Résultats : 12954 textes (indexation en cours)
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8101
p. 211-212
AVIS.
Début :
Le sieur Peromet fait une cire épilatoire, pour dégarnir les sourcils, [...]
Mots clefs :
Sieur Peromet, Cire épilatoire, Sourcils, Joues, Bras
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
La fieur Peromet fait une cire épilatoire , pour
dégarnir les fourcils , qui font trop couverts , le
front , les joues , les bras & mains qui font chargés
de poil. Il a établi fon bureau chez le fleur
Malivoire , Marchand Parfumeur , rue Bardubec ,
près la rue S. Méry; & chez le fieur Milon , Diftillateur-
Parfumeur , dans l'Abbaye Saint Germain-
des-Prés , cour des Religieux , chez le Mis.
roitier , près lafontaine. Le prix eft de 6 liv. & de :
1
212 MERCURE DE FRANCE.
3 liv. la douzaine. Il donne par écrit la façon de
s'en fervir.
La fieur Peromet fait une cire épilatoire , pour
dégarnir les fourcils , qui font trop couverts , le
front , les joues , les bras & mains qui font chargés
de poil. Il a établi fon bureau chez le fleur
Malivoire , Marchand Parfumeur , rue Bardubec ,
près la rue S. Méry; & chez le fieur Milon , Diftillateur-
Parfumeur , dans l'Abbaye Saint Germain-
des-Prés , cour des Religieux , chez le Mis.
roitier , près lafontaine. Le prix eft de 6 liv. & de :
1
212 MERCURE DE FRANCE.
3 liv. la douzaine. Il donne par écrit la façon de
s'en fervir.
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Résumé : AVIS.
L'avis porte sur une cire épilatoire de la fieur Peromet pour enlever les poils indésirables sur les sourcils, le front, les joues, les bras et les mains. Elle est vendue chez Malivoire, parfumeur rue Bardubec, et Milon, distillateur-parfumeur à l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés. Le prix est de 6 livres pour une unité et 3 livres pour une douzaine. Un mode d'emploi est inclus.
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8102
p. 212
AUTRE.
Début :
Le vinaigre de Turbie qui a la propriété de guérir le mal de dents, [...]
Mots clefs :
Vinaigre de turbie, Maux de dents, Gencives, Sieur Maille, Vinaigres divers, Usages multiples
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E vinaigre de Turbie qui a la propriété de gué
rir le mal de dents , & le vinaigre Romain qui les
blanchit , raffermit les gencives , & fe diftribuent
toujours avec fuccès chez le fieur Maille , Vinaigrier-
Diftillateur ordinaire de Leurs Majeſtés Imperialles
, feul poffeffeur du fecret de les compofer.
On y trouve également le véritable vinaigre
des quatre voleurs , dont la vertu eft de préferver
de tout air contagieux , comme auffi différens
vinaigres , pour blanchir & entretenir la
peau , guérir les boutons &c. , & généralement
toutes fortes de vinaigres à l'uſage de la table ,
bains & toilette , au nombre de cent foixante :
les moindres bouteilles font de trois livres . En
écrivant une lettre d'avis au fieur Maille , & ent
voyant. Pargent par la pofte le tout affranchi
de port , il fera tenir très - exactement les vinaigres
qu'on lui demandera , avec la facon de
s'en fervir. Il demeure rue Saint André des Arts ,
aux armes impériales , la troifieme porte cochere
à main droite , en entrant par le bout qui fait face
à la rue de la Huchette.
E vinaigre de Turbie qui a la propriété de gué
rir le mal de dents , & le vinaigre Romain qui les
blanchit , raffermit les gencives , & fe diftribuent
toujours avec fuccès chez le fieur Maille , Vinaigrier-
Diftillateur ordinaire de Leurs Majeſtés Imperialles
, feul poffeffeur du fecret de les compofer.
On y trouve également le véritable vinaigre
des quatre voleurs , dont la vertu eft de préferver
de tout air contagieux , comme auffi différens
vinaigres , pour blanchir & entretenir la
peau , guérir les boutons &c. , & généralement
toutes fortes de vinaigres à l'uſage de la table ,
bains & toilette , au nombre de cent foixante :
les moindres bouteilles font de trois livres . En
écrivant une lettre d'avis au fieur Maille , & ent
voyant. Pargent par la pofte le tout affranchi
de port , il fera tenir très - exactement les vinaigres
qu'on lui demandera , avec la facon de
s'en fervir. Il demeure rue Saint André des Arts ,
aux armes impériales , la troifieme porte cochere
à main droite , en entrant par le bout qui fait face
à la rue de la Huchette.
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Résumé : AUTRE.
Le texte décrit les différents types de vinaigres proposés par le sieur Maille, vinaigrier-distillateur des Majestés Impériales. Parmi ces produits, on trouve le vinaigre de Turbie pour soigner le mal de dents et le vinaigre romain pour blanchir les dents et raffermir les gencives. Le vinaigre des quatre voleurs est réputé pour ses propriétés préservatrices contre les airs contagieux. D'autres vinaigres sont destinés à blanchir et entretenir la peau, guérir les boutons, ainsi qu'à des usages domestiques comme la table, les bains et la toilette. Le sieur Maille offre une large gamme de vinaigres, avec des bouteilles de trois livres au minimum. Pour commander, il suffit d'envoyer une lettre d'avis accompagnée du paiement, qui sera expédié affranchi. Le sieur Maille réside rue Saint-André des Arts, aux armes impériales, troisième porte cochère à droite en entrant par le côté face à la rue de la Huchette.
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8103
p. 212-213
AUTRE.
Début :
Il s'est établi au fauxbourg Saint-Antoine, rue de Montreuil, [...]
Mots clefs :
Manufactures de toiles, Toiles peintes, Fond d'or, Argent, Tapisseries, Solidité, Éclat
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Il s'eft établi an fauxbourg Saint- Antoine , rue
de Montreuil , dans la maiſon de M. Titon , uné
Manufacture de toiles peintes à fond d'or , d'ar
gent , en camayeux , propres pour tapifferies
JUIN. 1757. " 213
d'antichambre , falles à manger & cabinets . Pour
paravents & écrans ; même pour fauteuils . Outre
une folidité reconnue , qui forme la qualité
effentielle de ces toiles , elles ont un éclat admirable
, qui imite les étoffes riches & le damas
on les lave fans les ternir , & elles ne fouffrent
aucuns infectes partout où elles font tendues.
Il s'eft établi an fauxbourg Saint- Antoine , rue
de Montreuil , dans la maiſon de M. Titon , uné
Manufacture de toiles peintes à fond d'or , d'ar
gent , en camayeux , propres pour tapifferies
JUIN. 1757. " 213
d'antichambre , falles à manger & cabinets . Pour
paravents & écrans ; même pour fauteuils . Outre
une folidité reconnue , qui forme la qualité
effentielle de ces toiles , elles ont un éclat admirable
, qui imite les étoffes riches & le damas
on les lave fans les ternir , & elles ne fouffrent
aucuns infectes partout où elles font tendues.
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Résumé : AUTRE.
En juin 1757, une manufacture de toiles peintes a été fondée rue de Montreuil, chez M. Titon. Elle produit des toiles à fond d'or, d'argent et en camaïeux pour tapisseries, salles à manger et cabinets. Ces toiles servent aussi pour les paravents, écrans et fauteuils. Elles sont reconnues pour leur solidité, leur éclat imitant les étoffes riches et le damas, et peuvent être lavées sans se ternir ni s'infecter.
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8104
p. 213-214
AUTRE.
Début :
M. Rabiqueau ayant été consulté pour trouver le moyen de filer le soin, [...]
Mots clefs :
M. Rabiqueau, Rouet, Bottes, Optique, Illumination, Lampes
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
M. Rabiqueau ayant été confulté pour trouver
le moyen de filer le foin , il a fait ufage d'un rouet
de corderie qu'il a perfectionné pour cet effet , &
a réduit la botte de dix livres , filée , coquetée &
furcoquetée , à quatre pieds de long fur cinq pouces
de diametre , au lieu que la même botte a
près de quatre pieds de long fur un pied de diametre
: de- là les perfonnes qui veulent faire ufage
de fes rouets gagneront beaucoup pour la place &
le tranfport. Un bateau chargera au moins trois
fois davantage , & ne fera plus obligé à fe borner
pour les arches des ponts.. Il en résulte la même
commodité pour les magafins , & les voitures pour
guerre. Il faudra moins d'hommes , moins d'équipages
, & moins de chevaux. la
•
Les curieux , en venant voir les repréſentations
quis fesfont tous les après-midi chez M. Rabiqueau
, trouveront la premiere botte qui a été filée
le 4 de ce mois.
M. Rabiqueau a perfectionné une nouvelle optique
en illumination , qu'il a donnée au Public
fans avoir été annoncée. Plufieurs perſonnes l'ont
invité à l'indiquer , parce que la vivacité de fes
lampes optiques y produit un effet au deffus du
naturel ; le vif des lampions , des terrines , flammifie
dans toute l'illumination. Le ciel , les
214 MERCURE DE FRANCE.
hommes , les maiſons , tout y eft éclairé d'un ré
flet qui tient l'Amateur dans l'admiration ; &
ceux qui ont cherché à copier , n'ont fait & ne
feront que des à peu près ; de même que ceux que
s'efforcent de contrefaire fes lampes optiques qui
ne fe trouvent qu'au cabinet privilégié du Roi, rue
Saint Jacques , vis -à- vis les Filles Sainte -Marie.
Le foir on voit un billard de deux feules lampes,
qui forment un jour brillant fans interruption
pour moucher ; ce qui eft fort gracieux pour les
joueurs. On a ajouté aux lampes un fil de fer qui
fixe le niveau des meches , & foulage l'attention
des domeftiques en rendant l'effet plus beau .
M. Rabiqueau ayant été confulté pour trouver
le moyen de filer le foin , il a fait ufage d'un rouet
de corderie qu'il a perfectionné pour cet effet , &
a réduit la botte de dix livres , filée , coquetée &
furcoquetée , à quatre pieds de long fur cinq pouces
de diametre , au lieu que la même botte a
près de quatre pieds de long fur un pied de diametre
: de- là les perfonnes qui veulent faire ufage
de fes rouets gagneront beaucoup pour la place &
le tranfport. Un bateau chargera au moins trois
fois davantage , & ne fera plus obligé à fe borner
pour les arches des ponts.. Il en résulte la même
commodité pour les magafins , & les voitures pour
guerre. Il faudra moins d'hommes , moins d'équipages
, & moins de chevaux. la
•
Les curieux , en venant voir les repréſentations
quis fesfont tous les après-midi chez M. Rabiqueau
, trouveront la premiere botte qui a été filée
le 4 de ce mois.
M. Rabiqueau a perfectionné une nouvelle optique
en illumination , qu'il a donnée au Public
fans avoir été annoncée. Plufieurs perſonnes l'ont
invité à l'indiquer , parce que la vivacité de fes
lampes optiques y produit un effet au deffus du
naturel ; le vif des lampions , des terrines , flammifie
dans toute l'illumination. Le ciel , les
214 MERCURE DE FRANCE.
hommes , les maiſons , tout y eft éclairé d'un ré
flet qui tient l'Amateur dans l'admiration ; &
ceux qui ont cherché à copier , n'ont fait & ne
feront que des à peu près ; de même que ceux que
s'efforcent de contrefaire fes lampes optiques qui
ne fe trouvent qu'au cabinet privilégié du Roi, rue
Saint Jacques , vis -à- vis les Filles Sainte -Marie.
Le foir on voit un billard de deux feules lampes,
qui forment un jour brillant fans interruption
pour moucher ; ce qui eft fort gracieux pour les
joueurs. On a ajouté aux lampes un fil de fer qui
fixe le niveau des meches , & foulage l'attention
des domeftiques en rendant l'effet plus beau .
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Résumé : AUTRE.
M. Rabiqueau a innové en développant une méthode pour filer le foin à l'aide d'un rouet de corderie amélioré. Cette technique réduit une botte de foin de dix livres à une dimension de quatre pieds sur cinq pouces de diamètre, contre quatre pieds sur un pied précédemment. Cela facilite le transport, permettant aux bateaux, magasins et voitures de guerre de charger plus de foin et de passer sous des arches de ponts plus basses, réduisant ainsi les besoins en hommes, équipages et chevaux. Par ailleurs, M. Rabiqueau a inventé une nouvelle optique pour l'illumination, présentée sans annonce préalable. Cette technologie produit une lumière vive et naturelle, illuminant le ciel, les hommes et les maisons. Les tentatives de reproduction de cette optique ont seulement donné des résultats imparfaits. Les lampes optiques de M. Rabiqueau sont disponibles exclusivement au cabinet privilégié du Roi, rue Saint-Jacques, face aux Filles Sainte-Marie. Une démonstration notable montre un billard éclairé par deux lampes seulement, offrant une lumière continue sans rajustement des mèches, grâce à un fil de fer fixant leur niveau.
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8105
p. 214
ERRATA du premier Mercure de Juin.
Début :
Page 117, ligne 23 & 24, tous ses traits sont beaux sans être exactement [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA du premier Mercure de Juin.
ERRATA
du premier Mercure de Juin.
AGE 117 , ligne 23 & 24, tous les traits font
beaux fans être exactement régulier , lifex , ré
guliers.
Page 186 , lig. 1718 , elle fut repréfentée la
cinquieme fois , lifez , pour la cinquieme fois.
Page 187 , lig, 15 , 16 & 17 , il a paru enfuite
dans l'Andrienne , l'Enfant prodigue & Maho¬
met , par les rôles de Simon , Euphemon pere,
& Zopire , lifez , il a continué dans l'Andrienne
, dans l'Enfant prodigue & Mahomet , les
ôles de Simon, d'Euphemon pere, & de Zopire,
du premier Mercure de Juin.
AGE 117 , ligne 23 & 24, tous les traits font
beaux fans être exactement régulier , lifex , ré
guliers.
Page 186 , lig. 1718 , elle fut repréfentée la
cinquieme fois , lifez , pour la cinquieme fois.
Page 187 , lig, 15 , 16 & 17 , il a paru enfuite
dans l'Andrienne , l'Enfant prodigue & Maho¬
met , par les rôles de Simon , Euphemon pere,
& Zopire , lifez , il a continué dans l'Andrienne
, dans l'Enfant prodigue & Mahomet , les
ôles de Simon, d'Euphemon pere, & de Zopire,
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Résumé : ERRATA du premier Mercure de Juin.
Le document liste des corrections pour le premier numéro du Mercure de Juin. Page 117, lignes 23 et 24 : les traits doivent être réguliers. Page 186, lignes 17 et 18 : 'elle fut repréfentée la cinquieme fois' devient 'elle fut représentée pour la cinquième fois'. Page 187, lignes 15 à 17 : 'il a paru ensuite dans l'Andrienne, l'Enfant prodigue & Mahomet, par les rôles de Simon, Euphemon pere, & Zopire' devient 'il a continué dans l'Andrienne, dans l'Enfant prodigue & Mahomet, les rôles de Simon, d'Euphemon père, & de Zopire'.
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8106
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du Mercure [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois de Juin , &
je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 12 Juin 1757 .
GUIROY
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois de Juin , &
je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 12 Juin 1757 .
GUIROY
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8107
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers à Madame de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSIJ
VERS à Madame de l'Eſt ...
Le Choix difficile . Avis à Life ,
page s
6
Le Billet d'Enterrement & le Billet de Mariage..
Fable ,
18
Sur la maniere d'écrire la Vie des grands Hommes
, par M. de Maupertuis ,
Idylle
20
311
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers fur l'Ecole
de l'Amitié ,
Lettre de M. de B. à Mlle de M.
Réponse ,
Voyage de Saint- Cloud ,
Sonnet de M. de la Monnoye ,
Vers à Madame De...le jour de fa Fête ,
L'Amour , à Mlle de R…………
Byng juſtifié ,
....
33
34
39
44
52
54
ibid.
59
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure de Juin , 64
Enigmographique , tenant lieu de l'Enigme & du .
Logogryphe ,
Chanfon ,
65
66
216
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Précis ou Indication de livres nouveaux ,
67
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES,
Grammaire. Difcours hiftorique fur l'origine de
la Langue Françoiſe ,
Chirurgie. Mémoire touchant un Trépan coronnaire
,
ΙΟΣ
129
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique.
133
Gravure ,
137
Architecture. 143
Méchanique ,
144
Horlogerie.
147
ART. V. SPECTACLES,
Opera ,
163
Comédie Françoiſe ,
167
Comédie Italienne
169
Extrait de Ramir , ibid.
Concert Spirituel , 181
CS
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres 183
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 187
Bénéfices donnés , 203
Mariages & Morts , 204
Avis divers , 211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSIJ
VERS à Madame de l'Eſt ...
Le Choix difficile . Avis à Life ,
page s
6
Le Billet d'Enterrement & le Billet de Mariage..
Fable ,
18
Sur la maniere d'écrire la Vie des grands Hommes
, par M. de Maupertuis ,
Idylle
20
311
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers fur l'Ecole
de l'Amitié ,
Lettre de M. de B. à Mlle de M.
Réponse ,
Voyage de Saint- Cloud ,
Sonnet de M. de la Monnoye ,
Vers à Madame De...le jour de fa Fête ,
L'Amour , à Mlle de R…………
Byng juſtifié ,
....
33
34
39
44
52
54
ibid.
59
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure de Juin , 64
Enigmographique , tenant lieu de l'Enigme & du .
Logogryphe ,
Chanfon ,
65
66
216
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
Précis ou Indication de livres nouveaux ,
67
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES,
Grammaire. Difcours hiftorique fur l'origine de
la Langue Françoiſe ,
Chirurgie. Mémoire touchant un Trépan coronnaire
,
ΙΟΣ
129
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique.
133
Gravure ,
137
Architecture. 143
Méchanique ,
144
Horlogerie.
147
ART. V. SPECTACLES,
Opera ,
163
Comédie Françoiſe ,
167
Comédie Italienne
169
Extrait de Ramir , ibid.
Concert Spirituel , 181
CS
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres 183
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 187
Bénéfices donnés , 203
Mariages & Morts , 204
Avis divers , 211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est organisé en six sections principales. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', contient des poèmes, lettres, fables, idylles et réponses à des correspondances, incluant des œuvres comme 'Le Choix difficile' et 'Byng justifié'. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', présente des résumés ou indications de nouveaux livres. La troisième section, 'Sciences et belles-lettres', explore des sujets tels que l'origine de la langue française et un mémoire sur la chirurgie. La quatrième section, 'Beaux-arts', couvre la musique, la gravure, l'architecture, la mécanique et l'horlogerie. La cinquième section, 'Spectacles', propose des extraits d'opéras, de comédies françaises et italiennes, ainsi que des concerts spirituels. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles étrangères', relate les nouvelles de la cour, de Paris, les bénéfices donnés, les mariages et décès, ainsi que divers avis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8108
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 66. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 66. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 66. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 66.
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8109
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant. Jombert .
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8111
p. 93-94
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis faite, Lecteur, pour servir en tous lieux ; [...]
Mots clefs :
Balance
8112
p. 207-210
ALLEMAGNE.
Début :
L'Impératrice de Russie a envoyé à tous ses Ministres dans les [...]
Mots clefs :
Dantzig, Impératrice de Russie, Ministres, Roi de Prusse, Attaques, Riposte, Vaisseaux, Dresde, Ordonnance, Recrues, Ordonnances du roi de Prusse, Francfort, Haut-Palatinat, Prise de la ville, Fuite des habitants, Warendorf, Maréchal d'Estrées, Camps militaires, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DANTZICK , le 24 Mai.
L'IMPERATRICE de Ruffie a envoyé à tous fes
Miniftres dans les Cours Etrangeres le refcrit fuivant
. « Ayant déja témoigné fuffisamment par
» plufieurs Déclarations à toutes les Cours , com-
» bien Nous fommes mécontente de la maniere
» dont le Roi de Pruffe attaque nos Alliés , & que
» Nous fommes réfolue de faire une puiffante di-
» verfion pour leur fecours ; Nous ne le répéteront
point ici. Mais comme on ne peut aider
» nofdits Alliés ni détourner de chez eux le
» fléau de la guerre , qu'en attaquant pareille-
>> ment le Roi de Pruffe dans fes poffeffions ,
» Nous avons ordonné de bloquer d'abord tous
» les Ports de fon Royaume , afin d'y empêcher
» toute entrée & fortie de provifions , & même
» tout commerce , fuivant Pufage de la guerre.
» Ainfi S. M. Imp. charge tous fes Miniftres dans
» les Cours Etrangeres , de communiquer ceci ,
» en ajoutant que nonn--ffeulement on ne permettra
» à aucun Bâtiment d'entrer dans les Ports Pruf-
» fiens ; mais que même , fi quelque Maître de
Navire fe laiffoit employer pour y tranfporter
» des troupes Pruffiennes , de l'artillerie ou des
munitions de guerre, le Bâtiment fera , felon les
208 MERCURE DE FRANCE.
» loix de la guerre , déclaré de bonne prife , fans
» autre formalité. Et l'on a donné en conféquence
>> une note à tous les Miniftres Etrangers , qui
» réfident à Petersbourg. »
Conformement à ce recit , plufieurs Vaiffaux
de l'Impératrice de Ruffie croifent depuis quelques
jours devant les Ports de Memel & de Pillau
, & dans les environs de l'Ile de Hela , fituée
à l'embouchure de la Viftule. Ils fe font emparés
de quatre Navires Pruffiens , dont deux alloient de
Konifberg à Stettin. Les équipages de quelques
Bâtimens ont rapporté qu'ils avoient rencontré
dix-huit Galeres chargées de troupes Ruffiennes ,
faifant route vers la Poméranie .
DE DRESDE , le 2 Juin.
Par une nouvelle Ordonnance , qui vient d'être
fignifiée aux différens cercles de cet Electorat ,
le Directoire Général de Torgau leur demande
une nouvelle fourniture de recrues , montant à
quatre mille deux cens hommes. Il exige que chaque
homme ait au moins cinq preds cing pouces
de hauteur , & qu'aucun ne foit au-deffous de
vingt ans , ni au-deffus de trente ; & qu'ils foient
tout- prêts à être livrés dans trois ſemaines.
On affure que la nuit du 27 au 28 du mois dernier
les troupes Autrichiennes , qui font dans
Prague , ont fait une feconde fortie. Divers avis
confirment que dans celle du 24 elles ont tué
beaucoup de monde aux Pruffiens.
Il paroît deux nouvelles Ordonnances du Roi
de Pruffe. Par la premiere , ce Prince demande
à la Nobleffe de l'Electorat de Saxe une avance de
fix cens mille écus , qu'il promet de rembourfer
après la guerre. La feconde porte que , fi léshaJUILLET.
1757. 209
bitans de Léipfick ne fourniffent pas fans délai la
fomme qui leur a été impofée , on arrêtera dix
d'entr'eux , pris en partie parmi les Magiftrats ,
en partie dans le Corps des Négocians , & que
ces dix perfonnes feront détenues en priſon jufqu'à
l'entier paiement de cette fomme.
DE FRANC FORT , les Juin .
Par les lettres reçues du haut- Palatinat , on a
appris qu'un Corps de 1500 Pruffiens s'eft emparé
de la petite ville de Scwabach , appartenante au
Margrave d'Anfpach , & qu'enfuite ce Corps s'étant
préfenté aux portes de Nuremberg , il a demandé
que les habitans de cette derniere Ville
euffent à déclarer s'ils étoient amis ou ennemis ,
& au cas qu'ils priffent le premier parti , qu'ils
remiffent toute l'artillerie de la Place , finon
qu'on agiroit hoftilement contr'eux. Les villes
de Bamberg & d'Aichfted font dans la derniere
frayeur. Prefque tous les habitans prennent la
fuite. Cependant le bruit vient de fe répandre que
ce détachement Pruffien s'étoit retiré . pour fe
porter dans la Principauté d'Anſpach.
DE WAREN DORFF , le 7 Juin.
9
Le Maréchal d'Eftrées a porté l'armée du Roi
fur l'Embs où elle eft campée en différens
Corps , dont les mouvemens ont été fucceffifs . Il
a laiffé à Tellight une réſerve de huit Bataillons de
Grenadiers Royaux , & d'un Régiment de Dragons.
L'abondance des pluies a tellement gâté les
chemins , que ce Géneral n'a pu encore être joint
par le Corps féparé , que commande le Prince de
Soubize.
Les ennemis fe font raffemblés à Brackwede . Ils
campent fur deux lignes , ayant devant leur cen210
MERCURE DE FRANCE.
tré ce village , & en avant un ruiffeau & des ma→ :
rais. Le Duc de Cumberland a laiffé douze cens
hommes dans Rittberg , dont les abords font
aufà très marécageux.
DE DANTZICK , le 24 Mai.
L'IMPERATRICE de Ruffie a envoyé à tous fes
Miniftres dans les Cours Etrangeres le refcrit fuivant
. « Ayant déja témoigné fuffisamment par
» plufieurs Déclarations à toutes les Cours , com-
» bien Nous fommes mécontente de la maniere
» dont le Roi de Pruffe attaque nos Alliés , & que
» Nous fommes réfolue de faire une puiffante di-
» verfion pour leur fecours ; Nous ne le répéteront
point ici. Mais comme on ne peut aider
» nofdits Alliés ni détourner de chez eux le
» fléau de la guerre , qu'en attaquant pareille-
>> ment le Roi de Pruffe dans fes poffeffions ,
» Nous avons ordonné de bloquer d'abord tous
» les Ports de fon Royaume , afin d'y empêcher
» toute entrée & fortie de provifions , & même
» tout commerce , fuivant Pufage de la guerre.
» Ainfi S. M. Imp. charge tous fes Miniftres dans
» les Cours Etrangeres , de communiquer ceci ,
» en ajoutant que nonn--ffeulement on ne permettra
» à aucun Bâtiment d'entrer dans les Ports Pruf-
» fiens ; mais que même , fi quelque Maître de
Navire fe laiffoit employer pour y tranfporter
» des troupes Pruffiennes , de l'artillerie ou des
munitions de guerre, le Bâtiment fera , felon les
208 MERCURE DE FRANCE.
» loix de la guerre , déclaré de bonne prife , fans
» autre formalité. Et l'on a donné en conféquence
>> une note à tous les Miniftres Etrangers , qui
» réfident à Petersbourg. »
Conformement à ce recit , plufieurs Vaiffaux
de l'Impératrice de Ruffie croifent depuis quelques
jours devant les Ports de Memel & de Pillau
, & dans les environs de l'Ile de Hela , fituée
à l'embouchure de la Viftule. Ils fe font emparés
de quatre Navires Pruffiens , dont deux alloient de
Konifberg à Stettin. Les équipages de quelques
Bâtimens ont rapporté qu'ils avoient rencontré
dix-huit Galeres chargées de troupes Ruffiennes ,
faifant route vers la Poméranie .
DE DRESDE , le 2 Juin.
Par une nouvelle Ordonnance , qui vient d'être
fignifiée aux différens cercles de cet Electorat ,
le Directoire Général de Torgau leur demande
une nouvelle fourniture de recrues , montant à
quatre mille deux cens hommes. Il exige que chaque
homme ait au moins cinq preds cing pouces
de hauteur , & qu'aucun ne foit au-deffous de
vingt ans , ni au-deffus de trente ; & qu'ils foient
tout- prêts à être livrés dans trois ſemaines.
On affure que la nuit du 27 au 28 du mois dernier
les troupes Autrichiennes , qui font dans
Prague , ont fait une feconde fortie. Divers avis
confirment que dans celle du 24 elles ont tué
beaucoup de monde aux Pruffiens.
Il paroît deux nouvelles Ordonnances du Roi
de Pruffe. Par la premiere , ce Prince demande
à la Nobleffe de l'Electorat de Saxe une avance de
fix cens mille écus , qu'il promet de rembourfer
après la guerre. La feconde porte que , fi léshaJUILLET.
1757. 209
bitans de Léipfick ne fourniffent pas fans délai la
fomme qui leur a été impofée , on arrêtera dix
d'entr'eux , pris en partie parmi les Magiftrats ,
en partie dans le Corps des Négocians , & que
ces dix perfonnes feront détenues en priſon jufqu'à
l'entier paiement de cette fomme.
DE FRANC FORT , les Juin .
Par les lettres reçues du haut- Palatinat , on a
appris qu'un Corps de 1500 Pruffiens s'eft emparé
de la petite ville de Scwabach , appartenante au
Margrave d'Anfpach , & qu'enfuite ce Corps s'étant
préfenté aux portes de Nuremberg , il a demandé
que les habitans de cette derniere Ville
euffent à déclarer s'ils étoient amis ou ennemis ,
& au cas qu'ils priffent le premier parti , qu'ils
remiffent toute l'artillerie de la Place , finon
qu'on agiroit hoftilement contr'eux. Les villes
de Bamberg & d'Aichfted font dans la derniere
frayeur. Prefque tous les habitans prennent la
fuite. Cependant le bruit vient de fe répandre que
ce détachement Pruffien s'étoit retiré . pour fe
porter dans la Principauté d'Anſpach.
DE WAREN DORFF , le 7 Juin.
9
Le Maréchal d'Eftrées a porté l'armée du Roi
fur l'Embs où elle eft campée en différens
Corps , dont les mouvemens ont été fucceffifs . Il
a laiffé à Tellight une réſerve de huit Bataillons de
Grenadiers Royaux , & d'un Régiment de Dragons.
L'abondance des pluies a tellement gâté les
chemins , que ce Géneral n'a pu encore être joint
par le Corps féparé , que commande le Prince de
Soubize.
Les ennemis fe font raffemblés à Brackwede . Ils
campent fur deux lignes , ayant devant leur cen210
MERCURE DE FRANCE.
tré ce village , & en avant un ruiffeau & des ma→ :
rais. Le Duc de Cumberland a laiffé douze cens
hommes dans Rittberg , dont les abords font
aufà très marécageux.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Au milieu du XVIIIe siècle, des tensions militaires et diplomatiques opposent l'Allemagne à ses voisins. L'impératrice de Russie exprime son mécontentement envers les actions du roi de Prusse contre ses alliés et ordonne le blocus des ports prussiens, empêchant ainsi toute entrée ou sortie de provisions et de commerce. Des vaisseaux russes patrouillent devant les ports de Memel, Pillau et près de l'île de Hela, capturant quatre navires prussiens. Des galères russes transportant des troupes se dirigent vers la Poméranie. À Dresde, le Directoire Général de Torgau réclame une levée de 4 200 recrues âgées de 20 à 30 ans, à mobiliser en trois semaines. Les troupes autrichiennes à Prague effectuent des sorties contre les Prussiens. Le roi de Prusse demande des avances financières à la noblesse saxonne et menace les habitants de Leipzig de représailles s'ils ne paient pas les sommes imposées. En Franconie, un corps de 1 500 Prussiens prend la ville de Schwabach et menace Nuremberg avant de se retirer vers la Principauté d'Anspach. Le maréchal d'Estrées déplace l'armée française sur l'Embs, malgré les chemins détériorés par les pluies. Les forces ennemies se regroupent à Brackwede, tandis que le duc de Cumberland laisse 1 200 hommes à Rittberg.
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8113
p. 210
ESPAGNE.
Début :
Les habitants d'Oporto, en punition de leur révolte, sont condamnés à avoir chez [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Porto, Punition, Troupes, Emprisonnement, Pendaison, Madrid, Corsaire anglais, Tirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
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Résumé : ESPAGNE.
À Oporto, les habitants sont punis pour rébellion en logeant des troupes à leurs frais. Les privilèges politiques locaux sont supprimés, et plus de trois cents personnes sont emprisonnées. Le juge du peuple est humilié publiquement. À Madrid, un navire anglais attaque un vaisseau espagnol aux Caraïbes, tuant deux Espagnols et en blessant plusieurs.
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8114
p. 210-211
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La Compagnie des Indes vient de recevoir des nouvelles très-facheuses [...]
Mots clefs :
Londres, Compagnie des Indes, Vaisseaux, Conflits, Pillages, Gouverneur, Equipage
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 7 Juin.
La Compagnie des Indes vient de recevoir des
nouvelles très-facheufes par fes Vaiffeaux le Portfield
, l'Edgcote & le Chefterfield. Selon le rapport,
JUILLET. 1757. 211
des équipages de ces Bâtimens , qui reviennent
des côtes de Malabar & de Coromandel , Sourajée
Doulah , petit- fils & fucceffeur de feu Aliverdée
Kan , Nabab de Bengale , a demandé des
fommes confidérables aux Anglois établis dans le
voisinage de fes états. Les Anglois n'y ayant point
fatisfait , il a marché dans le mois de Juin de l'année
derniere avec foixante mille hommes à Calécut
, dont il s'eft rendu maître , ainfi que de tous
les autres établiffemens de la compagnie fur la
côte. Il y a exterminé tout ce qu'il y a rencontré
, & il a enlevé l'argent & les marchandiſes de
tous les comtoirs. Les Gouverneurs de Madras &
de Bombay ont fait partir fur l'Eſcadre de l'Amiral
Wafton un Corps de troupes , pour tâcher de
rétablir le Fort Guillaume , que le Nabab a détruit.
On a été informé par les mêmes équipages
que le Vaiffeau le Doddington , appartenant à la
Compagnie , avoit fait naufrage près du Cap de
Bonne-Efperance , & qu'on n'avoit pu fauver que
vingt-fept des perfonnes qui étoient à bord. Un
autre Vaiffeau de la Compagnie nommé le
Protecteur , & armé en courfe , s'eft emparé d'un
Navire François , parti de Pondichery.
DE LONDRES , le 7 Juin.
La Compagnie des Indes vient de recevoir des
nouvelles très-facheufes par fes Vaiffeaux le Portfield
, l'Edgcote & le Chefterfield. Selon le rapport,
JUILLET. 1757. 211
des équipages de ces Bâtimens , qui reviennent
des côtes de Malabar & de Coromandel , Sourajée
Doulah , petit- fils & fucceffeur de feu Aliverdée
Kan , Nabab de Bengale , a demandé des
fommes confidérables aux Anglois établis dans le
voisinage de fes états. Les Anglois n'y ayant point
fatisfait , il a marché dans le mois de Juin de l'année
derniere avec foixante mille hommes à Calécut
, dont il s'eft rendu maître , ainfi que de tous
les autres établiffemens de la compagnie fur la
côte. Il y a exterminé tout ce qu'il y a rencontré
, & il a enlevé l'argent & les marchandiſes de
tous les comtoirs. Les Gouverneurs de Madras &
de Bombay ont fait partir fur l'Eſcadre de l'Amiral
Wafton un Corps de troupes , pour tâcher de
rétablir le Fort Guillaume , que le Nabab a détruit.
