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1
p. 30-54
Livre nouveau.
Début :
On vient de me mettre entre les mains un Manuscrit [...]
Mots clefs :
Cercle, Soleil, Monde, Milieu, Terre, Copernic, Zodiaque, Méridien, Longitude, Mer, Règles, Degré
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texteReconnaissance textuelle : Livre nouveau.
oNvient de me mettre
entre les mains un Manuscrit
tout neuf, dont j'espere
vous donner un Extrait
quand je l'auray parcouru
à loisir. Comme
il y a dans ce Livre quelque
chose de très interessant
pour la navigation,
j'ay eu impatience de
l'annoncer. Quoyque ce qt-le.ce soit unfujçtfèi-ieux Ôc
Important, on n'a pas
laissé d'y meller du badi-
;
nage pour le rendre plus
à la portéede tour le monde.
Voicy par exemple le
titre:
- Le Chemin des gens d'esprit,
Dialogueenjoué & sèrieux
entre Mr Du petit C- Mr
Augrand J'Vol. in li.
Contenant plusieurs Historiettes
,
& autres petites
pieces curieuses ; une Reformation
des Systesmes
du Monde des Anciens &
des Modernes; & un
Moyen pour trouver les
Longirndes
, avec autant
de preçision qu'ontrouve
lesLatitudes.
ParR. MAUNY.
En attendant (monvous
en donne un ample Ex*,
traie, en voicy uneidée
qui m'aestecommuniquée
par un des amis de l'Aurteur
: car il est juste de
vous donner, autant qu'-
on pourra, des nouveautez
avantmesme qu'elles
paroissent, pour vous dédommager
de l'ancienneté
de quelques morceaux
qu'on donnefinr.
plement, parce qu'ils font
bons., ou parce que n'eflant
pas imprimez, ils
- peuvent estre nouveaux,
pour beaucoup de persons.
nes.. 1,
Letitre deceLivreconvient
à la maniere dont les
sujets y sont traitez: on y
commence d'abord par les
fujcrs. les plus petits, qui
conduisent insensiblement
aux plus grands,&c c'est la
route que suivent ordinairement
les gensd'esprit.
Le commencement est
un badinage qui conduit
insensiblement, par le recit
de plusieurs historiettes,.
à la morale la plus serieuse.
Il donne ensuite un petit
Systeme du Monde, figuré,
qui donne occasîon
de détruire les opinions de
Pcolemée
,
de Copernic,
de Tichobrahé & de Def.
carres, sur la sicuarion &
sur les mouvements du Soleil
& de la Terre, & particulièrement
celle de Copernic
qu'il combaten dif-
Ferens endroits par des raisons
tres fimples & tres na. turelles.Voicyl'opinion
du nouvel. Auteur, & dans
ses propres termes.
;
Je suppose quelaTerre
est directement dans le
ce milieu du Monde,com- *
me l'ont suppose Prole-
,
mée&Tichobrahémais
qu'au lieu d'y être immo-$c
bile, elle s'y meut sur son
Axe; que cet Axe ou plu- «
stoit la Ligne que l'on a*
imaginée palier d'u npolecc.
à l'autre )efl: inclinée vers
le Septentrion, ainsi que«
le marquent les Globes
cc ordinaires;que la Terre«
tourne dessus du mefLnecc
costéque tourne le Soleil«
dans sonCiel,qu'elle ne»
fait son tour qu'en un an,
»& quele Soleil n'a qu'un
»mouvement qu'ilfait aur
»,rour,de „ son Ciel en k? heuresou un jour nacu-
'Ife!.,
Voicyce qu'il dit enfuile
pour faire connoistre
quecesmouvementsde la
Terre & du Soleil peuvent
assez bien se rapporter
pour operer l'accroisseiiient&
la diminution des
jours& des nuits avec le
changement desSaisons,
Pour le bien comprendreimaginez-
vous que
nous
nous fommesaun.Juin"
qui est Je pluslong Jourcc
de l'année: que ce jourlà
la partie de la surface
de la Terre que nous ha- cc
bitons, est leplus prés
du Cercle ou tourne le-e"
Soleilqu'elle puisse en Cf
approcher; quele Cer- Ce
cle où tourne Je Soleil
Cafixe)& noncetAstre;
que la partie de lafurface
de la Terre -que nous"
habitons, s'esloigne ducc
Cercle où tourne le So-f* leiljusqu'au22.Decem cc'
brequi est leplus court
,, jour de Iannee, & que
,, depuis le 22. Décembre
jusqu'au 11. Juin de 1an-
„ née suivante,cette mes-
„ me partie de la surface
/, de la Terre, s'approche
,, du Cercle ou tourne le Soleil. Il me semble que
;y
cela est aisé à concevoir,
5) en supposant que la Ter-
,, re fait son tour en un an
,,,de la manière que je vous l'ayexpliqué,& que c'est ce mouvement de laTer-
,, re qui fait les Equinoxes
) & les Solstices
,
& non
,),
le Soleil, qui ne n-ionte,
'& ne baisse pas plus dans (jC
un tempsque dansun au- €c
cre~&: qui ne tourne point
en biaifanc comme une"
éTcharpee,rmraies bi,en«la" Monopinion à cet égard
est fondée sur une"
experienceque vous pouyez
faire facilement. Pre-,,,r
nez un cercle de dernli-ce
muid, divisez-"
tre parties égales avec"
un compas ; marquez yee
Içs points de .diviGon'c
dans le milieudela lar- cc
geur en dedans;atta-f<
»
chez-le sur une tabie ou
,, sur une planche avec une
5> pointe que vous ferez ,,,,passer dans un de ces pints de division
, ,, en observantquececercle
„n'incline d'aucun costé;
c'està-dire
,
qui1 soit fr
droit, que le point d'en-
;) haut soit à plomb sur ce-
J" luy d'enbas; faites deux
,, petites mortoises surla
table ou la planche dont
,, le milieu foit vis-à-vis la
testede sa pointe, & qui
33
soientesloignees decette
JJ pointe chacune de trois
poucesafin qu'il yaitun'"
espace de six bons pou-,,'"
ces entre ces deux mor
toises
,
dans lesquelles
vous serezentrer un peu
à force deux petites re- cc,
gles assez hautes pour(C
deborder d'un pouce au'*
dessusdu cercle; cela
vous donnera.lafacilitétÇ
de les cloüer aux bouts
d'une petite barre -quite
aura aussi six bons pouces
de longueur
, que
vousattacherezen cra.cc
vers sur lehaut duCer-"
clevis-à-vis du point
"que vous y aurez mar-
,>
qué.Lorsqueces regles,
aurontesté affermies de
"cette maniere,vous marquerez
dans le milieu de
"leur hauteur:"& de leur
,)
largeur, le point central
>}
du Cercle:ce pointcentral.
ellant marque, vous
"prendrez avec un com-
"pas environ la troisiéme
partie du demi diametre
iyde ce Cercle que vous
"marquerez sur l'une dei,
Regles au dessus du point
central, & sur l'autre au
"deiT?us de ce mesme
point central;aprés quoy
vous percerez les deux CCt
Regles avec une fort petite
vrille, à l'endroit où
vous aurez faitces deux"
marques,afin qu'en par.
fant dans les deux trollS,cc
un morceau de fil dtar.(C
chal bien droit, il se trou-"
ve en ligne diagonale.
Prenez ensuiteune boule
dont le diamerren'exce- <c
de pas l'espace qu'il y aura
entre les deux Regles;
percez la de part en part,
ensorte que l'épaisseur se cl
trouveégale tour à l'en- el
"tour du trou; placez î&
"entrevos deux Regles otb
vous la ferez tenir par lé
3> moy en de vostre broche
de fil d'arc hal
,
de laquelyy
le vous courberez un peei
9)
le bout qui fera en haut,
yyâSn de l'empescher de
"glisseren bas. Cette boule
estant ainsi place'e;»
„ vous marquerez quatre
points dessus
,
dire6leiment
vis-à-vis des quatre
"que vous aurezmarquez
3y(ur leCercle. Vous su p*. "parerez que ce Cercle
JJ
sera celuy où tournera le
Soleil, & que cette bou- 1r- leseralaTerre; que le'&.
point d'enhaut &, celuy <f
,. d'en bas,marquez sur la
boule, seront les points Ct:
des deux Solstices, & quec<
ceux des deux costez fe-((
ront les deux pointsdes"
Equinoxesvous suppo- c.,
ferez aussi que le Soleil<c
fait letour de sonCercle
en 24.heures, ou un jour"
naturel, & que laTerre"
ne fait le sien qu'en une cc
année.Celasuppose,vous"
verrez qu'en faisanttour-c,"
ner la boulctot,,sioursdu,",e
mesme costé, les points
desSolstices s'éloigne-
,, ront pendant six mois du
Cercle oùtourne leSoleil,
& s'en raprocheront
3,
pendant six autres mois,
',,& quelespointsdesEqui-
"noxes passeront tous les
fîxjjiois d'un costé de ce cercle àJautre.
