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1
p. 1-23
Harange faite au Roy, par Mr le Coadjuteur de Roüen. [titre d'après la table]
Début :
Il ne me sera pas difficile, Madame, de vous convaincre que [...]
Mots clefs :
Coadjuteur, Harangue, Roi, Éloge, Éloquence, Assemblée du Clergé, Souverain, Religion, Piété, Ennemis, Zèle, Bonté, Sagesse, Victoire, Action héroïque, Hérésie, Conversions, Erreurs, Hydre, Lois, Vengeance, Honneur, Religion catholique, Édit de Nantes
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texteReconnaissance textuelle : Harange faite au Roy, par Mr le Coadjuteur de Roüen. [titre d'après la table]
L ne me fera pas difficile,
Madame , de vous convaincre
que je n'ay fait
que rendre juftice à M. le
Coadjuteur de Roüen , quád
je vous ay vanté la Harangue
qu'il a faite au Roy ,
Septembre 1685.
A
2 MERCURE
comme une des plus belles
chofes qu'on ait entenduës
depuis long- temps. Je vous
en envoye une Copie , qui
juſtifiera ce que je vous en ay
dit . L'Eloge de Sa Majeſté
vous plait au commencement
de toutes mes Lettres ,
& vous l'aimerez d'autant
plus en celle - cy , que vous
le trouverez
fait par un grad
Prelat , dont l'Eloquence
a
charmé toute la Cour. Il fut
affifté dans cette action de
Ms les Archevelques, Evef
ques , & autres Deputez de
1 Affemblée du Clergé , & ce
IS
GALANT.
3
fut en prenant congé duRoy
qu'il luy parla en ces termes
au nom de tous ceux qui avoient
compofé cette Affemblée.
owy shoup so monu
VIRE,
STRE Le Clergé de France,qui ne
s'approchoit autrefois de fes Sou
leur tracer de
verains , que pour
triftes images de la Religion opprimée
& gemiffante
, vient aujourd'huy
, la reconnoiſſance
&
la joye dans le coeur , faire paroître
à Voftre Majefté, cette mefme
Religion toute couverte de la gloire
, qu'elle tient de voſtre P.eté,
A ij
4 MERCURE
Elle a paru durant plus d'un
fiecle fur le panchant deſa ruine ;
on l'a veuë déchirée par fes propres
enfans , trahie par ceux qui
devoient la foûtenir la defendre
, en proye à fes plus cruels ennemis
. Enfin aprés une longue &
funefte oppreffion , elle refpira peu
de temps avant voftre Naiffance
beureuſe ; avecVous elle commença
de revivre , avec Vous elle
monta fur le Trône. Nous contons
les années de fon accroiffement
par les années de vôtre Regne
; & c'eftfous le plusfloriffant
Empire du monde , que
› que
nous
la
voyons aujourd'huy plus floriffan
te que jamais.
GALANT.
5
Si elle fefouvient encore de fes
troubles de fes malheurs paffez
, ce n'eft plus que pour mieux
goûter le parfait bonheur dont
vous la faitesjouir. Elle eftfans
agitation fans crainte à l'ombre
de votre autorité ; elle eft mefme,
fi j'ofe ainfi dire , fans defirs
puifque voftre Zele ne luy laiffe
pas le temps d'en former , & que
votre Bonté va fifouvent au dela
de fes
fouhaits
. ou la Foy
,
Ce Zele ardent pour
22041
cette Bonte paternelle dans tous
les befoins de l'Eglife , Qualitez
fi rares dans les Princes , font ,
SIRE , le veritablefujet de nos
A iij
Eloges.
6 MERCURE
Nous laiffons à vos autres Sujets
affez d'autres Vertus à admirer
en Vous. Les uns vous reprefenteront
comme un Monarque
Bienfaisant , Liberal, Magnifique,
Fidelle dans fespromef
fes, Ferme & Inflexible contre
toute forte d'injuftice , Droit
Equitable , jufques à prononcer
contre fes propres interefts , veritablement
Maistre de fes Penples
, & plus Maiftre encore de
luy-mefme.
Les autres vous refpecteront
comme un Roy , toûjours Sage &
toûjours Victorieux , dont les im
pénetrables deffeins font plutoft
GALANT. 7
executez, que connus ; qui ne regne
pas feulement fur fes Sujets
par fon Autorité Souveraine ,
mais furfon Confeil par la Superiorité
defon Genie , mais fur les
Cours de fes Voifins par
tration defon Efprit , & par la
Sageffe dont il fait inftruire fes
la
péne-
Miniftres; qui pouvant tout par
Luy-mefme , fçaitfe paffer des plus
grands Hommes , & fans eux refoudre
, entreprendre , executer ;
qui donne la Loy fur la Mer ,
auffi bien que fur la Terre ; qui
tance quand il luy plaift la foudre
jufque fur les bords de l'Afrique ;
qui fçait à ſon gré humilier les
A iiij
8 MERCURE
Nations fuperbes & réduire des
Souverains à venir aux pieds de
fon Trône reconnoiftre fon pou
voir , & implorerfa clemence.
Vos Ennemis mefme , SIRE,
ne peuvent s'empefcher de louer
vos actions heroïques ; ils font
contrains d'avouer , que rien n'eft
capable de vous refifter , & le merite
du Vainqueur adoucit en quel
que forte le malheur des Vaincus.
à
Će
n'est pas nous , SIRE
,
à parler
des progrés
étonnans
de
vos Armes
triomphantes
; nous ne
devons
pas confondre
l'éclat
d'une
valeur
qui n'est que
l'objet
de
l'admiration
des
Hommes
, avec
GALANT
9
ces Ocuvres Saintes qui font en
eftime devant Dieu Le Clergé,
SIRE,s'attachera fur tout à louer
en Vous cette Pietés, qui toûjours
attentive aux interefts de la Religion
, n'obmet rien de ce quipeut
estre neceſſaire pour la relever
dans les lieux où elle est abattue,
l'étendre au delà des Mers,
pour
dans les lieux où elle est inconnuë,
pour la faire triompher dans l'un
&l'autre monde.
Mais
que dis je ! l'Eglife ne
duit- elle pas elle - mefme confacrer
des Victoires , que Vous avezfi
heureuſementfaitfervir à la Propagation
de la Foy, & à l'ex10
MERCURE
que
tinction de l'Herefte ? Ilfemble
que vous n'ayez combattu &
triomphé que pour Dieu , & le
fruit que vous tirez de la Paix ,
nous fait affez connoistre quel ef
toit le principal but de vos Vie
toires. C'est par ces Victoires
vous avez étably cette redouta
ble Puiffance , qui tenant deſormais
vos Voifins en bride , oste
aux Heretiques de voſtre Royanme,
& l'audace de fe revolter,
l'espoir de fe maintenirpar de
feditieux commerces avec les Ennemis
de l'Etat.
4
Si c'euft efté la feule ambition
qui vous cuſtarmé , jufqu'où n'au
GALANT.
11
riez- vous point étendu vôtre Empire
? Vous vous estes hasté de fi
nir la Guerre , lorsque vous en
pouviez tirerde plus grands a -vantages.
Nefçait- on pas que ce n'a
efté que par l'empressement
que
vous aviez de donner tous vos
foins au progrés de la Religion ?
La Converfion de tant d'ames engagées
dans l'erreur , vous a paru
La plusbelle de toutes les Conquéle
triomphe le plus digne tes ,
d'un Roy Tres- Chrétien.
Maisquelle quefoit vôtre Puiffance
, elle avoit encore befoin dis
fecours de vôtre Bonté ; C'eſt en
gagnant le coeur des Heretiques ,
12 MERCURE
que vous domtez l'obftination de
leur efprit ; c'eſt par vos bienfaits
que vous combattez leurendurcif-
Sement , & ils ne feroient peuteftre
jamais rentrez dans le Sein
de l'Eglife par une autre voye ,
que par le chemin ſemé de fleurs
que vous leur avez ouvert.
Auffifaut -il l'avouer , SIRE.
Quelque intereft que nous ayons à
l'extinction de l'Herefie , notre joye
l'emporteroit peu fur noftre douleur,
fi pourfurmonter cet Hydre,
une fâcheufe neceffité avoit forcé
voftre Zele à recourir au fer
feu , comme on a efté obligé de
faire dans les Regnes précedens.
au
GALANT. 13
Nous prendrions part à une Guerre
qui feroit fainte , & nous en
aurions quelque horreur , parce
qu'elle feroitfanglante. Nous ferions
des Voeux pour le fuccés de
vos Armes facrées ; mais nous ne
verrions qu'avec tremblement, les
terribles executions , dont le Dieu
des vangeances vous feroit l'in
ftrument redoutable. Enfin nous
mêlerions nos voix aux acclamations
publiques fur vos Victoires,
enous gemirions enfecretfur un
Triomphe , qui avec la défaite des
Ennemis de l'Eglife , enveloperoit
la perte de nos Freres.
Aujourd'huy donc
donc
que Vous ne
14 MERCURE
*
combattez l'orgueil de l'Herefie
, que par la douceur & par
la fageffe du Gouvernement
:
que vos Loix foûtenues de vos
bienfaits font vos feules armes ;
& que les avantages que vous
remportez ne ſont dommaged.
bles qu'au Demon de la Revolte
& du Schiſme , nous n'avons
que de
graces à rendre au Ciel , qui a
infpiré à Voftre Majefté, ces doux
&fages moyens de vaincre l'erreur,
& de pouvoir en mêlant
avec peu de feverité , beaucoup de
graces & de faveurs ramener à
I'Eglife ceux qui s'en trouvoient
. ع و ب
pures
actions de
GALANT. 15
malheureusement feparez.
Nous le confeffons , SIRE ,
c'eſt à Vôtre Majestéſeule , que
nous devons bien-tost le rétablis
fement entier de la Foy de nos
Peres auffi ne falloir il pas que
l'Etat vous devant déja fon falut
&fa gloire , l'Eglife deuft"
un autre qu'à Vous , fa victoire
fon triomphe : fans cela voftre
Regne , que le Ciel a voulu qu'il
fuft un Regne de merveilles , auroit
manqué de fon plus bel ornement
On auroit bien dit un jour
de Vôtre Majefté , ce que l'Ecriture
dit de plufieurs grands Rois
de Juda : Il a terraffé fes En16
MERCURE
nemis , & relevé la Monarchie
; il a autorifé & reformé
les Loix , il a fait regner
la Juftice ; mais on auroit ajoúté
ce que le Saint Efprit reproche
à ces Princes : Il n'a pas aboly
les Sacrifices qui fe faifoient
fur la Montagne
.
Que votre Nom , SIRE,fera
éloigné de ce reproche ! Ce que
vôtre Zele a déja fait , la Pofte
rité le regardera toûjours comme
La fource de vos Profperitez , &
le comble de vostre Gloire.
Mais ce n'eft pas au rétabliffement
des Temples & des Autels
, que fe borne vôtre Zele.
GALANT.
17
Vous avez entrepris de faire revivre
la Pieté & les bonnes
moeurs ; & c'est à quoy Voftre
Majefte travaille avec fuccés ,
autant par fon exemple que par
fes ordres. C'est un honneur maintenantde
pratiquer la Vertu ; &
fi le vice n'eft pas tout à -fait détruit
, au moins est-il réduit à fe
cacher les voiles dont il fe
couvre , épargnent aux gens de
bien unfâcheux ſcandale, &fau
vent les ames foibles du peril d'une
contagion funefte:
Ne penfons plus à ces jours de
tenebres , où la plupart de ceux
qui eftoient encore dans le Sein de
A
Septembre 1685.
18 MERCURE
l'Eglife , fembloient n'y eftre demeurez
que pour l'outrager de plus
prés ; où les blafphemes ) les
railleriesfacrileges de ce qu'ily a
de plusfaint , éclatoient avec audace.
Ces Monftres d'infidelité ont
difparufous votre Regne heureuxs
files Remontrances tant de
fois réiterées fur ce fujet , ne nous
donnoient connoiffance de ce defor
dre , nous l'ignorerions à jamais.
Qu'eft devenu cet autre Mon
fire produit par l'esprit de vangeance
, toûjours alteré du fang
des Hommes , mais plus encore de
celuy de la Nobleffe Françoife ?
Nous n'avons qu'à le laiffer dans
GALANT
19
1
Doubly eternel , où depuis tant de
temps vous l'avez enfevely. Kous
lavez étouffé , tout indomtable
qu'il paroiffoit. Votre Majesté a
feu renverser les fauffes maximes:
de l'honneur & de la bonte ; &
autant qu'une déteftable erreur
avoit mis de fauffe gloire à fe
vanger, autant y auroit- il d'ignominie
à ne vous pas obeir. C'eft
ainsi que vostre volonté ſeule
l'emportefur la coûtume invete
rée du mal , & fur le panchante
criminel des hommes:
&
Le Clergé ne fe difpofe plus
qu'à eftre le Spectateur de la fin
& de toutes vos faintes Entreprifes,
Aij
20 MERCURE
aprés en avoir admiré de fi heureux
commencemens , il ceffe d'ufer
de Remontrances. S'il a enco
re quelques befoins , vous les connoiffez
, cela luy fuffit. Il vient
encore de reffentir en cette Affemblée,
d'infignes effets de vôtre Protection
Royale ; & perfuadé que
vous luy avez deftiné une longue
fuite de graces dans d'autres
temps , avec les circonstances
dont vous feul les fçavez fi bien
accompagner, il craindroit par fes
demandes , ou de troubler l'ordre
que vôtre Sageffe y a étably , ou
peut eftre de mettre des bornes où
vôtre Zele n'en a point mis.
GALANT 2
L'unique affaire qui nous occu
pe , c'eſt l'obligation de rendre
Vôtre Majefté de tres - humbles
actions de graces. Aprés un fijufte
de voir , affûrez que nousfammes
de votre puiffante Protection,
nous pouvons nous feparer fans
inquietude. Nous allons dans les
Provinces de voftre Royaume ,
faire retentir les louanges que
Eglife doit à voftre Zele, Cha
que Pafteur aura la joye de retronverpar
vosfoins , fon Troupeau
plus nombreux qu'il ne l'avoit
laißé , & chacun de nous redou—
blera fes voeux pour obtenir du
Ciel, qu'il redouble fes Benedic22
MERCURE
tions en faveur d'un Prince qui
fe les attire par des actions fi glow
rieufes & fi utiles à la Religion,
M.leCoadjuteur de Rouen,
comme Membre du Clergé,
fçachant encore plus parti
culierement que le reſte de
la France , ou pour mieux
dire , de l'Europe entiere ,
avec quel zele & quelle ap
plication le Roy s'attache à
faire fleurir la Religion Ca--
tholique , en corrigeant les
abus qui s'eftoient gliſſez à
fon préjudice depuis l'Edit
de Nantes, & en rétabliſſant
་
GALANT. 23
La plupart des chofes auf
quelles une longue ufurpation
avoit fait changer de
face, ne pouvoit donner trop
de louanges à ce Prince , fur
les avantages que l'Eglife tire
de fa Pieté. Elle produit
tous les jours des effets fi fur
prenans & fi extraordinai
res , qu'ils n'ont jamais eu
d'exemple ; & ils paroistront
auffi incroyables à la Poſterité
, que toutes les autres actions
de grandeur & de 'moderation
, qui le font admirer
de toute la terre .
Madame , de vous convaincre
que je n'ay fait
que rendre juftice à M. le
Coadjuteur de Roüen , quád
je vous ay vanté la Harangue
qu'il a faite au Roy ,
Septembre 1685.
A
2 MERCURE
comme une des plus belles
chofes qu'on ait entenduës
depuis long- temps. Je vous
en envoye une Copie , qui
juſtifiera ce que je vous en ay
dit . L'Eloge de Sa Majeſté
vous plait au commencement
de toutes mes Lettres ,
& vous l'aimerez d'autant
plus en celle - cy , que vous
le trouverez
fait par un grad
Prelat , dont l'Eloquence
a
charmé toute la Cour. Il fut
affifté dans cette action de
Ms les Archevelques, Evef
ques , & autres Deputez de
1 Affemblée du Clergé , & ce
IS
GALANT.
3
fut en prenant congé duRoy
qu'il luy parla en ces termes
au nom de tous ceux qui avoient
compofé cette Affemblée.
owy shoup so monu
VIRE,
STRE Le Clergé de France,qui ne
s'approchoit autrefois de fes Sou
leur tracer de
verains , que pour
triftes images de la Religion opprimée
& gemiffante
, vient aujourd'huy
, la reconnoiſſance
&
la joye dans le coeur , faire paroître
à Voftre Majefté, cette mefme
Religion toute couverte de la gloire
, qu'elle tient de voſtre P.eté,
A ij
4 MERCURE
Elle a paru durant plus d'un
fiecle fur le panchant deſa ruine ;
on l'a veuë déchirée par fes propres
enfans , trahie par ceux qui
devoient la foûtenir la defendre
, en proye à fes plus cruels ennemis
. Enfin aprés une longue &
funefte oppreffion , elle refpira peu
de temps avant voftre Naiffance
beureuſe ; avecVous elle commença
de revivre , avec Vous elle
monta fur le Trône. Nous contons
les années de fon accroiffement
par les années de vôtre Regne
; & c'eftfous le plusfloriffant
Empire du monde , que
› que
nous
la
voyons aujourd'huy plus floriffan
te que jamais.
GALANT.
5
Si elle fefouvient encore de fes
troubles de fes malheurs paffez
, ce n'eft plus que pour mieux
goûter le parfait bonheur dont
vous la faitesjouir. Elle eftfans
agitation fans crainte à l'ombre
de votre autorité ; elle eft mefme,
fi j'ofe ainfi dire , fans defirs
puifque voftre Zele ne luy laiffe
pas le temps d'en former , & que
votre Bonté va fifouvent au dela
de fes
fouhaits
. ou la Foy
,
Ce Zele ardent pour
22041
cette Bonte paternelle dans tous
les befoins de l'Eglife , Qualitez
fi rares dans les Princes , font ,
SIRE , le veritablefujet de nos
A iij
Eloges.
6 MERCURE
Nous laiffons à vos autres Sujets
affez d'autres Vertus à admirer
en Vous. Les uns vous reprefenteront
comme un Monarque
Bienfaisant , Liberal, Magnifique,
Fidelle dans fespromef
fes, Ferme & Inflexible contre
toute forte d'injuftice , Droit
Equitable , jufques à prononcer
contre fes propres interefts , veritablement
Maistre de fes Penples
, & plus Maiftre encore de
luy-mefme.
