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11001
p. 24
VERS à Mlle D ***.
Début :
SUIVANT les enfans d'Apollon, [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS à Mlle D ***.
VERS à Mlle D ***.
SUIVANT les enfans d'Apollon,
Les Grâces nues, mais décentes,
Verſant ſur les Mortels leurs faveurs bienfaiſan
teS »
Sont au nombre de trois, dit-on.
Que ces combinaiſons me paroiſſent plaiſantes !
De ce calcul D*** prouve la fauſſeté :
Dans ſes yeux , ſur ſon tein, ſur ſes lévres de
-
roſes,
On voit tant de grâces écloſes,
-
Qu'elles rendront toujours leur nombre illimité.
Par M. MOURET DUCHEMIN.
SUIVANT les enfans d'Apollon,
Les Grâces nues, mais décentes,
Verſant ſur les Mortels leurs faveurs bienfaiſan
teS »
Sont au nombre de trois, dit-on.
Que ces combinaiſons me paroiſſent plaiſantes !
De ce calcul D*** prouve la fauſſeté :
Dans ſes yeux , ſur ſon tein, ſur ſes lévres de
-
roſes,
On voit tant de grâces écloſes,
-
Qu'elles rendront toujours leur nombre illimité.
Par M. MOURET DUCHEMIN.
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11002
p. 24
MADRIGAL, A Mlle de la M.
Début :
CE ne sont plus les enfants Cythère [...]
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL, A Mlle de la M.
MADRIGAL,
A Mlle de la M.
CE ne sont plus les enfants Cythère
A dérobé leur perfide carquois.
Fils de Vénus, nous bravons ta colère ;
,-
-
Qui déſormais nous donneront des loix ;
La jeune Iris, cette beauté ſi fière,
Mais notre ſort n'en ſera pas plus doux ;
Iris, hélas! d'une main plus ſévère,
Bien mieux qu'amour nous portera des coups.
A Mlle de la M.
CE ne sont plus les enfants Cythère
A dérobé leur perfide carquois.
Fils de Vénus, nous bravons ta colère ;
,-
-
Qui déſormais nous donneront des loix ;
La jeune Iris, cette beauté ſi fière,
Mais notre ſort n'en ſera pas plus doux ;
Iris, hélas! d'une main plus ſévère,
Bien mieux qu'amour nous portera des coups.
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11003
p. 25
AUTRE à la même, au sujet de l'Éclipse du 1 Avril 1764.
Début :
POURQUOI trembler que le flambeau des cieux [...]
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE à la même, au sujet de l'Éclipse du 1 Avril 1764.
AUTRE à la même, au sujet de
l'Éclipse du 1 Avril 1764.
POURQUOI trembler que le flambeau des cieux
Voile à jamais ſon utile lumière ?
, Que craignons-nous, ſi la jeune Glycère,
Plus brillante que lui, vient habiter ces lieux ?
Son cœur eſt l'aſtre qui m'éclaire,
Et mon Soleil eſt dans ſes yeux.
l'Éclipse du 1 Avril 1764.
POURQUOI trembler que le flambeau des cieux
Voile à jamais ſon utile lumière ?
, Que craignons-nous, ſi la jeune Glycère,
Plus brillante que lui, vient habiter ces lieux ?
Son cœur eſt l'aſtre qui m'éclaire,
Et mon Soleil eſt dans ſes yeux.
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11004
p. 25-41
APOLOGUES ORIENTAUX, Par M. de S ***.
Début :
APOLOGUE PREMIER. Sourdin & Zaraïne. SOURDIN, Grand-Visir de la [...]
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texteReconnaissance textuelle : APOLOGUES ORIENTAUX, Par M. de S ***.
APOLOGUES ORIENTAUX,
Par M. de S ***.
APOLOGUE PREMIER.
Sourdin & Zaraïne.
SOURDIN, Grand-Visir de la Reine
Zaraine , avant qu'elle arrivât au Con
ſeil , diſoit en lui-même : je ne veux
point que le Prince Roſey ſoit notre Roi.
* Extraits d'un Ouvrage qui eſt ſous preſſ , &
fait pour inſpirer l'amour de la vertu & l'an,our
de la Patrie.
B
•\
26 MERCURE DE FRANCE.
Il ne me convient point , & mon choix
eſt tombé ſur un autre. Oui, mon petit
Seigneur, je dirai tant de mal de vous,
que la Reine Zaraine, toute coquette &
toute capricieuſe qu'elle eſt , ne vous
| voudra ni pour amant, ni même pour
époux. Auſſi- tôt qu'il fut en préſence de
Sa Majeſté :
-
Grande Reine , lui dit-il , le Prince
Roſey, dont vous m'avez ordonné de
vous entretenir, eſt Souverain d'un bon
pays qu'il s'efforce de rendre mauvais.
Il prétend deſcendre de la Lune en ligne
directe ; ce qui le rend très-vain. Il ſe
croit obligé d'être plus magnifique qu'un
autre Prince ; ce qui le ruine : en un
mot, il n'eſt bon que pour donner des
1oix dans un Serrail, préſider à la Toilet
te & à la Table, & juger des modes &
des ragoûts.
ZA R A ï N E , l'interrompant.
Vous ne me dites rien de ſa perſonne. .
Eſt-ce un beau Prince ?
S O U R D I N.
Vous allez en juger, Madame; c'eſt
un homme de trente ans, qui a vécu de
bonne heure, Il eſt d'une taille un peu
au-deſſous de la médiocre , extrême
ment fluet. Le temps qu'il devroit em
ployer à régir ſes Etats, il le paſſe de
-
M A I. 1764.
27
vant ſon miroir , à ſe barbouiller de
blanc & de rouge, à ſe noircîr les ſour
cils & s'arracher la barbe.
Z A R A ï N E.
Il a raiſon ; je ne connois rien au
monde de ſi inutile , de ſi laid, de ſi hi
deux que cette vilaine barbe rude , qui
ne ſert qu'à vous incommoder & qu'à
nous piquer les joues quand on nous
embraſſe. Le Prince Roſey eſt préciſé
ment comme un joli homme doit être.
Qu'on doit aimer un mari comme le
Prince Roſey ! Il a ſûrement des grâces,
de la phyſionomie. Donne-t-il beau
coup de fêtes ? Aime-t-il la danſe , le
jeu ?
. S O U R D I N.
-
Le jeu ? .... trop, Madame, pour le
bien de l'Etat.... ſes malheureux Sujets...
ZA R A ï N E, l'interrompant.
Ah ! c'eſt un Prince accompli.
S O U R D I N.
Mais, Madame , ſongez donc que
c'eſt ( permettez-moi le terme) le plus
grand fat.. ..
Z A R A ï N E.
Bon : il en eſt plus aimé.
S O U R D I N.
Le plus indiſcret. ...
· B ij
| 4
28 MERCURE DE FRANCE.
Z A R A i N E.
Tant mieux ; je hais les avantures
ſecrettes.
-
S O U R D I N.
Et même le plus inconſtant. .. .
Z A R A I N E.
Le plus inconſtant ? à merveille ! Il
eſt inconſtant; c'eſt que les femmes ſe
l'arrachent :
c'eſt qu'il eſt charmant.
Au reſte, il y aura plus de mérite à le
captiver. Que je ſuis enchantée de ce
que vous me dites du Prince Roſey !
Que vous me faites plaiſir ! Que je vous
ai d'obligation ! .... J'exige encore une
choſe de vous, mon cher Sourdin.
S O U R D I N.
| Que vous plaît-il, Madame ?
·
Z A R A ï N E.
Que vous faſſiez accélérer les prépa
ratifs de mes nôces, & que vous alliez
vous-même au-devant du Prince Roſey.
Faites qu'il arrive bientôt : je l'épouſe
rai auſſitôt qu'il ſera ici.
"
*
A
S o U R D I N , prenant un viſage riant.
Je me conformerai à vos ordres, Ma
dame ; & vous jugerez par la diligence
que je vais apporter à les éxécuter ,
combien ils me ſont agréables. Souf
frez maintenant que je ſois le premier à
vous complimenter. Vous ne pouviez
M A I. 1764.
29
effectivement faire un choix meilleur,
ni qui fût plus utile à vos Sujets.
Les autres perſonnes du Conſeil, qui
avoient écouté Sourdin & Zaraine avec
une très-grande attention , décidèrent
que Sottrdin & Zaraine avoient raiſon.
A P o L o G U E
I I.
Le pouvoir de la Religion.
LE KALIFE Huſſain (a), fils du grand
Ali, étoit à table ;- un de ſes Eſclaves
, ( a) Huſſain, cinquième Kalifedes Muſulmans,
ſuccéda à ſon père Ali, qui avoit épouſé la fille de
Mahomet ; il fut ainſi que ſon père, un modèle de
ſageſſe & de vertu.
-
Qu'un homme de la lie du Peuple, après avoir
épouſé une femme dont il a été le valet, lui ait
fait accroire qu'il étoit inſpiré ; j'en ſuis médiocre
ment ſurpris : mais que, ne ſçachant ni lire, ni écri
re, il ait compté au nombre de ſes premiers Diſci
- ples, Ali, l'homme le plus vertueux & le plus éclairé
de ſon temps ; qu'ignorant les premiers élémens
de l'Art Militaire, il ait fait marcher, ſous ſes dra
peaux, le plus grand Capitainé des Arabes, le fa -
meux Omar dont la vertu égaloit la valeur ; c'eſt
une choſe que j'ai peine à concevoir.... A chaque
pas que l'on fait dans l'Hiſtoire, on voit la force
opprimer la foibleſſe, & plier les genoux devant
· la fourberie.
-
B iij
,
3o MERCURE DE FRANCE.
laiſſe tomber un plat de riz bouillant ſur
ſa tête : Huſſain jette ſur l'Eſclave un
regard ſévère; celui-ci, tout tremblant,
ſe proſterne devant lui, & dit ces paro-.
les tirées du ſublime Alcoran :
, Le Paradis eſt fait pour ceux qui re
aiennent & domptent leur colère.
H U s s A I N froidement.
Je ne ſuis point en colère.
L'Es C LA v E , continuant le Verſet.
Et qui pardonnent à ceux qui les ont
offenſés.
H U s s A I N, ſans le regarder ,
Je te pardonne.
-
L'E s CL A v E , continuant le Verſet.
Et Dieu chérit pardeſſus tous ceux qui
font le bien pour le mal.
H U S S A IN , lui tendant la main avec
bonté.
, Eh bien l lève-toi : je te donne la li
berté, & quatre cens dragmes d'argent.
A ces mots, l'Eſclave rendit mille
actions de grâces à ce vertueux Kalife.
O mon Prince ! s'écria-t-il après, vous
imitez l'arbre chargé de feuilles & de
fruits; il prête ſon ombre, il donne ſes
fruits à celui-là même dont le bras au
dacieux lance des pierres contre lui.
-
M A I. 1764.
A P o L o G U E
Quel eſt-il ?
F o D A H I L.
I I I.
Les Déſintéreſſés.
3E
ParscEs , qui vous écartez des voies
de la juſtice, tremblez d'interroger l'hom
me juſte : la vérité réſide ſur ſes lévres.
Le ſage Fodahil (b) avoit diſſipé ſes
biens au ſervice du Kalife Haroun Ra
chid; & ce Monarque, noyé dans les dé
lices, lui diſoit ironiquement : connois
tu quelqu'un qui faſſe profeſſion d'un
plus grand détachement que toi ?
F O D A H I L.
- Oui, Seigneur.
| H A R o U N.
Vous : je n'ai ſacrifié que ma fortune;
vous ſacrifiez votre gloire.
-
(b) Fodahil , voyant que ſa préſence à la Cour
étoit à charge au Kalife, & inutile au bien des
Peuples, ſe retira dans une ſolitude pour y vivre
en Anachorette : il avoit les moeurs les plus auſtè
res. On rapporte de lui un trait ſingulier : on l'a
vu rire une ſeule fois dans ſa vîe; ce fut le jour
qu'il perdit ſon fils unique,qu'il aimoit tendrement.
Il ne faut pas confondre, ainſi que l'ont fait la
plupart des Hiſtoriens, ce Fodahil avec un autre
qui vivoit ſous le même Kalife ; & qui changea ſa
profeſſion de Voleur pour celle de Derviche.
B iv
3
' .
.
32 MERCURE DE FRANCE.
A P O L O G U E
I V.
Salaeddin & Fatmé.
O MALHEUREUx Salaeddin ! ſans
amis, ſans eſpérance, que te reſte-t-il
maintenant de tous les grands biens
que tu poſſédois ? Un peu de riz & de
poiſon !... Eh bien , faiſons-les bouillir
enſemble, & que ce ſoit le dernier de
mes repas.
Salaeddin délaye le riz & le poiſon
dans un pot qu'il met devant le feu ,
puis il continue ainſi.
Je vais donc renoncer à la vie ! à une
choſe plus chère encore, à l'amour de
Fatmé ! Fatmé qui m'aime, alloit s'u-
nir à moi, par les nœuds les plus ſaints.
O Mahomet ! je vais donc y renoncer.
Oui, ſans doute ; iras-tu, prodigue
Salaeddin, après avoir vû s'écouler dans
tes mains toutes les richeſſes de tes
pères , après avoir abuſé des bontés
de Fatmé , iras-tu lui ravir le peu qui
lui reſte ! Voudrois-tu l'entraîner avec
toi dans l'abîme profond des malheurs ?
Que plutôt périſſent juſqu'aux cen
dres de tes osl.... Etois-tu fait pour t'unir
\
M A I. 1764.
33
à la vertu la plus pure ! ... Hélas! je l'ai
cent fois penſé; cent fois je l'ai dit à mon
cœur embrâſé : jette de l'eau ſur le feu qui
te conſume : mais toujours mes paroles
ſe ſont évaporées dans les airs.
· C'en eſt fait ? je vais mourir... Hon
neur , ta voix ſe fait entendre ; ton
ordre ſera ſuivi ..... Je devois chan
ger de conduite : ma bouche l'avoit
juré à Fatmé. J'ai trahi mes ſermens !
Après un ſi grand crime , j'oſerai plu- .
tôt enviſager la mort que Fatmé.
De quels
biens cependant moi
même je vais me priver ! Chaque jour
je voyois, j'entretenois, j'écoutois Fat
mé ; qu'elle étoit chère à mon cœur !
uel bonheur, ô Ciel ! je goûtois près
d'elle. Quel plaiſir j'éprouvois en en
tendant ſeulement le bruit de ſes pas !
Ce plaiſir qui plongeoit mes ſens
dans l'ivrèſſe , laiſſoit échapper mon
cœur ſur les prunelles de mes yeux ,
& faiſoit courir toute mon âme à la
porte de mon oreille.
-
O Fatmé ! tu m'aimois auſſi ! la cou
leur des roſes printanieres étoit moins
vive que celle de tes jouès , quand
ton Amant venoit te ſaluer d'un doux
baiſer, & quand, de ſes bras amou
reux, il te preſſoit contre † ſein.
V.
34 MERCURE PE FRANCE.
Ah ! quelles ſeront les plaies de ton
cœur, trop ſenſible , trop infortunée
Fatmé, lorſque le bruit de ma mort
viendra retentir à ton oreille ! Déja je
te vois , le viſage pâle & l'œil en feu,
de tes mains délicates arracher tes che
veux , déchirer tes vêtemens , & frap
per ton ſein qui palpite.
.
-
Mais quand je voudrois t'épargner le
chagrin de ma mort, il ne ſeroit que
differé. Que dis-je ? malheureux ! tu
me retiendrois un moment ſur les bords
de l'abîme : liée à mon ſort , bientôt
mon fatal aſcendant t'entraîneroit , te
précipiteroit avec moi, & j'emporte
rois au tombeau le regret affreux d'a-
voir cauſé tes malheurs & ta mort.
Salaeddin s'apprête à manger les mets
empoiſonné. Pour n'être point troublé
dans ſon dernier moment , il va fermer
la porte ; en la pouſſant, il voit Fatmé.
Il recule en frémiſſant, & Fatmé prend
la parcle , & dit :
| Avec quelle joie je te revois , ô
mon cher Salaeddin / mais je ſuis ac
cablée de fatigue, & j'ai beſoin de
,nourriture : procure-moi quelque ali
• Ament:
-
S A L A E D D I N.
Fatmé, je n'en ai point
. "
'
•
·
M A I. 1764.
F A T M É.
plus cher que Fatmé ?
S A L A E D D I N.
crois pas ?
offert ? ...
F A T M É.
S A L A E L D I N interdit. .
3 5
Cependant tu viens d'apprêter ce riz...
le deſtines-tu à quelqu'un qui te ſoit
O Ciel ! quelqu'un me ſeroit plus
chèr que toi ! Ah ! Fatmé ! tu ne le
Mais, pourquoi ne me l'as-tu pas.
de Salaeddin.
-
-
Pourquoi ? .... doutes-tu du cœur
F A T M É.
Non, cher Amant; mais il m'avoit
ſemblé d'abord que tu me refuſois.
Pardonne.
Fatmé prend des mains de Salaeddin,.
le plat de riz, ſans qu'il ait la force
de s'y oppoſer ; & Fatmé qui a les
yeux ſur lui , s'écrie ;
Que vois-je ? O Ciel !' dans quel
trouble tu me jettes ! Tu changes de
couleur ! Tu portes ſur moi des re
gards effrayans ! tes mains tremblent !
Tes cheveux ſe dreſſent ſur ton front !
T'eſt-il ſurvenu quelque nouveau mal--
heur ? Parle, hâte-toi..
Salaeddin ſe précipite aux pieds de
-
·
B vi.
36 MERCURE DE FRANCE.
Fatmé , & lui retient la main , dans
le moment que Fatmé porte le riz à
ſes lévres. .. .
Pourquoi ?
S A L A E D D I N.
Eh bien ?
F A T M É.
F A T M É.
-
Arrête, Fatmé ! que fais-tu ? Garde
toi d'y toucher.
Ce riz .. ..
F A T MÉ.
Il eſt empoiſonné.
-
S A L A E D D I N. .
Ciel l Et c'eſt toi qui l'as apprêté !
quel uſage en voulois-tu faire ? Je fré
mis... cruel ! tu voulois attenter à tes
jours ; je le vois..
-
S A L A E D D I. N.
Il eſt vrai..
F A T M É.
S A L A E D D I N.
L'honneur .. ..
F A T M É.
-
Malheureux ! qui pouvoit t'y forcer ?
la miſére affreuſe
· dans laquelle je ſuis réduit par ma
· faute : la honte d'avoir dérangé ta for
tune ; la crainte de te rendre auſſi mal
heureuſe que moi.
-
-
Eſt-il. un plus grand malheur pour
M A I. 1764.
37
moi, que de te perdre ? Mais ton ſort
eſt changé : je n'ai plus rien à crain
dre ;
j'ai vu le Kadileski ; j'ai prouvé
les vols qui t'ont été faits : tu vas ren
trer dans tous tes biens ; & rien ne
s'oppoſe plus à notre bonheur.
O mon cher Salaeddin / une autre
fois, né déſeſpere plus de la Providen
ce. Si quelquefois elle permet que nos
malheurs ſoient portés à leur comble,
c'eſt, ſans doute, pour nous faire mé
riter notre bonheur.
A P o L o G U E
Abuzei & Thair.
V.
D A N s cet hyver célébre par les
grandes révolutions qui arriverent à la
Cour de Nouraddin , Abuzei diſoit à .
Thair : félicitez - moi , mon Père , ie
ſuis Favori du Sultan, l'Amant de ſa
Sœur : & demain Sa Hauteſſe & moi,
nous allons ſeuls enſemble à la chaſſe.
O mon Fils !
répondit Thair ;. il
y a trois choſes ſur leſquelles il faut peu
compter : la faveur des Rois ; les ca
reſſes des femmes ; & les beaux jours
de l'hyver,
38 MERCURE DE FRANCE.
Le vieux Thair avoit raiſon.
Le lendemain, la phuie fit mantguer
la partie de chaſſe ; un caprice fit chan
ger la Princeſſe ; & la Princeſſe fit chan
ger le Sultan.
A P o L o G U E V I.
La préſence d'Eſprit.
DIEU juſte 1 ſi tu permets que
les Tyrans jouiſſent de la tranquillité
de l'âme ; en quoi différera leur ſort de
celui des bons Rois ?
-
Hégiage , l'horreur & l'effroi des
Peuples, par ſes cruautés inouies, erroit
paiſiblement dans les vaſtes campagnes,
ſans ſuite & ſans marque de diſtinction :
il rencontre un Arabe du Déſert, &
- lui parle en ces termes :
Ami , je voudrois ſçavoir de vous
quel homme eſt cet Hégiage dont on
parle tant ?
L' A R A B E.
Hégiage n'eſt point un homme; c'eſt
, un Tigre; c'eſt un Monſtre.
H É G 1 A G E.
Que lui reproche-t-on ?
L' A R A B E. .
-
Une foule de çrimes :il s'eſt abbreu
M A I. 1764.
39
vé du ſang de plus d'un million de ſes
Sujets.
-
. H É G I A G E.
Ne l'avez-vous jamais vu ?
Non.
que tu parles.
L' A R A B E.
H É G I A G E.
Eh bien ! léve les yeux c'eſt à lui
-
L'Arabe , ſans témoigner la moindre
ſurpriſe, le regard d'un œil fixe, & lui
dit fiérement :
A°
|
Mais , vous ; ſçavez-vous qui je ſuis ?
Non .
-
d'hui.
H É G I A G E.
L' A R A B E.
Je ſuis de la famille de Zobair, dont
chacun des Deſcendans devient fol un
jour de l'année. Mon jour eſt aujour
-
Hégiage lui pardonna. La préſence
d'eſprit peut tout, puiſque celle de l'A-
rabe du Déſert força Hégiage au pardon.
A P O L o G U E V I I.
Le Borgne.
AvANT d'enchaîner un Peuple par
une Loi, ce n'eſt pas aſſez qu'elle pa
*.
4o MERCURE DE FRANCE.
roiſſe juſte, il faut encore ſe la repré
ſenter ſous toutes les faces poſſibles.
Nandiskar étoit Borgne & Légiſla
teur ; il avoit aſſemblé les vieillards de :
ſa nation , pour leur faire jurer, au nom
de la République, de ne jamais rien
changer à ſes loix. Nantéou lui ſeul s'y
oppoſoit ; mais Nandiskar ſe défendit
ſi adroitement qu'il aigrit tous les eſprits
contre Nantéou. Celui-ci deſeſpérant de
ramener ſes Compatriotes par des diſ
cours, s'approcha de Nandiskar, & lui
dit : tu veux que tes Loix ſoient ſtricte
ment obſervées, le Peuple y conſent ;&
moi je demande à être puni ſuivant tes
Loix : en proférant ces dernières paroles,
d'un coup de poing, il lui creva l'œil
qui lui reſtoit.
-
Nandiskar avoit fait une Loi conçue
· en ces termes : Quiconque crevera un
aeil, qu'il en perde un.
Tu vois par-là , reprit Nantéou, com
bien ta Loi eſt défectueuſe , puiſqu'il
· ne m'en coûte qu'un œil, pour te priver
de la vue.
Nandiskar lui répondit : loin de t'en
vouloir, je te dois de la reconnoiſſance ;
en me privant des yeux du corps, tu
m'as ouvert les yeux de l'eſprit. Et vous,
ſages Vieillards, ne rougiſſez point d'a-
-
M A I. 1764.
41
vouer , avec moi, que nous avons eu
1EO rt.
Par M. de S ***.
APOLOGUE PREMIER.
Sourdin & Zaraïne.
SOURDIN, Grand-Visir de la Reine
Zaraine , avant qu'elle arrivât au Con
ſeil , diſoit en lui-même : je ne veux
point que le Prince Roſey ſoit notre Roi.
* Extraits d'un Ouvrage qui eſt ſous preſſ , &
fait pour inſpirer l'amour de la vertu & l'an,our
de la Patrie.
B
•\
26 MERCURE DE FRANCE.
Il ne me convient point , & mon choix
eſt tombé ſur un autre. Oui, mon petit
Seigneur, je dirai tant de mal de vous,
que la Reine Zaraine, toute coquette &
toute capricieuſe qu'elle eſt , ne vous
| voudra ni pour amant, ni même pour
époux. Auſſi- tôt qu'il fut en préſence de
Sa Majeſté :
-
Grande Reine , lui dit-il , le Prince
Roſey, dont vous m'avez ordonné de
vous entretenir, eſt Souverain d'un bon
pays qu'il s'efforce de rendre mauvais.
Il prétend deſcendre de la Lune en ligne
directe ; ce qui le rend très-vain. Il ſe
croit obligé d'être plus magnifique qu'un
autre Prince ; ce qui le ruine : en un
mot, il n'eſt bon que pour donner des
1oix dans un Serrail, préſider à la Toilet
te & à la Table, & juger des modes &
des ragoûts.
ZA R A ï N E , l'interrompant.
Vous ne me dites rien de ſa perſonne. .
Eſt-ce un beau Prince ?
S O U R D I N.
Vous allez en juger, Madame; c'eſt
un homme de trente ans, qui a vécu de
bonne heure, Il eſt d'une taille un peu
au-deſſous de la médiocre , extrême
ment fluet. Le temps qu'il devroit em
ployer à régir ſes Etats, il le paſſe de
-
M A I. 1764.
27
vant ſon miroir , à ſe barbouiller de
blanc & de rouge, à ſe noircîr les ſour
cils & s'arracher la barbe.
Z A R A ï N E.
Il a raiſon ; je ne connois rien au
monde de ſi inutile , de ſi laid, de ſi hi
deux que cette vilaine barbe rude , qui
ne ſert qu'à vous incommoder & qu'à
nous piquer les joues quand on nous
embraſſe. Le Prince Roſey eſt préciſé
ment comme un joli homme doit être.
Qu'on doit aimer un mari comme le
Prince Roſey ! Il a ſûrement des grâces,
de la phyſionomie. Donne-t-il beau
coup de fêtes ? Aime-t-il la danſe , le
jeu ?
. S O U R D I N.
-
Le jeu ? .... trop, Madame, pour le
bien de l'Etat.... ſes malheureux Sujets...
ZA R A ï N E, l'interrompant.
Ah ! c'eſt un Prince accompli.
S O U R D I N.
Mais, Madame , ſongez donc que
c'eſt ( permettez-moi le terme) le plus
grand fat.. ..
Z A R A ï N E.
Bon : il en eſt plus aimé.
S O U R D I N.
Le plus indiſcret. ...
· B ij
| 4
28 MERCURE DE FRANCE.
Z A R A i N E.
Tant mieux ; je hais les avantures
ſecrettes.
-
S O U R D I N.
Et même le plus inconſtant. .. .
Z A R A I N E.
Le plus inconſtant ? à merveille ! Il
eſt inconſtant; c'eſt que les femmes ſe
l'arrachent :
c'eſt qu'il eſt charmant.
Au reſte, il y aura plus de mérite à le
captiver. Que je ſuis enchantée de ce
que vous me dites du Prince Roſey !
Que vous me faites plaiſir ! Que je vous
ai d'obligation ! .... J'exige encore une
choſe de vous, mon cher Sourdin.
S O U R D I N.
| Que vous plaît-il, Madame ?
·
Z A R A ï N E.
Que vous faſſiez accélérer les prépa
ratifs de mes nôces, & que vous alliez
vous-même au-devant du Prince Roſey.
Faites qu'il arrive bientôt : je l'épouſe
rai auſſitôt qu'il ſera ici.
"
*
A
S o U R D I N , prenant un viſage riant.
Je me conformerai à vos ordres, Ma
dame ; & vous jugerez par la diligence
que je vais apporter à les éxécuter ,
combien ils me ſont agréables. Souf
frez maintenant que je ſois le premier à
vous complimenter. Vous ne pouviez
M A I. 1764.
29
effectivement faire un choix meilleur,
ni qui fût plus utile à vos Sujets.
Les autres perſonnes du Conſeil, qui
avoient écouté Sourdin & Zaraine avec
une très-grande attention , décidèrent
que Sottrdin & Zaraine avoient raiſon.
A P o L o G U E
I I.
Le pouvoir de la Religion.
LE KALIFE Huſſain (a), fils du grand
Ali, étoit à table ;- un de ſes Eſclaves
, ( a) Huſſain, cinquième Kalifedes Muſulmans,
ſuccéda à ſon père Ali, qui avoit épouſé la fille de
Mahomet ; il fut ainſi que ſon père, un modèle de
ſageſſe & de vertu.
-
Qu'un homme de la lie du Peuple, après avoir
épouſé une femme dont il a été le valet, lui ait
fait accroire qu'il étoit inſpiré ; j'en ſuis médiocre
ment ſurpris : mais que, ne ſçachant ni lire, ni écri
re, il ait compté au nombre de ſes premiers Diſci
- ples, Ali, l'homme le plus vertueux & le plus éclairé
de ſon temps ; qu'ignorant les premiers élémens
de l'Art Militaire, il ait fait marcher, ſous ſes dra
peaux, le plus grand Capitainé des Arabes, le fa -
meux Omar dont la vertu égaloit la valeur ; c'eſt
une choſe que j'ai peine à concevoir.... A chaque
pas que l'on fait dans l'Hiſtoire, on voit la force
opprimer la foibleſſe, & plier les genoux devant
· la fourberie.
-
B iij
,
3o MERCURE DE FRANCE.
laiſſe tomber un plat de riz bouillant ſur
ſa tête : Huſſain jette ſur l'Eſclave un
regard ſévère; celui-ci, tout tremblant,
ſe proſterne devant lui, & dit ces paro-.
les tirées du ſublime Alcoran :
, Le Paradis eſt fait pour ceux qui re
aiennent & domptent leur colère.
H U s s A I N froidement.
Je ne ſuis point en colère.
L'Es C LA v E , continuant le Verſet.
Et qui pardonnent à ceux qui les ont
offenſés.
H U s s A I N, ſans le regarder ,
Je te pardonne.
-
L'E s CL A v E , continuant le Verſet.
Et Dieu chérit pardeſſus tous ceux qui
font le bien pour le mal.
H U S S A IN , lui tendant la main avec
bonté.
, Eh bien l lève-toi : je te donne la li
berté, & quatre cens dragmes d'argent.
A ces mots, l'Eſclave rendit mille
actions de grâces à ce vertueux Kalife.
O mon Prince ! s'écria-t-il après, vous
imitez l'arbre chargé de feuilles & de
fruits; il prête ſon ombre, il donne ſes
fruits à celui-là même dont le bras au
dacieux lance des pierres contre lui.
-
M A I. 1764.
A P o L o G U E
Quel eſt-il ?
F o D A H I L.
I I I.
Les Déſintéreſſés.
3E
ParscEs , qui vous écartez des voies
de la juſtice, tremblez d'interroger l'hom
me juſte : la vérité réſide ſur ſes lévres.
Le ſage Fodahil (b) avoit diſſipé ſes
biens au ſervice du Kalife Haroun Ra
chid; & ce Monarque, noyé dans les dé
lices, lui diſoit ironiquement : connois
tu quelqu'un qui faſſe profeſſion d'un
plus grand détachement que toi ?
F O D A H I L.
- Oui, Seigneur.
| H A R o U N.
Vous : je n'ai ſacrifié que ma fortune;
vous ſacrifiez votre gloire.
-
(b) Fodahil , voyant que ſa préſence à la Cour
étoit à charge au Kalife, & inutile au bien des
Peuples, ſe retira dans une ſolitude pour y vivre
en Anachorette : il avoit les moeurs les plus auſtè
res. On rapporte de lui un trait ſingulier : on l'a
vu rire une ſeule fois dans ſa vîe; ce fut le jour
qu'il perdit ſon fils unique,qu'il aimoit tendrement.
Il ne faut pas confondre, ainſi que l'ont fait la
plupart des Hiſtoriens, ce Fodahil avec un autre
qui vivoit ſous le même Kalife ; & qui changea ſa
profeſſion de Voleur pour celle de Derviche.
B iv
3
' .
.
32 MERCURE DE FRANCE.
A P O L O G U E
I V.
Salaeddin & Fatmé.
O MALHEUREUx Salaeddin ! ſans
amis, ſans eſpérance, que te reſte-t-il
maintenant de tous les grands biens
que tu poſſédois ? Un peu de riz & de
poiſon !... Eh bien , faiſons-les bouillir
enſemble, & que ce ſoit le dernier de
mes repas.
Salaeddin délaye le riz & le poiſon
dans un pot qu'il met devant le feu ,
puis il continue ainſi.
Je vais donc renoncer à la vie ! à une
choſe plus chère encore, à l'amour de
Fatmé ! Fatmé qui m'aime, alloit s'u-
nir à moi, par les nœuds les plus ſaints.
O Mahomet ! je vais donc y renoncer.
Oui, ſans doute ; iras-tu, prodigue
Salaeddin, après avoir vû s'écouler dans
tes mains toutes les richeſſes de tes
pères , après avoir abuſé des bontés
de Fatmé , iras-tu lui ravir le peu qui
lui reſte ! Voudrois-tu l'entraîner avec
toi dans l'abîme profond des malheurs ?
Que plutôt périſſent juſqu'aux cen
dres de tes osl.... Etois-tu fait pour t'unir
\
M A I. 1764.
33
à la vertu la plus pure ! ... Hélas! je l'ai
cent fois penſé; cent fois je l'ai dit à mon
cœur embrâſé : jette de l'eau ſur le feu qui
te conſume : mais toujours mes paroles
ſe ſont évaporées dans les airs.
· C'en eſt fait ? je vais mourir... Hon
neur , ta voix ſe fait entendre ; ton
ordre ſera ſuivi ..... Je devois chan
ger de conduite : ma bouche l'avoit
juré à Fatmé. J'ai trahi mes ſermens !
Après un ſi grand crime , j'oſerai plu- .
tôt enviſager la mort que Fatmé.
De quels
biens cependant moi
même je vais me priver ! Chaque jour
je voyois, j'entretenois, j'écoutois Fat
mé ; qu'elle étoit chère à mon cœur !
uel bonheur, ô Ciel ! je goûtois près
d'elle. Quel plaiſir j'éprouvois en en
tendant ſeulement le bruit de ſes pas !
Ce plaiſir qui plongeoit mes ſens
dans l'ivrèſſe , laiſſoit échapper mon
cœur ſur les prunelles de mes yeux ,
& faiſoit courir toute mon âme à la
porte de mon oreille.
-
O Fatmé ! tu m'aimois auſſi ! la cou
leur des roſes printanieres étoit moins
vive que celle de tes jouès , quand
ton Amant venoit te ſaluer d'un doux
baiſer, & quand, de ſes bras amou
reux, il te preſſoit contre † ſein.
V.
34 MERCURE PE FRANCE.
Ah ! quelles ſeront les plaies de ton
cœur, trop ſenſible , trop infortunée
Fatmé, lorſque le bruit de ma mort
viendra retentir à ton oreille ! Déja je
te vois , le viſage pâle & l'œil en feu,
de tes mains délicates arracher tes che
veux , déchirer tes vêtemens , & frap
per ton ſein qui palpite.
.
-
Mais quand je voudrois t'épargner le
chagrin de ma mort, il ne ſeroit que
differé. Que dis-je ? malheureux ! tu
me retiendrois un moment ſur les bords
de l'abîme : liée à mon ſort , bientôt
mon fatal aſcendant t'entraîneroit , te
précipiteroit avec moi, & j'emporte
rois au tombeau le regret affreux d'a-
voir cauſé tes malheurs & ta mort.
Salaeddin s'apprête à manger les mets
empoiſonné. Pour n'être point troublé
dans ſon dernier moment , il va fermer
la porte ; en la pouſſant, il voit Fatmé.
Il recule en frémiſſant, & Fatmé prend
la parcle , & dit :
| Avec quelle joie je te revois , ô
mon cher Salaeddin / mais je ſuis ac
cablée de fatigue, & j'ai beſoin de
,nourriture : procure-moi quelque ali
• Ament:
-
S A L A E D D I N.
Fatmé, je n'en ai point
. "
'
•
·
M A I. 1764.
F A T M É.
plus cher que Fatmé ?
S A L A E D D I N.
crois pas ?
offert ? ...
F A T M É.
S A L A E L D I N interdit. .
3 5
Cependant tu viens d'apprêter ce riz...
le deſtines-tu à quelqu'un qui te ſoit
O Ciel ! quelqu'un me ſeroit plus
chèr que toi ! Ah ! Fatmé ! tu ne le
Mais, pourquoi ne me l'as-tu pas.
de Salaeddin.
-
-
Pourquoi ? .... doutes-tu du cœur
F A T M É.
Non, cher Amant; mais il m'avoit
ſemblé d'abord que tu me refuſois.
Pardonne.
Fatmé prend des mains de Salaeddin,.
le plat de riz, ſans qu'il ait la force
de s'y oppoſer ; & Fatmé qui a les
yeux ſur lui , s'écrie ;
Que vois-je ? O Ciel !' dans quel
trouble tu me jettes ! Tu changes de
couleur ! Tu portes ſur moi des re
gards effrayans ! tes mains tremblent !
Tes cheveux ſe dreſſent ſur ton front !
T'eſt-il ſurvenu quelque nouveau mal--
heur ? Parle, hâte-toi..
Salaeddin ſe précipite aux pieds de
-
·
B vi.
36 MERCURE DE FRANCE.
Fatmé , & lui retient la main , dans
le moment que Fatmé porte le riz à
ſes lévres. .. .
Pourquoi ?
S A L A E D D I N.
Eh bien ?
F A T M É.
F A T M É.
-
Arrête, Fatmé ! que fais-tu ? Garde
toi d'y toucher.
Ce riz .. ..
F A T MÉ.
Il eſt empoiſonné.
-
S A L A E D D I N. .
Ciel l Et c'eſt toi qui l'as apprêté !
quel uſage en voulois-tu faire ? Je fré
mis... cruel ! tu voulois attenter à tes
jours ; je le vois..
-
S A L A E D D I. N.
Il eſt vrai..
F A T M É.
S A L A E D D I N.
L'honneur .. ..
F A T M É.
-
Malheureux ! qui pouvoit t'y forcer ?
la miſére affreuſe
· dans laquelle je ſuis réduit par ma
· faute : la honte d'avoir dérangé ta for
tune ; la crainte de te rendre auſſi mal
heureuſe que moi.
-
-
Eſt-il. un plus grand malheur pour
M A I. 1764.
37
moi, que de te perdre ? Mais ton ſort
eſt changé : je n'ai plus rien à crain
dre ;
j'ai vu le Kadileski ; j'ai prouvé
les vols qui t'ont été faits : tu vas ren
trer dans tous tes biens ; & rien ne
s'oppoſe plus à notre bonheur.
O mon cher Salaeddin / une autre
fois, né déſeſpere plus de la Providen
ce. Si quelquefois elle permet que nos
malheurs ſoient portés à leur comble,
c'eſt, ſans doute, pour nous faire mé
riter notre bonheur.
A P o L o G U E
Abuzei & Thair.
V.
D A N s cet hyver célébre par les
grandes révolutions qui arriverent à la
Cour de Nouraddin , Abuzei diſoit à .
Thair : félicitez - moi , mon Père , ie
ſuis Favori du Sultan, l'Amant de ſa
Sœur : & demain Sa Hauteſſe & moi,
nous allons ſeuls enſemble à la chaſſe.
O mon Fils !
répondit Thair ;. il
y a trois choſes ſur leſquelles il faut peu
compter : la faveur des Rois ; les ca
reſſes des femmes ; & les beaux jours
de l'hyver,
38 MERCURE DE FRANCE.
Le vieux Thair avoit raiſon.
Le lendemain, la phuie fit mantguer
la partie de chaſſe ; un caprice fit chan
ger la Princeſſe ; & la Princeſſe fit chan
ger le Sultan.
A P o L o G U E V I.
La préſence d'Eſprit.
DIEU juſte 1 ſi tu permets que
les Tyrans jouiſſent de la tranquillité
de l'âme ; en quoi différera leur ſort de
celui des bons Rois ?
-
Hégiage , l'horreur & l'effroi des
Peuples, par ſes cruautés inouies, erroit
paiſiblement dans les vaſtes campagnes,
ſans ſuite & ſans marque de diſtinction :
il rencontre un Arabe du Déſert, &
- lui parle en ces termes :
Ami , je voudrois ſçavoir de vous
quel homme eſt cet Hégiage dont on
parle tant ?
L' A R A B E.
Hégiage n'eſt point un homme; c'eſt
, un Tigre; c'eſt un Monſtre.
H É G 1 A G E.
Que lui reproche-t-on ?
L' A R A B E. .
-
Une foule de çrimes :il s'eſt abbreu
M A I. 1764.
39
vé du ſang de plus d'un million de ſes
Sujets.
-
. H É G I A G E.
Ne l'avez-vous jamais vu ?
Non.
que tu parles.
L' A R A B E.
H É G I A G E.
Eh bien ! léve les yeux c'eſt à lui
-
L'Arabe , ſans témoigner la moindre
ſurpriſe, le regard d'un œil fixe, & lui
dit fiérement :
A°
|
Mais , vous ; ſçavez-vous qui je ſuis ?
Non .
-
d'hui.
H É G I A G E.
L' A R A B E.
Je ſuis de la famille de Zobair, dont
chacun des Deſcendans devient fol un
jour de l'année. Mon jour eſt aujour
-
Hégiage lui pardonna. La préſence
d'eſprit peut tout, puiſque celle de l'A-
rabe du Déſert força Hégiage au pardon.
A P O L o G U E V I I.
Le Borgne.
AvANT d'enchaîner un Peuple par
une Loi, ce n'eſt pas aſſez qu'elle pa
*.
4o MERCURE DE FRANCE.
roiſſe juſte, il faut encore ſe la repré
ſenter ſous toutes les faces poſſibles.
Nandiskar étoit Borgne & Légiſla
teur ; il avoit aſſemblé les vieillards de :
ſa nation , pour leur faire jurer, au nom
de la République, de ne jamais rien
changer à ſes loix. Nantéou lui ſeul s'y
oppoſoit ; mais Nandiskar ſe défendit
ſi adroitement qu'il aigrit tous les eſprits
contre Nantéou. Celui-ci deſeſpérant de
ramener ſes Compatriotes par des diſ
cours, s'approcha de Nandiskar, & lui
dit : tu veux que tes Loix ſoient ſtricte
ment obſervées, le Peuple y conſent ;&
moi je demande à être puni ſuivant tes
Loix : en proférant ces dernières paroles,
d'un coup de poing, il lui creva l'œil
qui lui reſtoit.
-
Nandiskar avoit fait une Loi conçue
· en ces termes : Quiconque crevera un
aeil, qu'il en perde un.
Tu vois par-là , reprit Nantéou, com
bien ta Loi eſt défectueuſe , puiſqu'il
· ne m'en coûte qu'un œil, pour te priver
de la vue.
Nandiskar lui répondit : loin de t'en
vouloir, je te dois de la reconnoiſſance ;
en me privant des yeux du corps, tu
m'as ouvert les yeux de l'eſprit. Et vous,
ſages Vieillards, ne rougiſſez point d'a-
-
M A I. 1764.
41
vouer , avec moi, que nous avons eu
1EO rt.
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Résumé : APOLOGUES ORIENTAUX, Par M. de S ***.
Le texte présente plusieurs apologues et récits orientaux illustrant des leçons de vie et des réflexions morales. Dans un premier apologue, Sourdin, Grand-Visir de la Reine Zaraine, tente de dissuader la reine de choisir le Prince Rosey comme roi, le décrivant comme vain et ruiné par sa magnificence. Malgré les avertissements, Zaraine décide de l'épouser. Un autre apologue relate comment le Kalife Hussain, connu pour sa sagesse, pardonne un esclave ayant renversé un plat de riz bouillant sur lui, ce qui impressionne l'esclave. Un récit concerne Fodahil, un sage ayant dilapidé ses biens au service du calife Haroun al-Rachid. Ce dernier, ironique, lui demande s'il connaît quelqu'un plus détaché des biens matériels. Fodahil répond qu'il sacrifie sa gloire et se retire dans la solitude pour vivre en anachorète. Un autre récit raconte l'histoire de Salaeddin, désespéré et ruiné, qui décide de se suicider en mangeant du riz empoisonné. Il est interrompu par Fatmé, qu'il aime, et avoue son geste. Fatmé, choquée, lui demande pourquoi il voulait se tuer, et Salaeddin explique que c'était par honneur, à cause de sa misère et de la honte d'avoir ruiné sa fortune. Le texte inclut également divers dialogues et récits. Un personnage exprime sa honte et sa crainte d'avoir causé du tort, mais annonce que les biens volés seront récupérés, montrant sa foi en la Providence. Un dialogue entre Abuzei et Thair met en garde contre la fragilité des faveurs royales, des caresses des femmes et des beaux jours d'hiver. Un autre récit montre un tyran, Hégiage, qui pardonne grâce à la présence d'esprit d'un Arabe du désert. Enfin, un législateur borgne, Nandiskar, apprend une leçon d'humilité et de sagesse lorsque Nantéou lui creve son dernier œil pour démontrer l'injustice de ses lois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11005
p. 41
A Madame la Marquise de V.... sur la mort de M. le Comte de V.... son fils.
Début :
DU jeune V..., grand Dieux ! quel est le sort ! [...]
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texteReconnaissance textuelle : A Madame la Marquise de V.... sur la mort de M. le Comte de V.... son fils.
A Madame la Marquise de V.... sur la
mort de M. le Comte de V.... son fils.
DU jeune V..., grand Dieux ! quel est le sort !
Unique & chèr eſpoir d'une famille illuſtre,
Il alloit de ſon nom éterniſant le luſtre. . .
Du ſein de la grandeur, il deſcend à la mort !
Ce Fils, aimable objet de vos ſoins les plus doux ,
Rejetton d'un Héros dont il étoit l'image,
Égaloit ſes vertus, ſes talens, ſon courage,
Vous retraçoit ſon père, il le trouvoit en vous.
· Il meurt, ô coup fatal ! ô mortelles douleurs !
Du Dieu que vous ſervez, tel eſt l'ordre ſuprême
Reſpectez ſes décrets, il vous frappe, il vous aime.
Et pour vous éprouver renouvelle vos pleurs.
Hélas ! eſpérez tout de ſes ſoins généreux :
Il vous reſte une fille empreſſée à vous plaire.
S'il daigne conſerver une tête ſi chère,
Vos vertus renaîtront dans vos derniers neveux.
Par M. GRENIER de Brioude, en Auvergne,
Avocat en Parlement.
mort de M. le Comte de V.... son fils.
DU jeune V..., grand Dieux ! quel est le sort !
Unique & chèr eſpoir d'une famille illuſtre,
Il alloit de ſon nom éterniſant le luſtre. . .
Du ſein de la grandeur, il deſcend à la mort !
Ce Fils, aimable objet de vos ſoins les plus doux ,
Rejetton d'un Héros dont il étoit l'image,
Égaloit ſes vertus, ſes talens, ſon courage,
Vous retraçoit ſon père, il le trouvoit en vous.
· Il meurt, ô coup fatal ! ô mortelles douleurs !
Du Dieu que vous ſervez, tel eſt l'ordre ſuprême
Reſpectez ſes décrets, il vous frappe, il vous aime.
Et pour vous éprouver renouvelle vos pleurs.
Hélas ! eſpérez tout de ſes ſoins généreux :
Il vous reſte une fille empreſſée à vous plaire.
S'il daigne conſerver une tête ſi chère,
Vos vertus renaîtront dans vos derniers neveux.
Par M. GRENIER de Brioude, en Auvergne,
Avocat en Parlement.
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Résumé : A Madame la Marquise de V.... sur la mort de M. le Comte de V.... son fils.
M. Grenier de Brioude adresse une lettre à la Marquise de V... pour exprimer sa douleur suite au décès de son fils, le Comte de V..., espoir de la famille. Ce dernier incarnait les vertus et le courage de son père. La marquise est invitée à accepter la volonté divine et à trouver réconfort auprès de Dieu. Elle est également encouragée à espérer grâce à sa fille dévouée et à la possibilité que ses vertus se perpétuent à travers ses petits-enfants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11006
p. 42-44
ZÉLIS, IDYLLE imitée de la quatrième de M. GÉSNER. ENVOI, à Madame FAVART.
Début :
ZÉLIS, ce coloris de la simple Nature, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ZÉLIS, IDYLLE imitée de la quatrième de M. GÉSNER. ENVOI, à Madame FAVART.
ZÉLIS,
IDYLLE imitée de la quatrième de
M. GÉSNER.
ENVOI, à Madame FAVART.
ZÉLIS, ce coloris de la simple Nature,
Doit rout à vos attraits, & ne doit rien à l'art :
L'Amour en a tracé la naïve peinture ;
Le Tableau fait,j'ai reconnu FAvARr.
L'an commençoit. Un Ciel pur & ſerein
Laiſſoit errer l'Aquilon incertain :
Le triſte Hyver deſcendoit des montagnes :
D'un pas tremblant, marchant dans les cam
pagnes,
D'un blanc duvet il couvroit les chemins,
Et ſous la clef renfermoit les humains.
Le jeune Atys étoit dans la chaumière ;
Du vrai bonheur la féconde lumière
Lançoit ſur lui l'éclat de ſes rayons.
Heureux Berger, tes paiſibles cantons,
Comme ton cœur, reſpiroient l'innocence !
Le ſot Orgueil à la foible Indigence
N'y refuſoit ni regards, ni ſecours :
Qu'un toît de chaume eſt différent des Cours ?
D'un feu brillant la flamme pétillante
A, dans ſes ſens, d'une chaleur puiſſante
|
:
M A I. 1764.
Bientôt porté le végétal heureux.
Le gai Paſteur, d'un regard curieux,
Fixoit des champs la ſuperbe ſtructure,
Et dans ſon beau contemploit la Nature.
3, Triſte Saiſon, que, malgré ta rigueur ,
» Oui, diſoit-il , cette clarté riante
43
» Tu ſçais m'offrir un ſpectacle enchanteur b
» Que le Soleil dans les brouillards enfante,
» Remplit mon cœur d'un charme ſéduîſant !
» De cette neige un tapis blanchiſſant,
» Relève encor l'éclat de ces Arbuſtes.
» Nature, hélas ! tes œuvres ſont auguſtes !
» Ces tendres grains germant dans nos guerèts ;
» Ne ſont-ils rien pour des cœurs ſatisfaits ?
» D'un verd naiſſant, leur pointe encor légère
» Perce le blanc dont ſe pare la terre.
» Des buiſſons ſecs les rameaux tortueux,
| » Tout dépouillés, ſçavent plaire à mes yeux :
» Ils ſont chargés des larmes de l'Aurore.. .
» Et ce frimât les embellit encore.
22 Non loin d'ici, ſous le chaûme enfermé,
» Brille l'Objet dont mon cœur eſt charmé.
» Oui, c'eſt là-bas, ſous ce manoir ruſtique,
» D'où la fumée en une courſe oblique
» S'échappe aux yeux par replis ondoyans,
» Qu'eſt ma Zélis. .. A la fleur de tes ans,
» Belle Zélis , tu joins le don de plaire :
» De la vertu le ſacré caractère
|
,
|
r
44 MERCURE DE FRANCE.
» Eſt dans tes traits comme il dans ton cœur.
» Toi ſeule auſſi, tu fais tout mon bonheur. . !
» Je me ſouviens de cette heureuſe Aurore,
» Où le bienfait ſous tes mains vint éclorre ;
» Je m'en ſouviens. Quandle Berger Daphnis,.
» éſeſpéré de perdre deux brebis,
» Dans la prairie exprimoit ſes allarmes ;
» Tu vis ſes maux , tu mis fin à ſes larmes.
» Il ſe plaignoit, il étoit malheureux :
» En faut-il plus pour qu'on ſoit généreux à
» Les deux brebis par toi lui ſont rendues :
» Ses facultès à l inſtant ſuſpendues,
» Suffiſent mal a l'ardeur de ſes ſens ;
» Tous ſes tranſports étoient reconnoiſſans ;
» Son cœur eſt plein de ce bonheur ſuprême..s.
» Ah ! ... le bienfait eſt le prix de lui-même !
» Depuis ce jour je t'aime, ô ma Zélis !
« De mon amour la vertu fait le prix ;
» Source ſacrée, inaltérable & pure,
» Heureuſe ardeur .. c'eſt Zélis qui t'aſſure !
» Cruel Hyver, bien que tes noirs frimâts
» Couvrent encor ces tranquilles climats,
» La voix d'Atys ne ſera point muette :
» Il chantera Zélis ſur ſa muſette,
» Oui, ma Zélis, il eſt toujours pour moi
» De vrais plaiſirs, puiſque je penſe à toi.
< ---
Par M. COSTARD Fils.
IDYLLE imitée de la quatrième de
M. GÉSNER.
ENVOI, à Madame FAVART.
ZÉLIS, ce coloris de la simple Nature,
Doit rout à vos attraits, & ne doit rien à l'art :
L'Amour en a tracé la naïve peinture ;
Le Tableau fait,j'ai reconnu FAvARr.
L'an commençoit. Un Ciel pur & ſerein
Laiſſoit errer l'Aquilon incertain :
Le triſte Hyver deſcendoit des montagnes :
D'un pas tremblant, marchant dans les cam
pagnes,
D'un blanc duvet il couvroit les chemins,
Et ſous la clef renfermoit les humains.
Le jeune Atys étoit dans la chaumière ;
Du vrai bonheur la féconde lumière
Lançoit ſur lui l'éclat de ſes rayons.
Heureux Berger, tes paiſibles cantons,
Comme ton cœur, reſpiroient l'innocence !
Le ſot Orgueil à la foible Indigence
N'y refuſoit ni regards, ni ſecours :
Qu'un toît de chaume eſt différent des Cours ?
D'un feu brillant la flamme pétillante
A, dans ſes ſens, d'une chaleur puiſſante
|
:
M A I. 1764.
Bientôt porté le végétal heureux.
Le gai Paſteur, d'un regard curieux,
Fixoit des champs la ſuperbe ſtructure,
Et dans ſon beau contemploit la Nature.
3, Triſte Saiſon, que, malgré ta rigueur ,
» Oui, diſoit-il , cette clarté riante
43
» Tu ſçais m'offrir un ſpectacle enchanteur b
» Que le Soleil dans les brouillards enfante,
» Remplit mon cœur d'un charme ſéduîſant !
» De cette neige un tapis blanchiſſant,
» Relève encor l'éclat de ces Arbuſtes.
» Nature, hélas ! tes œuvres ſont auguſtes !
» Ces tendres grains germant dans nos guerèts ;
» Ne ſont-ils rien pour des cœurs ſatisfaits ?
» D'un verd naiſſant, leur pointe encor légère
» Perce le blanc dont ſe pare la terre.
» Des buiſſons ſecs les rameaux tortueux,
| » Tout dépouillés, ſçavent plaire à mes yeux :
» Ils ſont chargés des larmes de l'Aurore.. .
» Et ce frimât les embellit encore.
22 Non loin d'ici, ſous le chaûme enfermé,
» Brille l'Objet dont mon cœur eſt charmé.
» Oui, c'eſt là-bas, ſous ce manoir ruſtique,
» D'où la fumée en une courſe oblique
» S'échappe aux yeux par replis ondoyans,
» Qu'eſt ma Zélis. .. A la fleur de tes ans,
» Belle Zélis , tu joins le don de plaire :
» De la vertu le ſacré caractère
|
,
|
r
44 MERCURE DE FRANCE.
» Eſt dans tes traits comme il dans ton cœur.
» Toi ſeule auſſi, tu fais tout mon bonheur. . !
» Je me ſouviens de cette heureuſe Aurore,
» Où le bienfait ſous tes mains vint éclorre ;
» Je m'en ſouviens. Quandle Berger Daphnis,.
» éſeſpéré de perdre deux brebis,
» Dans la prairie exprimoit ſes allarmes ;
» Tu vis ſes maux , tu mis fin à ſes larmes.
» Il ſe plaignoit, il étoit malheureux :
» En faut-il plus pour qu'on ſoit généreux à
» Les deux brebis par toi lui ſont rendues :
» Ses facultès à l inſtant ſuſpendues,
» Suffiſent mal a l'ardeur de ſes ſens ;
» Tous ſes tranſports étoient reconnoiſſans ;
» Son cœur eſt plein de ce bonheur ſuprême..s.
» Ah ! ... le bienfait eſt le prix de lui-même !
» Depuis ce jour je t'aime, ô ma Zélis !
« De mon amour la vertu fait le prix ;
» Source ſacrée, inaltérable & pure,
» Heureuſe ardeur .. c'eſt Zélis qui t'aſſure !
» Cruel Hyver, bien que tes noirs frimâts
» Couvrent encor ces tranquilles climats,
» La voix d'Atys ne ſera point muette :
» Il chantera Zélis ſur ſa muſette,
» Oui, ma Zélis, il eſt toujours pour moi
» De vrais plaiſirs, puiſque je penſe à toi.
< ---
Par M. COSTARD Fils.
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Résumé : ZÉLIS, IDYLLE imitée de la quatrième de M. GÉSNER. ENVOI, à Madame FAVART.
Le poème 'Zélis' est une idylle inspirée de la quatrième œuvre de M. Gésner, dédiée à Madame Favart. Il décrit un paysage hivernal où le jeune berger Atys contemple la nature et exprime son bonheur simple et innocent. Atys admire la beauté des champs enneigés et des arbustes couverts de givre, trouvant du charme même dans les éléments les plus modestes. Il exalte la simplicité et la générosité de la vie rurale, où l'orgueil n'exclut personne. Atys évoque Zélis, la femme qu'il aime, soulignant sa beauté et sa vertu. Il se remémore un moment où Zélis a montré sa générosité en aidant un berger nommé Daphnis à retrouver ses brebis perdues. Cet acte de bienveillance a renforcé l'amour d'Atys pour Zélis. Malgré le froid hivernal, Atys déclare qu'il continuera à chanter l'amour pour Zélis, trouvant du plaisir dans la pensée d'elle. Le poème se conclut par l'affirmation de l'amour durable d'Atys pour Zélis, indépendamment des conditions climatiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11007
p. 45
VERS à Mde D. M.
Début :
J'AVOIS déja quitté ma lyre ; [...]
Mots clefs :
Lyre, Amour
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texteReconnaissance textuelle : VERS à Mde D. M.
V E R S à Mde D. M.
J'avois déja quitté ma lyre ;
J'avois eſſuyé mes pinceaux :
L'Amour parut. Avec un doux ſourire
Il daigna m'adreſſer ces mots :
- s» Souviens-toi, dit-il, de Climène ;
» Reprends ton luth, bois, chante & ris.
' » Ah , lui dis-je alors tout ſurpris,
» Vous vous donnez bien de la peine :
» Mais il eſt un objet pour moi bien plus char
- >> Il)3 Ilf,
» Eh bien , reprit l'Amour , ſuis le feu qui
>> t'inſpire ; -
» Je te devine ; tiens, evamine, ſoupire.
» Puis il diſparut à l'inſtant ....
» Je ne vis plus que vous, & je repris ma lyre.
Par le même.
J'avois déja quitté ma lyre ;
J'avois eſſuyé mes pinceaux :
L'Amour parut. Avec un doux ſourire
Il daigna m'adreſſer ces mots :
- s» Souviens-toi, dit-il, de Climène ;
» Reprends ton luth, bois, chante & ris.
' » Ah , lui dis-je alors tout ſurpris,
» Vous vous donnez bien de la peine :
» Mais il eſt un objet pour moi bien plus char
- >> Il)3 Ilf,
» Eh bien , reprit l'Amour , ſuis le feu qui
>> t'inſpire ; -
» Je te devine ; tiens, evamine, ſoupire.
» Puis il diſparut à l'inſtant ....
» Je ne vis plus que vous, & je repris ma lyre.
Par le même.
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Résumé : VERS à Mde D. M.
Le narrateur abandonne ses activités artistiques avant d'apercevoir l'Amour, qui l'encourage à se souvenir de Climène et à reprendre son luth. L'Amour, devinant ses pensées, lui conseille de suivre son inspiration. Après cette rencontre, le narrateur se retrouve seul et inspiré, reprenant sa lyre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11008
p. 45-46
MADRIGAL. A Mde de C.
Début :
UN jour que de noires vapeurs [...]
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL. A Mde de C.
MADRIGAL. A Mde de C.
UN jour que de noires vapeurs
L'imagination blessée, Peignoit chacun à ma pensée
| --
46 MERCURE DE FRANCE.
·
De ſombres & fauſſes couleurs ;
A mon eſprit attrabilaire
S'offre l'aimable C. .. tin.
Il s'offenſa que ſans deſſein,
· A tout le monde elle ait ſçu plaire.
Il veut lui trouver un défaut ;
Mais elle n'eſt qu'aimable & belle :
Contre lui, je ſentis bientôt
Mon cœur prendre parti pour elle.
Le C. d'AR... Capitaine de Cavalerie.
UN jour que de noires vapeurs
L'imagination blessée, Peignoit chacun à ma pensée
| --
46 MERCURE DE FRANCE.
·
De ſombres & fauſſes couleurs ;
A mon eſprit attrabilaire
S'offre l'aimable C. .. tin.
Il s'offenſa que ſans deſſein,
· A tout le monde elle ait ſçu plaire.
Il veut lui trouver un défaut ;
Mais elle n'eſt qu'aimable & belle :
Contre lui, je ſentis bientôt
Mon cœur prendre parti pour elle.
Le C. d'AR... Capitaine de Cavalerie.
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11009
p. 46
VERS destinés à être mis au bas du portrait de M. l'Abbé DE VOISENON, de l'Académie Françoise.
Début :
FAVORI d'Apollon, ses élégans écrits, [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS destinés à être mis au bas du portrait de M. l'Abbé DE VOISENON, de l'Académie Françoise.
VERS destinés à être mis au bas du
portrait de M. l'Abbé DE VOISENON,
de l'Académie Françoise.
FAVORI d'Apollon, ses élégans écrits,
Par le goût même ornés, par les Grâces pétris ,
Seront gravés au Temple de Mémoire.
Son cœur du ſentiment ſçait connoître le prix :
Il eſt, par cent vertus au-deſſus de ſa gloire,
Les délices de ſes Amis.
portrait de M. l'Abbé DE VOISENON,
de l'Académie Françoise.
FAVORI d'Apollon, ses élégans écrits,
Par le goût même ornés, par les Grâces pétris ,
Seront gravés au Temple de Mémoire.
Son cœur du ſentiment ſçait connoître le prix :
Il eſt, par cent vertus au-deſſus de ſa gloire,
Les délices de ſes Amis.
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11010
p. 46-51
PORTRAIT DE JULIE.
Début :
ON a tant de fois célébré les triomphes de la folie, tant de fois analysé le [...]
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texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT DE JULIE.
PORTRAIT DE JULIE.
ON a tant de fois célébré les triomphes
de la folie, tant de fois analysé le
º
M A I.
1764.
47 .
cœur humain , raconté ſes égaremens,
ſes travers, ſes contradictions , & tout
n'eſt pas encore dit. Nous voyons ce que
nos Pères auroient à peine imaginé ;
des plaiſirs fatigans, des amitiés incom
modes , des bienſéances ridicules , des
paſſions éphémères, des foibleſſes réflé
chies , des infidélités réciproquement
permiſes, des crimes conſommés avec
dignité, des corrupteurs agréables, des
femmes qui s'honorent de leurs vices,
des vices couronnés par les ſuccès les
plus brillans, la ſéduction réduite en
principes , l'obſcénité applaudie , les
Loix, la Religion , l'humanité, la Na
ture outragées, toutes les barrières ren
verſées.Quel ſpectacle l...Eſt-ce donc là
toute l'hiſtoire d'un Siécle Philoſophe ?
Ne voit-on parmi nous que des frivoli
tés ou des horreurs ? Il ſeroit injuſte de
le penſer.Je ne préſentois que la moi
tié du tableau. Développons la toile &
nous verrons la modération ſur
le
Thrône , la bienſéance dans les Palais,
la modeſtie ſous la pourpre, l'intégrité
dans la Magiſtrature , la Science ſans
vanité, l'opulence ſans avarice & ſans
faſte, l'amour avec l'innocence , la dé
cence avec la beauté ; la franchiſe, l'a-
mitié, l'honneur , la vertu : voilà le
-
43 MERCURE DE FRANCE.
contraſte. Oui , la vertu brille encore
parmi nous ; la ſageſſe n'eſt pas ſeule
ment dans nos Livres. J'en vais tracer
un modéle , & ce modéle exiſte dans la
Nature.
· Julie à la figure la plus intéreſſante
joint toutes les perfections du cœur &
de l'eſprit. Ses premiers regards ne ſont
pas tombés ſur les tréſors de l'abondan
ce, ſur les Fêtes tumultueuſes, ſur les
folies éclatantes de la grandeur. Née
ſous un toît ruſtique, élevée dans la mé
diocrité , elle en chérit les avantages.
Elle préfére le ſpectacle de ſa campa
gne au luxe des cités, une ſimple vio
lette à la plus riche parure, & l'ingé
nuité, le bon ſens du Peuple villageois
à tout l'eſprit, à toute l'excellence de
cette foule de Vers luiſans qui peuplent
nos villes. Au ſein de l'innocence,dans
le ſilence des paſſions, toujours bien
avec elle-même, elle jouit d'elle-même :
ſon âme eſt, pour ainſi dire, le Temple
de la Paix. Dans cet âge brillant, l'âge
des prétentions, la fleur des âges, où
s'annoncent la tyrannie de nos Déeſſes ,
l'art des myſtères, des caprices, des hu
meurs, où la beauté fière de l'éclat qui
l'environne, étend en quelque ſorte la
ſphère
"-
M A I. 1764.
49
ſphère de ſa domination par la bizarre- .
rie & la contradiction de ſes loix, Julie
accorde heureuſement les Grâces avec
la Raiſon , les manières les plus enga
geantes , le ton le plus ſéduiſant avec
le caractère le plus vrai & le mieux ex
pliqué. Les idées de juſtice & d'huma
nité que la Nature a gravées dans ſon
âme, lui font déteſter ces triomphes
cruels de la vanité qui ſe plaît à jouir
de l'embarras & de l'humiliation des
autres. Elle veut & ſemble ignorer tous
les torts que le devoir & la Raiſon ne
l'obligent pas à relever. Tous les jours
on la croit parfaite , & tous les jours
elle ſe ſurpaſſe.
Le ſommeil du Sybarite, l'yvrèſſe de
nos demi-Dieux, la pompe, la magie de
leurs Spectacles, tous leurs plaiſirs fon
dus enſemble & réduits à la même im- .
reſſion, ne valent pas un ſourire, un re
gard de Julie. C'eſt la vertu , la ſageſſe
elle-même ſous les traits de l'humanité.
C'eſt une fille vraiment céleſte, le mi
racle de ſon ſéxe , le chef d'œuvre de la
Nature. On ne peut voir qu'elle où elle
eſt. Elle parle, & l'âme de celui qui .
l'entend ſemble faire effort pour s'unir à
la ſienne , & ſe confondre avec elle.
Ses plus fidelles compagnes occupées
C
5o MERCURE DE FRANCE.
à ſon exemple des travaux de leur âge
& de leur condition , viennent former
tous les jours un cercle autour d'elle.
La perſuaſion coule alors de ſes lévres ;
& toute la ſenſibilité de ſon âme ſe
eint dans ſes yeux. O mes amies! leur
dit-elle ſouvent , ſi nous connoiſſions
bien le prix de la vertu; ſi la foible
raiſon qui nous éclaire pouvoit nous
en repréſenter les charmes & les avan
tages, lorſque nos cœurs s'ouvriroient
à ſes impreſſions ; de quel plaiſir nous
ſerions enivrées ! Qu'il nous ſeroit bien
plus aiſé † de nous les dan
gers de la ſéduction. Oui, la vertu mê
me perſécutée eſt mille fois préférable
au crime le plus heureux. Des remords
éternels déchirent le cœur du méchant ;
· malgré la ſucceſſion rapide de ſes af
faires & de ſes amuſemens, il ne peut
étouffer les cris menaçans de ſa conſ
cience ; des phantômes effrayans le
troublent juſques dans les bras du ſom
meil & ſur les autels de la volupté.
Il traîne partout ſa honte & ſon déſeſ
poir. Mais la paix, le calme , la ſécn
rité ſont le partage de l'innocence. Ni
le caprice du ſort, ni la malignité des
hommes ne peuvent lui ravir ces biens
ineſtimables qu'elle puiſe dans ſon pro
M A I. 1764.
51
pre ſein. Le véritable honneur, la ſo
lide
gloire lui appartiennent , tandis
que le vice eſt tôt ou tard couvert d'op
probre & de mépris.
ON a tant de fois célébré les triomphes
de la folie, tant de fois analysé le
º
M A I.
1764.
47 .
cœur humain , raconté ſes égaremens,
ſes travers, ſes contradictions , & tout
n'eſt pas encore dit. Nous voyons ce que
nos Pères auroient à peine imaginé ;
des plaiſirs fatigans, des amitiés incom
modes , des bienſéances ridicules , des
paſſions éphémères, des foibleſſes réflé
chies , des infidélités réciproquement
permiſes, des crimes conſommés avec
dignité, des corrupteurs agréables, des
femmes qui s'honorent de leurs vices,
des vices couronnés par les ſuccès les
plus brillans, la ſéduction réduite en
principes , l'obſcénité applaudie , les
Loix, la Religion , l'humanité, la Na
ture outragées, toutes les barrières ren
verſées.Quel ſpectacle l...Eſt-ce donc là
toute l'hiſtoire d'un Siécle Philoſophe ?
Ne voit-on parmi nous que des frivoli
tés ou des horreurs ? Il ſeroit injuſte de
le penſer.Je ne préſentois que la moi
tié du tableau. Développons la toile &
nous verrons la modération ſur
le
Thrône , la bienſéance dans les Palais,
la modeſtie ſous la pourpre, l'intégrité
dans la Magiſtrature , la Science ſans
vanité, l'opulence ſans avarice & ſans
faſte, l'amour avec l'innocence , la dé
cence avec la beauté ; la franchiſe, l'a-
mitié, l'honneur , la vertu : voilà le
-
43 MERCURE DE FRANCE.
contraſte. Oui , la vertu brille encore
parmi nous ; la ſageſſe n'eſt pas ſeule
ment dans nos Livres. J'en vais tracer
un modéle , & ce modéle exiſte dans la
Nature.
· Julie à la figure la plus intéreſſante
joint toutes les perfections du cœur &
de l'eſprit. Ses premiers regards ne ſont
pas tombés ſur les tréſors de l'abondan
ce, ſur les Fêtes tumultueuſes, ſur les
folies éclatantes de la grandeur. Née
ſous un toît ruſtique, élevée dans la mé
diocrité , elle en chérit les avantages.
Elle préfére le ſpectacle de ſa campa
gne au luxe des cités, une ſimple vio
lette à la plus riche parure, & l'ingé
nuité, le bon ſens du Peuple villageois
à tout l'eſprit, à toute l'excellence de
cette foule de Vers luiſans qui peuplent
nos villes. Au ſein de l'innocence,dans
le ſilence des paſſions, toujours bien
avec elle-même, elle jouit d'elle-même :
ſon âme eſt, pour ainſi dire, le Temple
de la Paix. Dans cet âge brillant, l'âge
des prétentions, la fleur des âges, où
s'annoncent la tyrannie de nos Déeſſes ,
l'art des myſtères, des caprices, des hu
meurs, où la beauté fière de l'éclat qui
l'environne, étend en quelque ſorte la
ſphère
"-
M A I. 1764.
49
ſphère de ſa domination par la bizarre- .
rie & la contradiction de ſes loix, Julie
accorde heureuſement les Grâces avec
la Raiſon , les manières les plus enga
geantes , le ton le plus ſéduiſant avec
le caractère le plus vrai & le mieux ex
pliqué. Les idées de juſtice & d'huma
nité que la Nature a gravées dans ſon
âme, lui font déteſter ces triomphes
cruels de la vanité qui ſe plaît à jouir
de l'embarras & de l'humiliation des
autres. Elle veut & ſemble ignorer tous
les torts que le devoir & la Raiſon ne
l'obligent pas à relever. Tous les jours
on la croit parfaite , & tous les jours
elle ſe ſurpaſſe.
Le ſommeil du Sybarite, l'yvrèſſe de
nos demi-Dieux, la pompe, la magie de
leurs Spectacles, tous leurs plaiſirs fon
dus enſemble & réduits à la même im- .
reſſion, ne valent pas un ſourire, un re
gard de Julie. C'eſt la vertu , la ſageſſe
elle-même ſous les traits de l'humanité.
C'eſt une fille vraiment céleſte, le mi
racle de ſon ſéxe , le chef d'œuvre de la
Nature. On ne peut voir qu'elle où elle
eſt. Elle parle, & l'âme de celui qui .
l'entend ſemble faire effort pour s'unir à
la ſienne , & ſe confondre avec elle.
Ses plus fidelles compagnes occupées
C
5o MERCURE DE FRANCE.
à ſon exemple des travaux de leur âge
& de leur condition , viennent former
tous les jours un cercle autour d'elle.
