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251
p. 2510-2511
PLAINTE de Calliope à Madame de Loste.
Début :
Quoi! serez-vous toujours indocile et rebelle [...]
Mots clefs :
Plainte, Indocile, Rebelle, Calliope, Immortalité
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texteReconnaissance textuelle : PLAINTE de Calliope à Madame de Loste.
PLAINTE de Calliope à Madame
Q
de Loste.
Voi ! serez-vous toujours indocile et re belle
Aux transports que j'excite en vous ?-
Je ne m'attendois pas qu'un Poëte fémelle
Irritat ainsi mon courroux.
Envain ai- je tenté de monter votre Lyre,
Elle est muette sous vos doigts.
J'inspirois à mon fils ce que je vous inspire ,.
Il se faisoit suivre des bois.
Sapho, Bernard, Deshoulieres , la Vigne.
N'ont répeté que mes chansons ;
Depuis quel tems , helas ! ne serois-je plus digne
Qu'on fut docile à mes leçons?
On peut comme autrefois les écouter encoreLaissez-vous vaincre à mes efforts ,
Et faites admirer du Couchant à l'Aurore
De vos Chants les nouveaux accords! {
Le Ciel vous accorda les talens nécessaires
Pour exceller dans l'art des Vers.
Vous pourriés méprisant les routes ordinaires
Suivre Pindare dans les airs.
Volés , si vous voulés , d'une aîle moins rapide
Prenés la Flute et le Hautbois ,
Chanter
NOVEMBRE. 1732. 2511
Chantez , les Prés , les Champs : cessez d'être ti mide ›
Calliope elle- même échauffe votre voix.
Peut-être craignés vous de passer pour sa- yante ; 1
·
Combien de femmes l'ont été ?
Comme elles , si l'amour de la gloire vous
tente ,
Courés à l'immortalité.
Par M. Chaband.
Q
de Loste.
Voi ! serez-vous toujours indocile et re belle
Aux transports que j'excite en vous ?-
Je ne m'attendois pas qu'un Poëte fémelle
Irritat ainsi mon courroux.
Envain ai- je tenté de monter votre Lyre,
Elle est muette sous vos doigts.
J'inspirois à mon fils ce que je vous inspire ,.
Il se faisoit suivre des bois.
Sapho, Bernard, Deshoulieres , la Vigne.
N'ont répeté que mes chansons ;
Depuis quel tems , helas ! ne serois-je plus digne
Qu'on fut docile à mes leçons?
On peut comme autrefois les écouter encoreLaissez-vous vaincre à mes efforts ,
Et faites admirer du Couchant à l'Aurore
De vos Chants les nouveaux accords! {
Le Ciel vous accorda les talens nécessaires
Pour exceller dans l'art des Vers.
Vous pourriés méprisant les routes ordinaires
Suivre Pindare dans les airs.
Volés , si vous voulés , d'une aîle moins rapide
Prenés la Flute et le Hautbois ,
Chanter
NOVEMBRE. 1732. 2511
Chantez , les Prés , les Champs : cessez d'être ti mide ›
Calliope elle- même échauffe votre voix.
Peut-être craignés vous de passer pour sa- yante ; 1
·
Combien de femmes l'ont été ?
Comme elles , si l'amour de la gloire vous
tente ,
Courés à l'immortalité.
Par M. Chaband.
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Résumé : PLAINTE de Calliope à Madame de Loste.
Dans une plainte adressée à une femme poète non nommée, Calliope, la muse de la poésie épique, exprime son mécontentement face à l'indocilité de cette poète, qui ne répond pas à ses inspirations. Calliope rappelle que des figures célèbres comme Sapho, Bernard, Deshoulières et La Vigne ont été inspirées par elle et ont répété ses chansons. Elle déplore que, de nos jours, on ne soit plus aussi docile à ses leçons. Calliope encourage la poète à laisser ses efforts porter fruit et à faire admirer ses chants du coucher au lever du soleil. Elle souligne que le ciel a doté cette femme des talents nécessaires pour exceller dans l'art des vers. Calliope l'incite à suivre Pindare ou, si elle préfère, à utiliser la flûte et le hautbois pour chanter les prés et les champs. Elle reconnaît que la poète pourrait craindre d'être qualifiée de savante, mais rappelle que de nombreuses femmes l'ont été avant elle. Calliope l'encourage à courir vers l'immortalité si l'amour de la gloire la tente. Le texte est signé par M. Chaband et daté de novembre 1732.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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252
p. 2511-2520
ARRETS NOTABLES.
Début :
ARRETS DU CONSEIL, qui ordonne la suppression d'un Ouvrage, &c. [...]
Mots clefs :
Arrêts notables, Arrêts du conseil, Roi, Parlement d'Aix, Arles, Déclaration du roi, Ordonnance, Article
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texteReconnaissance textuelle : ARRETS NOTABLES.
ARRETS NOTABLES..
RRETS DU CONSEIL, qui ordonne la Asuppression d'unouvrage , c.
LE ROY s'étant fait representer en son Conseil , un Ouvrage , qui a pour titre : Traité de l'Amour de Dieu , tiré des Livres Saints : Sa Majesté auroit reconnu que ce Livre a été imprimé
par un abus manifeste, sur un Privilege qui n'a- voit été accordé en 1729. que pour un autre Livre, ayant pour titre : Traité de la Charité envers
Dieu et que l'Auteur , dans ce dernier Ouvrage,
en s'écartant de la matiere que le titre présente ,
s'y répand dans des maximes étrangeres à son
objet , et dans des déclamations également injurieuses et temeraires. Et comme de pareils excès
ne peuvent être soufferts : Oui le Rapport. Sa
Majesté étant en son Conseil , a ordonné et or- L.vj. donne
2512 MERCURE DE FRANCE donne que ledit Ouvrage, ayant pour titre : Traité de l'Amour de Dieu , tiré des Livres Saints,sera
et demeurera supprimé. Fait deffenses à tous Libraires , Imprimeurs et Colporteurs , de l'impri- mer , vendre et colporter , ni autrement distribuer , sous les peines portées par les Edits et De- clarations de Sa Majesté : Ordonne que les Exemplaires en seront incessamment rapportez au Greffe du sieur Herault , Conseiller d'Etat, Lieutenant General de Police , auquel Sa Majesté enjoint de tenir la main à l'execution du present
Arrêt , qui sera imprimé , lû , publié et affiché par tout où besoin sera. Fait au Conseil d'Etat
du Roy, Sa Majesté y étant , tenu à Marly , le 31 Août 1732. Signé, PHELYPEAUX.
AUTRE, du même jour, concernant les Droits dûs par M. le Duc de Gesvres , pour la donation
d'immeubles faite à son profit par M.le Duc de Tresmes. Et deffend aux Sous- Fermiers des Insinuations Laïques de percevoir pour l'Insinuation des Donations entre vifs , même de celles
qui contiennent des substitutions , d'autres droits
que ceux reglez par l'Art. III . de la Déclaration
du 20 Mars 1708.
AUTRE , du même jour , portant interpréta
tions de l'Arrest du 29 Juin 1728. qui a ordonné l'abonnement des Droits de Contrôle des Actes , Petits- Sceaux et Insinuations Laïques , dans
la Province de Hainaut,
ARREST du Parlement d'Aix , contre un Libelle intitulé : Mémoire touchant l'Origine et Autorité du Parlement de France ,
Sur la réquisition verbalement faite à la Chamc.
bre
NOVEMBRE. 1732. 2513
bre ordonnée durant les Vacations par le Procureur Général du Roi en la Cour , Me. de Guey
dan , Avocat Général , portant la parole , a dit :
MESSIEURS ,
Il vient /de tomber entre nos mains un Ecrit si
témeraire et si séditieux , que nous ne pouvons
trop tôt vous le déferer , et requerir la flétrissure qu'il mérite.
L'Auteur semble d'abord ne s'y proposer que
de rehausser par des recherches historiques l'é- clat du Parlement de Paris. Tant de Titres concourent à établir l'ancienneté de cette Illustre
Compagnie , que rien n'auroit été plus aisé que de remplir ce dessein.
Mais ce n'étoit là qu'un prétexte : la fin principale de cet Ouvrage n'est en effet que de ruiner
toute subordination dans le Corps Politique , et
-d'ébranler , s'il étoit possible , la Monarchie jus- ques dans ses fondemens .
Nous ne relevons point la témerité avec laquelle cet inconnu ne craint pas de déprimer les autres Parlemens : un objet plus important anime notre zele. L'Auteur a la hardiesse de supposer en France une autorité aussi ancienne que la
Monarchie , et capable de borner la Puissance
Royale , sans laquelle le Roi ne peut nifaire des
Loix , ni déclarer la Guerre , ou conclure la Paix ,
et avec le concours de laquelle seulement , il a la
Souveraineté et tous les droits de l'Empire.
Il falloit bien s'attendre qu'un Auteur qui ménage si peu la Majesté du Trône , n'épargneroit
pas les premieres Personnes de l'Etat, que le Roi honore de sa confiance , et qui par la sagesse de
leurs conseils y répondent si dignement.
Mais
1
2514 MERCURE DE FRANCE
Mais sans nous arrêter davantage au détail
des excès dont cet Ecrit audacieux est rempli , et
que le Fanatisme seul peut inspirer , nous n'avons qu'à le mettre sous vos yeux pour exciter
toute votre indignation. Dépositaires des droits
sacrez de l'Autorité Royale , vous userez sans
doute de celle qu'il a plû à Sa Majesté de vous confier pour condamner tant de principes derestables , et apprendre au Public que le Roi possede seul et en propre la Souveraineté ; que les
Tribunaux , quelques anciens qu'ils soient , ne
tiennent leur pouvoir que de lui ; qu'ils lui en
sont comptables , et que le meilleur usage qu'ils
puissent en faire , est de maintenir les Peuples dans la soumission et l'obéissance envers le Souverain , et de mettre leur gloire à y demeurer eux-mêmes. C'ést dans cette vuë que nous avons
pris les conclusions que nous laissons à ce
sujet.
Et les Cens du Roi s'étant retirez : vû ledit
Libelle et lesdites Conclusions ; oui le Raport
de Me. Jean- Hyacinthe de Villeneufve , Baron
d'Ansoüis , Seigneur de Bras , Estoublon et Beh
legarde , Conseiller du Roi: tout consideré.
La Chambre a ordonné et ordonne que le Libelle intitulé : Mémoire touchant l'origine et l'Autorité du Parlement de France , apellé Judicium Francorum , sera laceré et brûlé par P'Exécuteur
de la Haute Justice , comme attentatoire à la Souveraineté du Roi , et contraire aux Loix fondamentales du Royaume ; a fait et fait inhibi tions et défenses à tous Libraires , Imprimeurs
et autres de l'imprimer , vendre , débiter, ou au- trement distribuer , à peine d'être poursuivis ex- traordinairement. Enjoint à tous ceux qui se
rouveront saisis des Exemplaires , de les remet- Ire
NOVEMBRE. 1732. 2518
*
tre incessamment au Greffe de la Cour , pour y
être suprimez , et qu'à la requête et diligence du Procureur Général du Roi , il sera informé par
Me. de Villeneufve , Conseiller du Roi , contra
ceux qui auroient composé , imprimé , vendu ,
débité ou autrement distribué ledit Libelle. A
ladite Chambre permis à cet effet audit Procureur
Général du Roi de se pourvoir parMonitoires et
Censures Ecclésiastiques , aux formes de droit ,
pour ce fait àlui communiqué et rapporté , être
ordonné ce qu'il appartiendra. Ordonne en outre , qu'Extraits du présent Arrêt seront expédiez
audit Procureur Général du Roi , pour être envoyez à ses Substituts dans les Siéges et Séné→
chaussées du Ressort de la Cour , dans lesquels
il sera lû , publié et registré. Enjoint ausdits Substituts de certifier la Chambre de leurs diligences. Publié à la Barre du Parlement de Pro- vence tenant la Chambre des Vacations , séant
à Aix , le deux Septembre 1732. &c.
20
Le troisiéme Septembre 1732. en éxecution du
susdit Arrêt , le Libelle y mentionné a été laceré et
jetté aufeupar l'Executeur de la Haute Justice , en
présence de nous Guillaume Roche , Greffier Au- diencier de la Cour , assisté de deux Huissiers d'icelle. Signé , ROCHE.
ARREST du Parlement d'Aix , au sujet d'un
Mandement donné par M. l'Archevêque d'Arles.
Ce jour les Gens du Roi sont entrez , et Me..
Gaspar de Gueydan , Avocat Général dudir
Seigneur Roi , portant la parole , ont dit :
MESSIEURS,,
Nous sommes obligez de vous porter nos plain-
2516 MERCURE DE FRANCE
tes sur un Mandement que M. l'Archevêque
d'Arles vient de donner au sujet da Jubilé accordé par N. S. Pere le Pape , au commencement de
son Pontificat.
Vous verrez combien cet Ouvrage est contraire à l'obéissance qui est dûë au Roi , et au respect que les personnes distinguées qu'il honore
de sa confiance , ou qui annoncent ses ordres
ont droit d'éxiger. Il entreprend sur l'Autorité
de la Cour , au sujet du droit d'Annexe , dont le
Privilege si anciennement et si sagement établi ,
interesse également les droits de Sa Majesté , et
la Jurisdiction de son Parlement. Enfin , Messieurs , cet Ecrit renferme plusieurs contraventions aux Arrêts , tant anciens que modernes,, rendus sur cette matiere,
Nous ne doutons pas qu'après qu'il aura été
lû la Chambre ne fasse droit , par un Arrêt so- lemnel aux conclusions que nous laissons à
ce sujet , avec un Exemplaire du Mandement.
Eux retirez :
Lecture faite dudit Mandement , intitulé: Mandement de M. l'Archevêque d'Arles , pour implorer
sur le Pontificat de N. S Pere le Pape Clement
XII. la continuation du secours de Dieu , afin de
bien gouverner la Sainte Eglise Catholique , du s.
Septembre 1732. Signé JACQUES , Archevêque d'Arles , par Monseigneur AUBERT , Secre- taire ; ensemble des Conclusions des Gens du
Roi l'affaire mise en déliberation.
La Chambre a reçû er reçoit le Procureur Général du Roi , appellant comme d'abus dudit.
Mandement , ensemble de la publication et éxé- cution d'icelui , si aucunes en ont été faites , lui
permet d'intimer sur ledit appel qui bon lui sem- blera
NOVEMBRE. 1732. 2517
blera , pour proceder sur icelui après la S. Re
my ; et cependant a ordonné et ordonne que
tous Exemplaires dudit Mandement demeureront
suprimez ; que celui qui a été remis sur le Bu
reau sera laceré sur le Peron du Palais par un
Huissier de la Cour , et les Affiches , si aucunes
en ont été faites dans le Diocèse , ôtées à la diligence du Procureur Général du Roi. A fait et
fait inhibitions et défenses audit Archevêque
d'Arles et autres qu'il appartiendra, de publier ,
afficher et mettre à éxécution ledit Mandement ;
à peine de saisie de leur Temporel , et à toutes
personnes d'en garder , vendre , débiter , ou autrement distribuer aucun Exemplaire : leur en
joint de porter incessamment riere le Greffe de
la Cour , ceux dont ils se trouveront saisis , sous
peine de punition exemplaire. Ordonne en ou
tre qu'à la diligence dudit Procureur Général da
Roi , il sera informé par Me. de Villeneufve ,
Conseiller du Roi , pour découvrir celui ou ceux
qui ont imprimé ledit Mandeinent , pour l'information prise, communiquée et rapportée, être
ordonné ce que de raison. Ladite Chambre fait iteratives inhibitions et défenses , tant audit Archevêque qu'à toutes autres personnes , de
mettre à éxécution les Brefs , Bulles et Rescripts
Apostoliques , sans qu'ils ayent préalablement
été annexez par la Cour , sous les peines de droit,
avec pareilles inhibitions aux Greffiers des Insinuations Ecclesiastiques , de les insinuer , sans
qu'il leur apparoisse de ladite Annexe , et à tous
Imprimeurs de les imprimer , sans faire mention.
d'icelle , à peine de mille livres d'amende. Or
donne qu'Extraits du présent Arrêt seront expé- diez au Procureur Général du Roi , pour être
envoyez à son Substitut au Siége d'Arles , et au- tres
2518 MERCURE DE FRANCE
tres Sénéchaussées du ressort de la Cour , pour
y être lû , publié et registré. Enjoint ausdits Substituts de certifier la Chambre de leurs diligences. Publié à la Barre du Parlement de Pro- tenant la Chambre des Vacations , séant
à Aix , le 18. Septembre 1732 , &c.
vence ,
Le même jour , et en exécution du susdit Arrêt ,
le Mandement y mentionné a été laceré sur le Perron du Palais par un Huissier de la Cour , en presence de nous Greffier Audiancier Civil en icelles
Signé , REGIBAUD.
ARREST du 14 Octobre , qui exempte des
droits dûs au Roy , ou à ses Fermiers , et des
droits de peages , les grains qui seront transportez des Provinces du Royaume dans celle de
Dauphiné , pendant un an , à compter du 25.
Octobre 1732-
un an,
ARREST du 23 Septembre , qui proroge pour
à compter du 15 Octobre prochain au
15 Octobre 1733. l'exemption des Droits portée
par l'Arrêt du 11 Septembre 1731. sur les
Bleds , Fromens , et autres Grains , Farines et
Légumes , qui seront transportez des Provinces
des cinq grosses Fermes , dans les Provinces réputées Etrangeres et des Provinces réputées
Etrangeres dans celles des cinq grosses Fermes ,
et deffend le transport desd. Grains à l'Etranger.
DECLARATION DU ROY, qni ordonne
que les Affirmations des Procès verbaux des Employez de toutes les Férmes , pourront être par
eux valablement faites devant les Juges des lieux.
ou les plus prochains Juges , soit Royaux ou des
Seigneurs.
NOVEMBRE. 1732. 2519
Seigneurs. Donnée à Fontainebleau , le 23 Septembre 732. Registrée en la Cour des Aydes, le 10 Octobre..
DECLARATIONDU ROY , concernant les
Caffez provenant des Plantations et Culture de
la Martinique et autres Isles Françoises de l'Amérique,y dénommées. Donnée à Fontainebleau
le 27 Septembre 1732. Registrée en la Cour des
Aydes , le 21 Octobre.
ORDONNANCE DE SA MAJESTE' , concernant les Colporteurs , du 29. Octobre , pari
laquelle il est dit que le Roi étant informé des fréquents et scandaleux abus qui se commettent
de la part des Colporteurs dans l'étenduë de la Ville de Paris , au sujet de la Publication des
differens imprimez qui y paroissent ; et S. M.
youlant les réprimer , elle a ordonné ce qui suit :
ARTICLE PREMIER.
Sa Majesté fait très-expresses inhibitions et
deffenfes à tous Colporteurs de la Ville et Fauxbourgs de Paris , de crier dans les rues , ni d'y
vendre et débiter aucuns Imprimez dont les Per- missions seront de plus ancienne datte que d'un
mois , à moins que ladite Permission n'en ait été
renouvellée , et ce , sous peine d'emprisonnement
de leurs personnes et de so. livres d'amende.
I I. Leur deffend , sous les mêmes peines , de
crier , vendre ni débiter aucuns Ouvrages de
quelque efpece et nature qu'ils soient , même au- cunes Sentences rendues par des Juges hors du ressort de ladite Ville de Paris , ni aucuns Arrêts
du Conseil , que préalablement ils n'en ayent obtenu la Permission du Lieutenant General de
Police, et ne pourront , sous les mêmes peines ,
1
publica
2520 MERCURE DE FRANCE
publier et crier lesdites Sentences et Arrêts plus
de quatre jours après ladite Permission.
III. Deffend pareillement S. M. aux Col- porteurs de crier , vendre ni autrement débiter
tous Imprimez sous quelque titre et dénomination que ce soit , quand bien même ils seroient
revétus de Privileges ou Permissions , qui auront
été imprimez ailleurs que dans ladite Ville de
Paris , ou qui auront été composez pour les differentes Provinces du Royaume , s'ils n'ont pareillement obtenu du Lieutenant General de Police la permission de vendre et distribuer lesdits
Imprimez.
IV. Leur fait S. M. très-expresses deffenses
d'annoncer au Public les differens Imprimez
qu'ils auront la permission de crier et débiter
dans ladite Ville , sous d'autres titres et dénominations que ceux qui sont mis en tête desdits Imprimez, et ce , sous les mêmes peines d'empri
sonnement de leurs personnes et de so. livres
d'amende, Enjoint S. M. au sieur Herault , Conseiller d'Etat , Lieutenant General de Police ,
de
tenir la main à l'execution de la présente Or donnance , &c.
RRETS DU CONSEIL, qui ordonne la Asuppression d'unouvrage , c.
LE ROY s'étant fait representer en son Conseil , un Ouvrage , qui a pour titre : Traité de l'Amour de Dieu , tiré des Livres Saints : Sa Majesté auroit reconnu que ce Livre a été imprimé
par un abus manifeste, sur un Privilege qui n'a- voit été accordé en 1729. que pour un autre Livre, ayant pour titre : Traité de la Charité envers
Dieu et que l'Auteur , dans ce dernier Ouvrage,
en s'écartant de la matiere que le titre présente ,
s'y répand dans des maximes étrangeres à son
objet , et dans des déclamations également injurieuses et temeraires. Et comme de pareils excès
ne peuvent être soufferts : Oui le Rapport. Sa
Majesté étant en son Conseil , a ordonné et or- L.vj. donne
2512 MERCURE DE FRANCE donne que ledit Ouvrage, ayant pour titre : Traité de l'Amour de Dieu , tiré des Livres Saints,sera
et demeurera supprimé. Fait deffenses à tous Libraires , Imprimeurs et Colporteurs , de l'impri- mer , vendre et colporter , ni autrement distribuer , sous les peines portées par les Edits et De- clarations de Sa Majesté : Ordonne que les Exemplaires en seront incessamment rapportez au Greffe du sieur Herault , Conseiller d'Etat, Lieutenant General de Police , auquel Sa Majesté enjoint de tenir la main à l'execution du present
Arrêt , qui sera imprimé , lû , publié et affiché par tout où besoin sera. Fait au Conseil d'Etat
du Roy, Sa Majesté y étant , tenu à Marly , le 31 Août 1732. Signé, PHELYPEAUX.
AUTRE, du même jour, concernant les Droits dûs par M. le Duc de Gesvres , pour la donation
d'immeubles faite à son profit par M.le Duc de Tresmes. Et deffend aux Sous- Fermiers des Insinuations Laïques de percevoir pour l'Insinuation des Donations entre vifs , même de celles
qui contiennent des substitutions , d'autres droits
que ceux reglez par l'Art. III . de la Déclaration
du 20 Mars 1708.
AUTRE , du même jour , portant interpréta
tions de l'Arrest du 29 Juin 1728. qui a ordonné l'abonnement des Droits de Contrôle des Actes , Petits- Sceaux et Insinuations Laïques , dans
la Province de Hainaut,
ARREST du Parlement d'Aix , contre un Libelle intitulé : Mémoire touchant l'Origine et Autorité du Parlement de France ,
Sur la réquisition verbalement faite à la Chamc.
bre
NOVEMBRE. 1732. 2513
bre ordonnée durant les Vacations par le Procureur Général du Roi en la Cour , Me. de Guey
dan , Avocat Général , portant la parole , a dit :
MESSIEURS ,
Il vient /de tomber entre nos mains un Ecrit si
témeraire et si séditieux , que nous ne pouvons
trop tôt vous le déferer , et requerir la flétrissure qu'il mérite.
L'Auteur semble d'abord ne s'y proposer que
de rehausser par des recherches historiques l'é- clat du Parlement de Paris. Tant de Titres concourent à établir l'ancienneté de cette Illustre
Compagnie , que rien n'auroit été plus aisé que de remplir ce dessein.
Mais ce n'étoit là qu'un prétexte : la fin principale de cet Ouvrage n'est en effet que de ruiner
toute subordination dans le Corps Politique , et
-d'ébranler , s'il étoit possible , la Monarchie jus- ques dans ses fondemens .
Nous ne relevons point la témerité avec laquelle cet inconnu ne craint pas de déprimer les autres Parlemens : un objet plus important anime notre zele. L'Auteur a la hardiesse de supposer en France une autorité aussi ancienne que la
Monarchie , et capable de borner la Puissance
Royale , sans laquelle le Roi ne peut nifaire des
Loix , ni déclarer la Guerre , ou conclure la Paix ,
et avec le concours de laquelle seulement , il a la
Souveraineté et tous les droits de l'Empire.
Il falloit bien s'attendre qu'un Auteur qui ménage si peu la Majesté du Trône , n'épargneroit
pas les premieres Personnes de l'Etat, que le Roi honore de sa confiance , et qui par la sagesse de
leurs conseils y répondent si dignement.
Mais
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2514 MERCURE DE FRANCE
Mais sans nous arrêter davantage au détail
des excès dont cet Ecrit audacieux est rempli , et
que le Fanatisme seul peut inspirer , nous n'avons qu'à le mettre sous vos yeux pour exciter
toute votre indignation. Dépositaires des droits
sacrez de l'Autorité Royale , vous userez sans
doute de celle qu'il a plû à Sa Majesté de vous confier pour condamner tant de principes derestables , et apprendre au Public que le Roi possede seul et en propre la Souveraineté ; que les
Tribunaux , quelques anciens qu'ils soient , ne
tiennent leur pouvoir que de lui ; qu'ils lui en
sont comptables , et que le meilleur usage qu'ils
puissent en faire , est de maintenir les Peuples dans la soumission et l'obéissance envers le Souverain , et de mettre leur gloire à y demeurer eux-mêmes. C'ést dans cette vuë que nous avons
pris les conclusions que nous laissons à ce
sujet.
Et les Cens du Roi s'étant retirez : vû ledit
Libelle et lesdites Conclusions ; oui le Raport
de Me. Jean- Hyacinthe de Villeneufve , Baron
d'Ansoüis , Seigneur de Bras , Estoublon et Beh
legarde , Conseiller du Roi: tout consideré.
La Chambre a ordonné et ordonne que le Libelle intitulé : Mémoire touchant l'origine et l'Autorité du Parlement de France , apellé Judicium Francorum , sera laceré et brûlé par P'Exécuteur
de la Haute Justice , comme attentatoire à la Souveraineté du Roi , et contraire aux Loix fondamentales du Royaume ; a fait et fait inhibi tions et défenses à tous Libraires , Imprimeurs
et autres de l'imprimer , vendre , débiter, ou au- trement distribuer , à peine d'être poursuivis ex- traordinairement. Enjoint à tous ceux qui se
rouveront saisis des Exemplaires , de les remet- Ire
NOVEMBRE. 1732. 2518
*
tre incessamment au Greffe de la Cour , pour y
être suprimez , et qu'à la requête et diligence du Procureur Général du Roi , il sera informé par
Me. de Villeneufve , Conseiller du Roi , contra
ceux qui auroient composé , imprimé , vendu ,
débité ou autrement distribué ledit Libelle. A
ladite Chambre permis à cet effet audit Procureur
Général du Roi de se pourvoir parMonitoires et
Censures Ecclésiastiques , aux formes de droit ,
pour ce fait àlui communiqué et rapporté , être
ordonné ce qu'il appartiendra. Ordonne en outre , qu'Extraits du présent Arrêt seront expédiez
audit Procureur Général du Roi , pour être envoyez à ses Substituts dans les Siéges et Séné→
chaussées du Ressort de la Cour , dans lesquels
il sera lû , publié et registré. Enjoint ausdits Substituts de certifier la Chambre de leurs diligences. Publié à la Barre du Parlement de Pro- vence tenant la Chambre des Vacations , séant
à Aix , le deux Septembre 1732. &c.
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Le troisiéme Septembre 1732. en éxecution du
susdit Arrêt , le Libelle y mentionné a été laceré et
jetté aufeupar l'Executeur de la Haute Justice , en
présence de nous Guillaume Roche , Greffier Au- diencier de la Cour , assisté de deux Huissiers d'icelle. Signé , ROCHE.
ARREST du Parlement d'Aix , au sujet d'un
Mandement donné par M. l'Archevêque d'Arles.
Ce jour les Gens du Roi sont entrez , et Me..
Gaspar de Gueydan , Avocat Général dudir
Seigneur Roi , portant la parole , ont dit :
MESSIEURS,,
Nous sommes obligez de vous porter nos plain-
2516 MERCURE DE FRANCE
tes sur un Mandement que M. l'Archevêque
d'Arles vient de donner au sujet da Jubilé accordé par N. S. Pere le Pape , au commencement de
son Pontificat.
Vous verrez combien cet Ouvrage est contraire à l'obéissance qui est dûë au Roi , et au respect que les personnes distinguées qu'il honore
de sa confiance , ou qui annoncent ses ordres
ont droit d'éxiger. Il entreprend sur l'Autorité
de la Cour , au sujet du droit d'Annexe , dont le
Privilege si anciennement et si sagement établi ,
interesse également les droits de Sa Majesté , et
la Jurisdiction de son Parlement. Enfin , Messieurs , cet Ecrit renferme plusieurs contraventions aux Arrêts , tant anciens que modernes,, rendus sur cette matiere,
Nous ne doutons pas qu'après qu'il aura été
lû la Chambre ne fasse droit , par un Arrêt so- lemnel aux conclusions que nous laissons à
ce sujet , avec un Exemplaire du Mandement.
Eux retirez :
Lecture faite dudit Mandement , intitulé: Mandement de M. l'Archevêque d'Arles , pour implorer
sur le Pontificat de N. S Pere le Pape Clement
XII. la continuation du secours de Dieu , afin de
bien gouverner la Sainte Eglise Catholique , du s.
Septembre 1732. Signé JACQUES , Archevêque d'Arles , par Monseigneur AUBERT , Secre- taire ; ensemble des Conclusions des Gens du
Roi l'affaire mise en déliberation.
La Chambre a reçû er reçoit le Procureur Général du Roi , appellant comme d'abus dudit.
Mandement , ensemble de la publication et éxé- cution d'icelui , si aucunes en ont été faites , lui
permet d'intimer sur ledit appel qui bon lui sem- blera
NOVEMBRE. 1732. 2517
blera , pour proceder sur icelui après la S. Re
my ; et cependant a ordonné et ordonne que
tous Exemplaires dudit Mandement demeureront
suprimez ; que celui qui a été remis sur le Bu
reau sera laceré sur le Peron du Palais par un
Huissier de la Cour , et les Affiches , si aucunes
en ont été faites dans le Diocèse , ôtées à la diligence du Procureur Général du Roi. A fait et
fait inhibitions et défenses audit Archevêque
d'Arles et autres qu'il appartiendra, de publier ,
afficher et mettre à éxécution ledit Mandement ;
à peine de saisie de leur Temporel , et à toutes
personnes d'en garder , vendre , débiter , ou autrement distribuer aucun Exemplaire : leur en
joint de porter incessamment riere le Greffe de
la Cour , ceux dont ils se trouveront saisis , sous
peine de punition exemplaire. Ordonne en ou
tre qu'à la diligence dudit Procureur Général da
Roi , il sera informé par Me. de Villeneufve ,
Conseiller du Roi , pour découvrir celui ou ceux
qui ont imprimé ledit Mandeinent , pour l'information prise, communiquée et rapportée, être
ordonné ce que de raison. Ladite Chambre fait iteratives inhibitions et défenses , tant audit Archevêque qu'à toutes autres personnes , de
mettre à éxécution les Brefs , Bulles et Rescripts
Apostoliques , sans qu'ils ayent préalablement
été annexez par la Cour , sous les peines de droit,
avec pareilles inhibitions aux Greffiers des Insinuations Ecclesiastiques , de les insinuer , sans
qu'il leur apparoisse de ladite Annexe , et à tous
Imprimeurs de les imprimer , sans faire mention.
d'icelle , à peine de mille livres d'amende. Or
donne qu'Extraits du présent Arrêt seront expé- diez au Procureur Général du Roi , pour être
envoyez à son Substitut au Siége d'Arles , et au- tres
2518 MERCURE DE FRANCE
tres Sénéchaussées du ressort de la Cour , pour
y être lû , publié et registré. Enjoint ausdits Substituts de certifier la Chambre de leurs diligences. Publié à la Barre du Parlement de Pro- tenant la Chambre des Vacations , séant
à Aix , le 18. Septembre 1732 , &c.
vence ,
Le même jour , et en exécution du susdit Arrêt ,
le Mandement y mentionné a été laceré sur le Perron du Palais par un Huissier de la Cour , en presence de nous Greffier Audiancier Civil en icelles
Signé , REGIBAUD.
ARREST du 14 Octobre , qui exempte des
droits dûs au Roy , ou à ses Fermiers , et des
droits de peages , les grains qui seront transportez des Provinces du Royaume dans celle de
Dauphiné , pendant un an , à compter du 25.
Octobre 1732-
un an,
ARREST du 23 Septembre , qui proroge pour
à compter du 15 Octobre prochain au
15 Octobre 1733. l'exemption des Droits portée
par l'Arrêt du 11 Septembre 1731. sur les
Bleds , Fromens , et autres Grains , Farines et
Légumes , qui seront transportez des Provinces
des cinq grosses Fermes , dans les Provinces réputées Etrangeres et des Provinces réputées
Etrangeres dans celles des cinq grosses Fermes ,
et deffend le transport desd. Grains à l'Etranger.
DECLARATION DU ROY, qni ordonne
que les Affirmations des Procès verbaux des Employez de toutes les Férmes , pourront être par
eux valablement faites devant les Juges des lieux.
ou les plus prochains Juges , soit Royaux ou des
Seigneurs.
NOVEMBRE. 1732. 2519
Seigneurs. Donnée à Fontainebleau , le 23 Septembre 732. Registrée en la Cour des Aydes, le 10 Octobre..
DECLARATIONDU ROY , concernant les
Caffez provenant des Plantations et Culture de
la Martinique et autres Isles Françoises de l'Amérique,y dénommées. Donnée à Fontainebleau
le 27 Septembre 1732. Registrée en la Cour des
Aydes , le 21 Octobre.
ORDONNANCE DE SA MAJESTE' , concernant les Colporteurs , du 29. Octobre , pari
laquelle il est dit que le Roi étant informé des fréquents et scandaleux abus qui se commettent
de la part des Colporteurs dans l'étenduë de la Ville de Paris , au sujet de la Publication des
differens imprimez qui y paroissent ; et S. M.
youlant les réprimer , elle a ordonné ce qui suit :
ARTICLE PREMIER.
Sa Majesté fait très-expresses inhibitions et
deffenfes à tous Colporteurs de la Ville et Fauxbourgs de Paris , de crier dans les rues , ni d'y
vendre et débiter aucuns Imprimez dont les Per- missions seront de plus ancienne datte que d'un
mois , à moins que ladite Permission n'en ait été
renouvellée , et ce , sous peine d'emprisonnement
de leurs personnes et de so. livres d'amende.
I I. Leur deffend , sous les mêmes peines , de
crier , vendre ni débiter aucuns Ouvrages de
quelque efpece et nature qu'ils soient , même au- cunes Sentences rendues par des Juges hors du ressort de ladite Ville de Paris , ni aucuns Arrêts
du Conseil , que préalablement ils n'en ayent obtenu la Permission du Lieutenant General de
Police, et ne pourront , sous les mêmes peines ,
1
publica
2520 MERCURE DE FRANCE
publier et crier lesdites Sentences et Arrêts plus
de quatre jours après ladite Permission.
III. Deffend pareillement S. M. aux Col- porteurs de crier , vendre ni autrement débiter
tous Imprimez sous quelque titre et dénomination que ce soit , quand bien même ils seroient
revétus de Privileges ou Permissions , qui auront
été imprimez ailleurs que dans ladite Ville de
Paris , ou qui auront été composez pour les differentes Provinces du Royaume , s'ils n'ont pareillement obtenu du Lieutenant General de Police la permission de vendre et distribuer lesdits
Imprimez.
IV. Leur fait S. M. très-expresses deffenses
d'annoncer au Public les differens Imprimez
qu'ils auront la permission de crier et débiter
dans ladite Ville , sous d'autres titres et dénominations que ceux qui sont mis en tête desdits Imprimez, et ce , sous les mêmes peines d'empri
sonnement de leurs personnes et de so. livres
d'amende, Enjoint S. M. au sieur Herault , Conseiller d'Etat , Lieutenant General de Police ,
de
tenir la main à l'execution de la présente Or donnance , &c.
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Résumé : ARRETS NOTABLES.
Au début des années 1730, plusieurs arrêts et déclarations royales ont été prononcés en France. Le 31 août 1732, le roi Louis XV a ordonné la suppression d'un ouvrage intitulé 'Traité de l'Amour de Dieu, tiré des Livres Saints' en raison d'un abus de privilège et de contenus jugés injurieux et téméraires. La vente et la distribution de cet ouvrage ont été interdites, et la saisie des exemplaires existants a été ordonnée. Le même jour, deux autres arrêts ont été prononcés concernant les droits dus par le Duc de Gesvres et l'interprétation d'un arrêt précédent sur les droits de contrôle dans la province de Hainaut. En novembre 1732, le Parlement d'Aix a condamné un libelle intitulé 'Mémoire touchant l'Origine et Autorité du Parlement de France' pour ses attaques contre la souveraineté royale et a ordonné sa destruction. Le Parlement d'Aix a également interdit un mandement de l'archevêque d'Arles, jugé contraire à l'autorité royale. D'autres arrêts et déclarations concernent l'exemption des droits sur les grains, la validité des affirmations des procès-verbaux des employés des fermes, et la réglementation des colporteurs à Paris. Une ordonnance royale régit également la publication et la vente d'imprimés à Paris. Les juges et le Conseil ne peuvent publier des sentences ou arrêts sans la permission préalable du Lieutenant Général de Police, et ces publications ne peuvent être diffusées plus de quatre jours après ladite permission. Les colporteurs sont interdits de vendre ou distribuer des imprimés provenant d'autres lieux que Paris, ou destinés à d'autres provinces, sans autorisation du Lieutenant Général de Police. De plus, les colporteurs ne peuvent annoncer les imprimés sous des titres différents de ceux indiqués en tête des documents. Le Lieutenant Général de Police est chargé de faire respecter cette ordonnance, sous peine d'emprisonnement et d'amende.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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253
p. 2699-2701
« Le 30 Novembre, premier Dimanche de l'Avent, le Roi, revêtu du grand [...] »
Début :
Le 30 Novembre, premier Dimanche de l'Avent, le Roi, revêtu du grand [...]
Mots clefs :
Collier de l'Ordre du Saint Esprit, Mort du roi Victor Amedée, Haras, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 30 Novembre, premier Dimanche de l'Avent, le Roi, revêtu du grand [...] »
Leivove,le Rol revétu du grand
E 30 Novembre , premier Dimanche
Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit
dans la Chapelle du Château de Versailles , où S. M. entendit la Messe , et
communia par les mains de l'Abbé de
Brissac Aumônier du Roi en quartier :
ensuite S. M. toucha un grand nombre
de malades L'après midi , L. M. entendirent le Sermon du P. Julien , Religieux
Recolet , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le premier de ce mois , les Princes et
Princesses du Sang , et les Seigneurs et
Dames de la Cour , en habits de grand
deüil , rendirent en céremonie leurs res
I.Vel реска
2700 MERCURE DE FRANCE
pects au Roi , à la Reine , et à Monseigneur le Dauphin , à l'occasion de la mort
du Roi Victor Amedée.
Y
Le 2. le Nonce du Pape , les Ambassa
deurs et les Envoyés , tous en grand
Manteau de deuil , furent introduits par
le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambassadeurs , dans le Cabinet du
Roi , où ils eurent Audience de S. M. Ils
furent conduits ensuite par le même Introducteur , à l'Audience de la Reine et
à celles de Monseigneur le Dauphin , de
Monseigneur le Duc d'Anjou , et de Mes- dames de France..
>
>
Le Roi a donné au Cardinal de Fleu
ry , Grand - Aumônier de la Reine , la
Charge de Premier Aumônier du Roi
vacante par la mort du Duc de. Coislin
Evêque de Metz.
S. M. anommé pour son Ambassadeur
auprès de la République de Venise , le
Comte de Froulay , Brigadier des Armées du Roi.
1.
Le 25
Novembre
1732.
les
Chanoines
Réguliers
de l'Ordre
de S. Antoine
ont
tenu
leur
Chapitre
General
en Dauphiné
,
4.Vol OLLE
DECEMBRE. 1732. 2700
où ils ont élû le P. Gaspariny pour leur
Abbé General.
Le Roi a accordé à l'Archevêque de
Vienne la Charge de Premier-Aumônier
de S. M. vacante par la démission volon
taire du Cardinal de Fleury , Grand- Aumônier de la Reine. Il prêta Serment entre les mains du Roi pour cette Charge
le 28 de ce mois.
La direction des Haras du Royaume a
été réünie au département de M. le Comte de Maurepas , Ministre et Secretaire:
d'Etat , comme elle l'étoit sous le Régne
du feu Roi , au même département
E 30 Novembre , premier Dimanche
Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit
dans la Chapelle du Château de Versailles , où S. M. entendit la Messe , et
communia par les mains de l'Abbé de
Brissac Aumônier du Roi en quartier :
ensuite S. M. toucha un grand nombre
de malades L'après midi , L. M. entendirent le Sermon du P. Julien , Religieux
Recolet , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le premier de ce mois , les Princes et
Princesses du Sang , et les Seigneurs et
Dames de la Cour , en habits de grand
deüil , rendirent en céremonie leurs res
I.Vel реска
2700 MERCURE DE FRANCE
pects au Roi , à la Reine , et à Monseigneur le Dauphin , à l'occasion de la mort
du Roi Victor Amedée.
Y
Le 2. le Nonce du Pape , les Ambassa
deurs et les Envoyés , tous en grand
Manteau de deuil , furent introduits par
le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambassadeurs , dans le Cabinet du
Roi , où ils eurent Audience de S. M. Ils
furent conduits ensuite par le même Introducteur , à l'Audience de la Reine et
à celles de Monseigneur le Dauphin , de
Monseigneur le Duc d'Anjou , et de Mes- dames de France..
>
>
Le Roi a donné au Cardinal de Fleu
ry , Grand - Aumônier de la Reine , la
Charge de Premier Aumônier du Roi
vacante par la mort du Duc de. Coislin
Evêque de Metz.
S. M. anommé pour son Ambassadeur
auprès de la République de Venise , le
Comte de Froulay , Brigadier des Armées du Roi.
1.
Le 25
Novembre
1732.
les
Chanoines
Réguliers
de l'Ordre
de S. Antoine
ont
tenu
leur
Chapitre
General
en Dauphiné
,
4.Vol OLLE
DECEMBRE. 1732. 2700
où ils ont élû le P. Gaspariny pour leur
Abbé General.
Le Roi a accordé à l'Archevêque de
Vienne la Charge de Premier-Aumônier
de S. M. vacante par la démission volon
taire du Cardinal de Fleury , Grand- Aumônier de la Reine. Il prêta Serment entre les mains du Roi pour cette Charge
le 28 de ce mois.
La direction des Haras du Royaume a
été réünie au département de M. le Comte de Maurepas , Ministre et Secretaire:
d'Etat , comme elle l'étoit sous le Régne
du feu Roi , au même département
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Résumé : « Le 30 Novembre, premier Dimanche de l'Avent, le Roi, revêtu du grand [...] »
Du 30 novembre au 4 décembre, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour. Le 30 novembre, le Roi, en grand collier de l'Ordre du Saint-Esprit, assista à la messe, communia, et toucha des malades. L'après-midi, il écouta un sermon et les vêpres. Le 1er décembre, les Princes et Princesses du Sang rendirent hommage au Roi, à la Reine et au Dauphin pour la mort du Roi Victor Amédée. Le 2 décembre, le Nonce du Pape et divers Ambassadeurs furent reçus en grand manteau de deuil. Le Roi nomma le Cardinal de Fleury Premier Aumônier, poste vacant après le décès du Duc de Coislin, et désigna le Comte de Froulay comme Ambassadeur auprès de Venise. Le 25 novembre, les Chanoines Réguliers de Saint-Antoine élurent le Père Gaspariny comme Abbé Général. Le 4 décembre, le Roi accorda la charge de Premier-Aumônier à l'Archevêque de Vienne, vacante après la démission du Cardinal de Fleury. La direction des Haras du Royaume fut confiée à M. le Comte de Maurepas.
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254
p. 2701-2703
Service solemnel pour les Musiciens de Paris, [titre d'après la table]
Début :
Les Musiciens de Paris célebreront le Mercredi 10 de ce mois, dans l'Eglise de [...]
Mots clefs :
Musiciens de Paris, Service annuel, Confrères défunts, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Service solemnel pour les Musiciens de Paris, [titre d'après la table]
Les Musiciens de Paris célebrerent le
Mercredi 10 de ce mois , dans l'Eglise de
S. Sulpice , le Service annuel et solemnel
pourleurs Confreres deffunts. L'affluence
fut ex raordinaire , et quantité de pere
sonnes de considération s'y trouverent.
:
Les deffunts , pour la mémoire des
quels se firent les Prieres sont les Sicurs
LE FEVRE , Prêtre , Beneficier de NotreDame LESCHENAULT , Prêtre , ancien
Maître de Musique des Saints Innocens ::
GARDINIER Prêtre : MARCHAND , Organiste du Roi : SALOMON , de la Musique
1.Vol. duz
2702 MERCURE DE FRANCE
du Roi: TOUVENELLE , du Concert Spirituel : MANCEAU , de S. Honoré : BeauPUIS , BAUDY pere , et DUMONT , Graveur
en Musique
On dit des Messes basses à toutes les
Chapelles depuis huit heures jusqu'à midi;
et avec la legere contribution que chaque
Musicien s'est imposée pour l'honoraire
de la Cerémonie , on eut bien au- delà de
la dépense ; les Musiciens ne sçauroient
trop- tôt donner des marques publiques
de leur reconnoissance à M. le Curé de
S. Sulpice des manieres prévenantes et
génereuses dont il a bien voulu les honorer Non seulement il n'a voulu rien
recevoir pour la sonnerie , le luminaire
et la décoration de l'Autel , &c. mais il
daigna même veiller à toute la cerémonie , au bon ordre et à l'arrangement ;
ensorte qu'au moyen des Suisses qu'il
avoit placez de tous côtez , il n'y cut
pas la moindre confusion.
La Musique fut éxecutée par M. DE LA
CROIX , Maître de Musique de la Sainte
Chapelle ; les voix et les instrumens se
signalerent avec une justesse et une précision qui se soutinrent jusqu'à la fin. L'Officiant fut M. Vasselin , Beneficier de l'Eglise de Paris.
Orationibus Sancta Ecclesiæ , et Sacrifi1.Vol.
cia
DECEMBRE 1732. 2703
io salutari , et Elemosynis , que pro eorum
spiritibus erogantur , non est dubitandum
mortuos adjuvari , ut cum eis misericordiùs
agatur à Domino , quam eorum peccata me¬
ruerunt. August. de verbis Apostoli.
Mercredi 10 de ce mois , dans l'Eglise de
S. Sulpice , le Service annuel et solemnel
pourleurs Confreres deffunts. L'affluence
fut ex raordinaire , et quantité de pere
sonnes de considération s'y trouverent.
:
Les deffunts , pour la mémoire des
quels se firent les Prieres sont les Sicurs
LE FEVRE , Prêtre , Beneficier de NotreDame LESCHENAULT , Prêtre , ancien
Maître de Musique des Saints Innocens ::
GARDINIER Prêtre : MARCHAND , Organiste du Roi : SALOMON , de la Musique
1.Vol. duz
2702 MERCURE DE FRANCE
du Roi: TOUVENELLE , du Concert Spirituel : MANCEAU , de S. Honoré : BeauPUIS , BAUDY pere , et DUMONT , Graveur
en Musique
On dit des Messes basses à toutes les
Chapelles depuis huit heures jusqu'à midi;
et avec la legere contribution que chaque
Musicien s'est imposée pour l'honoraire
de la Cerémonie , on eut bien au- delà de
la dépense ; les Musiciens ne sçauroient
trop- tôt donner des marques publiques
de leur reconnoissance à M. le Curé de
S. Sulpice des manieres prévenantes et
génereuses dont il a bien voulu les honorer Non seulement il n'a voulu rien
recevoir pour la sonnerie , le luminaire
et la décoration de l'Autel , &c. mais il
daigna même veiller à toute la cerémonie , au bon ordre et à l'arrangement ;
ensorte qu'au moyen des Suisses qu'il
avoit placez de tous côtez , il n'y cut
pas la moindre confusion.
La Musique fut éxecutée par M. DE LA
CROIX , Maître de Musique de la Sainte
Chapelle ; les voix et les instrumens se
signalerent avec une justesse et une précision qui se soutinrent jusqu'à la fin. L'Officiant fut M. Vasselin , Beneficier de l'Eglise de Paris.
Orationibus Sancta Ecclesiæ , et Sacrifi1.Vol.
cia
DECEMBRE 1732. 2703
io salutari , et Elemosynis , que pro eorum
spiritibus erogantur , non est dubitandum
mortuos adjuvari , ut cum eis misericordiùs
agatur à Domino , quam eorum peccata me¬
ruerunt. August. de verbis Apostoli.
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Résumé : Service solemnel pour les Musiciens de Paris, [titre d'après la table]
Le 10 décembre 1732, les Musiciens de Paris ont organisé un service annuel en mémoire de leurs confrères décédés à l'église Saint-Sulpice. L'événement a rassemblé une foule nombreuse, incluant des personnalités influentes. Les musiciens honorés étaient Le Fèvre, Leschenault, Gardinier, Marchand, Salomon, Touvnelle, Manceau, Beaupuis, Baudy père et Dumont. Des messes basses ont été célébrées de huit heures à midi dans toutes les chapelles. Les dépenses ont été couvertes par les contributions volontaires des musiciens. Ces derniers ont remercié M. le Curé de Saint-Sulpice pour sa générosité, notamment en offrant gratuitement la sonnerie, le luminaire et la décoration de l'autel, ainsi que pour l'organisation de la cérémonie. La musique a été dirigée par M. De La Croix, Maître de Musique de la Sainte Chapelle, avec précision. L'officiant était M. Vasselin, bénéficié de l'Église de Paris.
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255
p. 2703-2704
BOUQUET à Madlle Therese M... de Sens, le jour de sa Fête.
Début :
Loin des bords de l'Yonne arrose, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Fête, Zéphyr, Vers, Plaisirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET à Madlle Therese M... de Sens, le jour de sa Fête.
BOUQUET à Madlle Therese M....
de Sens , le jour de sa Fête.
Loin des bords que l'Yonne arrose ,
Pour former un Bouquet digné d'orner to sein ,
L'Amante de Zephire envain ,
Me présente en ces lieux et le Lys et la Rose.
Therese , est- ce de fleurs dont je dois te con
vrir?
Ton teint fait honte aux dons de Flore ;
Les trésors qu'elle fait éclore,
Un jour les voit naître et mourir ;
Et de Sens à Châlons j'ai vû six fois l'A
rore
Baigner de pleurs la voye où je devois courir.
Que t'offrirai-je donc , pour tenir ma pro
messe ?
Des vers la Saone et le Permesse
Ne coulent pas également.
Mon cœur il te jura sa constance à Varci
les ;
*
* Petit Village à trois lieïes de Seng
1. Vob Et
2701 MERCURE DE FRANCE
Et trois baisers cücillis sur tes levres vermeil
les
Furent le prix de ce serment.
Faut-il qu'une absence cruelle
Mette obstacle en ce jour à mes tendres de
sirs !
Ah ! M………… quand je viens t'offrir le même zele >
Que n'ai-je les mêmes plaisirs .
M. de Broglio , de Martegues en Provence
de Sens , le jour de sa Fête.
Loin des bords que l'Yonne arrose ,
Pour former un Bouquet digné d'orner to sein ,
L'Amante de Zephire envain ,
Me présente en ces lieux et le Lys et la Rose.
Therese , est- ce de fleurs dont je dois te con
vrir?
Ton teint fait honte aux dons de Flore ;
Les trésors qu'elle fait éclore,
Un jour les voit naître et mourir ;
Et de Sens à Châlons j'ai vû six fois l'A
rore
Baigner de pleurs la voye où je devois courir.
Que t'offrirai-je donc , pour tenir ma pro
messe ?
Des vers la Saone et le Permesse
Ne coulent pas également.
Mon cœur il te jura sa constance à Varci
les ;
*
* Petit Village à trois lieïes de Seng
1. Vob Et
2701 MERCURE DE FRANCE
Et trois baisers cücillis sur tes levres vermeil
les
Furent le prix de ce serment.
Faut-il qu'une absence cruelle
Mette obstacle en ce jour à mes tendres de
sirs !
Ah ! M………… quand je viens t'offrir le même zele >
Que n'ai-je les mêmes plaisirs .
M. de Broglio , de Martegues en Provence
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Résumé : BOUQUET à Madlle Therese M... de Sens, le jour de sa Fête.
Dans une lettre poétique adressée à Mademoiselle Thérèse, probablement à l'occasion de sa fête, l'auteur exprime son désir de lui offrir un bouquet digne d'elle. Il compare Thérèse à la beauté des fleurs, soulignant que son teint surpasserait même les dons de Flore. L'auteur mentionne ses voyages entre Sens et Châlons, marqués par des pleurs. Il se demande quel présent offrir à Thérèse pour tenir sa promesse, évoquant la constance de son cœur jurée à Varcilly, un petit village près de Sens. Il rappelle trois baisers échangés comme preuve de ce serment. L'auteur exprime sa frustration face à une absence cruelle qui l'empêche de lui offrir ses tendres désirs en ce jour spécial. La lettre est signée par M. de Broglio, de Martegues en Provence.
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256
p. 2704-2708
Convalescence du Duc d'Orleans, Actions de Graces, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 6. Decembre, les Officiers de la Chambre de M. le Duc d'Orleans, voulant [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Convalescence, Musique, Arcade, Fleurs, Église, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Convalescence du Duc d'Orleans, Actions de Graces, &c. [titre d'après la table]
Le 6. Decembre , les Officiers de la
Chambre de M. le Duc d'Orleans , voulant donner des marques publiques de
leur attachement et de leur zele au sujet
de l'heureuse convalescence de ce Prince
et du Duc de Chartres , son fils unique ,
firent chanter solemnellement dans l'Eglise des Peres de l'Oratoire de la rue
S. Honoré , un Te Deum de la composi
tion de M. Gervais , Maître de Musique
de la Chapelle du Roi et de M. le Duc
d'Orleans , qu'il fit éxecuter par un excellent Choeur de Musique composé des
meilleurs sujets de chez le Roi , de l'Académie Royale de Musique , et de Paris.
Le Te Deumfut précedé du Salut et de
PExaudiat,auquel l'Archevêque deRouen officia. S. A. R. assista à cette cerémonie
I. Vol. ac
DECEMBRE. 1732. 2709
accompagnée du Duc de Chartres , de
Mademoiselle , du Prince et de la Princesse de Conty , et d'un très grand nombre de personnes de distinction. M. le
Bailly de Confland , Premier Gentilhomme de la Chambre de M. le Duc d'Orleans , reçût S. A. R. à la premiere Porte
de l'Eglise , à la tête de tous les Officiers
de la Chambre de ce Prince. La Communauté des Prêtres de l'Oratoire , ayant à
leur tête le R. P. General , alla recevoir
cette Princesse à la seconde Porte , et luk
présenta l'Eau benite. Elle fut reconduite
de la même maniere après la cerémonie.
Comme l'Eglise des Peres de l'Oratoire
est ornée d'une belle Architecture , on ne
crut pas devoir ajoûter beaucoup d'ornemens pour la décorer , on avoit placé
seulement un couronnement sur l'Arcade
du Maître- Aute!, formé par deux Conso
les qui suportoient un grand Cartouche
dans lequel on avoit peint symboliquement en Camayeu , la Convalescence du
Prince. Elle étoit représentée par une femme à genoux , priant au pied d'un Autel ,
et tenant à sa main un bâton entouré d'un
Serpent , et un Coq à ses pieds. Ce Cartouche étoit surmonté d'une grande Couronne en aigrette , et portant dans son
I.Vol. con
706 MERCURE DE FRANCE
contour dix Girandoles à huit lumieres
chacune , qui se lioient avec les lumieres
des Pilastres des côrez ; le tout supporté
sur une Balustrade feinte , tres-riche , sur
laquelle on voyoit un Tapis de Turquie,
rehaussé d'or, et drappé pitoresquement.
Cette Arcade et celles des deux côtez
étoient drapées avec des Rideaux de Damas cramoisi , galonnez d'or, surmontez
d'une Pente festonnée , feinte d'étofes
d'or à gros glands. Ces Rideaux festonnez aussi au pourtour , tomboient négligemment sur les côtez. On avoit placé
au milieu de chacune de ces trois Arcades
un Lustre de 12 lumieres. Les deux Pi
lastres placez aux côtez de l'Arcade du
milieu , étoient décorez de grandes chu
tes de Fleurs , de Palmes et de Lyres. On
voyoit dans le milieu des deux Arcades
des côtez , deux Cartouches , dans lesquels on avoit representé en Camayeu ,
rehaussé d'or , la Religion et la Force
avec leurs Symboles. Ces chutes étoient
disposées de façon à pouvoir poser sur
les Cartouches , trofs Bras , portant s lumieres chacun. En haut et au bas de la
chute , on avoit posé au pied des Pilastres,au Rez de chaussée , deux Torches
portant chacune une Girandole de Cristal à sept lumieres.
I. Vol. Tous
DECEMBR E. 1732 2707
L
Tous les autres Pilastres de l'Eglise
toient décorez de la même façon , avec
cette difference que dans les Cartouches
du milieu il n'y avoit point de Figures
mais seulement des Ecussons aux Armes
d'Orleans , et des Chiffres qui se repetoient alternativement ; et vis- à- vis de
chacune des autres Arcades, on avoit placé un Lustre de 12 lumieres.
On voyoit aussi sur les deux petites
Portes de la croisée de l'Eglise , deux especes de Piramides, en bleu et or , ornées
de Palmes et de Lauriers , portant chacune trois Bras à cinq lumieres.
Toutes ces lumieres étoient disposées
de maniere qu'elles ne formoient point
de lignes droites , elles serpentoient seulement , ce qui produit toujours un effet
éclatant dans toute sorte d'illuminations.
Toute cette Décoration , qui a été trouvée d'une tres- belle ordonnance , a été
faite sur les desseins du sieur le Grand
Architecte du Roy , et Intendant des Bâ
timens de M. le Duc d'Orleans,
Une grande Maison , vis-à- vis l'Eglise
de l'Orataire , occupée par les Sieurs Stocard et Piet , tous deux Marchands de S.
A. R. fut illuminée d'une maniere fort
ingénieuse , par des Lustres garnis de
Bougies , et par de gros Flambeaux de
I. Val. cire
1708 MERCURE DE FRANCE.
cire blanche, placez sur l'appui du Balcon,
par des Girandoles et par une Piramide
garnie de Lampion, posée sur la même ligne , ce qui produisoit une illumination
tres-brillante,
Le 8. on chanta encore un Te Deum
solemnel , à l'Eglise S. Eustache , Paroisse du Palais Royal , en ' actions de grace
de la convalescence du Duc d'Orleans et
du Duc de Chartres , auquel l'Archevêque de Cambrai officia pontificalement.
CetteEglise étoit magnifiquement décorée
et éclairée d'une grande quantité de Lustres , garnis d'une infinité de Bougies.
S. A. R. y assista , accompagnée de Mademoiselle,de la jeune Princesse de Conty, et de plusieurs Personnes de la premiere distinction.
Chambre de M. le Duc d'Orleans , voulant donner des marques publiques de
leur attachement et de leur zele au sujet
de l'heureuse convalescence de ce Prince
et du Duc de Chartres , son fils unique ,
firent chanter solemnellement dans l'Eglise des Peres de l'Oratoire de la rue
S. Honoré , un Te Deum de la composi
tion de M. Gervais , Maître de Musique
de la Chapelle du Roi et de M. le Duc
d'Orleans , qu'il fit éxecuter par un excellent Choeur de Musique composé des
meilleurs sujets de chez le Roi , de l'Académie Royale de Musique , et de Paris.
Le Te Deumfut précedé du Salut et de
PExaudiat,auquel l'Archevêque deRouen officia. S. A. R. assista à cette cerémonie
I. Vol. ac
DECEMBRE. 1732. 2709
accompagnée du Duc de Chartres , de
Mademoiselle , du Prince et de la Princesse de Conty , et d'un très grand nombre de personnes de distinction. M. le
Bailly de Confland , Premier Gentilhomme de la Chambre de M. le Duc d'Orleans , reçût S. A. R. à la premiere Porte
de l'Eglise , à la tête de tous les Officiers
de la Chambre de ce Prince. La Communauté des Prêtres de l'Oratoire , ayant à
leur tête le R. P. General , alla recevoir
cette Princesse à la seconde Porte , et luk
présenta l'Eau benite. Elle fut reconduite
de la même maniere après la cerémonie.
Comme l'Eglise des Peres de l'Oratoire
est ornée d'une belle Architecture , on ne
crut pas devoir ajoûter beaucoup d'ornemens pour la décorer , on avoit placé
seulement un couronnement sur l'Arcade
du Maître- Aute!, formé par deux Conso
les qui suportoient un grand Cartouche
dans lequel on avoit peint symboliquement en Camayeu , la Convalescence du
Prince. Elle étoit représentée par une femme à genoux , priant au pied d'un Autel ,
et tenant à sa main un bâton entouré d'un
Serpent , et un Coq à ses pieds. Ce Cartouche étoit surmonté d'une grande Couronne en aigrette , et portant dans son
I.Vol. con
706 MERCURE DE FRANCE
contour dix Girandoles à huit lumieres
chacune , qui se lioient avec les lumieres
des Pilastres des côrez ; le tout supporté
sur une Balustrade feinte , tres-riche , sur
laquelle on voyoit un Tapis de Turquie,
rehaussé d'or, et drappé pitoresquement.
Cette Arcade et celles des deux côtez
étoient drapées avec des Rideaux de Damas cramoisi , galonnez d'or, surmontez
d'une Pente festonnée , feinte d'étofes
d'or à gros glands. Ces Rideaux festonnez aussi au pourtour , tomboient négligemment sur les côtez. On avoit placé
au milieu de chacune de ces trois Arcades
un Lustre de 12 lumieres. Les deux Pi
lastres placez aux côtez de l'Arcade du
milieu , étoient décorez de grandes chu
tes de Fleurs , de Palmes et de Lyres. On
voyoit dans le milieu des deux Arcades
des côtez , deux Cartouches , dans lesquels on avoit representé en Camayeu ,
rehaussé d'or , la Religion et la Force
avec leurs Symboles. Ces chutes étoient
disposées de façon à pouvoir poser sur
les Cartouches , trofs Bras , portant s lumieres chacun. En haut et au bas de la
chute , on avoit posé au pied des Pilastres,au Rez de chaussée , deux Torches
portant chacune une Girandole de Cristal à sept lumieres.