Decette experience artificielle,
on passe à une
nouvelle définition duflus
& reflus de la Mer, qui est
aussi tres sensible
,
& enfiiitc
au moyen de pouvoir
trouver les Longitudes
dans tous les points dit
Monde, avec autant de
précisionqu'on trouve les
Latitudes. L'Autheur dit
en un endroit:
-- Je crois que la Terre
se meut de la maniere«
dont je l'ay expliqué; que
te Soleilpasse vis-àvis les"-
douze Signes du Zodiaque
en 24.. heures ou un «
jour naturel; que la par.,
tie du premier Meridien
quiest dans la Zone Tor- «
ride, paÍfe vis- à -vis de «
ces douze Signes dans le.ùcours
d'une année; que*
,)C0111111e dans toutes les
»obfervarions astronomi-
» ques que l'on a faitesjus-
« qu'à present, l'onatous-
"jours supposé que le Globe
de la Terre estoit im-
«mobile ou qu'il se mou-
»voit autrement qu'il Ce,
MCIIT, c'est ce qui doit
t) avoir empesché que l'on.
n'é1ie encore pû sçavoir
« le véritable & le plus seur
Mmoyen de trouver les
» Longitudes dans tous les
points du Monde;& que.
«
si l'on fixoit un point dans
le Zodiaquevis-a vis duquel
lepremier Meri- «
diense trouveroitJepre-cc
mier jour de l an, ou un «
autre jour remarquable,«
on connoiftroit dans quel«
point il seroit tous les au-«
tres jours del'année, & «
par le mesme moyen )es«
Longitudes dans tous les
pointsdu Monde,avec «
plusde précision que l'on
n'aencorefait,parceque
pour connoistre précise
ment en quel lieu on feroit,
on n'auroit qu'à observer
vis- à -vis de quel"
point du Zodiaque on se
"trouveroit ,&compter
ensuitecombien il y au-
« roit de degrez. depuis ce
point duZodiaque juf-
""qu'à celuy vis-à-vis du-
-»
quel lepremier Meridien
devroit se trouver.
1.
Il ditdans un autre endroit:
» Vous comprenez bien
« qu'il seraaussi facile de
«trouver le Degré du pre-
"mier Meridien,qu'il a
» esté facilejusqu'à prefenc
» de trouver le Degré du
» Soleil, ea supposant qu'il
avoit un cours annuel, «
& que j'attribuë à la par-«
tie du premier Meridien«
qui est entre les Cercles
(C des Tropiques, ce quecc
Ptolemée&Tichobrahé «
ont attribué au Soleil. «
Dans un autre,en parlant
de l'observation qu'on
dcvroit faire pourconnoistre
dans quel Degré de
tel Signe se trouveroit le
premier Meridien un certain
jour de l'année,il dit:
Mais en disantun cer- «
tain jour de l'année
,
je"
ne dis pas qu'on ne de- «
') vroit faire cette observa-
3)
tion qu'un seul jour; je
„ veux dire qu'a prés l'avoir
5, faire pendantunan,&
marqué chaque jour vis-
„ à-vis de quel Degré de
„ tel Signe lé trouveroit le
„ premier Meridien
, on
choisiroit un jour remarj9
quabledans l'année,d'où
„ l'on comenceroità com- „pterle „ Degré du premier Meridien; & j'ajouste
„ que pourque cette observation
fust juste
,
il fau-
„ droit la faire de dessus
,, la pointe occidentale de
Tille
i-sie.où,l'on fait passer“
le premier Meridien. (C
Ces endroits, ainsi que,
tous lesautres.sont entremeslenzM
de contradiét.ions.
Ci derépliqués qui y donnent
encore plus de forcer
mais cependant l'Autheur
finit en disant qu'il n'a
point allez de sagacitény
de présomption pour croire
pouvoir donner au public
un ouvrage parfait, ôc
que s'ille publie , c'est
particulièrement dans le
dessein que si lesSçavants
trouvent sonopinion sur le"
mouvement du Soleil, ôC
sur celuy de la Terre, digne
de leur atrention ,ils
travailleront aux moyens
de la rendre utileà la marine.
entre les mains un Manuscrit
tout neuf, dont j'espere
vous donner un Extrait
quand je l'auray parcouru
à loisir. Comme
il y a dans ce Livre quelque
chose de très interessant
pour la navigation,
j'ay eu impatience de
l'annoncer. Quoyque ce qt-le.ce soit unfujçtfèi-ieux Ôc
Important, on n'a pas
laissé d'y meller du badi-
;
nage pour le rendre plus
à la portéede tour le monde.
Voicy par exemple le
titre:
- Le Chemin des gens d'esprit,
Dialogueenjoué & sèrieux
entre Mr Du petit C- Mr
Augrand J'Vol. in li.
Contenant plusieurs Historiettes
,
& autres petites
pieces curieuses ; une Reformation
des Systesmes
du Monde des Anciens &
des Modernes; & un
Moyen pour trouver les
Longirndes
, avec autant
de preçision qu'ontrouve
lesLatitudes.
ParR. MAUNY.
En attendant (monvous
en donne un ample Ex*,
traie, en voicy uneidée
qui m'aestecommuniquée
par un des amis de l'Aurteur
: car il est juste de
vous donner, autant qu'-
on pourra, des nouveautez
avantmesme qu'elles
paroissent, pour vous dédommager
de l'ancienneté
de quelques morceaux
qu'on donnefinr.
plement, parce qu'ils font
bons., ou parce que n'eflant
pas imprimez, ils
- peuvent estre nouveaux,
pour beaucoup de persons.
nes.. 1,
Letitre deceLivreconvient
à la maniere dont les
sujets y sont traitez: on y
commence d'abord par les
fujcrs. les plus petits, qui
conduisent insensiblement
aux plus grands,&c c'est la
route que suivent ordinairement
les gensd'esprit.
Le commencement est
un badinage qui conduit
insensiblement, par le recit
de plusieurs historiettes,.
à la morale la plus serieuse.
Il donne ensuite un petit
Systeme du Monde, figuré,
qui donne occasîon
de détruire les opinions de
Pcolemée
,
de Copernic,
de Tichobrahé & de Def.
carres, sur la sicuarion &
sur les mouvements du Soleil
& de la Terre, & particulièrement
celle de Copernic
qu'il combaten dif-
Ferens endroits par des raisons
tres fimples & tres na. turelles.Voicyl'opinion
du nouvel. Auteur, & dans
ses propres termes.
;
Je suppose quelaTerre
est directement dans le
ce milieu du Monde,com- *
me l'ont suppose Prole-
,
mée&Tichobrahémais
qu'au lieu d'y être immo-$c
bile, elle s'y meut sur son
Axe; que cet Axe ou plu- «
stoit la Ligne que l'on a*
imaginée palier d'u npolecc.