La perſuaſion coule alors de ſes lévres ;
& toute la ſenſibilité de ſon âme ſe
eint dans ſes yeux. O mes amies! leur
dit-elle ſouvent , ſi nous connoiſſions
bien le prix de la vertu; ſi la foible
raiſon qui nous éclaire pouvoit nous
en repréſenter les charmes & les avan
tages, lorſque nos cœurs s'ouvriroient
à ſes impreſſions ; de quel plaiſir nous
ſerions enivrées ! Qu'il nous ſeroit bien
plus aiſé † de nous les dan
gers de la ſéduction. Oui, la vertu mê
me perſécutée eſt mille fois préférable
au crime le plus heureux. Des remords
éternels déchirent le cœur du méchant ;
· malgré la ſucceſſion rapide de ſes af
faires & de ſes amuſemens, il ne peut
étouffer les cris menaçans de ſa conſ
cience ; des phantômes effrayans le
troublent juſques dans les bras du ſom
meil & ſur les autels de la volupté.
Il traîne partout ſa honte & ſon déſeſ
poir. Mais la paix, le calme , la ſécn
rité ſont le partage de l'innocence. Ni
le caprice du ſort, ni la malignité des
hommes ne peuvent lui ravir ces biens
ineſtimables qu'elle puiſe dans ſon pro
M A I. 1764.
51
pre ſein. Le véritable honneur, la ſo
lide
gloire lui appartiennent , tandis
que le vice eſt tôt ou tard couvert d'op
probre & de mépris.
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Résumé : PORTRAIT DE JULIE.
Le texte décrit Julie, une jeune femme remarquable par ses qualités morales et intellectuelles. Née dans la simplicité et élevée dans la modestie, elle privilégie la vie rurale et les valeurs authentiques aux luxes urbains. Julie incarne la vertu, la sagesse et l'humanité, combinant grâce et raison, et sincérité dans ses manières. Elle rejette la vanité et les injustices non fondées sur le devoir et la raison. Son influence est telle que ses compagnes se rassemblent pour écouter ses paroles persuasives et sensibles. Julie prône la vertu, affirmant qu'elle est préférable même face à la persécution, contrairement au crime. Le texte oppose les souffrances du méchant aux bienfaits de l'innocence, soulignant que la véritable gloire revient à la vertu, tandis que le vice conduit inévitablement à l'opprobre et au mépris.
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11011
p. 51-53
VERS sur la mort de ZÉLIS, à M ***.
Début :
AH ! ne taxe point de foiblesse, [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS sur la mort de ZÉLIS, à M ***.
VERS sur la mort de ZÉLIS,
à M ***.
AH ! ne taxe point de foiblesse,
Ami, les pleurs que je répands ;
Mon cœur les doit à la tendreſſe ;
C'eſt un tribut que je lui rends.
Oui, ma douleur eſt légitime.
L'objet que je perds à jamais,
Zélis, mérita mon eſtime :
Elle eſt digne de mes regrets.
Lorſque la Parque inéxorable
Vint trancher le fil de ſes jours,
Elle étoit dans cet âge aimable,
Dans l'âge où naiſſent les Amours,
| La candeur, l'aimable innocence ,
L'embelliſſoient de leurs attraits ;
L'Amour ſoumis à la décence,
'
Dans ſes beapx yeux forgeoit ſes traits,
C ij ,
52 MERCURE DE FRANCE. .
Contre tant d'appas, tant de charmes,
Ah : comment défendre ſon cœur !
Bientôt je lui rendis les armes ;
Bientôt j'adorai mon vainqueur.
De la main de l'Amour lui-même,
Ma Zélis accepta ma foi ;
L'aimer étoit mon bien ſuprême 5
Elle ne vivoit que pour mei.
Que m'importe à préſent la vie,
O cher objet de mes amours ?
Depuis que le Ciel ta ravie,
Je ne connois plus les beaux jours.
Que ne puis-je aux royaumes ſombres
Où la Mort te tient ſous ſa loi, .
Ecartant les funeſtes ombres,
Comme Orphée aller juſqu'à toi ?
Hélas ! de la nuit éternelle
Je ne craindrois pas les horreurs ;
Près de toi l'amitié fidelle
Y feroit éclore des fleurs.
Mais le Ciel trop inéxorable,
Quand on eſt ſur ce triſte bord ,
Par un décret irrévocable
Y fixe à jamais notre ſort.
·
»
|
·
M A I. 1764. .
Du moins pour honorer ta cendre,
Reçois l'hommage de mes pleurs.
· Sur ton tombeau j'irai répandre
Chaque jour de nouvelles fleurs.
M**.
à M ***.
AH ! ne taxe point de foiblesse,
Ami, les pleurs que je répands ;
Mon cœur les doit à la tendreſſe ;
C'eſt un tribut que je lui rends.
Oui, ma douleur eſt légitime.
L'objet que je perds à jamais,
Zélis, mérita mon eſtime :
Elle eſt digne de mes regrets.
Lorſque la Parque inéxorable
Vint trancher le fil de ſes jours,
Elle étoit dans cet âge aimable,
Dans l'âge où naiſſent les Amours,
| La candeur, l'aimable innocence ,
L'embelliſſoient de leurs attraits ;
L'Amour ſoumis à la décence,
'
Dans ſes beapx yeux forgeoit ſes traits,
C ij ,
52 MERCURE DE FRANCE. .
Contre tant d'appas, tant de charmes,
Ah : comment défendre ſon cœur !
Bientôt je lui rendis les armes ;
Bientôt j'adorai mon vainqueur.
De la main de l'Amour lui-même,
Ma Zélis accepta ma foi ;
L'aimer étoit mon bien ſuprême 5
Elle ne vivoit que pour mei.
Que m'importe à préſent la vie,
O cher objet de mes amours ?
Depuis que le Ciel ta ravie,
Je ne connois plus les beaux jours.
Que ne puis-je aux royaumes ſombres
Où la Mort te tient ſous ſa loi, .
Ecartant les funeſtes ombres,
Comme Orphée aller juſqu'à toi ?
Hélas ! de la nuit éternelle
Je ne craindrois pas les horreurs ;
Près de toi l'amitié fidelle
Y feroit éclore des fleurs.
Mais le Ciel trop inéxorable,
Quand on eſt ſur ce triſte bord ,
Par un décret irrévocable
Y fixe à jamais notre ſort.
·
»
|
·
M A I. 1764. .
Du moins pour honorer ta cendre,
Reçois l'hommage de mes pleurs.
· Sur ton tombeau j'irai répandre
Chaque jour de nouvelles fleurs.
M**.
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Résumé : VERS sur la mort de ZÉLIS, à M ***.
Le poème 'Vers sur la mort de Zélis' exprime la douleur de l'auteur face à la perte de Zélis, une femme qu'il estimait et aimait profondément. L'auteur justifie ses larmes par la tendresse qu'il lui portait, soulignant que sa douleur est légitime. Il décrit Zélis comme une jeune femme au sommet de sa beauté et de son innocence, capable d'inspirer l'amour et la soumission. L'auteur avoue avoir succombé à ses charmes et avoir été réciproquement aimé par elle. Depuis sa mort, il ne trouve plus de joie dans la vie et regrette de ne pouvoir la rejoindre dans l'au-delà, comme Orphée. Il promet de rendre hommage à sa mémoire en visitant régulièrement sa tombe et en y déposant des fleurs. Le poème se conclut en mai 1764.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11012
p. 53
COMPLAINTE à M. le Marquis de BUSSY, Brigadier des Armées du Roi.
Début :
SENSIBLE Epoux, votre âme en deuil [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMPLAINTE à M. le Marquis de BUSSY, Brigadier des Armées du Roi.
COMPLAINTE à M. le Marquis de
BUSSY, Brigadier des Armées du Roi.
SENSIBLE Epoux, votre âme en deuil
Pleure cette épouſe, fleur tèndre,
Tombée en ſon matin dans la nuit du cercueil.
Une mère éperdue érre autour de ſa cendre.
Une famille entière en proie à ſes douleurs,
Dans vos larmes confond ſes pleurs. . Elle en est digne. Elle fut admirée
Par ſes vertus comme par ſes attraits, De ses bontés je me vis honorée : Mon coeur se joint à vos regrèts ;
Et ma tremblante main à ſon urne adorée Attache aussi quelques cyprès.
Par la MUSE LIMONADIERE.
BUSSY, Brigadier des Armées du Roi.
SENSIBLE Epoux, votre âme en deuil
Pleure cette épouſe, fleur tèndre,
Tombée en ſon matin dans la nuit du cercueil.
Une mère éperdue érre autour de ſa cendre.
Une famille entière en proie à ſes douleurs,
Dans vos larmes confond ſes pleurs. . Elle en est digne. Elle fut admirée
Par ſes vertus comme par ſes attraits, De ses bontés je me vis honorée : Mon coeur se joint à vos regrèts ;
Et ma tremblante main à ſon urne adorée Attache aussi quelques cyprès.
Par la MUSE LIMONADIERE.
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Résumé : COMPLAINTE à M. le Marquis de BUSSY, Brigadier des Armées du Roi.
Une complainte est adressée au Marquis de Bussy pour déplorer la perte d'une femme aimante et dévouée, épouse et mère admirée. Sa mort prématurée plonge sa famille dans le chagrin. La muse Limonadière exprime également sa peine et honore sa mémoire.
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11013
p. 54-66
LETTRE écrite de la Nouvelle-Orléans dans la Louisiane, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure, à Paris. Par M. F****, sur feu M. TITON DU TILLET.
Début :
VOUS n'avez pas ignoré, sans doute, dans le temps, Monsieur, que la mort nous [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de la Nouvelle-Orléans dans la Louisiane, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure, à Paris. Par M. F****, sur feu M. TITON DU TILLET.
LETTRE écrite de la Nouvelle-Orléans
dans la Louisiane, à M. DE LA
PLACE, Auteur du Mercure, à Paris.
Par M. F****, sur feu M. TITON
DU TILLET.
VOUS n'avez pas ignoré, sans doute,
dans le temps, Monsieur, que la mort nous
a enlevé un excellent citoyen;un Ecrivain
eſtimable , un Académicien de prèſque
toutes les Académies de l'Europe , un
homme audeſſus de la claſſe ordinaire de
ſes ſemblables,aſſez ardent & aſſez géné
reux pour avoir conſacré une partie de ſa
vie & de ſa fortune à élever à la gloire de
ſon Prince & de ſa patrie, un monur ^nt
auſſi durable que le bronze dont il eſt ror
mé.Je n'ai pas beſoin de vous nommer le
célébre M.Titon du Tillet; l'amitié dont il
m'honora durant ſes dernières années ,
me reproche d'avoir différé juſqu'à pré
ſent à vous adreſſer au moins une eſquiſſe
ſur ſa perſonne & ſur ſes ouvrages : je
ſçais que des plumes habiles & exercées
lui ont rendu des hommages dignes de
lui. Je les ai lus avec cette ſatisfaction
douce que procure la contemplation de
,
M A I. 1764.
55
ſa juſtice rendue au mérite : mai, vous
l'avouerai-je ? je n'ai pas été peu ſurpris
devoir que le Doyen de nos Ouvrages
périodiques, le Mercure de France, le
Journal de la nation , ait gardé ſeul juſ
quà ce jour, un profond ſilence ſur un
François qui a tant & ſi bien travaillé
pour l'honneur de ſes compatriotes. *
Pour réparer, ſi je puis, une telle omiſ- .
ſion, le regret & la douleur enhardiſ
ſent ma main timide & inconnue , à
vous tracer ici quelques-uns des prin
cipaux traits qui m'ont frappé dans ce
reſpectable Mortel.
Moréri & ſes ſupplémens nous ap
prennent qu'il étoit fils de Maximilien
Titon , Seigneur de Bévre , de Lançon,
d'Iſtre & d'Ognon, Secrétaire du Roi ,
qui le premier propoſa l'établiſſement
des magazins d'armes, dont il fut nom
mé par Sa Majeſté, Directeur Général
dans toute l'étendue du Royaume. Ma
acimilien Titon eſt dit ſorti d'une famille
d'Ecoſſe, d'où ſon grand-père vint s'é-
tablir à Paris. Son épouſe fut Dame
Marguerite Becaille , dont il eut ſept
enfans , du nombre deſquels eſt celui
dont je vais parler.
* On nous avoit promis ſur ce ſujet, des Mé
moires qui ne nous ont pas encore été remis.
Civ
- 56 MERCURE DE FRANCE.
Evrard Titon du Tillet nâquit à Paris,
à l'Arſénal, ſur la Paroiſſe de S. Paul , le
16 Janvier 1677. Après avoir fait de
fort bonnes études au Collége des Jé
ſuites, il entra jeune dans le Service. Il
eut une Compagnie, ſous ſon nom, com
poſée de 1oo fuſiliers. Malgré la vie
inappliquée de l'état militaire, il trouva
le temps d'étudier en Droit,& de ſe faire
recevoir Avocat en Parlement à Paris.
Par la ſuite, devenu Capitaine de Dra
gons, il fut réformé après la paix de
Riſwich conclue en 1697 : alors il ache
ta une Charge de Maître-d'Hôtel de
Madame la Ducheſſe de Bourgogne,
Adélaide de Savoie, Dauphine & Mère
de Louis XV. La mort de cette Prin
ceſſe, arrivée en 1712 , lui fit perdre ſa
Charge, & le rendit totalement maître
de lui-même.
En 1719 il alla à Rome, où il paſſà
quatre mois & où il apprit très-bien
' l'Italien. Il parcourut la plus grande
partie de l'Italie. Il fit ce voyage en
homme de goût qui cherche à s'inſtrui
re & qui y réuſſit. Auſſi a-t-il laiſſé
une collection de Tableaux & de Bron
zes fort eſtimés.
A ſon retour, à la ſollicitation de ſa fa
mille, il acquit une charge de Commiſſai
re Provincial des Guèrres,dont il remplit
/
".
M A I. 1764.
ceux qui en furent les témoins.
|
57
les fonctions à la ſatisfaction de tous
Dès 17o8, il avoit conçu la grande idée
- d'exécuter en bronze un Parnaſſe Fran
çois à la Gloire de la France & de LovIs
· LE-GRAND, & à la mémoire immortelle
des Illuſtres Poëtes & des fameux Mu
ſiciens François. Il conſulta les meil
leurs Artiſtes & les plus grands Critiques
du temps, ſurtout le ſévère Boileau
Deſpréaux. Ils applaudirent à une ſi
belle idée; ils jugerent même équitable
qu'après avoir placé au premier rang
les Poëtes & les Artiſtes les plus renom
més,on mît les autres dignes d'y figurer,
dans des degrés inférieurs ſelon leurs dif
férens mérites : Stat ſua cuique merces.
- Louis Garnier, Sculpteur, éléve de
· Girardon , travailla près de dix ans pour
pour le finir. Ce Monument offre un
groupe de figures en bronze d'environ
neufpieds d'élévation; quatre ſont pour
le maſſif de bois de chêne bronzé qui
fait le bas de la montagne, & cinq &
quelques pouces, pour le bronze au
deſſus, où ſe voyent les différentes fi
gures : les quinze principales ont de
puis douze juſquà dix-huit pouces de
proportion ou de hauteur. Ce groupe
n'eſt qu'un modéle. Loºgde l'Auteur
L V -
|
58 MERCURE DE FRANCE.
étoit de le
faire exécuter en Statues
Coloſſales au milieu d'une vaſte Place
publique ou d'un magnifique Jardin ,
tel que l'Eſtampe le repréſente. Ce fa
meux Ouvrage fut achevé en 1718.
M. du Tillet pour le faire connoître
au Public qui paroiſſoit le deſirer, en
· fit faire un deſſein & un tableau par
Nicolas Poilly, excellent Artiſte. En
ſuite il en fit graver une grande Eſtam
pe par Jean Audran, qui fut achevée &
préſentée à Sa Majeſté en 1723 avec
le tableau : ces préſens furent reçus
avec une bonté & un accueil très-flat
teurs pour l'Auteur. La Reine en 1726
accepta une pareille Eſtampe ſous verre,
décorée d'une riche bordure. Une gran
de quantité d'autres fut diſtribuée à tout
ce qu'il y avoit de mieux à la Cour, à
la Ville , dans les Provinces & dans les
Pays étrangers.
Outre ces précautions, l'Auteur pour
donner une parfaite idée de ſon Ou
vrage, en compoſa & en fit imprimer
une deſcription détaillée en 1727,in-12,
à Paris. Ce même Livre fut réimprimé
en 1732 , mais beaucoup plus ample,
in-folio , grand & petit papier avec des
Eſtampes. Il y a ajouté depuis deux
Supplémens de pareil format , l'un en
-
M A I. 1764..
5 9
· 1743 , l'autre en 1755 , toujours avec
des Eſtampes & des Vignettes , & il
reſte en manuſcrit actuéllement , tout
diſpoſé, dequoi en publier un troiſiéme.
En 1734 , M. Titon du Tillet , pour
prouver à l'Univers que ſon zéle en
• érigeant ſon Parnaſſe , n'étoit qu'une
imitation de ce qu'ont pratiqué les An
ciens , a mis de plus en lumière , un
Ouvrage relatif aux précédens, en un
volume in-12 , ſous ce Titre : Eſſais
ſur les honneurs & ſur les Monumens
accordés aux illuſtres Sçavans pendant
la ſuite des Siécles , &c.
Indépendamment de ces ſecours, pro
pres à produire dans tout ſon jour ſon
· ſublime deſſein, l'Auteur a fait exécuter
en médaillons de bronze, les principaux
Perſonnages mentionnés ſur ce Parnaſ
ſe. En 173o, il offrit à Sa Majeſté une ,
ſuite des vingt premiers, qu'Elle reçut
avec ſatisfaction.
Il a donné de ces
médaillons à beaucoup de perſonnes »
ainſi qu'une très - grande quantité de
copies en cuivre bronzé qu'il en avoit
fait tirer. Quelque temps avant ſa mort »
il gratifia l'Académie des Inſcriptions &
Belles-Lettres de trente-trois de ces Mé
daillons originaux, auxquels il joignir
C vi,
6o MERCURE DE FRANCE.
celui de Louis XIV de même matière,
de deux pieds de haut ſur deux de large.
Enfin M. du Tillet, après avoir paſſé
quarante ans dans des Emplois ou Char
es militaires, ſans avoir jamais ſongé
# ſe marier ; dans une indépendance
hiloſophique, jouiſſant tout entier de
† , ſe retira rue de Montreuil ,
fauxbourg S.Antoine, dans une maiſon
qu'il tenoit de ſon père. Là, unique
ment occupé des Lettres & de ſon Par
naſſe, ſon humeur enjouée, égale, ſon
accueil riant, ſa douceur, ſa complai
ſance dans la Société, ſes égards pour
tout le monde, ſa converſation variée
d'une infinité d'Anecdotes littéraires &
morales, ſes repas bien ſervis chaque
ſemaine pour les gens d'eſprit , de goût
ou Sçavans ; la Muſique qu'il aimoit
beaucoup, la Baſſe-de-viole dont il
jouoit paſſablement, la belle Baſſe-taille
qu'il tenoit de la Nature, dont il en
chantoit ſouvent ſes convives, & qu'il a
conſervée juſqu'à ſon décès, à deux ou
trois ans près, formèrent de ſon aſyle
un ſéjour des plus amuſans & des plus
agréables. Mademoiſelle Felix ſa nièce,
à la tête de ſa maiſon depuis quelques
années, & chargée d'en faire les hon
M A I. 1764.
6 F
neurs, s'en eſt acquittée avec un eſprit,
une politeſſe, une attention & une no
bleſſe, qui ajoutant de nouveaux char
mes à ſon commerce, l'ont rendu cher
à tout ce qu'il y a eu de gens recomman
dables & diſtingués dans la Capitale de
la France. Il y étoit ſans ceſſe recher
ché, eſtimé, fêté, même des Etrangers
qui abondoient chaque jour chez lui de
puis plus de quarante ans, attirés par ſa
renommée de toutes les parties du Mon
de, pour contempler & admirer le mo
dèle de ſon immortel Parnaſſe.
C'eſt dans cette ſituation que ne per
dant jamais de vue ſon amour d'obliger
les gens de Lettres , & tout ce qui
les regarde, on lui préſenta le petit-neveu
du grand Corneille. Le voir & s'intéreſſer
à lui fut l'effet du premier inſtant. Il em
ploya ſon crédit & ſes amis aſſez heureu
ſement auprès de M. de Voltaire, pour
procurer à Mlle Corneille un ſort conve
nable au beau nom qu'elle orte. Le di
gne Chantre du grand HENRI , reçut
avec empreſſement cette héritière de
notre premier Tragique ; &, faiſant
envers elle conſtamment l'office de
Père , vient de conſommer ſon ou
vrage , en la mariant auſſi avanta
62 MERCURE DE FRANCE.
geuſement
qu'honorablement à M.
Dupuis, Capitaine de Dragons.
M. Titon, attaqué d'un rhûme qui lui
dura environ ſix ou ſept ſemaines , ſans
lui ôter l'appétit,conſervant toujours tou
te ſa tête & tout ſon enjoûment, ſe ſentit
aſſez mal le 24 Décembre 1762 , ſur les
quatre heures, après avoir bien & gaî
ment dîné, pour demander à ſe cou
cher. Cette demande, la première de
cette nature qu'il eût faite en ſa vie, fut
auſſi la dernière. Il ne ſe releva point de
ſon lit. Son eſtomach s'emplit de plus en
plus ; ſon rhûme l'étouffa le 26 Décem
bre, lendemain de Noël, vers midi.
Il avoit quatre-vingt-cinq ans, onze
mois, vingt-un jours. La Nature, qui
lui avoit donné un tempérament vi
goureux, le fit toujours jouir de la ſanté
la plus ſolide. Il n'avoit jamais été ſaigné
qu'une fois ou deux, & n'avoit jamais
connu ni fiévre , ni mal-de-tête, ainſi
que feu M. de Fontenelle ſon ami.
Il n'eſt guères poſſible d'accumuler
plus d'Honneurs littéraires qu'il en a re
çus durant ſa vie. Il étoit Académicien
ou Aſſocié de prèſque toute les Acadé
mies. On voit par une Ode de M. Des
forges-Maillard, inſérée dans les diver
à
M A I. 1764.
63
fes Piéces au ſujet du Parnaſſe François,
à la fin du Supplément de 2755 (p. 57)
qu'il étoit de vingt huit Académies ; &
depuis l'impreſſion de ce Livre, il avoit
encore eu d'autres Lettres d'Académir
cien de diverſes autres Académies.
Tous ces illuſtres Corps Littéraires ont
paru ſe trouver honorés de l'avoir pour
Membre ou Agrégé. Il n'en eſt aucun
qui n'ait fait les premiers pas pour ſe
l'attacher. C'eſt par la raiſon contraire
qu'il n'a été de pas une ſeule Académie
de Paris. Il l'eût deſiré, ſans doute, &
ſon Parnaſſe en eût été le prix. Son ca
ractère modeſte l'a toujours fait tenir
tranquille, & répondre à ceux qui l'in
vitoient à faire quelques démasches ,
qu'il n'en étoit pas digne. Mais une diſ
tinction qui lui eſt, je crois, particulière ;
c'eſt que quand il alloit à leurs Séances,
on lui préſentoit le fauteuil, on lui don
noit un Jetton, & on l'invitoit à venir
aux Aſſemblées.
Au ſurplus ,
il eſt conſtant que M.
Titon a fait honneur aux Lettres & à la
France; & cela d'une façon unique. Si
les éloges, les honneurs & le rang que
lui ont accordé tous les Corps Littérai
res, ſur-tout les Etrangers, dont il étoit»
64 MERCURE DE FRANCE.
ſans parler des Gens de Lettres les plus
diſtingués parmi nous, peuvent faire
compenſation , le noble & l'immortel
Titon, comme Ecrivain & comme Ci
toyen, n'a eu rien à deſirer.
Quel autre Particulier, dit le Direc
teur perpétuel de l'Académie Royale
d'Hiſtoire de Madrid, M. de Montiano,
p. 91 de la ſeconde partie du Supplément
de 1755, immortaliſera jamais à ſes pro
pres dépens le mérite de ſes plus habiles
Compatriotes ? Et quels ſont les génies
les plus jaloux d'une ſi grande gloire ,
qui ſe ſoient préſentés pourremplir l'objet
' d'une ſi noble entrepriſe ?
Ses généreux travaux , dit un des
Memcres de la même Académie , M.
Boſquiat de la Houze , p. 85 & 86 du
même Supplément , ont été couronnés
par ſon aſſociation aux plus célébres
Académies de l'Europe ; & ne puis-je
pas déjà regarder comme votre Confrère
un Auteur dont les Ouvrages font une
partie de l'Immortalité de LovIs-LE
GRAND ?
Ces ſortes de perſonnes , diſent les
Mémoires pour l'Hiſtoire des Sciences &
des Beaux-Arts, mois de Juillet 1735 ,
Article 64 , page 1177, ſont dans la
M A I. 1764.
65
République des Lettres ce que les bons
Citoyens ſont dans un Etat : Ils s'ou
blient eux-mêmes,en quelque façon, pour
• ne penſer qu'au bien public; & la ſplen
deur de la Patrie les touche plus,que leur
gloire particulière.
Rouſſeau , notre grand Rouſſeau,dans
une lettre adreſſée à M. Titon , lui dit
en parlant de ſon Parnaſſe & des Au
teurs qui y ſont placés , page 33 du
Supplément de 1755. Vous pouvez donc
vous aſſurer , Monſieur, quoique vous
n'y ayez peut-être pas penſé, que vous
avez travaillé pour votre gloire autant
que pour la leur, & que ce Monument
que vous avez élevé à leur mérite, en
ſera un éternel du vôtre : puiſque ſelon
la penſée de Scaliger : NvNQUAM
POESIS AUT POETARUM A MOR
IN HU MILEM ANI MUM cEcI -
DIT; s ED MAxIMA PLE Rv MQUE
sEQUITvR INGENIA,EoRvMQvE
PERPETUUS FERE COM ES.
Qui ne lui dira donc pas avec Madame
Lhéritier de Villadon, p. 56 du même
Supplément :
Peut-on aſſez priſer ton ſçavoir & ton zéle ?
Non, ſans doute : & tes joins & ta plume fidelle
Ayant étemiſé tant d'illuſtres Autcurs,
"
66 MERCURE DE FRANCE.
Couvert d'une gloire immortelle,
Ton nom doit à jamais briller parmi les leurs.
J'ai l'honneur d'être , &c. F***
A la Nouvelle-Orléans en Amérique,
le 28 Août 1763.
dans la Louisiane, à M. DE LA
PLACE, Auteur du Mercure, à Paris.
Par M. F****, sur feu M. TITON
DU TILLET.
VOUS n'avez pas ignoré, sans doute,
dans le temps, Monsieur, que la mort nous
a enlevé un excellent citoyen;un Ecrivain
eſtimable , un Académicien de prèſque
toutes les Académies de l'Europe , un
homme audeſſus de la claſſe ordinaire de
ſes ſemblables,aſſez ardent & aſſez géné
reux pour avoir conſacré une partie de ſa
vie & de ſa fortune à élever à la gloire de
ſon Prince & de ſa patrie, un monur ^nt
auſſi durable que le bronze dont il eſt ror
mé.Je n'ai pas beſoin de vous nommer le
célébre M.Titon du Tillet; l'amitié dont il
m'honora durant ſes dernières années ,
me reproche d'avoir différé juſqu'à pré
ſent à vous adreſſer au moins une eſquiſſe
ſur ſa perſonne & ſur ſes ouvrages : je
ſçais que des plumes habiles & exercées
lui ont rendu des hommages dignes de
lui. Je les ai lus avec cette ſatisfaction
douce que procure la contemplation de
,
M A I. 1764.
55
ſa juſtice rendue au mérite : mai, vous
l'avouerai-je ? je n'ai pas été peu ſurpris
devoir que le Doyen de nos Ouvrages
périodiques, le Mercure de France, le
Journal de la nation , ait gardé ſeul juſ
quà ce jour, un profond ſilence ſur un
François qui a tant & ſi bien travaillé
pour l'honneur de ſes compatriotes. *
Pour réparer, ſi je puis, une telle omiſ- .
ſion, le regret & la douleur enhardiſ
ſent ma main timide & inconnue , à
vous tracer ici quelques-uns des prin
cipaux traits qui m'ont frappé dans ce
reſpectable Mortel.
Moréri & ſes ſupplémens nous ap
prennent qu'il étoit fils de Maximilien
Titon , Seigneur de Bévre , de Lançon,
d'Iſtre & d'Ognon, Secrétaire du Roi ,
qui le premier propoſa l'établiſſement
des magazins d'armes, dont il fut nom
mé par Sa Majeſté, Directeur Général
dans toute l'étendue du Royaume. Ma
acimilien Titon eſt dit ſorti d'une famille
d'Ecoſſe, d'où ſon grand-père vint s'é-
tablir à Paris. Son épouſe fut Dame
Marguerite Becaille , dont il eut ſept
enfans , du nombre deſquels eſt celui
dont je vais parler.
* On nous avoit promis ſur ce ſujet, des Mé
moires qui ne nous ont pas encore été remis.
Civ
- 56 MERCURE DE FRANCE.
Evrard Titon du Tillet nâquit à Paris,
à l'Arſénal, ſur la Paroiſſe de S. Paul , le
16 Janvier 1677. Après avoir fait de
fort bonnes études au Collége des Jé
ſuites, il entra jeune dans le Service. Il
eut une Compagnie, ſous ſon nom, com
poſée de 1oo fuſiliers. Malgré la vie
inappliquée de l'état militaire, il trouva
le temps d'étudier en Droit,& de ſe faire
recevoir Avocat en Parlement à Paris.
Par la ſuite, devenu Capitaine de Dra
gons, il fut réformé après la paix de
Riſwich conclue en 1697 : alors il ache
ta une Charge de Maître-d'Hôtel de
Madame la Ducheſſe de Bourgogne,
Adélaide de Savoie, Dauphine & Mère
de Louis XV. La mort de cette Prin
ceſſe, arrivée en 1712 , lui fit perdre ſa
Charge, & le rendit totalement maître
de lui-même.
En 1719 il alla à Rome, où il paſſà
quatre mois & où il apprit très-bien
' l'Italien. Il parcourut la plus grande
partie de l'Italie. Il fit ce voyage en
homme de goût qui cherche à s'inſtrui
re & qui y réuſſit. Auſſi a-t-il laiſſé
une collection de Tableaux & de Bron
zes fort eſtimés.
A ſon retour, à la ſollicitation de ſa fa
mille, il acquit une charge de Commiſſai
re Provincial des Guèrres,dont il remplit
/
".
M A I. 1764.
ceux qui en furent les témoins.
|
57
les fonctions à la ſatisfaction de tous
Dès 17o8, il avoit conçu la grande idée
- d'exécuter en bronze un Parnaſſe Fran
çois à la Gloire de la France & de LovIs
· LE-GRAND, & à la mémoire immortelle
des Illuſtres Poëtes & des fameux Mu
ſiciens François. Il conſulta les meil
leurs Artiſtes & les plus grands Critiques
du temps, ſurtout le ſévère Boileau
Deſpréaux. Ils applaudirent à une ſi
belle idée; ils jugerent même équitable
qu'après avoir placé au premier rang
les Poëtes & les Artiſtes les plus renom
més,on mît les autres dignes d'y figurer,
dans des degrés inférieurs ſelon leurs dif
férens mérites : Stat ſua cuique merces.
- Louis Garnier, Sculpteur, éléve de
· Girardon , travailla près de dix ans pour
pour le finir. Ce Monument offre un
groupe de figures en bronze d'environ
neufpieds d'élévation; quatre ſont pour
le maſſif de bois de chêne bronzé qui
fait le bas de la montagne, & cinq &
quelques pouces, pour le bronze au
deſſus, où ſe voyent les différentes fi
gures : les quinze principales ont de
puis douze juſquà dix-huit pouces de
proportion ou de hauteur. Ce groupe
n'eſt qu'un modéle. Loºgde l'Auteur
L V -
|
58 MERCURE DE FRANCE.
étoit de le
faire exécuter en Statues
Coloſſales au milieu d'une vaſte Place
publique ou d'un magnifique Jardin ,
tel que l'Eſtampe le repréſente. Ce fa
meux Ouvrage fut achevé en 1718.
M. du Tillet pour le faire connoître
au Public qui paroiſſoit le deſirer, en
· fit faire un deſſein & un tableau par
Nicolas Poilly, excellent Artiſte. En
ſuite il en fit graver une grande Eſtam
pe par Jean Audran, qui fut achevée &
préſentée à Sa Majeſté en 1723 avec
le tableau : ces préſens furent reçus
avec une bonté & un accueil très-flat
teurs pour l'Auteur. La Reine en 1726
accepta une pareille Eſtampe ſous verre,
décorée d'une riche bordure. Une gran
de quantité d'autres fut diſtribuée à tout
ce qu'il y avoit de mieux à la Cour, à
la Ville , dans les Provinces & dans les
Pays étrangers.
Outre ces précautions, l'Auteur pour
donner une parfaite idée de ſon Ou
vrage, en compoſa & en fit imprimer
une deſcription détaillée en 1727,in-12,
à Paris. Ce même Livre fut réimprimé
en 1732 , mais beaucoup plus ample,
in-folio , grand & petit papier avec des
Eſtampes. Il y a ajouté depuis deux
Supplémens de pareil format , l'un en
-
M A I. 1764..
5 9
· 1743 , l'autre en 1755 , toujours avec
des Eſtampes & des Vignettes , & il
reſte en manuſcrit actuéllement , tout
diſpoſé, dequoi en publier un troiſiéme.
En 1734 , M. Titon du Tillet , pour
prouver à l'Univers que ſon zéle en
• érigeant ſon Parnaſſe , n'étoit qu'une
imitation de ce qu'ont pratiqué les An
ciens , a mis de plus en lumière , un
Ouvrage relatif aux précédens, en un
volume in-12 , ſous ce Titre : Eſſais
ſur les honneurs & ſur les Monumens
accordés aux illuſtres Sçavans pendant
la ſuite des Siécles , &c.
Indépendamment de ces ſecours, pro
pres à produire dans tout ſon jour ſon
· ſublime deſſein, l'Auteur a fait exécuter
en médaillons de bronze, les principaux
Perſonnages mentionnés ſur ce Parnaſ
ſe. En 173o, il offrit à Sa Majeſté une ,
ſuite des vingt premiers, qu'Elle reçut
avec ſatisfaction.
Il a donné de ces
médaillons à beaucoup de perſonnes »
ainſi qu'une très - grande quantité de
copies en cuivre bronzé qu'il en avoit
fait tirer. Quelque temps avant ſa mort »
il gratifia l'Académie des Inſcriptions &
Belles-Lettres de trente-trois de ces Mé
daillons originaux, auxquels il joignir
C vi,
6o MERCURE DE FRANCE.
celui de Louis XIV de même matière,
de deux pieds de haut ſur deux de large.
Enfin M. du Tillet, après avoir paſſé
quarante ans dans des Emplois ou Char
es militaires, ſans avoir jamais ſongé
# ſe marier ; dans une indépendance
hiloſophique, jouiſſant tout entier de
† , ſe retira rue de Montreuil ,
fauxbourg S.Antoine, dans une maiſon
qu'il tenoit de ſon père. Là, unique
ment occupé des Lettres & de ſon Par
naſſe, ſon humeur enjouée, égale, ſon
accueil riant, ſa douceur, ſa complai
ſance dans la Société, ſes égards pour
tout le monde, ſa converſation variée
d'une infinité d'Anecdotes littéraires &
morales, ſes repas bien ſervis chaque
ſemaine pour les gens d'eſprit , de goût
ou Sçavans ; la Muſique qu'il aimoit
beaucoup, la Baſſe-de-viole dont il
jouoit paſſablement, la belle Baſſe-taille
qu'il tenoit de la Nature, dont il en
chantoit ſouvent ſes convives, & qu'il a
conſervée juſqu'à ſon décès, à deux ou
trois ans près, formèrent de ſon aſyle
un ſéjour des plus amuſans & des plus
agréables. Mademoiſelle Felix ſa nièce,
à la tête de ſa maiſon depuis quelques
années, & chargée d'en faire les hon
M A I. 1764.
6 F
neurs, s'en eſt acquittée avec un eſprit,
une politeſſe, une attention & une no
bleſſe, qui ajoutant de nouveaux char
mes à ſon commerce, l'ont rendu cher
à tout ce qu'il y a eu de gens recomman
dables & diſtingués dans la Capitale de
la France. Il y étoit ſans ceſſe recher
ché, eſtimé, fêté, même des Etrangers
qui abondoient chaque jour chez lui de
puis plus de quarante ans, attirés par ſa
renommée de toutes les parties du Mon
de, pour contempler & admirer le mo
dèle de ſon immortel Parnaſſe.
C'eſt dans cette ſituation que ne per
dant jamais de vue ſon amour d'obliger
les gens de Lettres , & tout ce qui
les regarde, on lui préſenta le petit-neveu
du grand Corneille. Le voir & s'intéreſſer
à lui fut l'effet du premier inſtant. Il em
ploya ſon crédit & ſes amis aſſez heureu
ſement auprès de M. de Voltaire, pour
procurer à Mlle Corneille un ſort conve
nable au beau nom qu'elle orte. Le di
gne Chantre du grand HENRI , reçut
avec empreſſement cette héritière de
notre premier Tragique ; &, faiſant
envers elle conſtamment l'office de
Père , vient de conſommer ſon ou
vrage , en la mariant auſſi avanta
62 MERCURE DE FRANCE.
geuſement
qu'honorablement à M.
Dupuis, Capitaine de Dragons.
M. Titon, attaqué d'un rhûme qui lui
dura environ ſix ou ſept ſemaines , ſans
lui ôter l'appétit,conſervant toujours tou
te ſa tête & tout ſon enjoûment, ſe ſentit
aſſez mal le 24 Décembre 1762 , ſur les
quatre heures, après avoir bien & gaî
ment dîné, pour demander à ſe cou
cher. Cette demande, la première de
cette nature qu'il eût faite en ſa vie, fut
auſſi la dernière. Il ne ſe releva point de
ſon lit. Son eſtomach s'emplit de plus en
plus ; ſon rhûme l'étouffa le 26 Décem
bre, lendemain de Noël, vers midi.
Il avoit quatre-vingt-cinq ans, onze
mois, vingt-un jours. La Nature, qui
lui avoit donné un tempérament vi
goureux, le fit toujours jouir de la ſanté
la plus ſolide. Il n'avoit jamais été ſaigné
qu'une fois ou deux, & n'avoit jamais
connu ni fiévre , ni mal-de-tête, ainſi
que feu M. de Fontenelle ſon ami.
Il n'eſt guères poſſible d'accumuler
plus d'Honneurs littéraires qu'il en a re
çus durant ſa vie. Il étoit Académicien
ou Aſſocié de prèſque toute les Acadé
mies. On voit par une Ode de M. Des
forges-Maillard, inſérée dans les diver
à
M A I. 1764.
63
fes Piéces au ſujet du Parnaſſe François,
à la fin du Supplément de 2755 (p. 57)
qu'il étoit de vingt huit Académies ; &
depuis l'impreſſion de ce Livre, il avoit
encore eu d'autres Lettres d'Académir
cien de diverſes autres Académies.
Tous ces illuſtres Corps Littéraires ont
paru ſe trouver honorés de l'avoir pour
Membre ou Agrégé. Il n'en eſt aucun
qui n'ait fait les premiers pas pour ſe
l'attacher. C'eſt par la raiſon contraire
qu'il n'a été de pas une ſeule Académie
de Paris. Il l'eût deſiré, ſans doute, &
ſon Parnaſſe en eût été le prix. Son ca
ractère modeſte l'a toujours fait tenir
tranquille, & répondre à ceux qui l'in
vitoient à faire quelques démasches ,
qu'il n'en étoit pas digne. Mais une diſ
tinction qui lui eſt, je crois, particulière ;
c'eſt que quand il alloit à leurs Séances,
on lui préſentoit le fauteuil, on lui don
noit un Jetton, & on l'invitoit à venir
aux Aſſemblées.
Au ſurplus ,
il eſt conſtant que M.
Titon a fait honneur aux Lettres & à la
France; & cela d'une façon unique. Si
les éloges, les honneurs & le rang que
lui ont accordé tous les Corps Littérai
res, ſur-tout les Etrangers, dont il étoit»
64 MERCURE DE FRANCE.
ſans parler des Gens de Lettres les plus
diſtingués parmi nous, peuvent faire
compenſation , le noble & l'immortel
Titon, comme Ecrivain & comme Ci
toyen, n'a eu rien à deſirer.
Quel autre Particulier, dit le Direc
teur perpétuel de l'Académie Royale
d'Hiſtoire de Madrid, M. de Montiano,
p. 91 de la ſeconde partie du Supplément
de 1755, immortaliſera jamais à ſes pro
pres dépens le mérite de ſes plus habiles
Compatriotes ? Et quels ſont les génies
les plus jaloux d'une ſi grande gloire ,
qui ſe ſoient préſentés pourremplir l'objet
' d'une ſi noble entrepriſe ?
Ses généreux travaux , dit un des
Memcres de la même Académie , M.
Boſquiat de la Houze , p. 85 & 86 du
même Supplément , ont été couronnés
par ſon aſſociation aux plus célébres
Académies de l'Europe ; & ne puis-je
pas déjà regarder comme votre Confrère
un Auteur dont les Ouvrages font une
partie de l'Immortalité de LovIs-LE
GRAND ?
Ces ſortes de perſonnes , diſent les
Mémoires pour l'Hiſtoire des Sciences &
des Beaux-Arts, mois de Juillet 1735 ,
Article 64 , page 1177, ſont dans la
M A I. 1764.
65
République des Lettres ce que les bons
Citoyens ſont dans un Etat : Ils s'ou
blient eux-mêmes,en quelque façon, pour
• ne penſer qu'au bien public; & la ſplen
deur de la Patrie les touche plus,que leur
gloire particulière.
Rouſſeau , notre grand Rouſſeau,dans
une lettre adreſſée à M. Titon , lui dit
en parlant de ſon Parnaſſe & des Au
teurs qui y ſont placés , page 33 du
Supplément de 1755. Vous pouvez donc
vous aſſurer , Monſieur, quoique vous
n'y ayez peut-être pas penſé, que vous
avez travaillé pour votre gloire autant
que pour la leur, & que ce Monument
que vous avez élevé à leur mérite, en
ſera un éternel du vôtre : puiſque ſelon
la penſée de Scaliger : NvNQUAM
POESIS AUT POETARUM A MOR
IN HU MILEM ANI MUM cEcI -
DIT; s ED MAxIMA PLE Rv MQUE
sEQUITvR INGENIA,EoRvMQvE
PERPETUUS FERE COM ES.
Qui ne lui dira donc pas avec Madame
Lhéritier de Villadon, p. 56 du même
Supplément :
Peut-on aſſez priſer ton ſçavoir & ton zéle ?
Non, ſans doute : & tes joins & ta plume fidelle
Ayant étemiſé tant d'illuſtres Autcurs,
"
66 MERCURE DE FRANCE.
Couvert d'une gloire immortelle,
Ton nom doit à jamais briller parmi les leurs.
J'ai l'honneur d'être , &c. F***
A la Nouvelle-Orléans en Amérique,
le 28 Août 1763.
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Résumé : LETTRE écrite de la Nouvelle-Orléans dans la Louisiane, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure, à Paris. Par M. F****, sur feu M. TITON DU TILLET.
La lettre, envoyée de la Nouvelle-Orléans, est adressée à M. de La Place et traite de la vie et des œuvres de M. Titon du Tillet, récemment décédé. L'auteur exprime sa surprise que le Mercure de France n'ait pas encore rendu hommage à cet homme remarquable, écrivain respecté et académicien reconnu en Europe. Titon du Tillet, né à Paris en 1677, était le fils de Maximilien Titon et de Marguerite Becaille. Il étudia au Collège des Jésuites, servit dans l'armée et devint avocat au Parlement de Paris. En 1712, après avoir perdu sa charge de Maître-d'Hôtel de la Duchesse de Bourgogne, il se consacra à la création d'un Parnasse Français en bronze, dédié à Louis XIV et aux poètes et musiciens français. Ce projet, réalisé par Louis Garnier, fut achevé en 1718. En 1734, il publia 'Essais sur les honneurs & sur les Monumens accordés aux illustres Sçavans pendant la suite des Siécles' et réalisa des médaillons de bronze représentant des personnages célèbres. Titon du Tillet accueillait également des intellectuels et des artistes chez lui à Paris et aida le petit-neveu de Corneille. Il mourut en décembre 1762 à l'âge de 85 ans, membre de nombreuses académies européennes, mais refusant toujours d'en intégrer une à Paris. Plusieurs personnalités notoires louèrent ses contributions littéraires et son dévouement au bien public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11014
p. 66
« LE mot de la premiere Enigme du Second volume du Mercure d'Avril est [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du Second volume du Mercure d'Avril est [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du Second volume du Mercure d'Avril est [...] »
LE mot de la premiere Enigme du
Second volume du Mercure d'Avril est
le Cocq d'un Clocher. Celui de la ſe
conde eſt le Bâton de Maréchal de
France. Celui du premier Logogryphe
eſt Fange , dans lequel on trouve An
ge, âne, an, Fan, âge, nef Celui du
ſecond Logogryphe eſt Pyrrhoniſme.
Second volume du Mercure d'Avril est
le Cocq d'un Clocher. Celui de la ſe
conde eſt le Bâton de Maréchal de
France. Celui du premier Logogryphe
eſt Fange , dans lequel on trouve An
ge, âne, an, Fan, âge, nef Celui du
ſecond Logogryphe eſt Pyrrhoniſme.
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11015
p. 66-67
ENIGME.
Début :
ON me craint aussitôt que l'on me voit paroître ; [...]
Mots clefs :
Étincelle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
E N I G M E.
ON me craint auſſitôt que l'on me voit paroître,
Et ſouvent on me ſent avant de me connoître,
Surtout quand l'arbre de Jupin
Oppoſe ſa ſouche enflammée
Aux fureurs de l'affreux Borée :
Alors je ſuis pis qu'un lutin.
Je fais pâmer Cloris, je fais peſter Finette.
Brune ou Blonde, Prude ou Coquette,.
M A I. 1764. 67
Financier , Prélat ou Robin,
Guerrier, tout a même deſtin,
Je ne connois point l'étiquette :
Mais, victime du temps qui fuit,
L'inſtant qui me fait naître en paſſant me détruit,
ON me craint auſſitôt que l'on me voit paroître,
Et ſouvent on me ſent avant de me connoître,
Surtout quand l'arbre de Jupin
Oppoſe ſa ſouche enflammée
Aux fureurs de l'affreux Borée :
Alors je ſuis pis qu'un lutin.
Je fais pâmer Cloris, je fais peſter Finette.
Brune ou Blonde, Prude ou Coquette,.
M A I. 1764. 67
Financier , Prélat ou Robin,
Guerrier, tout a même deſtin,
Je ne connois point l'étiquette :
Mais, victime du temps qui fuit,
L'inſtant qui me fait naître en paſſant me détruit,
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11016
p. 67
AUTRE.
Début :
PARMI les Courtisans j'ai la premiere place : [...]
Mots clefs :
Chemise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
A U T R E.
Pasº les Courtiſans j'ai la premiere place :
J'approche de fort près la Perſonne du Roi.
Bientôt une rivale auſſi belle que moi,
Dans ce lieu plein d'honneur me ſuccéde & m'en
chaſſe.
-
Ma beauté , ma faveur ne durent pas long
temps :
Mais je deviens bientôt encore plus charmante.
Comme il n'eſt point ſans moi de parure écla
fante ;
Quand on n'a que moi ſeule,on eſt ſans ornemens,
Pasº les Courtiſans j'ai la premiere place :
J'approche de fort près la Perſonne du Roi.
Bientôt une rivale auſſi belle que moi,
Dans ce lieu plein d'honneur me ſuccéde & m'en
chaſſe.
-
Ma beauté , ma faveur ne durent pas long
temps :
Mais je deviens bientôt encore plus charmante.
Comme il n'eſt point ſans moi de parure écla
fante ;
Quand on n'a que moi ſeule,on eſt ſans ornemens,
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11017
p. 67-68
LOGOGRYPHE. A Madame De...
Début :
Quand le Soleil embellit la nature, [...]
Mots clefs :
Rossignol
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE. A Madame De...
L O G O G R Y P H E.
A Madame De. . .
Quasº le Soleil embellit la nature,
Par mon retourjecharme les vergers :
68 MERCURE DE FRANCE :
Je ſuis d'un favorable augure
Pour le printems, & les bergers.
Si vous voulez, Iris , décompoſer mon être,
Vous trouverez le nom du plus fier animal ;
Vous y reconnoitrez peut-être
Un qui dort très-longtemps; un dangereux métal ;
Dans un gouvernement le frein qui nous arrête ;
La différence du matin ;
Le bruit de la trompette ; un titre ſouverain ;
La montagne du Roi Prophète ;
Un Roi géant qui fut tué,
Et dépouillé de tout par Joſué ;
Un fleuve de l'Egypte , une couleur funébre ;
Un Sage de la Gréce; une vache célébre ;
Certaire fleur dominantc au jardin ;
Le mot de Seigneur, en Eſpagne ;
Une graine dans la campagne,
Dont la production eſt chère au genre humain.
Si pour me deviner, Iris , ou me comprendre,
Il faut ou me voir ou m'entendre,
Au lever de l'aurore, approchez où je ſuis ;
Je pourrai calmer vos ennuis.
-\
-
Par M. D. BEss. en garniſon à Amiens .
A Madame De. . .
Quasº le Soleil embellit la nature,
Par mon retourjecharme les vergers :
68 MERCURE DE FRANCE :
Je ſuis d'un favorable augure
Pour le printems, & les bergers.
Si vous voulez, Iris , décompoſer mon être,
Vous trouverez le nom du plus fier animal ;
Vous y reconnoitrez peut-être
Un qui dort très-longtemps; un dangereux métal ;
Dans un gouvernement le frein qui nous arrête ;
La différence du matin ;
Le bruit de la trompette ; un titre ſouverain ;
La montagne du Roi Prophète ;
Un Roi géant qui fut tué,
Et dépouillé de tout par Joſué ;
Un fleuve de l'Egypte , une couleur funébre ;
Un Sage de la Gréce; une vache célébre ;
Certaire fleur dominantc au jardin ;
Le mot de Seigneur, en Eſpagne ;
Une graine dans la campagne,
Dont la production eſt chère au genre humain.
Si pour me deviner, Iris , ou me comprendre,
Il faut ou me voir ou m'entendre,
Au lever de l'aurore, approchez où je ſuis ;
Je pourrai calmer vos ennuis.
-\
-
Par M. D. BEss. en garniſon à Amiens .
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11018
p. 69
AUTRE.
Début :
JADIS les Grands de la Terre [...]
Mots clefs :
Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
A U T R E.
Japis les Grands de la Terre
Sans moi ſe faiſoient la guerre ;
Mais je fais aujourd'hui
Leur principal appui.
Veux-tu, Lecteur, en ſçavoir davantage ,
De mes huit pieds conſulte l'aſſemblage.
Tu dois ſans peine y découvrir
Un endroit, où revient périr
Le Liévre pour l'ordinaire ;
Ce dont tu fus compoſé;
Ce qui toujours n'eſt pas recompenſé ;
En Allemagne une riviere ;
Un préſent des Aquilons ;
Des tendres coeurs la fleur la plus fêtée ;
Choſe perdue auſſitôt qu'éventée ;
Ce qu'on trouve dans les chanſons ;
Un nom que l'on donne à ſa Belle ;
Un ornement Pontifical ;
Un très-dangereux animal ;
Ce que fait tout âme mortelle ;
Ce que dans les premiers temps
Jeune épouſe eſt bien-aiſe d'être ;
Le principe qui fait tout croître ,
Et ce que doit garder qui veut vivre long-temps.
Japis les Grands de la Terre
Sans moi ſe faiſoient la guerre ;
Mais je fais aujourd'hui
Leur principal appui.
Veux-tu, Lecteur, en ſçavoir davantage ,
De mes huit pieds conſulte l'aſſemblage.
Tu dois ſans peine y découvrir
Un endroit, où revient périr
Le Liévre pour l'ordinaire ;
Ce dont tu fus compoſé;
Ce qui toujours n'eſt pas recompenſé ;
En Allemagne une riviere ;
Un préſent des Aquilons ;
Des tendres coeurs la fleur la plus fêtée ;
Choſe perdue auſſitôt qu'éventée ;
Ce qu'on trouve dans les chanſons ;
Un nom que l'on donne à ſa Belle ;
Un ornement Pontifical ;
Un très-dangereux animal ;
Ce que fait tout âme mortelle ;
Ce que dans les premiers temps
Jeune épouſe eſt bien-aiſe d'être ;
Le principe qui fait tout croître ,
Et ce que doit garder qui veut vivre long-temps.
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11019
p. 70
RONDEAU.
Début :
AMANS, si votre Bergère, [...]
Mots clefs :
Amour, Amants, Bergère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
R o N D E A U. *
A MANs, ſi votre Bergère,
Devient coquette, ou légère ;
Atten dez de plus fortunés inſtans,
Soyez conſtans.
L'Amour, content de vos chaînes ;
Sçaura terminer vos peines ;
Il récompenſe toujours les tourmens
Des vrais Amans.
Jamais une Déeſſe même
Ne rebute un Mortel qui l'aime : - -
Hélas c'eſt pour faire ſon bonheur ;
Qu'Amour attaque un coeur ,
Et le remplit de ces deſirs
Qui ménent aux vrais plaiſirs.
Amans, ſi votre Bergère &c.
* Ce Rondeau eſt une parodie à peu-près ſur les
mêmes rimes de celui du Mercure de Novemb. 1763.
Paroles & Muſique del ſignor Michele Doloretti
da Roano,
A MANs, ſi votre Bergère,
Devient coquette, ou légère ;
Atten dez de plus fortunés inſtans,
Soyez conſtans.
L'Amour, content de vos chaînes ;
Sçaura terminer vos peines ;
Il récompenſe toujours les tourmens
Des vrais Amans.
Jamais une Déeſſe même
Ne rebute un Mortel qui l'aime : - -
Hélas c'eſt pour faire ſon bonheur ;
Qu'Amour attaque un coeur ,
Et le remplit de ces deſirs
Qui ménent aux vrais plaiſirs.
Amans, ſi votre Bergère &c.
* Ce Rondeau eſt une parodie à peu-près ſur les
mêmes rimes de celui du Mercure de Novemb. 1763.
Paroles & Muſique del ſignor Michele Doloretti
da Roano,
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Résumé : RONDEAU.
Le texte présente un rondeau attribué à Michele Doloretti da Roano, adressé à un amant confronté à l'infidélité de sa bergère. Il lui conseille de rester constant. L'amour, reconnaissant de cette fidélité, mettra fin à ses souffrances et récompensera ses tourments. Le poème affirme que même une déesse n'éconduit pas un mortel amoureux. Ce rondeau parodie un autre publié dans le Mercure de novembre 1763.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11020
p. 71-78
DICTIONNAIRE raisonné, universel, d'Histoire Naturelle ; contenant l'Histoire des Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle des Corps célestes, des Météores & des autres principaux Phénomènes de la Nature, avec l'histoire & la description des Drogues simples, tirées des trois régnes, & le détail de leurs usages en Médecine, dans l'économie domestique & champêtre, & dans les Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la Société économique de Berne ; Associé de l'Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres & Arts de Rouen ; Correspondant de la Société Royale des Sciences de Montpellier ; Associé de l'Académie Royale des Belles-Lettres de Caën ; Membre de la Société Littéraire de Clermont-Ferrand. Cinq volumes in 8 o . Prix, 17 liv. 10 s. brochés. A Paris, chez Didot le jeune, quai des Augustins ; Musier fils, quai des Augustins ; Dehansy, Pont au Change ; Panckoucke, rue & près de la Comédie Françoise. 1764. Avec Approbation & Privilége du Roi. PREMIER EXTRAIT.
Début :
LES Merveilles de la Nature nous environnent de toutes parts ; les Cieux, la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DICTIONNAIRE raisonné, universel, d'Histoire Naturelle ; contenant l'Histoire des Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle des Corps célestes, des Météores & des autres principaux Phénomènes de la Nature, avec l'histoire & la description des Drogues simples, tirées des trois régnes, & le détail de leurs usages en Médecine, dans l'économie domestique & champêtre, & dans les Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la Société économique de Berne ; Associé de l'Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres & Arts de Rouen ; Correspondant de la Société Royale des Sciences de Montpellier ; Associé de l'Académie Royale des Belles-Lettres de Caën ; Membre de la Société Littéraire de Clermont-Ferrand. Cinq volumes in 8 o . Prix, 17 liv. 10 s. brochés. A Paris, chez Didot le jeune, quai des Augustins ; Musier fils, quai des Augustins ; Dehansy, Pont au Change ; Panckoucke, rue & près de la Comédie Françoise. 1764. Avec Approbation & Privilége du Roi. PREMIER EXTRAIT.
DICTIONNAIRE raisonné, universel,
d'Histoire Naturelle ; contenant l'Histoire
des Animaux, des Végétaux &
des Minéraux, & celle des Corps célestes,
des Météores & des autres principaux
Phénomènes de la Nature,
avec l'histoire & la description des
Drogues simples, tirées des trois régnes,
& le détail de leurs usages en
Médecine, dans l'économie domestique
& champêtre, & dans les Arts
& Métiers. Par M. VALMONT DE
BOMARE, Démonstrateur d'Histoire
Naturelle ; Honoraire de la Société
économique de Berne ; Associé de l'Académie
Royale des Sciences, Belles-Lettres
& Arts de Rouen ; Correspondant
de la Société Royale des
Sciences de Montpellier ; Associé de
l'Académie Royale des Belles-Lettres
de Caën ; Membre de la Société Littéraire
de Clermont-Ferrand. Cinq
volumes in 8o. Prix, 17 liv.
10 s.
brochés. A Paris, chez Didot le jeune,
quai des Augustins ; Musier fils,
quai des Augustins ; Dehansy, Pont
au Change ; Panckoucke, rue & près
de la Comédie Françoise. 1764. Avec
Approbation & Privilége du Roi.
PREMIER EXTRAIT.
LES Merveilles de la Nature nous
environnent de toutes parts ; les Cieux, la
Terre , la Mer, les Elémens, les Etres
ſans nombre qui peuplent cet Univers,
nous préſentent le ſpectacle le plus ad
mirable & les Phénomènes les plus inté
reſſans.C'eſt ce vaſte & ſublime tableau,
ue l'Auteur a entrepris de craïon
ner & de préſenter au Public ; c'eſt en
quelque ſorte tout le domaine de la Na
ture dont il donne la deſcription.
Ces connoiſſances ſont ſi belles , ſi
curieuſes & ſi propres à plaire à tou
tes ſortes de
perſonnes , que nous
croyons devoir donner ſucceſſivement
llIlC
M A I. 1764.
73
une eſquiſſe de la manière dont chaque
régne de la Nature eſt traité dans cet
Ouvrage. Nous commençons par le
régne animal.
Quel ſpectacle, que celui des êtres
animés & ſans nombre, qui peuplent
l'Univers ! quelle variété dans les for
mes , dans l'organiſation , dans les
mœurs , dans l'inſtinct ! Quelle maniè
re différente de vivre , de croître , de
ſe multiplier , toutes relatives à l'élé
ment , au climat dans lequel ils vivent !
En jettant un coup d'œil ſur les Arti
cles Animal, Quadrupéde , Oiſeaux ,
Poiſſons, Reptiles , Coquillages , In
ſectes, on ſe convainc de ces vérités.
Tous ces Articles généraux ſont, com
me dit l'Auteur , autant de points de
réunion, où le Lecteur peut ſe placer,
d'où il peut
obſerver l'analogie des
genres & des eſpéces, & ſaiſir la chaîne
qui doit lui faire parcourir avec ordre
& ſucceſſivement, tous les objets de ſa
curioſité.
-
Si l'on conſidére l'Animal en géné
ral , que de forces ! que de machines
& de mouvemens renfermés dans cette
· portion de matière qui le compoſe !
Combien de combinaiſons de princi
pes, qui tous concourent au#s but !
74 MERCURE DE FRANCE.
Quelle autre merveille ſe préſente dans
la ſucceſſion , dans le renouvellement,
dans la durée des eſpéces ! Quelle unité
admirable, toujours ſubſiſtante & qui
paroît éternelle ! Lorſqu'on jette un
coup d'œil ſur les Articles particuliers,
Homme , Singe, Caſtor, Didelphe, Her
maphrodite , Loutre, Hippototame, &c.
on y voit à chaque inſtant la fécon
dité , les reſſources & l'Induſtrie de la
Nature; tout, juſqu'à ſes écarts mêmes,
eſt plein d'intérêt.
-
-
Vient-on à conſidérer les oiſeaux,
une nouvelle organiſation ſe préſente ;
on y remarque des variétés, toutes re
latives à leur manière de vivre , de ſe
nourrir, de ſe multiplier ; une légéreté
particulière dans leurs os, une diſpoſi
tion ſingulière dans leurs aîles , enfin
le plus beau méchaniſme. On trouve
aux mots Grive , Etourneau, Oye, Ca
nards ſauvages , l'ordre que ces Ani
maux ſuivent dans leurs migrations. Les
Articles Aigle, Pélican, Oiſeau-mou
che, Colibri , Hirondelle , Autruche ,
& c , font voir l'inſtinct , les mœurs , la
manière dont ces divers oiſeaux conſ
truiſent leurs nids , les avantages que .
nous procurent ces animaux , ſoit pour
pos beſoins, ſoit pour nos plaiſirs ; par
#
M A I. 1764.
75
tout l'utile ſe trouve réuni à l'agréable.
Les habitans des eaux de l'un & de
l'autre hémiſphère, depuis la Baleine,
le Cachalot , le Goulu de mer , le Re
quin, juſqu'aux plus petits poiſſons des
lacs & des rivières , nous offrent une
foule d'objets curieux, Les Cétacés ,
tels que la Baleine ſont vivipares, &
s'accouplent à la maniére des Quadru
pedes ; au contraire, les mâles des au
tres poiſſons fécondent les œufs, en
faiſant couler deſſus, a l'inſtant où la
femelle les laiſſe échapper, leur liqueur
ſéminale que l'on nomme laitance. Plus
on étudie la Nature, plus on admire
comment elle arrive aux mêmes fins par
des moyens divers ; l'organiſation de
certain poiſſon qui tient de celle des
Quadrupédes, comparée à l'organiſation
d'autres eſpéces de poiſſons qui en eſt
tout-à-fait éloignée, nous en donne des
preuves les plus frappantes. L'hiſtoire
du Narwal, du Nord-caper, du Dait
phin , du Marſouin , de la Licorne de
mer, de l'Eſpadon , de l'Epée de Groe
land , nous préſente le tableau des
guerres éternelles que ſe font ces monſ
tres des eaux ; celle de la Morue , du
Hareng ,
des Sardines , des Maque
reaux, des Saumons, des Anchois, nous
D ij
76 MERCURE DE FRANCE.
fait voit l'ordre que ſuivent, dans leurs
marches au milieu des mers, certaines
eſpéces qui vont toujours en troupe.
Les divers lieux & la manière dont ſe
font les pêches , les avantages qu'en -
retirent pluſieurs Nations ; tous ces dé
tails contribuent à rendre ces articles
extrêmement intéreſſans.
La claſſe des Inſectes réunit les par
ticularités les plus picquantes ; outre
les phénomènes qui lui ſont communs
avec les autres genres d'animaux, elle
en a qui lui ſont particuliers ;
elle
ſeule nous préſente de véritables her
maphrodites qui ſe fécondent mutuel
lement (tes ſont les limaçons) des ani
maux chez qui la fécondation a lieu
pour pluſieurs générations, (tels que
les Pucerons. )
-
La Nature entiere fourmille de petits
êtres animés, dans leſquels on décou
vre l'organiſation la plus fine & la
plus admirable ; l'Air , la Terre , les
Eaux , tous les Corps , ſont remplis
d'Inſectes qui forment, pour ainſi dire,
un Monde à part , & dont un très
grand nombre ne ſont viſibles qu'au
microſcope. Leurs formes , leurs ma
nières de vivre, de croître , de ſe mul
tiplier, ſont variés à l'infini. Dans cette
claſſe on voit les Polypes ſe régenérer
M A I.
1764.
77
à la manière des végetaux , & chacune
de leurs parties , coupée & ſéparée du
corps, donner un nouvel être vivant ;
régénération ſi étonnante dans un ani
mal , que les obſervateurs les plus ha
biles ont douté long - temps , à quel
régne de la Nature pouvoit appartenir
une eſpéce fi ſingulière.
Les Inſectes, malgré leur petiteſſe,
ſont quelquefois nos plus terribles en
nemis, par leur effrayante multiplica
tion & par les ravages qu'ils font ;
mais l'induſtrie humaine a trouvé des
armes pour combattre ces eſpéces nui
ſibles, dont nous admirons l'induſtrie
dans l'inftant même où nous ſommes
obligés de les détruire. L'Auteur a eu
grand ſoin de s'étendre ſur ces objets :
les mots Teigne , Vers rongeurs de
digues , Vers terreſtres & aquatiques,
Ver ſolitaire, Mouche éphémère, Cou
· ſin, ſont enrichis de ces obſervations
importantes.
Mais s'il y a des Inſectes malfaiſans,
il s'en trouve auſſi qui ſont de la plus
grande utilité pour nos Arts & pour
nos beſoins, ſoit par eux-mêmes, ſoit
par leur travail & leur production : du
nombre de ces premiers ſont le Kermès,
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
le Coccus Polonicus ,
le
Cochenille ,
qu'on employe pour la teinture ou
pour la Médecine ; parmi les derniers
on diſtingue le Ver auquel nous ſorn
mes redevables de la ſoie , l'Abeille
qui nous fournit de la cire & le miel,
la Fourmi qui nous donne la laque,
Ces articles & en général tout ce qui
concerne les animaux , eſt traité dans
ce Dictionnaire d'une manière qui nous
paroît devoir ſatisfaire également les
perſonnes qui cherchent l'inſtruction
& celles qui veulent ſe procurer une
lecture amuſante. Dans quelques uns
des volumes ſuivans, nous donnerons
pareillement l'eſquiſſe des régnes vé
gétal & minéral , & de l'hiſtoire des
principaux phénomènes de la Nature.
d'Histoire Naturelle ; contenant l'Histoire
des Animaux, des Végétaux &
des Minéraux, & celle des Corps célestes,
des Météores & des autres principaux
Phénomènes de la Nature,
avec l'histoire & la description des
Drogues simples, tirées des trois régnes,
& le détail de leurs usages en
Médecine, dans l'économie domestique
& champêtre, & dans les Arts
& Métiers. Par M. VALMONT DE
BOMARE, Démonstrateur d'Histoire
Naturelle ; Honoraire de la Société
économique de Berne ; Associé de l'Académie
Royale des Sciences, Belles-Lettres
& Arts de Rouen ; Correspondant
de la Société Royale des
Sciences de Montpellier ; Associé de
l'Académie Royale des Belles-Lettres
de Caën ; Membre de la Société Littéraire
de Clermont-Ferrand. Cinq
volumes in 8o. Prix, 17 liv.
10 s.
brochés. A Paris, chez Didot le jeune,
quai des Augustins ; Musier fils,
quai des Augustins ; Dehansy, Pont
au Change ; Panckoucke, rue & près
de la Comédie Françoise. 1764. Avec
Approbation & Privilége du Roi.
PREMIER EXTRAIT.
LES Merveilles de la Nature nous
environnent de toutes parts ; les Cieux, la
Terre , la Mer, les Elémens, les Etres
ſans nombre qui peuplent cet Univers,
nous préſentent le ſpectacle le plus ad
mirable & les Phénomènes les plus inté
reſſans.C'eſt ce vaſte & ſublime tableau,
ue l'Auteur a entrepris de craïon
ner & de préſenter au Public ; c'eſt en
quelque ſorte tout le domaine de la Na
ture dont il donne la deſcription.
Ces connoiſſances ſont ſi belles , ſi
curieuſes & ſi propres à plaire à tou
tes ſortes de
perſonnes , que nous
croyons devoir donner ſucceſſivement
llIlC
M A I. 1764.
73
une eſquiſſe de la manière dont chaque
régne de la Nature eſt traité dans cet
Ouvrage. Nous commençons par le
régne animal.
Quel ſpectacle, que celui des êtres
animés & ſans nombre, qui peuplent
l'Univers ! quelle variété dans les for
mes , dans l'organiſation , dans les
mœurs , dans l'inſtinct ! Quelle maniè
re différente de vivre , de croître , de
ſe multiplier , toutes relatives à l'élé
ment , au climat dans lequel ils vivent !
En jettant un coup d'œil ſur les Arti
cles Animal, Quadrupéde , Oiſeaux ,
Poiſſons, Reptiles , Coquillages , In
ſectes, on ſe convainc de ces vérités.
Tous ces Articles généraux ſont, com
me dit l'Auteur , autant de points de
réunion, où le Lecteur peut ſe placer,
d'où il peut
obſerver l'analogie des
genres & des eſpéces, & ſaiſir la chaîne
qui doit lui faire parcourir avec ordre
& ſucceſſivement, tous les objets de ſa
curioſité.
-
Si l'on conſidére l'Animal en géné
ral , que de forces ! que de machines
& de mouvemens renfermés dans cette
· portion de matière qui le compoſe !
Combien de combinaiſons de princi
pes, qui tous concourent au#s but !
74 MERCURE DE FRANCE.
Quelle autre merveille ſe préſente dans
la ſucceſſion , dans le renouvellement,
dans la durée des eſpéces ! Quelle unité
admirable, toujours ſubſiſtante & qui
paroît éternelle ! Lorſqu'on jette un
coup d'œil ſur les Articles particuliers,
Homme , Singe, Caſtor, Didelphe, Her
maphrodite , Loutre, Hippototame, &c.
on y voit à chaque inſtant la fécon
dité , les reſſources & l'Induſtrie de la
Nature; tout, juſqu'à ſes écarts mêmes,
eſt plein d'intérêt.
-
-
Vient-on à conſidérer les oiſeaux,
une nouvelle organiſation ſe préſente ;
on y remarque des variétés, toutes re
latives à leur manière de vivre , de ſe
nourrir, de ſe multiplier ; une légéreté
particulière dans leurs os, une diſpoſi
tion ſingulière dans leurs aîles , enfin
le plus beau méchaniſme. On trouve
aux mots Grive , Etourneau, Oye, Ca
nards ſauvages , l'ordre que ces Ani
maux ſuivent dans leurs migrations. Les
Articles Aigle, Pélican, Oiſeau-mou
che, Colibri , Hirondelle , Autruche ,
& c , font voir l'inſtinct , les mœurs , la
manière dont ces divers oiſeaux conſ
truiſent leurs nids , les avantages que .
nous procurent ces animaux , ſoit pour
pos beſoins, ſoit pour nos plaiſirs ; par
#
M A I. 1764.
75
tout l'utile ſe trouve réuni à l'agréable.
Les habitans des eaux de l'un & de
l'autre hémiſphère, depuis la Baleine,
le Cachalot , le Goulu de mer , le Re
quin, juſqu'aux plus petits poiſſons des
lacs & des rivières , nous offrent une
foule d'objets curieux, Les Cétacés ,
tels que la Baleine ſont vivipares, &
s'accouplent à la maniére des Quadru
pedes ; au contraire, les mâles des au
tres poiſſons fécondent les œufs, en
faiſant couler deſſus, a l'inſtant où la
femelle les laiſſe échapper, leur liqueur
ſéminale que l'on nomme laitance. Plus
on étudie la Nature, plus on admire
comment elle arrive aux mêmes fins par
des moyens divers ; l'organiſation de
certain poiſſon qui tient de celle des
Quadrupédes, comparée à l'organiſation
d'autres eſpéces de poiſſons qui en eſt
tout-à-fait éloignée, nous en donne des
preuves les plus frappantes. L'hiſtoire
du Narwal, du Nord-caper, du Dait
phin , du Marſouin , de la Licorne de
mer, de l'Eſpadon , de l'Epée de Groe
land , nous préſente le tableau des
guerres éternelles que ſe font ces monſ
tres des eaux ; celle de la Morue , du
Hareng ,
des Sardines , des Maque
reaux, des Saumons, des Anchois, nous
D ij
76 MERCURE DE FRANCE.
fait voit l'ordre que ſuivent, dans leurs
marches au milieu des mers, certaines
eſpéces qui vont toujours en troupe.
Les divers lieux & la manière dont ſe
font les pêches , les avantages qu'en -
retirent pluſieurs Nations ; tous ces dé
tails contribuent à rendre ces articles
extrêmement intéreſſans.
La claſſe des Inſectes réunit les par
ticularités les plus picquantes ; outre
les phénomènes qui lui ſont communs
avec les autres genres d'animaux, elle
en a qui lui ſont particuliers ;
elle
ſeule nous préſente de véritables her
maphrodites qui ſe fécondent mutuel
lement (tes ſont les limaçons) des ani
maux chez qui la fécondation a lieu
pour pluſieurs générations, (tels que
les Pucerons. )
-
La Nature entiere fourmille de petits
êtres animés, dans leſquels on décou
vre l'organiſation la plus fine & la
plus admirable ; l'Air , la Terre , les
Eaux , tous les Corps , ſont remplis
d'Inſectes qui forment, pour ainſi dire,
un Monde à part , & dont un très
grand nombre ne ſont viſibles qu'au
microſcope. Leurs formes , leurs ma
nières de vivre, de croître , de ſe mul
tiplier, ſont variés à l'infini. Dans cette
claſſe on voit les Polypes ſe régenérer
M A I.
