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1
p. 233-235
Départ de l'Envoyé d'Alger, [titre d'après la table]
Début :
Ma dernière Lettre contient tant de choses curieuses touchant [...]
Mots clefs :
Hadgi Mehemet, Alger, Audience, Marquis, Présents, Charme, Envoyé , Mecque
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texteReconnaissance textuelle : Départ de l'Envoyé d'Alger, [titre d'après la table]
Ma derniere Lettre con
ient tantde choſes curieufess
touchant Hadgi Mehemet,
Envoyé du Dey d'Alger, que
je n'ay plus rien à vous en di .
re , finon qu'il eſt party de
Auril 1685 L
234 MERCURE
2
puis quelques jours , aprés
avoir pris fon Audience de
congé de M'le Marquis de
Seignelay , & receu dela part
du Roy une Chaîne & une
Medaille d'Or , & quelques
autres Préfens , dont Mehemet
Chelebi fon Fils a eſté
auſli regalé. S'ils avoienteſté
charmez de la Perſonne du
Roy , ils n'ont pas eftémoins
fatisfaits de fa liberalité , & de
tout ce qu'ils ont veu d'extraordinaire
& de ſurprenant en
France. Je ſçay que je vous
ay dit que cet Envoyé avoit
efté à la Mecque , &comme
GALANT. 235
nous avons peu de Relations
de ce Pays- là , je fatisferois
dés aujourd'huy à l'envie que
vous me marquez avoir d'apprendre
ce qu'il en a raconté,
ſi cet article n'eſtoit trop
long pour luy pouvoir donner
place dans une Lettre
auſſi avancée que celle- cy.
C'eft ce qui m'oblige à le referver
pour le mois prochain.
ient tantde choſes curieufess
touchant Hadgi Mehemet,
Envoyé du Dey d'Alger, que
je n'ay plus rien à vous en di .
re , finon qu'il eſt party de
Auril 1685 L
234 MERCURE
2
puis quelques jours , aprés
avoir pris fon Audience de
congé de M'le Marquis de
Seignelay , & receu dela part
du Roy une Chaîne & une
Medaille d'Or , & quelques
autres Préfens , dont Mehemet
Chelebi fon Fils a eſté
auſli regalé. S'ils avoienteſté
charmez de la Perſonne du
Roy , ils n'ont pas eftémoins
fatisfaits de fa liberalité , & de
tout ce qu'ils ont veu d'extraordinaire
& de ſurprenant en
France. Je ſçay que je vous
ay dit que cet Envoyé avoit
efté à la Mecque , &comme
GALANT. 235
nous avons peu de Relations
de ce Pays- là , je fatisferois
dés aujourd'huy à l'envie que
vous me marquez avoir d'apprendre
ce qu'il en a raconté,
ſi cet article n'eſtoit trop
long pour luy pouvoir donner
place dans une Lettre
auſſi avancée que celle- cy.
C'eft ce qui m'oblige à le referver
pour le mois prochain.
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Résumé : Départ de l'Envoyé d'Alger, [titre d'après la table]
La lettre relate l'arrivée et le départ de Hadji Mehmet, envoyé du Dey d'Alger, qui a quitté Aurillac le 23 avril 1685 après avoir pris congé du marquis de Seignelay. Mehmet et son fils Chelebi ont reçu des présents du roi, incluant une chaîne et une médaille d'or. Bien qu'ils aient admiré la personne du roi, ils n'ont pas été pleinement satisfaits par sa générosité ni par les merveilles observées en France. La lettre mentionne également un voyage de Mehmet à La Mecque, mais les détails de ses récits seront rapportés le mois suivant en raison de leur longueur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 56-69
Ecrite de Constantinople, le 7 Novembre 1716.
Début :
Ne vous êtes vous pas imaginé, Mr, sur la foy des [...]
Mots clefs :
Constantinople, Ville, Disposition, Colonnes, Rues, Ambassadeurs, Chrétien, Mosquées, Sultan, Mariages, Eunuque, Filles, Cérémonies, Chambre, Gouvernement, Sérail, Officiers, Peste, Ennemis, Paix, Allemagne, Peuple, Armée, Attaques, Pologne, Envoyé , Vizir, Règne
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texteReconnaissance textuelle : Ecrite de Constantinople, le 7 Novembre 1716.
Ecrite de Conftantinople , le
Novembre 1716.
Ngine, Me , fur la foy des Re-
E vous êtes vous pas imalations,
que CONSTANTINOPLE étoit
la Ville de l'Univers la plus fuperbe
, & la mieux batie. Quelle illufion
! Il est vray , que fi on n'ep
voyoit jamais que fa fituation , fes
dehors & fon port , on en porteroit
ce jugement ; rien de plus
beau en effet. Figurez - vous une
grande Ville en perspective , batie
fur fept montagnes , de même que
Rome. Comme elles font difpofées
en forme d'Amphiteatre , tout
ce qu'il y a de frapant , fe prefente
d'un coup doeil à la vûë. Le
mélange des Cyprés avec les frontifpices
des Maifons , peintes de diverfes
couleurs ; les Domes & Minarets
des Mofquées , le magnifique
Temple de Sainte Sophie ,
les Piramides , ou Colonnes , telles
que celles du Marché des femmes,
d'une hauteur extraordinaire ; celles
de Marcien , ainfi que la Colonne
brulée , le vieux & le nouMERCURE.
57
veau Serail avec fes Tours , ayant
pour horifon le plus beau Ciel du
monde ; Tout cela raffemblé , produit
le plus merveilleux fpectacle
de la Nature . Qui ne croiroit
aprés une defcription auffi véri
table , qu'elle paroît fabuleufe
que les dedans font autant de Palais
, & de chef - d'oeuvres de
l'art ; rien moins que cela , lorfqu'on
y eft une fois entré , on ne
peut s'imaginer que ce foit la même
Ville. On cherche Conitantinople
dans Conftantinople -même.
Les rues en font tortues & inégales
, fales & puantes par la négligence
des habitans ; ce qui
pouroit bien ne pas peu contribuer
à la pefte , dont cette Ville.
elt fi frequemment affligée . Elles
font dailleurs la plupart étroites ,
& baties de bois. Dans un endroit,
les maifons font hautes , dans un
autre , fort baffes : En un mot ,
elles font telles , qu'on a de la peine
à y marcher , & à s'y foûtenir ,
Voilà au juſte , une image fidelle de
cette Capitalle de l'EmpireOtoman.
58
LE
NOUVEAU
Mi- O N peut prefque porter le
ris des même jugement des Ci-
Tures toyens de cette grande Ville : Il
our les faudroit ne les voir que de loin ,
utres fans
fans trop les approcher : Comme
Nations c'est une Nation méprifante & or-
*
pour gueilleufe , le Commerce civil en
CHYS eft infupportable ; les Ambaffaemmes.
deurs - même ne font pas à couvert
de leurs avanies , & de leurs
mépris. Je me foucie bien ( difoit
un jour le Grand Vifir Kupruli à
Mr de la Haye nôtre Ambaffadeur )
que le chien mange le pourceau ,
ou que le pourceau mange le
chien , pourvu que les affaires de
mon Maître aillent bien. Il fit cette
fiére réponſe , à l'occafion de quelques
avantages remportez par les
François en Flandres fur les Efpagnols
, voulant infinuer par-là ,
qu'il ne confideroit les Chrêtiens
que comme des efpeces de Bêtes.
Ce qu'il y a de fort plaifant
c'eft qu'ils ne penfent pas plus avantageufement
fur le compte de
leurs femmes. A peine leurs fontMERCURE.
pas
ils l'honneur de les tenir pour des
animaux raiformables ; auffi ne
leurs permettent - ils d'entrer
dans leurs Mofquées ,, & ils ne
croient pas qu'elles aillent en Paradis.
Cependant avec tout ce mépris
, ils en font fi jaloux , & s'en
défient tellement , à caufe de leurs
foibleffes , qu'ils ne leur permertent
pas de voir aucun homme ; &
une femme qui montreroit fon vifage
découvert , ou fes mains nuës,
feroit deshonorée , & on la chatieroit
à coups de latte . Plus elles
font élevées en dignité , plus elles
font málhûreufes , du moins
par raport à la liberté ; car comme
les gens de qualité ont chez
eux des bains , elles font par - là
obligées d'être renfermées au logis ,
gardées par des Eunuques ; & par
confequent , hors d'état de prendre
au dehors , le moindre divertiffement.
Cette vie retirée les entretient
dans une oifiveté , qui fait,
qu'elles ne fongent qu'aux moyens
de fe procurer du plaifir , à quel60
LE NOUVEAU
que prix que ce foit , ayant naturellement
du penchant au libertinage.
Comme elles font fuperbes
, elles ont , comme nos Parifiennes
, une forte paffion pour
leurs ajuſtemens , n'étans jamais affez
richement parées à leur gré.
Quoiqu'elles foient ordinairement
fort blanches , elles ont pourtant
recours à l'art , pour relever leur
beauté , fe peignans les fourcils
& les paupières d'un noir , dont
elles titent avantage . Leurs ongles
font auffi colorés d'un rouge
obfcur. Comme elles fe . baignent
prefque tous les jours , elles font
d'une propreté , à laquelle on n'atteint
pas dans nos Païs Occidentaux
.
Puifque je fuis fur le chapitre.
des femmes , je ne les quitteray
point , fans vous faire part des cé
rémonies qui fe pratiquent , lorfque
le Sultan marie une de fes filles
à quelque Grand de fa Porte.
Honeur qui eft ordinairement funefte
à l'Époux.
Le
MERCURE GI
Du
Le jour étant venu pour l'entrevue
; les Eunuques introduifent Mariale
futur dans le cabinet de la SUL- ge des
TANE , qui est voilée fur un Sofa . Filles du
Elle fe leve , lorfqu'elle l'apperçoit, Sultan.
pour marquer fon confentement.
Il entre enfuite , fait trois profondes
reverences , & s'arrêtant au
milieu , fait fa priere pour la profperité
de fon Epoufe , & de leur
Mariage , demeurant ainfi les bras
croifez fur l'eftomac , jufques a ce
qu'elle lui dife , comme à un Efclave
, Sou ĜUETIR , donnemoi
de l'eau , qui eft préparée dans
une coupe d'or , qu'il lui préfente
à genoux ; elle leve fon voile pour
boire , & fe fait voir. Cependant
les filles aportent un baffin
d'or , fur lequel il y a deux affietes
de porcelaine & une paire de pigeons.
L'Epoux la prie de manger ;
elle fait la dédaigneufe , il l'adoucit
enfin par de nouveaux préfens,
& l'oblige d'en gouter. Après cet
honneur , il fe retire au fon des
inftruments de mufique , & attend
Mars 1737. F
62 LE NOUVEAU
l'ordre de devenir tout-à-fait fon
il est averty
Epoux. Le jour venu ,
,
par un Eunuque , & conduit en
deshabillé & en Robe de chambre
par une Introductrice , dans l'Appartement
de la Sultane ; alors fe
mettant à genoux aux pieds du lit ,
il lui chatouille doucement la plante
des pieds , & infenfiblement fe
couche auprès d'elle. Le lendemain
, les conviez reviennent de
bonne heure à la même porte , avec
la mufique pour l'éveiller , & le mener
au bain ; alors la nouvelle
mariée lui donne une Toillette
garnie d'une Chemife , Camifole ,
Caleçon , Mouchoir & un Turban ,
qu'il met à la fortie; il paffe delà dans
l'Apartement des hommes
quels il donne un grand repas. La
Sultane fait un femblable regal aux
Dames. Ainfi finit cette Cérémonie ,
fuivie fouvent après , de la mort du
nouvel Epoux , étranglé par ordre
du Grand Seigneur , pour s'emparer
de fes richeffes , & redonner
enfuite fa Fille à quelque autre ,
qui doit avoir le même fort .