Les autres vous refpecteront
comme un Roy , toûjours Sage &
toûjours Victorieux , dont les im
pénetrables deffeins font plutoft
GALANT. 7
executez, que connus ; qui ne regne
pas feulement fur fes Sujets
par fon Autorité Souveraine ,
mais furfon Confeil par la Superiorité
defon Genie , mais fur les
Cours de fes Voifins par
tration defon Efprit , & par la
Sageffe dont il fait inftruire fes
la
péne-
Miniftres; qui pouvant tout par
Luy-mefme , fçaitfe paffer des plus
grands Hommes , & fans eux refoudre
, entreprendre , executer ;
qui donne la Loy fur la Mer ,
auffi bien que fur la Terre ; qui
tance quand il luy plaift la foudre
jufque fur les bords de l'Afrique ;
qui fçait à ſon gré humilier les
A iiij
8 MERCURE
Nations fuperbes & réduire des
Souverains à venir aux pieds de
fon Trône reconnoiftre fon pou
voir , & implorerfa clemence.
Vos Ennemis mefme , SIRE,
ne peuvent s'empefcher de louer
vos actions heroïques ; ils font
contrains d'avouer , que rien n'eft
capable de vous refifter , & le merite
du Vainqueur adoucit en quel
que forte le malheur des Vaincus.
à
Će
n'est pas nous , SIRE
,
à parler
des progrés
étonnans
de
vos Armes
triomphantes
; nous ne
devons
pas confondre
l'éclat
d'une
valeur
qui n'est que
l'objet
de
l'admiration
des
Hommes
, avec
GALANT
9
ces Ocuvres Saintes qui font en
eftime devant Dieu Le Clergé,
SIRE,s'attachera fur tout à louer
en Vous cette Pietés, qui toûjours
attentive aux interefts de la Religion
, n'obmet rien de ce quipeut
estre neceſſaire pour la relever
dans les lieux où elle est abattue,
l'étendre au delà des Mers,
pour
dans les lieux où elle est inconnuë,
pour la faire triompher dans l'un
&l'autre monde.
Mais
que dis je ! l'Eglife ne
duit- elle pas elle - mefme confacrer
des Victoires , que Vous avezfi
heureuſementfaitfervir à la Propagation
de la Foy, & à l'ex10
MERCURE
que
tinction de l'Herefte ? Ilfemble
que vous n'ayez combattu &
triomphé que pour Dieu , & le
fruit que vous tirez de la Paix ,
nous fait affez connoistre quel ef
toit le principal but de vos Vie
toires. C'est par ces Victoires
vous avez étably cette redouta
ble Puiffance , qui tenant deſormais
vos Voifins en bride , oste
aux Heretiques de voſtre Royanme,
& l'audace de fe revolter,
l'espoir de fe maintenirpar de
feditieux commerces avec les Ennemis
de l'Etat.
4
Si c'euft efté la feule ambition
qui vous cuſtarmé , jufqu'où n'au
GALANT.
11
riez- vous point étendu vôtre Empire
? Vous vous estes hasté de fi
nir la Guerre , lorsque vous en
pouviez tirerde plus grands a -vantages.
Nefçait- on pas que ce n'a
efté que par l'empressement
que
vous aviez de donner tous vos
foins au progrés de la Religion ?
La Converfion de tant d'ames engagées
dans l'erreur , vous a paru
La plusbelle de toutes les Conquéle
triomphe le plus digne tes ,
d'un Roy Tres- Chrétien.
Maisquelle quefoit vôtre Puiffance
, elle avoit encore befoin dis
fecours de vôtre Bonté ; C'eſt en
gagnant le coeur des Heretiques ,
12 MERCURE
que vous domtez l'obftination de
leur efprit ; c'eſt par vos bienfaits
que vous combattez leurendurcif-
Sement , & ils ne feroient peuteftre
jamais rentrez dans le Sein
de l'Eglife par une autre voye ,
que par le chemin ſemé de fleurs
que vous leur avez ouvert.
Auffifaut -il l'avouer , SIRE.
Quelque intereft que nous ayons à
l'extinction de l'Herefie , notre joye
l'emporteroit peu fur noftre douleur,
fi pourfurmonter cet Hydre,
une fâcheufe neceffité avoit forcé
voftre Zele à recourir au fer
feu , comme on a efté obligé de
faire dans les Regnes précedens.
au
GALANT. 13
Nous prendrions part à une Guerre
qui feroit fainte , & nous en
aurions quelque horreur , parce
qu'elle feroitfanglante. Nous ferions
des Voeux pour le fuccés de
vos Armes facrées ; mais nous ne
verrions qu'avec tremblement, les
terribles executions , dont le Dieu
des vangeances vous feroit l'in
ftrument redoutable. Enfin nous
mêlerions nos voix aux acclamations
publiques fur vos Victoires,
enous gemirions enfecretfur un
Triomphe , qui avec la défaite des
Ennemis de l'Eglife , enveloperoit
la perte de nos Freres.
Aujourd'huy donc
donc
que Vous ne
14 MERCURE
*
combattez l'orgueil de l'Herefie
, que par la douceur & par
la fageffe du Gouvernement
:
que vos Loix foûtenues de vos
bienfaits font vos feules armes ;
& que les avantages que vous
remportez ne ſont dommaged.
bles qu'au Demon de la Revolte
& du Schiſme , nous n'avons
que de
graces à rendre au Ciel , qui a
infpiré à Voftre Majefté, ces doux
&fages moyens de vaincre l'erreur,
& de pouvoir en mêlant
avec peu de feverité , beaucoup de
graces & de faveurs ramener à
I'Eglife ceux qui s'en trouvoient
. ع و ب
pures
actions de
GALANT. 15
malheureusement feparez.
Nous le confeffons , SIRE ,
c'eſt à Vôtre Majestéſeule , que
nous devons bien-tost le rétablis
fement entier de la Foy de nos
Peres auffi ne falloir il pas que
l'Etat vous devant déja fon falut
&fa gloire , l'Eglife deuft"
un autre qu'à Vous , fa victoire
fon triomphe : fans cela voftre
Regne , que le Ciel a voulu qu'il
fuft un Regne de merveilles , auroit
manqué de fon plus bel ornement
On auroit bien dit un jour
de Vôtre Majefté , ce que l'Ecriture
dit de plufieurs grands Rois
de Juda : Il a terraffé fes En16
MERCURE
nemis , & relevé la Monarchie
; il a autorifé & reformé
les Loix , il a fait regner
la Juftice ; mais on auroit ajoúté
ce que le Saint Efprit reproche
à ces Princes : Il n'a pas aboly
les Sacrifices qui fe faifoient
fur la Montagne
.
Que votre Nom , SIRE,fera
éloigné de ce reproche ! Ce que
vôtre Zele a déja fait , la Pofte
rité le regardera toûjours comme
La fource de vos Profperitez , &
le comble de vostre Gloire.
Mais ce n'eft pas au rétabliffement
des Temples & des Autels
, que fe borne vôtre Zele.
GALANT.
17
Vous avez entrepris de faire revivre
la Pieté & les bonnes
moeurs ; & c'est à quoy Voftre
Majefte travaille avec fuccés ,
autant par fon exemple que par
fes ordres. C'est un honneur maintenantde
pratiquer la Vertu ; &
fi le vice n'eft pas tout à -fait détruit
, au moins est-il réduit à fe
cacher les voiles dont il fe
couvre , épargnent aux gens de
bien unfâcheux ſcandale, &fau
vent les ames foibles du peril d'une
contagion funefte:
Ne penfons plus à ces jours de
tenebres , où la plupart de ceux
qui eftoient encore dans le Sein de
A
Septembre 1685.
18 MERCURE
l'Eglife , fembloient n'y eftre demeurez
que pour l'outrager de plus
prés ; où les blafphemes ) les
railleriesfacrileges de ce qu'ily a
de plusfaint , éclatoient avec audace.
Ces Monftres d'infidelité ont
difparufous votre Regne heureuxs
files Remontrances tant de
fois réiterées fur ce fujet , ne nous
donnoient connoiffance de ce defor
dre , nous l'ignorerions à jamais.
Qu'eft devenu cet autre Mon
fire produit par l'esprit de vangeance
, toûjours alteré du fang
des Hommes , mais plus encore de
celuy de la Nobleffe Françoife ?
Nous n'avons qu'à le laiffer dans
GALANT
19
1
Doubly eternel , où depuis tant de
temps vous l'avez enfevely. Kous
lavez étouffé , tout indomtable
qu'il paroiffoit. Votre Majesté a
feu renverser les fauffes maximes:
de l'honneur & de la bonte ; &
autant qu'une déteftable erreur
avoit mis de fauffe gloire à fe
vanger, autant y auroit- il d'ignominie
à ne vous pas obeir. C'eft
ainsi que vostre volonté ſeule
l'emportefur la coûtume invete
rée du mal , & fur le panchante
criminel des hommes:
&
Le Clergé ne fe difpofe plus
qu'à eftre le Spectateur de la fin
& de toutes vos faintes Entreprifes,
Aij
20 MERCURE
aprés en avoir admiré de fi heureux
commencemens , il ceffe d'ufer
de Remontrances. S'il a enco
re quelques befoins , vous les connoiffez
, cela luy fuffit. Il vient
encore de reffentir en cette Affemblée,
d'infignes effets de vôtre Protection
Royale ; & perfuadé que
vous luy avez deftiné une longue
fuite de graces dans d'autres
temps , avec les circonstances
dont vous feul les fçavez fi bien
accompagner, il craindroit par fes
demandes , ou de troubler l'ordre
que vôtre Sageffe y a étably , ou
peut eftre de mettre des bornes où
vôtre Zele n'en a point mis.
GALANT 2
L'unique affaire qui nous occu
pe , c'eſt l'obligation de rendre
Vôtre Majefté de tres - humbles
actions de graces. Aprés un fijufte
de voir , affûrez que nousfammes
de votre puiffante Protection,
nous pouvons nous feparer fans
inquietude. Nous allons dans les
Provinces de voftre Royaume ,
faire retentir les louanges que
Eglife doit à voftre Zele, Cha
que Pafteur aura la joye de retronverpar
vosfoins , fon Troupeau
plus nombreux qu'il ne l'avoit
laißé , & chacun de nous redou—
blera fes voeux pour obtenir du
Ciel, qu'il redouble fes Benedic22
MERCURE
tions en faveur d'un Prince qui
fe les attire par des actions fi glow
rieufes & fi utiles à la Religion,
M.leCoadjuteur de Rouen,
comme Membre du Clergé,
fçachant encore plus parti
culierement que le reſte de
la France , ou pour mieux
dire , de l'Europe entiere ,
avec quel zele & quelle ap
plication le Roy s'attache à
faire fleurir la Religion Ca--
tholique , en corrigeant les
abus qui s'eftoient gliſſez à
fon préjudice depuis l'Edit
de Nantes, & en rétabliſſant
་
GALANT. 23
La plupart des chofes auf
quelles une longue ufurpation
avoit fait changer de
face, ne pouvoit donner trop
de louanges à ce Prince , fur
les avantages que l'Eglife tire
de fa Pieté. Elle produit
tous les jours des effets fi fur
prenans & fi extraordinai
res , qu'ils n'ont jamais eu
d'exemple ; & ils paroistront
auffi incroyables à la Poſterité
, que toutes les autres actions
de grandeur & de 'moderation
, qui le font admirer
de toute la terre .
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Résumé : Harange faite au Roy, par Mr le Coadjuteur de Roüen. [titre d'après la table]
En septembre 1685, une lettre célèbre la harangue du Coadjuteur de Rouen adressée au roi, qualifiée d'une des plus remarquables récemment entendues. Cette harangue, prononcée devant les archevêques, évêques et députés de l'Assemblée du Clergé, célèbre la restauration de la religion catholique en France sous le règne du roi. Le clergé exprime sa reconnaissance et sa joie, soulignant que la religion a retrouvé sa gloire grâce à la piété du souverain. Le discours met en avant les vertus royales telles que la bienveillance, la libéralité, la magnanimité, la fidélité, la fermeté contre l'injustice, la droiture et l'équité. Le roi est également respecté pour sa sagesse et ses victoires militaires. Le clergé souligne la piété du roi, qui a combattu pour Dieu, étendu la foi et réprimé l'hérésie. Sa puissance maintient les voisins en respect et empêche les hérétiques de se révolter. Le roi a mis fin à la guerre pour promouvoir la religion et convertir les âmes égarées. Le Mercure Galant souligne la douceur et la sagesse du roi dans la gestion des hérétiques, préférant la persuasion aux méthodes brutales. Le clergé exprime sa gratitude pour les mesures royales qui ont ramené les égarés dans le sein de l'Église sans violence excessive. Le texte met en lumière les efforts du roi pour restaurer la piété et les bonnes mœurs, réduisant ainsi les scandales publics et protégeant les âmes faibles. Le clergé reconnaît la protection royale et assure qu'il ne fera plus de remontrances, se contentant de bénéficier des grâces royales. Il exprime son intention de propager les louanges du roi à travers le royaume et de prier pour lui. Le Coadjuteur de Rouen souligne le zèle du roi pour corriger les abus post-Édit de Nantes et rétablir l'ordre religieux, des actions admirées par l'Église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 32-43
Harangue faite au Roy par Mr le Recteur de l'Université. [titre d'après la table]
Début :
Le 2. de Septembre, Mr Berthe, Recteur de l'Université, alla [...]
Mots clefs :
Recteur de l'Université, Versailles, Doyens de la faculté, Cérémonies, Thèse, Harangue, Honneur, Hommage, Jugement, Règne, Héros, Nations, Empereur, Hérésie, Louis le Grand, Couronne, Estime, Affection, Sa Majesté, Monseigneur le Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Harangue faite au Roy par Mr le Recteur de l'Université. [titre d'après la table]
Le 1. de Septembre, Mr
Berthe, Relieur de l'Univerfité,
alla à Versailles, accompagné
des Procureurs
des Quatre Nations, des
Doyens des Facultez,& de
tous les autres Officiers qui
representent ce Corps. Ils le
revétirent de leurs Habits de
Ceremonie dans l'undes
Appartenons du Chasteau,
oùMr Colbert de Croissy
vint les prendre pour les mener
à l'Audience du Roy. Mr
Berthe presentaàSaMajefté
une These en maniéré de
Tableau avec une Bordure,
& luy fit cette Harangue. sIRE,
Au milieu des jufles emprejjemens
que toute la Terre témoignepourVous
rendre des bonjonne
le Prince & le Heros parfait,
que l'idéenavoit encorefctn
feindre. Tout -vous cede sans refinance3
tout 'vous rêujjitsans disgrace
, toutvous obéit sans repugnance.
Vous avek la dcflinée des
Hommes dans vos mains, toutes
les Nations à vos pieds; voftrc
gloire croisstoujours}quoy que l'on
pense toujoursquelle ne puisse
plus croif/re
J & on Vous "Voit
tout à lafop's sans l'extrémité de
toutes les Vertus, au comble de
toute forte de vrays Grandeur,
&parvofîre moderation au dessus
de Vous-mejrme. Tout ce l-c
pourtant^SIRE9eflpeudechose
neurs , que jamaisaucun Prince
n'a mérité ny receus que Vous>
t'Universite vient de
ta
maniéré laplusJolemnelle rendre a Voflre
Majefié les fournijjtons qui luy
fontdeuësi & parun hommage
auli juflequenouveau,autborifer
dans tous les Siecles à venir,
le Jugement universel du noflre;
que comme ce monde n'eut jamais
un si digne & si grand Maifire
que Vous
,
jamais aujJi ÏEglife
neut un si zelé & si puijjant
Proteéleur. En effet, SIRE, ou
trou'vera-t-on un Regnefembla-
Me au voflre ,' VoflreMajeflé
nous montre en Jon augufle Perpour
Vostre Majesté, si l'Eglise
nen recueille lesfruits. Vous ne
compte pour rien, que Républiques}
Princes, Rois, Empereurs,
soientoblige^ de fmvre le Char
de vofire Triomphe, s'il n'cft fuityen
merme temps de la foule
innombrable de ceux, que VIHSgagnez
tous les jours au Sauveur
du monde.VoOre bras ne trouvantplus
dequJoy s'occupersur la
Terre, va par d'ijqpocens moyens
arracheraux puissances de l'En-
fer vos Sujetsquellestyranni- -
[ent;@r met enfin autombeau
cette indômptableHeresie, qui
tJfoitnéefOus le Règne des Rois
Itlos PrédecejJèurs. C'est ce quifait
dire avec juflice, qu'on ne ffau.
yoitplus presentement trouverque sur les Autels, un encens aiez digne
de brûlersurvoflre Thrône
aprés , que voflre Religion a con- ficre à Dieu le monde que voflre
valeurs'efloitfournis. Maïs sess
moins par les paroles que par les
aélions,SIRE,iue nous cherchons
a sîgnaler nostreKele pour lagloire
de Foflre Majesté. LOVIS
LE GRAND es1 à la teste de
tous nos discours ; il consacre sans
cesse & nos bouches & nos plumes
; il occupe continuellement nos
reflexions& nos études. La prerniere
Leçon que nous donnons
dans nos Ecoles à la Jeuneffi de
fion Empire>cess de luy apprendre
la fidelité inviolable quelle
doit au meilleur& au plus grand
Prince qui fut jamais;siaujourd'huy
nous vous offrons.
SIR.EJ ces mesmes armes de lumières
,avec lesquelles nos ?cres
ont défendu les faintes Libertez
de vofire Eghfe3 & la supréme
indépendance de voflre Couronne,
cessmoinspourprotefierau Chriflianifme
ce qu'il ne peut ignorer,
que nous consèrvons toujours leurs
fermes&religieuxfentimensyque
fourmarquer a toute la Terre qui
.nos coeurs vousfont encore plus
dévoile^ comme au plus parfait
des hommes, que nos personnes ne
*vousfontfotknifes comme au plus
puijjant desRois. Mousne dirons
rien, SIRE, à Voïïre Majefîé,
de ce que nous avens rJlé, & de
ce que nous sommes; trop contens
de vous eflrefidelles, & trop glorieusement
recompensèz de nojlre
fidelité si elle vous est agreable
&si , vous daigne nous regarder,
pmfiquesemblable encore en cela,
au Soleil3 qui par un de fies rayons
rendoit à cette fameuse Image de
l'antiquité le mouvement & U
vie3 vous nous fere%revivre
par vn seul de vos regards.