1764.
77
à la manière des végetaux , & chacune
de leurs parties , coupée & ſéparée du
corps, donner un nouvel être vivant ;
régénération ſi étonnante dans un ani
mal , que les obſervateurs les plus ha
biles ont douté long - temps , à quel
régne de la Nature pouvoit appartenir
une eſpéce fi ſingulière.
Les Inſectes, malgré leur petiteſſe,
ſont quelquefois nos plus terribles en
nemis, par leur effrayante multiplica
tion & par les ravages qu'ils font ;
mais l'induſtrie humaine a trouvé des
armes pour combattre ces eſpéces nui
ſibles, dont nous admirons l'induſtrie
dans l'inftant même où nous ſommes
obligés de les détruire. L'Auteur a eu
grand ſoin de s'étendre ſur ces objets :
les mots Teigne , Vers rongeurs de
digues , Vers terreſtres & aquatiques,
Ver ſolitaire, Mouche éphémère, Cou
· ſin, ſont enrichis de ces obſervations
importantes.
Mais s'il y a des Inſectes malfaiſans,
il s'en trouve auſſi qui ſont de la plus
grande utilité pour nos Arts & pour
nos beſoins, ſoit par eux-mêmes, ſoit
par leur travail & leur production : du
nombre de ces premiers ſont le Kermès,
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
le Coccus Polonicus ,
le
Cochenille ,
qu'on employe pour la teinture ou
pour la Médecine ; parmi les derniers
on diſtingue le Ver auquel nous ſorn
mes redevables de la ſoie , l'Abeille
qui nous fournit de la cire & le miel,
la Fourmi qui nous donne la laque,
Ces articles & en général tout ce qui
concerne les animaux , eſt traité dans
ce Dictionnaire d'une manière qui nous
paroît devoir ſatisfaire également les
perſonnes qui cherchent l'inſtruction
& celles qui veulent ſe procurer une
lecture amuſante. Dans quelques uns
des volumes ſuivans, nous donnerons
pareillement l'eſquiſſe des régnes vé
gétal & minéral , & de l'hiſtoire des
principaux phénomènes de la Nature.
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Résumé : DICTIONNAIRE raisonné, universel, d'Histoire Naturelle ; contenant l'Histoire des Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle des Corps célestes, des Météores & des autres principaux Phénomènes de la Nature, avec l'histoire & la description des Drogues simples, tirées des trois régnes, & le détail de leurs usages en Médecine, dans l'économie domestique & champêtre, & dans les Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la Société économique de Berne ; Associé de l'Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres & Arts de Rouen ; Correspondant de la Société Royale des Sciences de Montpellier ; Associé de l'Académie Royale des Belles-Lettres de Caën ; Membre de la Société Littéraire de Clermont-Ferrand. Cinq volumes in 8 o . Prix, 17 liv. 10 s. brochés. A Paris, chez Didot le jeune, quai des Augustins ; Musier fils, quai des Augustins ; Dehansy, Pont au Change ; Panckoucke, rue & près de la Comédie Françoise. 1764. Avec Approbation & Privilége du Roi. PREMIER EXTRAIT.
Le 'Dictionnaire raisonné, universel, d'Histoire Naturelle' de Valmont de Bomare, publié en 1764, est une œuvre encyclopédique qui couvre l'histoire naturelle des animaux, des végétaux, des minéraux, des corps célestes, des météores et des phénomènes naturels. L'auteur y décrit les drogues simples provenant des trois règnes de la nature et leurs applications en médecine, économie domestique, agriculture et arts. Le texte explore la diversité et la complexité des êtres vivants, détaillant les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons, les reptiles, les coquillages et les insectes, ainsi que leurs caractéristiques spécifiques et adaptations. Il aborde les migrations des oiseaux, les modes de reproduction des poissons et les particularités des insectes, tels que les hermaphrodites et les pucerons. Le dictionnaire vise à fournir une description complète et ordonnée de la nature, accessible à un large public. Il met en lumière la variété des formes et des modes de vie des insectes, y compris ceux visibles ou non au microscope, comme les polypes capables de régénération. Certains insectes, bien que nuisibles, sont combattus par l'homme. D'autres, comme le kermès, la cochenille, le ver à soie, l'abeille et la fourmi, sont bénéfiques et utilisés pour la teinture, la médecine, la production de soie, de cire, de miel et de laque. Les volumes suivants traiteront des règnes végétal et minéral ainsi que des principaux phénomènes naturels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11020
DICTIONNAIRE raisonné, universel, d'Histoire Naturelle ; contenant l'Histoire des Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle des Corps célestes, des Météores & des autres principaux Phénomènes de la Nature, avec l'histoire & la description des Drogues simples, tirées des trois régnes, & le détail de leurs usages en Médecine, dans l'économie domestique & champêtre, & dans les Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la Société économique de Berne ; Associé de l'Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres & Arts de Rouen ; Correspondant de la Société Royale des Sciences de Montpellier ; Associé de l'Académie Royale des Belles-Lettres de Caën ; Membre de la Société Littéraire de Clermont-Ferrand. Cinq volumes in 8 o . Prix, 17 liv. 10 s. brochés. A Paris, chez Didot le jeune, quai des Augustins ; Musier fils, quai des Augustins ; Dehansy, Pont au Change ; Panckoucke, rue & près de la Comédie Françoise. 1764. Avec Approbation & Privilége du Roi. PREMIER EXTRAIT.
11021
p. 79-90
ELITE de Poësies fugitives ; avec cette Epigraphe : Les Muses sont des Abeilles volages. Gresset. A Londres, & se trouve à Paris, chez Desaint & Saillant, Libraires, rue S. Jean de Beauvais, & chez Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la Comédie Françoise ; trois vol. in-12, petit format, avec de jolies Gravures.
Début :
POURQUOI la plupart des Recueils de Poësies donnés au Public, sont-ils des [...]
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texteReconnaissance textuelle : ELITE de Poësies fugitives ; avec cette Epigraphe : Les Muses sont des Abeilles volages. Gresset. A Londres, & se trouve à Paris, chez Desaint & Saillant, Libraires, rue S. Jean de Beauvais, & chez Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la Comédie Françoise ; trois vol. in-12, petit format, avec de jolies Gravures.
ELITE de Poësies fugitives ; avec cette Epigraphe :
Les Muses sont des Abeilles volages. Gresset.
A Londres, & se trouve à Paris, chez
Desaint & Saillant, Libraires, rue S.
Jean de Beauvais, & chez Panckoucke,
Libraire, rue & à côté de la Comédie
Françoise ; trois vol. in-12, petit format,
avec de jolies Gravures.
POURQUOI la plupart des Recueils de
Poësies donnés au Public, sont-ils des
Collections imparfaites, & prèſque tou
jours au - deſſous du médiocre ? C'eſt
que les Editeurs, moins éclairés par le
goût, que conduits par l'appas du gain,
n'ont pas été aſſez difficiles dans le choix,
aſſez ſoigneux dans l'exécution, aſſez
répandus parmi les gens de Lettres pour
en tirer les ſecours néceſſaires. Ce n'a
prèſque jamais été qu'une affaire de com
merce. Auſſi eſt-il fort peu de ces Re
cueils qui ayent pu échapper à l'oubli
pour lequel ils ſembloient faits.
On vient de publier un Ouvrage de ce
D iv
8O MERCURE DE FRANCE.
genre, qui paroît mériter davantage
l'attention des vrais Littérateurs. Il
règne une diverſité qui produit l'effet le
plus agréable. Tantôt c'eſt une Odeſu
blime, tantôt une Pièce légère ; ici,
dans une Epigramme, c'eſt une ſaillie
piquante ; là, dans un Madrigal, c'eſt
l'expreſſion la plus vive ou la plus tou
chante du ſentiment le plus exquis. On
y trouve des Fables ingénieuſes, de jo
lies Chanſons , des † charmans.
Le Lecteur n'y voit les mauvais Poëtes
que du côté favorable ; car il eſt échap
pé deux Madrigaux aſſez bons à Cotin,
& quatre Vers heureux à Pradon. Il
n'y voit point les Pièces médiocres de
nos Ecrivains les plus connus; car Fon
tenelle a fait quelques Poëſies froides ,
& Chaulieu beaucoup de Vers d'une né
gligence inexcuſable. Mais ce qui rend
le nouveau Recueil plus précieux, ce
ſont pluſieurs morceaux rares ou ignorés,
ſoit d'Auteurs anonymes, ſoit d'autres
Auteurs, dont on connoît mieux les
noms que les Ouvrages, tels que Char
leval, la Faye, Genonville & Ferrand.
On en venge auſſi quelques-uns de l'in
juſtice de leurs Juges, tels qu'Hénaut &
Sénécé. Parmi les noms qui font hon
neur à notre Littérature, nous avons vu
M A I. 1764.
8'I
avec plaiſir ceux de grand nombre de
perſonnes illuſtres par leur naiſſance,
le Prince Cantemir, M. le Duc de Ni
vernois, M. le C. de B. M. le Maréchal
de Richelieu , S. M. le Roi de Pruffe, &
beaucoup d'autres qui ont jetté ſur les
Lettres un éclat qui a rejailli ſur eux,
& qui ont prouvé que la Nature ne s'eſt
point trompée en les diſtinguant des au
tres hommes. C'eſt un triomphe de plus
pour notre ſiécle & pour la Philoſophie.
En un mot, les Auteurs de cette Collec
tion ſe ſont efforcés de réunir tout ce
qui peut exciter & ſatisfaire la curioſité
d'un homme de goût.
Dans la Préface, on rend un compte
exact & précis, tant de la forme de l'en
trepriſe, que de la manière dont on a
cru devoir l'exécuter.
Enſuite de cet
avis,eſt une Table alphabétique de tous
les noms des Auteurs, au-deſſous deſ
quels on a placé une Liſte de leurs Ou
vrages contenus dans ce Choix , en in
diquant le tome & la page où chaque
Piéce eſt inſérée.
Nous allons jetter un coup-d'œil ra
pide ſur les trois volumes de ces Poëfies
fugitives.
Le premier commence par une Ode
ſur le ſublime Poëtique , qui eſt pleine
V
82 MERCURE DE FRANCE.
t
de feu & de hardieſſe : c'eſt le vrai ton
de l'Ode.
Quelques pages après eſt un Conte de
M. de Sénécé, intitulé : Filer le parfait
amour. Beaucoup de naturel, d'eſprit &
de facilité, voilà ce qui caractériſe cette
Pièce. Si l'on n'avoit pas lu la Fontaine,
on s'imagineroit qu'on ne peut aller plus
loin dans ce genre.
Autre morceau que l'on retrouve ici
avec plaiſir, c'eſt la manière de prendre
les Oiſeaux, Dialogue. Ce petit Poème
eſt peut-être ce que nous avons de plus
parfait dans le genre paſtoral. L'Auteur
n'en eſt point connu ; il faut que ſa mo
deſtie ait été grande, ſi c'eſt-là le motif
qui l'a engagé à garder l'anonyme.
Suit une Epître fort belle ſur la Santé.
C'eſt un Ouvrage eſtimable & rare.
Voici une Epigramme très-plaiſante :
Blaiſe voyant à l'agonie
Lucas qui lui devoit cent francs, .
Lui dit, toute honte bannie :
.
'
» Ça, payez-moi vite, il eſt temps.
» Laiſſez-moi mourir à mon aiſe,
Répondit foiblement Lucas.
» Oh parbleu ! vous ne mourrez pas
• » Que je ne ſois payé, dit Blaiſe,
-
M A I. 1764.
-
83
M. de Moncrifeſt, parmi nos Auteurs
vivans, un de ceux dont les Ouvrages
ont le plus contribué à enrichir cette
Collection. L'eſprit & la fineſſe brillent
également dans un Dialogue entre Lais
· & Diogène, qui eſt imprimé ici pour la
première fois. Il ſeroit à ſouhaiter que
cet Auteur donnât au Public la partie
de ſes Poëſies qui n'eſt point connue.
On en trouve ici pluſieurs qui font déſi
rer les autres.
·
Comme il n'eſt pas poſſible de citer
- les morceaux un peu étendus, nous nous
bornerons à ceux qui le ſont moins.
VERS à M. de SoUcI , Tréſorier de
l'Epargne.
-
Mes Vers, Monſieur, ſont peu de choſe,
Et, Dieu merci, je le ſçais bien :
Mais vous ferez beaucoup de rien,
Si les changez en votre Proſe.
E P I G R A M M E.
Certain Rimeur qui jamais ne repoſe,
· Me dit hier arrogamment,.
Qu'il n'a jamais écrit en proſe :
, Liſez ſes Vers; vous verrez comme il ment,
-
Paſſerat.
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
uelle naïveté délicieuſe dans cette
, Chanſon adreſſée à Madame la Ducheſſe
de la Valière ! Elle eſt encore de M. de
Moncrif
Autrefois un Temple étoit,
La fête en eſt paſſée ;
Chaque Amant y répétoit
Sa plus douce penſée.
Si ce Temple ſe r'ouvroit
Pour ce tant doux myſtère,
Que de fois on entendroit :
J'adore la Valière.
Quelle délicateſſe dans ce Madrigal de
Ferrand !
D'amour & de mélancolie
Jadis Celamnus conſumé,
En Fontaine fut transformé;
Et qui boit de ſes eaux oublie
Juſqu'au nom de l'objet aimé.
Pour mieux oublier Egérie,
J'y courus hier vainement ;
A force de changer d'Amant,
L'infidèle l'avoit tarie.
•
-
Ce premier Tome finit par une Epître
à M. de Boullongne : elle eſt de M. Greſ
Jet, & ne ſe trouve point dans ſes (2u
-
,
M A I. 1764.
85
vres. On y reconnoît ſa manière ; ce
ſont les mêmes graces & la même facilité
que dans ſes autres Ouvrages.
Les autres morceaux remarquables
contenus dans ceVolume ſont une Epître
à M. Laurent, de M. l'Abbé de Lille,
l'Ode ſur l'enthouſiaſme de M. Sabatier,
la traduction du commencement du
· Poëme de Lucrèce par Hénaut, les Tom
beaux, Poème de M. Feutry, le triom
phe d'Alexandre de M. de S. Lambert ,
une Epître ſur la Solitude, l'Epître aux
Dieux Pénates , une Eglogue de M.
l'Abbé Mangenot, l'Epître au peuple de
· M. Thomas, le Soleil fixe au milieu des
lanetes, Ode ; une Epître de M. Blin,
M. de Voltaire; en lui adreſſant ſon
Héroïde de Gabrielle, & la réponſe de
M. de Voltaire ; une Ode ſur la Guerre
duRoi de Pruſſe,& le rajeuniſſement inu
· tile de M. de Moncrif; toutes pièces qu'il
ſuffit d'indiquer & qui n'ont pas beſoin
d'éloges.
Le ſecond volume eſt pour le moins
auſſi bien compoſé que le premier. Je
ne connois point de ſentiment mieux
exprimé que dans ce Madrigal.
Que je ſouffre un cruel martyre,
Quand juſqu'au fond des bois Tircis vient me
chercher !
-
86 MERCURE DE FRANCE.
Il a cent choſes à médire,
Et j'en ai cent à lui cacher.
Diroit-on que l'Epigramme ſuivante
ait été faite par un Poète auſſi ancien que
Saint Gélais.
Sur le Pſeautier de Mlle de Meſmes.
Si Dieu mettoit les dons en vous & moi
Qu'avoit l'Auteur de cette Œuvre parfaite ;
Pour votre part ſeriez femme de Roi
Et par ſouhait, j'en ſerois le prophète.
On doit ſçavoir bon gré aux Editeurs
de ce recueil de nous avoir remis ſous
les yeux le Kaimak, ſecond Conte de
M. de Sénécé, qui n'eſt point dans ſes
(Euvres. Dix à douze morceaux de cette
eſpéce auroient mis ce Poète à côté de
nos meilleurs Ecrivains.
C'eſt le ſort de M. de Voltaire, d'ex
celler dans tous les genres où il veut
s'eſſayer. En voici une nouvelle preuve
quant aux poëſies légères.
MADRrGAL à Mde du BocAGE , à
ſon départ pour l'Italie.
Nouvelle Muſe, aimable Grâce ,
Allez au Capitole, allez , rapportez-nous
-
-
M A I. 1764.
87
Les Myrthes de Pétrarque & les lauriers du Taſſe ;
Si tous deux revivoient,ils chanteroient pour vous,.
Et voyant vos beaux yeux & votre Poèſie,
Tous deux mourroient à vos genoux
Ou d'amour ou de jalouſie.
Il étoit réſervé au ſiécle préſent de voir
des vers galans & bien tournés ſortir de
la plume des Philoſophes les plus pro
fonds.
Les vers de M. de la Faye qui ſont
dans ce Recueil juſtifient ſa réputation.
Madrigal.
Phœbus dont l'art me coûta tant de nuits,
Pour mes travaux m'a mis en main ſa Lyre ;
L'amour enfin , touché de mes ennuis ,
Veut que pour moi tout rie en ſon empire.
L'un alluma le beau feu qui m'inſpire ;
L'autre m'apprit les ſons les plus touchans ;
, Si j'en ſuis fier, c'eſt parce que Thémire
Daigne écouter mes deſirs & mes chants,
On lit auſſi dans ce recueil, une Chan
fon de M. de Fenelon , Archevêque de
Cambrai.
-
La meilleure réponſe aux injuſtes Sa
tyres de Boileau à l'égard de Quinaut,
c'eſt la douceur des Vers ſuivans :
Le mal de mes rivaux n'égale point ma peine ;
88 MERCURE DE FRANCE.
La douce illuſion d'une eſpérance vaine
Ne les fait point tomber du faîte du bonheur ;
Aucun d'eux comme moi n'a perdu votre cœur,
Comme eux à votre humeur ſévère,
Je ne ſuis point accoutumé :
Quel tourment de ceſſer de plaire
Quand on a fait l'eſſai du bonheur d'être aimé !
Les principales Pièces de ce ſecond
volume, ſont une Ode ſur les Poëtes
Lyriques, de M. le C. de B. l'Ode ſur
la Mort de Rouſſeau, de M. le Franc ;
l'Epître ſur l'Amitié, de M. Guimond de
la Touche ; une Epître ſur l'utilité de la
Retraite pour les Gens de Lettres, de
M. l'Abbé Delille ; une Epître à M. le
C. de B. par M. Blin ; le Temple des
Deſirs, par un Auteur Anonyme; l'E-
glogue de M. l'Abbé Mangenot, Au dé
clin d'un beau jour; une Ode de Rouſ
ſeau qui n'eſt point connue ; l'Epître
aux Poëtes par M. Marmontel, qui a rem
porté le prix de l'Académie ; les quatre
parties du Jour, de M. le C. de B. & les
deux parties du Jour, de M. de Saint
Lambert.
-
A l'égard du dernier volume, nous
nous contenterons de déſigner les mor
ceaux les plus remarquables.
Une Ode ſur les Vers, par M. de la
M A I. 1764.
8g
Faye; Elégie ſur la diſgrace de M. Fou
quet , par la Fontaine; une Epître de
Boileau qui n'eſt dans aucune Edition
de ſes Œuvres ; Métamorphoſe d'un
Homme en Oiſeau , très-joli Conte de
Paſſerat ; la Sageſſe, Poème de M. Ré
mond de Saint-Marc; les quatre Saiſons,
Poème de M. le C. de B. qu'on n'eſt pas
fâché de voir compris dans ce Recueil,
quoiqu'il y occupe une place conſidéra
ble; l'Epître ſur laquelle le Marquis de
Saint-Aulaire a été reçu à l'Académie
Françoiſe ; Leçons aux Enfans des Sou
verains, par le Père Lombard, Jéſuite ;
l'Epître d'Héloïſe à Abailard, de M.
Colardeau; une Epître de M. Barthe à
Madame du Bocage; une Ode de M. de
la Grange-Chancel; le Philoſophe des
Alpes, Ode de M. de la Harpe ; & l'Eſ
ſai ſur la Déclamation Tragique , de M.
Dorat.
Il réſulte de la lecture de cette Collec
tion, une vérité qui doit ranimer notre
eſpérance pour le ſoutien de la Littéra
ture Françoiſe : c'eſt que la plupart des
productions de nos jeunes Auteurs ne pa
roiſſent guères inférieures à celles du ſiè
cle dernier , & l'on ne ſçauroit trop en
courager les Talens qu'ils annoncent.
Il y a une jolie Vignette au Frontiſ
·
9o MERCURE DE FRANCE.
pice de chaque Volume : les Deſſeins
ſont de M. Gravelot. En un mot, ce Li
vre ſuppoſe dans les Editeurs autant de
goût que de diſcernement; &, placé
dans une Bibliothèque choiſie, il peut
diſpenſer de l'acquiſition de plus de ſoi
xante Volumes.
Les Muses sont des Abeilles volages. Gresset.
A Londres, & se trouve à Paris, chez
Desaint & Saillant, Libraires, rue S.
Jean de Beauvais, & chez Panckoucke,
Libraire, rue & à côté de la Comédie
Françoise ; trois vol. in-12, petit format,
avec de jolies Gravures.
POURQUOI la plupart des Recueils de
Poësies donnés au Public, sont-ils des
Collections imparfaites, & prèſque tou
jours au - deſſous du médiocre ? C'eſt
que les Editeurs, moins éclairés par le
goût, que conduits par l'appas du gain,
n'ont pas été aſſez difficiles dans le choix,
aſſez ſoigneux dans l'exécution, aſſez
répandus parmi les gens de Lettres pour
en tirer les ſecours néceſſaires. Ce n'a
prèſque jamais été qu'une affaire de com
merce. Auſſi eſt-il fort peu de ces Re
cueils qui ayent pu échapper à l'oubli
pour lequel ils ſembloient faits.
On vient de publier un Ouvrage de ce
D iv
8O MERCURE DE FRANCE.
genre, qui paroît mériter davantage
l'attention des vrais Littérateurs. Il
règne une diverſité qui produit l'effet le
plus agréable. Tantôt c'eſt une Odeſu
blime, tantôt une Pièce légère ; ici,
dans une Epigramme, c'eſt une ſaillie
piquante ; là, dans un Madrigal, c'eſt
l'expreſſion la plus vive ou la plus tou
chante du ſentiment le plus exquis. On
y trouve des Fables ingénieuſes, de jo
lies Chanſons , des † charmans.
Le Lecteur n'y voit les mauvais Poëtes
que du côté favorable ; car il eſt échap
pé deux Madrigaux aſſez bons à Cotin,
& quatre Vers heureux à Pradon. Il
n'y voit point les Pièces médiocres de
nos Ecrivains les plus connus; car Fon
tenelle a fait quelques Poëſies froides ,
& Chaulieu beaucoup de Vers d'une né
gligence inexcuſable. Mais ce qui rend
le nouveau Recueil plus précieux, ce
ſont pluſieurs morceaux rares ou ignorés,
ſoit d'Auteurs anonymes, ſoit d'autres
Auteurs, dont on connoît mieux les
noms que les Ouvrages, tels que Char
leval, la Faye, Genonville & Ferrand.
On en venge auſſi quelques-uns de l'in
juſtice de leurs Juges, tels qu'Hénaut &
Sénécé. Parmi les noms qui font hon
neur à notre Littérature, nous avons vu
M A I. 1764.
8'I
avec plaiſir ceux de grand nombre de
perſonnes illuſtres par leur naiſſance,
le Prince Cantemir, M. le Duc de Ni
vernois, M. le C. de B. M. le Maréchal
de Richelieu , S. M. le Roi de Pruffe, &
beaucoup d'autres qui ont jetté ſur les
Lettres un éclat qui a rejailli ſur eux,
& qui ont prouvé que la Nature ne s'eſt
point trompée en les diſtinguant des au
tres hommes. C'eſt un triomphe de plus
pour notre ſiécle & pour la Philoſophie.
En un mot, les Auteurs de cette Collec
tion ſe ſont efforcés de réunir tout ce
qui peut exciter & ſatisfaire la curioſité
d'un homme de goût.
Dans la Préface, on rend un compte
exact & précis, tant de la forme de l'en
trepriſe, que de la manière dont on a
cru devoir l'exécuter.
Enſuite de cet
avis,eſt une Table alphabétique de tous
les noms des Auteurs, au-deſſous deſ
quels on a placé une Liſte de leurs Ou
vrages contenus dans ce Choix , en in
diquant le tome & la page où chaque
Piéce eſt inſérée.
Nous allons jetter un coup-d'œil ra
pide ſur les trois volumes de ces Poëfies
fugitives.
Le premier commence par une Ode
ſur le ſublime Poëtique , qui eſt pleine
V
82 MERCURE DE FRANCE.
t
de feu & de hardieſſe : c'eſt le vrai ton
de l'Ode.
Quelques pages après eſt un Conte de
M. de Sénécé, intitulé : Filer le parfait
amour. Beaucoup de naturel, d'eſprit &
de facilité, voilà ce qui caractériſe cette
Pièce. Si l'on n'avoit pas lu la Fontaine,
on s'imagineroit qu'on ne peut aller plus
loin dans ce genre.
Autre morceau que l'on retrouve ici
avec plaiſir, c'eſt la manière de prendre
les Oiſeaux, Dialogue. Ce petit Poème
eſt peut-être ce que nous avons de plus
parfait dans le genre paſtoral. L'Auteur
n'en eſt point connu ; il faut que ſa mo
deſtie ait été grande, ſi c'eſt-là le motif
qui l'a engagé à garder l'anonyme.
Suit une Epître fort belle ſur la Santé.
C'eſt un Ouvrage eſtimable & rare.
Voici une Epigramme très-plaiſante :
Blaiſe voyant à l'agonie
Lucas qui lui devoit cent francs, .
Lui dit, toute honte bannie :
.
'
» Ça, payez-moi vite, il eſt temps.
» Laiſſez-moi mourir à mon aiſe,
Répondit foiblement Lucas.
» Oh parbleu ! vous ne mourrez pas
• » Que je ne ſois payé, dit Blaiſe,
-
M A I. 1764.
-
83
M. de Moncrifeſt, parmi nos Auteurs
vivans, un de ceux dont les Ouvrages
ont le plus contribué à enrichir cette
Collection. L'eſprit & la fineſſe brillent
également dans un Dialogue entre Lais
· & Diogène, qui eſt imprimé ici pour la
première fois. Il ſeroit à ſouhaiter que
cet Auteur donnât au Public la partie
de ſes Poëſies qui n'eſt point connue.
On en trouve ici pluſieurs qui font déſi
rer les autres.
·
Comme il n'eſt pas poſſible de citer
- les morceaux un peu étendus, nous nous
bornerons à ceux qui le ſont moins.
VERS à M. de SoUcI , Tréſorier de
l'Epargne.
-
Mes Vers, Monſieur, ſont peu de choſe,
Et, Dieu merci, je le ſçais bien :
Mais vous ferez beaucoup de rien,
Si les changez en votre Proſe.
E P I G R A M M E.
Certain Rimeur qui jamais ne repoſe,
· Me dit hier arrogamment,.
Qu'il n'a jamais écrit en proſe :
, Liſez ſes Vers; vous verrez comme il ment,
-
Paſſerat.
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
uelle naïveté délicieuſe dans cette
, Chanſon adreſſée à Madame la Ducheſſe
de la Valière ! Elle eſt encore de M. de
Moncrif
Autrefois un Temple étoit,
La fête en eſt paſſée ;
Chaque Amant y répétoit
Sa plus douce penſée.
Si ce Temple ſe r'ouvroit
Pour ce tant doux myſtère,
Que de fois on entendroit :
J'adore la Valière.
Quelle délicateſſe dans ce Madrigal de
Ferrand !
D'amour & de mélancolie
Jadis Celamnus conſumé,
En Fontaine fut transformé;
Et qui boit de ſes eaux oublie
Juſqu'au nom de l'objet aimé.
Pour mieux oublier Egérie,
J'y courus hier vainement ;
A force de changer d'Amant,
L'infidèle l'avoit tarie.
•
-
Ce premier Tome finit par une Epître
à M. de Boullongne : elle eſt de M. Greſ
Jet, & ne ſe trouve point dans ſes (2u
-
,
M A I. 1764.
85
vres. On y reconnoît ſa manière ; ce
ſont les mêmes graces & la même facilité
que dans ſes autres Ouvrages.
Les autres morceaux remarquables
contenus dans ceVolume ſont une Epître
à M. Laurent, de M. l'Abbé de Lille,
l'Ode ſur l'enthouſiaſme de M. Sabatier,
la traduction du commencement du
· Poëme de Lucrèce par Hénaut, les Tom
beaux, Poème de M. Feutry, le triom
phe d'Alexandre de M. de S. Lambert ,
une Epître ſur la Solitude, l'Epître aux
Dieux Pénates , une Eglogue de M.
l'Abbé Mangenot, l'Epître au peuple de
· M. Thomas, le Soleil fixe au milieu des
lanetes, Ode ; une Epître de M. Blin,
M. de Voltaire; en lui adreſſant ſon
Héroïde de Gabrielle, & la réponſe de
M. de Voltaire ; une Ode ſur la Guerre
duRoi de Pruſſe,& le rajeuniſſement inu
· tile de M. de Moncrif; toutes pièces qu'il
ſuffit d'indiquer & qui n'ont pas beſoin
d'éloges.
Le ſecond volume eſt pour le moins
auſſi bien compoſé que le premier. Je
ne connois point de ſentiment mieux
exprimé que dans ce Madrigal.
Que je ſouffre un cruel martyre,
Quand juſqu'au fond des bois Tircis vient me
chercher !
-
86 MERCURE DE FRANCE.
Il a cent choſes à médire,
Et j'en ai cent à lui cacher.
Diroit-on que l'Epigramme ſuivante
ait été faite par un Poète auſſi ancien que
Saint Gélais.
Sur le Pſeautier de Mlle de Meſmes.
Si Dieu mettoit les dons en vous & moi
Qu'avoit l'Auteur de cette Œuvre parfaite ;
Pour votre part ſeriez femme de Roi
Et par ſouhait, j'en ſerois le prophète.
On doit ſçavoir bon gré aux Editeurs
de ce recueil de nous avoir remis ſous
les yeux le Kaimak, ſecond Conte de
M. de Sénécé, qui n'eſt point dans ſes
(Euvres. Dix à douze morceaux de cette
eſpéce auroient mis ce Poète à côté de
nos meilleurs Ecrivains.
C'eſt le ſort de M. de Voltaire, d'ex
celler dans tous les genres où il veut
s'eſſayer. En voici une nouvelle preuve
quant aux poëſies légères.
MADRrGAL à Mde du BocAGE , à
ſon départ pour l'Italie.
Nouvelle Muſe, aimable Grâce ,
Allez au Capitole, allez , rapportez-nous
-
-
M A I. 1764.
87
Les Myrthes de Pétrarque & les lauriers du Taſſe ;
Si tous deux revivoient,ils chanteroient pour vous,.
Et voyant vos beaux yeux & votre Poèſie,
Tous deux mourroient à vos genoux
Ou d'amour ou de jalouſie.
Il étoit réſervé au ſiécle préſent de voir
des vers galans & bien tournés ſortir de
la plume des Philoſophes les plus pro
fonds.
Les vers de M. de la Faye qui ſont
dans ce Recueil juſtifient ſa réputation.
Madrigal.
Phœbus dont l'art me coûta tant de nuits,
Pour mes travaux m'a mis en main ſa Lyre ;
L'amour enfin , touché de mes ennuis ,
Veut que pour moi tout rie en ſon empire.
L'un alluma le beau feu qui m'inſpire ;
L'autre m'apprit les ſons les plus touchans ;
, Si j'en ſuis fier, c'eſt parce que Thémire
Daigne écouter mes deſirs & mes chants,
On lit auſſi dans ce recueil, une Chan
fon de M. de Fenelon , Archevêque de
Cambrai.
-
La meilleure réponſe aux injuſtes Sa
tyres de Boileau à l'égard de Quinaut,
c'eſt la douceur des Vers ſuivans :
Le mal de mes rivaux n'égale point ma peine ;
88 MERCURE DE FRANCE.
La douce illuſion d'une eſpérance vaine
Ne les fait point tomber du faîte du bonheur ;
Aucun d'eux comme moi n'a perdu votre cœur,
Comme eux à votre humeur ſévère,
Je ne ſuis point accoutumé :
Quel tourment de ceſſer de plaire
Quand on a fait l'eſſai du bonheur d'être aimé !
Les principales Pièces de ce ſecond
volume, ſont une Ode ſur les Poëtes
Lyriques, de M. le C. de B. l'Ode ſur
la Mort de Rouſſeau, de M. le Franc ;
l'Epître ſur l'Amitié, de M. Guimond de
la Touche ; une Epître ſur l'utilité de la
Retraite pour les Gens de Lettres, de
M. l'Abbé Delille ; une Epître à M. le
C. de B. par M. Blin ; le Temple des
Deſirs, par un Auteur Anonyme; l'E-
glogue de M. l'Abbé Mangenot, Au dé
clin d'un beau jour; une Ode de Rouſ
ſeau qui n'eſt point connue ; l'Epître
aux Poëtes par M. Marmontel, qui a rem
porté le prix de l'Académie ; les quatre
parties du Jour, de M. le C. de B. & les
deux parties du Jour, de M. de Saint
Lambert.
-
A l'égard du dernier volume, nous
nous contenterons de déſigner les mor
ceaux les plus remarquables.
Une Ode ſur les Vers, par M. de la
M A I. 1764.
8g
Faye; Elégie ſur la diſgrace de M. Fou
quet , par la Fontaine; une Epître de
Boileau qui n'eſt dans aucune Edition
de ſes Œuvres ; Métamorphoſe d'un
Homme en Oiſeau , très-joli Conte de
Paſſerat ; la Sageſſe, Poème de M. Ré
mond de Saint-Marc; les quatre Saiſons,
Poème de M. le C. de B. qu'on n'eſt pas
fâché de voir compris dans ce Recueil,
quoiqu'il y occupe une place conſidéra
ble; l'Epître ſur laquelle le Marquis de
Saint-Aulaire a été reçu à l'Académie
Françoiſe ; Leçons aux Enfans des Sou
verains, par le Père Lombard, Jéſuite ;
l'Epître d'Héloïſe à Abailard, de M.
Colardeau; une Epître de M. Barthe à
Madame du Bocage; une Ode de M. de
la Grange-Chancel; le Philoſophe des
Alpes, Ode de M. de la Harpe ; & l'Eſ
ſai ſur la Déclamation Tragique , de M.
Dorat.
Il réſulte de la lecture de cette Collec
tion, une vérité qui doit ranimer notre
eſpérance pour le ſoutien de la Littéra
ture Françoiſe : c'eſt que la plupart des
productions de nos jeunes Auteurs ne pa
roiſſent guères inférieures à celles du ſiè
cle dernier , & l'on ne ſçauroit trop en
courager les Talens qu'ils annoncent.
Il y a une jolie Vignette au Frontiſ
·
9o MERCURE DE FRANCE.
pice de chaque Volume : les Deſſeins
ſont de M. Gravelot. En un mot, ce Li
vre ſuppoſe dans les Editeurs autant de
goût que de diſcernement; &, placé
dans une Bibliothèque choiſie, il peut
diſpenſer de l'acquiſition de plus de ſoi
xante Volumes.
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Résumé : ELITE de Poësies fugitives ; avec cette Epigraphe : Les Muses sont des Abeilles volages. Gresset. A Londres, & se trouve à Paris, chez Desaint & Saillant, Libraires, rue S. Jean de Beauvais, & chez Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la Comédie Françoise ; trois vol. in-12, petit format, avec de jolies Gravures.
Le texte présente une collection de poèmes intitulée 'Elite de Poësies fugitives', publiée à Londres et distribuée à Paris par Desaint & Saillant et Panckoucke. Cette collection se caractérise par sa diversité, comprenant des odes, des épigrammes, des fables et des chansons. Les éditeurs ont choisi de mettre en avant des œuvres rares ou méconnues d'auteurs anonymes ou peu connus, tels que Charleval, La Faye, Genonville et Ferrand, ainsi que des auteurs injustement critiqués comme Hénaut et Sénécé. Parmi les contributeurs notables figurent le Prince Cantemir, le Duc de Nivernois, le Maréchal de Richelieu et le Roi de Prusse. La préface explique la forme et l'exécution de cette entreprise, suivie d'une table alphabétique des auteurs et de leurs œuvres. Le premier volume s'ouvre sur une ode sur le sublime poétique et inclut des pièces remarquables comme un conte de Sénécé et des épigrammes plaisantes. Le recueil est structuré en trois volumes, chacun offrant une variété d'œuvres et des contributions d'auteurs contemporains et classiques. Le second volume est particulièrement apprécié pour sa qualité, avec des madrigaux, des épigrammes et des œuvres de Voltaire. Le troisième volume présente des œuvres telles qu'une ode sur les vers de La Faye et une élégie de La Fontaine. Le texte conclut en soulignant la qualité des productions des jeunes auteurs et le discernement des éditeurs dans la sélection des œuvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11021
ELITE de Poësies fugitives ; avec cette Epigraphe : Les Muses sont des Abeilles volages. Gresset. A Londres, & se trouve à Paris, chez Desaint & Saillant, Libraires, rue S. Jean de Beauvais, & chez Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la Comédie Françoise ; trois vol. in-12, petit format, avec de jolies Gravures.
11022
p. 90-100
LE MONDE MORAL, ou Mémoires pour servir à l'histoire du coeur humain, par M.... ancien Résident de France dans plusieurs Cours étrangères ; avec cette Epigraphe : Successerunt... magis alii homines, quàm alii affectus & alli mores. Tacit. histor. lib. 2. Tome II. en deux parties in 12, à Genève 1764.
Début :
LE premier Tome, ou les deux premières parties de ce Roman, par feu [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE MONDE MORAL, ou Mémoires pour servir à l'histoire du coeur humain, par M.... ancien Résident de France dans plusieurs Cours étrangères ; avec cette Epigraphe : Successerunt... magis alii homines, quàm alii affectus & alli mores. Tacit. histor. lib. 2. Tome II. en deux parties in 12, à Genève 1764.
LE MONDE MORAL, ou Mémoires
pour servir à l'histoire du coeur humain,
par M.... ancien Résident de France
dans plusieurs Cours étrangères ; avec
cette Epigraphe : Successerunt... magis
alii homines, quàm alii affectus &
alli mores. Tacit. histor. lib. 2. Tome
II. en deux parties in 12, à Genève
1764.
LE premier Tome, ou les deux premières
parties de ce Roman, par feu
M. l'Abbé Prévot, parurent dans l'an
née 17éo ; mais ce n'eſt que depuis ſa
.. mort, que le ſecond Tome , qui n'eſt
point encore la fin du Roman , a été
publié. On lit à la fin cet avertiſſement :
» M. l'Abbé Prévot, Auteur de ces Mé
» moires, occupé depuis trois ans de
M A I. 1764.
9 1
» ſon hiſtoire des maiſons de Condé &
» de Conti, avoit négligé de les finir.
» Il avoit repris ce travail avec plus d'ar
» deur que jamais, lorſque la mort le
» ſurprit. L'Editeur croiroit manquer au
» Public, s'il ne lui donnoit les reſtes
» précieux du travail d'un homme,dont il
» a honoré tous les ouvrages d'un accueil
» fi univerſel. On lui fait eſpérer qu'il ſe
» trouvera ſous les ſcellés une ſuite de
» cet Ouvrage, peut-être imparfaite ,
» qu'il s'empreſſera néanmoins de don
» ner auſſi-tôt qu'elle lui ſera remiſe :
» certain que le Public regretteroit la
» perte qu'on lui feroit eſſuyer, en le
» privant des moindres fragmens d'un
» homme dont la mémoire lui ſera tou
» jours chère.
-
On a vu, par la lecture des deux pre
mières parties de cet Ouvrage, que le
Héros du Roman eſt un Philoſophe Ob
ſervateur, qui, dans les aventures d'au
trui dont il eſt témoin, cherche à régler
ſa propre conduite. Ce n'eſt donc point
ſa propre Hiſtoire qui compoſe les deux
premiers tomes, ou les quatre premiè
res parties ; on n'y trouve que des avan
tures épiſodiques, qui peuvent encore
être multipliées à l'infini. Auſſi l'Auteur
dit-il dans un Avertiſſement, que , dans
92 MERCURE DE FRANCE.
la erainte que quelque obſtacle ne lui
permette pas de conduire ſon Ouvrage
à ſa fin, il prend le parti d'expoſer ſon
plan, pour tracer les voies à ceux qui
voudront l'éxécuter après lui. Rien n'eſt
plus ſimple que ce plan ; c'eſt de faire en
viſager, du côté moral, tous les événe
mens dont on ſe propoſe le récit. On en
tend par le côté moral, certaines faces
qui répondent aux reſſorts intérieurs des
actions, & qui peuvent conduire, par
cette porte, à la connoiſſance des motifs
& des ſentimens.
Le premier tome, qui paroît depuis
quatre ans, renferme dix ou douze aven
tures. Le ſecond, publié nouvellement ,
ne contient que l'Hiſtoire de l'Abbé
Brenner & de Mademoiſelle Tekely ;
encore cette Hiſtoire n'eſt-elle point ter
minée. L'un & l'autre de ces deux volu
mes ont donné lieu à deux Lettres, que
nous allons mettre ſous les yeux du Pu
blic. La première eſt de M. l'Abbé Pré
vot. Elle eſt adreſſée à un Seigneur de la
Cour,à qui il avoit envoyé les deux pre
mières parties de ſon Roman, & qui lui
en avoit dit ſon ſentiment par écrit. La
Lettre de M. l'Abbé Prévot eſt donc une
réponſe à cette eſpèce de critique. Il faut
ſe rappeller les aventures contenues dans
-
cette Lettre.
· A"
, M A I. 1764.
le Duc de ...
Ce 29 Mars 176o.
93
1es deug. premières parties du Roman ,
pour Uien entendre tous les endroits de
LETTRE de M. l'Abbé PRÉVoT à M.
º
| 25 MrErE grâces à Monſieur le Duc,
» Je reconnois ſa bonté juſques dans ſa
» critique; & je me propoſe d'aller lui
» faire ma cour, &c.
» J'adopte toutes les idées de Monſieur
» le Duc, ſur les Ouvrages de la nature
» du mien : elles ſont juſtes, ſolides ,
» bien conçues & bien exprimées. La
» critique ſur le défaut d'intérêt me ſem
» ble précoce ; parce qu'il n'eſt queſtion
» juſqu'à préſent,que de former le carac
» tère de mon Obſervateur, que je n'ai
» pu faire tomber des nues tout propre à
» ſon rôle. Chaque petite aventure étant
» dirigé à ce but, ne doit prendre en
» elle-même que l'eſpèce & le degré
» d'intérêt qui peut y conduire. Telles
» du moins ont été mes vues, dont il
» me ſemble que l'avenir ſeul peut faire
» juger. De ces petites aventures iſolées,
|
94 MERCURE DE FRANNCE.
» l'une eſt plus touchante, l'autre , moins;
» l'une gaie , l'autre ſérieuſe ; d'anutres
» ſimples & naïves, d'autres intriguèces :
» d'autres tendres & d'autres terribles ;
» d'autres mêlées, & c ; tout cela, pour
» faire atte2dre dans mon Héros, & de
» la manière dont il enviſage ſon objet,
» un caractère ſuſceptible de toutes ſor
» tes de ſentimens, avec un eſprit capa
» ble de toutes ſortes de réfléxions. Ses
» propres aventures, qui ſeront formées
32† & dont j'ai déja jetté diver
» ſes ſemences, feront la vraie ligne &
» le vrai foyer de l'intérêt. En un mot,
» je crois avoir obſervé les règles d'une
» bonne Architecture , & l'avenir fera
» voir ſi je me ſuis trompé.
' » Si l'Hiſtoire du Quêteur n'eſt pas
» vraiſemblable, le fond n'eſt pas moins
» réel , puiſque c'eſt l'aventure d'un
» vieux Financier, mort depuis ſix mois,
» & qu'elle n'eſt ignorée de perſonne.
» Celle du Célérier n'eſt pas touchante,
» ſi ce mot doit toujours ſignifier tendre :
» mais je la crois très-touchante dans le
» ſens tragique, qui renferme terreur &
» pitié; & c eſt ce que je me ſuis pro
» poſé Le vrai eſt, que moi qui l'ai fai
» te, je ne l'ai pas relue ſans émotion.
» La comparaiſon des Liévres mâles
\
$
-
M A I. 1764.
g5
» eſt p'ſaiſante, & n'en eſt pas plus dé
» ſy ſantageuſe à la niéce du Prieur, s'il
3: éſt vrai qu'elle tue ſon homme d'auſſi
» bonne grâce, que M. le Duc tue les
» males Liévres. L'étoffe dont j'ai taillé
» cette fille eſt d'un deſſein aſſez neuf,
» & nous verrons quel effet il produira.
» A tout prendre, Monſieur le Duc
» voit que j'entre de bon cœur dans ſon
» idée d'un premier acte de Tragédie.
» Jamais Auteur ne fut moins rebelle à
» la critique.Je ſouhaiterois même que
» Monſieur le Duc m'eût auſſi marqué
» ſon ſentiment ſur les peintures, les ré
» fléxions, le ſtyle, & ſur les degrés par
» leſquels je fais entrer mon Héros en
» danſe : car au fond, c'eſt la partie eſ-
» ſentielle de mon entrepriſe, & ſur
» quoi je ne puis appeller à l'avenir. Ce
» n'eſt pas un Roman que je fais; c'eſt
» un Livre de Morale vêtu de cette cou
» leur. Ma curioſité ſur ces quatre points
» expoſe Monſieur le Duc à de nouvel
» les queſtions, la première fois que j'i-
» rai l'aſſurer de mon tendre & parfait
» attachement.
-
-
| Nous avons dit que les deux nouvelles
parties du Monde Moral ne contiennent
que l'Hiſtoire de Mademoiſelle Tekelys
-
--
-
-
*
|
--
-
96 MERCURE DE FRANtE. "E.
avec l'Abbé Brenner. L'Auteur nins';s fait
voyager en Turquie, dans le temps tes nue
M. de F. ... étoit Ambaſſadeur de Fran-- -
ce à la Cour Ottomane. Ce qui lui don
ne occaſion de parler de ce Miniſtre; &
c'eſt ce qu'il en dit, qui a donné lieu à
la ſeconde Lettre dont nous avons parlé.
Nous allons d'abord rapporter ce que
M. l'Abbé Prévot raconte de M. de F.....
» Cet Ambaſſadeur avoit fait prépa
» rer une Fête pour quelques Dames de
» France & de Hollande, dans un Vil- .
» lage voiſin de Pera. On s'y rendit à
» neuf ou dix heures du matin, les Da
» mes dans leurs voitures , & M. l'Am
» baſſadeur à cheval, avec la plupart
» des hommes. Il faiſoit fort chaud; mais
» à l'aide des rafraîchiſſemens , on fit
» bonne chère, & la danſe y ſuccéda.
» En retournant, comme on étoit venu,
» M. de F. ... vit ou crut voir un ſer
» pent qui traverſoit le chemin devant
» les pieds du cheval d'un Gentilhomme
» François , nommé Marigny ,
qu'il
» favoriſoit beaucoup, & qui étoit à ſa
» gauche. Il lui dit : prenez garde que
» votre cheval ne marche ſur ce ſerpent.
» Marigny ayant répondu qu'il n'y en
» avoit aucun, ſa réponſe déplut à l'Am
» baſſadeur, qui la regarda comme un
» démenti ;
M A I. 1764.
97
» démenti; &, dans cette fauſſe idée,
» il lui donna un coup de fouet ſur les
» épaules. Eſt ce ainſi, s'écria le Gentil
» homme, qu'on traite un homme de
» condition ? Oui, repliqua M. de F....
» quand il parle comme vous faites.
» Cette conteſtation, qui devint beau
» coup plus vive, ne fut pas interprétée
» à l'avantage de l'Ambaſſadeur ; & le
» reſte de la compagnie lui croyant la
» tête échauffée par l'exceſſive chaleur ,
» on fit ſigne à Marigny de ne le pas
» contredire plus long-temps. Mais ſa co
» lère ne fit qu'augmenter en rentrant
» dans ſon Palais.
Il ne dormit pas de
» toute la nuit ſuivante ; ſes diſcours &
» ſes actions ſembloient marquer le plus
» violent délire; il devint ſi furieux,qu'on
» fut obligé de le lier........ Ce déſor
» dre ne put demeurer ſecret; il alla ſi
» loin, que les Officiers de l'Ambaſſade
» prirent enfin le parti d'envoyer en
» France une atteſtation de la folie de
» leur Chef, ſignée des principaux Mar
» chands de la Nation. M. de F. ... fut
» rappellé , & M. Deſalleurs nommé
» pour lui ſuccéder.
-
Voilà le fait tel qu'il eſt rapporté au
commencement de la quatrième partie
du Roman. La Lettre ſuivante en prouve
la fàuſſeté,
E
98 MERCURE DE FRANCE.
LET'TRE à M. D E L A P E A c E ,
Auteur du Mercure, ſur feu M. de
FERRIOL, Ambaſſadeur de France
à la Porte.
99 J'AI lu avec étonnement, Monſieur,
» dans l'un des deux nouveaux volumes
» d'un Livre intitulé, le Monde Moral,
» de feu M. l'Abbé Prévot, de préten
» dues anecdotes concernant M. de Fer
» riol, dont perſonne n'eſt plus à portée
» que moi, de démontrer la§ Je
» vous prie, au cas que vous rendiez
» compte de cet Ouvrage dans le Mer
» cure, de vouloir bien y inſérer ma
» Lettre. C'eſt le moins que je doive à
» la mémoire d'un Miniſtre reſpectable,
» que mon père a beaucoup connu; &
»je vous crois trop juſte,pour ne paseſ
» pérer de vous cette grace.
.
• » Je ſuis donc en état de vous aſſurer,
» Monſieur, que M. de Ferriol, Ambaſ
» ſadeur à Conſtantinople , a joui tant
» qu'il a vécu , d'une réputation qu'il
» avoit méritée par ſes lumières & par ſa
» probité; qu'il alaiſſé dans le pays où il
» a été employé, le ſouvenir des occa
* ...
:
'
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)
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' iº -
. ..
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•
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-
-
.
M A I. 1764.
99
» ſions où il a ſoutenu la dignité de ſon
» caractère & la gloire de ſon Maître,
» avec une force & un courage dont il y
» a peu d'exemples. On trouve en effat
» dans pluſieursrelations, la façon dont il .
» ſe conduiſit à ſa première Audience, *
» où il ne voulut jamais quitter ſon
» épée ; ainſi que la réſiſtance qu'il ap
» porta aux ordres qui lui furent ſigni
» fiés de la part du Grand-Seigneur, au
» ſujet des artifices & illuminations qu'il
» avoit fait préparer dans ſon Palais, pour
- » célébrer la naiſſance du premier Duc
» de Bretagne. Il conſervoit, il eſt vrai,
» un peu trop dans ſon intérieur , cette
» fierté & cette infléxibilité qui conve
» noient dans lesactions d'éclat; il puniſ
» niſſoit ſévèrement les moindres fautes.
» Ses principaux Domeſtiques, irrités
» de cette ſévérité, & excités peut-être
» par d'autres motifs dont les détails ne
» me ſont pas aujourd'hui préſens, for
» mèrent la plus étrange conſpiration
» qu'il y ait jamais eu. Il profitèrent d'u-
» ne maladie conſidérable qu'il eſſuya,
» (c'étoit une eſpèce de fiévre maligne)
» pour le tenir dans une eſpèce de char
» te privée, ne le laiſſant parler à qui
· " Voyez le Choix des Mercures, tom. 1o2, p.41.
- -
-
-
E ij
1oo MERCURE DE FRANCE.
» que ce ſoit; ils débitèrent que la tête
» lui avoit abſolument tourné, & en
» voyèrent un Mémoire à la Cour de
» France, qui atteſtoit cette calomnie.
» L'Ambaſſadeur, étant en convaleſ
» cence, s'apperçut du traitement inoui
» qu'il éprouvoit; & ne ſçachant com
» ment ſe tirer de ſa priſon , il apperçut
» à une fenêtre qui touchoit à la fienne,
» l'Ambaſſadeur d'Hollande, qui étoit
» fort de ſes amis. Il lui conta ſon hiſtoi- .
» re : alors cet Ambaſſadeur ſe tranſpor
» ta chez lui, ſe fit ouvrir les portes, le
» tira de captivité. Les auteurs de la conſ
» piration s'enfuirent & ſe diſperſèrent.
» M. de Ferriol dépêcha en France un
» Comte de Raza, Officier qui avoit
» ſervi en Hongrie pour le Prince Tekeli.
» Ce Comte de Raza, qui devoit faire
» une grande diligence, afin de détruire
» les bruits injurieux qu'on avoit répan
» dus contre M. de Ferriol, fut retenu en
» Dauphiné par une maladie, & n'arri
» va préciſément que le jour même où
» M. Deſalleurs avoit été nommé pour
» ſuccéder à M. de Ferriol. Le coup
» étant ſans remède, ce dernier fut obli
» gé de revenir à Paris, où il a vêcu plu
» ſieurs années eſtimé & conſidéré de
'» tous ceux qui l'ont connu. J'ai l'hon
» neur, &c.
· N****,
pour servir à l'histoire du coeur humain,
par M.... ancien Résident de France
dans plusieurs Cours étrangères ; avec
cette Epigraphe : Successerunt... magis
alii homines, quàm alii affectus &
alli mores. Tacit. histor. lib. 2. Tome
II. en deux parties in 12, à Genève
1764.
LE premier Tome, ou les deux premières
parties de ce Roman, par feu
M. l'Abbé Prévot, parurent dans l'an
née 17éo ; mais ce n'eſt que depuis ſa
.. mort, que le ſecond Tome , qui n'eſt
point encore la fin du Roman , a été
publié. On lit à la fin cet avertiſſement :
» M. l'Abbé Prévot, Auteur de ces Mé
» moires, occupé depuis trois ans de
M A I. 1764.
9 1
» ſon hiſtoire des maiſons de Condé &
» de Conti, avoit négligé de les finir.
» Il avoit repris ce travail avec plus d'ar
» deur que jamais, lorſque la mort le
» ſurprit. L'Editeur croiroit manquer au
» Public, s'il ne lui donnoit les reſtes
» précieux du travail d'un homme,dont il
» a honoré tous les ouvrages d'un accueil
» fi univerſel. On lui fait eſpérer qu'il ſe
» trouvera ſous les ſcellés une ſuite de
» cet Ouvrage, peut-être imparfaite ,
» qu'il s'empreſſera néanmoins de don
» ner auſſi-tôt qu'elle lui ſera remiſe :
» certain que le Public regretteroit la
» perte qu'on lui feroit eſſuyer, en le
» privant des moindres fragmens d'un
» homme dont la mémoire lui ſera tou
» jours chère.
-
On a vu, par la lecture des deux pre
mières parties de cet Ouvrage, que le
Héros du Roman eſt un Philoſophe Ob
ſervateur, qui, dans les aventures d'au
trui dont il eſt témoin, cherche à régler
ſa propre conduite. Ce n'eſt donc point
ſa propre Hiſtoire qui compoſe les deux
premiers tomes, ou les quatre premiè
res parties ; on n'y trouve que des avan
tures épiſodiques, qui peuvent encore
être multipliées à l'infini. Auſſi l'Auteur
dit-il dans un Avertiſſement, que , dans
92 MERCURE DE FRANCE.
la erainte que quelque obſtacle ne lui
permette pas de conduire ſon Ouvrage
à ſa fin, il prend le parti d'expoſer ſon
plan, pour tracer les voies à ceux qui
voudront l'éxécuter après lui. Rien n'eſt
plus ſimple que ce plan ; c'eſt de faire en
viſager, du côté moral, tous les événe
mens dont on ſe propoſe le récit. On en
tend par le côté moral, certaines faces
qui répondent aux reſſorts intérieurs des
actions, & qui peuvent conduire, par
cette porte, à la connoiſſance des motifs
& des ſentimens.
Le premier tome, qui paroît depuis
quatre ans, renferme dix ou douze aven
tures. Le ſecond, publié nouvellement ,
ne contient que l'Hiſtoire de l'Abbé
Brenner & de Mademoiſelle Tekely ;
encore cette Hiſtoire n'eſt-elle point ter
minée. L'un & l'autre de ces deux volu
mes ont donné lieu à deux Lettres, que
nous allons mettre ſous les yeux du Pu
blic. La première eſt de M. l'Abbé Pré
vot. Elle eſt adreſſée à un Seigneur de la
Cour,à qui il avoit envoyé les deux pre
mières parties de ſon Roman, & qui lui
en avoit dit ſon ſentiment par écrit. La
Lettre de M. l'Abbé Prévot eſt donc une
réponſe à cette eſpèce de critique. Il faut
ſe rappeller les aventures contenues dans
-
cette Lettre.
· A"
, M A I. 1764.
le Duc de ...
Ce 29 Mars 176o.
93
1es deug. premières parties du Roman ,
pour Uien entendre tous les endroits de
LETTRE de M. l'Abbé PRÉVoT à M.
º
| 25 MrErE grâces à Monſieur le Duc,
» Je reconnois ſa bonté juſques dans ſa
» critique; & je me propoſe d'aller lui
» faire ma cour, &c.
» J'adopte toutes les idées de Monſieur
» le Duc, ſur les Ouvrages de la nature
» du mien : elles ſont juſtes, ſolides ,
» bien conçues & bien exprimées. La
» critique ſur le défaut d'intérêt me ſem
» ble précoce ; parce qu'il n'eſt queſtion
» juſqu'à préſent,que de former le carac
» tère de mon Obſervateur, que je n'ai
» pu faire tomber des nues tout propre à
» ſon rôle. Chaque petite aventure étant
» dirigé à ce but, ne doit prendre en
» elle-même que l'eſpèce & le degré
» d'intérêt qui peut y conduire. Telles
» du moins ont été mes vues, dont il
» me ſemble que l'avenir ſeul peut faire
» juger. De ces petites aventures iſolées,
|
94 MERCURE DE FRANNCE.
» l'une eſt plus touchante, l'autre , moins;
» l'une gaie , l'autre ſérieuſe ; d'anutres
» ſimples & naïves, d'autres intriguèces :
» d'autres tendres & d'autres terribles ;
» d'autres mêlées, & c ; tout cela, pour
» faire atte2dre dans mon Héros, & de
» la manière dont il enviſage ſon objet,
» un caractère ſuſceptible de toutes ſor
» tes de ſentimens, avec un eſprit capa
» ble de toutes ſortes de réfléxions. Ses
» propres aventures, qui ſeront formées
32† & dont j'ai déja jetté diver
» ſes ſemences, feront la vraie ligne &
» le vrai foyer de l'intérêt. En un mot,
» je crois avoir obſervé les règles d'une
» bonne Architecture , & l'avenir fera
» voir ſi je me ſuis trompé.
' » Si l'Hiſtoire du Quêteur n'eſt pas
» vraiſemblable, le fond n'eſt pas moins
» réel , puiſque c'eſt l'aventure d'un
» vieux Financier, mort depuis ſix mois,
» & qu'elle n'eſt ignorée de perſonne.
» Celle du Célérier n'eſt pas touchante,
» ſi ce mot doit toujours ſignifier tendre :
» mais je la crois très-touchante dans le
» ſens tragique, qui renferme terreur &
» pitié; & c eſt ce que je me ſuis pro
» poſé Le vrai eſt, que moi qui l'ai fai
» te, je ne l'ai pas relue ſans émotion.
» La comparaiſon des Liévres mâles
\
$
-
M A I. 1764.
g5
» eſt p'ſaiſante, & n'en eſt pas plus dé
» ſy ſantageuſe à la niéce du Prieur, s'il
3: éſt vrai qu'elle tue ſon homme d'auſſi
» bonne grâce, que M. le Duc tue les
» males Liévres. L'étoffe dont j'ai taillé
» cette fille eſt d'un deſſein aſſez neuf,
» & nous verrons quel effet il produira.
» A tout prendre, Monſieur le Duc
» voit que j'entre de bon cœur dans ſon
» idée d'un premier acte de Tragédie.
» Jamais Auteur ne fut moins rebelle à
» la critique.Je ſouhaiterois même que
» Monſieur le Duc m'eût auſſi marqué
» ſon ſentiment ſur les peintures, les ré
» fléxions, le ſtyle, & ſur les degrés par
» leſquels je fais entrer mon Héros en
» danſe : car au fond, c'eſt la partie eſ-
» ſentielle de mon entrepriſe, & ſur
» quoi je ne puis appeller à l'avenir. Ce
» n'eſt pas un Roman que je fais; c'eſt
» un Livre de Morale vêtu de cette cou
» leur. Ma curioſité ſur ces quatre points
» expoſe Monſieur le Duc à de nouvel
» les queſtions, la première fois que j'i-
» rai l'aſſurer de mon tendre & parfait
» attachement.
-
-
| Nous avons dit que les deux nouvelles
parties du Monde Moral ne contiennent
que l'Hiſtoire de Mademoiſelle Tekelys
-
--
-
-
*
|
--
-
96 MERCURE DE FRANtE. "E.
avec l'Abbé Brenner. L'Auteur nins';s fait
voyager en Turquie, dans le temps tes nue
M. de F. ... étoit Ambaſſadeur de Fran-- -
ce à la Cour Ottomane. Ce qui lui don
ne occaſion de parler de ce Miniſtre; &
c'eſt ce qu'il en dit, qui a donné lieu à
la ſeconde Lettre dont nous avons parlé.
Nous allons d'abord rapporter ce que
M. l'Abbé Prévot raconte de M. de F.....
» Cet Ambaſſadeur avoit fait prépa
» rer une Fête pour quelques Dames de
» France & de Hollande, dans un Vil- .
» lage voiſin de Pera. On s'y rendit à
» neuf ou dix heures du matin, les Da
» mes dans leurs voitures , & M. l'Am
» baſſadeur à cheval, avec la plupart
» des hommes. Il faiſoit fort chaud; mais
» à l'aide des rafraîchiſſemens , on fit
» bonne chère, & la danſe y ſuccéda.
» En retournant, comme on étoit venu,
» M. de F. ... vit ou crut voir un ſer
» pent qui traverſoit le chemin devant
» les pieds du cheval d'un Gentilhomme
» François , nommé Marigny ,
qu'il
» favoriſoit beaucoup, & qui étoit à ſa
» gauche. Il lui dit : prenez garde que
» votre cheval ne marche ſur ce ſerpent.
» Marigny ayant répondu qu'il n'y en
» avoit aucun, ſa réponſe déplut à l'Am
» baſſadeur, qui la regarda comme un
» démenti ;
M A I. 1764.
97
» démenti; &, dans cette fauſſe idée,
» il lui donna un coup de fouet ſur les
» épaules. Eſt ce ainſi, s'écria le Gentil
» homme, qu'on traite un homme de
» condition ? Oui, repliqua M. de F....
» quand il parle comme vous faites.
» Cette conteſtation, qui devint beau
» coup plus vive, ne fut pas interprétée
» à l'avantage de l'Ambaſſadeur ; & le
» reſte de la compagnie lui croyant la
» tête échauffée par l'exceſſive chaleur ,
» on fit ſigne à Marigny de ne le pas
» contredire plus long-temps. Mais ſa co
» lère ne fit qu'augmenter en rentrant
» dans ſon Palais.
Il ne dormit pas de
» toute la nuit ſuivante ; ſes diſcours &
» ſes actions ſembloient marquer le plus
» violent délire; il devint ſi furieux,qu'on
» fut obligé de le lier........ Ce déſor
» dre ne put demeurer ſecret; il alla ſi
» loin, que les Officiers de l'Ambaſſade
» prirent enfin le parti d'envoyer en
» France une atteſtation de la folie de
» leur Chef, ſignée des principaux Mar
» chands de la Nation. M. de F. ... fut
» rappellé , & M. Deſalleurs nommé
» pour lui ſuccéder.
-
Voilà le fait tel qu'il eſt rapporté au
commencement de la quatrième partie
du Roman. La Lettre ſuivante en prouve
la fàuſſeté,
E
98 MERCURE DE FRANCE.
LET'TRE à M. D E L A P E A c E ,
Auteur du Mercure, ſur feu M. de
FERRIOL, Ambaſſadeur de France
à la Porte.
99 J'AI lu avec étonnement, Monſieur,
» dans l'un des deux nouveaux volumes
» d'un Livre intitulé, le Monde Moral,
» de feu M. l'Abbé Prévot, de préten
» dues anecdotes concernant M. de Fer
» riol, dont perſonne n'eſt plus à portée
» que moi, de démontrer la§ Je
» vous prie, au cas que vous rendiez
» compte de cet Ouvrage dans le Mer
» cure, de vouloir bien y inſérer ma
» Lettre. C'eſt le moins que je doive à
» la mémoire d'un Miniſtre reſpectable,
» que mon père a beaucoup connu; &
»je vous crois trop juſte,pour ne paseſ
» pérer de vous cette grace.
.
• » Je ſuis donc en état de vous aſſurer,
» Monſieur, que M. de Ferriol, Ambaſ
» ſadeur à Conſtantinople , a joui tant
» qu'il a vécu , d'une réputation qu'il
» avoit méritée par ſes lumières & par ſa
» probité; qu'il alaiſſé dans le pays où il
» a été employé, le ſouvenir des occa
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M A I. 1764.
99
» ſions où il a ſoutenu la dignité de ſon
» caractère & la gloire de ſon Maître,
» avec une force & un courage dont il y
» a peu d'exemples. On trouve en effat
» dans pluſieursrelations, la façon dont il .
» ſe conduiſit à ſa première Audience, *
» où il ne voulut jamais quitter ſon
» épée ; ainſi que la réſiſtance qu'il ap
» porta aux ordres qui lui furent ſigni
» fiés de la part du Grand-Seigneur, au
» ſujet des artifices & illuminations qu'il
» avoit fait préparer dans ſon Palais, pour
- » célébrer la naiſſance du premier Duc
» de Bretagne. Il conſervoit, il eſt vrai,
» un peu trop dans ſon intérieur , cette
» fierté & cette infléxibilité qui conve
» noient dans lesactions d'éclat; il puniſ
» niſſoit ſévèrement les moindres fautes.
» Ses principaux Domeſtiques, irrités
» de cette ſévérité, & excités peut-être
» par d'autres motifs dont les détails ne
» me ſont pas aujourd'hui préſens, for
» mèrent la plus étrange conſpiration
» qu'il y ait jamais eu. Il profitèrent d'u-
» ne maladie conſidérable qu'il eſſuya,
» (c'étoit une eſpèce de fiévre maligne)
» pour le tenir dans une eſpèce de char
» te privée, ne le laiſſant parler à qui
· " Voyez le Choix des Mercures, tom. 1o2, p.41.
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E ij
1oo MERCURE DE FRANCE.
» que ce ſoit; ils débitèrent que la tête
» lui avoit abſolument tourné, & en
» voyèrent un Mémoire à la Cour de
» France, qui atteſtoit cette calomnie.
» L'Ambaſſadeur, étant en convaleſ
» cence, s'apperçut du traitement inoui
» qu'il éprouvoit; & ne ſçachant com
» ment ſe tirer de ſa priſon , il apperçut
» à une fenêtre qui touchoit à la fienne,
» l'Ambaſſadeur d'Hollande, qui étoit
» fort de ſes amis. Il lui conta ſon hiſtoi- .
» re : alors cet Ambaſſadeur ſe tranſpor
» ta chez lui, ſe fit ouvrir les portes, le
» tira de captivité. Les auteurs de la conſ
» piration s'enfuirent & ſe diſperſèrent.
» M. de Ferriol dépêcha en France un
» Comte de Raza, Officier qui avoit
» ſervi en Hongrie pour le Prince Tekeli.
» Ce Comte de Raza, qui devoit faire
» une grande diligence, afin de détruire
» les bruits injurieux qu'on avoit répan
» dus contre M. de Ferriol, fut retenu en
» Dauphiné par une maladie, & n'arri
» va préciſément que le jour même où
» M. Deſalleurs avoit été nommé pour
» ſuccéder à M. de Ferriol. Le coup
» étant ſans remède, ce dernier fut obli
» gé de revenir à Paris, où il a vêcu plu
» ſieurs années eſtimé & conſidéré de
'» tous ceux qui l'ont connu. J'ai l'hon
» neur, &c.
· N****,
Fermer
Résumé : LE MONDE MORAL, ou Mémoires pour servir à l'histoire du coeur humain, par M.... ancien Résident de France dans plusieurs Cours étrangères ; avec cette Epigraphe : Successerunt... magis alii homines, quàm alii affectus & alli mores. Tacit. histor. lib. 2. Tome II. en deux parties in 12, à Genève 1764.
Le texte traite de 'Le Monde moral, ou Mémoires' de l'abbé Prévost, publié en deux tomes à Genève en 1764. Le premier tome, paru en 1730, narre les aventures observées par un philosophe en quête de guide pour sa conduite. L'auteur, décédé avant l'achèvement de l'œuvre, avait prévu de publier un plan pour permettre à d'autres de poursuivre son travail. Le deuxième tome, inachevé, raconte l'histoire de l'abbé Brenner et de Mademoiselle Tekely. Une lettre de Prévost répond à une critique du duc de..., justifiant ses choix narratifs et défendant le réalisme de certaines histoires. Prévost souhaite des critiques sur divers aspects de son livre, insistant sur le fait qu'il s'agit d'un ouvrage de morale déguisé en roman. Le texte mentionne également un incident impliquant M. de Fériol, ambassadeur de France à la Cour ottomane. Lors d'une fête, M. de Fériol aurait frappé un gentilhomme français, Marigny, croyant voir un serpent. Cet incident a conduit à une dispute et à une escalade de violence, poussant M. de Fériol à un état de délire. Les officiers de l'ambassade ont envoyé une attestation de sa folie en France, entraînant son rappel. Cependant, une lettre conteste cette version, affirmant que M. de Fériol était respecté pour ses qualités et révélant une conspiration de ses domestiques pour le discréditer. Un prisonnier, apercevant l'ambassadeur d'Hollande, raconta son histoire et fut libéré. Les conspirateurs s'enfuirent. M. de Fériol envoya le comte de Raza en France pour contrer les rumeurs, mais celui-ci arriva trop tard. M. de Fériol revint à Paris, où il vécut plusieurs années, respecté et estimé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11022
LE MONDE MORAL, ou Mémoires pour servir à l'histoire du coeur humain, par M.... ancien Résident de France dans plusieurs Cours étrangères ; avec cette Epigraphe : Successerunt... magis alii homines, quàm alii affectus & alli mores. Tacit. histor. lib. 2. Tome II. en deux parties in 12, à Genève 1764.
11023
p. 101-105
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
LE Négociant Citoyen, ou essai dans la recherche des moyens d'augmenter [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
LE Négociant Citoyen, ou essai dans
la recherche des moyens d'augmenter
les lumières de la Nation ſur le Com
merce & l'Agriculture; avec cette Epi
graphe :
Varium calipradicer morem .
cura ſit, ac patrios cultuſque habituſque locomum,,
Et guia quæque ferat regio, quid quaque recuſet.
Virg. Georg.Lib. I.
Par M. C. C. A à Amſterdam , & ſe
trouve à Paris , chez Ducheſne, Li
braire, rue S. Jacques , au-deſſous de
la Fontaine S. Benoît, au Temple du
Goût. Brochure in-$°. de 56 pages.
|
Il ſeroit à ſouhaiter que les vues que
I'on ſe propoſè dans cet Ecrit, euſſent
leur exécution ; on verroit ſe former
dans la profeſſion du Commerce & de
l'Agriculture, une pépinière d'hommes
, également éclairés & utiles, Ceux qui
auroient vieilli dans les emplois, vien
droient ſervir la Patrie par leurs lumiè
res & leur expérience dans les Cham
bres de Commerce & dans les Bureaux
d'Agriculture du Royaume , dans les
1o2 MERCURE DE FRANCE.
Places qui leur feroient acquiſes par
droit de vétérance. Ce ne ſont là que
les idées principales de cette brochure ;
l'Auteur qui les développe avec autant
d'ordre que de précifion & de clarté,
fait connoître les moyens les plus ſûrs
de parvenir à l'exécution de ſes vues pa
triotiques.
-
-
-
,
DEs Corps poſitiques ' & de leurs
gouvernemens; deux volumes in-12.
C'eſt un nouveau Titre d'un Ouvra
ge connu & intitnlé, Abrégé de la Répu
blique de Bodin, à Londres, chez Jean
Nourſe;& ſe trouve à Paris chez Cavelier,
rue S. Jacques, 1755. On ſçait que la Ré
publique de Bodin a eu dans ſon temps
un ſuccès ſemblable à celui de l'Eſprit
des Loix ; mais on ne la liroit plus au
jourd'hui, ſi on n'en avoit rajeuni le
ſtyle, & retranché le ſuperflu. C'eſt ce
# fait avec ſuccès un Magiſtrat de
Bordeaux, en y mêlant quelques réflé
| xions qui donnent un nouveau prix à
l'Ouvrage lequel ſe vend toujours chez
Cavelier, rue S. Jacques, au lys d'or.