à l'autre )efl: inclinée vers
le Septentrion, ainsi que«
le marquent les Globes
cc ordinaires;que la Terre«
tourne dessus du mefLnecc
costéque tourne le Soleil«
dans sonCiel,qu'elle ne»
fait son tour qu'en un an,
»& quele Soleil n'a qu'un
»mouvement qu'ilfait aur
»,rour,de „ son Ciel en k? heuresou un jour nacu-
'Ife!.,
Voicyce qu'il dit enfuile
pour faire connoistre
quecesmouvementsde la
Terre & du Soleil peuvent
assez bien se rapporter
pour operer l'accroisseiiient&
la diminution des
jours& des nuits avec le
changement desSaisons,
Pour le bien comprendreimaginez-
vous que
nous
nous fommesaun.Juin"
qui est Je pluslong Jourcc
de l'année: que ce jourlà
la partie de la surface
de la Terre que nous ha- cc
bitons, est leplus prés
du Cercle ou tourne le-e"
Soleilqu'elle puisse en Cf
approcher; quele Cer- Ce
cle où tourne Je Soleil
Cafixe)& noncetAstre;
que la partie de lafurface
de la Terre -que nous"
habitons, s'esloigne ducc
Cercle où tourne le So-f* leiljusqu'au22.Decem cc'
brequi est leplus court
,, jour de Iannee, & que
,, depuis le 22. Décembre
jusqu'au 11. Juin de 1an-
„ née suivante,cette mes-
„ me partie de la surface
/, de la Terre, s'approche
,, du Cercle ou tourne le Soleil. Il me semble que
;y
cela est aisé à concevoir,
5) en supposant que la Ter-
,, re fait son tour en un an
,,,de la manière que je vous l'ayexpliqué,& que c'est ce mouvement de laTer-
,, re qui fait les Equinoxes
) & les Solstices
,
& non
,),
le Soleil, qui ne n-ionte,
'& ne baisse pas plus dans (jC
un tempsque dansun au- €c
cre~&: qui ne tourne point
en biaifanc comme une"
éTcharpee,rmraies bi,en«la" Monopinion à cet égard
est fondée sur une"
experienceque vous pouyez
faire facilement. Pre-,,,r
nez un cercle de dernli-ce
muid, divisez-"
tre parties égales avec"
un compas ; marquez yee
Içs points de .diviGon'c
dans le milieudela lar- cc
geur en dedans;atta-f<
»
chez-le sur une tabie ou
,, sur une planche avec une
5> pointe que vous ferez ,,,,passer dans un de ces pints de division
, ,, en observantquececercle
„n'incline d'aucun costé;
c'està-dire
,
qui1 soit fr
droit, que le point d'en-
;) haut soit à plomb sur ce-
J" luy d'enbas; faites deux
,, petites mortoises surla
table ou la planche dont
,, le milieu foit vis-à-vis la
testede sa pointe, & qui
33
soientesloignees decette
JJ pointe chacune de trois
poucesafin qu'il yaitun'"
espace de six bons pou-,,'"
ces entre ces deux mor
toises
,
dans lesquelles
vous serezentrer un peu
à force deux petites re- cc,
gles assez hautes pour(C
deborder d'un pouce au'*
dessusdu cercle; cela
vous donnera.lafacilitétÇ
de les cloüer aux bouts
d'une petite barre -quite
aura aussi six bons pouces
de longueur
, que
vousattacherezen cra.cc
vers sur lehaut duCer-"
clevis-à-vis du point
"que vous y aurez mar-
,>
qué.Lorsqueces regles,
aurontesté affermies de
"cette maniere,vous marquerez
dans le milieu de
"leur hauteur:"& de leur
,)
largeur, le point central
>}
du Cercle:ce pointcentral.
ellant marque, vous
"prendrez avec un com-
"pas environ la troisiéme
partie du demi diametre
iyde ce Cercle que vous
"marquerez sur l'une dei,
Regles au dessus du point
central, & sur l'autre au
"deiT?us de ce mesme
point central;aprés quoy
vous percerez les deux CCt
Regles avec une fort petite
vrille, à l'endroit où
vous aurez faitces deux"
marques,afin qu'en par.
fant dans les deux trollS,cc
un morceau de fil dtar.(C
chal bien droit, il se trou-"
ve en ligne diagonale.
Prenez ensuiteune boule
dont le diamerren'exce- <c
de pas l'espace qu'il y aura
entre les deux Regles;
percez la de part en part,
ensorte que l'épaisseur se cl
trouveégale tour à l'en- el
"tour du trou; placez î&
"entrevos deux Regles otb
vous la ferez tenir par lé
3> moy en de vostre broche
de fil d'arc hal
,
de laquelyy
le vous courberez un peei
9)
le bout qui fera en haut,
yyâSn de l'empescher de
"glisseren bas. Cette boule
estant ainsi place'e;»
„ vous marquerez quatre
points dessus
,
dire6leiment
vis-à-vis des quatre
"que vous aurezmarquez
3y(ur leCercle. Vous su p*. "parerez que ce Cercle
JJ
sera celuy où tournera le
Soleil, & que cette bou- 1r- leseralaTerre; que le'&.
point d'enhaut &, celuy <f
,. d'en bas,marquez sur la
boule, seront les points Ct:
des deux Solstices, & quec<
ceux des deux costez fe-((
ront les deux pointsdes"
Equinoxesvous suppo- c.,
ferez aussi que le Soleil<c
fait letour de sonCercle
en 24.heures, ou un jour"
naturel, & que laTerre"
ne fait le sien qu'en une cc
année.Celasuppose,vous"
verrez qu'en faisanttour-c,"
ner la boulctot,,sioursdu,",e
mesme costé, les points
desSolstices s'éloigne-
,, ront pendant six mois du
Cercle oùtourne leSoleil,
& s'en raprocheront
3,
pendant six autres mois,
',,& quelespointsdesEqui-
"noxes passeront tous les
fîxjjiois d'un costé de ce cercle àJautre.
Decette experience artificielle,
on passe à une
nouvelle définition duflus
& reflus de la Mer, qui est
aussi tres sensible
,
& enfiiitc
au moyen de pouvoir
trouver les Longitudes
dans tous les points dit
Monde, avec autant de
précisionqu'on trouve les
Latitudes. L'Autheur dit
en un endroit:
-- Je crois que la Terre
se meut de la maniere«
dont je l'ay expliqué; que
te Soleilpasse vis-àvis les"-
douze Signes du Zodiaque
en 24.. heures ou un «
jour naturel; que la par.,
tie du premier Meridien
quiest dans la Zone Tor- «
ride, paÍfe vis- à -vis de «
ces douze Signes dans le.ùcours
d'une année; que*
,)C0111111e dans toutes les
»obfervarions astronomi-
» ques que l'on a faitesjus-
« qu'à present, l'onatous-
"jours supposé que le Globe
de la Terre estoit im-
«mobile ou qu'il se mou-
»voit autrement qu'il Ce,
MCIIT, c'est ce qui doit
t) avoir empesché que l'on.
n'é1ie encore pû sçavoir
« le véritable & le plus seur
Mmoyen de trouver les
» Longitudes dans tous les
points du Monde;& que.
«
si l'on fixoit un point dans
le Zodiaquevis-a vis duquel
lepremier Meri- «
diense trouveroitJepre-cc
mier jour de l an, ou un «
autre jour remarquable,«
on connoiftroit dans quel«
point il seroit tous les au-«
tres jours del'année, & «
par le mesme moyen )es«
Longitudes dans tous les
pointsdu Monde,avec «
plusde précision que l'on
n'aencorefait,parceque
pour connoistre précise
ment en quel lieu on feroit,
on n'auroit qu'à observer
vis- à -vis de quel"
point du Zodiaque on se
"trouveroit ,&compter
ensuitecombien il y au-
« roit de degrez. depuis ce
point duZodiaque juf-
""qu'à celuy vis-à-vis du-
-»
quel lepremier Meridien
devroit se trouver.
1.
Il ditdans un autre endroit:
» Vous comprenez bien
« qu'il seraaussi facile de
«trouver le Degré du pre-
"mier Meridien,qu'il a
» esté facilejusqu'à prefenc
» de trouver le Degré du
» Soleil, ea supposant qu'il
avoit un cours annuel, «
& que j'attribuë à la par-«
tie du premier Meridien«
qui est entre les Cercles
(C des Tropiques, ce quecc
Ptolemée&Tichobrahé «
ont attribué au Soleil. «
Dans un autre,en parlant
de l'observation qu'on
dcvroit faire pourconnoistre
dans quel Degré de
tel Signe se trouveroit le
premier Meridien un certain
jour de l'année,il dit:
Mais en disantun cer- «
tain jour de l'année
,
je"
ne dis pas qu'on ne de- «
') vroit faire cette observa-
3)
tion qu'un seul jour; je
„ veux dire qu'a prés l'avoir
5, faire pendantunan,&
marqué chaque jour vis-
„ à-vis de quel Degré de
„ tel Signe lé trouveroit le
„ premier Meridien
, on
choisiroit un jour remarj9
quabledans l'année,d'où
„ l'on comenceroità com- „pterle „ Degré du premier Meridien; & j'ajouste
„ que pourque cette observation
fust juste
,
il fau-
„ droit la faire de dessus
,, la pointe occidentale de
Tille
i-sie.où,l'on fait passer“
le premier Meridien. (C
Ces endroits, ainsi que,
tous lesautres.sont entremeslenzM
de contradiét.ions.
Ci derépliqués qui y donnent
encore plus de forcer
mais cependant l'Autheur
finit en disant qu'il n'a
point allez de sagacitény
de présomption pour croire
pouvoir donner au public
un ouvrage parfait, ôc
que s'ille publie , c'est
particulièrement dans le
dessein que si lesSçavants
trouvent sonopinion sur le"
mouvement du Soleil, ôC
sur celuy de la Terre, digne
de leur atrention ,ils
travailleront aux moyens
de la rendre utileà la marine.