Sa Majesté parut estre fort
contente du Discours de Mr
Berthe, & luy fit l'honneur
de luy donner des marques
de son estime &de son affection,
tant pour le Corps que
pour sa Personne particulière.
Au sortir de l'Audience
du Roy, l'Univerfite alla à
l'Appartement de Monfeigneur
le Dauphin, de Madame
la Dauphine, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne,
deMonfeigneur leDuc d'Anjou
, de Monsieur & de Madame.
M' Berthe les harangua
tous d'une maniéré, qui
lUy- attira 1applaudiiTèment
de toute la Cour. M l'A;--
chevefque de Paris accompagna
l'Ùuniverfité das toutes
ces Audiences; Jamais on
ne l'aveu marquer plus de
zele qu'il en fit paroistre en-:
cette occasion, pour Fiions
neurde cette Compagnie,; qui quoy que fort illustre
par elle-mefine, ne laHTapasî
deremarquer jenesçay quel-
Je estime extraordinaire ré-v
panduë par tout pour elle ,,,
qu'ellene pouvoir attribuer"
qu'à la presencede ce orand ;
Prélat. Il presida lejourduel'on
soûtintcetteThese. Ce
fut le Jeudyvingtième du:
mesme mois. C'elloir une
Mineure ordinaire dédiée au
Roy. L'Université,quivouloit
témoigner à sa Majesté
sonattachement confiant 8c
inviolable à l'ancienne & : perpetuelle Dodrine qu'elle:
a toujours professee touchant
3 la PuissànceEcclesiastique,
conformément ( aux Libertez
de l'Eglise Gallicane, ne se
contenta pas d'autoriser par
sa presence une action si fin-
-. guliere; mais elle voulut en—.
core? afin que l'on fuÍV plus
asseuré qu'elle parloit par/l1a
bouche de son Recteur, que
Mr Berthe répondist non
comme un particulier &
avec quelques marques de
soumiss,ion, mais en Chef&
en Maistre. Il faisoit connoître
saDignité par la fourrure
dont il estoit revestu. Cet
Acte se fit avec grand éclat,
&il s'y trouva un tres-grand
nombre de Personnes illustres
de tous les Ordres, pour
y rendre en quelque maniere
toute la France prefenre.
Berthe, Relieur de l'Univerfité,
alla à Versailles, accompagné
des Procureurs
des Quatre Nations, des
Doyens des Facultez,& de
tous les autres Officiers qui
representent ce Corps. Ils le
revétirent de leurs Habits de
Ceremonie dans l'undes
Appartenons du Chasteau,
oùMr Colbert de Croissy
vint les prendre pour les mener
à l'Audience du Roy. Mr
Berthe presentaàSaMajefté
une These en maniéré de
Tableau avec une Bordure,
& luy fit cette Harangue. sIRE,
Au milieu des jufles emprejjemens
que toute la Terre témoignepourVous
rendre des bonjonne
le Prince & le Heros parfait,
que l'idéenavoit encorefctn
feindre. Tout -vous cede sans refinance3
tout 'vous rêujjitsans disgrace
, toutvous obéit sans repugnance.
Vous avek la dcflinée des
Hommes dans vos mains, toutes
les Nations à vos pieds; voftrc
gloire croisstoujours}quoy que l'on
pense toujoursquelle ne puisse
plus croif/re
J & on Vous "Voit
tout à lafop's sans l'extrémité de
toutes les Vertus, au comble de
toute forte de vrays Grandeur,
&parvofîre moderation au dessus
de Vous-mejrme. Tout ce l-c
pourtant^SIRE9eflpeudechose
neurs , que jamaisaucun Prince
n'a mérité ny receus que Vous>
t'Universite vient de
ta
maniéré laplusJolemnelle rendre a Voflre
Majefié les fournijjtons qui luy
fontdeuësi & parun hommage
auli juflequenouveau,autborifer
dans tous les Siecles à venir,
le Jugement universel du noflre;
que comme ce monde n'eut jamais
un si digne & si grand Maifire
que Vous
,
jamais aujJi ÏEglife
neut un si zelé & si puijjant
Proteéleur. En effet, SIRE, ou
trou'vera-t-on un Regnefembla-
Me au voflre ,' VoflreMajeflé
nous montre en Jon augufle Perpour
Vostre Majesté, si l'Eglise
nen recueille lesfruits. Vous ne
compte pour rien, que Républiques}
Princes, Rois, Empereurs,
soientoblige^ de fmvre le Char
de vofire Triomphe, s'il n'cft fuityen
merme temps de la foule
innombrable de ceux, que VIHSgagnez
tous les jours au Sauveur
du monde.VoOre bras ne trouvantplus
dequJoy s'occupersur la
Terre, va par d'ijqpocens moyens
arracheraux puissances de l'En-
fer vos Sujetsquellestyranni- -
[ent;@r met enfin autombeau
cette indômptableHeresie, qui
tJfoitnéefOus le Règne des Rois
Itlos PrédecejJèurs. C'est ce quifait
dire avec juflice, qu'on ne ffau.
yoitplus presentement trouverque sur les Autels, un encens aiez digne
de brûlersurvoflre Thrône
aprés , que voflre Religion a con- ficre à Dieu le monde que voflre
valeurs'efloitfournis. Maïs sess
moins par les paroles que par les
aélions,SIRE,iue nous cherchons
a sîgnaler nostreKele pour lagloire
de Foflre Majesté. LOVIS
LE GRAND es1 à la teste de
tous nos discours ; il consacre sans
cesse & nos bouches & nos plumes
; il occupe continuellement nos
reflexions& nos études. La prerniere
Leçon que nous donnons
dans nos Ecoles à la Jeuneffi de
fion Empire>cess de luy apprendre
la fidelité inviolable quelle
doit au meilleur& au plus grand
Prince qui fut jamais;siaujourd'huy
nous vous offrons.
SIR.EJ ces mesmes armes de lumières
,avec lesquelles nos ?cres
ont défendu les faintes Libertez
de vofire Eghfe3 & la supréme
indépendance de voflre Couronne,
cessmoinspourprotefierau Chriflianifme
ce qu'il ne peut ignorer,
que nous consèrvons toujours leurs
fermes&religieuxfentimensyque
fourmarquer a toute la Terre qui
.nos coeurs vousfont encore plus
dévoile^ comme au plus parfait
des hommes, que nos personnes ne
*vousfontfotknifes comme au plus
puijjant desRois. Mousne dirons
rien, SIRE, à Voïïre Majefîé,
de ce que nous avens rJlé, & de
ce que nous sommes; trop contens
de vous eflrefidelles, & trop glorieusement
recompensèz de nojlre
fidelité si elle vous est agreable
&si , vous daigne nous regarder,
pmfiquesemblable encore en cela,
au Soleil3 qui par un de fies rayons
rendoit à cette fameuse Image de
l'antiquité le mouvement & U
vie3 vous nous fere%revivre
par vn seul de vos regards.
Sa Majesté parut estre fort
contente du Discours de Mr
Berthe, & luy fit l'honneur
de luy donner des marques
de son estime &de son affection,
tant pour le Corps que
pour sa Personne particulière.
Au sortir de l'Audience
du Roy, l'Univerfite alla à
l'Appartement de Monfeigneur
le Dauphin, de Madame
la Dauphine, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne,
deMonfeigneur leDuc d'Anjou
, de Monsieur & de Madame.
M' Berthe les harangua
tous d'une maniéré, qui
lUy- attira 1applaudiiTèment
de toute la Cour. M l'A;--
chevefque de Paris accompagna
l'Ùuniverfité das toutes
ces Audiences; Jamais on
ne l'aveu marquer plus de
zele qu'il en fit paroistre en-:
cette occasion, pour Fiions
neurde cette Compagnie,; qui quoy que fort illustre
par elle-mefine, ne laHTapasî
deremarquer jenesçay quel-
Je estime extraordinaire ré-v
panduë par tout pour elle ,,,
qu'ellene pouvoir attribuer"
qu'à la presencede ce orand ;
Prélat. Il presida lejourduel'on
soûtintcetteThese. Ce
fut le Jeudyvingtième du:
mesme mois. C'elloir une
Mineure ordinaire dédiée au
Roy. L'Université,quivouloit
témoigner à sa Majesté
sonattachement confiant 8c
inviolable à l'ancienne & : perpetuelle Dodrine qu'elle:
a toujours professee touchant
3 la PuissànceEcclesiastique,
conformément ( aux Libertez
de l'Eglise Gallicane, ne se
contenta pas d'autoriser par
sa presence une action si fin-
-. guliere; mais elle voulut en—.
core? afin que l'on fuÍV plus
asseuré qu'elle parloit par/l1a
bouche de son Recteur, que
Mr Berthe répondist non
comme un particulier &
avec quelques marques de
soumiss,ion, mais en Chef&
en Maistre. Il faisoit connoître
saDignité par la fourrure
dont il estoit revestu. Cet
Acte se fit avec grand éclat,
&il s'y trouva un tres-grand
nombre de Personnes illustres
de tous les Ordres, pour
y rendre en quelque maniere
toute la France prefenre.
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Résumé : Harangue faite au Roy par Mr le Recteur de l'Université. [titre d'après la table]
Le 1er septembre, Monsieur Berthe, relieur de l'Université, accompagné des procureurs des Quatre Nations, des doyens des facultés et d'autres officiers universitaires, se rendit à Versailles. Revêtus de leurs habits de cérémonie, ils furent reçus par Monsieur Colbert de Croissy qui les mena à l'audience du roi. Monsieur Berthe présenta une thèse sous forme de tableau et prononça une harangue en l'honneur du roi, soulignant ses vertus et ses accomplissements. Il exprima la soumission et l'admiration de l'Université envers le roi, le comparant à un héros parfait et protecteur de l'Église. Le roi manifesta sa satisfaction et montra des marques d'estime et d'affection envers Monsieur Berthe. Après l'audience royale, l'Université visita les appartements du Dauphin, de la Dauphine, du Duc de Bourgogne, du Duc d'Anjou, de Monsieur et de Madame, où Monsieur Berthe prononça également des harangues, recevant les applaudissements de la cour. L'archevêque de Paris accompagna l'Université lors de ces visites, démontrant un zèle exceptionnel. Le 20 septembre, une thèse mineure ordinaire dédiée au roi fut soutenue. L'Université, désireuse de montrer son attachement à la doctrine ecclésiastique et aux libertés de l'Église gallicane, autorisa cet acte et désigna Monsieur Berthe comme chef et maître, identifiable par sa fourrure. La cérémonie se déroula avec grand éclat et en présence de nombreuses personnalités illustres représentant divers ordres, symbolisant ainsi toute la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 55-59
HARANGUE AU ROY DE SIAM.
Début :
SIRE, Le Roy mon Maître si fameux aujourd'huy dans le [...]
Mots clefs :
Majesté, Sire, Dieu, Estime, États, Roi, Sujets, Alexandre de Chaumont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HARANGUE AU ROY DE SIAM.
HARANGUE
AU ROΥ
DE SIAM .
IRE ,
Le Roy mon Maître fi fameux
aujourd'huy dans le Monde,
par les grandes Victoires , &
par la paix qu'il a ſouvent donnée
à ſes ennemis à la tête de ſes
Armées , m'a commandé de ve .
nir trouver VOTRE MAJESTE ',
E iiij
36
RELATION
pour l'aſſeurer de l'eſtime particuliere
qu'il a conçeuë pour elle.
Il connoît , SIRE , VOS Auguſtes
qualitez , la ſageſſe de
vôtre Gouvernement , la magnificence
de vôtre Cour , la
grandeur de vos Etats & ce que
vous vouliez particulierement
luy faire connoître par vos Ambaſſadeurs
l'amitié que vous
avez pour ſa perſonne , confirmée
par cette protection continuelle
que vous donnez à ſes ſujets
principalement aux Evêques
qui font les Miniftres du vray
Dieu.
Il reffent tant d'illuſtres effets
de l'eſtime que vous avez
pour luy, & il veut bien y répondre
de tout ſon pouvoir , dans
ce deſſein il eſt preſt de traitter
avec VOTRE MAJESTE ', de
vous envoyer de ſes ſujets pour
entretenir & augmenter le com-
1
-
DU VOYAGE DE SIAM. 57
merce,de vous donner toutes les
marques d'une amitié fincere ,
&de commencer une union entre
les deux Couronnes aurant
célébre dans la poſtêrité , que
vos Etats font éloignés des fiens
par les vaſtes mers qui les ſéparent.
Mais rien ne l'affermira tant
en cette réſolution & ne vous
unira plus étroitement enſemble
que de vivre dans les ſentimens
d'une même créance.
Et c'eſt particulierement ,
SIRE , ce que le Roy mon Mattre
, ce Prince ſi ſage & fi éclairé
qui n'a jamais donné que de
bons conſeils aux Roys ſes alliez
m'a commandé de vous répréfenter
de ſa part.
Ilvous conjure, comme le plus
fincere de vos amis & par l'intéreſt
qu'il prend déja à vôtre
véritable gloire de conſidérer
que cette ſuprême Majesté dont
58 RELATION
vous étes révétu ſur la Terre,
ne peut venir que du vray Dieu,
c'eſt à- dire d'un Dieu tout puif
fant , éternel , infini , tel que les
Chrétiens le reconnoffent , qui
ſeul fait regner les Rois & regle
la fortune de tous les peuples ,
foûmettez vos grandeurs à ce
Dieu qui gouverne le Ciel &la
Terre ; C'eſt une choſe , SIRE ,
beaucoup plus raisonnable que
de les rapporter aux autres divinitez
qu'on adore dans cet
Orient & dont vôtre Majesté
qui a tant de lumiéres & de pénétration
ne peut manquer de
voir l'impuiſſance.
Mais elle le connoitra plus
clairement encore fi elle veut
bien entendre durant quelque
temps les Evêques & les Miffionnaires
qui font icy .
La plus agréable nouvelle ,
SIRE , que je puiſſe porter au
है
DU VOYAGE DE SIAM. و 5
Roi mon Maître eſt celle , que
VOTRE MAJESTE' , perfuadée
de la verité ſe faſſe inſtruire
dans la Religion Chrétienne,
c'eſt ce qui luy donnera plus
d'admiration & d'eſtime pour
VOTRE MAJESTE' , t'eſt ce
qui excitera ſes Sujets à venir
avec plus d'empreſſement & de
confiance dans vos Etats ; & enfin
c'eſt ce quiachevera de combler
de gloire VÔTRE MAJESTE
' puiſque par ce moyen
elle l'affeure d'un bon-heur éternel
dans le Ciel aprés avoir regné
avec autant de proſperité
qu'elle fait ſur la terre.
AU ROΥ
DE SIAM .
IRE ,
Le Roy mon Maître fi fameux
aujourd'huy dans le Monde,
par les grandes Victoires , &
par la paix qu'il a ſouvent donnée
à ſes ennemis à la tête de ſes
Armées , m'a commandé de ve .
nir trouver VOTRE MAJESTE ',
E iiij
36
RELATION
pour l'aſſeurer de l'eſtime particuliere
qu'il a conçeuë pour elle.
Il connoît , SIRE , VOS Auguſtes
qualitez , la ſageſſe de
vôtre Gouvernement , la magnificence
de vôtre Cour , la
grandeur de vos Etats & ce que
vous vouliez particulierement
luy faire connoître par vos Ambaſſadeurs
l'amitié que vous
avez pour ſa perſonne , confirmée
par cette protection continuelle
que vous donnez à ſes ſujets
principalement aux Evêques
qui font les Miniftres du vray
Dieu.
Il reffent tant d'illuſtres effets
de l'eſtime que vous avez
pour luy, & il veut bien y répondre
de tout ſon pouvoir , dans
ce deſſein il eſt preſt de traitter
avec VOTRE MAJESTE ', de
vous envoyer de ſes ſujets pour
entretenir & augmenter le com-
1
-
DU VOYAGE DE SIAM. 57
merce,de vous donner toutes les
marques d'une amitié fincere ,
&de commencer une union entre
les deux Couronnes aurant
célébre dans la poſtêrité , que
vos Etats font éloignés des fiens
par les vaſtes mers qui les ſéparent.
Mais rien ne l'affermira tant
en cette réſolution & ne vous
unira plus étroitement enſemble
que de vivre dans les ſentimens
d'une même créance.
Et c'eſt particulierement ,
SIRE , ce que le Roy mon Mattre
, ce Prince ſi ſage & fi éclairé
qui n'a jamais donné que de
bons conſeils aux Roys ſes alliez
m'a commandé de vous répréfenter
de ſa part.
Ilvous conjure, comme le plus
fincere de vos amis & par l'intéreſt
qu'il prend déja à vôtre
véritable gloire de conſidérer
que cette ſuprême Majesté dont
58 RELATION
vous étes révétu ſur la Terre,
ne peut venir que du vray Dieu,
c'eſt à- dire d'un Dieu tout puif
fant , éternel , infini , tel que les
Chrétiens le reconnoffent , qui
ſeul fait regner les Rois & regle
la fortune de tous les peuples ,
foûmettez vos grandeurs à ce
Dieu qui gouverne le Ciel &la
Terre ; C'eſt une choſe , SIRE ,
beaucoup plus raisonnable que
de les rapporter aux autres divinitez
qu'on adore dans cet
Orient & dont vôtre Majesté
qui a tant de lumiéres & de pénétration
ne peut manquer de
voir l'impuiſſance.
Mais elle le connoitra plus
clairement encore fi elle veut
bien entendre durant quelque
temps les Evêques & les Miffionnaires
qui font icy .
La plus agréable nouvelle ,
SIRE , que je puiſſe porter au
है
DU VOYAGE DE SIAM. و 5
Roi mon Maître eſt celle , que
VOTRE MAJESTE' , perfuadée
de la verité ſe faſſe inſtruire
dans la Religion Chrétienne,
c'eſt ce qui luy donnera plus
d'admiration & d'eſtime pour
VOTRE MAJESTE' , t'eſt ce
qui excitera ſes Sujets à venir
avec plus d'empreſſement & de
confiance dans vos Etats ; & enfin
c'eſt ce quiachevera de combler
de gloire VÔTRE MAJESTE
' puiſque par ce moyen
elle l'affeure d'un bon-heur éternel
dans le Ciel aprés avoir regné
avec autant de proſperité
qu'elle fait ſur la terre.