Le nouveau titre que porte ce Livre ac
tuellement, ne regarde que le Frontiſpi
ce; car les titres des chapitres nous ont
paru les mêmes; & il eſt égal de l'acheter
M A I. 1764.
1o3
ſous le titre des Corps politiques, &c ,
ou ſous celui d'Abrégé de la République
de Bodin.
APoLoGUEs Orientaux. par M. de
Sauvigni, dédiés à Mgr LE DAUPHIN;
à Paris , chez Ducheſne, Libraire, rue
S. Jacques, au-deſſous de la Fontaine
S. Benoît, au Temple du Goût; avea
approbation & permiſſion ; 1764. Bro
chure in-12 d'environ 2oo pages.
.
Les divers morceaux de cette Bro-*
ehure , rapportés ci-deſſus dans l'Arti
cle des Piéces fugitives de ce Mercure,
nous diſpenſent de nous étendre ſur le
mérite de ces Apologues ; nos Lecteurs
en jugeront par eux-mêmes, puiſque
nous en avons mis quelques-uns ſous
leurs yeux. Nous ne doutons pas que
ce léger échantillon ne faſſe defirer de
ſe procurer tout l'Ouvrage.
-
RÉFLExIoNs ſur les préjugés qui
s'oppoſent aux progrés & à la perfec
tion de l'inoculation : par M. Gatti,
Médecin Conſultant du Roi, & Pro
feſſeur en Médecine dans l'Univerſité
de Piſe ; à Bruxelles, & fe trouve à
Paris chez Misſier Fils , quai des Au
E iv
1o4 MERCURE DE FRANCE.
guſtins , 1764 ; brochure in-12 de 24o
pages.
.
Les préjugés ſur leſquels M. Gatti
fait des Réflexions, regardent 1°. La
nature de la petite vérole 1°. La mé
thode d'inoculer. 3°. La contagion de lâ
† vérole. inoculée 4°. le retour de
a petite vérole après l'inoculation. M.
Gatti combat tous ces préjugés : &
uoique cette matière ait été pluſieurs
ois agitée, nous croyons que cette
brochure , où l'on donne de nouvelles
raiſons, ou des raiſons expoſées d'une
manière nouvelle , excitera encore la
curioſité des perſonnes qui prennent
parti pour ou contre , dans cette fa
meuſe queſtion.
·
MÉMoIREs pour la vie de François
Pétrarque, tirés de ſes Œuvres, & des
Auteurs contemporains, avec des no
tes, ou difſertations, & les Piéces juſ
tificatives ; à Amſterdam chez Arſkée
& Mercus , 1764; un vol. in-4°. qui
doit être ſuivi de 2 ou 3 autres du
même format.
Plus de trente perſonnes ont écrit la
vie de Pétrarque ; & cependant l'Au
· teur ne craint point d'aſſurer que nous
-
M A I. 1764.
I O5
n'avons point encore de bonne vie
de ce Poëte Italien. Pour le prouver il
adreſſe une très-longue Préface aux
perſonnes d'Italie qui aiment la Poéſie
& les Lettres. Il en adreſſe une autre
aux François , Amateurs de la Poéſie
& des Belles-Lettres , pour leur décou
vrir le principal motif qui lui a fait
entreprendre ce grand Ouvrage. On
ſent bien que ce motif ne peut être,
que de faire connoître en France un
homme , à qui il prétend que nous
, avons les
plus grandes
obligations.
Nous reviendrons plus d'une fois ſur
, ce Livre, à meſure qu'il en paroîtra
, un nouveau volume ; & nous en tire--
rons des anecdotes qui pourront four
nir matière à des extraits curieux, agréa--
bles & inſtructifs. .
LE Négociant Citoyen, ou essai dans
la recherche des moyens d'augmenter
les lumières de la Nation ſur le Com
merce & l'Agriculture; avec cette Epi
graphe :
Varium calipradicer morem .
cura ſit, ac patrios cultuſque habituſque locomum,,
Et guia quæque ferat regio, quid quaque recuſet.
Virg. Georg.Lib. I.
Par M. C. C. A à Amſterdam , & ſe
trouve à Paris , chez Ducheſne, Li
braire, rue S. Jacques , au-deſſous de
la Fontaine S. Benoît, au Temple du
Goût. Brochure in-$°. de 56 pages.
|
Il ſeroit à ſouhaiter que les vues que
I'on ſe propoſè dans cet Ecrit, euſſent
leur exécution ; on verroit ſe former
dans la profeſſion du Commerce & de
l'Agriculture, une pépinière d'hommes
, également éclairés & utiles, Ceux qui
auroient vieilli dans les emplois, vien
droient ſervir la Patrie par leurs lumiè
res & leur expérience dans les Cham
bres de Commerce & dans les Bureaux
d'Agriculture du Royaume , dans les
1o2 MERCURE DE FRANCE.
Places qui leur feroient acquiſes par
droit de vétérance. Ce ne ſont là que
les idées principales de cette brochure ;
l'Auteur qui les développe avec autant
d'ordre que de précifion & de clarté,
fait connoître les moyens les plus ſûrs
de parvenir à l'exécution de ſes vues pa
triotiques.
-
-
-
,
DEs Corps poſitiques ' & de leurs
gouvernemens; deux volumes in-12.
C'eſt un nouveau Titre d'un Ouvra
ge connu & intitnlé, Abrégé de la Répu
blique de Bodin, à Londres, chez Jean
Nourſe;& ſe trouve à Paris chez Cavelier,
rue S. Jacques, 1755. On ſçait que la Ré
publique de Bodin a eu dans ſon temps
un ſuccès ſemblable à celui de l'Eſprit
des Loix ; mais on ne la liroit plus au
jourd'hui, ſi on n'en avoit rajeuni le
ſtyle, & retranché le ſuperflu. C'eſt ce
# fait avec ſuccès un Magiſtrat de
Bordeaux, en y mêlant quelques réflé
| xions qui donnent un nouveau prix à
l'Ouvrage lequel ſe vend toujours chez
Cavelier, rue S. Jacques, au lys d'or.
Le nouveau titre que porte ce Livre ac
tuellement, ne regarde que le Frontiſpi
ce; car les titres des chapitres nous ont
paru les mêmes; & il eſt égal de l'acheter
M A I. 1764.
1o3
ſous le titre des Corps politiques, &c ,
ou ſous celui d'Abrégé de la République
de Bodin.
APoLoGUEs Orientaux. par M. de
Sauvigni, dédiés à Mgr LE DAUPHIN;
à Paris , chez Ducheſne, Libraire, rue
S. Jacques, au-deſſous de la Fontaine
S. Benoît, au Temple du Goût; avea
approbation & permiſſion ; 1764. Bro
chure in-12 d'environ 2oo pages.
.
Les divers morceaux de cette Bro-*
ehure , rapportés ci-deſſus dans l'Arti
cle des Piéces fugitives de ce Mercure,
nous diſpenſent de nous étendre ſur le
mérite de ces Apologues ; nos Lecteurs
en jugeront par eux-mêmes, puiſque
nous en avons mis quelques-uns ſous
leurs yeux. Nous ne doutons pas que
ce léger échantillon ne faſſe defirer de
ſe procurer tout l'Ouvrage.
-
RÉFLExIoNs ſur les préjugés qui
s'oppoſent aux progrés & à la perfec
tion de l'inoculation : par M. Gatti,
Médecin Conſultant du Roi, & Pro
feſſeur en Médecine dans l'Univerſité
de Piſe ; à Bruxelles, & fe trouve à
Paris chez Misſier Fils , quai des Au
E iv
1o4 MERCURE DE FRANCE.
guſtins , 1764 ; brochure in-12 de 24o
pages.
.
Les préjugés ſur leſquels M. Gatti
fait des Réflexions, regardent 1°. La
nature de la petite vérole 1°. La mé
thode d'inoculer. 3°. La contagion de lâ
† vérole. inoculée 4°. le retour de
a petite vérole après l'inoculation. M.
Gatti combat tous ces préjugés : &
uoique cette matière ait été pluſieurs
ois agitée, nous croyons que cette
brochure , où l'on donne de nouvelles
raiſons, ou des raiſons expoſées d'une
manière nouvelle , excitera encore la
curioſité des perſonnes qui prennent
parti pour ou contre , dans cette fa
meuſe queſtion.
·
MÉMoIREs pour la vie de François
Pétrarque, tirés de ſes Œuvres, & des
Auteurs contemporains, avec des no
tes, ou difſertations, & les Piéces juſ
tificatives ; à Amſterdam chez Arſkée
& Mercus , 1764; un vol. in-4°. qui
doit être ſuivi de 2 ou 3 autres du
même format.
Plus de trente perſonnes ont écrit la
vie de Pétrarque ; & cependant l'Au
· teur ne craint point d'aſſurer que nous
-
M A I. 1764.
I O5
n'avons point encore de bonne vie
de ce Poëte Italien. Pour le prouver il
adreſſe une très-longue Préface aux
perſonnes d'Italie qui aiment la Poéſie
& les Lettres. Il en adreſſe une autre
aux François , Amateurs de la Poéſie
& des Belles-Lettres , pour leur décou
vrir le principal motif qui lui a fait
entreprendre ce grand Ouvrage. On
ſent bien que ce motif ne peut être,
que de faire connoître en France un
homme , à qui il prétend que nous
, avons les
plus grandes
obligations.
Nous reviendrons plus d'une fois ſur
, ce Livre, à meſure qu'il en paroîtra
, un nouveau volume ; & nous en tire--
rons des anecdotes qui pourront four
nir matière à des extraits curieux, agréa--
bles & inſtructifs. .
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
Le texte présente plusieurs annonces de livres. Le premier ouvrage, 'Le Négociant Citoyen' de M. C. C. A., se propose d'éclairer la nation sur le commerce et l'agriculture. L'auteur souhaite voir naître des professionnels compétents et utiles dans ces domaines, aptes à servir la patrie grâce à leur expertise. Ce livre est disponible à Amsterdam et à Paris chez Duchesne, Libraire. Un autre ouvrage mentionné est 'Des Corps politiques & de leurs gouvernements', une révision moderne de 'La République' de Bodin. Cette version actualisée et épurée conserve les titres des chapitres originaux et est publiée à Londres, tout en étant disponible à Paris chez Cavelier. Les 'Apologues Orientaux' de M. de Sauvigny, dédiés à Monseigneur le Dauphin, sont également annoncés. Ce recueil de fables est disponible chez Duchesne, Libraire, à Paris. Le texte mentionne aussi 'Réflexions sur les préjugés qui s'opposent aux progrès & à la perfection de l'inoculation' par M. Gatti, médecin consultant du Roi et professeur à l'Université de Pise. Cet ouvrage traite des préjugés concernant la nature de la petite vérole, la méthode d'inoculation, la contagion et le retour de la maladie après inoculation. Le livre est disponible à Bruxelles et à Paris chez Missier Fils. Enfin, 'Mémoires pour la vie de François Pétrarque' est annoncé. L'auteur affirme que malgré les nombreuses biographies existantes, aucune n'est satisfaisante. Le livre inclut des notes, des dissertations et des pièces justificatives, et sera publié en plusieurs volumes. Il est disponible à Amsterdam chez Arkstée & Mercus.
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11024
p. 105-107
« LA Cuisine Bourgeoise, suivie de l'Office, à l'usage de tous ceux qui se [...] »
Début :
LA Cuisine Bourgeoise, suivie de l'Office, à l'usage de tous ceux qui se [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LA Cuisine Bourgeoise, suivie de l'Office, à l'usage de tous ceux qui se [...] »
LA Cuisine Bourgeoise, suivie de
l'Office, à l'usage de tous ceux qui se
mêlent de dépenſes de maiſons ; con
tenant la manière de connoître , diſſé
uer & ſervir toutes ſortes de viandes ;:
des avis intéreſſans ſur leur bonté , &
ſur le choix qu'on en doit faire ; la fa
çon de faire des menus pour les quatre
Saiſons, & des ragoûts des plus nou--
veaux ; une explication de #º proº
·
·
·
-
v ·
· ·
·
1o6 MERCURE DE FRANCE.
pres, & à l'uſage de la Cuiſine & de
Office ; & une liſte alphabétique des
uſtenſiles néceſſaires ; nouvelle édition
augmentée de pluſieurs apprêts qui ſont
marqués par une étoile ; à Paris , chez
Guillyn, quai des Auguſtins, du côté
du Pont S. Michel, au Lys d'or, 1764 ;
avec Approbation & Privilége du Roi ;
2 vol. in-12 ; prix , 4 liv. †
| Dans cette édition , ainſi que dans
les précédentes , on ſent que l'Auteur
s'eſt attaché à éviter la dépenſe, à fim
plifier la méthode & à réduire , pour
ainſi dire, au niveau des cuiſines bour
geoiſes, ce qui ſembloit ne devoir être
réſervé qu'aux cuiſines opulentes.L'Au
teur avertit le Public que ſon Livre a été
contrefait en Province; que cette con
trefaction eſt remplie de fautes; qu'on
a changé les doſes qui la plûpart ne
valent rien; que celui qui a donné cette
édition contrefaite, ne ſçait ni Cuiſine
ni Office ; & qu'enfin la bonne édi
tion eſt celle que nous annonçons ac
tuellement. On trouve chez le même
Libraire toutes ſortes de Livres de Cui
ſine d'Office ; & entre-autres les ſou
pers de la Cour, ou l'art de travailler
toutes ſortes d'alimens pour ſervir les
meilleures Tables ſuivant les quatre fai
M A I. 1764.
6S.
ro7
ſons in-12 4 vol. 1o liv. Le nouveatt
Traité de Cuifine avec de nouveaux
deſſeins de Table, & vingt-quatre me
nus, ou l'on apprend ce que l'on doit
ſervir, ſuivant chaque Saiſons, en gras,
en maigre & en pâtiſſerie , in-12. 3
vol. 7 liv. La ſcience du Maître d'Hô
tel Cuiſinier , avec des obſervations ſur
la connoiſſance & propriété des ali
mens in-12.3 liv. La ſcience du Maître
d'Hôtel Confiſeur , à l'uſage des Of
ficiers , avec des obſervations ſur la
connoiſſance & propriété des fruits in
12. avec fig. 3 liv.
l'Office, à l'usage de tous ceux qui se
mêlent de dépenſes de maiſons ; con
tenant la manière de connoître , diſſé
uer & ſervir toutes ſortes de viandes ;:
des avis intéreſſans ſur leur bonté , &
ſur le choix qu'on en doit faire ; la fa
çon de faire des menus pour les quatre
Saiſons, & des ragoûts des plus nou--
veaux ; une explication de #º proº
·
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v ·
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·
1o6 MERCURE DE FRANCE.
pres, & à l'uſage de la Cuiſine & de
Office ; & une liſte alphabétique des
uſtenſiles néceſſaires ; nouvelle édition
augmentée de pluſieurs apprêts qui ſont
marqués par une étoile ; à Paris , chez
Guillyn, quai des Auguſtins, du côté
du Pont S. Michel, au Lys d'or, 1764 ;
avec Approbation & Privilége du Roi ;
2 vol. in-12 ; prix , 4 liv. †
| Dans cette édition , ainſi que dans
les précédentes , on ſent que l'Auteur
s'eſt attaché à éviter la dépenſe, à fim
plifier la méthode & à réduire , pour
ainſi dire, au niveau des cuiſines bour
geoiſes, ce qui ſembloit ne devoir être
réſervé qu'aux cuiſines opulentes.L'Au
teur avertit le Public que ſon Livre a été
contrefait en Province; que cette con
trefaction eſt remplie de fautes; qu'on
a changé les doſes qui la plûpart ne
valent rien; que celui qui a donné cette
édition contrefaite, ne ſçait ni Cuiſine
ni Office ; & qu'enfin la bonne édi
tion eſt celle que nous annonçons ac
tuellement. On trouve chez le même
Libraire toutes ſortes de Livres de Cui
ſine d'Office ; & entre-autres les ſou
pers de la Cour, ou l'art de travailler
toutes ſortes d'alimens pour ſervir les
meilleures Tables ſuivant les quatre fai
M A I. 1764.
6S.
ro7
ſons in-12 4 vol. 1o liv. Le nouveatt
Traité de Cuifine avec de nouveaux
deſſeins de Table, & vingt-quatre me
nus, ou l'on apprend ce que l'on doit
ſervir, ſuivant chaque Saiſons, en gras,
en maigre & en pâtiſſerie , in-12. 3
vol. 7 liv. La ſcience du Maître d'Hô
tel Cuiſinier , avec des obſervations ſur
la connoiſſance & propriété des ali
mens in-12.3 liv. La ſcience du Maître
d'Hôtel Confiſeur , à l'uſage des Of
ficiers , avec des obſervations ſur la
connoiſſance & propriété des fruits in
12. avec fig. 3 liv.
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Résumé : « LA Cuisine Bourgeoise, suivie de l'Office, à l'usage de tous ceux qui se [...] »
'La Cuisine Bourgeoise' est un ouvrage axé sur la gestion des dépenses domestiques et la préparation culinaire. Il fournit des instructions sur la connaissance, la dissection et le service de diverses viandes, ainsi que des conseils pour choisir les meilleures pièces. Le livre propose des menus saisonniers et des recettes nouvelles, accompagnés d'explications sur les poids et mesures utiles en cuisine. Une liste alphabétique des ustensiles nécessaires est également incluse. La nouvelle édition de 1764, publiée à Paris chez Guillyn, est enrichie de plusieurs recettes marquées d'une étoile et bénéficie de l'approbation et du privilège royal. L'auteur vise à simplifier les méthodes et à réduire les coûts pour rendre la cuisine accessible aux ménages bourgeois. Il met en garde contre une contrefaçon provinciale erronée et recommande l'achat de la véritable édition. Le libraire propose également d'autres ouvrages sur la cuisine et l'office, tels que 'Les Soupers de la Cour' et 'Le Nouveau Traité de Cuisine'.
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11025
p. 107-119
« INSTRUCTIONS pour la premiere Communion, distribuées en cinq desseins, par [...] »
Début :
INSTRUCTIONS pour la premiere Communion, distribuées en cinq desseins, par [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « INSTRUCTIONS pour la premiere Communion, distribuées en cinq desseins, par [...] »
INSTRUCTIONS pour la premiere
Communion, distribuées en cinq desseins,
par un Curé de la Campagne ;
avec cette Epigraphe : Evangeliſare
pauperibus miſit me Dominus. Luc. 4.
A Paris, chez Prault, quai de Geſ
vres, au Paradis, 1764 ; avec appro
bation & privilége du Roi. Brochure
in - 12 de 12o
M. Voile de #moz , Curé de la
Paroiſſe de Bouhi , eſt l'Auteur de ce
petit Livre édifiant , qui vient à propos
dans le temps préſent. On ne doit y
chercher que de la ſimplicité & de l'onc
tion, On n'a à parler qu'à des enfans; il
E vj
# o8 MERCURE DE FRANCE.
faut donc que le langage que l'on em
ploye, non ſeulement ſoit accommodé
à leur portée, mais encore qu'il aille
à leur cœur & les touche. C'eſt à quoi
l'Auteur paroît s'être appliqué unique
IIlCI)t,
TRAITÉ des Miracles , dans leque !
on examine 1°. leur nature , & les
moyens de les diſcerner d'avec les pro
diges de l'Enfer. 2°. leur fin. 3°. leur
uſage : à Paris , chez d'Eſpilly , Li
braire, rue S. Jacques, à la Croix d'or,
vis-à-vis de la vieille Poſte, 1764 ; avec
approbation & privilége du Roi ; 2
vol. in-12. Prix 5 liv. reliés.
-
, Le titre de ce Livre en annonce la
diviſion générale ; nous y ajouterons
quelques ſubdiviſions particulières qui
achéveront de faire connoître le deſſein
& le plan de ce Traité. La première Par
tie eſt ſoudiviſée en 26 Chapitres où l'on
donne, d'après S. Auguſtin, S.Thomas ,
les Pères & les Théologiens, des moyens
de diſcerner les vrais miracles. Les fins
,our leſquelles Dieu accorde des miracles,
nt la confirmation de la foi, la mani
feſtation de ſa gloire & celle de la ſain
teté de ſes ſerviteurs. Il y a encore des
sniracles qui ont pour fin d'éprouver &
.
-- M A I. 1764.
, - 1 og
de révéler le fond des cœurs. Dieu en
a ſait auſſi, dit l'Auteur, pour aveugler
& endurcir les cœurs ſuperbes. Ces di
vers points ſont traités en pluſieurs cha
pitres qui forment la ſeconde diviſion.
On y fait voir encore qu'il s'opére quel
† · des miracles par des hommes
lont la foi n'eſt pas pure, par des Hé
rétiques, des Schiſmatiques , &c; mais
la Religion même ſçait en tirer avanta
ge; & il y a de la différence entre la
manière dont les dons ſurnaturels ſont
dans l'Egliſe, & celle dont ils ſe trou
vent dans de fauſſes communions. Enfin
la troiſiéme Partie traite des motifs par
ticuliers qui ont engagé les hommes à
ajoûter foi aux miracles
qui ſe ſont
faits à l'établiſſement de la doctrine ré
vélée. Ces motifs ſont en grand nom
bre, & c'eſt ce qu'il faut lire dans l'Ou
\vrage, ainſi que pluſieurs autres cha
pitres, dans leſquels l'Auteur achéve de
traiter à fond cette matière importante.
· EssAI de navigation Lorraine, trai
tée relativement à la politique , au
militaire , au commerce intérieur ou
extérieur, à la Marine & aux Colonies
de la France ; pour ſervir de Suite à
l'eſſai ſur les Duchés de Lorraine & de
11o MERCURE DE FRANCE.
Bar ; par lequel Plan on établit la jonc
tion de la Méditerranée à l'Océan par le
centre du Royaume & par la Capitale ;
& enſuite la communication entre les
deux Mers & la Mer Noire par la Lor
raine, l'Alſace ,
l'Allemagne , & les
Etats de l'Impératrice, Reine de Hon
rie ; par Charles-Leopold Andreu de
# ; à Amſterdam , chez H. Con
ſtapel, Libraire ; 1764. Brochure in-12.
de 184 pages.
Ce titre explique ſuffiſamment l'ob
jet de cet écrit, & nous diſpenſe d'en
trer dans d'autres détails.
MÉTAHHYsIQUE de l'âme , ou
théorie des ſentimens moraux, traduite
de l'Anglois de M. Adam Smith, Pro
feſſeur de Philoſophie morale dans l'U-
niverſité de Glaſcow; par M.... à Paris,
chez Briaſſon , rue S. Jacques , à la
Science ; 1764, avec Approbation &
Privilége du Roi. 2 vol. petit in-8°.
Cet Ouvrage a eu le plus grand ſuc
cès en Angleterre ; & il y a lieu de croi
re qu'il ne ſera pas accueilli moins favo
rablement en France. Nous avons été
ſatisfaits de la manière dont on y ex
plique nos affections & nos jugemens ;
& on ſera peut-être ſurpris d'y voir les
matières métaphyſiques les plus abſtrai
, M A I. 1764..
Lecteurs.
11,
tes, miſes à la portée du commun des
TRADUCTIoN du Traité de l'Amitié
de Cicéron ; dédiée à Madame de Sar
tine; par le ſieur L ***; à Paris, chez
Debure, père , quai des Auguſtins , à
l'Image S. Paul , & chez Mérigot, près
la rue Gît-le cœur ; avec approbation &
permiſſion ; 1764. Brochure in-12. de
266 pages ; prix, 1 liv. 4 ſ,
Cette Traduction d'un des meilleurs
Ouvrages de Cicéron nous a paru très
bien faite. Il ſeroit à ſouhaiter que celle
du Traité de la vieilleſſe du même Auteur
nous eût été donnée par la même main.
HISToIRE d'Ecoſſe ſous les régnes
de Marie Stuart & de Jacques IV, juſ
qu'a l'avénement de ce Prince à la Cou
ronne d'Angleterre , avec un Abrégé
de l'Hiſtoire d'Ecoffe dans les temps qui
ont précédé ces époques ; par M. Guil
laume Robertſon, Do8teur, Miniſtre de
- Ladyyeſter, à Edimboarg; traduite de
l'Anglois ;'à Londres , 1764 ; 3 vol.
in-12. !
>
|
º | |
|
| ' : ,
,
.
J'
M. Robertſon, fans cheicher à recu
fer & à illuſtrer l'origine de fà Nation,
la repréfente d'abord dansiºn état de
2
|
# 12 MERCURE DE FRANCE.
barbarie, & livrée à tous les imconvé
niens du gouvernement féodal. Il peint
fa patrie aſſervie à l'Angleterre par l'in
fidélité d'Edouard I, qui enléve à l'E-
coſſe les titres de ſa liberté ; qui veut
lui donner des Souverains & lui dicter
des loix ; & qui jette les fondemens de
cette antipathie qui a régné ſi long
temps entre les deux Nations. Après
avoir parcouru les premiers régnes , en
obſervant toujours de rapporter les faits
principaux, & de tracer avec des traits
hardis le caractère des Princes & des
Perſonnages les plus remarquables, il
commence ſon ſecond Livre : par la
naiſſance de Marie Stuart, par ſon avé
nement au Trône , & par les troubles
de ſa minorité. Il annonce de loin cette
étrange révolution , cette cataſtrophe
ſingulière qui conduiſit du Trône à l'é-
chaffaut une Princeſſe accomplie. Il
cherche la ſource de cette funeſte riva
lité entre Eliſabeth & Marie ; il la trou
ve dans une jalouſie de femme ; & il
fait voir que les plus grands événemens
n'ont bien ſouvent que des cauſes fri
voles. Nous ne faiſons que citer une
très-petite partie de la Préface , où le
Traducteur donne la plus haute idée de
cette Hiſtoire curieuſe & intéreſſante..
M A I. 1764.
1 13
: GRAMMAIRE des Sciences Philoſo
† , ou Analyſe abrégée de la Phi
'oſophie moderne , appuyée ſur les ex
périences : traduit de l'Anglois de Benj.
Martin; nouvelle Edition, corrigée &
àugmentée; à Paris, chez Briaſſon ,
rue S. Jacques, à la Science & à l'Ange
| Gardien; 1764; avec approbation & pri
vilége du Roi ; un vol. in-8°. avec beau
· coup de planches gravées.
, Cet Ouvrage déja connu, eſt, com
fme on ſçair, par demandes & par ré
onſes, & traite de la Science de la Phi
oſophie en général , de la Philoſophie
naturelle en particulier, de ſes parties, de
ſon ſujet, & des différens ufàges dont
elle eft dans la vie, Il eft queſtion,dans la
première partie, de la nature commune
# de la propriété de tous les corps na
turels ; de l'extenfion, de la grandeur
& des dimenſions des corps ; de la divi
fibilité de la matière ; de ſon infinité,de
la ſolidité & de la figurabilité des corps ;
de la mobilité , de la nature du mouve
ment & du repos ; de la lumière , des
couleurs, des odeurs ; du ſon, de la pe
ſanteur , de la tranſparence, de l'opa
cité, de la dureté , de la moleſſe , de la
roideur, de la fléxibilité, de la chaleur,
de la froidure , &c , &c. La ſeconde
114 MERCURE DE FRANCE.
Partie traite de la coſmologie en géné
ral, de l'eſpace du monde, du vuide ,
de la durée & du temps; des corps cé
leſtes, de la théorie du Soleil, de la
Lune, des Planétes, des Cométes, des .
Etoiles fixes. Il s'agit dans la troiſiéme
Partie, de la théorie de l'air , des vents,
des météores, de l'arc-en-ciel, des par
hélies, &c. Enfin la dernière Partie pré
ſente la doctrine générale concernant
le globe terreſtre, les foſſiles, les miné
raux, les métaux, les eaux # la rner a
des fleuves, des lacs, des fontaines s
des bains; les plantes, les végétaux, les
animaux de toutes eſpéces , &c , &c«
Les remarques de pluſieurs perſonnes
ſçavantes ont déterminé l'Auteur à faire
dans cette nouvelle Edition,des change
mens & des additions. Il y a traité plu
ſieurs Sujets nouveaux & curieux, & a
cité, dans les Notes, les Auteurs les plus
eſtimés qui ont écrit ſur les mêmes ma
tières.e
HISTOIRE du Ministère du Chevalier
Robert Walpool, devenu Ministre
d'Angleterre & Comte d'Oxford ; à
Amſterdam, chez Marc Rey ; 1764 ;
& à Paris, chez Durand, neveu, rue S.
Jacques. 3 vol.in-12. Prix, 7 liv. 1o ſ.
M A I. 1764.
115
Ce n'eſt point ici une Traduction ; on
en jugera par quelques endroits de la
Préface. » Je me donnerai bien de gar
» de , dit l'Auteur, d'adopter la partia
» lité de celui qui me fournit la plus
» grande partie de mes matériaux. Il
» paroît trop animé de l'eſprit républi
» cain. ... On jugera de M. Walpool,
» non par ce que j'en dirai, mais par
» ſes opérations. On n'aura point à me
» reprocher que je me ſuis trop livré
» aux portraits ; tout ſera en action. Je
» ferai toujours marcher mon Lecteur
» à côté du Miniſtre ; aucune de ſes
» démarches ne lui échappera ; par ce
» moyen je le mettrai en état de le ju
» ger.. .. J'oſe dire que le Lecteur ſe
» trouvera intéreſſé par les harangues,
» les raiſonnemens , la politique & les
» réfléxions que les divers événemens
» arrivés ſous le miniſtère du Chevalier
» Walpool ont occaſionnés.. ... J'ai a
» douci, autant † m'a été poſſible,
» les expreſſions dures & libres qui ſe
» trouvene dans certaines harangues où
» il eſt queſtion de la France. .. j'ai
» mis tous mes ſoins à écarter les dou
» tes que contiennent les écrits que la
» liberté Angloiſe donne le droit de
» rendre publics; l'original que je con
116 MERCURE DE FRANCE.
» ſulte, mais que je ne ſuis point entiè
» rement, avertit lui-même qu'il a été
» obligé de faire un choix , pour ne
» pas commettre d'injuſtice, &c.
RosE & Colas , Comédie en un
Acte, Proſe & Muſique , repréſentée
pour la premiere fois par les Comé
diens Italiens ordinaires du Roi, le 8
Mars 1764 La Comédie eſt de M.
Sedaine, & la Muſique de M. Mon
cigny. Prix
1 liv. 4 ſols. A Paris ,
chez Claude Heriſſant , Imprimeur-Li
braire , rue Neuve Notre-Dame, à la
Croix d'or , avec approbation & pri
vilége du Roi ; 1764; in-8°. On trou
ve chez le même Libraire les airs dé
tachés : prix, 1
partition. .
liv, 16 f On grave la
-
-
-
On parlera plus au long de cette
Piéce dans l'Article des Spectacles,
· PRosPECTUS d'un Livre intitulé,
Etat préſent de l'Orléannois, ou Eſſai
hiſtorique & typographique de cette Pro
vince, diviſé en trois parties ; avec cette
Epigraphe : Ille terrarum mihi prœter
•mnes angulus ridet; Hor. Avec addition.
de notes ſingulières.
Cet Ouvrage auquel M. Recullé de
,
M A I. 1764.
117
Saint-Laurent travaille depuis trois ans ,
& auquel il a été encouragé par le Chef
du Conſeil d'un de nos Princes, con
tient Orléans, ce qui s'y eſt paſſé de plus
remarquable, les meilleurs crus de vin ,
les Sçavans, les Rois, les Ducs, la Mai
ſon entière de Monſeigneur le Duc
d'Orléans, l'Evêché, les Evêques, l'E-
dit de 1758 soncernant la délivrance des
priſonniers , la Cathédrale, les autres
Chapitres de la Ville & du Diocèſe, les
Abbayes de la Ville & du Diocèſe , les
Collateurs des Cures, les Paroiſſes d'Or
- léans, les deux Commanderies , les Sé
minaires, la Juriſdiction Eccléſiaſtique,
les Bureaux , le Gouvernement, les Tri
bunaux, un Traité honorable de la Ma
giſtrature, de MM. les Avocats, Notai
res & autres Compagnies, l'Univerſité,
la Médecine, la Chirurgie, la nouvelle
Société d'Agriculture, les Bibliothéques,
l'Académie des Sciences, la Butte, l'A-
cadémie de Muſique, le Spectacle, &c.
Les principales Villes & Bourgs de l'Ap
panage, ſuivant le rôle des Aſſiſes, com
me Pithiviers, Meun, Jargeau, Arte
nay, Toury, Saint-Benoît, Donnery,
Cléry, Monpuipeau , Saint-Denis-de
Jargeau, Rebrechien , la Ferté, Sue
vre, &c. Jenville, Baugency , Bois
I 18 MERCURE DE FRANCE.
commun, Sully, Château-neuf, Gien ,
Montargis, &c. Chartres, ce qu'il y a
de remarquable ſur cette Ville; les Ab
bayes, Villes & principaux Bourgs de
ce diocèſe. Blois, ce que l'Hiſtoire nous
en apprend de plus intéreſſant; ſa Cham
bre des Comptes,les Abbayes, Villes &
principaux endroits de ce Pays & Dio
cèſe ; le tout accompagné d'Edits, Ar
rêts , Traits d'Hiſtoire, faits & Anec
dotes utiles & de ſentimens.Cet Ouvra
ge ſera ſuivi d'une ſuite concernant les
Villes Epiſcopales, les Cours Souverai
nes, les Gouvernemens, &c. Si quel
qu'un a quelques Notes à faire paſſer à
l'Auteur, il eſt prié de le faire au plutôt,
chez M. Valleyre fils, Imprimeur & Li
braire à Paris, rue de la vieille Boucle
rie, & d'affranchir les lettres. Cet Ou
vrage ſera de format in-12. de 3 liv. &
de 4o ſ.
-
. ZÉLIs au bain , Poëme en quatre
Chants; à Genéve, & ſe trouve à Paris,
chez Jorry, Imprimeur-Libraire , rue
& vis-à-vis de la Comédie Françoiſe ;
iu-8°. 1763 ; en tres-beau papier, orné
de quatre Eſtampes, quatre Vignettes,
quatre culs-de-lampes & d'un Frontiſ
pice, le tout deſſiné & gravé par de
très-habiles Maîtres.
» ſes plus
M A I. 1764.
I I3
Outre tous ces ornemens typogra
phiques, qui font rechercher cette Bro
chure par les Connoiſſeurs, on doit
encore compter pour beaucoup le mé
rite littéraire de cette agréable produc
tion , où régne ce que la Poëſie a de
plus riche , de plus tendre & de plus
gracieux en expreſſions, en ſentimens
& en images.
Communion, distribuées en cinq desseins,
par un Curé de la Campagne ;
avec cette Epigraphe : Evangeliſare
pauperibus miſit me Dominus. Luc. 4.
A Paris, chez Prault, quai de Geſ
vres, au Paradis, 1764 ; avec appro
bation & privilége du Roi. Brochure
in - 12 de 12o
M. Voile de #moz , Curé de la
Paroiſſe de Bouhi , eſt l'Auteur de ce
petit Livre édifiant , qui vient à propos
dans le temps préſent. On ne doit y
chercher que de la ſimplicité & de l'onc
tion, On n'a à parler qu'à des enfans; il
E vj
# o8 MERCURE DE FRANCE.
faut donc que le langage que l'on em
ploye, non ſeulement ſoit accommodé
à leur portée, mais encore qu'il aille
à leur cœur & les touche. C'eſt à quoi
l'Auteur paroît s'être appliqué unique
IIlCI)t,
TRAITÉ des Miracles , dans leque !
on examine 1°. leur nature , & les
moyens de les diſcerner d'avec les pro
diges de l'Enfer. 2°. leur fin. 3°. leur
uſage : à Paris , chez d'Eſpilly , Li
braire, rue S. Jacques, à la Croix d'or,
vis-à-vis de la vieille Poſte, 1764 ; avec
approbation & privilége du Roi ; 2
vol. in-12. Prix 5 liv. reliés.
-
, Le titre de ce Livre en annonce la
diviſion générale ; nous y ajouterons
quelques ſubdiviſions particulières qui
achéveront de faire connoître le deſſein
& le plan de ce Traité. La première Par
tie eſt ſoudiviſée en 26 Chapitres où l'on
donne, d'après S. Auguſtin, S.Thomas ,
les Pères & les Théologiens, des moyens
de diſcerner les vrais miracles. Les fins
,our leſquelles Dieu accorde des miracles,
nt la confirmation de la foi, la mani
feſtation de ſa gloire & celle de la ſain
teté de ſes ſerviteurs. Il y a encore des
sniracles qui ont pour fin d'éprouver &
.
-- M A I. 1764.
, - 1 og
de révéler le fond des cœurs. Dieu en
a ſait auſſi, dit l'Auteur, pour aveugler
& endurcir les cœurs ſuperbes. Ces di
vers points ſont traités en pluſieurs cha
pitres qui forment la ſeconde diviſion.
On y fait voir encore qu'il s'opére quel
† · des miracles par des hommes
lont la foi n'eſt pas pure, par des Hé
rétiques, des Schiſmatiques , &c; mais
la Religion même ſçait en tirer avanta
ge; & il y a de la différence entre la
manière dont les dons ſurnaturels ſont
dans l'Egliſe, & celle dont ils ſe trou
vent dans de fauſſes communions. Enfin
la troiſiéme Partie traite des motifs par
ticuliers qui ont engagé les hommes à
ajoûter foi aux miracles
qui ſe ſont
faits à l'établiſſement de la doctrine ré
vélée. Ces motifs ſont en grand nom
bre, & c'eſt ce qu'il faut lire dans l'Ou
\vrage, ainſi que pluſieurs autres cha
pitres, dans leſquels l'Auteur achéve de
traiter à fond cette matière importante.
· EssAI de navigation Lorraine, trai
tée relativement à la politique , au
militaire , au commerce intérieur ou
extérieur, à la Marine & aux Colonies
de la France ; pour ſervir de Suite à
l'eſſai ſur les Duchés de Lorraine & de
11o MERCURE DE FRANCE.
Bar ; par lequel Plan on établit la jonc
tion de la Méditerranée à l'Océan par le
centre du Royaume & par la Capitale ;
& enſuite la communication entre les
deux Mers & la Mer Noire par la Lor
raine, l'Alſace ,
l'Allemagne , & les
Etats de l'Impératrice, Reine de Hon
rie ; par Charles-Leopold Andreu de
# ; à Amſterdam , chez H. Con
ſtapel, Libraire ; 1764. Brochure in-12.
de 184 pages.
Ce titre explique ſuffiſamment l'ob
jet de cet écrit, & nous diſpenſe d'en
trer dans d'autres détails.
MÉTAHHYsIQUE de l'âme , ou
théorie des ſentimens moraux, traduite
de l'Anglois de M. Adam Smith, Pro
feſſeur de Philoſophie morale dans l'U-
niverſité de Glaſcow; par M.... à Paris,
chez Briaſſon , rue S. Jacques , à la
Science ; 1764, avec Approbation &
Privilége du Roi. 2 vol. petit in-8°.
Cet Ouvrage a eu le plus grand ſuc
cès en Angleterre ; & il y a lieu de croi
re qu'il ne ſera pas accueilli moins favo
rablement en France. Nous avons été
ſatisfaits de la manière dont on y ex
plique nos affections & nos jugemens ;
& on ſera peut-être ſurpris d'y voir les
matières métaphyſiques les plus abſtrai
, M A I. 1764..
Lecteurs.
11,
tes, miſes à la portée du commun des
TRADUCTIoN du Traité de l'Amitié
de Cicéron ; dédiée à Madame de Sar
tine; par le ſieur L ***; à Paris, chez
Debure, père , quai des Auguſtins , à
l'Image S. Paul , & chez Mérigot, près
la rue Gît-le cœur ; avec approbation &
permiſſion ; 1764. Brochure in-12. de
266 pages ; prix, 1 liv. 4 ſ,
Cette Traduction d'un des meilleurs
Ouvrages de Cicéron nous a paru très
bien faite. Il ſeroit à ſouhaiter que celle
du Traité de la vieilleſſe du même Auteur
nous eût été donnée par la même main.
HISToIRE d'Ecoſſe ſous les régnes
de Marie Stuart & de Jacques IV, juſ
qu'a l'avénement de ce Prince à la Cou
ronne d'Angleterre , avec un Abrégé
de l'Hiſtoire d'Ecoffe dans les temps qui
ont précédé ces époques ; par M. Guil
laume Robertſon, Do8teur, Miniſtre de
- Ladyyeſter, à Edimboarg; traduite de
l'Anglois ;'à Londres , 1764 ; 3 vol.
in-12. !
>
|
º | |
|
| ' : ,
,
.
J'
M. Robertſon, fans cheicher à recu
fer & à illuſtrer l'origine de fà Nation,
la repréfente d'abord dansiºn état de
2
|
# 12 MERCURE DE FRANCE.
barbarie, & livrée à tous les imconvé
niens du gouvernement féodal. Il peint
fa patrie aſſervie à l'Angleterre par l'in
fidélité d'Edouard I, qui enléve à l'E-
coſſe les titres de ſa liberté ; qui veut
lui donner des Souverains & lui dicter
des loix ; & qui jette les fondemens de
cette antipathie qui a régné ſi long
temps entre les deux Nations. Après
avoir parcouru les premiers régnes , en
obſervant toujours de rapporter les faits
principaux, & de tracer avec des traits
hardis le caractère des Princes & des
Perſonnages les plus remarquables, il
commence ſon ſecond Livre : par la
naiſſance de Marie Stuart, par ſon avé
nement au Trône , & par les troubles
de ſa minorité. Il annonce de loin cette
étrange révolution , cette cataſtrophe
ſingulière qui conduiſit du Trône à l'é-
chaffaut une Princeſſe accomplie. Il
cherche la ſource de cette funeſte riva
lité entre Eliſabeth & Marie ; il la trou
ve dans une jalouſie de femme ; & il
fait voir que les plus grands événemens
n'ont bien ſouvent que des cauſes fri
voles. Nous ne faiſons que citer une
très-petite partie de la Préface , où le
Traducteur donne la plus haute idée de
cette Hiſtoire curieuſe & intéreſſante..
M A I. 1764.
1 13
: GRAMMAIRE des Sciences Philoſo
† , ou Analyſe abrégée de la Phi
'oſophie moderne , appuyée ſur les ex
périences : traduit de l'Anglois de Benj.
Martin; nouvelle Edition, corrigée &
àugmentée; à Paris, chez Briaſſon ,
rue S. Jacques, à la Science & à l'Ange
| Gardien; 1764; avec approbation & pri
vilége du Roi ; un vol. in-8°. avec beau
· coup de planches gravées.
, Cet Ouvrage déja connu, eſt, com
fme on ſçair, par demandes & par ré
onſes, & traite de la Science de la Phi
oſophie en général , de la Philoſophie
naturelle en particulier, de ſes parties, de
ſon ſujet, & des différens ufàges dont
elle eft dans la vie, Il eft queſtion,dans la
première partie, de la nature commune
# de la propriété de tous les corps na
turels ; de l'extenfion, de la grandeur
& des dimenſions des corps ; de la divi
fibilité de la matière ; de ſon infinité,de
la ſolidité & de la figurabilité des corps ;
de la mobilité , de la nature du mouve
ment & du repos ; de la lumière , des
couleurs, des odeurs ; du ſon, de la pe
ſanteur , de la tranſparence, de l'opa
cité, de la dureté , de la moleſſe , de la
roideur, de la fléxibilité, de la chaleur,
de la froidure , &c , &c. La ſeconde
114 MERCURE DE FRANCE.
Partie traite de la coſmologie en géné
ral, de l'eſpace du monde, du vuide ,
de la durée & du temps; des corps cé
leſtes, de la théorie du Soleil, de la
Lune, des Planétes, des Cométes, des .
Etoiles fixes. Il s'agit dans la troiſiéme
Partie, de la théorie de l'air , des vents,
des météores, de l'arc-en-ciel, des par
hélies, &c. Enfin la dernière Partie pré
ſente la doctrine générale concernant
le globe terreſtre, les foſſiles, les miné
raux, les métaux, les eaux # la rner a
des fleuves, des lacs, des fontaines s
des bains; les plantes, les végétaux, les
animaux de toutes eſpéces , &c , &c«
Les remarques de pluſieurs perſonnes
ſçavantes ont déterminé l'Auteur à faire
dans cette nouvelle Edition,des change
mens & des additions. Il y a traité plu
ſieurs Sujets nouveaux & curieux, & a
cité, dans les Notes, les Auteurs les plus
eſtimés qui ont écrit ſur les mêmes ma
tières.e
HISTOIRE du Ministère du Chevalier
Robert Walpool, devenu Ministre
d'Angleterre & Comte d'Oxford ; à
Amſterdam, chez Marc Rey ; 1764 ;
& à Paris, chez Durand, neveu, rue S.
Jacques. 3 vol.in-12. Prix, 7 liv. 1o ſ.
M A I. 1764.
115
Ce n'eſt point ici une Traduction ; on
en jugera par quelques endroits de la
Préface. » Je me donnerai bien de gar
» de , dit l'Auteur, d'adopter la partia
» lité de celui qui me fournit la plus
» grande partie de mes matériaux. Il
» paroît trop animé de l'eſprit républi
» cain. ... On jugera de M. Walpool,
» non par ce que j'en dirai, mais par
» ſes opérations. On n'aura point à me
» reprocher que je me ſuis trop livré
» aux portraits ; tout ſera en action. Je
» ferai toujours marcher mon Lecteur
» à côté du Miniſtre ; aucune de ſes
» démarches ne lui échappera ; par ce
» moyen je le mettrai en état de le ju
» ger.. .. J'oſe dire que le Lecteur ſe
» trouvera intéreſſé par les harangues,
» les raiſonnemens , la politique & les
» réfléxions que les divers événemens
» arrivés ſous le miniſtère du Chevalier
» Walpool ont occaſionnés.. ... J'ai a
» douci, autant † m'a été poſſible,
» les expreſſions dures & libres qui ſe
» trouvene dans certaines harangues où
» il eſt queſtion de la France. .. j'ai
» mis tous mes ſoins à écarter les dou
» tes que contiennent les écrits que la
» liberté Angloiſe donne le droit de
» rendre publics; l'original que je con
116 MERCURE DE FRANCE.
» ſulte, mais que je ne ſuis point entiè
» rement, avertit lui-même qu'il a été
» obligé de faire un choix , pour ne
» pas commettre d'injuſtice, &c.
RosE & Colas , Comédie en un
Acte, Proſe & Muſique , repréſentée
pour la premiere fois par les Comé
diens Italiens ordinaires du Roi, le 8
Mars 1764 La Comédie eſt de M.
Sedaine, & la Muſique de M. Mon
cigny. Prix
1 liv. 4 ſols. A Paris ,
chez Claude Heriſſant , Imprimeur-Li
braire , rue Neuve Notre-Dame, à la
Croix d'or , avec approbation & pri
vilége du Roi ; 1764; in-8°. On trou
ve chez le même Libraire les airs dé
tachés : prix, 1
partition. .
liv, 16 f On grave la
-
-
-
On parlera plus au long de cette
Piéce dans l'Article des Spectacles,
· PRosPECTUS d'un Livre intitulé,
Etat préſent de l'Orléannois, ou Eſſai
hiſtorique & typographique de cette Pro
vince, diviſé en trois parties ; avec cette
Epigraphe : Ille terrarum mihi prœter
•mnes angulus ridet; Hor. Avec addition.
de notes ſingulières.
Cet Ouvrage auquel M. Recullé de
,
M A I. 1764.
117
Saint-Laurent travaille depuis trois ans ,
& auquel il a été encouragé par le Chef
du Conſeil d'un de nos Princes, con
tient Orléans, ce qui s'y eſt paſſé de plus
remarquable, les meilleurs crus de vin ,
les Sçavans, les Rois, les Ducs, la Mai
ſon entière de Monſeigneur le Duc
d'Orléans, l'Evêché, les Evêques, l'E-
dit de 1758 soncernant la délivrance des
priſonniers , la Cathédrale, les autres
Chapitres de la Ville & du Diocèſe, les
Abbayes de la Ville & du Diocèſe , les
Collateurs des Cures, les Paroiſſes d'Or
- léans, les deux Commanderies , les Sé
minaires, la Juriſdiction Eccléſiaſtique,
les Bureaux , le Gouvernement, les Tri
bunaux, un Traité honorable de la Ma
giſtrature, de MM. les Avocats, Notai
res & autres Compagnies, l'Univerſité,
la Médecine, la Chirurgie, la nouvelle
Société d'Agriculture, les Bibliothéques,
l'Académie des Sciences, la Butte, l'A-
cadémie de Muſique, le Spectacle, &c.
Les principales Villes & Bourgs de l'Ap
panage, ſuivant le rôle des Aſſiſes, com
me Pithiviers, Meun, Jargeau, Arte
nay, Toury, Saint-Benoît, Donnery,
Cléry, Monpuipeau , Saint-Denis-de
Jargeau, Rebrechien , la Ferté, Sue
vre, &c. Jenville, Baugency , Bois
I 18 MERCURE DE FRANCE.
commun, Sully, Château-neuf, Gien ,
Montargis, &c. Chartres, ce qu'il y a
de remarquable ſur cette Ville; les Ab
bayes, Villes & principaux Bourgs de
ce diocèſe. Blois, ce que l'Hiſtoire nous
en apprend de plus intéreſſant; ſa Cham
bre des Comptes,les Abbayes, Villes &
principaux endroits de ce Pays & Dio
cèſe ; le tout accompagné d'Edits, Ar
rêts , Traits d'Hiſtoire, faits & Anec
dotes utiles & de ſentimens.Cet Ouvra
ge ſera ſuivi d'une ſuite concernant les
Villes Epiſcopales, les Cours Souverai
nes, les Gouvernemens, &c. Si quel
qu'un a quelques Notes à faire paſſer à
l'Auteur, il eſt prié de le faire au plutôt,
chez M. Valleyre fils, Imprimeur & Li
braire à Paris, rue de la vieille Boucle
rie, & d'affranchir les lettres. Cet Ou
vrage ſera de format in-12. de 3 liv. &
de 4o ſ.
-
. ZÉLIs au bain , Poëme en quatre
Chants; à Genéve, & ſe trouve à Paris,
chez Jorry, Imprimeur-Libraire , rue
& vis-à-vis de la Comédie Françoiſe ;
iu-8°. 1763 ; en tres-beau papier, orné
de quatre Eſtampes, quatre Vignettes,
quatre culs-de-lampes & d'un Frontiſ
pice, le tout deſſiné & gravé par de
très-habiles Maîtres.
» ſes plus
M A I. 1764.
I I3
Outre tous ces ornemens typogra
phiques, qui font rechercher cette Bro
chure par les Connoiſſeurs, on doit
encore compter pour beaucoup le mé
rite littéraire de cette agréable produc
tion , où régne ce que la Poëſie a de
plus riche , de plus tendre & de plus
gracieux en expreſſions, en ſentimens
& en images.
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Résumé : « INSTRUCTIONS pour la premiere Communion, distribuées en cinq desseins, par [...] »
En 1764, plusieurs ouvrages notables ont été publiés. Parmi eux, 'Instructions pour la première Communion' de M. Voile de Moz, curé de Bouhi, est un livre destiné aux enfants. Le 'Traité des Miracles' explore la nature, les fins et l'usage des miracles, en se basant sur les écrits de Saint Augustin et Saint Thomas, et est structuré en trois parties. L''Essai de navigation Lorraine' aborde les aspects politiques, militaires, commerciaux et maritimes de la navigation en Lorraine. La 'Métaphysique de l'âme' est une traduction de l'œuvre de M. Adam Smith sur les sentiments moraux. La 'Traduction du Traité de l'Amitié' de Cicéron est appréciée pour sa qualité. L''Histoire d'Écosse' de M. Guillaume Robertson couvre les règnes de Marie Stuart et Jacques VI jusqu'à son accession au trône d'Angleterre. Le texte évoque également une œuvre sur la rivalité entre Élisabeth et Marie, attribuant leur conflit à une jalousie féminine. La 'Grammare des Sciences Philosophiques' de Benjamin Martin traite divers aspects de la philosophie naturelle. L''Histoire du Ministère du Chevalier Robert Walpool' est publiée à Amsterdam et à Paris, sans jugement personnel de l'auteur. La pièce de théâtre 'Rose et Colas' de Sedaine, mise en musique par Moncigny, a été représentée en mars 1764. Un prospectus annonce un livre sur l'Orléannois, détaillant l'histoire et les aspects notables de la province d'Orléans. Deux autres ouvrages sont mentionnés : le 'Traité honorable de la Magistrature', qui contient des informations sur diverses professions et institutions, et le poème 'Zélis au bain', composé de quatre chants, publié à Genève et disponible à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11026
p. 119-121
« LE POT-POURRI, Epître à qui on voudra ; par l'Auteur de Barnevelt ; [...] »
Début :
LE POT-POURRI, Epître à qui on voudra ; par l'Auteur de Barnevelt ; [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE POT-POURRI, Epître à qui on voudra ; par l'Auteur de Barnevelt ; [...] »
LE POT-POURRI, Epître à qui on
voudra ; par l'Auteur de Barnevelt ;
ſuivi d'une autre Epître , par l'Auteur
de Zélis au bain; à Genéve, & ſe trouve
à Paris , chez Sébaſtien Jorry , Impri
meur - Libraire , rue & vis - à - vis de
la Comédie Françoiſe , au Grand Mo
narque & aux Cigognes; 1764, in-8°.
enrichi comme la Brochure précédente,
de tous les ornemens de la Typographie
& du Burin.
On lit à la tête cet Avertiſſement qui
explique le Sujet de la première Piéce.
» Un voyage que je fis l'Automne der
» nier près de Blois, dit l'Auteur,i(M.
» Dorat) a donné lieu à cette Epitre.
» Il ſemble que la Nature ait choiſi les
» bords de la Loire pour y déployer
riches ornemens. C'eſt là
» qu'elle eſt riante & majeſtueuſe; c'eſt
12o MERCURE DE FRANCE.
» là qu'elle préſente à l'imagination les
• » tableaux les plus variés. J'ai tâché
» d'en reproduire quelques-uns dans cet
» Ouvrage , où j'ai peint ce que j'ai
» vu , & où j'exprime ce que j'ai ſenti,
Parmi ces divers tableaux nous choiſiſ
ſons celui du Château de Blois , parce
qu'il fait avec le Concierge & les Voya
geurs , le Sujet de la première Gravure,
Tu connois ce Châtel antique
Que fit bâtir François Premier ;
Mazure biſarre & gothique,
Mais qu'il ne faut point oublier.
Sur-tout ſon Concierge fidèle
Mérite bien d'être cité :
C'eſt un Monſieur tout plein de zèle,
Et très-plaiſant en vérité.
Malgré la peſanteur de l'âge,
Et ſes deux aulnes de viſage,
Il va grimpant , trottant, ſoufflant ;
Vous indique chaque paſſage,
Et s'extaſie à tout inſtant.
Il voit de la magnificence
Où l'on ne voit que des débris :
Il n'eſt point de trou de ſouris,
Qui ne faſſe honneur à la France.
Dans les recoins les plus obſcurs
· Très-gravement il vous promène ;
II
M A I. 1764.
Il vous fait admirer les murs
Comme des murs de porcelaine.
Souvent, pour vous inſtruire mieux,
Il s'arrête, ferme les yeux,
Met ſes deux mains ſur ſa bedaine ;
Et puis voilà mon gros menteur
Qui, ſans oſer reprendre haleine,
Vous dit tout ſon Château par cœur.
I2.I
L'Epître qui termine ce recueil eſt
intitulée : Epître à mon ami , au retour
du voyage qui a donné lieu au Pot
pourri. Nous avons dit qu'elle eſt de
l'Auteur de Zélis au bain : c'eſt dire
que la Poëſie en eſt gracieuſe.
voudra ; par l'Auteur de Barnevelt ;
ſuivi d'une autre Epître , par l'Auteur
de Zélis au bain; à Genéve, & ſe trouve
à Paris , chez Sébaſtien Jorry , Impri
meur - Libraire , rue & vis - à - vis de
la Comédie Françoiſe , au Grand Mo
narque & aux Cigognes; 1764, in-8°.
enrichi comme la Brochure précédente,
de tous les ornemens de la Typographie
& du Burin.
On lit à la tête cet Avertiſſement qui
explique le Sujet de la première Piéce.
» Un voyage que je fis l'Automne der
» nier près de Blois, dit l'Auteur,i(M.
» Dorat) a donné lieu à cette Epitre.
» Il ſemble que la Nature ait choiſi les
» bords de la Loire pour y déployer
riches ornemens. C'eſt là
» qu'elle eſt riante & majeſtueuſe; c'eſt
12o MERCURE DE FRANCE.
» là qu'elle préſente à l'imagination les
• » tableaux les plus variés. J'ai tâché
» d'en reproduire quelques-uns dans cet
» Ouvrage , où j'ai peint ce que j'ai
» vu , & où j'exprime ce que j'ai ſenti,
Parmi ces divers tableaux nous choiſiſ
ſons celui du Château de Blois , parce
qu'il fait avec le Concierge & les Voya
geurs , le Sujet de la première Gravure,
Tu connois ce Châtel antique
Que fit bâtir François Premier ;
Mazure biſarre & gothique,
Mais qu'il ne faut point oublier.
Sur-tout ſon Concierge fidèle
Mérite bien d'être cité :
C'eſt un Monſieur tout plein de zèle,
Et très-plaiſant en vérité.
Malgré la peſanteur de l'âge,
Et ſes deux aulnes de viſage,
Il va grimpant , trottant, ſoufflant ;
Vous indique chaque paſſage,
Et s'extaſie à tout inſtant.
Il voit de la magnificence
Où l'on ne voit que des débris :
Il n'eſt point de trou de ſouris,
Qui ne faſſe honneur à la France.
Dans les recoins les plus obſcurs
· Très-gravement il vous promène ;
II
M A I. 1764.
Il vous fait admirer les murs
Comme des murs de porcelaine.
Souvent, pour vous inſtruire mieux,
Il s'arrête, ferme les yeux,
Met ſes deux mains ſur ſa bedaine ;
Et puis voilà mon gros menteur
Qui, ſans oſer reprendre haleine,
Vous dit tout ſon Château par cœur.
I2.I
L'Epître qui termine ce recueil eſt
intitulée : Epître à mon ami , au retour
du voyage qui a donné lieu au Pot
pourri. Nous avons dit qu'elle eſt de
l'Auteur de Zélis au bain : c'eſt dire
que la Poëſie en eſt gracieuſe.
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Résumé : « LE POT-POURRI, Epître à qui on voudra ; par l'Auteur de Barnevelt ; [...] »
La brochure 'Le Pot-Pourri' a été publiée en 1764 à Genève et est disponible à Paris chez Sébastien Jorry. Elle contient des ornements typographiques et des gravures. L'œuvre inclut deux épîtres. La première, écrite par Jean-Pierre Claris de Florian, auteur de 'Barnevelt', décrit un voyage près de Blois effectué l'automne précédent. Florian y vante la beauté et la diversité des paysages des bords de la Loire et mentionne notamment le Château de Blois, illustré par une gravure montrant le château, le concierge et les voyageurs. Le concierge est décrit comme un homme zélé et agréable, malgré son âge, qui guide les visiteurs avec passion et leur montre les moindres détails du château. La seconde épître, intitulée 'Épître à mon ami, au retour du voyage qui a donné lieu au Pot-pourri', est de l'auteur de 'Zélis au bain' et est qualifiée de gracieuse.
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11027
p. 121-125
« LES Baladins, ou Melpomène vengée ; avec cette Epigraphe : Facit indignatio [...] »
Début :
LES Baladins, ou Melpomène vengée ; avec cette Epigraphe : Facit indignatio [...]
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LES Baladins, ou Melpomène vengée ;
avec cette Epigraphe : Facit indignatio
verſum. A Amſterdam , I764,
in-8°. de 36 pages.
Nous n'annonçons cette Brochure ,
que pour cette claſſe de Lecteurs qui
ne veulent rien ignorer de ce qui s'im
prime à Paris ; car ceux pour qui la
critique eſt un genre odieux , pren
dront peu de part à cette production.
On affecte d'y rabaiſſer la plupart des
gens de Lettres, & principalement ceux
qui travaillent pour la Comédie Ita
lienne & les Spectacles for
2-4
.
: 22 MERCURE DE FRANCE.
CHIMERANDRE l'Anti-Grec , fils
de Bacha Bilboquet, ou les équivoques
de la Langue Franchoſe : nouvelle re
fonte ; avec cette Epigraphe.
º
-
Ne perdas operam ; qui ſe mirantur in illos
Virus habe : nos hac novimus eſſe nihil.
· Martial. Lib. 13. Epig. 2,
à Balivernopolis , 1764 ; & ſe vend
chez Hériſſant , Libraire , rue Neuve
| Notre-Dame. Brochure in-12. de 62
| pages.
.
-
Le Bacha Bilboquet eſt une Brochure
• ſi connue , qu'il ſuffit, pour connoître
celle que nous annonçons , de dire
qu'elle eſt écrite dans le même goût &
le même ſtyle. Elle peut ſervir de pen
dant à la première, & être reliée dans
, le même volume. C'eſt une autre hiſtoi
re & d'autres équivoques qui égayeront
le Lecteur pendant quelques inſtans de
déſœuvrement.
LE Code de l'Amour', ou les déci
ſions de Cythère ; Ftrennes du mois de
Mai , à l'uſage des Amans déſœuvrés, "
| par une Société de vieux amoureux ; à
Cythère , chez Tyrſis galant , à l'En
ſeigne du Mai, & ſe trouve à Paris ,
chez Hériſſant , Imprimeur-Libraire,
'.
)
-
M A I. 1764.
-
12.3
rue Neuve Notre-Dame ; I764 ; 1 vol.
in-12 , diviſé en deux parties d'environ
2oo pages chacune.
,
Malgré ce qu'il peut y avoir de plai
ſant dans le titre, il eſt certain que cet
te double Brochure contient des Piéces
très-ingénieuſes. Elles ſont tirées , pour
la plûpart, des Journaux & autres Ou
vrages périodiques , & choiſies avec
goût. On eſt charmé de retrouver en
un ſeul recueil un grand nombre de
diſſertations pleines de ſel, d'agrément
& de fineſſe , qui ſe trouvoient telle
ment diſperſées , qu'on pouvoit les re
garder comme perdues pour le Public
avant qu'on eût pris le ſoin très-loua
ble de les raſſembler en un volume. Ce
qui nous a fait le plus de plaiſir dans
cet agréable recueil, ce ſont des queſ
tions ſur des matières qui intéreſſent le
cœur, & dont la déciſion ſuppoſe une
· connoiſſance parfaite de tous ſes divers
mouvemens. On y trouve auſſi, en for
me de digreſſions, pluſieurs morceaux
très-bien faits ſur des Sujets analogues
au reſte de l'Ouvrage. La Proſe y eſt
agréablement mêlée avec la Poëſie ; &
le tout enſemble forme une variété qui
· plaît, qui attache & qui #e
1]
|
124 MERCURE DE FRANCE.
DICTIoNNAIRE
Géographique ,
Hiſtorique & Politique des Gaules & de
la France ; par M. l'Abbé Expilly,Cha
· noine-Tréſorier en dignité du Chapitre
Royal de Sainte-Marthe de Taraſcon ,
de la Société Royale des Sciences &
Belles-Lettres de Nanci, &c; Tome ſe
| cond ; à Amſterdam ; & ſe trouve à
Paris , chez Deſaint & Saillant, Li
braires , rue S. Jean de Beauvais ; Bau
che , Libraire, quai des Auguſtins ; Hé
riſſant , Libraire , rue S. Jacques ; Deſ
pilly , Libraire , rue S. Jacques ; Nyon
Libraire , rue S. Jacques , 1764 ; vol.
in-folio.
Nous avons annoncé ce grand Ou
vrage, lorſqu'on en publia le premier
volume. Le ſecond Tome comprend les
lettres C. D. E, & répond parfaitement
à l'idée avantageuſe qu'en a donnée le
Proſpectus que nous avons auſſi annon
cé dans le temps. Nous avons lu avec
, la plus grande ſatisfaction pluſieurs Ar
ticles de ce nouveau volume ; & par
l'exactitude avec laquelle l'Auteur a
parlé de tous les lieux que nous con--
noiſſons, nous avons jugé de celle qu'il
a miſe également en parlant des Pays
& des Villes qui nous ſont moins con
nus. Nous partageons avec le Public la
M A I. 1764.
125
reconnoiſſance due à M. l'Abbé d'Ex
pilly pour un travail ſi utile ; & nous
croyons que cette entrepriſe, qui fait
tant d'honneur à ſon Auteur , eſt auſ
ſi très-glorieuſe à notre Siécle & à
notre Nation.
avec cette Epigraphe : Facit indignatio
verſum. A Amſterdam , I764,
in-8°. de 36 pages.
Nous n'annonçons cette Brochure ,
que pour cette claſſe de Lecteurs qui
ne veulent rien ignorer de ce qui s'im
prime à Paris ; car ceux pour qui la
critique eſt un genre odieux , pren
dront peu de part à cette production.
On affecte d'y rabaiſſer la plupart des
gens de Lettres, & principalement ceux
qui travaillent pour la Comédie Ita
lienne & les Spectacles for
2-4
.
: 22 MERCURE DE FRANCE.
CHIMERANDRE l'Anti-Grec , fils
de Bacha Bilboquet, ou les équivoques
de la Langue Franchoſe : nouvelle re
fonte ; avec cette Epigraphe.
º
-
Ne perdas operam ; qui ſe mirantur in illos
Virus habe : nos hac novimus eſſe nihil.
· Martial. Lib. 13. Epig. 2,
à Balivernopolis , 1764 ; & ſe vend
chez Hériſſant , Libraire , rue Neuve
| Notre-Dame. Brochure in-12. de 62
| pages.
.
-
Le Bacha Bilboquet eſt une Brochure
• ſi connue , qu'il ſuffit, pour connoître
celle que nous annonçons , de dire
qu'elle eſt écrite dans le même goût &
le même ſtyle. Elle peut ſervir de pen
dant à la première, & être reliée dans
, le même volume. C'eſt une autre hiſtoi
re & d'autres équivoques qui égayeront
le Lecteur pendant quelques inſtans de
déſœuvrement.
LE Code de l'Amour', ou les déci
ſions de Cythère ; Ftrennes du mois de
Mai , à l'uſage des Amans déſœuvrés, "
| par une Société de vieux amoureux ; à
Cythère , chez Tyrſis galant , à l'En
ſeigne du Mai, & ſe trouve à Paris ,
chez Hériſſant , Imprimeur-Libraire,
'.
)
-
M A I. 1764.
-
12.3
rue Neuve Notre-Dame ; I764 ; 1 vol.
in-12 , diviſé en deux parties d'environ
2oo pages chacune.
,
Malgré ce qu'il peut y avoir de plai
ſant dans le titre, il eſt certain que cet
te double Brochure contient des Piéces
très-ingénieuſes. Elles ſont tirées , pour
la plûpart, des Journaux & autres Ou
vrages périodiques , & choiſies avec
goût. On eſt charmé de retrouver en
un ſeul recueil un grand nombre de
diſſertations pleines de ſel, d'agrément
& de fineſſe , qui ſe trouvoient telle
ment diſperſées , qu'on pouvoit les re
garder comme perdues pour le Public
avant qu'on eût pris le ſoin très-loua
ble de les raſſembler en un volume. Ce
qui nous a fait le plus de plaiſir dans
cet agréable recueil, ce ſont des queſ
tions ſur des matières qui intéreſſent le
cœur, & dont la déciſion ſuppoſe une
· connoiſſance parfaite de tous ſes divers
mouvemens. On y trouve auſſi, en for
me de digreſſions, pluſieurs morceaux
très-bien faits ſur des Sujets analogues
au reſte de l'Ouvrage. La Proſe y eſt
agréablement mêlée avec la Poëſie ; &
le tout enſemble forme une variété qui
· plaît, qui attache & qui #e
1]
|
124 MERCURE DE FRANCE.
DICTIoNNAIRE
Géographique ,
Hiſtorique & Politique des Gaules & de
la France ; par M. l'Abbé Expilly,Cha
· noine-Tréſorier en dignité du Chapitre
Royal de Sainte-Marthe de Taraſcon ,
de la Société Royale des Sciences &
Belles-Lettres de Nanci, &c; Tome ſe
| cond ; à Amſterdam ; & ſe trouve à
Paris , chez Deſaint & Saillant, Li
braires , rue S. Jean de Beauvais ; Bau
che , Libraire, quai des Auguſtins ; Hé
riſſant , Libraire , rue S. Jacques ; Deſ
pilly , Libraire , rue S. Jacques ; Nyon
Libraire , rue S. Jacques , 1764 ; vol.
in-folio.
Nous avons annoncé ce grand Ou
vrage, lorſqu'on en publia le premier
volume. Le ſecond Tome comprend les
lettres C. D. E, & répond parfaitement
à l'idée avantageuſe qu'en a donnée le
Proſpectus que nous avons auſſi annon
cé dans le temps. Nous avons lu avec
, la plus grande ſatisfaction pluſieurs Ar
ticles de ce nouveau volume ; & par
l'exactitude avec laquelle l'Auteur a
parlé de tous les lieux que nous con--
noiſſons, nous avons jugé de celle qu'il
a miſe également en parlant des Pays
& des Villes qui nous ſont moins con
nus. Nous partageons avec le Public la
M A I. 1764.
125
reconnoiſſance due à M. l'Abbé d'Ex
pilly pour un travail ſi utile ; & nous
croyons que cette entrepriſe, qui fait
tant d'honneur à ſon Auteur , eſt auſ
ſi très-glorieuſe à notre Siécle & à
notre Nation.
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Résumé : « LES Baladins, ou Melpomène vengée ; avec cette Epigraphe : Facit indignatio [...] »
En 1764, plusieurs brochures et ouvrages ont été publiés. 'Les Baladins, ou Melpomène vengée' est une brochure de 36 pages éditée à Amsterdam, qui critique les gens de lettres, en particulier ceux associés à la Comédie Italienne et aux spectacles. 'Chimerandre l'Anti-Grec, fils de Bacha Bilboquet' est une brochure de 62 pages, vendue à Paris chez Hérissant, et poursuit le style de 'Bacha Bilboquet'. 'Le Code de l'Amour, ou les décisions de Cythère' est un ouvrage de 400 pages, publié à Cythère et Paris, compilant des pièces ingénieuses extraites de journaux et d'ouvrages périodiques, accompagnées de dissertations sur des sujets relatifs au cœur. Enfin, le 'Dictionnaire Géographique, Historique & Politique des Gaules & de la France' rédigé par l'Abbé Expilly est un ouvrage en deux tomes. Le second tome couvre les lettres C, D et E, et a été publié à Amsterdam. Il est disponible chez divers libraires parisiens et est apprécié pour son exactitude et son utilité.
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11028
p. 125-129
« SOUSCRIPTIONS pour les chaînes élastiques, à substituer aux soupentes & [...] »
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SOUSCRIPTIONS pour les chaînes élastiques, à substituer aux soupentes & [...]
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texteReconnaissance textuelle : « SOUSCRIPTIONS pour les chaînes élastiques, à substituer aux soupentes & [...] »
SOUSCRIPTIONS pour les chaînes
élastiques, à substituer aux soupentes
& reſſorts des Carroſſes ,
Berlines ,
Chaiſes de Poſtes & autres ſemblables
voitures; propoſées par le Sr Guillaume
Zacharie le jeune, Horloger de la
Ville de Lyon, Inventeur & privilé
gié du Roi pour la monture des chaînes,
par Lettres-Patentes du 28 Août 176I ,
enregiſtrées au Parlement de Paris le 17
Juin 1763 ; à Lyon, de l'Imprimerie
d'Aimé de la Roche, Imprimeur - Li
brire de la Ville & du Gouvernement ;
aux Halles de la Grenette; 1763; bro
chure in-8° de 3o pages.
Les perſonnes à équipages prendront
ſurtout intérêt à cet écrit qui contient
toutes les conditions de la ſouſcription.
On pourra ſe le procurer à Lyon chez
M. Soupat, Avocat en Parlement, &
Notaire , rue de Grenette ; & à Paris ,
chez M. l'Héritier, Notaire, rue de la
Verrerie. En attendant nous placerons
F iij
I26 MERCURE DE FRANCE.
ici cet avis qu'on nous prie d'inſérer
dans notre Mercure.
» LE Sieur Guillaume Zacharie a
» fait annoncer cette nouvelle décou
» verte dans les Gazettes & Papiers pu
» blics , & a fait répandre une brochu
» re inſtructive, afin que l'Europe en
» tière en ſoit inſtruite & puiſſe en pro
» fiter.
