Auteur du texte (8)
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Résultats : 8 texte(s)
1
p. 38-39
LE MIROIR. FABLE I.
Début :
On voyoit au milieu d'une place publique, [...]
Mots clefs :
Miroir, Esprit
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texteReconnaissance textuelle : LE MIROIR. FABLE I.
LE MIROIR.
FABLE I.
ON voyoit au milieu d'une place publique ,
J'ignore chez quel peuple , il n'importe en quel
tems
Un Miroir merveilleux & d'utile fabrique ,
Où fe peignoit par art le naturel des gens.
Tout le monde accouroit à ce tableau fidéle.
Une coquette approche : elle y voit traits pour
traits
Ses petits ſoins jaloux & fes penchans fecrets.
Ha !` c'eſt ma voifine , dit- elle ;
C'eft fon efprit tout pur , je la reconnois là .
Le joli Miroir que voilà !
Et combien je m'en vais humilier la belle !
Un petit-maître fuccéda
Et la glace ,auffi - tôt préſente pour image ,
Tout Forgueil renfermé dans l'efprit d'un faquin .
Parbleu , je fuis ravi qu'on ait peint mon coufin ,
Dit l'homme , & je voudrois qu'il pût devenir
¡fage
t
En prenant des confeils de ce Miroir malin ..
JUIN.
39 1755.
" Après lui vint un vieux vilain
D'une efpece tout-à- fait rare .
Il tire une lunette , & fe regarde bien ;"
Puis ricanant d'un air bizare ,
C'est mon frere , dit- il , ce vieux fou , cet avare
Qui fe feroit fouetter pour accroître fon bien.
J'aurois un vrai plaifir à montrer fa léſine , ✨
Et pairois de bon coeur cette glace divine ,
Si l'on me la donnoit pour rien.
Dès que fut retiré ce ladre octogénaire ,
D'autres vinrent encor confulter le Miroir ;
Et chacun d'eux y vit fon voifin , fon compere ,
Sa belle -foeur , ou fa commere ;
Mais aucun ne s'y voulut voir .
Où l'envie apperçoit les foibleffes des autres
L'amour propre eft habile à nous voiler les nôtres .
Tout homme eft médifant & vain .
C'est un bonheur pour la Satyre :
Ses dures vérités ne nous feroient pas rire ,
Si la préfomption dont nâquit le dédain ,
Entre leurs traits & nous ne mettoit le prochain .
L. A.
FABLE I.
ON voyoit au milieu d'une place publique ,
J'ignore chez quel peuple , il n'importe en quel
tems
Un Miroir merveilleux & d'utile fabrique ,
Où fe peignoit par art le naturel des gens.
Tout le monde accouroit à ce tableau fidéle.
Une coquette approche : elle y voit traits pour
traits
Ses petits ſoins jaloux & fes penchans fecrets.
Ha !` c'eſt ma voifine , dit- elle ;
C'eft fon efprit tout pur , je la reconnois là .
Le joli Miroir que voilà !
Et combien je m'en vais humilier la belle !
Un petit-maître fuccéda
Et la glace ,auffi - tôt préſente pour image ,
Tout Forgueil renfermé dans l'efprit d'un faquin .
Parbleu , je fuis ravi qu'on ait peint mon coufin ,
Dit l'homme , & je voudrois qu'il pût devenir
¡fage
t
En prenant des confeils de ce Miroir malin ..
JUIN.
39 1755.
" Après lui vint un vieux vilain
D'une efpece tout-à- fait rare .
Il tire une lunette , & fe regarde bien ;"
Puis ricanant d'un air bizare ,
C'est mon frere , dit- il , ce vieux fou , cet avare
Qui fe feroit fouetter pour accroître fon bien.
J'aurois un vrai plaifir à montrer fa léſine , ✨
Et pairois de bon coeur cette glace divine ,
Si l'on me la donnoit pour rien.
Dès que fut retiré ce ladre octogénaire ,
D'autres vinrent encor confulter le Miroir ;
Et chacun d'eux y vit fon voifin , fon compere ,
Sa belle -foeur , ou fa commere ;
Mais aucun ne s'y voulut voir .
Où l'envie apperçoit les foibleffes des autres
L'amour propre eft habile à nous voiler les nôtres .
Tout homme eft médifant & vain .
C'est un bonheur pour la Satyre :
Ses dures vérités ne nous feroient pas rire ,
Si la préfomption dont nâquit le dédain ,
Entre leurs traits & nous ne mettoit le prochain .
L. A.
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Résumé : LE MIROIR. FABLE I.
