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Détail
Liste
7751
p. 1211-1214
ALLEMAGNE.
Début :
Le Prince de Wirtemberg, qui commande par interim l'Armée que l'Empereur a [...]
Mots clefs :
Troupes, Prince, Empereur, Pálffy, Milices, Prince Louis de Wurtemberg, Armée, Grenadiers, Autriche, Prince Alexandre de Wurtemberg
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
>
E Prince Louis de Wirtemberg , qui commande
par interim l'Armée. que l'Empereur a
en Italie , a écrit à S.M. Imperiale, que les Troupes
Allemandes, lorsquelles avoient passé le Po , étoient
disposées dans l'ordrde suivant : la premiere colonne
composée de 26. Bataillons , trois de
Guido - Staremberg , trois de Harrach , deux de
Lirengstein , trois de Firstenbusch trois de
Hildbourghaussen , un de Wallis , deux de Palfi ,
trois de Daun , un d'Oglivi , trois de Maximilien
Staremberg , et deux de Wachtendoncsk ;
de 28. Escadrons , sept de Saxe Gotha , sept de
Mercy , sept de Palfi , et sept de Jorger ;
et de
20. Compagnies de Grenadiers , ayant à la tête
le Baron de Lanthieri , le Prince de Livengstein ,
les Comtes de Diesbach , et de Saint- Amour ,
Lieutenants Generaux.
La seconde colonne de 17. Bataillons , un de
Welsech , deux de Culmbach , trois de Seckendorf
, rois du Grand - Maître de l'Ordre Teutonique
, deux de Ligneville , deux de Wallis , et
trois de Konigseg , de 24. Escadrons , 7. de
Lichteinstein , 6. de Veterani , 6. d'Hamilton , et
5. de Frederic de Wirtemberg , et de 14. Compagnies
de Grenadiers , sous les ordres des Comtes
de Culmbach et de Valperoso.
Dans le Conseil d'Etat que l'Empereur tint à
Vienne le 16. du mois dernier , il fut résolu
d'assembler les Milices du Royaume de Boheme
et des Provinces de Silesie et de Moravie ,
. I. Vol.
et de
faire
1212 MERCURE DE FRANCE
faire marcher à l'Armée la dixième partie des
Habitans de la Basse- Autriche qui sont en état de
porter les armes . Le bruit court qu'on a déliberé ·
dans le même Conseil si l'on obligeroic la Noblesse
de la Haute Autriche de lever et d'entretenir
à ses dépens un Corps de 10000. homines.
On apprend de Ratisbonne , que la Diete a
reglé que
e les Princes et les Cercles ne fourniroien
que les trois cinquièmes des subsides que
S. M. Imp . avoit demandé pour l'entretien des
Troupes de l'Empire , et que la Caisse Militaire
seroit établie à Francfort.
Les Régimens ie Hager , du Prince Alexandre
de Wirtemberg , de Veles , de Carolis , de Seer
et de Palfi , qui s'étoient mis en marche pour se
rendre à l'Armée sur le Rhin ont reçû ordre de
s'arrêter dans les environs de Passaw ; on croit
qu'elles y formeront un Camp ,
et que les Milices
qu'on leve dans la Basse- Autriche iront les
y joindre.
Sur l'avis qu'on a reçû d'une irruption qu'un
corps de Troupes Polonoises , composé d'environ
4000. hommes , a faite en Silesie , où il a
ravage plusieurs terres consi terables , particulierement
celles du Comte de Henkel , S. M. Imp.
a pris la résolution d'envoyer un Détachement
de Cavalerie et d'Infanterie dans cette Province,
et une partie du Régiment de Chauveray est
déja partie pour renforcer quelques postes de la
Frontiere. On assure que le Camp qu'on y doit
former , sera composé du Régiment du Prince
Alexandre de Wittemberg , de ceux de Weles ,
du Comte Louis de Palfi , de Seer , d'Ogilvi , de
Welsech , du Régiment de Grenadiers de Lorraine,
d'une partie de celui de Chauvirey , et de
ICOo homines des Milices de Transilvanie , ces
I. Vol. Troupes
JUIN. 1734. 1213
par
Troupes doivent être commandées le Baron .
de Damnitz , Feld- Maréchal , qui aura sous ses
ordres le Comte de Jorger.
Le Conseil de Guerre a ordonné à quelques
Régimens qui sont en Italie , d'en revenir, et
l'on compte qu'ils seront envoyez sur les Frontieres
de l'Electorat de Baviere , avec le nouveau
Corps des Milices qu'on leve dans le Tirol .
On a fait prendre les Armes aux Habitans de
Vienne qui sont en état de les porter , et on a
nommé des Officiers pour les commander et leur
apprendre les Exercices Militaires.
pas
L'Empereur a fait publier un Edit , portant
que tous les Particuliers qui n'auroht donné
une déclaration de leurs biens avant le temp ;
dans lequel on doit commencer à lever le Dixiéme
sur tous les revenus , seront condamnez à
payer une Taxe proportionnée à leurs facultez.
Le Marquis de Rubi , Conseiller du Conseil
Privé , et que l'Empereur a nommé Feldt Maréchal
de ses Armées , vient d'étre déclaré Viceroi
de Sicile , à la place du Comte de Sastago.
>
E Prince Louis de Wirtemberg , qui commande
par interim l'Armée. que l'Empereur a
en Italie , a écrit à S.M. Imperiale, que les Troupes
Allemandes, lorsquelles avoient passé le Po , étoient
disposées dans l'ordrde suivant : la premiere colonne
composée de 26. Bataillons , trois de
Guido - Staremberg , trois de Harrach , deux de
Lirengstein , trois de Firstenbusch trois de
Hildbourghaussen , un de Wallis , deux de Palfi ,
trois de Daun , un d'Oglivi , trois de Maximilien
Staremberg , et deux de Wachtendoncsk ;
de 28. Escadrons , sept de Saxe Gotha , sept de
Mercy , sept de Palfi , et sept de Jorger ;
et de
20. Compagnies de Grenadiers , ayant à la tête
le Baron de Lanthieri , le Prince de Livengstein ,
les Comtes de Diesbach , et de Saint- Amour ,
Lieutenants Generaux.
La seconde colonne de 17. Bataillons , un de
Welsech , deux de Culmbach , trois de Seckendorf
, rois du Grand - Maître de l'Ordre Teutonique
, deux de Ligneville , deux de Wallis , et
trois de Konigseg , de 24. Escadrons , 7. de
Lichteinstein , 6. de Veterani , 6. d'Hamilton , et
5. de Frederic de Wirtemberg , et de 14. Compagnies
de Grenadiers , sous les ordres des Comtes
de Culmbach et de Valperoso.
Dans le Conseil d'Etat que l'Empereur tint à
Vienne le 16. du mois dernier , il fut résolu
d'assembler les Milices du Royaume de Boheme
et des Provinces de Silesie et de Moravie ,
. I. Vol.
et de
faire
1212 MERCURE DE FRANCE
faire marcher à l'Armée la dixième partie des
Habitans de la Basse- Autriche qui sont en état de
porter les armes . Le bruit court qu'on a déliberé ·
dans le même Conseil si l'on obligeroic la Noblesse
de la Haute Autriche de lever et d'entretenir
à ses dépens un Corps de 10000. homines.
On apprend de Ratisbonne , que la Diete a
reglé que
e les Princes et les Cercles ne fourniroien
que les trois cinquièmes des subsides que
S. M. Imp . avoit demandé pour l'entretien des
Troupes de l'Empire , et que la Caisse Militaire
seroit établie à Francfort.
Les Régimens ie Hager , du Prince Alexandre
de Wirtemberg , de Veles , de Carolis , de Seer
et de Palfi , qui s'étoient mis en marche pour se
rendre à l'Armée sur le Rhin ont reçû ordre de
s'arrêter dans les environs de Passaw ; on croit
qu'elles y formeront un Camp ,
et que les Milices
qu'on leve dans la Basse- Autriche iront les
y joindre.
Sur l'avis qu'on a reçû d'une irruption qu'un
corps de Troupes Polonoises , composé d'environ
4000. hommes , a faite en Silesie , où il a
ravage plusieurs terres consi terables , particulierement
celles du Comte de Henkel , S. M. Imp.
a pris la résolution d'envoyer un Détachement
de Cavalerie et d'Infanterie dans cette Province,
et une partie du Régiment de Chauveray est
déja partie pour renforcer quelques postes de la
Frontiere. On assure que le Camp qu'on y doit
former , sera composé du Régiment du Prince
Alexandre de Wittemberg , de ceux de Weles ,
du Comte Louis de Palfi , de Seer , d'Ogilvi , de
Welsech , du Régiment de Grenadiers de Lorraine,
d'une partie de celui de Chauvirey , et de
ICOo homines des Milices de Transilvanie , ces
I. Vol. Troupes
JUIN. 1734. 1213
par
Troupes doivent être commandées le Baron .
de Damnitz , Feld- Maréchal , qui aura sous ses
ordres le Comte de Jorger.
Le Conseil de Guerre a ordonné à quelques
Régimens qui sont en Italie , d'en revenir, et
l'on compte qu'ils seront envoyez sur les Frontieres
de l'Electorat de Baviere , avec le nouveau
Corps des Milices qu'on leve dans le Tirol .
On a fait prendre les Armes aux Habitans de
Vienne qui sont en état de les porter , et on a
nommé des Officiers pour les commander et leur
apprendre les Exercices Militaires.
pas
L'Empereur a fait publier un Edit , portant
que tous les Particuliers qui n'auroht donné
une déclaration de leurs biens avant le temp ;
dans lequel on doit commencer à lever le Dixiéme
sur tous les revenus , seront condamnez à
payer une Taxe proportionnée à leurs facultez.
Le Marquis de Rubi , Conseiller du Conseil
Privé , et que l'Empereur a nommé Feldt Maréchal
de ses Armées , vient d'étre déclaré Viceroi
de Sicile , à la place du Comte de Sastago.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le Prince Louis de Wurtemberg, commandant par intérim l'armée de l'Empereur en Italie, a rapporté la disposition des troupes allemandes après leur passage du fleuve Po. La première colonne comprenait 26 bataillons, 28 escadrons et 20 compagnies de grenadiers, sous les ordres de plusieurs officiers de haut rang. La seconde colonne était composée de 17 bataillons, 24 escadrons et 14 compagnies de grenadiers, dirigées par les Comtes de Culmbach et de Valperoso. Lors du Conseil d'État tenu à Vienne le 16 du mois précédent, il a été décidé de mobiliser les milices du Royaume de Bohême et des provinces de Silésie et de Moravie, ainsi que la dixième partie des habitants de la Basse-Autriche aptes au service militaire. Des rumeurs indiquaient que la noblesse de Haute-Autriche pourrait être contrainte de lever et entretenir un corps de 10 000 hommes. À Ratisbonne, la Diète a décidé que les princes et les cercles ne fourniraient que les trois cinquièmes des subsides demandés par l'Empereur pour l'entretien des troupes de l'Empire, et que la Caisse Militaire serait établie à Francfort. Plusieurs régiments, initialement en route pour l'armée sur le Rhin, ont reçu l'ordre de s'arrêter près de Passau pour former un camp, auquel se joindraient les milices de Basse-Autriche. En réponse à une incursion de troupes polonaises en Silésie, l'Empereur a envoyé un détachement de cavalerie et d'infanterie, renforcé par une partie du régiment de Chauveray. Un camp devait être formé avec plusieurs régiments et des milices de Transylvanie, sous le commandement du Baron de Damnitz. Le Conseil de Guerre a ordonné le retour de certains régiments d'Italie pour renforcer les frontières de l'Électorat de Bavière, accompagnés de nouvelles milices du Tyrol. Les habitants de Vienne en état de porter les armes ont été armés et des officiers nommés pour les commander. L'Empereur a publié un édit condamnant ceux qui n'avaient pas déclaré leurs biens à payer une taxe proportionnelle à leurs facultés. Le Marquis de Rubi a été nommé Vice-roi de Sicile, remplaçant le Comte de Sastago.
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7752
p. 1215-1216
ITALIE.
Début :
On a appris de Rome, que la nuit du 5. au 6. May, quelques Enfans ayant mis le feu [...]
Mots clefs :
Nuit, Palais, Incendie, Prince, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT A LIE.
N a appris de Rome , que la nuit du 5. au
6. May, quelques Enfans ayant mis le feu
à un amas de paille , les flammes gagnerent un
Chantier voisin , et que le vent violent qui regnoit
cette nuit , fut cause que malgré le prompt
secours qu'on apporta , plus de 80. maisons ' , du
nombre desquelles est le Palais della Penna , appartenant
au Prince Borghese , furent entierement
brulces, et qu'il fallut en at a re plusieurs à
coups de Canon pour arrêter l'incendie.
Les difficultez qui empêchoient la Chambre
Apostolique d'accepter les sûretez offertes par le
I. Vol.
H Car
1216 MERCURE DE FRANCE
son Entrée solemnelle au bruit des acclamations
réiterées du Peuple et de plusieurs salves de
l'Artillerie des Remparts et des Châteaux , et de
la Mousqueterie de la Bourgeoisie qui étoit sous
les aimes
Il descendit à la Cathédrale , à la porte de laquelle
il fut reçû par le Cardinal Archevêque à la
tête du Chapitre , et après avoir assisté au Te
Deum , qui fut chanté à plusieurs Choeurs de
Musique , il alla faire sa Priere devant la Relique
du Sang de S. Janvier , Patron du Royaume;
et il mit à la Châsse dans laquelle il est conservé
une attache de treize Diamants , et de
six Rubis d'un grand prix.
L'Infant se rendit ensuite au Palais , où il admit
la Noblesse et les Tribunaux à lui baiser la
main. Les rues par lesquelles ce Prince passa
étoient magnifiquement ornées, et l'on avoit éle
vé en plusieurs endroits des Arcs de triomphe
chargez de Devises et d'Inscriptions,
N a appris de Rome , que la nuit du 5. au
6. May, quelques Enfans ayant mis le feu
à un amas de paille , les flammes gagnerent un
Chantier voisin , et que le vent violent qui regnoit
cette nuit , fut cause que malgré le prompt
secours qu'on apporta , plus de 80. maisons ' , du
nombre desquelles est le Palais della Penna , appartenant
au Prince Borghese , furent entierement
brulces, et qu'il fallut en at a re plusieurs à
coups de Canon pour arrêter l'incendie.
Les difficultez qui empêchoient la Chambre
Apostolique d'accepter les sûretez offertes par le
I. Vol.
H Car
1216 MERCURE DE FRANCE
son Entrée solemnelle au bruit des acclamations
réiterées du Peuple et de plusieurs salves de
l'Artillerie des Remparts et des Châteaux , et de
la Mousqueterie de la Bourgeoisie qui étoit sous
les aimes
Il descendit à la Cathédrale , à la porte de laquelle
il fut reçû par le Cardinal Archevêque à la
tête du Chapitre , et après avoir assisté au Te
Deum , qui fut chanté à plusieurs Choeurs de
Musique , il alla faire sa Priere devant la Relique
du Sang de S. Janvier , Patron du Royaume;
et il mit à la Châsse dans laquelle il est conservé
une attache de treize Diamants , et de
six Rubis d'un grand prix.
L'Infant se rendit ensuite au Palais , où il admit
la Noblesse et les Tribunaux à lui baiser la
main. Les rues par lesquelles ce Prince passa
étoient magnifiquement ornées, et l'on avoit éle
vé en plusieurs endroits des Arcs de triomphe
chargez de Devises et d'Inscriptions,
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Résumé : ITALIE.
Le texte décrit deux événements distincts. Le premier est un incendie à Rome la nuit du 5 au 6 mai. Des enfants ayant mis le feu à un amas de paille, les flammes se propagèrent à un chantier voisin. Un vent violent compliqua l'extinction, entraînant la destruction de plus de 80 maisons, dont le Palais della Penna appartenant au Prince Borghese. Des coups de canon furent nécessaires pour maîtriser l'incendie. Le second événement relate l'entrée solennelle d'un prince dans une ville. Accueilli par des acclamations et des salves d'artillerie, il se rendit à la cathédrale où il assista à un Te Deum et pria devant la relique du Sang de Saint Janvier. Il offrit une attache de treize diamants et six rubis à la châsse contenant la relique. Ensuite, il se rendit au palais où il reçut la noblesse et les tribunaux. Les rues étaient ornées et des arcs de triomphe étaient érigés avec des devises et des inscriptions.
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7753
p. 1216-1217
Entrée solemnelle de D. Carlos à Naples, [titre d'après la table]
Début :
Le 15. May, un Courrier dépêché de Madrid apporta à l'Infant Don Carlos le Diplôme par [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Roi de Naples, Naples, Dépêche, Habitants, Te Deum, Entrée solennelle, Infant Don Carlos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée solemnelle de D. Carlos à Naples, [titre d'après la table]
Le 15. May , un Courrier dépêché de Madrid
apporta à l'Infant Don Carlos le Diplôme par
lequel le Roy d'Espagne le déclare Roy de Naples
, et enjoint à tous les Seigneurs , Barons et
autres Habitans du Royaume , de le reconnoître
en cette qualité , et aux Magistrats des Villes
qui n'ont pas encore nommé des Députez pour
lui prêter serment de fidelité de lui en envoyer
incessamment , sous peine d'être regardez comme
rebelles et traitez selon toutes les rigueurs de
la guerre.
Ce Diplôme fut affiché et publié le même jour ,
et tous les Tribunaux en corps allerent rendre
hommage à leur nouveau Souverain qui fit ou
vrir les prisons , accorda la grace aux Criminels
2
I. Vol.
et
JUIN. 1734.: 1217
er ordonna qu'on distribuât de l'argent au
Peuple.
On chanta le Te Deum ; le soir il y eut des
Feux et des Illuminations dans toutes les rues ,
et les Habitans donnerent les plus grandes démonstrations
de joye.
Le Gouvernement a donné ordre qu'on frappât
de la Monnoye d'or et d'argent pour des
sommes considerables , au coin du nouveau Roy
de Naples.
Sa Majesté , qui étoit allée le 27. May dîner
à Baye , y reçut par le Marquis de Castellar ,
que le Comte de Montemar a dépêché au Roy
d'Espagne , la premiere nouvelle de la victoire
remportée le à Bitonto dans la Pouille , par
les Troupes Espagnoles sur celles de l'Empereur ,
commandées par le Comte de Viscomti.
*
25.
Le Roy revint aussi - tôt à Naples , où il trouva
un grand concours de Peuple qui cherchoit à lui,
marquer par ses acclamations , la part qu'il prenoit
à cet évenement, S M fit chanter ce jour là
le Te Deum dans sa Chapelle , et le lendemain il
alla en ceremonie à l'Eglise de S. Janvier , où il
fit rendre à Dieu de solemnelles actions de graces
de cette victoire , à l'occasion de laquelle il
y a cû dans la Ville pendant trois jours des Illu
minations et d'autres marques de réjouissance.
apporta à l'Infant Don Carlos le Diplôme par
lequel le Roy d'Espagne le déclare Roy de Naples
, et enjoint à tous les Seigneurs , Barons et
autres Habitans du Royaume , de le reconnoître
en cette qualité , et aux Magistrats des Villes
qui n'ont pas encore nommé des Députez pour
lui prêter serment de fidelité de lui en envoyer
incessamment , sous peine d'être regardez comme
rebelles et traitez selon toutes les rigueurs de
la guerre.
Ce Diplôme fut affiché et publié le même jour ,
et tous les Tribunaux en corps allerent rendre
hommage à leur nouveau Souverain qui fit ou
vrir les prisons , accorda la grace aux Criminels
2
I. Vol.
et
JUIN. 1734.: 1217
er ordonna qu'on distribuât de l'argent au
Peuple.
On chanta le Te Deum ; le soir il y eut des
Feux et des Illuminations dans toutes les rues ,
et les Habitans donnerent les plus grandes démonstrations
de joye.
Le Gouvernement a donné ordre qu'on frappât
de la Monnoye d'or et d'argent pour des
sommes considerables , au coin du nouveau Roy
de Naples.
Sa Majesté , qui étoit allée le 27. May dîner
à Baye , y reçut par le Marquis de Castellar ,
que le Comte de Montemar a dépêché au Roy
d'Espagne , la premiere nouvelle de la victoire
remportée le à Bitonto dans la Pouille , par
les Troupes Espagnoles sur celles de l'Empereur ,
commandées par le Comte de Viscomti.
*
25.
Le Roy revint aussi - tôt à Naples , où il trouva
un grand concours de Peuple qui cherchoit à lui,
marquer par ses acclamations , la part qu'il prenoit
à cet évenement, S M fit chanter ce jour là
le Te Deum dans sa Chapelle , et le lendemain il
alla en ceremonie à l'Eglise de S. Janvier , où il
fit rendre à Dieu de solemnelles actions de graces
de cette victoire , à l'occasion de laquelle il
y a cû dans la Ville pendant trois jours des Illu
minations et d'autres marques de réjouissance.
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Résumé : Entrée solemnelle de D. Carlos à Naples, [titre d'après la table]
Le 15 mai, un courrier de Madrid informe l'Infant Don Carlos qu'il est proclamé roi de Naples par le roi d'Espagne. Un diplôme ordonne à tous les seigneurs, barons et habitants du royaume de reconnaître Don Carlos comme roi et aux magistrats des villes de lui prêter serment de fidélité sous peine de rébellion. Le diplôme est affiché et publié le même jour. Les tribunaux rendent hommage à Don Carlos, qui libère les prisonniers, accorde la grâce aux criminels et distribue de l'argent au peuple. Des célébrations, incluant le chant du Te Deum et des illuminations, ont lieu. Le gouvernement ordonne la frappe de monnaie au nom du nouveau roi. Le 27 mai, Don Carlos apprend la victoire espagnole à Bitonto contre les troupes de l'empereur. À son retour à Naples, il fait chanter le Te Deum et organise des réjouissances publiques pour célébrer cette victoire.
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7754
p. 1217-1222
DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
Début :
Selon les Lettres du Royaume de Naples, ce Corps de Troupes, composé de 7000. hommes [...]
Mots clefs :
Comte de Montemart, Troupes impériales, Cavalerie, Camp, Ennemis, Hommes d'infanterie, Régiments, Régiment, Comte Visconti, Bitonto
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texteReconnaissance textuelle : DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
DEFAITE des Troupes Imperiales ,
commandées
par
le Comte Viscomti.
Elon les Lettres du Royaume de Naples , ce
Corps de Troupes , composé de 7000, hommes
d'Infanterie , de 2000. de Cavalerie , et de
40c . Hussarts , avoit marché de Bari à Bitonto,
où il s'etoit posté dans un Camp aussi avanta-
I.-Vol. geux , H iij
1218 MERCURE DE FRANCE
geux , tant par sa situation , que par les retran→
chemens qui le défendoient.
Le Comte de Montemar étant arrivé avec les
Troupes Espagnoles à la vue de ce Camp le 24
du mois dernier , attaqua les Ennemis le lende
main matin , il força leurs retranchemens et se
rendit maître de leur Camp , dans lequel ils ont
été obligez de laisser les Tentes et la plus grande
partie des Equipages.
Malgré la vivacité de cette Action , qui a duré
trois heures , on ne sçait pas encore si les Impe -
riaux ont cû grand nombre de Soldats de tuez
mais on a fait dans le Camp 1400. prisonniers
sans compter 1200. hommes d'Infanterie , qui
s'étant réfugiez dans les Convents de Bitonto ,
ont éte pris avec leurs Officiers . Le reste de l'Infanterie
est bloqué dans differens endroits. La
Cavalerie voyant le Camp forcé , a pris la fuite
et s'est dispersée , &c . On a appris depuis , le dé➡
tail suivant de l'Action .
Le Comte de Montemar , qui avoit été envoyé
par le Roy pour se mettre à la tête des Troupes
détachées pour suivre les Imperiaux , ayant été
informé que le Comte de Viscomti avoit déja
reçû quelques secours , et qu'il en attendoit encore
de nouveaux , prit le parti de marcher aux
Ennemis qui avoient quitté Tarente , où ils s'étoient
d'abord retirez , et qui s'étoient répandus
dans la Pouille pour en tirer des contributions .
Ce General regla sa marche sur les differens
mouvemens des Ennemis , et songeant principa
lement à leur ôter le moyen d'executer le dessein
dans lequel ils étoient de se ménager une retraite
du côté de la Mer , il marcha à Bary où il les
croyoit.
Les Imperiaux en étoient partis , et ils s'étoien
I. Vol. *avance z
JUIN. 1734- 1219
avancez à Bitonto , où ils roient campez dans
un poste aussi avantageux r sa situation ,
qu'impraticable pour la Cavaleri .
Le Comte de Montemar , qui n'étoit qu'à neuf
mille de Bitonto , détacha quelques Corps de
Cavalerie pour aller reconnoître les Ennemis , et
sur ce qu'on lui rapporta que leur Infanterie et
Jeur Cavalerie y étoient déja arrivées , il prit le
parti de marcher à eux avec toutes ses Trou
pes. Il les distribua en sept colonnes , com
mandées , la premiere par le Marquis de Pozo
blanco , la seconde par le Duc de Liria , la troisiéme
par le Duc de Castro Pignano , la quatrié
me par le Marquis de Bay , la cinquième par le
Marquis de Châteaufort , la sixiéme par le Com
te de Maceda , et la septième par le Marquis de
La Mina.
Ce Corps de Troupes étoit composé des six
Bataillons des Régimens des Gardes Espagnoles
et Vallones , des deux Bataillons du Régiment de
Lombardie , des deux de celui de la Couronne ,
des deux Bataillons du Régiment Suisse de Bet-
Jer , et de 20. Compagnies de Grenadiers de differens
Régimens.
Le Comte de Montemar , outre cette Infanterie
, avoit sous ses ordres 600. Carabiniers
Royaux, 150. Grenadieis Royaux , les 12. Escadrons
des Régimens de Bourbon , d'Estramadoure
, de Milan , de Malte , de Flandres et
d'Andalousie , les 4. Escadrons des Régimens de
Dragons de Pavie et de France , les Compagnies
des Grenadiers à Cheval des Regimens de Tarragone
et de Batavia , jo . Dragons de ces deux
Regimens , et un Détachement d'Artillerie de
150. hommes .
Le Comte de Montemar fit marcher toutes ces
I. Vol. Hj Trou
1220 MERCURE DE FRANCE
Troupes par differens chemins , afin de choisir
P'endroit le plus convenable pour attaquer les
Ennemis , et il fit avancer quelques Détachemens
de Cavalerie qui battirent les Hussarts qu'ils rencontrerent.
Les Imperiaux s'étant résolus à demeurer dans.
leurs retranchemens, Conite de Montemar s'en
approcha assez près pour reconnoître leurs dis.
positions sur lesquelles il se détermina à changer
la sienne , et à faire passer de la droite à la gau
che la plus grande partie de sa Cavalerie .
L'attaque commença par le centre de la colon.
ne , à la tête de laquelle étoit le Comte d'Uceda,
et qui étoit composée de trois Bataillons du Régiment
des Gardes Vallonnes , des deux Bataillons
du Régiment Suisses de Betler , et de huit
Compagnies de Grenadiers . Ces Troupes , quoique
plus foibles que celles que les Imperiaux leut
opposerent dans cet endroit de l'attaque , entrerent
dans les retranchemens avec tant de valeur ,
que les Ennemis , après une longue résistance ,
furent mis en déroute. Le Comte de Montemar
s'en étant apperçû , fit avancer toutes ces Troupes
qui mirent en fuite ce qui se présenta devant
elles , sans être arrêtées par les murailles et par
les fossez qui couvroient le Camp des Ennemis
et qui paroissoient le rendre inaccessible.
Le Comte de Montemar ayant penetré dans
Jeur Camp , détacha quelque Cavalerie pour suivre
celle des Imperiaux , qui dans le premier
moment de l'attaque avoit quitté le Camp , et
avoit pris la fuite avec un grand désordre .
Il fit ensuite attaquer differents postes dans
lesquels les Imperiaux qui s'y étoient retirez ,
furent faits prisonniers. Le General Rodeski ,
General de l'Infanterie se sauva dans Bitonto
66
I. Vol. qui
JUIN. 1734. 122 I
qui est entouré de murailles , et il s'y deffendit
jusqu'à la nuit , mais il fut obligé le lendemain
de se rendre.
La Cavalerie se sépara dans sa fuite en plusieurs
corps qui étant poursuivis par la Cavalerie
Espagnole , furent presque détruits . Le plus
considerable , après avoir perdu beaucoup de
monde , se refugia dans Bary où le Comte de
Monteinar ayant marché le 26 , le bloqua , et
obligea le Prince de Belmonte qui le commandoit
de se rendre.
Les Troupes Imperiales consistoient selon
l'état qu'on en a trouvé , en 6500 hommes d'Infanterie
, 1500 hommes de Cavalerie et 400
Hussarts , desquels 200 se sont sauvez dans les
Montagnes de la Calabre.
›
On a pris aux Ennemis 15 Drapeaux , 24
Etendarts , et deux paires de Timballes , leurs
Tentes , les vivres , les munitions de Gnerre et
la plus grande partie des équipages .
›
Les Espagnols n'ont pas eû un grand nombre
'de Soldats tuez ou blessez , mais ils y ont perdu
le Comte de Briard , et le Comte de Bonamour
, Capitaines au Regiment des Gardes Va.
lónnes , Don Louis de Porte Maréchal de
Camp , y a été blessé dangereusement. Il est
Capitaine des Grenadiers de ce Regiment , qui ,
ayant penetré le premier dans les retranchements
malgré la vigoureuse résistance des Ennemis , a
cû la plus grande part à cette victoire.
Le Détachement de Cavalerie que le Comte ,
de Montemar , après avoir forcé le Camp du
Comte Viscomti , avoit envoié à la poursuite
des Hussarts , qui dans le premier moment
de l'attaque avoient pris la fuite , n'a pû joindre
qu'au commencement de ce mois ceux qui
1. Vol.
HY s'é-
/
1222 MERCURE DE FRANCE
s'étoient sauvez dans la Calabre , et il les a entierement
défaits .
Le Comte de Viscomti qui s'étoit retiré à
Brindisi , s'y est embarqué dans une Felouque
avec une partie de ses Domestiques , mais on ne
sçait pas encore quelle route il a prise .
Le Roy a suprimé plusieurs Charges qui
avoient été accordées sous le précedent Gouvernement
, tant aux Napolitains , qu'à des Espagnols
, et dont les apointemens se montoient
par an à 900000 Ducats.
Le 27 May , il arriva dans ce Port sous
Pescorte de quatre Vaisserux de Guerre Espagnols
, plusieurs Bâtimens chargez d'une partie
des Troupes que le Roy d'Espagne envoye pour
renforcer celles qui sont dans le Royaume de
Naples , et l'on en attend incessamment de Livourne
quelques autres qui doivent apporter ici
des munitions de Guerre , et une somme considérable
d'argent.
Le Comte de Charny , Lieutenant General
du Royaume , a déja reçu au nom du Roy
T'hominage de la plus grande partie des Deputez
des Villes , et des Barons de cet Etat.
Sa Majesté a nommédes Commissaires pour
faire conjointement avec le Conseil Collateral
l'estimation des dommages que les Troupes Espagnoles
ont causez dans les lieux où elles ont
passé , et elle a fait expédier des ordres pour
qu'ils soient payez avec l'exactitude la plus ri
goureuse.
commandées
par
le Comte Viscomti.
Elon les Lettres du Royaume de Naples , ce
Corps de Troupes , composé de 7000, hommes
d'Infanterie , de 2000. de Cavalerie , et de
40c . Hussarts , avoit marché de Bari à Bitonto,
où il s'etoit posté dans un Camp aussi avanta-
I.-Vol. geux , H iij
1218 MERCURE DE FRANCE
geux , tant par sa situation , que par les retran→
chemens qui le défendoient.
Le Comte de Montemar étant arrivé avec les
Troupes Espagnoles à la vue de ce Camp le 24
du mois dernier , attaqua les Ennemis le lende
main matin , il força leurs retranchemens et se
rendit maître de leur Camp , dans lequel ils ont
été obligez de laisser les Tentes et la plus grande
partie des Equipages.
Malgré la vivacité de cette Action , qui a duré
trois heures , on ne sçait pas encore si les Impe -
riaux ont cû grand nombre de Soldats de tuez
mais on a fait dans le Camp 1400. prisonniers
sans compter 1200. hommes d'Infanterie , qui
s'étant réfugiez dans les Convents de Bitonto ,
ont éte pris avec leurs Officiers . Le reste de l'Infanterie
est bloqué dans differens endroits. La
Cavalerie voyant le Camp forcé , a pris la fuite
et s'est dispersée , &c . On a appris depuis , le dé➡
tail suivant de l'Action .
Le Comte de Montemar , qui avoit été envoyé
par le Roy pour se mettre à la tête des Troupes
détachées pour suivre les Imperiaux , ayant été
informé que le Comte de Viscomti avoit déja
reçû quelques secours , et qu'il en attendoit encore
de nouveaux , prit le parti de marcher aux
Ennemis qui avoient quitté Tarente , où ils s'étoient
d'abord retirez , et qui s'étoient répandus
dans la Pouille pour en tirer des contributions .
Ce General regla sa marche sur les differens
mouvemens des Ennemis , et songeant principa
lement à leur ôter le moyen d'executer le dessein
dans lequel ils étoient de se ménager une retraite
du côté de la Mer , il marcha à Bary où il les
croyoit.
Les Imperiaux en étoient partis , et ils s'étoien
I. Vol. *avance z
JUIN. 1734- 1219
avancez à Bitonto , où ils roient campez dans
un poste aussi avantageux r sa situation ,
qu'impraticable pour la Cavaleri .
Le Comte de Montemar , qui n'étoit qu'à neuf
mille de Bitonto , détacha quelques Corps de
Cavalerie pour aller reconnoître les Ennemis , et
sur ce qu'on lui rapporta que leur Infanterie et
Jeur Cavalerie y étoient déja arrivées , il prit le
parti de marcher à eux avec toutes ses Trou
pes. Il les distribua en sept colonnes , com
mandées , la premiere par le Marquis de Pozo
blanco , la seconde par le Duc de Liria , la troisiéme
par le Duc de Castro Pignano , la quatrié
me par le Marquis de Bay , la cinquième par le
Marquis de Châteaufort , la sixiéme par le Com
te de Maceda , et la septième par le Marquis de
La Mina.
Ce Corps de Troupes étoit composé des six
Bataillons des Régimens des Gardes Espagnoles
et Vallones , des deux Bataillons du Régiment de
Lombardie , des deux de celui de la Couronne ,
des deux Bataillons du Régiment Suisse de Bet-
Jer , et de 20. Compagnies de Grenadiers de differens
Régimens.
Le Comte de Montemar , outre cette Infanterie
, avoit sous ses ordres 600. Carabiniers
Royaux, 150. Grenadieis Royaux , les 12. Escadrons
des Régimens de Bourbon , d'Estramadoure
, de Milan , de Malte , de Flandres et
d'Andalousie , les 4. Escadrons des Régimens de
Dragons de Pavie et de France , les Compagnies
des Grenadiers à Cheval des Regimens de Tarragone
et de Batavia , jo . Dragons de ces deux
Regimens , et un Détachement d'Artillerie de
150. hommes .
Le Comte de Montemar fit marcher toutes ces
I. Vol. Hj Trou
1220 MERCURE DE FRANCE
Troupes par differens chemins , afin de choisir
P'endroit le plus convenable pour attaquer les
Ennemis , et il fit avancer quelques Détachemens
de Cavalerie qui battirent les Hussarts qu'ils rencontrerent.
Les Imperiaux s'étant résolus à demeurer dans.
leurs retranchemens, Conite de Montemar s'en
approcha assez près pour reconnoître leurs dis.
positions sur lesquelles il se détermina à changer
la sienne , et à faire passer de la droite à la gau
che la plus grande partie de sa Cavalerie .
L'attaque commença par le centre de la colon.
ne , à la tête de laquelle étoit le Comte d'Uceda,
et qui étoit composée de trois Bataillons du Régiment
des Gardes Vallonnes , des deux Bataillons
du Régiment Suisses de Betler , et de huit
Compagnies de Grenadiers . Ces Troupes , quoique
plus foibles que celles que les Imperiaux leut
opposerent dans cet endroit de l'attaque , entrerent
dans les retranchemens avec tant de valeur ,
que les Ennemis , après une longue résistance ,
furent mis en déroute. Le Comte de Montemar
s'en étant apperçû , fit avancer toutes ces Troupes
qui mirent en fuite ce qui se présenta devant
elles , sans être arrêtées par les murailles et par
les fossez qui couvroient le Camp des Ennemis
et qui paroissoient le rendre inaccessible.
Le Comte de Montemar ayant penetré dans
Jeur Camp , détacha quelque Cavalerie pour suivre
celle des Imperiaux , qui dans le premier
moment de l'attaque avoit quitté le Camp , et
avoit pris la fuite avec un grand désordre .
Il fit ensuite attaquer differents postes dans
lesquels les Imperiaux qui s'y étoient retirez ,
furent faits prisonniers. Le General Rodeski ,
General de l'Infanterie se sauva dans Bitonto
66
I. Vol. qui
JUIN. 1734. 122 I
qui est entouré de murailles , et il s'y deffendit
jusqu'à la nuit , mais il fut obligé le lendemain
de se rendre.
La Cavalerie se sépara dans sa fuite en plusieurs
corps qui étant poursuivis par la Cavalerie
Espagnole , furent presque détruits . Le plus
considerable , après avoir perdu beaucoup de
monde , se refugia dans Bary où le Comte de
Monteinar ayant marché le 26 , le bloqua , et
obligea le Prince de Belmonte qui le commandoit
de se rendre.
Les Troupes Imperiales consistoient selon
l'état qu'on en a trouvé , en 6500 hommes d'Infanterie
, 1500 hommes de Cavalerie et 400
Hussarts , desquels 200 se sont sauvez dans les
Montagnes de la Calabre.
›
On a pris aux Ennemis 15 Drapeaux , 24
Etendarts , et deux paires de Timballes , leurs
Tentes , les vivres , les munitions de Gnerre et
la plus grande partie des équipages .
›
Les Espagnols n'ont pas eû un grand nombre
'de Soldats tuez ou blessez , mais ils y ont perdu
le Comte de Briard , et le Comte de Bonamour
, Capitaines au Regiment des Gardes Va.
lónnes , Don Louis de Porte Maréchal de
Camp , y a été blessé dangereusement. Il est
Capitaine des Grenadiers de ce Regiment , qui ,
ayant penetré le premier dans les retranchements
malgré la vigoureuse résistance des Ennemis , a
cû la plus grande part à cette victoire.
Le Détachement de Cavalerie que le Comte ,
de Montemar , après avoir forcé le Camp du
Comte Viscomti , avoit envoié à la poursuite
des Hussarts , qui dans le premier moment
de l'attaque avoient pris la fuite , n'a pû joindre
qu'au commencement de ce mois ceux qui
1. Vol.
HY s'é-
/
1222 MERCURE DE FRANCE
s'étoient sauvez dans la Calabre , et il les a entierement
défaits .
Le Comte de Viscomti qui s'étoit retiré à
Brindisi , s'y est embarqué dans une Felouque
avec une partie de ses Domestiques , mais on ne
sçait pas encore quelle route il a prise .
Le Roy a suprimé plusieurs Charges qui
avoient été accordées sous le précedent Gouvernement
, tant aux Napolitains , qu'à des Espagnols
, et dont les apointemens se montoient
par an à 900000 Ducats.
Le 27 May , il arriva dans ce Port sous
Pescorte de quatre Vaisserux de Guerre Espagnols
, plusieurs Bâtimens chargez d'une partie
des Troupes que le Roy d'Espagne envoye pour
renforcer celles qui sont dans le Royaume de
Naples , et l'on en attend incessamment de Livourne
quelques autres qui doivent apporter ici
des munitions de Guerre , et une somme considérable
d'argent.
Le Comte de Charny , Lieutenant General
du Royaume , a déja reçu au nom du Roy
T'hominage de la plus grande partie des Deputez
des Villes , et des Barons de cet Etat.
Sa Majesté a nommédes Commissaires pour
faire conjointement avec le Conseil Collateral
l'estimation des dommages que les Troupes Espagnoles
ont causez dans les lieux où elles ont
passé , et elle a fait expédier des ordres pour
qu'ils soient payez avec l'exactitude la plus ri
goureuse.
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Résumé : DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
Le 24 mai 1734, les troupes espagnoles, dirigées par le Comte de Montemar, ont attaqué et vaincu les forces impériales du Comte Viscomti à Bitonto, près de Bari. Les impériaux, constitués de 7 000 hommes d'infanterie, 2 000 de cavalerie et 400 hussards, avaient établi un camp fortifié. Montemar, à la tête de 6 000 hommes d'infanterie et de diverses unités de cavalerie et d'artillerie, a réussi à forcer les retranchements ennemis en trois heures. Les impériaux ont abandonné leurs tentes et équipements, laissant derrière eux 1 400 prisonniers, dont 1 200 réfugiés dans des couvents. La cavalerie impériale s'est dispersée. Après cette victoire, Montemar a bloqué et capturé des troupes impériales à Bari. Les pertes espagnoles incluent les Comtes de Briard et de Bonamour, ainsi que le Maréchal de Camp Don Louis de Porte, blessé. Les impériaux ont perdu 15 drapeaux, 24 étendards et deux paires de timbales. Le Comte Viscomti a fui à Brindisi. En réponse à cette victoire, le roi d'Espagne a envoyé des renforts et des munitions à Naples et a nommé des commissaires pour indemniser les dommages causés par les troupes espagnoles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7755
p. 1222-1223
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On a appris par une Lettre du Gouverneur de la Jamaïque, datée du 31. Mars dernier, [...]
Mots clefs :
Jamaïque, Nègres, Gouverneur, Maison, Armes, Révolte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Na appris par une Lettre du Gouverneur
de la Jamaïque , datée du 31. Mars dernier,
qu'un nombre considerable de Negres s'étoit ré
J
IVol. volié
JUIN 1734% 7223
•
volté ; qu'après avoir enlevé dans les Magasins et
dans les Vaisseaux qui étoient à la Rade , un
grande quantité d'armes et de munitions de guerre
, ils s'étoient retirez au Nord de l'Isle du côté
de Port Antonio , où ils avoient détruit la plupart
des Plantations et commis beaucoup d'autres
désordres , et qu'il y avoit peu d'habitations
d'où il ne s'échapât tous les jours plusieurs Negres.
Le Gouverneur ajoute qu'il avoit ordonné
tous les Habitans de prendre les armes et de
marcher contre les Rebelles ; mais qu'il avoit
lieu de craindre , s'il ne recevoit promptement:
du secours , de ne pouvoir appaiser la Révolte
dont les suites sont d'autant plus à redouter ,
qu'il y a dans cette Isle 80000. Negres , et qu'on
n'y compte qu'environ 9000. Blancs .
37
Le feu prit le 25. du mois dernier chez M Cantillon
, dont la maison fut entierement brûlée , et
qui périt lui - même dans les flâmes ; on a arrêté
deux hommes et une femme de ses domestiques
qu'on soupçonne d'avoir tué et volé leur Maître
et d'avoir mis ensuite le feu à sa Maison.
Na appris par une Lettre du Gouverneur
de la Jamaïque , datée du 31. Mars dernier,
qu'un nombre considerable de Negres s'étoit ré
J
IVol. volié
JUIN 1734% 7223
•
volté ; qu'après avoir enlevé dans les Magasins et
dans les Vaisseaux qui étoient à la Rade , un
grande quantité d'armes et de munitions de guerre
, ils s'étoient retirez au Nord de l'Isle du côté
de Port Antonio , où ils avoient détruit la plupart
des Plantations et commis beaucoup d'autres
désordres , et qu'il y avoit peu d'habitations
d'où il ne s'échapât tous les jours plusieurs Negres.
Le Gouverneur ajoute qu'il avoit ordonné
tous les Habitans de prendre les armes et de
marcher contre les Rebelles ; mais qu'il avoit
lieu de craindre , s'il ne recevoit promptement:
du secours , de ne pouvoir appaiser la Révolte
dont les suites sont d'autant plus à redouter ,
qu'il y a dans cette Isle 80000. Negres , et qu'on
n'y compte qu'environ 9000. Blancs .
37
Le feu prit le 25. du mois dernier chez M Cantillon
, dont la maison fut entierement brûlée , et
qui périt lui - même dans les flâmes ; on a arrêté
deux hommes et une femme de ses domestiques
qu'on soupçonne d'avoir tué et volé leur Maître
et d'avoir mis ensuite le feu à sa Maison.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En juin 1734, une lettre du gouverneur de la Jamaïque, datée du 31 mars, signale une révolte d'esclaves. Ces derniers ont dérobé des armes et des munitions dans les magasins et les vaisseaux, puis se sont réfugiés au nord de l'île, près de Port Antonio. Ils ont détruit plusieurs plantations et causé des troubles, tandis que de nombreux esclaves continuaient de fuir quotidiennement. Le gouverneur a ordonné aux habitants de s'armer contre les rebelles, mais il craint de ne pouvoir réprimer la révolte sans renforts. La situation est alarmante en raison du déséquilibre démographique : 80 000 esclaves contre environ 9 000 Blancs. Par ailleurs, le 25 du mois précédent, un incendie a détruit la maison de M. Cantillon, qui a péri dans les flammes. Trois domestiques ont été arrêtés, soupçonnés d'avoir tué et volé leur maître avant d'incendier la maison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7756
p. 1223-1224
ARMÉE D'ITALIE.
Début :
Les Troupes du Roy et celles du Roy de Sardaigne, occupoient encore à la fin du mois [...]
Mots clefs :
Roi, Troupes, Détachement, Lieutenant général, Comte, Marquis, Maréchal duc de Villars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE.
ARME'E D'ITALI E. #
Troupes du Roy et celles du Roy de Sar
Ldaigne , occupoient encore à la fin du mois
dernier , les differens postes dans lesquels elles
étoient distribuées ; une partie étoit campée sur
la gauche du Po depuis Casal Maggior_jusqu'à
P'Oglio , l'autre partie le long de cette Riviereet
le reste dans les retranchements formez à la
tête des Ponts de Sacca , pour assurer la communication
avec le Parmesan .
Le Marquis de Cadrieu , Lieutenant General,,
a été envoyé à Parme pour mettre cette Place en
I Vol. Hvi Sú
1224 MERCURE DE FRANCE
sûreté , et le Marquis d'Epinay , Maréchal de
Camp , à Plaisance , dans la même vuë.
Les Ennemis ont fait quelques mouvements
et ils ont remonté le Fo jusqu'à Torricella à la
hauteur de Borgoforte. Ils ont fait avancer en
même tems quelques Détachements à Luzara , et
jusques sur le Crostolo , mais il y a apparence
qu'ils n'ont eu pour objet que de donner de l'in
quiétude , et de pouvoir former avec plus de sûreté
un Camp retranché de l'autre côté de la Secchia
près de son embouchure.
Selon les Lettres du 30 May , ils ont fait avan
cer au- delà de la Lenza , un Corps de 14000
hommes qui est campé , la droite au Pont de
Sorbolo et la gauche à celui qui est vviiss--à-vis
du Village de Fressina . Ils ont un Détachement
de 6000 hommes à Guastalla , un autre Détachement
de 7 à 8000 à San Benedetto
surplus de leur Armée est dans le Seraglio .
› et le
J
Le Maréchal Duc de Villars étant obligé par
raport à sa santé de retourner en France , et en
ayant obtenu la permission du Roy , il partit
du Camp de Bozolo le 27 du mois dernier. Le
Marquis de Coigny , Lieutenant General , commande
les Troupes Françoises depuis le départ
du Maréchal de Villars.
Troupes du Roy et celles du Roy de Sar
Ldaigne , occupoient encore à la fin du mois
dernier , les differens postes dans lesquels elles
étoient distribuées ; une partie étoit campée sur
la gauche du Po depuis Casal Maggior_jusqu'à
P'Oglio , l'autre partie le long de cette Riviereet
le reste dans les retranchements formez à la
tête des Ponts de Sacca , pour assurer la communication
avec le Parmesan .
Le Marquis de Cadrieu , Lieutenant General,,
a été envoyé à Parme pour mettre cette Place en
I Vol. Hvi Sú
1224 MERCURE DE FRANCE
sûreté , et le Marquis d'Epinay , Maréchal de
Camp , à Plaisance , dans la même vuë.
Les Ennemis ont fait quelques mouvements
et ils ont remonté le Fo jusqu'à Torricella à la
hauteur de Borgoforte. Ils ont fait avancer en
même tems quelques Détachements à Luzara , et
jusques sur le Crostolo , mais il y a apparence
qu'ils n'ont eu pour objet que de donner de l'in
quiétude , et de pouvoir former avec plus de sûreté
un Camp retranché de l'autre côté de la Secchia
près de son embouchure.
Selon les Lettres du 30 May , ils ont fait avan
cer au- delà de la Lenza , un Corps de 14000
hommes qui est campé , la droite au Pont de
Sorbolo et la gauche à celui qui est vviiss--à-vis
du Village de Fressina . Ils ont un Détachement
de 6000 hommes à Guastalla , un autre Détachement
de 7 à 8000 à San Benedetto
surplus de leur Armée est dans le Seraglio .
› et le
J
Le Maréchal Duc de Villars étant obligé par
raport à sa santé de retourner en France , et en
ayant obtenu la permission du Roy , il partit
du Camp de Bozolo le 27 du mois dernier. Le
Marquis de Coigny , Lieutenant General , commande
les Troupes Françoises depuis le départ
du Maréchal de Villars.
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE.
À la fin du mois précédent, les troupes françaises et sardes occupaient des positions stratégiques le long du fleuve Po. Une partie des troupes était positionnée sur la rive gauche du Po, de Casal Maggiore à l'Oglio, une autre le long de l'Oglio, et le reste dans les retranchements près des ponts de Sacca. Le Marquis de Cadrieu et le Marquis d'Epinay ont été envoyés respectivement à Parme et Plaisance pour sécuriser ces villes. Les ennemis ont effectué des mouvements le long du fleuve Fo, avançant des détachements jusqu'à Luzara et sur le Crostolo, et ont formé un camp retranché près de l'embouchure de la Secchia. Selon des lettres du 30 mai, les ennemis avaient avancé 14 000 hommes au-delà de la Lenza, avec des détachements supplémentaires à Guastalla et San Benedetto. Le Maréchal Duc de Villars, pour des raisons de santé, a quitté le camp de Bozolo le 27 du mois précédent, laissant le commandement au Marquis de Coigny.
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7757
p. 1224-1229
ATTAQUES du Château et du Bourg de Colorno &c.
Début :
Les Ennemis voulant déguiser leur marche vers la Lenza, envoyérent le 25 du mois [...]
Mots clefs :
Ennemis, Attaque du château de Colorno, Colorno, Grenadiers, Détachement, Marquis de Maillebois, Hussards, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ATTAQUES du Château et du Bourg de Colorno &c.
ATTAQUES du Château et du Bourg
de Colorno & c.
L >
Es Ennemis voulant déguiser leur marche
vers la Lenza envoyérent le 25 du mois
passé un Détachement de 200 Dragons ou Hussarts
vers le Village de Colorno ; ce Détachement
ayant attaqué le Château , une Compagnie
de Grenadiers qui y étoit postée le défendit ,
IVol.
JUIN. 1734. 1225
et donna le tems au Marquis de Maillebois qui
commande le Camp de Sacca , d'arriver à Colorno
avec quatre Compagnies de Grenadiers ; it
mit en déroute le Détachement des Ennemis qui
ont eû dans cette occasion 15 Dragons ou Hussarts
de tuez ou de blessez .
Le lendemain le Marquis de Ligneville , General
Major des Troupes Imperiales , fut détaché
avec 800 Grenadiers et un pareil nombre
de Cuirassiers ou Hussarts, pour s'emparer de ce
poste que le Marquis de Maillebois avoit renforcé
de 400 hommes , et dans lequel il avoit laissé
le Marquis de Fimarcon , Colonel du Regimeut
de Bourbon ; l'avantgarde du Détachement des
Ennemis qui étoit de 100 hommés de Cavalerie
fut attaquée dans sa marche par un parti de 30
Dragons et de 30 Hussarts François , commandé
par M. Daniel , Capitaine de Hussarts . 11
chargea les Ennemis , les battit , fit 20 prisonniers
et il les poursuivit jusqu'à la tête de leur
Camp , mais y ayant trouvé tout le Détachement
il fut obligé de se retirer après avoir perdu
20 Dragons ou Hussarts , et conservé seulement
4 des prisonniers qu'il avoit faits.
Le Détachement des Ennemis s'avança à Colorno
, où il resta pendant plus de deux heures
autour du Village , et du Château sans pouvoir
y pénétrer.
Les Grenadiers qui étoient derriere les murs
des terrasses du Jardin firent deux décharges sur
les Cuirassiers dont il en est resté 12 sur la place,
indépendamment de ceux qui ont été blessez .
Le premier de ce mois , les Ennemis marcherent
avec 4000 hommes d'Infanterie
Cuirassiers ou Hussarts et 6 piéces de canon pour
attaquer ce poste.
I Vol.
2 1200
M.
12.6 MERCURE DE FRANCE
1
M. de Contade , fils du Lieutenant General
Colonel du Regiment de Flandres , qui étoit détaché
dans le Château avec M. Coninghan ,
Lieutenant Colonel du Regiment Dauphin Infanterie
, et 400 hommes , ayant apperçu les
Ennemis à l'extremité des allées qui aboutissent
au Jardin du Château , il en fit avertir le Marquis
de Maillebois , qui commandoit le Camp
de Sacca .
Les Ennemis marcherent au Château dans lequel
M. de Contade se défendit si bien , que
malgré trois décharges de leur artillerie ils fûrent
plus d'une heure sans pouvoir s'en approcher
, et y perdirent beaucoup de monde par le
grand feu qu'ils essuyerent.
Le Marquis de Maillebois qui sur le premier
avis de l'attaque du Château de Colorno , s'étoit
avancé avec io Compagnies de Grenadiers et de
Piquets de son Camp , jugeant que le Pont qui
pouvoit favoriser la retraite de M. de Contade
alloit être forcé , et ne se trouvant pas assez fort
pour engager une affaire , envoya dire à M. de
Contade de le venir joindre , ce qu'il fit avec un
très grand ordre , sans avoir eû un seul homme
de tué ni de blessé.
M. Darsy , Capitaine au Regiment de Picardie
, qui étoit du Détachement , resta avec 30
hommes dans une Tour du Château , il s'y défendit
encore depuis la retraite de M. de Contade
, et il fit sa capitulation .
Les Ennemis suivirent jusqu'à une portée de
mousquet du retranchement de Sacca , le Marquis
de Maillebois , qui n'eût que 10 Grenadiers
blessez , et qui se retira en si bon ordre , que les
Ennemis n'oserent l'attaquer.
Ils ont perdu dans cette occasion 4.0 hommes,
I Vol.
JUI N. 1734. 1227
ét 300 à l'attaque du Château de Colorno . On
dit que le Marquis de Ligneville et le Comte de
Tarno , Generaux Majors , y ont été tucz.
Le 3 , les Troupes du Roy et celles du Roy
de Sardaigne passerent le Po , et vinrent camper
entre Sacca et Colorno .
Le lendemain le Marquis de Maillebois à la
tête de 20 Compagnies de Grenadiers et de 20
Piquets , et ayant sous ses ordres M. d'Affry es
le Marquis de l'Isle , Maréchaux de Camp ,
M. Thomé Brigadier , le Duc de la Tremouille,
Colonel du Regiment de Champagne , et M. de
Souillac , Lieutenant Colonel du Regiment de
Picardie , s'avança à Colorno .
Ces Troupes entrerent par trois differents endroits
dans la partie de ce Bourg qui est en deçà
de la Parma , elles pénétrérent de maison en
maison , elles en chassérent les Ennemis , et elles
s'étendirent par la droite et par la gauche le long
de la chausse sur le bord de la Riviere , afin de
masquer le Pont de Colorno , et d'occuper plus.
sûrement le Pont de pierres qui est sur Lorno..
M. Thomé attaqua ce dernier Pont avec son
Détachement et il renversa les Ennemis , lesquels
en se retirant essayérent tout le feu des Grenadiers
qui étoit au centre avec le Marquis de Maillebois.
,
Ce fut dans ce moment que toute l'Infanterie
des Ennemis , qui s'étoit postée de l'autre côté
de la Riviere , commença son feu qui fut très
vif pendant trois heures tant des maisons et
jardins qui étoient de l'autre côté de la Riviere,
que des petits épaulements qu'ils avoient le long
de la chaussée , mais celui de nos Troupes qui
étoient dans les premiers étages des maisons étant
superieur , les Ennemis prirent le parti de se re-
I Vol Liren
*
1228 MERCURE DE FRANCE
tirer dans le Château et dans le Jardin qui étoit
sur la droite , d'où ils continuérent à tirer jusqu'à
la nuit.
Pendant ce tems - là le Marquis de Maillebois
fit établir deux Ponts sur Lorno à une très petite
distance du Château ; l'Infanterie et la Cavalerie
y passérent et allérent camper vis - à-vis
la Parma en s'étendant jusques vers Sant Andrea
et tirant vers Parme.
Les au matin , les Ennemis au nombre de
2000 hommes se présenterent hors de leurs retranchements
vis - à - vis les deux Ponts qui
étoient sur Lorno , et laissant toujours la Parma
entre deux , mais le feu continuel que l'on fit sur
eux les ayant forcé de se retirer , 10 Compagnies
de Grenadiers , et les Piquets d'Infanterie et de
Cavalerie se disposoient à passer la Parma audessus
de Colorno en remontant , lorsqu'on aprit
que les Ennemis abandonnoient Colorno.
·
Le Marquis de Pezé , Maréchal de Camp
fut détaché aussi - tôt avec M. de Valcourt
commandant une Brigade de Carabiniers
200 Grenadiers et 500 Chevaux pour suivre les
Ennemis dans leur retraite. Il ne put les joindre
et il raporta qu'il avoit vû leur derniere colonne
prendre le chemin de Sorbolo .
Le Roy de Sardaigne et le Marquis de Coigny
entrérent le soir dans Colorno , où les Ennemis
ont eû plus de 700 hommes de tuez .
Nous avons perdu en cette action 50
et il y en a eû 120 de blessez.
Soldats ,
Le Comte de Clermont, Colonel du Regiment
d'Auvergne , qui sans être commandé étoit allé
poster o hommes sur la Parma , y reçut un
coup de mousquet dont il est mort le 6. M. de
Montlaur , Lieutenant d'Artillerie , ayant voulu
I.Vol.
charJUIN.
1229 1734.
> charger une piéce de.. canon en fut brulé , et it
mourut deux heures après.
M. Thomé a été blessé à la jambe. M. de
Squillac au genouil , et le Duc de la Tremoüille
a cû une contusion à la cuisse : il y a eû quatre
Officiers de tuez et 15 de blessez , du nombre
desquels sont trois Officiers d'Artillerie.
On a apris en dernier lieu que les Ennemis
après avoir été forcez d'abandonner le Château
de Colorno , étoient restez en deçà de la Lenza
que le 13 de ce mois le Comte de Mercy avoit
passé cette Riviere avec toute son Infanterie
sur le Pont de Sorbolo , que le lendemain au
soir il avoit remonté la même Riviere , et qu'il
l'avoit repassé à Pontedi Lama pour joindre sa
Cavalerie à San Prospero , entre Parme et la
Lenza. Ces Lettres ajoutent que le Roy de Sardaigne
et le Marquis de Coigny , informez de
cette marche des Ennemis , avoient fait avancer
leurs Troupes , et qu'ils étoient allez camper le
17 , leur droite à un mille de Parme , et la gau
che à Sant Andrea.
de Colorno & c.
L >
Es Ennemis voulant déguiser leur marche
vers la Lenza envoyérent le 25 du mois
passé un Détachement de 200 Dragons ou Hussarts
vers le Village de Colorno ; ce Détachement
ayant attaqué le Château , une Compagnie
de Grenadiers qui y étoit postée le défendit ,
IVol.
JUIN. 1734. 1225
et donna le tems au Marquis de Maillebois qui
commande le Camp de Sacca , d'arriver à Colorno
avec quatre Compagnies de Grenadiers ; it
mit en déroute le Détachement des Ennemis qui
ont eû dans cette occasion 15 Dragons ou Hussarts
de tuez ou de blessez .
Le lendemain le Marquis de Ligneville , General
Major des Troupes Imperiales , fut détaché
avec 800 Grenadiers et un pareil nombre
de Cuirassiers ou Hussarts, pour s'emparer de ce
poste que le Marquis de Maillebois avoit renforcé
de 400 hommes , et dans lequel il avoit laissé
le Marquis de Fimarcon , Colonel du Regimeut
de Bourbon ; l'avantgarde du Détachement des
Ennemis qui étoit de 100 hommés de Cavalerie
fut attaquée dans sa marche par un parti de 30
Dragons et de 30 Hussarts François , commandé
par M. Daniel , Capitaine de Hussarts . 11
chargea les Ennemis , les battit , fit 20 prisonniers
et il les poursuivit jusqu'à la tête de leur
Camp , mais y ayant trouvé tout le Détachement
il fut obligé de se retirer après avoir perdu
20 Dragons ou Hussarts , et conservé seulement
4 des prisonniers qu'il avoit faits.
Le Détachement des Ennemis s'avança à Colorno
, où il resta pendant plus de deux heures
autour du Village , et du Château sans pouvoir
y pénétrer.
Les Grenadiers qui étoient derriere les murs
des terrasses du Jardin firent deux décharges sur
les Cuirassiers dont il en est resté 12 sur la place,
indépendamment de ceux qui ont été blessez .
Le premier de ce mois , les Ennemis marcherent
avec 4000 hommes d'Infanterie
Cuirassiers ou Hussarts et 6 piéces de canon pour
attaquer ce poste.
I Vol.
2 1200
M.
12.6 MERCURE DE FRANCE
1
M. de Contade , fils du Lieutenant General
Colonel du Regiment de Flandres , qui étoit détaché
dans le Château avec M. Coninghan ,
Lieutenant Colonel du Regiment Dauphin Infanterie
, et 400 hommes , ayant apperçu les
Ennemis à l'extremité des allées qui aboutissent
au Jardin du Château , il en fit avertir le Marquis
de Maillebois , qui commandoit le Camp
de Sacca .
Les Ennemis marcherent au Château dans lequel
M. de Contade se défendit si bien , que
malgré trois décharges de leur artillerie ils fûrent
plus d'une heure sans pouvoir s'en approcher
, et y perdirent beaucoup de monde par le
grand feu qu'ils essuyerent.
Le Marquis de Maillebois qui sur le premier
avis de l'attaque du Château de Colorno , s'étoit
avancé avec io Compagnies de Grenadiers et de
Piquets de son Camp , jugeant que le Pont qui
pouvoit favoriser la retraite de M. de Contade
alloit être forcé , et ne se trouvant pas assez fort
pour engager une affaire , envoya dire à M. de
Contade de le venir joindre , ce qu'il fit avec un
très grand ordre , sans avoir eû un seul homme
de tué ni de blessé.
