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p. 110-124
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ÉLOGE de Maximilien de Bethune, Duc de Sully, Surintendant des Finances [...]
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texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
ÉLOGE de Maximilien de Bethune,
Duc de Sully, Surintendant des Finances
ſous Henri IV , qui a concouru
pour le Prix de l'Académie Françoſe de
la préſente année 1763; à Paris , chez
Delormel , Imprimeur de l'Académie.
Royale de Muſique, rue Foin, à l'Ima
ge de Ste Géneviéve; 1763, avec per
miſſion ; feuille in-8°. 24 pages.
Nous avons parlé des Diſcours qui
-
ont concouru l'année dernière pour le
A V R I L. 1764.
-
1 1 1
Prix de l'Académie Françoiſe ; celui-ci
ne nous a été envoyé que fort tard ,
ſans cela nous l'aurions annoncé avec
· ceux de Mlle Mazarelli & de M. Tho
mas qui ont attiré la principale atten
tion du Public.
• ExAMEN du Pſeautier François des
Révérends Pères Capucins , où l'on
trouve 1°. qu'ils ne doivent point pren- .
dre pour Sujet ordinaire des Pſeaumes,
les Juifs captifs & maltraités par les
Chaldéens ;2°. Qu'ils donnent une fauſ
ſe idée de la Langue Sainte, & qu'ils
en violent ſouvent les régles. Par le P.
Houbigeant , de l'Oratoire. A la Haye,
& ſe trouve à Paris, chez P. Fr. Di
dot le jeune, Libraire, quai des Auguſ
tins, près du Pont S. Michel ; 1764 ;
Brochure in-8°. de 154 pages.
Ce Titre n'annonce pas beaucoup de
ménagement pour les RR. PP. Capu
clns. Il y a apparence que cette eſpéce
de Manifeſte ou Déclaration de guerre
contre ces Révérends Pères, ne reſtera
pas ſans réponſe Si cette querelle a des
ſuites , & qu'elle nous paroiſſe aſſez im
portante pour que nous en faſſions part
au Public, nous entrerons dans le dé
tail des raiſons alléguées de part & d'au
fIC,
·
'r 12 MERCURE DE FRANCE.
RÉLATIoN abrégée de l'origine, des
progrès & de l'état actuel de la Société
établie à Londres en 1754 pour l'encoura
gement des Arts, des Manufactures & du .
Commerce; tirée des écrits originaux des
premiers Promoteurs de cet établiſſe
ment & d'autres Actes authentiques; par
un Membre de ladite Société : Ouvrage
traduit de l'Anglois avec des Notes pour
l'uſage & l'intelligence du Texte. A
Londres , & ſe trouve à Paris , chez
A. L. Regnard, Imprimeur de l'Acadé
mie Françoiſe , Grand'ſalle du Palais,&
rue baſſe des Urſins; 1764 ;. Brochure
in-8°. de 15o pages.
L'objet principal de cet Ouvrage eſt
de faire connoître les perſonnes géné
reuſes qui ont contribué à l'Etabliſſe
ment de cette Société , & de rendre
hommage à leur zéle. On y rapporte
une ſuite de faits qui font le plus grand
honneur aux Protecteurs illuſtres, qui
par leur généroſité & leur application ,
ont donné à cette entrepriſe la forme
qui ſéule pouvoit en aſſurer la ſolidité
& la durée. Le Texte Anglois ſe trouve à
· côté de la Traduction Françoiſe.
L'INCENDIE de la Foire S. Germain,
, & ſa nouvelle reconſtruction, Poëme
-
-
|
A V R I L. 1754.
1 13
en quatre Chants ; par M. De ***. A
Amſterdam , & ſe trouve à Paris chez
Langlois fils, Libraire , au bas de la
rue de la Harpe, à la Couronne d'Or ;
1764 ; in-8°. de 32 pages ; prix, 15 ſ.
L'Auteur nous apprend dans ſa Pré
face, qu'étant accouru à l'incendie , il
fut frappé du Spectacle ; & que ſon
imagination lui en rappellant les prin
cipaux traits , ils devinrent pour lui la
matière d'un Poëme, dont les quatre
premiers vers pourront donner une juſte
idée du talent poëtique de l'Auteur.
Je vais chanter l'incendie effroyable,
Dont l'ardeur prompte, autant qu'épouvanta
ble ,
-
Bravant l'effet de tout ſecours humain ,
En cendre a mis la Foire S. Germain.
DIscoURs philoſophique & moral,
en vers, à l'imitation de Juvenal; par
M. Rochon de Chabannes ; à Paris de
l'Imprimerie de Sébaſtien Jorry , rue
& vis-à-vis la Comédie Françoiſe , au
Grand Monarque & aux Cigognes ;
1764 ; avec approbation. In-8°. de 24
pages ; beau papier.
| L'Auteur peint vivement & forte
ment les défauts, les vices & les paſ
r14 MERCURE DE FRANCE.
ſions de l'homme, telles que la pro
digalité, l'ambition , l'avarice , l'or
gueil &c. L'Hiſtoire lui offre des exem
ples de tous les excès auxquels ſe livre
le cœur humain.
-
Aléxandre vainqueur de l'Aſie étonnée
N'a point encor rempli ſa triſte deſtinée.
Son cœur ambitieux vole au-delà des mers ;
Il cherche à conquérir un nouvel Univers.
Il étouffe à l'étroit dans l'enceinte du Monde.
Malheureux ! il eſt temps que le Ciel te confonde 2
Rentre dans Babylone ; un modeſte cercueil
Eſt tout ce que le ſort réſerve à ton orgueil.
Nous citons ces vers au hazard ; ce
ne ſont pas les meilleurs que nous ayons
trouvés dans cette Piéce, où il y en a
de très - bons.
•
'
LEs quatre Saiſons, Poëme de M.
le Bret ; avec cette Epigraphe : Nos
patriœ fines & dulcia linquimus arva ;
nos patriam fugimus. ... Virg. Ecl. I.
A Geneve, & ſe trouve à Paris chez
les Libraires qui diſtribuent les Nou
veautés, 1763 ; in-8°.
-
"
L'Auteur ſe donne pour un jeune
homme qui débute au Parnaſſe. Il igno
, roit ſans doute qu'une Muſe célébre
*
A V R I L. 1764.
1 1 ;
& brillante avoit traité le même Sujet
d'une manière à décourager nos meil
leurs Poëtes qui voudroient revenir ſur
cette riche & féconde matière. Parmi les
plaiſirs du Printemps voici ceux que l'on
goûte principalement à Paris.
On entend dans Paris l'aimable Bouquetière
Annoncer ſes bouquets au jeune Mouſquetaire.
La charmante Marmote a de nouveaux appas ;
Les Grâces & les Ris accompagnent ſes pas,
On la trouve partout jouant des ſérénades,
Tantôt dans les Caffés ou dans les Promenâdes,
Tantôt à la Courtille ou bien aux Porcherons,
Tantôt aux Boulevards ou dans les environs,
Toujours inattendue & toujours deſirée.
Après ſouper on va dans le Bois de Boulogne
Siffler le blanc Champagne & le rouge Bour
gogne ; &c.
-
· LE Gentilhomme Cultivateur , ou
Corps complet d'Agriculture , traduit
de l'Anglois de M. Hall, & tiré des
Auteurs qui ont le mieux écrit ſur cet
art; par M. Dupuy d'Emportes , de
l'Académie de Florence, & de la So
ciété Royale des Siences & Belles
Lettres de Nancy ; Tome VII & VIII.
in-quarto & in-12, à Paris chez Simon »
r 16 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur du Parlement, rue de la Har-,
pe, la veuve Durand , rue du Foin ,
Bauche , Quai des Auguſtins ; à Bor
deaux, chez Chappuis l'aîné; avec ap
probation & privilége du Roi ; I764.
Nous avons rendu compte autrefois
du plan , de l'objet & de l'utilité de
cet ouvrage très-bien éxécuté, & dont
la néceſſité eſt reconnue par tous les
Cultivateurs & les différéntes Sociétés
d'Agriculture. Les volumes que nous
annonçons aujourd'hui paroiſſent nou
vellement & ſont les deux derniers de
l'ouvrage qui eſt entièrement fini. Les
matières qu'ils renferment ne ſont pas
moins intéreſſantes que celles des vo
lumes précédens ; & nous félicitons
l'Auteur de s'être acquitté ſi glorieuſe
ment de cette utile & importante en
trepriſe.
· NoUvELLE Méthode Latine de M.
de Launay , en quatre volumes in-8°,
ſi facile qu'elle eſt à la portée d'un
enfant de 5 à 6 ans qui ſçait lire, &c.
z. On ſçait que ces quatre volumes ont
été propoſés par ſouſcription, moyen
nant 12 liv. quelle a été remplie; &
· que les volumes ont été fournis aux
Souſcripteurs. L'Auteur n'avoit pû don
A V R I L. 1764.
| 117
ner dans ces quatre premiers volumes,
que les deux premiers livres de Phédre,
& la premiere Satyre de Perſe, à cauſe
de la forme de ce travail. Depuis deux
ans , on demande avec inſtance la con
tinuation de cet Ouvrage, ſur les trois
derniers livres de Phèdre , & ſur les
cinq dernieres Satyres de Perſe. Et
c'eſt pour adhérer à ces ſollicitations,
que l'Auteur vient de diſtribuer depuis
quelques jours, un Proſpectus , qui
propoſe cette continuation , auſſi en 4
volumes in-8°, & par ſouſcription. On
aura, par ce moyen , tout Phédre, &
tout Perſe, accommodés dans le goût
du nouveau ſyſtême, ce qui forme un
Ouvrage plus conſidérable qu'on ne
penſe, & fort utile.
Conditions.
-
On donnera douze livres, pour ces
4 derniers volumes, en une ſeule fois,
· pour éviter les embarras qu'ont occa
ſionnés les différens payemens de la
première. Quand cette ſeconde ſouſ
cription ſera fermée, c'eſt-à-dire, lorſ
que le premier volume paroîtra, ce
qui ſera dans peu, ces 4 volumes ſeront
payés 18, comme les premiers, par ceux
qui n'auront pas ſouſcrit. A Paris ,
-
s E8 MERCURE DE FRANCE.
chez Panckoucke, Libraire , rue & at
tenant la Comédie Françoiſe , & chez
l'Auteur, dans le Cloître de Saint-Ger
main de l'Auxerrois, 1764.
· ÉLITE de Poëſies fugitives; dans la
quelle on a fait entrer tout ce que nos
Poëtes modernes ont compoſé de plus
parfait, les plus belles Odes, les Madri
aux , les Epîtres, les Epigrammes, &c.
es mieux faites depuis Rouſſeau, les
Eloges des Femmes de notre Siécle les
plus diſtinguées par leur naiſſance, leur
eſprit & leur beauté, & un très-grand
nombre de Pièces de Ferrand, la Faye ,
Fontenelle, M. de Voltaire, M. de Mon
crif, du C. de B***, & d'autres Au
· teurs, qui n'ont jamais été imprimées,
ou qui ne ſe trouvent pas dans le Re
cueil qu'on a fait de leurs Œuvres. 3 vol.
in 12., petit format, prix 6 liv. broché;
à Londres, & ſe trouve à Paris, chez
, Deſſaint & Saillant, Libraires , rue S.
Jean de Beauvais.
Nous donnerons dans le Mercure pro
chain un Extrait plus étendu de cet agréa
ble Recueil. -
-
PANÉGYRIQUEs des Saints, ſuivis
de réfléxions ſur l'Eloquence en géné
ral , & ſur celle de la Chaire en parti
-
A V R Ir. 1764:
I19
culier , ſeconde Edition, revue, corri
gée & augmentée de pluſieurs analyſes
d'Ouvrages d'Eloquence, ou ſur l'Elo
quence ; par M. l'Abbé Trublet, de l'A-
cadémie Françoiſe & de celle de Pruſſe,
Archidiacre & Chanoine de S. Malo ; à
Paris, chez Briaſſon, Libraire, rue S.
Jacques, à la Science; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764; deux vo
lumes in-12.
-
La première Edition fut publiée en un
ſeul volume, il y a huit ou neuf ans, &
eut du ſuccès. L'Auteur a fait très-peu de
changemens dans cette no'ivelle Edition
aux Pièces qui avoient paru dans la pre
mière; mais ill'a augmentée d'un volu
me, qui contient les Extraits que fai
ſoit M. l'Abbé Trublet, lorſqu'il travail
loit au Journal des Sçavans & au Jour
mal Chrétien. Ces Analyſes ſont faites
avec ſoin ; & ceux qui s'intéreſſent à ce
genre de travail, ſçauront gré à l'Au
teur de les avoir reſſemblées,
º
ZAïDE, ou la Comédienne Parvenue ;
avec cette Epigraphe : rara avis in ter
ris ; Juvenal. Satyr. 6; à Mimicopole,
1763 ; brochure in-12 ; on en trouve
des exemplaires chez Brocas & Humblot,
rue S. Jacques, au ChefS. Jean.
Dans ce Roman , on a eſſayé de met
'120 MERCURE DE FRANCE.
Tre en action le Vice & la Vertu , afin
de rendre plus ſenſible, par les ſuites
heureuſes ou funeſtes de l'un & de l'au
tre, la néceſſité de ne jamais balancer
dans le choix. On a peint une Actrice
chaſte & vertueuſe, parce qu'on croit
qu'il y en a de telles, & qu'il eſt utile de
détruire le préjugé contraire. On lira ce
petit volume de 15o pages avec plaiſir.
LETTRE à la Grecque; à l'Iſle de Te
nedos , & ſe trouve à Paris , chez Guil
lyn, Libraire, quai des Auguſtins, au
Lys d'or ; 1764 ; feuille in-12 de 24
| pages.
·
Cet Fcrit ironique & badin traite de
· la nouvelle Salle qui doit ſe faire pour
l'Opéra. On ſuppoſe qu'on en a donné
· un Projet; & ce Projet, qui n'eſt que
ſuppoſé , donne lieu à des plaiſanteries
dont tous les Lecteurs ne ſentiront peut.
• être pas toute la fineſſe.
AMUSEMENS à la Grecque, ou les
Soirées de la Halle, par un Ami de feu
Vadé, avec quélques Piéces détachées,
tant en proſe qu'en vers , du même Au
teur; à Athènes , dans le Tonneau de
Diogène ; & ſe vend à Paris, chez Cuiſ
ſart, Libraire , au milieu du Pont-au
Change,
A V R I L. 1764.
I2. 1
Change, à la Harpe ; 1764 ; brochure
in-12 d'environ 1oo pages.
- On a réuni ſous ce titre pluſieurs pe
tites Pièces de proſe & de vers ſur toutes
ſortes de Sujets. Les unes ſont dans le
goût Poiſſard ; les autres ſont écrites
rer avec les divers Ecrits de ce genre.
-
dans le ſtyle ordinaire. Il y a de la gaîté
dans quelques-unes qui peuvent figu
FoRMULEs de Médecine, latines &
françoiſes, pour le grand Hôtel - Dieu
de Lyon ; utiles aux Hôpitaux des Villes
& des Armées, aux jeunes Médecins,
Chirurgiens, Apoticaires, aux Perſon
nes charitables, & aux Habitans de la
Campagne; par Pierre Garnier ; nou
' velle Edition, revue, corrigée & conſi
dérablementaugmentée, par M. L. Gar
nier, Médecin ordinaire du Roi, Doc
teur en Médecine de l'Univerſité de
Montpellier , Doyen du Collége des
Médecins de Lyon , ancien Médecin de
l'Hôtel-Dieu , & Aſſocié honoraire de
l'Académie des Sciences & Belles-Let
tres de la même Ville ; à Paris , chez P.
F. Didot le jeune, Libraire, quai des
Auguſtins, à S. Auguſtin ; 1764; avec
approbation & privilége du Roi; un vol.
in 12. Prix, 2 liv. 1o ſ, relié.
II. Vol.
F
-
122 MERCURE DE FRANCE.
Les Editions multipliées de cet Ou
vrage ſont une preuve de ſon utilité ;
& le titre ſeul montre aſſez de quel uſa
ge il peut être pour une infinité de Per
ſonnes. Mais ce qu'il ne dit pas égale
ment, c'eſt que ce Livre eſt terminé par
un Dictionnaire ou Catalogue alphabé
tique contenant les noms des Drogues
ſimples ou compoſées, dont il eſt fait
mention dans § ; avec leurs
deſcriptions, leurs préparations, leurs
' vertus, & l'explication des termes de
Pharmacie qui y ſont répandus. Ce Dic
tionnaire eſt ſuivi d'une Table des Ma
ladies auxquelles les Formules peuvent
convenir.
- SERMoNs de Meſſire Jacques-Fran
çois-René de la Tour-du-Pin, Abbé
Commendataire de l'Abbaye de Notre
Dame d'Ambournai, Vicaire Général
de Riez, Prédicateur ordinaire du Roi,
de l'Académie des Sciences & Belles
Lettres de Nanci; à Paris, chez A. L.
Regnard, Imprimeur de l'Académie
Françoiſe, Grand'-Salle du Palais, &
rue baſſe des Urſins; avec Privilége du
Roi ; 1764 ; 2 vol. in-12.
Ces deux premiers volumes, où il n'y
a que des Panégyriques, ſeront ſuivis,
A V R I L. 1764.
F ij
123
de pluſieurs autres dans l'ordre ſuivant :
il paroîtra encore deux tomes d'Elo
ges de Saints dans le courant de cette
année. En 1765 , on délivrera les deux
derniers volumes de Panegyriques ,
après leſquels viendra en 1766 un tome
de Sujets particuliers, & celui de l'A-
vent prêché devant le Roi. En 1767 on
compte mettre au jour trois volumes
qui formeront un grand Carême : un
tome où ſeront recueillis différens Su
jets de Morale, deux tomes de Myſtè
res , & un des abrégés de tous les Ser
mons & Panégyriques, termineront en
1768 toute l'édition. Ainſi nous aurons
ſouvent occaſion d'entretenir le Public
de l'Eloquence de cet Auteur dans tous
les genres ; c'eſt pour cela que nous
nous contentons aujourd'hui de cette
ſimple annonce,
|.
DIscoURs prononcés en différentes
ſolemnités de piété ; par M. le Coutu
rier, Chanoine de l'Egliſe Royale de
S. Quentin, Prédicateur du Roi; à Pa
ris , chez Brocas & Humblot , Librai
res , rue S. Jacques , au-deſſus de la
rue des Mathurins , au Chef S. Jean ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi. Un vol. in-12. de 31o pages.
-
124 MERCURE DE FRANCE.
Ces diſcours ſont un Sermon pour
la Pentecôte, prêché devant le Roi, un
Panégyrique de S. Louis, à l'Académie
Françoiſe ; un autre de S. Corneille &
de S. Cyprien ; celui de S. Sulpice ;
un Difcours prononcé le jour d'une
centiéme année d'établiſſement de Re
ligieuſes à Compiegne, le Panégyrique
de Ste Eliſabeth, un Diſcours ſur l'eſ
prit de prière, & un autre prononcé dans
une Aſſemblée de charité. Une élo
quence ſimple & touchante caractériſe
les Diſcours de M. l'Abbé Couturier.
ÉLOGE de Maximilien de Bethune,
Duc de Sully, Surintendant des Finances
ſous Henri IV , qui a concouru
pour le Prix de l'Académie Françoſe de
la préſente année 1763; à Paris , chez
Delormel , Imprimeur de l'Académie.
Royale de Muſique, rue Foin, à l'Ima
ge de Ste Géneviéve; 1763, avec per
miſſion ; feuille in-8°. 24 pages.
Nous avons parlé des Diſcours qui
-
ont concouru l'année dernière pour le
A V R I L. 1764.
-
1 1 1
Prix de l'Académie Françoiſe ; celui-ci
ne nous a été envoyé que fort tard ,
ſans cela nous l'aurions annoncé avec
· ceux de Mlle Mazarelli & de M. Tho
mas qui ont attiré la principale atten
tion du Public.
• ExAMEN du Pſeautier François des
Révérends Pères Capucins , où l'on
trouve 1°. qu'ils ne doivent point pren- .
dre pour Sujet ordinaire des Pſeaumes,
les Juifs captifs & maltraités par les
Chaldéens ;2°. Qu'ils donnent une fauſ
ſe idée de la Langue Sainte, & qu'ils
en violent ſouvent les régles. Par le P.
Houbigeant , de l'Oratoire. A la Haye,
& ſe trouve à Paris, chez P. Fr. Di
dot le jeune, Libraire, quai des Auguſ
tins, près du Pont S. Michel ; 1764 ;
Brochure in-8°. de 154 pages.
Ce Titre n'annonce pas beaucoup de
ménagement pour les RR. PP. Capu
clns. Il y a apparence que cette eſpéce
de Manifeſte ou Déclaration de guerre
contre ces Révérends Pères, ne reſtera
pas ſans réponſe Si cette querelle a des
ſuites , & qu'elle nous paroiſſe aſſez im
portante pour que nous en faſſions part
au Public, nous entrerons dans le dé
tail des raiſons alléguées de part & d'au
fIC,
·
'r 12 MERCURE DE FRANCE.
RÉLATIoN abrégée de l'origine, des
progrès & de l'état actuel de la Société
établie à Londres en 1754 pour l'encoura
gement des Arts, des Manufactures & du .
Commerce; tirée des écrits originaux des
premiers Promoteurs de cet établiſſe
ment & d'autres Actes authentiques; par
un Membre de ladite Société : Ouvrage
traduit de l'Anglois avec des Notes pour
l'uſage & l'intelligence du Texte. A
Londres , & ſe trouve à Paris , chez
A. L. Regnard, Imprimeur de l'Acadé
mie Françoiſe , Grand'ſalle du Palais,&
rue baſſe des Urſins; 1764 ;. Brochure
in-8°. de 15o pages.
L'objet principal de cet Ouvrage eſt
de faire connoître les perſonnes géné
reuſes qui ont contribué à l'Etabliſſe
ment de cette Société , & de rendre
hommage à leur zéle. On y rapporte
une ſuite de faits qui font le plus grand
honneur aux Protecteurs illuſtres, qui
par leur généroſité & leur application ,
ont donné à cette entrepriſe la forme
qui ſéule pouvoit en aſſurer la ſolidité
& la durée. Le Texte Anglois ſe trouve à
· côté de la Traduction Françoiſe.
L'INCENDIE de la Foire S. Germain,
, & ſa nouvelle reconſtruction, Poëme
-
-
|
A V R I L. 1754.
1 13
en quatre Chants ; par M. De ***. A
Amſterdam , & ſe trouve à Paris chez
Langlois fils, Libraire , au bas de la
rue de la Harpe, à la Couronne d'Or ;
1764 ; in-8°. de 32 pages ; prix, 15 ſ.
L'Auteur nous apprend dans ſa Pré
face, qu'étant accouru à l'incendie , il
fut frappé du Spectacle ; & que ſon
imagination lui en rappellant les prin
cipaux traits , ils devinrent pour lui la
matière d'un Poëme, dont les quatre
premiers vers pourront donner une juſte
idée du talent poëtique de l'Auteur.
Je vais chanter l'incendie effroyable,
Dont l'ardeur prompte, autant qu'épouvanta
ble ,
-
Bravant l'effet de tout ſecours humain ,
En cendre a mis la Foire S. Germain.
DIscoURs philoſophique & moral,
en vers, à l'imitation de Juvenal; par
M. Rochon de Chabannes ; à Paris de
l'Imprimerie de Sébaſtien Jorry , rue
& vis-à-vis la Comédie Françoiſe , au
Grand Monarque & aux Cigognes ;
1764 ; avec approbation. In-8°. de 24
pages ; beau papier.
| L'Auteur peint vivement & forte
ment les défauts, les vices & les paſ
r14 MERCURE DE FRANCE.
ſions de l'homme, telles que la pro
digalité, l'ambition , l'avarice , l'or
gueil &c. L'Hiſtoire lui offre des exem
ples de tous les excès auxquels ſe livre
le cœur humain.
-
Aléxandre vainqueur de l'Aſie étonnée
N'a point encor rempli ſa triſte deſtinée.
Son cœur ambitieux vole au-delà des mers ;
Il cherche à conquérir un nouvel Univers.
Il étouffe à l'étroit dans l'enceinte du Monde.
Malheureux ! il eſt temps que le Ciel te confonde 2
Rentre dans Babylone ; un modeſte cercueil
Eſt tout ce que le ſort réſerve à ton orgueil.
Nous citons ces vers au hazard ; ce
ne ſont pas les meilleurs que nous ayons
trouvés dans cette Piéce, où il y en a
de très - bons.
•
'
LEs quatre Saiſons, Poëme de M.
le Bret ; avec cette Epigraphe : Nos
patriœ fines & dulcia linquimus arva ;
nos patriam fugimus. ... Virg. Ecl. I.
A Geneve, & ſe trouve à Paris chez
les Libraires qui diſtribuent les Nou
veautés, 1763 ; in-8°.
-
"
L'Auteur ſe donne pour un jeune
homme qui débute au Parnaſſe. Il igno
, roit ſans doute qu'une Muſe célébre
*
A V R I L. 1764.
1 1 ;
& brillante avoit traité le même Sujet
d'une manière à décourager nos meil
leurs Poëtes qui voudroient revenir ſur
cette riche & féconde matière. Parmi les
plaiſirs du Printemps voici ceux que l'on
goûte principalement à Paris.
On entend dans Paris l'aimable Bouquetière
Annoncer ſes bouquets au jeune Mouſquetaire.
La charmante Marmote a de nouveaux appas ;
Les Grâces & les Ris accompagnent ſes pas,
On la trouve partout jouant des ſérénades,
Tantôt dans les Caffés ou dans les Promenâdes,
Tantôt à la Courtille ou bien aux Porcherons,
Tantôt aux Boulevards ou dans les environs,
Toujours inattendue & toujours deſirée.
Après ſouper on va dans le Bois de Boulogne
Siffler le blanc Champagne & le rouge Bour
gogne ; &c.
-
· LE Gentilhomme Cultivateur , ou
Corps complet d'Agriculture , traduit
de l'Anglois de M. Hall, & tiré des
Auteurs qui ont le mieux écrit ſur cet
art; par M. Dupuy d'Emportes , de
l'Académie de Florence, & de la So
ciété Royale des Siences & Belles
Lettres de Nancy ; Tome VII & VIII.
in-quarto & in-12, à Paris chez Simon »
r 16 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur du Parlement, rue de la Har-,
pe, la veuve Durand , rue du Foin ,
Bauche , Quai des Auguſtins ; à Bor
deaux, chez Chappuis l'aîné; avec ap
probation & privilége du Roi ; I764.
Nous avons rendu compte autrefois
du plan , de l'objet & de l'utilité de
cet ouvrage très-bien éxécuté, & dont
la néceſſité eſt reconnue par tous les
Cultivateurs & les différéntes Sociétés
d'Agriculture. Les volumes que nous
annonçons aujourd'hui paroiſſent nou
vellement & ſont les deux derniers de
l'ouvrage qui eſt entièrement fini. Les
matières qu'ils renferment ne ſont pas
moins intéreſſantes que celles des vo
lumes précédens ; & nous félicitons
l'Auteur de s'être acquitté ſi glorieuſe
ment de cette utile & importante en
trepriſe.
· NoUvELLE Méthode Latine de M.
de Launay , en quatre volumes in-8°,
ſi facile qu'elle eſt à la portée d'un
enfant de 5 à 6 ans qui ſçait lire, &c.
z. On ſçait que ces quatre volumes ont
été propoſés par ſouſcription, moyen
nant 12 liv. quelle a été remplie; &
· que les volumes ont été fournis aux
Souſcripteurs. L'Auteur n'avoit pû don
A V R I L. 1764.
| 117
ner dans ces quatre premiers volumes,
que les deux premiers livres de Phédre,
& la premiere Satyre de Perſe, à cauſe
de la forme de ce travail. Depuis deux
ans , on demande avec inſtance la con
tinuation de cet Ouvrage, ſur les trois
derniers livres de Phèdre , & ſur les
cinq dernieres Satyres de Perſe. Et
c'eſt pour adhérer à ces ſollicitations,
que l'Auteur vient de diſtribuer depuis
quelques jours, un Proſpectus , qui
propoſe cette continuation , auſſi en 4
volumes in-8°, & par ſouſcription. On
aura, par ce moyen , tout Phédre, &
tout Perſe, accommodés dans le goût
du nouveau ſyſtême, ce qui forme un
Ouvrage plus conſidérable qu'on ne
penſe, & fort utile.
Conditions.
-
On donnera douze livres, pour ces
4 derniers volumes, en une ſeule fois,
· pour éviter les embarras qu'ont occa
ſionnés les différens payemens de la
première. Quand cette ſeconde ſouſ
cription ſera fermée, c'eſt-à-dire, lorſ
que le premier volume paroîtra, ce
qui ſera dans peu, ces 4 volumes ſeront
payés 18, comme les premiers, par ceux
qui n'auront pas ſouſcrit. A Paris ,
-
s E8 MERCURE DE FRANCE.
chez Panckoucke, Libraire , rue & at
tenant la Comédie Françoiſe , & chez
l'Auteur, dans le Cloître de Saint-Ger
main de l'Auxerrois, 1764.
· ÉLITE de Poëſies fugitives; dans la
quelle on a fait entrer tout ce que nos
Poëtes modernes ont compoſé de plus
parfait, les plus belles Odes, les Madri
aux , les Epîtres, les Epigrammes, &c.
es mieux faites depuis Rouſſeau, les
Eloges des Femmes de notre Siécle les
plus diſtinguées par leur naiſſance, leur
eſprit & leur beauté, & un très-grand
nombre de Pièces de Ferrand, la Faye ,
Fontenelle, M. de Voltaire, M. de Mon
crif, du C. de B***, & d'autres Au
· teurs, qui n'ont jamais été imprimées,
ou qui ne ſe trouvent pas dans le Re
cueil qu'on a fait de leurs Œuvres. 3 vol.
in 12., petit format, prix 6 liv. broché;
à Londres, & ſe trouve à Paris, chez
, Deſſaint & Saillant, Libraires , rue S.
Jean de Beauvais.
Nous donnerons dans le Mercure pro
chain un Extrait plus étendu de cet agréa
ble Recueil. -
-
PANÉGYRIQUEs des Saints, ſuivis
de réfléxions ſur l'Eloquence en géné
ral , & ſur celle de la Chaire en parti
-
A V R Ir. 1764:
I19
culier , ſeconde Edition, revue, corri
gée & augmentée de pluſieurs analyſes
d'Ouvrages d'Eloquence, ou ſur l'Elo
quence ; par M. l'Abbé Trublet, de l'A-
cadémie Françoiſe & de celle de Pruſſe,
Archidiacre & Chanoine de S. Malo ; à
Paris, chez Briaſſon, Libraire, rue S.
Jacques, à la Science; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764; deux vo
lumes in-12.
-
La première Edition fut publiée en un
ſeul volume, il y a huit ou neuf ans, &
eut du ſuccès. L'Auteur a fait très-peu de
changemens dans cette no'ivelle Edition
aux Pièces qui avoient paru dans la pre
mière; mais ill'a augmentée d'un volu
me, qui contient les Extraits que fai
ſoit M. l'Abbé Trublet, lorſqu'il travail
loit au Journal des Sçavans & au Jour
mal Chrétien. Ces Analyſes ſont faites
avec ſoin ; & ceux qui s'intéreſſent à ce
genre de travail, ſçauront gré à l'Au
teur de les avoir reſſemblées,
º
ZAïDE, ou la Comédienne Parvenue ;
avec cette Epigraphe : rara avis in ter
ris ; Juvenal. Satyr. 6; à Mimicopole,
1763 ; brochure in-12 ; on en trouve
des exemplaires chez Brocas & Humblot,
rue S. Jacques, au ChefS. Jean.
Dans ce Roman , on a eſſayé de met
'120 MERCURE DE FRANCE.
Tre en action le Vice & la Vertu , afin
de rendre plus ſenſible, par les ſuites
heureuſes ou funeſtes de l'un & de l'au
tre, la néceſſité de ne jamais balancer
dans le choix. On a peint une Actrice
chaſte & vertueuſe, parce qu'on croit
qu'il y en a de telles, & qu'il eſt utile de
détruire le préjugé contraire. On lira ce
petit volume de 15o pages avec plaiſir.
LETTRE à la Grecque; à l'Iſle de Te
nedos , & ſe trouve à Paris , chez Guil
lyn, Libraire, quai des Auguſtins, au
Lys d'or ; 1764 ; feuille in-12 de 24
| pages.
·
Cet Fcrit ironique & badin traite de
· la nouvelle Salle qui doit ſe faire pour
l'Opéra. On ſuppoſe qu'on en a donné
· un Projet; & ce Projet, qui n'eſt que
ſuppoſé , donne lieu à des plaiſanteries
dont tous les Lecteurs ne ſentiront peut.
• être pas toute la fineſſe.
AMUSEMENS à la Grecque, ou les
Soirées de la Halle, par un Ami de feu
Vadé, avec quélques Piéces détachées,
tant en proſe qu'en vers , du même Au
teur; à Athènes , dans le Tonneau de
Diogène ; & ſe vend à Paris, chez Cuiſ
ſart, Libraire , au milieu du Pont-au
Change,
A V R I L. 1764.
I2. 1
Change, à la Harpe ; 1764 ; brochure
in-12 d'environ 1oo pages.
- On a réuni ſous ce titre pluſieurs pe
tites Pièces de proſe & de vers ſur toutes
ſortes de Sujets. Les unes ſont dans le
goût Poiſſard ; les autres ſont écrites
rer avec les divers Ecrits de ce genre.
-
dans le ſtyle ordinaire. Il y a de la gaîté
dans quelques-unes qui peuvent figu
FoRMULEs de Médecine, latines &
françoiſes, pour le grand Hôtel - Dieu
de Lyon ; utiles aux Hôpitaux des Villes
& des Armées, aux jeunes Médecins,
Chirurgiens, Apoticaires, aux Perſon
nes charitables, & aux Habitans de la
Campagne; par Pierre Garnier ; nou
' velle Edition, revue, corrigée & conſi
dérablementaugmentée, par M. L. Gar
nier, Médecin ordinaire du Roi, Doc
teur en Médecine de l'Univerſité de
Montpellier , Doyen du Collége des
Médecins de Lyon , ancien Médecin de
l'Hôtel-Dieu , & Aſſocié honoraire de
l'Académie des Sciences & Belles-Let
tres de la même Ville ; à Paris , chez P.
F. Didot le jeune, Libraire, quai des
Auguſtins, à S. Auguſtin ; 1764; avec
approbation & privilége du Roi; un vol.
in 12. Prix, 2 liv. 1o ſ, relié.
II. Vol.
F
-
122 MERCURE DE FRANCE.
Les Editions multipliées de cet Ou
vrage ſont une preuve de ſon utilité ;
& le titre ſeul montre aſſez de quel uſa
ge il peut être pour une infinité de Per
ſonnes. Mais ce qu'il ne dit pas égale
ment, c'eſt que ce Livre eſt terminé par
un Dictionnaire ou Catalogue alphabé
tique contenant les noms des Drogues
ſimples ou compoſées, dont il eſt fait
mention dans § ; avec leurs
deſcriptions, leurs préparations, leurs
' vertus, & l'explication des termes de
Pharmacie qui y ſont répandus. Ce Dic
tionnaire eſt ſuivi d'une Table des Ma
ladies auxquelles les Formules peuvent
convenir.
- SERMoNs de Meſſire Jacques-Fran
çois-René de la Tour-du-Pin, Abbé
Commendataire de l'Abbaye de Notre
Dame d'Ambournai, Vicaire Général
de Riez, Prédicateur ordinaire du Roi,
de l'Académie des Sciences & Belles
Lettres de Nanci; à Paris, chez A. L.
Regnard, Imprimeur de l'Académie
Françoiſe, Grand'-Salle du Palais, &
rue baſſe des Urſins; avec Privilége du
Roi ; 1764 ; 2 vol. in-12.
Ces deux premiers volumes, où il n'y
a que des Panégyriques, ſeront ſuivis,
A V R I L. 1764.
F ij
123
de pluſieurs autres dans l'ordre ſuivant :
il paroîtra encore deux tomes d'Elo
ges de Saints dans le courant de cette
année. En 1765 , on délivrera les deux
derniers volumes de Panegyriques ,
après leſquels viendra en 1766 un tome
de Sujets particuliers, & celui de l'A-
vent prêché devant le Roi. En 1767 on
compte mettre au jour trois volumes
qui formeront un grand Carême : un
tome où ſeront recueillis différens Su
jets de Morale, deux tomes de Myſtè
res , & un des abrégés de tous les Ser
mons & Panégyriques, termineront en
1768 toute l'édition. Ainſi nous aurons
ſouvent occaſion d'entretenir le Public
de l'Eloquence de cet Auteur dans tous
les genres ; c'eſt pour cela que nous
nous contentons aujourd'hui de cette
ſimple annonce,
|.
DIscoURs prononcés en différentes
ſolemnités de piété ; par M. le Coutu
rier, Chanoine de l'Egliſe Royale de
S. Quentin, Prédicateur du Roi; à Pa
ris , chez Brocas & Humblot , Librai
res , rue S. Jacques , au-deſſus de la
rue des Mathurins , au Chef S. Jean ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi. Un vol. in-12. de 31o pages.
-
124 MERCURE DE FRANCE.
Ces diſcours ſont un Sermon pour
la Pentecôte, prêché devant le Roi, un
Panégyrique de S. Louis, à l'Académie
Françoiſe ; un autre de S. Corneille &
de S. Cyprien ; celui de S. Sulpice ;
un Difcours prononcé le jour d'une
centiéme année d'établiſſement de Re
ligieuſes à Compiegne, le Panégyrique
de Ste Eliſabeth, un Diſcours ſur l'eſ
prit de prière, & un autre prononcé dans
une Aſſemblée de charité. Une élo
quence ſimple & touchante caractériſe
les Diſcours de M. l'Abbé Couturier.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
En 1763, plusieurs ouvrages notables ont été publiés. Parmi eux, 'Éloge de Maximilien de Béthune, Duc de Sully' a participé au concours du Prix de l'Académie Française. 'Examen du Psautier Français des Révérends Pères Capucins' critique la traduction des Psaumes réalisée par les Capucins. La 'Relation abrégée de l'origine, des progrès et de l'état actuel de la Société établie à Londres en 1754' détaille les contributions des fondateurs de cette société. Le poème 'L'Incendie de la Foire Saint-Germain' narre un incendie et sa reconstruction. Le 'Discours philosophique et moral' de M. Rochon de Chabannes aborde les défauts humains. 'Les quatre Saisons' de M. le Bret décrit les plaisirs du printemps à Paris. Enfin, 'Le Gentilhomme Cultivateur' est une traduction d'un ouvrage anglais sur l'agriculture. En avril 1764, les tomes VII et VIII de la Société Royale des Sciences et Belles Lettres de Nancy ont été publiés, appréciés pour leur utilité auprès des cultivateurs. Le 'Mercure de France' annonce la 'Nouvelle Méthode Latine' de M. de Launay destinée aux enfants. D'autres publications incluent 'Élite de Poësies fugitives', 'Panégyriques des Saints' de l'Abbé Trublet, 'Zaïde, ou la Comédienne Parvenue', 'Lettre à la Grecque', et 'Amusemens à la Grecque, ou les Soirées de la Halle'. Parmi les ouvrages de 1764, un recueil de pièces de prose et de vers sur divers sujets, incluant des formules de médecine, a été édité par Pierre Garnier et publié par P. F. Didot. Une collection de sermons de Messire Jacques-François-René de la Tour-du-Pin, prédicateur du Roi, a été publiée par A. L. Regnard. Enfin, un recueil de discours de M. le Couturier, chanoine et prédicateur du Roi, a été publié par Brocas & Humblot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10952
p. 124-125
« DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
Début :
DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
DE l'imitation théâtrale , Eſſai tiré
des Dialogues de Platon; par M. J. J.
Rouſſeau de Genêve. A Amſterdam ,
chez Marc-Miehel Rey , & ſe trouve
à Paris , chez Ducheſne , rue S. Jac
ques , au Temple du Goût ; in-8°. de
48 pages. -
Ce petit Ecrit n'eſt qu'une eſpéce
d'Extrait de divers endroits où Platon
traite de l'imitation théâtrale. M. Rouſ
ſeau les a raſſemblés & liés dans la for
me d'un Diſcours ſuivi , au lieu de
celle du Dialogue qu'ils ont dans l'Ori
inal. L'occaſion de ce travail fut la
§ à M. d'Alembert ſur les Specta
cles ; mais n'ayant pû commodément
A V R I L. 1764. I2.5
l'y faire entrer , on l'a imprimé ſépa
rément.
des Dialogues de Platon; par M. J. J.
Rouſſeau de Genêve. A Amſterdam ,
chez Marc-Miehel Rey , & ſe trouve
à Paris , chez Ducheſne , rue S. Jac
ques , au Temple du Goût ; in-8°. de
48 pages. -
Ce petit Ecrit n'eſt qu'une eſpéce
d'Extrait de divers endroits où Platon
traite de l'imitation théâtrale. M. Rouſ
ſeau les a raſſemblés & liés dans la for
me d'un Diſcours ſuivi , au lieu de
celle du Dialogue qu'ils ont dans l'Ori
inal. L'occaſion de ce travail fut la
§ à M. d'Alembert ſur les Specta
cles ; mais n'ayant pû commodément
A V R I L. 1764. I2.5
l'y faire entrer , on l'a imprimé ſépa
rément.
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Résumé : « DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
L'essai 'De l'imitation théâtrale' de Jean-Jacques Rousseau, publié à Amsterdam et Paris, compile des extraits des dialogues de Platon sur l'imitation théâtrale en un discours continu. Motivé par une réponse à l'article de D'Alembert sur les spectacles, cet ouvrage de 48 pages en format in-octavo a été publié séparément.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10953
p. 125-126
« ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir pour toutes sortes de [...] »
Début :
ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir pour toutes sortes de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir pour toutes sortes de [...] »
ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir
pour toutes sortes de
perſonnes ; où l'on traite de la conſ
truction , des eſcaliers, des devis , du
toiſé des bâtimens , des us & coutu
mes, de la diſtribution; par Charles
Antoine Jombert ,
42 liv. relié.
Libraire , à Paris,
rue Dauphine ; deux volumes in-4° ,
grand papier, avec plus de 15o plan
ches. Nouvelle édition conſidérable
ment augmentée ; 1764. Le prix eſt de
-
· Le même Libraire pour faciliter aux
jeunes Artiſtes l'acquiſition des princi
paux livres élémentaires ſur l'Architec
ture, travaille actuellement à une Bi
bliothéque portative d'Architecture élé
mentaire , § en fix volumes in-8°,
grand papier,avec environ 35o planches
contenant les Traités ſuivans.
-
1 °. Les
5 ordres de Vignole : 2°. l'Architecture
de Palladio : 3° les Œuvres d'Archi
teclure de Vincent Scamozzi : 4°. le
parallèle d'Architecture de M. de Cham
·bray : 5°. les élémens généraux de
l'Architecture, Peinture , Sculpture &
Gravure : 6°, le manuel des Artiſtes ,
F iij
x26 MERCURE DE FRANCE.
ou Dictionnaire abrégé des termes ré--
latifs à l'Architecture,Peinture,Sculpture
& Gravure , &c. Chacun de ces Ou
vrages ſe vendra ſéparément 7 livres
relié. Les trois premiers ſont achevés
d'imprimer, & les trois autres paroî
tront ſucceſſivement dans le courant
de cette année.
On diſtribue chez le même Libraire,
un Catalogue très-ample de toutes les
Planches d'Architeéture des Palais »
Hôtels , Egliſes & Maiſons de Paris,
Verſailles &c ,
qu'il vend en détail ,
& de tous les Livres d'Architecture de
ſon fond, qui eſt prèſque l'unique pour
cet objet.
pour toutes sortes de
perſonnes ; où l'on traite de la conſ
truction , des eſcaliers, des devis , du
toiſé des bâtimens , des us & coutu
mes, de la diſtribution; par Charles
Antoine Jombert ,
42 liv. relié.
Libraire , à Paris,
rue Dauphine ; deux volumes in-4° ,
grand papier, avec plus de 15o plan
ches. Nouvelle édition conſidérable
ment augmentée ; 1764. Le prix eſt de
-
· Le même Libraire pour faciliter aux
jeunes Artiſtes l'acquiſition des princi
paux livres élémentaires ſur l'Architec
ture, travaille actuellement à une Bi
bliothéque portative d'Architecture élé
mentaire , § en fix volumes in-8°,
grand papier,avec environ 35o planches
contenant les Traités ſuivans.
-
1 °. Les
5 ordres de Vignole : 2°. l'Architecture
de Palladio : 3° les Œuvres d'Archi
teclure de Vincent Scamozzi : 4°. le
parallèle d'Architecture de M. de Cham
·bray : 5°. les élémens généraux de
l'Architecture, Peinture , Sculpture &
Gravure : 6°, le manuel des Artiſtes ,
F iij
x26 MERCURE DE FRANCE.
ou Dictionnaire abrégé des termes ré--
latifs à l'Architecture,Peinture,Sculpture
& Gravure , &c. Chacun de ces Ou
vrages ſe vendra ſéparément 7 livres
relié. Les trois premiers ſont achevés
d'imprimer, & les trois autres paroî
tront ſucceſſivement dans le courant
de cette année.
On diſtribue chez le même Libraire,
un Catalogue très-ample de toutes les
Planches d'Architeéture des Palais »
Hôtels , Egliſes & Maiſons de Paris,
Verſailles &c ,
qu'il vend en détail ,
& de tous les Livres d'Architecture de
ſon fond, qui eſt prèſque l'unique pour
cet objet.
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Résumé : « ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir pour toutes sortes de [...] »
Le document présente 'Architecture moderne, ou l'art de bien bâtir', une œuvre de Charles Antoine Jombert publiée en 1764. Cet ouvrage, composé de 42 livres reliés et plus de 150 planches, aborde divers aspects de la construction, y compris les escaliers, les devis, le toisé des bâtiments, les usages et coutumes, ainsi que la distribution architecturale. Il est disponible chez un libraire à Paris, rue Dauphine. Le libraire prépare également une 'Bibliothèque portative d'Architecture élémentaire' en six volumes in-8°, comprenant environ 350 planches. Cette collection inclut plusieurs traités : 'Les 5 ordres de Vignole', 'L'Architecture de Palladio', 'Les Œuvres d'Architecture de Vincent Scamozzi', 'Le parallèle d'Architecture de M. de Chambray', 'Les éléments généraux de l'Architecture, Peinture, Sculpture & Gravure', et 'Le manuel des Artistes'. Chaque ouvrage sera vendu séparément au prix de 7 livres relié. Les trois premiers volumes sont déjà imprimés, les trois autres le seront au cours de l'année. Le libraire propose aussi un catalogue détaillé des planches d'architecture de divers bâtiments à Paris et Versailles, ainsi qu'une large sélection de livres sur l'architecture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10954
p. 126-128
« FABLES de la Fontaine, gravées en taille-douce ; les figures, par le Sieur [...] »
Début :
FABLES de la Fontaine, gravées en taille-douce ; les figures, par le Sieur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « FABLES de la Fontaine, gravées en taille-douce ; les figures, par le Sieur [...] »
FABLES de la Fontaine, gravées en
taille-douce ; les figures, par le Sieur
JFeſſard, Graveur du Roi & de ſa Bi
bliothéque ; le Diſcourg , par ie Sieur.
Monthulay, propoſées par ſouſcription.
Le Sieur Feſſard , occupé du grand
projet de la gravure des Tableaux du
Cabinet du Roi, comblé des bontés de
Sa Majeſté qui vient de lui accorder une
gratification de deux mille livres par
chaque planche dépoſée dans ſon Cabi
net, & de ſix cens exemplaires , a cru
ne pouvoir mieux témoigner ſà reconr
-
A V R I L. 1764.
127
1moiſſance , qu'en conſacrant ſes loiſirs
aux Enfans de France , & en gravant
pour eux des Fables, autant faites pour
les inſtruire que pour les amuſer. C'eſt
pour remplir ces vues,qu'il a choiſi MM.
Loutherbourg , Monnet & le Prince ,
dont les talens connus & eſtimés font
attendre avec raiſon, de leur précifion
& de leur touche délicate, ce vif inté
rêt qu'ils jetteront dans les figures, les
animaux & les ſites des payſages, dont
eſt très-ſuſceptible un Ouvrage de 25o
Sujets , & d'environ 5oo fleurons &
cul-de-lampes. Cet Ouvrage étant deſti
né aux Enfans de France , ſera orné
d'une Dédicace qui repréſentera leurs
portraits en médaillon. Comme les oc
cupations du Sº Feſſard ne lui permettent
pas de tenir un commerce ouvert, il'ne
peut recevoir les Amateurs à ſon atelier,
qui eſt à la Bibliothéque du Roi, rue de
Richelieu , que les Mardi & Vendredi ,
jours de Bibliothéque,depuis dix heures
du matin juſqu'à une heure.
Conditions.
-
Cet Ouvrage contiendra quatre volu
mes , & ſera dans le format de la der
nière édition des Contes du mêmes Au
teur. En ſouſcrivant on paiera 12 l. pour
F iV
/
-
*-
128 MERCURE DE FRANCE.
les plus belles épreuves ſur beau papier
· de Hollande, & l'on recevra gratis le
premier volume au premier Juillet 1764.
En recevant le ſecond volume au pre
mier Janvier 1765 , on paiera 12 l. En
recevant le troiſiéme volume au premier
· Juillet 1765 , il ſera payé 12 l. Et en
retirant le quatriéme & dernier volume
au premier Janvier 1766 , on donnera
| 12 l. Ce qui fera en toût 48 I. Au lieu de
: 12 l. on ne paiera que 9 l. par volume,
& dans les mêmes termes, ce qui fera
36 l. pour la même édition en beau pa
pier de France. On a commencé à ſouſ
crire au 1 Janvier 1764 ; on pourra de
mander à voir le commencement de
l'Ouvrage chez M. Leviés, Graveur &
Md d'Eſtampes, rue S. André-des-Arcs,
·vis-à-vis l'Hôtel de Châteauvieux ; chez
M. Topin, Marchand d'Eſtampes, rue
de Buſſy , au coin de celle de Bourbon
le-Château ; chez Laurent-Prault, Li
braire , Quai des Auguſtins , au coin de
la rue Giſt-le-Cœur, à la Source des
Sciences; & dans la maiſon de Pierre
Remy, ancien Syndic de la Commu
nauté des Peintres de S. Luc, rue Pou
pée, la ſeconde porte cochere à gauche,
en entrant par la rue Haute-Feuille.
taille-douce ; les figures, par le Sieur
JFeſſard, Graveur du Roi & de ſa Bi
bliothéque ; le Diſcourg , par ie Sieur.