> auxMERCURE.
63
Pour le Sultan , vous n'aurés Li
d'autres particularités de moi , que Sultan
celle - ci . Lorsqu'il eft au lit , il y dans fon
a au milieu de la chambre deux lit.
grands Chandeliers d'or , avec de
groffes bougies ambrées , qui brûlent
toute la nuit , pendant que
deux Dames , nommées FIRASCH ,
où fentinelles , veillent & font la
garde. Il a toujours aux pieds de
fon lit , une Maîtreffe qui s'y coule
au moindre figne .
Si je ne craignois de faire une Du
Hiftoire plûtôt qu'une Lettre , je Gouver
vous entretiendrois de ce que j'ai ment &
apris de l'intérieur du Serrail , de queldes
principaux Officiers de la PORTE , ques
de l'Etat du Gouvernement , tant Points
Civil , que Militaire ; des forces de la
& des revenus de cet Empire. Je Religion
n'ométrois point les impertinences destures
qu'ils débitent fur le Paradis de
de Mahomet , où felon l'Alcoran.
On y verra leMOUTONd'ABRAHAM,
le VEAU DE MOYSE , la FOURMI
DE SALOMON,le PERROQUET DE LA
REINE DE SABA , L'ANE D'EDRAS,
Fij
64 LE NOUVEAU
la BALEINE DE JONAS , le CHIEN
DES SEPT-DORMANS , & le CHAMEAU
DE MAHOMET. Mais il ne
feroit pas à propos que je préferaffe
ces matieres , qui ont efté traitées
par tant de Voyageurs , à celles du
tems. Je continuerai donc cette
Lettre par les nouvelles fuivantes,
Nouvelles de Conftantinople.
Malgré la pefte , qui enleve
icy une infinité de perfonnes de
out âge , la PORTE n'est pas moins
occupée à faire tous les prépara-.
tifs néceffaires pour être en état
d'ataquer même fes Ennemis , tant
fur le Danube qu'aux Echelles
du Levant.
Comme toute idée de Paix eſt
effacée , par la quantité d'efpeces
que le G. S. a fait répandre de
toutes parts : cette profufion , jointe
à l'orgueil des Infidels les
a tellement enflez , que le DIVAN
s'eft trouvé tout à coup comme
infpiré , pour faire les derniers efforts
contre l'Allemagne.
>
MERGURE. GS
Il ne fe propofe pas moins , que
de mettre en campagne s . à 600.
mille hommes , en differentes Armées
, pour faire connoître aux
Imperiaux , que la perte d'une
bataille ne fuffit pas pour décourager
les Otomans , & les porter
à mandier une Paix honteufe.
Le Peuple eft ici dans une pleine
allegreffe , fur ce que le MUFTY
a remis entre les mains de fa Haureffe
, un Sabre d'un très grand
prix , dont la poignée , eft un Talifman
prétendu , où l'on voit luire
la Lune à la faveur d'un Eclipfe
du Soleil ; & dans cette interception
de lumiere , on apperçoit un
Aigle ; qui ayant pris l'effort , fe
précipite fur une Moſquée.
D'ailleurs le grand Etendart de
MAHOMET, a efté tranfporté d'ici
, à Andrinople , pour encourager
par cette efpece d'Oriflame , les
fidels Mufulmans à réparer toutes
les pertes de la Campagne derniere.
Ils ne doutent pas que le
G. S. marchant en perfonne , avec
66 LE NOUVEAU
une Armée des plus formidables
il ne porte la terreur jufques à
VIENNE .
Ils prétendent commencer leurs
attaques par la POLOGNE , afin d'y
attirer une puiffante diverfion des
Armées Imperiales , pour couvrir
la HONGRIE ET LA SILESIE ,
fe flatant que les POLONOIS
prefque ruïnez de leurs longues
Guerres inteftines , & de l'épuifement
de leurs Finances , que les
Armées étrangeres ont confumées,
ne feront pas en état de s'oppoſer
à l'irruption des Turcs , & des
.Tartares ; principalement fi les
Mofcovites font occupez contre la
SUEDE. Pour cet effet , le Sultan
qui fait fon féjour à ANDRINOPLE
, pour être plus à portée
de donner fes ordres , preffe viyement
tous les HORDES , ZIAMETS
, TIMARIOTRES , SANGIACS
& BACHAS de fe trouver
au RENDEZ - VOUS avec
tous leurs Corps de Troupes , fur
la fin d'Avril , fous peine du conMERCURE.
67
DON. Non content de ces difpofitions
fur Terre , on n'épargne ni
foins , ni dépenſes , pour mettre en
Mer une Flore , qu'ils nomment
déja par avance L'INVINCIBLE ,
& dont ces Peuples fe promettent
de merveilleux fuccés en ITALIE.
Les Equipages fe rempliffent journellement
de Marins de toutes for
tes de Nations Européanes , qui
préferent leur fervice à celui des
VENITIENS , au grand préjudice
de la Chrêtienté..
ARRIVE'E DE M¹ DE BONNAČ
A CONSTANTINOPLE.
DEPART DE Mr DESALEURS .
M Onfieur de Bonac , qui fuccede
à Mr DESALEURS , en
qualité d'Ambaffadeur de la France
à la Porte , eft arrivé ici en
très bonne fanté. Madame fon Epouſe
, qui la fuivi dans fon Ambaffade
, quoique groffe , a foûtenu
en femme forte , les fatigues de,
68 LE NOUVEAU
la Mer. Elle vient d'accoucher hûreufement
d'un fils : la mere & l'enfant
fe portent bien. Le nouvel
Envoyé va prendre fon Audience
à Andrinople , où S. H. fait fa réfidence
, & où il fera obligé de
faire la fienne.
•
Mr Defaleurs , qui a fi bien mérité
du Roy & de fa Patrie , par
fes fervices importants à la Porte,
s'eft embarqué le fept Novembre
fur le TOULOUSE , il doit être
de retour à Paris , & avoir préfenté
à S. M. les trois Lettres ,
qui lui ont efté remifes ; l'une du
Grand Seigneur , Pautre de fon
Grand Vizir , & la troifiéme du
Mufty ; je crois intéreffer votre
curiofité , en vous les communiquant
toutes traduites. Vous reconoîtrez
fans peine , par le ftile poli de celle
du Pontife des Mufulmans la
difference que l'on peut remarquer
entre un homme de Guerre
& un homme de Lettre ; élevez
tous deux à la Cour ; l'une eft peu
fuivic , & trop familiere ; l'autre au
MERCURE. 69
,
contraire , eft pleine d'égards & de
tour's qui décélent un homme
d'efprit. Mais avant que d'en venir
à la lecture , il eft neceffaire,
pour l'intelligence de ces Lettres,
que je faffe préceder la filiation des
fix derniers Empereurs Turcs
à commencer par IBRAHIM grand
pere du Sultan ACHMED , qui
regne aujourd'huy.
Novembre 1716.
Ngine, Me , fur la foy des Re-
E vous êtes vous pas imalations,
que CONSTANTINOPLE étoit
la Ville de l'Univers la plus fuperbe
, & la mieux batie. Quelle illufion
! Il est vray , que fi on n'ep
voyoit jamais que fa fituation , fes
dehors & fon port , on en porteroit
ce jugement ; rien de plus
beau en effet. Figurez - vous une
grande Ville en perspective , batie
fur fept montagnes , de même que
Rome. Comme elles font difpofées
en forme d'Amphiteatre , tout
ce qu'il y a de frapant , fe prefente
d'un coup doeil à la vûë. Le
mélange des Cyprés avec les frontifpices
des Maifons , peintes de diverfes
couleurs ; les Domes & Minarets
des Mofquées , le magnifique
Temple de Sainte Sophie ,
les Piramides , ou Colonnes , telles
que celles du Marché des femmes,
d'une hauteur extraordinaire ; celles
de Marcien , ainfi que la Colonne
brulée , le vieux & le nouMERCURE.
57
veau Serail avec fes Tours , ayant
pour horifon le plus beau Ciel du
monde ; Tout cela raffemblé , produit
le plus merveilleux fpectacle
de la Nature . Qui ne croiroit
aprés une defcription auffi véri
table , qu'elle paroît fabuleufe
que les dedans font autant de Palais
, & de chef - d'oeuvres de
l'art ; rien moins que cela , lorfqu'on
y eft une fois entré , on ne
peut s'imaginer que ce foit la même
Ville. On cherche Conitantinople
dans Conftantinople -même.
Les rues en font tortues & inégales
, fales & puantes par la négligence
des habitans ; ce qui
pouroit bien ne pas peu contribuer
à la pefte , dont cette Ville.
elt fi frequemment affligée . Elles
font dailleurs la plupart étroites ,
& baties de bois. Dans un endroit,
les maifons font hautes , dans un
autre , fort baffes : En un mot ,
elles font telles , qu'on a de la peine
à y marcher , & à s'y foûtenir ,
Voilà au juſte , une image fidelle de
cette Capitalle de l'EmpireOtoman.
58
LE
NOUVEAU
Mi- O N peut prefque porter le
ris des même jugement des Ci-
Tures toyens de cette grande Ville : Il
our les faudroit ne les voir que de loin ,
utres fans
fans trop les approcher : Comme
Nations c'est une Nation méprifante & or-
*
pour gueilleufe , le Commerce civil en
CHYS eft infupportable ; les Ambaffaemmes.
deurs - même ne font pas à couvert
de leurs avanies , & de leurs
mépris. Je me foucie bien ( difoit
un jour le Grand Vifir Kupruli à
Mr de la Haye nôtre Ambaffadeur )
que le chien mange le pourceau ,
ou que le pourceau mange le
chien , pourvu que les affaires de
mon Maître aillent bien. Il fit cette
fiére réponſe , à l'occafion de quelques
avantages remportez par les
François en Flandres fur les Efpagnols
, voulant infinuer par-là ,
qu'il ne confideroit les Chrêtiens
que comme des efpeces de Bêtes.
Ce qu'il y a de fort plaifant
c'eft qu'ils ne penfent pas plus avantageufement
fur le compte de
leurs femmes. A peine leurs fontMERCURE.
pas
ils l'honneur de les tenir pour des
animaux raiformables ; auffi ne
leurs permettent - ils d'entrer
dans leurs Mofquées ,, & ils ne
croient pas qu'elles aillent en Paradis.
Cependant avec tout ce mépris
, ils en font fi jaloux , & s'en
défient tellement , à caufe de leurs
foibleffes , qu'ils ne leur permertent
pas de voir aucun homme ; &
une femme qui montreroit fon vifage
découvert , ou fes mains nuës,
feroit deshonorée , & on la chatieroit
à coups de latte . Plus elles
font élevées en dignité , plus elles
font málhûreufes , du moins
par raport à la liberté ; car comme
les gens de qualité ont chez
eux des bains , elles font par - là
obligées d'être renfermées au logis ,
gardées par des Eunuques ; & par
confequent , hors d'état de prendre
au dehors , le moindre divertiffement.
Cette vie retirée les entretient
dans une oifiveté , qui fait,
qu'elles ne fongent qu'aux moyens
de fe procurer du plaifir , à quel60
LE NOUVEAU
que prix que ce foit , ayant naturellement
du penchant au libertinage.
Comme elles font fuperbes
, elles ont , comme nos Parifiennes
, une forte paffion pour
leurs ajuſtemens , n'étans jamais affez
richement parées à leur gré.