M. Darsy , Capitaine au Regiment de Picardie
, qui étoit du Détachement , resta avec 30
hommes dans une Tour du Château , il s'y défendit
encore depuis la retraite de M. de Contade
, et il fit sa capitulation .
Les Ennemis suivirent jusqu'à une portée de
mousquet du retranchement de Sacca , le Marquis
de Maillebois , qui n'eût que 10 Grenadiers
blessez , et qui se retira en si bon ordre , que les
Ennemis n'oserent l'attaquer.
Ils ont perdu dans cette occasion 4.0 hommes,
I Vol.
JUI N. 1734. 1227
ét 300 à l'attaque du Château de Colorno . On
dit que le Marquis de Ligneville et le Comte de
Tarno , Generaux Majors , y ont été tucz.
Le 3 , les Troupes du Roy et celles du Roy
de Sardaigne passerent le Po , et vinrent camper
entre Sacca et Colorno .
Le lendemain le Marquis de Maillebois à la
tête de 20 Compagnies de Grenadiers et de 20
Piquets , et ayant sous ses ordres M. d'Affry es
le Marquis de l'Isle , Maréchaux de Camp ,
M. Thomé Brigadier , le Duc de la Tremouille,
Colonel du Regiment de Champagne , et M. de
Souillac , Lieutenant Colonel du Regiment de
Picardie , s'avança à Colorno .
Ces Troupes entrerent par trois differents endroits
dans la partie de ce Bourg qui est en deçà
de la Parma , elles pénétrérent de maison en
maison , elles en chassérent les Ennemis , et elles
s'étendirent par la droite et par la gauche le long
de la chausse sur le bord de la Riviere , afin de
masquer le Pont de Colorno , et d'occuper plus.
sûrement le Pont de pierres qui est sur Lorno..
M. Thomé attaqua ce dernier Pont avec son
Détachement et il renversa les Ennemis , lesquels
en se retirant essayérent tout le feu des Grenadiers
qui étoit au centre avec le Marquis de Maillebois.
,
Ce fut dans ce moment que toute l'Infanterie
des Ennemis , qui s'étoit postée de l'autre côté
de la Riviere , commença son feu qui fut très
vif pendant trois heures tant des maisons et
jardins qui étoient de l'autre côté de la Riviere,
que des petits épaulements qu'ils avoient le long
de la chaussée , mais celui de nos Troupes qui
étoient dans les premiers étages des maisons étant
superieur , les Ennemis prirent le parti de se re-
I Vol Liren
*
1228 MERCURE DE FRANCE
tirer dans le Château et dans le Jardin qui étoit
sur la droite , d'où ils continuérent à tirer jusqu'à
la nuit.
Pendant ce tems - là le Marquis de Maillebois
fit établir deux Ponts sur Lorno à une très petite
distance du Château ; l'Infanterie et la Cavalerie
y passérent et allérent camper vis - à-vis
la Parma en s'étendant jusques vers Sant Andrea
et tirant vers Parme.
Les au matin , les Ennemis au nombre de
2000 hommes se présenterent hors de leurs retranchements
vis - à - vis les deux Ponts qui
étoient sur Lorno , et laissant toujours la Parma
entre deux , mais le feu continuel que l'on fit sur
eux les ayant forcé de se retirer , 10 Compagnies
de Grenadiers , et les Piquets d'Infanterie et de
Cavalerie se disposoient à passer la Parma audessus
de Colorno en remontant , lorsqu'on aprit
que les Ennemis abandonnoient Colorno.
·
Le Marquis de Pezé , Maréchal de Camp
fut détaché aussi - tôt avec M. de Valcourt
commandant une Brigade de Carabiniers
200 Grenadiers et 500 Chevaux pour suivre les
Ennemis dans leur retraite. Il ne put les joindre
et il raporta qu'il avoit vû leur derniere colonne
prendre le chemin de Sorbolo .
Le Roy de Sardaigne et le Marquis de Coigny
entrérent le soir dans Colorno , où les Ennemis
ont eû plus de 700 hommes de tuez .
Nous avons perdu en cette action 50
et il y en a eû 120 de blessez.
Soldats ,
Le Comte de Clermont, Colonel du Regiment
d'Auvergne , qui sans être commandé étoit allé
poster o hommes sur la Parma , y reçut un
coup de mousquet dont il est mort le 6. M. de
Montlaur , Lieutenant d'Artillerie , ayant voulu
I.Vol.
charJUIN.
1229 1734.
> charger une piéce de.. canon en fut brulé , et it
mourut deux heures après.
M. Thomé a été blessé à la jambe. M. de
Squillac au genouil , et le Duc de la Tremoüille
a cû une contusion à la cuisse : il y a eû quatre
Officiers de tuez et 15 de blessez , du nombre
desquels sont trois Officiers d'Artillerie.
On a apris en dernier lieu que les Ennemis
après avoir été forcez d'abandonner le Château
de Colorno , étoient restez en deçà de la Lenza
que le 13 de ce mois le Comte de Mercy avoit
passé cette Riviere avec toute son Infanterie
sur le Pont de Sorbolo , que le lendemain au
soir il avoit remonté la même Riviere , et qu'il
l'avoit repassé à Pontedi Lama pour joindre sa
Cavalerie à San Prospero , entre Parme et la
Lenza. Ces Lettres ajoutent que le Roy de Sardaigne
et le Marquis de Coigny , informez de
cette marche des Ennemis , avoient fait avancer
leurs Troupes , et qu'ils étoient allez camper le
17 , leur droite à un mille de Parme , et la gau
che à Sant Andrea.
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Résumé : ATTAQUES du Château et du Bourg de Colorno &c.
En juin 1734, les forces ennemies tentèrent de progresser vers la Lenza en attaquant le village de Colorno. Le 26 juin, un détachement de 200 dragons ou hussards fut repoussé par les grenadiers du château, permettant au marquis de Maillebois d'arriver avec des renforts et de mettre en déroute les assaillants, qui subirent 15 pertes. Le lendemain, le marquis de Ligneville, à la tête de 1 600 hommes, attaqua le poste renforcé par Maillebois. Une avant-garde ennemie fut battue, mais le détachement ennemi se renforça et repoussa les Français. Le 1er juin, les ennemis attaquèrent le château de Colorno avec 4 000 hommes et six pièces de canon. M. de Contade, avec 400 hommes, résista vaillamment, repoussant les assauts ennemis pendant plus d'une heure. Maillebois, alerté, envoya des renforts et organisa une retraite ordonnée. Les ennemis poursuivirent Maillebois jusqu'au retranchement de Sacca, subissant de lourdes pertes. Le 3 juin, les troupes du roi et du roi de Sardaigne traversèrent le Pô et campèrent entre Sacca et Colorno. Le lendemain, Maillebois, à la tête de 20 compagnies de grenadiers et de piquets, reprit Colorno en chassant les ennemis de maison en maison. Les ennemis se retirèrent dans le château et continuèrent à tirer jusqu'à la nuit. Les Français établirent deux ponts sur la Lorno et campèrent près de la Parma. Le 5 juin, 2 000 ennemis furent repoussés par un feu continu. Les Français se préparèrent à traverser la Parma, apprenant ensuite que les ennemis abandonnaient Colorno. Le marquis de Pezé fut envoyé pour poursuivre les ennemis en retraite. Le roi de Sardaigne et le marquis de Coigny entrèrent à Colorno, où les ennemis perdirent plus de 700 hommes. Les Français subirent 50 morts et 120 blessés, incluant plusieurs officiers. Les ennemis se retirèrent au-delà de la Lenza, et le comte de Mercy tenta de rejoindre sa cavalerie à San Prospero. Les troupes du roi de Sardaigne et du marquis de Coigny avancèrent pour les contrer.
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7758
p. 1229-1230
ARMÉE D'ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall, [...]
Mots clefs :
Camp de Bruchsal, Maréchal duc de Berwick, Eppingen, Infanterie, Cavalerie, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ALLEMAGNE.
ARME'E D'ALLEMAGNE.
15
E Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté
depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall
, vint camper le à Kisloek , sans que
les Ennemis qui avoient à Epingen un Détachement
d'Infanterie et de Cavalerie , ayent osé inquiéter
l'arrieregarde de l'Armée.
Le Prince Eugene , qui ayant fait avancer quelques
Troupes vers Rottembourg le 12 , paroissoit
vouloir marcher de ce côté-là , est toujours
dans le Camp d'Hailbron .
Le Duc de Noailles , que le Maréchal de Ber-
IVol.
wick
1210 MERCURE DE FRANCE
•
wick avoit fait partir du Camp de Bruchsall le
16 avec le Marquis de Nangis , pour aller avec
1650 hommes d'infanterie , et 1200 de Cavalerie
, reconnoître le pays du côté de Guelzheim
et d'Epingen , rejoignit l'Armée à Bruchsall le
20.
M. de Quade , Lieutenant General , qui avoit
été chargé d'aller soumettre le Wirtemberg à
la contribution est revenu de Phortzeim à Graben
avec les Troupes qu'il coinmande , dont il
a laissé quelques Détachements à Dourlack et
dans d'autres postes.
Le Comte de Beileisle , qui étoit parti le 26
May,du Camp de Traërbach " avec 13 Bataillons
et 14scadrons , arriva à Spire le 26 du
même mois.
15
E Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté
depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall
, vint camper le à Kisloek , sans que
les Ennemis qui avoient à Epingen un Détachement
d'Infanterie et de Cavalerie , ayent osé inquiéter
l'arrieregarde de l'Armée.
Le Prince Eugene , qui ayant fait avancer quelques
Troupes vers Rottembourg le 12 , paroissoit
vouloir marcher de ce côté-là , est toujours
dans le Camp d'Hailbron .
Le Duc de Noailles , que le Maréchal de Ber-
IVol.
wick
1210 MERCURE DE FRANCE
•
wick avoit fait partir du Camp de Bruchsall le
16 avec le Marquis de Nangis , pour aller avec
1650 hommes d'infanterie , et 1200 de Cavalerie
, reconnoître le pays du côté de Guelzheim
et d'Epingen , rejoignit l'Armée à Bruchsall le
20.
M. de Quade , Lieutenant General , qui avoit
été chargé d'aller soumettre le Wirtemberg à
la contribution est revenu de Phortzeim à Graben
avec les Troupes qu'il coinmande , dont il
a laissé quelques Détachements à Dourlack et
dans d'autres postes.
Le Comte de Beileisle , qui étoit parti le 26
May,du Camp de Traërbach " avec 13 Bataillons
et 14scadrons , arriva à Spire le 26 du
même mois.
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Résumé : ARMÉE D'ALLEMAGNE.
En mai, des mouvements militaires significatifs eurent lieu en Allemagne. Le Maréchal Duc de Berwick, basé à Bruchsall depuis le 10 mai, se déplaça à Kisloek sans rencontrer d'opposition des ennemis stationnés à Epingen. Le Prince Eugène avança des troupes vers Rottembourg le 12 mai mais resta finalement au camp d'Hailbron. Le Duc de Noailles, envoyé par Berwick pour reconnaître la région autour de Guelzheim et Epingen, rejoignit l'armée à Bruchsall le 20 mai. Le Lieutenant Général de Quade, chargé de soumettre le Wurtemberg à la contribution, revint à Graben avec ses troupes, laissant des détachements à Dourlack et autres postes. Le Comte de Belleisle, parti le 26 mai de Traërbach avec 13 bataillons et 14 escadrons, arriva à Spire le même jour.
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7759
p. 1230-1236
SIEGE DE PHILISBOURG.
Début :
Le Marquis d'Asfeldt qui fut détaché le 23 du mois dernier du Camp de Bruchsall, avec [...]
Mots clefs :
Marquis d'Asfeld, Siège de Philisbourg, Tranchée, Lieutenant, Marquis, Bataillons, Nuit, Philisbourg, Redoute, Travailleurs, Maréchal de Berwick, Chemin couvert , Angle saillant, Ennemis, Brigadier, Ouvrage à corne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SIEGE DE PHILISBOURG.
SIEGE
72 1
DE PHILISBOURG.
Luvis
E Marquis d'Asfelde qui fur détaché le 23 du
mois dernier du Camp de Bruchsalt , aveci
32 Bataillons et 2 Regiments de Dragons , a in
vesti Philisbourg , et il a établi deux Ponts sur
le Rhin , l'un à Gnaudenheim, et l'autre à Oberhauzen
. Il fait travailler aux Lignes de circonvallation
et à tout ce qui doit préceder le Siége.
Le 224 au soir , le Chevalier de Marcieux
s'empara d'une redoute qui n'est qu'à cinq cens
toises de la Place ; dont les Lignes étant d'une
très grande étenduë n'ont pû être finies aussi
tôt qu'on l'avoit compté.
}
Le 27 May , on commença à débarquer et à
conduire au Camp l'artillerie et les munitions
de Guerre qui étoient arrivées de Strasbourg au
Pont du Haut- Rhin et on continua les jours ?
suivans les préparatifs nécessaires pour le
Siége.
Le
JUIN. 1724. 1221
Le 2 de ce mois , le Maréchal de Berwick
quitta le Camp de Kislock , il marcha avec
toute son Armée pour se rendre devant Philis
bonrg , et il fit entrer la plus grande partie de
P'Infanterie dans les Lignes où il y a 14 Brigades,
faisant 52 Bataillons.
Le Maréchal de Berwick a un corps de réser
ye de 29 Bataillons , et de 19 Escadrons.
L
Une partie de la Cavalerie est campée à la
droite , depuis le Haut Rhin jusqu'au ruisseau
de Saltz , et à la gauche , depuis le Bas - Rhin
jusqu'au même ruisseau .
Le reste de la Cavalerie a été partagé en deux
Corps ; le premier est sur le Spireback , sous
les ordres du Duc de Noailles , et le second
Graben , sous les ordres de M. de Quadr.
Le 3. de ce mois au soir , le Maréchal de Ber
wick fit ouvrir la tranchée devant la Place par
les quatre Bataillons du Regiment des Gardes
Françoises , sous les ordres du Marquis d'As
feldt , Lieutenant General , et du Marquis de
Gassion , Maréchal de Camp ; on y a employé
2400 travailleurs , et on n'a pas perdu un seul
homme , parce que les assiégez ne s'étant pas
apperçus de l'ouverture de la tranchée n'ont point
tiré , le 4 au matin on a perfectionné les tra
vaux , et élargi la tranchée.
Le Comte de Belleisle qui avoit été chargé de
l'attaque du Foit du Pont de Philisbourg , y fie.
ouvrir la tranchée le premier de ce mois , et les Troupes
du Roy , qui s'étoient
logées le 3 au
matin sur l'angle
saillant
du chemin
couvert
de
ce Fort , ayant reconnu
que les Ennemis
l'avoient abandonné
, y entrerent
; il n'y a cû que 4
Soldats
de tuez et 8 de blessez
à l'attaque
de ce poste qui sera très utile pour prendre
des revers
sur la Place.
1232 MERCURE DE FRANCE
->
Le 3 Juin , le Maréchal de Berwick étant
allé vers les 8 heures du soir avec le Comte
de Clermont , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes et le Comte d'Eu , reconnoître
l'endroit dans lequel on devoit former la premiere
attaque de Philisbourg , la tranchée y fut
ouverte le soir par le Marquis d'Asfeldt , et le
Marquis de Gassion avec les Bataillons des
Gardes Françoises et 2400 travailleurs .
Le 4 , la tranchée fut relevée par le Duc de
Noailles , Lieutenant General , et le Comte de
Laval Montmorency , Maréchal de Camp , avec
Je Regiment de Piémont , et ceux d'Ouroy et de
Haynaut , et 900 travailleurs .
On continua la parallele qui avoit été commencée
la veille , on ouvrit quelques boyaux
de communication avec la seconde parallele , et
on travailla à établir deux batteries de 5 pieces
de canon chacune sur le front de la grande
attaque vis- à - vis du Marais de Staremberg.
Le Prince de Tingry , Lieutenant General
et le Comte d'Aubigné . Maréchal de Camp ,
montérent la tranchée les avec les trois Bataillons
du Regiment de Navarre, les deux premiers
du Regiment d'Alsace , et 6 Compagnies de Grenadiers.
Pendant la nuit on perfectionna les paralleles
sur toute la longueur de la creste du rideau qui
fait face au corps de la Place , et on finit les
boyaux de communication entre les paralleles ,
lesquelles s'étendent par la droite jusqu'à la redoute
des Capucins , et par la ganche jusqu'au
Moulin brulé.
Le 6 , la tranchée fut relevée par le Marquis
de Guerchy , Lieutenant General , et par le Marquis
de Balincourt , Maréchal de Camp avec
,
I Vol. trois
JUIN 1233
UI N.. 1734.
trois Bataillons du Regiment de Normandie ,le
troisiéme de celui d'Alsace , le Regiment de
Xaintonge , et 300 travailleurs .
On forma pendant la même nuit une nou
velle attaque avec 1200 travailleurs , soutenus
par trois Bataillons du Regiment de la Marine,
et on ouvrit une paralleie dont la droite fut
portée jusqu'au Rhin , et la gauche à la chaussée
des Capucins , et on poussa les tranchées en face
de l'avant fossé de l'ouvrage à corne ; on fit près
de 1500 toises d'ouvrage sans que les Ennemis
ayent fait un feu capable d'interrompre ces trayaux
.
Les deux batteries qui avoient été établies sur
le front de la grande attaque , et deux autres de
10 piéces de canon et de six mortiers qui avoient
été mises dans le Fort du Pont de Philisbourg ,
ont commencé à tirer le 7 au matin .
>
Le même jour , le Marquis de Dreux , Lieu
tenant General , et le Duc de Bethune , Maréchal
de Camp montérent la tranchée avec les
3 Bataillons du Regiment Royal des Vaisseaux,
2 Bataillons de celui de Bourbonnois , et les
Regiments de Languedoc et d'Angoumois,
Les Ennemis au nombre de 100 , étant sortis
d'une redoute qui étoit sur l'avant fossé , furent
repoussez par deux Compagnies de Grenadiers.
du Regiment de Bourbonnois qui s'emparérent
de la redoute ; on leur a fait 10 prisonniers , du
nombre desquels est un Lieutenant , ils ont eût
6 Soldats de tuez , et le reste s'est sauvé par le
Marais , ou plusieurs ont péri . Nous avons perdu
dans cette action un Officier du Regiment
de Balkley , et 2 Grenadiers du Regiment de
Bourbonnois.
Le Prince d'Isenghien , Lieutenant General ,
LVol. le
1234 MERCURE DE FRANCE
}
le Marquis de Clermont , Maréchal de Camp ,
et M. Darros , Brigadier , montérent la tranchée
le 10 de ce mois avec les Regiments de
Pons , du Perche , de Mortemar , de Soissonnois
, de Lenck er de Santerre.
›
On continua pendant la nuit à la droite de
Pattaque du Bas- Rhin , les travaux commencez
la veille pour faire écouler les eaux du Marais
qui couvre l'ouvrage à corne , et ils furent perfectionnez
avec tant de succès , qu'il ne resta
dans le Marais qu'un demi pied d'eau sur un
espace de quatre à cinq pieds. On acheva dans
la même nuit la parallele qui s'étend le long
du Marais.
Le 11 la Tranchée fut relevée par le Duc de
Duras , Lieutenant General , le Chevalier de Rocozel
, Marechal de Camp , le Comte de Berenger
, Brigadier , avec le Regiment Royal , ceux
d'Artois , de Nice , de Beauce et de Conti , et 8 .
Compagnies de Grenadiers. Le Prince de Conti
monta la Tranchée à la tête de son Regiment.
On fit avancer une Compagnie de Grenadiers du
Regiment de Richelieu , pour reconnoître une
redoute qui est sur le bord du Rhin , d'où les Ennemis
firent un grand feu. M. de Gasque , Capitaine
de cette Compagnie , fu blessé , ainsi
que sept Grenadiers , et il y en eut deux de tués.
vers les sept heures du matin , le Ma-
Le 12.
rechal
de Bervick
> accompagné
de Milord
Edouard
son Fils , de Mi ord Clare , et de plusieurs
Officiers
, alla visiter
les travaux
de la
Tranchée
, il voulut
juger par lui -même de l'état
d'une Sap qui avoit été com nencée
dans la nuit,
et s'étant
trop exposé
, malgré
les representations
que son intrepidité
l'empêcha
d'écouter
, il fut
tué d'un coup de Canon
; le Duc de Duras
qui
I. Vol. étoit
JU.IN. 1734. 1235
étoit à côté du Marechal de Berwick , fut blessé
en même tems par un piquet d'un gabion que le
boulet avoit peicé.
>
Le même jour 12 le Prince de Robec , Lieutenant
General , le Comte de Montboissier, Marechal
de Camp et le Marquis a'Harbouville
Brigadier , releverent la Tranchée avec les Regimens
de Lyonnois , de Routigue , de la Marex,
de Vivarois et d'Agenois , et six Compagnies de
Grenadiers. Malgié le feu des Ennemis qui fut
très- considerable jusqu'à neuf heures du soir
on avança beaucoup les travaux de l'attaque du
Bas Rhin . M. de Vivier , Capitaine des Grenadiers
dans le Regiment de Lyonnois , le Lieutenant
de la méme Compagnie , et six Soldats ,
furent tués pendant la nuit . M. du Vivier , Ingenieur
y fut bl‹ ssé .
3
Le Prince de Carignan , Lieutenant General ,
Je Baron d'Eltz , Marechal de Camp, et le Comte
de Roucy, Brigadier , monterent la Tranchée le
13. avec les Regimens de Gondrin , de Bourgo
gne , de Toulouze , de Ponthieu et de Berwick ,
et le même nombre de Grenadiers que le jour
precedent. On y poussa les travaux jusqu'à six
toises de l'angle saillant de l'avant chemin couvert
de l'Ouvrage à Corne , et il n'y cut que
deux homn.es de tués et deux de blessés .
Le 14, le Marquis de Leuville , Lieutenant General
, M. de Terlaye , Marechal de Camp , le
Chevalier de S. Valier , Brigadier , monterent
la Tranchée avec les Regimens de Touraine
Royal la Marine , de Guyenne , de la Valiere , de
Bulkeley , le premier Bataillon de Royal Bavicte
, et huit Compagnies de Grenadiers .
On travailla à embrasser l'angle saillant de l'avant
chemin couvert , et à former une nouvellë
A. Vol.
paral1236
MERCURE DE FRANCE
parallele depuis cette sape jusqu'à celle qui debouche
au - delà de l'ancienne flaque d'eau par la
chaussée du redant gazonné. t
Le 15. la Tranchée ayant été relevée par le
Comte de Belleifle , Lieutenant General , le Comte
de Polastron , Marechal de Camp , et M. de
Princé, Brigadier, avec les Regimens de Noailles,
de Vermandois , de torraine , de Montmorency,
des Landes , et le second Bataillon du Regiment
de Baviere , et six Compagnies de Grenadiers ,
on s'est logé à la gauche de Pattaque du Bas
Rhin , sur la creste du chemin couvert de l'angle
saillant de l'Ouvrage à Corne , et à la droite
de la même attaque , on a fait un logement sur
l'avant chemin couvert , et on a achevé une parallele
qui établit la communication entre ces
deux logemens. Il y a eu pendant eette nuit 45.
Grenadiers tués ou blessés ; M. de Breval , Ingenieur
, deux autres Ingenieurs , et M. de Langle
, Capitaine dans le Regiment de Xaintonge,
ont été blessés .
Le Marquis de Flavacourt , Lieutenant Gene
ral M. d'Herouville , Marechal de Camp , et
M. de la Ravoye , Brigadier , monterent le 16.
la Trancheé .
Les Regimens de Limozin , de Boulonoîs , et
de Hainaut furent commandés pour l'attaque de
Bas Rhin , et les Regimens de Saxe et de Routh
le furent pour la premiere attaque en face du
Marais de Staremberg ; M. du Bourg , Capitai
ne de Grenadiers dans le Regiment de Linozin,
fut tué d'un coup de Canon .
Le Corps de Troupes composé de 29.Bataillons
et de 21. Escadrons , que le Marechal de Berwick
n'avoit point fait entrer dans les Lignes ,
ests toujours campé à Rhinausen.
72 1
DE PHILISBOURG.
Luvis
E Marquis d'Asfelde qui fur détaché le 23 du
mois dernier du Camp de Bruchsalt , aveci
32 Bataillons et 2 Regiments de Dragons , a in
vesti Philisbourg , et il a établi deux Ponts sur
le Rhin , l'un à Gnaudenheim, et l'autre à Oberhauzen
. Il fait travailler aux Lignes de circonvallation
et à tout ce qui doit préceder le Siége.
Le 224 au soir , le Chevalier de Marcieux
s'empara d'une redoute qui n'est qu'à cinq cens
toises de la Place ; dont les Lignes étant d'une
très grande étenduë n'ont pû être finies aussi
tôt qu'on l'avoit compté.
}
Le 27 May , on commença à débarquer et à
conduire au Camp l'artillerie et les munitions
de Guerre qui étoient arrivées de Strasbourg au
Pont du Haut- Rhin et on continua les jours ?
suivans les préparatifs nécessaires pour le
Siége.
Le
JUIN. 1724. 1221
Le 2 de ce mois , le Maréchal de Berwick
quitta le Camp de Kislock , il marcha avec
toute son Armée pour se rendre devant Philis
bonrg , et il fit entrer la plus grande partie de
P'Infanterie dans les Lignes où il y a 14 Brigades,
faisant 52 Bataillons.
Le Maréchal de Berwick a un corps de réser
ye de 29 Bataillons , et de 19 Escadrons.
L
Une partie de la Cavalerie est campée à la
droite , depuis le Haut Rhin jusqu'au ruisseau
de Saltz , et à la gauche , depuis le Bas - Rhin
jusqu'au même ruisseau .
Le reste de la Cavalerie a été partagé en deux
Corps ; le premier est sur le Spireback , sous
les ordres du Duc de Noailles , et le second
Graben , sous les ordres de M. de Quadr.
Le 3. de ce mois au soir , le Maréchal de Ber
wick fit ouvrir la tranchée devant la Place par
les quatre Bataillons du Regiment des Gardes
Françoises , sous les ordres du Marquis d'As
feldt , Lieutenant General , et du Marquis de
Gassion , Maréchal de Camp ; on y a employé
2400 travailleurs , et on n'a pas perdu un seul
homme , parce que les assiégez ne s'étant pas
apperçus de l'ouverture de la tranchée n'ont point
tiré , le 4 au matin on a perfectionné les tra
vaux , et élargi la tranchée.
Le Comte de Belleisle qui avoit été chargé de
l'attaque du Foit du Pont de Philisbourg , y fie.
ouvrir la tranchée le premier de ce mois , et les Troupes
du Roy , qui s'étoient
logées le 3 au
matin sur l'angle
saillant
du chemin
couvert
de
ce Fort , ayant reconnu
que les Ennemis
l'avoient abandonné
, y entrerent
; il n'y a cû que 4
Soldats
de tuez et 8 de blessez
à l'attaque
de ce poste qui sera très utile pour prendre
des revers
sur la Place.
1232 MERCURE DE FRANCE
->
Le 3 Juin , le Maréchal de Berwick étant
allé vers les 8 heures du soir avec le Comte
de Clermont , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes et le Comte d'Eu , reconnoître
l'endroit dans lequel on devoit former la premiere
attaque de Philisbourg , la tranchée y fut
ouverte le soir par le Marquis d'Asfeldt , et le
Marquis de Gassion avec les Bataillons des
Gardes Françoises et 2400 travailleurs .
Le 4 , la tranchée fut relevée par le Duc de
Noailles , Lieutenant General , et le Comte de
Laval Montmorency , Maréchal de Camp , avec
Je Regiment de Piémont , et ceux d'Ouroy et de
Haynaut , et 900 travailleurs .
On continua la parallele qui avoit été commencée
la veille , on ouvrit quelques boyaux
de communication avec la seconde parallele , et
on travailla à établir deux batteries de 5 pieces
de canon chacune sur le front de la grande
attaque vis- à - vis du Marais de Staremberg.
Le Prince de Tingry , Lieutenant General
et le Comte d'Aubigné . Maréchal de Camp ,
montérent la tranchée les avec les trois Bataillons
du Regiment de Navarre, les deux premiers
du Regiment d'Alsace , et 6 Compagnies de Grenadiers.
Pendant la nuit on perfectionna les paralleles
sur toute la longueur de la creste du rideau qui
fait face au corps de la Place , et on finit les
boyaux de communication entre les paralleles ,
lesquelles s'étendent par la droite jusqu'à la redoute
des Capucins , et par la ganche jusqu'au
Moulin brulé.
Le 6 , la tranchée fut relevée par le Marquis
de Guerchy , Lieutenant General , et par le Marquis
de Balincourt , Maréchal de Camp avec
,
I Vol. trois
JUIN 1233
UI N.. 1734.
trois Bataillons du Regiment de Normandie ,le
troisiéme de celui d'Alsace , le Regiment de
Xaintonge , et 300 travailleurs .
On forma pendant la même nuit une nou
velle attaque avec 1200 travailleurs , soutenus
par trois Bataillons du Regiment de la Marine,
et on ouvrit une paralleie dont la droite fut
portée jusqu'au Rhin , et la gauche à la chaussée
des Capucins , et on poussa les tranchées en face
de l'avant fossé de l'ouvrage à corne ; on fit près
de 1500 toises d'ouvrage sans que les Ennemis
ayent fait un feu capable d'interrompre ces trayaux
.
Les deux batteries qui avoient été établies sur
le front de la grande attaque , et deux autres de
10 piéces de canon et de six mortiers qui avoient
été mises dans le Fort du Pont de Philisbourg ,
ont commencé à tirer le 7 au matin .
>
Le même jour , le Marquis de Dreux , Lieu
tenant General , et le Duc de Bethune , Maréchal
de Camp montérent la tranchée avec les
3 Bataillons du Regiment Royal des Vaisseaux,
2 Bataillons de celui de Bourbonnois , et les
Regiments de Languedoc et d'Angoumois,
Les Ennemis au nombre de 100 , étant sortis
d'une redoute qui étoit sur l'avant fossé , furent
repoussez par deux Compagnies de Grenadiers.
du Regiment de Bourbonnois qui s'emparérent
de la redoute ; on leur a fait 10 prisonniers , du
nombre desquels est un Lieutenant , ils ont eût
6 Soldats de tuez , et le reste s'est sauvé par le
Marais , ou plusieurs ont péri . Nous avons perdu
dans cette action un Officier du Regiment
de Balkley , et 2 Grenadiers du Regiment de
Bourbonnois.
Le Prince d'Isenghien , Lieutenant General ,
LVol. le
1234 MERCURE DE FRANCE
}
le Marquis de Clermont , Maréchal de Camp ,
et M. Darros , Brigadier , montérent la tranchée
le 10 de ce mois avec les Regiments de
Pons , du Perche , de Mortemar , de Soissonnois
, de Lenck er de Santerre.
›
On continua pendant la nuit à la droite de
Pattaque du Bas- Rhin , les travaux commencez
la veille pour faire écouler les eaux du Marais
qui couvre l'ouvrage à corne , et ils furent perfectionnez
avec tant de succès , qu'il ne resta
dans le Marais qu'un demi pied d'eau sur un
espace de quatre à cinq pieds. On acheva dans
la même nuit la parallele qui s'étend le long
du Marais.
Le 11 la Tranchée fut relevée par le Duc de
Duras , Lieutenant General , le Chevalier de Rocozel
, Marechal de Camp , le Comte de Berenger
, Brigadier , avec le Regiment Royal , ceux
d'Artois , de Nice , de Beauce et de Conti , et 8 .
Compagnies de Grenadiers. Le Prince de Conti
monta la Tranchée à la tête de son Regiment.
On fit avancer une Compagnie de Grenadiers du
Regiment de Richelieu , pour reconnoître une
redoute qui est sur le bord du Rhin , d'où les Ennemis
firent un grand feu. M. de Gasque , Capitaine
de cette Compagnie , fu blessé , ainsi
que sept Grenadiers , et il y en eut deux de tués.
vers les sept heures du matin , le Ma-
Le 12.
rechal
de Bervick
> accompagné
de Milord
Edouard
son Fils , de Mi ord Clare , et de plusieurs
Officiers
, alla visiter
les travaux
de la
Tranchée
, il voulut
juger par lui -même de l'état
d'une Sap qui avoit été com nencée
dans la nuit,
et s'étant
trop exposé
, malgré
les representations
que son intrepidité
l'empêcha
d'écouter
, il fut
tué d'un coup de Canon
; le Duc de Duras
qui
I. Vol. étoit
JU.IN. 1734. 1235
étoit à côté du Marechal de Berwick , fut blessé
en même tems par un piquet d'un gabion que le
boulet avoit peicé.
>
Le même jour 12 le Prince de Robec , Lieutenant
General , le Comte de Montboissier, Marechal
de Camp et le Marquis a'Harbouville
Brigadier , releverent la Tranchée avec les Regimens
de Lyonnois , de Routigue , de la Marex,
de Vivarois et d'Agenois , et six Compagnies de
Grenadiers. Malgié le feu des Ennemis qui fut
très- considerable jusqu'à neuf heures du soir
on avança beaucoup les travaux de l'attaque du
Bas Rhin . M. de Vivier , Capitaine des Grenadiers
dans le Regiment de Lyonnois , le Lieutenant
de la méme Compagnie , et six Soldats ,
furent tués pendant la nuit . M. du Vivier , Ingenieur
y fut bl‹ ssé .
3
Le Prince de Carignan , Lieutenant General ,
Je Baron d'Eltz , Marechal de Camp, et le Comte
de Roucy, Brigadier , monterent la Tranchée le
13. avec les Regimens de Gondrin , de Bourgo
gne , de Toulouze , de Ponthieu et de Berwick ,
et le même nombre de Grenadiers que le jour
precedent. On y poussa les travaux jusqu'à six
toises de l'angle saillant de l'avant chemin couvert
de l'Ouvrage à Corne , et il n'y cut que
deux homn.es de tués et deux de blessés .
Le 14, le Marquis de Leuville , Lieutenant General
, M. de Terlaye , Marechal de Camp , le
Chevalier de S. Valier , Brigadier , monterent
la Tranchée avec les Regimens de Touraine
Royal la Marine , de Guyenne , de la Valiere , de
Bulkeley , le premier Bataillon de Royal Bavicte
, et huit Compagnies de Grenadiers .
On travailla à embrasser l'angle saillant de l'avant
chemin couvert , et à former une nouvellë
A. Vol.
paral1236
MERCURE DE FRANCE
parallele depuis cette sape jusqu'à celle qui debouche
au - delà de l'ancienne flaque d'eau par la
chaussée du redant gazonné. t
Le 15. la Tranchée ayant été relevée par le
Comte de Belleifle , Lieutenant General , le Comte
de Polastron , Marechal de Camp , et M. de
Princé, Brigadier, avec les Regimens de Noailles,
de Vermandois , de torraine , de Montmorency,
des Landes , et le second Bataillon du Regiment
de Baviere , et six Compagnies de Grenadiers ,
on s'est logé à la gauche de Pattaque du Bas
Rhin , sur la creste du chemin couvert de l'angle
saillant de l'Ouvrage à Corne , et à la droite
de la même attaque , on a fait un logement sur
l'avant chemin couvert , et on a achevé une parallele
qui établit la communication entre ces
deux logemens. Il y a eu pendant eette nuit 45.
Grenadiers tués ou blessés ; M. de Breval , Ingenieur
, deux autres Ingenieurs , et M. de Langle
, Capitaine dans le Regiment de Xaintonge,
ont été blessés .
Le Marquis de Flavacourt , Lieutenant Gene
ral M. d'Herouville , Marechal de Camp , et
M. de la Ravoye , Brigadier , monterent le 16.
la Trancheé .
Les Regimens de Limozin , de Boulonoîs , et
de Hainaut furent commandés pour l'attaque de
Bas Rhin , et les Regimens de Saxe et de Routh
le furent pour la premiere attaque en face du
Marais de Staremberg ; M. du Bourg , Capitai
ne de Grenadiers dans le Regiment de Linozin,
fut tué d'un coup de Canon .
Le Corps de Troupes composé de 29.Bataillons
et de 21. Escadrons , que le Marechal de Berwick
n'avoit point fait entrer dans les Lignes ,
ests toujours campé à Rhinausen.
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Résumé : SIEGE DE PHILISBOURG.
Le texte relate le siège de Philisbourg en 1724. Le 23 du mois précédent, le Marquis d'Asfeldt, à la tête de 32 bataillons et 2 régiments de dragons, a encerclé Philisbourg et établi deux ponts sur le Rhin. Le 22 mai, le Chevalier de Marcieux a capturé une redoute proche de la ville. Le 27 mai, l'artillerie et les munitions, arrivées de Strasbourg, ont été débarquées et préparées pour le siège. Le 2 juin, le Maréchal de Berwick a rejoint les forces assiégeantes avec une armée composée de 52 bataillons et 19 escadrons de cavalerie. Le 3 juin, les Gardes Françaises, sous les ordres du Marquis d'Asfeldt et du Marquis de Gassion, ont ouvert une tranchée devant la place. Le 4 juin, les travaux ont été perfectionnés et élargis. Le Comte de Belleisle a attaqué et pris le fort du Pont de Philisbourg avec peu de pertes. Du 3 au 16 juin, diverses unités ont relevé la tranchée, perfectionné les parallèles et établi des batteries. Le 7 juin, les batteries ont commencé à tirer. Le 12 juin, le Maréchal de Berwick a été tué par un coup de canon. Malgré cette perte et les attaques ennemies, les travaux ont continué, permettant des avancées significatives sur les positions ennemies.
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7760
p. 1237-1239
Cordons Bleus nommez, [titre d'après la table]
Début :
Le 11. de ce mois, veille de la fête de la Pentecôte, le Roi revêtu du Grand [...]
Mots clefs :
Roi, Ordre du Saint-Esprit, Pentecôte, Rosset de Rocozel, Cordons bleus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cordons Bleus nommez, [titre d'après la table]
E 12. de ce mois , veille de la fête de
la Pentecôte , le Roi revêtu du Grand
Collier de l'Ordre du Saint - Esprit, se rendit
dans la Chapelle du Château , où
5. M. communia par les mains de l'Abbé
dé Suze , Aumônier du Roi en quartier .
Le Roi toucha ensuite un grand nombre
de malades .
L'après midi , Leurs Majestés assisterent
aux premieres Vêpres qui furent
chantées par la Musique , et ausquelles
' Archevêque de Narbonne , Prelat Commandeur
de l'Ordre du Saint- Esprit , officia
pontificalement .
Le 13. jour de la Pentecôte , fut tenu à
Versailles dans le Cabinet du Roi un
Chapitre de l'Ordre du Saint- Esprit ,
dans lequel furent proposés pour être reçus
Chevaliers de cet Ordre ,
Charles Louis - Auguste Fouquet , appellé
le Comte de Belleifle , Comte de
Gisors , Andely , Vernon , Lihous , & c.
qui fut fait en 1705. Mestre de Camp
I. Vol.
' 1 d'un
1238 MERCURE DE FRANCE
12.
d'un Regiment de Dragons , ci - devant
d'Estrades , à la tête duquel il se trouva
à l'attaque des Lignes de Turin , le 7 Sep
tembre 1706. Brigadier le 14 Novembre
1708. Mestre General des Dragons le 5 .
Juillet 1709, Maréchal de Camp le 8.
Mars 1718. Gouverneur de Huningue
le 31. Mars 1719. Commandant en chef
dans les trois Evêchés de Metz , Toul et
Verdun , Lieutenant General des Armées
du Roi , le 23. Decembre 1731. et Gou
verneur de la Ville et Citadelle de Metz
et du Pays Messin , au mois de Mars
1733. Il a été chargé au commencement
de la Campagne de faire le Siege du Châ
teau de Traërbach , qu'il a pris après 7 .
jours de Tranchée ouverte. Il est Fils de
Louis Fouquet , Marquis de Belleifle
Baron de Villars , Seigneur de Pomay , et
de feuë Dame Catherine Agnés de Levi,
Charlus , morte le 12. Juin 1729. et pe
tit- fils de Nicolas Fouquet , Vicomte de
Vaux et de Melun , Marquis de Belleisle,
Procureur General au Parlement de Paris,
et Surintendant des Finances.
Et Jean Hercules de Rosset de Rocozel
de Ceilles , Marquis de Perignan
Gouverneur premierement de Lodéve
puis de Sommieres au mois d'Avril 1729.
et ensuite d'Aiguesmortes au mois de Sep-
1. Vol
tembre
JUIN. 1734. 1279
tembre de la même année. Il est fils de
feu Bernardin de Rosset de Rocozel , Seigneur
de Ceilles , de Rocozel , de Bouloc
et de la Vernede , et de feuë D. Marie de
Fleury , Soeur d'André Hercules de Fleury
, Cardinal , ancien Evêque de Frejus ,
Ministre d'Etat , Grand- Aumônier de la
Reine , & c.
la Pentecôte , le Roi revêtu du Grand
Collier de l'Ordre du Saint - Esprit, se rendit
dans la Chapelle du Château , où
5. M. communia par les mains de l'Abbé
dé Suze , Aumônier du Roi en quartier .
Le Roi toucha ensuite un grand nombre
de malades .
L'après midi , Leurs Majestés assisterent
aux premieres Vêpres qui furent
chantées par la Musique , et ausquelles
' Archevêque de Narbonne , Prelat Commandeur
de l'Ordre du Saint- Esprit , officia
pontificalement .
Le 13. jour de la Pentecôte , fut tenu à
Versailles dans le Cabinet du Roi un
Chapitre de l'Ordre du Saint- Esprit ,
dans lequel furent proposés pour être reçus
Chevaliers de cet Ordre ,
Charles Louis - Auguste Fouquet , appellé
le Comte de Belleifle , Comte de
Gisors , Andely , Vernon , Lihous , & c.
qui fut fait en 1705. Mestre de Camp
I. Vol.
' 1 d'un
1238 MERCURE DE FRANCE
12.
d'un Regiment de Dragons , ci - devant
d'Estrades , à la tête duquel il se trouva
à l'attaque des Lignes de Turin , le 7 Sep
tembre 1706. Brigadier le 14 Novembre
1708. Mestre General des Dragons le 5 .
Juillet 1709, Maréchal de Camp le 8.
Mars 1718. Gouverneur de Huningue
le 31. Mars 1719. Commandant en chef
dans les trois Evêchés de Metz , Toul et
Verdun , Lieutenant General des Armées
du Roi , le 23. Decembre 1731. et Gou
verneur de la Ville et Citadelle de Metz
et du Pays Messin , au mois de Mars
1733. Il a été chargé au commencement
de la Campagne de faire le Siege du Châ
teau de Traërbach , qu'il a pris après 7 .
jours de Tranchée ouverte. Il est Fils de
Louis Fouquet , Marquis de Belleifle
Baron de Villars , Seigneur de Pomay , et
de feuë Dame Catherine Agnés de Levi,
Charlus , morte le 12. Juin 1729. et pe
tit- fils de Nicolas Fouquet , Vicomte de
Vaux et de Melun , Marquis de Belleisle,
Procureur General au Parlement de Paris,
et Surintendant des Finances.
Et Jean Hercules de Rosset de Rocozel
de Ceilles , Marquis de Perignan
Gouverneur premierement de Lodéve
puis de Sommieres au mois d'Avril 1729.
et ensuite d'Aiguesmortes au mois de Sep-
1. Vol
tembre
JUIN. 1734. 1279
tembre de la même année. Il est fils de
feu Bernardin de Rosset de Rocozel , Seigneur
de Ceilles , de Rocozel , de Bouloc
et de la Vernede , et de feuë D. Marie de
Fleury , Soeur d'André Hercules de Fleury
, Cardinal , ancien Evêque de Frejus ,
Ministre d'Etat , Grand- Aumônier de la
Reine , & c.
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Résumé : Cordons Bleus nommez, [titre d'après la table]
Le 12 juin, veille de la Pentecôte, le Roi, portant le Grand Collier de l'Ordre du Saint-Esprit, communia avec l'Abbé de Suze dans la Chapelle du Château et toucha un grand nombre de malades. L'après-midi, Leurs Majestés assistèrent aux premières Vêpres, officiées par l'Archevêque de Narbonne. Le 13 juin, jour de la Pentecôte, un Chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit se tint à Versailles. Charles Louis-Auguste Fouquet, Comte de Belleisle, fut proposé pour être Chevalier de cet Ordre. Il avait été Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons, s'était distingué lors de l'attaque des Lignes de Turin en 1706, et était devenu Lieutenant Général des Armées du Roi en 1731. Il était fils de Louis Fouquet, Marquis de Belleisle, et petit-fils de Nicolas Fouquet, Surintendant des Finances. Jean Hercules de Rosset de Rocozel de Ceilles, Marquis de Perignan, fut également proposé. Il avait été Gouverneur de Lodève, Sommières et Aiguesmortes, et était fils de Bernardin de Rosset de Rocozel et de Marie de Fleury, sœur du Cardinal André Hercules de Fleury.
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7761
p. 1239-1240
« Le Comte de Sennectere, qui a été nommé au mois dernier Ambassadeur du [...] »
Début :
Le Comte de Sennectere, qui a été nommé au mois dernier Ambassadeur du [...]
Mots clefs :
Maréchal de camp, Comte de Saint-Nectaire, Marquis de Vaugrenant, Marquis de Clermont-Tonnerre, Baron de Lordat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Comte de Sennectere, qui a été nommé au mois dernier Ambassadeur du [...] »
Le Comte de Sennectere , qui a été
nommé au mois dernier Ambassadeur du
Roi , auprès du Roi de Sardaigne , est
Jean - Charles de Senneetere , Comte de
Saint Victour , Marechal de Camp de la
Promotion du 20. Fevrier dernier ,
qui avoit été nommé en certe qualité dans
Armée d'Allemagne . Voyez le Mercure
de Mai dernier , p . 1016.
,
Le Marquis de Vaugrenant, du surnom
de Villers - la- Faye , que le Comte de Sennectere
va remplacer , a été nommé à
l'Ambassade d'Espagne. Il est parlé de lui
à l'occasion de la mort de la Dame son
Epouse , dans le Mercure de Decembre
1733. vol. 2. p. 2933 .
*
Le Roi a accordé au Marquis de Clermont
Tonnere , Marechal de Camp , et
Commissaire General de la Cavalerie , la
Gouvernement de Mont- Dauphin .
1 ij S. M. L. Vol:
1240 MERCURE DE FRANCE
S. M. a donné le Regiment de Cavalerie
, dont le Prince de Lixin étoit Mestre
de Camp , au Baron de Lordat , Mestre
de Camp , et Lieutenant Colonel de
ce Regiment.
nommé au mois dernier Ambassadeur du
Roi , auprès du Roi de Sardaigne , est
Jean - Charles de Senneetere , Comte de
Saint Victour , Marechal de Camp de la
Promotion du 20. Fevrier dernier ,
qui avoit été nommé en certe qualité dans
Armée d'Allemagne . Voyez le Mercure
de Mai dernier , p . 1016.
,
Le Marquis de Vaugrenant, du surnom
de Villers - la- Faye , que le Comte de Sennectere
va remplacer , a été nommé à
l'Ambassade d'Espagne. Il est parlé de lui
à l'occasion de la mort de la Dame son
Epouse , dans le Mercure de Decembre
1733. vol. 2. p. 2933 .
*
Le Roi a accordé au Marquis de Clermont
Tonnere , Marechal de Camp , et
Commissaire General de la Cavalerie , la
Gouvernement de Mont- Dauphin .
1 ij S. M. L. Vol:
1240 MERCURE DE FRANCE
S. M. a donné le Regiment de Cavalerie
, dont le Prince de Lixin étoit Mestre
de Camp , au Baron de Lordat , Mestre
de Camp , et Lieutenant Colonel de
ce Regiment.
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Résumé : « Le Comte de Sennectere, qui a été nommé au mois dernier Ambassadeur du [...] »
Le Comte de Sennectere, nommé Ambassadeur du Roi auprès du Roi de Sardaigne, est Jean-Charles de Senneetere, promu Marechal de Camp. Il remplace le Marquis de Vaugrenant, nommé Ambassadeur d'Espagne. Le Roi a attribué le Gouvernement de Mont-Dauphin au Marquis de Clermont Tonnere et le Regiment de Cavalerie au Baron de Lordat.
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7762
p. 1240-1243
Maréchaux de France, [titre d'après la table]
Début :
Le 15. de ce mois le Roi a fait Marechaux de France, le Marquis d'Asfeld, [...]
Mots clefs :
Maréchal de France, Armée, Maréchal de Berwick, Lieutenant général, Alicante, Espagne, Général des fortifications, Siège de Barcelone, Marquis d'Asfeld, Adrien-Maurice de Noailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maréchaux de France, [titre d'après la table]
Le 1s de ce mois le Roi a fait Marechaux
de France , le Marquis d'Asfeld
qui commande l'Armée de S. M. en Allemagne
, et le Duc de Noailles.
Claude François Bidal , Marquis d'Asfeld
et d'Alicante au Royaume de Valance
, Commandeur de l'Ordre Militaire
de Saint Louis , Chevalier de l'Ordre
de la Toison d'Or , Lieutenant General
des Armées du Roi , Gouverneur du Châ
teau Trompette à Bourdeaux , et Direc
teur General des Fortifications de France.
Etant Mestre de Camp d'un Regiment
de Dragons , il fut fait Brigadier le 28.
1694. et nommé en même tems pour ser
vir en cette qualité dans l'Armée de Flandres.
Il fut fait Marechal de Camp le 23 .
Decembre 1702. et Chevalier de l'Or
dre de Saint Louis le 20. Janvier 170 3 .
fut nommé au mois de Decembre suivant
pour aller servir en Espagne , fut
fait Lieutenant General le 26. Octobre
1704, se trouva au Siege de Barcelonne en
1706. obtint le Grand Cordon de l'Ordre
1. Vol,
de
JU IN. 1734- 1241
4000. de Saint Louis , avec la pension de
livres le 19. Septembre 1707. ayant fait
la même année la Campagne en Espagne
, où il continua de servir les années
suivantes. Etant de retour en France , il
fit en 1713. la Campagne en Allemagre,
commanda le 20. Septembre une des attaques
du Camp retranché des Imperiaux
près de Fribourg , servit ensuite au
Siege de cette Place , dont le Commandement
lui fut donné après sa reduction .
L'année suivante il servit sous le Marechal
de Berwick, au Siege de Barcelonne ,
et après la prise de cette Place il fut établi
Commandant en Catalogne . Il fut
chargé en 1715 de l'expedition de l'Ile de
Mayorque , qu'il fit rentrer le 3. Juillet
sous l'obéissance du Roi d'Espagne , sans
tirer un coup de canon , n'ayant débarqué
dans cette Isle que le 15. Juin precedent.
Le Roi Catholique , pour recompenser
ses services , le fit Marquis d'Alicante , et
lui donna le Colier de la Toison d'Or .
A son retour en France , il fut fait au
mois de Novembre de la même année
Directeur General des Fortifications , et
Conseiller aux Conseils de Guerre et de
Marine nouvellement établis. Il fur choisi
au mois d'Avril 1719. pour comman-
1. Vol.
I iij der &
1242 MERCURE DE FRANCE
der en chef dans la Guyenne , pendant
l'absence du Marechal de Berwick , et la
Guerre ayant été déclarée à l'Empereur
en 1733. il fut nommé pour aller faite
la Campagne dans l'Armée d'Italie , et
servir aux Sieges de laForteresse de Gherra
d'Adda sous Pizighitone , er du Château
de Milan. Il fut rappellé d'Italie au
commencement de la presente année pour
se rendre à l'Armée d'Allemagne , dont
il a pris le Commandement en chefaprès
la mort du Marechal de Berwick.
Adrien Maurice , Duc de Noailles ;
Pair de France , Comte d'Ayen et de la
Mothe- Tilly , Marquis de Montelar et
de Maintenon , Grand d'Espagne de la
premiere Classe , Chevalier des Ordres
du Roi et de l'Ordre de la Toison d'Or ,
premier Capitaine des Gardes du Corps
de Sa Majesté , du 29. Mai 17 6. ci deyant
Commandant en chef en Catalo-
Gouverneur et Capitaine General
des Comtés et Vigueries de Roussillon ,
Conflans et Cerdaigne , Gouverneur des
Ville , Château et Citadelle de Perpignan
, Gouverneur et Capitaine des Chasses
de Saint Germain en Laye et de ses dépendances
, né le 29. Septembre 1678 .
On ne rapporte point ici ses services ,
gne
I Vol.
parce
JUIN. 1734.
1243
parce qu'on peut les voir dans l'Histoire
des Grands Officiers de la Couronne à
l'article des Pairs de France , tom . 4. p.
793. où ils sont détaillez depuis 1692 .
qu'il commença à porter les armes.
Le Roy a fait Maréchaux de ses Camps
et Armées , le Comte de Clermont , le
Prince de Conty , le Prince de Dombes
et le Comte d'Eu.
Sa Majesté a accordé au Marquis de
'Isle , Maréchal de Camp, la place d'Inspecteur
d'Infanterie , vacante par la mort
du Comte de Clermont d'Amboise.
Le Roy a nommé Colonel du Regi
ment d'Auvergne M. de Contade , et
le Regiment de Flandres qu'il avoir , a
été donné S. M. à M. de Coninghan,
par
Lieutenant Colonel du Regiment Dau
phin , Infanterie.
de France , le Marquis d'Asfeld
qui commande l'Armée de S. M. en Allemagne
, et le Duc de Noailles.
Claude François Bidal , Marquis d'Asfeld
et d'Alicante au Royaume de Valance
, Commandeur de l'Ordre Militaire
de Saint Louis , Chevalier de l'Ordre
de la Toison d'Or , Lieutenant General
des Armées du Roi , Gouverneur du Châ
teau Trompette à Bourdeaux , et Direc
teur General des Fortifications de France.
Etant Mestre de Camp d'un Regiment
de Dragons , il fut fait Brigadier le 28.
1694. et nommé en même tems pour ser
vir en cette qualité dans l'Armée de Flandres.
Il fut fait Marechal de Camp le 23 .
Decembre 1702. et Chevalier de l'Or
dre de Saint Louis le 20. Janvier 170 3 .
fut nommé au mois de Decembre suivant
pour aller servir en Espagne , fut
fait Lieutenant General le 26. Octobre
1704, se trouva au Siege de Barcelonne en
1706. obtint le Grand Cordon de l'Ordre
1. Vol,
de
JU IN. 1734- 1241
4000. de Saint Louis , avec la pension de
livres le 19. Septembre 1707. ayant fait
la même année la Campagne en Espagne
, où il continua de servir les années
suivantes. Etant de retour en France , il
fit en 1713. la Campagne en Allemagre,
commanda le 20. Septembre une des attaques
du Camp retranché des Imperiaux
près de Fribourg , servit ensuite au
Siege de cette Place , dont le Commandement
lui fut donné après sa reduction .
L'année suivante il servit sous le Marechal
de Berwick, au Siege de Barcelonne ,
et après la prise de cette Place il fut établi
Commandant en Catalogne . Il fut
chargé en 1715 de l'expedition de l'Ile de
Mayorque , qu'il fit rentrer le 3. Juillet
sous l'obéissance du Roi d'Espagne , sans
tirer un coup de canon , n'ayant débarqué
dans cette Isle que le 15. Juin precedent.
Le Roi Catholique , pour recompenser
ses services , le fit Marquis d'Alicante , et
lui donna le Colier de la Toison d'Or .
A son retour en France , il fut fait au
mois de Novembre de la même année
Directeur General des Fortifications , et
Conseiller aux Conseils de Guerre et de
Marine nouvellement établis. Il fur choisi
au mois d'Avril 1719. pour comman-
1. Vol.
I iij der &
1242 MERCURE DE FRANCE
der en chef dans la Guyenne , pendant
l'absence du Marechal de Berwick , et la
Guerre ayant été déclarée à l'Empereur
en 1733. il fut nommé pour aller faite
la Campagne dans l'Armée d'Italie , et
servir aux Sieges de laForteresse de Gherra
d'Adda sous Pizighitone , er du Château
de Milan. Il fut rappellé d'Italie au
commencement de la presente année pour
se rendre à l'Armée d'Allemagne , dont
il a pris le Commandement en chefaprès
la mort du Marechal de Berwick.
Adrien Maurice , Duc de Noailles ;
Pair de France , Comte d'Ayen et de la
Mothe- Tilly , Marquis de Montelar et
de Maintenon , Grand d'Espagne de la
premiere Classe , Chevalier des Ordres
du Roi et de l'Ordre de la Toison d'Or ,
premier Capitaine des Gardes du Corps
de Sa Majesté , du 29. Mai 17 6. ci deyant
Commandant en chef en Catalo-
Gouverneur et Capitaine General
des Comtés et Vigueries de Roussillon ,
Conflans et Cerdaigne , Gouverneur des
Ville , Château et Citadelle de Perpignan
, Gouverneur et Capitaine des Chasses
de Saint Germain en Laye et de ses dépendances
, né le 29. Septembre 1678 .
On ne rapporte point ici ses services ,
gne
I Vol.
parce
JUIN. 1734.
1243
parce qu'on peut les voir dans l'Histoire
des Grands Officiers de la Couronne à
l'article des Pairs de France , tom . 4. p.
793. où ils sont détaillez depuis 1692 .
qu'il commença à porter les armes.
Le Roy a fait Maréchaux de ses Camps
et Armées , le Comte de Clermont , le
Prince de Conty , le Prince de Dombes
et le Comte d'Eu.
Sa Majesté a accordé au Marquis de
'Isle , Maréchal de Camp, la place d'Inspecteur
d'Infanterie , vacante par la mort
du Comte de Clermont d'Amboise.
Le Roy a nommé Colonel du Regi
ment d'Auvergne M. de Contade , et
le Regiment de Flandres qu'il avoir , a
été donné S. M. à M. de Coninghan,
par
Lieutenant Colonel du Regiment Dau
phin , Infanterie.
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Résumé : Maréchaux de France, [titre d'après la table]
Le 1er du mois, le Roi a nommé Maréchaux de France le Marquis d'Asfeld et le Duc de Noailles. Claude François Bidal, Marquis d'Asfeld, possède plusieurs titres et distinctions, notamment Commandeur de l'Ordre Militaire de Saint Louis, Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or, Lieutenant Général des Armées du Roi, Gouverneur du Château Trompette à Bordeaux, et Directeur Général des Fortifications de France. Sa carrière militaire est marquée par plusieurs promotions : Brigadier en 1694, Maréchal de Camp en 1702, et Chevalier de l'Ordre de Saint Louis en 1703. Il a servi en Espagne, notamment au siège de Barcelone en 1706, et a reçu le Grand Cordon de l'Ordre de Saint Louis en 1707. En 1713, il a commandé des attaques près de Fribourg et a participé au siège de cette place. L'année suivante, il a pris part au siège de Barcelone et a été nommé Commandant en Catalogne. En 1715, il a dirigé l'expédition de l'île de Majorque et a été récompensé par le titre de Marquis d'Alicante et le Collier de la Toison d'Or. De retour en France, il a été nommé Directeur Général des Fortifications et Conseiller aux Conseils de Guerre et de Marine. En 1719, il a commandé en Guyenne et, en 1733, a servi dans l'Armée d'Italie. Adrien Maurice, Duc de Noailles, Pair de France et Chevalier des Ordres du Roi, a également été nommé Maréchal de France. Le Roi a également nommé Maréchaux de ses Camps et Armées le Comte de Clermont, le Prince de Conty, le Prince de Dombes et le Comte d'Eu. De plus, le Marquis de l'Isle a été nommé Inspecteur d'Infanterie, et M. de Contade a été nommé Colonel du Régiment d'Auvergne.
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7763
p. 1243-1246
« Le 20 de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle du Château de [...] »
Début :
Le 20 de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle du Château de [...]
Mots clefs :
Reine, Château de Versailles, Concert, Roi, Prologue, Messe, Fête, Destouches, Opéra, Château des Tuileries, Vernon, Mordant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 20 de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle du Château de [...] »
Le 25 de ce mois , la Reine entendig
la Messe dans la Chapelle du Château de
Versailles , et S. M. communia par les
mains du Cardinal de Fleury , son Grand
Aumônier.
Le 24 , Fête du S. Sacrement , le Roy,
accompagné de ses principaux Officiers ,
se rendit à l'Eglise de la Paroisse , où Sa
Majesté entendit la Grand'Messe après
ávoir assisté à la Procession qui vint, sui-
1 Vol. I ij
vant
2244
MERCURE
DE FRANCE
!
vant l'usage à la Chapelle du Château
La Reine entendit la Messe dans sa Tribune,
aprés avoir vû passer la Procession .
Monseigneur le Dauphin , et Mesdames
de France la virent passer d'un des Apartements
du Château .
Le ic.May il y eut Concert dans le Salon
de la Reine ; M. Destouches , Sur- Inten .
dant de la Musique du Roy , fit chanter
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
d'Omphale , qui fut continué le 12. et le
17. la Dile Antier fit le rôle d'Argine , le
Sr d'Angerville celui d'Hercule , la Dlle
Lenner et le Sr Petillot ceux d'Omphale
et d'Iphis.
Le 19 , le 24 et le 26 , la Reine entendit
le Ballet des Elemens , executé par
les mêmes sujets , on ajouta le Prologue
des Stratagêmes de l'Amour à l'Acte de la
Terre, pour former le troisiéme Concert.
Le 31 , on chanta le Prologue et le
premier Acte de Semiramis , qu'on con
tinua le 9 et le 16 Juin. Le premier rôle
fut chanté par la Dlle Antier avec aplau
dissement de même que celui d'Amestris,
par la Dlle Pelissier ; les autres rôles furent
très- bien rendus par les Srs d'An
gerville et Petillot.
Le 21 de ce mois on concerta l'Opéra
1 Vol.
de
JUIN. 1734. 1245
de Marthesie , dont le Poëme est de feu
M. de la Moth et la Musique de M. Destouches.
La Dlle Duhamel fit le rôle de
Cybelle au Prologue , et le Sr d'Angerville
et la Dlle Pelissier chantéront ceux
du Roy des Scythes et de Talestris , et
celui de la Prêtresse du Soleil fut rendu
par la Dlle Lenner à la satisfaction de la
Reine et de toute la Cout. Le soin qu'a
pris M. Destouches de réfondre quelques
morceaux de cet Opéra , et d'y ajouter
quelques Airs nouveaux , rendit ce Concert
très varié et très brillant.
"
Le 3 Juin Fête de l'Ascension , le 13
Dimanche de la Pentecote , et le jour de
la Fête- Dieu , il y eut Concert Spirituel
au Château des Thuileries. M. Mouret
y a fait exécuter differents Moters de
M. de la Lande et d'autres Maîtres Modernes
, un , entre autres , de l'Abbé du
Luc , Beneficier de l'Eglise de Paris , qui
est un très beau morceau de Musique .