Monthulay, propoſées par ſouſcription.
Le Sieur Feſſard , occupé du grand
projet de la gravure des Tableaux du
Cabinet du Roi, comblé des bontés de
Sa Majeſté qui vient de lui accorder une
gratification de deux mille livres par
chaque planche dépoſée dans ſon Cabi
net, & de ſix cens exemplaires , a cru
ne pouvoir mieux témoigner ſà reconr
-
A V R I L. 1764.
127
1moiſſance , qu'en conſacrant ſes loiſirs
aux Enfans de France , & en gravant
pour eux des Fables, autant faites pour
les inſtruire que pour les amuſer. C'eſt
pour remplir ces vues,qu'il a choiſi MM.
Loutherbourg , Monnet & le Prince ,
dont les talens connus & eſtimés font
attendre avec raiſon, de leur précifion
& de leur touche délicate, ce vif inté
rêt qu'ils jetteront dans les figures, les
animaux & les ſites des payſages, dont
eſt très-ſuſceptible un Ouvrage de 25o
Sujets , & d'environ 5oo fleurons &
cul-de-lampes. Cet Ouvrage étant deſti
né aux Enfans de France , ſera orné
d'une Dédicace qui repréſentera leurs
portraits en médaillon. Comme les oc
cupations du Sº Feſſard ne lui permettent
pas de tenir un commerce ouvert, il'ne
peut recevoir les Amateurs à ſon atelier,
qui eſt à la Bibliothéque du Roi, rue de
Richelieu , que les Mardi & Vendredi ,
jours de Bibliothéque,depuis dix heures
du matin juſqu'à une heure.
Conditions.
-
Cet Ouvrage contiendra quatre volu
mes , & ſera dans le format de la der
nière édition des Contes du mêmes Au
teur. En ſouſcrivant on paiera 12 l. pour
F iV
/
-
*-
128 MERCURE DE FRANCE.
les plus belles épreuves ſur beau papier
· de Hollande, & l'on recevra gratis le
premier volume au premier Juillet 1764.
En recevant le ſecond volume au pre
mier Janvier 1765 , on paiera 12 l. En
recevant le troiſiéme volume au premier
· Juillet 1765 , il ſera payé 12 l. Et en
retirant le quatriéme & dernier volume
au premier Janvier 1766 , on donnera
| 12 l. Ce qui fera en toût 48 I. Au lieu de
: 12 l. on ne paiera que 9 l. par volume,
& dans les mêmes termes, ce qui fera
36 l. pour la même édition en beau pa
pier de France. On a commencé à ſouſ
crire au 1 Janvier 1764 ; on pourra de
mander à voir le commencement de
l'Ouvrage chez M. Leviés, Graveur &
Md d'Eſtampes, rue S. André-des-Arcs,
·vis-à-vis l'Hôtel de Châteauvieux ; chez
M. Topin, Marchand d'Eſtampes, rue
de Buſſy , au coin de celle de Bourbon
le-Château ; chez Laurent-Prault, Li
braire , Quai des Auguſtins , au coin de
la rue Giſt-le-Cœur, à la Source des
Sciences; & dans la maiſon de Pierre
Remy, ancien Syndic de la Commu
nauté des Peintres de S. Luc, rue Pou
pée, la ſeconde porte cochere à gauche,
en entrant par la rue Haute-Feuille.
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Résumé : « FABLES de la Fontaine, gravées en taille-douce ; les figures, par le Sieur [...] »
Le texte annonce la publication des 'Fables de la Fontaine' illustrées par le Sieur Fessard, graveur du Roi. Ce projet, soutenu par une gratification royale, vise à instruire et divertir les enfants de France. Les illustrations seront réalisées par MM. Loutherbourg, Monnet et le Prince. L'ouvrage comportera environ 250 sujets et 500 fleurons et cul-de-lampes, et sera dédié aux enfants de France avec leurs portraits en médaillon. Il sera publié en quatre volumes, au format de la dernière édition des Contes de La Fontaine. Les souscripteurs peuvent choisir entre deux options de paiement : 48 livres pour les plus belles épreuves sur papier de Hollande, avec le premier volume offert au 1er juillet 1764, ou 36 livres pour une édition sur papier de France. Les paiements suivants sont prévus au 1er janvier 1765, 1er juillet 1765, et 1er janvier 1766. Les souscriptions ont commencé le 1er janvier 1764 et peuvent être demandées auprès de plusieurs libraires et graveurs mentionnés. Le Sieur Fessard reçoit les amateurs à son atelier à la Bibliothèque du Roi, rue de Richelieu, les mardis et vendredis de 10 heures à 13 heures.
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10955
p. 129-132
« RÉFLEXIONS Politiques & Morales sur les Hommes illustres de Plutarque, [...] »
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RÉFLEXIONS Politiques & Morales sur les Hommes illustres de Plutarque, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « RÉFLEXIONS Politiques & Morales sur les Hommes illustres de Plutarque, [...] »
RÉFLEXIONS Politiques & Morales
sur les Hommes illustres de Plutarque,
précédées d'un abrégé de
leurs vies extraites du même Auteur ;
à Paris chez, A. L. Regnard, Libraire
Imprimeur de l'Académie Françoiſe ;
Grand'-Salle du Palais , & rue baſſe
des Urſins ; 1764 ; avec approbation
& privilége du Roi. 4 volumes in-12.
L'Auteur, qui ne ſe nomme pas,
rend ainſi compte de ſon travail : » en
» liſant la première de ces
vies, il
» me vint dans l'eſprit une réfléxion ;
» je l'écrivis.A celle-là en ſuccéda une
» autre ; je l'écrivis de même : je con
» tinuai ſans aucun deſſein. J'apperçus
» à la fin par le volume, que j'avois
» fait un ouvrage tel quel . ... Ce
» n'étoient que des réfléxions ; il me
» parut ſec. J'y ajoutai les
faits de
» chaque vie qui avoient donné lieu à
» mes remarques ;
il me ſembla que
» c'étoit un ouvrage tronqué. Enfin
» je ſongeai qu'Amiot étoit ſi vieux ,
s » qu'il en devenoit dégoutant ; cette
» penſée m'a fait
prendre le par
» ti de donner un extrait de chacune
»s des vies des Hommes illuſtres ; d'y
» mêler quelques réfléxions ſuccinctes
» & de renvoyer à des chapitres ſé
F v
13o MERCURE DE FRANCE.
» parés, celles qui auroient trop in --
» terrompu la narration.... En abré
» geant ces vies autant qu'il m'a été
» poſſible , j'ai tâché cependant de ne
» rien omettre de ce qui pouvoit con
» tribuer à peindre le caractère de
» l'homme illuſtre, les mœurs de ſon
» ſiécle, & donner une notion du gros.
» de l'hiſtoire de ſon temps . ... Com
» me je ne ſuis point aſſez mal-aviſé
» pour faire des parallèles après Plu--
» tarque, j'ai ſéparé les Grecs des Ro
» mains ;
j'ai rangé les Grecs dans
» leur ordre chronologique , & les
» Romains de même après ceux-là.-
» Ce nouvel arrangement forme com
» me deux grands tableaux de la Gréce
» & de Rome.. .. J'ai donné à plu
» ſieurs chapitres le titre d'une matière ; .
» j'avertis que je n'ai point prétendu la
» traiter , mais uniquement faire part
» des réfléxions que la lecture m'a ſug
a» gerees.
Nous n'aurions pu rien dire, qui don
- nât de ce Livre une idée plus fidelle &
plus exacte.
-
LA V I E du Cardinal de Bérulle ,
#Fondateur de la Congrégation de l'O-
ratoire en France ;, avec cette Epigra
A V R I L. 1764.
13r
phe : Vivo autem jam non ego , vivie
verò in me Chriſtus. S. P. ad Gal. cap.
2.A Paris , chez Nyon , Libraire, quai
des Auguſtins , à l'Occaſion ; 1764 ;
avec approbation & privilége du Roi ;
un vol. in-12.
· On ne trouve dans les Auteurs qui
juſqu'ici ont écrit l'hiſtoire du Cardi
nal de Bérulle, que des digreſſions &
des éloges dont la confufion obſcurcit
les faits & fatigue les Lecteurs. Le nou
vel Hiſtorien a écarté ces nuages ; & ne
voulant nous montrer ſon héros que
ſous le point de vue qui l'a rendu cher
· à l'Egliſe, il s'eſt plus attaché à repré
ſenter M. de Bérulle comme un Prêtre
uniquement animé de l'eſprit ſacerdotal,
qu'à rafſembler des anecdotes qui ne
fatisfont que la curioſité.
DE l'Inſtitution publique,ou plan d'é-
tudes; par M R.D.B. avec cette Epigra
phe:quo ſemel eſt imbuta recens ſervabit
odorem teſta diù. Hor. lib. Epiſt. 1 s. A.
Pijon, chez Louis Hucherot,'Imprimeur
Libraire , place du Palais : avec per
miſſion ; feuille in-8°.
On blâme dans cet écrit l'ancienne
éducation queles jeunes gens recevoient
dans les Colléges des Jéſuites ; on gro
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
poſe un plan tout différent de celui de la
Société ; & ce plan qui peut avoir ſes
avantages & ſes inconvéniens, doit être
lu dans l'ouvrage même.
sur les Hommes illustres de Plutarque,
précédées d'un abrégé de
leurs vies extraites du même Auteur ;
à Paris chez, A. L. Regnard, Libraire
Imprimeur de l'Académie Françoiſe ;
Grand'-Salle du Palais , & rue baſſe
des Urſins ; 1764 ; avec approbation
& privilége du Roi. 4 volumes in-12.
L'Auteur, qui ne ſe nomme pas,
rend ainſi compte de ſon travail : » en
» liſant la première de ces
vies, il
» me vint dans l'eſprit une réfléxion ;
» je l'écrivis.A celle-là en ſuccéda une
» autre ; je l'écrivis de même : je con
» tinuai ſans aucun deſſein. J'apperçus
» à la fin par le volume, que j'avois
» fait un ouvrage tel quel . ... Ce
» n'étoient que des réfléxions ; il me
» parut ſec. J'y ajoutai les
faits de
» chaque vie qui avoient donné lieu à
» mes remarques ;
il me ſembla que
» c'étoit un ouvrage tronqué. Enfin
» je ſongeai qu'Amiot étoit ſi vieux ,
s » qu'il en devenoit dégoutant ; cette
» penſée m'a fait
prendre le par
» ti de donner un extrait de chacune
»s des vies des Hommes illuſtres ; d'y
» mêler quelques réfléxions ſuccinctes
» & de renvoyer à des chapitres ſé
F v
13o MERCURE DE FRANCE.
» parés, celles qui auroient trop in --
» terrompu la narration.... En abré
» geant ces vies autant qu'il m'a été
» poſſible , j'ai tâché cependant de ne
» rien omettre de ce qui pouvoit con
» tribuer à peindre le caractère de
» l'homme illuſtre, les mœurs de ſon
» ſiécle, & donner une notion du gros.
» de l'hiſtoire de ſon temps . ... Com
» me je ne ſuis point aſſez mal-aviſé
» pour faire des parallèles après Plu--
» tarque, j'ai ſéparé les Grecs des Ro
» mains ;
j'ai rangé les Grecs dans
» leur ordre chronologique , & les
» Romains de même après ceux-là.-
» Ce nouvel arrangement forme com
» me deux grands tableaux de la Gréce
» & de Rome.. .. J'ai donné à plu
» ſieurs chapitres le titre d'une matière ; .
» j'avertis que je n'ai point prétendu la
» traiter , mais uniquement faire part
» des réfléxions que la lecture m'a ſug
a» gerees.
Nous n'aurions pu rien dire, qui don
- nât de ce Livre une idée plus fidelle &
plus exacte.
-
LA V I E du Cardinal de Bérulle ,
#Fondateur de la Congrégation de l'O-
ratoire en France ;, avec cette Epigra
A V R I L. 1764.
13r
phe : Vivo autem jam non ego , vivie
verò in me Chriſtus. S. P. ad Gal. cap.
2.A Paris , chez Nyon , Libraire, quai
des Auguſtins , à l'Occaſion ; 1764 ;
avec approbation & privilége du Roi ;
un vol. in-12.
· On ne trouve dans les Auteurs qui
juſqu'ici ont écrit l'hiſtoire du Cardi
nal de Bérulle, que des digreſſions &
des éloges dont la confufion obſcurcit
les faits & fatigue les Lecteurs. Le nou
vel Hiſtorien a écarté ces nuages ; & ne
voulant nous montrer ſon héros que
ſous le point de vue qui l'a rendu cher
· à l'Egliſe, il s'eſt plus attaché à repré
ſenter M. de Bérulle comme un Prêtre
uniquement animé de l'eſprit ſacerdotal,
qu'à rafſembler des anecdotes qui ne
fatisfont que la curioſité.
DE l'Inſtitution publique,ou plan d'é-
tudes; par M R.D.B. avec cette Epigra
phe:quo ſemel eſt imbuta recens ſervabit
odorem teſta diù. Hor. lib. Epiſt. 1 s. A.
Pijon, chez Louis Hucherot,'Imprimeur
Libraire , place du Palais : avec per
miſſion ; feuille in-8°.
On blâme dans cet écrit l'ancienne
éducation queles jeunes gens recevoient
dans les Colléges des Jéſuites ; on gro
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
poſe un plan tout différent de celui de la
Société ; & ce plan qui peut avoir ſes
avantages & ſes inconvéniens, doit être
lu dans l'ouvrage même.
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Résumé : « RÉFLEXIONS Politiques & Morales sur les Hommes illustres de Plutarque, [...] »
En 1764, trois ouvrages notables ont été publiés. Le premier, anonyme, reflète sur les 'Hommes illustres' de Plutarque. L'auteur intègre des faits pertinents et des extraits des vies pour enrichir le contenu, organisant les vies des Grecs et des Romains séparément et chronologiquement. Il vise à partager ses réflexions sans approfondir les matières. Le deuxième ouvrage est une biographie du Cardinal de Bérulle, fondateur de la Congrégation de l'Oratoire en France. Contrairement à d'autres biographes, cet historien se concentre sur le rôle sacerdotal de Bérulle, évitant les digressions. Le troisième ouvrage, 'De l'Institution publique, ou plan d'études', critique l'éducation jésuite et propose un nouveau plan éducatif, discutant de ses avantages et inconvénients.
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10956
p. 132-135
« MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans [...] »
Début :
MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans [...]
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texteReconnaissance textuelle : « MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans [...] »
MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux
par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans
nom d'Auteur, ni de Ville , ni de Li
braire.
:
Le but de ce Mémoire eſt de mon
trer l'avantage qu'il y auroit à employer
des Bœufs au lieu de Chevaux, pour
tirer les Bateaux. Il s'eſt formé pour cette
· entrepriſe, une† dans laquelle
peuvent entrer les perſonnes qui déſire
ront y acheter des actions. Voici les
principaux articles qui s'obſerveront ,
après néanmoins qu'ils auront été approu
vés par le Comité lorſqu'il ſera formé.
PREMIER ARTICLE. Le fond de la
Société ſera de 3oo actions de 1ooo
liv. chacune , ce qui formera un fond
de 3oo mille liv.
-
ART. II. Toutes les actions ſeront
imprimées, numérotées & délivrées au
Porteur ſans nom ; elles ſeront enregiſ
trées ſur les regiſtres du Directeur &
du Caiſſier, & le nom du Propriétaire
mis à côté de chacune ; ce qui rendra
ces regiſtres un titre de plus pour les
Actionnaires : en conſéquence il en ſera
·
· A V R I L. 1764.
133
dépoſé un duplicata chez le Notaire de
la Compagnie.
ART. III. L'action ſera héréditaire &
commerçable , après néanmoins que la
préférence en aura été offerte à la Com
pagn1e.
ART. IV. Tout Acquéreur de ces ac
tions ſera tenu , dans le mois de ſon ac
quiſition, de ſe faire connoître de la
Compagnie, en préſentant aux Direc
teur & Caiſſier , ſon action & le ſous
ſeing privé, ou acte par lequel il en
ſera devenu Propriétaire, pour que ſon
nom ſoit ſubſtitué à celui de ſon ven
deur. On ſent qu'avec cette précaution,
on ne peut courir le riſque de perdre
fon intérêt, ni d'en être volé.
ART. V. Pour avoir voix délibérati
ve, il faudra être Propriétaire de dix ac
tions, ou repréſentant les intéreſſés de
dix actions. Par conſéquent celui qui
ne ſera pas Propriétaire de ce nombre,
ne pourra exiger que la repréſentation
des comptes, qui ſeront arrêtés tous les
ans par les Actionnaires ayant voix dé
libérative.
ART. VI. Ceux qui voudront s'inté
.reſſer , porteront la ſomme qu'ils veu
lent y mettre, chez M° Baron le jeu
ne, Notaire, rue de Condé, ou chez
·
-
»34 MERCURE DE FRANCE.
M. Rouſſelle, Caiſſier de cette entrepriſe
& de la Poſte de Paris, place du Che
valier du Guet. Ils tireront une recon
noiſſance en portant leur argent ; & »
lorſque le nombre deſdites actions ſera
rempli, l'acte de Société ſera paſſé par
devant Notaire, & fe Caiſſier délivrera
les actions, en lui rapportant les recon
noiſſances : & l'intérêt dans l'affaire
commencera pour chacun du jour du
dépôt de l'argent.
ART. VII. Il ſera tenu tous les mois
une Aſſemblée générale, & deux Comi
tés par ſemaine, pour délibérer ſur les
affaires inſtantes. Les intéreſſés, deſtinés
au travail de ces deux Comités , ſeront
choiſis & nommés dans les Aſſemblées
générales.
ART. VIII. Toutes les affaires con
fidérables ſeront décidées par des délibé
rations de l'Aſſemblée générale , à la
pluralité des voix : il ne ſera pas même ex
pédié d'ordres importans, qui ne ſoient
fignés du plus grand nombre de ceux
qui compoſeront le Comité.
ART. IX. Les comptes ſe rendrontan
nuellement dans une Aſſemblée généra
le ; & la répartition des profits ſera faite
au prorata de la miſe.
ART. X. Auſſi-tôt que le nombre des
A V R I L. 17é4.
135
actions ſera rempli , & l'acte de Société
dreſſé, on formera une Aſſemblée gé
nérale, à laquelle on préſentera le plan de
Régie qu'on a formé, les différentes
meſures qu'on a priſes pour mettre l'or
dre dans une opération d'un auſſi grand
détail, & enfin les ſujets qui ont contri
bué juſqu'ici à ſon exécution
par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans
nom d'Auteur, ni de Ville , ni de Li
braire.
:
Le but de ce Mémoire eſt de mon
trer l'avantage qu'il y auroit à employer
des Bœufs au lieu de Chevaux, pour
tirer les Bateaux. Il s'eſt formé pour cette
· entrepriſe, une† dans laquelle
peuvent entrer les perſonnes qui déſire
ront y acheter des actions. Voici les
principaux articles qui s'obſerveront ,
après néanmoins qu'ils auront été approu
vés par le Comité lorſqu'il ſera formé.
PREMIER ARTICLE. Le fond de la
Société ſera de 3oo actions de 1ooo
liv. chacune , ce qui formera un fond
de 3oo mille liv.
-
ART. II. Toutes les actions ſeront
imprimées, numérotées & délivrées au
Porteur ſans nom ; elles ſeront enregiſ
trées ſur les regiſtres du Directeur &
du Caiſſier, & le nom du Propriétaire
mis à côté de chacune ; ce qui rendra
ces regiſtres un titre de plus pour les
Actionnaires : en conſéquence il en ſera
·
· A V R I L. 1764.
133
dépoſé un duplicata chez le Notaire de
la Compagnie.
ART. III. L'action ſera héréditaire &
commerçable , après néanmoins que la
préférence en aura été offerte à la Com
pagn1e.
ART. IV. Tout Acquéreur de ces ac
tions ſera tenu , dans le mois de ſon ac
quiſition, de ſe faire connoître de la
Compagnie, en préſentant aux Direc
teur & Caiſſier , ſon action & le ſous
ſeing privé, ou acte par lequel il en
ſera devenu Propriétaire, pour que ſon
nom ſoit ſubſtitué à celui de ſon ven
deur. On ſent qu'avec cette précaution,
on ne peut courir le riſque de perdre
fon intérêt, ni d'en être volé.
ART. V. Pour avoir voix délibérati
ve, il faudra être Propriétaire de dix ac
tions, ou repréſentant les intéreſſés de
dix actions. Par conſéquent celui qui
ne ſera pas Propriétaire de ce nombre,
ne pourra exiger que la repréſentation
des comptes, qui ſeront arrêtés tous les
ans par les Actionnaires ayant voix dé
libérative.
ART. VI. Ceux qui voudront s'inté
.reſſer , porteront la ſomme qu'ils veu
lent y mettre, chez M° Baron le jeu
ne, Notaire, rue de Condé, ou chez
·
-
»34 MERCURE DE FRANCE.
M. Rouſſelle, Caiſſier de cette entrepriſe
& de la Poſte de Paris, place du Che
valier du Guet. Ils tireront une recon
noiſſance en portant leur argent ; & »
lorſque le nombre deſdites actions ſera
rempli, l'acte de Société ſera paſſé par
devant Notaire, & fe Caiſſier délivrera
les actions, en lui rapportant les recon
noiſſances : & l'intérêt dans l'affaire
commencera pour chacun du jour du
dépôt de l'argent.
ART. VII. Il ſera tenu tous les mois
une Aſſemblée générale, & deux Comi
tés par ſemaine, pour délibérer ſur les
affaires inſtantes. Les intéreſſés, deſtinés
au travail de ces deux Comités , ſeront
choiſis & nommés dans les Aſſemblées
générales.
ART. VIII. Toutes les affaires con
fidérables ſeront décidées par des délibé
rations de l'Aſſemblée générale , à la
pluralité des voix : il ne ſera pas même ex
pédié d'ordres importans, qui ne ſoient
fignés du plus grand nombre de ceux
qui compoſeront le Comité.
ART. IX. Les comptes ſe rendrontan
nuellement dans une Aſſemblée généra
le ; & la répartition des profits ſera faite
au prorata de la miſe.
ART. X. Auſſi-tôt que le nombre des
A V R I L. 17é4.
135
actions ſera rempli , & l'acte de Société
dreſſé, on formera une Aſſemblée gé
nérale, à laquelle on préſentera le plan de
Régie qu'on a formé, les différentes
meſures qu'on a priſes pour mettre l'or
dre dans une opération d'un auſſi grand
détail, & enfin les ſujets qui ont contri
bué juſqu'ici à ſon exécution
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Résumé : « MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans [...] »
Le document 'MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs' de 1764 propose l'utilisation de bœufs pour tirer les bateaux, présentant une société pour financer ce projet. La société est composée de 300 actions de 1000 livres chacune, totalisant 300 000 livres. Les actions sont imprimées, numérotées et délivrées au porteur, tout en étant enregistrées avec le nom du propriétaire. Elles sont héréditaires et commerçables, avec priorité à la compagnie en cas de vente. Les acquéreurs doivent s'enregistrer auprès des directeurs. Pour participer aux délibérations, il faut posséder ou représenter dix actions. Les intérêts peuvent être perçus chez le notaire Baron ou le caissier Rousselle. Des assemblées générales mensuelles et des comités hebdomadaires sont organisés pour traiter les affaires urgentes. Les décisions importantes nécessitent une majorité des voix. Les comptes annuels et la répartition des profits au prorata des mises sont prévus. Une assemblée générale sera convoquée après la vente de toutes les actions pour présenter le plan de régie et les mesures prises.
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10957
p. 135-146
« ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
Début :
ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...]
Mots clefs :
Paris, Lettres, Libraire, Roi, Maladies, Lettre, Homme, Comédie, Barnevelt, Inoculation, Médecine, Fièvres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
ANTONII de Haen, Consiliarii &
Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non
Medicinœ practicae in Univerſitate
Vindobonenſi Profeſſoris primarii, ra
tio medendi in Nauſocomio practico.
Tomus tertius, partes VI & VII com
pleclens. Pariſiis , apud P. Fr. Didot
juniorem, Bibliopolam , ad ripam Au
guſtinianorum , propè Pontem ſancti
Michaëlis, ſub ſigno ſancti Auguſtini ;
2764 , cum approbatione & privilegio
JRegis. Vol. in-22.
# a déjà paru deux volumes de cette
Pratique de Médecine. Ce troiſiéme
Tome comprend les Parties VI & VII,
& traite de la Cardialgie chronique, des
différentes eſpéces d'Hydropiſie, de la
Pierre & de la Lithotomie , des cautè
res appliqués au crâne dans les douleurs
obſtinées de la tête, de la vertu parti--
culière de certains médicamens, des
»
-
136 MERCURE DE FRANCE.
· anévriſmes, des hydatides, d'un fait re
latif à la rupture des inteſtins , des divi
fions des fiévres, & de différens autres
objets. Le quatriéme Tome eſt ſous
preſſe, & paroîtra inceſſamment.
: DISSERTATIoN ſommaire ſur les
maladies de l'urétre , appellées calloſi
tés , ou vulgairement carnoſités , &
du moyen fûr de les guérir radicale
ment ſans l'uſage des bougies; par le
ſieur de la Font ,
fils de Maître en
Chirurgie, & Chirurgien bréveté du
Roi par la Commiſſion Royale de Mé
decine pourl'adminiſtration de ce remé
de ; feuille in-12 ; chez l'Auteur, rue
Beauregard, la porte quarrée entre les
deux portes-cochères, vis-à-vis le Vi
trier, au premier, en entrant par la rue
Poiſſonnière ; 1763.
·
·
Les perſonnes affectées de ces ma
ladies, & à qui les bougies n'auront
pas réuſſi , pourront s'intéreſſer à la
lecture de cet écrit confirmé par des
, certificats de pluſieurs Médecins qui
dépoſent en faveur du nouveau reméde.
EssAI ſur les différentes efpéces de
fiévres, avec des diſſertations ſur les
A
-
-
-
fiévres lentes, nerveuſes, putrides, peſ
A V R I L. 1754.
137
tilentielles & pourprées ; ſur la petite
vérole, ſur les pleuréſies & les péri
pneumonies ; par Jean Huxham , Doc
teur en Médecine, & Membre de la
Société Royale de Londres. On y a
joint deux autres eſſais; l'un ſur la ma--
nière de nourrir & d'élever les Enfans
depuis leur naiſſance juſqu'à l'âge de
trois ans ; l'autre ſur leurs différentes
maladies ; & un Appendice contenant
une méthode pour garantir les mari
niers des maladies dans les voyages de
long cours. Nouvelle édition, augmen
tée de trois Ouvrages du même Au
teur; le premier ſur les maux de gor
ge avec ulcères malins ; le ſecond ſur
- l'antimoine , & le troiſiéme ſur une
colique épidémique; à Paris,chez d'Hou
ry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc
d'Orléans ; rue de la vieille Bouclerie,
. au S. Eſprit & au Soleil d'Or : #764,
avec approbation & privilége du Roi ;
un volume in-12 d'environ 7oo pages.
Nous n'ajouterons rien à ce titre qui
peut être régardé comme une courte
analyſe de cet Ouvrage utile , connu
· & tres eſtimé des gens de l'art.
| TRAITEMENs des maladies internes
& externes , traduits du Latin de M.
-
138 MERCURE DE FRANCE.
la Zerme, Conſeiller du Roi, Profeſ
ſeur en Médecine de la Faculté de
Montpellier ; avec les formules en la
tin & en françois ; augmenté d'un trai
té des maladies vénériennes ; par M.
Didier des Marets, Médecin de la même :
Faculté ; ſeconde édition revue & cor
rigée ; à Paris chez Laurent - Charles
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille
Bouclerie, au S. Eſprit , & au Soleil
d'or ; 1764 ; avec approbation & pri
vilége du Roi. 2 volumes in-12.
La traduction des curations de M.
la Zerme n'a certainement beſoin que
du nom de ce Sçavant homme, pour
s'attirer l'eſtime du Public ; mais les,
ſoins que l'on a pris pour la rendre plus
intéreſſante par l'ordre qu'on y a gardé,
doit la faire recevoir avec encore plus
d'empreſſement. Les formules y ſont .
'données en Latin & en François, l'un
à côté de l'autre s & bien diſtinctes du
reſte du Diſcours, pour que le Lecteur,
d'un coup d'œil, puiſſe voir de quelle
manière on doit tracer une ordonnance
en l'une & en l'autre Langue. La juſte
quantité des drogues à adminiſtrer aux
malades, y eſt donnée avec la plus ſcru
puleuſe attention, vu les conſéquences
· -
A V R I L. 1764.
139
qui en réſulteroient. On a enrichi cet
Ouvrage d'un Eſſai ſur les Maladies Vé
mèriennes , pour que le Lecteur puiſſe
avoir auſſi ſous les yeux la curation de
ce mal trop commun ; & enfin il nous
paroît qu'on n'a rien négligé pour ren
dre ce Livre d'une utilité générale &
journalière.
NoUvELLE Deſcription phyſique,
hiſtorique, civile & politique de l'Iſlan
de, avec des obſervations critiques ſur
l'Hiſtoire Naturelle de cette Iſle ; don
née par M. Anderſon; Ouvrage traduit
de l'Allemand de M. Horrébows qui y
a été envoyé par le Roi de Dannemarc;
à Paris, chez Charpentier, Libraire ,
rue du Hurepoix , à l'entrée du quai
des Auguſtins ; avec approbation &
nriviléoe di1 R ni - v - 4A : 2 vol. in-12.-
r--- —-e»- --- ---- » - / --r »
Il y a des choſes curieuſes dans cet Ou
vrage hiſtorique, qui demandent à être
miſes ſous les yeux du Lecteur dans
, un long Extrait. Nous promettons de le
donner inceſſamment; nous avertiſſons
aujourd'hui que le Libraire vend ſépa
rément la Carte de l'Iflande, qui eſt
très-bien faite & très-curieuſè.
Poesies & QEuvres diverſes de Mada
14o MERCURE DE FRANCÉ.
me Guibert ; à Amſterdam; 1764; un
volume petit in-8°. de 2oo & quelques
pages.
-
-
Ce recueil n'eſt prèſque compoſé que
de ce qu'on appelle des Vers de Société. Il
faut pourtant en excepter une Comédie
en un Acte en vers libres, intitulée Les
rendez-vous : les vers de Société ſont
des Bouquets, des Fables, des Epitres,
des Madrigaux, des Chanſons , &c. il y
en a pour M. ſon Fils, pour Mlle ſa Fille,
pour ſon Maître de Poëſie, ſon Maître
de Muſique, pour ſon Peintre, pour ſon
Graveur, pour ſes Amis &c. On y trou
ve auſſi des Vers de M. Guibert - le Fils,
& entre autres, une Tragédie qui n'a
que cinq Scènes, intitulée : La Coquette
corrigée, Tragédie centre les femmes ,
dictée par M. Guibert, âgé de neuf ans.
SANToLIANA,Ouvrage qui contient
la vie de Santeuil, ſes bons mots, ſon
démêlé avec les Jéſuites, ſes Lettres, ſes
inſcriptions, & l'Analyſe de ſes ouvra
ges, &c. par M. Dinoltard, Chanoine
de Saint Benoît, & de l'Académie des
Arcades; à Paris, che7 Nyon , Quai des
Auguſtins, à l'Occaſion ;avec Approba
tion & Privilége du Roi ; 1764, un vol.
Z/l-I.2.,.
|
A V R I L. 1764:
I4E
Une infinité d'Anecdotes plaiſantes &
curieuſes rendent la lecture de ce Livre
très agréable. Nous nous propoſons de
choiſir les traits les plus piquans que nous
offrirons à nos Lecteurs dans un des
Mercures ſuivans.
ExAMEN de l'Inoculation , par un
Médecin de la Faculté de Paris; à Lon-.
dres, & ſe trouve à Paris chez Deſſain
Junior, Libraire, Quai des Auguſtins,
à la bonne Foi ; 1764 ; un vol. in-12.
Les trois points ſur leſquels roule
cet examen, ſont 1°. L'inoculation eſt
elle exempte de danger pour ceux qui
s'y ſoumettent, ſoit dans la petite Vé
role qui en réſulte, ſoit dans les ſuites ?
2°. L'Inoculation met-elle ceux qui la
ſubiſſent , à l'abri de la petite Vérole
naturelle ? 3°. L'inoculation peut-elle ſe
pratiquer, ſans la multiplication de la
contagion ? L'objet même de cette diſ
cuſſion en annonce l'importance. Nous
croyons qu'on ſeroit parvenu depuis
longtemps à découvrir la vérité ſur ces
points vraiment intéreſſans, ſi elle n'eût
été obſcurcie par la paſſion ou l'eſprit
de préjugés, dont il eſt eſſentiel de ſe
dépouiller, pour ne conſulter en cette
matière , que la raiſon & les faits,
142 MERCURE DE FRANCE.
L'HoMME de Lettres; M. par Garnier,
Profeſſeur Royal d'Hébreu, & de l'A-
cadémie Royale des Inſcriptions & Bel
les-Lettres : avec cette Epigraphe : quemt
te Deus eſſe juſſit & humana quá parte
locutus es in te, diſce ; à Paris , chez
Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764 ; deux parties
E7Z-I2,.
Dans la première partie l'Auteur traite
de la nature de l'homme de lettres , du
principe fondamental de toutes les
ſciences, de la culture des eſprits, de
l'utilité des gens de lettres, des récom
penſes littéraires, &c. On examine dans
la ſeconde partie l'influence réciproque
des Lettres ſur le Gouvernement , &
du Gouvernement ſur les Lettres.
PRÉSENCE corporelle de l'homme en
pluſieurs lieux, prouvée poſſible par les
principes de la bonne Philoſophie : Let
tres où relevant le défi d'un Journaliſte
Hollandois, on diſſipe toute ombre de
contradiction entre les merveilles du
Dogme Catholique & de l'Euchariſtie,
& les notions de la ſaine Philoſophie ;
par l'Auteur des Lettres à un Améri- .
cain ; avec cette Epigraphe : Poſteritas
·
, A V R I L. 1764.
T43
intellectum gratuletur, quod ante vetuſ
tas non intellectum gratulabatur. Vinc.
Lyr. A Paris, chez Rozet , Libraire,
rue S. Severin , au coin de la rue Za
charie , à la Roſe d'or , avec approba
tion & privilége du Roi ; 1764 ; un vol.
1Il - I 2. .
Feu M. l'Abbé Lelarge de Lignac eſt
Auteur de ces Lettres, où l'on trouve
un ſyſtême qui peut † extraordi
naire. On entreprend de prouver aux
Réformés qu'il n'eſt ni impoſſible ni
contradictoire qu'un même corps ſoit
en même temps en pluſieurs lieux. On
tâche dans la Préface de juſtifier l'Au
teur de ce qu'il a fait un ſyſtême philo
ſophique ſur un myſtère qu'il ne fau
droit, dans la louable ſimplicité de la
foi, que croire & adorer.
-
LETTRE de Barnevelt dans ſa pri
ſon ; à Truman ſon ami ; précédée d'une
Lettre de l'Auteur ; à Paris , chez
Sébaſtien Jorry, rue & vis-à-vis de la
Comédie Françoiſe, au Grand Monar
que & aux Cigognes ; 17é3 ; avec ap
probation. Brochure in-8°. très - bien
imprimée ſur de très-beau papier, ornée
d'une très-belle Eſtampe & de très-jolies .
vignettes.
144 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie du Marchand de Londres
où un homme vole ſon parent , ſon,
ami, & l'égorge pour plaire à ſa maî
treſſe , a fourni à M. Dorat le Sujet
d'une Lettre en vers. Barnevelt eſt le
Scélérat qui a commis tous ces crimes ;
il eſt dans un cachot d'où il va être
tiré, pour les expier ſur un échaffaut,
& où il eſt ſuppoſé écrire à ſon ami
ces vers pleins de force & d'énergie :
Je vois nos citoyens confuſément épars,
Fixer ſur Barnevelt leurs avides regards.
Parler, s'interroger, s'indigner de mon crime,
Déteſter à la fois & plaindre la victime.
Du voile de la nuit mes tourmens ſont couverts ;
Ma honte doit paroître aux yeux de l'Univers.
Que dis-je ? cette mort flétriſſante & cruelle,
La mort des Scélérats on peut la rendre belle.
Un repentir fincère attendrit tous les cœurs.
Combien de Criminels ont fait verſer des pleurs
Je veux que de ce jour on garde la mémoire ;
Je veux d'un jour d'opprobre en faire un jour
de gloire ;
-
Et qu'enfin mon Pays juſtement combattu,
Puniſſant mes forfaits, regrette ma vertu.
· C'eſt avec la même force d'expreſſion
que M. Dorat nous peint les crimes &
les
-
AV R I L. 1764.
davantage.
I45
les remords de Barnevelt ; & nous re
grettons de ne pouvoir nous étendre
LÉTTRE de Zeila, jeune Sauvage,
Eſclave à Conſtantinople, à Valcour,
Officier François, précédée d'une Let
tre à Madame de C** ; à Paris , chez
Jorry, rue & vis-à-vis de la Comédie
Françoiſe ; 1764 ; brochure in-8°. avec
les mêmes ornemens typographiques
que la précédente.
C'eſt d'une Tragédie Angloiſe, que
M. Dorat a tiré le Sujet de Barnevelt ;
c'eſt dans le Speciateur Anglois, qu'il
a pris celui de la Lettre de Zéila. Une
jeune Sauvage, devenue la Maîtreſſe
d'un Anglois, qu'elle a ſauvé de la
mort, eſt inhumainement vendue par
ſon Amant, dont elle eſt groſſe ; & ſa
groſſeſſe même eſt une § qui la lui
fait vendre plus cher, parce qu'on achète
à la fois une mère & un enfant. Voilà
en peu de mots le Sujet de cette Lettre,
où M. Dorat change l'Anglois en un
Officier François, & tranſporte la ſcène
des Indes à Conſtantinople. Il y a en
core pluſieurs autres changemens qu'il
faut voir dans l'Ouvrage même, qu'on
lira avec attendriſſement. Nous n'en
JI. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
citerons que quelques vers : Zéila écrit
à ſon Amant :
N'entends-tu pas mes cris, mes ſanglots, mes ſou
-
-
pirs ?
•» elle 5
» ment
22 ilna Ilt»
-
-
-
Dans le ſein des remords eſt-il donc des plaiſirs ?
Ne te dis-tu jamais : » en cet inſtant peut-être,
» Elle pleure, & ſe plaint au Ciel qui l'a fait naître,
» Sur la rive déſerte elle appelle Valcour,
» En ſerrant dans ſes bras le fruit de notre amour :
» Sa profonde douleur toujours ſe renouvelle ;
» Il n'eſt plus de ſoutien, plus de beaux jours pour
» Sous le poids de ſes maux, peut-être en ce mo
22 Elle ſuccombe , meurt, & meurt en me nom
Pourrois-tu de ma mort devenir le complice ?
Ne diffère plus, viens; ſauve ta bienfaitrice ;
Accours, & ſi tu crains de me rendre mes droits,
Rends-moi du moins, rends-moi mes déſerts &
mes bois.
Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non
Medicinœ practicae in Univerſitate
Vindobonenſi Profeſſoris primarii, ra
tio medendi in Nauſocomio practico.
Tomus tertius, partes VI & VII com
pleclens. Pariſiis , apud P. Fr. Didot
juniorem, Bibliopolam , ad ripam Au
guſtinianorum , propè Pontem ſancti
Michaëlis, ſub ſigno ſancti Auguſtini ;
2764 , cum approbatione & privilegio
JRegis. Vol. in-22.
# a déjà paru deux volumes de cette
Pratique de Médecine. Ce troiſiéme
Tome comprend les Parties VI & VII,
& traite de la Cardialgie chronique, des
différentes eſpéces d'Hydropiſie, de la
Pierre & de la Lithotomie , des cautè
res appliqués au crâne dans les douleurs
obſtinées de la tête, de la vertu parti--
culière de certains médicamens, des
»
-
136 MERCURE DE FRANCE.
· anévriſmes, des hydatides, d'un fait re
latif à la rupture des inteſtins , des divi
fions des fiévres, & de différens autres
objets. Le quatriéme Tome eſt ſous
preſſe, & paroîtra inceſſamment.
: DISSERTATIoN ſommaire ſur les
maladies de l'urétre , appellées calloſi
tés , ou vulgairement carnoſités , &
du moyen fûr de les guérir radicale
ment ſans l'uſage des bougies; par le
ſieur de la Font ,
fils de Maître en
Chirurgie, & Chirurgien bréveté du
Roi par la Commiſſion Royale de Mé
decine pourl'adminiſtration de ce remé
de ; feuille in-12 ; chez l'Auteur, rue
Beauregard, la porte quarrée entre les
deux portes-cochères, vis-à-vis le Vi
trier, au premier, en entrant par la rue
Poiſſonnière ; 1763.
·
·
Les perſonnes affectées de ces ma
ladies, & à qui les bougies n'auront
pas réuſſi , pourront s'intéreſſer à la
lecture de cet écrit confirmé par des
, certificats de pluſieurs Médecins qui
dépoſent en faveur du nouveau reméde.
EssAI ſur les différentes efpéces de
fiévres, avec des diſſertations ſur les
A
-
-
-
fiévres lentes, nerveuſes, putrides, peſ
A V R I L. 1754.
137
tilentielles & pourprées ; ſur la petite
vérole, ſur les pleuréſies & les péri
pneumonies ; par Jean Huxham , Doc
teur en Médecine, & Membre de la
Société Royale de Londres. On y a
joint deux autres eſſais; l'un ſur la ma--
nière de nourrir & d'élever les Enfans
depuis leur naiſſance juſqu'à l'âge de
trois ans ; l'autre ſur leurs différentes
maladies ; & un Appendice contenant
une méthode pour garantir les mari
niers des maladies dans les voyages de
long cours. Nouvelle édition, augmen
tée de trois Ouvrages du même Au
teur; le premier ſur les maux de gor
ge avec ulcères malins ; le ſecond ſur
- l'antimoine , & le troiſiéme ſur une
colique épidémique; à Paris,chez d'Hou
ry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc
d'Orléans ; rue de la vieille Bouclerie,
. au S. Eſprit & au Soleil d'Or : #764,
avec approbation & privilége du Roi ;
un volume in-12 d'environ 7oo pages.
Nous n'ajouterons rien à ce titre qui
peut être régardé comme une courte
analyſe de cet Ouvrage utile , connu
· & tres eſtimé des gens de l'art.
| TRAITEMENs des maladies internes
& externes , traduits du Latin de M.
-
138 MERCURE DE FRANCE.
la Zerme, Conſeiller du Roi, Profeſ
ſeur en Médecine de la Faculté de
Montpellier ; avec les formules en la
tin & en françois ; augmenté d'un trai
té des maladies vénériennes ; par M.
Didier des Marets, Médecin de la même :
Faculté ; ſeconde édition revue & cor
rigée ; à Paris chez Laurent - Charles
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille
Bouclerie, au S. Eſprit , & au Soleil
d'or ; 1764 ; avec approbation & pri
vilége du Roi. 2 volumes in-12.
La traduction des curations de M.
la Zerme n'a certainement beſoin que
du nom de ce Sçavant homme, pour
s'attirer l'eſtime du Public ; mais les,
ſoins que l'on a pris pour la rendre plus
intéreſſante par l'ordre qu'on y a gardé,
doit la faire recevoir avec encore plus
d'empreſſement. Les formules y ſont .
'données en Latin & en François, l'un
à côté de l'autre s & bien diſtinctes du
reſte du Diſcours, pour que le Lecteur,
d'un coup d'œil, puiſſe voir de quelle
manière on doit tracer une ordonnance
en l'une & en l'autre Langue. La juſte
quantité des drogues à adminiſtrer aux
malades, y eſt donnée avec la plus ſcru
puleuſe attention, vu les conſéquences
· -
A V R I L. 1764.
139
qui en réſulteroient. On a enrichi cet
Ouvrage d'un Eſſai ſur les Maladies Vé
mèriennes , pour que le Lecteur puiſſe
avoir auſſi ſous les yeux la curation de
ce mal trop commun ; & enfin il nous
paroît qu'on n'a rien négligé pour ren
dre ce Livre d'une utilité générale &
journalière.
NoUvELLE Deſcription phyſique,
hiſtorique, civile & politique de l'Iſlan
de, avec des obſervations critiques ſur
l'Hiſtoire Naturelle de cette Iſle ; don
née par M. Anderſon; Ouvrage traduit
de l'Allemand de M. Horrébows qui y
a été envoyé par le Roi de Dannemarc;
à Paris, chez Charpentier, Libraire ,
rue du Hurepoix , à l'entrée du quai
des Auguſtins ; avec approbation &
nriviléoe di1 R ni - v - 4A : 2 vol. in-12.-
r--- —-e»- --- ---- » - / --r »
Il y a des choſes curieuſes dans cet Ou
vrage hiſtorique, qui demandent à être
miſes ſous les yeux du Lecteur dans
, un long Extrait. Nous promettons de le
donner inceſſamment; nous avertiſſons
aujourd'hui que le Libraire vend ſépa
rément la Carte de l'Iflande, qui eſt
très-bien faite & très-curieuſè.
Poesies & QEuvres diverſes de Mada
14o MERCURE DE FRANCÉ.
me Guibert ; à Amſterdam; 1764; un
volume petit in-8°. de 2oo & quelques
pages.
-
-
Ce recueil n'eſt prèſque compoſé que
de ce qu'on appelle des Vers de Société. Il
faut pourtant en excepter une Comédie
en un Acte en vers libres, intitulée Les
rendez-vous : les vers de Société ſont
des Bouquets, des Fables, des Epitres,
des Madrigaux, des Chanſons , &c. il y
en a pour M. ſon Fils, pour Mlle ſa Fille,
pour ſon Maître de Poëſie, ſon Maître
de Muſique, pour ſon Peintre, pour ſon
Graveur, pour ſes Amis &c. On y trou
ve auſſi des Vers de M. Guibert - le Fils,
& entre autres, une Tragédie qui n'a
que cinq Scènes, intitulée : La Coquette
corrigée, Tragédie centre les femmes ,
dictée par M. Guibert, âgé de neuf ans.
SANToLIANA,Ouvrage qui contient
la vie de Santeuil, ſes bons mots, ſon
démêlé avec les Jéſuites, ſes Lettres, ſes
inſcriptions, & l'Analyſe de ſes ouvra
ges, &c. par M. Dinoltard, Chanoine
de Saint Benoît, & de l'Académie des
Arcades; à Paris, che7 Nyon , Quai des
Auguſtins, à l'Occaſion ;avec Approba
tion & Privilége du Roi ; 1764, un vol.
Z/l-I.2.,.
|
A V R I L. 1764:
I4E
Une infinité d'Anecdotes plaiſantes &
curieuſes rendent la lecture de ce Livre
très agréable. Nous nous propoſons de
choiſir les traits les plus piquans que nous
offrirons à nos Lecteurs dans un des
Mercures ſuivans.
ExAMEN de l'Inoculation , par un
Médecin de la Faculté de Paris; à Lon-.
dres, & ſe trouve à Paris chez Deſſain
Junior, Libraire, Quai des Auguſtins,
à la bonne Foi ; 1764 ; un vol. in-12.
Les trois points ſur leſquels roule
cet examen, ſont 1°. L'inoculation eſt
elle exempte de danger pour ceux qui
s'y ſoumettent, ſoit dans la petite Vé
role qui en réſulte, ſoit dans les ſuites ?
2°. L'Inoculation met-elle ceux qui la
ſubiſſent , à l'abri de la petite Vérole
naturelle ? 3°. L'inoculation peut-elle ſe
pratiquer, ſans la multiplication de la
contagion ? L'objet même de cette diſ
cuſſion en annonce l'importance. Nous
croyons qu'on ſeroit parvenu depuis
longtemps à découvrir la vérité ſur ces
points vraiment intéreſſans, ſi elle n'eût
été obſcurcie par la paſſion ou l'eſprit
de préjugés, dont il eſt eſſentiel de ſe
dépouiller, pour ne conſulter en cette
matière , que la raiſon & les faits,
142 MERCURE DE FRANCE.
L'HoMME de Lettres; M. par Garnier,
Profeſſeur Royal d'Hébreu, & de l'A-
cadémie Royale des Inſcriptions & Bel
les-Lettres : avec cette Epigraphe : quemt
te Deus eſſe juſſit & humana quá parte
locutus es in te, diſce ; à Paris , chez
Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764 ; deux parties
E7Z-I2,.
Dans la première partie l'Auteur traite
de la nature de l'homme de lettres , du
principe fondamental de toutes les
ſciences, de la culture des eſprits, de
l'utilité des gens de lettres, des récom
penſes littéraires, &c. On examine dans
la ſeconde partie l'influence réciproque
des Lettres ſur le Gouvernement , &
du Gouvernement ſur les Lettres.
PRÉSENCE corporelle de l'homme en
pluſieurs lieux, prouvée poſſible par les
principes de la bonne Philoſophie : Let
tres où relevant le défi d'un Journaliſte
Hollandois, on diſſipe toute ombre de
contradiction entre les merveilles du
Dogme Catholique & de l'Euchariſtie,
& les notions de la ſaine Philoſophie ;
par l'Auteur des Lettres à un Améri- .
cain ; avec cette Epigraphe : Poſteritas
·
, A V R I L. 1764.
T43
intellectum gratuletur, quod ante vetuſ
tas non intellectum gratulabatur. Vinc.
Lyr. A Paris, chez Rozet , Libraire,
rue S. Severin , au coin de la rue Za
charie , à la Roſe d'or , avec approba
tion & privilége du Roi ; 1764 ; un vol.
1Il - I 2. .
Feu M. l'Abbé Lelarge de Lignac eſt
Auteur de ces Lettres, où l'on trouve
un ſyſtême qui peut † extraordi
naire. On entreprend de prouver aux
Réformés qu'il n'eſt ni impoſſible ni
contradictoire qu'un même corps ſoit
en même temps en pluſieurs lieux. On
tâche dans la Préface de juſtifier l'Au
teur de ce qu'il a fait un ſyſtême philo
ſophique ſur un myſtère qu'il ne fau
droit, dans la louable ſimplicité de la
foi, que croire & adorer.
-
LETTRE de Barnevelt dans ſa pri
ſon ; à Truman ſon ami ; précédée d'une
Lettre de l'Auteur ; à Paris , chez
Sébaſtien Jorry, rue & vis-à-vis de la
Comédie Françoiſe, au Grand Monar
que & aux Cigognes ; 17é3 ; avec ap
probation. Brochure in-8°. très - bien
imprimée ſur de très-beau papier, ornée
d'une très-belle Eſtampe & de très-jolies .
vignettes.