-
·
» Il a appris que beaucoup de per
» ſonnes, en ouvrant les yeux ſur l'uti
» lité de cette découverte, craignoient
» que le temps de remplir les 3ooo ſouſ
» criptions ne fût trop long, & qu'elles
» ne vouloient ſe déterminer à ſouſcrire
» qu'à l'extrémité de l'accompliſſement
» des ſouſcriptions.
· » Mais le ſieur Zacharie ſe croit obli
» gé de leur faire ſçavoir par le préſent
99 § que le nombre des ſouſcriptions
» augmente chaque jour, & que ceux
» qui différent pourroient ſe priver eux--
» mêmes du bénéfice de la ſouſcription
» en ſe laiſſant devancer par d'autres ;
» il ſe pourroit même qu'au lieu du ter
» me de cette année, annoncé pour la
» délivrance des Chaînes, (uniquement
» dans la vue de donner le loiſir aux
» perſonnes qui habitent les contrées
M A I. 1764.
-
127
» les plus reculées, de ſe procurer l'a-
» vantage de cette découverte ,) le
» nombre des ſouſcriptions pourroit
» être accompli dans ſix mois ; & dans
» ce cas , la délivrance des Chaînes ſe
» feroit avant le temps projetté : on
» n'aura pas de peine à le croire, ſi l'on
» jette un coup d'œil ſur la quantité d'é-
» quipages qu'il ya en Europe,qui mon
» te à plus de 3ooooo.
» Déjà la France, l'Angleterre, l'Al
» lemagne, Rome, Naples, Gênes &
» autres Villes, ont fourni grand nom
» bre de ſouſcriptions; c'eſt ſans doute
» au jugement qu'en a porté l'Académie
» Royale des Sciences de Paris, que cette
» confiance eſt due.Jugement prononcé
» après l'examen le plus ſévere & le plus
» réfléchi ſur le Caroſſe en grand que
» l'Auteura préſenté.
» L'Auteur a encore ajouté depuis
» l'obtention de ſon Privilége, un nouvel
» avantage dans l'uſage de ces montures;
» c'eſt qu'en roulant dans des chemins
» rapides, ſoit en montant ou en deſcen
» dant, on mettra la caiſſe dans le niveau
» par le moyen du jeu d'un cordon que
» l'on tirera avee aiſance de ſa place
» dans le Carroſſe ; & dans la plaine
» l'on donnera le penchant que l'on vou
F iv
128 MERCURE DE FRANCE.
» dra à la caiſſe en arriere,pour ſe mettre
» mieux à ſon aiſe par le moyen d'un
» autre cordon que l'on tirera auſſi
» ſans éffort & ſans ſe déranger de ſa
» place.
-
» Le Sieur Zacharie s'engage de livrer
» les 3ooo montures dans l'intervalle de -
» trois mois après les ſouſcriptions rem
» plies ; mais il n'en délivrera point,
» ſous quelque prétexte que ce ſoit,
» avant cette époque, Les Papiers pu
» blics informeront les Intéreſſés du
» temps de la livraiſon des Chaînes,
» pour les faire retirer à Lyon ; à l'é-
» gard de ceux qui auront ſouſcrit à
» Paris, elles leur ſeront livrées dans
» cette Capitale dans l'endroit qu'il indi
» quera.
» Il déclare de plus au Public, comme
» il a fait dans ſa Brochure, page 1o,qu'à
» meſure qu'il reçoit la première moitié
» des ſouſcriptions , il en fait emploi
» pour la fabrication des Chaînes élaſti
» ques, ce qui hâtera le moment de la
» délivrance totale.
» Le Bureau général pour les ſouſcrip
» tions, eſt établi à Lyon , chez M° Sou
» pat, Avocat en Parlement, Conſeiller
» du Roi, Notaire , rue Grenette.
» On peut auſſi s'adreſſer au Sieur
· M A I. 1764.
I29
» Zacharie, qui délivrera gratis des Bro
» chures inſtructives, avec la gravure du
» Caroſſe monté en Chaînes élaſtiques.
. » Les perſonnes réſidantes à Paris ou
» aux environs, pourront ſe procurer
» des ſouſcriptions dans ladite Ville ,
» chez M. L'Heritier , Conſeiller du
» Roi, Notaire au Châtelet, rue de la
» Verrerie, qui délivrera aux ſouſcrip
» teurs des reconnoiſſances ſignées de
» l'Auteur, & chez lequel on trouvera
» auſſi des Brochures inſtructives avec
» la gravure du Carroſſe.
élastiques, à substituer aux soupentes
& reſſorts des Carroſſes ,
Berlines ,
Chaiſes de Poſtes & autres ſemblables
voitures; propoſées par le Sr Guillaume
Zacharie le jeune, Horloger de la
Ville de Lyon, Inventeur & privilé
gié du Roi pour la monture des chaînes,
par Lettres-Patentes du 28 Août 176I ,
enregiſtrées au Parlement de Paris le 17
Juin 1763 ; à Lyon, de l'Imprimerie
d'Aimé de la Roche, Imprimeur - Li
brire de la Ville & du Gouvernement ;
aux Halles de la Grenette; 1763; bro
chure in-8° de 3o pages.
Les perſonnes à équipages prendront
ſurtout intérêt à cet écrit qui contient
toutes les conditions de la ſouſcription.
On pourra ſe le procurer à Lyon chez
M. Soupat, Avocat en Parlement, &
Notaire , rue de Grenette ; & à Paris ,
chez M. l'Héritier, Notaire, rue de la
Verrerie. En attendant nous placerons
F iij
I26 MERCURE DE FRANCE.
ici cet avis qu'on nous prie d'inſérer
dans notre Mercure.
» LE Sieur Guillaume Zacharie a
» fait annoncer cette nouvelle décou
» verte dans les Gazettes & Papiers pu
» blics , & a fait répandre une brochu
» re inſtructive, afin que l'Europe en
» tière en ſoit inſtruite & puiſſe en pro
» fiter.
-
·
» Il a appris que beaucoup de per
» ſonnes, en ouvrant les yeux ſur l'uti
» lité de cette découverte, craignoient
» que le temps de remplir les 3ooo ſouſ
» criptions ne fût trop long, & qu'elles
» ne vouloient ſe déterminer à ſouſcrire
» qu'à l'extrémité de l'accompliſſement
» des ſouſcriptions.
· » Mais le ſieur Zacharie ſe croit obli
» gé de leur faire ſçavoir par le préſent
99 § que le nombre des ſouſcriptions
» augmente chaque jour, & que ceux
» qui différent pourroient ſe priver eux--
» mêmes du bénéfice de la ſouſcription
» en ſe laiſſant devancer par d'autres ;
» il ſe pourroit même qu'au lieu du ter
» me de cette année, annoncé pour la
» délivrance des Chaînes, (uniquement
» dans la vue de donner le loiſir aux
» perſonnes qui habitent les contrées
M A I. 1764.
-
127
» les plus reculées, de ſe procurer l'a-
» vantage de cette découverte ,) le
» nombre des ſouſcriptions pourroit
» être accompli dans ſix mois ; & dans
» ce cas , la délivrance des Chaînes ſe
» feroit avant le temps projetté : on
» n'aura pas de peine à le croire, ſi l'on
» jette un coup d'œil ſur la quantité d'é-
» quipages qu'il ya en Europe,qui mon
» te à plus de 3ooooo.
» Déjà la France, l'Angleterre, l'Al
» lemagne, Rome, Naples, Gênes &
» autres Villes, ont fourni grand nom
» bre de ſouſcriptions; c'eſt ſans doute
» au jugement qu'en a porté l'Académie
» Royale des Sciences de Paris, que cette
» confiance eſt due.Jugement prononcé
» après l'examen le plus ſévere & le plus
» réfléchi ſur le Caroſſe en grand que
» l'Auteura préſenté.
» L'Auteur a encore ajouté depuis
» l'obtention de ſon Privilége, un nouvel
» avantage dans l'uſage de ces montures;
» c'eſt qu'en roulant dans des chemins
» rapides, ſoit en montant ou en deſcen
» dant, on mettra la caiſſe dans le niveau
» par le moyen du jeu d'un cordon que
» l'on tirera avee aiſance de ſa place
» dans le Carroſſe ; & dans la plaine
» l'on donnera le penchant que l'on vou
F iv
128 MERCURE DE FRANCE.
» dra à la caiſſe en arriere,pour ſe mettre
» mieux à ſon aiſe par le moyen d'un
» autre cordon que l'on tirera auſſi
» ſans éffort & ſans ſe déranger de ſa
» place.
-
» Le Sieur Zacharie s'engage de livrer
» les 3ooo montures dans l'intervalle de -
» trois mois après les ſouſcriptions rem
» plies ; mais il n'en délivrera point,
» ſous quelque prétexte que ce ſoit,
» avant cette époque, Les Papiers pu
» blics informeront les Intéreſſés du
» temps de la livraiſon des Chaînes,
» pour les faire retirer à Lyon ; à l'é-
» gard de ceux qui auront ſouſcrit à
» Paris, elles leur ſeront livrées dans
» cette Capitale dans l'endroit qu'il indi
» quera.
» Il déclare de plus au Public, comme
» il a fait dans ſa Brochure, page 1o,qu'à
» meſure qu'il reçoit la première moitié
» des ſouſcriptions , il en fait emploi
» pour la fabrication des Chaînes élaſti
» ques, ce qui hâtera le moment de la
» délivrance totale.
» Le Bureau général pour les ſouſcrip
» tions, eſt établi à Lyon , chez M° Sou
» pat, Avocat en Parlement, Conſeiller
» du Roi, Notaire , rue Grenette.
» On peut auſſi s'adreſſer au Sieur
· M A I. 1764.
I29
» Zacharie, qui délivrera gratis des Bro
» chures inſtructives, avec la gravure du
» Caroſſe monté en Chaînes élaſtiques.
. » Les perſonnes réſidantes à Paris ou
» aux environs, pourront ſe procurer
» des ſouſcriptions dans ladite Ville ,
» chez M. L'Heritier , Conſeiller du
» Roi, Notaire au Châtelet, rue de la
» Verrerie, qui délivrera aux ſouſcrip
» teurs des reconnoiſſances ſignées de
» l'Auteur, & chez lequel on trouvera
» auſſi des Brochures inſtructives avec
» la gravure du Carroſſe.
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Résumé : « SOUSCRIPTIONS pour les chaînes élastiques, à substituer aux soupentes & [...] »
Guillaume Zacharie, horloger lyonnais, a inventé des chaînes élastiques destinées à remplacer les soupentes et ressorts des carrosses, berlines, chaises de poste et autres véhicules similaires. Cette invention est protégée par un privilège royal accordé par lettres patentes le 28 août 1761 et enregistré au Parlement de Paris le 17 juin 1763. Une brochure de 30 pages, imprimée à Lyon par Aimé de la Roche, fournit les détails sur les conditions de souscription. Cette brochure est disponible à Lyon chez M. Soupat, avocat et notaire, et à Paris chez M. l'Héritier, notaire. Zacharie a diffusé des annonces dans les gazettes et distribué des brochures pour promouvoir son invention en Europe. Il encourage les souscriptions, notant que le nombre de souscripteurs augmente rapidement, ce qui pourrait avancer la date de livraison initialement prévue pour la fin de l'année 1764. Plusieurs pays européens, dont la France, l'Angleterre, l'Allemagne, Rome, Naples et Gênes, ont déjà fourni un grand nombre de souscriptions. L'Académie Royale des Sciences de Paris a rendu un jugement favorable après avoir examiné un carrosse équipé de cette innovation. Zacharie a également ajouté une fonctionnalité permettant d'ajuster la position de la caisse du carrosse en cours de route. Il s'engage à livrer les 3000 montures dans les trois mois suivant la clôture des souscriptions, mais refuse toute livraison anticipée. Les souscripteurs seront informés par les journaux publics du moment de la livraison. Les fonds des premières souscriptions sont utilisés pour accélérer la fabrication des chaînes élastiques.
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11029
p. 129-131
« OEUVRES de M. Rousseau de Genéve ; nouvelle édition revue, corrigée & [...] »
Début :
OEUVRES de M. Rousseau de Genéve ; nouvelle édition revue, corrigée & [...]
Mots clefs :
M. Rousseau, Ouvrages
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texteReconnaissance textuelle : « OEUVRES de M. Rousseau de Genéve ; nouvelle édition revue, corrigée & [...] »
GEUvREs de M. Rouſſeau de Gené
ve; nouvelle édition revue, corrigée &
augmentée de pluſieurs morceaux qui
n'avoient point encore paru. A Neu
chatel, 1764 ; pluſieurs vol. in-8°; &
une autre Edition en autant de vol. in
I2. : On en trouve à Paris chez les Li
braires qui vendent les Nouveautés.
Nous avions déjà différentes éditions
des OEuvres de M. Rouſſeau ; mais elles
ſont ſi défectueuſes, qu'elles ont excité
les juſtes plaintes de l'Auteur , qui les
, déſavoue , & du Public qui n'y retrou
ve pas toutes les Piéces qu'il connoît.
Le recueil qu'on lui préſente aujour
d'hui , ſans avoir été imprimé ſous les
F v
13o MERCURE DE FRANCE.
yeux deM Rouſſeau , n'en a pas été
fait avec moins de ſoin. On a re
cueilli dans cette double Edition, non
ſeulement tous les Ouvrages connus de
cet Auteur, mais encore pluſieurs écrits
qui n'avoient point encore paru. On y a
fait entrer auſſi différentes critiques que
M.Rouſſeau a jugées dignes d'une répon
ſe;& à l'égard de cette multitude de Bro
· chures auxquelles ſes Ouvrages ont don
né lieu, elles n'y ſont inſérées que par
extrait. Quant à la partie typographique,
il nous a paru qu'on ne pouvoit y appor
ter plus d'attention , ni de ſoin , ni de
dépenſe. La beauté du papier, la nette
té des caractères , la fineſſe du deſſein ,
le mérite de la gravure & des eſtampes,
tout concourt à donner à cette nouvelle
Edition toute la perfection dont elle eſt
ſuſceptible. Elle ne peut être ni plus bel
le, ni plus exacte, ni plus complette ; &
dans celles qu'on pourra faire déſormais,
aucune ne contiendra un plus grand
nombre de Piéces, à moins que l'Au
teur ne donne de nouveaux Ouvrages.
Dans ce cas,ſans rien changer à ce recueil
on les imprimera ſéparémènt dans le mê
me format & on les placera à la ſuite de
cette Edition ; ce qui diſpenſera le Public
d'acheter deux fois le même Livre.Nous
n'entrerons aujourd'hui dans aucun dé
M A I. 1764 . 131
tail de ce que contient chacun des
volumes'; nous dirons ſeulement qu'ils
ne renferment que les dEUvREs D1
vERsEs de M. Rouſſeau.
ve; nouvelle édition revue, corrigée &
augmentée de pluſieurs morceaux qui
n'avoient point encore paru. A Neu
chatel, 1764 ; pluſieurs vol. in-8°; &
une autre Edition en autant de vol. in
I2. : On en trouve à Paris chez les Li
braires qui vendent les Nouveautés.
Nous avions déjà différentes éditions
des OEuvres de M. Rouſſeau ; mais elles
ſont ſi défectueuſes, qu'elles ont excité
les juſtes plaintes de l'Auteur , qui les
, déſavoue , & du Public qui n'y retrou
ve pas toutes les Piéces qu'il connoît.
Le recueil qu'on lui préſente aujour
d'hui , ſans avoir été imprimé ſous les
F v
13o MERCURE DE FRANCE.
yeux deM Rouſſeau , n'en a pas été
fait avec moins de ſoin. On a re
cueilli dans cette double Edition, non
ſeulement tous les Ouvrages connus de
cet Auteur, mais encore pluſieurs écrits
qui n'avoient point encore paru. On y a
fait entrer auſſi différentes critiques que
M.Rouſſeau a jugées dignes d'une répon
ſe;& à l'égard de cette multitude de Bro
· chures auxquelles ſes Ouvrages ont don
né lieu, elles n'y ſont inſérées que par
extrait. Quant à la partie typographique,
il nous a paru qu'on ne pouvoit y appor
ter plus d'attention , ni de ſoin , ni de
dépenſe. La beauté du papier, la nette
té des caractères , la fineſſe du deſſein ,
le mérite de la gravure & des eſtampes,
tout concourt à donner à cette nouvelle
Edition toute la perfection dont elle eſt
ſuſceptible. Elle ne peut être ni plus bel
le, ni plus exacte, ni plus complette ; &
dans celles qu'on pourra faire déſormais,
aucune ne contiendra un plus grand
nombre de Piéces, à moins que l'Au
teur ne donne de nouveaux Ouvrages.
Dans ce cas,ſans rien changer à ce recueil
on les imprimera ſéparémènt dans le mê
me format & on les placera à la ſuite de
cette Edition ; ce qui diſpenſera le Public
d'acheter deux fois le même Livre.Nous
n'entrerons aujourd'hui dans aucun dé
M A I. 1764 . 131
tail de ce que contient chacun des
volumes'; nous dirons ſeulement qu'ils
ne renferment que les dEUvREs D1
vERsEs de M. Rouſſeau.
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Résumé : « OEUVRES de M. Rousseau de Genéve ; nouvelle édition revue, corrigée & [...] »
En 1764, une nouvelle édition des œuvres de Jean-Jacques Rousseau est publiée à Neuchâtel et à Paris. Disponible en formats in-8° et in-12°, elle est revue, corrigée et enrichie de morceaux inédits. Les précédentes éditions étaient incomplètes et défectueuses, ce qui avait provoqué des plaintes de l'auteur et du public. Cette édition inclut tous les ouvrages connus de Rousseau, ainsi que des écrits jamais publiés et des critiques auxquelles l'auteur a jugé bon de répondre. La qualité typographique est remarquable, avec un papier de belle qualité, des caractères nets, des dessins fins et des gravures de mérite. Présentée comme la plus belle, exacte et complète possible, elle contient un grand nombre de pièces. Pour éviter aux lecteurs d'acheter deux fois le même livre, les futurs ouvrages de Rousseau seront imprimés séparément dans le même format et ajoutés à cette édition. Les volumes renferment uniquement les œuvres diverses de Rousseau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11030
p. 131-132
« OEUVRES de Théâtre de M. de Voltaire, de l'Académie Françoise, de [...] »
Début :
OEUVRES de Théâtre de M. de Voltaire, de l'Académie Françoise, de [...]
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texteReconnaissance textuelle : « OEUVRES de Théâtre de M. de Voltaire, de l'Académie Françoise, de [...] »
OEUVRES de Théâtre de M. de Voltaire,
de l'Académie Françoise, de
celle de Berlin, & de la Société Royale
de Londres. A Paris, chez Ducheſue,'
rue S. Jacques, au Temple du Goût ;
1764 : avec approbation & privilége
du Roi ; 5 vol. in-12 ; à la tête deſquels
eſt le Portrait de l'Auteur très - bien
ravé.
-
-
-
L'empreſſement univerſel pour tout
ce qui ſort de la plume de M. de Vol
taire , a fait entreprendre des éditions
ſans nombre de † différens Ouvra--
ges. Comme on a paru deſirer d'avoir
ſéparément un recueil de ſon Théâtre,
beaucoup de Libraires ſe ſont efforcés
en différens temps, de ſatisfaire le Pu
blic à cet égard. C'eſt dans cette vue
que le Sieur Ducheſne donne aujour
d'hui cette édition , qui eſt la plus
complette que nous ayons juſqu'à pré
ſent, des Œuvres dramatiques de ce
célébre Auteur. Il ne faut qu'y jetter
un coup d'œil pour ſentir combien elle
eſt ſupérieure à toutes les autres, non
-
- -
,
· s F vj
- -
132 MERCURE DE FRANCE.
ſeulement par le nombre des
Pièces
(elle renferme toutes , celles que M.
de Voltaire a fait jouer juſqu'à préſent ,
depuis Œdipe juſqu'à Olympie , &
d'autres même qui n'ont pas été re
préſentées ) mais encore par la beau
té du papier , la correction typogra
phique , & tout ce qui peut donner
du prix à une édition.
de l'Académie Françoise, de
celle de Berlin, & de la Société Royale
de Londres. A Paris, chez Ducheſue,'
rue S. Jacques, au Temple du Goût ;
1764 : avec approbation & privilége
du Roi ; 5 vol. in-12 ; à la tête deſquels
eſt le Portrait de l'Auteur très - bien
ravé.
-
-
-
L'empreſſement univerſel pour tout
ce qui ſort de la plume de M. de Vol
taire , a fait entreprendre des éditions
ſans nombre de † différens Ouvra--
ges. Comme on a paru deſirer d'avoir
ſéparément un recueil de ſon Théâtre,
beaucoup de Libraires ſe ſont efforcés
en différens temps, de ſatisfaire le Pu
blic à cet égard. C'eſt dans cette vue
que le Sieur Ducheſne donne aujour
d'hui cette édition , qui eſt la plus
complette que nous ayons juſqu'à pré
ſent, des Œuvres dramatiques de ce
célébre Auteur. Il ne faut qu'y jetter
un coup d'œil pour ſentir combien elle
eſt ſupérieure à toutes les autres, non
-
- -
,
· s F vj
- -
132 MERCURE DE FRANCE.
ſeulement par le nombre des
Pièces
(elle renferme toutes , celles que M.
de Voltaire a fait jouer juſqu'à préſent ,
depuis Œdipe juſqu'à Olympie , &
d'autres même qui n'ont pas été re
préſentées ) mais encore par la beau
té du papier , la correction typogra
phique , & tout ce qui peut donner
du prix à une édition.
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Résumé : « OEUVRES de Théâtre de M. de Voltaire, de l'Académie Françoise, de [...] »
En 1764, Duchesne publia à Paris une édition des œuvres théâtrales de Voltaire, approuvée et privilégiée par le Roi. Cette édition, composée de cinq volumes in-12, inclut un portrait de l'auteur. Elle se distingue par son exhaustivité, regroupant toutes les pièces jouées par Voltaire depuis 'Œdipe' jusqu'à 'Olympie', ainsi que d'autres non représentées. La qualité du papier, la correction typographique et les divers éléments ajoutés augmentent sa valeur. L'intérêt du public pour les écrits de Voltaire a engendré de nombreuses éditions de ses œuvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11031
p. 132-145
MÉMOIRE de M. TRÉBUCHET d'Auxerre, ancien Officier de la REINE, sur les observations du Passage de Vénus, du 6 Juin 1761.
Début :
JAMAIS Phénomène ne fut plus célébré que le passage de Vénus sur le Soleil, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MÉMOIRE de M. TRÉBUCHET d'Auxerre, ancien Officier de la REINE, sur les observations du Passage de Vénus, du 6 Juin 1761.
MÉMOIRE de M. TRÉBUCHET
d'Auxerre, ancien
Officier de la
REINE, sur les observations du Passage
de Vénus, du 6 Juin 1761.
JAMAIS Phénomène ne fut plus célébré
que le passage de Vénus sur le Soleil,
du 6 Juin 1761 :
il fut annoncé
pour la première fois par le célébre Ké
pler en 1629, & M. Halley fut le pre
mier qui en fit ſentir les avantages de
la manière la plus préciſe & la plus
éclatante en 1691 , & ſurtout en 1716
M A I. 1764.
133
dans les Tranſactions Philoſophiques
de ces années & les Actes de Léipſic,
1693 & 1717. Il dit qu'on en déduira
la parallaxe du Soleil à r#s & par con
ſéquent avec la plus grande préciſion
poſſible, la diſtance réciproqne de tous
les Corps Planetaires, c'eſt ce qu'il ap
pelle la ſolution du plus beau de tous
les problêmes inſoluble d'ailleurs, pro
blematis nobiliſſimi & aliunde inacceſſi
ſolutio certa & adœquata.
' M. Legentil, l'a dit en termes équi
· valens dans ſon Mémoire du Journal
des Sçavans, de Mars 176o ; en don
nant la ſubſtance de celui de M. Halley,
il dit que l'obſervation de ce paſſage
achévera de perfectionner le ſyſtême
Planetaire : & voici comme s'en expli
ue M. de Lalande, dans ſa Connoiſ
§ des Temps de 1761. » Que ne de
» vroit-on pas entreprendre, à la vue
» d'un événement ſi rare, dont les avan
»tages, négligés une fois, ne ſçauroient
» être enſuite compenſés, ni par les ef
» forts du génie, ni par la conſtance des
» travaux, ni par la magnificence des
» plus grands Rois. «
Les obſervations de ce paſſage, qui
ont été faites en Europe, n'ont pas ré
pondu aux eſpérances qu'on en avoit
136 MERCURE DE FRANCE.
yeux ſur la Mappe-Monde de M. Deliſle,
on voit que dans l'Iſle Bermude, ou
dans les Açores, la ſortie a paru ſe faire
· au Soleil levant au même inſtant qu'à la
Mecque, où elle s'eſt faite au Zénith ;
puiſque le cercle de 8 heures 58 minu
tes paſſe par ces différens endroits.
• Il dit, ſuivant ſon principe, que de .
deux lieux placés à la même latitude, le .
plus occidental a dû voir la ſortie plus
tard que le plus oriental ; & comparant
ſon obſervation faite à Vienne avec celle
de Tyrnau, il compte en effet 19 ſecon
des de plus,& 8 ſec. de plus par l'obſerva
tion de M. Lyſogorsk : mais s'il eût com
paré les obſervations du P. Lyeſganigg,
de M. Caffini, & du P. Scherffèr, il au
roit compté d'abord, ni plus, ni moins,
enſuite 2 ſecondes de moins , & enfin 16
ſecondes de moins, comme il compte
encore moins à Paris comparé à Ingol
ftad. Son principe n'eſt donc rien moins
que conſtaté par l'obſervation.
Ce qu'il dit des deux lieux placés ſous
un même Méridien , s'accorde mieux
avec la théorie & l'obſervation. J'ob
ſerverai ſeulement que la différence des
Méridiens d'Ingolſtad & de Bologne
n'eſt que de 5 ſecondes, ſuivant ſa troi
ſiéme Table, & qu'il l'a faite de 15 ſe
M A I. 1764.
137
condes, dans la comparaiſon des obſer
vations de ces deux Villes : ce qui fait
une mépriſe de 1o ſecondes dans les ré
ſultats qu'il donne.
-
Mais ce qu'il dit, en troifiéme lieu,
que l'effet de la parallaxe eſt le même
pour deux endroits, dont l'un ſeroit au
tant oriental que l'autre ſeroit méridio
nal, eſt encore contraire à la Mappe
Monde, où l'on voit que cet effet † le
même pour le Pic des Açores, Lisbon
ne, Madrid , le Caire , la Mecque & la
Côte occidentale de la Nouvelle-Hol
lande; quoique ces différens endroits ne
diffèrent point également en longitude .
& en latitude. Des Açores à la Nouvelle
Hollande il y a une différence de 14o
degrés de longitude, & il n'y en a qu'une
de 7o en latitude.
•.
Le P. Hell auroit ſouhaité pouvoir
conſtruire deux Tables , dont l'une au
roit marqué les effets de la parallaxe ab
ſolue ou relative au centre de la Terre,
pour tous les lieux où l'obſervation a été
faite, & l'autre aùroit été relative au
Méridien de Paris, afin que l'on eût pu
y choiſir les obſervations les plus pro
pres à déterminer la parallaxe du Soleil..
Mais le temps qu'il eſt obligé de mettre
à la compoſition de ſes Ephémérides &
138 MERCURE DE FRANCE.
autres Ouvrages, ne lui a pas laiſſé le
loiſir de faire ces deux Tables. A leur
défaut, j'ai dreſſé celle qui eſt à la fin de
ce Mémoire. Si elle eſt bien faite, elle
pourra ſuppléer à ce que cet Aſtronome
auroit voulu faire.
-
Chaque colomne de cette Table porte
ſon titre , qui s'entend aſſez de lui
même.
-
-
J'ai pris pour terme de comparaiſon
l'obſervation faite à Paris à l'Obſerva
toire de la Marine, ſur les Bains de Ju- .
lien l'Apoſtat, par M. Baudouin, Maî
tre des Requêtes. Ce Magiſtrat, qui don
ne à Uranie les momens que Thémis lui
laiſſe, avoit déja, avant ſon obſerva
- tion, mérité de toute l'Aſtronomie, en
aſſurant à Vénus un Satellite dont l'éxiſ
tence étoit plus que douteuſe. M. Caffi
ni crut l'avoir vu en 1686, M Short dit
l'avoir vu une fois en 174o. Mais ces
grands Maîtres, quoiqu'armés des meil- .
leurs Inſtrumens, ſembloient n'avoir
enfanté que le Rat de la Montagne. Il
étoit réſervé à M. Montagne, Aſtronome
de Limoges, & ſecondé par M. Bau
douin , de réaliſer à nos yeux, avec une
lunette de neuf pieds, un être auſſi an
cien que le Monde. Quatre obſervations
qui en ont été faites en huit jours de
- -
M A I. 1764.
13g.
temps , au mois de Mai 1761 , avec la
même configuration ou le même croiſ
ſant que la Planéte principale, dans
quatre points oppoſés de ſon orbite ,
doivent diſſiper le charme de l'illuſion &
de l'incrédulité. Pour ſe convaincre des,
avantages que l'Aſtronomie doit retirer
de cette inſigne découverte, il ne faut que
lire les ſçavantes Diſſertations que ſon
Promoteur en a lûes le même mois à l'A-
cadémie, & ce qu'en ont dit ſes illuſtres.
approbateurs. A la vue du nouvel Aſtre
qui vient nous révéler des ſecrets du
Monde planétaire, inconnus juſqu'ici ,
& qui doit porter à la poſtérité le nom
de celui qui l'a ſi bien fait connoître,
qu'il me ſoit permis de dire : Quid non
cœleſtia cogis, 6 Bodoix !
-
Les quatrièmes colomnes marquent
en degrés & minutes la valeur de l'angle
formé par le demi-diamètre horiſontal
du Soleil, & ſon rayon tiré au point de
contact. Les points ſoulignés marquent
ceux qui ſont arrivés au-deſſus de ce
diamètre horiſontal : ceux où il n'y a
point de barre ſont arrivés au-deſſous.,
Ainſi l'on voit qu'à Madrid le premier
contact s'eſt fait 2 degrés 48 minutes au
deſſus du diamètre horiſontal, & à Pa
ris 8 degrés 43 minutes au-deſſous. On
a4o MERCURE DE FRANCE.
peut remarquer qu'en général plus ces
angles ſont grands, plus auſſi eſt grand
l'effet de la parallaxe abſolue marquée
dans la colonne à côté. Je dis, en géné
ral, & toutes choſes d'ailleurs égales ;
car à Stokolm où l'entrée s'eſt faite 44
degrés 3 minutes au-deſſous du D. H.
la parallaxe a été de 5 minutes 11 ſecon
des ; & à Tobolsk, où la ſortie s'eſt
faite à 63 degrés 35 minutes, la paralla
xe n'eſt que de 4 minutes 7 ſecondes.
La raiſon de cette exception vient de la
différence des parallaxes de hauteur qui
a été plus confidérable à Stoklom , où
§ s'eſt faite vers l'horiſon , qu'à
Tobolsk, où la ſortie s'eſt faite vers le
Méridien. .
-
Pour réduire l'obſervation au centre
de la Terre, j'ai ajouté ou ſouſtrait l'effet
de la parallaxe, ſelon qu'il eſt affecté du
ſigne plus ou moins, dans la cinquiéme
colonne.
-
On peut remarquer ici qu'à la ſortie
ou émerſion, l'inſtant du contact a été
avancé par-tout où il s'eſt fait au-deſſous
du diamètre horiſontal , & qu'il a été re
tardé là où il s'eſt fait au-deſſus. Ce qui
n'eſt arrivé qu'a Lisbonne, à Madrid &
à Rodriguez, & que l'entrée ou l'im
merſion a été retardée pour Stokolm ,
M A I. 1764.
141
Petersbourg & Tobolsk, où elle a paru
ſe faire au-deſſous du même diamètre.
On peut donc dire, par forme de co
· rollaire, 1°. que l'effet de la parallaxe eſt
d'avancer l'entrée , ſi elle ſe fait au-deſ
ſus du diamètre horiſontal du Soleil, &
de la retarder ſi elle ſe fait au-deſſous ;
au contraire , de retarder la ſortie ,
quand elle ſe fait au-deſſus, & de l'a-
vancer, quand elle ſe fait au-deſſous. .
2°. Que cet effet eſt d'autant plus conſi
dérable qu'il ſe fait ſentir plus loin de ce
diamètre, & qu'il eſt nul vers ſes extré
mités, ſoit que les phaſes arrivent le
matin , à midi, le ſoir, à l'horiſon ou au
zénith. On conçoit bien que dans ce
dernier cas, le diſque du Soleil étant dans
une ſituation parallèle à l'horiſon , tous
ſes diamètres peuvent être regardés com
me horiſontaux, & qu'une ligne tirée
du centre de la Terre au Soleil, paſſant
par l'œil de l'Obſervateur, l'effet de la
parallaxe ne peut être que nul. Il doit
l'être également à l'horiſon, s'il arrive à
l'extrémité du diamètre horiſontal; puiſ
que la différence des parallaxes horizon
tales n'étant pas d'une demie minute de
'degré, un arc d'une auſſi petite quantité
eſt confondu avec la portion du verti
cal tangent au Soleil dans lequel agit
la parallaxe.
_A
142 MERCURE DE FRANCE.
Après avoir réduit l'obſervation au
centre de la Terre dans les ſixiémes
colonnes , pour la réduire au Méri
dien de Paris , j'ai emploié la difference
des longitudes marquée dans la con
noiſſance des temps de 1764, & dans
la troiſiéme Table du Père Hell ; de
ſorte que la ſeptiéme colonne devroit
préſenter un même inſtant, puiſqu'elle
eſt réduite à un même Méridien. Les
différences qui s'y rencontrent ne peu
vent venir que de l'incertitude des lon
gitudes, ou du défaut des obſervations,
ou de celui de mon cacul.
Il eſt fâcheux que le père Hell, dans
le temps qu'il travailloit à ſa diſſerta
tion , n'ait pas eu connoiſſance de l'ob
ſervation faite à Lisbonne par M. de
Ciera, Profeſſeur des Etudes au Collége
des Nobles ; cette Capitale du Portu
gal, Port de mer le plus occidental de
toute l'Europe dont la longitude, par
· cette raiſon, eſt ſans doute aujourd'hui
éxactement connue , auroit pu fournir
un terme de comparaiſon plus propre
que Madrid , dont la longitude eſt viſi
: blement défectueuſe, comme le dit le
Père Hell ſur ſa quatriéme Table : &
puiſque la longitude de Stokolm eſt
encore incertaine à dix-neuf ſecondes
-
M A I. 1764.
I43
de temps près, ſuivant la Table de M.
de Lalande comparée à celle du Père
· Hell, n'en peut-on pas dire du moins
autant de la
plûpart des autres en
droits où l'obſervation s'eſt faite ? A
cette première ſource d'incertitude ſe
joint
celle qui vient de l'obſerva
tion même. Il eſt certain qu'elle a dû
ſe faire a la même ſeconde pour le mê
me endroit. Et l'on voit dans un Paris,
un Vienne & un Bologne , entre ſix
ou ſept Obſervateurs également habi
les , juſqu'à des dix-huit, trente-cinq
& cinquante-huit ſecondes de différen
ce qui vient apparemment de la diffé
rence des Inſtrumens & des yeux.
Le Père Hell , a donc bien raiſon
de s'écrier dans ſa première remarque
ſur ſa ſixiéme Table : Quis eſt Obſer
vatorum vel Aſtronomorum Deus qui
aut obſervando aut calculando , ſe qua
tuor ſecundis non aberraſſe perſuadere
nobis poſſit ?
Je n'ai garde d'aſſurer d'avoir atteint
dans mon calcul à cette préciſion de
quatre ſecondes, quand je vois que je
différe au moins avec M. de Lalande,
de ſept ſecondes & demi pour le contact
obſervé a Paris,de trente-huit ſecondes,
pour le premier contact intérieur obſer
#
144 MERCURE DE FRANCE.
vé à Stokolm, & de quatorze ſecondes
pour le ſecond. Sur quoi il eſt pour
tant bon de remarquer qu'il a emploié
une,différence des parallaxes horiſonta
les de vingt-cinq ſecondes, 6. avec une
Méthode qui lui eſt propre, & que je
n'ai employé qu'une difference des pa
ralaxes de vingt-quatre ſecondes avec la
Méthode de M. Caffini, imprimée dans
les Mémoires de l'Académie année
1743 , page 385. Celle de M. Deliſle,
à la fin du même Volume m'a donné à
- peu-près les mêmes réſultats, je n'ai pu
faire uſage de celle de M. de Lalande,
parce que je ne l'entends pas.
La Méthode de M. Caſſini, qui me
ſemble avoir été priſe dans le grand
livre de la Nature auſſi ſimple que ma
nifique, conſiſte " dans la réſolution
d'un ſeul triangle dans lequel il y a un
angle conſtant, & toujours égal à celui
qui eſt formé au centre du ſoleil par la
perpendiculaire à l'orbite & le rayon tiré
au point de contact, cet angle eſt tou
jours oppoſé à la différence des parallaxes
dehauteur.Un autreangle qui eſtvariable
eſtformé par la tangente au point de con
tact & le vertical dans lequel agit la
s parallaxe, cet angle eſt toujours égal
à l'arc ou à la portion du limbe du
-
ſoleil
M A I. 1764.
I45
ſoleil interceptée depuis ſon diamètre
horiſontal juſqu'au point de contact ,
& le côté oppoſé à cet angle donne
l'effet de la parallaxe.
-
Pour ſe donner une idée de ce trian
gle, on peut jetter les yeux ſur la troi
§ Figure employée par M. Caffini,
dans ſes calculs ſur le paſſage de Mer
cure en 1743 , à l'endroit que je viens
de citer. On y voit les triangles HD G,
I C K, dans leſquels les angles H, I
ſont égaux aux angles MS D, MS C,
& oppoſé aux verticaux D G, CK; on
voit encore que l'effet de la parallaxe
a été plus grand à l'entrée qu'à la ſortie,
, parce que l'angle G D H étoit plus
grand que l'angle I CK, & que ſi cet
angle eût été ſi petit, que le vertical C
K n'eût fait qu'une ligne avec la tan- .
gente C I ( comme il arrive toutes
# fois que le point de contact ſe fait
à l'éxtrémité du diametre horiſontal)
il ne ſe ſeroit point fait de triangle &
par conſéquent l'effet de la parallaxe,
exprimé par IK auroit été nul , quand
même la fortie ſeroit arrivée vers l'ho
riſon , ſoit au levant , ſoit au couchant.
La ſuite au Mercure prochain.
d'Auxerre, ancien
Officier de la
REINE, sur les observations du Passage
de Vénus, du 6 Juin 1761.
JAMAIS Phénomène ne fut plus célébré
que le passage de Vénus sur le Soleil,
du 6 Juin 1761 :
il fut annoncé
pour la première fois par le célébre Ké
pler en 1629, & M. Halley fut le pre
mier qui en fit ſentir les avantages de
la manière la plus préciſe & la plus
éclatante en 1691 , & ſurtout en 1716
M A I. 1764.
133
dans les Tranſactions Philoſophiques
de ces années & les Actes de Léipſic,
1693 & 1717. Il dit qu'on en déduira
la parallaxe du Soleil à r#s & par con
ſéquent avec la plus grande préciſion
poſſible, la diſtance réciproqne de tous
les Corps Planetaires, c'eſt ce qu'il ap
pelle la ſolution du plus beau de tous
les problêmes inſoluble d'ailleurs, pro
blematis nobiliſſimi & aliunde inacceſſi
ſolutio certa & adœquata.
' M. Legentil, l'a dit en termes équi
· valens dans ſon Mémoire du Journal
des Sçavans, de Mars 176o ; en don
nant la ſubſtance de celui de M. Halley,
il dit que l'obſervation de ce paſſage
achévera de perfectionner le ſyſtême
Planetaire : & voici comme s'en expli
ue M. de Lalande, dans ſa Connoiſ
§ des Temps de 1761. » Que ne de
» vroit-on pas entreprendre, à la vue
» d'un événement ſi rare, dont les avan
»tages, négligés une fois, ne ſçauroient
» être enſuite compenſés, ni par les ef
» forts du génie, ni par la conſtance des
» travaux, ni par la magnificence des
» plus grands Rois. «
Les obſervations de ce paſſage, qui
ont été faites en Europe, n'ont pas ré
pondu aux eſpérances qu'on en avoit
136 MERCURE DE FRANCE.
yeux ſur la Mappe-Monde de M. Deliſle,
on voit que dans l'Iſle Bermude, ou
dans les Açores, la ſortie a paru ſe faire
· au Soleil levant au même inſtant qu'à la
Mecque, où elle s'eſt faite au Zénith ;
puiſque le cercle de 8 heures 58 minu
tes paſſe par ces différens endroits.
• Il dit, ſuivant ſon principe, que de .
deux lieux placés à la même latitude, le .
plus occidental a dû voir la ſortie plus
tard que le plus oriental ; & comparant
ſon obſervation faite à Vienne avec celle
de Tyrnau, il compte en effet 19 ſecon
des de plus,& 8 ſec. de plus par l'obſerva
tion de M. Lyſogorsk : mais s'il eût com
paré les obſervations du P. Lyeſganigg,
de M. Caffini, & du P. Scherffèr, il au
roit compté d'abord, ni plus, ni moins,
enſuite 2 ſecondes de moins , & enfin 16
ſecondes de moins, comme il compte
encore moins à Paris comparé à Ingol
ftad. Son principe n'eſt donc rien moins
que conſtaté par l'obſervation.
Ce qu'il dit des deux lieux placés ſous
un même Méridien , s'accorde mieux
avec la théorie & l'obſervation. J'ob
ſerverai ſeulement que la différence des
Méridiens d'Ingolſtad & de Bologne
n'eſt que de 5 ſecondes, ſuivant ſa troi
ſiéme Table, & qu'il l'a faite de 15 ſe
M A I. 1764.
137
condes, dans la comparaiſon des obſer
vations de ces deux Villes : ce qui fait
une mépriſe de 1o ſecondes dans les ré
ſultats qu'il donne.
-
Mais ce qu'il dit, en troifiéme lieu,
que l'effet de la parallaxe eſt le même
pour deux endroits, dont l'un ſeroit au
tant oriental que l'autre ſeroit méridio
nal, eſt encore contraire à la Mappe
Monde, où l'on voit que cet effet † le
même pour le Pic des Açores, Lisbon
ne, Madrid , le Caire , la Mecque & la
Côte occidentale de la Nouvelle-Hol
lande; quoique ces différens endroits ne
diffèrent point également en longitude .
& en latitude. Des Açores à la Nouvelle
Hollande il y a une différence de 14o
degrés de longitude, & il n'y en a qu'une
de 7o en latitude.
•.
Le P. Hell auroit ſouhaité pouvoir
conſtruire deux Tables , dont l'une au
roit marqué les effets de la parallaxe ab
ſolue ou relative au centre de la Terre,
pour tous les lieux où l'obſervation a été
faite, & l'autre aùroit été relative au
Méridien de Paris, afin que l'on eût pu
y choiſir les obſervations les plus pro
pres à déterminer la parallaxe du Soleil..
Mais le temps qu'il eſt obligé de mettre
à la compoſition de ſes Ephémérides &
138 MERCURE DE FRANCE.
autres Ouvrages, ne lui a pas laiſſé le
loiſir de faire ces deux Tables. A leur
défaut, j'ai dreſſé celle qui eſt à la fin de
ce Mémoire. Si elle eſt bien faite, elle
pourra ſuppléer à ce que cet Aſtronome
auroit voulu faire.
-
Chaque colomne de cette Table porte
ſon titre , qui s'entend aſſez de lui
même.
-
-
J'ai pris pour terme de comparaiſon
l'obſervation faite à Paris à l'Obſerva
toire de la Marine, ſur les Bains de Ju- .
lien l'Apoſtat, par M. Baudouin, Maî
tre des Requêtes. Ce Magiſtrat, qui don
ne à Uranie les momens que Thémis lui
laiſſe, avoit déja, avant ſon obſerva
- tion, mérité de toute l'Aſtronomie, en
aſſurant à Vénus un Satellite dont l'éxiſ
tence étoit plus que douteuſe. M. Caffi
ni crut l'avoir vu en 1686, M Short dit
l'avoir vu une fois en 174o. Mais ces
grands Maîtres, quoiqu'armés des meil- .
leurs Inſtrumens, ſembloient n'avoir
enfanté que le Rat de la Montagne. Il
étoit réſervé à M. Montagne, Aſtronome
de Limoges, & ſecondé par M. Bau
douin , de réaliſer à nos yeux, avec une
lunette de neuf pieds, un être auſſi an
cien que le Monde. Quatre obſervations
qui en ont été faites en huit jours de
- -
M A I. 1764.
13g.
temps , au mois de Mai 1761 , avec la
même configuration ou le même croiſ
ſant que la Planéte principale, dans
quatre points oppoſés de ſon orbite ,
doivent diſſiper le charme de l'illuſion &
de l'incrédulité. Pour ſe convaincre des,
avantages que l'Aſtronomie doit retirer
de cette inſigne découverte, il ne faut que
lire les ſçavantes Diſſertations que ſon
Promoteur en a lûes le même mois à l'A-
cadémie, & ce qu'en ont dit ſes illuſtres.
approbateurs. A la vue du nouvel Aſtre
qui vient nous révéler des ſecrets du
Monde planétaire, inconnus juſqu'ici ,
& qui doit porter à la poſtérité le nom
de celui qui l'a ſi bien fait connoître,
qu'il me ſoit permis de dire : Quid non
cœleſtia cogis, 6 Bodoix !
-
Les quatrièmes colomnes marquent
en degrés & minutes la valeur de l'angle
formé par le demi-diamètre horiſontal
du Soleil, & ſon rayon tiré au point de
contact. Les points ſoulignés marquent
ceux qui ſont arrivés au-deſſus de ce
diamètre horiſontal : ceux où il n'y a
point de barre ſont arrivés au-deſſous.,
Ainſi l'on voit qu'à Madrid le premier
contact s'eſt fait 2 degrés 48 minutes au
deſſus du diamètre horiſontal, & à Pa
ris 8 degrés 43 minutes au-deſſous. On
a4o MERCURE DE FRANCE.
peut remarquer qu'en général plus ces
angles ſont grands, plus auſſi eſt grand
l'effet de la parallaxe abſolue marquée
dans la colonne à côté. Je dis, en géné
ral, & toutes choſes d'ailleurs égales ;
car à Stokolm où l'entrée s'eſt faite 44
degrés 3 minutes au-deſſous du D. H.
la parallaxe a été de 5 minutes 11 ſecon
des ; & à Tobolsk, où la ſortie s'eſt
faite à 63 degrés 35 minutes, la paralla
xe n'eſt que de 4 minutes 7 ſecondes.
La raiſon de cette exception vient de la
différence des parallaxes de hauteur qui
a été plus confidérable à Stoklom , où
§ s'eſt faite vers l'horiſon , qu'à
Tobolsk, où la ſortie s'eſt faite vers le
Méridien. .
-
Pour réduire l'obſervation au centre
de la Terre, j'ai ajouté ou ſouſtrait l'effet
de la parallaxe, ſelon qu'il eſt affecté du
ſigne plus ou moins, dans la cinquiéme
colonne.
-
On peut remarquer ici qu'à la ſortie
ou émerſion, l'inſtant du contact a été
avancé par-tout où il s'eſt fait au-deſſous
du diamètre horiſontal , & qu'il a été re
tardé là où il s'eſt fait au-deſſus. Ce qui
n'eſt arrivé qu'a Lisbonne, à Madrid &
à Rodriguez, & que l'entrée ou l'im
merſion a été retardée pour Stokolm ,
M A I. 1764.
141
Petersbourg & Tobolsk, où elle a paru
ſe faire au-deſſous du même diamètre.
On peut donc dire, par forme de co
· rollaire, 1°. que l'effet de la parallaxe eſt
d'avancer l'entrée , ſi elle ſe fait au-deſ
ſus du diamètre horiſontal du Soleil, &
de la retarder ſi elle ſe fait au-deſſous ;
au contraire , de retarder la ſortie ,
quand elle ſe fait au-deſſus, & de l'a-
vancer, quand elle ſe fait au-deſſous. .
2°. Que cet effet eſt d'autant plus conſi
dérable qu'il ſe fait ſentir plus loin de ce
diamètre, & qu'il eſt nul vers ſes extré
mités, ſoit que les phaſes arrivent le
matin , à midi, le ſoir, à l'horiſon ou au
zénith. On conçoit bien que dans ce
dernier cas, le diſque du Soleil étant dans
une ſituation parallèle à l'horiſon , tous
ſes diamètres peuvent être regardés com
me horiſontaux, & qu'une ligne tirée
du centre de la Terre au Soleil, paſſant
par l'œil de l'Obſervateur, l'effet de la
parallaxe ne peut être que nul. Il doit
l'être également à l'horiſon, s'il arrive à
l'extrémité du diamètre horiſontal; puiſ
que la différence des parallaxes horizon
tales n'étant pas d'une demie minute de
'degré, un arc d'une auſſi petite quantité
eſt confondu avec la portion du verti
cal tangent au Soleil dans lequel agit
la parallaxe.
_A
142 MERCURE DE FRANCE.
Après avoir réduit l'obſervation au
centre de la Terre dans les ſixiémes
colonnes , pour la réduire au Méri
dien de Paris , j'ai emploié la difference
des longitudes marquée dans la con
noiſſance des temps de 1764, & dans
la troiſiéme Table du Père Hell ; de
ſorte que la ſeptiéme colonne devroit
préſenter un même inſtant, puiſqu'elle
eſt réduite à un même Méridien. Les
différences qui s'y rencontrent ne peu
vent venir que de l'incertitude des lon
gitudes, ou du défaut des obſervations,
ou de celui de mon cacul.
Il eſt fâcheux que le père Hell, dans
le temps qu'il travailloit à ſa diſſerta
tion , n'ait pas eu connoiſſance de l'ob
ſervation faite à Lisbonne par M. de
Ciera, Profeſſeur des Etudes au Collége
des Nobles ; cette Capitale du Portu
gal, Port de mer le plus occidental de
toute l'Europe dont la longitude, par
· cette raiſon, eſt ſans doute aujourd'hui
éxactement connue , auroit pu fournir
un terme de comparaiſon plus propre
que Madrid , dont la longitude eſt viſi
: blement défectueuſe, comme le dit le
Père Hell ſur ſa quatriéme Table : &
puiſque la longitude de Stokolm eſt
encore incertaine à dix-neuf ſecondes
-
M A I. 1764.
I43
de temps près, ſuivant la Table de M.
de Lalande comparée à celle du Père
· Hell, n'en peut-on pas dire du moins
autant de la
plûpart des autres en
droits où l'obſervation s'eſt faite ? A
cette première ſource d'incertitude ſe
joint
celle qui vient de l'obſerva
tion même. Il eſt certain qu'elle a dû
ſe faire a la même ſeconde pour le mê
me endroit. Et l'on voit dans un Paris,
un Vienne & un Bologne , entre ſix
ou ſept Obſervateurs également habi
les , juſqu'à des dix-huit, trente-cinq
& cinquante-huit ſecondes de différen
ce qui vient apparemment de la diffé
rence des Inſtrumens & des yeux.
Le Père Hell , a donc bien raiſon
de s'écrier dans ſa première remarque
ſur ſa ſixiéme Table : Quis eſt Obſer
vatorum vel Aſtronomorum Deus qui
aut obſervando aut calculando , ſe qua
tuor ſecundis non aberraſſe perſuadere
nobis poſſit ?
Je n'ai garde d'aſſurer d'avoir atteint
dans mon calcul à cette préciſion de
quatre ſecondes, quand je vois que je
différe au moins avec M. de Lalande,
de ſept ſecondes & demi pour le contact
obſervé a Paris,de trente-huit ſecondes,
pour le premier contact intérieur obſer
#
144 MERCURE DE FRANCE.
vé à Stokolm, & de quatorze ſecondes
pour le ſecond. Sur quoi il eſt pour
tant bon de remarquer qu'il a emploié
une,différence des parallaxes horiſonta
les de vingt-cinq ſecondes, 6. avec une
Méthode qui lui eſt propre, & que je
n'ai employé qu'une difference des pa
ralaxes de vingt-quatre ſecondes avec la
Méthode de M. Caffini, imprimée dans
les Mémoires de l'Académie année
1743 , page 385. Celle de M. Deliſle,
à la fin du même Volume m'a donné à
- peu-près les mêmes réſultats, je n'ai pu
faire uſage de celle de M. de Lalande,
parce que je ne l'entends pas.
La Méthode de M. Caſſini, qui me
ſemble avoir été priſe dans le grand
livre de la Nature auſſi ſimple que ma
nifique, conſiſte " dans la réſolution
d'un ſeul triangle dans lequel il y a un
angle conſtant, & toujours égal à celui
qui eſt formé au centre du ſoleil par la
perpendiculaire à l'orbite & le rayon tiré
au point de contact, cet angle eſt tou
jours oppoſé à la différence des parallaxes
dehauteur.Un autreangle qui eſtvariable
eſtformé par la tangente au point de con
tact & le vertical dans lequel agit la
s parallaxe, cet angle eſt toujours égal
à l'arc ou à la portion du limbe du
-
ſoleil
M A I. 1764.
I45
ſoleil interceptée depuis ſon diamètre
horiſontal juſqu'au point de contact ,
& le côté oppoſé à cet angle donne
l'effet de la parallaxe.
-
Pour ſe donner une idée de ce trian
gle, on peut jetter les yeux ſur la troi
§ Figure employée par M. Caffini,
dans ſes calculs ſur le paſſage de Mer
cure en 1743 , à l'endroit que je viens
de citer. On y voit les triangles HD G,
I C K, dans leſquels les angles H, I
ſont égaux aux angles MS D, MS C,
& oppoſé aux verticaux D G, CK; on
voit encore que l'effet de la parallaxe
a été plus grand à l'entrée qu'à la ſortie,
, parce que l'angle G D H étoit plus
grand que l'angle I CK, & que ſi cet
angle eût été ſi petit, que le vertical C
K n'eût fait qu'une ligne avec la tan- .
gente C I ( comme il arrive toutes
# fois que le point de contact ſe fait
à l'éxtrémité du diametre horiſontal)
il ne ſe ſeroit point fait de triangle &
par conſéquent l'effet de la parallaxe,
exprimé par IK auroit été nul , quand
même la fortie ſeroit arrivée vers l'ho
riſon , ſoit au levant , ſoit au couchant.
La ſuite au Mercure prochain.
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Résumé : MÉMOIRE de M. TRÉBUCHET d'Auxerre, ancien Officier de la REINE, sur les observations du Passage de Vénus, du 6 Juin 1761.
Le mémoire de M. Trébuchet, ancien officier de la Reine, décrit les observations du passage de Vénus sur le Soleil le 6 juin 1761, un événement prédit par Kepler en 1629 et popularisé par Halley. Ce phénomène permet de déterminer la parallaxe du Soleil et les distances entre les corps planétaires avec précision. Les observations européennes ont été décevantes, mais celles réalisées aux Bermudes, aux Açores et à la Mecque ont fourni des données utiles. Trébuchet critique certaines interprétations, notamment celles de Hell, et propose une table pour compléter les travaux inachevés de cet astronome. Il souligne également l'observation de M. Baudouin à Paris, confirmant l'existence d'un satellite de Vénus. Le texte traite aussi des observations du passage de Mercure devant le Soleil, effectuées à Madrid, Paris, Stockholm et Tobolsk. Les angles formés par le demi-diamètre horizontal du Soleil et son rayon au point de contact varient selon les lieux d'observation. Par exemple, à Madrid, le premier contact était à 2 degrés 48 minutes au-dessus du diamètre horizontal, tandis qu'à Paris, il était à 8 degrés 43 minutes en dessous. Des angles plus grands indiquent généralement une parallaxe absolue plus importante, bien que des exceptions existent en raison des différences de parallaxes de hauteur. L'auteur discute des ajustements nécessaires pour réduire les observations au centre de la Terre, notant que l'instant du contact à la sortie est avancé ou retardé selon la position par rapport au diamètre horizontal. Il mentionne les difficultés liées à la réduction des observations au méridien de Paris en raison des incertitudes des longitudes et des erreurs d'observation. Il regrette que le Père Hell n'ait pas connu l'observation faite à Lisbonne, qui aurait pu offrir une référence plus précise. Enfin, le texte décrit diverses méthodes pour mesurer la parallaxe solaire, incluant celles de M. Caffini, M. Delisle et M. Cassini. La méthode de M. Cassini est détaillée, reposant sur la résolution d'un triangle formé par des angles constants et variables au centre du Soleil. L'effet de la parallaxe est plus grand à l'entrée qu'à la sortie du passage de Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11032
p. 146-149
OBSERVATIONS sur un Marasme occasionné par un morceau de plomb, par M. HOUSSET, de la Société Royale des Sciences, & Docteur en l'Université de Médecine de Montpellier, Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire & ancien Directeur de la Société des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
Début :
J'AI vu en 1757 à l'Hôtel-Dieu un homme, qui, quelques heures après [...]
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur un Marasme occasionné par un morceau de plomb, par M. HOUSSET, de la Société Royale des Sciences, & Docteur en l'Université de Médecine de Montpellier, Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire & ancien Directeur de la Société des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
OBSERVATIONS sur un Marasme occasionné
par un morceau de plomb,
par M. HOUSSET, de la Société
Royale des Sciences, & Docteur en
l'Université de Médecine de Montpellier,
Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire
& ancien Directeur de la Société
des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
J'AI vu en 1757 à l'Hôtel-Dieu un
homme, qui, quelques heures après
avoir mangé, rejettoit tous les alimens.
Je ſoupçonnois qu'il étoit attaqué d'un
ſchirre à l'orifice inférieur du ventricule,
qui empêchoit les ſol des de paſſer dans
le duodenum. J'emplo5 ai pour le guérir
les remèdes que je jugeois les plus effica
ces , les vomitifs , les purgatifs, les fon
dans , les #péritirs, mais infructueuſe
ment Le malade , ennuyé du peu de
ſuccès qº'il retiroit de ces ſecours, ſor
ti de l'Hôpital , retourna dans ſon pays.
J'appris quelque temps après, par ſon
Chirurgien , qu'il y étoit mort; que ſon
" ,
M A I. 1764.
147
cadâvre ayant été ouvert , on avoit
trouvé au fond de ſon eſtomach un mor
ceau de plomb d'une figure irrégulière,
aſſez conſidérable pour obliturer le canal
des inteſtins, & empêcher que , les ali
mens pouſſés par le mouvement périſtal
tique de l eſtomach , n'entraſſent dans le
duodenum ; en ſorte que le viſcère de
voit être irrité dans le temps de la digeſ
tion , & par un mouvement rétrogra
de, rejetter les matières alimenteuſès à
moitié digérées. Ce qui a conduit inſen
ſiblement notre malade a un maraſme
univerſel , & enfn à la mort. Il auroit
pu guérir par un uſage journalier de
certaines préparations mercuriellcs. Les
heureuſes obſervaticns de M. le Dran ,
ſur la diſſolution du plomb dans la veſ
ſie, par le moyen du mercure, nous au
roient invité à les employer, & nous
auroient fait eſpérer une cure radicale :
mais les payſans ſont ſouvent d'un génie
ſi borné, qu'on les prendroit plutôt
our des automates , que pour des gens
capables de donner le moindre éclairciſ
ſement ſur la cauſe de leurs maladies. *
* L'eſton ach jouit de deux ſortes de mouve
mens, l'un progreſſif ou périſtalique, par lequel
1es alinmens en partie digérés dans cet organe,
ſont pouſſés dans le duodenum , l'autre, retrogra
G ij
148 MERCURE DE FRANCE. .
SEcoNDE Obſervation ſur une Perte de
Sang ſuivie de la Fiſtule lacrymale.
Madame Lefèbvre, Religieuſe du Cou
vent de la Viſitation, étoit attaquée de
puis pluſieurs années d'une perte de ſang. .
Feu mon Père , Médecin de cette Com
munauté, laiſſoit aller cette perte juſqu'à
ce qu'elle eût affoibli un peu les forces
du corps, ſans néanmoins en bleſſer no
tablement les fonctions ; il la faiſoit en
ſuite ſaigner du bras. Ce qui ſuſpendoit
pendant un long eſpace de temps l'écou
lement. Je ſuivois la même méthode à
laquelle la Nature étoit habituée : elle
me réuſſiſſoit. Mais cette maladie , de
ſimple qu'elle étoit, devint compliquée ;
de ou antiperiſtaltique, qui, au lieu de les conſer
ver pour l'œuvre de la nutrition, les chaſſe au
contraire au-dehors. Ce double mouvement eſt
vermiculaire, involontaire, contre les Sthaliens,
ne dépend que de l'irritation faite à la membrane
muſculaire du viſcère qui ſeule en eſt le ſiége. Ce
mouvement,à quion a donné le nom d'irritabilite,
connu depuis peu, annoncéſi ſçavamment dans les
Expériences du célébre M. de Haller, vient d'être
développé, quant à ſa nature & ſes propriétés,
dans les Lettres de M. Houſſet adreſſées à cet Au
reur. Voyez le ſecond volume des Mémoires ſur
les Parties ſenſibles & irritables, Edit, de Lau
fanne, 176o,
,
M A I. 176 p.
I 4 j
· une ophtalmie, un flux de larmes invo
lontaires qui dégénérèrent en un ulcère
| fiſtuleux lacrymal , rendoient ſon état
plus triſte de jour en jour, & me firent
penſer ſérieuſement à détruire juſqu'aux
plus profondes racines du mal. Pénétré
de cette réfléxion,jejugeai que l'état pré
ſent ne pouvoit avoir d'autres cauſes que
la conſtitution âcre de la maſſe du ſang
qui tendoit à la diſſolution ;
il s'agiſſoit
en conſéquence d'adoucir l'acrimonie
de ce fluide, & d'en rallier les principes.
L'uſage habituel du lait & des alimens
farineux , comme le ris au gras , le ver
micelle, les œufs au lait, &c, me paru
· rent les plus propres à remplir ces deux
indications; le tout précédé des remèdes
énéraux convenables à ſon état. Cette
eligieuſe, à qui je donnois l'eſpérance
de la guériſon, ſuivit conſtamment mes
conſeils, & au bout de huit mois elle
fut délivrée, non-ſeulement de ſa perte,
mais auſſi guérie de ſa fiſtule, qui depuis
cinq ou ſix ans, n'a laiſſé entrevoir au
cune marque qui fît craindre ſon retour,
A Auxerre, ce 13 Avril 1764.
par un morceau de plomb,
par M. HOUSSET, de la Société
Royale des Sciences, & Docteur en
l'Université de Médecine de Montpellier,
Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire
& ancien Directeur de la Société
des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
J'AI vu en 1757 à l'Hôtel-Dieu un
homme, qui, quelques heures après
avoir mangé, rejettoit tous les alimens.
Je ſoupçonnois qu'il étoit attaqué d'un
ſchirre à l'orifice inférieur du ventricule,
qui empêchoit les ſol des de paſſer dans
le duodenum. J'emplo5 ai pour le guérir
les remèdes que je jugeois les plus effica
ces , les vomitifs , les purgatifs, les fon
dans , les #péritirs, mais infructueuſe
ment Le malade , ennuyé du peu de
ſuccès qº'il retiroit de ces ſecours, ſor
ti de l'Hôpital , retourna dans ſon pays.
J'appris quelque temps après, par ſon
Chirurgien , qu'il y étoit mort; que ſon
" ,
M A I. 1764.
147
cadâvre ayant été ouvert , on avoit
trouvé au fond de ſon eſtomach un mor
ceau de plomb d'une figure irrégulière,
aſſez conſidérable pour obliturer le canal
des inteſtins, & empêcher que , les ali
mens pouſſés par le mouvement périſtal
tique de l eſtomach , n'entraſſent dans le
duodenum ; en ſorte que le viſcère de
voit être irrité dans le temps de la digeſ
tion , & par un mouvement rétrogra
de, rejetter les matières alimenteuſès à
moitié digérées. Ce qui a conduit inſen
ſiblement notre malade a un maraſme
univerſel , & enfn à la mort. Il auroit
pu guérir par un uſage journalier de
certaines préparations mercuriellcs. Les
heureuſes obſervaticns de M. le Dran ,
ſur la diſſolution du plomb dans la veſ
ſie, par le moyen du mercure, nous au
roient invité à les employer, & nous
auroient fait eſpérer une cure radicale :
mais les payſans ſont ſouvent d'un génie
ſi borné, qu'on les prendroit plutôt
our des automates , que pour des gens
capables de donner le moindre éclairciſ
ſement ſur la cauſe de leurs maladies. *
* L'eſton ach jouit de deux ſortes de mouve
mens, l'un progreſſif ou périſtalique, par lequel
1es alinmens en partie digérés dans cet organe,
ſont pouſſés dans le duodenum , l'autre, retrogra
G ij
148 MERCURE DE FRANCE. .
SEcoNDE Obſervation ſur une Perte de
Sang ſuivie de la Fiſtule lacrymale.
Madame Lefèbvre, Religieuſe du Cou
vent de la Viſitation, étoit attaquée de
puis pluſieurs années d'une perte de ſang. .
Feu mon Père , Médecin de cette Com
munauté, laiſſoit aller cette perte juſqu'à
ce qu'elle eût affoibli un peu les forces
du corps, ſans néanmoins en bleſſer no
tablement les fonctions ; il la faiſoit en
ſuite ſaigner du bras. Ce qui ſuſpendoit
pendant un long eſpace de temps l'écou
lement. Je ſuivois la même méthode à
laquelle la Nature étoit habituée : elle
me réuſſiſſoit. Mais cette maladie , de
ſimple qu'elle étoit, devint compliquée ;
de ou antiperiſtaltique, qui, au lieu de les conſer
ver pour l'œuvre de la nutrition, les chaſſe au
contraire au-dehors. Ce double mouvement eſt
vermiculaire, involontaire, contre les Sthaliens,
ne dépend que de l'irritation faite à la membrane
muſculaire du viſcère qui ſeule en eſt le ſiége. Ce
mouvement,à quion a donné le nom d'irritabilite,
connu depuis peu, annoncéſi ſçavamment dans les
Expériences du célébre M. de Haller, vient d'être
développé, quant à ſa nature & ſes propriétés,
dans les Lettres de M. Houſſet adreſſées à cet Au
reur. Voyez le ſecond volume des Mémoires ſur
les Parties ſenſibles & irritables, Edit, de Lau
fanne, 176o,
,
M A I. 176 p.
I 4 j
· une ophtalmie, un flux de larmes invo
lontaires qui dégénérèrent en un ulcère
| fiſtuleux lacrymal , rendoient ſon état
plus triſte de jour en jour, & me firent
penſer ſérieuſement à détruire juſqu'aux
plus profondes racines du mal. Pénétré
de cette réfléxion,jejugeai que l'état pré
ſent ne pouvoit avoir d'autres cauſes que
la conſtitution âcre de la maſſe du ſang
qui tendoit à la diſſolution ;
il s'agiſſoit
en conſéquence d'adoucir l'acrimonie
de ce fluide, & d'en rallier les principes.
L'uſage habituel du lait & des alimens
farineux , comme le ris au gras , le ver
micelle, les œufs au lait, &c, me paru
· rent les plus propres à remplir ces deux
indications; le tout précédé des remèdes
énéraux convenables à ſon état. Cette
eligieuſe, à qui je donnois l'eſpérance
de la guériſon, ſuivit conſtamment mes
conſeils, & au bout de huit mois elle
fut délivrée, non-ſeulement de ſa perte,
mais auſſi guérie de ſa fiſtule, qui depuis
cinq ou ſix ans, n'a laiſſé entrevoir au
cune marque qui fît craindre ſon retour,
A Auxerre, ce 13 Avril 1764.
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Résumé : OBSERVATIONS sur un Marasme occasionné par un morceau de plomb, par M. HOUSSET, de la Société Royale des Sciences, & Docteur en l'Université de Médecine de Montpellier, Médecin des Hôpitaux, Bibliothécaire & ancien Directeur de la Société des Sciences & Belles-Lettres d'Auxerre.
En 1757, M. Housset observa un homme à l'Hôtel-Dieu qui rejetait tous les aliments peu après les avoir ingérés. Il suspecta une obstruction à l'orifice inférieur du ventricule et tenta divers traitements sans succès. Le patient quitta l'hôpital et mourut peu après. L'autopsie révéla un morceau de plomb dans l'estomac, obstruant le passage vers le duodénum, ce qui provoquait un reflux des aliments et un marasme général. Le patient aurait pu être soigné avec des préparations mercurielles, mais les paysans avaient souvent du mal à fournir des informations précises sur leurs maladies. Dans un autre cas, M. Housset décrivit la situation de Madame Lefèbvre, une religieuse souffrant d'une perte de sang chronique. Initialement traitée par des saignées, son état se compliqua par une ophtalmie et une fistule lacrymale. Housset diagnostiqua une constitution acide du sang et prescrivit un régime alimentaire adoucissant, incluant du lait et des aliments farineux. Après huit mois de traitement, Madame Lefèbvre fut guérie de sa perte de sang et de sa fistule.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11033
p. 150-152
LETTRE écrite par M. FARCY, à Madame la Générale la MOTTE, du 10 Mars 1763, au sujet de ses Gouttes blanches & jaunes.
Début :
MADAME, LA vie & la santé de mon Père, que [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. FARCY, à Madame la Générale la MOTTE, du 10 Mars 1763, au sujet de ses Gouttes blanches & jaunes.
LETTRE écrite par M. FARCY, à Madame
la Générale la MOTTE, du 10
Mars 1763, au sujet de ses Gouttes
blanches & jaunes.
MADAME,
LA vie & la santé de mon Père, que
je dois à l'excellence de votre Elixir, &
aux bons ſoins de M. Thiery , Docteur
en Médecine de la Faculté de Paris,
ſont pour moi les motifs d'une recon
noiſſance qui ne s'altérera jamais. Que
ne puis-je perſuader au Public que, ſi la
paralyſie a des effets ſi fâcheux, que les
tempéramens même les plus robuſtes
n'en ſont pas exempts, on trouve dans
votre Elixir un excellent remède contre
cette maladie. Mon Père, ſexagénaire &
fort replet, fut tout-à-coup réduit le 31
Janvier dernier en un état qui ne permet
toit pas même aux gens de l'Art, d'eſpé
rer le rétabliſſement de toute la partie
droite du corps qui étoit immobile.Mais
comme nous trouvâmes heureuſement
* Cette Lettre n'a été retrouvée que depuis
quelques jours , au Bureau du Mercure.
-
M A I. 1764.
1 5 1
M Thiery , dont les lum ères ſont auſſi
connues que les bonnes qualités de ſon
cœur, il ne déſeſpéra point d'une gué
riſon parfaite. Parmi les moyens dont il
ſe ſervit, il employa principalement l'E-
lixir jaune. Ces ſecours firent au bout de
trois jours concevoir les plus grandes
eſpérances. La langue qui ſubitement
s'étoit tellement engagée, que mon Père
ne pouvoit nommer ce dont il avoit be
ſoin , commença à ſe délier, & le ſixié
me jour de ſa maladie il ſe faiſoit en
tendre. M. Thiery ayant ordonné des
frictions avec votre Elixir blanc, le long
du bras droit plus fortement affecté, le
ſurlendemain de cette opération le doigt
annulaire & le petit doigt donnèrent
quelques ſignes de mouvement, J'affir
me avec la plus grande vérité,que la con
tinuation de ces frictions, l'uſage inté
rieur de l'Elixir jaune, avec les autres
remèdes, ont en moins de quinze jours
produit des effets étonnans ; de ſorte que
l'articulation des doigts de la main étoit
on ne peut pas plus ſenſible, & il reſtoit
à la langue peu d'embarras. Je certifie
qu'aujourd'hui mon Père va, vient, ſe
proméne ;
qu'il parle auſſi librement
qu'autrefois, & ſe ſert de ſon bras au
point de s'en raſer. Tout le quartier du
G iv
1 52 MERCURE DE FRANCE.
fauxbourg S. Honoré a connoiſſance de
cet événement , auſſi-bien que M. le
Comte de Saint-Florentin , & auquel ce
Miniſtre auſſi diſtingué par ſa ſageſſe
que par ſa bonté, s'eſt intéreſſé. Indé
pendamment de M. Thiery, qui a diri
gé la cure de mon Père, je puis citer
our témoins de ſon état actuel & paſſé
MM. Bainieres, Cagnard & Cadet , Chi
rurgiens. M. de Laſſaigne, Médecin du
Roi, qui a bien voulu ſuivre mon Père
dans ſa convaleſcence , avec une atten
tion particulière, a cru ne pouvoir mieux
faire que de continuer le traitement qui
avoit ſi bien réuſſi.
Je ſuis avec autant de reſpect que de
reconnoiſſance , &c,
A Paris, le 10 Mars 1763.
la Générale la MOTTE, du 10
Mars 1763, au sujet de ses Gouttes
blanches & jaunes.