Les Dlies Erremens , Petitpas et le Sr Jeliot
Fot ont chanté differens petits Motets à
une et à deux voix avec beaucoup de
justesse et de précision , de même que le
Sr Berard , Chanteur de la Comédie Italienne
, qui a chanté deux fois un air Ita-
Tien avec beaucoup d'aplaudissemens,
Vol, I v Tous
1246 MERCURE DE FRANCE
Tous ces Concerts ont toujours été terminez
par un Moter à grand Choeur de
M. de la Lande , et précedez de plusieurs
Piéces de Simphonie exécutées en perfection
par les Sieurs le Clair et Blavet.
9 •
On écrit de Vernon que le Mercredy
de ce mois M. Mordant y fut reçû
Lieutenant General du Bailliage à la place
de feu M, son pere , mort en 1733. Ce
jeune Magistrat n'a que 21 ans , et on
peut assurer qu'il marche déja sur les
traces de ses Ancêtres , qui depuis plus .
de 100 ans ont occupé successivement
cette premiere place . Il prononça un
Discours Latin d'une demie heure qui
fut très- gouté. Il avoit été presenté par
M. de Quenremont , Avocat fameux
qui parla avec éloquence sur le choix
d'un Etat. M. de Bordeaux , Procureur
du Roy , parla aussi d'une maniere convenable
à la dignité de son Ministere.
la Messe dans la Chapelle du Château de
Versailles , et S. M. communia par les
mains du Cardinal de Fleury , son Grand
Aumônier.
Le 24 , Fête du S. Sacrement , le Roy,
accompagné de ses principaux Officiers ,
se rendit à l'Eglise de la Paroisse , où Sa
Majesté entendit la Grand'Messe après
ávoir assisté à la Procession qui vint, sui-
1 Vol. I ij
vant
2244
MERCURE
DE FRANCE
!
vant l'usage à la Chapelle du Château
La Reine entendit la Messe dans sa Tribune,
aprés avoir vû passer la Procession .
Monseigneur le Dauphin , et Mesdames
de France la virent passer d'un des Apartements
du Château .
Le ic.May il y eut Concert dans le Salon
de la Reine ; M. Destouches , Sur- Inten .
dant de la Musique du Roy , fit chanter
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
d'Omphale , qui fut continué le 12. et le
17. la Dile Antier fit le rôle d'Argine , le
Sr d'Angerville celui d'Hercule , la Dlle
Lenner et le Sr Petillot ceux d'Omphale
et d'Iphis.
Le 19 , le 24 et le 26 , la Reine entendit
le Ballet des Elemens , executé par
les mêmes sujets , on ajouta le Prologue
des Stratagêmes de l'Amour à l'Acte de la
Terre, pour former le troisiéme Concert.
Le 31 , on chanta le Prologue et le
premier Acte de Semiramis , qu'on con
tinua le 9 et le 16 Juin. Le premier rôle
fut chanté par la Dlle Antier avec aplau
dissement de même que celui d'Amestris,
par la Dlle Pelissier ; les autres rôles furent
très- bien rendus par les Srs d'An
gerville et Petillot.
Le 21 de ce mois on concerta l'Opéra
1 Vol.
de
JUIN. 1734. 1245
de Marthesie , dont le Poëme est de feu
M. de la Moth et la Musique de M. Destouches.
La Dlle Duhamel fit le rôle de
Cybelle au Prologue , et le Sr d'Angerville
et la Dlle Pelissier chantéront ceux
du Roy des Scythes et de Talestris , et
celui de la Prêtresse du Soleil fut rendu
par la Dlle Lenner à la satisfaction de la
Reine et de toute la Cout. Le soin qu'a
pris M. Destouches de réfondre quelques
morceaux de cet Opéra , et d'y ajouter
quelques Airs nouveaux , rendit ce Concert
très varié et très brillant.
"
Le 3 Juin Fête de l'Ascension , le 13
Dimanche de la Pentecote , et le jour de
la Fête- Dieu , il y eut Concert Spirituel
au Château des Thuileries. M. Mouret
y a fait exécuter differents Moters de
M. de la Lande et d'autres Maîtres Modernes
, un , entre autres , de l'Abbé du
Luc , Beneficier de l'Eglise de Paris , qui
est un très beau morceau de Musique .
Les Dlies Erremens , Petitpas et le Sr Jeliot
Fot ont chanté differens petits Motets à
une et à deux voix avec beaucoup de
justesse et de précision , de même que le
Sr Berard , Chanteur de la Comédie Italienne
, qui a chanté deux fois un air Ita-
Tien avec beaucoup d'aplaudissemens,
Vol, I v Tous
1246 MERCURE DE FRANCE
Tous ces Concerts ont toujours été terminez
par un Moter à grand Choeur de
M. de la Lande , et précedez de plusieurs
Piéces de Simphonie exécutées en perfection
par les Sieurs le Clair et Blavet.
9 •
On écrit de Vernon que le Mercredy
de ce mois M. Mordant y fut reçû
Lieutenant General du Bailliage à la place
de feu M, son pere , mort en 1733. Ce
jeune Magistrat n'a que 21 ans , et on
peut assurer qu'il marche déja sur les
traces de ses Ancêtres , qui depuis plus .
de 100 ans ont occupé successivement
cette premiere place . Il prononça un
Discours Latin d'une demie heure qui
fut très- gouté. Il avoit été presenté par
M. de Quenremont , Avocat fameux
qui parla avec éloquence sur le choix
d'un Etat. M. de Bordeaux , Procureur
du Roy , parla aussi d'une maniere convenable
à la dignité de son Ministere.
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Résumé : « Le 20 de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle du Château de [...] »
Du 1er au 31 mai, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour. Le 25 mai, la Reine a assisté à la messe au Château de Versailles et a communié des mains du Cardinal de Fleury. Le 24 mai, le Roi a participé à la Fête du Saint-Sacrement, assistant à la procession et à la grand-messe à l'église paroissiale. La Reine a écouté la messe depuis sa tribune, tandis que le Dauphin et Mesdames de France ont observé la procession depuis un appartement du château. Du 1er au 21 mai, divers spectacles ont été organisés, notamment des représentations de l'opéra 'Omphale', du ballet des Éléments et de l'opéra 'Marthésie', avec des artistes tels que la Dlle Antier, le Sr d'Angerville et la Dlle Pelissier. Le 31 mai, le prologue et le premier acte de 'Semiramis' ont été chantés. Le 3 juin, à l'occasion de l'Ascension, des concerts spirituels ont eu lieu au Château des Tuileries, dirigés par M. Mouret. À Vernon, M. Mordant a été reçu Lieutenant Général du Bailliage, prononçant un discours latin.
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7764
p. 1246-1247
MORTS, NAISSANCES.
Début :
Le Roy ayant pris le deüil pour la mort de Mademoiselle de Beaujolois le 26 May, Sa [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Beaujolais, Princesse, Abbaye, Orléans, Deuil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES.
MORTS , NAISSANCES.
L
E Roy ayant pris le deuil pour la mort de
Mademoiselle de Beaujolois le 26 May , Sa
Majesté le quitta le 6 de ce mois.
I. Vol. Од
JUI N.
1247
1734
le
On a fait à Paris differens Services Solemnels
de l'ame de cette Princesse. Le
pour repos
premier fut celebré le 7 de ce mois à l'Abbaye
de Tresnel, et les jours suivans au Val - de- Grace,
à la Paroisse de S. Eustache , à l'Abbaye de Sainte
Geneviève , à S. Honoré , à l'Eglise des Quinze
Vingt , et en dernier lieu à l'Abbaye de Chelles,
dont une Princesse d'Orleans est Abbesse . Tou
tes les Eglises ou ces Services ont été célébrés
ont été tendues en blanc et illuminées extraor
dinairement. Tous les Officiers de S. A. R. ceux
de M. le Duc d'Orleans , et de la Princesse deffunte
y ont assisté, avec quantité de personnes de
distinction de la Cour et de la Ville.
L
E Roy ayant pris le deuil pour la mort de
Mademoiselle de Beaujolois le 26 May , Sa
Majesté le quitta le 6 de ce mois.
I. Vol. Од
JUI N.
1247
1734
le
On a fait à Paris differens Services Solemnels
de l'ame de cette Princesse. Le
pour repos
premier fut celebré le 7 de ce mois à l'Abbaye
de Tresnel, et les jours suivans au Val - de- Grace,
à la Paroisse de S. Eustache , à l'Abbaye de Sainte
Geneviève , à S. Honoré , à l'Eglise des Quinze
Vingt , et en dernier lieu à l'Abbaye de Chelles,
dont une Princesse d'Orleans est Abbesse . Tou
tes les Eglises ou ces Services ont été célébrés
ont été tendues en blanc et illuminées extraor
dinairement. Tous les Officiers de S. A. R. ceux
de M. le Duc d'Orleans , et de la Princesse deffunte
y ont assisté, avec quantité de personnes de
distinction de la Cour et de la Ville.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES.
Le 26 mai, Mademoiselle de Beaujolois est décédée. Le roi a observé un deuil jusqu'au 6 juin. En juin 1734, plusieurs services religieux ont été organisés à Paris. Les cérémonies ont eu lieu dans diverses églises décorées de blanc et illuminées. De nombreuses personnalités ont assisté à ces services.
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7765
p. 1247-1255
« Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault, veuve depuis le 12 Mars 1719, de Henri Bourdon [...] »
Début :
Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault, veuve depuis le 12 Mars 1719, de Henri Bourdon [...]
Mots clefs :
Paris, Armées, Chevalier des Ordres du roi, Enfants, Âge, Duc d'Orléans, Pierre-Madeleine de Beauvau, Jacques-Henri de Lorraine, François de Cormis, Georges-Jacques de Clermont, Bruno-Emmanuel-Marie-Esprit de Vassy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault, veuve depuis le 12 Mars 1719, de Henri Bourdon [...] »
Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault ,
Veuve depuis le 12 Mars 1719. de Henri Bourdon
, Conseiller du Roi , Correcteur ordinaire
en sa Chambre des Comptes de Paris , mourut ,
laissant une fille unique , nommée Barbe Geneviéve
Bourdon , matiée au mois de Juin 1712.
avec Armand- Louis Parent , Conseiller au Parle
ment de Paris , depuis le 16 Mars 1720 .
Le même jour , Gui-Etienne- Alexandre de
1. Vol. I vj Faoucq
1248 MERCURE DE FRANCE
,
Faoucq , Chevalier , Marquis de Garnetot ,
en Normandie , Mestre de Camp de Car
valerie , et Sous- Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux Legers de Bretagne mourut à
Strasbourg,dans la 37 année de son âge. L étoit
fils de Gui de Faoucq , Seigneur de Garnetot,
et de Marie - Louise du Houlley , sa femme , e
il avoit été marié le 30 Juin 172 t . avec Charlotte-
Sophie de Sonning , fille de feu André Nicolas
de Sonning Receveur General des Finances
de la Generalité de Paris , et de Louise - Chat.
lotte de Launay , sa veuve. Il en a eu des Enfans.
2.
Le 21 , Frere Elisabeth - René de Froulay de
Tessé , Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, et Lieutenant de Vaisseaux du Roi
deuxième fils de René Mans de Froulay , Comte
de Tessé , Vicomte de Beaumont et de Frenay ,
Marquis de Lavardin et de Lessart, Grand d'Es
pagne , Lieutenant General au Gouvernement du
Pays du Maine , Perche et Comté de Laval
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Generai
de ses Armées , et premier Ecuyer de la
Rejne , et de teue Dame Marie- Elisabeth- C aude
Pétionille Bouchu , morte le 9 Dicembre 1733.
mourut au Château de Vernie au Maine dans.
la 23 année de son âge , étant né à Paris, le 17
Août 1711..
>
"
Le 22 , M de la Roque , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Enseigne de la premiere
Compagnie des Gardes du Corps du Roi , et Brigadier
de ses Armées , de la Promotion du 20
Fevrier dernier , mourut de maladie au Camp de
Bruchsall en Allemagne..
Le 30 Mai , Pierre- Madelene de Beauvau
Marquis du Rivau , appellé le Comte de Beau-
I., Vals.
vau,
་་་
24
573.40
•
vau , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant
General des Armées de S. M. Directeur General
de la Cavalerie , et Gouverneur de la Ville de
Douay , y mourut dans la 71 année de son âge .
fl tur successivement Guidon des Gendarmes .
Anglois au mois de Mars 1680 Enseigne de
cette Compagnie le 7 Septembre 1687 Sous-
Lieutenane de ce le des Gendarmes Flamans le
Premier Novembre 1693. créé Brigadier de Ca
valerie le 23 Decembre 1702 Chevalier de l'Or
dre Militaire de S Louis en 174. Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Chevaux Legers
de Bourgogne , le 10 Avril 1706. Inspec
teur General de Cavalerie la même année , Ma
recha de Camp le 2. Mais 1709. Lieutenant
General des Armées du Roile 8 Mars 1718.
nommé Commandant en Chef en Dauphiné au
mois d'Avril 1719. et Directeur General de la
Cavalerie au mois de Mai suivant . Il fut un des .
4 Seigneurs , qui accompagnerent et reconduisi
rent la Sainte Ampoule au Sacre du Roi , le 25
Octobre fut 1722. Chevalier des Ordres du reçu
Roi , le 3 Juin 1724. et fut en 1725. Pun des
doux Ambassadeurs extraordinaires pour le Mariage
de S. M. à Strashourg . Enfin le Gouver
nement de Douay lui fut donné au mois de
Mars 1732. Le Comte de Beauvau , frere aîné
de René- François de Beauvau du Rivau , Aiche
vêque de Narbonne , Commandeur des Ordres
du Roi , étoit fils de Jacques de Beauvau, Marquis
du Rivau, Capitaine Colonel des 100 Suisses
de la Garde de Gaston , Duc d'Orleans , Mar.
réchal des Camps et Armées du Roi , mort le
5 Juillet 1702. âgé de 76 ans , et de Diane Marie
du Cimpet de Saugeon sa femme , moite
le 30 Juin de la même année 1702. âgée de 82
1.Vol . ans 2>
$250 MERCURE DE FRANCE
ans , et il avoit été marié le 28 Avril 1711
avec Marie-Therese de Beauvau , sa cousine du
3 au 4 degré , fille de Gabriël- Henri de Beauvau
, Marquis de Montgogier , Comte de Crissé,
Capitaine des Gardes du Corps de feu Philippe ,
fils de France Duc d'Orleans , et de feuë Marie-
Angelique de S.André, sa premiere femme. Il en
a laissé Marie - Anne - Elisabeth de Beauvau , fille
unique , née le 31 Janvier 1712. mariée le 4
Mai 1730, avec Louis - Paul de Rochechouart ,
Duc de Mortemar , Pair de France , appellé le
Duc de Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi , et Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , dont elle est restée veuve
sans enfans , le 4 Decembre 1731 .
Jacques- Henri de Lorraine , Prince de Lixin,
Marquis de Craon et d'Ambleville , Grand
Maître de Lorraine , Chevalier des Ordres du
Roi , Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
pour son service , et Brigadier de ses Armées
de la promotion du 20 Fevrier dernier
a été tué le 2 du présent mois de Juin
la tête du Pont de Philisbourg , dans la 37
année de son âge , étant né le 24 Mars 1698 ,
étoit frere puîné de Charles - Louis de Lorraine,
Prince de Pons , Chevalier des Ordres du Roi ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie , et Briga
dier des Armées de S M. de la même promo
tion du 20 Fevrier dernier , et fils de feu Charles
de Lorraine , Comte de Marsan , aussi
Chevalier des Ordres du Roi , mort le 13 No
vembre 1708. et de feuë D. Catherine- Therese
de Matignon , sa deuxième femme , morte le
7 Decembre 1699. laquelle étoit veuve eu premieres
noces de Jean - Baptiste Colbert , Marquis
de Seignelay , Ministre et Sécretaire d'Etat •
I.Vol Come
JUIN. 1734- 1251
Commandeur des Ordres du Roi , mort le 3
Novembre 1690. Le Prince de Lixin avoit été
Chevalier de Malthe , porté le titre de Chevalier
de Lorraine. Il quitta la Croix et se maria le
19. Août 1721 , avec Marguerite - Gabriele de
Beauveau , fille de Marc de eBauveau ; marquis
de Craon , et d'Haroüel , Baron d'Antray de
S. Georges et de Turkestin , Conseiller d'Etat ,
et Grand Ecuyer du Duc de Lorraine , créé Prince
de l'Empire , et de Dame Marguerite de Ligneville
, Dame d'honneur de la Duchesse de
Lorraine. Le feu Duc de Lorraine dernier mort
lui donna en faveur de ce mariage le titee de
Prince de Lixin , et retablit pour lui la Charge
de Grand- Maitre de sa maison; il n'a point laissé
d'enfans.
Le 3. Juin 1734. Jacob Marquis de Montalambert
, Ecuyer de la Princesse de Conti , mourut
à Paris , au petit Hôtel de Conti , âgé de
37. ans.
Le même jour Dame Jeanne - Therese - Antoi
nette Pelletier , femme de Louis- Anne Seguier ,
Conseiller au Parlement de Paris , qu'elle avoit
épousé le 26. Fevrier 1726. et fille unique d'An
toine - Denis Pelletier , Auditeur ordinaire de
la Chambre des Comptes de Paris , et de Dame
Suzanne le Noir , mourut après une longue ma
Jadie à Paris , dans une âge peu avancé , laissant
des enfans.
Le 4 DameMarie - Louise- Charlotte Desvieux,
Epouse de Charles de Montholon , Conseiller au
Parlement de Paris , mourut d'une maladie de
poitrine , n'étant mariée que depuis le 22. Fevrier
dernier , ainsi qu'il a été rapporté dans le
Mercure du mois de Mars , p . 619. elle étoit âgée
17. ans 2. mois'et demi. de
.
1.Vol. Fran
1242 MERCURE DE FRANCE
François de Cormis , fi's de Noble Antoine
de Cormis , Syndic de la Provence , et de Dame
Françoise du Perier , Doyen des Avocats au Patlement
de Provence , recommandable par sa pieté
par sa vie penitente , son desinteressement ,
son amour pour les pauvres , et par une profon
de capacité dans sa profession , mourut à Aix le
4. Jum 1734. après avoir été la veille , jour de
l'Ascension , entendre la Messe , et communier.
Il étoit âgé de 95. ans , étant né le 25. Juillet
1639. Il étoit le dernier survivant de sa Classe à
la Tontine , dont le produit qui étoit dans ces
derniers tems de 57. mille livres a toujours été
affecté en entier pour les Hôpitaux et pour les
Pauvres. Il a institué ses Heritiers par son Testament
les Hôpitaux de la Misericorde et de la
Charité de la Ville d'Aix .
2.
Le Comte de Clermont d'Amboise , Colonel
du Régiment d'Auvergne , Inspecteur general
d'Infanterie , et Brigadier des Armées du Roy ,
de la promotion du 20. Eévrier dernier , qui
mourut au Camp de Sanguina, dans le Parmesan ,
le 6. Juin 1734. d'un coup de mousquet qu'il
avoit reçû e 4. précèdent à Colorno , en allant ,
sans avoir été commandé , poster sc. hommes
sur la Parma , il étoit âgé d'environ 45. ans , et
il se nommon Georges - Jacques de Ciermont ,
Seigneur , Marquis de S. Aignan , de Verdigny,
&c. Il étoit fils de feu Georges- Henry de Clermont
, Seigneur de S. Aignan , Verdigny , &c.
Maréchal de Camp des Armées du Roy , mort
à Mantoue au mois d'Avril 1702. d'une blessure
qu'il avoit reçue dans une sortie pendant le blocus
de cette Place , et de D Marie - Magdeleine
Birault de Chizay , et il avoit été marié le 14
Janvier 1728. avec Louise-Diane- Françoise de
1. Vol Cler
JUIN. 1734. 7253
Clermont , de même Maison que lui , fille de
Pierre Gaspard , Marquis de Cermont Gallerande
, Seigneur de Loudon , de Mera , &c . Che
valier des Ördres du Roy , Maréchal de Camp de
ses Armées , de la promotion du 20. Février
dernier , Bailly de Dole , et premier Ecuyer du
Duc d'Orleans , et de D. Gabrielle- Françoise
d'O , Dame d'Atours de la Duchesse Douairiere
d'Orleans.
Le 7. Jean- Baptiste-Louis Couturier , Prêtre ,
Chanoine honoraire de l'Eglise Royale , Collegiale
et Paroissiale de S. Germain l'Auxerrois
Prédicateur ordinaire du Roy , mourut à Paris,
âgé d'environ 55. ans , après s'être acquis beaucoup
de réputation par ses talens pour la Chaire,
ayant prêché plusieurs fois à la Cour et rempli
les meilleures Chaires de Paris , toujours avec
un grand concours . Il avoit été nommé par
Archevêque de Paris , au mois de Novembre
1730 à la Cure de la Paroisse de S. Sauveur,
mais il ne parut dans cette Eglise que pour en
prendre possession , s'étant démis incontinent
après de cette Cure.
Le 10. Pierre Felicien de Bofflin , Marquis
d'Argenson , Seigneur de Pezigneux , Gentilhomme
de Dauphiné , Commandeur de l'Ordre
Royal et Militaire de S. Louis , Brigadier des.
Armées du Roy , de la promotion du premier
Février 1719. et Gouverneur de Gap mourut
à Paris âgé de 14. ans. Le Gouvernement de
Gap en Dauphiné a été donné au fils aîné du
deffunt .
Le 11. Henry- Hubert d'Estampes , Marquis
de Valençay , Seigneur du Guepeau , mourut à
Paris , âgé de 49. ans , 6. mois 11. jours , et fut
inhumé le lendemain au soir aux Carmes Dé-
1. Vol. chaus
254 MERCURE DE FRANCE
chaussez. Il étoit fils de feu Jean- Hippolité d'Es
tampes , Marquis de Valençay , mort au mois de
Mars 1697. et de Dame Gabrielle - Louise Masso
du Bousquet , et il avoit été marié le 30. Septembre
1715. avec Marie- Philiberte Amelot ,
soeur de Jean-Jacques Amelot, Seigneur de Chail-
Jou , Conseiller d'Etat ordinaire et Intendant des
Finances , l'un des 40. de l'Académie Françoise,
et fille de Denis -Jean Amelot , Seigneur de Chail
lou et de Chastillon sur Indre , Maître des Requêtes
Honoraire de l'Hôtel du Roy , et de feue
Philiberte Barillon d'Amoncourt . Il en laisse des
enfans.
Le 15. D. Marie- Magdelaine Robin de la Peschellerie
, Epouse de Jean - Marie de Vougny ,
Seigneur de Foileny , Conseiller du Roy en ses
Conseils , Secretaire de S. M. et Secretaire ordinaire
du Conseil d'Etat , Direction et Finances ,
avec lequel elle avoit été mariée au mois d'Avril
1733. mourut âgée de 23. 24. ans , après être
accouchée le 12. précédent d'un fils , qu'elle a
laissé vivant. Elle étoit fille unique de M. Robin
de la Peschellerie, reçû Secretaire du Roy en 1732
à
Le 26. May 1734. les Cerémonies du Baptême
furent suppléées parM.Cesar le Blanc , Evêque d'A
vranches , dans l'Eglise de S. Eustache à Paris , à
Bruno- Emanuel- Marie- Esprit de Vassy , né le
25. Mars 1717. au Château de Bressey en Normandie
, et ondoyé le même jour , par permission
de l'Evêque d'Avranches , fils de M. Fran
çois-Marie de Vassy , Chevalier , Seigneur , Mar
quis de Bressey , de Pirou , &c. et de D. Helene
Pelagie Geraldin , son Epouse. Les Parein et Ma.
raine ont été M. Claude-Constance- Esprit Juyenal
d'Harville des Ursins , Marquis de Trai
I Vol.
ncl
JUIN. 1934
8255
·
mel , âgé de 11. ans , et Dlle Claude- Constance-
Esprit Juvenale d'Harville des Ursins de Trainel ,
Frere et Soeur , tofans de feu Esprit- Juvenal
d'Harville des Ursins , Marquis de Trainel, Scigneur
de Doue , Colonel du Régiment de Dragons
d'Orleans , mort le 11. Juillet 1726. etde
D. Louise- Magdeleine le Blanc, sa Veuve , Niece
de l'Evêque d'Avranches.
Ca
La Marquise de la Vieuville accoucha le Dimanche
6. Juin , d'un garçon , qui a été tenu sur
les Fonts de Baptême par le Comte de la Vieuville
, et par la Marquise de Caux ; il a été nome
umé Charles-Jean- Baptiste-Julle.
Veuve depuis le 12 Mars 1719. de Henri Bourdon
, Conseiller du Roi , Correcteur ordinaire
en sa Chambre des Comptes de Paris , mourut ,
laissant une fille unique , nommée Barbe Geneviéve
Bourdon , matiée au mois de Juin 1712.
avec Armand- Louis Parent , Conseiller au Parle
ment de Paris , depuis le 16 Mars 1720 .
Le même jour , Gui-Etienne- Alexandre de
1. Vol. I vj Faoucq
1248 MERCURE DE FRANCE
,
Faoucq , Chevalier , Marquis de Garnetot ,
en Normandie , Mestre de Camp de Car
valerie , et Sous- Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux Legers de Bretagne mourut à
Strasbourg,dans la 37 année de son âge. L étoit
fils de Gui de Faoucq , Seigneur de Garnetot,
et de Marie - Louise du Houlley , sa femme , e
il avoit été marié le 30 Juin 172 t . avec Charlotte-
Sophie de Sonning , fille de feu André Nicolas
de Sonning Receveur General des Finances
de la Generalité de Paris , et de Louise - Chat.
lotte de Launay , sa veuve. Il en a eu des Enfans.
2.
Le 21 , Frere Elisabeth - René de Froulay de
Tessé , Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, et Lieutenant de Vaisseaux du Roi
deuxième fils de René Mans de Froulay , Comte
de Tessé , Vicomte de Beaumont et de Frenay ,
Marquis de Lavardin et de Lessart, Grand d'Es
pagne , Lieutenant General au Gouvernement du
Pays du Maine , Perche et Comté de Laval
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Generai
de ses Armées , et premier Ecuyer de la
Rejne , et de teue Dame Marie- Elisabeth- C aude
Pétionille Bouchu , morte le 9 Dicembre 1733.
mourut au Château de Vernie au Maine dans.
la 23 année de son âge , étant né à Paris, le 17
Août 1711..
>
"
Le 22 , M de la Roque , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Enseigne de la premiere
Compagnie des Gardes du Corps du Roi , et Brigadier
de ses Armées , de la Promotion du 20
Fevrier dernier , mourut de maladie au Camp de
Bruchsall en Allemagne..
Le 30 Mai , Pierre- Madelene de Beauvau
Marquis du Rivau , appellé le Comte de Beau-
I., Vals.
vau,
་་་
24
573.40
•
vau , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant
General des Armées de S. M. Directeur General
de la Cavalerie , et Gouverneur de la Ville de
Douay , y mourut dans la 71 année de son âge .
fl tur successivement Guidon des Gendarmes .
Anglois au mois de Mars 1680 Enseigne de
cette Compagnie le 7 Septembre 1687 Sous-
Lieutenane de ce le des Gendarmes Flamans le
Premier Novembre 1693. créé Brigadier de Ca
valerie le 23 Decembre 1702 Chevalier de l'Or
dre Militaire de S Louis en 174. Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Chevaux Legers
de Bourgogne , le 10 Avril 1706. Inspec
teur General de Cavalerie la même année , Ma
recha de Camp le 2. Mais 1709. Lieutenant
General des Armées du Roile 8 Mars 1718.
nommé Commandant en Chef en Dauphiné au
mois d'Avril 1719. et Directeur General de la
Cavalerie au mois de Mai suivant . Il fut un des .
4 Seigneurs , qui accompagnerent et reconduisi
rent la Sainte Ampoule au Sacre du Roi , le 25
Octobre fut 1722. Chevalier des Ordres du reçu
Roi , le 3 Juin 1724. et fut en 1725. Pun des
doux Ambassadeurs extraordinaires pour le Mariage
de S. M. à Strashourg . Enfin le Gouver
nement de Douay lui fut donné au mois de
Mars 1732. Le Comte de Beauvau , frere aîné
de René- François de Beauvau du Rivau , Aiche
vêque de Narbonne , Commandeur des Ordres
du Roi , étoit fils de Jacques de Beauvau, Marquis
du Rivau, Capitaine Colonel des 100 Suisses
de la Garde de Gaston , Duc d'Orleans , Mar.
réchal des Camps et Armées du Roi , mort le
5 Juillet 1702. âgé de 76 ans , et de Diane Marie
du Cimpet de Saugeon sa femme , moite
le 30 Juin de la même année 1702. âgée de 82
1.Vol . ans 2>
$250 MERCURE DE FRANCE
ans , et il avoit été marié le 28 Avril 1711
avec Marie-Therese de Beauvau , sa cousine du
3 au 4 degré , fille de Gabriël- Henri de Beauvau
, Marquis de Montgogier , Comte de Crissé,
Capitaine des Gardes du Corps de feu Philippe ,
fils de France Duc d'Orleans , et de feuë Marie-
Angelique de S.André, sa premiere femme. Il en
a laissé Marie - Anne - Elisabeth de Beauvau , fille
unique , née le 31 Janvier 1712. mariée le 4
Mai 1730, avec Louis - Paul de Rochechouart ,
Duc de Mortemar , Pair de France , appellé le
Duc de Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi , et Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , dont elle est restée veuve
sans enfans , le 4 Decembre 1731 .
Jacques- Henri de Lorraine , Prince de Lixin,
Marquis de Craon et d'Ambleville , Grand
Maître de Lorraine , Chevalier des Ordres du
Roi , Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
pour son service , et Brigadier de ses Armées
de la promotion du 20 Fevrier dernier
a été tué le 2 du présent mois de Juin
la tête du Pont de Philisbourg , dans la 37
année de son âge , étant né le 24 Mars 1698 ,
étoit frere puîné de Charles - Louis de Lorraine,
Prince de Pons , Chevalier des Ordres du Roi ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie , et Briga
dier des Armées de S M. de la même promo
tion du 20 Fevrier dernier , et fils de feu Charles
de Lorraine , Comte de Marsan , aussi
Chevalier des Ordres du Roi , mort le 13 No
vembre 1708. et de feuë D. Catherine- Therese
de Matignon , sa deuxième femme , morte le
7 Decembre 1699. laquelle étoit veuve eu premieres
noces de Jean - Baptiste Colbert , Marquis
de Seignelay , Ministre et Sécretaire d'Etat •
I.Vol Come
JUIN. 1734- 1251
Commandeur des Ordres du Roi , mort le 3
Novembre 1690. Le Prince de Lixin avoit été
Chevalier de Malthe , porté le titre de Chevalier
de Lorraine. Il quitta la Croix et se maria le
19. Août 1721 , avec Marguerite - Gabriele de
Beauveau , fille de Marc de eBauveau ; marquis
de Craon , et d'Haroüel , Baron d'Antray de
S. Georges et de Turkestin , Conseiller d'Etat ,
et Grand Ecuyer du Duc de Lorraine , créé Prince
de l'Empire , et de Dame Marguerite de Ligneville
, Dame d'honneur de la Duchesse de
Lorraine. Le feu Duc de Lorraine dernier mort
lui donna en faveur de ce mariage le titee de
Prince de Lixin , et retablit pour lui la Charge
de Grand- Maitre de sa maison; il n'a point laissé
d'enfans.
Le 3. Juin 1734. Jacob Marquis de Montalambert
, Ecuyer de la Princesse de Conti , mourut
à Paris , au petit Hôtel de Conti , âgé de
37. ans.
Le même jour Dame Jeanne - Therese - Antoi
nette Pelletier , femme de Louis- Anne Seguier ,
Conseiller au Parlement de Paris , qu'elle avoit
épousé le 26. Fevrier 1726. et fille unique d'An
toine - Denis Pelletier , Auditeur ordinaire de
la Chambre des Comptes de Paris , et de Dame
Suzanne le Noir , mourut après une longue ma
Jadie à Paris , dans une âge peu avancé , laissant
des enfans.
Le 4 DameMarie - Louise- Charlotte Desvieux,
Epouse de Charles de Montholon , Conseiller au
Parlement de Paris , mourut d'une maladie de
poitrine , n'étant mariée que depuis le 22. Fevrier
dernier , ainsi qu'il a été rapporté dans le
Mercure du mois de Mars , p . 619. elle étoit âgée
17. ans 2. mois'et demi. de
.
1.Vol. Fran
1242 MERCURE DE FRANCE
François de Cormis , fi's de Noble Antoine
de Cormis , Syndic de la Provence , et de Dame
Françoise du Perier , Doyen des Avocats au Patlement
de Provence , recommandable par sa pieté
par sa vie penitente , son desinteressement ,
son amour pour les pauvres , et par une profon
de capacité dans sa profession , mourut à Aix le
4. Jum 1734. après avoir été la veille , jour de
l'Ascension , entendre la Messe , et communier.
Il étoit âgé de 95. ans , étant né le 25. Juillet
1639. Il étoit le dernier survivant de sa Classe à
la Tontine , dont le produit qui étoit dans ces
derniers tems de 57. mille livres a toujours été
affecté en entier pour les Hôpitaux et pour les
Pauvres. Il a institué ses Heritiers par son Testament
les Hôpitaux de la Misericorde et de la
Charité de la Ville d'Aix .
2.
Le Comte de Clermont d'Amboise , Colonel
du Régiment d'Auvergne , Inspecteur general
d'Infanterie , et Brigadier des Armées du Roy ,
de la promotion du 20. Eévrier dernier , qui
mourut au Camp de Sanguina, dans le Parmesan ,
le 6. Juin 1734. d'un coup de mousquet qu'il
avoit reçû e 4. précèdent à Colorno , en allant ,
sans avoir été commandé , poster sc. hommes
sur la Parma , il étoit âgé d'environ 45. ans , et
il se nommon Georges - Jacques de Ciermont ,
Seigneur , Marquis de S. Aignan , de Verdigny,
&c. Il étoit fils de feu Georges- Henry de Clermont
, Seigneur de S. Aignan , Verdigny , &c.
Maréchal de Camp des Armées du Roy , mort
à Mantoue au mois d'Avril 1702. d'une blessure
qu'il avoit reçue dans une sortie pendant le blocus
de cette Place , et de D Marie - Magdeleine
Birault de Chizay , et il avoit été marié le 14
Janvier 1728. avec Louise-Diane- Françoise de
1. Vol Cler
JUIN. 1734. 7253
Clermont , de même Maison que lui , fille de
Pierre Gaspard , Marquis de Cermont Gallerande
, Seigneur de Loudon , de Mera , &c . Che
valier des Ördres du Roy , Maréchal de Camp de
ses Armées , de la promotion du 20. Février
dernier , Bailly de Dole , et premier Ecuyer du
Duc d'Orleans , et de D. Gabrielle- Françoise
d'O , Dame d'Atours de la Duchesse Douairiere
d'Orleans.
Le 7. Jean- Baptiste-Louis Couturier , Prêtre ,
Chanoine honoraire de l'Eglise Royale , Collegiale
et Paroissiale de S. Germain l'Auxerrois
Prédicateur ordinaire du Roy , mourut à Paris,
âgé d'environ 55. ans , après s'être acquis beaucoup
de réputation par ses talens pour la Chaire,
ayant prêché plusieurs fois à la Cour et rempli
les meilleures Chaires de Paris , toujours avec
un grand concours . Il avoit été nommé par
Archevêque de Paris , au mois de Novembre
1730 à la Cure de la Paroisse de S. Sauveur,
mais il ne parut dans cette Eglise que pour en
prendre possession , s'étant démis incontinent
après de cette Cure.
Le 10. Pierre Felicien de Bofflin , Marquis
d'Argenson , Seigneur de Pezigneux , Gentilhomme
de Dauphiné , Commandeur de l'Ordre
Royal et Militaire de S. Louis , Brigadier des.
Armées du Roy , de la promotion du premier
Février 1719. et Gouverneur de Gap mourut
à Paris âgé de 14. ans. Le Gouvernement de
Gap en Dauphiné a été donné au fils aîné du
deffunt .
Le 11. Henry- Hubert d'Estampes , Marquis
de Valençay , Seigneur du Guepeau , mourut à
Paris , âgé de 49. ans , 6. mois 11. jours , et fut
inhumé le lendemain au soir aux Carmes Dé-
1. Vol. chaus
254 MERCURE DE FRANCE
chaussez. Il étoit fils de feu Jean- Hippolité d'Es
tampes , Marquis de Valençay , mort au mois de
Mars 1697. et de Dame Gabrielle - Louise Masso
du Bousquet , et il avoit été marié le 30. Septembre
1715. avec Marie- Philiberte Amelot ,
soeur de Jean-Jacques Amelot, Seigneur de Chail-
Jou , Conseiller d'Etat ordinaire et Intendant des
Finances , l'un des 40. de l'Académie Françoise,
et fille de Denis -Jean Amelot , Seigneur de Chail
lou et de Chastillon sur Indre , Maître des Requêtes
Honoraire de l'Hôtel du Roy , et de feue
Philiberte Barillon d'Amoncourt . Il en laisse des
enfans.
Le 15. D. Marie- Magdelaine Robin de la Peschellerie
, Epouse de Jean - Marie de Vougny ,
Seigneur de Foileny , Conseiller du Roy en ses
Conseils , Secretaire de S. M. et Secretaire ordinaire
du Conseil d'Etat , Direction et Finances ,
avec lequel elle avoit été mariée au mois d'Avril
1733. mourut âgée de 23. 24. ans , après être
accouchée le 12. précédent d'un fils , qu'elle a
laissé vivant. Elle étoit fille unique de M. Robin
de la Peschellerie, reçû Secretaire du Roy en 1732
à
Le 26. May 1734. les Cerémonies du Baptême
furent suppléées parM.Cesar le Blanc , Evêque d'A
vranches , dans l'Eglise de S. Eustache à Paris , à
Bruno- Emanuel- Marie- Esprit de Vassy , né le
25. Mars 1717. au Château de Bressey en Normandie
, et ondoyé le même jour , par permission
de l'Evêque d'Avranches , fils de M. Fran
çois-Marie de Vassy , Chevalier , Seigneur , Mar
quis de Bressey , de Pirou , &c. et de D. Helene
Pelagie Geraldin , son Epouse. Les Parein et Ma.
raine ont été M. Claude-Constance- Esprit Juyenal
d'Harville des Ursins , Marquis de Trai
I Vol.
ncl
JUIN. 1934
8255
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mel , âgé de 11. ans , et Dlle Claude- Constance-
Esprit Juvenale d'Harville des Ursins de Trainel ,
Frere et Soeur , tofans de feu Esprit- Juvenal
d'Harville des Ursins , Marquis de Trainel, Scigneur
de Doue , Colonel du Régiment de Dragons
d'Orleans , mort le 11. Juillet 1726. etde
D. Louise- Magdeleine le Blanc, sa Veuve , Niece
de l'Evêque d'Avranches.
Ca
La Marquise de la Vieuville accoucha le Dimanche
6. Juin , d'un garçon , qui a été tenu sur
les Fonts de Baptême par le Comte de la Vieuville
, et par la Marquise de Caux ; il a été nome
umé Charles-Jean- Baptiste-Julle.
Fermer
Résumé : « Le 16 Mai 1734. Dame Geneviéve Hérault, veuve depuis le 12 Mars 1719, de Henri Bourdon [...] »
En mai et juin 1734, plusieurs personnalités notables décédèrent. Le 16 mai, Dame Geneviève Hérault, veuve de Henri Bourdon, Conseiller du Roi, mourut à l'âge de 82 ans, laissant une fille unique, Barbe Geneviève Bourdon, mariée à Armand-Louis Parent. Le même jour, Gui-Étienne-Alexandre de Faoucq, Chevalier et Marquis de Garnetot, mourut à Strasbourg à l'âge de 37 ans. Il était marié à Charlotte-Sophie de Sonning et avait des enfants. Le 21 mai, Frère Élisabeth-René de Froulay de Tessé, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et Lieutenant de vaisseaux du Roi, mourut au Château de Vernie à l'âge de 23 ans. Le 22 mai, M. de la Roque, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Brigadier des Armées du Roi, mourut de maladie au camp de Bruchsall en Allemagne. Le 30 mai, Pierre-Madelaine de Beauvau, Marquis du Rivau et Comte de Beauvau, Lieutenant Général des Armées du Roi et Directeur Général de la Cavalerie, mourut à Douai à l'âge de 71 ans. Il avait une fille unique, Marie-Anne-Élisabeth de Beauvau, mariée à Louis-Paul de Rochechouart, Duc de Mortemar. Jacques-Henri de Lorraine, Prince de Lixin, fut tué le 2 juin à la tête du Pont de Philisbourg à l'âge de 37 ans. Il était marié à Marguerite-Gabrielle de Beauvau et n'avait pas d'enfants. Le 3 juin, Jacques Marquis de Montalambert, Ecuyer de la Princesse de Conti, mourut à Paris à l'âge de 37 ans. Le même jour, Dame Jeanne-Thérèse-Antoinette Pelletier, épouse de Louis-Anne Seguier, mourut à Paris après une longue maladie, laissant des enfants. Le 4 juin, Dame Marie-Louise-Charlotte Desvieux, épouse de Charles de Montholon, mourut à l'âge de 17 ans et demi. Le même jour, François de Cormis, Doyen des Avocats au Parlement de Provence, mourut à Aix à l'âge de 95 ans. Le Comte de Clermont d'Amboise, Colonel du Régiment d'Auvergne et Brigadier des Armées du Roi, mourut le 6 juin au camp de Sanguina en Parmesan à l'âge d'environ 45 ans. Le 7 juin, Jean-Baptiste-Louis Couturier, Prêtre et Chanoine honoraire de l'Église Royale de Saint-Germain l'Auxerrois, mourut à Paris à l'âge d'environ 55 ans. Le 10 juin, Pierre Félicien de Bofflin, Marquis d'Argenson et Gouverneur de Gap, mourut à Paris à l'âge de 64 ans. Le 11 juin, Henry-Hubert d'Estampes, Marquis de Valençay, mourut à Paris à l'âge de 49 ans, 6 mois et 11 jours. Le 15 juin, Dame Marie-Magdelaine Robin de la Peschellerie, épouse de Jean-Marie de Vougny, mourut à l'âge de 24 ans après avoir accouché d'un fils. Le 26 mai, les cérémonies du baptême furent suppléées pour Bruno-Emanuel-Marie-Esprit de Vassy, né au Château de Bressey en Normandie. La Marquise de la Vieuville accoucha le 6 juin d'un garçon nommé Charles-Jean-Baptiste-Julle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7766
p. 1255-1258
ARRESTS NOTABLES.
Début :
DECLARATION du Roy, pour le Droit de Septennium des Professeurs ez Arts de [...]
Mots clefs :
Ordre de saint Antoine, Subdivisions, Rentes, Évêque d'Auxerre, Religieux, Arrêt, Déclaration, Ville, Abbé supérieur général, Tontine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
Dde Septentum des Professeurs ez Arts de
ECLARATION du Roy , pour le Droit
l'Université de Rheims , du 24. Mars 1734. Registrée
au Parlement le 5. Avril,
ARREST de la Chambre des Comptes , du 20
Mars , en Interpretation de la Déclaration du
premier Juiller 1710 concernant la reddition des
comptes des Payeurs des Rentes de l'Hôtel de
Ville , et les débets des parties des Rentes viage
res non reclamées .
ARREST du Conseil d'Etat du Roy , du 28.
Mars , qui ordonne la suppression d'un Ecrit
intitulé , Mandement de M. l'Evêque d'Auxerre ,
c. par lequel S. M. ordonne que ledit Imprimé
ayant pour titre , Mandement de M. l'Evêque
d'Auxerre , à l'occasion du Miracle opere dans la
I. Vol. Ville
125 MERCURE DE FRANCE
६.
Ville de Seignelay de ce Diocèse , le 6. Janvier
1733. jour de l'Epiphanie , M. DCC. XXXIV.
sera et demeurera supprimé , comme contraire à
PArrêt du 5. Septembre 1731. et contenant des
principes capables de révolter les esprits contre
Pauthorité légitime , et de troubler la tranquilli
té publique. Enjoint à tous ceux qui en ont des
Exemplaires , de les remettre incessamment au
Greffe du Conseil , pour y être supprimer. Fait
deffenses à tous Inprimeurs , Libraires , Colporteurs
et autres , de quelque état , qualité et con.
dition qu'ils soient , d'en imprimer , vendre , ou
autrement distribuer , à peine de punition exem
plaire.
EDIT DU ROI , donné en Mars 1734. concernant
les Chanoines Reguliers de S. Augustin,
de l'Ordre de S. Antoine ; au sujet des Beneffces
à charge d'ames , ou exigeans résidence. Par
lequel il est dit que les Religieux dudit Ordre de
S. Antoine , actuellement pourvûs ou qui se fe
ront pourvoir à l'avenir des Cures , Vicairies
perpetuelles ou Pricures Cures qui dépendent
dudit Ordre de S. Antoine , ou qui peuvent être
possedés en general par tous Chanoines Reguliers
de l'Ordre de S. Augustin , puissent sans
aucune monition précedente et sans forme ni fi
gure de procès , être revoqués et rappel és de
leurs Benefices et envoyés en des Maisons de leur ,
Ordre par le Chapitre general , ou par l'Abbé Superieur
general , et le Définitoire d'icelui , pour
fautes par eux commises et scan lale connu à l'Evêque
et audit Abbe Superieur General , ou mê
me pour le seul bien et avantage de l'Ordre , s'il
y échet , du consentement toutefois des Archevêques
ou Evêques , dans les Diocèses desquels les
I.Vol.
Benc
JUIN, 1714. 1257
Benefices sont situés et non autrement , et ce
nonobstant la disposition generale de la Déclaration
du mois de Janvier 1686. portant que toutes
les Cures seront à l'avenir desservies par des
Curés ou Vicaires perpetuels en titre , laquelle
disposition ne pourra empêcher la revocabilité
desdits Religieux pourvûs des Benefices ci - dessus
marqués. A l'effet dequoi avons dérogé et déro
geons par ces présentes à ladite Déclaration pour
ce regard seulement ; Voulons en outre et nous
plaît qu'aucun Religieux ou Chanoine Regulier
dudit Ordre de S. Antoine ne puisse accepter la
provision d'une Cure , Vicairie perpetuelle on
Prieuré Cure , ni d'aucun autre Benefice exigeant
résidence , qu'il n'ait fait apparoir à l'Evêque
de l'attestation de vie et moeurs , et du consentement
par écrit de l'Abbé Superieur general , et
du Definitoire dudit Ordre de S. Antome , faute
dequoi le Religieux pourvû demeurera déchû de
tout droit ausdits Benefices : Faisons défenses à
nos Juges d'avoir égard à ses provisions , et permettons
aux Patrons et Collateurs desdits Bene
fices d'y pourvoir. Si donnons , & c.
A
ARREST , concernant la Tontine établie par
Edit du mois de Novembre 1733. par lequel
S. M. ordonné que la premiere classe de ladite
Tontine , sera et demeurera composée de douze
subdivisons ; la deuxième ,de quinze subdivisions;
la troisiéme,de vingt - cinq subdivisions ; la qua
triéme,de trente-une subdivisions , la cinquième,
de quarante- sept subdivisions ; la sixième , de
quaranse-une subdivisions ; et la séptiéme , de
trente- neuf subdivisions ; toutes lesdites subdivisions
de cinq mille livres de rentes chacune ,
Produisant ensemble un million cinquante mille
Į. Vol.
ct
livres
1258 MERCURE DE FRANCE
livres de rente , ainsi qu'il est prescrit par ledit
Edit du mois de Novembre dernier . Veut Sa Majesté
que ceux qui , acquereront ce qui reste des
rentes à lever dans lesdites classes , soient tenus
de remettre leurs fonds ès mains du Garde
du Trésor Royal , avant le 16. Mai prochain ,
afin qu'il y ait un terme suffisant pour l'expedi
tion des contrats , et pour la confection des lis
tes de ladite Tontine , de maniere que l'ouverture
du payement puisse se faire au premier Juillet
suivant , concurremment avec celui des trois
autres Tontines ; au moyen de quoi lesdits acquereurs
jouiront des arrerages , à commencer
du premier Janvier de la presente année.
Dde Septentum des Professeurs ez Arts de
ECLARATION du Roy , pour le Droit
l'Université de Rheims , du 24. Mars 1734. Registrée
au Parlement le 5. Avril,
ARREST de la Chambre des Comptes , du 20
Mars , en Interpretation de la Déclaration du
premier Juiller 1710 concernant la reddition des
comptes des Payeurs des Rentes de l'Hôtel de
Ville , et les débets des parties des Rentes viage
res non reclamées .
ARREST du Conseil d'Etat du Roy , du 28.
Mars , qui ordonne la suppression d'un Ecrit
intitulé , Mandement de M. l'Evêque d'Auxerre ,
c. par lequel S. M. ordonne que ledit Imprimé
ayant pour titre , Mandement de M. l'Evêque
d'Auxerre , à l'occasion du Miracle opere dans la
I. Vol. Ville
125 MERCURE DE FRANCE
६.
Ville de Seignelay de ce Diocèse , le 6. Janvier
1733. jour de l'Epiphanie , M. DCC. XXXIV.
sera et demeurera supprimé , comme contraire à
PArrêt du 5. Septembre 1731. et contenant des
principes capables de révolter les esprits contre
Pauthorité légitime , et de troubler la tranquilli
té publique. Enjoint à tous ceux qui en ont des
Exemplaires , de les remettre incessamment au
Greffe du Conseil , pour y être supprimer. Fait
deffenses à tous Inprimeurs , Libraires , Colporteurs
et autres , de quelque état , qualité et con.
dition qu'ils soient , d'en imprimer , vendre , ou
autrement distribuer , à peine de punition exem
plaire.
EDIT DU ROI , donné en Mars 1734. concernant
les Chanoines Reguliers de S. Augustin,
de l'Ordre de S. Antoine ; au sujet des Beneffces
à charge d'ames , ou exigeans résidence. Par
lequel il est dit que les Religieux dudit Ordre de
S. Antoine , actuellement pourvûs ou qui se fe
ront pourvoir à l'avenir des Cures , Vicairies
perpetuelles ou Pricures Cures qui dépendent
dudit Ordre de S. Antoine , ou qui peuvent être
possedés en general par tous Chanoines Reguliers
de l'Ordre de S. Augustin , puissent sans
aucune monition précedente et sans forme ni fi
gure de procès , être revoqués et rappel és de
leurs Benefices et envoyés en des Maisons de leur ,
Ordre par le Chapitre general , ou par l'Abbé Superieur
general , et le Définitoire d'icelui , pour
fautes par eux commises et scan lale connu à l'Evêque
et audit Abbe Superieur General , ou mê
me pour le seul bien et avantage de l'Ordre , s'il
y échet , du consentement toutefois des Archevêques
ou Evêques , dans les Diocèses desquels les
I.Vol.
Benc
JUIN, 1714. 1257
Benefices sont situés et non autrement , et ce
nonobstant la disposition generale de la Déclaration
du mois de Janvier 1686. portant que toutes
les Cures seront à l'avenir desservies par des
Curés ou Vicaires perpetuels en titre , laquelle
disposition ne pourra empêcher la revocabilité
desdits Religieux pourvûs des Benefices ci - dessus
marqués. A l'effet dequoi avons dérogé et déro
geons par ces présentes à ladite Déclaration pour
ce regard seulement ; Voulons en outre et nous
plaît qu'aucun Religieux ou Chanoine Regulier
dudit Ordre de S. Antoine ne puisse accepter la
provision d'une Cure , Vicairie perpetuelle on
Prieuré Cure , ni d'aucun autre Benefice exigeant
résidence , qu'il n'ait fait apparoir à l'Evêque
de l'attestation de vie et moeurs , et du consentement
par écrit de l'Abbé Superieur general , et
du Definitoire dudit Ordre de S. Antome , faute
dequoi le Religieux pourvû demeurera déchû de
tout droit ausdits Benefices : Faisons défenses à
nos Juges d'avoir égard à ses provisions , et permettons
aux Patrons et Collateurs desdits Bene
fices d'y pourvoir. Si donnons , & c.
A
ARREST , concernant la Tontine établie par
Edit du mois de Novembre 1733. par lequel
S. M. ordonné que la premiere classe de ladite
Tontine , sera et demeurera composée de douze
subdivisons ; la deuxième ,de quinze subdivisions;
la troisiéme,de vingt - cinq subdivisions ; la qua
triéme,de trente-une subdivisions , la cinquième,
de quarante- sept subdivisions ; la sixième , de
quaranse-une subdivisions ; et la séptiéme , de
trente- neuf subdivisions ; toutes lesdites subdivisions
de cinq mille livres de rentes chacune ,
Produisant ensemble un million cinquante mille
Į. Vol.
ct
livres
1258 MERCURE DE FRANCE
livres de rente , ainsi qu'il est prescrit par ledit
Edit du mois de Novembre dernier . Veut Sa Majesté
que ceux qui , acquereront ce qui reste des
rentes à lever dans lesdites classes , soient tenus
de remettre leurs fonds ès mains du Garde
du Trésor Royal , avant le 16. Mai prochain ,
afin qu'il y ait un terme suffisant pour l'expedi
tion des contrats , et pour la confection des lis
tes de ladite Tontine , de maniere que l'ouverture
du payement puisse se faire au premier Juillet
suivant , concurremment avec celui des trois
autres Tontines ; au moyen de quoi lesdits acquereurs
jouiront des arrerages , à commencer
du premier Janvier de la presente année.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En 1734, plusieurs arrêtés et édits royaux ont été promulgués. Le 24 mars, une déclaration royale relative à l'Université de Reims a été enregistrée au Parlement le 5 avril. La Chambre des Comptes a interprété, le 20 mars, une déclaration du 1er juillet 1710 concernant la reddition des comptes des payeurs des rentes de l'Hôtel de Ville et des rentes viagères non réclamées. Le Conseil d'État a ordonné, le 28 mars, la suppression d'un écrit intitulé 'Mandement de M. l'Évêque d'Auxerre', jugé contraire à l'autorité légitime et perturbateur de l'ordre public. Un édit royal de mars 1734 concerne les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin de l'Ordre de Saint-Antoine, stipulant que les religieux pourvus de cures ou vicariats perpétuels peuvent être révoqués par leur chapitre général ou abbé supérieur pour fautes ou pour le bien de l'ordre, avec le consentement des archevêques ou évêques. Enfin, un arrêt concernant la tontine établie par édit de novembre 1733 précise la composition des classes de subdivisions et les modalités de paiement des rentes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7767
p. 1258
« Le second Volume de ce mois est actuellement sous presse et paroîtra incessamment : on y trouvera [...] »
Début :
Le second Volume de ce mois est actuellement sous presse et paroîtra incessamment : on y trouvera [...]
Mots clefs :
Brigadiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le second Volume de ce mois est actuellement sous presse et paroîtra incessamment : on y trouvera [...] »
Le second Volume de ce mois est actuellement
cous presse et paroîtra incessamment : on y trouvera
la Liste des Brigadiers de la derniere Promotion ,
qui par l'abondance des matieres du temps , n'a pas
pú trouver place dans ce Volume.
cous presse et paroîtra incessamment : on y trouvera
la Liste des Brigadiers de la derniere Promotion ,
qui par l'abondance des matieres du temps , n'a pas
pú trouver place dans ce Volume.
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7768
p. 1258-[1260]
TABLE
Début :
Pieces Fugitives. L'Envie, Ode, 1047 Dissertation sur les trois Systêmes Chronologiques, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
Ieces Fugitives. L'Envie , Ode ,
1047
PDissertation sur les trois Systèmes Chronologiques
,
Lanre à Pétrarque , Elegie ,
Lettre du P. Tournemine à M. de la R.
1053
1065
1068¹
Epitre en Vers , sur le danger de produire des
Ouvrages ,
1074
Lettre au sujet d'une Légende déclarée fausse ,
& c .
1081
Lettre en Vers à Mlle de la Vigne et Réponse ,
1089
I. Vol. Instal,
Installation du Comte d'Albon dans la Charge
de Lieutenant de Roy dans la Province de Fo
retz ,
1092
Comparaison des Philosophies de Descartes et
de Newton , 1104
Les Urnes , ou la cause de la diversité des Esprits
,
Refléxions •
Au R. P. Gr. sur ses Poësies ,
Lettre sur l'Horlogerie ,
1117
1121
1128
1138
Le Bonheur de la Solitude Sonnet , 1140
Extrait d'un Mém. lû à l'Acad . des Sienc. 1141
Rondeau , 1144
Lettre sur la Mort du dernier Evêque de Genêve,
&c.
Enigmes , Logogryphes , & c.
1145
risa
NOUVELLES LITTERAIRES , des Beaux-Arts, 11f6
Les Poësies de M. G.
1158
Memoires du P. Niceron sur les Hommes 11-
lustres , 1159
Bibliotheque Germanique , &c. 1175
Prix de l'Académie des Sciences , 1183'
Prix de l'Acad. de Soissons ,
Nouvelles Estampes ,
1186
1189
Air noté ,
1191
Spectacles , Tragédie d'Adelaïde , & c. 1192
Siege de
1204
1211
Nouvelles Etrangeres , de Pologne ,
Dantzik , & c.
D'Allemagne , d'Italie et Naples ,
Entrée solemnelle de D. Carlos à Naples , 1215
Défaite des Troupes Imperiales dans le Royaume
de Naples ,
Nouvelles d'Angleterre ,
Armée d'Italie ,
Attaques du Château de Colarno , &c.
Armée d'Allemagne ,
Siege de Philisbourg ,
1217
1222
1-12231
1224
1229
1230
France, Nouvelles de la Cour, de Paris, & c . 1237
Cordons Bleus noinmez ,
Maréchaux de France ,
Morts , Naissances ,
Epitaphe de Mademoiselle ,
Arrêts Notables ,
ibid.
3240
1246
1247
1256
Ieces Fugitives. L'Envie , Ode ,
1047
PDissertation sur les trois Systèmes Chronologiques
,
Lanre à Pétrarque , Elegie ,
Lettre du P. Tournemine à M. de la R.
1053
1065
1068¹
Epitre en Vers , sur le danger de produire des
Ouvrages ,
1074
Lettre au sujet d'une Légende déclarée fausse ,
& c .
1081
Lettre en Vers à Mlle de la Vigne et Réponse ,
1089
I. Vol. Instal,
Installation du Comte d'Albon dans la Charge
de Lieutenant de Roy dans la Province de Fo
retz ,
1092
Comparaison des Philosophies de Descartes et
de Newton , 1104
Les Urnes , ou la cause de la diversité des Esprits
,
Refléxions •
Au R. P. Gr. sur ses Poësies ,
Lettre sur l'Horlogerie ,
1117
1121
1128
1138
Le Bonheur de la Solitude Sonnet , 1140
Extrait d'un Mém. lû à l'Acad . des Sienc. 1141
Rondeau , 1144
Lettre sur la Mort du dernier Evêque de Genêve,
&c.
Enigmes , Logogryphes , & c.
1145
risa
NOUVELLES LITTERAIRES , des Beaux-Arts, 11f6
Les Poësies de M. G.
1158
Memoires du P. Niceron sur les Hommes 11-
lustres , 1159
Bibliotheque Germanique , &c. 1175
Prix de l'Académie des Sciences , 1183'
Prix de l'Acad. de Soissons ,
Nouvelles Estampes ,
1186
1189
Air noté ,
1191
Spectacles , Tragédie d'Adelaïde , & c. 1192
Siege de
1204
1211
Nouvelles Etrangeres , de Pologne ,
Dantzik , & c.
D'Allemagne , d'Italie et Naples ,
Entrée solemnelle de D. Carlos à Naples , 1215
Défaite des Troupes Imperiales dans le Royaume
de Naples ,
Nouvelles d'Angleterre ,
Armée d'Italie ,
Attaques du Château de Colarno , &c.
Armée d'Allemagne ,
Siege de Philisbourg ,
1217
1222
1-12231
1224
1229
1230
France, Nouvelles de la Cour, de Paris, & c . 1237
Cordons Bleus noinmez ,
Maréchaux de France ,
Morts , Naissances ,
Epitaphe de Mademoiselle ,
Arrêts Notables ,
ibid.
3240
1246
1247
1256
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Résumé : TABLE
Le document présente une liste d'œuvres littéraires et d'événements historiques. Parmi les œuvres littéraires figurent des poèmes comme 'Ieces Fugitives. L'Envie, Ode' (1047), 'Lettre à Pétrarque, Élegie' (1053), et 'Le Bonheur de la Solitude Sonnet' (1140). Il mentionne également des dissertations et lettres, telles que la 'Dissertation sur les trois Systèmes Chronologiques' (1065) et la 'Lettre au sujet d'une Légende déclarée fausse' (1081). Des comparaisons philosophiques sont également incluses, comme 'Comparaison des Philosophies de Descartes et de Newton' (1104). Le texte recense aussi des événements politiques et militaires, tels que l''Installation du Comte d'Albon dans la Charge de Lieutenant de Roy dans la Province de Forez' (1092) et le 'Siège de Philisbourg' (1222). Des nouvelles littéraires et artistiques sont mentionnées, comme les 'Nouvelles Littéraires, des Beaux-Arts' (1166) et les 'Spectacles, Tragédie d'Adelaïde' (1192). Le document fait référence à des événements en Europe, notamment en Pologne, en Allemagne, en Italie, et en Angleterre, ainsi qu'à des nouvelles de la cour et de Paris. Il inclut également des informations sur des distinctions et des décès, comme les 'Cordons Bleus nommés' (1240) et les 'Morts' (1247).
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7769
s. p.
Errata de May.
Début :
Page 846. ligne 23 à Hunis, lisez, à Chunis. P. 1007. l. 23. Fenieres. l. Ferrieres. P. 1014 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata de May.
Errata de May.
Age 846. ligne 23 à Hunis , lisez , à Chunis.
PAge 23, & P. 1007.1.23 . Fenieres , l . Ferrieres. P. 1014
1. 3. la Montrevel , effacez la . P. 1019. l. 17.
Ifanterie . Infanterie. P. 1c20. 1. 31. 1714. l.
1724. P. 1022. 1. 22. du mois , l . du même mois.
Pro23 . 1. 29. 1733. l. 1723. P. 1024 1. 29 .
Gaumont , L. Ganmont, P. 1025. I. antepenult..
ancien Avocat , L. anciens Avocats . Ajoutez entre
ces 2. mots , et et ès , de Simon Charles le Roy
Avocat au Parlement, et ès Conseils , & c. P. 1028
1. 10.Bofflers, l . Boufflers. P. 1030. 1. 33. Croisy,
1. Choisy. P. 1032. 1. 24. Norvingue, l . Nerwinde.
P. 1035.1 . 20. adjugeant , l . adjudant . P.1036
1. 8. Escolleville , L. Escosseville. P. 1037.1. 13 .
heritiers , I. heritieres. P. 1039. 1. 14. Benoît , l.