Le texte relate l'existence d'un miroir magique installé sur une place publique, capable de révéler les traits de caractère des individus qui s'y regardent. Plusieurs personnes s'approchent du miroir et y voient les défauts de leurs voisins ou proches, mais jamais les leurs. Une coquette y observe les soins jaloux de sa voisine, un petit-maître y voit l'orgueil de son cousin, et un vieux vilain y perçoit l'avarice de son frère. Aucun observateur ne reconnaît ses propres défauts, préférant voir ceux des autres. Le texte conclut que l'envie et l'amour-propre empêchent les gens de voir leurs propres faiblesses, permettant ainsi à la satire de prospérer en se moquant des défauts des autres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 39-42
LE MERLE. FABLE.
Début :
D'un bois fort écarté les divers habitans, [...]
Mots clefs :
Merle, Animaux, Homme
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texteReconnaissance textuelle : LE MERLE. FABLE.
LE MERLE.
FABLE.
D'un bois fort écarté les divers habitans ,
Animaux , la plupart fauvages , malfaiſans ,
40 MERCURE DE FRANCE.
De l'homme ignoroient l'exiſtence.
Nos femblables jamais ne pénétrerent là.
Un Merle en un couvent élevé dès l'enfance ,
Parvint , en voyageant , jufques chez ces gens - là ,
Il étoit beau parleur , & fortoit d'une cage
Où Merle de tout tems apprit à s'énoncer
En jeune oiſeau dévot & fage.
'Son zéle dans ce bois eut de quoi s'exercer .
Eclairons , difoit-il , nos freres miférables ;
Tout Merle à ce devoir par état engagé ,
Sous l'heureux joug de l'homme inftruit , apprie
voifé ,
Plus éclairé , plus faint , doit prêcher fes ſemblables.
Un jour donc notre oiſeau fur un arbre perché ,
Harangua vivement les plus confidérables
D'entre ces animaux à fon gré fi coupables.
Nouveau, Miffionnaire , il fuoit en prêchant.
D'abord on ne comprit fon difcours qu'avec peine
Il parloit d'un Etre puiffant
Qu'il nommoit homme , ayant l'univers pour
domaine ,
Sçachant tout , & pouvant , s'ils ne s'apprivoi
foient ,
Détruire par le feu toute leur race entiere:
Ours , tigres , fangliers étoient là qui bailloient
Mais à ce dernier trait ils dreffent la criniere.
Le Merle profitant d'un inftant précieux ,"
JUIN.
1755 42
Pagite , entre en fureur , & déploye à leurs yeux .
Les grands traits de l'art oratoire .
Efchine en fes difcours montroit moins d'action
On dit qu'il arracha des pleurs à l'auditoire.
Dans le bois chacun fonge à ſa converfion ,
Et tremble d'encourir la vengeance de l'homme.
Sur ce nouveau Roi qu'on leur nomme ,
Au docteur Merle ils font cent queſtions.
L'homme eft , répondoit- il , doué par la nature
De toutes les perfections.
Il a donc une belle hure ,
*
Dit le porc en l'interrompant ?
Sans doute qu'il reçut des cornes en partage ,
Dit le boeuf ? ( celui- ci ne fe trompoit pas tant
Le tigre prétendoit qu'il devoit faire rage
Avec les griffes & fes dents ;
Et l'ours qu'entre ſes bras il étouffoit les gens.
Les foibles s'en formoient des images pareilles ,
Et penfoient le douer d'attributs affez beaux ;
Le cerfen lui donnant des jambes de fufeaux ,
Et l'âne de longues oreilles.
Tout ce qui nous reffemble eft parfait à nos yeux :
Ces animaux fe peignoient l'homme
Comme l'homme fe peint le fouverain des cieux .
Les Sages prétendus de la Gréce & de Rome ,
Au poids de leur orgueil ofoient pefer les Dieux
Le peuple groffiffant ces traits injurieux ,
Repréfentoit l'Etre fuprême
42 MERCURE.DE FRANCE.
Plus ridicule que lui - même.
* Il est bien des Chrétiens qui n'en jugeht pas
mieux.
L. A.
Ces deux Fables font l'échantillon , ou
l'annonce d'un recueil de plufieurs autres
que l'Auteur doit bientôt donner au Public .
Je crois qu'elles doivent le prévenir en ſa
faveur.
FABLE.
D'un bois fort écarté les divers habitans ,
Animaux , la plupart fauvages , malfaiſans ,
40 MERCURE DE FRANCE.
De l'homme ignoroient l'exiſtence.
Nos femblables jamais ne pénétrerent là.
Un Merle en un couvent élevé dès l'enfance ,
Parvint , en voyageant , jufques chez ces gens - là ,
Il étoit beau parleur , & fortoit d'une cage
Où Merle de tout tems apprit à s'énoncer
En jeune oiſeau dévot & fage.
'Son zéle dans ce bois eut de quoi s'exercer .
