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p. 11-14
LE PRINTEMPS. STANCES.
Début :
Le bruit des aquilons ne se fait plus entendre. [...]
Mots clefs :
Amour, Amant, Coeur, Printemps, Berger
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texteReconnaissance textuelle : LE PRINTEMPS. STANCES.
LE PRINTEMPS.
STANCES.
Le bruit des aquilons ne fe fait plus entendre.
L'air eft doux & ferein : tout renaît en ces lieux ;
Et & Flore en devient plus tendre ,
Zéphire en eft plus amoureux .
De l'aimable printemps nous goûtons tous les
charmes :
Nos coeurs & nos efprits reffentent fa douceur ;
Et l'Aurore verfe des larmes
Dont Céphale n'eft plus l'auteur.
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Cette Nymphe déja , de larmes précieuſes ,
Enrichit nos vergers , nos parterres de fleurs :
Là , mille odeurs délicieuses ,
Donnent le prix à ſes faveurs.
Le papillon léger , comme l'amant volage ,
De belle en belle va raconter fon tourment.
La conftance eft un esclavage
"
Qui déplaît à plus d'un amant.
La nature aux mortels rend un fenfible hommage:
Phébus répand fes feux fur ce vaſte univers :
Tout nous retrace le bel âge ,
Et fur la terre & dans les airs.
Les arbres ont repris leur verdoyant feuillage 3.
Sous leur voûte l'on fent voler mille zépkirs :
Les amans vont fous leur ombrage
Former les plus tendres defirs ..
Les oifeaux amoureux , par le plus doux ramage,
De la belle faifon nous chantent les douceurs :
Et Philomèle , en fon langage ,
Fait le récit de fes malheurs.
Mais par des chants fi beaux nous fait - elle l'hiſtoire,
Du plus cruel amant , du plus barbare amour ?
Non elle chante la victoire
Que fa vengeance eut à fon tour.
JUIN 1768. 1.3.
La bergère déja vers la tendre prairie ,
Conduifant fon troupeau , précipite fes pas
Et la campagne refleurie ,
Ne fait qu'augmenter fes appas..
Sonberger qui la fuit , dans ſon tranſport extrême,
Lui prouve fon amour par fon trouble charmant
Et fans lui dire : je vous aime.
Elle le devine ailément.
Son coeur paroît fenfible au berger qu'elle enchante
;
Et fans amour encor il feint de s'enflammer'
C'eft toujours par-là qu'une amante
Voit fi fon berger fait aimer..
C'est dans le calme heureux de fon indifférence,
Qu'elle difpofe alors fon coeur pour fon berger..
L'amour éprouvé , la conftance ,
Font fuir la crainte & le danger..
Un coeur ne peut tenir contre un coeur qui l'adore.:
Après l'épreuve , il vient un précieux moment :
On l'aime , il aime plus encore
Pour payer fon retardement.
Heureux donc un berger tendre , prudent & fage. ,
Qui fait peindre le feu d'un véritable amour. !:
Sa bergère en reçoit l'hommage ,
Et lui peint le fien à fon tour,.
14
MERCURE
DE
FRANCE
.
Quand un amant eft fûr d'une pleine victoire ,
Són âme oublie alors fes foucis , fa langueur :
Il ne rappelle à la mémoire
Que le charme d'être vainqueur.
Par Mlle POULAIN , de Nogent -fur-Seine ,
auteur de l'Anecdote intéreffante de la fir
du règne de Louis XIV.
STANCES.
Le bruit des aquilons ne fe fait plus entendre.
L'air eft doux & ferein : tout renaît en ces lieux ;
Et & Flore en devient plus tendre ,
Zéphire en eft plus amoureux .
De l'aimable printemps nous goûtons tous les
charmes :
Nos coeurs & nos efprits reffentent fa douceur ;
Et l'Aurore verfe des larmes
Dont Céphale n'eft plus l'auteur.
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Cette Nymphe déja , de larmes précieuſes ,
Enrichit nos vergers , nos parterres de fleurs :
Là , mille odeurs délicieuses ,
Donnent le prix à ſes faveurs.
Le papillon léger , comme l'amant volage ,
De belle en belle va raconter fon tourment.
La conftance eft un esclavage
"
Qui déplaît à plus d'un amant.
La nature aux mortels rend un fenfible hommage:
Phébus répand fes feux fur ce vaſte univers :
Tout nous retrace le bel âge ,
Et fur la terre & dans les airs.
Les arbres ont repris leur verdoyant feuillage 3.
Sous leur voûte l'on fent voler mille zépkirs :
Les amans vont fous leur ombrage
Former les plus tendres defirs ..
Les oifeaux amoureux , par le plus doux ramage,
De la belle faifon nous chantent les douceurs :
Et Philomèle , en fon langage ,
Fait le récit de fes malheurs.
Mais par des chants fi beaux nous fait - elle l'hiſtoire,
Du plus cruel amant , du plus barbare amour ?
Non elle chante la victoire
Que fa vengeance eut à fon tour.
JUIN 1768. 1.3.
La bergère déja vers la tendre prairie ,
Conduifant fon troupeau , précipite fes pas
Et la campagne refleurie ,
Ne fait qu'augmenter fes appas..
Sonberger qui la fuit , dans ſon tranſport extrême,
Lui prouve fon amour par fon trouble charmant
Et fans lui dire : je vous aime.
Elle le devine ailément.
Son coeur paroît fenfible au berger qu'elle enchante
;
Et fans amour encor il feint de s'enflammer'
C'eft toujours par-là qu'une amante
Voit fi fon berger fait aimer..
C'est dans le calme heureux de fon indifférence,
Qu'elle difpofe alors fon coeur pour fon berger..
L'amour éprouvé , la conftance ,
Font fuir la crainte & le danger..
Un coeur ne peut tenir contre un coeur qui l'adore.:
Après l'épreuve , il vient un précieux moment :
On l'aime , il aime plus encore
Pour payer fon retardement.
Heureux donc un berger tendre , prudent & fage. ,
Qui fait peindre le feu d'un véritable amour. !:
Sa bergère en reçoit l'hommage ,
Et lui peint le fien à fon tour,.
14
MERCURE
DE
FRANCE
.
Quand un amant eft fûr d'une pleine victoire ,
Són âme oublie alors fes foucis , fa langueur :
Il ne rappelle à la mémoire
Que le charme d'être vainqueur.
Par Mlle POULAIN , de Nogent -fur-Seine ,
auteur de l'Anecdote intéreffante de la fir
du règne de Louis XIV.
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