Benoîte.Lig. 32. Cambray, I. Chambray.P. 1940
1, 18. l aussi Chambray. P. 1042. Traiter ,
7. l. troquer.
Age 846. ligne 23 à Hunis , lisez , à Chunis.
PAge 23, & P. 1007.1.23 . Fenieres , l . Ferrieres. P. 1014
1. 3. la Montrevel , effacez la . P. 1019. l. 17.
Ifanterie . Infanterie. P. 1c20. 1. 31. 1714. l.
1724. P. 1022. 1. 22. du mois , l . du même mois.
Pro23 . 1. 29. 1733. l. 1723. P. 1024 1. 29 .
Gaumont , L. Ganmont, P. 1025. I. antepenult..
ancien Avocat , L. anciens Avocats . Ajoutez entre
ces 2. mots , et et ès , de Simon Charles le Roy
Avocat au Parlement, et ès Conseils , & c. P. 1028
1. 10.Bofflers, l . Boufflers. P. 1030. 1. 33. Croisy,
1. Choisy. P. 1032. 1. 24. Norvingue, l . Nerwinde.
P. 1035.1 . 20. adjugeant , l . adjudant . P.1036
1. 8. Escolleville , L. Escosseville. P. 1037.1. 13 .
heritiers , I. heritieres. P. 1039. 1. 14. Benoît , l.
Benoîte.Lig. 32. Cambray, I. Chambray.P. 1940
1, 18. l aussi Chambray. P. 1042. Traiter ,
7. l. troquer.
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Résumé : Errata de May.
Le document 'Errata de May' liste des corrections typographiques et des ajustements de termes. Parmi les modifications notables, 'Hunis' devient 'Chunis' à la page 846, et 'Fenieres' devient 'Ferrieres' aux pages 23 et 1007. D'autres corrections incluent des noms propres comme 'Gaumont' en 'Ganmont' et des dates comme '1714' en '1724'. Des ajustements de termes juridiques et de noms de lieux sont également mentionnés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7770
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1072. ligne 9. j'ai, lisez, je. P. 1092. l. 8. avoue, l. avouent. P. 1097. l. 12. des, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Page 1072. ligne 9. j'ai , lisex, je. P. 1092 . 1. 8. avoue , l. avouent. P. 1097. 1. 12. des ,
1. de. P. 1105. 1. 27. jux . l . juxta. P. 1127. l . 18 .
utile. l. inutile, P. 1202. 1. 8. le, ôtez cé mot. Ibid.
12. de , ôtez ce mot . P. 1209. l . 15 : leur , l . sa.
Page 1072. ligne 9. j'ai , lisex, je. P. 1092 . 1. 8. avoue , l. avouent. P. 1097. 1. 12. des ,
1. de. P. 1105. 1. 27. jux . l . juxta. P. 1127. l . 18 .
utile. l. inutile, P. 1202. 1. 8. le, ôtez cé mot. Ibid.
12. de , ôtez ce mot . P. 1209. l . 15 : leur , l . sa.
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7771
s. p.
« L'Air noté doit regarder la page 1191 [...] »
Début :
L'Air noté doit regarder la page 1191 [...]
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texteReconnaissance textuelle : « L'Air noté doit regarder la page 1191 [...] »
L'Air noté doit regarder la page 1191
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7772
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
,
>
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris
à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On prie très -inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans.
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on aux Meſſageries qu'on
lui indiquera,
K
PRIX XXX. SOLS.
,
>
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris
à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On prie très -inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans.
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on aux Meſſageries qu'on
lui indiquera,
K
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
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7773
p. 1259-1261
L'OURSE, LA GUENON, ET LE HIBOU. FABLE.
Début :
Par cas fortuit, ou quelqu'autre aventure, [...]
Mots clefs :
Ourse, Guenon, Hibou, Coeur, Nid
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texteReconnaissance textuelle : L'OURSE, LA GUENON, ET LE HIBOU. FABLE.
L'OURSE , LA GUENON,
ET LE HIBOU.
FABL E.
Ar cas fortuit , ou quelqu'autre
aventure ,
Une Ourse , une Guenon ,
societé ;
Du moins on croit la Nature que
N'avoit pas signé le Traité.
11. Vol
firent
A ij Quoi1260
MERCURE DE FRANCE
Quoiqu'il en soit l'un et l'autse ménage ,
Chaque mere ayant ses Petits ,
S'établit en même logis :
Il servoit seul à tout leur tripotage.
L'Ourse y lechoit chaque instant ses Oursons ;
La Guenon folatroit avec ses Nourrissons ,
Et les formoit au badinage ,
Sautant par-cy , sautant par - là ,
Dorlotant celui- cy , baisotant celui-la.
La Comere en rioit et ne pouvoit comprendre
Qu'on pût pour des magots avoir le coeur si
tendre ;
Dame Guenon comprenoit encor moins
La tendresse de l'Ourse. A quoi bon tant de soins;
Disoit- elle à
soi ,
par pour une masse informe ?
Un Ourson est un Monstre , un animal énormez
Il est si laid qu'il en fait peur ,
Un tel objet fait mal au coeur :
Pour le lecher , il faut être bien mere
Ou n'avoir pas beaucoup à faire.
Par malheur elle s'expliqua ,
,
Qu'arriva t'il ? Guenon n'est point discrete ,
Non - plus que femme n'est secrette.
L'Ourse tout de bon s'en choqua ,
Et sur même ton répliqua.
Grand procès , grand débat ; on met en parallele
Les Oursons, les Magots , et l'amour paternelle
Plaide , il faut voir ! au bruit vient un Hibou ,
JI. Vol.
Ayant
JUIN. 1261 734.
Qui près de- là gardoit et son nid et son trou
Ayant oui chaque Partie ,
A chacune il donna le tort.
Yous jugez toutes deux , dit- il , par simpatie ,
Je vais , pour vous mettre d'accord ,
Yous chercher un mignon plus digne de tendresse
,
C'est un bijou de mon espece.
Aussi- tôt il vole à son nid ,
Y prend , en apporte un petit
Joli , Dicu sçait , comme son pere ;
Rechigné comme une Megere ;
Et le montrant d'un air bouru ,
Mais pourtant avec complaisance :
Ourse , Guenon, dit- il , jugez de mon engeance,
Un semblable poupon n'est pas un malotru,
L'Ourse en pensa toute autre chose ,
Et la Guenon ne fut de même avis que lui .
Tous trois jugeoient fort bien dans la cause
d'autrui ,
Et fort mal en leur propre cause,
Aprenez de cette leçon ,
Que le coeur duppe la raison.
L. M. D. C.
ET LE HIBOU.
FABL E.
Ar cas fortuit , ou quelqu'autre
aventure ,
Une Ourse , une Guenon ,
societé ;
Du moins on croit la Nature que
N'avoit pas signé le Traité.
11. Vol
firent
A ij Quoi1260
MERCURE DE FRANCE
Quoiqu'il en soit l'un et l'autse ménage ,
Chaque mere ayant ses Petits ,
S'établit en même logis :
Il servoit seul à tout leur tripotage.
L'Ourse y lechoit chaque instant ses Oursons ;
La Guenon folatroit avec ses Nourrissons ,
Et les formoit au badinage ,
Sautant par-cy , sautant par - là ,
Dorlotant celui- cy , baisotant celui-la.
La Comere en rioit et ne pouvoit comprendre
Qu'on pût pour des magots avoir le coeur si
tendre ;
Dame Guenon comprenoit encor moins
La tendresse de l'Ourse. A quoi bon tant de soins;
Disoit- elle à
soi ,
par pour une masse informe ?
Un Ourson est un Monstre , un animal énormez
Il est si laid qu'il en fait peur ,
Un tel objet fait mal au coeur :
Pour le lecher , il faut être bien mere
Ou n'avoir pas beaucoup à faire.
Par malheur elle s'expliqua ,
,
Qu'arriva t'il ? Guenon n'est point discrete ,
Non - plus que femme n'est secrette.
L'Ourse tout de bon s'en choqua ,
Et sur même ton répliqua.
Grand procès , grand débat ; on met en parallele
Les Oursons, les Magots , et l'amour paternelle
Plaide , il faut voir ! au bruit vient un Hibou ,
JI. Vol.
Ayant
JUIN. 1261 734.
Qui près de- là gardoit et son nid et son trou
Ayant oui chaque Partie ,
A chacune il donna le tort.
Yous jugez toutes deux , dit- il , par simpatie ,
Je vais , pour vous mettre d'accord ,
Yous chercher un mignon plus digne de tendresse
,
C'est un bijou de mon espece.
Aussi- tôt il vole à son nid ,
Y prend , en apporte un petit
Joli , Dicu sçait , comme son pere ;
Rechigné comme une Megere ;
Et le montrant d'un air bouru ,
Mais pourtant avec complaisance :
Ourse , Guenon, dit- il , jugez de mon engeance,
Un semblable poupon n'est pas un malotru,
L'Ourse en pensa toute autre chose ,
Et la Guenon ne fut de même avis que lui .
Tous trois jugeoient fort bien dans la cause
d'autrui ,
Et fort mal en leur propre cause,
Aprenez de cette leçon ,
Que le coeur duppe la raison.
L. M. D. C.
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Résumé : L'OURSE, LA GUENON, ET LE HIBOU. FABLE.
La fable 'L'Ourse, la Guenon et le Hibou' met en scène deux mères, une ourse et une guenon, vivant avec leurs petits. L'ourse chérit ses oursons, tandis que la guenon joue avec ses magots. Chaque mère critique les soins de l'autre : l'ourse ne comprend pas la tendresse de la guenon, et la guenon trouve les oursons laids et informes. Un conflit éclate lorsque la guenon exprime son incompréhension, et l'ourse réagit de manière offensée. Leur dispute attire un hibou, qui tente de les réconcilier en leur montrant un de ses petits. Cependant, ni l'ourse ni la guenon ne trouvent le petit hibou attrayant. La fable conclut que chacun juge bien la cause des autres mais mal la sienne, illustrant que le cœur dupe souvent la raison.
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7774
p. 1274-1277
PSEAUME XLIX. Disposition qu'on doit apporter à la Priere.
Début :
Le ROI des Cieux et de la terre [...]
Mots clefs :
Psaume, Dieu, Terre, Cieux, Autels, Prière
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texteReconnaissance textuelle : PSEAUME XLIX. Disposition qu'on doit apporter à la Priere.
PSEAUME XLIX.
Dispofition qu'on doit apporter à la Priere,
LE ROI des Cieux et de la terre
Descend au milieu des éclairs ;
Sa voix comme un bruyant tonnerre ,
Se fait entendre dans les airs.
Dieux mortels , c'est vous qu'il appelle ;
11 tient la balance éternelle
Qui doit peser tous les humains
Dans ses yeux la flamme étincelle
Le glave brille entre ses mains.
Ministres de ses Loix augustes ,
Esprits Divins , qui le servez ,
Assemblés la troupe des justes ,
Que les oeuvres ont éprouvés ;
Et de ces serviteurs utiles
Separes les Ames serviles
Dont le zele oisif en sa foi ,
Par des holocaustes steriles
A cru satisfaire à la Loi.
Allez , saintes Intelligences ,
Executer ses volontés ;
;
Tand
JUIN.
1273
1734.
Tandis qu'à servir ses vengeances
Les Cieux et la Terre invités ,
Apprendront à ces miserables ,
Par des Prodiges innombrables ,
Que le jour fatal est venu ,
Qui fera connoître aux coupables
Le Juge qu'ils ont méconnu .
Ecoutez ce Juge severe ,
Hommes charnels , écoutez tous ,
Quand je viendrai dans ma colere
Lancer mes Jugemens sur vous ,
Vous m'alleguerez les Victimes ,
Que sur mes Autels legitimes
Chaque jour vous sacrifiez ;
Mais ne pensez pas que vos crimes
Par-là puissent être expiés.
Que m'inportent vos sacrifices ,
Vos offrandes et vos troupeaux ?
Dieu boit- il le sang des Genisses ?
Mange -t'il la chair des Taureaux ?
Ignorez-vous que son Empire
Embrasse tout ce qui respire
Et sur la Terre et dans les Mers ?
Et que son souffle seul inspire
L'ame à tout ce vaste Univers ?
Offrez , à l'exemple des Anges ,
H. Vol.
*
A
Y176 MERCURE DE FRANCE
A ce Dieu , votre unique appui
Un sacrifice de louanges ,
Le seul qui soit digne de lui.
Chantez d'une voix ferme et sûre
De cet Auteur de la Nature
Les bienfaits toujours renaissans :
Mais sçachez qu'une main impure
Peut souiller le plus pur encens.
Il a dit à l'homme profane :
» Oses-tu , pécheur criminel ,
» D'un Dieu dont la Loi te condamne
» Chanter le pouvoir éternel ?
»Toi , qui courant à ta ruine ,
Fus toujours sourd à ma Doctrine ;
Qui malgré mes secours puissans »
» Rejettant toute discipline ,
» N'as pris conseil que de tes senst
» Si tu voyois un adultere
» C'étoit lui que tu consultois ;
» Tu respirois le caractere
» Du Voleur que tu frequentois ;
» Ta bouche abondoit en malice ,
» Et ton coeur paîtri d'artifice ,
3 Contre ton frere encouragé
» S'applaudissoit du précipice
Où ta fraude l'avoit plongé.
Vol.
Coats
JUIN. 1734 1277
Contre une impieté si noire
Mes foudres furent sans emploi ,
» Et voila ce qui t'a fait croire
Que ton Dieu pensoit comme toi ;
Mais apprens , homme detestable ,
Que ma Justice formidable
Nese laise point prevenir,
Et n'en est pas moins redoutable
» Pour être tardive à punir.
Pensez-y donc , Ames grossieres ,
Commencez par regler vos moeurs ;
Moins de faste dans vos Prieres ;
Plus d'innocence dans vos coeurs,
Sans une ame bien enflamée ,
Sans la pratique confirmée
De mes preceptes immortels ,
Votre encens n'est qu'une fumée
Qui deshonore mes Autels.
Dispofition qu'on doit apporter à la Priere,
LE ROI des Cieux et de la terre
Descend au milieu des éclairs ;
Sa voix comme un bruyant tonnerre ,
Se fait entendre dans les airs.
Dieux mortels , c'est vous qu'il appelle ;
11 tient la balance éternelle
Qui doit peser tous les humains
Dans ses yeux la flamme étincelle
Le glave brille entre ses mains.
Ministres de ses Loix augustes ,
Esprits Divins , qui le servez ,
Assemblés la troupe des justes ,
Que les oeuvres ont éprouvés ;
Et de ces serviteurs utiles
Separes les Ames serviles
Dont le zele oisif en sa foi ,
Par des holocaustes steriles
A cru satisfaire à la Loi.
Allez , saintes Intelligences ,
Executer ses volontés ;
;
Tand
JUIN.
1273
1734.
Tandis qu'à servir ses vengeances
Les Cieux et la Terre invités ,
Apprendront à ces miserables ,
Par des Prodiges innombrables ,
Que le jour fatal est venu ,
Qui fera connoître aux coupables
Le Juge qu'ils ont méconnu .
Ecoutez ce Juge severe ,
Hommes charnels , écoutez tous ,
Quand je viendrai dans ma colere
Lancer mes Jugemens sur vous ,
Vous m'alleguerez les Victimes ,
Que sur mes Autels legitimes
Chaque jour vous sacrifiez ;
Mais ne pensez pas que vos crimes
Par-là puissent être expiés.
Que m'inportent vos sacrifices ,
Vos offrandes et vos troupeaux ?
Dieu boit- il le sang des Genisses ?
Mange -t'il la chair des Taureaux ?
Ignorez-vous que son Empire
Embrasse tout ce qui respire
Et sur la Terre et dans les Mers ?
Et que son souffle seul inspire
L'ame à tout ce vaste Univers ?
Offrez , à l'exemple des Anges ,
H. Vol.
*
A
Y176 MERCURE DE FRANCE
A ce Dieu , votre unique appui
Un sacrifice de louanges ,
Le seul qui soit digne de lui.
Chantez d'une voix ferme et sûre
De cet Auteur de la Nature
Les bienfaits toujours renaissans :
Mais sçachez qu'une main impure
Peut souiller le plus pur encens.
Il a dit à l'homme profane :
» Oses-tu , pécheur criminel ,
» D'un Dieu dont la Loi te condamne
» Chanter le pouvoir éternel ?
»Toi , qui courant à ta ruine ,
Fus toujours sourd à ma Doctrine ;
Qui malgré mes secours puissans »
» Rejettant toute discipline ,
» N'as pris conseil que de tes senst
» Si tu voyois un adultere
» C'étoit lui que tu consultois ;
» Tu respirois le caractere
» Du Voleur que tu frequentois ;
» Ta bouche abondoit en malice ,
» Et ton coeur paîtri d'artifice ,
3 Contre ton frere encouragé
» S'applaudissoit du précipice
Où ta fraude l'avoit plongé.
Vol.
Coats
JUIN. 1734 1277
Contre une impieté si noire
Mes foudres furent sans emploi ,
» Et voila ce qui t'a fait croire
Que ton Dieu pensoit comme toi ;
Mais apprens , homme detestable ,
Que ma Justice formidable
Nese laise point prevenir,
Et n'en est pas moins redoutable
» Pour être tardive à punir.
Pensez-y donc , Ames grossieres ,
Commencez par regler vos moeurs ;
Moins de faste dans vos Prieres ;
Plus d'innocence dans vos coeurs,
Sans une ame bien enflamée ,
Sans la pratique confirmée
De mes preceptes immortels ,
Votre encens n'est qu'une fumée
Qui deshonore mes Autels.
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Résumé : PSEAUME XLIX. Disposition qu'on doit apporter à la Priere.
Le psaume XLIX annonce la venue du Roi des Cieux et de la terre, accompagné d'éclairs et de tonnerre, pour juger les humains. Dieu utilise une balance éternelle pour peser les âmes et rassemble les esprits divins et les justes pour exécuter ses volontés. Les âmes serviles, dont le zèle est stérile, sont séparées. Le psaume met en garde les hommes charnels contre le jour du jugement, où ils connaîtront le juge qu'ils ont méconnu. Dieu rejette les sacrifices et les offrandes, affirmant que son empire embrasse tout ce qui respire. Il exige un sacrifice de louanges, le seul digne de lui. Les impies sont avertis que leurs actions profanes souillent les prières et que la justice divine est inévitable, même si elle semble tardive. Le texte conclut en exhortant les âmes grossières à régler leurs mœurs, à prier avec moins de faste et plus d'innocence, et à pratiquer les préceptes divins pour que leurs prières soient acceptées.
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7775
p. 1278-1288
EXTRAIT du Memoire lû par M. de Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences du 5 May 1734. sur les diférens degrez du froid qu'on peut produire en mêlant de la Glace avec diférens Sels ou avec d'autres matieres, soit solides, soit liquides.
Début :
On sçait qu'en mêlant de la glace pilée avec certains sels, tels que le [...]
Mots clefs :
Réaumur, Académie royale des sciences, Froid, Glace, Sels, Degrés, Salpêtre, Expériences, Esprit de vin, Poudre, Sel marin, Thermomètres, Degré, Liqueurs, Mémoire
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Memoire lû par M. de Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences du 5 May 1734. sur les diférens degrez du froid qu'on peut produire en mêlant de la Glace avec diférens Sels ou avec d'autres matieres, soit solides, soit liquides.
EXTRAIT du Memoire lû par M. de
Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie
Royale des Sciences du 5 May
1734. sur les diférens degrez du froid
qu'on peut produire en mêlant de la Glace
avec diférens Sels ou avec d'autres matieres,
soit solides , soit liquides .
OP
N sçait qu'en mêlant de la glace
pilée avec certains sels , tels que le
Salpêtre et le Sel marin , ou le Sel de table
, on fait naître un plus grand degré
de froid que celui qu'avoit cette Glace ;
qu'au moyen du froid produit par ce mélange
on fait geler de l'eau dans les jours
les plus chauds . C'est même l'expédient
auquel nous devons ces liqueurs glacées
que nous prenons avec plaisir en Eté et
qui paroissent à présent en toutes Saisons
sur les tables somptueuses ; Mais or ne
sçait point encore assez quelle est l'efficacité
de chaque Sel mêlé avec la Glace pour
la production du froid. Quoiqu'on ait
fait beaucoup d'expériences sur la production
de ces froids , qu'on peut nom,
mer artificiels , on ne sçait point encore
de combien le froid qu'un Sel peut produire
est plus grand que celui qui peut
II Vol. être
JUIN. 1734: 1279
Etre produit par un autre Sel , et quelle
est la proportion la plus avantageuse dans
laquelle chaque Sel doit être combiné
avec la Glace. C'est aussi ce qui ne pouvoit
être déterminé avec une sorte de
précision , avant qu'on eut les Thermométres
dont M. de Réaumur a donné la
construction dans les Mémoires de l'Académie
de 1730. Il falloit que les dégrez
de chaud et de froid eussent été réduits à
certaines mesures fixes ; que les dégrez du
Thermométre qui les désignent ne fussent
pas pris arbitrairement comme ils le
sont dans les Thermométres ordinaires.
Dans ceux de M. de Réaumur , ces dégrez
sont des portions connues d'un volume
connu , d'un esprit de vin connu : aussi
plusieurs de ces Thermométres , placez à
côté les uns des autres , s'ils ont été bien
construits , marquent par un même nombre
de dégrez la température de l'air.
On a donc dans ces Thermomètres des
instrumens propres à déterminer les dégrez
du froid en mesures connuës . Les
premiers que M. de Réaumur avoit fait
construire étoient extrémement grands
et par consequent difficiles même à
manier. Il est parvenu à en faire faire
d'aussi petits qu'on les peut souhaiter
, et aussi exacts que les grands. Les
II. Vol. de1280
MERCURE DE FRANCE
dégrez des uns sont proportionnels à ceux
des autres . Les petits n'ont que huic à
dix pouces de hauteur , et moins si l'on
veut. Nous sommes encore obligez de
rapp ller ici qu'il y a sur ces Thermométres
deux suites de dégrez ou de divisions,
l'une qu'on peut appeller celle des dégrez
ascendans ou des dégrez de chaud , et
l'autre des dégrez descendans ou des dégrez
de froid ; le terme , la ligne qui sépare
ces deux suites est marquée par Zero.
Lorsque la liqueur du Thermométre e
à ce terme , elle n'a précisément que le
degré de f oid qui suffit pour geler l'eau
ou pour empêcher la Glace de se fondre.
Les dégrez qui sont au dessous de ce terme
expriment des d'grez de froid de plus
grand en plus grand que celui qui est
simplement capable de geler l'eau.
Le Salpêtre est un des Sels de l'efficacité
duquel on a le plus d'idée pour la
production du froid. C'est à un nitre ou
à un Salpêtre répandu dans l'air qu'on
attribue les plus grands froids : si la Glace
se forme au milieu de l'Eté dans quelques
cavernes souterraines, telles que la Grotte
de Besançon on veut que ce soit parce
que les terres des environs sont impregnées
de Salpêtre . Les expériences de
M. de Réaumur nous font beaucoup ra-7.
,
11 Vol. batJUIN
1734. 1 ·
1281
battre de cette idée qu'on s'étoit faite du
Salpêtre , elles, apprennent que le Salpêtre
bien pur, bien rafiné , étant mêlé avec
la Glace , ne peut faire naîtte qu'un dégré
de froid de trois dégrez et demi plus
grand que celui qui est capable de geler
T'eau.
Si on avoit eu besoin de produite un
grand degré de froid , on ne se seroit pas.
avisé apparemment de préférer le sucre
au Salpêtre ; on l'auroit dû pourtant , puisque
les expériences de M. de Reaumur apprennent
qu'avec du sucre et de la Glace
on fait naître un froid de 5 dégrez au - dessous
de la congellation. Ces expériences
doivent paroître curieuses; mais on auroit
été assez porté à croire qu'elles ne sont
que curieuses, M. de Reaumur à fait voir
qu'elles ont des utilitez qu'on n'en auroit
pas attendues. On a cherché et on a imaginé
bien des moyens et bien des machines
pour éprouver la force de la poudre
à canon , parce qu'il importe extrémement
de pouvoir s'assurer de la qualité des différentes
poudres. Ceux qui sont le plus
au fait de l'Artillerie sçavent cependant
que malgré tous les genres d'épreuves
qu'on a imaginés , il n'y en a pas encore
une bonne qui soit connues on n'a pas
pensé assurémentque la meilleure maniere
I I. Vol. B dé1232
MERCURE DE FRANCE
11
déprouver de la poudre à canon fur déprouver
le degré du froid qu'elle peut
faire naître : c'est pourtant ce qui résul
te très - clairement des expériences de
M. de Reaumur. Le Salpêtre fait la base
de cette poudre , elle est composée de
trois parties de Salpêtre , d'une demie
partie de charbon et d'une demie partie
de souffre , c'est sur tout par la qualité,
du Salpêtre qu'on peut craindre que la
poudre peche . L'opération de purifier ,
de rafiner le Salpêtre se réduit presque à
en séparer un Sel de la nature du Sel marin
où du Sel de table avec lequel il est
mêlé. Le Salpêtre est d'autant plus pur ,
plus parfait , qu'il contient moms de ce
Sel. Or les expériences de M. de Reaumur
lui ont appris que le Sel matin ou
que le Sel qui altére le Salpêtre mêlé avec
la Glace, est capable de produire un trèsgrand
froid , un froid qui surpasse de 15
degrez celui qui suffit pour geler l'eau¸
au lieu que leSalpêtre bien rafiné ne peut
produire qu'un froid de 3 degrez et demi
plus grand que celui de l'eau qui
commence à se geler. Delà il suit que
moins le Salpêtre sera rafiné et plus le
froid qu'il fera naître , étant mêlé avec de
la Glace , sera grand . La plus sûre , la
moins équivoque des épreuves du Salpê-
II. . Vol.
tre
JUIN. 1734 1283
que
tre est donc celle du froid qu'il peut produire
. M. de Reaumur a trouvé qu'il y
a du Salpêtre de la premiere cuite qui fait
naître jusqu'à 11 degrez de froid. Enfin
que d'autre Salpêtre n'en fait naître
9. 8.7. degrez plus ou moins selon qu'il
a été rafiné. On voit bien que l'essai doit
réüssir de même pour la poudre à canon,
sur tout lorsqu'on sçait que le charbon
pilé et le souffre n'augmentent point le
froid de la Glace. Afin pourtant qu'il ne
restât aucun doute sur le succès de cette
épreuve , M. de Reaumur a fait faire de
la poudre à canon avec du Salpêtre bien
rafiné ; mêlé avec la Glace elle a produit
3 degrez et demi de froid ; il a fait faire
d'autres poudres avec d'autres Salpêtres
qui ont donné 7. 8. ou 10. degrez de
froid selon la qualité de Salpêtre qui
étoit entré dans leur composition.
Nous ne sçaurions suivre le détail des
expériences que M. de Reaumur a faites
sur toutes les diférentes especes des Sels ,
mais nous ne pouvons nous dispenser de
dire quelque chose de celles sur les diférens
Sels fixes ou alcalis et sur les cendres
qui fournissent ces Sels , parce que les
resultats de ses expériences peuvent être
utiles à tous ceux qui font des liqueurs
glacées dans les Pays où le Sel marin jest
Bip rare II Vol.
1284 MERCURE DE FRANCE
rare ou cher , et à ceux qui sont obligez
de conserver leurs Glaces pendant des
demie journées. Le Sel de Soude , les diférentes
Soudes elles mêmes , les potasses,
les cendres gravelées , le Tartre , en un
mot , tous les Sels alcalis ou les cendres
chargées de ces Sels sont capables de produire
au moins un aussi grand degré de
froid que le Salpêtre bien rafiné : quel
ques- unes mêmes de ces matieres produisent
de très- grands froids et même
superieurs à celui que le Sel marin peut
produire. La cendre ordinaire , celle qu'on
trouve dans toute cheminée où on a brûlé
du bois neufsuffit pour faire des Glaces
ou liqueurs glacées ; on ne sçauroit désirer
une matiere à meilleur marché ; il est
vrai pourtant qu'avec cette cendre on ne
fera pas des Glaces aussi promptement à
beaucoup près , qu'on les fait avec le Sel
marin , qu'on sera obligé d'y employer
plus de deux heures , mais cet inconvé
nient , qui n'en est un que lorsqu'on est
pressé par le tems , est compensé par un
avantage , c'est que la cendre conserve
bien plus long-tems les Glaces qu'elle a
faites que le Sel marin ne conserve celles
qu'il a produites plus vîte ; c'est de quoi
les raisons sont expliquées dans le Mémoire.
La longueur d'un Extrait ne nous
II. Vol
perJUIN.
1734. 1285
permet pas de parler de toutes les diférentes
matieres qui augmentent le froid
de la Glace avec laquelle on les mêle ; il
y en a pourtant que nous ne pouvons
nous résoudre à passer entierement sous
silence . Il est bien singulier que la chaux
qui s'échauffe si considérablement lorsqu'elle
est humectée par l'eau , augmente
le froid de la Glace avec laquelle on l'a
mêlée. Les Physiciens sçavoient déja que
l'esprit de vin , qui est une liqueur si
inflamable , qui est tout feu
versé sur
la Glace augmente son froid ; mais M. de
Reaumur a trouvé qu'avec la Glace l'Esprit
de vin versé dessus en certaines circonstances
, on peut faire naître un froid
excessif.
›
→
Il a cherché aussi à mesurer les degrez
des froids qu'on peut faire naître au
moyen des plus violens esprits acides
comme l'esprit de nitre et l'esprit de Sel :
Ils peuvent produire des froids prodigieux
: Celui que nous avons ressenti à
Paris dans le mémorable hyver de 1709.
n'eut fait descendre la liqueur du Thermométre
qu'un peu au - dessous de 14
degrez , et avec ces esprits et par d'autres
moyens indiquez , M. de Reaumur en
produit des froids capables de faire descendre
la liqueur à 25 ou à 26 degrez .
- II. Vol.
B iij
Si
1286 MERCURE DE FRANCE
Si on affablit de l'Esprit de vin de la
qualité de celui du Thermométre , si on
mêle trois parties de cet Esprit de vin
avec deux parties d'eau cet Esprit de
vin affoibli est encore plus fort que les
meilleures eaux de vie , il ne sçauroit cependant
conserver sa liquidité contre un
froid de 24 degrez , il se géle sur le
champ.
,
>
Les liqueurs inflamables et les liqueurs
qui sont chargées de beaucoup de Sel
sont celles qui se gélent le plus dificilement
; mais M. de Reaumur a fait observer
dans son Memoire, que la nature sçait
composer des liqueurs qui nous semblent
purement aqueuses , qui ne sont point
inflamables qui ne nous paroissent
pas chargées de Sels et qui cependant
sont capables de soutenir de très grands
froids sans perdre leur liquidité : Ce sont
celles qui circulent dans les corps des
insectes de tant d'especes differentes.
M. de Reaumur a fait quantité d'essais
pour connoître les degrez de froid qui
peuvent faire périr les insectes de diverses
especes qui peuvent geler leur sang.Si
les degrez de froid de certains Hyvers
sont supérieurs à ceux que certains insec
tes peuvent soutenir, et qu'ils sont exposez
à soutenir , nous pourrons alors pré-
II. Vol. dire
JUIN. 17345 1287
dire que ces Insectes ne nous incommoderont
pas dans le reste de l'année ; c'est
un détail curieux dont il a reservé la plus
grande partie pour l'Histoire des Insectes.
Il ne parle ici que de quelques especes
de Chenilles , il en a trouvé des especes
qu'un froid de huit degrez fait perir 13
mais malheureusement il y en a une espece
, la plus commune de toutes , et
qu'il a aussi nommée la commune , parce
que le nombre de ses individus surpasse
dans le Royaume en certaines années le
nombre des individus qui fournissent
ensemble plusieurs milliers d'autres especes
; c'est cette espéce dont on voit
des nichées sur les arbres lorsqu'ils ont
perdu leurs feuilles. Ces Chenilles sont
malheureusement constituées de façon
que nous ne pouvons pas esperer qu'aucun
froid nous en délivre ; quoique jeunes et
petites , elles ont soutenu un froid de 18
degrez sans que leur sang se soit gelé et
sans qu'elles ayent péri , c'est - à- dire , un
froid au moins plus grand de quatre degrez
que celui que nous avons eu en
1709.
le
Il n'est pas sûr même qu'un froid de
huit degrez nous délivre de celles dont
sang peut être gelé par ce froid. La nature
a appris à celles qui ne sont pas en
11. Vol.
Biiij état
1288 MERCURE DE FRANCE
état de soutenir les plus grands froids de
s'enfoncer en terre ; quelques-unes y entrent
dès le Printems , d'autres y entrent
en Eté elles s'y métamorphosent en
Crysalides . Sous cette derniere forme elles
restent pendant tout Hyver cachées en
terre,d'où ces Insectes sortent auPrinters
sous la forme de Papillons.
Quand nous étendrions , encore plus
loin cet Extrait, il faudroit toujours nous
résoudre à ne rien dire d'une partie des
faits curieux et utiles dont le Memoire
est rempli dès que nous ne donnerions
pas le Memoire en entier.
*
Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie
Royale des Sciences du 5 May
1734. sur les diférens degrez du froid
qu'on peut produire en mêlant de la Glace
avec diférens Sels ou avec d'autres matieres,
soit solides , soit liquides .
OP
N sçait qu'en mêlant de la glace
pilée avec certains sels , tels que le
Salpêtre et le Sel marin , ou le Sel de table
, on fait naître un plus grand degré
de froid que celui qu'avoit cette Glace ;
qu'au moyen du froid produit par ce mélange
on fait geler de l'eau dans les jours
les plus chauds . C'est même l'expédient
auquel nous devons ces liqueurs glacées
que nous prenons avec plaisir en Eté et
qui paroissent à présent en toutes Saisons
sur les tables somptueuses ; Mais or ne
sçait point encore assez quelle est l'efficacité
de chaque Sel mêlé avec la Glace pour
la production du froid. Quoiqu'on ait
fait beaucoup d'expériences sur la production
de ces froids , qu'on peut nom,
mer artificiels , on ne sçait point encore
de combien le froid qu'un Sel peut produire
est plus grand que celui qui peut
II Vol. être
JUIN. 1734: 1279
Etre produit par un autre Sel , et quelle
est la proportion la plus avantageuse dans
laquelle chaque Sel doit être combiné
avec la Glace. C'est aussi ce qui ne pouvoit
être déterminé avec une sorte de
précision , avant qu'on eut les Thermométres
dont M. de Réaumur a donné la
construction dans les Mémoires de l'Académie
de 1730. Il falloit que les dégrez
de chaud et de froid eussent été réduits à
certaines mesures fixes ; que les dégrez du
Thermométre qui les désignent ne fussent
pas pris arbitrairement comme ils le
sont dans les Thermométres ordinaires.
Dans ceux de M. de Réaumur , ces dégrez
sont des portions connues d'un volume
connu , d'un esprit de vin connu : aussi
plusieurs de ces Thermométres , placez à
côté les uns des autres , s'ils ont été bien
construits , marquent par un même nombre
de dégrez la température de l'air.
On a donc dans ces Thermomètres des
instrumens propres à déterminer les dégrez
du froid en mesures connuës . Les
premiers que M. de Réaumur avoit fait
construire étoient extrémement grands
et par consequent difficiles même à
manier. Il est parvenu à en faire faire
d'aussi petits qu'on les peut souhaiter
, et aussi exacts que les grands. Les
II. Vol. de1280
MERCURE DE FRANCE
dégrez des uns sont proportionnels à ceux
des autres . Les petits n'ont que huic à
dix pouces de hauteur , et moins si l'on
veut. Nous sommes encore obligez de
rapp ller ici qu'il y a sur ces Thermométres
deux suites de dégrez ou de divisions,
l'une qu'on peut appeller celle des dégrez
ascendans ou des dégrez de chaud , et
l'autre des dégrez descendans ou des dégrez
de froid ; le terme , la ligne qui sépare
ces deux suites est marquée par Zero.
Lorsque la liqueur du Thermométre e
à ce terme , elle n'a précisément que le
degré de f oid qui suffit pour geler l'eau
ou pour empêcher la Glace de se fondre.
Les dégrez qui sont au dessous de ce terme
expriment des d'grez de froid de plus
grand en plus grand que celui qui est
simplement capable de geler l'eau.
Le Salpêtre est un des Sels de l'efficacité
duquel on a le plus d'idée pour la
production du froid. C'est à un nitre ou
à un Salpêtre répandu dans l'air qu'on
attribue les plus grands froids : si la Glace
se forme au milieu de l'Eté dans quelques
cavernes souterraines, telles que la Grotte
de Besançon on veut que ce soit parce
que les terres des environs sont impregnées
de Salpêtre . Les expériences de
M. de Réaumur nous font beaucoup ra-7.
,
11 Vol. batJUIN
1734. 1 ·
1281
battre de cette idée qu'on s'étoit faite du
Salpêtre , elles, apprennent que le Salpêtre
bien pur, bien rafiné , étant mêlé avec
la Glace , ne peut faire naîtte qu'un dégré
de froid de trois dégrez et demi plus
grand que celui qui est capable de geler
T'eau.
Si on avoit eu besoin de produite un
grand degré de froid , on ne se seroit pas.
avisé apparemment de préférer le sucre
au Salpêtre ; on l'auroit dû pourtant , puisque
les expériences de M. de Reaumur apprennent
qu'avec du sucre et de la Glace
on fait naître un froid de 5 dégrez au - dessous
de la congellation. Ces expériences
doivent paroître curieuses; mais on auroit
été assez porté à croire qu'elles ne sont
que curieuses, M. de Reaumur à fait voir
qu'elles ont des utilitez qu'on n'en auroit
pas attendues. On a cherché et on a imaginé
bien des moyens et bien des machines
pour éprouver la force de la poudre
à canon , parce qu'il importe extrémement
de pouvoir s'assurer de la qualité des différentes
poudres. Ceux qui sont le plus
au fait de l'Artillerie sçavent cependant
que malgré tous les genres d'épreuves
qu'on a imaginés , il n'y en a pas encore
une bonne qui soit connues on n'a pas
pensé assurémentque la meilleure maniere
I I. Vol. B dé1232
MERCURE DE FRANCE
11
déprouver de la poudre à canon fur déprouver
le degré du froid qu'elle peut
faire naître : c'est pourtant ce qui résul
te très - clairement des expériences de
M. de Reaumur. Le Salpêtre fait la base
de cette poudre , elle est composée de
trois parties de Salpêtre , d'une demie
partie de charbon et d'une demie partie
de souffre , c'est sur tout par la qualité,
du Salpêtre qu'on peut craindre que la
poudre peche . L'opération de purifier ,
de rafiner le Salpêtre se réduit presque à
en séparer un Sel de la nature du Sel marin
où du Sel de table avec lequel il est
mêlé. Le Salpêtre est d'autant plus pur ,
plus parfait , qu'il contient moms de ce
Sel. Or les expériences de M. de Reaumur
lui ont appris que le Sel matin ou
que le Sel qui altére le Salpêtre mêlé avec
la Glace, est capable de produire un trèsgrand
froid , un froid qui surpasse de 15
degrez celui qui suffit pour geler l'eau¸
au lieu que leSalpêtre bien rafiné ne peut
produire qu'un froid de 3 degrez et demi
plus grand que celui de l'eau qui
commence à se geler. Delà il suit que
moins le Salpêtre sera rafiné et plus le
froid qu'il fera naître , étant mêlé avec de
la Glace , sera grand . La plus sûre , la
moins équivoque des épreuves du Salpê-
II. . Vol.
tre
JUIN. 1734 1283
que
tre est donc celle du froid qu'il peut produire
. M. de Reaumur a trouvé qu'il y
a du Salpêtre de la premiere cuite qui fait
naître jusqu'à 11 degrez de froid. Enfin
que d'autre Salpêtre n'en fait naître
9. 8.7. degrez plus ou moins selon qu'il
a été rafiné. On voit bien que l'essai doit
réüssir de même pour la poudre à canon,
sur tout lorsqu'on sçait que le charbon
pilé et le souffre n'augmentent point le
froid de la Glace. Afin pourtant qu'il ne
restât aucun doute sur le succès de cette
épreuve , M. de Reaumur a fait faire de
la poudre à canon avec du Salpêtre bien
rafiné ; mêlé avec la Glace elle a produit
3 degrez et demi de froid ; il a fait faire
d'autres poudres avec d'autres Salpêtres
qui ont donné 7. 8. ou 10. degrez de
froid selon la qualité de Salpêtre qui
étoit entré dans leur composition.
Nous ne sçaurions suivre le détail des
expériences que M. de Reaumur a faites
sur toutes les diférentes especes des Sels ,
mais nous ne pouvons nous dispenser de
dire quelque chose de celles sur les diférens
Sels fixes ou alcalis et sur les cendres
qui fournissent ces Sels , parce que les
resultats de ses expériences peuvent être
utiles à tous ceux qui font des liqueurs
glacées dans les Pays où le Sel marin jest
Bip rare II Vol.
1284 MERCURE DE FRANCE
rare ou cher , et à ceux qui sont obligez
de conserver leurs Glaces pendant des
demie journées. Le Sel de Soude , les diférentes
Soudes elles mêmes , les potasses,
les cendres gravelées , le Tartre , en un
mot , tous les Sels alcalis ou les cendres
chargées de ces Sels sont capables de produire
au moins un aussi grand degré de
froid que le Salpêtre bien rafiné : quel
ques- unes mêmes de ces matieres produisent
de très- grands froids et même
superieurs à celui que le Sel marin peut
produire. La cendre ordinaire , celle qu'on
trouve dans toute cheminée où on a brûlé
du bois neufsuffit pour faire des Glaces
ou liqueurs glacées ; on ne sçauroit désirer
une matiere à meilleur marché ; il est
vrai pourtant qu'avec cette cendre on ne
fera pas des Glaces aussi promptement à
beaucoup près , qu'on les fait avec le Sel
marin , qu'on sera obligé d'y employer
plus de deux heures , mais cet inconvé
nient , qui n'en est un que lorsqu'on est
pressé par le tems , est compensé par un
avantage , c'est que la cendre conserve
bien plus long-tems les Glaces qu'elle a
faites que le Sel marin ne conserve celles
qu'il a produites plus vîte ; c'est de quoi
les raisons sont expliquées dans le Mémoire.
La longueur d'un Extrait ne nous
II. Vol
perJUIN.
1734. 1285
permet pas de parler de toutes les diférentes
matieres qui augmentent le froid
de la Glace avec laquelle on les mêle ; il
y en a pourtant que nous ne pouvons
nous résoudre à passer entierement sous
silence . Il est bien singulier que la chaux
qui s'échauffe si considérablement lorsqu'elle
est humectée par l'eau , augmente
le froid de la Glace avec laquelle on l'a
mêlée. Les Physiciens sçavoient déja que
l'esprit de vin , qui est une liqueur si
inflamable , qui est tout feu
versé sur
la Glace augmente son froid ; mais M. de
Reaumur a trouvé qu'avec la Glace l'Esprit
de vin versé dessus en certaines circonstances
, on peut faire naître un froid
excessif.
›
→
Il a cherché aussi à mesurer les degrez
des froids qu'on peut faire naître au
moyen des plus violens esprits acides
comme l'esprit de nitre et l'esprit de Sel :
Ils peuvent produire des froids prodigieux
: Celui que nous avons ressenti à
Paris dans le mémorable hyver de 1709.
n'eut fait descendre la liqueur du Thermométre
qu'un peu au - dessous de 14
degrez , et avec ces esprits et par d'autres
moyens indiquez , M. de Reaumur en
produit des froids capables de faire descendre
la liqueur à 25 ou à 26 degrez .
- II. Vol.
B iij
Si
1286 MERCURE DE FRANCE
Si on affablit de l'Esprit de vin de la
qualité de celui du Thermométre , si on
mêle trois parties de cet Esprit de vin
avec deux parties d'eau cet Esprit de
vin affoibli est encore plus fort que les
meilleures eaux de vie , il ne sçauroit cependant
conserver sa liquidité contre un
froid de 24 degrez , il se géle sur le
champ.
,
>
Les liqueurs inflamables et les liqueurs
qui sont chargées de beaucoup de Sel
sont celles qui se gélent le plus dificilement
; mais M. de Reaumur a fait observer
dans son Memoire, que la nature sçait
composer des liqueurs qui nous semblent
purement aqueuses , qui ne sont point
inflamables qui ne nous paroissent
pas chargées de Sels et qui cependant
sont capables de soutenir de très grands
froids sans perdre leur liquidité : Ce sont
celles qui circulent dans les corps des
insectes de tant d'especes differentes.
M. de Reaumur a fait quantité d'essais
pour connoître les degrez de froid qui
peuvent faire périr les insectes de diverses
especes qui peuvent geler leur sang.Si
les degrez de froid de certains Hyvers
sont supérieurs à ceux que certains insec
tes peuvent soutenir, et qu'ils sont exposez
à soutenir , nous pourrons alors pré-
II. Vol. dire
JUIN. 17345 1287
dire que ces Insectes ne nous incommoderont
pas dans le reste de l'année ; c'est
un détail curieux dont il a reservé la plus
grande partie pour l'Histoire des Insectes.
Il ne parle ici que de quelques especes
de Chenilles , il en a trouvé des especes
qu'un froid de huit degrez fait perir 13
mais malheureusement il y en a une espece
, la plus commune de toutes , et
qu'il a aussi nommée la commune , parce
que le nombre de ses individus surpasse
dans le Royaume en certaines années le
nombre des individus qui fournissent
ensemble plusieurs milliers d'autres especes
; c'est cette espéce dont on voit
des nichées sur les arbres lorsqu'ils ont
perdu leurs feuilles. Ces Chenilles sont
malheureusement constituées de façon
que nous ne pouvons pas esperer qu'aucun
froid nous en délivre ; quoique jeunes et
petites , elles ont soutenu un froid de 18
degrez sans que leur sang se soit gelé et
sans qu'elles ayent péri , c'est - à- dire , un
froid au moins plus grand de quatre degrez
que celui que nous avons eu en
1709.
le
Il n'est pas sûr même qu'un froid de
huit degrez nous délivre de celles dont
sang peut être gelé par ce froid. La nature
a appris à celles qui ne sont pas en
11. Vol.
Biiij état
1288 MERCURE DE FRANCE
état de soutenir les plus grands froids de
s'enfoncer en terre ; quelques-unes y entrent
dès le Printems , d'autres y entrent
en Eté elles s'y métamorphosent en
Crysalides . Sous cette derniere forme elles
restent pendant tout Hyver cachées en
terre,d'où ces Insectes sortent auPrinters
sous la forme de Papillons.
Quand nous étendrions , encore plus
loin cet Extrait, il faudroit toujours nous
résoudre à ne rien dire d'une partie des
faits curieux et utiles dont le Memoire
est rempli dès que nous ne donnerions
pas le Memoire en entier.
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Résumé : EXTRAIT du Memoire lû par M. de Reaumur à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences du 5 May 1734. sur les diférens degrez du froid qu'on peut produire en mêlant de la Glace avec diférens Sels ou avec d'autres matieres, soit solides, soit liquides.
Le mémoire de M. de Réaumur, présenté à l'Académie Royale des Sciences le 5 mai 1734, examine les différents degrés de froid obtenus en combinant de la glace avec divers sels ou matières. Il est établi que des sels comme le salpêtre, le sel marin ou le sel de table augmentent le froid de la glace, permettant de geler de l'eau même par temps chaud. Cependant, l'efficacité de chaque sel pour produire du froid reste mal connue malgré de nombreuses expériences. Réaumur met en avant l'importance des thermomètres pour mesurer précisément ces degrés de froid. Il a développé des thermomètres plus petits et précis, permettant de comparer les degrés de froid produits par différents mélanges. Le salpêtre, souvent associé à des froids intenses, ne produit qu'un degré de froid de 3,5 degrés au-dessus de la congélation de l'eau lorsqu'il est pur. En revanche, le sucre mélangé à la glace produit un froid de 5 degrés en dessous de la congélation. Les expériences de Réaumur montrent également que la qualité du salpêtre, utilisé dans la poudre à canon, peut être évaluée par le degré de froid qu'il produit. Un salpêtre impur produit un froid plus intense qu'un salpêtre raffiné. D'autres sels, comme la soude, la potasse, et les cendres, peuvent également produire des froids intenses, parfois supérieurs à ceux du sel marin. Réaumur a également étudié les effets du froid sur divers liquides et insectes. Il a observé que certaines liqueurs, comme l'esprit de vin, augmentent le froid de la glace lorsqu'elles sont mélangées. Il a également mesuré les degrés de froid capables de geler le sang des insectes, notant que certaines chenilles peuvent résister à des froids extrêmes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7776
p. 1288-1290
Nouveaux Termometres, &c. [titre d'après la table]
Début :
Nous croyons faire pla[i]sir au Public, en profitant de cette occasion, pour lui [...]
Mots clefs :
Abbé Nollet, Expériences, Cours, Thermomètres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Termometres, &c. [titre d'après la table]
Nous croyons faire plassir au Public ,
en profitant de cette occasion › pour lui
apprendre que M. l'Abbé Nollet , qui
demeure rue du Mouton près la Gréve ,
vis- à- vis les Pilliers du S. Esprit , s'est
chargé de faire des Thermométres de
toutes grandeurs sur les principes de
M. de Reaumur. Personne n'étoit plus
propre que lui à leur donner toute la
précision qu'ils doivent avoir ; la dexterité
et le génie de M. l'Abbé Nollet sont déja
connus par les Globes d'un pied de
diamétre qu'il a fait graver,et qu'il débite
depuis peu. Outre qu'ils sont les plus
exacts de tous ceux qui ont paru jusques
ici , ils sont vernis avec un goût et une
II Vo!. enJUIN.
1734. 1289
entente qui ne servent pas seulement à
les embellir ; les vernis colorez bien menagez
font paroître les Etoiles sur le
Globe céleste comme elles paroissent dans
le Ciel : les constellations ne s'y trouvent
marquées qu'autant qu'il faut pour ne
pas empêcher de bien voir les positions
des Etoiles. Enfin M. l'Abbé Nollet
exécute avec beaucoup d'art toutes les
Machines et les Instrumens qui peuvent
servir aux plus curieuses expériences de
Physique, comme les Machines Pneumatiques
, les Microscopes &c . Aussi depuis
que M. Pitot est devenu Pensionnaire de
l'Académie , c'est M. l'Abbé Nollet qui
travaille dans le Laboratoire de l'Acadé .
mie aux recherches et aux expériences
qui lui sont prescrites par M. de Reaumur.
Ceux qui aiment la Physique seront
encore bien aíses d'apprendre que M. l'Abbé
Nollet fait chez lui des cours d'expériences
comme on en fait en Angleterre
et en Hollande . Dans 18 à 20 séances il
fait les expériences les plus singulieres et
les plus propres à expliquer les principaux
Phénoménes de la nature . Il commence
un cours pour sept à huit Auditeurs
et il est bien aise de n'en avoir pas
davantage à chaque cours , afin que les
II. Vol.
B v
expé1290
MERCURE DE FRANCE
expériences puissent être mieux vuës et ›
mieux entendues par ceux aux yeux desquels
on les expose.
en profitant de cette occasion › pour lui
apprendre que M. l'Abbé Nollet , qui
demeure rue du Mouton près la Gréve ,
vis- à- vis les Pilliers du S. Esprit , s'est
chargé de faire des Thermométres de
toutes grandeurs sur les principes de
M. de Reaumur. Personne n'étoit plus
propre que lui à leur donner toute la
précision qu'ils doivent avoir ; la dexterité
et le génie de M. l'Abbé Nollet sont déja
connus par les Globes d'un pied de
diamétre qu'il a fait graver,et qu'il débite
depuis peu. Outre qu'ils sont les plus
exacts de tous ceux qui ont paru jusques
ici , ils sont vernis avec un goût et une
II Vo!. enJUIN.
1734. 1289
entente qui ne servent pas seulement à
les embellir ; les vernis colorez bien menagez
font paroître les Etoiles sur le
Globe céleste comme elles paroissent dans
le Ciel : les constellations ne s'y trouvent
marquées qu'autant qu'il faut pour ne
pas empêcher de bien voir les positions
des Etoiles. Enfin M. l'Abbé Nollet
exécute avec beaucoup d'art toutes les
Machines et les Instrumens qui peuvent
servir aux plus curieuses expériences de
Physique, comme les Machines Pneumatiques
, les Microscopes &c . Aussi depuis
que M. Pitot est devenu Pensionnaire de
l'Académie , c'est M. l'Abbé Nollet qui
travaille dans le Laboratoire de l'Acadé .
mie aux recherches et aux expériences
qui lui sont prescrites par M. de Reaumur.
Ceux qui aiment la Physique seront
encore bien aíses d'apprendre que M. l'Abbé
Nollet fait chez lui des cours d'expériences
comme on en fait en Angleterre
et en Hollande . Dans 18 à 20 séances il
fait les expériences les plus singulieres et
les plus propres à expliquer les principaux
Phénoménes de la nature . Il commence
un cours pour sept à huit Auditeurs
et il est bien aise de n'en avoir pas
davantage à chaque cours , afin que les
II. Vol.
B v
expé1290
MERCURE DE FRANCE
expériences puissent être mieux vuës et ›
mieux entendues par ceux aux yeux desquels
on les expose.
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Résumé : Nouveaux Termometres, &c. [titre d'après la table]
L'Abbé Nollet, résidant rue du Mouton près la Grève, fabrique des thermomètres de toutes tailles selon les principes de M. de Reaumur. Il est renommé pour sa précision et son génie, notamment à travers les globes célestes qu'il grave et vend. Ces globes sont les plus exacts et sont vernis pour faire apparaître les étoiles comme dans le ciel réel. L'Abbé Nollet construit également divers instruments de physique, tels que des machines pneumatiques et des microscopes. Depuis que M. Pitot est devenu pensionnaire de l'Académie, l'Abbé Nollet travaille dans le laboratoire de l'Académie pour M. de Reaumur. De plus, il propose des cours d'expériences physiques chez lui, similaires à ceux donnés en Angleterre et en Hollande. Chaque cours, limité à sept ou huit auditeurs, comprend 18 à 20 séances présentant des expériences singulières et explicatives des phénomènes naturels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7777
p. 1291-1306
DISCOURS CRITIQUE, sur l'état des Sciences dans l'étenduë de la Monarchie Françoise, sous Charlemagne.
Début :
Les Sciences ont leurs révolutions aussi bien que les Empires, il est un [...]
Mots clefs :
Charlemagne, Sciences, Discours critique, Génie, Goût, Maîtres, Savants, Langue, Arts, Hommes, Peuples, Esprit, Jeunesse, Nature, Lumières, Conciles, Sang, Esprits, Politesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS CRITIQUE, sur l'état des Sciences dans l'étenduë de la Monarchie Françoise, sous Charlemagne.
DISCOURS CRITIQUE ,
sur l'état des Sciences dans l'étendue de
la Monarchie Françoise , sous Charlemagne.
L
"
Es Sciences ont leurs révolutions
aussi bien que les Empires , il est un
tems où elles sont florissantes ce tems
passé , elles ne font plus que languir ;
quelquefois elles se relevent et se soutiennent
avec assez d'honneur ; et quelquefois
aussi elles tombent pour ne se
relever jamais . Elles ont comme le Soleil
leurs solstices et leurs périodes ; elles
aiment à passer de climats en climats
et souvent après avoir éclairé quelques
IL. Vol.
B.vj
Con
و
1292 MERCURE DE FRANCE
contrées , elles se plongent , pour ainst
dire , dans l'abîme , et vont porter leurs
lumieres à des peuples nouveaux. Ainsi
après avoir autrefois parcouru les plus
belles régions de l'Orient où elles prirent
naissance , les vit- on passer dans la Grece
d'où elles se répandirent dans quelques
Provinces de l'Empire Romain ; et par
tout elles éprouverent des changemens
considérables er des alternatives , qui les
firent souvent paroître sous des faces differentes.
Quelle est la cause de ces révolutions a
est- ce l'influence des Astres ? la température
de l'air ou la qualité des esprits ,
dont nos corps sont animés et qui changent
avec les genérations et les aspects
du Soleil ? tout cela peut y contribuer :
mais tout cela n'explique pas d'une maniere
assez sensible la cause de ces fre
quentes vicissitudes ; il en est une plus
simple , et qui servira de baze à tout
ce que je dirai dans ce Discours . La
Science est attachée au gout des peuples
qui la cultivent , c'est le gout qui lui
donne sa qualité , son prix , son excellence
; or le gout se conforme toujours
au génie , le génie se regle ordinairement
sur les maximes , et les maximes changent
avec les circonstances des tems et
11. Vel. des
JUIN. 1734. 1293
des lieux. D'ailleurs , et c'est ici le point
capital , ce gout exquis , ce génie vaste
et sublime , si nécessaires à la perfection
des Sciences , sont des dons que le Ciel ne
répand pas toujours sur la terre , et qu'il
ne communique qu'à un petit nombre
d'hommes privilegiez .
En faut il davantage pour prouver
que la Science doit se ressentir de l'instabilité
propre à toutes les choses humaines
? C'est sur ce plan , que je vais exposer
aujourd'hui l'état où se trouvoient
les Sciences dans l'étendue de la Monarchie
Françoise au tems de Charlemagne .
Le gout pour lors étoit si corrompu , que
jamais on ne put le rectifier , le génie
tenoit beaucoup du barbare , et les maxime
n'avoient rien de noble ni de délicat.
Quel étoit donc l'état où se trouvoient
les Sciences ? Il ne pouvoit guere être
plus pitoyable. Je n'en veux point d'autres
preuves que ce qui nous reste de monumens
de ces tems qu'on peut dire
malheureux . Si ce que je dirai ne fait pas
beaucoup d'honneur au siécle de Charlemagne
, il en fera du moins à la verité ,
et c'est tout ce que je me proposé dans
ce Discours.
Depuis que les Gots, les Bourguignons.
et les Francs s'étoient établis dans les
11 Vol.
Gall
1294 MERCURE DE FRANCE
Gaules , la ferocité de ces peuples barbares
s'étoit communiquée aux naturels du
pays,qui ne firentplus avec leurs nouveaux
maîtres , qu'une même et seule nation .
Nos Gaulois changerent de maximes en
changeant de Souverains , la douceur de
leur génie s'altéra bien - tôt , et du mélange
qui se fit de leur sang avec le -sang
Germanique se forma un génie singulier
plus barbare que poli ; les travaux Militaires
qui furent assez long - tems leur
principal exercice , firent disparoître avec
le peu de politesse qu'on avoit puisé dans
le commerce des Romains , le gout des
Sciences et l'amour de l'étude ; on ne
suspendit ces travaux que pour se jetter
dais le sein de la mollesse ; les esprits
incultes n'étant animez d'aucun noble
motif s'énerverent bien- tôt , et l'on se
plongea dans un assoupissement si profond
, qu'il n'y eut que les désordres affreux
dont les Sarazins d'Espagne inondérent
la France sous Charles Martel et sous
Pepin qui pussent les reveiller ; le besoin
pressant et la necessité les animérent
plutôt qu'une noble émulation ; la gloire
avec tous ses appas ne pouvoit toucher
des hommes à demi barbares ; elle auroit
élevé les esprits en les polissant . On vôla
tout à coup aux armes , on se couvrit de
II. Val. sang
JUIN. 1734 1295
sang et de poussiere dans les champs de
Mars , et personne ou presque personne
ne songcoit à cultiver son esprit ; depuis
l'embouchure du Rhône , jusques à celle
du Rhin , des Alpes aux Pirenées , à peine
pouvoit- on trouver quelques vestiges des
Sciences ; il n'en étoit pas même resté la
moindre trace dans ces belles Provinces
( a ) si fécondes autrefois en Sçavans
Hommes.
"
L'Eglise depuis très-long- tems leur
avoit servi d'azile les Ministres des
Autels étoient devenus les dépositaires
de ces précieux Trésors : mais cette Eglise
étoit elle-même entierement défigurée ;
tout le Clergé croupissoit dans la plus
profonde ignorance. Qu'il me soit permis
d'exposer en peu de mots la triste.
situation où se trouvoit l'Ordre de l'Etat
le plus Saint et le plus éclairé.. Les Chanoines
suivant la regle de Grodegang
leur Réformateur n'étoient obligez qu'à
chanter les louanges de Dieu , et le reste
de leur tems ils devoient le donner au
travail de leurs mains ; c'étoit toute l'occupation
des plus réguliers ; la regle
n'exigeoit rien davantage , et tout nous
porte à croire qu'ils se renfermoient étroitement
dans les bornes de leurs obliga-
( a ) Ly Gaule Aquitanique et la Lyonnoise..
II. Vol. tions.
1296 MERCURE DE FRA CE
tions. Les Moines malgré le premier esprit
de leur Institut , avoient presque
toujours fait profession de cultiver les
Sciences ; ils s'étoient sur ce point conformez
en Occident à la sage pratique
des Orientaux , et leurs maisons étoient
devenuës les Séminaires où se formoient
les plus Saints et les plus Sçavans Ministres
de l'Eglise : mais depuis près d'un
siécle ces saintes retraites étoient , sur
tout en France , le centre de l'oisiveté.
Les Moines loin de s'enrichir des dépoüilles
des Peres , dont ils étoient les
possesseurs , se contentoient de les sçavoir
lire et copier , les plus éclairez parvenoient
jusqu'à les comprendre , aucun
n'osoit prendre l'essor ni marcher sur les
traces de ces grands Modéles ; le respect
m'empêche de parler de l'Episcopat destiné
particulierement à éclairer les peuples
; les Capitulaires de Charlemagne ,
et les Actes des Conciles Provinciaux qui
se tinrent dans ces tems - là ne publient
que trop la honte de ce Corps respectable.
Pour tout dire en deux mots , le sel
de la terre avoit perdu sa force , l'or
s'étoit obscurci , les horreurs de la guerre,
et la mollesse avoient , comme à l'envi ,
porté la désolation dans l'Etat , la corruption
dans les moeurs , et la grossiereté
II. Vol. dars
JUIN 1734. 1297
dans les esprits. Achevons de mettre ce
tableau dans tout son jour . Deux ou trois
traits des plus marquez lui donneront
cet air de ressemblance dont il a besoin
pour être veritable...
Les beaux Arts sont , comme tout le
monde sçait , une partie essentielle de la
Science, ils en sont la baze et l'ornement.
Ces Arts, fondés sur la nature , mais que
la nature n'apprend pas , étoient presque
entierement ignorés ; on ne les enseigna
dans aucun endroit du Royaume avant
Charlemagne , dit une ancienne Cronique
des Rois de France . Ante ipsum enim
Dominum Regem Carolum in Gallia nullibi
studiumfuerat liberalium Artium . Appuions.
un témoignage si fort et si décisif des
preuves les plus autentiques ; elles sont
tirées des ordres réïterés du Prince pour
l'établissement des Ecoles ; je vais les
exposer simplement telles qu'on les lit
dans le Receuil des Conciles de France.