MADAME,
LA vie & la santé de mon Père, que
je dois à l'excellence de votre Elixir, &
aux bons ſoins de M. Thiery , Docteur
en Médecine de la Faculté de Paris,
ſont pour moi les motifs d'une recon
noiſſance qui ne s'altérera jamais. Que
ne puis-je perſuader au Public que, ſi la
paralyſie a des effets ſi fâcheux, que les
tempéramens même les plus robuſtes
n'en ſont pas exempts, on trouve dans
votre Elixir un excellent remède contre
cette maladie. Mon Père, ſexagénaire &
fort replet, fut tout-à-coup réduit le 31
Janvier dernier en un état qui ne permet
toit pas même aux gens de l'Art, d'eſpé
rer le rétabliſſement de toute la partie
droite du corps qui étoit immobile.Mais
comme nous trouvâmes heureuſement
* Cette Lettre n'a été retrouvée que depuis
quelques jours , au Bureau du Mercure.
-
M A I. 1764.
1 5 1
M Thiery , dont les lum ères ſont auſſi
connues que les bonnes qualités de ſon
cœur, il ne déſeſpéra point d'une gué
riſon parfaite. Parmi les moyens dont il
ſe ſervit, il employa principalement l'E-
lixir jaune. Ces ſecours firent au bout de
trois jours concevoir les plus grandes
eſpérances. La langue qui ſubitement
s'étoit tellement engagée, que mon Père
ne pouvoit nommer ce dont il avoit be
ſoin , commença à ſe délier, & le ſixié
me jour de ſa maladie il ſe faiſoit en
tendre. M. Thiery ayant ordonné des
frictions avec votre Elixir blanc, le long
du bras droit plus fortement affecté, le
ſurlendemain de cette opération le doigt
annulaire & le petit doigt donnèrent
quelques ſignes de mouvement, J'affir
me avec la plus grande vérité,que la con
tinuation de ces frictions, l'uſage inté
rieur de l'Elixir jaune, avec les autres
remèdes, ont en moins de quinze jours
produit des effets étonnans ; de ſorte que
l'articulation des doigts de la main étoit
on ne peut pas plus ſenſible, & il reſtoit
à la langue peu d'embarras. Je certifie
qu'aujourd'hui mon Père va, vient, ſe
proméne ;
qu'il parle auſſi librement
qu'autrefois, & ſe ſert de ſon bras au
point de s'en raſer. Tout le quartier du
G iv
1 52 MERCURE DE FRANCE.
fauxbourg S. Honoré a connoiſſance de
cet événement , auſſi-bien que M. le
Comte de Saint-Florentin , & auquel ce
Miniſtre auſſi diſtingué par ſa ſageſſe
que par ſa bonté, s'eſt intéreſſé. Indé
pendamment de M. Thiery, qui a diri
gé la cure de mon Père, je puis citer
our témoins de ſon état actuel & paſſé
MM. Bainieres, Cagnard & Cadet , Chi
rurgiens. M. de Laſſaigne, Médecin du
Roi, qui a bien voulu ſuivre mon Père
dans ſa convaleſcence , avec une atten
tion particulière, a cru ne pouvoir mieux
faire que de continuer le traitement qui
avoit ſi bien réuſſi.
Je ſuis avec autant de reſpect que de
reconnoiſſance , &c,
A Paris, le 10 Mars 1763.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite par M. FARCY, à Madame la Générale la MOTTE, du 10 Mars 1763, au sujet de ses Gouttes blanches & jaunes.
Dans une lettre datée du 10 mars 1763, M. Farcy exprime sa gratitude à Madame la Générale la Motte pour l'efficacité de son élixir dans le traitement de son père. Ce dernier, âgé et corpulent, avait subi une paralysie le 31 janvier précédent, immobilisant la moitié droite de son corps. Le Dr Thiery, de la Faculté de Paris, utilisa principalement l'élixir jaune, observant des améliorations significatives après trois jours. Des frictions avec l'élixir blanc furent ensuite appliquées sur le bras droit, accélérant la récupération. En moins de quinze jours, le père de M. Farcy retrouva l'usage de ses doigts, de sa langue, put marcher, parler et utiliser son bras. Plusieurs témoins, y compris des chirurgiens et le médecin du roi, confirmèrent cette guérison. Le comte de Saint-Florentin manifesta également son intérêt pour cet événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11034
p. 152-164
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
Début :
LE 25 du mois d'Août dernier, 1763, l'Académie célébra le matin la [...]
Mots clefs :
Femmes, Sein, Mort, Discours, Gangrène, Utérus, Sciences, Abbé Gros, Traité, Mauvais, Voyages, Voyageur, Histoire, Couches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
SÉANCE publique de l'Académie des
Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
LE 25 du mois d'Août dernier,
1763, l'Académie célébra le matin la
Fête de Saint Louis, par une Meſſe
M A I. 1764.
I 53
qu'elle fit dire , & après laquelle M.
l'Abbé de Baſtard Prêtre , Sacriſtain
de la Cathédrale & l'un de nos Confrè
res, lut le Panégyrique du Saint, qui
eut l'applaudiſſement d'une nombreuſe
aſſemblée.
Le même jour, vers les cinq heures
après midi, l'Académie ſe rendit à l'Hô
tel-de-Ville, où en préſence de MM.
les Maire & Conſuls, d'un grand nom
bre d'Officiers , & d'autres perſonnes
de diſtinction, M. Brouzet, Directeur ,
ouvrit la ſéance par un diſcours, où il
parla de la Paix ; & des circonſtances
qui l'ont précédée, & à la fin du quel il
fit l'Eloge du RoI, de M. le Comte. de
· S. Florentin notre Protecteur , de M.
notre Evêque & de M. de Mairan. En
ſuite il s'étendit beaucoup ſur l'éduca
tion morale des Enfans : c'étoit la ſe
conde partie de ſes réfléxions ſur ce ſu
jet. Il en avoit lu la première dans la
ſéance publique précédente.
M. l'Abbé de Manſe, qui avoit été
chargé par la Compagnie de faire le
précis du diſcours ſur l'utilité des Voya
ges, que notre Aſſocié M. l'Abbé Gros
de-Beſplas de la Maiſon & Société de
Sorbonne, vient de faire imprimer,
lut ce qui ſuit,
.
"
G v
*
-
.
^.
154 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé Gros, après une courte
Préface , où il rend compte des motifs
qui l'ont engagé à choiſir le Sujet qu'il
a traité, commence ſon diſcours par
un remercîment de la grace qu'il dit
avoir reçue , en ſe voyant admis par
mi nous. La modeſtie & la reconnoiſſan
ce ſemblent lui avoir dicté les expreſ
ſions dont il ſe ſert à cette occaſion ;
il paſſe tout de ſuite à l'utilité des voya
ges, relativement aux Sciences & aux
mœurs :
il
fait voir que les voyages
éclairent les Sciences & qu'ils forment
les mœurs : voilà les deux parties de
ſon diſcours.
-
, Les voyages, dit-il, après M. Piga
miol de la Force, on été les premières
écoles du monde , & les Voyageurs
les premiers Sçavans. Rempli de l'idée
de cet Auteur , M. l'Abbé Gros regar
de l'Univers comme un cabinet , & un
Voyageur comme un Sçavant qui par
court tous les Livres qui y ſont conte
nus; avec cette différence, que le Voya
geur en interrogeant les hommes de
tous les pays , en eſt bien autrement
· affecté , que le Sçavant qui n'interroge
que les Livres : tout eſt froid pour
celui - ci ; tout s'anime pour celui-là.
L'hiſtoire des Nations policées , & de
M A I. 1754.
-
1 55
celles qui ne le ſont pas, l'hiſtoire des
Empires & des Peuples, l'hiſtoire natu
relle, l'hiſtoire même de la Religion ,
tout eſt à découvert pour celui qui
voyage ; les Sciences proprement dites,
Philoſophie, Théologie, Aſtronomie ,
Géographie, Tactique, Médecine, Bota
nique , tout eſt dévoilé au voyageur. Il
juge de tout , parce qu'il voit tout, qu'il
écoute tout.
-
C'eſt le tableau que nous préſente
l'Auteur dans la première
partie de
ſon Diſcours ; & ce tableau eſt un
tableau mouvant, qui fait paſſer l'objet
dans le cœur du Spectateur.
La ſeconde partie , dit M. de Manſe,
eſt d'autant plus agréable à lire, que
l'Auteur combat victorieuſement par
les faits le préjugé que l'Abbé Regnier
a réduit en maxime : rarement à courir
le monde , on devient plus homme de
bien. On ne peut ſe refuſer à tout ce
que M. Gros dit pour prouver que les
voyages ſont profitables aux mœurs ;
premierement, en corrigeant les défauts
qui peuvent ſe trouver dans les caracté
res nationaux & perſonnels.
Il y a
des vices , dit-il , auxquels on ne peut
échapper que par la fuite ; le voyageur
fait toujours. Secondement , en ſubſti
G vj
/
156 MERCURE DE FRANCE.
tuant à ces défauts les qualités qui don
nent de l'éclat aux Nations que l'on va
viſiter. La vertu ſe montre au voyageur
ſous tant d'images, qu'il ſent redoubler
pour elle ſon inclination. D'ailleurs il a
des motifs bien puiſſans pour devenir
vertueux ; la gloire de ſa Nation, & ſà
gloire perſonnelle.
-
| Parmi nous un Citoyen ſe montre-t-il
léger ? c'eſt le vice de la perſonne : chez
l'Etranger , il fait accuſer la Nation ;
· c'eſt le vice des François. Parmi nous
le Citoyen jouit d'une confidération ,
qui peut-être n'eſt due qu'à ſes Pères :
chez l'Etranger, il n'a d'autre reſſource
que ſon propre mérite pour ſe concilier
les ſuffrages de ceux avec qui il vit.
M. l'Abbé Gros finit ſon Ouvrage par
I'Eloge du RoI,de M.le Comte de S. Flo
rentin notre Protecteur, de M. Béſiers
notre Chef, de M. de Mairan notre Fon
dateur, de Mde Lepaute notre Aſſociée;
& tous ces Eloges font ſortir le mérite
de celui qui loue , de même que le mé
rite de ceux qui ſont loués.
Après le Diſcours dont je viens , dit
M. de Manſe, de donner le précis, M.
Gros ajoute des réfléxions ſur les Voya
ges; & ce n'eſt pas l'endroit le moins
piquant , ni le moins utile de ſon écrit.
M A I. 1764.
157
Il étoit ſi plein de ſa matière , que ne
pouvant pas faire entrer tout ce qu'il
avoit médité la-deſſus, dans un diſcours
de demi-heure de lecture, il a été obligé
de la ciſailler, pour ainſi dire, afin de ne
rien omettre de ce qui devoit perſuader
ſon Sujet, & pour en faire retirer les
avantages qu'il en a retirés lui - même.
Comme Orateur, ſon éloquence déter
mine à voyager : comme penſeur, ſes
maximes apprennent à voyager : la mé
fiance, dit-il, eſt un vice dans le com
merce de la Société : elle eſt indipenſa
ble dans les voyages, & devient une
prudence; c'eſt en ce ſens, qu'on a tou
jours dit que la méfiance étoit mère,
de ſureté.
L'
-
Si l'on croit les gens du Païs , on
accourcit ſon chemin par les ſentiers ;
& j'aſſure , dit-il, qu'on l'abrège par
les grandes routes. Cette maxime a l'air
d'un paradoxe ; mais en l'éxaminant ,
on en découvre aiſément la vérité.
Les autres réfléxions que l'on trouve
en aſſez grand nombre dans l'ouvrage
de M. l'Abbé Gros , ſont très - judi
cieuſes, & d'une pratique ſûre & avan
tageuſe. Il ſeroit à ſouhaiter qu'on les
gravât dans l'eſprit & dans le cœur des
jeunes gens qu'on deſtine à voyager.
158 MERCURE DE FRANCE:
M. Bouillet le Père parla enſuite ſur
la mort prompte de quelques femmes
en couche , & ſur les moyens de pré
venir cette mort. Il n'en détailla pas
toutes les cauſes : il réſerva pour une
autre occaſion la ſyncope, la ſuffoca
tion utérine , l'apopléxie laiteuſe ; &
pour l'hémorrhagie exceſſive , il ren
voya à M. Levret, habile Accoucheur
de Paris , qui en a très-bien diſſerté
dans un de ſes ouvrages. Il ſe borna à la
gangrène de l'utérus, ſuite de l'inflam
mation de cette partie , & la cauſe la
plus ordinaire de la mort prompte de ces
accouchées : Sujet qui ne paroît pas
avoir été traité en particulier * & avec
toute l'attention qu'il mérite.
Mais à quoi attribuer cette inflam
mation, & la gangrène qui lui ſuccède
ſi promptement ? Le commun des hom
mes en rapporte ordinairement la cauſe
à quelque coup extérieur , à quelque
chute , ou à quelque déchirure, a quel
que contuſion dans l'intérieur du ſein ;
& l'on ne peut pas nier qu'a l'égard de
" M. Aſtruc a parlé de l'inflammation de la
ma trice hors le temps des couches ; mais il n'a
pas encore traité ex profeſſo de celle qui ſurvient
d'abord après l'accouchement. V. Traité des ma
ladies des Femmes imprimé en 176 I.
,
M A I. 1764.
159
certaines femmes qui ont péri bruſque
ment , ces cauſes n'aient eu quelque
part à leur mort. On ne manque guères
auſſi de ſoupçonner quelque faute dans
le traitement de l'accouchée ,
ſi ſa
mort a été précédée d'une maladie de
quelques jours.
Cependant, on voit 1°. mourir des
accouchées , qui n'avoient fait aucune
chute , & qui n'avoient reçu aucun
coup ſur le ventre.
2°. Il en meurt auſſi ſans qu'il y ait
eu aucune écorchure ou contuſion dans
leur ſein ; & l'on en voit réchapper dont
le ſein n'a pû qu'être furieuſement mal
traité. Car ſans parler de celles qui ont
ſurvécu
à l'Opération Céſarienne ,
combien d'exemples n'a-t-on pas, de
femmes à qui on a arraché de force .
ou tiré par des crochets des enfans
morts, ou des têtes ſeparées de leur
tronc , ou enclavées entre les os du
baſſin, ſans que la mort s'en ſoit tou
jours enſuivie ?
Il y a plus : on a vu revenir en ſanté
des femmes à qui les enfans pourris dans
leur ſein, avoient percé l'abdomen, s'é-
toient frayés une iſſue à travers les
membranes de l'utérus & de l'inteſtin
-
•
•
• •
• à
7 6- MERCURE DE FRANCE.
rectu n,"d'où ils ſortoient par piéces : ce
qui prouve évidemment, que, quoique
la ſubſtance de l'utérus ſoit très-délicate,
très-ſuſceptible des impreſſions ſoit ex
térieures , ſoit intérieures , & qu'il faille
la ménager avec toute l'attention poſ
ſible , ce n'eſt pas pourtant toujours
à raiſon de ſa délicateſſe , ni à raiſon
des incifions qui ont pu y être faites,
ou des meurtriſſures qu'elle a pu rece
voir , ou des inflammations & des
abſcès qui ont pu s'y former, que la
gangrène de cette partie enléve ſi bruſ
quement la femme en couche.
3°. Enfin il meurt des accouchées
entre les mains des plus habiles Mé
decins, quoiqu'elles ſe fuſſent délivrées
naturellement, & que dans leur mala
die elles euſſent été traitées ſelon toutes
les régles de l'Art.
A quoi donc attribuer le triſte ſort
de ces femmes ? C'eſt, répond M. B. à
la nature de la fiévre qui les attaque
d'abord après l'accouchement, & à la
quelle ſuccédent promptement l'inflam
mation & la gangrène de leur ſein.
* V. Joann. Langii Epiſt. Mad. Lib. 2. Epiſt.
39. Mém. de l'Acad. Royale des Sciences, année
17o2. p. 234. Obſerv. de Médecine de la Société
d'Edimbourg. Tom, V, Art, 39° &c.
M A I. 1744.
161 .
Après avoir expliqué en peu de mots
Ia diſpoſition de l'utérus après l'en
fantement, & avoir rapporté les cauſes
générales de la gangrène & du ſphacèle,
· M. B. ajoute qu'il eſt viſible que ſi une
femme avant ſes couches n'a pas ob
ſervé les régles d'une ſage diéte, ſi elle a
uſé de mauvais alimens, d'alimens capa
bles de fournir une grande quantité de
ſucs de mauvaiſe qualité,ou que par quel
que cauſe que ce ſoit ces mauvais ſucs ſe
ſoient formés dans ſon corps , que
d'abord après l'accouchement ils vien
nent à ſe développer, & qu'ils occa
ſionnent une fiévre de mauvais ca
ractère avec de violens redoublemens ,
ſon ſein doit s'engorger à un extrême
degré , ſe gangrener , ſe ſphacéler,
d'où s'enſuivra une prompte mort.
On ne ſera pas ſurpris de ce funeſte
accident, ſi on conſidére d'un côté !'état
où ſe trouve le ſein des femmes d'abord
après l'accouchement, & de l'autre, ſi
on examine les effets que doivent pro
duire ſur ce viſcére les violens pa
roxiſmes d'une fiévre putride maligne.
On s'imagine bien qu'il faut un peu
de temps pour que les parois de l'utérus
énormément diſtendus vers la fin de la
groſſeſſe, ſe rapprochent; que leurs vaiſ
ſeaux extrêmement gonflés ſe vuident
1 62 MERCURE DE FRANCE.
des liqueurs qu'ils contiennent, & que
tout le corps de ce viſcére revienne à
ſon premier état ; d'où il eſt aiſé de
comprendre que s'il arrive de violens
redoublemens de fiévre , avant que
l'utérus ſoit réduit à ſon premier volu
me ; ſes vaiſſeaux déjà gorgés & dé
pourvus d'élaſticité céderont aiſément à
l'impétuoſité des humeurs qui y abor
deront; les extrémités capillaires de leurs
rameaux artériels ſe rempliront outre
meſure; les liqueurs qui y ſont accumu-'
lées ne pourront plus rouler; les tuni
ques de quelques rameaux trop dilatées
fe rompront ; & il ſurviendra une ceſſà
tion totale du cours des liquides, & du
mouvement ſyſtaltique des ſolides : en
un mot la gangrène & le ſphacéle ou
la mort de ce viſcére qui entraîne
promptement celle de l'accouchée.
Ajoutons que plus les femmes auront
· manqué dans leur régime pendant leur
groſſeſſe, plus elles ſeront expoſées à
ce ſiniſtre événement après leurs cou
ches , & beaucoup davantage celles
dont le ſein n'étoit pas originairement
bien conſtitué.
M. B. rend raiſon du mauvais ſuccès
des remédes dans le cas dont il s'agit; &
il ajoute qu'on ne doit accuſer ici ni
M A I. 1764.
163
Médecin , ni Accoucheur. Il prétend
qu'ils ne ſont point alors comptables de
la mort de ces infortunées ; & que c'eſt
uniquement à la mauvaiſe diſpoſition
de leur ſein , & à la fiévre putride
-maligne qui les ſaiſit d'abord après leurs
couches , qu'il faut s'en prendre.
D'où il conclut que pour éviter une
ſi bruſque & ſi fâcheuſe cataſtrophe, le
· ſeul moyen ſeroit de prévenir la fiévre
putride maligne qui fait périr les femmes
en couche en occaſionnant prompte
ment l'inflammation & la gangrène de
leur ſein. Et ce moyen conſiſte , dit-il,
en un régime très-rigoureux , en une
privation abſolue d'alimens indigeſtes,
ou aiſés à ſe corrompre, ſur-tout de
ragoûts , de pâtiſſeries , de liqueurs ar
dentes ou faciles à s'enflammer, en un
ſommeil tranquille , en un exercice
modéré, & en une ſuſpenſion prèſque
totale des paſſions de l'âme : en un
mot, en une manière de vivre frugale ,
priſe principalement des végétaux , &
réglée de telle ſorte,que les femmes pen
dant leur groſſeſſe n'ayent aucune in
digeſtion à craindre, & qu'elles puiſſent
ſe flatter de ne porter aucun mauvais
levain dans leur corps , ou ce qui revient
au même , de n'avoir aucun foyer de
\
1 o4 MERCURE DE FRANCE.
maladie lors de leur enfantement.
Avec de telles précautions, auxquelles
vraiſemblablement peu de femmes groſ
ſes voudront entièrement s'aſſujettir ,
quelque néceſſaires qu'elles leur ſoient,
ou du moins en y ſuppléant ſuffiſam
ment, s'il eſt poſſible, par le ſecours
de l'Art , elles préviendront infaillible
ment la fiévre putride maligne , dont
, quelques-unes ſont menacées après leurs
couches, & dont les effets leur ſont ſi
funeſtes.
-
-
-
A BESIERS, le 15 Septembre 1763.
Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
LE 25 du mois d'Août dernier,
1763, l'Académie célébra le matin la
Fête de Saint Louis, par une Meſſe
M A I. 1764.
I 53
qu'elle fit dire , & après laquelle M.
l'Abbé de Baſtard Prêtre , Sacriſtain
de la Cathédrale & l'un de nos Confrè
res, lut le Panégyrique du Saint, qui
eut l'applaudiſſement d'une nombreuſe
aſſemblée.
Le même jour, vers les cinq heures
après midi, l'Académie ſe rendit à l'Hô
tel-de-Ville, où en préſence de MM.
les Maire & Conſuls, d'un grand nom
bre d'Officiers , & d'autres perſonnes
de diſtinction, M. Brouzet, Directeur ,
ouvrit la ſéance par un diſcours, où il
parla de la Paix ; & des circonſtances
qui l'ont précédée, & à la fin du quel il
fit l'Eloge du RoI, de M. le Comte. de
· S. Florentin notre Protecteur , de M.
notre Evêque & de M. de Mairan. En
ſuite il s'étendit beaucoup ſur l'éduca
tion morale des Enfans : c'étoit la ſe
conde partie de ſes réfléxions ſur ce ſu
jet. Il en avoit lu la première dans la
ſéance publique précédente.
M. l'Abbé de Manſe, qui avoit été
chargé par la Compagnie de faire le
précis du diſcours ſur l'utilité des Voya
ges, que notre Aſſocié M. l'Abbé Gros
de-Beſplas de la Maiſon & Société de
Sorbonne, vient de faire imprimer,
lut ce qui ſuit,
.
"
G v
*
-
.
^.
154 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé Gros, après une courte
Préface , où il rend compte des motifs
qui l'ont engagé à choiſir le Sujet qu'il
a traité, commence ſon diſcours par
un remercîment de la grace qu'il dit
avoir reçue , en ſe voyant admis par
mi nous. La modeſtie & la reconnoiſſan
ce ſemblent lui avoir dicté les expreſ
ſions dont il ſe ſert à cette occaſion ;
il paſſe tout de ſuite à l'utilité des voya
ges, relativement aux Sciences & aux
mœurs :
il
fait voir que les voyages
éclairent les Sciences & qu'ils forment
les mœurs : voilà les deux parties de
ſon diſcours.
-
, Les voyages, dit-il, après M. Piga
miol de la Force, on été les premières
écoles du monde , & les Voyageurs
les premiers Sçavans. Rempli de l'idée
de cet Auteur , M. l'Abbé Gros regar
de l'Univers comme un cabinet , & un
Voyageur comme un Sçavant qui par
court tous les Livres qui y ſont conte
nus; avec cette différence, que le Voya
geur en interrogeant les hommes de
tous les pays , en eſt bien autrement
· affecté , que le Sçavant qui n'interroge
que les Livres : tout eſt froid pour
celui - ci ; tout s'anime pour celui-là.
L'hiſtoire des Nations policées , & de
M A I. 1754.
-
1 55
celles qui ne le ſont pas, l'hiſtoire des
Empires & des Peuples, l'hiſtoire natu
relle, l'hiſtoire même de la Religion ,
tout eſt à découvert pour celui qui
voyage ; les Sciences proprement dites,
Philoſophie, Théologie, Aſtronomie ,
Géographie, Tactique, Médecine, Bota
nique , tout eſt dévoilé au voyageur. Il
juge de tout , parce qu'il voit tout, qu'il
écoute tout.
-
C'eſt le tableau que nous préſente
l'Auteur dans la première
partie de
ſon Diſcours ; & ce tableau eſt un
tableau mouvant, qui fait paſſer l'objet
dans le cœur du Spectateur.
La ſeconde partie , dit M. de Manſe,
eſt d'autant plus agréable à lire, que
l'Auteur combat victorieuſement par
les faits le préjugé que l'Abbé Regnier
a réduit en maxime : rarement à courir
le monde , on devient plus homme de
bien. On ne peut ſe refuſer à tout ce
que M. Gros dit pour prouver que les
voyages ſont profitables aux mœurs ;
premierement, en corrigeant les défauts
qui peuvent ſe trouver dans les caracté
res nationaux & perſonnels.
Il y a
des vices , dit-il , auxquels on ne peut
échapper que par la fuite ; le voyageur
fait toujours. Secondement , en ſubſti
G vj
/
156 MERCURE DE FRANCE.
tuant à ces défauts les qualités qui don
nent de l'éclat aux Nations que l'on va
viſiter. La vertu ſe montre au voyageur
ſous tant d'images, qu'il ſent redoubler
pour elle ſon inclination. D'ailleurs il a
des motifs bien puiſſans pour devenir
vertueux ; la gloire de ſa Nation, & ſà
gloire perſonnelle.
-
| Parmi nous un Citoyen ſe montre-t-il
léger ? c'eſt le vice de la perſonne : chez
l'Etranger , il fait accuſer la Nation ;
· c'eſt le vice des François. Parmi nous
le Citoyen jouit d'une confidération ,
qui peut-être n'eſt due qu'à ſes Pères :
chez l'Etranger, il n'a d'autre reſſource
que ſon propre mérite pour ſe concilier
les ſuffrages de ceux avec qui il vit.
M. l'Abbé Gros finit ſon Ouvrage par
I'Eloge du RoI,de M.le Comte de S. Flo
rentin notre Protecteur, de M. Béſiers
notre Chef, de M. de Mairan notre Fon
dateur, de Mde Lepaute notre Aſſociée;
& tous ces Eloges font ſortir le mérite
de celui qui loue , de même que le mé
rite de ceux qui ſont loués.
Après le Diſcours dont je viens , dit
M. de Manſe, de donner le précis, M.
Gros ajoute des réfléxions ſur les Voya
ges; & ce n'eſt pas l'endroit le moins
piquant , ni le moins utile de ſon écrit.
M A I. 1764.
157
Il étoit ſi plein de ſa matière , que ne
pouvant pas faire entrer tout ce qu'il
avoit médité la-deſſus, dans un diſcours
de demi-heure de lecture, il a été obligé
de la ciſailler, pour ainſi dire, afin de ne
rien omettre de ce qui devoit perſuader
ſon Sujet, & pour en faire retirer les
avantages qu'il en a retirés lui - même.
Comme Orateur, ſon éloquence déter
mine à voyager : comme penſeur, ſes
maximes apprennent à voyager : la mé
fiance, dit-il, eſt un vice dans le com
merce de la Société : elle eſt indipenſa
ble dans les voyages, & devient une
prudence; c'eſt en ce ſens, qu'on a tou
jours dit que la méfiance étoit mère,
de ſureté.
L'
-
Si l'on croit les gens du Païs , on
accourcit ſon chemin par les ſentiers ;
& j'aſſure , dit-il, qu'on l'abrège par
les grandes routes. Cette maxime a l'air
d'un paradoxe ; mais en l'éxaminant ,
on en découvre aiſément la vérité.
Les autres réfléxions que l'on trouve
en aſſez grand nombre dans l'ouvrage
de M. l'Abbé Gros , ſont très - judi
cieuſes, & d'une pratique ſûre & avan
tageuſe. Il ſeroit à ſouhaiter qu'on les
gravât dans l'eſprit & dans le cœur des
jeunes gens qu'on deſtine à voyager.
158 MERCURE DE FRANCE:
M. Bouillet le Père parla enſuite ſur
la mort prompte de quelques femmes
en couche , & ſur les moyens de pré
venir cette mort. Il n'en détailla pas
toutes les cauſes : il réſerva pour une
autre occaſion la ſyncope, la ſuffoca
tion utérine , l'apopléxie laiteuſe ; &
pour l'hémorrhagie exceſſive , il ren
voya à M. Levret, habile Accoucheur
de Paris , qui en a très-bien diſſerté
dans un de ſes ouvrages. Il ſe borna à la
gangrène de l'utérus, ſuite de l'inflam
mation de cette partie , & la cauſe la
plus ordinaire de la mort prompte de ces
accouchées : Sujet qui ne paroît pas
avoir été traité en particulier * & avec
toute l'attention qu'il mérite.
Mais à quoi attribuer cette inflam
mation, & la gangrène qui lui ſuccède
ſi promptement ? Le commun des hom
mes en rapporte ordinairement la cauſe
à quelque coup extérieur , à quelque
chute , ou à quelque déchirure, a quel
que contuſion dans l'intérieur du ſein ;
& l'on ne peut pas nier qu'a l'égard de
" M. Aſtruc a parlé de l'inflammation de la
ma trice hors le temps des couches ; mais il n'a
pas encore traité ex profeſſo de celle qui ſurvient
d'abord après l'accouchement. V. Traité des ma
ladies des Femmes imprimé en 176 I.
,
M A I. 1764.
159
certaines femmes qui ont péri bruſque
ment , ces cauſes n'aient eu quelque
part à leur mort. On ne manque guères
auſſi de ſoupçonner quelque faute dans
le traitement de l'accouchée ,
ſi ſa
mort a été précédée d'une maladie de
quelques jours.
Cependant, on voit 1°. mourir des
accouchées , qui n'avoient fait aucune
chute , & qui n'avoient reçu aucun
coup ſur le ventre.
2°. Il en meurt auſſi ſans qu'il y ait
eu aucune écorchure ou contuſion dans
leur ſein ; & l'on en voit réchapper dont
le ſein n'a pû qu'être furieuſement mal
traité. Car ſans parler de celles qui ont
ſurvécu
à l'Opération Céſarienne ,
combien d'exemples n'a-t-on pas, de
femmes à qui on a arraché de force .
ou tiré par des crochets des enfans
morts, ou des têtes ſeparées de leur
tronc , ou enclavées entre les os du
baſſin, ſans que la mort s'en ſoit tou
jours enſuivie ?
Il y a plus : on a vu revenir en ſanté
des femmes à qui les enfans pourris dans
leur ſein, avoient percé l'abdomen, s'é-
toient frayés une iſſue à travers les
membranes de l'utérus & de l'inteſtin
-
•
•
• •
• à
7 6- MERCURE DE FRANCE.
rectu n,"d'où ils ſortoient par piéces : ce
qui prouve évidemment, que, quoique
la ſubſtance de l'utérus ſoit très-délicate,
très-ſuſceptible des impreſſions ſoit ex
térieures , ſoit intérieures , & qu'il faille
la ménager avec toute l'attention poſ
ſible , ce n'eſt pas pourtant toujours
à raiſon de ſa délicateſſe , ni à raiſon
des incifions qui ont pu y être faites,
ou des meurtriſſures qu'elle a pu rece
voir , ou des inflammations & des
abſcès qui ont pu s'y former, que la
gangrène de cette partie enléve ſi bruſ
quement la femme en couche.
3°. Enfin il meurt des accouchées
entre les mains des plus habiles Mé
decins, quoiqu'elles ſe fuſſent délivrées
naturellement, & que dans leur mala
die elles euſſent été traitées ſelon toutes
les régles de l'Art.
A quoi donc attribuer le triſte ſort
de ces femmes ? C'eſt, répond M. B. à
la nature de la fiévre qui les attaque
d'abord après l'accouchement, & à la
quelle ſuccédent promptement l'inflam
mation & la gangrène de leur ſein.
* V. Joann. Langii Epiſt. Mad. Lib. 2. Epiſt.
39. Mém. de l'Acad. Royale des Sciences, année
17o2. p. 234. Obſerv. de Médecine de la Société
d'Edimbourg. Tom, V, Art, 39° &c.
M A I. 1744.
161 .
Après avoir expliqué en peu de mots
Ia diſpoſition de l'utérus après l'en
fantement, & avoir rapporté les cauſes
générales de la gangrène & du ſphacèle,
· M. B. ajoute qu'il eſt viſible que ſi une
femme avant ſes couches n'a pas ob
ſervé les régles d'une ſage diéte, ſi elle a
uſé de mauvais alimens, d'alimens capa
bles de fournir une grande quantité de
ſucs de mauvaiſe qualité,ou que par quel
que cauſe que ce ſoit ces mauvais ſucs ſe
ſoient formés dans ſon corps , que
d'abord après l'accouchement ils vien
nent à ſe développer, & qu'ils occa
ſionnent une fiévre de mauvais ca
ractère avec de violens redoublemens ,
ſon ſein doit s'engorger à un extrême
degré , ſe gangrener , ſe ſphacéler,
d'où s'enſuivra une prompte mort.
On ne ſera pas ſurpris de ce funeſte
accident, ſi on conſidére d'un côté !'état
où ſe trouve le ſein des femmes d'abord
après l'accouchement, & de l'autre, ſi
on examine les effets que doivent pro
duire ſur ce viſcére les violens pa
roxiſmes d'une fiévre putride maligne.
On s'imagine bien qu'il faut un peu
de temps pour que les parois de l'utérus
énormément diſtendus vers la fin de la
groſſeſſe, ſe rapprochent; que leurs vaiſ
ſeaux extrêmement gonflés ſe vuident
1 62 MERCURE DE FRANCE.
des liqueurs qu'ils contiennent, & que
tout le corps de ce viſcére revienne à
ſon premier état ; d'où il eſt aiſé de
comprendre que s'il arrive de violens
redoublemens de fiévre , avant que
l'utérus ſoit réduit à ſon premier volu
me ; ſes vaiſſeaux déjà gorgés & dé
pourvus d'élaſticité céderont aiſément à
l'impétuoſité des humeurs qui y abor
deront; les extrémités capillaires de leurs
rameaux artériels ſe rempliront outre
meſure; les liqueurs qui y ſont accumu-'
lées ne pourront plus rouler; les tuni
ques de quelques rameaux trop dilatées
fe rompront ; & il ſurviendra une ceſſà
tion totale du cours des liquides, & du
mouvement ſyſtaltique des ſolides : en
un mot la gangrène & le ſphacéle ou
la mort de ce viſcére qui entraîne
promptement celle de l'accouchée.
Ajoutons que plus les femmes auront
· manqué dans leur régime pendant leur
groſſeſſe, plus elles ſeront expoſées à
ce ſiniſtre événement après leurs cou
ches , & beaucoup davantage celles
dont le ſein n'étoit pas originairement
bien conſtitué.
M. B. rend raiſon du mauvais ſuccès
des remédes dans le cas dont il s'agit; &
il ajoute qu'on ne doit accuſer ici ni
M A I. 1764.
163
Médecin , ni Accoucheur. Il prétend
qu'ils ne ſont point alors comptables de
la mort de ces infortunées ; & que c'eſt
uniquement à la mauvaiſe diſpoſition
de leur ſein , & à la fiévre putride
-maligne qui les ſaiſit d'abord après leurs
couches , qu'il faut s'en prendre.
D'où il conclut que pour éviter une
ſi bruſque & ſi fâcheuſe cataſtrophe, le
· ſeul moyen ſeroit de prévenir la fiévre
putride maligne qui fait périr les femmes
en couche en occaſionnant prompte
ment l'inflammation & la gangrène de
leur ſein. Et ce moyen conſiſte , dit-il,
en un régime très-rigoureux , en une
privation abſolue d'alimens indigeſtes,
ou aiſés à ſe corrompre, ſur-tout de
ragoûts , de pâtiſſeries , de liqueurs ar
dentes ou faciles à s'enflammer, en un
ſommeil tranquille , en un exercice
modéré, & en une ſuſpenſion prèſque
totale des paſſions de l'âme : en un
mot, en une manière de vivre frugale ,
priſe principalement des végétaux , &
réglée de telle ſorte,que les femmes pen
dant leur groſſeſſe n'ayent aucune in
digeſtion à craindre, & qu'elles puiſſent
ſe flatter de ne porter aucun mauvais
levain dans leur corps , ou ce qui revient
au même , de n'avoir aucun foyer de
\
1 o4 MERCURE DE FRANCE.
maladie lors de leur enfantement.
Avec de telles précautions, auxquelles
vraiſemblablement peu de femmes groſ
ſes voudront entièrement s'aſſujettir ,
quelque néceſſaires qu'elles leur ſoient,
ou du moins en y ſuppléant ſuffiſam
ment, s'il eſt poſſible, par le ſecours
de l'Art , elles préviendront infaillible
ment la fiévre putride maligne , dont
, quelques-unes ſont menacées après leurs
couches, & dont les effets leur ſont ſi
funeſtes.
-
-
-
A BESIERS, le 15 Septembre 1763.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
Le 25 août 1763, l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de Béziers célébra la fête de Saint Louis avec une messe et un panégyrique. Dans l'après-midi, l'Académie se réunit à l'Hôtel-de-Ville. M. Brouzet, Directeur, ouvrit la séance en évoquant la paix récente et en rendant hommage au Roi, au Comte de Saint-Florentin, à l'Évêque et à M. de Mairan. Il aborda ensuite la question de l'éducation morale des enfants. L'Abbé de Manse présenta un résumé du discours de l'Abbé Gros de-Besplas sur l'utilité des voyages, soulignant leur rôle dans l'acquisition de connaissances variées et la formation des mœurs. L'Abbé Gros réfuta le préjugé selon lequel voyager ne rend pas nécessairement meilleur, affirmant que les voyages corrigent les défauts nationaux et personnels et encouragent la vertu. Le texte traite également des réflexions de l'Abbé Gros et de M. Bouillet sur la mortalité maternelle. M. Bouillet examina les causes de la mort rapide de certaines femmes en couches, notamment la gangrène de l'utérus due à des traumatismes ou des erreurs de traitement. Il identifia une fièvre maligne post-partum comme principale cause, aggravée par une mauvaise alimentation pendant la grossesse. Cette fièvre entraîne une inflammation et une gangrène de l'utérus, menant à la mort. Pour prévenir cette condition, M. Bouillet recommanda un régime strict durant la grossesse, évitant les aliments indigestes et les boissons alcoolisées, ainsi qu'un mode de vie frugal et modéré.
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11035
p. 164-165
MANUFACTURES.
Début :
L'ON avertit le Public qu'il se vend tant a Paris, que dans les Provinces, des [...]
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texteReconnaissance textuelle : MANUFACTURES.
MANUFACTURES.
L'ON avertit le Public qu'il se vend
tant a Paris, que dans les Provinces, des
Toiles rt intes ſous le nom de la Manu
Jacture d'Orange, qui n'en ſont pas ; &
que la véritable façon de connoître cel
M A I. 1764.
165
les qui ſont peintes & imprimées à Oran
ge,& de convaincre les débitans de mau
vaiſe foi qui trompent tous les jours les
perſonnes qui achetent de ces étoffes ,
eſt de ſe faire répréſenter les chefs des
Pièces qui ſont toutes marquées en tête
& en queue : Manufaéture de J. R.
Wetter, & ſa Compagnie à Orange & de
rejetter toutes celles qui ne le ſeront
pas, ou dont la marque paroîtroit avoir
été ajoutée après coup.
L'on avertit auſſi le Public , que le
Magazin général de cette Manufacture,
qui ſe tient toujours à l'Hôtel de Jaback,
rue neuve S. Médéric , eſt continuelle
ment aſſorti en toutes ſortes de Toiles
peintes tant pour Meubles, Robbes,
Deuils & autres ; Toiles pour habits
d'Hommes en deſſeins de luſtrine, Veſ
tes à bordures, Mouchoirs ; & qu'il ne
ſe vend que des Toiles en ladite Manu
facture.
L'ON avertit le Public qu'il se vend
tant a Paris, que dans les Provinces, des
Toiles rt intes ſous le nom de la Manu
Jacture d'Orange, qui n'en ſont pas ; &
que la véritable façon de connoître cel
M A I. 1764.
165
les qui ſont peintes & imprimées à Oran
ge,& de convaincre les débitans de mau
vaiſe foi qui trompent tous les jours les
perſonnes qui achetent de ces étoffes ,
eſt de ſe faire répréſenter les chefs des
Pièces qui ſont toutes marquées en tête
& en queue : Manufaéture de J. R.
Wetter, & ſa Compagnie à Orange & de
rejetter toutes celles qui ne le ſeront
pas, ou dont la marque paroîtroit avoir
été ajoutée après coup.
L'on avertit auſſi le Public , que le
Magazin général de cette Manufacture,
qui ſe tient toujours à l'Hôtel de Jaback,
rue neuve S. Médéric , eſt continuelle
ment aſſorti en toutes ſortes de Toiles
peintes tant pour Meubles, Robbes,
Deuils & autres ; Toiles pour habits
d'Hommes en deſſeins de luſtrine, Veſ
tes à bordures, Mouchoirs ; & qu'il ne
ſe vend que des Toiles en ladite Manu
facture.
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Résumé : MANUFACTURES.
Le texte alerte sur la vente illégale de toiles falsifiées prétendant provenir de la Manufacture d'Orange. Pour authentifier les toiles, il est conseillé de vérifier la présence des marques 'Manufacture de J. R. Wetter, & sa Compagnie à Orange' aux extrémités des pièces. Les acheteurs doivent refuser les toiles non marquées ou dont la marque semble ajoutée après coup. Le magasin général de la manufacture, situé à l'Hôtel de Jaback, rue neuve S. Médéric, offre divers types de toiles peintes adaptées à différents usages : meubles, robes, deuils, habits d'hommes, vestes à bordures et mouchoirs. Le magasin garantit la vente exclusive de toiles authentiques de la Manufacture d'Orange.
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11036
p. 166-167
MUSIQUE.
Début :
MÉTHODE qui abrége les régles en usage, pour apprendre l'accompagnement [...]
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
MÉTHODE qui abrége les régles
en usage, pour apprendre l'accompagnement
du clavecin, & dont la pra
tique éxige tout au plus deux mois
d'exercice, pour parvenir à accompa
ner tout ſeul, toute ſorte de Muſique
à livre ouvert, & en beaucoup moins
de temps encore, avec le ſecours d'un
Maître ; par M. Giannotti.
L'Auteur propoſe cet Ouvrage par
ſouſcription , dont le nombre eſt fixé
à deux cent; le prix ſera de 24 liv. On
ſouſcrira chez M. le Clerc , Marchand
de Muſique, rue S. Honoré, près la
rue des Prouvaires , à Ste Cécile. On
payera 12 liv. en ſouſcrivant & 12 liv.
en recevant l'exemplaire au premier .
Août prochain 1764. On prend ce
terme , pour donner le temps aux
Provinces & dans les Pays Etrangers
de s'y intéreſſer.
-
Si on doutoit des progrès rapides
que l'on fait par cette admirable mé
thode, on prie les perſonnes qui veulent
· M A I. 1764.
167
s'y intéreſſer, de s'adreſſer a M de Caſa
major, rue des Bons-Enfans , au coin
de la rue Neuve des Petits - Champs,
qui en a la preuve ſous ſes yeux ; &
à Mlle Fel, rue S. Thomas du Louvre,
L'une & l'autre de ces perſonnes, en
rendront témoignage. Cet
Ouvrage
convient également pour la Harpe.
PREMIER RECUEIL des Menuets
nouveaux , pour le Violon , avec Ac
· compagnement de Baſſe & de Clavecin,
§ a M. le Baron de S. PoRT, com
poſé par M. Cramer. Prix, 1
liv. 4 f.
chez M. Theveneau , au grand Bureau
de la Poſte de Paris , rue des Quatre
Vents ; & aux Adreſſes ordinaires de
Muſique.
MÉTHODE qui abrége les régles
en usage, pour apprendre l'accompagnement
du clavecin, & dont la pra
tique éxige tout au plus deux mois
d'exercice, pour parvenir à accompa
ner tout ſeul, toute ſorte de Muſique
à livre ouvert, & en beaucoup moins
de temps encore, avec le ſecours d'un
Maître ; par M. Giannotti.
L'Auteur propoſe cet Ouvrage par
ſouſcription , dont le nombre eſt fixé
à deux cent; le prix ſera de 24 liv. On
ſouſcrira chez M. le Clerc , Marchand
de Muſique, rue S. Honoré, près la
rue des Prouvaires , à Ste Cécile. On
payera 12 liv. en ſouſcrivant & 12 liv.
en recevant l'exemplaire au premier .
Août prochain 1764. On prend ce
terme , pour donner le temps aux
Provinces & dans les Pays Etrangers
de s'y intéreſſer.
-
Si on doutoit des progrès rapides
que l'on fait par cette admirable mé
thode, on prie les perſonnes qui veulent
· M A I. 1764.
167
s'y intéreſſer, de s'adreſſer a M de Caſa
major, rue des Bons-Enfans , au coin
de la rue Neuve des Petits - Champs,
qui en a la preuve ſous ſes yeux ; &
à Mlle Fel, rue S. Thomas du Louvre,
L'une & l'autre de ces perſonnes, en
rendront témoignage. Cet
Ouvrage
convient également pour la Harpe.
PREMIER RECUEIL des Menuets
nouveaux , pour le Violon , avec Ac
· compagnement de Baſſe & de Clavecin,
§ a M. le Baron de S. PoRT, com
poſé par M. Cramer. Prix, 1
liv. 4 f.
chez M. Theveneau , au grand Bureau
de la Poſte de Paris , rue des Quatre
Vents ; & aux Adreſſes ordinaires de
Muſique.
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Résumé : MUSIQUE.
Le document présente deux ouvrages musicaux. Le premier est une méthode d'accompagnement au clavecin, proposée par M. Giannotti, permettant d'apprendre à accompagner toute sorte de musique en deux mois seul ou plus rapidement avec un maître. L'ouvrage est disponible par souscription limitée à deux cents exemplaires, au prix de 24 livres (12 livres à la souscription et 12 livres à la réception). Les souscriptions se font chez M. le Clerc, marchand de musique, rue Saint-Honoré, près la rue des Prouvaires, à Sainte-Cécile. La date limite pour les souscriptions est fixée à août 1764. Des témoignages sur l'efficacité de la méthode sont disponibles auprès de M. de Casa major ou de Mlle Fel. Cette méthode convient également pour la harpe. Le second ouvrage est un recueil de menuets nouveaux pour violon, avec accompagnement de basse et de clavecin, composé par M. Cramer et dédié à M. le Baron de Saint-Port. Ce recueil est vendu au prix de 1 livre et 4 francs chez M. Theveneau, au grand Bureau de la Poste de Paris, rue des Quatre-Vents, ainsi qu'aux adresses ordinaires de musique.
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11037
p. 167-169
GRAVURE.
Début :
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée à M. Handmann, Peintre à Basle, [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée
à M. Handmann, Peintre à Basle,
repréſentant la Lune cachée , gravée
d'après le tableau original de Vander
néer, par le ſieur Zingg. Cet ingénieux
Artiſte, qui par l'intelligence de ſon
art & un burin extrêmement flatteur ,
·
168 MERCURE DE FRANCE. .
a le ſecret de rendre intéreſſantes : ſes
moindres productions, a ſçu réunir dans
celle-ci le gracieux à un très-bel effet.
Cette Eſtampe, dont le prix eſt de 1 liv.
• ſe trouve chez le fieur Aliamet , Gra
veur du RoI , rue des Mathurins, vis
à-vis celle des Maçons.
-
On trouve auſſi chez le même deux
autres Eſtampes nouvelles, gravées d'a-
près les Table auxoriginaux de Berghem,
qui ſont au cabinet de M. le Chevalier
Damery. Le prix de chacune de ces Eſ
tampes eſt de 1 liv. 16 ſ
Le ſieur MIGER vient de graver une
Eſtampe, d'après le Tableau Original,
peint à Rome d'après nature , par M.
Vien , intitulée l'Hermite ſans ſouci. Ce
Morceau qui ne peut faire que beau
coup d'honneur au burin de cet Artiſte,
eſt dédié à M. Cochin , Chevalier de
l'Ordre du RoI, Secrétaire perpétuel &
Hiſtoriographe de l'Académie Royale
de Peinture & de Sculpture ; & ſe vend
au vieux Louvre , chez M. Vien, Peintre
du RoI.
PLAN d'une Maiſon , avec ſes dé
pendances, provenant de la ſucceſſion
-
de
M A I. 1764.
16g
de S. A. S. Mgr le COMTE DE CHA
RoLoIS , ſituée à la Nouvelle-France,
fait, & levé par M. Gillet, le jeune,
Architecte. Prix, 1 liv. 1o ſ. Chez l'Au
teur, grande rue du Fauxbourg Saint
Martin.
· Il ſe trouve attenant ce Château,
pluſieurs Maiſons propres pour des Ma
nufacture , pour des Marchands de
Vin & autres, que le ſieur Chefdeville ,
Officier du RoI , Maître de Muſette
des D A M E S D E F R A N C E , a
fait conſtruire , avec de beaux Jar
dins garnis d'eſpaliers & des meilleurs
fruits ; ainſi que de grands Emplace
mens propres a bâtir ſoit ſur trois rues,
ſoit du côté de la Campagne , à ven
dre en une ou en pluſieurs parties. On
peut s'adreſſer au ſieur Chefdeville ,
tous les Mardi & Vendredi de chaque
ſemaine après-midi, en ladite Maiſon ;
chez l'Auteur du Plan , à l'adreſſe ci
deſſus indiquée , & à MM. Maréchal
& Trutat, Notaires , rue de Condé à
Paris, qui donneront ſur ce Sujet,tous
les éclairciſſemens néceſſaires.
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée
à M. Handmann, Peintre à Basle,
repréſentant la Lune cachée , gravée
d'après le tableau original de Vander
néer, par le ſieur Zingg. Cet ingénieux
Artiſte, qui par l'intelligence de ſon
art & un burin extrêmement flatteur ,
·
168 MERCURE DE FRANCE. .
a le ſecret de rendre intéreſſantes : ſes
moindres productions, a ſçu réunir dans
celle-ci le gracieux à un très-bel effet.
Cette Eſtampe, dont le prix eſt de 1 liv.
• ſe trouve chez le fieur Aliamet , Gra
veur du RoI , rue des Mathurins, vis
à-vis celle des Maçons.
-
On trouve auſſi chez le même deux
autres Eſtampes nouvelles, gravées d'a-
près les Table auxoriginaux de Berghem,
qui ſont au cabinet de M. le Chevalier
Damery. Le prix de chacune de ces Eſ
tampes eſt de 1 liv. 16 ſ
Le ſieur MIGER vient de graver une
Eſtampe, d'après le Tableau Original,
peint à Rome d'après nature , par M.
Vien , intitulée l'Hermite ſans ſouci. Ce
Morceau qui ne peut faire que beau
coup d'honneur au burin de cet Artiſte,
eſt dédié à M. Cochin , Chevalier de
l'Ordre du RoI, Secrétaire perpétuel &
Hiſtoriographe de l'Académie Royale
de Peinture & de Sculpture ; & ſe vend
au vieux Louvre , chez M. Vien, Peintre
du RoI.
PLAN d'une Maiſon , avec ſes dé
pendances, provenant de la ſucceſſion
-
de
M A I. 1764.
16g
de S. A. S. Mgr le COMTE DE CHA
RoLoIS , ſituée à la Nouvelle-France,
fait, & levé par M. Gillet, le jeune,
Architecte. Prix, 1 liv. 1o ſ. Chez l'Au
teur, grande rue du Fauxbourg Saint
Martin.
· Il ſe trouve attenant ce Château,
pluſieurs Maiſons propres pour des Ma
nufacture , pour des Marchands de
Vin & autres, que le ſieur Chefdeville ,
Officier du RoI , Maître de Muſette
des D A M E S D E F R A N C E , a
fait conſtruire , avec de beaux Jar
dins garnis d'eſpaliers & des meilleurs
fruits ; ainſi que de grands Emplace
mens propres a bâtir ſoit ſur trois rues,
ſoit du côté de la Campagne , à ven
dre en une ou en pluſieurs parties. On
peut s'adreſſer au ſieur Chefdeville ,
tous les Mardi & Vendredi de chaque
ſemaine après-midi, en ladite Maiſon ;
chez l'Auteur du Plan , à l'adreſſe ci
deſſus indiquée , & à MM. Maréchal
& Trutat, Notaires , rue de Condé à
Paris, qui donneront ſur ce Sujet,tous
les éclairciſſemens néceſſaires.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte annonce plusieurs œuvres artistiques et biens immobiliers. Une estampe représentant la Lune cachée, gravée par Zingg d'après un tableau de Vander néer, est dédiée à M. Handmann et vendue 1 livre chez Aliamet. Deux autres estampes, gravées d'après des tableaux de Berghem appartenant au Chevalier Damery, sont également disponibles chez Aliamet à 1 livre 16 sous chacune. Miger a gravé 'l'Hermite sans souci' d'après un tableau de M. Vien, dédié à M. Cochin, et vendue au vieux Louvre chez M. Vien. Un plan d'une maison avec ses dépendances en Nouvelle-France, réalisé par l'architecte Gillet, est à vendre pour 1 livre 10 sous. Plusieurs maisons adaptées pour des manufactures ou des marchands de vin, construites par Chefdeville, sont également en vente. Des informations supplémentaires peuvent être obtenues auprès de Chefdeville, Gillet, ou des notaires Maréchal et Trutat à Paris.
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11038
p. 170-191
NOTICE d'OLYMPIE, Tragédie de M. de VOLTAIRE.
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PERSONNAGES. ACTEURS. OLYMPIE, Fille d'Aléxandre, Mlle Clairon, CASSANDRE, Fils [...]
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NOTICE d'OLYMPIE, Tragédie de
M. de VOLTAIRE. *
PERSONNAGES. ACTEURS.
OLYMPIE, Fille d'Aléxandre,
Mlle Clairon,
CASSANDRE, Fils d'Antipatre,
-
, Roi de Macédoine,
M. le Kain.
ANTIGONE, Roi d'une partie
-
de l'Aſie,
· M. Bellecour.
-
-
sTATIRA, veuve d'Alexandre, Mlle Dumeſnil
L'HIEROPHANTE, ou Grand
Prêtre qui préſide à la Célé
M, Britard. -
bration des grands Myſtères 2
soSTENE, Officier de Caſſandre, M. Dauberval.
HERMAS, Officier d'Antigone, M. Blainville,
Prêtres initiés, Prêtreſſes, Soldats
#
& Peuple.
.
*
-
-
La Scène eſt dans le Temple d'Ephèſe, où l'on cé
lébre les grands Myſtères.
:
* Comme cette Pièce eſt imprimée depuis long
temps, & qu'elle eſt entre les mains de tout le
monde , ainſi que tout ce qui s'imprime d'un Au
teur auſſi célébre, nous nous bornons à une ſimple
Notice.
º
· M A I. 1764.
171
A C T E P R E M I E R.
SosTENE eſt dans le Périſtyle du grand
Temple. La principale porte s'ouvre ;
Caſſandre en ſort, & paroît agité. Il con
fie à Soſtène le trouble dont il eſpère
être bientôt délivré. Les grands Myſtères
vont finir ; il s'eſt fait initier. Il invite
Soſtène à reſter dans le parvis, pour être
témoin de ſes premiers devoirs & de ſes
premiers ſoins envers Olympie. Cette
Olympie eſt une Eſclave enlevée dans
ſon enfance par Antipatre, qui avoit des
raiſons pour cacher le ſecret de ſa naiſ
ſance ; Caſſandre le ſçait & veut ré
parer l'outrage. Il avertit Soſtène que
cette prétendue Eſclave doit être reſpec
tée. Elle expie, dit-il , entre les mains
des Prêtreſſes qui la préſentent au Tem
ple, des forfaits qu'elle ne connoît pas,
& qu'il deſire ardemment qu'elle ne
connoiſſe jamais. Ce ſecret inquiète An
tigone. Il veut l'arracher de Caſſandre.
Il vient avant le jour le trouver pour ce
la dans les Parvis de ce Temple. Il ex
horte Caſſandre au nom de leur ancienne
amitié,à réunir leurs forces pour partager
laTerre entr'eux,&pour§ les con
quêtes d'Aléxandre contre les ennemis
H ij
*.
172 MERCURE DE FRANCE.
qui viennent de toutes parts s'emparer de
ces riches dépouiles.Sur un regret qui
échappe à Caſſandre, Antigone veut cal
mer ſes remords.Le premier avoitpréſen
té dans un feſtin le poiſon qui cauſa la
mort d'Aléxandre. Il lui avoit été donné
par ſon père Antipatre, mais fans lui en
avoir confié le ſecret Antigone , par le
portrait qu'il fait d'Aléxandre, entre
piend devguſtifier l'attentat. L'âme de
Caſſandre s'épouvante toujours de l'hor
reur du crime. Antigone, qui veut aller
à ſon but ſur le ſecret qu'il a deſſein
de pénétrer , reclame de nouveau l'ami
tié de Caſſandre. Il en exige une pro
meſſe de lui accorder ce qu'il demande
- ra. Caſſandre promet , Antigone ne de
mande qu'une Eſclave; mais cette Eſ
clave eſt Olympie. A cette demande
Caſſandre eſt troublé. Son ami inſiſte,
il répond par ces Vers :
» Sous les yeux vigilans des Dieux & des Déeſſes,
- olympie eſtgardée au milieu des Prêtreſſes.
» Les portes s'ouvriront quand il en ſera temps.
• Dans ce Parvis ouvert au reſte des vivans,
» Sans vous plaindre de moi, daignez au moins
-
-
» m'attendre.
# prendre,
T
,
•
-
» Des Myſtères nouveaux pourront vous y ſur
-
M A I. 1764.
- » Et vous déciderez ſi la Terre a des Rois
2º Qui puiſſent aſſervir Olympie à leurs loix.
173
Caſſandre rentre dans le Temple ;
Antigone crojt avoir pénétré le grand
myſtère qu'il ſoupçonne ſur le ſort d'O-
lympie. On ouvre les trois portes du
Temple , dont on découvre l'intérieur.
Les Prêtres d'un côté & les Prêtreſſes de
Pautre environnent l'Autel , ſur lequel
Caſſandre & Olympie méttent la main :
ils prononcent alternativement en pré
ſence de l'Hierophante, des ſermens
préparatoires de l'Hymen dont on va
célébrer la pompe. Caſſandre en appelle
à Antigone lui même, pour ſçavoir ſi,
malgré les liens de l'amitié, il pouvoit
lui faire un tel ſacrifice, & les portes du
Temple ſe referment. Antigone eſt plus
confirmé que jamais dans ſes ſoupçons
ſur le ſort d'Olympie. L'ambition & l'a-
mour ſe réuniſſent pourl'animer. Olym
pie a des droits qui peuvent élever ſon
Epoux au rang de Roi des Rois. L'a-
mour a plus d'empire ſur ſon cœur qu'il
ne croyoit lui-même ; tout excite ſa ja
louſie , tout enflâme ſa colère.. La pom
pe de l'Hymen qui s'apprête irrite & re
double en lui ces cruelles paſſions. Il
s'écarte des objets qui le bleſſent. Il va
-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
concerter les projets furieux qu'il con
çoit, pour empêcher que l'Hymen de
Caſſandre & d'Olympie ne s'accom
pliſſe.
-
A C T E I I.
: Les trois portes ſont ouvertes. Tout
le Théâtre eſt réputé alors l'intérieur
du Temple. L'Hierophante eſt envi
ronné des Prêtres & des Prêtreſſes.
Une ſeule Prêtreſſe, enſévelie dans ſa
douleur , n'aſſiſte point aux Myſtères.
Mais le ſort l'a nommée pour la célébra
tion de l'Hymen qui ſe prépare. La voix
du Sort eſt regardée comme celle de
Dieu même ; il faut qu'elle obéiſſe. Une
Prêtreſſe inférieure eſt chargée de la faire
venir. Elle paroît, elle regrette en larmes
la néceſſité qui l'arrache à ſa retraite.
Une autre néceſſité l'accable : ſon ſort
étoit reſté inconnu même dans l'intérieur
du Temple. Les loix du Rit qu'on y
pratique exigent qu'elle ſe déclare. Elle
cède avec effort ; elle prend le ſerment
de tout ce qui aſſiſte ſur les ſecrets qu'elle
va révéler.
Elle s'informe auparavant
s'il eſt vrai que Caſſandre ſoit au nombre
· des Initiés. Elle gémit de ce qu'il parle
aux mêmesDieux qu'elle. L'Hierophante
cherche à la conſoler par des ſentimens
t
- --
-
M A I. 1764.
,
175
de Religion. Enfin cette Prêtreſſe voi
lée eſt Statira ; c'eſt la fille de Darius ,
c'eſt la veuve d'Aléxandre , qui décla
re que Caſſandre eſt l'auteur de la
mort de ſon Maître, qu'il a plongé dans
ſon ſein à elle-même un fer meurtrier ,
& qu'il
l'a laiſſée mourante , ſur le
corps de ſon auguſte Epoux. L'Hiero
phante veut ſe proſterner aux pieds de
cette grande Reine ; mais elle ne de
mande de reſpect que pour ſa douleur.
Elle connoît trop le néant des grandeurs
du monde. Un vil étranger, un pauvre,
ſoulagea la miſère de Darius ; une fem
me Ephéſienne lui a ſauvé la vie à elle
même, abandonnée de ſes amis & de
ſes Sujets. Cette femme eſt la Prêtreſſe
inférieure qui l'accompagne ; l'horreur
du monde l'a déterminée à s'enterrer
vivante au fond de ce Temple. Elle
pleure une fille , un enfant arraché de
ſes bras ſanglans Quelques efforts qu'il
en puiſſe coûter à ſon cœur, la loi qu'elle
, a embraſſée l'oblige en cette occaſion à
bénir elle-même l'Hymen d'Olympie &
de Caſſandre : c'eſt elle qui doit préſen
ter le feu ſacré, l'eau luſtrale, l'encens,
enfin tout ce qui doit conſacrer cette au
· guſte Cérémonie. L'Hierophante plaint
Statira, & la laiſſe ſeule attendre Olym
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
ie Celle - ci s'avance. Le Temple eſt
ébranlé à ſon approche. - Le cœur de
Statira eſt ému juſqu'au trouble, à l'aſ
pect de cette jeune Perſonne, qu'elle re
garde comme une victime dévouée au
malheur. Elle plaint ſur tout l'illuſion de
ſon cœur , quand elle entend de ſa bou
che ingénue la déclaration vraie & ſin
cère de ſes ſentimens pour Caſſandre.
» Depuis " dit olympie) que je tombai en ſes au
» guſtes mains,
-
» J'ai vu toujours en lui le plus grand des Humains.
» Je chéris un Epoux, & je révère un Maître.
» Voilà mes ſentimens, & voilà tout mon être.-
C'eſt dans cette Scène que ſe prépare
de la manière la plus naturelle & la plus
intéreſſante , la reconnoiſſance entre la
mère & la fille. Toutes les réponſes
d'Olympie aux queſtions de Statira ſur
ſon ſort, ſur les époques de ſa naiſſance
& de ſon eſclavage, jettent une lumière
encore indéciſe, mais qui frappe ſenſi
Àblement l'âme de cette mère infortunée.
L'Hierophante ſurvient : il achève d'é-
claircir ce grand évènement. Il apprend
·à Statira qu'Antigone, que les Peuples,
· que l'Armée, que toutes les voix enfin ſe
réuniſſent à déclarer que cette Olympie
-
, M A I. 1764.
177
eſt fille d'Aléxandre. Ce bonheur eſt
mêlé pour Statira de l'affreuſe amertu
me qu'y répand l'Hymen projetté. On
menace le Temple ; des Soldats l'envi
ronnent. Ephèſe eſt diviſée en deux fac
. tions. L'Hierophante exhorte les Prin
ceſſes à demeurer au pied des Autels. Il
va ſe préſenter aux Rois audacieux †
menacent de violer la ſainteté de ſon
aſyle ; & ſi la tyrannie, dit-il, oſoit en
approcher ,
23 marcher.
-
» C'eſt ſur ſon corps ſanglant qu'il lui faudra
Statira fait des vœux pour le ſuccès
des armes d'Antigone , & de doulou
reuſes réfléxions ſur la néceſſité où elle
eſt de n'attendre du ſecours que de ſes
ennemis qui ont été ſes Sujets. Elle ex
horte Olympie à ſuivre le devoir qu'el
le-même s'eſt preſcrit, de ſoutenir le
grand nom qui reſte à la mère & à la
fille.
·
·
·
·
·
A c T E I I i
, ,
| LE Temple eſt fermé. Caſſandre &
Soſtène ſont dans le périſtile. Le pre
mier a cédé à la voix publique. Il eſt
convenu qu'Olympie º# d'Aléxan
178 MERCURE DE FRANCE.
dre. Antigone, abuſant de la religion ,
qu'il ne reſpecte pas, a ſoulevé le Peu
ple, & fait enviſager comme un crime
affreux l'hymen de Caſſandre avec une
fille dont il a tué la mère. Caſſandre
convient avoir tué Statira , mais c'eſt .
dans le tumulte & l'horreur des com
bats. Son plus grand ſupplice eſt d'être
coupable aux yeux d'Olympie qu'il
adore. Il eſpére cependant de la ten
dreſſe d'Olympie, dont le cœur eſt à lui
dès l'enfance. Mais ſi elle retiroit la
inain qu'elle lui a donnée, il menace
de détruire le Temple même dont il eſt
le défenſeur.
Il cherche Olympie ,
il
eſt arrêté par l'Hierophante. Il lui de
mande la Princeſſe , l'Hierophante lui
| promet que la Prêtreſſe chargée du ſoin
ſacré de la cérémonie, va bientôt l'a-
mener; mais il fait des vœux pour que
cet hymen n'occaſionne pas le mal
heur de l'un & de l'autre époux. Ces
vœux allarment Caſſandre , il veut faire
expliquer l'Hierophante, il l'accuſe d'ê-
trc du parti d'Antigone contre lui. Le
Grand-Prêtre répond à ce ſoupçon avec
· une religieuſe fermeté.
-
» Me préſervent les cieux de paſſer les limites
» Que mon culte paiſible à mon zéle a preſcrites
* -
M A I. 1764
:
1-3
» Les intrigues des cours, les cris des factions, .
» Des humains que je fuis les triſtes paſſions
» N'ont point encor troublé nos retraites obſcures,
» Au Dieu que nous ſervons nous levons des
» mains pures.
-
» Les débats des grands Rois prompts à ſe divi
» ſer 2
v
» Ne ſont connus de nous que pour les appaiſer.
» Et nous ignorerions leurs grandeurs paſſagères,
» Sans le fatal beſoin qu'ils ont de nos prières.
;
•
.
.
•
•
.
&c. &c.
•
-
· Olympie s'avance avec Statira voi
lée. Dans cette Scène, en même temps
terrible & attendriſſante, Caſfandre re
connoît Statira dans les bras de laquelle
ſejette Olympie. Caſſandre eſt confondu
& accablé de ſes remords. Statira lui
rappelle tous les crimes qu'elle lui re
proche. Il ne prétend s'excuſer ſur rien,
Olympie, preſſée par un devoir qu'elle
croit ſacré, demande elle-même à ſa
mère d'éteindre les flambeaux d'un ſi
funeſte hyménée. Caſſandre au déſeſ
oir, Caſſandre, qui a mis ſon Sceptre
ſa Couronne aux pieds de ces Prin
ceſſes, ſans prétendre ſe juſtifier, n'é-
coutant plus qu'un amour auquel il ne
peut réſiſter, jure d'enlever du Temple
& même des bras de ſa mère la triſte
H vj.
5
-
18o MERCURE DE FRANCE.
Olympie qu'il a droit de regarder déjà
comme ſon épouſe. Il ſort & laiſſe les
deux Princeſſes dans les allarmes que
leur cauſe la fureur de ſes menaces. An
tigone vient ſe préſenter à Statira pour
être le défenſeur de la veuve & de la
fille d'Aléxandre. Il demande le ſuffra
ge de Statira ; il l'obtient aiſément du
defir qu'elle a de ſe venger ; mais il
prétend pour prix de ſes ſervices la main
d'Olympie. Statira conſulte l'aveu de ſa
fille. Celle-ci apporte pour excuſe le
trouble affreux de ſa ſituation,& ne pro
met rien. Statira répond de ſon aveu,
Reſtée ſeule avec ſa fille, elle la preſſe
de ſe décider, elle lui propoſe de ral
lumer pour Antigone les flambeaux de
l'hymen éteints pour Caſſandre. Olym
pie ſe défend quelque temps, en pro
,teſtant qu'elle ne veut d'autre Trône ,
d'autre hymen que la retraite obſcure
qu'avoit choiſie ſa mère , pour elle
même. Elle propoſe à cette mère affli
gée, de laiſſer tous les débats de ces
Rois forcenés, de ne point joindre leurs
mains tremblantes, à ces mains meur
trières.
-
• Les larmes ſont pour nous , les crimes ſont
» pour eux.
·
-
Ces larmes , qu'en effet elle voit ré
VA
,
,
A
-
M A I. 1764.
18 x
pandre à ſa fille, glacent d'horreur Sta
tira. La tremblante Olympie ne peut
lui cacher qu'elle aime Caſſandre , mais
elle jure de le fuir. Statira eſt épouvan
tée d'un ſentiment qu'elle déteſte dans
ſa fille, celle-ci tombe à ſes pieds.
-
•
» Hélas, dit-elle, de douleur dévorée,
» Tremblante à vos genoux, je les baigne de
» pleurs.
» Ma mère, pardonnez.
1
ST A T I RA,
» Je pardonne & je meurs :
Olympie jure de ne jamais trahir ſes
devoirs, & de mourir plutôt que d'of
fenſer la gloire des Auteurs de ſa naiſ
ſance. Statira eſt pénétrée de douleur
de voir qu'Olympie peut mourir plutôt
que de haïr l'ennemi qu'elle déteſte.
Mais elle compte ſur ſa vertu, & ne peut
la regarder comme coupable.
-
A C T E I V.
, Antigone eſt dans le périſtile, ſes ſol
dats occupent les paſſages qui condui
ſent au Temple ;le Peuple d'Ephèſe eſt
partagé entre Caſſandre & lui ; le ſignal
de la guerre eſt donné, il y court ; mais
il eſt arrêté par Caſſandre, qui lui re
proche l'amitié trahie, Antigone lui ob
r82 MERCURE DE FRANCE.
jecte ſes crimes & l'erreur à laquelle ii
prétend qu'il devoit la tendreſſe d'O-
lympie. Il lui propoſe de reprendre leur
ancienne alliance , & même de périr
pour lui s'il veut céder Olympie. Caſ -
ſandre ne répond à cette propoſition
que par celle d'un combat ſingulier.
Le combat eſt accepté , ils mettent
répée à la main aux portes du Tem=
ple; l'Hierophante les ouvre. Il apoſtro
phe avec véhémence les deux Rois qui
profanent ſon ſaint aſyle. Les Prêtres,
les Initiés & le peuplé en foule ſe pré
cipitent entre les combattans & les ſé
parent. Antigone perſiſte & atteſte le
Ciel & les Mânes d'Aléxandre qu'il ne
ſouffrira pas qu'un hymen illégitime
s'accompliſſe. Caſſandre n'eſt pas plus
diſpoſé à céder de ſes
prétentions,
L'Hierophante exhorte ce dernier à la
modération. Il lui repréſente la force
de la loi, qui permet à une femme de
paſſer dès le même jour dans les bras
d'un autre époux , ſi le ſien a verſé le
† de quelqu'un de ſa famille, dans
quelque circonſtance & de quelque
rang que ſoit cet époux. De plus , la
mère d'Olympie vit encore, c'eſt à elle
à diſpoſer du ſort de ſa fille. C'eſt à lui
d'attendre les arrêts de l'une & de l'au
*.
'\
M A I. 1764.
183
tre. Antigone ſaiſit comme un eſpoir
certain de ſon ſuccès ce qu'a dit l'Hié
rophante. Caſſandre , libre avec ſon
Confident, ſe promet de ſe porter aux
plus grandes extrémités plutôt que de
renoncer à l'hymen d'Olympie. Mais
Antigone a ſéduit Statira. Il ne doit
pas eſpérer de fléchir cette mère irritée.
Ses remords ne lui laiſſent pas la dou
ceur de penſer qu'Olympie elle-même
puiſſe jamais lui pardonner. Il a formé
le projet de l'enlever aux Dieux mêmes
qu'il a ſervis. Dans ce moment,il apper
- çoit Olympie proſternée aux pieds d'un
Autel. Il ordone à Soſtène d'allet tout
préparer pour l'enlévement.Olympie ap
| perçoit Caſſandre. Celui-ci fait les der
niers efforts pour calmer l'horreur qui
accable l'âme de ſa maîtreſſe. Il la preſſe
de le ſuivre, elle lui demande avec inſ
tance de la fuir. Elle s'irrite de la crainte
qu'il a qu'elle ne céde aux vœux d'An
tigone. Enfin, ſur ce qu'il veut entre
prendre de l'arracher de ſon aſyle, elle
lui demande la mort. Caſſandre lui re
| proche l'excès de ſa haine. Olympie
termine ſes reproches par un dernier
aveu du ſentiment le plus tendre.
» Ma haine eſt-elle juſtè, & l'as-tu méritée ?