On a été informé par les mêmes équipages
que le Vaiffeau le Doddington , appartenant à la
Compagnie , avoit fait naufrage près du Cap de
Bonne-Efperance , & qu'on n'avoit pu fauver que
vingt-fept des perfonnes qui étoient à bord. Un
autre Vaiffeau de la Compagnie nommé le
Protecteur , & armé en courfe , s'eft emparé d'un
Navire François , parti de Pondichery.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
La Compagnie des Indes a reçu des nouvelles inquiétantes des vaisseaux Portfield, Edgcote et Chesterfield, signalant des attaques sur les côtes de Malabar et de Coromandel. Surajee Doulah, successeur d'Aliverdi Khan, Nabab de Bengale, a exigé des sommes importantes des Britanniques, qui ont refusé. En juin 1756, il a attaqué et pris Calcutta ainsi que les autres établissements britanniques, tuant les occupants et pillant les biens. Les gouverneurs de Madras et de Bombay ont envoyé des troupes commandées par l'amiral Waston pour reprendre le Fort William, détruit par le Nabab. Par ailleurs, le vaisseau Doddington a fait naufrage près du Cap de Bonne-Espérance, avec seulement vingt-sept survivants. Le vaisseau Protecteur a capturé un navire français en provenance de Pondichéry.
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8115
p. 211-212
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 29 Mai, fête de la Pentecôte, les Chevaliers, Commandeurs [...]
Mots clefs :
Fête de la Pentecôte, Chevaliers, Comtes, Duc, Ordre
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 29 Mai , fête de la Pentecôte , les Cheva
liers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
Saint-Efprit , s'etant affemblés vers les onze heures
du matin dans le Cabinet du Roi ; Sa Majefté
sint un Chapitre, L'information des vie & moeurs ,
212 MERCURE DE FRANCE.
& la Profeffion de Foi du Marquis d'Offun , quí
avoient été propofées le premier janvier de cette
année pour être Chevalier , furent admifes. Ses
preuves de noblefle ayant éte faites auparavant ,
Sa Majefté lui avoit envoyé la permiffion de porter
les marques de l'Ordre , en attendant qu'il
pût le faire recevoir. Le Comte de Stainville ,
qui avoit éte propofé le premier janvier de l'année
derniere , pour être Chevalier , & qui avoit
obtenu cette même permiffion , après avoir fatisfait
aux preuves de religion & de nobleffe ; &
à l'information des vie & moeurs , fut introduit
dans le Cabinet de Sa Majefté , & reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint-Michel. Le Roi fortit enfuite
de fon appartement , pour aller à la Chapelle. Sa
Majefté , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui
de l'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée
de Monfeigneur le Dauphin , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , da Prince de
Conty , du Comte d'Eu , du Duc de Penthievre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Le nouveau Chevalier , «en habit de Novice
, marchoit entre les Chevaliers & les Officters.
Après la grand'Meffe , qui fut célébrée par
l'Archevêque de Narbonne , Prélat - Commandeur
de l'Ordre du Saint- Esprit , Sa Majefté monta fur
fon Trône , & revêtit des marques de l'Ordre le
Comte de Stainville , qui eut pour parreins le
Maréchal de Clermont - Tonnerre , & le Marquis
de Beringhen. Cette cérémonie étant finie , le
Roi fut reconduit à fon appartement en la maniere
accoutumée .
LE 29 Mai , fête de la Pentecôte , les Cheva
liers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
Saint-Efprit , s'etant affemblés vers les onze heures
du matin dans le Cabinet du Roi ; Sa Majefté
sint un Chapitre, L'information des vie & moeurs ,
212 MERCURE DE FRANCE.
& la Profeffion de Foi du Marquis d'Offun , quí
avoient été propofées le premier janvier de cette
année pour être Chevalier , furent admifes. Ses
preuves de noblefle ayant éte faites auparavant ,
Sa Majefté lui avoit envoyé la permiffion de porter
les marques de l'Ordre , en attendant qu'il
pût le faire recevoir. Le Comte de Stainville ,
qui avoit éte propofé le premier janvier de l'année
derniere , pour être Chevalier , & qui avoit
obtenu cette même permiffion , après avoir fatisfait
aux preuves de religion & de nobleffe ; &
à l'information des vie & moeurs , fut introduit
dans le Cabinet de Sa Majefté , & reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint-Michel. Le Roi fortit enfuite
de fon appartement , pour aller à la Chapelle. Sa
Majefté , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui
de l'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée
de Monfeigneur le Dauphin , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , da Prince de
Conty , du Comte d'Eu , du Duc de Penthievre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Le nouveau Chevalier , «en habit de Novice
, marchoit entre les Chevaliers & les Officters.
Après la grand'Meffe , qui fut célébrée par
l'Archevêque de Narbonne , Prélat - Commandeur
de l'Ordre du Saint- Esprit , Sa Majefté monta fur
fon Trône , & revêtit des marques de l'Ordre le
Comte de Stainville , qui eut pour parreins le
Maréchal de Clermont - Tonnerre , & le Marquis
de Beringhen. Cette cérémonie étant finie , le
Roi fut reconduit à fon appartement en la maniere
accoutumée .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 29 mai, les membres de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent dans le cabinet du Roi pour un chapitre. Le Marquis d'Offun, proposé le 1er janvier, fut admis après évaluation de sa vie, de ses mœurs et de sa profession de foi. Il avait déjà obtenu la permission de porter les marques de l'Ordre. Le Comte de Stainville, proposé le 1er janvier précédent, fut également reçu Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel après avoir satisfait aux preuves de religion, de noblesse et d'information sur sa vie et ses mœurs. Le Roi, accompagné de dignitaires dont le Dauphin, se rendit à la chapelle pour la grand-messe célébrée par l'Archevêque de Narbonne. Après la messe, le Roi, aidé par le Maréchal de Clermont-Tonnerre et le Marquis de Beringhen, revêtit le Comte de Stainville des marques de l'Ordre. La cérémonie se conclut par le retour du Roi à ses appartements.
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8116
p. 213
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, vous avez consacré dans vos fastes, comme un monument précieux [...]
Mots clefs :
Ordonnance, M. Brou, Corvées, Nouvelles ordonnance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DU MERCURE.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR, ONSIEUR , VOUS avez confacré dans vos faſtes,
comme un monument précieux de fageffe & d'humanité
, l'Ordonnance de M. de Brou , qui a réglé
& adouci les opérations de la corvée. Voici
une autre Ordonnance du même Magiftrat , qui
enchérit encore fur la premiere , en réduisant à
moitié la tâche impoſée aux Corvéables de cette
Généralité. Je crois , Monfieur , que vous dépoferez
avec plaifir ce nouveau tréfor dans le prochain
Mercure , & que vous me fçaurez gré de
vous l'avoir mis entre les mains. M. de Brou me
fournira fouvent , à ce que je penſe , l'occaſion
dé vous faire de femblables préfens . Il n'eft pas
homme à fe laffer de bien faire. Jamais Intendant
n'a joint à l'efprit & aux talens , autant d'envie de
foulager les peuples & de les rendre heureux .
C'est une juftice que toute la Province lui rend , &
dont je vous prie de publier ce témoignage.
J'ai l'honneur d'être , &c.
De Magny , ce 13 Juin 1757.
MONSIEUR, ONSIEUR , VOUS avez confacré dans vos faſtes,
comme un monument précieux de fageffe & d'humanité
, l'Ordonnance de M. de Brou , qui a réglé
& adouci les opérations de la corvée. Voici
une autre Ordonnance du même Magiftrat , qui
enchérit encore fur la premiere , en réduisant à
moitié la tâche impoſée aux Corvéables de cette
Généralité. Je crois , Monfieur , que vous dépoferez
avec plaifir ce nouveau tréfor dans le prochain
Mercure , & que vous me fçaurez gré de
vous l'avoir mis entre les mains. M. de Brou me
fournira fouvent , à ce que je penſe , l'occaſion
dé vous faire de femblables préfens . Il n'eft pas
homme à fe laffer de bien faire. Jamais Intendant
n'a joint à l'efprit & aux talens , autant d'envie de
foulager les peuples & de les rendre heureux .
C'est une juftice que toute la Province lui rend , &
dont je vous prie de publier ce témoignage.
J'ai l'honneur d'être , &c.
De Magny , ce 13 Juin 1757.
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Résumé : A L'AUTEUR DU MERCURE.
Une lettre informe d'une ordonnance de M. de Brou réduisant de moitié la tâche des corvéables. Après une précédente ordonnance allégeant la corvée, l'auteur espère voir cette mesure publiée dans le Mercure. Il loue l'esprit et les talents de M. de Brou, ainsi que son désir de soulager les peuples. La lettre, datée du 13 juin 1757, demande la publication de ce témoignage de justice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8117
p. 213-215
ORDONNANCE de M. l'Intendant de la Généralité de Rouen, qui réduit à moitié la tâche qui avoit été imposée à tous les Corvéables de cette Généralité. Du 12 Mai 1757.
Début :
Antoine-Paul-Joseph Feydeau-de Brou, &c. Etant informés des maux que la [...]
Mots clefs :
Ordonnance, Corvées, Cherté, Articles, Déductions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDONNANCE de M. l'Intendant de la Généralité de Rouen, qui réduit à moitié la tâche qui avoit été imposée à tous les Corvéables de cette Généralité. Du 12 Mai 1757.
ORDONNANCE de M. l'Intendant de
La Généralité de Rouen , qui réduit à moitié
la tâche qui avoit été impofée à tous les Corvéables
de cette Généralité. Du 12 Mai 1757.
ANTOINE-PAUL- JOSEPH FEYDEAU - DE BROU, &c.
Etant informés des maux que la cherté des bleds ,
occafionnée par la mauvaiſe récolte de l'année
derniere , a produit dans un grand nombre de
Paroiffes de notre Généralité employées aux
travaux de la corvée , quoique les approches de
la récolte , les ordres que nous avons donnés
>
214 MERCURE DE FRANCE.
pour empêcher l'exportation des grains à l'Etran
ger , la liberté & la protection que nous avons
promife & que nous ne cefferons d'accorder au
commerce des bleds dans l'étendue de notre Département
, les mefures même que nous avons
prifes pour l'exciter par des encouragemens , &
engager par des récompenfes à en faire venir , foit
d'autres Provinces , foit des pays étrangers , doivent
nous faire eſpérer une diminution prochaine ;
Nous n'avons pas cru devoir cependant différer
plus long-temps de donner aux habitans de notre
Généralité , les foulagemens que nous chercherons
toujours à leur procurer. Nous avons voulu
aller au devant de leurs befoins , & prévenir par
une diminution générale fur les travaux de la
corvée , les repréſentations qu'ils auroient été
dans le cas de nous adreffer. A ces cauſes , Nous
avons ordonné ce qui fuit :
ART. I. La tâche de tous les Corvéables , tant
Laboureurs que Journaliers de toutes les Paroiffes
de notre Généralité , demeurera réduite à la moitié
de celle qui leur avoit été impolée par les
Mandemens que Nous leur avons ci-devant envoyés.
•
ART. II. Il fera à cet effet par Nous adreffé des
ordres à tous les fous- Ingénieurs , chargés de
l'inſpection des différentes routes pour faire ladite
déduction fur les Mandemens qui ont été remis
entre les mains des Syndics des Paroiffes employées
aux travaux defdites routes .
ART. III. Nonobftant ladite déduction, pourront
néanmoins les Syndics & les Paroiffes , qui auront
rempli les conditions prefcrites par les articles.
XVIII , XIX , XXI & XXII de notre Ordonnance
du 15 Novembre dernier , au fujet des corvées ,
prétendre aux récompenfes qui leur ont été par
Nous promifes , notre intention étant que lesdites
JUILLET. 1757. 215
récompenfes leur foient accordées pour la moitié
de leur tâche , comme fi elles avoient rempli leurdite
tâche en entier ; & fera au furplus notre pré- :
cédente Ordonnance exécutée felon fa forme &
teneur. Sera auffi notre préſente Ordonnance imprimée
, lue , publiée & affichée partout où beſoin
fera dans l'étendue de notre Généralité.
La Généralité de Rouen , qui réduit à moitié
la tâche qui avoit été impofée à tous les Corvéables
de cette Généralité. Du 12 Mai 1757.
ANTOINE-PAUL- JOSEPH FEYDEAU - DE BROU, &c.
Etant informés des maux que la cherté des bleds ,
occafionnée par la mauvaiſe récolte de l'année
derniere , a produit dans un grand nombre de
Paroiffes de notre Généralité employées aux
travaux de la corvée , quoique les approches de
la récolte , les ordres que nous avons donnés
>
214 MERCURE DE FRANCE.
pour empêcher l'exportation des grains à l'Etran
ger , la liberté & la protection que nous avons
promife & que nous ne cefferons d'accorder au
commerce des bleds dans l'étendue de notre Département
, les mefures même que nous avons
prifes pour l'exciter par des encouragemens , &
engager par des récompenfes à en faire venir , foit
d'autres Provinces , foit des pays étrangers , doivent
nous faire eſpérer une diminution prochaine ;
Nous n'avons pas cru devoir cependant différer
plus long-temps de donner aux habitans de notre
Généralité , les foulagemens que nous chercherons
toujours à leur procurer. Nous avons voulu
aller au devant de leurs befoins , & prévenir par
une diminution générale fur les travaux de la
corvée , les repréſentations qu'ils auroient été
dans le cas de nous adreffer. A ces cauſes , Nous
avons ordonné ce qui fuit :
ART. I. La tâche de tous les Corvéables , tant
Laboureurs que Journaliers de toutes les Paroiffes
de notre Généralité , demeurera réduite à la moitié
de celle qui leur avoit été impolée par les
Mandemens que Nous leur avons ci-devant envoyés.
•
ART. II. Il fera à cet effet par Nous adreffé des
ordres à tous les fous- Ingénieurs , chargés de
l'inſpection des différentes routes pour faire ladite
déduction fur les Mandemens qui ont été remis
entre les mains des Syndics des Paroiffes employées
aux travaux defdites routes .
ART. III. Nonobftant ladite déduction, pourront
néanmoins les Syndics & les Paroiffes , qui auront
rempli les conditions prefcrites par les articles.
XVIII , XIX , XXI & XXII de notre Ordonnance
du 15 Novembre dernier , au fujet des corvées ,
prétendre aux récompenfes qui leur ont été par
Nous promifes , notre intention étant que lesdites
JUILLET. 1757. 215
récompenfes leur foient accordées pour la moitié
de leur tâche , comme fi elles avoient rempli leurdite
tâche en entier ; & fera au furplus notre pré- :
cédente Ordonnance exécutée felon fa forme &
teneur. Sera auffi notre préſente Ordonnance imprimée
, lue , publiée & affichée partout où beſoin
fera dans l'étendue de notre Généralité.
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Résumé : ORDONNANCE de M. l'Intendant de la Généralité de Rouen, qui réduit à moitié la tâche qui avoit été imposée à tous les Corvéables de cette Généralité. Du 12 Mai 1757.
En mai 1757, Antoine-Paul-Joseph Feydeau de Brou, Intendant de la Généralité de Rouen, publie une ordonnance réduisant de moitié la tâche imposée aux corvéables de cette région. Cette mesure est justifiée par la hausse des prix des blés, conséquence d'une mauvaise récolte l'année précédente, qui a entraîné des difficultés dans plusieurs paroisses. Malgré les efforts pour limiter l'exportation des grains et encourager leur commerce, ainsi que l'importation de blés d'autres provinces ou pays étrangers, l'Intendant décide de soulager immédiatement les habitants. L'ordonnance précise que la tâche des corvéables, qu'ils soient laboureurs ou journaliers, est réduite de moitié. Des instructions sont envoyées aux sous-ingénieurs pour appliquer cette réduction sur les mandements déjà distribués. Les paroisses ayant rempli certaines conditions peuvent encore recevoir des récompenses, calculées sur la base de la moitié de la tâche. L'ordonnance doit être imprimée, lue, publiée et affichée dans toute la Généralité.
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8118
p. 215
ERRATA du second volume de Juin.
Début :
Page 164, ligne 27, chantée supérieurement, lisez, chanté. Page 167, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA du second volume de Juin.
ERRATA du fecond volume de Juin.
PAGE 164 , ligne 27 , chantée fupérieurement ,
lifez , chanté.
Page 167 , lig. 26 & 27 , M. de la Touche , jeune
homme âgé de vingt- deux ans , lifez , de vingthuit
ans.
Page 214 , lig. 24 , on a corrigé une faute par une
autre , au lieu de , il a continué dans l'Andrienne
, dans l'Enfant prodigue & Mahomet , le rôles
de Simon , & c. lifez , par les rôles de Simon ,
d'Euphémon pere & de Zopire.
PAGE 164 , ligne 27 , chantée fupérieurement ,
lifez , chanté.
Page 167 , lig. 26 & 27 , M. de la Touche , jeune
homme âgé de vingt- deux ans , lifez , de vingthuit
ans.
Page 214 , lig. 24 , on a corrigé une faute par une
autre , au lieu de , il a continué dans l'Andrienne
, dans l'Enfant prodigue & Mahomet , le rôles
de Simon , & c. lifez , par les rôles de Simon ,
d'Euphémon pere & de Zopire.
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8119
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier, ᎪᎥ
le Mercure du mois de Juillet , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 28 Juin 1757. GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier, ᎪᎥ
le Mercure du mois de Juillet , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 28 Juin 1757. GUIROY.
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8120
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. L'Impie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS AT en Prose,
L'IMPIE & la Statue , Fable ,
Vers à mon voiſin Silene ,
page s
Z
216
Les quatre Flaçons , ou les Aventures d'Alcidonis
de Mégare , 8
L'Exiftence de Dieu & l'immatérialité de l'ame ,
Ode 39
Suite fur M. de Fontenelle , par M. Trublet , 45
Stances à M. de B... 85
89
Hiſtoire véritable , qu'on ne croira pas ,
Vers à Mademoiſelle D... le jour de fa Fête , 91
Vers à M. D... en lui envoyant des fleurs………. ibid.
Explication de l'Enigmogogryphe du fecond Mercure
de Juin ,
Enigme ,
92
Logogryphe ,
Chanſon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES,
Précis ou Indication de livres nouveaux ,
Difcours de M. le Corvaiffier , & c.
ibid .
93
94
95
141
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire, Suite du Difcours hiftorique, & c. 151
Chirurgie. Lettre au fujet des Bandages ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX- ARTS,
177
183
Méchanique. Lettre à M. de Vaucanfon , fur l'infuffifance
du nouvel établiffement , &c.
ART. V. SPECTACLES.
184
Opera ,
203
Comédie Françoiſe , ibid.
Comédie Italienne , 205
Concert Spirituel , 206
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
207
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS AT en Prose,
L'IMPIE & la Statue , Fable ,
Vers à mon voiſin Silene ,
page s
Z
216
Les quatre Flaçons , ou les Aventures d'Alcidonis
de Mégare , 8
L'Exiftence de Dieu & l'immatérialité de l'ame ,
Ode 39
Suite fur M. de Fontenelle , par M. Trublet , 45
Stances à M. de B... 85
89
Hiſtoire véritable , qu'on ne croira pas ,
Vers à Mademoiſelle D... le jour de fa Fête , 91
Vers à M. D... en lui envoyant des fleurs………. ibid.
Explication de l'Enigmogogryphe du fecond Mercure
de Juin ,
Enigme ,
92
Logogryphe ,
Chanſon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES,
Précis ou Indication de livres nouveaux ,
Difcours de M. le Corvaiffier , & c.
ibid .
93
94
95
141
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire, Suite du Difcours hiftorique, & c. 151
Chirurgie. Lettre au fujet des Bandages ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX- ARTS,
177
183
Méchanique. Lettre à M. de Vaucanfon , fur l'infuffifance
du nouvel établiffement , &c.
ART. V. SPECTACLES.
184
Opera ,
203
Comédie Françoiſe , ibid.
Comédie Italienne , 205
Concert Spirituel , 206
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
207
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. La première section comprend divers poèmes et fables, tels que 'L'Impie & la Statue' et 'Vers à mon voisin Silène', ainsi que des œuvres dédiées à des individus spécifiques. Elle aborde également des sujets philosophiques comme 'L'existence de Dieu & l'immatérialité de l'âme' et des suites littéraires, notamment sur M. de Fontenelle par M. Trublet. L'article II traite des nouvelles littéraires, incluant un précis de livres récents et un discours de M. le Corvaiffier. L'article III explore les sciences et les belles-lettres, avec des discussions sur la grammaire, la chirurgie et la musique. L'article IV se focalise sur les beaux-arts, notamment la mécanique, avec une lettre critique adressée à M. de Vaucanfon concernant un nouvel établissement. L'article V liste les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française et italienne, ainsi que les concerts spirituels. Enfin, l'article VI rapporte les nouvelles étrangères.
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8121
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 94. C'est par erreur [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 94. C'est par erreur [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 94. C'est par erreur [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 94. C'est par
erreurqu'on en a indiquée une pour lefecond volu
me de Juin , à laquelle il ne doit point y avoir de
mufique.
erreurqu'on en a indiquée une pour lefecond volu
me de Juin , à laquelle il ne doit point y avoir de
mufique.
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8124
p. 207-213
ALLEMAGNE.
Début :
Le Feld-Maréchal Comte de Daun a dépêché le Baron de Vettes [...]
Mots clefs :
Vienne, Feld-maréchal, Bataille, Victoire, Roi de Prusse, Majestés impériales, Récit de la victoire, Régiments, Bravoure, Artillerie, Cavalerie, Comtes, Barons, Prague, Ennemis, Prince Charles de Lorraine, Dresde, Armée, Bielefeld, Officier, Maréchal de camp, Garnison, Capitulation militaire
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 29 Juin.
LE Feld-Maréchal Comte de Daun a dépêché le
Baron de Vettes à Leurs Majeftés Impériales , pour
leur annoncer une victoire complette , remportée
le 18 de ce mois fur l'armée d'obfervation des ennemis
. Quelques jours auparavant , le Roi de
Pruffe avoit pris le commandement de cette armée
, qu'il avoit jointe avec douze mille hommes
, & à laquelle le Prince Maurice d'Anhalt-
Deffau en avo t conduit quinze mille autres. Ce
font les Pruffiens , qui ont attaqué les troupes de
l'Impératrice Reine. La bataille a commencé à
deux heures après-midi , & n'a fini qu'à huit
heures du foir. Les ennemis font revenus fept fois
à la charge. Dans leurs fix premieres attaques , ils
ont tourné leurs principaux efforts contre le front
& le flanc de l'aîle droite. Ils ont été repouffés à
chaque attaque avec une perte conſidérable . Sur
les fept heures ils ont fufpendu leur feu. Une
demi -heure après , le Roi de Pruffe a fait une nou
velle tentative , pour enfoncer la même aîle ,
qu'il avoit attaquée déja fix fois fans fuccès. Alors
la Cavalerie Pruffienne , combattant avec beaucoup
de défavantage parce que les troupes de l'Impératrice
Reine étoient poſtées fur des hauteurs ,
208 MERCURE DE FRANCE.
a été entiérement culbutée. Ce dernier échec a
découragé les ennemis. Ils ont pris la fuite , une
partie vers Kollin , une autre partie du côté de
Bomifchbrod.
Lorfque Leurs Majeftés Impériales reçurent la
nouvelle de cette bataille , l'Empereur le rendit
fur le champ à l'appartement de la Maréchale de
Daun , pour la lui annoncer. L'Impératrice Reine
s'y rendit bientôt après. Par cette marque de diftinction
, Leurs Majeftés Impériales ont voulu
témoigner combien Elles étoient fatisfaites de
la conduite du Feld-Maréchal de Daun. La Cour
a fait imprimer une Relation circonftanciée de l'éclatante
victoire , remportée par le Général. Cette
Relation contient plufieurs particularités , qui n'avoient
pas encore été publiées , & dont voici les
plus remarquables.
« Avant l'action , le Feld- Maréchal harangua
» les troupes , & les affura de la victoire , pour-
>> vu qu'elles promiffent de n'avancer , & de ne
» reculer que par fes ordres. Tous les Soldats ju-
>> rerent unanimement de fe conformer à ce qu'il
» leur préſcrivoit. Les Pruffiens , dans leur pre-
» miere attaque , chargerent notre droite avec
» tant de vivacité , qu'ils ébranlerent notre Ca-
» valerie. Elle fe remit cependant , & le combat
» fut rétabli parla fagefle & la valeur du Comte de
» Serbelloni , Général de Cavalerie ; des Comtes
» de Daun & d'Odonel , Lieutenans- Feld- Maré-
» chaux , & des Comtes de Trautmantsdorff &
» d'Afpremont , Majors Généraux. Le Feld- Ma-
» chal , s'étant apperçu que l'aîle droite des en-
» nemis faifoit un mouvement , ordonna à la Ca-
» valerie de notre gauche d'attaquer cette aîle :
» ce qui fut exécuté avec un tel fuccès , que les
Prumens n'oferent plus rien tenter de ce côté.
A O UST. 1757 209
Leur perte eft beaucoup plus confidérable
» qu'on ne l'avoit cru d'abord. Elle monte à près
de vingt mille hommes. On a enterré fur le
» champ de bataille fix mille cinq cens de leurs
» morts. Nous avons fept mille de leurs bleffés.
» Parmi les prifonniers , on compte cent vingt
» Officiers , il eft arrivé à notre armée plus de
trois mille déferteurs , indépendamment de
ceux qui le font répandus de côté & d'autre dans
» la Boheme & dans les Provinces voifines . Il y a
» eu huit mille hommes tués ou bleffés du côté
des troupes de l'Impératrice Reine. Le Baron
» de Luzow , Lieutenant-Feld - Maréchal , eft du
nombre des premiers. Dans la lifte des prin-
» cipaux Officiers bleffés on doit ajouter au
» Comte de Serbelloni , & au Prince Charles de
» Lobckowitz , le Baron de Wolwarth , Lieute-
» nant-Feld- Maréchal & le Major Général ,
Wolff. Le Régiment de Botta s'eft infiniment
diftingué. Après avoir tiré toutes les cartou-
» ches , il a tenu ferme la bayonnette au bout du
» fufil. La bravoure du Prince de Kinsky , Co-
» lonel de ce Régiment , n'a pas peu contribué
» à foutenir l'ardeur de fes Officiers & de fes Soldats.
Les Régimens de Cavalerie de Savoye ,
de Ligne , de Birckenfeld & de Wirtemberg ,
» ont fait des prodiges. Les Grenadiers ont le
plus fouffert. Ils ont été expofés continuelle-
» ment au feu de l'ennemi , & ont combattu fans
» relâche. L'artillerie , que commandoit le Co-
» lonnel Feverftin , a rendu des fervices confidé-
» rables. Elle a tiré avec tant de jufteffe & de pré-
>> cifion , qu'on ne peut lui refufer le glorieux témoignage
d'avoir eu beaucoup de part à la vic-
>>> toire. >>>
>
La premiere lettre du Feld- Maréchal donnoit de
210 MERCURE DE FRANCE.
grands éloges au Comte de Serbelloni , aux Princes
Charles de Lobckowitz & Nicolas d'Efterha
fy, aux Comtes de Wiedt & de Sincere , & au
Baron de Stambach. Ce Général , dans une ſeconde
lettre qu'il a écrite à l'Impératrice Reine
ne loue pas moins le Comte de Kollowrath & le
Baron de Wolwarth , Lieutenans Feld -Maréchaux
; les Comtes de Staremberg, de Schallenberg
& de Ferroni , Majors Généraux ; le Comte d'Odonel
, Colonel- Commandant du Régiment de
Dragons de Modene ; & le fieur d'Ahoricour ,
Major du Régiment de Ligne. Il ajoute que le
Duc de Wirtemberg s'eft comporté en héros ;
que les Chevaux Légers du Roi de Pologne Electeur
de Saxe , ont montré une intrépidité à toute
épreuve ; & que les Carabiniers de la même nation
, commandés par le Général Gefwitz , ne fe
font pas fait moins d'honneur.
Le lendemain de la bataille , les déferteurs rapporterent
qu'une partie de l'armée Pruffienne s'étoit
fauvée en défordre à Nimbourg , & que le
Prince de Bevern s'étoit retiré avec le refte à Bomifchbrod.
Le même matin , le Feld-Maréchal
de Daun fit rentrer l'armée dans le camp de Kriechenau
, parce que la multitude de cadavres ,
dont la terre étoit jonchée , ne permettoit pas de
demeurer fur le champ de bataille. Le Comte de
Nadafty a fuivi pied à pied les ennemis dans leur
fuite. Il a fait en trois jours plus de trois mille
prifonniers.
DE PRAGUE , le 26 Juin.
Immédiatement après la bataille du 18 de ce
mois , le Roi de Pruffe eſcorté feulement de
quinze Huffards , revint à fon camp devant cette
AOUST. 1757. 211
.
>
Ville , & il donna fes ordres pour la levée du fiege.
Le corps de fes troupes , qui occupoit le bord
oriental de la Moldau , décampa le 19 & la nuit
fuivante. Le 20 il ne reftoit plus dans le camp
ennemi qu'environ vingt mille hommes , commandés
par le Maréchal Keith . Ce Général avoit
gardé la même pofition , qu'il avoit tenue pendant
le fiege fur la montagne appellée Weiffenberg. Il
étoit couvert par un retranchement que défendoit
un double foffé garni de chauffe - trappes. De
diftance en diftance , les Pruffiens avoient élevé
des redoutes dont chacune pouvoit contenir
trois à quatre cens hommes . Dès le matin
, la femme d'un Vivandier du Régiment de
Bretlack , ayant trouvé le moyen d'entrer dans la
Ville , y annonça la victoire remportée par le
Feld - Maréchal Comte de Daun. Quoiqu'on n'ajoutât
point une entiere foi à cette nouvelle fur
une fi foible autorité , cependant les mouvemens,
qu'on avoit vu faire la veille aux affiégeans , déterminerent
le Prince Charles de Lorraine à tenter
quelque coup important. Sur les quatre heures
après-midi, ce Prince à la tête de vingt-deux mille
hommes d'Infanterie , & de trois mille de Cavalerie
, fit une fortie par les portes de Reichfthor & de
Carlfthor. Dans le temps qu'il s'avançoit vers les
ennemis , le Capitaine Vanger arriva , & lui confirma
l'avis qu'on avoit reçu le matin. Les troupes
marchoient déja avec beaucoup de réfolution
& de bonne volonté : le rapport du fieur Vanger
y ajouta de la joie & de la confiance. Le Prince
Charles de Lorraine attaqua les lignes du Maréchal
Keith , & les força après un combat de deux
heures , dans lequel notre artillerie nous fervit
très-utilement. L'ennemi fe retira fucceffivement
de fes retranchemens dans fes redoutes , & de- là
212 MERCURE DE FRANCE .
dans le Parc de Thier- Garten , d'où enfin il ga
gna la plaine. On le fuivit pendant l'efpace d'une
lieue ; mais on ne put l'atteindre , tant fa retraite
fut précipitée. Il a laiffé fur le champ de bataille
plus de huit cens morts , & l'on a fait onze cens
prifonniers , indépendamment de deux cens qui
ont été faits pendant l'attaque , & de dix- huit
cens bleffés qu'on a trouvés dans le Parc de Thier-
Garten & dans l'hôpital de Ste- Marguerite. Nous
nous fommes emparé de onze pieces de canon
dont trois font de douze livres de balle . Entre les
munitions & les attirails de guerre que le Maréchal
Keith a été contraint d'abandonner , il y a
une grande quantité de bombes & de boulets , &
quarante-quatre pontons de cuivre.
Toutes les troupes du Roi de Pruffe ont repaffé
l'Elbe , & cette Ville eft actuellement tout à- fait
libre . Elle a été affiégée pendant quarante- deux
jours , & bombardée pendant dix-neuf. Les boulets
rouges
des ennemis y ont mis le feu plus de
cinquante fois. Plufieurs de nos Eglifes & de nos
principaux édifices font détruits , ou confidérablement
endommagés.
Maximilien Uliffe , Comte de Browne-de Camus
, Chevalier de l'Ordre de la Toifon d'or ,
Feld-Maréchal des Armées de l'Impératrice Reine,
& Gouverneur général du Royaume de Boheme ,
eft mort aujourd'hui de la bleffure qu'il avoit
reçue à la bataille du 6 du mois dernier . Il étoit
Irlandois de nation , avoit paffé par tous les grades
militaires , & s'étoit élevé par fon mérite aux
premiers honneurs. On le comptoit au nombre
des grands Capitaines de ce fiecle.
DE DRESDE , le 27 Juin.
Quatre mille bleffés de l'armée Pruffienne ont
A O UST. 1757. 215
été conduits en cette Ville , L'embarras où l'on a
été d'abord de les loger , a été cauſe
que pendant
quelque temps un grand nombre eft demeuré expofé
dans les rues aux injures de l'air . Mais la
Reine ne confultant que fes fentimens d'humanité
& de générofité , a daigné concourir elle- même
au foulagement de ces infortunés . Elle en a fait
placer onze cens dans le Palais & dans les bâtimens
qui en dépendent , & Elle leur procure tous les
fecours dont ils peuvent avoir befoin.
DE BIELEFELDT , le 5 Juillet.
Un Officier , dépêché par M. le Marquis d'Auvet
, Maréchal de Camp , qui avoit été détaché
avec mille hommes pour pénétrer en Ooft- Friſe
vient d'apporter la nouvelle que ce Détachement
eft entré dans Embden . Le Marquis d'Auvet faifoit
fes difpofitions pour emporter cette Place par efcalade
, & il avoit envoyé reconnoîrre différens
points par le Comte de Lillebonne , par le Marquis
de la Chafte & par le Comte de Scey , qui ont
effuyé à cette occafion quelques volées de canon
& plufieurs décharges de moufqueterie. Le 3 à
fept heures du matin , il eut avis par des déferteurs
de la garnifon , qu'il régnoit du défordre
dans la Place. Il profita de la circonstance , pour
faire fommer le Commandant de ſe rendre . L'Officier
, qui fut chargé de cette commiffion , trouva
la Bourgeoifie qui rappelloit. Après une ca
pitulation provifoire , en vertu de laquelle on prit
poffeffion des portes , le Marquis d'Auvet entrá
dans la Ville avec fon détachement. La garnifon
a été faite prifonniere de guerre , & il a été remis
des otages pour la fûreté de la Capitulation ,
DE VIENNE , le 29 Juin.
