forment une
1. Vol. I iiij Isle
1242 MERCURE DE FRANCE
Isle au milieu , vint tout à coup à s'écrouler
et emporta une quinzaine de
personnes , entre lesquelles on compte
trois jeunes Ecoliers avec leur Précepteur,
un mari et une femme , qui laissent neuf
à dix enfans , et d'autres personnes de
differens états.
Pendant la nuit la Riviére passa par
dessus les Levées , et entra dans le Fauxbourg
, en montant vers les Capucins.
Elle rompit les Levées en trois endroits .
La rupture la plus violente fut celle qui
se fit à côté des Ursulines de S. Charles ,
où l'eau emporta les Murs du Monastére ,
renversa cinq ou six maisons de fond
en comble , en dispersa les Décombres
et se répandit comme un torrent affreux
dans le Val. Tout ce qui se trouva à l'opposite
des deux autres ruptures, éprouva
le même sort . Plus de 40 toises de Murailles
du revêtement des Mottes du Pont
furent entraînées , aussi bien que deux
Maisons qui étoient sur le grand Pont ,
dont l'une fut entierement renversée , et
l'autre tellement ébranlée qu'on la démolit
actuellement.
Ily eut encore une rupture à un quart
de lieuë en deçà des Ponts , toutes ces Eaux
se réunissant à celles du Loiret , qui se
regonflérent et inondérent bien- tôt tout
J. Vol. le
JUI N. 1733. 1243
le Val. De plus, comme la Riviere avoit
emporté un Déchargeoir , pratiqué dans
les Levées , du côté de Darnoi , à trois
lieues d'Orleans, en remontant , les Eaux
qui entrerent par cette rupture , recevant
celles qui venoient d'une rupture
plus haute à un endroit nommé Bouteilles,
ne firent plus , jointes ensemble , qu'un
Lac de tout le Val de Loire , sur lequel
Lac on ne voioit que la Cime des Arbres,
et le Toît des Maisons . Cette désolation
a duré vingt quatre heures ; pendant le
quel temps , Messieurs de Ville firent
tout ce qu'on devoit attendre de leur
zéle , envoïant par tout , malgré le danger
des Barques, pour sauver ceux que
la
ruine de leurs Maisons , où le peu de
hauteur du terrain , mettoit en danger
de périr , et faisant porter des vivres à
ceux qui avoient pû trouver quelque retraite
dans leurs Greniers. On ne dit
point qu'il soit péri personne , si ce n'est
ceux que l'accident du petit Pont de la
Motte a emportez , mais on a perdu beau
coup de Bétail . Les Eaux se sont enfin retirées
, et nous ont laissé voir un triste
Tableau de leur fureur.Des Maisons renversées
de fond en comble , leurs Décom
breş dispersez çà et là , des Murs et des
Chemins rompus , les Bleds et les Foins
1. Vol. I'v perdus
1244 MERCURE DE FRANCE
perdus , ou par les Sables que la Riviere
a jettez sur les terres , ou par la Fange
qui se durcissant au Soleil , les brûle
après les avoir abbatus ; les Vignes , dans
les endroits où les Eaux ont séjourné ,
sans esperance de récolte , et dans les courans
, emportées ; les Marais qui sont de ce
côté- là en plus grand nombre,et qui font
la richesse de tout le Fauxbourg , enticrement
ruinez. Je n'entrerai point dans
le détail de toutes les pertes que l'Inondation
peut avoir causées ; il est immense
, et plus on examine ces pertes , plus
on les trouve grandes. Voilà le triste état
où se trouve la Ville d'Orléans . Je ne
parle que de ce que nous pouvons voir
du haut de nos Murs ; j'ajouterai seulement
que le Pont de le Pont de Gergeau , à quatre
lieuës au dessus d'Orleans , a eu deux Arches
d'emportées ; comme c'est un grand
passage,principalement pour les Bestiaux,
cela incommodera beaucoup le commerce
, & c.
La Loire , selon une Lettre de Blois ,
s'est tellement débordée, qu'il n'est ici personne
qui se souvienne de l'avoir vûë
en cet état. Sans en faire un plus grand
détail , je vous dirai seulement que l'on
ne voyoit que l'Arche du milieu de notre
Pont , les eaux avoient entierement bou-
I. Vola ché
JUIN. 17337
1245
ché les autres. On ne voyoit flotter sur
la Riviere que bestiaux de toute espece et
morceaux de Charpente de la démolition
des maisons . Les Ponts Chastré et celui de
S. Michel , ont été rompus en differens
endroits. Les Garennes et les Vignes ont
été déracinées , les Prez et les Bleds sont
sans aucune esperance de récolte . Les Levées
ont été rompues en plusieurs endroits;
il s'est même trouvé des gens sur des
morceaux de Levées , tout environneg
d'eau , luttant contre la faim et contre la
crainte que la terre ne vint à leur manquer
tout-à- fait. Le pain a valu jusqu'à 20. sols
la livre pendant cette huitaine.
On dit qu'il y a eû aussi de grand ravages
à Tours , &c.
Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Or
leans , le 8 Juin 1733 .
La Riviere qui avoit commencé à croî
tre la premiere Fête de la Pentecôte , se
trouva tres grosse le Mercredy au soir ,
et ce qu'on appelle , en plein chantier ; ce
qui n'étonna encor personne ; cette Riviere
croissant d'ordinaire considérable-,
I. Vol.
ment
JUIN. 1733. 121
ment vers ce temps cy. C'est ce que nos
Mariniers nomment , je ne sçais - pourquoi
; La crûë des Sapins Depuis , la Riviere
augm nta de telle sorte , qu'elle se
trouva au Niveau de Lévées , se répandit
ensuite sur les Quais , entra dans la
Ville e inonda les rues basses ; mais comme
Orleans est bâti sur le penchant d'un
côteau , elle ne pût s'avancer beaucoup
de ce côté là. Il n'en fut pas de même
de l'autre côté , dans le Fauxbourg , appellé
Portereau, qui fut tout inonde étant
dans un Terrain bas , égal à celui du Val
de Loire.
Comme on ne douta point que les Lévées
ne rompissent , l'eau augmentant
toujours , et une partie des Arches du
Pont , proche des Lévées , étant bouchées;
on sonna le Tocsin dans les Paroisses du
Val , pour avertir les Habitans de se précautionner
contre l'Inondation . Les plus
prochains accoururent à laVille,avec leurs
Enfans et leurs Bestiaux . Les autres montèrent
dans les Greniers de leurs maisons .
La nuit arriva, qui augmenta de beaucoup
la terreur et la confusion où tout se trouvoit
; et ce fut dans ce temps- là que sur
les 9 à 10 heures , un petit Pont de pierre
, qui fait la communication du grand
Pont à une des Mottes , qui forment une
1. Vol. I iiij Isle
1242 MERCURE DE FRANCE
Isle au milieu , vint tout à coup à s'écrouler
et emporta une quinzaine de
personnes , entre lesquelles on compte
trois jeunes Ecoliers avec leur Précepteur,
un mari et une femme , qui laissent neuf
à dix enfans , et d'autres personnes de
differens états.
Pendant la nuit la Riviére passa par
dessus les Levées , et entra dans le Fauxbourg
, en montant vers les Capucins.
Elle rompit les Levées en trois endroits .
La rupture la plus violente fut celle qui
se fit à côté des Ursulines de S. Charles ,
où l'eau emporta les Murs du Monastére ,
renversa cinq ou six maisons de fond
en comble , en dispersa les Décombres
et se répandit comme un torrent affreux
dans le Val. Tout ce qui se trouva à l'opposite
des deux autres ruptures, éprouva
le même sort . Plus de 40 toises de Murailles
du revêtement des Mottes du Pont
furent entraînées , aussi bien que deux
Maisons qui étoient sur le grand Pont ,
dont l'une fut entierement renversée , et
l'autre tellement ébranlée qu'on la démolit
actuellement.
Ily eut encore une rupture à un quart
de lieuë en deçà des Ponts , toutes ces Eaux
se réunissant à celles du Loiret , qui se
regonflérent et inondérent bien- tôt tout
J. Vol. le
JUI N. 1733. 1243
le Val. De plus, comme la Riviere avoit
emporté un Déchargeoir , pratiqué dans
les Levées , du côté de Darnoi , à trois
lieues d'Orleans, en remontant , les Eaux
qui entrerent par cette rupture , recevant
celles qui venoient d'une rupture
plus haute à un endroit nommé Bouteilles,
ne firent plus , jointes ensemble , qu'un
Lac de tout le Val de Loire , sur lequel
Lac on ne voioit que la Cime des Arbres,
et le Toît des Maisons . Cette désolation
a duré vingt quatre heures ; pendant le
quel temps , Messieurs de Ville firent
tout ce qu'on devoit attendre de leur
zéle , envoïant par tout , malgré le danger
des Barques, pour sauver ceux que
la
ruine de leurs Maisons , où le peu de
hauteur du terrain , mettoit en danger
de périr , et faisant porter des vivres à
ceux qui avoient pû trouver quelque retraite
dans leurs Greniers. On ne dit
point qu'il soit péri personne , si ce n'est
ceux que l'accident du petit Pont de la
Motte a emportez , mais on a perdu beau
coup de Bétail . Les Eaux se sont enfin retirées
, et nous ont laissé voir un triste
Tableau de leur fureur.Des Maisons renversées
de fond en comble , leurs Décom
breş dispersez çà et là , des Murs et des
Chemins rompus , les Bleds et les Foins
1. Vol. I'v perdus
1244 MERCURE DE FRANCE
perdus , ou par les Sables que la Riviere
a jettez sur les terres , ou par la Fange
qui se durcissant au Soleil , les brûle
après les avoir abbatus ; les Vignes , dans
les endroits où les Eaux ont séjourné ,
sans esperance de récolte , et dans les courans
, emportées ; les Marais qui sont de ce
côté- là en plus grand nombre,et qui font
la richesse de tout le Fauxbourg , enticrement
ruinez. Je n'entrerai point dans
le détail de toutes les pertes que l'Inondation
peut avoir causées ; il est immense
, et plus on examine ces pertes , plus
on les trouve grandes. Voilà le triste état
où se trouve la Ville d'Orléans . Je ne
parle que de ce que nous pouvons voir
du haut de nos Murs ; j'ajouterai seulement
que le Pont de le Pont de Gergeau , à quatre
lieuës au dessus d'Orleans , a eu deux Arches
d'emportées ; comme c'est un grand
passage,principalement pour les Bestiaux,
cela incommodera beaucoup le commerce
, & c.
La Loire , selon une Lettre de Blois ,
s'est tellement débordée, qu'il n'est ici personne
qui se souvienne de l'avoir vûë
en cet état. Sans en faire un plus grand
détail , je vous dirai seulement que l'on
ne voyoit que l'Arche du milieu de notre
Pont , les eaux avoient entierement bou-
I. Vola ché
JUIN. 17337
1245
ché les autres. On ne voyoit flotter sur
la Riviere que bestiaux de toute espece et
morceaux de Charpente de la démolition
des maisons . Les Ponts Chastré et celui de
S. Michel , ont été rompus en differens
endroits. Les Garennes et les Vignes ont
été déracinées , les Prez et les Bleds sont
sans aucune esperance de récolte . Les Levées
ont été rompues en plusieurs endroits;
il s'est même trouvé des gens sur des
morceaux de Levées , tout environneg
d'eau , luttant contre la faim et contre la
crainte que la terre ne vint à leur manquer
tout-à- fait. Le pain a valu jusqu'à 20. sols
la livre pendant cette huitaine.
On dit qu'il y a eû aussi de grand ravages
à Tours , &c.
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Résumé : INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
Le 8 juin 1733, Orléans a été frappée par une inondation majeure de la Loire. La rivière avait commencé à monter lors de la Pentecôte et avait atteint un niveau critique le mercredi soir, submergeant les quais et les rues basses de la ville. Orléans, construite sur une colline, a été partiellement protégée, mais le faubourg de Portereau, situé dans une zone basse, a été entièrement inondé. La population, craignant la rupture des levées, s'est réfugiée dans les greniers ou a fui vers la ville. La nuit, un petit pont s'est effondré, entraînant la mort de quinze personnes. L'eau a finalement débordé, rompant les levées en plusieurs endroits et causant des destructions massives. Les murs du monastère des Ursulines et plusieurs maisons ont été renversés. Les eaux de la Loire et du Loiret se sont réunies, formant un lac sur le Val de Loire. Les autorités ont organisé des secours pour sauver les habitants et distribuer des vivres. Les dégâts matériels sont considérables, avec des maisons détruites, des cultures perdues et des marais ruinés. Le pont de Gergeau a également subi des dommages, affectant le commerce. À Blois, la Loire a également débordé, causant des ravages similaires. Le prix du pain a augmenté en raison de la crise. Des inondations importantes ont également été signalées à Tours.
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309
p. 1245-1248
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le R. P. Dom Jean-Bap. Alaydon, Superieur Géneral des Benedictins de la [...]
Mots clefs :
Fille, Roi, Duc de Rohan, Durfort de Duras, Mazarin, Franquetot de Coigny, Jean-Baptiste Alaydon, Louis-Gaston Fleuriau
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
E R.P. Dom Jean- Bap . Alaydon , Su-
Lperieur General des Benedictins de la
Congrégation de S. Maur , mourut le 6.
Juin , dans l'Abbaye de S. Germain des
Prez , dans la 62. année de son âge.
M. Louis - Gaston Fleuriau , Evêque
d'Orleans , mourut dans son Diocèse le
10. âgé d'environ 72. ans.
N
I. Vol. Iv An1246
MERCURE DE FRANCE
Antoine François de la Trémoüille de
Noirmontier , Duc de Royan , mourut
en cette Ville le 18. âgé de 82. ans . Son
Corps fut porté en grand Convoi dans
l'Eglise de S. Sulpice , sa Paroisse , et puis
transporté en celle du Monastere des Celestins
, pour être inhumé dans la Sépulture
de sa Maisor . Ce Seigneur étoit né
avec les plus heureuses dispositions. A la
mémoire la plus sûre il joignoit le jugement
le plus solide ; une imagination
riante , mais toujours juste , et par dessus
tout , une ame ferme que rien ne
pouvoit ébranler quand il ne s'agissoit
que de lui , mais toujours sensible dès
qu'il étoit question des autres , sur tout .
dans sa Famille , dont il étoit regardé
comme le Pere. Privé dès sa plus tendre
jeunesse et au milieu des plus grandes
esperances de l'usage de la vûë , il avoit
sçu par son courage mettre son malheur
même à profit. Il avoit orné son esprit
de toutes les connoissances qui servent
à rendre l'homme également aimable et
vertueux. Son commerce étoit aussi sûr
que sa societé étoit douce ; sa maison
étoit devenue celle de tous ses amis , et
il avoit trouvé le moyen d'y réunir en
même- temps la décence et la liberté.
1. Vol. Le
JUIN. 1733. 1247
Le fils dont la Comtesse de Trêmes .
fille du Prince de Tingri , et belle- soeur
du Gouverneur de Paris , accoucha le 9 .
May , fut baptisé le lendemain et tenu
sur les Fonts au nom de la Ville , par
le Prévôt des Marchands et Echevins de
la Ville de Paris et par la Princesse de
Tingri.
Dame Henriette Bibienne de Franquetot
de Coigny , Epouse de Jean- Baptiste
Joachin Colbert , Marquis de Croissy ,
& c , Conseiller d'Etat , Capitaine des
Gardes de la Porte du Roy , Colonel du
Régiment Royal Infanterie , accoucha le
23. May d'une fille , qui fut nomméc
Marie Tabitte , par Henry Arnauld de
Pomponne , Abbé de S. Médard de Soiss
sons , Conseiller d'Etat ordinane , Commandeur,
Chancelier et Garde des Sceaux
des Ordres du Roy , et par D.Marie Anne
Goyon de Matignon , Epouse de Henry
François de Grave , Marquis de Solat , & c .
Mestre de Camp de Cavalerie.
Pierre de Marolles , Comte de Rocheplatte,
& c.Brigadier des Armées du Roy,
et Lieutenant pour S. M. en la Province
de la Marche , épousa le 19 May au Châ
teau de Ris , Marie- Anne Goujon de Gasville
, fille de Prosper Goujon , Seigneur
1. Val.
de
T248 MERCURE DE FRANCE
deGasville et de Ris,Maître des Requêtes
et cy devant Intendant en la Generalité
de Rouen , et d'Anne Faucon de Ris ; elle
avoit épousé en premieres Nôces Charles-
Auguste , Baron de Breteuil et de Preuilly
, et avoit eu de ce Mariage un garçon
et une fille.
Emanuel- Félicité de Durfort de Duras,
Duc de Durfort , fils de Jean -Baptiste de .
Durfort , Duc de Duras , Marquis de
Blanquefort , &c.Chevalier des Ordres du
Roy , Lieutenant General de ses Armées ,
Commandant de la Haute et Basse Guyenne
, et de D. Angelique Victoire de Bournonville
, épousa le 31. May D. Charlotte-
Antoinette de Mazarin de la Porte,
et de Ruzé , fille de Guy- Paul- Jule de
Mazarin de la Porte , & c . Duc de Mazarin,
de la Melleraye et de Mayenne, Pair
de France , Prince de Château -Porcien
&c . et de D. Louise- Françoise de Rohan
Rohan.
et Mariages.
E R.P. Dom Jean- Bap . Alaydon , Su-
Lperieur General des Benedictins de la
Congrégation de S. Maur , mourut le 6.
Juin , dans l'Abbaye de S. Germain des
Prez , dans la 62. année de son âge.
M. Louis - Gaston Fleuriau , Evêque
d'Orleans , mourut dans son Diocèse le
10. âgé d'environ 72. ans.
N
I. Vol. Iv An1246
MERCURE DE FRANCE
Antoine François de la Trémoüille de
Noirmontier , Duc de Royan , mourut
en cette Ville le 18. âgé de 82. ans . Son
Corps fut porté en grand Convoi dans
l'Eglise de S. Sulpice , sa Paroisse , et puis
transporté en celle du Monastere des Celestins
, pour être inhumé dans la Sépulture
de sa Maisor . Ce Seigneur étoit né
avec les plus heureuses dispositions. A la
mémoire la plus sûre il joignoit le jugement
le plus solide ; une imagination
riante , mais toujours juste , et par dessus
tout , une ame ferme que rien ne
pouvoit ébranler quand il ne s'agissoit
que de lui , mais toujours sensible dès
qu'il étoit question des autres , sur tout .
dans sa Famille , dont il étoit regardé
comme le Pere. Privé dès sa plus tendre
jeunesse et au milieu des plus grandes
esperances de l'usage de la vûë , il avoit
sçu par son courage mettre son malheur
même à profit. Il avoit orné son esprit
de toutes les connoissances qui servent
à rendre l'homme également aimable et
vertueux. Son commerce étoit aussi sûr
que sa societé étoit douce ; sa maison
étoit devenue celle de tous ses amis , et
il avoit trouvé le moyen d'y réunir en
même- temps la décence et la liberté.
1. Vol. Le
JUIN. 1733. 1247
Le fils dont la Comtesse de Trêmes .
fille du Prince de Tingri , et belle- soeur
du Gouverneur de Paris , accoucha le 9 .
May , fut baptisé le lendemain et tenu
sur les Fonts au nom de la Ville , par
le Prévôt des Marchands et Echevins de
la Ville de Paris et par la Princesse de
Tingri.
Dame Henriette Bibienne de Franquetot
de Coigny , Epouse de Jean- Baptiste
Joachin Colbert , Marquis de Croissy ,
& c , Conseiller d'Etat , Capitaine des
Gardes de la Porte du Roy , Colonel du
Régiment Royal Infanterie , accoucha le
23. May d'une fille , qui fut nomméc
Marie Tabitte , par Henry Arnauld de
Pomponne , Abbé de S. Médard de Soiss
sons , Conseiller d'Etat ordinane , Commandeur,
Chancelier et Garde des Sceaux
des Ordres du Roy , et par D.Marie Anne
Goyon de Matignon , Epouse de Henry
François de Grave , Marquis de Solat , & c .
Mestre de Camp de Cavalerie.
Pierre de Marolles , Comte de Rocheplatte,
& c.Brigadier des Armées du Roy,
et Lieutenant pour S. M. en la Province
de la Marche , épousa le 19 May au Châ
teau de Ris , Marie- Anne Goujon de Gasville
, fille de Prosper Goujon , Seigneur
1. Val.
de
T248 MERCURE DE FRANCE
deGasville et de Ris,Maître des Requêtes
et cy devant Intendant en la Generalité
de Rouen , et d'Anne Faucon de Ris ; elle
avoit épousé en premieres Nôces Charles-
Auguste , Baron de Breteuil et de Preuilly
, et avoit eu de ce Mariage un garçon
et une fille.
Emanuel- Félicité de Durfort de Duras,
Duc de Durfort , fils de Jean -Baptiste de .
Durfort , Duc de Duras , Marquis de
Blanquefort , &c.Chevalier des Ordres du
Roy , Lieutenant General de ses Armées ,
Commandant de la Haute et Basse Guyenne
, et de D. Angelique Victoire de Bournonville
, épousa le 31. May D. Charlotte-
Antoinette de Mazarin de la Porte,
et de Ruzé , fille de Guy- Paul- Jule de
Mazarin de la Porte , & c . Duc de Mazarin,
de la Melleraye et de Mayenne, Pair
de France , Prince de Château -Porcien
&c . et de D. Louise- Françoise de Rohan
Rohan.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En 1733, plusieurs événements marquants ont été enregistrés. Le R.P. Dom Jean-Baptiste Alaydon, Supérieur Général des Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, est décédé le 6 juin à l'âge de 62 ans à l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés. M. Louis-Gaston Fleuriau, Évêque d'Orléans, est mort le 10 juin à environ 72 ans dans son diocèse. Antoine François de La Trémoüille de Noirmontier, Duc de Royan, est décédé le 18 juin à l'âge de 82 ans et a été inhumé au Monastère des Célestins. Il était reconnu pour ses dispositions heureuses, son jugement solide et son âme ferme et sensible. Du côté des naissances, le fils de la Comtesse de Trêmes est né le 9 mai et baptisé le lendemain. Dame Henriette Bibienne de Franquetot de Coigny a accouché le 23 mai d'une fille nommée Marie Tabitte. Parmi les mariages, Pierre de Marolles, Comte de Rocheplatte, a épousé Marie-Anne Goujon de Gasville le 19 mai au Château de Ris. Emanuel-Félicité de Durfort de Duras, Duc de Durfort, a épousé D. Charlotte-Antoinette de Mazarin de la Porte le 31 mai.
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310
p. 1248-1256
ARRESTS NOTABLES.
Début :
LETTRES PATENTES du 20. Août 1732. registrées en Parlement le 18. May [...]
Mots clefs :
Roi, Cour, Libelle, Parlement, Arrêt, Procureur général du roi
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES .
LET
ETTRES PATENTES du 20. Août
1732. registrées en Parlement le 18. May
1733. qui confirment le Contrat d'échange fait
entre le Roy et le sieur Martin , Proprietaire de
Bois Taillis et des Terres situées dans le grand
Parc de Versailles , & c.
JUIN. 1733- 2249
•
LETTRES PATENTES en forme d'Edit du
mois de Décembre 1732. registrées en Parlement
le 18. May 1733 qui confirment le Contrat
d'échange de Terres , &c. fait entre le Roy
et le sieur Comte de Villepreux.
AUTRES LETTRES PATENTES en forme
d'Edit du mois de Décembre 1732. registrées en
Parlement le 18 May , qui confirment un Contrat
d'échange de Terres entre le Roy et le nommé
la Bretesche.
ARREST du Parlement , du 26. Mars 1733-
qui condamne le nommé Descorailles , dit le
Chevalier de Salers , à un banissement de neuf
áns , en so . livres d'amende envers le Roy , et en
10000. livres de réparations civiles envers les
sieur et Dame de la Ronade , pour raison des
violences , voyes de fait , injures et insaltes par
lui commises à leur égard ; ordonne que les nom
mez Anne Descorailles de Salers , et Jean Descorailles
de Milliard , seront admonestez et les condamne
solidairement à aumôner chacun la som◄
me de 10. livres au pain des Prisonniers de la
Conciergerie.
ARREST du Conseil d'Etat du 19. May , por
tant deffenses aux Gentilshommes- Verriers , Tiseurs
, Ouvriers , Serviteurs , Domestiques et autres
employez en la Manufacture Royale de la
Verrerie de Sévres , de quitter leur service et de
s'éloigner de plus d'une lieue , sans un congé par
écrit de l'Inspecteur pour le Roy en ladite Manufacture
, sous peine d'amende et de punition
corporelle ; fait pareillement deffenses , sous les
mêmes peines , et de prison , à toutes personnes
I. Vol.
ds
1250 MERCURE DE FRANCE
de débauchér lesdits Gentilshommes , Ouvriers ,
Serviteurs , Domestiques ; et à tous Maîtres de
Verreries , de recevoir lesdits Gentilshommes et:
Ouvriers , sous peine de 3000. livres d'amende
solidaire.
ARREST du Conseil du premier Juin , dont
voici la teneur.
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil
une feuille imprimée sans nom d'Auteur ni
d'Imprimeur , ayant pour titre , Lettre à un Prêtre
de l'Oratoire , au sujet de l'Assemblée de cette
Congrégation , indiquée au 12. Juin 1733 Sa Majesté
y auroit reconnu que ce libelle porte avec
soy tous les caracteres d'un Ouvrage séditieux ,
dont l'Auteur ne se contentant pas de s'élever
avec témérité contre la Déclaration du 4. Août
1720. y établit des principes entierement contraires
au respect et à l'obéissance due aux ordres de
S. M. en supposant , avec ignorance ou mauvaise
foi , que le Souverain ne peut exclure régulierement
des Chapitres ou Assemblées , les Sujets.
qu'il juge avoir contrevenu aux Loix et Ordonnances
de son Royaume ; et comme il est important
de supprimer un pareil libelje , pour prévenir
les suites d'une nouveauté si dangereuse et
si répréhensible , Sa Majesté étant en son Conseil,
a ordonné et ordonne que la feuille intitulée
Lettre à un Prétre de l'Oratoire , au sujet de l'As-.
semblée de cette Congrégation , indiquée au 12. Juin
1733. imprimée sans nom d'Auteur ni d'Imprimeur
, demeurera supprimée, comme séditieuse et
contraire à l'autorité du Roy . Fait Sa Majesté ,
très-expresses inhibitions et deffenses à tous Imprimeurs
, Libraires , Colporteurs , et autres personnes
d'imprimer ou faire imprimer , vendre ,
I. Vol. débiter
JUIN. 1733 . 1251
débiter ou distribuer ledit libelle , sous les peines
portées par la Déclaration du 10 May 1728. & c.
ARREST du Parlement du S. Juin.
Ce jour, les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Koy portant la parole , ont dit : Que depuis
le Libelle des Refléxions pour les Evêques dé
France , que la Cour a condamné par son Arrêt
du 14. Avril dernier , il en paroît un autre du
même genre , qui déja s'est répandu dans des
Provinces éloignées , et y a subi le sort qu'il
mérite , avant qu'aucun Exemplaire en fût encore
parvenu entre leurs mains.
Que ce nouvel Ecrit intitulé : Lettre d'un Doc
teur de Sorbonne à un Evêque de Province , n'est
en quelque sorte qu'une répétition du premier ,
dont il suit et dont il copie les excès . Que la
Cour y reconnoîtra le même esprit , les mêmes
pensées , presque jusqu'aux mêmes expressions .
et sur tout ces vûës dangereuses de séparation et
de schisme qu'on ne peut assez réprimer. Qué
ce qu'il ajoûte à l'autre , c'est un plan plus étendu
et plus circonstancié des voyes capables d'y
conduire. Que sa passion ingénieuse à les multiplier
, n'est allarmée d'aucun des maux réels
qu'on en verroit éclore ; et que dans son impatience
, il n'est point de moyens qu'elle n'invente
pour le succès d'un si funeste projet.
Qu'ils se croyent dispensez d'entrer dans la
discussion de ces égaremens. Qu'il s'agit moins
d'approfondir le mal que de l'étouffer ; et qu'un
pareil Libelle porte assez son reproche avec luimême.
Qu'il n'est pas besoin de refléxions sur
un Ecrit qui s'applaudit du titre de Tocsin , et
se vante de sonner l'allarme ; qui se fait un jeu
I. Vol.
d'accuser
1252 MERCURE DE FRANCE
d'accuser les Puissances de l'Etat et de l'Eglise ;
qui reproche aux unes de tenir une conduite qui
tend à la perte de la Religion et impute aux autres
d'y conspirer par leur indolence et par leur
foiblesse qui enfin pour colorer ses excès , ne
craint point de nous annoncer l'extinction prochaine
de la Catholicité parmi nous , et de dire
que nous touchons à un de ces temps malheureux , où
Pon voit des Provinces et des Royaumes entiers perdre
la Foy. Que faut - il de plus pour faire sentir
jusqu'où va l'emportement et la témerité de cer
Ouvrage , et pour mettre en garde contre les vues
passionnées qui tendent aux extrémnitez dans lesquelles
il essaye d'engager ?
1
Qu'ils se contentent donc de le remettre sous
les yeux de la Cour , et d'attendre d'elle un Jugement
pareil à celui qu'e'le a porté contre l'au
tre Ecrit par l'Arrêt du 14. Avril dernier.
Eux retirez :
Yeu le Libelle intitulé : Lettre d'un Docteur de
Sorbonne à un Evêque de Province , le 8. Mars
1733.ensemble les Conclusions par écrit du Procureur
General du Roy : Oui le rapport de Me
Louis de Vienne , Conseiller , et la matiere sur
ce mise en déliberation .
>
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libellé
sera laceré et bru é en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'icelui par l'Executeur de la
haute Justice comme injurieux à l'autorité
Royale , et à l'honneur des Parlemens , excitant
au schisme , et tendant à sédition : Fait inhibitions
et deffenses à tous Libraires , Imprimeurs
Colporteurs et à tous autres , de l'imprimer ,
vendre et débiter , ou autrement distribuer , sur
peine d'être procedé contre eux extraordinairement
; enjoint à tous ceux qui en auroient des
I. Vol. ExcmJUIN.
1733. 7253
Exemplaires , de les remettre incessamment an
Greffe Civil de la Cour , four y être supprimez :
Permet au Procureur Géneral du Roy , de faire
informer contre ceux qui ont composé , imprimé
, vendu , debité ou distribué ledit Libelle par
devant Me de Vienne , Conseiller en icelle , même
pardevant les Lieutenans Criminels ou autres
premiers Officiers des Sieges Royaux du Ressort
pour les témoins qui se trouveroient dans l'étendue
desdits Siéges , poursuite et diligence de
ses Substituts en iceux pour les informations
faites , rapportées et communiquées au Procureur
Général du Roy , être par lui requis , et
par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra : Ordonne
que copies collationnées du présent Arrêt,
seront envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées
du Ressort , pour y être lû , publié et registré ;
enjoint aux Substituts du Procureur General du
Roy d'y tenir la main et d'en certifier la Cour
dans le mois. Fait en Parlement , &c.
ARREST du Parlement du même jour 5. Juin.
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , et Me
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Roy, portant la parole , ont dit : Qu'on n'auroit
pas eu lieu de croire que l'Arrêt du 23. Février
dernier , pût être le prétexte d'une accusation
d'infidelité au Roy , et d'attentat contre les droits
sacrez de sa Couronne. Que c'est cependant l'usage
qu'en fait un Libelle imprimé , qu'on a semé
par tout il n'y a pas long-temps , qui leur a été
adressé à eux - mêmes , et auquel on a donné le
titre de Remontrance au Roy sur l'Arrêt rendu par
son Parlement de Paris le 23. Février 1733. Que
l'accusation se tire de ce que l'Arrêt deffend entr'autres
choses , de rien faire qui tende à donner
I. Vol. atteinte
1254 MERCURE DE FRANCE
atteinte à l'autorité du Concile oecumenique de
Constance , et de ce qu'en quelques lieux , dit- on,
ce Concile s'attribue le droit de dépouiller de leur
dignité les Empereurs et les Rois en cas de désobéissance
à ses Decrets.
Qu'on ne parviendra jamais à rendre la Cour
suspecte dans ses sentimens ni dans sa conduite ,
sur le grand principe de l'indépendance absoluë
de la Souveraineté de nos Rois. Que c'est la minaxime
inviolable sous laquelle ce Sénat auguste
s'est formé ; qu'il ne subsiste et qu'il ne vit pour
ainsi dire , que pour elle ; et que s'il pouvoit cesser
d'être , ces murailles qu'il en a fait retentir
tant de fois depuis plusieurs siecles , sembleroient
encore parler après Tui pour la publier à jamais.
Que la Cour n'a donc pas même à s'offenser
d'un reproche qui tombe par sa seule absurdité.
Qu'elle a parlé du Concile de Constance , comme
on s'est fait en France de tout temps une Loi
de s'en expliquer , c'est à- dire , pour le reconnoître
et pour le maintenir oecuménique. Qu'elle
a désigné singulierement les Decrets contenus
dans les Sessions quatre et cinq , si importants
pour nos maximes ; et qu'en ce point elle a suivi.
encore l'exemple respectable de nos Peres , dans
de qui s'est fait de plus solemnel en faveur des
mêmes Decrets.
Qu'à l'égard de ce qui peut être des termes de
quelques Sessions dont on abuse , c'est un argument
usé que nos plus celebres Ecrivains n'ont
pas laissé sans y répondre. Que l'oecumenicité
du Concile une fois établie , comme il n'est pas
permis en France de la contester ; au lieu de chercher
des prétextes pour lui reprocher une entreprise
sur le Temporel , aussi éloignée de ses vûës,
qu'incapable d'un juste effet , ils n'ont songé avec
I. Vol. raisom
JUIN . 1732 . 1255
raison , qu'à prendre dans un sens plus légitime
ce qui s'est passé dans ses Assemblées , et par la
sagesse éclairée de leurs observations , ils ont
conservé également les droits inviolables des
Puissances Temporelles , et le respect qui lui est
dû. Que c'est ce qu'on n'auroit pas dû dissimuler.
Mais qu'il est visible que l'on n'a cherché qu'à
donner le change ; et que l'audace d'un pareil
Libelle ne peut être condamnée trop séverement.
Que c'est l'objet des Conclusions qu'ils laissent
à la Cour , avec un Exemplaire du Libelle.
' Eux retirez :
Vi ledit Libelle intitulé : Remontrance au Roy
sur l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris le 23.
Février 1733. qui ordonne la suppression d'un Imprimé
intitulé , Lettre de M. Leullier à M. le Premier
Président , ensemble les Conclusions par
écrit du Procureur General du Roy. Oui le rapport
de M Louis de Vienne , Conseiller , et la
matiere sur ce mise en délibération .
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libelle
sera laceré et brulé en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'icelui , par l'Executeur de la
haute Justice , comme calomnieux et injurieux à
la Cour. Fait inhibitions et deffenses à tous Libraires
, Imprimeurs , Colporteurs et tous autres
de l'imprimer , vendre et debiter , ou autrement
distribuer , sur peine d'être procedé contre eux ..
extraordinairement Enjoint à tous ceux qui en
auroient des Exemplaires de les remettre incessamment
au Greffe Civil , pour y être supprimez ;
Permet au Procureur General du Roy , de faire
informer contre ceux qui ont composé, imprimé,
vendu , debité ou distribué ledit Libelle pardevant
Me de Vienne , Conseiller en icelle , même pardevant
les Lieutenans Criminels ou autres pre-
I. Vol. niers
1256 MERCURE DE FRANCE
miers Officiers des Sieges Royaux du Ressort ,
pour les témoins qui se trouveroient dans l'étendue
desdits Sieges , poursuite et diligence des
Substituts en iceux , pour les informations faites,
rapportées et communiquées au Procurer General
au Roy , être par lui requis , et par la Cour
ordonné ce qu'il appartiendra. Ordonne que
pies collationnées du présent Arrêt , seront envoyées
aux Bailliages eiSénéchaussées du Ressort,
pour y être lê , publié et registré , enjoint anx
Substituts du Procureur General du Roy d'y tenir
la main et d'en certifier la Cour dans le mois.
Fait en Parlement , & c.
LET
ETTRES PATENTES du 20. Août
1732. registrées en Parlement le 18. May
1733. qui confirment le Contrat d'échange fait
entre le Roy et le sieur Martin , Proprietaire de
Bois Taillis et des Terres situées dans le grand
Parc de Versailles , & c.
JUIN. 1733- 2249
•
LETTRES PATENTES en forme d'Edit du
mois de Décembre 1732. registrées en Parlement
le 18. May 1733 qui confirment le Contrat
d'échange de Terres , &c. fait entre le Roy
et le sieur Comte de Villepreux.
AUTRES LETTRES PATENTES en forme
d'Edit du mois de Décembre 1732. registrées en
Parlement le 18 May , qui confirment un Contrat
d'échange de Terres entre le Roy et le nommé
la Bretesche.
ARREST du Parlement , du 26. Mars 1733-
qui condamne le nommé Descorailles , dit le
Chevalier de Salers , à un banissement de neuf
áns , en so . livres d'amende envers le Roy , et en
10000. livres de réparations civiles envers les
sieur et Dame de la Ronade , pour raison des
violences , voyes de fait , injures et insaltes par
lui commises à leur égard ; ordonne que les nom
mez Anne Descorailles de Salers , et Jean Descorailles
de Milliard , seront admonestez et les condamne
solidairement à aumôner chacun la som◄
me de 10. livres au pain des Prisonniers de la
Conciergerie.
ARREST du Conseil d'Etat du 19. May , por
tant deffenses aux Gentilshommes- Verriers , Tiseurs
, Ouvriers , Serviteurs , Domestiques et autres
employez en la Manufacture Royale de la
Verrerie de Sévres , de quitter leur service et de
s'éloigner de plus d'une lieue , sans un congé par
écrit de l'Inspecteur pour le Roy en ladite Manufacture
, sous peine d'amende et de punition
corporelle ; fait pareillement deffenses , sous les
mêmes peines , et de prison , à toutes personnes
I. Vol.
ds
1250 MERCURE DE FRANCE
de débauchér lesdits Gentilshommes , Ouvriers ,
Serviteurs , Domestiques ; et à tous Maîtres de
Verreries , de recevoir lesdits Gentilshommes et:
Ouvriers , sous peine de 3000. livres d'amende
solidaire.
ARREST du Conseil du premier Juin , dont
voici la teneur.
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil
une feuille imprimée sans nom d'Auteur ni
d'Imprimeur , ayant pour titre , Lettre à un Prêtre
de l'Oratoire , au sujet de l'Assemblée de cette
Congrégation , indiquée au 12. Juin 1733 Sa Majesté
y auroit reconnu que ce libelle porte avec
soy tous les caracteres d'un Ouvrage séditieux ,
dont l'Auteur ne se contentant pas de s'élever
avec témérité contre la Déclaration du 4. Août
1720. y établit des principes entierement contraires
au respect et à l'obéissance due aux ordres de
S. M. en supposant , avec ignorance ou mauvaise
foi , que le Souverain ne peut exclure régulierement
des Chapitres ou Assemblées , les Sujets.
qu'il juge avoir contrevenu aux Loix et Ordonnances
de son Royaume ; et comme il est important
de supprimer un pareil libelje , pour prévenir
les suites d'une nouveauté si dangereuse et
si répréhensible , Sa Majesté étant en son Conseil,
a ordonné et ordonne que la feuille intitulée
Lettre à un Prétre de l'Oratoire , au sujet de l'As-.
semblée de cette Congrégation , indiquée au 12. Juin
1733. imprimée sans nom d'Auteur ni d'Imprimeur
, demeurera supprimée, comme séditieuse et
contraire à l'autorité du Roy . Fait Sa Majesté ,
très-expresses inhibitions et deffenses à tous Imprimeurs
, Libraires , Colporteurs , et autres personnes
d'imprimer ou faire imprimer , vendre ,
I. Vol. débiter
JUIN. 1733 . 1251
débiter ou distribuer ledit libelle , sous les peines
portées par la Déclaration du 10 May 1728. & c.
ARREST du Parlement du S. Juin.
Ce jour, les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Koy portant la parole , ont dit : Que depuis
le Libelle des Refléxions pour les Evêques dé
France , que la Cour a condamné par son Arrêt
du 14. Avril dernier , il en paroît un autre du
même genre , qui déja s'est répandu dans des
Provinces éloignées , et y a subi le sort qu'il
mérite , avant qu'aucun Exemplaire en fût encore
parvenu entre leurs mains.
Que ce nouvel Ecrit intitulé : Lettre d'un Doc
teur de Sorbonne à un Evêque de Province , n'est
en quelque sorte qu'une répétition du premier ,
dont il suit et dont il copie les excès . Que la
Cour y reconnoîtra le même esprit , les mêmes
pensées , presque jusqu'aux mêmes expressions .
et sur tout ces vûës dangereuses de séparation et
de schisme qu'on ne peut assez réprimer. Qué
ce qu'il ajoûte à l'autre , c'est un plan plus étendu
et plus circonstancié des voyes capables d'y
conduire. Que sa passion ingénieuse à les multiplier
, n'est allarmée d'aucun des maux réels
qu'on en verroit éclore ; et que dans son impatience
, il n'est point de moyens qu'elle n'invente
pour le succès d'un si funeste projet.
Qu'ils se croyent dispensez d'entrer dans la
discussion de ces égaremens. Qu'il s'agit moins
d'approfondir le mal que de l'étouffer ; et qu'un
pareil Libelle porte assez son reproche avec luimême.
Qu'il n'est pas besoin de refléxions sur
un Ecrit qui s'applaudit du titre de Tocsin , et
se vante de sonner l'allarme ; qui se fait un jeu
I. Vol.
d'accuser
1252 MERCURE DE FRANCE
d'accuser les Puissances de l'Etat et de l'Eglise ;
qui reproche aux unes de tenir une conduite qui
tend à la perte de la Religion et impute aux autres
d'y conspirer par leur indolence et par leur
foiblesse qui enfin pour colorer ses excès , ne
craint point de nous annoncer l'extinction prochaine
de la Catholicité parmi nous , et de dire
que nous touchons à un de ces temps malheureux , où
Pon voit des Provinces et des Royaumes entiers perdre
la Foy. Que faut - il de plus pour faire sentir
jusqu'où va l'emportement et la témerité de cer
Ouvrage , et pour mettre en garde contre les vues
passionnées qui tendent aux extrémnitez dans lesquelles
il essaye d'engager ?
1
Qu'ils se contentent donc de le remettre sous
les yeux de la Cour , et d'attendre d'elle un Jugement
pareil à celui qu'e'le a porté contre l'au
tre Ecrit par l'Arrêt du 14. Avril dernier.
Eux retirez :
Yeu le Libelle intitulé : Lettre d'un Docteur de
Sorbonne à un Evêque de Province , le 8. Mars
1733.ensemble les Conclusions par écrit du Procureur
General du Roy : Oui le rapport de Me
Louis de Vienne , Conseiller , et la matiere sur
ce mise en déliberation .
>
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libellé
sera laceré et bru é en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'icelui par l'Executeur de la
haute Justice comme injurieux à l'autorité
Royale , et à l'honneur des Parlemens , excitant
au schisme , et tendant à sédition : Fait inhibitions
et deffenses à tous Libraires , Imprimeurs
Colporteurs et à tous autres , de l'imprimer ,
vendre et débiter , ou autrement distribuer , sur
peine d'être procedé contre eux extraordinairement
; enjoint à tous ceux qui en auroient des
I. Vol. ExcmJUIN.
1733. 7253
Exemplaires , de les remettre incessamment an
Greffe Civil de la Cour , four y être supprimez :
Permet au Procureur Géneral du Roy , de faire
informer contre ceux qui ont composé , imprimé
, vendu , debité ou distribué ledit Libelle par
devant Me de Vienne , Conseiller en icelle , même
pardevant les Lieutenans Criminels ou autres
premiers Officiers des Sieges Royaux du Ressort
pour les témoins qui se trouveroient dans l'étendue
desdits Siéges , poursuite et diligence de
ses Substituts en iceux pour les informations
faites , rapportées et communiquées au Procureur
Général du Roy , être par lui requis , et
par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra : Ordonne
que copies collationnées du présent Arrêt,
seront envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées
du Ressort , pour y être lû , publié et registré ;
enjoint aux Substituts du Procureur General du
Roy d'y tenir la main et d'en certifier la Cour
dans le mois. Fait en Parlement , &c.
ARREST du Parlement du même jour 5. Juin.
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , et Me
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Seigneur
Roy, portant la parole , ont dit : Qu'on n'auroit
pas eu lieu de croire que l'Arrêt du 23. Février
dernier , pût être le prétexte d'une accusation
d'infidelité au Roy , et d'attentat contre les droits
sacrez de sa Couronne. Que c'est cependant l'usage
qu'en fait un Libelle imprimé , qu'on a semé
par tout il n'y a pas long-temps , qui leur a été
adressé à eux - mêmes , et auquel on a donné le
titre de Remontrance au Roy sur l'Arrêt rendu par
son Parlement de Paris le 23. Février 1733. Que
l'accusation se tire de ce que l'Arrêt deffend entr'autres
choses , de rien faire qui tende à donner
I. Vol. atteinte
1254 MERCURE DE FRANCE
atteinte à l'autorité du Concile oecumenique de
Constance , et de ce qu'en quelques lieux , dit- on,
ce Concile s'attribue le droit de dépouiller de leur
dignité les Empereurs et les Rois en cas de désobéissance
à ses Decrets.
Qu'on ne parviendra jamais à rendre la Cour
suspecte dans ses sentimens ni dans sa conduite ,
sur le grand principe de l'indépendance absoluë
de la Souveraineté de nos Rois. Que c'est la minaxime
inviolable sous laquelle ce Sénat auguste
s'est formé ; qu'il ne subsiste et qu'il ne vit pour
ainsi dire , que pour elle ; et que s'il pouvoit cesser
d'être , ces murailles qu'il en a fait retentir
tant de fois depuis plusieurs siecles , sembleroient
encore parler après Tui pour la publier à jamais.
Que la Cour n'a donc pas même à s'offenser
d'un reproche qui tombe par sa seule absurdité.
Qu'elle a parlé du Concile de Constance , comme
on s'est fait en France de tout temps une Loi
de s'en expliquer , c'est à- dire , pour le reconnoître
et pour le maintenir oecuménique. Qu'elle
a désigné singulierement les Decrets contenus
dans les Sessions quatre et cinq , si importants
pour nos maximes ; et qu'en ce point elle a suivi.
encore l'exemple respectable de nos Peres , dans
de qui s'est fait de plus solemnel en faveur des
mêmes Decrets.
Qu'à l'égard de ce qui peut être des termes de
quelques Sessions dont on abuse , c'est un argument
usé que nos plus celebres Ecrivains n'ont
pas laissé sans y répondre. Que l'oecumenicité
du Concile une fois établie , comme il n'est pas
permis en France de la contester ; au lieu de chercher
des prétextes pour lui reprocher une entreprise
sur le Temporel , aussi éloignée de ses vûës,
qu'incapable d'un juste effet , ils n'ont songé avec
I. Vol. raisom
JUIN . 1732 . 1255
raison , qu'à prendre dans un sens plus légitime
ce qui s'est passé dans ses Assemblées , et par la
sagesse éclairée de leurs observations , ils ont
conservé également les droits inviolables des
Puissances Temporelles , et le respect qui lui est
dû. Que c'est ce qu'on n'auroit pas dû dissimuler.
Mais qu'il est visible que l'on n'a cherché qu'à
donner le change ; et que l'audace d'un pareil
Libelle ne peut être condamnée trop séverement.
Que c'est l'objet des Conclusions qu'ils laissent
à la Cour , avec un Exemplaire du Libelle.
' Eux retirez :
Vi ledit Libelle intitulé : Remontrance au Roy
sur l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris le 23.
Février 1733. qui ordonne la suppression d'un Imprimé
intitulé , Lettre de M. Leullier à M. le Premier
Président , ensemble les Conclusions par
écrit du Procureur General du Roy. Oui le rapport
de M Louis de Vienne , Conseiller , et la
matiere sur ce mise en délibération .
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libelle
sera laceré et brulé en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'icelui , par l'Executeur de la
haute Justice , comme calomnieux et injurieux à
la Cour. Fait inhibitions et deffenses à tous Libraires
, Imprimeurs , Colporteurs et tous autres
de l'imprimer , vendre et debiter , ou autrement
distribuer , sur peine d'être procedé contre eux ..
extraordinairement Enjoint à tous ceux qui en
auroient des Exemplaires de les remettre incessamment
au Greffe Civil , pour y être supprimez ;
Permet au Procureur General du Roy , de faire
informer contre ceux qui ont composé, imprimé,
vendu , debité ou distribué ledit Libelle pardevant
Me de Vienne , Conseiller en icelle , même pardevant
les Lieutenans Criminels ou autres pre-
I. Vol. niers
1256 MERCURE DE FRANCE
miers Officiers des Sieges Royaux du Ressort ,
pour les témoins qui se trouveroient dans l'étendue
desdits Sieges , poursuite et diligence des
Substituts en iceux , pour les informations faites,
rapportées et communiquées au Procurer General
au Roy , être par lui requis , et par la Cour
ordonné ce qu'il appartiendra. Ordonne que
pies collationnées du présent Arrêt , seront envoyées
aux Bailliages eiSénéchaussées du Ressort,
pour y être lê , publié et registré , enjoint anx
Substituts du Procureur General du Roy d'y tenir
la main et d'en certifier la Cour dans le mois.
Fait en Parlement , & c.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En 1733, plusieurs arrêtés et lettres patentes ont été émis en France pour régler des affaires judiciaires et administratives. En août 1732, des lettres patentes ont validé des contrats d'échange de terres entre le roi et divers propriétaires, incluant le sieur Martin, le comte de Villepreux et la Bretesche. En mars 1733, le Parlement a condamné Descorailles, connu sous le nom de Chevalier de Salers, à un banissement de neuf ans et à des amendes pour violences et injures. En mai 1733, le Conseil d'État a interdit aux employés de la Manufacture Royale de la Verrerie de Sèvres de quitter leur poste sans autorisation. En juin 1733, le roi a ordonné la suppression d'un libelle séditieux intitulé 'Lettre à un Prêtre de l'Oratoire'. De plus, le Parlement a condamné et brûlé deux autres libelles, 'Lettre d'un Docteur de Sorbonne à un Évêque de Province' et 'Remontrance au Roy sur l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris le 23 février 1733', en raison de leurs contenus injurieux et séditieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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311
p. 1455-1456
« Le Roy a donné la Direction generale des Economats, qu'avait feu l'Archevêque de [...] »
Début :
Le Roy a donné la Direction generale des Economats, qu'avait feu l'Archevêque de [...]
Mots clefs :
Actions, Supérieur, Manière, Compagnie, Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné la Direction generale des Economats, qu'avait feu l'Archevêque de [...] »
E Roy a donné la Direction generale des
Economats , qu'avoit feu l'Archevêque de
Rouen , à M. Daguesseau du Fresne , Maître des
Requêtes , second fils da Chancelier de France.
Le 13. Juin , les Frêtres de l'Oratoire , élurent
pour Supérieur General de leur Congrégation,
le R.P. de la Valette, qui étoit Supérieur de
leur Maison de la ruë S. Honoré.
Le 28. la Reine se rendit à la Chapelle du
Château de Versailles ; et après avoir entendu
la Messe , S. M. fut relevée de ses couches par
l'Evêque Comte de Châlons , son premier Au
mônier.
Le 25. Juin , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Ac-
II. Vol.
tions
1416 MERCURE DE FRANCE
tions , fut tirée en la maniere accoûumée ,
l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gaguans des Actions et Dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique
, faisant en tout le nombre de 314,
Actions.
Le 30. Juin , l'ouverture de la Foire de S. Laus
rent fut faite par le Lieutenant General de Police,
en la maniere accoûtumée.
Economats , qu'avoit feu l'Archevêque de
Rouen , à M. Daguesseau du Fresne , Maître des
Requêtes , second fils da Chancelier de France.
Le 13. Juin , les Frêtres de l'Oratoire , élurent
pour Supérieur General de leur Congrégation,
le R.P. de la Valette, qui étoit Supérieur de
leur Maison de la ruë S. Honoré.
Le 28. la Reine se rendit à la Chapelle du
Château de Versailles ; et après avoir entendu
la Messe , S. M. fut relevée de ses couches par
l'Evêque Comte de Châlons , son premier Au
mônier.
Le 25. Juin , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Ac-
II. Vol.
tions
1416 MERCURE DE FRANCE
tions , fut tirée en la maniere accoûumée ,
l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gaguans des Actions et Dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique
, faisant en tout le nombre de 314,
Actions.
Le 30. Juin , l'ouverture de la Foire de S. Laus
rent fut faite par le Lieutenant General de Police,
en la maniere accoûtumée.
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Résumé : « Le Roy a donné la Direction generale des Economats, qu'avait feu l'Archevêque de [...] »
En juin, plusieurs événements notables ont eu lieu. Le roi a nommé M. Daguesseau du Fresne, Maître des Requêtes et second fils du Chancelier de France, à la Direction générale des Économats, succédant ainsi à l'Archevêque de Rouen. Le 13 juin, les Frères de l'Oratoire ont élu le R.P. de la Valette comme Supérieur Général, alors qu'il était Supérieur de leur maison de la rue Saint-Honoré. Le 28 juin, la reine a assisté à la messe à la Chapelle du Château de Versailles et a été relevée de ses couches par l'Évêque Comte de Châlons, son premier aumônier. Le 25 juin, la loterie de la Compagnie des Indes, visant au remboursement des actions, a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie, avec 314 actions gagnantes dont la liste a été publiée. Enfin, le 30 juin, la Foire de Saint-Laurent a été ouverte par le Lieutenant Général de Police, suivant la procédure habituelle.
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312
p. 1456
SUR LE PORTRAIT de la Marquise de P***.
Début :
Votre Portrait, belle P.... [...]
Mots clefs :
Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LE PORTRAIT de la Marquise de P***.
SUR LE PORTRAIT
de la Marquise de P ***.
Votre Portrait , belle P ....
A rendu la joye à Cithere ;
Depuis long-temps les Ris , les Jeux ,
N'y voyoient plus l'Amour leur frere a
On le fit chercher , mais en vain.
Le voilà découvert enfin •
Au moyen de cette Peinture ;
Par elle on voit que le fripon
A changé de sexe et de nom
Sans avoir changé de figure.
de la Marquise de P ***.
Votre Portrait , belle P ....
A rendu la joye à Cithere ;
Depuis long-temps les Ris , les Jeux ,
N'y voyoient plus l'Amour leur frere a
On le fit chercher , mais en vain.
Le voilà découvert enfin •
Au moyen de cette Peinture ;
Par elle on voit que le fripon
A changé de sexe et de nom
Sans avoir changé de figure.
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313
p. 1457-1458
PROMOTIONS d'Etats Majors des Places.
Début :
La Lieutenance de Roy de Strasbourg, vacante par la mort de M. de Montmiral, a été [...]
Mots clefs :
Régiment, Mort, Lieutenant, Lieutenance, Roi, M. Léautaud, Promotion, Place vacante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTIONS d'Etats Majors des Places.
PROMOTIONS d'Etats Majors
LA
des Places. 1
A Lieutenance de Roy de Strasbourg , vácante
par la mort de M. de Montmiral , a été
donnée à M. le Baron de Trelans , Brigadier
d'Infanterie , Lieutenant pour le Roy à Besançon
.
Čelle de Mezieres , vacante par la mort de
M. de Leautaud , à M. de Leautaud , son frere ,
Major d'Amiens.
Celle de Besançon , vacante par la Promotion
de M. de Trélans , à celle de Strasbourg , à M. de
la Tour Sraguier , Lieutenant Colonel du Régiment
de la Marine.
,
Celle ' Embrun vacante par la mort de
M. Maynard, à M. de la Courcelle , qui avõit
été nommé depuis peu à celle du Fort des Bains.
' Le Gouvernement de Thionville , vacant par
la démission de M. le Comte de Muret , Lieutehant
General , à M. Berthelot de Rebourseau ,
Maréchal de Camp , en remettant les 3000. liv.
de pension qu'il avoit sur le Trésor Royal .
Celui de Longwy , vacant par la démission de
M. Muret, Lieutenant General , à M. de Visé ,
Brigadier d'Infanterie , Capitaine au Régiment
des Gardes Françoises , en remettant 1200. liv.
de pension qu'il avoit sur le Trésor Royal.
La Lieutenance de Roy de Mezieres , vacante
par la mort de M. de Leautaud , qui venoit d'y
être nommé , à la place de son frere , à M. Bouzier
, Commandant un Bataillon au Régiment
de Navarre.
Le Commandement du Fort des Bains , vacant
par la Promotion de M. de la Corcelle , à la
11. Vol. "I'vi Licu
1458 MERCURE DE FRANCE
Lieutenance de Roy d'Embrun , à M. de Landa ,
Lieutenant Colonel du Régiment de Rosnivinen.
La Majorité d'Amiens , vacante . par la Promotion
de M. de Leautaud , à la Lieutenance de
Mezieres , et qui est mort depuis , à M. de Neuville
, Major du Régiment de Tournesis.
LA
des Places. 1
A Lieutenance de Roy de Strasbourg , vácante
par la mort de M. de Montmiral , a été
donnée à M. le Baron de Trelans , Brigadier
d'Infanterie , Lieutenant pour le Roy à Besançon
.
Čelle de Mezieres , vacante par la mort de
M. de Leautaud , à M. de Leautaud , son frere ,
Major d'Amiens.
Celle de Besançon , vacante par la Promotion
de M. de Trélans , à celle de Strasbourg , à M. de
la Tour Sraguier , Lieutenant Colonel du Régiment
de la Marine.
,
Celle ' Embrun vacante par la mort de
M. Maynard, à M. de la Courcelle , qui avõit
été nommé depuis peu à celle du Fort des Bains.
' Le Gouvernement de Thionville , vacant par
la démission de M. le Comte de Muret , Lieutehant
General , à M. Berthelot de Rebourseau ,
Maréchal de Camp , en remettant les 3000. liv.
de pension qu'il avoit sur le Trésor Royal .
Celui de Longwy , vacant par la démission de
M. Muret, Lieutenant General , à M. de Visé ,
Brigadier d'Infanterie , Capitaine au Régiment
des Gardes Françoises , en remettant 1200. liv.
de pension qu'il avoit sur le Trésor Royal.
La Lieutenance de Roy de Mezieres , vacante
par la mort de M. de Leautaud , qui venoit d'y
être nommé , à la place de son frere , à M. Bouzier
, Commandant un Bataillon au Régiment
de Navarre.
Le Commandement du Fort des Bains , vacant
par la Promotion de M. de la Corcelle , à la
11. Vol. "I'vi Licu
1458 MERCURE DE FRANCE
Lieutenance de Roy d'Embrun , à M. de Landa ,
Lieutenant Colonel du Régiment de Rosnivinen.
La Majorité d'Amiens , vacante . par la Promotion
de M. de Leautaud , à la Lieutenance de
Mezieres , et qui est mort depuis , à M. de Neuville
, Major du Régiment de Tournesis.
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Résumé : PROMOTIONS d'Etats Majors des Places.
Le document relate plusieurs promotions et nominations au sein des États Majors. La Lieutenance de Roy de Strasbourg a été attribuée à M. le Baron de Trelans, Brigadier d'Infanterie, suite au décès de M. de Montmiral. La Lieutenance de Mezieres a été confiée au frère de M. de Leautaud, Major d'Amiens, après le décès de ce dernier. M. de la Tour Sraguier, Lieutenant Colonel du Régiment de la Marine, a pris la Lieutenance de Besançon, vacante après la promotion de M. de Trelans. M. de la Courcelle a été nommé à la Lieutenance d'Embrun, succédant à M. Maynard. Le Gouvernement de Thionville a été confié à M. Berthelot de Rebourseau, Maréchal de Camp, qui a renoncé à une pension de 3000 livres. Le Gouvernement de Longwy a été attribué à M. de Visé, Brigadier d'Infanterie, après la démission de M. Muret, Lieutenant General. M. Bouzier a pris la Lieutenance de Roy de Mezieres, vacante après le décès de M. de Leautaud. Le Commandement du Fort des Bains a été confié à M. de Landa, Lieutenant Colonel du Régiment de Rosnivinen, après la promotion de M. de la Courcelle. Enfin, M. de Neuville a été nommé Major d'Amiens, succédant à M. de Leautaud.
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314
p. 1458
EPIGRAMME. Plainte d'une jeune fille à une vieille Médisante.
Début :
Votre morale trop severe, [...]
Mots clefs :
Vieille médisante, Jeune fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME. Plainte d'une jeune fille à une vieille Médisante.
EPIGRA M M E,
Plainte d'une jeune fille à une vieilla
Médisante.
V Otre morale trop severe ,
Ne fait pas bien penser de vous ,
Et vos discours seroient plus doux ,.
'S'ils étoient les effets d'une vertu sincere.
Vous condamnez jusques au moindre jeu
Au moindre badinage, on vous voit prendre feu
Je sçai ce qui vous porte à tenir ce langage :
Vous enragez de me voir sage ,
Dans l'âge où vous l'étiez si peu.
Plainte d'une jeune fille à une vieilla
Médisante.
V Otre morale trop severe ,
Ne fait pas bien penser de vous ,
Et vos discours seroient plus doux ,.
'S'ils étoient les effets d'une vertu sincere.
Vous condamnez jusques au moindre jeu
Au moindre badinage, on vous voit prendre feu
Je sçai ce qui vous porte à tenir ce langage :
Vous enragez de me voir sage ,
Dans l'âge où vous l'étiez si peu.
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315
p. 1458-1459
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Louis-François Bellanger de Tourotte, Seigneur de Blacy, &c. Chevalier des Ordres de [...]
Mots clefs :
Armées, Âge, La Tour d'Auvergne, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
Ouis-François Bellanger de Tourotte , Sei
gneur de Blacy , &c. Chevalier des Ordres de
S. Louis et de S. Lazare, Maréchal des Camps et
II. Vol Armées
JUIN. 1733 1459
Armées du Roy , mourut le 26. Juin , âgé
d'environ 72. ans.
Charles- Emanuel de Beaufremont ,". Abbé des
Abbayes de S. Pierre de Luxeüil , et de S. Paul
de Besançon, mourut en son Château de Sey sur
Saone , le 27. de Juin , âgé d'environ 69. ans.
Fréderic- Jule de la Tour d'Auvergne , Prince
d'Auvergne , mourut le 28. Juin , âgé de 62. ans .
un mois , 26. jours. Il étoit frere du Duc de
Bouillon , Pair et Grand - Chambellan de France,
mort le 17. May 1730.
Pierre-François Marie Comte de Baglion de
la Sale , fils de Mathieu-Ignace de Bagliom ,
Comte de la Sale , et de D. Marie- Jacqueline de
la Grange , épousa le 10. Juin D. Angelique
Louise- Sophie d'Azonville , fille de feu Charles
Auguste d'Azonville , Marquis de Louville ,
Gentilhomme de la Chambre du Roy d'Espagne,
Lieutenant General de ses Armées , Gouverneur
de Courtray , et de D. Hiacinthe- Sophie de
Bechameil de Nointel.
Ouis-François Bellanger de Tourotte , Sei
gneur de Blacy , &c. Chevalier des Ordres de
S. Louis et de S. Lazare, Maréchal des Camps et
II. Vol Armées
JUIN. 1733 1459
Armées du Roy , mourut le 26. Juin , âgé
d'environ 72. ans.
Charles- Emanuel de Beaufremont ,". Abbé des
Abbayes de S. Pierre de Luxeüil , et de S. Paul
de Besançon, mourut en son Château de Sey sur
Saone , le 27. de Juin , âgé d'environ 69. ans.
Fréderic- Jule de la Tour d'Auvergne , Prince
d'Auvergne , mourut le 28. Juin , âgé de 62. ans .
un mois , 26. jours. Il étoit frere du Duc de
Bouillon , Pair et Grand - Chambellan de France,
mort le 17. May 1730.
Pierre-François Marie Comte de Baglion de
la Sale , fils de Mathieu-Ignace de Bagliom ,
Comte de la Sale , et de D. Marie- Jacqueline de
la Grange , épousa le 10. Juin D. Angelique
Louise- Sophie d'Azonville , fille de feu Charles
Auguste d'Azonville , Marquis de Louville ,
Gentilhomme de la Chambre du Roy d'Espagne,
Lieutenant General de ses Armées , Gouverneur
de Courtray , et de D. Hiacinthe- Sophie de
Bechameil de Nointel.
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En juin 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Ouis-François Bellanger de Tourotte, Seigneur de Blacy, Chevalier des Ordres de Saint-Louis et de Saint-Lazare, et Maréchal des Camps et Armées du Roi, est décédé le 26 juin à l'âge d'environ 72 ans. Charles-Emanuel de Beaufremont, Abbé des Abbayes de Saint-Pierre de Luxeuil et de Saint-Paul de Besançon, est mort le 27 juin à son Château de Sey sur Saône, à l'âge d'environ 69 ans. Frédéric-Jules de la Tour d'Auvergne, Prince d'Auvergne, est décédé le 28 juin à l'âge de 62 ans. Il était le frère du Duc de Bouillon, Pair et Grand-Chambellan de France, mort le 17 mai 1730. Par ailleurs, Pierre-François Marie Comte de Baglion de la Sale a épousé le 10 juin Dame Angélique Louise-Sophie d'Azonville, fille de feu Charles Auguste d'Azonville, Marquis de Louville, Gentilhomme de la Chambre du Roi d'Espagne, Lieutenant Général de ses Armées, et Gouverneur de Courtray.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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316
p. 1459-1460
MADRIGAL, Sur un beau Narcisse qu'une Demoiselle avoit dans son sein.
Début :
Beau Garçon, que des Dieux la suprême faveur, [...]
Mots clefs :
Narcisse, Sein, Amour, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL, Sur un beau Narcisse qu'une Demoiselle avoit dans son sein.
MADRIGAL ,
Sur un beau Narcisse qu'une Demoiselle
avoit dans son sein.
B
Eau Garçon , que des Dieux la suprêm
faveur ,
Jadis après ta mort daigna changer en fleur ,
Narcisse , dans le sein de la jeune Isabelle ,
Tu reçois en ce jour une grace nouvelle.
II. Vola Ahe
1460 MERCURE DE FRANCE
Ah ! si tu l'avois vûë ainsi que je la voi ,
Tu n'aurois jamais på mourir d'amour pour toi,
Tu serois mort d'amour pour elle.
COCQUARD.
Sur un beau Narcisse qu'une Demoiselle
avoit dans son sein.
B
Eau Garçon , que des Dieux la suprêm
faveur ,
Jadis après ta mort daigna changer en fleur ,
Narcisse , dans le sein de la jeune Isabelle ,
Tu reçois en ce jour une grace nouvelle.
II. Vola Ahe
1460 MERCURE DE FRANCE
Ah ! si tu l'avois vûë ainsi que je la voi ,
Tu n'aurois jamais på mourir d'amour pour toi,
Tu serois mort d'amour pour elle.
COCQUARD.
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317
p. 1460-1466
ARRESTS NOTABLES.
Début :
EDIT DU ROY, portant suppression des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de [...]
Mots clefs :
Majesté, Cavalerie, Régiments, Cavaliers, Chevaux, Habillement, Consuls, Général, Ordonnance, Capitaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
E
ARRESTS NOTABLES.
DIT DU ROY , portant suppression
des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de
Paris et de Lyon , et création de pareils Offices.
Donnée à Versailles , au mois de May 17 3 3 .
Registré en la Cour des Monnoyes , les Juin
suivant.
ORDONNANCE DU ROY , du 27 May
concernant les droits des Consuls et Vice- Consuls
des Eschelles de Négrépont , la Cavalle
Rhodes , Mételin , Scio , Mile , Tine et Miconi,
par laquelle S. M. ordonne que les Consuls er
Vice Consuls des susdites Eschelles , qui n'ont
point d'appointemens payez par la Chambre du
Commerce de Marseille , percevront à l'avenir
deux pour cent seulement , sur le prix des Nolisemens
que les Capitaines et Patrons des Bâtimens
François feront dans leurs Eschelles ; def
fendant ausdits Consuls et Vice- Consuls , d'exiger
ledit droit sur un plus haut pied , et ausdits
Capitaines et Patrons d'en frustrer lesdits Consuls
et Vice -Consu's , sous les peines portées par
le Réglement du 28 Février 1732. que S.M veut
au surplus être exécuté selon sa forme et teneur.
4
VI. Vol OR
JUIN. 1733 . 1461
ORDONNANCE DU ROY , portant Regles
ment pour l'Habillement , Equippement et Ar
mement de la Cavalerie , du 28 May 1733.
Sa Majesté étant informée des différens usages
qui se sont introduits dans l'Habillement, Equippement
et Armement de la Cavalerie : Et vou
lant non seulement régler ledit Habillement
Equipement et Armement , de maniere qu'il soit
uniforme dans tous les Régimens , mais aussi la
taille des Chevaux , et faire reprendre aux Officiers
la Cuirasse , et aux Cavaliers le Plastron
qui ont été abandonnez depuis la paix : Sa Majesté
a ordonné et ordonne ce qui suit :
ART. I L'Habillement des Brigadiers & Cavaliers
demeurera composé d'un Juste- au-Corps
de Drap de Lodéve ou de Berry , blanc , bleu ou
rouge , selon la couleur affectée au Régiment ,
doublé de Serge d'Aumale ou autre étoffe de même
qualité , avec un Buffle , ou une Veste de
tricot , couleur de Chamois , suivant qu'il sera
convenu dans le Régiment ; d'un Chapeau , dont
la forme aura quatre pouces deux lignes au
moins de profondeur , en sorte qu'il puisse être
aisément garni d'une Calotte de fer ou de méche
; le bordé en or ou en argent sera d'une
once : Deffend , Sa Majesté, d'employer les cour
leurs fines aux Habits des Brigadiers ou Cavafiers
; et permet seulement un bordé d'or ou
d'argent , du poids d'une once , à la Manche des
Brigadiers ; deffend pareillement Sa Majesté, les
Cartouches sur les Housses , Bourses ou Chaperons
, ausquelles il sera mis un simple bordé
en laine ou galon de livrée .
II. Les Habits uniformes des Officiers seront
en tout semblables à ceux des Cavaliers , à l'exception
qu'ils seront de Drap d'Elbeuf ou autre
1
11. Vol.
Ma
1462 MERCURE DE FRANCE
Manufacture semblable ; il n'y sera employé d
Doublures d'aucune autre étoffe que de laine ,
ni aucun galon ou fil d'or ou d'argent sur les
Juste-au-Corps ni sur les Vestes , mais seule
ment des Boutons de cuivre doré ou d'argent
sur bois.
III. Il ne sera fait à l'avenir aucun Habillement
par les Régimens de Cavalerie ,
que sur des
marchez , contenant les qualitez , les quantitez
& les prix des différentes especes de fournitures.
Lesquels marchez seront présentez par les Offciers
, chargez du détail aux Inspecteurs , pour
être par eux examinez et envoyez, avec leur avis,
au Secretaire d'Etat, ayant le département de la
Guerre , pour en rendre compte à Sa Majesté ;
faisant deffense de mettre à exécution lesdits
marchez , qu'après qu'Elle les aura approuvez .
IV. N'entend , Sa Majesté , comprendre dans
les articles cy - dessus , le Régiment Royal des
Carabiniers , celui de Royal Allemand , et les
Régimens de Hussards , à l'Habillement des
quels il ne sera fait aucun changement.
V. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie, y compris les Carabiniers et Royal
Allemand , seront tous en Bottes molles , sans
qu'à l'avenir les Capitaines puissent en donner
de fortes , sous quelque prétexte que ce soit.
VI. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie continueront d'être armez d'un
Mousqueton , deux Pistolets et un Sabre ; et attendu
que Sa Majesté a été informée qu'il n'y
a point d'uniformité entre les Régimens , soit
pour les longueurs ou pour le calibre desdites
Armes , Sa Majesté veut qu'à l'avenir la longueur
des Mousquetons demeure fixée à trois
pieds six pouces six lignes ; la longueur du Ca-
II. Vela non
JUIN. 1733. 1463
non à deux pieds , quatre ponces , ayant chacun
une Grenadiere , et la longueur des Pistolets à
seize pouces , tous montez ; que lesdits Mousquetons
et Pistolets soient mis auCalibre de l'Infanterie
,, pour recevoir la Balle de 18 à la livre
et que les Lames des Sabres soient de deux pieds
neuf pouces de longueur , sans la Poignée , qui
sera faite de façon que la main et le pouce
soient couverts ; et auront lesdits Cavaliers des
Bandoulieres de Buffle à anneau roulant , de la
largeur de deux pouces , une ou deux lignes , le
Ceinturon de même qualité et moins large ; le
tout simplement picqué dans les bords , suivant
les modeles qui seront envoyez aux Régimens.
Veut néanmoins Sa Majesté , que le Regiment
Royal des Carabiniers , le Régiment Royal Allemand
et les Hussards , demeurent armez comme
ils le sont à
present,
>
VII. Sa Majesté ayant reconnu qu'il est im
portant que toutes ses Troupes , tant de Gendarmerie
que de Cavalerie soient cuirassées et
plastronnées , même en temps de paix , pour
être accoûtumées à l'usage des Armes deffensives
en temps de guerre Sa Majesté a ordonné
et ordonne que conformément à l'Ordonnance ,
du 1 Février 1703. tous les Officiers , tant de
Gendarmerie , que de Cavalerie , se pourvoiront
incessamment de Cuirasses à l'épreuve, au moins
du Pistolet ; en sorte qu'ils en ayent tous à la
Revûë que les Directeurs et Inspecteurs feront
l'année prochaine 1734. et que les Brigadiers ,
Gendarmes , Chevaux - legers et Cavaliers , 2
l'exception des Hussards , auront des Plastrons ,
et les porteront dans tous les Exercices , aux Revûës
et dans les Marches , à commencer du jour
que Sa Majesté leur en aura fait distribuer de ses
II. Vol. Ma1464
MERCURE DE FRANCE
Magazins ; ce qui sera fait pour une premiere
fois , après quoi les Capitaines demeureront
chargez de l'entretien .
VIII. Sa Majesté pareillement informée que,
quoique la Talie des Chevaux ait été réglée par
differentes Ordonnances , notamment celles des
2 Septembre 1680. et 25 Octobre 1689. neanmoins
les Capitaines acheptent des Chevaux
beaucoup plus elevez que ce qui est prescrit par
lesdites Ordonnances : Sa Majesté veut qu'il ne
soit doresnavant point reçû de Chevaux pour la
remonte de la Cavalerie legere , de la Taille audessus
, de quatre pieds huit à dix pouces an
plus , mesurez depuis le dessous du fer . jusqu'à
la naissance des Crins sur le garost ; qu'ils soient
tous à longue Queue , et que les Directeurs et
Inspecteurs Généraux et Commissaires des guerres
qui feront les Revûës , réforment tous les
nouveaux Chevaux qui seront donnez aux Cavaliers
, d'une Taille autre que celle marquée cydessus.
IX. Les changemens cy-dessus pour les Bottes,
armement et la Taille des Chevaux , auront lieu,
à mesure qu'il sera besoin de les renouveller :
Voulant , Sa Majesté , qué les Directeurs et Inspecteurs
, à la premiere Revue qu'ils feront ,
prescrivent à chaque Régiment , un temps fixe
pour s'y conformer , et qu'ils en donnent avis à
Sa Majesté: Mandant , Sa Majesté, à M.le Comte
d'Evreux , Colonel Général de sa Cavalerie , et
au Sieur de Châtillon , Mestre de Camp Général
de ladite Cavalerie , de tenir la main chacun ,
ainsi qu'il lui appartiendra , à l'exécution de la
Présente.
Mande et ordonne , Sa Majesté , aux Gouver
meurs , et à ses Lieutenaus Généraux en ses Pro-
II. Vol. vinces
JUIN. 1733. 1468
es , aux Officiers Généraux , ayant comidement
sur ses Troupes , aux Camps où
its Régimens seront assemblez , aux Gouneurs
de ses Villes et Places , aux Intendans
ites Provinces , et sur ses Frontieres , aux Di
teurs et Inspecteurs Généraux sur ses Troupes
aux Commissaires de ses Guerres , de tenir la
in à l'exécution de la Présente ; laquelle sera
et publiée à la tête desdites Troupes , à ce
aucun n'en prétende cause d'ignorance. Fait à
rsailles , le 28 May 1733. Signé, LOUIS. E
Es bas , BAUYN .