Fermer
Résumé : Livre nouveau.
Le manuscrit 'Le Chemin des gens d'esprit' est un dialogue entre Monsieur Du Petit C- et Monsieur Augrand. Il contient des historiettes, des pièces curieuses, une réforme des systèmes du monde anciens et modernes, et une méthode pour déterminer les longitudes avec la même précision que les latitudes. L'auteur, R. Mauny, propose une nouvelle théorie sur les mouvements de la Terre et du Soleil. Selon cette théorie, la Terre est au centre de l'univers et tourne sur son axe incliné, effectuant une rotation annuelle. Cette théorie explique les variations des jours et des nuits ainsi que les saisons. L'auteur utilise une expérience avec un cercle et une boule représentant respectivement le Soleil et la Terre pour illustrer sa théorie. Il suggère également une nouvelle méthode pour observer les longitudes en fixant un point dans le Zodiaque. Le manuscrit inclut des contradictions et des erreurs, mais l'auteur espère que les savants pourront améliorer et utiliser ses idées pour la navigation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 177-186
SEANCE PUBLIQUE De l'Académie royale des Sciences.
Début :
Le 13 du même mois, l'Académie royale des Sciences tint sa séance publique [...]
Mots clefs :
Étoiles, Séance publique, Académie royale des sciences, Longitude, Latitude, Observations, Cap de Bonne-Espérance
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texteReconnaissance textuelle : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie royale des Sciences.
SEANCE PUBLIQUE
De l'Académie royale des Sciences.
L
Ei 3 du même mois , l'Académie royale
des Sciences tint fa féance publique
d'après la S. Martin. M. de Fouchy l'ouvrit
par l'éloge * de M. d'Ons- en- Bray , Acadé
micien honoraire.
Après cet éloge , M. l'Abbé de la Caille
lut la relation de fon voyage au Cap de
Bonne Efperance , dont voici le précis .
Le principal objet de ce voyage étoit de
compléter le catalogue des principales
étoiles du ciel , dont M. l'Abbé de la Caille
a entrepris depuis long- tems de déterminer
* Je réſerve l'extrait de cet éloge pour le Mercu
re prochain , ayant trop peu d'efpace dans celui- ci..
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
les pofitions le plus exactement qu'il eſt
poffible. Plufieurs des étoiles dont on fait
le plus d'ufage dans l'Aftronomie , mon
tent fi peu & fi obliquement fur l'hori
zon de Paris , qu'il eft impoffible de les
obferver avec précifion , & ces mêmes étoi
les paffent aux environs du zénith du Cap
de Bonne Efperance , circonftance la plus
favorable pour y appliquer les meilleures
méthodes de l'Aftronomie. Par occafion
M. L. D. L. C. devoit faire différentes obfervations
fort intéreffantes , telles que celles
des parallaxes de la lune & du foleil ;
celle de la longueur du pendule fimple à
fecondes dans l'hémifphere auftral de la
terre ; celle de la longitude du Cap de Bonne
Efperance , fur laquelle les plus habiles
Géographes différoientde trois degrés , &c.
Il s'embarqua à l'Orient , fur un vaiffeau
de la Compagnie des Indes , commandé
par M. Daprès , Correfpondant de l'Aca
démie , & fort connu par un excellent recueil
de cartes marines & un routier pour
naviguer dans les mers des Indes. Le vaiffeau
fut mis à la voile le 21 Novembre
1750 , & dès le 13 Décembre une éclipfe.
de lune qu'ils obferverent , leur fit reconnoître
une erreur de plus de quatre degrés
dans leur longitude , quoiqu'ils euffent
fuivi très fcrupuleufement tous les moyens
JANVIER. 1755. 179
J
ufités en mer pour faire une eftime jufte .
Cette erreur leur ayant fait manquer
l'ifle de S. Yago , où ils s'étoient propofés
de relâcher , ils furent obligés d'aller chercher
un port fur la côte du Brefil , & ils
entrerent dans celui de Rio Janeïro le 25
Janvier 1751 .
Ils y trouverent M. Godin , l'un des
trois Académiciens envoyés au Pérou en
1735. Le vaiſſeau qui le reconduifoit de
Buenos- Aires en Europe , étoit auffi de relache
à Rio Janeïro. Après avoir fait enfemble
quelques obfervations , ils fe féparerent
le 25 Février , & M. Daprès vint
mouiller à la rade du Cap de Bonne Efperance
le 19 Avril.
M. l'Abbé D. L. C. muni de bonnes lettres
de recommendation , fut très -bien reçu
. Le Gouverneur de la Colonie lui fit
bâtir fur le champ un obſervatoire fort
commode , dans la cour d'un des principaux
bourgeois de la ville , nommé M.
Beftbier , qui de fon côté n'épargna rien
pour procurer à M. L. D. L. C. toutes les
facilités & tous les agrémens poffibles .
Selon le projet fait en France , le féjour
de M. L. D. L. C. au Cap devoit être d'une
année entiere. La relache à Rio Janeiro &
d'autres incidens qui avoient prolongé la
durée de la traverfée , furent caufe que
H vj
So MERCURE DE FRANCE.
cette année ne pouvoit commencer que
dans le tems où la rade du Cap étoit déja
devenue impratiquable pour plufieurs
mois , & par conféquent après l'année revolue
, il étoit néceffaire d'attendre encore
long-tems le retour de la belle faifon : de
forte qu'au lieu d'un an , M. L. D. L. C.
ne pouvoit plus refter moins de dix - huit
ou vingt mois..
Pour mettre à profit cette prolongation
forcée , M. L. D. L. C. ajoûta à fon projet
celui de conftruire un catalogue très - détaillé
de toutes les étoiles compriſes entre
le pole auftral du ciel & le tropique du
eapricorne : ce qui l'y engagea principale
ment fut la clarté extraordinaire du ciel ,
qui fe trouvant très- rarement couvert , lui
promettoit plus d'occafions qu'il n'étoit néceffaire
pour remplir le projet fait en France.
D'ailleurs ce ciel fi clair eft caufé ordinairement
par un vent de fud- eft le plus
violent qu'il y ait au monde ; lorfque ce
vent fouffle , quelque abri qu'on fe procure
, il eft abfolument impoffible de fe fervir
des grands inftrumens pour obferver
les aftres ils paroiffent tous très- confufément
terminés , & dans une agitation d'autant
plus vive , que la lunette dont on
fe fert , groffit davantage les objets. Mais
comme il fuffifoit , pour faire le catalogue
:
JANVIER. 1755. 189
dont on vient de parler , de fe fervir d'une
lunette qui rendit feulement les objets plus
diftincts , M. L. D. L. C. en fit appliquer
une à fon quart de cercle , qui groffiffois
très-peu & dont le champ étoit de près de
trois degrés. Il y plaça différens réticules
conftruits avec beaucoup de foin par un
ouvrier qu'il avoit amené de Paris . Arrêtant
enfuite fon quart de cercle dans le
plan du méridien & à une certaine hauteur
, il obfervoit toutes les étoiles à mefure
que par le mouvement du premier
mobile elles venoient traverfer le champ
de fa lunette , pendant le tems d'une nuit
entiere. La nuit fuivante il pointoit fon
quart de cercle à une autre hauteur , qui
différoit de la précédente d'environ trois
degrés , puis il obfervoit toutes les étoiles
qui paffoient de même dans fa lunette.
Changeant ainfi fucceffivement de hauteur
depuis le pole jufqu'au tropique , & recommençant
à diverfes repriſes , felon les
faifons de l'année , il parvint à déterminer
plus de . 9800 étoiles en dedans du tropique
du capricorne ; mais parmi ce grand
nombre d'étoiles , dont la plûpart font extrêmement
petites , & n'ont été obfervées.
que pour éviter l'ennui dans les intervalles
de tems entre les paffages des étoiles,
plus brillantes , il en a choiſi 1930 pour
182 MERCURE DE FRANCE.
compoſer le catalogue qu'il avoit entrepris.
Telle fut fon occupation pendant les
tems où le vent de fud- eft ne lui permettoit
pas de faire autre chofe . Pendant les jours
de calme il eut le loifir , non feulement de
remplir tout le projet formé en France ,
mais encore de faire , felon les occafions ,
différentes obfervations qui n'entroient pas
dans ce projet. Tout ce travail fut terminé
vers le commencement du mois d'Août
1752 .