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Résumé : HARANGUE AU ROY DE SIAM.
Un représentant du roi de France adresse une harangue au roi de Siam, exprimant l'admiration et l'estime du roi de France pour le roi de Siam, en soulignant ses qualités et la grandeur de son royaume. Le roi de France souhaite renforcer les liens d'amitié entre les deux couronnes et propose d'envoyer des sujets pour développer le commerce. Il insiste sur l'importance de partager une même foi et exhorte le roi de Siam à reconnaître le vrai Dieu selon la conception chrétienne. Le représentant encourage également le roi de Siam à écouter les évêques et missionnaires présents pour s'instruire dans la religion chrétienne. Cette conversion serait perçue comme une grande nouvelle, renforçant l'admiration et l'estime du roi de France, tout en assurant au roi de Siam un bonheur éternel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 284-306
Harangue de la Reine d'Angleterre, prononcée le 17. Juin 1712.
Début :
Milords & Messieurs C'est une prérogative indubitable de la Couronne [...]
Mots clefs :
Reine d'Angleterre, Harangue, Guerre, Paix, Négociations de paix internationales, Espagne, Allemagne, Sicile, Hannovre, France
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texteReconnaissance textuelle : Harangue de la Reine d'Angleterre, prononcée le 17. Juin 1712.
Haranguede la Reine d'Angleterre , prononcée le 17.
Juin 1712.
Milords & Meffieurs
2
C'eft une prérogative indu
bitable de la Couronne , de
faire la Guerre & la Paix
cependant, je mer une
grande confiance en vous
que je voulus bien declarer
au commencement de cette
Seffion , qu'on eft entré en
Negociation pour une Paix
Generale , &depuis , je vous
GALANT. 281
ay fait connoître de ma part
quejevous communiquerois
les Termes de la Paix , avant
qu'elle fut conclue.
Selon cette promfſe , je
viens prefentement vous
faire fçavoir , fur quel pied
la Paix Generale peut cftre
faite.
Il n'eft pas neceffaire de
parler des difficultez qui fe
trouvent dans la nature de
la chofe même. Il n'eſt que
trop évident que ces difficultez ont efté augmentées
par des obftacles artificieufe
ment formez pour empe-
186 MERCURE
cher cette bonne & grande
œuvre, cependant rien n'a
pû m'empecher de pourfuivre, conftament en premier
licu les veritables interefts de
mes Royaumes ; & enfuirté
je n'ay rienobmis de ce qui
pouvoit procurerà tous nos
Alliez ce qui leur eft conve
nable , ou pour les Traitez,
& ce qui eft neceffaire pour
leur furetét
Comme je n'ay rien plus
à cœur que d'affurer la fuc
ceffion proteftantes à ces
Royaumes, comme elle eft
établie par les loir , dans la
GALANT 287
·
maifon d Hannover : Ona
pris un foin particulier
non feulement de faire reconnoiftre de la maniere la
plus forte , mais auffi de l'affurer en éloignant des Etats
du Roy de France , la per
fonne qui a pretendu troubler cet établiffement.
La principale rafon pour
commencer cette Gurre a
efté que la crainte que l'Ef
pagne &les Indes Occiden
rales , ne fuffent jointes à la
France ; le principe que j'ay
pofé au commencement de
ee Traité a cfté de prévenir
288 MERCURE " the
feurement une telle union.
Les exemples du paffé
& les negotiations en dernier lieu , montrent affez
combien il eft difficile de
trouver les moyens d'effectuer cet ouvrage , je n'ay
pas voulu me contenter de
ceux qui font fimplement
fpeculatifs , & qui dependent des traitez feulement ,
jay infifté fur ce qui eft
folide , & d'avoir en main le
pouvoir d'executer ce qui
aura été conclu.
Je puis donc vous dire
prefentement qu'enfin la
France
GALANT: 289
France , a été portée d'offrir
que le Duc d'Anjou renoncera pour luy & pour fes
defcendans à toujours à la
Couronne de France , &
afin que cet article important ne foit point exposé à
aucun hazard, l'execution
doit accompagner la promeffe.
En mefme tems la fucceffion à la Couronne de
France doit eftre declarée
apartenir apres la mort du
prefent Dauphin & de fes
fils , au Duc de Berry & fes
fils , au Duc d'Orleans fos
Juin 1912.
Bb
1,0 MERCURE
fils, & ainfi fucceffivement
à tout le refte de la Maiſon
de Bourbon.
Et pour ce qui regarde
Efpagne & les Indes , la
fucceffion aprés le Duc
d'Anjou & fes enfans doir
defcendre à tel Prince dont
on conviendra dans le traité
à l'exclufion pour toujours
du refte de la Maifon de
Bourbon.
Pour confirmer les renonciations & les établiffements
cy- deffus , on offre de les
faire ratifier de la maniere la
plus forte & la plus folem-
GALANT. 291
nelle en France & en Efpagne , & que ces Royaumes.
ainfi que toutes les autres
Puiffances engagées dans
cette guerre en feront garents.
La nature de cette propofition cft telle qu'elle
s'execute d'elle meſme , il
eft de l'intereft de l'Espagne
de la foutenir, & en France
les perfonnes que la fucceffion regarde feront toujours
prefts &affez puiffans pour
maintenir leur droit Ja
France & l'Espagne font
actuellement plus divifcz
B bij
292 MERCURE
la que jamais , & ainfi par
Benediction de Dieu , la veritable balance du pouvoir
fera fixée en Europe & expofée à auffi peu d'accidens
les affaires humaines le que
peuvent eftre.
On a entamé un traité
de commerce entre ces Royaumes & la France , mais
les droits exceffifs mis fur
certaines marchandiſes , &
la deffenfe d'entrée de
quelqu'autre , empêchent
que cet ouvrage ne finiffe
auffitôt qu'il feroit à fouhaiter. Ona pris foin cepen-
GALANT. 197
dant d'établir une methode
pour regler cette affaire , &
on eft convenu que les
mefmes privileges & avantages qui feront accordez à
aucunenation par la France
nous feront accordez de
la mefme maniere.
La divifion de l'Ile Saint
1
Chriftophe entre nous &
les François ayant porté
beaucoup d'incommodité
& dommage à mes fujets ,
j'ay demandé qu'on me ce◄
dât entierement toute cette
Ifle , & la France accorde
cette demande. Nous avons
Bb iij
194 MERGURE
un filgrand intereft dans le
commerce du Nord de l'Amerique , que j'ay tâché
avec tout le foin poffible
d'ajufter cet article de la
maniere la plus avantageufe.
La France conſent de nous
rendre la Baye entiere & le
Détroit d'Hulfon , de nous
livrer l'Ifle.ou Terre- neuve,
Plaifance, & de ceder entic
ment, Anapolis avecle refte
de la nouvelle Ecoffe ou
Acadie.
Noftra.commerce fur nos
coftes fera beaucoup plus
affuré par la démolition de
Dunkerque.....
GALANT. 295
Rien ne peut plus affurer
nôtre commerce dans la
MerMediterranée & les in
fluences des Anglois dans
ces quartiers que la poffeffion de Gibraltar & du'
Port- Mahon avec toute
Ifle de Minorque , qu'on
offre de laiffer entre mest
mains ; on peut regler le
commerce general en Ef
pagne& aux Indes occiden
tales fur le pied qu'il étoit
dansle tems du dernier Roy
d'Efpagne Charles II. & on
a ftipulé particulierement
que tous les avantages,
Bbiiij
296 MERCURE
droits ou privileges qui ont
été ou feront d'orefnavant
accordé par l'Espagne à aucune autre Nation ne feront
de la mefme maniere au fujet de la Grande Bretagne.
Mais comme la part que
nous avons à foutenir cetta
guerre nous donne droit de
pretendre à quelque diftinction dans les conditions de
la Paix , j'ay infifté & obtenu que l'Affiento ou
Contrat pour fournir des
Negres aux Indes Occidentales fera fait par nous
pour l'efpace de trente
"
CALANT. 297
ans de la mefme maniere
que les Francois en ont jouy
pendant ces dix dernieres
années.
Je n'ay pas entrepris de
déterminer les interefts de
nos Alliez; ils doivent eftre
ajuftez au Congrés d'U
trecht oùj'employeray tous
mes foins comme, je l'ay
conftament fait jufqu'icy,
pour procurer à chacun
d'eux une jufte & raiſonnable fatisfaction.
Cependant je trouve à
propos de vous declarer que
la France offre de faire la
298 MERCURE
Rhin la Barriere de l'Empire
de ceder Brifac, le fort de
Kell & Landau, & de rafer
toutes les Fortereffes qui
fontdel'autre côté du Rhin
& celles qui font dans cerre
même Riviere:
Pour ce qui regarde les
interefts des Proteftans
d'Allemagne , il n'y aura
point d'objection de la part
de la France pour empêcher
qu'ils ne foient rétablis fur
le pied du Traité de Weftphalie.
Les Pais bas Espagnols
peuvent aller à S. M. Impe
GALANT 299
-
riale , les Royaumes de Naples , de Sardaigne , le Du
ché de Milan ; & les places
appartenant à l'Eſpagne fur
les côtes de Tofcane feront
cedées auffi à l'Empereur
par le traité de Paix..
Premierement le Ro
yaume de Sicile quoy qu'il
ne reste plus de difficulté
touchant la fucceffion de la
part du Duc d'Anjou , ce
pendant on ne s'eft pas en
core determiné touchant la
difpofition.
On confent aux intereſts
dès Erats Generaux par rap-
300 MERCURE
port au Commerce comme
ils l'ont demandé par leur
Miniftere,à l'exception feulement de quelques efpeces
de marchandifes & à leur
Barriere entiere comme elle
a été demandée par les Etats
en 1709. excepté tout au
plus deux ou trois places , &
pour ces exceptionson a propofé plufieurs expedients ;
& je ne doute point que
cette Barriere peut etre tellement établie que la Repu
blique fera entierement af
furée contre les entréprifes
de la France; ce qui eft le
GALANT. 301
fondement de tous mes engagemens avec les Etats fur
cet article.
Les demandes du Portugal dépendant de la difpofition d'Espagne , & cer
Article ayant été long- tems
en difpute , il n'a pas été
poffible jufqu'icy de faire
de grand progrez dans cette
negotiation : mais mes Plenipotentiaires auront préfentement occafion d'affifter ce Roy , dans fes pretentions.
Cellesdu Roy de Pruffefont
telles qu'elle n'admettront,
302 MERCURE
j'efpere , que peu de difficul
té de la part de la France , &
je n'obmettray rien pour
procurer tous les avantages
que je pourray à un fibon
Allié.
La difference eft tres-peu
confiderable entre la Barriere , demandée en 1709.
pour le Duc de Savoye , &
les offres que la Fance fait
prefentement. Mais ce Prince s'étant fignalé gloriculement pour le bien de la cau
fe commune, je travaille encore à luy procurer de plus
grands avantages.
GALANT. 303
La France a confenti que
l'Electeur de Palatin , confervera le rang dont il jouit
*
actuellement parmy les Electeurs , & demeurera en poffeffion du haut Palatinar.
La dignité Electorale eft
femblablement reconnue
dans la maifond'Hannover,
felon l'Article inferé à la
priere de ce Prince , dans
mes demandes.
•
Et pour le refte des Allicz ,je ne fais aucune doute
d'affurer leur differents in-
-terests.
304 MERCURE
w
Milords , & Meffieurs. D
+
Je vous ay maintenant
communiqué non - feulement les conditions de Paix,
qui peuvent eftre obtenuës
par le Traité futur , pour
mes fujets. Mais auffi lespropofitions de la France , pour
fatisfaire les Alliez : les premieres font telles que j'ay
raifon d'attendre , de pous
voit donner quelque fatisfaction à mon Peuple , pour
le grand & trop peſant fardeau qu'ils ont fupportez
GALANT 305.
pendant le cours de cette
Guerre , & je veux efperer
qu'aucun de nos Confederez
&principalement ceux dont
les Etats & le pouvoir aug
mente fi fort par la Paix ,
n'envieront pas à l'Angleterre , fa part dans la gloire
& l'avantage qu'elle ap- "
porte.
Les dernieres ne font pas
encore fi parfaitement ajuf
tées , comme un peu plus
detemps auroit pû le faire,
mais étant neceffaire à cauſe
de la faiſon , que cette Seffion finiffe ; je n'ay pas
Juin 1712 Cc
306 MERGURE
voulu differer plus longtemps à vous communiquer
tout cecy.
Je ne doute point que
vous ne foyez pleinement
perfuadez , que je ne negli
geray rien dans le progrez
de cette negotiation pour
amener la Paix , à une fin
prompte & heureufe , &je
m'attend que vous vous
confierez entierement en
moy , & concourrerez agreablement avec moy,
Juin 1712.
Milords & Meffieurs
2
C'eft une prérogative indu
bitable de la Couronne , de
faire la Guerre & la Paix
cependant, je mer une
grande confiance en vous
que je voulus bien declarer
au commencement de cette
Seffion , qu'on eft entré en
Negociation pour une Paix
Generale , &depuis , je vous
GALANT. 281
ay fait connoître de ma part
quejevous communiquerois
les Termes de la Paix , avant
qu'elle fut conclue.
Selon cette promfſe , je
viens prefentement vous
faire fçavoir , fur quel pied
la Paix Generale peut cftre
faite.
Il n'eft pas neceffaire de
parler des difficultez qui fe
trouvent dans la nature de
la chofe même. Il n'eſt que
trop évident que ces difficultez ont efté augmentées
par des obftacles artificieufe
ment formez pour empe-
186 MERCURE
cher cette bonne & grande
œuvre, cependant rien n'a
pû m'empecher de pourfuivre, conftament en premier
licu les veritables interefts de
mes Royaumes ; & enfuirté
je n'ay rienobmis de ce qui
pouvoit procurerà tous nos
Alliez ce qui leur eft conve
nable , ou pour les Traitez,
& ce qui eft neceffaire pour
leur furetét
Comme je n'ay rien plus
à cœur que d'affurer la fuc
ceffion proteftantes à ces
Royaumes, comme elle eft
établie par les loir , dans la
GALANT 287
·
maifon d Hannover : Ona
pris un foin particulier
non feulement de faire reconnoiftre de la maniere la
plus forte , mais auffi de l'affurer en éloignant des Etats
du Roy de France , la per
fonne qui a pretendu troubler cet établiffement.
La principale rafon pour
commencer cette Gurre a
efté que la crainte que l'Ef
pagne &les Indes Occiden
rales , ne fuffent jointes à la
France ; le principe que j'ay
pofé au commencement de
ee Traité a cfté de prévenir
288 MERCURE " the
feurement une telle union.
Les exemples du paffé
& les negotiations en dernier lieu , montrent affez
combien il eft difficile de
trouver les moyens d'effectuer cet ouvrage , je n'ay
pas voulu me contenter de
ceux qui font fimplement
fpeculatifs , & qui dependent des traitez feulement ,
jay infifté fur ce qui eft
folide , & d'avoir en main le
pouvoir d'executer ce qui
aura été conclu.
Je puis donc vous dire
prefentement qu'enfin la
France
GALANT: 289
France , a été portée d'offrir
que le Duc d'Anjou renoncera pour luy & pour fes
defcendans à toujours à la
Couronne de France , &
afin que cet article important ne foit point exposé à
aucun hazard, l'execution
doit accompagner la promeffe.
En mefme tems la fucceffion à la Couronne de
France doit eftre declarée
apartenir apres la mort du
prefent Dauphin & de fes
fils , au Duc de Berry & fes
fils , au Duc d'Orleans fos
Juin 1912.
Bb
1,0 MERCURE
fils, & ainfi fucceffivement
à tout le refte de la Maiſon
de Bourbon.
Et pour ce qui regarde
Efpagne & les Indes , la
fucceffion aprés le Duc
d'Anjou & fes enfans doir
defcendre à tel Prince dont
on conviendra dans le traité
à l'exclufion pour toujours
du refte de la Maifon de
Bourbon.
Pour confirmer les renonciations & les établiffements
cy- deffus , on offre de les
faire ratifier de la maniere la
plus forte & la plus folem-
GALANT. 291
nelle en France & en Efpagne , & que ces Royaumes.
ainfi que toutes les autres
Puiffances engagées dans
cette guerre en feront garents.
La nature de cette propofition cft telle qu'elle
s'execute d'elle meſme , il
eft de l'intereft de l'Espagne
de la foutenir, & en France
les perfonnes que la fucceffion regarde feront toujours
prefts &affez puiffans pour
maintenir leur droit Ja
France & l'Espagne font
actuellement plus divifcz
B bij
292 MERCURE
la que jamais , & ainfi par
Benediction de Dieu , la veritable balance du pouvoir
fera fixée en Europe & expofée à auffi peu d'accidens
les affaires humaines le que
peuvent eftre.
On a entamé un traité
de commerce entre ces Royaumes & la France , mais
les droits exceffifs mis fur
certaines marchandiſes , &
la deffenfe d'entrée de
quelqu'autre , empêchent
que cet ouvrage ne finiffe
auffitôt qu'il feroit à fouhaiter. Ona pris foin cepen-
GALANT. 197
dant d'établir une methode
pour regler cette affaire , &
on eft convenu que les
mefmes privileges & avantages qui feront accordez à
aucunenation par la France
nous feront accordez de
la mefme maniere.
La divifion de l'Ile Saint
1
Chriftophe entre nous &
les François ayant porté
beaucoup d'incommodité
& dommage à mes fujets ,
j'ay demandé qu'on me ce◄
dât entierement toute cette
Ifle , & la France accorde
cette demande. Nous avons
Bb iij
194 MERGURE
un filgrand intereft dans le
commerce du Nord de l'Amerique , que j'ay tâché
avec tout le foin poffible
d'ajufter cet article de la
maniere la plus avantageufe.
La France conſent de nous
rendre la Baye entiere & le
Détroit d'Hulfon , de nous
livrer l'Ifle.ou Terre- neuve,
Plaifance, & de ceder entic
ment, Anapolis avecle refte
de la nouvelle Ecoffe ou
Acadie.