144 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie du Marchand de Londres
où un homme vole ſon parent , ſon,
ami, & l'égorge pour plaire à ſa maî
treſſe , a fourni à M. Dorat le Sujet
d'une Lettre en vers. Barnevelt eſt le
Scélérat qui a commis tous ces crimes ;
il eſt dans un cachot d'où il va être
tiré, pour les expier ſur un échaffaut,
& où il eſt ſuppoſé écrire à ſon ami
ces vers pleins de force & d'énergie :
Je vois nos citoyens confuſément épars,
Fixer ſur Barnevelt leurs avides regards.
Parler, s'interroger, s'indigner de mon crime,
Déteſter à la fois & plaindre la victime.
Du voile de la nuit mes tourmens ſont couverts ;
Ma honte doit paroître aux yeux de l'Univers.
Que dis-je ? cette mort flétriſſante & cruelle,
La mort des Scélérats on peut la rendre belle.
Un repentir fincère attendrit tous les cœurs.
Combien de Criminels ont fait verſer des pleurs
Je veux que de ce jour on garde la mémoire ;
Je veux d'un jour d'opprobre en faire un jour
de gloire ;
-
Et qu'enfin mon Pays juſtement combattu,
Puniſſant mes forfaits, regrette ma vertu.
· C'eſt avec la même force d'expreſſion
que M. Dorat nous peint les crimes &
les
-
AV R I L. 1764.
davantage.
I45
les remords de Barnevelt ; & nous re
grettons de ne pouvoir nous étendre
LÉTTRE de Zeila, jeune Sauvage,
Eſclave à Conſtantinople, à Valcour,
Officier François, précédée d'une Let
tre à Madame de C** ; à Paris , chez
Jorry, rue & vis-à-vis de la Comédie
Françoiſe ; 1764 ; brochure in-8°. avec
les mêmes ornemens typographiques
que la précédente.
C'eſt d'une Tragédie Angloiſe, que
M. Dorat a tiré le Sujet de Barnevelt ;
c'eſt dans le Speciateur Anglois, qu'il
a pris celui de la Lettre de Zéila. Une
jeune Sauvage, devenue la Maîtreſſe
d'un Anglois, qu'elle a ſauvé de la
mort, eſt inhumainement vendue par
ſon Amant, dont elle eſt groſſe ; & ſa
groſſeſſe même eſt une § qui la lui
fait vendre plus cher, parce qu'on achète
à la fois une mère & un enfant. Voilà
en peu de mots le Sujet de cette Lettre,
où M. Dorat change l'Anglois en un
Officier François, & tranſporte la ſcène
des Indes à Conſtantinople. Il y a en
core pluſieurs autres changemens qu'il
faut voir dans l'Ouvrage même, qu'on
lira avec attendriſſement. Nous n'en
JI. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
citerons que quelques vers : Zéila écrit
à ſon Amant :
N'entends-tu pas mes cris, mes ſanglots, mes ſou
-
-
pirs ?
•» elle 5
» ment
22 ilna Ilt»
-
-
-
Dans le ſein des remords eſt-il donc des plaiſirs ?
Ne te dis-tu jamais : » en cet inſtant peut-être,
» Elle pleure, & ſe plaint au Ciel qui l'a fait naître,
» Sur la rive déſerte elle appelle Valcour,
» En ſerrant dans ſes bras le fruit de notre amour :
» Sa profonde douleur toujours ſe renouvelle ;
» Il n'eſt plus de ſoutien, plus de beaux jours pour
» Sous le poids de ſes maux, peut-être en ce mo
22 Elle ſuccombe , meurt, & meurt en me nom
Pourrois-tu de ma mort devenir le complice ?
Ne diffère plus, viens; ſauve ta bienfaitrice ;
Accours, & ſi tu crains de me rendre mes droits,
Rends-moi du moins, rends-moi mes déſerts &
mes bois.
Fermer
Résumé : « ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
En 1764, plusieurs ouvrages médicaux et littéraires ont été publiés. Antonii de Haen a édité le troisième tome de sa 'Ratio medendi in Nausocomio practico', traitant de sujets tels que la cardialgie chronique, l'hydropisie, la lithotomie, les anévrismes et les hydatides. Sieur de la Font a proposé un traitement des maladies de l'urètre sans utiliser de bougies. Jean Huxham a publié un essai sur les fièvres, incluant des dissertations sur la petite vérole, les pleurésies et les péripneumonies, ainsi que des conseils sur la nutrition et les maladies infantiles. Didier des Marets a traduit et augmenté le traité des maladies internes et externes de M. la Zerme, ajoutant un essai sur les maladies vénériennes. M. Anderson a publié une description de l'Islande, traduite de l'allemand par M. Horrébows. Parmi les œuvres littéraires, on trouve un recueil de poésies de Madame Guibert et une tragédie intitulée 'La Coquette corrigée', dictée par M. Guibert, alors âgé de neuf ans. 'Santoiana' relate la vie de Santeuil et ses conflits avec les Jésuites. Un examen sur l'inoculation discute des dangers et de l'efficacité de cette pratique contre la variole. 'L'Homme de Lettres' de M. Garnier explore la nature des hommes de lettres et l'influence des sciences. Une lettre de Barnevelt décrit les crimes et remords de son auteur. Enfin, une lettre de Zéila, une esclave, raconte son histoire tragique, modifiée par M. Dorat, où elle est vendue par son amant, un officier français, à Constantinople.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10958
p. 147-150
ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
Début :
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars dernier, Monsieur, a annoncé sous mon [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
ASTRONOMIE.
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars
dernier, Monsieur, a annoncé sous mon
nom, que l'Eclipſe du premier Avril pa
roîtroit commencer en France à droite,
ſur le bord occidental du Soleil, cinq
degrés au-deſſous de ſon diamètre ho
riſontal. On dit que j'ai fait là une leçon
également inutile , & aux Aſtronômes
qui devoient ſçavoir s'en paſſer,& à ceux
qui , ne ſe mêlant pas d'obſerver, n'en
ont eu aucun beſoin : auſſi je déclare à
ceux qui ſe mêlent de critiquer ce qu'ils
ignorent, que la leçon , ſi c'en eſt une,
ne s'adreſſoit ni aux uns, ni aux autres ,
mais à ceux qui tiennent une eſpèce de
xmilieu ; je veux dire, aux Amateurs
G ij
148 MERCURE DE FRANCE.
de l'Aſtronomie, qui, ſans être Aſtrg
nômes, ſe préparoient à une obſerva
tion dont on parloit depuis ſi long
temps.
,
-
J'ajoute que, dans le cas où mon an
nonce n'auroit pas été des plus exacte
ſur le fait des cinq degrés, elle ſeroit du
| moins bonne à fournir aux Sçavans
qui préſident aux calculs des Ephéméri
des ou Mouvemens Céleſtes, la penſée
de faire mieux, lorſqu'ils auront à nous
annoncer, ſoit des Eclipſes de Soleil &
de Lune, ſoit des paſſages de Mercure
& de Vénus, ſoit des Emerfions d'Etoiles
cachées par la Lune.
-
A l'approche de ces ſortes de Phéno
mènes, il eſt bien des yeux égarés dans
le champ d'une Lunette, & qui, faute
d'être fixés, manquent une obſervation
également curieuſe, importante & diffi
cile. Pourquoi ne pas la rendre aiſée,
· en fixant l'œil de l'Obſervateur au point
du limbe où doit ſe faire l'obſervation,
& en marquant même juſqu'aux diffé
rens effets des Lunettes à quatre ou à
deux verres, des Téleſcopes qui redreſ
: ſent ou qui renverſent, comme je Pa
' yois fait dans mon annonce que les bor
nes de la Gazette ont obligé d'abréger ?
• Rien ne prouve mieux, Monſieur,
|
A V R I L. 1764.
149
l'utilité dont peut être une pareille an
nonce bien faite, que l'Eclipſe même
qui a donné lieu à la mienne. M. de la
Brulerie , Chevalier de S. Louis, qui l'a
ebſervée lui deuxiéme à Auxerre, me
marque qu'il n'en a vu le commence
ment que quelques ſecondes après M.
de Monbazon, à côté duquel il obſer
voit; parce qu'il fixoit l'œil beaucoup.
au-deſſous du diamètre horifontal. S'il
n'eût regardé qu'un peu au - deſſous ,
comme mes cinq degrés le diſoient aſ
ſez, il auroit vu commencer l'Eclipſe
au même inſtant que ſon voiſin, comme
ils l'ont vue, l'un & l'autre, finir à la
même ſeconde.
.
-
-
En voici les principales circonſtances,
que M. de Montbazon, Conſeiller au
Bailliage, m'a envoyées; je ne puis
mieuxluien marquer ma reconnoiſſance,
qu'en vous priant de les rendre publiques
dans votre prochain Mercure. C'eſt une
obſervation d'autant plus précieuſe, que
peut-être elle eſt unique en France, à
cauſe du mauvais temps.
Le commencement à 9 h. 16 m. 33 ſ.
la fin à midi 16 m. 34 ſ; donc la durée
a été de trois heures une ſeconde. Ces
inſtans ont été obſervés avec un excel
lent Téleſcope de trente-deux pouces,
G iij
15o MERCURE DE FRANCE.
de la conſtruction de M. Paſſemant.
A 1o h. 44 m. 38 ſec. la partie éclai
rée du Soleil a été meſurée de 2 m. 28
ſec. avec une Lunette de dix pieds, gar
nie d'un Micromètre auſſi de M. Paſſe
mant. Un nuage qui eſt ſurvenu a inter
rompu l'obſervation pendant dix mi
Illlt6 S.
«
Les bords ſupérieurs du Soleil & de la
Lune ont paru coincider. Des Curieux ,
témoins de l'obſervaticn , au nombre de
cent, ont dit même avoir vu, avec des
verres enfumés, un filet de lumière dans
la partie ſupérieure : mais les Lunettes
n'en ont , rien fait voir. Les témoins
ont dépoſé encore dans le milieu de
l'Eclipſe, qu'il faiſoit très-froid. Pour
moi, dit M. de Montbazon, qul étois
dans le fort de mes travaux, je ne m'en
ſuis apperçu nullement.
J'ai l'honneur d'être , &c.
TREBUCHET, ancien Officier de la Reine.
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars
dernier, Monsieur, a annoncé sous mon
nom, que l'Eclipſe du premier Avril pa
roîtroit commencer en France à droite,
ſur le bord occidental du Soleil, cinq
degrés au-deſſous de ſon diamètre ho
riſontal. On dit que j'ai fait là une leçon
également inutile , & aux Aſtronômes
qui devoient ſçavoir s'en paſſer,& à ceux
qui , ne ſe mêlant pas d'obſerver, n'en
ont eu aucun beſoin : auſſi je déclare à
ceux qui ſe mêlent de critiquer ce qu'ils
ignorent, que la leçon , ſi c'en eſt une,
ne s'adreſſoit ni aux uns, ni aux autres ,
mais à ceux qui tiennent une eſpèce de
xmilieu ; je veux dire, aux Amateurs
G ij
148 MERCURE DE FRANCE.
de l'Aſtronomie, qui, ſans être Aſtrg
nômes, ſe préparoient à une obſerva
tion dont on parloit depuis ſi long
temps.
,
-
J'ajoute que, dans le cas où mon an
nonce n'auroit pas été des plus exacte
ſur le fait des cinq degrés, elle ſeroit du
| moins bonne à fournir aux Sçavans
qui préſident aux calculs des Ephéméri
des ou Mouvemens Céleſtes, la penſée
de faire mieux, lorſqu'ils auront à nous
annoncer, ſoit des Eclipſes de Soleil &
de Lune, ſoit des paſſages de Mercure
& de Vénus, ſoit des Emerfions d'Etoiles
cachées par la Lune.
-
A l'approche de ces ſortes de Phéno
mènes, il eſt bien des yeux égarés dans
le champ d'une Lunette, & qui, faute
d'être fixés, manquent une obſervation
également curieuſe, importante & diffi
cile. Pourquoi ne pas la rendre aiſée,
· en fixant l'œil de l'Obſervateur au point
du limbe où doit ſe faire l'obſervation,
& en marquant même juſqu'aux diffé
rens effets des Lunettes à quatre ou à
deux verres, des Téleſcopes qui redreſ
: ſent ou qui renverſent, comme je Pa
' yois fait dans mon annonce que les bor
nes de la Gazette ont obligé d'abréger ?
• Rien ne prouve mieux, Monſieur,
|
A V R I L. 1764.
149
l'utilité dont peut être une pareille an
nonce bien faite, que l'Eclipſe même
qui a donné lieu à la mienne. M. de la
Brulerie , Chevalier de S. Louis, qui l'a
ebſervée lui deuxiéme à Auxerre, me
marque qu'il n'en a vu le commence
ment que quelques ſecondes après M.
de Monbazon, à côté duquel il obſer
voit; parce qu'il fixoit l'œil beaucoup.
au-deſſous du diamètre horifontal. S'il
n'eût regardé qu'un peu au - deſſous ,
comme mes cinq degrés le diſoient aſ
ſez, il auroit vu commencer l'Eclipſe
au même inſtant que ſon voiſin, comme
ils l'ont vue, l'un & l'autre, finir à la
même ſeconde.
.
-
-
En voici les principales circonſtances,
que M. de Montbazon, Conſeiller au
Bailliage, m'a envoyées; je ne puis
mieuxluien marquer ma reconnoiſſance,
qu'en vous priant de les rendre publiques
dans votre prochain Mercure. C'eſt une
obſervation d'autant plus précieuſe, que
peut-être elle eſt unique en France, à
cauſe du mauvais temps.
Le commencement à 9 h. 16 m. 33 ſ.
la fin à midi 16 m. 34 ſ; donc la durée
a été de trois heures une ſeconde. Ces
inſtans ont été obſervés avec un excel
lent Téleſcope de trente-deux pouces,
G iij
15o MERCURE DE FRANCE.
de la conſtruction de M. Paſſemant.
A 1o h. 44 m. 38 ſec. la partie éclai
rée du Soleil a été meſurée de 2 m. 28
ſec. avec une Lunette de dix pieds, gar
nie d'un Micromètre auſſi de M. Paſſe
mant. Un nuage qui eſt ſurvenu a inter
rompu l'obſervation pendant dix mi
Illlt6 S.
«
Les bords ſupérieurs du Soleil & de la
Lune ont paru coincider. Des Curieux ,
témoins de l'obſervaticn , au nombre de
cent, ont dit même avoir vu, avec des
verres enfumés, un filet de lumière dans
la partie ſupérieure : mais les Lunettes
n'en ont , rien fait voir. Les témoins
ont dépoſé encore dans le milieu de
l'Eclipſe, qu'il faiſoit très-froid. Pour
moi, dit M. de Montbazon, qul étois
dans le fort de mes travaux, je ne m'en
ſuis apperçu nullement.
J'ai l'honneur d'être , &c.
TREBUCHET, ancien Officier de la Reine.
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Résumé : ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
La lettre traite de l'éclipse solaire observée le 1er avril. La Gazette Littéraire avait annoncé que l'éclipse débuterait en France à droite du bord occidental du Soleil, cinq degrés en dessous de son diamètre horizontal, visant ainsi les amateurs d'astronomie. L'auteur reconnaît que cette information, bien que non parfaitement exacte, pouvait aider à améliorer les calculs des éphémérides et des mouvements célestes. Il insiste sur l'importance de guider les observateurs pour ne pas manquer des phénomènes rares. Par exemple, M. de la Brulerie a observé l'éclipse à Auxerre, commençant quelques secondes après M. de Monbazon en raison d'une mauvaise fixation de son œil. M. de Monbazon, conseiller au Bailliage, a détaillé l'éclipse : début à 9h16m33s, fin à midi 16m34s, durée totale de trois heures et une seconde. Les observations ont été réalisées avec un télescope de trente-deux pouces construit par M. Passemant. Des témoins ont noté un refroidissement pendant l'éclipse, bien que M. de Monbazon n'ait rien ressenti.
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10959
p. 150-154
LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
Début :
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre Mercure du mois de Janvier dernier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre
Mercure du mois de Janvier dernier,
A V R I L. 1764.
I 51
des Obſervations ſur le Ver Solitaire ,
par M. P. .. .. , iJocteur en Médecine,
ancien Chirurgien en Chef du G. H. L.
de L.
-
L'Auteur dit, à la page 154, qu'il
avoit acquis le Spéçifique contre ce Ver,
de la veuve du Docteur Nouter, Méde
cin Suiſſe ; qu'il guérit ſubitement un
Seigneur Ruſſe, lui ayant donné ce Spé
cifique à ſept heures du matin , lequel
fit ſon effet dans quatre heures de temps.
C'eſt certainement là ce qu'on peut a
peller un Spécifique; & il ſeroit à §
rer qu'il fût public , y ayant bien des
-
perſonnes attaquées de cette Maladie. .
Je ne ſuis point étonné que le Poſſeſſeur
d'un pareil Remède ne le divulgue pas ;
mais je le ſuis de ce qu'il nous cache ſon
nom & ſa demeure. Je ne doute pas
qu'il ne ſe faſſe un plaiſir de contribuer
au bonheur de ſes ſemblables, qui pour
roient recourir à lui dans leur malheureux
état. Trouvez bon, Monſieur, que je
me ſerve de votre canal pour lui faire
parvenir cette Lettre, & que je l'invite à
nous apprendre dans quel lieu pourroient
le rencontrer ceux qui auroient cette
· maladie.
Il y a, Monſieur, neuf à dix ans que
la Femme de charge de ma Maiſon avoit
-
G iv ^
152 MERCIIRE DE FRANCE.
un.Ver ſolitaire.
Elle en avoit rendu
pluſieurs aulnes à différentes fois. J'ap
pris qu'il y avoit à Lyon un Médecin
Suiſſe qui avoit un Remède contre ce
Ver, (peut être eſt-ce le Docteur Nou
. ter) & qu'il devoit y être quelque temps.
J'envoyai la Malade à Lyon avec un do
meſtique. Elle vit dans cette Ville plu
ſieurs perſonnes qui avoient été guéries
par ce Médecin, qu'elle fut trouver. Il
lui fit nombre de queſtions, & lui dit
que ſon Remède étoit trop violent,
qu'elle n'auroit pas la force de le ſup
porter , & qu'elle pourroit fort bien
mourir dans l'opération ; qu'ainſi il ne
jugeoit pas à propos de le lui donner. La
Malade, fatiguée de ſon état, lui répon
dit qu'elle aimoit autant mourir que de
vivre comme elle faiſoit, & qu'elle étoit
décidée à le prendre; que cela ne retom
beroit pas ſur lui, s'il lui en arrivoit mal.
Le Médecin lui demanda ſi elle avoit ap
pcrté de ſon Ver. Elle en avoit quelques
aunes dans une bouteille, qu'il prit en lui
diſant, qu'il lui donneroit le Remède,
mais qu'il le modéreroit, & qu'elle ren
droit ſonVer par lambeaux.Il lui ordonna
de manger le ſoir une ſoupe au beurre ,
de prendre trois verres de vin blanc , &
un lavement avec du lait & du ſucre : ce
A V R I L. 1764.
-
153
qui fut fait. Le lendemain au matin il
vint à ſon Auberge de bonne heure,
avec un compagnon qu'il avoit, & lui
donna le Remède à prendre, ſans vou
loir laiſſer ouvrir les rideaux du lit, de
façon qu'elle n'a pu ſçavoir la couleur
dont il étoit. Environ deux heures après
elle ſe mit ſur le fiége, & ſe trouva ſi
mal qu'on crut qu'elle alloit expirer. Le
compagnon du Médecin lui diſoit : vous
l'aviez bien dit, Monſieur, qu'elle en
mourroit. On la fit revenir avec quel
ques eaux. Elle rendit enfin ſon Ver, &
ſentit tout-à-coup un vuide conſidérable
dans le creux de l'eſtomach. Elle ſortit
le reſte de la journée, & rendit quelques
autres portions du Ver, & remonta à
cheval le lendemain pour revenir chez
moi. Je n'ai point oui dire qu'elle en ait
été incommodée depuis environ cinq
ans qu'elle n'eſt plus à mon ſervice. Je
lui avois recommandé de m'apporter ſon
Ver; elle m'en préſenta un dans une
bouteille. Je lui dis dans l'inſtant que
ce n'étoit pas le ſien, & qu'il n'étoit pas
fait de même. Elle me dit que le Mé
decin l'avoit gardé, & lui avoit don
né celui-là. | Les difficultés qu'avoit
faites ce Docteur de lui donner le Re
mède, la demande qu'il lui avoit faite
G v
--
!
1 54 MERCURE DE FRANCE.
ſi elle avoit apporté † portion
de ce Ver, le parti qu'il avoit pris de la
traiter, après s'être emparé du morceau
qu'elle avoit, joint à ce qu'il ne voulut
pas lui rendre ce qu'elle avoit rendu,
mais qu'il lui donna un autre ver; tou
tes ces raiſons me font ſoupçonner que
c'eſt avec la poudre même du Ver qu'il
traite ſes Malades. Il connut, par les
queſtions qu'il avoit faites, que la nature
de ce Ver étoit différente de ceux qu'il
avoit ; & que, faute de poudre de pareil
Ver, il ne pourroit pas la guérir. C'étoit
peut-être le ſeul qu'il eût vu de cette
eſpèce, & il a voulu garder celui-là
pour s'en ſervir au beſoin,
Je vous prie,Monſieur,de vouloir bien
inſérer cette Lettre dans votre Mercure.
Les remarques que j'y fais pourroient
donner des idées à des perſonnes habi
les, ou attaquées de cette Maladie, &
pourroient être avantageuſes au Public.
J'ai l'honneur d'être, & c.
DE SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour
des Aydes de Clermont-Ferrand.
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre
Mercure du mois de Janvier dernier,
A V R I L. 1764.
I 51
des Obſervations ſur le Ver Solitaire ,
par M. P. .. .. , iJocteur en Médecine,
ancien Chirurgien en Chef du G. H. L.
de L.
-
L'Auteur dit, à la page 154, qu'il
avoit acquis le Spéçifique contre ce Ver,
de la veuve du Docteur Nouter, Méde
cin Suiſſe ; qu'il guérit ſubitement un
Seigneur Ruſſe, lui ayant donné ce Spé
cifique à ſept heures du matin , lequel
fit ſon effet dans quatre heures de temps.
C'eſt certainement là ce qu'on peut a
peller un Spécifique; & il ſeroit à §
rer qu'il fût public , y ayant bien des
-
perſonnes attaquées de cette Maladie. .
Je ne ſuis point étonné que le Poſſeſſeur
d'un pareil Remède ne le divulgue pas ;
mais je le ſuis de ce qu'il nous cache ſon
nom & ſa demeure. Je ne doute pas
qu'il ne ſe faſſe un plaiſir de contribuer
au bonheur de ſes ſemblables, qui pour
roient recourir à lui dans leur malheureux
état. Trouvez bon, Monſieur, que je
me ſerve de votre canal pour lui faire
parvenir cette Lettre, & que je l'invite à
nous apprendre dans quel lieu pourroient
le rencontrer ceux qui auroient cette
· maladie.
Il y a, Monſieur, neuf à dix ans que
la Femme de charge de ma Maiſon avoit
-
G iv ^
152 MERCIIRE DE FRANCE.
un.Ver ſolitaire.
Elle en avoit rendu
pluſieurs aulnes à différentes fois. J'ap
pris qu'il y avoit à Lyon un Médecin
Suiſſe qui avoit un Remède contre ce
Ver, (peut être eſt-ce le Docteur Nou
. ter) & qu'il devoit y être quelque temps.
J'envoyai la Malade à Lyon avec un do
meſtique. Elle vit dans cette Ville plu
ſieurs perſonnes qui avoient été guéries
par ce Médecin, qu'elle fut trouver. Il
lui fit nombre de queſtions, & lui dit
que ſon Remède étoit trop violent,
qu'elle n'auroit pas la force de le ſup
porter , & qu'elle pourroit fort bien
mourir dans l'opération ; qu'ainſi il ne
jugeoit pas à propos de le lui donner. La
Malade, fatiguée de ſon état, lui répon
dit qu'elle aimoit autant mourir que de
vivre comme elle faiſoit, & qu'elle étoit
décidée à le prendre; que cela ne retom
beroit pas ſur lui, s'il lui en arrivoit mal.
Le Médecin lui demanda ſi elle avoit ap
pcrté de ſon Ver. Elle en avoit quelques
aunes dans une bouteille, qu'il prit en lui
diſant, qu'il lui donneroit le Remède,
mais qu'il le modéreroit, & qu'elle ren
droit ſonVer par lambeaux.Il lui ordonna
de manger le ſoir une ſoupe au beurre ,
de prendre trois verres de vin blanc , &
un lavement avec du lait & du ſucre : ce
A V R I L. 1764.
-
153
qui fut fait. Le lendemain au matin il
vint à ſon Auberge de bonne heure,
avec un compagnon qu'il avoit, & lui
donna le Remède à prendre, ſans vou
loir laiſſer ouvrir les rideaux du lit, de
façon qu'elle n'a pu ſçavoir la couleur
dont il étoit. Environ deux heures après
elle ſe mit ſur le fiége, & ſe trouva ſi
mal qu'on crut qu'elle alloit expirer. Le
compagnon du Médecin lui diſoit : vous
l'aviez bien dit, Monſieur, qu'elle en
mourroit. On la fit revenir avec quel
ques eaux. Elle rendit enfin ſon Ver, &
ſentit tout-à-coup un vuide conſidérable
dans le creux de l'eſtomach. Elle ſortit
le reſte de la journée, & rendit quelques
autres portions du Ver, & remonta à
cheval le lendemain pour revenir chez
moi. Je n'ai point oui dire qu'elle en ait
été incommodée depuis environ cinq
ans qu'elle n'eſt plus à mon ſervice. Je
lui avois recommandé de m'apporter ſon
Ver; elle m'en préſenta un dans une
bouteille. Je lui dis dans l'inſtant que
ce n'étoit pas le ſien, & qu'il n'étoit pas
fait de même. Elle me dit que le Mé
decin l'avoit gardé, & lui avoit don
né celui-là. | Les difficultés qu'avoit
faites ce Docteur de lui donner le Re
mède, la demande qu'il lui avoit faite
G v
--
!
1 54 MERCURE DE FRANCE.
ſi elle avoit apporté † portion
de ce Ver, le parti qu'il avoit pris de la
traiter, après s'être emparé du morceau
qu'elle avoit, joint à ce qu'il ne voulut
pas lui rendre ce qu'elle avoit rendu,
mais qu'il lui donna un autre ver; tou
tes ces raiſons me font ſoupçonner que
c'eſt avec la poudre même du Ver qu'il
traite ſes Malades. Il connut, par les
queſtions qu'il avoit faites, que la nature
de ce Ver étoit différente de ceux qu'il
avoit ; & que, faute de poudre de pareil
Ver, il ne pourroit pas la guérir. C'étoit
peut-être le ſeul qu'il eût vu de cette
eſpèce, & il a voulu garder celui-là
pour s'en ſervir au beſoin,
Je vous prie,Monſieur,de vouloir bien
inſérer cette Lettre dans votre Mercure.
Les remarques que j'y fais pourroient
donner des idées à des perſonnes habi
les, ou attaquées de cette Maladie, &
pourroient être avantageuſes au Public.
J'ai l'honneur d'être, & c.
DE SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour
des Aydes de Clermont-Ferrand.
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Résumé : LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
La lettre discute des observations sur le ver solitaire, publiées dans le Mercure de janvier 1764 par un médecin nommé M. P., ancien chirurgien en chef. Ce médecin affirme avoir obtenu un remède contre le ver solitaire de la veuve du Docteur Nouter, un médecin suisse. Ce traitement aurait rapidement guéri un seigneur russe. L'auteur de la lettre s'étonne que M. P. ne révèle pas son identité et son adresse, espérant qu'il partage ce remède précieux avec ceux qui en ont besoin. L'auteur relate également une expérience personnelle. Il y a environ neuf à dix ans, une femme de charge de sa maison était atteinte d'un ver solitaire. Il l'envoya consulter un médecin suisse à Lyon, probablement le Docteur Nouter. Ce médecin hésita à administrer le remède en raison de sa puissance potentielle, mais finit par le donner après l'insistance de la femme. Elle fut guérie après avoir expulsé plusieurs portions du ver. L'auteur suspecte que le médecin utilisait la poudre du ver lui-même pour traiter ses patients, ce qui expliquerait ses réticences et ses actions. Il conclut en demandant la publication de cette lettre pour informer et aider d'autres personnes atteintes de cette maladie.
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10960
p. 155-160
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Début :
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole Royale Vétérinaire, toujours animés de [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole
Royale Vétérinaire, toujours animés de
l'émulation la plus grande, en donnèrent
au Public de nouvelles marques,
La Séance fut honorée de la préſence de
M. l'Intendant de la Généralité, & d'un
nombre de Perſonnes de diſtinction. .
Les objets enviſagés dans le Concours,
ne furent pas moins intéreſſans que ceux
qui avoient été diſcutés dans l'Aſſem
blée du 3 du même mois. Il y fut queſ
tion des muſcles en général & des muſ
cles en particulier. On en obſerva les
· différences, les dénominations diverſes,
la figure, la direction, la ſituation, les
attaches, la force, la compoſition^iu
terne , & l'action méchanique, ſans ce
pendant tenter d'outre-paſſer les bornes
des connoiſſances humaines relative
ment à ce dernier point. D'une autre
part, les Elèves firent la démonſtration
de chaque muſcle ſéparément, ſur des
parties préparées à cet effet.
Cinquante d'entre eux s'étoient offerts
pour entrer en lice. L'impoſſibilité d'ad
mettre ce nombre de Contendans & de
G vj
-
156 MERCURE DE FRANCE.
les entendre tous dans une ſeule Séance,
détermina à en retrancher vingt-deux,
, qui ſubirent le 2o, c'eſt-à-dire, la veille
du jour de l'Aſſemblée dont nous ren
drons compte , un examen particulier.
Le réſultat fut d'adjuger un Prix à neuf
d'entre eux, & ce Prix fut tiré au ſort
le lendemain en préſence du Public.
Ces vingt-deux Elèves ſont les Sieurs
d'Auvergne le cadet, Girard, Thomas,
Greſſet, Beaumont fils, de la Province
de Franche-Comté ; Pequet , Noeq ,
Didné , Mouſſette , de la Généralité
d'Amiens ; Girard, de la Ville de Va
lenciennes ; Déchaux, de la Ville de
Lyon ; Chanu, de la Province de Bour
gogne; Mirot, de la Généralité de Li
moges ; Saunier, de la Province de
Dauphiné ; Puſenas, de la Généralité
de Moulins; Moret, de la Ville de Châ
lons-ſur-Saône ; Rouſſet & Guillet, de la
Province de Bugey ; Boudier, de la Gé
néralité d'Auvergne; Blouſard & Cham
bart , de la Province de Breſſe.
Les Sieurs d'Auvergne le cadet, Pe
quet, Girard , de Franche-Comté ; Gi
rard, de Valenciennes; Blouſard, Greſ
ſet, Beaumont fils & Déchaux furent
ceux qu'on inſcrivit, à l'effet de tirer
le Prix , que le haſard mit le lende
A V R I L. 1764.
157
main dans les mains du Sieur Greſſet.
Quant aux Elèves qui ont été admis
au Concours public, les uns ſont étran
gers, & envoyés par différens Souve
rains., les autres ſont nationaux.
MM. les Elèves étrangers ont diſputé
entre eux un Prix particulier, conſiſtant
en un Dictionnaire Allemand - Fran
çois & François-Allemand, & dans les
Ouvrages ou Mémoires de l'Académie .
Royale de Chirurgie de France.
Ces Elèves ſont :
-
MM. Abilgaard, envoyé par S. M. le
Roi de Dannemark , Genick, Scheffer,
envoyés par S. M. le Roi de Pruſſe,
Hernquiſt, Lenborn ,
Falander, en
| voyés par S. M. le Roi de Suéde.
Si les uns & les autres de ces Elèves
honorent la ſource dans laquelle ils vien
nent puiſer des lumières, ils n'honorent
pas moins leurs Nations, par des progrès
rapides, & par le deſir ardent qu'ils ont
de juſtifier le choix que des Souverains
éclairés ont fait d'eux pour former en
ſuite des Etabliſſemens utiles , ſembla
bles à celui dont la France aura toujours
la gloire d'avoir jetté les premiers fon
demens.
-
Tous s'empreſſent également à répon
dre à ces vues. .
-
-
,;8 MERCURE DE FRANCE. ..
·
· M. Abilgaard a été couronné; mais,
ſans prétendre porter la moindre atteinte
à l honneur qu'il s'eſt acquis, la juſtice
due à ſes Concurrens oblige d'avouer
que ſi les uns & les autres avoient eu la
même matière à traiter, ils n'auroient
pas moins que lui remporté tous les
fuffrages.
-
M. Hernquiſt, malgré les difficultés
- d'une langue qui lui eſt étrangère, a
démontré de la manière la plus claire
& la plus méthodique, les muſcles des
yeux ; il a parlé de leurs uſages, en les
conſidérant ſous toutes les faces poſſi
bles ; & il a ajouté à ce qui a été dit &
écrit ſur le muſcle orbiculaire, parti
culier aux Quadrupèdes.
MM. Genick & Scheffer, ainſi que
· MM. Lenborn & Falander, n'ont pu
traiter des points ſuſceptibles de diſcuſ
ſions auſſi curieuſes ; mais on eût deſiré
· d'avoir un Prix à diſtribuer à chacun de
ces Concurrens : tous en auroient été
| dignes.
Les Elèves nationaux qui ont paru
enſuite au nombre de vingt-trois, ſont,
les Sieurs Chaber, Viervil, Faure l'aîné,
Thevenet , Danguin, Deſavenieres, de
la Ville & Généralité de Lyon ; Gay &
Bethoux , de la Province de Dauphiné ;
A V R E L. 1764.
159
Treich, de la Généralité d'Auvergne ;
Péan, Maréchal du Corps de la Gendar
merie, Petite, Danne, Parnet, de la
Province de Franche-Comté; Barjolin
& Dupin , de la Généralité de Limoges ;
Beauvais & Boulanger, de celle d'A-
miens; Brachet & Kambert, de la Pro
vince du Bugey ; Differnet, de celle de
Breſſe ;
Preſlier , de la Généralité de
Moulins ;
Kamerlet , de la Ville de
Nancy ; Bredin , de la Province de
Bourgogne.
-
-
Rien n'eſt plus glorieux pour la plu
part de ces Contendans , que l'embarras
dans lequel ont été les Juges éclairés qui
devoient décider du mérite de chacun
d'eux. Cet honneur, qui rejaillit infail
liblement ſur MM. les Démonſtrateurs
qui les ont inſtruits, s'accroît ſans doute
lorſque l'on voit à la tête de ce Tribunal
des Maîtres tels que MM Charmeton &
Flurant, de l'Académie Royale de Chi
· rurgie, Violet , Pomier, Champeaux ,
· &c. &c.
Ils ont cru devoir adjuger le Prix éga
lement aux Sieurs Chaberr, Péan Bre
din, Treich, Parnet, Dupin, Petite,
Beauvais, Danguin, Barjolin , Preſlier
& Danne. Le ſort a favoriſé le Sieur
Bredin, connu déja par ſes ſuccès dans
16o MERCURE DE FRANCE.
pluſieurs Concours, & par ſes travaux
utiles dans pluſieurs Provinces.
Le Sieur Brachet a eu le premier
Acceſſit; mais la nuance eſt ſi foible,
qu'à peine auroit-il dû être diſtingué des
alltICS.
-
-
· Le Sieur Faure l'aîné a obtenu le ſe
cond, les Sieur Gay & Bethoux le troi
ſiéme, le Sieur Deſavenieres & le Sieur
Vierville quatriéme, & le Sieur Theve
net, âgé de dix ans, le cinquiéme.
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole
Royale Vétérinaire, toujours animés de
l'émulation la plus grande, en donnèrent
au Public de nouvelles marques,
La Séance fut honorée de la préſence de
M. l'Intendant de la Généralité, & d'un
nombre de Perſonnes de diſtinction. .
Les objets enviſagés dans le Concours,
ne furent pas moins intéreſſans que ceux
qui avoient été diſcutés dans l'Aſſem
blée du 3 du même mois. Il y fut queſ
tion des muſcles en général & des muſ
cles en particulier. On en obſerva les
· différences, les dénominations diverſes,
la figure, la direction, la ſituation, les
attaches, la force, la compoſition^iu
terne , & l'action méchanique, ſans ce
pendant tenter d'outre-paſſer les bornes
des connoiſſances humaines relative
ment à ce dernier point. D'une autre
part, les Elèves firent la démonſtration
de chaque muſcle ſéparément, ſur des
parties préparées à cet effet.
Cinquante d'entre eux s'étoient offerts
pour entrer en lice. L'impoſſibilité d'ad
mettre ce nombre de Contendans & de
G vj
-
156 MERCURE DE FRANCE.
les entendre tous dans une ſeule Séance,
détermina à en retrancher vingt-deux,
, qui ſubirent le 2o, c'eſt-à-dire, la veille
du jour de l'Aſſemblée dont nous ren
drons compte , un examen particulier.
Le réſultat fut d'adjuger un Prix à neuf
d'entre eux, & ce Prix fut tiré au ſort
le lendemain en préſence du Public.
Ces vingt-deux Elèves ſont les Sieurs
d'Auvergne le cadet, Girard, Thomas,
Greſſet, Beaumont fils, de la Province
de Franche-Comté ; Pequet , Noeq ,
Didné , Mouſſette , de la Généralité
d'Amiens ; Girard, de la Ville de Va
lenciennes ; Déchaux, de la Ville de
Lyon ; Chanu, de la Province de Bour
gogne; Mirot, de la Généralité de Li
moges ; Saunier, de la Province de
Dauphiné ; Puſenas, de la Généralité
de Moulins; Moret, de la Ville de Châ
lons-ſur-Saône ; Rouſſet & Guillet, de la
Province de Bugey ; Boudier, de la Gé
néralité d'Auvergne; Blouſard & Cham
bart , de la Province de Breſſe.
Les Sieurs d'Auvergne le cadet, Pe
quet, Girard , de Franche-Comté ; Gi
rard, de Valenciennes; Blouſard, Greſ
ſet, Beaumont fils & Déchaux furent
ceux qu'on inſcrivit, à l'effet de tirer
le Prix , que le haſard mit le lende
A V R I L. 1764.
157
main dans les mains du Sieur Greſſet.
Quant aux Elèves qui ont été admis
au Concours public, les uns ſont étran
gers, & envoyés par différens Souve
rains., les autres ſont nationaux.
MM. les Elèves étrangers ont diſputé
entre eux un Prix particulier, conſiſtant
en un Dictionnaire Allemand - Fran
çois & François-Allemand, & dans les
Ouvrages ou Mémoires de l'Académie .
Royale de Chirurgie de France.
Ces Elèves ſont :
-
MM. Abilgaard, envoyé par S. M. le
Roi de Dannemark , Genick, Scheffer,
envoyés par S. M. le Roi de Pruſſe,
Hernquiſt, Lenborn ,
Falander, en
| voyés par S. M. le Roi de Suéde.
Si les uns & les autres de ces Elèves
honorent la ſource dans laquelle ils vien
nent puiſer des lumières, ils n'honorent
pas moins leurs Nations, par des progrès
rapides, & par le deſir ardent qu'ils ont
de juſtifier le choix que des Souverains
éclairés ont fait d'eux pour former en
ſuite des Etabliſſemens utiles , ſembla
bles à celui dont la France aura toujours
la gloire d'avoir jetté les premiers fon
demens.
-
Tous s'empreſſent également à répon
dre à ces vues. .
-
-
,;8 MERCURE DE FRANCE. ..
·
· M. Abilgaard a été couronné; mais,
ſans prétendre porter la moindre atteinte
à l honneur qu'il s'eſt acquis, la juſtice
due à ſes Concurrens oblige d'avouer
que ſi les uns & les autres avoient eu la
même matière à traiter, ils n'auroient
pas moins que lui remporté tous les
fuffrages.
-
M. Hernquiſt, malgré les difficultés
- d'une langue qui lui eſt étrangère, a
démontré de la manière la plus claire
& la plus méthodique, les muſcles des
yeux ; il a parlé de leurs uſages, en les
conſidérant ſous toutes les faces poſſi
bles ; & il a ajouté à ce qui a été dit &
écrit ſur le muſcle orbiculaire, parti
culier aux Quadrupèdes.
MM. Genick & Scheffer, ainſi que
· MM. Lenborn & Falander, n'ont pu
traiter des points ſuſceptibles de diſcuſ
ſions auſſi curieuſes ; mais on eût deſiré
· d'avoir un Prix à diſtribuer à chacun de
ces Concurrens : tous en auroient été
| dignes.
Les Elèves nationaux qui ont paru
enſuite au nombre de vingt-trois, ſont,
les Sieurs Chaber, Viervil, Faure l'aîné,
Thevenet , Danguin, Deſavenieres, de
la Ville & Généralité de Lyon ; Gay &
Bethoux , de la Province de Dauphiné ;
A V R E L. 1764.
159
Treich, de la Généralité d'Auvergne ;
Péan, Maréchal du Corps de la Gendar
merie, Petite, Danne, Parnet, de la
Province de Franche-Comté; Barjolin
& Dupin , de la Généralité de Limoges ;
Beauvais & Boulanger, de celle d'A-
miens; Brachet & Kambert, de la Pro
vince du Bugey ; Differnet, de celle de
Breſſe ;
Preſlier , de la Généralité de
Moulins ;
Kamerlet , de la Ville de
Nancy ; Bredin , de la Province de
Bourgogne.
-
-
Rien n'eſt plus glorieux pour la plu
part de ces Contendans , que l'embarras
dans lequel ont été les Juges éclairés qui
devoient décider du mérite de chacun
d'eux. Cet honneur, qui rejaillit infail
liblement ſur MM. les Démonſtrateurs
qui les ont inſtruits, s'accroît ſans doute
lorſque l'on voit à la tête de ce Tribunal
des Maîtres tels que MM Charmeton &
Flurant, de l'Académie Royale de Chi
· rurgie, Violet , Pomier, Champeaux ,
· &c. &c.
Ils ont cru devoir adjuger le Prix éga
lement aux Sieurs Chaberr, Péan Bre
din, Treich, Parnet, Dupin, Petite,
Beauvais, Danguin, Barjolin , Preſlier
& Danne. Le ſort a favoriſé le Sieur
Bredin, connu déja par ſes ſuccès dans
16o MERCURE DE FRANCE.
pluſieurs Concours, & par ſes travaux
utiles dans pluſieurs Provinces.
Le Sieur Brachet a eu le premier
Acceſſit; mais la nuance eſt ſi foible,
qu'à peine auroit-il dû être diſtingué des
alltICS.
-
-
· Le Sieur Faure l'aîné a obtenu le ſe
cond, les Sieur Gay & Bethoux le troi
ſiéme, le Sieur Deſavenieres & le Sieur
Vierville quatriéme, & le Sieur Theve
net, âgé de dix ans, le cinquiéme.
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Résumé : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Le 21 mars, les élèves de l'École Royale Vétérinaire ont démontré leurs compétences lors d'une séance publique devant l'Intendant de la Généralité et des personnalités distinguées. Les sujets abordés comprenaient les muscles, leurs caractéristiques, dénominations, figures, directions, situations, attaches, forces, compositions internes et actions mécaniques. Sur cinquante candidats, vingt-huit ont été retenus après un examen préliminaire. Neuf élèves ont reçu un prix, attribué par tirage au sort. Les lauréats étaient d'Auvergne le cadet, Pequet, Girard de Franche-Comté, Girard de Valenciennes, Blousard, Gresset, Beaumont fils et Déchaux. Gresset a remporté le prix principal. Les élèves étrangers, envoyés par divers souverains, ont également participé à un concours spécifique. M. Abilgaard, envoyé par le roi de Danemark, a été couronné. Parmi les vingt-trois élèves nationaux, les prix ont été attribués à Chaber, Péan, Bredin, Treich, Parnet, Dupin, Petite, Beauvais, Danguin, Barjolin, Preslier et Danne. Brachet a obtenu le premier accessit, suivi de Faure l'aîné, Gay et Bethoux. Les juges étaient des maîtres éminents de l'Académie Royale de Chirurgie. Une autre compétition a classé plusieurs individus : Faure l'aîné a obtenu la deuxième place, Gay et Bethoux la troisième, Desavenires et Vierville la quatrième, et Thévenet, âgé de dix ans, la cinquième. Le texte mentionne également une distinction où quelque chose de très faible aurait à peine dû être distingué des autres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10961
p. 160-161
BOTANIQUE.
Début :
LE Public est averti que les Jardins de Botanique du sieur Royer, Marchand [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOTANIQUE.
BOTANIQUE.
LE Public est averti que les Jardins
de Botanique du sieur Royer, Marchand
Epicier-Droguiſte, grande rue du Fau
bourg S. Martin, &c, ſeront ouverts
le ſept du mois de Mai prochain. La
Nature ſeule y donnera à ceux qui vien
dront les fréquenter, des leçons & des
inſtructions pour apprendre à connoî
tre les Plantes ; & afin de mieux profi
rer du beau ſpectacle qu'elle préſente
en ce genre, on ira tous les Lundis,
comme les années précédentes , à la
| campagne, pour l'obſerver & la conſul
ter encore plus à ſon aiſe.
Quant aux drogues ſimples qui for
·
A V R I L. 1764.
161
ment une des grandes branches de ſon
commerce , telles que la Manne , la
Rhubarbe, le Quinquina , le Séné, les
Folicules de Séné , l'Ipécacuana , le
Rapontic, le Sucre, l'Oliban , le Gal
banum , &c, &c, &c. Il n'en parlera,
quand il fera voir ſon droguier, que les
lettres d'avis & de factures à la main, afin
- de prouver clairement dans quelles ré
gions ces diverſes ſubſtances naiſſent &
croiſſent, & par quelle voie elles arrivent
1C1.
Tel eſt le nouvel arrangement qu'il
a cru devoir prendre cette année ; il a
ſoin d'en rendre compte,par reſpect pour
le Public,& pour répondre à la confiance
dont il l'honore depuis longtemps. Ses
Jardins ſeront fermés le Mercredi & le
Samedi aux Etudians, ces deux jours
là étant deſtinés aux Dames comme ci
devant. Il montrera ſon droguier tous
les Vendredis, à moins qu'il ne ſoit
Fête.
LE Public est averti que les Jardins
de Botanique du sieur Royer, Marchand
Epicier-Droguiſte, grande rue du Fau
bourg S. Martin, &c, ſeront ouverts
le ſept du mois de Mai prochain. La
Nature ſeule y donnera à ceux qui vien
dront les fréquenter, des leçons & des
inſtructions pour apprendre à connoî
tre les Plantes ; & afin de mieux profi
rer du beau ſpectacle qu'elle préſente
en ce genre, on ira tous les Lundis,
comme les années précédentes , à la
| campagne, pour l'obſerver & la conſul
ter encore plus à ſon aiſe.
Quant aux drogues ſimples qui for
·
A V R I L. 1764.
161
ment une des grandes branches de ſon
commerce , telles que la Manne , la
Rhubarbe, le Quinquina , le Séné, les
Folicules de Séné , l'Ipécacuana , le
Rapontic, le Sucre, l'Oliban , le Gal
banum , &c, &c, &c. Il n'en parlera,
quand il fera voir ſon droguier, que les
lettres d'avis & de factures à la main, afin
- de prouver clairement dans quelles ré
gions ces diverſes ſubſtances naiſſent &
croiſſent, & par quelle voie elles arrivent
1C1.
Tel eſt le nouvel arrangement qu'il
a cru devoir prendre cette année ; il a
ſoin d'en rendre compte,par reſpect pour
le Public,& pour répondre à la confiance
dont il l'honore depuis longtemps. Ses
Jardins ſeront fermés le Mercredi & le
Samedi aux Etudians, ces deux jours
là étant deſtinés aux Dames comme ci
devant. Il montrera ſon droguier tous
les Vendredis, à moins qu'il ne ſoit
Fête.
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Résumé : BOTANIQUE.
Le texte annonce l'ouverture des Jardins de Botanique du sieur Royer, Marchand Épicier-Droguiste, située grande rue du Faubourg Saint-Martin, le 7 mai 1764. Ces jardins offriront des leçons et des instructions sur les plantes, avec des sorties hebdomadaires le lundi pour observer la nature. Le sieur Royer propose également un commerce de drogues simples, incluant la manne, la rhubarbe, le quinquina, le séné, les folicules de séné, l'ipécacuana, le rapontic, le sucre, l'oliban et le galbanum. Il prévoit de montrer son droguier chaque vendredi, sauf en cas de fête, et de fournir des lettres d'avis et de factures pour garantir l'origine et la provenance de ces substances. Les jardins seront fermés aux étudiants le mercredi et le samedi, ces jours étant réservés aux dames.
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10962
p. 162-164
DISTILLATION.
Début :
LES personnes qui par état emploient du vinaigre distillé, & qui desirent [...]
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texteReconnaissance textuelle : DISTILLATION.
DISTILLATION.
LES personnes qui par état emploient
du vinaigre distillé, & qui desirent
qu'il ſoit bien déflegmé , ſont aver
ties par le feur Maille , Diſtillateur ,
que la conſtruction d'un fourneau qu'il
a imaginé pour faire cette diſtillationr
dans † vaiſſeaux de grès, le met à
portée de vendre ce vinaigre à un très
bon compte & d'une qualité ſupé
rieure, & ſans être dangereux, comme
celui qui ſe diſtribue chez différens Par
ticuliers , fait dans des alambics de cui
· vre , ce qui eſt dangereux par les par
ties métalliques qu'il enléve, & par con
ſéquent devient très-préjudiciable aux
remédes dans leſquels il eſt emploié.
Le Vinaigre Romain pour la con
ſervation de la bouche, ſe diſtribue tou
jours avec les plus heureux ſuccès pour
A V R I L. 1764.
163
blanchir les dents , empêcher qu'elles
ne ſe carient , en arrêter le progrès,
les raffermir dans leurs alvèoles , préve
nir l'haleine forte, & rafraîchir les lé
vres. L'Auteur vend auſſi différens vi
naigres, pour guérir le mal de dent ,
blanchir la peau , guérir les dartres fa
rineuſes, les boutons , noircir les che
veux roux ou blanc, ainſi que les ſour
cils, ôter les taches de rouſſeur , maſ
ques de couches , & le véritable Vi- .
naigre des quatre Voleurs, préſervatifde
tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de Vinaigres tant à l'uſage
des bains & toilette , que de la table,au
nombre de deux cent ſortes. On diſtri
bue toujours en ſon magafin à Séve,
près Paris, le nouveau Caſſis blanc pour
aider la digeſtion des alimens , le nou
veau Ratafia des Sultanes, le Courier
de Cythère , & toutes ſortes de Li
queurs & Eaux d'odeur tant françoiſes
qu'étrangères. On s'adreſſera pour les
vinaigres au ſieur Maille , rue S. An
dré des Arcs , la troiſiéme porte-co
chère à droite en entrant par le Pont
S. Michel , entre la rue Mâcon & la
ue Hautefeuille, de l'autre côté,à Paris
Et pour le Caſſis ,
Ratafia & autres
Liqueurs & Odeurs en ſon Magazin »
·r64 MERCURE DE FRANCE.