LE Feld-Maréchal Comte de Daun a dépêché le
Baron de Vettes à Leurs Majeftés Impériales , pour
leur annoncer une victoire complette , remportée
le 18 de ce mois fur l'armée d'obfervation des ennemis
. Quelques jours auparavant , le Roi de
Pruffe avoit pris le commandement de cette armée
, qu'il avoit jointe avec douze mille hommes
, & à laquelle le Prince Maurice d'Anhalt-
Deffau en avo t conduit quinze mille autres. Ce
font les Pruffiens , qui ont attaqué les troupes de
l'Impératrice Reine. La bataille a commencé à
deux heures après-midi , & n'a fini qu'à huit
heures du foir. Les ennemis font revenus fept fois
à la charge. Dans leurs fix premieres attaques , ils
ont tourné leurs principaux efforts contre le front
& le flanc de l'aîle droite. Ils ont été repouffés à
chaque attaque avec une perte conſidérable . Sur
les fept heures ils ont fufpendu leur feu. Une
demi -heure après , le Roi de Pruffe a fait une nou
velle tentative , pour enfoncer la même aîle ,
qu'il avoit attaquée déja fix fois fans fuccès. Alors
la Cavalerie Pruffienne , combattant avec beaucoup
de défavantage parce que les troupes de l'Impératrice
Reine étoient poſtées fur des hauteurs ,
208 MERCURE DE FRANCE.
a été entiérement culbutée. Ce dernier échec a
découragé les ennemis. Ils ont pris la fuite , une
partie vers Kollin , une autre partie du côté de
Bomifchbrod.
Lorfque Leurs Majeftés Impériales reçurent la
nouvelle de cette bataille , l'Empereur le rendit
fur le champ à l'appartement de la Maréchale de
Daun , pour la lui annoncer. L'Impératrice Reine
s'y rendit bientôt après. Par cette marque de diftinction
, Leurs Majeftés Impériales ont voulu
témoigner combien Elles étoient fatisfaites de
la conduite du Feld-Maréchal de Daun. La Cour
a fait imprimer une Relation circonftanciée de l'éclatante
victoire , remportée par le Général. Cette
Relation contient plufieurs particularités , qui n'avoient
pas encore été publiées , & dont voici les
plus remarquables.
« Avant l'action , le Feld- Maréchal harangua
» les troupes , & les affura de la victoire , pour-
>> vu qu'elles promiffent de n'avancer , & de ne
» reculer que par fes ordres. Tous les Soldats ju-
>> rerent unanimement de fe conformer à ce qu'il
» leur préſcrivoit. Les Pruffiens , dans leur pre-
» miere attaque , chargerent notre droite avec
» tant de vivacité , qu'ils ébranlerent notre Ca-
» valerie. Elle fe remit cependant , & le combat
» fut rétabli parla fagefle & la valeur du Comte de
» Serbelloni , Général de Cavalerie ; des Comtes
» de Daun & d'Odonel , Lieutenans- Feld- Maré-
» chaux , & des Comtes de Trautmantsdorff &
» d'Afpremont , Majors Généraux. Le Feld- Ma-
» chal , s'étant apperçu que l'aîle droite des en-
» nemis faifoit un mouvement , ordonna à la Ca-
» valerie de notre gauche d'attaquer cette aîle :
» ce qui fut exécuté avec un tel fuccès , que les
Prumens n'oferent plus rien tenter de ce côté.
A O UST. 1757 209
Leur perte eft beaucoup plus confidérable
» qu'on ne l'avoit cru d'abord. Elle monte à près
de vingt mille hommes. On a enterré fur le
» champ de bataille fix mille cinq cens de leurs
» morts. Nous avons fept mille de leurs bleffés.
» Parmi les prifonniers , on compte cent vingt
» Officiers , il eft arrivé à notre armée plus de
trois mille déferteurs , indépendamment de
ceux qui le font répandus de côté & d'autre dans
» la Boheme & dans les Provinces voifines . Il y a
» eu huit mille hommes tués ou bleffés du côté
des troupes de l'Impératrice Reine. Le Baron
» de Luzow , Lieutenant-Feld - Maréchal , eft du
nombre des premiers. Dans la lifte des prin-
» cipaux Officiers bleffés on doit ajouter au
» Comte de Serbelloni , & au Prince Charles de
» Lobckowitz , le Baron de Wolwarth , Lieute-
» nant-Feld- Maréchal & le Major Général ,
Wolff. Le Régiment de Botta s'eft infiniment
diftingué. Après avoir tiré toutes les cartou-
» ches , il a tenu ferme la bayonnette au bout du
» fufil. La bravoure du Prince de Kinsky , Co-
» lonel de ce Régiment , n'a pas peu contribué
» à foutenir l'ardeur de fes Officiers & de fes Soldats.
Les Régimens de Cavalerie de Savoye ,
de Ligne , de Birckenfeld & de Wirtemberg ,
» ont fait des prodiges. Les Grenadiers ont le
plus fouffert. Ils ont été expofés continuelle-
» ment au feu de l'ennemi , & ont combattu fans
» relâche. L'artillerie , que commandoit le Co-
» lonnel Feverftin , a rendu des fervices confidé-
» rables. Elle a tiré avec tant de jufteffe & de pré-
>> cifion , qu'on ne peut lui refufer le glorieux témoignage
d'avoir eu beaucoup de part à la vic-
>>> toire. >>>
>
La premiere lettre du Feld- Maréchal donnoit de
210 MERCURE DE FRANCE.
grands éloges au Comte de Serbelloni , aux Princes
Charles de Lobckowitz & Nicolas d'Efterha
fy, aux Comtes de Wiedt & de Sincere , & au
Baron de Stambach. Ce Général , dans une ſeconde
lettre qu'il a écrite à l'Impératrice Reine
ne loue pas moins le Comte de Kollowrath & le
Baron de Wolwarth , Lieutenans Feld -Maréchaux
; les Comtes de Staremberg, de Schallenberg
& de Ferroni , Majors Généraux ; le Comte d'Odonel
, Colonel- Commandant du Régiment de
Dragons de Modene ; & le fieur d'Ahoricour ,
Major du Régiment de Ligne. Il ajoute que le
Duc de Wirtemberg s'eft comporté en héros ;
que les Chevaux Légers du Roi de Pologne Electeur
de Saxe , ont montré une intrépidité à toute
épreuve ; & que les Carabiniers de la même nation
, commandés par le Général Gefwitz , ne fe
font pas fait moins d'honneur.
Le lendemain de la bataille , les déferteurs rapporterent
qu'une partie de l'armée Pruffienne s'étoit
fauvée en défordre à Nimbourg , & que le
Prince de Bevern s'étoit retiré avec le refte à Bomifchbrod.
Le même matin , le Feld-Maréchal
de Daun fit rentrer l'armée dans le camp de Kriechenau
, parce que la multitude de cadavres ,
dont la terre étoit jonchée , ne permettoit pas de
demeurer fur le champ de bataille. Le Comte de
Nadafty a fuivi pied à pied les ennemis dans leur
fuite. Il a fait en trois jours plus de trois mille
prifonniers.
DE PRAGUE , le 26 Juin.
Immédiatement après la bataille du 18 de ce
mois , le Roi de Pruffe eſcorté feulement de
quinze Huffards , revint à fon camp devant cette
AOUST. 1757. 211
.
>
Ville , & il donna fes ordres pour la levée du fiege.
Le corps de fes troupes , qui occupoit le bord
oriental de la Moldau , décampa le 19 & la nuit
fuivante. Le 20 il ne reftoit plus dans le camp
ennemi qu'environ vingt mille hommes , commandés
par le Maréchal Keith . Ce Général avoit
gardé la même pofition , qu'il avoit tenue pendant
le fiege fur la montagne appellée Weiffenberg. Il
étoit couvert par un retranchement que défendoit
un double foffé garni de chauffe - trappes. De
diftance en diftance , les Pruffiens avoient élevé
des redoutes dont chacune pouvoit contenir
trois à quatre cens hommes . Dès le matin
, la femme d'un Vivandier du Régiment de
Bretlack , ayant trouvé le moyen d'entrer dans la
Ville , y annonça la victoire remportée par le
Feld - Maréchal Comte de Daun. Quoiqu'on n'ajoutât
point une entiere foi à cette nouvelle fur
une fi foible autorité , cependant les mouvemens,
qu'on avoit vu faire la veille aux affiégeans , déterminerent
le Prince Charles de Lorraine à tenter
quelque coup important. Sur les quatre heures
après-midi, ce Prince à la tête de vingt-deux mille
hommes d'Infanterie , & de trois mille de Cavalerie
, fit une fortie par les portes de Reichfthor & de
Carlfthor. Dans le temps qu'il s'avançoit vers les
ennemis , le Capitaine Vanger arriva , & lui confirma
l'avis qu'on avoit reçu le matin. Les troupes
marchoient déja avec beaucoup de réfolution
& de bonne volonté : le rapport du fieur Vanger
y ajouta de la joie & de la confiance. Le Prince
Charles de Lorraine attaqua les lignes du Maréchal
Keith , & les força après un combat de deux
heures , dans lequel notre artillerie nous fervit
très-utilement. L'ennemi fe retira fucceffivement
de fes retranchemens dans fes redoutes , & de- là
212 MERCURE DE FRANCE .
dans le Parc de Thier- Garten , d'où enfin il ga
gna la plaine. On le fuivit pendant l'efpace d'une
lieue ; mais on ne put l'atteindre , tant fa retraite
fut précipitée. Il a laiffé fur le champ de bataille
plus de huit cens morts , & l'on a fait onze cens
prifonniers , indépendamment de deux cens qui
ont été faits pendant l'attaque , & de dix- huit
cens bleffés qu'on a trouvés dans le Parc de Thier-
Garten & dans l'hôpital de Ste- Marguerite. Nous
nous fommes emparé de onze pieces de canon
dont trois font de douze livres de balle . Entre les
munitions & les attirails de guerre que le Maréchal
Keith a été contraint d'abandonner , il y a
une grande quantité de bombes & de boulets , &
quarante-quatre pontons de cuivre.
Toutes les troupes du Roi de Pruffe ont repaffé
l'Elbe , & cette Ville eft actuellement tout à- fait
libre . Elle a été affiégée pendant quarante- deux
jours , & bombardée pendant dix-neuf. Les boulets
rouges
des ennemis y ont mis le feu plus de
cinquante fois. Plufieurs de nos Eglifes & de nos
principaux édifices font détruits , ou confidérablement
endommagés.
Maximilien Uliffe , Comte de Browne-de Camus
, Chevalier de l'Ordre de la Toifon d'or ,
Feld-Maréchal des Armées de l'Impératrice Reine,
& Gouverneur général du Royaume de Boheme ,
eft mort aujourd'hui de la bleffure qu'il avoit
reçue à la bataille du 6 du mois dernier . Il étoit
Irlandois de nation , avoit paffé par tous les grades
militaires , & s'étoit élevé par fon mérite aux
premiers honneurs. On le comptoit au nombre
des grands Capitaines de ce fiecle.
DE DRESDE , le 27 Juin.
Quatre mille bleffés de l'armée Pruffienne ont
A O UST. 1757. 215
été conduits en cette Ville , L'embarras où l'on a
été d'abord de les loger , a été cauſe
que pendant
quelque temps un grand nombre eft demeuré expofé
dans les rues aux injures de l'air . Mais la
Reine ne confultant que fes fentimens d'humanité
& de générofité , a daigné concourir elle- même
au foulagement de ces infortunés . Elle en a fait
placer onze cens dans le Palais & dans les bâtimens
qui en dépendent , & Elle leur procure tous les
fecours dont ils peuvent avoir befoin.
DE BIELEFELDT , le 5 Juillet.
Un Officier , dépêché par M. le Marquis d'Auvet
, Maréchal de Camp , qui avoit été détaché
avec mille hommes pour pénétrer en Ooft- Friſe
vient d'apporter la nouvelle que ce Détachement
eft entré dans Embden . Le Marquis d'Auvet faifoit
fes difpofitions pour emporter cette Place par efcalade
, & il avoit envoyé reconnoîrre différens
points par le Comte de Lillebonne , par le Marquis
de la Chafte & par le Comte de Scey , qui ont
effuyé à cette occafion quelques volées de canon
& plufieurs décharges de moufqueterie. Le 3 à
fept heures du matin , il eut avis par des déferteurs
de la garnifon , qu'il régnoit du défordre
dans la Place. Il profita de la circonstance , pour
faire fommer le Commandant de ſe rendre . L'Officier
, qui fut chargé de cette commiffion , trouva
la Bourgeoifie qui rappelloit. Après une ca
pitulation provifoire , en vertu de laquelle on prit
poffeffion des portes , le Marquis d'Auvet entrá
dans la Ville avec fon détachement. La garnifon
a été faite prifonniere de guerre , & il a été remis
des otages pour la fûreté de la Capitulation ,
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 18 juin, le Feld-Maréchal Comte de Daun a remporté une victoire décisive contre l'armée d'observation ennemie, composée de Prussiens dirigés par le Roi de Prusse et renforcés par les troupes du Prince Maurice d'Anhalt-Dessau. La bataille, qui a duré de 14h à 20h, a vu les ennemis lancer sept attaques principalement contre l'aile droite des forces impériales. Malgré des pertes importantes, les troupes de l'Impératrice Reine ont repoussé chaque assaut grâce à la cavalerie et à des généraux comme le Comte de Serbelloni et le Comte de Daun. Les Prussiens, découragés, se sont enfuis vers Kollin et Bomischbrod. Les pertes ennemies s'élèvent à près de vingt mille hommes, avec six mille cinq cents morts et sept mille blessés. Les troupes impériales ont également subi des pertes, totalisant huit mille hommes tués ou blessés, dont le Lieutenant-Feld-Marschall Baron de Luzow. Plusieurs régiments et l'artillerie, dirigée par le Colonel Faverstin, se sont distingués. Le lendemain, des déserteurs ont rapporté que des parties de l'armée prussienne s'étaient réfugiées à Nimbourg et Bomischbrod. Le Feld-Maréchal de Daun a ordonné le retour de l'armée au camp de Kriechenau. Le 19 juin, les troupes prussiennes se retirèrent de la Moldau, laissant vingt mille hommes sous le commandement du maréchal Keith. Le 20 juin, le prince Charles de Lorraine attaqua les lignes du maréchal Keith, causant plus de huit cents morts et onze cents prisonniers parmi les Prussiens. Prague, assiégée pendant quarante-deux jours, fut libérée. Le comte de Browne-de Camus, gouverneur général du Royaume de Bohême, est mort des suites de ses blessures. À Dresde, la reine a accueilli onze cents blessés prussiens. À Bielefeld, le marquis d'Auvet a pris la ville d'Embden.
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8125
p. 214
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On a appris par un Bâtiment, venu de la Nouvelle Yorck, que le 20 [...]
Mots clefs :
Londres, Amérique, New York, Troupe française, Fort Guillaume Henry, Attaque
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , les Juillet.
On a appris par un Bâtiment , venu de la Nouvelle
Yorck , que le 20 du mois de Mars dernier
un Corps de troupes Françoifes , de Canadiens &
de Sauvages , fort d'environ quinze cens hommes,
s'étoit préfenté devant le Fort Guillaume Henry,
qu'il avoit tenté inutilement de l'emporter par ef-
Calade ; mais qu'en fe retirant , il avoit brûlé un
magafin , & plufieurs bateaux qui fe trouvoient
fur le Lac Georges. L'équipage de ce Bâtiment a
ajouté , que le Lord Loudon avoit fait affembler
cent foixante- dix Bateaux , fur lesquels devoient
s'embarquer neuf mille hommes deſtinés pourune
expédition fecrete . Plufieurs Navires confirment
que cinq Vaiffeaux de guerre François , qui croifent
fur les côtes d'Afrique , ont pillé & brûlé
quatre de nos Vaiffeaux ; qu'ils ont détruit quel
ques-uns de nos Forts & de nos établiſſemens , &
qu'ils fe propofent d'en ufer de même à l'égard
de ceux qui fubfiftent encore fur cette côte.
DE LONDRES , les Juillet.
On a appris par un Bâtiment , venu de la Nouvelle
Yorck , que le 20 du mois de Mars dernier
un Corps de troupes Françoifes , de Canadiens &
de Sauvages , fort d'environ quinze cens hommes,
s'étoit préfenté devant le Fort Guillaume Henry,
qu'il avoit tenté inutilement de l'emporter par ef-
Calade ; mais qu'en fe retirant , il avoit brûlé un
magafin , & plufieurs bateaux qui fe trouvoient
fur le Lac Georges. L'équipage de ce Bâtiment a
ajouté , que le Lord Loudon avoit fait affembler
cent foixante- dix Bateaux , fur lesquels devoient
s'embarquer neuf mille hommes deſtinés pourune
expédition fecrete . Plufieurs Navires confirment
que cinq Vaiffeaux de guerre François , qui croifent
fur les côtes d'Afrique , ont pillé & brûlé
quatre de nos Vaiffeaux ; qu'ils ont détruit quel
ques-uns de nos Forts & de nos établiſſemens , &
qu'ils fe propofent d'en ufer de même à l'égard
de ceux qui fubfiftent encore fur cette côte.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 20 mars, 1500 soldats français, canadiens et amérindiens ont attaqué le Fort Guillaume Henry sans succès. Ils ont incendié un magasin et des bateaux sur le Lac Georges. Lord Loudon a préparé 160 bateaux pour 9000 hommes. Cinq vaisseaux français ont attaqué des navires et forts britanniques en Afrique.
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8126
p. 214
« Le peu d'espace qui nous reste nous force à remettre au prochain Mercure [...] »
Début :
Le peu d'espace qui nous reste nous force à remettre au prochain Mercure [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le peu d'espace qui nous reste nous force à remettre au prochain Mercure [...] »
Le peu d'espace qui nous refte nous force de
remettre au prochain Mercure le reste des Nouvelles,
l'article de l'Hôpital de M. le Maréchal-Duc de
Biron.
remettre au prochain Mercure le reste des Nouvelles,
l'article de l'Hôpital de M. le Maréchal-Duc de
Biron.
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8127
p. 214-215
« Le sieur de Jouan, éleve du sieur de Vandeuil, Ecuyer du Roi, tenant [...] »
Début :
Le sieur de Jouan, éleve du sieur de Vandeuil, Ecuyer du Roi, tenant [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur de Jouan, éleve du sieur de Vandeuil, Ecuyer du Roi, tenant [...] »
Le fieur de Jouan , éleve du fieur de Vandeuil ,
Ecuyer du Roi , tenant l'Académie près Saint
Sulpice , avertit que c'eſt à tort que l'on a fait
courir le bruit que cette Académie n'exiftoit plus ;
elle eft telle qu'elle a été fous le fieur de Vandeuil,
avec les mêmes Maîtres.
A O UST. 1757.
215
Madame la Comteffe de Saint-Exupery fut préfentée
le 22 Mai au Roi , à la Reine & à la
Famille Royale , par Madame la Comteffe de
Noailles.
Ecuyer du Roi , tenant l'Académie près Saint
Sulpice , avertit que c'eſt à tort que l'on a fait
courir le bruit que cette Académie n'exiftoit plus ;
elle eft telle qu'elle a été fous le fieur de Vandeuil,
avec les mêmes Maîtres.
A O UST. 1757.
215
Madame la Comteffe de Saint-Exupery fut préfentée
le 22 Mai au Roi , à la Reine & à la
Famille Royale , par Madame la Comteffe de
Noailles.
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8128
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois d'Août, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois d'Août , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 28 Juillet 1757.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois d'Août , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 28 Juillet 1757.
GUIROY.
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8129
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Le Papillon, Idylle, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS AT EN PROSH.
Le Papillon , Idylle ,
L'Amour éprouvé , Nouvelle ,
Vers à M. de B , fur la Fête ,"
La Grenouille & les Eſcargots , Fable ,
page s
10
45
46
Suite fur M. de Fontenelle , par M. Trublet , 48
Vers, prononcés devant M. le Duc de Chartres , 79
Stances à Thémire , fur fon mariage ,
Réflexions fur la vieilleffe ?
Vers à Mlle Philippe , fur fa convalefcence ,
Lettre à l'Auteur du Mercure ?
La Cour des Champs ,
Epigramme ,
80
81
90
92
96
97
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Juillet ,
Enigine & Logogryphe ,
Chanfon ,
98
ibid.
100
216
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait , Précis ou Indication de livres nouveaux
ΙΟΙ
Séance publique de l'Académie de Nifmes , 126
Extrait de l'Affemblée publique de l'Académie de
Befiers , 127
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Lettre de M. Levefque- de la Ravaliere
, à l'Auteur de Difcours fur l'origine de la
Langue Françoife , 139
Extrait du Mémoire lu par M. de la Condamine
, & c.
ART. IV BEAUX-ARTS.
Peinture .
Gravure.
146
167
ibid.
Méchanique. Lettre à M. de Vaucanfon , fur l'établiffement
fait à Aubenas pour perfectionner
les foies du Royaume ,
ART. V. SPECTAC È E S.
168
J
Opera. Extrait des Surpriſes de l'Amour, 187
Comédie Françoife ,
203
Comédie Italienne , 205
Opera Comique. 206
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
207
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 214
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS AT EN PROSH.
Le Papillon , Idylle ,
L'Amour éprouvé , Nouvelle ,
Vers à M. de B , fur la Fête ,"
La Grenouille & les Eſcargots , Fable ,
page s
10
45
46
Suite fur M. de Fontenelle , par M. Trublet , 48
Vers, prononcés devant M. le Duc de Chartres , 79
Stances à Thémire , fur fon mariage ,
Réflexions fur la vieilleffe ?
Vers à Mlle Philippe , fur fa convalefcence ,
Lettre à l'Auteur du Mercure ?
La Cour des Champs ,
Epigramme ,
80
81
90
92
96
97
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Juillet ,
Enigine & Logogryphe ,
Chanfon ,
98
ibid.
100
216
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait , Précis ou Indication de livres nouveaux
ΙΟΙ
Séance publique de l'Académie de Nifmes , 126
Extrait de l'Affemblée publique de l'Académie de
Befiers , 127
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Lettre de M. Levefque- de la Ravaliere
, à l'Auteur de Difcours fur l'origine de la
Langue Françoife , 139
Extrait du Mémoire lu par M. de la Condamine
, & c.
ART. IV BEAUX-ARTS.
Peinture .
Gravure.
146
167
ibid.
Méchanique. Lettre à M. de Vaucanfon , fur l'établiffement
fait à Aubenas pour perfectionner
les foies du Royaume ,
ART. V. SPECTAC È E S.
168
J
Opera. Extrait des Surpriſes de l'Amour, 187
Comédie Françoife ,
203
Comédie Italienne , 205
Opera Comique. 206
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
207
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 214
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication divisée en six sections. L'Article Premier énumère diverses œuvres littéraires telles que des poèmes, des nouvelles, des fables et des lettres, parmi lesquelles figurent 'Le Papillon', 'L'Amour éprouvé' et 'La Grenouille & les Escargots'. L'Article II se concentre sur les nouvelles littéraires, incluant des extraits et des comptes rendus de séances académiques à Nîmes et Béziers. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, avec une lettre de M. Lefèvre-de la Ravalière sur l'origine de la langue française et un extrait d'un mémoire de M. de la Condamine. L'Article IV traite des beaux-arts, mentionnant des sections sur la peinture, la gravure et la mécanique, ainsi qu'une lettre sur l'établissement à Aubenas pour améliorer les routes du royaume. L'Article V décrit les spectacles, incluant des extraits d'opéras, de comédies françaises et italiennes, ainsi que des opéras-comiques. Enfin, l'Article VI présente les nouvelles étrangères et les nouvelles de la cour et de Paris.
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8130
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 100. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 100. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 100. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 100.
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8131
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert.
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8132
p. 35-67
SUITE sur M. de Fontenelle, par M. l'Abbé Trublet.
Début :
XII. LORSQUE dans les Mercures précédens, j'ai indiqué plusieurs morceaux de [...]
Mots clefs :
Fontenelle, Voltaire, M. Rousseau, Bernard de La Monnoye, Lettre, Abbé, Ouvrage, Prix, Poète, Homme, Oracles, Lettres, Musique, Remarques, Recueil, Opéra, Critique, Paroles, Journal, Esprit, Vérité, Magie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE sur M. de Fontenelle, par M. l'Abbé Trublet.
SUITE fur M. de Fontenelle ,• par
XII.
M.TAbbé Trublet.
LORSQUE
ORSQUE dans les Mercures précédens
, j'ai indiqué plufieurs morceaux de
M. de F. tant en profe qu'en vers , & tant
imprimés que manufcrits , qui ne fe trouvent
point dans la derniere édition de fes
Euvres , je ne les connoiffois pas encore
tous , & peut-être ne les connois- je pas
tous encore . Voici ceux qui font venus
depuis à ma connoiffance . Je commence
par les imprimés.
1º . J'ai parlé dans le premier volume
du Mercure d'Avril , page 76 , d'un Poëme
compofé par M. de F , pour le prix de l'Académie
Françoife en 1675 , par confé
quent lorfque l'Auteur n'avoit encore que
18 ans , & j'ai dit que le prix fut remporté
par M. de la Monnoye. Le fujet étoit : La
gloire des Armes & des Lettres fous Louis
XIV. On ne doute point que ce Poëme në
foit de M. de F , puifqu'il y mit fon nom ,
comme on peut le voir dans le Recueil de
l'Académie de ladite année .
Mais il n'eft pas moins fûr qu'il compo
fa encore , à la vérité en gardant l'anony
me , pour le prix de 1677. J'ai trouvé .
Bvj.
36 MERCURE DE FRANCE.
parmi fes papiers une copie de ce fecond
Poëme , apoftillée de fa main , & je me
fuis reffouvenu qu'il m'en avoit parlé.
Aufff l'a - t'on mis , avec plufieurs autres
pieces du même Auteur , dans le Recueil
périodique que j'ai indiqué premier volume
du Mercure d'Avril , p . 74 , & qui a
pour titre , Le petit Réfervoir , & c. Le fujer
de 1677 étoit , L'éducation de Monseigneur
le Dauphin. M. de F. fut encore vaincu par
M. de la Monnoye. ( 1 );
( 1 ) En 1714 , & ainfi au même âge de 20 ans
M. de Voltaire compofa pour le prix de l'Académie,
& fut vaincu par un homme bien inférieur
à M. de la Monnoye , par l'Abbé du Jarry, Le
Poëme couronné , au deffous du médiocre , du
côté de la poésie , étoit encore gâté par une méprife
qui fuppofoit dans le Poëte une ignorance
groffiere en matiere de phyfique & même de
fimple géographie. Un de fes vers commençoit
par Poles , glacés , brûlans , &c . Le Vainqueur fut
très-plaifanté dans le temps , furtout par le vaincu;
& comme de pareilles occafions de plaifanter
ne laiffent pas que d'être rares , M. de V. eft revenu
plufieurs fois à la charge. Cela n'a pas empêché
que le Poëme , imprimé d'abord avec fes
poles glacés & fes poles brûlans , dans le Recueil de
PAcadémie de 1714 , ne l'ait encore été de même:
dans celui de toutes les Pieces couronnées jufqu'en
1747. Cependant l'Abbé du Jarry avoit
Gorrigé fa méprife dès 1715 ; & dans le Recueil
qu'il donna alors de fes Poéfies , parmi lesquelles
Le trouve ſon Poëme , au lieu de poles , il mit ch
SEPTEMBRE. 1757: 37
Page 79 du même Mercure , j'ai indiqué
un autre Recueil contenant beaumats
. Ce dernier mot eft jufte ; mais l'autre étoit
plus poétique , parce qu'il eft moins commun ; &
voilà , fans doute , ce qui le fit préférer au Poëte.
Il feroit aifé de citer plufieurs autres exemples ,
à la vérité un peu moins forts , de la préférence
donnée par des Poëtes célebres fur le mot propre
& jufte , à un mot plus harmonieux , plus noble ,
moins ufité , & par- là , difent- ils , plus poétique ,
mais fouvent très -impropre , & fur cela voici une
petite anecdote affez plaifante.
Un jeune Poëte vint lire à feu M. Danchet des
vers , qu'il avoit faits fur la maîtreffe ; la piece
débutoit ainfi :
Maifon, qui renfermez l'objet de mon amour , &c.
Danchet interrompit le Lecteur avec vivacité.
Maiſon eft bas , lui dit-il , trop commun du moins ..
Il y en a tant d'autres à choisir . Mettez palais ,
beaux lieux , &c . Mais , repliqua le Poëte , c'est
une maison de force.
Pour revenir à l'Abbé du Jarry , dont je n'aurois
peut être jamais d'autre occafion de parler , fi
pourtant celle- ci en eft une , je dirai en paffant
que ce mauvais Poëte a fait quelques vers trèsheureux
; ceux- ci , par exemple , dans un Poëme
couronné par l'Académie en 1679. Le fujet étoit ::
Que la victoire a toujours rendu le Roi plus facile
à la paix. Après avoir dit que ceux des Princes
ligués contre S. M. que leur impuiffance avoit
prudemment engagés à fe foumettre , en avoient:
été épargnés , au lieu que ceux qui avoient cru
pouvoir lui réfifter , étoient tombés fous fes coups
38 MERCURE DE FRANCE .
coup de pieces de M. de F. & imprimé au
commencement de cette année , fous le
vengeurs , le Poëte ajoute cette comparaiſon à la
fois fi jufte & fi poétique :
Pareils à ces rofeaux qu'on voit baiſſant la tête ,
Réfifter par foibleffe aux coups de la tempête ,
Pendant quejusqu'aux cieux les cedres élevés ,
Satisfont par leur chûte aux vents qu'ils ont bravés.
Qu'on me permette de citer encore du même
Poëte deux autres beaux vers , mais d'un carac
tere différent . Ils fe trouvent dans une Epître ou
l'Auteur annonçoit à un ami qu'il alloit prendre
le parti d'une entiere retraite. Elle finit ainfi :
Caché dans ma retraite , & comme enfeveli ,
De quelques jours j'avance un éternel oubli.
L'Abbé du Jarry remporta encore le prix de
l'Académie en 1683 , ou du moins il le partagea
avec M. de la Monnoye . Les deux pieces ayant eu
un égal nombre de fuffrages , l'Académie fit frapper
deux Médailles , chacune valant moitié du
prix , & elles furent données aux deux Auteurs.
C'eft l'unique fois que ce partage eft arrivé .
L'Abbé du Jarry étoit Prédicateur , & il a fait
imprimer des Panégyriques & des Oraifons funebres
, qui , fans être du premier mérite , ont des
beautés , entr'autres l'Oraifon funebre de M. Fléchier.
N'eft il pas fingulier qu'un Orateur de profeffion
ait remporté des prix de Poésie , plutôt que
des prix d'Eloquence ? La même chofe eft arrivée
à M. l'Abbé Séguy , à Paris & à Toulouſe. Ce fait
dit bien des chofes , fi c'étoit ici le lieu de les
י
SEPTEMBRE. 1757. 39
titre de Porte-feuille , & c. On y trouve
(tom. 2 , p. 72 ) , après les deux Lettres de
Mademoiſelle de Launay & de M. de F.
dire , & pourroit être le fujet d'une bonne Differ
tation littéraire. Très - peu de Prédicateurs de réputation
ont remporté des prix d'Eloquence dans
les Académies. Je ne me rappelle même que le
P. Rainaud , de l'Oratoire (1 ) . Beaucoup de Poëtes
très-médiocres , pour ne pas dire davantage ,
ont remporté des prix de Poéfie . Je ne nommerai
que le Poëte Gacon . En général , la profe des
Recueils académiques eft fupérieure aux vers
qu'on y trouve , & la raiſon n'en eft pas feulement
que les vers font plus difficiles que la profe , &
que néanmoins le Lecteur y eft plus difficile auffi ;
c'eft encore parce que les meilleurs efprits font
plutôt profateurs que Poëtes. Cette propofition
paroîtra peut- être un paradoxe , même à de bons
efprits , & paroîtra certainement un blafphême à
la plupart des Poëtes. Je me flatte pourtant que
les plus eftimables feront de mon avis dans le
fonds de leur coeur , du moins ceux qui écrivent
auffi -bien en profe qu'en vers , & , par exemple ,
M. de Voltaire . J'ai toujours penfé , & en le penfant
j'ai cru lui faire honneur , qu'il n'étoit pas
auffi éloigné de l'opinion de M. de la Motte fur
les vers , qu'il l'a paru dans ce qu'il a écrit pour
la combattre , ou que du moins il s'en eft fort
rapproché depuis. Quant à M. de F , il feroit
fuperflu de dire qu'il en étoit abfolument , quoique
, comme M. de la Motte , il aimât auffi beaucoup
les vers , & peut- être même plus que la
poésie.
(1) Il eft forti cette année de cette Congrégation
40 MERCURE DE FRANCE .
fur l'aventure de Mlle Tétar , & avant
une Réponſe de M. de F. à une Lettre de
M. de Voltaire , écrite de Sully ( 1 ) , on y
trouve , dis je , mais fans nom d'Auteur ,
un Poëme fur Le foin que le Roi prend de
( 1 ) M. de V. a fait imprimer fa Lettre & une
partie de la Réponse de M. de F. dans plufieurs
éditions de fes OEuvres . Dans la derniere , où elle
eft en entier ( t. 2 , p. 238 ) , à un vers près , mais
le meilleur de la piece , il a ajouté cette note :
« Cette Réponse de M. de Fontenelle eft très-
» mauvaiſe ; il en fit une autre adreffée à Mada-
» me la Maréchale de Villars , qui vaut beaucoup
» mieux , & dans laquelle eft ce vers : Il faut des
» hochets pour tout âge. Mais nous n'avons pu
retrouver cette piece. »
On ne comprend rien à cette note.
r°. Le vers n'eft pas cité exactement
de V , & M. de F. avoit dit :
Il eft des hochets pour tout âge.
2º. Ce vers étoit après ceux- ci :
J'avouerai bien , & j'en enrage ,
Que le fçavoir & la raison
Ne font auffi qu'un badinage ,
Mais badinage de Grifon ;
Il eft des hochets pour tout âge.
par M..
3. On ne connoit point la Réponſe adreffée
à Madame la Maréchale de Villars.