Noftra.commerce fur nos
coftes fera beaucoup plus
affuré par la démolition de
Dunkerque.....
GALANT. 295
Rien ne peut plus affurer
nôtre commerce dans la
MerMediterranée & les in
fluences des Anglois dans
ces quartiers que la poffeffion de Gibraltar & du'
Port- Mahon avec toute
Ifle de Minorque , qu'on
offre de laiffer entre mest
mains ; on peut regler le
commerce general en Ef
pagne& aux Indes occiden
tales fur le pied qu'il étoit
dansle tems du dernier Roy
d'Efpagne Charles II. & on
a ftipulé particulierement
que tous les avantages,
Bbiiij
296 MERCURE
droits ou privileges qui ont
été ou feront d'orefnavant
accordé par l'Espagne à aucune autre Nation ne feront
de la mefme maniere au fujet de la Grande Bretagne.
Mais comme la part que
nous avons à foutenir cetta
guerre nous donne droit de
pretendre à quelque diftinction dans les conditions de
la Paix , j'ay infifté & obtenu que l'Affiento ou
Contrat pour fournir des
Negres aux Indes Occidentales fera fait par nous
pour l'efpace de trente
"
CALANT. 297
ans de la mefme maniere
que les Francois en ont jouy
pendant ces dix dernieres
années.
Je n'ay pas entrepris de
déterminer les interefts de
nos Alliez; ils doivent eftre
ajuftez au Congrés d'U
trecht oùj'employeray tous
mes foins comme, je l'ay
conftament fait jufqu'icy,
pour procurer à chacun
d'eux une jufte & raiſonnable fatisfaction.
Cependant je trouve à
propos de vous declarer que
la France offre de faire la
298 MERCURE
Rhin la Barriere de l'Empire
de ceder Brifac, le fort de
Kell & Landau, & de rafer
toutes les Fortereffes qui
fontdel'autre côté du Rhin
& celles qui font dans cerre
même Riviere:
Pour ce qui regarde les
interefts des Proteftans
d'Allemagne , il n'y aura
point d'objection de la part
de la France pour empêcher
qu'ils ne foient rétablis fur
le pied du Traité de Weftphalie.
Les Pais bas Espagnols
peuvent aller à S. M. Impe
GALANT 299
-
riale , les Royaumes de Naples , de Sardaigne , le Du
ché de Milan ; & les places
appartenant à l'Eſpagne fur
les côtes de Tofcane feront
cedées auffi à l'Empereur
par le traité de Paix..
Premierement le Ro
yaume de Sicile quoy qu'il
ne reste plus de difficulté
touchant la fucceffion de la
part du Duc d'Anjou , ce
pendant on ne s'eft pas en
core determiné touchant la
difpofition.
On confent aux intereſts
dès Erats Generaux par rap-
300 MERCURE
port au Commerce comme
ils l'ont demandé par leur
Miniftere,à l'exception feulement de quelques efpeces
de marchandifes & à leur
Barriere entiere comme elle
a été demandée par les Etats
en 1709. excepté tout au
plus deux ou trois places , &
pour ces exceptionson a propofé plufieurs expedients ;
& je ne doute point que
cette Barriere peut etre tellement établie que la Repu
blique fera entierement af
furée contre les entréprifes
de la France; ce qui eft le
GALANT. 301
fondement de tous mes engagemens avec les Etats fur
cet article.
Les demandes du Portugal dépendant de la difpofition d'Espagne , & cer
Article ayant été long- tems
en difpute , il n'a pas été
poffible jufqu'icy de faire
de grand progrez dans cette
negotiation : mais mes Plenipotentiaires auront préfentement occafion d'affifter ce Roy , dans fes pretentions.
Cellesdu Roy de Pruffefont
telles qu'elle n'admettront,
302 MERCURE
j'efpere , que peu de difficul
té de la part de la France , &
je n'obmettray rien pour
procurer tous les avantages
que je pourray à un fibon
Allié.
La difference eft tres-peu
confiderable entre la Barriere , demandée en 1709.
pour le Duc de Savoye , &
les offres que la Fance fait
prefentement. Mais ce Prince s'étant fignalé gloriculement pour le bien de la cau
fe commune, je travaille encore à luy procurer de plus
grands avantages.
GALANT. 303
La France a confenti que
l'Electeur de Palatin , confervera le rang dont il jouit
*
actuellement parmy les Electeurs , & demeurera en poffeffion du haut Palatinar.
La dignité Electorale eft
femblablement reconnue
dans la maifond'Hannover,
felon l'Article inferé à la
priere de ce Prince , dans
mes demandes.
•
Et pour le refte des Allicz ,je ne fais aucune doute
d'affurer leur differents in-
-terests.
304 MERCURE
w
Milords , & Meffieurs. D
+
Je vous ay maintenant
communiqué non - feulement les conditions de Paix,
qui peuvent eftre obtenuës
par le Traité futur , pour
mes fujets. Mais auffi lespropofitions de la France , pour
fatisfaire les Alliez : les premieres font telles que j'ay
raifon d'attendre , de pous
voit donner quelque fatisfaction à mon Peuple , pour
le grand & trop peſant fardeau qu'ils ont fupportez
GALANT 305.
pendant le cours de cette
Guerre , & je veux efperer
qu'aucun de nos Confederez
&principalement ceux dont
les Etats & le pouvoir aug
mente fi fort par la Paix ,
n'envieront pas à l'Angleterre , fa part dans la gloire
& l'avantage qu'elle ap- "
porte.
Les dernieres ne font pas
encore fi parfaitement ajuf
tées , comme un peu plus
detemps auroit pû le faire,
mais étant neceffaire à cauſe
de la faiſon , que cette Seffion finiffe ; je n'ay pas
Juin 1712 Cc
306 MERGURE
voulu differer plus longtemps à vous communiquer
tout cecy.
Je ne doute point que
vous ne foyez pleinement
perfuadez , que je ne negli
geray rien dans le progrez
de cette negotiation pour
amener la Paix , à une fin
prompte & heureufe , &je
m'attend que vous vous
confierez entierement en
moy , & concourrerez agreablement avec moy,
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Résumé : Harangue de la Reine d'Angleterre, prononcée le 17. Juin 1712.
Le 17 juin 1712, la Reine d'Angleterre adresse une harangue à ses sujets pour les informer des négociations en cours visant à établir une paix générale. Elle explique que la guerre a été déclenchée par la crainte d'une union entre l'Espagne, les Indes Occidentales et la France. La reine souligne qu'elle a toujours cherché à protéger les intérêts de ses royaumes ainsi que ceux de ses alliés. Les principales conditions de paix incluent la renonciation du Duc d'Anjou et de ses descendants à la couronne de France. La succession de la couronne française doit revenir aux Ducs de Berry, d'Orléans et aux autres membres de la Maison de Bourbon. Pour l'Espagne et les Indes, la succession après le Duc d'Anjou et ses enfants doit revenir à un prince désigné dans le traité, excluant le reste de la Maison de Bourbon. La France accepte de céder plusieurs territoires, notamment Dunkerque, l'île Saint-Christophe, la baie d'Hudson, Terre-Neuve, Plaisance, Annapolis et l'Acadie. La reine insiste également sur la possession de Gibraltar et du Port-Mahon pour sécuriser le commerce en Méditerranée. Des accords commerciaux et des concessions territoriales sont prévus pour divers alliés, tels que les Pays-Bas espagnols, le Portugal, la Prusse et le Duc de Savoie. La reine exprime son espoir de voir la paix conclue rapidement et de manière avantageuse pour tous les confédérés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 237-241
HARANGUE.
Début :
Monseigneur, La Faculté de Theologie venant vous marquer combien elle [...]
Mots clefs :
Faculté de théologie, Cardinal, Mérites, Maison de Rohan, Église
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texteReconnaissance textuelle : HARANGUE.
HARANGUE.
Monfeigneur,
La Faculté de 'Theologie
venant vous marquer com+
bien elle eſt ſenſible à vôtre élevation à la dignité de
Cardinal , fe fait honneur à
elle -même. Elle regarde
avec plaifir l'éclat de votre
pourpre rejaillir fur tous les
membres qui la compoſent.
Cette fçavante Compagnie
238 MERCURE
n'oubliera jamais les riches
talens que vous avez fait
briller dans fon Ecole. Les
diſtinctions qu'elle vous a
données ne font pas tant
des marques de fon eftime,
que des preuves évidentes
de vos merites fingulièrs ;
de cet efprit vif &perçant ,
de cette fcience vafte &
profonde, de cette éloquen.
ce folide , accompagnée de
toute la politeffe des anciens. Qualitez excellentes
qui vous ont fait admirer
de tout le monde , & qui
vous ont attiré les applau
GALANT. 239
diffemens de la Cour. Le
Souverain Pontife qui vous
a fait éminent en dignité ,
vous a trouvé éminent en
vertu , en fageffe , en modeftie , en douceur , en verité , en pieté : vertus rares
dans lesjeunes Princes , élevez fouvent dans la mol
leffe & dans le fein des plaifirs Mais ce qui eft plus glorieux à Vôtre Alteffe Emninentiffime eſt Monfei
gneur , que le plus grand
Roydu monde , aprés vous
avoir choifi dans votre flo.
riffante jeuneffe pour rem-
240 MERCURE
plir le Siege d'une ville importante à l'Etat & à la Re.
ligion , vous a jugé digne
de la Pourpre , Prince dont
la penetration ne permet
pas qu'il ſe trompe dans ſes
jugemens. Cette nouvelle
dignité que vous avez fait
entrer dans l'illuftre Maifon
de Rohan , donne un nouveau luftre à vos ancêtres ,
Ces Princes fouverains
que l'hiſtoire nous apprend
avoir regné avec valeur ,
& avoir gouverné leur peuple avec équité & religion.
Il ne nous refte plus
Monfei-
GALANT. 241
Monfeigneur, qu'un devoir
à remplir , qui eſt de prier
Dieu de vous laiffer longtemps dans cette éminente
place , pour la gloire de ſon
nom & pour le bien de fon
Eglife.
Cette Harangue a été
faite par M. de la Roque , Doyen de la Faculté de Theologie de
Paris , accompagné de
plufieurs des principaux
de cette Faculté.
Monfeigneur,
La Faculté de 'Theologie
venant vous marquer com+
bien elle eſt ſenſible à vôtre élevation à la dignité de
Cardinal , fe fait honneur à
elle -même. Elle regarde
avec plaifir l'éclat de votre
pourpre rejaillir fur tous les
membres qui la compoſent.
Cette fçavante Compagnie
238 MERCURE
n'oubliera jamais les riches
talens que vous avez fait
briller dans fon Ecole. Les
diſtinctions qu'elle vous a
données ne font pas tant
des marques de fon eftime,
que des preuves évidentes
de vos merites fingulièrs ;
de cet efprit vif &perçant ,
de cette fcience vafte &
profonde, de cette éloquen.
ce folide , accompagnée de
toute la politeffe des anciens. Qualitez excellentes
qui vous ont fait admirer
de tout le monde , & qui
vous ont attiré les applau
GALANT. 239
diffemens de la Cour. Le
Souverain Pontife qui vous
a fait éminent en dignité ,
vous a trouvé éminent en
vertu , en fageffe , en modeftie , en douceur , en verité , en pieté : vertus rares
dans lesjeunes Princes , élevez fouvent dans la mol
leffe & dans le fein des plaifirs Mais ce qui eft plus glorieux à Vôtre Alteffe Emninentiffime eſt Monfei
gneur , que le plus grand
Roydu monde , aprés vous
avoir choifi dans votre flo.
riffante jeuneffe pour rem-
240 MERCURE
plir le Siege d'une ville importante à l'Etat & à la Re.
ligion , vous a jugé digne
de la Pourpre , Prince dont
la penetration ne permet
pas qu'il ſe trompe dans ſes
jugemens. Cette nouvelle
dignité que vous avez fait
entrer dans l'illuftre Maifon
de Rohan , donne un nouveau luftre à vos ancêtres ,
Ces Princes fouverains
que l'hiſtoire nous apprend
avoir regné avec valeur ,
& avoir gouverné leur peuple avec équité & religion.
Il ne nous refte plus
Monfei-
GALANT. 241
Monfeigneur, qu'un devoir
à remplir , qui eſt de prier
Dieu de vous laiffer longtemps dans cette éminente
place , pour la gloire de ſon
nom & pour le bien de fon
Eglife.
Cette Harangue a été
faite par M. de la Roque , Doyen de la Faculté de Theologie de
Paris , accompagné de
plufieurs des principaux
de cette Faculté.
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Résumé : HARANGUE.
La Faculté de Théologie adresse une harangue à un cardinal nouvellement promu, exprimant sa sensibilité et son honneur face à cette distinction. Elle souligne l'éclat de la pourpre cardinalice qui rejaillit sur tous ses membres. La Faculté reconnaît les talents exceptionnels du cardinal, mettant en avant son esprit vif, sa science vaste et profonde, ainsi que son éloquence. Ces qualités lui ont valu l'admiration de la Cour. Le Souverain Pontife l'a choisi pour sa vertu, sagesse, modestie, douceur, vérité et piété, des vertus rares chez les jeunes princes. Le roi l'a également jugé digne de la pourpre après l'avoir choisi pour gouverner une ville importante pour l'État et la religion. Cette nouvelle dignité illumine la maison de Rohan, connue pour la valeur et la gouvernance équitable de ses ancêtres. La harangue se conclut par une prière pour que Dieu lui permette de rester longtemps dans cette position pour la gloire de son nom et le bien de l'Église. Cette harangue a été prononcée par M. de la Roque, doyen de la Faculté de Théologie de Paris, accompagné de plusieurs membres éminents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 121-131
HARANGUE de la Reine d'Angleterre à son Parlement.
Début :
MYLORDS, & MESSIEURS, Je finis la derniere Seance en vous remerciant [...]
Mots clefs :
Paix, Harangue, Peuple, Reine d'Angleterre, Assemblée, Ratification, Dépenses publiques, Providence divine, Fidélité, Affection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HARANGUE de la Reine d'Angleterre à son Parlement.
H A R A N GU E
de la Reine d'Angle-
: terre àson Parlement.
MYLORDS,&
Messieurs,
( Je finis la derniere Sean
ce en vous remerciant des
assurances solemnelles que
vous m'aviez données, par
le moyen desquelles je me
fuis trouvée en estat de furmonter
les difficultez qu'-
on avoit concertées pour
empescher la Paix generale.
J'ay differé la Seance
jusqu'à present, desirant de
vous communiquer à vostre
premiere Assemblée le
succez de cetteimportante
affaire. C'est donc avec un
grand plaisir que je vous
dis que la Paix est signée,
& que dans peu de jours les
ratifications feront eschangées.
La negociation a tiré en
de si grandes longueurs,
que tous nos Alliez ont eu
du temps suffisamment
pour regler leurs differents
interests. Quoyque les despenses
publiques ayent esté
augmentées par ces delais,
j'espere que mes peuples les
su pporteront, puisque nous
avons heureusement obtenu
la fin que nous nous estions
proposée. Ce que j'ay
fait pour la seureté de la
succession Protestante&la
parfaite amitié qui est entre
moy & la Maison de
Hanover,doit convaincre
ceux qui nous souhaittent
du bien, & qui aiment le
re pos & la seureté de leur
pays, combien sont inutiles
les attentats qu'on a
faits pour nous diviser, &
que ceux qui voudroient se
faire un merice de separer
nos interests ne reüssiront
jamais dans leurs mauvais
desseins.
Messieurs de la Chambre
des Communes.
On a fait autant de progrez
pour diminuer les despenses
publiques, que les
circonstances des affaires
l'ont pû permettre.
Je laisse entierement à
mon Parlement lefoin de
voir quelles forces feront
necessaires pour assurernostre
commerce par Mer, &
pour les gardes & les garnisons.
Mettez vous vousmesmes
en seureté
, & je
seray satisfaire. Aprés la
protection de la Providence
divine, je me repose sur
la fidelité & l'affection de
mon peuple, & je n'ay pas
besoin d'autre garant. Je
recommande à vos soins les
braves gens qui ont bien
servi par Mer & par Terre
durant cette guerre,& qui
ne peuvent estre employez
en temps de Paix.
Il faut aussi que je vous
demande de pourvoir aux
subsides que vous jugerez
necessaires, & d'y a pporter
toute la diligence qu'il faudra
pour vostre commodité
& pour le servicepublic.
Mylords & Messieurs,
Les grands avantages que
j'ayobtenus pour mes Sujets
, ont causé beaucoup
d'opposition & de longs délais
à cette Paix. Ce m'est
une grande satisfaction de
voir qu'il feraau pouvoir
de mon peuple de reparer.
peu à peu ce qu'il a souffert
durant cette si longue& si
onereuse guerre.
Il est de vostre interest
d'employer vos soins à rendre
nostre Commerce dans
les pays estrangersaussi aisé
que le peut permettre le
credit de la Narion, & à
choisirles moyens les plus
propres pour avancer &
encourager nostre Commerce
& nos Manufactures
au dedans, & particulierement
la pesche qu'on
peut augmenter pourtous
nos gens inutiles: ce qui
fera d'un grand avantage,
mesmeauxendroits les plus
éloignez de ce Royaume.
Dans la derniere Seance
on mit devant vous plusieurs
choses que le poids
& la multiplicité des affaires
ne permirent pas de
finir. J'espere que vous
prendrezun temps propre
à y donner toute la con sideration
qu'elles meritent.
Je ne fçaurois pourtant
m'empescher de vous marquer
expressément le déplaisir
que j'ay de la licence
sans exemple qu'on
prend de publier des libelles
seditieux & scandaleux.
L'impunité de telles pratiques
a encouragé leblafpheme
contre toutes les
choses les plus sacrées ,&
répandu des opinions qui
tendent à la deftrudion de
toute forte de Religicn &
de Gouvernement. On a
ordonnéde faiie des pourfuites;
mais il faut de nouvelles
Loix pour arrelter ce
mal naissant & vos plus
grands efforts chacun dans
son posse,pour le décourager.
Lacouftumeimpiede?
duels demande au/ïi qu'on
y apporte un remede
prompt & efficace.