Quoiqu'elles foient ordinairement
fort blanches , elles ont pourtant
recours à l'art , pour relever leur
beauté , fe peignans les fourcils
& les paupières d'un noir , dont
elles titent avantage . Leurs ongles
font auffi colorés d'un rouge
obfcur. Comme elles fe . baignent
prefque tous les jours , elles font
d'une propreté , à laquelle on n'atteint
pas dans nos Païs Occidentaux
.
Puifque je fuis fur le chapitre.
des femmes , je ne les quitteray
point , fans vous faire part des cé
rémonies qui fe pratiquent , lorfque
le Sultan marie une de fes filles
à quelque Grand de fa Porte.
Honeur qui eft ordinairement funefte
à l'Époux.
Le
MERCURE GI
Du
Le jour étant venu pour l'entrevue
; les Eunuques introduifent Mariale
futur dans le cabinet de la SUL- ge des
TANE , qui est voilée fur un Sofa . Filles du
Elle fe leve , lorfqu'elle l'apperçoit, Sultan.
pour marquer fon confentement.
Il entre enfuite , fait trois profondes
reverences , & s'arrêtant au
milieu , fait fa priere pour la profperité
de fon Epoufe , & de leur
Mariage , demeurant ainfi les bras
croifez fur l'eftomac , jufques a ce
qu'elle lui dife , comme à un Efclave
, Sou ĜUETIR , donnemoi
de l'eau , qui eft préparée dans
une coupe d'or , qu'il lui préfente
à genoux ; elle leve fon voile pour
boire , & fe fait voir. Cependant
les filles aportent un baffin
d'or , fur lequel il y a deux affietes
de porcelaine & une paire de pigeons.
L'Epoux la prie de manger ;
elle fait la dédaigneufe , il l'adoucit
enfin par de nouveaux préfens,
& l'oblige d'en gouter. Après cet
honneur , il fe retire au fon des
inftruments de mufique , & attend
Mars 1737. F
62 LE NOUVEAU
l'ordre de devenir tout-à-fait fon
il est averty
Epoux. Le jour venu ,
,
par un Eunuque , & conduit en
deshabillé & en Robe de chambre
par une Introductrice , dans l'Appartement
de la Sultane ; alors fe
mettant à genoux aux pieds du lit ,
il lui chatouille doucement la plante
des pieds , & infenfiblement fe
couche auprès d'elle. Le lendemain
, les conviez reviennent de
bonne heure à la même porte , avec
la mufique pour l'éveiller , & le mener
au bain ; alors la nouvelle
mariée lui donne une Toillette
garnie d'une Chemife , Camifole ,
Caleçon , Mouchoir & un Turban ,
qu'il met à la fortie; il paffe delà dans
l'Apartement des hommes
quels il donne un grand repas. La
Sultane fait un femblable regal aux
Dames. Ainfi finit cette Cérémonie ,
fuivie fouvent après , de la mort du
nouvel Epoux , étranglé par ordre
du Grand Seigneur , pour s'emparer
de fes richeffes , & redonner
enfuite fa Fille à quelque autre ,
qui doit avoir le même fort .
> auxMERCURE.
63
Pour le Sultan , vous n'aurés Li
d'autres particularités de moi , que Sultan
celle - ci . Lorsqu'il eft au lit , il y dans fon
a au milieu de la chambre deux lit.
grands Chandeliers d'or , avec de
groffes bougies ambrées , qui brûlent
toute la nuit , pendant que
deux Dames , nommées FIRASCH ,
où fentinelles , veillent & font la
garde. Il a toujours aux pieds de
fon lit , une Maîtreffe qui s'y coule
au moindre figne .
Si je ne craignois de faire une Du
Hiftoire plûtôt qu'une Lettre , je Gouver
vous entretiendrois de ce que j'ai ment &
apris de l'intérieur du Serrail , de queldes
principaux Officiers de la PORTE , ques
de l'Etat du Gouvernement , tant Points
Civil , que Militaire ; des forces de la
& des revenus de cet Empire. Je Religion
n'ométrois point les impertinences destures
qu'ils débitent fur le Paradis de
de Mahomet , où felon l'Alcoran.
On y verra leMOUTONd'ABRAHAM,
le VEAU DE MOYSE , la FOURMI
DE SALOMON,le PERROQUET DE LA
REINE DE SABA , L'ANE D'EDRAS,
Fij
64 LE NOUVEAU
la BALEINE DE JONAS , le CHIEN
DES SEPT-DORMANS , & le CHAMEAU
DE MAHOMET. Mais il ne
feroit pas à propos que je préferaffe
ces matieres , qui ont efté traitées
par tant de Voyageurs , à celles du
tems. Je continuerai donc cette
Lettre par les nouvelles fuivantes,
Nouvelles de Conftantinople.
Malgré la pefte , qui enleve
icy une infinité de perfonnes de
out âge , la PORTE n'est pas moins
occupée à faire tous les prépara-.
tifs néceffaires pour être en état
d'ataquer même fes Ennemis , tant
fur le Danube qu'aux Echelles
du Levant.
Comme toute idée de Paix eſt
effacée , par la quantité d'efpeces
que le G. S. a fait répandre de
toutes parts : cette profufion , jointe
à l'orgueil des Infidels les
a tellement enflez , que le DIVAN
s'eft trouvé tout à coup comme
infpiré , pour faire les derniers efforts
contre l'Allemagne.
>
MERGURE. GS
Il ne fe propofe pas moins , que
de mettre en campagne s . à 600.
mille hommes , en differentes Armées
, pour faire connoître aux
Imperiaux , que la perte d'une
bataille ne fuffit pas pour décourager
les Otomans , & les porter
à mandier une Paix honteufe.
Le Peuple eft ici dans une pleine
allegreffe , fur ce que le MUFTY
a remis entre les mains de fa Haureffe
, un Sabre d'un très grand
prix , dont la poignée , eft un Talifman
prétendu , où l'on voit luire
la Lune à la faveur d'un Eclipfe
du Soleil ; & dans cette interception
de lumiere , on apperçoit un
Aigle ; qui ayant pris l'effort , fe
précipite fur une Moſquée.
D'ailleurs le grand Etendart de
MAHOMET, a efté tranfporté d'ici
, à Andrinople , pour encourager
par cette efpece d'Oriflame , les
fidels Mufulmans à réparer toutes
les pertes de la Campagne derniere.
Ils ne doutent pas que le
G. S. marchant en perfonne , avec
66 LE NOUVEAU
une Armée des plus formidables
il ne porte la terreur jufques à
VIENNE .
Ils prétendent commencer leurs
attaques par la POLOGNE , afin d'y
attirer une puiffante diverfion des
Armées Imperiales , pour couvrir
la HONGRIE ET LA SILESIE ,
fe flatant que les POLONOIS
prefque ruïnez de leurs longues
Guerres inteftines , & de l'épuifement
de leurs Finances , que les
Armées étrangeres ont confumées,
ne feront pas en état de s'oppoſer
à l'irruption des Turcs , & des
.Tartares ; principalement fi les
Mofcovites font occupez contre la
SUEDE. Pour cet effet , le Sultan
qui fait fon féjour à ANDRINOPLE
, pour être plus à portée
de donner fes ordres , preffe viyement
tous les HORDES , ZIAMETS
, TIMARIOTRES , SANGIACS
& BACHAS de fe trouver
au RENDEZ - VOUS avec
tous leurs Corps de Troupes , fur
la fin d'Avril , fous peine du conMERCURE.
67
DON. Non content de ces difpofitions
fur Terre , on n'épargne ni
foins , ni dépenſes , pour mettre en
Mer une Flore , qu'ils nomment
déja par avance L'INVINCIBLE ,
& dont ces Peuples fe promettent
de merveilleux fuccés en ITALIE.
Les Equipages fe rempliffent journellement
de Marins de toutes for
tes de Nations Européanes , qui
préferent leur fervice à celui des
VENITIENS , au grand préjudice
de la Chrêtienté..
ARRIVE'E DE M¹ DE BONNAČ
A CONSTANTINOPLE.
DEPART DE Mr DESALEURS .
M Onfieur de Bonac , qui fuccede
à Mr DESALEURS , en
qualité d'Ambaffadeur de la France
à la Porte , eft arrivé ici en
très bonne fanté. Madame fon Epouſe
, qui la fuivi dans fon Ambaffade
, quoique groffe , a foûtenu
en femme forte , les fatigues de,
68 LE NOUVEAU
la Mer. Elle vient d'accoucher hûreufement
d'un fils : la mere & l'enfant
fe portent bien. Le nouvel
Envoyé va prendre fon Audience
à Andrinople , où S. H. fait fa réfidence
, & où il fera obligé de
faire la fienne.
•
Mr Defaleurs , qui a fi bien mérité
du Roy & de fa Patrie , par
fes fervices importants à la Porte,
s'eft embarqué le fept Novembre
fur le TOULOUSE , il doit être
de retour à Paris , & avoir préfenté
à S. M. les trois Lettres ,
qui lui ont efté remifes ; l'une du
Grand Seigneur , Pautre de fon
Grand Vizir , & la troifiéme du
Mufty ; je crois intéreffer votre
curiofité , en vous les communiquant
toutes traduites. Vous reconoîtrez
fans peine , par le ftile poli de celle
du Pontife des Mufulmans la
difference que l'on peut remarquer
entre un homme de Guerre
& un homme de Lettre ; élevez
tous deux à la Cour ; l'une eft peu
fuivic , & trop familiere ; l'autre au
MERCURE. 69
,
contraire , eft pleine d'égards & de
tour's qui décélent un homme
d'efprit. Mais avant que d'en venir
à la lecture , il eft neceffaire,
pour l'intelligence de ces Lettres,
que je faffe préceder la filiation des
fix derniers Empereurs Turcs
à commencer par IBRAHIM grand
pere du Sultan ACHMED , qui
regne aujourd'huy.
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Résumé : Ecrite de Constantinople, le 7 Novembre 1716.
En novembre 1716, Constantinople est décrite comme une ville magnifique et bien construite, située sur sept collines, mais ses rues sont tortueuses, sales et étroites, souvent en bois. Les Turcs y sont perçus comme méprisants et orgueilleux, même envers les ambassadeurs étrangers et leurs propres femmes, qui sont recluses et surveillées. Les femmes turques utilisent des artifices pour accentuer leur beauté et sont très attachées à leurs vêtements. Le texte détaille les cérémonies de la cour ottomane, notamment lors du mariage d'une fille du sultan. Le nouvel époux est introduit par une introductrice, effectue des révérences et des prières, puis se couche auprès de la mariée. Le lendemain, des convives l'éveillent avec de la musique et le mènent au bain. La mariée lui offre une toilette complète. Souvent, le nouvel époux est ensuite étranglé sur ordre du sultan pour s'emparer de ses richesses. Le sultan dort avec des chandeliers d'or et des bougies ambrées, surveillé par deux femmes appelées firasch. Une maîtresse se trouve toujours près de son lit. Malgré une épidémie, le sultan prépare une grande armée pour attaquer l'Allemagne et envisage des offensives en Pologne, Hongrie et Silésie. Une flotte, surnommée 'L'Invincible', est également en préparation pour des opérations en Italie. Monsieur de Bonac succède à Monsieur Desaleurs en tant qu'ambassadeur de France. Madame de Bonac accouche d'un fils à leur arrivée à Constantinople. Monsieur Desaleurs retourne à Paris avec des lettres du Grand Seigneur, du Grand Vizir et du Mufty. Le texte compare les styles de communication militaire et intellectuel à travers des lettres traduites, illustrant les différences entre un homme de lettres et un homme de guerre. Pour mieux comprendre ces lettres, l'auteur fournit la généalogie des derniers empereurs ottomans, commençant avec Ibrahim, grand-père du sultan Ahmed.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 85-92
JOURNAL DE HONGRIE.