Eclairons , difoit-il , nos freres miférables ;
Tout Merle à ce devoir par état engagé ,
Sous l'heureux joug de l'homme inftruit , apprie
voifé ,
Plus éclairé , plus faint , doit prêcher fes ſemblables.
Un jour donc notre oiſeau fur un arbre perché ,
Harangua vivement les plus confidérables
D'entre ces animaux à fon gré fi coupables.
Nouveau, Miffionnaire , il fuoit en prêchant.
D'abord on ne comprit fon difcours qu'avec peine
Il parloit d'un Etre puiffant
Qu'il nommoit homme , ayant l'univers pour
domaine ,
Sçachant tout , & pouvant , s'ils ne s'apprivoi
foient ,
Détruire par le feu toute leur race entiere:
Ours , tigres , fangliers étoient là qui bailloient
Mais à ce dernier trait ils dreffent la criniere.
Le Merle profitant d'un inftant précieux ,"
JUIN.
1755 42
Pagite , entre en fureur , & déploye à leurs yeux .
Les grands traits de l'art oratoire .
Efchine en fes difcours montroit moins d'action
On dit qu'il arracha des pleurs à l'auditoire.
Dans le bois chacun fonge à ſa converfion ,
Et tremble d'encourir la vengeance de l'homme.
Sur ce nouveau Roi qu'on leur nomme ,
Au docteur Merle ils font cent queſtions.
L'homme eft , répondoit- il , doué par la nature
De toutes les perfections.
Il a donc une belle hure ,
*
Dit le porc en l'interrompant ?
Sans doute qu'il reçut des cornes en partage ,
Dit le boeuf ? ( celui- ci ne fe trompoit pas tant
Le tigre prétendoit qu'il devoit faire rage
Avec les griffes & fes dents ;
Et l'ours qu'entre ſes bras il étouffoit les gens.
Les foibles s'en formoient des images pareilles ,
Et penfoient le douer d'attributs affez beaux ;
Le cerfen lui donnant des jambes de fufeaux ,
Et l'âne de longues oreilles.
Tout ce qui nous reffemble eft parfait à nos yeux :
Ces animaux fe peignoient l'homme
Comme l'homme fe peint le fouverain des cieux .
Les Sages prétendus de la Gréce & de Rome ,
Au poids de leur orgueil ofoient pefer les Dieux
Le peuple groffiffant ces traits injurieux ,
Repréfentoit l'Etre fuprême
42 MERCURE.DE FRANCE.
Plus ridicule que lui - même.
* Il est bien des Chrétiens qui n'en jugeht pas
mieux.
L. A.
Ces deux Fables font l'échantillon , ou
l'annonce d'un recueil de plufieurs autres
que l'Auteur doit bientôt donner au Public .
Je crois qu'elles doivent le prévenir en ſa
faveur.
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Résumé : LE MERLE. FABLE.
La fable 'Le Merle' narre l'histoire d'un merle élevé dans un couvent, qui voyage jusqu'à un bois habité par des animaux sauvages ignorant l'existence humaine. Le merle, bon orateur, décide de prêcher aux animaux pour les éclairer sur la puissance de l'homme. Il décrit l'homme comme un être tout-puissant capable de détruire toute leur race s'ils ne s'apprivoisent pas. Les animaux, d'abord perplexes, finissent par s'alarmer et posent de nombreuses questions au merle. Chaque animal imagine l'homme selon ses propres caractéristiques : le porc le voit avec une belle hure, le bœuf avec des cornes, le tigre avec des griffes et des dents. La fable critique les sages de la Grèce et de Rome, ainsi que certains chrétiens, pour avoir jugé les dieux ou le souverain divin de manière orgueilleuse et ridicule. Elle met en lumière la tendance humaine à projeter ses propres traits sur des entités supérieures.
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3
p. 21-23
L'OURS ET LE RAT, OU L'OURS PHILOSOPHE. FABLE.
Début :
Certain Ours mal léché n'ayant ri de ses jours, [...]
Mots clefs :
Rat, Ours, Philosophe
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texteReconnaissance textuelle : L'OURS ET LE RAT, OU L'OURS PHILOSOPHE. FABLE.
L'OURS ET LE RAT,
OU L'OURS PHILOSOPHE
FABLE.
Ertain Ours mal léché n'ayant ri de fes
jours ,
S'avifa de vouloir devenir philofophc.
On dit que Jupiter fit de la même étoffe
Les Philofophes & les Ours.
Tout fage étant d'humeur un tant ſoit
tale ,
peu bru
Un Ours peut embraffer cette profeffion.
Celui que j'introduis choifit dans la morale
Pour premiere vertu la modération.
Au fond d'un bois obſcur un antre folitaire
Lui parut propre à fon projet.