à Séve près Paris, route de la Cour.
Le prix des moindres bouteilles pour
les dents ou autres propriétés, eſt de
3 liv. , le Caſſis blane 4 liv. la pinte,
le Ratafia des Sultanes , 6 liv. , & 8
liv. le Courier de Cythère. Ledit ſieur -
Maille fait
les envois au deſir des
perſonnes , en remettant l'argent par
la Poſte, franc de port, ainſi que les
lettres :
il envoye en même temps la
manière de s'en ſervir avec une liſte de
ſes vinaigres, & des prix. Les perſon
nes qui voudront emporter de ces ſor
tes de vinaigre dans les Iſles où l'u-
ſage en eſt ſi néceſſaire, peuvent le
faire ſans crainte que le temps ni l'é-
loignement du tramſport puiſſe altérer
leurs qualités.
LES personnes qui par état emploient
du vinaigre distillé, & qui desirent
qu'il ſoit bien déflegmé , ſont aver
ties par le feur Maille , Diſtillateur ,
que la conſtruction d'un fourneau qu'il
a imaginé pour faire cette diſtillationr
dans † vaiſſeaux de grès, le met à
portée de vendre ce vinaigre à un très
bon compte & d'une qualité ſupé
rieure, & ſans être dangereux, comme
celui qui ſe diſtribue chez différens Par
ticuliers , fait dans des alambics de cui
· vre , ce qui eſt dangereux par les par
ties métalliques qu'il enléve, & par con
ſéquent devient très-préjudiciable aux
remédes dans leſquels il eſt emploié.
Le Vinaigre Romain pour la con
ſervation de la bouche, ſe diſtribue tou
jours avec les plus heureux ſuccès pour
A V R I L. 1764.
163
blanchir les dents , empêcher qu'elles
ne ſe carient , en arrêter le progrès,
les raffermir dans leurs alvèoles , préve
nir l'haleine forte, & rafraîchir les lé
vres. L'Auteur vend auſſi différens vi
naigres, pour guérir le mal de dent ,
blanchir la peau , guérir les dartres fa
rineuſes, les boutons , noircir les che
veux roux ou blanc, ainſi que les ſour
cils, ôter les taches de rouſſeur , maſ
ques de couches , & le véritable Vi- .
naigre des quatre Voleurs, préſervatifde
tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de Vinaigres tant à l'uſage
des bains & toilette , que de la table,au
nombre de deux cent ſortes. On diſtri
bue toujours en ſon magafin à Séve,
près Paris, le nouveau Caſſis blanc pour
aider la digeſtion des alimens , le nou
veau Ratafia des Sultanes, le Courier
de Cythère , & toutes ſortes de Li
queurs & Eaux d'odeur tant françoiſes
qu'étrangères. On s'adreſſera pour les
vinaigres au ſieur Maille , rue S. An
dré des Arcs , la troiſiéme porte-co
chère à droite en entrant par le Pont
S. Michel , entre la rue Mâcon & la
ue Hautefeuille, de l'autre côté,à Paris
Et pour le Caſſis ,
Ratafia & autres
Liqueurs & Odeurs en ſon Magazin »
·r64 MERCURE DE FRANCE.
à Séve près Paris, route de la Cour.
Le prix des moindres bouteilles pour
les dents ou autres propriétés, eſt de
3 liv. , le Caſſis blane 4 liv. la pinte,
le Ratafia des Sultanes , 6 liv. , & 8
liv. le Courier de Cythère. Ledit ſieur -
Maille fait
les envois au deſir des
perſonnes , en remettant l'argent par
la Poſte, franc de port, ainſi que les
lettres :
il envoye en même temps la
manière de s'en ſervir avec une liſte de
ſes vinaigres, & des prix. Les perſon
nes qui voudront emporter de ces ſor
tes de vinaigre dans les Iſles où l'u-
ſage en eſt ſi néceſſaire, peuvent le
faire ſans crainte que le temps ni l'é-
loignement du tramſport puiſſe altérer
leurs qualités.
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Résumé : DISTILLATION.
Le texte présente les innovations et les produits du sieur Maille, un distillateur. Maille a créé un fourneau permettant de distiller le vinaigre dans des vaisseaux de grès, améliorant ainsi la sécurité et la qualité du produit par rapport aux alambics de cuivre traditionnels. Le vinaigre romain est recommandé pour la conservation de la bouche, le blanchiment des dents, la prévention des caries et la fraîcheur des lèvres. Maille propose également divers vinaigres pour traiter des affections telles que le mal de dents, les dartres farineuses et les boutons, ainsi que pour noircir les cheveux ou les sourcils. Parmi ses produits figurent le cassis blanc, le ratafia des sultanes, le courier de Cythère, et diverses liqueurs et eaux de toilette. Les prix varient de 3 à 8 livres. Maille offre l'envoi des produits par la poste, sans frais de port, et fournit des instructions d'utilisation et une liste des prix. Les produits peuvent être expédiés sans risque de dégradation, même vers des destinations éloignées comme les îles.
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10963
p. 164-165
GRAVURE.
Début :
LE Portrait de Henri-le-Grand vient de paroître dans le même format que [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
LE Portrait de Henri-le-Grand vient
de paroître dans le même format que
celui du célébre Sully, ainſi qu'on la
annoncé au mois de Décembre dernier.
M. Demarcenay-Deghuy, dans la vue
de répondre plus promptement à l'em
· A V R I L. 1764.
165
preſſement du Public pour tout ce qui
lui rappelle ce Héros ſi cher à la France ,
a ſuſpendu tous ſes autres Ouvrages afin
de s'occuper uniquement de celui-ci.
On le trouve chez l'Auteur Quai de
Conti, la deuxiéme Porte-Cochère après
la rue Guénégaud , & chez M. Wille,
Graveur du Roi , Quai des Auguſtins,
à côté de l'Hôtel d'Auvergne, chez qui
ſe trouvent pareillement † autres Ou
VTa CT6S,
-
-
Cette Planche eſt la 21° de l'œuvre
, de M. Demarcenay, qui ſe diſpoſe à
graver de temps-en-temps des Portraits
d'hommes & de femmes célébres, dont
la ſuite ſera de même format.
LE S* FIcQUET grave actuellement
le Portrait de Corneille dans le même
format que l'édition des QEuvres de ce
Grand Homme commentées par M. de
# Ce Portrait ne tardera pas
· d'être achevé ; il en prévient le Public,
afin que les perſonnes qui deſireront
de le mettre à la tête des QEuvres ,
ſuſpendent, ſi elles le jugent à propos,
de faire relier leur exemplaire.
L'Artiſte dont nous parlons, eſt con
nu par les beaux Portraits de Md° de
Maintenon, MM, de Voltaire, la Fon»
taine , J. B. Rouſſeau.
LE Portrait de Henri-le-Grand vient
de paroître dans le même format que
celui du célébre Sully, ainſi qu'on la
annoncé au mois de Décembre dernier.
M. Demarcenay-Deghuy, dans la vue
de répondre plus promptement à l'em
· A V R I L. 1764.
165
preſſement du Public pour tout ce qui
lui rappelle ce Héros ſi cher à la France ,
a ſuſpendu tous ſes autres Ouvrages afin
de s'occuper uniquement de celui-ci.
On le trouve chez l'Auteur Quai de
Conti, la deuxiéme Porte-Cochère après
la rue Guénégaud , & chez M. Wille,
Graveur du Roi , Quai des Auguſtins,
à côté de l'Hôtel d'Auvergne, chez qui
ſe trouvent pareillement † autres Ou
VTa CT6S,
-
-
Cette Planche eſt la 21° de l'œuvre
, de M. Demarcenay, qui ſe diſpoſe à
graver de temps-en-temps des Portraits
d'hommes & de femmes célébres, dont
la ſuite ſera de même format.
LE S* FIcQUET grave actuellement
le Portrait de Corneille dans le même
format que l'édition des QEuvres de ce
Grand Homme commentées par M. de
# Ce Portrait ne tardera pas
· d'être achevé ; il en prévient le Public,
afin que les perſonnes qui deſireront
de le mettre à la tête des QEuvres ,
ſuſpendent, ſi elles le jugent à propos,
de faire relier leur exemplaire.
L'Artiſte dont nous parlons, eſt con
nu par les beaux Portraits de Md° de
Maintenon, MM, de Voltaire, la Fon»
taine , J. B. Rouſſeau.
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Résumé : GRAVURE.
En avril 1764, une gravure représentant Henri IV a été publiée, suivant une annonce faite en décembre précédent. L'artiste M. Demarcenay-Deghuy a interrompu ses autres projets pour se consacrer à cette œuvre, répondant à la demande publique pour des souvenirs de ce héros national. La gravure est disponible chez l'auteur, au Quai de Conti, et chez M. Wille, graveur du roi, au Quai des Augustins. Cette planche est la vingt-et-unième d'une série de portraits de personnalités célèbres prévue par M. Demarcenay. Parallèlement, le graveur Le Sicquet travaille sur le portrait de Corneille, destiné à illustrer les œuvres de cet auteur commentées par M. de La Monnoye. Le Sicquet informe le public de l'imminence de l'achèvement de cette gravure, permettant aux amateurs de différer la reliure de leurs exemplaires des œuvres de Corneille. Le Sicquet est également reconnu pour ses portraits de Madame de Maintenon, Voltaire, La Fontaine et Jean-Baptiste Rousseau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10964
p. 166-168
« LE 20 Mars, les Comédiens François représentérent le Dissipateur, Comédie [...] »
Début :
LE 20 Mars, les Comédiens François représentérent le Dissipateur, Comédie [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE 20 Mars, les Comédiens François représentérent le Dissipateur, Comédie [...] »
LE 20 Mars, les Comédiens François
représentérent le Dissipateur, Comédie
en 5 Actes & en vers de feu M.
NÉRICAULT DESTOUCHES (de 1753)
La grande Piéce fut ſuivie du Galant
Coureur, Comédie en un Acte & en
Proſe du feu ſieur LEGRAND (de 1722.)
Le Mercredi 21 , par les Comédiens
Italiens , on exécuta le Sorcier, Comé
die en deux Actes mêlé d'Ariettes, pré
cédée d'Arlequin Jouet de l'Amour, pe
tite Piéce Italienne.
.
Le Jeudi 22 Mars , les Comédiens
François repréſentérent la Mort de Cé
ſar , Tragédie de M. de VoLTAIRE.
La Tragédie fut ſuivie des Plaideurs,
| Comédie en trois actes & en vers de
RACINE (de 1668.)
A V R I L. 1764.
157
Le 27 Mars , par les mêmes Comé
diens l'Etourdi , Comédie de Mor,IE
RE en 5 Actes & en vers (de 1658.
Pour ſeconde Piéce , on donna
l'Eſprit de Contradiction , Comédie de
DUFRESNI en un Acte &.en Proſe.
Le lendemain , les Comédiens Ita
liens repréſentérent la Cantatrice, pe
tite Piéce Italienne, qui fut ſuivie du
Jardinier & ſon Seigneur, Comédie en
un Acte mêlée d'Ariettes.
Le Jeudi 29 Mars , les Comédiens
François repréſentérent Cinna , Tra
gédie de CoRNEILLE (de 1639.)
Pour petite Piéce , le Conſentement
forcé, Comédie en un Acte & en Proſe
de feu M. Guyot de Merville (de 1738.)
La Dlle FANNIER y jouoit le rôle de
Soubrette. On paroît de plus en plus
concevoir beaucoup d'eſpérance des ta
lens de cette jeune Actrice.
Le Mardi, 3 Avril, par les mêmes
| Comédiens, l'Ecole des Mères,Comédie
en 5 Actes & en vers de feu M. DE
LA CHAUSSÉE ( de 1744. ) La Dlle
DoLIGNY y joua le rôle intéreſſant de
Marianne d'une manière ſi touchante,
que pluſieurs perſonnes ont redemandé
cette Piéce depuis à Paris avec la Pu
pile , où ce Spectacle a attiré du monde
168 MERCURE DE FRANCE. .
à différentes repriſes , les petits jours
de la Comédie.
—.
-
-
-
Après la grande Piéce, on donna le
Médecin malgré lui,Comédie en 3 Ac
tes & en Proſe, de MoLIERE (1666.)
Le Mercredi 4 Avril , les Comédiens
Italiens
( 176o.)
exécutérent la Bohémienne ,
Opéra bouffon en 2 Actes, qui fut
ſuivi du Bucheron, autre Comédie en
·un Acte , mêlée d'Ariettes.
-
Le Jeudi 5 , dernier jour des Specfa
cles de la Gour à Verſailles (a) les Co
médiens François ont repréſenté Tan
créde, Tragédie de M. de VoLTAIRE
-
La Tragédie fut ſuivie de l'Iſle dé
ſerte, Comédie en un Acte & en vers
de M. CoLLET (de 1757.)
représentérent le Dissipateur, Comédie
en 5 Actes & en vers de feu M.
NÉRICAULT DESTOUCHES (de 1753)
La grande Piéce fut ſuivie du Galant
Coureur, Comédie en un Acte & en
Proſe du feu ſieur LEGRAND (de 1722.)
Le Mercredi 21 , par les Comédiens
Italiens , on exécuta le Sorcier, Comé
die en deux Actes mêlé d'Ariettes, pré
cédée d'Arlequin Jouet de l'Amour, pe
tite Piéce Italienne.
.
Le Jeudi 22 Mars , les Comédiens
François repréſentérent la Mort de Cé
ſar , Tragédie de M. de VoLTAIRE.
La Tragédie fut ſuivie des Plaideurs,
| Comédie en trois actes & en vers de
RACINE (de 1668.)
A V R I L. 1764.
157
Le 27 Mars , par les mêmes Comé
diens l'Etourdi , Comédie de Mor,IE
RE en 5 Actes & en vers (de 1658.
Pour ſeconde Piéce , on donna
l'Eſprit de Contradiction , Comédie de
DUFRESNI en un Acte &.en Proſe.
Le lendemain , les Comédiens Ita
liens repréſentérent la Cantatrice, pe
tite Piéce Italienne, qui fut ſuivie du
Jardinier & ſon Seigneur, Comédie en
un Acte mêlée d'Ariettes.
Le Jeudi 29 Mars , les Comédiens
François repréſentérent Cinna , Tra
gédie de CoRNEILLE (de 1639.)
Pour petite Piéce , le Conſentement
forcé, Comédie en un Acte & en Proſe
de feu M. Guyot de Merville (de 1738.)
La Dlle FANNIER y jouoit le rôle de
Soubrette. On paroît de plus en plus
concevoir beaucoup d'eſpérance des ta
lens de cette jeune Actrice.
Le Mardi, 3 Avril, par les mêmes
| Comédiens, l'Ecole des Mères,Comédie
en 5 Actes & en vers de feu M. DE
LA CHAUSSÉE ( de 1744. ) La Dlle
DoLIGNY y joua le rôle intéreſſant de
Marianne d'une manière ſi touchante,
que pluſieurs perſonnes ont redemandé
cette Piéce depuis à Paris avec la Pu
pile , où ce Spectacle a attiré du monde
168 MERCURE DE FRANCE. .
à différentes repriſes , les petits jours
de la Comédie.
—.
-
-
-
Après la grande Piéce, on donna le
Médecin malgré lui,Comédie en 3 Ac
tes & en Proſe, de MoLIERE (1666.)
Le Mercredi 4 Avril , les Comédiens
Italiens
( 176o.)
exécutérent la Bohémienne ,
Opéra bouffon en 2 Actes, qui fut
ſuivi du Bucheron, autre Comédie en
·un Acte , mêlée d'Ariettes.
-
Le Jeudi 5 , dernier jour des Specfa
cles de la Gour à Verſailles (a) les Co
médiens François ont repréſenté Tan
créde, Tragédie de M. de VoLTAIRE
-
La Tragédie fut ſuivie de l'Iſle dé
ſerte, Comédie en un Acte & en vers
de M. CoLLET (de 1757.)
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Résumé : « LE 20 Mars, les Comédiens François représentérent le Dissipateur, Comédie [...] »
Du 20 mars au 5 avril 1764, des spectacles ont été présentés à Versailles par les Comédiens Français et les Comédiens Italiens. Les Comédiens Français ont joué plusieurs pièces, dont 'Le Dissipateur' de Néricault Destouches et 'Le Galant Coureur' de Legrand le 20 mars, 'La Mort de César' de Voltaire et 'Les Plaideurs' de Racine le 22 mars, 'L'Étourdi' de Molière et 'L'Esprit de Contradiction' de Dufresny le 27 mars, 'Cinna' de Corneille et 'Le Consentement forcé' de Guyot de Merville le 29 mars, 'L'École des Mères' de De La Chaussée et 'Le Médecin malgré lui' de Molière le 3 avril, et 'Tancrède' de Voltaire et 'L'Île déserte' de Collet le 5 avril. Les Comédiens Italiens ont interprété 'Le Sorcier' et 'Arlequin Jouet de l'Amour' le 21 mars, 'La Cantatrice' et 'Le Jardinier et son Seigneur' le 28 mars, et 'La Bohémienne' et 'Le Bûcheron' le 4 avril.
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10965
p. 168-172
OPERA.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Musique a continué jusqu'au Vendredi 6 du [...]
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texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'ACADÉMIE Royale de Musique
a continué jusqu'au Vendredi 6 du
préſent mois Caſtor & Pollux. Malgré
( a ) Il n'y a point ordinairement de speda
cles du Roi à Verſailles depuis Pâques juſques à
la
A V R I L. 1764.
1 69
· la diſtraction du concours occaſionné,
les Mardi & Jeudi, par le ſuccès de
la nouvelle Haute-contre dans Titon &
|
l'Aurore ; les dernières repréſentations
de Caſtor ont été encore très-fortes ,
& telles que celles qui diſtinguent les
Ouvrages les plus ſuivis.
| Le Samedi 7 , on donna la troiſiéme
repréſentation pour les Acteurs, que
nous avons annoncée dans le 1 vol. de
ce mois. La recette de ces repréſen
tations a été, ainſi que nous l'avions
prévu, une des plus conſidérables que
l'on ait faites. Elle a paſſé dix-neuf
mille livres. Tout concouroit à ce grand
ſuccès. Le mérite des Ouvrages que
l'on a éxécutés, celui des premiers ta
lens de ce Théâtre placés avantageu
ſement dans chacun de ces Ouvrages,
& le piquant de la nouveauté d'une
voix charmante , agréable à tout le
Public & depuis long - temps deſirée
dans un genre où il eſt ſi rare de trou
ver réunis le
talent du chant à la
beauté de l'organe. Le détail de ces
Spectacles de la Capitation ou Bénefit
juſtifiera ce que nous venons de dire.
· M. & Mde LARRIvÉE , dont les talens
ſont bien mieux loués par les ſuffra
MI. Vol.
17o MERCURE DE FRANCE.
ges continuels du Public, qu'ils ne le
ſeroient par nos éloges, chantoient les
principaux rôles d'Hylas & Zélis dans
§ de M. DE BUR1, Ouvrage où
le goût & le génie du Muſicien peu
vent ſe diſputer l'honneur du§
Le rôle de Pigmalion, dans l'Acte
célébre de M. RAMEAU , étoit éxé
cuté par M. LE GRos, nouvelle Hau
tecontre, cet objet actuel de l'empreſſe
ment de tout Paris , tant par la nou
veauté, que par les talens réels dont il
a donné de nouvelles preuves dans ce
morceau. *
Le troiſiéme ouvrage qui commen
çoit pour ainſi dire ce Spectacle choiſi
étoit Pſyché. Ingénieux précis de tout
ce que le genre d'Opéra peut fournir de
beautés de différens genres, liées par
un Poëme où l'eſprit & le ſentiment
ſe font valoir réciproquement ; mais
ſans violer les loix dramatiques & ſans
rompre la ſuite du Sujet. Mlle AR
N o U L D dont on ſe rappelloit avec
* Mlle GUIMARD, jeune Sujet qui a profité avec
ſuccès des circonſtanccs qui l'ont miſe à portée
de paroître & qui n'en plaît que d'avantage
2Ul † , chantoit & danſoit dans le rôle de
la Statue. Elle s'eſt acquittée de ces deux em
plois avec grâces & elle y a été fort applaudie.
A V R I L. 1764.
171
, admiration le plaiſir extrême qu'elle a
toujours fait dans les repréſentations de
cet Ouvrage , a chanté, joué dans cet
te repriſe de manière à laiſſer croire
qu'elle étoit encore loin de la perfec
tion dans les temps où l'on en étoit
le plus enchanté. Cet éloge ou plutôt
cette juſtice que nous rendons au char
me de ſon talent , & que nous dicte
le Public , doit être encore moins flat
teur pour elle , que l'enthouſiaſme très
vrai & très-naturel de nos Artiſtes du
premier ordre ſur les beautés ſublimes
& naturelles de ſon Action dans le
rôle de Pſyché.Enthouſiaſme dont nous
avons été témoins & dont nous oſons
être garants. Il eſt un autre genre d'é-
loges que nous devons joindre aujour
d'hui à celui des talens de cette Ac
trice, c'eſt ſur l'exactitude de ſon ſer
vice depuis l'ouverture du nouveau
Théâtre. Qu'elle nous permette de deſi
rer que la continuation de ſa ſanté ren
de cette éxactitude ſi habituelle , que
nous n'ayons plus à le faire remar
quer. Par là , tous les talens chers au
Public, doivent être aſſurés de gagner
ſa conſidération, ſans rien perdre de
ſon empreſſement.
Si l'on fait attention aux grands ta
- H ij
172 MERCURE DE FRANCE.
lens dans la danſe qui brillent aujour
- d'hui ſur ce Théâtre, & qui avoient
réuni leurs efforts & leur zéle pour ren
dre ces Spectacles plus intéreſſans dans
tous les genres , on ne doit pas être
ſurpris de l'affluence qu'ils ont attirée.
L'ACADÉMIE Royale de Musique
a continué jusqu'au Vendredi 6 du
préſent mois Caſtor & Pollux. Malgré
( a ) Il n'y a point ordinairement de speda
cles du Roi à Verſailles depuis Pâques juſques à
la
A V R I L. 1764.
1 69
· la diſtraction du concours occaſionné,
les Mardi & Jeudi, par le ſuccès de
la nouvelle Haute-contre dans Titon &
|
l'Aurore ; les dernières repréſentations
de Caſtor ont été encore très-fortes ,
& telles que celles qui diſtinguent les
Ouvrages les plus ſuivis.
| Le Samedi 7 , on donna la troiſiéme
repréſentation pour les Acteurs, que
nous avons annoncée dans le 1 vol. de
ce mois. La recette de ces repréſen
tations a été, ainſi que nous l'avions
prévu, une des plus conſidérables que
l'on ait faites. Elle a paſſé dix-neuf
mille livres. Tout concouroit à ce grand
ſuccès. Le mérite des Ouvrages que
l'on a éxécutés, celui des premiers ta
lens de ce Théâtre placés avantageu
ſement dans chacun de ces Ouvrages,
& le piquant de la nouveauté d'une
voix charmante , agréable à tout le
Public & depuis long - temps deſirée
dans un genre où il eſt ſi rare de trou
ver réunis le
talent du chant à la
beauté de l'organe. Le détail de ces
Spectacles de la Capitation ou Bénefit
juſtifiera ce que nous venons de dire.
· M. & Mde LARRIvÉE , dont les talens
ſont bien mieux loués par les ſuffra
MI. Vol.
17o MERCURE DE FRANCE.
ges continuels du Public, qu'ils ne le
ſeroient par nos éloges, chantoient les
principaux rôles d'Hylas & Zélis dans
§ de M. DE BUR1, Ouvrage où
le goût & le génie du Muſicien peu
vent ſe diſputer l'honneur du§
Le rôle de Pigmalion, dans l'Acte
célébre de M. RAMEAU , étoit éxé
cuté par M. LE GRos, nouvelle Hau
tecontre, cet objet actuel de l'empreſſe
ment de tout Paris , tant par la nou
veauté, que par les talens réels dont il
a donné de nouvelles preuves dans ce
morceau. *
Le troiſiéme ouvrage qui commen
çoit pour ainſi dire ce Spectacle choiſi
étoit Pſyché. Ingénieux précis de tout
ce que le genre d'Opéra peut fournir de
beautés de différens genres, liées par
un Poëme où l'eſprit & le ſentiment
ſe font valoir réciproquement ; mais
ſans violer les loix dramatiques & ſans
rompre la ſuite du Sujet. Mlle AR
N o U L D dont on ſe rappelloit avec
* Mlle GUIMARD, jeune Sujet qui a profité avec
ſuccès des circonſtanccs qui l'ont miſe à portée
de paroître & qui n'en plaît que d'avantage
2Ul † , chantoit & danſoit dans le rôle de
la Statue. Elle s'eſt acquittée de ces deux em
plois avec grâces & elle y a été fort applaudie.
A V R I L. 1764.
171
, admiration le plaiſir extrême qu'elle a
toujours fait dans les repréſentations de
cet Ouvrage , a chanté, joué dans cet
te repriſe de manière à laiſſer croire
qu'elle étoit encore loin de la perfec
tion dans les temps où l'on en étoit
le plus enchanté. Cet éloge ou plutôt
cette juſtice que nous rendons au char
me de ſon talent , & que nous dicte
le Public , doit être encore moins flat
teur pour elle , que l'enthouſiaſme très
vrai & très-naturel de nos Artiſtes du
premier ordre ſur les beautés ſublimes
& naturelles de ſon Action dans le
rôle de Pſyché.Enthouſiaſme dont nous
avons été témoins & dont nous oſons
être garants. Il eſt un autre genre d'é-
loges que nous devons joindre aujour
d'hui à celui des talens de cette Ac
trice, c'eſt ſur l'exactitude de ſon ſer
vice depuis l'ouverture du nouveau
Théâtre. Qu'elle nous permette de deſi
rer que la continuation de ſa ſanté ren
de cette éxactitude ſi habituelle , que
nous n'ayons plus à le faire remar
quer. Par là , tous les talens chers au
Public, doivent être aſſurés de gagner
ſa conſidération, ſans rien perdre de
ſon empreſſement.
Si l'on fait attention aux grands ta
- H ij
172 MERCURE DE FRANCE.
lens dans la danſe qui brillent aujour
- d'hui ſur ce Théâtre, & qui avoient
réuni leurs efforts & leur zéle pour ren
dre ces Spectacles plus intéreſſans dans
tous les genres , on ne doit pas être
ſurpris de l'affluence qu'ils ont attirée.
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Résumé : OPERA.
En avril 1764, l'Académie Royale de Musique a poursuivi les représentations de l'opéra 'Castor et Pollux' jusqu'au 6 avril, malgré les distractions causées par le succès de la haute-contre dans 'Titon et l'Aurore'. Les dernières représentations de 'Castor et Pollux' ont été très réussies, avec une recette dépassant dix-neuf mille livres lors de la troisième représentation pour les acteurs le 7 avril. Ce succès est dû au mérite des œuvres, aux talents des principaux chanteurs et à la nouveauté d'une voix charmante. Dans 'Hylas et Zélis' de M. de Bury, les rôles principaux ont été interprétés par M. et Mme Larivière, tandis que M. Le Gros a joué Pigmalion dans un acte célèbre de M. Rameau. L'opéra 'Psyché' a également été représenté, mettant en lumière les talents de Mlle Arnould et Mlle Guimard, cette dernière étant particulièrement applaudie pour son rôle de la Statue. Mlle Arnould a été saluée pour son interprétation de Psyché et son exactitude dans le service. Les talents en danse ont également attiré de nombreux spectateurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10966
p. 172-173
COMÉDIE FRANÇOISE.
Début :
ON a continué sur ce Théâtre, avec succès, depuis notre précédent Volume, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE FRANÇOISE.
COMÉDIE FRANÇOISE.
ON a continué sur ce Théâtre, avec
succès, depuis notre précédent Volume,
les repréſentations d'Olimpie, Tragédie
, de M. de VoLTAIRE.
-
On ne peut donner trop d'éloges au
ſoin que les Comédiens ont pris pour
la pompe du grand Spectacle de cette
Pièce. Que peut-il y avoir en effet de
plus intéreſſant pour une Nation éclai
rée, que de jouir en même temps du
ſentiment qu'excitent les ſituations vrai
ment tragiques d'un Drame, & des ta
bleaux animés de ce que l'Antiquité
avoit de plus auguſte. Il n'eſt pas moins
dû d'éloges au talent & au zèle avec leſ
quels les Acteurs ont donné la dernière
touche & la plus forte à ces tableaux,
par la juſteſſe de l'action. Tous les Lec
· teurs qui auront vu ce Spectacle , ont
ſans doute encore préſentes à l'eſprit la
A V R I L. 1764.
173
nobleſſe, les grâces du genre & la vérité
qu'a miſes Mlle CLAIRoN , dans les
principaux points du tableau, tels que
celui du ſerment à l'Autel , d'autres en
core , & particulièrement l'inſtant où,
après les libations & les autres cérémo
nies funéraires, ſur le Bucher de Stati
ra, elle ſe précipite dans les flâmes, qui
les dévorent l'une & l'autre. On a don
né le Samedi7 du préſent mois, jour de
la Clôture, la dixième repréſentation de
cette Tragédie, qui fut ſuivie d'Heu
reuſement, petite Pièce de M. RoCHoN
TE CHABANEs , dont nous avons ren
du compte dans ſa nouveauté. Il y avoit
un concours de Spectateurs auſſi nom -
breux qu'en peut contenir la Salle de la
Comédie.
-
Ce même jour,M. AUGERs prononça
un Diſcours qui a été imprimé , mais
dont nous ne nous diſpenſerons pas pour
cela de faire part † nos Lecteurs ; .
afin de ne pas laiſſer de vuide dans les
choſes dont notre Journal fait collec
tion, & où l'on eſt plus certain d'en re
trouver la ſuite que dans tout autre
Ecrit public.
ON a continué sur ce Théâtre, avec
succès, depuis notre précédent Volume,
les repréſentations d'Olimpie, Tragédie
, de M. de VoLTAIRE.
-
On ne peut donner trop d'éloges au
ſoin que les Comédiens ont pris pour
la pompe du grand Spectacle de cette
Pièce. Que peut-il y avoir en effet de
plus intéreſſant pour une Nation éclai
rée, que de jouir en même temps du
ſentiment qu'excitent les ſituations vrai
ment tragiques d'un Drame, & des ta
bleaux animés de ce que l'Antiquité
avoit de plus auguſte. Il n'eſt pas moins
dû d'éloges au talent & au zèle avec leſ
quels les Acteurs ont donné la dernière
touche & la plus forte à ces tableaux,
par la juſteſſe de l'action. Tous les Lec
· teurs qui auront vu ce Spectacle , ont
ſans doute encore préſentes à l'eſprit la
A V R I L. 1764.
173
nobleſſe, les grâces du genre & la vérité
qu'a miſes Mlle CLAIRoN , dans les
principaux points du tableau, tels que
celui du ſerment à l'Autel , d'autres en
core , & particulièrement l'inſtant où,
après les libations & les autres cérémo
nies funéraires, ſur le Bucher de Stati
ra, elle ſe précipite dans les flâmes, qui
les dévorent l'une & l'autre. On a don
né le Samedi7 du préſent mois, jour de
la Clôture, la dixième repréſentation de
cette Tragédie, qui fut ſuivie d'Heu
reuſement, petite Pièce de M. RoCHoN
TE CHABANEs , dont nous avons ren
du compte dans ſa nouveauté. Il y avoit
un concours de Spectateurs auſſi nom -
breux qu'en peut contenir la Salle de la
Comédie.
-
Ce même jour,M. AUGERs prononça
un Diſcours qui a été imprimé , mais
dont nous ne nous diſpenſerons pas pour
cela de faire part † nos Lecteurs ; .
afin de ne pas laiſſer de vuide dans les
choſes dont notre Journal fait collec
tion, & où l'on eſt plus certain d'en re
trouver la ſuite que dans tout autre
Ecrit public.
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Résumé : COMÉDIE FRANÇOISE.
Le texte évoque les représentations réussies de la tragédie 'Olimpie' de Voltaire sur une scène théâtrale française. Les comédiens ont soigné particulièrement la mise en scène, mêlant les émotions tragiques du drame à des éléments visuels antiques. La pièce a été acclamée pour sa grandeur et son authenticité, notamment grâce à la performance de Mlle Clairon, qui a excellé dans des scènes cruciales comme le serment à l'autel et le sacrifice de Statire sur le bûcher. La dixième représentation a eu lieu le samedi 7 avril 1764, précédée par la pièce 'Heureusement' de Rochon de Chabannes. Lors de la dernière représentation, M. Augers a prononcé un discours imprimé, dont le texte est reproduit dans les archives du journal. La salle était pleine lors de cette représentation.
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10967
p. 174-177
DISCOURS pour la clôture du Théâtre François ; prononcé par M. AUGERS, l'un des Comédiens du ROI le Samedi 7 Avril 1764.
Début :
MESSIEURS, « JE vous dois tout, jusqu'au bonheur de pouvoir [...]
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS pour la clôture du Théâtre François ; prononcé par M. AUGERS, l'un des Comédiens du ROI le Samedi 7 Avril 1764.
DISCOURS pour la clôture du Théâtre
François ; prononcé par M. AUGERS,
l'un des Comédiens du ROI
le Samedi 7 Avril 1764.
MESSIEURS,
« JE vous dois tout, jusqu'au bonheur
de pouvoir aujourd'hui vous té
» moigner publiquement ma recon
» noiſſance & celle de mes camarades.
» Il ne nous eſt permis de l'exprimer ,
» qu'une fois dans l'année ; & nous re-:
» cevons tous les jours des marques nou
» velles de votre protection & de votre
» indulgence. C'eſt à cette indulgence,
» mêlée d'une équitable ſévérité , que .
» notre Théâtre doit cette ſupériorité
» qu'Athènes même lui céderoit peut
» être, que Rome n'a point connue ,
» & que les ennemis du nom François
» ne lui diſputent plus.
» Oui , Meffieurs , la gloire de la
» Scène Françoiſe fut votre ouvrage
» dans tous les tems. Vos prédéceſſeurs
» avoient à juger des Molière, des Cor
» neille, des Racine ; ils les mirent à leur
» place ; & leur jugement devint celui
A V R I L. 1764.
175
» des Nations & de la Poſtérité. S'il
» n'eſt pas en votre pouvoir, Meſſieurs,
» de faire naître un autre CoRNEILLE ;
» vous empêchez du moins les P R A
» D o N s de les remplacer.
» Saifir le vrai, le beau, le ſublime,
» ſans les confondre jamais avec ce qui
» n'en a que l'apparence ; voilà ce que
» vous nous faites admirer ſans ceſſe ,
» & voilà ce qui vous rend les Arbi
» tres du Goût. Oui, Meffieurs, (je ne
» crains point qu'on me déſavoue ) c'eſt
» ici que ce Dieu rend ſes Oracles; c'eſt
» parmi vous qu'il habite; parce qu'il ne
» ſçauroit être où la liberté n'eſt pas.
» Vous avez paru ſatisfaits, Meffieurs,
» durant le cours de cette année, des
» efforts de notre zéle & de l'émulation
» des Ecrivains.
» La Tragédie de Manco vous offroit
» un contraſte intéreſſant des mœurs
» Américaines & des mœurs Européa
» nes ; de l'homme civil & du ſauva
» ge. Le tableau n'étoit pas neuf; il eſt
» tracé de la main d'un grand Maître ;
» cependant vous avez applaudi aux ef
» forts du Peintre qui a oſé le rajeunir.
» Socrate, qui n'a pû fléchir l'envie
» & l'injuſtice d'Athènes , a ému votre
» ſenſibilité.
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
» Vous avez vû avec plaiſir les beau
» tés & les hardieſſes du Théâtre An
» glois tranſportées ſur le vôtre par le
» même Académicien qui avoit oſé,
» après Corneille , crayonner l'âme d'un
» Romain.
-
» Idoménée vous a ramenés dans ces
» climats aimés du Ciel, où la Tragé
» die naquit; la ſimplicité de celle-ci
» n'eſt qu'une conformité de plus avec
» le goût des anciens Grecs, nos mo
» dèles dans tous les gentes d'écrire.
» Votre indulgence, Meſſieurs, n'a
» pas été moindre pour les Comédies,
» devenues aujourd'hui ſi rares & fi.
» difficiles. Vous avez encouragé deux
» jeunes Athlètes
qui entrent dans
» cette carrière abandonnée. L'accueil
» que vous avez fait à leur coup d'eſſai
» vous promet des remercimens de leur
» part, & peut être de nouveaux plaiſirs.
» Enfin Warwick a paru, Warwick,
» plus particuliérement adopté par vous.
» L'Auteur, à peine ſorti de l'enfance ,
» tient de vous une vie nouvelle : il la.
-» commence ſous d'heureux auſpices.
» Telles étoient les eſpérances que don
» na , dans un âge à-peu-près pareil ,
» l'immortel Auteur d'Œdipe. Ce grand
» homme que nous nommons avec
» plaiſir le bienfaiteur de notre Théâtre,
A V R I L. 1764:
177
» vient d'y hazarder un nouveau Spec
» tacle honoré de vos applaudiſſemens,
» & dont vous auriez été privés dans ces
» jours de confuſion , où la foule des
» Spectateurs mêlée avec celle des Per
» ſonnages , auroit à peine laiſſé entre
» voir le bucher qui conſuma Statira,
» & l'action terrible d'Olimpie, qui ſe
» précipite au milieu des flammes pour
» ſe dérober à ſon époux.
François ; prononcé par M. AUGERS,
l'un des Comédiens du ROI
le Samedi 7 Avril 1764.
MESSIEURS,
« JE vous dois tout, jusqu'au bonheur
de pouvoir aujourd'hui vous té
» moigner publiquement ma recon
» noiſſance & celle de mes camarades.
» Il ne nous eſt permis de l'exprimer ,
» qu'une fois dans l'année ; & nous re-:
» cevons tous les jours des marques nou
» velles de votre protection & de votre
» indulgence. C'eſt à cette indulgence,
» mêlée d'une équitable ſévérité , que .
» notre Théâtre doit cette ſupériorité
» qu'Athènes même lui céderoit peut
» être, que Rome n'a point connue ,
» & que les ennemis du nom François
» ne lui diſputent plus.
» Oui , Meffieurs , la gloire de la
» Scène Françoiſe fut votre ouvrage
» dans tous les tems. Vos prédéceſſeurs
» avoient à juger des Molière, des Cor
» neille, des Racine ; ils les mirent à leur
» place ; & leur jugement devint celui
A V R I L. 1764.
175
» des Nations & de la Poſtérité. S'il
» n'eſt pas en votre pouvoir, Meſſieurs,
» de faire naître un autre CoRNEILLE ;
» vous empêchez du moins les P R A
» D o N s de les remplacer.
» Saifir le vrai, le beau, le ſublime,
» ſans les confondre jamais avec ce qui
» n'en a que l'apparence ; voilà ce que
» vous nous faites admirer ſans ceſſe ,
» & voilà ce qui vous rend les Arbi
» tres du Goût. Oui, Meffieurs, (je ne
» crains point qu'on me déſavoue ) c'eſt
» ici que ce Dieu rend ſes Oracles; c'eſt
» parmi vous qu'il habite; parce qu'il ne
» ſçauroit être où la liberté n'eſt pas.
» Vous avez paru ſatisfaits, Meffieurs,
» durant le cours de cette année, des
» efforts de notre zéle & de l'émulation
» des Ecrivains.
» La Tragédie de Manco vous offroit
» un contraſte intéreſſant des mœurs
» Américaines & des mœurs Européa
» nes ; de l'homme civil & du ſauva
» ge. Le tableau n'étoit pas neuf; il eſt
» tracé de la main d'un grand Maître ;
» cependant vous avez applaudi aux ef
» forts du Peintre qui a oſé le rajeunir.
» Socrate, qui n'a pû fléchir l'envie
» & l'injuſtice d'Athènes , a ému votre
» ſenſibilité.
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
» Vous avez vû avec plaiſir les beau
» tés & les hardieſſes du Théâtre An
» glois tranſportées ſur le vôtre par le
» même Académicien qui avoit oſé,
» après Corneille , crayonner l'âme d'un
» Romain.
-
» Idoménée vous a ramenés dans ces
» climats aimés du Ciel, où la Tragé
» die naquit; la ſimplicité de celle-ci
» n'eſt qu'une conformité de plus avec
» le goût des anciens Grecs, nos mo
» dèles dans tous les gentes d'écrire.
» Votre indulgence, Meſſieurs, n'a
» pas été moindre pour les Comédies,
» devenues aujourd'hui ſi rares & fi.
» difficiles. Vous avez encouragé deux
» jeunes Athlètes
qui entrent dans
» cette carrière abandonnée. L'accueil
» que vous avez fait à leur coup d'eſſai
» vous promet des remercimens de leur
» part, & peut être de nouveaux plaiſirs.
» Enfin Warwick a paru, Warwick,
» plus particuliérement adopté par vous.
» L'Auteur, à peine ſorti de l'enfance ,
» tient de vous une vie nouvelle : il la.
-» commence ſous d'heureux auſpices.
» Telles étoient les eſpérances que don
» na , dans un âge à-peu-près pareil ,
» l'immortel Auteur d'Œdipe. Ce grand
» homme que nous nommons avec
» plaiſir le bienfaiteur de notre Théâtre,
A V R I L. 1764:
177
» vient d'y hazarder un nouveau Spec
» tacle honoré de vos applaudiſſemens,
» & dont vous auriez été privés dans ces
» jours de confuſion , où la foule des
» Spectateurs mêlée avec celle des Per
» ſonnages , auroit à peine laiſſé entre
» voir le bucher qui conſuma Statira,
» & l'action terrible d'Olimpie, qui ſe
» précipite au milieu des flammes pour
» ſe dérober à ſon époux.
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Résumé : DISCOURS pour la clôture du Théâtre François ; prononcé par M. AUGERS, l'un des Comédiens du ROI le Samedi 7 Avril 1764.
Le discours de clôture du Théâtre, prononcé par M. Augers le 7 avril 1764, exprime la gratitude des comédiens envers le public pour sa protection et son indulgence. Grâce à cette bienveillance, le théâtre français a atteint une supériorité reconnue même par les anciennes civilisations comme Athènes et Rome. Les prédécesseurs du public actuel ont jugé des auteurs tels que Molière, Corneille et Racine, contribuant à la renommée du théâtre français. Le public actuel empêche les mauvais dramaturges de remplacer ces grands noms et distingue le vrai, le beau et le sublime. Au cours de l'année, le public a apprécié diverses pièces. La tragédie 'Manco' a mis en contraste les mœurs américaines et européennes, tandis que 'Socrate' a ému par sa sensibilité. La pièce 'Idoménée' a rappelé la simplicité des tragédies grecques. Le public a également soutenu de jeunes talents dans la comédie et a accueilli favorablement la pièce 'Warwick'. Le jeune auteur de cette pièce, comparé à l'auteur d'Œdipe, a reçu des applaudissements pour son spectacle récent, malgré les conditions chaotiques lors de certaines représentations.
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10968
p. 177-180
EXTRAIT de l'AMATEUR, Comédie en un Acte & en vers libres, par M. BARTHE, de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille.
Début :
DAMON Père de Constance veut marier sa fille à Valére son ami, jeune homme qui arrive d'Italie, [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de l'AMATEUR, Comédie en un Acte & en vers libres, par M. BARTHE, de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille.
EXTRAIT de l'AMATEUR, Comédie
en un Acte & en vers libres, par
M. BARTHE, de l'Académie des
Belles-Lettres de Marseille.
DAMON Père de Constance veut marier sa fille
à Valére son ami, jeune homme qui arrive d'Italie,
où il a pris une paſſion violente pour les
Arts. La Peinture, la Sculpture & l'Architecture
l'occupent uniquement ; enfin c'eſt un Amateur.
Damon lui rend juſtice.
,
Je ne le confonds pas avec la populace
De ces modernes Protecteurs
Qui des talens divers oſent marquer la place,
Des Artiſtes ſont les Tuteurs,
Se forment une Cour où leur grave manie
Daigne corriger le génie ;
Et qui jugent tout de travers.
· H v
-
-
:
.
Qui jugent la Peinture ; & la proſe & les vers,.
-
*
"
|
178 MERCURE DE FRANCE.
Valére critique ſans air, loue avec fineſſe ;
manie dextrement le pinceau & le burin , uſe
noblement d'un bien conſidérable en faveur des
Artiſtes indigens qu'il anime, qu'il produit &
· auxquels il cache ſes largeſſes. Un Amateur ſi
jeune & de ce caractère, eſt digne d'eſtime ;
Conſtance ajoute naïvement à ce que dit ſon
Père, qu'elle croit qu'on peut l'aimer. Damon
en convient , mais il prépare une bonne leçon
à Valére.
Il eſt gâté par l'Italie,
.
Charmant, mais un peu fou, c'eſt une maladie,
Une indiſcrette paſſion
Dont il eſpére que Conſtance le guérira. Da
mon qui avoit fait faire la Statue de ſa fille la
fait vendre au jeune Amateur pour une Statue
antique.
Elle aura ſon ſuffrage.
Elle paſſe pour grecque. Heureuſement pour nous
La mode eſt pour le grec;nos meubles nos bijoux,
Etoffes, coëffure, équipage,
Tout eſt grec, excepté vos âmes ;
Pour l'honneur de Valére on ajoute :
Et d'ailleurs
Ta Statue a trompé juſqu'à des Connoiſſeurs.
L'Amateur a vu cette Statue, il en eſt en
chanté, il en a fait l'acquiſition , on la tranſ
porte chez lui , eile arrive & il la fait placer.
Tout ceci eſt en action
Il eſt dans les plus
· vives inquiétudes , qu'il n'arrive accident à ſa
-
\
· avoir.
A V R I L. 1764..
C'eſt la candeur d'une Bergère
Le port de la Reine des Dieux,
17g
Statue. Il aide ceux qui la poſent ſur le pie
deſtal. Il leur preſcrit l'attention qu'ils doiven
Là doucement, Meſſieurs, avancez doucement,
-
Mes amis que chacun ſe tienne ſur ſes gardes.
Paſquin fait un faux pas qui met la Statue en
danger de tomber : ſon Maître l'apoſtrophe.
Ah ! malheureux, tu me poignardes !
Les valets retirés , l'Amateur contemple ſa
Statue avec admiration.
| Quel ſouris gracieux !
Comme la taille eſt noble, élégante & légère !
Les belles chairs ! le ſang y paroît circuler !
Et la bouche ' elle va parler.
L'Artiſte à qui l'on doit une ſi belle produc
tion, reçoit le tribut d'éloges dû a ſon travail.
O Sculpteur immortel, à qui je rends hommage,
Que de fois le ciſeau dut tomber de ta main !
Surtout en formant ce beau ſein,
· Oui, tu devois toi-même adorer ton ouvrage.
Entretien de Damon & de Valére. Céliante
arrive. C'eſt une Coquette que le père de l'Ama
teur lui avoit autrefois deſtinée en mariage. Pen
dant qu'il va lui montrer les curioſités de ſon
cabinet, Conſtance occupe la Scène avec ſon père.
Elle a apperçu Céliante-avec les yeux d'une rivaie ;
H vj
·
·
18ö MERCURE DE FRANCE.
Damon la raffure. Valére revient très-mécontent
de Céliante , qui n'a pas fait grand cas du cabinet
& qui en eſt ſortie pour aller au Spectacle, il
vole à ſa Statue. Il voit enfin l'original , ravi
d'étonnement, il lui fait mille queſtions. Damon
paroît, il explique le myſtére ; Valére voit † 3,
été joué par ſon ami: il lui pardonne cette ſuper
cherie , lui demande ſa fille & l'obtient.
en un Acte & en vers libres, par
M. BARTHE, de l'Académie des
Belles-Lettres de Marseille.
DAMON Père de Constance veut marier sa fille
à Valére son ami, jeune homme qui arrive d'Italie,
où il a pris une paſſion violente pour les
Arts. La Peinture, la Sculpture & l'Architecture
l'occupent uniquement ; enfin c'eſt un Amateur.
Damon lui rend juſtice.
,
Je ne le confonds pas avec la populace
De ces modernes Protecteurs
Qui des talens divers oſent marquer la place,
Des Artiſtes ſont les Tuteurs,
Se forment une Cour où leur grave manie
Daigne corriger le génie ;
Et qui jugent tout de travers.
· H v
-
-
:
.
Qui jugent la Peinture ; & la proſe & les vers,.
-
*
"
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178 MERCURE DE FRANCE.
Valére critique ſans air, loue avec fineſſe ;
manie dextrement le pinceau & le burin , uſe
noblement d'un bien conſidérable en faveur des
Artiſtes indigens qu'il anime, qu'il produit &
· auxquels il cache ſes largeſſes. Un Amateur ſi
jeune & de ce caractère, eſt digne d'eſtime ;
Conſtance ajoute naïvement à ce que dit ſon
Père, qu'elle croit qu'on peut l'aimer. Damon
en convient , mais il prépare une bonne leçon
à Valére.
Il eſt gâté par l'Italie,
.
Charmant, mais un peu fou, c'eſt une maladie,
Une indiſcrette paſſion
Dont il eſpére que Conſtance le guérira. Da
mon qui avoit fait faire la Statue de ſa fille la
fait vendre au jeune Amateur pour une Statue
antique.
Elle aura ſon ſuffrage.
Elle paſſe pour grecque. Heureuſement pour nous
La mode eſt pour le grec;nos meubles nos bijoux,
Etoffes, coëffure, équipage,
Tout eſt grec, excepté vos âmes ;
Pour l'honneur de Valére on ajoute :
Et d'ailleurs
Ta Statue a trompé juſqu'à des Connoiſſeurs.
L'Amateur a vu cette Statue, il en eſt en
chanté, il en a fait l'acquiſition , on la tranſ
porte chez lui , eile arrive & il la fait placer.
Tout ceci eſt en action
Il eſt dans les plus
· vives inquiétudes , qu'il n'arrive accident à ſa
-
\
· avoir.
A V R I L. 1764..