OUIS DE LA TOUR D'AUVERGNE ,
Comte d'Evreux , Colonel Général de la Cavalerie
légere , Françoise et Etrangere, Lieutenanı
Général des Armées du Roy , Gouverneur et
Lieutenant Général pour Sa Majesté au Gouvernement
de l'Isle de France.
Vû l'Ordonnance cy - dessus , en date du 28 du
ois dernier , par laquelle Sa Majesté a reglé
Habillement , Equipement et Armement de la
avalerie , la Taille des Chevaux , comme aussi
our faire reprendre aux Officiers la Cuirasse
aux Cavaliers le Plastron , qui ont été aban
onnez depuis la paix , ainsi qu'il est plus an
-ng contenu dans ladite Ordonnance , pour
exécution de laquelle Sa Majesté nous mande
e tenir la main.
Nous , en vertu du pouvoir à Nous donné par
a Majesté , à cause de notre Charge de Colo
el Général de la Cavalerie , mandons à Monieur
le Comte de Châtillon , Mestre de Camp
Général de ladite Cavalerie , de tenir exactement
la main à l'exécution de ladite Ordonnan
e , suivant l'intention de Sa Majesté : Ordon-
II. Vol. nons
1465 MERCURE DE FRAN
nons à tous Mestres de Camp des Régimer
Cavalerie , et des Brigades du Régiment R
des Carabiniers ; Lieutenans Colonels , Majet
Capitaines desdits Régimens et Brigades , d
server et exécuter ponctuellement la volont
Sa Majesté , mentionnée en ladite Ordonna
sans y contrevenir : Laquelledite Ordonnanc
la Présente seront lûës et publiées à la tête
Régimens de Cavalerie , et des Brigades de C
rabiniers , par les Commissaires des Guerres
en ont la Police ; afin que personne n'en igno
Fait à Paris , le 3 Juin 1733. Signé , LOUIS E
LA TOUR D'AUVERGNE , Comte d'Ev
Et plus bas : Par Monseigneur MITOUFLET
I ORDONNANCE DU ROY , du 1 Juin, por
regler le traitement des Troupes qui dows
camper sur la Meuse et au Comté de Bourg
gne , près de Gray.
>
ORDONNANCE DU ROY, du 10 Juin, d
permet de faire faucher les Prez avant la S.Je
par laquelle S. M. permet à tous Fermiers , L
boureurs et autres dans la Généralité de Pars ,
même dans l'étendue des Capitaineries , de fat
faucher pendant la présente année seulement t
sans tirer à consequence , tous les Prez, de que
que nature et qualité qu'ils soient , dans le tems,
qu'ils le jugeront à propos , sans en demand )
permission aux Seigneurs , aux Capitaines da
Chasses , à leurs Officiers et autres.
ARRESTS NOTABLES.
DIT DU ROY , portant suppression
des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de
Paris et de Lyon , et création de pareils Offices.
Donnée à Versailles , au mois de May 17 3 3 .
Registré en la Cour des Monnoyes , les Juin
suivant.
ORDONNANCE DU ROY , du 27 May
concernant les droits des Consuls et Vice- Consuls
des Eschelles de Négrépont , la Cavalle
Rhodes , Mételin , Scio , Mile , Tine et Miconi,
par laquelle S. M. ordonne que les Consuls er
Vice Consuls des susdites Eschelles , qui n'ont
point d'appointemens payez par la Chambre du
Commerce de Marseille , percevront à l'avenir
deux pour cent seulement , sur le prix des Nolisemens
que les Capitaines et Patrons des Bâtimens
François feront dans leurs Eschelles ; def
fendant ausdits Consuls et Vice- Consuls , d'exiger
ledit droit sur un plus haut pied , et ausdits
Capitaines et Patrons d'en frustrer lesdits Consuls
et Vice -Consu's , sous les peines portées par
le Réglement du 28 Février 1732. que S.M veut
au surplus être exécuté selon sa forme et teneur.
4
VI. Vol OR
JUIN. 1733 . 1461
ORDONNANCE DU ROY , portant Regles
ment pour l'Habillement , Equippement et Ar
mement de la Cavalerie , du 28 May 1733.
Sa Majesté étant informée des différens usages
qui se sont introduits dans l'Habillement, Equippement
et Armement de la Cavalerie : Et vou
lant non seulement régler ledit Habillement
Equipement et Armement , de maniere qu'il soit
uniforme dans tous les Régimens , mais aussi la
taille des Chevaux , et faire reprendre aux Officiers
la Cuirasse , et aux Cavaliers le Plastron
qui ont été abandonnez depuis la paix : Sa Majesté
a ordonné et ordonne ce qui suit :
ART. I L'Habillement des Brigadiers & Cavaliers
demeurera composé d'un Juste- au-Corps
de Drap de Lodéve ou de Berry , blanc , bleu ou
rouge , selon la couleur affectée au Régiment ,
doublé de Serge d'Aumale ou autre étoffe de même
qualité , avec un Buffle , ou une Veste de
tricot , couleur de Chamois , suivant qu'il sera
convenu dans le Régiment ; d'un Chapeau , dont
la forme aura quatre pouces deux lignes au
moins de profondeur , en sorte qu'il puisse être
aisément garni d'une Calotte de fer ou de méche
; le bordé en or ou en argent sera d'une
once : Deffend , Sa Majesté, d'employer les cour
leurs fines aux Habits des Brigadiers ou Cavafiers
; et permet seulement un bordé d'or ou
d'argent , du poids d'une once , à la Manche des
Brigadiers ; deffend pareillement Sa Majesté, les
Cartouches sur les Housses , Bourses ou Chaperons
, ausquelles il sera mis un simple bordé
en laine ou galon de livrée .
II. Les Habits uniformes des Officiers seront
en tout semblables à ceux des Cavaliers , à l'exception
qu'ils seront de Drap d'Elbeuf ou autre
1
11. Vol.
Ma
1462 MERCURE DE FRANCE
Manufacture semblable ; il n'y sera employé d
Doublures d'aucune autre étoffe que de laine ,
ni aucun galon ou fil d'or ou d'argent sur les
Juste-au-Corps ni sur les Vestes , mais seule
ment des Boutons de cuivre doré ou d'argent
sur bois.
III. Il ne sera fait à l'avenir aucun Habillement
par les Régimens de Cavalerie ,
que sur des
marchez , contenant les qualitez , les quantitez
& les prix des différentes especes de fournitures.
Lesquels marchez seront présentez par les Offciers
, chargez du détail aux Inspecteurs , pour
être par eux examinez et envoyez, avec leur avis,
au Secretaire d'Etat, ayant le département de la
Guerre , pour en rendre compte à Sa Majesté ;
faisant deffense de mettre à exécution lesdits
marchez , qu'après qu'Elle les aura approuvez .
IV. N'entend , Sa Majesté , comprendre dans
les articles cy - dessus , le Régiment Royal des
Carabiniers , celui de Royal Allemand , et les
Régimens de Hussards , à l'Habillement des
quels il ne sera fait aucun changement.
V. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie, y compris les Carabiniers et Royal
Allemand , seront tous en Bottes molles , sans
qu'à l'avenir les Capitaines puissent en donner
de fortes , sous quelque prétexte que ce soit.
VI. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie continueront d'être armez d'un
Mousqueton , deux Pistolets et un Sabre ; et attendu
que Sa Majesté a été informée qu'il n'y
a point d'uniformité entre les Régimens , soit
pour les longueurs ou pour le calibre desdites
Armes , Sa Majesté veut qu'à l'avenir la longueur
des Mousquetons demeure fixée à trois
pieds six pouces six lignes ; la longueur du Ca-
II. Vela non
JUIN. 1733. 1463
non à deux pieds , quatre ponces , ayant chacun
une Grenadiere , et la longueur des Pistolets à
seize pouces , tous montez ; que lesdits Mousquetons
et Pistolets soient mis auCalibre de l'Infanterie
,, pour recevoir la Balle de 18 à la livre
et que les Lames des Sabres soient de deux pieds
neuf pouces de longueur , sans la Poignée , qui
sera faite de façon que la main et le pouce
soient couverts ; et auront lesdits Cavaliers des
Bandoulieres de Buffle à anneau roulant , de la
largeur de deux pouces , une ou deux lignes , le
Ceinturon de même qualité et moins large ; le
tout simplement picqué dans les bords , suivant
les modeles qui seront envoyez aux Régimens.
Veut néanmoins Sa Majesté , que le Regiment
Royal des Carabiniers , le Régiment Royal Allemand
et les Hussards , demeurent armez comme
ils le sont à
present,
>
VII. Sa Majesté ayant reconnu qu'il est im
portant que toutes ses Troupes , tant de Gendarmerie
que de Cavalerie soient cuirassées et
plastronnées , même en temps de paix , pour
être accoûtumées à l'usage des Armes deffensives
en temps de guerre Sa Majesté a ordonné
et ordonne que conformément à l'Ordonnance ,
du 1 Février 1703. tous les Officiers , tant de
Gendarmerie , que de Cavalerie , se pourvoiront
incessamment de Cuirasses à l'épreuve, au moins
du Pistolet ; en sorte qu'ils en ayent tous à la
Revûë que les Directeurs et Inspecteurs feront
l'année prochaine 1734. et que les Brigadiers ,
Gendarmes , Chevaux - legers et Cavaliers , 2
l'exception des Hussards , auront des Plastrons ,
et les porteront dans tous les Exercices , aux Revûës
et dans les Marches , à commencer du jour
que Sa Majesté leur en aura fait distribuer de ses
II. Vol. Ma1464
MERCURE DE FRANCE
Magazins ; ce qui sera fait pour une premiere
fois , après quoi les Capitaines demeureront
chargez de l'entretien .
VIII. Sa Majesté pareillement informée que,
quoique la Talie des Chevaux ait été réglée par
differentes Ordonnances , notamment celles des
2 Septembre 1680. et 25 Octobre 1689. neanmoins
les Capitaines acheptent des Chevaux
beaucoup plus elevez que ce qui est prescrit par
lesdites Ordonnances : Sa Majesté veut qu'il ne
soit doresnavant point reçû de Chevaux pour la
remonte de la Cavalerie legere , de la Taille audessus
, de quatre pieds huit à dix pouces an
plus , mesurez depuis le dessous du fer . jusqu'à
la naissance des Crins sur le garost ; qu'ils soient
tous à longue Queue , et que les Directeurs et
Inspecteurs Généraux et Commissaires des guerres
qui feront les Revûës , réforment tous les
nouveaux Chevaux qui seront donnez aux Cavaliers
, d'une Taille autre que celle marquée cydessus.
IX. Les changemens cy-dessus pour les Bottes,
armement et la Taille des Chevaux , auront lieu,
à mesure qu'il sera besoin de les renouveller :
Voulant , Sa Majesté , qué les Directeurs et Inspecteurs
, à la premiere Revue qu'ils feront ,
prescrivent à chaque Régiment , un temps fixe
pour s'y conformer , et qu'ils en donnent avis à
Sa Majesté: Mandant , Sa Majesté, à M.le Comte
d'Evreux , Colonel Général de sa Cavalerie , et
au Sieur de Châtillon , Mestre de Camp Général
de ladite Cavalerie , de tenir la main chacun ,
ainsi qu'il lui appartiendra , à l'exécution de la
Présente.
Mande et ordonne , Sa Majesté , aux Gouver
meurs , et à ses Lieutenaus Généraux en ses Pro-
II. Vol. vinces
JUIN. 1733. 1468
es , aux Officiers Généraux , ayant comidement
sur ses Troupes , aux Camps où
its Régimens seront assemblez , aux Gouneurs
de ses Villes et Places , aux Intendans
ites Provinces , et sur ses Frontieres , aux Di
teurs et Inspecteurs Généraux sur ses Troupes
aux Commissaires de ses Guerres , de tenir la
in à l'exécution de la Présente ; laquelle sera
et publiée à la tête desdites Troupes , à ce
aucun n'en prétende cause d'ignorance. Fait à
rsailles , le 28 May 1733. Signé, LOUIS. E
Es bas , BAUYN .
OUIS DE LA TOUR D'AUVERGNE ,
Comte d'Evreux , Colonel Général de la Cavalerie
légere , Françoise et Etrangere, Lieutenanı
Général des Armées du Roy , Gouverneur et
Lieutenant Général pour Sa Majesté au Gouvernement
de l'Isle de France.
Vû l'Ordonnance cy - dessus , en date du 28 du
ois dernier , par laquelle Sa Majesté a reglé
Habillement , Equipement et Armement de la
avalerie , la Taille des Chevaux , comme aussi
our faire reprendre aux Officiers la Cuirasse
aux Cavaliers le Plastron , qui ont été aban
onnez depuis la paix , ainsi qu'il est plus an
-ng contenu dans ladite Ordonnance , pour
exécution de laquelle Sa Majesté nous mande
e tenir la main.
Nous , en vertu du pouvoir à Nous donné par
a Majesté , à cause de notre Charge de Colo
el Général de la Cavalerie , mandons à Monieur
le Comte de Châtillon , Mestre de Camp
Général de ladite Cavalerie , de tenir exactement
la main à l'exécution de ladite Ordonnan
e , suivant l'intention de Sa Majesté : Ordon-
II. Vol. nons
1465 MERCURE DE FRAN
nons à tous Mestres de Camp des Régimer
Cavalerie , et des Brigades du Régiment R
des Carabiniers ; Lieutenans Colonels , Majet
Capitaines desdits Régimens et Brigades , d
server et exécuter ponctuellement la volont
Sa Majesté , mentionnée en ladite Ordonna
sans y contrevenir : Laquelledite Ordonnanc
la Présente seront lûës et publiées à la tête
Régimens de Cavalerie , et des Brigades de C
rabiniers , par les Commissaires des Guerres
en ont la Police ; afin que personne n'en igno
Fait à Paris , le 3 Juin 1733. Signé , LOUIS E
LA TOUR D'AUVERGNE , Comte d'Ev
Et plus bas : Par Monseigneur MITOUFLET
I ORDONNANCE DU ROY , du 1 Juin, por
regler le traitement des Troupes qui dows
camper sur la Meuse et au Comté de Bourg
gne , près de Gray.
>
ORDONNANCE DU ROY, du 10 Juin, d
permet de faire faucher les Prez avant la S.Je
par laquelle S. M. permet à tous Fermiers , L
boureurs et autres dans la Généralité de Pars ,
même dans l'étendue des Capitaineries , de fat
faucher pendant la présente année seulement t
sans tirer à consequence , tous les Prez, de que
que nature et qualité qu'ils soient , dans le tems,
qu'ils le jugeront à propos , sans en demand )
permission aux Seigneurs , aux Capitaines da
Chasses , à leurs Officiers et autres.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En mai et juin 1733, plusieurs ordonnances royales ont été émises. Le 17 mai, une ordonnance a supprimé les six offices d'affineurs des monnaies de Paris et de Lyon, et en a créé de nouveaux. Le 27 mai, une autre ordonnance a réglé les droits des consuls et vice-consuls des échelles de Négrépont, Rhodes, Mételin, Scio, Mile, Tine et Miconi, fixant leurs perceptions à deux pour cent sur le prix des nolisements des bâtiments français. Le 28 mai, une ordonnance a établi des règles pour l'habillement, l'équipement et l'armement de la cavalerie. Elle a imposé un uniforme standardisé et la réintroduction de la cuirasse pour les officiers et du plastron pour les cavaliers. Elle a également fixé la taille des chevaux et les spécifications des armes. Le 1er juin, une ordonnance a réglé le traitement des troupes devant camper sur la Meuse et au Comté de Bourgogne, près de Gray. Enfin, le 10 juin, une ordonnance a permis de faucher les prés avant la Saint-Jean dans la généralité de Paris et les capitaineries.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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318
p. 1668-1670
« Le Roy a accordé au Marquis de Rubampré, son Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes [...] »
Début :
Le Roy a accordé au Marquis de Rubampré, son Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes [...]
Mots clefs :
Actions, Fête, Compagnie
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texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a accordé au Marquis de Rubampré, son Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes [...] »
LonLiettenant
E Roy a accordé au Marquis de Rubampré ,
sonLieutenant de la Compagnie desGendarmes
Ecossois , l'agrément de la Charge de Capitaine-
Lieutenant de cette Compagnie , vacante par la
démission volontaire du Comte de Mailly , son
frere .
S. M. a nommé l'Abbé de Canillac , Auditeur
de Rotte pour la France.
Le 23. Juillet , M. l'Archevêque de Paris , fit
dans son Eglise Métropoliitaine , la Benediction
des Drapeaux , Guidons et Etendarts des trois
cent Gardes de la Ville , tous habillez de neuf,
M. Taitbout , leur Colonel , étant à la tête . La
nouveauté de cette Cérémonie , qui ne s'étoit pas
encore faite à N.D. pour ce Corps, y avoit attiré
quantité de monde. Les Prévôt des Marchands
et Echevins y assisterent , et dînerent ensuite à
l'Archevêché.
Le 27 la Loterie de la Compagnie des Indes,éta
bli
JUILLET. 1733. 1669
ble pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Compaghie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant en tout le
nombre de 328. Actions.
La Fête de Sainte Anne , Patrone de M. de
Vandeil , Ecuyer du Roi , très -connu par Tes
excellens Hommes de cheval qu'il a formez
a été célebrée avec éclat le 27 de ce mois , par
les Gentilshommes - Pensionnaires de l'Académie
, dont il est le Chef. La Fête commença par
un très - beau Concert , après lequel une Sérénade
des meilleurs Instrumens , et quantité de Boëtes
ont précedé un Feu d'Artifice de très - grand
goût , avec de belles illuminations. Plusieurs
Seigneurs et Dames de distinction qui avoient
été invités , ont été charmés de la galanterie de
la Fête , et de la politesse avec laquelle cette
jeune Noblesse en ont fait les honneurs et
marqué leur reconnoissance à M. de Van
deüil.
>
Le bruit que l'on a fait courir que M. de Vandeuil
quittoit son Académie , n'a aucun fondement
, étant toujours dans le dessein de conti
nuer ses soins à la Noblesse .
Le Commandement du Réduit de la Porte-
Blanche de Strasbourg , vacant par la mort de
M. du Cheron , a été donné à M. de Tavignon
, Capitaine au Régiment de Bourbonnois.
-M. de Malesfre , Lieutenant de Rai de Longwy
, s'étant retiré , sa pension de 800. liv. a été
augmentée de 1100. et cette Lieutenance de Roy
1670 MERCURE DE FRANCE
a été donnée à M. de Villure , commandant un
Bataillon du Régiment Royal , Artillerie , auquel
il a été conservé 1200. liv . sur la Pension
de 2500. liv. qu'il avoit avant d'être placé .
E Roy a accordé au Marquis de Rubampré ,
sonLieutenant de la Compagnie desGendarmes
Ecossois , l'agrément de la Charge de Capitaine-
Lieutenant de cette Compagnie , vacante par la
démission volontaire du Comte de Mailly , son
frere .
S. M. a nommé l'Abbé de Canillac , Auditeur
de Rotte pour la France.
Le 23. Juillet , M. l'Archevêque de Paris , fit
dans son Eglise Métropoliitaine , la Benediction
des Drapeaux , Guidons et Etendarts des trois
cent Gardes de la Ville , tous habillez de neuf,
M. Taitbout , leur Colonel , étant à la tête . La
nouveauté de cette Cérémonie , qui ne s'étoit pas
encore faite à N.D. pour ce Corps, y avoit attiré
quantité de monde. Les Prévôt des Marchands
et Echevins y assisterent , et dînerent ensuite à
l'Archevêché.
Le 27 la Loterie de la Compagnie des Indes,éta
bli
JUILLET. 1733. 1669
ble pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Compaghie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant en tout le
nombre de 328. Actions.
La Fête de Sainte Anne , Patrone de M. de
Vandeil , Ecuyer du Roi , très -connu par Tes
excellens Hommes de cheval qu'il a formez
a été célebrée avec éclat le 27 de ce mois , par
les Gentilshommes - Pensionnaires de l'Académie
, dont il est le Chef. La Fête commença par
un très - beau Concert , après lequel une Sérénade
des meilleurs Instrumens , et quantité de Boëtes
ont précedé un Feu d'Artifice de très - grand
goût , avec de belles illuminations. Plusieurs
Seigneurs et Dames de distinction qui avoient
été invités , ont été charmés de la galanterie de
la Fête , et de la politesse avec laquelle cette
jeune Noblesse en ont fait les honneurs et
marqué leur reconnoissance à M. de Van
deüil.
>
Le bruit que l'on a fait courir que M. de Vandeuil
quittoit son Académie , n'a aucun fondement
, étant toujours dans le dessein de conti
nuer ses soins à la Noblesse .
Le Commandement du Réduit de la Porte-
Blanche de Strasbourg , vacant par la mort de
M. du Cheron , a été donné à M. de Tavignon
, Capitaine au Régiment de Bourbonnois.
-M. de Malesfre , Lieutenant de Rai de Longwy
, s'étant retiré , sa pension de 800. liv. a été
augmentée de 1100. et cette Lieutenance de Roy
1670 MERCURE DE FRANCE
a été donnée à M. de Villure , commandant un
Bataillon du Régiment Royal , Artillerie , auquel
il a été conservé 1200. liv . sur la Pension
de 2500. liv. qu'il avoit avant d'être placé .
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Résumé : « Le Roy a accordé au Marquis de Rubampré, son Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes [...] »
En juillet 1733, plusieurs nominations et événements marquants ont eu lieu. Le lieutenant E Roy a approuvé la nomination du Marquis de Rubampré au poste de Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes Écossais, vacant après la démission du Comte de Mailly. Le roi a nommé l'Abbé de Canillac Auditeur de Rotte pour la France. Le 23 juillet, l'Archevêque de Paris a béni les drapeaux des trois cents Gardes de la Ville, en présence de M. Taitbout et de nombreux spectateurs. Le 27 juillet, la loterie de la Compagnie des Indes a remboursé 328 actions. La fête de Sainte Anne, patronne de M. de Vandeil, a été célébrée par les Gentilshommes Pensionnaires de l'Académie qu'il dirige, avec des concerts, des feux d'artifice et des illuminations. Contrairement aux rumeurs, M. de Vandeil n'a pas quitté son Académie. M. de Tavignon a reçu le Commandement du Réduit de la Porte-Blanche de Strasbourg. M. de Malesfre, ayant quitté sa fonction de Lieutenant du Roi à Longwy, a vu sa pension augmentée à 1900 livres, tandis que M. de Villure a hérité de sa lieutenance, conservant 1200 livres sur sa pension précédente de 2500 livres.
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319
p. 1670
REMPLACEMENT fait dans la Marine le 10 Juin 1733.
Début :
Capitaines de Vaisseaux, Mrs le Chevalier de Cresnay, Capitaine d'Artillerie, Descoun, Capitaine [...]
Mots clefs :
Marine, Capitaines de vaisseaux, Lieutenants de vaisseaux, Enseignes de vaisseaux, Remplacement
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texteReconnaissance textuelle : REMPLACEMENT fait dans la Marine le 10 Juin 1733.
REMPLACEMENT fait dans la
Marine le 10 Juin 1733 .
Capitaines de Vaisseaux , Mrs le Chevalier de
Cresnay , Capitaine d'Artillerie , Descoun , Ca- '
pitaine de Frégate , du Deffend , Capitaine de
Frégate.
Lieutenans de Vaisseaux. Mrs Giffort , Lieutenant
d'Artillerie, S. Surin de Montagne, Lieutenant
d'Artillerie.
Enseignes de Vaisseaux. Mrs Keralio , Brigadier
des Gardes du Pavillon , de Ruither , id.
Du Chaffaut de Besné id. Le Vassor de la
Touche , id. de Fontenay- Montreuil , Garde
Marine.
Marine le 10 Juin 1733 .
Capitaines de Vaisseaux , Mrs le Chevalier de
Cresnay , Capitaine d'Artillerie , Descoun , Ca- '
pitaine de Frégate , du Deffend , Capitaine de
Frégate.
Lieutenans de Vaisseaux. Mrs Giffort , Lieutenant
d'Artillerie, S. Surin de Montagne, Lieutenant
d'Artillerie.
Enseignes de Vaisseaux. Mrs Keralio , Brigadier
des Gardes du Pavillon , de Ruither , id.
Du Chaffaut de Besné id. Le Vassor de la
Touche , id. de Fontenay- Montreuil , Garde
Marine.
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320
p. 1670
REMPLACEMENT dans l'Artillerie.
Début :
Capitaine d'Artillerie. M. Dupin de Bellegard, Lieutenant d'Artillerie. [...]
Mots clefs :
Artillerie, Capitaine d'artillerie, Lieutenants d'artillerie, Sous-lieutenants d'artillerie, Aides d'artillerie, Remplacement
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texteReconnaissance textuelle : REMPLACEMENT dans l'Artillerie.
REMPLACEMENT dans l'Artillerie. ACEMENT
Capitaine Artillerie. M. Dupin de Bellegard
, Lieutenant d'Artilleric.
Lieutenans d'Artillerie. Mrs Boispineau , Sous-
Lieutenant , Beaussier d'Ayrand , id. Serquigny
d'Aché , id.
Sous Lieutenans d'Artillerie. Mrs Clavel de
Gobrant , Ayde d'Artillerie . Mathezon de Ker !
pesch , id. La Bosse , id.
Aydes Artillerie. Mrs de Caillé - Farcy , Sous-
Brigadier des Gardes Marines , de Fayet , Garde-
Marine de Fontenay
villon.
Capitaine Artillerie. M. Dupin de Bellegard
, Lieutenant d'Artilleric.
Lieutenans d'Artillerie. Mrs Boispineau , Sous-
Lieutenant , Beaussier d'Ayrand , id. Serquigny
d'Aché , id.
Sous Lieutenans d'Artillerie. Mrs Clavel de
Gobrant , Ayde d'Artillerie . Mathezon de Ker !
pesch , id. La Bosse , id.
Aydes Artillerie. Mrs de Caillé - Farcy , Sous-
Brigadier des Gardes Marines , de Fayet , Garde-
Marine de Fontenay
villon.
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321
p. 1671-1674
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
Début :
La Paroisse de Pardines, Election d'Yssoire, est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire, [...]
Mots clefs :
Issoire, Terrain, Vallon, Terres, Terre, Coteau, Accident, Croûte, Maisons, Mouvement
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Cler
mont , en Auvergne , au sujet de l'Acci-
.dent arrivé au mois de Juin dernier.
L
A Paroisse de Pardines , Election d'Yssoire ;
est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire
sur le chemin de Clermont , presque au haut
dun Côteau rapide . Elle est séparée en deux
Villages ou Hameaux , éloignez l'un de l'autre
d'environ 200. pas , l'un qu'on appelle le Fort
dans lequel se trouve l'Eglise Paroissiale et une
partie des maisons des Habitans , situé sur le
Roc. On y voit les vestiges d'une ancienne Fortification
qui entouroit quelques maisons dans
le tems des Guerres. L'autre Village , que l'on
nomme proprement Pardines , cont noit la plus
grande partie des maisons aŭ nombre de 46. Le
Terrain , sur lequel le Village étoit bâti , qui
est le même que celui de tout le Côteau , est
d'une terre franche et légere , mêlée d'un peu
d'Argile ; il s'y trouve aussi des Pierres et quel
ques Rochers de médiocre gross ur le Tri
toire est fort bien cultivé et très abondant . I y
avoit des terres semées en grains , des Vergers,
et la plus grande partie étoit en Vignes Tout le
sol étoit couvert d'Arbres fruiti rs et sur tout
de Noyers. Cette terre se séchoit et se gersoit
facilement par la chaleur ; on s'appercevoit mê
me depuis long- tems qu'il s'y faisoit des fentes
d'une profondeur extraordinaire , et quelquefois
ces féniés s'élargissoient , et enfin formoient des
fondrieres.
>
Le 23 Juin dernier , sur les 9. heures du soir,
les habitans du Village de Pardines s'apperçûrent
que
1672 MERCURE DE FRANCE
que les murailles de leurs maisons s'ébranfoient
sensiblement , ils sortirent , et virent que
le Côteau s'enfonçoit à vue d'oeil , les terres des
endroits élevez tomboient dans le Vallon •
d'autres s'affaissoient tout- à - fait , la terre s'entrouvrant,
formoit de nouvelles fondrieres, celles
qui étoient déja faites devenoient plus grandes ,
le Terrain , qui s'écrouloit en trop grandes
piéces , s'arrêtoit et se bouleversoit l'un sur
l'autre , les Rochers qui se détachoient de ces
se précipitoient dans le Vallon , de sorte
que le chemin d'Yssoire à Clermont , voisin de
ce Côteau , est devenu impraticable.
terres ,
Tout cela ne s'est point fait par un mouvement
impétueux , mais assez lentement , et quelquefois
presqu'imperceptiblement. On s'apperçût
en premier lieu d'un mouvement assez sensible
, pendant l'espace de trois ou quatre jours ,
à differentes reprises ; le seul bruit qu'il y a eu
est celui qu'ont fait les Rochers en tombant dans
Vallon , et quelques grosses mottes de terre
qui se détachant des endroits escarpés , se précipitoient
rapidement..
Cet écroulement a emporté 26 Bâtimens, dont
les uns se sont affaissés avec le Terrain , et se
sont enfin écroulés par l'ébranlement des fondations.
Les vestiges des autres paroissent encore
sur la surface de la terre , ayant coulé
avec moins de rapidité dans le Vallon. Il y a eu
une maison qui n'est tombée que le 10. de
Juillet.
On compte que les terres qui se sont éboulées
, ou qui ont été enveloppées sous les décom
bres des autres , forment la quantité de 466 .
euvres de Vigne , 40 septerées de terres labourables
, et je oeuvres de Prés , ce qui peut en tout
compoJUILLET.
1733. 1673
Composer 150 arpens , mesure de Paris. Il est à
remarquer que dans cet espace il y avoit plusieurs
Vergers , et que tout ce terrain étoit couvert
d'Arbres , soit Noyers sur le Côteau , soit
Saules et Peupliers dans le Vallon : on en fait
monter le nombre à 4000. qui ont été culbutés.
>
Si l'on peut former quelques conjectures sur
un évenement si extraordinaire , on pense qu'il
peut venir de la situation du Sol , et de la nature
du Terrain ; la premiere superficie du Côreau
, de la hauteur de quatre à cinq pieds
étoit un terrain assez leger , et facile à se dessecher
par les ardeurs du Soleil. Sous ce premier
lit il y avoit un banc de terre glaise , que l'on
découvre aujourd'hui en plusieurs endroits , lequel
est extrêmement humide , et où l'on voit
même l'eau sourciller.
Les grandes pluyes qui sont tombées au
commencement du Printemps ont pu délaïer ce
banc de glaise , qui a reçû et retenu les eaux du
Côteau qui couloient entre deux terres ; les
chaleurs de l'Eté qui sont venues ensuite ont pâ
dessécher la premiere superficie , et en auront
fait une croûte solide ; or cette croûte s'étant
trouvée sur un terrain gras et humide , d'ailleurs
fort glissant , par sa pente vers le Vallon ,
cette superficie s'est détachée par masses , et a
coulé vers l'endroit de sa pente . Plusieurs parties
se sont affaissées presque insensiblement
soit parce que l'écroulement du terrain voisin a
fait détacher ce qui étoit le plus proche des
terres glaises , soit parce que les eaux ayant
séjourné entre cette croûte superficielle et le
banc de glaise , avoient miné le terrain , &c.
Il y a eu des Champs entiers qui ont coulé
dans
16 MERCURE DE FRANCE
dans le Vallon , et l'on y voit encore des Vi
gnes , avec leurs échalas , dans la même assiete
qu'elles étoient sur le Côteau. Enfin il y en a
qui se sont entierement bouleversées , parce
que la partie inférieure de cette croûte , ayant
touché au terrain solide s'est arrêtée , et le
mouvement l'a fait briser en morceaux qui se
sont séparez , et se sont culbutés les uns sur les
autres de différentes manieres.
Je dois ajoûter ici que cet Accident n'est pas
sans exemple dans la Province d'Auvergne ; à la.
verité , on n'en avoit jamais vû de si considérables
; il est souvent arrivé que des piéces de
terre d'un quartier , et d'un demi arpent , se
sont détachées des Côteaux , et ont coulé sensiblement
sur les héritages inferieurs.
Quelque considerable que soit cet Accident
pour les malheureux qui l'ont ressenti , il seroit
à souhaiter que ce fut le seul qui fut arrivé dans
notre Province , les inondations de l'Allier , des
Rivieres er des Ruisseaux , er depuis les grêles
qui sont tombées continuellement ont ruiné plus
de too. Paroisses , et les ont mis hors d'état de
recueillir ni Bled , ni Vin , ni Chanyre cette
année.
mont , en Auvergne , au sujet de l'Acci-
.dent arrivé au mois de Juin dernier.
L
A Paroisse de Pardines , Election d'Yssoire ;
est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire
sur le chemin de Clermont , presque au haut
dun Côteau rapide . Elle est séparée en deux
Villages ou Hameaux , éloignez l'un de l'autre
d'environ 200. pas , l'un qu'on appelle le Fort
dans lequel se trouve l'Eglise Paroissiale et une
partie des maisons des Habitans , situé sur le
Roc. On y voit les vestiges d'une ancienne Fortification
qui entouroit quelques maisons dans
le tems des Guerres. L'autre Village , que l'on
nomme proprement Pardines , cont noit la plus
grande partie des maisons aŭ nombre de 46. Le
Terrain , sur lequel le Village étoit bâti , qui
est le même que celui de tout le Côteau , est
d'une terre franche et légere , mêlée d'un peu
d'Argile ; il s'y trouve aussi des Pierres et quel
ques Rochers de médiocre gross ur le Tri
toire est fort bien cultivé et très abondant . I y
avoit des terres semées en grains , des Vergers,
et la plus grande partie étoit en Vignes Tout le
sol étoit couvert d'Arbres fruiti rs et sur tout
de Noyers. Cette terre se séchoit et se gersoit
facilement par la chaleur ; on s'appercevoit mê
me depuis long- tems qu'il s'y faisoit des fentes
d'une profondeur extraordinaire , et quelquefois
ces féniés s'élargissoient , et enfin formoient des
fondrieres.
>
Le 23 Juin dernier , sur les 9. heures du soir,
les habitans du Village de Pardines s'apperçûrent
que
1672 MERCURE DE FRANCE
que les murailles de leurs maisons s'ébranfoient
sensiblement , ils sortirent , et virent que
le Côteau s'enfonçoit à vue d'oeil , les terres des
endroits élevez tomboient dans le Vallon •
d'autres s'affaissoient tout- à - fait , la terre s'entrouvrant,
formoit de nouvelles fondrieres, celles
qui étoient déja faites devenoient plus grandes ,
le Terrain , qui s'écrouloit en trop grandes
piéces , s'arrêtoit et se bouleversoit l'un sur
l'autre , les Rochers qui se détachoient de ces
se précipitoient dans le Vallon , de sorte
que le chemin d'Yssoire à Clermont , voisin de
ce Côteau , est devenu impraticable.
terres ,
Tout cela ne s'est point fait par un mouvement
impétueux , mais assez lentement , et quelquefois
presqu'imperceptiblement. On s'apperçût
en premier lieu d'un mouvement assez sensible
, pendant l'espace de trois ou quatre jours ,
à differentes reprises ; le seul bruit qu'il y a eu
est celui qu'ont fait les Rochers en tombant dans
Vallon , et quelques grosses mottes de terre
qui se détachant des endroits escarpés , se précipitoient
rapidement..
Cet écroulement a emporté 26 Bâtimens, dont
les uns se sont affaissés avec le Terrain , et se
sont enfin écroulés par l'ébranlement des fondations.
Les vestiges des autres paroissent encore
sur la surface de la terre , ayant coulé
avec moins de rapidité dans le Vallon. Il y a eu
une maison qui n'est tombée que le 10. de
Juillet.
On compte que les terres qui se sont éboulées
, ou qui ont été enveloppées sous les décom
bres des autres , forment la quantité de 466 .
euvres de Vigne , 40 septerées de terres labourables
, et je oeuvres de Prés , ce qui peut en tout
compoJUILLET.
1733. 1673
Composer 150 arpens , mesure de Paris. Il est à
remarquer que dans cet espace il y avoit plusieurs
Vergers , et que tout ce terrain étoit couvert
d'Arbres , soit Noyers sur le Côteau , soit
Saules et Peupliers dans le Vallon : on en fait
monter le nombre à 4000. qui ont été culbutés.
>
Si l'on peut former quelques conjectures sur
un évenement si extraordinaire , on pense qu'il
peut venir de la situation du Sol , et de la nature
du Terrain ; la premiere superficie du Côreau
, de la hauteur de quatre à cinq pieds
étoit un terrain assez leger , et facile à se dessecher
par les ardeurs du Soleil. Sous ce premier
lit il y avoit un banc de terre glaise , que l'on
découvre aujourd'hui en plusieurs endroits , lequel
est extrêmement humide , et où l'on voit
même l'eau sourciller.
Les grandes pluyes qui sont tombées au
commencement du Printemps ont pu délaïer ce
banc de glaise , qui a reçû et retenu les eaux du
Côteau qui couloient entre deux terres ; les
chaleurs de l'Eté qui sont venues ensuite ont pâ
dessécher la premiere superficie , et en auront
fait une croûte solide ; or cette croûte s'étant
trouvée sur un terrain gras et humide , d'ailleurs
fort glissant , par sa pente vers le Vallon ,
cette superficie s'est détachée par masses , et a
coulé vers l'endroit de sa pente . Plusieurs parties
se sont affaissées presque insensiblement
soit parce que l'écroulement du terrain voisin a
fait détacher ce qui étoit le plus proche des
terres glaises , soit parce que les eaux ayant
séjourné entre cette croûte superficielle et le
banc de glaise , avoient miné le terrain , &c.
Il y a eu des Champs entiers qui ont coulé
dans
16 MERCURE DE FRANCE
dans le Vallon , et l'on y voit encore des Vi
gnes , avec leurs échalas , dans la même assiete
qu'elles étoient sur le Côteau. Enfin il y en a
qui se sont entierement bouleversées , parce
que la partie inférieure de cette croûte , ayant
touché au terrain solide s'est arrêtée , et le
mouvement l'a fait briser en morceaux qui se
sont séparez , et se sont culbutés les uns sur les
autres de différentes manieres.
Je dois ajoûter ici que cet Accident n'est pas
sans exemple dans la Province d'Auvergne ; à la.
verité , on n'en avoit jamais vû de si considérables
; il est souvent arrivé que des piéces de
terre d'un quartier , et d'un demi arpent , se
sont détachées des Côteaux , et ont coulé sensiblement
sur les héritages inferieurs.
Quelque considerable que soit cet Accident
pour les malheureux qui l'ont ressenti , il seroit
à souhaiter que ce fut le seul qui fut arrivé dans
notre Province , les inondations de l'Allier , des
Rivieres er des Ruisseaux , er depuis les grêles
qui sont tombées continuellement ont ruiné plus
de too. Paroisses , et les ont mis hors d'état de
recueillir ni Bled , ni Vin , ni Chanyre cette
année.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
En juin 1672, la paroisse de Pardines, située près de la ville d'Yssoire en Auvergne, a été le théâtre d'un événement majeur. La paroisse est composée de deux hameaux : le Fort, où se trouve l'église, et Pardines, qui compte 46 maisons. Le terrain, bien cultivé et fertile, est sujet à des fissures et des affaissements. Le 23 juin, les habitants ont observé des mouvements de terrain inquiétants. Les murs des maisons se sont ébranlés et le coteau s'est enfoncé progressivement. Cet écroulement, qui a duré plusieurs jours, a rendu le chemin entre Yssoire et Clermont impraticable. Il a détruit 26 bâtiments et affecté environ 150 arpents de terrain, incluant des vignes, des terres labourables et des prés. Environ 4000 arbres ont été renversés. Les causes de cet événement sont attribuées à la nature du sol et aux conditions météorologiques. Les pluies printanières ont délité un banc de terre glaise sous une couche superficielle légère. Cette couche s'est ensuite desséchée et fissurée sous l'effet de la chaleur estivale. La croûte superficielle a glissé vers le vallon, entraînant des affaissements de terrain. Cet accident n'est pas unique en Auvergne, mais il est particulièrement significatif. En outre, la province a également souffert d'inondations et de grêles, affectant de nombreuses paroisses et compromettant les récoltes de blé, de vin et de chanvre pour l'année.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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322
p. 1674-1675
Autre Extrait de Lettre.
Début :
Le Village de Pardines, appartenant à Made du Bonseage, presque vis-à-vis le Vallon [...]
Mots clefs :
Terre, Terres, Peine, Village, Maisons, Terrain, Arbres, Rochers, Habitants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Extrait de Lettre.
Autre Extrait de Lettre.
E Village de Pardines , appartenant à Made
Ldu Bonseage , presque Midn
de S. Cyrques , est situé sur la gauche du chemin
de Clermont à Yssoire. Quelques jours
avant l'accident , les habitans de Pradines s'apperçurent
en labourant leurs terres , qu'elles
étoient mouvantes. Ils enfoncerent leurs Aiguillades
, qui sont une espece de Gaule , d'environ
dix
JUILLET . 1733. 1675
dix pieds de long , avec lesquelles ils piquent
leurs Boeufs . Cet instrument entroit sans peine
en terre jusqu'au bout sans trouver ni fonds ni
résistance ; néanmoins ces Laboureurs ne firent
pás grande attention à cela . Enfin , la veille de
3. Jean , pendant la nuit , tout le monde étant
couché , un des habitans s'apperçût que sa maison
s'enfonçoit en terre , il sortit avec ses domestiques
, et fut bien plus surpris de voir le
terrain voisin entr'ouvert de tous côtez ; il
envoya éveiller ses voisins ; chacun sauva
ce qu'il pût , et se retira sur la hauteur ; à
peine y étoient- ils que quarante- deux maisons
du Village furent abîmées et ensevelies dans la
terre , et un Terrain d'environ cinq cens arpens
, se détacha de la Colline et roula jusques
dans la Plaine , qui se trouve maintenant comblée
de monceaux de terres , qui ont entraîné
pêle-mêle les Vignes et les Arbres qui étoient
sur le Côteau .
1
Il y a une chose bien particuliere , c'est que
quelques uns de ces Arbres , après avoir fair
sans doute , plusieurs culebutes , se sont trouvez
debout , et ont formé un bouquet de bois à
l'endroit où ils se sont arrêtez. L'Eglise et trois
maisons qui en sont voisines subsistent encore ,
mais il y a apparence qu'elles auront bien- tôt le
sort des autres .
L'éboulement de ces terres laisse voir des
Rochers ' monstrueux qu'il a dépouillés , ce qui
fait présumer que ces Rochers servant de Digue
aux caux qui s'y sont amassées , les y on Fair
séjourner , et ont causé le désordre qui vient
d'arriver.
E Village de Pardines , appartenant à Made
Ldu Bonseage , presque Midn
de S. Cyrques , est situé sur la gauche du chemin
de Clermont à Yssoire. Quelques jours
avant l'accident , les habitans de Pradines s'apperçurent
en labourant leurs terres , qu'elles
étoient mouvantes. Ils enfoncerent leurs Aiguillades
, qui sont une espece de Gaule , d'environ
dix
JUILLET . 1733. 1675
dix pieds de long , avec lesquelles ils piquent
leurs Boeufs . Cet instrument entroit sans peine
en terre jusqu'au bout sans trouver ni fonds ni
résistance ; néanmoins ces Laboureurs ne firent
pás grande attention à cela . Enfin , la veille de
3. Jean , pendant la nuit , tout le monde étant
couché , un des habitans s'apperçût que sa maison
s'enfonçoit en terre , il sortit avec ses domestiques
, et fut bien plus surpris de voir le
terrain voisin entr'ouvert de tous côtez ; il
envoya éveiller ses voisins ; chacun sauva
ce qu'il pût , et se retira sur la hauteur ; à
peine y étoient- ils que quarante- deux maisons
du Village furent abîmées et ensevelies dans la
terre , et un Terrain d'environ cinq cens arpens
, se détacha de la Colline et roula jusques
dans la Plaine , qui se trouve maintenant comblée
de monceaux de terres , qui ont entraîné
pêle-mêle les Vignes et les Arbres qui étoient
sur le Côteau .
1
Il y a une chose bien particuliere , c'est que
quelques uns de ces Arbres , après avoir fair
sans doute , plusieurs culebutes , se sont trouvez
debout , et ont formé un bouquet de bois à
l'endroit où ils se sont arrêtez. L'Eglise et trois
maisons qui en sont voisines subsistent encore ,
mais il y a apparence qu'elles auront bien- tôt le
sort des autres .
L'éboulement de ces terres laisse voir des
Rochers ' monstrueux qu'il a dépouillés , ce qui
fait présumer que ces Rochers servant de Digue
aux caux qui s'y sont amassées , les y on Fair
séjourner , et ont causé le désordre qui vient
d'arriver.
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Résumé : Autre Extrait de Lettre.
Le texte relate un événement à Pardines, un village de la seigneurie de Made du Bonseage, près de Saint-Cirgues, sur la route de Clermont à Yssoire. Quelques jours avant l'incident, les habitants observèrent que leurs terres étaient instables lors du labour, leurs outils s'enfonçant sans résistance. La veille de l'accident, un habitant nota que sa maison s'enfonçait, alertant ainsi ses voisins qui se réfugièrent sur une hauteur. Quarante-deux maisons furent ensevelies et un terrain de cinq cents arpents se détacha, comblant une plaine avec des terres, des vignes et des arbres. Certains arbres se retrouvèrent debout, formant un bosquet. L'église et trois maisons voisines subsistent, mais semblent menacées. L'éboulement a révélé des rochers, suggérant que ces rochers, agissant comme des digues, ont retenu des eaux ayant causé le désastre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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323
p. 1675-1676
« Une Lettre d'Yssoire, du 24 Juin porte ; la nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines [...] »
Début :
Une Lettre d'Yssoire, du 24 Juin porte ; la nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines [...]
Mots clefs :
Pardines
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texteReconnaissance textuelle : « Une Lettre d'Yssoire, du 24 Juin porte ; la nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines [...] »
Une Lettre d'Yssoire , du 24 Juin porte ;
nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines
s'est
1676 MERCURE DE FRANCE
s'est englouti , je veux dire que la plupart des
bâtimens ont changé de place presque tous entiers
, et après avoir fait un peu de chemin se
sont bouleversez et se sont ensuite enfoncez en
terre. Les Champs et les Vignes ne sont plus à
Pardines , ils se sont dispersez confusement et
n'ont laissé à leurs places que des Rochers et
des Précipices. On y voit plus ni Chêne ni
Noyers , et la métamorphose est si singuliere
et si épouventable , qu'on n'en sçauroit donner
une juste idée par le recit.
nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines
s'est
1676 MERCURE DE FRANCE
s'est englouti , je veux dire que la plupart des
bâtimens ont changé de place presque tous entiers
, et après avoir fait un peu de chemin se
sont bouleversez et se sont ensuite enfoncez en
terre. Les Champs et les Vignes ne sont plus à
Pardines , ils se sont dispersez confusement et
n'ont laissé à leurs places que des Rochers et
des Précipices. On y voit plus ni Chêne ni
Noyers , et la métamorphose est si singuliere
et si épouventable , qu'on n'en sçauroit donner
une juste idée par le recit.
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Résumé : « Une Lettre d'Yssoire, du 24 Juin porte ; la nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines [...] »
Le 24 juin 1676, une lettre d'Yssoire signale la disparition du village de Pardines. La nuit du 23 au 24 juin, les bâtiments ont été déplacés puis se sont renversés et enfoncés dans le sol. Les champs et les vignes ont été dispersés, laissant des rochers et des précipices. Les chênes et les noyers ont également disparu, transformant le paysage de manière singulière et épouvantable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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324
p. 1676-1682
MORTS, NAISSANCES.
Début :
On a appris d'Oran que Jean-Sebastien Hue de Miromenil, cy-devant Colonel du [...]
Mots clefs :
Âge, Roi, Marquis, Mort, Capitaine, Comte, Veuve, Château, Régiment, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES.
MORTS , NAISSANCES.
Na appris d'Oran que Jean - Sebastien
Hue de Miromenil , cy- devant Colonel du
Regiment de Querci en France , y étoit mort
des blessures reçues à la journée du 10 Juin ,
contre les Maures , le 15 du même mois , generalement
regretté des Officiers et des Soldats.
Il commandoit les Troupes Espagnoles , comme
Colonel de jour.
D. Louise-Césarine de Conflans , veuve de
Mre Emmanuel de Proisy , Marquis de Morfontaines
, mourut le 19 Juin , en son Château de
Bouleuze en Champagne , dans la 86 année de
son âge. Elle étoit fille de Christophe de Confans
, Comte de Vezilly , Seigneur de Bouleuze,
de Poilly , &c. Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy Louis XIII . et Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux Legers de cent
Maîtres , en 1635 et de D.Magdeleine de Chastillon
sur Marne , de la branche des Seigneurs
de Marigny , qui mourut veuve le 1 Septembre
1683 .
JUILLET. 1733. 1677
1683. La Marquise de Morfontaines , dont on
rapporte la mort , a eu pour fille unique, Louise
de Proisy de Morfontaines , mariée avec Emmanuel
de Hallencourt , Marquis de Dromesnil ,
cy- devant Capitaine- Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux Legers Dauphins , et frere de
Charles François de Hallencourt de Dromesnil
Evêque de Verdun ; duquel mariage est venue
une fille , qui a épousé en 1726. à l'âge de 19
ans , Charles Brulart , Marquis de Genlis . La
Généalogie de la Maison de Conflans , qui est
une branche de l'ancienne Maison de Briénne, est
rapportée dans le 6 tom . des Grands Officiers de
la Couronne , à l'article des Connétables , page
142.
?
D. Marguerite de Mareau de Villeregis , veuve
en premieres nôces de Maximilien - Claude- Franfois
, Comte de Gomiecourt , mort le 13 Mars
1665. et en secondes , depuis le 21 Septembre
1689 de Louis de Mailly , Seigneur du Fresnoy
Fécamp , la Neuville , &c. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Capitaine- Lieu
tenant des Gensdarmes du Princ de Condé
mourut à Paris , le Juin , dans la 93 année
de son âge , et fut inhumée à S. Nicolas des
Champs , dans la Sépulture de sa famille. Elle a
laissé de son second mariage un fils , appellé le
Comte de Mailly , qui n'est point marié , et Elizabeth
de Mailly, mariée en 1708.avec Joachim
de la Viefville, Seigneur de Plainville , Levremont,
Rouville , Chevalier de l'Ordre Militaire de saint
Louis , et Capitaine de Vaisseaux du Roy .
Pierre-Antoine Rouillé , Seigneur de S. Seine,
Ville-Sery , Arnay , &c . Président honoraire au
Grand Conseil , mourut le Juin , âgé d'environ
to ans , il avoit été marié le 29 Mars
f
1708
1678 MERCURE DE FRANCE
4708. avec Anne le Gouz , seconde fille de Benoît
- Etienne le Gouz - Maillard , Seigneur de Seine
Ville-Serye Arnay , Président au Parle
ment de Dijon , et d'Anne Berthier.
Charles-Emmanuel de Baufremont , Barón de
Secy , Abbe commandataire des Abbaïes de saint
Pierre de Luxeuil, et de S. Paul de Besançon ,
mourut le 27 Juin , âgé de 69 ans , il étoit oncle
de Louis - Benigne de Baufremont , Marquis de
Clairvaulx , et de Listenois , Comte de Poligny
Rand , Durue , Baron de Traves , Ressin , Montsogeon
, & c. Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'or , Biigadier des Armées du Roy , du 1 Fevrier
1719 , et cy-devant Mestre de Camp d'un
Régiment de Dragons , lequel a été marié le s
Mars 1712 avec D Helene de Courtenay , la
derniere de sa Maison , dont il a plusieurs fils ;
Paîné appelié le Marquis de Baufremont , qui a
été fat à l'âge de 18 ans , au mois de Decembre,
Mestre de Camp du Regiment de Dragon ,
qu'avoit son pere , et dans lequel il étoit Capitaine
.
<
Fréderic-Jules de la Tour , appellé le Prince
d'Auvergne, mourut à Paris le 28 Juin , après
une longue maladie , dans la 62 année de son
age , étant né le 2 May 1672. Il étoit fils puîné
de Godefroi- Maurice de la Tour , Duc de Bouilton,
d'Albret, et de Château- Thierry , Pair et Grand
Chambelian de France , mort le 25 Juillet 1721.
et de Marie-Anne Mancini , morte le 21 Juin
1914. il avoit été autrefois connu sous le nom
de Chevalier de Bouillon étant Chevalier
Grand Croix de l'Ordre de S. Jean de Jérusalem
, qu'il quitta et prit ensuite le titre de Prince
d'Auvergne. Il avoit été marié le 17 Janvier
1720, avec Catherine Olive de Trantes , fille de
-
Pa
JUILLET. 1733. 1679
Patrice de Trantes,Chevalier, Baron , et d'Irlande,
Grand Trésorier d'Angleterre , sous le 1tgne de
Jacques II. qu'il suivit en France en 1689. et de
D. Eleonore de Nagle de Monamini , il en avoit
eu deux fils et une fille , mais ils sont morts en
bas âge.
9
D. Marie-Anne Foucault , veuve depuis le 14
Mars 1705. de François Petit de Villeneuve ,
Conseiller honoraire en la Cour des Ayces
mourut à Paris le 30 Juin , âgée de 85 ans ; elle
étoit soeur de Jos ph- Nicolas Foucault , Marquis
de Magny , Conseiller d'Etat ordinaire
mort le 8 Février 1721 et elle avoit tu deux
fils tous deux Présidens en la Cour des
Aydes ; l'aîné , mort l 2.4 Decembre 1751
laissant des enfans en bas áge ; le cadet étoit
mort dès le 7 Mars 1710. à l'âge de 23 ans
n'ayant laissé qu'une filie unique , Lonmée Marie-
Anne Petit de Villeneuve , née au mois de
Juillet 1709. qui a été mariée le 19 Juillet 1728,
avec Jean Baptiste Maximilien le Feron, Seigneur
du Plessis Maître des Requêtes.
Frere Nicolas de Geraldin , Chevalier , Grand
Croix , de l'Ordre de Saint Jean de Jerusalem ,
Grand Prieur titulaire d'Angleterre , Commandeur
de la Commanderie Magistrale de Metz ,
mourut au Château de S. Symphorien, en basse-
Normandie , le 29 Juin , âgé de 40 ans.
Claude de la Villeneuve de Languedouë , Seigneur
d'Ossonville et Ansonville , dans le Pais Chartrain
, Enseigne au Régiment des Gardes- Françoises
, et auparavant Doyen des Pages des Ecuries
du Roy , mourut à Draveil sur Seine, à l'âge
d'environ 26 ans , le 7 Juillet , sans avoir été
marié.
Jean-Baptiste d'Audiffret , Gentilhomme Provençal
160 MER CURE DE FRANCE
vençal , de la Ville de Marseille , cy.devant En
voyé Extraordinaire du Roy , auprès de S.A.R.
le Duc de Lorraine, mourut à Nancy le 9 Juillet,
âgé d'environ 76 ans , et fut inhumé avec beau
coup de pompe ; son Convoi ayant été accompagné
d'un détachement des Gardes du Duc de
Lorraine , et un grand nombre de personnes de
considération y ayant assisté.
Il fut nommé le 20 Février 1698. par le Roy,
son Envoïé extraordinaire auprès des Ducs de
Mantouë , de Parme et de Modene, et ayant été
rappellé d'Italie , il fut choisi au mois de Juillet
1703. pour aller résider avec le même caractere
d'Envoyé extraordinaire à la Cour de Lorraine.
Il remplit ce poste jusqu'au 29 Jain de
l'année derniere 1732. qu'il prit à Luneville son
audience de congé de la Duchesse doüairiere de
Lorraine. Ses longs services avoient été recompensez
au mois de Septembre dernier d'une pension
de 3000 liv. Il étoit cousin germain de
M. d'Audiffret , Maréchal des Camps et Aimées
du Roy , Gouverneur du Château d'If et Isles de
Marseille .
Charles de la Grange -Trianon , Diacre , Chahoine
Jubilaire de l'Eglise Métropolitaine de Paris
, Abbé Comandataire de l'Abbaye de saint
Sever , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Coutances
, Prieur des Prieurez de S. Martin du Vieil ,
Bellesme , de S.. Maxire , Diocèse de la Rochelle ,
et d'Yvette , près Chevreuse , Conseiller en la
Grand- Chambre du Parlement , et Doyen des
Conseillers Clercs , mourut le 10. Juillet en sa
Maison Claustrale, dans la 80, année de son âge,
étant né à Paris le 23. Aqût 1653. d'un Faruille
très-ancienne et illustre dans la Robbe , qui finit
en sa personne. L'Abbé de la Grange avoit été
reçû
JUILLET.
1733. 1631
reçû Chanoine de Paris, le 3. Avril 1679. et Conseiller
au Parlement le 13. May 1682. et il avoit
obtenu l'Abbaye de S. Sever en 1694. Il a nommé
pour son Executeur Testamentaire M. d'Argouges,
Lieutenant Civil, auquel il fait un présent
de 4. Tableaux de prix . Il avoit fait l'année deɛniere
une donation de soooo. livres au Chapitre
de Notre Dame pour l'entretien des Orgues de
l'Eglise , à la charge d'un annuel après sa mort.
Par la mort de l'Abbé de la Grange , Jean-
Baptiste Pajot de Dampierre , Soudiacre , Chanoine
de l'Eglise de Paris , depuis le 14. Octobre
1709. et Abbé de S. Loup , Diocèse de Troyes ,
du mois de Janvier 1731. Conseiller en la cinquiéme
Chambre des Enquêtes , reçû le 17. Juillet
1715. fut appellé et monta à la Grand- Chainbre
le même jour 10. Juillet 1733.
D. Marie Regnault , Veuve en premieres Nôces
d'Edme Roger du Perron , Seigneur de Corcelles ,
Intendant pour le Roy à Cazal et à Pignerol , et
en secondes , depuis le premier Avril 1720. de
Jean- Pierre Chuberé , Conseiller , Secretaire du
Roy , Maison , Couronne de France et de ses Finances
, Avocat au Parlement , et ancien Bâton→
nier , Banquier Expeditionnaire en Cour de Rome
et Legations , mourut à Paris le 13. Juillet ,
ayant eu de son premier Mary une fille mariée
avec Pierre d'Hariague , Seigneur d'Auneau en
Beauce , Secretaire du Roy , et cy-devant Trésorier
de la Maison d'Orleans , et de son second ,
Marie- Louise Chuberé , mariée le 3. Septembre
1714. avec Jean-Baptiste- Auguste le Rebours ,
Seigneur de S. Mard sur le Mont , Conseiller au
Parlement de Paris , et morte le 29. Juin 1729.
â l'âge de 36. ans.
D. Jeanne Duranti , veuve depuis le 12. Dé
K cembre
1632 MERCURE DE FRANCE
cembre 1708, de Denis Marsollier , Conseiller au
Grand Conseil , mourut à Paris en la Capitainerie
du Louvre le 14. Juillet , dans la 92. année
de son âge , étant née au mois de May 1645 .
Elle laisse une fille unique , Epouse de Louis de
Nyert , Marquis de Gambais , Seigneur de Neuville
, Gentilhomme ordinaire du Roy , et son
premier Valet de Chambre , Gouverneur de Limoges
, Bailly de Gray , en Franche - Comté , et
Capitaine- Concierge du Château du Louvre.
D. Anno de Casteras de la Riviere , Baronne
de Conflans , Epouse de Michel - Jean- Baptiste
Charon , Marquis de Ménars , Brigadier des Armées
du Roy , Capitaine des Chasses de la Capitainerie
de Blois , Gouverneur du Château de
Blois , Chevalier de S. Louis , accoucha le 26
Juin , d'une fille , qui fut nommée Anne.
D. Marie-Elisabeth de S. Simon , Epouse de
Claude Roland, Comte de Laval - Montmorency,
Maréchal des Camps et Armées du Roy , Gouverneur
de Philippeville , accoucha le 27 Juin ,
d'une fille, qui fut nommée Henriette - Charlotte,
par Henry de S. Simon , Colonnel du Régiment
de S. Simon , et par D. Marie Jeanne- Louise
Bouin d'Angervilliers , Epouse du Marquis de
Ruffec , Grand d'Espagne,
D. Genevieve- Adelaide- Félicité Do , Epouse
de Louis de Brancas , Duc de Lauragais , Pair de
France , accoucha le 3 Juillet , d'un fils , qui for
nommé Louis- Léon-Félicité , par Léon de Ma
daillan de Lesparre , Comte de Lassay ; et par
D, Marie-Angelique Fremin de Moras , Epouse
de Louis- Antoine de Brancas , Duc de Villars ,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy.
Na appris d'Oran que Jean - Sebastien
Hue de Miromenil , cy- devant Colonel du
Regiment de Querci en France , y étoit mort
des blessures reçues à la journée du 10 Juin ,
contre les Maures , le 15 du même mois , generalement
regretté des Officiers et des Soldats.
Il commandoit les Troupes Espagnoles , comme
Colonel de jour.
D. Louise-Césarine de Conflans , veuve de
Mre Emmanuel de Proisy , Marquis de Morfontaines
, mourut le 19 Juin , en son Château de
Bouleuze en Champagne , dans la 86 année de
son âge. Elle étoit fille de Christophe de Confans
, Comte de Vezilly , Seigneur de Bouleuze,
de Poilly , &c. Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy Louis XIII . et Capitaine
d'une Compagnie de Chevaux Legers de cent
Maîtres , en 1635 et de D.Magdeleine de Chastillon
sur Marne , de la branche des Seigneurs
de Marigny , qui mourut veuve le 1 Septembre
1683 .
JUILLET. 1733. 1677
1683. La Marquise de Morfontaines , dont on
rapporte la mort , a eu pour fille unique, Louise
de Proisy de Morfontaines , mariée avec Emmanuel
de Hallencourt , Marquis de Dromesnil ,
cy- devant Capitaine- Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux Legers Dauphins , et frere de
Charles François de Hallencourt de Dromesnil
Evêque de Verdun ; duquel mariage est venue
une fille , qui a épousé en 1726. à l'âge de 19
ans , Charles Brulart , Marquis de Genlis . La
Généalogie de la Maison de Conflans , qui est
une branche de l'ancienne Maison de Briénne, est
rapportée dans le 6 tom . des Grands Officiers de
la Couronne , à l'article des Connétables , page
142.
?
D. Marguerite de Mareau de Villeregis , veuve
en premieres nôces de Maximilien - Claude- Franfois
, Comte de Gomiecourt , mort le 13 Mars
1665. et en secondes , depuis le 21 Septembre
1689 de Louis de Mailly , Seigneur du Fresnoy
Fécamp , la Neuville , &c. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Capitaine- Lieu
tenant des Gensdarmes du Princ de Condé
mourut à Paris , le Juin , dans la 93 année
de son âge , et fut inhumée à S. Nicolas des
Champs , dans la Sépulture de sa famille. Elle a
laissé de son second mariage un fils , appellé le
Comte de Mailly , qui n'est point marié , et Elizabeth
de Mailly, mariée en 1708.avec Joachim
de la Viefville, Seigneur de Plainville , Levremont,
Rouville , Chevalier de l'Ordre Militaire de saint
Louis , et Capitaine de Vaisseaux du Roy .
Pierre-Antoine Rouillé , Seigneur de S. Seine,
Ville-Sery , Arnay , &c . Président honoraire au
Grand Conseil , mourut le Juin , âgé d'environ
to ans , il avoit été marié le 29 Mars
f
1708
1678 MERCURE DE FRANCE
4708. avec Anne le Gouz , seconde fille de Benoît
- Etienne le Gouz - Maillard , Seigneur de Seine
Ville-Serye Arnay , Président au Parle
ment de Dijon , et d'Anne Berthier.
Charles-Emmanuel de Baufremont , Barón de
Secy , Abbe commandataire des Abbaïes de saint
Pierre de Luxeuil, et de S. Paul de Besançon ,
mourut le 27 Juin , âgé de 69 ans , il étoit oncle
de Louis - Benigne de Baufremont , Marquis de
Clairvaulx , et de Listenois , Comte de Poligny
Rand , Durue , Baron de Traves , Ressin , Montsogeon
, & c. Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'or , Biigadier des Armées du Roy , du 1 Fevrier
1719 , et cy-devant Mestre de Camp d'un
Régiment de Dragons , lequel a été marié le s
Mars 1712 avec D Helene de Courtenay , la
derniere de sa Maison , dont il a plusieurs fils ;
Paîné appelié le Marquis de Baufremont , qui a
été fat à l'âge de 18 ans , au mois de Decembre,
Mestre de Camp du Regiment de Dragon ,
qu'avoit son pere , et dans lequel il étoit Capitaine
.
<
Fréderic-Jules de la Tour , appellé le Prince
d'Auvergne, mourut à Paris le 28 Juin , après
une longue maladie , dans la 62 année de son
age , étant né le 2 May 1672. Il étoit fils puîné
de Godefroi- Maurice de la Tour , Duc de Bouilton,
d'Albret, et de Château- Thierry , Pair et Grand
Chambelian de France , mort le 25 Juillet 1721.
et de Marie-Anne Mancini , morte le 21 Juin
1914. il avoit été autrefois connu sous le nom
de Chevalier de Bouillon étant Chevalier
Grand Croix de l'Ordre de S. Jean de Jérusalem
, qu'il quitta et prit ensuite le titre de Prince
d'Auvergne. Il avoit été marié le 17 Janvier
1720, avec Catherine Olive de Trantes , fille de
-
Pa
JUILLET. 1733. 1679
Patrice de Trantes,Chevalier, Baron , et d'Irlande,
Grand Trésorier d'Angleterre , sous le 1tgne de
Jacques II. qu'il suivit en France en 1689. et de
D. Eleonore de Nagle de Monamini , il en avoit
eu deux fils et une fille , mais ils sont morts en
bas âge.
9
D. Marie-Anne Foucault , veuve depuis le 14
Mars 1705. de François Petit de Villeneuve ,
Conseiller honoraire en la Cour des Ayces
mourut à Paris le 30 Juin , âgée de 85 ans ; elle
étoit soeur de Jos ph- Nicolas Foucault , Marquis
de Magny , Conseiller d'Etat ordinaire
mort le 8 Février 1721 et elle avoit tu deux
fils tous deux Présidens en la Cour des
Aydes ; l'aîné , mort l 2.4 Decembre 1751
laissant des enfans en bas áge ; le cadet étoit
mort dès le 7 Mars 1710. à l'âge de 23 ans
n'ayant laissé qu'une filie unique , Lonmée Marie-
Anne Petit de Villeneuve , née au mois de
Juillet 1709. qui a été mariée le 19 Juillet 1728,
avec Jean Baptiste Maximilien le Feron, Seigneur
du Plessis Maître des Requêtes.
Frere Nicolas de Geraldin , Chevalier , Grand
Croix , de l'Ordre de Saint Jean de Jerusalem ,
Grand Prieur titulaire d'Angleterre , Commandeur
de la Commanderie Magistrale de Metz ,
mourut au Château de S. Symphorien, en basse-
Normandie , le 29 Juin , âgé de 40 ans.
Claude de la Villeneuve de Languedouë , Seigneur
d'Ossonville et Ansonville , dans le Pais Chartrain
, Enseigne au Régiment des Gardes- Françoises
, et auparavant Doyen des Pages des Ecuries
du Roy , mourut à Draveil sur Seine, à l'âge
d'environ 26 ans , le 7 Juillet , sans avoir été
marié.
Jean-Baptiste d'Audiffret , Gentilhomme Provençal
160 MER CURE DE FRANCE
vençal , de la Ville de Marseille , cy.devant En
voyé Extraordinaire du Roy , auprès de S.A.R.
le Duc de Lorraine, mourut à Nancy le 9 Juillet,
âgé d'environ 76 ans , et fut inhumé avec beau
coup de pompe ; son Convoi ayant été accompagné
d'un détachement des Gardes du Duc de
Lorraine , et un grand nombre de personnes de
considération y ayant assisté.
Il fut nommé le 20 Février 1698. par le Roy,
son Envoïé extraordinaire auprès des Ducs de
Mantouë , de Parme et de Modene, et ayant été
rappellé d'Italie , il fut choisi au mois de Juillet
1703. pour aller résider avec le même caractere
d'Envoyé extraordinaire à la Cour de Lorraine.
Il remplit ce poste jusqu'au 29 Jain de
l'année derniere 1732. qu'il prit à Luneville son
audience de congé de la Duchesse doüairiere de
Lorraine. Ses longs services avoient été recompensez
au mois de Septembre dernier d'une pension
de 3000 liv. Il étoit cousin germain de
M. d'Audiffret , Maréchal des Camps et Aimées
du Roy , Gouverneur du Château d'If et Isles de
Marseille .
Charles de la Grange -Trianon , Diacre , Chahoine
Jubilaire de l'Eglise Métropolitaine de Paris
, Abbé Comandataire de l'Abbaye de saint
Sever , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Coutances
, Prieur des Prieurez de S. Martin du Vieil ,
Bellesme , de S.. Maxire , Diocèse de la Rochelle ,
et d'Yvette , près Chevreuse , Conseiller en la
Grand- Chambre du Parlement , et Doyen des
Conseillers Clercs , mourut le 10. Juillet en sa
Maison Claustrale, dans la 80, année de son âge,
étant né à Paris le 23. Aqût 1653. d'un Faruille
très-ancienne et illustre dans la Robbe , qui finit
en sa personne. L'Abbé de la Grange avoit été
reçû
JUILLET.
1733. 1631
reçû Chanoine de Paris, le 3. Avril 1679. et Conseiller
au Parlement le 13. May 1682. et il avoit
obtenu l'Abbaye de S. Sever en 1694. Il a nommé
pour son Executeur Testamentaire M. d'Argouges,
Lieutenant Civil, auquel il fait un présent
de 4. Tableaux de prix . Il avoit fait l'année deɛniere
une donation de soooo. livres au Chapitre
de Notre Dame pour l'entretien des Orgues de
l'Eglise , à la charge d'un annuel après sa mort.
Par la mort de l'Abbé de la Grange , Jean-
Baptiste Pajot de Dampierre , Soudiacre , Chanoine
de l'Eglise de Paris , depuis le 14. Octobre
1709. et Abbé de S. Loup , Diocèse de Troyes ,
du mois de Janvier 1731. Conseiller en la cinquiéme
Chambre des Enquêtes , reçû le 17. Juillet
1715. fut appellé et monta à la Grand- Chainbre
le même jour 10. Juillet 1733.
D. Marie Regnault , Veuve en premieres Nôces
d'Edme Roger du Perron , Seigneur de Corcelles ,
Intendant pour le Roy à Cazal et à Pignerol , et
en secondes , depuis le premier Avril 1720. de
Jean- Pierre Chuberé , Conseiller , Secretaire du
Roy , Maison , Couronne de France et de ses Finances
, Avocat au Parlement , et ancien Bâton→
nier , Banquier Expeditionnaire en Cour de Rome
et Legations , mourut à Paris le 13. Juillet ,
ayant eu de son premier Mary une fille mariée
avec Pierre d'Hariague , Seigneur d'Auneau en
Beauce , Secretaire du Roy , et cy-devant Trésorier
de la Maison d'Orleans , et de son second ,
Marie- Louise Chuberé , mariée le 3. Septembre
1714. avec Jean-Baptiste- Auguste le Rebours ,
Seigneur de S. Mard sur le Mont , Conseiller au
Parlement de Paris , et morte le 29. Juin 1729.
â l'âge de 36. ans.
D. Jeanne Duranti , veuve depuis le 12. Dé
K cembre
1632 MERCURE DE FRANCE
cembre 1708, de Denis Marsollier , Conseiller au
Grand Conseil , mourut à Paris en la Capitainerie
du Louvre le 14. Juillet , dans la 92. année
de son âge , étant née au mois de May 1645 .
Elle laisse une fille unique , Epouse de Louis de
Nyert , Marquis de Gambais , Seigneur de Neuville
, Gentilhomme ordinaire du Roy , et son
premier Valet de Chambre , Gouverneur de Limoges
, Bailly de Gray , en Franche - Comté , et
Capitaine- Concierge du Château du Louvre.
D. Anno de Casteras de la Riviere , Baronne
de Conflans , Epouse de Michel - Jean- Baptiste
Charon , Marquis de Ménars , Brigadier des Armées
du Roy , Capitaine des Chasses de la Capitainerie
de Blois , Gouverneur du Château de
Blois , Chevalier de S. Louis , accoucha le 26
Juin , d'une fille , qui fut nommée Anne.
D. Marie-Elisabeth de S. Simon , Epouse de
Claude Roland, Comte de Laval - Montmorency,
Maréchal des Camps et Armées du Roy , Gouverneur
de Philippeville , accoucha le 27 Juin ,
d'une fille, qui fut nommée Henriette - Charlotte,
par Henry de S. Simon , Colonnel du Régiment
de S. Simon , et par D. Marie Jeanne- Louise
Bouin d'Angervilliers , Epouse du Marquis de
Ruffec , Grand d'Espagne,
D. Genevieve- Adelaide- Félicité Do , Epouse
de Louis de Brancas , Duc de Lauragais , Pair de
France , accoucha le 3 Juillet , d'un fils , qui for
nommé Louis- Léon-Félicité , par Léon de Ma
daillan de Lesparre , Comte de Lassay ; et par
D, Marie-Angelique Fremin de Moras , Epouse
de Louis- Antoine de Brancas , Duc de Villars ,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES.
En juin et juillet 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Jean-Sébastien Hue de Miromenil, colonel du régiment de Quercy, est mort des blessures reçues lors d'un combat contre les Maures le 15 juin. Louise-Césarine de Conflans, veuve d'Emmanuel de Proisy, marquis de Morfontaines, est décédée le 19 juin à l'âge de 86 ans. Marguerite de Mareau de Villeregis, veuve de Louis de Mailly, est morte à Paris en juin à l'âge de 93 ans. Pierre-Antoine Rouillé, seigneur de Saint-Seine, est décédé en juin à l'âge d'environ 70 ans. Charles-Emmanuel de Baufremont, baron de Secy, est mort le 27 juin à l'âge de 69 ans. Frédéric-Jules de la Tour, prince d'Auvergne, est décédé à Paris le 28 juin à l'âge de 62 ans. Marie-Anne Foucault, veuve de François Petit de Villeneuve, est morte à Paris le 30 juin à l'âge de 85 ans. Frère Nicolas de Geraldin, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est décédé le 29 juin à l'âge de 40 ans. Claude de la Villeneuve de Languedouë, enseigne au régiment des Gardes-Françoises, est mort à Draveil sur Seine le 7 juillet à l'âge d'environ 26 ans. Jean-Baptiste d'Audiffret, envoyé extraordinaire du roi auprès du duc de Lorraine, est décédé à Nancy le 9 juillet à l'âge d'environ 76 ans. Charles de la Grange-Trianon, chanoine et abbé commandataire, est mort le 10 juillet à l'âge de 80 ans. Marie Regnault, veuve de Jean-Pierre Chuberé, est décédée à Paris le 13 juillet. Jeanne Duranti, veuve de Denis Marsollier, est morte à Paris le 14 juillet à l'âge de 92 ans. Parmi les naissances, Anne de Casteras de la Rivière, baronne de Conflans, a accouché d'une fille nommée Anne le 26 juin. Marie-Élisabeth de Saint-Simon, épouse de Claude Roland, comte de Laval-Montmorency, a donné naissance à une fille nommée Henriette-Charlotte le 27 juin. Geneviève-Adélaïde-Félicité de Durfort, épouse de Louis de Brancas, duc de Lauragais, a accouché d'un fils nommé Louis-Léon-Félicité le 3 juillet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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325
p. 1683-1686
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DE POLICE, du 5. Juin, portant défenses aux Prop[r]ietaires [...]