Rien dans ce lieu caché ne le pouvoit diftraire,
Il eſt vrai ; mais auffi feul en cette forêt ,
Quel mérite avoit- il de vaincre la colere
Tout hermite eſt bâti de cette façon là :
Ils cherchent les déferts , les bois , la folitudes
Hé mes amis , ce n'eft pas là
Que l'on peut de fon coeur faire une heureuſe
étude ;
Le vice y dort, mais n'y meurt pas
22 MERCURE DE FRANCE.
Il n'eft pas étonnant qu'à l'abri de l'injure
La vengeance foit fans appas.
Loin de tout bienfaiteur , c'eft chofe auffi très
sûre
Que vous ne ferez point ingrats.
Pauvres , vous ne fçauriez abuſer des richeffes ;
Payer des flateurs , des maîtreffes ,
Intenter d'injuftes procès.
Seuls , j'imagine bien que vous êtes difcrets :
Vous ne pouvez tromper par de fauffes careffes
Que quelques images de Saints :
Mais quel exemple auffi donnez - vous aux hu
mains ?
Je reviens à notre Ours qui plein d'un zéle extrême
,
Et brûlant d'arriver à la perfection ,
Refléchiffoit fur l'art de fe vaincre foi-même.
Un Rat interrompit fa méditation :
De notre fage alors le cerveau fe dérange.
Il fe livre aux accès d'une fureur étrange;
Rugit après ce Rat comme après un lion ,
Le pourfuit , l'atteint & le venge.
Vertueux fans effort dans un lâche loifir
On cache des penchans que l'on devroit pour
fuivre ;
Ce n'eft qu'un feu couvert toujours prêt à revivre
:
JUILLET.
17558 2.3
Bientôt au moindre fouffle il fçaura nous trahir.
Le coeur pour le former a beſoin d'exercice ,
Contre les paffions ardent à fe roidir ,
Jamais par la retraite il ne faut qu'il fléchiffe :
On doit édifier le monde & non le fuïr.
OU L'OURS PHILOSOPHE
FABLE.
Ertain Ours mal léché n'ayant ri de fes
jours ,
S'avifa de vouloir devenir philofophc.
On dit que Jupiter fit de la même étoffe
Les Philofophes & les Ours.
Tout fage étant d'humeur un tant ſoit
tale ,
peu bru
Un Ours peut embraffer cette profeffion.
Celui que j'introduis choifit dans la morale
Pour premiere vertu la modération.
Au fond d'un bois obſcur un antre folitaire
Lui parut propre à fon projet.
Rien dans ce lieu caché ne le pouvoit diftraire,
Il eſt vrai ; mais auffi feul en cette forêt ,
Quel mérite avoit- il de vaincre la colere
Tout hermite eſt bâti de cette façon là :
Ils cherchent les déferts , les bois , la folitudes
Hé mes amis , ce n'eft pas là
Que l'on peut de fon coeur faire une heureuſe
étude ;
Le vice y dort, mais n'y meurt pas
22 MERCURE DE FRANCE.
Il n'eft pas étonnant qu'à l'abri de l'injure
La vengeance foit fans appas.
Loin de tout bienfaiteur , c'eft chofe auffi très
sûre
Que vous ne ferez point ingrats.
Pauvres , vous ne fçauriez abuſer des richeffes ;
Payer des flateurs , des maîtreffes ,
Intenter d'injuftes procès.
Seuls , j'imagine bien que vous êtes difcrets :
Vous ne pouvez tromper par de fauffes careffes
Que quelques images de Saints :
Mais quel exemple auffi donnez - vous aux hu
mains ?
Je reviens à notre Ours qui plein d'un zéle extrême
,
Et brûlant d'arriver à la perfection ,
Refléchiffoit fur l'art de fe vaincre foi-même.
Un Rat interrompit fa méditation :
De notre fage alors le cerveau fe dérange.
Il fe livre aux accès d'une fureur étrange;
Rugit après ce Rat comme après un lion ,
Le pourfuit , l'atteint & le venge.
Vertueux fans effort dans un lâche loifir
On cache des penchans que l'on devroit pour
fuivre ;
Ce n'eft qu'un feu couvert toujours prêt à revivre
:
JUILLET.
17558 2.3
Bientôt au moindre fouffle il fçaura nous trahir.
Le coeur pour le former a beſoin d'exercice ,
Contre les paffions ardent à fe roidir ,
Jamais par la retraite il ne faut qu'il fléchiffe :
On doit édifier le monde & non le fuïr.
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Résumé : L'OURS ET LE RAT, OU L'OURS PHILOSOPHE. FABLE.
La fable 'L'Ours et le Rat, ou l'Ours philosophe' relate l'histoire d'un ours qui décide de devenir philosophe en adoptant la modération comme première vertu. Il se retire dans une grotte solitaire pour éviter les distractions. Cependant, la solitude ne suffit pas à vaincre la colère, car les vices persistent. Un rat interrompt l'ours, déclenchant une fureur en lui. Cette réaction montre que les vertus cachées peuvent resurgir facilement. La fable conclut que le cœur a besoin d'exercice et de confrontation avec le monde pour se former. Fuir la société n'est pas la voie vers la perfection morale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 71-73
LES RÊVES, FABLE.