Début :
Les Turcs s'étans tenus tranquiles jusqu'au troisiéme de May, formerent [...]
Mots clefs :
Turcs, Escadre, Navigation, vaisseaux impériaux, Attaque, Feu, Canon, Chrétiens, Ottomans, Provisions, Armée hongroise, Artillerie, Prince, Camp, Audience, Investiture, Conseillers, Cérémonies, Envoyé , Impératrice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE HONGRIE.
JOURNAL DE HONGRIE.
Les Turcs s'étans tenus
tranquiles
-
juiqu'au troisiéme
de May, formèrent la résolution
d'attaquer l'Escadre Impériale,
qui s'était postée près de Salanckemen;
afin de s'assûrer la Navigation
du Danube& du Tiscisque.
LesInfidels ayans à
bord 4000 Soldats, soutenus par
2500chevaux, vinrent fondre
avec un grand nombre de Fregates
Saïques &- autres Bâtimens
armés, sur les VaisseauxImpériaux
,
commandéspar le sieur
Schvvendiman pour le déloger.
Le feu de part & d'autre fût terrible,
depuis midi jusqu'à une heure
que l'actiondura; après quoi,
les Turcs ne pouvans plus soûtenir
l'effet du gros Canon des
Chrétiens, ils furent contrains de
se retirer'à force de rames:Leur
Cavalerieétanteffrayée & fort
maltraitée par les canonades à cartouches
, prit hônteusement
fuite : Onze de leurs
nâtime4
furent coulés a fond, ceux qui
les montoient ayant été tous
tuezm
ou noyez; entr'autres le Baifc
.qui les commandoit
,
& plusieurs
autres Officiers.Cequ'il y a d
-plus étonnant
,
c'est que fllivA_B
les Relations que l'on a reçues de
-cette Aétion, elles ne font perdre
qu'un homme ou deux, aux
Impériaux.
Le 13. les Ottomans s'avancerent
de nouveau,avec de-5
forces plus nombrenfes,tant par
-Eau que parTerre ,
itifqti'àCzervenca,
ils avoieni mêmeconduit
quelques pièces de gros Canon ,
pour tâcher d'intercepter un Con-
;voy considérable de provisions,e[-
corté par TEfcadre Impériale. Le
General PrinceAlexandre deVvirtembergaverti
de leur dessein,
marcha avec trois Régimens de
Dragons ,
douze Bataillons ç¿;
auant: de Compagnies de Grénadiers
dc.Fmackjtïs Carlovvit%>
peur s'y opposer; mais, il apprit
a Ton arrivée, que les Turcs informés
de ion approche
,
s'écoient
retirés précipitement
, que le
Convoi étoit entré dan? le Tibifque
, & qu'il étoit hureufement,
arrivé au Magazin de Befcevecï^
Le quarorze. Le Prhice Eugène' Generàliflime-dçsArmées de
Hongrie, partit de Vienne à noisheures
du matin, pour assembler
l'Armée Chrétienne. Il arriva par
eau le 16. à Bude, fous- une uiplc
déchaiTge'de Canon: il en partit le
même jour, Ôcfcrendit le 2.1. au
Camp de Futach. Le 11. il fit la
fevue d'une partie de l'Armée,
qui continue
de
se renforcer par
les troupes qui arrivent successivement.
Le26. M. le Prince
Eugene se rendit au Camp du General
Mercy, pour s'aboucheravec
lui,sur les opérations prochaines:
Ce Prince revint le lendemain à
son Camp; 011 il n'attendoit que
l'arrivée de Ton Artillerie, pour se
-
mettreen mouvement, & profiter
dutemsoù les Turcs nesontpoint.,
renforcez.
- Le 16. le Prince Louis de Pons
& le Chevalier de Lorraine son
frere
,
ûrent une audience favorable
de S. M. I. Ils en parriientle^
z6. pour l'Armée de Hongrie. M.
le Prince de Dombes étant arrive
le 17.à Vienne,avec une nombreu.
se fuite ,fut admisle19. à l'Aud'-
ence.de l'Empereur qui le reçue trèsgracieusément, & felon son
rang: Ce jeune Prince & M. le
Duc d'Aremberg s'embarquerenc
lez3. pour Ce rendre au Camp dcfutach.
Le ig.l'iiivefliture de l'Eleâorat
:;.e Baviere & des autres Etats de
i"E!cdeur de ce nom,se fit à Vienre,
avecbeaucoup de solennité. Le
Comte Maximilien François de-
SnichingConfeilIerd*Et:ar&:Chambellant
cle l'Eleéteur deBaviere ;
& le Bu'on François Annibal de
Mcennan
,
aussi Conseillerdumême
Pi'ince&:ses Envoyez Plenipotentiaires
,
se rendirent lemême
,jour19. dans deux magnifiques carôsses
à six chevaux,fuivis de plu-
-
ifeurs autres à deux
,
-& précédés
d'un grand nombre de Valets de
pied, (VHeyduq\'lcs-& de Pages
vctlis-de belle's& riches Livrées,all
Palais Imperial) où ils reçûrenc
avec lesCérémoniesaccdàcumées,
de Sa Majellé Impériale
, au
nom
dirse-reniflime Prince 8c Seigneur,
leSeigneur MaximilienEmanuel*
Duc de la HaureSe Basle Baviere;
comme aussi du Haut Palatinat,
Comte Palatin dur Rhin,Grand
Echanson dirSalnt Empire, Electeur
, Landgrave- de Leichtenberg
&c. l'Investiture Imperiale dudir
Elettora(&'Païs
, Regales &Dignitez
,
où le premier EnvoyéPlenipatenriïiire
fit la Haranguede la.
demande",à laquelle répondit le,
Comte Frédéric CharlesSchonborn
Bucheim Conseiller d'Etat dé'
Sadite Majesté & Vice-Chancelier
d'e l'Empire; le fécondfit la Haranguecle
Remerciement. Cettefonction
a été des plus.magnirf--
ques, &le Concours de la Noblesse
& des Ministres Etrangersétoiti
si grand,qu'à peine pouvoit-on entrer
au Palais.
Le zi, le Prince Elcétoral de
Bavière & le Prince Ferdinand:
son troisiéme frere
,
qui étoïent
partis le 15 de Munick,arriverentà.
Vienne par eau avec 50 Barques
& prirent incognito leur logement
chez les Envoyés Plenipotentiaires
du Serenissime Eleaeur leur
pere. Ces Princes ayantnotifié.
leur arrivée aux trois Cours Impériales;
l'Empereur les envoya
complimenter par le jeune Comte
de Paar Chambellan de Service.
Le lendemain, les carofles de
l'Empereur (avis de beaucoup
d'autres, vin"e.Ir prendre le Prince
lectoral précédé de ses Pages
& Valets de pied, vêtus d'une
fnperbe livrée: Il fut conduit avec
tous les Honneurs que l'on
peut rendre auxTêtes Couronces,
dans le Cabinet de l'Empereur qui
vint audevant de lui à la porttô
f,lereçut avecdes i:me &: d'afte&ionjefmitaarsqsueeosird,'&estlei- reconduiïitjusqu'aumême endroit:
Il visita ensuite l'Imperatrice re..
gnante,l'ImperatriceMere,l'ImpératriceDoiiairiaireAmelie
les Serenillîmes
Archi-Duchesses Jofephines
& enfin les Leopoldines. Ces
deux Princes ont été traités (plen-
-
didement pendant leur séjour à
Vienne,aux dépens de lacour,aveç
toute leur fuite, ils prirent le 27.
congé de l'Empereur. Le Prince
Electoral soupa avec l'Impératrice
Amelie & les Arciii-Ducneflfes Tes
Filles. Le 18 ils s'embarquerent
r dans leur Yacht peint &ornéde
Banderoles aux Armes de Bavière,
pour aller faire la Campagne fous
les ordres du Prince Eugene-
Le 22. S. A. R Don Emanuël
Infant de Portugal, ayant pris
congé de l'Empereur, des Impératrices
Doiïairiere;» &desArchi-
Duchesses
,
s'embarqua pour la
Hongrie
[ Le 30. Mgr le Comte de Charo^
lois arriva à Vienne, aprèsavofr
reçu de S. M. I. tous les honneurs
dui à sa Naissance
; il en'
partÍt le premier Juin avec M. le
Comre de Bonneval. Dans les
différentes Audiances que l'Empereur
a données à tous ces Princes,
il leurs a dit en fiïbftance. Messieurs
, nous avons l'Ennemi de
la Chrétienté à combatre,qui a une
Arméeformidable &fort fùperieuse
à celle de l'Empire; mais le
Dieu des Armées combatra pour
nous; vous trouverez- une
bonne - volonté dans mes Troupes
: J'ay ordonné au Prince Eugene
d'avoir foin devous. L'Empereur
leur donna enfuitc sa main à
baiser,aprés leur avoir souhaité un
hureuxvoyage. Le Prince Corr
fiantin fils du Roy de Pologne,[ervira
aussi conrre les Infidels, fous
le nom du Comte Jockieu
: On
compte qu'il y aura 400 Volontaires',
tant Princes que Grands
Seigneurs,& plus de 800 Anciens
Officiers de différentes Nations
aussi volontaires.
Les Turcs s'étans tenus
tranquiles
-
juiqu'au troisiéme
de May, formèrent la résolution
d'attaquer l'Escadre Impériale,
qui s'était postée près de Salanckemen;
afin de s'assûrer la Navigation
du Danube& du Tiscisque.
LesInfidels ayans à
bord 4000 Soldats, soutenus par
2500chevaux, vinrent fondre
avec un grand nombre de Fregates
Saïques &- autres Bâtimens
armés, sur les VaisseauxImpériaux
,
commandéspar le sieur
Schvvendiman pour le déloger.
Le feu de part & d'autre fût terrible,
depuis midi jusqu'à une heure
que l'actiondura; après quoi,
les Turcs ne pouvans plus soûtenir
l'effet du gros Canon des
Chrétiens, ils furent contrains de
se retirer'à force de rames:Leur
Cavalerieétanteffrayée & fort
maltraitée par les canonades à cartouches
, prit hônteusement
fuite : Onze de leurs
nâtime4
furent coulés a fond, ceux qui
les montoient ayant été tous
tuezm
ou noyez; entr'autres le Baifc
.qui les commandoit
,
& plusieurs
autres Officiers.Cequ'il y a d
-plus étonnant
,
c'est que fllivA_B
les Relations que l'on a reçues de
-cette Aétion, elles ne font perdre
qu'un homme ou deux, aux
Impériaux.
Le 13. les Ottomans s'avancerent
de nouveau,avec de-5
forces plus nombrenfes,tant par
-Eau que parTerre ,
itifqti'àCzervenca,
ils avoieni mêmeconduit
quelques pièces de gros Canon ,
pour tâcher d'intercepter un Con-
;voy considérable de provisions,e[-
corté par TEfcadre Impériale. Le
General PrinceAlexandre deVvirtembergaverti
de leur dessein,
marcha avec trois Régimens de
Dragons ,
douze Bataillons ç¿;
auant: de Compagnies de Grénadiers
dc.Fmackjtïs Carlovvit%>
peur s'y opposer; mais, il apprit
a Ton arrivée, que les Turcs informés
de ion approche
,
s'écoient
retirés précipitement
, que le
Convoi étoit entré dan? le Tibifque
, & qu'il étoit hureufement,
arrivé au Magazin de Befcevecï^
Le quarorze. Le Prhice Eugène' Generàliflime-dçsArmées de
Hongrie, partit de Vienne à noisheures
du matin, pour assembler
l'Armée Chrétienne. Il arriva par
eau le 16. à Bude, fous- une uiplc
déchaiTge'de Canon: il en partit le
même jour, Ôcfcrendit le 2.1. au
Camp de Futach. Le 11. il fit la
fevue d'une partie de l'Armée,
qui continue
de
se renforcer par
les troupes qui arrivent successivement.