I. Vol. Tous
DECEMBR E. 1732 2707
L
Tous les autres Pilastres de l'Eglise
toient décorez de la même façon , avec
cette difference que dans les Cartouches
du milieu il n'y avoit point de Figures
mais seulement des Ecussons aux Armes
d'Orleans , et des Chiffres qui se repetoient alternativement ; et vis- à- vis de
chacune des autres Arcades, on avoit placé un Lustre de 12 lumieres.
On voyoit aussi sur les deux petites
Portes de la croisée de l'Eglise , deux especes de Piramides, en bleu et or , ornées
de Palmes et de Lauriers , portant chacune trois Bras à cinq lumieres.
Toutes ces lumieres étoient disposées
de maniere qu'elles ne formoient point
de lignes droites , elles serpentoient seulement , ce qui produit toujours un effet
éclatant dans toute sorte d'illuminations.
Toute cette Décoration , qui a été trouvée d'une tres- belle ordonnance , a été
faite sur les desseins du sieur le Grand
Architecte du Roy , et Intendant des Bâ
timens de M. le Duc d'Orleans,
Une grande Maison , vis-à- vis l'Eglise
de l'Orataire , occupée par les Sieurs Stocard et Piet , tous deux Marchands de S.
A. R. fut illuminée d'une maniere fort
ingénieuse , par des Lustres garnis de
Bougies , et par de gros Flambeaux de
I. Val. cire
1708 MERCURE DE FRANCE.
cire blanche, placez sur l'appui du Balcon,
par des Girandoles et par une Piramide
garnie de Lampion, posée sur la même ligne , ce qui produisoit une illumination
tres-brillante,
Le 8. on chanta encore un Te Deum
solemnel , à l'Eglise S. Eustache , Paroisse du Palais Royal , en ' actions de grace
de la convalescence du Duc d'Orleans et
du Duc de Chartres , auquel l'Archevêque de Cambrai officia pontificalement.
CetteEglise étoit magnifiquement décorée
et éclairée d'une grande quantité de Lustres , garnis d'une infinité de Bougies.
S. A. R. y assista , accompagnée de Mademoiselle,de la jeune Princesse de Conty, et de plusieurs Personnes de la premiere distinction.
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Résumé : Convalescence du Duc d'Orleans, Actions de Graces, &c. [titre d'après la table]
Le 6 décembre 1732, les officiers de la Chambre du Duc d'Orléans organisèrent un Te Deum à l'église des Pères de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré pour célébrer la convalescence du Duc d'Orléans et de son fils, le Duc de Chartres. Ce Te Deum, composé par M. Gervais, fut exécuté par un chœur exceptionnel incluant des musiciens du Roi, de l'Académie Royale de Musique et de Paris. La cérémonie fut précédée du Salut et de l'Exaudiat, avec l'Archevêque de Rouen officiant. Le Duc d'Orléans, accompagné de sa famille et de nombreuses personnes de distinction, assista à l'événement. L'église, ornée d'une belle architecture, fut décorée sobrement avec des éléments symbolisant la convalescence du Prince. Une maison en face de l'église fut également illuminée de manière ingénieuse. Le 8 décembre, un autre Te Deum fut chanté à l'église Saint-Eustache, paroisse du Palais Royal, en actions de grâce pour la convalescence des deux princes. L'Archevêque de Cambrai officia cette cérémonie, à laquelle assistèrent le Duc d'Orléans, Mademoiselle, la jeune Princesse de Conti et plusieurs personnes de haute distinction.
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257
p. 2708-2710
EPITHALAME, Sur le Mariage de Monsieur... avec Mademoiselle...
Début :
Dans nos Cantons l'Hymen étoit en larmes, [...]
Mots clefs :
Mariage, Hymen, Douleur, Félicité, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME, Sur le Mariage de Monsieur... avec Mademoiselle...
EPITHALAME ,
Sur le Mariage de Monsieur... avec Mademoiselle ...
Nul
Ans nos Cantons l'Hymen étoit en DA larmes ,
encens pour ce Dieu ne brûloit au Hameau ;
L'Amour lui refusant ses armes ,
Ii étoit prêt d'éteindre son Flambeau.
Il suspend enfin sa colere ,
* I.Vol J'aime
DECEMBRE. 1732.
2709
J'aime encor mieux , dit- il , en mon malheur,
Porter mes plaintes à ma mere ,
Il part. Venus sensible à sa juste douleur ,
Ordonne à Cupidon son frere ,
De lui prêter son Arc , ses Traits et son Carquois..
Mars sur tout , certains Traits dont usant avec
choix ,
Il sçaura triompher des cœurs les plus rebelles,
A l'instant le jeune Daphnis,
Et la charmante Amarillis ,
De vertus insignes modelles ,
Se sentent par ce Dieu percez d'un même Trait
Le Tendre Hymen glorieux , satisfait ,
S'applaudit en secret d'une telle victoire ,
Mais bientôt témoins de sa gloire ,
Les Nimphes , les Bergers , les Sylvains d'alentour ,
Dans les Jeux , les Festins , dans leurs Danses
legeres ,
Par les transports les plus sinceres
Font éclater leur joye en ce beau jour.
Idalie , Alidor , Iris , Cloé , Titire ,
Enfin tout le Hameau, sur de si nobles feux ,
N'a qu'une voix , forme les mêmes vœux ,
Mais des vœux que l'estime inspire ,
Une voix , que sans doute authorisent les Dieux
Fasse le Ciel , qu'à l'abri de l'envie ,
I- Vol.
te
2710 MERCURE DE FRANCE
Et dans les liens les plus doux ,
Soient unis pour jamais ces illustres Epoux,
Que durant vingt lustres de vie ,
Ils goutent la félicité ,
Le bonheur de jouir ensemble ,
D'une aimable posterité ,
Qui les imite et leur ressemble,
Par M. de Sommevesle , de Châlons
Sur le Mariage de Monsieur... avec Mademoiselle ...
Nul
Ans nos Cantons l'Hymen étoit en DA larmes ,
encens pour ce Dieu ne brûloit au Hameau ;
L'Amour lui refusant ses armes ,
Ii étoit prêt d'éteindre son Flambeau.
Il suspend enfin sa colere ,
* I.Vol J'aime
DECEMBRE. 1732.
2709
J'aime encor mieux , dit- il , en mon malheur,
Porter mes plaintes à ma mere ,
Il part. Venus sensible à sa juste douleur ,
Ordonne à Cupidon son frere ,
De lui prêter son Arc , ses Traits et son Carquois..
Mars sur tout , certains Traits dont usant avec
choix ,
Il sçaura triompher des cœurs les plus rebelles,
A l'instant le jeune Daphnis,
Et la charmante Amarillis ,
De vertus insignes modelles ,
Se sentent par ce Dieu percez d'un même Trait
Le Tendre Hymen glorieux , satisfait ,
S'applaudit en secret d'une telle victoire ,
Mais bientôt témoins de sa gloire ,
Les Nimphes , les Bergers , les Sylvains d'alentour ,
Dans les Jeux , les Festins , dans leurs Danses
legeres ,
Par les transports les plus sinceres
Font éclater leur joye en ce beau jour.
Idalie , Alidor , Iris , Cloé , Titire ,
Enfin tout le Hameau, sur de si nobles feux ,
N'a qu'une voix , forme les mêmes vœux ,
Mais des vœux que l'estime inspire ,
Une voix , que sans doute authorisent les Dieux
Fasse le Ciel , qu'à l'abri de l'envie ,
I- Vol.
te
2710 MERCURE DE FRANCE
Et dans les liens les plus doux ,
Soient unis pour jamais ces illustres Epoux,
Que durant vingt lustres de vie ,
Ils goutent la félicité ,
Le bonheur de jouir ensemble ,
D'une aimable posterité ,
Qui les imite et leur ressemble,
Par M. de Sommevesle , de Châlons
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Résumé : EPITHALAME, Sur le Mariage de Monsieur... avec Mademoiselle...
Le texte est un épithalame célébrant le mariage de Monsieur et Mademoiselle. Initialement, l'Hymen pleurait car l'Amour refusait ses armes. L'Amour se plaint à Vénus, qui ordonne à Cupidon d'utiliser son arc et ses traits pour toucher les cœurs rebelles. Ainsi, Daphnis et Amarillis, modèles de vertus, sont touchés par le même trait divin. L'Hymen se réjouit et les nymphes, bergers et sylvains célèbrent la joie du jour par des jeux, des festins et des danses. Idalie, Alidor, Iris, Cloé, Titire et tout le hameau expriment leurs vœux sincères pour les jeunes mariés, souhaitant qu'ils soient unis pour toujours, protégés de l'envie, et qu'ils jouissent d'une vie heureuse et d'une aimable postérité pendant vingt lustres. Le poème est signé par M. de Sommevesle, de Châlons.
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258
p. 2710-2712
MORTS.
Début :
Dame Catherine de Romanet, veuve de Jean Racine, Trésorier de [...]
Mots clefs :
Romanet, Gontault, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Ame Catherine de Romanet , veus
ve de Jean Racine , Trésorier de
France à Moulins , Secretaire du Roy , et
Gentilhomme Ordinaire de S. M. mourut à Paris le 15 Novembre , dans la 79€
année de son âge. Elle a été inhumée
dans l'Eglise de S. Etienne du Mont , sa
Paroisse auprès des Cendres de son
Epoux , laissant deux Fils , et trois Filles
de l'illustre Racine , tous heritiers de
l'esprit , qui l'a tant fait connoître dans
le monde , et encore plus de la pieté dans
laquelle il mourut en 1699. et qu'elle a
toujours cultivée depuis dans la Retrai
te et dans la Pratique des bonnes œuvres.
Claude-Roch Titon , Chanoine ReguI.Vol. lien
DECEMBRE. 1732 2717
*
lier de Sainte Geneviève , Prieur et Curé
de S. Fulgence de Bourges , mourut en
son Prieuré le dernier Novembre , dans
la 73° année de son âge. Il s'est distingué
par ses talens pour la Prédication . Il a
laissé aussi plusieurs Poësies Chrétiennes,
manuscrites. Il étoit frere de M. Titon du
Tillet , Auteur du Parnasse François ,
exécuté en Bronze. &c.
- Pierre Charles Herault , Abbé de
l'Abbaïe jde Joüy , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Sens, mourut le 1 de ce mois,
dans la 40 année de son âge.
Jacques Alain de Gontault د de la
Branche de Cabreres , distincte de la
Branche de Gontaut de Biron depuis plus
de 200 ans , à present éteinte , Doyen du
Chapitre de l'Eglise Métropolitaine de
Paris , Abbé des Abbayes de S. Pierre de
Lagny , et de S. Ambroise de Bourges
mourut à Paris le 15 de ce mois , âgé
d'environ 67 ans.
Dame Jeanne- Françoise Dauvet Desmaretz, Epouse de François- Louis le Tellier , Comte de Rebenac , Marquis de
Souvré et de Louvois ; Maître de la
Garde - Robbe du Roy , Lieutenant
General pour Sa Majesté au Gouvernement de Navare et Païs de Bearn ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie de
I.Vol.
I SOB
2712 MERCURE DE FRANCE
son nom ; décédée l
Ame Catherine de Romanet , veus
ve de Jean Racine , Trésorier de
France à Moulins , Secretaire du Roy , et
Gentilhomme Ordinaire de S. M. mourut à Paris le 15 Novembre , dans la 79€
année de son âge. Elle a été inhumée
dans l'Eglise de S. Etienne du Mont , sa
Paroisse auprès des Cendres de son
Epoux , laissant deux Fils , et trois Filles
de l'illustre Racine , tous heritiers de
l'esprit , qui l'a tant fait connoître dans
le monde , et encore plus de la pieté dans
laquelle il mourut en 1699. et qu'elle a
toujours cultivée depuis dans la Retrai
te et dans la Pratique des bonnes œuvres.
Claude-Roch Titon , Chanoine ReguI.Vol. lien
DECEMBRE. 1732 2717
*
lier de Sainte Geneviève , Prieur et Curé
de S. Fulgence de Bourges , mourut en
son Prieuré le dernier Novembre , dans
la 73° année de son âge. Il s'est distingué
par ses talens pour la Prédication . Il a
laissé aussi plusieurs Poësies Chrétiennes,
manuscrites. Il étoit frere de M. Titon du
Tillet , Auteur du Parnasse François ,
exécuté en Bronze. &c.
- Pierre Charles Herault , Abbé de
l'Abbaïe jde Joüy , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Sens, mourut le 1 de ce mois,
dans la 40 année de son âge.
Jacques Alain de Gontault د de la
Branche de Cabreres , distincte de la
Branche de Gontaut de Biron depuis plus
de 200 ans , à present éteinte , Doyen du
Chapitre de l'Eglise Métropolitaine de
Paris , Abbé des Abbayes de S. Pierre de
Lagny , et de S. Ambroise de Bourges
mourut à Paris le 15 de ce mois , âgé
d'environ 67 ans.
Dame Jeanne- Françoise Dauvet Desmaretz, Epouse de François- Louis le Tellier , Comte de Rebenac , Marquis de
Souvré et de Louvois ; Maître de la
Garde - Robbe du Roy , Lieutenant
General pour Sa Majesté au Gouvernement de Navare et Païs de Bearn ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie de
I.Vol.
I SOB
2712 MERCURE DE FRANCE
son nom ; décédée l
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Résumé : MORTS.
En novembre et décembre 1732, plusieurs personnalités notables sont décédées. Catherine de Romanet, veuve de Jean Racine, Trésorier de France à Moulins, Secrétaire du Roi et Gentilhomme Ordinaire de Sa Majesté, est morte à Paris le 15 novembre à 79 ans. Elle a été inhumée dans l'Église de Saint-Étienne-du-Mont, laissant deux fils et trois filles. Claude-Roch Titon, Chanoine régulier de Sainte-Geneviève, Prieur et Curé de Saint-Fulgence de Bourges, est décédé le dernier jour de novembre à 73 ans. Connu pour ses talents en prédication et ses poèmes chrétiens manuscrits, il était le frère de M. Titon du Tillet, auteur du 'Parnasse Français'. Pierre Charles Herault, Abbé de l'Abbaye de Jouy, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Sens, est mort le 1er décembre à 40 ans. Jacques Alain de Gontault de la Branche de Cabreres, Doyen du Chapitre de l'Église Métropolitaine de Paris et Abbé des Abbayes de Saint-Pierre de Lagny et de Saint-Ambroise de Bourges, est décédé à Paris le 15 décembre à environ 67 ans. Dame Jeanne-Françoise Dauvet Desmarets, épouse de François-Louis Le Tellier, Comte de Rebenac, Marquis de Souvré et de Louvois, Maître de la Garde-Robe du Roi, Lieutenant Général pour Sa Majesté au Gouvernement de Navarre et Pays de Béarn, Colonel d'un Régiment d'Infanterie de son nom, est également décédée.
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259
p. 2712
EPIGRAMME, Contre un Medecin qui avoit condamné l'Auteur dans une maladie.
Début :
Dans le fort de ma maladie, [...]
Mots clefs :
Médecin, Maladie, Fièvre, Vie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME, Contre un Medecin qui avoit condamné l'Auteur dans une maladie.
EPIGRAMME,
Contre un Medecin qui avoit condamne
l'Auteur dans une maladie.
Dansle fort de ma maladie ,
Le Medecin Lucas publioit en touslieux
Que c'en étoit fait de ma vie ,
Et que j'aurois bien-tôt le sort de mes ayeux.
Mais tout à coup mon mal s'arrête
La fiévre exhale son venin ,
Et le prognostic du Prophete ,
Fait qu'on se rit du Médecin.
Condamne-moi , Lucas , si le mal me ratrape
Car bien loin de me faire tort,
Si tu juges que j'en échape ,
L'on peut compter que je suis mort,
M.deMertessaignes de Pradelle
Contre un Medecin qui avoit condamne
l'Auteur dans une maladie.
Dansle fort de ma maladie ,
Le Medecin Lucas publioit en touslieux
Que c'en étoit fait de ma vie ,
Et que j'aurois bien-tôt le sort de mes ayeux.
Mais tout à coup mon mal s'arrête
La fiévre exhale son venin ,
Et le prognostic du Prophete ,
Fait qu'on se rit du Médecin.
Condamne-moi , Lucas , si le mal me ratrape
Car bien loin de me faire tort,
Si tu juges que j'en échape ,
L'on peut compter que je suis mort,
M.deMertessaignes de Pradelle
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Résumé : EPIGRAMME, Contre un Medecin qui avoit condamné l'Auteur dans une maladie.
L'épigramme raconte comment le médecin Lucas avait prédit la mort imminente de l'auteur. Après sa guérison, Lucas fut moqué. L'auteur défia Lucas de le condamner à nouveau s'il retombait malade. L'épigramme est attribuée à M. de Mertessaignes de Pradelle.
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260
p. 2712-2714
ADDITION.
Début :
Nous avons omis, faute d'isntruction, de parler de la mort de M. [...]
Mots clefs :
Addition, Mort, M. N. Tartarin, Bâtonnier des avocats du Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION.
Ous avons omis , faute d'instrucNtion, de parler de la mortde M.
N. Tartarin, Ecuyer, Bâtonnier des Avocats du Parlement, Conseiller , Secretaire
I. Vol.
du
DECEMBRE. 1732. 2713
du Roy , et Avocat General de la Reine,
arrivée le onze Septembre dernier. L'omission ne sçauroit être mieux reparée
qu'en inserant icy l'Eloge public dont
M. le Premier Président a honoré la mémoire de ce celebre Avocat, le 9 Decembre , à la rentrée du Parlement. On vient
de nous l'envoyer.
M. le Premier Président dans la suite
de son Discours , des plus éloquens, s'addressant aux Avocats, dit: La perte de celui
de vos Conferes, qui après avoir passé par
toutes les épreuves , vient de consommer sa
vie dans les fonctions les plus honorables du
Barrean, excite également nos louanges et nos
regrets une vie laborieuse ; un travail opiniâtre , une application infatigable , `lui
avoient acquis cette force de raisonnement , ce
fond d'érudition qui éclatoit dans tout ce qui
sortoit de ses mains , et donnoit un si grand
prix à ses avis. Attaché par les liaisons les
plus intimes aux Magistrats du premier
Ordre, iljouissoit également de leur amitié,
de leur estime , de leur confiance. Appellé ,
parchoix dans les Conseils des Princes , son
Suffrage y decidoit souvent des affaires les
plus importantes ; et parvenu aux honneurs
qui ne se déferent qu'au mérite et à l'ancienneté des services; il goutoit dans la recherche
et l'approbation du public le plus doux fruit
I. Vol. Tij de
2714 MERCURE DE FRANCE
de ses longs et recommandables travaux.
Tant de distinctions propres à le flater, n'avoient pas été capables de l'éblouir, et l'on ne
vit peut-être jamais plus de sçavoir , avee
plus de deffiance de ses propres lumieres.
M. l'Avocat General Gilbert de Voisins
dit aussi de tres- belles choses , au sujet
de M. Tartarin , dans sa Harangue du
même jour
Ous avons omis , faute d'instrucNtion, de parler de la mortde M.
N. Tartarin, Ecuyer, Bâtonnier des Avocats du Parlement, Conseiller , Secretaire
I. Vol.
du
DECEMBRE. 1732. 2713
du Roy , et Avocat General de la Reine,
arrivée le onze Septembre dernier. L'omission ne sçauroit être mieux reparée
qu'en inserant icy l'Eloge public dont
M. le Premier Président a honoré la mémoire de ce celebre Avocat, le 9 Decembre , à la rentrée du Parlement. On vient
de nous l'envoyer.
M. le Premier Président dans la suite
de son Discours , des plus éloquens, s'addressant aux Avocats, dit: La perte de celui
de vos Conferes, qui après avoir passé par
toutes les épreuves , vient de consommer sa
vie dans les fonctions les plus honorables du
Barrean, excite également nos louanges et nos
regrets une vie laborieuse ; un travail opiniâtre , une application infatigable , `lui
avoient acquis cette force de raisonnement , ce
fond d'érudition qui éclatoit dans tout ce qui
sortoit de ses mains , et donnoit un si grand
prix à ses avis. Attaché par les liaisons les
plus intimes aux Magistrats du premier
Ordre, iljouissoit également de leur amitié,
de leur estime , de leur confiance. Appellé ,
parchoix dans les Conseils des Princes , son
Suffrage y decidoit souvent des affaires les
plus importantes ; et parvenu aux honneurs
qui ne se déferent qu'au mérite et à l'ancienneté des services; il goutoit dans la recherche
et l'approbation du public le plus doux fruit
I. Vol. Tij de
2714 MERCURE DE FRANCE
de ses longs et recommandables travaux.
Tant de distinctions propres à le flater, n'avoient pas été capables de l'éblouir, et l'on ne
vit peut-être jamais plus de sçavoir , avee
plus de deffiance de ses propres lumieres.
M. l'Avocat General Gilbert de Voisins
dit aussi de tres- belles choses , au sujet
de M. Tartarin , dans sa Harangue du
même jour
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Résumé : ADDITION.
Le texte mentionne l'omission initiale de la mort de M. N. Tartarin, avocat distingué, et la décision de corriger cette omission en insérant l'éloge public prononcé par M. le Premier Président le 9 décembre 1732. Cet éloge met en lumière la vie laborieuse et l'application infatigable de M. Tartarin, qui lui ont permis d'acquérir une grande force de raisonnement et une vaste érudition. Sa carrière est marquée par des fonctions honorables au barreau, des liens étroits avec les magistrats du premier ordre, et une influence significative dans les conseils des princes. M. Tartarin a également reçu des honneurs pour son mérite et son ancienneté de services, tout en restant humble malgré ses distinctions. M. l'Avocat Général Gilbert de Voisins a également rendu hommage à M. Tartarin lors de sa harangue le même jour.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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261
p. 2714
Sur des Fleurs présentées à Mad*** d'Honfleur, le jour de sa Fête.
Début :
Belle Hismene, ces fleurs naissantes, [...]
Mots clefs :
Fleurs, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur des Fleurs présentées à Mad*** d'Honfleur, le jour de sa Fête.
Sur des Fleurs présentées à Mad*** d'Hon
fleur, le jour de sa Fête.
BElle Hismene , ces fleurs naissantes ,
Sur votre sein vont trouver leur tombeau
Vos attraits sont divins , vos vertus éclatantes ,
Pouvoient-elles jamais avoir un sort plus beau
Par M. H...
fleur, le jour de sa Fête.
BElle Hismene , ces fleurs naissantes ,
Sur votre sein vont trouver leur tombeau
Vos attraits sont divins , vos vertus éclatantes ,
Pouvoient-elles jamais avoir un sort plus beau
Par M. H...
Fermer
262
p. 2714-2719
EXTRAIT d'une Lettre, écrite par l'Auteur du Voyage de Normandie, à Monsieur...
Début :
Je suis obligé, pour l'amour de la verité et de la justice, de passer condamnation [...]
Mots clefs :
Voyage de Normandie, Episcopat de Saint Renobert, Vérité, Erreur, Note, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre, écrite par l'Auteur du Voyage de Normandie, à Monsieur...
XTRAIT d'une Lettre , écrite par
l'Auteur du Voyage de Normandie , à
•
·Monsieur...
E suis obligé , pour l'amour de la ve
rité et de la justice, de passer condamnation sur deux ou trois fautes qui me
sont échappées dans la neuviéme Lettre
je me suis donné l'honneur de vous que
écrire , au sujet de mon Voyage de Basse
Normandie, imprimée dans le Mercure
Jrité et de la justice,
1. Vol. du
DECEMBRE. 1732. 2716
du mois d'Octobre dernier. La premiere
faute regarde le temps de l'Episcopat de
S. Renobert , Evêque de Bayeux , que je
reconnois , avec les meilleurs critiques ,
devoir être fixé dans le vII siécle , contre
la Chronologie du Païs , qui fait vivre ce
Saint au ou au 4 siecle, Je devois m'en
tenir là , et ne pas qualifier dans le même
endroit le même Saint de second Evêque de Bayeux ; ce qui ne peut s'accorder
avec l'exacte verité , ct avec la Chrono
logie , qui n'a semblé la mieux fondée.
Il se trouve une autre faute au même
endroit et sur le même sujet; mais elle est
si lourde et si frapante , que nul Lecteur
éclairé ne pourra jamais me l'imputer
personnellement. Je rapporte pour preuve que S. Renobert n'a vécu qu'au vn *
siecle qu'il assista en 630 à un Concile de Rheims. Au lieu de 630 , on a
imprimé 1630 ; mais cela , comme je l'ai
dit ne peut faire illusion à personne.
Cette preuve , au reste du temps de l'Episcopat de S. Reinobert , avoit déja été
employée par le R. P- Tournemine, dans
le Journal de Trevoux , d'Octobre 1714,
pag. 1780. contre l'Historien du Diocèse
de Bayeux , qu'une Legende fabuleuse
trompé sur cet article.
و
Une erreur plus considerable se trouve
I. Vol. Iiij
2716 MERCURE DE FRANCE
à la suite de ma Lettre , pag. 2128. à l'occasion de la ceremonie de la premiereEntrée publique des Evêques de Bayeuxdans cette Ville , et de la prise de possession de leur Eglise ; ceremonie dont
j'ai rapporté le précis , tiré du Procès .
verbal dressé en 1662. de ce qui fut observé en pareille occasion , à l'égard de
M. de Nesmond.
tre ,
Une Note mise au bas de cette page ,.
fait remarquer que la même ceremonie a
été renouvellée depuis peu de temps , à.
la prise de possession de M. de Luynes
actuellement Evêque de Bayeux , et qu'il.
ena paru une Relation en forme de Letaddressée par M. le Chevalier de
S.Jory , à Madame la Duchesse de Chevreuse , imprimée à Caën. Cette Relation , continue la Note , où il ne falloit
que de la simplicité et de l'exactitude, est
si pleine d'emphase et de choses déplacées , qu'on peut dire qu'elle n'a contenté personne.
Tout cela , à l'exception du renouvellement de la cerémonie, est erronné ; car la
veritable relation de cette cerémonie , qui
a été faite par M. le Chevalier de S. Jory , ne merite rien moins que cette qualification. Si quand on écrit on pouvoit
tout voir d'abord et tout éclaircir par soi1. vol. même
DECEMBRE. 1732. 2717
même , on ne seroit pas sujet à être trom-
, comme je l'ai effectivement été dans
le fait en question. Deux mots vont vous
apprendre comment.
•pé
>
Fort peu de tems après la prise de possession de M. de Luynes , un Professeur
d'Humanitez à Caën m'envoya une assez
ample relation de la cerémonie , compo
sée , disoit-il dans sa Lettre , par M. le
Chevalier de S. Jory en forme de Lettre
à M. la Duchesse de Chevreuse , et copiée sur l'Imprimé à Caën. Il est vrai que
cette copie étoit un Ouvrage tel que je
l'ai représenté dans la Note en question
et que personne de tous ceux à qui je le
communiquai n'en fut content : mais il
est vrai aussi que depuis l'impression de
ma IX. Lettre , la veritable Relation de
M. de S.Jory , imprimé à Caën chez Ca- velier , broch. in- 4. de 16 pages , adressée à Madame de Chevreuse , m'étant parvenue presque par hazard , j'ai reconnu
un Ouvrage tout différent , c'est-à- dire
une bonne Piéce , et fort bien écrite. J'ai
appris depuis que la personne , qui m'avoit envoyé la Relation manuscrite avoit
pris la liberté de la défigurer entierement
par des Additions , par des changemens
et par tout le mauvais qu'il y mit de son
chef, et jusqu'à des Vers de sa façon , ce
,
1. Vol. I iiij qui
2718 MERCURE DE FRANCE
qui donna lieu à ma remarque un peut
prématurée , et faite sur un veritable mal
entendu.
Je suis d'autant plus fâché de cette erreur , que je ne sçaurois trop-tôt rectifier , que plusieurs personnes de mérite
m'ont assûréque M. le Chevalier de S. Jory , que je n'ai pas l'honneur de connoître , est un très- galant homme qui pense
et écrit parfaitement bien, ce queje reconnois aujourd'hui moi- même , et que la
Remarque en question porte à faux , et
ne peut jamais le regarder.
.
L'Acte du doüaire de Judith , Comtesse de Normandie , de l'an 1008. publié
par D. Martenne dans le 1.tom. de ses
Anecdotes , qui contient les noms de plusieurs Bourgs de Normandie , fait actuellement le sujet des recherches dont
vous avez besoin. J'ai envoyé votre Mé
moire à notre habile Médecin de Caën
dont vous me parlez ; je sçai trop ce que
c'est que de s'adresser à des gens superficiels , ou prévenus de leur prétenduë capacité. Sa réponse , que j'attens, vous sera
exactement envoyée.
J'ai vu ici cet Eté le nouvel Historien
du Diocèse de Rouen. Il continuë son
travail avec toute l'ardeur possible , et il
ya tout lieu d'en attendre un bon suc1. Vel. cès.
DECEMBRE. 1732. 2719
cès. Vous avez vû un échantillon de son
exactitude et de son amour pour la verité.
dans un des derniers Mercures , à l'occasion de quelques Endroits de son Histoire
du Diocèse de Meaux. Tous les hommes
peuvent se tromper , mais tous ne sont
pas également disposez à reconnoître leurs
erreurs. Je suis , &c.
AParis , lex Decembre 1732.
l'Auteur du Voyage de Normandie , à
•
·Monsieur...
E suis obligé , pour l'amour de la ve
rité et de la justice, de passer condamnation sur deux ou trois fautes qui me
sont échappées dans la neuviéme Lettre
je me suis donné l'honneur de vous que
écrire , au sujet de mon Voyage de Basse
Normandie, imprimée dans le Mercure
Jrité et de la justice,
1. Vol. du
DECEMBRE. 1732. 2716
du mois d'Octobre dernier. La premiere
faute regarde le temps de l'Episcopat de
S. Renobert , Evêque de Bayeux , que je
reconnois , avec les meilleurs critiques ,
devoir être fixé dans le vII siécle , contre
la Chronologie du Païs , qui fait vivre ce
Saint au ou au 4 siecle, Je devois m'en
tenir là , et ne pas qualifier dans le même
endroit le même Saint de second Evêque de Bayeux ; ce qui ne peut s'accorder
avec l'exacte verité , ct avec la Chrono
logie , qui n'a semblé la mieux fondée.
Il se trouve une autre faute au même
endroit et sur le même sujet; mais elle est
si lourde et si frapante , que nul Lecteur
éclairé ne pourra jamais me l'imputer
personnellement. Je rapporte pour preuve que S. Renobert n'a vécu qu'au vn *
siecle qu'il assista en 630 à un Concile de Rheims. Au lieu de 630 , on a
imprimé 1630 ; mais cela , comme je l'ai
dit ne peut faire illusion à personne.
Cette preuve , au reste du temps de l'Episcopat de S. Reinobert , avoit déja été
employée par le R. P- Tournemine, dans
le Journal de Trevoux , d'Octobre 1714,
pag. 1780. contre l'Historien du Diocèse
de Bayeux , qu'une Legende fabuleuse
trompé sur cet article.
و
Une erreur plus considerable se trouve
I. Vol. Iiij
2716 MERCURE DE FRANCE
à la suite de ma Lettre , pag. 2128. à l'occasion de la ceremonie de la premiereEntrée publique des Evêques de Bayeuxdans cette Ville , et de la prise de possession de leur Eglise ; ceremonie dont
j'ai rapporté le précis , tiré du Procès .
verbal dressé en 1662. de ce qui fut observé en pareille occasion , à l'égard de
M. de Nesmond.
tre ,
Une Note mise au bas de cette page ,.
fait remarquer que la même ceremonie a
été renouvellée depuis peu de temps , à.
la prise de possession de M. de Luynes
actuellement Evêque de Bayeux , et qu'il.
ena paru une Relation en forme de Letaddressée par M. le Chevalier de
S.Jory , à Madame la Duchesse de Chevreuse , imprimée à Caën. Cette Relation , continue la Note , où il ne falloit
que de la simplicité et de l'exactitude, est
si pleine d'emphase et de choses déplacées , qu'on peut dire qu'elle n'a contenté personne.
Tout cela , à l'exception du renouvellement de la cerémonie, est erronné ; car la
veritable relation de cette cerémonie , qui
a été faite par M. le Chevalier de S. Jory , ne merite rien moins que cette qualification. Si quand on écrit on pouvoit
tout voir d'abord et tout éclaircir par soi1. vol. même
DECEMBRE. 1732. 2717
même , on ne seroit pas sujet à être trom-
, comme je l'ai effectivement été dans
le fait en question. Deux mots vont vous
apprendre comment.
•pé
>
Fort peu de tems après la prise de possession de M. de Luynes , un Professeur
d'Humanitez à Caën m'envoya une assez
ample relation de la cerémonie , compo
sée , disoit-il dans sa Lettre , par M. le
Chevalier de S. Jory en forme de Lettre
à M. la Duchesse de Chevreuse , et copiée sur l'Imprimé à Caën. Il est vrai que
cette copie étoit un Ouvrage tel que je
l'ai représenté dans la Note en question
et que personne de tous ceux à qui je le
communiquai n'en fut content : mais il
est vrai aussi que depuis l'impression de
ma IX. Lettre , la veritable Relation de
M. de S.Jory , imprimé à Caën chez Ca- velier , broch. in- 4. de 16 pages , adressée à Madame de Chevreuse , m'étant parvenue presque par hazard , j'ai reconnu
un Ouvrage tout différent , c'est-à- dire
une bonne Piéce , et fort bien écrite. J'ai
appris depuis que la personne , qui m'avoit envoyé la Relation manuscrite avoit
pris la liberté de la défigurer entierement
par des Additions , par des changemens
et par tout le mauvais qu'il y mit de son
chef, et jusqu'à des Vers de sa façon , ce
,
1. Vol. I iiij qui
2718 MERCURE DE FRANCE
qui donna lieu à ma remarque un peut
prématurée , et faite sur un veritable mal
entendu.
Je suis d'autant plus fâché de cette erreur , que je ne sçaurois trop-tôt rectifier , que plusieurs personnes de mérite
m'ont assûréque M. le Chevalier de S. Jory , que je n'ai pas l'honneur de connoître , est un très- galant homme qui pense
et écrit parfaitement bien, ce queje reconnois aujourd'hui moi- même , et que la
Remarque en question porte à faux , et
ne peut jamais le regarder.
.
L'Acte du doüaire de Judith , Comtesse de Normandie , de l'an 1008. publié
par D. Martenne dans le 1.tom. de ses
Anecdotes , qui contient les noms de plusieurs Bourgs de Normandie , fait actuellement le sujet des recherches dont
vous avez besoin. J'ai envoyé votre Mé
moire à notre habile Médecin de Caën
dont vous me parlez ; je sçai trop ce que
c'est que de s'adresser à des gens superficiels , ou prévenus de leur prétenduë capacité. Sa réponse , que j'attens, vous sera
exactement envoyée.
J'ai vu ici cet Eté le nouvel Historien
du Diocèse de Rouen. Il continuë son
travail avec toute l'ardeur possible , et il
ya tout lieu d'en attendre un bon suc1. Vel. cès.
DECEMBRE. 1732. 2719
cès. Vous avez vû un échantillon de son
exactitude et de son amour pour la verité.
dans un des derniers Mercures , à l'occasion de quelques Endroits de son Histoire
du Diocèse de Meaux. Tous les hommes
peuvent se tromper , mais tous ne sont
pas également disposez à reconnoître leurs
erreurs. Je suis , &c.
AParis , lex Decembre 1732.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre, écrite par l'Auteur du Voyage de Normandie, à Monsieur...
Dans une lettre, un auteur corrige des erreurs présentes dans sa neuvième lettre publiée dans le Mercure de France en décembre 1732. Il reconnaît deux fautes concernant l'épiscopat de Saint Renobert, évêque de Bayeux. Premièrement, il situe son épiscopat au VIIe siècle, contrairement à la chronologie locale qui le place au IIIe ou IVe siècle. Deuxièmement, une faute d'impression indique que Saint Renobert aurait assisté à un concile en 1630 au lieu de 630. L'auteur mentionne également une erreur plus significative concernant la cérémonie de la première entrée publique des évêques de Bayeux. Il avait rapporté une relation erronée de cette cérémonie, basée sur une copie altérée par un professeur d'humanité de Caen. La véritable relation, écrite par le chevalier de Saint-Jory et adressée à la duchesse de Chevreuse, est bien écrite et mérite reconnaissance. L'auteur exprime son regret pour ces erreurs et souligne l'importance de la vérification des informations. Il mentionne également des recherches en cours sur l'acte du douaire de Judith, comtesse de Normandie, en 1008. Il parle aussi de l'historien du diocèse de Rouen, qui travaille avec exactitude et amour pour la vérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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263
p. 2719
MADRIGAL. A Madlle de Catellan, Maîtresse des Jeux Floraux de Toulouse, pour le jour de sa Naissance.
Début :
Les Graces en ce jour et les Vertus naquirent, [...]
Mots clefs :
Jeux floraux, Toulouse, Belles-lettres, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL. A Madlle de Catellan, Maîtresse des Jeux Floraux de Toulouse, pour le jour de sa Naissance.
MADRIGAL.
A Madlle de Catellan , Maîtresse des
Jeux Floraux de Toulouse
jour de sa Naissance.
L
• pour le
Es Graces en ce jour et les Vertus naquirent ,
Les Dieux en vous les réunirent.
Rendre heureux un Mortel étoit l'objet des
Cieux :
Mais vous avés trompé , trop aimable Clarice ,
Par une cruelle injustice ,
Et les vœux des Mortels et l'attente des Dieux.
Ce Madrigal convient à une Demoiselle
qui a meprisé les engagemens du Mariage
pour s'attacher à cultiver les BellesLettres.
A Madlle de Catellan , Maîtresse des
Jeux Floraux de Toulouse
jour de sa Naissance.
L
• pour le
Es Graces en ce jour et les Vertus naquirent ,
Les Dieux en vous les réunirent.
Rendre heureux un Mortel étoit l'objet des
Cieux :
Mais vous avés trompé , trop aimable Clarice ,
Par une cruelle injustice ,
Et les vœux des Mortels et l'attente des Dieux.
Ce Madrigal convient à une Demoiselle
qui a meprisé les engagemens du Mariage
pour s'attacher à cultiver les BellesLettres.
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264
p. 2720-2724
LETTRE de M... écrite à un de ses amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas, à Paris.
Début :
J'ai été, Monsieur, rendre visite à M. Paul Lucas, recommandable par [...]
Mots clefs :
Cabinet, Curiosités, Paul Lucas, Pierres, Orient
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M... écrite à un de ses amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas, à Paris.
LETTRE de M... écrite à un de ses
J
amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas,
à Paris.
"Ai été , Monsieur , rendre visite à
M. Paul Lucas , recommandable par.
tous les Voyages qu'il a faits dans le Levant. Ce sont , comme vous sçavez , les .
plus belles Régions du Monde , où les
Faits historiques de la premiere Antiquité
se sont passez , et où les Sciences et les
Arts ont pris leur origine.
M. P. Lucas a trouvé dans ces agréables Contrées de quoy satisfaire la curiosité des Sçavans en beaucoup de genres. Il m'a fait l'amitié de me montrer
son fameux Cabinet. On y voit un grand
nombre de toutes les raretez que l'on
peut rapporter de l'Orient.
$
Vous m'avez témoigné , Monsieur , que
je vous ferois plaisir de vous en faire le
détail. Une premiere visite ne m'a pas .
permis d'éxaminer à fond tout ce que.
j'ai pû y remarquer , mais je vais cependant vous satisfaire , autant que je le
pourrai.
Je commence par vous dire que je ne
connois point à Paris de Cabinet qui mé1. Vol. rite
DECEMBRE. 1732 2721
quatite plus d'attention . Ce que j'ai d'abord
regardé comme la picce la plus remarquable est la figure de la Déesse Cerés , qu'il
a apportée d'Athenes , il y a plus de
rante ans. Elle a deux pieds quelques
pouces de hauteur. Elle est assise sur un
siege fort singulier, de beau Jaspe floride ·
Oriental. Toutes les extremitez de la Figure sont de Bronze , comme la tête , les
mains , les pieds et les attributs qu'elle
tient ; sçavoir , un flambeau de paille
de la main droite , et une corne de Bouf
de la gauche. La base est de pierre de
Parangon , pierre de touche. Son habillement est d'Albâtre blanc.
On voit de plus un grand nombre d'autres curiositez qui sont uniques ; car ce
Cabinet est rempli d'une grande quan-'
tité de Bronzes d'Egypte et de tous les
autres Païs du Levant , de la Grece et
de la Macedoine. Il y a entre autres
deux Bronzes qui sont uniques en Europe. Ce sont deux Gimnosophistes qu'il ·
a 4apportez de Perse.
On y voit une grande quantité de Lares ou Dieux Penates des Payens. Le nombre qu'il en a ne pourroit pas être acquis
en plusieurs années.
J'y ai aussi remarqué un Buste antique de Scipion l'Africain , un autre de
I. Vels I vj Man-
2722 MERCURE DE FRANCE
Manlius , un d'Atis et un de Maximin.
Ces deux derniers sont revétus d'Albâ
tre Oriental.
Il a six Cabinets remplis de Médailles antiques et modernes ; beaucoup de
Pierres gravées en creux et en relief de differentes especes , comme Agates ,
Cornalines , Sardoines , Jaspes et autres.
Il m'a de plus fait voir son Herbier, composé d'environ trois mille Plantes differentes,toutesapportées d'Orient, dontil a écrit
les vertus et les proprietez. Son Droguier est des plus curieux ; il est composé de plusieurs sortes de Drogues inconnues en Europe , comme la Corne du
pied de la Giraffe , la Gomme Caradeny
le Corail noir et une infinité d'autres Drogues , dont les qualitez et les effets sont
surprenants.
د
Je ne vous parlerai point d'un assemblage de Coquilles tout- à-fait extraordinaire , mais je n'ai pû m'empêcher d'admirer les beaux morceaux de Pierres
Orientales , dont il a plusieurs Blocs ,
comme Sardoines , Jaspes , Cornalines et
Jades. Il en a un entre autres qui pese
environ deux cent livres.
De tout ce que j'ai vû dans ce Cabinet,
rien ne me feroit plus de plaisir que d'ayoir une de ces Pierres qui y sont en
1. Vol.
quang
DECEMBRE. 1732. 2723.
quantité et dont notre Voyageur n'a
point encore donné de connoissance
jusqu'à présent ; ces Pierres sont dures
comme l'Agathe. Elles sont marbrées de
rouge et de blanc , transparentes et d'un
beau poli ; on leur attribuë de grandes
vertus.
On prétend , par exemple , qu'une
personne qui porte une certaine de ces
Pierres sur soi , ne peut être attaquée de
pleurésie. On l'enchasse dans une Bague
à jour, ensorte que la Pierre touche la
chair , et il faut que toute la monture
soit d'argent. Elle soulage dans l'instant
une personne attaquée de cette dangereuse maladie et la guérit , dit- on , en
peu de temps. Elle a encore une autre
proprieté , c'est d'empêcher que les mauvaises humeurs ne se mêlent avec le
sang. Presque tous les Orientaux portent
sur eux de ces Pierres qui sont nommées
en Turc Doste Kandan , c'est- à- dire
l'Ami du sang. La connaissance de toutes ces Pierres en general , peut fournir
aux Sçavans une belle matiere de philosopher.
>
J'aurois à vous parler encore de plusieurs especes d'animaux qui ne sont
point connus en Europe , et de diff rentes Armes des Pays Etrangers , dont ce
I. Vol Cabinet
2724 MERCURE DE FRANCE
Cabinet est orné. J'espere vous ene
faire part dans ma premiere Lettre , en
vous envoyant un détail exact de ce que
j'observerai de plus curieux en visitant
de nouveau ce beau Cabinet , et je suis
persuadé que vous ne regretterez pas le
temps que vous employerez à lire mes
Lettres , dans lesquelles je m'attacherai
toûjours à contenter votre curiosité . Je
suis , Monsieur , &c.
A Paris le 8. Décembre 1732.
J
amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas,
à Paris.
"Ai été , Monsieur , rendre visite à
M. Paul Lucas , recommandable par.
tous les Voyages qu'il a faits dans le Levant. Ce sont , comme vous sçavez , les .
plus belles Régions du Monde , où les
Faits historiques de la premiere Antiquité
se sont passez , et où les Sciences et les
Arts ont pris leur origine.
M. P. Lucas a trouvé dans ces agréables Contrées de quoy satisfaire la curiosité des Sçavans en beaucoup de genres. Il m'a fait l'amitié de me montrer
son fameux Cabinet. On y voit un grand
nombre de toutes les raretez que l'on
peut rapporter de l'Orient.
$
Vous m'avez témoigné , Monsieur , que
je vous ferois plaisir de vous en faire le
détail. Une premiere visite ne m'a pas .
permis d'éxaminer à fond tout ce que.
j'ai pû y remarquer , mais je vais cependant vous satisfaire , autant que je le
pourrai.
Je commence par vous dire que je ne
connois point à Paris de Cabinet qui mé1. Vol. rite
DECEMBRE. 1732 2721
quatite plus d'attention . Ce que j'ai d'abord
regardé comme la picce la plus remarquable est la figure de la Déesse Cerés , qu'il
a apportée d'Athenes , il y a plus de
rante ans. Elle a deux pieds quelques
pouces de hauteur. Elle est assise sur un
siege fort singulier, de beau Jaspe floride ·
Oriental. Toutes les extremitez de la Figure sont de Bronze , comme la tête , les
mains , les pieds et les attributs qu'elle
tient ; sçavoir , un flambeau de paille
de la main droite , et une corne de Bouf
de la gauche. La base est de pierre de
Parangon , pierre de touche. Son habillement est d'Albâtre blanc.
On voit de plus un grand nombre d'autres curiositez qui sont uniques ; car ce
Cabinet est rempli d'une grande quan-'
tité de Bronzes d'Egypte et de tous les
autres Païs du Levant , de la Grece et
de la Macedoine. Il y a entre autres
deux Bronzes qui sont uniques en Europe. Ce sont deux Gimnosophistes qu'il ·
a 4apportez de Perse.
On y voit une grande quantité de Lares ou Dieux Penates des Payens. Le nombre qu'il en a ne pourroit pas être acquis
en plusieurs années.
J'y ai aussi remarqué un Buste antique de Scipion l'Africain , un autre de
I. Vels I vj Man-
2722 MERCURE DE FRANCE
Manlius , un d'Atis et un de Maximin.
Ces deux derniers sont revétus d'Albâ
tre Oriental.
Il a six Cabinets remplis de Médailles antiques et modernes ; beaucoup de
Pierres gravées en creux et en relief de differentes especes , comme Agates ,
Cornalines , Sardoines , Jaspes et autres.
Il m'a de plus fait voir son Herbier, composé d'environ trois mille Plantes differentes,toutesapportées d'Orient, dontil a écrit
les vertus et les proprietez. Son Droguier est des plus curieux ; il est composé de plusieurs sortes de Drogues inconnues en Europe , comme la Corne du
pied de la Giraffe , la Gomme Caradeny
le Corail noir et une infinité d'autres Drogues , dont les qualitez et les effets sont
surprenants.
د
Je ne vous parlerai point d'un assemblage de Coquilles tout- à-fait extraordinaire , mais je n'ai pû m'empêcher d'admirer les beaux morceaux de Pierres
Orientales , dont il a plusieurs Blocs ,
comme Sardoines , Jaspes , Cornalines et
Jades. Il en a un entre autres qui pese
environ deux cent livres.
De tout ce que j'ai vû dans ce Cabinet,
rien ne me feroit plus de plaisir que d'ayoir une de ces Pierres qui y sont en
1. Vol.
quang
DECEMBRE. 1732. 2723.
quantité et dont notre Voyageur n'a
point encore donné de connoissance
jusqu'à présent ; ces Pierres sont dures
comme l'Agathe. Elles sont marbrées de
rouge et de blanc , transparentes et d'un
beau poli ; on leur attribuë de grandes
vertus.
On prétend , par exemple , qu'une
personne qui porte une certaine de ces
Pierres sur soi , ne peut être attaquée de
pleurésie. On l'enchasse dans une Bague
à jour, ensorte que la Pierre touche la
chair , et il faut que toute la monture
soit d'argent. Elle soulage dans l'instant
une personne attaquée de cette dangereuse maladie et la guérit , dit- on , en
peu de temps. Elle a encore une autre
proprieté , c'est d'empêcher que les mauvaises humeurs ne se mêlent avec le
sang. Presque tous les Orientaux portent
sur eux de ces Pierres qui sont nommées
en Turc Doste Kandan , c'est- à- dire
l'Ami du sang. La connaissance de toutes ces Pierres en general , peut fournir
aux Sçavans une belle matiere de philosopher.
>
J'aurois à vous parler encore de plusieurs especes d'animaux qui ne sont
point connus en Europe , et de diff rentes Armes des Pays Etrangers , dont ce
I. Vol Cabinet
2724 MERCURE DE FRANCE
Cabinet est orné. J'espere vous ene
faire part dans ma premiere Lettre , en
vous envoyant un détail exact de ce que
j'observerai de plus curieux en visitant
de nouveau ce beau Cabinet , et je suis
persuadé que vous ne regretterez pas le
temps que vous employerez à lire mes
Lettres , dans lesquelles je m'attacherai
toûjours à contenter votre curiosité . Je
suis , Monsieur , &c.
A Paris le 8. Décembre 1732.
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Résumé : LETTRE de M... écrite à un de ses amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas, à Paris.
La lettre relate une visite au cabinet de curiosités de M. Paul Lucas à Paris. L'auteur, M., salue les nombreux voyages de Lucas dans le Levant, une région notable pour ses faits historiques et ses contributions aux sciences et aux arts. Le cabinet abrite une vaste collection de rarités orientales. Parmi les pièces les plus remarquables, on trouve une statue de la déesse Cérès en bronze et en albâtre, rapportée d'Athènes il y a plus de quarante ans. La collection comprend également des bronzes d'Égypte, de Grèce et de Macédoine, ainsi que des bustes antiques de personnages célèbres tels que Scipion l'Africain et Manlius. On y trouve aussi des médailles et des pierres gravées. Lucas possède un herbier de trois mille plantes orientales et un droguier contenant des substances rares comme la corne de girafe et le corail noir. La collection inclut également des coquilles extraordinaires et des pierres orientales aux propriétés supposées thérapeutiques, telles que la prévention de la pleurésie. L'auteur mentionne également la présence d'animaux inconnus en Europe et d'armes étrangères. Il promet de fournir plus de détails dans une prochaine lettre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
265
p. 2724-2727
LES SAISONS, CANTATE A mettre en Musique.
Début :
Quand l'Air, le Feu; la Terre et l'Onde, [...]
Mots clefs :
Saisons, Musique, Récitatif, Hiver, Chaos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES SAISONS, CANTATE A mettre en Musique.
LES SAISONS ,
CANT ATE
A mettre en Musique. ·
Quand l'Air , le Feu ; la Terre et l'Onde , -
Furent débrouillez du cahos ;
Vertumne regna seul dans l'Empire du Monde ,
Durant cet âge heureux du premier des Métaux.
Mais lorsque le Dieu du Tonnerre ,
Eat détrôné son pere , on lui ravit ses droits.
Cérés , Bacchus , l'Hyver , par une horrible =
guerre ,
Renverserent toutes ses Loix.
Et bien-tôt ses couleurs ne parerent la Terre ,
Qu'en ce temps où l'Amour vient vuider son
Carquois.
I.Vol
DECEMBRE. 1732. 2725
Air.
Ah ! sans ce malheur déplorable ,
Que les Mortels seroient heureux !
Le doux Printemps seroit durable ,
L'Amour n'éteindroit point ses feux ;
Du Dieu que chante Philoméle ,
Dans ses mélodieux Concerts ,
Tous les cœurs pourroient ainsi qu'elle ,
Jusqu'au tombeau porter les fers..
Ah ! &c. .
Récitatif.
Mais quoi ! Vertumine fuit,le tendre Amour s'enga vole ;
Philoméle gémit en traversant les Airs ,
Et les brulans Sujets d'Eole ,
Embrasent déja l'Univers ,
L'abondante Cérés regne dans les Campagnes;
De ses dons précieux l'or brille en nos Vallons ,
Et l'espoir d'en jouir , de l'Hôte des Montagnes s
Va faire celui des Sillons.
Air..
Imitons sa sage prudence ,
Après les plaisirs du Printemps,
Pensons à ceux de l'abondance ;
S'ils sont moins doux , ils sont constans.
Que tout encense la Déesse ,
1. Vol. Qui
2726 MERCURE DE FRANCE
Qui vient nous donner de beaux jours ,
Quand a disparu la jeunesse ,
Sur l'aîle des tendres Amours.
Imitons , &c.
Récitatif.
Dieux ! quel nouveau spectacle à mes yeux se
présente !
Je vois tous les Côteaux de la Pourpre couverts ;
Cérés fait place au Dieu dont la Liqueur char mante,
Fait les plaisirs de l'Univers.
Pomone vient mêler ses fruits à la vendange ;
Tout charme l'espoir des Buveurs ;
Le Thyrre est triomphant , et le vainqueur
Gange ,
Reçoit aussi l'encens des cœurs.
Aire
Livrons-nous à la douce yvresse,
De son agréable boisson ;
Elle éteint le mal qui nous presse ,
En submergeant notre raison.
Dans cette Liqueur immortelle,
On trouve la felicité,
L'Amour est perfide , infidelle ;
Bacchus seul est la verité.
Livrons , &c.
1. Vol.
Rici
DECEMBRE. 1732. 2727.
Récitatif.
Mais hélas ! l'Hyver vient ravager la Nature ,
Sur un Trône éclatant de nege et de glaçons ,
It déja nos Forêts ont perdu leur parure ,
Par le souffle des Aquillons.
Tout tremble à son aspect terrible ;
Les seuls plaisirs n'en sont point allarmez ;
Plus sa rigueur devient sensible ,
Plus des Mortels ils sont aimez.
Air.
L'Hyver,quoiqu'un Dieu redoutable,
Brille à mes yeux de mille attraits ,
En ce qu'il est inséparable ,
Des Jeux , des Ris et de la Paix ;
Son regne est celui des délices ;
·
Chacun peut sans soins , sans travaux ;
Avoir part aux doux sacrifices ,
Qu'il exige de ses Rivaux.
L'Hyver , &c.
CANT ATE
A mettre en Musique. ·
Quand l'Air , le Feu ; la Terre et l'Onde , -
Furent débrouillez du cahos ;
Vertumne regna seul dans l'Empire du Monde ,
Durant cet âge heureux du premier des Métaux.
Mais lorsque le Dieu du Tonnerre ,
Eat détrôné son pere , on lui ravit ses droits.
Cérés , Bacchus , l'Hyver , par une horrible =
guerre ,
Renverserent toutes ses Loix.
Et bien-tôt ses couleurs ne parerent la Terre ,
Qu'en ce temps où l'Amour vient vuider son
Carquois.
I.Vol
DECEMBRE. 1732. 2725
Air.
Ah ! sans ce malheur déplorable ,
Que les Mortels seroient heureux !
Le doux Printemps seroit durable ,
L'Amour n'éteindroit point ses feux ;
Du Dieu que chante Philoméle ,
Dans ses mélodieux Concerts ,
Tous les cœurs pourroient ainsi qu'elle ,
Jusqu'au tombeau porter les fers..
Ah ! &c. .
Récitatif.
Mais quoi ! Vertumine fuit,le tendre Amour s'enga vole ;
Philoméle gémit en traversant les Airs ,
Et les brulans Sujets d'Eole ,
Embrasent déja l'Univers ,
L'abondante Cérés regne dans les Campagnes;
De ses dons précieux l'or brille en nos Vallons ,
Et l'espoir d'en jouir , de l'Hôte des Montagnes s
Va faire celui des Sillons.
Air..
Imitons sa sage prudence ,
Après les plaisirs du Printemps,
Pensons à ceux de l'abondance ;
S'ils sont moins doux , ils sont constans.
Que tout encense la Déesse ,
1. Vol. Qui
2726 MERCURE DE FRANCE
Qui vient nous donner de beaux jours ,
Quand a disparu la jeunesse ,
Sur l'aîle des tendres Amours.
Imitons , &c.
Récitatif.
Dieux ! quel nouveau spectacle à mes yeux se
présente !
Je vois tous les Côteaux de la Pourpre couverts ;
Cérés fait place au Dieu dont la Liqueur char mante,
Fait les plaisirs de l'Univers.
Pomone vient mêler ses fruits à la vendange ;
Tout charme l'espoir des Buveurs ;
Le Thyrre est triomphant , et le vainqueur
Gange ,
Reçoit aussi l'encens des cœurs.
Aire
Livrons-nous à la douce yvresse,
De son agréable boisson ;
Elle éteint le mal qui nous presse ,
En submergeant notre raison.
Dans cette Liqueur immortelle,
On trouve la felicité,
L'Amour est perfide , infidelle ;
Bacchus seul est la verité.
Livrons , &c.
1. Vol.
Rici
DECEMBRE. 1732. 2727.
Récitatif.
Mais hélas ! l'Hyver vient ravager la Nature ,
Sur un Trône éclatant de nege et de glaçons ,
It déja nos Forêts ont perdu leur parure ,
Par le souffle des Aquillons.
Tout tremble à son aspect terrible ;
Les seuls plaisirs n'en sont point allarmez ;
Plus sa rigueur devient sensible ,
Plus des Mortels ils sont aimez.
Air.
L'Hyver,quoiqu'un Dieu redoutable,
Brille à mes yeux de mille attraits ,
En ce qu'il est inséparable ,
Des Jeux , des Ris et de la Paix ;
Son regne est celui des délices ;
·
Chacun peut sans soins , sans travaux ;
Avoir part aux doux sacrifices ,
Qu'il exige de ses Rivaux.
L'Hyver , &c.
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Résumé : LES SAISONS, CANTATE A mettre en Musique.
Le texte 'Les Saisons' est une œuvre poétique destinée à être mise en musique, décrivant les différentes saisons et leurs influences sur le monde. Initialement, Vertumne, dieu de la Terre, régnait seul durant l'âge d'or. Après son détrônement par le dieu du Tonnerre, Cérès, Bacchus et l'Hiver renversèrent ses lois, marquant les saisons par des conflits et des changements. Le texte commence par un air regrettant la perte de l'âge d'or, où le printemps serait durable et l'amour éternel. Un récitatif décrit la fuite de Vertumne et l'arrivée de l'amour, symbolisée par Philomèle. L'abondance de Cérès est célébrée, et les plaisirs de l'abondance sont encouragés après ceux du printemps. Un nouveau récitatif introduit l'arrivée de Bacchus, dont la liqueur charmante remplace les dons de Cérès. Pomone mêle ses fruits à la vendange, et l'ivresse de Bacchus est louée comme source de félicité. Enfin, l'hiver est décrit comme un dieu redoutable mais apportant des délices et des plaisirs, malgré sa rigueur.
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266
p. 2727-2728
Vicairies Apostoliques d'Antibes, [titre d'après la table]
Début :
Le Memoire qui suit et que nous donnons dans les mêmes termes que nous [...]
Mots clefs :
Mémoire, Public, Procès, Vicaire Apostolique, Arrêt, Antibes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vicairies Apostoliques d'Antibes, [titre d'après la table]
Le Memoire qui suit et que nous don
nons dans les mêmes termes que nous
l'avons reçû , instruira le Public de la
décision d'une grande Affaire Ecclesias
tique.ue.
Le grand Procès touchant la Vicairie
Apostolique et l'Officialité érigée en la
I. Vol.
Ville
2728 MERCURE DE FRANCE
Ville d'Antibes dans des temps de trouble et de schisme , par les Bulles desPapes Jean XXIII. Marin V. et Eugene
IV. a enfin été jugé définitivement par
Arrêt du Conseil d'Etat du. 11. Octobre
1732. rendu en faveur de M. d'Antelmi,
Evêque de Grasse ayant repris la suite
de cette affaire , qui dure depuis 150. ans.
L'Arrêt déclare qu'il y a abus dans lesdites Bulles , et sans s'arrêter à tout ce
qui s'en est ensuivi concernant ladite
érection et le démembrement des fonctions Episcopales des Evêques de Grasse ,
de leur Jurisdiction en ladite Ville, maintient l'Evêque de Grasse et ses Successeurs , dans le droit d'exercer toute Jurisdiction Episcopale dans ladite Ville et Territoire d'Antibes , comme auparavant.
lesdites Bulles. Il y a eu sur cette Affaire des Memoires très-curieux,imprimées,
chez Pierre Prault et la Veuve Saugrain ,
sous le Quay de Gesures , à Paris.
nons dans les mêmes termes que nous
l'avons reçû , instruira le Public de la
décision d'une grande Affaire Ecclesias
tique.ue.
Le grand Procès touchant la Vicairie
Apostolique et l'Officialité érigée en la
I. Vol.
Ville
2728 MERCURE DE FRANCE
Ville d'Antibes dans des temps de trouble et de schisme , par les Bulles desPapes Jean XXIII. Marin V. et Eugene
IV. a enfin été jugé définitivement par
Arrêt du Conseil d'Etat du. 11. Octobre
1732. rendu en faveur de M. d'Antelmi,
Evêque de Grasse ayant repris la suite
de cette affaire , qui dure depuis 150. ans.
L'Arrêt déclare qu'il y a abus dans lesdites Bulles , et sans s'arrêter à tout ce
qui s'en est ensuivi concernant ladite
érection et le démembrement des fonctions Episcopales des Evêques de Grasse ,
de leur Jurisdiction en ladite Ville, maintient l'Evêque de Grasse et ses Successeurs , dans le droit d'exercer toute Jurisdiction Episcopale dans ladite Ville et Territoire d'Antibes , comme auparavant.
lesdites Bulles. Il y a eu sur cette Affaire des Memoires très-curieux,imprimées,
chez Pierre Prault et la Veuve Saugrain ,
sous le Quay de Gesures , à Paris.
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Résumé : Vicairies Apostoliques d'Antibes, [titre d'après la table]
Le document traite d'un important procès ecclésiastique concernant la Vicairie Apostolique et l'Officialité d'Antibes. Ce litige, marqué par des troubles et des schismes, a été résolu par des bulles papales émises par Jean XXIII, Marin V et Eugène IV. L'affaire a été définitivement tranchée par un arrêt du Conseil d'État du 11 octobre 1732, en faveur de M. d'Antelmi, évêque de Grasse. Cet arrêt reconnaît que les bulles papales contenaient des abus et confirme les droits de l'évêque de Grasse et de ses successeurs à exercer la juridiction épiscopale à Antibes, comme avant les bulles. Plusieurs mémoires sur cette affaire ont été imprimés à Paris, chez Pierre Prault et la Veuve Saugrain, sous le Quai de Gesvres.
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267
p. 2728-2729
Prix de l'Académie Françoise, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Françoise donnera le 25 du mois d'Août prochain, Fête de Saint [...]