Mots clefs :
Châtelet, Roi, Procureur général du roi, Foire Saint-Laurent, Procédures criminelles, Congrégation de Saint-Maur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLE S.
RDONNANCE DE POLICE , du
5. Juin , portant défenses aux Proptietaires
et Locataires des Maisons voisines de la Foire
S. Laurent , d'en louer aucunes parties pendant
ladite Foire , sans la participation de Maître Aubert
, Commissaire préposé à cet effet.
ORDONNANCE DE de
AUTRE du 19. Juin , portant Reglement
de ce qui doit être observé pendant la tenue de
de la Foite S. Laurent , par les Marchands de Paris
et Forains , qui y sont établis pour la vente de
leurs Marchandises , Denrées , & c.
›
ARREST du Parlement, du 2 . Juillet 1733
sur les Procedures criminelles du Châtelet de Paris
, &c.
Ce jour , le Procureur General du Roy entre
en la Chambre de la Tournelle , à l'occasion de
la plainte rendue au Commissaire Charles , le 20 .
Juin dernier par Anne-Catherine Miotte , femme
de René Hatte , Fermier General , et Marie Viart,
femme Boiron , sa Domestique ; le Substitut du
Procureur General du Roy au Châtelet , le Gref,
fiet dépositaire des Registres ctiminels dudit Châ.
telet , et Charles Charles , Commissaire audit Châ.
relet , mandez rendre
pour
de leur conduite
, ouis en présence du Procureur General du
Roy. Eux retirez , et oùy le Procureur General
du Roy :
compte
La matiere mise en déliberation.
La Cour a ordonné et ordonne que l'Art . 18.
du Tit. VI. de POrdonnance de 1670. Arrêts et
Reglemens de la Cour seront executez selon leur
Kij for1684
MERCURE DE FRANCE
forme et teneur , et en conséquence , qu'à comp
ter de ce jour , il sera fait au Châtelet un nouveau
Registre relié et chiffré , lequel contiendra au premier
feuillet le nombre de ceux dont il sera composé
, cotté et pataphé en tous ses feuillets par
le Lieutenant Criminel , pour être au Greffe Criminel
du Châtelet , enregistré toutes les Procedures
qui seront faites ou apportées audit Greffe
et leur datte ; ensemble le nom et la qualité du
Juge et de la Partie de suite et sans aucun blanc ,
sur lequel le Substitut du Procureur General du
Roy et autres Officiers du Châtelet qui doivent
prendre communication desdites pieces , seront
tenus de se charger en marge de l'enregistrement
d'icelles , et lesquels seront déchargez sur ledit
Registre lors du rapport desdites Pieces ; donné
Acte au Procureur General du Roy , de la plainte
qu'il rend de la soustraction de la premiere expedition
de la plainte du 20. Juin dernier , lui permet
de faire informer dudit fait , circonstances et
dépendances pardevant Me Louis -François Symonet
, Conseiller en la Cour , pour l'information
faite , communiquée au Procureur General du
Roy , et vu par la Cour , être ordonné ce que de
raison , à l'effet de quoi ordonne que le Registre,
des dépôts du Châtelet , apporté par le Greffier
Criminel du Châtelet , et laissé sur le Bureau , sera
déposé au Greffe criminel de la Cour ; et faisant
droit sur les Conclusions du Procureur General
du Roy , ordonne
que le Procès
encommencé
au
Châtelet
sur les faits résultans
de la plainte
rendue
par Anne-Catherine
Miotte
, femme
René
Hatte
, Fermier
General
, et Marie
Viard
, femme
Boiron
, sa Domestique
, au Commissaire
Charles
, le 20. Juin dernier
, sera continué
, fait et
parfait
en la Cour , aux Auteurs
, Complices
et.
Adherans
, des faits mentionnez
en ladite
plainte
,
er à cet effet que ladite
plainte
et autres
procedu
res
JUILLET. 1733. 1685
res qui peuvent avoir été faites , seront apportées ›
au Greffe Criminel de la Cour : Et que le présent
Arrêt sera lû et publié , l'Audiance du Parc Civil
du Châtelet tenante , registré ès Registres dudit
Châtelet , imprimé , publié et affiché par tout où
besoin sera. Fait en Parlement le 2. Juillet 1733- >
Collationné , DRQUET. Signé , PINTEREL.
ARREST du Conseil , du 26. Juillet 1733-
dont voici la teneur.
Le Roy s'étant fait représnter une feülle imprimée
sans nom d'Auteur ou d'Imprimeur , sans
Privilege ni Permission , sous le titre de Formulaire
proposé par M. l'Archevêque de Tours , au
Chapitre general des Benedictins de la Congrégation
de S. Maur , le 3. Juillet 1733. au bas de laquelle
est un autre Ecrit intitulé , Déclaration
proposée pour être mise au bas des signatures du
Formulaire précedent : Sa Majesté auroit été en
même temps , informée , que des esprits inquiets
et mal intentionnez font tous leurs efforts pour
obtenir ou surprendre des signatures de plusieurs
Religioux de la Congregation de Saint Maur , et
former entre eux une espece d'associacion , dant
la vûë de s'opposer à ce qui s'est fait auditChapitre
general ; à quoy étant necessaire de pourvoir , non
seulement pour empécher tout ce qui pourroit
troubler la paix dans l'interieur de cette Congregation
, mais pour affermir de plus en plus la tran
quillité publique , Sa Majesté étant en son Conseil
, a ordonné et ordonne que ladite feuille im→
primée sous le titre de Formulaire proposé par M.
l'Archevêque de Tours , au Chapitre general des
Benedictins de la Congregation de Saint Maur , le
3. Juillet 1733. au bas de laquelle est un autre
écrit intitulé , Declaration propofée pour être miſe au
bas des fignatures du Formulaire precedent , sera et
demeurera supprimée : Enjoint Sa Majesté à tous
ceux
166 MERCURE DE FRANCE
ceux qui en ont des exemplaires , de les remettret
incessamment au Greffe du Sieur Herault,Conseillier
d'Estat , Lieutenant general de Police de la
Ville de Paris , pour y être supprimez : Fait def
fenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs.
et autres , de quelque état et condition qu'ils
soient , den vendre , débiter , ou autrement dis
tribuer , à peine de punition exemplaire. Ordonne
en outre Sa Majesté, que par le Sieur de Lesseville
Interdans et Commissaire départi dans la Genera
Fré de Tours , il sera informé contre ceux qui sollicitent
des signatures , ou associations , pour s'opposer
aux decrets dudit Chapitre general de la
Congregation de Saint Maur ; lui permettant de
subdeleguer tel Officier , ou Gradué , avec tel
Greffer qu'il jugera à propos , pour proceder à
ladite information, à la requête de celui qu'il comfaire
la fonction de Procureur du Roy.
Veut et ordonne Sa Majesté , qu'il soit pareillement
informé des faits cy-dessus marquez , par Iddit
Sieur Herault, Conseiller d'Etat , Lieutenant general
de Poice , à la requête du Sieur Moreau Procureur
du Roy au Châtelet , à l'égard de ce qui
peut s'être passé dans l'étendue de la Ville ,Prevôté
et Vicomté de Paris , pour les informations faites
et rapportées , y être pourvû ainsi qu'il appar-.
tiendra par Sa Majesté ; laquelle se reserve la connoissance
de toutes les difficultez ou contestations
qui pourroit avoir été formées , ou l'être dans la
suite , au sujet dudit Chapitre , et de ce qui s'y
seroit passé , Sa Majesté interdisant ladite Con
noissance à toutes ses Cours et autres Juges &c.
RDONNANCE DE POLICE , du
5. Juin , portant défenses aux Proptietaires
et Locataires des Maisons voisines de la Foire
S. Laurent , d'en louer aucunes parties pendant
ladite Foire , sans la participation de Maître Aubert
, Commissaire préposé à cet effet.
ORDONNANCE DE de
AUTRE du 19. Juin , portant Reglement
de ce qui doit être observé pendant la tenue de
de la Foite S. Laurent , par les Marchands de Paris
et Forains , qui y sont établis pour la vente de
leurs Marchandises , Denrées , & c.
›
ARREST du Parlement, du 2 . Juillet 1733
sur les Procedures criminelles du Châtelet de Paris
, &c.
Ce jour , le Procureur General du Roy entre
en la Chambre de la Tournelle , à l'occasion de
la plainte rendue au Commissaire Charles , le 20 .
Juin dernier par Anne-Catherine Miotte , femme
de René Hatte , Fermier General , et Marie Viart,
femme Boiron , sa Domestique ; le Substitut du
Procureur General du Roy au Châtelet , le Gref,
fiet dépositaire des Registres ctiminels dudit Châ.
telet , et Charles Charles , Commissaire audit Châ.
relet , mandez rendre
pour
de leur conduite
, ouis en présence du Procureur General du
Roy. Eux retirez , et oùy le Procureur General
du Roy :
compte
La matiere mise en déliberation.
La Cour a ordonné et ordonne que l'Art . 18.
du Tit. VI. de POrdonnance de 1670. Arrêts et
Reglemens de la Cour seront executez selon leur
Kij for1684
MERCURE DE FRANCE
forme et teneur , et en conséquence , qu'à comp
ter de ce jour , il sera fait au Châtelet un nouveau
Registre relié et chiffré , lequel contiendra au premier
feuillet le nombre de ceux dont il sera composé
, cotté et pataphé en tous ses feuillets par
le Lieutenant Criminel , pour être au Greffe Criminel
du Châtelet , enregistré toutes les Procedures
qui seront faites ou apportées audit Greffe
et leur datte ; ensemble le nom et la qualité du
Juge et de la Partie de suite et sans aucun blanc ,
sur lequel le Substitut du Procureur General du
Roy et autres Officiers du Châtelet qui doivent
prendre communication desdites pieces , seront
tenus de se charger en marge de l'enregistrement
d'icelles , et lesquels seront déchargez sur ledit
Registre lors du rapport desdites Pieces ; donné
Acte au Procureur General du Roy , de la plainte
qu'il rend de la soustraction de la premiere expedition
de la plainte du 20. Juin dernier , lui permet
de faire informer dudit fait , circonstances et
dépendances pardevant Me Louis -François Symonet
, Conseiller en la Cour , pour l'information
faite , communiquée au Procureur General du
Roy , et vu par la Cour , être ordonné ce que de
raison , à l'effet de quoi ordonne que le Registre,
des dépôts du Châtelet , apporté par le Greffier
Criminel du Châtelet , et laissé sur le Bureau , sera
déposé au Greffe criminel de la Cour ; et faisant
droit sur les Conclusions du Procureur General
du Roy , ordonne
que le Procès
encommencé
au
Châtelet
sur les faits résultans
de la plainte
rendue
par Anne-Catherine
Miotte
, femme
René
Hatte
, Fermier
General
, et Marie
Viard
, femme
Boiron
, sa Domestique
, au Commissaire
Charles
, le 20. Juin dernier
, sera continué
, fait et
parfait
en la Cour , aux Auteurs
, Complices
et.
Adherans
, des faits mentionnez
en ladite
plainte
,
er à cet effet que ladite
plainte
et autres
procedu
res
JUILLET. 1733. 1685
res qui peuvent avoir été faites , seront apportées ›
au Greffe Criminel de la Cour : Et que le présent
Arrêt sera lû et publié , l'Audiance du Parc Civil
du Châtelet tenante , registré ès Registres dudit
Châtelet , imprimé , publié et affiché par tout où
besoin sera. Fait en Parlement le 2. Juillet 1733- >
Collationné , DRQUET. Signé , PINTEREL.
ARREST du Conseil , du 26. Juillet 1733-
dont voici la teneur.
Le Roy s'étant fait représnter une feülle imprimée
sans nom d'Auteur ou d'Imprimeur , sans
Privilege ni Permission , sous le titre de Formulaire
proposé par M. l'Archevêque de Tours , au
Chapitre general des Benedictins de la Congrégation
de S. Maur , le 3. Juillet 1733. au bas de laquelle
est un autre Ecrit intitulé , Déclaration
proposée pour être mise au bas des signatures du
Formulaire précedent : Sa Majesté auroit été en
même temps , informée , que des esprits inquiets
et mal intentionnez font tous leurs efforts pour
obtenir ou surprendre des signatures de plusieurs
Religioux de la Congregation de Saint Maur , et
former entre eux une espece d'associacion , dant
la vûë de s'opposer à ce qui s'est fait auditChapitre
general ; à quoy étant necessaire de pourvoir , non
seulement pour empécher tout ce qui pourroit
troubler la paix dans l'interieur de cette Congregation
, mais pour affermir de plus en plus la tran
quillité publique , Sa Majesté étant en son Conseil
, a ordonné et ordonne que ladite feuille im→
primée sous le titre de Formulaire proposé par M.
l'Archevêque de Tours , au Chapitre general des
Benedictins de la Congregation de Saint Maur , le
3. Juillet 1733. au bas de laquelle est un autre
écrit intitulé , Declaration propofée pour être miſe au
bas des fignatures du Formulaire precedent , sera et
demeurera supprimée : Enjoint Sa Majesté à tous
ceux
166 MERCURE DE FRANCE
ceux qui en ont des exemplaires , de les remettret
incessamment au Greffe du Sieur Herault,Conseillier
d'Estat , Lieutenant general de Police de la
Ville de Paris , pour y être supprimez : Fait def
fenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs.
et autres , de quelque état et condition qu'ils
soient , den vendre , débiter , ou autrement dis
tribuer , à peine de punition exemplaire. Ordonne
en outre Sa Majesté, que par le Sieur de Lesseville
Interdans et Commissaire départi dans la Genera
Fré de Tours , il sera informé contre ceux qui sollicitent
des signatures , ou associations , pour s'opposer
aux decrets dudit Chapitre general de la
Congregation de Saint Maur ; lui permettant de
subdeleguer tel Officier , ou Gradué , avec tel
Greffer qu'il jugera à propos , pour proceder à
ladite information, à la requête de celui qu'il comfaire
la fonction de Procureur du Roy.
Veut et ordonne Sa Majesté , qu'il soit pareillement
informé des faits cy-dessus marquez , par Iddit
Sieur Herault, Conseiller d'Etat , Lieutenant general
de Poice , à la requête du Sieur Moreau Procureur
du Roy au Châtelet , à l'égard de ce qui
peut s'être passé dans l'étendue de la Ville ,Prevôté
et Vicomté de Paris , pour les informations faites
et rapportées , y être pourvû ainsi qu'il appar-.
tiendra par Sa Majesté ; laquelle se reserve la connoissance
de toutes les difficultez ou contestations
qui pourroit avoir été formées , ou l'être dans la
suite , au sujet dudit Chapitre , et de ce qui s'y
seroit passé , Sa Majesté interdisant ladite Con
noissance à toutes ses Cours et autres Juges &c.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le document expose diverses ordonnances et arrêts relatifs à des affaires administratives et judiciaires en France au XVIIIe siècle. Le 5 juin, une ordonnance de police interdit aux propriétaires et locataires des maisons voisines de la Foire Saint-Laurent de louer des parties de leurs biens sans la participation de Maître Aubert, commissaire désigné. Une autre ordonnance, datée du 19 juin, régule les activités des marchands et forains pendant la foire. Le 2 juillet 1733, un arrêt du Parlement traite des procédures criminelles du Châtelet de Paris. Cet arrêt fait suite à une plainte déposée par Anne-Catherine Miotte, femme de René Hatte, Fermier Général, et Marie Viart, sa domestique, le 20 juin. La Cour ordonne la création d'un nouveau registre pour les procédures criminelles et décide que le procès en cours au Châtelet sera poursuivi en Parlement. Le 26 juillet 1733, un arrêt du Conseil supprime une feuille imprimée sans autorisation, intitulée 'Formulaire proposé par M. l'Archevêque de Tours', et interdit toute distribution ou vente de cette feuille. Le Conseil ordonne également des enquêtes sur les personnes sollicitant des signatures pour s'opposer aux décisions du Chapitre général des Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur.
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326
p. 1875-1880
« Le Roy a nommé le Maréchal Duc de Berwick, pour commander depuis [...] »
Début :
Le Roy a nommé le Maréchal Duc de Berwick, pour commander depuis [...]
Mots clefs :
Roi, Général, Académie française, Cérémonies, Motet, Musique, Composition, Audience, Compte, Députés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a nommé le Maréchal Duc de Berwick, pour commander depuis [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L
E Roy a nommé le Maréchal Duc
de Berwick , pour commander depuis
la Meuse jusqu'au Rhin ; il a pris
congé de Sa Majesté , et il est pirti
17. de ce mois pour se rendre à Metz .
le
S. M. a accordé au Marquis de Conflans
, l'agrément du Régiment d'Auxerrois
, dont le Marquis d'Oisy étoit Colon.
l.
Le Chapitre General des Benedictins
de
1876 MERCURE DE FRANCE
de la Congrégation de S. Maur , assem
blé à Marmoutier , a élû le 2. Juillet le
R. P. Dom Hervé Ménard , pour Géneral
. Il étoit cy - devant Premier Assistant
, puis Vicaire general depuis la mort
du dernier General. Le R. P. Dom Claude
du Pré , Grand - Prieur de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez , a été
fait premier Assistant , le R. P. Dom
René Lanau , second Assistant , et le.
R. P. Dom Pierre Maloet , a été nommé
Prieur de S. Germain des Prez.
Le 16. Août après midy , le Roy par-.
tit de Compiegne , et S. M. vint coucher
au Château de Chantilly. Elle prit
le divertissement de la Chasse du Sanglier
et du Cerf, le 17. et le 18 ; et le 19.
le Roy en partit et arriva à Versailles
vers les huit heures du soir.
Le 17. le Corps de Ville fit l'Election
des deux nouveaux Echevins , qui sont-
Mrs de Vildé , Conseiller de Ville , et
M. Josset.
Le 23. le Corps de Ville alla à Versailles
, et le Duc de Gesvres , Gouver
neur de Paris , étant à la tête ; il eut
audience du Roy avec les ceremonies
accoûtumées. Il fut présenté à S. M. par
le
A O UST. 1733 1877
le Comte de Maurepas , Secretaire d'Etat
, et conduit par le Grand-Maître et
Maître des Ceremonies . Les deux nouveaux
Echevins préterent le Serment de
fidelité , dont le Comte de Maurepas fit
la lecture ; le Scrutin avant été présenté
par le sieur du Tillet de la Bussiere ,
Conseiller au Parlement , qui parla avec
beaucoup d'éloquence.
Le 24. les Députez des Etats de Languedoc
, eurent audience du Roy , étant
présentez par le Prince de Dombes
Gouverneur de la Province , en survivance
du Duc du Maine , son Pere , et
par le Comte de S. Florentin , Secretaire
d'Etat , et conduits en la maniere accoûtumée
, par le Grand- Maître et le Maître
des Céremonies. La Députation étoit
composée de l'Evêque d'Agde , pour le
Clergé , qui porta la parole ; du Vicomte
de Polignac pour la Noblesse , des sieurs
de Saint Sébastien et Brigaud , Députez
du Tiers Etat , et du sieur de Montferrier
, Syndic general de la Province.
Ces Députez eurent ensuite audience de
la Reine avec les mêmes Ceremonies.
L'Académie Françoise celebra le 252
de ce mois la Fête de S, Louis , dans la
Cha18-
8 MERCURE DE FRANCE
Chapelle du Louvre. Pendant la Messe
on chanta un très -beau Motet en Musique
, de la composition du sieur Dornel
. Le R. P. Tournemine , de la Compa
gnie de Jesus , prononça le Panégyrique
du Saint , avec autant d'onction que dé-
Loquence. Son Discours fut fort applau
di . L'après midi l'Académie adjugea e
Prix d Eloquence rés rvé de l'année derniere
à une Piece qui fut luë par M.l'Abbé
Sallier ; l'Auteur qu'on dit être Provençal
, ne s'est point encore fait connoître
. Elle donna ensuite le Prix de
Poësie à M. Isnard , de l'Oratoire ,
aussi Provençal , Professeur d'Eloquence
au College de Soissons , présent à l'Assemblée.
Sa Piece est une Ode , dont la
lecture par M. Danchet , fit beaucoup de
plaisir . Les Prix dont on vient de parler
sont une Médaille d'or , la derniere qui
a été frappée pour le Roy et dont nou
avons donné la gravûr dans le Mercure
du mo's de Février dernier , p . 34 La
Séance finit par le Tribut de l'Académie
de Soissons . qui fut une Ode lû : par
M. l'Abbé Gédouin , imitée de celle d'Horace
, sur les innocens plaisirs de la Campagne.
Le même jour l'Académie des Inscriptions
et Belles- Lettres , et celle des Sciences
C
1879
AOUST. 1733.
Jes
Мо
Dot
lat
des
Ab
de
ees , celebrerent la même Fête dans l'Eglise
des P P. de l'Oratoire . Il y eut aussi
un beau Motet pendant la Messe , de la
composition du sieur du Bousset , après
laquelle le R.P.Coulomb , Dominiquain du
Noviciat , prononça , avec beaucoup de
succès , le Panegyrique de S. Louis.
Le 15. Août , Fête de l'Assomption de la
Vierge , il y eur Concert Spirituel au Château
des Tuilleries , où l'on chanta le Lauda Jerusa-
Po lem , Motet de M. de la Lande , après lequel la
Dlle Petitpas chanta seule un Moter du sieur le
Maire , avec beaucoup d'applaudissement. Le
sieur Jeliot , dont la belle voix fait tant de plaisir
, en chanta un autre seul , de la composition
de M. Mouret , qui fut goûté et applaudi d'une
très - nombreuse Assemblée , et après plusieurs
Pieces de Simphonie , executées par les sieurs le
de Clerc et Blavet , le Concert fut terminé par le
Dominus Regnavit , Motet de M. de la Lande.
те
ie
11.
Il y a eu plusieurs Concerts chez la Reine
endant le mois de Juillet dernier , M. de Blamont
, Sur- Intendant de la Musique du Roy ,
a fait chanter les Lundis et Mercredis les Opera
d'Atys , de Roland et d'Iphigenie , dont l'exécu¬
tion a fait beaucoup de plaisir.
Le 3. le I2. et le 18. Août , on concerta le
Balet de l'Europe Galante , dont les principaux
Rôles et ceux des Concerts précedens , ont ét
chantez par les meilleurs Sujets de la Musiqu
du Roy et par ceux de l'Académie Royale´d
Musique.
5
Le I
1380 MERCURE DE FRANCE
·
Le 25. Fête de S. Louis , les Vingt - quatre
Violons de la Chambre du Roy executerent
pendant le dîner de S. M. plusieurs Suites de
Simphonies , de la composition de M. de Bla
mont , Sur- Intendant de la Musique du Roy.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L
E Roy a nommé le Maréchal Duc
de Berwick , pour commander depuis
la Meuse jusqu'au Rhin ; il a pris
congé de Sa Majesté , et il est pirti
17. de ce mois pour se rendre à Metz .
le
S. M. a accordé au Marquis de Conflans
, l'agrément du Régiment d'Auxerrois
, dont le Marquis d'Oisy étoit Colon.
l.
Le Chapitre General des Benedictins
de
1876 MERCURE DE FRANCE
de la Congrégation de S. Maur , assem
blé à Marmoutier , a élû le 2. Juillet le
R. P. Dom Hervé Ménard , pour Géneral
. Il étoit cy - devant Premier Assistant
, puis Vicaire general depuis la mort
du dernier General. Le R. P. Dom Claude
du Pré , Grand - Prieur de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez , a été
fait premier Assistant , le R. P. Dom
René Lanau , second Assistant , et le.
R. P. Dom Pierre Maloet , a été nommé
Prieur de S. Germain des Prez.
Le 16. Août après midy , le Roy par-.
tit de Compiegne , et S. M. vint coucher
au Château de Chantilly. Elle prit
le divertissement de la Chasse du Sanglier
et du Cerf, le 17. et le 18 ; et le 19.
le Roy en partit et arriva à Versailles
vers les huit heures du soir.
Le 17. le Corps de Ville fit l'Election
des deux nouveaux Echevins , qui sont-
Mrs de Vildé , Conseiller de Ville , et
M. Josset.
Le 23. le Corps de Ville alla à Versailles
, et le Duc de Gesvres , Gouver
neur de Paris , étant à la tête ; il eut
audience du Roy avec les ceremonies
accoûtumées. Il fut présenté à S. M. par
le
A O UST. 1733 1877
le Comte de Maurepas , Secretaire d'Etat
, et conduit par le Grand-Maître et
Maître des Ceremonies . Les deux nouveaux
Echevins préterent le Serment de
fidelité , dont le Comte de Maurepas fit
la lecture ; le Scrutin avant été présenté
par le sieur du Tillet de la Bussiere ,
Conseiller au Parlement , qui parla avec
beaucoup d'éloquence.
Le 24. les Députez des Etats de Languedoc
, eurent audience du Roy , étant
présentez par le Prince de Dombes
Gouverneur de la Province , en survivance
du Duc du Maine , son Pere , et
par le Comte de S. Florentin , Secretaire
d'Etat , et conduits en la maniere accoûtumée
, par le Grand- Maître et le Maître
des Céremonies. La Députation étoit
composée de l'Evêque d'Agde , pour le
Clergé , qui porta la parole ; du Vicomte
de Polignac pour la Noblesse , des sieurs
de Saint Sébastien et Brigaud , Députez
du Tiers Etat , et du sieur de Montferrier
, Syndic general de la Province.
Ces Députez eurent ensuite audience de
la Reine avec les mêmes Ceremonies.
L'Académie Françoise celebra le 252
de ce mois la Fête de S, Louis , dans la
Cha18-
8 MERCURE DE FRANCE
Chapelle du Louvre. Pendant la Messe
on chanta un très -beau Motet en Musique
, de la composition du sieur Dornel
. Le R. P. Tournemine , de la Compa
gnie de Jesus , prononça le Panégyrique
du Saint , avec autant d'onction que dé-
Loquence. Son Discours fut fort applau
di . L'après midi l'Académie adjugea e
Prix d Eloquence rés rvé de l'année derniere
à une Piece qui fut luë par M.l'Abbé
Sallier ; l'Auteur qu'on dit être Provençal
, ne s'est point encore fait connoître
. Elle donna ensuite le Prix de
Poësie à M. Isnard , de l'Oratoire ,
aussi Provençal , Professeur d'Eloquence
au College de Soissons , présent à l'Assemblée.
Sa Piece est une Ode , dont la
lecture par M. Danchet , fit beaucoup de
plaisir . Les Prix dont on vient de parler
sont une Médaille d'or , la derniere qui
a été frappée pour le Roy et dont nou
avons donné la gravûr dans le Mercure
du mo's de Février dernier , p . 34 La
Séance finit par le Tribut de l'Académie
de Soissons . qui fut une Ode lû : par
M. l'Abbé Gédouin , imitée de celle d'Horace
, sur les innocens plaisirs de la Campagne.
Le même jour l'Académie des Inscriptions
et Belles- Lettres , et celle des Sciences
C
1879
AOUST. 1733.
Jes
Мо
Dot
lat
des
Ab
de
ees , celebrerent la même Fête dans l'Eglise
des P P. de l'Oratoire . Il y eut aussi
un beau Motet pendant la Messe , de la
composition du sieur du Bousset , après
laquelle le R.P.Coulomb , Dominiquain du
Noviciat , prononça , avec beaucoup de
succès , le Panegyrique de S. Louis.
Le 15. Août , Fête de l'Assomption de la
Vierge , il y eur Concert Spirituel au Château
des Tuilleries , où l'on chanta le Lauda Jerusa-
Po lem , Motet de M. de la Lande , après lequel la
Dlle Petitpas chanta seule un Moter du sieur le
Maire , avec beaucoup d'applaudissement. Le
sieur Jeliot , dont la belle voix fait tant de plaisir
, en chanta un autre seul , de la composition
de M. Mouret , qui fut goûté et applaudi d'une
très - nombreuse Assemblée , et après plusieurs
Pieces de Simphonie , executées par les sieurs le
de Clerc et Blavet , le Concert fut terminé par le
Dominus Regnavit , Motet de M. de la Lande.
те
ie
11.
Il y a eu plusieurs Concerts chez la Reine
endant le mois de Juillet dernier , M. de Blamont
, Sur- Intendant de la Musique du Roy ,
a fait chanter les Lundis et Mercredis les Opera
d'Atys , de Roland et d'Iphigenie , dont l'exécu¬
tion a fait beaucoup de plaisir.
Le 3. le I2. et le 18. Août , on concerta le
Balet de l'Europe Galante , dont les principaux
Rôles et ceux des Concerts précedens , ont ét
chantez par les meilleurs Sujets de la Musiqu
du Roy et par ceux de l'Académie Royale´d
Musique.
5
Le I
1380 MERCURE DE FRANCE
·
Le 25. Fête de S. Louis , les Vingt - quatre
Violons de la Chambre du Roy executerent
pendant le dîner de S. M. plusieurs Suites de
Simphonies , de la composition de M. de Bla
mont , Sur- Intendant de la Musique du Roy.
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Résumé : « Le Roy a nommé le Maréchal Duc de Berwick, pour commander depuis [...] »
En août 1733, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le roi a nommé le Maréchal Duc de Berwick pour commander les troupes depuis la Meuse jusqu'au Rhin, et ce dernier a quitté Paris pour Metz le 17 août. Le Marquis de Conflans a reçu l'agrément du Régiment d'Auxerrois, précédemment dirigé par le Marquis d'Oisy. Le Chapitre Général des Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, réuni à Marmoutier, a élu le R. P. Dom Hervé Ménard comme Général le 2 juillet, et d'autres nominations ont été effectuées au sein de la congrégation. Le roi a quitté Compiègne pour Chantilly le 16 août, où il a chassé le sanglier et le cerf les 17 et 18 août, avant de retourner à Versailles le 19 août. Le 17 août, deux nouveaux échevins, Messieurs de Vildé et Josset, ont été élus. Le 23 août, le Corps de Ville s'est rendu à Versailles pour prêter serment de fidélité en présence du roi. Le 24 août, les députés des États de Languedoc ont été reçus par le roi et la reine, présentés par le Prince de Dombes et le Comte de Saint-Florentin. L'Académie Française a célébré la fête de Saint-Louis le 25 août dans la Chapelle du Louvre. Un motet composé par le sieur Dornel a été chanté, et le R. P. Tournemine a prononcé un panégyrique du saint. Les prix d'éloquence et de poésie ont été attribués à l'Abbé Sallier et à M. Isnard, respectivement. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, ainsi que celle des Sciences, ont également célébré la fête dans l'église des Pères de l'Oratoire. Le 15 août, à la fête de l'Assomption de la Vierge, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries. Plusieurs concerts ont été organisés chez la reine en juillet, et des ballets et opéras ont été joués en août. Le 25 août, les Vingt-quatre Violons de la Chambre du roi ont exécuté des suites de symphonies pendant le dîner du roi.
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327
p. 1880-1884
DISCOURS prononcé par M. de Ponsan, Trésorier de France à Toulouse, le 28 Juillet dernier, en prenant séance dans l'Académie des Jeux Floraux.
Début :
MESSIEURS, Je ne puis être redevable qu'à vos bontez [...]
Mots clefs :
Académie des Jeux floraux, Compagnie, Nolet, Trésorier de France
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé par M. de Ponsan, Trésorier de France à Toulouse, le 28 Juillet dernier, en prenant séance dans l'Académie des Jeux Floraux.
DISCOURS prononcé par M. de
Ponsan, Trésorier de France à Toulouse,
le 28 Juillet dernier , en prenant séance
dans l'Académie des feux Floraux,
MESSIE
ESSIEURS ,
Je ne puis être redevable qu'à vos
bontez de la Place que vous m'avez accordée
dans cette illustre Compagnie ;
vos suffrages unanimes me comblent
d'honncur ; j'attendois avec impatience ,
le moment de vous assurer que je suis
rempli des sentimens de la plus juste et
de la plus vive reconnoissance , rien ne
troubleroit aujourd'hui ma joye, si je pouvois
vous parler dignement de cette faveur
inesperée.
Vous avec rempli tour à tour, MESSIEURS,
le devoir dont je m'acquitte ; il a offert à
chacun de vous une occasion favorable
pour confirmer vos nouveaux Confreres
dans l'opinion avantageuse qu'ils avoient
de Vous ; en les remerciant de la grace
qu'ils vous faisoient , vous les convainquites
AOUST. 1733. 1881
quites qu'ils pouvoient , à juste titre , se
glorifier de leur choix. Votre esprit déconcerta
, malgré vous , votre modestie.
Vous parlâtes de votre prétendue insuf- .
fisance , et tous ceux qui vous écoutoient
admirerent votre heureux génie.
Je ne dois pas , MESSIEURS , esperer le
même avantage ; ce qui m'éleve aux yeux
de tout le monde, và m'humilier devant
vous ; et l'estime du public que vous me
procurez ne sçauroit me dédommager de
la vôtre , que je crains avec fondement
de ne pas mériter aujourd'hui .
Vous avez pû vous plaindre , avec raison,
que le sujet que je traite étoit épuisés
mais vous avez fait voir qu'il ne l'étoit
pas pour vous. Je n'oserois former la même
plainte . elle seroit en moi un sentiment
de vanité : Non , MESSIEURS, quoique
vous m'ayez précédé , vous ne m'avez
pourtant rien enlevés vos ingénieuses
et sublimes pensées n'étoient pas à ma
portée.
- Les obligations que je contracte sont
sans doute au dessus de mes forces , et je
ne sçaurois les remplir ; pour vous dédommager
, vous trouverez en moi un
observateur constant de vos usages et de
vos Loix : J'ose le dire , vous serez satișfaits
de mon zéle pour les interêts de cet-
I ij te
882 MERCURE DE FRANCE
te Compagnie , et de mon assiduité à vos
Exercices Académiques.
Mais je puis , MESSIEURS, vous présenter
en ma faveur un objet plus interes-
Sant ; ma nomination va réveiller l'ardeur
de tous ceux qui ont quelque talent
pour les Belles Lettres ; ils oseront à présent
aspirer à l'honneur de vous être´associez
la distance qu'ils voyoieut entre
vous et cux les intimidoit , chacun de
vous tour à tour les avoit jetté dans le
découragement , je fais renaître en eux
l'espoir flateur qui excite leur émulation ;
il va les remplir d'une nouvelle affection
pour travailler à se rendre dignes de vos
suffrages. C'est ainsi , MESSIEURS, qu'après
avoir assuré la gloire de cette Compagnie
par les précedentes Elections , vous
yous faites un plaisir , digne de vous , de
favoriser par celle cy , le progrès des
Belles -Lettres.
Ce fut par des motifs plus honorables
que le digne Académicien ( a ) dont je
remplis ici la Place , attira votre attention
; je puis mêler mes larmes avec les
vôtres. J'ai perdu , comme vous , un
confrere avec lequel j'étois depuis longtemps
tres- uni : j'ai été témoin des re-
( a ) Feu M. de Nolet , quatrieme Trésorier de
France de safamille.
grets
A O UST. 1733. 1883
NO
grets d'une Compagnie à laquelle il n'étoit
pas moins cher qu'à la vôtre, et qui
rése compte ses Ayeuls depuis plus d'un siéete
-ale
cle au nombre de ses principaux ornemens
,l'honneur qu'il avoit, MESSIEURS ,
d'être parmi vous , fait l'éloge de son
P esprit , et le grand nombre d'amis qui lui
ca étoient attachez , fait celui de son coeur.
ent Nous voïons , avec douleur , périr avec
lui toute l'esperance d'une noble et ancienne
famille qui avoir de tout temps
aimé , cultivé , protégé les Sciences et les
OB Sçavans , et dont la Maison a toujours
-iot été le séjour et ( a ) l'azyle des Muses.
Cu
VOI
rès
Da
ם ש
de
S.
Je n'ose poursuivre , il faut faire violence
à mon inclination ; me conviendroit-
il de m'étendre davantage sur un
süjet qui vient d'être traité depuis peu si
dignement devant vous (b) . Je dois d'ailleurs
, s'il en est encore temps , me ménager
le mérite de la briévete , qui est le
seul dont je pouvois m'assurer.
( a ) La Maison de Mrs Nolet a de tout temp
été ouverte aux Sçavans. M. Regis , fameux Phi
losophe du siecle passé, loge a long- temps chez M.de
Nolet , l'ayeul du dernier mort , et il y fit même
des Leçons de la nouvelle Philosophie à quantité de
jeunes gens que sa réputation attiroit.
de
(b ) M. d'Aldiguier avoit prononcé depuis peu
jours dans une Sceance Académique l'Eloge de feu
M. de Nolet.
I iij Je
1884 MERCURE DE FRANCE
Je me borne donc , MESSIEURS , à vous
prier d'être convaincus que si j'avois pû
rendre ma reconnoissance aussi éloquente
qu'elle est vive et sincere , je l'aurois fait
parler d'une maniere qui eut de bien loin
surpassé votre attente.
Ponsan, Trésorier de France à Toulouse,
le 28 Juillet dernier , en prenant séance
dans l'Académie des feux Floraux,
MESSIE
ESSIEURS ,
Je ne puis être redevable qu'à vos
bontez de la Place que vous m'avez accordée
dans cette illustre Compagnie ;
vos suffrages unanimes me comblent
d'honncur ; j'attendois avec impatience ,
le moment de vous assurer que je suis
rempli des sentimens de la plus juste et
de la plus vive reconnoissance , rien ne
troubleroit aujourd'hui ma joye, si je pouvois
vous parler dignement de cette faveur
inesperée.
Vous avec rempli tour à tour, MESSIEURS,
le devoir dont je m'acquitte ; il a offert à
chacun de vous une occasion favorable
pour confirmer vos nouveaux Confreres
dans l'opinion avantageuse qu'ils avoient
de Vous ; en les remerciant de la grace
qu'ils vous faisoient , vous les convainquites
AOUST. 1733. 1881
quites qu'ils pouvoient , à juste titre , se
glorifier de leur choix. Votre esprit déconcerta
, malgré vous , votre modestie.
Vous parlâtes de votre prétendue insuf- .
fisance , et tous ceux qui vous écoutoient
admirerent votre heureux génie.
Je ne dois pas , MESSIEURS , esperer le
même avantage ; ce qui m'éleve aux yeux
de tout le monde, và m'humilier devant
vous ; et l'estime du public que vous me
procurez ne sçauroit me dédommager de
la vôtre , que je crains avec fondement
de ne pas mériter aujourd'hui .
Vous avez pû vous plaindre , avec raison,
que le sujet que je traite étoit épuisés
mais vous avez fait voir qu'il ne l'étoit
pas pour vous. Je n'oserois former la même
plainte . elle seroit en moi un sentiment
de vanité : Non , MESSIEURS, quoique
vous m'ayez précédé , vous ne m'avez
pourtant rien enlevés vos ingénieuses
et sublimes pensées n'étoient pas à ma
portée.
- Les obligations que je contracte sont
sans doute au dessus de mes forces , et je
ne sçaurois les remplir ; pour vous dédommager
, vous trouverez en moi un
observateur constant de vos usages et de
vos Loix : J'ose le dire , vous serez satișfaits
de mon zéle pour les interêts de cet-
I ij te
882 MERCURE DE FRANCE
te Compagnie , et de mon assiduité à vos
Exercices Académiques.
Mais je puis , MESSIEURS, vous présenter
en ma faveur un objet plus interes-
Sant ; ma nomination va réveiller l'ardeur
de tous ceux qui ont quelque talent
pour les Belles Lettres ; ils oseront à présent
aspirer à l'honneur de vous être´associez
la distance qu'ils voyoieut entre
vous et cux les intimidoit , chacun de
vous tour à tour les avoit jetté dans le
découragement , je fais renaître en eux
l'espoir flateur qui excite leur émulation ;
il va les remplir d'une nouvelle affection
pour travailler à se rendre dignes de vos
suffrages. C'est ainsi , MESSIEURS, qu'après
avoir assuré la gloire de cette Compagnie
par les précedentes Elections , vous
yous faites un plaisir , digne de vous , de
favoriser par celle cy , le progrès des
Belles -Lettres.
Ce fut par des motifs plus honorables
que le digne Académicien ( a ) dont je
remplis ici la Place , attira votre attention
; je puis mêler mes larmes avec les
vôtres. J'ai perdu , comme vous , un
confrere avec lequel j'étois depuis longtemps
tres- uni : j'ai été témoin des re-
( a ) Feu M. de Nolet , quatrieme Trésorier de
France de safamille.
grets
A O UST. 1733. 1883
NO
grets d'une Compagnie à laquelle il n'étoit
pas moins cher qu'à la vôtre, et qui
rése compte ses Ayeuls depuis plus d'un siéete
-ale
cle au nombre de ses principaux ornemens
,l'honneur qu'il avoit, MESSIEURS ,
d'être parmi vous , fait l'éloge de son
P esprit , et le grand nombre d'amis qui lui
ca étoient attachez , fait celui de son coeur.
ent Nous voïons , avec douleur , périr avec
lui toute l'esperance d'une noble et ancienne
famille qui avoir de tout temps
aimé , cultivé , protégé les Sciences et les
OB Sçavans , et dont la Maison a toujours
-iot été le séjour et ( a ) l'azyle des Muses.
Cu
VOI
rès
Da
ם ש
de
S.
Je n'ose poursuivre , il faut faire violence
à mon inclination ; me conviendroit-
il de m'étendre davantage sur un
süjet qui vient d'être traité depuis peu si
dignement devant vous (b) . Je dois d'ailleurs
, s'il en est encore temps , me ménager
le mérite de la briévete , qui est le
seul dont je pouvois m'assurer.
( a ) La Maison de Mrs Nolet a de tout temp
été ouverte aux Sçavans. M. Regis , fameux Phi
losophe du siecle passé, loge a long- temps chez M.de
Nolet , l'ayeul du dernier mort , et il y fit même
des Leçons de la nouvelle Philosophie à quantité de
jeunes gens que sa réputation attiroit.
de
(b ) M. d'Aldiguier avoit prononcé depuis peu
jours dans une Sceance Académique l'Eloge de feu
M. de Nolet.
I iij Je
1884 MERCURE DE FRANCE
Je me borne donc , MESSIEURS , à vous
prier d'être convaincus que si j'avois pû
rendre ma reconnoissance aussi éloquente
qu'elle est vive et sincere , je l'aurois fait
parler d'une maniere qui eut de bien loin
surpassé votre attente.
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Résumé : DISCOURS prononcé par M. de Ponsan, Trésorier de France à Toulouse, le 28 Juillet dernier, en prenant séance dans l'Académie des Jeux Floraux.
Le 28 juillet, M. de Ponsan, Trésorier de France à Toulouse, a prononcé un discours lors de son admission à l'Académie des Jeux Floraux. Il a exprimé sa gratitude pour l'honneur qui lui était fait et a reconnu la modestie et le génie des membres de l'Académie. Ponsan a admis ne pas pouvoir atteindre le même niveau d'éloquence que ses prédécesseurs, mais a promis de respecter les usages et lois de l'Académie et de s'investir dans ses exercices académiques. Il a espéré que sa nomination encouragerait d'autres talents littéraires à aspirer à rejoindre l'Académie. Ponsan a également rendu hommage à feu M. de Nolet, un ancien Trésorier de France, soulignant son attachement aux sciences et aux savants, ainsi que l'impact de sa perte sur sa famille et l'Académie. Il a conclu en exprimant sa reconnaissance et en promettant de faire preuve de brièveté dans son discours.
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328
p. 1884-1888
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont-Ferrand, le 7 Août 1733. sur l'Ecroulement du Terrain de Pardines, &c[.]
Début :
Voici, MONSIEUR, quelques circonstances que vous pouvez ajouter à la [...]
Mots clefs :
Écroulement, Maison, Terrain, Pardines, Issoire, Clermont-Ferrand
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont-Ferrand, le 7 Août 1733. sur l'Ecroulement du Terrain de Pardines, &c[.]
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont
- Ferrand , le7 Août 1733. sur l’Ecroulement
du Terrain de Pardines ;&c,
V
Oici , MONSIEUR , quelques circonstances
que vous pouvez ajouter
à la Relation que je vous ai envoyée sur
l'Evénement de Pardines.Je les tiens d'un
Magistrat tres - digne de foy , témoin oculaire,
et qui a un Château tout auprès de
Pardines. Vous sçavez que cette Paroisse
' est à une lieuë d'Issoire ; mais vous ferez
peut-être bien aise de sçavoir qu'elle dépend
de la Seigneurie de S. Cirgues , que
le Maréchal d'Alégre avoit acheptée du
Marquis de Canillac. Le Château ja été
bâti par les Boyers d'Issoire ; le Cardinal
Antoine , Archevêque de Bourges , êtoit
de cette Maison-
1
L'Ecroulement commença , comme on
l'a dit , le 23 du mois de Juin dernier.
Les Métayers des S" Bouchet et du Broc
s'en apperçûrent étant à table ; leur plus
proche voisin ne croyant pas que cet accident
A O UST. 1733.
1885
cident deviendroit si général , vint leur
aider à déménager ; mais un bruit qu'il
entendit l'ayant obligé de retourner chez
lui , il trouva sa maison de fond en comble
enfoncée dans la terre.
Pendant la nuit quelques autres Maisons
furent ainsi englouties ourenversées ,
mais d'une maniere moins subite, jusques
au lendemain que l'effort du Terrain fut
plus grand. Depuis 7 heures du matin
jusqu'au soir , la Colline se fendit en
deux perpendiculairement , et l'ouverture
étoit de 60 pieds de profondeur. La
violence de ce Torrent ,pour parler ainsi ,
entraîna tout ce qui se présentoit, Arbres ,
Pierres , Maisons , Rochers , rien ne pût
résister à son impétuosité , et ces divers
débris ne s'arrêtérent qu'à plus de 300
toises d'éloignement dans une Prairie, où
une Chaussée leur servit de Digue. Les
Arbres poussez jusqu'à cette Chaussée ,
par l'effort de l'Ecroulement , se rangerent
en maniere de Palissade .
Le Terrain de ce lieu paroît aujourd'hui
comme une Colline qui s'est formée
de tous ces Décombres , qui ferme
entiérement deux grands Chemins , celui
d'Issoire à Clermont , et celui d'Issoire
à Milland ; de sorte que les Voyageurs
sont obligez de se faire un nouveau
I iiij
che1886
MERCURE DE FRANCE
chemin entre la petite Riviere de Couse
et les terres écroulées ; et c'est un bonheur
que ces terres n'ayent pas été poussées
jusqu'au lit de cette Riviere , qui
n'en est éloignée que de so pas ,puisqu'elles
eussent comblé son lit , et tout le
Païs superieur eut été inondé.
Ce qu'il y a de singulier , et qui forme
un point de vûë , qui surprend ceux
qui abotdent la Plaine , ce sont une douzaine
de Piliers ou especes de Colonnes
isolées de différente hauteur , dont quelques
- unes sont extrémement déliées ,
n'ayant qu'un pied de diamètre ; il y en
a qui sont tout à fait rondes , et d'autres
d'un ovale imparfait ; sur l'une on voit
du blé , sur l'autre du chanvre , et sur
quelques autres un sep de vigne , sans
qu'il soit à craindre que les Chèvres l'aillent
brouter. Ces Colonnes sont apparemment
restées sur le Roc , qui leur a
servi de Baze , laquelle n'a pû être ébranlée
à cause de sa solidité. On voit encore
avec surprise , sur la plus large de ces
Colonnes , un Colombier tout entier ,
mais un peu panché ; et l'on a recueilli
sur une autre , une vingtaine de Gerbes
d'Orge.
Cet Ecroulement a duré jusqu'au 29
Juin , mais à différentes reprises . Il y a
même
AOUST. 1733. 1887
même une Maison qui ne s'est écroulée
que le 18 de Juillet , avec une petite
portion de la Colline. Vers le sommet ,
on voit actuellement des ouvertures de
la largeur d'un pied et demi , dans les
quelles si on jette une pierre , on l'entend
tomber avec grand bruit dans le
fond du précipice , que le Rocher a formé
en se détachant. Nouveau sujet de
crainte pour les Pardinois , et d'exercice
pour les Physiciens .
Au reste , si cet Ecroulement ex singulier
et presque general dans le territoire
de Pardines , il n'y est pas tout à fait
nouveau. Il y a plus de 30 ans qu'une
Grange nouvellement bât e , avoit manqué
par le fondement , et que plusieurs
Bâtimens s'étoient crévassez . Il y a environ
5 ans qu'on fut obligé d'étayer une
Maison , la voûte d'en bas , quoique faite
solidement , s'étant fendue. Sept ou huit '
jours avant le dernier Ecroulement , les
bois dont on avoit étayé cette Maison , se
rompirent par l'effort du terrain ; ce qui
engagea le Curé d'exhorter les proprietaires
de quitter une demeure si dangereuse
.
La Grêle a fait aussi de grands ravages
dans la Province d'Auvergne . Plus de
cent Paroisses en ont ressenti de terri-
I v bles
1888 MERCURE DE FRANCE
bles effers , puisque comme jevous l'ai dé
ja marqué elles sont hors d'esperance de
faire aucune récolte cette année Le hâteau
de Fontenilles ppartenant à M de
Ribeyre , premier Président de la Cour
des Aydes de Clermont , et les environs
de Billon et de Maringus ont été les plus
endommagez. Le Feu du Ciel vient de se
joindre à ce dernier accident ; il a brûlé à
Orcet , Prieuré sur le chemin d'Is oire
16 à 18 Maisons et quelques Grange, picines
de Foin et de Blé. Il est aussi tombé
sur l'Hôpital des Fieres de la Charité à
Effiat. On m'a assuré que le Tonnere
étoit gros comme une Boule à jouer
aux Quilles. Ce Globe après avoit consi
dérablement endommagé les Toits de cet.
Hôpital , depuis peu réparez des dé ordres
que la Grêle y venoit de caus r est
ensuite entré dans l'Eglise , où il a brulé
une partie de la Balustrade er de là est
allé porter le feu dans une Chambre où
fla consommé environ cinquante livres
de Chanvre.
- Ferrand , le7 Août 1733. sur l’Ecroulement
du Terrain de Pardines ;&c,
V
Oici , MONSIEUR , quelques circonstances
que vous pouvez ajouter
à la Relation que je vous ai envoyée sur
l'Evénement de Pardines.Je les tiens d'un
Magistrat tres - digne de foy , témoin oculaire,
et qui a un Château tout auprès de
Pardines. Vous sçavez que cette Paroisse
' est à une lieuë d'Issoire ; mais vous ferez
peut-être bien aise de sçavoir qu'elle dépend
de la Seigneurie de S. Cirgues , que
le Maréchal d'Alégre avoit acheptée du
Marquis de Canillac. Le Château ja été
bâti par les Boyers d'Issoire ; le Cardinal
Antoine , Archevêque de Bourges , êtoit
de cette Maison-
1
L'Ecroulement commença , comme on
l'a dit , le 23 du mois de Juin dernier.
Les Métayers des S" Bouchet et du Broc
s'en apperçûrent étant à table ; leur plus
proche voisin ne croyant pas que cet accident
A O UST. 1733.
1885
cident deviendroit si général , vint leur
aider à déménager ; mais un bruit qu'il
entendit l'ayant obligé de retourner chez
lui , il trouva sa maison de fond en comble
enfoncée dans la terre.
Pendant la nuit quelques autres Maisons
furent ainsi englouties ourenversées ,
mais d'une maniere moins subite, jusques
au lendemain que l'effort du Terrain fut
plus grand. Depuis 7 heures du matin
jusqu'au soir , la Colline se fendit en
deux perpendiculairement , et l'ouverture
étoit de 60 pieds de profondeur. La
violence de ce Torrent ,pour parler ainsi ,
entraîna tout ce qui se présentoit, Arbres ,
Pierres , Maisons , Rochers , rien ne pût
résister à son impétuosité , et ces divers
débris ne s'arrêtérent qu'à plus de 300
toises d'éloignement dans une Prairie, où
une Chaussée leur servit de Digue. Les
Arbres poussez jusqu'à cette Chaussée ,
par l'effort de l'Ecroulement , se rangerent
en maniere de Palissade .
Le Terrain de ce lieu paroît aujourd'hui
comme une Colline qui s'est formée
de tous ces Décombres , qui ferme
entiérement deux grands Chemins , celui
d'Issoire à Clermont , et celui d'Issoire
à Milland ; de sorte que les Voyageurs
sont obligez de se faire un nouveau
I iiij
che1886
MERCURE DE FRANCE
chemin entre la petite Riviere de Couse
et les terres écroulées ; et c'est un bonheur
que ces terres n'ayent pas été poussées
jusqu'au lit de cette Riviere , qui
n'en est éloignée que de so pas ,puisqu'elles
eussent comblé son lit , et tout le
Païs superieur eut été inondé.
Ce qu'il y a de singulier , et qui forme
un point de vûë , qui surprend ceux
qui abotdent la Plaine , ce sont une douzaine
de Piliers ou especes de Colonnes
isolées de différente hauteur , dont quelques
- unes sont extrémement déliées ,
n'ayant qu'un pied de diamètre ; il y en
a qui sont tout à fait rondes , et d'autres
d'un ovale imparfait ; sur l'une on voit
du blé , sur l'autre du chanvre , et sur
quelques autres un sep de vigne , sans
qu'il soit à craindre que les Chèvres l'aillent
brouter. Ces Colonnes sont apparemment
restées sur le Roc , qui leur a
servi de Baze , laquelle n'a pû être ébranlée
à cause de sa solidité. On voit encore
avec surprise , sur la plus large de ces
Colonnes , un Colombier tout entier ,
mais un peu panché ; et l'on a recueilli
sur une autre , une vingtaine de Gerbes
d'Orge.
Cet Ecroulement a duré jusqu'au 29
Juin , mais à différentes reprises . Il y a
même
AOUST. 1733. 1887
même une Maison qui ne s'est écroulée
que le 18 de Juillet , avec une petite
portion de la Colline. Vers le sommet ,
on voit actuellement des ouvertures de
la largeur d'un pied et demi , dans les
quelles si on jette une pierre , on l'entend
tomber avec grand bruit dans le
fond du précipice , que le Rocher a formé
en se détachant. Nouveau sujet de
crainte pour les Pardinois , et d'exercice
pour les Physiciens .
Au reste , si cet Ecroulement ex singulier
et presque general dans le territoire
de Pardines , il n'y est pas tout à fait
nouveau. Il y a plus de 30 ans qu'une
Grange nouvellement bât e , avoit manqué
par le fondement , et que plusieurs
Bâtimens s'étoient crévassez . Il y a environ
5 ans qu'on fut obligé d'étayer une
Maison , la voûte d'en bas , quoique faite
solidement , s'étant fendue. Sept ou huit '
jours avant le dernier Ecroulement , les
bois dont on avoit étayé cette Maison , se
rompirent par l'effort du terrain ; ce qui
engagea le Curé d'exhorter les proprietaires
de quitter une demeure si dangereuse
.
La Grêle a fait aussi de grands ravages
dans la Province d'Auvergne . Plus de
cent Paroisses en ont ressenti de terri-
I v bles
1888 MERCURE DE FRANCE
bles effers , puisque comme jevous l'ai dé
ja marqué elles sont hors d'esperance de
faire aucune récolte cette année Le hâteau
de Fontenilles ppartenant à M de
Ribeyre , premier Président de la Cour
des Aydes de Clermont , et les environs
de Billon et de Maringus ont été les plus
endommagez. Le Feu du Ciel vient de se
joindre à ce dernier accident ; il a brûlé à
Orcet , Prieuré sur le chemin d'Is oire
16 à 18 Maisons et quelques Grange, picines
de Foin et de Blé. Il est aussi tombé
sur l'Hôpital des Fieres de la Charité à
Effiat. On m'a assuré que le Tonnere
étoit gros comme une Boule à jouer
aux Quilles. Ce Globe après avoit consi
dérablement endommagé les Toits de cet.
Hôpital , depuis peu réparez des dé ordres
que la Grêle y venoit de caus r est
ensuite entré dans l'Eglise , où il a brulé
une partie de la Balustrade er de là est
allé porter le feu dans une Chambre où
fla consommé environ cinquante livres
de Chanvre.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont-Ferrand, le 7 Août 1733. sur l'Ecroulement du Terrain de Pardines, &c[.]
Le 7 août 1733, un magistrat a rapporté l'écroulement du terrain de Pardines, situé à une lieue d'Issoire et relevant de la seigneurie de Saint-Cirgues, acquise par le maréchal d'Alègre. Les premiers signes de cet événement se sont manifestés le 23 juin 1733, lorsque les métayers des domaines Bouchet et du Broc ont observé des fissures. Rapidement, plusieurs maisons ont été englouties ou renversées. Le 24 juin, une colline s'est fendue, entraînant avec elle des arbres, des pierres, des maisons et des rochers sur une distance de plus de 300 toises. Cet écroulement a bloqué les chemins reliant Issoire à Clermont et Issoire à Milland, contraignant les voyageurs à emprunter un nouveau trajet. Des colonnes isolées de différentes hauteurs et formes sont apparues, certaines portant des cultures ou des structures comme un colombier. L'écroulement a duré jusqu'au 29 juin, avec des répercussions jusqu'au 18 juillet. Des signes de fragilité du terrain étaient déjà observés depuis plus de 30 ans. Par ailleurs, la grêle a causé des ravages dans la province d'Auvergne, affectant plus de cent paroisses. La foudre a également endommagé des bâtiments à Orcet et à Effiat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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329
p. 1889-1892
DISCOURS prononcé par M. l'Evêque Duc de Laon, dans son Eglise Cathedrale, pour la Benediction des Etendarts du Régiment de LA CORNETTE BLANCHE, au mois d'Août 1733.
Début :
Per turmas, signa atque vexilla, Castrametabuntum Filii Israel, per gyrum Tabernaculi Foederis. [...]
Mots clefs :
Dieu, Gloire, Seigneur, Armées, Victoire, Turenne, Bénédiction, Régiment
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé par M. l'Evêque Duc de Laon, dans son Eglise Cathedrale, pour la Benediction des Etendarts du Régiment de LA CORNETTE BLANCHE, au mois d'Août 1733.
DISCOURS prononcé par M. PEvêque
Duc de Laon , dans son Eglise
Cathedrale , pour la Benediction des
Etendarts du Régiment de LA CORNETTE
BLANCHE , au mois d'Août
1733.
Per turmas , signa atque vexilla, Castrametabun
tum Filii Israel . per gyrum Tabernaculı Foederis.
Num 2.
I
de
plus
L n'est rien , MESSIEURS ,
gréable gré ble au Seigneur que les hommages
des Guerriers. Mettre au pied de ses
Autels des Erendirts , c'est le reconnoître
pour le Dieu des Combats , le Dieu
des Triomphes et de la Victoire ; c'est lui
donner le titre sublime de Dieu des Armées
, qu'il prend lui- même si souvent
dans les Saintes Ecritures : Dominus Deus
exercituum.
Avec quelle complaisance ne jette til
donc pas les yeux sur cette auguste Céré
monie , sur cette Pompe brillante , avec
laquelle vous venez révérer dans son
Temple sa Grandeur et sa Puissance.
Oi , MESSIEURS , c'est parce que vous
l'avez toujours reconnu comme l'arbitre
suprême de votre destinée et l'unique
source du véritable héroisme , qu'il a ré--
Ivi panda vj
1890 MERCURE DE FRANCE
pandu tant de Gloire sur votre Illustre
Corps , et qu'il lui a donné de si fréquens
et de si heureux succès .
>
Il est vrai que tout a concouru à
vous les procurer , ces succès éclatans
conduits autrefois par M. de Turenne
c'est-à dire , par un Héros dont les rares
qualitez égaloient la haute Naissance ; et
commandez aujourd'hui par un Seigneur
du même Sang et de la même valeur
, il n'est pas surprenant que la Victoire
vous ait fuivi par tout, et que dans
le temps même de la Paix , la Gloire ne
Vous ait pas abandonné . Que vous ayez
fait tant de prodiges en Allemagne et en
Italie ; que M. de Turenne se soit crû invincible
à la tête de votre Régialent; que
Messieurs deCatinat et deVilleroy l'ayent
comblé d'Eloges; qu'à Luzara et à Calciil
ait ravi d'admiration M. le Duc
de Vendôme ; que vous soyez devenus ,
pour ainsi dire , sa Troupe favorie
qu'au lieu de prendre dans l'Infanterie
selon l'usage ordinaire , une Garde pour
sa Personne , il n'en ait pas voulu d'autre
que des Cavaliers si braves et si vigilans.
nato ,
et
3
Mais l'on peut dire aussi que sans le
secours du Tres- Haut , ces grands Capitaines
n'auroient pû inspirer à leurs Trou
pes de si glorieux sentimens.
A O UST. 1733. 1891
Oui , je le répéte , si vous avez été jusqu'ici
la terreur des Ennemis par votre
bravoure ,et si vous êtes aujourd'hui l'ornement
de l'Etat par votre Naissance et
vorre Probité , c'est qu'autrefois , comme
aujourd'hui , vous avez offert à Dieu vos
Armes avant les Batailles , et vos Trophées
après vos Victoires. Cette succession
de courage qu'on admire dans votre
invincible Légion , et qui a fourni aux
Armées du Roy des Généraux si distinguez
, n'est autre chose que la récompense
d'une si constante vertu .
Venez donc , Illustres Guerriers , consacrer
encore au Seigneur les préparatifs
de vos nouveaux Combats : Venez vous
dévouer vous - mêmes à la défenfe des
Autels de votre Dieu , de l'autorité de
votre Roy et de la sûreté de votre Patrie .
Semblables à cette Colomne de feu qui
brille sur vos Etendarts , continuez de
montrer aux autres le chemin de la Gloire
, et de leur apprendre, par votre exemple
, qu'il n'y a pas de valeur plus parfaite
que celle qui est soutenue par l'esprit.
de Religion .
Tel est . MESSIEURS , la grande , mais la
juste idée que vous laissez de vous dans
une Contrée qui ne vous perd qu'avec un
regret infini , et qui édifiée de la sagesse
de
1892 MERCURE DE FRANCE
de votre conduite , ne ces era de la proposer
pour modele à ceux qui vous y succederont.
Plaise au Ciel d'exaucer les voeux que je
fais pour une si noble Portion de nos Armées
, et après vous avoir accordé mille
Triomphes sur la terre , vous couronner
ensuite d'une gloire qui ne passera jamais.
Duc de Laon , dans son Eglise
Cathedrale , pour la Benediction des
Etendarts du Régiment de LA CORNETTE
BLANCHE , au mois d'Août
1733.
Per turmas , signa atque vexilla, Castrametabun
tum Filii Israel . per gyrum Tabernaculı Foederis.
Num 2.
I
de
plus
L n'est rien , MESSIEURS ,
gréable gré ble au Seigneur que les hommages
des Guerriers. Mettre au pied de ses
Autels des Erendirts , c'est le reconnoître
pour le Dieu des Combats , le Dieu
des Triomphes et de la Victoire ; c'est lui
donner le titre sublime de Dieu des Armées
, qu'il prend lui- même si souvent
dans les Saintes Ecritures : Dominus Deus
exercituum.
Avec quelle complaisance ne jette til
donc pas les yeux sur cette auguste Céré
monie , sur cette Pompe brillante , avec
laquelle vous venez révérer dans son
Temple sa Grandeur et sa Puissance.
Oi , MESSIEURS , c'est parce que vous
l'avez toujours reconnu comme l'arbitre
suprême de votre destinée et l'unique
source du véritable héroisme , qu'il a ré--
Ivi panda vj
1890 MERCURE DE FRANCE
pandu tant de Gloire sur votre Illustre
Corps , et qu'il lui a donné de si fréquens
et de si heureux succès .
>
Il est vrai que tout a concouru à
vous les procurer , ces succès éclatans
conduits autrefois par M. de Turenne
c'est-à dire , par un Héros dont les rares
qualitez égaloient la haute Naissance ; et
commandez aujourd'hui par un Seigneur
du même Sang et de la même valeur
, il n'est pas surprenant que la Victoire
vous ait fuivi par tout, et que dans
le temps même de la Paix , la Gloire ne
Vous ait pas abandonné . Que vous ayez
fait tant de prodiges en Allemagne et en
Italie ; que M. de Turenne se soit crû invincible
à la tête de votre Régialent; que
Messieurs deCatinat et deVilleroy l'ayent
comblé d'Eloges; qu'à Luzara et à Calciil
ait ravi d'admiration M. le Duc
de Vendôme ; que vous soyez devenus ,
pour ainsi dire , sa Troupe favorie
qu'au lieu de prendre dans l'Infanterie
selon l'usage ordinaire , une Garde pour
sa Personne , il n'en ait pas voulu d'autre
que des Cavaliers si braves et si vigilans.
nato ,
et
3
Mais l'on peut dire aussi que sans le
secours du Tres- Haut , ces grands Capitaines
n'auroient pû inspirer à leurs Trou
pes de si glorieux sentimens.
A O UST. 1733. 1891
Oui , je le répéte , si vous avez été jusqu'ici
la terreur des Ennemis par votre
bravoure ,et si vous êtes aujourd'hui l'ornement
de l'Etat par votre Naissance et
vorre Probité , c'est qu'autrefois , comme
aujourd'hui , vous avez offert à Dieu vos
Armes avant les Batailles , et vos Trophées
après vos Victoires. Cette succession
de courage qu'on admire dans votre
invincible Légion , et qui a fourni aux
Armées du Roy des Généraux si distinguez
, n'est autre chose que la récompense
d'une si constante vertu .
Venez donc , Illustres Guerriers , consacrer
encore au Seigneur les préparatifs
de vos nouveaux Combats : Venez vous
dévouer vous - mêmes à la défenfe des
Autels de votre Dieu , de l'autorité de
votre Roy et de la sûreté de votre Patrie .
Semblables à cette Colomne de feu qui
brille sur vos Etendarts , continuez de
montrer aux autres le chemin de la Gloire
, et de leur apprendre, par votre exemple
, qu'il n'y a pas de valeur plus parfaite
que celle qui est soutenue par l'esprit.
de Religion .
Tel est . MESSIEURS , la grande , mais la
juste idée que vous laissez de vous dans
une Contrée qui ne vous perd qu'avec un
regret infini , et qui édifiée de la sagesse
de
1892 MERCURE DE FRANCE
de votre conduite , ne ces era de la proposer
pour modele à ceux qui vous y succederont.
Plaise au Ciel d'exaucer les voeux que je
fais pour une si noble Portion de nos Armées
, et après vous avoir accordé mille
Triomphes sur la terre , vous couronner
ensuite d'une gloire qui ne passera jamais.
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Résumé : DISCOURS prononcé par M. l'Evêque Duc de Laon, dans son Eglise Cathedrale, pour la Benediction des Etendarts du Régiment de LA CORNETTE BLANCHE, au mois d'Août 1733.
En août 1733, dans la cathédrale de Laon, l'évêque Duc de Laon bénit les étendards du Régiment de La Cornette Blanche. Il exprime sa gratitude envers Dieu, le qualifiant de 'Dieu des Combats, des Triomphes et de la Victoire'. L'orateur célèbre les succès militaires du régiment, autrefois dirigé par M. de Turenne et aujourd'hui par un seigneur de même lignée. Il mentionne les éloges reçus de généraux comme Messieurs de Catinat et de Villeroi. Les victoires sont attribuées aux talents des capitaines et au soutien divin. L'évêque encourage les soldats à continuer de consacrer leurs armes et trophées à Dieu, à défendre les autels, l'autorité du roi et la sûreté de la patrie. Le discours se conclut par un vœu pour que le régiment continue de briller par sa valeur et sa piété, servant de modèle aux générations futures.
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330
p. 1892-1901
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le 7. Juillet, Henry-Louis Colomne du Lac, de Parthenay, en Poitou, [...]
Mots clefs :
Roi, Paris, Seigneur, Lieutenant, Maison, Henri-Louis Colonne du Lac, Marie Geneviève Amyot, Jacques Geoffroy, Marie Megret, Jacques d'Illiers de Balsac d'Entragues, Catherine-Henriette Feydeau, César-Antoine de La Luzerne, Marie-Élisabeth de Lamoignon de Blancmesnil, Alexandre-Maximilien Balthazar Dominique de Gand-Vilain de Merode de Montmorency
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
LE
et Mariages .
E 7. Juillet , Henry- Louis Colomne
u Lac , de Parthenay , en Poitou
Docteur en Theologie , Doyen de l'Eglise
Royale et Collegiale de S. Marcel
les Paris , nommé en 1732. à l'Abbaye
de Landais , Ordre de Cîteaux , Diocèse
de Bourges , mourut en sa maison Déconale
, agé de 80. ans 3. mois. Il étoit
fort curieux et amateur de Fleurs , et
it en cultivoit des plus belles et des plus
rares dans son Jardin à Paris.
Le 25. Juillet , D. Marie - Anne Leoward,
Epouse de M. Daniel Chardon ,
Conseiller en la Cour des Aydes de Paris
, mourut après une longue maladie ,
laissant un fils unique , âgé de deux ans
et demi.
AOUST. 1733 . 1893
Le 27. Juillet , D. Marie Genevieve
Anyot , Epouse de M. Paul Emile de
Braque , Chevalier , Seigreur. du Luat ,
er du Fief de Domont , scis à S. Brice ,
Sarcelles et environs , et fille de Benoît-
Jean- François Amyot , Seigneur d'Inville
, Conseiller en la Cour des Aydes.
de Paris , et de D. Marguerite Yvonnet
mourut à Paris , âgée de 33. ans , et fut
inhumée le lendemain à la Me cy , liew
de la sépulture de la famille de Braque ,
qui étoit déja considerable sous le Regne
de Philippe de Valois , dans le 14.
siecle , et c'est d'elle que la rue de Braque
tire son nom. La Marquise de Braque
, qui vient de mourir , avoit éte marite
le 12. Juin 1724 et n'a laissé que
des filles .
Le 28. Juillet, Jacques Gerffy, Ecuyer,
Seigneur de Coiffy , Nozry er S Etienne,
autrefois Lieutenant au Régiment des
Gardes Françoises , mourut à Paris tout
sub tement en sortand dîner , âgé d' nviron
60. ans et sans avoir ét ' marié ,
laisant pour heritier Marc - Antoine
Geoffroy de Coiffy , Abbé Commardataire
de l'Abbaye de Cercanç ux riocèse
de Sens , et D. Anne Geoffroy
de Coiffy , veuve de Henry Pa ot . Seigncur
du Bouchet , Secretaire du Roy ,
mort
1894 MERCURE DE FRANCE
mort le 4. Octobre 1713. ses frere et
soeur.
D. Marie Megret , fille de François
Nicolas Megret , Seigneur de Passy , Conseiller-
Secretaire du Roy , Maison Couronne
de France et de ses Finances , et
Grand- Audiencier de France , et de Marguerite
Beaucousin , Epouse de Claude
Pellot , Comte de Tréviers , Seigneur des
grand et petit Deffand , Port - David ,
Saillencourt , &c. Conseiller au Parlement
de Paris , avec lequel elle avoit été
marié le 29. Avril 1726. mourut d'une
maladie de poitrine à la Campagne au
commencement du mois d'Août 1733-
laissant deux fils en bas âge.
Jacques d'Iliers de Balsac d'Entragues?
appellé le Marquis d'Illiers , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
qui s'étoit retiré depuis 2. ans dans la
Maison des Prêtres de l'Oratoire à Notre-
Dame des Vertus , y mourut vers le
commencement de ce mois , âgé d'environ
65. ans , sans avoir été marié . Il avoit
été autrefois successivement Guidon des
Gendarmes Flamans , en 1689. Enseigne
des Gendarmes de Bourgogne , en 1690.
Sous-Lieutenant des Chevaux - Legers de
Berry , en 1693. et enfin Capitaine Lieutenant
A O UST. 1732. 1895
tenant de cette Compagnie en 1703. II
fut fait Brigadier le 10. Février 1754.
et Maréchal de Camp le 20. Mars 1709 .
Il avoit eu pour freres pui nez , Henry
Comte d'Illers , Capitaine de Vaisseau
du Roy , mort au Pont S. E prit , en
revenant de Toulon , le 26. Novembre
1727. qui avoit épousé la fille de Marcellin
Florent de Selles , Trésorier general
de la Marine , dont il n'a laissé qu'une
fille en bas âge ; et le Chevalier d'Illiers ,
tué à la bataille de Ramilles en 1706.
Ils étoient tous trois fils de Henry d'Illiers
de Balsac, Seigneur de Chantemesle,
Beaumont , la Grange , &c. Sous - Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux-
Legers de la Garde du Roy , tué au Combat
de Senefen 1674. et de Louise- Magdeleine
de Grimouville,
Le 20. Août , D. Catherine Henriette
Feydeau , Epouse d'Arnaud - Paul de Fieubet
, Mestre de Camp de Cavalerie , et
Enseigne des Gendarmes de la Garde ordinaire
du Roy , accoucha d'une fille ,
son second enfant , qui fut nommée par
M. Pierre Gilbert , Seigneur de Voisins ,
Premier Avocat General au Parlement
de Paris , son oncle paternel , à cause de
D. Anne-Louise de Fieubet , sa femme i
ct
1896 MERCURE DE FRANCE
,
et par D. Catherine Croiset , veuve de
M. Guillaume Briconnet , Comte d'Auteüil
vivant Président en la troisiéme
Chambre des Enquêtes du Parlement de
Paris sa grande - tante maternelle , et
sceur de D. Marie Louise Croiset , veuve
de M. Henry Feydeau , Seigneur de Calende
, vivant , aussi Président aux Enquêtes
du même Parlement, Ayeule maternelle
de l'Enfant.
و
Le 3. Août , fut celebré à Malesherbes
en Gâtinois , le Mariage de César - An
toine de la Luzerne , Comte de Beusseville
Seigneur de Moulin - Chapelle
Houllebec , & c. Mestre de Camp du Régiment
de Cavalerie des Curassiers du
Roy , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , veuf de Germaine Françoise
de la Vieuville , morte le 19. Décembre
17 29. à l'âge de 22. ans ; avec Dlle Ma
rie - Elisabeth de Lamoignon de Blancménil
, née le 10. Mars 1716. fille aînée
de Guillaume de Lamoignon , Seigneur
de Blancménil , du Bourget , de Malesherbes
, &c . Président au Parlement de
Paris , et de D. Anne Elizabeth Roujault,
sa seconde femme. La Maison de la Luzerne
est une des plus anciennes de la
Province de Normandie , étant connuë
par
AOUS T. 1733. 1897
par titres dès la fin du 13. siecle. Elle
porte pour Armes d'azur à la Croix
d'or encrée , chargée de 5. Coquilles de guenles.
Le nouveau Marié est fils aîné de
Gui-Cesar de la Luzerne , marquis de
Beusseville , Baron de Garencieres , et de
Beaudemont , Seigneur de Lorcy et de
Courteville , Capitaine des Côtes de la
Mer en Normandie , cy - devant Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roy,
et de deffunte D. Magdeleine- Françoise.
de Pommerciil , Dame de Moulins- Chapelle
, morte le 12. May 1725. Il avoit
eu de sa premiere femme un fils unique ,
nommé Cesar- François de la Luzerne ,
né le 16. Décembre 1729. mais cet enfant
mourut le 15. Août 1732.
Le 10. Août , Alexandre- Maximilien-
Balthasar Dominique de Gand - Villain
de Merode et de Montmorency , Comte
de Middelbourg , Colonel du Régiment
de la Marine depuis 1716. et auparavant
de celui des Landes en 1704. Brigadier
des Armées du Roy , du premier
Février 1719. et Gouverneur de la
Ville de Bouchain , depuis 1724. frere
puîné de Louis de Gand- Villain de Merode
de Montmorency , Prince d'Isenghien
et de Masmimes , Lieutenant General
des Armées du Roy , du 8. Mars
1728.
I'
900 MERCURE DE FRANCE
1718. Chevalier des Ordres de S. M. du
3. Juin 1724. Lieutenant general en la
Province d'Artois , du mois d'Août 1724.
et Gouverneur de la Ville et Cité d'Arras
, depuis 17 : 5 . et fils de Jean - Alphonse
de Gand . Villain de Merode de Montmorency
, Prince d'Isenghien et de Masmimes
, mort le 6. May 1687. à l'âge
de 30. ans , et de Marie- Therese de Crevant
d'Humieres , morte le 19. Août 1732.