Début :
Sultan Leopard., grand rêveur, [...]
Mots clefs :
Rêves, Animal, Léopard, Erreur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES RÊVES, FABLE.
LES RÊVES ,
FABL E.
Sultan Leopard . , grand rêveur ,
Vouloit qu'en fon empire on reſpectât les fonges;
Et fi quelque indifcret les traitoit de menfonges ,
Il l'envoyoit là-bas faire le raiſonneur.
Ivre de fon pouvoir , rêvoit- il que la lune
Afon commandement avoit quitté les cieux ;
Sa vifion d'abord publiée en tous lieux ,
Devenoit une erreur communè .
Si le fommeil troublant cet animal fi vain ,
Lui peignoit Jupiter , comme lui fanguinaire ,
72 MERCURE DE FRANCE.
A fes fens , comme lui , ne mettant aucun frein ,
Dieu forcené , barbare
pere ,
Toujours prêt d'accabler des éclats du tonnerre
Les êtres fortis de fa main ;
Chaque animal devoit foudain
Trouver des crimes à la terre ,
Et fans comprendre en rien la divine colere ,
Trembler pour tout le genre humain.
Un jour qu'il goûta trop le nectar d'Idalie ,
Dans l'agitation d'une trifte infomnie ;
Morphée , en traits hideux , lui peignit le plaifir ,
Ce doux contre- poifon des peines de la vie.
Le lendemain , par fon Vifir ,
Il fut à fes fujets ordonné de haïr
Cet heureux don des Dieux , fur peine d'infamie ,
Et parce qu'il troubla fa Hauteffe endormie ,
D'en étouffer jufqu'au defir .
La nature irritée en vain prit fa défenſe :
Ce Monfeigneur Leopard- là ,
Certes dans l'Alcoran n'avoit pas lu cela.
On ne crut tant d'erreurs d'abord qu'en apparence
;
La peur dans les efprits glaçoit la vérité :
Mais enfin chaque jour quelque rêve adopté
Servant d'inftruction à la crédule enfance ,
Fut dans tous les cerveaux par le tems cimenté.
Bientôt ceux qu'on avoit bercés de ces chimeres
,
Les croyant par reſpect fur la foi de leurs peres ,
Prirent
NOVEMBRE. 1755.
73
Prirent les rêves creux d'un tyran redouté
Pour de vénérables myfteres :
Malheur à qui fe rit de leur fimplicité !
Ainfi dans l'univers l'erreur s'impatronife .
La force la fait recevoir ,
L'habitude accroit fon pouvoir ,
L'imbécillité l'éternife.
FABL E.
Sultan Leopard . , grand rêveur ,
Vouloit qu'en fon empire on reſpectât les fonges;
Et fi quelque indifcret les traitoit de menfonges ,
Il l'envoyoit là-bas faire le raiſonneur.
Ivre de fon pouvoir , rêvoit- il que la lune
Afon commandement avoit quitté les cieux ;
Sa vifion d'abord publiée en tous lieux ,
Devenoit une erreur communè .
Si le fommeil troublant cet animal fi vain ,
Lui peignoit Jupiter , comme lui fanguinaire ,
72 MERCURE DE FRANCE.
A fes fens , comme lui , ne mettant aucun frein ,
Dieu forcené , barbare
pere ,
Toujours prêt d'accabler des éclats du tonnerre
Les êtres fortis de fa main ;
Chaque animal devoit foudain
Trouver des crimes à la terre ,
Et fans comprendre en rien la divine colere ,
Trembler pour tout le genre humain.
Un jour qu'il goûta trop le nectar d'Idalie ,
Dans l'agitation d'une trifte infomnie ;
Morphée , en traits hideux , lui peignit le plaifir ,
Ce doux contre- poifon des peines de la vie.
Le lendemain , par fon Vifir ,
Il fut à fes fujets ordonné de haïr
Cet heureux don des Dieux , fur peine d'infamie ,
Et parce qu'il troubla fa Hauteffe endormie ,
D'en étouffer jufqu'au defir .
La nature irritée en vain prit fa défenſe :
Ce Monfeigneur Leopard- là ,
Certes dans l'Alcoran n'avoit pas lu cela.
On ne crut tant d'erreurs d'abord qu'en apparence
;
La peur dans les efprits glaçoit la vérité :
Mais enfin chaque jour quelque rêve adopté
Servant d'inftruction à la crédule enfance ,
Fut dans tous les cerveaux par le tems cimenté.