Mots clefs :
Académie française, Prix d'éloquence, Médailles, Prix de prose
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Académie Françoise, [titre d'après la table]
L'Académie Françoise donnera le 25
du mois d'Août prochain , Fête de Saint
Louis , le Prix d'Eloquence fondé par feu
M. de Balzac , dont le Sujet sera , de la
modération dans la dispute , suivant ces
paroles de l'Ecriture Sainte , Responsio
mollis frangit iram , Froverb. ch. 15. V. I.
I. Vol.
Celui
DECEMBRE. 1732 2729
Celui qui remportera ce Prix , recevra
deux Médailles d'or au lieu d'une , parceque l'Académie n'a point encore donné
le Prix de Prose de l'année 1731. Le mê
me jour elle donnera aussi le Prix de
Poësie fondé le feu Evêque de
Noyon , dont le Sujet sera : Le Progrès
de la Sculpture sous le Régne de Louis le
Grand.
و
2
par
du mois d'Août prochain , Fête de Saint
Louis , le Prix d'Eloquence fondé par feu
M. de Balzac , dont le Sujet sera , de la
modération dans la dispute , suivant ces
paroles de l'Ecriture Sainte , Responsio
mollis frangit iram , Froverb. ch. 15. V. I.
I. Vol.
Celui
DECEMBRE. 1732 2729
Celui qui remportera ce Prix , recevra
deux Médailles d'or au lieu d'une , parceque l'Académie n'a point encore donné
le Prix de Prose de l'année 1731. Le mê
me jour elle donnera aussi le Prix de
Poësie fondé le feu Evêque de
Noyon , dont le Sujet sera : Le Progrès
de la Sculpture sous le Régne de Louis le
Grand.
و
2
par
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Résumé : Prix de l'Académie Françoise, [titre d'après la table]
Le 25 août, l'Académie Françoise célébrera la fête de Saint Louis avec deux concours. Le Prix d'Éloquence, sur la modération dans la dispute, offrira deux médailles d'or. Le Prix de Poésie portera sur le progrès de la sculpture sous Louis le Grand.
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268
p. 2729-2730
« On écrit de Bologne de la fin du mois dernier, que la sçavante Dona Laura [...] »
Début :
On écrit de Bologne de la fin du mois dernier, que la sçavante Dona Laura [...]
Mots clefs :
Italie, Thèses, Savante, Laura Catherine Bussy, Érudition, Université
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Bologne de la fin du mois dernier, que la sçavante Dona Laura [...] »
On écrit de Bologne de la fin du mois
dernier , que la sçavante Dona Laura Ca--
therine Bussy , dont on a déja parlé plusieurs fois continue à donner de tems
en tems des marques éclatantes de son
sçavoir et de sa profonde érudition. Outre les differentes Theses qu'elle a soutenuës en public avec un applaudissement
general , elle répondit dernierement avec
beaucoup de solidité à diverses questions
qui lui furent faites en présence de trois
Ĉardinaux , six Prélats et plusieurs autres personnes de distinction , par huit
Professeurs en Theologie et en Philosophie de cette Université. On dit que cette Sçavante ira dans peu à Rome , à Florence et à Venise pour s'entretenir avec
les Académiciens de ces Villes.
dernier , que la sçavante Dona Laura Ca--
therine Bussy , dont on a déja parlé plusieurs fois continue à donner de tems
en tems des marques éclatantes de son
sçavoir et de sa profonde érudition. Outre les differentes Theses qu'elle a soutenuës en public avec un applaudissement
general , elle répondit dernierement avec
beaucoup de solidité à diverses questions
qui lui furent faites en présence de trois
Ĉardinaux , six Prélats et plusieurs autres personnes de distinction , par huit
Professeurs en Theologie et en Philosophie de cette Université. On dit que cette Sçavante ira dans peu à Rome , à Florence et à Venise pour s'entretenir avec
les Académiciens de ces Villes.
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Résumé : « On écrit de Bologne de la fin du mois dernier, que la sçavante Dona Laura [...] »
Dona Laura Catherine Bussy, érudite de Bologne, a soutenu plusieurs thèses en public avec succès. Elle a répondu aux questions de huit professeurs en théologie et philosophie devant trois cardinaux et six prélats. Elle prévoit de visiter Rome, Florence et Venise pour rencontrer des académiciens.
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269
p. 2729-2730
« On mande d'Italie que le sieur Schioffino, celébre Sculpteur de Genes, avoit [...] »
Début :
On mande d'Italie que le sieur Schioffino, celébre Sculpteur de Genes, avoit [...]
Mots clefs :
Sculpteur, Crucifix, Statues
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On mande d'Italie que le sieur Schioffino, celébre Sculpteur de Genes, avoit [...] »
On mande d'Italie que le sieur SchiofI. Vol. fine .
2730 MERCURE DE FRANCE
fino , celébre Sculpteur de Genes , avoit
fini depuis peu le grand Crucifix de marbre et plusieurs autres Statues qu'il faisoit
pour le Roi de Portugal
2730 MERCURE DE FRANCE
fino , celébre Sculpteur de Genes , avoit
fini depuis peu le grand Crucifix de marbre et plusieurs autres Statues qu'il faisoit
pour le Roi de Portugal
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270
p. 1730
« Le sieur Martin l'aîné, qu'on peut dire avoir considerablement enrichi les [...] »
Début :
Le sieur Martin l'aîné, qu'on peut dire avoir considerablement enrichi les [...]
Mots clefs :
Beaux Arts, Ouvrages, Vernis, Martin, Lambris, Carosses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Martin l'aîné, qu'on peut dire avoir considerablement enrichi les [...] »
Le sieur Martin l'aîné , qu'on peut dire avoir considerablement, enrichi les
beaux Arts en Europe , en imitant et
surpassant même à beaucoup d'égards
les plus beaux Ouvrages en Vernis unis
et de relief , de la Chine et du Japon
donne avis au Public , que pour s'accommoder au tems et aux personnes qui ne
veulent pas faire une grande dépense , il
entreprend des Lambris , Frises , Plafonds , impressions , bronzures , peintures ordinaires , generalement toutes sortes
de Vernis , et autres Ouvrages au prix
courant , pour décorer les Appartemens ,
d'un goût nouveau agréable , avec figures de relief et de diverses couleurs.
Il entreprend aussi des Carosses en beau
vernis en avanturine , &c. les fait peindre et dorer , et garantit la dorure des
injures du tems. Le tout à un prix rai- sonnable.
,
Sa demeure est toujours grande ruë da
Fauxbourg S. Denis , chez la veuve Rivet, près la Grille
beaux Arts en Europe , en imitant et
surpassant même à beaucoup d'égards
les plus beaux Ouvrages en Vernis unis
et de relief , de la Chine et du Japon
donne avis au Public , que pour s'accommoder au tems et aux personnes qui ne
veulent pas faire une grande dépense , il
entreprend des Lambris , Frises , Plafonds , impressions , bronzures , peintures ordinaires , generalement toutes sortes
de Vernis , et autres Ouvrages au prix
courant , pour décorer les Appartemens ,
d'un goût nouveau agréable , avec figures de relief et de diverses couleurs.
Il entreprend aussi des Carosses en beau
vernis en avanturine , &c. les fait peindre et dorer , et garantit la dorure des
injures du tems. Le tout à un prix rai- sonnable.
,
Sa demeure est toujours grande ruë da
Fauxbourg S. Denis , chez la veuve Rivet, près la Grille
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Résumé : « Le sieur Martin l'aîné, qu'on peut dire avoir considerablement enrichi les [...] »
Le sieur Martin l'aîné, célèbre pour ses œuvres en vernis imitant celles de la Chine et du Japon, propose désormais des prix plus accessibles. Il offre des lambris, frises, plafonds, impressions, bronzures, peintures et autres types de vernis pour décorer les appartements. Il décore également des carrosses en vernis, avec options de peinture et de dorure garantie. Sa résidence est rue du Faubourg Saint-Denis, chez la veuve Rivet.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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271
p. 2731-2732
ARREST NOTABLES.
Début :
ARREST du 14. Octobre, qui décharge des droits d'enregistrement et de contrôle, [...]
Mots clefs :
Arrêts notables, Déclaration, Factures, Cour des monnaies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARREST NOTABLES.
'ARRESTS NOTABLES.
RREST du 14. Octobre , qui décharge
des droits d'enregistrement et de contrôle ,
les adjudications des Bois des Communautez Ec- clesiastiques et Laïques , Beneficiers et Gens de Main-morte , faites en vertu d'Arrêts du Conseil
et Lettres Patentes.
AUTRE du 28. Octobre , qui permet la
sortie des grains pour l'Etranger par differens
Ports de Bretagne , en payant dix sols par tonneau de froment ou méteil , et huit sols par
tonneau de seigle , orge , baillarge et autres me,
nus grains.
AUTRE du 28. Octobre , qui déboute les Habitans des Paroisses et Communautez de Comtes , Cauron et S. Vast en Artois , à eux joints
les Etats de ladite Province , de leurs demandes et ordonne l'execution de l'Arrêt du 21. Février 1690. et de la Déclaration du premier Août
1721. portant Reglement pour la Régie du Tabac , la deffense des plantations et les visites des Employez , dans les Paroisses de l'étendue des
trois lieues de ladite Province d'Artois , limitro
phes de celle de Picardie,
AUTRE du 11. Novembre , qui ordonne
que tous les Exploits de saisies , oppositions ou
empêchemens à la délivrance et payement des
sommes assignées et employées dans les Etats du
Roy, expedicz pour la distribution des deniers
des Fermes, remboursemens des avances des Fermiers , et tous autres remboursemens , charges et
dépenses concernant la Regie desdites Fermes ,
I. Vol,
seront
2732 MERCURE DE FRANCE
seront visez et paraphez sans frais par le sieur
Gaultier , Receveur general desdites Fermes.
AUTRE du même jour , qui ordonne que
Pierre Carlier et ses Cautions , cy- devant Fermiers Generaux des Fermes- Unies , ne pourront
être assignez qu'en leur domicile à Paris ,
duits ailleurs qu'en la Cour des Aydes de Paris ,
pout raison des affaires des Fermes-Unies concer nant ledit Bail.
ni traAUTRE du 22. Novembre , qui ordonne l'execution de celui du 15. Janvier 1732. en ce
qui concerne les Factures que les Fabriquans doivent délivrer pour chaque balle ou ballot de
draps destinez pour les Echelles du Levant.
AUTRE du 9. Décembre , enregistré en la
Cour des Monnoyes le 17. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1733. le prix des anciennes
Especes & Matieres d'or et d'argent,
RREST du 14. Octobre , qui décharge
des droits d'enregistrement et de contrôle ,
les adjudications des Bois des Communautez Ec- clesiastiques et Laïques , Beneficiers et Gens de Main-morte , faites en vertu d'Arrêts du Conseil
et Lettres Patentes.
AUTRE du 28. Octobre , qui permet la
sortie des grains pour l'Etranger par differens
Ports de Bretagne , en payant dix sols par tonneau de froment ou méteil , et huit sols par
tonneau de seigle , orge , baillarge et autres me,
nus grains.
AUTRE du 28. Octobre , qui déboute les Habitans des Paroisses et Communautez de Comtes , Cauron et S. Vast en Artois , à eux joints
les Etats de ladite Province , de leurs demandes et ordonne l'execution de l'Arrêt du 21. Février 1690. et de la Déclaration du premier Août
1721. portant Reglement pour la Régie du Tabac , la deffense des plantations et les visites des Employez , dans les Paroisses de l'étendue des
trois lieues de ladite Province d'Artois , limitro
phes de celle de Picardie,
AUTRE du 11. Novembre , qui ordonne
que tous les Exploits de saisies , oppositions ou
empêchemens à la délivrance et payement des
sommes assignées et employées dans les Etats du
Roy, expedicz pour la distribution des deniers
des Fermes, remboursemens des avances des Fermiers , et tous autres remboursemens , charges et
dépenses concernant la Regie desdites Fermes ,
I. Vol,
seront
2732 MERCURE DE FRANCE
seront visez et paraphez sans frais par le sieur
Gaultier , Receveur general desdites Fermes.
AUTRE du même jour , qui ordonne que
Pierre Carlier et ses Cautions , cy- devant Fermiers Generaux des Fermes- Unies , ne pourront
être assignez qu'en leur domicile à Paris ,
duits ailleurs qu'en la Cour des Aydes de Paris ,
pout raison des affaires des Fermes-Unies concer nant ledit Bail.
ni traAUTRE du 22. Novembre , qui ordonne l'execution de celui du 15. Janvier 1732. en ce
qui concerne les Factures que les Fabriquans doivent délivrer pour chaque balle ou ballot de
draps destinez pour les Echelles du Levant.
AUTRE du 9. Décembre , enregistré en la
Cour des Monnoyes le 17. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1733. le prix des anciennes
Especes & Matieres d'or et d'argent,
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Résumé : ARREST NOTABLES.
Entre octobre et décembre, plusieurs arrêtés ont été promulgués. Le 14 octobre, un arrêté exonère les adjudications des bois des communautés ecclésiastiques et laïques, ainsi que les bénéficiaires et gens de mainmorte, des droits d'enregistrement et de contrôle. Le 28 octobre, deux arrêtés sont pris : l'un autorise l'exportation de grains par divers ports de Bretagne avec des taxes spécifiques, et l'autre rejette les demandes des habitants des paroisses de Comtes, Cauron et Saint-Vast en Artois, ordonnant l'application des règlements sur la régie du tabac. Le 11 novembre, deux autres arrêtés sont publiés : l'un stipule que les exploits de saisies ou oppositions concernant les finances royales doivent être visés par le receveur général des fermes sans frais, et l'autre limite les assignations des anciens fermiers généraux des fermes unies à leur domicile parisien. Le 22 novembre, un arrêté ordonne l'exécution des règlements concernant les factures des fabricants de draps destinés aux Échelles du Levant. Enfin, le 9 décembre, un arrêté prolonge jusqu'au 31 décembre 1733 le prix des anciennes espèces et matières d'or et d'argent, enregistré à la Cour des Monnoyes le 17 décembre.
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272
p. 2908-2911
« La veille de la Fête de la Nativité de Notre Seigneur, le Roi revêtu du [...] »
Début :
La veille de la Fête de la Nativité de Notre Seigneur, le Roi revêtu du [...]
Mots clefs :
Fête de la Nativité, Matines, Messes, Postes, Fête de la Conception, Noël, Concert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La veille de la Fête de la Nativité de Notre Seigneur, le Roi revêtu du [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c
L
A veille de la Fête de la Nativité de
Notre Seigneur , le Roi revêtu du
grand Collier de l'Ordre du S. Esprit
se rendit à la Chapelle du Château de
Versailles , où S. M. communia par les
mains de l'Archevêque de Vienne , son
premier Aumônier : ensuite le Roi toucha un grand nombre de malades.
Le 25. jour de la Fête , le Roi et la
Reine , qui après avoir assisté aux Matines , avoient entendu trois Messes à minuit , assisterent à la Grande Messe célebrée pontificalement par l'Evêque d'Autun , et chantée par la Musique.
L'après midi, L. M. entendirent la Prédication du P. Julien , Religieux Recolet , et ensuite les Vêpres chantées par la
Musique , ausquelles le même Evêque officia.
Le 24 Décembre , le Roi accorda à
M. Mithon , Intendant de la Marine à
II. Vol.
Tou-
DECEMBRE. 1732. 2909
Toulon , un Brevet de Conseiller d'Etat.
Il y along-tems que M. Mithon sert sa
Majesté dans differens postes, avec autant
de zele que de succès : Intendant à Saint
Domingue il a mis le bon ordre dans la
Justice , la Police , les Finances et le Commerce. Il a donné une application parti
culiere à la Religion et au Culte divin ,
faisant bâtir plusieurs Eglises dans une
Ville dont il a jetté les fondemens , et
que le tems perfectionnera. Rappellé en
France et Intendant de Toulon , depuis
plus de 13 ans , il s'est distingué par son
équité , par son désinteressement et par
un esprit de charité qui lui a acquis une
estime generale.
و
Le 8 Décembre , Fête de la Conception
de la Vierge , il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries , où l'on chanta
l'Exaltabo te Dens Motet de M. de la
Lande , qui fut suivi d'une Antienne à la
Vierge à grand Chœur , et après plu
sieurs Piéces de Simphonies très-bien éxecutées , le Concert finit par un autre Moret du même Auteur.
Le 24 t le 25. jour de la veille et Fête
de Noël , on chanta le Motet Exaltabo
dont l'execution fit beaucoup de plaisir
la Dlle Courvasier , de la Musique de la
II. Vol. H vj Rei-
1910 MERCURE DE FRANCE
Reine , y chanta pour la premiere fois
le récit Audivit , qui fut très- applaudi.
On joua une suite d'Airs des plus beaux
· Noëls du sieur Correte , accompagnez de
la Musette et de la Vielle des sieurs Charpentiers et Danguy , dont l'exécution fut
parfaite. La Dile Courvasier et l'Abbé
Benoît chanterent ensuite un Motet à
deux voix,de M. Mouret , avec autant de
goût que de précision ; ce Concert fut
terminé par le Cantate , dans lequel la
Dlle Lenner chanta le beau récit Viderunt
avec beaucoup de justesse.
Le 27. il y eut Concert François , on y
chanta l'Apotheose d'Hercule , Divertissement de M. Campra , qui fut suivi d'une
Cantatille de M. Mouret , que la Dlle
Courvasier chanta avec applaudissement ;
la Dlle Bourbonnois en chanta une autre
du même Auteur qui ne fut pas moins
applaudie. On y éxecuta aussi le Prologuc du Ballet des Fêtes deThalie du même
Auteur, le Concert fut terminé par le Te
Deum de M. de la Lande.
Il y aura à l'avenir Concert tous les Samedis de l'année 1733. à commencer par
celui du 3 de Janvier. 3
Le 13 Décembre , les Comédiens Italiens représenterent à la Cour la Vie est
11.Vol.
DECEMBRE. 1732. 2911
un Songe , Piéce Italienne , traduite en
Vers par M. de Boissy , et la petite Comédie d'Arlequin poli par l'Amour.
Le 20. les Amans réunis , et Arlequin
au Parnasse , ou la Folie de Melpomene ,
Parodie de Zaire.
Le Mardi 16 Décembre les Comédiens
François représenterent à Versailles
Jodelet Maître et Valet , et Georges- Dandin.
Le 18. Zaire et l'Avocat Patelin.
Le 23. L'Audrienne et le Deüil.
Le 24 Décembre la Lotterie de la
Compagnie des Indes , établie pour le
remboursement des Actions , fut tirée en
la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la
Compagnie. La Liste des Numeros gagnans des Actions et dixièmes d'Actions
qui doivent être remboursées , a été renduë publique , faisant en tout le nombre
de 319 Action
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c
L
A veille de la Fête de la Nativité de
Notre Seigneur , le Roi revêtu du
grand Collier de l'Ordre du S. Esprit
se rendit à la Chapelle du Château de
Versailles , où S. M. communia par les
mains de l'Archevêque de Vienne , son
premier Aumônier : ensuite le Roi toucha un grand nombre de malades.
Le 25. jour de la Fête , le Roi et la
Reine , qui après avoir assisté aux Matines , avoient entendu trois Messes à minuit , assisterent à la Grande Messe célebrée pontificalement par l'Evêque d'Autun , et chantée par la Musique.
L'après midi, L. M. entendirent la Prédication du P. Julien , Religieux Recolet , et ensuite les Vêpres chantées par la
Musique , ausquelles le même Evêque officia.
Le 24 Décembre , le Roi accorda à
M. Mithon , Intendant de la Marine à
II. Vol.
Tou-
DECEMBRE. 1732. 2909
Toulon , un Brevet de Conseiller d'Etat.
Il y along-tems que M. Mithon sert sa
Majesté dans differens postes, avec autant
de zele que de succès : Intendant à Saint
Domingue il a mis le bon ordre dans la
Justice , la Police , les Finances et le Commerce. Il a donné une application parti
culiere à la Religion et au Culte divin ,
faisant bâtir plusieurs Eglises dans une
Ville dont il a jetté les fondemens , et
que le tems perfectionnera. Rappellé en
France et Intendant de Toulon , depuis
plus de 13 ans , il s'est distingué par son
équité , par son désinteressement et par
un esprit de charité qui lui a acquis une
estime generale.
و
Le 8 Décembre , Fête de la Conception
de la Vierge , il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries , où l'on chanta
l'Exaltabo te Dens Motet de M. de la
Lande , qui fut suivi d'une Antienne à la
Vierge à grand Chœur , et après plu
sieurs Piéces de Simphonies très-bien éxecutées , le Concert finit par un autre Moret du même Auteur.
Le 24 t le 25. jour de la veille et Fête
de Noël , on chanta le Motet Exaltabo
dont l'execution fit beaucoup de plaisir
la Dlle Courvasier , de la Musique de la
II. Vol. H vj Rei-
1910 MERCURE DE FRANCE
Reine , y chanta pour la premiere fois
le récit Audivit , qui fut très- applaudi.
On joua une suite d'Airs des plus beaux
· Noëls du sieur Correte , accompagnez de
la Musette et de la Vielle des sieurs Charpentiers et Danguy , dont l'exécution fut
parfaite. La Dile Courvasier et l'Abbé
Benoît chanterent ensuite un Motet à
deux voix,de M. Mouret , avec autant de
goût que de précision ; ce Concert fut
terminé par le Cantate , dans lequel la
Dlle Lenner chanta le beau récit Viderunt
avec beaucoup de justesse.
Le 27. il y eut Concert François , on y
chanta l'Apotheose d'Hercule , Divertissement de M. Campra , qui fut suivi d'une
Cantatille de M. Mouret , que la Dlle
Courvasier chanta avec applaudissement ;
la Dlle Bourbonnois en chanta une autre
du même Auteur qui ne fut pas moins
applaudie. On y éxecuta aussi le Prologuc du Ballet des Fêtes deThalie du même
Auteur, le Concert fut terminé par le Te
Deum de M. de la Lande.
Il y aura à l'avenir Concert tous les Samedis de l'année 1733. à commencer par
celui du 3 de Janvier. 3
Le 13 Décembre , les Comédiens Italiens représenterent à la Cour la Vie est
11.Vol.
DECEMBRE. 1732. 2911
un Songe , Piéce Italienne , traduite en
Vers par M. de Boissy , et la petite Comédie d'Arlequin poli par l'Amour.
Le 20. les Amans réunis , et Arlequin
au Parnasse , ou la Folie de Melpomene ,
Parodie de Zaire.
Le Mardi 16 Décembre les Comédiens
François représenterent à Versailles
Jodelet Maître et Valet , et Georges- Dandin.
Le 18. Zaire et l'Avocat Patelin.
Le 23. L'Audrienne et le Deüil.
Le 24 Décembre la Lotterie de la
Compagnie des Indes , établie pour le
remboursement des Actions , fut tirée en
la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la
Compagnie. La Liste des Numeros gagnans des Actions et dixièmes d'Actions
qui doivent être remboursées , a été renduë publique , faisant en tout le nombre
de 319 Action
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Résumé : « La veille de la Fête de la Nativité de Notre Seigneur, le Roi revêtu du [...] »
En décembre 1732, à la cour de France, plusieurs événements marquants eurent lieu. Le 24 décembre, le roi, portant le grand Collier de l'Ordre du Saint-Esprit, se rendit à la chapelle du Château de Versailles pour communier et toucher des malades. Le 25 décembre, le roi et la reine assistèrent à la Grande Messe célébrée par l'évêque d'Autun et à la prédication du Père Julien. Le même jour, le roi accorda à M. Mithon, Intendant de la Marine à Toulon, un brevet de Conseiller d'État pour ses services distingués en justice, police, finances, commerce et religion. Le 8 décembre, un concert spirituel se tint au Château des Tuileries avec des œuvres de M. de la Lande. Les 24 et 25 décembre, des concerts inclurent des motets et des noëls interprétés par la demoiselle Courvasier et l'abbé Benoît. Le 27 décembre, un concert français présenta des œuvres de M. Campra et M. Mouret. À partir de janvier 1733, des concerts furent programmés chaque samedi. Les comédiens italiens et français donnèrent plusieurs représentations, notamment 'La Vie est un Songe' et 'Jodelet Maître et Valet'. Le 24 décembre, la lotterie de la Compagnie des Indes fut tirée, avec 319 actions remboursées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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273
p. 2912-2920
CEREMONIE de la Benediction des quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye Sainte Geneviéve.
Début :
Il a été parlé dans le Mercure du mois d'Octobre de deux Cloches bénites à [...]
Mots clefs :
Bénédiction, Cloches, Abbaye de Sainte Geneviève, Prieur, Patrone de Paris, Comtesse de Trêmes, Prévôt, Amphithéâtre, Charpente, Sonnerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE de la Benediction des quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye Sainte Geneviéve.
CEREMONIE de la Benediction des
quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye
Sainte Geneviève.
Idactée de deux Cloches bénites à
L a été parlé dans le Mercure du mois
Sainte Geneviève au mois de Septembre
dernier par l'Abbé de cette Abbaye : voici
ce qui s'est passé pour la bénédiction de
celles qui restoient.
Le Corps de Ville de Paris s'étant volontiers engagé de les nommer , on avoit
fait inscrire sur ces Cloches les noms et
les Armoiries de chacun de ces Mrs comme Parrains , on avoit pris la même précaution au sujet des Titres , Qualitez et
Blazon de Madame la Comtesse deTrémes
qui devoit être la Maraine.
Pour fixer le jour de la Cerémonie , les
Chanoines Réguliers de Sainte Genevieve
ffrent une députation à la Ville de huit
Religieux ; ils furent reçûs le 21 Novembre à la premiere Porte de l'Hôtel de Vilpar les Huissiers en Robe , lesquels les
ayant conduits jusqu'au haut de l'escalier,
deux Echevins , qui étoient venus au devant , les introduisirent , et les firent placer vis-à-vis M. le Prévôt des Marchands
le
II. Vol. après
DECEMBRE. 1732. 2913
après quelques révérences à Mrs de Ville
qui étoient debout.
J
La Compagnie ayant pris séance , le
Prieur de Sainte Geneviève , Chef de la
députation , complimenta ces Mrs sur le
zele , qu'à l'exemple de leurs Ancêtres
ils témoignoient pour la gloire de la Patrone de Paris , et les remercia de la nouvelle preuve qu'ils en donnoient dans la
conjoncture présente. Le Discours fini ,
le Procureur du Roi prit la parole , et rappellant les bienfaits obtenus par l'inter-,
cession de Sainte Geneviève , loua le zele
desReligieux à prier continuellementpour
les besoins publics. Le Prévôt des Marchands résuma ensuite ce qu'on venoit de
dire , et répondit que Mrs de Ville , et
lui en particulier , s'estimoient heureux
de donner cette marque de leur veneration pour la Patrone de Paris , et de concourir ainsi à la splendeur de l'Office Divin
dans une Eglise où les Citoyens ont toujours éprouvé les faveurs du Ciel ; il ajoûta quelques mots obligeans pour les Chanoines Réguliers , et fixa le jour de la Cérémonie au 27 Novembre , à dix heures
du matin. La Compagnie s'étant levée ,
les Religieux furent reconduits par les
deux Echevins qui les avoient reçûs.
Le jour de la Cerémonie ainsi arrêté
11. Vol.
Mrs
2914 MERCURE DE FRANCE
Mrs de Ville prirent des mesures pour ob
tenir du Roi la permission d'assister à
cette Benediction en grand habit de cerémonie ( comme cela se pratique en pareille occasion ) le Roi eut la bonté de l'accorder.
>
Le 27 Novembre , le Prévôt des Marchands , les Echevins et le Procureur du
Roi , se rendirent à l'Hôtel de Ville revêtus de Robbes de Velours , usitées seulement dans les plus grandes solemnitez ;
ils en partirent en Carosse , précedez de
quelques Archers de Ville , les autres Archers ayant le Commandant à leur tête
marchoient aux côtez des Carosses , lesquels étoient suivis de plusieurs autres
Čarosses où étoient les principaux Offciers , et le Colonel des 300. Archers de
Ville.
9
Mrs de Ville arriverent à 10 heures à
P'Abbaye , et furent d'abord conduits dans
une grande Sale où ils se reposerent pendant quelque tems. Ils se mirent ensuite
en marche , précedez de leurs Huissiers
en Robe mi-partie de rouge et de bleu ,
accompagnez de l'Etat- Major et des Gardes en habits d'Ordonnance neufs , ce qui
formoit un grand et pompeux Cortege
au bruit des Tambours et des Hautbois ,
et au son des deux premieres Cloches nou vellement bénites.
DECEMBRE. 1732. 2915
Ces Mrs continuerent leur marche vers
l'Eglise parmi une foule innombrable de
peuple , et une grande quantité de pauvres à qui on fit distribuer des aumônes
considérables. Ils furent reçûs à l'Eglise
et complimentez suivant la coûtume des
grandes cerémonies ; puis ayant passé au
milieu de la Communauté qui étoit en
haye dans la Nef, ils furent placez sur la
gauche d'un Autel qu'on avoit dressé exprès , et qui étoit adossé à la porte du
Chœur. Un excellent Concert d'instrument se fit entendre en même tems , et
ne discontinua point pendant la cerémonie.
La Comtesse de Trêmes arriva peu de
tems après dans un grand Carosse drapé ,
qu'environnoient 30 Valets de pied , cette Dame étoit en Robe de Cour , préce
dée de ses Pages , de quelques Ecuyers , et
accompagnée de plusieurs Dames de distinction . Les Chanoines la feçûrent en cerémonie , elle se plaça ( après avoir été
saluée du Corps de Ville ) auprès du Prévôt des Marchands et des Echevins ; les
anciens Echevins ( qui étoient en exercice quand le Corps de la Ville délibera de
nommer les quatre Cloches ) furent placez sur la même ligne , de même que les
Conseillers de l'Hôtel de Ville, On avoit
II. Vel. ta-
2916 MERCURE DE FRANCE
tapissé toute la façade de l'Eglise , pour
annoncer une solemnité extraordinaire
et on avoit couvert de grands tapis de
pied tout le pavé depuis la premiere porte de l'Eglise jusqu'à celle du Choeur ,
où étoit l'Autel dont on a parlé.
La Nef, destinée pour la cerémonie
avoit été ornée par le sieur Guillemont
Tapissier du Clergé et de la Ville , d'une
maniere fort ingenieuse , de même que
l'Autel qui étoit orné de 36 grands
Chandeliers d'argent garnis de gros cierges aux Armes de la Ville. Vis- à-vis l'Autel étoit un magnifique Lustre de cristal
à 18 branches qui donnoit une lumiere
des plus brillantes. Au- dessus de l'Autel
s'élevoit un magnifique Dais de Velours
brodé d'or , avec un assortiment relatif
orné de Cartouches historiques et symbo
liques , aussi brodez d'or , qui venoient
aboutir au Retable de l'Autel.
Cet Aurel étant placé au fond du milieu de la Nef, il restoit aux deux côtez
un intervale considerable : le tout formoit une face entiere ornée de tapisseries
semées de Fleur-de- lys d'or , ce qui fai
soit une superbe décoration et un beau
point de vue. On avoit pratiqué une
Tribune sur le Jubé qui est entre le
Chœur et la Nef, pour la Reine DoüaiII. Vol. riere
DECEMBRE. 1732 2917
riere d'Espagne ; tout le dedans étoit orné de Damas cramoisi , lé devant fermé
avec des rideaux de la même étoffe , et
l'appui du dehors paré d'un tapis brodé
d'or : la suite deS. M. C. occupoit le reste
du Jubé , qui étoit aussi orné à proportion.
Un Amphithéatre de six Gradins occu
poit les deux aîles de la Nef, ils étoient
couverts de Tapis de Perse et de verdure ,
les Pilliers étoient aussi ornez d'étoffes
depuis les Chapitaux jusqu'au pavé. Cet
Amphithéatre , parallele à la longueur de
la Nef, venoit de chaque côté se terminer circulairement à la Porte de l'Eglise.
On avoit pratiqué une autre Tribune à
côté du Jubé des Orgues , qui est audessus de cette Porte , presqu'au niveau
du Jubé , pour y placer une partie des
Musiciens et des Simfonistes , et le retour
de cette Tribune joignoit les premiers
pilliers de la Nef, Le sieur Dornel , Or- .
ganiste de l'Abbaye , fit éxécuter difféTens motets de sa composition , convena
bles à la solemnité de la Cerémonie , par
un excellent Chœur de musique composé
de plus de 80 personnes.
Ôn avoit construit au milieu de la
Nef, un quarré de charpente de 20 pieds
de long sur 14 de large , élevé dans une
II. Vol.
juste
2918 MERCURE DE FRANCE
juste proportion , et soutenu par 12 Colomnes couvertes de Satin blanc , sur le
quel étoient contournez de distance en
distance des cordons à glands d'or.Le Plafond de cette Charpente étoit couvert de
Damas cramoisi , et le dessus orné de riches Tapisseries de verdure. Les pentes .
collaterales étoient bordées de franges d'or
en Feston , avec des Aigretes touffues et
panachées aux quatre coins de l'Edifice ,
qui représentoit un somptueux et magni
fique Dais.
C'est dans cette Charpente qu'on avoit
suspendu les quatre Cloches , disposées
sans se toucher , et sans pouvoir presque
connoître à quoi elles tenoient , les differentes étoffes dont elles étoient ornées
avoient caché les cordages , les poulies , et
les autres machines , &c. Une Toile de
Batiste des plus fines , ornée d'une dentelle de deux pieds de hauteur et d'un
.goût exquis , couyroit les Cloches d'une manière également simple et noble.
Une étoffe rouge placée entre les Cloches
et la Toille , relevoit encore la beauté de
la dentelle.
Ce n'est pas le seul ornement dont Mrs
de Ville auroient voulu décorer les nouvelles Cloches , si le tems limité avoit pû
le leur permettre. Pour suppléer à cette II. Vol.
mis-
DECEMBRE. 1732. 2919
( mission , ils font faire actuellement à
Lyon un Drap d'or des plus précieux pour
de magnifiques Ornemens , qui ne serviront à l'Eglise de Sainte Genevieve
qu'aux jours des Fêtes les plus solemnelles.
-
L'Abbé de Sainte Geneviève commença la Cerémonie par une Messe basse
pendant laquelle le Choeur de Musique
chanta un très beau Motet. Après la
Messe l'Abbé alla prendre ses Habits Pontificaux , il revint accompagné de treize
Officiers magnifiquement revêtus , quatre en Tuniques et neufen Chapes. Les
Officiers de Justice de l'Abbaye en Robe
parurent en même tems. L'Abbé , selon
ce qui est marqué dans les Rituels , alla
aussi-tôt demander sous l'invocation de
quels Saints les Cloches seroient bénites ;
et cette Rubrique accomplie il tinta cha
que Cloche trois fois , la Comtesse de
Trêmes et le Prévôt des Marchands firent
la même chose , les autres Magistrats tinterent chacun séparément ; pour faciliter
cet essai de sonnerie , on avoit attaché
plusieurs cordons tissus d'argent , relevés
par des houpes très riches , aux battans
des Cloches.
Differents Pseaumes furent chantés pendant cetteCerémonie, soit en Plein- Chant,
I. Vol. avec
1920 MERCURE DE FRANCE
4
avec l'Orgue , ou en Musique. Les fanfá
res des Trompettes et des Hautbois accompagnoient et animoient ce chant. Les
Antiennes préliminaires aux Pseaumes
étoient toujours entonnées à l'Officiant
par le Grand- Chantre qui présidoit au
Choeur avec le Bâton de son Office. L'Abbé termina la Cerémonie par la Benediction qu'il donna pontificalement. Il alla
ensuite remercier la Comtesse de Trêmes
et Mrs de Ville , qui répondirent de la
maniere la plus gracieuse.
La Comtesse de Trêmes fut reconduite
par les Chanoines jusqu'à son Carosse, et
Mrs de Ville furent conduits dans un
Appartement de l'Abbaye , où ils accepterent le dîner qu'on leur avoit fait préparer. Une multitude prodigieuse de Feu
ple , qui n'avoit pu être témoin de cette
Cerémonie , s'empressa d'entrer dans l'Eglise , qui fût ouverte jusqu'au soir pour
satisfaire à la curiosité publique.
quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye
Sainte Geneviève.
Idactée de deux Cloches bénites à
L a été parlé dans le Mercure du mois
Sainte Geneviève au mois de Septembre
dernier par l'Abbé de cette Abbaye : voici
ce qui s'est passé pour la bénédiction de
celles qui restoient.
Le Corps de Ville de Paris s'étant volontiers engagé de les nommer , on avoit
fait inscrire sur ces Cloches les noms et
les Armoiries de chacun de ces Mrs comme Parrains , on avoit pris la même précaution au sujet des Titres , Qualitez et
Blazon de Madame la Comtesse deTrémes
qui devoit être la Maraine.
Pour fixer le jour de la Cerémonie , les
Chanoines Réguliers de Sainte Genevieve
ffrent une députation à la Ville de huit
Religieux ; ils furent reçûs le 21 Novembre à la premiere Porte de l'Hôtel de Vilpar les Huissiers en Robe , lesquels les
ayant conduits jusqu'au haut de l'escalier,
deux Echevins , qui étoient venus au devant , les introduisirent , et les firent placer vis-à-vis M. le Prévôt des Marchands
le
II. Vol. après
DECEMBRE. 1732. 2913
après quelques révérences à Mrs de Ville
qui étoient debout.
J
La Compagnie ayant pris séance , le
Prieur de Sainte Geneviève , Chef de la
députation , complimenta ces Mrs sur le
zele , qu'à l'exemple de leurs Ancêtres
ils témoignoient pour la gloire de la Patrone de Paris , et les remercia de la nouvelle preuve qu'ils en donnoient dans la
conjoncture présente. Le Discours fini ,
le Procureur du Roi prit la parole , et rappellant les bienfaits obtenus par l'inter-,
cession de Sainte Geneviève , loua le zele
desReligieux à prier continuellementpour
les besoins publics. Le Prévôt des Marchands résuma ensuite ce qu'on venoit de
dire , et répondit que Mrs de Ville , et
lui en particulier , s'estimoient heureux
de donner cette marque de leur veneration pour la Patrone de Paris , et de concourir ainsi à la splendeur de l'Office Divin
dans une Eglise où les Citoyens ont toujours éprouvé les faveurs du Ciel ; il ajoûta quelques mots obligeans pour les Chanoines Réguliers , et fixa le jour de la Cérémonie au 27 Novembre , à dix heures
du matin. La Compagnie s'étant levée ,
les Religieux furent reconduits par les
deux Echevins qui les avoient reçûs.
Le jour de la Cerémonie ainsi arrêté
11. Vol.
Mrs
2914 MERCURE DE FRANCE
Mrs de Ville prirent des mesures pour ob
tenir du Roi la permission d'assister à
cette Benediction en grand habit de cerémonie ( comme cela se pratique en pareille occasion ) le Roi eut la bonté de l'accorder.
>
Le 27 Novembre , le Prévôt des Marchands , les Echevins et le Procureur du
Roi , se rendirent à l'Hôtel de Ville revêtus de Robbes de Velours , usitées seulement dans les plus grandes solemnitez ;
ils en partirent en Carosse , précedez de
quelques Archers de Ville , les autres Archers ayant le Commandant à leur tête
marchoient aux côtez des Carosses , lesquels étoient suivis de plusieurs autres
Čarosses où étoient les principaux Offciers , et le Colonel des 300. Archers de
Ville.
9
Mrs de Ville arriverent à 10 heures à
P'Abbaye , et furent d'abord conduits dans
une grande Sale où ils se reposerent pendant quelque tems. Ils se mirent ensuite
en marche , précedez de leurs Huissiers
en Robe mi-partie de rouge et de bleu ,
accompagnez de l'Etat- Major et des Gardes en habits d'Ordonnance neufs , ce qui
formoit un grand et pompeux Cortege
au bruit des Tambours et des Hautbois ,
et au son des deux premieres Cloches nou vellement bénites.
DECEMBRE. 1732. 2915
Ces Mrs continuerent leur marche vers
l'Eglise parmi une foule innombrable de
peuple , et une grande quantité de pauvres à qui on fit distribuer des aumônes
considérables. Ils furent reçûs à l'Eglise
et complimentez suivant la coûtume des
grandes cerémonies ; puis ayant passé au
milieu de la Communauté qui étoit en
haye dans la Nef, ils furent placez sur la
gauche d'un Autel qu'on avoit dressé exprès , et qui étoit adossé à la porte du
Chœur. Un excellent Concert d'instrument se fit entendre en même tems , et
ne discontinua point pendant la cerémonie.
La Comtesse de Trêmes arriva peu de
tems après dans un grand Carosse drapé ,
qu'environnoient 30 Valets de pied , cette Dame étoit en Robe de Cour , préce
dée de ses Pages , de quelques Ecuyers , et
accompagnée de plusieurs Dames de distinction . Les Chanoines la feçûrent en cerémonie , elle se plaça ( après avoir été
saluée du Corps de Ville ) auprès du Prévôt des Marchands et des Echevins ; les
anciens Echevins ( qui étoient en exercice quand le Corps de la Ville délibera de
nommer les quatre Cloches ) furent placez sur la même ligne , de même que les
Conseillers de l'Hôtel de Ville, On avoit
II. Vel. ta-
2916 MERCURE DE FRANCE
tapissé toute la façade de l'Eglise , pour
annoncer une solemnité extraordinaire
et on avoit couvert de grands tapis de
pied tout le pavé depuis la premiere porte de l'Eglise jusqu'à celle du Choeur ,
où étoit l'Autel dont on a parlé.
La Nef, destinée pour la cerémonie
avoit été ornée par le sieur Guillemont
Tapissier du Clergé et de la Ville , d'une
maniere fort ingenieuse , de même que
l'Autel qui étoit orné de 36 grands
Chandeliers d'argent garnis de gros cierges aux Armes de la Ville. Vis- à-vis l'Autel étoit un magnifique Lustre de cristal
à 18 branches qui donnoit une lumiere
des plus brillantes. Au- dessus de l'Autel
s'élevoit un magnifique Dais de Velours
brodé d'or , avec un assortiment relatif
orné de Cartouches historiques et symbo
liques , aussi brodez d'or , qui venoient
aboutir au Retable de l'Autel.
Cet Aurel étant placé au fond du milieu de la Nef, il restoit aux deux côtez
un intervale considerable : le tout formoit une face entiere ornée de tapisseries
semées de Fleur-de- lys d'or , ce qui fai
soit une superbe décoration et un beau
point de vue. On avoit pratiqué une
Tribune sur le Jubé qui est entre le
Chœur et la Nef, pour la Reine DoüaiII. Vol. riere
DECEMBRE. 1732 2917
riere d'Espagne ; tout le dedans étoit orné de Damas cramoisi , lé devant fermé
avec des rideaux de la même étoffe , et
l'appui du dehors paré d'un tapis brodé
d'or : la suite deS. M. C. occupoit le reste
du Jubé , qui étoit aussi orné à proportion.
Un Amphithéatre de six Gradins occu
poit les deux aîles de la Nef, ils étoient
couverts de Tapis de Perse et de verdure ,
les Pilliers étoient aussi ornez d'étoffes
depuis les Chapitaux jusqu'au pavé. Cet
Amphithéatre , parallele à la longueur de
la Nef, venoit de chaque côté se terminer circulairement à la Porte de l'Eglise.
On avoit pratiqué une autre Tribune à
côté du Jubé des Orgues , qui est audessus de cette Porte , presqu'au niveau
du Jubé , pour y placer une partie des
Musiciens et des Simfonistes , et le retour
de cette Tribune joignoit les premiers
pilliers de la Nef, Le sieur Dornel , Or- .
ganiste de l'Abbaye , fit éxécuter difféTens motets de sa composition , convena
bles à la solemnité de la Cerémonie , par
un excellent Chœur de musique composé
de plus de 80 personnes.
Ôn avoit construit au milieu de la
Nef, un quarré de charpente de 20 pieds
de long sur 14 de large , élevé dans une
II. Vol.
juste
2918 MERCURE DE FRANCE
juste proportion , et soutenu par 12 Colomnes couvertes de Satin blanc , sur le
quel étoient contournez de distance en
distance des cordons à glands d'or.Le Plafond de cette Charpente étoit couvert de
Damas cramoisi , et le dessus orné de riches Tapisseries de verdure. Les pentes .
collaterales étoient bordées de franges d'or
en Feston , avec des Aigretes touffues et
panachées aux quatre coins de l'Edifice ,
qui représentoit un somptueux et magni
fique Dais.
C'est dans cette Charpente qu'on avoit
suspendu les quatre Cloches , disposées
sans se toucher , et sans pouvoir presque
connoître à quoi elles tenoient , les differentes étoffes dont elles étoient ornées
avoient caché les cordages , les poulies , et
les autres machines , &c. Une Toile de
Batiste des plus fines , ornée d'une dentelle de deux pieds de hauteur et d'un
.goût exquis , couyroit les Cloches d'une manière également simple et noble.
Une étoffe rouge placée entre les Cloches
et la Toille , relevoit encore la beauté de
la dentelle.
Ce n'est pas le seul ornement dont Mrs
de Ville auroient voulu décorer les nouvelles Cloches , si le tems limité avoit pû
le leur permettre. Pour suppléer à cette II. Vol.
mis-
DECEMBRE. 1732. 2919
( mission , ils font faire actuellement à
Lyon un Drap d'or des plus précieux pour
de magnifiques Ornemens , qui ne serviront à l'Eglise de Sainte Genevieve
qu'aux jours des Fêtes les plus solemnelles.
-
L'Abbé de Sainte Geneviève commença la Cerémonie par une Messe basse
pendant laquelle le Choeur de Musique
chanta un très beau Motet. Après la
Messe l'Abbé alla prendre ses Habits Pontificaux , il revint accompagné de treize
Officiers magnifiquement revêtus , quatre en Tuniques et neufen Chapes. Les
Officiers de Justice de l'Abbaye en Robe
parurent en même tems. L'Abbé , selon
ce qui est marqué dans les Rituels , alla
aussi-tôt demander sous l'invocation de
quels Saints les Cloches seroient bénites ;
et cette Rubrique accomplie il tinta cha
que Cloche trois fois , la Comtesse de
Trêmes et le Prévôt des Marchands firent
la même chose , les autres Magistrats tinterent chacun séparément ; pour faciliter
cet essai de sonnerie , on avoit attaché
plusieurs cordons tissus d'argent , relevés
par des houpes très riches , aux battans
des Cloches.
Differents Pseaumes furent chantés pendant cetteCerémonie, soit en Plein- Chant,
I. Vol. avec
1920 MERCURE DE FRANCE
4
avec l'Orgue , ou en Musique. Les fanfá
res des Trompettes et des Hautbois accompagnoient et animoient ce chant. Les
Antiennes préliminaires aux Pseaumes
étoient toujours entonnées à l'Officiant
par le Grand- Chantre qui présidoit au
Choeur avec le Bâton de son Office. L'Abbé termina la Cerémonie par la Benediction qu'il donna pontificalement. Il alla
ensuite remercier la Comtesse de Trêmes
et Mrs de Ville , qui répondirent de la
maniere la plus gracieuse.
La Comtesse de Trêmes fut reconduite
par les Chanoines jusqu'à son Carosse, et
Mrs de Ville furent conduits dans un
Appartement de l'Abbaye , où ils accepterent le dîner qu'on leur avoit fait préparer. Une multitude prodigieuse de Feu
ple , qui n'avoit pu être témoin de cette
Cerémonie , s'empressa d'entrer dans l'Eglise , qui fût ouverte jusqu'au soir pour
satisfaire à la curiosité publique.
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Résumé : CEREMONIE de la Benediction des quatre nouvelles Cloches de l'Abbaye Sainte Geneviéve.
Le texte relate la cérémonie de bénédiction des quatre nouvelles cloches de l'Abbaye Sainte Geneviève à Paris. Les cloches portaient les noms et armoiries des membres du Corps de Ville de Paris, qui les avaient parrainées. La Comtesse de Trémes fut désignée comme marraine. Pour déterminer la date de la cérémonie, les Chanoines de Sainte Geneviève envoyèrent une délégation à la Ville de Paris, qui fut reçue le 21 novembre. Le Prévôt des Marchands fixa la cérémonie au 27 novembre. Le jour de la cérémonie, les membres du Corps de Ville se rendirent à l'Abbaye en grand habit de cérémonie, précédés par des archers et suivis par d'autres officiels. Ils furent accueillis par une foule nombreuse et des pauvres à qui des aumônes furent distribuées. L'église était richement décorée avec des tapisseries, des chandeliers d'argent et un lustre de cristal. La Comtesse de Trémes arriva peu après, accompagnée de sa suite. La cérémonie débuta par une messe basse suivie de la bénédiction des cloches. L'Abbé, assisté de treize officiers, demanda sous l'invocation de quels saints les cloches seraient bénites. Chaque cloche fut sonnée trois fois par l'Abbé, la Comtesse de Trémes, le Prévôt des Marchands et les autres magistrats. Des psaumes et des antiennes furent chantés, accompagnés par un chœur de musique et des instruments. La cérémonie se conclut par la bénédiction pontificale de l'Abbé, qui remercia ensuite la Comtesse de Trémes et les membres du Corps de Ville. Après la cérémonie, la Comtesse de Trémes fut reconduite à son carrosse, et les membres du Corps de Ville acceptèrent un dîner préparé à l'Abbaye. L'église resta ouverte jusqu'au soir pour permettre au public de voir les décorations.
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274
p. 2921-2926
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
MR J. B. Deloubere, Receveur General des Finances de la Generalité [...]
Mots clefs :
Montgomery, Duc de Coislin, Metz, Bibliothèque de livres mansucrits, Duc d'Hostun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS, NAISSANCES
&Mariages.
R J. B. Deloubere , Receveur GeMineral des Finances de la Generalité
d'Orleans , mourut âgé de 72 ans , le 25.
Decembre.
François Camille de Neufville Villeroy,
Duc d'Alincourt , Baron de S. Marc et
Marais , Mestre de Camp du Regiment
de Villeroy , Cavalerie , et Lieutenant de
Roi au Gouvernement de Lyonnois et
Beaujolois , mourut à Paris le 26 Decembre dans la 33 année de son âge , cxtrêmement regretté ; il ne laisse qu'un fils
âgé de 17 mois de son Mariage avec N. de
Bouflers ; il étoit fils du Duc de Villeroy,
et frere cadet du Duc de Retz.
Joseph de Lesqueu de Villemeneust ,
Brigadier des Armées du Roi , et Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire
de S. Louis , mourut à Paris le 28 agé de
$9 ans.
Dame Françoise Herbert de Poiws de
Montgomery, My Lord Kenneth Makenzie , Marquis de Scaforth , Pair d'Ecosse
Chevalier de l'ancien Ordre de S. André,
II.Vol. dit
2922 MERCURE DE FRANCE
dit du Chardon , Conseiller Privé du feu
Roi Jacques II. mourut à Paris le 26 de
ce mois , agée d'environ 80 ans. Elle étoit
fille du Lord Guil. Herbert de Montgomery ,Duc de Powis , Pair d'Angleterre ,
Chevalier de l'Ordre de la Jarretiere
Grand-Chambellan du Roi Jacques I I. et
de Dame Elizabeth de Somerset , fille cadette du Marquis de Worcester , ayeul pa
ternel du Duc de Beaufort. Elle a eu de
son mariage avec le Marquis de Scaforth,
le Lord Guill. Mackenzie Marq. de Scaforth , et My Lady Marie Mackenzie ,
veuve du Lord Jean Caryll.
Le 27 , mourut René Delatour , Marquis
de Soyens , de Montauban , dans la 53.année de son âge.
2
Henry-Charles du Cambout de Coislin,
Evêque de Metz , Duc de Coislin , Pair
de France , Prince du S. Empire , Baron
des anciennes Baronies de la Roche Bernard et de Pontchateau , Pair et Président
des Etats de Bretagne , Premier Baron de
Champagne , Premier Aumonier du Roi,
Commandeur de l'Ordre du S. Efprit ,
Abbé de l'Abbaye de Bocherville , l'un
des Quarante de l'Académie Françoise et
Honoraire de celle des Inscriptions et
Belles-Lettres , mourut à Paris le 28 Decembre dans la 69 année de son age. Il fut
II. Vol.
porté
DECEMBRE. 1732. 2922
Porté en grand convey dans l'Eglise Paroissialle de S. Sulpice , d'où après les Céremonies ordinaires , il fut transporté en
celle des Religieux Pénitens , dits de Nazareth , pour y être inhumé dans la Sépulture de sa Maison.
La nouvelle de sa mort étant arrivée à
Metz , Les Vicaires Géneraux du Diocèse
ordonnerent aussi-tôt des Prieres pour le
repos de son ame, par un Mandement datté du 2 de ce mois , dans lequel ils s'expriment en ces termes :
» Le Clergé a perdu en sa personne un
Chefvigilant et attentifau maintien de
la Discipline ; les Pauvres, un Pere ten-
» dre et compatissant à leurs miseres , qui
» tenoit sans cesse les mains pleines et ouvertes à tous leurs besoins ; le Public, un
»grand Seigneur qui a laissé après lui des
»Monumens d'une magnificence égale-
» ment utile au bien spirituel et tempo-
» rel des Habitans de cette grande Ville et
>> de toutes nos Provinces : nos larmes sont
» donc justes, et la Religion les authorise
» & c. A CES CAUSES &C..
M. le Duc de Coislin a laissé sa Biblio
theque de Livres manuscrits , dont le
fonds venoit du Chancelier Seguier son
Bisayeul maternel , à l'Abbaye de S. Germain des Prez , où elle étoit en dépôt de11. Vol.
I puis
2924 MERCURE DE FRANCE
puis plusieurs années. Il y a environ 400 Manuscrits Grecs dont le P. de Montfaucon adonné le Catalogue en 1715. sous le
titre de Bibliotheca Coisliana. 400 autres
Manuscrits Orientaux , Hebreux , Arabes,
Cophtes , Ethiopiens , Arméniens & c, et
plusieurs autres Manuscrits dans les Langues de l'Europe sur differentes matieres:
ce qui fait en tout environ trois mille Ma
nuscrits.
Le 20 de ce même mois les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Germain des
Prez célébrerent dans leur Eglise un Service des plus solemnels pour le repos de
l'ame de ce Prélat , qui les avoit toujours
honorez de son amitié et de son estime.
Plusieurs Seigneurs et Dames de la premiere distinction assisterent à se Service.
A leur tête étoient le Prince Charles de.
Lorraine , Grand-Ecuyer de France , le
Prince de Lambesc , le Prince de Pons, le
Comtede Roussi qui faisoit les honneurs,
le Duc de Danville , le Comte de Donges
&c. Ces Princes et Seigneurs, qui avoient
aussi assisté au Convoy funébre , dînerent
dan's le Monastere après le Service.
Dame Laure de Fitjames , Epouse de
Joachim-Louis de Montagu , Lieutenant
Général pour le Roide la Province d'AuII. Vol vergne
DECEMBRE. 1732. 2925
Vergne et Pays de Cambrailles , Gouverneur de Brouage , accoucha le 2 Décembre d'un fils , qui fut nommé JoachimFrançois - Xavier par Joachim - Louis de
Montagu de Beaune, Marquis de Bouzols
&c. Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Général des Armées, de S. M, et
par D. Anne de Bulkelcy , Epouse du
Maréchal Duc de Berwik.
Dame Françoise de Gontaut de Biron,
Epouse de Jean- Louis d'Usson , Marquis
de Bonnac , Conseiller d'Etat d'Epée ,
Ambassadeur du Roi en Suisse , accoucha le 18 au matin d'un garçon qui
fut baptisé le même jour dans l'Eglise
Collégialle de S. Ours et S. Victor de la
ville de Soleure, et nommé Victor Timo
léon.
-
Le 7 de ce mois , Le Roi signa le Con
tract de Mariage du Duc d'Hostun , fils
du Duc de Tallard, Chevalier des Ordres
du Roi , et de Marie Louise de Rohan
Soubise, avec Mademoiselle de Prie , fille
unique du Marquis de Prie , Chevalier
des Ordres du Roi. La Céremonie des
fiançailles se fit dans l'Apartement du
Cardinal de Rohan , Grand- Aumonier de
France. Le 21 de ce mois et la nuit de ce
jour- là , l'Archevêque de Rouen donna
11. Vol Tij la
2925 MERCURE DE FRANCE
la Bénédiction nuptiale aux nouveaux
Epoux dans la Chapelle duVieux Louvre,
en présence du Cardinal de Rohan et d'u
ne très-illustre Assemblée de Parens ; les
nouveaux Epoux furent présentez au Roi
et à la Reine , et la jeune Duchesse d'Hostun prit possession du Tabouret.
La nuit du 29 au 30 de ce mois , M.
Herault , Conseiller d'Etat , Lieutenant
General de Police &c . épousa en secondes
nôces Mademoiselle Moreau de Sechelles,
fille de l'Intendant de Flandres
&Mariages.
R J. B. Deloubere , Receveur GeMineral des Finances de la Generalité
d'Orleans , mourut âgé de 72 ans , le 25.
Decembre.
François Camille de Neufville Villeroy,
Duc d'Alincourt , Baron de S. Marc et
Marais , Mestre de Camp du Regiment
de Villeroy , Cavalerie , et Lieutenant de
Roi au Gouvernement de Lyonnois et
Beaujolois , mourut à Paris le 26 Decembre dans la 33 année de son âge , cxtrêmement regretté ; il ne laisse qu'un fils
âgé de 17 mois de son Mariage avec N. de
Bouflers ; il étoit fils du Duc de Villeroy,
et frere cadet du Duc de Retz.
Joseph de Lesqueu de Villemeneust ,
Brigadier des Armées du Roi , et Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire
de S. Louis , mourut à Paris le 28 agé de
$9 ans.
Dame Françoise Herbert de Poiws de
Montgomery, My Lord Kenneth Makenzie , Marquis de Scaforth , Pair d'Ecosse
Chevalier de l'ancien Ordre de S. André,
II.Vol. dit
2922 MERCURE DE FRANCE
dit du Chardon , Conseiller Privé du feu
Roi Jacques II. mourut à Paris le 26 de
ce mois , agée d'environ 80 ans. Elle étoit
fille du Lord Guil. Herbert de Montgomery ,Duc de Powis , Pair d'Angleterre ,
Chevalier de l'Ordre de la Jarretiere
Grand-Chambellan du Roi Jacques I I. et
de Dame Elizabeth de Somerset , fille cadette du Marquis de Worcester , ayeul pa
ternel du Duc de Beaufort. Elle a eu de
son mariage avec le Marquis de Scaforth,
le Lord Guill. Mackenzie Marq. de Scaforth , et My Lady Marie Mackenzie ,
veuve du Lord Jean Caryll.
Le 27 , mourut René Delatour , Marquis
de Soyens , de Montauban , dans la 53.année de son âge.
2
Henry-Charles du Cambout de Coislin,
Evêque de Metz , Duc de Coislin , Pair
de France , Prince du S. Empire , Baron
des anciennes Baronies de la Roche Bernard et de Pontchateau , Pair et Président
des Etats de Bretagne , Premier Baron de
Champagne , Premier Aumonier du Roi,
Commandeur de l'Ordre du S. Efprit ,
Abbé de l'Abbaye de Bocherville , l'un
des Quarante de l'Académie Françoise et
Honoraire de celle des Inscriptions et
Belles-Lettres , mourut à Paris le 28 Decembre dans la 69 année de son age. Il fut
II. Vol.
porté
DECEMBRE. 1732. 2922
Porté en grand convey dans l'Eglise Paroissialle de S. Sulpice , d'où après les Céremonies ordinaires , il fut transporté en
celle des Religieux Pénitens , dits de Nazareth , pour y être inhumé dans la Sépulture de sa Maison.
La nouvelle de sa mort étant arrivée à
Metz , Les Vicaires Géneraux du Diocèse
ordonnerent aussi-tôt des Prieres pour le
repos de son ame, par un Mandement datté du 2 de ce mois , dans lequel ils s'expriment en ces termes :
» Le Clergé a perdu en sa personne un
Chefvigilant et attentifau maintien de
la Discipline ; les Pauvres, un Pere ten-
» dre et compatissant à leurs miseres , qui
» tenoit sans cesse les mains pleines et ouvertes à tous leurs besoins ; le Public, un
»grand Seigneur qui a laissé après lui des
»Monumens d'une magnificence égale-
» ment utile au bien spirituel et tempo-
» rel des Habitans de cette grande Ville et
>> de toutes nos Provinces : nos larmes sont
» donc justes, et la Religion les authorise
» & c. A CES CAUSES &C..
M. le Duc de Coislin a laissé sa Biblio
theque de Livres manuscrits , dont le
fonds venoit du Chancelier Seguier son
Bisayeul maternel , à l'Abbaye de S. Germain des Prez , où elle étoit en dépôt de11. Vol.
I puis
2924 MERCURE DE FRANCE
puis plusieurs années. Il y a environ 400 Manuscrits Grecs dont le P. de Montfaucon adonné le Catalogue en 1715. sous le
titre de Bibliotheca Coisliana. 400 autres
Manuscrits Orientaux , Hebreux , Arabes,
Cophtes , Ethiopiens , Arméniens & c, et
plusieurs autres Manuscrits dans les Langues de l'Europe sur differentes matieres:
ce qui fait en tout environ trois mille Ma
nuscrits.
Le 20 de ce même mois les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Germain des
Prez célébrerent dans leur Eglise un Service des plus solemnels pour le repos de
l'ame de ce Prélat , qui les avoit toujours
honorez de son amitié et de son estime.
Plusieurs Seigneurs et Dames de la premiere distinction assisterent à se Service.
A leur tête étoient le Prince Charles de.
Lorraine , Grand-Ecuyer de France , le
Prince de Lambesc , le Prince de Pons, le
Comtede Roussi qui faisoit les honneurs,
le Duc de Danville , le Comte de Donges
&c. Ces Princes et Seigneurs, qui avoient
aussi assisté au Convoy funébre , dînerent
dan's le Monastere après le Service.
Dame Laure de Fitjames , Epouse de
Joachim-Louis de Montagu , Lieutenant
Général pour le Roide la Province d'AuII. Vol vergne
DECEMBRE. 1732. 2925
Vergne et Pays de Cambrailles , Gouverneur de Brouage , accoucha le 2 Décembre d'un fils , qui fut nommé JoachimFrançois - Xavier par Joachim - Louis de
Montagu de Beaune, Marquis de Bouzols
&c. Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Général des Armées, de S. M, et
par D. Anne de Bulkelcy , Epouse du
Maréchal Duc de Berwik.
Dame Françoise de Gontaut de Biron,
Epouse de Jean- Louis d'Usson , Marquis
de Bonnac , Conseiller d'Etat d'Epée ,
Ambassadeur du Roi en Suisse , accoucha le 18 au matin d'un garçon qui
fut baptisé le même jour dans l'Eglise
Collégialle de S. Ours et S. Victor de la
ville de Soleure, et nommé Victor Timo
léon.