âgée de 79. ans , fut marié dans la
Chapelle des hauts- Thermes , au bout
des Champs Elizées , avec la Dile de la
Rochefoucault , âgée de 16. à 17. ans ,
fille unique de feu Barthelemi de Roye
de la Rochefoucault , dit le Marquis de
la Roch foucault , Lieutenant General
des Armées du Roy , ancien Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Flamans , Capitaine des Gardes
du Corps de deffunts le Duc et la Duchesse
de Berry , mort le 3. Novembre
1724. à lâge de 51. ans , et de D. Pauline
Marguerite Prondre , sa veuve. La Maison
de Villain , surnommée de Gand , est
une des grandes et premieres Maisons
de Flandres . Elle remonte son origine ,
aux anciens Comtes et Chastelains de
Gand. On en trouve la généalogie dans
le Dictionnaire Historique , Editions de
1725.
A O UST. 1901 1733 .
1725. et 1732. sous le nom de Gand .
Celle de la Maison de la Rochefoucault
est rapportée dans le 4. tome des Grands
Officiers de la Couronne , de la derniere
Edition , page 418 .
Nous remettons au mois prochain à parler
du Mariage de M. le Marquis de
Mirepoix , avec Mdeumoiselle Bernard de
Rieux et de la magnifique Fête
M. Bernard , Comte de Coubert , á donné:
à cette occasion .
LE
et Mariages .
E 7. Juillet , Henry- Louis Colomne
u Lac , de Parthenay , en Poitou
Docteur en Theologie , Doyen de l'Eglise
Royale et Collegiale de S. Marcel
les Paris , nommé en 1732. à l'Abbaye
de Landais , Ordre de Cîteaux , Diocèse
de Bourges , mourut en sa maison Déconale
, agé de 80. ans 3. mois. Il étoit
fort curieux et amateur de Fleurs , et
it en cultivoit des plus belles et des plus
rares dans son Jardin à Paris.
Le 25. Juillet , D. Marie - Anne Leoward,
Epouse de M. Daniel Chardon ,
Conseiller en la Cour des Aydes de Paris
, mourut après une longue maladie ,
laissant un fils unique , âgé de deux ans
et demi.
AOUST. 1733 . 1893
Le 27. Juillet , D. Marie Genevieve
Anyot , Epouse de M. Paul Emile de
Braque , Chevalier , Seigreur. du Luat ,
er du Fief de Domont , scis à S. Brice ,
Sarcelles et environs , et fille de Benoît-
Jean- François Amyot , Seigneur d'Inville
, Conseiller en la Cour des Aydes.
de Paris , et de D. Marguerite Yvonnet
mourut à Paris , âgée de 33. ans , et fut
inhumée le lendemain à la Me cy , liew
de la sépulture de la famille de Braque ,
qui étoit déja considerable sous le Regne
de Philippe de Valois , dans le 14.
siecle , et c'est d'elle que la rue de Braque
tire son nom. La Marquise de Braque
, qui vient de mourir , avoit éte marite
le 12. Juin 1724 et n'a laissé que
des filles .
Le 28. Juillet, Jacques Gerffy, Ecuyer,
Seigneur de Coiffy , Nozry er S Etienne,
autrefois Lieutenant au Régiment des
Gardes Françoises , mourut à Paris tout
sub tement en sortand dîner , âgé d' nviron
60. ans et sans avoir ét ' marié ,
laisant pour heritier Marc - Antoine
Geoffroy de Coiffy , Abbé Commardataire
de l'Abbaye de Cercanç ux riocèse
de Sens , et D. Anne Geoffroy
de Coiffy , veuve de Henry Pa ot . Seigncur
du Bouchet , Secretaire du Roy ,
mort
1894 MERCURE DE FRANCE
mort le 4. Octobre 1713. ses frere et
soeur.
D. Marie Megret , fille de François
Nicolas Megret , Seigneur de Passy , Conseiller-
Secretaire du Roy , Maison Couronne
de France et de ses Finances , et
Grand- Audiencier de France , et de Marguerite
Beaucousin , Epouse de Claude
Pellot , Comte de Tréviers , Seigneur des
grand et petit Deffand , Port - David ,
Saillencourt , &c. Conseiller au Parlement
de Paris , avec lequel elle avoit été
marié le 29. Avril 1726. mourut d'une
maladie de poitrine à la Campagne au
commencement du mois d'Août 1733-
laissant deux fils en bas âge.
Jacques d'Iliers de Balsac d'Entragues?
appellé le Marquis d'Illiers , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
qui s'étoit retiré depuis 2. ans dans la
Maison des Prêtres de l'Oratoire à Notre-
Dame des Vertus , y mourut vers le
commencement de ce mois , âgé d'environ
65. ans , sans avoir été marié . Il avoit
été autrefois successivement Guidon des
Gendarmes Flamans , en 1689. Enseigne
des Gendarmes de Bourgogne , en 1690.
Sous-Lieutenant des Chevaux - Legers de
Berry , en 1693. et enfin Capitaine Lieutenant
A O UST. 1732. 1895
tenant de cette Compagnie en 1703. II
fut fait Brigadier le 10. Février 1754.
et Maréchal de Camp le 20. Mars 1709 .
Il avoit eu pour freres pui nez , Henry
Comte d'Illers , Capitaine de Vaisseau
du Roy , mort au Pont S. E prit , en
revenant de Toulon , le 26. Novembre
1727. qui avoit épousé la fille de Marcellin
Florent de Selles , Trésorier general
de la Marine , dont il n'a laissé qu'une
fille en bas âge ; et le Chevalier d'Illiers ,
tué à la bataille de Ramilles en 1706.
Ils étoient tous trois fils de Henry d'Illiers
de Balsac, Seigneur de Chantemesle,
Beaumont , la Grange , &c. Sous - Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux-
Legers de la Garde du Roy , tué au Combat
de Senefen 1674. et de Louise- Magdeleine
de Grimouville,
Le 20. Août , D. Catherine Henriette
Feydeau , Epouse d'Arnaud - Paul de Fieubet
, Mestre de Camp de Cavalerie , et
Enseigne des Gendarmes de la Garde ordinaire
du Roy , accoucha d'une fille ,
son second enfant , qui fut nommée par
M. Pierre Gilbert , Seigneur de Voisins ,
Premier Avocat General au Parlement
de Paris , son oncle paternel , à cause de
D. Anne-Louise de Fieubet , sa femme i
ct
1896 MERCURE DE FRANCE
,
et par D. Catherine Croiset , veuve de
M. Guillaume Briconnet , Comte d'Auteüil
vivant Président en la troisiéme
Chambre des Enquêtes du Parlement de
Paris sa grande - tante maternelle , et
sceur de D. Marie Louise Croiset , veuve
de M. Henry Feydeau , Seigneur de Calende
, vivant , aussi Président aux Enquêtes
du même Parlement, Ayeule maternelle
de l'Enfant.
و
Le 3. Août , fut celebré à Malesherbes
en Gâtinois , le Mariage de César - An
toine de la Luzerne , Comte de Beusseville
Seigneur de Moulin - Chapelle
Houllebec , & c. Mestre de Camp du Régiment
de Cavalerie des Curassiers du
Roy , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , veuf de Germaine Françoise
de la Vieuville , morte le 19. Décembre
17 29. à l'âge de 22. ans ; avec Dlle Ma
rie - Elisabeth de Lamoignon de Blancménil
, née le 10. Mars 1716. fille aînée
de Guillaume de Lamoignon , Seigneur
de Blancménil , du Bourget , de Malesherbes
, &c . Président au Parlement de
Paris , et de D. Anne Elizabeth Roujault,
sa seconde femme. La Maison de la Luzerne
est une des plus anciennes de la
Province de Normandie , étant connuë
par
AOUS T. 1733. 1897
par titres dès la fin du 13. siecle. Elle
porte pour Armes d'azur à la Croix
d'or encrée , chargée de 5. Coquilles de guenles.
Le nouveau Marié est fils aîné de
Gui-Cesar de la Luzerne , marquis de
Beusseville , Baron de Garencieres , et de
Beaudemont , Seigneur de Lorcy et de
Courteville , Capitaine des Côtes de la
Mer en Normandie , cy - devant Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roy,
et de deffunte D. Magdeleine- Françoise.
de Pommerciil , Dame de Moulins- Chapelle
, morte le 12. May 1725. Il avoit
eu de sa premiere femme un fils unique ,
nommé Cesar- François de la Luzerne ,
né le 16. Décembre 1729. mais cet enfant
mourut le 15. Août 1732.
Le 10. Août , Alexandre- Maximilien-
Balthasar Dominique de Gand - Villain
de Merode et de Montmorency , Comte
de Middelbourg , Colonel du Régiment
de la Marine depuis 1716. et auparavant
de celui des Landes en 1704. Brigadier
des Armées du Roy , du premier
Février 1719. et Gouverneur de la
Ville de Bouchain , depuis 1724. frere
puîné de Louis de Gand- Villain de Merode
de Montmorency , Prince d'Isenghien
et de Masmimes , Lieutenant General
des Armées du Roy , du 8. Mars
1728.
I'
900 MERCURE DE FRANCE
1718. Chevalier des Ordres de S. M. du
3. Juin 1724. Lieutenant general en la
Province d'Artois , du mois d'Août 1724.
et Gouverneur de la Ville et Cité d'Arras
, depuis 17 : 5 . et fils de Jean - Alphonse
de Gand . Villain de Merode de Montmorency
, Prince d'Isenghien et de Masmimes
, mort le 6. May 1687. à l'âge
de 30. ans , et de Marie- Therese de Crevant
d'Humieres , morte le 19. Août 1732.
âgée de 79. ans , fut marié dans la
Chapelle des hauts- Thermes , au bout
des Champs Elizées , avec la Dile de la
Rochefoucault , âgée de 16. à 17. ans ,
fille unique de feu Barthelemi de Roye
de la Rochefoucault , dit le Marquis de
la Roch foucault , Lieutenant General
des Armées du Roy , ancien Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Flamans , Capitaine des Gardes
du Corps de deffunts le Duc et la Duchesse
de Berry , mort le 3. Novembre
1724. à lâge de 51. ans , et de D. Pauline
Marguerite Prondre , sa veuve. La Maison
de Villain , surnommée de Gand , est
une des grandes et premieres Maisons
de Flandres . Elle remonte son origine ,
aux anciens Comtes et Chastelains de
Gand. On en trouve la généalogie dans
le Dictionnaire Historique , Editions de
1725.
A O UST. 1901 1733 .
1725. et 1732. sous le nom de Gand .
Celle de la Maison de la Rochefoucault
est rapportée dans le 4. tome des Grands
Officiers de la Couronne , de la derniere
Edition , page 418 .
Nous remettons au mois prochain à parler
du Mariage de M. le Marquis de
Mirepoix , avec Mdeumoiselle Bernard de
Rieux et de la magnifique Fête
M. Bernard , Comte de Coubert , á donné:
à cette occasion .
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En juillet 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Henry-Louis Colomne, docteur en théologie et doyen de l'église royale de Saint-Marcel à Paris, est décédé à l'âge de 80 ans. Passionné de fleurs, il cultivait des espèces rares dans son jardin parisien. Marie-Anne Leoward, épouse de Daniel Chardon, conseiller à la Cour des Aides de Paris, est morte après une longue maladie, laissant un fils de deux ans et demi. Marie Geneviève Amyot, épouse de Paul Émile de Braque, est décédée à Paris à l'âge de 33 ans et a été inhumée à la Madeleine. Jacques Gerffy, écuyer et seigneur de Coiffy, est mort subitement à Paris à l'âge d'environ 60 ans. Marie Megret, épouse de Claude Pellot, comte de Tréviers, est décédée d'une maladie de poitrine au début du mois d'août, laissant deux fils en bas âge. Jacques d'Illiers de Balsac d'Entragues, maréchal des camps et armées du roi, est mort à l'âge d'environ 65 ans. En août 1733, Catherine Henriette Feydeau, épouse d'Arnaud-Paul de Fieubet, a accouché d'une fille. Le 3 août, César-Antoine de la Luzerne, comte de Beusseville, s'est marié avec Marie-Elisabeth de Lamoignon de Blancménil à Malesherbes. Le 10 août, Alexandre-Maximilien-Balthasar Dominique de Gand-Villain de Merode et de Montmorency, comte de Middelbourg, s'est marié avec la fille de Barthélemi de Roye de la Rochefoucault.
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331
p. 1901-1902
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du Conseil, du 23. Juin, qui fait deffense aux Officiers des Maitrises, de recevoir [...]
Mots clefs :
Exemption des droits, Conseil, Rochefort, Bestiaux, Grains, Parlement
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLE S:
RREST du Conseil , du 23. Juin, qui fait
deffense aux Officiers des Maitrises , de recevoir
les cautions et certificateurs des Adjudicataires
, qu'en cas qu'ils soient solvables , à peine
d'en répondre en leurs propres et privez noms.
ORDONNANCE DU ROY , du 24.
Juin , concernant la Compagnie des Bombar
diers , entretenue à Rochefort , laquell : doit être
composée de 40. Bombardiers , qui seront choisis
parmi les Matelots des quartiers dépendans dudit
Port de Rochefort , et d'un Tambour , &c.
ARREST du Conseil du 30 Juin, en interpréta--
tion des Arrêts des à Août et 23 Septemb. 1732
portant prorogation de l'exemption des droits sur
les bestiaux et sur les grains , par lequel S. M. ordonne
1902 MERCURE DE FRANCE
té
donne que lesdits Arrêts , par lesquels elle a prorogé
l'exemption des droits sur les bestiaux et sur
des grains , seront executez pendant le temps porpar
lesdits Arrêts ; sans néanmoins qu'en vertu
d'iceux il puisse être piétendue aucune exemption
des droits dûs aux Sous-Fermes de ses Domaines ,
dont elle veut que le payement soit fait , conformément
aux Pancartes , Tarifs et autres titres
et possession , ainsi qu'ils ont été payez d'ancienneté.
ARREST du Parlement du 7. May 1731 .
nouvellement publié en 1733. pour servir de Reglement
sur le temps et la forme de l'Inventaire
qui pourra être fait dans le cas qu'une Veuve ,
Tutrice de ses enfans mineurs , convolera à de
secondes ou subsequentes Nôces,
ARREST du Parlement, du 13. Juillet 1733.
qui condamne le nommé Antoine Monteil
Complice de Louis-Dominique Cartouche , au
fouet , à la maque des trois Lettres G. A. L. et
aux Galeres à perpetuité.
RREST du Conseil , du 23. Juin, qui fait
deffense aux Officiers des Maitrises , de recevoir
les cautions et certificateurs des Adjudicataires
, qu'en cas qu'ils soient solvables , à peine
d'en répondre en leurs propres et privez noms.
ORDONNANCE DU ROY , du 24.
Juin , concernant la Compagnie des Bombar
diers , entretenue à Rochefort , laquell : doit être
composée de 40. Bombardiers , qui seront choisis
parmi les Matelots des quartiers dépendans dudit
Port de Rochefort , et d'un Tambour , &c.
ARREST du Conseil du 30 Juin, en interpréta--
tion des Arrêts des à Août et 23 Septemb. 1732
portant prorogation de l'exemption des droits sur
les bestiaux et sur les grains , par lequel S. M. ordonne
1902 MERCURE DE FRANCE
té
donne que lesdits Arrêts , par lesquels elle a prorogé
l'exemption des droits sur les bestiaux et sur
des grains , seront executez pendant le temps porpar
lesdits Arrêts ; sans néanmoins qu'en vertu
d'iceux il puisse être piétendue aucune exemption
des droits dûs aux Sous-Fermes de ses Domaines ,
dont elle veut que le payement soit fait , conformément
aux Pancartes , Tarifs et autres titres
et possession , ainsi qu'ils ont été payez d'ancienneté.
ARREST du Parlement du 7. May 1731 .
nouvellement publié en 1733. pour servir de Reglement
sur le temps et la forme de l'Inventaire
qui pourra être fait dans le cas qu'une Veuve ,
Tutrice de ses enfans mineurs , convolera à de
secondes ou subsequentes Nôces,
ARREST du Parlement, du 13. Juillet 1733.
qui condamne le nommé Antoine Monteil
Complice de Louis-Dominique Cartouche , au
fouet , à la maque des trois Lettres G. A. L. et
aux Galeres à perpetuité.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Entre 1731 et 1733, plusieurs arrêts et ordonnances royaux ont été émis. Le 23 juin, un arrêt du Conseil interdit aux officiers des maistrises de recevoir les cautions et certificateurs des adjudicataires, sauf s'ils sont solvables, sous peine de responsabilité personnelle. Le 24 juin, une ordonnance royale organise la Compagnie des Bombardiers à Rochefort, composée de 40 bombardiers choisis parmi les matelots des quartiers dépendants du port de Rochefort, ainsi qu'un tambour. Le 30 juin, un autre arrêt du Conseil précise que les exemptions de droits sur les bestiaux et les grains, prorogées par des arrêts antérieurs, doivent être exécutées sans affecter les droits dus aux sous-fermiers des domaines royaux. Un arrêt du Parlement du 7 mai 1731, publié en 1733, régit la procédure d'inventaire en cas de remariage d'une veuve tutrice de ses enfants mineurs. Enfin, un arrêt du Parlement du 13 juillet 1733 condamne Antoine Monteil, complice de Louis-Dominique Cartouche, au fouet, à la marque des lettres G.A.L. et aux galères à perpétuité.
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332
p. 2072-2075
« Le 2. de ce mois après midy, le Roy fit dans la Cour du Château de Meudon, [...] »
Début :
Le 2. de ce mois après midy, le Roy fit dans la Cour du Château de Meudon, [...]
Mots clefs :
Prologue, Rôles, Roi, Château, Musique, Duhamel, François Colin de Blamont, Motet, Concert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2. de ce mois après midy, le Roy fit dans la Cour du Château de Meudon, [...] »
E 2. de ce mois après midy , le Roy
Lfit dans la Cour du Château de Meudon
, la Revue des deux Compagnies
de Mousquetaires de la Garde de Sa Majesté
, et après que le Roy cut passé
dans les rangs , ils firent l'Exercice des
vant S. M. qui en parut fort satisfaite ,
2 .
La nuit du 23. au 24. du mois dernier,
le feu prit chez un Boulanger du Fauxbourg
S. Martin , avec tant de violence
que toute la maison fut enfâmée avant
qu'on pût y apporter du secours ; quel,
ques autres maisons ont été endommagées
, et 15 , ou 18. personnes ont péri
dans cet lucendie , entr'autres un Religieus
SEPTEMBRE. 1933. 207}
gieux Récollet et deux Enfans de l'Hôpital
de la Trinité , qui travailloient à
L'éteindre , le plancher sur lequel ils
étoient s'étant abîmé tout à coup dans
les flâmes.
Le Concert d'Instrumens que l'Aca
démie Royale de Musique donne tous
les ans au Château des Thuilleries ,à l'occasion
de la Fête du Roy , fut executé
par un grand nombre d'excellens Simphonistes
de la même Académie , qui
joüerent differens Morceaux de Musique
de M. de Lully et d'autres Maîtres modernes
, par une des plus belles soirées
qu'il soit possible de voir , et avec une
multitude incroyable de gens de tous
états , depuis les Princes et Princesses du
Sang , jusqu'à la plus simple Bougeoisie ;
et le tout avec un tel ordre , qu'il n'est
arrivé , non - seulement aucun accident ,
mais pas même de confusion , qu'autant
qu'il eenn falloit pour produire une va
rieté agréable et des oppositions char
mantes d'âges , de Sexes , de qualitez ,
de parures , dont le clair de la Lune ne
laissoit rien perdre ; ensorte que des
Compagnies entieres de gens de grande
condition et autres , étoient dans leur
particulier au milieu de la foule , assis sur
Hii des
2074 MERCURE
DE FRANCE
des chaises qu'on trouvoit en abondante
et qu'on disposoit en rond , &c .
Le 26. Août , il y eut Concert chez
la Reine , M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
le Prologue et le premier Acte de
Thetis et Pelée , qui fut continué le 29.
par le second et le troisiéme Acte , et
on finit le quatrième et le dernier Acte
le 2. Septembre. Les Rôles du Prologue
qui sont la Nuit , la Victoire et le Soleil ,
ont été chantéz par les Dlles Duhamel ,
Levy,et par le sieur le Begues les Princi
paux Rôles de la Piece ont été chantez par
les Dlles Antier , Mathieu , Lenner et
Courvasier , et par les sieurs Massé , le
Begue, Ducros, d'Angerville et du Bourg.
*
Le 29. on concerta le Prologue et le
premier Acte de Thésée ; les Rôles du
Prologue furent chantez par les Dlles Mathieu
et Duhamel , et par les sieurs du
Bourg et Richer , et ceux de la Piece
par les Diles Courvasier , Petitpas
Drouin et Duhamel , et par les sieurs
d'Angerville Chassé et Tribou ,
Le 23. la Reine voulut entendre le
Prologue de la premiere Entrée des Fêtes
Grecques et Romaines , de la composi →
tion de M. de Blamont. Les Dlles Antier.
et
SEPTEMBRE . 1733. 2079
et Petitpas chanterent dans le Prologue
les Roles de Clio et d'Erato , et les sieurs
Chassé et Jeliot , ceux d'Apollon et de
Terpsicore. On chanta la seconde et troisiéme
Entrée le 26. dont les principaux
Rôles furent remplis par les Dlles Antier
, Petitpas , le Maure et Mathieu
et par les sieurs Chassé et Jeliot ; tous
ces differens Concerts firent beaucoup
de plaisir et l'éxécution en fut parfaite.
Le 8. Septembre , Fête de la Nativité
de la Vierge , il y eut Concert Spirituel
au Château des Thuilleries , on y chanta
le Confitebor , Motet de M. de la Lande,
qui fut suivi d'un petit Motet à voix
seule , chanté par la Dlle Petitpas , et
d'un autre par la Dlle Julie ; après plusieurs
Pieces de Simphonie excellem-
- ment executées , le Concert finit par lė
Motet Exultate justi , du même Auteur .
Lfit dans la Cour du Château de Meudon
, la Revue des deux Compagnies
de Mousquetaires de la Garde de Sa Majesté
, et après que le Roy cut passé
dans les rangs , ils firent l'Exercice des
vant S. M. qui en parut fort satisfaite ,
2 .
La nuit du 23. au 24. du mois dernier,
le feu prit chez un Boulanger du Fauxbourg
S. Martin , avec tant de violence
que toute la maison fut enfâmée avant
qu'on pût y apporter du secours ; quel,
ques autres maisons ont été endommagées
, et 15 , ou 18. personnes ont péri
dans cet lucendie , entr'autres un Religieus
SEPTEMBRE. 1933. 207}
gieux Récollet et deux Enfans de l'Hôpital
de la Trinité , qui travailloient à
L'éteindre , le plancher sur lequel ils
étoient s'étant abîmé tout à coup dans
les flâmes.
Le Concert d'Instrumens que l'Aca
démie Royale de Musique donne tous
les ans au Château des Thuilleries ,à l'occasion
de la Fête du Roy , fut executé
par un grand nombre d'excellens Simphonistes
de la même Académie , qui
joüerent differens Morceaux de Musique
de M. de Lully et d'autres Maîtres modernes
, par une des plus belles soirées
qu'il soit possible de voir , et avec une
multitude incroyable de gens de tous
états , depuis les Princes et Princesses du
Sang , jusqu'à la plus simple Bougeoisie ;
et le tout avec un tel ordre , qu'il n'est
arrivé , non - seulement aucun accident ,
mais pas même de confusion , qu'autant
qu'il eenn falloit pour produire une va
rieté agréable et des oppositions char
mantes d'âges , de Sexes , de qualitez ,
de parures , dont le clair de la Lune ne
laissoit rien perdre ; ensorte que des
Compagnies entieres de gens de grande
condition et autres , étoient dans leur
particulier au milieu de la foule , assis sur
Hii des
2074 MERCURE
DE FRANCE
des chaises qu'on trouvoit en abondante
et qu'on disposoit en rond , &c .
Le 26. Août , il y eut Concert chez
la Reine , M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
le Prologue et le premier Acte de
Thetis et Pelée , qui fut continué le 29.
par le second et le troisiéme Acte , et
on finit le quatrième et le dernier Acte
le 2. Septembre. Les Rôles du Prologue
qui sont la Nuit , la Victoire et le Soleil ,
ont été chantéz par les Dlles Duhamel ,
Levy,et par le sieur le Begues les Princi
paux Rôles de la Piece ont été chantez par
les Dlles Antier , Mathieu , Lenner et
Courvasier , et par les sieurs Massé , le
Begue, Ducros, d'Angerville et du Bourg.
*
Le 29. on concerta le Prologue et le
premier Acte de Thésée ; les Rôles du
Prologue furent chantez par les Dlles Mathieu
et Duhamel , et par les sieurs du
Bourg et Richer , et ceux de la Piece
par les Diles Courvasier , Petitpas
Drouin et Duhamel , et par les sieurs
d'Angerville Chassé et Tribou ,
Le 23. la Reine voulut entendre le
Prologue de la premiere Entrée des Fêtes
Grecques et Romaines , de la composi →
tion de M. de Blamont. Les Dlles Antier.
et
SEPTEMBRE . 1733. 2079
et Petitpas chanterent dans le Prologue
les Roles de Clio et d'Erato , et les sieurs
Chassé et Jeliot , ceux d'Apollon et de
Terpsicore. On chanta la seconde et troisiéme
Entrée le 26. dont les principaux
Rôles furent remplis par les Dlles Antier
, Petitpas , le Maure et Mathieu
et par les sieurs Chassé et Jeliot ; tous
ces differens Concerts firent beaucoup
de plaisir et l'éxécution en fut parfaite.
Le 8. Septembre , Fête de la Nativité
de la Vierge , il y eut Concert Spirituel
au Château des Thuilleries , on y chanta
le Confitebor , Motet de M. de la Lande,
qui fut suivi d'un petit Motet à voix
seule , chanté par la Dlle Petitpas , et
d'un autre par la Dlle Julie ; après plusieurs
Pieces de Simphonie excellem-
- ment executées , le Concert finit par lė
Motet Exultate justi , du même Auteur .
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Résumé : « Le 2. de ce mois après midy, le Roy fit dans la Cour du Château de Meudon, [...] »
Le 2 septembre, le roi inspecta les Mousquetaires de la Garde à Meudon et fut satisfait de leur exercice. La nuit du 23 au 24 août, un incendie chez un boulanger à Saint-Martin détruisit sa maison et endommagea plusieurs autres, causant la mort de 15 à 18 personnes, dont un religieux Récollet et deux enfants de l'Hôpital de la Trinité. Le 26 août, un concert à l'Académie Royale de Musique aux Tuileries célébra la fête du roi avec des œuvres de Lully et d'autres compositeurs modernes, attirant une foule diverse sans incident. Du 26 août au 2 septembre, des concerts à la cour inclurent des extraits de 'Thetis et Pelée' et 'Thésée', avec des chanteurs tels que les demoiselles Duhamel, Antier, et Mathieu, ainsi que les sieurs Massé et le Begue. Le 23 août, la reine écouta le prologue des 'Fêtes Grecques et Romaines' de Blamont. Le 8 septembre, à la fête de la Nativité de la Vierge, un concert spirituel aux Tuileries présenta des motets de La Lande et des pièces de symphonie.
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333
p. 2075-2078
« Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
Début :
Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...]
Mots clefs :
Marquis, Compagnie des gendarmes, Chevalier, Compagnie, Roi, Gardes, Guidon des gendarmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
Le Roy vient de faire un Remplacement
d'Officiers de Galeres ; le Bailly
de Laubepine a été fait Chef d'Escadre
le Marquis de Tournon , Capitaine de
Galeres ; M. de Langerie , Capitaine de
Port , et le Chevalier de la Farre Lopis ,
Capitaine de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart. Les Capitaines - Lieutenans
sont , Mrs des Tourrés , de Villeneuve
Hiiij et
2076 MERCURE DE FRANCE
et le Chevalier de Bernage. Les Lieute
nans , le Chevalier de Preville , le Chevalier
de Castellane , M. de Chaumont
Lussac , et le Chevalier du Ligondez ,
Lieutenant de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart ; les Enseignes , M. de
Mazan , Brigadier de la Compagnie des
Gardes de l'Etendart , le Marquis d'Aubignan
, et le Marquis de Trans , Sous-
Brigadier de la même Compagnie.
›
Par la Promotion que le Roy a faite
depuis peu dans la Gendarmerie la
Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes Ecossois , a été donnée au
Comte de Choiseul , lequel est remplacé
dans la Charge d'Enseigne des Gendarmes
d'Orleans , par le Chevalier de la
Marche , Guidon des Gendarmes de Flandres.
Le Marquis de Pellevé , Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
de Berry , ayant demandé la permission
de se retirer , cette Compagnie
a été donnée au Marquis du Muy , Sous-
Lieutenant des Gendarmes Bourguignons.
Le Comte de la Vieuville a été nommé
Sous-Lieutenant des Gendarmes Bourgui
gnons , et le Chevalier du Châtelet
Enseigne des Gendarmes Dauphins. Le
Marquis Destreans , Guidon des Gendarmes
SEPTEMBRE. 1733 2077
mes de Berry , a eû la Charg : Premier
Cornette des Chevaux- Legers de
Bretagne , vacante par la démission velontaire
du Marquis de Vassey. Le Com
te de Laval a été nommé Guidon des
Gendarmes de Flandres , le Marquis de
Todoas , second Cornette des Chevaux-
Legers de Bretagne , et le Marquis de
Jonsac, Guidon des Gendarmes de Berry.
On ajoûtera à cette occasion , que le
sieur Sorbier un des meilleurs Eleves
de M. Petit , de l'Académie Royale des
Sciences , vient d'être nommé Chirur
gien Major de ce Corps , à la place de
M. Dalibour , dont on connoît la grande
réputation , qui après 40. ans de service
a demandé à se retirer. Il a obtenu une
pension de 300s. livres.
Le 10. Septembre , les Chanoines Réguliers
de S. Augustin , de la Congré
gation de France , élurent pour leur Général
et pour Abbé de sainte Genevieve ,
dans le Chapitre tenu à l'Abbaye sainte
Genevieve , le R. P. Pierre Suteine , de
Rheims , cy - devant Prieur de la même
Abbaye.
"
Le 21. de ce mois ,le Chevalier Manherbe
fut nommé par le Roy , à la Place
H v d'Ayde
2078 MERCURE DE FRANCE
d'Ayde- Major Général des Gardes du
Corps , vacante pár la démission de M. de
Maison - Neuve ; et le Marquis de Cal
viere , à celle d'Ayde - Major des Gardes
du Corps de la Compagnie de Villeroy .
Monseigneur le Dauphin et Mesdames
de France , les deux ainées , revinrent
Versailles du Château de Meudon en
parfaite santé le 24. de ce mois . Les
deux autres Princesses y arriverent le
lendemain..·
Aux affaires generales de la Religion
Prétendue Réformée , dont le Comte de
S. Florentin , Secretaire d'Etat , est chargé
, le Roy a réuni les affaires particulieres
de cette Religion dans tout le
Royaume.
Le Roy partit de Versailles le 30. de
ce mois vers les 11. heures du matin ,
pour aller coucher à Fontainebleau
S. M. dîna au Château de Petitbourg.
d'Officiers de Galeres ; le Bailly
de Laubepine a été fait Chef d'Escadre
le Marquis de Tournon , Capitaine de
Galeres ; M. de Langerie , Capitaine de
Port , et le Chevalier de la Farre Lopis ,
Capitaine de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart. Les Capitaines - Lieutenans
sont , Mrs des Tourrés , de Villeneuve
Hiiij et
2076 MERCURE DE FRANCE
et le Chevalier de Bernage. Les Lieute
nans , le Chevalier de Preville , le Chevalier
de Castellane , M. de Chaumont
Lussac , et le Chevalier du Ligondez ,
Lieutenant de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart ; les Enseignes , M. de
Mazan , Brigadier de la Compagnie des
Gardes de l'Etendart , le Marquis d'Aubignan
, et le Marquis de Trans , Sous-
Brigadier de la même Compagnie.
›
Par la Promotion que le Roy a faite
depuis peu dans la Gendarmerie la
Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes Ecossois , a été donnée au
Comte de Choiseul , lequel est remplacé
dans la Charge d'Enseigne des Gendarmes
d'Orleans , par le Chevalier de la
Marche , Guidon des Gendarmes de Flandres.
Le Marquis de Pellevé , Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
de Berry , ayant demandé la permission
de se retirer , cette Compagnie
a été donnée au Marquis du Muy , Sous-
Lieutenant des Gendarmes Bourguignons.
Le Comte de la Vieuville a été nommé
Sous-Lieutenant des Gendarmes Bourgui
gnons , et le Chevalier du Châtelet
Enseigne des Gendarmes Dauphins. Le
Marquis Destreans , Guidon des Gendarmes
SEPTEMBRE. 1733 2077
mes de Berry , a eû la Charg : Premier
Cornette des Chevaux- Legers de
Bretagne , vacante par la démission velontaire
du Marquis de Vassey. Le Com
te de Laval a été nommé Guidon des
Gendarmes de Flandres , le Marquis de
Todoas , second Cornette des Chevaux-
Legers de Bretagne , et le Marquis de
Jonsac, Guidon des Gendarmes de Berry.
On ajoûtera à cette occasion , que le
sieur Sorbier un des meilleurs Eleves
de M. Petit , de l'Académie Royale des
Sciences , vient d'être nommé Chirur
gien Major de ce Corps , à la place de
M. Dalibour , dont on connoît la grande
réputation , qui après 40. ans de service
a demandé à se retirer. Il a obtenu une
pension de 300s. livres.
Le 10. Septembre , les Chanoines Réguliers
de S. Augustin , de la Congré
gation de France , élurent pour leur Général
et pour Abbé de sainte Genevieve ,
dans le Chapitre tenu à l'Abbaye sainte
Genevieve , le R. P. Pierre Suteine , de
Rheims , cy - devant Prieur de la même
Abbaye.
"
Le 21. de ce mois ,le Chevalier Manherbe
fut nommé par le Roy , à la Place
H v d'Ayde
2078 MERCURE DE FRANCE
d'Ayde- Major Général des Gardes du
Corps , vacante pár la démission de M. de
Maison - Neuve ; et le Marquis de Cal
viere , à celle d'Ayde - Major des Gardes
du Corps de la Compagnie de Villeroy .
Monseigneur le Dauphin et Mesdames
de France , les deux ainées , revinrent
Versailles du Château de Meudon en
parfaite santé le 24. de ce mois . Les
deux autres Princesses y arriverent le
lendemain..·
Aux affaires generales de la Religion
Prétendue Réformée , dont le Comte de
S. Florentin , Secretaire d'Etat , est chargé
, le Roy a réuni les affaires particulieres
de cette Religion dans tout le
Royaume.
Le Roy partit de Versailles le 30. de
ce mois vers les 11. heures du matin ,
pour aller coucher à Fontainebleau
S. M. dîna au Château de Petitbourg.
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Résumé : « Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
En septembre 1733, plusieurs changements et nominations ont eu lieu au sein de la cour et des institutions militaires françaises. Le roi a nommé le Bailly de Laubepine Chef d'Escadre, le Marquis de Tournon Capitaine de Galères, et le Chevalier de la Farre Lopis Capitaine de la Compagnie des Gardes de l'Etendard. Divers autres postes ont été attribués au sein des compagnies de Gardes et de Gendarmes. Dans la gendarmerie, le Comte de Choiseul a remplacé le Chevalier de la Marche comme Sous-Lieutenant des Gendarmes Écossais. Le Marquis du Muy a pris la tête de la Compagnie des Gendarmes de Berry, et plusieurs autres nominations ont été effectuées parmi les Gendarmes Bourguignons, Dauphins, et de Flandres. Le Marquis Destreans a été nommé Premier Cornette des Chevaux-Légers de Bretagne, et le Comte de Laval Guidon des Gendarmes de Flandres. Le Sieur Sorbier a succédé à M. Dalibour comme Chirurgien Major après 40 ans de service. Le 10 septembre, le R. P. Pierre Suteine a été élu Général et Abbé de Sainte-Geneviève. Le 21 septembre, le Chevalier Manherbe a été nommé Ayde-Major Général des Gardes du Corps, et le Marquis de Calviere Ayde-Major des Gardes du Corps de la Compagnie de Villeroy. Le Dauphin et les Princesses de France sont revenus à Versailles en bonne santé. Le roi a confié les affaires de la Religion Prétendue Réformée au Comte de Saint-Florentin et a quitté Versailles pour Fontainebleau le 30 septembre.
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334
p. 2078-2084
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
Le 25. Juillet, la Coadjutorerie de l'Abbaye de Notre Dame de Meaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Évêque, Roi, Paris, Rouen, Vicaire général, Abbé commandataire, Ordre de Cîteaux
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
BENEFICES DONNEZ
par le Roy.
E 25. Juillet , la Coadjutorerie de
LAbbaye de Notre - Dame de Meaux ,
en faveur de la Dame de Bonnardy ,
Prieure
SEPTEMBRE. 1733. 2079
Prieure perpetuelle du Convent de Mondenis
, du consentement de la Dame
Pajot, Abbesse de cette Abbaye.
L'Abbaye de Chazeaux , à Lyon , vacante
par le décès de la Dame de Silvecanne
, en faveur de la Dame de Beaumont
, Prieure des Religieuses Benedicfines
de Cognac.
;
L'Abbaye Réguliere de Barbery , vacante
par la démission de Dom Fitsharbert
, en faveur de Dom Lambelin , Prieur
de l'Abbaye de Royaumont.
L'Abbaye de S. Paul de Besançon ;
vacante par le décès de M. de Beauffremont
, en faveur de M. Boisot.
L'Abbaye de S. Taurin , vacante par
le décès de M. le Normant , Evêque d'Evreux
, en faveur de M. d'Harcourt ,
Doyen de Notre- Dame de Paris.
L'Abbaye de S. Liguaire , vacante par
le décès du dernier Titulaire Comman
dataire , en faveur de M. de Foudras
Evéque de Poitiers .
L'Abbaye Royale du Lis , prés de Me
lun , Diocèse de Sens , vacante par là
mort de Madame d'Apremont , a été
donnée à Madame ... Crapadot ,
Prieure des Benedictines de Provins.
Le 28. Août , le Roy a nommé , aux
Archevêchez et Evêchez suivans.
H vi A
2080 MERCURE DE FRANCE
A l'Archevêché de Rouen , vacant du
18. Avril dernier , par la mort de Louis
de la Vergne de Tressan , l'Evêque et
Comte de Châlons , premier Aumônier
de la Reine , à la charge de 5800. livres
de pension . Il se nomme Nicolas de Saulx
de Tavanes , est né le 19.Septembre 1650 .
et a été d'abord Chanoine de S. Jean ,
et Comte de Lyon. Il fut député de la
Province de Sens à l'Assemblée generale
du Clergé de France de 1715. et Promoteur
de cette Assemblée , reçû Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris ,
le 18. Mars 1716. pourvû de l'Abbaye
du Mont S. Benoît , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Besançon , le 23. Octobre
1717. et étant Vicaire Général dé
Pontoise , le Roy le nomma le 8. Janvier
1721 à l'Evêché de Châlons , Com.
té- Pairie de France. Il fut Sacré le 9.
Novembre suivant dans l'Eglise des
Théatins à Paris , par l'ancien Evêque
de Fréjus , aujourdhui Cardinal , assisté
des Evêques d'Avranches et de Mirepoix,
et le 11. du même mois il prêta Serment .
de fidelité entre les mains du Roy , en
présence du Duc d'Orleans Régent. Il
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , après avoir prêté le Serment
accoûtumé >, le 4. Décembre, 1721.
assista
SEPTEMBRE . 1733 208r
assista au Sacre du Roy le 25. Octobre
1722. y réprésentant l'Evêque Duc de
Langres , absent ; donna la Bénediction
Nuptiale au Duc et à la feüe Duchesse
d'Orleans , dans son Château de Sarry ,
le 14. Juillet 1724. obtint le 12. Mars
1725. l'Abbaye de S. Michel en Thiera
che , Ordre de S. Benoît , Diocèse de
Laon ; fut nommé au mois de May suivant
premier Aumônier de la Reine , et
fut député de la Province de Reims à
l'Assemblée generale du Clergé , tenue
en la même année à Paris . Il est fils de
Charles-Marie de Saulx , Comte de Ta
vannes et de Beaumont , Grand- Bailly
de Dijon , et Lieutenant Général au Gou
vernement de Bourgogne , mort le 28.
Juin 1793. âgé de 54. ans , et de feüe
D. Marie Catherine d'Aguesseau , mortë
le 25. Janvier 1729. âgée de 66. ans ,
soeur de Henry- François d'Aguesseau ,
Chancelier de France.
I A l'Evêché de Metz , Suffragant de
Tréves , vacant du 28. Novembre 1732.
par le décès de Henry- Charles du Cambour
, Duc de Coiflin , Pair de France ,
Evêque Comte de Noyon , Claude de
5. Simon , né le 20. Septembre 1695. à
ว่า charge de 10300. livres de pension
legnel fut nommé Abbé Commandataire
de
2082 MERCURE DE FRANCE
de l'Abbaye de Jumieges , Ordre S.Benoît,
Diocèse de Rouen , le 20. Janvier 116.
et Evêque- Comte de Noyon , Pair de
France , au mois de Juillet 1731. Il fut
sacré le 15. Juin 1732. dans l'Eglise du
Noviciat des Dominicains à Paris , par
1'Archevêque de Rouen , assisté des Evê
ques d'Usés et de Bayeux , et il préta
Serment et prit séance au Parlement dé
Paris , en qualité de Pair de France , le
12. Janvier 1733. Il est fils de feu Titus-
Eustache de S. Simon , Seigneur de Falvy
sur Somme , Capitaine au Régiment des
Gardes Françoises , et Brigadier des Armées
du Roy , mort le premier Septembre
1712. âgé de 58. ans , et de D. Claire
Eugenie d'Hauterive , de Villesecq .
A l'Evêché de Châlons , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
à Rouen , Claude Antoine de Choiseul ;
Prêtre du Diocèse de Langres , né le
premier Novembre 1697 Licentié en
Théologie de la Faculté de Paris , de la
Maison et Societé de Navarre , et Vicaire
General de Gabriel Florent de Choiseul ,
Evêque de Mendes , son oncle. Il fur
fait Aumônier du Roy au mois de Juil
let 1728. assista à l'Assemblée du Clergé
de France , tenue en 1736. en qualité de
l'un
武
SEPTEMBRE. 1733. 2083
l'un des Députez de la Province d'Albi,
et obtint au mois de Jain de la même
année , l'Abbaye de N. D. de Bolbonne
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mirepoix
, qui fut préconisée et proposée pour
lui à Rome par le Cardinal Ottoboni
les 2. Octobre 1730. et 21. May 1731. Ik
est fils de feu Antoine Cleriadus de Choi
şeul- Beaupré , Seigneur d'Aillecourt , ap
pellé le Comte de Choiseul , Lieutenant
General au Gouvernement de Champagne
, Bailly de Chaumont et de Vitry ;
et Lieutenant Géneral des Armées du
Roy , mort le 19. Avril 1726. âgé de
62 ans , er de D. Anne - Françoise de
Barillon de Morangis , sa veuve.
A l'Evêché de Noyon , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
celui de Metz , Jean - François de la
Cropte de Bourzac , Prêtre du Diocèse de
Paris, d'une Famille noble de la Province
du Limosin , Vicaire Géneral de Limoges
, et nommé au mois d'Octobre 1729 .
Abbé Commandataire de l'abbaye de
S. Martial de Limoges , qui fut préconisée
et proposée pour lui à Rome le 23 .
Décembre 1729. et le 24. Juillet 1730 .
A celui d'Amiens , Suffragant de Keims,'
vacant du 20. Janvier 1733. par la mort
de
2084 MERCURE DE FRANCE
de Pierre Sabatier , Louis- François- Gabriel
d'Orleans de la Motte , Prêtre , Vi
caire Génerál du Diocèse de Senez , nommé
à cette Place par l'Archevêque d'Embrun
, au lieu de Jean d'Yse de Saleon ,
devenu Evêque d'Agen , et reconnu en
cette qualité par le Chapitre de Senez ,
le 27. Juin 1729. l'Abbaye de Sellieres ,
Ordre de Citeaux , Diocèse de Troyes ,
lui fut donnée au mois de Décemb. 173 1 .
Et à l'Evêché d'Evreux , Suffragant de
Rouen , vacant du 7. May dernier , par
le décès de Jean le Normant , Pierre-
Jules - Cesar de Rochechouart , Prêtre
du Diocèse d'Orleans , Vicaire Géneral
de ce Diocèse , et Prieur Commandataire
de S. Lo de Rolien , pourvû de ce Bénefice
au mois de Décembre 1724. fils
de Louis de Rochechouart , Seigneur.de
Montigny et du Monceau en Beauce ,
de même Maison que les Ducs de Mortemart
, et d'Elizabeth de Cugnac de
Joui , sa femme.
par le Roy.
E 25. Juillet , la Coadjutorerie de
LAbbaye de Notre - Dame de Meaux ,
en faveur de la Dame de Bonnardy ,
Prieure
SEPTEMBRE. 1733. 2079
Prieure perpetuelle du Convent de Mondenis
, du consentement de la Dame
Pajot, Abbesse de cette Abbaye.
L'Abbaye de Chazeaux , à Lyon , vacante
par le décès de la Dame de Silvecanne
, en faveur de la Dame de Beaumont
, Prieure des Religieuses Benedicfines
de Cognac.
;
L'Abbaye Réguliere de Barbery , vacante
par la démission de Dom Fitsharbert
, en faveur de Dom Lambelin , Prieur
de l'Abbaye de Royaumont.
L'Abbaye de S. Paul de Besançon ;
vacante par le décès de M. de Beauffremont
, en faveur de M. Boisot.
L'Abbaye de S. Taurin , vacante par
le décès de M. le Normant , Evêque d'Evreux
, en faveur de M. d'Harcourt ,
Doyen de Notre- Dame de Paris.
L'Abbaye de S. Liguaire , vacante par
le décès du dernier Titulaire Comman
dataire , en faveur de M. de Foudras
Evéque de Poitiers .
L'Abbaye Royale du Lis , prés de Me
lun , Diocèse de Sens , vacante par là
mort de Madame d'Apremont , a été
donnée à Madame ... Crapadot ,
Prieure des Benedictines de Provins.
Le 28. Août , le Roy a nommé , aux
Archevêchez et Evêchez suivans.
H vi A
2080 MERCURE DE FRANCE
A l'Archevêché de Rouen , vacant du
18. Avril dernier , par la mort de Louis
de la Vergne de Tressan , l'Evêque et
Comte de Châlons , premier Aumônier
de la Reine , à la charge de 5800. livres
de pension . Il se nomme Nicolas de Saulx
de Tavanes , est né le 19.Septembre 1650 .
et a été d'abord Chanoine de S. Jean ,
et Comte de Lyon. Il fut député de la
Province de Sens à l'Assemblée generale
du Clergé de France de 1715. et Promoteur
de cette Assemblée , reçû Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris ,
le 18. Mars 1716. pourvû de l'Abbaye
du Mont S. Benoît , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Besançon , le 23. Octobre
1717. et étant Vicaire Général dé
Pontoise , le Roy le nomma le 8. Janvier
1721 à l'Evêché de Châlons , Com.
té- Pairie de France. Il fut Sacré le 9.
Novembre suivant dans l'Eglise des
Théatins à Paris , par l'ancien Evêque
de Fréjus , aujourdhui Cardinal , assisté
des Evêques d'Avranches et de Mirepoix,
et le 11. du même mois il prêta Serment .
de fidelité entre les mains du Roy , en
présence du Duc d'Orleans Régent. Il
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , après avoir prêté le Serment
accoûtumé >, le 4. Décembre, 1721.
assista
SEPTEMBRE . 1733 208r
assista au Sacre du Roy le 25. Octobre
1722. y réprésentant l'Evêque Duc de
Langres , absent ; donna la Bénediction
Nuptiale au Duc et à la feüe Duchesse
d'Orleans , dans son Château de Sarry ,
le 14. Juillet 1724. obtint le 12. Mars
1725. l'Abbaye de S. Michel en Thiera
che , Ordre de S. Benoît , Diocèse de
Laon ; fut nommé au mois de May suivant
premier Aumônier de la Reine , et
fut député de la Province de Reims à
l'Assemblée generale du Clergé , tenue
en la même année à Paris . Il est fils de
Charles-Marie de Saulx , Comte de Ta
vannes et de Beaumont , Grand- Bailly
de Dijon , et Lieutenant Général au Gou
vernement de Bourgogne , mort le 28.
Juin 1793. âgé de 54. ans , et de feüe
D. Marie Catherine d'Aguesseau , mortë
le 25. Janvier 1729. âgée de 66. ans ,
soeur de Henry- François d'Aguesseau ,
Chancelier de France.
I A l'Evêché de Metz , Suffragant de
Tréves , vacant du 28. Novembre 1732.
par le décès de Henry- Charles du Cambour
, Duc de Coiflin , Pair de France ,
Evêque Comte de Noyon , Claude de
5. Simon , né le 20. Septembre 1695. à
ว่า charge de 10300. livres de pension
legnel fut nommé Abbé Commandataire
de
2082 MERCURE DE FRANCE
de l'Abbaye de Jumieges , Ordre S.Benoît,
Diocèse de Rouen , le 20. Janvier 116.
et Evêque- Comte de Noyon , Pair de
France , au mois de Juillet 1731. Il fut
sacré le 15. Juin 1732. dans l'Eglise du
Noviciat des Dominicains à Paris , par
1'Archevêque de Rouen , assisté des Evê
ques d'Usés et de Bayeux , et il préta
Serment et prit séance au Parlement dé
Paris , en qualité de Pair de France , le
12. Janvier 1733. Il est fils de feu Titus-
Eustache de S. Simon , Seigneur de Falvy
sur Somme , Capitaine au Régiment des
Gardes Françoises , et Brigadier des Armées
du Roy , mort le premier Septembre
1712. âgé de 58. ans , et de D. Claire
Eugenie d'Hauterive , de Villesecq .
A l'Evêché de Châlons , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
à Rouen , Claude Antoine de Choiseul ;
Prêtre du Diocèse de Langres , né le
premier Novembre 1697 Licentié en
Théologie de la Faculté de Paris , de la
Maison et Societé de Navarre , et Vicaire
General de Gabriel Florent de Choiseul ,
Evêque de Mendes , son oncle. Il fur
fait Aumônier du Roy au mois de Juil
let 1728. assista à l'Assemblée du Clergé
de France , tenue en 1736. en qualité de
l'un
武
SEPTEMBRE. 1733. 2083
l'un des Députez de la Province d'Albi,
et obtint au mois de Jain de la même
année , l'Abbaye de N. D. de Bolbonne
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mirepoix
, qui fut préconisée et proposée pour
lui à Rome par le Cardinal Ottoboni
les 2. Octobre 1730. et 21. May 1731. Ik
est fils de feu Antoine Cleriadus de Choi
şeul- Beaupré , Seigneur d'Aillecourt , ap
pellé le Comte de Choiseul , Lieutenant
General au Gouvernement de Champagne
, Bailly de Chaumont et de Vitry ;
et Lieutenant Géneral des Armées du
Roy , mort le 19. Avril 1726. âgé de
62 ans , er de D. Anne - Françoise de
Barillon de Morangis , sa veuve.
A l'Evêché de Noyon , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
celui de Metz , Jean - François de la
Cropte de Bourzac , Prêtre du Diocèse de
Paris, d'une Famille noble de la Province
du Limosin , Vicaire Géneral de Limoges
, et nommé au mois d'Octobre 1729 .
Abbé Commandataire de l'abbaye de
S. Martial de Limoges , qui fut préconisée
et proposée pour lui à Rome le 23 .
Décembre 1729. et le 24. Juillet 1730 .
A celui d'Amiens , Suffragant de Keims,'
vacant du 20. Janvier 1733. par la mort
de
2084 MERCURE DE FRANCE
de Pierre Sabatier , Louis- François- Gabriel
d'Orleans de la Motte , Prêtre , Vi
caire Génerál du Diocèse de Senez , nommé
à cette Place par l'Archevêque d'Embrun
, au lieu de Jean d'Yse de Saleon ,
devenu Evêque d'Agen , et reconnu en
cette qualité par le Chapitre de Senez ,
le 27. Juin 1729. l'Abbaye de Sellieres ,
Ordre de Citeaux , Diocèse de Troyes ,
lui fut donnée au mois de Décemb. 173 1 .
Et à l'Evêché d'Evreux , Suffragant de
Rouen , vacant du 7. May dernier , par
le décès de Jean le Normant , Pierre-
Jules - Cesar de Rochechouart , Prêtre
du Diocèse d'Orleans , Vicaire Géneral
de ce Diocèse , et Prieur Commandataire
de S. Lo de Rolien , pourvû de ce Bénefice
au mois de Décembre 1724. fils
de Louis de Rochechouart , Seigneur.de
Montigny et du Monceau en Beauce ,
de même Maison que les Ducs de Mortemart
, et d'Elizabeth de Cugnac de
Joui , sa femme.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
En juillet 1733, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués par le roi. La coadjutorerie de l'Abbaye de Notre-Dame de Meaux a été accordée à la Dame de Bonnardy, Prieure. La Dame Pajot, Abbesse de l'Abbaye de Mondenis, a consenti à la nomination de la Dame de Bonnardy comme Prieure perpétuelle de ce couvent. L'Abbaye de Chazeaux à Lyon, vacante après le décès de la Dame de Silvecanne, a été donnée à la Dame de Beaumont, Prieure des Religieuses Bénédictines de Cognac. L'Abbaye Régulière de Barbery, vacante par la démission de Dom Fitsharbert, a été attribuée à Dom Lambelin, Prieur de l'Abbaye de Royaumont. L'Abbaye de Saint-Paul de Besançon, vacante après le décès de M. de Beauffremont, a été donnée à M. Boisot. L'Abbaye de Saint-Taurin, vacante après le décès de M. le Normant, Évêque d'Évreux, a été attribuée à M. d'Harcourt, Doyen de Notre-Dame de Paris. L'Abbaye de Saint-Liguaire, vacante après le décès du dernier Titulaire Commandataire, a été donnée à M. de Foudras, Évêque de Poitiers. L'Abbaye Royale du Lis, près de Melun, vacante après la mort de Madame d'Apremont, a été attribuée à Madame Crapadot, Prieure des Bénédictines de Provins. Le 28 août 1733, le roi a nommé plusieurs évêques. Nicolas de Saulx de Tavannes a été nommé à l'Archevêché de Rouen, vacant depuis le 18 avril 1733. Claude de Saint-Simon a été nommé à l'Évêché de Metz, vacant depuis le 28 novembre 1732. Claude Antoine de Choiseul a été nommé à l'Évêché de Châlons. Jean-François de la Cropte de Bourzac a été nommé à l'Évêché de Noyon. Louis-François-Gabriel d'Orléans de la Motte a été nommé à l'Évêché d'Amiens. Pierre-Jules-César de Rochechouart a été nommé à l'Évêché d'Évreux.
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335
p. 2085-2109
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Antoine Paris, Ecuyer, Conseiller d'Etat, cy-devant Trésorier général [...]
Mots clefs :
Marquis de Mirepoix, Gaston Pierre de Lévis-Mirepoix, Anne-Gabrielle-Henriette Bernard de Rieux, Roi, Fille unique, Paris, Seigneur, Marquis, Comte, Épouser, Mariée , Chambre, Salle, Finances, Brigadier des armées du roi, Parlement de Paris, Lampions, Terrines, Rez-de-chaussée, Fer à cheval, Façade, Fronton, Pourtour, Pilastres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
Ntoine Paris , Ecuyer , Confeiller
Ad'Etat , cy- devant Tréforier géné
ral des Finances de la Province de Dauphiné
, mourut en sa Terre de Sampigny,
près de Commercy , en Loraine , le
29 Juillet 1733. Il étoit veuf de Marie-
Elizabeth - Jeanne de la Roche , fille de
Geoffroi de la Roche , vivant Ecuyer ,
Commandant les Gardes des Plaifirs du
Roy , dans les Parcs de Verfailles , & de
feué Élizibeth Hérault, de laquelle il n'a
laissé qu'une fille unique mariée avec
Jean Paris de Montmartel , son oncle
Ecuyer , Confeiller d'Etat et Garde du
Tréſor Royal , cy- devant Tréforier General
des Ponts et Chaussées , qui avoit
épousé en premieres nôces Marguerite-
Françoiſe Megret , foeur de Jean -Nicolas
Mégret de Sérilly , Maître des Requêtes
Ordinaire de l'Hôtel du Roy.
Le 25 Août , Dame Sufanne de Louvat
,veuve de Meffire Raoul des Champs,
Chevalier, Seigneur de Boishebert , qu'elle
it épousé le 23 Juillet 1691. mourut
gée d'environ 61 ans. Elle étoit fille de
Clau
100% MERCURE DE FRANCE
Claude de Louvat , Maréchal des Champs
& Armées du Roy , Gouverneur de Bellc-
Isle , & de Geneviève Robert de Lay.
Le même jour Chrétien - Nicolas de
Lamoignon , Seigneur de Bournau , Maître
des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy depuis 1728. et auparavant Confeiller
au Parlement de Paris, où il avoit été
reçu le 23 Juillet 1721. mourut d'une
fiévre maligne à Paris , dans sa 33 année,
étant né le 25 Decembre 1700. fans avoir
été marié. Il étoit fecond fils d'Urbain-
Guillaume de Lamoignon , Comte de
Launay Courfon & de Montrevaux ,
Confeiller d'Etat ordinaire , & au Confeil
Royal des Finances , et de D. Marie-
Françoife Méliand , fon épouſe.
-
Le 30 Août , Jean - François- Paul le Févre
de Caumartin , Evêque de Blois , Abbé
commandataire de l'Abbaïe de Buzai
-de l'Ordre de Circaux , Diocèse de Nantes
, Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris, l'un des quarante de l'Académie
Françoise , et Honoraire de celle des Infcriptions
et Belles- Lettres , mourut d'une
attaque d'Apoplexie , dans la 65 année
de fon âge, étant né le 16 Decemb.1668 .
Ce Prélat qui eft univerfellement regretté
à caufe de ses belles qualitez,avoit han
bord été deftiné à l'Ordre de Malthe 8 .
reçu
SEPTEMBRE. 1732. 2087
·
reçu de minorité au grand Prieuré deFrance
en 1669. Depuis il embrassa l'état Ecclésiastique
, et fut pourvu de l'Abbaïe
de Buzai , par la démiffion de Jean François-
Paul de Gondi , Cardinal de Retz ,
fon parain.Il fut reçu à l'Académie Françoise
le May 1694. reçut le Bonnet de
Docteur en Théologie le 7 Février 1697.
et fut admis au mois d'Août 1701. au
nombre des Honoraires de l'Académie
des Inscriptions et Belles Lettres . Etant
Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Tours; et l'un des grands Vicaires du Siége
vacant , il fut nommé à l'Evêché de
Vannes le 17 Septembre 1717. et après
avoir été facré le 17 Juillet 1718. à Dinant
par l'Evêque de S. Malo , en préfence
des Etats de Bretagne , il préta ferrent
de fidélité entre les mains du Roy
le 11 Decembre fuivant. Il fut transféré
à l'Evêché de Blois le 27 Août 1719. et
prêta un nouveau serment de fidélité le
17 Juillet 1720.Il assista au Sacre du Roy
le 25 Octobre 1722. ayant été un des Prélats
qui y furent invitez .
e1 Septembre , Charles de Y de
Seraucourt , cy-devant Capitaine au Ré
ciment des Gardes Françoises , mourut à
is , ágé de 78 ans. Il étoit fils d'Antoi
e Y , sieur de Seraucourt, Lieutenant
Cri2088
MERCURE DE FRANCE
Criminel du Bailli de Vermandois , au
Siége Préfidial de Reims , et d'Isabelle
P'Epagnol.
Le. 8. Jean le Boulanger , Maître ordinaire
en la Chambre des Comtes de Paris
, où il avoit été reçû le 28. Mars 1686.
et auparavant Conseiller au Châtelet ,
mourut septuagenaire ; il avoit épousé au
mois de Février 1695. Marie- Agnès Soulet
, soeur de Nicolas Soulet , Conseil
1er en la Grand'Chambre du Parlement
'de Paris , et fille de Nicolas Soulet , Con
seiller - Secretaire du Roy , et d'Agnès
Gaillard. Il a laissé un fils , reçû Maître
en la même Chambre des Comptes en
1729. et une fille , mariée au mois d'Avril
1727. avec Pierre Charpentier , Scigneur
de Royennes , aussi Maître des
Comptes aàllParis.
2
t
Le 11. D. Marie- Christine- Victoire de
Prougent , Epouse d'Anne- François de
Vandeuil , Chevalier , Seigneur d'Estel
fay, Ecuyer de la grande Ecurie du Roy
et Chef d'Académie Royale à Paris , mourut
âgée d'environ 48. ans ; elle avoit été
mariée le 16. May 1715. et étoit fille
unique de Marie Joseph de Prougent
Ecuyer, Seigneur de Mongivroux , Întendant
des Maisons et Finances de feües
leurs Altesses Sérenissimes la Prince orae
SEPTEMBRE, 1738. 2089
Condé et la Duchesse de Brunswik Ha
nover , mort le 26. Avril dernier , et de
D. Catherine Davy de la Pailleterie , sa
femme, auparavant Chanoinesse et Dame
de Remiremont , morte le 2. Décembre
1729. âgée de 81. ans.
Le 12. de ce mois , Dame Françoise le
Gendre , Epouse de M. Jean Baptiste.
Bosc , Seigneur de Souscarriere , Conseiller
du Roy en ses Conseils , Secretaire.
de la Chambre et du Cabinet de S M.
Procureur Géneral en la Cour des Aydes
de Paris , Commandeur et Chancelier ,
des Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. du Mont- Carmel et de
S. Lazare de Jérusalem , mourut à Paris
après une longue, maladie , âgée de 49 .
15 ; elle étoit fille de feu François le
Gendre , Ecuyer , Fermier Géneral des.
Fermes du Roy , mort le 11 , Juin 1696.
t de feüe D, Marguerite le Roux , morte,
' e 11.Décembre 1726. et avoit pour soeurs
înées la D. Crozat , la D. Doublet et la
D. Présidente Durey ; elle avoit été mariée
au mois de Janvier 1704. et n'a laissé
que deux filles , qui sont la D. de Sourrière
et Marguerite Bosc , mariée le 9 .
évrier 1728. avec Bertrand - Cesar du
Guesclin , Seigneur de la Roberie, Colo-
Infanterie, Chevalier de l'Ordre Militaire
6
2090 MERCURE DE FRANCE
litaire de S. Louis , et Gentilhomme de
la Chambre du Duc d'Orleans.
Le 13. D. Marie Elizabeth Daret de
Chevry , Veuve depuis le 18. Juin dernier
, d'Antoine - François de la Trémoille
de Noirmontier , Duc de Royan , dont
on a rapporté la mort dans le Mercure
de Juin dernier , premier vol . p . 1246.
mourut à Paris , âgée de 61. ans , sans posterité
; elle étoit fille de feu Charles François
Duret , Seigneur de Villefranche et
de Chevry , qui avoit été Mestre de Camp
d'un Régiment d'Infanterie pour le service
du Roy en Portugal , et de feüe D.
Marie - Elizabeth Bellier de Platbuisson
et avoit été mariée le 22. Mars 1700.
·· Le 19. D. Henriette Louise Col-"
bert , Duchesse de Beauvillier , qui avoit
été Dame du Palais de la Reine Marie-
Thérese d'Autriche , mourut en son Hôtel
rue sainte Avoye à Paris , âgée de 76.
ans , 9. mois , et le 21. son corps fut
transporté à Montargis , pour y être inhumé
dans le Monastere des Benedictines
auprès du feu Duc son Mary . Elle étoit
seconde fille de Jean- Baptiste Colbert
Marquis de Seignelay de Château - Neufsur
- Cher , et de Blainville , Baron de
Monétau de Chény , d'Ormoy , de
Sceaux , de Linieres , &c. Conseiller
dinal...
SEPTEMBRE . 1733 2091
dinaire du Roy en tous ses Conseils : et
au Conseil Royal des Finances , Ministre
et Secretaire d'Etat , Contrôleur General
des Finances , Commandeur et Grand-
Trésorier des Ordres du Roy , Sur- Intendant
et Ordonnateur general des Bâ →
timens de S. M. Jardins , Arts et Manufactures
de France , &c. mort le 6. Septembre
1683. et de D. Marie Charron ,
morte le 7. Avril 1687. elle avoit été
mariée le 21. Janvier 1671. avec Paul de.
Beauvillier , Duc de S. Aignan , Pair de
France , Grand d'Espagne , Comte de
Busançois et de Palluan , Seigneur des
Terres et Baronies de la Ferté saint
Aignan , la Salle , les Cléri , Lucè en
Beauce , et des Terres et Châtellenies
des Aix , d'Angillon , Séri , Humbligni ,
Chemeri , la Grange , Montigny , haut
et bas Foullé, Chanterennes et Neufvres,
Vicomte de Valognes, Chevalier des Ordres
du Roy, et cy -devant Premier Gentilhomme
de fa Chambre ,Brigadier de fest
Armées , Ministre d'Etat , Chef du Confeil
Royal des Finances , Gouverneur des
nfans de France , Premier Gentilhomme
de leur Chambre , et Maître de leur
Warde-robe, Gouverneur pour le Roy des
Ville et Citadelle du Havre de Grace et
as en dépendans , Gouverneur et Bailli
des
2092 MERCURE DE FRANCE
,
des Villes et Chateau de Loches et Beaulieu,
mort le 31 Août 1714 Elle en avoit
eu plusieurs enfans , dont il n'y a cu
qu'une seule fille de mariée, qui étoit feuë .
Marie-Henriette de Beauvillier , morte le
4 Septembre 1718. laissant de Louis de
Rochechouart , Duc de Mortemart , Pair
de France , Premier Gentilhomme de la
Chambre du Roy, Chevalier de ses Ordres,
et Lieutenant Général de ſes Armées,
son cousin germain maternel , qu'elle avoit
épousé le 20 Décembre 1703. deux fils
et trois filles , l'aîné des fils mourut
en 1731. sans enfans; le second est Charles
- Auguste Duc de Rochechouart, premier
Gentilhomme de la Chambre du
Roy , né le 11 Octobre 1714- qui n'est
pas encore marié,
>
Le 20. D. Charlotte de Rohan , Epouse
depuis 1729 , de Jean Antoine de Créqui
, Comte de Canaples , et auparavant
veuve depuis le 14 Mars 1720 d'Antoine-
François de Colins , Comte de Mortaigne
, Seigneur de Justingue et d'Ham
premier Ecuyer de feuë Elizabeth-Charlotte
de Baviere , Duchesse Doüairiere
d'Orleans, et auparavant Capitaine- Lieutenant
de la Compagnie des Gens d'Armes
de Bourgogne , qu'elle avoit épousé
au mois de Mars 1717 , mourut d'une
ApoSEPTEMBRE
. 1733. 2093 .
Apoplexie de sang en son Château de
Beaumont au Perche , dans la 53 année
de son âge , étant née le 20 Decembre
1680. Elle étoit fille de Charles de Rohan,
Prince de Guimené, Duc de Montbazon ,
Pair de France mort le 10 Octobre 1727,
et de Charlotte Elizabeth de Cochefilet
de Vauvineux , morte le 24 Décembre
1719. Elle a laissé de son premier mari
Loüise Elizabeth de Colins de Mortaigne,
fille unique ,née au mois de Février 1713.
et mariée le 6 May 1733 , avec le Comte
de Montboissier , Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment de Clermont , Prince ,
Cavalerie , fils aîné de Philippe Claude ,
Marquis de Montboissier Canilliac , Capitaine
Lieutenant de la seconde Compagnie
des Mousquetaires de la Garde du
Roy.
·
Le 21. D. Marie- Anne Tronçon, veuve
depuis le 17 Novembre 1704. de Mathieu
Garnier, Seigneur de Monthereau ,
Président au Parlement de Metz , et fille.
d'Ennemond Tronçon , Seigneur de Chaumontel
- la- Ville , et du Preslay , Maître
d'Hôtel ordinaire du Roy , et Trésorier
de France à Orleans , et d'Anne Boyer ,
mourut à Paris , âgée d'environ 89 ans ,
laissant une fille unique , qui est D.Marie-
Jeanne Garnier de Monthereau , ma-
I riéc
2094 MERCURE DE FRANCE .
›
riée le 20 Avril 1689 , avec Etienne Canaye
, Seigneur de Malval , des Roches ,
&c . Conseiller en la Grand'Chambce du
Parlement de Paris.
و
Le 28 , François le Maistre , Seigneur
de Persac en Poitou , de Belloc , et en
partie du Marquisat de Ferrieres , Conseiller
Honoraire au Parlement de Paris ,
où il avoit été reçu le 2 Juillet 1692. fils
de François le Maistre , Seigneur des mê
mes Lieux, mort Conseiller en la Grand-
Chambre du même Parlement , le 14 Septembre
1685. et de D. Marie le Feron , fa
seconde femme , morte le 4 Decembre
1720 femme alors en secondes nôces de
Claude de Thyard , Comte de Bissy , frere
du Cardinal de ce nom mourut au
Chateau de Mont rouge , près de Paris,
âgé d'environ 65 ans , et le lendemain au
soir son corps fut apporté à Paris , et inhumé
aux Cordeliers , dans la fépulture
de fa famille. Il desaendoit du celebre
Gilles le Maistre , premier Président au
Parlement de Paris , qui étoit son 4 aïeul,
et qui mourut le 5 Decembre 1562. François
le Maistre qui vient de mourir ,avoit
été marié le 1 Août 1695 , avec Marie-
Marguerite Boucher , morte le 2 Avril
1721.dans la 47 année de son âge,fille de
Nicolas Boucher , vivant Secretaire du
Roy ,
J
SEPTEMBRE. 1733. 2095
Roy , Grand Audiancier de France, et de
Mario Bannelier. Il n'en a laissé que Marie-
Anne le Maistre ,née le 27 Mars 1700.
et mariée le 22 Décembre 1722. avec Nicolas
le Camus , premier Président en la
Cour des Aydes de Paris , et Seigneur de
Mont-rouge , qui avoit épousé en premieres
nôces Magdeleine- Charlotte Baugier
, morte le 2 Decembre 1722 .
Le 25. Août , est née Augustine-Julie , fille
d'Anne- Gabriel de Cugnac , Chevalier , Baron de
Reuilly , Sous - Lieutenant au Régiment des Gar
des Françoises , et de D. Jeanne Marie - Joseph
Guyon de Disier , son Epouse. Ses Parains et
Maraines ont été Antoine- Hiacinte de Mainville
, Comte de Marigny , Brigadier des Armées
du Roy et Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux- Legers d'Orleans , et Dlle Ju-
Tie- Augustine Hurault de Vibraye.
Le 13. Septembre , fut baptisée Marie - Charlotte-
Dorothée , née le jour précedent , fille de
Michel - Charles - Dorothée de Roncherolles ,
Chevalier , Comte du Pont S. Pierre , Mestre de
Camp du Régiment Royal des Cravates, Cavalerie
, de D. Charlotte - Marguerite de Romilley de
la Chesnelaye , son Epouse , qui ont été mariez
le 25. May 1728. elle a eu pour Parain Adolphe
Charles de Romilley , Chevalier , Marquis de la
Chesnelaye et d'Amy , Comte de Mausson , Seigneur
de la Chaise , d'Ardesne, & c. Brigadier des
Armées du Roy , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , et Gouverneur des Ville et Château
de Fougeres en Bretagne , son Ayeul maternel
et pour Maraine , D. Marie- Anne Dorothée
Erard
I ij.
1
2016 MERCURE DE FRANCE
Erard le Gris,Marquise d'Echauffour et de Montreuil
, Comtesse de Cisey , &c. Epouse de Mi
chel de Roncherolles, Marquis du Pont S. Pierre,
premier Baron de Normandie , et Conseiller
'honneur-né au Parlement de Roücn , son Ayeu
le paternelle. Nous avons parlé de cette Maison
de Roncherolles , aussi bien que de celle de Romilley
, dans le Mercure de Juin 1728. premier
vol.p. 1255. à l'occasion tant du Mariage des Pere
et Mere de P'Enfant qui vient de naître , que de
celui de D. Marie - Catherine de Roncherolles,
soeur du Comte du Pont S. Pierre , avec François
de Rivoire , Marquis du Palais , Brigadier
des Armées du Roy , Lieutenant des Gardes du
Corps de S. M. qui fut celebré le 3. Juin 1728 .
Le 15. il est né un fils à Louis - François de
Laurens , Comte de Montserin , de son Mariage
avec Françoise Louise de Laurens , qui a été
nommé au Baptême par Thomas Rivier , et par
D. Joseph de Rebé , veuve de Leonor du Maine
Marquis du Bourg,
-Le 12. Septembre , Charles- Guillaume- Louis
de Broglio , âgé de 17. à 18. ans , seul fils de
Charles Guillaume , Marquis de Broglio , Lieu
tenant General des Armées du Roy , et Gouver
neur de Graveline , cy- devant Directeur general
d'Infanterie , et de feue D. Marie Magdeleine
Voysin , son Epouse , fille du Chancelier de
France de ce nom , morte le 11. Janvier 1722,
fut marié avec Dlle Theodore - Elizabeth de Besenval
de Bronstat , fille de Jean- Victor Baron
de Besenval Bronstat , du Canton de Soleure ,
Lieutenant General des Armées du Roy, et Colo
nel des Gardes Suisses de S. M. et de D, Cathe
ine , née Comtesse de Biclinski.
Le 15. Pierre- Jacques - Louis de Becdelievre ,
Marquis
Marquis de Quevilly , fils de Louis de Becdelievre,
Baron de Cany , et de feüe D. Anne- Henriette
Catherine Toustaing d'Herbeville , épousa Dlle
Charlotte Paulmier de la Bucaille , fille de Pierre
Paulmier de la Bucaille , Seigneur de Prestreval ,
et de D. Genoviéve Marette.
-
>
La nuit du Dimanche au Lundi 17.
d'Août dernier , Charles Pierre Gaston
de Lévis de Lomagne , Maréchal hé
reditaire de la Foy , Chevalier , Marquis
de Mirepoix , Comte de Terrides , Vicomte
de Gimoix , Baron de Mont- Fourcaul
, &c. Colonel du Régiment de Saintonge
; fils de feu Charles- Pierre de Lévis
, Marquis de Mirepoix , Prince de
Pescheseul , Comte de Terredes , Maréchal
héréditaire de la Foy , et de feüe
Dame Gabrielle d'Olivier , épousa Anne-
Gabrielle-Henriette Bernard , fille de Gabriel
. Bernard . Comte de Rieux , Baron
et Seigneur de la Liviniere , Ferals , Fief-
Madame , &c. Conseiller du Roy en ses
Conseils , Président au Parlement , Deu
xiéme Chambre des Enquêtes , et de Dame
Suzanne-Marie- Henriette de Boulainvilliers
, petite fille du côté Paternel de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'État , Comte
de Coubert , Marquis de Merry , &c. en
du côté Maternel , de feu Henry de Boulainvilliers
, Comte de S. Saire , si celebret
1 ii
par
L
par le grand nombre de ses Ouvrages
dont la plupart ont été rendus publics
depuis sa mort.
On ne s'étendra pas sur la grandeur
de la Maison de Lévis , dont le Marquis
de Mirepoix est l'aîné. Ce ne seroit rien
apprendre au Public ; personne n'ignore
qu'elle est une des plus anciennes et des
plus illustres du Royaume . On en trouve
la Généalogie détaillée dans le 4. volume
de l'Histoire Généalogique du P.
Anselme , page 15 .