C'eſt la candeur d'une Bergère
Le port de la Reine des Dieux,
17g
Statue. Il aide ceux qui la poſent ſur le pie
deſtal. Il leur preſcrit l'attention qu'ils doiven
Là doucement, Meſſieurs, avancez doucement,
-
Mes amis que chacun ſe tienne ſur ſes gardes.
Paſquin fait un faux pas qui met la Statue en
danger de tomber : ſon Maître l'apoſtrophe.
Ah ! malheureux, tu me poignardes !
Les valets retirés , l'Amateur contemple ſa
Statue avec admiration.
| Quel ſouris gracieux !
Comme la taille eſt noble, élégante & légère !
Les belles chairs ! le ſang y paroît circuler !
Et la bouche ' elle va parler.
L'Artiſte à qui l'on doit une ſi belle produc
tion, reçoit le tribut d'éloges dû a ſon travail.
O Sculpteur immortel, à qui je rends hommage,
Que de fois le ciſeau dut tomber de ta main !
Surtout en formant ce beau ſein,
· Oui, tu devois toi-même adorer ton ouvrage.
Entretien de Damon & de Valére. Céliante
arrive. C'eſt une Coquette que le père de l'Ama
teur lui avoit autrefois deſtinée en mariage. Pen
dant qu'il va lui montrer les curioſités de ſon
cabinet, Conſtance occupe la Scène avec ſon père.
Elle a apperçu Céliante-avec les yeux d'une rivaie ;
H vj
·
·
18ö MERCURE DE FRANCE.
Damon la raffure. Valére revient très-mécontent
de Céliante , qui n'a pas fait grand cas du cabinet
& qui en eſt ſortie pour aller au Spectacle, il
vole à ſa Statue. Il voit enfin l'original , ravi
d'étonnement, il lui fait mille queſtions. Damon
paroît, il explique le myſtére ; Valére voit † 3,
été joué par ſon ami: il lui pardonne cette ſuper
cherie , lui demande ſa fille & l'obtient.
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Résumé : EXTRAIT de l'AMATEUR, Comédie en un Acte & en vers libres, par M. BARTHE, de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille.
La comédie 'L'Amateur', écrite par M. Barthe de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille, relate l'histoire de Damon, qui souhaite marier sa fille Constance à Valère, un jeune homme revenu d'Italie passionné par les arts. Valère est un amateur éclairé, critique avisé et soutien financier des artistes. Damon, bien que reconnaissant ses qualités, le trouve gâté par son séjour en Italie. Pour tester Valère, Damon fait vendre une statue représentant Constance comme une œuvre antique grecque. Valère, séduit, achète et installe la statue chez lui. Après diverses péripéties, Valère découvre que la statue est Constance. Damon révèle la supercherie, et Valère, impressionné, demande la main de Constance et l'obtient. Durant ces événements, Céliante, une coquette autrefois destinée à Valère, apparaît brièvement, mais Valère reste indifférent à ses charmes, préférant Constance.
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10969
p. 180-181
REMARQUES SUR L'AMATEUR.
Début :
L'objet de la Comédie étant de peindre les ridicules, & son but d'en corriger ; l'Auteur a certainement [...]
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES SUR L'AMATEUR.
REMARQUES SUR L'AMATEUR.
L'objet de la Comédie étant de peindre les ridicules,
& son but d'en corriger ; l'Auteur a certainement
réuſſi dans le premier point. Mais il
n'eſt pas ſi ſûr qu'il parvienne à éclairer les demi
«onnoiſſeurs & à les fairerevenir de leur enthouſiaſ
me. Les détails de cette Piéce ſont jolis & ont été
vus avec plaiſir. Un des grands mérites de ce
Drame , c'eſt que les rôles ſemblent avoir été
faits pour les Acteurs, Perſonne n'étoit plus pro
pre que M. Molé à repréſenter un jeune hom
me, vif, ardent, paſſionné, extrême dans le
goût qu'il a pris pour les Arts, & qui expoſe avee
chaleur la manière dont il eſt affecté. Son valet,
M. Préville, qui ſe tranſporte & ſe paſſionne
| avec lui, fait en particulier de bonnes charges
ſur les travers de ſon Maître. Damon, l'homme
raiſonnable, applaudit avec juſtice a ce qu'il y a
d'eſtimable dans l'amour qu'on porte aux Arts,
& ne blâme que l'excès & l'enthouſiaſme qui
rend ridicule. M. Grandval étoit chargé de ce
Perſonnage, c'eſt dire avec quelle ſupériorité il
a été repréſenté. Le mépris que la coquette Cé
liante jette ſur le goût de Valére , va au même
but par une autre voie , & Mde Préville a joué
«e rôle avec diſtinction. Mlle Doligny a rempli
A V R I L. 1764.
ſupérieurement celui de Conſtance.
I8I
Elle a re
préſenté ſi naturellement toutes les paſſions qui
peuvent agiter ſucceſſivement une jeune perſon
ne aimable dans les poſitions où ſon rôle la met
toit, qu'elle ſeule auroit pu faire réuſſir la Piéce.
Elle exprime ſa joie ſi agréablement lorſque ſon
père lui apprend que Valére eſt amoureux de ſa
ſtatue ; ſon inquiétude eſt fi naïve lorſqu'elle ap
perçoit Céliante ; ſa jalouſie eſt celle d'un jeune
cœur qui éprouve pour la première fois ce ſenti
ment qu'elle ne connoiſſoit point. Elle eſt char
mante dans l'examen de ſa ſtatue ; lorſqu'elle eſt
occupée de la reſſemblance, & de ſçavoir ſi elle
doit gagner ou perdre à la comparaiſon. Tous
ces détails rendus avec grâces & intelligence ne
pouvoient manquer d'être fort applaudis , le mé
rite des Acteurs nous a paru contribuer beau
· coup au ſuccès ſoutenu de la Piéce.
L'objet de la Comédie étant de peindre les ridicules,
& son but d'en corriger ; l'Auteur a certainement
réuſſi dans le premier point. Mais il
n'eſt pas ſi ſûr qu'il parvienne à éclairer les demi
«onnoiſſeurs & à les fairerevenir de leur enthouſiaſ
me. Les détails de cette Piéce ſont jolis & ont été
vus avec plaiſir. Un des grands mérites de ce
Drame , c'eſt que les rôles ſemblent avoir été
faits pour les Acteurs, Perſonne n'étoit plus pro
pre que M. Molé à repréſenter un jeune hom
me, vif, ardent, paſſionné, extrême dans le
goût qu'il a pris pour les Arts, & qui expoſe avee
chaleur la manière dont il eſt affecté. Son valet,
M. Préville, qui ſe tranſporte & ſe paſſionne
| avec lui, fait en particulier de bonnes charges
ſur les travers de ſon Maître. Damon, l'homme
raiſonnable, applaudit avec juſtice a ce qu'il y a
d'eſtimable dans l'amour qu'on porte aux Arts,
& ne blâme que l'excès & l'enthouſiaſme qui
rend ridicule. M. Grandval étoit chargé de ce
Perſonnage, c'eſt dire avec quelle ſupériorité il
a été repréſenté. Le mépris que la coquette Cé
liante jette ſur le goût de Valére , va au même
but par une autre voie , & Mde Préville a joué
«e rôle avec diſtinction. Mlle Doligny a rempli
A V R I L. 1764.
ſupérieurement celui de Conſtance.
I8I
Elle a re
préſenté ſi naturellement toutes les paſſions qui
peuvent agiter ſucceſſivement une jeune perſon
ne aimable dans les poſitions où ſon rôle la met
toit, qu'elle ſeule auroit pu faire réuſſir la Piéce.
Elle exprime ſa joie ſi agréablement lorſque ſon
père lui apprend que Valére eſt amoureux de ſa
ſtatue ; ſon inquiétude eſt fi naïve lorſqu'elle ap
perçoit Céliante ; ſa jalouſie eſt celle d'un jeune
cœur qui éprouve pour la première fois ce ſenti
ment qu'elle ne connoiſſoit point. Elle eſt char
mante dans l'examen de ſa ſtatue ; lorſqu'elle eſt
occupée de la reſſemblance, & de ſçavoir ſi elle
doit gagner ou perdre à la comparaiſon. Tous
ces détails rendus avec grâces & intelligence ne
pouvoient manquer d'être fort applaudis , le mé
rite des Acteurs nous a paru contribuer beau
· coup au ſuccès ſoutenu de la Piéce.
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Résumé : REMARQUES SUR L'AMATEUR.
Le texte présente la pièce de théâtre 'L'Amateur', dont l'objectif est de dépeindre et de corriger les ridicules. L'auteur réussit à illustrer ces ridicules, mais il est incertain qu'il parvienne à éclairer les demi-connaisseurs et à modérer leur enthousiasme. Les détails de la pièce sont appréciés et les rôles semblent bien adaptés aux acteurs. M. Molé incarne un jeune homme vif et passionné par les arts. M. Préville joue son valet, partageant sa passion tout en critiquant ses travers. M. Grandval, dans le rôle de Damon, approuve l'amour des arts mais critique l'excès et l'enthousiasme. Mme Préville interprète Céliante, une coquette qui méprise le goût de Valère. Mlle Doligny excelle dans le rôle de Constance, exprimant naturellement diverses passions comme la joie, l'inquiétude et la jalousie. La performance des acteurs a grandement contribué au succès de la pièce.
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10970
p. 181-182
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
LA clôture de ce Théâtre ne s'est faite que le Samedi 14 Avril. Pendant [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
LA clôture de ce Théâtre ne s'est
faite que le Samedi 14 Avril. Pendant
cette dernière ſemaine on a joué des
Piéces Italiennes & Françoiſes qui ſont
en poſſeiiion de plaire au Public. Du
premier genre ont été le
Vénitien ,
Arlequin mort
Gondolier
vivant ,
Arlequin cru mort , & la Joute d'Arle
quin. Ces Piéces ont été étayées de plu
ſieurs Opéra-Comiques qui ſont le Bu
cheron, le Sorcier, le Milicien , Blaiſe
'
T182 MERCURE DE FRANCE.
le Savetier, Annette & Lubin, le Ma
réchal, les deux Chaſſeurs & la Laitiére,
les Sœurs rivales, On ne s'aviſe jamais
de tout, la N6ce Villageoiſe, & Roſe
& Colas.
LA clôture de ce Théâtre ne s'est
faite que le Samedi 14 Avril. Pendant
cette dernière ſemaine on a joué des
Piéces Italiennes & Françoiſes qui ſont
en poſſeiiion de plaire au Public. Du
premier genre ont été le
Vénitien ,
Arlequin mort
Gondolier
vivant ,
Arlequin cru mort , & la Joute d'Arle
quin. Ces Piéces ont été étayées de plu
ſieurs Opéra-Comiques qui ſont le Bu
cheron, le Sorcier, le Milicien , Blaiſe
'
T182 MERCURE DE FRANCE.
le Savetier, Annette & Lubin, le Ma
réchal, les deux Chaſſeurs & la Laitiére,
les Sœurs rivales, On ne s'aviſe jamais
de tout, la N6ce Villageoiſe, & Roſe
& Colas.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
Le théâtre a fermé le 14 avril après une semaine de représentations de pièces italiennes et françaises. Les pièces italiennes incluaient 'Le Vénitien', 'Arlequin mort', 'Gondolier vivant', 'Arlequin cru mort' et 'La Joute d'Arlequin'. Les opéras-comiques français présentés étaient 'Le Boucher', 'Le Sorcier', 'Le Milicien', 'Blaise', 'Annette et Lubin', 'Le Maréchal', 'Les deux Chasseurs et la Laitière', 'Les Sœurs rivales', 'On ne s'avise jamais de tout', 'La Noce Villageoise' et 'Rose et Colas'. Ces œuvres ont été appréciées du public.
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10971
p. 182-183
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
LE Vendredi 13 Avril il y a eu Concert Spi[r]ituel. Il a commencé par une [...]
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
LE Vendredi 13 Avril il y a eu Concert
Spi[r]ituel. Il a commencé par une
excellente Symphonie ; ſuivie de Miſe
rere mei Deus, nouveau Motet à grand
chœur, de M. Dauvergne, Maître de la
Muſique de la Chambre du Roi, dans
lequel M. le Gros a mérité les plus
grands applaudiſſemens. M. Jeanſon,
de la Muſique de S. A. S. Monſeigneur
le PRINcE DE CONTI , a réuni aux
ſuffrages du Public, ceux des Maîtres de
l'Art , dans une Sonate de Violoncelle
de ſa compoſition. Le Motet en Duo ,
Exultate juſti in Domino , de M. Dau
vergne, a été exécuté par Mlle Arnoud
^ & par M. le Gros. Cet enſemble a eu
§ le plus flatteur On a tenu comp
te de la difficulté vaincue, dans le Con
certo de violon exécuté par M. Capron.
Le goût du chant & la beauté de l'or
gane ont été plus admirés que la Muſi
que, dans le Motet à voix ſeule qu'a
A V R I L. 1764.
r83
· chanté Mlle Fel Le Concert a fini par
un très-beau Motet à grand Chœur de
M. l'Abbé Girouſt, Maître de Muſique
de la Cathédrale d'Orléans.
LE Vendredi 13 Avril il y a eu Concert
Spi[r]ituel. Il a commencé par une
excellente Symphonie ; ſuivie de Miſe
rere mei Deus, nouveau Motet à grand
chœur, de M. Dauvergne, Maître de la
Muſique de la Chambre du Roi, dans
lequel M. le Gros a mérité les plus
grands applaudiſſemens. M. Jeanſon,
de la Muſique de S. A. S. Monſeigneur
le PRINcE DE CONTI , a réuni aux
ſuffrages du Public, ceux des Maîtres de
l'Art , dans une Sonate de Violoncelle
de ſa compoſition. Le Motet en Duo ,
Exultate juſti in Domino , de M. Dau
vergne, a été exécuté par Mlle Arnoud
^ & par M. le Gros. Cet enſemble a eu
§ le plus flatteur On a tenu comp
te de la difficulté vaincue, dans le Con
certo de violon exécuté par M. Capron.
Le goût du chant & la beauté de l'or
gane ont été plus admirés que la Muſi
que, dans le Motet à voix ſeule qu'a
A V R I L. 1764.
r83
· chanté Mlle Fel Le Concert a fini par
un très-beau Motet à grand Chœur de
M. l'Abbé Girouſt, Maître de Muſique
de la Cathédrale d'Orléans.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le 13 avril 1764, un concert spirituel a été organisé. Il a commencé par une symphonie suivie du motet 'Miserere mei Deus' de François-Joseph de Dauvergne, maître de la musique de la Chambre du Roi, où Jean-Louis Laruette a été acclamé. Jean-Baptiste Jeanson a interprété une sonate pour violoncelle de sa composition, recevant l'approbation du public et des experts. Le motet en duo 'Exultate justi in Domino' de Dauvergne a été exécuté par Mademoiselle Arnoud et Jean-Louis Laruette. La performance de Monsieur Capron au concerto pour violon a été remarquée pour sa difficulté. La qualité du chant et de l'organe de Mademoiselle Fel a été particulièrement appréciée lors d'un motet à voix seule. Le concert s'est achevé par un motet à grand chœur de l'abbé Giroust, maître de musique de la cathédrale d'Orléans.
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10972
p. 183-185
SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles. LE THÉATRE DE SOCIÉTÉ par M. COLLÉ. LA VEUVE, Comédie en un Acte en prose. SUJET DE LA PIÉCE.
Début :
MDE Durval jeune, fort riche & Veuve d'un Négociant, est engagée dans un commerce mutuel [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles. LE THÉATRE DE SOCIÉTÉ par M. COLLÉ. LA VEUVE, Comédie en un Acte en prose. SUJET DE LA PIÉCE.
SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles.
LE THÉATRE DE SOCIÉTÉ
par M. COLLÉ.
LA VEUVE, Comédie en un Acte en prose.
SUJET DE LA PIÉCE.
MDE Durval jeune, fort riche & Veuve d'un
Négociant, est engagée dans un commerce mutuel
de tendreſſe avec le Chevalier du Lauret.
Les chagrins ſecrets que lui a fait éprouver l'in
conſtance de ſon premier Mari ont déterminé
cette Veuve à n'en prendre jamais un ſecond .
Cependant ,
elle avoue à un Commandeur ,
ami commun, qu'elle a penſé offrir elle-même
ſa main au Chevalier , ne pouvant vaincre au
trement ſon opiniâtre généroſité , & lui faire
accepter 8oooo liv. qu'il falloit pour payer un
Régiment dont il auroit obtenu l'agrément Pen
dant ces diſcuſſions de délicateſſe, la Cour avoit
diſpoſé du Régiment. La tendre Veuve inſtruite
par là du prix des occaſions , & en même-temps
allarmée ſur le ſort de ſon Amant, avoit pris.
* Voyez leprécédent Vol. du Mercure au ſupplé
| ment de l'Article des Spectacles.
-
184 MERCURE DE FRANCE.
à ſon inſçu , des meſures pour lui en aſſurèr
un , qui § indépendant du don de ſa main.
Elle apprend du Commandeur, que cette géné
roſité eſt devenue ſuperfiue ; parce que le Cheva
lier devient fort riche par la mort du fils uni
que d'un Oncle qui doit lui faire une fortune
très-conſidérable. Mde Durval n'en eſt que
plus affermie dans la réſolution de ne point
épouſer ſon Amant, ſans renoncer pour cela au
† de le voir. Cet arrangement de la Veuve
'a déja éxpoſé à des ſoupçons d'éſagréables juſque
dans ſon domeſtique. Tout ceci eſt préſenté en
peu de ſcènes. Le Chevalier encouragé & pour
ainſi dire autoriſé par la
bienfaiſance de ſon
Oncle, projette de propoſer à Mde Durval un
Mariage qui devient ſortable quant à l'égalité
de fortune. Il eſt arrêté & intimidé par les ré
pugnances de cette Veuve dont le Comnman
deur l'informe. Cependant il voit Mde Durval ,
& dans le moment qu'il va hazarder la pro
poſition ,
ils ſont interrompus par une Mar- .
quiſe de Leutry, femme d'une grande qualité
· dans toute l'étendue de
cette dénomination.
' Cette ſcène doit être lue en entier , un extrait
lui feroit trop perdre. La Marquiſe propoſe à
Mde Durval le mariage de ſon fils, Elle la flatte
du Tabouret. Celle-ci ſe refuſe à tant d'hon
neurs. La ſcéne finit aigrement de la part de la
| Marquiſe ; le Chevalier du Lauret n'eſt pas ou
| blié dans les reproches mépriſans de la femme
de Qualité. La Veuve éprouve enſuite un nou
veau déſagrément toujours occaſionné par la
façon dont elle continue avec le Chevalier. Ce
nouveau déſagrément vient d'une Femme-de
Chambre qui lui , demande ſon congé, ſous
· Prétexte de l'honneur & de la conſcience, mais
A V R I L. 1764.
185
dans le fait, piquée de n'être dans aucune con
fidence utile à ſes profits. Dans une ſcène pré
cédente , l'Oncle du Chevalier , tout occupé de
rencontrer ou ſon Neveu ou un commiſſion
naire de Cadix qui
le cherche & qu'il croit
lui apporter la remiſe de ſes fonds, a fait en
eourant une propoſition de mariage † ſon
Neveu. Mde Durval n'a jamais pû faire en
tendre ſon refus & les motifs de ce refus. Enfin
ſa bizarre délicateſſe , ſubit l'épreuve la plus
forte en réſiſtant aux plus vives & aux plus
tendres inſtances de ſon Aumant. C'eſt dans cette
Scène où ſe développe le ſyſtême du cœur de
la Veuve, le Chevalier en eſt déſeſpéré. Un
nouveau malheur vient l'accabler.
Il apprend
par ſon Oncle que les huit cens mille livres
attendues de Cadix ſont perdues. N'ayant point
trouvé de Lettres de change pour la remiſe
de cette ſomme, on l'envoyoit en piaſtres ſur
des vaiſleaux qui ont péri au ſortir du port. Le
Chevalier , dans une conjoncture auſſi affligeante
our lui, ne s'occupe qu'à conſoler ſon Oncle.
La Veuve eſt ſi touchée de la généroſité &
de la candeur du caractère de ſon Amant ,
que ſurmontant toutes ſes craintes , c'eſt elle
alors qui lui propoſe de conclure le mariage &
qui combat les
difficultés que ſuggéroit au
Chevalier l'état de ſa fortune. On quitte la
Scène pour paſſer dans le Cabinet de Mde ,
Durval, envoyer chercher le Notaire & ter-*
miner un mariage, que, dit-elle au Chevalier,
je deſire à préſent mille fois plus vivement
que vous. Ainſi ſe termine cette Comédie.
LE THÉATRE DE SOCIÉTÉ
par M. COLLÉ.
LA VEUVE, Comédie en un Acte en prose.
SUJET DE LA PIÉCE.
MDE Durval jeune, fort riche & Veuve d'un
Négociant, est engagée dans un commerce mutuel
de tendreſſe avec le Chevalier du Lauret.
Les chagrins ſecrets que lui a fait éprouver l'in
conſtance de ſon premier Mari ont déterminé
cette Veuve à n'en prendre jamais un ſecond .
Cependant ,
elle avoue à un Commandeur ,
ami commun, qu'elle a penſé offrir elle-même
ſa main au Chevalier , ne pouvant vaincre au
trement ſon opiniâtre généroſité , & lui faire
accepter 8oooo liv. qu'il falloit pour payer un
Régiment dont il auroit obtenu l'agrément Pen
dant ces diſcuſſions de délicateſſe, la Cour avoit
diſpoſé du Régiment. La tendre Veuve inſtruite
par là du prix des occaſions , & en même-temps
allarmée ſur le ſort de ſon Amant, avoit pris.
* Voyez leprécédent Vol. du Mercure au ſupplé
| ment de l'Article des Spectacles.
-
184 MERCURE DE FRANCE.
à ſon inſçu , des meſures pour lui en aſſurèr
un , qui § indépendant du don de ſa main.
Elle apprend du Commandeur, que cette géné
roſité eſt devenue ſuperfiue ; parce que le Cheva
lier devient fort riche par la mort du fils uni
que d'un Oncle qui doit lui faire une fortune
très-conſidérable. Mde Durval n'en eſt que
plus affermie dans la réſolution de ne point
épouſer ſon Amant, ſans renoncer pour cela au
† de le voir. Cet arrangement de la Veuve
'a déja éxpoſé à des ſoupçons d'éſagréables juſque
dans ſon domeſtique. Tout ceci eſt préſenté en
peu de ſcènes. Le Chevalier encouragé & pour
ainſi dire autoriſé par la
bienfaiſance de ſon
Oncle, projette de propoſer à Mde Durval un
Mariage qui devient ſortable quant à l'égalité
de fortune. Il eſt arrêté & intimidé par les ré
pugnances de cette Veuve dont le Comnman
deur l'informe. Cependant il voit Mde Durval ,
& dans le moment qu'il va hazarder la pro
poſition ,
ils ſont interrompus par une Mar- .
quiſe de Leutry, femme d'une grande qualité
· dans toute l'étendue de
cette dénomination.
' Cette ſcène doit être lue en entier , un extrait
lui feroit trop perdre. La Marquiſe propoſe à
Mde Durval le mariage de ſon fils, Elle la flatte
du Tabouret. Celle-ci ſe refuſe à tant d'hon
neurs. La ſcéne finit aigrement de la part de la
| Marquiſe ; le Chevalier du Lauret n'eſt pas ou
| blié dans les reproches mépriſans de la femme
de Qualité. La Veuve éprouve enſuite un nou
veau déſagrément toujours occaſionné par la
façon dont elle continue avec le Chevalier. Ce
nouveau déſagrément vient d'une Femme-de
Chambre qui lui , demande ſon congé, ſous
· Prétexte de l'honneur & de la conſcience, mais
A V R I L. 1764.
185
dans le fait, piquée de n'être dans aucune con
fidence utile à ſes profits. Dans une ſcène pré
cédente , l'Oncle du Chevalier , tout occupé de
rencontrer ou ſon Neveu ou un commiſſion
naire de Cadix qui
le cherche & qu'il croit
lui apporter la remiſe de ſes fonds, a fait en
eourant une propoſition de mariage † ſon
Neveu. Mde Durval n'a jamais pû faire en
tendre ſon refus & les motifs de ce refus. Enfin
ſa bizarre délicateſſe , ſubit l'épreuve la plus
forte en réſiſtant aux plus vives & aux plus
tendres inſtances de ſon Aumant. C'eſt dans cette
Scène où ſe développe le ſyſtême du cœur de
la Veuve, le Chevalier en eſt déſeſpéré. Un
nouveau malheur vient l'accabler.
Il apprend
par ſon Oncle que les huit cens mille livres
attendues de Cadix ſont perdues. N'ayant point
trouvé de Lettres de change pour la remiſe
de cette ſomme, on l'envoyoit en piaſtres ſur
des vaiſleaux qui ont péri au ſortir du port. Le
Chevalier , dans une conjoncture auſſi affligeante
our lui, ne s'occupe qu'à conſoler ſon Oncle.
La Veuve eſt ſi touchée de la généroſité &
de la candeur du caractère de ſon Amant ,
que ſurmontant toutes ſes craintes , c'eſt elle
alors qui lui propoſe de conclure le mariage &
qui combat les
difficultés que ſuggéroit au
Chevalier l'état de ſa fortune. On quitte la
Scène pour paſſer dans le Cabinet de Mde ,
Durval, envoyer chercher le Notaire & ter-*
miner un mariage, que, dit-elle au Chevalier,
je deſire à préſent mille fois plus vivement
que vous. Ainſi ſe termine cette Comédie.
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles. LE THÉATRE DE SOCIÉTÉ par M. COLLÉ. LA VEUVE, Comédie en un Acte en prose. SUJET DE LA PIÉCE.
Le texte décrit la pièce 'La Veuve' de M. Collé, centrée sur Madame Durval, une veuve aisée, et sa relation avec le Chevalier du Lauret. Après avoir été blessée par l'infidélité de son premier mari, Madame Durval est réticente à se remarier. Elle envisage de financer l'achat d'un régiment pour le Chevalier, mais cette opportunité s'évapore. Lorsque le Chevalier hérite d'une grande fortune, Madame Durval refuse de l'épouser pour conserver son indépendance financière. La pièce met en lumière les dilemmes et les malentendus entre les personnages, notamment les soupçons des domestiques et l'intervention de la Marquise de Leutry, qui suggère le mariage de son fils avec Madame Durval. Après diverses péripéties et la perte de la fortune du Chevalier, Madame Durval surmonte ses réserves et propose finalement le mariage. La pièce se conclut par leur décision de se marier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10973
p. 186-194
REMARQUES SUR la Comédie de la VEUVE.
Début :
LE sujet de cette Comédie, ainsi que M. Collé l'indique lui même, est encore [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES SUR la Comédie de la VEUVE.
REMARQUES
SUR la Comédie de la VEUVE.
LE sujet de cette Comédie, ainsi que
M. Collé l'indique lui même, est encore
tiré des Illuſtres Françoiſes. Ceux qui
voudront prendre la peine de remonter
à la ſource, s'appercevront bientôt de
l'Art avec lequel l'Auteur Dramatique
a réformé la licence du Romancier. .
Dans le Roman, la façon de penſer ;
les raiſonnemens & le caractère de la
Veuve peuvent être conformes quelque
· fois à la nature, & ſe rencontrer réelle
ment dans la Société,mais ils ſont encore
plus conſtamment contre les mœurs :
cette femme qui a eu à la vérité, les
, ſujets les plus graves de ſe plaindre de
ſon premier Mari, s'obſtine à n'en pas
vouloir prendre un ſecond, à refuſer
de ſe marier avec un homme qu'elle
aime , avec lequel cependant elle vit
| librement, qui la preſſe de rendre leur
, union légitime, & qui l'en preſſe par le
plus puiſſant de tous les motifs; celui de
donner un état à un enfant naturel; &
dans la Comédie, au contraire, comme
dès l'expoſition du ſujet , la Veuve con
A V R I L. 1764.
r87
vient s'être déjà trouvée dans une circon
ſtance qui l'avoit déterminée à épouſer
ſon amant; comme il n'eſt rien qui indi
que un commerce illicite ; comme on
s'attend que ce mariage formera le dé
nouement , on lui pardonne un travers
d'eſprit que les malheurs de ſon premier
mariage rendent en quelque ſorte excuſa
ble. Elle eſt à la fin pleinement juſtifiée
dans l'eſprit du lecteur ou des ſpectateurs,
par la nobleſſe d'âme & par la généroſité
· qui la déterminent à épouſer le Chevalier,
Nous penſons que l'on doit ſçavoir gré à
M. Collé,d'avoir rendu ce caractère hon
nête , ſans lui ôter néanmoins le pi
quant que produit la ſingularité; & en
un mot, d'avoir tourné ce ſujet du côté
du ſentiment ; avantage qu'aſſurément
il n'a pas dans ſa ſource.
-
L'action de cette Comédie de ſenti
ment, (qu'il nous ſoit permis de la dé
ſigner ainſi ) eſt à peu-près du même
genre que celle de Dupuis & Deſronais ;
& quand on l'auroit annoncé comme
d'un Anonyme, il n'eût pas été difficile
de connoître qu'elle eſt du même Au
teur. Nous avons été aſſez heureux pour
que quelques connoiſſeurs ayent ap
plaudi à la diſtinction que nous avons
· faite , entre l'action phyſique & l'ac
188 MERCURE DE FRANCE.
tion morale ou métaphyfique à l'occa
ſion de la première Pièce de M. Collé.
Nous appliquerons cette même diſtinc
tion à la Comédie de la Veuve. Ce n'eſt
point une multitude d'événemens phy
fiques qui fournit l'acion de ce Drame.
Ce ſont encore, ainſi que nous l'avons
dit en parlant de Dupuis & Deſro
mois, (b) des obſtacles qui réſultent du
contraſte des caractères. C'eſt un jeu de
reſſorts , que produit la ſeule progreſſion
du ſentiment , entre des perſonnages
dont les intérêts ſont oppoſés & c. & c.
On doit dire encore à l'occaſion de la
Comédie dont nous avons à parler & de
quelques autres du même genre, d'Au
teurs antérieurs à M. Collé, entre des
perſonnages dont les intérêts ou ſont
oppoſés ou paroiffent l'être, en ce que
étant les mêmes, quant à la fin qu'ils ſe
propoſent, ils ne l'enviſagent pas tou
jours du même côté; ainſi ils différent
dans les moyens. Nous remarquerons
encore que dans la Comédie de la Veuve,
il y a plus de cette ſorte de mouvement
qui naît de la variation de fortune des
perſonnages, que dans Dupuis & Deſ
ronais,Pièce où il y auroit peut-être plus
-
"
!
-
(k) Voyez le Mercure de Mars 1763.,
A V R I L. 1764.
-
18g
d'inertie dramatique (c) que dans celle
ci , ſans l'extrême chaleur de ſentiment
qui affecte & émeut ſi puiſſament dans
Dupuis & Deſronais : ainſi tout eſt
heureuſement compenſé au profit de
l'intérêt de ſenſibilité entre ces deux
Ouvrages du même Auteur.
§ l'action & la marche d'un Dra
me, la partie la plus importante eſt celle
des caractères. Nous invitons les Lec
teurs de la Comédie de la Veuve à faire
attention à quelques-uns, qui nous ont
paru d'une touche plus diſtinguée que
ceux qu'on expoſe ordinairement ſur la
ſcène. Celui de la Marquiſe de Leutry,
entre autres, eſt frappant par ſa vérité.
Quiconque connoît un peu les modèles
d'où il eſt tiré, ſentira combien il eſt
heureuſement ſaiſi. On y retrouvera
comme dans la nature même, cette po
liteſſe exagérée de certaines gens de qua
lité, cette cajolerie de louanges pour
ceux dont ils veulent obtenir quelque
choſe ; & le mépris accablant qui ſuc
céde ſubitement, dès qu'ils éprouvent
de la réſiſtance à l'eſpoir de ſéduire. On
· (c) Les connoiſſeurs de l'Art entendront ces ex
preſſions. Qu'importe les imputations de grands
mots de Jargon &c. balbutiées par l'ignorance ou
hazardées par la mauvaiſe foi,
º
-
º *
-
19o MERCURE DE FRANCE.
entreverra les nuances fines de cette
affabilité ſouvent injurieuſe,juſques dans
ſes ſoupleſſes, & dans l'inſtant même où
l'intérêt la rend le plus careſſante. On ob
ſervera encore avec quelle juſteſſe l'Au
teur a marqué cette différence, délicate
à diſtinguer, bien plus encore à rendre,
mais qui exiſte , entre le ton de con
verſation de la Marquiſe & celui de la
Veuve.
Quoique l'opulence & la façon de vi
vre confondent aujourd'hui le premier
état des Citoyens avec le ſecond , il y a
un certain caractère diſtinctifdans le ton
du premier, que nous ſommes obligés
de convenir n'avoir prèſque jamais été
bien rendu au Théâtre, ni avec autant
de vérité que dans cette petite Pièce.
Après ce caractère, un des plus diſtin
ués , par ſa nouveauté ſur la Scène ,
eſt celui d'Agathe. Celle-ci eſt une vraie
Femme-de-chambre, telles qu'on les
voit , telles qu'on les entend dans les
maiſons de la ſociété. Ce n'eſt point une
Soubrette de Théâtre; caractère factice,
& qui , par convention , a été admis
contre la véritable, la grande, & peut
être la ſeule règle de la Comédie, qui eſt
la vérité d'imitation. Pourquoi la plu
part des Soubrettes de MoLIERE nous
A V R I L. 1764.
191
paroiſſent-elles ſi différentes des Soubret
tes modernes , pour leſquelles les Au
teurs ont fait comme les Actrices qui les
jouent, en les parant ſouvent plus que
les Maîtreſſes ? C'eſt que, par la révo
lution des mœurs & des uſages de la ſo
ciété, les Soubrettes ou Femmes-de
chambre du temps de MoLIERE, n'é-
toient pour le ton que ce que ſont aujour
d'hui nos Servantes.AinſiMoLIERE pei
gnoit juſte. L'Auteur de la Veuve n'a pas
donné dans l'erreur de bien des Auteurs,
admirateurs, mais admirateurs aveugles
du grand MoLIERE ; c'eſt-à-dire, con
fondant l'effet de ſon art avec les juſteſſes
de ſa pratique, & la ſagacité de ſon gé
nie. Ils reconnoiſſent le ton de Servante
dans les Soubrettes de MoLIERE ,
ils
font des Comédies où ils prêtent ce
même ton aux leurs, & ils croyent imi
ter MoLIERE. Voilà l'abus. Ils copient
ſes peintures, mais ils n'imitent point ſa
méthode. MoLIERE aujourd'hui ne
donneroit pas le ton de Servante à ſes
Soubrettes, mais celui de Femme-de
chambre , ainſi qu'a fait pour cette
Agathe, l'Auteur de la Veuve, qui paroît
avoir ſenti cette vérité.
On peut en dire autant des autres ca
ractères du Comique. Un Peintre qui ne
192 MERCURE DE FRANCE.
feroit que copier, ſans reſſemblance, la
façon d'ajuſter les Portraits familiere à
Rigaud, croiroit-il imiter ce Peintre ?
Mais celui qui peindroit avec la même
touche & la même vérité les perſonnes
de ce temps, ſeroit un grand Artiſte.
On nous pardonnera cette digreſſion,
en faveur de l'utilité dont elle peut être.
Il y a dans le caractère de la Veuve une
ſingularité, qui vient du travers d'eſprit
où la conduit, ſans qu'elle s'en apper
oive, une délicateſſe de ſentiment qui
§ ſa raiſon. Le contraſte de l'ardeur
du Chevalier, pour épouſer une Maî
treſſe qui l'aime, de la tendreſſe & de la
oſſeſſion même de laquelle il peut être
aſſuré ſans cet engagement, revient à
la définition que nous avons donnée de
1'action morale dans les Drames; & il en
confirme la juſteſſe, par le jeu, par le
reſſort qu'il produit dans cette Comédie.
En général, nous croyons que les Lec
teurs verront,comme nous,tous les carac
tères de cette Pièce ; non comme on les
figure ordinairement, & plus ſouvent
encore comme on les déguiſe au Théâ
tre, en prétendant les ajuſter ; mais
comme ils ſont journellement ſous nos
yeux dans la Société. Il paroît que M.
CoLLÉ s'eſt conduit d'après le même
principe
A V R I L. 1764.
I93
principe pour ſon Dialogue. On y re
trouve toujours la Nature, & il fait diſ
paroître entièrement les moyens prati
ques de l'art. C'eſt ſur quoi il eſt de notre
devoir de prévenir quelques Lecteurs,
trop accoutumés au ſtyle compaſſé de
notre Théâtre, ſi différent de la con
verſation familière.
Il nous reſte à remarquer ce que
tous les Lecteurs ſentiront bien mieux
encore par eux-mêmes ; c'eſt la chaleur
de ſentiment qui règne dans cette Pièce,
ſur tout dans les Dialogues entre la Veu
ve & le Chevalier. Ce genre de mérite
(le premier de tous pour les Ouvrages
de Théâtre ) ſeroit encore bien plus ſen
ſible, s'il étoit ſecondé par le jeu des
mêmes Acteurs qui ſçavent ſi bien nous
émouvoir dans Dupuis & Deſronais.
Nous avons appris que la Comédie de la
Veuve avoit été reçue, & qu'elle devoit
être jouée, ou à la ſuite, ou dans le
même temps que cette autre Pièce; mais
que la défiance modeſte que M. CoLLÉ
a toujours eue de ſon talent,l'a empêché
de la faire repréſenter.
Nous eſpérons, & il y a lieu 'd'en
flatter les Amateurs du Théâtre, que
les ſuffrages non-ſuſpects qui lui revien
dront de ceux qui l'auront lue , nous
II. Vol.
194 MERCURE DE FRANCE.
rendront le plaiſir que ſon injuſtice con
tre lui-même nous a trop long-temps
dérobé.
SUR la Comédie de la VEUVE.
LE sujet de cette Comédie, ainsi que
M. Collé l'indique lui même, est encore
tiré des Illuſtres Françoiſes. Ceux qui
voudront prendre la peine de remonter
à la ſource, s'appercevront bientôt de
l'Art avec lequel l'Auteur Dramatique
a réformé la licence du Romancier. .
Dans le Roman, la façon de penſer ;
les raiſonnemens & le caractère de la
Veuve peuvent être conformes quelque
· fois à la nature, & ſe rencontrer réelle
ment dans la Société,mais ils ſont encore
plus conſtamment contre les mœurs :
cette femme qui a eu à la vérité, les
, ſujets les plus graves de ſe plaindre de
ſon premier Mari, s'obſtine à n'en pas
vouloir prendre un ſecond, à refuſer
de ſe marier avec un homme qu'elle
aime , avec lequel cependant elle vit
| librement, qui la preſſe de rendre leur
, union légitime, & qui l'en preſſe par le
plus puiſſant de tous les motifs; celui de
donner un état à un enfant naturel; &
dans la Comédie, au contraire, comme
dès l'expoſition du ſujet , la Veuve con
A V R I L. 1764.
r87
vient s'être déjà trouvée dans une circon
ſtance qui l'avoit déterminée à épouſer
ſon amant; comme il n'eſt rien qui indi
que un commerce illicite ; comme on
s'attend que ce mariage formera le dé
nouement , on lui pardonne un travers
d'eſprit que les malheurs de ſon premier
mariage rendent en quelque ſorte excuſa
ble. Elle eſt à la fin pleinement juſtifiée
dans l'eſprit du lecteur ou des ſpectateurs,
par la nobleſſe d'âme & par la généroſité
· qui la déterminent à épouſer le Chevalier,
Nous penſons que l'on doit ſçavoir gré à
M. Collé,d'avoir rendu ce caractère hon
nête , ſans lui ôter néanmoins le pi
quant que produit la ſingularité; & en
un mot, d'avoir tourné ce ſujet du côté
du ſentiment ; avantage qu'aſſurément
il n'a pas dans ſa ſource.
-
L'action de cette Comédie de ſenti
ment, (qu'il nous ſoit permis de la dé
ſigner ainſi ) eſt à peu-près du même
genre que celle de Dupuis & Deſronais ;
& quand on l'auroit annoncé comme
d'un Anonyme, il n'eût pas été difficile
de connoître qu'elle eſt du même Au
teur. Nous avons été aſſez heureux pour
que quelques connoiſſeurs ayent ap
plaudi à la diſtinction que nous avons
· faite , entre l'action phyſique & l'ac
188 MERCURE DE FRANCE.
tion morale ou métaphyfique à l'occa
ſion de la première Pièce de M. Collé.
Nous appliquerons cette même diſtinc
tion à la Comédie de la Veuve. Ce n'eſt
point une multitude d'événemens phy
fiques qui fournit l'acion de ce Drame.
Ce ſont encore, ainſi que nous l'avons
dit en parlant de Dupuis & Deſro
mois, (b) des obſtacles qui réſultent du
contraſte des caractères. C'eſt un jeu de
reſſorts , que produit la ſeule progreſſion
du ſentiment , entre des perſonnages
dont les intérêts ſont oppoſés & c. & c.
On doit dire encore à l'occaſion de la
Comédie dont nous avons à parler & de
quelques autres du même genre, d'Au
teurs antérieurs à M. Collé, entre des
perſonnages dont les intérêts ou ſont
oppoſés ou paroiffent l'être, en ce que
étant les mêmes, quant à la fin qu'ils ſe
propoſent, ils ne l'enviſagent pas tou
jours du même côté; ainſi ils différent
dans les moyens. Nous remarquerons
encore que dans la Comédie de la Veuve,
il y a plus de cette ſorte de mouvement
qui naît de la variation de fortune des
perſonnages, que dans Dupuis & Deſ
ronais,Pièce où il y auroit peut-être plus
-
"
!
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(k) Voyez le Mercure de Mars 1763.,
A V R I L. 1764.
-
18g
d'inertie dramatique (c) que dans celle
ci , ſans l'extrême chaleur de ſentiment
qui affecte & émeut ſi puiſſament dans
Dupuis & Deſronais : ainſi tout eſt
heureuſement compenſé au profit de
l'intérêt de ſenſibilité entre ces deux
Ouvrages du même Auteur.
§ l'action & la marche d'un Dra
me, la partie la plus importante eſt celle
des caractères. Nous invitons les Lec
teurs de la Comédie de la Veuve à faire
attention à quelques-uns, qui nous ont
paru d'une touche plus diſtinguée que
ceux qu'on expoſe ordinairement ſur la
ſcène. Celui de la Marquiſe de Leutry,
entre autres, eſt frappant par ſa vérité.
Quiconque connoît un peu les modèles
d'où il eſt tiré, ſentira combien il eſt
heureuſement ſaiſi. On y retrouvera
comme dans la nature même, cette po
liteſſe exagérée de certaines gens de qua
lité, cette cajolerie de louanges pour
ceux dont ils veulent obtenir quelque
choſe ; & le mépris accablant qui ſuc
céde ſubitement, dès qu'ils éprouvent
de la réſiſtance à l'eſpoir de ſéduire. On
· (c) Les connoiſſeurs de l'Art entendront ces ex
preſſions. Qu'importe les imputations de grands
mots de Jargon &c. balbutiées par l'ignorance ou
hazardées par la mauvaiſe foi,
º
-
º *
-
19o MERCURE DE FRANCE.
entreverra les nuances fines de cette
affabilité ſouvent injurieuſe,juſques dans
ſes ſoupleſſes, & dans l'inſtant même où
l'intérêt la rend le plus careſſante. On ob
ſervera encore avec quelle juſteſſe l'Au
teur a marqué cette différence, délicate
à diſtinguer, bien plus encore à rendre,
mais qui exiſte , entre le ton de con
verſation de la Marquiſe & celui de la
Veuve.
Quoique l'opulence & la façon de vi
vre confondent aujourd'hui le premier
état des Citoyens avec le ſecond , il y a
un certain caractère diſtinctifdans le ton
du premier, que nous ſommes obligés
de convenir n'avoir prèſque jamais été
bien rendu au Théâtre, ni avec autant
de vérité que dans cette petite Pièce.
Après ce caractère, un des plus diſtin
ués , par ſa nouveauté ſur la Scène ,
eſt celui d'Agathe. Celle-ci eſt une vraie
Femme-de-chambre, telles qu'on les
voit , telles qu'on les entend dans les
maiſons de la ſociété. Ce n'eſt point une
Soubrette de Théâtre; caractère factice,
& qui , par convention , a été admis
contre la véritable, la grande, & peut
être la ſeule règle de la Comédie, qui eſt
la vérité d'imitation. Pourquoi la plu
part des Soubrettes de MoLIERE nous
A V R I L. 1764.
191
paroiſſent-elles ſi différentes des Soubret
tes modernes , pour leſquelles les Au
teurs ont fait comme les Actrices qui les
jouent, en les parant ſouvent plus que
les Maîtreſſes ? C'eſt que, par la révo
lution des mœurs & des uſages de la ſo
ciété, les Soubrettes ou Femmes-de
chambre du temps de MoLIERE, n'é-
toient pour le ton que ce que ſont aujour
d'hui nos Servantes.AinſiMoLIERE pei
gnoit juſte. L'Auteur de la Veuve n'a pas
donné dans l'erreur de bien des Auteurs,
admirateurs, mais admirateurs aveugles
du grand MoLIERE ; c'eſt-à-dire, con
fondant l'effet de ſon art avec les juſteſſes
de ſa pratique, & la ſagacité de ſon gé
nie. Ils reconnoiſſent le ton de Servante
dans les Soubrettes de MoLIERE ,
ils
font des Comédies où ils prêtent ce
même ton aux leurs, & ils croyent imi
ter MoLIERE. Voilà l'abus. Ils copient
ſes peintures, mais ils n'imitent point ſa
méthode. MoLIERE aujourd'hui ne
donneroit pas le ton de Servante à ſes
Soubrettes, mais celui de Femme-de
chambre , ainſi qu'a fait pour cette
Agathe, l'Auteur de la Veuve, qui paroît
avoir ſenti cette vérité.
On peut en dire autant des autres ca
ractères du Comique. Un Peintre qui ne
192 MERCURE DE FRANCE.
feroit que copier, ſans reſſemblance, la
façon d'ajuſter les Portraits familiere à
Rigaud, croiroit-il imiter ce Peintre ?
Mais celui qui peindroit avec la même
touche & la même vérité les perſonnes
de ce temps, ſeroit un grand Artiſte.
On nous pardonnera cette digreſſion,
en faveur de l'utilité dont elle peut être.
Il y a dans le caractère de la Veuve une
ſingularité, qui vient du travers d'eſprit
où la conduit, ſans qu'elle s'en apper
oive, une délicateſſe de ſentiment qui
§ ſa raiſon. Le contraſte de l'ardeur
du Chevalier, pour épouſer une Maî
treſſe qui l'aime, de la tendreſſe & de la
oſſeſſion même de laquelle il peut être
aſſuré ſans cet engagement, revient à
la définition que nous avons donnée de
1'action morale dans les Drames; & il en
confirme la juſteſſe, par le jeu, par le
reſſort qu'il produit dans cette Comédie.
En général, nous croyons que les Lec
teurs verront,comme nous,tous les carac
tères de cette Pièce ; non comme on les
figure ordinairement, & plus ſouvent
encore comme on les déguiſe au Théâ
tre, en prétendant les ajuſter ; mais
comme ils ſont journellement ſous nos
yeux dans la Société. Il paroît que M.
CoLLÉ s'eſt conduit d'après le même
principe
A V R I L. 1764.
I93
principe pour ſon Dialogue. On y re
trouve toujours la Nature, & il fait diſ
paroître entièrement les moyens prati
ques de l'art. C'eſt ſur quoi il eſt de notre
devoir de prévenir quelques Lecteurs,
trop accoutumés au ſtyle compaſſé de
notre Théâtre, ſi différent de la con
verſation familière.
Il nous reſte à remarquer ce que
tous les Lecteurs ſentiront bien mieux
encore par eux-mêmes ; c'eſt la chaleur
de ſentiment qui règne dans cette Pièce,
ſur tout dans les Dialogues entre la Veu
ve & le Chevalier. Ce genre de mérite
(le premier de tous pour les Ouvrages
de Théâtre ) ſeroit encore bien plus ſen
ſible, s'il étoit ſecondé par le jeu des
mêmes Acteurs qui ſçavent ſi bien nous
émouvoir dans Dupuis & Deſronais.
Nous avons appris que la Comédie de la
Veuve avoit été reçue, & qu'elle devoit
être jouée, ou à la ſuite, ou dans le
même temps que cette autre Pièce; mais
que la défiance modeſte que M. CoLLÉ
a toujours eue de ſon talent,l'a empêché
de la faire repréſenter.
Nous eſpérons, & il y a lieu 'd'en
flatter les Amateurs du Théâtre, que
les ſuffrages non-ſuſpects qui lui revien
dront de ceux qui l'auront lue , nous
II. Vol.
194 MERCURE DE FRANCE.
rendront le plaiſir que ſon injuſtice con
tre lui-même nous a trop long-temps
dérobé.
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Résumé : REMARQUES SUR la Comédie de la VEUVE.
Le texte présente la comédie 'La Veuve' de Pierre-Claude Nivelle de La Chaussée, adaptée par Charles-Simon Favart et mise en musique par François-André Danican Philidor. Cette œuvre s'inspire des 'Illustres Françoises' mais modifie le sujet original pour rendre le personnage de la veuve plus honorable et excusable. Contrairement au roman, où la veuve refuse de se remarier malgré son amour et la nécessité de légitimer un enfant naturel, elle accepte le mariage dès le début dans la comédie. La pièce appartient au genre de la comédie de sentiment, mettant en avant le contraste des caractères et les obstacles liés aux intérêts opposés des personnages. La marquise de Leutry et Agathe sont particulièrement notables pour leurs traits distinctifs et réalistes. La marquise est marquée par sa politesse exagérée et son mépris abrupt, tandis qu'Agathe incarne authentiquement une femme de chambre de la société. Le texte compare les soubrettes de Molière à celles des auteurs modernes, soulignant que les premières reflètent les servantes de leur époque, contrairement aux femmes de chambre plus élégantes d'aujourd'hui. Les auteurs contemporains, en imitant Molière, commettent l'erreur de prêter aux soubrettes un ton inadapté. La veuve est caractérisée par une délicatesse de sentiment qui trouble sa raison, contrastant avec l'ardeur du Chevalier à l'épouser et la tendresse qu'il ressent déjà. La pièce est louée pour sa représentation authentique des caractères sociaux, en opposition aux représentations théâtrales habituelles. L'auteur regrette que la pièce n'ait pas été jouée en raison de la modestie de Collé, mais espère que sa lecture sera appréciée par les amateurs de théâtre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10974
p. 194-197
LE ROSSIGNOL, OU LE MARIAGE SECRET, COMÉDIE en un Acte en Proſe & en Vaudevilles. Deuxiéme Pièce du THÉATRE DE SOCIÉTÉ de M. COLLÉ. SUJET.