-
Le 7 de ce mois , Le Roi signa le Con
tract de Mariage du Duc d'Hostun , fils
du Duc de Tallard, Chevalier des Ordres
du Roi , et de Marie Louise de Rohan
Soubise, avec Mademoiselle de Prie , fille
unique du Marquis de Prie , Chevalier
des Ordres du Roi. La Céremonie des
fiançailles se fit dans l'Apartement du
Cardinal de Rohan , Grand- Aumonier de
France. Le 21 de ce mois et la nuit de ce
jour- là , l'Archevêque de Rouen donna
11. Vol Tij la
2925 MERCURE DE FRANCE
la Bénédiction nuptiale aux nouveaux
Epoux dans la Chapelle duVieux Louvre,
en présence du Cardinal de Rohan et d'u
ne très-illustre Assemblée de Parens ; les
nouveaux Epoux furent présentez au Roi
et à la Reine , et la jeune Duchesse d'Hostun prit possession du Tabouret.
La nuit du 29 au 30 de ce mois , M.
Herault , Conseiller d'Etat , Lieutenant
General de Police &c . épousa en secondes
nôces Mademoiselle Moreau de Sechelles,
fille de l'Intendant de Flandres
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
En décembre 1732, plusieurs personnalités notables ont décédé. R. J. B. Deloubere, Receveur Général des Finances de la Généralité d'Orléans, est mort à l'âge de 72 ans le 25 décembre. François Camille de Neufville Villeroy, Duc d'Alincourt, est décédé à Paris le 26 décembre à l'âge de 33 ans, laissant un fils de 17 mois. Joseph de Lesqueu de Villemeneust, Brigadier des Armées du Roi et Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, est mort à Paris le 28 décembre à l'âge de 59 ans. Dame Françoise Herbert de Powis de Montgomery, épouse du Marquis de Scaforth, est décédée à Paris le 26 décembre à environ 80 ans. René Delatour, Marquis de Soyens, est mort à Montauban à l'âge de 53 ans le 27 décembre. Henry-Charles du Cambout de Coislin, Évêque de Metz et Duc de Coislin, est décédé à Paris le 28 décembre à l'âge de 69 ans. Sa bibliothèque de manuscrits a été léguée à l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Des naissances et mariages ont également été enregistrés. Dame Laure de Fitjames a accouché d'un fils le 2 décembre, nommé Joachim-François-Xavier. Dame Françoise de Gontaut de Biron a donné naissance à un garçon le 18 décembre, baptisé Victor Timoléon. Le 7 décembre, le Roi a signé le contrat de mariage entre le Duc d'Hostun et Mademoiselle de Prie. La bénédiction nuptiale a été donnée le 21 décembre par l'Archevêque de Rouen. Le 29 décembre, M. Herault, Conseiller d'État et Lieutenant Général de Police, a épousé en secondes noces Mademoiselle Moreau de Sechelles.
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275
p. 2926-2927
ADDITION.
Début :
Nous sommes priez d'avertir le Public, que Charles Osmont, Libraire, [...]
Mots clefs :
Libraire, Vers à tuyau, Digues, Médaillons du Parnasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION.
Nblic ,que Charles Osmont, Libraire,
Ous sommes priez d'avertir le Puruë S, Jacques , à l'Olivier , donnera au
mois de Février 1733. les quatre premiers
volumes de la nouvelle Edition du Glossaire Latin, de M. du Cange, par les RR.
PP. Benedictins.
RECHERCHES INTERES SAN TES Sur
l'origine, la formation, le dévelopement,
la propagation , la structure , &c. des diverses especes de Vers à tuyau , qui infestent les Vaisseaux , les Digues , &c. de
quelques unes des Provinces- Unics, Par
II. Vol. M,
DECEMBRE. 1732: 29277
M. P. Massuet , Docteur en Médecine.
Ce qui n'est ni moins important , ni
moins curieux , c'est qu'on a joint à cet
ouvrage les Procès verbaux qui ont été
dressez par les Inspecteurs des Digues ,
au sujet des dommages causez par les
Vers,avec leurs differentes figures enTaille douce , gravées d'après nature. In 8º ,
A Amsterdam , chez F. Changuion.
Le St Curé, chez qui les Curieux trou
veront les 24 Médaillons du Parnasse
François , indiquez dans le Mercure de
Novembredern.demeure; au bas du Quay
Pelletier , au Chapeau rouge , à Paris
Nblic ,que Charles Osmont, Libraire,
Ous sommes priez d'avertir le Puruë S, Jacques , à l'Olivier , donnera au
mois de Février 1733. les quatre premiers
volumes de la nouvelle Edition du Glossaire Latin, de M. du Cange, par les RR.
PP. Benedictins.
RECHERCHES INTERES SAN TES Sur
l'origine, la formation, le dévelopement,
la propagation , la structure , &c. des diverses especes de Vers à tuyau , qui infestent les Vaisseaux , les Digues , &c. de
quelques unes des Provinces- Unics, Par
II. Vol. M,
DECEMBRE. 1732: 29277
M. P. Massuet , Docteur en Médecine.
Ce qui n'est ni moins important , ni
moins curieux , c'est qu'on a joint à cet
ouvrage les Procès verbaux qui ont été
dressez par les Inspecteurs des Digues ,
au sujet des dommages causez par les
Vers,avec leurs differentes figures enTaille douce , gravées d'après nature. In 8º ,
A Amsterdam , chez F. Changuion.
Le St Curé, chez qui les Curieux trou
veront les 24 Médaillons du Parnasse
François , indiquez dans le Mercure de
Novembredern.demeure; au bas du Quay
Pelletier , au Chapeau rouge , à Paris
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Résumé : ADDITION.
En février 1733, Jacques, libraire à l'Olivier, publiera les quatre premiers volumes de la nouvelle édition du Glossaire Latin de Charles du Cange, éditée par les Pères bénédictins. En décembre 1732, M. P. Massuet, docteur en médecine, a publié un ouvrage intitulé 'Recherches intéressantes sur l'origine, la formation, le développement, la propagation, la structure, etc. des diverses espèces de Vers à tuyau, qui infestent les Vaisseaux, les Digues, etc. de quelques-unes des Provinces-Unies'. Cet ouvrage inclut les procès-verbaux des inspecteurs des digues concernant les dommages causés par les vers, accompagnés de figures gravées d'après nature. Le document mentionne également la disponibilité des 24 Médaillons du Parnasse Français chez le St Curé, situé au bas du Quay Pelletier, au Chapeau rouge, à Paris.
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276
p. 2927-2929
DESCRIPTION de la Voute de la Chapelle de la Vierge de S. Sulpice, peinte à Fresque, par M. François le Moyne, Peintre ordinaire du Roy. On sçait assez en France et dans les Païs Etrangers le rang distingué que cet habile Maître tient dans l'Académie Royale de Peinture et Sculpture.
Début :
La Coupolle de la Chapele est ovale; elle porte dans son grand diamettre [...]
Mots clefs :
Voûte, Chapelle de la Vierge de Saint Sulpice, Fresque, François le Moyne, Académie royale de peinture et de sculpture, Coupole, Corniche, Sainte Vierge, Anges, Concert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION de la Voute de la Chapelle de la Vierge de S. Sulpice, peinte à Fresque, par M. François le Moyne, Peintre ordinaire du Roy. On sçait assez en France et dans les Païs Etrangers le rang distingué que cet habile Maître tient dans l'Académie Royale de Peinture et Sculpture.
DESCRIPTION de la Voute de la Cha
pelle de la Vierge de S. Sulpice , peinte
à Fresque , par M. François le Moyne ,
Peintre ordinaire du Roy. On sçait assez
en France et dans les Pais Etrangers le
rang distingué que cet habile Maître tient
dans l'Académie Royale de Peinture et
Sculpture.
Lie,elle porte dans son grand diaA Coupolle de la Chapele est ovalle ;
de mettre 47 à 48 pieds, sur 35 de large :
la Corniche au sommet de la Voute
19 pieds de renfoncement ; ce qui proII. Vol I iij duin
#928 MERCURE DE FRANCE
duit 70 pieds de développement sur la
longueur du grand diamettre , et 54 sur
la largeur ; du Rez - de - chaussée à la
seconde Corniche , 56 pieds de haut , et
19 de cette Corniche au sommet ce qui
fait en tout 75 pieds de hauteur.
›
Les Figures qui paroissent sur une Terrasse , près de la Corniche , ont 12 pieds.
de proportion , et les autres Figures di- minuent selon leur Plan et selon les Regles de l'Optique.
Le sujet represente la Sainte Vierge ,
assise sur un nuage , implorant le Šeigneur , sous la figure d'une grande lumiere , avec S. Pierre d'un côté, et S.Sulpice , Patron de la Paroisse , de l'autre
qui intercede auprès de la Sainte Vierge ,
en faveur du Peuple placé au dessous
joignant ses prieres à celles du S. Patron
pour le salut des Paroissiens , et pour le
soulagement des Oppressez, des Malades,
des Orphelins , &c.
La Vierge est environnée d'Anges en
adoration , la regardant comme leur Reine; quelques- uns portent les différens attributs qui leur appartiennent; et d'autres.
Groupes d'Anges forment un Concert de
Voix et d'Instrumens en son honneur ,
ce qui se trouve dans la partie opposée
au principal sujet. Ce Concert , pour le
II. Vol. dire
DECEMBRE. 1732. 2929
dire en passant , forme un Groupe admirable par son contraste et la suavité dont
Il est peint ; et ce n'est peut-être pas dans
ce grand et magnifique Ouvrage, ce qui
attire le moins les yeux des Connoisseurs
intelligens.
Dans les deux côtez , en regardant le
principal sujet, on voit à gauche les Vierges qui se sont mises sous la protection de
la Sainte Vierge , lesquelles reçoivent des
Palmes de la main d'un Ange. A la droite , dans la partie opposée, sont les Peres
de l'Eglise et les Chefs d'Ordre qui ont
écrit des Grandeurs de la Mere de Dieu.
Tout cet Ouvrage a été fini au mois de
Septembre dernier , et il a été rendu public le premier Dimanche de l'Avent.
Il a attiré un tres-grand concours , et
quoique la plus severe Critique ait pu fai
re , et que la modestie de l'Auteur même
lui ait fait avouer qu'il y avoit bien des
choses à désirer dans son Ouvrage, le plus
grand nombre des gens équitables et
eclairez sont convenus , malgré les discours et les raisonnemens vagues et peutêtre partiaux , qu'on ne peut guéres voir
un plus beau morceau de Peinture en
France
pelle de la Vierge de S. Sulpice , peinte
à Fresque , par M. François le Moyne ,
Peintre ordinaire du Roy. On sçait assez
en France et dans les Pais Etrangers le
rang distingué que cet habile Maître tient
dans l'Académie Royale de Peinture et
Sculpture.
Lie,elle porte dans son grand diaA Coupolle de la Chapele est ovalle ;
de mettre 47 à 48 pieds, sur 35 de large :
la Corniche au sommet de la Voute
19 pieds de renfoncement ; ce qui proII. Vol I iij duin
#928 MERCURE DE FRANCE
duit 70 pieds de développement sur la
longueur du grand diamettre , et 54 sur
la largeur ; du Rez - de - chaussée à la
seconde Corniche , 56 pieds de haut , et
19 de cette Corniche au sommet ce qui
fait en tout 75 pieds de hauteur.
›
Les Figures qui paroissent sur une Terrasse , près de la Corniche , ont 12 pieds.
de proportion , et les autres Figures di- minuent selon leur Plan et selon les Regles de l'Optique.
Le sujet represente la Sainte Vierge ,
assise sur un nuage , implorant le Šeigneur , sous la figure d'une grande lumiere , avec S. Pierre d'un côté, et S.Sulpice , Patron de la Paroisse , de l'autre
qui intercede auprès de la Sainte Vierge ,
en faveur du Peuple placé au dessous
joignant ses prieres à celles du S. Patron
pour le salut des Paroissiens , et pour le
soulagement des Oppressez, des Malades,
des Orphelins , &c.
La Vierge est environnée d'Anges en
adoration , la regardant comme leur Reine; quelques- uns portent les différens attributs qui leur appartiennent; et d'autres.
Groupes d'Anges forment un Concert de
Voix et d'Instrumens en son honneur ,
ce qui se trouve dans la partie opposée
au principal sujet. Ce Concert , pour le
II. Vol. dire
DECEMBRE. 1732. 2929
dire en passant , forme un Groupe admirable par son contraste et la suavité dont
Il est peint ; et ce n'est peut-être pas dans
ce grand et magnifique Ouvrage, ce qui
attire le moins les yeux des Connoisseurs
intelligens.
Dans les deux côtez , en regardant le
principal sujet, on voit à gauche les Vierges qui se sont mises sous la protection de
la Sainte Vierge , lesquelles reçoivent des
Palmes de la main d'un Ange. A la droite , dans la partie opposée, sont les Peres
de l'Eglise et les Chefs d'Ordre qui ont
écrit des Grandeurs de la Mere de Dieu.
Tout cet Ouvrage a été fini au mois de
Septembre dernier , et il a été rendu public le premier Dimanche de l'Avent.
Il a attiré un tres-grand concours , et
quoique la plus severe Critique ait pu fai
re , et que la modestie de l'Auteur même
lui ait fait avouer qu'il y avoit bien des
choses à désirer dans son Ouvrage, le plus
grand nombre des gens équitables et
eclairez sont convenus , malgré les discours et les raisonnemens vagues et peutêtre partiaux , qu'on ne peut guéres voir
un plus beau morceau de Peinture en
France
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Résumé : DESCRIPTION de la Voute de la Chapelle de la Vierge de S. Sulpice, peinte à Fresque, par M. François le Moyne, Peintre ordinaire du Roy. On sçait assez en France et dans les Païs Etrangers le rang distingué que cet habile Maître tient dans l'Académie Royale de Peinture et Sculpture.
La voûte de la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Sulpice, réalisée par François Le Moyne, est une œuvre notable. La coupole ovale mesure environ 47 à 48 pieds de long sur 35 pieds de large, avec un développement de 70 pieds sur la longueur du grand diamètre et 54 pieds sur la largeur. La hauteur totale atteint 75 pieds. Les figures sur la terrasse près de la corniche ont une proportion de 12 pieds, les autres diminuant selon les règles de l'optique. La scène représentée montre la Sainte Vierge assise sur un nuage, implorant le Seigneur sous la forme d'une grande lumière. Saint Pierre et Saint Sulpice l'entourent et intercèdent en faveur du peuple, des opprimés, des malades et des orphelins. La Vierge est entourée d'anges en adoration, certains portant des attributs, d'autres formant un concert de voix et d'instruments en son honneur. À gauche, des vierges sous la protection de la Sainte Vierge reçoivent des palmes d'un ange. À droite, les Pères de l'Église et les chefs d'ordre ayant écrit sur les grandeurs de la Mère de Dieu sont représentés. L'œuvre, achevée en septembre, a été rendue publique le premier dimanche de l'Avent et a attiré un grand concours. Malgré les critiques, la majorité des observateurs éclairés ont reconnu la beauté de cette peinture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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276
277
p. 2929-2935
Histoire ou Carte generale du Militaire de France, [titre d'après la table]
Début :
DESCRIPTION ABREGÉE de la Carte generale de la Monarchie Françoise, contenant [...]
Mots clefs :
Carte générale, Monarchie française, Histoire du militaire ancien et moderne, Description, Règne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire ou Carte generale du Militaire de France, [titre d'après la table]
Régimens de la Cavalerie legere Françoise et Etrangere ; des quinze Régimens de Dragons et les noms et dattes des Brévets de leurs
Officiers Generaux et Principaux , avec les Troupes formées en 823. Compagnies Françoises et Etrangeres , composées de Batail ons , d'Escadrons et de Brigades. Sçavoir , les cent Suisses ordinaires du Corps du Roy , les Gardes de la Porte
du Louvre , et les Gardes de la Prévôté de l'HỘtel du Roy , ou Hocquetons de Sa Majesté , qui
sont de la Maison du Roy , les Cadets Gentils→
hommes , l'Hôtel Royal des Officiers et Soldats
Invalides , les Milices du Royaume , les Compagnies franches et de Partisans , tant à pied qu'à
cheval, la Compagnie de la Connétablie de France , celle de la Prévôté generale des Monnoyes
de France , et les Compagnies des Maréchaussées
du Royaume, depuis leur création et institution,
avec les noms et dattes des Brévets de leurs Officiers • 10
29321
MERCURE DE FRANCE
10. Les Maréchaux de France ; les Lieutenans
Géneraux et Maréchaux de Camps des Armées
du Roy les Brigadiers d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons ; les Gouverneurs et Lieutenans
Généraux des Provinces ; avec les Armoiries en
Blazon de chaque Province ; et les Maréchaux :
Generaux des Logis , des Camps et Armées du
Roy , nommez jusqu'au 15. Février 1730. ensemble le nombre general des Officiers des Etats
Majors des Villes fortes et Places de Guerre , avec leurs créations et dattes des Promotions.
: 11. Commencement de l'Histoire abregée du
Regne de Louis XV. jusqu'au 15. Février 1730
le détail et les Institutions des Ordres Royaux ,
Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du
Mont Carmel et de S. Lazare de Jerusalem. Le
Corps de l'Artillerie de France , détaillé depuis
son origine ; celui des Officiers Ingénieurs ordinaires du Roy; la création et la nomination de las
Dignité de Ministre et Sec. d'Etat de la Guerre,
les Intendans et Commissaires départis du Roy ;
les grands Baillifs et Sénéchaux d'Epée , avec leurs Lieutenans ; les Commissaires ordinaires Provinciaux des Guerres , et géneralement tous les Officiers principaux en charge brévetez, et par Com→
mission du Roy , attachez au Militaire de France,
depuis leur Création et Institution..
12. Dénombrement géneral des Officiers , tant
en pied que réformez , et des Troupes de France.
sur pied , le 15 Février 1730. avec le nombre des
Officiers de chaque Corps de Troupes en particulier et en general ; l'abregé des Statuts et Institutions des Ordres du Roy, le trophée des Gra
des , honneurs et récompenses Militaires des
Officiers ; la Vûë et Description de l'Hôtel Royal
des Invalides, depuis sa fondation jusqu'à presents,
P'Institution et le détail de l'Ordre Royal et MiII. Vak litaire
DECEMBRE. 1732. 2933
litaire des Chevaliers de S. Louis, par Louis XIV.
pour honorer la valeur de ses Officiers , les origines et changemens arrivez jusqu'à présent dans
les Corps de Troupes qui subsistent ; et les observations pour la Regle et la discipline des Troupes , extraites des Ordonnances du Roy et des
Archives respectables de la Chambre des Comptes de Paris , avec les noms des Auteurs Militai
res , anciens et modernes , dont les Ouvrages ont
servi à la compilation et composition de cette Carte.
On trouvera au bas des trois dernieres feuilles
les Batailles mémorables , gagnées par les François , depuis le commencement de la Monarchie
jusqu'à présent; avec le vrai caractere d'un par- fait Homme de Guerre.
La grande Bordure de cette Carte contient sept :
feuilles , ou Tables en Tailles- douces , de pareille
grandeur , qui comprennent cent- dix Plans des
principales Places de Guerre et Villes maritimes
Frontieres du Royaume , distinguées par Dépar temens et Gouvernemens Géneraux des Provin--
ces , avec la Description, l'Etat Major, et les Armoiries en Blazon de chaque Place , et leur dis--
tance de Paris , ainsi que de l'une à l'autre , la
Description génerale desRoyaumes de France et
de Navarre , d'un côté , et de l'autre celle du s
Royaume de Pologne , d'où est sortie notre Auguste Reine ; l'Etat géneral des Garnisons ordi
naires de Gardes à Cheval , Hallebardiers et homa
mes de Guerre à pied , attachez aux Gouverneurs .
et Lieutenans Géneraux des Provinces du Royau--
me , détaillé depuis leur ancienne Institution jusqu'à présent , les quatre coins de la grande Bor
Jure de cette Carte , sont terminez par les Figu
res allégoriques des quatre principaux Vents dus
Levant,du Couchant; duMidy et du Septentrion ,
.
II Vol .
2934 MERCURE DE FRANCE
en forme de Renommée,aux Trompettes et Ban derolles de France et de Navarre , en Taille-douce;
on trouvera aussi au haut de la premiere Feuille de cette Bordure , le modele de l'effet ou de la réduction de la grande Carte rassemblée dans tou- te son étendue , avec deux Tableaux aux côtez
pour l'instruction nécessaire à son usage , gravez en taille- douce.
On a eu soin de graver au-dessus de la Maison Militaire du Roy , de la Gendarmerie , de
l'Infanterie, de la Cavalerie Françoise et Etrange
re, et des Dragons , ainsi que des Troupes for
mées en Compagnie , les differentes figures armées , tant à pied qu'à cheval , avec leurs Trophées d'armes anciennes et modernes;et au milieu
de chaque Corps de Troupes, la forme et couleur
de leurs Etendarts, Guidons etDrapeaux Colonels
et d'Ordonnance , représentez en Blazon , ainsi
que les Uniformes et Armures de toutes les Troupes du Roy qui subsistent, avec les Additions pour
la difference de chaque habillement et Equipage.
Cette Carte mise au jour en Janvier 1733. se
vend à Paris , chez l'Auteur , rue et près la Fontaine de Richelieu , avec les Supplémens annuels
pour expliquer les mutations ou changemens
Militaires , arrivez depuis le 15. Février 1730.
jusqu'au 15. Février 1732. et successivement
d'année en année le mêmejour , relatifs à cet Ouvrage, qui contient vingt grandes feuilles enri
chies de tailles- douces , réduites en un Livre broché et portatif, lesquelles feuilles se joignent en
une seule Carte de sept pieds en quarré, montée
sur Gorge et Rouleau.
L'Auteur annonce qu'attendu la dépense pour
la monture de sa Carte sur Gorge et Rouleau en
entier ou en trois parties , que chacun voudroit faire plus ou moins riche , ainsi que pour les difII. Vol ferentes
DECEMBRE. 1732 2935
ferentes façons de reliures des vingt feuilles , en
Maroquin ou en Veau , à l'usage des Bibliotheques , des Cabinets et du transport dans les Provinces , il s'est déterminé à ne le vendre qu'en
Livre en brochure , grand in folio , couvert de
Papier bleu d'Hollande , doublé de fort papier
blanc , dont le prix est fixé à vingt-quatre livres.
Et la feuille de Supplément aux mutations Militaires ; qui paroîtra chaque année , aussi gravée en taille- douce , sera de 24 sols seulement.
Le sieur Le Mau de la Jaisse , se chargera volontiers de faire ensuite accommoder sa Carte
proprement par ses Ouvriers , en telle forme qu'il
plaira , et à juste prix.
Officiers Generaux et Principaux , avec les Troupes formées en 823. Compagnies Françoises et Etrangeres , composées de Batail ons , d'Escadrons et de Brigades. Sçavoir , les cent Suisses ordinaires du Corps du Roy , les Gardes de la Porte
du Louvre , et les Gardes de la Prévôté de l'HỘtel du Roy , ou Hocquetons de Sa Majesté , qui
sont de la Maison du Roy , les Cadets Gentils→
hommes , l'Hôtel Royal des Officiers et Soldats
Invalides , les Milices du Royaume , les Compagnies franches et de Partisans , tant à pied qu'à
cheval, la Compagnie de la Connétablie de France , celle de la Prévôté generale des Monnoyes
de France , et les Compagnies des Maréchaussées
du Royaume, depuis leur création et institution,
avec les noms et dattes des Brévets de leurs Officiers • 10
29321
MERCURE DE FRANCE
10. Les Maréchaux de France ; les Lieutenans
Géneraux et Maréchaux de Camps des Armées
du Roy les Brigadiers d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons ; les Gouverneurs et Lieutenans
Généraux des Provinces ; avec les Armoiries en
Blazon de chaque Province ; et les Maréchaux :
Generaux des Logis , des Camps et Armées du
Roy , nommez jusqu'au 15. Février 1730. ensemble le nombre general des Officiers des Etats
Majors des Villes fortes et Places de Guerre , avec leurs créations et dattes des Promotions.
: 11. Commencement de l'Histoire abregée du
Regne de Louis XV. jusqu'au 15. Février 1730
le détail et les Institutions des Ordres Royaux ,
Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du
Mont Carmel et de S. Lazare de Jerusalem. Le
Corps de l'Artillerie de France , détaillé depuis
son origine ; celui des Officiers Ingénieurs ordinaires du Roy; la création et la nomination de las
Dignité de Ministre et Sec. d'Etat de la Guerre,
les Intendans et Commissaires départis du Roy ;
les grands Baillifs et Sénéchaux d'Epée , avec leurs Lieutenans ; les Commissaires ordinaires Provinciaux des Guerres , et géneralement tous les Officiers principaux en charge brévetez, et par Com→
mission du Roy , attachez au Militaire de France,
depuis leur Création et Institution..
12. Dénombrement géneral des Officiers , tant
en pied que réformez , et des Troupes de France.
sur pied , le 15 Février 1730. avec le nombre des
Officiers de chaque Corps de Troupes en particulier et en general ; l'abregé des Statuts et Institutions des Ordres du Roy, le trophée des Gra
des , honneurs et récompenses Militaires des
Officiers ; la Vûë et Description de l'Hôtel Royal
des Invalides, depuis sa fondation jusqu'à presents,
P'Institution et le détail de l'Ordre Royal et MiII. Vak litaire
DECEMBRE. 1732. 2933
litaire des Chevaliers de S. Louis, par Louis XIV.
pour honorer la valeur de ses Officiers , les origines et changemens arrivez jusqu'à présent dans
les Corps de Troupes qui subsistent ; et les observations pour la Regle et la discipline des Troupes , extraites des Ordonnances du Roy et des
Archives respectables de la Chambre des Comptes de Paris , avec les noms des Auteurs Militai
res , anciens et modernes , dont les Ouvrages ont
servi à la compilation et composition de cette Carte.
On trouvera au bas des trois dernieres feuilles
les Batailles mémorables , gagnées par les François , depuis le commencement de la Monarchie
jusqu'à présent; avec le vrai caractere d'un par- fait Homme de Guerre.
La grande Bordure de cette Carte contient sept :
feuilles , ou Tables en Tailles- douces , de pareille
grandeur , qui comprennent cent- dix Plans des
principales Places de Guerre et Villes maritimes
Frontieres du Royaume , distinguées par Dépar temens et Gouvernemens Géneraux des Provin--
ces , avec la Description, l'Etat Major, et les Armoiries en Blazon de chaque Place , et leur dis--
tance de Paris , ainsi que de l'une à l'autre , la
Description génerale desRoyaumes de France et
de Navarre , d'un côté , et de l'autre celle du s
Royaume de Pologne , d'où est sortie notre Auguste Reine ; l'Etat géneral des Garnisons ordi
naires de Gardes à Cheval , Hallebardiers et homa
mes de Guerre à pied , attachez aux Gouverneurs .
et Lieutenans Géneraux des Provinces du Royau--
me , détaillé depuis leur ancienne Institution jusqu'à présent , les quatre coins de la grande Bor
Jure de cette Carte , sont terminez par les Figu
res allégoriques des quatre principaux Vents dus
Levant,du Couchant; duMidy et du Septentrion ,
.
II Vol .
2934 MERCURE DE FRANCE
en forme de Renommée,aux Trompettes et Ban derolles de France et de Navarre , en Taille-douce;
on trouvera aussi au haut de la premiere Feuille de cette Bordure , le modele de l'effet ou de la réduction de la grande Carte rassemblée dans tou- te son étendue , avec deux Tableaux aux côtez
pour l'instruction nécessaire à son usage , gravez en taille- douce.
On a eu soin de graver au-dessus de la Maison Militaire du Roy , de la Gendarmerie , de
l'Infanterie, de la Cavalerie Françoise et Etrange
re, et des Dragons , ainsi que des Troupes for
mées en Compagnie , les differentes figures armées , tant à pied qu'à cheval , avec leurs Trophées d'armes anciennes et modernes;et au milieu
de chaque Corps de Troupes, la forme et couleur
de leurs Etendarts, Guidons etDrapeaux Colonels
et d'Ordonnance , représentez en Blazon , ainsi
que les Uniformes et Armures de toutes les Troupes du Roy qui subsistent, avec les Additions pour
la difference de chaque habillement et Equipage.
Cette Carte mise au jour en Janvier 1733. se
vend à Paris , chez l'Auteur , rue et près la Fontaine de Richelieu , avec les Supplémens annuels
pour expliquer les mutations ou changemens
Militaires , arrivez depuis le 15. Février 1730.
jusqu'au 15. Février 1732. et successivement
d'année en année le mêmejour , relatifs à cet Ouvrage, qui contient vingt grandes feuilles enri
chies de tailles- douces , réduites en un Livre broché et portatif, lesquelles feuilles se joignent en
une seule Carte de sept pieds en quarré, montée
sur Gorge et Rouleau.
L'Auteur annonce qu'attendu la dépense pour
la monture de sa Carte sur Gorge et Rouleau en
entier ou en trois parties , que chacun voudroit faire plus ou moins riche , ainsi que pour les difII. Vol ferentes
DECEMBRE. 1732 2935
ferentes façons de reliures des vingt feuilles , en
Maroquin ou en Veau , à l'usage des Bibliotheques , des Cabinets et du transport dans les Provinces , il s'est déterminé à ne le vendre qu'en
Livre en brochure , grand in folio , couvert de
Papier bleu d'Hollande , doublé de fort papier
blanc , dont le prix est fixé à vingt-quatre livres.
Et la feuille de Supplément aux mutations Militaires ; qui paroîtra chaque année , aussi gravée en taille- douce , sera de 24 sols seulement.
Le sieur Le Mau de la Jaisse , se chargera volontiers de faire ensuite accommoder sa Carte
proprement par ses Ouvriers , en telle forme qu'il
plaira , et à juste prix.
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Résumé : Histoire ou Carte generale du Militaire de France, [titre d'après la table]
Le document compile des informations détaillées sur les régiments et les officiers de l'armée française jusqu'au 15 février 1730. Il inclut les régiments de cavalerie légère française et étrangère, ainsi que les régiments de dragons. Les noms et dates des brevets des officiers généraux et principaux sont également mentionnés. Le texte énumère diverses unités militaires telles que les Suisses ordinaires du Corps du Roy, les Gardes de la Porte du Louvre, les Gardes de la Prévôté de l'Hôtel du Roy, les Cadets Gentilshommes, et les Milices du Royaume. Il détaille les différents grades militaires, incluant les Maréchaux de France, les Lieutenants Généraux, les Maréchaux de camp, les Brigadiers, les Gouverneurs des provinces, et les Maréchaux Généraux des logis. Le document aborde l'histoire abrégée du règne de Louis XV, les institutions des ordres royaux, militaires et hospitaliers, ainsi que le corps de l'artillerie de France. Il fournit un dénombrement général des officiers et des troupes, ainsi que des descriptions des places de guerre et des villes maritimes frontalières du royaume. La carte, mise à jour en janvier 1733, est vendue à Paris et inclut des suppléments annuels pour expliquer les mutations militaires.
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278
p. 383-385
« Le 2 de ce mois, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, les Chevaliers, [...] »
Début :
Le 2 de ce mois, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, les Chevaliers, [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Archevêque, Chevaliers, Commandeurs, Fête de la Purification de la Sainte Vierge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2 de ce mois, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, les Chevaliers, [...] »
FRANCE ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E 2 de ce mois , Fête de la Purifica-
Li tion de la Sainte Vierge , les Chevaliers
, Commandeurs , et Officiers des Ordres
du Roy , s'étant rendus vers les onze
heures dans le Cabinet du Roy, qui étoit
revenu exprès de Marly pour cette Cérémonie
, S. M. tint un Chapitre , dans lequel
l'Archevêque d'Aiby , et l'Archevêque
384 MERCURE DE FRANCÉ
vêque de Vienne , Premier Aumônier du
Roy , furent nommez Prélats , Commandeurs
de l'Ordre du S. Esprit , pour remplir
les deux Places vacantes par la more
de l'Archevêque de Lyon et de l'Eve
que de Metz.
Le Roy sortit ensuite de son Apparte
ment , pour aller à la Chapelle , S. M.
étoit précédée du Duc d'Orleans , du Duc
de Bourbon , du Comte de Charolois, du
Pr. de Conty , du Duc du Maine , du Pr.
de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte
de Toulouse , et des Chevaliers , Come
mandeurs et Officiers de l'Ordre . Le Roy,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre pardessus
, ainsi que les Chevaliers ; le Cardinal
de Bissy, et le Cardinal de Polignac ,
Prelats Commandeurs , marchoient derriere
S. M.
Le Roy assista à la Bénédiction des
Clerges , à la Procession et à la Grande
Messe , célébrée par l'Abbé Brosseau ,
Chapelain ordinaire de la Chapelle de
Musique ; et lorsqu'elle fut finie , S. M.
fut reconduite à son appartement avec les
cérémonies accoutumées .
L'après midi , le Roy entendit le Sermon
du P. le Févre , de la Compagnie
de Jesus , et S. M. assista aux Vespres ,
chanFEVRIER.
1733 385
chantés
par la Musique. Vers le soir , le
Roy retourna au Château de Marly.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E 2 de ce mois , Fête de la Purifica-
Li tion de la Sainte Vierge , les Chevaliers
, Commandeurs , et Officiers des Ordres
du Roy , s'étant rendus vers les onze
heures dans le Cabinet du Roy, qui étoit
revenu exprès de Marly pour cette Cérémonie
, S. M. tint un Chapitre , dans lequel
l'Archevêque d'Aiby , et l'Archevêque
384 MERCURE DE FRANCÉ
vêque de Vienne , Premier Aumônier du
Roy , furent nommez Prélats , Commandeurs
de l'Ordre du S. Esprit , pour remplir
les deux Places vacantes par la more
de l'Archevêque de Lyon et de l'Eve
que de Metz.
Le Roy sortit ensuite de son Apparte
ment , pour aller à la Chapelle , S. M.
étoit précédée du Duc d'Orleans , du Duc
de Bourbon , du Comte de Charolois, du
Pr. de Conty , du Duc du Maine , du Pr.
de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte
de Toulouse , et des Chevaliers , Come
mandeurs et Officiers de l'Ordre . Le Roy,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre pardessus
, ainsi que les Chevaliers ; le Cardinal
de Bissy, et le Cardinal de Polignac ,
Prelats Commandeurs , marchoient derriere
S. M.
Le Roy assista à la Bénédiction des
Clerges , à la Procession et à la Grande
Messe , célébrée par l'Abbé Brosseau ,
Chapelain ordinaire de la Chapelle de
Musique ; et lorsqu'elle fut finie , S. M.
fut reconduite à son appartement avec les
cérémonies accoutumées .
L'après midi , le Roy entendit le Sermon
du P. le Févre , de la Compagnie
de Jesus , et S. M. assista aux Vespres ,
chanFEVRIER.
1733 385
chantés
par la Musique. Vers le soir , le
Roy retourna au Château de Marly.
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Résumé : « Le 2 de ce mois, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, les Chevaliers, [...] »
Le 2 février 1733, à Paris, les Chevaliers, Commandeurs et Officiers des Ordres du Roi se réunirent pour la fête de la Purification de la Sainte Vierge. Le Roi, de retour de Marly, présida un chapitre au cours duquel l'Archevêque d'Aiby et l'Archevêque de Vienne furent nommés Prélats et Commandeurs de l'Ordre du Saint-Esprit, succédant à l'Archevêque de Lyon et à l'Évêque de Metz, décédés. Le Roi, accompagné de ducs et princes, se rendit à la chapelle pour la bénédiction des clergés, une procession et une grande messe célébrée par l'Abbé Brosseau. Après la messe, il fut reconduit à son appartement avec les cérémonies habituelles. Dans l'après-midi, il écouta le sermon du Père Le Févre, jésuite, et assista aux vêpres chantées par la musique. En soirée, le Roi retourna au Château de Marly.
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279
p. 385
Service solemnel pour le Roy de Sardaigne ; [titre d'après la table]
Début :
Le 29 Janvier, on fit par ordre du Roi, un Service Solemnel pour le repos [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Chevalier, Marquis, Service solennel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Service solemnel pour le Roy de Sardaigne ; [titre d'après la table]
Le 29 Janvier , on fit par ordre du
Roi , un Service Solemnel pour le repos
de l'ame du Roi de Sardaigne , Victor
Amedée , dans l'Eglise Métropolitaine
qui étoit ornée et éclairée avec beaucoup
de magnificence . L'Archevêque de Paris
y officia pontificalement. Le Duc d'Orleans
, le Comte de Clermont et le Prince
de Conty , qui étoient les Princes du
deüil , allerent à l'Offrande avec les cerémonies
ordinaires , en longs Manteaux ,
dont la queue étoit portée par le Bailly de
Conflans , le Marquis de Clermont , Chevalier
des Ordres , le Comte de Billy ,
Chevalier de Villefort , le Marquis de
Bourzac , et le Chevalier de Causan , tous
Premiers Gentilshommes de la Chambre
ou premiers Ecuyers de ces Princes .
le
Après l'Offertoire , l'Evêque de Vence
prononça l'Oraison Funebre avec beau
coup d'élequence . Plusieurs Archevêques,
et Evêques se trouverent à ce Service
ainsi que le Parlement , la Chambre
des Comptes , la Cour des Aydes , l'Université
et le Corps de Ville qui y avoient
été invitez de la part du Roi , par le
Marquis de Brezé , Grand - Maître des
Cerémonies.
Roi , un Service Solemnel pour le repos
de l'ame du Roi de Sardaigne , Victor
Amedée , dans l'Eglise Métropolitaine
qui étoit ornée et éclairée avec beaucoup
de magnificence . L'Archevêque de Paris
y officia pontificalement. Le Duc d'Orleans
, le Comte de Clermont et le Prince
de Conty , qui étoient les Princes du
deüil , allerent à l'Offrande avec les cerémonies
ordinaires , en longs Manteaux ,
dont la queue étoit portée par le Bailly de
Conflans , le Marquis de Clermont , Chevalier
des Ordres , le Comte de Billy ,
Chevalier de Villefort , le Marquis de
Bourzac , et le Chevalier de Causan , tous
Premiers Gentilshommes de la Chambre
ou premiers Ecuyers de ces Princes .
le
Après l'Offertoire , l'Evêque de Vence
prononça l'Oraison Funebre avec beau
coup d'élequence . Plusieurs Archevêques,
et Evêques se trouverent à ce Service
ainsi que le Parlement , la Chambre
des Comptes , la Cour des Aydes , l'Université
et le Corps de Ville qui y avoient
été invitez de la part du Roi , par le
Marquis de Brezé , Grand - Maître des
Cerémonies.
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Résumé : Service solemnel pour le Roy de Sardaigne ; [titre d'après la table]
Le 29 janvier, un service solennel fut organisé sur ordre du Roi pour honorer la mémoire de Victor-Amédée, Roi de Sardaigne, dans l'Église Métropolitaine. Cette église était magnifiquement décorée et éclairée. L'Archevêque de Paris présida la cérémonie. Le Duc d'Orléans, le Comte de Clermont et le Prince de Conty, en tant que Princes du deuil, participèrent à l'offrande, vêtus de longs manteaux dont la queue était portée par plusieurs nobles, dont le Bailly de Conflans, le Marquis de Clermont, le Comte de Billy, le Marquis de Bourzac et le Chevalier de Causan. Après l'offrande, l'Évêque de Vence prononça une oraison funèbre. Plusieurs archevêques et évêques étaient présents, ainsi que des représentants du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aydes, de l'Université et du Corps de Ville. Ces derniers avaient été invités par le Marquis de Brezé, Grand Maître des Cérémonies, au nom du Roi.
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280
p. 386-392
Description du Catafalque.
Début :
La Décoration de ce pompeux Appareil qui a attiré un si grand concours et tant d'admirateurs, [...]
Mots clefs :
Argent, Armes, Lumières, Noir, Marbre, Pilastres, Velours, Corniche, Hermine, Larmes, Estrade, Catafalque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description du Catafalque.
Description du Catafalque.
A Décoration de ce pompeux Appareil qui a
attiré un si grand concours et tant d'admirateurs
, mérite bien que nous entrions là dessus en
quelque détail. On voyoit d'abord à la façade de
L'Eglise , au - dessus de la principale Porte , une
grande Tenture de drap noir , ornée de trois lez
de velours garnis d'Armes, Sur le milieu étoit
placé un grand morceau peint d'Architecture de
18. pieds de haut , sur 12. pieds de large , ceintré
par le haut , où étoient les Armes du Roy de Sardaigne
, avec les deux Ordres désignez , de saint
Maurice et de l'Annonciade , sous une Couronne
Royale , soutenue d'un côté par le Temps et de
l'autre par une Renommée sortant d'un Groupe
de Nuées , & c.
Sur les deux autres Portes laterales , on voyoit
les Chiffres du Roy Victor Amedée , dans de
grands Cartouches couronnez et soutenus par des
Renommées , et posés sur le même lez de ve◄
lours.
Toute la Nef étoit tendue de drap noir sur les
côtez , avec grandes Armes et Chiffres , alternativement
, rehaussez d'or et d'argent. Sur la
Tenture de la façade du Jubé, étoient trois lez de
velours chargez d'Armes , &c. Sur la Porte du
Choeur , on voyoit un grand morceau avec les
Armes en grand Manteau Royal d'étoffe d'or
doublé d'hermine , dans un Chambranle de Marbre
blanc , avec deux Guaisnes aux extrémitez et
deux Lions au-dessus servant de suport aux Armes
de Savoye.
Le Catafalque étoit placé à deux toises et demie
de l'entrée du Chour, construit dans la Nef,
Sur
FEVRIER. 17336
387
sur un Plan de 14, pieds et demi de long , sur 10.
pieds 3. pouces de large et s . pieds de hauteur ; cr
le dessus de l'Estrade , 10. pieds 10. pouces
pour
sur 7. pieds de large , les quatre Angles avancez
à Pans coupez , formant des Fiedestaux , entre
lesquels se trouvoient six degrez à chaque face,
Sur le devant des Piedestaux des Consoles saillantes
, de 18. à 20. pouces , étoient placées des
Têtes de Mort , avec des attributs , portant chacune
une Girandole de cinq lumieres ; le tout sur
un fond de Marbre d'Egypte vert et blanc.
Sur les Piedestaux s'élevoir un ordre Ionique ,
dont les quatre Colomnes en or , composées de
Faisseaux , de Picques liées ensemble avec Bandeaux
et Festons de Lauriers en argent , tournans
en torse au pourtour, et d'où sortoient des branches
en argent , qui portoient sur chaque Colomne
soixante lumieres ; leurs Architraves , Frises
et Corniches en Marbre blanc. Sur la Frise des
Muffles de Lions , en or ; de-même que les Ornemens
et Moulures des Entablemens.
>
Sur le Zocle des Entablemens des Colomnes s'élevoient
des Courbes, formant une espece de Balda,
quin en or , ayant à leurs extrémitez des Consoles
en or qui soutenoient une Frise , d'où tomboit
une Campanne en or , sur un fond noir avec
des Larmes et Glands d'argent ; au- dessus de la
Frise , une grosse Moulure de Baguette en or
garnie d'agraffes d'argent , d'où sortoient des
Branches d'argent, portant de-même des lumieres;
au- dessus une Gorge de six à sept pouces , avec
son Astragale et une Couronne fermée en or,
surmontant le tout. Le haut du Baldaquin , depuis
l'Entablement jusqu'à son extrémité , étoit
garni de plus de 200. lumieres , et le tout ensem
ble faisoit un effet admirable,
Sur
388 MERCURE DE FRANCE:
-
Sur les degrez de l'Estrade , en face de l'entrée
du Choeur , paroissoient la Prudence et la Valeur
avec leurs attributs.
Sur cette Estrade s'élevoit un Zocle à Pans coupez
, se terminant par un adoucissement de deux
pieds de haut , sur lequel étoit posé le Tombeau.
de Marbre Portore , soutenu par quatre Consoles
en or , ayant des têtes de Lions et terminant
par bas en ornemens , d'où sortoient des Pattes
du même animal , et aux quatre flancs du Tombeau
, dans des Couronnes de Lauriers , le Chiffre
, et des flambaux renversez par derriere en
Sautoirs . La Représentation du Tombeau étoir
couverte d'un grand Poële d'Etoffe d'or bordé
d'Hermine , croisé de Moire d'argent et cantonné
d'Armoiries en Broderie d'or. On avoit placé
sur le Tombeau , la Couronne sur un Carreau de
velours noir , couverte d'un Crêpe , et le Manteau
Royal , d'Etoffe d'or à fond rouge , bordé et
doublé d'Hermine , qui tomboit jusques sur l'Estrade
, autour de la Représentation, Sur l'Estrade
, plusieurs Trophées d'Armes en or , qui sem
bloient être jettés négligeamment sur les marches
de l'Estrade .
Toute la Machine ayant 37. pieds de haut jusqu'à
l'extremité de la Couronne , étoit surmontée
par un Pavillon très - riche , dont les Pans et
les chutes avoient 19. aulnes de long , ornées de
bandes d'Hermines , et semées de Croix et de
Larmes d'argent. Les quatre faces des six degrez
étoient garnies de 98. Chandeliers d'argent avec
des Cierges de deux livres chacun , à l'exception
des quatre ouvertures des encoignures du Catafalque
, dont les chutes du Pavillon étoient retroussées
par quatre Anges en or , sonnant de la
Trompette , qui sembloient sortir du dessous par
differens côtez. Le
FEVRIER . 1733. 389
Le Pourtour du Choeur , distribué en 18. Arcades
, dont dix ouvertes , foncées de noir , ou
l'on avoit pratiqué des Places ; les autres fermées
de noir avec des Paneaux en Hermine , étoient
ornées d'un ordre d'Architecture Ionique , les
Pilastres ayant 27. pieds de haut jusqu'à l'Entablement
, les Chapiteaux en or , ornez de Têtes
de Mort enveloppées d'Aîles dessechées , et couvertes
d'une Draperie d'argent , formant des chutes
à l'aplomb des Volutes. Sur chaque Pilastre
on voyoit une maniere de Cartouche ou Epitaphe
en Marbre blanc , de differentes formes ; les
uns enveloppez et surmontez d'une Tête de Lion
avec des Lampes sur les côtez; les autres, de Bordure
, d'Ornemens , et toujours au milieu de chacun
le Chiffre de Victor Amedée , avec une Girandole
de cinq lumieres. Par le bas , les fonds
des Pilastres en vert d'Egypte , les Corps et arrieres-
Corps de Marbre blanc ; les Bases étant cachées
par un Socle de deux pieds et demi de haut,
sur lequel étoit posé un Trophée d'Armes de 4 à
5. pieds de haut, en of ; tout le surplus de l'Architecture
, Corps , arriere - Corps , Corniche , Aftragale
, Archivoltes , peints en Marbre blanc.
Sur la Corniche s'élevoit un Attique de 14.
pieds , les Pilastres de même Marbre , tombant
à plomb sur ceux dont on vient de parler . Des
Chapiteaux tomboient en Trophées , une Tête de
Mort avec des Aîles et des Os en Sautoirs , des
branches de Cyprès finissant par un Gland , le
tout en or. Entre chaque Pilastre , un Panneau
formé sur le drap noir , par une bande d'Hermine
, au milieu duquel étoit un Cartouche avec
chacun un quartier des Armes , et il fortoit des
deux côtez desDrapeaux et Etendarts &.c .
3 Sur la Corniche au- dessus de chaque ouverture,
I des
* MERCURE DE FRANCE
des Chantournez , en Marbre blanc , fond noir,
semé de larmes d'argent , ayant chacun une Tête
de Mort au milien , avec des Aîles , portant cha
cun 21 lumieres. Sur la même Corniche , à l'aplomb
des Pilastres , des Vases en argent , fond
noir , portant chacun 9. lumieres .
Le premier lez de velours étoit placé au- dessus
de la Corniche de l'Attique , à so . pieds de haut,
chargé d'Armes et Chiffres , et semé de Croix et
de Larmes d'argent , et sur l'aplomb des Pilas
tres, un Blason avec differens Trophées d'Armes.
Le second lez de velours servait de Frise à la
Corniche , semé de- même que le premier , et de
Triglifes composées au- dessus des Pilastres , et
sur le milieu des Archivoltes étoient de grands
Cartouches , dont la Couronne passoit sur l'Astragale
et la Frise de la Corniche. Ces Cartouches
étoient ornez des Armes des Ordres , Couronnes ,
Festons deCyprès et autres attributs, en or et en
argent , et d'autres , alternativement , avec des
Chiffres et Manteaux d'Etoffe d'or et d'Hermine,
et au bas de chacun une Girandole de 5. lumieres.
-Du haut de l'Archivolte , des deux côtez de
chacun des Cartouches , tomboient des Rideaux
peints en noir , retroussez au- dessous des Impostés
, tombant en chutes le long de l'arriere-
Corps des Pilastres ; le tout orné de Franges et de
Cordons en argent et semez de Larmes , &c. Les
appuis des ouvertures des côtez de 3. pieds de
haut , le milieu plus élevé et orné au- dessus
de l'élevation , d'un Vase en argent et fond
noir , portant une Piramide de 21. lumieres ;
du pied des Vases tomboient des Festons de
Cyprès en or , accompagnez les uns de deux
Figures rehaussées d'argent , tenant des flam
beaux éteints , et d'autres alternativement ,
avec
FEVRIER. 1733. 391
avec des Lions , comme supports des Armes .
Le Plafond des Stales avoit une Moulure dorée
au Pourtour , sur laquelle regnoit une Bordure
de Trefles en forme de bandeau de Couronnes;
chaque Treffe portant une bougie derriere.
un filet de lumieres ; devant chaque Pilastre et
en retour du Jubé , une Girandole de sept lumieres
, qui interrompoit par Groupes la Bordure de
lumieres.
Du dessous de la Moulure des Stales tomboit
le troisiéme lez de velours , de même arrangement
d'Armes et de Chiffres que le premier , semé
de même , ayant de surplus des Festons herminez
de distance en distance , et qui enveloppoient
les Cartouches qui étoient sur le lez de
velours.
L'Autel étoit surmonté d'un Dais de 12. pieds
sur 7. pieds , avec des Campannes dedans et dehors
, en argent , sur fond noir ; les deux chutes
de Rideaux de Satin noir , semé de larmes et entouré
de Frange d'argent , avec 4. Bouquets de
plume en Aigrette , sur les 4. Angles , le Plafond
et la queue croisée de Moire d'argent , et cantonnée
d'Armes ; aux deux Pilastres à côté tomboient
des Trophées des Instrumens qui servent aux
Cerémonies Mortuaires ; ces deux Pilastres accompagnez
et soutenus par deux grandes Consoles
de Marbre blanc , avec une Girandole de
sept branches , posée sur le milieu de la Volutte.
Beux Anges prosternez , rehaussez d'argent ,
sur un Groupe de Nuées , qui répandoient en
partie sur les Consoles le surplus de la Décoration,
faisant simétrie avec le Pourtour du Choeur,
le reste de l'Autel orné avec une magnificence
convenable et éclairé d'un grand nombre de
Cierges , &C.
I ij Toute
392 MERCURE DE FRANCE
Toute cette Décoration avoit été ordonnée
par le Duc de la Trémouille , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy , et exécutée sous
la direction de M. de Selle , Intendant des menus
Plaisirs du Roy , par M. Perrault , Peintre
des Menus Plaisirs de S. M.
A Décoration de ce pompeux Appareil qui a
attiré un si grand concours et tant d'admirateurs
, mérite bien que nous entrions là dessus en
quelque détail. On voyoit d'abord à la façade de
L'Eglise , au - dessus de la principale Porte , une
grande Tenture de drap noir , ornée de trois lez
de velours garnis d'Armes, Sur le milieu étoit
placé un grand morceau peint d'Architecture de
18. pieds de haut , sur 12. pieds de large , ceintré
par le haut , où étoient les Armes du Roy de Sardaigne
, avec les deux Ordres désignez , de saint
Maurice et de l'Annonciade , sous une Couronne
Royale , soutenue d'un côté par le Temps et de
l'autre par une Renommée sortant d'un Groupe
de Nuées , & c.
Sur les deux autres Portes laterales , on voyoit
les Chiffres du Roy Victor Amedée , dans de
grands Cartouches couronnez et soutenus par des
Renommées , et posés sur le même lez de ve◄
lours.
Toute la Nef étoit tendue de drap noir sur les
côtez , avec grandes Armes et Chiffres , alternativement
, rehaussez d'or et d'argent. Sur la
Tenture de la façade du Jubé, étoient trois lez de
velours chargez d'Armes , &c. Sur la Porte du
Choeur , on voyoit un grand morceau avec les
Armes en grand Manteau Royal d'étoffe d'or
doublé d'hermine , dans un Chambranle de Marbre
blanc , avec deux Guaisnes aux extrémitez et
deux Lions au-dessus servant de suport aux Armes
de Savoye.
Le Catafalque étoit placé à deux toises et demie
de l'entrée du Chour, construit dans la Nef,
Sur
FEVRIER. 17336
387
sur un Plan de 14, pieds et demi de long , sur 10.
pieds 3. pouces de large et s . pieds de hauteur ; cr
le dessus de l'Estrade , 10. pieds 10. pouces
pour
sur 7. pieds de large , les quatre Angles avancez
à Pans coupez , formant des Fiedestaux , entre
lesquels se trouvoient six degrez à chaque face,
Sur le devant des Piedestaux des Consoles saillantes
, de 18. à 20. pouces , étoient placées des
Têtes de Mort , avec des attributs , portant chacune
une Girandole de cinq lumieres ; le tout sur
un fond de Marbre d'Egypte vert et blanc.
Sur les Piedestaux s'élevoir un ordre Ionique ,
dont les quatre Colomnes en or , composées de
Faisseaux , de Picques liées ensemble avec Bandeaux
et Festons de Lauriers en argent , tournans
en torse au pourtour, et d'où sortoient des branches
en argent , qui portoient sur chaque Colomne
soixante lumieres ; leurs Architraves , Frises
et Corniches en Marbre blanc. Sur la Frise des
Muffles de Lions , en or ; de-même que les Ornemens
et Moulures des Entablemens.
>
Sur le Zocle des Entablemens des Colomnes s'élevoient
des Courbes, formant une espece de Balda,
quin en or , ayant à leurs extrémitez des Consoles
en or qui soutenoient une Frise , d'où tomboit
une Campanne en or , sur un fond noir avec
des Larmes et Glands d'argent ; au- dessus de la
Frise , une grosse Moulure de Baguette en or
garnie d'agraffes d'argent , d'où sortoient des
Branches d'argent, portant de-même des lumieres;
au- dessus une Gorge de six à sept pouces , avec
son Astragale et une Couronne fermée en or,
surmontant le tout. Le haut du Baldaquin , depuis
l'Entablement jusqu'à son extrémité , étoit
garni de plus de 200. lumieres , et le tout ensem
ble faisoit un effet admirable,
Sur
388 MERCURE DE FRANCE:
-
Sur les degrez de l'Estrade , en face de l'entrée
du Choeur , paroissoient la Prudence et la Valeur
avec leurs attributs.
Sur cette Estrade s'élevoit un Zocle à Pans coupez
, se terminant par un adoucissement de deux
pieds de haut , sur lequel étoit posé le Tombeau.
de Marbre Portore , soutenu par quatre Consoles
en or , ayant des têtes de Lions et terminant
par bas en ornemens , d'où sortoient des Pattes
du même animal , et aux quatre flancs du Tombeau
, dans des Couronnes de Lauriers , le Chiffre
, et des flambaux renversez par derriere en
Sautoirs . La Représentation du Tombeau étoir
couverte d'un grand Poële d'Etoffe d'or bordé
d'Hermine , croisé de Moire d'argent et cantonné
d'Armoiries en Broderie d'or. On avoit placé
sur le Tombeau , la Couronne sur un Carreau de
velours noir , couverte d'un Crêpe , et le Manteau
Royal , d'Etoffe d'or à fond rouge , bordé et
doublé d'Hermine , qui tomboit jusques sur l'Estrade
, autour de la Représentation, Sur l'Estrade
, plusieurs Trophées d'Armes en or , qui sem
bloient être jettés négligeamment sur les marches
de l'Estrade .
Toute la Machine ayant 37. pieds de haut jusqu'à
l'extremité de la Couronne , étoit surmontée
par un Pavillon très - riche , dont les Pans et
les chutes avoient 19. aulnes de long , ornées de
bandes d'Hermines , et semées de Croix et de
Larmes d'argent. Les quatre faces des six degrez
étoient garnies de 98. Chandeliers d'argent avec
des Cierges de deux livres chacun , à l'exception
des quatre ouvertures des encoignures du Catafalque
, dont les chutes du Pavillon étoient retroussées
par quatre Anges en or , sonnant de la
Trompette , qui sembloient sortir du dessous par
differens côtez. Le
FEVRIER . 1733. 389
Le Pourtour du Choeur , distribué en 18. Arcades
, dont dix ouvertes , foncées de noir , ou
l'on avoit pratiqué des Places ; les autres fermées
de noir avec des Paneaux en Hermine , étoient
ornées d'un ordre d'Architecture Ionique , les
Pilastres ayant 27. pieds de haut jusqu'à l'Entablement
, les Chapiteaux en or , ornez de Têtes
de Mort enveloppées d'Aîles dessechées , et couvertes
d'une Draperie d'argent , formant des chutes
à l'aplomb des Volutes. Sur chaque Pilastre
on voyoit une maniere de Cartouche ou Epitaphe
en Marbre blanc , de differentes formes ; les
uns enveloppez et surmontez d'une Tête de Lion
avec des Lampes sur les côtez; les autres, de Bordure
, d'Ornemens , et toujours au milieu de chacun
le Chiffre de Victor Amedée , avec une Girandole
de cinq lumieres. Par le bas , les fonds
des Pilastres en vert d'Egypte , les Corps et arrieres-
Corps de Marbre blanc ; les Bases étant cachées
par un Socle de deux pieds et demi de haut,
sur lequel étoit posé un Trophée d'Armes de 4 à
5. pieds de haut, en of ; tout le surplus de l'Architecture
, Corps , arriere - Corps , Corniche , Aftragale
, Archivoltes , peints en Marbre blanc.
Sur la Corniche s'élevoit un Attique de 14.
pieds , les Pilastres de même Marbre , tombant
à plomb sur ceux dont on vient de parler . Des
Chapiteaux tomboient en Trophées , une Tête de
Mort avec des Aîles et des Os en Sautoirs , des
branches de Cyprès finissant par un Gland , le
tout en or. Entre chaque Pilastre , un Panneau
formé sur le drap noir , par une bande d'Hermine
, au milieu duquel étoit un Cartouche avec
chacun un quartier des Armes , et il fortoit des
deux côtez desDrapeaux et Etendarts &.c .
3 Sur la Corniche au- dessus de chaque ouverture,
I des
* MERCURE DE FRANCE
des Chantournez , en Marbre blanc , fond noir,
semé de larmes d'argent , ayant chacun une Tête
de Mort au milien , avec des Aîles , portant cha
cun 21 lumieres. Sur la même Corniche , à l'aplomb
des Pilastres , des Vases en argent , fond
noir , portant chacun 9. lumieres .
Le premier lez de velours étoit placé au- dessus
de la Corniche de l'Attique , à so . pieds de haut,
chargé d'Armes et Chiffres , et semé de Croix et
de Larmes d'argent , et sur l'aplomb des Pilas
tres, un Blason avec differens Trophées d'Armes.
Le second lez de velours servait de Frise à la
Corniche , semé de- même que le premier , et de
Triglifes composées au- dessus des Pilastres , et
sur le milieu des Archivoltes étoient de grands
Cartouches , dont la Couronne passoit sur l'Astragale
et la Frise de la Corniche. Ces Cartouches
étoient ornez des Armes des Ordres , Couronnes ,
Festons deCyprès et autres attributs, en or et en
argent , et d'autres , alternativement , avec des
Chiffres et Manteaux d'Etoffe d'or et d'Hermine,
et au bas de chacun une Girandole de 5. lumieres.
-Du haut de l'Archivolte , des deux côtez de
chacun des Cartouches , tomboient des Rideaux
peints en noir , retroussez au- dessous des Impostés
, tombant en chutes le long de l'arriere-
Corps des Pilastres ; le tout orné de Franges et de
Cordons en argent et semez de Larmes , &c. Les
appuis des ouvertures des côtez de 3. pieds de
haut , le milieu plus élevé et orné au- dessus
de l'élevation , d'un Vase en argent et fond
noir , portant une Piramide de 21. lumieres ;
du pied des Vases tomboient des Festons de
Cyprès en or , accompagnez les uns de deux
Figures rehaussées d'argent , tenant des flam
beaux éteints , et d'autres alternativement ,
avec
FEVRIER. 1733. 391
avec des Lions , comme supports des Armes .
Le Plafond des Stales avoit une Moulure dorée
au Pourtour , sur laquelle regnoit une Bordure
de Trefles en forme de bandeau de Couronnes;
chaque Treffe portant une bougie derriere.
un filet de lumieres ; devant chaque Pilastre et
en retour du Jubé , une Girandole de sept lumieres
, qui interrompoit par Groupes la Bordure de
lumieres.
Du dessous de la Moulure des Stales tomboit
le troisiéme lez de velours , de même arrangement
d'Armes et de Chiffres que le premier , semé
de même , ayant de surplus des Festons herminez
de distance en distance , et qui enveloppoient
les Cartouches qui étoient sur le lez de
velours.
L'Autel étoit surmonté d'un Dais de 12. pieds
sur 7. pieds , avec des Campannes dedans et dehors
, en argent , sur fond noir ; les deux chutes
de Rideaux de Satin noir , semé de larmes et entouré
de Frange d'argent , avec 4. Bouquets de
plume en Aigrette , sur les 4. Angles , le Plafond
et la queue croisée de Moire d'argent , et cantonnée
d'Armes ; aux deux Pilastres à côté tomboient
des Trophées des Instrumens qui servent aux
Cerémonies Mortuaires ; ces deux Pilastres accompagnez
et soutenus par deux grandes Consoles
de Marbre blanc , avec une Girandole de
sept branches , posée sur le milieu de la Volutte.
Beux Anges prosternez , rehaussez d'argent ,
sur un Groupe de Nuées , qui répandoient en
partie sur les Consoles le surplus de la Décoration,
faisant simétrie avec le Pourtour du Choeur,
le reste de l'Autel orné avec une magnificence
convenable et éclairé d'un grand nombre de
Cierges , &C.
I ij Toute
392 MERCURE DE FRANCE
Toute cette Décoration avoit été ordonnée
par le Duc de la Trémouille , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy , et exécutée sous
la direction de M. de Selle , Intendant des menus
Plaisirs du Roy , par M. Perrault , Peintre
des Menus Plaisirs de S. M.
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Résumé : Description du Catafalque.