4º. Celle à M. de V , la feule qui exiſte , eft
wès- défigurée dans l'édition de Geneve „ 1756,
SEPTEMBRE . 1757. 41
l'éducation de la Nobleffe dans fes Places &
dans S. Cyr. C'est le fujet que donna l'Académie
Françoiſe en 1687. Si je connoiffois
l'Editeur de ce Recueil , je lui demanderois
s'il croit ce Poëme de M. de F , &
fur quelles preuves il le croit ; car M. de
F. ne m'en a jamais rien dit. Quoi qu'il en
foit , l'Ouvrage ne me paroît pas indigne
de lui , & j'y trouve affez fa maniere. Cependant
le prix fut donné à une Ode de
Mlle Deshoulieres , fille de la célebre Dame
de ce nom. Comme celle - ci ne mourut
qu'en 1694 , & âgée feulement de 56 ans ;
elle cut peut- être grande part , du moins
par fes confeils , à la Piece couronnée , fi
même elle n'en eft pas l'unique & véritable
Auteur. L'Ode me paroît pourtant inférieure
au Poëme, & je doute que l'Académie de
1757 jugeât comme celle de 1687. Mais
peut-être que l'infériorité de l'Ode fut
excufée , ou même moins fentie , parce
que l'Auteur y déclaroit fon fexe , & qu'on
fçut qu'il ne trompoit point .
Dans un fuperbe enclos , où la fageffe habite ,
Où l'on fuit des vertus les fentiers épineux ,
D'un âge plein d'erreurs mon foible fexe évite
Les égaremens dangereux.
D'ailleurs, il ne faut qu'un très- mauvais
vers pour faire manquer le prix à une pie
142 MERCURE DE FRANCE.
ce meilleure , à tout prendre , que celle
-qu'on lui prefere . Or il y en a un trèsmauvais
dans le Poëme. L'Auteur parlant
des Compagnies de Cadets créées en 1682 ,
dit :
Tous ces jeunes Guerriers inftruits de ce qu'ils
doivent
Au bras qui les foutient , au fecours qu'ils reçoi
vent ;
Fiers de porter le nom d'éleves d'un Héros ,
Brûlent de quitter l'ombre & le fein du repos.
De fes nobles leçons qu'il leur demande compte,
Que fa justice excite une vengeance prompte ,
Ils partent , &c.
Voilà , je le répete , un bien mauvais
vers , & on fçait d'autant moins ce que
fignifie excite , qu'il paroît d'abord' fignifier
quelque chofe. Quelqu'un de mes Lecteur
dit fans doute que ce n'eft là qu'une
faute d'impreffion , une faute auffi aiſée à
corriger qu'à appercevoir , & qu'il faut
lire exige au lieu d'excite. Je le penfe auffi .
Cependant cette faute fe trouve , & dans
le Recueil de l'Académie , & dans le Portefeuille
, &c. N'étoit - elle donc point dans
le manufcrit même fur lequel la piece fut
jugée , & ainfi une faute , non du Poëte
fans doute , mais de fon Copifte , plutôt
que de l'Imprimeur
SEPTEMBRE . 1757. 43
Si ce Poëte eft M. de F , & qu'il eût
été couronné , il eût obtenu en 1687 la
double couronne des vers & de la profe ;
car il remporta le prix d'Eloquence par
fon Difcoursfur la patience. C'eft peut- être
une raifon de lui attribuer le Poëme. M.
de F. penfoit dès-lors à fe préfenter pour
l'Académie , & s'y préfenta en effet l'année
fuivante , quoique , comme on le fçait , il
n'ait été élu qu'en 1691. Or deux prix en
deux genres , remportés dans la même année
, auroient ajouté un titre à tous ceux
qu'il avoit déja ; & ce nouveau titre ,
quoique le plus foible , pouvoit bien paroître
le plus fort .
Je demande pardon d'un détail auffi
minutieux ; mais il intéreffe peut - être M.
de F.
2º. Lettre en réponſe à une autre , qui
contenoit une difficulté contre un endroit
de la pluralité des Mondes. J'ai les deux
Lettres.
3. Eclairciffemens fur la premiere partie
de l'extrait que les Auteurs du Journal
Littéraire avoient donné des Elémens de la
géométrie de l'Infini. Ces Eclairciffemens
font dans le tome 16 de ce Journal.
On voit par ces deux écrits , & par un
troifieme dont je parlerai plus bas , que
M. de F. n'étoit pas auffi décidé qu'on l'a
44 MERCURE DE FRANCE.
dit , à ne répondre à aucune critique ; il
auroit eu tort de l'être. Il l'étoit néanmoins
à l'égard des critiques d'ouvrages
de pur agrément. Quoique dans ce dernier
cas , une réponſe puiffe être fort
agréable , utile même par les principes de
goût qu'on y aura répandus , elle eft ordinairement
fuperflue ou inutile à l'ouvrage
critiqué. S'il eft bon , la critique ne lui a
pas fait grand mal , ou ne lui a fait qu'un
mal paffager. S'il eft mauvais ou médiocre
, une réponse à une critique qui l'a
prouvé tel , ne lui fera aucun bien. D'ail
leurs , les critiques de cette efpece d'ouvrages
ne font fouvent que des plaifanteries
, des railleries , & l'on n'y pourroit
guere répondre que par d'autres. Mais celles-
ci , fuffent -elles meilleures , & couvriffent-
elles l'agreffeur du ridicule qu'il a
voulu donner , il y auroit encore plus à
perdre qu'à gagner pour le fage. ( 1 )
( 1 ) Voir la Lettre à M. L. M. D. S. A. à la tête
du Jugement de Pluton fur les Dialogues des Morts.
Ce Jugement eft une véritable critique de ces
Dialogues , & M. de F. ne le donna point fous
fon nom . La Lettre que je cite eft fignée D. H.
J'ignore fi les lettres initiales de l'adreffe , indiquent
un nom & un homme réels . S'il s'agiffoit
d'un Ouvrage très - poftérieur au Jugement de
Pluton ( il parut en 1684 ) , je ne balancerois pas
à croire que la lettre qui le précede eft adreffée
SEPTEMBRE. 1757. $
>
45
Quant aux critiques d'ouvrages
de
fcience , il eft fouvent utile & même né- >
ceffaire d'y répondre
, lorfqu'on
eft en
état de le bien faire ; & on le doit à la vérité
, furtout fi c'eft une vérité importante
, autant qu'à fa propre réputation . Si
M. de F. ne repliqua point au P. Baltus
on en devine aifément les raifons . Feu M.
du Marfais avoit repliqué pour M. de F ,
non feulement fans y être invité
lui
, par
mais encore malgré lui . Le P. le Tellier empêcha
que fon livre ne fût imprimé . M. de
F. m'a conté que lifant la Réponse du P.
Baltus ( c'eft le titre de l'ouvrage
) , trouvant
à chaque page qu'une replique feroit
très-aifée , & l'envie de la faire devenant
de moment en moment plus forte ,
il avoit fermé le livre de peur de fuccomber
à la tentation , & pris la réfolution
de n'en pas achever la lecture. Il m'a
affuré qu'il l'avoit tenue , & qu'il n'avoit
jamais lu l'ouvrage en entier . En cette
matiere , comme en quelques
autres , la
fuite eft fouvent pour les plus forts l'unique
moyen de vaincre . ( 1 )
à M. le Marquis de Saint- Aulaire , fi lié depuis
avec M. de F. mais je doute qu'il le fût déjà en
1684 , puifque M. de F. ne s'étoit pas encore fixé
à Paris.
(1 ) Voici ce que M. de F. écrivit là deffus lo
46 MERCURE DE FRANCE.
Il y a plus encore , M. de F. n'avoit aucun
empreſſement pour lire ce qu'on écri-
3 Août 1707 au célebre M. le Clerc , qui dans la
Bibliotheque choisie ( t . 13 , 1707 ) avoit pris la
défenſe de l'Hiftoire des Oracles contre la Réponse
du P: Baltus.
€ « Je ne répondrai point au Jéfuite de Stras-
» bourg , quoique je ne croye pas l'entrepriſe im-
» poffible ; mais l'Hiftoire de l'Académie des Scien-
» ces me donne trop d'occupation , & tourne
>> toutes mes études fur des matieres trop diffé-
-rentes de celles - là . Ce feroit plutôt à M. Van-
» Dale à répondre qu'à moi ; je ne fuis que fon
» interprete , & il eft mon garant. Enfin je n'ai
» point du tout l'humeur polémique , & toutes les
querelles me déplaifent . J'aime mieux que le
» Diable ait été Prophete , puifque le P. Jéfuite
» le veut , & qu'il croit cela plus orthodoxe. ر د<<
Je ne crois pas que cette Lettre ait été imprimée.
Je la tiens de M. Boullier , qui l'a tirée de la
Bibliotheque des Remontrans à Amſterdam. Il
croit qu'on y en conferve encore quelques autres
de la même main ; je les lui ai demandées.
a pour
L'article de la Bibliotheque choisie auquel a
rapport la Lettre de M. de F. à M. le Clerc ,
titre : Remarques fur le démêlé qui eft entre M. de
Fontenelle , Auteur de l'Histoire des Oracles , &
le P. Baltus , Jéſuite , Auteur de la Réponse à
cette Hiftoire , &c. le Journaliſte donne ces remarques
comme l'ouvrage d'un autre ; je les crois de
lui- même , & on le foupçonneroit à la maniere
feule dont il en parle en les annonçant. Dailleurs,
fes autres Ouvrages y font cités plufieurs fois . Enfin ,
la plupart de ces Remarques font très- bonnes & trèsjudicieuſes.
Cet Auteur , quel qu'il foit, dit dès le
SEPTEMBRE . 1757. 47
voit contre lui ; il ne le lifoit que lorfque
le hazard le faifoit tomber entre fes mains,
α
commencement de fon écrit , « qu'ily a pu avoir des
>>- oracles véritablement rendus par desDémons, ou
» par des Intelligences qui font au deffus de la na-
» ture humaine , quoiqu'il ne doute point que des
>> hommes n'aient fouvent été les auteurs des ré-
» ponfes qu'on attribuoit à ces Intelligences . » Il en
conclur que M. de F. & le Pere B. font allés, chacun »
de fon côté, un peu trop loin. Mais quand il vient
au détail , il eft prefque toujours pour M. de F ,
& le défend prefque furtout contre le Pere B.
De plus , il ne parle jamais du premier qu'avec
beaucoup d'eftime , & peut- être ne ménage-t'il
affez le fecond . Mais M. le Clerc étoit Protef
tant. D'ailleurs le Pere B. avoit auffi trop peu
ménagé M. de F, & l'Auteur des Remarques l'en
blâme en plus d'un endroit . Je n'en citerai qu'un.
pas
* «
« Notre Auteur , dit celui des Remarques , qui
Ds'adreffe perpétuellement à M. de F , comme s'il
Dle fermonoit , & qui lui parle avec beaucoup
» d'autorité , gliffe en divers endroits des fuppofitions
, comme fi c'étoient des vérités claires
>>& fe met à le cenfurer avec gravité , comme fi
» le ton dont on dit les chofes , fervoit à les rendre
démonftratives . Je crois que M. de F. s'en
plaindra , au moins à fes amis , s'il ne le fait
» publiquement. Cet habile homme , &c . »
Cette louange d'habile hømme revient plus d'une
fois. Mais en voici une qui caractériſe encore plus
précisément M. de F. Le Pere B. ayant avancé qu'il
ne voyoit pas ce que l'Auteur de l'Hiftoire des Oracles
pourroit répondre à &c . celui des Remarques ,
dit : Je m'imagine qu'un homme d'un efprit auffi
v pénétrant & auffi éclairé que lui , ne manquera
a
110.
48 MERCURE DE FRANCE.
& ce hazard étoit affez rare . Traité avec
beaucoup d'égards dans les fociétés qu'il
» pas de replique , s'il veut fe donner la peine d'en
» chercher. Mais je répondrai pour lui , en atten :
» tendant , que , &c. »
Dans les nouvelles de la République des Lettres,
Mai 1687 , article premier , on trouve une Lettre
de M. Van- Dale à un de fes amis au fujet de
'Hiftoire des Oracles. En voici le début :"
« J'ai lu avec bien du plaifir l'Hiftoire des Ora-h
» cles faite par unAuteur François, où je fuis copié :
» fidélement. J'approuve la liberté qu'il s'eft don
» née de tourner ce que j'avois avancé dans mes
» deux Differtations fur ce fujet , au génie de fai
» Nation.
>> Celui de nos peuples eft un peu différent : ils
» fe défient furieufement du tour de l'efprit & dès
» graces du langage , & ne fe fatiguent point , en
» matiere de faits conteftés , du nombre des preu-
» ves , pourvu qu'elles foient folides & finceres.<
» Je fuis fort fatisfait que l'ingénieux Auteur des
» Dialogues des Morts ait jugé les miennes de cette
» nature , & qu'il ait eu la bonté de les appuyer
» de beaucoup des fiennes , qui font convain-
>> cantes & judicieuſes. Il eft vrai qu'il change
» & renverſe terriblement toute l'économie de
» mon Ouvrage , dont il témoigne dans la préface
avoir eu d'abord le deffein de fe rendre feule
» ment le Traducteur . »
Deftruit , adificat , mutat quadrata rotundis.
» Mais loin de le trouver mauvais , je le loue
» d'avoir facilité la connoiffance de cette impor-
» tante queſtion aux honnêtes gens de l'un & de
fréquentoit 2
SEPTEMBRE . 1757. 49
fréquentoit , égards qu'il s'attiroit autant
par ceux qu'il avoit lui -même , que par fa
>> l'autre fexe de fon pays , & j'avoue qu'il a eu
» raifon de les décharger de la peine de lire quan-
» tité de citations ennuyeuſes. Mais ce fçavant &
» galant homme me pardonnera fi je dis qu'il a
» oublié des chofes importantes , & qui pouvoient
» être plus décifives & moins ennuyeufes que
» d'autres , dont il a fait emploi dans fon Ouvra-
» ge. C'eft peut - être un malheur pour la cauſe
» qu'il foutient avec moi , qu'il ne foit pas dans
» un pays de liberté car je ne puis imputer à
>> une autre raiſon le filence qu'il a gardé , où les
» déguifemens qui femblent l'avoir commandé
» faits de conféquence. »>
M. Van-Dale explique enfuite en quoi confiftent
ce filence & ces déguisemens . « M. de F , dit-
» il , paffe l'éponge fur ce que j'avois écrit des
livres Sybillins.... Il n'a point voulu toucher
» à la vifite que Saül , troublé d'eſprit , rendit
» la prétendue Magicienne d'Endor . Ces deux
» faits de fi grand éclat où la fourberie une fois
» bien prouvée , porte un fi grand coup à toutes
» les autres que nous combattons , méritoient- ils
» d'être enfèvelis dans un fi profond filence par
» notre Auteur ? >>
M. Van-Dale examine de nouveau ces deux
faits , principalement le dernier.
Il dit plus bas : « Je fuis bien loin de mon
>> compte , fi notre Auteur a parlé fincérement
» lorsqu'il a dit dans fa Préface: Je déclare que fous
» le nom d'Oracles , je ne prétens point comprendre
» la magie , dont il eft indubitable que le Démon
» fe mêle. . . . En vérité cet habile homme a trop
» de lumieres pour ne pas voir que l'un n'eft pas
C
go MERCURE DE FRANCE.
grande réputation & la confidération dont
il jouiffoit , on n'alloit guere lui dire ,
» mieux fondé que l'autre. » C'eft- à- dire , la
magie que les Oracles.
Il cite enfuite plufieurs paffages des Anciens ,
par lefquels on voit qu'ils regardoient la magie
comme une fourberie. Il cite entr'autres Ciceron
& Pline.
« Après cela , continue M. Van-Dale , com-
» ment notre Auteur qui les avoit lus fans doute ,
» a-t'il écrit fi hardiment que les habiles Payens
» regardoient la magie d'un autre ceil que les
>> Oracles » ;
M. Van-Dale ne comprend pas que M. de F,
ait voulu prouver par l'autorité des Poëtes , furtout
de Lucain , que la magie s'exerçoit par
l'intervention du Diable . « Où en fera- t'on , dit-
>> il , fi l'on croit de bonne foi Virgile , lorfqu'il
» dit ( Eglogue 8 ) que les vers ou les charmes font
» defcendre la Lune des Cieux ? &c, »
Enfin M. Van-Dale dit nettement que fi on
laiffe la magie aux Démons , on ne peut pas leur
ôter les Oracles.
Mais fi le témoignage des Poëtes & des beaux
efprits n'eft d'aucun poids , lorfqu'ils paroiffent
croire aux Magiciens , aux Devins , & c. il n'en
eft pas de même , felon M. Van- Dale , lorfqu'ils
s'en moquent & de ceux qui y croient , furtout
s'ils le font publiquement , & avec la permiffion
du Magiftrat ; car il réfulte de- là non feulement
que l'opinion immolée à la rifée publique , n'eſt
qu'une fottife populaire ; mais encore que ceux
qui ont l'autorité en main , ont penſé qu'il étoit
utile d'en défabufer le peuple , quoiqu'il ne le fût
peut-être pas de lui ôter tous fes préjugés,
SEPTEMBRE. 1757 .
sr
quoiqu'on l'eût pu fans lui faire beaucoup
de peine , qu'il couroit une Epigramme
contre lui ; qu'il étoit malignement attaqué
dans une brochure , &c . & de fon côté
il ne faifoit guere de queftions relatives à
lui-même & à fes écrits. Il n'avoit point
cette curiofité , fi vive dans la plupart des
Auteurs , de fçavoir le mal qu'on dit de
M. Van-Dale cite donc avec complaifance le
Livre intitulé , le Comte de Gabalis & la Comédie
de la Devinereffe. « Je ne compte pas pour rien ,
» dit-il , ce qui a été joué publiquement , à Paris
» même , dans cette Comédie ; car j'y trouve une
» partie des fecrets de ces fourbes , affez agréa
» blement découverts. »
On fçait que le fçavant Pere Thomaffin ( & M.
de F. n'a pas manqué de le citer ) avoit déclaré en
termes formels dans la Méthode d'étudier & d'enfeigner
chrétiennement les Poetes : « Que les Ora-
» cles n'étoient que des impoftures où les hom-
» mes fe trompoient les uns les autres par des
» paroles obfcures & à double fens. »
Le Journal des Sçavans donna en 1707 un extrait
fort étendu du Livre du Pere Baltus. « On a laiffé
» jouir M. de F. pendant 20 ans, dit le Journaliſte ,
», de toute la gloire qu'il pouvoit recueillir d'un
>> Ouvrage où il occupoit agréablement le Pu-
» blic , fans prétendre le moins du monde inté
» reffer le Chriftianifme. Quel Ecrivain , après
» une fi longue poffeffion , ne croiroit fon fenti
» ment à couvert de la cenfure ? Voici pourtant
» un Adverfaire qui vient d'entrer en lice contre
» M. de F , au fujet des Oracles. Il traite l'affaire
» fur un ton fort férieux , &c . »
Cij
52 MERCURE DE FRANCE.
leurs Ouvrages ( car ils fçavent bien qu'on
en dit toujours ) , de le fçavoir exactement
& dans le plus grand détail , & furtout de
connoître ceux qui le difent. Auffi ignoroit-
il jufqu'à l'exiftence de plufieurs de
ces Epigrammes & de ces brochures ; & il
l'a quelquefois dit , mais fimplement & fans
malice, à leurs Auteurs mêmes, qui perfuadés
qu'il ne pouvoit ignorerqu'ils avoient
écrit contre lui , venoient lui en marquer
leur repentir vrai ou faux. J'en connois
un entr'autres qui fut très - fâché d'avoir été
apprendre à M. de F. ce qu'il n'auroit jamais
fçu fans lui , & bien plus piqué encore
qu'il ne le fçût pas.
4°. Deux lettres fur le Tutoiement parmi
celles de M. Vernet fur le même fujet.
en 1752. Ce recueil eft très connu , &
mérite de l'être . Il s'agiffoit de fçavoir
fi dans les traductions Françoifes de la bible
, il faut conferver le tutoiement de l'original
. M. de F. eſt pour l'affirmative , &
ainfi de l'avis de M. Vernet qui l'avoit confulté
( 1 ) . Comme les lettres de M. Vernet ,
imprimées à la Haye , ne font pas entre
les mains de tout le monde , je citerai un
morceau d'une de celles de M. de F.
(1 ) Bayle penfoit autrement. Voyez parmi fes
Lettres la 80 & la fuivante,
SEPTEMBRE . 1757. 53
و د
و ر
"Notre Vous étant undéfaut des Lan-
>> gues modernes , il ne faut point cho-
" quer la nature en général , & l'efprit de
l'ouvrage en particulier , pour fuivre ce
» défaut. Je crois que ces remarques au-
» roient lieu à l'égard de tout livre facré
» d'une Religion quelconque , comme l'Al-
» coran , les livres Religieux des Guebres ,
» &c. Comme la nature de ces livres , eft
» de devoir être refpectés , il fera toujours
bon de leur faire garder le caractere
original , & de ne leur jamais donner
des tours d'expreffion populaire. L'exemple
de nos traducteurs qui ont affecté
» le beau langage , ne doit pas plus être
fuivi que celui du Prédicateur du Specta-
» teur Anglois , qui difoit , que , s'il ne
craignoit pas de manquer à la politeffe, &
» aux égards qu'il devoit avoir pour fes
» Auditeurs , il prendroit la liberté de
» leur dire que leurs déportemens les méneroient
tout droit en enfer.
ور
ور
"
و د
و د
s
"
"3 "
M. de Montesquieu , confulté auffi par
M. Vernet , avoit répondu comme M. de
F , & s'étoit déclaré pour le Tutoiement.
Cet avis fut attaqué par des Proteftans même
, quoiqu'ils duffent plutôt en être que
des Catholiques , entr'autres par l'Auteur
de l'écrit intitulé , Remarques fur une dif
fertation qui traite de l'ufage du toi & du
C iij
54 MERCURE DE FRANCE.
vous dans une verfion de la bible . Cet écrit
très bien fait , eft daré de Geneve , premier
Juin 1752 , & fe trouve dans la Bibliotheque
impartiale ( 1 ) , même année , tome
fix , troifieme partie , page 307. L'Auteur
des Remarques n'avoit garde de ne pas
répondre à deux fuffrages d'auffi grand
poids que ceux de MM. de M. & de F. Le
premier ne l'embarraffe guere. L'Auteur des
Lettres Perfannes , dit-il , avec son goût
oriental , ne pouvoit manquer d'être pour le
toi.
M. de F. l'embarraffe davantage , & il
ne l'expédie pas ainfi en un mot. Je rapporterai
néanmoins le paffage en entier ,
quoi qu'un peu long , parce que M. de F.
y eft affez bien caractériſé ; j'ajoute , parce
qu'il y eft juſtement critiqué. J'ai déja
donné plus d'une preuve de fincérité fur
fon compte. Voici donc le paffage.
"
« Le fuffrage de M. de F. n'eft pas fi aifé
à expliquer. S'il avoit
paru s'échauffer
pour les anciens " on pourroit
croire
qu'il regarde
leur toi comme
quelque
chofe de facré qu'il falloit conferver
,
(1 ) C'est le titre d'un Journal imprimé en Hol-
Lande , & ainfi peu répandu en France. M. Formey
, Secretaire de l'Académie de Pruffe , étoit
d'abord feul à le faire . Il y travaille encore aujour
d'hui , mais il aplufi curs affociés,
;
SEPTEMBRE . 1757. 55
23
furtout dans nos verfions de la bible :
» mais dans la fameufe difpute des An-
» ciens & des Modernes , il ne parut point
» un admirateur outré de tout ce qui nous
» vient de l'antiquité. Je crois donc que fa
réponſe a été dictée par la politeffe ; elle
n'eft pas même fi décifive qu'on voudroit
» nous le perfuader. Celui qui l'avoit
» confulté , l'avoit averti , en lui propo-
» fant la queftion , que nous voulions gar-
» der le Tutoiement , foit quand Dieu parle
» à l'homme, foit quand l'homme s'adreſſe
» à Dieu. Qu'a donc fait M. de F ? Il a ex-
» cufé le vous des Catholiques , & approuvé
également notre Toi ; mais il
conclut que le mieux , feroit de s'en te-
» nir uniformément , ou à l'un ou à l'au-
»tre. On en a inféré que pour des gens
» réfolus à retenir le Tutoiement dans une
partie de la verfion , comme en parlant
, à Dieu , on doit le retenir partout , pour
» éviter la bigarrure .
D
"
"
» Il paroît dans cette réponſe de M. de
» F. qu'il a analiſé la queſtion en vrai Phi
» lofophe ; mais on n'y trouve pas tout-à-
» fait le bon critique. En voici un exemple.
Dans une traduction de l'Ecriture
» Sainte , dit-il , Dien ne dira jamais nous
» au lieu de je : il est trop effentiellement un
»feul ; c'est là ſa ſuprême élévation. Com-
23
Civ
56 MERCURE DE FRANCE.
" ment M. de F. veut- il donc qu'on tra-
» duife , faisons l'homme à notre image ? Et à
» l'occafion de la tour de Babel ; defcendons
» & confondons leur langage ( 1 ) . Mais s'il
ne s'eft pas bien fouvenu de fa Geneſe , en
écrivant fa réponſe , il paroît , comme je
l'ai déja remarqué , qu'il n'a pas oublié
»fa politeffe ordinaire.
»
»
30
و د
» Un homme d'efprit me difoit à l'occafion
de cette lettre , qu'on devoit faire
peu de fonds fur ces fuffrages mendiés ;
" que quand il lui importeroit d'en avoir
» des pays étrangers , il fe faifoit fort d'en
» être toujours bien pouryu ; que tout dépend
de la maniere de propofer le fenti-
» ment qu'on veut faire approuver . Dès
qu'on paroît s'y intéreffer beaucoup , le
fçavant que vous confultez , pour peu
» qu'il fçache vivre , fe gardera bien de
» vous contredire .
و ر
ود
ور
"
»
» Il s'agiroit donc de fçavoir fi on a confulté
M. de F. avec beaucoup de fang
» froid , ou fi on lui aura paru s'affection-
» ner beaucoup pour le Toi . C'eft fur quoi
» nous n'avons que des conjectures. Mais
» à en juger par les écrits que nous avons
» vus , l'Auteur s'étoit fort échauffé fur
» fon fujet. »
- ( 1 ) Gen. I , 26. XI , 7.
SEPTEMBRE. 1757. 57
5. Traductions en profe de plufieurs Cantates
& airs Italiens . Elles furent faites
pour le concert Italien qui fe tenoit en
1724 , chez M. Crozat , le cadet , & qui
fe tint depuis dans une falle du château des
Thuilleries. J'étois le bel efprit de ce concert,
difoit quelquefois , M. de F. Comme il
ne fut tiré que peu d'exemplaires du livre
qui contenoit ces traductions avec l'Italien
a côté; qu'il ne fut donné qu'aux afſociés ,
& qu'ainfi il eſt aujourd'hui très - rare , j'en
mettrai ici l'avertiffement qui eft trèscourt.
و د
« Ces Ariettes Italiennes ayant été déta-
" chées d'un grand nombre de différens
» opera , il faut fuppofer qu'elles avoient
" aux fujets & aux fituations des pieces ,
» un rapport qu'on ne découvre plus dans
» la plupart qu'affez imparfaitement.
"
" On n'a traduit ces paroles que pour
" faire mieux goûter les airs qui les expriment
, fouvent attachés aux mots ; &
» par cette raifon , on a rendu la tradue-
» tion la plus littérale qu'il fût poffible ,
quoiqu'elle puiffe en cet état n'être pas
>> affez avantageufe aux Poëtes.
"
Mais on fçait que le génie des deux
» langues , l'Italienne & la Françoiſe ,
» eft très différent , & que furtout en
matiere d'amour & de galanterie , dont
·
C v
58 MERCURE DE FRANCE.
il est principalement queſtion ici , leur
ftyle ne reffemble prefque point. »
"
En voici bien la preuve dans l'Ariette
fuivante :
Col raggio placido della speranza
Lamia cofianza
Lufinghi in me :
Cofi queft'anima di più non chiede ,
Che la fua fede ,
La fua mercè.
Tu flantes ma conftance de quelque doux
rayon d'espoir. Je ne demande rien de plus
pour récompenfe que ma fidelité même .
Ce n'est pas feulement en matiere d'amour
& de galanterie , que le génie des
deux langues ou plutôt des deux Nations
, eft différent ; c'eft en toute matiere.
Voici , par exemple , ce que dit
un Pere , qui après avoir perdu un fils
qui lui étoit très cher , avoit encore
éprouvé les plus cruels malheurs.
-
Vieni , o morte ; il fine è giunto
Del mortal mio grave efiglio ;
Non tardar , ch'è tempo omai.
Se nonfirfe , cifù in quel punto
Che uccidefti il caro figlio ;
Che d'aller non viſſi mai.
SEPTEMBRE. 1757. 59
Viens , ô mort , viens finir pour moi le
trifte exil de cette vie mortelle , ne differe pas ,
il est temps. Si ce n'eft que ce temps arriva
lorfque tu m'enlevas mon cherfils , je n'ai pas
vécu depuis ce moment.
Voici d'autres paroles qui feroient affez
françoifes , fi nous aimions autant les
comparaifons dans nos opera , que les Italiens
les aiment dans les leurs
, parce
qu'elles donnent lieu au muficien de peindre
& de briller.
Bramofo cacciatore
Seguendo và
La preda fugitiva ș
Alfin l'arriva ,
E ottien quel che bramò :
Ma quando fiegue un core
Crudel beltà ,
Ha innanzi ognor l'aspetto
Del caro oggetto ,
Ed ottener non può.
Un Chaffeur ardent pourfuit fa proie fugitive
; enfin il la joint , & obtient ce qu'il a
defiré mais quand on pourſuit une beauté
cruelle , on a à toute heure devant les yeux le
bien que
l'on defire avec ardeur , & on ne
Peut l'obtenir
.
Les Italiens préferent les images fortes
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
& terribles à celles qui font douces & gracieuſes.
C'est qu'ils aiment ce qu'ils appellent
Strepitofa mufica , une mufique
bruyante. Voici un morceau du premier
genre.
Le profonde vie dell' onde
Dammi , o ciel ! di rifolcar
El mio nome, e l'ardimento ,
Di Spavento
Empia ancora i liti , e'l mar ;
E farò ch' il fangue scorra ,
Frà quel liquido elemento ,
I miei torti à vendicar.
O ciel ! accorde moi de fillonner encore le
vafte fein des ondes. Que mon nom & mon
audace rempliffent encore d'épouvanto les rivages
& les mers ; & je vangerai mes injures
en faifant couler lefang fur ce liquide élement.
Au refte , le choix de ces airs ayant été
fait fur la beauté de la mufique , & non
fur celle des paroles , il ne feroit pas julte
d'en tirer une conféquence générale contre
les paroles des airs Italiens , furtout
contre celles des fcenes , & des poëmes
pris en leur entier , furtout encore contre
les poemes d'Apoftolo-zeno , & de l'Abbé
Metaftafio , les uns & les autres très- eſtimés
, principalement les derniersplus conSEPTEMBRE
. 1757 .
61
par la
nus ici que les premiers , du moins
belle traduction de M. Richelet. ( 1 ) Cependant
, en Italie comme en France , le Poëte
qui doit toujours tant de complaifance au
Muficien , lui doit des facrifices dans les
paroles des airs proprement dits , des grands
airs, & qu'ainfi ( pour le remarquer en paffant
) , nous appellons très- improprement
Ariettes . Il faut que ces paroles ne foient que
des mots bien lyriques ; & moins le fens
en fera fort de penfée & même de fentiment,
plus la mufique pourra en être forte ,
par une harmonie plus travaillée , une
mélodie plus variée , & une mefure plus
exacte dans l'exécution . Avec des mots qui
ne difent rien , la mufique vocale a toute
la liberté de l'inftrumentale.
M. de F. n'étoit point parvenu à goûter
la mufique Italienne autant que la Françoife
; mais il étoit affez porté à croire
qu'il avoit tort , & que la feule premiere
habitude lui faifoit prendre plus de plaifir
à la mufique Françoife qu'à l'Italienne . Il
( 1 ) Les Journaliſtes de Trévoux ont donné
Pextrait de quelques- uns des plus beaux Opera de
Metaftafio , non fur la traduction Françoife , mais.
fur l'original Italien . Ils ont même traduit en vers
les morceaux qu'ils ont cités. Voyez le premier
volume du Journal de Janvier , & ceux de Fevrier
& de Mars 175Z+
62 MERCURE DE FRANCE.
featoit d'une façon & jugeoit de l'autre :
peu de gens en ont la force. Il faut néan-.
moins l'avoir pour être Philofophe ; le
fentiment eft quelquefois auffi trompeur
que les fens.
La difpute fur les deux Mufiques avoir
commencé avec le fiecle , par un petit ouvrage
que l'Abbé Raguenet avoit compofé.
à fon retour d'Italie , & qu'il avoit intitulé
; Parallele des François & des Italiens an
fujet de la mufique & des opera M. de F.
en avoit été le Cenfeur ; & fon nom ne fûtil
pas au bas de l'approbation , on auroit
pu le reconnoître , ou du moins le foupçonner
, à la maniere dont elle eſt tournée.
Je crois , dit- il , que ce parallele fera
bien reçu du public , pourvu qu'il foit capable.
d'équité.
M. de Freneufe ( 1 ) écrivit contre l'ouvrage
, l'Auteur , l'Approbateur , & enfuite
contre M. Andry , qui d'abord favorable
au défenfeur de la mufique Françoife
dans le Journal des Sçavans , ceffa de
l'être lorfque l'Abbé Raguenet eut repondu,
& que M. de Frenenfe eut repliqué. Je ne
connois guere d'écrits plus vifs , plus
amers , & plus malins , que ceux que M.
(1 ) Jean- Laurent le Cerf de la Vieville-de Fre
neufe , Garde des Sceaux du Parlement de Noxmandie.
SEPTEMBRE. 1757. 63
de Frenenfe publia à cette occafion. Il n'étoit
pourtant qu'Amateur , & non Artiſte ;
mais il étoit amateur juſqu'à la paffion.