Prefenrement que nous
sommes en paix au dehors,
je vous conjure de faire vos
derniers efforts pour calmer
les esprits au dedans,
afin de cultiver les arts pacifiquîs,&
qu'une jalousie
mal fondée formée par une
fadtion, & fomentee par
une rage de parti ne puifïb
effeauer ce que nos ennemis
n'ont pu faire.
Je prie Dieu qu'il dirige
toutes vos déliberations
pour lagloire & pour le
bien du peuple,&c.
de la Reine d'Angle-
: terre àson Parlement.
MYLORDS,&
Messieurs,
( Je finis la derniere Sean
ce en vous remerciant des
assurances solemnelles que
vous m'aviez données, par
le moyen desquelles je me
fuis trouvée en estat de furmonter
les difficultez qu'-
on avoit concertées pour
empescher la Paix generale.
J'ay differé la Seance
jusqu'à present, desirant de
vous communiquer à vostre
premiere Assemblée le
succez de cetteimportante
affaire. C'est donc avec un
grand plaisir que je vous
dis que la Paix est signée,
& que dans peu de jours les
ratifications feront eschangées.
La negociation a tiré en
de si grandes longueurs,
que tous nos Alliez ont eu
du temps suffisamment
pour regler leurs differents
interests. Quoyque les despenses
publiques ayent esté
augmentées par ces delais,
j'espere que mes peuples les
su pporteront, puisque nous
avons heureusement obtenu
la fin que nous nous estions
proposée. Ce que j'ay
fait pour la seureté de la
succession Protestante&la
parfaite amitié qui est entre
moy & la Maison de
Hanover,doit convaincre
ceux qui nous souhaittent
du bien, & qui aiment le
re pos & la seureté de leur
pays, combien sont inutiles
les attentats qu'on a
faits pour nous diviser, &
que ceux qui voudroient se
faire un merice de separer
nos interests ne reüssiront
jamais dans leurs mauvais
desseins.
Messieurs de la Chambre
des Communes.
On a fait autant de progrez
pour diminuer les despenses
publiques, que les
circonstances des affaires
l'ont pû permettre.
Je laisse entierement à
mon Parlement lefoin de
voir quelles forces feront
necessaires pour assurernostre
commerce par Mer, &
pour les gardes & les garnisons.
Mettez vous vousmesmes
en seureté
, & je
seray satisfaire. Aprés la
protection de la Providence
divine, je me repose sur
la fidelité & l'affection de
mon peuple, & je n'ay pas
besoin d'autre garant. Je
recommande à vos soins les
braves gens qui ont bien
servi par Mer & par Terre
durant cette guerre,& qui
ne peuvent estre employez
en temps de Paix.
Il faut aussi que je vous
demande de pourvoir aux
subsides que vous jugerez
necessaires, & d'y a pporter
toute la diligence qu'il faudra
pour vostre commodité
& pour le servicepublic.
Mylords & Messieurs,
Les grands avantages que
j'ayobtenus pour mes Sujets
, ont causé beaucoup
d'opposition & de longs délais
à cette Paix. Ce m'est
une grande satisfaction de
voir qu'il feraau pouvoir
de mon peuple de reparer.
peu à peu ce qu'il a souffert
durant cette si longue& si
onereuse guerre.
Il est de vostre interest
d'employer vos soins à rendre
nostre Commerce dans
les pays estrangersaussi aisé
que le peut permettre le
credit de la Narion, & à
choisirles moyens les plus
propres pour avancer &
encourager nostre Commerce
& nos Manufactures
au dedans, & particulierement
la pesche qu'on
peut augmenter pourtous
nos gens inutiles: ce qui
fera d'un grand avantage,
mesmeauxendroits les plus
éloignez de ce Royaume.
Dans la derniere Seance
on mit devant vous plusieurs
choses que le poids
& la multiplicité des affaires
ne permirent pas de
finir. J'espere que vous
prendrezun temps propre
à y donner toute la con sideration
qu'elles meritent.
Je ne fçaurois pourtant
m'empescher de vous marquer
expressément le déplaisir
que j'ay de la licence
sans exemple qu'on
prend de publier des libelles
seditieux & scandaleux.
L'impunité de telles pratiques
a encouragé leblafpheme
contre toutes les
choses les plus sacrées ,&
répandu des opinions qui
tendent à la deftrudion de
toute forte de Religicn &
de Gouvernement. On a
ordonnéde faiie des pourfuites;
mais il faut de nouvelles
Loix pour arrelter ce
mal naissant & vos plus
grands efforts chacun dans
son posse,pour le décourager.
Lacouftumeimpiede?
duels demande au/ïi qu'on
y apporte un remede
prompt & efficace.
Prefenrement que nous
sommes en paix au dehors,
je vous conjure de faire vos
derniers efforts pour calmer
les esprits au dedans,
afin de cultiver les arts pacifiquîs,&
qu'une jalousie
mal fondée formée par une
fadtion, & fomentee par
une rage de parti ne puifïb
effeauer ce que nos ennemis
n'ont pu faire.
Je prie Dieu qu'il dirige
toutes vos déliberations
pour lagloire & pour le
bien du peuple,&c.
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Résumé : HARANGUE de la Reine d'Angleterre à son Parlement.
La Reine d'Angleterre adresse un discours au Parlement pour annoncer la signature de la paix et l'échange imminent des ratifications. Les négociations ont été longues, permettant à tous les alliés de régler leurs intérêts. Bien que les dépenses publiques aient augmenté, la Reine espère que ses peuples les supporteront, car la paix a été obtenue. Elle réaffirme son engagement pour la sécurité de la succession protestante et l'amitié avec la Maison de Hanovre, condamnant les tentatives de division. La Reine laisse au Parlement le soin de déterminer les forces nécessaires pour sécuriser le commerce maritime et les garnisons. Elle recommande de prendre soin des vétérans et de pourvoir aux subsides nécessaires. Elle exprime sa satisfaction de voir que le peuple pourra réparer les dommages causés par la guerre et encourage le développement du commerce et des manufactures, notamment la pêche. La Reine déplore la publication de libelles séditieux et scandaleux, appelant à des lois pour arrêter ce fléau. Elle condamne également la coutume des duels et conjure le Parlement de calmer les esprits intérieurs pour cultiver les arts pacifiques et éviter les divisions partisanes. Elle conclut en priant Dieu de diriger les délibérations pour la gloire et le bien du peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 45-55
Harangue de la Reine d'Angleterre à son Parlement le 13. Mars 1714.
Début :
Milords & Messieurs, J'ai beaucoup de satisfaction de me [...]
Mots clefs :
Paix, Parlement, Chambre des pairs, Succession protestante, Peuple, Europe, Reine d'Angleterre
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texteReconnaissance textuelle : Harangue de la Reine d'Angleterre à son Parlement le 13. Mars 1714.
Harangue de la Reine d'An
gleterre à fon Parlement le
13. Mars 1714 .
Milords & Meffieurs ,
les
J'ai beaucoup de fatisfaction
de me voir , à l'ouverture
de ce Parlement ,
en état de vous dire
que
ratifications des traitez de
paix & de commerce avec
Ï'Eſpagne font échangées.
Par e paix mes ſujets
feront mieux en état que
jamais d'augmenrer & d'é46
MERCURE
tendre leur
negoce ; les
avantages
qui ne leur é
toient que tolerez
, leur font
prefentement
affurez
par
ce traité , & tous les Marchands
de la Grande Bretagne
en jouiront également
fans diftinction .
Il a plû à Dieu de benir
mes efforts pour obtenir
une paix honorable & avantageuſe
à mon peuple & à
la plus grande partie de
mes alliez ; il ne fera rien
omis de ce qui eſt en mon
pouvoir pour la rendre univerfelle
, & je me perfuade
GALANT.
47
qu'avec vôtre affiftance ,
mon entrepriſe pourra contribuer
à rétablir le repos
de
l'Europe.
En attendant , je me rejoüis
avec mes ſujets de le
voir delivré d'une guerre
ruïneufe , & entré dans une
paix dont les bons effets ne
peuvent être troublez que
par des divifions inteftines.
Les plus fages & les plus
grands d'entre mes predeceffeurs
faifoient leur gloire
de tenir la balance de l'Europe
, & de la maintenir
égale , en fourniſſant au
48 MERCURE
poids lors qu'il étoit necef
faire ; par cette conduite ils
ont enrichi le Royaume ,
& fe font rendus redoutables
à leurs ennemis & utiles
à leurs amis . J'ai agi ſur
les mêmes principes , & je
ne doute point que mes fucceffeurs
ne fuivent ces mê.
mes exemples.
Nôtre fituatió nous montre
affez quel eft nôtre veritable
interêt . Ce pays ne
peut fleurir que par
que par le commerce
, & il fera trés formidable
par la juſte application
de nos forces fur mer.
MefGALANT.
49%
Meffieurs de la Chambre
des
Communes ,
J'ai
donné ordre qu'on
vous expofe des choles qui
vous feront voir quelle a
été vôtre fituation à la conclufion
de cette paix , vous
ferez par là mieux en état
de juger des fecours qui
font
neceffaires. Je ne vous
on
demande que pour le
fervice de cette année , &
pour l'acquit des dettes que
vous trouverez raiſonna
bles & juftes, funny weete
Mars
1714.
E
so MERCURE
Milords & Meffieurs ,
Je vois par la joye fi generale
du rétabliſſement de
ma fanté & de mon arrivée
en cette ville , avec com ..
bien d'ardeur mon peuple
répond à la tendre affection
que j'ai toûjours euë pour
lui.
Je voudrois qu'on cût)
travaillé à faire fupprimer ,
comme je l'ai fouvent defiré
, ces écrits feditieux &
ces pernicieuſes infinua
tions par où des mal- intenGALANT.
tionnez ont lçû affoiblir le
credit public & faire fouffrir
l'innocent .
Il y en a qui font prevenus
jufqu'au point de malice
de vouloir infinuer que
la Succeffion Proteftante
dans la Maifon d'Hanovre
eft en danger fous mon regne.
Ceux qui travaillent de
la forte à effrayer les efprits
imaginaires , n'ont en vûë
que de troubler la tranquilité
prefente , & de nous
attirer des maux réels .
Aprés tout ce que j'ai fair
Eij
52
MERCURE
pour la fûreté de nôtre Re-:
ligion & de nos libertez , &
pour la tranfmettre à la pofterité
, je ne puis parler de
ces procedez fans quelque
émotion , & je compte que
vous demeurerez tous d'accord
avec moy que les at
tentats pour affoiblir mon
autorité , ou pour me rendre
la poffeffion de la couronne
penible , ne peuvent
jamais être des moyens
propres à fortifier la Succeffion
Proteftante.
J'ai fait , & je continuërai
de faire de mon mieux
GALANT.
53
pour le bien de tous mes
fujets ; faifons nos efforts
pour unir tous nos differens
, non pas en nous écartant
de la conftitution
de
nôtre Egliſe & de nôtre
Etat , mais en obfervant
nous-mêmes les loix , & en
·les faifant obferver
aux autres
.
Une longue guerre a non
feulement appauvri le public
, quoy qu'elle ait enrichi
quelques particuliers :
mais elle a encore alteré
beaucoup le gouvernement
même.
E iij
$4
MERCURE
Que vôtre plus grand ſoin
foit de profiter de la conjoncture
pour établir des fondemens
propres à vous relever
de ces defordres.
Le dernier Parlement a
concouru avec moy pour
faire la paix , que ce foit
l'honneur de celui - ci de
m'aider à obtenir les fruits
propres à nous attirer des
benedictions non feulement
dans le fiecle prefent
, mais encore à la der
niere pofterité.
Auffitôt que Sa Majeſté
GALANT.
SS
eut ceffé de parler, la Chambre
des Pairs refolut de lui
preſenter une Adreſſe pour
l'en remercier. Les Communes
en firent autant
& nommerent un Comité
pour la dreffer.
gleterre à fon Parlement le
13. Mars 1714 .
Milords & Meffieurs ,
les
J'ai beaucoup de fatisfaction
de me voir , à l'ouverture
de ce Parlement ,
en état de vous dire
que
ratifications des traitez de
paix & de commerce avec
Ï'Eſpagne font échangées.
Par e paix mes ſujets
feront mieux en état que
jamais d'augmenrer & d'é46
MERCURE
tendre leur
negoce ; les
avantages
qui ne leur é
toient que tolerez
, leur font
prefentement
affurez
par
ce traité , & tous les Marchands
de la Grande Bretagne
en jouiront également
fans diftinction .
Il a plû à Dieu de benir
mes efforts pour obtenir
une paix honorable & avantageuſe
à mon peuple & à
la plus grande partie de
mes alliez ; il ne fera rien
omis de ce qui eſt en mon
pouvoir pour la rendre univerfelle
, & je me perfuade
GALANT.
47
qu'avec vôtre affiftance ,
mon entrepriſe pourra contribuer
à rétablir le repos
de
l'Europe.
En attendant , je me rejoüis
avec mes ſujets de le
voir delivré d'une guerre
ruïneufe , & entré dans une
paix dont les bons effets ne
peuvent être troublez que
par des divifions inteftines.
Les plus fages & les plus
grands d'entre mes predeceffeurs
faifoient leur gloire
de tenir la balance de l'Europe
, & de la maintenir
égale , en fourniſſant au
48 MERCURE
poids lors qu'il étoit necef
faire ; par cette conduite ils
ont enrichi le Royaume ,
& fe font rendus redoutables
à leurs ennemis & utiles
à leurs amis . J'ai agi ſur
les mêmes principes , & je
ne doute point que mes fucceffeurs
ne fuivent ces mê.
mes exemples.
Nôtre fituatió nous montre
affez quel eft nôtre veritable
interêt . Ce pays ne
peut fleurir que par
que par le commerce
, & il fera trés formidable
par la juſte application
de nos forces fur mer.
MefGALANT.
49%
Meffieurs de la Chambre
des
Communes ,
J'ai
donné ordre qu'on
vous expofe des choles qui
vous feront voir quelle a
été vôtre fituation à la conclufion
de cette paix , vous
ferez par là mieux en état
de juger des fecours qui
font
neceffaires. Je ne vous
on
demande que pour le
fervice de cette année , &
pour l'acquit des dettes que
vous trouverez raiſonna
bles & juftes, funny weete
Mars
1714.
E
so MERCURE
Milords & Meffieurs ,
Je vois par la joye fi generale
du rétabliſſement de
ma fanté & de mon arrivée
en cette ville , avec com ..
bien d'ardeur mon peuple
répond à la tendre affection
que j'ai toûjours euë pour
lui.
Je voudrois qu'on cût)
travaillé à faire fupprimer ,
comme je l'ai fouvent defiré
, ces écrits feditieux &
ces pernicieuſes infinua
tions par où des mal- intenGALANT.
tionnez ont lçû affoiblir le
credit public & faire fouffrir
l'innocent .
Il y en a qui font prevenus
jufqu'au point de malice
de vouloir infinuer que
la Succeffion Proteftante
dans la Maifon d'Hanovre
eft en danger fous mon regne.
Ceux qui travaillent de
la forte à effrayer les efprits
imaginaires , n'ont en vûë
que de troubler la tranquilité
prefente , & de nous
attirer des maux réels .
Aprés tout ce que j'ai fair
Eij
52
MERCURE
pour la fûreté de nôtre Re-:
ligion & de nos libertez , &
pour la tranfmettre à la pofterité
, je ne puis parler de
ces procedez fans quelque
émotion , & je compte que
vous demeurerez tous d'accord
avec moy que les at
tentats pour affoiblir mon
autorité , ou pour me rendre
la poffeffion de la couronne
penible , ne peuvent
jamais être des moyens
propres à fortifier la Succeffion
Proteftante.
J'ai fait , & je continuërai
de faire de mon mieux
GALANT.
53
pour le bien de tous mes
fujets ; faifons nos efforts
pour unir tous nos differens
, non pas en nous écartant
de la conftitution
de
nôtre Egliſe & de nôtre
Etat , mais en obfervant
nous-mêmes les loix , & en
·les faifant obferver
aux autres
.
Une longue guerre a non
feulement appauvri le public
, quoy qu'elle ait enrichi
quelques particuliers :
mais elle a encore alteré
beaucoup le gouvernement
même.
E iij
$4
MERCURE
Que vôtre plus grand ſoin
foit de profiter de la conjoncture
pour établir des fondemens
propres à vous relever
de ces defordres.
Le dernier Parlement a
concouru avec moy pour
faire la paix , que ce foit
l'honneur de celui - ci de
m'aider à obtenir les fruits
propres à nous attirer des
benedictions non feulement
dans le fiecle prefent
, mais encore à la der
niere pofterité.
Auffitôt que Sa Majeſté
GALANT.
SS
eut ceffé de parler, la Chambre
des Pairs refolut de lui
preſenter une Adreſſe pour
l'en remercier. Les Communes
en firent autant
& nommerent un Comité
pour la dreffer.
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Résumé : Harangue de la Reine d'Angleterre à son Parlement le 13. Mars 1714.
Le 13 mars 1714, la reine d'Angleterre annonce au Parlement l'échange des ratifications des traités de paix et de commerce avec l'Espagne. Cette paix permet aux sujets britanniques d'améliorer et d'étendre leur commerce, offrant des avantages à tous les marchands sans distinction. La reine exprime sa satisfaction d'avoir obtenu une paix honorable et avantageuse pour son peuple et ses alliés, et elle s'engage à œuvrer pour une paix universelle avec l'aide du Parlement. Elle se réjouit de la fin d'une guerre ruineuse et de l'entrée dans une paix dont les bénéfices pourraient être troublés par des divisions internes. La reine rappelle que ses prédécesseurs ont enrichi le royaume en maintenant l'équilibre européen et en utilisant leurs forces maritimes. Elle souligne que le véritable intérêt de la nation réside dans le commerce et la puissance navale. Elle ordonne également de présenter aux Communes des comptes détaillant leur situation à la conclusion de la paix, afin de juger des secours nécessaires pour l'année en cours et le paiement des dettes. La reine condamne les écrits séditieux et les influences pernicieuses visant à affaiblir le crédit public et à nuire aux innocents. Elle dénonce ceux qui cherchent à troubler la tranquillité en semant la peur concernant la succession protestante dans la maison d'Hanovre. Elle appelle à l'union et au respect des lois pour renforcer la succession protestante et le bien-être de tous ses sujets. Enfin, elle encourage le Parlement à profiter de la conjoncture pour rétablir les désordres causés par la longue guerre et à obtenir les fruits de la paix pour les générations futures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 36-42
HARANGUE faite à S. A. R. Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, par M. de Montempuys, Recteur de l'Université, le Mardy 26. Novembre 1715.