Le texte décrit la décoration d'un catafalque dans une église, organisée par le Duc de la Trémouille et supervisée par M. de Selle et M. Perrault. La façade de l'église était ornée d'une grande tenture noire portant les armoiries et les symboles royaux, notamment ceux du roi de Sardaigne et de l'ordre de Saint-Maurice. Les portes latérales affichaient les chiffres du roi Victor-Amédée dans des cartouches soutenus par des renommées. À l'intérieur, la nef était tendue de drap noir avec des armoiries et des chiffres alternés, rehaussés d'or et d'argent. Le catafalque, situé à deux toises et demie de l'entrée du chœur, était construit sur une estrade de dimensions précises et décoré de têtes de mort, de girandoles et de colonnes ioniques en or et argent. Le tombeau, en marbre de Portore, était soutenu par des consoles dorées et couvert d'un poêle d'étoffe d'or bordé d'hermine. Le pourtour du chœur était structuré en 18 arcades, ornées d'un ordre architectural ionique avec des pilastres et des trophées d'armes. Les chapiteaux étaient décorés de têtes de mort et de drapeaux. Le plafond des stalles était orné de moulures dorées et de girandoles. L'autel était surmonté d'un dais avec des campanes en argent et des trophées d'instruments utilisés lors des cérémonies mortuaires. La décoration était éclairée par un grand nombre de cierges et de lumières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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281
p. 392
« Le 2. de ce mois, jour de la Purification de la Vierge, l'Evêque de Synope, Suffragan de l'Archevêque [...] »
Début :
Le 2. de ce mois, jour de la Purification de la Vierge, l'Evêque de Synope, Suffragan de l'Archevêque [...]
Mots clefs :
Prévôt des marchands, Archevêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2. de ce mois, jour de la Purification de la Vierge, l'Evêque de Synope, Suffragan de l'Archevêque [...] »
Le 2. de ce mois , jour de la Parification de la
Vierge , l'Evêque de Synope , Suffragant de l'Archevêque
de Lyon , assisté des Abbez de S. Ruf
et de S. Tibery , fit dans l'Eglise des Chanoines
Réguliers de l'Ordre de S. Antoine de la Ville de
Lyon , la Benediction du Pere Nicolas Gaspariny
, qui avoit été élû Abbé General de l'Ordre :
de S. Antoine le 25. Novembre dernier , où tout
se passa avec un grand ordre , par l'attention ordinaire
qu'avoit eue M. le Prévôt des Marchands
comme Commandant de la Ville , de faire met❤ !
tre des Gardes par tont où il étoit nécessaire.
M. l'Archevêque , M. l'Intendant , M. le Prévôt
des Marchands , et toutes les Personnes de dis-·
tinction de la Ville , assisterent à cette Cérémonie
, après laquelle ils furent invitez à dîner dans
là Maison.
Vierge , l'Evêque de Synope , Suffragant de l'Archevêque
de Lyon , assisté des Abbez de S. Ruf
et de S. Tibery , fit dans l'Eglise des Chanoines
Réguliers de l'Ordre de S. Antoine de la Ville de
Lyon , la Benediction du Pere Nicolas Gaspariny
, qui avoit été élû Abbé General de l'Ordre :
de S. Antoine le 25. Novembre dernier , où tout
se passa avec un grand ordre , par l'attention ordinaire
qu'avoit eue M. le Prévôt des Marchands
comme Commandant de la Ville , de faire met❤ !
tre des Gardes par tont où il étoit nécessaire.
M. l'Archevêque , M. l'Intendant , M. le Prévôt
des Marchands , et toutes les Personnes de dis-·
tinction de la Ville , assisterent à cette Cérémonie
, après laquelle ils furent invitez à dîner dans
là Maison.
Fermer
Résumé : « Le 2. de ce mois, jour de la Purification de la Vierge, l'Evêque de Synope, Suffragan de l'Archevêque [...] »
Le 2 décembre, l'évêque de Synope a béni Nicolas Gaspariny, élu abbé général de l'ordre de Saint-Antoine. La cérémonie a eu lieu à Lyon, en présence de plusieurs abbés et personnalités. L'archevêque, l'intendant et le prévôt des marchands y ont assisté, suivis d'un dîner chez les chanoines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
282
p. 392-395
Rhume, Broüilards, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a parlé dans le dernier Journal des Rhumes caterreux et Fluxions qui ont regné à Vienne, [...]
Mots clefs :
Concert, Rhumes, Musique, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rhume, Broüilards, &c. [titre d'après la table]
On a parlé dans le dernier Journal des Rhu->
mes caterreux et Fluxions qui ont regné à Vien
ne , et à 7. ou 8. lieues aux environs ; cette maladie
s'est répandue ensuite presque dans toute
l'Allemagne ; elle a gagné l'Alsace , la Lorraine ,
les Pays - Bas et les Provinces de France , et au- :
jourd'hui plus de la moitié des Habitans de Paris
en sont attaquez. Les Chapitres , les Compagnies
, les Communautez , les Colleges , en
sont très-incommodez. L'Opera , les Comédiens
François et Italiens , ont plusieurs fois été obli¬
gez
FEVRIER . 1733 393
gez de fermer leurs Théatres , se trouvant hors
d'état de continuer leurs Représentations ; chez
les Particuliers , aucune Maison n'en est exempte,
soit les Maîtres , soit les Domestiques. Et le Médecin
qu'on appelle pour voir un Malade , en
trouve cinq ou six à traitter. Les gens les plus
âgez ne se souviennent pas d'avoir jamais vû de
Rhumes si fâcheux , si tenaces et si longs , car
jusqu'à présent , les boissons , les saignées et les
purgatifs , n'en ont pû arrêter le cours.
On écrit de Londres , que les Rhumes y regnent
si fort, qu'il n'y a presque point de Famille
qui n'en soit attaquée ; que les Archevêques
de Cantorberi et d'Yorc, les Duchesses de Marlborough
, d'Ormond et de Bolton , et un grand
nombre d'aurtes personnes de distinction , sont
très -infcommodées de Rhumes et de fluxions , et ;
cette maladie est si generale dans la Ville , qu'on
a été obligé d'interrompre le Spectacle de l'Opera;
depuis quelque tems il y meurt beaucoup de mon
deet l'on compte qu'il y a actuellement plus de
40000. Malades. On a appris en dernier lieu
qu'ils y étoit mort jusqu'à 1588 personnes
par Semaine et beaucoup plus de jeunes gens
que de personnes d'un centain âge ; mais ces Lettres
ajoûtent que le nombre des Morts diminuoit
chaque Semaine de quelque centaine , et que la
derniere, Semaine le nombre n'avoit été que de
805.
r
Diverses personnes attribuent la plupart de ces
Rhumes dont presque tout le monde est attaqué
à Paris , à un grand brouillard , dont toure
la Ville fut couverte le 6 et de 7. de ce mois , et
qui fut aussi épais que celui du 21. Janvier de
l'année derniere. En effet avant quatre heures du
soir on ne se voyoit plus dans les rues ; et quand
I j
la
494 MERCURE DE FRANCE
la nuit fut close , on ne pouvoit se conduire
qu'à la clarté d'un flambeau , dont on voyoit à
peine une petite lucar à six pas ; et malgré ce
secours on ne laissoit pas encore de s'égarer , en
sorte que quantité de personnes , qui après avoir
beaucoup marché , se croyoient dans leurs quartiers
et fort près de chez eux , étoient fort étonnez
de s'en trouver encore très- éloignez.On dit que
les Aveugles des Quinze -Vingrs qui se retiroient
vers la chute du jour ,furent d'un secours merveilleux
à diverses personnes, à qui ils servirent de gui..
des jusques dans leurs rues. Les Lanternes ne donnoient
aucune clarté , et à peine pouvoit- on ap
percevoir celle sous laquelle on étoit. Les Offciers
de Police firent retirer tous les Fiacres des
Places , et on n'a pas oüi dire qu'il soit arrivé
aucun accident,
Le 2. Février , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , on y executa un Moter
de M. de la Lande , Eractavit , qu'on n'avoit
pas encore entendu , et un autre Motet de fen
PAbbé Gaveau , qui est un excellent morceau de
Musique,le Dominus regnavit terminale Concert,
qui fut précedé de differentes Pieces de Symphonie,
dont l'execution fait toujours beaucoup de plaisir.
Le . le sieur Buononcini , cy - devant Maître
de Musique des Empereurs Leopold et Joseph
connu par un grand nombre d'Ouvrages de Musique
en tout genre, et entr'autres , par 78. Opera
de sa composition , qu'il a fait executer en Italie
, sa Patrie , à la Cour de Vienne , et en Angleterre,
fit chanter au même Concert de la Musique
Latine , qui fut trouvée admirable dans
toutes ses parties , tant par la composition que
par l'excecution . Ce Concert finit par le Quare
fremuerunt , Motet de M. de la Lande,
FEVRIER. 1733 395
-Les Gens de M. l'Ambassadeur de Venise,firent
promener par la Ville , pendant les derniers jours
du Carnaval , un magnifique Chariot , tiré par
Chevaux superbement harnachez. Le Chariot étoit
précedé de quarante Masques à cheval , en habit
de differentes Nations. Il représentoit par sa forme
une Gondole dorée et ornée de differentes figures
symboliques , sur laquelle il y avoit plu
sieurs Gradins à differens étages, qui étoient oc
cupez par des Musiciens et par des Symphonis
・tes masquez , joüant de differens Instrumens.
Toute la Machine étoit surmontée d'un grand
Farasol à la Chinoise , qu'on baissoit et haussoir
dans le besoin , par le moyen d'un Ressort , afin
que le Char pût passer par tout , et principalement
par la Porte S: Antoine. C'est en cet endroit
que le Spectacle fut le plus brillant , par le concours
des Carrosses remplis de Masques et des
autres Mascarades à pied et à cheval , qui se joignirent
en file au Chariot , et qui occuperent!
pendant long- temps tout le Quartier de la Porte
et du Fauxbourg S. Antoine , où un Monde infini
étoit accouru pour les voir passer.
Le 2's. Février , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le Remboursement des Ac
tions , fut tirée en la maniere accoûtumée , à
1'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixiéme d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 314. Actions .
mes caterreux et Fluxions qui ont regné à Vien
ne , et à 7. ou 8. lieues aux environs ; cette maladie
s'est répandue ensuite presque dans toute
l'Allemagne ; elle a gagné l'Alsace , la Lorraine ,
les Pays - Bas et les Provinces de France , et au- :
jourd'hui plus de la moitié des Habitans de Paris
en sont attaquez. Les Chapitres , les Compagnies
, les Communautez , les Colleges , en
sont très-incommodez. L'Opera , les Comédiens
François et Italiens , ont plusieurs fois été obli¬
gez
FEVRIER . 1733 393
gez de fermer leurs Théatres , se trouvant hors
d'état de continuer leurs Représentations ; chez
les Particuliers , aucune Maison n'en est exempte,
soit les Maîtres , soit les Domestiques. Et le Médecin
qu'on appelle pour voir un Malade , en
trouve cinq ou six à traitter. Les gens les plus
âgez ne se souviennent pas d'avoir jamais vû de
Rhumes si fâcheux , si tenaces et si longs , car
jusqu'à présent , les boissons , les saignées et les
purgatifs , n'en ont pû arrêter le cours.
On écrit de Londres , que les Rhumes y regnent
si fort, qu'il n'y a presque point de Famille
qui n'en soit attaquée ; que les Archevêques
de Cantorberi et d'Yorc, les Duchesses de Marlborough
, d'Ormond et de Bolton , et un grand
nombre d'aurtes personnes de distinction , sont
très -infcommodées de Rhumes et de fluxions , et ;
cette maladie est si generale dans la Ville , qu'on
a été obligé d'interrompre le Spectacle de l'Opera;
depuis quelque tems il y meurt beaucoup de mon
deet l'on compte qu'il y a actuellement plus de
40000. Malades. On a appris en dernier lieu
qu'ils y étoit mort jusqu'à 1588 personnes
par Semaine et beaucoup plus de jeunes gens
que de personnes d'un centain âge ; mais ces Lettres
ajoûtent que le nombre des Morts diminuoit
chaque Semaine de quelque centaine , et que la
derniere, Semaine le nombre n'avoit été que de
805.
r
Diverses personnes attribuent la plupart de ces
Rhumes dont presque tout le monde est attaqué
à Paris , à un grand brouillard , dont toure
la Ville fut couverte le 6 et de 7. de ce mois , et
qui fut aussi épais que celui du 21. Janvier de
l'année derniere. En effet avant quatre heures du
soir on ne se voyoit plus dans les rues ; et quand
I j
la
494 MERCURE DE FRANCE
la nuit fut close , on ne pouvoit se conduire
qu'à la clarté d'un flambeau , dont on voyoit à
peine une petite lucar à six pas ; et malgré ce
secours on ne laissoit pas encore de s'égarer , en
sorte que quantité de personnes , qui après avoir
beaucoup marché , se croyoient dans leurs quartiers
et fort près de chez eux , étoient fort étonnez
de s'en trouver encore très- éloignez.On dit que
les Aveugles des Quinze -Vingrs qui se retiroient
vers la chute du jour ,furent d'un secours merveilleux
à diverses personnes, à qui ils servirent de gui..
des jusques dans leurs rues. Les Lanternes ne donnoient
aucune clarté , et à peine pouvoit- on ap
percevoir celle sous laquelle on étoit. Les Offciers
de Police firent retirer tous les Fiacres des
Places , et on n'a pas oüi dire qu'il soit arrivé
aucun accident,
Le 2. Février , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , on y executa un Moter
de M. de la Lande , Eractavit , qu'on n'avoit
pas encore entendu , et un autre Motet de fen
PAbbé Gaveau , qui est un excellent morceau de
Musique,le Dominus regnavit terminale Concert,
qui fut précedé de differentes Pieces de Symphonie,
dont l'execution fait toujours beaucoup de plaisir.
Le . le sieur Buononcini , cy - devant Maître
de Musique des Empereurs Leopold et Joseph
connu par un grand nombre d'Ouvrages de Musique
en tout genre, et entr'autres , par 78. Opera
de sa composition , qu'il a fait executer en Italie
, sa Patrie , à la Cour de Vienne , et en Angleterre,
fit chanter au même Concert de la Musique
Latine , qui fut trouvée admirable dans
toutes ses parties , tant par la composition que
par l'excecution . Ce Concert finit par le Quare
fremuerunt , Motet de M. de la Lande,
FEVRIER. 1733 395
-Les Gens de M. l'Ambassadeur de Venise,firent
promener par la Ville , pendant les derniers jours
du Carnaval , un magnifique Chariot , tiré par
Chevaux superbement harnachez. Le Chariot étoit
précedé de quarante Masques à cheval , en habit
de differentes Nations. Il représentoit par sa forme
une Gondole dorée et ornée de differentes figures
symboliques , sur laquelle il y avoit plu
sieurs Gradins à differens étages, qui étoient oc
cupez par des Musiciens et par des Symphonis
・tes masquez , joüant de differens Instrumens.
Toute la Machine étoit surmontée d'un grand
Farasol à la Chinoise , qu'on baissoit et haussoir
dans le besoin , par le moyen d'un Ressort , afin
que le Char pût passer par tout , et principalement
par la Porte S: Antoine. C'est en cet endroit
que le Spectacle fut le plus brillant , par le concours
des Carrosses remplis de Masques et des
autres Mascarades à pied et à cheval , qui se joignirent
en file au Chariot , et qui occuperent!
pendant long- temps tout le Quartier de la Porte
et du Fauxbourg S. Antoine , où un Monde infini
étoit accouru pour les voir passer.
Le 2's. Février , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le Remboursement des Ac
tions , fut tirée en la maniere accoûtumée , à
1'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixiéme d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 314. Actions .
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Résumé : Rhume, Broüilards, &c. [titre d'après la table]
En février 1733, une épidémie de rhumes et de fluxions sévissait à Vienne et dans les environs, puis s'est répandue en Allemagne, en Alsace, en Lorraine, aux Pays-Bas et dans les provinces de France. À Paris, plus de la moitié des habitants étaient touchés, affectant les chapitres, les compagnies, les communautés et les collèges. Les théâtres, y compris l'Opéra et les comédiens français et italiens, ont dû fermer à plusieurs reprises. Les particuliers, qu'ils soient maîtres ou domestiques, n'étaient pas épargnés. Les médecins trouvaient souvent plusieurs malades à traiter dans une même maison. Les rhumes étaient particulièrement tenaces et longs, résistants aux boissons, saignées et purgatifs. À Londres, l'épidémie était également sévère, touchant presque toutes les familles, y compris des personnalités de haut rang comme les archevêques de Cantorbéry et d'York, et plusieurs duchesses. Le spectacle de l'Opéra a dû être interrompu. La mortalité était élevée, avec plus de 40 000 malades et jusqu'à 1 588 décès par semaine, bien que ce nombre diminuât progressivement. À Paris, un épais brouillard le 6 et 7 février a été attribué à la propagation des rhumes. La visibilité était si faible que les lanternes et les aveugles des Quinze-Vingts servaient de guides. Les officiers de police ont retiré les fiacres des places publiques pour éviter les accidents. Le 2 février, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries, avec des œuvres de M. de la Lande et de l'Abbé Gaveau. Le musicien Buononcini a également interprété de la musique latine acclamée. Par ailleurs, les gens de l'ambassadeur de Venise ont promené un magnifique chariot représentant une gondole, accompagné de masques et de musiciens, lors des derniers jours du carnaval. Le 25 février, la loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 314 actions.
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283
p. 395-397
BENEFICES DONNEZ
Début :
L'Abbaye de S. Vincent du Luc, Ordre de S. Benoît, Diocèse d'Oleron, vacante par le [...]
Mots clefs :
Abbaye, Décès, Ordre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ
BENEFICES
L's. Benoit ,
DONNEZ
↑
'Abbaye de S. Vincent du Luc , Ordre de
S. Benoît , Diocèse d'Oleron , vacante par le
décés de M. l'Evêque de Dax , à M. l'Evêque de
Vence, I iiij L'Ab396
MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye de Lagny, Ordre de S. Benoît , Dio
cêse de Paris , vacante par le décès de l'Abbé de
Gontault , à l'Abbé de Beauvilliers , Clerc Tonsuré.
L'Abbaye de Valbonne , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Perpignan , vacante par le décès de
M. de Montesquiou de Prechac , à M. de Tord
de Caluo , Chanoine de Perpignan.
L'Abbaye de S. Ambroise de Bourges , Ordre
de S. Augustin , vacante par le decès de
l'Abbé de Gontault , à M. d'Abbadie d'Arboucave.
L'Abbaye de Thorigny , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Bayeux , vacante par le decès de
M. de la Chateigneraye Sainte Foi , à M. du
Quesnoy , Vicaire General de Coutances .
L'Abbaye de Thiers , Ordre de S. Benoît , Diocèse
de Clermont , vacante par le decès de M.
de la Chateigneraye Sainte Foy , à M. Chateiner
de la Chateigneraye , Clerc Tonsuré.
L'Abbaye de Châtres , Ordre de S. Augustin ,
Diocèse de Perigueux , vacante par le decès de
M. de Segonzac , à M. de Cahusac.
L'Abbaye d'Issoudun , Ordre de S. Benoît ;
Diocèse de Bourges , vacante par le decès de
M. Blet , à M. Perrin .
Celle de la Magdelaine de Chateaudun , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Chartres , à l'Abbé
Gallé de Coulanges.
Le Prieuré de S. Maurice de Senlis , Ordre de
S. Augustin , à l'Abbé Drouin , Conseiller au
Parlement.
Celui de Garrigne , Ordre de Gramont , Dio
cèse d'Agen , à l'Abbé de l'Herme.
Celui de S. Mars des Prez , dépendant de l'Abbaye
de S. Michel en l'Herme , à l'Abbé de la
Gourneuve.
1
FEVRIER. 1733 397
L'Abbaye de Jouy , Ordre de Citeaux , Diocèse
de Sens , a été donnée depuis quelque tems
à l'Evêque de Rennes.
L's. Benoit ,
DONNEZ
↑
'Abbaye de S. Vincent du Luc , Ordre de
S. Benoît , Diocèse d'Oleron , vacante par le
décés de M. l'Evêque de Dax , à M. l'Evêque de
Vence, I iiij L'Ab396
MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye de Lagny, Ordre de S. Benoît , Dio
cêse de Paris , vacante par le décès de l'Abbé de
Gontault , à l'Abbé de Beauvilliers , Clerc Tonsuré.
L'Abbaye de Valbonne , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Perpignan , vacante par le décès de
M. de Montesquiou de Prechac , à M. de Tord
de Caluo , Chanoine de Perpignan.
L'Abbaye de S. Ambroise de Bourges , Ordre
de S. Augustin , vacante par le decès de
l'Abbé de Gontault , à M. d'Abbadie d'Arboucave.
L'Abbaye de Thorigny , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Bayeux , vacante par le decès de
M. de la Chateigneraye Sainte Foi , à M. du
Quesnoy , Vicaire General de Coutances .
L'Abbaye de Thiers , Ordre de S. Benoît , Diocèse
de Clermont , vacante par le decès de M.
de la Chateigneraye Sainte Foy , à M. Chateiner
de la Chateigneraye , Clerc Tonsuré.
L'Abbaye de Châtres , Ordre de S. Augustin ,
Diocèse de Perigueux , vacante par le decès de
M. de Segonzac , à M. de Cahusac.
L'Abbaye d'Issoudun , Ordre de S. Benoît ;
Diocèse de Bourges , vacante par le decès de
M. Blet , à M. Perrin .
Celle de la Magdelaine de Chateaudun , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Chartres , à l'Abbé
Gallé de Coulanges.
Le Prieuré de S. Maurice de Senlis , Ordre de
S. Augustin , à l'Abbé Drouin , Conseiller au
Parlement.
Celui de Garrigne , Ordre de Gramont , Dio
cèse d'Agen , à l'Abbé de l'Herme.
Celui de S. Mars des Prez , dépendant de l'Abbaye
de S. Michel en l'Herme , à l'Abbé de la
Gourneuve.
1
FEVRIER. 1733 397
L'Abbaye de Jouy , Ordre de Citeaux , Diocèse
de Sens , a été donnée depuis quelque tems
à l'Evêque de Rennes.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ
En février 1733, plusieurs abbayes et prieurés ont changé de titulaire. L'Abbaye de Saint-Vincent du Luc, de l'Ordre de Saint-Benoît, dans le Diocèse d'Oléron, a été attribuée à l'Évêque de Vence après le décès de l'Évêque de Dax. L'Abbaye de Lagny, également de l'Ordre de Saint-Benoît, dans le Diocèse de Paris, est passée à l'Abbé de Beauvilliers suite au décès de l'Abbé de Gontault. L'Abbaye de Valbonne, de l'Ordre de Cîteaux, dans le Diocèse de Perpignan, a été confiée à M. de Tord de Caluo après le décès de M. de Montesquiou de Prechac. L'Abbaye de Saint-Ambroise de Bourges, de l'Ordre de Saint-Augustin, a été attribuée à M. d'Abbadie d'Arboucave après le décès de l'Abbé de Gontault. L'Abbaye de Thorigny, de l'Ordre de Cîteaux, dans le Diocèse de Bayeux, a été donnée à M. du Quesnoy après le décès de M. de la Chateigneraye Sainte Foi. L'Abbaye de Thiers, de l'Ordre de Saint-Benoît, dans le Diocèse de Clermont, a été attribuée à M. Chateigner de la Chateigneraye. L'Abbaye de Châtres, de l'Ordre de Saint-Augustin, dans le Diocèse de Périgueux, est passée à M. de Cahusac après le décès de M. de Segonzac. L'Abbaye d'Issoudun, de l'Ordre de Saint-Benoît, dans le Diocèse de Bourges, a été confiée à M. Perrin après le décès de M. Blet. La Magdeleine de Châteaudun, de l'Ordre de Saint-Augustin, dans le Diocèse de Chartres, a été attribuée à l'Abbé Gallé de Coulanges. Le Prieuré de Saint-Maurice de Senlis, de l'Ordre de Saint-Augustin, a été donné à l'Abbé Drouin. Le Prieuré de Garrigne, de l'Ordre de Gramont, dans le Diocèse d'Agen, a été attribué à l'Abbé de l'Herme. Le Prieuré de Saint-Mars-des-Prés, dépendant de l'Abbaye de Saint-Michel en l'Herme, a été confié à l'Abbé de la Gourneuve. Enfin, l'Abbaye de Jouy, de l'Ordre de Cîteaux, dans le Diocèse de Sens, a été donnée à l'Évêque de Rennes.
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284
p. 397-400
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Dame Louise de Prunet de Boissel, veuve de M. J. Baptiste du Deffand, Marquis de [...]
Mots clefs :
Armées du roi, Princesse de Conti, Veuve, Corps, Cardinal de Rohan, Marquis, Carrosse, Madame de France, Maladie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MO RTS ET MARIAGES.
Louise de Prunet de Boissel , veuve
Dde M. J. Baptifte du Deffand , Marquis de
la Lande , Lieutenant General des Armées du
Roy et Gouverneur du Neuf- Brisack , mourut
à Montpellier le 20. Janvier..
Arthur , Comte de Dillon , Lieutenant General
des Armées du Roy , mourut à S. Germain
en Laye le s . Fevrier , âgé de 63 ans.
Dame Françoise - Magdelaine- Claude de Warigniés
de Blanville , veuve de, M. Bernard de
la Guiche , Comte de S. Geran , Chevalier des
Ordres du Roy , Lieutenant General de ses Armées
, mourut à Paris le 8. de ce mois , âgée de
78. ans ; elle avoit été Dame du Palais de la
feue Reine.
D. Marie Baillot , veuve de M. Philippe Triboulleau
, Ecuyer , Seigneur de Bondi , President
des Tresoriers de France , mourut le 12. âgée
d'environ so. ans .
D. Louise- Magdeleine Brulard du Broussin ,
Epouse de M. François de la Vergne , Chevalier,
Marquis de Tressan, auparavant veuve de M..
François fulles du Bousset , Chevalier, Marquis de
Roquepine , Brigadier des Armées du Roy et
Mestre de Camp de Cavalerie , mourut à Paris
le 13. de ce mois , âgée de 63. ans.
D. Anne Berthelot , veuve de M. Louis de
I v Beau
}
398 MERCURE DE FRANCE
Beauvais Gouverneur des Châteaux de Madrid
et de la Muette , Capitaine des Chasses de la
Plaine de S. Denis er du Bois de Boulogne ,
mourut le 13. âgéè de 70. ans.
M. François de Jullienne , cy-devant Entre
preneur de la Manufacture Royale de Draps et
Teintures en Ecarlatte , établie près les Gobelins
à Paris , mourut le 15. Fevrier dans la 79. année
de son âge : les grandes charités qu'il répandoit
sur les pauvres du fauxbourg S. Marcel
le font géneralement regretter.
Du Regne de Louis XIV . sous le Ministere
de M. Colbert , il lui fut accordé en 169 1. des .
Lettres Patentes registrées en Parlement pour
l'établissement d'une Manufacture de Draps fins ,
façon d'Espagne , d'Angleterre et de Hollande ,
qui fut joint à celui de feu M. Glucq , son beaufrere
, aussi pourvu en 1667. de Lettres Patentes
portant établissement dans toutes les Villes du
Royaume pour les Teintures en Ecarlatte et coulears
hautes , à la façon de Hollande dont il
étoit natif.
Ces deux grands Etablissemens ont été réunis
par Arrêts du Conseil en 1721. en la personne
du sieur Jean de Jullienne , neveu des sieurs
Glucq et François de Jullienne , qui a toujours
travaillé à perfectionner lesdits Etablissemens
qui sont en très - grande réputation.
La maladie de Madame de France , troisieme
fille de L. M. commença le 13. de ce mois. Les.
differens remedes qu'on employa les jours suivans
n'ayant eu aucun succès , et le 18. au soir
cette Princesse s'étant trouvée à l'extrêmité
P'Abbé de la Garlaie, Aumônier du Roy en quar
tier , en présence du Curé de la Paroisse du
Château de Versailles , lui suppléa les céremonics
FEVRIER . 1733 . 399
nies du Baptême , et elle fut nommée Louise-
Marie , par le Duc de Tallard et par la Duchesse
de Tallard , Gouvernante des Enfans de France.
Le 19 , vers les trois heures du matin , cette
Princesse mourut , âgée de 4. ans 6. mois et 21.
jours , étant née le 28. Juillet 1728. Le même
jour son Corps fut exposé dans son lit,à visage
découvert.
Le 20 , il fut ouvert et embaumé , et après l'avoir
mis dans le cercueil on l'exposa dans sa
Chambre , où il demeura jusqu'au 23. au soir
qu'il fut porté à l'Eglise de l'Abbaye Royale de
S. Denis. La marche se fit dans l'ordre suivant.
Deux Carosses du Roy , dans lesquels étoient
les femmes de Chambre de la Princesse ; un troisiéme
Carosse de S. M. où étoient les huit Gentilshommes
ordinaires , destinez à porter le cerr
cueil et les quatre coins du poele de drap d'argent
qui le couvroit : un détachement de so .
Mousquetaires de la seconde Compagnie ; un
pareil détachement de la premiere Compagnie ;
o Chevaux-Legers ; des Pages de la grande et
de la petite Ecurie du Roi , et des Pages de la
Reine , étoient à cheval devant le Carosse du
Roi , dans lequel étoit le Corps de la Princesse ;
des Valets de pied de L. M. entouroient le Carosse
, après lequel marchoient le détachement
des Gardes du Corps et ro Gendarmes ; ils portoient
tous des flambeaux. Le Cardinal de Rohan
, Grand- Aumônier de France ; qui faisoit la
Céremonie , étoit dans le Carosse du Corps à la
droite , et il portoit le Coeur la Princesse de
Conty , choisie par le Roy pour accompagner
le Corps , étoit à la gauche , et elle avoit avec
elle la Princesse de Rohan ; la Duchesse de Tallard
, Gouvernante des Enfans de France , étoit
Lvj vis
:
+
400 MERCURE DE FRANCE
vis- à- vis le Cardinal de Rohan , et la Dame de
la Lande , Sous - Gouvernante , et l'Abbé de la
Garlaie , Aumônier du Roy , étoient aux portieres.
Les Carosses de la Princesse de Conty et celui
du Cardinal de Rohan fermoient la marche.
Le Convoy passa par Paris entre onze heures
et minuit , et il arriva à l'Abbaye de S Denis à
deux heures du matin. Le Cardinal de Rohan
présenta le Corps au Prieur de l'Abbaye , eril
fit l'inhumation. Après cette Céremónie, le coeur
fut porté dans le même Carosse à l'Abbaye
Royalle du Val- de-Grace .
Ď. Marie- Elizabeth de Creil , veuve de Char¬
les-Nicolas Comte d'Hautefort , Marêchal des
Camps et Armées du Roy et Sous - Lieutenant
de la seconde Compagnie des Mousquetaires
de la Garde du Roy , mourut le 21. dans la 60
année de son âge.
N. de la Salle , Ingenieur en chef à S. Omer ,
Capitaine au Regiment de Normandie , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , mourut
le 22. âgé de 63. ans environ .
·
Jean- Baptiste de Rochechouart , Comte de
Mortemart , fils de Jean- Baptiste , Comte de
Rochechouart , Marquis de Blainville &c . et de
D. Marie Magdeleine Colbert de Blainville ,
épousa le 10 Fevrier D. Eleonor- Gabrielle Louise
- Françoise de Crux , fille d'Armand - Gabriel
de Crux , Marquis de Montaigu &c. et de D.
Angelique-Marie- Damaris Eleonor Turpin de
Crissé. Le Roy et la Reine avoient figné au Cong
tract de Mariage deux jours auparavant.
Louise de Prunet de Boissel , veuve
Dde M. J. Baptifte du Deffand , Marquis de
la Lande , Lieutenant General des Armées du
Roy et Gouverneur du Neuf- Brisack , mourut
à Montpellier le 20. Janvier..
Arthur , Comte de Dillon , Lieutenant General
des Armées du Roy , mourut à S. Germain
en Laye le s . Fevrier , âgé de 63 ans.
Dame Françoise - Magdelaine- Claude de Warigniés
de Blanville , veuve de, M. Bernard de
la Guiche , Comte de S. Geran , Chevalier des
Ordres du Roy , Lieutenant General de ses Armées
, mourut à Paris le 8. de ce mois , âgée de
78. ans ; elle avoit été Dame du Palais de la
feue Reine.
D. Marie Baillot , veuve de M. Philippe Triboulleau
, Ecuyer , Seigneur de Bondi , President
des Tresoriers de France , mourut le 12. âgée
d'environ so. ans .
D. Louise- Magdeleine Brulard du Broussin ,
Epouse de M. François de la Vergne , Chevalier,
Marquis de Tressan, auparavant veuve de M..
François fulles du Bousset , Chevalier, Marquis de
Roquepine , Brigadier des Armées du Roy et
Mestre de Camp de Cavalerie , mourut à Paris
le 13. de ce mois , âgée de 63. ans.
D. Anne Berthelot , veuve de M. Louis de
I v Beau
}
398 MERCURE DE FRANCE
Beauvais Gouverneur des Châteaux de Madrid
et de la Muette , Capitaine des Chasses de la
Plaine de S. Denis er du Bois de Boulogne ,
mourut le 13. âgéè de 70. ans.
M. François de Jullienne , cy-devant Entre
preneur de la Manufacture Royale de Draps et
Teintures en Ecarlatte , établie près les Gobelins
à Paris , mourut le 15. Fevrier dans la 79. année
de son âge : les grandes charités qu'il répandoit
sur les pauvres du fauxbourg S. Marcel
le font géneralement regretter.
Du Regne de Louis XIV . sous le Ministere
de M. Colbert , il lui fut accordé en 169 1. des .
Lettres Patentes registrées en Parlement pour
l'établissement d'une Manufacture de Draps fins ,
façon d'Espagne , d'Angleterre et de Hollande ,
qui fut joint à celui de feu M. Glucq , son beaufrere
, aussi pourvu en 1667. de Lettres Patentes
portant établissement dans toutes les Villes du
Royaume pour les Teintures en Ecarlatte et coulears
hautes , à la façon de Hollande dont il
étoit natif.
Ces deux grands Etablissemens ont été réunis
par Arrêts du Conseil en 1721. en la personne
du sieur Jean de Jullienne , neveu des sieurs
Glucq et François de Jullienne , qui a toujours
travaillé à perfectionner lesdits Etablissemens
qui sont en très - grande réputation.
La maladie de Madame de France , troisieme
fille de L. M. commença le 13. de ce mois. Les.
differens remedes qu'on employa les jours suivans
n'ayant eu aucun succès , et le 18. au soir
cette Princesse s'étant trouvée à l'extrêmité
P'Abbé de la Garlaie, Aumônier du Roy en quar
tier , en présence du Curé de la Paroisse du
Château de Versailles , lui suppléa les céremonics
FEVRIER . 1733 . 399
nies du Baptême , et elle fut nommée Louise-
Marie , par le Duc de Tallard et par la Duchesse
de Tallard , Gouvernante des Enfans de France.
Le 19 , vers les trois heures du matin , cette
Princesse mourut , âgée de 4. ans 6. mois et 21.
jours , étant née le 28. Juillet 1728. Le même
jour son Corps fut exposé dans son lit,à visage
découvert.
Le 20 , il fut ouvert et embaumé , et après l'avoir
mis dans le cercueil on l'exposa dans sa
Chambre , où il demeura jusqu'au 23. au soir
qu'il fut porté à l'Eglise de l'Abbaye Royale de
S. Denis. La marche se fit dans l'ordre suivant.
Deux Carosses du Roy , dans lesquels étoient
les femmes de Chambre de la Princesse ; un troisiéme
Carosse de S. M. où étoient les huit Gentilshommes
ordinaires , destinez à porter le cerr
cueil et les quatre coins du poele de drap d'argent
qui le couvroit : un détachement de so .
Mousquetaires de la seconde Compagnie ; un
pareil détachement de la premiere Compagnie ;
o Chevaux-Legers ; des Pages de la grande et
de la petite Ecurie du Roi , et des Pages de la
Reine , étoient à cheval devant le Carosse du
Roi , dans lequel étoit le Corps de la Princesse ;
des Valets de pied de L. M. entouroient le Carosse
, après lequel marchoient le détachement
des Gardes du Corps et ro Gendarmes ; ils portoient
tous des flambeaux. Le Cardinal de Rohan
, Grand- Aumônier de France ; qui faisoit la
Céremonie , étoit dans le Carosse du Corps à la
droite , et il portoit le Coeur la Princesse de
Conty , choisie par le Roy pour accompagner
le Corps , étoit à la gauche , et elle avoit avec
elle la Princesse de Rohan ; la Duchesse de Tallard
, Gouvernante des Enfans de France , étoit
Lvj vis
:
+
400 MERCURE DE FRANCE
vis- à- vis le Cardinal de Rohan , et la Dame de
la Lande , Sous - Gouvernante , et l'Abbé de la
Garlaie , Aumônier du Roy , étoient aux portieres.
Les Carosses de la Princesse de Conty et celui
du Cardinal de Rohan fermoient la marche.
Le Convoy passa par Paris entre onze heures
et minuit , et il arriva à l'Abbaye de S Denis à
deux heures du matin. Le Cardinal de Rohan
présenta le Corps au Prieur de l'Abbaye , eril
fit l'inhumation. Après cette Céremónie, le coeur
fut porté dans le même Carosse à l'Abbaye
Royalle du Val- de-Grace .
Ď. Marie- Elizabeth de Creil , veuve de Char¬
les-Nicolas Comte d'Hautefort , Marêchal des
Camps et Armées du Roy et Sous - Lieutenant
de la seconde Compagnie des Mousquetaires
de la Garde du Roy , mourut le 21. dans la 60
année de son âge.
N. de la Salle , Ingenieur en chef à S. Omer ,
Capitaine au Regiment de Normandie , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , mourut
le 22. âgé de 63. ans environ .
·
Jean- Baptiste de Rochechouart , Comte de
Mortemart , fils de Jean- Baptiste , Comte de
Rochechouart , Marquis de Blainville &c . et de
D. Marie Magdeleine Colbert de Blainville ,
épousa le 10 Fevrier D. Eleonor- Gabrielle Louise
- Françoise de Crux , fille d'Armand - Gabriel
de Crux , Marquis de Montaigu &c. et de D.
Angelique-Marie- Damaris Eleonor Turpin de
Crissé. Le Roy et la Reine avoient figné au Cong
tract de Mariage deux jours auparavant.
Fermer
Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En février 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Louise de Prunet de Boissel, veuve du Marquis de la Lande, est décédée à Montpellier le 20 janvier. Arthur, Comte de Dillon, Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort à Saint-Germain-en-Laye le 8 février à l'âge de 63 ans. Françoise-Magdelaine-Claude de Warigniés de Blanville, veuve du Comte de Saint-Géran et ancienne Dame du Palais de la feue Reine, est décédée à Paris le 8 février à 78 ans. Marie Baillot, veuve de Philippe Triboulleau, Président des Trésoriers de France, est morte à 60 ans le 12 février. Louise-Magdeleine Brulard du Broussin, épouse de François de la Vergne, Marquis de Tressan, est décédée à Paris le 13 février à 63 ans. Anne Berthelot, veuve de Louis de Beauvais, Gouverneur des Châteaux de Madrid et de la Muette, est morte le 13 février à 70 ans. François de Jullienne, ancien entrepreneur de la Manufacture Royale de Draps et Teintures, est décédé le 15 février à 79 ans. Il était reconnu pour ses œuvres de charité envers les pauvres du faubourg Saint-Marcel. Le texte mentionne également la maladie et le décès de Madame de France, troisième fille du Roi, née le 28 juillet 1728. Elle est morte le 19 février à l'âge de 4 ans, 6 mois et 21 jours. Son corps a été exposé et inhumé à l'Abbaye Royale de Saint-Denis le 23 février. Marie-Elisabeth de Creil, veuve du Comte d'Hautefort, est décédée le 21 février à 60 ans. Nicolas de la Salle, Ingénieur en chef à Saint-Omer et Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis, est mort le 22 février à environ 63 ans. Par ailleurs, Jean-Baptiste de Rochechouart, Comte de Mortemart, a épousé Éléonore-Gabrielle-Louise-Françoise de Crux le 10 février. Le Roi et la Reine avaient signé le contrat de mariage deux jours auparavant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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285
p. 401-410
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du 6. Janvier, qui proroge jusqu'au dernier Décembre 1733. le délai porté [...]
Mots clefs :
Faculté de théologie, Constitution Unigenitus, Droit civil, Lettres patentes, Premier président, Cardinal de Fleury, Ville de Paris, Évêque de Laon, Cour, Disputes, Tenir la main, Docteur, Écrits, Imprimé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLE S.
RREST du 6. Janvier , qui proroge jus
A qu'au dernier Décembre 1733. le délai porté
par celui du premier Janvier 1732. pour la
modération à moitié des droits de marc d'or et
frais de provisions , réception et installation des
Offices taxez vacans ou de nouvelles créations ,
qui se leveront aux Revenus casuels pendant le
courant de ladite année 1733 .
7
ARREST du Parlement, du 3. Février 1733
entre Joseph- Alphonse de Valbelle , Evêque de
S. Omer , d'une part , et les Dames Abbesses de
Blandecques et de Raversbergues , et l'Abbé
de Clairvaux , Intervenant , d'autre part ; par Ice
quel il est dit n'y avoir abus en l'Ordonnance
de l'Evêque de S. Omer , par laquelle il avoit
interdit de toutes fonctions lesdites Dames Abbesses
, faute par elles de l'avoir averti un mois
à l'avance de la Vêture et Profession de quelques
filles qu'elles avaient reçues Religieuses dans
leur Abbaye.
ORDONNANCE DE POLICE , da
6. Février , qui fait deffenses à tous Marchands ,
Bourgeois et Habitans de la Ville et Faubourgs
de Paris , et notamment à ceux qui logent dans
la rue de la Tannerie et aux environs de la Place
de Greve , de faire aucun Magazin de Charbon
et Poussiere de Charbon , dans leurs maisons , 2
peine de cinquante livres d'amende ; et qui ordonne
, sous les mêmes peines , que dans huitaine
pour tout délai , ceux qui en ont actuellement
en Magazin , seront tenus de le transporter sur
le Port de la Gréve
AC
402 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 10. Février , au sujet d'une
These de Théologie.
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil ,
P'Arrêt du 10. Mars 1731. par lequel Sa Majesté
se seroit réservé la connoissance , ainsi qu'il estporté
par ledit Arrêt,des disputes et contestations
qui s'étaient élevées au sujet des bornes de l'autorité
Ecclesiastique et de la puissance séculiere ,
deffendant à tous ses Sujets de faire aucunes Assemblées
, Délibérations , Actes , Déclarations ,
Requêtes , Poursuites ou Procedures à l'occasion
desdites disputes ; notamment aux Facultez de
Théologie et de Droit Civil et Canonique , depermettre
aucunes disputes dans des Ecoles sur
cette matiere ; et S. M. ayant pareillement fair
examiner en son Conseil , la These soûtenue en "
Sorbonne le 9. du présent mois , par le sieur de
Meromont , Bachelier en la Faculté de Théologie
; Elle auroit reconnu que cette These contient
des expressions qui peuvent donner lieu de renouveller
lesdites disputes , ou d'en agiter d'aut--
tres capables d'alterer la tranquillité que le Roy
veut maintenir dans son Royaume ; à quoi étant
nécessaire de pourvoir , Sa Majesté étant en san
Conseil , a ordonné et ordonne que ledit Arrêt
du 10. Mars 1731. sera éxecuté selon sa forme :
et teneur et en conséquence fait deffenses à la
Faculté de Theologie de Paris , de permettre
aucunes disputes dans les Ecoles sur lesdites ma
sieres; Enjoint au Syndic de ladite Faculté , d'y
tenir la main , et de veiller à ce qu'il n'y soit
contrevenu dans les Theses qui seront soutenuës ;
Sa Majesté se réservant à elle seule de prendre
les mesures convenables pour conserver les droits
des deux Puissances , conformément à ce qui
est porté par ledit Arrêt . Ordonne en outre Sa
Majesté , que ladite These dudit sieur de Mero--
mont
FEVRIER. 1733. ༥༠༨
mont , sera er demeurera supprimée ; enjoint a
tous ceux qui en ont des Exemplaires, de les remettre
incessamment au Greffe du sieur Herault
Conseiller d'Etat , Lieutenant general de Police ..
de la ville de Paris , pour y être supprimée.
ARREST , du 11 Fév. au sujet d'un Ecrit, & c.
Le Roy étant informé qu'on répand dans le
public un Ecrit qui a pour titre : Lettre de Monseigneur
l'Evêque Duc de Laon , à Monseigneur
le Cardinal de Fleury , du 1 Novembre 1731. imprimé
sans Privilege ni permission , et sans nom
d'Imprimeur avec cette Note au bas dudic
Ecrit: Sur l'Imprimé répandu à Laon en 1733 .
Sa Majesté auroit jugé à propos de le faire examiner
en son Conseil ; er le par compte qui lui
en a été rendu , Elle auroit reconnu , que nonseulement
il y a eu une affectation criminelle à
faire imprimer une Piece de cette nature ; mais
que la Lettre en elle -même , est contraire au res--
pect qui est dû à Sa Majesté , puisqu'on entre
prend d'y combattre celle qu'Elle a fait écrire
aux Evêques de son Royaume , pour les exhorser
à éloigner , par leur sagesse , tout ce qui
pouvoit y alterer l'union ou la paix , et servir de
prétexte pour ddiminuer la soûmission qui est dûë
à la Constitution Unigenitus ; Que d'ailleurs on
yagite des questions capables d'entretenir er
d'augmenter une division , que S. M. a eu en vue
de faire cesser , par la Lettre même à laquelle
on répond : Qu'on y trouve enfin des expressions
, qui peuvent affoiblir ou donner lieu d'éluder
les maximes du Royaume;er qu'ainsi S.M.-
est d'autant plus obligée d'arrêter promptement
le cours d'une telle entreprise , et d'en prévenir
les suites , qu'en maintenant le respect qui lui est
dû. Elle donnera en même temps une nouvelle
preuve
404 MERCURE DE FRANCE
I
preuve de son attention continuelle à éteindre le
feu que les dernieres disputes avoient allumé , et
qui n'est pas moins contraire aux veritables inte-
Fêts de l'Eglise, qu'au bien de l'Etat; à quoi étant
necessaire de pourvoir. Sa Majesté étant en son
Conseil , a ordonné et ordonne que ledit Ecrit ,
intitulé : Lettre de Monseigneur l'Evêque , Duc de
Laon , à Monseigneur le Cardinal de Fleury , du 1
Novembre 1731. au bas duquel sont ces mots :
Sur l'Imprimé répandu à Laon en 1733. ensemble
tous les Exemplaires dudit Ecrit , qui peu
vent avoir été imprimez ailleurs , si aucuns y a
seront et demeureront supprimez , comme contraires
au respect dû à l'autorité du Roy et à la
Justice , tendant à donner atteinte aux maximes
du Royaume , à émouvoir les esprits , et à troubler
la tranquillité publique. Enjoint à tous ceux
qui ont des Exemplaires de ladite Lettre , de les
remettre incessamment au Greffe du sieur Herault
, Conseiller d'Etat , Lieutenant General de
Police de la Ville de Paris , pour y être suppriinez.
Fait deffenses à tous Imprimeurs, Libraires,
Colporteurs et autres , de quelque état , qualité
et condition qu'ils soient , d'en vendre , débiter
ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire. Enjoint audit sieur Herault , et aux
sieurs Intendans et Commissaires départis dans
les Provinces du Royaume , d'y tenir la main
chacun en ce qui les regarde . Ordonne au surplus
S. M. que l'Arrêt par Elle rendu les Sept. 1731..
pour faire cesser toutes disputes et contestations.
au sujet de la Constitution Unigenitus , soit exécuté
selon sa forme et teneur, Et sera le present
Arrêt , & c .
:
du
23 Février
ARREST DU PARLEMENT,
qui ordonne la suppression de trois Ecrits, im
prumez.
FEVRIER. 1733. 405
8
1
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy , portant la parole , ont dit
MESSIEURS ,
On ne peut passer sous silence un imprimé tel
que
celui que nous apportons à la Cour; et pour
reconnoître la nécessité d'y interposer notre ministere
, il n'est presque besoin que de voir le titre
des divers objets qu'il présente aux yeux da
Public.
Dans l'espace d'une même feuille , se trouve
d'abord une Lettre qui s'annonce , comme écrite ,
à Monsieur le Premier Président, par M.Leullier,
Doyen de la Faculté de Théologie , en faveur de
la These qui fut soutenuë le 31 Decembre dernier
; These que la Cour a si solemnellement
condamnée par ses Arrêts , des 5 et 7 Janvier
suivans , ensuite une autre Lettre prétendue de
M. l'Evêque de Laon au même Docteur, pour le
féliciter à ce sujet ; et enfin deux Formulaires
qu'on suppose que M. l'Archevêque d'Aix - fair
signer dans son Diocèse , sur la Constitution
Unigenitus ; l'un , pour tous les Ecclésiastiques ,
avec une Addition particuliere pour les Confes
seurs ; l'autre , pour les Religieuses , qu'il oblige
toutes de signer , à ce qu'on prétend.
Dans une feuille de ce genre , sans caractere
et sans aveu , ce qu'il semble que l'on doit considerer
le plus , c'est le mauvais effet qu'elle est
capable de faire dans le Public ; et à ce sujet
les Discours sont inutiles. L'Imprimé remis
sous vos yeux , vous convaincra mieux par
lui-même. On ne peut trop- tôt l'ôter des mains
du Public ; et la suppression la plus autentique
est la moindre précaution qu'on puisse emploîer
contre un tel scandale .
S'il
406 MERCURE DE FRANCE
S'il faut quelque chose de plus , comme il sem--
ble qu'il est difficile de ne le pas désirer ; trou
vez bon , MESSIEURS , que moins touchez d'ap--
profondir les vrais Auteurs , soit des Ecrits mê
mes , soit de l'impression , nous arrêtions toutes
nos vues au bien solide auquel nous devons sur
tout aspirer ; nous voulons dire , d'un côté à affermir
de plus en plus l'autorité de nos Maximes
; et de l'autre , à rassurer le Public contre de
nouveaux Formulaires , dont l'idée scule peutl'inquiéter.
On voit assez avec combien d'impatience
quelques esprits que leur penchant entraîne, souffrent
l'attention que la Cour donne plus que
jamais à la conservation de la Doctrine et des
Maximes de la France , au milieu de tant d'agitations
et de troubles si capables de les alterer...
De quelques mains que partent les deux Lettres ›
imprimées , elle se déclarent trop indecemment,
sur tout la seconde , contre les deux derniers
Arrêts de la Cour. Que ce soit pour nous un
-motif pour y ajouter de nouvelles précautions ;
d'autant plus que celles qui ont été prises dans
cette occasion particuliere , peuvent laisser encore
quelque chose à desirer."
Elles n'ont pourtant pas été entierement in
fructueuses. Si la These condamnée n'étoit pas
alors seule exposée à éprouver un pareil sort ; si
quelqu'autre avoit échappé précedemment à l'at
tention que notre ministere est obligé de donner
à ces objets; s'il en étoit actuellement qu'on étoit
prêt de soutenir ; ces dernieres la plupart sont
demeurées suspenduës à la vuë de vos deux Arrêts
; et depuis quelques jours il en paroît où se
reconnoît en plus d'un endroit le pur langage
de nos Peres.
S'il pouvoit s'en trouver encore qui parlassent
un
FEVRIER . 17336 407
un langage différent ; il est digne , MESSIEURS ,.
de votre sagesse , de prévenir ce mal pour l'ave
nir , autant qu'il est possible, plutôt que d'avoir
à le réprimer . Le malheur le plus ordinaire au
jourd'hui de nos Maximes , est de se trouver
compromises trop avant dans les disputes du
temps. La chaleur des Partis en est la cause. Il
semble qu'on ne puisse se résoudre à s'en expliquer,
qu'en vûë des derniers troubles de l'Eglibe
; et que suivant les differentes situations , on
ne songe qu'à s'en appuyer , ou à s'en défendre.
Toutefois elles sont indépendantes de toute dispute
et de toute diversité de conjonctures et de
temps ; elles ont par elles- mêmes une consistance
invariable , dont souvent la solidité souffre
du mélange des autres objets.
Que du mois dans les Ecrits , dans l'Etude ,
et sur les Bancs de l'Ecole , où la pureté de
sette doctrine doit vivre et se transmettre par
une continuelle tradition , elles ne paroissent jamais
alterées d'aucune teinture de partialité.
Qu'elles y regnent comme des principes absolus ,
dont l'expression même est précieuse et consacrée
, au moins dans ce qu'elle a de principal , et
ne sçauroit presque varier , sans quelque danger
de relâchement ou d'excès. Pour se préserver de
P'une et de l'autre extrémité , il est des sources
assutées , et des Monumens respectables ausquels
on doit sans cesse remonter , des principes à jamais
autorisez , et des maximes décidées , sur
Fesquelles il ne sçauroit être permis d'hésiter
parmi nous.
C'est , MESSIEURS , à quoi nous avons essayé
de rappeller , en formant le Plan des Conclusions
que nous laisserons à la Cour ; non par un
dénombrement exact de maximes , souvent périlleux
en lui- même , et dont la tencur d'un Âx-
ΣΕΑ
:
403 MERCURE DE FRANCE
1
1
rêt seroit difficilement susceptible ; mais par la
plus forte indication des points capitaux , et des
principes essentiels dont la généralité sert dè
fondement à tout le reste.
Quant à ce Formulaire sans aveu , qu'on fait
entrevoir loin de nous, mais dont l'exemple peut
toujours allarmer en quelque sorte les Esprits ; il
vous fournit , MESSIEURS , une occasion qu'il est
utile d'embrasser , pour renouveller des deffenses
, appuyées sur nos Loix et sur vos Arrêts
de tous les temps , d'introduire aucun Formu
laire , et d'employer même indirectement la voïe
d'aucune Formule de Souscriptions , sans le con
cours des deux Puissances , c'est - à-dire , sans dé
libération des Evêques , et sans Lettres Patentes
du Roy, enregistrées en la Cour. Ce sera le der
nier Chef des Conclusions par écrit que nous
laissons , avec la Feuille imprimée , qui est tom →
bée entre nos mains.
Eux retirez :
4
Vu l'Imprimé, intitulé : Lettre de M. Leullier,
Docteur et Doyen de la Faculté de Théologie de la
Maison de Sorbonne , à M. le Premier Président
après lequel Ecrit , en est un autre , intitulé
Lettre de Monseigneur l'Evêque de Laon , à
M. Leullier , Docteur et Doyen de la Faculté de
Théologie , de la Maison de Sorbonne , au sujet de
la Lettre précédente. Et sur un autre Feüillet , un
autre Imprimé , intitulé : Formulaire que M de
Brancas , Archevêque d'Aix , fait signer à tous les
Ecclesiastiques de son Diocèse au pied duquel est
une Addition, intitulée : Addition pour les Confesseurs.
Et au revers , un autre Imprimé , intitulé :
Formulaire pour les Religieuses , que le même Pré-
Lat oblige toutes de signer . La matiere sur ce mise
en délibération :
La
1
FEVRIER. 1733 409
La Cour ordonne que ledit imprimé sera
supprimé ; enjoint à tous ceux qui en auroient
des Exemplaires , de les apporter au Greffe de la
Cour , pour y être supprimez . Fait inhibition et
deffenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colpor .
teurs et autres, de quelque état, qualité et condi- ,
tion qu'ils soient , d'en vendre , débiter ou autrement
distribuer , à peine de punition exem
plaire, Fait au surplus inhibition et deffenses à
tous Professeurs , Docteurs , Licentiez , Bacheliers
et autres: Membres et Suppôts des Universitez
, notamment des Facultez de Théologie et de
Droit Civil et Canonique , et à tous autres d'écrire
, soutenir , lire et enseigner ès Ecoles publiques
ni ailleurs aucunes Théses , qu Propositions
qui puissent tendre directement ou indirec
tement à affoiblir ou alterer les véritables principes
sur la nature et les droits de la Puissance
Royale , et son indépendance pleine et absoluë
quant au Temporel, de toute autre Puissance qui
soit sur la terre , à diminuer la soumission et le
respect dûs aux Canons reçûs dans le Royaume,
et aux Libertez de l'Eglise Gallicane ; à favoriser
l'opinion de l'infaillibilité du Pape , et de sa supériorité
au- dessus du Concile general ; à donner
atteinte à l'autorité du Concile oecuménique de
Constance , et notamment aux Décrets contenus
dans les Sessions 4 et s dudit Concile , renouvel,
lez par celui de Bafle , et toutes autres Proposi
tions contraires au principe inviolable , que l'autorité
du Pape doit être réglée par les Saints
Canons , et que ses Décrets sont reformables par
les voies permises et usitées dans le Royaume ,
notamment par celles de l'appel au futur Concile,
dans les termes de Droit, à moins que le consen
tement de l'Eglise n'y soit joint ; fait en outre
inhibition et deffenses , conformement aux Or-
`don410
MERCURE DE FRANCE
donnances , Edits , Déclarations du Roy , endegistrées
en la Cour , et Arrêts de ladite Cour
d'exiger ou introduire directement , ni indirec
tement l'usage d'aucunes nouvelles Formules de
souscriptions , sans délibération des Evêques revêtue
de Lettres Patentes du Roy , enregistrées :
en la Cour.Ordonne que le present Arrêt sera signifié
aux Recteurs des Universitez , Syndics et
Doyens des Facultez de Théologie , et de Droit
Civil et Canonique du Ressort ; et copies collationnées
envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées
, pour y être lû , publié et enregistré. Enjoint
aux Substituts du Procureur General du
Roy d'y tenir la main , et d'en certifier la Cour
dans le mois.
ARREST , du 14 Fevrier , qui fait deffenses à
tous Officiers , Juges de Police Gentilshommes ,
et autres personnes , d'empêcher les Chassemarées
d'acheter librement le Poisson dont ils auront
besoin pour la provision de Paris , et de les troubler
dans le transport de cette marchandise , à
peine de 3000 liv . d'amende , et ordonne que
les Ordonnances et Reglemens concernant la í
Marée , et notamment les Lettres Patentes des
Avril 1350. 26 Février 1951. l'Edic du mois
d'Avril de la même année , l'Arrêt du Parlement
de Paris , du 4 Septembre 15 Pret l'Ordonnance
du 20 Janvier 1696. seront executez selon leur
forme et teneur et en conséquence que les Marchands-
Chassemarées pourront acheter librement
le Poisson dont ils auront besoin , pour
l'aprovisionement de Paris, dans toutes les Villes,
Ports de Mer , Bourgs , Pescheries , et autres endroits
des Provinces de Bretagne , Normandie ,
Flandre et Picardie , &c.
RREST du 6. Janvier , qui proroge jus
A qu'au dernier Décembre 1733. le délai porté
par celui du premier Janvier 1732. pour la
modération à moitié des droits de marc d'or et
frais de provisions , réception et installation des
Offices taxez vacans ou de nouvelles créations ,
qui se leveront aux Revenus casuels pendant le
courant de ladite année 1733 .
7
ARREST du Parlement, du 3. Février 1733
entre Joseph- Alphonse de Valbelle , Evêque de
S. Omer , d'une part , et les Dames Abbesses de
Blandecques et de Raversbergues , et l'Abbé
de Clairvaux , Intervenant , d'autre part ; par Ice
quel il est dit n'y avoir abus en l'Ordonnance
de l'Evêque de S. Omer , par laquelle il avoit
interdit de toutes fonctions lesdites Dames Abbesses
, faute par elles de l'avoir averti un mois
à l'avance de la Vêture et Profession de quelques
filles qu'elles avaient reçues Religieuses dans
leur Abbaye.
ORDONNANCE DE POLICE , da
6. Février , qui fait deffenses à tous Marchands ,
Bourgeois et Habitans de la Ville et Faubourgs
de Paris , et notamment à ceux qui logent dans
la rue de la Tannerie et aux environs de la Place
de Greve , de faire aucun Magazin de Charbon
et Poussiere de Charbon , dans leurs maisons , 2
peine de cinquante livres d'amende ; et qui ordonne
, sous les mêmes peines , que dans huitaine
pour tout délai , ceux qui en ont actuellement
en Magazin , seront tenus de le transporter sur
le Port de la Gréve
AC
402 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 10. Février , au sujet d'une
These de Théologie.
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil ,
P'Arrêt du 10. Mars 1731. par lequel Sa Majesté
se seroit réservé la connoissance , ainsi qu'il estporté
par ledit Arrêt,des disputes et contestations
qui s'étaient élevées au sujet des bornes de l'autorité
Ecclesiastique et de la puissance séculiere ,
deffendant à tous ses Sujets de faire aucunes Assemblées
, Délibérations , Actes , Déclarations ,
Requêtes , Poursuites ou Procedures à l'occasion
desdites disputes ; notamment aux Facultez de
Théologie et de Droit Civil et Canonique , depermettre
aucunes disputes dans des Ecoles sur
cette matiere ; et S. M. ayant pareillement fair
examiner en son Conseil , la These soûtenue en "
Sorbonne le 9. du présent mois , par le sieur de
Meromont , Bachelier en la Faculté de Théologie
; Elle auroit reconnu que cette These contient
des expressions qui peuvent donner lieu de renouveller
lesdites disputes , ou d'en agiter d'aut--
tres capables d'alterer la tranquillité que le Roy
veut maintenir dans son Royaume ; à quoi étant
nécessaire de pourvoir , Sa Majesté étant en san
Conseil , a ordonné et ordonne que ledit Arrêt
du 10. Mars 1731. sera éxecuté selon sa forme :
et teneur et en conséquence fait deffenses à la
Faculté de Theologie de Paris , de permettre
aucunes disputes dans les Ecoles sur lesdites ma
sieres; Enjoint au Syndic de ladite Faculté , d'y
tenir la main , et de veiller à ce qu'il n'y soit
contrevenu dans les Theses qui seront soutenuës ;
Sa Majesté se réservant à elle seule de prendre
les mesures convenables pour conserver les droits
des deux Puissances , conformément à ce qui
est porté par ledit Arrêt . Ordonne en outre Sa
Majesté , que ladite These dudit sieur de Mero--
mont
FEVRIER. 1733. ༥༠༨
mont , sera er demeurera supprimée ; enjoint a
tous ceux qui en ont des Exemplaires, de les remettre
incessamment au Greffe du sieur Herault
Conseiller d'Etat , Lieutenant general de Police ..
de la ville de Paris , pour y être supprimée.
ARREST , du 11 Fév. au sujet d'un Ecrit, & c.
Le Roy étant informé qu'on répand dans le
public un Ecrit qui a pour titre : Lettre de Monseigneur
l'Evêque Duc de Laon , à Monseigneur
le Cardinal de Fleury , du 1 Novembre 1731. imprimé
sans Privilege ni permission , et sans nom
d'Imprimeur avec cette Note au bas dudic
Ecrit: Sur l'Imprimé répandu à Laon en 1733 .