Extrême en tout , il aima l'étude avec la
même ardeur , & s'y livra avec le même
excès ; delà fa mort dans la fleur de fon
âge ( 1 ) . M. de F. qui l'avoit va à Rouen , &
depuis à Paris , m'a dit que fi quelqu'un ,
par une vivacité & une fenfibilité extrêmes,
avoit jamais mérité le nom de fou , de
fou complet , de fou par la tête & par le
coeur , c'étoit ce M. de Freneufe. Mais
comme la folie n'exclut que la raifon &
non l'efprit qu'elle fuppoferoit plutôt , M.
de Freneufe en avoit beaucoup , & même
tant , pour me fervir du mot de Sorbiere ,
qu'il n'avoit pas le fens commun. ( 2)
Sa comparaifon de la musique Italienne &
Françoife ( c'eſt le titre de fon Livre contre
celui de l'Abbé Raguenet ) iuftifie parfaite
ment le portrait que M. de F. m'a fait de
l'Auteur.
Cependant ce Livre eft curieux par un
grand nombre d'anecdores fur l'Opera
François , Acteurs & Actrices , Poëtes &
Muficiens , & c. On l'a réimprimé en Hollande
à la fuire de l'Ouvrage intitulé ,
( 1 ) Né en 1674 , il mourut en 1707 ,
33 ans.
(2) Sarberiana , page 97.
âgé de
64 MERCURE DE FRANCE .
Hiftoire de la Musique & de fes effets , en
2 vol. in- 12. Il commence à la moitié du
premier volume , & forme encore tout le
fecond. (1)
Je me fouviens qu'après la Lettre de M.
Rouffeau de Geneve fur la Mufique , dans le
fort de la difpute qu'elle renouvella , &
lorfqu'on préparoit l'Opera de Roland ,
rappellant à M. de F. l'approbation qu'il
avoit donnée au Parallele , & c. je lui
dis que cet Opera pourroit bien n'avoir pas
aujourd'hui autant de fuccès qu'il en avoit
eu autrefois , parce que les partiſans de la
muſique Italienne & des Bouffons , avoient
prédit qu'il tomberoit ; qu'ils mettoient
tout en oeuvre pour l'accompliffement de
leur prédiction ; qu'ils étoient en trèsgrand
nombre , peu adroits à la vérité, mais
très- ardens , en un mot de vrais Freneuſes ;
qu'enfin il y avoit parmi eux des gens de
beaucoup de réputation & de mérite , &
très-fupérieurs aux Raguenets ; qu'au refte
cet Abbé avoit eu aufli fon coin de folie ,
( 1 ) On trouvera de grands détails fur M. de
Freneuſe , & fur fa diſpute avec l'Abbé Raguenet
& M. Andry , dans une Lettre d'un Religieux Bémédictin
de la Congrégation de S. Maur , imprimée
dans le Mercure d'Avril 1726. Ce Bénédictin eſt
Dom Lecerf, frere de M. de Freneuse , & Auteur
de la Bibliotheque des Ecrivains de la Congréga
sion,
SEPTEMBRE. 1757. 69
ود
puifqu'il finit par fe couper la gorge, & c . ( 1 )
Eh bien , me dit M. de F , quand j'eus
tout dit , ( car il laiffoit volontiers tout dire,
& à moi- même. ) « J'applique mon approbation
du Paralelle à l'Opera de Ro-
» land. Il est très- beau , & je prédis à mon
» tour qu'il réuffira , pourvu que le public
»foit capable d'équité. » Il réuffit en effet ;
mais , foit habitude , foit équité dans le
public , l'une & l'autre furent bien fecondées
, à ce que j'ai entendu dire , par l'excellent
Acteur ( M. de Chaffé ) qui joua le
rôle de Roland.
ود
Du premier Juin.
J'en étois là , lorfque j'ai reçu l'autre
petit livre que j'avois demandé au Public
avec celui des Doutes fur les caufes occafionnelles
, je veux dire , le retour des pieces
choifies , &c. ( 2) J'y ai trouvé ce qui me
le faifoit defirer , de bonnes réflexions d'un
zélé Malebranchifte fur le livre des Doutes ,
&c. une réponse de M. de F. à ces Réflexions
, adreffée en forme de lettre à
leur Auteur , & enfin une replique de celui-
ci. Ces trois pieces font curieuſes , &
(1 ) On fçait qu'il fe la coupa avec fon rafoir.
Il étoit dans l'ufage de fe rafer lui- même .
(2) Premier volume du Mercure d'Avril , p . 65,
ligne derniere.
66 MERCURE DE FRANCE.
on les joindra au livre des Doutes , & c.
dans le fupplément des OEuvres de M. de F.
Le Malébranchifte fon adverfaire , le traite,
fans le connoître , avec toutes fortes d'égards
.
J'ai obligation du retour des pieces choifies
, &c. à M. Thierriat , dont je n'étois
point connu , non plus que de M. l'Abbé
Polonceau Recteur de l'Univerfité de
Rheims. M. T. enfeigne les humanités à
S. Florentin en Bourgogne ; & par la lettre
qu'il a bien voulu m'écrire en m'envoyant
le livre , il me paroît très- capable de les
bien enfeigner.
Jufqu'à préfent je ne connois pas d'autres
petits écrits imprimés de M. de F ,
qu'on puiffe réimprimer par fupplément
aux huit volumes de fes (Euvres. Dans le
Mercure prochain je parlerai des manuf
crits mais j'annonce d'avance que ce ne
font guere que des fragmens plus ou moins
confi lerables , des Ouvrages imparfaits , &
que prefque aucun n'eft entier , foit que
M. de F. ne les ait pas achevés , foit qu'il
en eût perdu quelques feuillets ; car c'eſt
quelquefois le commencement qui manque.
Je prie ceux qui pourroient en avoir
quelques uns , en tout ou en partie , de
vouloir bien me les remettre . Il m'a dit
plus d'une fois qu'il en avoit prêtés qu'on
SEPTEMBRE . 1757. 67
pas
ne lui avoit point rendus , & qu'il n'avoit
même redemandés . Auffi fenfible qu'un
autre , malgré toute fa philofophie , aufort
de fes Ouvrages imprimés , il étoit aſſez
indifférent à celui de fes manufcrits , du
moins lorfqu'ils étoient eux- mêmes indifférens
, & qu'ils ne traitoient pas de certaines
matieres délicates. Il m'a conté
qu'en ayant lu un de ce dernier genre à
feu M. le Régent , le Prince le lui demanda
pour le lire lui - même à tête reposée.
M. de F. refufa ; le Prince infifta , & promit
un fecret inviolable & une prompte
reftitution. M. de F. ne fe laiffant point
gagner , je vous le jure , dit Son Alteſſe
Royale. M. de F. fe taifoit , mais fon filence
étoit un refus .... Je vous le jure ,
foi de Prince.... Silence encore... Foi de
Gentilhomme. M. de F. céda , mais depuis
il redemanda en vain fon manufcrit. Il n'y
penfoit plus , lorfque long - temps après
étant allé faire fa cour à S. A. R , qu'il ne
trouva pas feule , elle le fit paffer dans
fon cabinet . M. de F. apperçut fon manuf
crit fur un bureau , le mit dans fa poche
& n'en dit rien au Prince . Il n'en fut plus
parlé.
La fuite pour un autre Mercure,
XII.
M.TAbbé Trublet.
LORSQUE
ORSQUE dans les Mercures précédens
, j'ai indiqué plufieurs morceaux de
M. de F. tant en profe qu'en vers , & tant
imprimés que manufcrits , qui ne fe trouvent
point dans la derniere édition de fes
Euvres , je ne les connoiffois pas encore
tous , & peut-être ne les connois- je pas
tous encore . Voici ceux qui font venus
depuis à ma connoiffance . Je commence
par les imprimés.
1º . J'ai parlé dans le premier volume
du Mercure d'Avril , page 76 , d'un Poëme
compofé par M. de F , pour le prix de l'Académie
Françoife en 1675 , par confé
quent lorfque l'Auteur n'avoit encore que
18 ans , & j'ai dit que le prix fut remporté
par M. de la Monnoye. Le fujet étoit : La
gloire des Armes & des Lettres fous Louis
XIV. On ne doute point que ce Poëme në
foit de M. de F , puifqu'il y mit fon nom ,
comme on peut le voir dans le Recueil de
l'Académie de ladite année .
Mais il n'eft pas moins fûr qu'il compo
fa encore , à la vérité en gardant l'anony
me , pour le prix de 1677. J'ai trouvé .
Bvj.
36 MERCURE DE FRANCE.
parmi fes papiers une copie de ce fecond
Poëme , apoftillée de fa main , & je me
fuis reffouvenu qu'il m'en avoit parlé.
Aufff l'a - t'on mis , avec plufieurs autres
pieces du même Auteur , dans le Recueil
périodique que j'ai indiqué premier volume
du Mercure d'Avril , p . 74 , & qui a
pour titre , Le petit Réfervoir , & c. Le fujer
de 1677 étoit , L'éducation de Monseigneur
le Dauphin. M. de F. fut encore vaincu par
M. de la Monnoye. ( 1 );
( 1 ) En 1714 , & ainfi au même âge de 20 ans
M. de Voltaire compofa pour le prix de l'Académie,
& fut vaincu par un homme bien inférieur
à M. de la Monnoye , par l'Abbé du Jarry, Le
Poëme couronné , au deffous du médiocre , du
côté de la poésie , étoit encore gâté par une méprife
qui fuppofoit dans le Poëte une ignorance
groffiere en matiere de phyfique & même de
fimple géographie. Un de fes vers commençoit
par Poles , glacés , brûlans , &c . Le Vainqueur fut
très-plaifanté dans le temps , furtout par le vaincu;
& comme de pareilles occafions de plaifanter
ne laiffent pas que d'être rares , M. de V. eft revenu
plufieurs fois à la charge. Cela n'a pas empêché
que le Poëme , imprimé d'abord avec fes
poles glacés & fes poles brûlans , dans le Recueil de
PAcadémie de 1714 , ne l'ait encore été de même:
dans celui de toutes les Pieces couronnées jufqu'en
1747. Cependant l'Abbé du Jarry avoit
Gorrigé fa méprife dès 1715 ; & dans le Recueil
qu'il donna alors de fes Poéfies , parmi lesquelles
Le trouve ſon Poëme , au lieu de poles , il mit ch
SEPTEMBRE. 1757: 37
Page 79 du même Mercure , j'ai indiqué
un autre Recueil contenant beaumats
. Ce dernier mot eft jufte ; mais l'autre étoit
plus poétique , parce qu'il eft moins commun ; &
voilà , fans doute , ce qui le fit préférer au Poëte.
Il feroit aifé de citer plufieurs autres exemples ,
à la vérité un peu moins forts , de la préférence
donnée par des Poëtes célebres fur le mot propre
& jufte , à un mot plus harmonieux , plus noble ,
moins ufité , & par- là , difent- ils , plus poétique ,
mais fouvent très -impropre , & fur cela voici une
petite anecdote affez plaifante.
Un jeune Poëte vint lire à feu M. Danchet des
vers , qu'il avoit faits fur la maîtreffe ; la piece
débutoit ainfi :
Maifon, qui renfermez l'objet de mon amour , &c.
Danchet interrompit le Lecteur avec vivacité.
Maiſon eft bas , lui dit-il , trop commun du moins ..
Il y en a tant d'autres à choisir . Mettez palais ,
beaux lieux , &c . Mais , repliqua le Poëte , c'est
une maison de force.
Pour revenir à l'Abbé du Jarry , dont je n'aurois
peut être jamais d'autre occafion de parler , fi
pourtant celle- ci en eft une , je dirai en paffant
que ce mauvais Poëte a fait quelques vers trèsheureux
; ceux- ci , par exemple , dans un Poëme
couronné par l'Académie en 1679. Le fujet étoit ::
Que la victoire a toujours rendu le Roi plus facile
à la paix. Après avoir dit que ceux des Princes
ligués contre S. M. que leur impuiffance avoit
prudemment engagés à fe foumettre , en avoient:
été épargnés , au lieu que ceux qui avoient cru
pouvoir lui réfifter , étoient tombés fous fes coups
38 MERCURE DE FRANCE .
coup de pieces de M. de F. & imprimé au
commencement de cette année , fous le
vengeurs , le Poëte ajoute cette comparaiſon à la
fois fi jufte & fi poétique :
Pareils à ces rofeaux qu'on voit baiſſant la tête ,
Réfifter par foibleffe aux coups de la tempête ,
Pendant quejusqu'aux cieux les cedres élevés ,
Satisfont par leur chûte aux vents qu'ils ont bravés.
Qu'on me permette de citer encore du même
Poëte deux autres beaux vers , mais d'un carac
tere différent . Ils fe trouvent dans une Epître ou
l'Auteur annonçoit à un ami qu'il alloit prendre
le parti d'une entiere retraite. Elle finit ainfi :
Caché dans ma retraite , & comme enfeveli ,
De quelques jours j'avance un éternel oubli.
L'Abbé du Jarry remporta encore le prix de
l'Académie en 1683 , ou du moins il le partagea
avec M. de la Monnoye . Les deux pieces ayant eu
un égal nombre de fuffrages , l'Académie fit frapper
deux Médailles , chacune valant moitié du
prix , & elles furent données aux deux Auteurs.
C'eft l'unique fois que ce partage eft arrivé .
L'Abbé du Jarry étoit Prédicateur , & il a fait
imprimer des Panégyriques & des Oraifons funebres
, qui , fans être du premier mérite , ont des
beautés , entr'autres l'Oraifon funebre de M. Fléchier.
N'eft il pas fingulier qu'un Orateur de profeffion
ait remporté des prix de Poésie , plutôt que
des prix d'Eloquence ? La même chofe eft arrivée
à M. l'Abbé Séguy , à Paris & à Toulouſe. Ce fait
dit bien des chofes , fi c'étoit ici le lieu de les
י
SEPTEMBRE. 1757. 39
titre de Porte-feuille , & c. On y trouve
(tom. 2 , p. 72 ) , après les deux Lettres de
Mademoiſelle de Launay & de M. de F.
dire , & pourroit être le fujet d'une bonne Differ
tation littéraire. Très - peu de Prédicateurs de réputation
ont remporté des prix d'Eloquence dans
les Académies. Je ne me rappelle même que le
P. Rainaud , de l'Oratoire (1 ) . Beaucoup de Poëtes
très-médiocres , pour ne pas dire davantage ,
ont remporté des prix de Poéfie . Je ne nommerai
que le Poëte Gacon . En général , la profe des
Recueils académiques eft fupérieure aux vers
qu'on y trouve , & la raiſon n'en eft pas feulement
que les vers font plus difficiles que la profe , &
que néanmoins le Lecteur y eft plus difficile auffi ;
c'eft encore parce que les meilleurs efprits font
plutôt profateurs que Poëtes. Cette propofition
paroîtra peut- être un paradoxe , même à de bons
efprits , & paroîtra certainement un blafphême à
la plupart des Poëtes. Je me flatte pourtant que
les plus eftimables feront de mon avis dans le
fonds de leur coeur , du moins ceux qui écrivent
auffi -bien en profe qu'en vers , & , par exemple ,
M. de Voltaire . J'ai toujours penfé , & en le penfant
j'ai cru lui faire honneur , qu'il n'étoit pas
auffi éloigné de l'opinion de M. de la Motte fur
les vers , qu'il l'a paru dans ce qu'il a écrit pour
la combattre , ou que du moins il s'en eft fort
rapproché depuis. Quant à M. de F , il feroit
fuperflu de dire qu'il en étoit abfolument , quoique
, comme M. de la Motte , il aimât auffi beaucoup
les vers , & peut- être même plus que la
poésie.
(1) Il eft forti cette année de cette Congrégation
40 MERCURE DE FRANCE .
fur l'aventure de Mlle Tétar , & avant
une Réponſe de M. de F. à une Lettre de
M. de Voltaire , écrite de Sully ( 1 ) , on y
trouve , dis je , mais fans nom d'Auteur ,
un Poëme fur Le foin que le Roi prend de
( 1 ) M. de V. a fait imprimer fa Lettre & une
partie de la Réponse de M. de F. dans plufieurs
éditions de fes OEuvres . Dans la derniere , où elle
eft en entier ( t. 2 , p. 238 ) , à un vers près , mais
le meilleur de la piece , il a ajouté cette note :
« Cette Réponse de M. de Fontenelle eft très-
» mauvaiſe ; il en fit une autre adreffée à Mada-
» me la Maréchale de Villars , qui vaut beaucoup
» mieux , & dans laquelle eft ce vers : Il faut des
» hochets pour tout âge. Mais nous n'avons pu
retrouver cette piece. »
On ne comprend rien à cette note.
r°. Le vers n'eft pas cité exactement
de V , & M. de F. avoit dit :
Il eft des hochets pour tout âge.
2º. Ce vers étoit après ceux- ci :
J'avouerai bien , & j'en enrage ,
Que le fçavoir & la raison
Ne font auffi qu'un badinage ,
Mais badinage de Grifon ;
Il eft des hochets pour tout âge.
par M..
3. On ne connoit point la Réponſe adreffée
à Madame la Maréchale de Villars.
4º. Celle à M. de V , la feule qui exiſte , eft
wès- défigurée dans l'édition de Geneve „ 1756,
SEPTEMBRE . 1757. 41
l'éducation de la Nobleffe dans fes Places &
dans S. Cyr. C'est le fujet que donna l'Académie
Françoiſe en 1687. Si je connoiffois
l'Editeur de ce Recueil , je lui demanderois
s'il croit ce Poëme de M. de F , &
fur quelles preuves il le croit ; car M. de
F. ne m'en a jamais rien dit. Quoi qu'il en
foit , l'Ouvrage ne me paroît pas indigne
de lui , & j'y trouve affez fa maniere. Cependant
le prix fut donné à une Ode de
Mlle Deshoulieres , fille de la célebre Dame
de ce nom. Comme celle - ci ne mourut
qu'en 1694 , & âgée feulement de 56 ans ;
elle cut peut- être grande part , du moins
par fes confeils , à la Piece couronnée , fi
même elle n'en eft pas l'unique & véritable
Auteur. L'Ode me paroît pourtant inférieure
au Poëme, & je doute que l'Académie de
1757 jugeât comme celle de 1687. Mais
peut-être que l'infériorité de l'Ode fut
excufée , ou même moins fentie , parce
que l'Auteur y déclaroit fon fexe , & qu'on
fçut qu'il ne trompoit point .
Dans un fuperbe enclos , où la fageffe habite ,
Où l'on fuit des vertus les fentiers épineux ,
D'un âge plein d'erreurs mon foible fexe évite
Les égaremens dangereux.
D'ailleurs, il ne faut qu'un très- mauvais
vers pour faire manquer le prix à une pie
142 MERCURE DE FRANCE.
ce meilleure , à tout prendre , que celle
-qu'on lui prefere . Or il y en a un trèsmauvais
dans le Poëme. L'Auteur parlant
des Compagnies de Cadets créées en 1682 ,
dit :
Tous ces jeunes Guerriers inftruits de ce qu'ils
doivent
Au bras qui les foutient , au fecours qu'ils reçoi
vent ;
Fiers de porter le nom d'éleves d'un Héros ,
Brûlent de quitter l'ombre & le fein du repos.
De fes nobles leçons qu'il leur demande compte,
Que fa justice excite une vengeance prompte ,
Ils partent , &c.
Voilà , je le répete , un bien mauvais
vers , & on fçait d'autant moins ce que
fignifie excite , qu'il paroît d'abord' fignifier
quelque chofe. Quelqu'un de mes Lecteur
dit fans doute que ce n'eft là qu'une
faute d'impreffion , une faute auffi aiſée à
corriger qu'à appercevoir , & qu'il faut
lire exige au lieu d'excite. Je le penfe auffi .
Cependant cette faute fe trouve , & dans
le Recueil de l'Académie , & dans le Portefeuille
, &c. N'étoit - elle donc point dans
le manufcrit même fur lequel la piece fut
jugée , & ainfi une faute , non du Poëte
fans doute , mais de fon Copifte , plutôt
que de l'Imprimeur
SEPTEMBRE . 1757. 43
Si ce Poëte eft M. de F , & qu'il eût
été couronné , il eût obtenu en 1687 la
double couronne des vers & de la profe ;
car il remporta le prix d'Eloquence par
fon Difcoursfur la patience. C'eft peut- être
une raifon de lui attribuer le Poëme. M.
de F. penfoit dès-lors à fe préfenter pour
l'Académie , & s'y préfenta en effet l'année
fuivante , quoique , comme on le fçait , il
n'ait été élu qu'en 1691. Or deux prix en
deux genres , remportés dans la même année
, auroient ajouté un titre à tous ceux
qu'il avoit déja ; & ce nouveau titre ,
quoique le plus foible , pouvoit bien paroître
le plus fort .
Je demande pardon d'un détail auffi
minutieux ; mais il intéreffe peut - être M.
de F.
2º. Lettre en réponſe à une autre , qui
contenoit une difficulté contre un endroit
de la pluralité des Mondes. J'ai les deux
Lettres.
3. Eclairciffemens fur la premiere partie
de l'extrait que les Auteurs du Journal
Littéraire avoient donné des Elémens de la
géométrie de l'Infini. Ces Eclairciffemens
font dans le tome 16 de ce Journal.
On voit par ces deux écrits , & par un
troifieme dont je parlerai plus bas , que
M. de F. n'étoit pas auffi décidé qu'on l'a
44 MERCURE DE FRANCE.
dit , à ne répondre à aucune critique ; il
auroit eu tort de l'être. Il l'étoit néanmoins
à l'égard des critiques d'ouvrages
de pur agrément. Quoique dans ce dernier
cas , une réponſe puiffe être fort
agréable , utile même par les principes de
goût qu'on y aura répandus , elle eft ordinairement
fuperflue ou inutile à l'ouvrage
critiqué. S'il eft bon , la critique ne lui a
pas fait grand mal , ou ne lui a fait qu'un
mal paffager. S'il eft mauvais ou médiocre
, une réponse à une critique qui l'a
prouvé tel , ne lui fera aucun bien. D'ail
leurs , les critiques de cette efpece d'ouvrages
ne font fouvent que des plaifanteries
, des railleries , & l'on n'y pourroit
guere répondre que par d'autres. Mais celles-
ci , fuffent -elles meilleures , & couvriffent-
elles l'agreffeur du ridicule qu'il a
voulu donner , il y auroit encore plus à
perdre qu'à gagner pour le fage. ( 1 )
( 1 ) Voir la Lettre à M. L. M. D. S. A. à la tête
du Jugement de Pluton fur les Dialogues des Morts.
Ce Jugement eft une véritable critique de ces
Dialogues , & M. de F. ne le donna point fous
fon nom . La Lettre que je cite eft fignée D. H.
J'ignore fi les lettres initiales de l'adreffe , indiquent
un nom & un homme réels . S'il s'agiffoit
d'un Ouvrage très - poftérieur au Jugement de
Pluton ( il parut en 1684 ) , je ne balancerois pas
à croire que la lettre qui le précede eft adreffée
SEPTEMBRE. 1757. $
>
45
Quant aux critiques d'ouvrages
de
fcience , il eft fouvent utile & même né- >
ceffaire d'y répondre
, lorfqu'on
eft en
état de le bien faire ; & on le doit à la vérité
, furtout fi c'eft une vérité importante
, autant qu'à fa propre réputation . Si
M. de F. ne repliqua point au P. Baltus
on en devine aifément les raifons . Feu M.
du Marfais avoit repliqué pour M. de F ,
non feulement fans y être invité
lui
, par
mais encore malgré lui . Le P. le Tellier empêcha
que fon livre ne fût imprimé . M. de
F. m'a conté que lifant la Réponse du P.
Baltus ( c'eft le titre de l'ouvrage
) , trouvant
à chaque page qu'une replique feroit
très-aifée , & l'envie de la faire devenant
de moment en moment plus forte ,
il avoit fermé le livre de peur de fuccomber
à la tentation , & pris la réfolution
de n'en pas achever la lecture. Il m'a
affuré qu'il l'avoit tenue , & qu'il n'avoit
jamais lu l'ouvrage en entier . En cette
matiere , comme en quelques
autres , la
fuite eft fouvent pour les plus forts l'unique
moyen de vaincre . ( 1 )
à M. le Marquis de Saint- Aulaire , fi lié depuis
avec M. de F. mais je doute qu'il le fût déjà en
1684 , puifque M. de F. ne s'étoit pas encore fixé
à Paris.
(1 ) Voici ce que M. de F. écrivit là deffus lo
46 MERCURE DE FRANCE.
Il y a plus encore , M. de F. n'avoit aucun
empreſſement pour lire ce qu'on écri-
3 Août 1707 au célebre M. le Clerc , qui dans la
Bibliotheque choisie ( t . 13 , 1707 ) avoit pris la
défenſe de l'Hiftoire des Oracles contre la Réponse
du P: Baltus.
€ « Je ne répondrai point au Jéfuite de Stras-
» bourg , quoique je ne croye pas l'entrepriſe im-
» poffible ; mais l'Hiftoire de l'Académie des Scien-
» ces me donne trop d'occupation , & tourne
>> toutes mes études fur des matieres trop diffé-
-rentes de celles - là . Ce feroit plutôt à M. Van-
» Dale à répondre qu'à moi ; je ne fuis que fon
» interprete , & il eft mon garant. Enfin je n'ai
» point du tout l'humeur polémique , & toutes les
querelles me déplaifent . J'aime mieux que le
» Diable ait été Prophete , puifque le P. Jéfuite
» le veut , & qu'il croit cela plus orthodoxe. ر د<<
Je ne crois pas que cette Lettre ait été imprimée.
Je la tiens de M. Boullier , qui l'a tirée de la
Bibliotheque des Remontrans à Amſterdam. Il
croit qu'on y en conferve encore quelques autres
de la même main ; je les lui ai demandées.
a pour
L'article de la Bibliotheque choisie auquel a
rapport la Lettre de M. de F. à M. le Clerc ,
titre : Remarques fur le démêlé qui eft entre M. de
Fontenelle , Auteur de l'Histoire des Oracles , &
le P. Baltus , Jéſuite , Auteur de la Réponse à
cette Hiftoire , &c. le Journaliſte donne ces remarques
comme l'ouvrage d'un autre ; je les crois de
lui- même , & on le foupçonneroit à la maniere
feule dont il en parle en les annonçant. Dailleurs,
fes autres Ouvrages y font cités plufieurs fois . Enfin ,
la plupart de ces Remarques font très- bonnes & trèsjudicieuſes.
Cet Auteur , quel qu'il foit, dit dès le
SEPTEMBRE . 1757. 47
voit contre lui ; il ne le lifoit que lorfque
le hazard le faifoit tomber entre fes mains,
α
commencement de fon écrit , « qu'ily a pu avoir des
>>- oracles véritablement rendus par desDémons, ou
» par des Intelligences qui font au deffus de la na-
» ture humaine , quoiqu'il ne doute point que des
>> hommes n'aient fouvent été les auteurs des ré-
» ponfes qu'on attribuoit à ces Intelligences . » Il en
conclur que M. de F. & le Pere B. font allés, chacun »
de fon côté, un peu trop loin. Mais quand il vient
au détail , il eft prefque toujours pour M. de F ,
& le défend prefque furtout contre le Pere B.
De plus , il ne parle jamais du premier qu'avec
beaucoup d'eftime , & peut- être ne ménage-t'il
affez le fecond . Mais M. le Clerc étoit Protef
tant. D'ailleurs le Pere B. avoit auffi trop peu
ménagé M. de F, & l'Auteur des Remarques l'en
blâme en plus d'un endroit . Je n'en citerai qu'un.
pas
* «
« Notre Auteur , dit celui des Remarques , qui
Ds'adreffe perpétuellement à M. de F , comme s'il
Dle fermonoit , & qui lui parle avec beaucoup
» d'autorité , gliffe en divers endroits des fuppofitions
, comme fi c'étoient des vérités claires
>>& fe met à le cenfurer avec gravité , comme fi
» le ton dont on dit les chofes , fervoit à les rendre
démonftratives . Je crois que M. de F. s'en
plaindra , au moins à fes amis , s'il ne le fait
» publiquement. Cet habile homme , &c . »
Cette louange d'habile hømme revient plus d'une
fois. Mais en voici une qui caractériſe encore plus
précisément M. de F. Le Pere B. ayant avancé qu'il
ne voyoit pas ce que l'Auteur de l'Hiftoire des Oracles
pourroit répondre à &c . celui des Remarques ,
dit : Je m'imagine qu'un homme d'un efprit auffi
v pénétrant & auffi éclairé que lui , ne manquera
a
110.
48 MERCURE DE FRANCE.
& ce hazard étoit affez rare . Traité avec
beaucoup d'égards dans les fociétés qu'il
» pas de replique , s'il veut fe donner la peine d'en
» chercher. Mais je répondrai pour lui , en atten :
» tendant , que , &c. »
Dans les nouvelles de la République des Lettres,
Mai 1687 , article premier , on trouve une Lettre
de M. Van- Dale à un de fes amis au fujet de
'Hiftoire des Oracles. En voici le début :"
« J'ai lu avec bien du plaifir l'Hiftoire des Ora-h
» cles faite par unAuteur François, où je fuis copié :
» fidélement. J'approuve la liberté qu'il s'eft don
» née de tourner ce que j'avois avancé dans mes
» deux Differtations fur ce fujet , au génie de fai
» Nation.
>> Celui de nos peuples eft un peu différent : ils
» fe défient furieufement du tour de l'efprit & dès
» graces du langage , & ne fe fatiguent point , en
» matiere de faits conteftés , du nombre des preu-
» ves , pourvu qu'elles foient folides & finceres.<
» Je fuis fort fatisfait que l'ingénieux Auteur des
» Dialogues des Morts ait jugé les miennes de cette
» nature , & qu'il ait eu la bonté de les appuyer
» de beaucoup des fiennes , qui font convain-
>> cantes & judicieuſes. Il eft vrai qu'il change
» & renverſe terriblement toute l'économie de
» mon Ouvrage , dont il témoigne dans la préface
avoir eu d'abord le deffein de fe rendre feule
» ment le Traducteur . »
Deftruit , adificat , mutat quadrata rotundis.
» Mais loin de le trouver mauvais , je le loue
» d'avoir facilité la connoiffance de cette impor-
» tante queſtion aux honnêtes gens de l'un & de
fréquentoit 2
SEPTEMBRE . 1757. 49
fréquentoit , égards qu'il s'attiroit autant
par ceux qu'il avoit lui -même , que par fa
>> l'autre fexe de fon pays , & j'avoue qu'il a eu
» raifon de les décharger de la peine de lire quan-
» tité de citations ennuyeuſes. Mais ce fçavant &
» galant homme me pardonnera fi je dis qu'il a
» oublié des chofes importantes , & qui pouvoient
» être plus décifives & moins ennuyeufes que
» d'autres , dont il a fait emploi dans fon Ouvra-
» ge. C'eft peut - être un malheur pour la cauſe
» qu'il foutient avec moi , qu'il ne foit pas dans
» un pays de liberté car je ne puis imputer à
>> une autre raiſon le filence qu'il a gardé , où les
» déguifemens qui femblent l'avoir commandé
» faits de conféquence. »>
M. Van-Dale explique enfuite en quoi confiftent
ce filence & ces déguisemens . « M. de F , dit-
» il , paffe l'éponge fur ce que j'avois écrit des
livres Sybillins.... Il n'a point voulu toucher
» à la vifite que Saül , troublé d'eſprit , rendit
» la prétendue Magicienne d'Endor . Ces deux
» faits de fi grand éclat où la fourberie une fois
» bien prouvée , porte un fi grand coup à toutes
» les autres que nous combattons , méritoient- ils
» d'être enfèvelis dans un fi profond filence par
» notre Auteur ? >>
M. Van-Dale examine de nouveau ces deux
faits , principalement le dernier.
Il dit plus bas : « Je fuis bien loin de mon
>> compte , fi notre Auteur a parlé fincérement
» lorsqu'il a dit dans fa Préface: Je déclare que fous
» le nom d'Oracles , je ne prétens point comprendre
» la magie , dont il eft indubitable que le Démon
» fe mêle. . . . En vérité cet habile homme a trop
» de lumieres pour ne pas voir que l'un n'eft pas
C
go MERCURE DE FRANCE.
grande réputation & la confidération dont
il jouiffoit , on n'alloit guere lui dire ,
» mieux fondé que l'autre. » C'eft- à- dire , la
magie que les Oracles.
Il cite enfuite plufieurs paffages des Anciens ,
par lefquels on voit qu'ils regardoient la magie
comme une fourberie. Il cite entr'autres Ciceron
& Pline.
« Après cela , continue M. Van-Dale , com-
» ment notre Auteur qui les avoit lus fans doute ,
» a-t'il écrit fi hardiment que les habiles Payens
» regardoient la magie d'un autre ceil que les
>> Oracles » ;
M. Van-Dale ne comprend pas que M. de F,
ait voulu prouver par l'autorité des Poëtes , furtout
de Lucain , que la magie s'exerçoit par
l'intervention du Diable . « Où en fera- t'on , dit-
>> il , fi l'on croit de bonne foi Virgile , lorfqu'il
» dit ( Eglogue 8 ) que les vers ou les charmes font
» defcendre la Lune des Cieux ? &c, »
Enfin M. Van-Dale dit nettement que fi on
laiffe la magie aux Démons , on ne peut pas leur
ôter les Oracles.