Le26. M. le Prince
Eugene se rendit au Camp du General
Mercy, pour s'aboucheravec
lui,sur les opérations prochaines:
Ce Prince revint le lendemain à
son Camp; 011 il n'attendoit que
l'arrivée de Ton Artillerie, pour se
-
mettreen mouvement, & profiter
dutemsoù les Turcs nesontpoint.,
renforcez.
- Le 16. le Prince Louis de Pons
& le Chevalier de Lorraine son
frere
,
ûrent une audience favorable
de S. M. I. Ils en parriientle^
z6. pour l'Armée de Hongrie. M.
le Prince de Dombes étant arrive
le 17.à Vienne,avec une nombreu.
se fuite ,fut admisle19. à l'Aud'-
ence.de l'Empereur qui le reçue trèsgracieusément, & felon son
rang: Ce jeune Prince & M. le
Duc d'Aremberg s'embarquerenc
lez3. pour Ce rendre au Camp dcfutach.
Le ig.l'iiivefliture de l'Eleâorat
:;.e Baviere & des autres Etats de
i"E!cdeur de ce nom,se fit à Vienre,
avecbeaucoup de solennité. Le
Comte Maximilien François de-
SnichingConfeilIerd*Et:ar&:Chambellant
cle l'Eleéteur deBaviere ;
& le Bu'on François Annibal de
Mcennan
,
aussi Conseillerdumême
Pi'ince&:ses Envoyez Plenipotentiaires
,
se rendirent lemême
,jour19. dans deux magnifiques carôsses
à six chevaux,fuivis de plu-
-
ifeurs autres à deux
,
-& précédés
d'un grand nombre de Valets de
pied, (VHeyduq\'lcs-& de Pages
vctlis-de belle's& riches Livrées,all
Palais Imperial) où ils reçûrenc
avec lesCérémoniesaccdàcumées,
de Sa Majellé Impériale
, au
nom
dirse-reniflime Prince 8c Seigneur,
leSeigneur MaximilienEmanuel*
Duc de la HaureSe Basle Baviere;
comme aussi du Haut Palatinat,
Comte Palatin dur Rhin,Grand
Echanson dirSalnt Empire, Electeur
, Landgrave- de Leichtenberg
&c. l'Investiture Imperiale dudir
Elettora(&'Païs
, Regales &Dignitez
,
où le premier EnvoyéPlenipatenriïiire
fit la Haranguede la.
demande",à laquelle répondit le,
Comte Frédéric CharlesSchonborn
Bucheim Conseiller d'Etat dé'
Sadite Majesté & Vice-Chancelier
d'e l'Empire; le fécondfit la Haranguecle
Remerciement. Cettefonction
a été des plus.magnirf--
ques, &le Concours de la Noblesse
& des Ministres Etrangersétoiti
si grand,qu'à peine pouvoit-on entrer
au Palais.
Le zi, le Prince Elcétoral de
Bavière & le Prince Ferdinand:
son troisiéme frere
,
qui étoïent
partis le 15 de Munick,arriverentà.
Vienne par eau avec 50 Barques
& prirent incognito leur logement
chez les Envoyés Plenipotentiaires
du Serenissime Eleaeur leur
pere. Ces Princes ayantnotifié.
leur arrivée aux trois Cours Impériales;
l'Empereur les envoya
complimenter par le jeune Comte
de Paar Chambellan de Service.
Le lendemain, les carofles de
l'Empereur (avis de beaucoup
d'autres, vin"e.Ir prendre le Prince
lectoral précédé de ses Pages
& Valets de pied, vêtus d'une
fnperbe livrée: Il fut conduit avec
tous les Honneurs que l'on
peut rendre auxTêtes Couronces,
dans le Cabinet de l'Empereur qui
vint audevant de lui à la porttô
f,lereçut avecdes i:me &: d'afte&ionjefmitaarsqsueeosird,'&estlei- reconduiïitjusqu'aumême endroit:
Il visita ensuite l'Imperatrice re..
gnante,l'ImperatriceMere,l'ImpératriceDoiiairiaireAmelie
les Serenillîmes
Archi-Duchesses Jofephines
& enfin les Leopoldines. Ces
deux Princes ont été traités (plen-
-
didement pendant leur séjour à
Vienne,aux dépens de lacour,aveç
toute leur fuite, ils prirent le 27.
congé de l'Empereur. Le Prince
Electoral soupa avec l'Impératrice
Amelie & les Arciii-Ducneflfes Tes
Filles. Le 18 ils s'embarquerent
r dans leur Yacht peint &ornéde
Banderoles aux Armes de Bavière,
pour aller faire la Campagne fous
les ordres du Prince Eugene-
Le 22. S. A. R Don Emanuël
Infant de Portugal, ayant pris
congé de l'Empereur, des Impératrices
Doiïairiere;» &desArchi-
Duchesses
,
s'embarqua pour la
Hongrie
[ Le 30. Mgr le Comte de Charo^
lois arriva à Vienne, aprèsavofr
reçu de S. M. I. tous les honneurs
dui à sa Naissance
; il en'
partÍt le premier Juin avec M. le
Comre de Bonneval. Dans les
différentes Audiances que l'Empereur
a données à tous ces Princes,
il leurs a dit en fiïbftance. Messieurs
, nous avons l'Ennemi de
la Chrétienté à combatre,qui a une
Arméeformidable &fort fùperieuse
à celle de l'Empire; mais le
Dieu des Armées combatra pour
nous; vous trouverez- une
bonne - volonté dans mes Troupes
: J'ay ordonné au Prince Eugene
d'avoir foin devous. L'Empereur
leur donna enfuitc sa main à
baiser,aprés leur avoir souhaité un
hureuxvoyage. Le Prince Corr
fiantin fils du Roy de Pologne,[ervira
aussi conrre les Infidels, fous
le nom du Comte Jockieu
: On
compte qu'il y aura 400 Volontaires',
tant Princes que Grands
Seigneurs,& plus de 800 Anciens
Officiers de différentes Nations
aussi volontaires.
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Résumé : JOURNAL DE HONGRIE.
En mai 1717, les Turcs lancèrent une attaque contre l'escadre impériale près de Salankemen afin de contrôler la navigation sur le Danube et le Tibisque. Malgré leur supériorité numérique avec 4 000 soldats et 2 500 chevaux, ils furent repoussés après une bataille intense, subissant de lourdes pertes, notamment onze bâtiments coulés et la mort de plusieurs officiers. Les impériaux, quant à eux, perdirent seulement un ou deux hommes. Le 13 juin, les Ottomans tentèrent une nouvelle offensive près de Czervenca mais se retirèrent face à l'approche des troupes impériales commandées par le prince Alexandre de Wurtemberg. Le prince Eugène, généralissime des armées de Hongrie, rassembla l'armée chrétienne et inspecta les troupes à Futach. Diverses figures royales et nobles se préparèrent pour la campagne militaire. Le 19 juin, l'investiture de l'électorat de Bavière eut lieu à Vienne, en présence du comte Maximilien François de Sinching et du baron François Annibal de Meerman. Le prince électoral de Bavière et son frère Ferdinand furent reçus par l'empereur et rejoignirent ensuite le prince Eugène. Le 28 juin, plusieurs individus embarquèrent sur un yacht décoré aux armes de Bavière pour rejoindre la campagne sous les ordres du prince Eugène. Le 22 juin, l'Infant de Portugal prit congé de l'empereur et des impératrices douairières avant de partir pour la Hongrie. Le comte de Charolois arriva à Vienne le 30 mai et partit le 1er juin avec le comte de Bonneval. L'empereur souligna la nécessité de combattre un ennemi puissant mais exprima sa confiance en la protection divine et en la bonne volonté des troupes. Il mentionna également que le prince Eugène veillerait sur eux. La campagne prévoyait la participation de 400 volontaires, incluant des princes et grands seigneurs, ainsi que plus de 800 anciens officiers de diverses nations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 226-227
De Genes le 17 Novembre.
Début :
Le Sénat n'ayant répondu qu'en termes généraux, aux pressantes [...]
Mots clefs :
Sénat, Troupes espagnoles, Cour, Envoyé , Emprunt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Genes le 17 Novembre.
De Genes le 17 Novembre.
Le Sénat n'ayant répondu qu'en termes
généraux , aux preffantes follicitations
de l'Envoyé d'Efpagne , qui demande
paffage pour les Troupes Epagnoles
par les Etats de cette République
; cet Envoyé a dépêché aujourd'hui
deux Exprés ; l'unpour la Cour
de Madrid , & l'autre pour la Flote
Efpagnole , qui eft à la vûë de Porto-
Ercole. Le départ inopiné de ces deux
DE NOVEMBRE. 227
Exprés intrigue extrêmement le Sénat .
D'un autre côté , l'Envoyé de l'Empereur
n'inquiéte pas moins cette République
, la menaçant de toutes fortes
d'Actes d'hoftilités, au cas qu'elle donne
entrée aux Efpagnols ; & de plus ,
éxigeant d'Elle cinq millions d'emprunt.
Le Sénat n'ayant répondu qu'en termes
généraux , aux preffantes follicitations
de l'Envoyé d'Efpagne , qui demande
paffage pour les Troupes Epagnoles
par les Etats de cette République
; cet Envoyé a dépêché aujourd'hui
deux Exprés ; l'unpour la Cour
de Madrid , & l'autre pour la Flote
Efpagnole , qui eft à la vûë de Porto-
Ercole. Le départ inopiné de ces deux
DE NOVEMBRE. 227
Exprés intrigue extrêmement le Sénat .
D'un autre côté , l'Envoyé de l'Empereur
n'inquiéte pas moins cette République
, la menaçant de toutes fortes
d'Actes d'hoftilités, au cas qu'elle donne
entrée aux Efpagnols ; & de plus ,
éxigeant d'Elle cinq millions d'emprunt.
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Résumé : De Genes le 17 Novembre.
Le 17 novembre, le Sénat de Gênes a reçu une demande espagnole pour le passage de troupes. La réponse générale du Sénat a provoqué l'envoi urgent de messagers vers Madrid et Porto-Ercole. L'envoyé de l'Empereur a menacé la République et exigé un emprunt de cinq millions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 143-146
De Vienne, le 4 Décembre.
Début :
On commence à s'apercevoir, que les Turcs ne témoignent plus tant [...]
Mots clefs :
Turcs, Paix, Empereur, Sultan, Trêve, Campagne, Rebelles, Guerre, Comte, Envoyé , Prince électoral, Grossesse, Mariage, Ministres, Négociation
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texteReconnaissance textuelle : De Vienne, le 4 Décembre.
De Vienne , te 4 Décembre.
N commence à s'apercevoir , que
les Turcs ne témoignent plus
tant d'empreffement , pour faire leur
Paix avec l'Empereur : On attribuë ce
changement inopiné dans le Divan , à
l'arrivée du Prince Ragotſki à la Porre
; on en peut juger par les nouvelles
propofitions du Sultan, qui font fi
vagues & en même tems fi hautes ,
qu'on a pris le parti de n'y faire preſque
plus de fonds. Comme on eft informé,
que ces Infideles font de trés grands
préparatifs pour être fur l'offenfive, cette
Campagne; nous ne négligeons rien
de notre côté , pour les faire repentir
d'avoir préferé la continuation de la
guerre , à la folidité d'une Tréve bien
cimentée : On ne penfe donc plus ici,
qu'à remplacer prés de 40000 mille
bons hommes qui nous manquent de
la Campagne derniére . Dans cette vue,
on léve des recrues nombreuſes , &
144 LE MERCURE
de plus, on eft en traité avec quelques.