Charlemagne au retour de son troisiéme
Voyage d'Italie l'an787, par une( 1 ) Lettre
circulaire adressée à tous les Evêques et
aux Abbez ( Lettre que je voudrois pou-.
voir rapporter ici toute entiere , mais
que je me contenterai de citer plus d'une
fois ) leur recommande d'établir dans
( 1 ) Tome 2. Conc. Gall. p. 32 .
II. Vol. des
1298 MERCURE DE FRANCE
leurs Chapitres et dans leurs Monasteres
des Ecoles où l'on forme la jeunesse à
l'Etude des Lettres et à la pięté . Et par
le Capitulaire soixante - douzième d'Aixla
Chapelle , il veut que dans ces mêmes
maisons on apprenne aux jeunes gens à
lire , à psalmodier , à écrire , à compter ,
et les regles de la Grammaire. Ut scola
Legentium puerorum fiant psalmos * notas
computum , Grammaticam , per singula Monasteria
et Episcopia discant . Les Conciles
Provinciaux qui se tinrent sous ce même
*
* Notas. Je crois qu'il faut entendre ce terme
de l'Ecriture , pour deux raisons . 1º . Parce qu'il
s'agit dans cet endroit de ce qu'il faut apprendre à
la jeunesse ; il est fait mention de la lecture , de
la psalmodie ou du chant , de la Grammaire ;
pourquoi auroit -on obmis l'Ecriture également nécessaire
à la jeunesse . 2. Ces caractéres nets et
distincts, qui sans jamais changer, diversifient par
leur mélange les differens objets qu'ils représentent,
n'étoient pas alors fort en usage ; ils n'étoient connus
que des Sçavans ; Charlemagne lui- même, si
nous en croyons Eginard, n'apprit que très tard et
presque sans succès à les former. Tentabat scribere .
sed parum prosperè successit labor præposterus
ac sero inchoatus. L'Ecriture commune consistoit
dans de grands traits informes , arbitraires pour la
plupart , et sujets au changement. C'est ce qui paroit
par les anciennes Chartres et par quelques monumens
lapidaires et metalliques , qui sont parvenus
jusqu'à nous sur quoi on peut consulter la Diplo
matique du P. Mabillon .
II Vol.
EmJUIN.
1734. 1299
Empereur, les s'expliquent à peu près dans
les mêmes termes. Les Arts qui sont la
partie des Sciences la plus simple et la
plus facile , n'étoient donc pas enseignési
et par une suite nécessaire , ils étoient
ignorez d'une nation qui n'avoit ni disposition
pour s'y former de soi- même ,
ni la volonté de les apprendre. Que devons-
nous penser des hautes Sciences ,
des Sciences abstraites et difficiles , si celles
qui sont plus aisées , cellesqui sont la baze,
n'étoient pas connus , Encore un nouveau
trait; il achevera de mettre ce que nous
venons de dire dans la derniere évidence.
Les Langues sont l'instrument general
des Sciences , l'organe de l'esprit , l'image
de la pensée , l'interprete du goût , et
le theatre où le genie se développe . La
Langue Teutonique , rude et grossiere
étoit celle de nos nouveaux Maîtres , conforme
à leur genie ; elle n'a rien de cette
douceur ni de cette politesse que demandent
les Sciences. La Grecque ,harmonieuse
, douce et énergique ne me paroît pas
avoir été bien connue au Sçavant Alcuin ,
et j'ai peine à croire sur le seul témoignage
d'Eginard , Charlemagne lait
jamais bien comprise ; toutes les apparencescombattent
l'un et l'autre fair.La Langue
Latine avoit été long - tems dominan-
11. Vol. tc
100 MERCURE DE FRANCE
te dans les Gaules , les Francs l'avoient
adoptée pour les Actes publics ; elle étoit
sur tout destinée aux Ouvrages d'esprit:
mais cette Langue si noble , si polie étoit
devenue la proye du barbarisme , le genie
et le tour de la Teutonique s'étoient glissés
dans l'idiome Romain , et de ce lliage
s'étoit formé un langage dur , sans
cadence , sans pureté , sans ortographe
Il falloit, sans doute, qu'il fut défectueux
au suprême dégré pour blesser les oreilles
de Charlemagne , que l'on ne peut pas
dire avoir été trop délicates.
Ecoutons ce Prince parler dans la Lettre
que nous avons déja citée aux Evêques
et Abbés , c'est -à - dire, aux plus Sçavans
hommes de son Royaume. J'ai reconnu
, leur dit- il , dans la plûpart des
Ecrits que vous m'avez envoyés assez de
justesse dans les sentimens , et beaucoup de
grossiereté dans le langage; et j'ai compris
que pour avoir négligé de vous instruire
Vous avez peine à exprimer les pieus
reflexions que vous avez puisées dans
Meditation . Ce ne fut qu'avec le
>
* Cognovimus in plerisque prafatis conscript
bus vestris eorumdem et sensus rectos et serr.
incultos , quia quod pia devotio interius fidelite
tabat , hoc exterius propter negligentiam dis
lingua inerudita exprimere sine reprehensi: •
alebat.
JUIN. 1734. 1301
cours des Maîtres de Grammaire qui vinrent
d'Italie , qu'on épura la Langue
Latine , et qu'on en banit les expressions
Teutoniques dont elle étoit infectée;
elles se refugierent dans le Romain ou Latin
vulgaire , qui s'étant peu à peu purifié
et poli est devenu depuis une des plus
belle Langue du monde. Mais on ne
réussit pas à rendre à la Langue Latine sa
beauté naturelle , on exprima toujours
grossierement ce que l'on pensoit sans
délicatesse . Il est inutile d'entrer dans un
plus long détail ; ce que nous avons dit
est plus que suffisant pour prouver combien
étoit triste la situation des Sciences
quand Charlemagne entreprit de les rétatablir.
Voyons comment il s'y prit , quels
Maîtres il employa pour seconder son
dessein , quel en fut les succès.
Charles , surnommé le Grand, pour ses
grandes qualités encore plus que pour ses
grandes actions , fut un de ces hommes
rares , que la Nature se plaît de tems en
tems à former et sur qui la fortune ou
pour parler plus juste , la Providence divine,
répand ses faveurs avec complaisan
ce ; genie superieur , hardi , ferme , pénétrant
, il ne lui manqua du côté de l'esprit
que ce que son siecle ne pouvoit lui
donner , je veux dire la politesse et le
II. Vol.
bon
`
1302 MERCURE DE FRANCE
bon goût. Les vertus qui font les veritables
Heros , sembloient nées avec lui ;
la magnanimité , la droiture , là prudence
, la bonté , la Religion faisoient son
caractere , et se déployoient dans toutes
ses actions ; Maître d'une partie considerable
de l'Europe , cheri particulierement
de ses Sujets, admiré de tout l'Univers ,
il songea encore à immortaliser son nom
en banissant l'ignorance de ses Etats ; entreprise
glorieuse et digne du plus grand
Prince qui fût alors au monde , elle auroit
eu, sans doute,un succès entier et par-
' fait , si le mauvais goût n'eût infecté les
Maîtres aussi bien que les Disciples . Il se
presenta des obstacles presques insurmontables
, il ne s'en rebuta pas , il eut recours
à sa prudence, et rien n'étoit au-dessus de
ses lumieres. Non content d'animer ses
Peuples par son exemple et par ses bienfaits
, il se servit encore de son autorité
pour engager ceux qui par leur profession
devoient avoir quelque teinture de Scien-'
ces à les cultiver , et à en faire pare au ;
reste de ses Sujets . Mais comment trouver
dans toute la France des Maîtres capables
de former la jeunesse ? L'ignorance
, la grossiereté avoient , comme nous
avons dit , pénétré jusques dans le Sanctuaire
, les moins ignorans étoient les
II. Vol. seuls
JUI N. 1734 1303
seuls qui pussent passer pour Sçavans ,
Charlemagne y pourvoit , et pour suppléer
àlce deffaut il rassemble de toute
l'Europe ce qu'il pût trouver d'hommes
versés dans les Sciences ; il fait venir d'Italiele
PoëteThéodulphe , Pierre de Pise ,
Grammairien ; Paul Diacre , fameux Historiographe
, le Fape: Adrien lui envoye
deux Maîtres de Chant , deux Antiphoniers
et les sept Arts Liberaux , comme
dit Eginard. Mais de tous les Ecrivains
qu'il reçût dans ses Etats il n'en est aucun
qui puisse être comparé au Sçavant Alcuin
, Anglois de naissance et Saxon d'origine.
Alcuin étoit un de ces Sçavans qui
remplacent par la multitude de leurs connoissances
ce qui leur manque de perfection
et de singularité dans le genie , Grammairien
, Poëte , Rheteur , Dialecticien ,
Historiographe , Astronome , Théologien
, il fut l'oracle de son siecle , et il
merita de l'être ; ce fut lui qui inspira l'amour
des Lettres aux François , et qui
contribua plus que personne à répandre
ces semences précieuses , qui commencerent
bientôt à fructifier. La Cour fut le
premiet théatre où il parut , et il eut la
gloire de voir le Souverain et les Princesses
ses Filles au nombre de ses Disciples.
II. Vol. A
1304 MERCURE DE FRANCE
A leur exemple toute la France pleine
d'admiration pour son merite , conçût
de l'amour pour l'étude , et tâcha de profiter
de ses lumieres ; mais ce vaste genie
n'eut ni assez de force , ni assez de sublimité
pour s'élever au dessus du mauvais
goût de son siecle , il s'y laissa malheureusement
entraîner , il y entretint ses
éleves et par cette raison seule il laissa
son Ouvrage imparfait. Pour le connoître
il ne faut que jetter les yeux sur ses Ecrits,
il s'y est peint lui -même on voit par
tout un esprit fécond , mais âpre et diffùs ,
une grande étendue de connoissances , et
peu
•
de critiques , plus de subtilité que
de politesse ; son stile n'est assaisonné
d'aucun de ces traits nobles, vifs , et déli→
cats , qui élevent l'esprit et qui le frappent
par l'éclat de leurs lumieres ; il ins
truit sans persuader , il convainc sans
plaire ; le travail paroît en lui avoir surpassé
la nature , et l'art qui le forma
étoit lui même imparfait. On ne sçauroit
cependant lui refuser la loüange qu'il
mérite , d'avoir été par l'étendue de son
sçavoir le Photius des Latins ; moins
poli , moins chatié , moins profond que
le Patriarche Grec il le surpasse de
beaucoup par les belles qualitez qui font
l'honnête homme et par les vertus solides,
II. Vol, .qui
JUIN. 1734 1305
qui font le véritable Chrétien . Ce grand
Personnage après avoir suivi la Cour
pendant quelques années , se retira enfin
à Tours auprès du tombeau de Saint
Martin ; mais cette retraite ne fut pas
lui un lieu de repos ,
pour
il n'enfouit
pas dans une honteuse oisiveté les talens
qui l'avoient fait briller ; il sçavoit ce
qu'il devoir à Dieu et à l'Etat ainsi rapellant
dans cet aimable séjour ce qu'il·
avoit de connoissances , il s'appliqua de
nouveau à former des éleves qui se dispersant
dans plusieurs Monasteres de
T'Empire François , renouvellérent les
Sciences, et répandirent par tout l'esprit
de leur Maître
Je n'entreprens pas de refuter ici l'opinion
de quelques ( a ) Auteurs , qui ont
prétendu qu'Alcuin avoit jetté les fondemens
de l'Université de Paris , devenuë
depuis si fameuse dans toute l'Europe
le silence des Ectivains de ces tems - là
suffit pour en démontrer la fausseté . Ce
qu'il y a de certain , c'est que ce fut à
Tours , à Saint Denis en France , à Corbie
, à Fulde , à Richenou , et dans quelques
autres Monasteres , que l'on commença
dès- lors à enseigner les hautes
Sciences ; on y enseigna aussi Is beaux
( a ) Raban, Simeon, Sigulphe, Amalarius ¿e.
II. Vol. C Arts
1308 MERCURE DE FRANCE
,
Arts , et les Ecoles établies dans chaque
Diocèse conformément aux Statuts des
Conciles Provinciaux , et aux Capitulaires
de Charlemagne concourant à la
même fin ; on vit bien- tôt les Sciences
prendre une face nouvelle dans toute la
Monarchie Françoise. Mais quel en fut
le progrès à quel degré de perfection
arrivérent elles ? c'est ce qui nous restę
à examiner.
?
La suite pour le Mercure prochain.
sur l'état des Sciences dans l'étendue de
la Monarchie Françoise , sous Charlemagne.
L
"
Es Sciences ont leurs révolutions
aussi bien que les Empires , il est un
tems où elles sont florissantes ce tems
passé , elles ne font plus que languir ;
quelquefois elles se relevent et se soutiennent
avec assez d'honneur ; et quelquefois
aussi elles tombent pour ne se
relever jamais . Elles ont comme le Soleil
leurs solstices et leurs périodes ; elles
aiment à passer de climats en climats
et souvent après avoir éclairé quelques
IL. Vol.
B.vj
Con
و
1292 MERCURE DE FRANCE
contrées , elles se plongent , pour ainst
dire , dans l'abîme , et vont porter leurs
lumieres à des peuples nouveaux. Ainsi
après avoir autrefois parcouru les plus
belles régions de l'Orient où elles prirent
naissance , les vit- on passer dans la Grece
d'où elles se répandirent dans quelques
Provinces de l'Empire Romain ; et par
tout elles éprouverent des changemens
considérables er des alternatives , qui les
firent souvent paroître sous des faces differentes.
Quelle est la cause de ces révolutions a
est- ce l'influence des Astres ? la température
de l'air ou la qualité des esprits ,
dont nos corps sont animés et qui changent
avec les genérations et les aspects
du Soleil ? tout cela peut y contribuer :
mais tout cela n'explique pas d'une maniere
assez sensible la cause de ces fre
quentes vicissitudes ; il en est une plus
simple , et qui servira de baze à tout
ce que je dirai dans ce Discours . La
Science est attachée au gout des peuples
qui la cultivent , c'est le gout qui lui
donne sa qualité , son prix , son excellence
; or le gout se conforme toujours
au génie , le génie se regle ordinairement
sur les maximes , et les maximes changent
avec les circonstances des tems et
11. Vel. des
JUIN. 1734. 1293
des lieux. D'ailleurs , et c'est ici le point
capital , ce gout exquis , ce génie vaste
et sublime , si nécessaires à la perfection
des Sciences , sont des dons que le Ciel ne
répand pas toujours sur la terre , et qu'il
ne communique qu'à un petit nombre
d'hommes privilegiez .
En faut il davantage pour prouver
que la Science doit se ressentir de l'instabilité
propre à toutes les choses humaines
? C'est sur ce plan , que je vais exposer
aujourd'hui l'état où se trouvoient
les Sciences dans l'étendue de la Monarchie
Françoise au tems de Charlemagne .
Le gout pour lors étoit si corrompu , que
jamais on ne put le rectifier , le génie
tenoit beaucoup du barbare , et les maxime
n'avoient rien de noble ni de délicat.
Quel étoit donc l'état où se trouvoient
les Sciences ? Il ne pouvoit guere être
plus pitoyable. Je n'en veux point d'autres
preuves que ce qui nous reste de monumens
de ces tems qu'on peut dire
malheureux . Si ce que je dirai ne fait pas
beaucoup d'honneur au siécle de Charlemagne
, il en fera du moins à la verité ,
et c'est tout ce que je me proposé dans
ce Discours.
Depuis que les Gots, les Bourguignons.
et les Francs s'étoient établis dans les
11 Vol.
Gall
1294 MERCURE DE FRANCE
Gaules , la ferocité de ces peuples barbares
s'étoit communiquée aux naturels du
pays,qui ne firentplus avec leurs nouveaux
maîtres , qu'une même et seule nation .
Nos Gaulois changerent de maximes en
changeant de Souverains , la douceur de
leur génie s'altéra bien - tôt , et du mélange
qui se fit de leur sang avec le -sang
Germanique se forma un génie singulier
plus barbare que poli ; les travaux Militaires
qui furent assez long - tems leur
principal exercice , firent disparoître avec
le peu de politesse qu'on avoit puisé dans
le commerce des Romains , le gout des
Sciences et l'amour de l'étude ; on ne
suspendit ces travaux que pour se jetter
dais le sein de la mollesse ; les esprits
incultes n'étant animez d'aucun noble
motif s'énerverent bien- tôt , et l'on se
plongea dans un assoupissement si profond
, qu'il n'y eut que les désordres affreux
dont les Sarazins d'Espagne inondérent
la France sous Charles Martel et sous
Pepin qui pussent les reveiller ; le besoin
pressant et la necessité les animérent
plutôt qu'une noble émulation ; la gloire
avec tous ses appas ne pouvoit toucher
des hommes à demi barbares ; elle auroit
élevé les esprits en les polissant . On vôla
tout à coup aux armes , on se couvrit de
II. Val. sang
JUIN. 1734 1295
sang et de poussiere dans les champs de
Mars , et personne ou presque personne
ne songcoit à cultiver son esprit ; depuis
l'embouchure du Rhône , jusques à celle
du Rhin , des Alpes aux Pirenées , à peine
pouvoit- on trouver quelques vestiges des
Sciences ; il n'en étoit pas même resté la
moindre trace dans ces belles Provinces
( a ) si fécondes autrefois en Sçavans
Hommes.
"
L'Eglise depuis très-long- tems leur
avoit servi d'azile les Ministres des
Autels étoient devenus les dépositaires
de ces précieux Trésors : mais cette Eglise
étoit elle-même entierement défigurée ;
tout le Clergé croupissoit dans la plus
profonde ignorance. Qu'il me soit permis
d'exposer en peu de mots la triste.
situation où se trouvoit l'Ordre de l'Etat
le plus Saint et le plus éclairé.. Les Chanoines
suivant la regle de Grodegang
leur Réformateur n'étoient obligez qu'à
chanter les louanges de Dieu , et le reste
de leur tems ils devoient le donner au
travail de leurs mains ; c'étoit toute l'occupation
des plus réguliers ; la regle
n'exigeoit rien davantage , et tout nous
porte à croire qu'ils se renfermoient étroitement
dans les bornes de leurs obliga-
( a ) Ly Gaule Aquitanique et la Lyonnoise..
II. Vol. tions.
1296 MERCURE DE FRA CE
tions. Les Moines malgré le premier esprit
de leur Institut , avoient presque
toujours fait profession de cultiver les
Sciences ; ils s'étoient sur ce point conformez
en Occident à la sage pratique
des Orientaux , et leurs maisons étoient
devenuës les Séminaires où se formoient
les plus Saints et les plus Sçavans Ministres
de l'Eglise : mais depuis près d'un
siécle ces saintes retraites étoient , sur
tout en France , le centre de l'oisiveté.
Les Moines loin de s'enrichir des dépoüilles
des Peres , dont ils étoient les
possesseurs , se contentoient de les sçavoir
lire et copier , les plus éclairez parvenoient
jusqu'à les comprendre , aucun
n'osoit prendre l'essor ni marcher sur les
traces de ces grands Modéles ; le respect
m'empêche de parler de l'Episcopat destiné
particulierement à éclairer les peuples
; les Capitulaires de Charlemagne ,
et les Actes des Conciles Provinciaux qui
se tinrent dans ces tems - là ne publient
que trop la honte de ce Corps respectable.
Pour tout dire en deux mots , le sel
de la terre avoit perdu sa force , l'or
s'étoit obscurci , les horreurs de la guerre,
et la mollesse avoient , comme à l'envi ,
porté la désolation dans l'Etat , la corruption
dans les moeurs , et la grossiereté
II. Vol. dars
JUIN 1734. 1297
dans les esprits. Achevons de mettre ce
tableau dans tout son jour . Deux ou trois
traits des plus marquez lui donneront
cet air de ressemblance dont il a besoin
pour être veritable...
Les beaux Arts sont , comme tout le
monde sçait , une partie essentielle de la
Science, ils en sont la baze et l'ornement.
Ces Arts, fondés sur la nature , mais que
la nature n'apprend pas , étoient presque
entierement ignorés ; on ne les enseigna
dans aucun endroit du Royaume avant
Charlemagne , dit une ancienne Cronique
des Rois de France . Ante ipsum enim
Dominum Regem Carolum in Gallia nullibi
studiumfuerat liberalium Artium . Appuions.
un témoignage si fort et si décisif des
preuves les plus autentiques ; elles sont
tirées des ordres réïterés du Prince pour
l'établissement des Ecoles ; je vais les
exposer simplement telles qu'on les lit
dans le Receuil des Conciles de France.
Charlemagne au retour de son troisiéme
Voyage d'Italie l'an787, par une( 1 ) Lettre
circulaire adressée à tous les Evêques et
aux Abbez ( Lettre que je voudrois pou-.
voir rapporter ici toute entiere , mais
que je me contenterai de citer plus d'une
fois ) leur recommande d'établir dans
( 1 ) Tome 2. Conc. Gall. p. 32 .
II. Vol. des
1298 MERCURE DE FRANCE
leurs Chapitres et dans leurs Monasteres
des Ecoles où l'on forme la jeunesse à
l'Etude des Lettres et à la pięté . Et par
le Capitulaire soixante - douzième d'Aixla
Chapelle , il veut que dans ces mêmes
maisons on apprenne aux jeunes gens à
lire , à psalmodier , à écrire , à compter ,
et les regles de la Grammaire. Ut scola
Legentium puerorum fiant psalmos * notas
computum , Grammaticam , per singula Monasteria
et Episcopia discant . Les Conciles
Provinciaux qui se tinrent sous ce même
*
* Notas. Je crois qu'il faut entendre ce terme
de l'Ecriture , pour deux raisons . 1º . Parce qu'il
s'agit dans cet endroit de ce qu'il faut apprendre à
la jeunesse ; il est fait mention de la lecture , de
la psalmodie ou du chant , de la Grammaire ;
pourquoi auroit -on obmis l'Ecriture également nécessaire
à la jeunesse . 2. Ces caractéres nets et
distincts, qui sans jamais changer, diversifient par
leur mélange les differens objets qu'ils représentent,
n'étoient pas alors fort en usage ; ils n'étoient connus
que des Sçavans ; Charlemagne lui- même, si
nous en croyons Eginard, n'apprit que très tard et
presque sans succès à les former. Tentabat scribere .
sed parum prosperè successit labor præposterus
ac sero inchoatus. L'Ecriture commune consistoit
dans de grands traits informes , arbitraires pour la
plupart , et sujets au changement. C'est ce qui paroit
par les anciennes Chartres et par quelques monumens
lapidaires et metalliques , qui sont parvenus
jusqu'à nous sur quoi on peut consulter la Diplo
matique du P. Mabillon .
II Vol.
EmJUIN.
1734. 1299
Empereur, les s'expliquent à peu près dans
les mêmes termes. Les Arts qui sont la
partie des Sciences la plus simple et la
plus facile , n'étoient donc pas enseignési
et par une suite nécessaire , ils étoient
ignorez d'une nation qui n'avoit ni disposition
pour s'y former de soi- même ,
ni la volonté de les apprendre. Que devons-
nous penser des hautes Sciences ,
des Sciences abstraites et difficiles , si celles
qui sont plus aisées , cellesqui sont la baze,
n'étoient pas connus , Encore un nouveau
trait; il achevera de mettre ce que nous
venons de dire dans la derniere évidence.
Les Langues sont l'instrument general
des Sciences , l'organe de l'esprit , l'image
de la pensée , l'interprete du goût , et
le theatre où le genie se développe . La
Langue Teutonique , rude et grossiere
étoit celle de nos nouveaux Maîtres , conforme
à leur genie ; elle n'a rien de cette
douceur ni de cette politesse que demandent
les Sciences. La Grecque ,harmonieuse
, douce et énergique ne me paroît pas
avoir été bien connue au Sçavant Alcuin ,
et j'ai peine à croire sur le seul témoignage
d'Eginard , Charlemagne lait
jamais bien comprise ; toutes les apparencescombattent
l'un et l'autre fair.La Langue
Latine avoit été long - tems dominan-
11. Vol. tc
100 MERCURE DE FRANCE
te dans les Gaules , les Francs l'avoient
adoptée pour les Actes publics ; elle étoit
sur tout destinée aux Ouvrages d'esprit:
mais cette Langue si noble , si polie étoit
devenue la proye du barbarisme , le genie
et le tour de la Teutonique s'étoient glissés
dans l'idiome Romain , et de ce lliage
s'étoit formé un langage dur , sans
cadence , sans pureté , sans ortographe
Il falloit, sans doute, qu'il fut défectueux
au suprême dégré pour blesser les oreilles
de Charlemagne , que l'on ne peut pas
dire avoir été trop délicates.
Ecoutons ce Prince parler dans la Lettre
que nous avons déja citée aux Evêques
et Abbés , c'est -à - dire, aux plus Sçavans
hommes de son Royaume. J'ai reconnu
, leur dit- il , dans la plûpart des
Ecrits que vous m'avez envoyés assez de
justesse dans les sentimens , et beaucoup de
grossiereté dans le langage; et j'ai compris
que pour avoir négligé de vous instruire
Vous avez peine à exprimer les pieus
reflexions que vous avez puisées dans
Meditation . Ce ne fut qu'avec le
>
* Cognovimus in plerisque prafatis conscript
bus vestris eorumdem et sensus rectos et serr.
incultos , quia quod pia devotio interius fidelite
tabat , hoc exterius propter negligentiam dis
lingua inerudita exprimere sine reprehensi: •
alebat.
JUIN. 1734. 1301
cours des Maîtres de Grammaire qui vinrent
d'Italie , qu'on épura la Langue
Latine , et qu'on en banit les expressions
Teutoniques dont elle étoit infectée;
elles se refugierent dans le Romain ou Latin
vulgaire , qui s'étant peu à peu purifié
et poli est devenu depuis une des plus
belle Langue du monde. Mais on ne
réussit pas à rendre à la Langue Latine sa
beauté naturelle , on exprima toujours
grossierement ce que l'on pensoit sans
délicatesse . Il est inutile d'entrer dans un
plus long détail ; ce que nous avons dit
est plus que suffisant pour prouver combien
étoit triste la situation des Sciences
quand Charlemagne entreprit de les rétatablir.
Voyons comment il s'y prit , quels
Maîtres il employa pour seconder son
dessein , quel en fut les succès.
Charles , surnommé le Grand, pour ses
grandes qualités encore plus que pour ses
grandes actions , fut un de ces hommes
rares , que la Nature se plaît de tems en
tems à former et sur qui la fortune ou
pour parler plus juste , la Providence divine,
répand ses faveurs avec complaisan
ce ; genie superieur , hardi , ferme , pénétrant
, il ne lui manqua du côté de l'esprit
que ce que son siecle ne pouvoit lui
donner , je veux dire la politesse et le
II. Vol.
bon
`
1302 MERCURE DE FRANCE
bon goût. Les vertus qui font les veritables
Heros , sembloient nées avec lui ;
la magnanimité , la droiture , là prudence
, la bonté , la Religion faisoient son
caractere , et se déployoient dans toutes
ses actions ; Maître d'une partie considerable
de l'Europe , cheri particulierement
de ses Sujets, admiré de tout l'Univers ,
il songea encore à immortaliser son nom
en banissant l'ignorance de ses Etats ; entreprise
glorieuse et digne du plus grand
Prince qui fût alors au monde , elle auroit
eu, sans doute,un succès entier et par-
' fait , si le mauvais goût n'eût infecté les
Maîtres aussi bien que les Disciples . Il se
presenta des obstacles presques insurmontables
, il ne s'en rebuta pas , il eut recours
à sa prudence, et rien n'étoit au-dessus de
ses lumieres. Non content d'animer ses
Peuples par son exemple et par ses bienfaits
, il se servit encore de son autorité
pour engager ceux qui par leur profession
devoient avoir quelque teinture de Scien-'
ces à les cultiver , et à en faire pare au ;
reste de ses Sujets . Mais comment trouver
dans toute la France des Maîtres capables
de former la jeunesse ? L'ignorance
, la grossiereté avoient , comme nous
avons dit , pénétré jusques dans le Sanctuaire
, les moins ignorans étoient les
II. Vol. seuls
JUI N. 1734 1303
seuls qui pussent passer pour Sçavans ,
Charlemagne y pourvoit , et pour suppléer
àlce deffaut il rassemble de toute
l'Europe ce qu'il pût trouver d'hommes
versés dans les Sciences ; il fait venir d'Italiele
PoëteThéodulphe , Pierre de Pise ,
Grammairien ; Paul Diacre , fameux Historiographe
, le Fape: Adrien lui envoye
deux Maîtres de Chant , deux Antiphoniers
et les sept Arts Liberaux , comme
dit Eginard. Mais de tous les Ecrivains
qu'il reçût dans ses Etats il n'en est aucun
qui puisse être comparé au Sçavant Alcuin
, Anglois de naissance et Saxon d'origine.
Alcuin étoit un de ces Sçavans qui
remplacent par la multitude de leurs connoissances
ce qui leur manque de perfection
et de singularité dans le genie , Grammairien
, Poëte , Rheteur , Dialecticien ,
Historiographe , Astronome , Théologien
, il fut l'oracle de son siecle , et il
merita de l'être ; ce fut lui qui inspira l'amour
des Lettres aux François , et qui
contribua plus que personne à répandre
ces semences précieuses , qui commencerent
bientôt à fructifier. La Cour fut le
premiet théatre où il parut , et il eut la
gloire de voir le Souverain et les Princesses
ses Filles au nombre de ses Disciples.
II. Vol. A
1304 MERCURE DE FRANCE
A leur exemple toute la France pleine
d'admiration pour son merite , conçût
de l'amour pour l'étude , et tâcha de profiter
de ses lumieres ; mais ce vaste genie
n'eut ni assez de force , ni assez de sublimité
pour s'élever au dessus du mauvais
goût de son siecle , il s'y laissa malheureusement
entraîner , il y entretint ses
éleves et par cette raison seule il laissa
son Ouvrage imparfait. Pour le connoître
il ne faut que jetter les yeux sur ses Ecrits,
il s'y est peint lui -même on voit par
tout un esprit fécond , mais âpre et diffùs ,
une grande étendue de connoissances , et
peu
•
de critiques , plus de subtilité que
de politesse ; son stile n'est assaisonné
d'aucun de ces traits nobles, vifs , et déli→
cats , qui élevent l'esprit et qui le frappent
par l'éclat de leurs lumieres ; il ins
truit sans persuader , il convainc sans
plaire ; le travail paroît en lui avoir surpassé
la nature , et l'art qui le forma
étoit lui même imparfait. On ne sçauroit
cependant lui refuser la loüange qu'il
mérite , d'avoir été par l'étendue de son
sçavoir le Photius des Latins ; moins
poli , moins chatié , moins profond que
le Patriarche Grec il le surpasse de
beaucoup par les belles qualitez qui font
l'honnête homme et par les vertus solides,
II. Vol, .qui
JUIN. 1734 1305
qui font le véritable Chrétien . Ce grand
Personnage après avoir suivi la Cour
pendant quelques années , se retira enfin
à Tours auprès du tombeau de Saint
Martin ; mais cette retraite ne fut pas
lui un lieu de repos ,
pour
il n'enfouit
pas dans une honteuse oisiveté les talens
qui l'avoient fait briller ; il sçavoit ce
qu'il devoir à Dieu et à l'Etat ainsi rapellant
dans cet aimable séjour ce qu'il·
avoit de connoissances , il s'appliqua de
nouveau à former des éleves qui se dispersant
dans plusieurs Monasteres de
T'Empire François , renouvellérent les
Sciences, et répandirent par tout l'esprit
de leur Maître
Je n'entreprens pas de refuter ici l'opinion
de quelques ( a ) Auteurs , qui ont
prétendu qu'Alcuin avoit jetté les fondemens
de l'Université de Paris , devenuë
depuis si fameuse dans toute l'Europe
le silence des Ectivains de ces tems - là
suffit pour en démontrer la fausseté . Ce
qu'il y a de certain , c'est que ce fut à
Tours , à Saint Denis en France , à Corbie
, à Fulde , à Richenou , et dans quelques
autres Monasteres , que l'on commença
dès- lors à enseigner les hautes
Sciences ; on y enseigna aussi Is beaux
( a ) Raban, Simeon, Sigulphe, Amalarius ¿e.
II. Vol. C Arts
1308 MERCURE DE FRANCE
,
Arts , et les Ecoles établies dans chaque
Diocèse conformément aux Statuts des
Conciles Provinciaux , et aux Capitulaires
de Charlemagne concourant à la
même fin ; on vit bien- tôt les Sciences
prendre une face nouvelle dans toute la
Monarchie Françoise. Mais quel en fut
le progrès à quel degré de perfection
arrivérent elles ? c'est ce qui nous restę
à examiner.
?
La suite pour le Mercure prochain.
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Résumé : DISCOURS CRITIQUE, sur l'état des Sciences dans l'étenduë de la Monarchie Françoise, sous Charlemagne.
Le texte 'Discours critique sur l'état des Sciences dans l'étendue de la Monarchie Françoise, sous Charlemagne' analyse les fluctuations historiques des sciences, comparées aux révolutions des empires. Les sciences connaissent des périodes de floraison et de déclin, influencées par divers facteurs tels que le goût des peuples, le génie et les maximes de chaque époque. Sous Charlemagne, le goût était corrompu et le génie barbare, ce qui a conduit à un état pitoyable des sciences. Les Gaulois, après l'établissement des Goths, des Bourguignons et des Francs, ont adopté des maximes barbares, perdant ainsi leur douceur et leur goût pour les sciences. Les travaux militaires et la mollesse ont contribué à cet assoupissement intellectuel. L'Église, bien que refuge des sciences, était elle-même plongée dans l'ignorance. Les chanoines et les moines, malgré leurs rôles initiaux, étaient devenus oisifs et ne cultivaient plus les sciences. Les beaux-arts, essentiels aux sciences, étaient presque inconnus avant Charlemagne. Charlemagne a tenté de rétablir les sciences en établissant des écoles dans les chapitres et monastères pour enseigner la lecture, la psalmodie, l'écriture, le calcul et la grammaire. Cependant, les langues, instruments des sciences, étaient également corrompues. La langue latine, autrefois noble, était infectée par des expressions teutoniques, rendant difficile l'expression délicate des pensées. Le texte décrit Charlemagne comme un homme exceptionnel, doté d'un génie supérieur, de hardiesse, de fermeté et de pénétration. Bien que son époque ne lui ait pas permis d'acquérir la politesse et le bon goût, il possédait des vertus héroïques telles que la magnanimité, la droiture, la prudence, la bonté et la religion. Maître d'une partie considérable de l'Europe, il était chéri de ses sujets et admiré dans l'univers. Il entreprit de bannir l'ignorance de ses États, une initiative glorieuse mais confrontée à des obstacles dus au mauvais goût des maîtres et des disciples. Pour pallier l'ignorance et la grossièreté, il fit venir des savants de toute l'Europe, notamment Alcuin, un érudit anglo-saxon versé dans de nombreuses disciplines. Alcuin inspira l'amour des lettres à la cour et dans toute la France, mais son œuvre resta imparfaite en raison du mauvais goût de son siècle. Après avoir suivi la cour, Alcuin se retira à Tours où il continua à former des élèves, contribuant ainsi à la renaissance des sciences dans l'Empire franc. Le texte mentionne également l'établissement d'écoles dans divers monastères et diocèses, conformément aux statuts des conciles provinciaux et aux capitulaires de Charlemagne, marquant le début d'une nouvelle ère pour les sciences dans la monarchie franque.
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7778
p. 1320-1323
REPLIQUE à la Réponse faite par M. le Gendre de S. Aubin, dans le Mercure d'Avril dernier, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer ; inserée dans le Mercure de Mars dernier.
Début :
Il suffit de voir à la tête de la Réponse en question le nom de M. de S. Aubin [...]
Mots clefs :
Marquis de Saint-Aubin, Solstices, Équinoxes, Pression, Terre, Équateur, Réponse
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texteReconnaissance textuelle : REPLIQUE à la Réponse faite par M. le Gendre de S. Aubin, dans le Mercure d'Avril dernier, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer ; inserée dans le Mercure de Mars dernier.
REPLIQUE à la Réponse faite par
M. le Gendre de S. Aubin , dans le
Mercure d'Avril dernier , à l'objection
concernant le Flux et Reflux de la Mer;
inserée dans le Mercure de Mars dernier.
I
L suffit de voir à la tête de la Réponse
en question le nom de M. de S. Aubin
pour juger de sa solidité et de l'érudition
dont elle doit estre remplie. Cependant
il me permettra de dire qu'elle ne me
satisfait pas entierement , et que je crois
qu'elle n'est pas une solution pour ma
difficulté.
Il s'agit du mouvement annuel de
la Mer dont j'ai attaqué l'explication , cn
I. Vol.
dia
JUIN. 1734.
8327
disant que la Lune ne répondant pas à
un plus grand cercle de la Terre dans le
tems des Equinoxes , que dans celui des
Solstices , il ne doit pas y avoir de plus
grande Marée dans l'un que dans l'autre
cas .
La solution n'a pas paru difficile à
M. de S. Aubin , et pour le faire voir
il soutient que l'égalité de tous les grands
cercles d'une Sphere n'est d'aucune considération
dans l'espece présente , l'augmentation
du Flux dans les Equinoxes
étant causée par une pression plus perpendiculaire
, au lieu que dans les Solstices
la pression est fort indirecte , et ne
fait que glisser sur les Eaux.
. Il s'agit donc ici de sçavoir si la pres
sion est plus indirecte dans le tems des
Solstices dans celui des Equinoxes,
que
J'avoue d'abord qu'elle l'est fort dans le
tems des Solstices par rapport au plan
de l'Equateur , puisque , comme le remarque
M. de S. Aubin , elle fait un angle
fort aigu avec ce plan , mais je sou
tiens que cette pression n'est pas indirecte
par rapport au plan , où elle se trouve
quand elle répond à l'un des Tropiques,
puisqu'elle répond au centre de la terre ,
comme on en convient ce qui suffit
pour que la pression ne soit pas plus in
II. Vol.
directe
1322 MERCURE DE FRANCE
directe dans le tems des Solstices , que
dans celui des Equinoxes ; et pour qu'il
soit faux que cette pression ne fasse que
glisser sur les Eaux dans le tems des
Solstices , comme le dit l'Auteur de la
Réponse.
"
M. de S. Aubin dit de plus que les
Astronomes regardent la Terre non
comme un Globe exactement rond où
tous les cercles sont égaux , mais comme
un Ellypsoïde allongé vers les poles , ou
comme un Spheroïde rehaussé sur l'Equateur.
Le premier fait est en ma faveur
, puisque le cercle qu'on tirera d'un
Tropique à l'autre sera beaucoup plus
grand que l'Equateur , si la Terre est un
Ellypsoïde allongé : ainsi les Marées seront
même plus fortes dans le tems des
Solstices que dans celui des Equinoxes ,
ce qui est contraire aux observations. Le
second ne me seroit pas si favorable , mais
l'un et l'autre de ces faits sont fort incertains
et on attend pour en être éclairci
qu'on ait fait un voyage qu'on espere
faire l'année prochaine sous l'Equateur ;
ainsi je crois qu'il est inutile quant à
présent de raisonner sur des faits incertains
; je suivrai toujours , en attendanť ,
l'opinion commune que la Terre est un
corps à peu près rond .
de
II Vol. . Quant
JUIN. 1734 1323
Quant au dernier article où l'Auteur
veut établir un nouveau Systême , comme
il ne regarde pas ma difficulté , je me
dispenserai d'en parler ici.
Pour le Perialie dont parle M. de S. Aubin
dans sa Réponse , comme il est commun
aux Equinoxes et aux Solstices , et
qu'il peut arriver en tous tems , il ne fait
rien à l'état présent de la question .
M. le Gendre de S. Aubin , dans le
Mercure d'Avril dernier , à l'objection
concernant le Flux et Reflux de la Mer;
inserée dans le Mercure de Mars dernier.
I
L suffit de voir à la tête de la Réponse
en question le nom de M. de S. Aubin
pour juger de sa solidité et de l'érudition
dont elle doit estre remplie. Cependant
il me permettra de dire qu'elle ne me
satisfait pas entierement , et que je crois
qu'elle n'est pas une solution pour ma
difficulté.
Il s'agit du mouvement annuel de
la Mer dont j'ai attaqué l'explication , cn
I. Vol.
dia
JUIN. 1734.
8327
disant que la Lune ne répondant pas à
un plus grand cercle de la Terre dans le
tems des Equinoxes , que dans celui des
Solstices , il ne doit pas y avoir de plus
grande Marée dans l'un que dans l'autre
cas .
La solution n'a pas paru difficile à
M. de S. Aubin , et pour le faire voir
il soutient que l'égalité de tous les grands
cercles d'une Sphere n'est d'aucune considération
dans l'espece présente , l'augmentation
du Flux dans les Equinoxes
étant causée par une pression plus perpendiculaire
, au lieu que dans les Solstices
la pression est fort indirecte , et ne
fait que glisser sur les Eaux.
. Il s'agit donc ici de sçavoir si la pres
sion est plus indirecte dans le tems des
Solstices dans celui des Equinoxes,
que
J'avoue d'abord qu'elle l'est fort dans le
tems des Solstices par rapport au plan
de l'Equateur , puisque , comme le remarque
M. de S. Aubin , elle fait un angle
fort aigu avec ce plan , mais je sou
tiens que cette pression n'est pas indirecte
par rapport au plan , où elle se trouve
quand elle répond à l'un des Tropiques,
puisqu'elle répond au centre de la terre ,
comme on en convient ce qui suffit
pour que la pression ne soit pas plus in
II. Vol.
directe
1322 MERCURE DE FRANCE
directe dans le tems des Solstices , que
dans celui des Equinoxes ; et pour qu'il
soit faux que cette pression ne fasse que
glisser sur les Eaux dans le tems des
Solstices , comme le dit l'Auteur de la
Réponse.
"
M. de S. Aubin dit de plus que les
Astronomes regardent la Terre non
comme un Globe exactement rond où
tous les cercles sont égaux , mais comme
un Ellypsoïde allongé vers les poles , ou
comme un Spheroïde rehaussé sur l'Equateur.
Le premier fait est en ma faveur
, puisque le cercle qu'on tirera d'un
Tropique à l'autre sera beaucoup plus
grand que l'Equateur , si la Terre est un
Ellypsoïde allongé : ainsi les Marées seront
même plus fortes dans le tems des
Solstices que dans celui des Equinoxes ,
ce qui est contraire aux observations. Le
second ne me seroit pas si favorable , mais
l'un et l'autre de ces faits sont fort incertains
et on attend pour en être éclairci
qu'on ait fait un voyage qu'on espere
faire l'année prochaine sous l'Equateur ;
ainsi je crois qu'il est inutile quant à
présent de raisonner sur des faits incertains
; je suivrai toujours , en attendanť ,
l'opinion commune que la Terre est un
corps à peu près rond .
de
II Vol. . Quant
JUIN. 1734 1323
Quant au dernier article où l'Auteur
veut établir un nouveau Systême , comme
il ne regarde pas ma difficulté , je me
dispenserai d'en parler ici.
Pour le Perialie dont parle M. de S. Aubin
dans sa Réponse , comme il est commun
aux Equinoxes et aux Solstices , et
qu'il peut arriver en tous tems , il ne fait
rien à l'état présent de la question .
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Résumé : REPLIQUE à la Réponse faite par M. le Gendre de S. Aubin, dans le Mercure d'Avril dernier, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer ; inserée dans le Mercure de Mars dernier.
Dans une réplique publiée en réponse à M. le Gendre de S. Aubin dans le Mercure d'Avril 1734, l'auteur conteste l'explication de ce dernier sur le mouvement annuel de la mer. Il soutient que la Lune n'interagit pas différemment avec la Terre lors des équinoxes et des solstices, ce qui remet en question l'existence de marées plus grandes à ces périodes. M. de S. Aubin attribue l'augmentation du flux lors des équinoxes à une pression plus perpendiculaire, contrairement aux solstices où elle serait plus indirecte. L'auteur réfute cette théorie, affirmant que la pression est similaire dans les deux cas. Il mentionne également les débats sur la forme de la Terre, certains astronomes la décrivant comme un ellipsoïde allongé vers les pôles ou un sphéroïde rehaussé sur l'équateur, mais ces hypothèses restent incertaines et nécessitent confirmation par un voyage prévu sous l'équateur. L'auteur préfère adhérer à l'opinion commune que la Terre est un corps à peu près rond. Il évite de discuter du nouveau système proposé par M. de S. Aubin et du périgée, les jugeant non pertinents pour la question actuelle.
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7779
p. 1324-1329
REMARQUE sur l'Origine du Jubilé de Lyon de la présente année 1734.
Début :
Ne croyez pas, Monsieur, que je veuille rien contester sur le Jubilé [...]
Mots clefs :
Jubilé, Lyon, Église Saint-Jean, Église, Concours, Bulles, Jésus-Christ, Église de Lyon
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUE sur l'Origine du Jubilé de Lyon de la présente année 1734.
REMARQUE sur ' Origine du Jubilé
de Lyon de la présente année 1734-
N
E
croyez pas , Monsieur , que je
veuille rien contester
sur le Jubilé
de Lyon de la présente année , sur lequel
il paroit un Livre nouveau
. J'ai attendu
pour répondre à votre question , que ce
Jubilé fur ouvert , afin que ni vous ni
ceux à qui vous ferez voir mes pensées ne
m'inputiez
point d'avoir voulu le combattre
ou en diminuer
le concours. J'ai
lû attentivement
le Livre imprimé sur
ce sujet chez Pierre Valfray. On y traite
la matiere dans toute l'étenduë
qu'elle
peut recevoir. Mais j'ai été surpris qu'on
II Vol. n'y
JUIN. 1734-
1325
n'y développât point ce qui peut avoir
fait naître cette dévotion . On bâtissoit
au milieu du quinziéme siécle le devant
de l'Eglise de S. Jean de Lyon . Il falloit
des sommes considérables pour achever
cet édifice. Il fut naturel de recourir
à Rome pour avoir des Indulgences en
forme de Jubilé . On put donc les obrenir
aisément l'an 1450. du Pape Nicolas
V. et si elles furent attachées à la Nativité
de S. Jean , c'est qu'alors on choisissoit
à dessein le tems des plus grands
jours de l'année , afin d'attirer des Pelerins
de plus loin . Or comme les Indulgences
Plenieres en forme de Jubilé
obtenues en 1450. pour l'Eglise de Lyon ,
eurent leur premiere exécution l'an 1451 .
auquels la S. Jean concouroit avec la
Fête- Dieu , les peuples crurent que cette
concurrence , qui est rare , étoit la cause
de l'indulgence , quoiqu'elle n'y eut in-
Alué en aucune maniere et il étoit d'autant
plus facile de se persuader cela , que
S. Jean- Baptiste est Patron de l'Eglise de
Lyon. Ce concours prodigieux arrivé en
1451. se divulgua ensuite dans leRoyaume
:les peres le racontérent à leurs enfants
sans oublier la circonstance de
Poccurrence des deux Fêtes , remarquée
par ceux qui avoient fait le voyage de
1 I. Vol. Lyon,
7326 MERCURE DE FRANCE
Lyon. C'est ce qui donna naissance à la
tradition , qu'on fit revivre en 1546..
lorsqu'il n'y restoit presque plus personne
qui eut vû la premiere solemnité
de 1451 .
Jubilé que
*
Comme ma coutume est de ne rien
aporter sans preuve , je vous ferai partde
la teneur d'une Bulle d'un semblable
le Roy Charles VIII. et sa
Soeur Anne de France obtinrent en 1485.
pour porter les Fidéles à contribuer au
rétablissement d'une Eglise Collégiale du
titre de S. Etienne. Ne vous imaginez
pas que ce fut à la S. Etienne d'Eté , encore
moins à celle d'Hyver que le concours
fut assigné par le Saint Pere , ce
fut à la S. Jean de même qu'à Lyon , et
ce concours devoit durer trois jours.
Omnibus et singulis utriusque sexus
Christi fidelibus verè pænitentibus et confessis
qui Ecclesiam predictam et quatuor altaria
in ea sita per dilectos filios Capitulum
ejusdem specificanda , annis singulis à primis
Vesperis diei Nativitatis S. Joannis
-Baptiste et inclusivè per duos sequentes
dies pro primo usque ad occasum solis devote
visitaverint , et ad præmissum pium ipsius
Ecclesia reparationis et instaurationis opus
manus porrexerint adjutrices , eamdem prorsus
et omnimodam plenariam anni Jubilei
II. Vel. IndulJUI
N. 1734 1327
Indulgentiam et peccatorum remissionem
quam consequerentur, si ad urbem intra annum
Jubilei hujusmodi cum contigerit illud
advenire , personaliter venirent , et Apostolorum
præ lictorum Basilicas ac Lateranensem
et Beata Maria Majoris ejusdem urbis
Ecclesias statutis ad id per predecessores
nostros Romanos Pontifices diebus de vote
visitarent , et alia caritatis et devotionis
opera pro ipsius anni Jubilei Indulgentia
consequenda exerceri solita exercerint , autoritate
Apostolicâ tenore præsentium concedimus
et largimur. Cela est suivi de la
clause pour le pouvoir des Confesseurs
et après le style ordinaire , est la limitation
du tems en ces termes : Presentibus
post triennium à data presentium computandis
minimè valituris.
Il ne vous sera pas difficile , Monsieur ,
de faire vos réflexions sur ce que je viens
de vous raporter , et d'en faire une application
aux Bulles qui ont dû exister pour
Lyon . Je ne sçai si l'Ecrivain de 1666.
ou celui de la présente année ont senti
qu'il pourroit y avoir eû une semblable
limitation dans les Bulles qui avoient
accordé le Jubilé de 1451. Au moins il
est visible qu'elles insistent fort sur la
nouvelle vigueur que le Pape Sixte IV.
leur a donnée en les confirmant ; et
11. Vol.
peut328
MERCURE DE FRANCE
peut- être avoient- elles besoin de cette
formalité.
que
En conséquence de cette confirmation
ou extension , il a été libre à un chacun
cette présente année 1734. d'aller profiter
de l'ouverture faite à Lyon des Trésors
de l'Eglise , et je ne doute pas que
le concours n'ait été encore plus grand
dans les années 1451. 1546. et 1666.
Ĉes sortes de cérémonies vont toujours
en augmentant . Vous en avez une preuve
toute recente dans ce qui vient d'arriver
à Orleans à l'Entrée du nouvel Evêque.
Le nombre des prisonniers délivrez n’alloit
autrefois qu'à cent ou deux cens
et maintenant il passe de beaucoup le
nombre de mille.
"
Quoique l'édifice de l'Eglise de S. Jean
de Lyon ne soit pas d'un entretien aussi
onereux que celui de Nôtre Dame de
Paris , Nôtre- Dame de Chartres , Nôtres
Dame de Reims ou de Roüen , il n'est
pas inutile
que dans chaque
siécle il y ait une année dans laquelle
les Fidéles
puissent
contribuer
comme
par honneur
, à l'entretien
du bâtiment
de cette Eglise
primatiale
des Gaules . Je dis dans chaque siécle en supposant
qu'on
ne touchera point à la réforme
du Calendrier
fite
sous Gregoire
XIII . selon laquelle
l'Au-
11 Vol. teur
JUIN 1734. 13:5
>
teur a préyû chaque année de cette concurrer.
ce jusqu'à - ce que nous ayons
atteint l'an trois mille depuis Jesus-
Christ. Car si on revenoit à l'ancien
calcul usité depuis Jesus - Christ jusqu'à
Gregoire XIII. on seroit quelquefois
247. ans sans voir cette concurrence ,
Au reste il n'y a rien à craindre de la
discussion que j'aurois souhaité qu'on
eut pû faire des Bulles primitives. Selon
le calcul usité aujourd'hui , la Fête- Dieu
n'arrivera le jour de Saint Jean , qu'en
l'an 1886. auquel tems il est sûr que
pas un de ceux qui lisent cette année ma
petite observation ne sera sur terre
très- probable qu'on ne songera guere
à examiner l'origine de la chose , dont
on sera encore plus éloigné de cent
cinquante ans , qu'on ne l'est aujour
d'hui.
A..... le 26 Juin 1734.
de Lyon de la présente année 1734-
N
E
croyez pas , Monsieur , que je
veuille rien contester
sur le Jubilé
de Lyon de la présente année , sur lequel
il paroit un Livre nouveau
. J'ai attendu
pour répondre à votre question , que ce
Jubilé fur ouvert , afin que ni vous ni
ceux à qui vous ferez voir mes pensées ne
m'inputiez
point d'avoir voulu le combattre
ou en diminuer
le concours. J'ai
lû attentivement
le Livre imprimé sur
ce sujet chez Pierre Valfray. On y traite
la matiere dans toute l'étenduë
qu'elle
peut recevoir. Mais j'ai été surpris qu'on
II Vol. n'y
JUIN. 1734-
1325
n'y développât point ce qui peut avoir
fait naître cette dévotion . On bâtissoit
au milieu du quinziéme siécle le devant
de l'Eglise de S. Jean de Lyon . Il falloit
des sommes considérables pour achever
cet édifice. Il fut naturel de recourir
à Rome pour avoir des Indulgences en
forme de Jubilé . On put donc les obrenir
aisément l'an 1450. du Pape Nicolas
V. et si elles furent attachées à la Nativité
de S. Jean , c'est qu'alors on choisissoit
à dessein le tems des plus grands
jours de l'année , afin d'attirer des Pelerins
de plus loin . Or comme les Indulgences
Plenieres en forme de Jubilé
obtenues en 1450. pour l'Eglise de Lyon ,
eurent leur premiere exécution l'an 1451 .
auquels la S. Jean concouroit avec la
Fête- Dieu , les peuples crurent que cette
concurrence , qui est rare , étoit la cause
de l'indulgence , quoiqu'elle n'y eut in-
Alué en aucune maniere et il étoit d'autant
plus facile de se persuader cela , que
S. Jean- Baptiste est Patron de l'Eglise de
Lyon. Ce concours prodigieux arrivé en
1451. se divulgua ensuite dans leRoyaume
:les peres le racontérent à leurs enfants
sans oublier la circonstance de
Poccurrence des deux Fêtes , remarquée
par ceux qui avoient fait le voyage de
1 I. Vol. Lyon,
7326 MERCURE DE FRANCE
Lyon. C'est ce qui donna naissance à la
tradition , qu'on fit revivre en 1546..
lorsqu'il n'y restoit presque plus personne
qui eut vû la premiere solemnité
de 1451 .
Jubilé que
*
Comme ma coutume est de ne rien
aporter sans preuve , je vous ferai partde
la teneur d'une Bulle d'un semblable
le Roy Charles VIII. et sa
Soeur Anne de France obtinrent en 1485.
pour porter les Fidéles à contribuer au
rétablissement d'une Eglise Collégiale du
titre de S. Etienne. Ne vous imaginez
pas que ce fut à la S. Etienne d'Eté , encore
moins à celle d'Hyver que le concours
fut assigné par le Saint Pere , ce
fut à la S. Jean de même qu'à Lyon , et
ce concours devoit durer trois jours.
Omnibus et singulis utriusque sexus
Christi fidelibus verè pænitentibus et confessis
qui Ecclesiam predictam et quatuor altaria
in ea sita per dilectos filios Capitulum
ejusdem specificanda , annis singulis à primis
Vesperis diei Nativitatis S. Joannis
-Baptiste et inclusivè per duos sequentes
dies pro primo usque ad occasum solis devote
visitaverint , et ad præmissum pium ipsius
Ecclesia reparationis et instaurationis opus
manus porrexerint adjutrices , eamdem prorsus
et omnimodam plenariam anni Jubilei
II. Vel. IndulJUI
N. 1734 1327
Indulgentiam et peccatorum remissionem
quam consequerentur, si ad urbem intra annum
Jubilei hujusmodi cum contigerit illud
advenire , personaliter venirent , et Apostolorum
præ lictorum Basilicas ac Lateranensem
et Beata Maria Majoris ejusdem urbis
Ecclesias statutis ad id per predecessores
nostros Romanos Pontifices diebus de vote
visitarent , et alia caritatis et devotionis
opera pro ipsius anni Jubilei Indulgentia
consequenda exerceri solita exercerint , autoritate
Apostolicâ tenore præsentium concedimus
et largimur. Cela est suivi de la
clause pour le pouvoir des Confesseurs
et après le style ordinaire , est la limitation
du tems en ces termes : Presentibus
post triennium à data presentium computandis
minimè valituris.
Il ne vous sera pas difficile , Monsieur ,
de faire vos réflexions sur ce que je viens
de vous raporter , et d'en faire une application
aux Bulles qui ont dû exister pour
Lyon . Je ne sçai si l'Ecrivain de 1666.
ou celui de la présente année ont senti
qu'il pourroit y avoir eû une semblable
limitation dans les Bulles qui avoient
accordé le Jubilé de 1451. Au moins il
est visible qu'elles insistent fort sur la
nouvelle vigueur que le Pape Sixte IV.
leur a donnée en les confirmant ; et
11. Vol.
peut328
MERCURE DE FRANCE
peut- être avoient- elles besoin de cette
formalité.
que
En conséquence de cette confirmation
ou extension , il a été libre à un chacun
cette présente année 1734. d'aller profiter
de l'ouverture faite à Lyon des Trésors
de l'Eglise , et je ne doute pas que
le concours n'ait été encore plus grand
dans les années 1451. 1546. et 1666.
Ĉes sortes de cérémonies vont toujours
en augmentant . Vous en avez une preuve
toute recente dans ce qui vient d'arriver
à Orleans à l'Entrée du nouvel Evêque.
Le nombre des prisonniers délivrez n’alloit
autrefois qu'à cent ou deux cens
et maintenant il passe de beaucoup le
nombre de mille.
"
Quoique l'édifice de l'Eglise de S. Jean
de Lyon ne soit pas d'un entretien aussi
onereux que celui de Nôtre Dame de
Paris , Nôtre- Dame de Chartres , Nôtres
Dame de Reims ou de Roüen , il n'est
pas inutile
que dans chaque
siécle il y ait une année dans laquelle
les Fidéles
puissent
contribuer
comme
par honneur
, à l'entretien
du bâtiment
de cette Eglise
primatiale
des Gaules . Je dis dans chaque siécle en supposant
qu'on
ne touchera point à la réforme
du Calendrier
fite
sous Gregoire
XIII . selon laquelle
l'Au-
11 Vol. teur
JUIN 1734. 13:5
>
teur a préyû chaque année de cette concurrer.
ce jusqu'à - ce que nous ayons
atteint l'an trois mille depuis Jesus-
Christ. Car si on revenoit à l'ancien
calcul usité depuis Jesus - Christ jusqu'à
Gregoire XIII. on seroit quelquefois
247. ans sans voir cette concurrence ,
Au reste il n'y a rien à craindre de la
discussion que j'aurois souhaité qu'on
eut pû faire des Bulles primitives. Selon
le calcul usité aujourd'hui , la Fête- Dieu
n'arrivera le jour de Saint Jean , qu'en
l'an 1886. auquel tems il est sûr que
pas un de ceux qui lisent cette année ma
petite observation ne sera sur terre
très- probable qu'on ne songera guere
à examiner l'origine de la chose , dont
on sera encore plus éloigné de cent
cinquante ans , qu'on ne l'est aujour
d'hui.
A..... le 26 Juin 1734.
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Résumé : REMARQUE sur l'Origine du Jubilé de Lyon de la présente année 1734.
Le texte aborde l'origine du Jubilé de Lyon en 1734. L'auteur ne remet pas en question ce Jubilé, mais déplore que le livre récemment publié sur le sujet n'explique pas l'origine de cette dévotion. Il rappelle qu'au milieu du XVe siècle, la construction de la façade de l'église Saint-Jean de Lyon nécessitait des fonds importants. En 1450, le pape Nicolas V accorda des indulgences en forme de Jubilé pour encourager les dons. Ces indulgences furent mises en œuvre pour la première fois en 1451, lors de la fête de la Nativité de Saint-Jean et de la Fête-Dieu. La coïncidence de ces deux fêtes amena les fidèles à croire que cette coïncidence était la cause de l'indulgence, renforcée par le fait que Saint-Jean-Baptiste est le patron de l'église de Lyon. Cette tradition se perpétua et fut réactivée en 1546. L'auteur mentionne également une bulle papale obtenue par le roi Charles VIII et sa sœur Anne de France en 1485, qui accordait des indulgences pour la contribution à la restauration d'une église collégiale. Il souligne l'importance de maintenir cette tradition pour l'entretien de l'église Saint-Jean de Lyon, malgré les réformes du calendrier.
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7780
p. 1329-1331
PORTRAIT De Mlle P...
Début :
Entreprendre, Iris, ton Portrait, [...]
Mots clefs :
Portrait, Yeux, Plaire, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT De Mlle P...
PORTRAIT
De Mlle P ...
E Ntreprendre , Iris, ton Portrait ,
N'est-ce point être témeraire ,
JIVol.
a
D Puis1330
MERCURE DE FRANCE
Puisque te rendre trait pour trait ,
N'est pas une petite affaire▸
Toy , qui sçais le grand art de plaire ,
Amour , pour un objet si beau',
La vraye image de ta Mere ,
Anime et condui mon pinceau .
Déja je la vois , elle avance
D'un pas noble et majestueux ,
Et m'impose par sa présence
Un silence respectueux.
Mais bien- tôt ses levres vermeilles ,
Formant un souris gracieux ,
Vont apprêter à mes oreilles
Autant de plaisir qu'à mes yeux .
Tout ce que profere sa bouche ,
Est rempli de grace et d'esprit ;
Je sens dans tout ce qu'elle dit ,
Un je ne sçais quoi qui me touche ;
Son port , sa taille , son maintien ,
Tout me parle à son avantage ,
2
Et l'air doux dont elle prévient ,
Se trouve peint sur son visage.
Des traits dont l'Amour fait un jeu
Un teint, tout de Lys et de Roses ; "
Certains yeux vifs et pleins de feu ,
De ces yeux qui disent cent choses ,
Quand d'autres en disent si peu.
Mais parlons de son caractère ,
II. Vol.
Tout
JUIN. 1734
1334
Tout plein d'honneur et de vertu ;
Parlons du coeur le plus sincere
Que sur la Terre on ait connu .
Sa maxime est de toujours être
De l'humeur dont elle paroît ,
Et telle qu'on la voit paroître ,
C'est ainsi que toujours elle est.
Parmi tout ce qu'on lui voit faire ,
Elle mêle de l'agrément ,
Et par un certain enjoüement
Elle est toujours seure de plaire.
On n'en peut dire assez de bien ,
J'en dirois encore davantage ,
Mais cette Belle n'aime rien ,
Hélas ! n'est - ce pas grand dommage ?
***
D ....
De Mlle P ...
E Ntreprendre , Iris, ton Portrait ,
N'est-ce point être témeraire ,
JIVol.
a
D Puis1330
MERCURE DE FRANCE
Puisque te rendre trait pour trait ,
N'est pas une petite affaire▸
Toy , qui sçais le grand art de plaire ,
Amour , pour un objet si beau',
La vraye image de ta Mere ,
Anime et condui mon pinceau .