-
-
184 MERCURE DE FRANCE.
» Caſſandre, fi ta main féroce, enfanglantée ;-
» Ta main, qui de ma Mère oſa percer le fianc s
» N'eût frappé que moi ſeule & verſé que mora
-
» ſang ,
-
-
· » Je te pardonnerois,je t'aimerois .. .. babare
» Va, tout nous déſunit •
• • • • • • • . .
' Caſſandre inſiſte encore plus vivement:
Quand elle devroit l'épouſer pour lui
percer le cœur, il faut que ſon deſtin
s'accompliſſe , il faut qu'elle le ſuive ... --
--
*-
-
"
» Haïſſez, puniſſez, mais ſuivez votre époux.
Soſtène, interrompt cette Scène en
venant informer Caſſandre qu'Antigone
eſt aux portes du Temple; qu'il cher
che à ſéduire ſes amis , à détourner
, ſes ſoldats, que le Peuple eſt ébranlé ,
qu'il atteſte Aléxandre , Olympie elle
même. Caſſandre accuſe tendrement
· Olympie de vouloir ſa mort. Il lui arra
· che encore un nouvel aveu de ſa foibleſſé.
:
*
o LY MP 1E.
» Moi : vouloir ton trépas ! ... va,j'en ſuis
· » incapable. .. ..
'» Vis loin de moi,
-
C A S S A N'D R E.
º » Sans vous le jour m'eſt érécrable
|
-
M A I. 1764.
185
» Et s'il m'eſt conſervé,je revole en ces lieux ,
» Je vous arrache au Temple, & je meurs à vos
» yeux.
- -
-
-
Olympie ſe reproche amérement les
pleurs que lui coûte Caſſandre. La voix
du devoir, la voix de la nature eſt la
ſeule à qui elle veut obéir. Les Dieux
avoient reçu d'elle les ſermens de l'amour
le plus tendre. Les Dieux ont tout chan
é.... mais qu'ils changent donc ſon
· cœur. C'eſt ce qu'elle implore du Ciel.
» Eh! que peut ſur ſoi-même une foible Mortelle !
·
Elle ſent bien qu'elle enfonce le
trait qu'elle veut arracher. Ce cœur déja
déchiré, va éprouver de nouvelles bleſ
ſures. L'Hiérophaute vient apprendre
à Olympie que Statira ſa Mère, al
# du bruit & du carnage qui pro
fauent lesiſſues du Temple, & voyant
que Caſſandre s'y fraye un chemin,
dans la crainte de voir ſa fille tomber
entre les mains du raviſſeur qu'elle
abhorre, a faiſi le glaive des ſacrifices
& s'en eſt percé le ſein. Caſſandre eſt
à ſes pieds, Caſſandre l'implore , mais
ſa ſoumiſſion & ſes ſoins redoublent
l'horreur de ſes derniers momens. Sta
tira va expirer. Elle a éxigé de l'Hié
".
186 MERCURE DE FRANCE.
rophante qu'il viendroit conſoler Olym
pie & lui dire que la dernière volon
té de ſa Mère, eſt que pour la ven
ger elle épouſe Antigone. Olympie veut
aller mourir près d'elle. L'Hiérophante
lui dit :
» Armez-vous de courage..
-
·
O L Y M P I E.
· A. C T E , V.
-
° ""
» O ſang qui m'a fait naître !
» J'en ai beſoin, Seigneur, & j'en aurai peut
:
·
·
t F
º ..
· Antigone, dans le périſtyle, s'entre
tient avec ſon Confident ſur l'eſpoir qui
femble l'aſſurer de poſſéder Olympie :
les dernières volontés de ſa mère lui
donnent ſur elle des droits irrévocables,.
auxquels il ne doute pas qu'elle ne ſonſ
crive. Si Caſſandre entreprenoit de s'y
oppoſer, il ſe promet de l'en punir. Mais
le reſpect de la Pompe funèbre va ſuſ
pendre toute hoſtilité. L'Hierophante ,
les Prêtres & les Prêtreſſes s'avancent en
pleurant; on ſoutient Olympie, à peine
reſpirante. Antigone s'adreſſe à elle pour
lui promettre de venger ſa mère, & pour
la raſſurer contre toutes les entrepriſes
M A I. 1764.
187
de Caſſandre. Olympie répond par ces
deux vers :
• Ah, Seigneur ! parlez moins de meurtre & de
-
» vengeance.
-
» Elle a vécu, je meurs au reſte des humains. .
- Antigone ſe retire. Olympie conſulte
l'Hierophante, pour ſçavoir s'il ne lui eſt
pas permis de conſacrer le reſte de ſa vie
dans le Temple, & de s'enſévelir dans la
même obſcurité qui avoit dérobé ſa
mère aux regards des humains. Convain
cue par ce Miniſtre des Dieux, que ſi
elle ne choiſit pas Antigone pour époux,
il faut qu'elle retombe au pouvoir de
Caſſandre, elle prend ſon parti; &, ſans
s'expliquer davantage, elle dit à l'Hiero
phante que ſon choix eſt fait, qu'elle eſt
déterminée.. ..... Lorſqu'il veut ſçavoir
d'elle ſur qui tombe ce choix, elle lui
rappelle le contraſte inconciliable qu'il
trouve lui-même entre les flambeaux de
la mort & ceux de l'Hymen. Elle s'in
forme s'il lui ſera permis d'approcher du
corps de ſa mère, & de lui rendre les
derniers dévoirs ſur le Bucher. L'Hiero
phante l'aſſure que non-ſeulement elle le
peut, mais qu'elle le doit. C'eſt elle qui
préſentera les offrandes funéraires, c'eſt
·
183 MERCURE DE FRANCE.
elle qui fera les libations , &c. Les
Prêtreſſes apportent tout ce qui eſt né
ceſſaire pour cette lugubre cérémonie.
Olympie preſſe l'Hierophante de tout
préparer. Elle le prie de faire venir les
deux Rois rivaux.
C'eſt devant eux
qu'elle veut s'expliquer, aux pieds des
Autels, à l'aſpect de ſa mère, aux yeux
des Prêtreſſes..
» Témoins de mes malheurs, témoins de mes
» promeſſes,
s
-
-
» Mes ſentimens, mon choix vont être déclarés.
»Vous les plaindrez peut-être, & les approuverez,
Olympie gémit en ſecret de l'empire
cruel que Caſſandre conſerve malgré
elle ſur ſon cœur. Il arrive le premier,
il vient offrir de s'immoler , il ſe re
connoît auſſi coupable que malheu
reux ; mais il invoque toujours les ſer
mens de l'Hymen. Il ſe jette à ſes ge
noux ,
•s Venge-toi, dit-il, punis-moi; mais ne ſois pointº
» parjure.
.
-
» Va,l'Hymen eſt encor plus ſaint que la Nature
Elle le fait relever, en le conjurant de
ne pas ſouiller les dons qu'elle va pré
· ſenter, & de ne pas approcher du lieu
-
M A I. 1764.
189
de la Cérémonie. Antigone de ſon côté
vient preſſer la Princeſſe de s'expliquer.
Elle le promet; mais elle exige, de mê
me que de Caſſandre, qu'il la reſpecte
en ces momens funébres, & qu'il ſe ſou
mette à ſes volontés. Les deux rivaux en
font le ferment. Alors Olympie s'accuſe
elle même d'avoir mérité ſes malheurs,
d'avoir trahi ſes parens dès qu'elle les a
connus. Sa mère en expirant lui a or
donné d'épouſer Antigone, elle a refu
ſé d'obéir. Elle interrompt le reproche
que veut faire Antigone, en lui diſant :
» A ſes Mânes (de ſa mère) à vous, je ne fais
» point d'injure ; .
'
-
» Je rends juſtice à tous, & je la rends à moi ,
» Coſſandre, devant lui je vousdonnai ma foi,
» Voyez ſi mes liens ont été légitimes ;
» Je vous laiſſe en juger , vous connoiſſez vos
» crimes.
» Il ſeroit ſuperflu de vous les reprocher,
•s Réparez-les un jour...
On voit le Bucher déjà embrâſé ;
Olympie le fait conſidérer à Caſſandre ;
elle y monte avec une noble & modeſte
aſſurance ; elle y fait toutes les céré-
monies du culte des Anciens, & rela
tives à leur grande vénération pour les
Mânes de leurs parens.
4
|
|
|
#
º,
·
sgo MERCURE DE FRANCE.
Après une apoſtrophe à Caſſandre,
· qui rappelle & ſes crimes & les malheurs
d'Olympie, en lui diſant :
» Tu crois mes lâches feux de mon âme bannie ;
» Apprends que je t'adore, & que je m'en punis. - -
» Cendres de Statira ! recevez Olympie.
Elle ſe jette dans le Bucher, & diſpa
roît comme dévorée par les flammes.
L'Hiérophante , les Prêtres & les Prê
treſſes ainſi que tous les Afſiſtans ſont
ſaiſis de terreur & d'admiration. Caſ
ſandre, en ſe frappant, s'immole à ſon
amour & à ſes remords. Il exhorte An
tigone à l'imiter. .
-
Ainſi finit cette Tragédie , par un
coup de Théâtre auſſi neuf ſur no
,tre Scène, que pathétique & pittoreſ
'que. Coup de Théâtrè auquel le talent
ſublime de Mlle Clairon pour la repré
ſentation, met une vérité & une di
gnité , qui en ont toujours rendu l'effet
admirable.
-
-
-
N. B. Nous n'ajouterons point de re
marques à celles qui ſont imprimées avec,
cette Piéce. Il y auroit une préſomption
répréhenſible en nous , de prétendre
donner plus d'éclairciſſemens au Lec
teur ſur les Ouvrages de l'Auteur d'O-
-
M A I. 1764.
I 9 I
lympie, qu'il en donne lui-même. Su
périeur à nos éloges, il en ſeroit peu
flatté, & le Public n'a pas beſoin d'être
· excité à lui donner tous ceux que ſes
productions ſont en droit d'obtenir.
Nous nous arrêterons, ſur cette Tra
gédie, à un fait bien conſtaté, c'eſt que
les repreſentations ont attiré & atta
ché un un fort grand nombre de Spec
tateurs. Il y a , comme on voit dans
la
texture de ce Drame , une aſſez
grande quantité de points tragiques ,
qui naiſſent des ſituations. La fingu
larité du Spectacle , ſa pompe & ſa
majeſté, imprimeront toujours une ſor
te d'émotion, que l'art ne doit peut
être pas dédaigner de mettre au nombre
de ſes moyens, mais dont il ſeroit dan
· gereux de faire trop uſage.
M. de VOLTAIRE. *
PERSONNAGES. ACTEURS.
OLYMPIE, Fille d'Aléxandre,
Mlle Clairon,
CASSANDRE, Fils d'Antipatre,
-
, Roi de Macédoine,
M. le Kain.
ANTIGONE, Roi d'une partie
-
de l'Aſie,
· M. Bellecour.
-
-
sTATIRA, veuve d'Alexandre, Mlle Dumeſnil
L'HIEROPHANTE, ou Grand
Prêtre qui préſide à la Célé
M, Britard. -
bration des grands Myſtères 2
soSTENE, Officier de Caſſandre, M. Dauberval.
HERMAS, Officier d'Antigone, M. Blainville,
Prêtres initiés, Prêtreſſes, Soldats
#
& Peuple.
.
*
-
-
La Scène eſt dans le Temple d'Ephèſe, où l'on cé
lébre les grands Myſtères.
:
* Comme cette Pièce eſt imprimée depuis long
temps, & qu'elle eſt entre les mains de tout le
monde , ainſi que tout ce qui s'imprime d'un Au
teur auſſi célébre, nous nous bornons à une ſimple
Notice.
º
· M A I. 1764.
171
A C T E P R E M I E R.
SosTENE eſt dans le Périſtyle du grand
Temple. La principale porte s'ouvre ;
Caſſandre en ſort, & paroît agité. Il con
fie à Soſtène le trouble dont il eſpère
être bientôt délivré. Les grands Myſtères
vont finir ; il s'eſt fait initier. Il invite
Soſtène à reſter dans le parvis, pour être
témoin de ſes premiers devoirs & de ſes
premiers ſoins envers Olympie. Cette
Olympie eſt une Eſclave enlevée dans
ſon enfance par Antipatre, qui avoit des
raiſons pour cacher le ſecret de ſa naiſ
ſance ; Caſſandre le ſçait & veut ré
parer l'outrage. Il avertit Soſtène que
cette prétendue Eſclave doit être reſpec
tée. Elle expie, dit-il , entre les mains
des Prêtreſſes qui la préſentent au Tem
ple, des forfaits qu'elle ne connoît pas,
& qu'il deſire ardemment qu'elle ne
connoiſſe jamais. Ce ſecret inquiète An
tigone. Il veut l'arracher de Caſſandre.
Il vient avant le jour le trouver pour ce
la dans les Parvis de ce Temple. Il ex
horte Caſſandre au nom de leur ancienne
amitié,à réunir leurs forces pour partager
laTerre entr'eux,&pour§ les con
quêtes d'Aléxandre contre les ennemis
H ij
*.
172 MERCURE DE FRANCE.
qui viennent de toutes parts s'emparer de
ces riches dépouiles.Sur un regret qui
échappe à Caſſandre, Antigone veut cal
mer ſes remords.Le premier avoitpréſen
té dans un feſtin le poiſon qui cauſa la
mort d'Aléxandre. Il lui avoit été donné
par ſon père Antipatre, mais fans lui en
avoir confié le ſecret Antigone , par le
portrait qu'il fait d'Aléxandre, entre
piend devguſtifier l'attentat. L'âme de
Caſſandre s'épouvante toujours de l'hor
reur du crime. Antigone, qui veut aller
à ſon but ſur le ſecret qu'il a deſſein
de pénétrer , reclame de nouveau l'ami
tié de Caſſandre. Il en exige une pro
meſſe de lui accorder ce qu'il demande
- ra. Caſſandre promet , Antigone ne de
mande qu'une Eſclave; mais cette Eſ
clave eſt Olympie. A cette demande
Caſſandre eſt troublé. Son ami inſiſte,
il répond par ces Vers :
» Sous les yeux vigilans des Dieux & des Déeſſes,
- olympie eſtgardée au milieu des Prêtreſſes.
» Les portes s'ouvriront quand il en ſera temps.
• Dans ce Parvis ouvert au reſte des vivans,
» Sans vous plaindre de moi, daignez au moins
-
-
» m'attendre.
# prendre,
T
,
•
-
» Des Myſtères nouveaux pourront vous y ſur
-
M A I. 1764.
- » Et vous déciderez ſi la Terre a des Rois
2º Qui puiſſent aſſervir Olympie à leurs loix.
173
Caſſandre rentre dans le Temple ;
Antigone crojt avoir pénétré le grand
myſtère qu'il ſoupçonne ſur le ſort d'O-
lympie. On ouvre les trois portes du
Temple , dont on découvre l'intérieur.
Les Prêtres d'un côté & les Prêtreſſes de
Pautre environnent l'Autel , ſur lequel
Caſſandre & Olympie méttent la main :
ils prononcent alternativement en pré
ſence de l'Hierophante, des ſermens
préparatoires de l'Hymen dont on va
célébrer la pompe. Caſſandre en appelle
à Antigone lui même, pour ſçavoir ſi,
malgré les liens de l'amitié, il pouvoit
lui faire un tel ſacrifice, & les portes du
Temple ſe referment. Antigone eſt plus
confirmé que jamais dans ſes ſoupçons
ſur le ſort d'Olympie. L'ambition & l'a-
mour ſe réuniſſent pourl'animer. Olym
pie a des droits qui peuvent élever ſon
Epoux au rang de Roi des Rois. L'a-
mour a plus d'empire ſur ſon cœur qu'il
ne croyoit lui-même ; tout excite ſa ja
louſie , tout enflâme ſa colère.. La pom
pe de l'Hymen qui s'apprête irrite & re
double en lui ces cruelles paſſions. Il
s'écarte des objets qui le bleſſent. Il va
-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
concerter les projets furieux qu'il con
çoit, pour empêcher que l'Hymen de
Caſſandre & d'Olympie ne s'accom
pliſſe.
-
A C T E I I.
: Les trois portes ſont ouvertes. Tout
le Théâtre eſt réputé alors l'intérieur
du Temple. L'Hierophante eſt envi
ronné des Prêtres & des Prêtreſſes.
Une ſeule Prêtreſſe, enſévelie dans ſa
douleur , n'aſſiſte point aux Myſtères.
Mais le ſort l'a nommée pour la célébra
tion de l'Hymen qui ſe prépare. La voix
du Sort eſt regardée comme celle de
Dieu même ; il faut qu'elle obéiſſe. Une
Prêtreſſe inférieure eſt chargée de la faire
venir. Elle paroît, elle regrette en larmes
la néceſſité qui l'arrache à ſa retraite.
Une autre néceſſité l'accable : ſon ſort
étoit reſté inconnu même dans l'intérieur
du Temple. Les loix du Rit qu'on y
pratique exigent qu'elle ſe déclare. Elle
cède avec effort ; elle prend le ſerment
de tout ce qui aſſiſte ſur les ſecrets qu'elle
va révéler.
Elle s'informe auparavant
s'il eſt vrai que Caſſandre ſoit au nombre
· des Initiés. Elle gémit de ce qu'il parle
aux mêmesDieux qu'elle. L'Hierophante
cherche à la conſoler par des ſentimens
t
- --
-
M A I. 1764.
,
175
de Religion. Enfin cette Prêtreſſe voi
lée eſt Statira ; c'eſt la fille de Darius ,
c'eſt la veuve d'Aléxandre , qui décla
re que Caſſandre eſt l'auteur de la
mort de ſon Maître, qu'il a plongé dans
ſon ſein à elle-même un fer meurtrier ,
& qu'il
l'a laiſſée mourante , ſur le
corps de ſon auguſte Epoux. L'Hiero
phante veut ſe proſterner aux pieds de
cette grande Reine ; mais elle ne de
mande de reſpect que pour ſa douleur.
Elle connoît trop le néant des grandeurs
du monde. Un vil étranger, un pauvre,
ſoulagea la miſère de Darius ; une fem
me Ephéſienne lui a ſauvé la vie à elle
même, abandonnée de ſes amis & de
ſes Sujets. Cette femme eſt la Prêtreſſe
inférieure qui l'accompagne ; l'horreur
du monde l'a déterminée à s'enterrer
vivante au fond de ce Temple. Elle
pleure une fille , un enfant arraché de
ſes bras ſanglans Quelques efforts qu'il
en puiſſe coûter à ſon cœur, la loi qu'elle
, a embraſſée l'oblige en cette occaſion à
bénir elle-même l'Hymen d'Olympie &
de Caſſandre : c'eſt elle qui doit préſen
ter le feu ſacré, l'eau luſtrale, l'encens,
enfin tout ce qui doit conſacrer cette au
· guſte Cérémonie. L'Hierophante plaint
Statira, & la laiſſe ſeule attendre Olym
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
ie Celle - ci s'avance. Le Temple eſt
ébranlé à ſon approche. - Le cœur de
Statira eſt ému juſqu'au trouble, à l'aſ
pect de cette jeune Perſonne, qu'elle re
garde comme une victime dévouée au
malheur. Elle plaint ſur tout l'illuſion de
ſon cœur , quand elle entend de ſa bou
che ingénue la déclaration vraie & ſin
cère de ſes ſentimens pour Caſſandre.
» Depuis " dit olympie) que je tombai en ſes au
» guſtes mains,
-
» J'ai vu toujours en lui le plus grand des Humains.
» Je chéris un Epoux, & je révère un Maître.
» Voilà mes ſentimens, & voilà tout mon être.-
C'eſt dans cette Scène que ſe prépare
de la manière la plus naturelle & la plus
intéreſſante , la reconnoiſſance entre la
mère & la fille. Toutes les réponſes
d'Olympie aux queſtions de Statira ſur
ſon ſort, ſur les époques de ſa naiſſance
& de ſon eſclavage, jettent une lumière
encore indéciſe, mais qui frappe ſenſi
Àblement l'âme de cette mère infortunée.
L'Hierophante ſurvient : il achève d'é-
claircir ce grand évènement. Il apprend
·à Statira qu'Antigone, que les Peuples,
· que l'Armée, que toutes les voix enfin ſe
réuniſſent à déclarer que cette Olympie
-
, M A I. 1764.
177
eſt fille d'Aléxandre. Ce bonheur eſt
mêlé pour Statira de l'affreuſe amertu
me qu'y répand l'Hymen projetté. On
menace le Temple ; des Soldats l'envi
ronnent. Ephèſe eſt diviſée en deux fac
. tions. L'Hierophante exhorte les Prin
ceſſes à demeurer au pied des Autels. Il
va ſe préſenter aux Rois audacieux †
menacent de violer la ſainteté de ſon
aſyle ; & ſi la tyrannie, dit-il, oſoit en
approcher ,
23 marcher.
-
» C'eſt ſur ſon corps ſanglant qu'il lui faudra
Statira fait des vœux pour le ſuccès
des armes d'Antigone , & de doulou
reuſes réfléxions ſur la néceſſité où elle
eſt de n'attendre du ſecours que de ſes
ennemis qui ont été ſes Sujets. Elle ex
horte Olympie à ſuivre le devoir qu'el
le-même s'eſt preſcrit, de ſoutenir le
grand nom qui reſte à la mère & à la
fille.
·
·
·
·
·
A c T E I I i
, ,
| LE Temple eſt fermé. Caſſandre &
Soſtène ſont dans le périſtile. Le pre
mier a cédé à la voix publique. Il eſt
convenu qu'Olympie º# d'Aléxan
178 MERCURE DE FRANCE.
dre. Antigone, abuſant de la religion ,
qu'il ne reſpecte pas, a ſoulevé le Peu
ple, & fait enviſager comme un crime
affreux l'hymen de Caſſandre avec une
fille dont il a tué la mère. Caſſandre
convient avoir tué Statira , mais c'eſt .
dans le tumulte & l'horreur des com
bats. Son plus grand ſupplice eſt d'être
coupable aux yeux d'Olympie qu'il
adore. Il eſpére cependant de la ten
dreſſe d'Olympie, dont le cœur eſt à lui
dès l'enfance. Mais ſi elle retiroit la
inain qu'elle lui a donnée, il menace
de détruire le Temple même dont il eſt
le défenſeur.
Il cherche Olympie ,
il
eſt arrêté par l'Hierophante. Il lui de
mande la Princeſſe , l'Hierophante lui
| promet que la Prêtreſſe chargée du ſoin
ſacré de la cérémonie, va bientôt l'a-
mener; mais il fait des vœux pour que
cet hymen n'occaſionne pas le mal
heur de l'un & de l'autre époux. Ces
vœux allarment Caſſandre , il veut faire
expliquer l'Hierophante, il l'accuſe d'ê-
trc du parti d'Antigone contre lui. Le
Grand-Prêtre répond à ce ſoupçon avec
· une religieuſe fermeté.
-
» Me préſervent les cieux de paſſer les limites
» Que mon culte paiſible à mon zéle a preſcrites
* -
M A I. 1764
:
1-3
» Les intrigues des cours, les cris des factions, .
» Des humains que je fuis les triſtes paſſions
» N'ont point encor troublé nos retraites obſcures,
» Au Dieu que nous ſervons nous levons des
» mains pures.
-
» Les débats des grands Rois prompts à ſe divi
» ſer 2
v
» Ne ſont connus de nous que pour les appaiſer.
» Et nous ignorerions leurs grandeurs paſſagères,
» Sans le fatal beſoin qu'ils ont de nos prières.
;
•
.
.
•
•
.
&c. &c.
•
-
· Olympie s'avance avec Statira voi
lée. Dans cette Scène, en même temps
terrible & attendriſſante, Caſfandre re
connoît Statira dans les bras de laquelle
ſejette Olympie. Caſſandre eſt confondu
& accablé de ſes remords. Statira lui
rappelle tous les crimes qu'elle lui re
proche. Il ne prétend s'excuſer ſur rien,
Olympie, preſſée par un devoir qu'elle
croit ſacré, demande elle-même à ſa
mère d'éteindre les flambeaux d'un ſi
funeſte hyménée. Caſſandre au déſeſ
oir, Caſſandre, qui a mis ſon Sceptre
ſa Couronne aux pieds de ces Prin
ceſſes, ſans prétendre ſe juſtifier, n'é-
coutant plus qu'un amour auquel il ne
peut réſiſter, jure d'enlever du Temple
& même des bras de ſa mère la triſte
H vj.
5
-
18o MERCURE DE FRANCE.
Olympie qu'il a droit de regarder déjà
comme ſon épouſe. Il ſort & laiſſe les
deux Princeſſes dans les allarmes que
leur cauſe la fureur de ſes menaces. An
tigone vient ſe préſenter à Statira pour
être le défenſeur de la veuve & de la
fille d'Aléxandre. Il demande le ſuffra
ge de Statira ; il l'obtient aiſément du
defir qu'elle a de ſe venger ; mais il
prétend pour prix de ſes ſervices la main
d'Olympie. Statira conſulte l'aveu de ſa
fille. Celle-ci apporte pour excuſe le
trouble affreux de ſa ſituation,& ne pro
met rien. Statira répond de ſon aveu,
Reſtée ſeule avec ſa fille, elle la preſſe
de ſe décider, elle lui propoſe de ral
lumer pour Antigone les flambeaux de
l'hymen éteints pour Caſſandre. Olym
pie ſe défend quelque temps, en pro
,teſtant qu'elle ne veut d'autre Trône ,
d'autre hymen que la retraite obſcure
qu'avoit choiſie ſa mère , pour elle
même. Elle propoſe à cette mère affli
gée, de laiſſer tous les débats de ces
Rois forcenés, de ne point joindre leurs
mains tremblantes, à ces mains meur
trières.
-
• Les larmes ſont pour nous , les crimes ſont
» pour eux.
·
-
Ces larmes , qu'en effet elle voit ré
VA
,
,
A
-
M A I. 1764.
18 x
pandre à ſa fille, glacent d'horreur Sta
tira. La tremblante Olympie ne peut
lui cacher qu'elle aime Caſſandre , mais
elle jure de le fuir. Statira eſt épouvan
tée d'un ſentiment qu'elle déteſte dans
ſa fille, celle-ci tombe à ſes pieds.
-
•
» Hélas, dit-elle, de douleur dévorée,
» Tremblante à vos genoux, je les baigne de
» pleurs.
» Ma mère, pardonnez.
1
ST A T I RA,
» Je pardonne & je meurs :
Olympie jure de ne jamais trahir ſes
devoirs, & de mourir plutôt que d'of
fenſer la gloire des Auteurs de ſa naiſ
ſance. Statira eſt pénétrée de douleur
de voir qu'Olympie peut mourir plutôt
que de haïr l'ennemi qu'elle déteſte.
Mais elle compte ſur ſa vertu, & ne peut
la regarder comme coupable.
-
A C T E I V.
, Antigone eſt dans le périſtile, ſes ſol
dats occupent les paſſages qui condui
ſent au Temple ;le Peuple d'Ephèſe eſt
partagé entre Caſſandre & lui ; le ſignal
de la guerre eſt donné, il y court ; mais
il eſt arrêté par Caſſandre, qui lui re
proche l'amitié trahie, Antigone lui ob
r82 MERCURE DE FRANCE.
jecte ſes crimes & l'erreur à laquelle ii
prétend qu'il devoit la tendreſſe d'O-
lympie. Il lui propoſe de reprendre leur
ancienne alliance , & même de périr
pour lui s'il veut céder Olympie. Caſ -
ſandre ne répond à cette propoſition
que par celle d'un combat ſingulier.
Le combat eſt accepté , ils mettent
répée à la main aux portes du Tem=
ple; l'Hierophante les ouvre. Il apoſtro
phe avec véhémence les deux Rois qui
profanent ſon ſaint aſyle. Les Prêtres,
les Initiés & le peuplé en foule ſe pré
cipitent entre les combattans & les ſé
parent. Antigone perſiſte & atteſte le
Ciel & les Mânes d'Aléxandre qu'il ne
ſouffrira pas qu'un hymen illégitime
s'accompliſſe. Caſſandre n'eſt pas plus
diſpoſé à céder de ſes
prétentions,
L'Hierophante exhorte ce dernier à la
modération. Il lui repréſente la force
de la loi, qui permet à une femme de
paſſer dès le même jour dans les bras
d'un autre époux , ſi le ſien a verſé le
† de quelqu'un de ſa famille, dans
quelque circonſtance & de quelque
rang que ſoit cet époux. De plus , la
mère d'Olympie vit encore, c'eſt à elle
à diſpoſer du ſort de ſa fille. C'eſt à lui
d'attendre les arrêts de l'une & de l'au
*.
'\
M A I. 1764.
183
tre. Antigone ſaiſit comme un eſpoir
certain de ſon ſuccès ce qu'a dit l'Hié
rophante. Caſſandre , libre avec ſon
Confident, ſe promet de ſe porter aux
plus grandes extrémités plutôt que de
renoncer à l'hymen d'Olympie. Mais
Antigone a ſéduit Statira. Il ne doit
pas eſpérer de fléchir cette mère irritée.
Ses remords ne lui laiſſent pas la dou
ceur de penſer qu'Olympie elle-même
puiſſe jamais lui pardonner. Il a formé
le projet de l'enlever aux Dieux mêmes
qu'il a ſervis. Dans ce moment,il apper
- çoit Olympie proſternée aux pieds d'un
Autel. Il ordone à Soſtène d'allet tout
préparer pour l'enlévement.Olympie ap
| perçoit Caſſandre. Celui-ci fait les der
niers efforts pour calmer l'horreur qui
accable l'âme de ſa maîtreſſe. Il la preſſe
de le ſuivre, elle lui demande avec inſ
tance de la fuir. Elle s'irrite de la crainte
qu'il a qu'elle ne céde aux vœux d'An
tigone. Enfin, ſur ce qu'il veut entre
prendre de l'arracher de ſon aſyle, elle
lui demande la mort. Caſſandre lui re
| proche l'excès de ſa haine. Olympie
termine ſes reproches par un dernier
aveu du ſentiment le plus tendre.
» Ma haine eſt-elle juſtè, & l'as-tu méritée ?
-
-
184 MERCURE DE FRANCE.
» Caſſandre, fi ta main féroce, enfanglantée ;-
» Ta main, qui de ma Mère oſa percer le fianc s
» N'eût frappé que moi ſeule & verſé que mora
-
» ſang ,
-
-
· » Je te pardonnerois,je t'aimerois .. .. babare
» Va, tout nous déſunit •
• • • • • • • . .
' Caſſandre inſiſte encore plus vivement:
Quand elle devroit l'épouſer pour lui
percer le cœur, il faut que ſon deſtin
s'accompliſſe , il faut qu'elle le ſuive ... --
--
*-
-
"
» Haïſſez, puniſſez, mais ſuivez votre époux.
Soſtène, interrompt cette Scène en
venant informer Caſſandre qu'Antigone
eſt aux portes du Temple; qu'il cher
che à ſéduire ſes amis , à détourner
, ſes ſoldats, que le Peuple eſt ébranlé ,
qu'il atteſte Aléxandre , Olympie elle
même. Caſſandre accuſe tendrement
· Olympie de vouloir ſa mort. Il lui arra
· che encore un nouvel aveu de ſa foibleſſé.
:
*
o LY MP 1E.
» Moi : vouloir ton trépas ! ... va,j'en ſuis
· » incapable. .. ..
'» Vis loin de moi,
-
C A S S A N'D R E.
º » Sans vous le jour m'eſt érécrable
|
-
M A I. 1764.
185
» Et s'il m'eſt conſervé,je revole en ces lieux ,
» Je vous arrache au Temple, & je meurs à vos
» yeux.
- -
-
-
Olympie ſe reproche amérement les
pleurs que lui coûte Caſſandre. La voix
du devoir, la voix de la nature eſt la
ſeule à qui elle veut obéir. Les Dieux
avoient reçu d'elle les ſermens de l'amour
le plus tendre. Les Dieux ont tout chan
é.... mais qu'ils changent donc ſon
· cœur. C'eſt ce qu'elle implore du Ciel.
» Eh! que peut ſur ſoi-même une foible Mortelle !
·
Elle ſent bien qu'elle enfonce le
trait qu'elle veut arracher. Ce cœur déja
déchiré, va éprouver de nouvelles bleſ
ſures. L'Hiérophaute vient apprendre
à Olympie que Statira ſa Mère, al
# du bruit & du carnage qui pro
fauent lesiſſues du Temple, & voyant
que Caſſandre s'y fraye un chemin,
dans la crainte de voir ſa fille tomber
entre les mains du raviſſeur qu'elle
abhorre, a faiſi le glaive des ſacrifices
& s'en eſt percé le ſein. Caſſandre eſt
à ſes pieds, Caſſandre l'implore , mais
ſa ſoumiſſion & ſes ſoins redoublent
l'horreur de ſes derniers momens. Sta
tira va expirer. Elle a éxigé de l'Hié
".
186 MERCURE DE FRANCE.
rophante qu'il viendroit conſoler Olym
pie & lui dire que la dernière volon
té de ſa Mère, eſt que pour la ven
ger elle épouſe Antigone. Olympie veut
aller mourir près d'elle. L'Hiérophante
lui dit :
» Armez-vous de courage..
-
·
O L Y M P I E.
· A. C T E , V.
-
° ""
» O ſang qui m'a fait naître !
» J'en ai beſoin, Seigneur, & j'en aurai peut
:
·
·
t F
º ..
· Antigone, dans le périſtyle, s'entre
tient avec ſon Confident ſur l'eſpoir qui
femble l'aſſurer de poſſéder Olympie :
les dernières volontés de ſa mère lui
donnent ſur elle des droits irrévocables,.
auxquels il ne doute pas qu'elle ne ſonſ
crive. Si Caſſandre entreprenoit de s'y
oppoſer, il ſe promet de l'en punir. Mais
le reſpect de la Pompe funèbre va ſuſ
pendre toute hoſtilité. L'Hierophante ,
les Prêtres & les Prêtreſſes s'avancent en
pleurant; on ſoutient Olympie, à peine
reſpirante. Antigone s'adreſſe à elle pour
lui promettre de venger ſa mère, & pour
la raſſurer contre toutes les entrepriſes
M A I. 1764.
187
de Caſſandre. Olympie répond par ces
deux vers :
• Ah, Seigneur ! parlez moins de meurtre & de
-
» vengeance.
-
» Elle a vécu, je meurs au reſte des humains. .
- Antigone ſe retire. Olympie conſulte
l'Hierophante, pour ſçavoir s'il ne lui eſt
pas permis de conſacrer le reſte de ſa vie
dans le Temple, & de s'enſévelir dans la
même obſcurité qui avoit dérobé ſa
mère aux regards des humains. Convain
cue par ce Miniſtre des Dieux, que ſi
elle ne choiſit pas Antigone pour époux,
il faut qu'elle retombe au pouvoir de
Caſſandre, elle prend ſon parti; &, ſans
s'expliquer davantage, elle dit à l'Hiero
phante que ſon choix eſt fait, qu'elle eſt
déterminée.. ..... Lorſqu'il veut ſçavoir
d'elle ſur qui tombe ce choix, elle lui
rappelle le contraſte inconciliable qu'il
trouve lui-même entre les flambeaux de
la mort & ceux de l'Hymen. Elle s'in
forme s'il lui ſera permis d'approcher du
corps de ſa mère, & de lui rendre les
derniers dévoirs ſur le Bucher. L'Hiero
phante l'aſſure que non-ſeulement elle le
peut, mais qu'elle le doit. C'eſt elle qui
préſentera les offrandes funéraires, c'eſt
·
183 MERCURE DE FRANCE.
elle qui fera les libations , &c. Les
Prêtreſſes apportent tout ce qui eſt né
ceſſaire pour cette lugubre cérémonie.
Olympie preſſe l'Hierophante de tout
préparer. Elle le prie de faire venir les
deux Rois rivaux.
C'eſt devant eux
qu'elle veut s'expliquer, aux pieds des
Autels, à l'aſpect de ſa mère, aux yeux
des Prêtreſſes..
» Témoins de mes malheurs, témoins de mes
» promeſſes,
s
-
-
» Mes ſentimens, mon choix vont être déclarés.
»Vous les plaindrez peut-être, & les approuverez,
Olympie gémit en ſecret de l'empire
cruel que Caſſandre conſerve malgré
elle ſur ſon cœur. Il arrive le premier,
il vient offrir de s'immoler , il ſe re
connoît auſſi coupable que malheu
reux ; mais il invoque toujours les ſer
mens de l'Hymen. Il ſe jette à ſes ge
noux ,
•s Venge-toi, dit-il, punis-moi; mais ne ſois pointº
» parjure.
.
-
» Va,l'Hymen eſt encor plus ſaint que la Nature
Elle le fait relever, en le conjurant de
ne pas ſouiller les dons qu'elle va pré
· ſenter, & de ne pas approcher du lieu
-
M A I. 1764.
189
de la Cérémonie. Antigone de ſon côté
vient preſſer la Princeſſe de s'expliquer.
Elle le promet; mais elle exige, de mê
me que de Caſſandre, qu'il la reſpecte
en ces momens funébres, & qu'il ſe ſou
mette à ſes volontés. Les deux rivaux en
font le ferment. Alors Olympie s'accuſe
elle même d'avoir mérité ſes malheurs,
d'avoir trahi ſes parens dès qu'elle les a
connus. Sa mère en expirant lui a or
donné d'épouſer Antigone, elle a refu
ſé d'obéir. Elle interrompt le reproche
que veut faire Antigone, en lui diſant :
» A ſes Mânes (de ſa mère) à vous, je ne fais
» point d'injure ; .
'
-
» Je rends juſtice à tous, & je la rends à moi ,
» Coſſandre, devant lui je vousdonnai ma foi,
» Voyez ſi mes liens ont été légitimes ;
» Je vous laiſſe en juger , vous connoiſſez vos
» crimes.
» Il ſeroit ſuperflu de vous les reprocher,
•s Réparez-les un jour...
On voit le Bucher déjà embrâſé ;
Olympie le fait conſidérer à Caſſandre ;
elle y monte avec une noble & modeſte
aſſurance ; elle y fait toutes les céré-
monies du culte des Anciens, & rela
tives à leur grande vénération pour les
Mânes de leurs parens.
4
|
|
|
#
º,
·
sgo MERCURE DE FRANCE.
Après une apoſtrophe à Caſſandre,
· qui rappelle & ſes crimes & les malheurs
d'Olympie, en lui diſant :
» Tu crois mes lâches feux de mon âme bannie ;
» Apprends que je t'adore, & que je m'en punis. - -
» Cendres de Statira ! recevez Olympie.
Elle ſe jette dans le Bucher, & diſpa
roît comme dévorée par les flammes.
L'Hiérophante , les Prêtres & les Prê
treſſes ainſi que tous les Afſiſtans ſont
ſaiſis de terreur & d'admiration. Caſ
ſandre, en ſe frappant, s'immole à ſon
amour & à ſes remords. Il exhorte An
tigone à l'imiter. .
-
Ainſi finit cette Tragédie , par un
coup de Théâtre auſſi neuf ſur no
,tre Scène, que pathétique & pittoreſ
'que. Coup de Théâtrè auquel le talent
ſublime de Mlle Clairon pour la repré
ſentation, met une vérité & une di
gnité , qui en ont toujours rendu l'effet
admirable.
-
-
-
N. B. Nous n'ajouterons point de re
marques à celles qui ſont imprimées avec,
cette Piéce. Il y auroit une préſomption
répréhenſible en nous , de prétendre
donner plus d'éclairciſſemens au Lec
teur ſur les Ouvrages de l'Auteur d'O-
-
M A I. 1764.
I 9 I
lympie, qu'il en donne lui-même. Su
périeur à nos éloges, il en ſeroit peu
flatté, & le Public n'a pas beſoin d'être
· excité à lui donner tous ceux que ſes
productions ſont en droit d'obtenir.
Nous nous arrêterons, ſur cette Tra
gédie, à un fait bien conſtaté, c'eſt que
les repreſentations ont attiré & atta
ché un un fort grand nombre de Spec
tateurs. Il y a , comme on voit dans
la
texture de ce Drame , une aſſez
grande quantité de points tragiques ,
qui naiſſent des ſituations. La fingu
larité du Spectacle , ſa pompe & ſa
majeſté, imprimeront toujours une ſor
te d'émotion, que l'art ne doit peut
être pas dédaigner de mettre au nombre
de ſes moyens, mais dont il ſeroit dan
· gereux de faire trop uſage.
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Résumé : NOTICE d'OLYMPIE, Tragédie de M. de VOLTAIRE.
La pièce 'Olympie' de Voltaire est une tragédie qui se déroule dans le Temple d'Éphèse lors des grands Mystères. Les personnages principaux incluent Olympie, fille d'Alexandre, Cassandre, roi de Macédoine, Antigone, roi d'une partie de l'Asie, et Statira, veuve d'Alexandre. Cassandre protège Olympie, dont il connaît la véritable identité. Antigone, jaloux, exige qu'Olympie lui soit livrée, mais Cassandre refuse, affirmant qu'elle est protégée par les prêtresses. Lors de la cérémonie nuptiale entre Cassandre et Olympie, Statira accuse Cassandre d'avoir assassiné Alexandre sur ordre d'Antipatre et d'avoir tenté de la tuer. Ces révélations exacerbent la jalousie d'Antigone. Statira, veuve de Darius, est dans le temple après avoir été abandonnée. Une prêtresse, mère d'Olympie, pleure sa fille. Statira doit bénir le mariage d'Olympie et de Cassandre, révélant ainsi ses sentiments sincères. L'Hiérophante confirme qu'Olympie est la fille d'Alexandre, mêlant joie et amertume à Statira. Cassandre admet avoir tué Statira par accident et espère la tendresse d'Olympie. L'Hiérophante assure sa neutralité. Cassandre, désespéré, jure d'enlever Olympie. Antigone offre son aide à Statira en échange de la main d'Olympie. Olympie refuse de trahir ses sentiments pour Cassandre et exprime son désir de rester fidèle à sa mère. Antigone et Cassandre se disputent la main d'Olympie. L'Hiérophante rappelle la nécessité de respecter les lois et les volontés de la mère d'Olympie. Olympie avoue à Cassandre qu'elle le hait pour avoir tué sa mère mais reconnaît qu'elle l'aimerait s'il avait épargné sa vie. Cassandre insiste pour l'emmener, prêt à mourir pour elle. Statira se suicide après avoir appris que Cassandre cherchait à capturer sa fille. Olympie accepte d'épouser Antigone pour éviter Cassandre et organise une cérémonie funéraire pour sa mère. Lors de cette cérémonie, Olympie se jette dans le bûcher funéraire et meurt. Cassandre, pris de remords, se suicide également, exhortant Antigone à l'imiter. La pièce se termine par cette double tragédie. La représentation théâtrale met en lumière le talent exceptionnel de Mlle Clairon. Les auteurs s'abstiennent de faire des commentaires supplémentaires, jugeant que l'auteur de la pièce est au-delà de leurs éloges. Les représentations de cette tragédie ont attiré un grand nombre de spectateurs.
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11039
p. 192-195
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Il Y A EU Concert tous les jours, à commencer du Dimanche 15 Avril, jusques & compris le Mardi [...]
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
Il Y A EU Concert tous les jours, à commencer
du Dimanche 15 Avril, jusques & compris le Mardi
14.
Le nouveau Motet à grand-chœur Miſerere mei
JDeus, par M. DAUvERGNE , a été donné le Di
manche 15 & le Jeudi 19, à la ſatisfaction du Pu
blic, & a été fort applaudi.
• Le Dimanche 15 , le Lundi 16 , & le Dimanche
22 , Mlle ARNoULD & M. le GRos ont chanté le
nouveau Motet Exultate Juſti, & c a deux voix,
du même M. DAUvERGNE. Ce Motet a paru faire
chaque fois un plaiſir nouveau & plus vif.
Le Lundi 16 , le Mercredi 18 & le Vendredi
2o on a donné encore du même Compoſiteur,
le De profundis, nouveau Moret à grand-chœur,
dans lequel les Amateurs ont trouvé des beautés.
Le Samedi 21 , le Dimanche 22 & le Mardi 24,
Regina Cœli, nouveau Motet à grand chœur,
auſſi de la compoſition de M. DAUvERGNE. Le
mérite & le nombre de ces productions nouvelles,
dans un auſſi court eſpace de temps , ont confirmé
de plus en plus le Publicdans l'opinion avantageuſe
qu'il avoit de la facilité & des granºs talens de ce
Compoſiteur. Nous devons des éloges, que tous
les Amateurs approuveront, au zèle & aux efforts
continuels de M. DAUvERGNE , pour ajouter cha
que jour à ſa réputation.
-
Le Mardi 17 , le Mercredi 18 , le Jeudi 19 , &
Vendredi !o, M. ALBANEzE, de la Muſique du
Roi, & Mlle HARDY ont chanté le beau Stabat
Mater del Signor PERGoLEzE
Les autres Motets donnés pendant ces dix# 2
OIlt
M A I. 1764.
I
ſont, Exaudi Deus Nationum, Motet à grand
chœur de M. l'Abbé G1RoUsT, Me de Muſique
de la Cathédrale d'Orléans. Dominus regnavit &
· Confitemini de M. DELALANDE. Deus venerunt
Gentes & Cantate Domino de feu M. FANToN.
Le Te Deum de M. DAUvERGNE , du plus grand
& du plus bel effet. In convertendo , nouveau
Motet a grand chœur d'un Anonyme. En petits
Motets, Diligam te, de M. DAUvERGNE, chanté
par Mlle RozET , Nunc dimittis, de M. BrLLoU ;
chanté par Mlle BERNARD , Coronate , Conſerva
me, Afferte Domino , de M. LEFEvRE ; Cantate
Domino, de M. A N T H E A U M E, de l'Académie
Royale de Muſique ; Laudate, de M. PoULAIN.
Ces cinq ont été chantés par M. LE GRos, &
pluſieurs autres Motets à voix ſeule chantés par
Mlle FEL , dont on a toujours admiré le goût
& la voix, ainſi que dans les récits qu'elle a
chantés dans les grands Motets.
M. DUPAR, Hautecontre de l'Académie Roya
le de Muſique, a débuté avec ſuccès, le Lundi
2 3 , par le Motet Benedictus Dominus de feu M.
MoUR ET , MM. GAvINIÉs, BALBATRE & CA
x'RoN ont exécuté différens Concerto, avec tout
le talent que l'on connoît à chacun d'eux & les
ſuffrages unanimes des Auditeurs. Le Dimanche
1 5 , le Mardi 17, le Mercredi 18 & le Vendredi
2o , M. DUPoRT a exécuté différentes Sonates de
Violoncelle. Le nommer à préſent ſuffit pour
ſon éloge. D'ailleurs les Phénomènes n'en ſont
pas ſuſceptibles , puiſqu'ils ſemblent ſortir de
l'ordre naturel des choſes connues.
Le Lundi 16 & le Jeudi 19 , M. JANNsoN de
la Muſique de S. A. S. Mgr LE PRuNcE DE
dCoNTI, a auſſi exécuté deux Sonates de Violon
celle. On n'a rien à ajouter à ce qui a été dit de
194 MERCURE DE FRANCE.
lui dans le ſecond Volume d'Avril , à l'Art, du
Concert.
-
Le Lundi 23, M. LEGRAND,Organiſte de l'Ab
baye de S. Germain des Prés, & le Samedi 24 ,
M. SEGUR, Organiſte de S. André des Arcs, ont
exécuté chacun un Concerto d'orgues, & ont eu
des applaudiſſemens.
Le jeudi 19, le Vendredi 2o, le Samedi 2 r,
& le Mardi 23 , M. RoDoLPHE de la Muſique de
S. A. le Duc Régnant de Wirtemberg a ſurpris &
enchanté par les Concerto de ſa compoſition
qu'il a exécutés avec le Cor de Chaſſe. On ne
craint pas de dire que juſqu'à ce qu'on l'eût
entendu, on ne croyoit pas poſſible de rendre
ſur cet Inſtrument, comme le fait M. RoDoL
pHE, toutes les difficultés d'une Muſique ſçavante,
les intonations les plus difficiles avec le ſon le
plus flatteur & les cadences de la plus belle voix.
Le Samedi 21 , le Lundi 23 , & le Mardi 24 ,
M. LoLLy, de la Muſique de S. A, le Duc de
Wintemberg a exécuté différentes Sonates de Vio
lon de ſa compoſition. De l'aveu de tous les
Connoiſſeurs , cet habile Artiſte ne laiſſe rien à
deſirer. Il joint à la plus admirable exécution à
tous égards le mérite d'un très-habile Compoſi
teur. Le Vendredi 28, on exécuta Omnes gentes,
Motet à grand chœur de M. DAUvERGNE. Mlle
LA CRoIx chanta Regina Cœli, Motet à voix
ſeule de feu M. MoUREt. Mlle ARNoULD & M.
LEGRos chanterent l'Exultate de M. DAUvER
GNE. Mlle HARDY chanta un Air Italien. Pour
la fin du Concert on exécuta Dominus regnavit,
Motet à grand chœur de M. DELALANDE , dans
lequel Mlle ARNoULD chanta avec cet art que
les grâces & la nature lui ont donné pour en
chanter dans tous les genres.
º
Le Dimanche 29 Avril on exécuta le Regina
M A I. 1764.'
I 95
Cali & le Te Deum, Motets à grand chœur de
M. DAUvERGNE , dont nous avons déjà parlé.
Mlle ARNoULD & M. LHGRos y répétérent l'E-
xultate avec autant d'applaudiſſemens que les
premières fois. M. GAvINIés exécuta un Concerto
de ſa compoſition, qui fut-fort applaudi. Mlle
FEL chanta un Motet à voix ſeule.
En général , les Concerts dont on vient de
rendre compte, ont été fort variés , arrangés
avec l'intelligence † doit attendre de M.
DAUvERGNE , & parfaitement exécutés. Le Public
s'y eſt porté avec affluence. Il ne s'eſt point ap
perçu que M. GÉLIN fût à peine guéri d'une in
diſpoſition conſidérable, & lui a donné, ainſi
u'à Mlle ARNoULD & à M. LEGRos particulié
rement , les témoignages les plus flatteurs & les
plus agréables de ſa ſatisfaction.
Il Y A EU Concert tous les jours, à commencer
du Dimanche 15 Avril, jusques & compris le Mardi
14.
Le nouveau Motet à grand-chœur Miſerere mei
JDeus, par M. DAUvERGNE , a été donné le Di
manche 15 & le Jeudi 19, à la ſatisfaction du Pu
blic, & a été fort applaudi.
• Le Dimanche 15 , le Lundi 16 , & le Dimanche
22 , Mlle ARNoULD & M. le GRos ont chanté le
nouveau Motet Exultate Juſti, & c a deux voix,
du même M. DAUvERGNE. Ce Motet a paru faire
chaque fois un plaiſir nouveau & plus vif.
Le Lundi 16 , le Mercredi 18 & le Vendredi
2o on a donné encore du même Compoſiteur,
le De profundis, nouveau Moret à grand-chœur,
dans lequel les Amateurs ont trouvé des beautés.
Le Samedi 21 , le Dimanche 22 & le Mardi 24,
Regina Cœli, nouveau Motet à grand chœur,
auſſi de la compoſition de M. DAUvERGNE. Le
mérite & le nombre de ces productions nouvelles,
dans un auſſi court eſpace de temps , ont confirmé
de plus en plus le Publicdans l'opinion avantageuſe
qu'il avoit de la facilité & des granºs talens de ce
Compoſiteur. Nous devons des éloges, que tous
les Amateurs approuveront, au zèle & aux efforts
continuels de M. DAUvERGNE , pour ajouter cha
que jour à ſa réputation.
-
Le Mardi 17 , le Mercredi 18 , le Jeudi 19 , &
Vendredi !o, M. ALBANEzE, de la Muſique du
Roi, & Mlle HARDY ont chanté le beau Stabat
Mater del Signor PERGoLEzE
Les autres Motets donnés pendant ces dix# 2
OIlt
M A I. 1764.
I
ſont, Exaudi Deus Nationum, Motet à grand
chœur de M. l'Abbé G1RoUsT, Me de Muſique
de la Cathédrale d'Orléans. Dominus regnavit &
· Confitemini de M. DELALANDE. Deus venerunt
Gentes & Cantate Domino de feu M. FANToN.
Le Te Deum de M. DAUvERGNE , du plus grand
& du plus bel effet. In convertendo , nouveau
Motet a grand chœur d'un Anonyme. En petits
Motets, Diligam te, de M. DAUvERGNE, chanté
par Mlle RozET , Nunc dimittis, de M. BrLLoU ;
chanté par Mlle BERNARD , Coronate , Conſerva
me, Afferte Domino , de M. LEFEvRE ; Cantate
Domino, de M. A N T H E A U M E, de l'Académie
Royale de Muſique ; Laudate, de M. PoULAIN.
Ces cinq ont été chantés par M. LE GRos, &
pluſieurs autres Motets à voix ſeule chantés par
Mlle FEL , dont on a toujours admiré le goût
& la voix, ainſi que dans les récits qu'elle a
chantés dans les grands Motets.
M. DUPAR, Hautecontre de l'Académie Roya
le de Muſique, a débuté avec ſuccès, le Lundi
2 3 , par le Motet Benedictus Dominus de feu M.
MoUR ET , MM. GAvINIÉs, BALBATRE & CA
x'RoN ont exécuté différens Concerto, avec tout
le talent que l'on connoît à chacun d'eux & les
ſuffrages unanimes des Auditeurs. Le Dimanche
1 5 , le Mardi 17, le Mercredi 18 & le Vendredi
2o , M. DUPoRT a exécuté différentes Sonates de
Violoncelle. Le nommer à préſent ſuffit pour
ſon éloge. D'ailleurs les Phénomènes n'en ſont
pas ſuſceptibles , puiſqu'ils ſemblent ſortir de
l'ordre naturel des choſes connues.
Le Lundi 16 & le Jeudi 19 , M. JANNsoN de
la Muſique de S. A. S. Mgr LE PRuNcE DE
dCoNTI, a auſſi exécuté deux Sonates de Violon
celle. On n'a rien à ajouter à ce qui a été dit de
194 MERCURE DE FRANCE.
lui dans le ſecond Volume d'Avril , à l'Art, du
Concert.
-
Le Lundi 23, M. LEGRAND,Organiſte de l'Ab
baye de S. Germain des Prés, & le Samedi 24 ,
M. SEGUR, Organiſte de S. André des Arcs, ont
exécuté chacun un Concerto d'orgues, & ont eu
des applaudiſſemens.
Le jeudi 19, le Vendredi 2o, le Samedi 2 r,
& le Mardi 23 , M. RoDoLPHE de la Muſique de
S. A. le Duc Régnant de Wirtemberg a ſurpris &
enchanté par les Concerto de ſa compoſition
qu'il a exécutés avec le Cor de Chaſſe. On ne
craint pas de dire que juſqu'à ce qu'on l'eût
entendu, on ne croyoit pas poſſible de rendre
ſur cet Inſtrument, comme le fait M. RoDoL
pHE, toutes les difficultés d'une Muſique ſçavante,
les intonations les plus difficiles avec le ſon le
plus flatteur & les cadences de la plus belle voix.
Le Samedi 21 , le Lundi 23 , & le Mardi 24 ,
M. LoLLy, de la Muſique de S. A, le Duc de
Wintemberg a exécuté différentes Sonates de Vio
lon de ſa compoſition. De l'aveu de tous les
Connoiſſeurs , cet habile Artiſte ne laiſſe rien à
deſirer. Il joint à la plus admirable exécution à
tous égards le mérite d'un très-habile Compoſi
teur. Le Vendredi 28, on exécuta Omnes gentes,
Motet à grand chœur de M. DAUvERGNE. Mlle
LA CRoIx chanta Regina Cœli, Motet à voix
ſeule de feu M. MoUREt. Mlle ARNoULD & M.
LEGRos chanterent l'Exultate de M. DAUvER
GNE. Mlle HARDY chanta un Air Italien. Pour
la fin du Concert on exécuta Dominus regnavit,
Motet à grand chœur de M. DELALANDE , dans
lequel Mlle ARNoULD chanta avec cet art que
les grâces & la nature lui ont donné pour en
chanter dans tous les genres.
º
Le Dimanche 29 Avril on exécuta le Regina
M A I. 1764.'
I 95
Cali & le Te Deum, Motets à grand chœur de
M. DAUvERGNE , dont nous avons déjà parlé.
Mlle ARNoULD & M. LHGRos y répétérent l'E-
xultate avec autant d'applaudiſſemens que les
premières fois. M. GAvINIés exécuta un Concerto
de ſa compoſition, qui fut-fort applaudi. Mlle
FEL chanta un Motet à voix ſeule.
En général , les Concerts dont on vient de
rendre compte, ont été fort variés , arrangés
avec l'intelligence † doit attendre de M.
DAUvERGNE , & parfaitement exécutés. Le Public
s'y eſt porté avec affluence. Il ne s'eſt point ap
perçu que M. GÉLIN fût à peine guéri d'une in
diſpoſition conſidérable, & lui a donné, ainſi
u'à Mlle ARNoULD & à M. LEGRos particulié
rement , les témoignages les plus flatteurs & les
plus agréables de ſa ſatisfaction.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Du 15 avril au 24 avril, une série de concerts spirituels a été organisée, mettant en avant divers motets et compositions. Le motet 'Miserere mei Deus' de Michel Dauvergne a été particulièrement apprécié lors des représentations des 15 et 19 avril. Les motets 'Exultate Justi' et 'De profundis' de Dauvergne ont également reçu un accueil favorable. Parmi les autres œuvres remarquables, on peut citer 'Regina Cœli' de Dauvergne, le 'Stabat Mater' de Pergolèse interprété par M. Albanez et Mlle Hardy, ainsi que plusieurs motets de l'abbé Giroust, Delalande et Fanton. Le Te Deum de Dauvergne a également été salué pour son impact. Plusieurs interprètes se sont distingués par leurs performances, notamment M. Dupar, M. Duport, M. Jansson, M. Legrand, M. Segur, M. Rodolphe et M. Lolly. Les concerts ont été variés et bien organisés, attirant un public nombreux et satisfait.
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11040
p. 195-197
THÉATRES.
Début :
Celui de l'Académie Royale de Musique doit faire l'ouverture de [...]
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texteReconnaissance textuelle : THÉATRES.
THÉATRES.
Celui de l'Académie Royale de Musique
doit faire l'ouverture de
ſon
Spectacle, Mardi 1" du préſent mois de
Mai, par Titon & l'Aurore, Paſtorale
héroïque, ſans le Prologue. On pré
pare le Ballet charmant des Talens Ly
rtques.
N. B. On a fait quelques change
emens dans la diſpoſition des places
de cette Salle, dont on eſpére que le
Public ſera ſatisfait , la commodité. des
Spectateurs ayant été le ſeul point de
· vue qu'on ſe ſoit propoſé.
I ij -
4*-
196 MERCURE DE FRANCE.
.
Le Théâtre François doit ouvrir Ie
Lundi 3o Avril par Héraclius, Tragé
die du grand CoRNEILLE , & par la
première repréſentation de la jeune In
dienne , Comédie nouvelle en un Acte
& en vers , de laquelle on rendra comp
te dans le prochain Mercure.
La Comédie Italienne n'a fermé ſon
Théâtre que le Samedi 14 Avril , veille
du Dimanche des Rameaux. Comme le
Compliment a été partagé en pluſieurs
Couplets chantés par divers Sujets de
ce Théâtre & adaptés aux Ariettes les
plus agréables au Public , nous ne le
rapporterons pas ici. Ces ſortes de pro
ductions ayant toujours beſoin de la
Muſique pour laquelle elles ſont faites ;
ce ſeroit en donner une fauſſe idée, &
leur faire perdre de leur prix, que de les
préſenter aux Lecteurs dénués de cette
brillante parure. Ce Théâtre doit ou
vrir auſſi le Lundi 3o Avril par la con
tinuation du Sorcier & autres Piéces de
ce genre. Une jeune Actrice, (Mlle
Beaupré) qui avoit débuté à la ſatis
faction du Public , ayant rempli les
engagemens qui l'éloignoient pour un
temps de la Capitale , doit embellir
cette Scène d'un Talent fort aimable
& que le Public a paru deſirer avec
" mpreſſement,
:
-
-
·
M A I. 1764.
197
On doit donner auſſi ſur ce même
Théâtre une Piéce Italienne nouvelle,
qui nous rendra les talens ſupérieurs
· de l'admirable Mlle Camille. Cette Piéce
eſt intitulée Camille Aubergiſte.
Celui de l'Académie Royale de Musique
doit faire l'ouverture de
ſon
Spectacle, Mardi 1" du préſent mois de
Mai, par Titon & l'Aurore, Paſtorale
héroïque, ſans le Prologue. On pré
pare le Ballet charmant des Talens Ly
rtques.
N. B. On a fait quelques change
emens dans la diſpoſition des places
de cette Salle, dont on eſpére que le
Public ſera ſatisfait , la commodité. des
Spectateurs ayant été le ſeul point de
· vue qu'on ſe ſoit propoſé.
I ij -
4*-
196 MERCURE DE FRANCE.
.
Le Théâtre François doit ouvrir Ie
Lundi 3o Avril par Héraclius, Tragé
die du grand CoRNEILLE , & par la
première repréſentation de la jeune In
dienne , Comédie nouvelle en un Acte
& en vers , de laquelle on rendra comp
te dans le prochain Mercure.
La Comédie Italienne n'a fermé ſon
Théâtre que le Samedi 14 Avril , veille
du Dimanche des Rameaux. Comme le
Compliment a été partagé en pluſieurs
Couplets chantés par divers Sujets de
ce Théâtre & adaptés aux Ariettes les
plus agréables au Public , nous ne le
rapporterons pas ici. Ces ſortes de pro
ductions ayant toujours beſoin de la
Muſique pour laquelle elles ſont faites ;
ce ſeroit en donner une fauſſe idée, &
leur faire perdre de leur prix, que de les
préſenter aux Lecteurs dénués de cette
brillante parure. Ce Théâtre doit ou
vrir auſſi le Lundi 3o Avril par la con
tinuation du Sorcier & autres Piéces de
ce genre. Une jeune Actrice, (Mlle
Beaupré) qui avoit débuté à la ſatis
faction du Public , ayant rempli les
engagemens qui l'éloignoient pour un
temps de la Capitale , doit embellir
cette Scène d'un Talent fort aimable
& que le Public a paru deſirer avec
" mpreſſement,
:
-
-
·
M A I. 1764.
197
On doit donner auſſi ſur ce même
Théâtre une Piéce Italienne nouvelle,
qui nous rendra les talens ſupérieurs
· de l'admirable Mlle Camille. Cette Piéce
eſt intitulée Camille Aubergiſte.
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Résumé : THÉATRES.
En mai 1764, deux principaux théâtres parisiens annoncent leurs réouvertures. L'Académie Royale de Musique ouvre le 1er mai avec la pastorale héroïque 'Titon et l'Aurore' et prépare un ballet intitulé 'Les Talents lyriques'. Des améliorations ont été apportées à la disposition des places pour le confort des spectateurs. Le Théâtre Français ouvre le 30 avril avec la tragédie 'Héraclius' de Corneille et la première représentation de la comédie 'La jeune Indienne', en un acte et en vers. La Comédie Italienne, fermée depuis le 14 avril, rouvre également le 30 avril avec la suite du 'Sorcier' et d'autres pièces. L'actrice Mlle Beaupré revient après une absence temporaire. Une nouvelle pièce italienne, 'Camille Aubergiste', mettra en vedette Mlle Camille.
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11041
p. 197-198
« Le 26, le Sieur de l'Averdy, Contrôleur-Général des Finances, présenta [...] »
Début :
Le 26, le Sieur de l'Averdy, Contrôleur-Général des Finances, présenta [...]
Mots clefs :
Contrôleur général des finances, Dictionnaire, Abbé, Comte, Ouvrages, Volume, Académie des sciences, Mathématiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 26, le Sieur de l'Averdy, Contrôleur-Général des Finances, présenta [...] »
L. 16, le Sieur de l'Averdy, Contrôleur-Géné
ral des Finances, préſenta au Roi le ſecond Tome
du Dictionnaire Géographique, Hiſlorique & Poli
tique des Gaules & de la France, par M. l'Abbé
Expilly. Le Comte de Sade préſenta le même jour
à Sa Majeſté le premier Volume d'un Livre in
titulé : Mémoires pour la vie de Pétrarque, tirés de
ſes OEuvres & des Auteurs Contemporains ; le
Sieur Jaquet, Avocat au Parlement de Paris, eut
auſſi l'honneur de préſenter au Roi un Livre de ſa
compoſition , qui a pour titre : Traité des Juſtices
de Seigneurs & des droits en dépendans.
Le 17 du mois dernier le Sieur Blondeau de
Charnage, Penſionnaire du Roi, eut l'honneur de
· préſenter à Sa Majeſté le premier Volume du
Dictionnaire des Titres originaux pour les Fiefs, le
Domaine du Roi , l'Hiſtoire , la Généalogie & gé
néralement tous les objets qui concernent le Gou
vernement de l'Etat. L'Abbé Nollet a eu l'honneur
de préſenter auſſi le 19, au Roi le ſixiéme volume
de ſes Leçons de Phyſique Expérimentale.
Le 1 8 de ce mois, le ſieur Blondeau de Char
- nage eut l'honneur de préſenter au Roi le ſecond
volume de ſon Dictionnaire. -
I iij
198 MERCURE DE FRANCE. .
Le Sieur Caſſini de Thury, de l'Académie des
Sciences, a préſenté au Roi un Mémoire ſur l'Eclipſe
annulaire de Soleil du premier Avril, d'après
les obſervations faites ſur les dernières Eclip
ſes de Soleil, tant annulaires que totales. Il réſul
se que celle du premier Avril ne raménera pas les
ténébres de la nuit.
Le fieur le Blond, Maître de Mathématiques
des Enfans de France, a eu l'honneur de préſen
ter au Roi la cinquiéme Edition de ſes Elémens de
Fortification, augmentée de l'Explication détaillée
de la Fortification du Baron de Coëhorn, de la
conſtruction des Redoutes, Forts de Campagne,
&c. & d'un Plan des différentes Inſtructions pro
pres à une Ecole Militaire.
ral des Finances, préſenta au Roi le ſecond Tome
du Dictionnaire Géographique, Hiſlorique & Poli
tique des Gaules & de la France, par M. l'Abbé
Expilly. Le Comte de Sade préſenta le même jour
à Sa Majeſté le premier Volume d'un Livre in
titulé : Mémoires pour la vie de Pétrarque, tirés de
ſes OEuvres & des Auteurs Contemporains ; le
Sieur Jaquet, Avocat au Parlement de Paris, eut
auſſi l'honneur de préſenter au Roi un Livre de ſa
compoſition , qui a pour titre : Traité des Juſtices
de Seigneurs & des droits en dépendans.
Le 17 du mois dernier le Sieur Blondeau de
Charnage, Penſionnaire du Roi, eut l'honneur de
· préſenter à Sa Majeſté le premier Volume du
Dictionnaire des Titres originaux pour les Fiefs, le
Domaine du Roi , l'Hiſtoire , la Généalogie & gé
néralement tous les objets qui concernent le Gou
vernement de l'Etat. L'Abbé Nollet a eu l'honneur
de préſenter auſſi le 19, au Roi le ſixiéme volume
de ſes Leçons de Phyſique Expérimentale.
Le 1 8 de ce mois, le ſieur Blondeau de Char
- nage eut l'honneur de préſenter au Roi le ſecond
volume de ſon Dictionnaire. -
I iij
198 MERCURE DE FRANCE. .
Le Sieur Caſſini de Thury, de l'Académie des
Sciences, a préſenté au Roi un Mémoire ſur l'Eclipſe
annulaire de Soleil du premier Avril, d'après
les obſervations faites ſur les dernières Eclip
ſes de Soleil, tant annulaires que totales. Il réſul
se que celle du premier Avril ne raménera pas les
ténébres de la nuit.
Le fieur le Blond, Maître de Mathématiques
des Enfans de France, a eu l'honneur de préſen
ter au Roi la cinquiéme Edition de ſes Elémens de
Fortification, augmentée de l'Explication détaillée
de la Fortification du Baron de Coëhorn, de la
conſtruction des Redoutes, Forts de Campagne,
&c. & d'un Plan des différentes Inſtructions pro
pres à une Ecole Militaire.
Fermer
Résumé : « Le 26, le Sieur de l'Averdy, Contrôleur-Général des Finances, présenta [...] »
Le 16, le Sieur de l'Averdy, Contrôleur Général des Finances, présenta au Roi le second tome du 'Dictionnaire Géographique, Historique & Politique des Gaules & de la France' de l'Abbé Expilly. Le même jour, le Comte de Sade offrit à Sa Majesté le premier volume des 'Mémoires pour la vie de Pétrarque'. Le Sieur Jaquet, Avocat au Parlement de Paris, présenta un ouvrage intitulé 'Traité des Justices de Seigneurs & des droits en dépendans'. Le 17, le Sieur Blondeau de Charnage, Pensionnaire du Roi, présenta le premier volume du 'Dictionnaire des Titres originaux pour les Fiefs, le Domaine du Roi, l'Histoire, la Généalogie & généralement tous les objets qui concernent le Gouvernement de l'Etat'. Le 18, le Sieur Blondeau de Charnage présenta le second volume de son dictionnaire. Le même jour, le Sieur Cassini de Thury, de l'Académie des Sciences, présenta un mémoire sur l'éclipse annulaire de Soleil du 1er avril. Le Sieur le Blond, Maître de Mathématiques des Enfants de France, offrit la cinquième édition de ses 'Éléments de Fortification', augmentée de diverses explications et plans pour une école militaire. Le 19, l'Abbé Nollet présenta le sixième volume de ses 'Leçons de Physique Expérimentale'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11042
p. 198-205
De PARIS, le 2 Avril 1764.
Début :
Sa Majesté, par des Lettres-Patentes, datées du 2 Septembre 1763, & enregistrées [...]
Mots clefs :
Lettres patentes, Sa Majesté, Règlements, Ordonnance, Recrues, Colonels, Lieutenants, Négociants, Navires, Commerce, Princes, Chambre des pairs, Assemblée, Arrêts, Registres, Parlement, Cour, Jésuites, Serment, Officiers, Remontrances, Procession
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 2 Avril 1764.
De PARIs, le 2 Avril 1764.
Sa Majeſté, par des Lettres-Patentes, datées du
2 Septembre 1763 , & enregiſtrées au Parlement
le 12 Décembre ſuivant, voulant contribuer à la
perfection de l'Ecole Royale de Chirurgie qu'Elle
a établie à Orléans, par Lettres-Patentes du 23
juin 1759 , fixe des Réglemens relatifs aux obli
gations de ceux qui prétendront à la Maîtriſe, &
aux droits & prérogatives attachés aux Places de
Profeſſeurs,
Par une Ordonnance du premier Septembre
dernier, Sa Majeſté crée & établit dans le Régi
ment des Recrues de la Ville de Paris, un Colonel,
un Lieutenant-Colonel & un Major, leſquels joui
ront de tous les droits & prérogatives dont jouiſ
ſent les autres Colonels, Lieutenans-Colonels &
Majors de ſon Infanterie Françoiſe. Sa Majeſté fixe
en même temps les appointemens du Colonel à
36oo liv. par an, ceux du Lieutenant-Colonel à
24oo liv. & ceux du Major à 18oo liv,
M A I. 1764. Iq
Les Négocians & Armateurs de Grandville,
ayant repréſenté au Roi que leur Port eſt aſſez
ſpacieux, pour y contenir beaucoup de Navires,
& qu'il eſt ſitué dans un pays où l'on peut ſe pro
curer aiſément tout ce qui eſt propre à l'avitaille
ment des Navires, & qui peut ſervir à étendre la
Navigation, par la facilité § l'on a de faire ve
' nir de Paris & de plufieurs autres Villes toutes ſor
tes ſortes de Marchandiſes; Sa Majeſté, par un
Arrêt de ſon Conſeil d'Etat, du 29 Décembre der
nier, leur permet de faire directement par le Port
de ladite Ville le Commerce des Iſles & Colonies
Françoiſes de l'Amérique, & ordonne en conſé
quence qu'ils jouiſſent du privilége de l'entrepôt &
des autres priviléges & exemptions portés par les
Lettres-Patentes du mois d'Avril 1717 , ainſi qu'en
jouiſſent les Négocians des Ports admis à Com
11162fC6º,
La Société Royale de Londres a reçu, le 26
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres le
ſieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences,
Examinateur des Ecoles du Corps Royal de l'Artit
lerie & du Génie, Profeſſeur & Secrétaire de l'Aca
démie Royale d'Architecture, & Honoraire de
celle de Marine. -
-
Les Princes & Pairs ayant reçu avis que les
Chambres ſeroient aſſemblées le Mercredi 22
pour fixer les objets des Remontrances arrêtées
le 23 Janvier à l'occaſion de l'exil de l'Archevêque
de Paris , ſe ſont rendus au Parlement ledit jour
22 & dans cette ſéance les objets ont été fixés, &
l'aſſemblée a été remiſe au Mercredi 29 du mois•
on a auſſi dénoncé à l'aſſemblée des Chambres
différens faits & pluſieurs Ecrits ſur le Réquiſitoire
I iv
2OO MERCURE DE FRANCE.
des Gens du Roi, les Ecrits ont été condamnés à
être lacérés & brûlés par l'Exécuteur de la Haute
Juſtice; & il a été rendu Arrêt dont l'Extrait vient
dêtre imprimé dans la forme ſuivante.