Princes d'Allemagne , pour avoir de
puiffans fenforts , afin de fe mettre
en êtat de foûtenir la guerre d'Italie ,
contre les prétentions de S. M. C,
dont nous reffentons déja des fuites
fâcheufes . En effet , on a contremandé
le Général Bonneval , qui devoit exécuter
avec 8000 hommes, une entreprife
confiderable fur les Turcs ; &
on lui à ordonné de fe tenir prêt à
marcher avec ce Corps , pour fe rendre
en Lombardie .
On a des avis , que plufieurs Chefs
des Rebelles Hongrois fe font rendus
à Sophie, pour toucher de groffes fommes
d'argent, deftinées à former une
Armée de Mécontens. Ils prétendent
faire par là ,une diverfion d'autant plus
grande , qu'ils fe flattent, que la Hongrie
, & la Tranfilvanie n'attendent
qu'une occafion favorable , pour prendre
les armes contre la Séréniffime
Maifon d'Autriche ; mais , on donne
ici de fi bons ordres , que l'on efpere
rendre tous leurs projets inutiles .
Le nouveau G.Vizir fetient toujours
à Niffa ,& le G.S.àPhilippoli;fa Hautef
fe n'ayant pas voulu rifquer fon retour
DE DE CEMBRE. 145
Conftantinople , où tout a êté
jufqu'à préfent dans une extréme confternation
, caufée par les mal-heurs
de la Campagne derniére.
Le Comte de Schonborn Vice-
Chancelier de l'Empire , eft arrivé ici ,
où il étoit attendu avec empreffement ,
pour des affaires de la derniére importance
.
L'Envoyé de Suéde en cette Cour ,
a de fréquentes conférences avec nos
principaux Miniftres.
Le Mariage du Prince Electoral de
Saxe , avec la premiere Archiducheffe
Jofephine , rencontre ici beaucoup de
difficultez & d'obstacles ; quoique le
Comte de Fleminghe ait ordre du
Roy Augufte , de déclarer à S. M. I.
que ce Prince abdiquera le Royaume
de Pologne , en faveur de cette Alliance
: Mais , il faudroit , pour que cette
propofition fût plus goûtée , que ce
Prince fut élû Roy , du confentement
unanime des Palatins , de la Nobleſſe
& du Peuple. On croit cependant , que
par de puiffantes raifons d'Etat , il
obtiendra cette Princeffe .
Tout eft ici dans une joye extraordinaire
, pour la groffeffe de l'Impera-
Décembre 1717. N
346 LE MERCURE
trice , qui a êté renduë publique à la
Cour.
P. S. Quoique le Prince Eugéne
n'ait point encore reçû de réponſes , à
la Lettre qu'il a écrite à Milord Vorfley
Montagu , Ambaffadeur de S. M. B.
à Conftantinople , touchant les Préliminaires
de la Paix , entre les deux
Empereurs ; Mrs de Sulton & de Stanian
Ambaffadeurs du Roy Georges en
cette Cour , ont cependant reçû - depuis
peu d'Angleterre , les ordres &
leurs Lettres de Créances & Plein-pouvoirs
, pour affifter au Traité de Paix ,
comme Miniftres médiateurs . Ces deux
Seigneurs fe préparent à partir d'ici ,
dans quinze jours , pour fe rendre au
lieu du Congrés ; mais , on doute fort
qu'ils réuffiffent dans cette Négociation.
M. de Stanian a reçû de plus ,
fes Léttres de Créances , pour aller
relever Milord Vorfley Montagu , qui
en eft tappellé.
N commence à s'apercevoir , que
les Turcs ne témoignent plus
tant d'empreffement , pour faire leur
Paix avec l'Empereur : On attribuë ce
changement inopiné dans le Divan , à
l'arrivée du Prince Ragotſki à la Porre
; on en peut juger par les nouvelles
propofitions du Sultan, qui font fi
vagues & en même tems fi hautes ,
qu'on a pris le parti de n'y faire preſque
plus de fonds. Comme on eft informé,
que ces Infideles font de trés grands
préparatifs pour être fur l'offenfive, cette
Campagne; nous ne négligeons rien
de notre côté , pour les faire repentir
d'avoir préferé la continuation de la
guerre , à la folidité d'une Tréve bien
cimentée : On ne penfe donc plus ici,
qu'à remplacer prés de 40000 mille
bons hommes qui nous manquent de
la Campagne derniére . Dans cette vue,
on léve des recrues nombreuſes , &
144 LE MERCURE
de plus, on eft en traité avec quelques.
Princes d'Allemagne , pour avoir de
puiffans fenforts , afin de fe mettre
en êtat de foûtenir la guerre d'Italie ,
contre les prétentions de S. M. C,
dont nous reffentons déja des fuites
fâcheufes . En effet , on a contremandé
le Général Bonneval , qui devoit exécuter
avec 8000 hommes, une entreprife
confiderable fur les Turcs ; &
on lui à ordonné de fe tenir prêt à
marcher avec ce Corps , pour fe rendre
en Lombardie .
On a des avis , que plufieurs Chefs
des Rebelles Hongrois fe font rendus
à Sophie, pour toucher de groffes fommes
d'argent, deftinées à former une
Armée de Mécontens. Ils prétendent
faire par là ,une diverfion d'autant plus
grande , qu'ils fe flattent, que la Hongrie
, & la Tranfilvanie n'attendent
qu'une occafion favorable , pour prendre
les armes contre la Séréniffime
Maifon d'Autriche ; mais , on donne
ici de fi bons ordres , que l'on efpere
rendre tous leurs projets inutiles .
Le nouveau G.Vizir fetient toujours
à Niffa ,& le G.S.àPhilippoli;fa Hautef
fe n'ayant pas voulu rifquer fon retour
DE DE CEMBRE. 145
Conftantinople , où tout a êté
jufqu'à préfent dans une extréme confternation
, caufée par les mal-heurs
de la Campagne derniére.
Le Comte de Schonborn Vice-
Chancelier de l'Empire , eft arrivé ici ,
où il étoit attendu avec empreffement ,
pour des affaires de la derniére importance
.
L'Envoyé de Suéde en cette Cour ,
a de fréquentes conférences avec nos
principaux Miniftres.
Le Mariage du Prince Electoral de
Saxe , avec la premiere Archiducheffe
Jofephine , rencontre ici beaucoup de
difficultez & d'obstacles ; quoique le
Comte de Fleminghe ait ordre du
Roy Augufte , de déclarer à S. M. I.
que ce Prince abdiquera le Royaume
de Pologne , en faveur de cette Alliance
: Mais , il faudroit , pour que cette
propofition fût plus goûtée , que ce
Prince fut élû Roy , du confentement
unanime des Palatins , de la Nobleſſe
& du Peuple. On croit cependant , que
par de puiffantes raifons d'Etat , il
obtiendra cette Princeffe .
Tout eft ici dans une joye extraordinaire
, pour la groffeffe de l'Impera-
Décembre 1717. N
346 LE MERCURE
trice , qui a êté renduë publique à la
Cour.
P. S. Quoique le Prince Eugéne
n'ait point encore reçû de réponſes , à
la Lettre qu'il a écrite à Milord Vorfley
Montagu , Ambaffadeur de S. M. B.
à Conftantinople , touchant les Préliminaires
de la Paix , entre les deux
Empereurs ; Mrs de Sulton & de Stanian
Ambaffadeurs du Roy Georges en
cette Cour , ont cependant reçû - depuis
peu d'Angleterre , les ordres &
leurs Lettres de Créances & Plein-pouvoirs
, pour affifter au Traité de Paix ,
comme Miniftres médiateurs . Ces deux
Seigneurs fe préparent à partir d'ici ,
dans quinze jours , pour fe rendre au
lieu du Congrés ; mais , on doute fort
qu'ils réuffiffent dans cette Négociation.
M. de Stanian a reçû de plus ,
fes Léttres de Créances , pour aller
relever Milord Vorfley Montagu , qui
en eft tappellé.
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Résumé : De Vienne, le 4 Décembre.
En décembre 1717, à Vienne, les Turcs montrent moins d'enthousiasme pour conclure la paix avec l'Empereur, en raison de l'arrivée du Prince Ragotski à la Porte. Les propositions du Sultan sont vagues et ambitieuses, incitant les Autrichiens à renforcer leurs troupes et à lever des recrues. Le général Bonneval est rappelé pour se préparer à une offensive en Lombardie contre le roi Charles. En Hongrie et en Transylvanie, des chefs rebelles reçoivent des fonds pour former une armée et provoquer une révolte, mais des mesures sont prises pour contrer ces projets. À Constantinople, le nouveau Grand Vizir et le Sultan évitent de retourner à Constantinople à cause des malheurs de la campagne précédente. Le comte de Schönborn arrive à Vienne pour des affaires importantes, tandis que l'envoyé de Suède y tient des conférences fréquentes avec les ministres. Le mariage du prince électoral de Saxe avec l'archiduchesse Joséphine rencontre des difficultés. La cour célèbre la grossesse de l'impératrice. Les ambassadeurs du roi George se préparent pour un congrès de paix, mais leur succès est incertain.
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6
p. 598-599
POLOGNE.
Début :
L'Envoyé des Tartares qui eut le []9 Février à Warsovie [...]
Mots clefs :
Pologne, Envoyé , Audience, Investiture
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE .
'Envoyé des Tartares qui eut le 9. Eévrier à
Warsovie son audience de congé du Roi , partit
le lendemain après qu'on lui eut remis la Lettre
du S. M. en réponse à celle du Kam son
Maître. Le Roi lui a fait présent de trois Montres
d'or , de trois paires de Pistolets et d'un fort
beau Fusil : le Régimentaire de la Couronne lui
a aussi fait présent d'une Montre d'or et d'un
Habit ; et on lui a donné un grand Coffre avec
de magnifiques présens pour le Kam.
Le
MARS. 1731. 599
Le 21. l'Envoyé du Grand-Seigneur cut sa
premiere audience publique du Roi , à laquelle il
fut conduit par M. de Sollokub , Grand Veneur
du Duché de Lithuanie, Le Roi le reçut dans la
grande Salle d'Audience , ayant à sa droite le
Grand Maréchal de la Couronne , et le Vice-
Chancelier â sa gauche ; les Senateurs formoient
un cercle devant S. M. et ils étoient assis et cou-*
verts. L'Envoyé après avoir baisé le bord de
l'habit du Roi , remit à S. M. ses Lettres de
Créance , signées de la main du Grand - Seigneur :
il se plaça ensuite sur un Carreau vis - à- vis du
Roi , et il lui fit un Compliment de la part de
S. H. auquel le Vice-Chancelier répondit au nom
de S. M. l'Envoyé se leva ensuite , et ayant salué
le Roi , il fut conduit par le Régimentaire de la
Couronne dans une grande Salle où il fut traité
magnifiquement par les Officiers de S. M. Pendant
le repas le Grand -Maréchal lui porta la
santé du G. S. et l'Envoyé lui porta celle du
Roi ; aprés quoi il fut reconduit au Palais du feu
Grand Trésorier de la Couronne , où le Roi le
fera traiter pendant tout le temps que cet Envoyé :
demeurera à Varsovie.