Sa Majesté auroit jugé à propos de le faire examiner
en son Conseil ; er le par compte qui lui
en a été rendu , Elle auroit reconnu , que nonseulement
il y a eu une affectation criminelle à
faire imprimer une Piece de cette nature ; mais
que la Lettre en elle -même , est contraire au res--
pect qui est dû à Sa Majesté , puisqu'on entre
prend d'y combattre celle qu'Elle a fait écrire
aux Evêques de son Royaume , pour les exhorser
à éloigner , par leur sagesse , tout ce qui
pouvoit y alterer l'union ou la paix , et servir de
prétexte pour ddiminuer la soûmission qui est dûë
à la Constitution Unigenitus ; Que d'ailleurs on
yagite des questions capables d'entretenir er
d'augmenter une division , que S. M. a eu en vue
de faire cesser , par la Lettre même à laquelle
on répond : Qu'on y trouve enfin des expressions
, qui peuvent affoiblir ou donner lieu d'éluder
les maximes du Royaume;er qu'ainsi S.M.-
est d'autant plus obligée d'arrêter promptement
le cours d'une telle entreprise , et d'en prévenir
les suites , qu'en maintenant le respect qui lui est
dû. Elle donnera en même temps une nouvelle
preuve
404 MERCURE DE FRANCE
I
preuve de son attention continuelle à éteindre le
feu que les dernieres disputes avoient allumé , et
qui n'est pas moins contraire aux veritables inte-
Fêts de l'Eglise, qu'au bien de l'Etat; à quoi étant
necessaire de pourvoir. Sa Majesté étant en son
Conseil , a ordonné et ordonne que ledit Ecrit ,
intitulé : Lettre de Monseigneur l'Evêque , Duc de
Laon , à Monseigneur le Cardinal de Fleury , du 1
Novembre 1731. au bas duquel sont ces mots :
Sur l'Imprimé répandu à Laon en 1733. ensemble
tous les Exemplaires dudit Ecrit , qui peu
vent avoir été imprimez ailleurs , si aucuns y a
seront et demeureront supprimez , comme contraires
au respect dû à l'autorité du Roy et à la
Justice , tendant à donner atteinte aux maximes
du Royaume , à émouvoir les esprits , et à troubler
la tranquillité publique. Enjoint à tous ceux
qui ont des Exemplaires de ladite Lettre , de les
remettre incessamment au Greffe du sieur Herault
, Conseiller d'Etat , Lieutenant General de
Police de la Ville de Paris , pour y être suppriinez.
Fait deffenses à tous Imprimeurs, Libraires,
Colporteurs et autres , de quelque état , qualité
et condition qu'ils soient , d'en vendre , débiter
ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire. Enjoint audit sieur Herault , et aux
sieurs Intendans et Commissaires départis dans
les Provinces du Royaume , d'y tenir la main
chacun en ce qui les regarde . Ordonne au surplus
S. M. que l'Arrêt par Elle rendu les Sept. 1731..
pour faire cesser toutes disputes et contestations.
au sujet de la Constitution Unigenitus , soit exécuté
selon sa forme et teneur, Et sera le present
Arrêt , & c .
:
du
23 Février
ARREST DU PARLEMENT,
qui ordonne la suppression de trois Ecrits, im
prumez.
FEVRIER. 1733. 405
8
1
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy , portant la parole , ont dit
MESSIEURS ,
On ne peut passer sous silence un imprimé tel
que
celui que nous apportons à la Cour; et pour
reconnoître la nécessité d'y interposer notre ministere
, il n'est presque besoin que de voir le titre
des divers objets qu'il présente aux yeux da
Public.
Dans l'espace d'une même feuille , se trouve
d'abord une Lettre qui s'annonce , comme écrite ,
à Monsieur le Premier Président, par M.Leullier,
Doyen de la Faculté de Théologie , en faveur de
la These qui fut soutenuë le 31 Decembre dernier
; These que la Cour a si solemnellement
condamnée par ses Arrêts , des 5 et 7 Janvier
suivans , ensuite une autre Lettre prétendue de
M. l'Evêque de Laon au même Docteur, pour le
féliciter à ce sujet ; et enfin deux Formulaires
qu'on suppose que M. l'Archevêque d'Aix - fair
signer dans son Diocèse , sur la Constitution
Unigenitus ; l'un , pour tous les Ecclésiastiques ,
avec une Addition particuliere pour les Confes
seurs ; l'autre , pour les Religieuses , qu'il oblige
toutes de signer , à ce qu'on prétend.
Dans une feuille de ce genre , sans caractere
et sans aveu , ce qu'il semble que l'on doit considerer
le plus , c'est le mauvais effet qu'elle est
capable de faire dans le Public ; et à ce sujet
les Discours sont inutiles. L'Imprimé remis
sous vos yeux , vous convaincra mieux par
lui-même. On ne peut trop- tôt l'ôter des mains
du Public ; et la suppression la plus autentique
est la moindre précaution qu'on puisse emploîer
contre un tel scandale .
S'il
406 MERCURE DE FRANCE
S'il faut quelque chose de plus , comme il sem--
ble qu'il est difficile de ne le pas désirer ; trou
vez bon , MESSIEURS , que moins touchez d'ap--
profondir les vrais Auteurs , soit des Ecrits mê
mes , soit de l'impression , nous arrêtions toutes
nos vues au bien solide auquel nous devons sur
tout aspirer ; nous voulons dire , d'un côté à affermir
de plus en plus l'autorité de nos Maximes
; et de l'autre , à rassurer le Public contre de
nouveaux Formulaires , dont l'idée scule peutl'inquiéter.
On voit assez avec combien d'impatience
quelques esprits que leur penchant entraîne, souffrent
l'attention que la Cour donne plus que
jamais à la conservation de la Doctrine et des
Maximes de la France , au milieu de tant d'agitations
et de troubles si capables de les alterer...
De quelques mains que partent les deux Lettres ›
imprimées , elle se déclarent trop indecemment,
sur tout la seconde , contre les deux derniers
Arrêts de la Cour. Que ce soit pour nous un
-motif pour y ajouter de nouvelles précautions ;
d'autant plus que celles qui ont été prises dans
cette occasion particuliere , peuvent laisser encore
quelque chose à desirer."
Elles n'ont pourtant pas été entierement in
fructueuses. Si la These condamnée n'étoit pas
alors seule exposée à éprouver un pareil sort ; si
quelqu'autre avoit échappé précedemment à l'at
tention que notre ministere est obligé de donner
à ces objets; s'il en étoit actuellement qu'on étoit
prêt de soutenir ; ces dernieres la plupart sont
demeurées suspenduës à la vuë de vos deux Arrêts
; et depuis quelques jours il en paroît où se
reconnoît en plus d'un endroit le pur langage
de nos Peres.
S'il pouvoit s'en trouver encore qui parlassent
un
FEVRIER . 17336 407
un langage différent ; il est digne , MESSIEURS ,.
de votre sagesse , de prévenir ce mal pour l'ave
nir , autant qu'il est possible, plutôt que d'avoir
à le réprimer . Le malheur le plus ordinaire au
jourd'hui de nos Maximes , est de se trouver
compromises trop avant dans les disputes du
temps. La chaleur des Partis en est la cause. Il
semble qu'on ne puisse se résoudre à s'en expliquer,
qu'en vûë des derniers troubles de l'Eglibe
; et que suivant les differentes situations , on
ne songe qu'à s'en appuyer , ou à s'en défendre.
Toutefois elles sont indépendantes de toute dispute
et de toute diversité de conjonctures et de
temps ; elles ont par elles- mêmes une consistance
invariable , dont souvent la solidité souffre
du mélange des autres objets.
Que du mois dans les Ecrits , dans l'Etude ,
et sur les Bancs de l'Ecole , où la pureté de
sette doctrine doit vivre et se transmettre par
une continuelle tradition , elles ne paroissent jamais
alterées d'aucune teinture de partialité.
Qu'elles y regnent comme des principes absolus ,
dont l'expression même est précieuse et consacrée
, au moins dans ce qu'elle a de principal , et
ne sçauroit presque varier , sans quelque danger
de relâchement ou d'excès. Pour se préserver de
P'une et de l'autre extrémité , il est des sources
assutées , et des Monumens respectables ausquels
on doit sans cesse remonter , des principes à jamais
autorisez , et des maximes décidées , sur
Fesquelles il ne sçauroit être permis d'hésiter
parmi nous.
C'est , MESSIEURS , à quoi nous avons essayé
de rappeller , en formant le Plan des Conclusions
que nous laisserons à la Cour ; non par un
dénombrement exact de maximes , souvent périlleux
en lui- même , et dont la tencur d'un Âx-
ΣΕΑ
:
403 MERCURE DE FRANCE
1
1
rêt seroit difficilement susceptible ; mais par la
plus forte indication des points capitaux , et des
principes essentiels dont la généralité sert dè
fondement à tout le reste.
Quant à ce Formulaire sans aveu , qu'on fait
entrevoir loin de nous, mais dont l'exemple peut
toujours allarmer en quelque sorte les Esprits ; il
vous fournit , MESSIEURS , une occasion qu'il est
utile d'embrasser , pour renouveller des deffenses
, appuyées sur nos Loix et sur vos Arrêts
de tous les temps , d'introduire aucun Formu
laire , et d'employer même indirectement la voïe
d'aucune Formule de Souscriptions , sans le con
cours des deux Puissances , c'est - à-dire , sans dé
libération des Evêques , et sans Lettres Patentes
du Roy, enregistrées en la Cour. Ce sera le der
nier Chef des Conclusions par écrit que nous
laissons , avec la Feuille imprimée , qui est tom →
bée entre nos mains.
Eux retirez :
4
Vu l'Imprimé, intitulé : Lettre de M. Leullier,
Docteur et Doyen de la Faculté de Théologie de la
Maison de Sorbonne , à M. le Premier Président
après lequel Ecrit , en est un autre , intitulé
Lettre de Monseigneur l'Evêque de Laon , à
M. Leullier , Docteur et Doyen de la Faculté de
Théologie , de la Maison de Sorbonne , au sujet de
la Lettre précédente. Et sur un autre Feüillet , un
autre Imprimé , intitulé : Formulaire que M de
Brancas , Archevêque d'Aix , fait signer à tous les
Ecclesiastiques de son Diocèse au pied duquel est
une Addition, intitulée : Addition pour les Confesseurs.
Et au revers , un autre Imprimé , intitulé :
Formulaire pour les Religieuses , que le même Pré-
Lat oblige toutes de signer . La matiere sur ce mise
en délibération :
La
1
FEVRIER. 1733 409
La Cour ordonne que ledit imprimé sera
supprimé ; enjoint à tous ceux qui en auroient
des Exemplaires , de les apporter au Greffe de la
Cour , pour y être supprimez . Fait inhibition et
deffenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colpor .
teurs et autres, de quelque état, qualité et condi- ,
tion qu'ils soient , d'en vendre , débiter ou autrement
distribuer , à peine de punition exem
plaire, Fait au surplus inhibition et deffenses à
tous Professeurs , Docteurs , Licentiez , Bacheliers
et autres: Membres et Suppôts des Universitez
, notamment des Facultez de Théologie et de
Droit Civil et Canonique , et à tous autres d'écrire
, soutenir , lire et enseigner ès Ecoles publiques
ni ailleurs aucunes Théses , qu Propositions
qui puissent tendre directement ou indirec
tement à affoiblir ou alterer les véritables principes
sur la nature et les droits de la Puissance
Royale , et son indépendance pleine et absoluë
quant au Temporel, de toute autre Puissance qui
soit sur la terre , à diminuer la soumission et le
respect dûs aux Canons reçûs dans le Royaume,
et aux Libertez de l'Eglise Gallicane ; à favoriser
l'opinion de l'infaillibilité du Pape , et de sa supériorité
au- dessus du Concile general ; à donner
atteinte à l'autorité du Concile oecuménique de
Constance , et notamment aux Décrets contenus
dans les Sessions 4 et s dudit Concile , renouvel,
lez par celui de Bafle , et toutes autres Proposi
tions contraires au principe inviolable , que l'autorité
du Pape doit être réglée par les Saints
Canons , et que ses Décrets sont reformables par
les voies permises et usitées dans le Royaume ,
notamment par celles de l'appel au futur Concile,
dans les termes de Droit, à moins que le consen
tement de l'Eglise n'y soit joint ; fait en outre
inhibition et deffenses , conformement aux Or-
`don410
MERCURE DE FRANCE
donnances , Edits , Déclarations du Roy , endegistrées
en la Cour , et Arrêts de ladite Cour
d'exiger ou introduire directement , ni indirec
tement l'usage d'aucunes nouvelles Formules de
souscriptions , sans délibération des Evêques revêtue
de Lettres Patentes du Roy , enregistrées :
en la Cour.Ordonne que le present Arrêt sera signifié
aux Recteurs des Universitez , Syndics et
Doyens des Facultez de Théologie , et de Droit
Civil et Canonique du Ressort ; et copies collationnées
envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées
, pour y être lû , publié et enregistré. Enjoint
aux Substituts du Procureur General du
Roy d'y tenir la main , et d'en certifier la Cour
dans le mois.
ARREST , du 14 Fevrier , qui fait deffenses à
tous Officiers , Juges de Police Gentilshommes ,
et autres personnes , d'empêcher les Chassemarées
d'acheter librement le Poisson dont ils auront
besoin pour la provision de Paris , et de les troubler
dans le transport de cette marchandise , à
peine de 3000 liv . d'amende , et ordonne que
les Ordonnances et Reglemens concernant la í
Marée , et notamment les Lettres Patentes des
Avril 1350. 26 Février 1951. l'Edic du mois
d'Avril de la même année , l'Arrêt du Parlement
de Paris , du 4 Septembre 15 Pret l'Ordonnance
du 20 Janvier 1696. seront executez selon leur
forme et teneur et en conséquence que les Marchands-
Chassemarées pourront acheter librement
le Poisson dont ils auront besoin , pour
l'aprovisionement de Paris, dans toutes les Villes,
Ports de Mer , Bourgs , Pescheries , et autres endroits
des Provinces de Bretagne , Normandie ,
Flandre et Picardie , &c.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En 1733, plusieurs mesures législatives et administratives ont été prises en France. Le 6 janvier, un arrêt a prolongé jusqu'au 31 décembre 1733 le délai pour la modération des droits de marc d'or et des frais liés aux offices vacants ou aux nouvelles créations. Le 3 février, un arrêt du Parlement a validé une ordonnance de l'évêque de Saint-Omer interdisant certaines fonctions aux abbesses de Blandecques et de Raversbergues. Le 6 février, une ordonnance de police a interdit aux Parisiens de stocker du charbon et de la poussière de charbon chez eux, sous peine d'amende. Le 10 février, le roi a ordonné la suppression d'une thèse de théologie perturbatrice et a interdit toute dispute sur les bornes de l'autorité ecclésiastique et de la puissance séculière. Le 11 février, un écrit intitulé 'Lettre de Monseigneur l'Évêque Duc de Laon' a été supprimé pour son contenu jugé contraire au respect dû au roi et perturbateur de l'ordre public. Le 23 février, le Parlement a ordonné la suppression de trois écrits imprimés, dont une lettre en faveur d'une thèse condamnée et des formulaires relatifs à la Constitution Unigenitus, afin de maintenir l'ordre public et prévenir les troubles religieux. Le 1er février 1733, la Cour a ordonné la suppression d'un imprimé intitulé 'Formulaire' signé par les ecclésiastiques du diocèse de l'Archevêque d'Aix, M. de Brancas. La Cour a interdit la distribution de cet imprimé et de tout document similaire, sous peine de punition exemplaire. Cette décision visait à empêcher la diffusion de thèses ou propositions pouvant affaiblir la puissance royale et son indépendance temporelle, diminuer la soumission aux canons du royaume et aux libertés de l'Église gallicane, ou favoriser l'opinion de l'infaillibilité du Pape et de sa supériorité sur le Concile général. La Cour a interdit toute atteinte à l'autorité du Concile œcuménique de Constance et à ses décrets, renouvelés par le Concile de Bâle. Elle a également interdit l'introduction de nouvelles formules de souscriptions sans délibération des évêques et enregistrement des lettres patentes du Roi. Un autre arrêt, du 14 février, a interdit aux officiers et juges d'empêcher les chassemares d'acheter librement du poisson pour l'approvisionnement de Paris, sous peine d'une amende de 3000 livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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286
p. 596-599
« Le Roy a donné l'Abbaye de Ville-Longue, Ordre de Citeaux, Diocèse [...] »
Début :
Le Roy a donné l'Abbaye de Ville-Longue, Ordre de Citeaux, Diocèse [...]
Mots clefs :
Roi, Concert spirituel, Mains, Reine, Serment de fidélité, Diocèse, Château, Premier maître d'hôtel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné l'Abbaye de Ville-Longue, Ordre de Citeaux, Diocèse [...] »
E Roy a donné l'Abbaye de Ville-
Longue , Ordre de Citeaux , Diocèse
de Carcassonne , à l'Abbé Novy ; et le
Prieuré de S. Maurice de Senlis , Ordre
de S. Augustin , à l'Abbé de Noë.
Le 1s de ce mois , 4e Dimanche de Carême
, le Roy entendit dans la Chapelle
du Château de Versailles , la Messe chantée
par la Musique , pendant laquelle l'Evêque
de Mâcon prêta serment de fidelité
entre les mains de S. M.
Le Roy a donné le Gouvernement
d'Huningue , au Marquis de Guerchy ,
Lieutenant General de ses Armées.
La Charge de Premier Maître d'Hôtel
de la Reine , a été donnée au Marquis de
Chamarande , qui a été Premier Maître
d'Hôtel de Madame la Dauphine, Aycule
du Roy. Il prêta serment de fidelité entre
MARS . 1733-
197
tre les mains de la Reine , le 15 de ce.
mois.
Le 4. Fevrier , la Cour étant à Marly,
on chanta devant la Reine le Prologue et
le premier Acte de l'Opera de Cadmus ,
qu'on continua le 7.et le 9.Les principaux
Rôles furent chantez par les sieurs d'Angerville
, Dubourg , Ducros , et par la Dlle
Mathieu, laquelle chanta à la fin de la Piece
uneAriette Françoise de la composition
du sieur Mathieu , qui fut très- goûtée.
Le 11. on concerta l'Opera d'Issé , de
la composition de M. Destouches ; la
même Dlle Mathieu remplit le Rôle
d'Issé , avec beaucoup de succès et de
précision ; l'execution des Choeurs et
de la Simphonie fit aussi beaucoup de
plaisir.
Le 17. on chanta le Prologue et la
troisiéme Entrée du Ballet des Stratagemes
de l'Amour , du même Auteur. La
mort de Madame de France troisiéme
fut cause qu'il n'y eut plus de Concert
le reste du mois.
On apprend de Rome , que dans le
Consistoire secret que le Pape tint le 2 .
de ce mois , le Cardinal Othoboni proposa
l'Abbaye de S. Pierre de Flavigny 2
Dio558
MERCURE DE FRANCE
cèse d'Autun , pour l'Evêque de Luçon ,
et celle de N. Dame de Font- Froide
Diocèse de Narbonne, pour l'Abbé de
Brissac ; il préconisa ensuite l'Evêque de
Rennes , pour celle de N. Dame de Joüy,
Diocèse de Sens.
Le 19 de ce mois , le Duc de Sully et le
Duc de Gontault , Pairs de France , prêterent
serment et prirent séance au Pare
lement en la maniere accoutumée.
Le Roy a donné le Gouvernement des
Ville et Citadelle de Metz , et du Païs
Messin , au Comte de Belle- Isle . Il prêta
serment de fidelité entre les mains de Sa
Majesté , le 17 de ce mois.
Le 30. de ce mois , la Reine n'ayant
pû , à cause de sa grossesse , se rendre à
I'Eglise de la Paroisse , communia dans
la Chapelle du Château , par les mains.
du Cardinal de Fleury , son Grand -Aumônier.
Le 24. Mars , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée , à
P'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique
MARS. 1733 599
que , faisant en tout le nombre de 314, Actions
Le 22. Mars , Dimanche de la Passion , tous
les Théatres ayant été fermez à l'occasion des
Lois semaines de Pâques, il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries , dans lequel les
Diles le Maure et Erremens , chanterent differens
Récits dans les Motets, avec applaudissement ; on
y executa aussi un nouveau Motet à grand Choeur
de l'Abbé Gaycau, qui fut très - goûté. Le Miserera
de M. de la Lande termina le Concert.
Le 25. , Fête de l'Annonciation , il y eut aussi
Concert Spirituel , les Diles Courvasier et Lenaer
, chanterent un nouveau Motet du sieur le
Maire , qui fur très- goûté ; on executa ensuite
la Cantate de M. de la Lande , ou la Dile le
Maure chanta le beau Récit de Viderunt , à la
satisfaction d'une très -nombreuse Assemblée. Le
même Concert doit continuer jusqu'à la Quasimodo.
Au dernier jour de ce mois , le froid a été ici
encore aussi vif comme au fort de l'hyver , les
Rhumes et les autres Maladies de cette espece ,
sont cependant fort diminués.En sorte qu'on n'entend
presque plus le bruit importun et presque
continuel de ceux qui toussoient , crachoient,
se mouchoient dans les Eglises , dans les Assemblées
et aux Spectacles sur tout , où le Garçon
Limonadier , qui offroit des rafraichissemens ,
crioit aussi du Jus de Reglisse et de la Conserve
de Guimauve.
Longue , Ordre de Citeaux , Diocèse
de Carcassonne , à l'Abbé Novy ; et le
Prieuré de S. Maurice de Senlis , Ordre
de S. Augustin , à l'Abbé de Noë.
Le 1s de ce mois , 4e Dimanche de Carême
, le Roy entendit dans la Chapelle
du Château de Versailles , la Messe chantée
par la Musique , pendant laquelle l'Evêque
de Mâcon prêta serment de fidelité
entre les mains de S. M.
Le Roy a donné le Gouvernement
d'Huningue , au Marquis de Guerchy ,
Lieutenant General de ses Armées.
La Charge de Premier Maître d'Hôtel
de la Reine , a été donnée au Marquis de
Chamarande , qui a été Premier Maître
d'Hôtel de Madame la Dauphine, Aycule
du Roy. Il prêta serment de fidelité entre
MARS . 1733-
197
tre les mains de la Reine , le 15 de ce.
mois.
Le 4. Fevrier , la Cour étant à Marly,
on chanta devant la Reine le Prologue et
le premier Acte de l'Opera de Cadmus ,
qu'on continua le 7.et le 9.Les principaux
Rôles furent chantez par les sieurs d'Angerville
, Dubourg , Ducros , et par la Dlle
Mathieu, laquelle chanta à la fin de la Piece
uneAriette Françoise de la composition
du sieur Mathieu , qui fut très- goûtée.
Le 11. on concerta l'Opera d'Issé , de
la composition de M. Destouches ; la
même Dlle Mathieu remplit le Rôle
d'Issé , avec beaucoup de succès et de
précision ; l'execution des Choeurs et
de la Simphonie fit aussi beaucoup de
plaisir.
Le 17. on chanta le Prologue et la
troisiéme Entrée du Ballet des Stratagemes
de l'Amour , du même Auteur. La
mort de Madame de France troisiéme
fut cause qu'il n'y eut plus de Concert
le reste du mois.
On apprend de Rome , que dans le
Consistoire secret que le Pape tint le 2 .
de ce mois , le Cardinal Othoboni proposa
l'Abbaye de S. Pierre de Flavigny 2
Dio558
MERCURE DE FRANCE
cèse d'Autun , pour l'Evêque de Luçon ,
et celle de N. Dame de Font- Froide
Diocèse de Narbonne, pour l'Abbé de
Brissac ; il préconisa ensuite l'Evêque de
Rennes , pour celle de N. Dame de Joüy,
Diocèse de Sens.
Le 19 de ce mois , le Duc de Sully et le
Duc de Gontault , Pairs de France , prêterent
serment et prirent séance au Pare
lement en la maniere accoutumée.
Le Roy a donné le Gouvernement des
Ville et Citadelle de Metz , et du Païs
Messin , au Comte de Belle- Isle . Il prêta
serment de fidelité entre les mains de Sa
Majesté , le 17 de ce mois.
Le 30. de ce mois , la Reine n'ayant
pû , à cause de sa grossesse , se rendre à
I'Eglise de la Paroisse , communia dans
la Chapelle du Château , par les mains.
du Cardinal de Fleury , son Grand -Aumônier.
Le 24. Mars , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée , à
P'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique
MARS. 1733 599
que , faisant en tout le nombre de 314, Actions
Le 22. Mars , Dimanche de la Passion , tous
les Théatres ayant été fermez à l'occasion des
Lois semaines de Pâques, il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries , dans lequel les
Diles le Maure et Erremens , chanterent differens
Récits dans les Motets, avec applaudissement ; on
y executa aussi un nouveau Motet à grand Choeur
de l'Abbé Gaycau, qui fut très - goûté. Le Miserera
de M. de la Lande termina le Concert.
Le 25. , Fête de l'Annonciation , il y eut aussi
Concert Spirituel , les Diles Courvasier et Lenaer
, chanterent un nouveau Motet du sieur le
Maire , qui fur très- goûté ; on executa ensuite
la Cantate de M. de la Lande , ou la Dile le
Maure chanta le beau Récit de Viderunt , à la
satisfaction d'une très -nombreuse Assemblée. Le
même Concert doit continuer jusqu'à la Quasimodo.
Au dernier jour de ce mois , le froid a été ici
encore aussi vif comme au fort de l'hyver , les
Rhumes et les autres Maladies de cette espece ,
sont cependant fort diminués.En sorte qu'on n'entend
presque plus le bruit importun et presque
continuel de ceux qui toussoient , crachoient,
se mouchoient dans les Eglises , dans les Assemblées
et aux Spectacles sur tout , où le Garçon
Limonadier , qui offroit des rafraichissemens ,
crioit aussi du Jus de Reglisse et de la Conserve
de Guimauve.
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Résumé : « Le Roy a donné l'Abbaye de Ville-Longue, Ordre de Citeaux, Diocèse [...] »
En mars 1733, plusieurs nominations et événements notables ont marqué le mois. Le roi a attribué l'Abbaye de Ville-Longue à l'Abbé Novy et le Prieuré de Saint-Maurice de Senlis à l'Abbé de Noë. Le 4e dimanche de Carême, le roi a assisté à une messe chantée à la Chapelle du Château de Versailles, où l'évêque de Mâcon a prêté serment de fidélité. Le Marquis de Guerchy a été nommé Gouverneur d'Huningue, et le Marquis de Chamarande a reçu la charge de Premier Maître d'Hôtel de la Reine. À la Cour, des opéras et concerts ont été donnés, notamment 'Cadmus' et 'Issé', avec des performances remarquées de la demoiselle Mathieu. Cependant, la mort de Madame de France a interrompu les concerts pour le reste du mois. À Rome, le Cardinal Othoboni a proposé diverses abbayes pour des nominations épiscopales. Les Ducs de Sully et de Gontault ont prêté serment au Parlement. Le Comte de Belle-Isle a été nommé Gouverneur de Metz et de sa citadelle. La Reine, en raison de sa grossesse, a communié dans la Chapelle du Château. La loterie de la Compagnie des Indes a été tirée, remboursant 314 actions. Des concerts spirituels ont eu lieu aux Tuileries pendant les semaines de Pâques, avec des performances appréciées. Le mois s'est terminé par un froid vif, mais les maladies respiratoires étaient moins fréquentes.
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287
p. 600-601
A SON EMINENCE.
Début :
Sage Dispensateur d'une vaste Puissance, [...]
Mots clefs :
Coeur, Voeux, Cardinal de Fleury
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A SON EMINENCE.
A SON EMINENCE.
Sage Dispensateur d'une vaste Puissance ,
Qui fait des voeux pour toi , s'acquitte envers la
France
FLEURY , puissent les Dieux ne plus compter les
ans ,
Et puisse leur séjour t'attendre encor long-tems !
Que ta vigueur durable à nos besoins réponde.
Soutien toujours le nom de Bienfaicteur du
Monde.
De l'Europe à ta foy le destin fut remis ,
Et nos Voisins jaloux devinrent nos amis.
Tu rends l'obeïssance et certaine et facile
Le Soldat est payé, le Rentier est tranquille,
Même le Courtisan dispensé de flatter ,
Pour atteindre aux honneurs n'a qu'à les mériter;
Pilote vigilant , joui des vents propices.
D'un Monarque ombrageux essuyant les caprices
,
Armand, voyoit par lui ses projets combattus ;
Lours t'ouvrit son coeur en l'ouvrant aux Vertus.
Possede de ton Roy l'auguste confiance s
Son bonheur t'a placé ; le remps , l'experience ,
Lui font à chaque instant renouveller son choix
Ses regards de tes soins soulagent tout le poids.
L'Histoire , qui souvent prend la haine pour
guide ,
Peint Armand trop severe et Jules trop avide
Veit
Voit-on la cruauté t'inspirer ses transports ?
L'Avarice occupée à compter tes trésors ?
FLEURY , la paix du coeur regne sur ton visage ,
Jamais les Passions n'y forment de nuage ,
Aux Graces ton accueil ajoute un nouveau prix;
Le refus nécessaire est au moins sans mépris ;
Le culte seul en toi trouve un vengeur austeres
La Politique en fait un frein pour le vulgaire ,
Mais il est à tes yeux le vrai devoir des Rois ,
Le principe du bien et la source des Loix.
Poursui sans te lasser ta carriere immortelle ,
Cherche dans ta vertu le seul prix digne d'elles
Les titres, les respects , les éloges pompeux ,
Sont une récompense au - dessous de tes voeux ;
Loin de toi ces Rimeurs que le besoin altere ,
Qui font d'un talent noble- un métier merce
naire ;
Reçoi l'hommage pur que le coeur m'a dicté ;
Mes Vers n'ont d'autre prix que leur sincerité.
Sage Dispensateur d'une vaste Puissance ,
Qui fait des voeux pour toi , s'acquitte envers la
France
FLEURY , puissent les Dieux ne plus compter les
ans ,
Et puisse leur séjour t'attendre encor long-tems !
Que ta vigueur durable à nos besoins réponde.
Soutien toujours le nom de Bienfaicteur du
Monde.
De l'Europe à ta foy le destin fut remis ,
Et nos Voisins jaloux devinrent nos amis.
Tu rends l'obeïssance et certaine et facile
Le Soldat est payé, le Rentier est tranquille,
Même le Courtisan dispensé de flatter ,
Pour atteindre aux honneurs n'a qu'à les mériter;
Pilote vigilant , joui des vents propices.
D'un Monarque ombrageux essuyant les caprices
,
Armand, voyoit par lui ses projets combattus ;
Lours t'ouvrit son coeur en l'ouvrant aux Vertus.
Possede de ton Roy l'auguste confiance s
Son bonheur t'a placé ; le remps , l'experience ,
Lui font à chaque instant renouveller son choix
Ses regards de tes soins soulagent tout le poids.
L'Histoire , qui souvent prend la haine pour
guide ,
Peint Armand trop severe et Jules trop avide
Veit
Voit-on la cruauté t'inspirer ses transports ?
L'Avarice occupée à compter tes trésors ?
FLEURY , la paix du coeur regne sur ton visage ,
Jamais les Passions n'y forment de nuage ,
Aux Graces ton accueil ajoute un nouveau prix;
Le refus nécessaire est au moins sans mépris ;
Le culte seul en toi trouve un vengeur austeres
La Politique en fait un frein pour le vulgaire ,
Mais il est à tes yeux le vrai devoir des Rois ,
Le principe du bien et la source des Loix.
Poursui sans te lasser ta carriere immortelle ,
Cherche dans ta vertu le seul prix digne d'elles
Les titres, les respects , les éloges pompeux ,
Sont une récompense au - dessous de tes voeux ;
Loin de toi ces Rimeurs que le besoin altere ,
Qui font d'un talent noble- un métier merce
naire ;
Reçoi l'hommage pur que le coeur m'a dicté ;
Mes Vers n'ont d'autre prix que leur sincerité.
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Résumé : A SON EMINENCE.
La lettre est adressée à André-Hercule de Fleury, cardinal et principal ministre de Louis XV. L'auteur exprime des vœux pour la longévité et la santé de Fleury, soulignant son rôle bénéfique pour la France et l'Europe. Fleury est loué pour avoir transformé des voisins jaloux en amis et pour avoir assuré la paix et la stabilité. Il est décrit comme un pilote vigilant, capable de gérer les caprices d'un monarque ombrageux. La lettre met en avant la confiance du roi en Fleury, renforcée par le temps et l'expérience. L'auteur conteste les portraits négatifs de l'histoire, affirmant que Fleury est guidé par la vertu et le devoir royal. Il encourage Fleury à poursuivre sa carrière avec la vertu comme seule récompense, rejetant les flatteries et les éloges pompeux. La lettre se conclut par un hommage sincère, valorisant la sincérité des vers écrits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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288
p. 601-610
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
Dame Marie de la Garde, veuve de François Bertaut, Seigneur de [...]
Mots clefs :
Marquis, Louis, Chevalier, Général des armées, Veuve, Fille, Régiment, Église de Saint-Sulpice, Gardes du corps, Comtes de Marseille
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS , NAISSANCES
& Mariages.
Ame Marie de la Garde , veuve
Dde François Bertaut , Seigneur de
Freauville , Conseiller au Parlement , en
la Grand'Chambre > mourut les Fé-
I vrier ,
vrier , âgée de 0 ans . Son Corps fut
transporté de l'Eglise de S. Sulpice en
celle des PP. Jacobins de la rue S. Dominique.
Bernard Angelique de Cremean d'Entragues
, Abbé de Jondieux , mourut le
24 Février , âgé de 83 ans.
M. de Pellevé , Curé de Bussy S.Geor
ge , près de Lagny , Diocèse de Paris ,
nous écrit que le 26 Fevrier dernier mourut
dans sa Paroisse Perrette Chevalier,
veuve d'Etienne Racquenard , Laboureur
, âgée de 106 ans 7 mois, après avoir
reçu les Sacremens avec beaucoup d'édification
, de jugement et de tranquilité ,
et fans avoir jamais ressenti durant toute
sa vie le moindre accès de fiévre . Elle est
décedée au lieu de Collegien , dans la
Maison d'Etienne Racquenard , son Fils
Laboureur et Fermier de M. le Marquis
de Torcy. Le Marquisat de Torcy est
dans la Brie.
Dame Louise- Elizabeth Vallot , veuve
de M. Denys de Bannes , Comte d'Avejan
, Grand- Croix de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Loüis , Lieutenant General
des Armées du Roy , Lieutenant Colonel
du Régiment des Gardes Françoises
, et Gouverneur de Furnes , mourut à
Paris le 26 Février , âgée de 81 ans.
M.
MAR S. 1733 . 603
M. Guillaume de la Vieuville , mourut
à Paris le 23 , âgé de 50 ans. Il avoit
été Secretaire des Commandemens de la
Reine , et il avoit eu la même Charge
chez feue Madame la Dauphine , mere du
Roy .
Le même jour , M. Jean Bonnevie ,
Ecuyer Secretaire du Roy , Fermier General
, mourut à Paris , âgé de 72 ans.
D. Bonne Barillon , veuve de M. Arnault
de la Briffe , Procureur General du
Parlement , mourut en son Château d'Amilly
, vers la fin de Février , àgée de 65
ans .
Charlotte - Armande, Gaston de Rohan
, cy - devant Abbesse de l'Abbaye
Royale de Jouarre , mourut à Paris , dans
la 38 année de son âge.
,
D. Marie Edmée Terrier , veuve de
Charles d'Hosier Chevalier des Ordres
du Roy et de Savoye ; Genealogiste
de la Maison de Sa Majesté , Garde de
son Armorial , et Juge General des Blazons
de France , Prevôt du Regiment
du Roy , Infanterie , et Grand Forrestier
de la Ville d'Hesdin en Artois , mourut
à Paris , le 1 Mars , âgée de soixante
er dix- neuf ans.
Pierre - Gilbert Colbert , Marquis de
Villacerf et de Payenne , Seigneur de
E
I ij S
604 MERCURE DE FRANCE
A
S. Mesmin , Courlange. , &c. Premier
Maître d'Hôtel de la Reine , mourut à
Paris le 3 Mars , âgé de 61 ans .
Frere Henry Perrot de S. Dié , Grand-
Croix , de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem
, Bailly de la Morée , et Commandeur
de la Commanderie de Villers
près Liege , mourut à Paris , le 4 ,
de 88 ans.
,
âgé
On écrit de Marseille , que le Comte
de Forbin , Chef d'Escadre des Armées.
Navales , Chevalier de S. Louis , étoit
mort dans cette Ville le 4. de ce mois ,
qu'on lui avoit fait de magnifiques Funérailles
, ausquelles tous les Officiers de
la Marine et autres avoient assisté. Il
s'étoit acquis une grande réputation dans
le Service de Mer , qu'il avoit quitté depuis
plusieurs années pour se retirer dans
sa Maison de campagne de S. Marcel ,
à deux lieues de Marseille , où il a vécu
depuis fort chrétiennement jusqu'à l'âge
de 77. ans , étant né en l'année 1656.
Il a été transporté de cette Ville dans
l'Eglise de S. Marcel , pour y être inhumé.
On a imprimé en l'année 1729.
des Mémoires sous son nom , qui con
tiennent l'Histoire de sa Vie , 2. vol.
in 12. à Amsterdam , chez F. Girardi.
M. Guillaume-Denys Ravissar, Prêtre,
Docteur
MARS. 1733 305
Docteur en Théologie , Curé de la Paroisse
S. Hypolite , Fauxbourg S.Marcel,
mourut le 5 , âgé de 44 ans.
Le 7 Mars. Marie- Magdeleine de Bran
cas , fille de Louis de Brancas , Duc de
Villars , mourut à Paris , âgée d'environ
63 ans. Elle avoit épousé le 26 Octobre
1694. Gabriel-Henry de Beauvau , Marquis
de Montgauger , cy-devant Capi
taine des Gardes du Corps de Philippe
de France , Duc d'Orleans , Frere unique
du Roy Lois XIV. dont elle a eu
Anne Agnès de Beauvau , épouse d'Agesilan
Gaston de Grossolles , Marquis
de Flamarcus , Seigneur de Bazet , &c.
cy - devant Capitaine - Lieutenant des
Chevaux Legers de Bourgogne , Brigadier
des Armées du Roy , et plusieurs
autres filles.
-
Yves , Marquis d'Alegre , Prince d'Orange
, Baron de Flagêne , Aubusson
Aurouze , Comte de Champeix , Baron
de S. Ciergues , Seigneur de Mishault ,
Tourzel , Montaigu , & c. Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roy ,
Gouverneur des Villes et Citadelles de
Metz et du Païs Messia , Commandant
en Chef dans les trois Evêchez , mourut
à Paris , le 9 de ce mois ; âgé d'environ
8 ans. Son Corps a été transporté
I iij de
606 MERCURE DE FRANCE
de l'Eglise de S. Sulpice à Alegre en
Auvergne.
M. Mathurin Prochant , Docteur en
Théologie ,Chanoine de l'Eglise de Paris ,
Prieur de S. Lo du Boucachard , mourut
le 11 , âgé de 84 ans.
Le R. P. Michel le Quien , de l'Ordre
de S. Dominique , Bibliothequaire du
Convent de la rue S. Honoré , mourut
le 12 Mars , âgé d'environ 70 ans , aussi
recommandable pour sa piété , que par
son Erudition . Nous avons souvent parlé
de ce Sçavant Religieux , dans nos Journaux
, et nous ne présumions pas , en insérant
dans celui- cy, les Remarques qu'il
nous avoit communiquées , sur un Ouvrage
important pour la Religion , que
nous serions obligez d'annoncer sa mort
sur la fin du même Livre. En attendant
que nous puissions rendre à sa Mémoire
de plus amples devoirs , nous avons la
consolation d'apprendre au Public que
son grand Ouvrage : Oriens Christianus
et Affrica , déja avancé , et qui s'imprime
au Louvre , sera continué par des Religieux
choisis , de la même Maison , que
l'Autheur a instruits , &c.
Dame Catherine Bouchart , veuve de
M. Antoine Barillon de Morangis , Me des
Requêtes , mourut en son Château de
MoMARS.
1733
607
Morangis , le 15 de ce mois , dans la 69
année de son âge.
,
D. Magdelaine de Bachys Daubais ;
veuve de Jacques de Cassagnet Villadet ,
Narbonne , Ĉomague , Marquis de Fimarcon
, Chevalier des Ordres du Roy
Lieutenant General des Armées de S. M.
Lieutenant General de la Province de
Roussillon et Gouverneur de Mont-
Loüis , mourut à Paris le 18 , dans la so
année de son âge.
2
D.Renée Suzanne de Longueil de Maisons
, Abbesse de l'Abbaye Royale de
Sainte Perrine de la Vilette , y mourut
le 28 , âgée de 75 ans 2 mois.
Le 2 Mars , M. l'Archevêque de Sens ;
administra le Sacrement de Baptême dans
l'Eglise des Carmelites du Fauxbourg
S. Germain , à Louis Levi , surnommé
Féermer, âgé d'environ 36 ans , à Marie--
Louise Genevieve Jacob son épouse ,âgée
de 35 ans , à Charles Lévi leur fils , agé
de 12 ans ; et à François Levi Féermer ,
frere de Louis , âgé de 18 ans , tous Juifs
' de Religion . Ils curent l'honneur d'avoir
'pour Parrain Monseigneur le Duc d'Orjeans
, Premier Prince du Sang , et pour
Maraine , la Reine d'Espagne , seconde
Doüairiere .
I iiij D.
8 MERCURE DE FRANCE :
D. Loüise-Françoise de Belhomme de
Veuville, épouse de Pierre - François d'Espinassy
, Seigneur de Marignole , & c.
Colonel de Dragons , accoucha le 8 Mars
d'un Fils , qui fut nommé Charles Loüis
par Louis Robert, Chevalier de la Mark,
et par D. Marie- Eleonor de Maillé, fille
de Donatien de Maillé , Marquis de Carman
, & c.
· D. Magdelaine - Catherine Therese
Carrel , épouse de Charles , Marquis de
Houdetot, Brigadier des Armées du Roy,
Colonel du Regiment d'Artois , accoucha
le 14 Mars d'une fille , qui fut nommée
Charlotte - Loüise- Magdelaine , par
Louis de Bec- de- Liévre , Marquis de Cany,
et par D. Charlotte - Marie de Houdetot,
fille de feu Louis - Pierre de Houdetot ,
Colonel du Regiment d'Artois .
Joachim de Zuniga , Comte de Betaleazar,
&c. fils de Don Jean Manuel Diego
Lopez de Zuniga Soto Mayor Mendeza
; et Gusman , Duc de Lujars , de
Plovizance , & c. Marquis de Gibralcon ,
&c. Grand Justicier hereditaire des
Royaumes de Castille et de Léon , &c.
Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or,
Grand Maître de la Maison du Prince
des Asturies , et de feuë Dame Raphaë
❤
le
MARS. 1733 . 609
I
le de Castro , Duchesse de Béjars , épou
sa le 1 Mars Léopoldine - Elizabeth- Charlotte
de Loraine , Dame de Remiremont,
fille de Louis de Lorraine, Prince de Pons
et de Mortagne , Marquis de Miranbeau ,
&c. Chevalier des Ordres du Roy , Colonel
d'Infanterie , et de D. Elizabeth de
Roquelaure , Princesse de Pons , &c.
Le Marquis de Wargemont, Enseigne
des Gendarmes de la Garde du Roy ,
épousa la nuit du Lundi au Mardi 10 de
Mars , Mademoiselle de S. Chamant ,fille
de feu Marquis de S. Chamant , Maréchal
des Camps et Armées du Roi , Licutenant
des Gardes du Corps et Gouver
neur de Puits-Laurent . La ceremonie s'est
faite dans la Chapelle du Château de Villenaux,
où plusieurs Seigneurs ont assisté.
Il y a eu par les Bourgeois de la Ville
bien des réjouissances au bruit du Canon
, et le Prince de Tingri , mit le feu à
un tres beau Feu d'Artifice , qui fut tiré
le soir , précedé d'un grand nombre de
Fusées volantes.
Le 16. Mars , l'Archevêque de Paris
fit dans la Chapelle du Palais Archiepiscopal
, la Celebration du Mariage de
M. Aymard - Jean , Marquis de Nicolai ,
Conseiller au Parlement , Premier Président
en survivance de la Chambre des
I v Comptes
}
610 MERCURE DE FRANCE
Comptes , fils de M. Jean- Aymard de
Nicolai , Marquis de Goussainville , Premier
Président , et de D. Marie- Jeanne
de Lamoignon , avec D. Magdeleine-
Charlotte- Guilelmine - Leonine de Vintimille
, des Comtes de Marseille , fille
de Gaspard- Hubert Magdelon de Vintimille
, des Comtes de Marseille , Marquis
du Luc , Brigadier des Armées du
Roy , Colonel d'un Régiment de Cavalerie
de son nom , Gouverneur des Ifles .
de Porquerolles , et de D. Marie- Charlotte
de Réfuge.
& Mariages.
Ame Marie de la Garde , veuve
Dde François Bertaut , Seigneur de
Freauville , Conseiller au Parlement , en
la Grand'Chambre > mourut les Fé-
I vrier ,
vrier , âgée de 0 ans . Son Corps fut
transporté de l'Eglise de S. Sulpice en
celle des PP. Jacobins de la rue S. Dominique.
Bernard Angelique de Cremean d'Entragues
, Abbé de Jondieux , mourut le
24 Février , âgé de 83 ans.
M. de Pellevé , Curé de Bussy S.Geor
ge , près de Lagny , Diocèse de Paris ,
nous écrit que le 26 Fevrier dernier mourut
dans sa Paroisse Perrette Chevalier,
veuve d'Etienne Racquenard , Laboureur
, âgée de 106 ans 7 mois, après avoir
reçu les Sacremens avec beaucoup d'édification
, de jugement et de tranquilité ,
et fans avoir jamais ressenti durant toute
sa vie le moindre accès de fiévre . Elle est
décedée au lieu de Collegien , dans la
Maison d'Etienne Racquenard , son Fils
Laboureur et Fermier de M. le Marquis
de Torcy. Le Marquisat de Torcy est
dans la Brie.
Dame Louise- Elizabeth Vallot , veuve
de M. Denys de Bannes , Comte d'Avejan
, Grand- Croix de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Loüis , Lieutenant General
des Armées du Roy , Lieutenant Colonel
du Régiment des Gardes Françoises
, et Gouverneur de Furnes , mourut à
Paris le 26 Février , âgée de 81 ans.
M.
MAR S. 1733 . 603
M. Guillaume de la Vieuville , mourut
à Paris le 23 , âgé de 50 ans. Il avoit
été Secretaire des Commandemens de la
Reine , et il avoit eu la même Charge
chez feue Madame la Dauphine , mere du
Roy .
Le même jour , M. Jean Bonnevie ,
Ecuyer Secretaire du Roy , Fermier General
, mourut à Paris , âgé de 72 ans.
D. Bonne Barillon , veuve de M. Arnault
de la Briffe , Procureur General du
Parlement , mourut en son Château d'Amilly
, vers la fin de Février , àgée de 65
ans .
Charlotte - Armande, Gaston de Rohan
, cy - devant Abbesse de l'Abbaye
Royale de Jouarre , mourut à Paris , dans
la 38 année de son âge.
,
D. Marie Edmée Terrier , veuve de
Charles d'Hosier Chevalier des Ordres
du Roy et de Savoye ; Genealogiste
de la Maison de Sa Majesté , Garde de
son Armorial , et Juge General des Blazons
de France , Prevôt du Regiment
du Roy , Infanterie , et Grand Forrestier
de la Ville d'Hesdin en Artois , mourut
à Paris , le 1 Mars , âgée de soixante
er dix- neuf ans.
Pierre - Gilbert Colbert , Marquis de
Villacerf et de Payenne , Seigneur de
E
I ij S
604 MERCURE DE FRANCE
A
S. Mesmin , Courlange. , &c. Premier
Maître d'Hôtel de la Reine , mourut à
Paris le 3 Mars , âgé de 61 ans .
Frere Henry Perrot de S. Dié , Grand-
Croix , de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem
, Bailly de la Morée , et Commandeur
de la Commanderie de Villers
près Liege , mourut à Paris , le 4 ,
de 88 ans.
,
âgé
On écrit de Marseille , que le Comte
de Forbin , Chef d'Escadre des Armées.
Navales , Chevalier de S. Louis , étoit
mort dans cette Ville le 4. de ce mois ,
qu'on lui avoit fait de magnifiques Funérailles
, ausquelles tous les Officiers de
la Marine et autres avoient assisté. Il
s'étoit acquis une grande réputation dans
le Service de Mer , qu'il avoit quitté depuis
plusieurs années pour se retirer dans
sa Maison de campagne de S. Marcel ,
à deux lieues de Marseille , où il a vécu
depuis fort chrétiennement jusqu'à l'âge
de 77. ans , étant né en l'année 1656.
Il a été transporté de cette Ville dans
l'Eglise de S. Marcel , pour y être inhumé.
On a imprimé en l'année 1729.
des Mémoires sous son nom , qui con
tiennent l'Histoire de sa Vie , 2. vol.
in 12. à Amsterdam , chez F. Girardi.
M. Guillaume-Denys Ravissar, Prêtre,
Docteur
MARS. 1733 305
Docteur en Théologie , Curé de la Paroisse
S. Hypolite , Fauxbourg S.Marcel,
mourut le 5 , âgé de 44 ans.
Le 7 Mars. Marie- Magdeleine de Bran
cas , fille de Louis de Brancas , Duc de
Villars , mourut à Paris , âgée d'environ
63 ans. Elle avoit épousé le 26 Octobre
1694. Gabriel-Henry de Beauvau , Marquis
de Montgauger , cy-devant Capi
taine des Gardes du Corps de Philippe
de France , Duc d'Orleans , Frere unique
du Roy Lois XIV. dont elle a eu
Anne Agnès de Beauvau , épouse d'Agesilan
Gaston de Grossolles , Marquis
de Flamarcus , Seigneur de Bazet , &c.
cy - devant Capitaine - Lieutenant des
Chevaux Legers de Bourgogne , Brigadier
des Armées du Roy , et plusieurs
autres filles.
-
Yves , Marquis d'Alegre , Prince d'Orange
, Baron de Flagêne , Aubusson
Aurouze , Comte de Champeix , Baron
de S. Ciergues , Seigneur de Mishault ,
Tourzel , Montaigu , & c. Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roy ,
Gouverneur des Villes et Citadelles de
Metz et du Païs Messia , Commandant
en Chef dans les trois Evêchez , mourut
à Paris , le 9 de ce mois ; âgé d'environ
8 ans. Son Corps a été transporté
I iij de
606 MERCURE DE FRANCE
de l'Eglise de S. Sulpice à Alegre en
Auvergne.
M. Mathurin Prochant , Docteur en
Théologie ,Chanoine de l'Eglise de Paris ,
Prieur de S. Lo du Boucachard , mourut
le 11 , âgé de 84 ans.
Le R. P. Michel le Quien , de l'Ordre
de S. Dominique , Bibliothequaire du
Convent de la rue S. Honoré , mourut
le 12 Mars , âgé d'environ 70 ans , aussi
recommandable pour sa piété , que par
son Erudition . Nous avons souvent parlé
de ce Sçavant Religieux , dans nos Journaux
, et nous ne présumions pas , en insérant
dans celui- cy, les Remarques qu'il
nous avoit communiquées , sur un Ouvrage
important pour la Religion , que
nous serions obligez d'annoncer sa mort
sur la fin du même Livre. En attendant
que nous puissions rendre à sa Mémoire
de plus amples devoirs , nous avons la
consolation d'apprendre au Public que
son grand Ouvrage : Oriens Christianus
et Affrica , déja avancé , et qui s'imprime
au Louvre , sera continué par des Religieux
choisis , de la même Maison , que
l'Autheur a instruits , &c.
Dame Catherine Bouchart , veuve de
M. Antoine Barillon de Morangis , Me des
Requêtes , mourut en son Château de
MoMARS.
1733
607
Morangis , le 15 de ce mois , dans la 69
année de son âge.
,
D. Magdelaine de Bachys Daubais ;
veuve de Jacques de Cassagnet Villadet ,
Narbonne , Ĉomague , Marquis de Fimarcon
, Chevalier des Ordres du Roy
Lieutenant General des Armées de S. M.
Lieutenant General de la Province de
Roussillon et Gouverneur de Mont-
Loüis , mourut à Paris le 18 , dans la so
année de son âge.
2
D.Renée Suzanne de Longueil de Maisons
, Abbesse de l'Abbaye Royale de
Sainte Perrine de la Vilette , y mourut
le 28 , âgée de 75 ans 2 mois.
Le 2 Mars , M. l'Archevêque de Sens ;
administra le Sacrement de Baptême dans
l'Eglise des Carmelites du Fauxbourg
S. Germain , à Louis Levi , surnommé
Féermer, âgé d'environ 36 ans , à Marie--
Louise Genevieve Jacob son épouse ,âgée
de 35 ans , à Charles Lévi leur fils , agé
de 12 ans ; et à François Levi Féermer ,
frere de Louis , âgé de 18 ans , tous Juifs
' de Religion . Ils curent l'honneur d'avoir
'pour Parrain Monseigneur le Duc d'Orjeans
, Premier Prince du Sang , et pour
Maraine , la Reine d'Espagne , seconde
Doüairiere .
I iiij D.
8 MERCURE DE FRANCE :
D. Loüise-Françoise de Belhomme de
Veuville, épouse de Pierre - François d'Espinassy
, Seigneur de Marignole , & c.
Colonel de Dragons , accoucha le 8 Mars
d'un Fils , qui fut nommé Charles Loüis
par Louis Robert, Chevalier de la Mark,
et par D. Marie- Eleonor de Maillé, fille
de Donatien de Maillé , Marquis de Carman
, & c.
· D. Magdelaine - Catherine Therese
Carrel , épouse de Charles , Marquis de
Houdetot, Brigadier des Armées du Roy,
Colonel du Regiment d'Artois , accoucha
le 14 Mars d'une fille , qui fut nommée
Charlotte - Loüise- Magdelaine , par
Louis de Bec- de- Liévre , Marquis de Cany,
et par D. Charlotte - Marie de Houdetot,
fille de feu Louis - Pierre de Houdetot ,
Colonel du Regiment d'Artois .
Joachim de Zuniga , Comte de Betaleazar,
&c. fils de Don Jean Manuel Diego
Lopez de Zuniga Soto Mayor Mendeza
; et Gusman , Duc de Lujars , de
Plovizance , & c. Marquis de Gibralcon ,
&c. Grand Justicier hereditaire des
Royaumes de Castille et de Léon , &c.
Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or,
Grand Maître de la Maison du Prince
des Asturies , et de feuë Dame Raphaë
❤
le
MARS. 1733 . 609
I
le de Castro , Duchesse de Béjars , épou
sa le 1 Mars Léopoldine - Elizabeth- Charlotte
de Loraine , Dame de Remiremont,
fille de Louis de Lorraine, Prince de Pons
et de Mortagne , Marquis de Miranbeau ,
&c. Chevalier des Ordres du Roy , Colonel
d'Infanterie , et de D. Elizabeth de
Roquelaure , Princesse de Pons , &c.
Le Marquis de Wargemont, Enseigne
des Gendarmes de la Garde du Roy ,
épousa la nuit du Lundi au Mardi 10 de
Mars , Mademoiselle de S. Chamant ,fille
de feu Marquis de S. Chamant , Maréchal
des Camps et Armées du Roi , Licutenant
des Gardes du Corps et Gouver
neur de Puits-Laurent . La ceremonie s'est
faite dans la Chapelle du Château de Villenaux,
où plusieurs Seigneurs ont assisté.
Il y a eu par les Bourgeois de la Ville
bien des réjouissances au bruit du Canon
, et le Prince de Tingri , mit le feu à
un tres beau Feu d'Artifice , qui fut tiré
le soir , précedé d'un grand nombre de
Fusées volantes.
Le 16. Mars , l'Archevêque de Paris
fit dans la Chapelle du Palais Archiepiscopal
, la Celebration du Mariage de
M. Aymard - Jean , Marquis de Nicolai ,
Conseiller au Parlement , Premier Président
en survivance de la Chambre des
I v Comptes
}
610 MERCURE DE FRANCE
Comptes , fils de M. Jean- Aymard de
Nicolai , Marquis de Goussainville , Premier
Président , et de D. Marie- Jeanne
de Lamoignon , avec D. Magdeleine-
Charlotte- Guilelmine - Leonine de Vintimille
, des Comtes de Marseille , fille
de Gaspard- Hubert Magdelon de Vintimille
, des Comtes de Marseille , Marquis
du Luc , Brigadier des Armées du
Roy , Colonel d'un Régiment de Cavalerie
de son nom , Gouverneur des Ifles .
de Porquerolles , et de D. Marie- Charlotte
de Réfuge.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Le document présente divers événements survenus en février et mars 1733, incluant des naissances, des mariages et des décès. Parmi les décès notables, Ame Marie de la Garde, veuve de François Bertaut, Seigneur de Freauville, est décédée à l'âge de 80 ans. Bernard Angelique de Cremean d'Entragues, Abbé de Jondieux, est mort à 83 ans. Perrette Chevalier, veuve d'Etienne Racquenard, a atteint l'âge de 106 ans avant de décéder après avoir reçu les sacrements. D'autres personnalités décédées incluent Dame Louise-Elizabeth Vallot, veuve de Denys de Bannes, Comte d'Avejan, et M. Guillaume de la Vieuville, ancien secrétaire des commandements de la Reine. Le document mentionne également plusieurs naissances et mariages. Joachim de Zuniga, Comte de Betaleazar, a épousé Léopoldine-Elizabeth-Charlotte de Lorraine. Le Marquis de Wargemont a également contracté mariage avec Mademoiselle de Saint-Chamant. Plusieurs baptêmes sont rapportés, notamment celui de Louis Levi et de sa famille, administrés par l'Archevêque de Sens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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289
p. 610-611
POUR le Mariage du Marquis de Nicolai reçû en survivance Premier Président de la Chambre des Comptes, et le neuviéme pourvû de sa Famille.
Début :
Pour accomplir la destinée, [...]
Mots clefs :
Époux, Chambre des comptes, Marquis de Nicolaÿ
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR le Mariage du Marquis de Nicolai reçû en survivance Premier Président de la Chambre des Comptes, et le neuviéme pourvû de sa Famille.
POUR le Mariage du Marquis de
Nicolai reçu en survivance Premier
Président de la Chambre des Comptes ,
et le neuvième pourvû de sa Famille .
Pour accomplir la destinée”,
De l'heureuse journée
Qui doit unir par les noeuds les plus doux,
Deux illustres Epoux ,
Que tant d'éclat et de gloire environne ,
Thémis d'accord avec Bellone ,
L'Hymen d'accord avec l'Amour ,
2>
Ont rassemblé dans leur brillante Cour ,
Les Graces , les Vertus , la Valeur , la Sagesse ;.
Les Plaisirs et les Jeux , les Ris et la Jeunesse.
MAR S. 1733 :
611
Ovous , fidelle Epoux , sans cesser d'être Amant ›
Joüissez des douceurs d'un tendre engagement.
Vous, qui par vos Ayeux , ainsi que par vousmême
,
Perpetuez le rang d'un premier Magistrat ,
Songez qu'à votre nom , comme au bien de
l'Etat ,.
Vous serez dans un an débiteur d'un dixième.
Nicolai reçu en survivance Premier
Président de la Chambre des Comptes ,
et le neuvième pourvû de sa Famille .
Pour accomplir la destinée”,
De l'heureuse journée
Qui doit unir par les noeuds les plus doux,
Deux illustres Epoux ,
Que tant d'éclat et de gloire environne ,
Thémis d'accord avec Bellone ,
L'Hymen d'accord avec l'Amour ,
2>
Ont rassemblé dans leur brillante Cour ,
Les Graces , les Vertus , la Valeur , la Sagesse ;.
Les Plaisirs et les Jeux , les Ris et la Jeunesse.
MAR S. 1733 :
611
Ovous , fidelle Epoux , sans cesser d'être Amant ›
Joüissez des douceurs d'un tendre engagement.
Vous, qui par vos Ayeux , ainsi que par vousmême
,
Perpetuez le rang d'un premier Magistrat ,
Songez qu'à votre nom , comme au bien de
l'Etat ,.
Vous serez dans un an débiteur d'un dixième.
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Résumé : POUR le Mariage du Marquis de Nicolai reçû en survivance Premier Président de la Chambre des Comptes, et le neuviéme pourvû de sa Famille.
Le mariage du Marquis de Nicolai, Premier Président de la Chambre des Comptes, est célébré avec Thémis, Bellone, l'Hymen et l'Amour. La cour, réunie avec les Grâces et les Vertus, adresse des vœux aux époux. Le Marquis perpétuera le rang de magistrat et sera débiteur d'un dixième de son nom et du bien de l'État dans un an.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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290
p. 611-620
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DU ROY, du 17. Février, contre les prétendus Convulsionnaires, [...]
Mots clefs :
Convulsionnaires, Juges des Fermes en Languedoc, Libelle, Livre, Collège, Toulouse, Procureur général du roi, Conseil, Propositions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLE S.-
RDONNANCE DU ROY , du 17.
Février,contre les prétendus Convulsion
naires , par laquelle il est dit :
Que Sa Majesté étant informée que depuis
l'Ordonnance qu'elle a rendue le 27. Janvier .
1732. pour faire fermer le petit Cimetiere de
S. Medard , plusieurs personnes , par un déreglement
d'imagination , ou par un esprit d'imposture
, se prétendent attaquées de convulsions , et
qu'elles se donnent même en spectacle dans des
maisons particulieres , pour abuser de la crédulité
du Peuple , et faire naître un fanatisme déja trop
semblable , par de chimeriques Propheties à celui
qu'on a vu dans d'autres temps . Et comme
rien n'est plus important que d'arrêter , par les
voyes les plus efficaces et les plus promptes , de
pareils excès , toujours dangereux pour la Religion
, et contraires à toutes les loix de la police ,
qui ont été faites pour empêcher toute sorte de
Concours du peuple et d'assemblées illicites ;
1 vj
S.
612 MERCURE DE FRANCE
S. M. a crû devoir encore interposer son autorite
sur un sujet aussi important pour la tranquillité
publique, et marquer de nouveau toute son indignation
contre les Auteurs d'un pareil scandale :
A ces causes , S. M. a fait très- expresses inhibitions
et deffenses à toutes personnes se prétendant
attaquées de convulsions , de se donner en
spectacle au Public , ni même de souffrir dans
leurs maisons , dans leurs chambres ou autres
lieux , aucuns concours ou assemblées , à peine
d'emprisonnement de leur personne , et d'être
poursuivis extraordinairement comme séducteurs
et perturbateurs du repos public . Deffend
pareillement à tous ses Suiets , sous peine de
desobéissance , d'aller voir , ni visiter lesdites
personnes , sous prétexte d'être témoins de leurs
prétendues convulsions : enjoint S. M. au sieur
Heraut , Conseiller d'Etat , Lieutenant General
de Police de la Ville , Prévôté et Vicomté
de Paris , et aux sieurs Intendans départis dans
les Provinces , de faire toutes les diligences nécessaires
pour l'execution de la présente Ordonnance
, & c .