Bientôt ceux qu'on avoit bercés de ces chimeres
,
Les croyant par reſpect fur la foi de leurs peres ,
Prirent
NOVEMBRE. 1755.
73
Prirent les rêves creux d'un tyran redouté
Pour de vénérables myfteres :
Malheur à qui fe rit de leur fimplicité !
Ainfi dans l'univers l'erreur s'impatronife .
La force la fait recevoir ,
L'habitude accroit fon pouvoir ,
L'imbécillité l'éternife.
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Résumé : LES RÊVES, FABLE.
Le texte raconte l'histoire du Sultan Leopard, un souverain qui valorisait les rêves et punissait ceux qui les considéraient comme des mensonges. Il imaginait que la lune et Jupiter lui obéissaient et que chaque animal devait dénoncer les crimes sur Terre. Après avoir consommé du nectar, Morphée lui révéla que le plaisir pouvait atténuer les peines de la vie. Le lendemain, le Sultan ordonna à ses sujets de haïr ce don divin, sous peine de disgrâce. La nature protesta sans succès. Les erreurs du Sultan furent d'abord acceptées par peur, puis par habitude et crédulité. Ses rêves furent vénérés comme des mystères sacrés, et ceux qui se moquaient de cette croyance étaient maudits. Ainsi, l'erreur s'imposa grâce à la force, l'habitude et la crédulité.
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5
p. 35
VERS sur le Tableau du ROI, représenté par les VERTUS.
Début :
PAR l'ingénieux artifice [...]
Mots clefs :
Louis, Pinceau, Optique, Amour, Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS sur le Tableau du ROI, représenté par les VERTUS.
VERS fur le Tableau du ROI , repréfenté
par
PA
les VERTUS .
AR l'ingénieux artifice
Et de l'optique & du pinceau ,
Les Vertus , & furtout la Bonté , la Juftice ;
De Louis offrent le tableau.
Si dans un autre perſpective ,
On peignoit les coeurs des François ;
De ces coeurs réunis la peinture native
De l'Amour offriroit les traits.
Par M. l'Abbé AUBERT .
par
PA
les VERTUS .
AR l'ingénieux artifice
Et de l'optique & du pinceau ,
Les Vertus , & furtout la Bonté , la Juftice ;
De Louis offrent le tableau.
Si dans un autre perſpective ,
On peignoit les coeurs des François ;
De ces coeurs réunis la peinture native
De l'Amour offriroit les traits.
Par M. l'Abbé AUBERT .
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6
p. 29-32
L'AMOUR FILIAL, CONTE MORAL, DONT L'idée est prise du Tableau de M. GREUZE, exposé au Sallon du Louvre.
Début :
I fut un siécle où la licence [...]
Mots clefs :
Amour filial, Jeune, Licence, Sophisme, Instinct, Ciel, Ennui, Humanité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR FILIAL, CONTE MORAL, DONT L'idée est prise du Tableau de M. GREUZE, exposé au Sallon du Louvre.
L'AMOUR FILIAL ,
.CONTE MORAL ,
DONT L'idée eft prife du Tableau de
M. GREUZE , exposé au Sallon du
Louvre.
Iz fut un fiécle où la licence L
Régnoit dans les efprits ainſi que dans les moeurs ;
Où le hardi Sophiſme , uſurpant les honneurs
Dûs à la modefte Science ,
Tâchoit d'accréditer de funeftes erreurs.
Tel fe mettoit au rang des plus fages Auteurs ,
Quin'avoit envers fes femblables
Que le mérite affreux de dégager leurs coeurs
Des liens les plus reſpectables.
Un de ces Ecrivains prétendoit démontrer
Qu'on n'eſt tenu de révérer
Ceux à qui l'on doit la naiſſance ,
Qu'autant qu'ils ont pris foin de former notre eng
fance.
Quant à cet inſtinct précieux ,
Qui nous porte à chériren eux notre exiſtence ,
Ce n'étoit au fond qu'ignorance ,
Que préjugé , que foibleffe à fes yeux.
La vie étoit un préfent odieux ,
B iij
30 MERCURE DE FRANCE.
Fruit du hazard & de l'incontinence ,
Qui ,fuivant le ſyſtéme outré
De ce Docteur dénaturé ,
N'impofoit à nos coeurs nulle reconnoiſſance .
Le Ciel prit foin de l'éclairer.
Vers un Bourg , où du premier âge
Les vertus fembloient refpirer ,
Le Ciel guida les pas de ce prétendu Sage.
Un logis fe préfente où des Enfans heureux.
Envers un Père infirme acquittoient la nature ;
Heureux par la voluptépure
Qu'au premier des devoirs attachèrent les Dieux.
Un fauteuil fimple étoit le trône
Où fur un couffin de duvet ,
Le Vieillard d'un air fatisfait
Recevoit ces doux foins que l'amour affaiſonne.