Déja je la vois , elle avance
D'un pas noble et majestueux ,
Et m'impose par sa présence
Un silence respectueux.
Mais bien- tôt ses levres vermeilles ,
Formant un souris gracieux ,
Vont apprêter à mes oreilles
Autant de plaisir qu'à mes yeux .
Tout ce que profere sa bouche ,
Est rempli de grace et d'esprit ;
Je sens dans tout ce qu'elle dit ,
Un je ne sçais quoi qui me touche ;
Son port , sa taille , son maintien ,
Tout me parle à son avantage ,
2
Et l'air doux dont elle prévient ,
Se trouve peint sur son visage.
Des traits dont l'Amour fait un jeu
Un teint, tout de Lys et de Roses ; "
Certains yeux vifs et pleins de feu ,
De ces yeux qui disent cent choses ,
Quand d'autres en disent si peu.
Mais parlons de son caractère ,
II. Vol.
Tout
JUIN. 1734
1334
Tout plein d'honneur et de vertu ;
Parlons du coeur le plus sincere
Que sur la Terre on ait connu .
Sa maxime est de toujours être
De l'humeur dont elle paroît ,
Et telle qu'on la voit paroître ,
C'est ainsi que toujours elle est.
Parmi tout ce qu'on lui voit faire ,
Elle mêle de l'agrément ,
Et par un certain enjoüement
Elle est toujours seure de plaire.
On n'en peut dire assez de bien ,
J'en dirois encore davantage ,
Mais cette Belle n'aime rien ,
Hélas ! n'est - ce pas grand dommage ?
***
D ....
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Résumé : PORTRAIT De Mlle P...
Le texte est un portrait en vers de Mlle P..., dont la beauté et la grâce impressionnent l'auteur. Il exprime sa difficulté à décrire adéquatement la jeune femme, qui avance avec noblesse et majesté, imposant un silence respectueux. Ses lèvres vermeilles et son sourire gracieux charment autant les oreilles que les yeux. Tout ce qu'elle dit est empreint de grâce et d'esprit, touchant profondément l'auteur. Son port, sa taille et son maintien sont remarquables, et son visage reflète la douceur avec laquelle elle agit. Elle possède un teint de lys et de roses, des yeux vifs et pleins de feu, capables de transmettre beaucoup plus que des mots. Son caractère est marqué par l'honneur et la vertu, avec un cœur sincère. Toujours de bonne humeur, elle sait ajouter de l'agrément à tout ce qu'elle fait, plaisant ainsi à tous. Cependant, l'auteur déplore qu'elle n'aime personne, ce qu'il considère comme un grand dommage.
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7781
p. 1339-1349
PREMIERES ARMES présentées à Monseigneur l[e] Dauphin.
Début :
La Ville de Paris ayant demandé au Roy la permission de présenter [...]
Mots clefs :
Dauphin, Armes, Ville de Paris, Main, Vertus, Couronne, France, Palmes, Pieds, Guerre, Fleurs, Boucliers, Épée
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texteReconnaissance textuelle : PREMIERES ARMES présentées à Monseigneur l[e] Dauphin.
PREMIERES ARMES
présentées à Monseigneur la Dauphin.
L
A Ville de Paris ayant demandé
au Roy la permission de présenter
à Monseigneur le Dauphin ses premieres
Armes , conformément à un ancien usage
interrompu depuis que que temps ,
le Corps de Ville , en Robbe de ceremonie
, se rendit à Versailles le 6. de
ce moi ; et le Duc de Gesvres , Gouverneur
de Paris étant à la tête , il fut
conduit avec lès ceremoni s ordinaires
à l'Audience de Monseigneur le Dauphin
. Le Corps de Ville eut l'honneur
de présenter à ce Prince une Epée , un
Fusil et dux Pistolets d'un travail par
fait . Le Président Turgot , Prévô: des
Mirchinds , porta la prole cr complimenta
Monseigneur le Dauphin , qui
reçut avec beauco 'P de bonté cet e marque
que la Ville d Paris et empressée
de donner à ce Prince de son resp ce
et de son z le
C'est un droit aussi ancien que glorieux
pour la Ville de Paris , de présenter aux
Dauphins France leurs premi res Ar-
D vj mes
II. Vol.
1340 MERCURE DE FRANCE
mes ; soit récompense de son zéle et de
son affection envers ses Princes , soit prérogatives
flateuses pour la Capitale du
Royaume , soit l'un et l'autre ensemble,
elle a toujours joui de ce privilége et a fait
de cet avantage le premier de ses Titres.
Aujourd'hui que dans la joye commune
à toute la France elle voit croître sous
de si heureux auspices Monseigneur le
Dauphin , elle a encore en particulier
celle de lui pouvoir rendre cet hommage,
et elle a crû ne devoir rien oublier pour
s'acquiter d'un devoir aussi flateur et aussi
honorable pour elle.
Tout FOuvrage des Pistolets, est d'acier,
enrichi partie de reliefet de ciselure , dont
tous les fonds sont d'or perlé, partie d'or en
raport et en bosse , dont les fonds sont
d'acier ce qui fait un contraste aussi
agréable qu'il est riche . Les bois sont or
nez de figures en or gravées en Tailledouce
, et de filigrames d'or qui en font
les accompagnements , et laissent à peine
appercevoir les fonds.
Sur l'un des canons de Pistolets on a
representé en ciselure un Point du Jour,
ou un Soleil naissant : c'est un jeune en
fant sur la pente d'une coline , couché
sur un gazon fleuri , au pied d'un arbre
zoefu . Il semble se réveiller et sortir d'un
IL Vola
doux
JUIN. 1734. 1348
doux sommeil . Derriere la coline sort un
Soleil , dont on n'apperçoit encore que
les premiers raïons. Des deux côtez on
voit des Palmes et des Lauriers qui se
joignent , et s'entrelassent à leurs extré
mitez , soutiennent une Couronne de
Dauphin.
"
L'autre canon représente un jeune
Hercule qui écrase , encore au berceau ,
les deux Dragons qui vouloient le dévo
rer. Sa force montre son origine ; des
Lauriers et des Palmes ainsi que sur l'au
tre canon , mais par des contours differens
, vont se mêler ensemble par leurs
sommitez, et sont terminez par une Cou
ronne d'Etoiles. L'immortalité est la récompense
de ses vertus .
La cizelure n'occupe que la moitié des
canons ; le reste est travaillé en or de
rapport on y a representé les quatre
Parties du Monde , que ce Soleil Levant
va parcourir et éclairer dans sa course
brillante , et que ce jeune Héros doit
remplir du bruit de ses exploits et de ses
vertus. Ily a deux symboles de vertus sur
chaque canon. Elles sont assises sur une
Sphere du monde et representées sous les
attributs et avec les caractéres qui leur
sont propres. AAuu--ddeessssuuss , sont deux
cornes d'abondance renversées, qui répan-
11. Vola dent
342 MERCURE DE FRANCE
dent toutes les richesses et les fruits que
produit chacune des Parties de l'Univers
On voit aussi divers animaux selon la
natute de ces diférentes contrées . Du côté
de l'Europe on n'a pas oublié l'oyseau
avant- coureur du Soleil : il tient un Lys
en son bec.
Sur chacune des deux ovales des calottes
, on a representé un jeune Héros
sur l'une il est debout , un arc à la main,
sur lequel il s'appuye ; un Lion et une
massuë d'Hercule à ses pieds ; derriere
lui s'éleve un Palmier dont les branches
se recourbent au - dessus de sa tête , er lui
servent de Couronne . Sur l'autre il est
appuyé sur un casque , et tient un javelot
à la main .
,
2 Autour des calottes des Pistolets
voit Vulcain dans son antre for
geant des armes pour ce jeune Héros ;
le Dieu Mars les lui présente ; Minerve
paroît avec les instruments , et les Symbols
des differents Arts qu'elle met sous
sa protection , et Mercure aîlé , le ca
ducée à la main , est prêt à exécuter ses
or tres . Chacune de ces Divinitez a ses
trophées et ses attribute.
L'un des Porre vis , représente
le jeune Apollon qui tue le Serpent
Pithon Ce monstre déjà percé d'une
$… ]II. Vol. Altche
JUIN. 1734 7343
Béche mortelle , semble se rouler sur
la poussiere , mordant le dard qui l'a
blessé à l'autre on voit Eole , assis sur
un rocher , qui commande aux vents et
aux tempêtes de se calmer ; sous ses pieds
est la caverne où ils sont renfermez.
Les sous gardes sont ornées par deux
Zephirs aîlez qui portent sur leurs têtes
une corbeille de fleurs. Les pontets sont
soutenus d'un côté sur un Dragon aîlé ,
vuidé à jour , dont la queüe va , en se perdant
par dessous , servir à l'autre côté
de soutien et de base . Sur les pontets sont
deux jeunes Cupidons , dont l'un renverse
des cornes d'abondance l'autre
terrasse un Lion qu'il est prêt de percer
d'un javelot. Le reste des sous- gardes est
enrichi de differents trophées de guerre
et autres ornements.
Sur les corps des platines sont deux
Génies guerriers , dont l'un assis sur un
tas de trophées, porte un faisceau d'armes,
l'autre aussi au milieu de plusieurs instru
ments de guerre s'exerce à battre des
timbales .
Sur le canon du fusil paroît un Dauphin
, entouré de cornes d'abondance
et de guirlandes de fleurs qui vont par
differents contours se joindre par le haut
à une Couronne de Laurier et de Chêne
.. II. Vol.
entre344
MERCURE DE FRANCE
entrelassez. Au - dessous est un jeune Achìle
qui court aux armes ; il tient d'une
main une épée , et de l'autre il arrache
un bouclier d'un Palmier où sont attachées
toutes les armes qui lui sont nécessaires
pour combattre ; un riche tro
phée de guerre sert de Couronnement.
Tout cet Ouvrage est en relief ; le fond
en est d'or perlé et occupe environ la
moitié du canon. La visiere est composée
de plusieurs coquilles accolées , la plupart
à jour et attachées les unes aux autres par
des guirlandes de fleurs. Le reste est en or
de raport avec une suite d'ornements et
d'attributs convenables au sujet.
La plaque est à huit oreilles , toutes
terminées par des coquilles de formes
differentes ; sur le devant est un retour
de chasse un jeune Chasseur assis à
Fombre sur le gazon , foulant aux pieds
un Sanglier qu'il a tué , tenant un fuzil
à la main et entouré de ses chiens , se re
pose des fatigues de la chasse . Sous la
plaque on a mis un Dauphin avec des
palmes autour où sont attachées des arnes
, des ancres , des gouvernails , et au
milieu un trident d'où pend une Couronne
rostrale:
La platine représente un Triton sur le
rivage de la mer , un Dauphin attiré par
IL Vel. la
JUIN. 1734. 8343
la douceur du chant , se joue sur les ondes
d'où il semble sortir.
:
Sur chacun des côtez de la crosse dur
fusil est un Dauphin en or , gravé en
Taille - douce , accompagné de quatre
Génies de même ouvrage et de pareille
matiere l'un porte une Couronne de
Dauphin ; l'autre une corbeille des plus
belles fleurs ; le troisiéme , une Palme
ornée de toutes les differentes Couronnes
dont on récompensoit chez les anciens
les differentes vertus ; enfin le dernier lui
présente un gouvernail et un trident
comme des symboles de son Empire.
On n'entre pas dans un plus grand
'détail sur le reste des ornements de ces
précieux Ouvrages , tels que sont les coquillages
, rocailles , feüillages , architectures
, frises &c. qui servent comme d'accompagnements
et de bordures à tous ces
differents tableaux , et qui , outre la ri
chesse et la magnificence de l'ouvrage ,
sont encore nécessaires pour le contour
et la forme des differentes piéces.
Le Sieur Laroche , Armutier du Roy,
demeurant à Paris sur le Pont Marie
est l'Auteur de ces trois morceaux , dont
l'exécution est admirable.
Toute l'épée est d'or et compose dans son
11. Vol
ensem1346
MERCURE DE FRANCE
ensemble , un seul trophée d'armes , sans
que cette idée exactement suivie dans
toutes les differentes parties. de cet Ouvrage
, en change en rien la forme et les
proportions ordinaires.
La Garde est composée de deux Boucliers,
appellez dans l'antiquité, des Pettes,
comme ils étoient d'usage sous le Regne
et dans les Armées d'Alexandre le Grand:
c'est une époque qu'on a crû devoir choisir
entre plusieurs autres ; ces Boucliers
étoient ornez de bas reliefs et représentoient
des fruits heroïques. Ils avoient
pour la plupart des têtes de Lions aux
deux extrémitez ; on en a suivi en tout
exactement la forme et le dessein . Dans
les quatre bas - reliefs on a representé
les vertus attachées à Monseigneur le
Dauphin dès sa naissance.
L'un de ces Boucliers , du côté de la
Lame , représente les vertus heroïques * ;
c'est un Hercule avec sa massue et cɔuvert
de la peau de Lion ; il terrasse sous
ses pieds l'Hydre qu'il a domptée et tient
en sa main trois pommes du jardin
des Hesperides ; à l'entour sont ses differents
trophées et les divers travaux qui
ont exercé sa valeur et illustré son nom.
Sur l'autre Bouclier et du même côté ,
est la gloire des Princes, accompagnée de
II. Vol.
leurs
i 1347 JUIN. 1734.
leurs victoires , et le prix de leurs vertus :
c'est une femme richement vetuë , ayant
ure Couronne d'or sur sa tête et en sa
main droite une Couronne de Laurier ;
elle soutient de la gauche une forte et rithe
piramide ; à ses pieds est un corner
d'abondance , symbole de la magnificence
et de la generosité des grands Princes.
ve ,
et
De l'autre côté et en dedans de l'un
des Boucliers est representé une Miner-
Deèsse des Sciences militaires et des
Beaux Arts , le Compas à la main ; elle
trace et mesure sur un Globe , un terrain
convenable à fortifier une place de
guerre ; à ses pieds paroît sur un rouleau
déployé , un Plan de fortifications
dans le lointain on voit les dehors d'une
forteresse entourée de palissades . Sur l'autre
Bouclier parallele est une Pallas
Deèsse de la guerre : elle tient une lance
d'une main comme sur le point de combattre
et de l'autre son Egide , elle est
entourée de plusieurs instruments de
guerre au - dessus desquels on voit
flotter dans les airs des Drapeaux et des
Etendarts.
›
A l'endroit où se joignent les deux
Boucliers on a placé un Globe terrestre
qui sera un jour le théatre des vertus et
des exploits de nôtre jeune Prince. Sur
¿ II. Vol. ce
1348 MERCURE DE FRANCE
,
ce Globe , malgré sa petitesse , on a régulierement
tracé en relief les differentes
parties de l'Univers ; ce Globe est surmonté
par une massuë d'Hercule du
bas de laquelle s'éleve un faisceau de
Palmes , qui , en l'entourant jusqu'au
haut et la laissant cependant entrevoir
par les differents jours et les differents
vuides , forme la poignée de l'épée ; ce
qui fait un ouvrage des plus légers et des
plus délicats. Au haut de cette massuë, est
un Casque françois , et c'est ce qui fornic
le pomeau . Ce Casque est enrichi d'un
mufle de Lion et d'autres ornemens
relief ; la visiere en est levée.
sà
Une Palme gracieusement recourbée ,
se détachant par le bas des autres Palmes,
va ensuite en remontant et en s'éloignant
de la poignée , former la branche ; elle
n'en forme cependant que la moitié . De
la pointe sort une fleur de Lys à quatre
faces , production plus belle que toutes
les dattes fleuries dont elle est chargée
ainsi que les autres Palmes. Une autre
Palme qui déscend d'en haut et de dessus
le Casque , vient par un même contour
la rejoindre et s'entrelasser , de telle sorte
que couvrant toute la fleur de Lys , elle
n'en cache rien .
Du bas de la poignée, sort un Dauphin
II. Vol. des
JUIN. 7734
134
و
des mêmes Palmes , au milieu desquelles
il semble se jouer , et forme le tillon dans
le même contour à l'usage des Epées
qui se font à présent. La Lame est aussi
d'or , enrichie de moulures : elle a le
même ressort qu'une Lame d'acier. Le
Fourreau est d'écaille noire, incrustée sur
un fond qui lui donne de la solidité et
arrêté par deux moulures d'or très déli-"
cates ; toute l'écaille est piqué en or d'un
dessein très -riche.
La Chappe , le Crochet et le bout de
l'Epée sont des piéces si petites et qui
la sent si peu de champ ,qu'il n'a pas été
possible de représenter des attributs , ni
rien de symbolique. On a taché par des
petits morceaux d'architectures , des palmettes
des entrelas , des filets des
canneaux de feüillages , et autres ornemens
qui ont raport au sujet, d'y supléer,
et on les a parse mez de plusieurs fleurs
de Lys radieuses et vuidées à jour.
,ر <
Ce beau morceau est de la main de
M. Germain , Orfévre du Roy , si connu
par la perfection de ses Ouvrages et par
la délicatesse de son goût.
présentées à Monseigneur la Dauphin.
L
A Ville de Paris ayant demandé
au Roy la permission de présenter
à Monseigneur le Dauphin ses premieres
Armes , conformément à un ancien usage
interrompu depuis que que temps ,
le Corps de Ville , en Robbe de ceremonie
, se rendit à Versailles le 6. de
ce moi ; et le Duc de Gesvres , Gouverneur
de Paris étant à la tête , il fut
conduit avec lès ceremoni s ordinaires
à l'Audience de Monseigneur le Dauphin
. Le Corps de Ville eut l'honneur
de présenter à ce Prince une Epée , un
Fusil et dux Pistolets d'un travail par
fait . Le Président Turgot , Prévô: des
Mirchinds , porta la prole cr complimenta
Monseigneur le Dauphin , qui
reçut avec beauco 'P de bonté cet e marque
que la Ville d Paris et empressée
de donner à ce Prince de son resp ce
et de son z le
C'est un droit aussi ancien que glorieux
pour la Ville de Paris , de présenter aux
Dauphins France leurs premi res Ar-
D vj mes
II. Vol.
1340 MERCURE DE FRANCE
mes ; soit récompense de son zéle et de
son affection envers ses Princes , soit prérogatives
flateuses pour la Capitale du
Royaume , soit l'un et l'autre ensemble,
elle a toujours joui de ce privilége et a fait
de cet avantage le premier de ses Titres.
Aujourd'hui que dans la joye commune
à toute la France elle voit croître sous
de si heureux auspices Monseigneur le
Dauphin , elle a encore en particulier
celle de lui pouvoir rendre cet hommage,
et elle a crû ne devoir rien oublier pour
s'acquiter d'un devoir aussi flateur et aussi
honorable pour elle.
Tout FOuvrage des Pistolets, est d'acier,
enrichi partie de reliefet de ciselure , dont
tous les fonds sont d'or perlé, partie d'or en
raport et en bosse , dont les fonds sont
d'acier ce qui fait un contraste aussi
agréable qu'il est riche . Les bois sont or
nez de figures en or gravées en Tailledouce
, et de filigrames d'or qui en font
les accompagnements , et laissent à peine
appercevoir les fonds.
Sur l'un des canons de Pistolets on a
representé en ciselure un Point du Jour,
ou un Soleil naissant : c'est un jeune en
fant sur la pente d'une coline , couché
sur un gazon fleuri , au pied d'un arbre
zoefu . Il semble se réveiller et sortir d'un
IL Vola
doux
JUIN. 1734. 1348
doux sommeil . Derriere la coline sort un
Soleil , dont on n'apperçoit encore que
les premiers raïons. Des deux côtez on
voit des Palmes et des Lauriers qui se
joignent , et s'entrelassent à leurs extré
mitez , soutiennent une Couronne de
Dauphin.
"
L'autre canon représente un jeune
Hercule qui écrase , encore au berceau ,
les deux Dragons qui vouloient le dévo
rer. Sa force montre son origine ; des
Lauriers et des Palmes ainsi que sur l'au
tre canon , mais par des contours differens
, vont se mêler ensemble par leurs
sommitez, et sont terminez par une Cou
ronne d'Etoiles. L'immortalité est la récompense
de ses vertus .
La cizelure n'occupe que la moitié des
canons ; le reste est travaillé en or de
rapport on y a representé les quatre
Parties du Monde , que ce Soleil Levant
va parcourir et éclairer dans sa course
brillante , et que ce jeune Héros doit
remplir du bruit de ses exploits et de ses
vertus. Ily a deux symboles de vertus sur
chaque canon. Elles sont assises sur une
Sphere du monde et representées sous les
attributs et avec les caractéres qui leur
sont propres. AAuu--ddeessssuuss , sont deux
cornes d'abondance renversées, qui répan-
11. Vola dent
342 MERCURE DE FRANCE
dent toutes les richesses et les fruits que
produit chacune des Parties de l'Univers
On voit aussi divers animaux selon la
natute de ces diférentes contrées . Du côté
de l'Europe on n'a pas oublié l'oyseau
avant- coureur du Soleil : il tient un Lys
en son bec.
Sur chacune des deux ovales des calottes
, on a representé un jeune Héros
sur l'une il est debout , un arc à la main,
sur lequel il s'appuye ; un Lion et une
massuë d'Hercule à ses pieds ; derriere
lui s'éleve un Palmier dont les branches
se recourbent au - dessus de sa tête , er lui
servent de Couronne . Sur l'autre il est
appuyé sur un casque , et tient un javelot
à la main .
,
2 Autour des calottes des Pistolets
voit Vulcain dans son antre for
geant des armes pour ce jeune Héros ;
le Dieu Mars les lui présente ; Minerve
paroît avec les instruments , et les Symbols
des differents Arts qu'elle met sous
sa protection , et Mercure aîlé , le ca
ducée à la main , est prêt à exécuter ses
or tres . Chacune de ces Divinitez a ses
trophées et ses attribute.
L'un des Porre vis , représente
le jeune Apollon qui tue le Serpent
Pithon Ce monstre déjà percé d'une
$… ]II. Vol. Altche
JUIN. 1734 7343
Béche mortelle , semble se rouler sur
la poussiere , mordant le dard qui l'a
blessé à l'autre on voit Eole , assis sur
un rocher , qui commande aux vents et
aux tempêtes de se calmer ; sous ses pieds
est la caverne où ils sont renfermez.
Les sous gardes sont ornées par deux
Zephirs aîlez qui portent sur leurs têtes
une corbeille de fleurs. Les pontets sont
soutenus d'un côté sur un Dragon aîlé ,
vuidé à jour , dont la queüe va , en se perdant
par dessous , servir à l'autre côté
de soutien et de base . Sur les pontets sont
deux jeunes Cupidons , dont l'un renverse
des cornes d'abondance l'autre
terrasse un Lion qu'il est prêt de percer
d'un javelot. Le reste des sous- gardes est
enrichi de differents trophées de guerre
et autres ornements.
Sur les corps des platines sont deux
Génies guerriers , dont l'un assis sur un
tas de trophées, porte un faisceau d'armes,
l'autre aussi au milieu de plusieurs instru
ments de guerre s'exerce à battre des
timbales .
Sur le canon du fusil paroît un Dauphin
, entouré de cornes d'abondance
et de guirlandes de fleurs qui vont par
differents contours se joindre par le haut
à une Couronne de Laurier et de Chêne
.. II. Vol.
entre344
MERCURE DE FRANCE
entrelassez. Au - dessous est un jeune Achìle
qui court aux armes ; il tient d'une
main une épée , et de l'autre il arrache
un bouclier d'un Palmier où sont attachées
toutes les armes qui lui sont nécessaires
pour combattre ; un riche tro
phée de guerre sert de Couronnement.
Tout cet Ouvrage est en relief ; le fond
en est d'or perlé et occupe environ la
moitié du canon. La visiere est composée
de plusieurs coquilles accolées , la plupart
à jour et attachées les unes aux autres par
des guirlandes de fleurs. Le reste est en or
de raport avec une suite d'ornements et
d'attributs convenables au sujet.
La plaque est à huit oreilles , toutes
terminées par des coquilles de formes
differentes ; sur le devant est un retour
de chasse un jeune Chasseur assis à
Fombre sur le gazon , foulant aux pieds
un Sanglier qu'il a tué , tenant un fuzil
à la main et entouré de ses chiens , se re
pose des fatigues de la chasse . Sous la
plaque on a mis un Dauphin avec des
palmes autour où sont attachées des arnes
, des ancres , des gouvernails , et au
milieu un trident d'où pend une Couronne
rostrale:
La platine représente un Triton sur le
rivage de la mer , un Dauphin attiré par
IL Vel. la
JUIN. 1734. 8343
la douceur du chant , se joue sur les ondes
d'où il semble sortir.
:
Sur chacun des côtez de la crosse dur
fusil est un Dauphin en or , gravé en
Taille - douce , accompagné de quatre
Génies de même ouvrage et de pareille
matiere l'un porte une Couronne de
Dauphin ; l'autre une corbeille des plus
belles fleurs ; le troisiéme , une Palme
ornée de toutes les differentes Couronnes
dont on récompensoit chez les anciens
les differentes vertus ; enfin le dernier lui
présente un gouvernail et un trident
comme des symboles de son Empire.
On n'entre pas dans un plus grand
'détail sur le reste des ornements de ces
précieux Ouvrages , tels que sont les coquillages
, rocailles , feüillages , architectures
, frises &c. qui servent comme d'accompagnements
et de bordures à tous ces
differents tableaux , et qui , outre la ri
chesse et la magnificence de l'ouvrage ,
sont encore nécessaires pour le contour
et la forme des differentes piéces.
Le Sieur Laroche , Armutier du Roy,
demeurant à Paris sur le Pont Marie
est l'Auteur de ces trois morceaux , dont
l'exécution est admirable.
Toute l'épée est d'or et compose dans son
11. Vol
ensem1346
MERCURE DE FRANCE
ensemble , un seul trophée d'armes , sans
que cette idée exactement suivie dans
toutes les differentes parties. de cet Ouvrage
, en change en rien la forme et les
proportions ordinaires.
La Garde est composée de deux Boucliers,
appellez dans l'antiquité, des Pettes,
comme ils étoient d'usage sous le Regne
et dans les Armées d'Alexandre le Grand:
c'est une époque qu'on a crû devoir choisir
entre plusieurs autres ; ces Boucliers
étoient ornez de bas reliefs et représentoient
des fruits heroïques. Ils avoient
pour la plupart des têtes de Lions aux
deux extrémitez ; on en a suivi en tout
exactement la forme et le dessein . Dans
les quatre bas - reliefs on a representé
les vertus attachées à Monseigneur le
Dauphin dès sa naissance.
L'un de ces Boucliers , du côté de la
Lame , représente les vertus heroïques * ;
c'est un Hercule avec sa massue et cɔuvert
de la peau de Lion ; il terrasse sous
ses pieds l'Hydre qu'il a domptée et tient
en sa main trois pommes du jardin
des Hesperides ; à l'entour sont ses differents
trophées et les divers travaux qui
ont exercé sa valeur et illustré son nom.
Sur l'autre Bouclier et du même côté ,
est la gloire des Princes, accompagnée de
II. Vol.
leurs
i 1347 JUIN. 1734.
leurs victoires , et le prix de leurs vertus :
c'est une femme richement vetuë , ayant
ure Couronne d'or sur sa tête et en sa
main droite une Couronne de Laurier ;
elle soutient de la gauche une forte et rithe
piramide ; à ses pieds est un corner
d'abondance , symbole de la magnificence
et de la generosité des grands Princes.
ve ,
et
De l'autre côté et en dedans de l'un
des Boucliers est representé une Miner-
Deèsse des Sciences militaires et des
Beaux Arts , le Compas à la main ; elle
trace et mesure sur un Globe , un terrain
convenable à fortifier une place de
guerre ; à ses pieds paroît sur un rouleau
déployé , un Plan de fortifications
dans le lointain on voit les dehors d'une
forteresse entourée de palissades . Sur l'autre
Bouclier parallele est une Pallas
Deèsse de la guerre : elle tient une lance
d'une main comme sur le point de combattre
et de l'autre son Egide , elle est
entourée de plusieurs instruments de
guerre au - dessus desquels on voit
flotter dans les airs des Drapeaux et des
Etendarts.
›
A l'endroit où se joignent les deux
Boucliers on a placé un Globe terrestre
qui sera un jour le théatre des vertus et
des exploits de nôtre jeune Prince. Sur
¿ II. Vol. ce
1348 MERCURE DE FRANCE
,
ce Globe , malgré sa petitesse , on a régulierement
tracé en relief les differentes
parties de l'Univers ; ce Globe est surmonté
par une massuë d'Hercule du
bas de laquelle s'éleve un faisceau de
Palmes , qui , en l'entourant jusqu'au
haut et la laissant cependant entrevoir
par les differents jours et les differents
vuides , forme la poignée de l'épée ; ce
qui fait un ouvrage des plus légers et des
plus délicats. Au haut de cette massuë, est
un Casque françois , et c'est ce qui fornic
le pomeau . Ce Casque est enrichi d'un
mufle de Lion et d'autres ornemens
relief ; la visiere en est levée.
sà
Une Palme gracieusement recourbée ,
se détachant par le bas des autres Palmes,
va ensuite en remontant et en s'éloignant
de la poignée , former la branche ; elle
n'en forme cependant que la moitié . De
la pointe sort une fleur de Lys à quatre
faces , production plus belle que toutes
les dattes fleuries dont elle est chargée
ainsi que les autres Palmes. Une autre
Palme qui déscend d'en haut et de dessus
le Casque , vient par un même contour
la rejoindre et s'entrelasser , de telle sorte
que couvrant toute la fleur de Lys , elle
n'en cache rien .
Du bas de la poignée, sort un Dauphin
II. Vol. des
JUIN. 7734
134
و
des mêmes Palmes , au milieu desquelles
il semble se jouer , et forme le tillon dans
le même contour à l'usage des Epées
qui se font à présent. La Lame est aussi
d'or , enrichie de moulures : elle a le
même ressort qu'une Lame d'acier. Le
Fourreau est d'écaille noire, incrustée sur
un fond qui lui donne de la solidité et
arrêté par deux moulures d'or très déli-"
cates ; toute l'écaille est piqué en or d'un
dessein très -riche.
La Chappe , le Crochet et le bout de
l'Epée sont des piéces si petites et qui
la sent si peu de champ ,qu'il n'a pas été
possible de représenter des attributs , ni
rien de symbolique. On a taché par des
petits morceaux d'architectures , des palmettes
des entrelas , des filets des
canneaux de feüillages , et autres ornemens
qui ont raport au sujet, d'y supléer,
et on les a parse mez de plusieurs fleurs
de Lys radieuses et vuidées à jour.
,ر <
Ce beau morceau est de la main de
M. Germain , Orfévre du Roy , si connu
par la perfection de ses Ouvrages et par
la délicatesse de son goût.
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Résumé : PREMIERES ARMES présentées à Monseigneur l[e] Dauphin.
Le 6 juin 1734, la Ville de Paris a reçu l'autorisation du roi de présenter au Dauphin ses premières armes, suivant un ancien usage interrompu. Le Corps de Ville, en robe de cérémonie, s'est rendu à Versailles où le Duc de Gesvres, Gouverneur de Paris, a conduit la délégation à l'audience du Dauphin. Le Président Turgot, Prévôt des Marchands, a porté les compliments et présenté une épée, un fusil et deux pistolets d'un travail parfait. Ce privilège permet à la Ville de Paris de présenter aux Dauphins de France leurs premières armes, soit en récompense de son zèle et de son affection envers les Princes, soit comme prérogative flatteuse pour la capitale du Royaume. La Ville de Paris a donc saisi cette occasion pour honorer le Dauphin et s'acquitter de ce devoir flateur et honorable. Les pistolets, entièrement en acier enrichi de reliefs et de ciselures, présentent des fonds d'or perlé et des bois ornés de figures en or gravées en taille-douce et de filigranes. Les canons des pistolets représentent des scènes symboliques : l'un montre un jeune enfant sur une colline au lever du soleil, l'autre un jeune Hercule écrasant des dragons. Les symboles de vertus et les cornes d'abondance sont également présents, ainsi que des représentations des quatre parties du monde. Le fusil arbore un Dauphin entouré de cornes d'abondance et de guirlandes de fleurs, ainsi que des scènes de chasse et des symboles maritimes. Les ornements incluent des génies guerriers, des trophées de guerre et des attributs divers. L'épée, entièrement en or, est composée d'un seul trophée d'armes. La garde est inspirée des boucliers utilisés sous le règne d'Alexandre le Grand et représente les vertus héroïques et la gloire des Princes. Les bas-reliefs montrent Hercule terrassant l'Hydre et une femme symbolisant la victoire et la générosité. La poignée de l'épée est ornée de palmes et de lys, et le fourreau est en écaille noire incrustée d'or. Ces œuvres, réalisées par le Sieur Laroche pour les pistolets et le fusil, et par M. Germain pour l'épée, témoignent d'une exécution admirable et d'une grande richesse artistique.
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7782
p. 1350-1352
EPITRE A ....
Début :
Quoy ? vous croyez, Cloris, que la haute sagesse, [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Aimable, Désirs, Caractère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A ....
EPITRE A ....
Uoy ? vous croyez , Cloris , que la haute
sagesse ,
Consiste à rebuter les voeux de vos amants !
Vous payez de mépris l'aveu de leur tendresse !
Vous traitez d'insensez tous leurs empresse→
mens !
L'amour ne peut - il pas , quand la raison
l'éclaire ,
Lorsque sa flamme est pure ,
parfait ,
enfin qu'il est
Conserver ,des vertus l'aimable caractére ,
Et n'avoir que l'honneur pour son unique objet?
Non ! ce n'est pas toujours un Dieu traître et
parjure ,
Et quoique d'ordinaire un Amant soit trompeur
,
Son coeur sent quelquefois ce que sa bouche
jure ;
Et peut entretenir une sincere ardeur.
Distinguons dans l'amour differentes especes ;
L'une dont le feu pur montre les vrais amans ;
L'autre qui ne contient que de fausses tendress
s
Que d'infames désirs , de honteux sentimens ;
Le véritable amour est une douce chaîne ,
II Vol.
Oni
JUIN. 1724.
1351
Qui sçait unir les coeurs , et que rien ne détruit
;
Un aimable panchant qui pour sa souveraine ,
Reconnoît la raison qui toujours le conduit ;
Son bonheur , quoique simple , est cependant
extrême
Quel plaisir est plus grand , plus parfait , er
plus beau ,
Que de dire cent fois aimez moi , je vous
aime ;
9
Ma tendresse pour vous ira jusqu'au tombeau
Toujours nouveaux désirs de se voir , de se
plaire ;
> > Voeux serments
, billets doux
douceurs
tendres
discours ,
Regards passionnez , aimable caractére ;
Voilà l'échantillon des sinceres amours.
La fatale discorde , avec la jalousie ,
Ne traverse jamais leur tranquille union ;
Jamais de trahison , jamais de perfidie ;
Rien ne peut altérer leur tendre passion.
L'autre amour au contraire est rempli de cas
prices ;
Honteux , brutal , jaloux , il ne tend qu'aux
plaisirs ;
Plein de faux sentimens et plus encor de
vices ,
2
Même dans son triomphe il éteint les désirs ,
Je vous aime , Cloris , mais de cet amour sage ,
Qui suit de la vertu les augustes leçons ,
I I. Vol. Qui
2352 MERCURE DE FRANCE
Qui considere moins les attrairs d'un visage ,
Que les beautez d'un coeur ornez de mille dons,
Qu'en ma faveur aussi votre coeur se déclare ,
De ce charmant aveu dépend tout mon bonheur
:
Un coeur si vertueux ne peut être barbare :
Non , pour l'être jamais, il a trop de douceur,
Uoy ? vous croyez , Cloris , que la haute
sagesse ,
Consiste à rebuter les voeux de vos amants !
Vous payez de mépris l'aveu de leur tendresse !
Vous traitez d'insensez tous leurs empresse→
mens !
L'amour ne peut - il pas , quand la raison
l'éclaire ,
Lorsque sa flamme est pure ,
parfait ,
enfin qu'il est
Conserver ,des vertus l'aimable caractére ,
Et n'avoir que l'honneur pour son unique objet?
Non ! ce n'est pas toujours un Dieu traître et
parjure ,
Et quoique d'ordinaire un Amant soit trompeur
,
Son coeur sent quelquefois ce que sa bouche
jure ;
Et peut entretenir une sincere ardeur.
Distinguons dans l'amour differentes especes ;
L'une dont le feu pur montre les vrais amans ;
L'autre qui ne contient que de fausses tendress
s
Que d'infames désirs , de honteux sentimens ;
Le véritable amour est une douce chaîne ,
II Vol.
Oni
JUIN. 1724.
1351
Qui sçait unir les coeurs , et que rien ne détruit
;
Un aimable panchant qui pour sa souveraine ,
Reconnoît la raison qui toujours le conduit ;
Son bonheur , quoique simple , est cependant
extrême
Quel plaisir est plus grand , plus parfait , er
plus beau ,
Que de dire cent fois aimez moi , je vous
aime ;
9
Ma tendresse pour vous ira jusqu'au tombeau
Toujours nouveaux désirs de se voir , de se
plaire ;
> > Voeux serments
, billets doux
douceurs
tendres
discours ,
Regards passionnez , aimable caractére ;
Voilà l'échantillon des sinceres amours.
La fatale discorde , avec la jalousie ,
Ne traverse jamais leur tranquille union ;
Jamais de trahison , jamais de perfidie ;
Rien ne peut altérer leur tendre passion.
L'autre amour au contraire est rempli de cas
prices ;
Honteux , brutal , jaloux , il ne tend qu'aux
plaisirs ;
Plein de faux sentimens et plus encor de
vices ,
2
Même dans son triomphe il éteint les désirs ,
Je vous aime , Cloris , mais de cet amour sage ,
Qui suit de la vertu les augustes leçons ,
I I. Vol. Qui
2352 MERCURE DE FRANCE
Qui considere moins les attrairs d'un visage ,
Que les beautez d'un coeur ornez de mille dons,
Qu'en ma faveur aussi votre coeur se déclare ,
De ce charmant aveu dépend tout mon bonheur
:
Un coeur si vertueux ne peut être barbare :
Non , pour l'être jamais, il a trop de douceur,
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Résumé : EPITRE A ....
L'épître s'adresse à Cloris et traite de la nature de l'amour. L'auteur reproche à Cloris de mépriser les déclarations d'amour de ses amants, affirmant que l'amour peut être sincère et honorable. Il distingue deux types d'amour : l'un authentique et pur, qui unit les cœurs et respecte la raison, et l'autre, faux et égoïste, motivé par des désirs honteux. L'amour véritable est décrit comme une chaîne douce qui unit les cœurs sans jamais se briser, tandis que l'autre amour est marqué par la discorde, la jalousie et la perfidie. L'auteur exprime son amour pour Cloris, un amour sage et vertueux qui valorise les qualités du cœur plus que les attraits physiques. Il espère que Cloris reconnaîtra cet amour et y répondra favorablement, soulignant que son cœur vertueux ne peut être barbare.
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7783
p. 1352-1361
RELATION de ce qui s'est passé à Monaco à l'occasion de l'arrivée de S. A. Honoré III. Prince de Monaco, et de son Avenement à la Souveraineté, sous l'Administration de M. le Duc de Valentinois, Pair de France, son Pere.
Début :
M. le Duc de Valentinois ayant mandé qu'il partiroit de Paris le troisiéme [...]
Mots clefs :
Monaco, Honoré III, Prince de Monaco, Duc de Valentinois, Prince, Place, Ville, Palais, Principauté, Église, Joie, Peuple, Garnison, Cure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé à Monaco à l'occasion de l'arrivée de S. A. Honoré III. Prince de Monaco, et de son Avenement à la Souveraineté, sous l'Administration de M. le Duc de Valentinois, Pair de France, son Pere.
RELATION de ce qui s'est passé
à Monaco à l'occasion de l'arrivée de
S. A. Honoré III. Princ: de Monaco ,
et de son Avenement à la Souveraineté,
sous l'Administration de M. le Duc de
Valentinois , Pair de France , son Pere,
M
le Duc de Valentinois ayant mandé
qu'il partiroit de Paris le troisiéme
du mois de May pour se rendre
à Monaco avec M. le Prince son fils ,
M. le Chevalier de Grimaldi , Gouverneur
General de la Principauté , envoya
le 21 May à Cannes , Ville Maritime de
Provence , les deux Chalouppes de S. A.
magnifiquement équippées , avec son
Capitaine des Gardes pour les y recevoir;
il fit embarq er aussi quelques Musiciens
et Symphonistes pour amuser le
I k Vol. jeune
JUIN. 1734 1353
Jeune Prince , pendant le petit trajet de
Mer qu'il avoit à faire pour la premiere
fois.
Le treizième , les Chalouppes ayant
paru à la hauteur de la Place , le Canon
commença à tirer et continua par une
salve de 130 coups , au bruit de laquelle
S. A. entra dans les Appartemens de son
Palais.
Tous les Bâtimens qui se trouverent
dans le Port , firent aussi une décharge
de leur Artillerie, lorsque les Chalouppes
y entrérent.
Le Corps qui compo e le Magistrat
et les Principaux de la Ville , suivis d'un
nombre infini d'autres personnes , accoururent
en foule pour se trouver au débarquement
: il se fit aux acclamations de
tout le Peuple qui marquoit son contentement
par les démonstrations de la joye
la plus parfaite.
A la premiere Barriere de la Ville le
Prince trouva M. de Mongremier , Lieutenant
pour le Roy dans la Place , avec
le Comte d'Aunay , Colonel du Regiment
de Vexin , et les Officiers de la
Garnison qui s'étoient avancez pour le
recevoir , et qui le complimenterent sur
son arrivée. On entra ensuite dans la
Place où toute la Garnison
II. Vol.
و
E
qui étoit
Sous
· 1354 MERCURE DE FRANCE
sous les armes , rendit les honneurs dûs
au Souverain de Monaco .
,
Le soir du même jour il y eut dans
toute la Ville de grandes illuminations ,
des feux de joye , beaucoup de déchar
ges d'Artillerie , et de feu d'artifice ;
tout le Peuple accourut en même tems
sur la Place d'Armes au - dessous des
fenêtres du Palais , applaudissant par de
nouvelles acclamations, mêlées de danses,
à l'heureuse arrivée de son Prince.
>
Le lendemain 14. le Magistrat s'étant
rendu à l'heure marquée au Palais en
habit de cérémonie eut l'honneur de
haranguer S. A , au nom de la Ville . Le
Curé de l'Eglise principale , à la tête de
son Clergé, fic la même chose . Toutes les
Dames se présentérent ensuite pour saluer
le Prince .
Pendant la journée ce ne furent que
Fêtes , Danses et continuelles acclamations
de la part du peuple assemblé
dans la grande Place,vis à - vis les Appartemens
du Prince. Les feux , les illuminations
et les réjouissances continuerent
tout le Samedy 15. jusqu'à minuit.
Le 16 , jour destiné pour l'Entrée publique
, S. A. sortit de la Ville sur les
cinq heures du soir ; et après avoir fait
un tour de promenade , il revint sur ses
pas. PenJUIN.
1734 1355
Pendant ce tems- là M. le Chevalier
de Grimaldi , Gouverneur General de la
Principauté , le Magistrat avec tout le
Clergé précedé par la Croix , les Prêtres
en surplis , le Curé et ses deux Assi tans
revêtus de Chappes , allerent à la rencontre
de S. A. ju ques à la premiere
Barriere . Dès qu'el.e y fat arrivée, le Che
valier de G.inaldi , en a qualité , lui présenta
les Clefs de la Ville dans un bassin
de vermeil . M. l'Auditeur , Juge Principal
et Chef du Magis rat , la complimenta
sur son Avénement à la Principauré.
Après ce cérémonial S. A. se mit
genoux sur un Prie Dieu préparé ;
M. le Curé s'étant avancé avec ses Assistans
lui présenta la Croix à baiser ; et
après qu'il eut recité les prieres prescrites
par le Rituel Romain , S. A. se leva
et se mit sous le Diis , porté par les Officiers
de la Magistrature .
à
·
Dans le même tems le Clergé entonna
le Pseaume Benedictus Dominu Deus meus
&c. et S. A. se mit en marche , entourée
de ses Gardes duCorps et des Gens de sa
Cour , pour se rendre à la grande Eglise.
Toutes les Maisons des Rues par où
se faisoit la marche ; étoient ornées de
tapisseries Il y avoit aussi trois gran.is
Arcs de triomphe à des di tance pro-
Eij por II. Vol.
135 MERCURE DE FRANCE
portionnées , ornez de figures Allegoriques
, d'Emblêmes, de Festons &c . éclairez
de quantité de flambeaux , et d'une
infinité de bougies. La Garnison sous les
armes étoit en haye , à droite et à gauche,
de puisle premier Corps de Garde jusques
aux Portes de la grande Eglise.
Cette Eglise étoit richement ornée par
des Tapisseries de brocard d'or, de damas
et de velours cramoisy qui alloient jusqu'à
la voûte. Les illuminations répondoient à
tout le reste ; outre les Lustres de cristal
et la quantité de cierges dont toutes les
Chapelles étoient illuminées , on en avoit
placé trois cent sur le grand Autel .
S. A. étant entrée dans l'Eglise s'avança
jusqu'au milieu du choeur et se mit à genoux
sur un Prie - Dieu , placé sous un
Dais qui étoit suspendu . Le Pseaume
Benedictus étant achevé, le Curé officiant
chanta le verset , O Salutaris Hostia ;
et dans le même temps on fit l'Exposition
du Saint Sacrement ; il entonna
ensuite le Te Deum , et la Place fit aussitôt
une nouvelle salve de 24 piéces de
canon. Après le Te Deum le même Officiant
donna la Bénédiction par laquelle
la cérémonie Ecclesiastique fut terminée.
Le Prince ayant alors quitté son Prie-
Dieu , se mit de nouveau sous le Dais
II Vol
porté
JUIN. 1734 1357
porté par les Magistrats et marcha ainsi
jusqu'aux Portes de l'Eglise précedé par
tout le Clergé , et après avoir reçu un
autre compliment de M. le Curé , il se
rendit au Palais , entouré de ses Gardes du
Corps et suivi par les Gens de sa Cour ,
aux acclamations réïterées de tout le Peuple.
Il passa au milieu des Troupes de
la Garnison qui continuoient à border la
haye à droite et à gauche , et il reçut le
salut accoutumé de la part des Offi
ciers.
Dans ce tems- là , Mrs de la Ville firent
couler quatre fontaines de vin deux
sur la Place et deux à chaque côté du
premier Arc de triomphe. S. A. fit jetter
de l'argent au Peuple , et en fit en
même tems distribuer aux Troupes et aux
Pauvres de la Ville.
Le soir du même jour , les illuminations
, les feux de joye et d'artifice furent
renouvellez dans toute la Ville
fit une autre salve de canon . La Fête
et on
finit par un grand repas donné au Palais ,
où les Officiers Majors de la Place et ceux
de la Garnison furent invitez , ainsi que
les principaux Habitans de Monaco . Ce
jour- là se trouvoit heureusement celui
de la Fête de S. Honoré , dont le Prince
porte le nom.
II. Vol.
E iij Le
1358 MERCURE DE FRANCE
Le 17 , sur les cinq heures du soir
S. A. assise sous un Dais reçut dans la
grande Sale de son Palais le serment de
fidelité de la part de ses sujets de la Principauté
de Monaco .
Le soir toute la jeunesse de la Ville,
pour marquer plus particulierement sa
joye , fit dresser trois tables sur la grande
Place au de sous des fenêtres des Appartemens
du Prince , et donna un grand
souper qui fut accompagné de salves
réïterées , de boëtes , de concerts , de voix
d'instruments , de danses , avec un concours
extraordinaire de Peuple.
Le 18 au soir , il y eut pareillement
une grande réjouissance au Port . Le Bâtiment
armé qui sert de Garde- côte parut
tout illuminé, tant le longde son bord,
que sur ses vergues , ornées de flammes
et de banderoles : plusieurs autres moin
dres Batimens , Chaloupes , Bâteaux & c.
illuminez par des feux godronnez , firent
entr'eux une espece de combat naval par
des décharges de leur Mousqueterie, tandis
que le gros Vaisseau répondoit de
son Artillerie. Les fux de joye et d'artifices
et les décharges de quantité de boëtes
continuerent une grande partie de la nuit,
le tout par un tems calme et à souhait.
Le 19 au soir le Prince donna un .
II. Vol. grand
JUIN. £734. 1359
grand Bal au Palais , accompagné d'une
magnifique colation .
Il se propose
de faire également son
Entrée publique à Menton , autre Ville
de la même Principauté . Par les préparatif
qui s'y font , il est à présumer que
S. A. n'aura pas moins lieu d'être satisfaite
de sa réception , qu'elle vient de
l'être à Monaco.
INSCRIPTIONS
des Arcs de
Triomphe , érigez dans Monaco à
l'occasion de cette Entrée.
HONORATO III.
Monaci Principi optimo,
In ipso adolescentiaflore
Maturo, augusti genitoris judicio,
Supremi Principatûs gubernaculis admoto ,
Populus Monacensis
·Paterna providentia applaudens
In signum grati animi dulcisque sui amor
Hunc triumphalem Arcum
Erexit.
Die xxvi. Maii M. DCC. XXXIV.
HONORATUS.
Tertius Nomine ,
Sed nobilitate , ingenio , ac animi dotibus,
Nemini secundus
II. Vol. E iilj
Prin
1360 MERCURE DE FRANCE
Principatus dignitatempaternâ liberalitate collatan
Prematurè adeptus
Longam Populorum felicitatem promittit ,
Si justa magnarum rerum spei
Ab egregia ejus indole in omnibus excitata ,
Anni juxtà communem votum
Respondeant.
HONORATUS III.
Primitias amoris Paterni
Non tam natura beneficio ,
Quam excelsis animi Dotibus
Et corporis formá imperio digná
Promeritus
Supremam Principis dignitatem
Ab optimo piissimoque Parente ,
Antè diem ultrò sibi delatam ,
·Populorum felicitati ac gaudio ante diem
Studens
Triumphali pompâ non invitus
Ostentat.
TRADUCTION.
Les Habitans de Monaco applaudissant à la
sage prévoyance paternelle , ont érigé cet Arc
de Triomphe en l'honneur du très- excellent
Prince de Monaco , HONORE' III. qui par
le jugement reflechi d'un illustre Pere , est parvenu
à la souveraine Principauté à la fleur de son
âge , le 16. May, 1734 .
II. Vol. Honoré
JUIN.
1261 1734.
Honoré III. du nom , mais qui ne le cede.
à personne en noblesse , en esprit et par les
belles qualitez de son coeur , parvenu avant le
temps à la Principauté , par la pure liberalité
d'un aimable Pere , promet à ses Peuples un
bonheur constant et durable , si les années répondent
aux grandes esperances que la beauté de
son caractere a fait concevoir à tout le monde.
Honoré III. qui a mérité les prémices de
P'amour paternel , moins par un bienfait de la
Nature , que par les belles qualitez de son coeur ,
et par celles du corps , dignes du Trône , travaillant
au bonheur des Peuples et occupé de
leur prosperité , fair remarquer avec joye dans
sa marche triomphale la dignité de Prince dont
il est revétu , par la faveur et la grace du meilleur
et du plus tendre de tous les Peres.
à Monaco à l'occasion de l'arrivée de
S. A. Honoré III. Princ: de Monaco ,
et de son Avenement à la Souveraineté,
sous l'Administration de M. le Duc de
Valentinois , Pair de France , son Pere,
M
le Duc de Valentinois ayant mandé
qu'il partiroit de Paris le troisiéme
du mois de May pour se rendre
à Monaco avec M. le Prince son fils ,
M. le Chevalier de Grimaldi , Gouverneur
General de la Principauté , envoya
le 21 May à Cannes , Ville Maritime de
Provence , les deux Chalouppes de S. A.
magnifiquement équippées , avec son
Capitaine des Gardes pour les y recevoir;
il fit embarq er aussi quelques Musiciens
et Symphonistes pour amuser le
I k Vol. jeune
JUIN. 1734 1353
Jeune Prince , pendant le petit trajet de
Mer qu'il avoit à faire pour la premiere
fois.
Le treizième , les Chalouppes ayant
paru à la hauteur de la Place , le Canon
commença à tirer et continua par une
salve de 130 coups , au bruit de laquelle
S. A. entra dans les Appartemens de son
Palais.
Tous les Bâtimens qui se trouverent
dans le Port , firent aussi une décharge
de leur Artillerie, lorsque les Chalouppes
y entrérent.
Le Corps qui compo e le Magistrat
et les Principaux de la Ville , suivis d'un
nombre infini d'autres personnes , accoururent
en foule pour se trouver au débarquement
: il se fit aux acclamations de
tout le Peuple qui marquoit son contentement
par les démonstrations de la joye
la plus parfaite.
A la premiere Barriere de la Ville le
Prince trouva M. de Mongremier , Lieutenant
pour le Roy dans la Place , avec
le Comte d'Aunay , Colonel du Regiment
de Vexin , et les Officiers de la
Garnison qui s'étoient avancez pour le
recevoir , et qui le complimenterent sur
son arrivée. On entra ensuite dans la
Place où toute la Garnison
II. Vol.
و
E
qui étoit
Sous
· 1354 MERCURE DE FRANCE
sous les armes , rendit les honneurs dûs
au Souverain de Monaco .
,
Le soir du même jour il y eut dans
toute la Ville de grandes illuminations ,
des feux de joye , beaucoup de déchar
ges d'Artillerie , et de feu d'artifice ;
tout le Peuple accourut en même tems
sur la Place d'Armes au - dessous des
fenêtres du Palais , applaudissant par de
nouvelles acclamations, mêlées de danses,
à l'heureuse arrivée de son Prince.
>
Le lendemain 14. le Magistrat s'étant
rendu à l'heure marquée au Palais en
habit de cérémonie eut l'honneur de
haranguer S. A , au nom de la Ville . Le
Curé de l'Eglise principale , à la tête de
son Clergé, fic la même chose . Toutes les
Dames se présentérent ensuite pour saluer
le Prince .
Pendant la journée ce ne furent que
Fêtes , Danses et continuelles acclamations
de la part du peuple assemblé
dans la grande Place,vis à - vis les Appartemens
du Prince. Les feux , les illuminations
et les réjouissances continuerent
tout le Samedy 15. jusqu'à minuit.
Le 16 , jour destiné pour l'Entrée publique
, S. A. sortit de la Ville sur les
cinq heures du soir ; et après avoir fait
un tour de promenade , il revint sur ses
pas. PenJUIN.
1734 1355
Pendant ce tems- là M. le Chevalier
de Grimaldi , Gouverneur General de la
Principauté , le Magistrat avec tout le
Clergé précedé par la Croix , les Prêtres
en surplis , le Curé et ses deux Assi tans
revêtus de Chappes , allerent à la rencontre
de S. A. ju ques à la premiere
Barriere . Dès qu'el.e y fat arrivée, le Che
valier de G.inaldi , en a qualité , lui présenta
les Clefs de la Ville dans un bassin
de vermeil . M. l'Auditeur , Juge Principal
et Chef du Magis rat , la complimenta
sur son Avénement à la Principauré.
Après ce cérémonial S. A. se mit
genoux sur un Prie Dieu préparé ;
M. le Curé s'étant avancé avec ses Assistans
lui présenta la Croix à baiser ; et
après qu'il eut recité les prieres prescrites
par le Rituel Romain , S. A. se leva
et se mit sous le Diis , porté par les Officiers
de la Magistrature .
à
·
Dans le même tems le Clergé entonna
le Pseaume Benedictus Dominu Deus meus
&c. et S. A. se mit en marche , entourée
de ses Gardes duCorps et des Gens de sa
Cour , pour se rendre à la grande Eglise.
Toutes les Maisons des Rues par où
se faisoit la marche ; étoient ornées de
tapisseries Il y avoit aussi trois gran.is
Arcs de triomphe à des di tance pro-
Eij por II. Vol.
135 MERCURE DE FRANCE
portionnées , ornez de figures Allegoriques
, d'Emblêmes, de Festons &c . éclairez
de quantité de flambeaux , et d'une
infinité de bougies. La Garnison sous les
armes étoit en haye , à droite et à gauche,
de puisle premier Corps de Garde jusques
aux Portes de la grande Eglise.
Cette Eglise étoit richement ornée par
des Tapisseries de brocard d'or, de damas
et de velours cramoisy qui alloient jusqu'à
la voûte. Les illuminations répondoient à
tout le reste ; outre les Lustres de cristal
et la quantité de cierges dont toutes les
Chapelles étoient illuminées , on en avoit
placé trois cent sur le grand Autel .
S. A. étant entrée dans l'Eglise s'avança
jusqu'au milieu du choeur et se mit à genoux
sur un Prie - Dieu , placé sous un
Dais qui étoit suspendu . Le Pseaume
Benedictus étant achevé, le Curé officiant
chanta le verset , O Salutaris Hostia ;
et dans le même temps on fit l'Exposition
du Saint Sacrement ; il entonna
ensuite le Te Deum , et la Place fit aussitôt
une nouvelle salve de 24 piéces de
canon. Après le Te Deum le même Officiant
donna la Bénédiction par laquelle
la cérémonie Ecclesiastique fut terminée.
Le Prince ayant alors quitté son Prie-
Dieu , se mit de nouveau sous le Dais
II Vol
porté
JUIN. 1734 1357
porté par les Magistrats et marcha ainsi
jusqu'aux Portes de l'Eglise précedé par
tout le Clergé , et après avoir reçu un
autre compliment de M. le Curé , il se
rendit au Palais , entouré de ses Gardes du
Corps et suivi par les Gens de sa Cour ,
aux acclamations réïterées de tout le Peuple.
Il passa au milieu des Troupes de
la Garnison qui continuoient à border la
haye à droite et à gauche , et il reçut le
salut accoutumé de la part des Offi
ciers.
Dans ce tems- là , Mrs de la Ville firent
couler quatre fontaines de vin deux
sur la Place et deux à chaque côté du
premier Arc de triomphe. S. A. fit jetter
de l'argent au Peuple , et en fit en
même tems distribuer aux Troupes et aux
Pauvres de la Ville.
Le soir du même jour , les illuminations
, les feux de joye et d'artifice furent
renouvellez dans toute la Ville
fit une autre salve de canon . La Fête
et on
finit par un grand repas donné au Palais ,
où les Officiers Majors de la Place et ceux
de la Garnison furent invitez , ainsi que
les principaux Habitans de Monaco . Ce
jour- là se trouvoit heureusement celui
de la Fête de S. Honoré , dont le Prince
porte le nom.
II. Vol.
E iij Le
1358 MERCURE DE FRANCE
Le 17 , sur les cinq heures du soir
S. A. assise sous un Dais reçut dans la
grande Sale de son Palais le serment de
fidelité de la part de ses sujets de la Principauté
de Monaco .
Le soir toute la jeunesse de la Ville,
pour marquer plus particulierement sa
joye , fit dresser trois tables sur la grande
Place au de sous des fenêtres des Appartemens
du Prince , et donna un grand
souper qui fut accompagné de salves
réïterées , de boëtes , de concerts , de voix
d'instruments , de danses , avec un concours
extraordinaire de Peuple.
Le 18 au soir , il y eut pareillement
une grande réjouissance au Port . Le Bâtiment
armé qui sert de Garde- côte parut
tout illuminé, tant le longde son bord,
que sur ses vergues , ornées de flammes
et de banderoles : plusieurs autres moin
dres Batimens , Chaloupes , Bâteaux & c.
illuminez par des feux godronnez , firent
entr'eux une espece de combat naval par
des décharges de leur Mousqueterie, tandis
que le gros Vaisseau répondoit de
son Artillerie. Les fux de joye et d'artifices
et les décharges de quantité de boëtes
continuerent une grande partie de la nuit,
le tout par un tems calme et à souhait.
Le 19 au soir le Prince donna un .
II. Vol. grand
JUIN. £734. 1359
grand Bal au Palais , accompagné d'une
magnifique colation .
Il se propose
de faire également son
Entrée publique à Menton , autre Ville
de la même Principauté . Par les préparatif
qui s'y font , il est à présumer que
S. A. n'aura pas moins lieu d'être satisfaite
de sa réception , qu'elle vient de
l'être à Monaco.
INSCRIPTIONS
des Arcs de
Triomphe , érigez dans Monaco à
l'occasion de cette Entrée.
HONORATO III.
Monaci Principi optimo,
In ipso adolescentiaflore
Maturo, augusti genitoris judicio,
Supremi Principatûs gubernaculis admoto ,
Populus Monacensis
·Paterna providentia applaudens
In signum grati animi dulcisque sui amor
Hunc triumphalem Arcum
Erexit.
Die xxvi. Maii M. DCC. XXXIV.
HONORATUS.
Tertius Nomine ,
Sed nobilitate , ingenio , ac animi dotibus,
Nemini secundus
II. Vol. E iilj
Prin
1360 MERCURE DE FRANCE
Principatus dignitatempaternâ liberalitate collatan
Prematurè adeptus
Longam Populorum felicitatem promittit ,
Si justa magnarum rerum spei
Ab egregia ejus indole in omnibus excitata ,
Anni juxtà communem votum
Respondeant.
HONORATUS III.
Primitias amoris Paterni
Non tam natura beneficio ,
Quam excelsis animi Dotibus
Et corporis formá imperio digná
Promeritus
Supremam Principis dignitatem
Ab optimo piissimoque Parente ,
Antè diem ultrò sibi delatam ,
·Populorum felicitati ac gaudio ante diem
Studens
Triumphali pompâ non invitus
Ostentat.
TRADUCTION.
Les Habitans de Monaco applaudissant à la
sage prévoyance paternelle , ont érigé cet Arc
de Triomphe en l'honneur du très- excellent
Prince de Monaco , HONORE' III. qui par
le jugement reflechi d'un illustre Pere , est parvenu
à la souveraine Principauté à la fleur de son
âge , le 16. May, 1734 .
II. Vol. Honoré
JUIN.
1261 1734.
Honoré III. du nom , mais qui ne le cede.
à personne en noblesse , en esprit et par les
belles qualitez de son coeur , parvenu avant le
temps à la Principauté , par la pure liberalité
d'un aimable Pere , promet à ses Peuples un
bonheur constant et durable , si les années répondent
aux grandes esperances que la beauté de
son caractere a fait concevoir à tout le monde.
Honoré III. qui a mérité les prémices de
P'amour paternel , moins par un bienfait de la
Nature , que par les belles qualitez de son coeur ,
et par celles du corps , dignes du Trône , travaillant
au bonheur des Peuples et occupé de
leur prosperité , fair remarquer avec joye dans
sa marche triomphale la dignité de Prince dont
il est revétu , par la faveur et la grace du meilleur
et du plus tendre de tous les Peres.
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Résumé : RELATION de ce qui s'est passé à Monaco à l'occasion de l'arrivée de S. A. Honoré III. Prince de Monaco, et de son Avenement à la Souveraineté, sous l'Administration de M. le Duc de Valentinois, Pair de France, son Pere.