Le 24. le Ministre- Plenipotentiaire du Duc
Ferdinand de Curlande , reçut des mains du Roi
P'Investiture de ce Duché , avec les ceremonies
ordinaires. S. M. a depuis envoyé à ce Duc le Cordon
de l'Agle blanc.
'Envoyé des Tartares qui eut le 9. Eévrier à
Warsovie son audience de congé du Roi , partit
le lendemain après qu'on lui eut remis la Lettre
du S. M. en réponse à celle du Kam son
Maître. Le Roi lui a fait présent de trois Montres
d'or , de trois paires de Pistolets et d'un fort
beau Fusil : le Régimentaire de la Couronne lui
a aussi fait présent d'une Montre d'or et d'un
Habit ; et on lui a donné un grand Coffre avec
de magnifiques présens pour le Kam.
Le
MARS. 1731. 599
Le 21. l'Envoyé du Grand-Seigneur cut sa
premiere audience publique du Roi , à laquelle il
fut conduit par M. de Sollokub , Grand Veneur
du Duché de Lithuanie, Le Roi le reçut dans la
grande Salle d'Audience , ayant à sa droite le
Grand Maréchal de la Couronne , et le Vice-
Chancelier â sa gauche ; les Senateurs formoient
un cercle devant S. M. et ils étoient assis et cou-*
verts. L'Envoyé après avoir baisé le bord de
l'habit du Roi , remit à S. M. ses Lettres de
Créance , signées de la main du Grand - Seigneur :
il se plaça ensuite sur un Carreau vis - à- vis du
Roi , et il lui fit un Compliment de la part de
S. H. auquel le Vice-Chancelier répondit au nom
de S. M. l'Envoyé se leva ensuite , et ayant salué
le Roi , il fut conduit par le Régimentaire de la
Couronne dans une grande Salle où il fut traité
magnifiquement par les Officiers de S. M. Pendant
le repas le Grand -Maréchal lui porta la
santé du G. S. et l'Envoyé lui porta celle du
Roi ; aprés quoi il fut reconduit au Palais du feu
Grand Trésorier de la Couronne , où le Roi le
fera traiter pendant tout le temps que cet Envoyé :
demeurera à Varsovie.
Le 24. le Ministre- Plenipotentiaire du Duc
Ferdinand de Curlande , reçut des mains du Roi
P'Investiture de ce Duché , avec les ceremonies
ordinaires. S. M. a depuis envoyé à ce Duc le Cordon
de l'Agle blanc.
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Résumé : POLOGNE.
En février 1731, un envoyé des Tartares a été reçu en audience de congé par le roi de Pologne à Varsovie. Le roi lui a remis une lettre de réponse pour le Kam, ainsi que des présents incluant trois montres d'or, trois paires de pistolets et un fusil. Le Régimentaire de la Couronne a également offert une montre d'or, un habit et un coffre de présents pour le Kam. En mars 1731, le 21, l'envoyé du Grand-Seigneur a eu sa première audience publique avec le roi de Pologne. Accompagné par M. de Sollokub, Grand Veneur du Duché de Lithuanie, il a été reçu dans la grande salle d'audience en présence des sénateurs. Après avoir remis ses lettres de créance, il a prononcé un compliment auquel le Vice-Chancelier a répondu au nom du roi. L'envoyé a ensuite été logé au palais du feu Grand Trésorier de la Couronne. Le 24 mars, le ministre plénipotentiaire du Duc Ferdinand de Curlande a reçu l'investiture du duché des mains du roi, accompagnée des cérémonies ordinaires. Par la suite, le roi a envoyé au duc le cordon de l'Aigle blanc.
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7
p. 599-600
ALLEMAGNE.
Début :
On écrit de Berlin que le Roi de Prusse a donné [...]
Mots clefs :
Prusse, Troupes, Camp, Vienne, Envoyé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N écrit de Berlin que le Roi de Prusse a
donné ordre à une certaine quantité de ses
plus belles Troupes , Cavalerie et Infanterie , de
se préparer pour former au mois de May pro
chain un Camp prés de cette Ville : ces Troupes
seront habillées de neuf et d'une propreté extraordinaire
: elles y feront diverses évolutions
etz
600 MERCURE DE FRANCE
et autres mouvemens qu'on pratique à la guerre :
outre les Tables de la Cour , chaque General et
Ministre d'Etat , en devra tenir une de douze
Couverts par ordre du Roi, qui veut qu'on procure
toutes sortes d'agrémens aux Etrangers de
distinction qui s'y rendront ; on y attend divers
Princes d'Allemagne , et on croit que les Rois de
Pologne et de Suede y viendront aussi.
L'Effendy qu'on attend à Vienne ne sera point
logé dans le Fauxbourg de Leopoldstad comme
l'ont été les autres Envoyez des précedens Sultans
: on a fixé le temps de son séjour , pendant
lequel il sera défrayé avec toute sa suite qui ne
pourra exceder le nombre de 30. personnes , parce
qu'on a sçu qu'il y avoit beaucoup de gens suspects
qui vouloient venir à Vienne sous sa protection.
N écrit de Berlin que le Roi de Prusse a
donné ordre à une certaine quantité de ses
plus belles Troupes , Cavalerie et Infanterie , de
se préparer pour former au mois de May pro
chain un Camp prés de cette Ville : ces Troupes
seront habillées de neuf et d'une propreté extraordinaire
: elles y feront diverses évolutions
etz
600 MERCURE DE FRANCE
et autres mouvemens qu'on pratique à la guerre :
outre les Tables de la Cour , chaque General et
Ministre d'Etat , en devra tenir une de douze
Couverts par ordre du Roi, qui veut qu'on procure
toutes sortes d'agrémens aux Etrangers de
distinction qui s'y rendront ; on y attend divers
Princes d'Allemagne , et on croit que les Rois de
Pologne et de Suede y viendront aussi.
L'Effendy qu'on attend à Vienne ne sera point
logé dans le Fauxbourg de Leopoldstad comme
l'ont été les autres Envoyez des précedens Sultans
: on a fixé le temps de son séjour , pendant
lequel il sera défrayé avec toute sa suite qui ne
pourra exceder le nombre de 30. personnes , parce
qu'on a sçu qu'il y avoit beaucoup de gens suspects
qui vouloient venir à Vienne sous sa protection.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le roi de Prusse a ordonné à une partie de ses troupes d'élite, cavalerie et infanterie, de se préparer pour former un camp près de Berlin en mai. Ces troupes seront nouvellement vêtues et d'une propreté exceptionnelle, et y effectueront diverses manœuvres militaires. Chaque général et ministre d'État devra tenir une table de douze couverts pour accueillir des étrangers de distinction, notamment des princes d'Allemagne, ainsi que les rois de Pologne et de Suède. À Vienne, l'Effendy, envoyé du sultan, ne sera pas logé dans le faubourg de Leopoldstadt. Son séjour est fixé et il sera défrayé avec sa suite, limitée à trente personnes en raison de la présence de suspects voulant se rendre à Vienne sous sa protection.
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8
p. 2656-2657
ALLEMAGNE.
Début :
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17. d'Octobre pour retourner à Constantinople ; [...]
Mots clefs :
Envoyé , Cardinal, Tutelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17.
d'Octobre pour retourner à Constantinople ;
il a été escorté jusqu'à Comorre par un Détachement
de la Garnison de Vienne , et accom
pagné par le Consul de sa Nation , qui a été
continué pour trois ans .
Le Comte de Staremberg , Ministre de l'Empereur
à la Diette de Ratisbonne , est revenu de
Munich , où il étoit allé pour une commission
particuliere , par rapport à la garantie de la
Pragmatique- Sanction , par laquelle S. M. Imp.
souhaitte d'assurer à l'Archiduchesse , sa Fille
aînée , la succession aux Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche. Les Regimens d'Infanterie
et de Cavalerie que S. M. I. fait revenir d'Itafie
, sont actuellement en marche pour se rendre
dans la Basse- Autriche,
Le Comte Salvatico , qui réside à Vienne depuis
dix ans , avec caractère d'Envoyé du Duc
de Parme , a été continué dans ses fonctions par
l'Infant Don Carlos .
Le Cardinal d'Althan est actuellement dans un
Convent prês de Presbourg on dit que c'est
par ordre de l'Empereur.
On a publié à Vienne un Decret du Conseil
Aulique , datté du 16. d'Oetobre , par lequel
l'Empereur déclare qu'ayant accepté l'émancipation
que le Roy d'Espagne a faite de l'Infant
Don
NOVEMBRE. 1731. 2657
·
Don Carlos , S. M. 1. avoit pourvu à la turelle
de ce Prince et qu'elle avoit nommé pour sa
Tutrice la Duchesse Dorothée Sophie , Duchesse
Douairiere de Parme et de Plaisance , son
Aycule , et pour son Tuteur , le grand Duc de
Toscane.
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17.
d'Octobre pour retourner à Constantinople ;
il a été escorté jusqu'à Comorre par un Détachement
de la Garnison de Vienne , et accom
pagné par le Consul de sa Nation , qui a été
continué pour trois ans .
Le Comte de Staremberg , Ministre de l'Empereur
à la Diette de Ratisbonne , est revenu de
Munich , où il étoit allé pour une commission
particuliere , par rapport à la garantie de la
Pragmatique- Sanction , par laquelle S. M. Imp.
souhaitte d'assurer à l'Archiduchesse , sa Fille
aînée , la succession aux Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche. Les Regimens d'Infanterie
et de Cavalerie que S. M. I. fait revenir d'Itafie
, sont actuellement en marche pour se rendre
dans la Basse- Autriche,
Le Comte Salvatico , qui réside à Vienne depuis
dix ans , avec caractère d'Envoyé du Duc
de Parme , a été continué dans ses fonctions par
l'Infant Don Carlos .
Le Cardinal d'Althan est actuellement dans un
Convent prês de Presbourg on dit que c'est
par ordre de l'Empereur.
On a publié à Vienne un Decret du Conseil
Aulique , datté du 16. d'Oetobre , par lequel
l'Empereur déclare qu'ayant accepté l'émancipation
que le Roy d'Espagne a faite de l'Infant
Don
NOVEMBRE. 1731. 2657
·
Don Carlos , S. M. 1. avoit pourvu à la turelle
de ce Prince et qu'elle avoit nommé pour sa
Tutrice la Duchesse Dorothée Sophie , Duchesse
Douairiere de Parme et de Plaisance , son
Aycule , et pour son Tuteur , le grand Duc de
Toscane.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En octobre 1731, l'Envoyé du Grand Seigneur quitta Vienne pour Constantinople, escorté jusqu'à Comorre par un détachement de la garnison de Vienne et accompagné par le Consul de sa nation, dont le mandat fut renouvelé pour trois ans. Le Comte de Staremberg, Ministre de l'Empereur à la Diète de Ratisbonne, revint de Munich après une mission concernant la garantie de la Pragmatique Sanction, visant à assurer la succession des Pays héréditaires de la Maison d'Autriche à l'Archiduchesse, fille aînée de l'Empereur. Les régiments d'infanterie et de cavalerie revenant d'Italie étaient en marche vers la Basse-Autriche. Le Comte Salvatico, Envoyé du Duc de Parme à Vienne depuis dix ans, fut reconduit dans ses fonctions par l'Infant Don Carlos. Le Cardinal d'Althan résidait dans un couvent près de Presbourg, selon les ordres de l'Empereur. Un décret du Conseil Aulique, daté du 16 octobre, annonça que l'Empereur avait accepté l'émancipation de l'Infant Don Carlos par le Roi d'Espagne et nommé la Duchesse Dorothée Sophie, Duchesse douairière de Parme et de Plaisance, comme tutrice, et le Grand-Duc de Toscane comme tuteur du Prince.