Début :
Il est juste, & c'est bien la moindre chose, que les meilleures / L'Université honorée par nos Roys vos ayeux du titre de Fille [...]
Mots clefs :
Université, Rois, Régent, Régent du Royaume, Duc d'Orléans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HARANGUE faite à S. A. R. Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, par M. de Montempuys, Recteur de l'Université, le Mardy 26. Novembre 1715.
Il eſt juſte, & c'eſt bien la
moindre choſe , que les meilleures
pieces paſſent les premieres
, c'eſt une amorce pour
les Lecteurs , &une preference
dont ils ſçavent gré à l'Auteur.
Le nom, le merite & l'érudition
de M. de Montem-
1
GALANT. 37
puys , Recteur de l'Univerſité ,
répondent de l'équité de mon
choix. Voicy fon difcours ??
4
HARANGUE
faite à S. A.R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume , par M. de
Montempuys , Recteur de
l'Univerſité , le Mardy 26.
Novembre 171
1
MONSEIGNEUR ,
L'Univerſité honorée par nos
Roys vos ayeux du titre de Fille
aînée asouhaité avec empreſſe
38 MERCURE
ment deſepreſenterdevantV. A.
R. attentive qu'elle a toûjours
eftéàcelles de vos grandes qualitez
qui ont le plus de rapport à
fes occupations paisibles , elle admire
depuis longtemps en V. A.
R.labeauté, l'étenduë d'eſprit,
laſcience ,le goust,&la connoisfancedes
beaux arts.
Maintenant , elle voit l'ufage
de ces rares talents dans laforme
de gouvernement que vous
venez d'établirdans leRoyaume.
Tout a concouru , Monseigneur,
àvous en afßûrer la Regence ,
lesdroitsde vostre naiſſance augufle
jugement unanime des te
GALANT. 3 ,
Grands des Magistrats , les
voeux de tout le peuple , dans un
tel accord , dont àpeiney a-t-il
un seul exemple , chacun reconnoift
une providence particuliere
qui dans le temps que Dieu
nous affligeoit par les pertes confiderables
que nous avons faites ,
vous preparoit , Monseigneur ,
pourune reffource fûre aux regrets
aux peines d'un bon peuplequi
parsafidelité&ſon attachement
àfes Rois a toujours morité
d'avoirde bons maistres.
Déja l'on reffent les effets de
vôtre Regence universelle ,elle
pourvoit àtout beſoin ; active,
40 MERCURE
elle prendfurelle les travaux les
plus grands ; clairvoyante , elle
diftingue le bien & le mab, Va
vrai &leſéduisant ; reglée,elle
conferue les droits de chaque états
puiſſante , elle contient tout dans
le devoir& dans le respect,dou
ce , elle vous laiſſe d'un accésfabienfaisante
cile, , ellene fefait
fentirque par le bien qu'ellefait
la distribution des graces estlafeule
referve qu'ellese faſſeſurtous les
drais. 201
Puiſſions nous avoirpartaux
bontiz de V. 4. R. j'ose te dire
de la Compagnie au nom de laquelle
j'ay l'honneur de parler
nous
i
GALANT. 41
nous pouvons y prétendre par
l'ancienneté & la nobleffe de
Notre établiſſement ,parla pureté
de nos maximes qui nesont que
les loix du Royaume ,par l'utilité
de nosfonctions ,par la fimplicité
de nos moeurs , nul interest ne nous
amenera devant vous , Monfeigneur,
fi ce n'est celuydu bien public
, nulle ambition ,ſice n'est
celle d'eftre agreables à V. A. R.
&de l'aſſeurer de nos reſpects les
plus profonds , nulle inquiétude ,
ſi ce n'eſtſur voſtre ſanté. Permettez-
nous , Monseigneur , de
vous demander pour premiere
grace de la ménager cette precieuse
Decembre 1715. D
42 MERCURE
fanté,que vosfoinsfoientpartagés
entre vostre Royale Perfonne&
l'Etat. De vostre confervation ,
Monseigneur , dépendce que nou's
Jouhaitons leplus , l'éducation du
Roy dans les principes de nosLibertez
, qui ne sont que les droits
les plusfacrezde la Couronne&
de l'Episcopat , l'affermiſſement
& la durée d'un gouvernement
tout parfait ,le rétabliſſement des
Lettres dans lear Splendeur
dans leur liberté.
moindre choſe , que les meilleures
pieces paſſent les premieres
, c'eſt une amorce pour
les Lecteurs , &une preference
dont ils ſçavent gré à l'Auteur.
Le nom, le merite & l'érudition
de M. de Montem-
1
GALANT. 37
puys , Recteur de l'Univerſité ,
répondent de l'équité de mon
choix. Voicy fon difcours ??
4
HARANGUE
faite à S. A.R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume , par M. de
Montempuys , Recteur de
l'Univerſité , le Mardy 26.
Novembre 171
1
MONSEIGNEUR ,
L'Univerſité honorée par nos
Roys vos ayeux du titre de Fille
aînée asouhaité avec empreſſe
38 MERCURE
ment deſepreſenterdevantV. A.
R. attentive qu'elle a toûjours
eftéàcelles de vos grandes qualitez
qui ont le plus de rapport à
fes occupations paisibles , elle admire
depuis longtemps en V. A.
R.labeauté, l'étenduë d'eſprit,
laſcience ,le goust,&la connoisfancedes
beaux arts.
Maintenant , elle voit l'ufage
de ces rares talents dans laforme
de gouvernement que vous
venez d'établirdans leRoyaume.
Tout a concouru , Monseigneur,
àvous en afßûrer la Regence ,
lesdroitsde vostre naiſſance augufle
jugement unanime des te
GALANT. 3 ,
Grands des Magistrats , les
voeux de tout le peuple , dans un
tel accord , dont àpeiney a-t-il
un seul exemple , chacun reconnoift
une providence particuliere
qui dans le temps que Dieu
nous affligeoit par les pertes confiderables
que nous avons faites ,
vous preparoit , Monseigneur ,
pourune reffource fûre aux regrets
aux peines d'un bon peuplequi
parsafidelité&ſon attachement
àfes Rois a toujours morité
d'avoirde bons maistres.
Déja l'on reffent les effets de
vôtre Regence universelle ,elle
pourvoit àtout beſoin ; active,
40 MERCURE
elle prendfurelle les travaux les
plus grands ; clairvoyante , elle
diftingue le bien & le mab, Va
vrai &leſéduisant ; reglée,elle
conferue les droits de chaque états
puiſſante , elle contient tout dans
le devoir& dans le respect,dou
ce , elle vous laiſſe d'un accésfabienfaisante
cile, , ellene fefait
fentirque par le bien qu'ellefait
la distribution des graces estlafeule
referve qu'ellese faſſeſurtous les
drais. 201
Puiſſions nous avoirpartaux
bontiz de V. 4. R. j'ose te dire
de la Compagnie au nom de laquelle
j'ay l'honneur de parler
nous
i
GALANT. 41
nous pouvons y prétendre par
l'ancienneté & la nobleffe de
Notre établiſſement ,parla pureté
de nos maximes qui nesont que
les loix du Royaume ,par l'utilité
de nosfonctions ,par la fimplicité
de nos moeurs , nul interest ne nous
amenera devant vous , Monfeigneur,
fi ce n'est celuydu bien public
, nulle ambition ,ſice n'est
celle d'eftre agreables à V. A. R.
&de l'aſſeurer de nos reſpects les
plus profonds , nulle inquiétude ,
ſi ce n'eſtſur voſtre ſanté. Permettez-
nous , Monseigneur , de
vous demander pour premiere
grace de la ménager cette precieuse
Decembre 1715. D
42 MERCURE
fanté,que vosfoinsfoientpartagés
entre vostre Royale Perfonne&
l'Etat. De vostre confervation ,
Monseigneur , dépendce que nou's
Jouhaitons leplus , l'éducation du
Roy dans les principes de nosLibertez
, qui ne sont que les droits
les plusfacrezde la Couronne&
de l'Episcopat , l'affermiſſement
& la durée d'un gouvernement
tout parfait ,le rétabliſſement des
Lettres dans lear Splendeur
dans leur liberté.
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9
p. 63-65
Harangue faite au Roy par M. de Breslai Ambassadeur des Sauvages Algonkim. [titre d'après la table]
Début :
Il manquoit M à vostre relation de l'expedition des François / NOSTRE PERE, Nous avons appris avec bien de la douleur, la mort [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Français, Outagamis, Missionnaires, Alliance, Décès, Robe noire, Fidélité, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Harangue faite au Roy par M. de Breslai Ambassadeur des Sauvages Algonkim. [titre d'après la table]
L manquoit M à votre relation
de l'expedition des François contre
les Outagamis , la harangue que
M. de Breflay Miffionnaire des Sauvages
Algonkins , Ambaffadeur de
leur part en France , fit dernierement
à S. M. au Palais des Thuilleries ; la
voila telle qu'il l'a prononcée.
Il eft bon à ce que je croi , de
vous faire remarquer auparavant que
Fij
64
LE NOUVEAU
Les Sauvages tutejent en parlant .
qu'ils appellent non -feulement le
Royde France leur Pere , mais encore
tous les François. Qu'ils appellent.
la Mer le grand Lac. Que les Miſſionaires
feculiers font appellez Robes
noires . Que le pays des morts , c'eft.
l'autre monde. Que les coliers de porcelaine
, tels qu'ils font d'ufage chez
font d'ordinaire les fymboles.
d'une alliance entre les perfon- .
nes , avec lesquelles ils traitent . La.
victoire remportée par les François ,
ce font les Outagamis , dit Renards,
que l'on a battu l'année pallée , vers
Oüeft de l'Amerique Septentriona,
le . Voici , M. la Hatangak faite au
Roi Louis XV, en 1717
NOSTRE PERE ,
N
Ous avons appris avec biende
la douleur , la mort da
Grand Chefdes François , nofiic
Grand Pere & ton Bifayeul. Nous
aurions fort fouhaité de paffer le
Grand Lac pour l'aller pleurer ;
MERCURE. 65.
mais notre Pere la Robe Noire
"
ne l'a pasjugéà propos. Nous l'a~
vons chargé d'une robe de caftor,
pour couvrir fon corps , & d'un
oreiller pour mettre fousfa tefte
afin qu'il repofe tranquillement
dans le pays des morts ; & aauuſſi
dun colier de porcelaine , pour
nous réjouir avec toi de ce que
nous le voyons renaitre en ta per--
fonne , pour tefeliciter de la premiere
victoire que tu viens de
remporter contre les Outagamis ,
appellez Renards. Nous avons
donnez de nouvelles preuves de
fidelité&d'attachement à ta per-
Lonne&aux François, tes fujets,
nos freres , &pour enfin te de-.
mander à toi qui eft prefentement
·noftre Grand Chef, la continua
tion des mêmes bonsez que ofre
GrandPere avoitpour nous.
de l'expedition des François contre
les Outagamis , la harangue que
M. de Breflay Miffionnaire des Sauvages
Algonkins , Ambaffadeur de
leur part en France , fit dernierement
à S. M. au Palais des Thuilleries ; la
voila telle qu'il l'a prononcée.
Il eft bon à ce que je croi , de
vous faire remarquer auparavant que
Fij
64
LE NOUVEAU
Les Sauvages tutejent en parlant .
qu'ils appellent non -feulement le
Royde France leur Pere , mais encore
tous les François. Qu'ils appellent.
la Mer le grand Lac. Que les Miſſionaires
feculiers font appellez Robes
noires . Que le pays des morts , c'eft.
l'autre monde. Que les coliers de porcelaine
, tels qu'ils font d'ufage chez
font d'ordinaire les fymboles.
d'une alliance entre les perfon- .
nes , avec lesquelles ils traitent . La.
victoire remportée par les François ,
ce font les Outagamis , dit Renards,
que l'on a battu l'année pallée , vers
Oüeft de l'Amerique Septentriona,
le . Voici , M. la Hatangak faite au
Roi Louis XV, en 1717
NOSTRE PERE ,
N
Ous avons appris avec biende
la douleur , la mort da
Grand Chefdes François , nofiic
Grand Pere & ton Bifayeul. Nous
aurions fort fouhaité de paffer le
Grand Lac pour l'aller pleurer ;
MERCURE. 65.
mais notre Pere la Robe Noire
"
ne l'a pasjugéà propos. Nous l'a~
vons chargé d'une robe de caftor,
pour couvrir fon corps , & d'un
oreiller pour mettre fousfa tefte
afin qu'il repofe tranquillement
dans le pays des morts ; & aauuſſi
dun colier de porcelaine , pour
nous réjouir avec toi de ce que
nous le voyons renaitre en ta per--
fonne , pour tefeliciter de la premiere
victoire que tu viens de
remporter contre les Outagamis ,
appellez Renards. Nous avons
donnez de nouvelles preuves de
fidelité&d'attachement à ta per-
Lonne&aux François, tes fujets,
nos freres , &pour enfin te de-.
mander à toi qui eft prefentement
·noftre Grand Chef, la continua
tion des mêmes bonsez que ofre
GrandPere avoitpour nous.
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10
p. 81-89
HARANGUE FAITE AU ROY PAR Mr DE MONTEMPUYS, Recteur de l'Université. En présentant un Cierge à SA MAJESTÉ au Louvre, le premier Février 1717.
Début :
Sire, L'Université réglant les voeux qu'elle adresse à Dieu pour [...]
Mots clefs :
Université, Voeux, Sa Majesté, Moeurs, Gloire, Religion, Espérance, Sentiments, Loi, Duc, Serment, Charges, Cérémonie, Mouvements des troupes, Duchesse, Princesse, Ornements, Abbaye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HARANGUE FAITE AU ROY PAR Mr DE MONTEMPUYS, Recteur de l'Université. En présentant un Cierge à SA MAJESTÉ au Louvre, le premier Février 1717.
HARANGUE
FAITE AU ROY
PAR M DE MONTEMPUYS ,
Recteur de l'Univerfité.
En préfentantunCierge à SAMAIESTE
an Louvre , le premier Février
SIRE,
1717.
L'Univerfité réglant les voeux
qu'elle adreffe à Dieu pour Vous
fur l'état préfent de VOTRE
MAJESTE', eft toute occupée du
moment auquel doit commencer
Votre Inftruction .
Tems précieux pour VOTRE
MAJESTE , SIRE , qui fera le
feul de Votre Vie , où l'on ofera
Vous parler fincérement fur vos actions
, & où n'étant point chargé de
Vos Etats , Vous pourez ne penfer
qu'à Vous même , & Vous donner
82 LE NOUVEAU
tout entier à ce qui pent former
Votre Efprit , & régler Vos Maurs.
Tems important pour Votre
Royaume , dont la gloire & le bonheur
dépendent des Principes que
VOTRE MAJESTE va recevoir
fur la Religion , fur l'Eglife ,
fur les Droits de Sa Couronne
& fur Ses devoirs ; & de
l'habitude qu'Elle prendra de s'y
conformer.
2
Mais quelles efpérances d'une
Education parfaite ne donnent pas
à Votre Peuple , SIRE , la droiture
& l'élévation de Vos fentimens
cultivés par la Perfonne illuftre qui
a eûfoin de Votre Enfance , les qualités
naturelles de Votre efprit
l'expérience & le dés-intereffement
des Perfonnes qui font apellées àl'honneur
de Vous conduire & de
Vous inftruire !
Pour Nous , SIRE , perfuadés
que nous fommes , que la bonne conduite
des Rois , eft pour leur Peuune
Loi puiffante , nous ferons
les premiers à tirer avantage du pro
>
MERCURE. 83
grés que Vous ferez dans les Sciences
; nous propoferons Votre Exemple
à Vos jeunes Sujets qui font confiés
à nos foins , & nous ferons enforte
que lors que Vous ferez en
état de leur donner des Loix, SIRE ,
Vous reconnoiffiez avec quelle application
nous leur aurons donné
des leçons de refpect , d'obéiffance
& d'amour envers VOTRE
MAJESTE'.
Le 25 , le Roy accorda à Mr
le Duc de S. Simon tous les honneurs
du Louvre.
Le 26 M Le Duc de Chaulnes
fut gratifié par le Roy , de la furvivance
de la Charge de Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux Legers pour Mr fon fils,
âgé de fix ans , Sa Majeſté y a joint
un Brevet de retenuë de quatre cent
mille livres , en cas de mort. >
Le 27 à trois heures Mgr le Duc
Regent s'étant rendu chez le Roy ,
S. M. recût le Serment de Mr le
Marquis de Gefvres , pour la furvivance
de la Charge de Premier
84
LE
NOUVEAU
Gentil-homme de la Chambre , en
préfence de Mr le Duc de Trefmes
fon pere & de quantité de Seigneurs.
Cette Cérémonie avoit été précédée
de celle du Serment prêté,quelques
moments auparavant , par M¹
le Prince de Soubize, pour la Charge
de Capitaine-Lieutenant des Gendarmes
, entre les mains de Mr le
Maréchal de Tallard . Ce droit appartenoit
autrefois au Conêtable :
mais depuis l'extinction de cette
Charge , les Grands Officiers ont
la liberté de choifir › pour recevoir
la preſtation de leur Serment , celui
des Maréchaux de France qui leur
agrée davantage.
,
Aprés le Serment prêté par Mr le
Marquis de Gefvres ; le Roy accompagné
de ME le Duc Regent , de
Mer le Duc , de Mers les Princes , de
M le Maréchal de Villeroy &c.
Sa Majesté voulut voir du balcon
de la Salle des Cent-Suiffes , la
Compagnie des Gendarmes de quartier
; Mr le Prince de Rohan , &
Mr le Prince de Soubize à cheval ,
firent
MERCURE. 35
firent faire divers mouvemens .
Aprés que la Compagnie eut défilé
, Mr le Prince de Rohan demanda
l'ordre au Roy , qui répondit
qu'on pouvoit s'en aller. S. M.
parut prendre beaucoup de plaifir à
cette revuë.