Début :
LES personnages de ce Drame sont M. VARAMBON, Colonel de Hussards, Père de CATHERINE, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LE ROSSIGNOL, OU LE MARIAGE SECRET, COMÉDIE en un Acte en Proſe & en Vaudevilles. Deuxiéme Pièce du THÉATRE DE SOCIÉTÉ de M. COLLÉ. SUJET.
LE ROSSIGNOL,
OU
LE MARIAGE SECRET,
COMÉDIE en un Acte en Proſe & en
Vaudevilles.
Deuxiéme Pièce du THÉATRE DE
SOCIÉTÉ de M. COLLÉ.
SUJET.
LES personnages
de ce Drame sont M.
VARAMBON, Colonel de Hussards, Père de CATHERINE,
laquelle eſt mariée ſecrettement
avec M. RucHARD , Homme de
Robe. Un M.
de S. ALBoN , Capitaine de Cavalerie auquel M.
VARAMBoN veut donner ſa fille. Deux Valets.
PorTEvIN , Valet de M. Richard, & PIERRoT ,
Valet de M. S. ALEoN.
La Scène eſt ſur l'Eſplanade de la Porte ſaint
Antoine , & ſur le Boulevard, vis-à-vis de la
maiſon de M. Varambon.
Après un Monologue très-court, catherine 2
mariée ſecrettement à Richard, lui apprend que .
Varambon ſon Père veut lui faire épouſer S. Al-.
A V R I L. 1764.
I95
bon. Ce Rival ſurprend Richard dans ſon inquié
tude, il le plaiſante, & Richard ſe retire de mau
vaiſe humeur. S. Albon informé par ſon Valet
Pierrot, des rendez-vous nocturnes de Richard,
prend la réſolution de ſe venger de Catherine,
quoiqu'il affecte un air d'indifférence & de Petit
Maître avec un ton ſingulier qui ne peut ſe bien
faire ſentir, que dans la Piéce même. Il joint à
la promenade le père & la fille. Il la perſiffle ſur
ſon goût pour le chant du Roſſignol, Catherine
rend à S. Albon des ſarcaſmes qui font taire
ſon perſifflage. Il ſe pique, & les quitte en chan
tant d'un air ironique. Le Père fait d'aigres re
proches à Catherine ſur l'intempérance de ſes
bons mots. Elle en prend occaſion d'avouer toute
ſon averſion pour S. Albon & ſon inclination
pour Richard Varambon entre en fureur ſur la
ſeule propoſition d'avoir pour gendre un hom
me de Robe. Cela redouble l'embarras de Ca
therine. Son Père veut rentrer à la maiſon avec
elle , que l'on ſe couche & que l'on dorme.
Nous ne pouvons nous refuſer à donner une
idée à nos Lecteurs du ton de plaiſanterie qui
régne dans tout cet Ouvrage, par celle-ci , que
nous promettons uniquement de tranſcrire. Sur
ce que Catherine dit , d'un ton chagrin , que
pour elle, elle ne dormira pas ; ſon Père re
plique en courroux & avec menaces : Vous ne
dormirez pas ! ... moi , morbleu, je veux que
vous dormiez .. .. Dormex , Mademoiſelle , ou
vous aurez a faire à moi. Je veux qu'on dorine
chez moi. Je veux être obei , corbleu. Le Père
& la Fille entrent dans la maiſon. S. Albon
revient , ſe cache, & voit monter au Balcon de
Catherine ſon mari Richard qu'il croit n'être que
ſon Amant, Le Valet de Richard eſt ivre , ce
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
qui produit une Scène fort plaiſante dans cette
conjoncture. Auſſitôt que ce Valet eſt retiré, S.
Albon fait placer la même échelle au pied du
Balcon. Il y monte à l'aide d'une barre de fer
que ſon Pienot lui tend ,
il ferme la fenêtre
en dehors de façon qu'on ne puiſſe l'ouvrir par
dedans. C'eſt le
ſeul endroit par où Richard
doit ſortir , Varambon enfermant ſa
fille tous
les ſoirs dans ſa chambre. S. Albon & Pierrot
imitent le chant des oiſeaux & avec leſquels ils
accompagnent des chanſons de plaiſanterie ſur
la priſe du Roſſignol, Catherine & Richard enten
dent à la fin ce bruit. On doit juger de leur dou
leur & de leur embarras. Ils implorent long
temps en vain la clémence de S. Albon. Il eſt
inéxorable. Cependant traitant l'affaire militai
rement ,
il propoſe à Richard, qu'il qualifie de
Gouverneur, une capitulation honnête, s'il veut
rendre la place. Le mariage ſecret ne permet
pas d'accepter la capitulation.Alors S. Albon
en vainqueur qui mépriſe ſa conquête, délivre
les Priſonniers ſans rançon & ſans condition.
Dans le temps qu'il deſcend du Balcon & que
Catherine lui dit avec reconnoiſſance de prendre
garde de ſe bleſſer. Varambon qui a entendu
du bruit, ſort l'epée à la main , il croit que
S. Albon étoit en rendez-vous dans la cham
bre de ſa fille , il l'attaque, celui-ci ſe défend.
Ils ſont ſeparés par les deux Valets qui ſur
viennent.L'imbroglio s'éclaircit. Le mariage clan
deſtin ſe déclare. Le Père, dans ſa rage, con
ſent à le ratifier, mais il ne veut jamais voir
ſon gendre ni ſa fille. On entre dans l'eſpoir
de l'appaiſer. S. Albon termine la Piéce par
une ſcène très-courte avec
ſon valet Pierrot,
dans laquelle en riant de ce mariage, il ſou
A V R I L. 1764.
197
tient & confirme le caractère dans lequel nous
l'avons annoncé.
OU
LE MARIAGE SECRET,
COMÉDIE en un Acte en Proſe & en
Vaudevilles.
Deuxiéme Pièce du THÉATRE DE
SOCIÉTÉ de M. COLLÉ.
SUJET.
LES personnages
de ce Drame sont M.
VARAMBON, Colonel de Hussards, Père de CATHERINE,
laquelle eſt mariée ſecrettement
avec M. RucHARD , Homme de
Robe. Un M.
de S. ALBoN , Capitaine de Cavalerie auquel M.
VARAMBoN veut donner ſa fille. Deux Valets.
PorTEvIN , Valet de M. Richard, & PIERRoT ,
Valet de M. S. ALEoN.
La Scène eſt ſur l'Eſplanade de la Porte ſaint
Antoine , & ſur le Boulevard, vis-à-vis de la
maiſon de M. Varambon.
Après un Monologue très-court, catherine 2
mariée ſecrettement à Richard, lui apprend que .
Varambon ſon Père veut lui faire épouſer S. Al-.
A V R I L. 1764.
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bon. Ce Rival ſurprend Richard dans ſon inquié
tude, il le plaiſante, & Richard ſe retire de mau
vaiſe humeur. S. Albon informé par ſon Valet
Pierrot, des rendez-vous nocturnes de Richard,
prend la réſolution de ſe venger de Catherine,
quoiqu'il affecte un air d'indifférence & de Petit
Maître avec un ton ſingulier qui ne peut ſe bien
faire ſentir, que dans la Piéce même. Il joint à
la promenade le père & la fille. Il la perſiffle ſur
ſon goût pour le chant du Roſſignol, Catherine
rend à S. Albon des ſarcaſmes qui font taire
ſon perſifflage. Il ſe pique, & les quitte en chan
tant d'un air ironique. Le Père fait d'aigres re
proches à Catherine ſur l'intempérance de ſes
bons mots. Elle en prend occaſion d'avouer toute
ſon averſion pour S. Albon & ſon inclination
pour Richard Varambon entre en fureur ſur la
ſeule propoſition d'avoir pour gendre un hom
me de Robe. Cela redouble l'embarras de Ca
therine. Son Père veut rentrer à la maiſon avec
elle , que l'on ſe couche & que l'on dorme.
Nous ne pouvons nous refuſer à donner une
idée à nos Lecteurs du ton de plaiſanterie qui
régne dans tout cet Ouvrage, par celle-ci , que
nous promettons uniquement de tranſcrire. Sur
ce que Catherine dit , d'un ton chagrin , que
pour elle, elle ne dormira pas ; ſon Père re
plique en courroux & avec menaces : Vous ne
dormirez pas ! ... moi , morbleu, je veux que
vous dormiez .. .. Dormex , Mademoiſelle , ou
vous aurez a faire à moi. Je veux qu'on dorine
chez moi. Je veux être obei , corbleu. Le Père
& la Fille entrent dans la maiſon. S. Albon
revient , ſe cache, & voit monter au Balcon de
Catherine ſon mari Richard qu'il croit n'être que
ſon Amant, Le Valet de Richard eſt ivre , ce
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
qui produit une Scène fort plaiſante dans cette
conjoncture. Auſſitôt que ce Valet eſt retiré, S.
Albon fait placer la même échelle au pied du
Balcon. Il y monte à l'aide d'une barre de fer
que ſon Pienot lui tend ,
il ferme la fenêtre
en dehors de façon qu'on ne puiſſe l'ouvrir par
dedans. C'eſt le
ſeul endroit par où Richard
doit ſortir , Varambon enfermant ſa
fille tous
les ſoirs dans ſa chambre. S. Albon & Pierrot
imitent le chant des oiſeaux & avec leſquels ils
accompagnent des chanſons de plaiſanterie ſur
la priſe du Roſſignol, Catherine & Richard enten
dent à la fin ce bruit. On doit juger de leur dou
leur & de leur embarras. Ils implorent long
temps en vain la clémence de S. Albon. Il eſt
inéxorable. Cependant traitant l'affaire militai
rement ,
il propoſe à Richard, qu'il qualifie de
Gouverneur, une capitulation honnête, s'il veut
rendre la place. Le mariage ſecret ne permet
pas d'accepter la capitulation.Alors S. Albon
en vainqueur qui mépriſe ſa conquête, délivre
les Priſonniers ſans rançon & ſans condition.
Dans le temps qu'il deſcend du Balcon & que
Catherine lui dit avec reconnoiſſance de prendre
garde de ſe bleſſer. Varambon qui a entendu
du bruit, ſort l'epée à la main , il croit que
S. Albon étoit en rendez-vous dans la cham
bre de ſa fille , il l'attaque, celui-ci ſe défend.
Ils ſont ſeparés par les deux Valets qui ſur
viennent.L'imbroglio s'éclaircit. Le mariage clan
deſtin ſe déclare. Le Père, dans ſa rage, con
ſent à le ratifier, mais il ne veut jamais voir
ſon gendre ni ſa fille. On entre dans l'eſpoir
de l'appaiſer. S. Albon termine la Piéce par
une ſcène très-courte avec
ſon valet Pierrot,
dans laquelle en riant de ce mariage, il ſou
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tient & confirme le caractère dans lequel nous
l'avons annoncé.
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Résumé : LE ROSSIGNOL, OU LE MARIAGE SECRET, COMÉDIE en un Acte en Proſe & en Vaudevilles. Deuxiéme Pièce du THÉATRE DE SOCIÉTÉ de M. COLLÉ. SUJET.
La pièce 'Le Rossignol, ou Le Mariage Secret' est une comédie en un acte écrite par M. Collé. Les personnages principaux sont M. Varambon, colonel de hussards et père de Catherine, secrètement mariée à M. Richard, un homme de robe. M. de Saint-Albon, capitaine de cavalerie, est le prétendant imposé par Varambon. Les valets Portevin et Pierrot servent respectivement Richard et Saint-Albon. L'action se déroule sur l'esplanade de la Porte Saint-Antoine et sur le boulevard face à la maison de Varambon. Catherine informe Richard que son père souhaite la marier à Saint-Albon. Saint-Albon, averti par son valet Pierrot des rendez-vous nocturnes de Richard, décide de se venger. Il accompagne Varambon et Catherine en promenade, provoquant une dispute avec Catherine. Varambon, furieux à l'idée d'avoir un gendre homme de robe, augmente l'embarras de Catherine. Saint-Albon monte ensuite au balcon de Catherine et enferme Richard à l'intérieur. Après une tentative de négociation, Saint-Albon libère les prisonniers sans condition. Varambon, alerté par le bruit, attaque Saint-Albon, croyant qu'il était en rendez-vous avec sa fille. L'imbroglio se clarifie lorsque le mariage secret est révélé. Varambon, enragé, accepte le mariage mais refuse de voir son gendre et sa fille. La pièce se termine par une scène où Saint-Albon rit de la situation avec son valet Pierrot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10975
p. 197-201
REMARQUES.
Début :
EN lisant cette Pièce il nous a paru que l'Auteur n'avoit pris qu'une idée très-légère [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES.
REMARQUES.
EN lisant cette Pièce il nous a paru que
l'Auteur n'avoit pris qu'une idée très-légère
de ſon Sujet, dans le conte du Roſ
ſignol; l'invention de ſa Fable comique
lui appartient preſqu'en entier , tous les
incidens ſont de ſon imagination.
Indépendamment de la forme du Dia
logue, prèſque tout en vaudevilles, ce
Drame différe totalement de la Comé
die précédente & par la nature du
Sujet, & par le genre de l'action. Ici
c'eſt un des exemples de cette forte
d'action, que nous avons hazardé de
nommer phyſique ou matérielle : l'intri
gue, les incidens, les événemens im
prévus , le mouvement local des Per
ſonnages, ſont les reſſorts qui font mar
cher la Piéce, qui la conduiſent à ſon
dénouement, & qui diſtinguent cette
action de celle que nous avons remar
quée dans Dupuis & Deſronais, &
dans la Veuve, que nous croyons diſtin
guer le mieux , l'action phyſique de
l'action morale dans le dramatique , eſt
lorſque tous les incidens ſont ſous les
yeux du ſpectateur; c'eſt préciſément
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
ce qui arrive dans la Piéce du Roſſignol.
Aucune des actions, aucune des démar
ches des Acteurs , utiles à la marche du
Drame , n'eſt ſouſtrait de la Scène. La
ſérénade ſingulière que S. Albon don
ne aux époux clandeſtins & leur ſur
· priſe, forment une Scène qui ſemble de
voir être très-théâtrale & très-piquante
à la repréſentation.
C'eſt auſſi l'effet
que des gens de goût , qui ont vû
jouer cette Pièce ſur des théâtres particu
liers , nous ont aſſuré qu'elle produiſoit.
J.'action du dénouement,§
lement amenée, comme on a pû voir
dans la légère eſquiſſe que nous venons
d'en tracer, eſt d'une chaleur & d'une
vivacité qu'il eſt très-rare de trouver, &
cette vivacité ſe ſoutient juſqu'à la fin
lorſque l'Imbroglio s'éclaircit : circonſ
-tance néceſſaire mais ordinairement lan
·guiſſante dans nos meilleures Comédies.
Dans cet Ouvrage amuſant il y a des
caractères que ne peut faire connoître
· une ſimple notice du Sujet. Ils ſont tous
dans la nature , & d'une vérité que l'on
· ne peut méconnoître, quoique d'une
ſingularité fort piquante. Celui du vieux
Militaire , père de Catherine, qui ne
veut marier ſa fille qu'à un homme de
ſon état, eſt aſſurément d'un vrai in
conte1 table; ainſi que ſes principes ſur
,
-
-
A V R I L. 1764.
r 99
l'autorité paternelle & ſa manière de la
tourner en une eſpéce deſpotiſme. Le
caractère de S. Albon a un coin de
ſingularité tout neuf. Sa fatuité & ſa
façon de procéder avec les femmes,
font des objets qui n'avoient point en
core été préſentés ſous cette face au
Théâtre. Ce caractère ,
tel qu'il eſt
donné, quoique fingulier, n'en eſt pas
moins dans la Nature.
Tous les incidens, comme nous l'a-
vons remarqué, & comme le remarque
ront ceux qui liront la Pièce, font natu
rels, & n'ont rien de forcé; pas même
celui d'un Amant heureux & favoriſé ,
berné, pour ainſi dire, & expoſé à la
riſée par celui qui n'eſt pas aimé , &
qui n'eſt pas fait pour l'être. C'eſt une
des ſingularités qui diſtingue ce Drame,
ſans néanmoins l'écarter des Loix du bon
Comique. Tous ces incidens ont leurs
· principes dans les caractères de Saint
Albon & de Varambon, & ces caractères
eux-mêmes ſont dans la Nature.
Toutes ces conſidérations ne nous au
toriſent-elles pas ſuffiſamment à avancer
| que cette Pièce (d'un genre tout diffé
rent de celui de la Veuve ), réunit deux
· points difficiles, & cependant eſſentiels
pour conſtituer la vÉRITABLE CoMÉ
I iv
2oO MERCURE DE FRANCE.
DIE ; ſçavoir , la VRAISEMBLANCE
DEs ÉVÉNEMENs ET LA VÉRITÉ DES
CARACTÈRES.
",
Il nous reſte deux obſervations à
faire, l'une ſur le Dialogue, & l'autre
ſur le tour des Couplets. Le Dialogue
nous a paru ſerré, & avoir la préciſion
propre à ſoutenir la chaleur théâtrale.
Les couplets en général ſont d'autant
plus † , qu'ils ont cet air de faci
lité qui ſeul peut-être puiſſe raiſonnable
ment s'adapter au Comique, & entrer &
ſe produire ſur la Scène,ſans la défigurer.
Tel étoit le genre de ce qu'on appelloit
parmi nous l'Opéra-Comique, enfant de
la gaîté, père de l'enjouement & de la
ſatyre ſpirituelle. C'eſt ce que vient d'é-
clipſer de nos jours l'Opéra-Bouffon ou
Comédie mêlée d'Ariettes. Ce n'eſt ni
la partialité, ni la prévention, qui nous
dictent les regrets que nous laiſſons quel
quefois échapper ſur nos pertes.
L'Auteur du Roſſignol nous permet
tra, avant de finir, un reproche ſur le
trop d'eſprit, ſur le tour de plaiſanterie
du ton des meilleures ſociétés, que nous
avons cru remarquer dans quelques cou
plets du Pierrot. Ce Perſonnage, ſur
notre ancienne Scène & dans nos idées,
ne comporte pas autant de fineſſe. Au
reſte , l'objet de ce reproche tournera au
A V R I L. 1764.
2.O I
profit des Lecteurs de la Pièce. Elle n'en
devient par-là que plus agréable. Eh
bien ! ceci, par exemple eſt un défaut
dans lequel on ne peut tomber en com
poſant des Opera-Bouffons ou des Co
médies à Ariettes. La Nature même &
le genre propre de ces Drames, en ga
· rantiſſent néceſſairement , non - ſeule
| ment pour les rôles de Valets, mais auſſi
pour ceux des Maîtres & des Maîtres les
plus diſtingués.
N. B. Nous préſumons que lorſque
l'Eſſai du Théâtre de Société, dont nous
venons de rendre compte, ſera plus gé
néralement connu, M. CoLLÉ ſera ,
pour ainſi dire , forcé de ſurmonter ſes
défiances pour en donner la ſuite. Nous
| devons l'y exhorter d'autant plus vive
· ment, que des gens d'un goût ſûr &
diſtingué ont beaucoup applaudi d'autres
Pièces de ce même Théâtre, encore plus
piquantes que celles-ci, & qui reſtent à
1mprimer.
La VEUVE & le Ross IGVoL ſe
vendent à Paris, chez Ducheſne, au
· Temple du Goût. Le prix de la première
Pièce eſt de 24 ſ celui de la ſeconde, 3o
fols avec la Muſique.
EN lisant cette Pièce il nous a paru que
l'Auteur n'avoit pris qu'une idée très-légère
de ſon Sujet, dans le conte du Roſ
ſignol; l'invention de ſa Fable comique
lui appartient preſqu'en entier , tous les
incidens ſont de ſon imagination.
Indépendamment de la forme du Dia
logue, prèſque tout en vaudevilles, ce
Drame différe totalement de la Comé
die précédente & par la nature du
Sujet, & par le genre de l'action. Ici
c'eſt un des exemples de cette forte
d'action, que nous avons hazardé de
nommer phyſique ou matérielle : l'intri
gue, les incidens, les événemens im
prévus , le mouvement local des Per
ſonnages, ſont les reſſorts qui font mar
cher la Piéce, qui la conduiſent à ſon
dénouement, & qui diſtinguent cette
action de celle que nous avons remar
quée dans Dupuis & Deſronais, &
dans la Veuve, que nous croyons diſtin
guer le mieux , l'action phyſique de
l'action morale dans le dramatique , eſt
lorſque tous les incidens ſont ſous les
yeux du ſpectateur; c'eſt préciſément
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
ce qui arrive dans la Piéce du Roſſignol.
Aucune des actions, aucune des démar
ches des Acteurs , utiles à la marche du
Drame , n'eſt ſouſtrait de la Scène. La
ſérénade ſingulière que S. Albon don
ne aux époux clandeſtins & leur ſur
· priſe, forment une Scène qui ſemble de
voir être très-théâtrale & très-piquante
à la repréſentation.
C'eſt auſſi l'effet
que des gens de goût , qui ont vû
jouer cette Pièce ſur des théâtres particu
liers , nous ont aſſuré qu'elle produiſoit.
J.'action du dénouement,§
lement amenée, comme on a pû voir
dans la légère eſquiſſe que nous venons
d'en tracer, eſt d'une chaleur & d'une
vivacité qu'il eſt très-rare de trouver, &
cette vivacité ſe ſoutient juſqu'à la fin
lorſque l'Imbroglio s'éclaircit : circonſ
-tance néceſſaire mais ordinairement lan
·guiſſante dans nos meilleures Comédies.
Dans cet Ouvrage amuſant il y a des
caractères que ne peut faire connoître
· une ſimple notice du Sujet. Ils ſont tous
dans la nature , & d'une vérité que l'on
· ne peut méconnoître, quoique d'une
ſingularité fort piquante. Celui du vieux
Militaire , père de Catherine, qui ne
veut marier ſa fille qu'à un homme de
ſon état, eſt aſſurément d'un vrai in
conte1 table; ainſi que ſes principes ſur
,
-
-
A V R I L. 1764.
r 99
l'autorité paternelle & ſa manière de la
tourner en une eſpéce deſpotiſme. Le
caractère de S. Albon a un coin de
ſingularité tout neuf. Sa fatuité & ſa
façon de procéder avec les femmes,
font des objets qui n'avoient point en
core été préſentés ſous cette face au
Théâtre. Ce caractère ,
tel qu'il eſt
donné, quoique fingulier, n'en eſt pas
moins dans la Nature.
Tous les incidens, comme nous l'a-
vons remarqué, & comme le remarque
ront ceux qui liront la Pièce, font natu
rels, & n'ont rien de forcé; pas même
celui d'un Amant heureux & favoriſé ,
berné, pour ainſi dire, & expoſé à la
riſée par celui qui n'eſt pas aimé , &
qui n'eſt pas fait pour l'être. C'eſt une
des ſingularités qui diſtingue ce Drame,
ſans néanmoins l'écarter des Loix du bon
Comique. Tous ces incidens ont leurs
· principes dans les caractères de Saint
Albon & de Varambon, & ces caractères
eux-mêmes ſont dans la Nature.
Toutes ces conſidérations ne nous au
toriſent-elles pas ſuffiſamment à avancer
| que cette Pièce (d'un genre tout diffé
rent de celui de la Veuve ), réunit deux
· points difficiles, & cependant eſſentiels
pour conſtituer la vÉRITABLE CoMÉ
I iv
2oO MERCURE DE FRANCE.
DIE ; ſçavoir , la VRAISEMBLANCE
DEs ÉVÉNEMENs ET LA VÉRITÉ DES
CARACTÈRES.
",
Il nous reſte deux obſervations à
faire, l'une ſur le Dialogue, & l'autre
ſur le tour des Couplets. Le Dialogue
nous a paru ſerré, & avoir la préciſion
propre à ſoutenir la chaleur théâtrale.
Les couplets en général ſont d'autant
plus † , qu'ils ont cet air de faci
lité qui ſeul peut-être puiſſe raiſonnable
ment s'adapter au Comique, & entrer &
ſe produire ſur la Scène,ſans la défigurer.
Tel étoit le genre de ce qu'on appelloit
parmi nous l'Opéra-Comique, enfant de
la gaîté, père de l'enjouement & de la
ſatyre ſpirituelle. C'eſt ce que vient d'é-
clipſer de nos jours l'Opéra-Bouffon ou
Comédie mêlée d'Ariettes. Ce n'eſt ni
la partialité, ni la prévention, qui nous
dictent les regrets que nous laiſſons quel
quefois échapper ſur nos pertes.
L'Auteur du Roſſignol nous permet
tra, avant de finir, un reproche ſur le
trop d'eſprit, ſur le tour de plaiſanterie
du ton des meilleures ſociétés, que nous
avons cru remarquer dans quelques cou
plets du Pierrot. Ce Perſonnage, ſur
notre ancienne Scène & dans nos idées,
ne comporte pas autant de fineſſe. Au
reſte , l'objet de ce reproche tournera au
A V R I L. 1764.
2.O I
profit des Lecteurs de la Pièce. Elle n'en
devient par-là que plus agréable. Eh
bien ! ceci, par exemple eſt un défaut
dans lequel on ne peut tomber en com
poſant des Opera-Bouffons ou des Co
médies à Ariettes. La Nature même &
le genre propre de ces Drames, en ga
· rantiſſent néceſſairement , non - ſeule
| ment pour les rôles de Valets, mais auſſi
pour ceux des Maîtres & des Maîtres les
plus diſtingués.
N. B. Nous préſumons que lorſque
l'Eſſai du Théâtre de Société, dont nous
venons de rendre compte, ſera plus gé
néralement connu, M. CoLLÉ ſera ,
pour ainſi dire , forcé de ſurmonter ſes
défiances pour en donner la ſuite. Nous
| devons l'y exhorter d'autant plus vive
· ment, que des gens d'un goût ſûr &
diſtingué ont beaucoup applaudi d'autres
Pièces de ce même Théâtre, encore plus
piquantes que celles-ci, & qui reſtent à
1mprimer.
La VEUVE & le Ross IGVoL ſe
vendent à Paris, chez Ducheſne, au
· Temple du Goût. Le prix de la première
Pièce eſt de 24 ſ celui de la ſeconde, 3o
fols avec la Muſique.
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Résumé : REMARQUES.
Le texte traite de la pièce 'Le Rossignol' et la compare à d'autres œuvres théâtrales, notamment 'La Veuve'. 'Le Rossignol' se distingue par une action physique et matérielle, où tous les incidents sont visibles sur scène, à l'inverse d'une action morale. L'intrigue est dynamique et riche en événements imprévus, maintenant l'intérêt du spectateur jusqu'à la fin. Les personnages, comme le vieux militaire et Saint-Albon, sont décrits comme naturels et singuliers, contribuant à l'authenticité de la pièce. Le dialogue est jugé serré et précis, convenant bien au genre de l'opéra-comique. Toutefois, certains couplets sont critiqués pour leur excès de finesse, peu adapté au personnage de Pierrot. L'auteur recommande à M. Collé de publier davantage de pièces de ce théâtre, appréciées par des amateurs de goût sûr.
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10976
p. 202-203
SUPPLÉMENT aux Annonces de Livres.
Début :
LA vente à l'amiable que le sieur Hochereau, Libraire, quai de Conti, [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT aux Annonces de Livres.
SUPPLÉMENT aux Annonces de
Livres.
LA vente à l'amiable que le sieur
Hochereau, Libraire, quai de Conti,
avoit annoncée il y a trois ſemaines ,
n'ayant pas eu tout le ſuccès qu'il en
avoit attendu , faute de n'avoir pas eu le
temps de donner un petit Catalogue des
principaux Articles qui s'y trouvoient; il
ſe flatte que l'on recevra avec plaiſir la
note ci-après de ceux qui lui ſont reſtés,
& qu'il offre encore aux mêmes prix.
L I V R E S A N G L O I S.
• GEUvREs de Pope, y compris l'Iliade & l'Odyſſée,
en 2e vol. in-8°. grand papier, belle édition en
maroquin.
ºEuvres de Jonathan Swift, in-8°. 12 vol. grand
papier, brochés.
Portraits des Hommes Illuſtres d'Angleterre ,
r vol. in-fol. très-grand papier, maroquin.
Ruines de Palmire & de Balbec , 2 vol. in-fol.
reliés en carton.
-
Voyages en Egypte & en Nubie, de Norden,
2 vol in-fol. grand papier avec figures, reliés
Cn Carton,
Journal de la Chambre des Communes de Lon
dres, depuis 1 547 juſques & compris 1757,
avec l'Index, 28 vol in-fol.
-
Hiſtoire des Inſectes de Swammerdam, avec figur.
1 vol. in-fol, relié.
A V R I L. 1764.
2o3
Deſcription de la Cathédrale de Cantorbery en
York, 1 vol. in-fol. broché, avec figures.
L I V R E S
E T
vol. in-4°. reliés.
I T A L I E N S,
A U T R E S,
HIsToRIA d'Italia di Guiecardini , 2 vol. in-fol.
grand papier, reliés.
Annali di Italia di Muratori, Milano, 1744 ,
15 vol. in-4°. reliés.
Opere di Torquato Taſſo, Venetiis, 1722 , 12.
Suida Lexicon Graecè & Latinè 3 vol. in-fol.
-
Euripide Grec & Italien , in-8°. 12 vol. reliés,.
Homere Grec , édition de Glaſcow , in-fol. 2 vol.
reliés.
Rumphii Herbarium , Amboinenſe, 6 vol.in-fol.
Amſterloedami, 175o.
Les Fables de la Fontaine du plus grand papier,
avec de très-bonnes épreuves, 4 vol. in-fol.
brochés.
Livres.
LA vente à l'amiable que le sieur
Hochereau, Libraire, quai de Conti,
avoit annoncée il y a trois ſemaines ,
n'ayant pas eu tout le ſuccès qu'il en
avoit attendu , faute de n'avoir pas eu le
temps de donner un petit Catalogue des
principaux Articles qui s'y trouvoient; il
ſe flatte que l'on recevra avec plaiſir la
note ci-après de ceux qui lui ſont reſtés,
& qu'il offre encore aux mêmes prix.
L I V R E S A N G L O I S.
• GEUvREs de Pope, y compris l'Iliade & l'Odyſſée,
en 2e vol. in-8°. grand papier, belle édition en
maroquin.
ºEuvres de Jonathan Swift, in-8°. 12 vol. grand
papier, brochés.
Portraits des Hommes Illuſtres d'Angleterre ,
r vol. in-fol. très-grand papier, maroquin.
Ruines de Palmire & de Balbec , 2 vol. in-fol.
reliés en carton.
-
Voyages en Egypte & en Nubie, de Norden,
2 vol in-fol. grand papier avec figures, reliés
Cn Carton,
Journal de la Chambre des Communes de Lon
dres, depuis 1 547 juſques & compris 1757,
avec l'Index, 28 vol in-fol.
-
Hiſtoire des Inſectes de Swammerdam, avec figur.
1 vol. in-fol, relié.
A V R I L. 1764.
2o3
Deſcription de la Cathédrale de Cantorbery en
York, 1 vol. in-fol. broché, avec figures.
L I V R E S
E T
vol. in-4°. reliés.
I T A L I E N S,
A U T R E S,
HIsToRIA d'Italia di Guiecardini , 2 vol. in-fol.
grand papier, reliés.
Annali di Italia di Muratori, Milano, 1744 ,
15 vol. in-4°. reliés.
Opere di Torquato Taſſo, Venetiis, 1722 , 12.
Suida Lexicon Graecè & Latinè 3 vol. in-fol.
-
Euripide Grec & Italien , in-8°. 12 vol. reliés,.
Homere Grec , édition de Glaſcow , in-fol. 2 vol.
reliés.
Rumphii Herbarium , Amboinenſe, 6 vol.in-fol.
Amſterloedami, 175o.
Les Fables de la Fontaine du plus grand papier,
avec de très-bonnes épreuves, 4 vol. in-fol.
brochés.
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Résumé : SUPPLÉMENT aux Annonces de Livres.
Le libraire Hochereau, situé quai de Conti, annonce une vente à l'amiable de livres. Après une précédente annonce infructueuse, il publie un catalogue des principaux ouvrages disponibles. Parmi les livres anglais, on trouve les œuvres de Pope, incluant l'Iliade et l'Odyssée en deux volumes in-octavo grand papier, reliées en maroquin, les œuvres de Jonathan Swift en douze volumes in-octavo grand papier, brochées, et les portraits des Hommes Illustres d'Angleterre en un volume in-folio très-grand papier, relié en maroquin. Les ouvrages notables incluent également les Ruines de Palmyre et de Balbec en deux volumes in-folio, les Voyages en Égypte et en Nubie de Norden en deux volumes in-folio grand papier avec figures, et le Journal de la Chambre des Communes de Londres de 1547 à 1757 en vingt-huit volumes in-folio avec index. Les livres italiens et autres langues comprennent l'Historia d'Italia de Guicciardini en deux volumes in-folio grand papier, les Annali d'Italia de Muratori en quinze volumes in-quarto, et les œuvres de Torquato Tasso en douze volumes. Le catalogue mentionne aussi des ouvrages en grec et latin, comme le Suida Lexicon, Euripide en grec et italien, Homère en grec, ainsi que divers ouvrages scientifiques et littéraires tels que le Rumphii Herbarium Amboinense et les Fables de La Fontaine en quatre volumes in-folio brochés.
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10977
p. 203
SUPPLÉMENT à l'Article des Arts.
Début :
L'ESTAMPE, de Mlle CLAIRON, gravée d'après le beau Tableau de M. Vanloo, premier Peintre [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Article des Arts.
SUPPLÉMENT à l'Article des Arts.
L'ESTAMPE, de Mlle CLAIRON, gravée d'après
le beau Tableau de M. Vanloo, premier Peintre
du RoI , par MM. Cars & Bauvarlet, & imprimé
par le Sr Beauvais, ſur le plus grand papier
Grand-Aigle, ſera miſe en vente au plus tard ,
dans trois mois. Le tirage en ſera peu conſidéra
ble, & le prix de 24 liv. La ſupériorité connue des
Talens du Peintre & des Graveurs, ne laiſſe pas
douter de celle de l'exécution d'une Eſtampe
depuis longtemps attendue par les Amateurs des
Arts & du Théâtre, & dont S. M. a daigné gra
tifier cette Actrice vraiment célébre.
L'ESTAMPE, de Mlle CLAIRON, gravée d'après
le beau Tableau de M. Vanloo, premier Peintre
du RoI , par MM. Cars & Bauvarlet, & imprimé
par le Sr Beauvais, ſur le plus grand papier
Grand-Aigle, ſera miſe en vente au plus tard ,
dans trois mois. Le tirage en ſera peu conſidéra
ble, & le prix de 24 liv. La ſupériorité connue des
Talens du Peintre & des Graveurs, ne laiſſe pas
douter de celle de l'exécution d'une Eſtampe
depuis longtemps attendue par les Amateurs des
Arts & du Théâtre, & dont S. M. a daigné gra
tifier cette Actrice vraiment célébre.
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Article des Arts.
Une estampe intitulée 'L'ESTAMPE', représentant Mlle Clairon d'après un tableau de François Boucher, sera mise en vente dans trois mois. Gravée par MM. Cars et Bauvarlet, imprimée par le sieur Beauvais sur papier Grand-Aigle, elle sera limitée et vendue 24 livres. Les talents du peintre et des graveurs sont reconnus. Le roi apprécie cette actrice célèbre.
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10978
p. 204
De MARSEILLE, le 3 Février 1764.
Début :
Les différends qui s'étoient élevés entre notre Nation & la Régence d'Alger viennent [...]
Mots clefs :
Différends, Régence, Nation, Escadre, Chevalier, Consul, Arrangement, Intelligence
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texteReconnaissance textuelle : De MARSEILLE, le 3 Février 1764.
De MARSEILLE , le 3 Février 1764.
L E s différends qui s'étoient élevés entre notre
Nation & la Régence d'Alger viennent d'être
heureuſement terminés par les ſoins du Chevalier
de Fabry, Commandant l'Eſcadre du Roi & du
ſieur Valliere, Conſul de la Nation auprès de
cette Régence. Par cet arrangement la bonne
intelligence ſe trouve rétablie d'une manière
avantageuſe & ſolide.
L E s différends qui s'étoient élevés entre notre
Nation & la Régence d'Alger viennent d'être
heureuſement terminés par les ſoins du Chevalier
de Fabry, Commandant l'Eſcadre du Roi & du
ſieur Valliere, Conſul de la Nation auprès de
cette Régence. Par cet arrangement la bonne
intelligence ſe trouve rétablie d'une manière
avantageuſe & ſolide.
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10979
p. 204
De ROCHEFORT, le 4 Février 1764.
Début :
On a lancé derniérement à l'Eau le Vaisseau la Ville de Paris, de [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Gouverneur, Louisiane, Marquis, Commandant, Régiment, Saint-Domingue
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texteReconnaissance textuelle : De ROCHEFORT, le 4 Février 1764.
De RocHEFoRT , le 4 Février 1764.
On a lancé derniérement à l'Eau le Vaiſſeau
la Ville de Paris, de quatre-vingt-douze canons.
Le ſieur de Kerlerec , Gouverneur de la Loui
ſiane, dont il eſt de retour ici avec toute ſa fa
mille, eſt arrivé avec le Marquis de Fremur,
Colonel du Régiment d'Angoumois, 'qui , en
1762, paſſa à la Louiſiane en qualité de Com
mandant-Général des troupes, & à qui le mau
vais état de ſa ſanté n'a pas permis de ſuivre
ſon Régiment à S. Domingue. Le ſieur de Kerle
rec fut reçu avec beaucoup de diſtinction par le
#º & les principaux Officiers de cette
Place.
On a lancé derniérement à l'Eau le Vaiſſeau
la Ville de Paris, de quatre-vingt-douze canons.
Le ſieur de Kerlerec , Gouverneur de la Loui
ſiane, dont il eſt de retour ici avec toute ſa fa
mille, eſt arrivé avec le Marquis de Fremur,
Colonel du Régiment d'Angoumois, 'qui , en
1762, paſſa à la Louiſiane en qualité de Com
mandant-Général des troupes, & à qui le mau
vais état de ſa ſanté n'a pas permis de ſuivre
ſon Régiment à S. Domingue. Le ſieur de Kerle
rec fut reçu avec beaucoup de diſtinction par le
#º & les principaux Officiers de cette
Place.
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Résumé : De ROCHEFORT, le 4 Février 1764.
Le 4 février 1764, le vaisseau 'la Ville de Paris' a été lancé à Rochefort. Le sieur de Kerlerec, gouverneur de la Louisiane, est revenu avec sa famille et le marquis de Fremur. Ce dernier, nommé commandant en Louisiane en 1762, n'avait pu partir en raison de sa santé. Ils ont été accueillis avec distinction par le roi et les officiers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10980
p. 204-207
De PARIS, le 17 Février 1764.
Début :
Le 19 du mois dernier, le Premier Président & deux Présidens du Parlement se sont [...]
Mots clefs :
Président, Parlement, Déclaration, Procureurs, Impératrice de Russie, Académie des sciences, Médecins, Roi de Prusse, Juridiction consulaire, Scrutin, Consuls, Exécution, Souscription, Tirage, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Numéros
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 17 Février 1764.
De PARIs , le 17 Février 1764.
Le 19 du mois dernier , le Premier Préſident
-
º
A V R I L. 1764. 2o5
& deux Préſidens du Parlement ſe ſont rendus 2
Verſailles & ont eu l'honneur de préſenter à
Sa Majeſté les remontrances qui avoient été ar
rêtées le 18. -
Le 21 , le Roi a envoyé à ſon Parlement
une Déclaration qui a été enregiſtrée le même
joux , & par laquelle Sa Majeſté ordonne que
Sa Déclaration du 2 1 Novembre dernier ſera
éxécutée ſelon ſa forme & teneur, impoſe un
ſilence abſolu ſur ce qui s'eſt paſſé juſqu'à pré
ſent relativement aux objets qui ont donné lieu
à ſadite Déclaration, & fait défenſes à toutes
perſonnes , ſans exception, même ſes à Procu
reurs-Généraux , de faire & continuer aucunes
pourſuites à ce ſujet , pour † cauſe &
ſous quelque prétexte que ce puiſſe être.
Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général .
, au ſervice de Leurs Majeſtés Impériales & Royale,
, eſt arrivé ici de Bruxelles, & a été préſenté à Ver
ſailles, au Roi & à la Famille Royale par le Comte
de Starhenberg , Ambaſſadeur de la Cour de
Vienne.
L'Impératrice de Ruſſie, voulant reconnoître
les ſoins que le Sieur Morand, de l'Académie des
Sciences & de celle de Chirurgie, s'eſt donnés pour
procurer à la Chancellerie de Médecine de Pe
terſbourg une belle collection de Piéces d'Ana
tomie, d'inſtrument de machines employés en
, Chirurgie , &c. Sa Majeſté Impériale a char
gé le Prince de Gallitzin, ſon Miniſtre Pléni
potentiaire en cette Cour , de remettre au ſieur
Morand une ſuite de Médailles d'or & d'argent
de toutes les grandeurs, qui ont été frappées
à l'occaſion de ſon avénement au Trône.
On écrit de Péterſbourg que l'Académie Im
périale des Sciences de cette Ville a admis
2o6 MERCURE DE FRANCE.
nombre de ſes tMembres le ſieur Delalande , de
l'Académie Royale des Sciences.
On a appris de Berlin, que le Roi de Pruſſe
avoit déſigné pour un des Aſſeciés Etrangers de
ſon Académie , le Chevalier de Jaucourt, Mem
bre de la Société Royale de Londres, & de l'Aca
démie de Stockolm , connu par différens Ouvra
ges de Science & de Littérature. -
Le 28 du mois dernier, la Juriſdiction Conſu
· laire de Paris, aſſemblée avec les différens Corps
de Communautés des Marchands de cette Ville, a
élu, ſuivant l'uſage, par la voie du Scrutin , les
Juge & Conſuls qui exerceront pendant le cours
de cette année : le ſieur Darlu, Ecuyer, ancien
Echevin & du Collége des anciens Conſuls, du
Corps de la Mercerie , a été nommé Juge; le Sieur
Vaudichon fils, du Corps de la Pelleterie, premier
'Conſul; le Sieur Hériſſant, Imprimeur du Cabi
net du Roi, du Corps de la Librairie , ſecond Con
ſul ; le Sieur de la Voye-Pierre, du Corps de l'Epi
cerie, troiſième Conſul ; & le Sieur de Hay
nault, du Corps de l'Orfévrerie, quatriéme Conſul.
Les obſtacles qui ont ſuſpendu juſqu'ici l'exé
cution de la Gazette Littéraire de l'Europe ,
ayant ceſſé, la première feuille de cet Ouvrage
périodique paroîtra le premier Mercredi du mois
de Mars prochain. On ſuivra le plan & la forme
annoncés dans le Proſpectus. Le prix de la Souſ
cription ſera, comme on l'a dit, de 24 liv. par an,
papier ordinaire : & de 3o liv, papier plus grand &
plus fin. On aura ſoin d'affranchir le port de l'ar
gent & des lettres. On ſouſcrira, pour les Provin
ces, au Bureau Général de la Gazette de France,
rue neuve S. Roch , & pour Paris, au Bureau des
Galleries du Louvre. On s'adreſſera, quant à la
partie Littéraire, à l'Abbé Arnaud, de l'Académie
A V R I L. 1764. 2o7
- Royale des Inſcriptions & Belles-Lettres, & au
Sieur Suard, chargés de la Rédaction & de la Di
rection Générale de l'une & l'autre Gazettes.
Le trente-ſeptième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eſt fait le 24 Janvier, en la ma
nière accoutumée. Le lot de cinquante mille livres
" eſt échu au numéro 9984 r , § de vingt mille
« livres au numéro 9o333 , & les deux de dix mille
livres aux numéros 89o92 & 89598.
Le 6 Février, on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros, ſortis de la Roue
de fortune, ſont 37, 87,73 , 64 , 27. Le prochain
Tirage ſe fera le 5 Mars.
Le 19 du mois dernier , le Premier Préſident
-
º
A V R I L. 1764. 2o5
& deux Préſidens du Parlement ſe ſont rendus 2
Verſailles & ont eu l'honneur de préſenter à
Sa Majeſté les remontrances qui avoient été ar
rêtées le 18. -
Le 21 , le Roi a envoyé à ſon Parlement
une Déclaration qui a été enregiſtrée le même
joux , & par laquelle Sa Majeſté ordonne que
Sa Déclaration du 2 1 Novembre dernier ſera
éxécutée ſelon ſa forme & teneur, impoſe un
ſilence abſolu ſur ce qui s'eſt paſſé juſqu'à pré
ſent relativement aux objets qui ont donné lieu
à ſadite Déclaration, & fait défenſes à toutes
perſonnes , ſans exception, même ſes à Procu
reurs-Généraux , de faire & continuer aucunes
pourſuites à ce ſujet , pour † cauſe &
ſous quelque prétexte que ce puiſſe être.
Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général .
, au ſervice de Leurs Majeſtés Impériales & Royale,
, eſt arrivé ici de Bruxelles, & a été préſenté à Ver
ſailles, au Roi & à la Famille Royale par le Comte
de Starhenberg , Ambaſſadeur de la Cour de
Vienne.
L'Impératrice de Ruſſie, voulant reconnoître
les ſoins que le Sieur Morand, de l'Académie des
Sciences & de celle de Chirurgie, s'eſt donnés pour
procurer à la Chancellerie de Médecine de Pe
terſbourg une belle collection de Piéces d'Ana
tomie, d'inſtrument de machines employés en
, Chirurgie , &c. Sa Majeſté Impériale a char
gé le Prince de Gallitzin, ſon Miniſtre Pléni
potentiaire en cette Cour , de remettre au ſieur
Morand une ſuite de Médailles d'or & d'argent
de toutes les grandeurs, qui ont été frappées
à l'occaſion de ſon avénement au Trône.
On écrit de Péterſbourg que l'Académie Im
périale des Sciences de cette Ville a admis
2o6 MERCURE DE FRANCE.
nombre de ſes tMembres le ſieur Delalande , de
l'Académie Royale des Sciences.
On a appris de Berlin, que le Roi de Pruſſe
avoit déſigné pour un des Aſſeciés Etrangers de
ſon Académie , le Chevalier de Jaucourt, Mem
bre de la Société Royale de Londres, & de l'Aca
démie de Stockolm , connu par différens Ouvra
ges de Science & de Littérature. -
Le 28 du mois dernier, la Juriſdiction Conſu
· laire de Paris, aſſemblée avec les différens Corps
de Communautés des Marchands de cette Ville, a
élu, ſuivant l'uſage, par la voie du Scrutin , les
Juge & Conſuls qui exerceront pendant le cours
de cette année : le ſieur Darlu, Ecuyer, ancien
Echevin & du Collége des anciens Conſuls, du
Corps de la Mercerie , a été nommé Juge; le Sieur
Vaudichon fils, du Corps de la Pelleterie, premier
'Conſul; le Sieur Hériſſant, Imprimeur du Cabi
net du Roi, du Corps de la Librairie , ſecond Con
ſul ; le Sieur de la Voye-Pierre, du Corps de l'Epi
cerie, troiſième Conſul ; & le Sieur de Hay
nault, du Corps de l'Orfévrerie, quatriéme Conſul.
Les obſtacles qui ont ſuſpendu juſqu'ici l'exé
cution de la Gazette Littéraire de l'Europe ,
ayant ceſſé, la première feuille de cet Ouvrage
périodique paroîtra le premier Mercredi du mois
de Mars prochain. On ſuivra le plan & la forme
annoncés dans le Proſpectus. Le prix de la Souſ
cription ſera, comme on l'a dit, de 24 liv. par an,
papier ordinaire : & de 3o liv, papier plus grand &
plus fin. On aura ſoin d'affranchir le port de l'ar
gent & des lettres. On ſouſcrira, pour les Provin
ces, au Bureau Général de la Gazette de France,
rue neuve S. Roch , & pour Paris, au Bureau des
Galleries du Louvre. On s'adreſſera, quant à la
partie Littéraire, à l'Abbé Arnaud, de l'Académie
A V R I L. 1764. 2o7
- Royale des Inſcriptions & Belles-Lettres, & au
Sieur Suard, chargés de la Rédaction & de la Di
rection Générale de l'une & l'autre Gazettes.
Le trente-ſeptième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eſt fait le 24 Janvier, en la ma
nière accoutumée. Le lot de cinquante mille livres
" eſt échu au numéro 9984 r , § de vingt mille
« livres au numéro 9o333 , & les deux de dix mille
livres aux numéros 89o92 & 89598.
Le 6 Février, on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros, ſortis de la Roue
de fortune, ſont 37, 87,73 , 64 , 27. Le prochain
Tirage ſe fera le 5 Mars.
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Résumé : De PARIS, le 17 Février 1764.
En février 1764, plusieurs événements marquants se déroulèrent en France et en Europe. Le 19 février, le Premier Président et deux Présidents du Parlement se rendirent à Versailles pour présenter au roi les remontrances arrêtées le 18 février. Le 21 février, le roi publia une Déclaration ordonnant l'exécution de celle du 21 novembre précédent et imposant un silence absolu sur les événements passés relatifs à cette Déclaration, interdisant toute poursuite à ce sujet. Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général au service des Majestés Impériales et Royale, arriva de Bruxelles et fut présenté à Versailles au roi et à la Famille Royale par le Comte de Starhenberg, Ambassadeur de la Cour de Vienne. L'Impératrice de Russie reconnut les efforts du Sieur Morand, membre de l'Académie des Sciences et de Chirurgie, en lui remettant des médailles d'or et d'argent via le Prince de Gallitzin, son Ministre Plénipotentiaire. Par ailleurs, l'Académie Impériale des Sciences de Pétersbourg admit le Sieur Delalande comme membre, tandis que le Roi de Prusse désigna le Chevalier de Jaucourt comme Associé Étranger de son Académie. Le 28 février, la Jurisdiction Consulaire de Paris élut les Juges et Consuls pour l'année : le Sieur Darlu fut nommé Juge, et les Sieurs Vaudichon, Hérissant, de la Voye-Pierre et de Haynault furent élus Consuls. La Gazette Littéraire de l'Europe, dont les obstacles à la publication avaient cessé, devait paraître le premier mercredi de mars. Le prix de la souscription était de 24 livres pour le papier ordinaire et de 30 livres pour un papier plus grand et plus fin. Le 24 janvier, le trente-septième tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville eut lieu, attribuant des lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres. Le 6 février, la Loterie de l'École Royale Militaire fut tirée, avec les numéros 37, 87, 73, 64 et 27. Le prochain tirage devait se faire le 5 mars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10981
p. 207
MARIAGE.