ExTRAIT DEs REGIsTREs DU PARLEMENT.
- Du 22 Février 1763.
» APPERT, entr'autres diſpoſitions, avoir été
» ordonné par Arrêt rendu ledit jour par la
-» Cour , toutes les Chambres aſſemblées, que
» dans huitaine, à compter du jour de la pu
» blication dudit Arrêt , même par l'extrait ,
» tous ceux qui étoient Membres de la Société
» ſe diſant de Jeſus, au 6 Août 1761 , étant
, » actuellement dans le reſſort de la Cour, prête
» ront ſerment , de ne point vivre déſormais en
» commun, ou ſéparément, ſous l'empire de l'Inſ
» titut & des Conſtitutions de la ci-devant So
» ciété ſe diſant de Jeſus, de n'entretenir aucune
» correſpondance directe ou indirecte , par lettres ,
, º ou par perſonnes interpoſées, ou autrement, en
• • quelques forme & maniere que ce puiſſe être ,
. » avec le Général, le Régime & les Supérieurs
, » de ladite ci-devant Société, ou autres perſon
* nes pas eux propoſées, ni avec aucuns Mem
* bres d'icelle réſidans en Pays étrangers, & de
:** tenir pour impie la Doctrine contenue dans le
* Recueil des Aſſertions, tendante à compromettre
, » la ſüreté de la Perſonne ſacrée des Rois ; leſ
» quels ſermens, à l'égard de tous ceux deſdits ci
» devant ſoi diſans Jéſuites, qui ſont actuelle
» ment dans la Ville, Prévôté & Vicomté de
. » Paris, ſeront reçus pardevant Me Joſeph-Marie
, ºº Terray, Conſeiller-Rapporteur , que la Cour
, » a commis à cet effet : & qu'à l'égard de tous les
2º autres ci devant ſoi-diſans Jéſuites demeurans
M A I. 1764. 2.OI
a» actuellement hors de la Ville , Prévôté &
» Vicomté de Paris & dans le reſſort de la Cour,
» leſdits ſermens ſeront reçus dans les Bailliages
» & Sénéchauſſées du reſſort, dans le diſtrict deſ
» quels ils ſe trouveront lors de la ſuſdite publica
» tion dudit Arrêt, par le Lieutenant-Général ou
» autre Officier , ſuivant l'ordre du Tableau ; deſ
2» quels ſermens ſera donné acte, qui ſera ſouſcrit
» par celui qui aura fait ledit ſerment, & dépoſé
» au Greffe de la Cour ou aux Greffes des Baillia -
» ges & Sénéchauſſées du Reſſort, dont expédition
» en forme ſera envoyée au Procureur-Général
» du Roi, pour être pareillement par lui dépoſée
» au Greffe de la Cour, pour, ſur le compte quî
» ſera par lui rendu, être par la Cour, toutes les
» Chambres aſſemblées, ftatué ce qu'il appartien
» dra , le tout ſans préjudice du ſerment preſcrit
» par l'Arrêt du 6 Août 1726 , à l'égard de ceux
» qui voudroient remplir des grades dans les
» Univerſités du Reſſort, poſſéder Canonicats ou
» Bénéfices à charge d'âmes, Vicariats, emplois
» ou fonctions ayant même charge, Chaires ou
» Enſeignement public, Offices de Judicature ou
» Municipaux, & généralement remplir aucunes
» fonctions publiques, comme auſſi ſans préjudice
» de l'exécution de l'Arrêt du 7 Septembre ſuivant
• rendu en conſéquence. Ordonne que ledit Arrêt
» ſera imprimé, lû, publié & affiché par-tout oû
» beſoin ſera , que l'Affiche d'icelui, même par
» Extrait , vaudra ſignification & injonction à
» chacun de ceux qui audit jour 6 Août 1761 ,
» étoient Membres de ladite ci-devant Société ,
» & qu'Extraits collationnés d'icelui ſerontenvoyés
» aux Bailliages & Sénéchauſſées du Reſſort, en
» ſemble aux Conſeil Provincial d'Artois, Baillia
» ges, Gouvernances & Officiers Municipaux de
L,v.
2 o2 MERCURE DE FRANCE.
» l'Artois, pour y être pareillement lû, publié &
» regiſtré. Enjoint aux Subſtituts du Procureur
» Général du Roi d'y tenir la main, & d'en certi
» fier la Cour. Collationné. REGNAULT.
» Signé, DUFRANC. »
Le 29, les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement ; il y a été fait lecture des Remontran
ces rédigées d'après les Articles qui avoient été
précédemment agrées ; les Gens du Roi ont été
chargés de ſe retirer pardevers Sa Majeſté pour
ſçavoir le lieu, le jour & l'heure où il lui plaira de .
recevoir ces Remontrances & de rendre compte le
Samedi 3 Mars, de l'éxécution de cette Miſſion.
Ils ont été chargés auſſi de prendre communica
tion du Procez-Verbal de la vérification des Aſſer
tions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, & de prendre leurs Conclu
fions ſur cet objet le 3 Mars. Enfin ils ont été char
gé ſde prendre communication d'un Imprimé in
titulé : Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de
Langres au Clergé Séculier & Régulier de ſon
Diocèſe, lequel a été dépoſé au Greffe, enſemble
du récit fait à ce ſujet par un de MM. & de prendre
des Concluſions ſur le tout le même jour 3 Mars.
Le 3 Mars, les Princes & les Pairs ſe ſont
rendus au Parlement, Les Gens du Roi, rendant
compte de la Miſſion dont ils avoient été chargés,
le 29 du mois dernier, ont dit que le Roi recevroit
à Verſailles, Dimanche 4 du même mois à midi ,
les Remontrances de ſon Parlement, & que ſon
* intention étoit qu'elles lui fuſſent préſentées par le
Premier Préſident & deux Préſidens. Le Prince de
Condé ayant propoſé de mettre en délibération ce
qu'il convenoit de faire au ſujet de ce qui ſe trouve
dans les Remontrances du Parlement de Bretagne
M A I. 1764. 2o3
concernant la Cour des Pairs, il a été arrêté qu'il
ſeroit nommé des Commiſſaires qui s'aſſemble
roient Jeudi 8 , à l'effet d'examiner ces Remon
trances & de recueillir les principes & les faits ſur
cette matiére, pour rendre compte du tout au
Parlement. Enſuite les Gens du Roi ont rendu
compte du Procès-Verbal de la vérification des Aſ
ſertions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, ainſi que de l'Imprimé intitulé;
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres au Clergé Séculier & Régulier de ſon Diocèſe,
& ils ont laiſſé concernant ces deux objets leurs
concluſions par écrit, ſur leſquelles il a été rendu
deux Arrêts. Par le premier, il eſt ordonné que
pour remplir de plus en plus les vues que le Par
lement s'étoit propoſées par ſon Arrêt du 5 Mars
1762 , des copies collationnées du Procès-Verbal
dépoſé au Greffe par Arrêt du 29 Février dernier ,
feroient envoyées ſans délai par le Procureur-Gé
néral du Roi à tous les Archevêques & Evêques du
Reſſort & à tous les Bailliages & Sénéchauſſées ;il
a été arrêté de plus que le premier Préſident, en
préſentant au Roi les très-humbles & très-reſpec
tueuſes Remontrances de ſon Parlement arrêtées
le 23 Février dernier, remettra à Sa Majefté co
pie collationnée du Procès-Verbal de vérification,
& on a ordonné que, pour que le Procès-Verbal
foit plus promptement & plus facilement envoyé
aux Archevêques & Evêques & aux Bailliages &
Sénéchauſſées du Reſſort, il ſera imprimé & que le
préſent Arrêt ſera imprimé en tête du Procès-Ver
bal. Il a été fait enſuite un Arrêté portant qu'un
exemplaire imprimé du Procès-Verbal de la véri
fication des Extraits das Aſſertions, collationné
par un Secrétaire du Parlement, ſera envoyé aux
Parlemens & Conſeils Supérieurs auxquels ont été
I vj
2o4 MERCURE DE FRANCE.
adreſſés des exemplaires des Aſſertions. Dans le
cours des opinions, un des Membres du Parle
ment s'étant réſervé de faire mettre en délibéra
tion ce qu'il convenoit de faire au ſujet du nom
bre d'Evêques qui ſe trouvoient à Paris, il a été
arrêté qué le Procureur Général du Roi ſeroit
chargé de veiller à l'exécution des Ordonnances &
Arrêts en ce quiconcerne la réſidence des Archevê
, ques & Evêques dans leur Diocèſe , & qu'il ren
droit compte dans la quinzaine aux Chambres aſ
ſemblées des diligences qu'il aura faites. Il a été
rendu enfin au ſujet de l'Imprimé ayant pour titre :
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres, & c. un ſecond Arrêt qui ordonne que cet
Imprimé ſera lacéré & brûlé par l'Exécuteur de
la Haute-Juſtice, & que l'Arrêt ſera imprimé &
affiché tant à Paris qu'a Langres & par-tout où
, beſoin ſera.
Le 9 les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement. Le Premier Préſident ayant rendu
compte de la réponſe faite par le Roi aux Remon
, trances de ſon Parlement , on a arrêté qu'il ſeroit
fait Procès-Verbal du récit fait par le Premier Pré
ſident; &, quant au fond de l'affaire de l'Archevê
que de Paris, il a été arrêté que la délibération
, ſeroit continuée au premier jour avec les Princes
& les Pairs, en vertu de la convocation du 2 1 Jan
vier dernier, & ſans qu'il en ſoit beſoin d'autre.
Les Gens du Roi ayant enſuite rendu compte des
Inform ations faites au ſujet de la diſtribution de
Il'nſtruction Paſtorale de l'Archevêque de Paris,
& des différens Actes de ſerment faits en exécution
de l'Arrêt du 21 Février, & ayant pris des conclu
· ſions ſur le tout, le Parlement a rendu un Arrêt
par lequel il eſt enjoint aux ci-devant ſoi-diſant
Jéſuites, qui n'ont pas prêté ſerment dans le terme
M A I. 1764. , 2o5
preſcrit par l'Arrêt du 22 Février, de ſe retirer du
Royaume dans un mois , à compter du jour de la
publication du préſent Arrêt, tant dans cette Ville
| que dans les Bailliages & Sénéchauſſées du Reſ
ſort, ſauf a ceux qui par leur grand âge ou pour
cauſe d'infirmité ne pourroient ſatisfaire au pré
· ſent Arrêt, à préſenter leurs requêtes en la Cour,
tontes les Chambres aſſemblées, dans le ſuſdit dé
lai, pour être ſur leſdites requêtes & ſur les con
, cluſions du Procureur-Général du Roi ſtatué ce
qu'il appartiendra. Les Gens du Roi étant rentrés
en l'aſſemblée des Chambres, ont rendu compte
d'un Ecrit intitulé Adhéſion de Monſeigneur l'Evê
que d'Amiens a l'Inſtruction Paſtorale de Mon
ſeigneur l'Archevêque de Paris, & ont pris leurs
concluſions tendantes a ce que cet Ecrit fût lacéré
& brûlé : ſur quoi eſt intervenu Arrêt conforme
aux concluſions. -
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſo
lemnelle qu'on a coutume de faire tous les ans
en mémoire de la ré*uction de cette Capitale
ſous l'obédience de HENRY IV. Le Corps de
Ville aſſiſta , ſelon l'uſage, a cette Cérémonie,
La Société Royale de Londres reçut, le 13
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres,
le ſieur Ferdinand Berthoud, habile Horloger
de cette Capitale. Cet Artiſte fut choiſi l'année
dernière par l'Académie Royale des Sciences &
, envoyé a Londres par Sa Majeſté, pour aſſiſter,
- conjointement avec M le Camus, à l'examen
de l'Horloge de M. Harriſſon. Il eſt Auteur du
Livre de l'Art de régier les Pendules & les Mon
tres, de l'Eſſai ſur l'Horlogerie , & de pluſieurs
- ouvrages relatifs à ſon Art, qu'il a préſentés à
. l'Académie, entr'autres de trois différentes hor
: loges de Marine pour la découverte des longi2
tudes en mer,
Sa Majeſté, par des Lettres-Patentes, datées du
2 Septembre 1763 , & enregiſtrées au Parlement
le 12 Décembre ſuivant, voulant contribuer à la
perfection de l'Ecole Royale de Chirurgie qu'Elle
a établie à Orléans, par Lettres-Patentes du 23
juin 1759 , fixe des Réglemens relatifs aux obli
gations de ceux qui prétendront à la Maîtriſe, &
aux droits & prérogatives attachés aux Places de
Profeſſeurs,
Par une Ordonnance du premier Septembre
dernier, Sa Majeſté crée & établit dans le Régi
ment des Recrues de la Ville de Paris, un Colonel,
un Lieutenant-Colonel & un Major, leſquels joui
ront de tous les droits & prérogatives dont jouiſ
ſent les autres Colonels, Lieutenans-Colonels &
Majors de ſon Infanterie Françoiſe. Sa Majeſté fixe
en même temps les appointemens du Colonel à
36oo liv. par an, ceux du Lieutenant-Colonel à
24oo liv. & ceux du Major à 18oo liv,
M A I. 1764. Iq
Les Négocians & Armateurs de Grandville,
ayant repréſenté au Roi que leur Port eſt aſſez
ſpacieux, pour y contenir beaucoup de Navires,
& qu'il eſt ſitué dans un pays où l'on peut ſe pro
curer aiſément tout ce qui eſt propre à l'avitaille
ment des Navires, & qui peut ſervir à étendre la
Navigation, par la facilité § l'on a de faire ve
' nir de Paris & de plufieurs autres Villes toutes ſor
tes ſortes de Marchandiſes; Sa Majeſté, par un
Arrêt de ſon Conſeil d'Etat, du 29 Décembre der
nier, leur permet de faire directement par le Port
de ladite Ville le Commerce des Iſles & Colonies
Françoiſes de l'Amérique, & ordonne en conſé
quence qu'ils jouiſſent du privilége de l'entrepôt &
des autres priviléges & exemptions portés par les
Lettres-Patentes du mois d'Avril 1717 , ainſi qu'en
jouiſſent les Négocians des Ports admis à Com
11162fC6º,
La Société Royale de Londres a reçu, le 26
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres le
ſieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences,
Examinateur des Ecoles du Corps Royal de l'Artit
lerie & du Génie, Profeſſeur & Secrétaire de l'Aca
démie Royale d'Architecture, & Honoraire de
celle de Marine. -
-
Les Princes & Pairs ayant reçu avis que les
Chambres ſeroient aſſemblées le Mercredi 22
pour fixer les objets des Remontrances arrêtées
le 23 Janvier à l'occaſion de l'exil de l'Archevêque
de Paris , ſe ſont rendus au Parlement ledit jour
22 & dans cette ſéance les objets ont été fixés, &
l'aſſemblée a été remiſe au Mercredi 29 du mois•
on a auſſi dénoncé à l'aſſemblée des Chambres
différens faits & pluſieurs Ecrits ſur le Réquiſitoire
I iv
2OO MERCURE DE FRANCE.
des Gens du Roi, les Ecrits ont été condamnés à
être lacérés & brûlés par l'Exécuteur de la Haute
Juſtice; & il a été rendu Arrêt dont l'Extrait vient
dêtre imprimé dans la forme ſuivante.
ExTRAIT DEs REGIsTREs DU PARLEMENT.
- Du 22 Février 1763.
» APPERT, entr'autres diſpoſitions, avoir été
» ordonné par Arrêt rendu ledit jour par la
-» Cour , toutes les Chambres aſſemblées, que
» dans huitaine, à compter du jour de la pu
» blication dudit Arrêt , même par l'extrait ,
» tous ceux qui étoient Membres de la Société
» ſe diſant de Jeſus, au 6 Août 1761 , étant
, » actuellement dans le reſſort de la Cour, prête
» ront ſerment , de ne point vivre déſormais en
» commun, ou ſéparément, ſous l'empire de l'Inſ
» titut & des Conſtitutions de la ci-devant So
» ciété ſe diſant de Jeſus, de n'entretenir aucune
» correſpondance directe ou indirecte , par lettres ,
, º ou par perſonnes interpoſées, ou autrement, en
• • quelques forme & maniere que ce puiſſe être ,
. » avec le Général, le Régime & les Supérieurs
, » de ladite ci-devant Société, ou autres perſon
* nes pas eux propoſées, ni avec aucuns Mem
* bres d'icelle réſidans en Pays étrangers, & de
:** tenir pour impie la Doctrine contenue dans le
* Recueil des Aſſertions, tendante à compromettre
, » la ſüreté de la Perſonne ſacrée des Rois ; leſ
» quels ſermens, à l'égard de tous ceux deſdits ci
» devant ſoi diſans Jéſuites, qui ſont actuelle
» ment dans la Ville, Prévôté & Vicomté de
. » Paris, ſeront reçus pardevant Me Joſeph-Marie
, ºº Terray, Conſeiller-Rapporteur , que la Cour
, » a commis à cet effet : & qu'à l'égard de tous les
2º autres ci devant ſoi-diſans Jéſuites demeurans
M A I. 1764. 2.OI
a» actuellement hors de la Ville , Prévôté &
» Vicomté de Paris & dans le reſſort de la Cour,
» leſdits ſermens ſeront reçus dans les Bailliages
» & Sénéchauſſées du reſſort, dans le diſtrict deſ
» quels ils ſe trouveront lors de la ſuſdite publica
» tion dudit Arrêt, par le Lieutenant-Général ou
» autre Officier , ſuivant l'ordre du Tableau ; deſ
2» quels ſermens ſera donné acte, qui ſera ſouſcrit
» par celui qui aura fait ledit ſerment, & dépoſé
» au Greffe de la Cour ou aux Greffes des Baillia -
» ges & Sénéchauſſées du Reſſort, dont expédition
» en forme ſera envoyée au Procureur-Général
» du Roi, pour être pareillement par lui dépoſée
» au Greffe de la Cour, pour, ſur le compte quî
» ſera par lui rendu, être par la Cour, toutes les
» Chambres aſſemblées, ftatué ce qu'il appartien
» dra , le tout ſans préjudice du ſerment preſcrit
» par l'Arrêt du 6 Août 1726 , à l'égard de ceux
» qui voudroient remplir des grades dans les
» Univerſités du Reſſort, poſſéder Canonicats ou
» Bénéfices à charge d'âmes, Vicariats, emplois
» ou fonctions ayant même charge, Chaires ou
» Enſeignement public, Offices de Judicature ou
» Municipaux, & généralement remplir aucunes
» fonctions publiques, comme auſſi ſans préjudice
» de l'exécution de l'Arrêt du 7 Septembre ſuivant
• rendu en conſéquence. Ordonne que ledit Arrêt
» ſera imprimé, lû, publié & affiché par-tout oû
» beſoin ſera , que l'Affiche d'icelui, même par
» Extrait , vaudra ſignification & injonction à
» chacun de ceux qui audit jour 6 Août 1761 ,
» étoient Membres de ladite ci-devant Société ,
» & qu'Extraits collationnés d'icelui ſerontenvoyés
» aux Bailliages & Sénéchauſſées du Reſſort, en
» ſemble aux Conſeil Provincial d'Artois, Baillia
» ges, Gouvernances & Officiers Municipaux de
L,v.
2 o2 MERCURE DE FRANCE.
» l'Artois, pour y être pareillement lû, publié &
» regiſtré. Enjoint aux Subſtituts du Procureur
» Général du Roi d'y tenir la main, & d'en certi
» fier la Cour. Collationné. REGNAULT.
» Signé, DUFRANC. »
Le 29, les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement ; il y a été fait lecture des Remontran
ces rédigées d'après les Articles qui avoient été
précédemment agrées ; les Gens du Roi ont été
chargés de ſe retirer pardevers Sa Majeſté pour
ſçavoir le lieu, le jour & l'heure où il lui plaira de .
recevoir ces Remontrances & de rendre compte le
Samedi 3 Mars, de l'éxécution de cette Miſſion.
Ils ont été chargés auſſi de prendre communica
tion du Procez-Verbal de la vérification des Aſſer
tions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, & de prendre leurs Conclu
fions ſur cet objet le 3 Mars. Enfin ils ont été char
gé ſde prendre communication d'un Imprimé in
titulé : Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de
Langres au Clergé Séculier & Régulier de ſon
Diocèſe, lequel a été dépoſé au Greffe, enſemble
du récit fait à ce ſujet par un de MM. & de prendre
des Concluſions ſur le tout le même jour 3 Mars.
Le 3 Mars, les Princes & les Pairs ſe ſont
rendus au Parlement, Les Gens du Roi, rendant
compte de la Miſſion dont ils avoient été chargés,
le 29 du mois dernier, ont dit que le Roi recevroit
à Verſailles, Dimanche 4 du même mois à midi ,
les Remontrances de ſon Parlement, & que ſon
* intention étoit qu'elles lui fuſſent préſentées par le
Premier Préſident & deux Préſidens. Le Prince de
Condé ayant propoſé de mettre en délibération ce
qu'il convenoit de faire au ſujet de ce qui ſe trouve
dans les Remontrances du Parlement de Bretagne
M A I. 1764. 2o3
concernant la Cour des Pairs, il a été arrêté qu'il
ſeroit nommé des Commiſſaires qui s'aſſemble
roient Jeudi 8 , à l'effet d'examiner ces Remon
trances & de recueillir les principes & les faits ſur
cette matiére, pour rendre compte du tout au
Parlement. Enſuite les Gens du Roi ont rendu
compte du Procès-Verbal de la vérification des Aſ
ſertions citées dans l'Inſtruction Paſtorale de l'Ar
chevêque de Paris, ainſi que de l'Imprimé intitulé;
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres au Clergé Séculier & Régulier de ſon Diocèſe,
& ils ont laiſſé concernant ces deux objets leurs
concluſions par écrit, ſur leſquelles il a été rendu
deux Arrêts. Par le premier, il eſt ordonné que
pour remplir de plus en plus les vues que le Par
lement s'étoit propoſées par ſon Arrêt du 5 Mars
1762 , des copies collationnées du Procès-Verbal
dépoſé au Greffe par Arrêt du 29 Février dernier ,
feroient envoyées ſans délai par le Procureur-Gé
néral du Roi à tous les Archevêques & Evêques du
Reſſort & à tous les Bailliages & Sénéchauſſées ;il
a été arrêté de plus que le premier Préſident, en
préſentant au Roi les très-humbles & très-reſpec
tueuſes Remontrances de ſon Parlement arrêtées
le 23 Février dernier, remettra à Sa Majefté co
pie collationnée du Procès-Verbal de vérification,
& on a ordonné que, pour que le Procès-Verbal
foit plus promptement & plus facilement envoyé
aux Archevêques & Evêques & aux Bailliages &
Sénéchauſſées du Reſſort, il ſera imprimé & que le
préſent Arrêt ſera imprimé en tête du Procès-Ver
bal. Il a été fait enſuite un Arrêté portant qu'un
exemplaire imprimé du Procès-Verbal de la véri
fication des Extraits das Aſſertions, collationné
par un Secrétaire du Parlement, ſera envoyé aux
Parlemens & Conſeils Supérieurs auxquels ont été
I vj
2o4 MERCURE DE FRANCE.
adreſſés des exemplaires des Aſſertions. Dans le
cours des opinions, un des Membres du Parle
ment s'étant réſervé de faire mettre en délibéra
tion ce qu'il convenoit de faire au ſujet du nom
bre d'Evêques qui ſe trouvoient à Paris, il a été
arrêté qué le Procureur Général du Roi ſeroit
chargé de veiller à l'exécution des Ordonnances &
Arrêts en ce quiconcerne la réſidence des Archevê
, ques & Evêques dans leur Diocèſe , & qu'il ren
droit compte dans la quinzaine aux Chambres aſ
ſemblées des diligences qu'il aura faites. Il a été
rendu enfin au ſujet de l'Imprimé ayant pour titre :
Lettre Paſtorale de Monſeigneur l'Evêque de Lan
gres, & c. un ſecond Arrêt qui ordonne que cet
Imprimé ſera lacéré & brûlé par l'Exécuteur de
la Haute-Juſtice, & que l'Arrêt ſera imprimé &
affiché tant à Paris qu'a Langres & par-tout où
, beſoin ſera.
Le 9 les Princes & les Pairs ſe ſont rendus au
Parlement. Le Premier Préſident ayant rendu
compte de la réponſe faite par le Roi aux Remon
, trances de ſon Parlement , on a arrêté qu'il ſeroit
fait Procès-Verbal du récit fait par le Premier Pré
ſident; &, quant au fond de l'affaire de l'Archevê
que de Paris, il a été arrêté que la délibération
, ſeroit continuée au premier jour avec les Princes
& les Pairs, en vertu de la convocation du 2 1 Jan
vier dernier, & ſans qu'il en ſoit beſoin d'autre.
Les Gens du Roi ayant enſuite rendu compte des
Inform ations faites au ſujet de la diſtribution de
Il'nſtruction Paſtorale de l'Archevêque de Paris,
& des différens Actes de ſerment faits en exécution
de l'Arrêt du 21 Février, & ayant pris des conclu
· ſions ſur le tout, le Parlement a rendu un Arrêt
par lequel il eſt enjoint aux ci-devant ſoi-diſant
Jéſuites, qui n'ont pas prêté ſerment dans le terme
M A I. 1764. , 2o5
preſcrit par l'Arrêt du 22 Février, de ſe retirer du
Royaume dans un mois , à compter du jour de la
publication du préſent Arrêt, tant dans cette Ville
| que dans les Bailliages & Sénéchauſſées du Reſ
ſort, ſauf a ceux qui par leur grand âge ou pour
cauſe d'infirmité ne pourroient ſatisfaire au pré
· ſent Arrêt, à préſenter leurs requêtes en la Cour,
tontes les Chambres aſſemblées, dans le ſuſdit dé
lai, pour être ſur leſdites requêtes & ſur les con
, cluſions du Procureur-Général du Roi ſtatué ce
qu'il appartiendra. Les Gens du Roi étant rentrés
en l'aſſemblée des Chambres, ont rendu compte
d'un Ecrit intitulé Adhéſion de Monſeigneur l'Evê
que d'Amiens a l'Inſtruction Paſtorale de Mon
ſeigneur l'Archevêque de Paris, & ont pris leurs
concluſions tendantes a ce que cet Ecrit fût lacéré
& brûlé : ſur quoi eſt intervenu Arrêt conforme
aux concluſions. -
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſo
lemnelle qu'on a coutume de faire tous les ans
en mémoire de la ré*uction de cette Capitale
ſous l'obédience de HENRY IV. Le Corps de
Ville aſſiſta , ſelon l'uſage, a cette Cérémonie,
La Société Royale de Londres reçut, le 13
Janvier dernier, au nombre de ſes Membres,
le ſieur Ferdinand Berthoud, habile Horloger
de cette Capitale. Cet Artiſte fut choiſi l'année
dernière par l'Académie Royale des Sciences &
, envoyé a Londres par Sa Majeſté, pour aſſiſter,
- conjointement avec M le Camus, à l'examen
de l'Horloge de M. Harriſſon. Il eſt Auteur du
Livre de l'Art de régier les Pendules & les Mon
tres, de l'Eſſai ſur l'Horlogerie , & de pluſieurs
- ouvrages relatifs à ſon Art, qu'il a préſentés à
. l'Académie, entr'autres de trois différentes hor
: loges de Marine pour la découverte des longi2
tudes en mer,
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Résumé : De PARIS, le 2 Avril 1764.
Le document du 2 avril 1764 relate plusieurs décisions royales et événements parlementaires. Le roi Louis XV a établi des règlements pour l'École Royale de Chirurgie à Orléans et créé des postes de Colonel, Lieutenant-Colonel et Major dans le régiment des recrues de Paris, avec des salaires annuels respectifs de 3600, 2400 et 1800 livres. Les négociants de Grandville ont reçu l'autorisation de commercer directement avec les colonies françaises d'Amérique via leur port. La Société Royale de Londres a accueilli deux nouveaux membres : le sieur Camus et Ferdinand Berthoud, un horloger. Au Parlement, les Princes et Pairs ont discuté des remontrances concernant l'exil de l'Archevêque de Paris et ont pris des mesures contre les Jésuites. Ces derniers ont été contraints de prêter serment de ne plus vivre sous les constitutions de leur ordre et de ne pas correspondre avec leurs supérieurs. Les écrits jugés contraires à ces décisions ont été condamnés à être lacérés et brûlés. Le Parlement a également ordonné la distribution d'un procès-verbal de vérification des assertions contenues dans l'instruction pastorale de l'Archevêque de Paris et a pris des mesures contre les évêques ne résidant pas dans leur diocèse. Par ailleurs, le texte mentionne l'existence de l'Académie, qui comprend trois types distincts de loges de Marine. Ces loges sont spécifiquement dédiées à la découverte des longitudes en mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11043
p. 206-210
MARIAGES.
Début :
Henri-Bernard, Marquis d'Espagne, Capitaine de Cavalerie, & premier [...]
Mots clefs :
Capitaine de cavalerie, Vicomte, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Marquis, Gouverneur, Comte, Maison de Cabalby, Mariage, Famille, Décès, Héritiers, Charles d'Espagne, Fêtes, Décorations, Lumières, Magistrat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
M A R I A G E S.
Henri-Bernard, Marquis d'Eſpagne, Capitaine
de Cavalerie, & premier Baron né des Etats de la
Vicomté de Nebouzan, a épouſé la nuit du 27 au
28 Décembre dernier, Demoiſelle Claire-Char
lotte de Cabalby, à S. Lézier, dans la Chapelle
Epiſcopale de M. l'Evêque de Couzerans, qui leur
a donné la Bénédiction nuptiale. M. le Maréchal
Duc de Richelieu avec la principale Nobleſſe de la
Province, avoit honoré ſon contrat de mariage
de ſa préſence. Le Marquis d'Eſpagne, ſeul de
ſon nom, eſt fils unique de feu Joſeph-André,
| Marquis d'Eſpagne, Gouverneur pour le Roi de
ladite Vicomté, & de Dame Françoiſe de l'ancien
ne & illuſtre Maiſon d'Orbeſſan.
Mademoiſelle de Cabalby eſt fille & héritière
d'Octavien de Cabalby, Baron d'Eſplas, Gouver
neur pour Sa Majeſté de la Ville & Vallée de Seix,
& Commandant ſous les ordres de M. le Maréchal
Duc de Richelieu dans ſa partie du Couzerans, &
de feue Dame Jeanne de Dupac. Le Marquis d'Eſ
pagne deſcend en ligne directe de Léon d'Eſpagne,
Prince ſorti du Sang Royal de Léon, portant
pour armes le Lion de gueule au champ d'argent,
Comte de Paillas, & Vicomte de Couzerans, qui
épouſa la fille unique du Seigneur de Monteſpan ;
& de leur mariage vint Roger I. d'Eſpagne ,
Seigneur de Monteſpan , Comte de Paillas, &
Vicomte de Couzerans , lequel épouſa Grize
de Riviere, fille unique & héritière du Seigneur
de Riviere, Seigneur de la Ville de Montrejan,
· & Baron de Borderes ; qui eut pour fils Ar
naud d'Eſpagne , premier de ce nom , Sel
·gneur de Monteſpan , Comte de Paillas, & Vi
M A I. 1764. 2o7
comte de Couzerans, quiépouſa Philippe de Foix,
fille de Roger-Bernard, ſixiéme de ce nom, &
huitiéme Comte de Foix , ſoeur d'Eſclarmonde de
Foix, Reine de Majorque ; qui eut pour fils Ar
naud II. d'Eſpagne, Seigneur de Monteſpan,
Comte de Paillas, & Vicomte de Couzerans, qui
épouſa Marquéſe de Benac ; & de leur mariage
ſortit Azemar d'Eſpagne, premier de ce nom,
qui épouſa Léonore de Vellere, héritière de la
Maiſon de Vellere en Eſpagne, & de leur mariage
ſortit Arnaud III d'Eſpagne, Seigneur de Monteſ
pan, Sénéchal & Gouverneur de Carcaſſonne,
qui épouſa Demoiſelle de la Barthe ; & de leur
mariage ſortit Roger II du nom, Seigneur de
Monteſpan, Chevalier de l'Ordre du Roi , ſon
Chambellan , Gouverneur & Sénéchal de Tou
louſe, Albigeois & Carcaſſonne, qui épouſa Claire
de Gramont ; d'où ſortit Roger III du nom, Sei
gneur de Monteſpan, Chevalier de l'Ordre du
Roi, qui épouſa Jacquette de Moleon , d'où ſortit
Matthieu I d'Eſpagne, Seigneur de Monteſpan,
qui épouſa Catherine de Foix, & de leur mariage
ſortit trois enfans mâles. Le premier Roger IV du
nom , le ſecond, Arnaud IV du nom, & le troi
ſiéme, Charles I d'Eſpagne, qui eut pour appana
ge la Baronie de§Roger IV, qui étoit
Chevalier des Ordres du Roi, mourut ſans poſté
rité. Arnaud IV d'Eſpagne, ſon frère, lui ſuccéda,
* qui épouſa Magdelaine Daure, fille de Geraud
Daure, Chevalier des Ordres du Roi , Baron de
Larbouſt ; & de leur mariage ſortit Roger V du
nom, Chevalier des Ordres du Roi , qui mourut
ſans poſtérité, & qui, malgré la ſubſtitution gra
duelle & perpétuelle établie depuis pluſieurs ſiécles
dans la Maiſon d'Eſpagne, fit paſſer, au préjudice
de ſon oncleCharles I d'Eſpagne, Baron de Rame
2C8 MERCURE DE FRANCE.
fort, tous les biens de la Branche aînée à ſa ſoeur
Paule d'Eſpagne, qui ſe maria dans la Maiſon de
Gondrin. Charles I d'Eſpagne continua la poſté
rité , & épouſa Marie d'Aſté, fille de Jean Daure,
Vicomte d'Aſté, & ſoeur de Manaut Daure, qui
épouſa Claire de Gramont. Lequel Charles I
d'Eſpagne eut pour fils Onofre d'Eſpagne , Baron
de Ramefort, qui étoit Colonel d'un Régiment
qui a ſervi avec beaucoup de diſtinction en Pro
-vence. Il épouſa Catherine de Saman de la Mai
ſon d'Eſtarac, d'où eſt ſorti Jean-Alexandre d'Eſ
, pagne,'qui avoit commencé à ſervir à douze ans ;
il fut bleſſé dans quatre ou cinq occaſions différen
tes, & fut tué ſur la brêche de la Ville de Lambeſc,
âgé de vingt-quatre ans, Capitaine aux Gardes ,
& un des plus valeureux Capitaines de ſon temps.
Le Roi lui avoit donné , entre autres récompenſes,
pour l'aider à ſe ſoutenir dans le ſervice ſelon ſa
qualité, le Marc-d'or dû à ſon Avènement à la
Couronne. Charles II d'Eſpagne ſon frère lui ſuc
céda, qui a ſervi avec beaucoup de diſtinction, &
fut Gouverneur de la Ville & Citadelle de Siſteron,
& Capitaine d'une Compagnie de cent Hommes
d'Armes. Il épouſa Jeanne de Saman de la même
Maiſon de ſa mère , d'où eſt ſorti Charles III
: d'Eſpagne , Baron de Ramefort , qui épouſa Mar
guerite de Saint-Paſtou ; d'où ſortit Melkior d'Eſ
, pagne, Baron de Ramefort , qui épouſa Françoiſe
: d'Orbeſſan , d'où eſt ſorti Charles IV d'Eſpagne,
qui a commencé ſes ſervices dans le Régiment de
Ségur , qui épouſa Marguerite de Sapte, d'où eſt
- ſorti Joſeph-André Marquis d'Eſpagne , Baron de
- Ramefort, Gouverneur & Sénéchal de la Vicomté
de Nebouzan , qui a ſervi long-temps dans les
Régimens de Dunois & d'Auvergne, ayant reçu
- des bleſſures conſidérables deſquelles il eſt mort 1
- M A I. 1764. 2og
s'étant rouvertes le 8 Octobre r7 59. Il avoit épou
ſé Françoiſe d'Orbeſſan, & a laiſſé, comme il a
été dit pour fils unique Henri-Bernard†
d'Eſpagne. Pluſieurs filles de cette Maiſon ſont
aliiées avec des Maiſons très-illuſtres du Royaume3
entr'autres avec celles de Noailles, de Puyſegur,
de Gondrin , d'Auſſun , de Narbonne & autres.
Différens Cadets de cette Maiſon ont ſervi dans
des grades ſupérieurs, & s'y ſont également diſ
tingués. D'autres qui ont pris l'Etat Eccléſiaſtique,
ont été Evêques de Cominges, Rieux & Leitoure,
Le Mariage de M. le Comte de Freſnay, Capi
taine au Régiment du Roi, avec Mlle l'Eſcalopier,
fille de M. l'Eſcalopier , Intendant de Tours, a été
célébré le premier de ce mois dans l'Egliſe de S.
Hilaire , Paroiſſe de cette Ville.
M. & Madame l'Eſcalopier ont reçu à cette oc
caſion les complimens de tous les Corps & Compa
† de la Ville, qui étoient dictés par l'eſtime &
e ſentiment. Mais le zèle public s'eſt encore plus
particulièrement ſignalé dans la Fête qui leur a été
donnée le Dimanche quatre de Mars, par les per
ſonnes les plus diſtinguées de la Nobleſſe, de la
Robe & du Commerce. Plus de quatre - vingt
Chefs de Familles repréſentant ces différens Etats,
ſe ſont réunis pour y contribuer. Elle a été célébrée
dans la Salle ordinaire du Spectacle, dont le Par
terre avoit été mis au niveau du Théâtre. Un
nombre conſidérable de luſtres, de girandoles &
de conſoles chargés de bougies ingénieuſementdiſ
poſées y jettoient une lumière éclatante, des guir
landes de fleurs entrelacées dans des ſujets allégo
riques à la Fête la caractériſoient.Une table en fer
à-cheval, garnie de cent cinquante couverts occu
- pés par autant de Dames galamment vêtues,en or
A
21o MERCURE DE FRANCE.
noient le contour. Sur les huit heures du ſolr elle
fut ſervie ſplendidement. Chaque Cavalier ſervoit
ſa Dame. Les premières & ſecondes Loges rem
plies de Spectateurs, formoient un coup-d'oeil
agréable. Les honneurs du repas ont été déférés à
M. l'Eſcalopier, premier Magiſtrat de la Provin
ce , & à ſa Famille, dont la ſanté a été célébrée
à pluſieurs repriſes au bruit des inſtrumens de
† Le ſouper a fini à onze heures, & a été
ivi d'un Bal où toutes les Dames de la Ville qui
n'avoient pu être du repas, ſe rendirent, les unes
en habits galans, les autres maſquées. S'il eſt dif
ficile d'expoſer au naturel le coloris de la joie, il
l'eſt encore plus de rendre le tableau touchant de
la tendreſſe & de la vénération publique, qui a fait
le principal ornement de cette Fête : Monument
flatteur & reſpectable de l'hommage dû aux vertus
d'un Magiſtrat auſſi diſtingué par ſa naiſſance que
par ſon affabilité, ſon amour pour le bien public,
& par toutes les qualités qui conſtituent eſſentiel
lement l'Homme d'Etat.
Henri-Bernard, Marquis d'Eſpagne, Capitaine
de Cavalerie, & premier Baron né des Etats de la
Vicomté de Nebouzan, a épouſé la nuit du 27 au
28 Décembre dernier, Demoiſelle Claire-Char
lotte de Cabalby, à S. Lézier, dans la Chapelle
Epiſcopale de M. l'Evêque de Couzerans, qui leur
a donné la Bénédiction nuptiale. M. le Maréchal
Duc de Richelieu avec la principale Nobleſſe de la
Province, avoit honoré ſon contrat de mariage
de ſa préſence. Le Marquis d'Eſpagne, ſeul de
ſon nom, eſt fils unique de feu Joſeph-André,
| Marquis d'Eſpagne, Gouverneur pour le Roi de
ladite Vicomté, & de Dame Françoiſe de l'ancien
ne & illuſtre Maiſon d'Orbeſſan.
Mademoiſelle de Cabalby eſt fille & héritière
d'Octavien de Cabalby, Baron d'Eſplas, Gouver
neur pour Sa Majeſté de la Ville & Vallée de Seix,
& Commandant ſous les ordres de M. le Maréchal
Duc de Richelieu dans ſa partie du Couzerans, &
de feue Dame Jeanne de Dupac. Le Marquis d'Eſ
pagne deſcend en ligne directe de Léon d'Eſpagne,
Prince ſorti du Sang Royal de Léon, portant
pour armes le Lion de gueule au champ d'argent,
Comte de Paillas, & Vicomte de Couzerans, qui
épouſa la fille unique du Seigneur de Monteſpan ;
& de leur mariage vint Roger I. d'Eſpagne ,
Seigneur de Monteſpan , Comte de Paillas, &
Vicomte de Couzerans , lequel épouſa Grize
de Riviere, fille unique & héritière du Seigneur
de Riviere, Seigneur de la Ville de Montrejan,
· & Baron de Borderes ; qui eut pour fils Ar
naud d'Eſpagne , premier de ce nom , Sel
·gneur de Monteſpan , Comte de Paillas, & Vi
M A I. 1764. 2o7
comte de Couzerans, quiépouſa Philippe de Foix,
fille de Roger-Bernard, ſixiéme de ce nom, &
huitiéme Comte de Foix , ſoeur d'Eſclarmonde de
Foix, Reine de Majorque ; qui eut pour fils Ar
naud II. d'Eſpagne, Seigneur de Monteſpan,
Comte de Paillas, & Vicomte de Couzerans, qui
épouſa Marquéſe de Benac ; & de leur mariage
ſortit Azemar d'Eſpagne, premier de ce nom,
qui épouſa Léonore de Vellere, héritière de la
Maiſon de Vellere en Eſpagne, & de leur mariage
ſortit Arnaud III d'Eſpagne, Seigneur de Monteſ
pan, Sénéchal & Gouverneur de Carcaſſonne,
qui épouſa Demoiſelle de la Barthe ; & de leur
mariage ſortit Roger II du nom, Seigneur de
Monteſpan, Chevalier de l'Ordre du Roi , ſon
Chambellan , Gouverneur & Sénéchal de Tou
louſe, Albigeois & Carcaſſonne, qui épouſa Claire
de Gramont ; d'où ſortit Roger III du nom, Sei
gneur de Monteſpan, Chevalier de l'Ordre du
Roi, qui épouſa Jacquette de Moleon , d'où ſortit
Matthieu I d'Eſpagne, Seigneur de Monteſpan,
qui épouſa Catherine de Foix, & de leur mariage
ſortit trois enfans mâles. Le premier Roger IV du
nom , le ſecond, Arnaud IV du nom, & le troi
ſiéme, Charles I d'Eſpagne, qui eut pour appana
ge la Baronie de§Roger IV, qui étoit
Chevalier des Ordres du Roi, mourut ſans poſté
rité. Arnaud IV d'Eſpagne, ſon frère, lui ſuccéda,
* qui épouſa Magdelaine Daure, fille de Geraud
Daure, Chevalier des Ordres du Roi , Baron de
Larbouſt ; & de leur mariage ſortit Roger V du
nom, Chevalier des Ordres du Roi , qui mourut
ſans poſtérité, & qui, malgré la ſubſtitution gra
duelle & perpétuelle établie depuis pluſieurs ſiécles
dans la Maiſon d'Eſpagne, fit paſſer, au préjudice
de ſon oncleCharles I d'Eſpagne, Baron de Rame
2C8 MERCURE DE FRANCE.
fort, tous les biens de la Branche aînée à ſa ſoeur
Paule d'Eſpagne, qui ſe maria dans la Maiſon de
Gondrin. Charles I d'Eſpagne continua la poſté
rité , & épouſa Marie d'Aſté, fille de Jean Daure,
Vicomte d'Aſté, & ſoeur de Manaut Daure, qui
épouſa Claire de Gramont. Lequel Charles I
d'Eſpagne eut pour fils Onofre d'Eſpagne , Baron
de Ramefort, qui étoit Colonel d'un Régiment
qui a ſervi avec beaucoup de diſtinction en Pro
-vence. Il épouſa Catherine de Saman de la Mai
ſon d'Eſtarac, d'où eſt ſorti Jean-Alexandre d'Eſ
, pagne,'qui avoit commencé à ſervir à douze ans ;
il fut bleſſé dans quatre ou cinq occaſions différen
tes, & fut tué ſur la brêche de la Ville de Lambeſc,
âgé de vingt-quatre ans, Capitaine aux Gardes ,
& un des plus valeureux Capitaines de ſon temps.
Le Roi lui avoit donné , entre autres récompenſes,
pour l'aider à ſe ſoutenir dans le ſervice ſelon ſa
qualité, le Marc-d'or dû à ſon Avènement à la
Couronne. Charles II d'Eſpagne ſon frère lui ſuc
céda, qui a ſervi avec beaucoup de diſtinction, &
fut Gouverneur de la Ville & Citadelle de Siſteron,
& Capitaine d'une Compagnie de cent Hommes
d'Armes. Il épouſa Jeanne de Saman de la même
Maiſon de ſa mère , d'où eſt ſorti Charles III
: d'Eſpagne , Baron de Ramefort , qui épouſa Mar
guerite de Saint-Paſtou ; d'où ſortit Melkior d'Eſ
, pagne, Baron de Ramefort , qui épouſa Françoiſe
: d'Orbeſſan , d'où eſt ſorti Charles IV d'Eſpagne,
qui a commencé ſes ſervices dans le Régiment de
Ségur , qui épouſa Marguerite de Sapte, d'où eſt
- ſorti Joſeph-André Marquis d'Eſpagne , Baron de
- Ramefort, Gouverneur & Sénéchal de la Vicomté
de Nebouzan , qui a ſervi long-temps dans les
Régimens de Dunois & d'Auvergne, ayant reçu
- des bleſſures conſidérables deſquelles il eſt mort 1
- M A I. 1764. 2og
s'étant rouvertes le 8 Octobre r7 59. Il avoit épou
ſé Françoiſe d'Orbeſſan, & a laiſſé, comme il a
été dit pour fils unique Henri-Bernard†
d'Eſpagne. Pluſieurs filles de cette Maiſon ſont
aliiées avec des Maiſons très-illuſtres du Royaume3
entr'autres avec celles de Noailles, de Puyſegur,
de Gondrin , d'Auſſun , de Narbonne & autres.
Différens Cadets de cette Maiſon ont ſervi dans
des grades ſupérieurs, & s'y ſont également diſ
tingués. D'autres qui ont pris l'Etat Eccléſiaſtique,
ont été Evêques de Cominges, Rieux & Leitoure,
Le Mariage de M. le Comte de Freſnay, Capi
taine au Régiment du Roi, avec Mlle l'Eſcalopier,
fille de M. l'Eſcalopier , Intendant de Tours, a été
célébré le premier de ce mois dans l'Egliſe de S.
Hilaire , Paroiſſe de cette Ville.
M. & Madame l'Eſcalopier ont reçu à cette oc
caſion les complimens de tous les Corps & Compa
† de la Ville, qui étoient dictés par l'eſtime &
e ſentiment. Mais le zèle public s'eſt encore plus
particulièrement ſignalé dans la Fête qui leur a été
donnée le Dimanche quatre de Mars, par les per
ſonnes les plus diſtinguées de la Nobleſſe, de la
Robe & du Commerce. Plus de quatre - vingt
Chefs de Familles repréſentant ces différens Etats,
ſe ſont réunis pour y contribuer. Elle a été célébrée
dans la Salle ordinaire du Spectacle, dont le Par
terre avoit été mis au niveau du Théâtre. Un
nombre conſidérable de luſtres, de girandoles &
de conſoles chargés de bougies ingénieuſementdiſ
poſées y jettoient une lumière éclatante, des guir
landes de fleurs entrelacées dans des ſujets allégo
riques à la Fête la caractériſoient.Une table en fer
à-cheval, garnie de cent cinquante couverts occu
- pés par autant de Dames galamment vêtues,en or
A
21o MERCURE DE FRANCE.
noient le contour. Sur les huit heures du ſolr elle
fut ſervie ſplendidement. Chaque Cavalier ſervoit
ſa Dame. Les premières & ſecondes Loges rem
plies de Spectateurs, formoient un coup-d'oeil
agréable. Les honneurs du repas ont été déférés à
M. l'Eſcalopier, premier Magiſtrat de la Provin
ce , & à ſa Famille, dont la ſanté a été célébrée
à pluſieurs repriſes au bruit des inſtrumens de
† Le ſouper a fini à onze heures, & a été
ivi d'un Bal où toutes les Dames de la Ville qui
n'avoient pu être du repas, ſe rendirent, les unes
en habits galans, les autres maſquées. S'il eſt dif
ficile d'expoſer au naturel le coloris de la joie, il
l'eſt encore plus de rendre le tableau touchant de
la tendreſſe & de la vénération publique, qui a fait
le principal ornement de cette Fête : Monument
flatteur & reſpectable de l'hommage dû aux vertus
d'un Magiſtrat auſſi diſtingué par ſa naiſſance que
par ſon affabilité, ſon amour pour le bien public,
& par toutes les qualités qui conſtituent eſſentiel
lement l'Homme d'Etat.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate le mariage de Henri-Bernard, Marquis d'Espagne, Capitaine de Cavalerie et premier Baron né des États de la Vicomté de Nebouzan, avec Demoiselle Claire-Charlotte de Cabalby. La cérémonie s'est déroulée la nuit du 27 au 28 décembre dans la Chapelle Épiscopale de M. l'Évêque de Couzerans à Saint-Lézier. Le contrat de mariage a été honoré par la présence du Maréchal Duc de Richelieu et de la principale noblesse de la province. Henri-Bernard est le fils unique de feu Joseph-André, Marquis d'Espagne, Gouverneur pour le Roi de la Vicomté de Nebouzan, et de Dame Françoise de la Maison d'Orbessan. Claire-Charlotte est la fille et héritière d'Octavien de Cabalby, Baron d'Esplas, Gouverneur de la Ville et Vallée de Seix, et de feue Dame Jeanne de Dupac. Le Marquis d'Espagne descend en ligne directe de Léon d'Espagne, Prince du Sang Royal de Léon, portant pour armes le Lion de gueule au champ d'argent, Comte de Paillas et Vicomte de Couzerans. La lignée inclut plusieurs générations de seigneurs de Montespan, Comtes de Paillas et Vicomtes de Couzerans, avec des alliances notables telles que les Maisons de Foix, de Gramont, et de Vellere. La famille d'Espagne a également produit plusieurs membres distingués dans les armées et l'Église, avec des alliances avec des Maisons illustres comme Noailles, Puysegur, et Gondrin. Le texte mentionne également le mariage du Comte de Fresnay, Capitaine au Régiment du Roi, avec Mlle l'Escalopier, fille de M. l'Escalopier, Intendant de Tours. Cette cérémonie a eu lieu le 1er mars dans l'Église de Saint-Hilaire à Tours. La fête en leur honneur a réuni des personnes distinguées de la noblesse, de la robe et du commerce, avec une table de cent cinquante couverts et un bal masqué.
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11044
p. 210-211
LETTRE à l'Auteur du Mercure. A Tours, le 7 Mars 1764.
Début :
Monsieur, Le détail de la Fête que nous avons l'honneur de vous [...]
Mots clefs :
Fête, Récit
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure. A Tours, le 7 Mars 1764.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
A Tours, le 7 Mars 1764.
M o N s 1 E U R , } .
Le détail de la Fête que nousavons l'honneur de
vous adreſſer eſt intéreſſant, parce qu'il eſt une
preuve de nos ſentimens & de notre façon de pen
ſer pour M. l'Eſcalopier. Nous vous prions de
vouloir bien l'inſérer dans votre premier Mercure,
& de nous croire avec une parfaite conſidération ,
Monſieur,
- Vos très-humbles & très
obéiſſans Serviteurs,
· Signé par les trois Etats
de la Ville de Tours. .
A Tours, le 7 Mars 1764.
M o N s 1 E U R , } .
Le détail de la Fête que nousavons l'honneur de
vous adreſſer eſt intéreſſant, parce qu'il eſt une
preuve de nos ſentimens & de notre façon de pen
ſer pour M. l'Eſcalopier. Nous vous prions de
vouloir bien l'inſérer dans votre premier Mercure,
& de nous croire avec une parfaite conſidération ,
Monſieur,
- Vos très-humbles & très
obéiſſans Serviteurs,
· Signé par les trois Etats
de la Ville de Tours. .
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11045
p. 211
« Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse de François de Lévis, [...] »
Début :
Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse de François de Lévis, [...]
Mots clefs :
Épouse, Lieutenant, Marquis, Accouchement, Fille, Maison de Lévis
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texteReconnaissance textuelle : « Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse de François de Lévis, [...] »
Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Auguſtine Michel,
épouſe de François de Lévis, Lieutenant-Général
des Armées du Roi, dit le Marquis de Lévis, ma
riée le 8 Février 1762 , eſt accouchée d'un fils qui
eſt ſon ſecond enfant. Le premier eſt une fille née
le 22 Décembre 1762.
Le Marquis de Lévis & ſon frère aîné, Baron de
Lévis-Ajac, forment la Branche d'Ajac, iſſue de
celle de Lévis Leran, aujourd'hui Mirepoix, par
Salomon de Lévis leur aïeul ,ſecond fils de Gabriel
de Lévis, Comte de Léran, & de Catherine de
Levis-Mirepoix ; lequel Gabriel étoit fils aîné de
Gaſton de Lévis, Comte de Léran, ſeptiéme du
nom , & de Gabrielle de Foix, &c.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
épouſe de François de Lévis, Lieutenant-Général
des Armées du Roi, dit le Marquis de Lévis, ma
riée le 8 Février 1762 , eſt accouchée d'un fils qui
eſt ſon ſecond enfant. Le premier eſt une fille née
le 22 Décembre 1762.
Le Marquis de Lévis & ſon frère aîné, Baron de
Lévis-Ajac, forment la Branche d'Ajac, iſſue de
celle de Lévis Leran, aujourd'hui Mirepoix, par
Salomon de Lévis leur aïeul ,ſecond fils de Gabriel
de Lévis, Comte de Léran, & de Catherine de
Levis-Mirepoix ; lequel Gabriel étoit fils aîné de
Gaſton de Lévis, Comte de Léran, ſeptiéme du
nom , & de Gabrielle de Foix, &c.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : « Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse de François de Lévis, [...] »
Le 7 mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse du Marquis de Lévis, a donné naissance à un fils. Leur premier enfant, une fille, est née le 22 décembre 1762. Le Marquis de Lévis et son frère, le Baron de Lévis-Ajac, forment la Branche d'Ajac, issue de la branche de Lévis Leran. Gabriel de Lévis, ancêtre de cette lignée, était fils de Gaston de Lévis et de Gabrielle de Foix.
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11046
p. 211
AVIS DIVERS.
Début :
La Société d'Agence a ci-devant annoncé que son Bureau étoit [...]
Mots clefs :
Société d'agence, Directeur, Changements, Lettres, Paquets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS.
A V I S D I V E R S.
LA Société d'Agence a ci - devant annoncé que
ſon Bureau étoit établi chez M. de Neuve-Egli
ſe, rue des Orties, Butte S. Roeh, & que les
Lettres, Piéces & Paquets devoient être envoyés
à l'adreſſe dudit ſieur de Neuve - Egliſe & com
pagnie. Elle prévient aujourd'hui que ledit ſieur
de Neuve-Egliſe a ceſſé d'en être Directeur dès
le premier de ce mois, que la Société ne le
cautionne plus, & que leſdites Lettres & Pa
quets doivent déſormais être adreſſés à M. de
Prémilon & Compagnie, rue S. Louis, au Ma
rais, vis-à-vis l'Hôtel Turpin , à Paris.
LA Société d'Agence a ci - devant annoncé que
ſon Bureau étoit établi chez M. de Neuve-Egli
ſe, rue des Orties, Butte S. Roeh, & que les
Lettres, Piéces & Paquets devoient être envoyés
à l'adreſſe dudit ſieur de Neuve - Egliſe & com
pagnie. Elle prévient aujourd'hui que ledit ſieur
de Neuve-Egliſe a ceſſé d'en être Directeur dès
le premier de ce mois, que la Société ne le
cautionne plus, & que leſdites Lettres & Pa
quets doivent déſormais être adreſſés à M. de
Prémilon & Compagnie, rue S. Louis, au Ma
rais, vis-à-vis l'Hôtel Turpin , à Paris.
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Résumé : AVIS DIVERS.
La Société d'Agence, initialement située chez M. de Neuve-Eglise, rue des Orties, Butte Saint-Roch, annonce que M. de Neuve-Eglise a cessé ses fonctions. Les correspondances doivent dorénavant être envoyées à M. de Prémilon et Compagnie, rue Saint-Louis au Marais, vis-à-vis de l'Hôtel Turpin, à Paris.
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11047
p. 211-212
« Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
Début :
Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...]
Mots clefs :
Taffetas, Remède, Odeur, Guérison, Blessures
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texteReconnaissance textuelle : « Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
TAFFETAs d'Angleterre, par M. Woodock.
Ce Taffetas eſt le plus commode & le plus
utile reméde dont les Meſſieurs & les Dames
puiſſent ſe ſervir. Les plus délicats peuvent le por
/-
212 MERCURE DE FRANCE.
ter dans leurs poches : car non ſeulement l'Odeur
n'eſt point fâcheuſe, mais elle eſt agréa
ble. Il ne ſçauroit manquer de guérir toutes
les coupures ou bleſſures. Étant immédiate
menr appliqué , il arrête d'abord le ſang &
ôte entierement la douleur. En le mouillant ſeu
lement avec la langue & le mettant ſur la par
tie affligée, il y tiendra ſi fort qu'en ſe lavant
il ne ſe dérangera pas.
N. B. Il ſuffit de le couper de la même gran
deur de la -bleſſure.
Ce Taffetas ſe vend à Paris chez le Brun,
au Magaſin de Provence , rue Dauphine , à
56 ſols la pièce.
A Lyon chez Prodon & Compagnie, rue
Bard Argent.
Ce Taffetas eſt le plus commode & le plus
utile reméde dont les Meſſieurs & les Dames
puiſſent ſe ſervir. Les plus délicats peuvent le por
/-
212 MERCURE DE FRANCE.
ter dans leurs poches : car non ſeulement l'Odeur
n'eſt point fâcheuſe, mais elle eſt agréa
ble. Il ne ſçauroit manquer de guérir toutes
les coupures ou bleſſures. Étant immédiate
menr appliqué , il arrête d'abord le ſang &
ôte entierement la douleur. En le mouillant ſeu
lement avec la langue & le mettant ſur la par
tie affligée, il y tiendra ſi fort qu'en ſe lavant
il ne ſe dérangera pas.
N. B. Il ſuffit de le couper de la même gran
deur de la -bleſſure.
Ce Taffetas ſe vend à Paris chez le Brun,
au Magaſin de Provence , rue Dauphine , à
56 ſols la pièce.
A Lyon chez Prodon & Compagnie, rue
Bard Argent.
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Résumé : « Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
Le 'Taffetas d'Angleterre' de M. Woodock est un remède pratique pour hommes et femmes, idéal pour les personnes délicates. Il soigne les coupures et les blessures en arrêtant le sang et en éliminant la douleur. Appliqué mouillé, il adhère bien et résiste au lavage. Disponible à Paris chez le Brun et à Lyon chez Prodon & Compagnie, au prix de 56 sols la pièce.
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11048
p. 212-213
« Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
Début :
Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...]
Mots clefs :
Tablettes, Maux d'estomac, Humeurs, Remède, Maladies pulmonaires, Vertus, Conseils d'utilisation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
LEs Tablettes d'Angleterre Pecterales & Sto
machales, trouvées par le ſieur Anhbald. Ces
Tablettes ſont un reméde ſûr & infaillible con
tre les maladies ordinaires de la Poitrine &
du Poulmon, telles que le rhume, la toux, &
l'enrouement, &c. Elles préviennent l'Aſthme,
la Phthiſie, la Poulmonie, & diſſipent les hu
meurs qui ſe fixent ſur la Poitrine , & dont
l'irritation occaſionne des efforts continuels pour
touſſer. -
Ces Tablettes par leurs vertus balſamiques &
nutritives, guériſſent les tendres vaiſſeaux de l'eſ
tomach , qui ſont ſouvent lacérés par ſes mou
vemens convulſifs ; & en fortiſiant ſes organes,
elles aident à la digeſtion, & ne manquent ja
mais d'avancer la chylification.
Elles ſe fondent dans l'eau comme du ſucre,
le goût en eſt des plus agréable, & ne manque
jamais de corriger l'haleine & les exhalaiſons
impures de l'eſtomach.
M A I. 1764. 213
Manière de ſe ſervir de ces Tablettes.
Quand on eſt enrhumé ou enroué, on prend
une de ces Tablettes dans la bouche où elles ſe
fondent comme du ſucre On le répéte toutes
les fois que la toux devient incommode , &
on en peut prendre ainſi , cinq ou ſix fois par
jour , ce qui préviendra en niême temps les
maladies dont le Poulmon eſt ſi ſouvent atta
qué. Ceux qui ont l'eſtomach foible , ou mau
vais goût dans la bouche , en prennent égale
ment cinq ou ſix par jour, ou plus ou moins.
La quantité ne ſçauroit nuire en aucune †
l'épreuve qu'on en peut faire en laiſſant fon
dre une de ces Tablettes dans un verre d'eau ,
fera voir qu'il n'y entre rien de pernicieux, &
† la compoſition eſt bienfaiſante & des plus
alutaire. -
Ces Tablettes ſe vendent par commiſſion chez
le ſieur le Brun , Marchand Epicier, rue Dau
· phine, au Magaſin de Provence & de Mont
pellier, a 36 ſols la Boëte.
L'on trouve chez le même Marchand le vé
ritable Elixir de Garrus.
machales, trouvées par le ſieur Anhbald. Ces
Tablettes ſont un reméde ſûr & infaillible con
tre les maladies ordinaires de la Poitrine &
du Poulmon, telles que le rhume, la toux, &
l'enrouement, &c. Elles préviennent l'Aſthme,
la Phthiſie, la Poulmonie, & diſſipent les hu
meurs qui ſe fixent ſur la Poitrine , & dont
l'irritation occaſionne des efforts continuels pour
touſſer. -
Ces Tablettes par leurs vertus balſamiques &
nutritives, guériſſent les tendres vaiſſeaux de l'eſ
tomach , qui ſont ſouvent lacérés par ſes mou
vemens convulſifs ; & en fortiſiant ſes organes,
elles aident à la digeſtion, & ne manquent ja
mais d'avancer la chylification.
Elles ſe fondent dans l'eau comme du ſucre,
le goût en eſt des plus agréable, & ne manque
jamais de corriger l'haleine & les exhalaiſons
impures de l'eſtomach.
M A I. 1764. 213
Manière de ſe ſervir de ces Tablettes.
Quand on eſt enrhumé ou enroué, on prend
une de ces Tablettes dans la bouche où elles ſe
fondent comme du ſucre On le répéte toutes
les fois que la toux devient incommode , &
on en peut prendre ainſi , cinq ou ſix fois par
jour , ce qui préviendra en niême temps les
maladies dont le Poulmon eſt ſi ſouvent atta
qué. Ceux qui ont l'eſtomach foible , ou mau
vais goût dans la bouche , en prennent égale
ment cinq ou ſix par jour, ou plus ou moins.
La quantité ne ſçauroit nuire en aucune †
l'épreuve qu'on en peut faire en laiſſant fon
dre une de ces Tablettes dans un verre d'eau ,
fera voir qu'il n'y entre rien de pernicieux, &
† la compoſition eſt bienfaiſante & des plus
alutaire. -
Ces Tablettes ſe vendent par commiſſion chez
le ſieur le Brun , Marchand Epicier, rue Dau
· phine, au Magaſin de Provence & de Mont
pellier, a 36 ſols la Boëte.
L'on trouve chez le même Marchand le vé
ritable Elixir de Garrus.
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Résumé : « Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
Le texte présente les Tablettes d'Angleterre Pectérales et Stomachales, découvertes par le sieur Anhbald, comme un remède efficace contre diverses affections de la poitrine et des poumons, telles que le rhume, la toux, l'enrouement, l'asthme, la phthisie et la pneumonie. Elles préviennent également l'accumulation d'humeurs irritantes dans la poitrine. Grâce à leurs propriétés balsamiques et nutritives, elles soignent les vaisseaux de l'estomac, aident à la digestion et favorisent la chylification. Les tablettes se dissolvent dans l'eau comme du sucre, ont un goût agréable et corrigent l'haleine. Pour les utiliser, il suffit de les laisser fondre dans la bouche plusieurs fois par jour en cas de rhume, d'enrouement ou de mauvais goût dans la bouche. La composition est considérée comme bienfaisante et sans danger. Les tablettes sont disponibles chez le sieur le Brun, Marchand Epicier, rue Dauphine, au prix de 36 sols la boîte. Le même marchand propose également le véritable Élixir de Garrus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11049
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Vice-Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
A P P R O B A T I O N.
J'AI lu, par ordre de Monſeigneur le Vice-Chan
celier, le Mercure du mois de Mai 1764, & je
n'y ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'im
preſſion. A Paris, ce 3o Avril 1764.
- G U I R O Y.
J'AI lu, par ordre de Monſeigneur le Vice-Chan
celier, le Mercure du mois de Mai 1764, & je
n'y ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'im
preſſion. A Paris, ce 3o Avril 1764.
- G U I R O Y.
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11050
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Suite de l'Histoire raisonnée [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TA B L E D E S A R T I CL E S.
PIácEs FUGITIvEs EN VERs ET EN PRosE,
A R T 1 c L E P R E M 1 E R.
Surr, de l'Hiſtoire raiſonnée des Diſcours
de Cicéron, Page 5
L'AMoUR que les Princes doivent aux Arts,
Poëme.
- I6
VERs à Mlle D *** . 14
MADRIGAL à Mlle de la M. ibid.
AUTRE à la même. 2 y
APoLoGUEs Orientaux, par M. de S***. ibid.
VERs a Mde la Marquiſe de V. ... ſur la
mort de M. le Comte de V.... ſon fils. 41
ZÉLIs, Idylle imitée de la quatriéme de M.
Géſner, 42
VERs à Mde D. M. 45
MADRIGAL à Mde de C. ibid.
VERs deſtinés à être mis au bas du Portrait
de M. de Voiſenon. 46
PoRTRAIT de Julue. ibid.
VERs ſur la mort de Zélis, à M***. J I,
M A I. 1764. 215
CoMPLAINrs à M. le Marquis de Buſſy,
Brigadier des Armées du RoI.
LETTRE écrite de la Nouvelle-Orléans dans
la Louiſiane, à M. De la Place, Auteur
du Mercure, ſur M. Titon du Tillet.
- : 54
ÉNIGMEs. 66 & 67
LoGoGRYPHEs. - 68 & 69
CHANsoN. - 7o
ART. II. NouvELLus LITTÉRAIREs.
DIcTIoNNAIRE raiſonné univerſel, &c. Par
- M. Valmont de Bomare. . ' 71
ÉLITE de Poèſies tugitives.
79
LE MoNDs MoRAL , ou Mémoires pour
ſervir à l'hiſtoire du coeur humain, par
M. .. . 9o
LETTRE de M. l'Abbé Prévot à M. le Duc
de. .. 93
LETTRE à M. de la Place, Auteur du Mer
cure, ſur M. de Ferriol. 98
ANNoNcEs de Livres. 1 o1 & ſuiv,
ART. III. ScIENcEs ET BELLES-LETTREs,
A s T R o N o M I B.
MiMoIRE de M. Trébuchet, ſur le Paſſage
de Vénus. 1 31'
M É D E c I N E.
OBsERvATIoNs ſur un Maraſme occaſion
né par un morceau de plomb , par M.
Houſſet. 146
LETTRE écrite par M. Farcy , à Mde la
Générale la Motte. 1 fQ
A c A P É M 1 E s.
SÉANcE publique de l'Académie des Scien
ces & Belles-Lettres de BÉsIERs. I 52,
216 MERCURE DE FRANCE.
-\
-
•
AR T. IV. B E A U x - A RT s,
A R T s U T LI E s,
MANUFACTURES,
A R T s A G R É A B L E S»
M U s I Q_U E.
G R A v U R E. -
A R T. V. SP E c r A c L E s.
NorIcE d'Olympie , Tragédie de M. de
Voltaire.
CoMéDLs Françoiſe.
ARr. VI. Nouvelles Politiques d'Avril.
MADRIGAL.
AvIs divers,
-
I64
I 6 6
167
179
I92.
I97
4.O67
2 I I
PIácEs FUGITIvEs EN VERs ET EN PRosE,
A R T 1 c L E P R E M 1 E R.
Surr, de l'Hiſtoire raiſonnée des Diſcours
de Cicéron, Page 5
L'AMoUR que les Princes doivent aux Arts,
Poëme.
- I6
VERs à Mlle D *** . 14
MADRIGAL à Mlle de la M. ibid.
AUTRE à la même. 2 y
APoLoGUEs Orientaux, par M. de S***. ibid.
VERs a Mde la Marquiſe de V. ... ſur la
mort de M. le Comte de V.... ſon fils. 41
ZÉLIs, Idylle imitée de la quatriéme de M.
Géſner, 42
VERs à Mde D. M. 45
MADRIGAL à Mde de C. ibid.
VERs deſtinés à être mis au bas du Portrait
de M. de Voiſenon. 46
PoRTRAIT de Julue. ibid.
VERs ſur la mort de Zélis, à M***. J I,
M A I. 1764. 215
CoMPLAINrs à M. le Marquis de Buſſy,
Brigadier des Armées du RoI.
LETTRE écrite de la Nouvelle-Orléans dans
la Louiſiane, à M. De la Place, Auteur
du Mercure, ſur M. Titon du Tillet.
- : 54
ÉNIGMEs. 66 & 67
LoGoGRYPHEs. - 68 & 69
CHANsoN. - 7o
ART. II. NouvELLus LITTÉRAIREs.
DIcTIoNNAIRE raiſonné univerſel, &c. Par
- M. Valmont de Bomare. . ' 71
ÉLITE de Poèſies tugitives.
79
LE MoNDs MoRAL , ou Mémoires pour
ſervir à l'hiſtoire du coeur humain, par
M. .. . 9o
LETTRE de M. l'Abbé Prévot à M. le Duc
de. .. 93
LETTRE à M. de la Place, Auteur du Mer
cure, ſur M. de Ferriol. 98
ANNoNcEs de Livres. 1 o1 & ſuiv,
ART. III. ScIENcEs ET BELLES-LETTREs,
A s T R o N o M I B.
MiMoIRE de M. Trébuchet, ſur le Paſſage
de Vénus. 1 31'
M É D E c I N E.
OBsERvATIoNs ſur un Maraſme occaſion
né par un morceau de plomb , par M.
Houſſet. 146
LETTRE écrite par M. Farcy , à Mde la
Générale la Motte. 1 fQ
A c A P É M 1 E s.
SÉANcE publique de l'Académie des Scien
ces & Belles-Lettres de BÉsIERs. I 52,
216 MERCURE DE FRANCE.
-\
-
•
AR T. IV. B E A U x - A RT s,
A R T s U T LI E s,
MANUFACTURES,
A R T s A G R É A B L E S»
M U s I Q_U E.
G R A v U R E. -
A R T. V. SP E c r A c L E s.
NorIcE d'Olympie , Tragédie de M. de
Voltaire.
CoMéDLs Françoiſe.
ARr. VI. Nouvelles Politiques d'Avril.
MADRIGAL.
AvIs divers,
-
I64
I 6 6
167
179
I92.
I97
4.O67
2 I I
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en six sections principales. La première section, 'Pièces fugitives en vers et en prose', comprend divers poèmes et textes en prose dédiés à des personnes spécifiques, tels que des vers à Mlle D*** et à la Marquise de V..., ainsi que des madrigaux, des apologues, et des complaintes adressées à des personnalités comme le Marquis de Bussy. Elle inclut également des œuvres comme 'Zélis, Idylle imitée de la quatrième de M. Gésner' et se termine par des énigmes, logogriphes, et une chanson. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', liste des ouvrages comme le 'Dictionnaire raisonné universel' de M. Valmont de Bomare et des lettres adressées à des auteurs tels que M. de la Place. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', inclut des mémoires sur des sujets astronomiques et médicaux, ainsi qu'une lettre de M. Farcy et une séance publique de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Béziers. La quatrième section, 'Beaux-Arts, Arts utiles, Manufactures, Arts agréables, Musique, Gravure', est mentionnée sans détails spécifiques. La cinquième section, 'Spectacles', mentionne la 'Norice d'Olympie', une tragédie de M. de Voltaire, et des comédies françaises. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles politiques d'avril', inclut un madrigal et divers avis.
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