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9
p. 178
« Le Baron de Kesselstatt, Grand Prevôt de l'Eglise Métropolitaine de Tréves, & Envoyé de l'Electeur [...] »
Début :
Le Baron de Kesselstatt, Grand Prevôt de l'Eglise Métropolitaine de Tréves, & Envoyé de l'Electeur [...]
Mots clefs :
Trèves, Audience, Envoyé , Baron de Kesselstatt
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texteReconnaissance textuelle : « Le Baron de Kesselstatt, Grand Prevôt de l'Eglise Métropolitaine de Tréves, & Envoyé de l'Electeur [...] »
Le Baron de Keſſelſtatt , Grand Prevôt de l'EgliſeMétropolitaine
de Tréves , & Envoyé de l'Electeur
de ce nom , eut ſon audience de Congé le
23 , conduit par le Chevalier de Sainctor , & le 28 ,
le même Introducteur préſenta à l'audience du
Roi le Marquis Doria , Envoyé Extraordinaire de la
République de Génes , & le Marquis Palavicini
qui partage cette qualité.
de Tréves , & Envoyé de l'Electeur
de ce nom , eut ſon audience de Congé le
23 , conduit par le Chevalier de Sainctor , & le 28 ,
le même Introducteur préſenta à l'audience du
Roi le Marquis Doria , Envoyé Extraordinaire de la
République de Génes , & le Marquis Palavicini
qui partage cette qualité.
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10
p. 222-223
MORTS.
Début :
Messire Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Baville, Président Honoraire du Parlement, [...]
Mots clefs :
Abbé, Président honoraire du Parlement, Comte, Envoyé , Morts, Grand Prévot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
>
Meffire Chrétien- Guillaume de Lamoignon de
Baville , Préfident Honoraire du Parlement ,
Grand'Croix , Prévôt , Maître des Cérémonies ,
Honoraire de l'Ordre de Saint- Louis , eſt mort
le 23 de Mai , dans la quarante-feptiéme année
de fon âge.
> N. de Cicery Abbé de l'Abbaye Royale de
Baffefontaine , Ordre de Prémontré , Diocèle de
Troyes , eft mort à Avignon , le 6 Mai , âgé
de foixante- dix ans.
JUILLET. 1759. 223
Melire Maximilien- Heary- Hyacinthe , Comte
d'Horion , Grand- Prévôt de l'Eglife Cathedrale
de Liége , Prévôt de Maxik & de Hilvareberg ,
Conſeiller d'Etat actuel de feu l'Empereur Charles
VII. Premier Miniftre & Grand - Maître de la
Maifon du Séréniffime Prince & Evêque de Liége,
& ci-devant fon Envoyé à la Cour de France ,
& Abbé Commendataire de l'Abbaye de Mouzon ,
Ordre de S. Benoît , Diocèſe de Reims , mourut
à Liége le 23 , dans la foixante-feptiéme année
de fon âge.
>
Meffire Chrétien- Guillaume de Lamoignon de
Baville , Préfident Honoraire du Parlement ,
Grand'Croix , Prévôt , Maître des Cérémonies ,
Honoraire de l'Ordre de Saint- Louis , eſt mort
le 23 de Mai , dans la quarante-feptiéme année
de fon âge.
> N. de Cicery Abbé de l'Abbaye Royale de
Baffefontaine , Ordre de Prémontré , Diocèle de
Troyes , eft mort à Avignon , le 6 Mai , âgé
de foixante- dix ans.
JUILLET. 1759. 223
Melire Maximilien- Heary- Hyacinthe , Comte
d'Horion , Grand- Prévôt de l'Eglife Cathedrale
de Liége , Prévôt de Maxik & de Hilvareberg ,
Conſeiller d'Etat actuel de feu l'Empereur Charles
VII. Premier Miniftre & Grand - Maître de la
Maifon du Séréniffime Prince & Evêque de Liége,
& ci-devant fon Envoyé à la Cour de France ,
& Abbé Commendataire de l'Abbaye de Mouzon ,
Ordre de S. Benoît , Diocèſe de Reims , mourut
à Liége le 23 , dans la foixante-feptiéme année
de fon âge.
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Résumé : MORTS.
En 1759, trois personnalités notables sont décédées. Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Baville, Préfident Honoraire du Parlement, est mort le 23 mai à 47 ans. N. de Cicery, Abbé de l'Abbaye Royale de Baffefontaine, est décédé à Avignon le 6 mai à 70 ans. Maximilien-Henry-Hyacinthe d'Horion, Comte et Premier Ministre du Prince-Évêque de Liège, est mort à Liège le 23 juillet à 67 ans.
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11
p. 147-148
De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
Début :
Le différend qui étoit survenu entre les Etats-Généraux & le Landgrave [...]
Mots clefs :
États généraux, Landgrave, Dispute, Régence, Cassel, Comte, Ministres, Conseillers, Estime, Amitié, Déclaration, Envoyé , Satisfaction, Pouvoir, Mémoire, Hautes Puissances
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texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
De FRANCFORT , le 2 Septembre 1764.
Le différend qui étoit furvenu entre les Etats-
Généraux & le Landgrave de Heffe - Caffel au
fujet de la conduite tenue par la Régence de
-Caffel à l'égard du Comte de Warſtenſleben , Miniftre
de Leurs Hautes Puiffances auprès du
Cercle du- Haut - Rhin . vient d'être terminé . Le
Sieur de Mofer , Confeiller Privé , que le Landgrave
avoit envoyé pour cet effet en qualité de
fon Miniftre à la Haye , fut introduit , le 30 du
mois dernier , dans la Chambre de Treves ; il
y fit en François aux Députés des Etats - Généraux
la Déclaration fuivante qu'il leur remit enfuite
par écrit en Langue Allemande.
20
39
» Son Altele Séréniflime Mgr le Landgrave
Régnant de Heffe- Caffel , en conféquence de
l'eftime & de l'amitié qu'il a vouées de tout
temps aux Seigneurs les Etats - Généraux , a appris
» avec fenfibilité le mécontentement que Leurs
Hautes Puiffances,contre toute attente , fe croyent
» autorifées à prendre de la conduite tenue par
» la Régence de Caffel , pour des raifons con-
» nues , à l'égard du Comte de Wartenfleben.
Comme Son Alteffe Séréniffime eft très- éloignée
de conniver en aucune manière , avec au-
>> cun de fes Collégues de juftice , en ce qui
» pourroit léfer les droits & les dignités d'un
Etat voifin & ami , Elle m'a envoyé expreſſément
ici , par confidération particulière d'amitié
, pour témoigner & réitérer qu'en tout
Son Altele Séréniffime n'a jamais eu la vo-
» lonté ni l'intention d'offenfer la République
» ou de porter la moindre atteinte à les droits
» & prérogatives.
» Son Altele Séréniffime effére & fe flatte
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
que Leurs Hautes Puiffances trouveront cette
>> Déclaration conforme au defir fincère avec
»lequel Mgr le Landgrave demande l'amitié
& la bienveillance de l'Etat , tant pour le préfent
que pour l'avenir.
Les Etats -Généraux ont fait répondre au Sieur
Mofer par leurs Députés , qu'ils étoient contens
de cette Déclaration , & que c'étoit avec bien
de la fatisfaction qu'ils voyoient terminer par là
les différends furvenus entre eux & le Landgrave
de Heffe- Caffel , & rétablir la bonne intelligence
& l'amitié qui de tout temps ont fubfifté
entre la République & la Maiſon de Heffe ,
& au maintien defquelles Leurs Hautes Puiflances
Le propofent de concourir de tout leur pouvoir.
Le 4 du même mois , le feur de Mofer eut une
nouvelle conférence avec les Députés des Etats-
Généraux , & leur remit un Mémoire concernant
les Griefs de Landgrave de Heffe contre le Comte
de Wartenfleben qui , de fon côté , a envoyé à
Leurs Hautes Puiffances un autre Mémoire , par
jequel il juftifié la conduite .
Le différend qui étoit furvenu entre les Etats-
Généraux & le Landgrave de Heffe - Caffel au
fujet de la conduite tenue par la Régence de
-Caffel à l'égard du Comte de Warſtenſleben , Miniftre
de Leurs Hautes Puiffances auprès du
Cercle du- Haut - Rhin . vient d'être terminé . Le
Sieur de Mofer , Confeiller Privé , que le Landgrave
avoit envoyé pour cet effet en qualité de
fon Miniftre à la Haye , fut introduit , le 30 du
mois dernier , dans la Chambre de Treves ; il
y fit en François aux Députés des Etats - Généraux
la Déclaration fuivante qu'il leur remit enfuite
par écrit en Langue Allemande.
20
39
» Son Altele Séréniflime Mgr le Landgrave
Régnant de Heffe- Caffel , en conféquence de
l'eftime & de l'amitié qu'il a vouées de tout
temps aux Seigneurs les Etats - Généraux , a appris
» avec fenfibilité le mécontentement que Leurs
Hautes Puiffances,contre toute attente , fe croyent
» autorifées à prendre de la conduite tenue par
» la Régence de Caffel , pour des raifons con-
» nues , à l'égard du Comte de Wartenfleben.
Comme Son Alteffe Séréniffime eft très- éloignée
de conniver en aucune manière , avec au-
>> cun de fes Collégues de juftice , en ce qui
» pourroit léfer les droits & les dignités d'un
Etat voifin & ami , Elle m'a envoyé expreſſément
ici , par confidération particulière d'amitié
, pour témoigner & réitérer qu'en tout
Son Altele Séréniffime n'a jamais eu la vo-
» lonté ni l'intention d'offenfer la République
» ou de porter la moindre atteinte à les droits
» & prérogatives.
» Son Altele Séréniffime effére & fe flatte
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
que Leurs Hautes Puiffances trouveront cette
>> Déclaration conforme au defir fincère avec
»lequel Mgr le Landgrave demande l'amitié
& la bienveillance de l'Etat , tant pour le préfent
que pour l'avenir.
Les Etats -Généraux ont fait répondre au Sieur
Mofer par leurs Députés , qu'ils étoient contens
de cette Déclaration , & que c'étoit avec bien
de la fatisfaction qu'ils voyoient terminer par là
les différends furvenus entre eux & le Landgrave
de Heffe- Caffel , & rétablir la bonne intelligence
& l'amitié qui de tout temps ont fubfifté
entre la République & la Maiſon de Heffe ,
& au maintien defquelles Leurs Hautes Puiflances
Le propofent de concourir de tout leur pouvoir.
Le 4 du même mois , le feur de Mofer eut une
nouvelle conférence avec les Députés des Etats-
Généraux , & leur remit un Mémoire concernant
les Griefs de Landgrave de Heffe contre le Comte
de Wartenfleben qui , de fon côté , a envoyé à
Leurs Hautes Puiffances un autre Mémoire , par
jequel il juftifié la conduite .
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Résumé : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
Le 2 septembre 1764, un conflit entre les États-Généraux et le Landgrave de Hesse-Cassel concernant la gestion de la Régence de Cassel par le Comte de Warstensleben a été résolu. Le Sieur de Moser, conseiller privé et ministre du Landgrave, a été dépêché à La Haye pour négocier. Le 30 août, il a présenté une déclaration aux députés des États-Généraux, exprimant les regrets du Landgrave pour le mécontentement causé et son souhait de préserver l'amitié avec la République. Les États-Généraux ont accepté cette déclaration, se félicitant de la résolution du différend. Le 4 septembre, le Sieur de Moser a soumis un mémoire détaillant les reproches du Landgrave contre le Comte de Warstensleben, qui avait également envoyé un mémoire justifiant ses actions.
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