Le texte décrit l'arrivée et l'accession au trône d'Honoré III, Prince de Monaco, sous la régence de son père, le Duc de Valentinois. Le 21 mai, le Chevalier de Grimaldi, Gouverneur Général de la Principauté, envoya des chaloupes à Cannes pour accueillir le Duc de Valentinois et le jeune Prince. Le 13 juin, à l'arrivée des chaloupes à Monaco, une salve de 130 coups de canon fut tirée, et le Prince fut accueilli par des acclamations et des démonstrations de joie du peuple. Ce soir-là, des illuminations, des feux de joie et des feux d'artifice furent allumés dans toute la ville. Le lendemain, le Magistrat et le Clergé haranguèrent le Prince, et des fêtes et des danses continuèrent toute la journée. Le 16 juin, jour de l'entrée publique, le Prince fut accueilli par le Chevalier de Grimaldi et le Magistrat, qui lui présentèrent les clefs de la ville. Après une cérémonie religieuse à l'église, le Prince distribua de l'argent au peuple et aux troupes. Les célébrations inclurent des fontaines de vin, des illuminations et un grand repas au Palais. Le 17 juin, le Prince reçut le serment de fidélité de ses sujets. Les réjouissances se poursuivirent avec des bals, des concerts et des feux d'artifice. Le Prince prévoyait également une entrée publique à Menton. Des arcs de triomphe furent érigés à Monaco, portant des inscriptions en latin célébrant les qualités et l'accession au trône d'Honoré III.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7784
p. 1361-1364
LE MARTYRE DE S. CYR, fils de sainte Julithe, Patron de l'Eglise de Nevers. Ode, contenant Palinodie.
Début :
N'approche point, Esprit pervers, [...]
Mots clefs :
Saint Cyr, Sainte Julitte, Église de Nevers, Palinodie, Fils, Mère, Fureur, Foi, Cieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE MARTYRE DE S. CYR, fils de sainte Julithe, Patron de l'Eglise de Nevers. Ode, contenant Palinodie.
LE MARTYRE DE S. CTR ,
fils de sainte Julithe , Patron de l Eglise
de Nevers. Ode , contenant Palino lie..
N'Approche point , Esprit pervers ,
Démon , Auteur des mauvais Vers ;
Que ta fureur noire et perfide ,
Pire que le fer homicide ,
Pour jamais s'éloigne de nous
Et que l'affreuse calomnie
Qui ternit la plus belle vie ,,
Ne porte point ici ses coups..
; Vel TW Пад
1362 MERCURE DE FRANCE
La verité seule sçait plaire
A ceux qu'une foi vive et claire ;
O , Foy , d'un vol audacieux ,
Tu nous éleves jusqu'aux Cicux
Par tes Mysteres ineffables
Et ta sacrée obscurité ;
Vaut mieux que la sombre clarté
De nos lumieres périssables .
Les supplices n'étonnent pas
Geux qui combattent sur tes pas ;
Leur sang pour toi coule sans peine ,
Et la mort la plus inhumaine
Semble avoir pour eux des attraits ;
Mais les précieuses Couronnes
Qu'à ces sacrez Guerriers tu donnes ,
Seront durables à jamais.
諾
Des Héros que l'Eglise enfante ,
Je vois la Troupe triomphante ;
Je vois des Femmes , des Vieillards ;
Qui, marchant sous tes Etendarts ,
Des Tyrans ont vaincu la
Je vois d'admirables Enfans
A qui la Grace avant les ans
Donne la force et le courage.
M
rage ;
II. VZ.
Quel
JUIN.
1363
1734.
Quel est cet Enfant glorieur
Qui fixe sur lui tous les yeux è
De la Foy Soldat magnanime
Ou bien plus-tôt tendre Victime ,
De mille coups il est percé .
Vers le Tione tournant sa face ,
La Mere semble rendre grace
Du sang que son Fils a versé.
Tandis que les Bourreaux sur elle
Exerçoient leur fureur cruelle ,
Julithe disoit , Cyr , mon fils ,
De notre Dieu les ennemis
Triompheront de ton enfance ;
Meurs tout - à l'heure comme moi ,
Et que ta mort soit de ma foy
Une seconde récompense.
Soudain ce Héros innocent ,
Qui sçut triompher en naissant ,
Répond : o genereuse Mare , ô
Crains - tu que ton Fils dégenere ,
Tyran , l'abhorte tes faux Dieux ,
Fini ce faral sacrifice ,
Et que ta fureur réunisse
La Mere et le Fils dans les Cieux.
MA II. Vol. vj - Ce
1364 MERCURE DE FRANCE
1 Ce discours rempli de courage,
Du Tyran excite la rage ;
Dans l'excès d'un transport nouveau
De Cyr il devient le Bourreau ,
La terre au loin paroît sanglante ;
Pour une Mere , ce trépas ,
Qui le croiroit ! a des appas ,
Et Julithe enfin meurt coatente..
Cyr , qui triomphes dans les Cieux
Ellustre Patron de ces lieux ,
J'admire ces Temples antiques ,
Qù sous de superbes Portiques ,
Tu satisfais aux voeux de tous ;
J'apperçois devant res Images ,.
Les Peuples rendant leurs hommages,
Et les Empereurs à genoux..
Si par des Vers pleins de licence ,
Aux tiens on a fait quelque offense ,
Ne nous défends pas tes Autels ;
La clémence des Immortels
Est le glorieux caractere ,
Pour expier ces tristes Vers ,
Reçois ceux qui te sont offerts ;
Puissent- ils calmer ta colere !
P. D. F.
fils de sainte Julithe , Patron de l Eglise
de Nevers. Ode , contenant Palino lie..
N'Approche point , Esprit pervers ,
Démon , Auteur des mauvais Vers ;
Que ta fureur noire et perfide ,
Pire que le fer homicide ,
Pour jamais s'éloigne de nous
Et que l'affreuse calomnie
Qui ternit la plus belle vie ,,
Ne porte point ici ses coups..
; Vel TW Пад
1362 MERCURE DE FRANCE
La verité seule sçait plaire
A ceux qu'une foi vive et claire ;
O , Foy , d'un vol audacieux ,
Tu nous éleves jusqu'aux Cicux
Par tes Mysteres ineffables
Et ta sacrée obscurité ;
Vaut mieux que la sombre clarté
De nos lumieres périssables .
Les supplices n'étonnent pas
Geux qui combattent sur tes pas ;
Leur sang pour toi coule sans peine ,
Et la mort la plus inhumaine
Semble avoir pour eux des attraits ;
Mais les précieuses Couronnes
Qu'à ces sacrez Guerriers tu donnes ,
Seront durables à jamais.
諾
Des Héros que l'Eglise enfante ,
Je vois la Troupe triomphante ;
Je vois des Femmes , des Vieillards ;
Qui, marchant sous tes Etendarts ,
Des Tyrans ont vaincu la
Je vois d'admirables Enfans
A qui la Grace avant les ans
Donne la force et le courage.
M
rage ;
II. VZ.
Quel
JUIN.
1363
1734.
Quel est cet Enfant glorieur
Qui fixe sur lui tous les yeux è
De la Foy Soldat magnanime
Ou bien plus-tôt tendre Victime ,
De mille coups il est percé .
Vers le Tione tournant sa face ,
La Mere semble rendre grace
Du sang que son Fils a versé.
Tandis que les Bourreaux sur elle
Exerçoient leur fureur cruelle ,
Julithe disoit , Cyr , mon fils ,
De notre Dieu les ennemis
Triompheront de ton enfance ;
Meurs tout - à l'heure comme moi ,
Et que ta mort soit de ma foy
Une seconde récompense.
Soudain ce Héros innocent ,
Qui sçut triompher en naissant ,
Répond : o genereuse Mare , ô
Crains - tu que ton Fils dégenere ,
Tyran , l'abhorte tes faux Dieux ,
Fini ce faral sacrifice ,
Et que ta fureur réunisse
La Mere et le Fils dans les Cieux.
MA II. Vol. vj - Ce
1364 MERCURE DE FRANCE
1 Ce discours rempli de courage,
Du Tyran excite la rage ;
Dans l'excès d'un transport nouveau
De Cyr il devient le Bourreau ,
La terre au loin paroît sanglante ;
Pour une Mere , ce trépas ,
Qui le croiroit ! a des appas ,
Et Julithe enfin meurt coatente..
Cyr , qui triomphes dans les Cieux
Ellustre Patron de ces lieux ,
J'admire ces Temples antiques ,
Qù sous de superbes Portiques ,
Tu satisfais aux voeux de tous ;
J'apperçois devant res Images ,.
Les Peuples rendant leurs hommages,
Et les Empereurs à genoux..
Si par des Vers pleins de licence ,
Aux tiens on a fait quelque offense ,
Ne nous défends pas tes Autels ;
La clémence des Immortels
Est le glorieux caractere ,
Pour expier ces tristes Vers ,
Reçois ceux qui te sont offerts ;
Puissent- ils calmer ta colere !
P. D. F.
Fermer
Résumé : LE MARTYRE DE S. CYR, fils de sainte Julithe, Patron de l'Eglise de Nevers. Ode, contenant Palinodie.
Le texte est une ode dédiée à saint Cyr, fils de sainte Julithe et patron de l'Église de Nevers. Il commence par une invocation contre les esprits pervers et les calomnies, appelant à la vérité et à la foi. La foi est exaltée comme un moyen d'élever les croyants jusqu'aux cieux et de les rendre capables de supporter les supplices pour des couronnes éternelles. Le texte décrit ensuite la troupe triomphante des héros de l'Église, incluant des femmes, des vieillards et des enfants, tous victorieux sous les étendards de la foi. Le martyre de saint Cyr est relaté : cet enfant, soldat de la foi, est percé de mille coups sous le regard de sa mère, Julithe. Cette dernière encourage son fils à mourir pour la foi, ce que Cyr accepte courageusement, refusant d'adorer les faux dieux du tyran. Enragé par ce discours, le tyran tue d'abord Cyr, puis Julithe. Le texte admire saint Cyr et les hommages rendus en son nom. Il demande pardon pour les offenses passées et offre des vers pour apaiser la colère de saint Cyr.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7785
p. 1365-1371
BRIGADIERS D'INFANTERIE, de la Promotion du 20. Février dernier.
Début :
..... de Molondin, de Soleure, Capitaine au Régiment des Gardes Suisses. [...]
Mots clefs :
Brigadiers, Régiment, Colonel, Colonel du régiment, Commission, Lieutenant, Capitaine, Louis, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BRIGADIERS D'INFANTERIE, de la Promotion du 20. Février dernier.
BRIGADIERS D'INFANTERIE ,
de la Promotion du 20. Février dernier.
.... de Molondin , de Soleure , Capitaine
au Régiment des Gardes Suisses .
Jean -Charles de Mesgrigny , Comte d'Aunay ,
Capitaine et Grand- Bailly d'Epée de la Ville de
Troyes , Chevalier de l'Ordre Militaire de saint.
Louis , fut fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie
, cy-devant Croy , en 1709. et réformé en
1714. après la Paix , à la suite de celui du Maine..
obtint le Régiment de Véxin au mois de Juillet
1732 .
Agathange Ferdinand , Baron de Brun , Marquis
de Roche , en Franche - Comté , Chevalier
d'honneur du Parlement de Besançon , Colonel
du Régiment de Laonnois en 1710. réformé en
1714. cut celui des Landes le 19. Septem . 1730 ,
d'Arros d'Argelos , Colonel du Régiment
de Languedoc , par Commission du 3 .
Septembre 1710.
Pierre de Beranger , Comte de Charme et du
Gua , Seigneur de Vif , appellé le Comte de Be
ranger , d'abord Capitaine dans le Régiment de
Leaville , Infanterie , puis Colonel du Régiment
de Bugey , au lieu de Charles de Beranger , son
frere , tué au Siege de S. Venant , le 24. Septem,
bre 1710 fur réformé en 1714, et obtint le 3 .
May 1731. le Régiment de Vivarais.
Magon de la Gielaye , Colonel du Régiment
de Berry , par Commission du 26. Juil
Let 1712.
LL. Vol. Louis
1366 MERCURE DE FRANCE
Louis-François- Armand de Roye de la Rochefoucault
, appellé le Comte de Koucy , et aupara
vant de Marthon , né au mois de Septembre
1695. Colonel - Lieutenant du Régiment de Conty
, par Commission du 2. Décembre 1713. et
fait Gouverneur de Bapaume , au lieu de feu
Charles de Roye de la Rochefoucault, Comte de
Blanzac , son pere , au mois de Septembre 1732 .
Louis-François Anne de Neufville Villeroy
Duc de Retz , Pair de France , né au mois d'Oc
tobre 1695. Colonel du Régiment Lionnois par
Commission du 27. Février 1714. fait Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en survivance du
Duc de Villeroy , son Pere , le 12. Décembre
1716. Il est aussi Lieutenant General au Gouver
nement du Lionnois , Forest et Beaujolois , et
Gouverneur en survivance des mêmes Provinces.
François-Paul de la Croix- Chevrieres , appellé
le Chevalier de S. Vallier , Colonel du Régiment
de Bretagne depuis le mois de Juillet 1720. et
auparavant d'un autre Régiment réformé en
1714.
Joseph Brunet de Rancy , entra en 1705. dans
le Régiment des Gardes Françoises , où il fut
successivement Enseigne , Sous - Lieutenant,
Lieutenant et enfin en 1711. Capitaine - Lieute
nant de la Compagnie Colonelle.
Maturin Grout , Seigneur de Princey , entra
dans le Régiment des Gardes Françoises en 1707.
où après avoir passé par les differens degrez , il
fut fait Capitaine en 1715 .
Alexandre-Charles de Chaumont , Seigneur de
S Jean de la Forest , entra dans le Régiment des
Gardes Françoises en 1706. y fut fait Capitaine
en 1716. et obtint une Compagnie de Grenadiers
dans le même Régiment au mois de Juin 1729
II. Vol. -Pierre
JUIN. 1734. 1367
Pierre de Chambon , Marquis d'Arbouvllle en
Beauce , Lieutenant de Roy dans Orleanois ,
entra dans le Régiment des Gardes Françoises
en 1699. y fut fait Lieutenant en 1703. Ayde-
Major en 1706. et Capitaine au mois d'Avril
1716. et eut une Compagnie de Grenadiers au
mois de Mars 1730.
François-Antoine de Chabannes - Pionsac , Seigneur
de la Palice , reçû Chevalier des Ordres
de N. D. du Mont - Carmel et S. Lazare de Jerusalem
, le 17. Décembre 1701. servit d'abord
dans le Régiment de Navarre , et fut blessé à la
bataille d'Hochstet en 1704. il entra en 1707.
dans le Régiment des Gardes Françoises , où il fut
fait Capitaine en 1716. et dont il fut reçû Major
le 17. Janvier 1730.
Louis Neyret de la Ravoye , né le 27. Mars
1697. Mousquetaire du Roy , puis Colonel de
Régiment de Ponthieu , par Commission du 17.
Décembre 1715. reçû Chevalier des Ordres de
N. D. du Mont - Carmel et de S. Lazare de Jerusalem
, le 27. Août 1721 .
Charles Philippes de Valois , Marquis de Murcey
, élevé Page du Roy , en sa petite Ecurie , fur
fait Colonel du Régiment de l'Ile de France ,
Commission du 15. Février 1716 .
par
Georges- Jacques de Clermont- Gallerande , dit
le Comte de Clermont , Seigneur de S. Aignan ,
Verdigny , & c.Colonel du Régiment d'Auvergne,
par Commission du 5. Juin 1716. et Inspecteur
General d'Infanterie au mois d'Avril 1722.
Charles Paul Sigismond de Montmorency- Luxembourg
, Duc de Chastillon , né le 20. Février
1697. Colonel du Régiment de Normandie , par
Commission du 24. Septembre 1716 .
Charles de Roban , Prince de Montauban , né
II. Vol.
1368 MERCURE DE FRANCE
le 7 Août 1693. Guidon de la Compagnie des
Gendarmes de la Garde du Roy , puis fait Colonel
du Régiment de Picardie , au lieu de feu
François - Armand de Rohan , Prince de Montbason
, son frere , par Commission du Septembre
1717. et Gouverneur de Nîmes , d'Alais
et de S. Hyppolite au mois de Septembre 1722 .
Victor- Alexandre , Sire et Marquis de Mailly ,
fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie , cydevant
Montesquiou et auparavant Isanguien ,
par Commission du 15. Septembre 1717.
Louis- Charles de la Chastre , Comte de Nanday
, Gouverneur des Villes et Fort de Pecquay
en Languedoc , et Colonel du Régiment de
Bearn , par Commission du 7. Décembre 1717.
Louis - François - Armand de Vignerot du Plessis,.
Duc de Richelieu, et de Fronsac , Pair de France, né
le 13. Mars 1696. Colonel d'un Régiment petit
vieux corps , cydevant Leuville , par Commis
sion du 15. Mars 1718. cy - devant Ambassadeur
extraordinaire auprès de l'Empereur , dont il eut
sa premiere audience publique le 7. Novembre
1725. et dont il prit congé le 6. Septembre
1727. et reçû Chevalier des Ordres du Roy le
premier Janvier 1729.
François -Ferdinand de Clermont Chaste , appellé
le Comte de Chaste , et cy-devant de Morges
, fait Enseigne de la Colonelle du Régiment
Dauphin étranger en 1712. et Capitaine dans le
même Régiment en 1714. puis Colonel du Régiment
du Luxembourg , par Commission du
15. Mirs 1718. et Lieutenant de Roy, de la Proyince
de Dauphiné:
Gabriel-Jerome Comte de Bullion , d'Esclimont ,
Seigneur de Videville , Crespieres , Mareuil et
Montainville , connu d'abord sous le nom de:
II. Vol.
Give
JUIN. 1734.
1369
Chevalier de Bonnelles , fait Colonel du Régimens.
de Provence , par Commission du 15. Mars
1718. et reçû Prévôt de la Ville , Prévôté et Vicomté
de Paris le 31. Janvier 1723 .
Florent-Claude du Chastelet , Comte de Lomont,
Marquis de Cirey , Capitaine dans le Régiment
du Roy, puis Colonel du Régiment de Hainault,
par Commission du 15. Mais 1718. Gouver .
neur de Sémur , et Grand- Bailly d'Auxois , aussi
Grand - Bailly de Saar - Louis , pourvû de cette
derniere Charge le premier Avril 1732 .
Gabriel Simon , Marquis d'O , Colonel - Lieusenant
du Régiment de Toulouze , par Commis
sion du 15. Mars 1718 .
Louis -Auguste de Rieux , appellé d'abord Chevalier
et ensuite le Comte de Rieux , Colonel du
Régiment du Perche , par Commission du 15.
Mars 1713. par laquelle il est traité de Cousin
par le Roy.
-Charles- Louis de Lorraine , Prince de Pons et
de Mortagne , Souverain de Bedeilles , né le 19 .
Novembre 1696. fit la Campagne de Hongrie
en 1717. fut fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie
, cy-devant Boufflers Rémiencourt , par
Commission du 15. Mars 1718. et fut reçû
Chevalier des Ordres du Roy le 3. Juin 1724.
Michel Dreux , Marquis de Brexé , Grand-Maitre
des Cerémonies de France en survivance ,
Colonel du Régiment de Guyenne , par Com
mission du 15. Mars 1718.
Charles-François - Frederic de Montmorency
Luxembourg, Duc de Piney- Luxembourg , et de
Beaufort Montmorency , Pair de France , Prine
d'Aigremont et de Tingry , Comte de Bouteille
, de Dangu et de Luxe , Seigneur de Précy ,
é le 3. Décembre 1702. Colonel du Régiment
II. Vol.
1370 MERCURE DE FRANCE
de Touraine , par Commission du 15. Mars
1718. et Gouverneur de Normandie , par Lettres
du 27. Septembre suivant.
Henry de S.Simon , appellé le Marquis de S. Simon
, né le 7. Septembre 1703. Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , cy- devant Sourches ,
qui lui fut donné le 14. Juin 1713. après la
mort de Titus Bernard de S. Simon , son frere
aîné , qui l'avoit obtenu le 15. Mars precedent.
Il est frere puîné de l'Evêque de Metz .
O- Brien , Comte de Clare , Lord en
Irlande , Colonel d'un Régiment Irlandois , cydevant
O- Brien , par Commission du 13. Octobre
1718
..... de Chastelard de Salieres , cy - devant Capitaine
de la Compagnie , Colonel du Régiment
du Perche , Colonel d'Infanterie , par Brevet de
1718. et Ayde - Major General des Armées du
Roy
Louis Antoine de Gontault , Comte de Biron ;
Colonel du Régiment Royal Roussillon , par
Commission du 22 Avril 1729. avoit auparavant
un Brevet de Colone',
.... Comte de Diesbach, Colonel d'un Régis
ment Suisse, par Commission du 4 Janvier 1721.
Lally , Lieutenant- Colonel du Régi- ....
ment de Dillon , Irlandois.
Zuastro , Lieutenant - Colonel du Régiment
Royal Baviere.
..... de Boiras Lieutenant- Colonel du Régiment
de Soissonnois .
Desarmans , Lieutenant - Colonel du
Régiment de Quercy.
de Rousset , Lieutenant- Colonel du Régiment
de S. Simon
de Torigny- Romillé, Lieutenant- Cola-
II. Vol. -nel
JUIN. 1734. 1371
nel , Commandant un Bataillon du Régiment
Royal Artillerie.
François de Chasteauneuf de Moleges , Lieutenant
-Colonel du Regiment d'Oricans , Gentilhomme
ordinaire du Duc d'Orleans.
.... de Brun , Lieutenant- Colonel du Régi
ment de la Couronne .
.... de Louboy , Lieutenant- Colonel de
Régiment de Navarre.
de la Promotion du 20. Février dernier.
.... de Molondin , de Soleure , Capitaine
au Régiment des Gardes Suisses .
Jean -Charles de Mesgrigny , Comte d'Aunay ,
Capitaine et Grand- Bailly d'Epée de la Ville de
Troyes , Chevalier de l'Ordre Militaire de saint.
Louis , fut fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie
, cy-devant Croy , en 1709. et réformé en
1714. après la Paix , à la suite de celui du Maine..
obtint le Régiment de Véxin au mois de Juillet
1732 .
Agathange Ferdinand , Baron de Brun , Marquis
de Roche , en Franche - Comté , Chevalier
d'honneur du Parlement de Besançon , Colonel
du Régiment de Laonnois en 1710. réformé en
1714. cut celui des Landes le 19. Septem . 1730 ,
d'Arros d'Argelos , Colonel du Régiment
de Languedoc , par Commission du 3 .
Septembre 1710.
Pierre de Beranger , Comte de Charme et du
Gua , Seigneur de Vif , appellé le Comte de Be
ranger , d'abord Capitaine dans le Régiment de
Leaville , Infanterie , puis Colonel du Régiment
de Bugey , au lieu de Charles de Beranger , son
frere , tué au Siege de S. Venant , le 24. Septem,
bre 1710 fur réformé en 1714, et obtint le 3 .
May 1731. le Régiment de Vivarais.
Magon de la Gielaye , Colonel du Régiment
de Berry , par Commission du 26. Juil
Let 1712.
LL. Vol. Louis
1366 MERCURE DE FRANCE
Louis-François- Armand de Roye de la Rochefoucault
, appellé le Comte de Koucy , et aupara
vant de Marthon , né au mois de Septembre
1695. Colonel - Lieutenant du Régiment de Conty
, par Commission du 2. Décembre 1713. et
fait Gouverneur de Bapaume , au lieu de feu
Charles de Roye de la Rochefoucault, Comte de
Blanzac , son pere , au mois de Septembre 1732 .
Louis-François Anne de Neufville Villeroy
Duc de Retz , Pair de France , né au mois d'Oc
tobre 1695. Colonel du Régiment Lionnois par
Commission du 27. Février 1714. fait Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en survivance du
Duc de Villeroy , son Pere , le 12. Décembre
1716. Il est aussi Lieutenant General au Gouver
nement du Lionnois , Forest et Beaujolois , et
Gouverneur en survivance des mêmes Provinces.
François-Paul de la Croix- Chevrieres , appellé
le Chevalier de S. Vallier , Colonel du Régiment
de Bretagne depuis le mois de Juillet 1720. et
auparavant d'un autre Régiment réformé en
1714.
Joseph Brunet de Rancy , entra en 1705. dans
le Régiment des Gardes Françoises , où il fut
successivement Enseigne , Sous - Lieutenant,
Lieutenant et enfin en 1711. Capitaine - Lieute
nant de la Compagnie Colonelle.
Maturin Grout , Seigneur de Princey , entra
dans le Régiment des Gardes Françoises en 1707.
où après avoir passé par les differens degrez , il
fut fait Capitaine en 1715 .
Alexandre-Charles de Chaumont , Seigneur de
S Jean de la Forest , entra dans le Régiment des
Gardes Françoises en 1706. y fut fait Capitaine
en 1716. et obtint une Compagnie de Grenadiers
dans le même Régiment au mois de Juin 1729
II. Vol. -Pierre
JUIN. 1734. 1367
Pierre de Chambon , Marquis d'Arbouvllle en
Beauce , Lieutenant de Roy dans Orleanois ,
entra dans le Régiment des Gardes Françoises
en 1699. y fut fait Lieutenant en 1703. Ayde-
Major en 1706. et Capitaine au mois d'Avril
1716. et eut une Compagnie de Grenadiers au
mois de Mars 1730.
François-Antoine de Chabannes - Pionsac , Seigneur
de la Palice , reçû Chevalier des Ordres
de N. D. du Mont - Carmel et S. Lazare de Jerusalem
, le 17. Décembre 1701. servit d'abord
dans le Régiment de Navarre , et fut blessé à la
bataille d'Hochstet en 1704. il entra en 1707.
dans le Régiment des Gardes Françoises , où il fut
fait Capitaine en 1716. et dont il fut reçû Major
le 17. Janvier 1730.
Louis Neyret de la Ravoye , né le 27. Mars
1697. Mousquetaire du Roy , puis Colonel de
Régiment de Ponthieu , par Commission du 17.
Décembre 1715. reçû Chevalier des Ordres de
N. D. du Mont - Carmel et de S. Lazare de Jerusalem
, le 27. Août 1721 .
Charles Philippes de Valois , Marquis de Murcey
, élevé Page du Roy , en sa petite Ecurie , fur
fait Colonel du Régiment de l'Ile de France ,
Commission du 15. Février 1716 .
par
Georges- Jacques de Clermont- Gallerande , dit
le Comte de Clermont , Seigneur de S. Aignan ,
Verdigny , & c.Colonel du Régiment d'Auvergne,
par Commission du 5. Juin 1716. et Inspecteur
General d'Infanterie au mois d'Avril 1722.
Charles Paul Sigismond de Montmorency- Luxembourg
, Duc de Chastillon , né le 20. Février
1697. Colonel du Régiment de Normandie , par
Commission du 24. Septembre 1716 .
Charles de Roban , Prince de Montauban , né
II. Vol.
1368 MERCURE DE FRANCE
le 7 Août 1693. Guidon de la Compagnie des
Gendarmes de la Garde du Roy , puis fait Colonel
du Régiment de Picardie , au lieu de feu
François - Armand de Rohan , Prince de Montbason
, son frere , par Commission du Septembre
1717. et Gouverneur de Nîmes , d'Alais
et de S. Hyppolite au mois de Septembre 1722 .
Victor- Alexandre , Sire et Marquis de Mailly ,
fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie , cydevant
Montesquiou et auparavant Isanguien ,
par Commission du 15. Septembre 1717.
Louis- Charles de la Chastre , Comte de Nanday
, Gouverneur des Villes et Fort de Pecquay
en Languedoc , et Colonel du Régiment de
Bearn , par Commission du 7. Décembre 1717.
Louis - François - Armand de Vignerot du Plessis,.
Duc de Richelieu, et de Fronsac , Pair de France, né
le 13. Mars 1696. Colonel d'un Régiment petit
vieux corps , cydevant Leuville , par Commis
sion du 15. Mars 1718. cy - devant Ambassadeur
extraordinaire auprès de l'Empereur , dont il eut
sa premiere audience publique le 7. Novembre
1725. et dont il prit congé le 6. Septembre
1727. et reçû Chevalier des Ordres du Roy le
premier Janvier 1729.
François -Ferdinand de Clermont Chaste , appellé
le Comte de Chaste , et cy-devant de Morges
, fait Enseigne de la Colonelle du Régiment
Dauphin étranger en 1712. et Capitaine dans le
même Régiment en 1714. puis Colonel du Régiment
du Luxembourg , par Commission du
15. Mirs 1718. et Lieutenant de Roy, de la Proyince
de Dauphiné:
Gabriel-Jerome Comte de Bullion , d'Esclimont ,
Seigneur de Videville , Crespieres , Mareuil et
Montainville , connu d'abord sous le nom de:
II. Vol.
Give
JUIN. 1734.
1369
Chevalier de Bonnelles , fait Colonel du Régimens.
de Provence , par Commission du 15. Mars
1718. et reçû Prévôt de la Ville , Prévôté et Vicomté
de Paris le 31. Janvier 1723 .
Florent-Claude du Chastelet , Comte de Lomont,
Marquis de Cirey , Capitaine dans le Régiment
du Roy, puis Colonel du Régiment de Hainault,
par Commission du 15. Mais 1718. Gouver .
neur de Sémur , et Grand- Bailly d'Auxois , aussi
Grand - Bailly de Saar - Louis , pourvû de cette
derniere Charge le premier Avril 1732 .
Gabriel Simon , Marquis d'O , Colonel - Lieusenant
du Régiment de Toulouze , par Commis
sion du 15. Mars 1718 .
Louis -Auguste de Rieux , appellé d'abord Chevalier
et ensuite le Comte de Rieux , Colonel du
Régiment du Perche , par Commission du 15.
Mars 1713. par laquelle il est traité de Cousin
par le Roy.
-Charles- Louis de Lorraine , Prince de Pons et
de Mortagne , Souverain de Bedeilles , né le 19 .
Novembre 1696. fit la Campagne de Hongrie
en 1717. fut fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie
, cy-devant Boufflers Rémiencourt , par
Commission du 15. Mars 1718. et fut reçû
Chevalier des Ordres du Roy le 3. Juin 1724.
Michel Dreux , Marquis de Brexé , Grand-Maitre
des Cerémonies de France en survivance ,
Colonel du Régiment de Guyenne , par Com
mission du 15. Mars 1718.
Charles-François - Frederic de Montmorency
Luxembourg, Duc de Piney- Luxembourg , et de
Beaufort Montmorency , Pair de France , Prine
d'Aigremont et de Tingry , Comte de Bouteille
, de Dangu et de Luxe , Seigneur de Précy ,
é le 3. Décembre 1702. Colonel du Régiment
II. Vol.
1370 MERCURE DE FRANCE
de Touraine , par Commission du 15. Mars
1718. et Gouverneur de Normandie , par Lettres
du 27. Septembre suivant.
Henry de S.Simon , appellé le Marquis de S. Simon
, né le 7. Septembre 1703. Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , cy- devant Sourches ,
qui lui fut donné le 14. Juin 1713. après la
mort de Titus Bernard de S. Simon , son frere
aîné , qui l'avoit obtenu le 15. Mars precedent.
Il est frere puîné de l'Evêque de Metz .
O- Brien , Comte de Clare , Lord en
Irlande , Colonel d'un Régiment Irlandois , cydevant
O- Brien , par Commission du 13. Octobre
1718
..... de Chastelard de Salieres , cy - devant Capitaine
de la Compagnie , Colonel du Régiment
du Perche , Colonel d'Infanterie , par Brevet de
1718. et Ayde - Major General des Armées du
Roy
Louis Antoine de Gontault , Comte de Biron ;
Colonel du Régiment Royal Roussillon , par
Commission du 22 Avril 1729. avoit auparavant
un Brevet de Colone',
.... Comte de Diesbach, Colonel d'un Régis
ment Suisse, par Commission du 4 Janvier 1721.
Lally , Lieutenant- Colonel du Régi- ....
ment de Dillon , Irlandois.
Zuastro , Lieutenant - Colonel du Régiment
Royal Baviere.
..... de Boiras Lieutenant- Colonel du Régiment
de Soissonnois .
Desarmans , Lieutenant - Colonel du
Régiment de Quercy.
de Rousset , Lieutenant- Colonel du Régiment
de S. Simon
de Torigny- Romillé, Lieutenant- Cola-
II. Vol. -nel
JUIN. 1734. 1371
nel , Commandant un Bataillon du Régiment
Royal Artillerie.
François de Chasteauneuf de Moleges , Lieutenant
-Colonel du Regiment d'Oricans , Gentilhomme
ordinaire du Duc d'Orleans.
.... de Brun , Lieutenant- Colonel du Régi
ment de la Couronne .
.... de Louboy , Lieutenant- Colonel de
Régiment de Navarre.
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Résumé : BRIGADIERS D'INFANTERIE, de la Promotion du 20. Février dernier.
Le texte présente une liste de brigadiers d'infanterie et de leurs promotions, ainsi que des informations sur divers officiers et leurs régiments. Jean-Charles de Mesgrigny, Comte d'Aunay, fut nommé Colonel du Régiment d'Infanterie Croy en 1709 et obtint le Régiment de Véxin en juillet 1732. Agathange Ferdinand, Baron de Brun, devint Colonel du Régiment de Laonnois en 1710 et obtint le Régiment des Landes en septembre 1730. Pierre de Beranger, Comte de Charme et du Gua, fut Colonel du Régiment de Bugey en 1710 et obtint le Régiment de Vivarais en mai 1731. Magon de la Gielaye fut Colonel du Régiment de Berry en juillet 1712. Louis-François-Armand de Roye de la Rochefoucault, Comte de Koucy, fut Colonel-Lieutenant du Régiment de Conty en décembre 1713 et Gouverneur de Bapaume en septembre 1732. Louis-François Anne de Neufville Villeroy, Duc de Retz, fut Colonel du Régiment Lionnois en février 1714 et Capitaine des Gardes du Corps du Roi en décembre 1716. François-Paul de la Croix-Chevrieres, Chevalier de Saint-Vallier, fut Colonel du Régiment de Bretagne en juillet 1720. Joseph Brunet de Rancy et Maturin Grout entrèrent dans le Régiment des Gardes Françoises respectivement en 1705 et 1707, et furent promus Capitaines en 1711 et 1715. Alexandre-Charles de Chaumont, Pierre de Chambon, et François-Antoine de Chabannes-Pionsac furent également promus dans les Gardes Françoises. Louis Neyret de la Ravoye fut Colonel du Régiment de Ponthieu en décembre 1715. Charles Philippes de Valois, Marquis de Murcey, fut Colonel du Régiment de l'Île de France en février 1716. Georges-Jacques de Clermont-Gallerande fut Colonel du Régiment d'Auvergne en juin 1716 et Inspecteur Général d'Infanterie en avril 1722. Charles Paul Sigismond de Montmorency-Luxembourg fut Colonel du Régiment de Normandie en septembre 1716. Charles de Roban, Prince de Montauban, fut Colonel du Régiment de Picardie en septembre 1717 et Gouverneur de Nîmes en septembre 1722. Victor-Alexandre, Marquis de Mailly, fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en septembre 1717. Louis-Charles de la Chastre fut Colonel du Régiment de Bearn en décembre 1717. Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, Duc de Richelieu, fut Colonel d'un Régiment en mars 1718 et Ambassadeur extraordinaire auprès de l'Empereur de 1725 à 1727. François-Ferdinand de Clermont-Chaste fut Colonel du Régiment du Luxembourg en mars 1718. Gabriel-Jérôme Comte de Bullion fut Colonel du Régiment de Provence en mars 1718 et Prévôt de Paris en janvier 1723. Florent-Claude du Chastelet fut Colonel du Régiment de Hainault en mars 1718 et Gouverneur de Sémur en avril 1732. Gabriel Simon fut Colonel-Lieutenant du Régiment de Toulouse en mars 1718. Louis-Auguste de Rieux fut Colonel du Régiment du Perche en mars 1713. Charles-Louis de Lorraine fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en mars 1718 et Chevalier des Ordres du Roi en juin 1724. Michel Dreux fut Colonel du Régiment de Guyenne en mars 1718. Charles-François-Frédéric de Montmorency-Luxembourg fut Colonel du Régiment de Touraine en mars 1718 et Gouverneur de Normandie en septembre 1718. Henry de Saint-Simon fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en juin 1713. O'Brien, Comte de Clare, fut Colonel d'un Régiment Irlandois en octobre 1718. Louis Antoine de Gontault, Comte de Biron, fut Colonel du Régiment Royal Roussillon en avril 1729. Le Comte de Diesbach fut Colonel d'un Régiment Suisse en janvier 1721. Plusieurs Lieutenants-Colonels sont également mentionnés, tels que Lally, Zuastro, et de Boiras.
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7786
p. 1371-1375
Brigadiers de Cavalerie.
Début :
Joseph-Michel Sublet, Marquis de Lenoncourt, Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie, [...]
Mots clefs :
Brigadiers de cavalerie, Mestre de camp, Régiment, Commission, Marquis, Lieutenant, Compagnie, Enseigne, Gardes du corps, Chevau-légers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Brigadiers de Cavalerie.
Brigadiers de Cavalerie .
Joseph- Michel Sublet , Marquis de Lenoncourt
Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie ,
cy-devant Bartillac , par Commission du 15.
Août 1706.
·
de Pont de Rennepont , cut au mois de
Septembre 17c6. un Régiment de Cavaletie ,
vacant par la mort de son frere aîné , tué au
Combat de Castiglione , le 9. du même mois ,
et fut réformé en 1714. après la Paix .
Henry de Monchy , des Seigneurs de Senarpont ,
appellé le Marquis de Moncky d'Hocquincourt ,
Mestre de Camp d'un Régiment de son nom ,
cy- devant Vaudemont , par Commission du 15.
Mars 1707.
Louis- Antoine Raigecourt , cy- devant Mestre
de Camp d'un Régiment réformé en 1714 .
après la Paix .
..... de la Roque , fait Exempt des Gardes du
Corps du Roy , au mois de Janvier 1706. eur
depuis un Brévet de Mestre de Camp , et fut
nommé le 15. Janvier 1720. pour commander
le Détachement des 12. Gardes du Corps ordonnez
pour accompagner jusques à Antibes la
Princesse de Modêne. Il monta à une place d'Enseigne
dans la premiere Compagnie des Gardes
11. Vol. du
1372 MERCURE DE FRANCE
du Corps , au mois de Novembre 1729.
du Bourdet , successivement Exemp:
des Gardes du Corps , Ayde- Major de Compagnie
au mois de Janvier 1721. Enseigne , Lieu
tenant.
François- Charles de Monestay , Marquis de
Chazeron , né le 12 Novembre 1697. Gouver
neur de Brest , d'abord Cornette , puis Enseigne
de la premiere Compagnie des Mousquetaires ,
ensuite Enseigne des Gardes du Corps au mois
de Novembre 1719. et depuis Lieutenant .
de Bois - André , étant premier Exempt
'des Gardes du Corps de la Compagnie de Charost
, et Mestre de Camp de Cavalerie , obtint
une Enseigne dans cette Compagnie au mois de
Juin 173.1.
Claude Aunet d'Apchie , appellé le Chevalier
d'Apchier , né le 14. Juin 1693. d'abord Capitaine
de Dragons dans le Régiment d'Orleans ,
ensuite Enseigne , puis au mois de Mars 1726.
Sous- Lieutenant des Gendarmes de la Garde du
Roy .
Pierre- Claude de Fontaines , Seigneur de Nel-
Bette , Ayde- Major et Maréchal des Logis de la
Compagnie des Chevaux - Legers de la Garde du
Roy.
Pompone, Marquis de Réfuge, fait Guidon de la
Compagnie des Gendarmes Ecossois en 1707.
Enseigne de la même Compagnie en 1709.Mestre
de Camp de Cavalerie par Brevet du 30. Mars
1710. et Sous-Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux Legers Dauphins , au mois de Juillet
1723.
Henry- Louis Marquis d'Argouges, né le 20. Septembre
1689. reçû Cornette de la Compagnie
des Chevaux-Legers d'Anjou en 1709. Enseigne
II Vol. d'une
JUIN. 1734 1379
Pune autre Compagnie la même année , Sous-
Lieutenant de celle des Gendarmes Bourguignons
en 1710. et Capitaine - Lieutenant de celle des
Chevaux-Legers de Berry le 15. Juin 1723. puis
de celle des Chevaux- Legers . Dauphins en 1728 .
Cesar-Antoine de la Luzerne, Comte de Beuzeville
, Seigneur de Houllebec et du Moulin - Chapelle
, Mestre de Camp, Lieutenant du Régiment
Royal des Cuirassiers , par Commission du 11.
Janvier 1711 .
Louis -René Sandrier de la Tour , Mestre de
Camp d'un Régiment cy- devant Bellacueil , par
Commission du 26. Février 1711 .
..... de la Coste- Beaucaire , fait Mestre de
Camp d'un Régiment cy-devant Mongon , en
3712. réformé en 1714. après la Paix , obtint
celui de Lambesc le 13. Octobre 1730.
..... Marquis d'Estourmel, Mestre de Camp,
Lieutenant du Régiment de Toulouze , par Commission
du 27. Mars 1714
.......de la Motte , Lieutenant-Colonel avec
Brevet de Mestre de Camp , puis Mestre de
Camp d'une Brigade des Carabiniers .
Henry de Baudean , Marquis de Parabere, fait
Mestre de Camp d'une Brigade des Carabiniers
au mois de Novembre 1720.
..... le Ragois , Marquis de Bretonvilliers ,
Comte d'Avon , Lieutenant de Re de la Ville
de Paris , Mestre de Camp du Régiment Dayphin
, par Commission du 5. Janvier 1716.
Michel de Forbin , Marquis de Janson , Baron
de Villelaure , Seigneur de Manne , Mestre de
Camp du Régiment de Bretagne , par Commission
du 12. Août 1717. et Gouverneur des 1fle ,
Citadelle , Château et Forts d'Antibes , Grasse
leurs dépendances.
II. Vol.
Jacques
2374 MERCURE DE FRANCE
Jacques- Louis de S. Simon , Duc et Pair de
France , appellé ic Duc de Ruffec , né le 29. Juillet
1698. fait Mestre de Camp d'un Regiment
portant le nom de S. Simon , et cy- devant celui
de S. Aignan , par Commission du 25. Septembre
1717. et nommé Chevalier de l'Ordre de la
Toison d'or le 20. Janvier 1722.
Armand Jean de S. simon , Marquis de Ruffec,
né le 12 Avril 1699. fait Mestre de Camp d'un
Regiment portant le non de Ruffec , et ci - devant
celui de Villepreux , par commission du 26 Septembre
1717. et nommé Grand d'Espagne le 20
Janvier 1722.
Louis- Gabriel Bazin , Marquis de Besons , né
le premier Janvier 1700. fan Mestre de Camp
d'un Regiment ci- devant de Livry , par commission
du 15 Mars 1718. puis no nmé Mestre
de Camp du Regiment Dauphin étranger , le 19
Août 1719. et Gouverneur des Ville de Cambray
et pays Cambresis en Survivance au mois
de Janvier 1724. et titulaire par la mort dų
Maréchal son pere , le 22 May 1733. -
Victor Pierre-François Riquet , Marquis de Ca
raman , Baron d'Albiac , Seigneur de Roissy en
France , Mestre de Camp du Regiment de Berri,
par commission du 15 Mars 1718 .
Louis- Cesar le Tellier , Marquis de Courtanvaux
, né le 2 Juillet 1695. reçu Chevalier de
Malthe de minorité au Grand Prieuré de France,
le + Mai 1697. porta d'abord le titre de Chevalier
de Louvois , sous requel il fut fait Mestre de
Ca.np au Regiment Royal Roussillon , par
commission du 20 Mais 1718. Il eut le 19 Avril
1722. une commission pour exercer la charge
de Capitame Colonel des 100 Suisses de la Garde
du Roy , pendant la minorite du Marquis de
II. Vol. Mont.
JUIN. 1734
1375
Montmirel , son neveu ; il en prêta serment
entre les mains du Roy , le 26 du même
mois.
..... Comte de Berchini , Mestre de Camp
d'un Regiment de Hussarts , par commission
du premier Mars 1719 .
Jacques- Henri de Lorraine , Prince de Lixin ,
né le 24 Mars 1698. fait Mestre de Camp du
Regiment de Lorraine , par commission du 6
Mars 1719. Grand'Maître de la Maison du Duc
de Lorraine en 1721. et reçu Chevalier des Or
dres du Roi , le 16 Mai 1728.
Du Cup , Lieutenant Colouel du Regiment
de Vaudray , ayant brevet de Mestre de
Camp
De Caupene , Lieutenant Colonel du Regiment
de Randan , ci - devant Lorges ; et auparavant
Germinon , avec brevet de Mestre de
Camp.
... De Maujeon , Lieutenant Colonel du
Regiment de la Mothe- Houdancourt , auparavant
Villequier- Aumont , ayant brevet de Mes,
tre de Camp.
Joseph- Michel Sublet , Marquis de Lenoncourt
Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie ,
cy-devant Bartillac , par Commission du 15.
Août 1706.
·
de Pont de Rennepont , cut au mois de
Septembre 17c6. un Régiment de Cavaletie ,
vacant par la mort de son frere aîné , tué au
Combat de Castiglione , le 9. du même mois ,
et fut réformé en 1714. après la Paix .
Henry de Monchy , des Seigneurs de Senarpont ,
appellé le Marquis de Moncky d'Hocquincourt ,
Mestre de Camp d'un Régiment de son nom ,
cy- devant Vaudemont , par Commission du 15.
Mars 1707.
Louis- Antoine Raigecourt , cy- devant Mestre
de Camp d'un Régiment réformé en 1714 .
après la Paix .
..... de la Roque , fait Exempt des Gardes du
Corps du Roy , au mois de Janvier 1706. eur
depuis un Brévet de Mestre de Camp , et fut
nommé le 15. Janvier 1720. pour commander
le Détachement des 12. Gardes du Corps ordonnez
pour accompagner jusques à Antibes la
Princesse de Modêne. Il monta à une place d'Enseigne
dans la premiere Compagnie des Gardes
11. Vol. du
1372 MERCURE DE FRANCE
du Corps , au mois de Novembre 1729.
du Bourdet , successivement Exemp:
des Gardes du Corps , Ayde- Major de Compagnie
au mois de Janvier 1721. Enseigne , Lieu
tenant.
François- Charles de Monestay , Marquis de
Chazeron , né le 12 Novembre 1697. Gouver
neur de Brest , d'abord Cornette , puis Enseigne
de la premiere Compagnie des Mousquetaires ,
ensuite Enseigne des Gardes du Corps au mois
de Novembre 1719. et depuis Lieutenant .
de Bois - André , étant premier Exempt
'des Gardes du Corps de la Compagnie de Charost
, et Mestre de Camp de Cavalerie , obtint
une Enseigne dans cette Compagnie au mois de
Juin 173.1.
Claude Aunet d'Apchie , appellé le Chevalier
d'Apchier , né le 14. Juin 1693. d'abord Capitaine
de Dragons dans le Régiment d'Orleans ,
ensuite Enseigne , puis au mois de Mars 1726.
Sous- Lieutenant des Gendarmes de la Garde du
Roy .
Pierre- Claude de Fontaines , Seigneur de Nel-
Bette , Ayde- Major et Maréchal des Logis de la
Compagnie des Chevaux - Legers de la Garde du
Roy.
Pompone, Marquis de Réfuge, fait Guidon de la
Compagnie des Gendarmes Ecossois en 1707.
Enseigne de la même Compagnie en 1709.Mestre
de Camp de Cavalerie par Brevet du 30. Mars
1710. et Sous-Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux Legers Dauphins , au mois de Juillet
1723.
Henry- Louis Marquis d'Argouges, né le 20. Septembre
1689. reçû Cornette de la Compagnie
des Chevaux-Legers d'Anjou en 1709. Enseigne
II Vol. d'une
JUIN. 1734 1379
Pune autre Compagnie la même année , Sous-
Lieutenant de celle des Gendarmes Bourguignons
en 1710. et Capitaine - Lieutenant de celle des
Chevaux-Legers de Berry le 15. Juin 1723. puis
de celle des Chevaux- Legers . Dauphins en 1728 .
Cesar-Antoine de la Luzerne, Comte de Beuzeville
, Seigneur de Houllebec et du Moulin - Chapelle
, Mestre de Camp, Lieutenant du Régiment
Royal des Cuirassiers , par Commission du 11.
Janvier 1711 .
Louis -René Sandrier de la Tour , Mestre de
Camp d'un Régiment cy- devant Bellacueil , par
Commission du 26. Février 1711 .
..... de la Coste- Beaucaire , fait Mestre de
Camp d'un Régiment cy-devant Mongon , en
3712. réformé en 1714. après la Paix , obtint
celui de Lambesc le 13. Octobre 1730.
..... Marquis d'Estourmel, Mestre de Camp,
Lieutenant du Régiment de Toulouze , par Commission
du 27. Mars 1714
.......de la Motte , Lieutenant-Colonel avec
Brevet de Mestre de Camp , puis Mestre de
Camp d'une Brigade des Carabiniers .
Henry de Baudean , Marquis de Parabere, fait
Mestre de Camp d'une Brigade des Carabiniers
au mois de Novembre 1720.
..... le Ragois , Marquis de Bretonvilliers ,
Comte d'Avon , Lieutenant de Re de la Ville
de Paris , Mestre de Camp du Régiment Dayphin
, par Commission du 5. Janvier 1716.
Michel de Forbin , Marquis de Janson , Baron
de Villelaure , Seigneur de Manne , Mestre de
Camp du Régiment de Bretagne , par Commission
du 12. Août 1717. et Gouverneur des 1fle ,
Citadelle , Château et Forts d'Antibes , Grasse
leurs dépendances.
II. Vol.
Jacques
2374 MERCURE DE FRANCE
Jacques- Louis de S. Simon , Duc et Pair de
France , appellé ic Duc de Ruffec , né le 29. Juillet
1698. fait Mestre de Camp d'un Regiment
portant le nom de S. Simon , et cy- devant celui
de S. Aignan , par Commission du 25. Septembre
1717. et nommé Chevalier de l'Ordre de la
Toison d'or le 20. Janvier 1722.
Armand Jean de S. simon , Marquis de Ruffec,
né le 12 Avril 1699. fait Mestre de Camp d'un
Regiment portant le non de Ruffec , et ci - devant
celui de Villepreux , par commission du 26 Septembre
1717. et nommé Grand d'Espagne le 20
Janvier 1722.
Louis- Gabriel Bazin , Marquis de Besons , né
le premier Janvier 1700. fan Mestre de Camp
d'un Regiment ci- devant de Livry , par commission
du 15 Mars 1718. puis no nmé Mestre
de Camp du Regiment Dauphin étranger , le 19
Août 1719. et Gouverneur des Ville de Cambray
et pays Cambresis en Survivance au mois
de Janvier 1724. et titulaire par la mort dų
Maréchal son pere , le 22 May 1733. -
Victor Pierre-François Riquet , Marquis de Ca
raman , Baron d'Albiac , Seigneur de Roissy en
France , Mestre de Camp du Regiment de Berri,
par commission du 15 Mars 1718 .
Louis- Cesar le Tellier , Marquis de Courtanvaux
, né le 2 Juillet 1695. reçu Chevalier de
Malthe de minorité au Grand Prieuré de France,
le + Mai 1697. porta d'abord le titre de Chevalier
de Louvois , sous requel il fut fait Mestre de
Ca.np au Regiment Royal Roussillon , par
commission du 20 Mais 1718. Il eut le 19 Avril
1722. une commission pour exercer la charge
de Capitame Colonel des 100 Suisses de la Garde
du Roy , pendant la minorite du Marquis de
II. Vol. Mont.
JUIN. 1734
1375
Montmirel , son neveu ; il en prêta serment
entre les mains du Roy , le 26 du même
mois.
..... Comte de Berchini , Mestre de Camp
d'un Regiment de Hussarts , par commission
du premier Mars 1719 .
Jacques- Henri de Lorraine , Prince de Lixin ,
né le 24 Mars 1698. fait Mestre de Camp du
Regiment de Lorraine , par commission du 6
Mars 1719. Grand'Maître de la Maison du Duc
de Lorraine en 1721. et reçu Chevalier des Or
dres du Roi , le 16 Mai 1728.
Du Cup , Lieutenant Colouel du Regiment
de Vaudray , ayant brevet de Mestre de
Camp
De Caupene , Lieutenant Colonel du Regiment
de Randan , ci - devant Lorges ; et auparavant
Germinon , avec brevet de Mestre de
Camp.
... De Maujeon , Lieutenant Colonel du
Regiment de la Mothe- Houdancourt , auparavant
Villequier- Aumont , ayant brevet de Mes,
tre de Camp.
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Résumé : Brigadiers de Cavalerie.
Le document énumère divers brigadiers de cavalerie et leurs titres, commissions, et promotions au sein de l'armée française au début du XVIIIe siècle. Parmi les figures notables, Joseph-Michel Sublet, Marquis de Lenoncourt, fut Mestre de Camp d'un régiment de cavalerie créé en septembre 1706 et réformé en 1714. Henry de Monchy, Marquis de Moncky d'Hocquincourt, commanda un régiment de cavalerie à partir de mars 1707. Louis-Antoine Raigecourt, après avoir été Exempt des Gardes du Corps, fut nommé Mestre de Camp en janvier 1720. François-Charles de Monestay, Marquis de Chazeron, débuta comme Cornette et fut promu Enseigne des Gardes du Corps en novembre 1719. Claude Aunet d'Apchie, Chevalier d'Apchier, fut Sous-Lieutenant des Gendarmes de la Garde du Roy en mars 1726. Pompone, Marquis de Réfuge, obtint plusieurs promotions, dont celle de Mestre de Camp en mars 1710. Henry-Louis Marquis d'Argouges fut promu Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de Berry en juin 1723. César-Antoine de la Luzerne, Comte de Beuzeville, fut Mestre de Camp du Régiment Royal des Cuirassiers en janvier 1711. Louis-René Sandrier de la Tour commanda plusieurs régiments, dont celui de Lambesc en octobre 1730. Jacques-Louis de Saint-Simon, Duc de Ruffec, fut Mestre de Camp d'un régiment en septembre 1717 et nommé Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or en janvier 1722. Louis-Gabriel Bazin, Marquis de Besons, fut Mestre de Camp de plusieurs régiments et Gouverneur de Cambray en 1724. Victor-Pierre-François Riquet, Marquis de Caraman, commanda le Régiment de Berry en mars 1718. Louis-César Le Tellier, Marquis de Courtanvaux, fut Mestre de Camp du Régiment Royal Roussillon en mai 1718. Jacques-Henri de Lorraine, Prince de Lixin, fut Mestre de Camp du Régiment de Lorraine en mars 1719. Plusieurs autres officiers, comme De Caupene et De Maujeon, détenaient des brevets de Mestre de Camp dans différents régiments.
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7787
p. 1375-1377
Brigadiers de Dragons.
Début :
Michel-Ancel des Granges, fut d'abord Mousquetaire de la Garde du Roy, puis Capitaine de [...]
Mots clefs :
Brigadiers de dragons, Régiment, Mestre de camp, Réforme , Paix, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Brigadiers de Dragons.
Brigadiers de Dragons.
Michel-Ancel des Granges , fut d'abord Mousquetaire
de la Garde du Roy , puis Capitaine de
Cavalerie , dans le Regiment Royal Roussillon,
servit en cette qualité en 1706. au Siege de Turin
, où il fut blessé et fait prisonnier à l'attaque
des Lignes le 7 Septembre , obtint au mois
de Septembre 1707. le Regiment de Dragons de
Guienne sur la démission duMarechal d. Montrevel
, et fut reformé en 1714. après la Paix.
Il devint au mois de Mars 1731. par la mort
de son pere , Titulaire de la charge de Maîne
II. Vol. des
376 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies de France , dont il avoit la Sure
vivance .
Louis Charles Armand Fouquet , Chevalier de
Belleisle , autrefois Mestre de Camp d'un Regiment
de son nom , auparavant S. Priest , reformé
en 1714. après la Paix .
Alexis de Coëtmen. Il fut fait au mois
de Juillet 1711. Mestre de Camp d'un Regiment
vacant par la mort d'Olivier- Joseph de Coetmen,
son frere aîné , qui avoit été tué le 12 du même
mois à l'attaque d'un Corps des Alliez , près
d'Arleux en Flandres. Ce Regiment fut reformé
en 1714. après la Paix .
Etienne-Julien Locquet de Grandville , fait
Mestre de Camp d'un Regiment ci - devant
Lesparre , au mois de Janvier 1709. reformé
en 1714.
Gabriël le Coigneux de Bellahre , né le premier
Fevrier 1687. autrefois Mestre de Camp
d'un Regiment de son nom , ci - devant Ranes ,
reformé en 1714.
Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, Mestre
de Camp , Lieutenant du Regiment de Condé
ainsi appellé depuis 1724. ci - devant Goësbriand,
et auparavant Foix et Firmarcon , dont il fut
fait Mestre de Camp , par Commission du 21
Fevrier 1714
Charles-Amedée de S. Martin d'Aglier , Mar
quis de Rivarolles , Piémontois d'origine, Mestre
de Camp reformé en 1714.
Louis - François Crozat , Marquis du Châtel ,
en Bretagne , d'abord Cornette de la deuxième
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , puis Mestre de Camp du Regiment de
Dragons de Languedoc , par Commission du 11
Janvier 1718,
II Vol. .. De
JUIN. T734 1377
:: . De Cilly , Lieutenant Colonel du
Regiment Colonel General , ayant brevet de
Mestre de Camp.
Michel-Ancel des Granges , fut d'abord Mousquetaire
de la Garde du Roy , puis Capitaine de
Cavalerie , dans le Regiment Royal Roussillon,
servit en cette qualité en 1706. au Siege de Turin
, où il fut blessé et fait prisonnier à l'attaque
des Lignes le 7 Septembre , obtint au mois
de Septembre 1707. le Regiment de Dragons de
Guienne sur la démission duMarechal d. Montrevel
, et fut reformé en 1714. après la Paix.
Il devint au mois de Mars 1731. par la mort
de son pere , Titulaire de la charge de Maîne
II. Vol. des
376 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies de France , dont il avoit la Sure
vivance .
Louis Charles Armand Fouquet , Chevalier de
Belleisle , autrefois Mestre de Camp d'un Regiment
de son nom , auparavant S. Priest , reformé
en 1714. après la Paix .
Alexis de Coëtmen. Il fut fait au mois
de Juillet 1711. Mestre de Camp d'un Regiment
vacant par la mort d'Olivier- Joseph de Coetmen,
son frere aîné , qui avoit été tué le 12 du même
mois à l'attaque d'un Corps des Alliez , près
d'Arleux en Flandres. Ce Regiment fut reformé
en 1714. après la Paix .
Etienne-Julien Locquet de Grandville , fait
Mestre de Camp d'un Regiment ci - devant
Lesparre , au mois de Janvier 1709. reformé
en 1714.
Gabriël le Coigneux de Bellahre , né le premier
Fevrier 1687. autrefois Mestre de Camp
d'un Regiment de son nom , ci - devant Ranes ,
reformé en 1714.
Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, Mestre
de Camp , Lieutenant du Regiment de Condé
ainsi appellé depuis 1724. ci - devant Goësbriand,
et auparavant Foix et Firmarcon , dont il fut
fait Mestre de Camp , par Commission du 21
Fevrier 1714
Charles-Amedée de S. Martin d'Aglier , Mar
quis de Rivarolles , Piémontois d'origine, Mestre
de Camp reformé en 1714.
Louis - François Crozat , Marquis du Châtel ,
en Bretagne , d'abord Cornette de la deuxième
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , puis Mestre de Camp du Regiment de
Dragons de Languedoc , par Commission du 11
Janvier 1718,
II Vol. .. De
JUIN. T734 1377
:: . De Cilly , Lieutenant Colonel du
Regiment Colonel General , ayant brevet de
Mestre de Camp.
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Résumé : Brigadiers de Dragons.
Le texte décrit plusieurs brigadiers de dragons et leurs parcours militaires. Michel-Ancel des Granges, ancien Mousquetaire de la Garde du Roy, devint Capitaine de Cavalerie dans le Régiment Royal Roussillon et participa au siège de Turin en 1706, où il fut blessé et fait prisonnier. En septembre 1707, il obtint le Régiment de Dragons de Guienne et fut réformé en 1714. Il hérita également de la charge de Maître des Cérémonies de France en mars 1731. Louis Charles Armand Fouquet, Chevalier de Belleisle, fut Mestre de Camp d'un régiment à son nom avant d'être réformé en 1714. Alexis de Coëtmen devint Mestre de Camp en juillet 1711 après la mort de son frère aîné, Olivier-Joseph de Coetmen, tué en Flandres. Son régiment fut également réformé en 1714. Etienne-Julien Locquet de Grandville fut nommé Mestre de Camp en janvier 1709 et réformé en 1714. Gabriel le Coigneux de Bellahre, né le 1er février 1687, fut Mestre de Camp d'un régiment à son nom, réformé en 1714. Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, commanda le régiment de Condé depuis 1724 et avait précédemment dirigé les régiments de Foix et Firmarcon. Charles-Amedée de Saint-Martin d'Aglier, Marquis de Rivarolles, était un Piémontais réformé en 1714. Louis-François Crozat, Marquis du Châtel, débuta comme Cornette des Mousquetaires de la Garde du Roy avant de devenir Mestre de Camp du Régiment de Dragons de Languedoc en janvier 1718. Enfin, De Cilly était Lieutenant Colonel du Régiment Colonel Général avec un brevet de Mestre de Camp.
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7788
p. 1377
SONNET.
Début :
Vous voulez un Sonnet, quelle étrange manie ? [...]
Mots clefs :
Beau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNE T.
Ous voulez un Sonnet
manie ?
, quelle étrange
Que cet ordre à mes soins impose un lourd
fardeau :
Un esprit délicat veut du grand et du beau ?
Hé le puis-je trouver dans mon foible gé
mie ?
Il faudroit pour vous plaire une Piéce suivie ;
Ou tout fut arrangé dans le gout de Boileau
;
Mais l'attendre de moi , c'est espérer de l'eau ,
-Au milieu des sablons de l'ardente Libie :
On ne me vit jamais dans le sacré Vallon .
L'Amour dans ma jeunesse étoit mon Apol
lon ;
Lui seul eut l'art d'ouvrir , et mon coeur et
ma veine :
Dix-huit Lustres complets ont éteint son flam
beau.
Je ne cultive plus ni Muse, ni Climene ;
Un soupir et deux Vers m'envoyeroient au tombeau
Ous voulez un Sonnet
manie ?
, quelle étrange
Que cet ordre à mes soins impose un lourd
fardeau :
Un esprit délicat veut du grand et du beau ?
Hé le puis-je trouver dans mon foible gé
mie ?
