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1
p. 169-172
CHANSON. TRADUCTION de la Romance de Metastase, qui commence par ces mots : Grazie agl'inganni tuoi.
Début :
Grace à tant de tromperies, [...]
Mots clefs :
Peine, Coeur, Chaîne, Aimer, Adorer, Sens, Souvenir
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON. TRADUCTION de la Romance de Metastase, qui commence par ces mots : Grazie agl'inganni tuoi.
CHANSON.
RADUCTION de la Romance de
Metaftafe , qui commence par ces mots :
Grazie agl' inganni tuoi.
GRace à tant de tromperies ,
Grace à tes coquéteries ,
Nice , je refpire enfin :
Mon coeur , libre de fa chaîne,
Ne déguife plus fa peine ;
Ce n'eft plus un fonge vain.
Toute ma flâme eft éteinte ;
Sous une colere feinte
L'Amour ne fe cache plus.
Qu'on te nomme en ton abſence ;
Qu'on t'adore en ma préſence ,
Mes fens n'en font point émus.
En paix fans toi je fommeille ;
Tu n'es plus , quand je m'éveille ,
Le premier de mes defirs .
Rien de ta part ne m'agite ;
Je t'aborde & je te quitte ,
Sans regrets & fans plaifirs.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Le fouvenir de tes charmes ,
Le fouvenir de mes larmes ,
Ne fait nul effet fur inoi
Juge enfin comment je t'aime ;
Avec mon rival lui- même
Je pourrois parler de toi,
XX
Sois tendre , fois inhumaine ;
Ta fierté n'eft pas moins vaine ,
Que le feroit ta douceur.
Sans être ému , je t'écoute ,
Et tes yeux n'ont plus de route
Pour pénétrer dans mon coeur.
D'un mépris , d'une careffe ,
Mes plaifirs ou ma trifteſſe
Ne reçoivent plus la loi ;
Sans toi j'aime les bocages ;
L'horreur des antres fauvages
Peut me déplaire avec toi.
Tu me parois encore belle ,
Mais , Nice , tu n'es plus celle
Dont mes fens font enchantés ;
Je vois , devenu plus fage , ….
Des défauts fur ton vifage ,
Qui me fembloient des beautés.
SEPTEMBRE 1750 . 171
Lorfque je brifai ma chaîne ,
Dieux ! que j'éprouvai de peine !
Hélas ! je crus d'en mourir !
Mais quand on a du courage ,
Pour le tirer d'eſclavage ,
Que ne peut-on point fouffrir ?
Ainfi du piége perfide
Le ferein fimple & timide
Avec effort échappé ,
Au prix des plumes qu'il laiffe ,
Prend des leçons de fageffe ,
Pour n'être plus attrapé .
***
Tu crois que mon coeur t'adore ,
Voyant que je parle encore
Des foupirs que j'ai pouffés ;
Mais tel , au Port qu'il défire ,
Le Nocher aime à redire
Les périls qu'il a paflés.
****
Le Guerrier couvert de gloire ;
Se plaît après la victoire ,
A raconter fes exploits :
Et l'Esclave exemt de peine ,
Montre avec plaifir la chaîne ,
Qu'il a traînée autrefois.
Hlj
172 MERCURE DE FRANCE.
Je m'exprime fans contrainte ,
Je ne parle point par feinte ,
Pour que tu m'ajoûtes foi :
Et quoique tu puiffes dire ,
Je ne daigne pas m'inftruire
Comment tu parles de moi.
Tes appas , Beauté trop vaine ;
Ne te rendront pas fans peine
Un auffi fiddle amant.
Ma perte eft moins dangereuse ,
Je fçais qu'une autre trompeufe
Se trouve plus aiſément.
Rouffeau , de Genéve.
RADUCTION de la Romance de
Metaftafe , qui commence par ces mots :
Grazie agl' inganni tuoi.
GRace à tant de tromperies ,
Grace à tes coquéteries ,
Nice , je refpire enfin :
Mon coeur , libre de fa chaîne,
Ne déguife plus fa peine ;
Ce n'eft plus un fonge vain.
Toute ma flâme eft éteinte ;
Sous une colere feinte
L'Amour ne fe cache plus.
Qu'on te nomme en ton abſence ;
Qu'on t'adore en ma préſence ,
Mes fens n'en font point émus.
En paix fans toi je fommeille ;
Tu n'es plus , quand je m'éveille ,
Le premier de mes defirs .
Rien de ta part ne m'agite ;
Je t'aborde & je te quitte ,
Sans regrets & fans plaifirs.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Le fouvenir de tes charmes ,
Le fouvenir de mes larmes ,
Ne fait nul effet fur inoi
Juge enfin comment je t'aime ;
Avec mon rival lui- même
Je pourrois parler de toi,
XX
Sois tendre , fois inhumaine ;
Ta fierté n'eft pas moins vaine ,
Que le feroit ta douceur.
Sans être ému , je t'écoute ,
Et tes yeux n'ont plus de route
Pour pénétrer dans mon coeur.
D'un mépris , d'une careffe ,
Mes plaifirs ou ma trifteſſe
Ne reçoivent plus la loi ;
Sans toi j'aime les bocages ;
L'horreur des antres fauvages
Peut me déplaire avec toi.
Tu me parois encore belle ,
Mais , Nice , tu n'es plus celle
Dont mes fens font enchantés ;
Je vois , devenu plus fage , ….
Des défauts fur ton vifage ,
Qui me fembloient des beautés.
SEPTEMBRE 1750 . 171
Lorfque je brifai ma chaîne ,
Dieux ! que j'éprouvai de peine !
Hélas ! je crus d'en mourir !
Mais quand on a du courage ,
Pour le tirer d'eſclavage ,
Que ne peut-on point fouffrir ?
Ainfi du piége perfide
Le ferein fimple & timide
Avec effort échappé ,
Au prix des plumes qu'il laiffe ,
Prend des leçons de fageffe ,
Pour n'être plus attrapé .
***
Tu crois que mon coeur t'adore ,
Voyant que je parle encore
Des foupirs que j'ai pouffés ;
Mais tel , au Port qu'il défire ,
Le Nocher aime à redire
Les périls qu'il a paflés.
****
Le Guerrier couvert de gloire ;
Se plaît après la victoire ,
A raconter fes exploits :
Et l'Esclave exemt de peine ,
Montre avec plaifir la chaîne ,
Qu'il a traînée autrefois.
Hlj
172 MERCURE DE FRANCE.
Je m'exprime fans contrainte ,
Je ne parle point par feinte ,
Pour que tu m'ajoûtes foi :
Et quoique tu puiffes dire ,
Je ne daigne pas m'inftruire
Comment tu parles de moi.
Tes appas , Beauté trop vaine ;
Ne te rendront pas fans peine
Un auffi fiddle amant.
Ma perte eft moins dangereuse ,
Je fçais qu'une autre trompeufe
Se trouve plus aiſément.
Rouffeau , de Genéve.
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