Début :
Le 28 Janvier, on célébra dans l'église Paroissiale de S. Louis à [...]
Mots clefs :
Église paroissiale, Mariage, Comte, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Archevêque
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
M A R I A G E.
Le 28 Janvier, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ
ſiale de S. Louis à Verſailles, le Mariage du Comte
de Graſſe avec Demoiſelle Accaron. La Bénédic
tion nuptiale leur fut donnée, en préſence du
Sieur Barette, Curé de laParoiſſe, par l'Archevêque
d'Alby.
Le 28 Janvier, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ
ſiale de S. Louis à Verſailles, le Mariage du Comte
de Graſſe avec Demoiſelle Accaron. La Bénédic
tion nuptiale leur fut donnée, en préſence du
Sieur Barette, Curé de laParoiſſe, par l'Archevêque
d'Alby.
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10982
p. 207-208
SERVICES.
Début :
Le 10 Février, on célébra dans l'Eglise Paroissiale de Notre-Dame à Versailles, [...]
Mots clefs :
Célébration, Église paroissiale, Versailles, Service, Famille royale, Cérémonies, Évêque
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texteReconnaissance textuelle : SERVICES.
S E R V I C E S.
Le 1o Février, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ- .
ſiale de Notre-Dame à Verſailles, un Service pour
feue Madame Henriette de France; la Reine y aſſiſ
ta, ainſi que Monſeigneur le Dauphin , Madame
Adélaïde , & Meſdames Sophie & Louiſe.
Le 11 , on célébra, avec les cérémonies accou
mées, le Service annuel fondé par le Roi dans
l'Abbaye Royale de S.Denis en France , pour feue
Madame Henriette L'Evêque de Meaux, premier
Aumônier de cette Princeſſe, y aſſiſta, ainſi que la
Ducheſſe de Beauvilliers, Dame d'Honneur, le
Baron de Montmorency, Chevalier d'Honneur,
le Marquis de Lhôpital, premier Ecuyer, & les au- -
2o8 MERCURE DE FRANCE.
tres Dames & Officiers de la Maiſon de feue Ma
dame.
Le 1o Février, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ- .
ſiale de Notre-Dame à Verſailles, un Service pour
feue Madame Henriette de France; la Reine y aſſiſ
ta, ainſi que Monſeigneur le Dauphin , Madame
Adélaïde , & Meſdames Sophie & Louiſe.
Le 11 , on célébra, avec les cérémonies accou
mées, le Service annuel fondé par le Roi dans
l'Abbaye Royale de S.Denis en France , pour feue
Madame Henriette L'Evêque de Meaux, premier
Aumônier de cette Princeſſe, y aſſiſta, ainſi que la
Ducheſſe de Beauvilliers, Dame d'Honneur, le
Baron de Montmorency, Chevalier d'Honneur,
le Marquis de Lhôpital, premier Ecuyer, & les au- -
2o8 MERCURE DE FRANCE.
tres Dames & Officiers de la Maiſon de feue Ma
dame.
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Résumé : SERVICES.
Le 1er février, un service religieux en mémoire de Madame Henriette de France eut lieu à l'église paroissiale de Notre-Dame à Versailles. La Reine, le Dauphin, Madame Adélaïde et Mesdames Sophie et Louise y assistèrent. Le 11 février, un service annuel fut célébré à l'Abbaye Royale de Saint-Denis. L'évêque de Meaux, la Duchesse de Beauvilliers et d'autres personnalités y participèrent.
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10983
p. 208
MORTS.
Début :
Charles-Alexandre le Filieul de la Chapelle, Evêque de Vabres, Doyen [...]
Mots clefs :
Évêque, Doyen, Baron, Comtesse, Décès
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M O R T S. l
Charles-Alexandre le Filieul de la Chapelle ,
Evêque de Vabres, Doyen des Evêques de France,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de S.
Pierre, Ordre de S. Benoît, Diocèſe de Châlons
ſur-Saône, eſt mort à la Chapelle en Nornmandie ,
le 8 Février, âgé de quatre-vingt-huit ans. -
Louis-Armand de Gironde, Baron de la Vaur,
eſt mort dernièrement en ſon Château de la
Vaur, Diocèſe de Sarlat, dans la cent-quatriéme
année de ſon âge : il montoit encore à cheval,
alloit journellement à la chaſſe, & eſt mort d'une
chûte.
Marie-Anne-Joſephine-Félicité-Barbe, Com
teſſe d'Arco, Epouſe de Maximilien-Emmanuel
François, Comte d'Eyck & du S. Empire, Cheva
lier de l'Ordre de l'Aigle Blanc, Conſeiller d'Etat
Actuel Intime de l'Electeur de Baviere & ſon En
voyé Extraordinaire auprès de Sa Majeſté, eſt
morte en cette Capitale, le 6 de ce mois, âgée de
vingt-trois ans. Elle étoit fille d'Antoine Félix ,
Comte d'Arco, Conſeiller d'Etat Actuel de Leurs
Majeſtés Impériales & Royale, Grand Chambel
lan de l'Archevêque-Prince de Salzbourg; & de
Joſephine, Comteſſe d'Arco , née Comteſſe de
Hardegg.
Charles-Alexandre le Filieul de la Chapelle ,
Evêque de Vabres, Doyen des Evêques de France,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de S.
Pierre, Ordre de S. Benoît, Diocèſe de Châlons
ſur-Saône, eſt mort à la Chapelle en Nornmandie ,
le 8 Février, âgé de quatre-vingt-huit ans. -
Louis-Armand de Gironde, Baron de la Vaur,
eſt mort dernièrement en ſon Château de la
Vaur, Diocèſe de Sarlat, dans la cent-quatriéme
année de ſon âge : il montoit encore à cheval,
alloit journellement à la chaſſe, & eſt mort d'une
chûte.
Marie-Anne-Joſephine-Félicité-Barbe, Com
teſſe d'Arco, Epouſe de Maximilien-Emmanuel
François, Comte d'Eyck & du S. Empire, Cheva
lier de l'Ordre de l'Aigle Blanc, Conſeiller d'Etat
Actuel Intime de l'Electeur de Baviere & ſon En
voyé Extraordinaire auprès de Sa Majeſté, eſt
morte en cette Capitale, le 6 de ce mois, âgée de
vingt-trois ans. Elle étoit fille d'Antoine Félix ,
Comte d'Arco, Conſeiller d'Etat Actuel de Leurs
Majeſtés Impériales & Royale, Grand Chambel
lan de l'Archevêque-Prince de Salzbourg; & de
Joſephine, Comteſſe d'Arco , née Comteſſe de
Hardegg.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate les décès de trois personnalités. Charles-Alexandre le Filieul de la Chapelle, évêque de Vabres et doyen des évêques de France, abbé commendataire de l'abbaye royale de Saint-Pierre de l'ordre de Saint-Benoît, est décédé à la Chapelle en Normandie le 8 février à l'âge de quatre-vingt-huit ans. Louis-Armand de Gironde, baron de la Vaur, est mort récemment dans son château de la Vaur, diocèse de Sarlat, à l'âge de cent-quatorze ans. Actif jusqu'à sa mort, il est décédé des suites d'une chute. Marie-Anne-Josephine-Félicité-Barbe, comtesse d'Arco, épouse de Maximilien-Emmanuel François, comte d'Eyck et du Saint-Empire, chevalier de l'Ordre de l'Aigle Blanc et conseiller d'État intime de l'électeur de Bavière, est décédée à Paris le 6 du mois à l'âge de vingt-trois ans. Elle était la fille d'Antoine Félix, comte d'Arco, conseiller d'État des Majestés impériales et royales, et de Joséphine, comtesse d'Arco, née comtesse de Hardegg.
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10984
p. 208-209
De PETERSBOURG, le 9 Mars 1764.
Début :
Le Prince d'Anhalt Coëthen, Maréchal de Camp au service de Sa Majesté [...]
Mots clefs :
Prince, Maréchal de camp, Majesté impériale, Boîte, Ornements
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texteReconnaissance textuelle : De PETERSBOURG, le 9 Mars 1764.
De PETERsEovRG , le 9 Mars 1764.
E
L E Prince d'Anhalt Coëthen, Maréchal de
Camp au ſervice de Sa Majeſté Très-Chrétien
A V R I L. 1764. 2O9
ne, eſt parti d'ici, le 2o du mois dernier, pour
ſe rendre en France. Sa Majeſté Impériale lui
a fait préſent d'une boète enrichie de brillans
& ornée de ſon portrait, indépendamment d'un
beau diamant & de quinze mille roubles.
E
L E Prince d'Anhalt Coëthen, Maréchal de
Camp au ſervice de Sa Majeſté Très-Chrétien
A V R I L. 1764. 2O9
ne, eſt parti d'ici, le 2o du mois dernier, pour
ſe rendre en France. Sa Majeſté Impériale lui
a fait préſent d'une boète enrichie de brillans
& ornée de ſon portrait, indépendamment d'un
beau diamant & de quinze mille roubles.
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10985
p. 209
De COPPENHAGUE, le 10 Mars 1764.
Début :
Henri Schultz, Méchanicien, a imaginé une pendule pour déterminer les longitudes [...]
Mots clefs :
Invention , Pendule, Longitude, Épreuve
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texteReconnaissance textuelle : De COPPENHAGUE, le 10 Mars 1764.
De CoPPENHAGUE , le 1 o Mars 1764.
Henri Schultz, Méchanicien, a imaginé une
pendule pour déterminer les longitudes tant ſur
terre ſur mer : il propoſe aux Nations qui ont
promis des prix pour la découverte des longi
tudes, de faire l'épreuve de cette pendule Pen
dant fix mois.
Henri Schultz, Méchanicien, a imaginé une
pendule pour déterminer les longitudes tant ſur
terre ſur mer : il propoſe aux Nations qui ont
promis des prix pour la découverte des longi
tudes, de faire l'épreuve de cette pendule Pen
dant fix mois.
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10986
p. 209
De VIENNE, le 3 Mars 1764.
Début :
La Cour a désigné le Comte de Dictrichstein, pour aller annoncer à la Cour [...]
Mots clefs :
Cour, Comte, Élection, Roi des Romains
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 3 Mars 1764.
De VIENNE , le 3 Mars 1764.
La Cour a déſigné le Comte de Dictrichſtein ;
pour aller annoncer à la Cour de France, la nou
velle de l'élection du Roi des Romains.
La Cour a déſigné le Comte de Dictrichſtein ;
pour aller annoncer à la Cour de France, la nou
velle de l'élection du Roi des Romains.
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10987
p. 209
D'OSNABRUCK, le 1 Mars 1764.
Début :
Le 27 du mois dernier, le Prince Frédéric, Fils aîné du Roi [...]
Mots clefs :
Prince, Roi d'Angleterre, Électeur d'Hanovre, Élection, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'OSNABRUCK, le 1 Mars 1764.
D'OsNABRvcK , le 1 Mars 1764.
Le 27 du mois dernier , le Prince Frédéric, Fils
puîné du Roi d'Angleterre, Electeur d'Hanovre,
fut élu d'une voix unanime Evêque & Prince de
cette Ville.
Le 27 du mois dernier , le Prince Frédéric, Fils
puîné du Roi d'Angleterre, Electeur d'Hanovre,
fut élu d'une voix unanime Evêque & Prince de
cette Ville.
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10988
p. 209-210
De DRESDE le 18 Mars 1764.
Début :
On apprend de Warsovie, que la division & le trouble subsistent toujours dans les [...]
Mots clefs :
Varsovie, Troubles, Scission, Comte, Électeur, Lieutenant-général, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De DRESDE le 18 Mars 1764.
De DREs DE le 18 Mars 1764.
On apprend de Warſovie, que la diviſion & le
trouble ſubſiſtent toujours dans les diſtricts, où
il y a eu Sciſſion , mais juſqu'à préſent ces querelles
n'ont pas été auſſi meurtrieres qu'on pouvoit le
craindre. On compte qu'il n'y a pas eu dix hom
mes de tués, quoiqu'il y ait eut plus de cent mille
coups de ſabre donnés dans les Diétines.
Le Comte de Marainville, Brigadier des Armées
de Sa Majeſté Très-Chrétienne, qui a été em
ployé pendant toute la guerre dernière aux Ar
mées Impériales, vient d'obtenir du Roi ſon Mat
21o MERCURE DE FRANCE.
tre la permiſſiond'entrer au ſervice de notre Élec
teur avec le grade de Lieutenant-Général & de
Quartier-Maître Général de l'Armée Saxone.
On apprend de Warſovie, que la diviſion & le
trouble ſubſiſtent toujours dans les diſtricts, où
il y a eu Sciſſion , mais juſqu'à préſent ces querelles
n'ont pas été auſſi meurtrieres qu'on pouvoit le
craindre. On compte qu'il n'y a pas eu dix hom
mes de tués, quoiqu'il y ait eut plus de cent mille
coups de ſabre donnés dans les Diétines.
Le Comte de Marainville, Brigadier des Armées
de Sa Majeſté Très-Chrétienne, qui a été em
ployé pendant toute la guerre dernière aux Ar
mées Impériales, vient d'obtenir du Roi ſon Mat
21o MERCURE DE FRANCE.
tre la permiſſiond'entrer au ſervice de notre Élec
teur avec le grade de Lieutenant-Général & de
Quartier-Maître Général de l'Armée Saxone.
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Résumé : De DRESDE le 18 Mars 1764.
Le 18 mars 1764, des troubles persistants sont signalés dans les districts polonais scindés. Les affrontements, bien que violents, ont causé environ dix morts malgré plus de cent mille coups de sabre échangés lors des Diétines. Le Comte de Marainville a obtenu la permission du roi de France pour servir l'Électeur de Saxe comme Lieutenant-Général et Quartier-Maître Général.
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10989
p. 210
De LISBONNE, le 25 Janvier 1764.
Début :
Le Chevalier de Saint Priest, Ministre Plénipotentiaire de France, a eu [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ministre plénipotentiaire, Audiences, Famille royale
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texteReconnaissance textuelle : De LISBONNE, le 25 Janvier 1764.
De LIsE oNNE , le 25 Janvier 1764.
Le Chevalier de Saint Prieſt, Miniſtre Plénipo
tentiaire de France, a eu le 17 de ce mois, ſes
premières audiences de Leurs Majeſtés & de la
Famille Royale.
Le Chevalier de Saint Prieſt, Miniſtre Plénipo
tentiaire de France, a eu le 17 de ce mois, ſes
premières audiences de Leurs Majeſtés & de la
Famille Royale.
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10990
p. 210
De MADRID, le 21 Février 1764.
Début :
Dans la nuit du 15, le Roi & toute la Famille Royale, ainsi que le Comte [...]
Mots clefs :
Famille royale, Comte, Infante, Cérémonie de mariage, Archiduc, Ministres étrangers
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texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 21 Février 1764.
De MADRID, le 2 1 Février 1764.
Dans la nuit du 15 , le Roi & toute la Famille
Royale, ainſi que le Comte de Roſemberg , qui
avoit fait la veille la demande de l'Infante Dona
Marie Louiſe, & qui repréſentoit Leurs Majeſtés
Impériales & Royale, ſignerent les Articles de
Mariage de l'Infante avec l'Archiduc Leopold.
La Cérémonie du Mariage ſe fit le lendemain.
Le Prince des Aturies donna la main à l'Infante
au nom de l'Archiduc-Léopold , le Cardinal de
la Cerda y San Carlos , Patriarche des Indes,
donna la bénédiction Nuptiale, le Comte de
Roſemberg, le Nonce du Pape les autres Am
· baſſadeurs & Miniſtres Etrangers, & tous les
Grands du Royaume, aſſiſterent à cette Céré
monie. Le Comte d'Egmont , Lieutenant-Géné
- ral des Armées de Sa Majeſté Très Chrétienne ,
a été compris parmi les Chevaliers de la Toiſon
d'Or que Sa Majeſté Catholique a créés à l'occa
fion de ce Mariage.
Dans la nuit du 15 , le Roi & toute la Famille
Royale, ainſi que le Comte de Roſemberg , qui
avoit fait la veille la demande de l'Infante Dona
Marie Louiſe, & qui repréſentoit Leurs Majeſtés
Impériales & Royale, ſignerent les Articles de
Mariage de l'Infante avec l'Archiduc Leopold.
La Cérémonie du Mariage ſe fit le lendemain.
Le Prince des Aturies donna la main à l'Infante
au nom de l'Archiduc-Léopold , le Cardinal de
la Cerda y San Carlos , Patriarche des Indes,
donna la bénédiction Nuptiale, le Comte de
Roſemberg, le Nonce du Pape les autres Am
· baſſadeurs & Miniſtres Etrangers, & tous les
Grands du Royaume, aſſiſterent à cette Céré
monie. Le Comte d'Egmont , Lieutenant-Géné
- ral des Armées de Sa Majeſté Très Chrétienne ,
a été compris parmi les Chevaliers de la Toiſon
d'Or que Sa Majeſté Catholique a créés à l'occa
fion de ce Mariage.
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Résumé : De MADRID, le 21 Février 1764.
Le 2 février 1764 à Madrid, l'Infante Dona Marie Louise et l'Archiduc Léopold signèrent leurs articles de mariage. La cérémonie eut lieu le lendemain. Le Prince des Asturies et le Cardinal de la Cerda y San Carlos participèrent. Le Comte de Rosemberg, le Nonce du Pape et les ambassadeurs étrangers assistèrent à l'événement. Le Comte d'Egmont fut nommé Chevalier de la Toison d'Or.
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10991
p. 210-211
De LONDRES, le 21 Février 1764.
Début :
Le Sieur Garnot, Juge de Paix, le même qui voulut faire arrêter le Sieur [...]
Mots clefs :
Juge de paix, Destitutions, Marée haute, Rivière, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 21 Février 1764.
De LoNDREs, le 2 r Février 1764.
Le Sieur Garnot, Juge de Paix , le même qui
voulut faire arrêter le Sieur de la Condamine , *
* Voyez l'Art. des Nouv. Polit. du 1. Mercure
de Juillet 1763. -
AV R IL. 1764. 2 I I
au mois de Mai dernier , a été deſtitué de ſon
emploi par autorité ſur la requête de ſes propres
confreres.
On mande de Briſtol que, le 1 1 de ce mois,
la marée commença à monter une heure trois
quarts plutôt qu'a l'ordinaire, & qu'après avoir
deſcendu , elle remonta une ſeconde fois. Le mê
me jour dans la riviere de Saverne à quelques
milles de Gloceſter, la marée ne monta qu'une
demi-heure plutôt que de coutume. Quelques
perſonnes ont ſuppoſé qu'un tremblement de terre
· pouvoit être la cauſe de ce Phénomène ſingulier.
Le Sieur Garnot, Juge de Paix , le même qui
voulut faire arrêter le Sieur de la Condamine , *
* Voyez l'Art. des Nouv. Polit. du 1. Mercure
de Juillet 1763. -
AV R IL. 1764. 2 I I
au mois de Mai dernier , a été deſtitué de ſon
emploi par autorité ſur la requête de ſes propres
confreres.
On mande de Briſtol que, le 1 1 de ce mois,
la marée commença à monter une heure trois
quarts plutôt qu'a l'ordinaire, & qu'après avoir
deſcendu , elle remonta une ſeconde fois. Le mê
me jour dans la riviere de Saverne à quelques
milles de Gloceſter, la marée ne monta qu'une
demi-heure plutôt que de coutume. Quelques
perſonnes ont ſuppoſé qu'un tremblement de terre
· pouvoit être la cauſe de ce Phénomène ſingulier.
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Résumé : De LONDRES, le 21 Février 1764.
Le 2 février 1764, à Londres, le Sieur Garnot, Juge de Paix, a été destitué en mai 1763. À Bristol et dans la rivière de Saverne, des marées inhabituelles ont été observées le 11 février. À Bristol, la marée a monté une heure et trois quarts plus tôt, puis a redescendu avant de remonter. Dans la rivière de Saverne, elle a monté une demi-heure plus tôt. Un tremblement de terre a été suggéré comme cause.
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10992
p. 211-214
De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
Début :
Le 14 du mois dernier, le sieur de Packelbel, Ministre du Duc de [...]
Mots clefs :
Ministre, Duc, Comte, Landgrave de Hesle-Cassel, Audience, Lettres de créance, Famille royale, Parlement, Président, Archevêque, Princesse, Reine, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
De VERsAILLEs, le 31 Mars 1764.
L, 14 du mois dernier, le ſieur de Packel
bel, Miniſtre du Duc de Deux-Ponts , fut pré
ſenté au Roi, à la Reine & à la Famille Royale
en qualité de Miniſtre du Landgrave de Helſe
Caſſel.
Le 2 5 , le Comte de Fuentes, Grand d'Eſ
pagne, Ambaſladeur Extraordinaire de Sa Ma
· jeſté Catholique, a eu une audience particulière
du Roi, à qui il a préſenté ſes Lettres de créan
ces : il a été conduit à cette Audience, ainſi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale,
par le fieur Durfort, Introducteur des Ambaſ
ſadeurs.
Le même jour, les cinq Députés du Parlement
: de Toulouſe, qui avoient été mandés par le Roi
furent préſentés à Sa Majeſté par le Comte de
212 MERCURE DE FRANCE.
S. Florentin, Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département du la Province de Languedoc,
& conduits par le Marquis de Dreux, Grand
Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut dans
ſon fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de
ſes Grands Officiers, & leur permit de lui faire
les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le Premier Préſident de Paris s'eſt rendu ici
le 4 de ce mois, accompagné des Préſidens d'Aligre
& d'Ormeſſon , & a remis au Roi les
Remontrances de ſon Parlement qui avoient
été arrêtées le 3 à l'Aſſemblée des Chambres.
Les huit Députés du Parlement de Rouen ,
qui avoient été mandés par le Roi, furent pré
ſentés, le 1 o, à Sa Majeſté par le ſieur Ber
tin , Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant le Dé
partement de la Province de Normandie , &
conduits par le Marquis de Dreux, Grand-Maî
tre des Cérémonies. Le Roi les reçut dans ſon
Fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de ſes
Grands-Officiers, & leur permit de lui faire les
repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le 25 du mois dernier , l'Archevêque de
Rheims, Grand Aumônier de France , ſacra ,
dans la Chapelle du Château, les Evêques de Sain
tes & de Gap. L'Evêque d'Autun, Premier Au
mônier du Rci, l'Evêque de Meaux, Premier
Aumônier de Madame Adelaïde, ſervirent d'Aſſiſ
tans. Hier, pendant la Meſſe du Roi, les Evêques
de Saintes & de Gap prêterent ſerment entre
les mains de Sa Majeſté. Le Vicomte de
Choiſeul, Brigadier des Armées du Roi, l'un
des Menins de Monſeigneur le Dauphin & Fils du
Duc de Praſlin, eſt déſigné pour aller , de la pars
A V R I L. 1764. 213
de Sa Majeſté, complimenter à Vienne Leurs Ma.
jeſtés Impériales & Royale, ainſi que le futur Roi
des Romains, ſur ſon Election & ſon Couronne
In6ºnt,-
Le 2 5 du mois dernier, Leurs Majeſtés & la
Famille Royale ont ſigné le Contrat de Mariage
du Duc de Fronſac , Premier Gentilhomme de
la Chambre du Roi en ſurvivance , avec De
moiſelle d'Hautefort ; le 26 celui du Vicomte
de Gouy d'Arſy, avec Demoiſelle de Beaumois ;
& le 4 de ce mois, celui du Vicomte de Belſunce,
avec Demoiſelle de la Live d'Epinay.
La Comteſſe de Graſſe, fut préſentée à Leurs
Majeſtés, le 26 du mois dernier, par la Vicom ,
teſſe de Caſtelane.
: Le 2 5 de ce mois, la Princeſſe de Beauvau fut
préſentée au Roi & à la Reine par la Maréchale
de Mirepoix, & prit le tabouret en qualité d'épouſe
d'un Grand d'Eſpagne. Le lendemain, la
Ducheſſe de Fronſac fut préſentée à Leurs Ma
jeſtés & à la Famille Royale par la Comteſſe
d Egmont, & prit le tabouret. Le même jour,
la Marquiſe de Sorem fut auſſi préſentée à Leurs
Majeſtés par la Comteſſe de Marſan.
Le 1 1 de ce mois, le Bailli de Froullay , Am
baſſadeur de Malte offrit au Roi les faucons ,
dont l'Ordre de Malte fait préſent à Sa Majeſté.
Il préſenta en même temps au Roi le Chevalier
de Belmond, qui avoit été chargé par le Grand
Maître de l'Ordre, de porter ces faucons en
France.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
L, 14 du mois dernier, le ſieur de Packel
bel, Miniſtre du Duc de Deux-Ponts , fut pré
ſenté au Roi, à la Reine & à la Famille Royale
en qualité de Miniſtre du Landgrave de Helſe
Caſſel.
Le 2 5 , le Comte de Fuentes, Grand d'Eſ
pagne, Ambaſladeur Extraordinaire de Sa Ma
· jeſté Catholique, a eu une audience particulière
du Roi, à qui il a préſenté ſes Lettres de créan
ces : il a été conduit à cette Audience, ainſi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale,
par le fieur Durfort, Introducteur des Ambaſ
ſadeurs.
Le même jour, les cinq Députés du Parlement
: de Toulouſe, qui avoient été mandés par le Roi
furent préſentés à Sa Majeſté par le Comte de
212 MERCURE DE FRANCE.
S. Florentin, Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département du la Province de Languedoc,
& conduits par le Marquis de Dreux, Grand
Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut dans
ſon fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de
ſes Grands Officiers, & leur permit de lui faire
les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le Premier Préſident de Paris s'eſt rendu ici
le 4 de ce mois, accompagné des Préſidens d'Aligre
& d'Ormeſſon , & a remis au Roi les
Remontrances de ſon Parlement qui avoient
été arrêtées le 3 à l'Aſſemblée des Chambres.
Les huit Députés du Parlement de Rouen ,
qui avoient été mandés par le Roi, furent pré
ſentés, le 1 o, à Sa Majeſté par le ſieur Ber
tin , Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant le Dé
partement de la Province de Normandie , &
conduits par le Marquis de Dreux, Grand-Maî
tre des Cérémonies. Le Roi les reçut dans ſon
Fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de ſes
Grands-Officiers, & leur permit de lui faire les
repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le 25 du mois dernier , l'Archevêque de
Rheims, Grand Aumônier de France , ſacra ,
dans la Chapelle du Château, les Evêques de Sain
tes & de Gap. L'Evêque d'Autun, Premier Au
mônier du Rci, l'Evêque de Meaux, Premier
Aumônier de Madame Adelaïde, ſervirent d'Aſſiſ
tans. Hier, pendant la Meſſe du Roi, les Evêques
de Saintes & de Gap prêterent ſerment entre
les mains de Sa Majeſté. Le Vicomte de
Choiſeul, Brigadier des Armées du Roi, l'un
des Menins de Monſeigneur le Dauphin & Fils du
Duc de Praſlin, eſt déſigné pour aller , de la pars
A V R I L. 1764. 213
de Sa Majeſté, complimenter à Vienne Leurs Ma.
jeſtés Impériales & Royale, ainſi que le futur Roi
des Romains, ſur ſon Election & ſon Couronne
In6ºnt,-
Le 2 5 du mois dernier, Leurs Majeſtés & la
Famille Royale ont ſigné le Contrat de Mariage
du Duc de Fronſac , Premier Gentilhomme de
la Chambre du Roi en ſurvivance , avec De
moiſelle d'Hautefort ; le 26 celui du Vicomte
de Gouy d'Arſy, avec Demoiſelle de Beaumois ;
& le 4 de ce mois, celui du Vicomte de Belſunce,
avec Demoiſelle de la Live d'Epinay.
La Comteſſe de Graſſe, fut préſentée à Leurs
Majeſtés, le 26 du mois dernier, par la Vicom ,
teſſe de Caſtelane.
: Le 2 5 de ce mois, la Princeſſe de Beauvau fut
préſentée au Roi & à la Reine par la Maréchale
de Mirepoix, & prit le tabouret en qualité d'épouſe
d'un Grand d'Eſpagne. Le lendemain, la
Ducheſſe de Fronſac fut préſentée à Leurs Ma
jeſtés & à la Famille Royale par la Comteſſe
d Egmont, & prit le tabouret. Le même jour,
la Marquiſe de Sorem fut auſſi préſentée à Leurs
Majeſtés par la Comteſſe de Marſan.
Le 1 1 de ce mois, le Bailli de Froullay , Am
baſſadeur de Malte offrit au Roi les faucons ,
dont l'Ordre de Malte fait préſent à Sa Majeſté.
Il préſenta en même temps au Roi le Chevalier
de Belmond, qui avoit été chargé par le Grand
Maître de l'Ordre, de porter ces faucons en
France.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
Le 31 mars 1764, plusieurs événements diplomatiques et cérémoniels ont eu lieu à Versailles. Le 14 mars, le sieur de Packelbel, ministre du Duc de Deux-Ponts et du Landgrave de Hesse-Cassel, a été présenté au Roi, à la Reine et à la Famille Royale. Le 25 mars, le Comte de Fuentes, ambassadeur d'Espagne, a été reçu en audience particulière par le Roi, qui lui a présenté ses lettres de créances. Les députés des Parlements de Toulouse et de Rouen ont été présentés au Roi, respectivement par le Comte de Saint-Florentin et le sieur Bertin. Le Premier Président de Paris a remis au Roi les remontrances de son Parlement. L'Archevêque de Reims a sacré les évêques de Saintes et de Gap dans la chapelle du Château. Le Vicomte de Choiseul a été désigné pour complimenter les souverains autrichiens et le futur Roi des Romains. Plusieurs contrats de mariage ont été signés, notamment ceux du Duc de Fronsac, du Vicomte de Gouy d'Arsy et du Vicomte de Belsunce. Plusieurs dames, dont la Comtesse de Grasse, la Princesse de Beauvau et la Duchesse de Fronsac, ont été présentées à Leurs Majestés. Le 11 avril, le Bailli de Froullay, ambassadeur de Malte, a offert au Roi des faucons de la part de l'Ordre de Malte.
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10993
p. 214
AVIS.
Début :
Le Sieur Savoye, Valet-de-Chambre de M. le Bailli de Fleury, [...]
Mots clefs :
Valet de chambre, Eau de fleur d'Orange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A V I S.
LE Sieur SA voY E, Valet-de-Chambre de M.
le Bailli de Fleury, donne avis au Public qui
a reçu de Malthe , de l'eau de Fleur d'Oran
ge double, faite avec de la Fleur d'Orange-Bi
garrade, ce qui rend cette Eau de la première
qualité. Il la vend 6 liv. la Bouteille de pinte.
I demeure rue de la Ville-Lévêque , Fauxbourg
Saint Honoré, N. 9. L'on peut lui écrire par la
petite Poſte, il ſe charge de l'envoyer.
LE Sieur SA voY E, Valet-de-Chambre de M.
le Bailli de Fleury, donne avis au Public qui
a reçu de Malthe , de l'eau de Fleur d'Oran
ge double, faite avec de la Fleur d'Orange-Bi
garrade, ce qui rend cette Eau de la première
qualité. Il la vend 6 liv. la Bouteille de pinte.
I demeure rue de la Ville-Lévêque , Fauxbourg
Saint Honoré, N. 9. L'on peut lui écrire par la
petite Poſte, il ſe charge de l'envoyer.
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10994
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Vice-Chancelier, le Mercure du second [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
A P P R O B A T I 0 N.
'AI lu, par ordre de Monſeigneur le Vice-Chan
celier , le Mercure du ſecond volume d'Avril
1764, & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe en em
pêcher l'impreſſion. A Paris, ce 14 Avril 1764.
G U IR O Y.
'AI lu, par ordre de Monſeigneur le Vice-Chan
celier , le Mercure du ſecond volume d'Avril
1764, & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe en em
pêcher l'impreſſion. A Paris, ce 14 Avril 1764.
G U IR O Y.
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10996
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Suite de l'Histoire raisonnée [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TA B L E D E S A R T I C L E S.
PIÉcEs FUGITIvEs EN VERs ET EN PRosE.
A R T I c L E P R E M 1 E R.
Sºir. de l'Hiſtoire raiſonnée des Diſcours
de Cicéron, Pag. ;
A V R I L. 1764. 2 I 5
v BRs ſur la Tragédie d'Olimpie. - 2 %
MADR1 AL , à Madame de ***. · 17
V ERs à Madame de S. . - I 8
IMPRoMPTU. 19
VERs a Mlle D E. • . ibid.
LE Ros1ER, Allégorie. 2 O
VERs à une Belie incrédule. 2.3
LE Bal de l'Opéra, Anecdote qu'on pren
dra pour un Conte. ibid.
VERs à une jeune Demoiſelle. 32.
AUTREs à deux jeunes Demoiſelles. ibid.
· PRovERBEs. 3 3
A Madame D... ſous le nom de Conſtance. 36
A Madame ****. ibid.
PARADoxE Littéraire ſur les Rois de France
appellés Fainéans. 37
EPITRE à M. le Comte de M. .. » 4 I
TRADUcTIoN libre d'un Extrait de l'Idylle
de Moſchus, ſur la mort de Bion ſon Maî
tf8s 42
VERs à une jeune Dame, &c. 46
SUITE des Lettres à Sophie. 47
ÉNIGMss. 53 & 54
LoGoGRYPHEs, 54 & 5 ;
CHANsoN. 56
ART. II. NoUvELLEs LITTÉRAIREs.
· LETTRE à M *** , ſur le gage de bataille,
en Normandie. 57
FAMILLEs des Plantes, par M. Adanſon. 69
École de Littérature. - 84
ÉLÉMENs de Fortification, par M. le Blond. 95
L'INocULATIoN de la Petite-Vérole ren
voyée à Londres, par M. ***, Docteur
en Médecine. º 1o ;
ANNoNcEs de Livres, 11o & ſuiv.
2I6 MERCURE DE FRANCE.
ART. III. ScIENcEs ET BELLES-LETTREs,
A c A B É M 1 E s.
A s T R o N o M 1 E.
LETTRE à M. de la Place, ſur l'Eclipſe du
· premier Avril.
I 47
M É D E c 1 N E.
LETTRE au même, ſur le Ver Solitaire. J 5 o
ÉcoLE Royale Vétérinaire. ) 5 5
BoTANIQUE. I 6o
A R T. IV. B E A U x - A R T s,
A R T s U T L1 E s.
D I s T I L L A T I o N, I 62
A R T s A G R É A B L E s.
G R A v U R E. 1 64
A R T. V. SP E c T A c L E s.
SUITE des Spectacles de la Cour à Verſailles, 166
SPEcTAcLEs de Paris. Opéra. I 68 -
CoMéDIE Françoiſe. -- 2
DIscoURs pour la clôture du Théâtre Fra.:
çois. I 74
ExTRAIT de l'Amateur, Comédie, par M.
, Barthe.
CoMÉDIE Italienne.
CoNcERT Spirituel. •
SUPPLÉMENT à l'Article des Spectacles, 183
St PPLÉMENT à l'Article des Arts. : o3
ART. VI. Nouvelles Politiques de Marº, l - 4
PIÉcEs FUGITIvEs EN VERs ET EN PRosE.
A R T I c L E P R E M 1 E R.
Sºir. de l'Hiſtoire raiſonnée des Diſcours
de Cicéron, Pag. ;
A V R I L. 1764. 2 I 5
v BRs ſur la Tragédie d'Olimpie. - 2 %
MADR1 AL , à Madame de ***. · 17
V ERs à Madame de S. . - I 8
IMPRoMPTU. 19
VERs a Mlle D E. • . ibid.
LE Ros1ER, Allégorie. 2 O
VERs à une Belie incrédule. 2.3
LE Bal de l'Opéra, Anecdote qu'on pren
dra pour un Conte. ibid.
VERs à une jeune Demoiſelle. 32.
AUTREs à deux jeunes Demoiſelles. ibid.
· PRovERBEs. 3 3
A Madame D... ſous le nom de Conſtance. 36
A Madame ****. ibid.
PARADoxE Littéraire ſur les Rois de France
appellés Fainéans. 37
EPITRE à M. le Comte de M. .. » 4 I
TRADUcTIoN libre d'un Extrait de l'Idylle
de Moſchus, ſur la mort de Bion ſon Maî
tf8s 42
VERs à une jeune Dame, &c. 46
SUITE des Lettres à Sophie. 47
ÉNIGMss. 53 & 54
LoGoGRYPHEs, 54 & 5 ;
CHANsoN. 56
ART. II. NoUvELLEs LITTÉRAIREs.
· LETTRE à M *** , ſur le gage de bataille,
en Normandie. 57
FAMILLEs des Plantes, par M. Adanſon. 69
École de Littérature. - 84
ÉLÉMENs de Fortification, par M. le Blond. 95
L'INocULATIoN de la Petite-Vérole ren
voyée à Londres, par M. ***, Docteur
en Médecine. º 1o ;
ANNoNcEs de Livres, 11o & ſuiv.
2I6 MERCURE DE FRANCE.
ART. III. ScIENcEs ET BELLES-LETTREs,
A c A B É M 1 E s.
A s T R o N o M 1 E.
LETTRE à M. de la Place, ſur l'Eclipſe du
· premier Avril.
I 47
M É D E c 1 N E.
LETTRE au même, ſur le Ver Solitaire. J 5 o
ÉcoLE Royale Vétérinaire. ) 5 5
BoTANIQUE. I 6o
A R T. IV. B E A U x - A R T s,
A R T s U T L1 E s.
D I s T I L L A T I o N, I 62
A R T s A G R É A B L E s.
G R A v U R E. 1 64
A R T. V. SP E c T A c L E s.
SUITE des Spectacles de la Cour à Verſailles, 166
SPEcTAcLEs de Paris. Opéra. I 68 -
CoMéDIE Françoiſe. -- 2
DIscoURs pour la clôture du Théâtre Fra.:
çois. I 74
ExTRAIT de l'Amateur, Comédie, par M.
, Barthe.
CoMÉDIE Italienne.
CoNcERT Spirituel. •
SUPPLÉMENT à l'Article des Spectacles, 183
St PPLÉMENT à l'Article des Arts. : o3
ART. VI. Nouvelles Politiques de Marº, l - 4
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est une table des articles d'une publication datée d'avril 1764, structurée en six articles principaux. Le premier article liste des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des lettres, des épîtres, des traductions, des énigmes, des logogriphes et des chansons. Le deuxième article présente des nouvelles littéraires, telles qu'une lettre sur le gage de bataille en Normandie, un ouvrage sur les familles des plantes par M. Adanson, et un article sur l'inoculation de la petite vérole à Londres. Le troisième article aborde les sciences et les belles-lettres, avec des sections sur l'astronomie, la médecine et la botanique, incluant des lettres sur l'éclipse du 1er avril et sur le ver solitaire. Le quatrième article traite des beaux-arts et des arts utiles, avec des sections sur la distillation et la gravure. Le cinquième article concerne les spectacles, incluant les spectacles de la cour à Versailles et de Paris, ainsi que des extraits de comédies. Enfin, le sixième article présente des nouvelles politiques de Marseille.
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10997
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN Jos RY ,
rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
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10998
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure est chez M.
LUTTON, Avocat, Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure, rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'eſt à lui que l'on prie
d'adreſſer,
francs de port, les paquets & lettres ,
pour remettre , quant à la partie litté
raire , à M. DE LA PLAcE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eſt de 36
| ſols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant, que 24 livres pour ſeize vo
• lumes , à raiſon de 3o ſols piéce.
Les perſonnes de province auſquelles
on enverra le Mercure par la poſte »
payeront pour ſeize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re
cevront francs de port.
Celles qui auront d'autres voiesque
la Poſte pour le faire venir, & qui pren
dront les frais du port ſur leur comp
te , ne payeront comme à Paris, qu'à
raiſon de 3o ſols par volume , c'eſt-à-
dire, 24 liv. d'avance , en s'abonnant
pour ſeize volumes.
-A ij
" Les Libraires des provinces ou des
pays étrangers , qui voudront faire ve
nir le Mercure , écriront à l'adreſſe ci
deſſus.
On ſupplie les perſonnes des provin
ces d'envoyer par la poſte , en payant
le droit, leurs ordres, afin que le paye
ment en ſoit fait d'avance au Bureau.
- Les paquets quine ſeront pas affran
chis, reſteront au rebut.
On prie les perſonnes qui envoyene
des Livres, Eſtampes & Muſique à an
noncer, d'en marquer le prix.
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLA cE, ſe trouve auſſi au
Bureau du Mercure. Le format, le nom
bre de volumes & les conditions ſont
les mêmes pour une année. Il y en a juſ
qu'à préſent cent ſept vol. Une Table
générale, rangée par ordre des Matières,
ſe trouve à la fin du ſoixante-douziéme.
LE Bureau du Mercure est chez M.
LUTTON, Avocat, Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure, rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'eſt à lui que l'on prie
d'adreſſer,
francs de port, les paquets & lettres ,
pour remettre , quant à la partie litté
raire , à M. DE LA PLAcE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eſt de 36
| ſols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant, que 24 livres pour ſeize vo
• lumes , à raiſon de 3o ſols piéce.
Les perſonnes de province auſquelles
on enverra le Mercure par la poſte »
payeront pour ſeize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re
cevront francs de port.
Celles qui auront d'autres voiesque
la Poſte pour le faire venir, & qui pren
dront les frais du port ſur leur comp
te , ne payeront comme à Paris, qu'à
raiſon de 3o ſols par volume , c'eſt-à-
dire, 24 liv. d'avance , en s'abonnant
pour ſeize volumes.
-A ij
" Les Libraires des provinces ou des
pays étrangers , qui voudront faire ve
nir le Mercure , écriront à l'adreſſe ci
deſſus.
On ſupplie les perſonnes des provin
ces d'envoyer par la poſte , en payant
le droit, leurs ordres, afin que le paye
ment en ſoit fait d'avance au Bureau.
- Les paquets quine ſeront pas affran
chis, reſteront au rebut.
On prie les perſonnes qui envoyene
des Livres, Eſtampes & Muſique à an
noncer, d'en marquer le prix.
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLA cE, ſe trouve auſſi au
Bureau du Mercure. Le format, le nom
bre de volumes & les conditions ſont
les mêmes pour une année. Il y en a juſ
qu'à préſent cent ſept vol. Une Table
générale, rangée par ordre des Matières,
ſe trouve à la fin du ſoixante-douziéme.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document est un avertissement concernant la distribution du Mercure, une publication périodique. Le Bureau du Mercure se trouve chez M. Lutton, avocat et greffier, rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Les abonnés doivent envoyer leurs paquets et lettres à cette adresse. Le prix de chaque volume est de 36 sols, mais un abonnement pour seize volumes coûte 24 livres à l'avance. Pour les personnes de province recevant le Mercure par la poste, le coût est de 32 livres pour seize volumes, avec port gratuit. Ceux utilisant d'autres moyens de transport paient 30 sols par volume, soit 24 livres pour seize volumes. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent écrire à l'adresse indiquée pour recevoir le Mercure. Les personnes des provinces sont priées d'envoyer leurs commandes par la poste en payant le droit à l'avance. Les paquets non affranchis seront rejetés. Les expéditeurs de livres, estampes et musique doivent indiquer le prix des articles. Le 'Nouveau Choix de Pièces tirées des Mercures & autres Journaux' par M. de La Place est également disponible au Bureau du Mercure, avec les mêmes conditions de format et de nombre de volumes pour une année. Cent sept volumes sont déjà publiés, et une table générale des matières est disponible à la fin du soixante-douzième volume.
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10999
p. 5-16
SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. HISTOIRE des Quatre Discours de CICÉRON, tant au S[é]nat qu'au Peuple, au retour de son exil.
Début :
LA malice des hommes rend tout possible & tout croyable. La vigilance [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. HISTOIRE des Quatre Discours de CICÉRON, tant au S[é]nat qu'au Peuple, au retour de son exil.
SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. HISTOIRE des Quatre Discours de CICÉRON, tant au S[é]nat qu'au Peuple, au retour de son exil.
LA malice des hommes rend tout
possible & tout croyable. La vigilance
d'un Conſul hardi & pénétrant, vient
de ſauver la République, qui étoit ſur
A iij .
6
le
MERCURE DE FRANCE.
point de périr ;
le ſupplice des
Conjurés a ſuivi de près la conviction
de leur crime : la mort ignominieuſe
qu'ils ont ſouffert en a impoſé à ceux
que la vue du châtiment peut ſeule re
tenir dans le devoir : Cicéron comblé
de gloire a entendu ſon nom prononcé
publiquement dans les actions de grâ
ces adreſſées aux immortels ;
il a reçu
une récompenſe plus flatteuſe encore ,
c'eſt l'eſtime & l'approbation des bons
Citoyens.. .. Ce n'étoit point aſſez : il
lui manquoit un rapport eſſentiel avec
tous les grands hommes qui avant lui
avoient ſervi leur patrie. Il ignoroit
juſqu'où va la rage & la fureur d'un
méchant qui perſécute un homme de
bien. Il étoit réſervé à Publius Clodius
de le lui faire éprouver.
Tous les traits de la ſcélérateſſe la
plus noire & la plus raffinée étoient en
trés, pour ainſi dire, dans la compoſition
de ſon âme. Doué d'un eſprit vif & pé
nétrant ,
il ne s'en ſer, it jamais que
pour faire du mal. Il paſſoit ſa vie dans
la plus mauvaiſe compagnie de Rome ;
& , par une ſuite bien naturelle, tous
les honnêtes gens dont la conduite étoit
une ſatyre vivante & continuelle de la
ſienne, devenoient l'objet de ſes raille
•
!
M A I. 1764.
-
7
ries les plus piquantes : il ne s'en tint
pas là : honteux d'un parallèle qui l'hu
milioit , il voulut les perſécuter ; &
c'eſt dans cette vue qu'il brigua le Tri
bunat du Peuple qu'il obtint. Il étoit
difficile de donner cette place à quel
qu'un qui la méritât moins. Cicéron fut
un des premiers qui ſuccomba ſous
l'injuſtice de ſes pourſuites.
-
Ce généreux Citoyen, comblé de
gloire & d'honneurs , paſſoit tranquille
ment ſes jours au ſein de la Philoſo
phie ; quand Clodius , jaloux de ſes ſuc
cès, & plus encore de ſa réputation,en
treprit de l'accuſer d'avoir fait mourir
ſans formalités les complices deCatilina,
dont il prenoit hautement la défenſe.
Les Partiſans ſecrets de ce Conſpira
teur, qui avoient voulu attendre l'évé
nement pour ſe déclarer , étoient en
plus grand nombre encore que ceux qui
avoient embraſſé ouvertement ſon par
ti; & Cicéron avoit dans chacun d'eux
un ennemi d'autant plus dangereux,
qu'il
étoit plus caché. Il ne fut pas
difficile à ſon Accuſateur de les enga- .
er à l'appuyer dans ſon entrepriſe.
# ne fut qu'après s'être muni de tou
tes ces reſſources, qu'il ſe préſenta au
Peuple, favoriſé en ſecret par les deux
A iv
3 MERCURE BE FRANCE.
Tribuns Sextus Attilius & Numerius
Quintus , tous deux liés précédemment
avec les Conjurés, & par conſéquent
in éreſſés perſonnellement à la perte de
l'illuſtre Ex-Conſul.
Tous les bons Citoyens rejetterent
avec indignation & mépris la plainte
de Clodius , qui paſſa pourtant après
· bien des conteſtations à la pluralité des
voix; & le défenſeur de la République
fut condamné à l'exil. Les Chevaliers
Romains qui ſe faiſoient gloire de comp
ter Cicéron pour un des Membres de
leur Corps, donnerent des preuves écla
tantes del'eſtime ſingulièrequ'ils avoient
pour lui , en prenant des habits de
deuil conformes aux fiens. Un grand
nombre de Patriciens & d'autres Ci
toyens les imiterent.
Des témoignages auſſi flatteurs au
roient dû le conſoler d'une injuſti
ce dont le ſentiment intérieur de ſa
· conſcience le vengeoit aſſez d'ailleurs ;
avouons-le pourtant : Cicéron y fut trop
ſenſible ; ſes ſollicitations furent ram
pantes; il vit avec effroi que Pompée,ſon
ancien ami, l'avoit abandonné (a), &
( a ) J'ai ſuivi ici l'opinion la plus commune ;
quoique peut-être la moins prouvée. Il paſſe
pour conſtant que Pompé« évita adroitement la
M A I. 1764.
il partit de Rome pour ſe retirer en Si
cile, le déſeſpoir & la mort dans le
cœur. Son éloignement donna une libre
carrière aux fureurs de ſon cruel enne
mi : il obtint dans les Comices un Plé
biſcite qui ordonnoit que la maiſon de
l'Ex-Conſul ſeroit râſée : & on éleva
ſur ſes ruines un Temple à la Liberté,
comme ſi cet illuſtre Proſcrit, qui avoit
expoſé ſes jours pour la défendre, avoit
voulu en être le deſtructeur.
I. Son abſence remit le calme dans
la ville : elle dura dix-ſept mois. Pen
dant ce temps ſes amis employerent ef
ficacement leur crédit pour ramener les
eſprits. Le rappel de Cicéron fut pro
poſé;& bientôt après le décret en fut ex
pédié ſans difficulté. Il revint donc dans.
ſa patrie la veille des Nones de Sep
tembre ( b ) pour me ſervir des termes
viſite que Cicéron venoit lui faire, en s'échap
pant par un eſcalier dérobé ; cependant Cicérons
ne le dit poſitivement dans aucune de ſes lettres.
( b) Les Amateurs de la Chronologie exacte &
ſcrupuleuſe ſçauront avec plaiſir, que c'eſt Cicéron2
lui-même qui m'a appris cette date. Voici ce qu'il
écrit à Atticus , dans la première Lettre du qua
triéme Livre du Recueil de ſes Epîtres.... Poſtridie
in Senatu, qui fuit dies Non. Septemb, Senatu#
#ratias agimus, , , , , &c..
Ad.Ait. L. ſV. Eg, ſº
A u
1o MERCURE DE FRANCE.
du Calendrier Romain , l'an DCXCVF
de la fondation de Rome. Le lende
iain de ſon arrivée , il ſe rendit au Sé
mat, où il prononça le premier des qua
tre Diſcours dont il s'agit : il eſt connu
des Sçavans & dans les Ecoles, ſous le
titre de Poſt reditum in Senatu.
Cette Piéce intéreſſante à tous égards,
mériteroit à bon droit le titre d'...
Effuſion d'un cœur reconnoiſſant.