Ses bras tomboient , privés de fentiment ;
Son coeur feul eft entier & vole fur fa bouche :
De fes Enfans la piété le touche.
Son Gendre , leur donnant l'exemple en ce moment
,
Aidé par une Soeur aimable
Qui foutenoit ce corps foible & fouffrant ,
Nourriffoit de fes mains ce Père reſpectable.
Un autre Enfant s'avance & porte un vafe plein
盧
De la liqueur enchanterelle
Qui confole , ranime & foutient la vieilleſſe .
Un troifiéme , à fon air impatient , chagrin ,
ОСТОВКЕ. 1763. 31
Trop jeune encor , fait voir une vive contrainte
De ne pouvoir fervir ce Père à fon déclin .
Sous un tiffu de laine un quatrième enfin
Entretient des les pieds la chaleur prefqu'éteinte .
Une Soeur déjà mère , inftruite en l'art d'aimer ,
Tendre & belle fans impoſture ,
Orne auffi cette Scène où brille la nature ,
Et tient un livre pour charmer
Les maux que ce Vieillard endure.
La Mère les voir tous à l'envi s'animer :
La Mère fufpend un ouvrage
Deftiné pour ce digne Epoux ,
Et lit dans l'avenir tout ce que lui préſage
Pour elle- même un spectacle fi doux.
Le plus jeune de la famille ,
Un enfant , qui comptoit à peine trois printems ,
Fruit précieux de l'hymen de la Fille , .⠀
Veut aufli prendre part à des foins ſi touchans ,
Accourt de fes bras innocens
Offrir le foible miniſtère ,
Et de fon jeune coeur fuivant le mouvement ,
Pour diftraire l'ennui du refpectable Père ,
Lui préfente un oifeau qu'il chérit tendrement.
Ce dernier trait fit répandre des larmes
A l'Ecrivain qui juſques à ce jour
Avoit du filial amour
Ofé défigurer les charmes.
Sa Raifon applaudit , fon coeur troublé fe rend :
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
Son coeur convient que fi l'Etre fuprême
Ne nous infpiroit pas cet amour en naiſſant ,
Il faudroit pour l'honneur de l'humanité même ›
Eriger en vertu ce pieux fentiment.
Par M. l'Abbé AU BERT?
.CONTE MORAL ,
DONT L'idée eft prife du Tableau de
M. GREUZE , exposé au Sallon du
Louvre.
Iz fut un fiécle où la licence L
Régnoit dans les efprits ainſi que dans les moeurs ;
Où le hardi Sophiſme , uſurpant les honneurs
Dûs à la modefte Science ,
Tâchoit d'accréditer de funeftes erreurs.
Tel fe mettoit au rang des plus fages Auteurs ,
Quin'avoit envers fes femblables
Que le mérite affreux de dégager leurs coeurs
Des liens les plus reſpectables.
Un de ces Ecrivains prétendoit démontrer
Qu'on n'eſt tenu de révérer
Ceux à qui l'on doit la naiſſance ,
Qu'autant qu'ils ont pris foin de former notre eng
fance.
Quant à cet inſtinct précieux ,
Qui nous porte à chériren eux notre exiſtence ,
Ce n'étoit au fond qu'ignorance ,
Que préjugé , que foibleffe à fes yeux.
La vie étoit un préfent odieux ,
B iij
30 MERCURE DE FRANCE.
Fruit du hazard & de l'incontinence ,
Qui ,fuivant le ſyſtéme outré
De ce Docteur dénaturé ,
N'impofoit à nos coeurs nulle reconnoiſſance .
Le Ciel prit foin de l'éclairer.
Vers un Bourg , où du premier âge
Les vertus fembloient refpirer ,
Le Ciel guida les pas de ce prétendu Sage.
Un logis fe préfente où des Enfans heureux.
Envers un Père infirme acquittoient la nature ;
Heureux par la voluptépure
Qu'au premier des devoirs attachèrent les Dieux.
Un fauteuil fimple étoit le trône
Où fur un couffin de duvet ,
Le Vieillard d'un air fatisfait
Recevoit ces doux foins que l'amour affaiſonne.
Ses bras tomboient , privés de fentiment ;
Son coeur feul eft entier & vole fur fa bouche :
De fes Enfans la piété le touche.
Son Gendre , leur donnant l'exemple en ce moment
,
Aidé par une Soeur aimable
Qui foutenoit ce corps foible & fouffrant ,
Nourriffoit de fes mains ce Père reſpectable.
Un autre Enfant s'avance & porte un vafe plein
盧
De la liqueur enchanterelle
Qui confole , ranime & foutient la vieilleſſe .
Un troifiéme , à fon air impatient , chagrin ,
ОСТОВКЕ. 1763. 31
Trop jeune encor , fait voir une vive contrainte
De ne pouvoir fervir ce Père à fon déclin .