11 suffira d'observer que Guy de Lévis
I. du nom , Chef de toutes les Branches
de cette Maison , qui subsistent au→
jourd'hui , fit paroître tant de valeur et
de zele pour la Religion dans la guerre
contre les Albigeois , où il commandoit
en qualité de Maréchal des Croisez , au
commencement du 13. siecle , qu'il y
mérita pour lui et pour l'aîné de ses Enfans
mâles , à perpétuité , le Titre de Maréchal
de la Foy Titre que nos Rois
ont depuis confirmé en plusieurs occa
sions , entre autres , par un Arrêt du
Grand Conseil du 10.Juin 1651. et c'est
en qualité de Maréchal héréditaire de la
Foy , que le Marquis de Mirepoix porte
derriere l'Ecu de ses Armes , qui sont
d'or à trois chevrons de sable , deux Bâtons
SEPTEMBRE. 1733 2099
tons d'azur en sautoir , semez de Croix
et de Fleurs de Lys d'or.
Le Chevalier Bernard , toujours magnifique
dans ce qu'il fait , donna à l'occasion
de ce Mariage dans son Hôtel ,
ruë neuve Notte -Dame des Victoires
une Fête qui a fait l'étonnement et l'ad
miration de tous ceux qui y ont assisté.
Le matin du Dimanche 16. Août , un
grand nombre de Suisses furent postez
aux portes de l'Hôtel et des Apparte
mens , et un détachement d'autres Suisses
fut chargé de la garde des Cour, Jar
dins , Passages , &c.
La Fête commença sur les 6. heures
du soir , par un Concert , qui ne pouvoit
manquer d'être parfaitement bien
executé , M. Bernard ayant eu soin d'y
rassembler en grand nombre les plus belles
Voix et les meilleurs Instrumens , et
l'on peut dire de ces excellens Sujets ,
que le zele se joignant à leurs talens , ils
se surpasserent pour répondre aux intentions
de M. Bernard .
Sur les 7. heures du soir , toutes les
façades de l'Hôtel furent illuminées d'u
ne quantité prodigieuse de Lampions et
de Terrines , qui profiloient toutes les
Corniches , les Croisées , les Plintes et
les autres principaux Membres de l'Ar-
I iiij
chi2100
MERCURE DE FRANCE
chitecture , depuis le faîte jusqu'au rezde
- chaussée. La principale façade de la
Cour , étoit surmontée d'une Etoite de
Lampions , si grande et si brillante que
les yeux avoient peine à en soutenir l'éclat.
L'Illumination qui décoroit le devant
de l'Hôtel sur la ruë , formoit plusieurs
Pilastres , et le pourtour de la
Porte Cochere , au haut de laquelle étoit
un Fronton entre deux grandes Pirami
des de Lampions , qui jettoient une lumiere
très-agréable ; et pour éclairer de
plus loin les Carosses , on avoit garni le
mur du Jardin des Petits - Peres de la
Place des Victoires , de terrines posées
sur des Consoles , depuis l'Eglise jusqu'à
l'angle et très-avant dans la ruë neuve
S. Augustin. On n'aura pas de peine à
s'imaginier le brillant de cette Illumina
tion , quand on sçaura que tous les lampions
et les terrines étoient en cire blanche
, précaution que l'on a crû devoir
prendre pour éviter la mauvaise odeur
et pour garantir les habits des Dames
et des autres Conviez qui étoient obligez
de passer sous des Arcades illuminées .
Après le Concert , vers les neuf heures
, toute la Compagnie descendit et traversa
une enfilade d'Appartement à rezde-
chaussée , pour se rendre dans une
Sale
Echelle
de
Le Roux inv.
PEL
618 wifes
P
C
LIBRARY
.
A, LENOX
AND
TELEEN
FOUNDATIONS
.
pou endre dans une
Sale
DRAKY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
TEMPLE DE MARS
Mademoifelle
uis de
Mirepoix avec
Bernard
Comte de Coubert .
DEO NT
REG
REGI
SEPTEMBRE. 1733. 2102
Sale , où l'on avoit servi un Repas des
plus somptueux. C'est ici qu'a parû dans
tout son éclat , le goût et la magnificence
du Chevalier Bernard ,
Cette Sale , dont tout le monde a
admiré la grandeur et les proportions ,
avoit été construite dans le Jardin par
les soins et sur les Desseins de M. le Roux,
Architecte du Roy et de l'Académie
Royale d'Architecture , qui a employé
avec succès son Art et ses talens pour
executer les idées de M. Bernard .
L'étendue de la Sale étoit de 12. toises
de longueur , sur sept de largeur , et elle
avoit 22. pieds et demi d'élevation depuis
le plancher jusqu'au Plafond. 1. a
La décoration du Frontispice repré
sentoit en camayeu le Temple de Mars ,
dont une Porte cintrée formoit la prin
cipale Entrée. Aux deux côtez étoient
quatre grands Pilastres d'une très- belle
Architecture, ornez de Trophées de
guerre , et entre les Pilastres , deux grandes
Arcades vitrées , qui laissoient jouir
un grand nombre de Spectateurs du coup
d'oeil de la Sale , et donnoient aux Conviez
le plaisir de voir la Façade illuminée
du dedans de l'Hôtel. Au - dessus
de ces deux Arcades , on voyoit des
Trophées d'Amour et les Chiffres des
21
I y now
1102 MERCURE DE FRANCE
nouveaux Epoux , sous une Corniche
feinte de pierre de taille , surmontée d'un
grand Fronton de la largeur de l'Edifice;
dans le Timpan duquel étoient les Ar
mes du Marquis de Mirepoix , accolées
avec celles de sa nouvelle Epouse , dans.un
Cartouche , avec la Couronne Ducale,
un Griphon et un Lion pour supports ,
et les Bâtons de Maréchal de la Foy
mis en sautoir derriere les deux Ecus
le tout peint et très bien exprimé en
bas - relief, par les clairs et les ombres.
Sur un des cô ez du Fronton et à la
droite du Cartouche , on lisoit dans une
Banderole la Devise : Aide Dieu an second
Chrétien Lévis , à la gauche dans
une autre Banderole : Deo ut Regi , Regi
ut Deo ; et au- dessous des Armes , Callar
Vale Mas. Ces trois Devises appartiennent
depuis un temps immémorial à la
Branche aînée de Lévis , et ne sont pas
moins des marques de son ancienneté ,
que des grands services qu'elle a rendus
au Roy et à la Religion .
Enfin , aux deux extrémitez du Fron
ton , sur la Corniche , s'élevoient deux
bouts de balustrade , chargez de deux
Trophées d'Armes en ronde-bosse.
Au fond de cette Sale , en face de la
grande Porte , on avoit pratiqué un enfonSEPTEMBRE.
1733 . 2103
foncement pour un grand Buffet d'appa
rat , aux côtez duquel il y en avoit
deux autres. Au - dessus de ces deux Buf
fers étoient deux Tribunes spacieuses ,
destinées pour la Symphonie.
Au pourtour du bas de la Sale regnoit
un Lambris de quatre pieds de hauteur ;
le Plafond étoit soutenu d'un Frise et Cor
niche , interrompuës au- dessus du grand
Buffet , des Armes groupées des Mariez,
entre deux Emblêmes, peints en camayeu
gris-de- lin ; et du côté opposé , c'est - àdire
, au- dessus de la grande Porte , on
voyoit les Armes de M. Bernard , placées
entre deux Chiffres dans des Čartouches.
Le reste de la Frise , le long des
deux grands côtez,étoit orné de Cartouches
et de Devises .
Outre la principale Porte d'entrée dont
nous avons parlé, il y en avoit encore
4.autres de 15. pieds de hauteur sur 8. de
largeur dans les grands côtez de la Sale;
et à la premiere à droite , aboutissoit une
Galerie couverte , longue de 4. toises et
demie , et large d'environ 2. toises , qui
communiquoit aux Appartemens du rezde-
chaussée , par le moyen de laquelle
la Compagnie passa des Appartemens
dans la Sale, sans être exposée à la pluye
ni au mauvais temps.
I vj Dans
2104 MERCURE DE FRANCE
Dans le milieu de la Sale étoit une Table
en fer à cheval , qui avoit 150. pieds
de pourtour par les dehors , pout 70.
Couverts. Il y en avoit encore quatre au
tres de 9. pieds de long dans les encoignures
du côté de la grande Entrée , qui
servoient de Buffet pour poser les Services
, avant que de les porter sur la grande
Table. La Sale étoit décorée avec tout
l'art possible ; un grand nombre de Lustres
et de Girandoles dans les plus ingénieux
arrangemens , y répandoit une lumiere
très- éclatante.
Le Fer à cheval étoit entouré par- dehors
de 70, tant chaises que fauteuils , de
même parure , en velours cramoisi , chamaré
en or et argent , les chaises placées.
alternativement entre les fauteuils.
L'arrivée des Conviez dans la Sale fut
annoncée par un bruit de Timbales et
de Trompettes , qui ne cessa que quand
tout le monde fut à table. Les nouveaux
Epoux étoient placez au milieu du Fer à.
cheval ; les fauteuils étoient occupez par
les Dames et les chaises par les Messieurs. ,
Il n'étoit guére possible de voir une.
Assemblée plus brillante , ni un Spectacle
plus magnifique . Cette Table reünissoit
sous un seul point de vûë un grand.
nombre de personnes des plus qualifiées .
et:
SEPTEMBR E. 1753. 210
et des plus considérables du Royaume.
Nous nous croyons dispensez d'entrer
dans le détail du Festin ; on n'aura pas
de peine à imaginer qu'il étoit des plus
somptueux et des mieux servis ; M. Bernard
fit éclarer en cette occasion sa magnificence
ordinaire . 7
Nous observerons seulement , pour
donner une idée de l'ordre établi , que
les Plats et Services étoient apportez par
des Suisses et remis entre les mains d'un
grand nombre d'Officiers , qui les posoient
sur la Table par le milieu du fer
à cheval.
Rien n'étoit plus beau à voir que le
Service du fruit , la Table se trouva en
un instant métamorphosée en une espece
de Jardin délicieux , où les yeux et le
goût trouvoient également de quoi se sa
tisfaire , par l'abondance des fleurs et des
fruits de toute espece qui couvroient
toute l'étendue de la Table ; sans parler
des formes variées et de la délicatesse des
mets , & c.
Les deux Buffets étoient servis par de
hors, ct il y avoit à chacun plusieurs Officiers
qui n'étoient occupez qu'à donner
les Vins les plus rares et les plus exquis. ཏ མ ཉི
A. la Musique guerriere , succeda une
Symphonic mélodieuse , placée dans les
Tri
1
&
2106 MERCURE DE FRANCE
Tribunes , qui dura pendant tout le souper
, interrompuë par intervales par les
Fanfares des Trompettes et des Timbales,
placées sur un Théatre hors de la Sale
du côté de la Galerie couverte. Les sieurs
Charpentier et Danguy , dont tout le
monde connoît les talens ,
l'un pour
la
Musette et l'autre pour la Viele , vinrent
pendant le Souper au milieu du fer
à cheval , et y joüerent ensemble avec
tous les agrémens comiques dont on les
sçait capables ; ce qui fit un intermede
des plus amusants.
Au sortir de table à minuit , toute
la Compagnie monta en carosse pour se
rendre à S. Eutsache Paroisse de la
Mariée .
>
Le devant de l'Hôtel étoit bordé de
plusieurs Escoüades de Guet à pied , et
l'on trouvoit des Brigades de Guet à che
val à chaque coin des rues aboutissant à
celles par où passoit la suite des Carosses.'
Il y en avoit encore un plus grand nom-'
bre au grand Portail de l'Eglise pour
empêcher le tumulte et la confusion.
L'attention de M. Bernard s'étoit éten
due jusqu'à faire éclairer toute la Place
qui est vis-à- vis l'Eglise ; elle étoit en
tourée de quantité de Terrines , dont la
grande lumiere dissipoit entierement les
énebres de la nuit.
SEPTEMBRE. 1733. 2107
P
Le grand Autel et le Choeur étoient surbement
décorés * et éclairés d'une si
grande quantité de Cierges et de Bougies,
po ées sur Candelabres et des Girandoles,
qu'on avoit peine à s'imaginer que l'on
fût au milieu de la nuit. Une longue suite
de Lustres , suspendus au milieu de
la Nef, accompagnez de Bras à plusieurs
branches , attachez à chaque Pilier , n'y
produisoient pas une clarté moins brillante.
Mais la plus belle Décoration de l'Eglise
, et celle qui devoit le plus flatter
M. Bernard , c'étoit la multitude prodigieuse
de monde, de tout rang et de tout
etat qui s'y rendit de tous les quartiers
de Paris , pour prendre part et voir cette
pompeuse Nôce. Jamais Ceremonie de
cette espece n'attira en effet tant de
Spectateurs. Le Choeur er la Nef étoient
templis de personnes de la premiere distinction
, qui cependant n'étoient pas de
la Noce. Il y avoir dans le reste de l'Eglise
un peuple aussi nombreux qu'aux
jours des plus grandes Fêtes . Une foule
de Carosses occupoir , à une très-grande
distance , toutes les rues qui aboutissent
à S. Eustache.
Par le sieur Guilleaumon , Tapissier ordinaire
de la Ville , qui avoit aussi décoré et illuminé la
Sale.
2708 MERCURE DE FRANCE
Tous ceux qui ont assité à cette sainte
et éclatante Ceremonie , ont parû en être
pleinement satisfaits . Le Marquis de Mirepoix
est un des Seigneurs les mieux
faits et des plus polis de la Cour , et
rien n'est plus charmant que sa jeune
Epouse , qui dans cette occasion ajoûta
aux graces de sa personne , une douceur
et une modestie , qui firent l'admiration
de tout le monde.
M. le Curé de S. Eustache fit la Célebration
du Mariage dans le Choeur de
son Eglise et dit ensuite la Messe , pendant
laquelle M. Forcroy toucha POr
gue.
Quelque étonnante que soit la magnificence
que M. le Chevalier Bernard ait
fait paroître à l'occasion de ce Mariage,
on sera encore plus surpris de la rapidité
avec laquelle tous les préparatifs de la
Fête ont été faits.. La construction et la
décoration de la Sale , toutes les Illumi
nations au dedans et au dehors de l'Hô
tel , tout le travail des Cuisines et des
Offices , tout cela a été l'ouvrage de cinq
jours , pendant lesquels on a vû près de
deux mille Ouvriers travailler à des opé
rations differentes , sans trouble ni confusion.
Le jour de la Fête se passa avec le même
SEPTEMBRE. 1733. 2109
me ordre , quoique toute la Maison fût
dans un grand mouvement , et entierementeremplie
de monde ; mais par le
bon ordre , il n'y eut ni accident , ni
cohue ni embarras , ce qui est assez rare
dans de pareilles circonstances .
Nous joignons ici à cette Description
un Plan gravé , tant de l'Hôtel de M. Bernard
, que de la grande Sale , et une
élevation ou façade du Temple.
et Mariages.
Ntoine Paris , Ecuyer , Confeiller
Ad'Etat , cy- devant Tréforier géné
ral des Finances de la Province de Dauphiné
, mourut en sa Terre de Sampigny,
près de Commercy , en Loraine , le
29 Juillet 1733. Il étoit veuf de Marie-
Elizabeth - Jeanne de la Roche , fille de
Geoffroi de la Roche , vivant Ecuyer ,
Commandant les Gardes des Plaifirs du
Roy , dans les Parcs de Verfailles , & de
feué Élizibeth Hérault, de laquelle il n'a
laissé qu'une fille unique mariée avec
Jean Paris de Montmartel , son oncle
Ecuyer , Confeiller d'Etat et Garde du
Tréſor Royal , cy- devant Tréforier General
des Ponts et Chaussées , qui avoit
épousé en premieres nôces Marguerite-
Françoiſe Megret , foeur de Jean -Nicolas
Mégret de Sérilly , Maître des Requêtes
Ordinaire de l'Hôtel du Roy.
Le 25 Août , Dame Sufanne de Louvat
,veuve de Meffire Raoul des Champs,
Chevalier, Seigneur de Boishebert , qu'elle
it épousé le 23 Juillet 1691. mourut
gée d'environ 61 ans. Elle étoit fille de
Clau
100% MERCURE DE FRANCE
Claude de Louvat , Maréchal des Champs
& Armées du Roy , Gouverneur de Bellc-
Isle , & de Geneviève Robert de Lay.
Le même jour Chrétien - Nicolas de
Lamoignon , Seigneur de Bournau , Maître
des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy depuis 1728. et auparavant Confeiller
au Parlement de Paris, où il avoit été
reçu le 23 Juillet 1721. mourut d'une
fiévre maligne à Paris , dans sa 33 année,
étant né le 25 Decembre 1700. fans avoir
été marié. Il étoit fecond fils d'Urbain-
Guillaume de Lamoignon , Comte de
Launay Courfon & de Montrevaux ,
Confeiller d'Etat ordinaire , & au Confeil
Royal des Finances , et de D. Marie-
Françoife Méliand , fon épouſe.
-
Le 30 Août , Jean - François- Paul le Févre
de Caumartin , Evêque de Blois , Abbé
commandataire de l'Abbaïe de Buzai
-de l'Ordre de Circaux , Diocèse de Nantes
, Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris, l'un des quarante de l'Académie
Françoise , et Honoraire de celle des Infcriptions
et Belles- Lettres , mourut d'une
attaque d'Apoplexie , dans la 65 année
de fon âge, étant né le 16 Decemb.1668 .
Ce Prélat qui eft univerfellement regretté
à caufe de ses belles qualitez,avoit han
bord été deftiné à l'Ordre de Malthe 8 .
reçu
SEPTEMBRE. 1732. 2087
·
reçu de minorité au grand Prieuré deFrance
en 1669. Depuis il embrassa l'état Ecclésiastique
, et fut pourvu de l'Abbaïe
de Buzai , par la démiffion de Jean François-
Paul de Gondi , Cardinal de Retz ,
fon parain.Il fut reçu à l'Académie Françoise
le May 1694. reçut le Bonnet de
Docteur en Théologie le 7 Février 1697.
et fut admis au mois d'Août 1701. au
nombre des Honoraires de l'Académie
des Inscriptions et Belles Lettres . Etant
Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Tours; et l'un des grands Vicaires du Siége
vacant , il fut nommé à l'Evêché de
Vannes le 17 Septembre 1717. et après
avoir été facré le 17 Juillet 1718. à Dinant
par l'Evêque de S. Malo , en préfence
des Etats de Bretagne , il préta ferrent
de fidélité entre les mains du Roy
le 11 Decembre fuivant. Il fut transféré
à l'Evêché de Blois le 27 Août 1719. et
prêta un nouveau serment de fidélité le
17 Juillet 1720.Il assista au Sacre du Roy
le 25 Octobre 1722. ayant été un des Prélats
qui y furent invitez .
e1 Septembre , Charles de Y de
Seraucourt , cy-devant Capitaine au Ré
ciment des Gardes Françoises , mourut à
is , ágé de 78 ans. Il étoit fils d'Antoi
e Y , sieur de Seraucourt, Lieutenant
Cri2088
MERCURE DE FRANCE
Criminel du Bailli de Vermandois , au
Siége Préfidial de Reims , et d'Isabelle
P'Epagnol.
Le. 8. Jean le Boulanger , Maître ordinaire
en la Chambre des Comtes de Paris
, où il avoit été reçû le 28. Mars 1686.
et auparavant Conseiller au Châtelet ,
mourut septuagenaire ; il avoit épousé au
mois de Février 1695. Marie- Agnès Soulet
, soeur de Nicolas Soulet , Conseil
1er en la Grand'Chambre du Parlement
'de Paris , et fille de Nicolas Soulet , Con
seiller - Secretaire du Roy , et d'Agnès
Gaillard. Il a laissé un fils , reçû Maître
en la même Chambre des Comptes en
1729. et une fille , mariée au mois d'Avril
1727. avec Pierre Charpentier , Scigneur
de Royennes , aussi Maître des
Comptes aàllParis.
2
t
Le 11. D. Marie- Christine- Victoire de
Prougent , Epouse d'Anne- François de
Vandeuil , Chevalier , Seigneur d'Estel
fay, Ecuyer de la grande Ecurie du Roy
et Chef d'Académie Royale à Paris , mourut
âgée d'environ 48. ans ; elle avoit été
mariée le 16. May 1715. et étoit fille
unique de Marie Joseph de Prougent
Ecuyer, Seigneur de Mongivroux , Întendant
des Maisons et Finances de feües
leurs Altesses Sérenissimes la Prince orae
SEPTEMBRE, 1738. 2089
Condé et la Duchesse de Brunswik Ha
nover , mort le 26. Avril dernier , et de
D. Catherine Davy de la Pailleterie , sa
femme, auparavant Chanoinesse et Dame
de Remiremont , morte le 2. Décembre
1729. âgée de 81. ans.
Le 12. de ce mois , Dame Françoise le
Gendre , Epouse de M. Jean Baptiste.
Bosc , Seigneur de Souscarriere , Conseiller
du Roy en ses Conseils , Secretaire.
de la Chambre et du Cabinet de S M.
Procureur Géneral en la Cour des Aydes
de Paris , Commandeur et Chancelier ,
des Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. du Mont- Carmel et de
S. Lazare de Jérusalem , mourut à Paris
après une longue, maladie , âgée de 49 .
15 ; elle étoit fille de feu François le
Gendre , Ecuyer , Fermier Géneral des.
Fermes du Roy , mort le 11 , Juin 1696.
t de feüe D, Marguerite le Roux , morte,
' e 11.Décembre 1726. et avoit pour soeurs
înées la D. Crozat , la D. Doublet et la
D. Présidente Durey ; elle avoit été mariée
au mois de Janvier 1704. et n'a laissé
que deux filles , qui sont la D. de Sourrière
et Marguerite Bosc , mariée le 9 .
évrier 1728. avec Bertrand - Cesar du
Guesclin , Seigneur de la Roberie, Colo-
Infanterie, Chevalier de l'Ordre Militaire
6
2090 MERCURE DE FRANCE
litaire de S. Louis , et Gentilhomme de
la Chambre du Duc d'Orleans.
Le 13. D. Marie Elizabeth Daret de
Chevry , Veuve depuis le 18. Juin dernier
, d'Antoine - François de la Trémoille
de Noirmontier , Duc de Royan , dont
on a rapporté la mort dans le Mercure
de Juin dernier , premier vol . p . 1246.
mourut à Paris , âgée de 61. ans , sans posterité
; elle étoit fille de feu Charles François
Duret , Seigneur de Villefranche et
de Chevry , qui avoit été Mestre de Camp
d'un Régiment d'Infanterie pour le service
du Roy en Portugal , et de feüe D.
Marie - Elizabeth Bellier de Platbuisson
et avoit été mariée le 22. Mars 1700.
·· Le 19. D. Henriette Louise Col-"
bert , Duchesse de Beauvillier , qui avoit
été Dame du Palais de la Reine Marie-
Thérese d'Autriche , mourut en son Hôtel
rue sainte Avoye à Paris , âgée de 76.
ans , 9. mois , et le 21. son corps fut
transporté à Montargis , pour y être inhumé
dans le Monastere des Benedictines
auprès du feu Duc son Mary . Elle étoit
seconde fille de Jean- Baptiste Colbert
Marquis de Seignelay de Château - Neufsur
- Cher , et de Blainville , Baron de
Monétau de Chény , d'Ormoy , de
Sceaux , de Linieres , &c. Conseiller
dinal...
SEPTEMBRE . 1733 2091
dinaire du Roy en tous ses Conseils : et
au Conseil Royal des Finances , Ministre
et Secretaire d'Etat , Contrôleur General
des Finances , Commandeur et Grand-
Trésorier des Ordres du Roy , Sur- Intendant
et Ordonnateur general des Bâ →
timens de S. M. Jardins , Arts et Manufactures
de France , &c. mort le 6. Septembre
1683. et de D. Marie Charron ,
morte le 7. Avril 1687. elle avoit été
mariée le 21. Janvier 1671. avec Paul de.
Beauvillier , Duc de S. Aignan , Pair de
France , Grand d'Espagne , Comte de
Busançois et de Palluan , Seigneur des
Terres et Baronies de la Ferté saint
Aignan , la Salle , les Cléri , Lucè en
Beauce , et des Terres et Châtellenies
des Aix , d'Angillon , Séri , Humbligni ,
Chemeri , la Grange , Montigny , haut
et bas Foullé, Chanterennes et Neufvres,
Vicomte de Valognes, Chevalier des Ordres
du Roy, et cy -devant Premier Gentilhomme
de fa Chambre ,Brigadier de fest
Armées , Ministre d'Etat , Chef du Confeil
Royal des Finances , Gouverneur des
nfans de France , Premier Gentilhomme
de leur Chambre , et Maître de leur
Warde-robe, Gouverneur pour le Roy des
Ville et Citadelle du Havre de Grace et
as en dépendans , Gouverneur et Bailli
des
2092 MERCURE DE FRANCE
,
des Villes et Chateau de Loches et Beaulieu,
mort le 31 Août 1714 Elle en avoit
eu plusieurs enfans , dont il n'y a cu
qu'une seule fille de mariée, qui étoit feuë .
Marie-Henriette de Beauvillier , morte le
4 Septembre 1718. laissant de Louis de
Rochechouart , Duc de Mortemart , Pair
de France , Premier Gentilhomme de la
Chambre du Roy, Chevalier de ses Ordres,
et Lieutenant Général de ſes Armées,
son cousin germain maternel , qu'elle avoit
épousé le 20 Décembre 1703. deux fils
et trois filles , l'aîné des fils mourut
en 1731. sans enfans; le second est Charles
- Auguste Duc de Rochechouart, premier
Gentilhomme de la Chambre du
Roy , né le 11 Octobre 1714- qui n'est
pas encore marié,
>
Le 20. D. Charlotte de Rohan , Epouse
depuis 1729 , de Jean Antoine de Créqui
, Comte de Canaples , et auparavant
veuve depuis le 14 Mars 1720 d'Antoine-
François de Colins , Comte de Mortaigne
, Seigneur de Justingue et d'Ham
premier Ecuyer de feuë Elizabeth-Charlotte
de Baviere , Duchesse Doüairiere
d'Orleans, et auparavant Capitaine- Lieutenant
de la Compagnie des Gens d'Armes
de Bourgogne , qu'elle avoit épousé
au mois de Mars 1717 , mourut d'une
ApoSEPTEMBRE
. 1733. 2093 .
Apoplexie de sang en son Château de
Beaumont au Perche , dans la 53 année
de son âge , étant née le 20 Decembre
1680. Elle étoit fille de Charles de Rohan,
Prince de Guimené, Duc de Montbazon ,
Pair de France mort le 10 Octobre 1727,
et de Charlotte Elizabeth de Cochefilet
de Vauvineux , morte le 24 Décembre
1719. Elle a laissé de son premier mari
Loüise Elizabeth de Colins de Mortaigne,
fille unique ,née au mois de Février 1713.
et mariée le 6 May 1733 , avec le Comte
de Montboissier , Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment de Clermont , Prince ,
Cavalerie , fils aîné de Philippe Claude ,
Marquis de Montboissier Canilliac , Capitaine
Lieutenant de la seconde Compagnie
des Mousquetaires de la Garde du
Roy.
·
Le 21. D. Marie- Anne Tronçon, veuve
depuis le 17 Novembre 1704. de Mathieu
Garnier, Seigneur de Monthereau ,
Président au Parlement de Metz , et fille.
d'Ennemond Tronçon , Seigneur de Chaumontel
- la- Ville , et du Preslay , Maître
d'Hôtel ordinaire du Roy , et Trésorier
de France à Orleans , et d'Anne Boyer ,
mourut à Paris , âgée d'environ 89 ans ,
laissant une fille unique , qui est D.Marie-
Jeanne Garnier de Monthereau , ma-
I riéc
2094 MERCURE DE FRANCE .
›
riée le 20 Avril 1689 , avec Etienne Canaye
, Seigneur de Malval , des Roches ,
&c . Conseiller en la Grand'Chambce du
Parlement de Paris.
و
Le 28 , François le Maistre , Seigneur
de Persac en Poitou , de Belloc , et en
partie du Marquisat de Ferrieres , Conseiller
Honoraire au Parlement de Paris ,
où il avoit été reçu le 2 Juillet 1692. fils
de François le Maistre , Seigneur des mê
mes Lieux, mort Conseiller en la Grand-
Chambre du même Parlement , le 14 Septembre
1685. et de D. Marie le Feron , fa
seconde femme , morte le 4 Decembre
1720 femme alors en secondes nôces de
Claude de Thyard , Comte de Bissy , frere
du Cardinal de ce nom mourut au
Chateau de Mont rouge , près de Paris,
âgé d'environ 65 ans , et le lendemain au
soir son corps fut apporté à Paris , et inhumé
aux Cordeliers , dans la fépulture
de fa famille. Il desaendoit du celebre
Gilles le Maistre , premier Président au
Parlement de Paris , qui étoit son 4 aïeul,
et qui mourut le 5 Decembre 1562. François
le Maistre qui vient de mourir ,avoit
été marié le 1 Août 1695 , avec Marie-
Marguerite Boucher , morte le 2 Avril
1721.dans la 47 année de son âge,fille de
Nicolas Boucher , vivant Secretaire du
Roy ,
J
SEPTEMBRE. 1733. 2095
Roy , Grand Audiancier de France, et de
Mario Bannelier. Il n'en a laissé que Marie-
Anne le Maistre ,née le 27 Mars 1700.
et mariée le 22 Décembre 1722. avec Nicolas
le Camus , premier Président en la
Cour des Aydes de Paris , et Seigneur de
Mont-rouge , qui avoit épousé en premieres
nôces Magdeleine- Charlotte Baugier
, morte le 2 Decembre 1722 .
Le 25. Août , est née Augustine-Julie , fille
d'Anne- Gabriel de Cugnac , Chevalier , Baron de
Reuilly , Sous - Lieutenant au Régiment des Gar
des Françoises , et de D. Jeanne Marie - Joseph
Guyon de Disier , son Epouse. Ses Parains et
Maraines ont été Antoine- Hiacinte de Mainville
, Comte de Marigny , Brigadier des Armées
du Roy et Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux- Legers d'Orleans , et Dlle Ju-
Tie- Augustine Hurault de Vibraye.
Le 13. Septembre , fut baptisée Marie - Charlotte-
Dorothée , née le jour précedent , fille de
Michel - Charles - Dorothée de Roncherolles ,
Chevalier , Comte du Pont S. Pierre , Mestre de
Camp du Régiment Royal des Cravates, Cavalerie
, de D. Charlotte - Marguerite de Romilley de
la Chesnelaye , son Epouse , qui ont été mariez
le 25. May 1728. elle a eu pour Parain Adolphe
Charles de Romilley , Chevalier , Marquis de la
Chesnelaye et d'Amy , Comte de Mausson , Seigneur
de la Chaise , d'Ardesne, & c. Brigadier des
Armées du Roy , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , et Gouverneur des Ville et Château
de Fougeres en Bretagne , son Ayeul maternel
et pour Maraine , D. Marie- Anne Dorothée
Erard
I ij.
1
2016 MERCURE DE FRANCE
Erard le Gris,Marquise d'Echauffour et de Montreuil
, Comtesse de Cisey , &c. Epouse de Mi
chel de Roncherolles, Marquis du Pont S. Pierre,
premier Baron de Normandie , et Conseiller
'honneur-né au Parlement de Roücn , son Ayeu
le paternelle. Nous avons parlé de cette Maison
de Roncherolles , aussi bien que de celle de Romilley
, dans le Mercure de Juin 1728. premier
vol.p. 1255. à l'occasion tant du Mariage des Pere
et Mere de P'Enfant qui vient de naître , que de
celui de D. Marie - Catherine de Roncherolles,
soeur du Comte du Pont S. Pierre , avec François
de Rivoire , Marquis du Palais , Brigadier
des Armées du Roy , Lieutenant des Gardes du
Corps de S. M. qui fut celebré le 3. Juin 1728 .
Le 15. il est né un fils à Louis - François de
Laurens , Comte de Montserin , de son Mariage
avec Françoise Louise de Laurens , qui a été
nommé au Baptême par Thomas Rivier , et par
D. Joseph de Rebé , veuve de Leonor du Maine
Marquis du Bourg,
-Le 12. Septembre , Charles- Guillaume- Louis
de Broglio , âgé de 17. à 18. ans , seul fils de
Charles Guillaume , Marquis de Broglio , Lieu
tenant General des Armées du Roy , et Gouver
neur de Graveline , cy- devant Directeur general
d'Infanterie , et de feue D. Marie Magdeleine
Voysin , son Epouse , fille du Chancelier de
France de ce nom , morte le 11. Janvier 1722,
fut marié avec Dlle Theodore - Elizabeth de Besenval
de Bronstat , fille de Jean- Victor Baron
de Besenval Bronstat , du Canton de Soleure ,
Lieutenant General des Armées du Roy, et Colo
nel des Gardes Suisses de S. M. et de D, Cathe
ine , née Comtesse de Biclinski.
Le 15. Pierre- Jacques - Louis de Becdelievre ,
Marquis
Marquis de Quevilly , fils de Louis de Becdelievre,
Baron de Cany , et de feüe D. Anne- Henriette
Catherine Toustaing d'Herbeville , épousa Dlle
Charlotte Paulmier de la Bucaille , fille de Pierre
Paulmier de la Bucaille , Seigneur de Prestreval ,
et de D. Genoviéve Marette.
-
>
La nuit du Dimanche au Lundi 17.
d'Août dernier , Charles Pierre Gaston
de Lévis de Lomagne , Maréchal hé
reditaire de la Foy , Chevalier , Marquis
de Mirepoix , Comte de Terrides , Vicomte
de Gimoix , Baron de Mont- Fourcaul
, &c. Colonel du Régiment de Saintonge
; fils de feu Charles- Pierre de Lévis
, Marquis de Mirepoix , Prince de
Pescheseul , Comte de Terredes , Maréchal
héréditaire de la Foy , et de feüe
Dame Gabrielle d'Olivier , épousa Anne-
Gabrielle-Henriette Bernard , fille de Gabriel
. Bernard . Comte de Rieux , Baron
et Seigneur de la Liviniere , Ferals , Fief-
Madame , &c. Conseiller du Roy en ses
Conseils , Président au Parlement , Deu
xiéme Chambre des Enquêtes , et de Dame
Suzanne-Marie- Henriette de Boulainvilliers
, petite fille du côté Paternel de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'État , Comte
de Coubert , Marquis de Merry , &c. en
du côté Maternel , de feu Henry de Boulainvilliers
, Comte de S. Saire , si celebret
1 ii
par
L
par le grand nombre de ses Ouvrages
dont la plupart ont été rendus publics
depuis sa mort.
On ne s'étendra pas sur la grandeur
de la Maison de Lévis , dont le Marquis
de Mirepoix est l'aîné. Ce ne seroit rien
apprendre au Public ; personne n'ignore
qu'elle est une des plus anciennes et des
plus illustres du Royaume . On en trouve
la Généalogie détaillée dans le 4. volume
de l'Histoire Généalogique du P.
Anselme , page 15 .
11 suffira d'observer que Guy de Lévis
I. du nom , Chef de toutes les Branches
de cette Maison , qui subsistent au→
jourd'hui , fit paroître tant de valeur et
de zele pour la Religion dans la guerre
contre les Albigeois , où il commandoit
en qualité de Maréchal des Croisez , au
commencement du 13. siecle , qu'il y
mérita pour lui et pour l'aîné de ses Enfans
mâles , à perpétuité , le Titre de Maréchal
de la Foy Titre que nos Rois
ont depuis confirmé en plusieurs occa
sions , entre autres , par un Arrêt du
Grand Conseil du 10.Juin 1651. et c'est
en qualité de Maréchal héréditaire de la
Foy , que le Marquis de Mirepoix porte
derriere l'Ecu de ses Armes , qui sont
d'or à trois chevrons de sable , deux Bâtons
SEPTEMBRE. 1733 2099
tons d'azur en sautoir , semez de Croix
et de Fleurs de Lys d'or.
Le Chevalier Bernard , toujours magnifique
dans ce qu'il fait , donna à l'occasion
de ce Mariage dans son Hôtel ,
ruë neuve Notte -Dame des Victoires
une Fête qui a fait l'étonnement et l'ad
miration de tous ceux qui y ont assisté.
Le matin du Dimanche 16. Août , un
grand nombre de Suisses furent postez
aux portes de l'Hôtel et des Apparte
mens , et un détachement d'autres Suisses
fut chargé de la garde des Cour, Jar
dins , Passages , &c.
La Fête commença sur les 6. heures
du soir , par un Concert , qui ne pouvoit
manquer d'être parfaitement bien
executé , M. Bernard ayant eu soin d'y
rassembler en grand nombre les plus belles
Voix et les meilleurs Instrumens , et
l'on peut dire de ces excellens Sujets ,
que le zele se joignant à leurs talens , ils
se surpasserent pour répondre aux intentions
de M. Bernard .
Sur les 7. heures du soir , toutes les
façades de l'Hôtel furent illuminées d'u
ne quantité prodigieuse de Lampions et
de Terrines , qui profiloient toutes les
Corniches , les Croisées , les Plintes et
les autres principaux Membres de l'Ar-
I iiij
chi2100
MERCURE DE FRANCE
chitecture , depuis le faîte jusqu'au rezde
- chaussée. La principale façade de la
Cour , étoit surmontée d'une Etoite de
Lampions , si grande et si brillante que
les yeux avoient peine à en soutenir l'éclat.
L'Illumination qui décoroit le devant
de l'Hôtel sur la ruë , formoit plusieurs
Pilastres , et le pourtour de la
Porte Cochere , au haut de laquelle étoit
un Fronton entre deux grandes Pirami
des de Lampions , qui jettoient une lumiere
très-agréable ; et pour éclairer de
plus loin les Carosses , on avoit garni le
mur du Jardin des Petits - Peres de la
Place des Victoires , de terrines posées
sur des Consoles , depuis l'Eglise jusqu'à
l'angle et très-avant dans la ruë neuve
S. Augustin. On n'aura pas de peine à
s'imaginier le brillant de cette Illumina
tion , quand on sçaura que tous les lampions
et les terrines étoient en cire blanche
, précaution que l'on a crû devoir
prendre pour éviter la mauvaise odeur
et pour garantir les habits des Dames
et des autres Conviez qui étoient obligez
de passer sous des Arcades illuminées .
Après le Concert , vers les neuf heures
, toute la Compagnie descendit et traversa
une enfilade d'Appartement à rezde-
chaussée , pour se rendre dans une
Sale
Echelle
de
Le Roux inv.
PEL
618 wifes
P
C
LIBRARY
.
A, LENOX
AND
TELEEN
FOUNDATIONS
.
pou endre dans une
Sale
DRAKY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
TEMPLE DE MARS
Mademoifelle
uis de
Mirepoix avec
Bernard
Comte de Coubert .
DEO NT
REG
REGI
SEPTEMBRE. 1733. 2102
Sale , où l'on avoit servi un Repas des
plus somptueux. C'est ici qu'a parû dans
tout son éclat , le goût et la magnificence
du Chevalier Bernard ,
Cette Sale , dont tout le monde a
admiré la grandeur et les proportions ,
avoit été construite dans le Jardin par
les soins et sur les Desseins de M. le Roux,
Architecte du Roy et de l'Académie
Royale d'Architecture , qui a employé
avec succès son Art et ses talens pour
executer les idées de M. Bernard .
L'étendue de la Sale étoit de 12. toises
de longueur , sur sept de largeur , et elle
avoit 22. pieds et demi d'élevation depuis
le plancher jusqu'au Plafond. 1. a
La décoration du Frontispice repré
sentoit en camayeu le Temple de Mars ,
dont une Porte cintrée formoit la prin
cipale Entrée. Aux deux côtez étoient
quatre grands Pilastres d'une très- belle
Architecture, ornez de Trophées de
guerre , et entre les Pilastres , deux grandes
Arcades vitrées , qui laissoient jouir
un grand nombre de Spectateurs du coup
d'oeil de la Sale , et donnoient aux Conviez
le plaisir de voir la Façade illuminée
du dedans de l'Hôtel. Au - dessus
de ces deux Arcades , on voyoit des
Trophées d'Amour et les Chiffres des
21
I y now
1102 MERCURE DE FRANCE
nouveaux Epoux , sous une Corniche
feinte de pierre de taille , surmontée d'un
grand Fronton de la largeur de l'Edifice;
dans le Timpan duquel étoient les Ar
mes du Marquis de Mirepoix , accolées
avec celles de sa nouvelle Epouse , dans.un
Cartouche , avec la Couronne Ducale,
un Griphon et un Lion pour supports ,
et les Bâtons de Maréchal de la Foy
mis en sautoir derriere les deux Ecus
le tout peint et très bien exprimé en
bas - relief, par les clairs et les ombres.
Sur un des cô ez du Fronton et à la
droite du Cartouche , on lisoit dans une
Banderole la Devise : Aide Dieu an second
Chrétien Lévis , à la gauche dans
une autre Banderole : Deo ut Regi , Regi
ut Deo ; et au- dessous des Armes , Callar
Vale Mas. Ces trois Devises appartiennent
depuis un temps immémorial à la
Branche aînée de Lévis , et ne sont pas
moins des marques de son ancienneté ,
que des grands services qu'elle a rendus
au Roy et à la Religion .
Enfin , aux deux extrémitez du Fron
ton , sur la Corniche , s'élevoient deux
bouts de balustrade , chargez de deux
Trophées d'Armes en ronde-bosse.
Au fond de cette Sale , en face de la
grande Porte , on avoit pratiqué un enfonSEPTEMBRE.
1733 . 2103
foncement pour un grand Buffet d'appa
rat , aux côtez duquel il y en avoit
deux autres. Au - dessus de ces deux Buf
fers étoient deux Tribunes spacieuses ,
destinées pour la Symphonie.
Au pourtour du bas de la Sale regnoit
un Lambris de quatre pieds de hauteur ;
le Plafond étoit soutenu d'un Frise et Cor
niche , interrompuës au- dessus du grand
Buffet , des Armes groupées des Mariez,
entre deux Emblêmes, peints en camayeu
gris-de- lin ; et du côté opposé , c'est - àdire
, au- dessus de la grande Porte , on
voyoit les Armes de M. Bernard , placées
entre deux Chiffres dans des Čartouches.
Le reste de la Frise , le long des
deux grands côtez,étoit orné de Cartouches
et de Devises .
Outre la principale Porte d'entrée dont
nous avons parlé, il y en avoit encore
4.autres de 15. pieds de hauteur sur 8. de
largeur dans les grands côtez de la Sale;
et à la premiere à droite , aboutissoit une
Galerie couverte , longue de 4. toises et
demie , et large d'environ 2. toises , qui
communiquoit aux Appartemens du rezde-
chaussée , par le moyen de laquelle
la Compagnie passa des Appartemens
dans la Sale, sans être exposée à la pluye
ni au mauvais temps.
I vj Dans
2104 MERCURE DE FRANCE
Dans le milieu de la Sale étoit une Table
en fer à cheval , qui avoit 150. pieds
de pourtour par les dehors , pout 70.
Couverts. Il y en avoit encore quatre au
tres de 9. pieds de long dans les encoignures
du côté de la grande Entrée , qui
servoient de Buffet pour poser les Services
, avant que de les porter sur la grande
Table. La Sale étoit décorée avec tout
l'art possible ; un grand nombre de Lustres
et de Girandoles dans les plus ingénieux
arrangemens , y répandoit une lumiere
très- éclatante.
Le Fer à cheval étoit entouré par- dehors
de 70, tant chaises que fauteuils , de
même parure , en velours cramoisi , chamaré
en or et argent , les chaises placées.
alternativement entre les fauteuils.
L'arrivée des Conviez dans la Sale fut
annoncée par un bruit de Timbales et
de Trompettes , qui ne cessa que quand
tout le monde fut à table. Les nouveaux
Epoux étoient placez au milieu du Fer à.
cheval ; les fauteuils étoient occupez par
les Dames et les chaises par les Messieurs. ,
Il n'étoit guére possible de voir une.
Assemblée plus brillante , ni un Spectacle
plus magnifique . Cette Table reünissoit
sous un seul point de vûë un grand.
nombre de personnes des plus qualifiées .
et:
SEPTEMBR E. 1753. 210
et des plus considérables du Royaume.
Nous nous croyons dispensez d'entrer
dans le détail du Festin ; on n'aura pas
de peine à imaginer qu'il étoit des plus
somptueux et des mieux servis ; M. Bernard
fit éclarer en cette occasion sa magnificence
ordinaire . 7
Nous observerons seulement , pour
donner une idée de l'ordre établi , que
les Plats et Services étoient apportez par
des Suisses et remis entre les mains d'un
grand nombre d'Officiers , qui les posoient
sur la Table par le milieu du fer
à cheval.
Rien n'étoit plus beau à voir que le
Service du fruit , la Table se trouva en
un instant métamorphosée en une espece
de Jardin délicieux , où les yeux et le
goût trouvoient également de quoi se sa
tisfaire , par l'abondance des fleurs et des
fruits de toute espece qui couvroient
toute l'étendue de la Table ; sans parler
des formes variées et de la délicatesse des
mets , & c.
Les deux Buffets étoient servis par de
hors, ct il y avoit à chacun plusieurs Officiers
qui n'étoient occupez qu'à donner
les Vins les plus rares et les plus exquis. ཏ མ ཉི
A. la Musique guerriere , succeda une
Symphonic mélodieuse , placée dans les
Tri
1
&
2106 MERCURE DE FRANCE
Tribunes , qui dura pendant tout le souper
, interrompuë par intervales par les
Fanfares des Trompettes et des Timbales,
placées sur un Théatre hors de la Sale
du côté de la Galerie couverte. Les sieurs
Charpentier et Danguy , dont tout le
monde connoît les talens ,
l'un pour
la
Musette et l'autre pour la Viele , vinrent
pendant le Souper au milieu du fer
à cheval , et y joüerent ensemble avec
tous les agrémens comiques dont on les
sçait capables ; ce qui fit un intermede
des plus amusants.
Au sortir de table à minuit , toute
la Compagnie monta en carosse pour se
rendre à S. Eutsache Paroisse de la
Mariée .
>
Le devant de l'Hôtel étoit bordé de
plusieurs Escoüades de Guet à pied , et
l'on trouvoit des Brigades de Guet à che
val à chaque coin des rues aboutissant à
celles par où passoit la suite des Carosses.'
Il y en avoit encore un plus grand nom-'
bre au grand Portail de l'Eglise pour
empêcher le tumulte et la confusion.
L'attention de M. Bernard s'étoit éten
due jusqu'à faire éclairer toute la Place
qui est vis-à- vis l'Eglise ; elle étoit en
tourée de quantité de Terrines , dont la
grande lumiere dissipoit entierement les
énebres de la nuit.
SEPTEMBRE. 1733. 2107
P
Le grand Autel et le Choeur étoient surbement
décorés * et éclairés d'une si
grande quantité de Cierges et de Bougies,
po ées sur Candelabres et des Girandoles,
qu'on avoit peine à s'imaginer que l'on
fût au milieu de la nuit. Une longue suite
de Lustres , suspendus au milieu de
la Nef, accompagnez de Bras à plusieurs
branches , attachez à chaque Pilier , n'y
produisoient pas une clarté moins brillante.
Mais la plus belle Décoration de l'Eglise
, et celle qui devoit le plus flatter
M. Bernard , c'étoit la multitude prodigieuse
de monde, de tout rang et de tout
etat qui s'y rendit de tous les quartiers
de Paris , pour prendre part et voir cette
pompeuse Nôce. Jamais Ceremonie de
cette espece n'attira en effet tant de
Spectateurs. Le Choeur er la Nef étoient
templis de personnes de la premiere distinction
, qui cependant n'étoient pas de
la Noce. Il y avoir dans le reste de l'Eglise
un peuple aussi nombreux qu'aux
jours des plus grandes Fêtes . Une foule
de Carosses occupoir , à une très-grande
distance , toutes les rues qui aboutissent
à S. Eustache.
Par le sieur Guilleaumon , Tapissier ordinaire
de la Ville , qui avoit aussi décoré et illuminé la
Sale.
2708 MERCURE DE FRANCE
Tous ceux qui ont assité à cette sainte
et éclatante Ceremonie , ont parû en être
pleinement satisfaits . Le Marquis de Mirepoix
est un des Seigneurs les mieux
faits et des plus polis de la Cour , et
rien n'est plus charmant que sa jeune
Epouse , qui dans cette occasion ajoûta
aux graces de sa personne , une douceur
et une modestie , qui firent l'admiration
de tout le monde.
M. le Curé de S. Eustache fit la Célebration
du Mariage dans le Choeur de
son Eglise et dit ensuite la Messe , pendant
laquelle M. Forcroy toucha POr
gue.
Quelque étonnante que soit la magnificence
que M. le Chevalier Bernard ait
fait paroître à l'occasion de ce Mariage,
on sera encore plus surpris de la rapidité
avec laquelle tous les préparatifs de la
Fête ont été faits.. La construction et la
décoration de la Sale , toutes les Illumi
nations au dedans et au dehors de l'Hô
tel , tout le travail des Cuisines et des
Offices , tout cela a été l'ouvrage de cinq
jours , pendant lesquels on a vû près de
deux mille Ouvriers travailler à des opé
rations differentes , sans trouble ni confusion.
Le jour de la Fête se passa avec le même
SEPTEMBRE. 1733. 2109
me ordre , quoique toute la Maison fût
dans un grand mouvement , et entierementeremplie
de monde ; mais par le
bon ordre , il n'y eut ni accident , ni
cohue ni embarras , ce qui est assez rare
dans de pareilles circonstances .
Nous joignons ici à cette Description
un Plan gravé , tant de l'Hôtel de M. Bernard
, que de la grande Sale , et une
élevation ou façade du Temple.
Fermer
Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Ntoine Paris, Écuyer et Conseiller d'État, ancien Trésorier général des Finances de la Province de Dauphiné, est décédé le 29 juillet à Sampigny, près de Commercy, en Lorraine. Il était veuf de Marie-Elisabeth Jeanne de la Roche et avait une fille unique mariée à Jean Paris de Montmartel, son oncle. Le 25 août, Dame Suzanne de Louvat, veuve de Raoul des Champs, Chevalier et Seigneur de Boishebert, est décédée à l'âge d'environ 61 ans. Elle était fille de Claude de Louvat, Maréchal des Champs et Armées du Roy, et de Geneviève Robert de Lay. Le même jour, Chrétien-Nicolas de Lamoignon, Seigneur de Bournau et Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy, est décédé à Paris à l'âge de 33 ans. Il était fils d'Urbain-Guillaume de Lamoignon, Comte de Launay Courfon et de Montrevaux, et de Marie-Françoise Méliand. Le 30 août, Jean-François-Paul Le Fèvre de Caumartin, Évêque de Blois et Abbé commandataire de l'Abbaye de Buzai, est décédé d'une attaque d'apoplexie à l'âge de 65 ans. Il avait embrassé l'état ecclésiastique après avoir été destiné à l'Ordre de Malthe. Le 1er septembre, Charles de Y de Seraucourt, ancien Capitaine au Régiment des Gardes Françoises, est décédé à l'âge de 78 ans. Il était fils d'Antoine de Y, sieur de Seraucourt, et d'Isabelle d'Epagnol. Le 8 septembre, Jean Le Boulanger, Maître ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris, est décédé septuagénaire. Il avait épousé Marie-Agnès Soulet et laissé un fils et une fille. Le 11 septembre, Marie-Christine-Victoire de Prougent, épouse d'Anne-François de Vandeuil, Chevalier et Seigneur d'Estelfay, est décédée à l'âge d'environ 48 ans. Elle était fille unique de Marie-Joseph de Prougent et de Catherine Davy de la Pailleterie. Le 12 septembre, Dame Françoise Le Gendre, épouse de Jean-Baptiste Bosc, Seigneur de Souscarriere, est décédée à Paris après une longue maladie à l'âge de 49 ans. Elle avait deux filles, Marguerite Bosc et la Dame de Sourrière. Le 13 septembre, Marie-Elisabeth Daret de Chevry, veuve d'Antoine-François de La Trémoille de Noirmontier, Duc de Royan, est décédée à Paris à l'âge de 61 ans sans postérité. Elle était fille de Charles-François Duret et de Marie-Elisabeth Bellier de Platbuisson. Le 19 septembre, Henriette-Louise Colbert, Duchesse de Beauvillier, est décédée à Paris à l'âge de 76 ans. Elle était seconde fille de Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Seignelay, et de Marie Charron. Le 20 septembre, Charlotte de Rohan, épouse de Jean-Antoine de Créqui, Comte de Canaples, est décédée d'une apoplexie à l'âge de 53 ans. Elle était fille de Charles de Rohan, Prince de Guimené, et de Charlotte-Elisabeth de Cochefilet de Vauvineux. Le 21 septembre, Marie-Anne Tronçon, veuve de Mathieu Garnier, Seigneur de Monthereau, est décédée à Paris à l'âge d'environ 89 ans. Elle avait une fille unique, Marie-Jeanne Garnier de Monthereau. Le 28 septembre, François Le Maistre, Seigneur de Persac et Conseiller honoraire au Parlement de Paris, est décédé à l'âge d'environ 65 ans. Il était marié à Marie-Marguerite Boucher et avait une fille, Marie-Anne Le Maistre. En termes de naissances, le 25 août, Augustine-Julie, fille d'Anne-Gabriel de Cugnac et de Jeanne-Marie-Joseph Guyon de Disier, est née. Ses parrains et marraines étaient Antoine-Hiacinte de Mainville, Comte de Marigny, et Mademoiselle Julie-Augustine Hurault de Vibraye. Le 13 septembre, Marie-Charlotte-Dorothée, fille de Michel-Charles-Dorothée de Roncherolles et de Charlotte-Marguerite de Romilley de la Chesnelaye, a été baptisée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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336
p. 2109-2114
ARRESTS NOTABLES.
Début :
LETTRES PATENTES DU ROY, portant Reglement pour la teinture des Laines destinées [...]
Mots clefs :
Roi, Droits, Parlement, Libelle, Procureur général du roi, Provinces, Compiègne, Ordonnance, Ville de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES .
LRegle
ETTRES PATENTES DU ROY , portant
Reglement pour la teinture des Laines destinées
à la fabrique des Tapisseries ; avec l'Instruction
sur le Débouilli desdites Laines. Don
nées à Compiegne le 7. Juillet 1733. Registrées
en Parlement.
ARREST du 23. Juillet , concernant les Parcs
et Pescheries qui sont sur les Greves du ressort
de l'Amirauté de Quimper.
DECLARATION DU ROY , concernant
les Gages intermédiaires et autres Droits . Donnée
à Compiegne le 25. Juillet 1733. Registrée
en la Chambre des Comptes le 4. Septembre.
ARREST du 28. Juillet , qui excepte du
payement des droits de 30. sols pour livre , et
des autres droits réservez , tous les Procez verbaux
de visites , recollemens , martelages , er
baux
zrto MERCURE DE FRANCE
autres actes judiciaires qui seront faits dans ses
bois appartenant aux Communautez Ecclesasti →
ques et Lsiques ; et qui regle les cas o lesdits
droits pourront être perçus.
AUTRE du premier Août , qui modere les
droits de sortie hors du Royaume , et ceux de
marque et de contrôle , sur la vaisselle d'argent
et autres ouvrages d'Orfévrerie d'or ou d'argent,
fabriquez dans la Ville de Paris , qui seront des
tinez pour les Pays Etrangers , commencer du
premier Septembre 1733 .
ORDONNANCE DU ROY , du 2. Août ,
Pour deffendre à tous Capitaines et autres Officiers
des Troupes reglées , d'engager aucun Soldat
des Bataillons de Milice étant en garnison
dans les Places , pour servir dans leurs Compagnies
après que le temps du service desdits Miliciens
sera expiré , où sous quelqu'autre prétexte
que ce soit ; et pour casser et annuller tous en
gagemens de cette espece faits jusqu'à ce jour.
ARREST du 11. Août , qui proroge pour un
an , à compter du IS Octobre prochain , au
15. Octobre 1734. l'exemption des droits portée
par l'Arrêt du 23. Septembre 1732. sur les
bleds , fromens et autres grains , farines et légumes
, qui seront transportez des Provinces des
cinq grosses Fermes dans les Provinces réputées
étrangeres , et des Provinces réputées étrangeres
dan celles des cinq grosses Fermes ; et deffend le
transport desdits grains à l'étranger.
AUTRE du même jour, qui exempte des
droits dûs au Roy ou à ses Fermiers , et des
droits de peages , les grains qui seront trans
portez des Provinces du Royaume dans celle
de Provence , à compter du 15. Septembre 1733.
DESEPTEMBRE
. 1733. 2711
DECLARIATION DU ROY , portant réïnion
à la Ville de Paris des droits attribuez auz
Offices de Rouleurs , Chargeurs et Déchargeurs
de VineDonnée à Compiegne le 16. Août 1733 .
Registrée au Parlement le 18. dudit mois.
I ORDONNANCE DU ROY , du 13. Août ,
qui enjoint de faire arrêter les Mandians , Gens
sans aveu, Ouvriers ou Domestiques qui se tronveront
retirez dans les Auberges ou Logis , s'ils
ne sont munis de Certificats de fidélité. Ordonne
S M. au sieur Herault de tenir la main à l'éxecution
de ladite Ordonnance , qui a été publiée
le 9. Septembre suivant.
ARREST du Parlement du 29. Août , qui
condamne le nommé Bonval à faire Amende
honorable in figuris , et aux Galeres pour trois
ans , préalablement marqué des trois lettres
G. A. L. pour avoir pris un mouchoir , l'Audiance
de la Grand'Chambre tenante.
ARREST du Conseil du 4 Sept. qui casse celui
du Parlement de Bretagne du 22. Sept. 1729.
par lequel il a été ordonné qu'une dénonciacion
faire au Procureur du Roy de Fougeres , d'inscrire
un Procès verbal de faux , seroit suivie à la
requête dudit Procureur du Roy , et ordonne
que par ledit Parlement il sera passé outre au
Jugement de Pappel interjetté par un Faussaunier
, nonobstant ladite prétendue inscription.
AUTRE du 6. Septembre , qui déboute le
nommé Davesiés de sa Requête ; ordonne
qu'elle demeurera supprimée comme témeraire et
remplie de faits faux et injurieux ; et que Toutain
de la Coursiere , Avocat , qui l'a signée ,
de
2112 MERCURE DE FRANCE
demeurera interdit pour un an de ses fonctions.
Ordonne en outre que toutes les Pieces seront
remises au dépôt des anciennes minutes du
Conseil , dont il sera dressé Procès verbal en
la maniere accoûtumée , &c.
ARREST du Parlement , du 7. Septembre
1733. qui condamne un Libelle , &c.
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , ét
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
MESSIEURS ,
Sous quelle idée et sous quels caracteres pouvons
nous vous présenter le Libelle que notre
devoir nous oblige à vous déférer ? Est - ce comme
une invective sanglante et une déclamation
scandaleuse contre la Cour et le Bareau ? Est-ce
comme un Ecrit audacieux , qui porte ses atteintes
jusqu'au Trône , et n'épargne ni la Majesté
Royale , ni les sages Dépositaires de ses augustes
secrets ? Est- ce enfin comme un flambeau destiné
à tour embraser , et qui ne pourroit servir
qu'à rendre réels , s'il étoit possible , les maux
qu'on veut nous faire envisager ?
C'est , Messieurs , sous tous ces caracteres ensemble
, qui tout à la fois se déclarent dans cet
Ouurage ; et cependant il ose se produire sous le
titre de Lettre d'un Evêque de France au Roy ;
dernier trait par lequel il profane en même tems
' et le nom respectable des Evêques , et le nom
auguste du Roy.
Laissons dans ce Libelle ce qui peut nous regarder
et tant d'autres , et ne croyons pas que
la Cour elle- même soit plus attentive à une in
jure , qu'il est en quelque sorte glorieux de partager
avec tout ce qu'il y a de plus respectable ;
mais il n'est pas permis d'être insensible à ce qui
offense
SEPTEMBRE. 1733 .
2113
offense si ouvertement le respect dû au Souverain
,l'honneur des puissances , et toutes les Loix
de la bienséance publique.
On ne peut marquer trop d'indignation contre
un Ecrit,qui se couvrant des interêts du Roy
et de l'Etat , ose y attenter , pour satisfaire une
passion trop déclarée ; qui sous prétexte de
venger l'Episcopat , ne craint point de mettre
sous un nom si vénérable ses propres excès ; et
qui n'a d'autre objet dans sa licence , que de traverser
toutes sortes de vues pacifiques , capables
d'assurer le calme et la tranquillité .
Un plus grand détail seroit inutile sur un tel
Ouvrage dont la vûë est un scandale , et dont la
lecture suffit pour sa réprobation . Ne songeons
qu'à l'étouffer en vous demandant qu'il soit aboli
par les flammes. C'est à quoi tendent les Conclu
sions par écrit que nous laissons , avec l'Exemplaire
qui est tombé entre nos mains.
Eux retirez :
La
Vu le Libelle intitulé : Lettre d'un Evêque de
France au Roy , datée à la fin ,
Avril 1733 .
matiere sur ce mise en délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libelle
sera lacéré et brûlé en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'iceui , par l'Executeur de la
haute Justice , comme injurieux à l'autorité
Royale et à l'honneur des Parlemens , excitant
au schisme , et tendant à sédition ; fait inhibition
et deffenses à tous Libraires , Imprimeurs ,
Colporteurs et tous autres , de l'imprimer , vendre
et débiter , ou autrement distribuer , sous
peine d'être procedé contre eux extraordinaire,
ment ; enjoint à ceux qui en auroient des Exem
plaires de les remettre incessamment au Greffe
de laCour pour y êtrê supprimez ; ordonne qu'à
Ja requête du Procureur Général du Roy, il serainfote
2114 MERCURE DE FRANCE
•
informé pardevant Me Goifard , Conseiller
pour les témoins qui pourroient être entendus
dans cette Ville de Paris , et à la poursuite et di
ligence de ses Substituts , pardevant les Lieutenans
Criminels ou autres Officiers des Bailliages,.
pour ceux qui pourroient y être entendus; contre.
ceux qui auroient imprimé , vendu , débité ou
autrement distribué ledit Libelle ; pour les informations
faites , rapportées et communiquées au
Procureur Général du Roy , être par lui requis ,
et par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra
ordonne en outre que copies collationnées du
présent Arrêt seront envoyées aux Bailliages et
Sénéchaussées du Ressort , pour y étre lûës
publiées et registrées; enjoint aux Substituts du
Procureur Général du Roy d'y tenir la main ,
et d'en certifier la Cour dans un mois, Fait en
Parlement le sept Septembre mil sept cens trente
trois. Signé , DUFRANC.
Et ledit jour Lundi septième jour de Septembre
audit an,l'heure de midi , en execution de l'Arrêt
cy-dessus , ledit Libelle y mentionné , a été laceré
et jetté au feu , au bas du grand Escalier du Palais
, par l'Executeur de la haute Justice , en présence
de nous Louis Dufranc , l'un des trois premiers.
et principaux Commis pour la Grand Chambre ,
assisté de deux Huissiers de la Cour. Signé
DUFRANC.
LRegle
ETTRES PATENTES DU ROY , portant
Reglement pour la teinture des Laines destinées
à la fabrique des Tapisseries ; avec l'Instruction
sur le Débouilli desdites Laines. Don
nées à Compiegne le 7. Juillet 1733. Registrées
en Parlement.
ARREST du 23. Juillet , concernant les Parcs
et Pescheries qui sont sur les Greves du ressort
de l'Amirauté de Quimper.
DECLARATION DU ROY , concernant
les Gages intermédiaires et autres Droits . Donnée
à Compiegne le 25. Juillet 1733. Registrée
en la Chambre des Comptes le 4. Septembre.
ARREST du 28. Juillet , qui excepte du
payement des droits de 30. sols pour livre , et
des autres droits réservez , tous les Procez verbaux
de visites , recollemens , martelages , er
baux
zrto MERCURE DE FRANCE
autres actes judiciaires qui seront faits dans ses
bois appartenant aux Communautez Ecclesasti →
ques et Lsiques ; et qui regle les cas o lesdits
droits pourront être perçus.
AUTRE du premier Août , qui modere les
droits de sortie hors du Royaume , et ceux de
marque et de contrôle , sur la vaisselle d'argent
et autres ouvrages d'Orfévrerie d'or ou d'argent,
fabriquez dans la Ville de Paris , qui seront des
tinez pour les Pays Etrangers , commencer du
premier Septembre 1733 .
ORDONNANCE DU ROY , du 2. Août ,
Pour deffendre à tous Capitaines et autres Officiers
des Troupes reglées , d'engager aucun Soldat
des Bataillons de Milice étant en garnison
dans les Places , pour servir dans leurs Compagnies
après que le temps du service desdits Miliciens
sera expiré , où sous quelqu'autre prétexte
que ce soit ; et pour casser et annuller tous en
gagemens de cette espece faits jusqu'à ce jour.
ARREST du 11. Août , qui proroge pour un
an , à compter du IS Octobre prochain , au
15. Octobre 1734. l'exemption des droits portée
par l'Arrêt du 23. Septembre 1732. sur les
bleds , fromens et autres grains , farines et légumes
, qui seront transportez des Provinces des
cinq grosses Fermes dans les Provinces réputées
étrangeres , et des Provinces réputées étrangeres
dan celles des cinq grosses Fermes ; et deffend le
transport desdits grains à l'étranger.
AUTRE du même jour, qui exempte des
droits dûs au Roy ou à ses Fermiers , et des
droits de peages , les grains qui seront trans
portez des Provinces du Royaume dans celle
de Provence , à compter du 15. Septembre 1733.
DESEPTEMBRE
. 1733. 2711
DECLARIATION DU ROY , portant réïnion
à la Ville de Paris des droits attribuez auz
Offices de Rouleurs , Chargeurs et Déchargeurs
de VineDonnée à Compiegne le 16. Août 1733 .
Registrée au Parlement le 18. dudit mois.
I ORDONNANCE DU ROY , du 13. Août ,
qui enjoint de faire arrêter les Mandians , Gens
sans aveu, Ouvriers ou Domestiques qui se tronveront
retirez dans les Auberges ou Logis , s'ils
ne sont munis de Certificats de fidélité. Ordonne
S M. au sieur Herault de tenir la main à l'éxecution
de ladite Ordonnance , qui a été publiée
le 9. Septembre suivant.
ARREST du Parlement du 29. Août , qui
condamne le nommé Bonval à faire Amende
honorable in figuris , et aux Galeres pour trois
ans , préalablement marqué des trois lettres
G. A. L. pour avoir pris un mouchoir , l'Audiance
de la Grand'Chambre tenante.
ARREST du Conseil du 4 Sept. qui casse celui
du Parlement de Bretagne du 22. Sept. 1729.
par lequel il a été ordonné qu'une dénonciacion
faire au Procureur du Roy de Fougeres , d'inscrire
un Procès verbal de faux , seroit suivie à la
requête dudit Procureur du Roy , et ordonne
que par ledit Parlement il sera passé outre au
Jugement de Pappel interjetté par un Faussaunier
, nonobstant ladite prétendue inscription.
AUTRE du 6. Septembre , qui déboute le
nommé Davesiés de sa Requête ; ordonne
qu'elle demeurera supprimée comme témeraire et
remplie de faits faux et injurieux ; et que Toutain
de la Coursiere , Avocat , qui l'a signée ,
de
2112 MERCURE DE FRANCE
demeurera interdit pour un an de ses fonctions.
Ordonne en outre que toutes les Pieces seront
remises au dépôt des anciennes minutes du
Conseil , dont il sera dressé Procès verbal en
la maniere accoûtumée , &c.
ARREST du Parlement , du 7. Septembre
1733. qui condamne un Libelle , &c.
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , ét
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
MESSIEURS ,
Sous quelle idée et sous quels caracteres pouvons
nous vous présenter le Libelle que notre
devoir nous oblige à vous déférer ? Est - ce comme
une invective sanglante et une déclamation
scandaleuse contre la Cour et le Bareau ? Est-ce
comme un Ecrit audacieux , qui porte ses atteintes
jusqu'au Trône , et n'épargne ni la Majesté
Royale , ni les sages Dépositaires de ses augustes
secrets ? Est- ce enfin comme un flambeau destiné
à tour embraser , et qui ne pourroit servir
qu'à rendre réels , s'il étoit possible , les maux
qu'on veut nous faire envisager ?
C'est , Messieurs , sous tous ces caracteres ensemble
, qui tout à la fois se déclarent dans cet
Ouurage ; et cependant il ose se produire sous le
titre de Lettre d'un Evêque de France au Roy ;
dernier trait par lequel il profane en même tems
' et le nom respectable des Evêques , et le nom
auguste du Roy.
Laissons dans ce Libelle ce qui peut nous regarder
et tant d'autres , et ne croyons pas que
la Cour elle- même soit plus attentive à une in
jure , qu'il est en quelque sorte glorieux de partager
avec tout ce qu'il y a de plus respectable ;
mais il n'est pas permis d'être insensible à ce qui
offense
SEPTEMBRE. 1733 .
2113
offense si ouvertement le respect dû au Souverain
,l'honneur des puissances , et toutes les Loix
de la bienséance publique.
On ne peut marquer trop d'indignation contre
un Ecrit,qui se couvrant des interêts du Roy
et de l'Etat , ose y attenter , pour satisfaire une
passion trop déclarée ; qui sous prétexte de
venger l'Episcopat , ne craint point de mettre
sous un nom si vénérable ses propres excès ; et
qui n'a d'autre objet dans sa licence , que de traverser
toutes sortes de vues pacifiques , capables
d'assurer le calme et la tranquillité .
Un plus grand détail seroit inutile sur un tel
Ouvrage dont la vûë est un scandale , et dont la
lecture suffit pour sa réprobation . Ne songeons
qu'à l'étouffer en vous demandant qu'il soit aboli
par les flammes. C'est à quoi tendent les Conclu
sions par écrit que nous laissons , avec l'Exemplaire
qui est tombé entre nos mains.
Eux retirez :
La
Vu le Libelle intitulé : Lettre d'un Evêque de
France au Roy , datée à la fin ,
Avril 1733 .
matiere sur ce mise en délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que ledit Libelle
sera lacéré et brûlé en la Cour du Palais , au pied
du grand Escalier d'iceui , par l'Executeur de la
haute Justice , comme injurieux à l'autorité
Royale et à l'honneur des Parlemens , excitant
au schisme , et tendant à sédition ; fait inhibition
et deffenses à tous Libraires , Imprimeurs ,
Colporteurs et tous autres , de l'imprimer , vendre
et débiter , ou autrement distribuer , sous
peine d'être procedé contre eux extraordinaire,
ment ; enjoint à ceux qui en auroient des Exem
plaires de les remettre incessamment au Greffe
de laCour pour y êtrê supprimez ; ordonne qu'à
Ja requête du Procureur Général du Roy, il serainfote
2114 MERCURE DE FRANCE
•
informé pardevant Me Goifard , Conseiller
pour les témoins qui pourroient être entendus
dans cette Ville de Paris , et à la poursuite et di
ligence de ses Substituts , pardevant les Lieutenans
Criminels ou autres Officiers des Bailliages,.
pour ceux qui pourroient y être entendus; contre.
ceux qui auroient imprimé , vendu , débité ou
autrement distribué ledit Libelle ; pour les informations
faites , rapportées et communiquées au
Procureur Général du Roy , être par lui requis ,
et par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra
ordonne en outre que copies collationnées du
présent Arrêt seront envoyées aux Bailliages et
Sénéchaussées du Ressort , pour y étre lûës
publiées et registrées; enjoint aux Substituts du
Procureur Général du Roy d'y tenir la main ,
et d'en certifier la Cour dans un mois, Fait en
Parlement le sept Septembre mil sept cens trente
trois. Signé , DUFRANC.
Et ledit jour Lundi septième jour de Septembre
audit an,l'heure de midi , en execution de l'Arrêt
cy-dessus , ledit Libelle y mentionné , a été laceré
et jetté au feu , au bas du grand Escalier du Palais
, par l'Executeur de la haute Justice , en présence
de nous Louis Dufranc , l'un des trois premiers.
et principaux Commis pour la Grand Chambre ,
assisté de deux Huissiers de la Cour. Signé
DUFRANC.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En 1733, plusieurs actes royaux et arrêts du Parlement de France ont été émis. Le 7 juillet, des lettres patentes régissent la teinture des laines pour tapisseries et leur débouilli. Le 23 juillet, un arrêt concerne les parcs et pêcheries sur les grèves relevant de l'Amirauté de Quimper. Le 25 juillet, une déclaration royale traite des gages intermédiaires et autres droits, enregistrée le 4 septembre à la Chambre des Comptes. Le 28 juillet, un arrêt exonère de certains droits les actes judiciaires dans les bois appartenant aux communautés ecclésiastiques et laïques. Le 1er août, un autre arrêt modère les droits de sortie et de marque sur la vaisselle d'orfèvrerie fabriquée à Paris pour l'exportation. Le 2 août, une ordonnance royale interdit aux officiers des troupes régulières d'engager des soldats des bataillons de milice après la fin de leur service. Le 11 août, un arrêt proroge l'exemption des droits sur les grains transportés entre certaines provinces et interdit leur exportation. Un autre arrêt du même jour exonère de droits les grains transportés vers la Provence. Le 16 août, une déclaration royale réintègre à la ville de Paris les droits attribués aux offices de rouleurs, chargeurs et déchargeurs de vin. Le 13 août, une ordonnance royale ordonne l'arrestation des mendiants et des gens sans aveu non munis de certificats de fidélité. Le 29 août, un arrêt du Parlement condamne Bonval pour vol. Le 4 septembre, un arrêt du Conseil casse une décision du Parlement de Bretagne. Le 6 septembre, un arrêt déboute Davesiés de sa requête et interdit son avocat pour un an. Le 7 septembre, un arrêt du Parlement condamne et brûle un libelle intitulé 'Lettre d'un Évêque de France au Roy' pour ses attaques contre l'autorité royale et les parlementaires.
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337
p. 2288-2291
« Le 3 de ce mois, la Reine entendit le Salut dans l'Eglise des Récolets, et le [...] »
Début :
Le 3 de ce mois, la Reine entendit le Salut dans l'Eglise des Récolets, et le [...]
Mots clefs :
Reine, Fontainebleau, Roi, Angerville, Comédiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 3 de ce mois, la Reine entendit le Salut dans l'Eglise des Récolets, et le [...] »
E3 de ce mois , la Reine entendit le
L'salut dans l'Eglise des Récolets, et le
24 elle y communia. L'après midi S. M.
entendit le Sermon du P. Sixte Ambriel
Récolet , et assista à la Benediction du
S. Sacrement. Le 9 , la Reine partit de
Versailles pour aller coucher au Château
de Petitbourg ; et le lendemain au soir
S. M. arriva à Fontainebleau.
Le 27 Septembre , il y eut concert chez
la Reine . M. de Blamon , Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter le
Prologue et le premier Acte d'Amadis ,
qui fut continué le 30 , par le second et
le troisiéme Acte , et le in Octobre il fut
fini à Fontainebleau par le 4 et le s Les
Rôles du Prologue furent remplis par la
Dile Julie et par le Sr Dubourg , et ceux
de la Picce par les Dlles le Maure , Mathieu
et Julie , et par les Srs d'Angerville ,
Petillot , Godenesche et Dubourg.
Le 14 , la Reine demanda le Caprice
d'Erato. Divertissement de M. de Blamont.
La Dile le Maure y fit le principal
Rôle
1
OCTOBRE. 1733 . 2289
Rôle. La Dlle Matthieu , celui de Junon
et le sieur d'Angerville Apollon.
>
Le 21 , on chanta un autre Divertis
sement du même Auteur , intitulé le -
tour des Dieux sur la Terre ; qui fut fait à
l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Dauphin, dont les paroles sont de M.
Tavenot. Les Dlles Lenner , Mathieu , du-
Hamel , Petitpas , et le Sr d'Angerville
exécuterent ce Divertissement qui fit un
tres- grand plaisir à toute la Cour.
- Le 8 Octobre , les Comédiens François
représenterent à Fontainebleau la Tragé--
die des Horaces , qui fut suivie de la pes
tite Comédie des Plaideurs.
Le 13 , le Misantrope et la Serenade.
Le 1s , Cinna , et le François à Londres.-
Le Sr Prin joua le principal Rôle dans la
Tragédie , et le Marquis de Polinville ,
dans la petite Piéce . Il y fut applaudi .
Le 20, l'Avare et le Baron de la Crasse..