Il faudroit pour vous plaire une Piéce suivie ;
Ou tout fut arrangé dans le gout de Boileau
;
Mais l'attendre de moi , c'est espérer de l'eau ,
-Au milieu des sablons de l'ardente Libie :
On ne me vit jamais dans le sacré Vallon .
L'Amour dans ma jeunesse étoit mon Apol
lon ;
Lui seul eut l'art d'ouvrir , et mon coeur et
ma veine :
Dix-huit Lustres complets ont éteint son flam
beau.
Je ne cultive plus ni Muse, ni Climene ;
Un soupir et deux Vers m'envoyeroient au tombeau
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Résumé : SONNET.
L'auteur exprime son incapacité à écrire un sonnet, regrettant de ne pouvoir offrir une œuvre structurée. Il compare cette tâche à trouver de l'eau dans le désert. Il avoue que l'amour, autrefois sa source d'inspiration, a disparu après dix-huit années. Il conclut en disant qu'un soupir et deux vers suffiraient à le conduire au tombeau.
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7789
p. 1378-1384
CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
Début :
Nous avons été instruits un peu tard de cette cérémonie ; mais [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Bordeaux, Statue du roi, Roi, Ville, Place royale, Écuyer, Statue, Sous-maire, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
CEREMONIE faite à Bordeaux ;
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
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Résumé : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
En 1733, une cérémonie a été organisée à Bordeaux pour la pose de la première pierre du piédestal d'une statue équestre du roi. Cette cérémonie, dont le procès-verbal est conservé aux archives de l'Hôtel de Ville, a été orchestrée par plusieurs dignitaires, notamment le sous-maire Joseph de Segur et l'intendant Claude Boucher. La ville de Bordeaux, située à l'embouchure de la Garonne, a entrepris cette construction pour honorer le roi et embellir la ville. La statue, en bronze, a été réalisée par M. Lemoine de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. La cérémonie a commencé par une procession suivie de salves d'artillerie. Un coffre contenant des médailles commémoratives a été enterré sous la première pierre. Ces médailles, gravées par M. Duvivier, représentent la nouvelle Place Royale et la statue équestre du roi. La cérémonie s'est conclue par un feu d'artifice et des distributions d'argent au peuple. Cette initiative visait à célébrer la royauté et à marquer l'importance de Bordeaux dans le royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7790
p. 1384-1385
ENIGME.
Début :
Je suis la fille détestable, [...]
Mots clefs :
Pierre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E suis la fille détest able ,
D'un Pere infortuné , dont le plus grand malheur
,
Est de me concevoir avec tant de douleur ;
Que dès qu'il m'a formée , il devient misérable,
11. Vol. Jc
JUIN. 1734 7385
Je reconnois si mal l'Etre que je lui dois ,
Que par mes cruelles atteintes ,
Je l'oblige par jour à me nommer cent fois ,
La cause de ses maux , et de ses tristes plaintes .
En effet , je le fais cruellement souffrir ,
Au point même qu'enfin , au peril d'en mourir
On le voit se resoudre à me mettre en lumiere. '
Et de sa fille enfin, je deviens son bourreau ;
Car souvent par l'effort d'une main meurtriere
Quand il me met au jour , je le mets au tom
beau.
E suis la fille détest able ,
D'un Pere infortuné , dont le plus grand malheur
,
Est de me concevoir avec tant de douleur ;
Que dès qu'il m'a formée , il devient misérable,
11. Vol. Jc
JUIN. 1734 7385
Je reconnois si mal l'Etre que je lui dois ,
Que par mes cruelles atteintes ,
Je l'oblige par jour à me nommer cent fois ,
La cause de ses maux , et de ses tristes plaintes .
En effet , je le fais cruellement souffrir ,
Au point même qu'enfin , au peril d'en mourir
On le voit se resoudre à me mettre en lumiere. '
Et de sa fille enfin, je deviens son bourreau ;
Car souvent par l'effort d'une main meurtriere
Quand il me met au jour , je le mets au tom
beau.
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7791
p. 1385-1387
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis une prison aimable, [...]
Mots clefs :
Volière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE.
E suis une prison aimable ,
Qui reçoit du Soleil la plus pure clarté :
Mais quoique mon séjour n'ait rien d'épouvan
table ,
• Pour recouvrer leur liberté ,
Mes hôtes jour et nuit d'une peine incroyable ;
Ont leur pauvre esprit agité.
Déja tu tiens le mot , Lecteur : ou c'est ta faute ,
Car je me suis bien expliqué ;
J'ai tort : mon imprudence est haute .. ¿
Mais tu ne l'as pas : tu l'as 'mal appliqué ,
Eh bien donc , pour t'aider,poursuivons la ma
tiere ;
II Vol,
F v E
1386 MERCURE DE FRANCE
Et voyons mes combinaisons .
Sept Lettres de mon tout font la structure entiere
,
Que l'on voit dans quelques maisons ;
En cinq , je suis riviere fort fameuse ;
Le fruit d'un arbre très vanté :
Une complaisance flatteuse ,
Me guide plus souvent que la sincerité ;
De la Musique encor un morceau très gouté ,
Enfin j'offre de quoi désennuyer, instruire;
En quatre , mes accens sont doux, mélodieux ;
J'arrête les plus furieux ;
Homme que sans sujet on voit pleurer et rire :
Brisure d'un Ecu , compte de Procureur ,
Ville de Normandie en chicane fertile ,
+
Crime qui toujours fit horreur :
Le non plus ultra du voleur ;
Et pour la méchanique une machine utile
En trois , je suis encor un terme de Blazon ::
Je fais , de tems en tems perir quelque fripon
Chose toujours très respectable ,
Un adjectif, bas, méprisable :
Ce qu'on trouve au fond des tonneaux ,
Chemin battu , plante d'odeur très forte ,
L'unique bien des animaux :
En deux le plus beau des métaux ;
L'ardeur qui pour. lui nous transporte ;
Nous expose à souffrir les plus rudes travaux ,
II. Vol
Pronom,
JUIN. 1387 1734
Pronom , et notte de musique ,
Mais c'est assez , Lecteur , et de tant de façons ,
J'ai de mon nom étalé la rubrique ,
Qu'après tant de travail , je sue : or finissons .
Par le Solitaire de Substantion , Prez de Montpellier.
E suis une prison aimable ,
Qui reçoit du Soleil la plus pure clarté :
Mais quoique mon séjour n'ait rien d'épouvan
table ,
• Pour recouvrer leur liberté ,
Mes hôtes jour et nuit d'une peine incroyable ;
Ont leur pauvre esprit agité.
Déja tu tiens le mot , Lecteur : ou c'est ta faute ,
Car je me suis bien expliqué ;
J'ai tort : mon imprudence est haute .. ¿
Mais tu ne l'as pas : tu l'as 'mal appliqué ,
Eh bien donc , pour t'aider,poursuivons la ma
tiere ;
II Vol,
F v E
1386 MERCURE DE FRANCE
Et voyons mes combinaisons .
Sept Lettres de mon tout font la structure entiere
,
Que l'on voit dans quelques maisons ;
En cinq , je suis riviere fort fameuse ;
Le fruit d'un arbre très vanté :
Une complaisance flatteuse ,
Me guide plus souvent que la sincerité ;
De la Musique encor un morceau très gouté ,
Enfin j'offre de quoi désennuyer, instruire;
En quatre , mes accens sont doux, mélodieux ;
J'arrête les plus furieux ;
Homme que sans sujet on voit pleurer et rire :
Brisure d'un Ecu , compte de Procureur ,
Ville de Normandie en chicane fertile ,
+
Crime qui toujours fit horreur :
Le non plus ultra du voleur ;
Et pour la méchanique une machine utile
En trois , je suis encor un terme de Blazon ::
Je fais , de tems en tems perir quelque fripon
Chose toujours très respectable ,
Un adjectif, bas, méprisable :
Ce qu'on trouve au fond des tonneaux ,
Chemin battu , plante d'odeur très forte ,
L'unique bien des animaux :
En deux le plus beau des métaux ;
L'ardeur qui pour. lui nous transporte ;
Nous expose à souffrir les plus rudes travaux ,
II. Vol
Pronom,
JUIN. 1387 1734
Pronom , et notte de musique ,
Mais c'est assez , Lecteur , et de tant de façons ,
J'ai de mon nom étalé la rubrique ,
Qu'après tant de travail , je sue : or finissons .
Par le Solitaire de Substantion , Prez de Montpellier.
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7792
p. 1387-1389
AUTRE.
Début :
En moi, Lecteur, tu ne vois rien de rare, [...]
Mots clefs :
Pinceau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
EN moi, Lecteur, tu ne vois rien de rare ,
Admire cependant mon sort et mon destin :
Quoique frêle jouet du caprice bizare ,
Tu rends à mon ouvrage un honneur souveraing
Rien ne peut égaler ma gloire ;
Je fais revivre les Mortels ;
Tu vois ce que je puis même sur les Autels ;
Et je conduis mon guide au temple de memoire
Veux-tu pour me trouver un autre stratagême è
Changeant l'ordre de mes sept pieds ,
D'abord tranche mon quatrième ,
Et fait du résidu deux égales moitiés ;
La premiere est dans les montagnes ,
Sur les mers et dans les campagnes ,
La seconde est un don des Cieux ,
Qui tous les jours se présente à nos yeux ;
Rejoignant à mon corps mon quatrième mem
bre ,
Après maintes combinaisons ,
Tu trouveras un Saint que l'on fète en Decembre
,
II. Vab
E vi
Un
1388 MERCURE DE FRANCE
Un lieu qu'on doit fermer pour de bonnes raig
sons ,
Ce que demande un pauvre qui mandie ,
Ce qu'engendre l'oisiveté ,
Plus deux Villes en Normandie ;
Ce que bien des mortels avec peine ont quitté
Deux oyseaux , le suc d'une grappe ,
Le soutien du Turc et du Pape ,
Un Insecte facheux , incommode animal .
Ce que nous nous grattons quand il nous fait
du mal ,
Un hahit qui toujours fut l'ornement des Dames,
Et qui par sa grandeur nous paroît messeant ;
Un autre habit utile aux femmes ,
Et qui couvre le précedent ;
Un oiseau décoré d'une belle parure :
Son nom pris en trois sens , offre encore à té
yeux ,
Un terme de l'Architecture ,
Et le rustique fils du plus voleur des Dieux ;
Ca ! ne te lasse point: tourne , change , partage
Si tu veux voit un fruit dont la blonde Cerès ,
Vient tous les ans enrichir nos guerets ,
Même certain pannier qui sert à son usage :
Si tu veux mieux me définir ,
La conquête d'un Roy sous qui tout doit fléchir
Une pièce d'un seau , douze mois , une toile ,
Leveront aisément mon voile :
Autre moyen pour me développer ,
II. Vol. En
JUIN 1734 7389
En trois Lettres je suis une Ville de France :
C'est un lieu fort , Frontiere de Provence :
Mais je t'en ai trop dit , je ne puis t'échapper ;
Il n'est plus tems que tu rumines ,
Dis moi mon nom ; rien ne t'est plus aisé ,
Ou crains que quelqu'un plus rusé ,
Ne trouve en moi le tien, si tu ne me devines?
Par J. Briere de G.....
EN moi, Lecteur, tu ne vois rien de rare ,
Admire cependant mon sort et mon destin :
Quoique frêle jouet du caprice bizare ,
Tu rends à mon ouvrage un honneur souveraing
Rien ne peut égaler ma gloire ;
Je fais revivre les Mortels ;
Tu vois ce que je puis même sur les Autels ;
Et je conduis mon guide au temple de memoire
Veux-tu pour me trouver un autre stratagême è
Changeant l'ordre de mes sept pieds ,
D'abord tranche mon quatrième ,
Et fait du résidu deux égales moitiés ;
La premiere est dans les montagnes ,
Sur les mers et dans les campagnes ,
La seconde est un don des Cieux ,
Qui tous les jours se présente à nos yeux ;
Rejoignant à mon corps mon quatrième mem
bre ,
Après maintes combinaisons ,
Tu trouveras un Saint que l'on fète en Decembre
,
II. Vab
E vi
Un
1388 MERCURE DE FRANCE
Un lieu qu'on doit fermer pour de bonnes raig
sons ,
Ce que demande un pauvre qui mandie ,
Ce qu'engendre l'oisiveté ,
Plus deux Villes en Normandie ;
Ce que bien des mortels avec peine ont quitté
Deux oyseaux , le suc d'une grappe ,
Le soutien du Turc et du Pape ,
Un Insecte facheux , incommode animal .
Ce que nous nous grattons quand il nous fait
du mal ,
Un hahit qui toujours fut l'ornement des Dames,
Et qui par sa grandeur nous paroît messeant ;
Un autre habit utile aux femmes ,
Et qui couvre le précedent ;
Un oiseau décoré d'une belle parure :
Son nom pris en trois sens , offre encore à té
yeux ,
Un terme de l'Architecture ,
Et le rustique fils du plus voleur des Dieux ;
Ca ! ne te lasse point: tourne , change , partage
Si tu veux voit un fruit dont la blonde Cerès ,
Vient tous les ans enrichir nos guerets ,
Même certain pannier qui sert à son usage :
Si tu veux mieux me définir ,
La conquête d'un Roy sous qui tout doit fléchir
Une pièce d'un seau , douze mois , une toile ,
Leveront aisément mon voile :
Autre moyen pour me développer ,
II. Vol. En
JUIN 1734 7389
En trois Lettres je suis une Ville de France :
C'est un lieu fort , Frontiere de Provence :
Mais je t'en ai trop dit , je ne puis t'échapper ;
Il n'est plus tems que tu rumines ,
Dis moi mon nom ; rien ne t'est plus aisé ,
Ou crains que quelqu'un plus rusé ,
Ne trouve en moi le tien, si tu ne me devines?
Par J. Briere de G.....
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7793
p. 1389-1390
Traité des Benefices Ecclesiastiques, [titre d'après la table]
Début :
TRAITÉ DES BENEFICES ECCLESIASTIQUES, dans lequel on concilie la [...]
Mots clefs :
Bénéfices ecclésiastiques, Recueil, Édits, Ordonnances, Déclarations, Matières bénéficiales, Préface
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texteReconnaissance textuelle : Traité des Benefices Ecclesiastiques, [titre d'après la table]
ORAITE' DES BENEFICES ECCLESIASTI
QUES dans lequel on concilie la
discipline de l'Eglise avec les usages du
Royaume de France , et le Recueil des
Edits , Ordonnances , Déclarations et
Arrêts de Reglement, concernant les matieres
Beneficiales et autres , qui y ont
raport. Par M. P... G.... trois tomes
in 4 le premier 700 pag. sans la Préface.
Le second 720. Le troisiéme 650. A Pa-.
ris chez Langlois , la veuve Mazieres , et
J. B. Garnier. 1734.
Cet Ouvrage n'est pas trop susceptible
d'un Extrait , et d'ailleurs la matiere,
II. Vol.
dont
1390 MERCURE DE FRANCE
dont il traite , n'est pas de notre compé
tence. Mais en attendant que les Journaux
des Sçavans en rendent compte au
Public , nous avertissons qu'on trouvera
dans la Préface de l'Auteur des Remarques
fort judicieuses sur les Casuistes et
les Jurisconsultes , qui ont écrit sur lë
même sujet que ce Traité est une compilation
très méthodique et très - bien
faite des dix - sept volumes de M. du
Perray , et d'un Traité imprimé à Paris
en 1721. auxquels on a ajouté cinq ou
six Questions , qui sont presque toutes
neuves un court Supplément et une
Table fort ample : Que le Recueil des
Edits , Ordonnances , Declarations . &c .
tient la moitié du second volume et tout
le troisiéme ร
que c'est la plus grande
Collection , qui ait encore paru sur cette
matiere ; qu'elle est terminée par deux
Tables très - commodes pour trouver d'abord
les pièces , dont on aura besoin .
Enfin si l'utilité , le bon style , l'exactitude
, la méthode et les recherches sçavantes
sont un pronostic sûr pour un
Ouvrage , on doit certainement très bien
augurer du succès de celui - ci , qui nous
paroît même nécessaire à tous ceux , qui
ont besoin d'étudier les matieres Beneficiales.
QUES dans lequel on concilie la
discipline de l'Eglise avec les usages du
Royaume de France , et le Recueil des
Edits , Ordonnances , Déclarations et
Arrêts de Reglement, concernant les matieres
Beneficiales et autres , qui y ont
raport. Par M. P... G.... trois tomes
in 4 le premier 700 pag. sans la Préface.
Le second 720. Le troisiéme 650. A Pa-.
ris chez Langlois , la veuve Mazieres , et
J. B. Garnier. 1734.
Cet Ouvrage n'est pas trop susceptible
d'un Extrait , et d'ailleurs la matiere,
II. Vol.
dont
1390 MERCURE DE FRANCE
dont il traite , n'est pas de notre compé
tence. Mais en attendant que les Journaux
des Sçavans en rendent compte au
Public , nous avertissons qu'on trouvera
dans la Préface de l'Auteur des Remarques
fort judicieuses sur les Casuistes et
les Jurisconsultes , qui ont écrit sur lë
même sujet que ce Traité est une compilation
très méthodique et très - bien
faite des dix - sept volumes de M. du
Perray , et d'un Traité imprimé à Paris
en 1721. auxquels on a ajouté cinq ou
six Questions , qui sont presque toutes
neuves un court Supplément et une
Table fort ample : Que le Recueil des
Edits , Ordonnances , Declarations . &c .
tient la moitié du second volume et tout
le troisiéme ร
que c'est la plus grande
Collection , qui ait encore paru sur cette
matiere ; qu'elle est terminée par deux
Tables très - commodes pour trouver d'abord
les pièces , dont on aura besoin .
Enfin si l'utilité , le bon style , l'exactitude
, la méthode et les recherches sçavantes
sont un pronostic sûr pour un
Ouvrage , on doit certainement très bien
augurer du succès de celui - ci , qui nous
paroît même nécessaire à tous ceux , qui
ont besoin d'étudier les matieres Beneficiales.
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Résumé : Traité des Benefices Ecclesiastiques, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Oraité des bénéfices ecclésiastiques' compile les disciplines de l'Église et les usages du Royaume de France en trois tomes : 700, 720 et 650 pages. Publié à Paris en 1734 par Langlois, la veuve Mazieres et J. B. Garnier, il n'est pas destiné à être extrait. La préface contient des remarques sur les casuistes et les jurisconsultes ayant traité du même sujet. L'ouvrage synthétise les dix-sept volumes de M. du Perray et un traité de 1721, enrichis de nouvelles questions, d'un supplément et d'une table ample. Le second tome et le troisième sont dédiés aux édits, ordonnances, déclarations et arrêts concernant les matières bénéficiales. Cette collection est présentée comme la plus complète publiée à ce jour, facilitée par deux tables pour retrouver les pièces nécessaires. L'ouvrage est loué pour son utilité, son style, son exactitude, sa méthode et ses recherches savantes, en faisant une référence essentielle pour l'étude des bénéfices ecclésiastiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7794
p. 1391
« CATALOGUE des Archevêchez, Evêchez, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale, [...] »
Début :
CATALOGUE des Archevêchez, Evêchez, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale, [...]
Mots clefs :
Nomination royale, Évêchés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « CATALOGUE des Archevêchez, Evêchez, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale, [...] »
CATALOGUE des Archevêchez
Evêch z , Abbayes et Prieurez de Nomination
Royale , leur revenu , charges
déduites ; la Taxe de Rome , les Evêchez
situez en pays d'obédience ceux qui
sont du ressort de la Legation d'Avignon ;
le nom des Titulaires , et la date de leur
Nomination en l'état qu'ils se trouvent
au 15 de May 1734. A Paris , chez Langlois
, Imprimeur Libraire , rue S. Etienne
d'Egrès , au Bon Pasteur. 1734. in 8 .
Ce Recueil , dont voici la seconde Fdition
considerablement augmentée et plus
correcte , est très secourable pour avoir
la connoissance la plus juste des Benefices
que l'on ait cüe jusqu'à présent.
Evêch z , Abbayes et Prieurez de Nomination
Royale , leur revenu , charges
déduites ; la Taxe de Rome , les Evêchez
situez en pays d'obédience ceux qui
sont du ressort de la Legation d'Avignon ;
le nom des Titulaires , et la date de leur
Nomination en l'état qu'ils se trouvent
au 15 de May 1734. A Paris , chez Langlois
, Imprimeur Libraire , rue S. Etienne
d'Egrès , au Bon Pasteur. 1734. in 8 .
Ce Recueil , dont voici la seconde Fdition
considerablement augmentée et plus
correcte , est très secourable pour avoir
la connoissance la plus juste des Benefices
que l'on ait cüe jusqu'à présent.
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Résumé : « CATALOGUE des Archevêchez, Evêchez, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale, [...] »
Le document 'CATALOGUE des Archevêchez, Evêch z, Abbayes et Prieurez de Nomination Royale' du 15 mai 1734 détaille les revenus et charges des évêchés, abbayes et prieurés en France. Il inclut la taxe de Rome et distingue les évêchés en fonction de leur obédience. Il liste les titulaires et leurs dates de nomination. Publié à Paris par Langlois, il vise à fournir une connaissance précise des bénéfices ecclésiastiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7795
p. 1391-1400
TOME XVIII. de la Bibliotheque Germanique.
Début :
Dans l'article IV. on trouve un Extrait du XIV. volume de la Bibliothéque [...]
Mots clefs :
Histoire, Peuples, Livre, Temps, Histoire des Allemands, Guerres, Traduction allemande, Goths, Allemagne, Empire, Expéditions, Remarques, Héros, Latin, Nouvelles littéraires
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texteReconnaissance textuelle : TOME XVIII. de la Bibliotheque Germanique.
TO ME XVIII. de la Bibliotheque
German: que.
Dans l'article IV . on trouve un Extrait
du XIV. volume de la Bibliothéque
Grecque de M. , Fabricius , dont nous
avons parlé dans le Mercure en differentes
occasions. Ce nouveau volume cst
imprimé à Hambourg chez la veuve
Felginer en 1728. et contient 740 pages
in 4. Le Journaliste Allemand nous.
apprend que c'est ici le dernier volume.
de ce grand Ouvrage , ajoutant qu'il et
présentement complet , et que c'est le
II. Vol. fruic
1392 MERCURE DE FRANCE
fruit d'un travail de 25 années ; travail
immense et qui cependant n'a pas empê
ché M. Fabricius de donner au Public
dans cet intervalle de tems , plusieurs
Ouvrages très- considerables .
La principale piéce de ce dernier volume
est un Indice general sur les XIV.
volumes précédens . On doit en partie
cette Table , si nécessaire à cause de la
varieté et de l'abondance des matieres ,
à Jean Chrêtien Vuolff , Professeur de
Physique et de Poësie à Hambourg ; sur
quoi M. Fabricius lui témoigne sa reconnoissance.
L'Article VII. contient l'Extrait d'une
Histoire des Allemands écrite en Alle
mand jusqu'au commencement de la
Monarchie Françoise par le DocteurJean.
Jacques Mascou 1. vol . in 4. à Leipsic
chez Jacques Chuster 1726. PP. 508.
sans les Préfaces et les Tables . Le dessein
de l'Auteur est de nous donner l'Histoire
des Anciens Allemands jusqu'à l'extinc
tion de la posterité de Charlemagne; mais
il ne va dans ce volume que jusqu'à
Clovis exclusivement .
Il importe à ceux qui veulent s'instruire
à fond des Coutumes et du Droit
d'Allemagne d'aller en chercher la source
dans les tems les plus reculés . Tout ce
II Vol.
qui
JUIN. 1734 1393
qui contribue à rendre ces siécles moins
impénétrables et à en mettre l'Histoire
dans un plus grand jour mérite donc
l'attention et la reconnoissance du Public.
On y trouve l'origine de diverses Nations
Germaniques ou voisin esde l'Allemagne,
qui ont d'abord désolé et puis conquis
les plus considérables Parties de l'Empire
Romain ; le récit de leurs Expéditions ,
des Remarques sur les principaux Chefs
et sur les bonnes ou mauvaises qualitcz
de ces Héros : Tout cela est exécuté
comme il doit l'être dans une bonne
Histoire ; l'Auteur du Journal remarque
qu'il eut été à souhaiter que M. Mascou
eut écrit son Histoire en Latin en faveur
des Etrangers , d'autant plus qu'il a écrit
d'autres Ouvrages en cette Langue avec
succès .
Le premier Livre contient l'Histoire
'des Allemands jusqu'à la fin de la Guerre
Cimbrique ; on y trouve entre beaucoup
d'autres choses remarquables , le récit des
Victoires que les Cimbres et les Teutons
ont remporté sur les Romains et de leur
défaite par Marius. Depuis les Cimbres
jusqu'à Cesar les Peuples d'Allemagne
sont peu connus dans l'Histoire : Cesar
- nous a laissé des Memoires des Guerres
qu'il a cues avec eux , et quoique de son
II. Vol
tems
1394 MERCURE DE FRANCE
tems on doutât de la fidelité de ces Mémoires
, M. de Mascou n'a pû faire autrement
que de le prendre pour guide en lc
redressant , lorsque l'occasion s'en présente.
Il suit donc Cesar dans ses Expéditions
en Germanie , et il donne ensuite
une idée des moeurs des anciens Germains
prise de Cesar et de Tacite , il compare
ensuite la Mythologie de ces Peuples avec
celle des Grecs , à l'avantage de celle des
premiers. C'est ce qui contient le second
Livre.
Le troisiéme continue l'Histoire des
Allemands jusqu'à la défaite de Varus ,
c'est-à-dire les diverses Expéditions des
Romains sur les Sigambres, les Semnons ,
les Hermundures , les Marcomans , et
autres Peuples de ces pays là , jusqu'à
l'affreuse déroute de Quintilius Varus ,
dont l'avarice et les chicanes avoient
mis les Peuples Germains au désespoir.
Le quatriéme Livre contient les exploits
d'Arminius en faveur de sa Patrie
et de ceux deGermanicus en faveur desRomains
un court parallele entre ces deux
jeunes Héros; le récit des diverses Guerres
des Allemands contre les Successeurs de
Tibere , et un détail du soulevement des⚫
Bataves sous la conduite de Civilis : le.
Livre finit par la Paix des Romains avec
1 I. Vol.
les
JUIN.
1734. 1395
Ies Bataves , quoiqu'on ignore en quoi.
précisement elle consista .
›
Le cinquiéme raporte les Victoires
vrayes ou prétendues de Domitien sur
plusieurs Peuples Germaniques , celles de
Nerva sur les Marcomans , celle de Trajan
et de Marc- Aurele . On y remarque
le tems auquel l'Histoire nomme pour
la premiere fois des Peuples fameux , les
Allemands , les Goths , les Francs et les
Scythes , du nombre desquels étoient les
Goths. On trouve dans le même Livre
les Victoires de Probus sur les Allemands
proprement dits , sur les Sarmates et sur .
les Goths.
Le sixième Livre s'étend jusqu'à la fin
des Guerres des Francs et des Allemands.
sous Julien ; il met sous les yeux les noms
d'autres Peuples fameux , des Thurin
giens , des Saxons , des Bourguignons
des Vandales : ces derniers étoient déja
connus auparavant ; on y trouve encore
les Guerres des Peuples Germains entre
eux , les succès de Diocletien et de Maximien
, de Galere , de Constance et de
Constantin sur ces Peuples , leur défaite
près de Strasbourg par Julien
soumission sous cet Empereur.
و
et leur
Le septième comprend les differentes
Revolutions qui arrivérent dans l'Occi
II. Vol dent
1396 MERCURE DE FRANCE
dent occasionnées par les Alains , les Quades
, les Bourguignons , les Saxons &c .
jusqu'à la grande migration des Peuples
dans l'Empire d'Occident.
La Fondation des Etats des Goths , des
Sueves , des Bourguignons dans les Provinces
de l'Empire font le sujet du
huitiéme Livre. Mais ce qu'on y trouve
de plus remarquable , c'est le récit des
Guerres réïterées des Goths en Italie sous
la conduite d'Alaric ; on y voit les traitez
et les ruptures qui se succedérent à diver
ses reprises entre lesGoths et les Romains,
et un détail très circonstancié de la prise
de Rome par Alaric ; le mariage de Placidie
, Soeur d'Honorius avec Ataulphe ,
Successeur d'Alaric ; et enfin l'Histoire
de l'établissement des Alains , des Sueves,
des Vandales et des Goths en Espagne
et de celui des Bourguignons dans les
Gaules aux environs du Rhin : l'Auteur
dit aussi quelque chose des Francs et des
Loix Saliques .
La plus grande partie du neuvième
Livre est employée à la narration des
conquêtes desVandales en Espagne et en
Affrique , et à celle des Guerres des Huns
et de leurs ravages dans l'Occident sous
la conduite d'Attila dont M. Mascou fait
le portrait et dépeint le caractére , mais
II. Vol. avec
JUIN. 1734. 1397
avec des traits qui présentent l'idée d'un
Héros plutôt que d'un Barbare , et qui
réforment celle qu'on a eûe autrefois , et
que plusieurs se forment encore d'Attila.
Le dixiéme Livre qui finit ce volume
va jusqu'au commencement du Gouvernement
de Clovis. On y voit les Vandales
succeder aux Huns dans l'Italie : le
pillage de Rome par Genseric Roy Vandale
et Arien , avec des remarques sur
la modération de ces Peuples , sur leur
chasteté , sur leur severité et leur exactitude
à faire observer les Loix , et sur la
douceur de leur domination et de leur
Gouvernement, devenu agréable aux Romains
mêmes. L'Auteur finit ce volume
par des Réflexions sur les causes de cette
grande Révolution et sur les changemens
qu'elle apporta à la situation de l'Europe.
Extrait des Nouvelles Litteraires
du XVIII Tome.
De Petersbourg. On verra bientôt l'Histoire
Metallique d'Edesse , par M. Bayer
qui s'imprimé en cette Ville. Des Medailles
raportées d'Orient par M. Buxbaum
lui ont été d'un grand secours. Il fournira
une suite Chronologique des Rois
d'Edesse qui , à ce qu'on assure , sera
complette,
D'Upsale. II. Vol.
1398 MERCURE DE FRANCE
D'Upsale. Il parut en certe Ville l'année
passée ( 1728. ) deux Dissertations
Académiques de feu M. le Docteur
Wallin , sur l'Art d'écrire avec du feu . De
Arte Trithemiana scribendi per ignem , et
une autre de M. Fabien Toerner, Profes
seur en Eloquence sur l'origine et la Religion
des Finlandiens.
De Varsovie , M. Bachstrohm , qui est
arrivé depuis peu de Constantinople en
cette Ville , y doit retourner dans quelque
tems avec toute sa famille , pour être
employé à la Traduction de la Bible en
Langue Turque.
D'Ausbourg. On a réimprimé ici une
Traduction Latine du Dictionnaire de la
Bible de Dom Augustin Calmet , par le
R. P. Dom Jean- Dominique Mansi. Cette
Traduction avoit paru à Luques il y a
quelques années sans figures. Les Librai
res ont jugé à propos d'en metire quelques-
unes à cette nouvelle Edition. Le
P. Mansi a corrigé quelques fautes de
Dom Calmet Au reste le supplement n'est
point encore traduit en Latin . On dit
qu'il doit paroître une Traduction Allemande
du même Dictionnaire avec tou
tes les figures .
De Nuremberg. On débite ici les Ou
vrages du fameux Gerard de Lairesse , sur
II. Vol. - le
JUIN. 1734 1399
le Dessein et sur la Peinture , traduit du
Hollandois en Allemand.
D'Altorf. M. le Professeur Schultz ;
qui publia l'année passée ( 1728. ) l'Histoire
de la Médecine en Latin , fait esperer
une nouvelle Edition Grecque de Plutarque
, et une Traduction Allemande
du même Auteur , toutes deux avec des
Remarques.
De Leipsic. M. Paul- Daniel Longolius
a soutenu publiquement et a fait imprimer
une Dissertation Académique , dans
laquelle il prétend prouver que chez une
grande partie des nations , auxquelles on
reproche d'avoir sacrifié des victimes humaines
, on choisissoit pour victimes au
nioins la plupart du tems , non des personnes
innocentes , mais des criminels
condamnez à mort pour leurs crimes .
Walther fait imprimer une Traduction
Allemande de l'excellent Ouvrage de
M. Niewentyt , intitulé : le bon usage de
la contemplation du Monde ou l'existence
de Dieu, démontrée par les merveilles de la
nature.
De Halle. M. Gasser a publié une Dissettation
Académique . De Inquisitione
contrà surdum et mutum naturâ : et une Introduction
à la connoissance des affaires
d'oeconomies , de Polices et de Domaines.
I I. Vol; De
1400 MERCURE DE FRANCE
De Lubeck . M. Martini , arrivé en cette
Ville depuis quelque tems de Petersbourg
, où il étoit Membre de l'Acadé
mie , vient de faire imprimer une petite
brochure Latine sur le célebre Enfant de
Lubeck . Chrêtien Henri Heinecken , dans
laquelle il tâche de rendre des raisons
naturelles de l'extraordinaire capacité de
cet Enfant.
Moins de partialité et plus d'exactitude
dans les Auteurs de la Bibliothéque
Germanique donneroient du relief à cet
Ouvrage. On y trouve une critique presque
continuelle de la Religion Catholique
, capable d'indigner non seulement
ceux qui ne pensent pas comme ces Auteurs
, mais toutes les personnes sensées .
C'est d'ailleurs abuser de la qualité de
Journalisre et entendre mal ses propres
intêrets. A cela près , les Auteurs de ce
Journal y font paroître de l'esprit et de
l'érudition ..
German: que.
Dans l'article IV . on trouve un Extrait
du XIV. volume de la Bibliothéque
Grecque de M. , Fabricius , dont nous
avons parlé dans le Mercure en differentes
occasions. Ce nouveau volume cst
imprimé à Hambourg chez la veuve
Felginer en 1728. et contient 740 pages
in 4. Le Journaliste Allemand nous.
apprend que c'est ici le dernier volume.
de ce grand Ouvrage , ajoutant qu'il et
présentement complet , et que c'est le
II. Vol. fruic
1392 MERCURE DE FRANCE
fruit d'un travail de 25 années ; travail
immense et qui cependant n'a pas empê
ché M. Fabricius de donner au Public
dans cet intervalle de tems , plusieurs
Ouvrages très- considerables .
La principale piéce de ce dernier volume
est un Indice general sur les XIV.
volumes précédens . On doit en partie
cette Table , si nécessaire à cause de la
varieté et de l'abondance des matieres ,
à Jean Chrêtien Vuolff , Professeur de
Physique et de Poësie à Hambourg ; sur
quoi M. Fabricius lui témoigne sa reconnoissance.
L'Article VII. contient l'Extrait d'une
Histoire des Allemands écrite en Alle
mand jusqu'au commencement de la
Monarchie Françoise par le DocteurJean.
Jacques Mascou 1. vol . in 4. à Leipsic
chez Jacques Chuster 1726. PP. 508.
sans les Préfaces et les Tables . Le dessein
de l'Auteur est de nous donner l'Histoire
des Anciens Allemands jusqu'à l'extinc
tion de la posterité de Charlemagne; mais
il ne va dans ce volume que jusqu'à
Clovis exclusivement .
Il importe à ceux qui veulent s'instruire
à fond des Coutumes et du Droit
d'Allemagne d'aller en chercher la source
dans les tems les plus reculés . Tout ce
II Vol.
qui
JUIN. 1734 1393
qui contribue à rendre ces siécles moins
impénétrables et à en mettre l'Histoire
dans un plus grand jour mérite donc
l'attention et la reconnoissance du Public.
On y trouve l'origine de diverses Nations
Germaniques ou voisin esde l'Allemagne,
qui ont d'abord désolé et puis conquis
les plus considérables Parties de l'Empire
Romain ; le récit de leurs Expéditions ,
des Remarques sur les principaux Chefs
et sur les bonnes ou mauvaises qualitcz
de ces Héros : Tout cela est exécuté
comme il doit l'être dans une bonne
Histoire ; l'Auteur du Journal remarque
qu'il eut été à souhaiter que M. Mascou
eut écrit son Histoire en Latin en faveur
des Etrangers , d'autant plus qu'il a écrit
d'autres Ouvrages en cette Langue avec
succès .
Le premier Livre contient l'Histoire
'des Allemands jusqu'à la fin de la Guerre
Cimbrique ; on y trouve entre beaucoup
d'autres choses remarquables , le récit des
Victoires que les Cimbres et les Teutons
ont remporté sur les Romains et de leur
défaite par Marius. Depuis les Cimbres
jusqu'à Cesar les Peuples d'Allemagne
sont peu connus dans l'Histoire : Cesar
- nous a laissé des Memoires des Guerres
qu'il a cues avec eux , et quoique de son
II. Vol
tems
1394 MERCURE DE FRANCE
tems on doutât de la fidelité de ces Mémoires
, M. de Mascou n'a pû faire autrement
que de le prendre pour guide en lc
redressant , lorsque l'occasion s'en présente.
Il suit donc Cesar dans ses Expéditions
en Germanie , et il donne ensuite
une idée des moeurs des anciens Germains
prise de Cesar et de Tacite , il compare
ensuite la Mythologie de ces Peuples avec
celle des Grecs , à l'avantage de celle des
premiers. C'est ce qui contient le second
Livre.
Le troisiéme continue l'Histoire des
Allemands jusqu'à la défaite de Varus ,
c'est-à-dire les diverses Expéditions des
Romains sur les Sigambres, les Semnons ,
les Hermundures , les Marcomans , et
autres Peuples de ces pays là , jusqu'à
l'affreuse déroute de Quintilius Varus ,
dont l'avarice et les chicanes avoient
mis les Peuples Germains au désespoir.
Le quatriéme Livre contient les exploits
d'Arminius en faveur de sa Patrie
et de ceux deGermanicus en faveur desRomains
un court parallele entre ces deux
jeunes Héros; le récit des diverses Guerres
des Allemands contre les Successeurs de
Tibere , et un détail du soulevement des⚫
Bataves sous la conduite de Civilis : le.
Livre finit par la Paix des Romains avec
1 I. Vol.
les
JUIN.
1734. 1395
Ies Bataves , quoiqu'on ignore en quoi.
précisement elle consista .
›
Le cinquiéme raporte les Victoires
vrayes ou prétendues de Domitien sur
plusieurs Peuples Germaniques , celles de
Nerva sur les Marcomans , celle de Trajan
et de Marc- Aurele . On y remarque
le tems auquel l'Histoire nomme pour
la premiere fois des Peuples fameux , les
Allemands , les Goths , les Francs et les
Scythes , du nombre desquels étoient les
Goths. On trouve dans le même Livre
les Victoires de Probus sur les Allemands
proprement dits , sur les Sarmates et sur .
les Goths.
Le sixième Livre s'étend jusqu'à la fin
des Guerres des Francs et des Allemands.
sous Julien ; il met sous les yeux les noms
d'autres Peuples fameux , des Thurin
giens , des Saxons , des Bourguignons
des Vandales : ces derniers étoient déja
connus auparavant ; on y trouve encore
les Guerres des Peuples Germains entre
eux , les succès de Diocletien et de Maximien
, de Galere , de Constance et de
Constantin sur ces Peuples , leur défaite
près de Strasbourg par Julien
soumission sous cet Empereur.
و
et leur
Le septième comprend les differentes
Revolutions qui arrivérent dans l'Occi
II. Vol dent
1396 MERCURE DE FRANCE
dent occasionnées par les Alains , les Quades
, les Bourguignons , les Saxons &c .
jusqu'à la grande migration des Peuples
dans l'Empire d'Occident.
La Fondation des Etats des Goths , des
Sueves , des Bourguignons dans les Provinces
de l'Empire font le sujet du
huitiéme Livre. Mais ce qu'on y trouve
de plus remarquable , c'est le récit des
Guerres réïterées des Goths en Italie sous
la conduite d'Alaric ; on y voit les traitez
et les ruptures qui se succedérent à diver
ses reprises entre lesGoths et les Romains,
et un détail très circonstancié de la prise
de Rome par Alaric ; le mariage de Placidie
, Soeur d'Honorius avec Ataulphe ,
Successeur d'Alaric ; et enfin l'Histoire
de l'établissement des Alains , des Sueves,
des Vandales et des Goths en Espagne
et de celui des Bourguignons dans les
Gaules aux environs du Rhin : l'Auteur
dit aussi quelque chose des Francs et des
Loix Saliques .
La plus grande partie du neuvième
Livre est employée à la narration des
conquêtes desVandales en Espagne et en
Affrique , et à celle des Guerres des Huns
et de leurs ravages dans l'Occident sous
la conduite d'Attila dont M. Mascou fait
le portrait et dépeint le caractére , mais
II. Vol. avec
JUIN. 1734. 1397
avec des traits qui présentent l'idée d'un
Héros plutôt que d'un Barbare , et qui
réforment celle qu'on a eûe autrefois , et
que plusieurs se forment encore d'Attila.
Le dixiéme Livre qui finit ce volume
va jusqu'au commencement du Gouvernement
de Clovis. On y voit les Vandales
succeder aux Huns dans l'Italie : le
pillage de Rome par Genseric Roy Vandale
et Arien , avec des remarques sur
la modération de ces Peuples , sur leur
chasteté , sur leur severité et leur exactitude
à faire observer les Loix , et sur la
douceur de leur domination et de leur
Gouvernement, devenu agréable aux Romains
mêmes. L'Auteur finit ce volume
par des Réflexions sur les causes de cette
grande Révolution et sur les changemens
qu'elle apporta à la situation de l'Europe.
Extrait des Nouvelles Litteraires
du XVIII Tome.
De Petersbourg. On verra bientôt l'Histoire
Metallique d'Edesse , par M. Bayer
qui s'imprimé en cette Ville. Des Medailles
raportées d'Orient par M. Buxbaum
lui ont été d'un grand secours. Il fournira
une suite Chronologique des Rois
d'Edesse qui , à ce qu'on assure , sera
complette,
D'Upsale. II. Vol.
1398 MERCURE DE FRANCE
D'Upsale. Il parut en certe Ville l'année
passée ( 1728. ) deux Dissertations
Académiques de feu M. le Docteur
Wallin , sur l'Art d'écrire avec du feu . De
Arte Trithemiana scribendi per ignem , et
une autre de M. Fabien Toerner, Profes
seur en Eloquence sur l'origine et la Religion
des Finlandiens.
De Varsovie , M. Bachstrohm , qui est
arrivé depuis peu de Constantinople en
cette Ville , y doit retourner dans quelque
tems avec toute sa famille , pour être
employé à la Traduction de la Bible en
Langue Turque.
D'Ausbourg. On a réimprimé ici une
Traduction Latine du Dictionnaire de la
Bible de Dom Augustin Calmet , par le
R. P. Dom Jean- Dominique Mansi. Cette
Traduction avoit paru à Luques il y a
quelques années sans figures. Les Librai
res ont jugé à propos d'en metire quelques-
unes à cette nouvelle Edition. Le
P. Mansi a corrigé quelques fautes de
Dom Calmet Au reste le supplement n'est
point encore traduit en Latin . On dit
qu'il doit paroître une Traduction Allemande
du même Dictionnaire avec tou
tes les figures .
De Nuremberg. On débite ici les Ou
vrages du fameux Gerard de Lairesse , sur
II. Vol. - le
JUIN. 1734 1399
le Dessein et sur la Peinture , traduit du
Hollandois en Allemand.
D'Altorf. M. le Professeur Schultz ;
qui publia l'année passée ( 1728. ) l'Histoire
de la Médecine en Latin , fait esperer
une nouvelle Edition Grecque de Plutarque
, et une Traduction Allemande
du même Auteur , toutes deux avec des
Remarques.
De Leipsic. M. Paul- Daniel Longolius
a soutenu publiquement et a fait imprimer
une Dissertation Académique , dans
laquelle il prétend prouver que chez une
grande partie des nations , auxquelles on
reproche d'avoir sacrifié des victimes humaines
, on choisissoit pour victimes au
nioins la plupart du tems , non des personnes
innocentes , mais des criminels
condamnez à mort pour leurs crimes .
Walther fait imprimer une Traduction
Allemande de l'excellent Ouvrage de
M. Niewentyt , intitulé : le bon usage de
la contemplation du Monde ou l'existence
de Dieu, démontrée par les merveilles de la
nature.
De Halle. M. Gasser a publié une Dissettation
Académique . De Inquisitione
contrà surdum et mutum naturâ : et une Introduction
à la connoissance des affaires
d'oeconomies , de Polices et de Domaines.
I I. Vol; De
1400 MERCURE DE FRANCE
De Lubeck . M. Martini , arrivé en cette
Ville depuis quelque tems de Petersbourg
, où il étoit Membre de l'Acadé
mie , vient de faire imprimer une petite
brochure Latine sur le célebre Enfant de
Lubeck . Chrêtien Henri Heinecken , dans
laquelle il tâche de rendre des raisons
naturelles de l'extraordinaire capacité de
cet Enfant.
Moins de partialité et plus d'exactitude
dans les Auteurs de la Bibliothéque
Germanique donneroient du relief à cet
Ouvrage. On y trouve une critique presque
continuelle de la Religion Catholique
, capable d'indigner non seulement
ceux qui ne pensent pas comme ces Auteurs
, mais toutes les personnes sensées .
C'est d'ailleurs abuser de la qualité de
Journalisre et entendre mal ses propres
intêrets. A cela près , les Auteurs de ce
Journal y font paroître de l'esprit et de
l'érudition ..
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Résumé : TOME XVIII. de la Bibliotheque Germanique.
Le texte présente plusieurs ouvrages et publications historiques. Le volume XIV de la Bibliothèque Grecque de Fabricius, imprimé à Hambourg en 1728, marque la conclusion d'un ouvrage complet après 25 années de travail. Ce volume, composé de 740 pages, inclut un indice général couvrant les quatorze volumes précédents, partiellement rédigé par Jean Chrêtien Wolff. L'article VII de ce volume extrait une histoire des Allemands écrite par Jean-Jacques Mascou, couvrant la période jusqu'à Clovis. Cette histoire détaille les coutumes et le droit allemand, ainsi que les expéditions et chefs germaniques. Mascou est regretté de n'avoir pas écrit en latin, ce qui aurait élargi son public. L'ouvrage est structuré en livres traitant des différentes périodes historiques, des guerres et migrations des peuples germaniques, jusqu'à la fin des guerres sous Julien. Le texte mentionne également diverses publications académiques et traductions en Europe, notamment à Saint-Pétersbourg, Uppsala, Varsovie, Augsbourg, Nuremberg, Altorf, Leipzig, Halle et Lübeck.
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7796
p. 1400-1401
Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, Tome [...]
Mots clefs :
Poésies, Abbé Chaulieu, Marquis de La Fare, Docteur Mandeville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE RAISON NE'E
des Ouvrages des Sçavans de l'Europe ,
Tome 8. premiere et seconde Partie
année 1732. A Amsterdam chez les
Wetsteins et Smith. in 12.
>
Cet Ouvrage se soutient toujours avec
la même élegance , la même force , la
,
II. Vol.
même
JUIN.
1734. 1401
C
même érudition , et la même finesse de
style : pour en convenir on n'a qu'à lire
l'Extrait qui est à l'ouverture du Livre
que nous annonçons . C'est la nouvelle
Edition faite à la Haye en 1731. des
Poësies de l'Abbé de Chaulien et du
Marquis de la Fare.
On apprend dans l'article des Nouvelles
Litteraires que le Docteur Mandeville
a publié à Londres un Ouvrage
Anglois sous ce titre : Recherches sur l'origine
de l'Honneur et sur l'utilité du Christianisme
dans la Guerre. Par l'Auteur de
la Fable des Abeilles . in 8 .
des Ouvrages des Sçavans de l'Europe ,
Tome 8. premiere et seconde Partie
année 1732. A Amsterdam chez les
Wetsteins et Smith. in 12.
>
Cet Ouvrage se soutient toujours avec
la même élegance , la même force , la
,
II. Vol.
même
JUIN.
1734. 1401
C
même érudition , et la même finesse de
style : pour en convenir on n'a qu'à lire
l'Extrait qui est à l'ouverture du Livre
que nous annonçons . C'est la nouvelle
Edition faite à la Haye en 1731. des
Poësies de l'Abbé de Chaulien et du
Marquis de la Fare.
On apprend dans l'article des Nouvelles
Litteraires que le Docteur Mandeville
a publié à Londres un Ouvrage
Anglois sous ce titre : Recherches sur l'origine
de l'Honneur et sur l'utilité du Christianisme
dans la Guerre. Par l'Auteur de
la Fable des Abeilles . in 8 .
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Résumé : Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
La 'Bibliothèque Raisonnée', publiée en 1732 à Amsterdam, compile des ouvrages savants européens. Le tome 8 est loué pour son élégance et son érudition. Il inclut des poésies de l'Abbé de Chaulien et du Marquis de la Fare. Les Nouvelles Littéraires mentionnent un ouvrage du Docteur Mandeville, auteur de 'La Fable des Abeilles'.
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7797
p. 1401-1402
« MEMOIRES HISTORIQUES ET CRITIQUES sur divers points de l'Histoire de France, [...] »
Début :
MEMOIRES HISTORIQUES ET CRITIQUES sur divers points de l'Histoire de France, [...]
Mots clefs :
Mémoires historiques et critiques sur divers points de l'histoire de France, Nouveau Dictionnaire français et latin, Journaliste amusant, Lettre, Recherche philosophique sur la source physique des actions de l'homme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MEMOIRES HISTORIQUES ET CRITIQUES sur divers points de l'Histoire de France, [...] »
MEMOIRES HISTORIQUES ET CRITIQUES
sur divers points de l'Histoire de France,
et plusieurs autres Sujets curieux , par
François Eudes de Mezeray , Amsterdam ,
bez Jean-Frederic Bernard , 2 vol. in 8.
- NOUVEAU DICTIONNAIRE François
et Latin , enrichi des meilleures façons
de parler en l'une et l'autre Langue . in
septiéme Edition .
LE JOURNALISTE A MUSANT ,
ou le Monde sérieux et comique , in 12.
ART. I V. du 2 tome p. 368. LETTRE
11 Vol. G de
1402 MERCURE DE FRANCE
de M. de S. Hyacinte à M. de la Motte,
touchant un Écrit de M. de S. Pierre ,
sur l'Origine du Droit et des Devoirs.
LETTRE au R. P. Niceron , sur un
article du XI. vol. de ses Memoires pour
servir à l'Histoire des Hommes Illustres ;
ou Justification de M. Arnauld , Docteur
de Sorbonne , au sujet de M. Deslyons ,
Doyen de Senlis , & c.
On a traduit Sethos en Anglois , en
2. vol. in 8. aussi bien que l'abregé de
'Histoire de France du P. Daniel , en s
vol. in 8.
RECHERCHE PHYLOSOPHIQUE sur la
Source physique des actions de l'homme
et la cause immédiate de la pensée . A
Londres , in 8. en Anglois.
sur divers points de l'Histoire de France,
et plusieurs autres Sujets curieux , par
François Eudes de Mezeray , Amsterdam ,
bez Jean-Frederic Bernard , 2 vol. in 8.
- NOUVEAU DICTIONNAIRE François
et Latin , enrichi des meilleures façons
de parler en l'une et l'autre Langue . in
septiéme Edition .
LE JOURNALISTE A MUSANT ,
ou le Monde sérieux et comique , in 12.
ART. I V. du 2 tome p. 368. LETTRE
11 Vol. G de
1402 MERCURE DE FRANCE
de M. de S. Hyacinte à M. de la Motte,
touchant un Écrit de M. de S. Pierre ,
sur l'Origine du Droit et des Devoirs.
LETTRE au R. P. Niceron , sur un
article du XI. vol. de ses Memoires pour
servir à l'Histoire des Hommes Illustres ;
ou Justification de M. Arnauld , Docteur
de Sorbonne , au sujet de M. Deslyons ,
Doyen de Senlis , & c.
On a traduit Sethos en Anglois , en
2. vol. in 8. aussi bien que l'abregé de
'Histoire de France du P. Daniel , en s
vol. in 8.
RECHERCHE PHYLOSOPHIQUE sur la
Source physique des actions de l'homme
et la cause immédiate de la pensée . A
Londres , in 8. en Anglois.
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Résumé : « MEMOIRES HISTORIQUES ET CRITIQUES sur divers points de l'Histoire de France, [...] »
Le document énumère diverses publications et correspondances historiques et littéraires. François Eudes de Mezeray a publié 'Mémoires historiques et critiques sur divers points de l'Histoire de France' en deux volumes. D'autres ouvrages mentionnés incluent un 'Nouveau Dictionnaire François et Latin' dans sa septième édition et 'Le Journaliste à Musant, ou le Monde sérieux et comique'. Le texte cite également une lettre de M. de Saint Hyacinthe à M. de la Motte, discutant d'un écrit de M. de Saint Pierre sur l'origine du droit et des devoirs. Une autre lettre, adressée au R. P. Niceron, défend M. Arnauld, Docteur de Sorbonne, concernant M. Deslyons, Doyen de Senlis. Parmi les traductions notables figurent 'Sethos' en anglais et l'abrégé de l'Histoire de France du Père Daniel. Enfin, une 'Recherche philosophique sur la source physique des actions de l'homme et la cause immédiate de la pensée' a été publiée à Londres en anglais.
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7798
p. 1404
« La Tragédie de Pélopée, qui se vendoit cy-devant chez le Breton, Quay de Conty, se vend [...] »
Début :
La Tragédie de Pélopée, qui se vendoit cy-devant chez le Breton, Quay de Conty, se vend [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Tragédie de Pélopée, qui se vendoit cy-devant chez le Breton, Quay de Conty, se vend [...] »
La Tragédie de Pelopée , qui se vendoit cydevant
chez le Breton , Quay de Conty , se vend
présentement chez Jacques- Nicolas le Clerc , au
deuxième Pillier de la Grand - Salle du Palais , à
la Prudence.
chez le Breton , Quay de Conty , se vend
présentement chez Jacques- Nicolas le Clerc , au
deuxième Pillier de la Grand - Salle du Palais , à
la Prudence.
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7799
p. 1404-1405
Nouvelles Estampes, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 26. Juin 1734. le sieur Lépicié, habile Graveur, fut agréé unanimement dans [...]
Mots clefs :
Amour, Portrait, Lepicié, Académie royale de peinture et de sculpture, Charles Coypel, Antoine de La Roque, Veuve Chéreau, Laureolly, Juste-Aurèle Meissonnier
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, &c. [titre d'après la table]
Le Samedy 26. Juin 1734. le sieur Lépicié ,
habile Graveur , fut agréé unanimement dans
une Assemblée generale de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture il avoit présenté à la
Compagnie plusieurs de ses Estampes ; sçavoir ,
le Jeu d'Enfans, ou la Toilette , d'après M.Coypel.
L'Amour Précepteur , du même.
Le Printemps, d'après la Signora Rosalba .
Le Portrait de M. Grassin , d'après M. De-
Jargilliere.
II. Vol. L'Amour
JUIN. 1734 1405
L'Amour Moissonneur et l'Amour O iseleur ,
d'après M. Boucher .
Le Portrait du Chevalier de la Roque , d'après
Wattau.
Il a à graver pour sa réception , le Portrait
de M. Rigaud et celui de M. Bertin.
Il paroit une nouvelle Estampe en large , ruž
S. Jacques , chez la Veuve Chereau , où l'Archi
tecture et les divers ornemens de la Sculpture ,
offrent aux yeux ce qu'il y a de plus agreable
pour les formes et pour l'élégance des diverses
parties . Le tout forme la façade d'un magnifique
Palais , dont le Plan est circulaire , élevé sur un
double Perron , et un du côté d'un Jardin , avee
deux aîles , Cette Estample est très - bien gravée
d'après le Dessein de M. Meissonnier , par le
sicur Laureolly.
habile Graveur , fut agréé unanimement dans
une Assemblée generale de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture il avoit présenté à la
Compagnie plusieurs de ses Estampes ; sçavoir ,
le Jeu d'Enfans, ou la Toilette , d'après M.Coypel.
L'Amour Précepteur , du même.
Le Printemps, d'après la Signora Rosalba .
Le Portrait de M. Grassin , d'après M. De-
Jargilliere.
II. Vol. L'Amour
JUIN. 1734 1405
L'Amour Moissonneur et l'Amour O iseleur ,
d'après M. Boucher .
Le Portrait du Chevalier de la Roque , d'après
Wattau.
Il a à graver pour sa réception , le Portrait
de M. Rigaud et celui de M. Bertin.
Il paroit une nouvelle Estampe en large , ruž
S. Jacques , chez la Veuve Chereau , où l'Archi
tecture et les divers ornemens de la Sculpture ,
offrent aux yeux ce qu'il y a de plus agreable
pour les formes et pour l'élégance des diverses
parties . Le tout forme la façade d'un magnifique
Palais , dont le Plan est circulaire , élevé sur un
double Perron , et un du côté d'un Jardin , avee
deux aîles , Cette Estample est très - bien gravée
d'après le Dessein de M. Meissonnier , par le
sicur Laureolly.
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Résumé : Nouvelles Estampes, &c. [titre d'après la table]
Le 26 juin 1734, l'Académie Royale de Peinture et Sculpture a agréé à l'unanimité le sieur Lépicié, un graveur talentueux. Lors de l'assemblée générale, il a présenté plusieurs de ses œuvres, dont 'Le Jeu d'Enfants, ou la Toilette' et 'L'Amour Précepteur' d'après Coypel, 'Le Printemps' d'après Rosalba, 'Le Portrait de M. Grassin' d'après Dejargilliere, 'L'Amour Moissonneur et l'Amour Oiseleur' d'après Boucher, et 'Le Portrait du Chevalier de la Roque' d'après Watteau. Pour sa réception, Lépicié doit graver les portraits de Rigaud et Bertin. Par ailleurs, une nouvelle estampe en large a été publiée chez la Veuve Chereau, représentant la façade d'un palais d'après Meissonnier, gravée par Laureolly. Cette estampe met en valeur l'architecture et les ornements sculptés, offrant des formes et une élégance remarquables.
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7800
p. 1405-1406
Tableaux exposez à la Place Dauphine, [titre d'après la table]
Début :
Le Public et les Curieux en Peinture, ont vû avec plaisir le jour de l'Octave de la Fête Dieu, [...]
Mots clefs :
Tableaux, Enfants, Musique, Sujets, Goût, Portraits, Place Dauphine, Jean Siméon Chardin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tableaux exposez à la Place Dauphine, [titre d'après la table]
Le Public et les Curieux en Peinture , ont vu
avec plaisir le jour de l'Octave de la Fêre Dieu ,
dans la Place Dauphine , quelques Tableaux de
divers Maîtres et de plusieurs jeunes Peintres ,
exposez par eux , ou par ceux qui les possedent.
On en voyoit deux en hauteur , de M. de Troy ,
avec une extrême satisfaction , dont l'un représente
une Fuite en Egypte , et l'autre , un Sujet
François et très- galant , c'est une Dame à sa
Toilette , debout dans le moment qu'on l'habille .
Seize Tableaux du sieur Chardin ; le plas
grand représente une jeune personne qui attend
avec impatience qu'on lui donne de la lumiere
pour cacheter uneiLettre.Les figures sont grandes
comme Nature.
Les autres Tableaux du même Auteur , sont
des Jeux d'Enfans , fort bien caracterisez , des
1 I. Vol.
G iij Tro7406
MERCURE DE FRANCE
Trophées de Musique , des Animaux morts er
vivans , et aures Sujets dans le goût de Tenier ,
où l'on trouve une grande verité.
Deux du sieur Natoire , digne Eleve de M. le
Moine . Ce sont deux Sujets tirez de la Fable
une Galathée, & Tableaux de Chevalet.
Quatre du sieur le Sueur , petit neveu du célebre
Eustache le Sueur. Le Portrait d'un Musicien
en Arménien , tenant une Flute. Autre Por
trait d'un Peintre , & c. Deux Enfans dans le
goût de Grimoud ; le petit Garçon tient une
Flute, et la petite Fille un papier de Musique, &c.
Deux Portraits du sieur Toquet.
Trois Portraits du sieur Autreau
Un grand Tableau du Sieur Lami , représen
tant une Assomption .
Deux Paysages en large, du sieur Charles du
Bois de Valencienne , & c.
avec plaisir le jour de l'Octave de la Fêre Dieu ,
dans la Place Dauphine , quelques Tableaux de
divers Maîtres et de plusieurs jeunes Peintres ,
exposez par eux , ou par ceux qui les possedent.
On en voyoit deux en hauteur , de M. de Troy ,
avec une extrême satisfaction , dont l'un représente
une Fuite en Egypte , et l'autre , un Sujet
François et très- galant , c'est une Dame à sa
Toilette , debout dans le moment qu'on l'habille .
Seize Tableaux du sieur Chardin ; le plas
grand représente une jeune personne qui attend
avec impatience qu'on lui donne de la lumiere
pour cacheter uneiLettre.Les figures sont grandes
comme Nature.
Les autres Tableaux du même Auteur , sont
des Jeux d'Enfans , fort bien caracterisez , des
1 I. Vol.
G iij Tro7406
MERCURE DE FRANCE
Trophées de Musique , des Animaux morts er
vivans , et aures Sujets dans le goût de Tenier ,
où l'on trouve une grande verité.
Deux du sieur Natoire , digne Eleve de M. le
Moine . Ce sont deux Sujets tirez de la Fable
une Galathée, & Tableaux de Chevalet.
Quatre du sieur le Sueur , petit neveu du célebre
Eustache le Sueur. Le Portrait d'un Musicien
en Arménien , tenant une Flute. Autre Por
trait d'un Peintre , & c. Deux Enfans dans le
goût de Grimoud ; le petit Garçon tient une
Flute, et la petite Fille un papier de Musique, &c.
Deux Portraits du sieur Toquet.
Trois Portraits du sieur Autreau
Un grand Tableau du Sieur Lami , représen
tant une Assomption .
Deux Paysages en large, du sieur Charles du
Bois de Valencienne , & c.
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Résumé : Tableaux exposez à la Place Dauphine, [titre d'après la table]
Le 10 septembre 1725, lors de l'Octave de la Fête Dieu, divers tableaux de maîtres et jeunes peintres ont été exposés sur la Place Dauphine. Parmi les œuvres remarquées, deux tableaux de M. de Troy ont été particulièrement appréciés : une 'Fuite en Égypte' et une scène galante représentant une dame à sa toilette. Seize tableaux de Chardin étaient également exposés, dont le plus grand montrait une jeune femme attendant de la lumière pour cacheter une lettre. Les autres œuvres de Chardin incluaient des jeux d'enfants, des trophées de musique, des animaux morts et vivants, et des sujets dans le style de Tenier, caractérisés par leur grande véracité. Deux tableaux de Natoire, élève de M. le Moine, étaient tirés de la fable et réalisés sur chevalet. Le Sueur, petit-neveu d'Eustache Le Sueur, présentait quatre œuvres, dont des portraits et des enfants dans le style de Grimoud. Toquet et Autreau exposaient également des portraits. Un grand tableau représentant une Assomption était signé Lami, et deux paysages en large étaient l'œuvre de Charles du Bois de Valencienne.
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