ARREST du 24. Février , qui ordonne
l'execution de plusieurs Sentences et Arrêts rendus
par les Juges des Fermes en Languedoc er
Provence ; par lesquels il a été prononcé des
confiscations , amendes et peines de Galeres contre
differens Patrons et Matelots Catalans , convaincus
de fauxsaunage et d'introduction de faux
Tabacs et autres Marchandises de contrebande ;
et cependant , par grace et sans tirer à conséquence
, leur fait main- levée de partie desdites
Marchandises et amendes.
AUTRE
MARS. 1733. G13
AUTRE du 8. Mars , qui permet la sortie
à l'Etranger des vieux linges , vieux drapeaux ,
drilles et pattes , rogneures de peaux et parchemin
et autres semblables matieres servant à la
fabrication du papier , en payant trente livres du
cent pesant.
ARREST DU GRAND CONSEIL ,
du 17. Mars , qui ordonne la suppression d'un
Livre , &c.
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Armand- Jerôme Bignon , Avocat dudit Sei
gneur Roy , portant la parole , ont dit :
MES.SIEURS ,
On nous remit le dernier jour à votre Audien
ce le Livre que vous voyez entre nos mains ; il est
imprimé sans Privilege à Lyon en 1729. On y
donne à cette Ville le nom de Colonia Munatia→
na , qui n'est pas celui sous lequel elle est connue
ordinairement.
Quelqu'étonnant qu'il soit que des Libraires
osent en France hazarder l'impression d'un Livre,.
sans y être autorisez par les formalitez ordinaires
si justement établies , il est plus étonnant encore
qu'un Religieux demeurant dans le Royaume
, s'écarte si extraordinairement des principes
fondamentaux de la Doctrine de l'Eglise Gallicane.
Mais ce qui nous semble de plus surprenant
encore , c'est qu'il paroisse à la tête d'un Ouvrade
cette nature l'Approbation et la Permission
d'imprimer données par l'Abbé general de Cîge
teaux .
Ce seroit abuser de votre Audience que de s'é
tendre en longs discours sur les propositions qui
vous ont été dénoncées ; elles sont repetées en
differens
614 MERCURE DE FRANCE
differens endroits du corps de l'Ouvrage , et no
tamment à la fin dans un petit Traité qui paroît
séparé du reste du Livre , et auquel on a donné
le titre particulier de Parerga ex Theologia specu
lativa. Vous y verrez entr'autres , Messieurs
dans le corps du Livre , page 12. Papa utitur
plenitudine potestatis sua , et alii Pralati Ecclesiastici
suam quam habent potestatem , habent immediatè
à Papa.
>
Pag. 13. Christus concessit potestatem jurisdictionis
per Claves Ecclesia , concessit autem Claves
Ecclesia soli Petro : adeòque potestatem jurisdictionis
soli Petro immediatè commissit , et per Petrum ,
aut ejus Successorem Episcopis . Unde Papa potest
Episcopos à se institutos , electos et confirmatos deponere
, et potestatem jurisdictionis per electionem et
confirmationem illis concessam , auferre ab illis .
Page 17. Neque etiam Concilium Generale poestatem
habet immediatè à Christo , sed à Papá
et separatum à Papâ non annuente vel influente ,
potest errare , ejusque decreta non confirmata nullans .
veritatem , quoad fidem et mores , stabilire possunt ,
quia autoritas Concilii non procedit autoritate Episcoporum
, quia sicut unus illorum sic singuli errare
possunt ; sed ab autoritate Papa universaliter convocante
et approbante Concilium Generale.
Et dans le Parerga pag. 7. Solus divus Petrus
ejusque legitimi Successores Romani Pontifices , à
Christo Domino obtinuerunt primatum et regimen
monarchicum in Ecclesiâ militante , Autoritas Summi
Pontificis in definiendis et declaran is rebus fi→
dei , in ferendis sententiis et legibus pro totâ Ecclesia,
tam intra quam extra Concilium est infaillibi -
lis ; bocque est de fide.
A concilio, etiam ecumenico, licita est appellatio
ad Papam , sed à Papâ ad Concilium Generale non
licet appellare..
MARS . 1733. 615
Ces propositions ont été tant de fois condamnées
, et sont si directement contraires aux plus
précieuses Maximes du Royaume , qu'il suffit de
les lire et de les entendre , pour concevoir combien
elles sont repréhensibles . Nous ne croyons
donc pas necessaire de les combattre plus particulierement
, et nous sommes persuadez que la
simple lecture de ces propositions excitera votre
indignation , et que vous en préviendrez les dan,
gereuses consequences par un Arrêt digne de votre
zele et de votre juste séverité .
C'est ce qui nous a déterminés , Messieurs , à
prendre les conclusions que nous laissons par .
écrit avec ledit Livre.
Eux retirez :
Vu le Livre intitulé : Elenchus Privilegiorum
Regularium tam mendicantium quàm non mendicantium
maximè Cisterciensium , &c. Congestus à
P. Raphaële Kondig , c. Colonia Munatiana
apud Thurnisios Fratres anno 1729. après lequel
Ecrit est un autre intitulé : Parerga ex Theologia
speculativa : ensemble les conclusions du Procu
reur Generál du Roy. La matiere mise en déliberation.
Le Conseil ordonne , que le Livre intitulé :
Elenchus Privilegiorum Regularium tam Mendicantium
quam non mendicantium maximè Cisterciensium
, &c. Congestus à P. Raphaële Kondig
c. Colonia Munasiana apud Thurnisios Fratres ,
sera et demeurera supprimé , comme contenant
des propositions contraires aux droits de la Couronne
, à ceux de l'Episcopat , aux Loix et aux
Maximes du Royaume , aux Libertez de l'Eglise -
Gallicane , à l'autorité des Conciles Generaux
et notamment aux Décrets des Sessions 4. et 5 .
du Concile de Constance , et à ceux de la Session
16.
616 MERCURE DE FRANCE
16. du Concile de Basle. Enjoint à tous les Supe
rieurs Reguliers de l'Ordre de Câteaux , chacun
en ce qui le regarde , de tenir la main à ce qu'il
ne soit soutenu , ni enseigné directement ni indirectement
dans leurs Maisons , aucunes de ces
propostions ni autres contraires aux Maximes du
Royaume. Enjoint à tous ceux qui en auroient
des Exemplaires de les apporter au Greffe du
Conseil pour y être supprimez. Fait deffenses à
toutes personnes de les retenir , vendre et debiter.
Permet au Procureur General du Roy d'informer
contre les Auteurs , Libraires , Imprimeurs,
Distributeurs , pardevant Maître Jean Duchastelet
, Conseiller au Conseil , que le Conseil a commis
et commet à cet effet . Enjoint au Procureur
General du Roy de tenir la main à l'execution
du present Arrêt.
ARREST du Parlement , au sujet d'un
Libelle , & c.
Ce jour les Gens du Roy sont entrez , et
Maître Pierre-Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
MESSIEURS ,
Egalement surpris et indiguez , nous croyons
ne pouvoir trop tôt vous déferer le Libelle le plus
punissable , que depuis long-temps on ait va se
répandre dans le Public. La nécessité de le réprimer
et d'en poursuivre la vengeance , ne nous
permet pas de vous épargner ce qu'il offrira
d'odieux à vos regards , et dont sans ce devoir
indispensable nous craindrions que la
Majesté de cet auguste Sanctuaire ne fût en quelque
forte profanee.
Une Lettre insolente et séditieuse emprunte le
nona
MARS. 617 r༡༣༣ .
nom du feu Roy pour s'adresser au Roy lui- même,
et par un double attentat, ose compromettre deux
noms si sacrez , dans ce que la malignité et la calomnie
peuvent exhaler de plus noir et de plus
atroce. Rien n'est à couvert de ses traits empoisonnez;
ni la plus auguste naissance, ni le rang le plus
élevé , ni la plus sublime vertu , ni le caractere le
plus respectabe . La memoire du feu Roy , consacrée
à jamais par une gloire immortelle , s'y voir
outragée. L'oserons- nous dire ? Une plume audacieuse
porte jusqu'au Roy lui- même des atteintes
criminelles qui retombent sur ses fideles Sujets.
Depuis le jour heureux de sa naissance, objet continuel
de nos affections , de nos empressemens er
de nos soins ; si cher à ses Peuples , si digne de
l'être , on voudroit le faire douter d'un amour
qui les portera toujours à lui sacrifier jusqu'à
leur vie.
Serons-nous surpris que ceux qu'il honore de
sa confiance , et qu'il appelle à ses Conseils , malgré
leurs infatigables travaux , leur zele et leur
attachement inviolable à sa Personne , soient en
butte à un Ecrivain dont l'aversion est honorable,
et de qui les louanges blessent davantage que ses
traits les plus amers et les plus injurieux.
Quelque méprisable que soit l'Ouvrage en lu
même , ce qui ne l'est pas , c'est l'attentat qu'il
commet contre la Majesté du Prince , contre la
dignité et la grandeur de son Etat , contre la réputation
et la gloire de notre Nation , dont elle a
toujours été si jalouse ; c'est l'exemple pernicieux
qu'il donne d'une licence jusqu'à present inouie ,
et d'un désordre digne des plus severes châtimens.
Que ce Libelle criminel , ouvrage odieux de
tenebres , en éprouve en ce moment la rigueur ;
que flétri des titres qui lui appartiennent , s'il en
618 MERCURE DE FRANCE
est qui puissent exprimer sa noirceur , il soit expié
par les flammes. Que l'Auteur et ceux qui ont
pû se rendre les complices de son crime , n'échappent
pas , s'il est possible , à toutes les voyes légitimes
que notre Ministere employe pour la
recherche des Coupables. Ce sont , Messieurs , les
principales vûes des Conclusions que nous ap--
portons à la Cour , accompagnées des Exemplaires
du Libelle qui sont tombez entre nos mains.
Eux retirez ;
Vu le Libelle imprimé , intitulé : Lettre de
LOUIS XIV . à LOUIS XV. contenant
dix-huit pages in 4. La matiere sur ce mise en
déliberation.
La Cour a ordonné et ordonne , que ledit Li
belle sera laceré et brulé en la Cour du Palais , au
pied du grand Escalier d'icelui par l'Executeur de
la haute Juftice , comme séditieux , calomnieux
et injurieux à la Majesté et à l'autorité Royale.
Fait très- expresses inhibitions et deffenses à tous
Libraires , Imprimeurs , Colpolteurs , et à tous
autres de l'imprimer , vendre et debiter , ou autrement
distribuer en quelque maniere que ce
puisse être , sur peine d'être poursuivis comme
criminels de léze - Majesté. Enjoint à tous ceux
qui en ont ou qui en auroient des Exemplaires ,
de les remettre incessamment au Greffe de la.
Cour , pour y être supprimez ; ordonne qu'à la
requête du Procureur General du Roy , il sera
informé pardevant Maître Anne- Charles Goislard,
Conseiller , contre ceux qui ont composé
imprimé , vendu , débité ou distribué ledit Libelle
ou qui pourroient l'imprimer , le vendre , débiter
ou distribuer à l'avenir en quelque sorte et
maniere que ce pût être ; et que pareillement il en
sera informé contre iceux à la requête du Procureur
MARS. 1733 . 619
reur General du Roy , poursuite et diligence de
ses Substituts , devant les Lieutenans Criminels ,
ou autres premiers Officiers des Bailliages et Sénechaussées
, ou autres Juges des cas Royaux ,
pour les témoins qui pourroient se trouver dans
P'étendue desdits Sieges , et les contraventions
qui auroient pû être faites , ou seroient faites à
l'avenir à ce sujet ; permet à cet effet au Procureur
General du Roy d'obtenir , et faire publier
Monitoires en forme de Droit ; pour les informations
faites , rapportées et communiquées au
Procureur General du Roy , être par lui requis ,
et par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra ; et
qu'à cet effet un des exemplaires dudit Libelle
sera et demeurera déposé au Greffe de la Cour ,
et paraphé par ledit Conseiller et par un des Substituts
du Procureur General du Roy pour servir
à conviction , et que copies collationnées du présent
Arrêt seront envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées
du Ressort , pour y être lû , publié
er enregistré , et affiché par tout où besoin sera .
Enjoint aux Substituts du Procureur General du
Roy d'y tenir la main , et d'en certifier la Cour
dans le mois. Fait en Parlement le 20. Mars 1720.
Signé , YSA BE A U.
Et le 21. Mars 1733. à la levée de la Cour en
execution du susdit Arrêt , le Libelle y mentionné a
étélaceré et jetté aufeu par l'Executeur de la haute
Justice , au bas du grand Escalier du Palais , en
présence de nous Etienne -Henry Tsabeau , l'un das
trois premiers et principaux Commis pour la Grand-
Chambre , assisté de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé Y SABEAU.
ARREST du Grand - Conseil du 26. Mars
1733. rendu après une Plaidoirie de 18. Audiances
,
620 MERCURE DE FRANCE
ces , en faveur de l'Abbé de Cîteaux , Chef es
General de son Ordre , contre les Abbez de la
Ferté , de Clairvaux et de Pontigny , au sujet du
College établi dans la Ville de Toulouse , concernant
les Religieux Etudians des Abbayes situées
dans les Ressorts des Parlemens de Toulou-.
se , de Bordeaux et de Pau , quoique de differentes
Filiations , conformément aux Conclusions
de M. Bignon , Avocat General , dont le Discours
, rempli d'éloquence et digne de son nom
a tenu deux Séances entieres.
RDONNANCE DU ROY , du 17.
Février,contre les prétendus Convulsion
naires , par laquelle il est dit :
Que Sa Majesté étant informée que depuis
l'Ordonnance qu'elle a rendue le 27. Janvier .
1732. pour faire fermer le petit Cimetiere de
S. Medard , plusieurs personnes , par un déreglement
d'imagination , ou par un esprit d'imposture
, se prétendent attaquées de convulsions , et
qu'elles se donnent même en spectacle dans des
maisons particulieres , pour abuser de la crédulité
du Peuple , et faire naître un fanatisme déja trop
semblable , par de chimeriques Propheties à celui
qu'on a vu dans d'autres temps . Et comme
rien n'est plus important que d'arrêter , par les
voyes les plus efficaces et les plus promptes , de
pareils excès , toujours dangereux pour la Religion
, et contraires à toutes les loix de la police ,
qui ont été faites pour empêcher toute sorte de
Concours du peuple et d'assemblées illicites ;
1 vj
S.
612 MERCURE DE FRANCE
S. M. a crû devoir encore interposer son autorite
sur un sujet aussi important pour la tranquillité
publique, et marquer de nouveau toute son indignation
contre les Auteurs d'un pareil scandale :
A ces causes , S. M. a fait très- expresses inhibitions
et deffenses à toutes personnes se prétendant
attaquées de convulsions , de se donner en
spectacle au Public , ni même de souffrir dans
leurs maisons , dans leurs chambres ou autres
lieux , aucuns concours ou assemblées , à peine
d'emprisonnement de leur personne , et d'être
poursuivis extraordinairement comme séducteurs
et perturbateurs du repos public . Deffend
pareillement à tous ses Suiets , sous peine de
desobéissance , d'aller voir , ni visiter lesdites
personnes , sous prétexte d'être témoins de leurs
prétendues convulsions : enjoint S. M. au sieur
Heraut , Conseiller d'Etat , Lieutenant General
de Police de la Ville , Prévôté et Vicomté
de Paris , et aux sieurs Intendans départis dans
les Provinces , de faire toutes les diligences nécessaires
pour l'execution de la présente Ordonnance
, & c .
ARREST du 24. Février , qui ordonne
l'execution de plusieurs Sentences et Arrêts rendus
par les Juges des Fermes en Languedoc er
Provence ; par lesquels il a été prononcé des
confiscations , amendes et peines de Galeres contre
differens Patrons et Matelots Catalans , convaincus
de fauxsaunage et d'introduction de faux
Tabacs et autres Marchandises de contrebande ;
et cependant , par grace et sans tirer à conséquence
, leur fait main- levée de partie desdites
Marchandises et amendes.
AUTRE
MARS. 1733. G13
AUTRE du 8. Mars , qui permet la sortie
à l'Etranger des vieux linges , vieux drapeaux ,
drilles et pattes , rogneures de peaux et parchemin
et autres semblables matieres servant à la
fabrication du papier , en payant trente livres du
cent pesant.
ARREST DU GRAND CONSEIL ,
du 17. Mars , qui ordonne la suppression d'un
Livre , &c.
Ce jour , les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Armand- Jerôme Bignon , Avocat dudit Sei
gneur Roy , portant la parole , ont dit :
MES.SIEURS ,
On nous remit le dernier jour à votre Audien
ce le Livre que vous voyez entre nos mains ; il est
imprimé sans Privilege à Lyon en 1729. On y
donne à cette Ville le nom de Colonia Munatia→
na , qui n'est pas celui sous lequel elle est connue
ordinairement.
Quelqu'étonnant qu'il soit que des Libraires
osent en France hazarder l'impression d'un Livre,.
sans y être autorisez par les formalitez ordinaires
si justement établies , il est plus étonnant encore
qu'un Religieux demeurant dans le Royaume
, s'écarte si extraordinairement des principes
fondamentaux de la Doctrine de l'Eglise Gallicane.
Mais ce qui nous semble de plus surprenant
encore , c'est qu'il paroisse à la tête d'un Ouvrade
cette nature l'Approbation et la Permission
d'imprimer données par l'Abbé general de Cîge
teaux .
Ce seroit abuser de votre Audience que de s'é
tendre en longs discours sur les propositions qui
vous ont été dénoncées ; elles sont repetées en
differens
614 MERCURE DE FRANCE
differens endroits du corps de l'Ouvrage , et no
tamment à la fin dans un petit Traité qui paroît
séparé du reste du Livre , et auquel on a donné
le titre particulier de Parerga ex Theologia specu
lativa. Vous y verrez entr'autres , Messieurs
dans le corps du Livre , page 12. Papa utitur
plenitudine potestatis sua , et alii Pralati Ecclesiastici
suam quam habent potestatem , habent immediatè
à Papa.
>
Pag. 13. Christus concessit potestatem jurisdictionis
per Claves Ecclesia , concessit autem Claves
Ecclesia soli Petro : adeòque potestatem jurisdictionis
soli Petro immediatè commissit , et per Petrum ,
aut ejus Successorem Episcopis . Unde Papa potest
Episcopos à se institutos , electos et confirmatos deponere
, et potestatem jurisdictionis per electionem et
confirmationem illis concessam , auferre ab illis .
Page 17. Neque etiam Concilium Generale poestatem
habet immediatè à Christo , sed à Papá
et separatum à Papâ non annuente vel influente ,
potest errare , ejusque decreta non confirmata nullans .
veritatem , quoad fidem et mores , stabilire possunt ,
quia autoritas Concilii non procedit autoritate Episcoporum
, quia sicut unus illorum sic singuli errare
possunt ; sed ab autoritate Papa universaliter convocante
et approbante Concilium Generale.
Et dans le Parerga pag. 7. Solus divus Petrus
ejusque legitimi Successores Romani Pontifices , à
Christo Domino obtinuerunt primatum et regimen
monarchicum in Ecclesiâ militante , Autoritas Summi
Pontificis in definiendis et declaran is rebus fi→
dei , in ferendis sententiis et legibus pro totâ Ecclesia,
tam intra quam extra Concilium est infaillibi -
lis ; bocque est de fide.
A concilio, etiam ecumenico, licita est appellatio
ad Papam , sed à Papâ ad Concilium Generale non
licet appellare..
MARS . 1733. 615
Ces propositions ont été tant de fois condamnées
, et sont si directement contraires aux plus
précieuses Maximes du Royaume , qu'il suffit de
les lire et de les entendre , pour concevoir combien
elles sont repréhensibles . Nous ne croyons
donc pas necessaire de les combattre plus particulierement
, et nous sommes persuadez que la
simple lecture de ces propositions excitera votre
indignation , et que vous en préviendrez les dan,
gereuses consequences par un Arrêt digne de votre
zele et de votre juste séverité .
C'est ce qui nous a déterminés , Messieurs , à
prendre les conclusions que nous laissons par .
écrit avec ledit Livre.
Eux retirez :
Vu le Livre intitulé : Elenchus Privilegiorum
Regularium tam mendicantium quàm non mendicantium
maximè Cisterciensium , &c. Congestus à
P. Raphaële Kondig , c. Colonia Munatiana
apud Thurnisios Fratres anno 1729. après lequel
Ecrit est un autre intitulé : Parerga ex Theologia
speculativa : ensemble les conclusions du Procu
reur Generál du Roy. La matiere mise en déliberation.
Le Conseil ordonne , que le Livre intitulé :
Elenchus Privilegiorum Regularium tam Mendicantium
quam non mendicantium maximè Cisterciensium
, &c. Congestus à P. Raphaële Kondig
c. Colonia Munasiana apud Thurnisios Fratres ,
sera et demeurera supprimé , comme contenant
des propositions contraires aux droits de la Couronne
, à ceux de l'Episcopat , aux Loix et aux
Maximes du Royaume , aux Libertez de l'Eglise -
Gallicane , à l'autorité des Conciles Generaux
et notamment aux Décrets des Sessions 4. et 5 .
du Concile de Constance , et à ceux de la Session
16.
616 MERCURE DE FRANCE
16. du Concile de Basle. Enjoint à tous les Supe
rieurs Reguliers de l'Ordre de Câteaux , chacun
en ce qui le regarde , de tenir la main à ce qu'il
ne soit soutenu , ni enseigné directement ni indirectement
dans leurs Maisons , aucunes de ces
propostions ni autres contraires aux Maximes du
Royaume. Enjoint à tous ceux qui en auroient
des Exemplaires de les apporter au Greffe du
Conseil pour y être supprimez. Fait deffenses à
toutes personnes de les retenir , vendre et debiter.
Permet au Procureur General du Roy d'informer
contre les Auteurs , Libraires , Imprimeurs,
Distributeurs , pardevant Maître Jean Duchastelet
, Conseiller au Conseil , que le Conseil a commis
et commet à cet effet . Enjoint au Procureur
General du Roy de tenir la main à l'execution
du present Arrêt.
ARREST du Parlement , au sujet d'un
Libelle , & c.
Ce jour les Gens du Roy sont entrez , et
Maître Pierre-Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
MESSIEURS ,
Egalement surpris et indiguez , nous croyons
ne pouvoir trop tôt vous déferer le Libelle le plus
punissable , que depuis long-temps on ait va se
répandre dans le Public. La nécessité de le réprimer
et d'en poursuivre la vengeance , ne nous
permet pas de vous épargner ce qu'il offrira
d'odieux à vos regards , et dont sans ce devoir
indispensable nous craindrions que la
Majesté de cet auguste Sanctuaire ne fût en quelque
forte profanee.
Une Lettre insolente et séditieuse emprunte le
nona
MARS. 617 r༡༣༣ .
nom du feu Roy pour s'adresser au Roy lui- même,
et par un double attentat, ose compromettre deux
noms si sacrez , dans ce que la malignité et la calomnie
peuvent exhaler de plus noir et de plus
atroce. Rien n'est à couvert de ses traits empoisonnez;
ni la plus auguste naissance, ni le rang le plus
élevé , ni la plus sublime vertu , ni le caractere le
plus respectabe . La memoire du feu Roy , consacrée
à jamais par une gloire immortelle , s'y voir
outragée. L'oserons- nous dire ? Une plume audacieuse
porte jusqu'au Roy lui- même des atteintes
criminelles qui retombent sur ses fideles Sujets.
Depuis le jour heureux de sa naissance, objet continuel
de nos affections , de nos empressemens er
de nos soins ; si cher à ses Peuples , si digne de
l'être , on voudroit le faire douter d'un amour
qui les portera toujours à lui sacrifier jusqu'à
leur vie.
Serons-nous surpris que ceux qu'il honore de
sa confiance , et qu'il appelle à ses Conseils , malgré
leurs infatigables travaux , leur zele et leur
attachement inviolable à sa Personne , soient en
butte à un Ecrivain dont l'aversion est honorable,
et de qui les louanges blessent davantage que ses
traits les plus amers et les plus injurieux.
Quelque méprisable que soit l'Ouvrage en lu
même , ce qui ne l'est pas , c'est l'attentat qu'il
commet contre la Majesté du Prince , contre la
dignité et la grandeur de son Etat , contre la réputation
et la gloire de notre Nation , dont elle a
toujours été si jalouse ; c'est l'exemple pernicieux
qu'il donne d'une licence jusqu'à present inouie ,
et d'un désordre digne des plus severes châtimens.
Que ce Libelle criminel , ouvrage odieux de
tenebres , en éprouve en ce moment la rigueur ;
que flétri des titres qui lui appartiennent , s'il en
618 MERCURE DE FRANCE
est qui puissent exprimer sa noirceur , il soit expié
par les flammes. Que l'Auteur et ceux qui ont
pû se rendre les complices de son crime , n'échappent
pas , s'il est possible , à toutes les voyes légitimes
que notre Ministere employe pour la
recherche des Coupables. Ce sont , Messieurs , les
principales vûes des Conclusions que nous ap--
portons à la Cour , accompagnées des Exemplaires
du Libelle qui sont tombez entre nos mains.
Eux retirez ;
Vu le Libelle imprimé , intitulé : Lettre de
LOUIS XIV . à LOUIS XV. contenant
dix-huit pages in 4. La matiere sur ce mise en
déliberation.
La Cour a ordonné et ordonne , que ledit Li
belle sera laceré et brulé en la Cour du Palais , au
pied du grand Escalier d'icelui par l'Executeur de
la haute Juftice , comme séditieux , calomnieux
et injurieux à la Majesté et à l'autorité Royale.
Fait très- expresses inhibitions et deffenses à tous
Libraires , Imprimeurs , Colpolteurs , et à tous
autres de l'imprimer , vendre et debiter , ou autrement
distribuer en quelque maniere que ce
puisse être , sur peine d'être poursuivis comme
criminels de léze - Majesté. Enjoint à tous ceux
qui en ont ou qui en auroient des Exemplaires ,
de les remettre incessamment au Greffe de la.
Cour , pour y être supprimez ; ordonne qu'à la
requête du Procureur General du Roy , il sera
informé pardevant Maître Anne- Charles Goislard,
Conseiller , contre ceux qui ont composé
imprimé , vendu , débité ou distribué ledit Libelle
ou qui pourroient l'imprimer , le vendre , débiter
ou distribuer à l'avenir en quelque sorte et
maniere que ce pût être ; et que pareillement il en
sera informé contre iceux à la requête du Procureur
MARS. 1733 . 619
reur General du Roy , poursuite et diligence de
ses Substituts , devant les Lieutenans Criminels ,
ou autres premiers Officiers des Bailliages et Sénechaussées
, ou autres Juges des cas Royaux ,
pour les témoins qui pourroient se trouver dans
P'étendue desdits Sieges , et les contraventions
qui auroient pû être faites , ou seroient faites à
l'avenir à ce sujet ; permet à cet effet au Procureur
General du Roy d'obtenir , et faire publier
Monitoires en forme de Droit ; pour les informations
faites , rapportées et communiquées au
Procureur General du Roy , être par lui requis ,
et par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra ; et
qu'à cet effet un des exemplaires dudit Libelle
sera et demeurera déposé au Greffe de la Cour ,
et paraphé par ledit Conseiller et par un des Substituts
du Procureur General du Roy pour servir
à conviction , et que copies collationnées du présent
Arrêt seront envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées
du Ressort , pour y être lû , publié
er enregistré , et affiché par tout où besoin sera .
Enjoint aux Substituts du Procureur General du
Roy d'y tenir la main , et d'en certifier la Cour
dans le mois. Fait en Parlement le 20. Mars 1720.
Signé , YSA BE A U.
Et le 21. Mars 1733. à la levée de la Cour en
execution du susdit Arrêt , le Libelle y mentionné a
étélaceré et jetté aufeu par l'Executeur de la haute
Justice , au bas du grand Escalier du Palais , en
présence de nous Etienne -Henry Tsabeau , l'un das
trois premiers et principaux Commis pour la Grand-
Chambre , assisté de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé Y SABEAU.
ARREST du Grand - Conseil du 26. Mars
1733. rendu après une Plaidoirie de 18. Audiances
,
620 MERCURE DE FRANCE
ces , en faveur de l'Abbé de Cîteaux , Chef es
General de son Ordre , contre les Abbez de la
Ferté , de Clairvaux et de Pontigny , au sujet du
College établi dans la Ville de Toulouse , concernant
les Religieux Etudians des Abbayes situées
dans les Ressorts des Parlemens de Toulou-.
se , de Bordeaux et de Pau , quoique de differentes
Filiations , conformément aux Conclusions
de M. Bignon , Avocat General , dont le Discours
, rempli d'éloquence et digne de son nom
a tenu deux Séances entieres.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le document présente plusieurs ordonnances et arrêts royaux concernant divers sujets. Le 17 février 1733, une ordonnance royale condamne les 'convulsionnaires', des individus se prétendant atteints de convulsions pour abuser de la crédulité publique et propager un fanatisme dangereux. L'ordonnance interdit toute assemblée ou spectacle lié à ces convulsions, sous peine d'emprisonnement et de poursuites. Le 24 février, un arrêt ordonne l'exécution de sentences contre des contrebandiers catalans, tout en leur accordant une grâce partielle. Le 8 mars, un autre arrêt autorise l'exportation de vieux textiles et matériaux de papeterie contre une taxe. Le 17 mars, le Grand Conseil supprime un livre intitulé 'Elenchus Privilegiorum Regularium' pour ses propositions contraires aux droits de la Couronne et aux libertés de l'Église Gallicane. Enfin, le Parlement condamne un libelle séditieux et injurieux envers la royauté, ordonnant sa destruction et la poursuite de ses auteurs et distributeurs. Le document décrit également une série d'événements juridiques et administratifs relatifs à un arrêt parlementaire. Le 20 mars 1720, un arrêt a été signé par un conseiller et un substitut du Procureur Général du Roi. Cet arrêt devait être envoyé aux bailliages et sénéchaussées pour y être lu, publié, enregistré et affiché. Les substituts du Procureur Général du Roi étaient chargés de veiller à son exécution et d'en certifier la Cour dans le mois. Le 21 mars 1733, un libelle mentionné dans l'arrêt a été lacéré et brûlé par l'exécuteur de la haute justice au bas du grand escalier du Palais, en présence d'Étienne-Henry Tsabeau, l'un des principaux commis de la Grand-Chambre, assisté de deux huissiers. Le 26 mars 1733, un arrêt du Grand Conseil a été rendu après une plaidoirie de 18 audiences. Cet arrêt concernait un différend entre l'Abbé de Cîteaux, Chef général de son Ordre, et les Abbés de la Ferté, de Clairvaux et de Pontigny, au sujet d'un collège établi à Toulouse. Le différend impliquait les religieux étudiants des abbayes situées dans les ressorts des parlements de Toulouse, Bordeaux et Pau, indépendamment de leurs filiations. Le discours de M. Bignon, Avocat Général, a tenu deux séances entières et a été jugé éloquent.
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291
p. 814-816
« Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
Début :
Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...]
Mots clefs :
Poncet de la Rivière, Duc d'Orléans, Roi, Carrosse, Détachement, Duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
L
E jour du Jeudi Saint , 2. Avril , le Roy en
tendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Ri
iere , Grand- Vicaire de l'Evêque de Sécz , après
quoi l'Evêque de Dijon fit l'Absoute. Ensuite le
Roy lava les pieds à douze pauvres , et S. M.
les servit à tacle, Le Duc de Bourbon , Grand-
Maître de la Maison du Roy , à la tête des Maîtres
d'Hôtel , précedoit le Service , dont les plats
étoient portez par le Comte de Charolois , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes , le Comte d'Eu et par les principaux
Officiers de S. M. Après cette Ceremonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château , ou
S. M. entendit la grande Messe , et assista à la
Procession et ensuite aux Vêpres .
Monseigneur le Duc d'Anjou mourut à Versailles
le 7. de ce mois vers les neuf heures du
matin , âgé de deux ans , sept mois et huit jours ,
étant né le 30. Août 1730. Le Roy et la Reine ,
qui avoient donné de grandes marques de sensibilité
à la mort de Madame de France , ont été
extrémement touchez de la perte de ce Prince.
Son Corps fut porté le même jour au soir , de
Versailles au Palais des Tuilleries . Le lendemain
'A VRÍL .
1733. 815
fat ouvert , embaumé , et mis dans le cercueil .
Le 9. vers les 7. heures du soir , il fut porté à
l'Abbaye Royale de S. Denis. La marche se fit
dans l'ordre suivant : Deux carosses du Roi , dans
lesquels étoient les femmes de Chambre de Mon
seigneur le Duc d'Anjou ; un troisième carosse
de S. M. où étoient les huit Gentilshommes otdinaires
, destinez à porter le Cercueil , et les
quatre coins du Poële de drap d'argent , qui le
couvroit. Un détachement de la seconde Compagnie
des Mousquetaires ; un pareil détachement
de la premiere Compagnie ; un détachement da
Quartier des Chevaux-Legers ; des Pages de la
grande et de la petite Ecurie du Roy , et des Pa
ges de la Reine , étoient à cheval devant le Carosse
dans lequel étoit le Corps'; des Valets de
pied de L. M. entouroient ce Ĉarosse , après lequel
marchoient un détachement des Gardes du
Corps et celui du Quartier des Gendarmes ; ils
portoient tous des flambeaux.
M. le Duc d'Orleans menoit le deüil ; M. l'Abbe
de Bellefonds , Aumônier du Roy de Quartier,
étoit à la droite dans le fond , portant le coeur z
M. le Duc d'Orleans à sa gauche , Mad. la Du
chesse de Tallard , Gouvernante des Enfans de
France , étoit vis - à- vis le Coeur. M: le Due de
Brissac , vis-à- vis de M. le Duc d'Orleans , avec
qui il étoit. A la Portiere droite , M. l'Abbé de
Brancas , Aumônier du Roy , et à la gauche
Mad, de Villefort , Sous- Gouvernante des Enfans
de France. Après le Carosse du Corps , celui de
M. le Duc d'Orleans , celui de Mad. la Duchesse
de Tallard , et celui de M. le Duc de Brissac fermoit
le Cortege. Les Carosses de la suite formoient
devant le même ordre.
Le Convoi arriva à l'Abbaye de S. Denis vers
I iij les
816 MERCURE DE FRANCE
les dix heures du soir ; l'Abbé de Bellefonds , pré
senta le Corps au Prieur de l'Abbaye , et il fit
Pinhumation. Après cette Ceremonie , le Coeur
fut porté dans le même Carosse à l'Abbaye Roya
le du Val de Grace.
E jour du Jeudi Saint , 2. Avril , le Roy en
tendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Ri
iere , Grand- Vicaire de l'Evêque de Sécz , après
quoi l'Evêque de Dijon fit l'Absoute. Ensuite le
Roy lava les pieds à douze pauvres , et S. M.
les servit à tacle, Le Duc de Bourbon , Grand-
Maître de la Maison du Roy , à la tête des Maîtres
d'Hôtel , précedoit le Service , dont les plats
étoient portez par le Comte de Charolois , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes , le Comte d'Eu et par les principaux
Officiers de S. M. Après cette Ceremonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château , ou
S. M. entendit la grande Messe , et assista à la
Procession et ensuite aux Vêpres .
Monseigneur le Duc d'Anjou mourut à Versailles
le 7. de ce mois vers les neuf heures du
matin , âgé de deux ans , sept mois et huit jours ,
étant né le 30. Août 1730. Le Roy et la Reine ,
qui avoient donné de grandes marques de sensibilité
à la mort de Madame de France , ont été
extrémement touchez de la perte de ce Prince.
Son Corps fut porté le même jour au soir , de
Versailles au Palais des Tuilleries . Le lendemain
'A VRÍL .
1733. 815
fat ouvert , embaumé , et mis dans le cercueil .
Le 9. vers les 7. heures du soir , il fut porté à
l'Abbaye Royale de S. Denis. La marche se fit
dans l'ordre suivant : Deux carosses du Roi , dans
lesquels étoient les femmes de Chambre de Mon
seigneur le Duc d'Anjou ; un troisième carosse
de S. M. où étoient les huit Gentilshommes otdinaires
, destinez à porter le Cercueil , et les
quatre coins du Poële de drap d'argent , qui le
couvroit. Un détachement de la seconde Compagnie
des Mousquetaires ; un pareil détachement
de la premiere Compagnie ; un détachement da
Quartier des Chevaux-Legers ; des Pages de la
grande et de la petite Ecurie du Roy , et des Pa
ges de la Reine , étoient à cheval devant le Carosse
dans lequel étoit le Corps'; des Valets de
pied de L. M. entouroient ce Ĉarosse , après lequel
marchoient un détachement des Gardes du
Corps et celui du Quartier des Gendarmes ; ils
portoient tous des flambeaux.
M. le Duc d'Orleans menoit le deüil ; M. l'Abbe
de Bellefonds , Aumônier du Roy de Quartier,
étoit à la droite dans le fond , portant le coeur z
M. le Duc d'Orleans à sa gauche , Mad. la Du
chesse de Tallard , Gouvernante des Enfans de
France , étoit vis - à- vis le Coeur. M: le Due de
Brissac , vis-à- vis de M. le Duc d'Orleans , avec
qui il étoit. A la Portiere droite , M. l'Abbé de
Brancas , Aumônier du Roy , et à la gauche
Mad, de Villefort , Sous- Gouvernante des Enfans
de France. Après le Carosse du Corps , celui de
M. le Duc d'Orleans , celui de Mad. la Duchesse
de Tallard , et celui de M. le Duc de Brissac fermoit
le Cortege. Les Carosses de la suite formoient
devant le même ordre.
Le Convoi arriva à l'Abbaye de S. Denis vers
I iij les
816 MERCURE DE FRANCE
les dix heures du soir ; l'Abbé de Bellefonds , pré
senta le Corps au Prieur de l'Abbaye , et il fit
Pinhumation. Après cette Ceremonie , le Coeur
fut porté dans le même Carosse à l'Abbaye Roya
le du Val de Grace.
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Résumé : « Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
Le 2 avril, le roi écouta un sermon lors du Jeudi Saint, suivi de l'absoute par l'évêque de Dijon. Il lava ensuite les pieds de douze pauvres et les servit à table, une cérémonie dirigée par le duc de Bourbon et des nobles tels que le comte de Charolois et le comte de Clermont. Après cette cérémonie, le roi se rendit à la chapelle du château pour la messe, la procession et les vêpres. Le 7 avril, le duc d'Anjou mourut à Versailles à l'âge de deux ans, sept mois et huit jours. Le roi et la reine montrèrent une grande sensibilité à cette perte. Le corps du duc fut transporté aux Tuileries pour être embaumé et mis en cercueil. Le 9 avril, le cercueil fut transporté à l'Abbaye Royale de Saint-Denis, accompagné de plusieurs carrosses et détachements militaires. Le duc d'Orléans menait le deuil, accompagné de l'abbé de Bellefonds, de la duchesse de Tallard et du duc de Brissac. Le cœur du duc d'Anjou fut ensuite transporté à l'Abbaye Royale du Val-de-Grâce.
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292
p. 816-817
« Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Début :
Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...]
Mots clefs :
Composition, Musique, Maure, Compagnie, Reine, Concert spirituel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le Jeudy Saint 2. Avril , le Concert Spirituel
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
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Résumé : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le 2 avril, un concert du Concert Spirituel eut lieu au Château des Tuileries. Bononcini présenta un Miserere, avec la demoiselle Erremens interprétant des récits au goût italien. La demoiselle Le Maure chanta un nouveau Pange lingua, alternant avec les chœurs sur des extraits de Jephté et de la Bergerie de Roland. M. Mouret ajouta des versets musicaux, acclamés par le public. Le concert fut interrompu trois jours en raison du décès du Duc d'Anjou, puis reprit jusqu'au dimanche de Quasimodo. Les demoiselles Erremens, Le Maure, Courvasier et Lenner, ainsi que le sieur Massé, chantèrent divers motets nouveaux. Le sieur Sommis, violoniste du Roi de Sardaigne, exécuta des sonates et concertos avec maîtrise. Le 10 avril, le psaume Exultate justi de Bordier fut exécuté et applaudi. Le 25 mars, l'Abbé de Fitzjames chanta sa première messe à l'Abbaye Royale de Saint-Victor. Le 25 avril, la loterie de la Compagnie des Indes fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 314 actions.
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293
p. 817-819
BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
Début :
L'Abbaye Commendataire de Bardoüe, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Auch, vacante par le [...]
Mots clefs :
Décès, Abbaye commendataire, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
BENEFICES DONNEZ
le 4. Avril 1733.
'Abbaye Commandataire de Bardoüe , Ordre
Lde Citraux ,Diocèse d'Auch , vacante par le
décès de M. de Montesquiou Préchac , en faveur
de M. Jean-Marie Henrion, Evêque de Boulogne .
L'Abbaye Commandataire de S. Ligaire , Or
dre de S. Benoît, Diocèse de Saintes , vacante par
le décès du dernier Commandataire , en faveur
de l'Abbé d'Harcourt , Prêtre et Doyen de Notre-
Dame de Paris...
I išiji.. L'Ab
818 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de
Beaulieu , Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres,
vacante par la démission de M. de Bonsens des
Epinetz , en faveur de M. Savary , Bachelier de
Sorbonne .
L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Bourges , vacante par le
déceds de M. Bruel , en faveur de M. du Mans ,
Prêtre , Conseiller au Parlement de Paris.
L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine ,
Ordre de Prémontré, Diocèse de Troye , vacante
par la démission de M. le Febvre des Chevaliers ,
en faveur de M. de Cicery , Prédicateur ordinaire
de la Reine.
L'Abbaye d'Espagne , Ordre de Citeaux , Diocèse
d'Amiens , vacante par la démission de la
Dame Lambert de Thorigny , en faveur de la
Dame de Castellane , Religieuse de l'Ordre de
sainte Claire Urbaniste.
L'Abbaye de Bonneville , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Rouen , vacante par le décès de la
Dame d'Aubigny , en faveur de la Dame de
Lausans , Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye Réguliere de Barbery , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Bayeux , vacante par le décès
-de Dame de Lastour , en faveur de Dame Fitshabert
, Abbesse Réguliere de la Pieté- Dieu , da
même Ordre.
L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Langres , vacante par le
décès de M. Trudaine , en faveur de M. de Quéselin
, Aumônier du Roy.
Le Prieuré Commandataire et Electif de Boscachard
, Ordre de Saint Augustin , Diocèse de
Rouen , vacant par le décès de M, Brochand ,
en faveur de M. François-Firmin Trudaine,Evê
que de Senlis.
•
AVRIL. 1733. 819
Y
L'Abbaye Commandataire de Murceaux , Ordre
de Prémontré , Diocèse de Toul , vacante
par le décès de M. de l'Aigle , en faveur de M.de
Foyal de Donnery , Docteur en Théologie.
L'Evêché de Dacqs , vacant par le décès de
M.d'Abbadie d'Arboucave,en faveur de M.d'Audigue
, Doyen , et Vicaire General de Luçon,
le 4. Avril 1733.
'Abbaye Commandataire de Bardoüe , Ordre
Lde Citraux ,Diocèse d'Auch , vacante par le
décès de M. de Montesquiou Préchac , en faveur
de M. Jean-Marie Henrion, Evêque de Boulogne .
L'Abbaye Commandataire de S. Ligaire , Or
dre de S. Benoît, Diocèse de Saintes , vacante par
le décès du dernier Commandataire , en faveur
de l'Abbé d'Harcourt , Prêtre et Doyen de Notre-
Dame de Paris...
I išiji.. L'Ab
818 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de
Beaulieu , Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres,
vacante par la démission de M. de Bonsens des
Epinetz , en faveur de M. Savary , Bachelier de
Sorbonne .
L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Bourges , vacante par le
déceds de M. Bruel , en faveur de M. du Mans ,
Prêtre , Conseiller au Parlement de Paris.
L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine ,
Ordre de Prémontré, Diocèse de Troye , vacante
par la démission de M. le Febvre des Chevaliers ,
en faveur de M. de Cicery , Prédicateur ordinaire
de la Reine.
L'Abbaye d'Espagne , Ordre de Citeaux , Diocèse
d'Amiens , vacante par la démission de la
Dame Lambert de Thorigny , en faveur de la
Dame de Castellane , Religieuse de l'Ordre de
sainte Claire Urbaniste.
L'Abbaye de Bonneville , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Rouen , vacante par le décès de la
Dame d'Aubigny , en faveur de la Dame de
Lausans , Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye Réguliere de Barbery , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Bayeux , vacante par le décès
-de Dame de Lastour , en faveur de Dame Fitshabert
, Abbesse Réguliere de la Pieté- Dieu , da
même Ordre.
L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Langres , vacante par le
décès de M. Trudaine , en faveur de M. de Quéselin
, Aumônier du Roy.
Le Prieuré Commandataire et Electif de Boscachard
, Ordre de Saint Augustin , Diocèse de
Rouen , vacant par le décès de M, Brochand ,
en faveur de M. François-Firmin Trudaine,Evê
que de Senlis.
•
AVRIL. 1733. 819
Y
L'Abbaye Commandataire de Murceaux , Ordre
de Prémontré , Diocèse de Toul , vacante
par le décès de M. de l'Aigle , en faveur de M.de
Foyal de Donnery , Docteur en Théologie.
L'Evêché de Dacqs , vacant par le décès de
M.d'Abbadie d'Arboucave,en faveur de M.d'Audigue
, Doyen , et Vicaire General de Luçon,
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Résumé : BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
Le document du Mercure de France du 4 avril 1733 annonce plusieurs nominations à des postes ecclésiastiques vacants. L'Abbaye Commandataire de Bardoüe, Ordre de Citeaux, Diocèse d'Auch, est attribuée à M. Jean-Marie Henrion, Évêque de Boulogne, suite au décès de M. de Montesquiou Préchac. L'Abbaye Commandataire de Saint-Liguaire, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Saintes, est confiée à l'Abbé d'Harcourt, Prêtre et Doyen de Notre-Dame de Paris, après le décès du dernier Commandataire. L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de Beaulieu, Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres, est donnée à M. Savary, Bachelier de Sorbonne, à la suite de la démission de M. de Bonsens des Epinetz. L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre de Citeaux, Diocèse de Bourges, est attribuée à M. du Mans, Prêtre et Conseiller au Parlement de Paris, après le décès de M. Bruel. L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine, Ordre de Prémontré, Diocèse de Troyes, est confiée à M. de Cicery, Prédicateur ordinaire de la Reine, suite à la démission de M. le Febvre des Chevaliers. L'Abbaye d'Espagne, Ordre de Citeaux, Diocèse d'Amiens, est attribuée à la Dame de Castellane, Religieuse de l'Ordre de sainte Claire Urbaniste, après la démission de la Dame Lambert de Thorigny. L'Abbaye de Bonneville, Ordre de Citeaux, Diocèse de Rouen, est confiée à la Dame de Lausans, Religieuse du même Ordre, suite au décès de la Dame d'Aubigny. L'Abbaye Régulière de Barbery, Ordre de Citeaux, Diocèse de Bayeux, est attribuée à Dame Fitshabert, Abbesse Régulière de la Pieté-Dieu, après le décès de la Dame de Lastour. L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres, est confiée à M. de Quéselin, Aumônier du Roy, suite au décès de M. Trudaine. Le Prieuré Commandataire et Électif de Boscachard, Ordre de Saint Augustin, Diocèse de Rouen, est attribué à M. François-Firmin Trudaine, Évêque de Senlis, après le décès de M. Brochand. L'Abbaye Commandataire de Murceaux, Ordre de Prémontré, Diocèse de Toul, est confiée à M. de Foyal de Donnery, Docteur en Théologie, suite au décès de M. de l'Aigle. Enfin, l'Évêché de Dax est attribué à M. d'Audigue, Doyen et Vicaire Général de Luçon, après le décès de M. d'Abbadie d'Arboucave.
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294
p. 819-824
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Nicolas de Vatteville, Lieutenant des Gardes du Corps, Compagnie d'Harcourt, [...]
Mots clefs :
Marquis de Saint-Chamant, Armées du roi, Château, Général, Mademoiselle de Saint-Chamant, Marquis de Wargemont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS
N
?
NAISSANCES
et Mariages.
Icolas de Vatteville , Lieutenant des Gar¬
des du Corps , Compagnie d'Harcourt ,
mourut à Paris , le 3 Février dernier , àgé de 32
ans.
> Le Marquis de Nerestang , Duc de Gadagne
Brigadier des armées du Roy , cy- devant Gui
don de Gendarmerie , y mourut le 7 du même
mois , âgé de 60 ans.
N. Cailly Delpech , premier Avocat General
de la Cour des Aydes , mourut à Paris le & Mars
Agé d'environ 60 ans.
Le Chevalier de Belfond , chef de Brigade
Gardes du Corps, Compagnie d'Harcourt,mourut
à Versailles , le 9 du même mois , âgé de 66
ans.
N. de Chausserais, mourut au Château de Madrid
, dans le Bois de Boulogne , le 24 Mars ,
âgée de 75 ans. Elle avoit été fille d'honneur de
feue MADAME.
Louis - Euverte Angran , Maître des Requêres
, Intendant du Commerce , mourut le 17 de
ee mois , âgé d'environ 51 ans.
I'v Pierre
820 MERCURE DE FRANCE
Pierre- Jacques -Joseph Ferdinand de , Blondel,
Chevalier , Baron d'Oud nove , Seigneur de Michelbek
, Lillers , Villiers , &c. Brigadier des
Armées du Roy , mourut le même jour , âgé de-
62 ans.
Louis de la Vergne de Tressan , Archevêque
de Rouen , Abbé des Abbayes de Long- pont , de
Bonneval , et d'Espau , mourut à Gaillon le 18
de ce mois , âgé de 63 ans. Il avoit été premier
Aumônier de feu Monsieur le Duc d'Orleans.
D. Marie-Madelaine le Franc , veuve de Claude
Arnould Poncher , Maître des Requêtes
, &c. mourut le 19 , âgée d'environ 70
ans.
Louis - Pierre Scipion de Grimoard , Comte du
Roure , déceda en son Château de Barsac , le 24
Avril , âgé de 86 ans et 7 mois ; il étoit Lieutenant
General de la Province de Languedoc , et
Gouverneur de la Ville et Citadelle du Pont Saint
Esprit ; à l'âge de 22 ans , le feu Roy , qui l'aimoit
beaucoup et qui l'a toujours honoré de ses
bontez , lui donna un Régiment de Cavalerie ; et
connoissant son mérite , il lui confia le Commandement
de toutes les Troupes qui étoient en
Languedoc , dans la premiere Guerre des Huguenots
, et un détachement considérable de Sa
Maison , qui étoit aussi à ses Ordres , quoique
commandée par d'anciens Officiers Généraux .
Il laisse le Comte du Roure , fils , Gouverneur
de la Ville et Citadelle du Pont- Saint-Esprit, Brigadier
des Armées du Roy , et le Marquis du
Roure , son petit - fils , Cornette des Mousquetaires
Gris.
e. D. Françoise - Elizabeth de Lamoignon , épouse
de Jean Aymar Nicolaï , Marquis de Goussainille,
Premier Président de la Chambre des Comptcs
AVRIL. 1733 821
ptes , mourut à Paris le 27 , dans la 55 année de
son âge.
D. Henriette de Fitzjames , Dame du Palais de
la Reine , épouse de Jean- Baptiste - Louis Clermont
d'Amboise , Marquis de Resnel , Comte
de Chiverni , &c. Gouverneur de Chaumont , eg
Grand-Baillif de Provins , Colonel du Régiment
de Santerre , accoucha le 21 Mars , d'une fille ,
qui fut baptisée par l'Abbé de Fitzjames , Abbé
de l'Abbaie Royale de S. Victor, et nommée Diane-
Jacquete-Louise- Henriette , par Jacques de
Fitzjames , Duc de Liria , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy d'Espagne , Chevalier de
la Toison d'or, et de l'Aigle blanc , Grand d'Es
pagne , de la premiere Classe , cy- devant Ame
bassadeur de S M. C. auprès de l'Empereur es
de la Czarine, et par D. Diane de Clermont Gal
lerande , Epouse du Marquis de Clermont Saint
Aignan , Inspecteur General de la Cavalerie.
Dame Marie Elisabeth de Chamillard , Epouse
de Daniel- Marie - Anne de Talegrand de Périgord
, Marquis de Talegrand , accoucha le 23
d'Avril , à Versailles , d'une fille , qui fut nom
mée Marie-Henriette , par Henry de Chamil
lard. , Marquis de Courcelles , et par Demoisel
le Marie-Marguerite - Françoise de Talegrand de
Périgord , fille de Jean - Charles de Talegrand
de Périgord , Prince de Chalais , Grand d'Es
pagne ; et de Marie. Françoise de Rochechouart
de Mortemar , Dame du Palais de la Reine.
Nous avons parlé dans le Mercure du mois
passé du Mariage de M. le Marquis de Warges
mont , avec Madamoiselle de Saint-Chamant
sur quoi nous avons omis quelques circonstan
1 aj
ces
822 MERCURE DE FRANCE
ces , faute d'instruction , ausquelles nous sup
plérons volontiers icy.
La Cérémonie de la Célébration fut faite la
nuit du 10 Mars , par M. de la Chaize , Docteur
en Théologie et Curé des Paroisses de Vitlenauxce
, en l'absence de M. l'Evêque de Troyes,
qui devoit faire cette Célébration.
Dès les six heures du matin on sonna toutes
les Cloches des deux Paroisses , et de l'Abbaye
des Bénédictins , ce qui dura jusqu'au soir ; on
fit sur les Remparts et aux environs du Château,
dé fréquentes décharges de Canon .
La Milice Bourgeoise, au nombre de 400 hommes
, ayant à leur tête les Principaux Officiers ,
et les Chevaliers de l'Arquebuse , parût sous les
Armes, et accompagna , au son des Tambours
des Trompettes , des Haut bois , & c. le Corps
de Justice de la Ville , quand il alla complimenter
les nouveaux mariez.
M. Joblet , Procureur Fiscal , et de l'Elections,
porta la parole pour le Corps de Justice ; et M.
Rivet , Maire de la Ville , parla pour les Habitans.
M. de Wargemont répondit avec toute la
politesse possible ; le peuple ne cessoit cependant
de faire des acclamations , et la Milice termina
cette cérémonie par une décharge generale .
A l'entrée de la nuit la Façade du Château qui
regarde la Prairie , parut toute illuminée , avec
autant de goût que de magnificence , par le
moyen de plusieurs grands Lustres , et de quantité
de Flambeaux , outre une infinité de Lampions
, dont on avoit bordé les croisées . De plus
on avoit placé autour des Fossez et du principal
Canal , un tres -grand nombre de Terrines, dont
les lumieres éclairoient doublement par la réverbération
des Eaux, Un monde infini répandu
dans
AVRIL. 17338 825
dans toute cette grande Prairie , coupée par divers
Canaux , attiré par le bruit de la Fête,chargé
de Falots, de Lanternes, &c. formoit une autre
espece d'illumination , qui éclairoit toute la
campagne aux environs.
Au milieu de cette Prairie et en face du Château ,
on avoit dressé sur quatre Pilliers un grand Feu
d'Artifice , orné de Peintures , d'Emblemes et de
Devises convenables au sujet. Le Prince de Tingry
y mit le feu , et l'exécution suivit avec une si
agréable variété et tant de succès , que tout le
monde en parut satisfait ; on tiroit en mêmetemps
des Fusées et d'autres Artifices de la Tour
de la principale Eglise. Enfin des Gerbes et des
Soleils de feu terminerent tout ce brillant Spectacle
qui dura pendant deux heures.
Il y eut ensuite dans le Château un magnifique
Repas . On tira le Canon à l'entrée et à la sortie
de Table. On avoit aussi dressé des Tables pour
les principaux Officiers de Justice et Bourgeois
de la Ville ; les Cours et les avenuës du Château
étoient pleines de Fontaines de Vin , que Mada.
me de Saint Chamant cut soin de faire couler
en abondance.
Le Dimanche suivant le Marquis et la Marquise
de Wargemont , nouveaux mariez, le Prin
ce de Tingry , le Marquis de Savines , Lieutenant
General des Armées du Roy , vinrent avec
la Marquise de Saint - Chamant, assister à la Messe
Paroissiale; ils furent reçus à la Porte de l'Eglise
par le Clergé Séculier et Régulier.. A la fin
de la Messe , chantée solemnellement par le mê.
me Clergé , on chanta le Te Deum , au bruit du
Canon et de la Mousqueterie de la Milice Bourgeoise
, qui étoit autour de l'Eglise. A la sortie,
Te Marquis de wargemont fit. distribuer des Au
mânes
824 M
MERCERE
DE
FRANCE
mones considerables aux Pauvres de la Paroisse.
On ne vit jamais un plus grand empressement,
à marquer de la joie et du zéle , que celui qui a
paru de la des Habitans de cette Ville , qui
conserveront un souvenir éternel des bienfaits,
qu'ils ont reçûs en differentes occasions de feu
M. le Marquls de Saint-Chamant , & c.
N
?
NAISSANCES
et Mariages.
Icolas de Vatteville , Lieutenant des Gar¬
des du Corps , Compagnie d'Harcourt ,
mourut à Paris , le 3 Février dernier , àgé de 32
ans.
> Le Marquis de Nerestang , Duc de Gadagne
Brigadier des armées du Roy , cy- devant Gui
don de Gendarmerie , y mourut le 7 du même
mois , âgé de 60 ans.
N. Cailly Delpech , premier Avocat General
de la Cour des Aydes , mourut à Paris le & Mars
Agé d'environ 60 ans.
Le Chevalier de Belfond , chef de Brigade
Gardes du Corps, Compagnie d'Harcourt,mourut
à Versailles , le 9 du même mois , âgé de 66
ans.
N. de Chausserais, mourut au Château de Madrid
, dans le Bois de Boulogne , le 24 Mars ,
âgée de 75 ans. Elle avoit été fille d'honneur de
feue MADAME.
Louis - Euverte Angran , Maître des Requêres
, Intendant du Commerce , mourut le 17 de
ee mois , âgé d'environ 51 ans.
I'v Pierre
820 MERCURE DE FRANCE
Pierre- Jacques -Joseph Ferdinand de , Blondel,
Chevalier , Baron d'Oud nove , Seigneur de Michelbek
, Lillers , Villiers , &c. Brigadier des
Armées du Roy , mourut le même jour , âgé de-
62 ans.
Louis de la Vergne de Tressan , Archevêque
de Rouen , Abbé des Abbayes de Long- pont , de
Bonneval , et d'Espau , mourut à Gaillon le 18
de ce mois , âgé de 63 ans. Il avoit été premier
Aumônier de feu Monsieur le Duc d'Orleans.
D. Marie-Madelaine le Franc , veuve de Claude
Arnould Poncher , Maître des Requêtes
, &c. mourut le 19 , âgée d'environ 70
ans.
Louis - Pierre Scipion de Grimoard , Comte du
Roure , déceda en son Château de Barsac , le 24
Avril , âgé de 86 ans et 7 mois ; il étoit Lieutenant
General de la Province de Languedoc , et
Gouverneur de la Ville et Citadelle du Pont Saint
Esprit ; à l'âge de 22 ans , le feu Roy , qui l'aimoit
beaucoup et qui l'a toujours honoré de ses
bontez , lui donna un Régiment de Cavalerie ; et
connoissant son mérite , il lui confia le Commandement
de toutes les Troupes qui étoient en
Languedoc , dans la premiere Guerre des Huguenots
, et un détachement considérable de Sa
Maison , qui étoit aussi à ses Ordres , quoique
commandée par d'anciens Officiers Généraux .
Il laisse le Comte du Roure , fils , Gouverneur
de la Ville et Citadelle du Pont- Saint-Esprit, Brigadier
des Armées du Roy , et le Marquis du
Roure , son petit - fils , Cornette des Mousquetaires
Gris.
e. D. Françoise - Elizabeth de Lamoignon , épouse
de Jean Aymar Nicolaï , Marquis de Goussainille,
Premier Président de la Chambre des Comptcs
AVRIL. 1733 821
ptes , mourut à Paris le 27 , dans la 55 année de
son âge.
D. Henriette de Fitzjames , Dame du Palais de
la Reine , épouse de Jean- Baptiste - Louis Clermont
d'Amboise , Marquis de Resnel , Comte
de Chiverni , &c. Gouverneur de Chaumont , eg
Grand-Baillif de Provins , Colonel du Régiment
de Santerre , accoucha le 21 Mars , d'une fille ,
qui fut baptisée par l'Abbé de Fitzjames , Abbé
de l'Abbaie Royale de S. Victor, et nommée Diane-
Jacquete-Louise- Henriette , par Jacques de
Fitzjames , Duc de Liria , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy d'Espagne , Chevalier de
la Toison d'or, et de l'Aigle blanc , Grand d'Es
pagne , de la premiere Classe , cy- devant Ame
bassadeur de S M. C. auprès de l'Empereur es
de la Czarine, et par D. Diane de Clermont Gal
lerande , Epouse du Marquis de Clermont Saint
Aignan , Inspecteur General de la Cavalerie.
Dame Marie Elisabeth de Chamillard , Epouse
de Daniel- Marie - Anne de Talegrand de Périgord
, Marquis de Talegrand , accoucha le 23
d'Avril , à Versailles , d'une fille , qui fut nom
mée Marie-Henriette , par Henry de Chamil
lard. , Marquis de Courcelles , et par Demoisel
le Marie-Marguerite - Françoise de Talegrand de
Périgord , fille de Jean - Charles de Talegrand
de Périgord , Prince de Chalais , Grand d'Es
pagne ; et de Marie. Françoise de Rochechouart
de Mortemar , Dame du Palais de la Reine.
Nous avons parlé dans le Mercure du mois
passé du Mariage de M. le Marquis de Warges
mont , avec Madamoiselle de Saint-Chamant
sur quoi nous avons omis quelques circonstan
1 aj
ces
822 MERCURE DE FRANCE
ces , faute d'instruction , ausquelles nous sup
plérons volontiers icy.
La Cérémonie de la Célébration fut faite la
nuit du 10 Mars , par M. de la Chaize , Docteur
en Théologie et Curé des Paroisses de Vitlenauxce
, en l'absence de M. l'Evêque de Troyes,
qui devoit faire cette Célébration.
Dès les six heures du matin on sonna toutes
les Cloches des deux Paroisses , et de l'Abbaye
des Bénédictins , ce qui dura jusqu'au soir ; on
fit sur les Remparts et aux environs du Château,
dé fréquentes décharges de Canon .
La Milice Bourgeoise, au nombre de 400 hommes
, ayant à leur tête les Principaux Officiers ,
et les Chevaliers de l'Arquebuse , parût sous les
Armes, et accompagna , au son des Tambours
des Trompettes , des Haut bois , & c. le Corps
de Justice de la Ville , quand il alla complimenter
les nouveaux mariez.
M. Joblet , Procureur Fiscal , et de l'Elections,
porta la parole pour le Corps de Justice ; et M.
Rivet , Maire de la Ville , parla pour les Habitans.