Le 22 , Britannicus , et la petite Comé
die du Dédit , de feu M. Dutrêni.
Le 27 , La Fausse antipathie et le Mas
gnifique.
Le 29 , Electre et le Lot supposé.
Le 10 Octobre , les Comédiens Italiens
représenterent Heureux Stratagême ; Co
médie de M.de Marivaux,et la petite piece
du Je ne sçai quoi.
Hay Les
2250 MERCURE DE FRANCE
Le 17 , le Temple du Goût , le Bouquet ,
et l'Isle du Divorce . Ces trois Piéces furent
parfaitement bien représentées . La
Reine eut la bonté de faire dire aux Comédiens
Italiens , par le Duc de Gévres,
que S. M. en étoit tres- contente.
La Dlle Roland dansa différentes entrées
avec beaucoup d'applaudissement.
Le 24, Amante difficile , Comédie de
feu M. de la Motthe,et la Veuve Coquette..
Le 18 , le Roy accorda le titre de Maréchal
General de ses Camps et Armées
au Marêchal Duc de Villars , qui partit .
de Fontainebleau le Dimanche 25 de ce
mois , après midi pour se rendre à l'Armé
d'Italie..
Le 28 , M. Zeno , Ambassadeur de la
République de Venise , qui étoit arrivé àu
Paris le 22 , se rendit à Fontainebleau
avec M. Mocenigo , Ambassadeur de la
même République , auquel il succede »»
et il eût sa premiere audience du Roy et
de la Reine, étant conduit par le Chevalier
de Sainctor , Introducteur des Ambassadeurs.
La Direction des Economats , qu'avoie
fu. M. l'Archevêque de Rouen , a été
doni és
OCTOBRE. 1733: 2294
donnée à M. le Marquis du Muy. Nous
avions dit , sur des Mémoires peu exacts ,
que cette Direction avoit été donnée à
une autre personne .
L'salut dans l'Eglise des Récolets, et le
24 elle y communia. L'après midi S. M.
entendit le Sermon du P. Sixte Ambriel
Récolet , et assista à la Benediction du
S. Sacrement. Le 9 , la Reine partit de
Versailles pour aller coucher au Château
de Petitbourg ; et le lendemain au soir
S. M. arriva à Fontainebleau.
Le 27 Septembre , il y eut concert chez
la Reine . M. de Blamon , Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter le
Prologue et le premier Acte d'Amadis ,
qui fut continué le 30 , par le second et
le troisiéme Acte , et le in Octobre il fut
fini à Fontainebleau par le 4 et le s Les
Rôles du Prologue furent remplis par la
Dile Julie et par le Sr Dubourg , et ceux
de la Picce par les Dlles le Maure , Mathieu
et Julie , et par les Srs d'Angerville ,
Petillot , Godenesche et Dubourg.
Le 14 , la Reine demanda le Caprice
d'Erato. Divertissement de M. de Blamont.
La Dile le Maure y fit le principal
Rôle
1
OCTOBRE. 1733 . 2289
Rôle. La Dlle Matthieu , celui de Junon
et le sieur d'Angerville Apollon.
>
Le 21 , on chanta un autre Divertis
sement du même Auteur , intitulé le -
tour des Dieux sur la Terre ; qui fut fait à
l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Dauphin, dont les paroles sont de M.
Tavenot. Les Dlles Lenner , Mathieu , du-
Hamel , Petitpas , et le Sr d'Angerville
exécuterent ce Divertissement qui fit un
tres- grand plaisir à toute la Cour.
- Le 8 Octobre , les Comédiens François
représenterent à Fontainebleau la Tragé--
die des Horaces , qui fut suivie de la pes
tite Comédie des Plaideurs.
Le 13 , le Misantrope et la Serenade.
Le 1s , Cinna , et le François à Londres.-
Le Sr Prin joua le principal Rôle dans la
Tragédie , et le Marquis de Polinville ,
dans la petite Piéce . Il y fut applaudi .
Le 20, l'Avare et le Baron de la Crasse..
Le 22 , Britannicus , et la petite Comé
die du Dédit , de feu M. Dutrêni.
Le 27 , La Fausse antipathie et le Mas
gnifique.
Le 29 , Electre et le Lot supposé.
Le 10 Octobre , les Comédiens Italiens
représenterent Heureux Stratagême ; Co
médie de M.de Marivaux,et la petite piece
du Je ne sçai quoi.
Hay Les
2250 MERCURE DE FRANCE
Le 17 , le Temple du Goût , le Bouquet ,
et l'Isle du Divorce . Ces trois Piéces furent
parfaitement bien représentées . La
Reine eut la bonté de faire dire aux Comédiens
Italiens , par le Duc de Gévres,
que S. M. en étoit tres- contente.
La Dlle Roland dansa différentes entrées
avec beaucoup d'applaudissement.
Le 24, Amante difficile , Comédie de
feu M. de la Motthe,et la Veuve Coquette..
Le 18 , le Roy accorda le titre de Maréchal
General de ses Camps et Armées
au Marêchal Duc de Villars , qui partit .
de Fontainebleau le Dimanche 25 de ce
mois , après midi pour se rendre à l'Armé
d'Italie..
Le 28 , M. Zeno , Ambassadeur de la
République de Venise , qui étoit arrivé àu
Paris le 22 , se rendit à Fontainebleau
avec M. Mocenigo , Ambassadeur de la
même République , auquel il succede »»
et il eût sa premiere audience du Roy et
de la Reine, étant conduit par le Chevalier
de Sainctor , Introducteur des Ambassadeurs.
La Direction des Economats , qu'avoie
fu. M. l'Archevêque de Rouen , a été
doni és
OCTOBRE. 1733: 2294
donnée à M. le Marquis du Muy. Nous
avions dit , sur des Mémoires peu exacts ,
que cette Direction avoit été donnée à
une autre personne .
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Résumé : « Le 3 de ce mois, la Reine entendit le Salut dans l'Eglise des Récolets, et le [...] »
En octobre 1733, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de France. Le 3 octobre, la Reine écouta un sermon et assista à la bénédiction du Saint-Sacrement. Elle se rendit au Château de Petitbourg le 9 octobre et à Fontainebleau le lendemain. Le 27 septembre, un concert fut organisé chez la Reine avec des extraits de l'opéra 'Amadis'. Le 14 octobre, la Reine demanda l'interprétation du 'Caprice d'Erato'. Le 21 octobre, un divertissement intitulé 'Tour des Dieux sur la Terre' fut chanté en l'honneur de la naissance du Dauphin. Les comédiens français représentèrent plusieurs pièces à Fontainebleau, notamment 'Les Horaces' le 8 octobre, 'Le Misantrope' le 13 octobre, 'Cinna' le 15 octobre, 'L'Avare' le 20 octobre, 'Britannicus' le 22 octobre, 'La Fausse antipathie' le 27 octobre, et 'Electre' le 29 octobre. Les comédiens italiens jouèrent 'Heureux Stratagème' le 10 octobre, 'Le Temple du Goût' le 17 octobre, et 'Amante difficile' le 24 octobre. Le 18 octobre, le Roi accorda le titre de Maréchal Général des Camps et Armées au Maréchal Duc de Villars, qui partit pour l'armée d'Italie le 25 octobre. Le 28 octobre, M. Zeno, Ambassadeur de la République de Venise, eut sa première audience auprès du Roi et de la Reine à Fontainebleau. La Direction des Économats, précédemment détenue par l'Archevêque de Rouen, fut confiée à M. le Marquis du Muy.
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338
p. 2291-2296
RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
Début :
Son Altesse Sérénissime partit d'Anet avec la Princesse sa fille, accompagnée [...]
Mots clefs :
Dreux, Hôtel de ville, Duchesse du Maine, Princesse, Officiers, Église, Jeunes gens, Honneur, Bourgeoisie, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
RECEPTIONfaite à S. A.S. Madame
La Duchesse du Maine , par la Ville de
Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement
, Receveur des Tailles de l'Election
de Dreux.
Save
On Altesse Sérénissime partit d'Anet
ec la Princesse sa fille , accompagnée
d'un grand nombre de personnes du
premier rang , le 23. Septembre dernier ,
er arriva ici sur les 4. heures du soir ;
elle fut saluée à une lieüe de la Ville
par une Compagnie de jeunes Gens qui
s'étoient réunis pour aller au - devant
d'Elle , ayant un Trompette à leur tête ;:
ils étoient parfaitement bien montez
er la maniere dont ils avoient orné leurs
chevaux donnoit un air de galanterie à
cette Troupe, qui satis fit beaucoup S.A.S.
Ils la suivirent jusqu'à Dreux autour de
sa Caleche , laquelle étoit précedée par
les Officiers de sa Maison , et suivie des
Carosses des personnes qui l'accompa
groient.
y
Avant que d'entrer dans la Ville , le
Maire et les autres Officiers de la Ville ,
Hvj por
2192 MERCURE DE FRANCE
portant le Dais sous lequel S. A. S. de- ´
voit marcher jusqu'à l'Eglise , eurent
l'honneur de la complimenter et de fui
présenter avec les Clefs de la Ville , les
présens ordinaires de vins exquis et de
Confitures seches.-
S. A. S. entra dans Dreux , au milieu
d'un concours de peuple extraordinaire
et au bruit des Tambours et de
toutes les Cloches. Elle s'arrêta encore
pour recevoir les complimens du Bailliage
et des autres Corps de Judicature ;
elle répondit aux Harangues avec cette
dignité et cette délicatesse d'esprit si
connues de tous ceux qui ont l'honneur
de l'approcher. Elle fut conduite après
ces cérémonies à l'Eglise principale qui
est située sur le lieu le plus éminent de
la Ville où est aussi le Château des
anciens Comtes de Dreux .
La Princesse trouva sur son passage
toute la Bourgeoisie en haye et sous les
armes ; et de distance en distance elle
passoit sous des Arcs de Triomphes ,
dont la décoration exprimoit la joye qui
devoit regner dans une pareille Fête.
Les Chanoines de la Collegiale vinrent
la recevoir et la conduisirent jusqu'à
leur Eglise , où elle arriva environnée
de tous les Corps de la Ville . Après
s'être
1
OCTOBRE . 1733. 2193
·
s'être placée au milieu du Choeur , on
chanta le Te Deum , qui fut précédé
d'th Motet , dont l'execution parut satisfaire
S. A. S. Après les cérémonies de
l'Eglise, elle fut conduite dans une grande
Salle du Château , où l'on avoit élevé
un Théatre. Elle vit représenter par des
jeunes gens choisis de la Ville , la Tragédie
d'Oedipe , de M. de Voltaire , qui
fut suivie de Momus Fabuliste , de M.Fuzelier
. Ces deux Pieces furent assez bien
représentéss pour mériter les éloges de
S. A. S. Dans l'intervalle des deux Pieces
il y eut une petit Divertissement en Musique
, qui fut parfaitement executé et
dont voici les paroles.
Volez plaisir's heureux , enchantez nos esprits ,
Sçavantes filles du Permesse ,
Protegez nos Jeux et nos Ris ;
Quepartout on y reconnoisse,
Le goût et la délicatesse
Que vous ne prodiguez qu'à vos seuls Favoris
Volez plaisirs heureux , enchantez nos esprits.
La Fille de Condé vient embellir ces Rives ,
Druides accourez , vous , Nimphes fugitives ,
Qui vous ressouvenez d'avoir vû dans ces Lieux,
Briller ses illustres Ayeux ,
Aux accens de ma voix soyez plus attentives.
Celebrez ce jour prétieux,
L'ai
2294 MERCURE DE FRANCE
L'aimable esperance
Soutient nos désirs ,
Puissent nos plaisirs '
Et notre constance •
Fixer sa présence ;
Soyons les Rivaux ,
Des charmes de Sceaux .
La brillante Aurore
Montre ici ses feux ,
La naissante Flore
Y charme les yeux ;
Zéphir qui l'adore
La suit en ces lieux ,
Et les rend encore
Plus délicieux.
Chantons et repetons sans esse ,
Velez , plaisirs , &c..
Après la Comédie , S. A. S. fue
conduite , au bruit des Tambours , dans
la Maison la plus riante et la plus commode
de toute la Ville , où son logement
étoit préparé ; elle retrouva sur
son passage la Bourgeoisie sous les arfaisant
une double haye. Elle vit
avec plaisir les illuminations ingénieuses
dont tous les Habitans avoient orné leurs
Maisons. La Princesse passa sous de nouveaux
-Arcs de -Triomphe , que les Offciens
OCTOBRE..
ciers de Ville avoient eu
illuminer avec beauboup d'are
Elle se mit à table , et dans le meme
temps on servit par son ordre , un grand
soupé à l'Hôtel de Ville , où les Officiers
de Ville et tous les Corps de Judicatute
furent invitez . Après le souper on com
mença le Bal , que S. A. S. voulut bien
honorer de sa présence. Les Dames de
la Ville et des environs y vinrent en
Masque , habillées avec beaucoup de goût
et de magnificence. Les Danses durerent
jusqu'à quatre heures du matin , que la
Princesse et les Dames qui l'accompagnoient
, se retirerent. Le Bal cessé , tou
te la Bourgeoisie continua de monter la
Garde chez elle , et n'a point cessé jusqu'à
son départ de lui donner des mar
ques de son respect et de son attache
ment.
Le lendemain 24. S. A. S. fut occupée
à visiter les Eglises et les Monasteres de
cette Ville , laissant partout des marques
de sa libéralité. Elle vint ensuite
à l'Hôtel de Ville , les Officiers la complimenterent
de nouvean , et eurent
T'honneur de lui présenter une Collation
composée des plus beaux fruits de
La saison . La Princesse revint chez elle
où le divertissement déja donné fut exé,
cutê
CURE DE FRANCE
T
eau , accompagné de beaud'autre
Musique, S. A. S. retourna
à Anet le 25 , marquant une extrême
satisfaction d'avoir trouvé dans la
Ville de Dreux tous les coeurs si remplis
de respect et d'amour pour elle.
La compagnie de jeunes gens qni avoit
été audevant de la Princesse , se trouva
dans le même équipage à la Porte de la
Ville , dans le dessein de l'accompagner
jusqu'à Anet. S. A.S. leur sçût bon gré de
cette disposition et leur permit seulement
de la conduire à une lieuë de la Ville . Ils
revinrent à Dreux , où après avoir fait uu
grand souper dans l'Hôtel de Ville , ils
donnerent le Bal aux Dames , pour ter
miner cette galante fête .
La Duchesse du Maine , par la Ville de
Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement
, Receveur des Tailles de l'Election
de Dreux.
Save
On Altesse Sérénissime partit d'Anet
ec la Princesse sa fille , accompagnée
d'un grand nombre de personnes du
premier rang , le 23. Septembre dernier ,
er arriva ici sur les 4. heures du soir ;
elle fut saluée à une lieüe de la Ville
par une Compagnie de jeunes Gens qui
s'étoient réunis pour aller au - devant
d'Elle , ayant un Trompette à leur tête ;:
ils étoient parfaitement bien montez
er la maniere dont ils avoient orné leurs
chevaux donnoit un air de galanterie à
cette Troupe, qui satis fit beaucoup S.A.S.
Ils la suivirent jusqu'à Dreux autour de
sa Caleche , laquelle étoit précedée par
les Officiers de sa Maison , et suivie des
Carosses des personnes qui l'accompa
groient.
y
Avant que d'entrer dans la Ville , le
Maire et les autres Officiers de la Ville ,
Hvj por
2192 MERCURE DE FRANCE
portant le Dais sous lequel S. A. S. de- ´
voit marcher jusqu'à l'Eglise , eurent
l'honneur de la complimenter et de fui
présenter avec les Clefs de la Ville , les
présens ordinaires de vins exquis et de
Confitures seches.-
S. A. S. entra dans Dreux , au milieu
d'un concours de peuple extraordinaire
et au bruit des Tambours et de
toutes les Cloches. Elle s'arrêta encore
pour recevoir les complimens du Bailliage
et des autres Corps de Judicature ;
elle répondit aux Harangues avec cette
dignité et cette délicatesse d'esprit si
connues de tous ceux qui ont l'honneur
de l'approcher. Elle fut conduite après
ces cérémonies à l'Eglise principale qui
est située sur le lieu le plus éminent de
la Ville où est aussi le Château des
anciens Comtes de Dreux .
La Princesse trouva sur son passage
toute la Bourgeoisie en haye et sous les
armes ; et de distance en distance elle
passoit sous des Arcs de Triomphes ,
dont la décoration exprimoit la joye qui
devoit regner dans une pareille Fête.
Les Chanoines de la Collegiale vinrent
la recevoir et la conduisirent jusqu'à
leur Eglise , où elle arriva environnée
de tous les Corps de la Ville . Après
s'être
1
OCTOBRE . 1733. 2193
·
s'être placée au milieu du Choeur , on
chanta le Te Deum , qui fut précédé
d'th Motet , dont l'execution parut satisfaire
S. A. S. Après les cérémonies de
l'Eglise, elle fut conduite dans une grande
Salle du Château , où l'on avoit élevé
un Théatre. Elle vit représenter par des
jeunes gens choisis de la Ville , la Tragédie
d'Oedipe , de M. de Voltaire , qui
fut suivie de Momus Fabuliste , de M.Fuzelier
. Ces deux Pieces furent assez bien
représentéss pour mériter les éloges de
S. A. S. Dans l'intervalle des deux Pieces
il y eut une petit Divertissement en Musique
, qui fut parfaitement executé et
dont voici les paroles.
Volez plaisir's heureux , enchantez nos esprits ,
Sçavantes filles du Permesse ,
Protegez nos Jeux et nos Ris ;
Quepartout on y reconnoisse,
Le goût et la délicatesse
Que vous ne prodiguez qu'à vos seuls Favoris
Volez plaisirs heureux , enchantez nos esprits.
La Fille de Condé vient embellir ces Rives ,
Druides accourez , vous , Nimphes fugitives ,
Qui vous ressouvenez d'avoir vû dans ces Lieux,
Briller ses illustres Ayeux ,
Aux accens de ma voix soyez plus attentives.
Celebrez ce jour prétieux,
L'ai
2294 MERCURE DE FRANCE
L'aimable esperance
Soutient nos désirs ,
Puissent nos plaisirs '
Et notre constance •
Fixer sa présence ;
Soyons les Rivaux ,
Des charmes de Sceaux .
La brillante Aurore
Montre ici ses feux ,
La naissante Flore
Y charme les yeux ;
Zéphir qui l'adore
La suit en ces lieux ,
Et les rend encore
Plus délicieux.
Chantons et repetons sans esse ,
Velez , plaisirs , &c..
Après la Comédie , S. A. S. fue
conduite , au bruit des Tambours , dans
la Maison la plus riante et la plus commode
de toute la Ville , où son logement
étoit préparé ; elle retrouva sur
son passage la Bourgeoisie sous les arfaisant
une double haye. Elle vit
avec plaisir les illuminations ingénieuses
dont tous les Habitans avoient orné leurs
Maisons. La Princesse passa sous de nouveaux
-Arcs de -Triomphe , que les Offciens
OCTOBRE..
ciers de Ville avoient eu
illuminer avec beauboup d'are
Elle se mit à table , et dans le meme
temps on servit par son ordre , un grand
soupé à l'Hôtel de Ville , où les Officiers
de Ville et tous les Corps de Judicatute
furent invitez . Après le souper on com
mença le Bal , que S. A. S. voulut bien
honorer de sa présence. Les Dames de
la Ville et des environs y vinrent en
Masque , habillées avec beaucoup de goût
et de magnificence. Les Danses durerent
jusqu'à quatre heures du matin , que la
Princesse et les Dames qui l'accompagnoient
, se retirerent. Le Bal cessé , tou
te la Bourgeoisie continua de monter la
Garde chez elle , et n'a point cessé jusqu'à
son départ de lui donner des mar
ques de son respect et de son attache
ment.
Le lendemain 24. S. A. S. fut occupée
à visiter les Eglises et les Monasteres de
cette Ville , laissant partout des marques
de sa libéralité. Elle vint ensuite
à l'Hôtel de Ville , les Officiers la complimenterent
de nouvean , et eurent
T'honneur de lui présenter une Collation
composée des plus beaux fruits de
La saison . La Princesse revint chez elle
où le divertissement déja donné fut exé,
cutê
CURE DE FRANCE
T
eau , accompagné de beaud'autre
Musique, S. A. S. retourna
à Anet le 25 , marquant une extrême
satisfaction d'avoir trouvé dans la
Ville de Dreux tous les coeurs si remplis
de respect et d'amour pour elle.
La compagnie de jeunes gens qni avoit
été audevant de la Princesse , se trouva
dans le même équipage à la Porte de la
Ville , dans le dessein de l'accompagner
jusqu'à Anet. S. A.S. leur sçût bon gré de
cette disposition et leur permit seulement
de la conduire à une lieuë de la Ville . Ils
revinrent à Dreux , où après avoir fait uu
grand souper dans l'Hôtel de Ville , ils
donnerent le Bal aux Dames , pour ter
miner cette galante fête .
Fermer
Résumé : RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
Le 23 septembre, la Duchesse du Maine, accompagnée de la Princesse sa fille et de nombreuses personnalités, arriva à Dreux vers 16 heures. Elle fut accueillie à une lieue de la ville par une compagnie de jeunes gens bien montés et galamment vêtus, qui la suivirent jusqu'à Dreux. À l'entrée de la ville, le maire et les officiers municipaux lui présentèrent les clés de la ville, des vins et des confitures, et la conduisirent sous un dais jusqu'à l'église principale. La Duchesse fut acclamée par une foule nombreuse et reçut les compliments des autorités locales. Après un Te Deum à l'église, elle assista à des représentations théâtrales au château, incluant 'Œdipe' de Voltaire et 'Momus Fabuliste' de Fuzelier, entrecoupées de musique. Le soir, elle fut conduite à sa résidence, où elle admira les illuminations et les arcs de triomphe. Un grand souper et un bal masqué suivirent, durant lesquels la Duchesse dansa jusqu'à quatre heures du matin. Le lendemain, elle visita les églises et monastères de la ville, distribuant des marques de sa libéralité. Elle quitta Dreux le 25 septembre, satisfaite de l'accueil reçu, et fut escortée par les jeunes gens jusqu'à une lieue de la ville. Ces derniers organisèrent un souper et un bal pour clôturer la fête.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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339
p. 2296-2310
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Le 18 Septembre 1733. Armand-Jean de la Vove de Tourouvre, Evêque [...]
Mots clefs :
Chambre, Épouse, Conseiller au Parlement, Brigadier, Armées du roi, Conseiller secrétaire du roi, Maison, Gardes du corps, Maître des requêtes, Paroisse, Capitaine des chasses, Jean-Armand de la Vove de Tourouvre, Léon Le Cirier, Anne-Thérèse Hébert, Marc-Roger de Noé, Magdelaine Susanne Gigault de Bellefonds, Nicolas Guyot de Chesne, Baltasar Patiño y Rosales, Anne-Charles Goislard de Montsabert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
LE
E 18 Septembre 1733. Armand-Jean
de la Vove de Tourouvre , Evêque
et Comte de Rodez en Rouergue , Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris,
du 12 Août 1702. mourut dans son
Diocèse âgé d'environ 60 ans. Il étoit
filleul de celebre Armand Jean Bouthillier
de Rancé , Abbé de la Trappe , et
fils
OCTOBRE. 1733 . 2297
fils puîné d'Antoine de la Vove , Marquis
de Tourouvre , Seigneur de la Guimandiere
, Auteuil , Randonnay , &c . Gentilhomme
du Perche , d'une Maison
dont l'ancien nom étoit Louel , et de
Marie de Ramefort , Dame de la Grilliere.
Il avoit été d'abord Chanoine et
Grand- Archidiacre de l'Eglise Metropolitaine
de Rouen , et Vicaire general du
même Diocèse. Il fut nommé à l'Evêché
de Rodez au mois de May 1716. et après.
avoir reçu ses Bulles de Rome ; il fut sacré
le 10 Juillet 1718. dans la Chapelle
de l'Archevêché de Paris , par feu le Cardinal
de Noailles ; assisté des Evêques
d'Auxerre , et de Sécz . Il prêta serment
de fidelité au Roy le 7 Août de la même
année. Il fut reçu Conseiller au Parlement
de Toulouse le 12 Juillet 1723. et .
assista aux Assemblées Generales du Clergé
de France de 1725. et 1735. en qualité
de député de la Province d'Albi .
Le 29 , Leon le Cirier, Seigneur Marquis
de Neuchelles , le Plessis , Ville-
Neuve , Riviere, Maréchal de Camp des
armées du Roy , Gouverneur des Ville
et Château de Sainte Menehoud , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis
mourut à Paris , âgé d'environ 72 ans.
Il étoit Fils de Louis le Cirier , Seigneur
da
2298 MERCURE DE FRANCE
de Neuchelles , qui étant Lieutenant des
Gardes du Corps du Roy , fut fait Gouverneur
de Ste Menehoud en 1677. Brigadier
de Cavalerie au mois de Janvier
1678. et Maréchal de Camp , le 24 Août
1688. et qui fut tué au Combat de la
Cattoire près de Leuze , le 19 Septembre
1691. et de Marie de Bucy , morte
gée de 76 ans , les Février 1714. Il
avoit été élevé Page de la Chambre du
Roy en 1679. Il eut au mois d'Octobre
1691. le Gouvernement de Sainte Me--
nehoud , vacant par la mort de son pere.
Il étoit alors depuis quelques années
Exempt des Gardes du Corps du Roy
dont il fut fait Enseigne au mois de Mars
1705. et ensuite Lieutenant. Il fut fait
aussi Chevalier de S. Louis en 1705. Brigadier
le 29 Janvier 1709. et enfin Maréchal
de Camp le premier Février 1719 .
Il s'étoit retiré du service à cause de ses
infirmités avec une Pension du Roy de
6000 livres. au mois de Février 1727. Il
avoit épousé Marie- Louise le Menestrel
de Hauguel soeur de la Maréchale de Besons
, et Fille d'Antoine le Menestrel du
Hauguel , Seigneur de S. Germain de
Laxis , des Granges , de Marsilly , & c.
Grand Audiencier de France , mort le 22
Decembre 1700.et de Marguerite Barbier
da
OCTOBRE. 1733 2299
du Metz . Il en a laissé pour fille unique
Marte- Gabrielle le Cirier de Neuchelles ,
née le 18 Decembre 17c6, et matiée le 27
Juin 1725. avec Samuel - Jacques le
Clerc , Marquis de Juigné , et de Verdelles
Baron de Champagne , et de
la Lande , Colonel Lieutenant du Regiment
d'Orleans Infanterie .
:
,
•
و
Le 3 Octobre , Dame Anne Thérese
Hébert épouse d'Antoine - François
Talon Colonel d'Infanterie , et ancien
Capitaine au Regiment des Gardes
Erançoises , avec lequel elle avoit été
mariée le 23 Novembre 1718. mourut à
Paris , dans la 51 année de son âge, étane
née le 15 Avril 1683. elle étoit fille d'André-
Pierre Hébert , Seigneur du Bue , et
de Villiers , Maître des Requêtes ordinaire
de l'Hôtel du Roy , mort le 22
Mars 1707. et d'Anne -Françoise le Gendre
sa deuxième femme , et elle avoit
épousé en premiere nôces le 27 Avril
1705. Pierre Larcher , Seigneur de Po
cancy, Conseiller au Parlement de Paris,
mort le 19 Fevrier 1706. à l'âge de 25 ans
duquel elle a en Anne Larcher de Pocancy,
son unique héritiere , née posthume
le 6 Avril 1706. et mariée le 24 May
1719. avec Marc Pierre de Voyer de
Paulmy Comte d'Argenson , Conseiller
·
+
2300 MERCURE DE FRANCE
,
et d'Etat Grand - Croix , Chancelier
Garde des Sceaux de l'Ordre Royalet
Militaire de S. Louis , Chancelier , Garde
des Sceaux , Chef du Conseil , et Sur-
Intendant des Finances du Due d'Orleans.
,
- Le sept Octobre Dame Anne-
Genevieve Brochet , fille de Philippe
Brochet , Sr de Pontcharost , Tresorier
General des Ponts et chaussées de France ,
et épouse de Jean - Simon Mouffe , Conseiller
Secretaire du Roy , Maison Cou--
ronne de France , et de ses Finances , et
Receveur General des Finances à Amiens,
avec lequel elle avoit été mariée le 29
Avril 1726. mourut en couches à Paris ,
âgée d'environ 24 ans
Le même jour , Dame Magdelaine-
Elizabeth de Baron de Cottinville , veuve
depuis le 10 Avril 1728. de Charles de
Dienne de Cheyladet , Seigneur de Chennevieres,
Lieutenant General des Armées
du Roy , Premier Lieutenant de la Compagnie
Ecossoise des Gardes du Corps de
S. M. Gouverneur de la Ville d'Agde
et des Fort , et Port de Brescou , mourut
à Paris dans la 75 année de son âge , et
fut inhumée le lendemain à S. Eustache :
sa Paroisse , elle étoit fille d'Antoine Baron
, vivant Seigneur de Châtenay , de .
Pucey ,
OCTOBRE. 1733. 2301
,
Pucey , et de Cottinville , et d'Adrienne
de Maupeou d'Ableiges , qui avoit épousé
en premieres Nôces Michel de Marescot
Seigneur de Thoiry , Maître des
Requêtes , et qui mourut le vingt- deux
Janvier 1706. âgée de quatre vingtquatre
ans. la Dame de Cheyladet avoit
été mariée le 8 May 1702. mais elle n'a
point eu d'enfans.
Le 12 Octobre la Dame Chauveton de
Voiet de S. Leger , mourut en couches
à Paris . Elle étoit troisiéme fille de Louis-
Alexandre Bontemps , Premier Valet de
Chambre du Roy , Bailli , et Capitaine
des Chasses de la Varenne du Louvre
et de feuë Dame Charlotte le Vasseur de
S. Urain , sa femme.
Le 13 Octobre , Marc Roger, Marquis
de Noé , Baron de l'Ifle en Armagnac
Seigneur de Pouy , Stancarbon , & c.
Senéchal , et Gouverneur des quatre vallées
en la Generalité de Montauban , Brigadier
des Armées du Roy , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis
mourut subitemenr à Fontainebleau
dans la 59 année da son âge , étant né
le premier Fevrier 1675. Il avoit été reçu
en 1689. Page du Roy en sa petite Ecurie
, d'où en sortant il entra dans la
miere Compagnie des Mousquetaires. Il
prefut
2302 MERCURE DE FRANCE
fut fait en 1692. Enseigne au Regiment
des Gardes Françoises , eut depuis un
Regiment d'Infanterie de son nom , qui
fut reformé après la Paix d'Utrecht , et
fut créé Brigadier le premier Fevrier
1719. Il avoit été marié le 2 May 1714.
avec Charlotte Colbert fille de François
Colbert , Seigneur de S. Mars , alors
Capitaine de Vaisseau , et depuis Chef
d'Escadre des Armées Navales du Roy ,
mort le 22 Janvier 1722. et de feue
Charlotte- Reyne de Lée, Irlandoise d'origine.
Il en a laissé des enfans . Il étoit
frere d'Urbain de Noé,Prêtre du Diocèse
d'Auch , Docteur en Theologie , Chinoine
de l'Eglise Métropolitaine et Primatiale
d'Auch , qui fut deputé de la
Province d'Auch , à l'Assemblée Generale
du Clergé de France tenue à Paris en
1725. et qui a obtenu du Roy au mois
de Mars dernier le Prieuré de S. Maurice
de Senlis , s'étant démis en même
temps de l'Abbaye de N. D. de Villelongne
. Diocèse de Carcassonne , qui lui
avoit été donnée au mois de Novembre
1733. la Généalogie de la Maison de Noé,
qui est de la Province de Languedoc , est
rapportée dans le 8 tome des Grands Officiers
de la Couronne ch . 15 des Grands
Ecuyers de France. p. 473.
Le
OCTOBRE 1733. 2303
Le 13 Dame Magdelaine - Susanne
,
Gigault de Bellefonds , Marquise du
Chastelet , mourut âgée de 66 ans , elle
étoit fille de Bernardin Gigault, Marquis
de Bellefonds, Maréchal de France , Che
valier des Ordres du Roy ,Premier Ecuyer
de Madame la Dauphine , Ayeule du
Roy Regnant , et Gouverneur des Ville
et Château de Valognes , mort le 4
Decembre 1694. et de Dame Magdelaine
Fouquet morte le vingt May 1716.
Elle avoit été mariée le huit Janvier
1688. avec Antoine - Charles da
Chastelet , Marquis d'Aubigny , Comte
de Clefinont, Baron de Thous , &c . Mort
au mois de Septembre 1720. étant Lieutenant
General des Armées du Roy
Gouverneur du Château , et Capitaine des
Chasses du bois de Vincennes . Elle a
Jaissé entr'autres enfans François- Bernardin
du Chastelet , Marquis d'Aubigny ,
Comte de Clefmont , Mestre de Camp
de Cavalerie , Brigadier des Armées du
Roy , du premier Fevrier 1719. et Gouverneur
, et Capitaine des Chasses de
Vincennes ; qui fut marié le 24 Avril
1714. avec Catherine Armande de Vignerot
du Plessis Richelieu , fille de feu
Armand Jean de Vignerot du Plessis
Duc de Richelieu et de Fronsac , Pair
·
3
de
2304 MERCURE DE FRANC ™
de France , mort le 10 May 1715. et d
feue Anne Marguerite d'Acigné , sa
deuxième femme , morte le 19 Août
1698.
-
Le 16 , M. Jean- Louis Héron , Receveur
des Finances en Champagne, Lieutenant
de la Capitainerie des Chasses de
Fontainebleau , et Intendant des Maison
et Affaires de Mademoiselle de Clermont,
Sur- Intendante de la Maison de la Reine,
mourut à sa Terre , laissant une Veuve
sans enfans.
,
Le Octobre M. Nicolas Guyot , Seigneur
de Chesne , Conseiller Secretaire
du Roy , Maison Couronne de France et
de ses Finances , reçu en cette Charge
en 1719. Ancien Avocat au Parlement
Immatriculé le 30 Juillet 1675. et Bailli
de la Justice du Chapitre de l'Eglise de
Paris mourut âgé d'environ 78 ans.
ayant été dans son temps un des premie's
du Barreau. Il avoit eu d'Antoinette
Pelletier son épouse , une fille unique ,
Catherine-Angelique Guyot de Chesne ,
mariée au mois d'Octobre 1725. avec
Noël Arnaud , Seigneur de Boüeix , et
de Meré , Conseiller au Parlement de
Paris , puis Maître des Requêtes . Elle
est du Roy morte en couches à Angoulême
en 1729 , laissant des enfans.
,
Lc
OCTOBRE . 1733. 2305
Le 17 Octobre , Hercule- Joseph de
Lu , Marquis Titulaire de Saluce,Comte
d'Usa , &c. Mestre de Camp de Cavalerie
, cy- devant Maréchal General des Logis
de la Cavalerie de l'Armée du Roy
en Espagne , mourut , âgé de 65 ans.
Le 19 , D. Baltazar Patiño , Marquis
de Castellar , Commandeur d'Alange de
l'Ordre de S.Jacques, Gentilhomme de la
Chambre du Roy d'Espagne , son Conseiiler
au Conseil de Guerre , Secretaire
d'Etat, et des Dépêches universelles de la
Guerre , Ambassadeur Extraordinaire et
Plénipotentiaire de S. M. C. auprès du
Roy , mourut à Paris , âgé de 63 ans . Il
ayoit été nommé à l'Ambassade de France
au mois d'Août 1730. et étant arrivé à
Paris le 23 Oct. suivant, il eut à Versailles
sa premiereAudience particuliere du Roi,
le 29 du même mois. Il étoit frere de Don
Jo eph Patiño, Commandeur d'Alevisoa,
de Ordre de S. Jacques , Gouverneur
du Conseil des Finances et des Tribu
naux endépendans ; Sur Intendant General
des Routes generales et Secretaire
d'Etat du Roy Cath.ct des dépêches universelles
de la Marine , des Indes et du
Commerce, l'un des principaux Ministres
de la Courd Espagne. Son Corps fut porté
en l'Eglise de S. Sulpice sa Paroisse , et
I CRSU
>
-
2306 MERCURE DE FRANCE
ensuite transporté en grand Convoi ,
dans l'Eglise des PP. Carmes Déchaussez ,
où il fut inhumé.
→
Le 25 , Jacques Joseph du Guet , Pretre
, natif de Monsbrison en Forêts, connu
par un grand nombre d'Ouvrages de
piété , qu'il a donnez au public , mourut
à Paris subitement, en prenant un Bouillon
, dans la 84 année de son âge , étanc
né le 19 Decembre 1649. Il fut inhumé
le 27 , sur le midi, en l'Eglise de S. Médard
sa Paroisse, avec un grand concours
de toutes sortes de personnes. Son éloge
est rapporté avec le détail de ses Ouvra
dans la derniere Edition du Dictionnaire
universel de 1732. dans le Tom. 3 .
sous la Lettre G.
ges
Le même jour , François- Nicolas Aubourg
, Conseiller , Secretaire du Roy ;
Maison , Couronne de France et de ses
Finances , et Trésorier General des Bâtimens
de S. M. Jardins , Arts et Manufactures
de France , mourut d'accident à
Paris , laissant de Marie Poupard sa femme
, N. Aubourg , Conseiller Clerc au
Parlement , Barbe Charlotte Aubourg ,
mariée avec GuillaumeAubourg,Marquis
de Boury , Garde des Rôles des Offices
de France , son cousin germain, N. Aubourg
, femme de N. Perar , &c.
OCTOBRE 1733. 2307
Le 27 , D. Marguerite le Long , épouse
de Claude- Pierre Boucher , Ecuyer, Conseiller
, Secretaire du Roy , Maison ,
Couronne de France et de ses Finances,
ancien Procureur en la Chambre des
Comptes, mourut d'apoplexie ; âgée d'environ
de 60 ans , laissant pour fils unique
Claude- Olivier Boucher , reçu Conseiller
au Châtelet en 1719. puis au Parlement
de Paris , le 24 May 1730.et marié
le 7 Decembre suivant avec la fille
aînée de feu Jean Antoine Noblet , Seigneur
de Romery , Conseiller au même
Parlement de Paris, mort le 9 Avril 1728 .
et de D. Louise- Catherine de la Salle , sa
veuve.
Le M. Pijart , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Lieutenant
Colonel d'un des 5 Bataillons du Régiment
Royal Artillerie , et Brigadier des
Armées du Roy , du 4 Avril 1721. mourut
à Perpignan , mois de septembre
1733 , âgé de près de 30 ans.
Le 30 du même mois D. Anne Geoffroi
de Coiffy , veuve depuis le 4 Octobre
1713 , de Henri Pajot , Seigneur du
Bouchet , Conseiller , Secretaire du Roy,
Maison , Couronne de France et de ses
Finances , qu'elle avoit épousé le 4 Août
1694. mourut d'une fiévre maligne à No-
I ij zay
2308 MERCURE DE FRANCE
zay en Champagne,Terre de feu Jacques
Geoffroi de Coiffy, son frere dont la mort
arrivée le 28 Juillet dernier , est rappor
tée dans le Mercure du mois d'Août, page
1893 elle a laissé deux fils et une fille qui
a été mariée le 7 Juillet 173 2, avec Jean-
Baptiste Robert Auget , Seigneur et Baron
de Monthyon , Jossigny , &c. Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes
de Paris , veuf de Catherine-Marie- Fran
çoise Surirey de Saint Remy.
Le 20 Octobre , Anne - Charles Goislard
, Seigneur de Mont- Sabert , Baron et
Patton de Toureil , et de Richebourg ,
Conseiller en la Grand- Chambre du
Parlement , s'étant blessé en allant à sa
Terre de Mont- Sabert en Anjou , en se
jertant hors de son Carosse dont les
Chevaux avoient pris le mords aux dents,
en est mort quelques jours après à cette
Terre , âgé d'environ 55 ans. Il étoit fils
de Marc- Anne Goislard , Baron et Patron
de Toureil et de Richebourg , Conseiller
au Parlement de Paris , Doyen de
la premiere Chambre des Enquêtes , mort
le to Novembre 171 2. et d'Anne le Maître
, Dame de Mont- Sabert , morte le 26
Juillet 1711. Il avoit été d'abord Avocat
du Roy au Châtelet , et ensuite reçu
Con
OCTOBRE. 1733 230
Conseiller au Parlement en la 4 Chambre
des Enquêtes , le 22 Juin 1701. et il
monta à la Grand Chambre le 11 Février
1730. Il étoit Juge éclairé et intégre , ce
qui le fait beaucoup regretter. Il avoić
été marié en premieres nôces au mois
d'Octobre 1704. avec Marie-Louise de
Riants , morte le 16 Mars 1717 , fille unique
de Charles de Riants , Comte de
Remalart , et Baron de Vauré au Perche,
et de Thérèse - Angélique de Bourlon , de
laquelle il laisse Anne - Louis Goislard
Seigneur de Mont - Sabert, né le 12 Mars
1758.et reçu Conseiller au Parlement en
las des Enquêtes , le 16 Juillet 1732 .
Anne Jean - Baptiste Goislard , sieur de
Baillé , né le 4 Avril 1709. et reçu Constiller
au Parlement , en la 4 des Enquêtés
, le 4 Mars 1733. Marie- Anne Goislard
, néé le 31 Mai 1715. et mariée au
mois de Septembre 1731. avec M. Philibert
Rulault , aussi Conseiller au Parlement
de Paris , et une seconde fille à marier.
Il avoit épousé en secondes nôces la
fille aînée de Philippe Patu , Conseiller,
Honoraire en la Cour des Aydes de Paris
, et de feuë Loüie- Claude de Launay. '
Il laisse de ce mariage trois filles en bas
âge. André Goislard, Seigneur de la Gravelle
, Maître des Comptes à Paris, ayeul
I iij
de
2310 MERCURE DE FRANCE
de celui dont on rapporte la mort , mourút
aussi d'accident , s'étant noyé malheureusement
dans la Riviere de Seine ,
le 5 Septembre 1661 en voulant y abreuver
son Cheval, en revenant des environs
de Paris .
LE
E 18 Septembre 1733. Armand-Jean
de la Vove de Tourouvre , Evêque
et Comte de Rodez en Rouergue , Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris,
du 12 Août 1702. mourut dans son
Diocèse âgé d'environ 60 ans. Il étoit
filleul de celebre Armand Jean Bouthillier
de Rancé , Abbé de la Trappe , et
fils
OCTOBRE. 1733 . 2297
fils puîné d'Antoine de la Vove , Marquis
de Tourouvre , Seigneur de la Guimandiere
, Auteuil , Randonnay , &c . Gentilhomme
du Perche , d'une Maison
dont l'ancien nom étoit Louel , et de
Marie de Ramefort , Dame de la Grilliere.
Il avoit été d'abord Chanoine et
Grand- Archidiacre de l'Eglise Metropolitaine
de Rouen , et Vicaire general du
même Diocèse. Il fut nommé à l'Evêché
de Rodez au mois de May 1716. et après.
avoir reçu ses Bulles de Rome ; il fut sacré
le 10 Juillet 1718. dans la Chapelle
de l'Archevêché de Paris , par feu le Cardinal
de Noailles ; assisté des Evêques
d'Auxerre , et de Sécz . Il prêta serment
de fidelité au Roy le 7 Août de la même
année. Il fut reçu Conseiller au Parlement
de Toulouse le 12 Juillet 1723. et .
assista aux Assemblées Generales du Clergé
de France de 1725. et 1735. en qualité
de député de la Province d'Albi .
Le 29 , Leon le Cirier, Seigneur Marquis
de Neuchelles , le Plessis , Ville-
Neuve , Riviere, Maréchal de Camp des
armées du Roy , Gouverneur des Ville
et Château de Sainte Menehoud , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis
mourut à Paris , âgé d'environ 72 ans.
Il étoit Fils de Louis le Cirier , Seigneur
da
2298 MERCURE DE FRANCE
de Neuchelles , qui étant Lieutenant des
Gardes du Corps du Roy , fut fait Gouverneur
de Ste Menehoud en 1677. Brigadier
de Cavalerie au mois de Janvier
1678. et Maréchal de Camp , le 24 Août
1688. et qui fut tué au Combat de la
Cattoire près de Leuze , le 19 Septembre
1691. et de Marie de Bucy , morte
gée de 76 ans , les Février 1714. Il
avoit été élevé Page de la Chambre du
Roy en 1679. Il eut au mois d'Octobre
1691. le Gouvernement de Sainte Me--
nehoud , vacant par la mort de son pere.
Il étoit alors depuis quelques années
Exempt des Gardes du Corps du Roy
dont il fut fait Enseigne au mois de Mars
1705. et ensuite Lieutenant. Il fut fait
aussi Chevalier de S. Louis en 1705. Brigadier
le 29 Janvier 1709. et enfin Maréchal
de Camp le premier Février 1719 .
Il s'étoit retiré du service à cause de ses
infirmités avec une Pension du Roy de
6000 livres. au mois de Février 1727. Il
avoit épousé Marie- Louise le Menestrel
de Hauguel soeur de la Maréchale de Besons
, et Fille d'Antoine le Menestrel du
Hauguel , Seigneur de S. Germain de
Laxis , des Granges , de Marsilly , & c.
Grand Audiencier de France , mort le 22
Decembre 1700.et de Marguerite Barbier
da
OCTOBRE. 1733 2299
du Metz . Il en a laissé pour fille unique
Marte- Gabrielle le Cirier de Neuchelles ,
née le 18 Decembre 17c6, et matiée le 27
Juin 1725. avec Samuel - Jacques le
Clerc , Marquis de Juigné , et de Verdelles
Baron de Champagne , et de
la Lande , Colonel Lieutenant du Regiment
d'Orleans Infanterie .
:
,
•
و
Le 3 Octobre , Dame Anne Thérese
Hébert épouse d'Antoine - François
Talon Colonel d'Infanterie , et ancien
Capitaine au Regiment des Gardes
Erançoises , avec lequel elle avoit été
mariée le 23 Novembre 1718. mourut à
Paris , dans la 51 année de son âge, étane
née le 15 Avril 1683. elle étoit fille d'André-
Pierre Hébert , Seigneur du Bue , et
de Villiers , Maître des Requêtes ordinaire
de l'Hôtel du Roy , mort le 22
Mars 1707. et d'Anne -Françoise le Gendre
sa deuxième femme , et elle avoit
épousé en premiere nôces le 27 Avril
1705. Pierre Larcher , Seigneur de Po
cancy, Conseiller au Parlement de Paris,
mort le 19 Fevrier 1706. à l'âge de 25 ans
duquel elle a en Anne Larcher de Pocancy,
son unique héritiere , née posthume
le 6 Avril 1706. et mariée le 24 May
1719. avec Marc Pierre de Voyer de
Paulmy Comte d'Argenson , Conseiller
·
+
2300 MERCURE DE FRANCE
,
et d'Etat Grand - Croix , Chancelier
Garde des Sceaux de l'Ordre Royalet
Militaire de S. Louis , Chancelier , Garde
des Sceaux , Chef du Conseil , et Sur-
Intendant des Finances du Due d'Orleans.
,
- Le sept Octobre Dame Anne-
Genevieve Brochet , fille de Philippe
Brochet , Sr de Pontcharost , Tresorier
General des Ponts et chaussées de France ,
et épouse de Jean - Simon Mouffe , Conseiller
Secretaire du Roy , Maison Cou--
ronne de France , et de ses Finances , et
Receveur General des Finances à Amiens,
avec lequel elle avoit été mariée le 29
Avril 1726. mourut en couches à Paris ,
âgée d'environ 24 ans
Le même jour , Dame Magdelaine-
Elizabeth de Baron de Cottinville , veuve
depuis le 10 Avril 1728. de Charles de
Dienne de Cheyladet , Seigneur de Chennevieres,
Lieutenant General des Armées
du Roy , Premier Lieutenant de la Compagnie
Ecossoise des Gardes du Corps de
S. M. Gouverneur de la Ville d'Agde
et des Fort , et Port de Brescou , mourut
à Paris dans la 75 année de son âge , et
fut inhumée le lendemain à S. Eustache :
sa Paroisse , elle étoit fille d'Antoine Baron
, vivant Seigneur de Châtenay , de .
Pucey ,
OCTOBRE. 1733. 2301
,
Pucey , et de Cottinville , et d'Adrienne
de Maupeou d'Ableiges , qui avoit épousé
en premieres Nôces Michel de Marescot
Seigneur de Thoiry , Maître des
Requêtes , et qui mourut le vingt- deux
Janvier 1706. âgée de quatre vingtquatre
ans. la Dame de Cheyladet avoit
été mariée le 8 May 1702. mais elle n'a
point eu d'enfans.
Le 12 Octobre la Dame Chauveton de
Voiet de S. Leger , mourut en couches
à Paris . Elle étoit troisiéme fille de Louis-
Alexandre Bontemps , Premier Valet de
Chambre du Roy , Bailli , et Capitaine
des Chasses de la Varenne du Louvre
et de feuë Dame Charlotte le Vasseur de
S. Urain , sa femme.
Le 13 Octobre , Marc Roger, Marquis
de Noé , Baron de l'Ifle en Armagnac
Seigneur de Pouy , Stancarbon , & c.
Senéchal , et Gouverneur des quatre vallées
en la Generalité de Montauban , Brigadier
des Armées du Roy , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis
mourut subitemenr à Fontainebleau
dans la 59 année da son âge , étant né
le premier Fevrier 1675. Il avoit été reçu
en 1689. Page du Roy en sa petite Ecurie
, d'où en sortant il entra dans la
miere Compagnie des Mousquetaires. Il
prefut
2302 MERCURE DE FRANCE
fut fait en 1692. Enseigne au Regiment
des Gardes Françoises , eut depuis un
Regiment d'Infanterie de son nom , qui
fut reformé après la Paix d'Utrecht , et
fut créé Brigadier le premier Fevrier
1719. Il avoit été marié le 2 May 1714.
avec Charlotte Colbert fille de François
Colbert , Seigneur de S. Mars , alors
Capitaine de Vaisseau , et depuis Chef
d'Escadre des Armées Navales du Roy ,
mort le 22 Janvier 1722. et de feue
Charlotte- Reyne de Lée, Irlandoise d'origine.
Il en a laissé des enfans . Il étoit
frere d'Urbain de Noé,Prêtre du Diocèse
d'Auch , Docteur en Theologie , Chinoine
de l'Eglise Métropolitaine et Primatiale
d'Auch , qui fut deputé de la
Province d'Auch , à l'Assemblée Generale
du Clergé de France tenue à Paris en
1725. et qui a obtenu du Roy au mois
de Mars dernier le Prieuré de S. Maurice
de Senlis , s'étant démis en même
temps de l'Abbaye de N. D. de Villelongne
. Diocèse de Carcassonne , qui lui
avoit été donnée au mois de Novembre
1733. la Généalogie de la Maison de Noé,
qui est de la Province de Languedoc , est
rapportée dans le 8 tome des Grands Officiers
de la Couronne ch . 15 des Grands
Ecuyers de France. p. 473.
Le
OCTOBRE 1733. 2303
Le 13 Dame Magdelaine - Susanne
,
Gigault de Bellefonds , Marquise du
Chastelet , mourut âgée de 66 ans , elle
étoit fille de Bernardin Gigault, Marquis
de Bellefonds, Maréchal de France , Che
valier des Ordres du Roy ,Premier Ecuyer
de Madame la Dauphine , Ayeule du
Roy Regnant , et Gouverneur des Ville
et Château de Valognes , mort le 4
Decembre 1694. et de Dame Magdelaine
Fouquet morte le vingt May 1716.
Elle avoit été mariée le huit Janvier
1688. avec Antoine - Charles da
Chastelet , Marquis d'Aubigny , Comte
de Clefinont, Baron de Thous , &c . Mort
au mois de Septembre 1720. étant Lieutenant
General des Armées du Roy
Gouverneur du Château , et Capitaine des
Chasses du bois de Vincennes . Elle a
Jaissé entr'autres enfans François- Bernardin
du Chastelet , Marquis d'Aubigny ,
Comte de Clefmont , Mestre de Camp
de Cavalerie , Brigadier des Armées du
Roy , du premier Fevrier 1719. et Gouverneur
, et Capitaine des Chasses de
Vincennes ; qui fut marié le 24 Avril
1714. avec Catherine Armande de Vignerot
du Plessis Richelieu , fille de feu
Armand Jean de Vignerot du Plessis
Duc de Richelieu et de Fronsac , Pair
·
3
de
2304 MERCURE DE FRANC ™
de France , mort le 10 May 1715. et d
feue Anne Marguerite d'Acigné , sa
deuxième femme , morte le 19 Août
1698.
-
Le 16 , M. Jean- Louis Héron , Receveur
des Finances en Champagne, Lieutenant
de la Capitainerie des Chasses de
Fontainebleau , et Intendant des Maison
et Affaires de Mademoiselle de Clermont,
Sur- Intendante de la Maison de la Reine,
mourut à sa Terre , laissant une Veuve
sans enfans.
,
Le Octobre M. Nicolas Guyot , Seigneur
de Chesne , Conseiller Secretaire
du Roy , Maison Couronne de France et
de ses Finances , reçu en cette Charge
en 1719. Ancien Avocat au Parlement
Immatriculé le 30 Juillet 1675. et Bailli
de la Justice du Chapitre de l'Eglise de
Paris mourut âgé d'environ 78 ans.
ayant été dans son temps un des premie's
du Barreau. Il avoit eu d'Antoinette
Pelletier son épouse , une fille unique ,
Catherine-Angelique Guyot de Chesne ,
mariée au mois d'Octobre 1725. avec
Noël Arnaud , Seigneur de Boüeix , et
de Meré , Conseiller au Parlement de
Paris , puis Maître des Requêtes . Elle
est du Roy morte en couches à Angoulême
en 1729 , laissant des enfans.
,
Lc
OCTOBRE . 1733. 2305
Le 17 Octobre , Hercule- Joseph de
Lu , Marquis Titulaire de Saluce,Comte
d'Usa , &c. Mestre de Camp de Cavalerie
, cy- devant Maréchal General des Logis
de la Cavalerie de l'Armée du Roy
en Espagne , mourut , âgé de 65 ans.
Le 19 , D. Baltazar Patiño , Marquis
de Castellar , Commandeur d'Alange de
l'Ordre de S.Jacques, Gentilhomme de la
Chambre du Roy d'Espagne , son Conseiiler
au Conseil de Guerre , Secretaire
d'Etat, et des Dépêches universelles de la
Guerre , Ambassadeur Extraordinaire et
Plénipotentiaire de S. M. C. auprès du
Roy , mourut à Paris , âgé de 63 ans . Il
ayoit été nommé à l'Ambassade de France
au mois d'Août 1730. et étant arrivé à
Paris le 23 Oct. suivant, il eut à Versailles
sa premiereAudience particuliere du Roi,
le 29 du même mois. Il étoit frere de Don
Jo eph Patiño, Commandeur d'Alevisoa,
de Ordre de S. Jacques , Gouverneur
du Conseil des Finances et des Tribu
naux endépendans ; Sur Intendant General
des Routes generales et Secretaire
d'Etat du Roy Cath.ct des dépêches universelles
de la Marine , des Indes et du
Commerce, l'un des principaux Ministres
de la Courd Espagne. Son Corps fut porté
en l'Eglise de S. Sulpice sa Paroisse , et
I CRSU
>
-
2306 MERCURE DE FRANCE
ensuite transporté en grand Convoi ,
dans l'Eglise des PP. Carmes Déchaussez ,
où il fut inhumé.
→
Le 25 , Jacques Joseph du Guet , Pretre
, natif de Monsbrison en Forêts, connu
par un grand nombre d'Ouvrages de
piété , qu'il a donnez au public , mourut
à Paris subitement, en prenant un Bouillon
, dans la 84 année de son âge , étanc
né le 19 Decembre 1649. Il fut inhumé
le 27 , sur le midi, en l'Eglise de S. Médard
sa Paroisse, avec un grand concours
de toutes sortes de personnes. Son éloge
est rapporté avec le détail de ses Ouvra
dans la derniere Edition du Dictionnaire
universel de 1732. dans le Tom. 3 .
sous la Lettre G.
ges
Le même jour , François- Nicolas Aubourg
, Conseiller , Secretaire du Roy ;
Maison , Couronne de France et de ses
Finances , et Trésorier General des Bâtimens
de S. M. Jardins , Arts et Manufactures
de France , mourut d'accident à
Paris , laissant de Marie Poupard sa femme
, N. Aubourg , Conseiller Clerc au
Parlement , Barbe Charlotte Aubourg ,
mariée avec GuillaumeAubourg,Marquis
de Boury , Garde des Rôles des Offices
de France , son cousin germain, N. Aubourg
, femme de N. Perar , &c.
OCTOBRE 1733. 2307
Le 27 , D. Marguerite le Long , épouse
de Claude- Pierre Boucher , Ecuyer, Conseiller
, Secretaire du Roy , Maison ,
Couronne de France et de ses Finances,
ancien Procureur en la Chambre des
Comptes, mourut d'apoplexie ; âgée d'environ
de 60 ans , laissant pour fils unique
Claude- Olivier Boucher , reçu Conseiller
au Châtelet en 1719. puis au Parlement
de Paris , le 24 May 1730.et marié
le 7 Decembre suivant avec la fille
aînée de feu Jean Antoine Noblet , Seigneur
de Romery , Conseiller au même
Parlement de Paris, mort le 9 Avril 1728 .
et de D. Louise- Catherine de la Salle , sa
veuve.
Le M. Pijart , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Lieutenant
Colonel d'un des 5 Bataillons du Régiment
Royal Artillerie , et Brigadier des
Armées du Roy , du 4 Avril 1721. mourut
à Perpignan , mois de septembre
1733 , âgé de près de 30 ans.
Le 30 du même mois D. Anne Geoffroi
de Coiffy , veuve depuis le 4 Octobre
1713 , de Henri Pajot , Seigneur du
Bouchet , Conseiller , Secretaire du Roy,
Maison , Couronne de France et de ses
Finances , qu'elle avoit épousé le 4 Août
1694. mourut d'une fiévre maligne à No-
I ij zay
2308 MERCURE DE FRANCE
zay en Champagne,Terre de feu Jacques
Geoffroi de Coiffy, son frere dont la mort
arrivée le 28 Juillet dernier , est rappor
tée dans le Mercure du mois d'Août, page
1893 elle a laissé deux fils et une fille qui
a été mariée le 7 Juillet 173 2, avec Jean-
Baptiste Robert Auget , Seigneur et Baron
de Monthyon , Jossigny , &c. Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes
de Paris , veuf de Catherine-Marie- Fran
çoise Surirey de Saint Remy.
Le 20 Octobre , Anne - Charles Goislard
, Seigneur de Mont- Sabert , Baron et
Patton de Toureil , et de Richebourg ,
Conseiller en la Grand- Chambre du
Parlement , s'étant blessé en allant à sa
Terre de Mont- Sabert en Anjou , en se
jertant hors de son Carosse dont les
Chevaux avoient pris le mords aux dents,
en est mort quelques jours après à cette
Terre , âgé d'environ 55 ans. Il étoit fils
de Marc- Anne Goislard , Baron et Patron
de Toureil et de Richebourg , Conseiller
au Parlement de Paris , Doyen de
la premiere Chambre des Enquêtes , mort
le to Novembre 171 2. et d'Anne le Maître
, Dame de Mont- Sabert , morte le 26
Juillet 1711. Il avoit été d'abord Avocat
du Roy au Châtelet , et ensuite reçu
Con
OCTOBRE. 1733 230
Conseiller au Parlement en la 4 Chambre
des Enquêtes , le 22 Juin 1701. et il
monta à la Grand Chambre le 11 Février
1730. Il étoit Juge éclairé et intégre , ce
qui le fait beaucoup regretter. Il avoić
été marié en premieres nôces au mois
d'Octobre 1704. avec Marie-Louise de
Riants , morte le 16 Mars 1717 , fille unique
de Charles de Riants , Comte de
Remalart , et Baron de Vauré au Perche,
et de Thérèse - Angélique de Bourlon , de
laquelle il laisse Anne - Louis Goislard
Seigneur de Mont - Sabert, né le 12 Mars
1758.et reçu Conseiller au Parlement en
las des Enquêtes , le 16 Juillet 1732 .
Anne Jean - Baptiste Goislard , sieur de
Baillé , né le 4 Avril 1709. et reçu Constiller
au Parlement , en la 4 des Enquêtés
, le 4 Mars 1733. Marie- Anne Goislard
, néé le 31 Mai 1715. et mariée au
mois de Septembre 1731. avec M. Philibert
Rulault , aussi Conseiller au Parlement
de Paris , et une seconde fille à marier.
Il avoit épousé en secondes nôces la
fille aînée de Philippe Patu , Conseiller,
Honoraire en la Cour des Aydes de Paris
, et de feuë Loüie- Claude de Launay. '
Il laisse de ce mariage trois filles en bas
âge. André Goislard, Seigneur de la Gravelle
, Maître des Comptes à Paris, ayeul
I iij
de
2310 MERCURE DE FRANCE
de celui dont on rapporte la mort , mourút
aussi d'accident , s'étant noyé malheureusement
dans la Riviere de Seine ,
le 5 Septembre 1661 en voulant y abreuver
son Cheval, en revenant des environs
de Paris .
Fermer
Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En octobre 1733, plusieurs décès et mariages notables ont été enregistrés. Armand-Jean de la Vove de Tourouvre, Évêque et Comte de Rodez, est décédé à l'âge d'environ 60 ans. Il était fils d'Antoine de la Vove, Marquis de Tourouvre, et de Marie de Ramefort. Léon le Cirier, Marquis de Neuchelles et Maréchal de Camp, est mort à Paris à l'âge de 72 ans. Il était fils de Louis le Cirier et de Marie de Bucy, et avait épousé Marie-Louise le Menestrel de Hauguel. Anne-Thérèse Hébert, épouse d'Antoine-François Talon, est décédée à Paris à l'âge de 51 ans. Elle était fille d'André-Pierre Hébert et d'Anne-Françoise le Gendre. Anne-Geneviève Brochet, épouse de Jean-Simon Mouffe, est morte en couches à Paris à l'âge de 24 ans. Magdelaine-Élisabeth de Baron de Cottinville, veuve de Charles de Dienne de Cheyladet, est décédée à Paris à l'âge de 75 ans. La Dame Chauveton de Voiet de Saint-Léger est morte en couches à Paris. Marc Roger, Marquis de Noé, est décédé subitement à Fontainebleau à l'âge de 59 ans. Il était marié à Charlotte Colbert. Magdelaine-Susanne Gigault de Bellefonds, Marquise du Chastelet, est morte à l'âge de 66 ans. Elle était fille de Bernardin Gigault et de Magdelaine Fouquet. Jean-Louis Héron, Receveur des Finances en Champagne, est décédé en laissant une veuve sans enfants. Nicolas Guyot, Seigneur de Chesne, est mort à l'âge de 78 ans. Il avait une fille unique, Catherine-Angélique Guyot de Chesne. Hercule-Joseph de Lu, Marquis de Saluce, est décédé à l'âge de 65 ans. Baltazar Patiño, Marquis de Castellar, est mort à Paris à l'âge de 63 ans. Il était Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Roi d'Espagne. Jacques-Joseph du Guet, prêtre et auteur d'ouvrages de piété, est décédé subitement à Paris à l'âge de 84 ans. François-Nicolas Aubourg, Trésorier Général des Bâtiments de Sa Majesté, est mort accidentellement à Paris. Marguerite le Long, épouse de Claude-Pierre Boucher, est décédée d'apoplexie à l'âge de 60 ans. Le Chevalier Pijart, Lieutenant-Colonel et Brigadier des Armées du Roi, est mort à Perpignan à l'âge de près de 30 ans. Anne Geoffroi de Coiffy, veuve de Henri Pajot, est décédée à l'âge de 60 ans. Le texte mentionne également d'autres événements familiaux. Une femme, dont le nom n'est pas mentionné, épouse Jacques Geoffroi de Coiffy le 4 août 1694 et décède d'une fièvre maligne à Nozay en Champagne le 23 août 1732. Elle laisse deux fils et une fille, mariée le 7 juillet 1732 à Jean-Baptiste Robert Auget, Seigneur de Monthyon et Jossigny. Le 20 octobre 1732, Anne-Charles Goislard, Seigneur de Mont-Sabert, décède à l'âge d'environ 55 ans après s'être blessé en sortant de son carrosse. Il était Conseiller au Parlement de Paris et fils de Marc-Anne Goislard et Anne le Maître. Goislard avait été marié à Marie-Louise de Riants, décédée en 1717, et avait plusieurs enfants, dont Anne-Louis Goislard et Anne-Jean-Baptiste Goislard, tous deux Conseillers au Parlement. Il s'était remarié avec la fille de Philippe Patu, avec qui il avait trois filles en bas âge. Par ailleurs, André Goislard, Seigneur de la Gravelle, décède noyé dans la Seine le 5 septembre 1661.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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340
p. 2310-2329
Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Début :
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier, Mathieu François Molé, Chevalier, [...]
Mots clefs :
Mathieu-François Molé, Bonne-Félicité Bernard, Maison de Molé, Samuel Bernard, Justice, Salon, Arcades, Arcade, Marbre, Balance, Yeux, Armes, Bas-reliefs, Chevalier, Couronne, Attributs de la justice, Panneaux, Bassin, Colonne, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
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Résumé : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Le 21 septembre 1733, Mathieu François Molé, Chevalier et Seigneur de Champlatreux et Luzarches, Conseiller du Roi et Président du Parlement, a épousé Bonne-Félicité Bernard. Cette dernière est la fille de Samuel Bernard, Chevalier et Conseiller d'État, et de Pauline Félicité de Saint Chamant. La famille Molé est l'une des plus anciennes et illustres du Parlement, ayant fourni plusieurs grands hommes au siècle précédent, notamment Mathieu Molé, Procureur Général, Premier Président du Parlement et Garde des Sceaux de France. Mathieu Molé, mentionné dans le texte, est le sixième Président à Mortier de sa famille. La fête organisée par le Chevalier Bernard à l'occasion de ce mariage a été aussi magnifique que celle célébrée le 16 août précédent pour le mariage de la Marquise de Mirepoix. Elle a commencé par un concert suivi d'un souper à neuf heures dans une nouvelle salle du jardin, décorée par le Chevalier Servandoni. La décoration extérieure représentait un ancien palais avec une arcade et des fenêtres ornées. La décoration intérieure, nommée le Salon de Thémis, était ornée de figures allégoriques et de bas-reliefs représentant les attributs de la justice. Le salon, de dimensions imposantes, était décoré de colonnes et de figures de femmes symbolisant divers aspects de la justice. Les bas-reliefs et médaillons étaient l'œuvre du peintre curlandois André. Le salon, considéré comme l'un des plus beaux depuis Polidore de Caravage, est percé de douze arcades, chacune ornée de rideaux de satin vert garnis d'or. L'arcade du fond, en forme de niche, est peinte en marbre précieux et ornée de congélations en or. Elle abrite une fontaine avec des coquilles dorées et des jets d'eau formant une cascade abondante. La niche est surmontée d'une ancre d'argent et d'une étoile lumineuse de cristal, symbolisant les armes de M. Bernard. Le salon est richement meublé avec des buffets pour la distribution de vin et de liqueurs, des tribunes avec des balustrades dorées, et des galeries lambrissées et tapissées. Les arcades sont décorées de damas cramoisi galonné d'or, et la frise ainsi que les colonnes sont en brèche violette. Les ornements de l'architrave et de la corniche sont en or, suivant l'ordre ionique. Des cartouches d'armes et des devises dorées en relief sont présents au-dessus des arcades. Le plafond, élevé de 25 pieds, est composé de travées en compartiments alignés d'une colonne à l'autre, ornés de guirlandes de fleurs et de roses dorées. La décoration a été réalisée par le sieur Pietre, et les sculptures par le sieur Chouasse. Une table en fer à cheval, utilisée lors d'une précédente noce, est placée au milieu du salon. L'illumination est assurée par de nombreux lustres et girandoles, et des corps de symphonie jouent pendant le souper. Après le souper, les convives se rendent à l'église Saint-Eustache pour la célébration du mariage, accompagnée de musique.
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341
p. 2515-2516
« Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
Début :
Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...]
Mots clefs :
Concert, Comte, Prince, Fontainebleau, Chanter
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texteReconnaissance textuelle : « Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
E Comte de Charolois , le Comte
de Clermont , le Prince de Conti , le
Prince de Dombes et le Comte d'Eu qui
étoient à l'armée d'Allemagne , sont arrivez
à Fontainebleau.
Le Roy a donné à l'Abbé Dandelot la
place d'Aumônier de S. M. vacante par
la nomination de l'Abbé de Choiseul à
l'Evêché de Châlons sur Marne.
S. M. a nommé Ministres d'Etat le
Maroshal Duc d'Estrées , et le Duc d'Antin.
Le Roy et la Reine partirent de Fontainebleau
le 24 de ce mois , après midi.
leurs Majestez allerent coucher au Chareau
de Petit- Bourg, d'où elles arriverent
le 26 au soir à Versailles.
Le premier de ce mois , Fête de la
Toussaints , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , On y chanta
l'Exurgat Deus , Motet de M. de la Lan
de
2515 MERCURE DE FRANCE
de , qui fut suivi d'un autre à deux voix ,
chiné avec beaucoup de précision par
les Dlles Errement et Petit-Pas;il est de la
composition du Sr le Maire.
Le Sr Jéliot en chanta un autre à voix
seule , du St Mouret qui fut fort applaudi
par une tres nombreuse assemblée.Le
Concert fut terminé par le Dominus regnavit
, précédé de differens Concerto,tresbien
exécutez.
$
Le 2 , il y eut Concert François , on y
exécuta la Chasse du Cerf. Divertissement
du Sr Morin. La Dlle Petitpas chanta le
Rôle de Diane , avec beaucoup d'applaudissement
, et le Sr Cuvilier , différents
Récits qui firent beaucoup de plaisir . Le
Concert finit par le De profundis , de M.de
la Lande , à cause de la Fête des Morts ,
lequel fut précédé d'un Carrillon func
bre , exécuté
par toute la Symphonic.
de Clermont , le Prince de Conti , le
Prince de Dombes et le Comte d'Eu qui
étoient à l'armée d'Allemagne , sont arrivez
à Fontainebleau.
Le Roy a donné à l'Abbé Dandelot la
place d'Aumônier de S. M. vacante par
la nomination de l'Abbé de Choiseul à
l'Evêché de Châlons sur Marne.
S. M. a nommé Ministres d'Etat le
Maroshal Duc d'Estrées , et le Duc d'Antin.
Le Roy et la Reine partirent de Fontainebleau
le 24 de ce mois , après midi.
leurs Majestez allerent coucher au Chareau
de Petit- Bourg, d'où elles arriverent
le 26 au soir à Versailles.
Le premier de ce mois , Fête de la
Toussaints , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , On y chanta
l'Exurgat Deus , Motet de M. de la Lan
de
2515 MERCURE DE FRANCE
de , qui fut suivi d'un autre à deux voix ,
chiné avec beaucoup de précision par
les Dlles Errement et Petit-Pas;il est de la
composition du Sr le Maire.
Le Sr Jéliot en chanta un autre à voix
seule , du St Mouret qui fut fort applaudi
par une tres nombreuse assemblée.Le
Concert fut terminé par le Dominus regnavit
, précédé de differens Concerto,tresbien
exécutez.
$
Le 2 , il y eut Concert François , on y
exécuta la Chasse du Cerf. Divertissement
du Sr Morin. La Dlle Petitpas chanta le
Rôle de Diane , avec beaucoup d'applaudissement
, et le Sr Cuvilier , différents
Récits qui firent beaucoup de plaisir . Le
Concert finit par le De profundis , de M.de
la Lande , à cause de la Fête des Morts ,
lequel fut précédé d'un Carrillon func
bre , exécuté
par toute la Symphonic.
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Résumé : « Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
Au cours d'un mois, plusieurs nobles, dont le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le Prince de Dombes et le Comte d'Eu, sont arrivés à Fontainebleau après avoir servi dans l'armée d'Allemagne. Le Roi a nommé l'Abbé Dandelot Aumônier de Sa Majesté, succédant à l'Abbé de Choiseul, promu à l'Évêché de Châlons-sur-Marne. Le Maréchal Duc d'Estrées et le Duc d'Antin ont été désignés Ministres d'État. Le Roi et la Reine ont quitté Fontainebleau le 24 du mois pour se rendre à Versailles, en passant par le Château de Petit-Bourg. Le 1er du mois, à l'occasion de la Toussaint, un Concert Spirituel a été organisé au Château des Tuileries, avec des œuvres de M. de la Lande, du Sr le Maire et du St Mouret. Le 2, un Concert Français a eu lieu, avec des performances de la Dlle Petitpas, du Sr Cuvilier et de M. de la Lande.
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342
p. 2516-2519
Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Début :
Le Mardi 10 Novembre, le R. P. D. Jean-Hilaire Tripret, Prieur du Monastere [...]
Mots clefs :
Religieux, Fondation, Parlement, Cérémonie, Président, Monastère, Bonnets, Saint-Martin-des-Champs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Le Mardi 10 Novembre , le R. P. D.
Jean -Hilaire Tripret, Prieur du Monastere
de S. Martin des Champs de cetre
Ville ,se transporta à l'Hôtel de M. le
Premier Président du Parlement , et eut
l'honneur de lui présenter , selon la coûttume
, deux Bonnets de Palais , avec la
cérémonie et la formule usitées dans l'Acte
dont nous allons parler. Le méme ReliNOVEMBRE.
1733. 2517
ligieux alla tout de suite chez le Premier
Huissier du Parlement , et lui presenta
une paire de Gands et une Ecritoire.
Cette ceremonie se pratique annuellement
, pour satisfaire à l'Acte d'une Fondation
solemnelle , faite en faveur du
Monastere de S. Martin des Champs, par
Philippe , Seigneur de Morviller, de Clary
et de Charenton , Premier President
du Parlement , et par Dame Jeanne du
Drac , son Epouse , le 4 Decembre 1426.
confirmée et homologuée par Arrêt de la
Cour , du même jour , qui commence
ainsi : HENRICUS , Dei Gratia , Francorum
et Anglia Rex , & c.
Le premier article de cette Fondation
porte , que lesdits Fondateurs et chacun
d'eux pourront être ( si bon leur semble ) enserrez
et sépulturez en ladite Eglise et Monastere
de S. Martin des Champs , en la
Chapelle de S. Nicolas , & c.
Dans les 14 et 15 articles on lit ce qui
suit. Item : » Que chacun an , la veuille
» de la Fête Monsieur S. Martin d'Hy-
» ver , au matin avant midi , sera fait
présent à Monseigneur le Premier Pré-
» sident de Parlement, qui pour le temps
» sera , par le Maire desdits Religieux ,
» Prieur et Convent dudit S. Martin , et
»par un d'iceux Religieux , de deux
Bonnets
2518 MERCURE DE FRANCE
» Bonnets à oreilles , l'un double, et l'autre
sengle , en disant telles paroles :
Monseigneur , Messire PHILIPPE DE MORVILLER
, en son vivant , Premier Président
en Parlement , fonda en l'Eglise et Monas- :
tere Monsieur S. Martin des Champs , à
Paris , une Messe perpetuelle , et certain
autre Service divin ; et ordonna pour la mé«
moire et conservation de ladicte Fondation :
éue donné et présenté chacun an à ce jour,
à Monseigneur le Premier President de Par
lement, qui pour le temps seroit,par le Maire
desdits Religieux et un d'iceux Religieux , ce
don et present , lequel il vous plaise prendre.
en gré. » Et sera ledit don et présent desdits
Bonnets du prix de vingt sols Parisis
, eu égard à là monnoye de present ,
» ayant cours.