Mais fi le témoignage des Poëtes & des beaux
efprits n'eft d'aucun poids , lorfqu'ils paroiffent
croire aux Magiciens , aux Devins , & c. il n'en
eft pas de même , felon M. Van- Dale , lorfqu'ils
s'en moquent & de ceux qui y croient , furtout
s'ils le font publiquement , & avec la permiffion
du Magiftrat ; car il réfulte de- là non feulement
que l'opinion immolée à la rifée publique , n'eſt
qu'une fottife populaire ; mais encore que ceux
qui ont l'autorité en main , ont penſé qu'il étoit
utile d'en défabufer le peuple , quoiqu'il ne le fût
peut-être pas de lui ôter tous fes préjugés,
SEPTEMBRE. 1757 .
sr
quoiqu'on l'eût pu fans lui faire beaucoup
de peine , qu'il couroit une Epigramme
contre lui ; qu'il étoit malignement attaqué
dans une brochure , &c . & de fon côté
il ne faifoit guere de queftions relatives à
lui-même & à fes écrits. Il n'avoit point
cette curiofité , fi vive dans la plupart des
Auteurs , de fçavoir le mal qu'on dit de
M. Van-Dale cite donc avec complaifance le
Livre intitulé , le Comte de Gabalis & la Comédie
de la Devinereffe. « Je ne compte pas pour rien ,
» dit-il , ce qui a été joué publiquement , à Paris
» même , dans cette Comédie ; car j'y trouve une
» partie des fecrets de ces fourbes , affez agréa
» blement découverts. »
On fçait que le fçavant Pere Thomaffin ( & M.
de F. n'a pas manqué de le citer ) avoit déclaré en
termes formels dans la Méthode d'étudier & d'enfeigner
chrétiennement les Poetes : « Que les Ora-
» cles n'étoient que des impoftures où les hom-
» mes fe trompoient les uns les autres par des
» paroles obfcures & à double fens. »
Le Journal des Sçavans donna en 1707 un extrait
fort étendu du Livre du Pere Baltus. « On a laiffé
» jouir M. de F. pendant 20 ans, dit le Journaliſte ,
», de toute la gloire qu'il pouvoit recueillir d'un
>> Ouvrage où il occupoit agréablement le Pu-
» blic , fans prétendre le moins du monde inté
» reffer le Chriftianifme. Quel Ecrivain , après
» une fi longue poffeffion , ne croiroit fon fenti
» ment à couvert de la cenfure ? Voici pourtant
» un Adverfaire qui vient d'entrer en lice contre
» M. de F , au fujet des Oracles. Il traite l'affaire
» fur un ton fort férieux , &c . »
Cij
52 MERCURE DE FRANCE.
leurs Ouvrages ( car ils fçavent bien qu'on
en dit toujours ) , de le fçavoir exactement
& dans le plus grand détail , & furtout de
connoître ceux qui le difent. Auffi ignoroit-
il jufqu'à l'exiftence de plufieurs de
ces Epigrammes & de ces brochures ; & il
l'a quelquefois dit , mais fimplement & fans
malice, à leurs Auteurs mêmes, qui perfuadés
qu'il ne pouvoit ignorerqu'ils avoient
écrit contre lui , venoient lui en marquer
leur repentir vrai ou faux. J'en connois
un entr'autres qui fut très - fâché d'avoir été
apprendre à M. de F. ce qu'il n'auroit jamais
fçu fans lui , & bien plus piqué encore
qu'il ne le fçût pas.
4°. Deux lettres fur le Tutoiement parmi
celles de M. Vernet fur le même fujet.
en 1752. Ce recueil eft très connu , &
mérite de l'être . Il s'agiffoit de fçavoir
fi dans les traductions Françoifes de la bible
, il faut conferver le tutoiement de l'original
. M. de F. eſt pour l'affirmative , &
ainfi de l'avis de M. Vernet qui l'avoit confulté
( 1 ) . Comme les lettres de M. Vernet ,
imprimées à la Haye , ne font pas entre
les mains de tout le monde , je citerai un
morceau d'une de celles de M. de F.
(1 ) Bayle penfoit autrement. Voyez parmi fes
Lettres la 80 & la fuivante,
SEPTEMBRE . 1757. 53
و د
و ر
"Notre Vous étant undéfaut des Lan-
>> gues modernes , il ne faut point cho-
" quer la nature en général , & l'efprit de
l'ouvrage en particulier , pour fuivre ce
» défaut. Je crois que ces remarques au-
» roient lieu à l'égard de tout livre facré
» d'une Religion quelconque , comme l'Al-
» coran , les livres Religieux des Guebres ,
» &c. Comme la nature de ces livres , eft
» de devoir être refpectés , il fera toujours
bon de leur faire garder le caractere
original , & de ne leur jamais donner
des tours d'expreffion populaire. L'exemple
de nos traducteurs qui ont affecté
» le beau langage , ne doit pas plus être
fuivi que celui du Prédicateur du Specta-
» teur Anglois , qui difoit , que , s'il ne
craignoit pas de manquer à la politeffe, &
» aux égards qu'il devoit avoir pour fes
» Auditeurs , il prendroit la liberté de
» leur dire que leurs déportemens les méneroient
tout droit en enfer.
ور
ور
"
و د
و د
s
"
"3 "
M. de Montesquieu , confulté auffi par
M. Vernet , avoit répondu comme M. de
F , & s'étoit déclaré pour le Tutoiement.
Cet avis fut attaqué par des Proteftans même
, quoiqu'ils duffent plutôt en être que
des Catholiques , entr'autres par l'Auteur
de l'écrit intitulé , Remarques fur une dif
fertation qui traite de l'ufage du toi & du
C iij
54 MERCURE DE FRANCE.
vous dans une verfion de la bible . Cet écrit
très bien fait , eft daré de Geneve , premier
Juin 1752 , & fe trouve dans la Bibliotheque
impartiale ( 1 ) , même année , tome
fix , troifieme partie , page 307. L'Auteur
des Remarques n'avoit garde de ne pas
répondre à deux fuffrages d'auffi grand
poids que ceux de MM. de M. & de F. Le
premier ne l'embarraffe guere. L'Auteur des
Lettres Perfannes , dit-il , avec son goût
oriental , ne pouvoit manquer d'être pour le
toi.
M. de F. l'embarraffe davantage , & il
ne l'expédie pas ainfi en un mot. Je rapporterai
néanmoins le paffage en entier ,
quoi qu'un peu long , parce que M. de F.
y eft affez bien caractériſé ; j'ajoute , parce
qu'il y eft juſtement critiqué. J'ai déja
donné plus d'une preuve de fincérité fur
fon compte. Voici donc le paffage.
"
« Le fuffrage de M. de F. n'eft pas fi aifé
à expliquer. S'il avoit
paru s'échauffer
pour les anciens " on pourroit
croire
qu'il regarde
leur toi comme
quelque
chofe de facré qu'il falloit conferver
,
(1 ) C'est le titre d'un Journal imprimé en Hol-
Lande , & ainfi peu répandu en France. M. Formey
, Secretaire de l'Académie de Pruffe , étoit
d'abord feul à le faire . Il y travaille encore aujour
d'hui , mais il aplufi curs affociés,
;
SEPTEMBRE . 1757. 55
23
furtout dans nos verfions de la bible :
» mais dans la fameufe difpute des An-
» ciens & des Modernes , il ne parut point
» un admirateur outré de tout ce qui nous
» vient de l'antiquité. Je crois donc que fa
réponſe a été dictée par la politeffe ; elle
n'eft pas même fi décifive qu'on voudroit
» nous le perfuader. Celui qui l'avoit
» confulté , l'avoit averti , en lui propo-
» fant la queftion , que nous voulions gar-
» der le Tutoiement , foit quand Dieu parle
» à l'homme, foit quand l'homme s'adreſſe
» à Dieu. Qu'a donc fait M. de F ? Il a ex-
» cufé le vous des Catholiques , & approuvé
également notre Toi ; mais il
conclut que le mieux , feroit de s'en te-
» nir uniformément , ou à l'un ou à l'au-
»tre. On en a inféré que pour des gens
» réfolus à retenir le Tutoiement dans une
partie de la verfion , comme en parlant
, à Dieu , on doit le retenir partout , pour
» éviter la bigarrure .
D
"
"
» Il paroît dans cette réponſe de M. de
» F. qu'il a analiſé la queſtion en vrai Phi
» lofophe ; mais on n'y trouve pas tout-à-
» fait le bon critique. En voici un exemple.
Dans une traduction de l'Ecriture
» Sainte , dit-il , Dien ne dira jamais nous
» au lieu de je : il est trop effentiellement un
»feul ; c'est là ſa ſuprême élévation. Com-
23
Civ
56 MERCURE DE FRANCE.
" ment M. de F. veut- il donc qu'on tra-
» duife , faisons l'homme à notre image ? Et à
» l'occafion de la tour de Babel ; defcendons
» & confondons leur langage ( 1 ) . Mais s'il
ne s'eft pas bien fouvenu de fa Geneſe , en
écrivant fa réponſe , il paroît , comme je
l'ai déja remarqué , qu'il n'a pas oublié
»fa politeffe ordinaire.
»
»
30
و د
» Un homme d'efprit me difoit à l'occafion
de cette lettre , qu'on devoit faire
peu de fonds fur ces fuffrages mendiés ;
" que quand il lui importeroit d'en avoir
» des pays étrangers , il fe faifoit fort d'en
» être toujours bien pouryu ; que tout dépend
de la maniere de propofer le fenti-
» ment qu'on veut faire approuver . Dès
qu'on paroît s'y intéreffer beaucoup , le
fçavant que vous confultez , pour peu
» qu'il fçache vivre , fe gardera bien de
» vous contredire .
و ر
ود
ور
"
»
» Il s'agiroit donc de fçavoir fi on a confulté
M. de F. avec beaucoup de fang
» froid , ou fi on lui aura paru s'affection-
» ner beaucoup pour le Toi . C'eft fur quoi
» nous n'avons que des conjectures. Mais
» à en juger par les écrits que nous avons
» vus , l'Auteur s'étoit fort échauffé fur
» fon fujet. »
- ( 1 ) Gen. I , 26. XI , 7.
SEPTEMBRE. 1757. 57
5. Traductions en profe de plufieurs Cantates
& airs Italiens . Elles furent faites
pour le concert Italien qui fe tenoit en
1724 , chez M. Crozat , le cadet , & qui
fe tint depuis dans une falle du château des
Thuilleries. J'étois le bel efprit de ce concert,
difoit quelquefois , M. de F. Comme il
ne fut tiré que peu d'exemplaires du livre
qui contenoit ces traductions avec l'Italien
a côté; qu'il ne fut donné qu'aux afſociés ,
& qu'ainfi il eſt aujourd'hui très - rare , j'en
mettrai ici l'avertiffement qui eft trèscourt.
و د
« Ces Ariettes Italiennes ayant été déta-
" chées d'un grand nombre de différens
» opera , il faut fuppofer qu'elles avoient
" aux fujets & aux fituations des pieces ,
» un rapport qu'on ne découvre plus dans
» la plupart qu'affez imparfaitement.
"
" On n'a traduit ces paroles que pour
" faire mieux goûter les airs qui les expriment
, fouvent attachés aux mots ; &
» par cette raifon , on a rendu la tradue-
» tion la plus littérale qu'il fût poffible ,
quoiqu'elle puiffe en cet état n'être pas
>> affez avantageufe aux Poëtes.
"
Mais on fçait que le génie des deux
» langues , l'Italienne & la Françoiſe ,
» eft très différent , & que furtout en
matiere d'amour & de galanterie , dont
·
C v
58 MERCURE DE FRANCE.
il est principalement queſtion ici , leur
ftyle ne reffemble prefque point. »
"
En voici bien la preuve dans l'Ariette
fuivante :
Col raggio placido della speranza
Lamia cofianza
Lufinghi in me :
Cofi queft'anima di più non chiede ,
Che la fua fede ,
La fua mercè.
Tu flantes ma conftance de quelque doux
rayon d'espoir. Je ne demande rien de plus
pour récompenfe que ma fidelité même .
Ce n'est pas feulement en matiere d'amour
& de galanterie , que le génie des
deux langues ou plutôt des deux Nations
, eft différent ; c'eft en toute matiere.
Voici , par exemple , ce que dit
un Pere , qui après avoir perdu un fils
qui lui étoit très cher , avoit encore
éprouvé les plus cruels malheurs.
-
Vieni , o morte ; il fine è giunto
Del mortal mio grave efiglio ;
Non tardar , ch'è tempo omai.
Se nonfirfe , cifù in quel punto
Che uccidefti il caro figlio ;
Che d'aller non viſſi mai.
SEPTEMBRE. 1757. 59
Viens , ô mort , viens finir pour moi le
trifte exil de cette vie mortelle , ne differe pas ,
il est temps. Si ce n'eft que ce temps arriva
lorfque tu m'enlevas mon cherfils , je n'ai pas
vécu depuis ce moment.
Voici d'autres paroles qui feroient affez
françoifes , fi nous aimions autant les
comparaifons dans nos opera , que les Italiens
les aiment dans les leurs
, parce
qu'elles donnent lieu au muficien de peindre
& de briller.
Bramofo cacciatore
Seguendo và
La preda fugitiva ș
Alfin l'arriva ,
E ottien quel che bramò :
Ma quando fiegue un core
Crudel beltà ,
Ha innanzi ognor l'aspetto
Del caro oggetto ,
Ed ottener non può.
Un Chaffeur ardent pourfuit fa proie fugitive
; enfin il la joint , & obtient ce qu'il a
defiré mais quand on pourſuit une beauté
cruelle , on a à toute heure devant les yeux le
bien que
l'on defire avec ardeur , & on ne
Peut l'obtenir
.
Les Italiens préferent les images fortes
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
& terribles à celles qui font douces & gracieuſes.
C'est qu'ils aiment ce qu'ils appellent
Strepitofa mufica , une mufique
bruyante. Voici un morceau du premier
genre.
Le profonde vie dell' onde
Dammi , o ciel ! di rifolcar
El mio nome, e l'ardimento ,
Di Spavento
Empia ancora i liti , e'l mar ;
E farò ch' il fangue scorra ,
Frà quel liquido elemento ,
I miei torti à vendicar.
O ciel ! accorde moi de fillonner encore le
vafte fein des ondes. Que mon nom & mon
audace rempliffent encore d'épouvanto les rivages
& les mers ; & je vangerai mes injures
en faifant couler lefang fur ce liquide élement.
Au refte , le choix de ces airs ayant été
fait fur la beauté de la mufique , & non
fur celle des paroles , il ne feroit pas julte
d'en tirer une conféquence générale contre
les paroles des airs Italiens , furtout
contre celles des fcenes , & des poëmes
pris en leur entier , furtout encore contre
les poemes d'Apoftolo-zeno , & de l'Abbé
Metaftafio , les uns & les autres très- eſtimés
, principalement les derniersplus conSEPTEMBRE
. 1757 .
61
par la
nus ici que les premiers , du moins
belle traduction de M. Richelet. ( 1 ) Cependant
, en Italie comme en France , le Poëte
qui doit toujours tant de complaifance au
Muficien , lui doit des facrifices dans les
paroles des airs proprement dits , des grands
airs, & qu'ainfi ( pour le remarquer en paffant
) , nous appellons très- improprement
Ariettes . Il faut que ces paroles ne foient que
des mots bien lyriques ; & moins le fens
en fera fort de penfée & même de fentiment,
plus la mufique pourra en être forte ,
par une harmonie plus travaillée , une
mélodie plus variée , & une mefure plus
exacte dans l'exécution . Avec des mots qui
ne difent rien , la mufique vocale a toute
la liberté de l'inftrumentale.
M. de F. n'étoit point parvenu à goûter
la mufique Italienne autant que la Françoife
; mais il étoit affez porté à croire
qu'il avoit tort , & que la feule premiere
habitude lui faifoit prendre plus de plaifir
à la mufique Françoife qu'à l'Italienne . Il
( 1 ) Les Journaliſtes de Trévoux ont donné
Pextrait de quelques- uns des plus beaux Opera de
Metaftafio , non fur la traduction Françoife , mais.
fur l'original Italien . Ils ont même traduit en vers
les morceaux qu'ils ont cités. Voyez le premier
volume du Journal de Janvier , & ceux de Fevrier
& de Mars 175Z+
62 MERCURE DE FRANCE.
featoit d'une façon & jugeoit de l'autre :
peu de gens en ont la force. Il faut néan-.
moins l'avoir pour être Philofophe ; le
fentiment eft quelquefois auffi trompeur
que les fens.
La difpute fur les deux Mufiques avoir
commencé avec le fiecle , par un petit ouvrage
que l'Abbé Raguenet avoit compofé.
à fon retour d'Italie , & qu'il avoit intitulé
; Parallele des François & des Italiens an
fujet de la mufique & des opera M. de F.
en avoit été le Cenfeur ; & fon nom ne fûtil
pas au bas de l'approbation , on auroit
pu le reconnoître , ou du moins le foupçonner
, à la maniere dont elle eſt tournée.
Je crois , dit- il , que ce parallele fera
bien reçu du public , pourvu qu'il foit capable.
d'équité.
M. de Freneufe ( 1 ) écrivit contre l'ouvrage
, l'Auteur , l'Approbateur , & enfuite
contre M. Andry , qui d'abord favorable
au défenfeur de la mufique Françoife
dans le Journal des Sçavans , ceffa de
l'être lorfque l'Abbé Raguenet eut repondu,
& que M. de Frenenfe eut repliqué. Je ne
connois guere d'écrits plus vifs , plus
amers , & plus malins , que ceux que M.
(1 ) Jean- Laurent le Cerf de la Vieville-de Fre
neufe , Garde des Sceaux du Parlement de Noxmandie.
SEPTEMBRE. 1757. 63
de Frenenfe publia à cette occafion. Il n'étoit
pourtant qu'Amateur , & non Artiſte ;
mais il étoit amateur juſqu'à la paffion.
Extrême en tout , il aima l'étude avec la
même ardeur , & s'y livra avec le même
excès ; delà fa mort dans la fleur de fon
âge ( 1 ) . M. de F. qui l'avoit va à Rouen , &
depuis à Paris , m'a dit que fi quelqu'un ,
par une vivacité & une fenfibilité extrêmes,
avoit jamais mérité le nom de fou , de
fou complet , de fou par la tête & par le
coeur , c'étoit ce M. de Freneufe. Mais
comme la folie n'exclut que la raifon &
non l'efprit qu'elle fuppoferoit plutôt , M.
de Freneufe en avoit beaucoup , & même
tant , pour me fervir du mot de Sorbiere ,
qu'il n'avoit pas le fens commun. ( 2)
Sa comparaifon de la musique Italienne &
Françoife ( c'eſt le titre de fon Livre contre
celui de l'Abbé Raguenet ) iuftifie parfaite
ment le portrait que M. de F. m'a fait de
l'Auteur.
Cependant ce Livre eft curieux par un
grand nombre d'anecdores fur l'Opera
François , Acteurs & Actrices , Poëtes &
Muficiens , & c. On l'a réimprimé en Hollande
à la fuire de l'Ouvrage intitulé ,
( 1 ) Né en 1674 , il mourut en 1707 ,
33 ans.
(2) Sarberiana , page 97.
âgé de
64 MERCURE DE FRANCE .
Hiftoire de la Musique & de fes effets , en
2 vol. in- 12. Il commence à la moitié du
premier volume , & forme encore tout le
fecond. (1)
Je me fouviens qu'après la Lettre de M.
Rouffeau de Geneve fur la Mufique , dans le
fort de la difpute qu'elle renouvella , &
lorfqu'on préparoit l'Opera de Roland ,
rappellant à M. de F. l'approbation qu'il
avoit donnée au Parallele , & c. je lui
dis que cet Opera pourroit bien n'avoir pas
aujourd'hui autant de fuccès qu'il en avoit
eu autrefois , parce que les partiſans de la
muſique Italienne & des Bouffons , avoient
prédit qu'il tomberoit ; qu'ils mettoient
tout en oeuvre pour l'accompliffement de
leur prédiction ; qu'ils étoient en trèsgrand
nombre , peu adroits à la vérité, mais
très- ardens , en un mot de vrais Freneuſes ;
qu'enfin il y avoit parmi eux des gens de
beaucoup de réputation & de mérite , &
très-fupérieurs aux Raguenets ; qu'au refte
cet Abbé avoit eu aufli fon coin de folie ,
( 1 ) On trouvera de grands détails fur M. de
Freneuſe , & fur fa diſpute avec l'Abbé Raguenet
& M. Andry , dans une Lettre d'un Religieux Bémédictin
de la Congrégation de S. Maur , imprimée
dans le Mercure d'Avril 1726. Ce Bénédictin eſt
Dom Lecerf, frere de M. de Freneuse , & Auteur
de la Bibliotheque des Ecrivains de la Congréga
sion,
SEPTEMBRE. 1757. 69
ود
puifqu'il finit par fe couper la gorge, & c . ( 1 )
Eh bien , me dit M. de F , quand j'eus
tout dit , ( car il laiffoit volontiers tout dire,
& à moi- même. ) « J'applique mon approbation
du Paralelle à l'Opera de Ro-
» land. Il est très- beau , & je prédis à mon
» tour qu'il réuffira , pourvu que le public
»foit capable d'équité. » Il réuffit en effet ;
mais , foit habitude , foit équité dans le
public , l'une & l'autre furent bien fecondées
, à ce que j'ai entendu dire , par l'excellent
Acteur ( M. de Chaffé ) qui joua le
rôle de Roland.
ود
Du premier Juin.
J'en étois là , lorfque j'ai reçu l'autre
petit livre que j'avois demandé au Public
avec celui des Doutes fur les caufes occafionnelles
, je veux dire , le retour des pieces
choifies , &c. ( 2) J'y ai trouvé ce qui me
le faifoit defirer , de bonnes réflexions d'un
zélé Malebranchifte fur le livre des Doutes ,
&c. une réponse de M. de F. à ces Réflexions
, adreffée en forme de lettre à
leur Auteur , & enfin une replique de celui-
ci. Ces trois pieces font curieuſes , &
(1 ) On fçait qu'il fe la coupa avec fon rafoir.
Il étoit dans l'ufage de fe rafer lui- même .
(2) Premier volume du Mercure d'Avril , p . 65,
ligne derniere.
66 MERCURE DE FRANCE.
on les joindra au livre des Doutes , & c.
dans le fupplément des OEuvres de M. de F.
Le Malébranchifte fon adverfaire , le traite,
fans le connoître , avec toutes fortes d'égards
.
J'ai obligation du retour des pieces choifies
, &c. à M. Thierriat , dont je n'étois
point connu , non plus que de M. l'Abbé
Polonceau Recteur de l'Univerfité de
Rheims. M. T. enfeigne les humanités à
S. Florentin en Bourgogne ; & par la lettre
qu'il a bien voulu m'écrire en m'envoyant
le livre , il me paroît très- capable de les
bien enfeigner.
Jufqu'à préfent je ne connois pas d'autres
petits écrits imprimés de M. de F ,
qu'on puiffe réimprimer par fupplément
aux huit volumes de fes (Euvres. Dans le
Mercure prochain je parlerai des manuf
crits mais j'annonce d'avance que ce ne
font guere que des fragmens plus ou moins
confi lerables , des Ouvrages imparfaits , &
que prefque aucun n'eft entier , foit que
M. de F. ne les ait pas achevés , foit qu'il
en eût perdu quelques feuillets ; car c'eſt
quelquefois le commencement qui manque.
Je prie ceux qui pourroient en avoir
quelques uns , en tout ou en partie , de
vouloir bien me les remettre . Il m'a dit
plus d'une fois qu'il en avoit prêtés qu'on
SEPTEMBRE . 1757. 67
pas
ne lui avoit point rendus , & qu'il n'avoit
même redemandés . Auffi fenfible qu'un
autre , malgré toute fa philofophie , aufort
de fes Ouvrages imprimés , il étoit aſſez
indifférent à celui de fes manufcrits , du
moins lorfqu'ils étoient eux- mêmes indifférens
, & qu'ils ne traitoient pas de certaines
matieres délicates. Il m'a conté
qu'en ayant lu un de ce dernier genre à
feu M. le Régent , le Prince le lui demanda
pour le lire lui - même à tête reposée.
M. de F. refufa ; le Prince infifta , & promit
un fecret inviolable & une prompte
reftitution. M. de F. ne fe laiffant point
gagner , je vous le jure , dit Son Alteſſe
Royale. M. de F. fe taifoit , mais fon filence
étoit un refus .... Je vous le jure ,
foi de Prince.... Silence encore... Foi de
Gentilhomme. M. de F. céda , mais depuis
il redemanda en vain fon manufcrit. Il n'y
penfoit plus , lorfque long - temps après
étant allé faire fa cour à S. A. R , qu'il ne
trouva pas feule , elle le fit paffer dans
fon cabinet . M. de F. apperçut fon manuf
crit fur un bureau , le mit dans fa poche
& n'en dit rien au Prince . Il n'en fut plus
parlé.
La fuite pour un autre Mercure,
Fermer
Résumé : SUITE sur M. de Fontenelle, par M. l'Abbé Trublet.
L'abbé Trublet évoque les œuvres de Bernard le Bouyer de Fontenelle et divers concours académiques. En 1675 et 1677, Fontenelle participa à des concours de l'Académie française sans succès, battu par M. de la Monnoye. Voltaire, à 20 ans, perdit également un concours en 1714. L'abbé du Jarry, malgré une réputation de mauvais poète, remporta plusieurs prix. Les prédicateurs obtenaient souvent des prix de poésie plutôt que d'éloquence. En 1687, l'Académie française proposa un sujet sur l'éducation des jeunes filles, remporté par Mlle Deshoulières. Fontenelle, élu à l'Académie en 1691, évita les polémiques littéraires et exprima son désintérêt pour les querelles. Cependant, il fut impliqué dans une controverse littéraire avec l'auteur des 'Remarques'. Dans les 'Nouvelles de la République des Lettres', M. Van Dale commenta l''Histoire des Oracles' de Fontenelle, notant des omissions et des interprétations erronées. Van Dale critiqua Fontenelle pour avoir ignoré des preuves contre la magie et les oracles. En 1757, un texte aborda les attitudes de Fontenelle face aux critiques littéraires. Il ignorait souvent les critiques et appréciait des œuvres révélant des impostures. En 1752, une controverse sur le tutoiement dans les traductions françaises de la Bible opposa Fontenelle à d'autres intellectuels. Fontenelle défendait le maintien du tutoiement pour respecter l'original, une position contestée par des protestants. Le texte traite également d'une controverse linguistique sur l'usage du tutoiement et du vouvoiement dans les traductions de l'Écriture Sainte. Fontenelle proposa d'unifier l'usage pour éviter la confusion. Il mentionne aussi des traductions de cantates et d'airs italiens pour un concert en 1724 chez M. Crozat. Une autre partie du texte discute de la controverse entre la musique italienne et française au XVIIIe siècle. Fontenelle, bien qu'il préférait la musique française, reconnaissait la valeur de la musique italienne. La dispute débuta avec un ouvrage de l'Abbé Raguenet, critiqué par M. de Freneuil. Le texte évoque également le succès prédit de l'opéra 'Roland' et l'approbation de l'œuvre 'Parallèle à l'Opéra de Roland'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8134
p. 78
LOGOGRYPHE.
Début :
Tout pesant que je suis, on me porte à merveille : [...]
Mots clefs :
Sac
8135
p. 191-196
ALLEMAGNE.
Début :
Le deux Escadres Russiennes qui ont fait voile, l'une de Cronstadt, [...]
Mots clefs :
Dantzig, Escadres russes, Amiral, Port de Memel, Vienne, Attaques, Troupes de l'Impératrice Reine, Général, Garnison, Prince, Armée, Corps, Dresde, Roi de Prusse, Camp de Pirna, Prague, Dégâts, Mouvements des troupes, Corvey, Duc d'Orléans, Hesse, Marquis, Maréchal de camp, Hambourg, Électeur de Saxe, Actions, Camp de Holtzminden, Prise de la ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DANTZICK , le 29 Juin.
Les deux Efcadres Ruffiennes qui ont fait voile,
l'une de Cronstadt , l'autre de Revel , fe font
jointes fur les côtes de Pruffe. L'Amiral Mifchukoff
commande la premiere. La feconde eft aux
ordres du Vice- Amiral Lewis. Elles compofent
enſemble une flotte de trente- un vaiſſeaux , deſtinée
à bloquer le port de Memel , tandis que
trente -fept mille hommes de l'armée du Feld-
Maréchal Apraxin feront le fiege de cette Place.
Depuis quelques jours cette flotte s'eſt emparée
de plufieurs bâtimens Pruffiens.
DE VIENNE , le 28 Juillet.
Le 18 de ce mois , le Colonel Mac Ellicot arriva
ici précédé de huit poftillons, pour informer Leurs
Majeftés Impériales , que le Général Comte de
Maguire , à la tête d'un corps compofé de douze
compagnies de Grenadiers , de trente piquets
d'Infanterie , & de cinq cens chevaux , avoit forcé
le pofte important de Gabel . L'attaque & la défenfe
ont été également vives . Les troupes de
l'Impératrice Reine rompirent fucceffivement
deux portes à coups de hache ; mais on trouyą
192 MERCURE DE FRANCE.
derriere la feconde plufieurs barricades , à la faveur
defquelles les Pruffiens firent la réſiſtance la
plus opiniâtre. Le Général Maguire , commençant
à manquer de munitions , fe diſpoſoit à la
retraite , lorfqu'il fut agréablement furpris en
voyant la Garniſon arborer le Drapeau blanc . Elle
confiftoit en deux Bataillons du Régiment de Grenadiers
du Roi de Pruffe , deux Bataillons de fufiliers
, & cent fept tant Dragons que Huffards.
Ces troupes , formant un Corps d'environ trois
mille cinq cens hommes , fe font rendues prifonnieres
de guerre. Par confidération pour la valeur
qu'elles ont montrée , le Général Maguire à laiffé
aux Officiers leurs épées & leurs équipages. On
a trouvé à Gabel quatre pieces de canon de trois
livres de balle , fix autres pieces de plus petit ca-
Libre , & un grand nombre de charriots de vivres.
Nous avons eu près de çoo hommes tués ou bleſſés .
Le Corps commandé par le Prince de Pruffe
ayant pris , ainfi que celui du Prince de Bevern ,
le parti de fe replier vers la Saxe , décampa le 17
de Pifnich. Le 18 il occupa le camp de Kamnitz
, que le Prince de Bevern venoit d'abandonner.
Le Prince de Pruffe ne voulut point que les
bagages s'y arrêtaffent , & il leur fit continuer pendant
la nuit leur marche vers Freydenberg , à la
lueur de quantité de lanternes & de torches , fous
l'eſcorte de quatre Régimens d'Infanterie , d'un
Régiment de Cavalerie , & d'un de Huffards. A
la pointe du jour , le Comte d'Efterhafy , Colonel
, les attaqua dans les défilés de Haffel. Les
troupes qui efcortoient les bagages , furent mifes
en déroute. On renverfa les charriots , on jetta
les pontons de deffus les haquets , on s'empara de
deux pieces de canon , & l'on prit environ cinq
cens chevaux.
L'armée
SEPTEMBRE. 1757. 193
L'armée de l'Impératrice Reine s'avança le 19
à Gabel , & le 21 à Krottau. Le 22 on s'empara
de Gorlitz , & les deux princes de Saxe s'y établirent
avec un Corps de troupes . Le Prince Charles
de Lorraine avoit fait marcher le 19 un détachement
confidérable , pour inveftir Zittau. En même
temps , le Lieutenant - Général Morocz étoit
parti de Zuickau , pour ſe joindre à ce détachement.
On cominença le 21 à bombarder la Place ,
& l'attaque a été pouffée fi vivement , que la Garnifon
, compofée de deux Bataillons , à été obligée
de fe rendre prifonniere de guerre après quelquesjours
de fiege.
DE DRESDE , le 29 Juillet.
Le 25 de ce mois , le Roi de Pruffe , après
avoir fait les difpofitions convenables pour fermer
l'entrée de la Saxe aux troupes Autrichiennes ,
vint occuper le camp de Pirna. Avant- hier , fur
l'avis que le Prince de Pruffe couroit rifque d'être
enveloppé par le Feld- Maréchal Comte de Daun ,
Sa Majefté Pruffienne partit brusquement avec
feize bataillons & trente-deux Escadrons , pour
tâcher de dégager ce Prince.
DE PRAGUE , le 9 Juillet.
Suivant l'examen qu'on a fait des dommages
caufés à cette ville , les boulets rouges ont réduit en
cendres cent trente-huit maifons. Deux cens quatre-
vingt- quatre ont été détruites par les bombes.
Il y en a cinq cens vingt- neuffort endommagées.
Des rues entieres n'offrent que des amas de ruines.
Parmi les maifons brûlées ou renversées , on
compte plufieurs magnifiques Hôtels & divers édi-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
fices publics. L'Eglife Métropolitaine a extrêmement
fouffert .
Les troupes , détachées par le Général Comte .
de Nadafty , ont harcelé fans relâche les Pruffiens
dans leur retraite de Jung Buntzlau vers Hirfchberg
. Le détachement du Colonel Ried , en particulier
, a tué deux cens hommes de leur arrieregarde
, & fait cinquante prifonniers. Le Pont de
Jung- Buntzlau , que l'ennemi avoit détruit , a
été rétabli. L'armée de l'Impératrice Reine marcha
le 4 à Alt- Benateck , le 5 à Kofmonos , le
6 à Jung Buntzlau , & le 7 à Munchfgratz. Elle
s'eft avancée la nuit derniere jufqu'à Schweigan
& l'avant- garde s'eft portée à une lieue & demie
par- delà Reichenberg. Dans ces marches , les
troupes légeres du Comte de Nadafty ont toujours
dévancé de deux ou trois lieues le gros de l'armée .
Les Corps Pruffiens , qui étoient à Reitchenberg
& dans les environs , fe font retirés précipitamment
à Zittau , & l'on efpere que demain l'ennemi
aura évacué la Luface. Le Colonel Laudon a
coulé à fond quinze Bateaux de tranſport venus
de Drefde , & a fait prifonnieres les troupes qui
les efcortoient. Il a fait occuper par des détachemens
les poftes de Toplitz & de Marie-Schein.
DE CORWEY , le 13 Juillet ,
Les ennemis , à ce qu'on affure , foutiennent
leur pofition de Minden. M. le Marquis d'Armentieres
eft revenu camper avec la réserve à Forf
temberg , & M. le Maréchal d'Eftrées a attendu
ici avec les Corps du Marquis de Souvré & de
M. de Chevert , & une partie de celui du Duc
d'Orléans , le refte de l'armée qui arrive aujour
d'hui. Il a fait établir deux nouveaux Ponts de
pontons àTonnenborg..
SEPTEMBRE . 1757.
195
Sur l'avis qu'il avoit reçu des difpofitions de
Caffel , il a jugé à propos de fufpendre la marche
du Duc d'Orléans , qui s'étoit acheminé vers la
Heffe avec vingt- huit Bataillons & trente- deux
Escadrons . Ce Prince eſt reſté à l'armée , & le
Maréchal a envoyé à Caffel le Marquis de Contades
avec quatre Brigades d'Infanterie & vingt Efcadrons
de Cavalerie.
a
Le Marquis de Pereufe , Maréchal de Camp ,
qui s'étoit porté avec une Brigade d'Infanterie &
une de Cavalerie de ce détachement à Munden ,
envoyé hier un Courier au Maréchal , pour l'informer
de la priſe de cette Place. La Garnifon
Hanovrienne , compofée de 300 hommes , a été
faite prifonniere de guerre.
Dans l'inftant , le Marquis de Contades mande
de Varborg , qu'il y a été joint par le Grand
Ecuyer du Landgrave , qui eft venu l'affurer de
la foumiffion du pays , ainfi que des difpofitions
certaines où eft ce Prince de procurer à l'armée
Françoiſe tous les fecours , que les refſources du
pays pourront fournir. Le Marquis de Contades
a reçu des ôtages pour fûreté de la convention ,
& nos troupes font en marche pour aller occuper
Caffel.