M. de Wargemont répondit avec toute la
politesse possible ; le peuple ne cessoit cependant
de faire des acclamations , et la Milice termina
cette cérémonie par une décharge generale .
A l'entrée de la nuit la Façade du Château qui
regarde la Prairie , parut toute illuminée , avec
autant de goût que de magnificence , par le
moyen de plusieurs grands Lustres , et de quantité
de Flambeaux , outre une infinité de Lampions
, dont on avoit bordé les croisées . De plus
on avoit placé autour des Fossez et du principal
Canal , un tres -grand nombre de Terrines, dont
les lumieres éclairoient doublement par la réverbération
des Eaux, Un monde infini répandu
dans
AVRIL. 17338 825
dans toute cette grande Prairie , coupée par divers
Canaux , attiré par le bruit de la Fête,chargé
de Falots, de Lanternes, &c. formoit une autre
espece d'illumination , qui éclairoit toute la
campagne aux environs.
Au milieu de cette Prairie et en face du Château ,
on avoit dressé sur quatre Pilliers un grand Feu
d'Artifice , orné de Peintures , d'Emblemes et de
Devises convenables au sujet. Le Prince de Tingry
y mit le feu , et l'exécution suivit avec une si
agréable variété et tant de succès , que tout le
monde en parut satisfait ; on tiroit en mêmetemps
des Fusées et d'autres Artifices de la Tour
de la principale Eglise. Enfin des Gerbes et des
Soleils de feu terminerent tout ce brillant Spectacle
qui dura pendant deux heures.
Il y eut ensuite dans le Château un magnifique
Repas . On tira le Canon à l'entrée et à la sortie
de Table. On avoit aussi dressé des Tables pour
les principaux Officiers de Justice et Bourgeois
de la Ville ; les Cours et les avenuës du Château
étoient pleines de Fontaines de Vin , que Mada.
me de Saint Chamant cut soin de faire couler
en abondance.
Le Dimanche suivant le Marquis et la Marquise
de Wargemont , nouveaux mariez, le Prin
ce de Tingry , le Marquis de Savines , Lieutenant
General des Armées du Roy , vinrent avec
la Marquise de Saint - Chamant, assister à la Messe
Paroissiale; ils furent reçus à la Porte de l'Eglise
par le Clergé Séculier et Régulier.. A la fin
de la Messe , chantée solemnellement par le mê.
me Clergé , on chanta le Te Deum , au bruit du
Canon et de la Mousqueterie de la Milice Bourgeoise
, qui étoit autour de l'Eglise. A la sortie,
Te Marquis de wargemont fit. distribuer des Au
mânes
824 M
MERCERE
DE
FRANCE
mones considerables aux Pauvres de la Paroisse.
On ne vit jamais un plus grand empressement,
à marquer de la joie et du zéle , que celui qui a
paru de la des Habitans de cette Ville , qui
conserveront un souvenir éternel des bienfaits,
qu'ils ont reçûs en differentes occasions de feu
M. le Marquls de Saint-Chamant , & c.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Parmi eux, Icolas de Vatteville, Lieutenant des Gardes du Corps, est décédé à Paris le 3 février à l'âge de 32 ans. Le Marquis de Nerestang, Duc de Gadagne et Brigadier des armées du Roy, est mort le 7 février à 60 ans. N. Cailly Delpech, premier Avocat Général de la Cour des Aydes, a décédé le 6 mars à environ 60 ans. Le Chevalier de Belfond, chef de Brigade des Gardes du Corps, est mort à Versailles le 9 mars à 66 ans. N. de Chausserais est décédée au Château de Madrid dans le Bois de Boulogne le 24 mars à 75 ans. Louis-Euverte Angran, Maître des Requêtes et Intendant du Commerce, est mort le 17 mars à environ 51 ans. Pierre-Jacques-Joseph Ferdinand de Blondel, Chevalier et Brigadier des armées du Roy, est décédé le 17 mars à 62 ans. Louis de la Vergne de Tressan, Archevêque de Rouen, est mort à Gaillon le 18 mars à 63 ans. D. Marie-Madelaine le Franc, veuve de Claude Arnould Poncher, est décédée le 19 mars à environ 70 ans. Louis-Pierre Scipion de Grimoard, Comte du Roure, est décédé en son Château de Barsac le 24 avril à 86 ans et 7 mois. D. Françoise-Elisabeth de Lamoignon, épouse de Jean Aymar Nicolaï, est morte à Paris le 27 avril à 55 ans. Deux naissances ont également été mentionnées : Diane-Jacquete-Louise-Henriette, fille de D. Henriette de Fitzjames et de Jean-Baptiste-Louis Clermont d'Amboise, est née le 21 mars. Marie-Henriette, fille de Dame Marie Elisabeth de Chamillard et de Daniel-Marie-Anne de Talégrand de Périgord, est née le 23 avril. Le document décrit également le mariage du Marquis de Wargemont avec Mademoiselle de Saint-Chamant, célébré la nuit du 10 mars. Cet événement a été marqué par diverses cérémonies et festivités, incluant des décharges de canon, des illuminations, un feu d'artifice et un repas somptueux.
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295
p. 824-[8]32
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DU ROY, du 3 Janvier Concernant les Déserteurs du Régiment des [...]
Mots clefs :
Roi, Cour, Ordonnance, Déserteurs, Libelle, Procureur général du roi, Église, Schisme, Conseil, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLE S.
RDONNANCE DU ROY , du 3 Janvier ,
concernant les Déserteurs du Régiment des
Gardes Françoises , par laquelle S. M. a ordonné
, veut et entend , que lorsqu'un Soldat dudit
Régiment de ses Gardes Françoises aura manqué
de se trouver à une des revûës , que le Commissaire
des Guerres chargé de sa police en doit
faire chaque mois , sans en être dispensé pour
cause de maladie connue de son Capitaine , ou
par congé expedié dans les formes prescrites par
ladite Ordonnance , il soit , à la diligence du
Prévôt des bandes , sommé au son du Tambour,
et à cri public , au lieu de sa derniere demeure ;
de se trouver à la revûë prochaine , sous peine
d'être puni comme déserteur , de laquelle sommation
il sera dressé par lui procès verbal ; et
que faute ledit Soldat de se trouver à cette
seconde revue , il soit réputé déserteur , et puni
comme tel par jugement du Conseil de guerre
s'il peut être arrêté , sinon condamné par coutu
mace , huit jours après ladite seconde revûë , sans
autre formalité que la déposition et le recolle
ment de deux témoins qui déclareront avoir connoissance
de son enrollement et de son absence
et la représentation de ladite sommation , & c.
par
ORAVRIL.
1733. 825
ORDONNANCE DU ROY du 28 Janvier
, portant que le Régiment de Cavalerie de
Conty , ci -devant Villeroy , prendra rang dans
la Cavalerie après celui de Clermont , et avant
le Régiment du Maine , nonobstant ce qui est
porté par l'Ordonnance du premier Mai 1699.
qui avoit fixé le rang de ce Régiment après celui
de Villars , &c.
ORDONNANCE DU ROY , du 8 Février
pour établir quatre Officiers nouveaux dans les
Régimens de Cavalerie de trois Escadrons , et
dans ceux de Dragons ; et deux seulement dans
les Brigades de Carabiniers , et Régimens de Cavalerie
de deux Escadrons.
ARREST du 25 Février , concernant les Parcs
et Pescheries qui sont sur les gréves du ressort de
l'Amirauté de Saint Brieuc , par lequel S. M. ordonne
que les 20 Articles contenus dans l'Arrêt
soient éxécutez selon leur forme et teneur.
AUTRE du 3 Mars , concernant les marques
qui doivent être apposées sur les toiles de
coton blanches , mousselines et mouchoirs , provenant
des ventes de la Compagnie des Indes.
AUTRE du 17 Mars , qui ordonne que pendant
dix années , â commencer du premier Janvier
1734. les morues , tant vertes que séches
et les huiles qui proviendront de la pêche des sujets
de Sa Majesté à l'Isle Royale , appellée cidevant
l'Isle du Cap-Breton , demeureront déchargées
dans tous les Ports du Royaume , tant
de l'Ocean que de la Méditerrannée et à Ingrande
, de tous les droits d'entrée des cinq
grosses Fermes.
AUTRE du 24 Mars, concernant les Parcs e
Péche
627 MERCURE DE FRANCE
que
Pécheries qui sont sur les Gréves du Ressort de
P'Amirauté de Brest , par laquelle S. M. ordonne
les Articles LXXXIV . et LXXXV. de l'Ordonnance
du mois de Mars 1584. et ceux du Livre
V. du Titre III . de l'Ordonnance du mois
de Novembre 1684. soient éxécutez selon leur
forme et teneur ; et en conséquence , a ordonné
et ordonne que les XIV . Articles contenus dans
ledit Arrêt soient éxécutez selon leur forme et
reneur , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 25 Mars ,
par laquelle S. M. ordonne , que tous les Offieier's
absens par semestre , qui se rendront à leurs
charges au premier du mois de Mai prochain ,
soit à la garnison , soit en route , si leurs Régimens
étoient alors en marche , jouiront de leurs
appointemens pour tout le tems qu'ils auront été
absens , ety seront payez en vertu de la présente
Ordonnance , nonobstant le tems fixé par
celles du 10 Septembre 1732. qui seront au surplus
éxécutées en tout ce qu'elles contiennent.
AUTRE du 28 Mars , qui ordonne , que les
Couvertures de laine qui se fabriquent à Montpellier
, jouiront à la sortie du Royaume de la
même modération de droits que celle portée par
l'Arrêt du 14 Novembre 1716. en faveur des
petites étoffes de laine qui se fabriquent dans la
Province de Languedoc .
AUTRE du 31 Mars , qui proroge pendant
une année seulement, la permission accordée aux
Négocians des ports et villes maritimes du
Royaume , d'envoyer leurs vaisseaux directement
en Irlande , pour y acheter des boeufs salez
, et les transporter ensuite aux Isles et Colo
mies Françoises de l'Amérique,
7
Ir
ર
S
AVRIL.
1733.
627
ARREST DU PARLEMENT , au sujet d'un
Libelle , &c.
Ce jour les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy portant la parole , ont dit :
-
MESSIEURS ,
Attentifs depuis quelque- tems à la recherche
T'un Ecrit fugitif, qui s'annonçoit sous le titre de
Reflexions pour les Evéques de France , nous venons
enfin d'en découvrir un Exemplaire que
nous apportons à la Cour. Elle y reconnoîtra les
saracteres du Libelle le plus emporté , le plus séditieux
, et le plus digne d'éprouver toute la șéverité
de la censure publique.
On y représente l'Eglise et la Religion comme
abandonnées aujourd'hui en France , à la violence
et aux entreprises des Magistrats séculiers ,
et n'ayant rien à espérer de l'appui du Gouverne
ment , ni de l'autorité du Prince , dont elles ont
à regreter d'avoir attendu envain le secours.
Les couleurs les plus noires y sont employées ,
pour former les traits de l'idée qu'on voudroit
donner de l'état présent des affaires de l'Eglise.
On ne craint point de rappeller à ce sujet l'image
de ces tems funestes , dignes d'un éternel oubli
, où les troubles de la Religion firent éprouver
à nos Peres l'extrémité des plus grands maux.
Ce n'est pas assez de nous menacer de les voir
renaître. Peu s'en faut qu'on ne les préfère à la
situation du tems où nous sommes , er que l'on
ne forme des voeux pour voir succeder à sa place
de pareils malheurs.
La moderation des Prélats les plus sages et les
mieux intentionnez est décriée. Au gré de ce
Libelle téméraire , il n'y aura plus de vrai zele
que celui qu'on verra toujours prêt à se porter
aux
་
28 MERCURE DE FRANCE
aux partis extrêmes , plus de difficultez dans l'Eglise
qui ne soient fatales , plus de troubles qui
se puissent appaiser charitablement , plus de dissentions
qui ne produisent un schisme , dont
l'Auteur semble envisager les suites avec une espéce
de satisfaction .
Ce Schisme en effet est l'objet qu'il se propose.
C'est , dit - il , la seule ressource qui reste aux
Evêques, dans la cause qu'ils soutiennent, et dans
l'usage de l'autorité et du Caractere divin dont
ils sont revêtus. Ou plutôt , si on l'écoute , ce
Schisme est formé ; il éxiste , et la foiblesse des
Prélats est seule cause de ce qu'il n'a pas encore
éclaté.
Nous ne faisons , MESSIEURS, que vous
tracer une légere idée des excès que renferme
cet Ecrit. La fidelité même de la Cour s'y voit
attaquée et sensible autant qu'on le sçauroit
être à un reproche si contraire aux véritables
sentimens dont elle sera toujours pénetrée , elle
verra en même-tems avec encore plus d'indigna
tion , les traits injurieux qui sont portez jusqu'à
la Majesté Royale.
Graces au Ciel , de tels Ecrits sont impuissans.
La fureur qui les dicte , de quelque côté que se
portent ses excès , ne sçauroit qu'inspirer de l'a
version er de l'horreur , pour peu qu'on l'envi
sage de sang froid, et fait d'autant mieux sentir
l'avantage et la nécessité d'une conduite modé
rée. Mais leur licence et leur scandale doivent
être réprimez : Et pour obtenir contre celui- ci
la condamnation qu'il merite , nous avons pris
les Conclusions par écrit que nous laissons en ce
moment à la Cour.
Eux retirez :
Vû le Libelle intitulé : Refléxions pour les Evêques
AVRIL. 1733. 629
es de France. La matiere sur ce mise en déliération.
La Cour a ordonné et ordonne que ledit Libelsera
laceré et brûlé en la Cour du Palais , au
ied du grand Escalier d'icelui par l'Exécuteur
e la haute Justice , comme injurieux à l'autorié
Royale , et à l'honneur des Parlemens , exci
ant au schisme , et tendant à sédition . Fait inibitions
et deffenses à tous Libraires , Imprineurs
, Colporteurs , et à tous autres , de l'im
›rimer , vendre et débiter , ou autrement distriuèr
, sur peine d'être procedé contre eux ex-?
raordinairement. Enjoint à tous ceux qui en au '
oient des Exemplaires , de les remettre incess
amment au Greffe Civil de la Cour , pour y être
upprimez ; permet au Procureur General du
Roy , de faire informer contre ceux qui ont
composé , imprimé , vendu , débité , ou distri
ué ledit Libelle , pardevant Maître Louis de
Vienne , Conseiller , même pardevant les Lieu
enans Criminels ou autres premiers Officiers
les Siéges Royaux du Ressort , pour les témoins
qui se trouveroient dans l'étendue desdits Siéges
poursuite et diligence des Substituts du Procureur
General du Roy en iceux ; pour les informations
faites , rapportées et communiquées au
Procureur General du Roy , être par lui requis ,
t par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra
ordonne que Copies collationnées du présent Ar
rêt seront envoyées aux Bailliages et Sénéchausées
du Ressort , pour y être lû , publié et regis
ré. Enjoint aux Substituts du Procureur Gene
tal du Roy d'y tenir la main , et d'en certifier
la Cour dans le mois. Fait en Parlement le 14
Avril 1733. Signé , YSABEAU.
Et le 14 Avril 1733. à la levée de la Cour en
éxé730
MERCURE DE FRANCE.
éxécution du susdit Arrêt , le Libelle y mentionné
a été laceré et jetté au feu par l'Executeur de la
baute Justice , au bas du grand Escalier du Falais
en présence de nous Etienne -Henry Ysabeau , l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grande Chambre , assisté de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé , YSABEAU.
ARREST DU PARLEMENT ; du 25 Avril,
au sujet de deux Livres , &c.
Ce jour , toutes les Chambres assemblées , Monsieur
le Premier Président ayant dit que les
Gens du Roy étoient en état de rendre compte
la Cour des ordres dont elle les avoit chargés
par son Arrêté du 15 du présent mois , ils ont
été mandez ; entrez en la Cour , ils ont été entendus
en leurs Conclusions ; et eux retirez , la
matiere mise en déliberation.
:
La Cour a ordonné que les Livres intitulez :
L'un , Nouvelle deffense de la Constitution , où l'or
montre qu'elle est régle de Foi , &c. par M. Claude
le Pelletier , Prêtre , Docteur en Théologie , Chamoine
de PEglise de Reims , à Rouen , chez Phie
lippe-Pierre Cabut , rue du Becq 1729. et l'autre :
Traité de l'Amour de Dieu , tiré des Livres Saints,
dans lequel , &c. dédié au Roy , par M. l'Abbé.
de Pelletier , Chanoine de l'Eglise de Reims , 2 vol.
à Paris , chez Henry , ruë S. Jacques , vis -à-vis
S. Tues 1732. seront supprimez comme contenant
des Propositions séditieuses , contraires au
respect dû au Caractere et à la Personne de plus
sieurs Prélats , à l'honneur et à l'autorité des
Parlemens , excitantes au Schisme , et tendantes
à troubler l'ordre et la tranquillité publique , en
proposant la Constitution Unigenitus commé
une régle de Foi : Fait deffenses à toutes personnes
de quelque état et condition qu'elles
soient
AVRIL. -17-33. 631
soient , de faire à l'occasion de ladite Constitu
tion aucun Acte ou Ecrit tendant au Schisme
à peine d'être procedé extraordinairement conre
les contrevenans : Ordonne qu'à la requête
du Procureur General du Roy , pardevant Me
Anne-Charles Goislard Conseiller , il sera informé
contre l'Auteur desdits Livres , comme
aussi qu'il sera informé contre le Frere Coiffrel ,
des faits portez en la dénonciation mentionnée
en l'Arrêté du 15 de ce mois , et Exploit du 12
audit mois y énoncé , pour les informations faites
et communiquées au Procureur General du
Roy , et rapportées, toutes les Chambres assem→
blées , être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que le present Arrêt sera imprimé
, lû , publié et affiché par tout où besoin
sera , et que Copies collationnées d'icelui seront
envoyées aux Bailliages et Senechaussées du Res➡
sort ; pour y être lû , publié et registré . Enjoint
aux Substituts du Procureur General du Roy d'y
tenir la main , et d'en certifier la Cour dans un
mois.
ARREST DU CONSEIL D'ETAT ,
du as Avril.
Le Roy ayant fait examiner , en son Conseil ;
un Ouvrage qui se répand dans le Public , et
u'on a voulu accréditer en lui donnant le titre
Instruction Pastorale de M. l'Evêque de Montpellier
, adressée au Clergé et aux fidelles de son
Diocèse , au sujet des miracles que Dieu fait enfaveur
des Appellans de la Bulle Unigenitus. Sa Majesté
auroit reconnu que cet Ouvrage imprimé
ans Privilege et sans nom d'Imprimeur , n'est
qu'un tissu de déclamations injurieuses à l'autoité
du Roy , et encore plus à celle de l'Eglise
qu'on y représente comme menacée d'une des
ruction prochaine , et d'une révolution qui
632 MERCURE DE FRANCE
fera succeder une Eglise nouvelle , composée de
ceux qui résistent à l'Eglise présente : Que de si
étranges idées y sont annoncées d'un ton prophetique
, et dans un stile qui seroit plus conve
nable à une satyre , qu'au Mandement d'un Evêque
, ensorte qu'il n'a pû être jamais paru de
Libelle plus propre à répandre de vaines terreurs
et de fausses impressions dans l'esprit des peuples
, à leur inspirer de l'aversion ou du mépris
pour le Pape et pour les premiers Pasteurs , et &
diminuer ou affoiblir dans leur coeur , le respect
pour la Religion même , à quoi étant necessaire
de pourvoir , pour éloigner tout ce qui peut en
tretenir ou augmenter un feu que le Roi ne cher
che qu'à éteindre dans son Royaume. Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage intitulé , Instruction Pastorale de
M. l'Evêque de Montpellier , adressée au Clergé et
aux Fideles de son Diocèse , au sujet des miracles
que Dieufait en faveur des Appellans de la Bulls
Unigenitus , 1733. sera et demeurera supprimé ,
comme contraire au respect dû à l'Eglise et au
Roy , tendant à émouvoir les esprits et à trou
bler la tranquillité publique. Enjoint à tous ceux
qui en ont des exemplaires , de les remettre incessamment
au Greffe du Conseil , pour y êtr
supprimez et lacerez. Fait deffenses à tous Imprimeurs
, Libraires et autres , de quelque état
qualité et condition qu'ils soient , d'en vendre ,
débiter ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire ; et sera le present Arrêt lû , publié
, &c.
RDONNANCE DU ROY , du 3 Janvier ,
concernant les Déserteurs du Régiment des
Gardes Françoises , par laquelle S. M. a ordonné
, veut et entend , que lorsqu'un Soldat dudit
Régiment de ses Gardes Françoises aura manqué
de se trouver à une des revûës , que le Commissaire
des Guerres chargé de sa police en doit
faire chaque mois , sans en être dispensé pour
cause de maladie connue de son Capitaine , ou
par congé expedié dans les formes prescrites par
ladite Ordonnance , il soit , à la diligence du
Prévôt des bandes , sommé au son du Tambour,
et à cri public , au lieu de sa derniere demeure ;
de se trouver à la revûë prochaine , sous peine
d'être puni comme déserteur , de laquelle sommation
il sera dressé par lui procès verbal ; et
que faute ledit Soldat de se trouver à cette
seconde revue , il soit réputé déserteur , et puni
comme tel par jugement du Conseil de guerre
s'il peut être arrêté , sinon condamné par coutu
mace , huit jours après ladite seconde revûë , sans
autre formalité que la déposition et le recolle
ment de deux témoins qui déclareront avoir connoissance
de son enrollement et de son absence
et la représentation de ladite sommation , & c.
par
ORAVRIL.
1733. 825
ORDONNANCE DU ROY du 28 Janvier
, portant que le Régiment de Cavalerie de
Conty , ci -devant Villeroy , prendra rang dans
la Cavalerie après celui de Clermont , et avant
le Régiment du Maine , nonobstant ce qui est
porté par l'Ordonnance du premier Mai 1699.
qui avoit fixé le rang de ce Régiment après celui
de Villars , &c.
ORDONNANCE DU ROY , du 8 Février
pour établir quatre Officiers nouveaux dans les
Régimens de Cavalerie de trois Escadrons , et
dans ceux de Dragons ; et deux seulement dans
les Brigades de Carabiniers , et Régimens de Cavalerie
de deux Escadrons.
ARREST du 25 Février , concernant les Parcs
et Pescheries qui sont sur les gréves du ressort de
l'Amirauté de Saint Brieuc , par lequel S. M. ordonne
que les 20 Articles contenus dans l'Arrêt
soient éxécutez selon leur forme et teneur.
AUTRE du 3 Mars , concernant les marques
qui doivent être apposées sur les toiles de
coton blanches , mousselines et mouchoirs , provenant
des ventes de la Compagnie des Indes.
AUTRE du 17 Mars , qui ordonne que pendant
dix années , â commencer du premier Janvier
1734. les morues , tant vertes que séches
et les huiles qui proviendront de la pêche des sujets
de Sa Majesté à l'Isle Royale , appellée cidevant
l'Isle du Cap-Breton , demeureront déchargées
dans tous les Ports du Royaume , tant
de l'Ocean que de la Méditerrannée et à Ingrande
, de tous les droits d'entrée des cinq
grosses Fermes.
AUTRE du 24 Mars, concernant les Parcs e
Péche
627 MERCURE DE FRANCE
que
Pécheries qui sont sur les Gréves du Ressort de
P'Amirauté de Brest , par laquelle S. M. ordonne
les Articles LXXXIV . et LXXXV. de l'Ordonnance
du mois de Mars 1584. et ceux du Livre
V. du Titre III . de l'Ordonnance du mois
de Novembre 1684. soient éxécutez selon leur
forme et teneur ; et en conséquence , a ordonné
et ordonne que les XIV . Articles contenus dans
ledit Arrêt soient éxécutez selon leur forme et
reneur , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 25 Mars ,
par laquelle S. M. ordonne , que tous les Offieier's
absens par semestre , qui se rendront à leurs
charges au premier du mois de Mai prochain ,
soit à la garnison , soit en route , si leurs Régimens
étoient alors en marche , jouiront de leurs
appointemens pour tout le tems qu'ils auront été
absens , ety seront payez en vertu de la présente
Ordonnance , nonobstant le tems fixé par
celles du 10 Septembre 1732. qui seront au surplus
éxécutées en tout ce qu'elles contiennent.
AUTRE du 28 Mars , qui ordonne , que les
Couvertures de laine qui se fabriquent à Montpellier
, jouiront à la sortie du Royaume de la
même modération de droits que celle portée par
l'Arrêt du 14 Novembre 1716. en faveur des
petites étoffes de laine qui se fabriquent dans la
Province de Languedoc .
AUTRE du 31 Mars , qui proroge pendant
une année seulement, la permission accordée aux
Négocians des ports et villes maritimes du
Royaume , d'envoyer leurs vaisseaux directement
en Irlande , pour y acheter des boeufs salez
, et les transporter ensuite aux Isles et Colo
mies Françoises de l'Amérique,
7
Ir
ર
S
AVRIL.
1733.
627
ARREST DU PARLEMENT , au sujet d'un
Libelle , &c.
Ce jour les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy portant la parole , ont dit :
-
MESSIEURS ,
Attentifs depuis quelque- tems à la recherche
T'un Ecrit fugitif, qui s'annonçoit sous le titre de
Reflexions pour les Evéques de France , nous venons
enfin d'en découvrir un Exemplaire que
nous apportons à la Cour. Elle y reconnoîtra les
saracteres du Libelle le plus emporté , le plus séditieux
, et le plus digne d'éprouver toute la șéverité
de la censure publique.
On y représente l'Eglise et la Religion comme
abandonnées aujourd'hui en France , à la violence
et aux entreprises des Magistrats séculiers ,
et n'ayant rien à espérer de l'appui du Gouverne
ment , ni de l'autorité du Prince , dont elles ont
à regreter d'avoir attendu envain le secours.
Les couleurs les plus noires y sont employées ,
pour former les traits de l'idée qu'on voudroit
donner de l'état présent des affaires de l'Eglise.
On ne craint point de rappeller à ce sujet l'image
de ces tems funestes , dignes d'un éternel oubli
, où les troubles de la Religion firent éprouver
à nos Peres l'extrémité des plus grands maux.
Ce n'est pas assez de nous menacer de les voir
renaître. Peu s'en faut qu'on ne les préfère à la
situation du tems où nous sommes , er que l'on
ne forme des voeux pour voir succeder à sa place
de pareils malheurs.
La moderation des Prélats les plus sages et les
mieux intentionnez est décriée. Au gré de ce
Libelle téméraire , il n'y aura plus de vrai zele
que celui qu'on verra toujours prêt à se porter
aux
་
28 MERCURE DE FRANCE
aux partis extrêmes , plus de difficultez dans l'Eglise
qui ne soient fatales , plus de troubles qui
se puissent appaiser charitablement , plus de dissentions
qui ne produisent un schisme , dont
l'Auteur semble envisager les suites avec une espéce
de satisfaction .
Ce Schisme en effet est l'objet qu'il se propose.
C'est , dit - il , la seule ressource qui reste aux
Evêques, dans la cause qu'ils soutiennent, et dans
l'usage de l'autorité et du Caractere divin dont
ils sont revêtus. Ou plutôt , si on l'écoute , ce
Schisme est formé ; il éxiste , et la foiblesse des
Prélats est seule cause de ce qu'il n'a pas encore
éclaté.
Nous ne faisons , MESSIEURS, que vous
tracer une légere idée des excès que renferme
cet Ecrit. La fidelité même de la Cour s'y voit
attaquée et sensible autant qu'on le sçauroit
être à un reproche si contraire aux véritables
sentimens dont elle sera toujours pénetrée , elle
verra en même-tems avec encore plus d'indigna
tion , les traits injurieux qui sont portez jusqu'à
la Majesté Royale.
Graces au Ciel , de tels Ecrits sont impuissans.
La fureur qui les dicte , de quelque côté que se
portent ses excès , ne sçauroit qu'inspirer de l'a
version er de l'horreur , pour peu qu'on l'envi
sage de sang froid, et fait d'autant mieux sentir
l'avantage et la nécessité d'une conduite modé
rée. Mais leur licence et leur scandale doivent
être réprimez : Et pour obtenir contre celui- ci
la condamnation qu'il merite , nous avons pris
les Conclusions par écrit que nous laissons en ce
moment à la Cour.
Eux retirez :
Vû le Libelle intitulé : Refléxions pour les Evêques
AVRIL. 1733. 629
es de France. La matiere sur ce mise en déliération.
La Cour a ordonné et ordonne que ledit Libelsera
laceré et brûlé en la Cour du Palais , au
ied du grand Escalier d'icelui par l'Exécuteur
e la haute Justice , comme injurieux à l'autorié
Royale , et à l'honneur des Parlemens , exci
ant au schisme , et tendant à sédition . Fait inibitions
et deffenses à tous Libraires , Imprineurs
, Colporteurs , et à tous autres , de l'im
›rimer , vendre et débiter , ou autrement distriuèr
, sur peine d'être procedé contre eux ex-?
raordinairement. Enjoint à tous ceux qui en au '
oient des Exemplaires , de les remettre incess
amment au Greffe Civil de la Cour , pour y être
upprimez ; permet au Procureur General du
Roy , de faire informer contre ceux qui ont
composé , imprimé , vendu , débité , ou distri
ué ledit Libelle , pardevant Maître Louis de
Vienne , Conseiller , même pardevant les Lieu
enans Criminels ou autres premiers Officiers
les Siéges Royaux du Ressort , pour les témoins
qui se trouveroient dans l'étendue desdits Siéges
poursuite et diligence des Substituts du Procureur
General du Roy en iceux ; pour les informations
faites , rapportées et communiquées au
Procureur General du Roy , être par lui requis ,
t par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra
ordonne que Copies collationnées du présent Ar
rêt seront envoyées aux Bailliages et Sénéchausées
du Ressort , pour y être lû , publié et regis
ré. Enjoint aux Substituts du Procureur Gene
tal du Roy d'y tenir la main , et d'en certifier
la Cour dans le mois. Fait en Parlement le 14
Avril 1733. Signé , YSABEAU.
Et le 14 Avril 1733. à la levée de la Cour en
éxé730
MERCURE DE FRANCE.
éxécution du susdit Arrêt , le Libelle y mentionné
a été laceré et jetté au feu par l'Executeur de la
baute Justice , au bas du grand Escalier du Falais
en présence de nous Etienne -Henry Ysabeau , l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grande Chambre , assisté de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé , YSABEAU.
ARREST DU PARLEMENT ; du 25 Avril,
au sujet de deux Livres , &c.
Ce jour , toutes les Chambres assemblées , Monsieur
le Premier Président ayant dit que les
Gens du Roy étoient en état de rendre compte
la Cour des ordres dont elle les avoit chargés
par son Arrêté du 15 du présent mois , ils ont
été mandez ; entrez en la Cour , ils ont été entendus
en leurs Conclusions ; et eux retirez , la
matiere mise en déliberation.
:
La Cour a ordonné que les Livres intitulez :
L'un , Nouvelle deffense de la Constitution , où l'or
montre qu'elle est régle de Foi , &c. par M. Claude
le Pelletier , Prêtre , Docteur en Théologie , Chamoine
de PEglise de Reims , à Rouen , chez Phie
lippe-Pierre Cabut , rue du Becq 1729. et l'autre :
Traité de l'Amour de Dieu , tiré des Livres Saints,
dans lequel , &c. dédié au Roy , par M. l'Abbé.
de Pelletier , Chanoine de l'Eglise de Reims , 2 vol.
à Paris , chez Henry , ruë S. Jacques , vis -à-vis
S. Tues 1732. seront supprimez comme contenant
des Propositions séditieuses , contraires au
respect dû au Caractere et à la Personne de plus
sieurs Prélats , à l'honneur et à l'autorité des
Parlemens , excitantes au Schisme , et tendantes
à troubler l'ordre et la tranquillité publique , en
proposant la Constitution Unigenitus commé
une régle de Foi : Fait deffenses à toutes personnes
de quelque état et condition qu'elles
soient
AVRIL. -17-33. 631
soient , de faire à l'occasion de ladite Constitu
tion aucun Acte ou Ecrit tendant au Schisme
à peine d'être procedé extraordinairement conre
les contrevenans : Ordonne qu'à la requête
du Procureur General du Roy , pardevant Me
Anne-Charles Goislard Conseiller , il sera informé
contre l'Auteur desdits Livres , comme
aussi qu'il sera informé contre le Frere Coiffrel ,
des faits portez en la dénonciation mentionnée
en l'Arrêté du 15 de ce mois , et Exploit du 12
audit mois y énoncé , pour les informations faites
et communiquées au Procureur General du
Roy , et rapportées, toutes les Chambres assem→
blées , être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que le present Arrêt sera imprimé
, lû , publié et affiché par tout où besoin
sera , et que Copies collationnées d'icelui seront
envoyées aux Bailliages et Senechaussées du Res➡
sort ; pour y être lû , publié et registré . Enjoint
aux Substituts du Procureur General du Roy d'y
tenir la main , et d'en certifier la Cour dans un
mois.
ARREST DU CONSEIL D'ETAT ,
du as Avril.
Le Roy ayant fait examiner , en son Conseil ;
un Ouvrage qui se répand dans le Public , et
u'on a voulu accréditer en lui donnant le titre
Instruction Pastorale de M. l'Evêque de Montpellier
, adressée au Clergé et aux fidelles de son
Diocèse , au sujet des miracles que Dieu fait enfaveur
des Appellans de la Bulle Unigenitus. Sa Majesté
auroit reconnu que cet Ouvrage imprimé
ans Privilege et sans nom d'Imprimeur , n'est
qu'un tissu de déclamations injurieuses à l'autoité
du Roy , et encore plus à celle de l'Eglise
qu'on y représente comme menacée d'une des
ruction prochaine , et d'une révolution qui
632 MERCURE DE FRANCE
fera succeder une Eglise nouvelle , composée de
ceux qui résistent à l'Eglise présente : Que de si
étranges idées y sont annoncées d'un ton prophetique
, et dans un stile qui seroit plus conve
nable à une satyre , qu'au Mandement d'un Evêque
, ensorte qu'il n'a pû être jamais paru de
Libelle plus propre à répandre de vaines terreurs
et de fausses impressions dans l'esprit des peuples
, à leur inspirer de l'aversion ou du mépris
pour le Pape et pour les premiers Pasteurs , et &
diminuer ou affoiblir dans leur coeur , le respect
pour la Religion même , à quoi étant necessaire
de pourvoir , pour éloigner tout ce qui peut en
tretenir ou augmenter un feu que le Roi ne cher
che qu'à éteindre dans son Royaume. Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage intitulé , Instruction Pastorale de
M. l'Evêque de Montpellier , adressée au Clergé et
aux Fideles de son Diocèse , au sujet des miracles
que Dieufait en faveur des Appellans de la Bulls
Unigenitus , 1733. sera et demeurera supprimé ,
comme contraire au respect dû à l'Eglise et au
Roy , tendant à émouvoir les esprits et à trou
bler la tranquillité publique. Enjoint à tous ceux
qui en ont des exemplaires , de les remettre incessamment
au Greffe du Conseil , pour y êtr
supprimez et lacerez. Fait deffenses à tous Imprimeurs
, Libraires et autres , de quelque état
qualité et condition qu'ils soient , d'en vendre ,
débiter ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire ; et sera le present Arrêt lû , publié
, &c.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En 1733, plusieurs ordonnances royales et arrêts parlementaires ont été publiés. Le 3 janvier, une ordonnance royale visait les déserteurs du Régiment des Gardes Françaises, stipulant que tout soldat absent sans justification serait considéré comme déserteur et puni en conséquence. Le 28 janvier, une autre ordonnance modifiait le rang du Régiment de Cavalerie de Conty dans la cavalerie. Le 8 février, une ordonnance royale établissait la création de nouveaux officiers dans divers régiments de cavalerie et de dragons. Plusieurs arrêts concernaient la gestion des parcs et pêcheries, notamment à Saint-Brieuc et Brest, ainsi que les marques à apposer sur certaines toiles et mousselines. Le 25 mars, une ordonnance royale permettait aux officiers absents de récupérer leurs appointements pour la période d'absence. Le 31 mars, une ordonnance prorogeait la permission accordée aux négociants pour envoyer des vaisseaux en Irlande. Le Parlement a également pris des mesures contre des écrits séditieux. Le 14 avril, un libelle intitulé 'Réflexions pour les Évêques de France' a été lacéré et brûlé pour ses propos injurieux à l'autorité royale et aux Parlements, et pour exciter au schisme et à la sédition. Le 25 avril, deux livres, 'Nouvelle défense de la Constitution' et 'Traité de l'Amour de Dieu', ont été supprimés pour contenir des propositions séditieuses et contraires à l'autorité des Parlements. Le Conseil d'État a condamné un ouvrage intitulé 'Instruction Pastorale' pour ses déclarations injurieuses à l'autorité royale et à l'Église. Par ailleurs, le roi a ordonné la suppression d'un ouvrage intitulé 'Instruction Pastorale de M. l'Évêque de Montpellier'. Cet ouvrage, adressé au clergé et aux fidèles du diocèse de Montpellier, traitait des miracles attribués par Dieu aux appellants de la bulle Unigenitus, publiée en 1733. Le roi jugeait cet ouvrage contraire au respect dû à l'Église et au roi, et susceptible de troubler la tranquillité publique. Il ordonnait donc la suppression de tous les exemplaires existants, qui devaient être remis au greffe du Conseil pour être détruits. De plus, il interdisait à tous les imprimeurs, libraires et autres personnes de vendre, débiter ou distribuer cet ouvrage, sous peine de punition exemplaire. L'arrêt devait être lu et publié.
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296
p. 1023-1025
Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
Début :
Le 3 de ce mois, le Marquis de Rosignan, Ambassadeur ordinaire du [...]
Mots clefs :
Roi, Ambassadeur, Duchesse d'Orléans, Comte, Duc, Reine, Duchesse de Bourbon, Prince de Guise, Princesse de Conty, Carosses
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texteReconnaissance textuelle : Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
E3 de ce mois , le Marquis de Rosignan
Ambassadeur ordinaire du
Roi de Sardaigne , fic son Entrée publique
dans Paris. Le Maréchal d'Etrées et
M. Hebert , Introducteur des Ambassadeurs
, allerent le prendre dans les Carosses
de L. M. au Convent de Picpus ,
d'où la Marche se fit en cet ordre : le
Čarosse de l'Introducteur , ceux du Ma
réchal d'Etrées , précedez de son Suisse
de son Ecuyer et de quatre Pages à che
val ; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val ; sa Livrée à pied , quatre de ses Of
` ficiers , un Ecuyer et quatre Pages à che
val ; le Carosse du Roi , aux côtez du
quel marchoient la Livrée du Maréchal
I d'E
1024 MERCURE DE FRANCE
d'Etrées , et celle de M. Hebert ; le Carosse
de la Reine ; celui de Madame là
Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc d'Orleans
, de la Duchesse de Bourbon Douairiere
, du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty , premiere Douairiere ; de la Princesse
de Conty seconde Douairiere
du Prince et de la Princesse de Conty , du
Duc et de la Duchesse du Maine , du
Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du
Comté et de la Comtesse de Toulouse
et celui de M. Chauvelin , Garde des
Sceaux , Ministre et Secretaire d'Etat
ayant le département des Affaires Etrangeres.
Les trois Carosses de l'Ambassadeur
marchoient ensuite à une distance
de 30 à 40 pas . Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son premier
Ecuyer , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans , par le Marquis
de Crevecoeur , premier Ecuyer de cette
Princesse.
Le 5. le Prince de Guise , et M. Hebert
, Introducteur des Ambassadeurs ,
alle
?
MAY.
1025 17330
allerent prendre l'Ambassadeur en son
Hôtel dans les Carosses du Roi et de la
Reine , et le conduisirent à Versailles ,
où il eut sa premiere Audience publique
du Roi. Il trouva à son passage , dans
l'avant- cour du Château , les Compagnies
des Gardes Françoises et Suisses
sous les armes, les Tambours appellants;
dans la Cour , les Gardes de la Porte , et
ceux de la Prévôté de l'Hôtel sous les
armes, àà lleeuurrss postes ordinaires , et sur
l'Escalier , les Cent Suisses en habits de
cérémonie , la Halebarde à la main. Il
fut reçû en dedans de la Salle des Gardes
par le Duc de Bethune , Capitaine des
Gardes du Corps , qui étoient en haye et
sous les armes.
Après l'Audience du Roi , l'Ambassadeur
fut conduit à l'Audience de la Reine
et à celle de Monseigneur le Dauphin,
par le Prince de Guise , et par M. Hebere
: à bert : il fut admis ensuite à celles de
Mesdames de France ; et après avoir été
traité par les Officiers du Roi , il fut reconduit
à Paris dans les Carosses de L.
M. avec les cérémonies accoûtumées.
Ambassadeur ordinaire du
Roi de Sardaigne , fic son Entrée publique
dans Paris. Le Maréchal d'Etrées et
M. Hebert , Introducteur des Ambassadeurs
, allerent le prendre dans les Carosses
de L. M. au Convent de Picpus ,
d'où la Marche se fit en cet ordre : le
Čarosse de l'Introducteur , ceux du Ma
réchal d'Etrées , précedez de son Suisse
de son Ecuyer et de quatre Pages à che
val ; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val ; sa Livrée à pied , quatre de ses Of
` ficiers , un Ecuyer et quatre Pages à che
val ; le Carosse du Roi , aux côtez du
quel marchoient la Livrée du Maréchal
I d'E
1024 MERCURE DE FRANCE
d'Etrées , et celle de M. Hebert ; le Carosse
de la Reine ; celui de Madame là
Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc d'Orleans
, de la Duchesse de Bourbon Douairiere
, du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty , premiere Douairiere ; de la Princesse
de Conty seconde Douairiere
du Prince et de la Princesse de Conty , du
Duc et de la Duchesse du Maine , du
Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du
Comté et de la Comtesse de Toulouse
et celui de M. Chauvelin , Garde des
Sceaux , Ministre et Secretaire d'Etat
ayant le département des Affaires Etrangeres.
Les trois Carosses de l'Ambassadeur
marchoient ensuite à une distance
de 30 à 40 pas . Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son premier
Ecuyer , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans , par le Marquis
de Crevecoeur , premier Ecuyer de cette
Princesse.
Le 5. le Prince de Guise , et M. Hebert
, Introducteur des Ambassadeurs ,
alle
?
MAY.
1025 17330
allerent prendre l'Ambassadeur en son
Hôtel dans les Carosses du Roi et de la
Reine , et le conduisirent à Versailles ,
où il eut sa premiere Audience publique
du Roi. Il trouva à son passage , dans
l'avant- cour du Château , les Compagnies
des Gardes Françoises et Suisses
sous les armes, les Tambours appellants;
dans la Cour , les Gardes de la Porte , et
ceux de la Prévôté de l'Hôtel sous les
armes, àà lleeuurrss postes ordinaires , et sur
l'Escalier , les Cent Suisses en habits de
cérémonie , la Halebarde à la main. Il
fut reçû en dedans de la Salle des Gardes
par le Duc de Bethune , Capitaine des
Gardes du Corps , qui étoient en haye et
sous les armes.
Après l'Audience du Roi , l'Ambassadeur
fut conduit à l'Audience de la Reine
et à celle de Monseigneur le Dauphin,
par le Prince de Guise , et par M. Hebere
: à bert : il fut admis ensuite à celles de
Mesdames de France ; et après avoir été
traité par les Officiers du Roi , il fut reconduit
à Paris dans les Carosses de L.
M. avec les cérémonies accoûtumées.
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Résumé : Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
Le 23 mai, le Marquis de Rosignan, ambassadeur du Roi de Sardaigne, fit son entrée publique à Paris. Le Maréchal d'Etrées et M. Hebert, Introducteur des Ambassadeurs, l'accueillirent au couvent de Picpus. La procession, organisée avec précision, comprenait les carrosses de l'Introducteur et du Maréchal, suivis par ceux des membres de la famille royale et des dignitaires, puis les trois carrosses de l'ambassadeur. À son arrivée à son hôtel, l'ambassadeur reçut des compliments de représentants du Roi, de la Reine et de Madame la Duchesse d'Orléans. Le 5 mai, le Prince de Guise et M. Hebert conduisirent l'ambassadeur à Versailles pour sa première audience publique avec le Roi. Les Gardes Françaises et Suisses étaient sous les armes lors de son passage. Après l'audience royale, l'ambassadeur fut reçu par la Reine et le Dauphin, puis par Mesdames de France. Il fut ensuite reconduit à Paris avec les cérémonies habituelles.
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297
p. 1025-1026
« Le 17. et les deux jours suivans, les Dominicains du Couvent du Noviciat de [...] »
Début :
Le 17. et les deux jours suivans, les Dominicains du Couvent du Noviciat de [...]
Mots clefs :
Actions
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texteReconnaissance textuelle : « Le 17. et les deux jours suivans, les Dominicains du Couvent du Noviciat de [...] »
Le 17. et les deux jours suivans , les
Dominicains du Convent du Noviciat de
Paris , celébrerent dans leur Eglise la Fê-
I ij
te
1025 MERCURE DE FRANCE
•
te de la Béatification de la Bienheureuse
Catherine de Ricci de Florence , Religieuse
Professe de leur Ordre.
Le 21 de ce mois , Monseigneur Id
Dauphin partit de Versailles apès midi
pour aller au Château de Meudon , qui
n'en est qu'à une lieuë , et y passer quel;
ques- tems,
Les deux aînées de Mesdames de Fran
ce y allerent le même jour , et les deux
Cadettes le lendemain ,
Le 23 Mai la Lotterie de la Compa
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la màniere
accoûtumée à l'Hôtel de la Com
pagnie. La Liste des Numeros gagnans
des Actions et Dixiémes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique , faisant en tout le nombre de
314 Actions.
Dominicains du Convent du Noviciat de
Paris , celébrerent dans leur Eglise la Fê-
I ij
te
1025 MERCURE DE FRANCE
•
te de la Béatification de la Bienheureuse
Catherine de Ricci de Florence , Religieuse
Professe de leur Ordre.
Le 21 de ce mois , Monseigneur Id
Dauphin partit de Versailles apès midi
pour aller au Château de Meudon , qui
n'en est qu'à une lieuë , et y passer quel;
ques- tems,
Les deux aînées de Mesdames de Fran
ce y allerent le même jour , et les deux
Cadettes le lendemain ,
Le 23 Mai la Lotterie de la Compa
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la màniere
accoûtumée à l'Hôtel de la Com
pagnie. La Liste des Numeros gagnans
des Actions et Dixiémes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique , faisant en tout le nombre de
314 Actions.
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Résumé : « Le 17. et les deux jours suivans, les Dominicains du Couvent du Noviciat de [...] »
Du 17 au 19 mai, les Dominicains célébrèrent la béatification de Catherine de Ricci. Le 21 mai, le Dauphin se rendit au Château de Meudon, suivi par les deux aînées de Mesdames de France. Le lendemain, les deux cadettes les rejoignirent. Le 23 mai, la lotterie de la Compagnie des Indes remboursa 314 actions.
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298
p. 1026-1028
Ceremonie des Chevaliers de l'Ordre, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le jour de la Pentecôte, les Chevaliers Commandeurs et Officiers de l'Ordre du [...]
Mots clefs :
Roi, Ordre du Saint-Esprit, Archevêque d'Albi, Archevêque de Vienne, Chevaliers
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonie des Chevaliers de l'Ordre, &c. [titre d'après la table]
Le jour de la Pentecôte , les Chevaliers
Commandeurs et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant rendus vers les onze
heures dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel les Preu
ves de l'Archevêque d'Alby et de l'Archevêque
de Vienne , premier Aumônier
MAY. 17337 1027
nier de S. M. nommé Prélat Comman
deur de l'Ordre du S. Esprit , dans le
Chapitre du 2 Février dernier , furent
admises. Le Roi alla ensuite à la Chapelle
, étane précedé du Duc d'Orleans , du
Duc de Bourbon , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Duc du Maine , du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte
de Toulouse et des Chevaliers- Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le
Roi devant lequel les deux Huissiers de
la Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers . Le Čardinal
de Polignac , le Cardinal de Bissy
l'Archevêque d'Alby , et l'Archevêque
de Vienne , marchoient derriere S. M.
Lorsque le Roi fut anivé dans la Chapelle
, on commença le Veni Creator
après lequel S. M. étant montée à son
Trône , l'Archevêque d'Alby , et l'Archevêque
de Vienne y furent conduits
par le Marquis de Breteuil , Prévôt et
Maître des Cérémonies des Ordres du
Roi. Ils prêterent le Serment ordinaire ;
et après que le Roi leur eut passé au col
le Cordon bleu , au bas duquel pendoit
la Croix de l'Ordre , ils furent revêtus
du Mantelet violet que les Prélats - Com-
I iij
>
mang
1028 MERCURE DE FRANCE
mandeurs de l'Ordre du S. Esprit por
tent ordinairement dans les cérémonies
de cet Ordre. Le Roi retourna ensuite
à son P.ie- Dieu , où il entendit la Grande
Messe qui fut célébrée par l'Abbé Brosseau
, Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , et chantée par la Musique.
L'après midi , le Roi entendit le Sermon
du P. Guillaume , Augustin Déchaussé
, et ensuite les Vêpres , qui fu
rent chantées par la Musique.
Commandeurs et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant rendus vers les onze
heures dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel les Preu
ves de l'Archevêque d'Alby et de l'Archevêque
de Vienne , premier Aumônier
MAY. 17337 1027
nier de S. M. nommé Prélat Comman
deur de l'Ordre du S. Esprit , dans le
Chapitre du 2 Février dernier , furent
admises. Le Roi alla ensuite à la Chapelle
, étane précedé du Duc d'Orleans , du
Duc de Bourbon , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Duc du Maine , du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte
de Toulouse et des Chevaliers- Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le
Roi devant lequel les deux Huissiers de
la Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers . Le Čardinal
de Polignac , le Cardinal de Bissy
l'Archevêque d'Alby , et l'Archevêque
de Vienne , marchoient derriere S. M.
Lorsque le Roi fut anivé dans la Chapelle
, on commença le Veni Creator
après lequel S. M. étant montée à son
Trône , l'Archevêque d'Alby , et l'Archevêque
de Vienne y furent conduits
par le Marquis de Breteuil , Prévôt et
Maître des Cérémonies des Ordres du
Roi. Ils prêterent le Serment ordinaire ;
et après que le Roi leur eut passé au col
le Cordon bleu , au bas duquel pendoit
la Croix de l'Ordre , ils furent revêtus
du Mantelet violet que les Prélats - Com-
I iij
>
mang
1028 MERCURE DE FRANCE
mandeurs de l'Ordre du S. Esprit por
tent ordinairement dans les cérémonies
de cet Ordre. Le Roi retourna ensuite
à son P.ie- Dieu , où il entendit la Grande
Messe qui fut célébrée par l'Abbé Brosseau
, Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , et chantée par la Musique.
L'après midi , le Roi entendit le Sermon
du P. Guillaume , Augustin Déchaussé
, et ensuite les Vêpres , qui fu
rent chantées par la Musique.
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Résumé : Ceremonie des Chevaliers de l'Ordre, &c. [titre d'après la table]
Le 2 février 1733, lors du Chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit, les preuves de l'Archevêque d'Alby et de l'Archevêque de Vienne furent admises. Le jour de la Pentecôte, les membres de l'Ordre se rendirent dans le Cabinet du Roi, suivi par plusieurs princes et dignitaires vers la Chapelle. Le Cardinal de Polignac, le Cardinal de Bissy, l'Archevêque d'Alby et l'Archevêque de Vienne marchaient derrière le Roi. Après le chant du Veni Creator, le Roi monta sur son trône et les deux archevêques prirent le serment ordinaire. Le Roi leur passa ensuite le cordon bleu avec la croix de l'Ordre et ils furent revêtus du mantelet violet. Le Roi retourna à son prie-Dieu pour entendre la Grande Messe célébrée par l'Abbé Brosseau et chantée par la Musique. L'après-midi, le Roi écouta le sermon du Père Guillaume, Augustin Déchaussé, suivi des Vêpres chantées par la Musique.
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299
p. 1028-1029
LETTRE écrite par M. l'Evêque de Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort de M. l'Archevêque de Roüen.
Début :
Après avoir rendu, Monsieur, dans mon Eglise Cathédrale une partie de ce que je dois à la [...]
Mots clefs :
Archevêque de Rouen, Prières, Prélat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. l'Evêque de Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort de M. l'Archevêque de Roüen.
LETTRE écrite par M. l'Evêque de
Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort
de M. l'Archevêque de Rouen .
A
Près avoir rendu , Monsieur , dans mon Eglise
Cathédrale une partie de ce que je dois à la
mémoire de feu M. l'Archevêque de Rouen ,
je m'empresse de le recommander à vos prieres dans
ce moment , où le Christianisme doit sanctifier tous
nos regrets : vous trouverez sans doute bien légitimes
ceux que me cause la perte d'un Prélat , ave
quel,quoiqu'uni par les liens du sang , je l'étois encore
bien plus intimement par tous ceux que peus
former la reconnoissance pour une longue suite de
bienfaits que j'en avois reçû , et l'heureuse expérience
que j'avois des talens dont le Ciel l'avois
favorisé. J'ai eu part aux uns , et j'ai été témoin
des autres , dès le moment qu'il voulut bien me
sonfier une partie du gouvernement du premier des
Diocèses
ΜΑΥ. 1 ཧ ༣༣ ; 1029
Diocèses où la Providence l'avoit conduit. Je lus
fus redevable des mêmes sentimens , lorsque placé
sur un des Siégesles plus distinguez du Royaume ,
il désira que je l'y suivisse. En tout lieu et en toute
rencontre , soit qu'il présidât aux Etats d'une Province
, dont les interêts se sont trouvés plus d'une
fois difficiles à être menagez , soit qu'il fut un des
Membres des diverses Assemblées du Clergé où il a
toujours parû avec éclat , soit qu'il eut quelque
sorte de part aux affaires publiques , soit qu'il s'appliquât
aux Fonctions ordinaires du Ministere Ecclesiastiqne
, par tout également il se montroit aux :
personnes équitables , digne du Poste qu'il occupoit
, et remplissant tout ce que la situation des
choses pouvoit demander de lui . Plus instruit qu'un
autre , il rendoit volontiers ses lumieres utiles à
tous ceux qui étoient à portée d'en profiter Touché
autant que je devois l'être de cet avantage , je
fus très-sensible à mon éloignement de sa Personne
, lorsqu'il me fut devenu indispensable : Une
mort plus prompte que je n'avois lieu de l'appréhen
der , rend à jamais durable cette séparation que je
ne puis envisager qu'avec l'amertume la plus cúisante.
L'heureuse habitude où je suis de vous voir
entrer dans les dispositions que je crois devoir vous
inspirer , me donne lieu d'esperer que vous m'aiderez
à m'acquitter de ce que la Religion éxige de
moi dans cette conjoncture ; c'est par ce motifque
je vous prie de vous souvenir dans vos Prieres et
dans vos Sacrifices , d'un Prélat auquel je me ferai
toujours l'honneur d'avoir été très - singulierement
attaché. Je suis , &c.
Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort
de M. l'Archevêque de Rouen .
A
Près avoir rendu , Monsieur , dans mon Eglise
Cathédrale une partie de ce que je dois à la
mémoire de feu M. l'Archevêque de Rouen ,
je m'empresse de le recommander à vos prieres dans
ce moment , où le Christianisme doit sanctifier tous
nos regrets : vous trouverez sans doute bien légitimes
ceux que me cause la perte d'un Prélat , ave
quel,quoiqu'uni par les liens du sang , je l'étois encore
bien plus intimement par tous ceux que peus
former la reconnoissance pour une longue suite de
bienfaits que j'en avois reçû , et l'heureuse expérience
que j'avois des talens dont le Ciel l'avois
favorisé. J'ai eu part aux uns , et j'ai été témoin
des autres , dès le moment qu'il voulut bien me
sonfier une partie du gouvernement du premier des
Diocèses
ΜΑΥ. 1 ཧ ༣༣ ; 1029
Diocèses où la Providence l'avoit conduit. Je lus
fus redevable des mêmes sentimens , lorsque placé
sur un des Siégesles plus distinguez du Royaume ,
il désira que je l'y suivisse. En tout lieu et en toute
rencontre , soit qu'il présidât aux Etats d'une Province
, dont les interêts se sont trouvés plus d'une
fois difficiles à être menagez , soit qu'il fut un des
Membres des diverses Assemblées du Clergé où il a
toujours parû avec éclat , soit qu'il eut quelque
sorte de part aux affaires publiques , soit qu'il s'appliquât
aux Fonctions ordinaires du Ministere Ecclesiastiqne
, par tout également il se montroit aux :
personnes équitables , digne du Poste qu'il occupoit
, et remplissant tout ce que la situation des
choses pouvoit demander de lui . Plus instruit qu'un
autre , il rendoit volontiers ses lumieres utiles à
tous ceux qui étoient à portée d'en profiter Touché
autant que je devois l'être de cet avantage , je
fus très-sensible à mon éloignement de sa Personne
, lorsqu'il me fut devenu indispensable : Une
mort plus prompte que je n'avois lieu de l'appréhen
der , rend à jamais durable cette séparation que je
ne puis envisager qu'avec l'amertume la plus cúisante.
L'heureuse habitude où je suis de vous voir
entrer dans les dispositions que je crois devoir vous
inspirer , me donne lieu d'esperer que vous m'aiderez
à m'acquitter de ce que la Religion éxige de
moi dans cette conjoncture ; c'est par ce motifque
je vous prie de vous souvenir dans vos Prieres et
dans vos Sacrifices , d'un Prélat auquel je me ferai
toujours l'honneur d'avoir été très - singulierement
attaché. Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE écrite par M. l'Evêque de Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort de M. l'Archevêque de Roüen.
Le 27 avril 1733, l'évêque de Grenoble écrit à propos de la mort de l'archevêque de Rouen. Il mentionne avoir déjà rendu hommage à ce dernier dans son église cathédrale et le recommande aux prières du destinataire. L'évêque exprime ses regrets pour la perte d'un prélat avec qui il était lié par le sang et par la reconnaissance pour les nombreux bienfaits reçus. Il souligne les compétences et les talents de l'archevêque, dont il a été témoin lors de la gestion du diocèse de Rouen et dans diverses fonctions publiques et ecclésiastiques. L'archevêque était connu pour son équité et sa dignité, qu'il manifestait en présidant aux États d'une province, en participant aux assemblées du clergé ou en s'occupant des affaires publiques. L'évêque regrette la séparation soudaine causée par la mort inattendue de l'archevêque et espère l'aide du destinataire pour accomplir ses devoirs religieux. Il prie pour que l'archevêque soit souvenir dans les prières et les sacrifices.
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300
p. 1029-1030
« Le 2. et le 9. Mai, il y eut Concert François au Château des Thuilleries ; on y chanta le Prologue [...] »
Début :
Le 2. et le 9. Mai, il y eut Concert François au Château des Thuilleries ; on y chanta le Prologue [...]
Mots clefs :
Cantate, Concert, Château des Tuileries
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2. et le 9. Mai, il y eut Concert François au Château des Thuilleries ; on y chanta le Prologue [...] »
Le 2. et le 9. Mai , il y eut Concert François
au Château des Thuilleries ; on y chanta le Pro-
I üij logue
030 MERCURE DE FRANCE
logue de Phaeton , et une Cantate Allégorique ,
qui a pour titre : Le Soleil , Vainqueur des Nuages.
Le sieur Jeliote , nouveau Chanteur , qu'on
avoit déja entendu à l'Opéra , y chanta pour la
premiere fois une Cantatille avec applaudissement
, ayant une très-belle voix de Hautecontre
.
Le 14 il y eut Concert
Spirituel
à cause
de
la Fête de l'Ascension , on y éxecuta le Te Deum
de M. de Blamont , Sur- Intendant de la Musique
du Roi , qui fut très-applaudi. Le sieur Somis
, dont on a déja parlé , joża un Concerto et
une Sonnate avec de nouveaux applaudissemens.
Le 16. on chanta le Prologue de Rolland , er
la Cantatille de l'Eté , mise en Musique par le
sieur le Maire , qui fut très-goûtée , chantée par
la Dlie Courvasier. La Dlle le Maure chanta la
Cantate de Zephire et Flore , et le beau Récit dans
la Cantate de M. de la Lande.
-Le 24. Fête de la Pentecôte , on éxécuta deux
Motets , l'un du feu sieur Gilles , et un autre
de M. de la Lande , qui termina le Concert ; ils
furent précedez de differentes Piéces de simphonies
, dont l'éxécution fait toujours beaucoup
de plaisir.
au Château des Thuilleries ; on y chanta le Pro-
I üij logue
030 MERCURE DE FRANCE
logue de Phaeton , et une Cantate Allégorique ,
qui a pour titre : Le Soleil , Vainqueur des Nuages.
Le sieur Jeliote , nouveau Chanteur , qu'on
avoit déja entendu à l'Opéra , y chanta pour la
premiere fois une Cantatille avec applaudissement
, ayant une très-belle voix de Hautecontre
.
Le 14 il y eut Concert
Spirituel
à cause
de
la Fête de l'Ascension , on y éxecuta le Te Deum
de M. de Blamont , Sur- Intendant de la Musique
du Roi , qui fut très-applaudi. Le sieur Somis
, dont on a déja parlé , joża un Concerto et
une Sonnate avec de nouveaux applaudissemens.
Le 16. on chanta le Prologue de Rolland , er
la Cantatille de l'Eté , mise en Musique par le
sieur le Maire , qui fut très-goûtée , chantée par
la Dlie Courvasier. La Dlle le Maure chanta la
Cantate de Zephire et Flore , et le beau Récit dans
la Cantate de M. de la Lande.
-Le 24. Fête de la Pentecôte , on éxécuta deux
Motets , l'un du feu sieur Gilles , et un autre
de M. de la Lande , qui termina le Concert ; ils
furent précedez de differentes Piéces de simphonies
, dont l'éxécution fait toujours beaucoup
de plaisir.
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Résumé : « Le 2. et le 9. Mai, il y eut Concert François au Château des Thuilleries ; on y chanta le Prologue [...] »
Du 2 au 24 mai, plusieurs concerts furent organisés au Château des Tuileries. Le 2 et 9 mai, le concert 'Concert François' présenta le prologue de 'Phaeton' et la cantate allégorique 'Le Soleil, Vainqueur des Nuages'. Le chanteur Jeliote interpréta une cantatille, saluée pour sa voix de haute-contre. Le 14 mai, à la fête de l'Ascension, un concert spirituel eut lieu avec l'exécution du 'Te Deum' de M. de Blamont et des œuvres de Somis. Le 16 mai, le prologue de 'Rolland' et la cantatille de 'l'Été' furent interprétés, avec des performances de la demoiselle Courvasier et de la demoiselle le Maure. Le 24 mai, à la fête de la Pentecôte, deux motets furent exécutés, l'un du défunt sieur Gilles et l'autre de M. de la Lande, précédés de diverses pièces de symphonies.
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