»
Item. » Et avec ce sera fait don et pré- .
sent audit jour , par ledict Maire desdits :
Religieux et un d'iceux Religieux , au
» premier Huissier de Parlement , qui
pour le temps sera , de ungs Gands et
>> une Escriptoire , en disant : Sire , Messire
PHILIPPE DE MORVILLER , en son vivant
, Premier Président en Parlement,fon
da en l'Eglise et Monastere de Monsieur ‹
S. Martin des Champs , uunnee Messe Messe perpetuelle
, et certain autre Service divin , et ore
denna pour la mémoire et conservation de
las
NOVEMBRE. 1733. 2519:
"
ladite Fondation, être donné et presenté chacun
an , à ce jour , au premier Huissier de
Parlement , qui pour le temps seroit ,, par le
Maire Religieux , et un d'iceux Religieux ,
ce don et présent , lequel vous plaise prendre
en gré. Lesquelles paroles seront
» baillées par escrit au dessus nommez
» Maire , et Religieux , et sera le don et
» present desdits Gands et Escriptoire , de
douze sols parisis , en regard à la mon-
» noye ayant cours de présent.
A la suite de l'Arrêt , dans lequel toute
la Fondation est rapportée , sont aussi
les Lettres d'approbation et de consentement
de l'Abbé de Cluny , Superieur
General , et plusieurs autres Actes qui
regardent cette Fondation , laquelle fut
faite pour la somme de seize cent livres
tournois , une fois payée , &c. Les Originaux
sont conservez dans les Archives
du Monastete , et exactement imprimez
dans un Ouvrage curieux , devenu rare ,
qui en contient l'Histoire. Il nous a été
tres obligeamment communiqué par les
Religieux de S. Martin des Champs. En
voici le titre : MARTINIANA, id est, Littera
Tituli , Carta , Privilegia , &c. Monasterii
seu Prioratûs Conventualis S. MARTINI
Campis, Parisiis, Ordin , Clun . & C. 1.vol,
8. Parisiis, 1606,
Jean -Hilaire Tripret, Prieur du Monastere
de S. Martin des Champs de cetre
Ville ,se transporta à l'Hôtel de M. le
Premier Président du Parlement , et eut
l'honneur de lui présenter , selon la coûttume
, deux Bonnets de Palais , avec la
cérémonie et la formule usitées dans l'Acte
dont nous allons parler. Le méme ReliNOVEMBRE.
1733. 2517
ligieux alla tout de suite chez le Premier
Huissier du Parlement , et lui presenta
une paire de Gands et une Ecritoire.
Cette ceremonie se pratique annuellement
, pour satisfaire à l'Acte d'une Fondation
solemnelle , faite en faveur du
Monastere de S. Martin des Champs, par
Philippe , Seigneur de Morviller, de Clary
et de Charenton , Premier President
du Parlement , et par Dame Jeanne du
Drac , son Epouse , le 4 Decembre 1426.
confirmée et homologuée par Arrêt de la
Cour , du même jour , qui commence
ainsi : HENRICUS , Dei Gratia , Francorum
et Anglia Rex , & c.
Le premier article de cette Fondation
porte , que lesdits Fondateurs et chacun
d'eux pourront être ( si bon leur semble ) enserrez
et sépulturez en ladite Eglise et Monastere
de S. Martin des Champs , en la
Chapelle de S. Nicolas , & c.
Dans les 14 et 15 articles on lit ce qui
suit. Item : » Que chacun an , la veuille
» de la Fête Monsieur S. Martin d'Hy-
» ver , au matin avant midi , sera fait
présent à Monseigneur le Premier Pré-
» sident de Parlement, qui pour le temps
» sera , par le Maire desdits Religieux ,
» Prieur et Convent dudit S. Martin , et
»par un d'iceux Religieux , de deux
Bonnets
2518 MERCURE DE FRANCE
» Bonnets à oreilles , l'un double, et l'autre
sengle , en disant telles paroles :
Monseigneur , Messire PHILIPPE DE MORVILLER
, en son vivant , Premier Président
en Parlement , fonda en l'Eglise et Monas- :
tere Monsieur S. Martin des Champs , à
Paris , une Messe perpetuelle , et certain
autre Service divin ; et ordonna pour la mé«
moire et conservation de ladicte Fondation :
éue donné et présenté chacun an à ce jour,
à Monseigneur le Premier President de Par
lement, qui pour le temps seroit,par le Maire
desdits Religieux et un d'iceux Religieux , ce
don et present , lequel il vous plaise prendre.
en gré. » Et sera ledit don et présent desdits
Bonnets du prix de vingt sols Parisis
, eu égard à là monnoye de present ,
» ayant cours.
»
Item. » Et avec ce sera fait don et pré- .
sent audit jour , par ledict Maire desdits :
Religieux et un d'iceux Religieux , au
» premier Huissier de Parlement , qui
pour le temps sera , de ungs Gands et
>> une Escriptoire , en disant : Sire , Messire
PHILIPPE DE MORVILLER , en son vivant
, Premier Président en Parlement,fon
da en l'Eglise et Monastere de Monsieur ‹
S. Martin des Champs , uunnee Messe Messe perpetuelle
, et certain autre Service divin , et ore
denna pour la mémoire et conservation de
las
NOVEMBRE. 1733. 2519:
"
ladite Fondation, être donné et presenté chacun
an , à ce jour , au premier Huissier de
Parlement , qui pour le temps seroit ,, par le
Maire Religieux , et un d'iceux Religieux ,
ce don et présent , lequel vous plaise prendre
en gré. Lesquelles paroles seront
» baillées par escrit au dessus nommez
» Maire , et Religieux , et sera le don et
» present desdits Gands et Escriptoire , de
douze sols parisis , en regard à la mon-
» noye ayant cours de présent.
A la suite de l'Arrêt , dans lequel toute
la Fondation est rapportée , sont aussi
les Lettres d'approbation et de consentement
de l'Abbé de Cluny , Superieur
General , et plusieurs autres Actes qui
regardent cette Fondation , laquelle fut
faite pour la somme de seize cent livres
tournois , une fois payée , &c. Les Originaux
sont conservez dans les Archives
du Monastete , et exactement imprimez
dans un Ouvrage curieux , devenu rare ,
qui en contient l'Histoire. Il nous a été
tres obligeamment communiqué par les
Religieux de S. Martin des Champs. En
voici le titre : MARTINIANA, id est, Littera
Tituli , Carta , Privilegia , &c. Monasterii
seu Prioratûs Conventualis S. MARTINI
Campis, Parisiis, Ordin , Clun . & C. 1.vol,
8. Parisiis, 1606,
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Résumé : Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Le 10 novembre 1733, le Père Jean-Hilaire Tripret, Prieur du Monastère de Saint-Martin-des-Champs à Paris, effectua une cérémonie annuelle. Il se rendit d'abord à l'Hôtel du Premier Président du Parlement pour lui offrir deux Bonnets de Palais. Ensuite, il se dirigea chez le Premier Huissier du Parlement pour lui présenter une paire de gants et une écritoire. Cette tradition commémore une fondation solennelle établie le 4 décembre 1426 par Philippe, Seigneur de Morviller, et Dame Jeanne du Drac, son épouse, tous deux Premier Président du Parlement. Cette fondation, confirmée par un arrêt de la Cour le même jour, permet aux fondateurs d'être inhumés dans la Chapelle de Saint-Nicolas du Monastère. Les articles 14 et 15 de la fondation stipulent que chaque année, à la veille de la fête de Saint-Martin, le Prieur et un religieux doivent offrir les Bonnets au Premier Président et les gants ainsi que l'écriture à l'Huissier, accompagnés de formules spécifiques. Les dons sont évalués à vingt sols pour les Bonnets et douze sols pour les gants et l'écriture. Les documents originaux de cette fondation sont conservés dans les archives du Monastère et ont été imprimés dans un ouvrage intitulé 'Martiniana' publié en 1606.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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343
p. 2520
« Le 12 de ce mois, l'ouverture du Parlement se fit avec les cérémonies accoûtumées, [...] »
Début :
Le 12 de ce mois, l'ouverture du Parlement se fit avec les cérémonies accoûtumées, [...]
Mots clefs :
Évêque d'Agde, Diocèse, Fontenelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 12 de ce mois, l'ouverture du Parlement se fit avec les cérémonies accoûtumées, [...] »
Le 12 de ce mois , l'ouverture du Parlement
se fit avec les cérémonies accoûtumées
, par une Messe solemnelle , célébrée
pontificalement dans la Grande Salle
du Palais , par l'Evêque d'Agde , et à
laquelle M. Portail , Premier Président
et les Chambres assistérent.
>
Le 22 de ce mois , Messire François
d'Andigné , du Diocèse d'Angers , Evêque
d'Acqs ( nommé à cet Evêché le s
Avril dernier ) fut sacré dans la Chapelle
du Seminaire de S. Sulpice à Paris
par Melchior de Polignac , Cardinal Prêtre
du Titre de Sainte Marie aux Anges ,
aux Thermes de Dioclétien , Archevêque
d'Auch , són Métropolitain , assisté de
Michel Celse Roger de Rabutin , Comte
de Bussy , Evêque de Luçon , et de Clau
de- Louis de la Chastre , Evêque d'Agde.
Le nouvel Evêque d'Acqs étoit cy- deyant
Doyen de l'Eglise , et Vicaire General
du Diocèse de Luçon . Il est Abbé
Commandataire de l'Abbaïe de Fontenelles
, O. S. A. D. de Fontenelles depuis
1726. Ce Prélat prêta serment entre les
mains du Roy.
se fit avec les cérémonies accoûtumées
, par une Messe solemnelle , célébrée
pontificalement dans la Grande Salle
du Palais , par l'Evêque d'Agde , et à
laquelle M. Portail , Premier Président
et les Chambres assistérent.
>
Le 22 de ce mois , Messire François
d'Andigné , du Diocèse d'Angers , Evêque
d'Acqs ( nommé à cet Evêché le s
Avril dernier ) fut sacré dans la Chapelle
du Seminaire de S. Sulpice à Paris
par Melchior de Polignac , Cardinal Prêtre
du Titre de Sainte Marie aux Anges ,
aux Thermes de Dioclétien , Archevêque
d'Auch , són Métropolitain , assisté de
Michel Celse Roger de Rabutin , Comte
de Bussy , Evêque de Luçon , et de Clau
de- Louis de la Chastre , Evêque d'Agde.
Le nouvel Evêque d'Acqs étoit cy- deyant
Doyen de l'Eglise , et Vicaire General
du Diocèse de Luçon . Il est Abbé
Commandataire de l'Abbaïe de Fontenelles
, O. S. A. D. de Fontenelles depuis
1726. Ce Prélat prêta serment entre les
mains du Roy.
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Résumé : « Le 12 de ce mois, l'ouverture du Parlement se fit avec les cérémonies accoûtumées, [...] »
Le 12 du mois, l'ouverture du Parlement eut lieu avec une messe solennelle. Le 22, François d'Andigné fut sacré Évêque d'Acqs à Paris. La cérémonie fut présidée par Melchior de Polignac, assisté de Michel Celse Roger de Rabutin et Claude-Louis de la Chastre. François d'Andigné, ancien Doyen de Luçon, prêta serment au Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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344
p. 2521
Epitaphe d'un Avare.
Début :
Cy git l'Avocat Pancrace, [...]
Mots clefs :
Avare
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Epitaphe d'un Avare.
Epitaphe d'un Avare.
Ygit l'Avocat Pancrace
Homme expert en paperace ,
De qui la plume vorace ;
Mangea jusqu'à la bèsace ,
Cliens et toute leur race .
Passans pleurez sa disgrace ,
Maintenant froid comme glace ,
Le Bourreau fait la grimace ,
De ce qu'un Curé tenace
A pour loger sa carcasse
Vendu trop cher cette place.
Ygit l'Avocat Pancrace
Homme expert en paperace ,
De qui la plume vorace ;
Mangea jusqu'à la bèsace ,
Cliens et toute leur race .
Passans pleurez sa disgrace ,
Maintenant froid comme glace ,
Le Bourreau fait la grimace ,
De ce qu'un Curé tenace
A pour loger sa carcasse
Vendu trop cher cette place.
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345
p. 2521-252[9]
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Dans le Mercure du mois dernier, en parlant de la mort d'Hercule-Joseph [...]
Mots clefs :
Marquis, Général, Seigneur, Épouse, Maison, Abbaye, Capitaine, Président, Diocèse, Congrégation, François-Jean-Baptiste-Joseph de Sade, Michel-François de Maillé de La Tour, Maison de Maillé, Anne-Geneviève de Meuves, Charlotte-Elisabeth de Bassompierre, Guillaume-Jean-Baptiste-François de Becdelièvre, Gabriel de Riberolles, Pierre de Pardaillan de Gondrin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
D
Ans le Mercure du mois dernier
en parlant de la mort d'Hercule-
Joseph de Lur , Chevalier , Marquis de
Saluces , de Drujac et de la Groliere , on
doit ajouter qu'il étoit ; Vicomte , Seigneur
de Melangein , de l'Isle de Couderot
, &c.
La Maison de Lur est très ancienne , et
tire son origine d'Allemagne ; elle est
établie depuis plusieurs siècles dans la
Ι province
2522 MERCURE DE FRANCE
Province de Guienne , et a contracté en
France des alliances avec les Maisons les
plus considerables du Royaume.
Le Marquis de Saluces étoit l'aîné de la
Maison ; il ne laisse qu'un fils , Officier
aux Gardes Françoises,
D. Gabrielle de Rochechouart- Morte
mar, Abbesse de l'Abbaye de Beaumontlès-
Tours ,Ordre de S. Benoît , mourut le
24. Octobre , âgée d'environ soixante
seize ans , après avoir gouverné cette Abbaye
avec beaucoup de sagesse et d'édification
pendant près de 44. ans. Elle étoit
fille aînée de Louis Victor de Rochechouart,
Duc deVivonne , Pair et Maréchal
de France , Général des Galeres , Gouverneur
de Champagne et Brie , mort le 18
Septemb. 1688.et de D. Antoinette Louise
de Mesmes, morte le 10 Mars 1709.
M. Pierre de Pardaillan de Gondrin
d'Antin , Evêque et Duc de Langres ,
Pair de France , Abbé des Abbayes de
Montier-Ramey et de Lire , Docteur en
Théologie de la Faculté de Paris , et l'un
des 40 de l'Académie Françoise , mourut
dans son Diocèse le 2. Novembre âgé
d'environ 41 ans. Il étoit quatriéme fils er
Le seul qui restât de Louis- Antoine dePar
daillan de Gondrin , Duc d'Antin , Pair
de France , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant
NOVEMBRE . 1733. 2525
Lieutenant général de ses Armées , et de
la haute et basse Alsace &c. Gouverneur
des Ville et Duché d'Orleans & c. Directeur
général des Bâtimens du Roi , Jardins
et Manufactures de France , et de D.
Julie Françoise de Crussol d'Uzez .
Le R. P. Gabriel de Riberolles , Prêtre '
Chanoine Régulier de l'Ordre de S. Augustin
, de la Congrégation de France ,
mourut le 2. Novembre en l'Abbaye Ste
Geneviève à Paris , âgé d'environ 81 ans ,
après avoir été pendant six années Abbé
de cette Abbaye, et Superieur Général de
sa Congrégation . Il étoit de Paris , et fils
d'Abraham de Riberolles , Conseiller au
Châtelet, et de Clemence du Mas , Soeur
d'Hilaire du Mas , Docteur de la Maison
et Societé de Sorbonne , et Conseiller au
Parlement. Le P. de Riberolles , fut élû
pour la premiere fois Abbé de Ste Genevieve
, et Superieur général de sa Congrégation
, le 11. Septembre 1715. et fut
continué par le Chapitre général pour
trois autres années, le is . Septembre 1718.
étant premier Assistant de sa Congrégation
lors de la mort du R. P. Jean Polinier
, Abbé et Superieur général , arrivée
le 6. Mars 1727. Il fut choisi pour achever
les sept mois qui restoient au deffunt
de ses trois ans , et le 11. Septembre sui-
Iij
vant ,
2524 MERCURE DE FRANCE
vant , il fut élû Abbé et Superieur général
pour la troisième fois , et le 11. Septembre
1730. pour la quatrième fois .
J
D. Magdelaine le Cousturier de Neuville
, Veuve de Claude Potier , Comte
de Novion ,Brigadier des Armées du Roi,
mourut le 4. Novembre sans enfans. Elle
étoit fille de Henri le Cousturier , Seigneur
de Neuville , vivant Capitaine ,
commandant le premier Bataillon du Regiment
du Roi , et de Catherine - Françoise-
Louise de la Broise , soeur de la Veuve
de Charles - Jean - Louis de Faucon
Marquis de Ris.
Henri Joseph de Vassé , Marquis d'Esguilly
&c. Seigneur de Fontenay , Mestre
de Camp de Cavalerie , mourut le
6. Novembre , âgé d'environ 34. ans.
Il étoit fils ds Joseph Artus de Vassé
, Marquis d'Esguilly &c. mort le 2 .
Septembre 1710. Et de Louise de Fesque
morte en 1732 ..Il avoit épousé en 1724 .
D. Magdeleine - Gabrielle des Gentils du
Bessay , de laquelle il laisse deux fils .
D. Jeanne Marie Palatine de Dyo de
Momperous , Marquise de Roquefeuil
Baronne de Castelnau , Epouse de Marie
François Roger de Langhac , Comte de
Dalet et de Toulongon &c. mourut le 7 .
âgée d'environ 5.5.ans , laissant deux filles,
dont
NOVEMBRE . 1733 2525
dont la cadette Françoise Charlotte de
Langhac fut mariée le 7. Juillet 1732.
avec Jean-Baptiste - François de Cugnac
Marquis de Dampierre &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , cy- devant Cornette
des Chevaux Legers de Berry.
Le même jour , Guillaume - Jean-
Baptiste- François Becdelievre , Seigneur
de la Busnelays et de Treambert , premier
Président en la Chambre des Comtes
de Nantes , Charge en laquelle il·
avoit été reçu par la résignation de son
Pere , le 17. Novembre 1722. après avoir
étéauparavant successivement Maître ordinaire
, et Président en la même Chambre
, mourut âgé de 46. ans . Il étoit fils
aîné de feu Jean - Baptiste Becdeljevre ,
Seigneur de la Busnelays , le deuxième
de sa famille , premier Président én la
Chambre des Comptes de Nantes , et de
Renée de Sesmaisons de Treambert , et
il avoit été marié le 30. Juillet 1705. avec
Françoise Renée le Nobletz , fille de René
le Noblerz , Seigneur de Lescus , et de
Marie Agnes du Chastel . Il en a eu plusieurs
enfans , qui sont rapportés dans
l'Etat de la France'de 17 27. vol.4.p. sí7 .
"la Généalogie de cette famille se trouve
dans le Dictionnaire Histor. éditions de
1725. et 1732.
3
I iij
Le
2526 MERCURE DE FRANCE
Le 8.Philippe- Auguste Porlier, Ecuyer,
Sieur de Compiègne , et de Maillezais ,
autrefois Capitaine au Regiment Dauphin
Infanterie , mourut à Paris , âgé d'environ
65 ans. Il avoit épousé au mois de
Mai 1700. Susanne Fardoil , sa Cousine
issuë de germain , morte le 12. Février
1710. âgée de 32. ans , fille unique de Nicolas
Fardoil , Conseiller en la Cour des
Aides de Paris , mort le 8. Juin 1699. et
de Magdeleine Poussé , de laquelle il laisse
des enfans.
>
D. Charlotte- Elizabeth de Bassompierre
Epouse de Charles Marie , Marquis
de Choiseul , Mestre de Camp de Cava
krie , Sous-Lieutenant des Gendarmes
Ecossois , et Lieutenant général pour le
Roi au Gouvernement de Champagne et
Brie, accoucha le 6. Octobre dans la Ville
de Nanci , d'un fils qui a été nommé
Claude Antoine par M. l'Abbé de Choiseul
, Aumônier du Roi , nommé à l'Evêché
de Châlons sur Marne , et par D.
Charlotte de Choiseul , Comtesse de
Ludre.
D. Anne- Geneviève de Meuves, Epou
se de Jean- Paul Bochard de Champigny,
Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, Chevalier de S. Louis , accoucha
NOVEMBRE. 1733 2527
-
le 24 Octobre d'un fils qui a été nommé
Conrard Alexandre , par Conrard
Alexandre , Comte de Rottembourg ,
Brigadier des Armées du Roi , Gouver
neur de Bethune , Chevalier des Ordres
du Roi , Ambassadeur de S. M. en Espagne
, et par D. Emilie Mailly du Bruëil ,
Epouse de Jean-François de Creil , Brigadier
des Armées du Roi, Capitaine - Commandant
de la Compagnie des Grenadiers
à cheval, Chevalier de S. Louis.
Le Lundy 26, Octobre , à une heure
du matin , a été celebré dans la Chapelle
du Château du Houssay , près de Bonneval,
Diocèse de Chartres par M. Michel
François de Maillé de la Tour Landri ,
Prêtre , Chanoine et Chefcier de l'Eglise
Cathedrale , et Vicaire général de l'Evêque
de Chartres, Abbé commandataire de
F'Abbaye de S.Pierre de L'Esterp, Diocèse
de Limoges , le Mariage de François- Antoine
- Alexandre d'Albignac , Marquis de
Castelnau, âgé de 21. ans, fils aîné de Fran
çois d'Albignac, Chevalier , Baron de Castelnau
, Seigneur du Triadous au Diocèse
de Mende, & c.avec Dlle Anne- Elizabeth-
Constance de Montboissier , âgée de 19 .
ans , fille aînée de Philippe - Claude de
Montboissier- Canillac , Capitaine - Lieu-
I iiij
tenant
2528 MERCURE DE FRANCE
tenant de la seconde Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roi , et
Brigadier des Armées de S. M. et de D.
Marie-Anne Genevieve de Maillé- Benchart
, Dame du Houssay.
M. le Marquis de Courbons , premier
Président du Parlement de Navarre , fils
de M. Miche , Marquis de Gaubert ,
premier Président au même Parlement ,
épousa le même jour Dlle Angelique
de Lons , fille de feu M. le Marquis
de Lons , Lieutenant pour le Roi et
'Commandant en Navarre et Bearn."
-
Le 13. Novembre , François - Jean-
Baptiste Joseph de Sade , Chevalier ,
Comte de la Coste et de Saumane dans
le païs Venaissin , Colonel général de la
Cavalerie du Pape , fils de Gaspard-François
de Sade , Chevalier , Marquis de
Mazan , Seigneur de Saumane , &c. et
de D. Louise - Aldonce d'Astoüaud de
Mus , épousa à Paris Dlle Marie - Eleonore
de Maillé de Carman , fille de Do
natien de Maillé , Chevalier , Marquis de
Carman , Comte de Maillé , Baron de
Lesquelen , Seigneur Desterres de Dameny
, et de Villeromain , second Baron de
Bretagne , et de Dame Marie - Louise Binet
de Marcognet son Epouse. Ce mariage
a été celebré dans la Chapelle de l'Hôtel
NOVEMBRE. 1733. 2527
tel de Condé , en présence du Duc et
de la jeune Duchesse de Bourbon . La
Mariée a été nommée Dame d'accompagnement
par M.le Duc, à qui elle a l'honneur
d'être alliée . Le marié est d'une des
plus anciennes familles de Provence , l'Abbé
Robert de Briançon en parle avantageusement
dans son Livre intitulé PEtat
de la Provence dans sa Noblesse,Tom.
3. p. 21 , La belle Laure , si connue par les
loüanges , que le fameux Petrarque , qui
s'étoit laissé toucher par sa beauté et par
son esprit , lui donna dans les Vers qu'il
fit en son honneur , pendant sa vie , et
même après sa mort arrivée en 1348. sans
avoir été mariée , étoit de la famille de
Sade. Il y a un article d'Elle dans le Dictionnaire
Histor. sous le nom de Laurc..
La Maison de Maillé originaire de
Touraine , est trop connue pour en parler
icy. La Généalogie de cette Illustre
Maison se trouve dans le 7. Tome des
grands Officiers de la Couronne à l'art.
des Maréchaux de France p. 497.
et Mariages.
D
Ans le Mercure du mois dernier
en parlant de la mort d'Hercule-
Joseph de Lur , Chevalier , Marquis de
Saluces , de Drujac et de la Groliere , on
doit ajouter qu'il étoit ; Vicomte , Seigneur
de Melangein , de l'Isle de Couderot
, &c.
La Maison de Lur est très ancienne , et
tire son origine d'Allemagne ; elle est
établie depuis plusieurs siècles dans la
Ι province
2522 MERCURE DE FRANCE
Province de Guienne , et a contracté en
France des alliances avec les Maisons les
plus considerables du Royaume.
Le Marquis de Saluces étoit l'aîné de la
Maison ; il ne laisse qu'un fils , Officier
aux Gardes Françoises,
D. Gabrielle de Rochechouart- Morte
mar, Abbesse de l'Abbaye de Beaumontlès-
Tours ,Ordre de S. Benoît , mourut le
24. Octobre , âgée d'environ soixante
seize ans , après avoir gouverné cette Abbaye
avec beaucoup de sagesse et d'édification
pendant près de 44. ans. Elle étoit
fille aînée de Louis Victor de Rochechouart,
Duc deVivonne , Pair et Maréchal
de France , Général des Galeres , Gouverneur
de Champagne et Brie , mort le 18
Septemb. 1688.et de D. Antoinette Louise
de Mesmes, morte le 10 Mars 1709.
M. Pierre de Pardaillan de Gondrin
d'Antin , Evêque et Duc de Langres ,
Pair de France , Abbé des Abbayes de
Montier-Ramey et de Lire , Docteur en
Théologie de la Faculté de Paris , et l'un
des 40 de l'Académie Françoise , mourut
dans son Diocèse le 2. Novembre âgé
d'environ 41 ans. Il étoit quatriéme fils er
Le seul qui restât de Louis- Antoine dePar
daillan de Gondrin , Duc d'Antin , Pair
de France , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant
NOVEMBRE . 1733. 2525
Lieutenant général de ses Armées , et de
la haute et basse Alsace &c. Gouverneur
des Ville et Duché d'Orleans & c. Directeur
général des Bâtimens du Roi , Jardins
et Manufactures de France , et de D.
Julie Françoise de Crussol d'Uzez .
Le R. P. Gabriel de Riberolles , Prêtre '
Chanoine Régulier de l'Ordre de S. Augustin
, de la Congrégation de France ,
mourut le 2. Novembre en l'Abbaye Ste
Geneviève à Paris , âgé d'environ 81 ans ,
après avoir été pendant six années Abbé
de cette Abbaye, et Superieur Général de
sa Congrégation . Il étoit de Paris , et fils
d'Abraham de Riberolles , Conseiller au
Châtelet, et de Clemence du Mas , Soeur
d'Hilaire du Mas , Docteur de la Maison
et Societé de Sorbonne , et Conseiller au
Parlement. Le P. de Riberolles , fut élû
pour la premiere fois Abbé de Ste Genevieve
, et Superieur général de sa Congrégation
, le 11. Septembre 1715. et fut
continué par le Chapitre général pour
trois autres années, le is . Septembre 1718.
étant premier Assistant de sa Congrégation
lors de la mort du R. P. Jean Polinier
, Abbé et Superieur général , arrivée
le 6. Mars 1727. Il fut choisi pour achever
les sept mois qui restoient au deffunt
de ses trois ans , et le 11. Septembre sui-
Iij
vant ,
2524 MERCURE DE FRANCE
vant , il fut élû Abbé et Superieur général
pour la troisième fois , et le 11. Septembre
1730. pour la quatrième fois .
J
D. Magdelaine le Cousturier de Neuville
, Veuve de Claude Potier , Comte
de Novion ,Brigadier des Armées du Roi,
mourut le 4. Novembre sans enfans. Elle
étoit fille de Henri le Cousturier , Seigneur
de Neuville , vivant Capitaine ,
commandant le premier Bataillon du Regiment
du Roi , et de Catherine - Françoise-
Louise de la Broise , soeur de la Veuve
de Charles - Jean - Louis de Faucon
Marquis de Ris.
Henri Joseph de Vassé , Marquis d'Esguilly
&c. Seigneur de Fontenay , Mestre
de Camp de Cavalerie , mourut le
6. Novembre , âgé d'environ 34. ans.
Il étoit fils ds Joseph Artus de Vassé
, Marquis d'Esguilly &c. mort le 2 .
Septembre 1710. Et de Louise de Fesque
morte en 1732 ..Il avoit épousé en 1724 .
D. Magdeleine - Gabrielle des Gentils du
Bessay , de laquelle il laisse deux fils .
D. Jeanne Marie Palatine de Dyo de
Momperous , Marquise de Roquefeuil
Baronne de Castelnau , Epouse de Marie
François Roger de Langhac , Comte de
Dalet et de Toulongon &c. mourut le 7 .
âgée d'environ 5.5.ans , laissant deux filles,
dont
NOVEMBRE . 1733 2525
dont la cadette Françoise Charlotte de
Langhac fut mariée le 7. Juillet 1732.
avec Jean-Baptiste - François de Cugnac
Marquis de Dampierre &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , cy- devant Cornette
des Chevaux Legers de Berry.
Le même jour , Guillaume - Jean-
Baptiste- François Becdelievre , Seigneur
de la Busnelays et de Treambert , premier
Président en la Chambre des Comtes
de Nantes , Charge en laquelle il·
avoit été reçu par la résignation de son
Pere , le 17. Novembre 1722. après avoir
étéauparavant successivement Maître ordinaire
, et Président en la même Chambre
, mourut âgé de 46. ans . Il étoit fils
aîné de feu Jean - Baptiste Becdeljevre ,
Seigneur de la Busnelays , le deuxième
de sa famille , premier Président én la
Chambre des Comptes de Nantes , et de
Renée de Sesmaisons de Treambert , et
il avoit été marié le 30. Juillet 1705. avec
Françoise Renée le Nobletz , fille de René
le Noblerz , Seigneur de Lescus , et de
Marie Agnes du Chastel . Il en a eu plusieurs
enfans , qui sont rapportés dans
l'Etat de la France'de 17 27. vol.4.p. sí7 .
"la Généalogie de cette famille se trouve
dans le Dictionnaire Histor. éditions de
1725. et 1732.
3
I iij
Le
2526 MERCURE DE FRANCE
Le 8.Philippe- Auguste Porlier, Ecuyer,
Sieur de Compiègne , et de Maillezais ,
autrefois Capitaine au Regiment Dauphin
Infanterie , mourut à Paris , âgé d'environ
65 ans. Il avoit épousé au mois de
Mai 1700. Susanne Fardoil , sa Cousine
issuë de germain , morte le 12. Février
1710. âgée de 32. ans , fille unique de Nicolas
Fardoil , Conseiller en la Cour des
Aides de Paris , mort le 8. Juin 1699. et
de Magdeleine Poussé , de laquelle il laisse
des enfans.
>
D. Charlotte- Elizabeth de Bassompierre
Epouse de Charles Marie , Marquis
de Choiseul , Mestre de Camp de Cava
krie , Sous-Lieutenant des Gendarmes
Ecossois , et Lieutenant général pour le
Roi au Gouvernement de Champagne et
Brie, accoucha le 6. Octobre dans la Ville
de Nanci , d'un fils qui a été nommé
Claude Antoine par M. l'Abbé de Choiseul
, Aumônier du Roi , nommé à l'Evêché
de Châlons sur Marne , et par D.
Charlotte de Choiseul , Comtesse de
Ludre.
D. Anne- Geneviève de Meuves, Epou
se de Jean- Paul Bochard de Champigny,
Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, Chevalier de S. Louis , accoucha
NOVEMBRE. 1733 2527
-
le 24 Octobre d'un fils qui a été nommé
Conrard Alexandre , par Conrard
Alexandre , Comte de Rottembourg ,
Brigadier des Armées du Roi , Gouver
neur de Bethune , Chevalier des Ordres
du Roi , Ambassadeur de S. M. en Espagne
, et par D. Emilie Mailly du Bruëil ,
Epouse de Jean-François de Creil , Brigadier
des Armées du Roi, Capitaine - Commandant
de la Compagnie des Grenadiers
à cheval, Chevalier de S. Louis.
Le Lundy 26, Octobre , à une heure
du matin , a été celebré dans la Chapelle
du Château du Houssay , près de Bonneval,
Diocèse de Chartres par M. Michel
François de Maillé de la Tour Landri ,
Prêtre , Chanoine et Chefcier de l'Eglise
Cathedrale , et Vicaire général de l'Evêque
de Chartres, Abbé commandataire de
F'Abbaye de S.Pierre de L'Esterp, Diocèse
de Limoges , le Mariage de François- Antoine
- Alexandre d'Albignac , Marquis de
Castelnau, âgé de 21. ans, fils aîné de Fran
çois d'Albignac, Chevalier , Baron de Castelnau
, Seigneur du Triadous au Diocèse
de Mende, & c.avec Dlle Anne- Elizabeth-
Constance de Montboissier , âgée de 19 .
ans , fille aînée de Philippe - Claude de
Montboissier- Canillac , Capitaine - Lieu-
I iiij
tenant
2528 MERCURE DE FRANCE
tenant de la seconde Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roi , et
Brigadier des Armées de S. M. et de D.
Marie-Anne Genevieve de Maillé- Benchart
, Dame du Houssay.
M. le Marquis de Courbons , premier
Président du Parlement de Navarre , fils
de M. Miche , Marquis de Gaubert ,
premier Président au même Parlement ,
épousa le même jour Dlle Angelique
de Lons , fille de feu M. le Marquis
de Lons , Lieutenant pour le Roi et
'Commandant en Navarre et Bearn."
-
Le 13. Novembre , François - Jean-
Baptiste Joseph de Sade , Chevalier ,
Comte de la Coste et de Saumane dans
le païs Venaissin , Colonel général de la
Cavalerie du Pape , fils de Gaspard-François
de Sade , Chevalier , Marquis de
Mazan , Seigneur de Saumane , &c. et
de D. Louise - Aldonce d'Astoüaud de
Mus , épousa à Paris Dlle Marie - Eleonore
de Maillé de Carman , fille de Do
natien de Maillé , Chevalier , Marquis de
Carman , Comte de Maillé , Baron de
Lesquelen , Seigneur Desterres de Dameny
, et de Villeromain , second Baron de
Bretagne , et de Dame Marie - Louise Binet
de Marcognet son Epouse. Ce mariage
a été celebré dans la Chapelle de l'Hôtel
NOVEMBRE. 1733. 2527
tel de Condé , en présence du Duc et
de la jeune Duchesse de Bourbon . La
Mariée a été nommée Dame d'accompagnement
par M.le Duc, à qui elle a l'honneur
d'être alliée . Le marié est d'une des
plus anciennes familles de Provence , l'Abbé
Robert de Briançon en parle avantageusement
dans son Livre intitulé PEtat
de la Provence dans sa Noblesse,Tom.
3. p. 21 , La belle Laure , si connue par les
loüanges , que le fameux Petrarque , qui
s'étoit laissé toucher par sa beauté et par
son esprit , lui donna dans les Vers qu'il
fit en son honneur , pendant sa vie , et
même après sa mort arrivée en 1348. sans
avoir été mariée , étoit de la famille de
Sade. Il y a un article d'Elle dans le Dictionnaire
Histor. sous le nom de Laurc..
La Maison de Maillé originaire de
Touraine , est trop connue pour en parler
icy. La Généalogie de cette Illustre
Maison se trouve dans le 7. Tome des
grands Officiers de la Couronne à l'art.
des Maréchaux de France p. 497.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En novembre 1733, plusieurs événements marquants ont eu lieu parmi la noblesse française. Plusieurs décès notables sont à signaler. Le Chevalier Marquis de Saluces, Joseph de Lur, issu d'une ancienne famille allemande établie en Guienne, est décédé, laissant un fils officier. Gabrielle de Rochechouart, Abbesse de Beaumont-lès-Tours, est morte à l'âge de 76 ans après 44 ans de gouvernance. Pierre de Pardaillan de Gondrin, Évêque de Langres, est décédé à 41 ans. Gabriel de Riberolles, Chanoine Régulier de l'Ordre de Saint Augustin, est mort à 81 ans après avoir été Abbé de Sainte-Geneviève. D'autres décès incluent ceux de Magdeleine le Cousturier, Henri Joseph de Vassé, Jeanne Marie Palatine de Dyo, Guillaume-Jean-Baptiste Becdelievre, et Philippe-Auguste Porlier. Parallèlement, plusieurs naissances ont été signalées. Charlotte-Elisabeth de Bassompierre a accouché d'un fils nommé Claude Antoine, et Anne-Geneviève de Meuves a donné naissance à un fils nommé Conrad Alexandre. Des mariages ont également eu lieu, notamment celui de François-Antoine-Alexandre d'Albignac avec Anne-Elisabeth-Constance de Montboissier, et celui de François-Jean-Baptiste-Joseph de Sade avec Marie-Éléonore de Maillé de Carman. Le Marquis de Courbons a épousé Angélique de Lons. Ces événements illustrent la dynamique des familles nobles à travers les naissances, les mariages et les décès qui structurent la continuité et les alliances au sein de l'aristocratie française.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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346
p. 2529-2530
Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris, pendant l'année 1732.
Début :
Sçavoir : Baptêmes, 18607 Marîages, 3983 Enfans Trouvez, 2472 Morts, 17231 [...]
Mots clefs :
Baptêmes, Morts, Mariages, Enfants trouvés, Nombre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris, pendant l'année 1732.
Nombre des Baptêmes , Mariages, Enfans Trouvez
et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris ,
pendant l'année 1732. Sçavoir :
Baptêmes ,..
Mariages ,
Enfans .Trouvez
18607
3993
24744
I T
Matis...
2530 MERCURE DE FRANCE
Morts ,
Maisons Religieuses , hommes
et filles ,
17231
}
17532
3012
est
Partant le nombre des Baptêmes de l'année
1732. excede celui des Morts de
Le nombre des Baptêmes dé 1732.
moindre que celui de 1731. de
Celui des Mariages est moindre de
Celui des Morts est moindre de
Celui des Enfans Trouvez est moindre de
1073
272
186
3300
65
et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris ,
pendant l'année 1732. Sçavoir :
Baptêmes ,..
Mariages ,
Enfans .Trouvez
18607
3993
24744
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Matis...
2530 MERCURE DE FRANCE
Morts ,
Maisons Religieuses , hommes
et filles ,
17231
}
17532
3012
est
Partant le nombre des Baptêmes de l'année
1732. excede celui des Morts de
Le nombre des Baptêmes dé 1732.
moindre que celui de 1731. de
Celui des Mariages est moindre de
Celui des Morts est moindre de
Celui des Enfans Trouvez est moindre de
1073
272
186
3300
65
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Résumé : Nombre des Baptêmes, Mariages, Enfans Trouvez et Morts de la Ville et Fauxbourgs de Paris, pendant l'année 1732.
En 1732 à Paris, il y a eu 18 607 baptêmes, 3 993 mariages, 24 744 enfants trouvés, et 34 763 décès. Par rapport à 1731, les baptêmes ont augmenté de 1 073, les mariages ont diminué de 272, les décès ont baissé de 186, et les enfants trouvés ont diminué de 3 300. Le nombre de baptêmes a dépassé celui des décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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347
p. 2530-2543
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du 22. Octobre, rendu au sujet de deux Imprimez répandus sous le nom de [...]
Mots clefs :
Rentes, Forme, Rentiers, Parlement, Rentes viagères, Arrérages, Cour, Roi, Royaume, Compagnies, Classe, Subdivision, Contrats, Notaires, Acquéreurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
sous
RREST du 22. Octobre , rendu au sujet de
deux Imprimez répandus sous le nom de
Mandemens de M. l'Evêque de Laon , &c. dont
voici la teneur. ,
Le Roi s'étant fait représenter deux Imprimez
qui paroissent depuis quelques jours , sans que le
nom de l'Imprimeur , ni le lieu de l'impression
y soient marquez , l'un sous le titre de Mande
ment de M. l'Evêque Duc de Laon , contre des
Ecrits intitulez : Arrêt de la Cour du Parlement
du 25. Avril 173 3. et Arrêt de la Cour du Parlement
du 23. Fevrier 1733. donné le 10. May
1733. et enregistré le 20. May au Greffe de l'Offi
cialité ; Mandement de M. l'Evêque Duc de Laon,
second Pair de France , &c. au sujet de quatre
Imprimez qui sont énoncez dans ledit titre, S. M.
auroit reconnu , l'examen qu'elle en a
fait faire dans son Conseil , que ces deux ouvra
ges , soit par les traits qui y sont répandus sans
menagement, soit par les questions qu'on y agite
une maniere aussi peu mesurée,ne peuvent servit
par
qu'à
•
NOVEMBRE. 1733. 253 2
qu'à ranimer la chaleur des disputes , et à aug
menter un feu que le Roy travaille continuellement
à éteindre dans son Royaume ; Que d'ailleurs,
par l'usage qu'on y veut faire des censures,
on retombe dans les mêmes excès que Sa Majesté
a déja été obligée de réprimer par son Arrêt
du 29. Septembre 173 1. qu'on y entreprend
même de s'élever contre la regle que le Roy a
renouvellée par ses Déclarations du 4. Août 1720
et du 24. Mars 1730. en deffendant d'exiger
directement ou indirectement aucunes nouvelles
formules de souscription , à l'occasion des
Bulles des Papes qui sont reçûës dans ce Royau
me , n'étant permis d'en introduire sans déli-
» bération des Evêques , revétus de l'authorité
» du Roy qu'enfin on s'y explique en plusieurs
endroits d'une maniere capable d'exciter de nouveau
les disputes qui s'étoient élevées sur la distinction
des deux Puissances , et dont le Roy a
jugé à propos de suspendre le cours. Qu'ainsi ces
deux Ecrits étant contraires aux Arrêts que S.M.
a rendus sur ce sujet , et entr'autres à celui du
2. Septembre qui ordonne la suppression d'une
Instruction Pastorale du Sr Evêque de Laon ; le
Roy , qui s'est réservé la connoissance de l'execution
de ces Arrêts , ne sçauroit interposer trop
promptement son authorité contre des Ouvrages
dont les suites peuvent être si dangereuses .
A quoi étant nécessaire de pourvoir , Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne
que lesdits Ecrits , dont l'un a pour titre ,
Mandement de M. l'Evêque Duc de Laon , contre
des Ecrits intitulez , Arrêt de la Cour du Parlement
du 25. Avril 1733. et Arrêt de la Cour du
Parlement du 23. Février 1733. donné le 10. May!
mil sept cent trente-trois et enregistré le vingt May
L.V)
de
2532 MERCURE DE FRANCE
de la même année à l'Officialité , et dont l'autre
est intitulé , Mandement de M. l'Evêque Due
de Laon , second Pair de France. Comte d'Anisy
, &c. au sujet des quatre Imprimez , dont
P'un apour titre , Arrêté du Parlement du 6. May
1733. Le second , Très -humbles et très - respectueuses
Remontrances que présentent au Roy
notre très - honoré et souverain Seigneur , les
Gens de sa Cour de Parlement , en date du 15.
du même mois . Le troisiéme , Arrêté du Parlement
fait après le comte que M. le Premier Président
a rendu aux Chambres assemblées , de la
Réponse du Roy aux Remontrances du 19. May
1733. Le quatriéme , Instruction Pastorale de
M. l'Evêque de Montpellier , adressée au Clergé
et aux fideles de son diocese , au sujet des miracles
que Dieu fait en faveur des Appellans de la
Bulle Unigenitus 1733. donné à Laon le 1. Juillet
1733. seront et demeureront supprimez , comme
contraires et attentatoires à l'authorité des Decla
rations et Arrêts de Sa Majesté , tendans à émouvoir
les esprits , et à troubler la tranquillité publique.
Enjoint Sa Majesté à tous ceux qui en ont
des exemplaires , de les remettre incessamment au
Greffe du Conseil , pour y être supprimez. Fait
deffenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs
, et autres , de quelque état ou condition
qu'ils soient , d'en imprimer , vendre , debiter,
ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire ;
ORDONNANCE du premier Novembre
portant permission aux Capitaines des Régimens
d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons , qui
servent en Italie , de recevoir dans leurs Compagnies
jusques à cinq hommes de nation étrangère.
AUTRE
NOVEMBRE . 1733. 2533
AUTRE du même jour , portant augmentation
des Troupes , par laquelle il est dit que S. M. jugeant
à propos de faire une augmentation dans
ses Troupes , afin de les mettre en état d'être encore
plus utilement employées pour son service ,
a ordonné et ordonne que les XI . Articles con
tenus dans ladite Ordonnance seroient executez
selon leur forme et teneur , & c.
AUTRE du même jour , pour établir un troisième
Officier dans toutes les Compagnies des
Regimens d'Infanterie Erançoise.
AUTRE du f . Novembre , qui admet à profiter
de l'Amnistie du 17. Janvier 1730 , les Cavaliers
, Dragons , Soldats et Miliciens qui ayant
deserté avant ledit jour , ne seront pas rentrez
dans le Royaume dans le terme qui leur étoit
prescrit , à condition d'aller servir à l'Armée
d'Italie.
AUTRE du 9. Novembre , portant deffenses
de transporter des grains hors du Royaume.
AUTRE du 10. Novembre , pour augmenter
d'un Bataillon chacun des Régimens de son Infanterie
qui y sont nommez ; sçavoir , de Picardie
, Champagne , Navarre , Piemont , Norman-
>
Marine, Richelieu , Bourbonnois , Auvergne
, Tallard , Pons , Royal Poitou
Lyonnois , et celui de Monseigneur le Dauphin.
Ordonne S. M. aux Colonels desdits Régimens
tenir la main à ce que lesdites Compagnies soient
mises sur pied du nombre de 40. hommes habillez
et armez entre cy et le premier Mars
prochain , &c.
AUTRE
2534 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , pour augmenter de
14 hommes , chacune des trente Compagnies
ordinaires du Régiment des Gardes Françoises.
AUTRE du même jour , portant augmenta⇒
tion des Compagnies franches de Dragons .
AUTRE du même jour , pour augmenter les
Compagnies franches d'Infanterie.
AUTRE du même jour , pour augmenter de
quarante hommes les anciennes Compagnies des
huit Régimens Suisses , et en lever huit nouvelles
de deux cens hommes chacune.
"
AUTRE du 12. Novembre concernant la Milice
, par laquelle il est dit que S. M. ayant résolu
d'augmenter les Milices qui ont été levéesen
execution de son Ordonnance du 25. Février
1726. de trente nouveaux Bataillons , composez
de 684. hommes chacun ; même de mettre audit
nombre de 684. les 93. Bataillons qui sont actuellement
sur pied , pour les égaler en force
aux Bataillons de Troupes reglées ; comme aussi
de faire commander les Compagnies de Milice ,
par un grand nombre d'Officiers , avec une paye
annuelle et dans une forme differente de celles :
qui ont été établies par les Ordonnances préce-,
dentes ; Elle a ordonné que les 20 Articles contenus
dans ladite Ordonnance , seroient executez
selon leur forme et teneur , au bas de laquelle il
y a un Etat contenant la répartition de 123. Ba
taillons de Milices , composez de 684. hommes ;
qui doivent être fournis par les Provinces et Ge
neralitez du Royaume qui y sont dénommez , -
tant de l'Ordonnance du 25. Février 1716. que
de la presente , &C.
EDIT
NOVEMBRE. 1733. 2535
i
EDIT DU ROY , portant création de Ren
tes Viageres , en forme de Tontine. Donné
Fontainebleau , au mois de Novembre 1733*-
Registré en Parlement , fe 2 Decembre 1733 .
Louis , par la Grace de Dieu , &c. A. tous presens
et à venir : Salut. Etant informé que les
Rentes Viageres , dites Tontine , créées par no
tre tres-honoré Seigneur et Bisayeul, de glorieuse
mémoire , ont été levées avec empressement,
par l'avantage que nos Sujets y trouvoient, de sé
procurer des revenus considerables , avec une
somme modique ; et que l'exactitude avec la
quelle le payement de ces Rentes s'est toujours
fait , même dans les temps les plus difficiles , depuis
leur création jusqu'à present , sans aucune
diminution ni retranchement , leur faisoit sou
haiter que nous voulussions bien en faire une
nouvelle création : Nous nous y sommes déterminez
avec plaisir : Et Nous avons même jugé à
propos , pour l'avantage de nos Sujets , de subdiviser
chaque Classe en plusieurs parties, afin de
partager la jouissance des Rentiers décedez , entre
un plus grand nombre de Rentiers suivans ; de
maniere que le suivant de chaque subdivision
jouira de la totalité des Rentes , dont elle sera
composée ; au moyen de quoi il y aura plusieurs
survivans par chaque Classe , au lieu qu'il n'y
en avoit ordinairement qu'un dans les premieres
Tontines , qui joüissoit des Rentes de sa Classe ..
A ces causes , et autres à ce Nous mouvans , de
l'avis de notre Conseil , et de notre certaine
science , pleine puissance er authorité Royale
Nous avons par notre présent Edit perpetuel ett
irrévocable , dit , statué et ordonné, disons , statuons
et ordonnons , Voulons et Nous plaît.
ART. L. Que par les Commissaires qui seront
par Nous députez , il soit vendu et aliené à nos
chers
2436 MERCURE DE FRANCE
€
chers et bien amez les Prevôt des Marchands et
Echevins de nôtre bonne ville de Paris , un million
cinquante mille livres actuelles et effectives
de rentes viageres , à prendre sur le produit de
nos droits d'Aydes et Gabelles , et des cinq grosses
fermes , que Nous avons declarez et declarons
specialement , et par privilege , affectez et
hypothequez au payement des arrerages desdites
rentes , même par preference à la partie de nôtre
Tresor Royal.
ART. II . Voulons que les constitutions particulieres
en soient faites par les Prevôt des Mar.
chands et Echevins de nôtre bonne ville de Paris,
à ceux de nos sujets , aux étrangers non naturalisez
, même à ceux qui seront demeurans hors
de nôtre Royaume, pays , Terres et Seigneuries de
nôtre obéissance , qui les voudront acquerir ;
renonçant pour cet effet à tous droits d'aubaine
, et autres qui pourroient Nous appartenir >
même à ceux de confiscation , en cas que les particuliers
, au profit de qui lesdites rentes seront
constituées , fussent sujets des Princes et Etats
contre lesquels Nous serions en guerre ,
Nous les avons relevez et dispensez .
>
dont
ART. III . Voulons que les Contrats de constitution
desdites rentes soient passez pardevant
tels Notaires que les acquereurs vaudront choisir
, pour en jouir par eux leur vie durant , comme
de leur propre chose , vray er loyal acquêr
pleinement et paisiblement , en vertu de leurs
contrats, et en être payez actuellement et effectivement
par demi- année , à Bureau ouvert ,
deux payemens par chacun an , sans que lesdites
rentes puissent être réduites ni retranchées , sous
quelque prétexte que ce puisse être. Et seront les
Contrats de constitution desdites rentes ,delivrez
gratuitement aux acquereurs par les Notaires ,
en
aus
NOVEMBRE. 1733. 2537
ausquels il sera par Nous pourvû d'un salaire raisonnable.
IV. Le million cinquante mille livres de
rentes , sera distribué, en sept classes , de cent
cinquante mille livres chacune , et chaque classe
subdivisée en trente parties de cinq mille livres
, qui seront remplies de suite ; de maniere
qu'aussi- tôt qu'une desdites trente parties de
cinq mille livres de rente se trouvera levée , les
nouveaux acquereurs seront inscrits dans la seconde
subdivision , et ainsi successivement dans.
la troisiéme et suivantes , jusqu'à la concurrence
desdites cent cinquante mille livres de rentes ,
dont la classe sera composée : La premiere , des
enfans depuis un an jusqu'à dix ans accomplis ; la
deuxième, de dix ans jusqu'à vingt ; la troisième
de vingt ans jusqu'à trente ; la quatrième , de
trente ans jusqu'à quarante ; la cinquième de
quarante ans jusqu'à cinquante ; la sixième , de
cinquante ans jusqu'à soixante ; et la septième et
derniere , de soixante ans jusqu'à soixante-dix.et
au-dessus .
V. Chaque Action sera de trois cens livres de
capital , et il sera permis à chaque Rentier , d'en
prendre tel nombre qu'il lui plaira dans chaque
subdivision de sa classe , pour lesquelles il lui sera
expedié un ou plusieurs Contrats, à son choix.
VI. Comme il ne seroit pas juste que les personnes
moins avancées en âge , qui selon le
cours de nature doivent plus long- tems jouir
desdites Rentes , en tirassent un aussi fort revenu
que ceux d'un âge plus avancé , ordonnons
que les Rentiers des deux premieres classes , jusqu'à
l'âge de vingt ans accomplis , seront payez
des interêts de leur capital sur le pied du Denier
Quatorze , ceux de la troisiéme et quatriéme
depuis vingt ans jusqu'à quarante , sur le pied
du
2528 MERCURE DE FRANCE
du Denier Douze ; ceux de la cinquième et
sixiéme , depuis quarante ans jusqu'à soixante ,
sur le pied du Denier Dix ; et ceux de la septième
depuis soixante ans jusqu'à soixante - dix et au
dessus , à raison du Denier Huit .
VII. Lorsque les acquereurs desdites Rentes
viageres viendront à déceder , les arrerages dont
ils jouissoient , appartiendront par accroissement
aux survivans de la même subdivision dans laquelle
ils seront employez , et seront distribuez
entre eux d'année en année au sol la livré jusqu'au
dernier mourant , sans que lesdites Rentes
puissent être censées éteintes à nôtre profit par
le décès des acquereurs ; sinon après le décès du
dernier Rentier de chaque subdivision de classe ;
ensorte que le dernier vivant de chaque subdivision
de chacune desdites classes , recueillera
seul le revenu de tous les capitaux qui compose
ront ladite subdivision ; et toutes les Rentes
comprises en icelle demeureront éteintes et
amorties à notre profit , après la mort du dernier
Rentier de ladite subdivision .
VIII. Ceux qui acquerront lesdites Rentes
seront tenus de justifier leur âge par des Extraits
baptistaires en bonne forme , et dûement légalisez
ou actes de notorieté équipolents ; et à l'é
gard des étrangers demeurans hors de nôtre
Royaume, ils seront tenus, outre lesdits Extraitsbaptistaires,
ou autres actes équipolents , de rapporter
des certificats de nos Ambassadeurs , Envoyez
, Résidens ou Consuls de la Nation Françoise,
dans les Cours , Etats , ou Villes étrangeres
où ils demeureront , portant qu'ils se sont
presentez devant eux , et qu'ils leur ont représenté
lesdits Extraits- baptistaires : ou autres actes
équipolents , annexez aux minutes des Contrats
de constitution desdites Rentes,
IX
NOVEMBRE. 1733 2539
IX. Le Bureau sera ouvert à notre Trésor
Royal , huit jours après l'enregistrement de nô
tre present Edit,pour y recevoir les deniers capitaux
desdites Rentes , et en délivrer des quittan →
ces sur lesquelles les Contrats seront passez , pour
être ensuite procedé à la confection des listes de
chaque classe , et par Nous pourvû à la distribution
du fonds necessaire pour le payement des
Rentes de chacune , à raison du Denier ci- dessus
mentionné.
X. Ceux qui acquerront lesdites Rentes viageres
avant le premier Janvier prochain , en aufont
la jouissance à commencer du premier Octobre
dernier , et ceux qui les acquerront avant
le premier Avril , en jouiront du premier Janvier
: lequel temps passé, le Bureau de la Recet
te desdits capitaux demeurera fermé .
XI. Le payement des arrerages desdites Rentesse
fera par les Payeurs qui seront créez à cet effet
, et ainsi qu'il se pratique pour les autres Rentes
de l'Hôtel de Ville,ausquels Payeurs les fonds
seront remis chaque année , par les Fermiers de
nos Aydes et Gabelles et autres Fermes.
XII. Voulons que la presente Tontine soit di
rigée en la même forme et maniere,que les trois
autres ci-devant créées ; et qu'en consequence
le Prevôt des marchands de nôtredite Ville de
Paris procéde à la nominatiou des Syndics honoraires
desdites classes , aussitôt après la confection
des listes , conformement à ce qui s'est
pratiqué jusqu'à present : Et à l'égard des Syndics
onéraires , notre intention est que ceux qui
sont pourvûs de ces Offices pour lesdites trois
premieres Tontines, fassent les mêmes fonctions
pour la présente , suivant la distribution qui leur
sera faite desdites Classes par le Prevôt desMarchands.
2540 MERCURE DE FRANCE
XIII . Et comme il est important d'empêcher
qu'on ne puisse sous des noms supposez , sur des
fausses Quittances , et sur des Quittances signées
par des Rentiers avant leurs décès , recevoir le
payement des arrérages desdites Rentes à notre
préjudice , et à celui du droit d'accroissement acquis
aux furvivans : Voulons et Ordonnons que
les Quittances soient passés par les Rentiers, domiciliez
à Paris , pardevant les mêmes Notaires
qui auront expedié les Contrats de Constitution,
qui attesteront que le Rentier , au nom duquel
la Quittance sera passée , est actuellement en vie
et s'est présenté devant eux lors de la passatiou
de ladite Quittance , de la verité desquelles chacun
desdits Notaires demeurera civil menr res
ponsable , sans que lesdits Rentiers soient obligez
de rapporter d'autre Certificat de vie , dont
Nous les avons dispensez : A l'égard de ceux qui
demeurent dans les Provinces de notre Royaume,
ils pourront faire reccvoir les arrérages , sur des
Procurations en boune forme , passées pardevant
Notaire , et légalisées par le Juge ordinaire
du lieu de la résidence desdits Notaires ,
qui certifiera au pied desdites Procurations
la vie desdits Rentiers : Et ceux qui seront
demeurants hors de nôtre Royaume , seront tenus
de rapporter des certificats de vie , passez
pardevant Notaires , ou autres personnes publiques
, en présence de deux témoins , qui attesteront
avoir vu dans le jour, et parlé audit Rentier,
le tout légalisé par nos Ambassadeurs , Envoyez,
Résidens , ou Consuls de la Nation Françoise
dans les Cours, Etats et Villes étrangeres où ils
sont demeurants ; et dans tous les cas ci- dessus ,
seront les Quittances passées devant Notaires
comme il se pratique pour toutes les autres Rentes
viageres par Nous dues. Voulons au surplus ,
>
qua
NOVEMBRE. 1733. 2541
que que nôtre Declaration du 27. Decembre 1727.
qui établit des peines contre ceux qui recevroient
indûëment les arrerages des Rentes viageres
constituées sur l'Hôtel de Ville de Paris , soit
executée selon sa forme et teneur , pour les Rentes
créées par le present Edit ; et que dans le cas
où les Notaires ne reconnoîtroient pas assez les
Rentiers pour certifier leur existance , il y soit
suppléé conformément à ladite Declaration , par
l'intervention de deux personnes domiciliées à
Paris, qui attesteront l'existence desdits Rentiers .
XIV. Et pour d'autant plus favoriser les acquereurs
desd . Rentes viageres ,voulons que les arrerages
, à quelque somme qu'ils puissent monter
par l'accroissement de la part des prédecedez , ne
puissent être saisis sous quelque prétexte que ce
soit , pas même pour nos propres affaires ; et en
outre que les Rentes qui seront acquises par les
étrangers , soient exemptes de toutes lettres de
marque , et de représailles , pour quelque cause
que ce soit.
XV. Les arrerages desdites Rentes , qui seront
dûs au jour du decès de chacun des Rentiers , seront
payez à leurs veuves , enfans et héritiers, en
rapportant , outre l'Extrait mortuaire en bonne
forme , bien et dûëment légalisé , la Grosse du
Contrat de constitution.
XVI . Les peres et meres qui auront acquis
desdites Rentes viageres sous le nom d'aucun de
leurs enfans , jouiront des arrérages , sans être
tenus d'en rendre aucun compte ,jusqu'à ce qu'ils
en ayent disposé au profit de leursdits enfans.
XVII . Ceux de nos Sujets caillables, qui acquereront
desdites Rentes , ne pourront être imposez
à la Taille à plus grande somme , pour raison
de ladite acquisition , ni même pour l'accroissement
dont ils pourront joüir dans la suite .
XVIII
2642 MERCURE DE FRANCE
XVIII. Les acquereurs desdites Rentes pourfont
faire passer les Contrats sous le nom de telles
personnes qu'ils voudront choisir , pour en jouir
tant par eux , que par ceux qu'ils nommeront sur
leurs quittances , dont il sera fait mention dans
les quittances du Garde de notre Trésor Royal , er
dans lesdits Contracts ; et l'existence des personnes
nommées par lesdits acquereurs , sera justi—
fiée pour recevoir les arrerages et accroissemens,
dans les formes ci - dessus.
XIX. Voulons que s'il arrive quelques contestations
pour raison du payement desdites Rentes
viageres , forme ou validité des quittances
des rentiers , ou touchant quelque autre chose
concernant lesdites rentes , la connoissance en
appartienne aux Prevôt des Marchands et Echevins
de notre bonne ville de Paris ,ausquels Nous
en avons attribué toute Cour ,Jurisdiction et connoissance
; pour être par eux lesdites contestations
decidées sommairement et sans frais , en
premiere instance , et par appel en notre Cour de
Parlement de Paris ; nonobstant et sans prejudice
duquel appel , les jugemens rendus par lesdits
Prevôt des Marchands et Echevins , seront executez
par provision. Si donuons en mandement à
nos amez et feaux Conseillers les Gens tenans notre
Cour de Parlement, Chambre des Comptes et
Cour des Aydes à Paris , que notre present Edit
ils ayent à faire lire, publier et registrer , et le contenu
en iceluy garder et observer de point en
point , selon sa forme et teneur , nonobstant tous
Edits , Declarations , Arrêts , Reglemens et autres
choses à ce contraires , ausquels Nous avons
dérogé et derogeons par le present Edit ; aux copies
duquel , collationnées par l'un de nos amez
et feaux Conseillers-Secretaires , voulons que foy
soit adjoûtée comme à l'original : Car tel est notre
plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et staNOVEMBRE.
1733. 2543
ble à toûjours , Nous y avons fait mettre notre
scel . Donné à Fontainebleau &c.
sous
RREST du 22. Octobre , rendu au sujet de
deux Imprimez répandus sous le nom de
Mandemens de M. l'Evêque de Laon , &c. dont
voici la teneur. ,
Le Roi s'étant fait représenter deux Imprimez
qui paroissent depuis quelques jours , sans que le
nom de l'Imprimeur , ni le lieu de l'impression
y soient marquez , l'un sous le titre de Mande
ment de M. l'Evêque Duc de Laon , contre des
Ecrits intitulez : Arrêt de la Cour du Parlement
du 25. Avril 173 3. et Arrêt de la Cour du Parlement
du 23. Fevrier 1733. donné le 10. May
1733. et enregistré le 20. May au Greffe de l'Offi
cialité ; Mandement de M. l'Evêque Duc de Laon,
second Pair de France , &c. au sujet de quatre
Imprimez qui sont énoncez dans ledit titre, S. M.
auroit reconnu , l'examen qu'elle en a
fait faire dans son Conseil , que ces deux ouvra
ges , soit par les traits qui y sont répandus sans
menagement, soit par les questions qu'on y agite
une maniere aussi peu mesurée,ne peuvent servit
par
qu'à
•
NOVEMBRE. 1733. 253 2
qu'à ranimer la chaleur des disputes , et à aug
menter un feu que le Roy travaille continuellement
à éteindre dans son Royaume ; Que d'ailleurs,
par l'usage qu'on y veut faire des censures,
on retombe dans les mêmes excès que Sa Majesté
a déja été obligée de réprimer par son Arrêt
du 29. Septembre 173 1. qu'on y entreprend
même de s'élever contre la regle que le Roy a
renouvellée par ses Déclarations du 4. Août 1720
et du 24. Mars 1730. en deffendant d'exiger
directement ou indirectement aucunes nouvelles
formules de souscription , à l'occasion des
Bulles des Papes qui sont reçûës dans ce Royau
me , n'étant permis d'en introduire sans déli-
» bération des Evêques , revétus de l'authorité
» du Roy qu'enfin on s'y explique en plusieurs
endroits d'une maniere capable d'exciter de nouveau
les disputes qui s'étoient élevées sur la distinction
des deux Puissances , et dont le Roy a
jugé à propos de suspendre le cours. Qu'ainsi ces
deux Ecrits étant contraires aux Arrêts que S.M.
a rendus sur ce sujet , et entr'autres à celui du
2. Septembre qui ordonne la suppression d'une
Instruction Pastorale du Sr Evêque de Laon ; le
Roy , qui s'est réservé la connoissance de l'execution
de ces Arrêts , ne sçauroit interposer trop
promptement son authorité contre des Ouvrages
dont les suites peuvent être si dangereuses .
A quoi étant nécessaire de pourvoir , Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne
que lesdits Ecrits , dont l'un a pour titre ,
Mandement de M. l'Evêque Duc de Laon , contre
des Ecrits intitulez , Arrêt de la Cour du Parlement
du 25. Avril 1733. et Arrêt de la Cour du
Parlement du 23. Février 1733. donné le 10. May!
mil sept cent trente-trois et enregistré le vingt May
L.V)
de
2532 MERCURE DE FRANCE
de la même année à l'Officialité , et dont l'autre
est intitulé , Mandement de M. l'Evêque Due
de Laon , second Pair de France. Comte d'Anisy
, &c. au sujet des quatre Imprimez , dont
P'un apour titre , Arrêté du Parlement du 6. May
1733. Le second , Très -humbles et très - respectueuses
Remontrances que présentent au Roy
notre très - honoré et souverain Seigneur , les
Gens de sa Cour de Parlement , en date du 15.
du même mois . Le troisiéme , Arrêté du Parlement
fait après le comte que M. le Premier Président
a rendu aux Chambres assemblées , de la
Réponse du Roy aux Remontrances du 19. May
1733. Le quatriéme , Instruction Pastorale de
M. l'Evêque de Montpellier , adressée au Clergé
et aux fideles de son diocese , au sujet des miracles
que Dieu fait en faveur des Appellans de la
Bulle Unigenitus 1733. donné à Laon le 1. Juillet
1733. seront et demeureront supprimez , comme
contraires et attentatoires à l'authorité des Decla
rations et Arrêts de Sa Majesté , tendans à émouvoir
les esprits , et à troubler la tranquillité publique.
Enjoint Sa Majesté à tous ceux qui en ont
des exemplaires , de les remettre incessamment au
Greffe du Conseil , pour y être supprimez. Fait
deffenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs
, et autres , de quelque état ou condition
qu'ils soient , d'en imprimer , vendre , debiter,
ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire ;
ORDONNANCE du premier Novembre
portant permission aux Capitaines des Régimens
d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons , qui
servent en Italie , de recevoir dans leurs Compagnies
jusques à cinq hommes de nation étrangère.
AUTRE
NOVEMBRE . 1733. 2533
AUTRE du même jour , portant augmentation
des Troupes , par laquelle il est dit que S. M. jugeant
à propos de faire une augmentation dans
ses Troupes , afin de les mettre en état d'être encore
plus utilement employées pour son service ,
a ordonné et ordonne que les XI . Articles con
tenus dans ladite Ordonnance seroient executez
selon leur forme et teneur , & c.
AUTRE du même jour , pour établir un troisième
Officier dans toutes les Compagnies des
Regimens d'Infanterie Erançoise.
AUTRE du f . Novembre , qui admet à profiter
de l'Amnistie du 17. Janvier 1730 , les Cavaliers
, Dragons , Soldats et Miliciens qui ayant
deserté avant ledit jour , ne seront pas rentrez
dans le Royaume dans le terme qui leur étoit
prescrit , à condition d'aller servir à l'Armée
d'Italie.
AUTRE du 9. Novembre , portant deffenses
de transporter des grains hors du Royaume.
AUTRE du 10. Novembre , pour augmenter
d'un Bataillon chacun des Régimens de son Infanterie
qui y sont nommez ; sçavoir , de Picardie
, Champagne , Navarre , Piemont , Norman-
>
Marine, Richelieu , Bourbonnois , Auvergne
, Tallard , Pons , Royal Poitou
Lyonnois , et celui de Monseigneur le Dauphin.
Ordonne S. M. aux Colonels desdits Régimens
tenir la main à ce que lesdites Compagnies soient
mises sur pied du nombre de 40. hommes habillez
et armez entre cy et le premier Mars
prochain , &c.
AUTRE
2534 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , pour augmenter de
14 hommes , chacune des trente Compagnies
ordinaires du Régiment des Gardes Françoises.
AUTRE du même jour , portant augmenta⇒
tion des Compagnies franches de Dragons .
AUTRE du même jour , pour augmenter les
Compagnies franches d'Infanterie.
AUTRE du même jour , pour augmenter de
quarante hommes les anciennes Compagnies des
huit Régimens Suisses , et en lever huit nouvelles
de deux cens hommes chacune.
"
AUTRE du 12. Novembre concernant la Milice
, par laquelle il est dit que S. M. ayant résolu
d'augmenter les Milices qui ont été levéesen
execution de son Ordonnance du 25. Février
1726. de trente nouveaux Bataillons , composez
de 684. hommes chacun ; même de mettre audit
nombre de 684. les 93. Bataillons qui sont actuellement
sur pied , pour les égaler en force
aux Bataillons de Troupes reglées ; comme aussi
de faire commander les Compagnies de Milice ,
par un grand nombre d'Officiers , avec une paye
annuelle et dans une forme differente de celles :
qui ont été établies par les Ordonnances préce-,
dentes ; Elle a ordonné que les 20 Articles contenus
dans ladite Ordonnance , seroient executez
selon leur forme et teneur , au bas de laquelle il
y a un Etat contenant la répartition de 123. Ba
taillons de Milices , composez de 684. hommes ;
qui doivent être fournis par les Provinces et Ge
neralitez du Royaume qui y sont dénommez , -
tant de l'Ordonnance du 25. Février 1716. que
de la presente , &C.
EDIT
NOVEMBRE. 1733. 2535
i
EDIT DU ROY , portant création de Ren
tes Viageres , en forme de Tontine. Donné
Fontainebleau , au mois de Novembre 1733*-
Registré en Parlement , fe 2 Decembre 1733 .
Louis , par la Grace de Dieu , &c. A. tous presens
et à venir : Salut. Etant informé que les
Rentes Viageres , dites Tontine , créées par no
tre tres-honoré Seigneur et Bisayeul, de glorieuse
mémoire , ont été levées avec empressement,
par l'avantage que nos Sujets y trouvoient, de sé
procurer des revenus considerables , avec une
somme modique ; et que l'exactitude avec la
quelle le payement de ces Rentes s'est toujours
fait , même dans les temps les plus difficiles , depuis
leur création jusqu'à present , sans aucune
diminution ni retranchement , leur faisoit sou
haiter que nous voulussions bien en faire une
nouvelle création : Nous nous y sommes déterminez
avec plaisir : Et Nous avons même jugé à
propos , pour l'avantage de nos Sujets , de subdiviser
chaque Classe en plusieurs parties, afin de
partager la jouissance des Rentiers décedez , entre
un plus grand nombre de Rentiers suivans ; de
maniere que le suivant de chaque subdivision
jouira de la totalité des Rentes , dont elle sera
composée ; au moyen de quoi il y aura plusieurs
survivans par chaque Classe , au lieu qu'il n'y
en avoit ordinairement qu'un dans les premieres
Tontines , qui joüissoit des Rentes de sa Classe ..
A ces causes , et autres à ce Nous mouvans , de
l'avis de notre Conseil , et de notre certaine
science , pleine puissance er authorité Royale
Nous avons par notre présent Edit perpetuel ett
irrévocable , dit , statué et ordonné, disons , statuons
et ordonnons , Voulons et Nous plaît.
ART. L. Que par les Commissaires qui seront
par Nous députez , il soit vendu et aliené à nos
chers
2436 MERCURE DE FRANCE
€
chers et bien amez les Prevôt des Marchands et
Echevins de nôtre bonne ville de Paris , un million
cinquante mille livres actuelles et effectives
de rentes viageres , à prendre sur le produit de
nos droits d'Aydes et Gabelles , et des cinq grosses
fermes , que Nous avons declarez et declarons
specialement , et par privilege , affectez et
hypothequez au payement des arrerages desdites
rentes , même par preference à la partie de nôtre
Tresor Royal.
ART. II . Voulons que les constitutions particulieres
en soient faites par les Prevôt des Mar.
chands et Echevins de nôtre bonne ville de Paris,
à ceux de nos sujets , aux étrangers non naturalisez
, même à ceux qui seront demeurans hors
de nôtre Royaume, pays , Terres et Seigneuries de
nôtre obéissance , qui les voudront acquerir ;
renonçant pour cet effet à tous droits d'aubaine
, et autres qui pourroient Nous appartenir >
même à ceux de confiscation , en cas que les particuliers
, au profit de qui lesdites rentes seront
constituées , fussent sujets des Princes et Etats
contre lesquels Nous serions en guerre ,
Nous les avons relevez et dispensez .
>
dont
ART. III . Voulons que les Contrats de constitution
desdites rentes soient passez pardevant
tels Notaires que les acquereurs vaudront choisir
, pour en jouir par eux leur vie durant , comme
de leur propre chose , vray er loyal acquêr
pleinement et paisiblement , en vertu de leurs
contrats, et en être payez actuellement et effectivement
par demi- année , à Bureau ouvert ,
deux payemens par chacun an , sans que lesdites
rentes puissent être réduites ni retranchées , sous
quelque prétexte que ce puisse être. Et seront les
Contrats de constitution desdites rentes ,delivrez
gratuitement aux acquereurs par les Notaires ,
en
aus
NOVEMBRE. 1733. 2537
ausquels il sera par Nous pourvû d'un salaire raisonnable.
IV. Le million cinquante mille livres de
rentes , sera distribué, en sept classes , de cent
cinquante mille livres chacune , et chaque classe
subdivisée en trente parties de cinq mille livres
, qui seront remplies de suite ; de maniere
qu'aussi- tôt qu'une desdites trente parties de
cinq mille livres de rente se trouvera levée , les
nouveaux acquereurs seront inscrits dans la seconde
subdivision , et ainsi successivement dans.
la troisiéme et suivantes , jusqu'à la concurrence
desdites cent cinquante mille livres de rentes ,
dont la classe sera composée : La premiere , des
enfans depuis un an jusqu'à dix ans accomplis ; la
deuxième, de dix ans jusqu'à vingt ; la troisième
de vingt ans jusqu'à trente ; la quatrième , de
trente ans jusqu'à quarante ; la cinquième de
quarante ans jusqu'à cinquante ; la sixième , de
cinquante ans jusqu'à soixante ; et la septième et
derniere , de soixante ans jusqu'à soixante-dix.et
au-dessus .
V. Chaque Action sera de trois cens livres de
capital , et il sera permis à chaque Rentier , d'en
prendre tel nombre qu'il lui plaira dans chaque
subdivision de sa classe , pour lesquelles il lui sera
expedié un ou plusieurs Contrats, à son choix.
VI. Comme il ne seroit pas juste que les personnes
moins avancées en âge , qui selon le
cours de nature doivent plus long- tems jouir
desdites Rentes , en tirassent un aussi fort revenu
que ceux d'un âge plus avancé , ordonnons
que les Rentiers des deux premieres classes , jusqu'à
l'âge de vingt ans accomplis , seront payez
des interêts de leur capital sur le pied du Denier
Quatorze , ceux de la troisiéme et quatriéme
depuis vingt ans jusqu'à quarante , sur le pied
du
2528 MERCURE DE FRANCE
du Denier Douze ; ceux de la cinquième et
sixiéme , depuis quarante ans jusqu'à soixante ,
sur le pied du Denier Dix ; et ceux de la septième
depuis soixante ans jusqu'à soixante - dix et au
dessus , à raison du Denier Huit .
VII. Lorsque les acquereurs desdites Rentes
viageres viendront à déceder , les arrerages dont
ils jouissoient , appartiendront par accroissement
aux survivans de la même subdivision dans laquelle
ils seront employez , et seront distribuez
entre eux d'année en année au sol la livré jusqu'au
dernier mourant , sans que lesdites Rentes
puissent être censées éteintes à nôtre profit par
le décès des acquereurs ; sinon après le décès du
dernier Rentier de chaque subdivision de classe ;
ensorte que le dernier vivant de chaque subdivision
de chacune desdites classes , recueillera
seul le revenu de tous les capitaux qui compose
ront ladite subdivision ; et toutes les Rentes
comprises en icelle demeureront éteintes et
amorties à notre profit , après la mort du dernier
Rentier de ladite subdivision .