誓
DE HAMBOURG , le 16 Juillet.
Selon des avis reçus de Konifberg , la Ville de
Memel ayant été canonnée & bombardée très-vi◄
vement pendant fix jours par les Ruffiens , la Garniſon
a cápitulé le 5 de ce mois , & eft fortie de la
Place avec les honneurs de la guerre . Le Feld-
Maréchal de Lehwald s'eft porté de Tilſen ſur
Infterbourg.
On mande de Warfovie , que le Roi de Polc
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
gne Electeur de Saxe , a déclaré le Comte de Noftitz
& le fieur de Zefchwitz Lieutenans-Feld-
Maréchaux , le fieur de Goefnitz Major Général ,
& le fieur de Beckendorff Colonel , en confidéra.
tion des actions par lefquelles ces Officiers ſe ſont
diftingués dans la bataille de Chotzemitz .
DU CAMP DE HOLTZMINDEN , le 16 Juillet.
L'armée eft campée ici à la droite du Wefer. Le
Marquis d'Armentieres eft à deux lieues en avant
vers Hombourg avec fa réſerve. Aujourd'hui , le
Marquis de Pereufe s'eft emparé de la Ville de
Gottingue, dont la Garniſon a été faite prifonniere
de guerre .
DE DANTZICK , le 29 Juin.
Les deux Efcadres Ruffiennes qui ont fait voile,
l'une de Cronstadt , l'autre de Revel , fe font
jointes fur les côtes de Pruffe. L'Amiral Mifchukoff
commande la premiere. La feconde eft aux
ordres du Vice- Amiral Lewis. Elles compofent
enſemble une flotte de trente- un vaiſſeaux , deſtinée
à bloquer le port de Memel , tandis que
trente -fept mille hommes de l'armée du Feld-
Maréchal Apraxin feront le fiege de cette Place.
Depuis quelques jours cette flotte s'eſt emparée
de plufieurs bâtimens Pruffiens.
DE VIENNE , le 28 Juillet.
Le 18 de ce mois , le Colonel Mac Ellicot arriva
ici précédé de huit poftillons, pour informer Leurs
Majeftés Impériales , que le Général Comte de
Maguire , à la tête d'un corps compofé de douze
compagnies de Grenadiers , de trente piquets
d'Infanterie , & de cinq cens chevaux , avoit forcé
le pofte important de Gabel . L'attaque & la défenfe
ont été également vives . Les troupes de
l'Impératrice Reine rompirent fucceffivement
deux portes à coups de hache ; mais on trouyą
192 MERCURE DE FRANCE.
derriere la feconde plufieurs barricades , à la faveur
defquelles les Pruffiens firent la réſiſtance la
plus opiniâtre. Le Général Maguire , commençant
à manquer de munitions , fe diſpoſoit à la
retraite , lorfqu'il fut agréablement furpris en
voyant la Garniſon arborer le Drapeau blanc . Elle
confiftoit en deux Bataillons du Régiment de Grenadiers
du Roi de Pruffe , deux Bataillons de fufiliers
, & cent fept tant Dragons que Huffards.
Ces troupes , formant un Corps d'environ trois
mille cinq cens hommes , fe font rendues prifonnieres
de guerre. Par confidération pour la valeur
qu'elles ont montrée , le Général Maguire à laiffé
aux Officiers leurs épées & leurs équipages. On
a trouvé à Gabel quatre pieces de canon de trois
livres de balle , fix autres pieces de plus petit ca-
Libre , & un grand nombre de charriots de vivres.
Nous avons eu près de çoo hommes tués ou bleſſés .
Le Corps commandé par le Prince de Pruffe
ayant pris , ainfi que celui du Prince de Bevern ,
le parti de fe replier vers la Saxe , décampa le 17
de Pifnich. Le 18 il occupa le camp de Kamnitz
, que le Prince de Bevern venoit d'abandonner.
Le Prince de Pruffe ne voulut point que les
bagages s'y arrêtaffent , & il leur fit continuer pendant
la nuit leur marche vers Freydenberg , à la
lueur de quantité de lanternes & de torches , fous
l'eſcorte de quatre Régimens d'Infanterie , d'un
Régiment de Cavalerie , & d'un de Huffards. A
la pointe du jour , le Comte d'Efterhafy , Colonel
, les attaqua dans les défilés de Haffel. Les
troupes qui efcortoient les bagages , furent mifes
en déroute. On renverfa les charriots , on jetta
les pontons de deffus les haquets , on s'empara de
deux pieces de canon , & l'on prit environ cinq
cens chevaux.
L'armée
SEPTEMBRE. 1757. 193
L'armée de l'Impératrice Reine s'avança le 19
à Gabel , & le 21 à Krottau. Le 22 on s'empara
de Gorlitz , & les deux princes de Saxe s'y établirent
avec un Corps de troupes . Le Prince Charles
de Lorraine avoit fait marcher le 19 un détachement
confidérable , pour inveftir Zittau. En même
temps , le Lieutenant - Général Morocz étoit
parti de Zuickau , pour ſe joindre à ce détachement.
On cominença le 21 à bombarder la Place ,
& l'attaque a été pouffée fi vivement , que la Garnifon
, compofée de deux Bataillons , à été obligée
de fe rendre prifonniere de guerre après quelquesjours
de fiege.
DE DRESDE , le 29 Juillet.
Le 25 de ce mois , le Roi de Pruffe , après
avoir fait les difpofitions convenables pour fermer
l'entrée de la Saxe aux troupes Autrichiennes ,
vint occuper le camp de Pirna. Avant- hier , fur
l'avis que le Prince de Pruffe couroit rifque d'être
enveloppé par le Feld- Maréchal Comte de Daun ,
Sa Majefté Pruffienne partit brusquement avec
feize bataillons & trente-deux Escadrons , pour
tâcher de dégager ce Prince.
DE PRAGUE , le 9 Juillet.
Suivant l'examen qu'on a fait des dommages
caufés à cette ville , les boulets rouges ont réduit en
cendres cent trente-huit maifons. Deux cens quatre-
vingt- quatre ont été détruites par les bombes.
Il y en a cinq cens vingt- neuffort endommagées.
Des rues entieres n'offrent que des amas de ruines.
Parmi les maifons brûlées ou renversées , on
compte plufieurs magnifiques Hôtels & divers édi-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
fices publics. L'Eglife Métropolitaine a extrêmement
fouffert .
Les troupes , détachées par le Général Comte .
de Nadafty , ont harcelé fans relâche les Pruffiens
dans leur retraite de Jung Buntzlau vers Hirfchberg
. Le détachement du Colonel Ried , en particulier
, a tué deux cens hommes de leur arrieregarde
, & fait cinquante prifonniers. Le Pont de
Jung- Buntzlau , que l'ennemi avoit détruit , a
été rétabli. L'armée de l'Impératrice Reine marcha
le 4 à Alt- Benateck , le 5 à Kofmonos , le
6 à Jung Buntzlau , & le 7 à Munchfgratz. Elle
s'eft avancée la nuit derniere jufqu'à Schweigan
& l'avant- garde s'eft portée à une lieue & demie
par- delà Reichenberg. Dans ces marches , les
troupes légeres du Comte de Nadafty ont toujours
dévancé de deux ou trois lieues le gros de l'armée .
Les Corps Pruffiens , qui étoient à Reitchenberg
& dans les environs , fe font retirés précipitamment
à Zittau , & l'on efpere que demain l'ennemi
aura évacué la Luface. Le Colonel Laudon a
coulé à fond quinze Bateaux de tranſport venus
de Drefde , & a fait prifonnieres les troupes qui
les efcortoient. Il a fait occuper par des détachemens
les poftes de Toplitz & de Marie-Schein.
DE CORWEY , le 13 Juillet ,
Les ennemis , à ce qu'on affure , foutiennent
leur pofition de Minden. M. le Marquis d'Armentieres
eft revenu camper avec la réserve à Forf
temberg , & M. le Maréchal d'Eftrées a attendu
ici avec les Corps du Marquis de Souvré & de
M. de Chevert , & une partie de celui du Duc
d'Orléans , le refte de l'armée qui arrive aujour
d'hui. Il a fait établir deux nouveaux Ponts de
pontons àTonnenborg..
SEPTEMBRE . 1757.
195
Sur l'avis qu'il avoit reçu des difpofitions de
Caffel , il a jugé à propos de fufpendre la marche
du Duc d'Orléans , qui s'étoit acheminé vers la
Heffe avec vingt- huit Bataillons & trente- deux
Escadrons . Ce Prince eſt reſté à l'armée , & le
Maréchal a envoyé à Caffel le Marquis de Contades
avec quatre Brigades d'Infanterie & vingt Efcadrons
de Cavalerie.
a
Le Marquis de Pereufe , Maréchal de Camp ,
qui s'étoit porté avec une Brigade d'Infanterie &
une de Cavalerie de ce détachement à Munden ,
envoyé hier un Courier au Maréchal , pour l'informer
de la priſe de cette Place. La Garnifon
Hanovrienne , compofée de 300 hommes , a été
faite prifonniere de guerre.
Dans l'inftant , le Marquis de Contades mande
de Varborg , qu'il y a été joint par le Grand
Ecuyer du Landgrave , qui eft venu l'affurer de
la foumiffion du pays , ainfi que des difpofitions
certaines où eft ce Prince de procurer à l'armée
Françoiſe tous les fecours , que les refſources du
pays pourront fournir. Le Marquis de Contades
a reçu des ôtages pour fûreté de la convention ,
& nos troupes font en marche pour aller occuper
Caffel.
誓
DE HAMBOURG , le 16 Juillet.
Selon des avis reçus de Konifberg , la Ville de
Memel ayant été canonnée & bombardée très-vi◄
vement pendant fix jours par les Ruffiens , la Garniſon
a cápitulé le 5 de ce mois , & eft fortie de la
Place avec les honneurs de la guerre . Le Feld-
Maréchal de Lehwald s'eft porté de Tilſen ſur
Infterbourg.
On mande de Warfovie , que le Roi de Polc
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
gne Electeur de Saxe , a déclaré le Comte de Noftitz
& le fieur de Zefchwitz Lieutenans-Feld-
Maréchaux , le fieur de Goefnitz Major Général ,
& le fieur de Beckendorff Colonel , en confidéra.
tion des actions par lefquelles ces Officiers ſe ſont
diftingués dans la bataille de Chotzemitz .
DU CAMP DE HOLTZMINDEN , le 16 Juillet.
L'armée eft campée ici à la droite du Wefer. Le
Marquis d'Armentieres eft à deux lieues en avant
vers Hombourg avec fa réſerve. Aujourd'hui , le
Marquis de Pereufe s'eft emparé de la Ville de
Gottingue, dont la Garniſon a été faite prifonniere
de guerre .
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Résumé : ALLEMAGNE.
En juin 1757, deux escadres russes, commandées par l'Amiral Mischukoff et le Vice-Amiral Lewis, se sont réunies en Prusse avec trente-et-un vaisseaux pour bloquer le port de Memel. Simultanément, l'armée du Feld-Maréchal Apraxin assiège Memel avec trente-sept mille hommes. La flotte russe avait déjà capturé plusieurs navires prussiens. Le 18 juillet, le Colonel Mac Ellicot rapporte que le Général Comte de Maguire a pris Gabel avec douze compagnies de grenadiers, trente piquets d'infanterie et cinq cents chevaux. Après une résistance prussienne, la garnison s'est rendue, subissant près de cinq cents pertes. Les Princes de Prusse et de Bevern se sont repliés vers la Saxe et occupent le camp de Kamnitz. Le Comte d'Esterházy a attaqué leurs bagages, capturant deux canons et environ cinq cents chevaux. L'armée de l'Impératrice Reine avance vers Gorlitz et le Prince Charles de Lorraine investit Zittau, qui se rend après quelques jours. À Dresde, le Roi de Prusse occupe le camp de Pirna pour bloquer les troupes autrichiennes. À Prague, les combats ont causé des dégâts importants. En septembre, le maréchal français suspend la marche du Duc d'Orléans vers la Hesse. Le marquis de Contades est envoyé à Cassel avec des troupes. Le marquis de Peruse rapporte la prise de Munden et Göttingen, capturant les garnisons. À Hambourg, Memel capitule après un bombardement russe. Le roi de Pologne nomme plusieurs officiers pour leurs actions distinguées. L'armée française est positionnée près du Weser, avec le marquis d'Armentières en avant-garde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8136
p. 196-197
ESPAGNE.
Début :
Les lettres de Lisbonne marquent que la Flotte de la Baye [...]
Mots clefs :
Madrid, Flotte, Secousses, Alicante, Frégate, Attaque, Combat sanglant, Prisonnier
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAG N E.
DE MADRID , le 19 Juillet.
Les lettres de Liſbonne marquent que la Flotte
de la Baye de Tous les Saints a mis à la voile avec
un vent favorable. Ces lettres ajoutent qu'on a
fenti du côté de Cafcaes quelques nouvelles fecouffes
de tremblement de terre.
D'ALICANTE , le 29 Juin .
Une Frégate de Marſeille , appellée le Théléma
que , a été attaquée & prife le 19 de ce mois
fous le canon du Château de Morayra , par la Frégate
du Roi d'Angleterre l'Expérience , dont le
feur Strhaan a le commandement. Le combat
quoique de peu de durée , a été très-fanglant. Il
y a eu à bord du Bâtiment François 35 hommes de
tués & 123 de bleffés . Le fieur Strhaan , qu'un fi .
grand nombre de prifonniers embarraffoit , les a
SEPTEMBRE. 1757. 197
*
fait embarquer fur un Senaw de ce Port , qu'il a
rencontré au large , & qui a remis ici les bleffés
le 24 au foir. Tout le monde , en les voyant , a
été fai fi de compaffion & d'horreur. Aucun d'eux
n'avoit été panlé , & tous avoient été entiérement
dépouillés , fans en excepter le Capitaine , dont
la bravoure auroit mérité un autre traitement .
Ceux que le fort des armes a épargnés , périffoient
de faim & de foif ; & l'on a fçu que depuis 24
heures ils n'avoient pris aucune nourriture , parce
que le Capitaine Efpagnol , qui a été forcé de les
recevoir , n'avoit prefque plus de vivres & que
les Anglois ne lui en avoient remis aucuns pour la
fubfiftance de ces prifonniers.
DE MADRID , le 19 Juillet.
Les lettres de Liſbonne marquent que la Flotte
de la Baye de Tous les Saints a mis à la voile avec
un vent favorable. Ces lettres ajoutent qu'on a
fenti du côté de Cafcaes quelques nouvelles fecouffes
de tremblement de terre.
D'ALICANTE , le 29 Juin .
Une Frégate de Marſeille , appellée le Théléma
que , a été attaquée & prife le 19 de ce mois
fous le canon du Château de Morayra , par la Frégate
du Roi d'Angleterre l'Expérience , dont le
feur Strhaan a le commandement. Le combat
quoique de peu de durée , a été très-fanglant. Il
y a eu à bord du Bâtiment François 35 hommes de
tués & 123 de bleffés . Le fieur Strhaan , qu'un fi .
grand nombre de prifonniers embarraffoit , les a
SEPTEMBRE. 1757. 197
*
fait embarquer fur un Senaw de ce Port , qu'il a
rencontré au large , & qui a remis ici les bleffés
le 24 au foir. Tout le monde , en les voyant , a
été fai fi de compaffion & d'horreur. Aucun d'eux
n'avoit été panlé , & tous avoient été entiérement
dépouillés , fans en excepter le Capitaine , dont
la bravoure auroit mérité un autre traitement .
Ceux que le fort des armes a épargnés , périffoient
de faim & de foif ; & l'on a fçu que depuis 24
heures ils n'avoient pris aucune nourriture , parce
que le Capitaine Efpagnol , qui a été forcé de les
recevoir , n'avoit prefque plus de vivres & que
les Anglois ne lui en avoient remis aucuns pour la
fubfiftance de ces prifonniers.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 19 juillet, des lettres de Lisbonne signalent que la flotte de la Baie de Tous les Saints a pris la mer avec un vent favorable. Des nouvelles de tremblements de terre à Cafcaes sont également rapportées. Le 29 juin, à Alicante, la frégate française 'Thélémaque' a été attaquée et capturée par la frégate britannique 'Expérience', commandée par le seigneur Strahan. Ce combat, bien que bref, a été violent, entraînant 35 morts et 123 blessés à bord du navire français. Les prisonniers, y compris le capitaine, ont été transférés sur un senau rencontré en mer et ramenés à Alicante le 24 juin. Les survivants étaient dans un état pitoyable, n'ayant pas mangé depuis 24 heures, car le capitaine espagnol qui les a accueillis manquait de vivres et les Britanniques n'en avaient pas fournis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8137
p. *197-197
PAYS-BAS.
Début :
Dans le moment, nous apprenions que le Général Maguire & [...]
Mots clefs :
Bruxelles, Gabel, Prise de la ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS- BAS.
DE BRUXELLES , le 22 Juillet.
Dans le moment , nous apprenons que le Général
Maguire & le Duc d'Aremberg fe font emparès
de Gabel , & qu'ils y ont fait prifonniers 4
Bataillons , & 107 tant Dragons que Huffards ,
des troupes du Roi de Pruffe. On a trouvé dans ce
pofte 4 canons , & 400 charriots , foit de provifions
, foit de bagages .
DE BRUXELLES , le 22 Juillet.
Dans le moment , nous apprenons que le Général
Maguire & le Duc d'Aremberg fe font emparès
de Gabel , & qu'ils y ont fait prifonniers 4
Bataillons , & 107 tant Dragons que Huffards ,
des troupes du Roi de Pruffe. On a trouvé dans ce
pofte 4 canons , & 400 charriots , foit de provifions
, foit de bagages .
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8138
p. 197-220
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 5 Juin, Leurs Majestés & la Famille Royale signerent le contrat de mariage [...]
Mots clefs :
Contrats de mariage, Maison de Sorbonne, Portrait, Pape, Roi de France, Famille royale, Compagnie des Mousquetaires, Déserteurs, Électeur palatin, Convention, Articles, Soldats, Officiers, Nouvelle frégate, Armée, Commandement, Ducs, Marquis, Comtes, Madame la Dauphine, Canada, Ennemis, Colonies, Approvisionnement, Bataillons, Forts, Mouvements des troupes, Combats, Français et Anglais, Marquis de Vaudreuil, Expéditions, Maréchal, Victoire, Hamelin, Capitulation, Corsaires, Marchandises, Voyages, Capitaines, Navires
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
B5 Juin , Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage de M. le Marquis de
Caumont , feul héritier de la maiſon de la Force ,
avec Mademoiſelle Galard de Braffac de Bearn ,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
petite- fille du Duc de la Force ; & celui de M. le
Comte de Lorda avec Mademoiſelle de Seignelay.
La maison de Sorbonne fit le 6 une députation
folemnelle au Nonce du Pape , à l'occafion du
préfent que Sa Sainteté a fait de fon Portrait à
cette Maiſon. Le Curé de la Paroiffe de Saint
Paul porta la parole Le Portrait du Pape eft l'original
fait en 1741 par Subleiras , célebre Peintre
François , mort à Rome. Ce préſent eſt d'autant
plus flatteur pour la Maifon de Sorbonne ,
que les Souverains Pontifes ne font point dans l'u
fage de donner leurs Portraits à qui que ce foit.
Sa Sainteté , dans le bref qu'elle a adreflé à la
maiſon , dit « qu'Elle veut bien lui accorder certe
» marque de diftinction , comme un témoignage
» extraordinaire & nouveau de fa bienveillance
» & comme un gage affuré de fon eſtime , afin ,
ajoute-t'elle , que placé au milieu de vous à
côté du Roi Très -Chrétien , Nous foyons con-
» tinuellement fous vos yeux , comme vous êtes
» toujours préfens à notre coeur » . On voit ce tableau
en Sorbonne dans la grande falle des actes,
Il a été mis entre le Portrait du Roi & celui du
Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar. Sa
Sainteté avoit envoyé précédemment à la Sorbonne
toutes les éditions de fes ouvrages , & en
particulier le Recueil complet de fes Euvres en
15 vol. in fol.
Le 12 Juin Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignerent le contrat de mariage de M. le
Marquis de Marbeuf, Meftre de Camp d'un Régiment
de Dragons de fon nom , avec Mademoifelle
Michel , fille de M. Michel , Directeur de la
Compagnie des Indes .
Le Roi fit le 14 dans la cour du Château la
revue des deux Compagnies des Moufquetaires de
SEPTEMBRE. 1757. 199
fa Garde ordinaire. Sa Majefté paffa dans les
rangs , & après que les deux Compagnies eurent
fait l'exercice , Elle les vit défiler tant à pied qu'à
cheval . Monfeigneur le Dauphin accompagna le
Roi à cette revue .
Le temps fixé par la convention du 4 Juillet
1746 , entre le Roi & l'Electeur Palatin , pour la
reftitution réciproque des Déferteurs , étant expiré
le 3 Juillet de l'année derniere : Sa Majefté vient
de conclure pour le même objet avec Son Alteffe
Electorale Palatine une nouvelle convention >
portant ce qui fuit : « ART. I. Les Cavaliers , Dra-
» gons & Fantaffins , qui déferteront des troupes
>> Françoiſes ou Palatines , & qui pafferont des
» pays ou places d'une domination dans les pays
» ou places de l'autre , feront refpectivement ar-
» rêtés pour être rendus , auquel effet il fera
» donné avis de leur détention , le plutôt que
faire fe pourra , au Gouverneur ou Comman-
» dant de la plus prochaine place de guerre de la
» domination d'où ils auront déferté , afin qu'on
» envoie les chercher . ART. II. Le Gouverneur
≫ou Commandant d'une place , qui aura été averti
» de la détention de quelque déferteur , l'enverra
>> auffi-tôt chercher , & fera payer les frais de la
» prifon & la fimple fubfiftance du prifonnier , à
>> raifon de deux livres de pain par jour pour cha-
» que Cavalier , Dragon ou Fantaffin au prix
» courant de la place où le déferteur fera retenu .
» ART. III . Les déferteurs feront rendus dans le
» même état qu'ils auront été arrêtés , c'eſt- à-
» dire avec leurs chevaux , équipages , habits &
» armes ; & le fourrage qui aura été fourni à leurs
>> chevaux , fera payé de gré à gré fuivant le prix
>> courant des lieux . ART. IV. Les Officiers de
part & d'autre ne pourront pourfuivre ni enle-
>
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
» ver lesdits déſerteurs hors des terres de l'obéif-
» fance de leur Souverain : pourront cependant
» requérir en ce cas les Officiers & habitans des
» terres de la domination du Roi ou de S. A. Elec-
» torale Palatine , où lesdits déferteurs fe trouve-
>> ront , de les arrêter & conduire dans la place
» la plus prochaine de la domination fur laquelle
» ils auront été arrêtés. ART. V. Après la ratification
& publication de la préfente convention ,
» il fera fait très - expreffe défenſe aux habitans du
» plat- pays dans l'étendue des gouvernemens qui
>font fur les frontieres des deux dominations , &
» à tous autres, d'acheter les chevaux , armes , équi-
» pages , habits , & généralement quelque chofe
» que ce puiffe être defdits défetteurs , & même
» de leur donner aucun afyle ou fecours , ni de les
» receler ou de faciliter leur évafion , à peine
» contre les contrevenans de trente livres , mon-
> noie de France , d'amende pour un déferteur à
pied , & de foixante livres pour un Cavalier ou
» Dragon qui défertera à cheval. ART. VI. Pour
» engager les habitans & fujets de part & d'autre
» d'arrêter les déferteurs , & de les conduire dans
la place la plus prochaine de la domination fur
» laquelle ils auront été arrêtés , on eft convenu
» qu'il fera donné trente livres de récompenfe à
» celui ou ceux qui auront arrêté & conduit dans
ladite place un déferteur à pied , & foixante li-
» vres pour un déferteur à cheval , lefquelles
» fommes leur feront payées fur le champ par le
» Gouverneur ou Commandant de ladite place
» lequel fera remboursé par l'Officier qui viendra
» chercher le déferteur. ART. VII. Il est en outre
» convenu que les criminels , qui auront commis
» quelque crime dans l'une des deux dominations ,
» & qui chercheront à fe réfugier dans l'autre
SEPTEMBRE. 1757. 201
» feront arrêtés & rendus à la premiere réquifi-
» tion , moyennant la reftitution des frais qu'ils
>> auront caufés pendant le temps de leur déten-
» tion , fuppofé qu'ils aient été mis en priſon .
» ART. VIII. La préſente convention durera dix
» années , à commencer du 26 Avril de cette an-
» née , & fera publiée & obſervée immédiatement
après l'échange des ratifications dans l'Alface ,
» les trois Evêchés , à Sarre- Louis & autres lieux
» de la Sarre , & dans toute l'étendue des Villes &
» Bailliages de l'Electorat Palatin , & des deux
» Duchés de Bergues & de Juliers , & leurs dépendances
jufqu'au Rhin , & à dix lieues au delà
» de ce fleuve. »
Cette Convention a été fignée le 26 Avril , an
nom du Roi, parM.le Marquis de Paulmy , Miniftre
& Secretaire d'Etat ayant le département de la
guerre , & au nom de l'Electeur Palatin , par M.
le Baron de Grevenbroch , Confeiller d'Etat de ce
Prince , & fon Miniftre Plénipotentiaire à la Cour
de France.
Le Roi étant informé qu'il y a plufieurs Déferteurs
de fes troupes qui ont pris parti dans
celles qui font actuellement dans le Royaume
fans être connus pour tels , & qui par conféquent
ne pourroient , fans commettre une nouvelle défertion
, fatisfaire à l'obligation impofée par
l'Ordonnance d'amniftie , rendue le 20 Avril dernier
, de s'engager dans l'armée que Sa Majeſté a
fait paffer en Allemagne ; Sa Majesté ordonne
tous Soldats , Cavaliers & Dragons qui , aiant déferté
de fes troupes avant le premier Février dernier
, auront pris parti dans d'autres Compagnies
avant le 20 Avril dernier , ne pourront être pour
fuivis pour ladite défertion : Voulant Sa Majeſté ,
qu'ils foient compris dans l'amnistie qu'Elle a
que
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
accordée par fon Ordonnance dudit jour 20 Avril
dernier , à condition qu'ils continueront de fervir
dans lefdites troupes où ils fe trouvent actuellement
engagés , jufqu'à ce que Sa Majefté ayant
rétabli la diftribution des congés d'ancienneté , ils
foient dans le cas d'être renvoyés à leur tour.
Sa Majesté a fait expédier un brevet de Lieutenant
de Frégate au Capitaine Canon .
afin
Selon les avis reçus de Marfeille , M. Couturier
, Echevin de la Ville , y fait conftruire dans
l'Arcenal du Roi une Frégate fur les proportions.
d'un vaiffeau de de Elle eft 54 canons.. guerre
percée fur fon pont pour 26 canons de 18 livres
de balle , & elle aura un entre- deux ponts volant
pour y placer la vogue de 60 avirons , que
dans un temps calme elle puiffe au befoin faire
ufage de fes avirons auffi légérement qu'une galere
. On compte que ce fera le bâtiment le plus
fort , le plus léger & le meilleur voilier , qui ait
été conftruit dans les proportions qu'on lui a
données .
* Le 16 & le 19 Juillet , le Roi tint à Compiegne
le Sceau pour la dixieme & onzième fois .
le
Le même jour 16 , M. le Maréchal Duc de Richelieu
prit congé du Roi , & le lendemain il partit
pour fe rendre à l'armée qu'il va commander fur le
Mein. Les Lieutenans - Généraux , qui feront employés
fous les ordres de ce Général , font le
Comte de Noailles , le Marquis du Mefnil ,
Baron de Montmorency , le Chevalier de Muy ,
le Duc de Duras , le Comte d'Andlau , le Comte
de la Vauguyon , & le Duc d'Havré. Les Maréchaux
de Camp , qui ferviront dans la même
armée , font MM. le Chevalier du Châtelet , de
Planta , le Marquis de Laſtic , le Comte de Lutzelbourg,
le Comte du Luc , le Comte de Vence
SEPTEMBRE. 1757. 203
le Marquis de Voyer , le Marquis de Laval , le
Prince de Beauvau , le Comte de la Guiche , le
Marquis de Béthune , le Marquis de Roquépine ,
le Marquis de Traifnel & le Comte d'Egmond.
Le Marquis de Monteynard eft nommé Maréchal
Général des Logis de cette armée. Le Chevalier
de Redmond fera les fonctions de Maréchal des
Logis de la Cavalerie , & le Comte de Rochambeau
celles de Major Général de l'Infanterie.
Madame la Dauphine apprit le 31 Juillet , par
un Courier que lui dépêcha le Roi , la victoire
Haftembecke. L'émotion que caufe une pareille
nouvelle , fit voir toute fa bonté & ſon humanité.
Cette Princeffe ne s'occupa , dans ce moment critique
, que des inquiétudes des perſonnes de fa
cour , qui ayant de proches parens à cette affaire
pouvoient craindre pour eux quelqu'accident ;
aucune de celles qu'elle pût tranquillifer ou confoler
n'échappa à fon attention.
Le lendemain Madame la Dauphine envoya a
Compiegne M. de Goy- de Didogne , fon Ecuyer
de main en quartier , porter au Roi des lettres de
complimens fur cet heureux événement , & à fon
retour M. de Didogne fut chargé des lettres de
Sa Majefté & de la Famille Royale pour Madame
Ja Dauphine.
T
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine la
Fargue , commandant le Corfaire l'Aigle , de
Bayonne en confidération de la prife que ce Capitaine
a faite d'un Corfaire Anglois après un combat
des plus opiniâtres , dans lequel M. la Fargue
a été griévement bleffé . Sa Majesté a accordé
la même marque de diftinction à M. Forestier ,
qui après la bleffure de M. la Fargue a pris le commandement
, & a continué le combat .
On a reçu des lettres du Canada , qui contien-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
nent le détail de ce qui s'eft paffé dans ce Pays- l
durant l'hyver , relativement à la guerre.
Indépendamment des Partis de Canadiens & de
Sauvages , qui ont été continuellement en campagne
durant l'hyver , & qui , dans les incurfions
qu'ils ont faites fur les ennemis , leur ont tué
beaucoup de monde , & donné l'allarme dans les
Colonies Angloifes , le Marquis de Vaudreuil a
exécuté une expédition , dont l'objet étoit trèsimportant..
Il avoit été informé au mois de Janvier , que
les ennemis avoient raffemblé au Fort Georges ,
fitué fur le Lac Saint - Sacrement , une quantité
très- confidérable d'approvifionnemens de toutes
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous.
le canon de ce Fort un grand nombre de Barques ,
de Bateaux , & d'autres Bâtimens , non feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
mais encore pour s'affurer la navigation de ce Lac.
Jugeant que tous ces préparatifs étoient deſtinés .
pour les entreprifes que les ennemis fe propo-.
foient d'exécuter au printemps , il forma le projet
de leur en ôter les moyens.
Dans cette vue , il fit un détachement de 1500
hommes , compofé des Piquets des Bataillons
des troupes de terre , dont un de Grenadiers ,
300 Soldats des troupes de la Colonie , 150 Miliciens
, dont une Compagnie de so Volontaires,
& 300 Sauvages. Ce détachement
ayant été
promptement
raffemblé au Fort Saint -Jean , M.
de Rigaud de Vaudreuil , Gouverneur des Trois
Rivieres , qui le commandoit , le fit marcher en
quatre divifions. La premiere partit le 20 Février::
elle étoit compofée de 6 Compagnies mêlées dés
troupes & des Milices de la Colonie avec quelques.
Sauvages Abenakis , & elle étoit commandée par
SEPTEMBRE. 1757. 205
M. de Saint-Martin , Lieutenant de ces troupes.
La feconde que commandoit M. du Chat , Capitaine
au Régiment de Languedoc , étoit compofée
de deux Piquets de troupes de terre , de trois
Compagnies mêlées de la Colonie & de quelques
Sauvages , & elle fe mit en marche le 21. Elle fut
fuivie le lendemain par la troifieme , qui étoit
commandée par M. Coni , Capitaine au Régiment
de Royal Rouffillon , & qui étoit compofée,
comme la feconde. M. de Rigaud devoit partit
le 23 avec le Piquet de Grenadiers , la Compagnie
des Volontaires Canadiens , & le reste des
Sauvages , qui compofoient la quatrieme Divifion;
mais fon départ fut retardé par le dégel
juſqu'au 2 s .
Les quatre Divifions s'étant réunies au Fort de
Carillon , toute la troupe en partit le 15 de Mars ,
la Compagnie de Volontaires Canadiens faifant
l'avant-garde ; & le 17 à fept heures du foir, on fe
trouva à une lieue & demie du Fort Georges.
Le 18 , M. de Rigaud détacha M. Poullariez
Capitaine de Grenadiers du Régiment de Royal
Rouffillon , avec deux autres Officiers , pour aller
reconnoître le Fort , d'une hauteur qui le domine
à environ une demi-lieue de diftance . Quoique
fur le rapport que lui fit M. Poullariez , il ne
pût pas douter que les ennemis ne fuffent informés
defa marche, il fit fes difpofitions pour l'exécution.
des ordres dont il étoit chargé..
Il fe mit en mouvement avec toute fa troupe
l'entrée de la nuit du 18 au 19. Il détacha M. Dumas
, Capitaine , avec deux autres Officiers &
quelques Grenadiers , pour aller reconnoître les
approches du Fort . Le bruit qu'ils ne pouvoient
s'empêcher de faire , en marchant fur la glace ,,
les fit bientôt découvrir ; & ils furent obligés de
206 MERCURE DE FRANCE
rejoindre la troupe. M. de Rigaud prit cependant
le parti de faire mettre le feu aux Bateaux qui
étoient fous le Fort ; mais il n'y en eut qu'un petit
nombre de brûlés . Les ennemis tuerent deux
hommes , & en bleſſerent un autre. Le 20 , M.
de Rigaud fit inveftir le Fort , afin d'en impoſer à
la Garnifon , qu'il fçavoit être de 5 à 6co hommes
d'élite ; & il envoya un détachement de Sauvages
fur le chemin du Fort Lidius , pour en couper
la communication . Il fit même fommer le
Commandant de fe rendre . Cette fommation fixa
l'attention du Commandant aux difpofitions relatives
à la défenſe du Fort ; enforte que la nuit fuivante
il ne fit tirer que quelques coups de canon &
quelques bombes , qui n'empêcherest pas qu'on
ne brûlât beaucoup d'effers.