Ce fut dans ce temps - là que
Madanie Ducheffe de Berry arriva
dans un magnifique Caroffe , efcortée
d'un détachement de fes Gardes
; elle monta chez le Roy , d'où
elle fe rendit avec S. M. dans la
Chapelle , pour y tenir fur les Fonds
de Batême une fille de Mr le Marquis
de Monchy, Maître de la Garde-
Robe de feu M8 le Duc de Berry;
le Roy y avoit été précédéparMr le
Cardinal de Rohan, Grand Aumônier
de France. Monfieur l'Abbé de
Maulevrier & Mr l'Abbé d'Argentré
Aumôniers du Roy . S. M. étoit
accompagnéede
Mr le Maréchal de
Villeroy , de Mr le Prince Charles
Grand Ecuyer de France , de tous
les Officiers des Gardes.Le Roy portoit
un habit de Velours couleur de
Pourpre enrichi de gros boutons de
Mars 1717. H
86 LE NOUVEAU
diamans. MadameDucheffe de Berry
y avoit été précédée parM l'Abbé de
Caftriez nommé à l'Archevêché de
Tours , fon prémier Aumonier , Mr
l'Abbé de Rouget , & M l'Abbé de
Parthenay fes Aumoniers : elle étoit
accompagnée de Mde la Ducheſſe
de Saint Simon fa Dame d'honneur
, de Mde la Marquise de Pons
fa Dame d'atour , de fes Dames du
Palais , de Mr le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'honneur , de
Mile Chevalier d'Hautefort fon prémier
Ecuyer , & du refte de fa Maifon.
Cette Princeffe portoit une Robe
d'une étoffe d'or , toute couverte
de pierreries ; ſa coëffure en étoit
toute brillante . Mde la Ducheſſe de
Saint Simon s'y diftingua auffi par
une grande quantité de Diamans fur
fa robe , & à fa coëffure . Le Roy
fit pareillement l'honneur à Mr le
Marquis d'Arfy , un , des quatre
Gentilshommes de la Manche , de
tenir fon fils avec Mde la Ducheffe
du Mayne.
Cette double cérémonie fut faite
MERCURE.
87
par Mr le Grand Aumônier, Mrs les
Curez de Saint Germain l'Auxerrois
& de Saint Sulpice , préfents ,au
premier Batême , & Mr le Curé de
S. Roch au fecond. Mr le Curé de
Saint Germain l'Auxerrois affiſta
aux deux , avec l'Etole . Tous ont
fignés fur le Regiſtre .
Un monde infini s'étoit affemblé
pour voir ces cérémonies extraordinaires
; dautant plus que c'étoit le
jour de la préfentation des Placets.
L'Abbaye reguliere de Clairemarais
en Artois , elt vacante . Celle
de S. Ambroise de Bourges l'eit
pa
reillement par la mort de M¹ l'Abbé
de Fourcy.
Le premier de ce mois Mr le Maréchal
de Villeroy ayant jugé à
propos d'établir une régle conftante
pour tous les exercices de S. M. fit
lever le Roy à huit heures & demie.
Le 3. on créa une troifiéme
Charge d'Huiffier de l'Anti-chambre
, en faveur de Mr Pernault le
cadet , par la confiance que l'on
a en lui. Ona crû cette augmenta-
Hij
88 LE NOUVEAU
tion neceffaire , à caufe des difficultés
& des peines qui font attachées
à ce pofte , qui demande des foins
& une attention toute particuliére:
Elle a été créé a l'inſtar des deux autres
, avec l'attribution des mêmes
gages : mais afin que ce nouvel Officier
ne puiffe pas préjudicier aux
droits de fes Confreres : il a été ſtatüé
qu'il ne partagera point les droits
anciens avec eux. Le Roy , pour
le dédommager de ces retranchemens
, a ordonné qu'on en fit un
état, afin de les lui payer par que!-
qu'autre équivalent au prorata. La
furvivance de la Charge de M. N. .
Pernault l'aîné , accordée à fon cadet
, reite comme elle étoit.
On a fait un retranchement qu'on
a crû neceffaire pour les dépenfes du
Roy fur fa Table , & dans chaque
Office ; ce qui peut monter en tour
50. mille écus.
L'Abbaye de S. GILBERT à Clermont
en Auvergne , eft vacante par
la mort de M l'Abbé LARCHER
Chapelain ordinaire du Roy , cyMERCURE.
89
devant Sacriftain de la grande Chapelle
Charge qu'il avoit venduë
à Mr l'Abbé Gault , Chapelain du
Roy , & Beau-frere de Mi le Procureur
du Roy au Châtelet .
FAITE AU ROY
PAR M DE MONTEMPUYS ,
Recteur de l'Univerfité.
En préfentantunCierge à SAMAIESTE
an Louvre , le premier Février
SIRE,
1717.
L'Univerfité réglant les voeux
qu'elle adreffe à Dieu pour Vous
fur l'état préfent de VOTRE
MAJESTE', eft toute occupée du
moment auquel doit commencer
Votre Inftruction .
Tems précieux pour VOTRE
MAJESTE , SIRE , qui fera le
feul de Votre Vie , où l'on ofera
Vous parler fincérement fur vos actions
, & où n'étant point chargé de
Vos Etats , Vous pourez ne penfer
qu'à Vous même , & Vous donner
82 LE NOUVEAU
tout entier à ce qui pent former
Votre Efprit , & régler Vos Maurs.
Tems important pour Votre
Royaume , dont la gloire & le bonheur
dépendent des Principes que
VOTRE MAJESTE va recevoir
fur la Religion , fur l'Eglife ,
fur les Droits de Sa Couronne
& fur Ses devoirs ; & de
l'habitude qu'Elle prendra de s'y
conformer.
2
Mais quelles efpérances d'une
Education parfaite ne donnent pas
à Votre Peuple , SIRE , la droiture
& l'élévation de Vos fentimens
cultivés par la Perfonne illuftre qui
a eûfoin de Votre Enfance , les qualités
naturelles de Votre efprit
l'expérience & le dés-intereffement
des Perfonnes qui font apellées àl'honneur
de Vous conduire & de
Vous inftruire !
Pour Nous , SIRE , perfuadés
que nous fommes , que la bonne conduite
des Rois , eft pour leur Peuune
Loi puiffante , nous ferons
les premiers à tirer avantage du pro
>
MERCURE. 83
grés que Vous ferez dans les Sciences
; nous propoferons Votre Exemple
à Vos jeunes Sujets qui font confiés
à nos foins , & nous ferons enforte
que lors que Vous ferez en
état de leur donner des Loix, SIRE ,
Vous reconnoiffiez avec quelle application
nous leur aurons donné
des leçons de refpect , d'obéiffance
& d'amour envers VOTRE
MAJESTE'.
Le 25 , le Roy accorda à Mr
le Duc de S. Simon tous les honneurs
du Louvre.
Le 26 M Le Duc de Chaulnes
fut gratifié par le Roy , de la furvivance
de la Charge de Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux Legers pour Mr fon fils,
âgé de fix ans , Sa Majeſté y a joint
un Brevet de retenuë de quatre cent
mille livres , en cas de mort. >
Le 27 à trois heures Mgr le Duc
Regent s'étant rendu chez le Roy ,
S. M. recût le Serment de Mr le
Marquis de Gefvres , pour la furvivance
de la Charge de Premier
84
LE
NOUVEAU
Gentil-homme de la Chambre , en
préfence de Mr le Duc de Trefmes
fon pere & de quantité de Seigneurs.
Cette Cérémonie avoit été précédée
de celle du Serment prêté,quelques
moments auparavant , par M¹
le Prince de Soubize, pour la Charge
de Capitaine-Lieutenant des Gendarmes
, entre les mains de Mr le
Maréchal de Tallard . Ce droit appartenoit
autrefois au Conêtable :
mais depuis l'extinction de cette
Charge , les Grands Officiers ont
la liberté de choifir › pour recevoir
la preſtation de leur Serment , celui
des Maréchaux de France qui leur
agrée davantage.
,
Aprés le Serment prêté par Mr le
Marquis de Gefvres ; le Roy accompagné
de ME le Duc Regent , de
Mer le Duc , de Mers les Princes , de
M le Maréchal de Villeroy &c.
Sa Majesté voulut voir du balcon
de la Salle des Cent-Suiffes , la
Compagnie des Gendarmes de quartier
; Mr le Prince de Rohan , &
Mr le Prince de Soubize à cheval ,
firent
MERCURE. 35
firent faire divers mouvemens .
Aprés que la Compagnie eut défilé
, Mr le Prince de Rohan demanda
l'ordre au Roy , qui répondit
qu'on pouvoit s'en aller. S. M.
parut prendre beaucoup de plaifir à
cette revuë.
Ce fut dans ce temps - là que
Madanie Ducheffe de Berry arriva
dans un magnifique Caroffe , efcortée
d'un détachement de fes Gardes
; elle monta chez le Roy , d'où
elle fe rendit avec S. M. dans la
Chapelle , pour y tenir fur les Fonds
de Batême une fille de Mr le Marquis
de Monchy, Maître de la Garde-
Robe de feu M8 le Duc de Berry;
le Roy y avoit été précédéparMr le
Cardinal de Rohan, Grand Aumônier
de France. Monfieur l'Abbé de
Maulevrier & Mr l'Abbé d'Argentré
Aumôniers du Roy . S. M. étoit
accompagnéede
Mr le Maréchal de
Villeroy , de Mr le Prince Charles
Grand Ecuyer de France , de tous
les Officiers des Gardes.Le Roy portoit
un habit de Velours couleur de
Pourpre enrichi de gros boutons de
Mars 1717. H
86 LE NOUVEAU
diamans. MadameDucheffe de Berry
y avoit été précédée parM l'Abbé de
Caftriez nommé à l'Archevêché de
Tours , fon prémier Aumonier , Mr
l'Abbé de Rouget , & M l'Abbé de
Parthenay fes Aumoniers : elle étoit
accompagnée de Mde la Ducheſſe
de Saint Simon fa Dame d'honneur
, de Mde la Marquise de Pons
fa Dame d'atour , de fes Dames du
Palais , de Mr le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'honneur , de
Mile Chevalier d'Hautefort fon prémier
Ecuyer , & du refte de fa Maifon.
Cette Princeffe portoit une Robe
d'une étoffe d'or , toute couverte
de pierreries ; ſa coëffure en étoit
toute brillante . Mde la Ducheſſe de
Saint Simon s'y diftingua auffi par
une grande quantité de Diamans fur
fa robe , & à fa coëffure . Le Roy
fit pareillement l'honneur à Mr le
Marquis d'Arfy , un , des quatre
Gentilshommes de la Manche , de
tenir fon fils avec Mde la Ducheffe
du Mayne.
Cette double cérémonie fut faite
MERCURE.
87
par Mr le Grand Aumônier, Mrs les
Curez de Saint Germain l'Auxerrois
& de Saint Sulpice , préfents ,au
premier Batême , & Mr le Curé de
S. Roch au fecond. Mr le Curé de
Saint Germain l'Auxerrois affiſta
aux deux , avec l'Etole . Tous ont
fignés fur le Regiſtre .
Un monde infini s'étoit affemblé
pour voir ces cérémonies extraordinaires
; dautant plus que c'étoit le
jour de la préfentation des Placets.
L'Abbaye reguliere de Clairemarais
en Artois , elt vacante . Celle
de S. Ambroise de Bourges l'eit
pa
reillement par la mort de M¹ l'Abbé
de Fourcy.
Le premier de ce mois Mr le Maréchal
de Villeroy ayant jugé à
propos d'établir une régle conftante
pour tous les exercices de S. M. fit
lever le Roy à huit heures & demie.
Le 3. on créa une troifiéme
Charge d'Huiffier de l'Anti-chambre
, en faveur de Mr Pernault le
cadet , par la confiance que l'on
a en lui. Ona crû cette augmenta-
Hij
88 LE NOUVEAU
tion neceffaire , à caufe des difficultés
& des peines qui font attachées
à ce pofte , qui demande des foins
& une attention toute particuliére:
Elle a été créé a l'inſtar des deux autres
, avec l'attribution des mêmes
gages : mais afin que ce nouvel Officier
ne puiffe pas préjudicier aux
droits de fes Confreres : il a été ſtatüé
qu'il ne partagera point les droits
anciens avec eux. Le Roy , pour
le dédommager de ces retranchemens
, a ordonné qu'on en fit un
état, afin de les lui payer par que!-
qu'autre équivalent au prorata. La
furvivance de la Charge de M. N. .
Pernault l'aîné , accordée à fon cadet
, reite comme elle étoit.
On a fait un retranchement qu'on
a crû neceffaire pour les dépenfes du
Roy fur fa Table , & dans chaque
Office ; ce qui peut monter en tour
50. mille écus.
L'Abbaye de S. GILBERT à Clermont
en Auvergne , eft vacante par
la mort de M l'Abbé LARCHER
Chapelain ordinaire du Roy , cyMERCURE.
89
devant Sacriftain de la grande Chapelle
Charge qu'il avoit venduë
à Mr l'Abbé Gault , Chapelain du
Roy , & Beau-frere de Mi le Procureur
du Roy au Châtelet .
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11
p. 111-112
HARANGUE faite au Roi le 14 Novembre 1744, par M. d'Argenson, son Avocat au Châtelet de Paris, en présentant à Sa Majesté le Scrutin de l'Election des Prévôt des Marchands & Echevins pour l'année 1744.
Début :
SIRE, Votre bonne Ville de Paris ne se présente jamais aux pieds du Trône de Votre [...]
Mots clefs :
Ville de Paris, Sentiments, Amour, Gloire, Peuple, Santé
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texteReconnaissance textuelle : HARANGUE faite au Roi le 14 Novembre 1744, par M. d'Argenson, son Avocat au Châtelet de Paris, en présentant à Sa Majesté le Scrutin de l'Election des Prévôt des Marchands & Echevins pour l'année 1744.
HARANGUE faite au Roi le 14 Novembre
1744, par M. d'Argenſon, ſon Avocat
au Châtelet de Paris , en préſentant à Sa
Majesté le Scrutin de l'Election des Prévôt
des Marchands & Echevins pour l'année
1744.
SIRE , IRE ,
Votre bonne Ville de Paris ne ſe préſente
jamais aux pieds du Trône de Votre
Majesté que pénétrée des plus vifs ſentimens
de reſpect & d'amour , mais elle ne
connut jamais mieux qu'aujourd'hui toute
l'étendue & toute la force de ſes ſentimens.
Quel plus beau moment pour elle , que celui
où elle vous revoit couvert de gloire &
dans une parfaite ſanté , où elle pofféde
même Votre Majesté , l'objet de ſa félicité ,
après l'avoir été des ſes cruelles inquiétudes
! Nous n'oſons vous rappeller , SIRE ,
&nous craignons de nous rappeller à nous
même l'affreuſe idée de Paris, allarmée pour
les jours de Votre Majesté. Nous vous offririons
bien plûtôt le détail des témoignages
ſenſibles de la joie qui a ſuccédé à nos allarmes
, mais Votre Majesté vient d'en être
témoin elle-même. Elle vient de reconnoître
dans les tranſports de ſon Peuple , les
Fij
112 MERCURE DE FRANCE.
1.
traits de cette éloquence naturelle done
l'Art ne peut imiter les expreſſions. C'eſt
au nom de ce Peuple que la Ville de Paris
a coûtume d'aſſurer Votre Majesté de ſa
tendreſſe reſpectueuſe & de ſa profonde
obéiſſance. Il parle aujourd'hui lui-même.
Nous ne pouvons que confondre nos voeux
avec ſes acclamations ; ſi les Magiftrats qui
ont été cette année à la tête de nos Citoyens
, leur ont donné l'exemple du zéle
dont la Capitale a fourni le modéle au reſte
du Royaume , ceux qui veulent leur fuccéder
, pénétrés des mêmes ſentimens , célébreront
avec une ardeur égale , les heureux
événemens dont le Ciel nous a donné
le gage , en conſervant les jours de Votre
Majelté. Que ne nous promettent point les
ſuccès éclatans qui ont marqué tous les
pas de Votre Majesté pendant cette Campagne
! Votre gloire , SIRE , ne peut être
égalée que par l'amour de vos Sujets .
1744, par M. d'Argenſon, ſon Avocat
au Châtelet de Paris , en préſentant à Sa
Majesté le Scrutin de l'Election des Prévôt
des Marchands & Echevins pour l'année
1744.
SIRE , IRE ,
Votre bonne Ville de Paris ne ſe préſente
jamais aux pieds du Trône de Votre
Majesté que pénétrée des plus vifs ſentimens
de reſpect & d'amour , mais elle ne
connut jamais mieux qu'aujourd'hui toute
l'étendue & toute la force de ſes ſentimens.
Quel plus beau moment pour elle , que celui
où elle vous revoit couvert de gloire &
dans une parfaite ſanté , où elle pofféde
même Votre Majesté , l'objet de ſa félicité ,
après l'avoir été des ſes cruelles inquiétudes
! Nous n'oſons vous rappeller , SIRE ,
&nous craignons de nous rappeller à nous
même l'affreuſe idée de Paris, allarmée pour
les jours de Votre Majesté. Nous vous offririons
bien plûtôt le détail des témoignages
ſenſibles de la joie qui a ſuccédé à nos allarmes
, mais Votre Majesté vient d'en être
témoin elle-même. Elle vient de reconnoître
dans les tranſports de ſon Peuple , les
Fij
112 MERCURE DE FRANCE.
1.
traits de cette éloquence naturelle done
l'Art ne peut imiter les expreſſions. C'eſt
au nom de ce Peuple que la Ville de Paris
a coûtume d'aſſurer Votre Majesté de ſa
tendreſſe reſpectueuſe & de ſa profonde
obéiſſance. Il parle aujourd'hui lui-même.
Nous ne pouvons que confondre nos voeux
avec ſes acclamations ; ſi les Magiftrats qui
ont été cette année à la tête de nos Citoyens
, leur ont donné l'exemple du zéle
dont la Capitale a fourni le modéle au reſte
du Royaume , ceux qui veulent leur fuccéder
, pénétrés des mêmes ſentimens , célébreront
avec une ardeur égale , les heureux
événemens dont le Ciel nous a donné
le gage , en conſervant les jours de Votre
Majelté. Que ne nous promettent point les
ſuccès éclatans qui ont marqué tous les
pas de Votre Majesté pendant cette Campagne
! Votre gloire , SIRE , ne peut être
égalée que par l'amour de vos Sujets .
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