Le tems du départ des vaiffeaux pour
l'Europe étoit encore éloigné de plus de
quatre mois. M. L. D. L. C. n'ayant plus
rien à faire pour les étoiles auftrales , fongea
à mefurer un dégré , pour voir fi l'hémifphere
auftral étoit d'une figure femblable
à celle de l'hémifphere boréal . Le
pays étoit très-propre pour cette recherche
en deux triangles on pouvoit mefufer
un arc du méridien terreftre de 70000
toifes , & vers le milieu de cet arc il y
avoit une plaine de fable propre à mefurer
une longue bafe . M. L. D. L. C. profita
de fon loifir & de ces circonftances fi favorables
: aidé des charriots & des efclaves
de M. Beſtbier fon hôte , qui lui fervit luimême
de guide & d'interprete , il fit à fon
aife toutes les opérations néceffaires , & il
en conclut que la longueur d'un dégré du
JANVIER. 1755 . 183
méridien terreftre , qui paffe par 33 dégrés
18 minutes de latitude auftrale , étoit de
$7037 toifes plus grande qu'il ne s'atten
doit de le trouver , par comparaiſon aux
mefures faites en France .
Après cette expédition M. L. D. L. C.
fe difpofa à partir du Cap : il employa le
refte de fon tems à dreffer un planiſphere
auftral , & à vérifier les divifions de fes
inftrumens ; mais lorſqu'il s'attendoit de
retourner en France , il reçut un ordre de
paffer aux ifles de France & de Bourbon ,
pour en déterminer la longitude & la latitude
.
Avant que de parler de fon départ du
Cap , M. L. D. L. C. s'excufa de ce qu'il
n'avoit rien à dire fur cette fameufe Co
lonie , ni fur les Hottentots , habitans naturels
du pays. Il déclara feulement que la
defcription du Cap de Bonne Efpérance
faite fur les mémoires de Kolbe , en trois
volumes in- 12 , laquelle eft fort connue
& entre le mains de tout le monde , ne
méritoit prefque aucune croyance , par le
nombre de fautes dont elle eft remplie :
l'Auteur qui a féjourné fept ans au Cap
a négligé de voir les chofes par lui-même,
& de ramaffer des mémoires fûrs. Il a abufé
du privilege des voyageurs , & il en a impofé
par une fimplicité apparente * . Il eſt
* M. L. D. L. C. n'étant pas en état de donner
184 MERCURE DE FRANCE.
à préfent très- difficile de faire une hiſtoire
véritable des Hottentots , parce que la
Colonie Hollandoife s'étant étendue fort
avant dans les terres , a écarté ces peuples ,
dont les troupeaux font l'objet de la cupidité
des Européens.
M. L. D. L. C. s'embarqua le 8 Mars
1753 pour aller à l'Ile de France . Pendant
la traversée , qui eft ordinairement de
cinq à fix femaines , il fit de nouveaux
effais fur la maniere d'obferver les longitudes
en mer , par le moyen d'une diftance
de la Lune à quelque étoile zodiacale ; il
trouva enfin qu'à l'aide de certains calculs
préliminaires , qu'on peut faire plufieurs
années d'avance , on peut réduire
tout le calcul de cette méthode à trois ou
quatre opérations à la portée du commun
des marins . Les Officiers de fon vaiffeau
en firent l'expérience ; ils en fentirent mê
me l'extrême utilité , lorfqu'ils virent par
les obfervations qu'ils firent conjointement
avec M. L. D. L. C. , que leur eftime les
portant à l'eft de 140 lieues au - delà de ce
qu'ils avoient jugé néceflaire , ils avoient
une hiftoire complete du Cap , promet de donner
dans ces mémoires des notes critiques pour
relever les principales bévûes de Kolbe , dont ili
seft affuré par lui - même.
2
JANVIER 1755. 185
fait près de 300 lieues de plus qu'ils ne fe
L'étoient propofés.
M. L. D. L. C. arriva à l'Ile de France .
le 18 Avril ; il y féjourna neuf mois en
attendant le retour des vaiffeaux en France.
Il y fut fort peu occupé , tant parce
qu'il avoit fait au Cap tout ce qu'on pouvoit
defirer fur les étoiles , que parce qu'il
n'y trouva pas le ciel à beaucoup près auffi
beau. D'ailleurs M. Daprès avoit fait à
cette Ifle & à l'ifle de Bourbon des obfervations
très- exactes , & plus que fuffifantes
pour établir leur longitude & leur latitude.
M. L. D. L. C. ne négligea pas de
faire celles qui pouvoient fervir à les confirmer
: il fit quelques autres obfervations
aftronomiques , entr'autres fur l'obliquité
de l'écliptique , qu'il trouva de 23 dégrés
28 min. 16 fec. plus,petite qu'on ne l'employe
ordinairement. Il fit encore un chaffis
de la carte de cette ifle , & en partit
le 16 Janvier 1754. Il arriva le lendemain
à Saint Denis de l'Ile de Bourbon ; &
après un féjour de près de fix femaines
employé aux obfervations relatives à la
longitude & à la latitude de cette Iſle , it
s'embarqua enfin le 27 Février , pour retourner
en France. Il relâcha à l'ifle de
l'Afcenfion , dont il détermina la longitude
& la latitude , & arriva à l'Orient
186 MERCURE DE FRANCE.
le 4 Juin , après avoir fait une des plus
heureuſes traverfées qu'on puiffe fouhaiter.
A cette relation fuccéda un mémoire dé
M. Hériffant , contenant plufieurs recherches
fur la formation de l'émail des dents
& fur celle des gencives.
Le dernier ouvrage fut lû par M. Buache;
c'étoit une differtation fur les différentes
idées qu'on a eues de la traversée
de la mer glaciale arctique , & fur les
communications ou jonctions qu'on a fuppofées
entre diverſes rivieres.
De l'Académie royale des Sciences.
L
Ei 3 du même mois , l'Académie royale
des Sciences tint fa féance publique
d'après la S. Martin. M. de Fouchy l'ouvrit
par l'éloge * de M. d'Ons- en- Bray , Acadé
micien honoraire.
Après cet éloge , M. l'Abbé de la Caille
lut la relation de fon voyage au Cap de
Bonne Efperance , dont voici le précis .
Le principal objet de ce voyage étoit de
compléter le catalogue des principales
étoiles du ciel , dont M. l'Abbé de la Caille
a entrepris depuis long- tems de déterminer
* Je réſerve l'extrait de cet éloge pour le Mercu
re prochain , ayant trop peu d'efpace dans celui- ci..
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
les pofitions le plus exactement qu'il eſt
poffible. Plufieurs des étoiles dont on fait
le plus d'ufage dans l'Aftronomie , mon
tent fi peu & fi obliquement fur l'hori
zon de Paris , qu'il eft impoffible de les
obferver avec précifion , & ces mêmes étoi
les paffent aux environs du zénith du Cap
de Bonne Efperance , circonftance la plus
favorable pour y appliquer les meilleures
méthodes de l'Aftronomie. Par occafion
M. L. D. L. C. devoit faire différentes obfervations
fort intéreffantes , telles que celles
des parallaxes de la lune & du foleil ;
celle de la longueur du pendule fimple à
fecondes dans l'hémifphere auftral de la
terre ; celle de la longitude du Cap de Bonne
Efperance , fur laquelle les plus habiles
Géographes différoientde trois degrés , &c.
Il s'embarqua à l'Orient , fur un vaiffeau
de la Compagnie des Indes , commandé
par M. Daprès , Correfpondant de l'Aca
démie , & fort connu par un excellent recueil
de cartes marines & un routier pour
naviguer dans les mers des Indes. Le vaiffeau
fut mis à la voile le 21 Novembre
1750 , & dès le 13 Décembre une éclipfe.
de lune qu'ils obferverent , leur fit reconnoître
une erreur de plus de quatre degrés
dans leur longitude , quoiqu'ils euffent
fuivi très fcrupuleufement tous les moyens
JANVIER. 1755. 179
J
ufités en mer pour faire une eftime jufte .
Cette erreur leur ayant fait manquer
l'ifle de S. Yago , où ils s'étoient propofés
de relâcher , ils furent obligés d'aller chercher
un port fur la côte du Brefil , & ils
entrerent dans celui de Rio Janeïro le 25
Janvier 1751 .
Ils y trouverent M. Godin , l'un des
trois Académiciens envoyés au Pérou en
1735. Le vaiſſeau qui le reconduifoit de
Buenos- Aires en Europe , étoit auffi de relache
à Rio Janeïro. Après avoir fait enfemble
quelques obfervations , ils fe féparerent
le 25 Février , & M. Daprès vint
mouiller à la rade du Cap de Bonne Efperance
le 19 Avril.