Sous un tiffu de laine un quatrième enfin
Entretient des les pieds la chaleur prefqu'éteinte .
Une Soeur déjà mère , inftruite en l'art d'aimer ,
Tendre & belle fans impoſture ,
Orne auffi cette Scène où brille la nature ,
Et tient un livre pour charmer
Les maux que ce Vieillard endure.
La Mère les voir tous à l'envi s'animer :
La Mère fufpend un ouvrage
Deftiné pour ce digne Epoux ,
Et lit dans l'avenir tout ce que lui préſage
Pour elle- même un spectacle fi doux.
Le plus jeune de la famille ,
Un enfant , qui comptoit à peine trois printems ,
Fruit précieux de l'hymen de la Fille , .⠀
Veut aufli prendre part à des foins ſi touchans ,
Accourt de fes bras innocens
Offrir le foible miniſtère ,
Et de fon jeune coeur fuivant le mouvement ,
Pour diftraire l'ennui du refpectable Père ,
Lui préfente un oifeau qu'il chérit tendrement.
Ce dernier trait fit répandre des larmes
A l'Ecrivain qui juſques à ce jour
Avoit du filial amour
Ofé défigurer les charmes.
Sa Raifon applaudit , fon coeur troublé fe rend :
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
Son coeur convient que fi l'Etre fuprême
Ne nous infpiroit pas cet amour en naiſſant ,
Il faudroit pour l'honneur de l'humanité même ›
Eriger en vertu ce pieux fentiment.
Par M. l'Abbé AU BERT?
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7
p. 136-137
LETTRE de M. l'Abbé AUBERT, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
Début :
L'AUTEUR de CLOVIS, Poëme Héroï-Comique en 3 volumes, que vous [...]
Mots clefs :
Auteur, Clovis, Jean-Louis Aubert, Honneur, Poème, Fables, Journal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. l'Abbé AUBERT, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
LETTRE de M. l'Abbé AUBERT , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.
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Résumé : LETTRE de M. l'Abbé AUBERT, à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
L'abbé Aubert répond à une accusation formulée par l'auteur du poème héroï-comique 'Clovis'. Cet auteur avait critiqué plusieurs écrivains, y compris Voltaire, Piron, Greffet, Thomas, Mirabeau, Rousseau et l'abbé Aubert lui-même. Aubert réfute une calomnie selon laquelle il serait l'éditeur d'un journal ayant publié ses fables. Il précise qu'il ne compose pas ce journal et que les éloges sur ses fables proviennent des 'Affiches des Provinces', rédigées par M. de Querlon. Il mentionne également que les 'Affiches de Paris' sont sous sa responsabilité, mais qu'il n'y a jamais été loué. Enfin, Aubert critique l'auteur de 'Clovis' pour son assurance à affirmer que son poème n'est pas une satire, malgré les attaques personnelles qu'il contient.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 10-11
VERS à Mde ** le jour de sa Fête.
Début :
QUAND vous vintes au monde, on prétend qu'une Fée, [...]
Mots clefs :
Dieu, Fées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS à Mde ** le jour de sa Fête.
VERS à Mde ** le jour de fa Fête.
QUAUANNDD vous vintes au monde , on prétend
qu'une Fée ,
Qui vous reçut dans ſon giren ,
Voulut en vous douant , s'ériger un Trophée
Qui mit au déſeſpoir Caraboffe &Grognon. *
* Deux Fées malfaiſantes .
FEVRIER. 1764.
Elle y parvint : de- là vient votre nom . **
Aufſi-tôt le couple en colére ,
Courut chercher parmi les Dieux
Un vengeur : mais ils ont des yeux ;
Et vous réuniſſez tout ce qu'il faut pour plaire.
Plutus *** ſeul fatisfit un courroux odieux :
On ſçait que ce Dieu n'y voit guère.
** Victoire .
*** Dieu de la Richeſſe.
Par M. l'Abbé AUBERT .
QUAUANNDD vous vintes au monde , on prétend
qu'une Fée ,
Qui vous reçut dans ſon giren ,
Voulut en vous douant , s'ériger un Trophée
Qui mit au déſeſpoir Caraboffe &Grognon. *
* Deux Fées malfaiſantes .
FEVRIER. 1764.
Elle y parvint : de- là vient votre nom . **
Aufſi-tôt le couple en colére ,
Courut chercher parmi les Dieux
Un vengeur : mais ils ont des yeux ;
Et vous réuniſſez tout ce qu'il faut pour plaire.
Plutus *** ſeul fatisfit un courroux odieux :
On ſçait que ce Dieu n'y voit guère.
** Victoire .
*** Dieu de la Richeſſe.
Par M. l'Abbé AUBERT .
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