La belle âme de l'Orateur s'y peint
toute entière; & ceux qui ſçavent en
tendre le cri de la nature , voyent avec
plaiſir que le ſentiment y eft traité en
Maître. Cicéron y remercie en particulier
tous les Magiſtrats qui avoient contri
bué à ſon retour ; & il adreſſe enſuite
des actions de graces à tout le Sénat en
général. Les Conſuls de cette année
étoient Publius Lentulus & Quintus
Metellus. Les termes dont il ſe ſert pour
témoigner ſa gratitude , font entendre .
qu'il croyoit devoir en grande partie
à l'un des deux , le changement arrivé
dans ſa fortune ; mais qu'il n'avoit d'au
tre obligation au ſecond , que celle
de ne s'être pas oppoſé à ce qu'on avoit .
fait pour lui. Les Tribuns du PeupleT.A.
Millon , P. Sextius, C. Seſtilius , M.
- -
M A I. 1764.
I l
Cuſpius, T. Fadius, M. Curtius, C.
Meſſinius & Qu. Fabritius, reçoivent en
ſuite leur compliment. Les éloges qu'il
prodigue aux deux premiers, marquent
aſſez qu'ils l'avoient ſerviplus ardemment
que les autres : le ſilence affecté qu'il
garde ſur le compte d'Attilius & de
Numerius , qui lui avoient été contrai
res , forme un contraſte admirable avec
les traits piquans dont il accable enſuite
ſon adverſaire P. Clodius, qui , com
me nous l'avons dit, avoit été Tribun
du Peuple l'année précedente , & qui
s'étoit ſi mal ſervi de ſon autorité. Après
les Tribuns, Cicéron témoigne ſa recon
noiſſance aux ſept premiers Préteurs,
L. Cœcilius, M. Calidius , C. Septimius,
Qu. Valerius, P. Craſſus , Sex. Quinti
lius , & C. Cornutus. Il ne dit mot du
huitiéme & dernier Appius Claudius ,
parce qu'il étoit frère de P. Clodius ,
& qu'il n'avoit pas été de l'avis de ſes
collégues. (c) Enfin il termine ſaharan
( c ) On ne s'étonnera pas de ce que Cicéron
place ici les Préteurs après les Tribuns du Peu
ple, quoique ceux-ci ne fuſſent jamais que des
Plébéiens toujours inférieurs en naiſſance à ceux
la ,
ſi on fait réfléxion que la puiſſance Tribuni
cienne étoit bien ſupérieure à celle des Préteurs ,
quoiqu'ils fuſſent Patriciens , du moins pour la
plupart,
•
* .
.
A vj
-
-
12. MERCURE DE FRANCE.
gue en témoignant à Pompée qui lui .
avoit rendu ſon ancienne amitié, com
bien il a été ſenſible à la marque écla
tante qu'il lui à donnée de ſon attache
ment, en prononçant dans le Sénat un
beau diſcours en ſa faveur.
-
II. Le Peuple n'avoit pas été ſpectateur
oififde cette fameuſe querelle : il y avoit
pris part en banniſſant Cicéron, & en le
dépouillant de ſes biens : il répara ſon in
juſtice en contribuant à ſon rétabliſſe
ment. Cicéron avoit des actions de
graces à lui rendre; & il s'acquitta de ce
devoir au gré de tout le monde, peu de
jours après l'avoir rempli dans le Sénat.
Ce diſcours porte ordinairement en
titre, Poſt reditum ad Quirites. (d)
III. Cicéron, rétabli dans ſa patrie,
n'étoit pas encore ſatisfait : il voyoit
toujours ſubſiſter un monument odieux
de la fureur de Clodius. Sa maiſon étoit
démolie ; & le Temple de la Liberté
ſembloit avoir été élevé pour perpétuer
(d) Tous les Editeurs de Cicéron s'accordent à
placer ce Diſcours avant le précédent, quoiqu'il
ſoit conſtant qu'il n'ait été prononcé que le ſe
cond, Une tranſpoſition de Copiſte aura été la
première cauſe de cette faute qui perpétuée juſ
qu'à nos jours, prouve que la plupart des Éru
dits conſultent plus la routine que la raiſon.
,
M A I. 1764.
13
à jamais la mémoire de l'affront qu'il
avoit reçu. La ſituation de l'Orateur
étoit des plus embaraſſantes, parce que
ſon ennemi, auſſi ruſé que Politique,
avoit trouvé moyen d'intéreſſer les
Dieux dans ſa cauſe, & d'immortali
ſer ainſi ſa vengeance. Le Sénat au
quel il s'adreſſa d'abord, le renvoya aux
Pontifes, comme Juges naturels d'une
affaire , où le culte des Dieux ſe trouvoit
mêlé.Ce fut donc en leur préſence qu'il
prononça, le dernier jour de Septembre,
le diſcours dont il eſt queſtion, & qui
porte le titre vulgaire de Pro domo ſuâ
ad Pontifices. Le ſuccès le plus brillant
fut le prix de ſon éloquence; ſes raiſons
parurent bonnes; & le Sacré Collége,
s'il eſt permis de s'exprimer ainſi, le
remit en poſſeſſion de ſon bien par
une ſentence qui fut enſuite confirmée
par un arrêt du Sénat. Cicéron nous
l'apprend lui-même dans une de ſes .
lettres à ſon digne ami le célébre Atti
cus : c'eſt la ſeconde du quatriéme livre
du recueil déjà cité.
IV. Cicéron triomphoit : ſa fortune
étoit rétablie, ſes ennemis confondus,
| ſon crédit devenoit plus grand de jour
en jour; Clodius commençoit à per--
dre le ſien, & à tomber dans un mépris
-
14 MERCURE DE FRANCE.
général ; perſpective que doivent enviſa
† tous ceux qui ne craindront pas de
ui reſſembler.
Sa fureur n'étoit pas encore aſſouvie :
il réſolut de tourmenter de nouveau
ſon adverſaire. La ſuperſtition eſt un .
aliment dont ſe repaiſſent aiſément les
eſprits foibles; ce fut par là qu'il voulut
leur faire prendre intérêt dans ſa que
relle , ſoit qu'il crût que rien ne lui
ſeroit plus facile que de leur en impoſer,
ſoit qu'il s'imaginât que comme ils
étoient en plus grand nombre , ils lui
formeroient un corps de partiſans plus
conſidérable.
.
.
Pour commencer à faire jouer cette
Comédie, il apoſta des gens à lui, qui
débiterent avec effionterie, qu'on enten
doit toutes les nuits un bruit affreux de
cliquetis d'Armes, & de chaînes de fer,
dans une Campagne fort peu éloignée
de la Ville qu'on appelloit le Champ La
tin. Ce merveilleux étonna d'abord ;
les gens ſenſés n'en firent que rire; mais
il n'en fut pas ainſi des autres, qui à for
ce d'entendre répéter aux créatures de
Clodius , leurs ridicules rêveries, en
vinrent bientôt à les adopter eux mê
mes, & à ſe perſuader qu'ils avoient en
tendu ces bruits.
-
!
M A I. 1764: º
1 5
L'effroi ne tarda pas à ſe répandre
dans la ville ; & d'une commune voix
on eut recours aux Haruſpices ou De
vins, eſpéce de Charlatans qui préten
doient prédire l'avenir par l'inſpection
des entrailles encore fumantes des ani
maux nouvellement égorgés : l'inquié
tude & la curioſité naturelles aux Ro
mains comme aux autres hommes, fai
ſoient vivre cette eſpéce de Prêtres dans
une conſidération ſingulière.
Leur réponſe fut que les Dieux irri
tés manifeſtoient leur colère de ce qu'on
négligeoit leur culte , & qu'on oublioit
leur puiſſance. Cette réponſe ambiguë
& dictée ſans doute par les libéralités
de l'Auteur même du prodige , donna
lieu à Clodius, revêtu pour lors de la
charge d'Edile Curule , de déclamer
publiquement contre le decret qui avoit
remis Cicéron en poſſeſſion de ſa mai
ſon, en affectant de lui appliquer les
paroles équivoques des Haruſpices. Ci
céron indigné de ce nouveau trait de
vengeance auquel il ne s'attendoit pas,
entreprit de réfuter les calomnies de
Clodius dans un Diſcours qu il pronon
ça dans le Sénat , diſcours connu ordi
nairement ſous ce titre , De Haruſpi
citm reſponſis.
26 MfER CURE DE FRANCE.
Ce Morceau eſt plein de chaleur & de
ſolidité. Il eſt vrai que Cicéron s'y laiſſe
un peu trop emporter à la vivacité de
fon reſſentiment; mais il faut convenir
auſſi qu'en faiſant à Clodius l'applica
tion de l'Oracle, il parle avec plus de
fondement & plus de vérité que n'avoit
fait ſon adverſaire.
LA malice des hommes rend tout
possible & tout croyable. La vigilance
d'un Conſul hardi & pénétrant, vient
de ſauver la République, qui étoit ſur
A iij .
6
le
MERCURE DE FRANCE.
point de périr ;
le ſupplice des
Conjurés a ſuivi de près la conviction
de leur crime : la mort ignominieuſe
qu'ils ont ſouffert en a impoſé à ceux
que la vue du châtiment peut ſeule re
tenir dans le devoir : Cicéron comblé
de gloire a entendu ſon nom prononcé
publiquement dans les actions de grâ
ces adreſſées aux immortels ;
il a reçu
une récompenſe plus flatteuſe encore ,
c'eſt l'eſtime & l'approbation des bons
Citoyens.. .. Ce n'étoit point aſſez : il
lui manquoit un rapport eſſentiel avec
tous les grands hommes qui avant lui
avoient ſervi leur patrie. Il ignoroit
juſqu'où va la rage & la fureur d'un
méchant qui perſécute un homme de
bien. Il étoit réſervé à Publius Clodius
de le lui faire éprouver.
Tous les traits de la ſcélérateſſe la
plus noire & la plus raffinée étoient en
trés, pour ainſi dire, dans la compoſition
de ſon âme. Doué d'un eſprit vif & pé
nétrant ,
il ne s'en ſer, it jamais que
pour faire du mal. Il paſſoit ſa vie dans
la plus mauvaiſe compagnie de Rome ;
& , par une ſuite bien naturelle, tous
les honnêtes gens dont la conduite étoit
une ſatyre vivante & continuelle de la
ſienne, devenoient l'objet de ſes raille
•
!
M A I. 1764.
-
7
ries les plus piquantes : il ne s'en tint
pas là : honteux d'un parallèle qui l'hu
milioit , il voulut les perſécuter ; &
c'eſt dans cette vue qu'il brigua le Tri
bunat du Peuple qu'il obtint. Il étoit
difficile de donner cette place à quel
qu'un qui la méritât moins. Cicéron fut
un des premiers qui ſuccomba ſous
l'injuſtice de ſes pourſuites.
-
Ce généreux Citoyen, comblé de
gloire & d'honneurs , paſſoit tranquille
ment ſes jours au ſein de la Philoſo
phie ; quand Clodius , jaloux de ſes ſuc
cès, & plus encore de ſa réputation,en
treprit de l'accuſer d'avoir fait mourir
ſans formalités les complices deCatilina,
dont il prenoit hautement la défenſe.
Les Partiſans ſecrets de ce Conſpira
teur, qui avoient voulu attendre l'évé
nement pour ſe déclarer , étoient en
plus grand nombre encore que ceux qui
avoient embraſſé ouvertement ſon par
ti; & Cicéron avoit dans chacun d'eux
un ennemi d'autant plus dangereux,
qu'il
étoit plus caché. Il ne fut pas
difficile à ſon Accuſateur de les enga- .
er à l'appuyer dans ſon entrepriſe.
# ne fut qu'après s'être muni de tou
tes ces reſſources, qu'il ſe préſenta au
Peuple, favoriſé en ſecret par les deux
A iv
3 MERCURE BE FRANCE.
Tribuns Sextus Attilius & Numerius
Quintus , tous deux liés précédemment
avec les Conjurés, & par conſéquent
in éreſſés perſonnellement à la perte de
l'illuſtre Ex-Conſul.
Tous les bons Citoyens rejetterent
avec indignation & mépris la plainte
de Clodius , qui paſſa pourtant après
· bien des conteſtations à la pluralité des
voix; & le défenſeur de la République
fut condamné à l'exil. Les Chevaliers
Romains qui ſe faiſoient gloire de comp
ter Cicéron pour un des Membres de
leur Corps, donnerent des preuves écla
tantes del'eſtime ſingulièrequ'ils avoient
pour lui , en prenant des habits de
deuil conformes aux fiens. Un grand
nombre de Patriciens & d'autres Ci
toyens les imiterent.
Des témoignages auſſi flatteurs au
roient dû le conſoler d'une injuſti
ce dont le ſentiment intérieur de ſa
· conſcience le vengeoit aſſez d'ailleurs ;
avouons-le pourtant : Cicéron y fut trop
ſenſible ; ſes ſollicitations furent ram
pantes; il vit avec effroi que Pompée,ſon
ancien ami, l'avoit abandonné (a), &
( a ) J'ai ſuivi ici l'opinion la plus commune ;
quoique peut-être la moins prouvée. Il paſſe
pour conſtant que Pompé« évita adroitement la
M A I. 1764.
il partit de Rome pour ſe retirer en Si
cile, le déſeſpoir & la mort dans le
cœur. Son éloignement donna une libre
carrière aux fureurs de ſon cruel enne
mi : il obtint dans les Comices un Plé
biſcite qui ordonnoit que la maiſon de
l'Ex-Conſul ſeroit râſée : & on éleva
ſur ſes ruines un Temple à la Liberté,
comme ſi cet illuſtre Proſcrit, qui avoit
expoſé ſes jours pour la défendre, avoit
voulu en être le deſtructeur.
I. Son abſence remit le calme dans
la ville : elle dura dix-ſept mois. Pen
dant ce temps ſes amis employerent ef
ficacement leur crédit pour ramener les
eſprits. Le rappel de Cicéron fut pro
poſé;& bientôt après le décret en fut ex
pédié ſans difficulté. Il revint donc dans.
ſa patrie la veille des Nones de Sep
tembre ( b ) pour me ſervir des termes
viſite que Cicéron venoit lui faire, en s'échap
pant par un eſcalier dérobé ; cependant Cicérons
ne le dit poſitivement dans aucune de ſes lettres.
( b) Les Amateurs de la Chronologie exacte &
ſcrupuleuſe ſçauront avec plaiſir, que c'eſt Cicéron2
lui-même qui m'a appris cette date. Voici ce qu'il
écrit à Atticus , dans la première Lettre du qua
triéme Livre du Recueil de ſes Epîtres.... Poſtridie
in Senatu, qui fuit dies Non. Septemb, Senatu#
#ratias agimus, , , , , &c..
Ad.Ait. L. ſV. Eg, ſº
A u
1o MERCURE DE FRANCE.
du Calendrier Romain , l'an DCXCVF
de la fondation de Rome. Le lende
iain de ſon arrivée , il ſe rendit au Sé
mat, où il prononça le premier des qua
tre Diſcours dont il s'agit : il eſt connu
des Sçavans & dans les Ecoles, ſous le
titre de Poſt reditum in Senatu.
Cette Piéce intéreſſante à tous égards,
mériteroit à bon droit le titre d'...
Effuſion d'un cœur reconnoiſſant.
La belle âme de l'Orateur s'y peint
toute entière; & ceux qui ſçavent en
tendre le cri de la nature , voyent avec
plaiſir que le ſentiment y eft traité en
Maître. Cicéron y remercie en particulier
tous les Magiſtrats qui avoient contri
bué à ſon retour ; & il adreſſe enſuite
des actions de graces à tout le Sénat en
général. Les Conſuls de cette année
étoient Publius Lentulus & Quintus
Metellus. Les termes dont il ſe ſert pour
témoigner ſa gratitude , font entendre .
qu'il croyoit devoir en grande partie
à l'un des deux , le changement arrivé
dans ſa fortune ; mais qu'il n'avoit d'au
tre obligation au ſecond , que celle
de ne s'être pas oppoſé à ce qu'on avoit .
fait pour lui. Les Tribuns du PeupleT.A.
Millon , P. Sextius, C. Seſtilius , M.
- -
M A I. 1764.
I l
Cuſpius, T. Fadius, M. Curtius, C.
Meſſinius & Qu. Fabritius, reçoivent en
ſuite leur compliment. Les éloges qu'il
prodigue aux deux premiers, marquent
aſſez qu'ils l'avoient ſerviplus ardemment
que les autres : le ſilence affecté qu'il
garde ſur le compte d'Attilius & de
Numerius , qui lui avoient été contrai
res , forme un contraſte admirable avec
les traits piquans dont il accable enſuite
ſon adverſaire P. Clodius, qui , com
me nous l'avons dit, avoit été Tribun
du Peuple l'année précedente , & qui
s'étoit ſi mal ſervi de ſon autorité. Après
les Tribuns, Cicéron témoigne ſa recon
noiſſance aux ſept premiers Préteurs,
L. Cœcilius, M. Calidius , C. Septimius,
Qu. Valerius, P. Craſſus , Sex. Quinti
lius , & C. Cornutus. Il ne dit mot du
huitiéme & dernier Appius Claudius ,
parce qu'il étoit frère de P. Clodius ,
& qu'il n'avoit pas été de l'avis de ſes
collégues. (c) Enfin il termine ſaharan
( c ) On ne s'étonnera pas de ce que Cicéron
place ici les Préteurs après les Tribuns du Peu
ple, quoique ceux-ci ne fuſſent jamais que des
Plébéiens toujours inférieurs en naiſſance à ceux
la ,
ſi on fait réfléxion que la puiſſance Tribuni
cienne étoit bien ſupérieure à celle des Préteurs ,
quoiqu'ils fuſſent Patriciens , du moins pour la
plupart,
•
* .
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A vj
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12. MERCURE DE FRANCE.
gue en témoignant à Pompée qui lui .
avoit rendu ſon ancienne amitié, com
bien il a été ſenſible à la marque écla
tante qu'il lui à donnée de ſon attache
ment, en prononçant dans le Sénat un
beau diſcours en ſa faveur.
-
II. Le Peuple n'avoit pas été ſpectateur
oififde cette fameuſe querelle : il y avoit
pris part en banniſſant Cicéron, & en le
dépouillant de ſes biens : il répara ſon in
juſtice en contribuant à ſon rétabliſſe
ment. Cicéron avoit des actions de
graces à lui rendre; & il s'acquitta de ce
devoir au gré de tout le monde, peu de
jours après l'avoir rempli dans le Sénat.
Ce diſcours porte ordinairement en
titre, Poſt reditum ad Quirites. (d)
III. Cicéron, rétabli dans ſa patrie,
n'étoit pas encore ſatisfait : il voyoit
toujours ſubſiſter un monument odieux
de la fureur de Clodius. Sa maiſon étoit
démolie ; & le Temple de la Liberté
ſembloit avoir été élevé pour perpétuer
(d) Tous les Editeurs de Cicéron s'accordent à
placer ce Diſcours avant le précédent, quoiqu'il
ſoit conſtant qu'il n'ait été prononcé que le ſe
cond, Une tranſpoſition de Copiſte aura été la
première cauſe de cette faute qui perpétuée juſ
qu'à nos jours, prouve que la plupart des Éru
dits conſultent plus la routine que la raiſon.
,
M A I. 1764.
13
à jamais la mémoire de l'affront qu'il
avoit reçu. La ſituation de l'Orateur
étoit des plus embaraſſantes, parce que
ſon ennemi, auſſi ruſé que Politique,
avoit trouvé moyen d'intéreſſer les
Dieux dans ſa cauſe, & d'immortali
ſer ainſi ſa vengeance. Le Sénat au
quel il s'adreſſa d'abord, le renvoya aux
Pontifes, comme Juges naturels d'une
affaire , où le culte des Dieux ſe trouvoit
mêlé.Ce fut donc en leur préſence qu'il
prononça, le dernier jour de Septembre,
le diſcours dont il eſt queſtion, & qui
porte le titre vulgaire de Pro domo ſuâ
ad Pontifices. Le ſuccès le plus brillant
fut le prix de ſon éloquence; ſes raiſons
parurent bonnes; & le Sacré Collége,
s'il eſt permis de s'exprimer ainſi, le
remit en poſſeſſion de ſon bien par
une ſentence qui fut enſuite confirmée
par un arrêt du Sénat. Cicéron nous
l'apprend lui-même dans une de ſes .
lettres à ſon digne ami le célébre Atti
cus : c'eſt la ſeconde du quatriéme livre
du recueil déjà cité.
IV. Cicéron triomphoit : ſa fortune
étoit rétablie, ſes ennemis confondus,
| ſon crédit devenoit plus grand de jour
en jour; Clodius commençoit à per--
dre le ſien, & à tomber dans un mépris
-
14 MERCURE DE FRANCE.
général ; perſpective que doivent enviſa
† tous ceux qui ne craindront pas de
ui reſſembler.
Sa fureur n'étoit pas encore aſſouvie :
il réſolut de tourmenter de nouveau
ſon adverſaire. La ſuperſtition eſt un .
aliment dont ſe repaiſſent aiſément les
eſprits foibles; ce fut par là qu'il voulut
leur faire prendre intérêt dans ſa que
relle , ſoit qu'il crût que rien ne lui
ſeroit plus facile que de leur en impoſer,
ſoit qu'il s'imaginât que comme ils
étoient en plus grand nombre , ils lui
formeroient un corps de partiſans plus
conſidérable.
.
.
Pour commencer à faire jouer cette
Comédie, il apoſta des gens à lui, qui
débiterent avec effionterie, qu'on enten
doit toutes les nuits un bruit affreux de
cliquetis d'Armes, & de chaînes de fer,
dans une Campagne fort peu éloignée
de la Ville qu'on appelloit le Champ La
tin. Ce merveilleux étonna d'abord ;
les gens ſenſés n'en firent que rire; mais
il n'en fut pas ainſi des autres, qui à for
ce d'entendre répéter aux créatures de
Clodius , leurs ridicules rêveries, en
vinrent bientôt à les adopter eux mê
mes, & à ſe perſuader qu'ils avoient en
tendu ces bruits.
-
!
M A I. 1764: º
1 5
L'effroi ne tarda pas à ſe répandre
dans la ville ; & d'une commune voix
on eut recours aux Haruſpices ou De
vins, eſpéce de Charlatans qui préten
doient prédire l'avenir par l'inſpection
des entrailles encore fumantes des ani
maux nouvellement égorgés : l'inquié
tude & la curioſité naturelles aux Ro
mains comme aux autres hommes, fai
ſoient vivre cette eſpéce de Prêtres dans
une conſidération ſingulière.
Leur réponſe fut que les Dieux irri
tés manifeſtoient leur colère de ce qu'on
négligeoit leur culte , & qu'on oublioit
leur puiſſance. Cette réponſe ambiguë
& dictée ſans doute par les libéralités
de l'Auteur même du prodige , donna
lieu à Clodius, revêtu pour lors de la
charge d'Edile Curule , de déclamer
publiquement contre le decret qui avoit
remis Cicéron en poſſeſſion de ſa mai
ſon, en affectant de lui appliquer les
paroles équivoques des Haruſpices. Ci
céron indigné de ce nouveau trait de
vengeance auquel il ne s'attendoit pas,
entreprit de réfuter les calomnies de
Clodius dans un Diſcours qu il pronon
ça dans le Sénat , diſcours connu ordi
nairement ſous ce titre , De Haruſpi
citm reſponſis.
26 MfER CURE DE FRANCE.
Ce Morceau eſt plein de chaleur & de
ſolidité. Il eſt vrai que Cicéron s'y laiſſe
un peu trop emporter à la vivacité de
fon reſſentiment; mais il faut convenir
auſſi qu'en faiſant à Clodius l'applica
tion de l'Oracle, il parle avec plus de
fondement & plus de vérité que n'avoit
fait ſon adverſaire.
Fermer
Résumé : SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. HISTOIRE des Quatre Discours de CICÉRON, tant au S[é]nat qu'au Peuple, au retour de son exil.
Après son retour d'exil, Cicéron fut acclamé pour avoir protégé la République en condamnant des conspirateurs. Cependant, Publius Clodius, envieux de sa renommée, l'accusa injustement et parvint à obtenir son exil malgré l'opposition des citoyens. Soutenu par les Chevaliers Romains, Cicéron se retira en Sicile. Clodius fit démolir la maison de Cicéron pour y construire un temple dédié à la Liberté. Dix-sept mois plus tard, Cicéron fut rappelé à Rome grâce à l'intervention de ses amis et prononça un discours au Sénat, 'Post reditum in Senatu', où il exprima sa reconnaissance envers les magistrats, les tribuns du peuple et le peuple romain. Il critiqua implicitement ses adversaires et attaqua Clodius. Bien que Cicéron obtînt la reconstruction de sa maison, Clodius tenta de relancer les hostilités en exploitant la superstition populaire. Les haruspices interprétèrent des signes divins comme une manifestation de la colère des dieux, permettant à Clodius de critiquer le décret rétablissant Cicéron dans ses droits. En réponse, Cicéron prononça un autre discours au Sénat, 'De Haruspicum Responsis', où il réfuta les accusations de Clodius et démontra la solidité et la véracité de ses arguments, malgré son ressentiment.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11000
p. 16-23
L'AMOUR que les Princes doivent aux Arts. POEME. A S. A. S. Mgr le Prince de ***. Dignum laude virum Musa vetat mori.
Début :
PRINCE, Ami des Talens qu'ignore le vulgaire, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR que les Princes doivent aux Arts. POEME. A S. A. S. Mgr le Prince de ***. Dignum laude virum Musa vetat mori.
L'AMOUR que les Princes doivent
aux Arts.
POEME.
A S. A. S. Mgr le Prince de ***.
Dignum laude virum Musa vetat mori.
PRINCE, Ami des Talens qu'ignore le vulgaire,
Qu'eſtiment les Grands Rois, & que ton œil
éclaire,
Toujours ta main prodigue en ſecours gênéreux,.
S'applaudit des bienfaits qu'elle répand ſur eux.
Ces préſens d'un Héros chercherent mon en--
fance,
Et mes foibles talens te durent la naiſſance,
Quand la Parque, frappant un père entre mes
bras,,
* M. le Brun, Auteur de ce Poème , n'avoit
que dix-neuf ans, lorſqu'il le compoſa.
M A I. 1764.
Força les yeux d'un fils à pleurer ſon trépas,
Déja le glaive en main, les yeux étincelans,
17
Tu le pleuras toi-même... ô touchantes allarmes!
Un Héros ſans rougir peut répandre des larmes.
Mars agitoit ſon caſque & ſes drapeaux ſanglans :
La Diſcorde, à ſes cris, rallumant ſon tonnerre,
Gronde & briſe en fureur les portes de la Guerre.
Bellone cependant ſur les rives du Var,
T'appelloit aux combats, & préparoit ton char.
Le Var courba ſous toi ſon onde & ſa fortune ;
Vainement Albion s'en plaignit à Neptune.
Quelle fut ſa douleur, ta gloire & mes tranſports !
| Content de t'admirer, je me taiſois alors,
Que mon zéle indigné de cet obſcur hommage,
Brûloit de s'élancer loin des bornes de l'âge !
A peine, ſoutenu de quatorze Printemps
Il hâtoit le ſecours du Génie & des Temps.
Mais en vain j'implorois la Lyre des Orphées ;
Mars ne ſuſpend jamais ſa lance & ſes trophées
A ce frêle arbriſſeau, jouet des Aquilons ;
C'eſt l'Orme impérieux, fier tyran des Vallons,
Qui, ºui ce noble poids, voit courber ſon feuil
age ,
-
-
Quand # las & ſanglant , y cherche un doux
ombrage.
Trop ſouvent le Poëte, effroi de ſon Héros,
A ſes lauriers brillans mêle d'obſcars pavots.
Quelle Muſe eût oſé, follement intrépide,.
Sur les Alpes en feu ſuivre ton vol rapide ?
---
.
-
:
·
-
13 MERCURE DE FRANCE:
Leurs cimes, où Bellone a fondé tes autels,
Te portoient en triomphe, au ſein des immor
tels.
Aux rayons de ta gloire échauffant mon génie,
Du langage des Dieux j'eſſayois l'harmonie :
A l'ombre des lauriers que moiſſonna ton bras,
Virgile m'apprenoit à chanter les combats.
Mais pour un Alexandre il falloit un Apelle,
Et l'Aigle ſeul entend la foudre qui l'appelle.
Ce Dieu qui d'un regard honora mon berceau,
De mes tremblantes mains vit tomber ſon pin
683Uld
Tel qu'un jeune Nocher, dont la Barque timide
Attend que les Zéphirs ouvrent la pleine humide ;
Son œil épouvanté s'égare au ſein des Mers ;
Il compte les rochers dont les flots ſont couverts :
Sa barque n'oſe encor tenter ces Mers profondes,
Et conſulte long temps ſes voiles & les ondes.
Où tel ſur ſon rocher, l'Aigle, en ſes premiers
jeux ,
Craint de toucher l'Olympe aux ſommets ora
geux ;
-
-
Bientôt, s'il veut du Ciel tenter les vaſtes plaines,
Il déploye en tremblant ſes aîles incertaines,
Et prêt à s'élancer juſqu'au Thrône des ri-ax,
Il balance ſon vol, & meſure les Cieux.
Ainſi, trop jeune encor, je n'oſois me réſoudre
A toucher aux lauriers où repoſoit ta foudre,
Enfin le noble eſpoir d'éclater à tes yeux ,
M A I.
1764.
Eleva juſqu'à toi mon vol ambitieux ;
Je te vis raſſurer mes timides accens,
lone :
19
Et pour chanter des faits que vantera l'Hiſtoire,
Mon Apollon monta ſur ton char de Victoire.
Et ſourire à la main qui t'offroit mon encens.
Un enfant des neuf Sœurs plait aux Fils de Bel
Qui combat pour la Gloire, eſtime qui la donne.
Eſt-ce à d'obſcurs mortels dans l'opprobre nourris.
D'aimer ces Arts brillans dont l'honneur eſt le
prix ?
C'eſt aux Rois tels qu'Auguſte à chérir un Virgile;
Le Ciel doit un Homére aux exploits d'un Achille ;
C'eſt le droit des Héros; & les hommes fameux
Connoiſſent ſeulslle prix des grands hommes com
Il]8 8UlXe
Grand Prince, aux mêmes Arts tu dois la même
eſtime ;
Et ces Arts te devoient leur tribut légitime.
Les Muſes pour te ſuivre ont quitté l'Hélicon ;
Que ta Cour déſormais ſoit leur ſacré vallon.
Rends-leur ce, temps heureux, où les Arts &
Bellone
Ceints des mêmes lauriers , environnoient le
Thrône.
Sur l'Univers ſoumis Rome étendant ſes loix,
Marchoit, la foudre en main , ſur la tête des
Rois :
-
Les Muſes commandoient à la Reine du Monde ;
2o MERCURE DE FRANCE.
En demi-Dieux alors que Rome étoit féconde !
De la Thrace & du Pinde encenſez les travaux ,
O François ! des Romains ſoyez deux fois rivauv,
Un grand homme eſt aux yeux de tout Mo.'.el
qui penſe,
-
Bien au-deſſus des Rois qu'un vil flatteur encenſe.
qu'un bienfait du hazard doit cauſer peu d'or--
gueil !
L'eſprit ſeul nous dérobe au néant du cercueil !
En vain des Conquérans, pour ravager la Terre,
Ont oſé des Dieux même émprunter le tonnerre ;-
Des céleſtes fureurs implacables torrens,
Ils couvroient l'Univers de leurs flots dévorans.
Sur des bords inconnus égarant la victoire,
Leur vol a fatigué les aîles de la Gloire.
Ils cherchoient d'autres Cieux & des mondes nou
Veaux ;
-
Mais aux bornes du Monde ils trouvent leurs tom
beaux,
Guerriers ! qu'avez vous-fait de ces vaſtes conquê
teS ?
Vos foudres allumés éclatent ſur vos têtes.
Calliope oublia de vous rendre immortels,
Phantômes impuiſſans, tombez de vos Autels !
Pouſſière ambitieuſe au néant échappée,
La Mort ſouffle, la Mort vous a vu diſſipée ;
Dans l'abîme dès temps vous diſparoiſſez tous ;
Et leurs gouffres muets ſe referment ſur vous.
Vos noms vivroient encor , ſi la main des 0r
phées
-
M A I. 1764.
Eût au-deſſus des temps élevé vos trcphées :
Des enfans d'Apollon vous méprifiez la voix,
Et l'oubli dévorant engloutit vos exploits.*
Il fut encor des Rois, dont l'oiſive molleſſe
Sous des lambris dorés un encens faſtueux
Enivra de ces Rois l'orgueil voluptueux,
Et du flambeau des Arts l'éclatante lumière
Fatiguoit de leurs yeux la débile paupière:
A leur ſervNe Cour languiſſoient inconnus.
2LI
Goûta des vrais plaiſirs l'amorce enchantereſſe ;
Les timides talens dans l'ombre retenus
Quelquefois, abaiſſant leur fierté ſourcilleuſe,
S'ils prêtent d'un regard la faveur orgueilleuſe,
Des talensingénus ils font rougir le front ;
Et leur plus doux bienfait n'eſt qu'un utile affront
De ces Rois cependant la ſtupide indolence
Applaudit aux diſcours de l'altière ignorance »
Dans l'éternel oubli tombés à leur réveil,
Leur régne ténébreux ne fut qu'un long ſommeil.
Perfides Courtiſans ! votre coupable adreſſe
De ces Rois malheureux égaroit la foibleſſe : -
Sons doute vous diſiez que les fils d'Apollon]
N'oſent franchir les bords du ſtérile Hélicon.
Frémiſſez , vils Mortels; les enfans d'Uranie
Embraſſent l'Univers dans leur vaſte génie :
* Que de ſiécles obſcurs ont précédé ceux de
Lovis XIV & de Lov1s XV ! La gloire des
Arts nous défend d'oublier ce Monument élevé ſous
nos yeux au célébre CRÉBILLoN , par l'ordre de
ſon Roi.
.
22 MERCURE DE FRANCE.
Bientôt leur vol échappe à vos timides yeux :
Vous rampez ſur la Terre, ils planent dans les
Cieux.
-
Des globes éternels, ils meſurent la courſe,
Et des feux du tonnerre ont pénétré la ſource ;
Leur voix rendoit jadis les Arrêts du Deſtin ;
L'âme de Jupiter repoſe dans leur ſein.
-
Vous dont l'orgueil inſulte à ceseſprits ſublimes ;
D'un éternel affront vous ſerez les victimes ;
La honte doit payer vos mépris inſolens.
Prince, tu connois mieux l'empire des Talens :
Tu ſçais qu'un Favori des Filles de Mémoire
-
Conſacre dans ſes vers, ou la honte, ou la gloire :
Plus d'un Roi par nos chants eſt devenu fameux, *
Notre gloirejamais n'a rien emprunté d'eux.
En vain de notre ſort un Souverain décide ; "
Son éxil dans le Pont n'avilit point Ovide. . , .
Des enfans d'Apollon, Héros,ſoyez jaloux ;
Céſarfit tout pour lui, Virgile toutpour vous
Muſe de Frédéric, inſtruiſez les Monarques ;
Triomphez de l'orgueil , de l'envie & des Parquesi
Du Héros de Nervinde, ô toi, rival heureux!
Prête aux Arts qu'il aimoit un appui généreux.
Sous des noms différens une même Déeſſe,
* Ces Vers ſi connus , & ſ dignes de l'être,ſont du
Roi de Pruſſe, dans l'Epitre à ſon Eſprit, où ce
grand Prince défend la Poéſie avec tant de nobleſſe
contre les reprochesvulgaires.
M A I. 1764.
23
Te guide vers l'Olympe & m'entraîne au Permeſſe;
Pallas armoit ton bras de la foudre des Rois,
Et Minerve en riant m'inſpire quelquefois.
Propice à mes efforts, tu daigneras peut-être
Favoriſer des chants que ta gloire a fait naître ;
Et les entendre encor, dans ce Temple de Mars,
Où le Goût, ſur tes pas, doit raſſembler les Arts.
Puiſſé-je, dans ces lieux, te conſacrant ma vie,
Fouler d'un pied vainqueur les ſerpens de l'Envie ;
Monſtre impur, dont le ſouffle infectant les Autels*
Empoiſonne l'encens qu'on offre aux Immortels.*
Sans doute il frémiroit qu'une Plume ſçavante
Eût tracé de ta gloire une image vivante.
En vain ſes cris jaloux veulent trouble
2s chants
Et leur murmure aigurend mes
us touchans.
Croaſſez, vils corbeaux, aux fanges du Parnaſſe ;
Du Cygne des Thébains j'oſe imiter l'audace.
Peut-être on te dira que le nombre des ans
Peut trahir de mon vol les efforts impuiſſans.
Ris de ces vains diſcours : dans les âmes bien nées,
Tu comptes les talens, & non pas les années.
De Mars & des Neuf-Soeurs les Fils audacieux
Vont s'aſſeoir, en naiſſant , à la table des Dieux :
Quand Mars de ſes lauriers honora ton courage,
Charmé de ta valeur , il oublia ton âge.
* L'Envie ne conſiſte pas, comme les Cotins ont
intérêt de le croire , à reprendre les mauvais Auteurs,
mais à blâmer injuſtement les bons,
aux Arts.
POEME.
A S. A. S. Mgr le Prince de ***.
Dignum laude virum Musa vetat mori.
PRINCE, Ami des Talens qu'ignore le vulgaire,
Qu'eſtiment les Grands Rois, & que ton œil
éclaire,
Toujours ta main prodigue en ſecours gênéreux,.
S'applaudit des bienfaits qu'elle répand ſur eux.
Ces préſens d'un Héros chercherent mon en--
fance,
Et mes foibles talens te durent la naiſſance,
Quand la Parque, frappant un père entre mes
bras,,
* M. le Brun, Auteur de ce Poème , n'avoit
que dix-neuf ans, lorſqu'il le compoſa.
M A I. 1764.
Força les yeux d'un fils à pleurer ſon trépas,
Déja le glaive en main, les yeux étincelans,
17
Tu le pleuras toi-même... ô touchantes allarmes!
Un Héros ſans rougir peut répandre des larmes.
Mars agitoit ſon caſque & ſes drapeaux ſanglans :
La Diſcorde, à ſes cris, rallumant ſon tonnerre,
Gronde & briſe en fureur les portes de la Guerre.
Bellone cependant ſur les rives du Var,
T'appelloit aux combats, & préparoit ton char.
Le Var courba ſous toi ſon onde & ſa fortune ;
Vainement Albion s'en plaignit à Neptune.
Quelle fut ſa douleur, ta gloire & mes tranſports !
| Content de t'admirer, je me taiſois alors,
Que mon zéle indigné de cet obſcur hommage,
Brûloit de s'élancer loin des bornes de l'âge !
A peine, ſoutenu de quatorze Printemps
Il hâtoit le ſecours du Génie & des Temps.
Mais en vain j'implorois la Lyre des Orphées ;
Mars ne ſuſpend jamais ſa lance & ſes trophées
A ce frêle arbriſſeau, jouet des Aquilons ;
C'eſt l'Orme impérieux, fier tyran des Vallons,
Qui, ºui ce noble poids, voit courber ſon feuil
age ,
-
-
Quand # las & ſanglant , y cherche un doux
ombrage.
Trop ſouvent le Poëte, effroi de ſon Héros,
A ſes lauriers brillans mêle d'obſcars pavots.
Quelle Muſe eût oſé, follement intrépide,.
Sur les Alpes en feu ſuivre ton vol rapide ?
---
.
-
:
·
-
13 MERCURE DE FRANCE:
Leurs cimes, où Bellone a fondé tes autels,
Te portoient en triomphe, au ſein des immor
tels.
Aux rayons de ta gloire échauffant mon génie,
Du langage des Dieux j'eſſayois l'harmonie :
A l'ombre des lauriers que moiſſonna ton bras,
Virgile m'apprenoit à chanter les combats.
Mais pour un Alexandre il falloit un Apelle,
Et l'Aigle ſeul entend la foudre qui l'appelle.
Ce Dieu qui d'un regard honora mon berceau,
De mes tremblantes mains vit tomber ſon pin
683Uld
Tel qu'un jeune Nocher, dont la Barque timide
Attend que les Zéphirs ouvrent la pleine humide ;
Son œil épouvanté s'égare au ſein des Mers ;
Il compte les rochers dont les flots ſont couverts :
Sa barque n'oſe encor tenter ces Mers profondes,
Et conſulte long temps ſes voiles & les ondes.
Où tel ſur ſon rocher, l'Aigle, en ſes premiers
jeux ,
Craint de toucher l'Olympe aux ſommets ora
geux ;
-
-
Bientôt, s'il veut du Ciel tenter les vaſtes plaines,
Il déploye en tremblant ſes aîles incertaines,
Et prêt à s'élancer juſqu'au Thrône des ri-ax,
Il balance ſon vol, & meſure les Cieux.
Ainſi, trop jeune encor, je n'oſois me réſoudre
A toucher aux lauriers où repoſoit ta foudre,
Enfin le noble eſpoir d'éclater à tes yeux ,
M A I.
1764.
Eleva juſqu'à toi mon vol ambitieux ;
Je te vis raſſurer mes timides accens,
lone :
19
Et pour chanter des faits que vantera l'Hiſtoire,
Mon Apollon monta ſur ton char de Victoire.
Et ſourire à la main qui t'offroit mon encens.
Un enfant des neuf Sœurs plait aux Fils de Bel
Qui combat pour la Gloire, eſtime qui la donne.
Eſt-ce à d'obſcurs mortels dans l'opprobre nourris.
D'aimer ces Arts brillans dont l'honneur eſt le
prix ?
C'eſt aux Rois tels qu'Auguſte à chérir un Virgile;
Le Ciel doit un Homére aux exploits d'un Achille ;
C'eſt le droit des Héros; & les hommes fameux
Connoiſſent ſeulslle prix des grands hommes com
Il]8 8UlXe
Grand Prince, aux mêmes Arts tu dois la même
eſtime ;
Et ces Arts te devoient leur tribut légitime.
Les Muſes pour te ſuivre ont quitté l'Hélicon ;
Que ta Cour déſormais ſoit leur ſacré vallon.
Rends-leur ce, temps heureux, où les Arts &
Bellone
Ceints des mêmes lauriers , environnoient le
Thrône.
Sur l'Univers ſoumis Rome étendant ſes loix,
Marchoit, la foudre en main , ſur la tête des
Rois :
-
Les Muſes commandoient à la Reine du Monde ;
2o MERCURE DE FRANCE.
En demi-Dieux alors que Rome étoit féconde !
De la Thrace & du Pinde encenſez les travaux ,
O François ! des Romains ſoyez deux fois rivauv,
Un grand homme eſt aux yeux de tout Mo.'.el
qui penſe,
-
Bien au-deſſus des Rois qu'un vil flatteur encenſe.
qu'un bienfait du hazard doit cauſer peu d'or--
gueil !
L'eſprit ſeul nous dérobe au néant du cercueil !
En vain des Conquérans, pour ravager la Terre,
Ont oſé des Dieux même émprunter le tonnerre ;-
Des céleſtes fureurs implacables torrens,
Ils couvroient l'Univers de leurs flots dévorans.
Sur des bords inconnus égarant la victoire,
Leur vol a fatigué les aîles de la Gloire.
Ils cherchoient d'autres Cieux & des mondes nou
Veaux ;
-
Mais aux bornes du Monde ils trouvent leurs tom
beaux,
Guerriers ! qu'avez vous-fait de ces vaſtes conquê
teS ?
Vos foudres allumés éclatent ſur vos têtes.
Calliope oublia de vous rendre immortels,
Phantômes impuiſſans, tombez de vos Autels !
Pouſſière ambitieuſe au néant échappée,
La Mort ſouffle, la Mort vous a vu diſſipée ;
Dans l'abîme dès temps vous diſparoiſſez tous ;
Et leurs gouffres muets ſe referment ſur vous.
Vos noms vivroient encor , ſi la main des 0r
phées
-
M A I. 1764.
Eût au-deſſus des temps élevé vos trcphées :
Des enfans d'Apollon vous méprifiez la voix,
Et l'oubli dévorant engloutit vos exploits.*
Il fut encor des Rois, dont l'oiſive molleſſe
Sous des lambris dorés un encens faſtueux
Enivra de ces Rois l'orgueil voluptueux,
Et du flambeau des Arts l'éclatante lumière
Fatiguoit de leurs yeux la débile paupière:
A leur ſervNe Cour languiſſoient inconnus.
2LI
Goûta des vrais plaiſirs l'amorce enchantereſſe ;
Les timides talens dans l'ombre retenus
Quelquefois, abaiſſant leur fierté ſourcilleuſe,
S'ils prêtent d'un regard la faveur orgueilleuſe,
Des talensingénus ils font rougir le front ;
Et leur plus doux bienfait n'eſt qu'un utile affront
De ces Rois cependant la ſtupide indolence
Applaudit aux diſcours de l'altière ignorance »
Dans l'éternel oubli tombés à leur réveil,
Leur régne ténébreux ne fut qu'un long ſommeil.
Perfides Courtiſans ! votre coupable adreſſe
De ces Rois malheureux égaroit la foibleſſe : -
Sons doute vous diſiez que les fils d'Apollon]
N'oſent franchir les bords du ſtérile Hélicon.
Frémiſſez , vils Mortels; les enfans d'Uranie
Embraſſent l'Univers dans leur vaſte génie :
* Que de ſiécles obſcurs ont précédé ceux de
Lovis XIV & de Lov1s XV ! La gloire des
Arts nous défend d'oublier ce Monument élevé ſous
nos yeux au célébre CRÉBILLoN , par l'ordre de
ſon Roi.
.
22 MERCURE DE FRANCE.
Bientôt leur vol échappe à vos timides yeux :
Vous rampez ſur la Terre, ils planent dans les
Cieux.
-
Des globes éternels, ils meſurent la courſe,
Et des feux du tonnerre ont pénétré la ſource ;
Leur voix rendoit jadis les Arrêts du Deſtin ;
L'âme de Jupiter repoſe dans leur ſein.
-
Vous dont l'orgueil inſulte à ceseſprits ſublimes ;
D'un éternel affront vous ſerez les victimes ;
La honte doit payer vos mépris inſolens.
Prince, tu connois mieux l'empire des Talens :
Tu ſçais qu'un Favori des Filles de Mémoire
-
Conſacre dans ſes vers, ou la honte, ou la gloire :
Plus d'un Roi par nos chants eſt devenu fameux, *
Notre gloirejamais n'a rien emprunté d'eux.
En vain de notre ſort un Souverain décide ; "
Son éxil dans le Pont n'avilit point Ovide. . , .
Des enfans d'Apollon, Héros,ſoyez jaloux ;
Céſarfit tout pour lui, Virgile toutpour vous
Muſe de Frédéric, inſtruiſez les Monarques ;
Triomphez de l'orgueil , de l'envie & des Parquesi
Du Héros de Nervinde, ô toi, rival heureux!
Prête aux Arts qu'il aimoit un appui généreux.
Sous des noms différens une même Déeſſe,
* Ces Vers ſi connus , & ſ dignes de l'être,ſont du
Roi de Pruſſe, dans l'Epitre à ſon Eſprit, où ce
grand Prince défend la Poéſie avec tant de nobleſſe
contre les reprochesvulgaires.
M A I. 1764.
23
Te guide vers l'Olympe & m'entraîne au Permeſſe;
Pallas armoit ton bras de la foudre des Rois,
Et Minerve en riant m'inſpire quelquefois.
Propice à mes efforts, tu daigneras peut-être
Favoriſer des chants que ta gloire a fait naître ;
Et les entendre encor, dans ce Temple de Mars,
Où le Goût, ſur tes pas, doit raſſembler les Arts.
Puiſſé-je, dans ces lieux, te conſacrant ma vie,
Fouler d'un pied vainqueur les ſerpens de l'Envie ;
Monſtre impur, dont le ſouffle infectant les Autels*
Empoiſonne l'encens qu'on offre aux Immortels.*
Sans doute il frémiroit qu'une Plume ſçavante
Eût tracé de ta gloire une image vivante.
En vain ſes cris jaloux veulent trouble
2s chants
Et leur murmure aigurend mes
us touchans.
Croaſſez, vils corbeaux, aux fanges du Parnaſſe ;
Du Cygne des Thébains j'oſe imiter l'audace.
Peut-être on te dira que le nombre des ans
Peut trahir de mon vol les efforts impuiſſans.
Ris de ces vains diſcours : dans les âmes bien nées,
Tu comptes les talens, & non pas les années.
De Mars & des Neuf-Soeurs les Fils audacieux
Vont s'aſſeoir, en naiſſant , à la table des Dieux :
Quand Mars de ſes lauriers honora ton courage,
Charmé de ta valeur , il oublia ton âge.
* L'Envie ne conſiſte pas, comme les Cotins ont
intérêt de le croire , à reprendre les mauvais Auteurs,
mais à blâmer injuſtement les bons,
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Résumé : L'AMOUR que les Princes doivent aux Arts. POEME. A S. A. S. Mgr le Prince de ***. Dignum laude virum Musa vetat mori.
Le poème 'L'AMOUR que les Princes doivent aux Arts' est dédié à un prince et écrit par Charles Le Brun à l'âge de dix-neuf ans. L'auteur exprime son admiration et sa gratitude envers le prince, qui a soutenu ses talents artistiques dès son enfance. Le texte évoque les victoires militaires du prince, notamment sur les rives du Var, et compare le poète à un jeune nocher hésitant à naviguer en mer profonde, symbolisant sa timidité initiale face à la tâche de célébrer les exploits du prince. Le poète souligne que seuls les grands hommes et les rois éclairés, tels qu'Auguste et Achille, apprécient véritablement les arts. Il appelle à un retour aux temps où les arts et la guerre étaient honorés ensemble, comme à Rome antique. Le texte critique les conquérants cherchant la gloire par la violence et affirme que la reconnaissance des arts assure une véritable immortalité. Il dénonce également les rois oisifs qui négligent les arts, préférant les plaisirs éphémères. Le poème critique la cour et les courtisans pour leur ignorance et leur indolence, soulignant que les talents véritables sont souvent méconnus et réprimés. Il met en avant la supériorité des arts et des esprits éclairés, capables de mesurer l'univers et de comprendre les phénomènes naturels. Le texte dénonce l'orgueil des courtisans qui insultent ces esprits sublimes et prédit qu'ils seront victimes d'un affront éternel. Le poème célèbre la gloire des arts et des poètes, affirmant que les souverains ne peuvent ni avilir ni exalter les véritables talents. Il loue Frédéric II de Prusse pour sa défense de la poésie et appelle à triompher de l'orgueil, de l'envie et des obstacles. Le texte se conclut par une invocation à la muse pour inspirer des chants glorieux et vaincre l'envie, comparant l'auteur au cygne de Thèbes et affirmant que les talents ne se mesurent pas en années mais en qualités intrinsèques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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