M. l'Abbé D. L. C. muni de bonnes lettres
de recommendation , fut très -bien reçu
. Le Gouverneur de la Colonie lui fit
bâtir fur le champ un obſervatoire fort
commode , dans la cour d'un des principaux
bourgeois de la ville , nommé M.
Beftbier , qui de fon côté n'épargna rien
pour procurer à M. L. D. L. C. toutes les
facilités & tous les agrémens poffibles .
Selon le projet fait en France , le féjour
de M. L. D. L. C. au Cap devoit être d'une
année entiere. La relache à Rio Janeiro &
d'autres incidens qui avoient prolongé la
durée de la traverfée , furent caufe que
H vj
So MERCURE DE FRANCE.
cette année ne pouvoit commencer que
dans le tems où la rade du Cap étoit déja
devenue impratiquable pour plufieurs
mois , & par conféquent après l'année revolue
, il étoit néceffaire d'attendre encore
long-tems le retour de la belle faifon : de
forte qu'au lieu d'un an , M. L. D. L. C.
ne pouvoit plus refter moins de dix - huit
ou vingt mois..
Pour mettre à profit cette prolongation
forcée , M. L. D. L. C. ajoûta à fon projet
celui de conftruire un catalogue très - détaillé
de toutes les étoiles compriſes entre
le pole auftral du ciel & le tropique du
eapricorne : ce qui l'y engagea principale
ment fut la clarté extraordinaire du ciel ,
qui fe trouvant très- rarement couvert , lui
promettoit plus d'occafions qu'il n'étoit néceffaire
pour remplir le projet fait en France.
D'ailleurs ce ciel fi clair eft caufé ordinairement
par un vent de fud- eft le plus
violent qu'il y ait au monde ; lorfque ce
vent fouffle , quelque abri qu'on fe procure
, il eft abfolument impoffible de fe fervir
des grands inftrumens pour obferver
les aftres ils paroiffent tous très- confufément
terminés , & dans une agitation d'autant
plus vive , que la lunette dont on
fe fert , groffit davantage les objets. Mais
comme il fuffifoit , pour faire le catalogue
:
JANVIER. 1755. 189
dont on vient de parler , de fe fervir d'une
lunette qui rendit feulement les objets plus
diftincts , M. L. D. L. C. en fit appliquer
une à fon quart de cercle , qui groffiffois
très-peu & dont le champ étoit de près de
trois degrés. Il y plaça différens réticules
conftruits avec beaucoup de foin par un
ouvrier qu'il avoit amené de Paris . Arrêtant
enfuite fon quart de cercle dans le
plan du méridien & à une certaine hauteur
, il obfervoit toutes les étoiles à mefure
que par le mouvement du premier
mobile elles venoient traverfer le champ
de fa lunette , pendant le tems d'une nuit
entiere. La nuit fuivante il pointoit fon
quart de cercle à une autre hauteur , qui
différoit de la précédente d'environ trois
degrés , puis il obfervoit toutes les étoiles
qui paffoient de même dans fa lunette.
Changeant ainfi fucceffivement de hauteur
depuis le pole jufqu'au tropique , & recommençant
à diverfes repriſes , felon les
faifons de l'année , il parvint à déterminer
plus de . 9800 étoiles en dedans du tropique
du capricorne ; mais parmi ce grand
nombre d'étoiles , dont la plûpart font extrêmement
petites , & n'ont été obfervées.
que pour éviter l'ennui dans les intervalles
de tems entre les paffages des étoiles,
plus brillantes , il en a choiſi 1930 pour
182 MERCURE DE FRANCE.
compoſer le catalogue qu'il avoit entrepris.
Telle fut fon occupation pendant les
tems où le vent de fud- eft ne lui permettoit
pas de faire autre chofe . Pendant les jours
de calme il eut le loifir , non feulement de
remplir tout le projet formé en France ,
mais encore de faire , felon les occafions ,
différentes obfervations qui n'entroient pas
dans ce projet. Tout ce travail fut terminé
vers le commencement du mois d'Août
1752 .
Le tems du départ des vaiffeaux pour
l'Europe étoit encore éloigné de plus de
quatre mois. M. L. D. L. C. n'ayant plus
rien à faire pour les étoiles auftrales , fongea
à mefurer un dégré , pour voir fi l'hémifphere
auftral étoit d'une figure femblable
à celle de l'hémifphere boréal . Le
pays étoit très-propre pour cette recherche
en deux triangles on pouvoit mefufer
un arc du méridien terreftre de 70000
toifes , & vers le milieu de cet arc il y
avoit une plaine de fable propre à mefurer
une longue bafe . M. L. D. L. C. profita
de fon loifir & de ces circonftances fi favorables
: aidé des charriots & des efclaves
de M. Beſtbier fon hôte , qui lui fervit luimême
de guide & d'interprete , il fit à fon
aife toutes les opérations néceffaires , & il
en conclut que la longueur d'un dégré du
JANVIER. 1755 . 183
méridien terreftre , qui paffe par 33 dégrés
18 minutes de latitude auftrale , étoit de
$7037 toifes plus grande qu'il ne s'atten
doit de le trouver , par comparaiſon aux
mefures faites en France .
Après cette expédition M. L. D. L. C.
fe difpofa à partir du Cap : il employa le
refte de fon tems à dreffer un planiſphere
auftral , & à vérifier les divifions de fes
inftrumens ; mais lorſqu'il s'attendoit de
retourner en France , il reçut un ordre de
paffer aux ifles de France & de Bourbon ,
pour en déterminer la longitude & la latitude
.
Avant que de parler de fon départ du
Cap , M. L. D. L. C. s'excufa de ce qu'il
n'avoit rien à dire fur cette fameufe Co
lonie , ni fur les Hottentots , habitans naturels
du pays. Il déclara feulement que la
defcription du Cap de Bonne Efpérance
faite fur les mémoires de Kolbe , en trois
volumes in- 12 , laquelle eft fort connue
& entre le mains de tout le monde , ne
méritoit prefque aucune croyance , par le
nombre de fautes dont elle eft remplie :
l'Auteur qui a féjourné fept ans au Cap
a négligé de voir les chofes par lui-même,
& de ramaffer des mémoires fûrs. Il a abufé
du privilege des voyageurs , & il en a impofé
par une fimplicité apparente * . Il eſt
* M. L. D. L. C. n'étant pas en état de donner
184 MERCURE DE FRANCE.
à préfent très- difficile de faire une hiſtoire
véritable des Hottentots , parce que la
Colonie Hollandoife s'étant étendue fort
avant dans les terres , a écarté ces peuples ,
dont les troupeaux font l'objet de la cupidité
des Européens.
M. L. D. L. C. s'embarqua le 8 Mars
1753 pour aller à l'Ile de France . Pendant
la traversée , qui eft ordinairement de
cinq à fix femaines , il fit de nouveaux
effais fur la maniere d'obferver les longitudes
en mer , par le moyen d'une diftance
de la Lune à quelque étoile zodiacale ; il
trouva enfin qu'à l'aide de certains calculs
préliminaires , qu'on peut faire plufieurs
années d'avance , on peut réduire
tout le calcul de cette méthode à trois ou
quatre opérations à la portée du commun
des marins . Les Officiers de fon vaiffeau
en firent l'expérience ; ils en fentirent mê
me l'extrême utilité , lorfqu'ils virent par
les obfervations qu'ils firent conjointement
avec M. L. D. L. C. , que leur eftime les
portant à l'eft de 140 lieues au - delà de ce
qu'ils avoient jugé néceflaire , ils avoient
une hiftoire complete du Cap , promet de donner
dans ces mémoires des notes critiques pour
relever les principales bévûes de Kolbe , dont ili
seft affuré par lui - même.
2
JANVIER 1755. 185
fait près de 300 lieues de plus qu'ils ne fe
L'étoient propofés.
M. L. D. L. C. arriva à l'Ile de France .
le 18 Avril ; il y féjourna neuf mois en
attendant le retour des vaiffeaux en France.
Il y fut fort peu occupé , tant parce
qu'il avoit fait au Cap tout ce qu'on pouvoit
defirer fur les étoiles , que parce qu'il
n'y trouva pas le ciel à beaucoup près auffi
beau. D'ailleurs M. Daprès avoit fait à
cette Ifle & à l'ifle de Bourbon des obfervations
très- exactes , & plus que fuffifantes
pour établir leur longitude & leur latitude.