VIII. Ceux qui acquerront lesdites Rentes
seront tenus de justifier leur âge par des Extraits
baptistaires en bonne forme , et dûement légalisez
ou actes de notorieté équipolents ; et à l'é
gard des étrangers demeurans hors de nôtre
Royaume, ils seront tenus, outre lesdits Extraitsbaptistaires,
ou autres actes équipolents , de rapporter
des certificats de nos Ambassadeurs , Envoyez
, Résidens ou Consuls de la Nation Françoise,
dans les Cours , Etats , ou Villes étrangeres
où ils demeureront , portant qu'ils se sont
presentez devant eux , et qu'ils leur ont représenté
lesdits Extraits- baptistaires : ou autres actes
équipolents , annexez aux minutes des Contrats
de constitution desdites Rentes,
IX
NOVEMBRE. 1733 2539
IX. Le Bureau sera ouvert à notre Trésor
Royal , huit jours après l'enregistrement de nô
tre present Edit,pour y recevoir les deniers capitaux
desdites Rentes , et en délivrer des quittan →
ces sur lesquelles les Contrats seront passez , pour
être ensuite procedé à la confection des listes de
chaque classe , et par Nous pourvû à la distribution
du fonds necessaire pour le payement des
Rentes de chacune , à raison du Denier ci- dessus
mentionné.
X. Ceux qui acquerront lesdites Rentes viageres
avant le premier Janvier prochain , en aufont
la jouissance à commencer du premier Octobre
dernier , et ceux qui les acquerront avant
le premier Avril , en jouiront du premier Janvier
: lequel temps passé, le Bureau de la Recet
te desdits capitaux demeurera fermé .
XI. Le payement des arrerages desdites Rentesse
fera par les Payeurs qui seront créez à cet effet
, et ainsi qu'il se pratique pour les autres Rentes
de l'Hôtel de Ville,ausquels Payeurs les fonds
seront remis chaque année , par les Fermiers de
nos Aydes et Gabelles et autres Fermes.
XII. Voulons que la presente Tontine soit di
rigée en la même forme et maniere,que les trois
autres ci-devant créées ; et qu'en consequence
le Prevôt des marchands de nôtredite Ville de
Paris procéde à la nominatiou des Syndics honoraires
desdites classes , aussitôt après la confection
des listes , conformement à ce qui s'est
pratiqué jusqu'à present : Et à l'égard des Syndics
onéraires , notre intention est que ceux qui
sont pourvûs de ces Offices pour lesdites trois
premieres Tontines, fassent les mêmes fonctions
pour la présente , suivant la distribution qui leur
sera faite desdites Classes par le Prevôt desMarchands.
2540 MERCURE DE FRANCE
XIII . Et comme il est important d'empêcher
qu'on ne puisse sous des noms supposez , sur des
fausses Quittances , et sur des Quittances signées
par des Rentiers avant leurs décès , recevoir le
payement des arrérages desdites Rentes à notre
préjudice , et à celui du droit d'accroissement acquis
aux furvivans : Voulons et Ordonnons que
les Quittances soient passés par les Rentiers, domiciliez
à Paris , pardevant les mêmes Notaires
qui auront expedié les Contrats de Constitution,
qui attesteront que le Rentier , au nom duquel
la Quittance sera passée , est actuellement en vie
et s'est présenté devant eux lors de la passatiou
de ladite Quittance , de la verité desquelles chacun
desdits Notaires demeurera civil menr res
ponsable , sans que lesdits Rentiers soient obligez
de rapporter d'autre Certificat de vie , dont
Nous les avons dispensez : A l'égard de ceux qui
demeurent dans les Provinces de notre Royaume,
ils pourront faire reccvoir les arrérages , sur des
Procurations en boune forme , passées pardevant
Notaire , et légalisées par le Juge ordinaire
du lieu de la résidence desdits Notaires ,
qui certifiera au pied desdites Procurations
la vie desdits Rentiers : Et ceux qui seront
demeurants hors de nôtre Royaume , seront tenus
de rapporter des certificats de vie , passez
pardevant Notaires , ou autres personnes publiques
, en présence de deux témoins , qui attesteront
avoir vu dans le jour, et parlé audit Rentier,
le tout légalisé par nos Ambassadeurs , Envoyez,
Résidens , ou Consuls de la Nation Françoise
dans les Cours, Etats et Villes étrangeres où ils
sont demeurants ; et dans tous les cas ci- dessus ,
seront les Quittances passées devant Notaires
comme il se pratique pour toutes les autres Rentes
viageres par Nous dues. Voulons au surplus ,
>
qua
NOVEMBRE. 1733. 2541
que que nôtre Declaration du 27. Decembre 1727.
qui établit des peines contre ceux qui recevroient
indûëment les arrerages des Rentes viageres
constituées sur l'Hôtel de Ville de Paris , soit
executée selon sa forme et teneur , pour les Rentes
créées par le present Edit ; et que dans le cas
où les Notaires ne reconnoîtroient pas assez les
Rentiers pour certifier leur existance , il y soit
suppléé conformément à ladite Declaration , par
l'intervention de deux personnes domiciliées à
Paris, qui attesteront l'existence desdits Rentiers .
XIV. Et pour d'autant plus favoriser les acquereurs
desd . Rentes viageres ,voulons que les arrerages
, à quelque somme qu'ils puissent monter
par l'accroissement de la part des prédecedez , ne
puissent être saisis sous quelque prétexte que ce
soit , pas même pour nos propres affaires ; et en
outre que les Rentes qui seront acquises par les
étrangers , soient exemptes de toutes lettres de
marque , et de représailles , pour quelque cause
que ce soit.
XV. Les arrerages desdites Rentes , qui seront
dûs au jour du decès de chacun des Rentiers , seront
payez à leurs veuves , enfans et héritiers, en
rapportant , outre l'Extrait mortuaire en bonne
forme , bien et dûëment légalisé , la Grosse du
Contrat de constitution.
XVI . Les peres et meres qui auront acquis
desdites Rentes viageres sous le nom d'aucun de
leurs enfans , jouiront des arrérages , sans être
tenus d'en rendre aucun compte ,jusqu'à ce qu'ils
en ayent disposé au profit de leursdits enfans.
XVII . Ceux de nos Sujets caillables, qui acquereront
desdites Rentes , ne pourront être imposez
à la Taille à plus grande somme , pour raison
de ladite acquisition , ni même pour l'accroissement
dont ils pourront joüir dans la suite .
XVIII
2642 MERCURE DE FRANCE
XVIII. Les acquereurs desdites Rentes pourfont
faire passer les Contrats sous le nom de telles
personnes qu'ils voudront choisir , pour en jouir
tant par eux , que par ceux qu'ils nommeront sur
leurs quittances , dont il sera fait mention dans
les quittances du Garde de notre Trésor Royal , er
dans lesdits Contracts ; et l'existence des personnes
nommées par lesdits acquereurs , sera justi—
fiée pour recevoir les arrerages et accroissemens,
dans les formes ci - dessus.
XIX. Voulons que s'il arrive quelques contestations
pour raison du payement desdites Rentes
viageres , forme ou validité des quittances
des rentiers , ou touchant quelque autre chose
concernant lesdites rentes , la connoissance en
appartienne aux Prevôt des Marchands et Echevins
de notre bonne ville de Paris ,ausquels Nous
en avons attribué toute Cour ,Jurisdiction et connoissance
; pour être par eux lesdites contestations
decidées sommairement et sans frais , en
premiere instance , et par appel en notre Cour de
Parlement de Paris ; nonobstant et sans prejudice
duquel appel , les jugemens rendus par lesdits
Prevôt des Marchands et Echevins , seront executez
par provision. Si donuons en mandement à
nos amez et feaux Conseillers les Gens tenans notre
Cour de Parlement, Chambre des Comptes et
Cour des Aydes à Paris , que notre present Edit
ils ayent à faire lire, publier et registrer , et le contenu
en iceluy garder et observer de point en
point , selon sa forme et teneur , nonobstant tous
Edits , Declarations , Arrêts , Reglemens et autres
choses à ce contraires , ausquels Nous avons
dérogé et derogeons par le present Edit ; aux copies
duquel , collationnées par l'un de nos amez
et feaux Conseillers-Secretaires , voulons que foy
soit adjoûtée comme à l'original : Car tel est notre
plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et staNOVEMBRE.
1733. 2543
ble à toûjours , Nous y avons fait mettre notre
scel . Donné à Fontainebleau &c.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En octobre 1733, le roi a examiné deux imprimés anonymes intitulés 'Mandement de M. l'Évêque Duc de Laon', qui critiquaient des arrêts du Parlement et remettaient en question des déclarations royales. Ces écrits étaient jugés dangereux car ils pouvaient ranimer des disputes et troubler la tranquillité publique. Le roi a donc ordonné la suppression de ces imprimés et interdit leur diffusion. Il a également interdit aux imprimeurs, libraires et colporteurs de les distribuer sous peine de punition. En novembre 1733, plusieurs ordonnances royales ont été publiées. Parmi elles, une ordonnance permettait aux capitaines de régiments en Italie de recruter des hommes de nationalité étrangère. D'autres ordonnances augmentaient les effectifs des troupes, des régiments d'infanterie, de cavalerie, de dragons, et des compagnies franches. Une ordonnance concernant la milice prévoyait l'augmentation des bataillons et la réorganisation des compagnies. Un édit royal créait des rentes viagères en forme de tontine, subdivisées en classes et parties, afin de permettre à un plus grand nombre de sujets de bénéficier de revenus considérables avec une somme modique. Les rentes ne sont éteintes qu'après le décès du dernier rentier de chaque subdivision de classe, qui perçoit alors seul le revenu de tous les capitaux de cette subdivision. Les acquéreurs doivent justifier leur âge par des extraits baptistaires ou des actes de notoriété, et les étrangers doivent fournir des certificats de nos ambassadeurs ou consuls. Le Bureau pour recevoir les capitaux des rentes ouvre huit jours après l'enregistrement de l'édit. Les rentes acquises avant le 1er janvier ou le 1er avril permettent de jouir des revenus dès le 1er octobre précédent ou le 1er janvier. Le paiement des arrérages est effectué par des payeurs désignés, et les fonds sont remis annuellement par les fermiers des aides et gabelles. La tontine est dirigée de la même manière que les précédentes, avec des syndics honoraires nommés par le Prévôt des marchands de Paris. Des mesures sont prises pour empêcher la fraude, notamment par la vérification de la vie des rentiers par des notaires ou des certificats légalisés. Les arrérages des rentes ne peuvent être saisis, même pour les affaires royales, et les rentes acquises par des étrangers sont exemptes de lettres de marque et de représailles. En cas de décès d'un rentier, les arrérages dus sont payés à ses veuves, enfants ou héritiers. Les parents acquérant des rentes pour leurs enfants en jouissent sans en rendre compte jusqu'à disposition. Les contestations relatives aux rentes sont de la compétence du Prévôt des marchands et des échevins de Paris, avec appel possible au Parlement de Paris. L'édit est publié et enregistré par les autorités compétentes, et toute dérogation est annulée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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348
p. 388-394
« Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
Début :
Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Château de Versailles, Officiers, Duc, Concert, Te Deum, Chanter, Messe, Cierge, Chasser, Château de Tortone, Château de Milan, Opéra, Motets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
LE
E premier de ce mois ' , la Reine
entendit la Messe dans la Chapelle
du Château de Versailles , et S. M. y
comFEVRIER
1734. 389
communia
par les mains du Cardinal de
Fleury son Grand Aumonier.
Le même jour M. Gilbert , Recteur de
l'Université , accompagné des Doyens
des Facultez et des Promoteurs des Nations
, eut l'honneur , suivant l'ancien
usage , de présenter un Cierge au Roy ',
et un à la Reine .
Le même jour , le Pere Braban , Commandeur
du Couvent du Marais des
Religieux de la Mercy , accompagné de
trois Religieux de cette Maison eut
l'honneur de présenter un Cierge à la
Reine,pour satisfaire à une condition de
leur Etablissement fait à Paris en l'année
1615. par la Reine Marie de Medicis.
Le 2 Février >, Fête de la Purification
de la Ste Vierge , les Chevaliers , Commandeurs
, et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant assemblez dans le
Cabinet du Roy , S. M. se rendit à la
Chapelle,étant précédé du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Conty ,,
du Duc du Maine , du Comte d'Eu , du
Comte de Toulouse , et des Chevaliers
Commandeurs et Officiers de l'Ordre..
Le Roy assista à la Bénédiction des
I Cier390
MERCURE DE FRANCE
Cierges , à la Procession et à la Grand'
Messe qui fut célébrée par l'Archevêque
de Vienne , Prélat Commandeur de
l'Ordre. Après la Messe , S. M. fut reconduite
à son Appartement avec les
cérémonies ordinaires. La Reine entendit
la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du Pere Tainturier , de la Compagnie
de Jesus , et ensuite les Vêpres
qui furent chantées par la Musique.
›
Le 4 , le Roy partit du Château de
la Meute pour aller chasser à Ecoüen ,
Maison de M. le Duc qui s'y étoit rendu
le jour précédent pour y recevoir S. M.
Il y eut une batue considérable où l'on
prit toute sorte de Gibier ; le Roy dina
et soupa dans le Château avec quantité
de Seigneurs de sa Cour ; S. M. y dîna
encore le lendemain , et partit l'après midy
pour aller coucher au Château de
Versailles .
• Le II le Duc de la Tremoüille
Premier Gentilhomme
de la Chambre du
Roy , arriva de l'Armée d'Italie , et apporta
à S. M. la nouvelle de la Prise du
Château de Tortone,
HoFEVRIER
1734 391
Honoré Armand ' , Marquis de Villars ,
né le 4. Octobre 1702. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Gouverneur
de Provence , en survivance du
Maréchal Duc de Villars son Pere 2
été fait Brigadier des Armées du Roy.
C'est lui qui a apporté au Roy le 4.
Janvier dernier la nouvelle de la réduc
tion du Château de Milan.
>
Le 23 de ce mois ,l'ouverture solemnelle
de l'Assemblée generale du Clergé de
France se fit dans l'Eglise des GrandsAugustins,
par laMesse du S.Esprit, à laquelle
les Prélats et les autres Députez qui composent
l'Assemblée,communiérent ; l'Archevêque
de Paris y officia pontificalement
, et l'Evêque de Bazas y prêcha
avec beaucoup d'éloquence .
Le 2. Février , Fête de la Chandeleur , il
Yeut un Concert Spirituel au Château
des Thuilleries , M. Mouret y fit chanter le
Credidi propter ,, Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi d'un autre de la composition de M. de
Monteclair, les Dlles Erremens et Petitpas chanterent
différents récits avec applaudissement, et
après plusieurs Concerto très - bien exécutez , le
Concert fut terminé par le Te Deum de M. de
la Lande.
Le 3
il y eut
un
Concert
à Versailles
. On
y
chanta
devant
la Reine
le
Prologue
, et le
pre-
I ij ,
392 MERCURE
DE FRANCE
·
mier Acte de l'Opéra d'Hipolite et Aricie , qui
fut continué le 8 et le to , dont l'exécution fut
très brillante. Les Dlles Pelissier et Petitpas
jouerent les principaux rolles , et le Sr Jeliot
chanta avec succès celui d'Hipolite ; la Dlle Rømeau
, épouse de l'Auteur de la Musique , doubla
le rolle d'Aricie ; la Reine loua beaucoup
sa voix et son gout pour le chant.
Le 13 la Cour étant à Marly , la Reine entendit
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
de Callirhoé , de la composition de M. Destouches,
Sur- Intendant de la Musique du Roy , qui
fut continué le 15 et le 17. La Dlle d'Aigremont
chanta le principal rolle d'une maniere
très touchante , et le Sr Chassé celui de Corésus
avec beaucoup de sentiment ; le St Jeliot rendit
le rolle d'Agenor avec tout le gout possible
; sa belle voix fait beaucoup de plaisir , de
même que les Choeurs et toutes les Simphonies.
Le 20 on chanta
l'Opéra
d'Issé
, du même
'Auteur
. Il fut continué
le 22 et le 27. La
Dlle
le Maure
fit le rolle
d'Issé
, et la Dile
Petitpas
celui
de Doris
. Les Srs Chassé
et Tribou
furent
très applaudis
dans
les rolles
d'Hylas
et de Philemon
, le reste
de l'Opéra
fut
zendu
avec
toute
la précision
et la vivacité
dont
il est susceptible
.
Nous avons appris un peu tard , par rapport
au Mercure de Janvier , qui étoit déja imprimé,
que le 1.0. du même mois le Te Deum en actions
de graces pour l'heureux succès des Armes dų
Roy , fut chanté solemnellement à Aix , dans
1'Eglise Métropolitaine S. Sauveur. Le Parlement
, la Cour des Comptes et des Aydes , les
Trésoriers
FEVRIER 1734. 393
Trésoriers de France , les Officiers de lá Sénechaussée
, et les Consuls et Officiers de Ville
assisterent à cette ceremonie. Après le Te Deum ,
les Consuls et leurs Officiers se rendirent à la
grande Place des Prescheurs , où ils allumerent
le Feu de joye qui y avoit été dressé .
M. le Bret , Premier Président du Parlement ,
Intendant et Commandant de la Province , donna
un magnifique soupé à la Compagnie respectable
, dont il est le digne Chef.
Le Dimanche suivant M. de la Vieuville , Brigadier
des Armées du Roy d'Espagne , Colonel
des Carabiniers , qui ont séjourné à Aix pendant
quelque temps , fit chanter par les Musiciens
qui marchent toujours à sa suite , un Te Deum
de la composition de M. l'Abbé Pellegrin , connu
par ses excellens Motets . On avoit choisi
cette Ceremonie l'Eglise des Dominicains , qui
est fort vaste. M. l'Archevêque y officia .
pour
M. le Bret , qui avoit été prié d'y assister , s'y
rendit , précedé de ses Gardes , accompagné des
Consuls et de toute la Noblesse ; toutes les Dames
y avoient été invitées , ainsi l'Assemblée
fut très -belle et très - nombreuse. Pendant le Te
Deum on fit une triple salve de Boëtes , et les Carabiniers
qui étoient en bataille sur la même
Place , firent trois décharges de Mousqueterie.
Après la Ceremonie les Dames se rendirent à
l'Hôtel de Ville où il y eut un Concert qui fut
très- bien executé par les mêmes Musiciens de
M. de la Vieuville . Au Concert succeda un fort
beau Soupé , et au Soupé le Bal , qui dura jusqu'au
jour. Toute cette Fête est dûë au même
M.de la Vieuville , dont on loue beaucoup la magnificence,
la politesse et le goût pour les Beaux-
Arts.Le même jour Mile Bret avoit donné à dîné
I iij -ma394
MERCURE DE
FRANCE
magnifiquement à tous les Officiers
Espagnols
qui se trouvoient dans cette Ville.
E premier de ce mois ' , la Reine
entendit la Messe dans la Chapelle
du Château de Versailles , et S. M. y
comFEVRIER
1734. 389
communia
par les mains du Cardinal de
Fleury son Grand Aumonier.
Le même jour M. Gilbert , Recteur de
l'Université , accompagné des Doyens
des Facultez et des Promoteurs des Nations
, eut l'honneur , suivant l'ancien
usage , de présenter un Cierge au Roy ',
et un à la Reine .
Le même jour , le Pere Braban , Commandeur
du Couvent du Marais des
Religieux de la Mercy , accompagné de
trois Religieux de cette Maison eut
l'honneur de présenter un Cierge à la
Reine,pour satisfaire à une condition de
leur Etablissement fait à Paris en l'année
1615. par la Reine Marie de Medicis.
Le 2 Février >, Fête de la Purification
de la Ste Vierge , les Chevaliers , Commandeurs
, et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant assemblez dans le
Cabinet du Roy , S. M. se rendit à la
Chapelle,étant précédé du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Conty ,,
du Duc du Maine , du Comte d'Eu , du
Comte de Toulouse , et des Chevaliers
Commandeurs et Officiers de l'Ordre..
Le Roy assista à la Bénédiction des
I Cier390
MERCURE DE FRANCE
Cierges , à la Procession et à la Grand'
Messe qui fut célébrée par l'Archevêque
de Vienne , Prélat Commandeur de
l'Ordre. Après la Messe , S. M. fut reconduite
à son Appartement avec les
cérémonies ordinaires. La Reine entendit
la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du Pere Tainturier , de la Compagnie
de Jesus , et ensuite les Vêpres
qui furent chantées par la Musique.
›
Le 4 , le Roy partit du Château de
la Meute pour aller chasser à Ecoüen ,
Maison de M. le Duc qui s'y étoit rendu
le jour précédent pour y recevoir S. M.
Il y eut une batue considérable où l'on
prit toute sorte de Gibier ; le Roy dina
et soupa dans le Château avec quantité
de Seigneurs de sa Cour ; S. M. y dîna
encore le lendemain , et partit l'après midy
pour aller coucher au Château de
Versailles .
• Le II le Duc de la Tremoüille
Premier Gentilhomme
de la Chambre du
Roy , arriva de l'Armée d'Italie , et apporta
à S. M. la nouvelle de la Prise du
Château de Tortone,
HoFEVRIER
1734 391
Honoré Armand ' , Marquis de Villars ,
né le 4. Octobre 1702. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Gouverneur
de Provence , en survivance du
Maréchal Duc de Villars son Pere 2
été fait Brigadier des Armées du Roy.
C'est lui qui a apporté au Roy le 4.
Janvier dernier la nouvelle de la réduc
tion du Château de Milan.
>
Le 23 de ce mois ,l'ouverture solemnelle
de l'Assemblée generale du Clergé de
France se fit dans l'Eglise des GrandsAugustins,
par laMesse du S.Esprit, à laquelle
les Prélats et les autres Députez qui composent
l'Assemblée,communiérent ; l'Archevêque
de Paris y officia pontificalement
, et l'Evêque de Bazas y prêcha
avec beaucoup d'éloquence .
Le 2. Février , Fête de la Chandeleur , il
Yeut un Concert Spirituel au Château
des Thuilleries , M. Mouret y fit chanter le
Credidi propter ,, Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi d'un autre de la composition de M. de
Monteclair, les Dlles Erremens et Petitpas chanterent
différents récits avec applaudissement, et
après plusieurs Concerto très - bien exécutez , le
Concert fut terminé par le Te Deum de M. de
la Lande.
Le 3
il y eut
un
Concert
à Versailles
. On
y
chanta
devant
la Reine
le
Prologue
, et le
pre-
I ij ,
392 MERCURE
DE FRANCE
·
mier Acte de l'Opéra d'Hipolite et Aricie , qui
fut continué le 8 et le to , dont l'exécution fut
très brillante. Les Dlles Pelissier et Petitpas
jouerent les principaux rolles , et le Sr Jeliot
chanta avec succès celui d'Hipolite ; la Dlle Rømeau
, épouse de l'Auteur de la Musique , doubla
le rolle d'Aricie ; la Reine loua beaucoup
sa voix et son gout pour le chant.
Le 13 la Cour étant à Marly , la Reine entendit
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
de Callirhoé , de la composition de M. Destouches,
Sur- Intendant de la Musique du Roy , qui
fut continué le 15 et le 17. La Dlle d'Aigremont
chanta le principal rolle d'une maniere
très touchante , et le Sr Chassé celui de Corésus
avec beaucoup de sentiment ; le St Jeliot rendit
le rolle d'Agenor avec tout le gout possible
; sa belle voix fait beaucoup de plaisir , de
même que les Choeurs et toutes les Simphonies.
Le 20 on chanta
l'Opéra
d'Issé
, du même
'Auteur
. Il fut continué
le 22 et le 27. La
Dlle
le Maure
fit le rolle
d'Issé
, et la Dile
Petitpas
celui
de Doris
. Les Srs Chassé
et Tribou
furent
très applaudis
dans
les rolles
d'Hylas
et de Philemon
, le reste
de l'Opéra
fut
zendu
avec
toute
la précision
et la vivacité
dont
il est susceptible
.
Nous avons appris un peu tard , par rapport
au Mercure de Janvier , qui étoit déja imprimé,
que le 1.0. du même mois le Te Deum en actions
de graces pour l'heureux succès des Armes dų
Roy , fut chanté solemnellement à Aix , dans
1'Eglise Métropolitaine S. Sauveur. Le Parlement
, la Cour des Comptes et des Aydes , les
Trésoriers
FEVRIER 1734. 393
Trésoriers de France , les Officiers de lá Sénechaussée
, et les Consuls et Officiers de Ville
assisterent à cette ceremonie. Après le Te Deum ,
les Consuls et leurs Officiers se rendirent à la
grande Place des Prescheurs , où ils allumerent
le Feu de joye qui y avoit été dressé .
M. le Bret , Premier Président du Parlement ,
Intendant et Commandant de la Province , donna
un magnifique soupé à la Compagnie respectable
, dont il est le digne Chef.
Le Dimanche suivant M. de la Vieuville , Brigadier
des Armées du Roy d'Espagne , Colonel
des Carabiniers , qui ont séjourné à Aix pendant
quelque temps , fit chanter par les Musiciens
qui marchent toujours à sa suite , un Te Deum
de la composition de M. l'Abbé Pellegrin , connu
par ses excellens Motets . On avoit choisi
cette Ceremonie l'Eglise des Dominicains , qui
est fort vaste. M. l'Archevêque y officia .
pour
M. le Bret , qui avoit été prié d'y assister , s'y
rendit , précedé de ses Gardes , accompagné des
Consuls et de toute la Noblesse ; toutes les Dames
y avoient été invitées , ainsi l'Assemblée
fut très -belle et très - nombreuse. Pendant le Te
Deum on fit une triple salve de Boëtes , et les Carabiniers
qui étoient en bataille sur la même
Place , firent trois décharges de Mousqueterie.
Après la Ceremonie les Dames se rendirent à
l'Hôtel de Ville où il y eut un Concert qui fut
très- bien executé par les mêmes Musiciens de
M. de la Vieuville . Au Concert succeda un fort
beau Soupé , et au Soupé le Bal , qui dura jusqu'au
jour. Toute cette Fête est dûë au même
M.de la Vieuville , dont on loue beaucoup la magnificence,
la politesse et le goût pour les Beaux-
Arts.Le même jour Mile Bret avoit donné à dîné
I iij -ma394
MERCURE DE
FRANCE
magnifiquement à tous les Officiers
Espagnols
qui se trouvoient dans cette Ville.
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Résumé : « Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
En février 1734, plusieurs événements significatifs se déroulèrent à la cour de France. Le 1er février, la Reine participa à la messe dans la Chapelle du Château de Versailles et communia. M. Gilbert, Recteur de l'Université, et le Père Braban, Commandeur du Couvent du Marais, offrirent des cierges au Roi et à la Reine. Le 2 février, à la fête de la Purification de la Sainte Vierge, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit se rassemblèrent pour la bénédiction des cierges, une procession et une grand-messe célébrée par l'Archevêque de Vienne. Le Roi et la Reine furent reconduits à leurs appartements avec les cérémonies ordinaires. Le 4 février, le Roi partit chasser à Écouen, où il fut accueilli par le Duc. Le 11 février, le Duc de la Trémoille arriva de l'armée d'Italie et annonça la prise du Château de Tortone. Le 23 février, l'Assemblée générale du Clergé de France s'ouvrit solennellement à l'Église des Grands-Augustins, avec une messe du Saint-Esprit et un sermon de l'Évêque de Bazas. Des concerts spirituels furent organisés le 2 février aux Tuileries et le 3 février à Versailles, avec des motets et des opéras interprétés par des musiciens renommés. La Reine assista à des représentations d'opéras tels que 'Hippolyte et Aricie', 'Callirhoé' et 'Issé' au Château de Versailles et à Marly. Le 10 janvier, un Te Deum fut chanté à Aix pour célébrer les succès des armes du Roi, suivi de feux de joie et de réceptions. Le même jour, M. de la Vieuville organisa un Te Deum et un concert à Aix, avec un souper et un bal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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349
p. 394-395
A MME D'ORMESSON, Au sujet du Pain-Beni qu'elle a rendu le jour de Noël
Début :
Dans ce Temple quelle allegresse ? [...]
Mots clefs :
Pain bénit, Vertus, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MME D'ORMESSON, Au sujet du Pain-Beni qu'elle a rendu le jour de Noël
A
MME
D'ORMESSON ,
Au sujet du Pain . Beni qu'elle a rendus
le jour de Noël.
17
Dans ce Temple quelle
allegresse:
Quels appareils dignes des Cieux !
A son air grave et
gracieux ,
On juge que c'est la Sagesse
Qui vient se rendre en ces saints Lieux
Four
prodiguer avec
largesse ,
Au Très- Haut des dons
précieux ;
Que vois-je ? les Vertus dont elle est le modelle
Font un cercle aimable près d'elle
Mais , crainte
d'ébloüir nos yeux ,
Elle emprunte les traits d'une illustre Mortelle
Aux celestes Loix très-fidelle ,
Qui dévoue aux Autels et son coeur et ses voeux,
Et dont enfin l'ame est si belle ,
Que sous ce voile
merveilleux ,
On y reconnoît
l'Immortelle.
L'innocence et la chasteté
De ses moeurs furent le partage ,
gage,
Délices d'un Epoux dont la fidelité ,
Est d'un parfait amour l'inviolable
Opposée à la vanité ,
Sans dessein de
prendre
avantage
Du
FEVRIER. 1734 395
·
Du rang et de la dignité ,
Du luxe et de l'éclat elle ignore l'usage ,
Fervente à l'Oraison , prudente en son ménage,
La noblesse de coeur , jointe à la charité ,
Est un bien qu'elle a d'heritage ,
Qu'elle aspire à laisser à sa Posterité ;
Les vertus de son Sang en rendent témoignage,
Qù trouver un plus heureux choix ›
Une Ancelle plus agréable ;
Et d'une candeur plus affable ,
Et plus digne de plaire au grand Maître des Rois
Que le Ciel avec joye accueille son hommage ;
Il en connoît la pureté ,
Et que l'humble devoir où son zele l'engage ,
Part du sein de la Pieté ,
Mais de s'étendre davantage ,
C'est blesser son humilité .
MME
D'ORMESSON ,
Au sujet du Pain . Beni qu'elle a rendus
le jour de Noël.
17
Dans ce Temple quelle
allegresse:
Quels appareils dignes des Cieux !
A son air grave et
gracieux ,
On juge que c'est la Sagesse
Qui vient se rendre en ces saints Lieux
Four
prodiguer avec
largesse ,
Au Très- Haut des dons
précieux ;
Que vois-je ? les Vertus dont elle est le modelle
Font un cercle aimable près d'elle
Mais , crainte
d'ébloüir nos yeux ,
Elle emprunte les traits d'une illustre Mortelle
Aux celestes Loix très-fidelle ,
Qui dévoue aux Autels et son coeur et ses voeux,
Et dont enfin l'ame est si belle ,
Que sous ce voile
merveilleux ,
On y reconnoît
l'Immortelle.
L'innocence et la chasteté
De ses moeurs furent le partage ,
gage,
Délices d'un Epoux dont la fidelité ,
Est d'un parfait amour l'inviolable
Opposée à la vanité ,
Sans dessein de
prendre
avantage
Du
FEVRIER. 1734 395
·
Du rang et de la dignité ,
Du luxe et de l'éclat elle ignore l'usage ,
Fervente à l'Oraison , prudente en son ménage,
La noblesse de coeur , jointe à la charité ,
Est un bien qu'elle a d'heritage ,
Qu'elle aspire à laisser à sa Posterité ;
Les vertus de son Sang en rendent témoignage,
Qù trouver un plus heureux choix ›
Une Ancelle plus agréable ;
Et d'une candeur plus affable ,
Et plus digne de plaire au grand Maître des Rois
Que le Ciel avec joye accueille son hommage ;
Il en connoît la pureté ,
Et que l'humble devoir où son zele l'engage ,
Part du sein de la Pieté ,
Mais de s'étendre davantage ,
C'est blesser son humilité .
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Résumé : A MME D'ORMESSON, Au sujet du Pain-Beni qu'elle a rendu le jour de Noël
Le texte est un poème ou une prose poétique célébrant les vertus et les actions de Mme d'Ormesson, à l'occasion de la distribution de pains bénits le jour de Noël. Cette femme incarne la sagesse et la générosité, offrant des dons précieux au Très-Haut. Elle est comparée à une figure céleste tout en apparaissant comme une mortelle fidèle aux lois divines. Ses vertus incluent l'innocence, la chasteté, la fidélité et l'absence de vanité. Elle est décrite comme humble, fervente en prière, prudente dans sa gestion domestique et noble de cœur. Ses actions charitables et sa dévotion sont reconnues et appréciées par le Ciel. Le texte se termine en soulignant l'humilité de la femme, évitant ainsi de blesser cette qualité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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350
p. 395-405
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le dix-neuf Janvier Dame Marie-Magdelene Baudin, Epouse de Mathias Goudin, Conseiller [...]
Mots clefs :
Paris, France, Mort, Seigneur, Âge, Conseiller au Parlement, Dame, Roi, Fille, Chevalier, Secrétaire, Marquis, Comte, Président, Louis Milon de Rigny, Pierre de Brilhat, Pierre-Maurille Boulard, René-Charles-Elisabeth de Coëtlogon, Marie-Celse-Antoinette de Cugnac, Louis-Charles de Gouffier, Catherine-Angélique d'Albert de Luynes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
LBA
Edix- neuf Janvier Dame Marie -Magdelene
Baudin , Epouse de Mathias Goudin , Conseilde
ler en la Cour des Aydes de Paris , et qui avoit
été mariée le 18 Fevrier 1732.mourut en couches
de son deuxième enfant , agée de 27. ans.
>
Le 24. Janvier M. Louis Milon , Evêque et
Seigneur de Condom Prieur des Prieurés de
S. Marcel , de Villiers S. Sepulchre , et des deux
Gemeaux , Docteur en Théologie de la Faculté
11
de
396 MERCURE DE FRANCE
de Paris du 4. Juillet 1685. mourut en son Château
à deux lieuës de Condom , agé d'environ
76. ans , et dans la 41. année de son Episcopat ,
ayant été nommé à l'Evêché de Condom , Suffra
(gant de Bourdeaux , le 1. Novembre 1693 et sacré
le 14. Fevrier 1694. Il avoit été auparavant
Chanoine de l'Eglise de Saint Martin de Tours,
et Aumônier du Roi . Ce Prêlat qui est fort regretté
dans son Diocèse , a fondé à Condom un Hôpital
, dans lequel les pauvres sont emploïés à
divers Arts et Métiers , et il a confié l'administration
de cette Maison aux Soeurs appellées de
la Foy. Il a établi les mêmes Soeurs à Nérac ,
pour instruire et cathechiser les jeunes Filles de
la Religion protestante , a retabli les Eglises de
Monchenit , et de Puge , que les Religionaires
avoient entierement detruites , et a achevé son Palais
Episcopal qui avoit été deja commencé à
grands frais . Il assista en 1705. à l'Assemblée
générale du Clergé , en qualité d'un des Députés
de la Province de Bourdeaux . Ce Prélat étoit
deuxième Fils d'Alexandre Milon , Seigneur de
la Borde , Mesne Amnon &c. Président , Trésorier
General de rance en Berri , mort le 10.
May 1687. et de Françoise Palla , morte le 26.
May 1703. Il avoit pour Frere aîné Aléxandre
Milon , Maîtte des Requêtes Honoraire de l'Hôtel
du Roi , qui vient d'entrer dans la 82. année
de son age , et qui est veuf depuis le 6. Janvier
1700. de Marie - Magdelene Thérese Coicault de
Chevigny , de laquelle il avoit eu Françoise- Elizabeth
Milon , Fille unique , mariée le 19. Fevrier
1700. avec Louis- Charles de Machault ,
Seigneur d'Arnouville , Conseiller d'Etat ordinaire
, et morte le 22. Janvier 1720. laissant un
Fils unique , qui est Maître des Requêtes depuis
1728
1
FEVRIER . 1734 397
1718. L'Eveque de Condom avoit pour frere
puîné Henry Milon , Seigneur de Mesne , Intendant
General des Turces et levées de France ,
et Grand-Maître des Eaux et forêts de France en
Touraine , puis en Poitou , Auni , Saintonge ,
Engoumois , Limosin , haute et basse Marche ,
Bourbonnois , et Nivernois , mort depuis plusieurs
années , ayant laissé de Jeanne - Françoise
Angelique Collin sa femme , trois Fils , dont l'un ,
après avoir été Capitaine dans le Regiment du
Roi , s'étoit retiré à Condom auprès de l'Evêque
son Oncle ; un autre connu sous le nom du sieur
de Mesne , resident à Tours , et un troisiéme qui
est Alexandre Milon , né à Paris le 13. Juin 1688 .
Docteur en Théologie de la Faculté de Paris du
18. Octobre 1714. ci-devant Aumônier du Roi ,
et à présent Evêque de Valence en Dauphiné qui
a été nommé à cet Evêché le 7. May 1725 .
et sacré le 31. Mars 1728. et qui a obtenu au
mois de May 1728. l'Abbaye de Leoncel,Ordre
de Citaux , Diocèse de Die.
Le 25. Janvier M. Pierre de Brilhat , Vicomte,
de Geneay en Poitou , Seigneur de Nouzières en
ngoumois , Premier President au Parlement de
Bretagne , mourut à Paris agé de 67. ans , étant
né le 26. Janvier 1667. Il étoit dans la 31. année
de l'éxercice de sa Charge de Premier Président,
en laquelle il avoit été reçu le 16. Juin 1703
étant auparavant Conseiller au Parlement de
Paris , depuis le 27. Fevrier 1688. Il étoit Fils
ainé de Nicolas de Brilhat , Seigneur de Nouzieres
, Vicomte de Geneay , Conseiller au Parlement
de Paris , et de Jeanne Auzanne , et avoit
épousé en premieres noces le 17. Septembre 1693 ,
Marie-Anne de Chouet, Fille de Pierre de Choüett
Seigneur de Gevreau , Conseiller au Parlement
I v de
398 MERCURE DE FRANCE
de Bretagne , et de Marie du Moley ; et en se
condes noces Pelagie- Constance de Lys , Fille
d'un Conseiller au même Parlement. Cette derniere
mourut de la petite verole à Paris le 11 .
Novembre 1731. agée d'environ 43. ans. Il a
laissé des Enfans de l'une et de l'autre.
:
Le même jour Emanuel Pierre-Claude Raymond
, Ecuyer , Sieur de Marcest , Lieuter ne
au Regiment de Rosnyvinen , Dragons , File
feu Pierre Raymond, Ecuyer , Seigneur de
cest , Lieutenant de Roy en la Province de Bo
bonnois , et auparavant Lieutenant au Régime :
des Gardes Françoises , mort le 8. Juillet 12
59. ans ; et de Dame Elizabeth River sa YouT
mourut d'une maladie de poitrine à Paris , gé
21. ans f . mois 24. jours. Il avoit fait sa pa
miere Campagne l'année derniere en Allem
à
"
Gabriel-Jean Nicolas, Seigneur de la Reyre , er
de Tralage , Fils de feu Gabriel Nicolas , Signeur
de-la Reynie de Tralage , et de Vic , Conseiller
d'Etat ordinaire , et Sous- Doyen du Conseil
, et auparavant Lieutenant General de Police
de la Ville de Paris , mort le 14. Juin 1709 .
l'age de 84. ans , et de Gabrielle de Garibal
mourut à Rome , le 26. Janvier , où il s'étoit
retiré depuis plusieurs années. Il n'avoit point
été marié.
Le 28 , Janvier Dame Marie- Therese Poyrel
de Grandval , veuve depuis le 24. Juin 1724. de
Jean du Puis , Ecuyer, Conseiller, Tresorier General
de la Maison du Roi , mourut à Paris ,
agé de 68. ans . mois , laissant un Fils qui est
Pierre du Puis , reçu Conseiller au Parlement de
Paris le 27. Janvier 1712.puis Président au Grand
Conseil le 9. Fevrier 1720. qui a épousé l'Ainée
des trois Filles de feu Charles Ruau du Tronchot,
Seigneur
FEVRIER 1734. 399
Seigneur de Ville - Dieu &c. Chevalier de l'Ordre
du Roi, Secretaire de S. M. Maison , Couronne
de France , et de ses Finances , Ancien Fermier
General , mort le 20. Juillet 1729. et de Marie-
Anne Lépinau , de laquelle il a des enfans.
Dame Anne-Magdelaine Adelaide de Maupeou,
Fille de René- Charles de Maupeou , Marquis de
Motangle , et de Montigny , President à Mortier
au Parlement de Paris , et d'Anne-Victoire de
Lamoignon de Courson , et Epouse de François-
Louis de Louvet de Murat , Comte de Nogaret ,
de Cauvisson , Capitaine de Cavalerie dans le
Regiment Dauphin ; mariée le 22. Novembre
1731. mourut le 28. Janvier en couches de son
premier enfant , mort incontinent après , agé de
19. ans 5. jours , fort regrettée . Elle fut inhumée
le lendemain aux Cordeliers.
La nuit du 30. au 31. Janvier , Charles - Her
cules d'Albert , Chevalier de Luynes , Chef d'Escadre
des Armées Navales du Roi depuis 1422,
et Capitaine des Gardes du Pavillon , Amiral
qui avoit servi en dernier lieu , en qualité de Chef
d'Escadre sur l'Escadre qui a été envoiée l'année
derniere dans la Mer Baltique , sous les ordres du
Marquis de la Luzerne , Lieutenant General ,
mourut à Paris , dans la 60. année de son age ,
étant né le 8. Mars 1674. Il étoit second Fils de
Louis - Charles d'Albert , Duc de Luynes , Paix
de France , mort le 20. Octobre 1690. et d'Anne
de Rhohan de Montbason ,sa deuxième femme ,
morte le 29. Octobre 1684. et grand oncle de
Charles- Philippe d'Albert , aujourd'huy Duc de
Luynes , Pair de France.
Le premier Fevrier , Louis le Gendre , Prêtre,
natif de Rouen , Chanoine du 15. Avril 1690 .
et Sous-Chantre de l'Eglise Métropolitaine de
I vi
Paris
400 MERCURE DE FRANCE
·
Paris du .Juillet 1723.et Abbé Commandataire
de l'Abbaïe Roiale deN.D. de Claire - Fontaine
O.S.A.Diocèse de Chartres du mois de Decembre
1724.mourut en sa MaisonCanoniale, agé de 78.
ans. Il étoit Auteur d'une Histoire de France , imprimée
d'abord en plusieurs volumes in 12. puis
en dernier lieu en 3. vol. in fol . à laquelle est
joint un ouvrage intitulé Mours des François ,
dont il y a aussi une Edition in 12. morceau estimé.
On a encore de lui une Histoire du Cardinal
d'Amboise , 3. vol . in 12. et 1. vol . in 4º. On a
de plus de lui , une Vie Latine de François de
Harlay , Archêveque de Paris , son Bienfaicteur ,
le tout écrit d'un bon Stile .
>
Jean Baptiste du Moustier , Clerc du Diocèse
de Bayeux, Abbé Commandataire de l'Abbaie de
la Victoire , O.S A Diocèse de Senlis , depuis
le 8. Janvier 172 1. et auparavant de celle de Saint
Sauveur de Blaye , O. S. B. Diocèse de Bourdeaux
depuis le 6 Novembre 1717. aussi Prieur
d'Huriel , Aumônier du Duc de Bourbon , et
Secretaire de ses commandemens ; et ci-devant
Instituteur de la jeunesse de ce Prince , mourut
à l'Hôtel de Condé , le 1, Fevrier , après une longue
maladie.
Le neuf Fevrier Dame Marguerite-Charlote de
la Roche de Fontenilles , Fille de feu François de
la Roche , Marquis de Fontenilles , mort en 1728.
et de Dame Marie- Therese de Mesme , et Epouse
depuis le 16. Avril 1733. de Simon -Joseph de
Raousset , Marquis de Seillon , Conseiller au
Parlement de Provence , mourut en couches ,
agée d'environ 33. ans.
D. marie Anne le Bault de Langy , Fille ainée
de Gilbert - François le Bault , Chevalier Seigneur
de Langy en Nivernois , et de D. Anne-Radegonde
FEVRIER. 1734. 401
gonde Charpentier de Crecy , mourut en la ville
de Saint Saulge en la même Province , le 10. Fevrier
, agée d'environ 30. ans. La famille de le
Bault de Langy , ancienne Noblesse de Nivernois,
porte de gueules au chevron d'or , accompagné
de trois Merlettes de sable.
M. Pierre-Maurice Boulard , Ecuyer , Chevalier
, Commandeur , Secretaire General , et Greffier
de l'Ordre Royale Militaire et Hospitalier
de Notre- Dame de Mont- Carmel et de Saint
Lazare de Jerusalem , et Intendant et Secretairedes
commandemens de S. A.S. Monseigneur le
Prince de Conty , mourut le 18. Janvier 1734.
agé d'environ 62. ans. Il étoit Fils de Pierre
Boulard , qui a été emploié pendant plus de 30.
années en qualité de premier Secretaire des Ambassades
du feu Comte d'Avaux , tant à Venize
au Traité de paix de Nimegue en Holande ,qu'en
Irlande à la suite de Jacques I I. Roi d'Angletaire.
N. Boulard son Fils , a commencé en l'année
1701. à servir le Roy en la même qualité ,
sous le même ministere en Holande , et à continué
à son retour en France , de travailler aux
mêmes affaires jusqu'à la mort du Comte d'Avaux
, arrivée en 1709. Il fut depuis choisi pour
Premier Secretaire de l'Ambassade du feu Marechal
d'Uxelles , Plenipotentiaire aux Conferences
de Gertrudemberg , et ensuite Premier Secretaire
de M. de Mesme , Premier Président du Parlement.
Il a été reçu Chevalier de l'Ordre Militaire
et Hospitalier de Saint Lazare , le 9. Octobre
1716. Commandeur et Secretaire General ,
et Greffier du mêine Ordre , le 15. Juillet 1728,
Le Roi pour recompenser les services du Sieur
Boulard , et de son Pere lui avoit accordé des Lertres
de Noblesse pour lui et sa posterité , par Lettres
402 MERCURE DE FRANCE
tres Patentes du mois de Fevrier 1719. et depuis
La mort de M. de Mesme , Premier President ,
feu S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty ,
connoissant la probité , capacité , et le désinteressement
du Sieur Boulard , l'a choisi pour le
mettre à la tête des affaires de sa Maison en qualité
de son Intendant General , et Secretaire de
ses Commandemens , et il a toujours été honnoré
de la confiance de ce Prince , et de celle de
Madame la Princesse, et de Monseigneur le Prince
de Conty leur Fils , qui ont donné des preuves
éclatantes de leur satisfaction . Le merite d'un si
digne sujet , le fait regretter universellement.
René- Charles -Elizabeth de Coëtlogon, Comte
de Loyat , Châtelain de-la Gaudinaye , Sindic General
des Etats de- la Province de Bretagne , mourut
à Paris le 19. Fevrier agé de 60. ans , Il étoit
Neveu de feu Alain- Emanuel de Coëtlogon,Maréchal
et Vice- Amiral de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Grand - Croix de l'Ordre Militaire
de Saint Louis &c. mort le 7. May 1730*
à l'age de 83. ans, et il avoit épousé Anne Auvril ,
Fille unique de René Auvril , Seigneur de la
Roche et de Genevieve Menardo, de laquelle il
a laissé Louis de Coëtlogon , Lieutenant dans le
Regiment du Roi , puis reçu Cornette dans la scconde
Compagnie des Mousquetaires le 30. May
1731. Emanuel- Louis de Coëtlogon , Capitaine
de Dragons dans le Regiment , Mestre de Camp
General ; Emanuel Marie , Chevalier de Coërlogon
, Lieutenant de Vaisseaux ; et René- Anne
Elizabeth de Coetlogon , Abbé Commandataire
de l'Abbaie de Saint Memin près de Châlons sur
Marne , depuis le mois d'Octobre 1729. La Genealogie
de la Maison de Coëtlogon , du Dio
cèse de Saint Brieuc , en basse Bretagne , est raportée
FEVRIER 1734. 403
portée dans la nouvelle Edition des Grands Offi
ciers de la Couronne , article des Maréchaux de
France tome 7. page 717. où elle est remontée
jusqu'à la fin du 12. Siecle. Ses Armes sont de
Gueules à trois Ecussons d'Hermines passées.
2. et I.
On mande de Bourgogne , que le nommé
Jean Coquelay , du village de Presle , Bailliage
d'Avallon , Intendance de Dijon , étoit mort depuis
peu , agé de 106 ans ; étant né le 15. Septembre
1627. Il avoit conservé son bon sens jusqu'à
sa mort ; il marchoit encore très - bien deux
jours auparavant , et il ne se souvenoit pas d'avoir
jamais été malade ; il a vû sa cinquième
Generation , dont il subsiste encore plusieurs
Enfans.
Il y a dans ce village , et aux environs , des
Habitans qui ont plus de 90. ans , qui travaillent
journellement . Ce n'est pas seulement parmi les
villagois , mais il y a aussi plusieurs Gentils- Hommes
dans ces Cantons , qui sont de même age
et qui vont tous les jours à la Chasse , soit
pied ou à cheval : l'Air y est extrémement pur ,
et il n'y a presque jamais de malades.
Le 25. Fevrier 1734. a été baptisée à S.Sulpice
Marie-Celse-Antoinette , née le jour précedent
fille de Jean - Baptiste - François de Cugnac , appellé
le Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau
, Mestre de Camp de Cavalerie , cy-devant
Cornette des Chevaux Legers de Berry , et de
D. Françoise- Charlotte de Langhac , qui ont
été mariez le 7 Juillet 1732. elle a été tenuë
sur les Fonts par Mrs Michel Celse Roger de
Rabutin , Comte de Bussy , Evêque de Luçon,
l'un des 40 de l'Académie Françoise son parent
paternel
404 MERCURE DE FRANCE
paternel et maternel , et par D. Marie-Magdelaine
-Henriette de Lagny son ayeule paternelle,
veuve depuis 1724. de François de Cugnac ,
Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau ,
d'Hautevenne , & c .
Le 13 Janvier a été célebré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Pontchartrain le Mariage de
Louis -Charles de Gouffier , Marquis d'Heilly,
Ribemont &c. né du vingt - sept Septembre
1698. Mestre de Camp du Régiment de Condé
Cavalerie , par Commission du 24 Novembre
1719. Fils de feu Charles- Antoine de Gouffier
, Marquis d'Heilly , Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , mort à l'âge de 33 ans , des
blessures qu'il avoit receues a la Bataille de Ramillies
, le 23 May 1706. et de Dame Catherine-
Angelique d'Albert de Luynes , sa veuve ,
avec Dile Marie- Catherine Phelypeaux , fille
mineure , et unique héritiere de feu François
Phelypeaux , Chevalier Seigneur d'Outreville
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy , mort le 19 Décembre 1715 , dans la ! 26
année de son âge , et de feue D. Marie - Catherine
Voisin sa femme , fille d'un Conseiller au
Parlement de Rouen , morte âgée de 39 ans
le 2 Février 1717. la Mariée est petite niéce de
feu Louis Phelypeaux de Pontchartrain , Chancelier
de France . La Généalogie de la Maison
de Gouffier , dont il subsiste encore plusieurs
branches est rapportée dans l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne , à l'Art . des
Duchez non Pairies Tom. f . pag. 605 .
+6
Le 26 Janvier , Angelique - François de Renoüard
,
FEVRIER. 1734 405
豎
nouard , Chevalier , Comte de Villayer et d'Auteuil
, Seigneur de Drouges , Couvrau , &c . Maftre
des Requêtes Ordinaire de l'Hôtel du Roy ,
depuis 1719. et auparavant Conseiller au Parlement
de Paris, où il avoit été reçu en 1716. fils
unique , né posthume de feu Jean - Jacques de
Renouard , Comte de Villayer , Conseiller au
Parlement de Bretagne ; et de deffunte Dame
Michelle-Lucrece Chappel , morte le 22 Janvier
1717. et petit- fils de Jean - Jacques de Renouard
, Comte de Villayer , mort Doïen du
Conseil d'Etat du Roy , et l'un des quarante de
l'Académie Françoise , les Mars 1691. âgé de
86 ans , a été marié avec Dame Angelique- Clau
de de Marescot , Dame de Thoiry , àgée de 29
ans , du 7 du même mois de Janvier , et veuve
depuis le Novembre 1731. d'Adrien Claude de
Baussan , son cousin germain , Ecuyer du Roy ,
dont elle a un fils unique. Elle est fille et seule
heritiére de feu Gilles - Michel de Marescot , Seigneur
de Thoiry , de Morgue , &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , Maréchal General des Logis
de la Cavalerie Legere de France , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S Louis , mort le 8
Mars 1714 et de feue Angelique Dappougny , sa
femme , morte le 9 Janvier 1705. Les Armes de
la famille de la Mariée sont de Gueules à trois
faces d'argent à un Lion Léopardé , brochant sur
Le tout , et un Chef de même , chargé d'un Aigle ,
Couronné de sable , et pour Cimier un Léopard ,
surmonté d'un Aigle couronné, qui sont les Armes
des Marescotti de Boulogne en Italie , qui ont
reconnu les Marescot de France pour leurs pa
>
rens. La famille de Renouard - Villayer est de
Bretagne , et porte pour armes , d'Argent à une
Quinte-feuille , percée de Gueules.
et Mariages.
LBA
Edix- neuf Janvier Dame Marie -Magdelene
Baudin , Epouse de Mathias Goudin , Conseilde
ler en la Cour des Aydes de Paris , et qui avoit
été mariée le 18 Fevrier 1732.mourut en couches
de son deuxième enfant , agée de 27. ans.
>
Le 24. Janvier M. Louis Milon , Evêque et
Seigneur de Condom Prieur des Prieurés de
S. Marcel , de Villiers S. Sepulchre , et des deux
Gemeaux , Docteur en Théologie de la Faculté
11
de
396 MERCURE DE FRANCE
de Paris du 4. Juillet 1685. mourut en son Château
à deux lieuës de Condom , agé d'environ
76. ans , et dans la 41. année de son Episcopat ,
ayant été nommé à l'Evêché de Condom , Suffra
(gant de Bourdeaux , le 1. Novembre 1693 et sacré
le 14. Fevrier 1694. Il avoit été auparavant
Chanoine de l'Eglise de Saint Martin de Tours,
et Aumônier du Roi . Ce Prêlat qui est fort regretté
dans son Diocèse , a fondé à Condom un Hôpital
, dans lequel les pauvres sont emploïés à
divers Arts et Métiers , et il a confié l'administration
de cette Maison aux Soeurs appellées de
la Foy. Il a établi les mêmes Soeurs à Nérac ,
pour instruire et cathechiser les jeunes Filles de
la Religion protestante , a retabli les Eglises de
Monchenit , et de Puge , que les Religionaires
avoient entierement detruites , et a achevé son Palais
Episcopal qui avoit été deja commencé à
grands frais . Il assista en 1705. à l'Assemblée
générale du Clergé , en qualité d'un des Députés
de la Province de Bourdeaux . Ce Prélat étoit
deuxième Fils d'Alexandre Milon , Seigneur de
la Borde , Mesne Amnon &c. Président , Trésorier
General de rance en Berri , mort le 10.
May 1687. et de Françoise Palla , morte le 26.
May 1703. Il avoit pour Frere aîné Aléxandre
Milon , Maîtte des Requêtes Honoraire de l'Hôtel
du Roi , qui vient d'entrer dans la 82. année
de son age , et qui est veuf depuis le 6. Janvier
1700. de Marie - Magdelene Thérese Coicault de
Chevigny , de laquelle il avoit eu Françoise- Elizabeth
Milon , Fille unique , mariée le 19. Fevrier
1700. avec Louis- Charles de Machault ,
Seigneur d'Arnouville , Conseiller d'Etat ordinaire
, et morte le 22. Janvier 1720. laissant un
Fils unique , qui est Maître des Requêtes depuis
1728
1
FEVRIER . 1734 397
1718. L'Eveque de Condom avoit pour frere
puîné Henry Milon , Seigneur de Mesne , Intendant
General des Turces et levées de France ,
et Grand-Maître des Eaux et forêts de France en
Touraine , puis en Poitou , Auni , Saintonge ,
Engoumois , Limosin , haute et basse Marche ,
Bourbonnois , et Nivernois , mort depuis plusieurs
années , ayant laissé de Jeanne - Françoise
Angelique Collin sa femme , trois Fils , dont l'un ,
après avoir été Capitaine dans le Regiment du
Roi , s'étoit retiré à Condom auprès de l'Evêque
son Oncle ; un autre connu sous le nom du sieur
de Mesne , resident à Tours , et un troisiéme qui
est Alexandre Milon , né à Paris le 13. Juin 1688 .
Docteur en Théologie de la Faculté de Paris du
18. Octobre 1714. ci-devant Aumônier du Roi ,
et à présent Evêque de Valence en Dauphiné qui
a été nommé à cet Evêché le 7. May 1725 .
et sacré le 31. Mars 1728. et qui a obtenu au
mois de May 1728. l'Abbaye de Leoncel,Ordre
de Citaux , Diocèse de Die.
Le 25. Janvier M. Pierre de Brilhat , Vicomte,
de Geneay en Poitou , Seigneur de Nouzières en
ngoumois , Premier President au Parlement de
Bretagne , mourut à Paris agé de 67. ans , étant
né le 26. Janvier 1667. Il étoit dans la 31. année
de l'éxercice de sa Charge de Premier Président,
en laquelle il avoit été reçu le 16. Juin 1703
étant auparavant Conseiller au Parlement de
Paris , depuis le 27. Fevrier 1688. Il étoit Fils
ainé de Nicolas de Brilhat , Seigneur de Nouzieres
, Vicomte de Geneay , Conseiller au Parlement
de Paris , et de Jeanne Auzanne , et avoit
épousé en premieres noces le 17. Septembre 1693 ,
Marie-Anne de Chouet, Fille de Pierre de Choüett
Seigneur de Gevreau , Conseiller au Parlement
I v de
398 MERCURE DE FRANCE
de Bretagne , et de Marie du Moley ; et en se
condes noces Pelagie- Constance de Lys , Fille
d'un Conseiller au même Parlement. Cette derniere
mourut de la petite verole à Paris le 11 .
Novembre 1731. agée d'environ 43. ans. Il a
laissé des Enfans de l'une et de l'autre.
:
Le même jour Emanuel Pierre-Claude Raymond
, Ecuyer , Sieur de Marcest , Lieuter ne
au Regiment de Rosnyvinen , Dragons , File
feu Pierre Raymond, Ecuyer , Seigneur de
cest , Lieutenant de Roy en la Province de Bo
bonnois , et auparavant Lieutenant au Régime :
des Gardes Françoises , mort le 8. Juillet 12
59. ans ; et de Dame Elizabeth River sa YouT
mourut d'une maladie de poitrine à Paris , gé
21. ans f . mois 24. jours. Il avoit fait sa pa
miere Campagne l'année derniere en Allem
à
"
Gabriel-Jean Nicolas, Seigneur de la Reyre , er
de Tralage , Fils de feu Gabriel Nicolas , Signeur
de-la Reynie de Tralage , et de Vic , Conseiller
d'Etat ordinaire , et Sous- Doyen du Conseil
, et auparavant Lieutenant General de Police
de la Ville de Paris , mort le 14. Juin 1709 .
l'age de 84. ans , et de Gabrielle de Garibal
mourut à Rome , le 26. Janvier , où il s'étoit
retiré depuis plusieurs années. Il n'avoit point
été marié.
Le 28 , Janvier Dame Marie- Therese Poyrel
de Grandval , veuve depuis le 24. Juin 1724. de
Jean du Puis , Ecuyer, Conseiller, Tresorier General
de la Maison du Roi , mourut à Paris ,
agé de 68. ans . mois , laissant un Fils qui est
Pierre du Puis , reçu Conseiller au Parlement de
Paris le 27. Janvier 1712.puis Président au Grand
Conseil le 9. Fevrier 1720. qui a épousé l'Ainée
des trois Filles de feu Charles Ruau du Tronchot,
Seigneur
FEVRIER 1734. 399
Seigneur de Ville - Dieu &c. Chevalier de l'Ordre
du Roi, Secretaire de S. M. Maison , Couronne
de France , et de ses Finances , Ancien Fermier
General , mort le 20. Juillet 1729. et de Marie-
Anne Lépinau , de laquelle il a des enfans.
Dame Anne-Magdelaine Adelaide de Maupeou,
Fille de René- Charles de Maupeou , Marquis de
Motangle , et de Montigny , President à Mortier
au Parlement de Paris , et d'Anne-Victoire de
Lamoignon de Courson , et Epouse de François-
Louis de Louvet de Murat , Comte de Nogaret ,
de Cauvisson , Capitaine de Cavalerie dans le
Regiment Dauphin ; mariée le 22. Novembre
1731. mourut le 28. Janvier en couches de son
premier enfant , mort incontinent après , agé de
19. ans 5. jours , fort regrettée . Elle fut inhumée
le lendemain aux Cordeliers.
La nuit du 30. au 31. Janvier , Charles - Her
cules d'Albert , Chevalier de Luynes , Chef d'Escadre
des Armées Navales du Roi depuis 1422,
et Capitaine des Gardes du Pavillon , Amiral
qui avoit servi en dernier lieu , en qualité de Chef
d'Escadre sur l'Escadre qui a été envoiée l'année
derniere dans la Mer Baltique , sous les ordres du
Marquis de la Luzerne , Lieutenant General ,
mourut à Paris , dans la 60. année de son age ,
étant né le 8. Mars 1674. Il étoit second Fils de
Louis - Charles d'Albert , Duc de Luynes , Paix
de France , mort le 20. Octobre 1690. et d'Anne
de Rhohan de Montbason ,sa deuxième femme ,
morte le 29. Octobre 1684. et grand oncle de
Charles- Philippe d'Albert , aujourd'huy Duc de
Luynes , Pair de France.
Le premier Fevrier , Louis le Gendre , Prêtre,
natif de Rouen , Chanoine du 15. Avril 1690 .
et Sous-Chantre de l'Eglise Métropolitaine de
I vi
Paris
400 MERCURE DE FRANCE
·
Paris du .Juillet 1723.et Abbé Commandataire
de l'Abbaïe Roiale deN.D. de Claire - Fontaine
O.S.A.Diocèse de Chartres du mois de Decembre
1724.mourut en sa MaisonCanoniale, agé de 78.
ans. Il étoit Auteur d'une Histoire de France , imprimée
d'abord en plusieurs volumes in 12. puis
en dernier lieu en 3. vol. in fol . à laquelle est
joint un ouvrage intitulé Mours des François ,
dont il y a aussi une Edition in 12. morceau estimé.
On a encore de lui une Histoire du Cardinal
d'Amboise , 3. vol . in 12. et 1. vol . in 4º. On a
de plus de lui , une Vie Latine de François de
Harlay , Archêveque de Paris , son Bienfaicteur ,
le tout écrit d'un bon Stile .
>
Jean Baptiste du Moustier , Clerc du Diocèse
de Bayeux, Abbé Commandataire de l'Abbaie de
la Victoire , O.S A Diocèse de Senlis , depuis
le 8. Janvier 172 1. et auparavant de celle de Saint
Sauveur de Blaye , O. S. B. Diocèse de Bourdeaux
depuis le 6 Novembre 1717. aussi Prieur
d'Huriel , Aumônier du Duc de Bourbon , et
Secretaire de ses commandemens ; et ci-devant
Instituteur de la jeunesse de ce Prince , mourut
à l'Hôtel de Condé , le 1, Fevrier , après une longue
maladie.
Le neuf Fevrier Dame Marguerite-Charlote de
la Roche de Fontenilles , Fille de feu François de
la Roche , Marquis de Fontenilles , mort en 1728.
et de Dame Marie- Therese de Mesme , et Epouse
depuis le 16. Avril 1733. de Simon -Joseph de
Raousset , Marquis de Seillon , Conseiller au
Parlement de Provence , mourut en couches ,
agée d'environ 33. ans.
D. marie Anne le Bault de Langy , Fille ainée
de Gilbert - François le Bault , Chevalier Seigneur
de Langy en Nivernois , et de D. Anne-Radegonde
FEVRIER. 1734. 401
gonde Charpentier de Crecy , mourut en la ville
de Saint Saulge en la même Province , le 10. Fevrier
, agée d'environ 30. ans. La famille de le
Bault de Langy , ancienne Noblesse de Nivernois,
porte de gueules au chevron d'or , accompagné
de trois Merlettes de sable.
M. Pierre-Maurice Boulard , Ecuyer , Chevalier
, Commandeur , Secretaire General , et Greffier
de l'Ordre Royale Militaire et Hospitalier
de Notre- Dame de Mont- Carmel et de Saint
Lazare de Jerusalem , et Intendant et Secretairedes
commandemens de S. A.S. Monseigneur le
Prince de Conty , mourut le 18. Janvier 1734.
agé d'environ 62. ans. Il étoit Fils de Pierre
Boulard , qui a été emploié pendant plus de 30.
années en qualité de premier Secretaire des Ambassades
du feu Comte d'Avaux , tant à Venize
au Traité de paix de Nimegue en Holande ,qu'en
Irlande à la suite de Jacques I I. Roi d'Angletaire.
N. Boulard son Fils , a commencé en l'année
1701. à servir le Roy en la même qualité ,
sous le même ministere en Holande , et à continué
à son retour en France , de travailler aux
mêmes affaires jusqu'à la mort du Comte d'Avaux
, arrivée en 1709. Il fut depuis choisi pour
Premier Secretaire de l'Ambassade du feu Marechal
d'Uxelles , Plenipotentiaire aux Conferences
de Gertrudemberg , et ensuite Premier Secretaire
de M. de Mesme , Premier Président du Parlement.
Il a été reçu Chevalier de l'Ordre Militaire
et Hospitalier de Saint Lazare , le 9. Octobre
1716. Commandeur et Secretaire General ,
et Greffier du mêine Ordre , le 15. Juillet 1728,
Le Roi pour recompenser les services du Sieur
Boulard , et de son Pere lui avoit accordé des Lertres
de Noblesse pour lui et sa posterité , par Lettres
402 MERCURE DE FRANCE
tres Patentes du mois de Fevrier 1719. et depuis
La mort de M. de Mesme , Premier President ,
feu S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty ,
connoissant la probité , capacité , et le désinteressement
du Sieur Boulard , l'a choisi pour le
mettre à la tête des affaires de sa Maison en qualité
de son Intendant General , et Secretaire de
ses Commandemens , et il a toujours été honnoré
de la confiance de ce Prince , et de celle de
Madame la Princesse, et de Monseigneur le Prince
de Conty leur Fils , qui ont donné des preuves
éclatantes de leur satisfaction . Le merite d'un si
digne sujet , le fait regretter universellement.
René- Charles -Elizabeth de Coëtlogon, Comte
de Loyat , Châtelain de-la Gaudinaye , Sindic General
des Etats de- la Province de Bretagne , mourut
à Paris le 19. Fevrier agé de 60. ans , Il étoit
Neveu de feu Alain- Emanuel de Coëtlogon,Maréchal
et Vice- Amiral de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Grand - Croix de l'Ordre Militaire
de Saint Louis &c. mort le 7. May 1730*
à l'age de 83. ans, et il avoit épousé Anne Auvril ,
Fille unique de René Auvril , Seigneur de la
Roche et de Genevieve Menardo, de laquelle il
a laissé Louis de Coëtlogon , Lieutenant dans le
Regiment du Roi , puis reçu Cornette dans la scconde
Compagnie des Mousquetaires le 30. May
1731. Emanuel- Louis de Coëtlogon , Capitaine
de Dragons dans le Regiment , Mestre de Camp
General ; Emanuel Marie , Chevalier de Coërlogon
, Lieutenant de Vaisseaux ; et René- Anne
Elizabeth de Coetlogon , Abbé Commandataire
de l'Abbaie de Saint Memin près de Châlons sur
Marne , depuis le mois d'Octobre 1729. La Genealogie
de la Maison de Coëtlogon , du Dio
cèse de Saint Brieuc , en basse Bretagne , est raportée
FEVRIER 1734. 403
portée dans la nouvelle Edition des Grands Offi
ciers de la Couronne , article des Maréchaux de
France tome 7. page 717. où elle est remontée
jusqu'à la fin du 12. Siecle. Ses Armes sont de
Gueules à trois Ecussons d'Hermines passées.
2. et I.
On mande de Bourgogne , que le nommé
Jean Coquelay , du village de Presle , Bailliage
d'Avallon , Intendance de Dijon , étoit mort depuis
peu , agé de 106 ans ; étant né le 15. Septembre
1627. Il avoit conservé son bon sens jusqu'à
sa mort ; il marchoit encore très - bien deux
jours auparavant , et il ne se souvenoit pas d'avoir
jamais été malade ; il a vû sa cinquième
Generation , dont il subsiste encore plusieurs
Enfans.
Il y a dans ce village , et aux environs , des
Habitans qui ont plus de 90. ans , qui travaillent
journellement . Ce n'est pas seulement parmi les
villagois , mais il y a aussi plusieurs Gentils- Hommes
dans ces Cantons , qui sont de même age
et qui vont tous les jours à la Chasse , soit
pied ou à cheval : l'Air y est extrémement pur ,
et il n'y a presque jamais de malades.
Le 25. Fevrier 1734. a été baptisée à S.Sulpice
Marie-Celse-Antoinette , née le jour précedent
fille de Jean - Baptiste - François de Cugnac , appellé
le Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau
, Mestre de Camp de Cavalerie , cy-devant
Cornette des Chevaux Legers de Berry , et de
D. Françoise- Charlotte de Langhac , qui ont
été mariez le 7 Juillet 1732. elle a été tenuë
sur les Fonts par Mrs Michel Celse Roger de
Rabutin , Comte de Bussy , Evêque de Luçon,
l'un des 40 de l'Académie Françoise son parent
paternel
404 MERCURE DE FRANCE
paternel et maternel , et par D. Marie-Magdelaine
-Henriette de Lagny son ayeule paternelle,
veuve depuis 1724. de François de Cugnac ,
Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau ,
d'Hautevenne , & c .
Le 13 Janvier a été célebré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Pontchartrain le Mariage de
Louis -Charles de Gouffier , Marquis d'Heilly,
Ribemont &c. né du vingt - sept Septembre
1698. Mestre de Camp du Régiment de Condé
Cavalerie , par Commission du 24 Novembre
1719. Fils de feu Charles- Antoine de Gouffier
, Marquis d'Heilly , Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , mort à l'âge de 33 ans , des
blessures qu'il avoit receues a la Bataille de Ramillies
, le 23 May 1706. et de Dame Catherine-
Angelique d'Albert de Luynes , sa veuve ,
avec Dile Marie- Catherine Phelypeaux , fille
mineure , et unique héritiere de feu François
Phelypeaux , Chevalier Seigneur d'Outreville
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy , mort le 19 Décembre 1715 , dans la ! 26
année de son âge , et de feue D. Marie - Catherine
Voisin sa femme , fille d'un Conseiller au
Parlement de Rouen , morte âgée de 39 ans
le 2 Février 1717. la Mariée est petite niéce de
feu Louis Phelypeaux de Pontchartrain , Chancelier
de France . La Généalogie de la Maison
de Gouffier , dont il subsiste encore plusieurs
branches est rapportée dans l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne , à l'Art . des
Duchez non Pairies Tom. f . pag. 605 .
+6
Le 26 Janvier , Angelique - François de Renoüard
,
FEVRIER. 1734 405
豎
nouard , Chevalier , Comte de Villayer et d'Auteuil
, Seigneur de Drouges , Couvrau , &c . Maftre
des Requêtes Ordinaire de l'Hôtel du Roy ,
depuis 1719. et auparavant Conseiller au Parlement
de Paris, où il avoit été reçu en 1716. fils
unique , né posthume de feu Jean - Jacques de
Renouard , Comte de Villayer , Conseiller au
Parlement de Bretagne ; et de deffunte Dame
Michelle-Lucrece Chappel , morte le 22 Janvier
1717. et petit- fils de Jean - Jacques de Renouard
, Comte de Villayer , mort Doïen du
Conseil d'Etat du Roy , et l'un des quarante de
l'Académie Françoise , les Mars 1691. âgé de
86 ans , a été marié avec Dame Angelique- Clau
de de Marescot , Dame de Thoiry , àgée de 29
ans , du 7 du même mois de Janvier , et veuve
depuis le Novembre 1731. d'Adrien Claude de
Baussan , son cousin germain , Ecuyer du Roy ,
dont elle a un fils unique. Elle est fille et seule
heritiére de feu Gilles - Michel de Marescot , Seigneur
de Thoiry , de Morgue , &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , Maréchal General des Logis
de la Cavalerie Legere de France , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S Louis , mort le 8
Mars 1714 et de feue Angelique Dappougny , sa
femme , morte le 9 Janvier 1705. Les Armes de
la famille de la Mariée sont de Gueules à trois
faces d'argent à un Lion Léopardé , brochant sur
Le tout , et un Chef de même , chargé d'un Aigle ,
Couronné de sable , et pour Cimier un Léopard ,
surmonté d'un Aigle couronné, qui sont les Armes
des Marescotti de Boulogne en Italie , qui ont
reconnu les Marescot de France pour leurs pa
>
rens. La famille de Renouard - Villayer est de
Bretagne , et porte pour armes , d'Argent à une
Quinte-feuille , percée de Gueules.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En janvier et février 1734, plusieurs décès, naissances et mariages ont été enregistrés. Le 9 janvier, Dame Marie-Magdeleine Baudin, épouse de Mathias Goudin, est décédée en couches à l'âge de 27 ans. Elle avait été mariée le 18 février 1732. Le 24 janvier, M. Louis Milon, évêque et seigneur de Condom, est mort à son château à l'âge d'environ 76 ans. Il avait été nommé à l'évêché de Condom en 1693 et avait fondé un hôpital à Condom ainsi qu'une école pour les jeunes filles protestantes à Nérac. Il avait également rétabli des églises et achevé son palais épiscopal. Le même jour, M. Pierre de Brilhat, vicomte de Geneay en Poitou, seigneur de Nouzières en Angoumois, et premier président au Parlement de Bretagne, est décédé à Paris à l'âge de 67 ans. Le 26 janvier, Gabriel-Jean Nicolas, seigneur de la Reyre et de Tralage, est mort à Rome à l'âge de 60 ans. Le 28 janvier, Dame Marie-Thérèse Poyrel de Grandval, veuve de Jean du Puis, est décédée à Paris à l'âge de 68 ans. Le même jour, Dame Anne-Magdeleine Adélaïde de Maupeou, épouse de François-Louis de Louvet de Murat, est morte en couches à l'âge de 19 ans. La nuit du 30 au 31 janvier, Charles-Hercule d'Albert, chevalier de Luynes et chef d'escadre, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Le 1er février, Louis le Gendre, prêtre et chanoine de Paris, est mort à l'âge de 78 ans. Il était l'auteur de plusieurs ouvrages historiques. Le même jour, Jean-Baptiste du Moustier, abbé commandataire de l'abbaye de la Victoire, est décédé à l'Hôtel de Condé après une longue maladie. Le 9 février, Dame Marguerite-Charlotte de la Roche de Fontenilles, épouse de Simon-Joseph de Raousset, marquis de Seillon, est morte en couches à l'âge d'environ 33 ans. Le 10 février, Dame Marie-Anne le Bault de Langy est décédée à Saint-Saulge à l'âge d'environ 30 ans. Le 18 janvier, M. Pierre-Maurice Boulard, secrétaire général et greffier de l'Ordre de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, est mort à l'âge d'environ 62 ans. Le 19 février, René-Charles-Élisabeth de Coëtlogon, comte de Loyat, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Il était syndic général des États de la province de Bretagne et avait épousé Anne Auvril. Enfin, Jean Coquelay, un habitant du village de Presle en Bourgogne, est décédé à l'âge de 106 ans. Le 25 février, Marie-Celse-Antoinette, fille de Jean-Baptiste-François de Cugnac, Marquis de Dampierre, et de Françoise-Charlotte de Langhac, a été baptisée à Saint-Sulpice. Le 13 janvier, Louis-Charles de Gouffier, Marquis d'Heilly, a épousé Dile Marie-Catherine Phelypeaux dans la chapelle de l'Hôtel de Pontchartrain. Le 26 janvier, Angelique-François de Renouard, Chevalier et Comte de Villayer, a épousé Dame Angelique-Claude de Marescot.
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