M. L. D. L. C. ne négligea pas de
faire celles qui pouvoient fervir à les confirmer
: il fit quelques autres obfervations
aftronomiques , entr'autres fur l'obliquité
de l'écliptique , qu'il trouva de 23 dégrés
28 min. 16 fec. plus,petite qu'on ne l'employe
ordinairement. Il fit encore un chaffis
de la carte de cette ifle , & en partit
le 16 Janvier 1754. Il arriva le lendemain
à Saint Denis de l'Ile de Bourbon ; &
après un féjour de près de fix femaines
employé aux obfervations relatives à la
longitude & à la latitude de cette Iſle , it
s'embarqua enfin le 27 Février , pour retourner
en France. Il relâcha à l'ifle de
l'Afcenfion , dont il détermina la longitude
& la latitude , & arriva à l'Orient
186 MERCURE DE FRANCE.
le 4 Juin , après avoir fait une des plus
heureuſes traverfées qu'on puiffe fouhaiter.
A cette relation fuccéda un mémoire dé
M. Hériffant , contenant plufieurs recherches
fur la formation de l'émail des dents
& fur celle des gencives.
Le dernier ouvrage fut lû par M. Buache;
c'étoit une differtation fur les différentes
idées qu'on a eues de la traversée
de la mer glaciale arctique , & fur les
communications ou jonctions qu'on a fuppofées
entre diverſes rivieres.
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Résumé : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie royale des Sciences.
Le 3 janvier, l'Académie royale des Sciences organisa une séance publique. M. de Fouchy débuta la séance par l'éloge de M. d'Ou-en-Bray, académicien honoraire. Ensuite, l'Abbé de la Caille présenta le compte-rendu de son voyage au Cap de Bonne Espérance. L'objectif principal de ce voyage était de compléter le catalogue des principales étoiles du ciel en déterminant leurs positions avec précision. Plusieurs étoiles, difficiles à observer à Paris, passent près du zénith au Cap, offrant des conditions favorables pour des observations astronomiques. L'Abbé de la Caille embarqua à l'Orient sur un vaisseau de la Compagnie des Indes commandé par M. Daprès. Le voyage débuta le 21 novembre 1750, mais une erreur de longitude de plus de quatre degrés les fit manquer l'île de Saint-Yago. Ils atteignirent Rio de Janeiro le 25 janvier 1751, où ils rencontrèrent M. Godin, un académicien envoyé au Pérou en 1735. Ils se séparèrent le 25 février et arrivèrent au Cap le 19 avril. Au Cap, l'Abbé de la Caille fut bien accueilli et un observatoire lui fut construit. Initialement prévu pour une année, son séjour dura dix-huit à vingt mois en raison de divers imprévus. Il profita de cette prolongation pour créer un catalogue détaillé des étoiles entre le pôle austral et le tropique du Capricorne. Malgré les vents violents, il utilisa une lunette adaptée à son quart de cercle pour observer les étoiles. En plus de son catalogue, il mesura un degré de méridien terrestre pour comparer les hémisphères austral et boréal. Il conclut que la longueur d'un degré au Cap était plus grande que prévu. Avant de partir, il reçut l'ordre de se rendre aux îles de France et de Bourbon pour déterminer leur longitude et latitude. Il arriva à l'île de France le 18 avril 1753 et y séjourna neuf mois, effectuant diverses observations astronomiques. Il quitta l'île de Bourbon le 27 février 1754 et arriva à l'Orient le 4 juin, après une traversée réussie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 140-143
LETTRE à l'Auteur du Mercure sur la LONGITUDE.
Début :
AUTANT la Quadrature du Cercle est inutile pour l'invention de la Longitude [...]
Mots clefs :
Longitude, Atmosphère, Épaississement , Variations hypométriques, Hémisphère, Montre, Globe, Machines pneumatiques , Ressort spiral
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure sur la LONGITUDE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure fur
la LONGITUDE.
AUTANT
UTANT la Quadrature du Cercle
éft inutile pour Finvention de la Longitude
en mer , autant il feroit utile ou
même néceffaire d'avoir pour cet effet
des machines propres à mefurer le temps
exactement fur mer , & peu fujettes aux
variations que caufent les différens états
de l'Atmosphère , furtout dans certaines
navigations.
J'ai compté par mes doigts les obftacles
qui s'oppofent à ce que nous ayons
jamais dans ce genre rien d'auffi juſte
qu'il nous le faudroit , & j'en ai été éffrayé
, mais non pas découragé ; on eſt
MA I. 1763 . 141
venu à bout de chofes qui paroiffoient
pour le moins auffi difficiles.
Je ne fçais pas comment on fera pour
obvier aux inconvéniens qui naiffent de
l'épaiffiffement des huiles , des différens
degrés de chaleur & de froid , des défauts
des échappemens connus , de l'hétérogénéité
des matières que l'on eſt
forcé d'employer, & c, & c ; mais je crois
être parvenu à parer ceux des variations
hypométriques : voici le fait.
Je fufpendrois une montre dans un
globe de verre épais que l'on fermeroit
très-exactement de quelque manière que
ce fût dans un endroit très-fec. Ce globe
de verre , que l'on pourroit faire plus
épais ou plus mince aux endroits où il
conviendroit , auroit fon diamétre intérieur
plus grand que celui de la monafin
que la calotte fphérique qu'il
faudroit enlever pour faire entrer ou fortir
la montre , & que l'on replaceroit enfuite
, fut moins qu'un hémisphère. I
eft inutile , me femble , de m'arrêter à
la manière de fufpendre la montre ,
à celle de fermer le tout exactement ; on
trouvera aisément mille moyens pour
cela.
tre ,
&
Le globe auroit un ou deux trous circulaires
& garnis intérieurement , très142
MERCURE DE FRANCE .
exactement , de cuir gras de la même
manière à-peu près que l'on garnit les
ouvertures que l'on conferve aux récipiens
des machines pneumatiques , dans
lefquels on veut exécuter quelques mouvemens.
L'un de ces trous feroit vis-à-vis de
l'endroit par où l'on remonte la montre ,
& feroit le feul dans le cas où le globe
de verre feroit deftiné à contenir une
montre faite feulement pour marquer
partout l'heure d'un certain lieu déterminé
, à moins que , fuivant la conftruction
de cette montre , on n'eût un
principe fur la quantité dont il faudroit
la retarder ou l'avancer de temps en
temps. Dans ce cas & dans celui où la
montre feroit une bonne montre à l'ordinaire
, que l'on pourroit régler par le
moyen de quelqu'obfervation aftronomique
, mais à laquelle on voudroit cependant
épargner autant qu'on le pouroit
, les impreffions de l'Atmofphère
le globe auroit , vis - à -vis de l'axe qui
enfile les deux aiguilles , un autre trou
femblable au premier , & même un
troifiéme vis-à-vis de l'axe de la rofette
pour pouvoir par fon moyen alonger ou
racourcir le reffort fpiral. Chacun de
ces trous feroit garni de la clef propre à
M. A I. 1763. 13.
faire l'effet defiré. Elle y couleroit trèsjufte
& n'en pourroit point fortir. On
la poufferoit en dedans lorfque l'on
voudroit s'en fervir , & on la retireroit
enfuite , de manière qu'elle ne pût point
toucher la montre . On trouveroit encore
aifément mille moyens pour ajufter
ces clefs d'une manière convenable.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Calais le 7 Avril
1763.
BLONDEAU Profeffeur
Royal d'Hydrographie .
la LONGITUDE.
AUTANT
UTANT la Quadrature du Cercle
éft inutile pour Finvention de la Longitude
en mer , autant il feroit utile ou
même néceffaire d'avoir pour cet effet
des machines propres à mefurer le temps
exactement fur mer , & peu fujettes aux
variations que caufent les différens états
de l'Atmosphère , furtout dans certaines
navigations.
J'ai compté par mes doigts les obftacles
qui s'oppofent à ce que nous ayons
jamais dans ce genre rien d'auffi juſte
qu'il nous le faudroit , & j'en ai été éffrayé
, mais non pas découragé ; on eſt
MA I. 1763 . 141
venu à bout de chofes qui paroiffoient
pour le moins auffi difficiles.
Je ne fçais pas comment on fera pour
obvier aux inconvéniens qui naiffent de
l'épaiffiffement des huiles , des différens
degrés de chaleur & de froid , des défauts
des échappemens connus , de l'hétérogénéité
des matières que l'on eſt
forcé d'employer, & c, & c ; mais je crois
être parvenu à parer ceux des variations
hypométriques : voici le fait.
Je fufpendrois une montre dans un
globe de verre épais que l'on fermeroit
très-exactement de quelque manière que
ce fût dans un endroit très-fec. Ce globe
de verre , que l'on pourroit faire plus
épais ou plus mince aux endroits où il
conviendroit , auroit fon diamétre intérieur
plus grand que celui de la monafin
que la calotte fphérique qu'il
faudroit enlever pour faire entrer ou fortir
la montre , & que l'on replaceroit enfuite
, fut moins qu'un hémisphère. I
eft inutile , me femble , de m'arrêter à
la manière de fufpendre la montre ,
à celle de fermer le tout exactement ; on
trouvera aisément mille moyens pour
cela.
tre ,
&
Le globe auroit un ou deux trous circulaires
& garnis intérieurement , très142
MERCURE DE FRANCE .
exactement , de cuir gras de la même
manière à-peu près que l'on garnit les
ouvertures que l'on conferve aux récipiens
des machines pneumatiques , dans
lefquels on veut exécuter quelques mouvemens.
L'un de ces trous feroit vis-à-vis de
l'endroit par où l'on remonte la montre ,
& feroit le feul dans le cas où le globe
de verre feroit deftiné à contenir une
montre faite feulement pour marquer
partout l'heure d'un certain lieu déterminé
, à moins que , fuivant la conftruction
de cette montre , on n'eût un
principe fur la quantité dont il faudroit
la retarder ou l'avancer de temps en
temps. Dans ce cas & dans celui où la
montre feroit une bonne montre à l'ordinaire
, que l'on pourroit régler par le
moyen de quelqu'obfervation aftronomique
, mais à laquelle on voudroit cependant
épargner autant qu'on le pouroit
, les impreffions de l'Atmofphère
le globe auroit , vis - à -vis de l'axe qui
enfile les deux aiguilles , un autre trou
femblable au premier , & même un
troifiéme vis-à-vis de l'axe de la rofette
pour pouvoir par fon moyen alonger ou
racourcir le reffort fpiral. Chacun de
ces trous feroit garni de la clef propre à
M. A I. 1763. 13.
faire l'effet defiré. Elle y couleroit trèsjufte
& n'en pourroit point fortir. On
la poufferoit en dedans lorfque l'on
voudroit s'en fervir , & on la retireroit
enfuite , de manière qu'elle ne pût point
toucher la montre . On trouveroit encore
aifément mille moyens pour ajufter
ces clefs d'une manière convenable.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Calais le 7 Avril
1763.
BLONDEAU Profeffeur
Royal d'Hydrographie .
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure sur la LONGITUDE.
La lettre adressée à l'auteur du Mercure discute de l'importance de mesurer précisément le temps en mer pour déterminer la longitude. Bien que la quadrature du cercle soit jugée inutile, des instruments fiables sont nécessaires malgré les défis posés par les variations atmosphériques et les conditions marines. Plusieurs obstacles techniques sont mentionnés, comme l'épaississement des huiles, les variations de température et les défauts des mécanismes d'échappement. Pour atténuer les variations hypométriques, l'auteur propose de suspendre une montre dans un globe de verre hermétique et épais. Ce globe protégerait la montre des influences extérieures tout en permettant des ouvertures étanches pour remonter la montre et ajuster ses mécanismes. La lettre se conclut par une proposition détaillée des ajustements nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de la montre en mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 193-194
De LONDRES, le 4 Juin 1763.
Début :
Le sieur d'Eon, Résident de France en cette Cour, a eu l'honneur de [...]
Mots clefs :
Cour, Sa Majesté, Académie royale des sciences de Paris, Longitude, Mer, Amérique, Canada, Sauvages, Officiers, Forts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 4 Juin 1763.
De LONDRES , le 14 Juin 1763.
Lefieur d'Eon , Réfident de France en cette Cour ,
a eu l'honneur de préſenter à Sa Majeſté les fieurs
de la Condamine , Camus & de la Lande , Membres
de l'Académie Royale des Sciences de Paris ,
& de la Société Royale de Londres ; ces deux derniers
font depuis quelque tems en cette Ville par
Ordre de Sa Majefté Très- Chrétienne , pour examiner
les opérations relatives à la découverte de
la Longitude en Mer , objet qui fixe aujourd'hui
plus que jamais l'attention de l'Angleterre & de
la France.
On écrit de la nouvelle Yorck , du 18 Avril ,
que le Fort Sainte Marie fur le Lac fupérieur , le
Pofte François le plus avancé dans le Pays des
Sauvages du Canada ; a été réduit en cendres le
20 Décembre dernier avec les Cazernes & tout ce
qui s'y eft trouvé , fans qu'on ait pu découvrir ce
qui a occafionné cet accident. L'Officier Anglois
qui commandoit dans le Fort , a eu beaucoup de
peine à fe dérober aux flâmes , & il en a reçu plufieurs
atteintes en différentes parties du corps.
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
On a reçu à Exeter quelques nouvelles de l'A
mérique , par lesquelles on apprend que les Indiens
des Côtes Nord & Nord - Oueft de Terre-
Neuve , ont brûlé & détruit des Etabliffemens
Anglois , formés dans le détroit de Belle- Ifle , visà-
vis de la Côte de Labrador.
Lefieur d'Eon , Réfident de France en cette Cour ,
a eu l'honneur de préſenter à Sa Majeſté les fieurs
de la Condamine , Camus & de la Lande , Membres
de l'Académie Royale des Sciences de Paris ,
& de la Société Royale de Londres ; ces deux derniers
font depuis quelque tems en cette Ville par
Ordre de Sa Majefté Très- Chrétienne , pour examiner
les opérations relatives à la découverte de
la Longitude en Mer , objet qui fixe aujourd'hui
plus que jamais l'attention de l'Angleterre & de
la France.
On écrit de la nouvelle Yorck , du 18 Avril ,
que le Fort Sainte Marie fur le Lac fupérieur , le
Pofte François le plus avancé dans le Pays des
Sauvages du Canada ; a été réduit en cendres le
20 Décembre dernier avec les Cazernes & tout ce
qui s'y eft trouvé , fans qu'on ait pu découvrir ce
qui a occafionné cet accident. L'Officier Anglois
qui commandoit dans le Fort , a eu beaucoup de
peine à fe dérober aux flâmes , & il en a reçu plufieurs
atteintes en différentes parties du corps.
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
On a reçu à Exeter quelques nouvelles de l'A
mérique , par lesquelles on apprend que les Indiens
des Côtes Nord & Nord - Oueft de Terre-
Neuve , ont brûlé & détruit des Etabliffemens
Anglois , formés dans le détroit de Belle- Ifle , visà-
vis de la Côte de Labrador.
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Résumé : De LONDRES, le 4 Juin 1763.
Le 14 juin 1763, Lefieur d'Eon, représentant de la France à Londres, a présenté à Sa Majesté les sieurs de la Condamine, Camus et de la Lande, membres de l'Académie Royale des Sciences de Paris et de la Société Royale de Londres. Camus et de la Lande étaient en mission à Londres pour examiner les opérations relatives à la découverte de la longitude en mer, un sujet crucial pour l'Angleterre et la France. Le 18 avril, des nouvelles de la Nouvelle-York rapportaient que le Fort Sainte Marie, situé sur le lac Supérieur et représentant le poste français le plus avancé au Canada, avait été détruit par un incendie le 20 décembre précédent. Les causes de cet incendie restaient inconnues. L'officier anglais commandant le fort avait échappé aux flammes mais avait subi plusieurs blessures. À Exeter, des nouvelles d'Amérique indiquaient que les Indiens des côtes nord et nord-ouest de Terre-Neuve avaient incendié et détruit des établissements anglais situés dans le détroit de Belle-Isle, en face de la côte du Labrador.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 209
De COPPENHAGUE, le 10 Mars 1764.
Début :
Henri Schultz, Méchanicien, a imaginé une pendule pour déterminer les longitudes [...]
Mots clefs :
Invention , Pendule, Longitude, Épreuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COPPENHAGUE, le 10 Mars 1764.
De CoPPENHAGUE , le 1 o Mars 1764.
Henri Schultz, Méchanicien, a imaginé une
pendule pour déterminer les longitudes tant ſur
terre ſur mer : il propoſe aux Nations qui ont
promis des prix pour la découverte des longi
tudes, de faire l'épreuve de cette pendule Pen
dant fix mois.
Henri Schultz, Méchanicien, a imaginé une
pendule pour déterminer les longitudes tant ſur
terre ſur mer : il propoſe aux Nations qui ont
promis des prix pour la découverte des longi
tudes, de faire l'épreuve de cette pendule Pen
dant fix mois.
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