Le Fort refta encore inveſti le 21 , fans que les
ennemis oſaflent faire aucune fortie . Ils demeurerent
également tranquilles toute la nuit , mais il
tomba en même temps une fi prodigieufe quantité
de neige fondue, qu'il ne fut pas poſſible de mettre
le feu aux dehors . Le temps fut plus favorable la
nuit ſuivante , & l'on en profita pour biûler tout
ce qui étoit dans le Lac & aux environs du Fort ,
malgré le feu d'artillerie & de moufqueterie que
les ennemis firent de leur côté , & qui tua trois
Soldats , & bleſſa un Officier .
Les ennemis ont perdu par cet incendie quatre
Brigantins de 10 à 14 canons , & deux Galeres à
so rames , qu'ils deftinoient pour la navigation
des Lacs ; plus de trois cens cinquante Bateaux de
tranfport ; une quantité confidérable de bois de
conſtruction ; beaucoup d'affûts de campagne ;
un moulin à fcier des planches ; les hangards &
les magafins qui étoient entourés d'un Fort de
pieux , & où il y avoit plus de 4 mille quarts de
SEPTEMBRE . 1757. 207
farine , & d'autres vivres de toute espece à proportion
, des armes , des habillemens , & génétalement
toutes fortes d'uftenciles de campagne ;
les hôpitaux ; plus de 20 maiſons qui étoient tant
en dedans qu'en dehors du Fort de pieux ; & enfin
toute leur provifion de bois de chauffage. Le
Fort eft refté ifolé ; il n'a même été préfervé du
feu , que parce qu'il n'a point fait de vent durant
tout l'incendie .
Dans cette expédition , qui eft une des plus importantes
qu'on pût entreprendre en Canada durant
l'hyver , il n'y a eu que 5 François tués , un
Officier & un Sauvage bleffés , quoiqu'elle ait
été exécutée fous le feu de l'artillerie & de la
moufqueterie du Fort Georges. On ignore lenombre
d'hommes que les ennemis y ont perdu
mais les Canadiens & les Sauvages avoient été pla
cés , de maniere que par le feu de leur moufquete
rie , ils faifoient fouvent ceffer celui des ennemis ..
Ce fuccès eft principalement dû à la fageffe des
difpofitions que M. de Rigaud a faites , à l'attention
avec laquelle il en a fuivi l'exécution , & à la conftance
avec laquelle il a fupporté les fatigues exceffives
du voyage dans une faifon fi rigoureuſe.
Les différens Corps des troupes & des Milices s'y
font également diftingués à tous égards ; & M. de
Rigaud a été infiniment content de la conduite des
Sauvages qui y étoient employés..
On a lieu de l'être pareillement des difpofitions
de toutes les Nations Sauvages de la Colonie . Celles
qui ont de tout temps été fes alliées , donnent
tous les jours de nouvelles preuves de leur fidélité ,
& font continuellement en parti contre les ennemis.
Il y a d'ailleurs quelques Nations affez nombreufes
, & entr'autres les Tétes-plates , qui font X
208 MERCURE DE FRANCE.
entrées nouvellement dans cette alliance , & quí
ont pris part à la guerre. Les Cinq Nations Iroquoifes
ont envoyé une députation des plus folemnelles
au Marquis de Vaudreuil , pour renouveller
leurs anciens engagemens avec la France. Ils ont
promis non feulement de renoncer à tout commerce
avec les ennemis , mais même de fe joindre aux
autres Nations amies de la France pour agir contr'eux.
Les ennemis de leur côté n'ont tenté qu'une expédition
durant l'hyver. Ayant été informés qu'on
devoit faire paffer du Fort Saint-Frédéric au Fort
de Carillon quelques provifions fous l'eſcorte
d'un petit détachement , ils en envoyerent un de
80 hommes , qui enleva les premieres traînes de
ce convoi , & 7 Soldats . Mais le Commandant
du Fort Saint -Frédéric fit marcher un nouveau
détachement , pour couper celui des ennemis
dans fon chemin . Ils tomberent effectivement
dans l'embuſcade . Le combat fut des plus vifs &
des plus opiniâtres. Il refta du côté des ennemis ,
fur le champ de bataille , 40 hommes dont 3 Offi
ciers . On fit & prifonniers , & le refte du détachement
fe fauva dans les bois , où il a péri de
fes bleffures , de maniere qu'il n'en rentra que 3
hommes dans le Fort Georges. Les François en
eurent 11 de tués , & 26 de bleffés . Ils reprirent
les traînes dont les ennemis s'étoient emparés ; &
à l'égard des 7 Soldats que les ennemis avoient
enlevés , il ne s'en trouva que 3 , les 4 autres ayant
été tués. Cette action s'eſt paſſée le 22 Janvier.
M. le Comte de Gifors qui eft arrivé ici le 31 de
Juillet , a apporté au Roi la nouvelle d'une victoire
, que les troupes de Sa Majefté , commandées
par M. le Maréchal d'Eftrées, ont remportée le 26
de ce mois fur l'armée du Duc de Cumberland. M
SEPTEMBRE. 1757. 209
le Maréchal d'Eftrées ayant fait reconnoître le 25
au foir la poſition des ennemis , réfolut de les attaquer
le lendemain. Ils avoient leur droite vers
Hamelen. Devant leur front étoit un marais impraticable.
Leur gauche étoit appuyée à des montagnes
très- hautes , couvertes de bois , & traverfées
par fept ou huits ravins de vingt pieds de
profondeur. Elle avoit à gauche une redoute , &
droite le village de Haftembecke. Dans cette
fituation , les ennemis ne pouvoient être attaqués
que par leur flanc gauche fur un front de
deux cens toifes ou environ , & après que nous
aurions tourné les fommités des montagnes. M.
de Chevert fut détaché pour cet effet le 25 avant
minuit , avec quatre Brigades d'Infanterie. Mais
ayant quatre lieues à faire , il ne put arriver que
le lendemain 26 à neuf heures du matin. Le canon
de l'ennemi commença à tirer dès fix heures. On
y répondit de notre part jufqu'à huit que fe fit la
véritable attaque , & les batteries des ennemis
furent détruites fucceffivement. M. le Marquis
d'Armentieres & M. de Chevert , chacun avec un
corps féparé , chafferent l'ennemi de la montagne
après un feu très-vif. M. le Comte de Montmorency-
Laval , Colonel du Régiment de Guyenne ,
& qui fervoit dans l'armée en qualité d'Aide-
Maréchal Général des Logis , y fut tué. M. le Marquis
du Châtelet , Colonel du Régiment de Navarre
, y fut dangereufement bleffé d'un coup de
fufil au travers du corps , & M. le Marquis de
Belfunce eut le bras percé d'une balle . Cette attaque
ouvrit le chemin aux troupes de notre aîle
droite , compofée de la brigade Autrichienne ; de
celles de Picardie , de Champagne , de Navarre &
de la Marine ; du Régiment du Roi , & des Grenadiers
de France. Ces troupes ont montré la plus
210 MERCURE DE FRANCE..
οι
grande valeur , & particuliérement celles de l'Impératrice
Reine fe font diftinguées dans l'action .
La Cavalerie & la plus grande partie de l'Infanterie
n'ont pu aborder l'ennemi. La brigade de
Champagne a forcé une batterie retranchée ,
il y avoit huit pieces de canon & deux haubits ,
dont elle s'eft emparé ; & l'ennemi , après avoir
eu plus de trois mille hommes tués ou bleffés , a
été obligé d'abandonner fucceffivement tous fes
poftes , pour gagner les gorges qui menent vers
Hanovre. Sa perte auroit été beaucoup plus confidérable
fans un accident qui a mis quelque interruption
dans l'attaque , & qui a retardé la
pourfuite des fuyards. Plufieurs de nos bataillons
marchant dans la montagne à travers des bois , fe
font fufiliés fans fe reconnoître , & c'eft où nous
avons le plus perdu , ayant environ quinze cens
bleffés , quoique le nombre des morts ne monte
pas à cinq cens .
On attend un plus grand détail de cette action .
L'armée du Roi , lorfque M. le Comte de Gifors
en eft parti , étoit établie fort au-delà de l'ancien
camp des ennemis.
Le même jour que le Roi reçut la nouvelle de
cette victoire , Leurs Majeftés affifterent dans la
Chapelle , au Te Deum qui y fut chanté en action
de graces. M. l'Abbé de Gandras , Chapelain du
Roi , y officia. Le Motet étoit de la compofition ,
& fut exécuté ſous la directión de M. Colin- de
Blamont , Surintendant de la Mufique de la Chambre.
Il y eut le foir trois décharges d'artillerie ,
& toute la ville fut illuminée .
Le 7 Août , la Cour a pris le deuil pour trois
femaines , à l'occaſion de la mort de la Reine
Douairiere de Pruffe.
Le même jour , Sa Majefté reçut M. le Comte
SEPTEMBRE. 1757 . 211
de Gifors Chevalier de l'Ordre de S. Louis.
La ville de Hamelen s'étant rendue le 28 Juil
let , il a été ftipulé par la Capitulation , que la
garnifon , compofée de fept cens Heffois , fortiroit
le 30 avec les honneurs de la guerre , mais
fans canon , & qu'elle feroit conduite à Hanovre
avec tous les chevaux & équipages , fans pouvoir
néanmoins emmener ceux appartenans au refte
de l'armée ennemie ; que les Invalides & les Miliciens
, faifant partie de la garniſon , feroient
renvoyés chez eux , & ne pourroient fervir pendant
tout le temps de la guerre ; que le Major
Général Hodemberg , & tous les autres bleflés &
malades renfermés dans la place , feroient prifonniers
de guerre. Ils font au nombre de huit
cens. Les articles de cette Capitulation ont été
réglés entre M. le Maréchal d'Eftrées & le fieur
Brunck , Major Général des troupes Hanovrien-
- nes .
On a trouvé à Hamelen cinquante- quatre canons
de fonte , & dix- neuf de fer ; dix mortiers
de fonte , trois haubits , vingt - huit mille boulets
, & quatre mille bombes ; deux mille fufils ,
cent cinquante - cinq milliers de poudre , deux
cens mille livres de plomb , & des bateaux qui
étoient deftinés à former un pont fur le Wefer .
Selon l'état que le Roi a reçu de la perte faite
par les troupes à la bataille de Haftembecke , il
y a eu dix -fept Officiers tués & cent dix -huit
bleffés. Le nombre des foldats tués monte à mille
trente-huit , & celui des bleffés à onze cens cinquante-
neuf.
L'armée eft demeurée dans fon camp près de
Hamelen, jufqu'au 31 Juillet : l'ennemi étoit alors
à Minden , qui eft à neuf lieuès de cette place . Le
31 , l'armée s'étant miſe en marche paſſa la ri212
MERCURE DE FRANCE.
viere de Hamel ; la referve du Duc de Randan ſe
tenant à Bifphrode , & le corps du Duc de Broglie
à la hauteur de Hamelen. On fut informé le premier
de ce mois , que le Duc de Cumberland
avoit quitté Minden , pour fe retirer à Niembourg
Les Magiftrats de Minden envoyerent des
Députés offrir les clefs de leur Ville. Le 3 Août , le
Duc de Broglie , après avoir fait occuper cette place
par un détachement , repaffa le Wefer avec
fon corps , & fe dirigea fur Remen. Le corps du
Marquis d'Armentieres s'avança vers Harienbourg
à trois lieues de Minden , & celui du Duc
de Randan fe porta près de Hallerfprinck fur le
grand chemin de Hanovre. Le 4 , jour du départ
du courier qui a apporté ces détails , les habitans
de cette derniere Ville n'attendoient que les troùpes
du Roi pour ouvrir leurs portes . M. le Comte
de Platen étoit chargé de venir traiter des contributions
de l'Electorat. M. le Maréchal- Duc de Richelieu
eft arrivé le 3 au foir au quartier général
d'Oldendorff, &, comme l'ancien de M. le Maréchal
d'Eftrées , il a pris le commandement de l'armée.
Il y eut le 27 Juillet à Saint-Dié , en Lorraine ,
un incendie , qui a réduit en cendres l'Hôtel de
Ville , le Couvent des Capucins , les prifons , &
cent feize maifons , dans lefquelles on comptoir
près de trois cens ménages.
Le Corfaire l'Hobereau , de Calais , comman
dé par le Capitaine Jacques Bonvarlet , s'eft emparé
du Brigantin le Molley , de Linn , de 120
tonneaux , chargé de fer & de planches ; & il l'a
ranconné pour 630 livres fterlings.
Le même Corfaire s'eft rendu maître des Navires
Anglois le Samuel & le Thomas : le premier ,
armé de 6 canons , a pour cargaiſon 6 12 facs de
SEPTEMBRE. 1757. 213
farine , & des légumes ; le fecond eft chargé de
charbon de terre.
Le Bateau la Princeffe de Galles , de Carmar
then , de 70 tonneaux , chargé d'avoine & de
quelques barrils de beurre , dont le Corfaire le
+ Prince de Condé , de Boulogne , s'eft emparé ,
a été conduit à Calais.
La Corvette la Diligente a pris & conduit à la
Hougue , le petit Corfaire Anglois le Duc de
Marlborough , de Grenezey , armé de 4 canons
10 pierriers , & de 23 hommes d'équipage.
•
Il eft arrivé à Cherbourg un Navire d'environ
300 tonneaux , chargé d'huile fine , que le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , de Saint-Malo ,
enlevé aux Anglois qui s'en étoient emparés.
Par des lettres écrites de Marfeille , on a été
informé de l'arrivée en ce port des Navires Anglois
la Tofcane , de 350 tonneaux , chargé de
faie & de raifins de Corinthe ; la Sirene & le
Guillaume Elizabeth , n'ayant pour cargaifon
que des raifins de Corinthe. Ces priſes ont été faites
, les deux premieres par le Capitaine Megy
commandant le Corfaire la Marie Défirée , la
troifieme par le Corfaire l'Heureufe Therefe.
Le Vicomte de Rochechouart , Capitaine de
Vaiffeau , commandant la Frégate du Roi la Thétis
, ayant avec lui la Frégate la Pomone , commandée
par le fieur Hector , s'eft rendu maître du
Corfaire Anglois le Boscawen , ( ci- devant le
Mefnil- Montant , de Nantes , ) armé de 22 ca
nons , & de 102 hommes déquipages ; il l'a fait
conduire à Saint- Nazaire au bas de la riviere de
Nantes .
Le Corfaire la Comteffe de Bentheim , de Saints
Malo , y eft rentré avec deux Navires Anglois ,
l'un de 200 tonneaux , qui venoit de la Caroling
214 MERCURE DE FRANCE.
avec une cargaifon d'indigo , de café , de peau
de caftor , de riz & de bois de Campeche ; l'au
tre de 150 tonneaux , chargé de falaiſons . Le même
Corfaire a fait une autre priſe de 120 tonneaux
, qui a été conduite à Perros , & dont le
chargement confifte en huile de Baleine , & en
taffia.
Le Tavignon , autre Corfaire de Saint -Malo ,
a pris & fait conduire au Port Louis le Navire Anglois
le Baal , de Londres , de 160 tonneaux ,
chargé de fucre , de coton , de gingembre , &
de taffia.
Le Navire Anglois le Gorges , chargé de riz , a
été pris par le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de
Bordeaux , & conduit à Breft.
Le Corfaire la Bafquaife , de Saint-Jean- de-
Luz , y a conduit le Navire Anglois le Falmouth ,
de Glafcow , dont le chargement confifte en ballots
, & en une caifle contenant diveries marchandifes
.
Le Capitaine Louis Simon , commandant le
Corfaire le Bien -Aimé , de Marſeille , s'eft rendu :
maître du Corſaire Anglois le Blackney , de 16
canons , 24 pierriers , & 71 hommes d'équipa
ge. Il s'eft auffi emparé du Navire la Jeanne Sara,
chargé d'huile & de raifins .
La Sainte-Barbe , le Jefus Maria , Sainte-An=
ne , & la Junon , autres Corfaires de Marſeille
y ont auffi fait conduire les Navires Anglois le
Patfey chargé de bled , le Préfervé , ayant pour
chargement des raifins de Corinthe & d'autres
marchandifes , & la Galere Stapleton , qui n'a
fon left.
que
Le Capitaine Morel , qui commande le Cor
faire l'Actif, de Dunkerque , s'eft emparé des
Bateaux Anglois la Sufanne , de Montroff , le
SEPTEMBRE. 1757. 215
Bon Accord , de Petershead , la Catherine , de
Montroff , & l'Elizabeth , d'Airth en Ecoffe , &
il les a rançonnés pour 12720 livres . Il s'eft auffi
rendu maître des Navires le Dodgfon , de 120 tonneaux
, chargé d'indigo , de fucre , de café , de
quinquina , de tabac & de riz ; la Jeanne , de
Leith , dont la cargaifon eft compofée de fucre ,
de cuirs & de laine ; & l'Escap , de Portfoy , chargé
de charbon de terre & de fel.
Le Saint-Louis , autre Corfaire de Dunkerque ,
dont eft Capitaine le fieur Bachelier , a rançonné
pour 9600 livres les Navires Anglois le Thomus
Elizabeth & le Guillaume , dont il s'étoit emparé.
Les Navires Anglois , la Charmante Marthe
chargé de 30 futailles d'indigo , d'un boucaut &
onze paquets de pelleteries , de riz , &c. & le
Jean-Jofeph , chargé de falaifons , ont été pris
par le Corfaire le Comte de Grammont , & font arrivés
à Bayonne.
Le même Corfaire a fait , conjointement avec
le Corfaire le Maréchal de Richelieu , de Nantes ,
une autre prife chargée de fucre & de tabac , qui
a été conduite à Guetaris près de Saint- Sébaſtien.
Le Corfaire la Comteſſe de Grammont a fait conduire
à Bayonne les Navires Anglois le Grampes,
de Liverpool , fur lequel on a trouvé 8000 livres
en piaftres , & dont la cargaiſon confiſte en diverfes
marchandiſes propres pour la traite des Negres
, & le Triton , de Rodyland , armé de 6 canons
& 6 pierriers , qui a pour chargement des
balloteries.
Il eft auffi arrivê à Bayonne un Navire Anglois,
appellé l'Antelope , qui a été pris par le Corfaire
la Bafquaife , de ce Port , & qui eft chargé de
viandes falées.
La Goëlette la Surpriſe a pris un Brigantin Ang
216 MERCURE DE FRANCE.
glois de 100 tonneaux , dont la cargaiſon eſt com .
pofé de balloteries , & de deux rangs de futailles
dont on ignoroit encore le contenu .
>
Le Vicomte de Rochechouart , Capitaine de
Vaiffeau commandant la Frégate du Roi la
Thétis , ayant avec lui la Frégate la Pomone ,
commandée par le fieur Hector , s'eft emparé le
26 du mois dernier des Corfaires Anglois le Volcan
, de Londres , & le Bofcawen , de Jerzey ,
armés , l'un de 20 canons , 10 pierriers , & 59
hommes ; l'autre de 4 canons , 8 pierriers , &
32 hommes d'équipage. Ces deux Corfaires , pris
à 4 lieues au Nord- Ouest des Glenans , ont été
conduits au Port - Louis .
Le Corfaire le Prince de Condé , de Boulogne ,
a pris & conduit à Calais un Brigantin Anglois ,
de 70 tonneaux , chargé d'avoine.
Le Capitaine Papin , qui commande le Corfaire
l'Hyver , du Havre , a rançonné pour 26000
livres le Navire le Molly , dont il s'étoit rendu
maître ; & il a conduit à Breft un Bâtiment chargé
de chandelle & de falaifons.
Le Corfaire le Machault , de Granville , a pris
& fait conduire dans la Rade de l'Ile de Bas un
Brigantin Anglois , qui eft auffi chargé de falaifons
& de chandelle .
On mande de Nantes , que le Corfaire le Maréchal
de Richelieu , de ce port , y eft rentré avec
un Navire Anglois dont il s'eft emparé , & dont
la cargaiſon confifte en 250 barriques de fucre.
Le Corfaire le Machault , de Saint - Malo , a enlevé
au Corfaire Anglois le Duc de Bedfort , de
Dublin , une Barque Efpagnole , chargée de 150
balles de café de moka , 100 demi - balles de café
de Bourbon , 16 balles de marchandiſes des Indes
, & de quelques bois de teinture,
Le
1
+
SEPTEMBRE . 1757. 217
Le Saint - Florentin & le Puyzieulx , autres
Corfaires de Saint- Malo , fe font emparé , l'un
d'un Navire Anglois venant de la Caroline , avec
un chargement compofé de 900 barriques de riz ,
& de quelques dents d'Eléphant ; l'autre du Corfaire
la Mary-Galley , de Guernezey , armé de 4
canons , 6 pierriers , & 41 hommes d'équipage.
Les Navires Anglois le Dehel , de 70 tonneaux,
chargé de charbon de terre , & le Falmouth , dont
la cargaifon confifte en fel & autres marchandifes
, ont été pris par le Corfaire le Comte d'Hé
rouville, de Bordeaux , & conduits à Breft.
Le Corfaire l'aimable Françoife , de Bayonne ,
s'eft rendu maître des Navires Anglois la Marthe
Anne , chargé de boeuf , petit- falé , beurre &
fromage ; & la Charmante Nancy , de la nouvelle
Yorck , qui a pour cargaifon des toiles , du
fil de carret , & autres marchandiſes . Ces deux
priſes font arrivées , l'une à Saint - Sébaſtien , l'au
tre à Saint- Jean - de- Luz.
Le Navire Anglois le Dauphin , de Juingmouth
, allant à Terre - Neuve , avec 150 hommes
d'équipage , & une partie affez confidérable
de boeuf, de tan & de fuif, a été pris par le Corfaire
la Bafquaife , de Saint -Jean-de - Luz.
On apprend par des lettres écrites de Marſeille ,
que le Corfaire le Tigre , de ce Port , a pris & y
a fait conduire le Navire Anglois le Guillaume,
chargé d'huile.
On a été informé que M. du Reveft , commandant
une des Efcadres que le Roi a fait armer à
Toulon , s'eft rendu maître du Navire Anglois
Les deux Freres , armé de 16 canons , 25 hommes
d'équipage , & chargé de fucre , de café &
d'indigo . Le conducteur de cette priſe , qui eft
arrivée à Cadix , a rapporté que M. du Revest
K
218 MERCURE DE FRANCE.
s'eft emparé d'un autre Bâtiment Anglois , appellé
le Dobbs- Galley , de 190 tonneaux , dont la
cargaifon confiftoit en goudron , tabac & quelques
paquets de pelleteries , & qu'on a mis le feu
à ce dernier Navire , qui n'étoit pas en état de naviger.
Les Corfaires le Machault de Dunkerque , &
L'Amaranthe , de Dieppe , fe font emparé de huit
Bâtimens Anglois , chargés de charbon de terre
& de meules de moulin . Une de ces prifes eft arri
vée à Dunkerque quatre autres ont relâché à
Oftende , & l'on a eu avis de Terveer , qu'il en
eft entré deux dans ce Port.
Le Corfaire la Princeſſe de Soubize a pris un Ba
teau Anglois , chargé de boeuf falé , & il l'a fait
conduire à Breft..
Le Senaw Anglois l'Edward , qui alloit de la
Caroline à Londres avec une cargaiſon compofée
d'indigo , de café , de fucre , de brai & de pelleteries
, a été pris par le Coifaire le Vainqueur ,
de Bayonne. de çe
Les Corfaires le Comte de Grammont ,
Port , & le Maréchal de Richelieu , de Nantes ,
ont enlevé au Corfaire Anglois la Défiance , de
Briſtol , un Navire dont il s'étoit emparé , & qui
a pour chargement du fucre , du tabac & du bois
de bréfil .
" Le Capitaine Marfans-Haraneder , qui commande
le Corfaire la Bafquaife , de Saint Jeande
Luz , a rançonné pour 290 livres sterlings un
Navire Anglois , dont il s'étoit rendu maître , &
il a conduit dans ce Port un autre Bâtiment Anglois
nommé le Lady - Strauge , de Liverpool ,
chargé de balloteries.
Le Navire le Mari , de Waterford , chargé de
fel , de beurre , de lard & de farine , a été pris
SEPTEMBRE . 1757. 219
par le Corfaire le Mars , & conduit à Bayonne.
Le Capitaine Danglade , commandant le Corfaire
la Françoife , de ce Port , s'eft rendu maître
du Navire Anglois l'Industrie , chargé de 300
boucauts de tabac. Ce Bâtiment eft arrivé par relâche
à Saint- Sébastien .
Le Corfaire le Comte de Maurepas , commandé
par le Capitaine Jean- Baptifte de Cock , a rançonné
quinze Bâtimens ennemis pendant les deux
mois de fa feconde courſe. Le fieur de Cock a
conduit dans le port de Dunkerque les ôtages, qui
lui ont été remis pour la fûreté de ces différentes
rançons. Ce Capitaine eft le même , qui dans le
mois d'Octobre de l'année derniere n'ayant que
16 canons , foutint un combat devant Calais , contre
un Vaiffeau Anglois de 36 , & qui à la fin de
Décembre fe défendit près d'Oftende contre qua
tre Corfaires , dont un de 16 canons , un de 12 ,
& les deux autres de 8. Dans ces deux actions , il
montoit le même Corfaire le Comte de Mau-.
repas.
Le fieur de Kerfaint & le fieur de Caumont ,
Capitaines de Vaiffeaux , qui étoient partis de
Breft à la fin du mois de Novembre dernier , avec
trois Vaiffeaux & trois Frégates , font arrivés à la
Martinique le 17 & le 20 Mai , après avoir croisé
féparément fur différentes parties de la côte d'Afrique
. Il fe font emparés fur cette côte de plufieurs
Navires Anglois, qui y faifoient la traite des
Negres , & le fieur de Kerfaint avoit pris dans fa
route au Cap Verd le Corfaire le Boscawen , de
Londres , & les Navires le Sphinx & le Wilkinton
Il a conduit à la Martinique , tant fur les Vaiffeaux
de Sa Majefté , que fur trois Bâtimens qu'il a confervés
des prifes qu'il a faites , onze cens Negres ,
indépendamment de ceux que le fieur de Cau
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
mont a enlevés , & qu'il y a conduits également.
A l'égard des prifonniers , le fieur de Kerfaint en
a débarqué 94 à l'Ile de Bonneviſte , & 71 au
grand Jonk , fur les inftances que les uns & les
autres lui en ont faites , & il a mené le ſurplus à
la Martinique .
Le fieur de l'Ile de Beauchefne , Capitaine de
Vaiffeau commandant la Frégate du Roi le
Zéphyr , s'eft rendu maître du Corfaire Anglois le
Roi de Pruffe , de Briſtol , armé de 20 canons
16 pierriers , 90 hommes d'équipage , & il l'a fait
conduire à Rochefort .
Un autre Corſaire Anglois , appellé le Saint-
Olive , de Londres , de 18 canons , 20 pierriers
& 97 hommes d'équipage , a été pris & conduit
à Breft par le fieur de Longueval , Lieutenant de
Vaiffeau , commandant la Corvette du Roi l'EScarboucle.
Le Corfaire l'Hobereau , de Calais , s'eft emparé
du Brigantin Anglois le Dauphin , chargé de
bois de campêche , & il l'a rançonné pour 19200
livres.
Le Corfaire la Marquise de Beringhen a auffi
rançonné pour 45 livres fterlings un petit Bâtiment
Anglois,
LE
B5 Juin , Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage de M. le Marquis de
Caumont , feul héritier de la maiſon de la Force ,
avec Mademoiſelle Galard de Braffac de Bearn ,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
petite- fille du Duc de la Force ; & celui de M. le
Comte de Lorda avec Mademoiſelle de Seignelay.
La maison de Sorbonne fit le 6 une députation
folemnelle au Nonce du Pape , à l'occafion du
préfent que Sa Sainteté a fait de fon Portrait à
cette Maiſon. Le Curé de la Paroiffe de Saint
Paul porta la parole Le Portrait du Pape eft l'original
fait en 1741 par Subleiras , célebre Peintre
François , mort à Rome. Ce préſent eſt d'autant
plus flatteur pour la Maifon de Sorbonne ,
que les Souverains Pontifes ne font point dans l'u
fage de donner leurs Portraits à qui que ce foit.
Sa Sainteté , dans le bref qu'elle a adreflé à la
maiſon , dit « qu'Elle veut bien lui accorder certe
» marque de diftinction , comme un témoignage
» extraordinaire & nouveau de fa bienveillance
» & comme un gage affuré de fon eſtime , afin ,
ajoute-t'elle , que placé au milieu de vous à
côté du Roi Très -Chrétien , Nous foyons con-
» tinuellement fous vos yeux , comme vous êtes
» toujours préfens à notre coeur » . On voit ce tableau
en Sorbonne dans la grande falle des actes,
Il a été mis entre le Portrait du Roi & celui du
Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar. Sa
Sainteté avoit envoyé précédemment à la Sorbonne
toutes les éditions de fes ouvrages , & en
particulier le Recueil complet de fes Euvres en
15 vol. in fol.
Le 12 Juin Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignerent le contrat de mariage de M. le
Marquis de Marbeuf, Meftre de Camp d'un Régiment
de Dragons de fon nom , avec Mademoifelle
Michel , fille de M. Michel , Directeur de la
Compagnie des Indes .
Le Roi fit le 14 dans la cour du Château la
revue des deux Compagnies des Moufquetaires de
SEPTEMBRE. 1757. 199
fa Garde ordinaire. Sa Majefté paffa dans les
rangs , & après que les deux Compagnies eurent
fait l'exercice , Elle les vit défiler tant à pied qu'à
cheval . Monfeigneur le Dauphin accompagna le
Roi à cette revue .
Le temps fixé par la convention du 4 Juillet
1746 , entre le Roi & l'Electeur Palatin , pour la
reftitution réciproque des Déferteurs , étant expiré
le 3 Juillet de l'année derniere : Sa Majefté vient
de conclure pour le même objet avec Son Alteffe
Electorale Palatine une nouvelle convention >
portant ce qui fuit : « ART. I. Les Cavaliers , Dra-
» gons & Fantaffins , qui déferteront des troupes
>> Françoiſes ou Palatines , & qui pafferont des
» pays ou places d'une domination dans les pays
» ou places de l'autre , feront refpectivement ar-
» rêtés pour être rendus , auquel effet il fera
» donné avis de leur détention , le plutôt que
faire fe pourra , au Gouverneur ou Comman-
» dant de la plus prochaine place de guerre de la
» domination d'où ils auront déferté , afin qu'on
» envoie les chercher . ART. II. Le Gouverneur
≫ou Commandant d'une place , qui aura été averti
» de la détention de quelque déferteur , l'enverra
>> auffi-tôt chercher , & fera payer les frais de la
» prifon & la fimple fubfiftance du prifonnier , à
>> raifon de deux livres de pain par jour pour cha-
» que Cavalier , Dragon ou Fantaffin au prix
» courant de la place où le déferteur fera retenu .
» ART. III . Les déferteurs feront rendus dans le
» même état qu'ils auront été arrêtés , c'eſt- à-
» dire avec leurs chevaux , équipages , habits &
» armes ; & le fourrage qui aura été fourni à leurs
>> chevaux , fera payé de gré à gré fuivant le prix
>> courant des lieux . ART. IV. Les Officiers de
part & d'autre ne pourront pourfuivre ni enle-
>
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
» ver lesdits déſerteurs hors des terres de l'obéif-
» fance de leur Souverain : pourront cependant
» requérir en ce cas les Officiers & habitans des
» terres de la domination du Roi ou de S. A. Elec-
» torale Palatine , où lesdits déferteurs fe trouve-
>> ront , de les arrêter & conduire dans la place
» la plus prochaine de la domination fur laquelle
» ils auront été arrêtés. ART. V. Après la ratification
& publication de la préfente convention ,
» il fera fait très - expreffe défenſe aux habitans du
» plat- pays dans l'étendue des gouvernemens qui
>font fur les frontieres des deux dominations , &
» à tous autres, d'acheter les chevaux , armes , équi-
» pages , habits , & généralement quelque chofe
» que ce puiffe être defdits défetteurs , & même
» de leur donner aucun afyle ou fecours , ni de les
» receler ou de faciliter leur évafion , à peine
» contre les contrevenans de trente livres , mon-
> noie de France , d'amende pour un déferteur à
pied , & de foixante livres pour un Cavalier ou
» Dragon qui défertera à cheval. ART. VI. Pour
» engager les habitans & fujets de part & d'autre
» d'arrêter les déferteurs , & de les conduire dans
la place la plus prochaine de la domination fur
» laquelle ils auront été arrêtés , on eft convenu
» qu'il fera donné trente livres de récompenfe à
» celui ou ceux qui auront arrêté & conduit dans
ladite place un déferteur à pied , & foixante li-
» vres pour un déferteur à cheval , lefquelles
» fommes leur feront payées fur le champ par le
» Gouverneur ou Commandant de ladite place
» lequel fera remboursé par l'Officier qui viendra
» chercher le déferteur. ART. VII. Il est en outre
» convenu que les criminels , qui auront commis
» quelque crime dans l'une des deux dominations ,
» & qui chercheront à fe réfugier dans l'autre
SEPTEMBRE. 1757. 201
» feront arrêtés & rendus à la premiere réquifi-
» tion , moyennant la reftitution des frais qu'ils
>> auront caufés pendant le temps de leur déten-
» tion , fuppofé qu'ils aient été mis en priſon .
» ART. VIII. La préſente convention durera dix
» années , à commencer du 26 Avril de cette an-
» née , & fera publiée & obſervée immédiatement
après l'échange des ratifications dans l'Alface ,
» les trois Evêchés , à Sarre- Louis & autres lieux
» de la Sarre , & dans toute l'étendue des Villes &
» Bailliages de l'Electorat Palatin , & des deux
» Duchés de Bergues & de Juliers , & leurs dépendances
jufqu'au Rhin , & à dix lieues au delà
» de ce fleuve. »
Cette Convention a été fignée le 26 Avril , an
nom du Roi, parM.le Marquis de Paulmy , Miniftre
& Secretaire d'Etat ayant le département de la
guerre , & au nom de l'Electeur Palatin , par M.
le Baron de Grevenbroch , Confeiller d'Etat de ce
Prince , & fon Miniftre Plénipotentiaire à la Cour
de France.
Le Roi étant informé qu'il y a plufieurs Déferteurs
de fes troupes qui ont pris parti dans
celles qui font actuellement dans le Royaume
fans être connus pour tels , & qui par conféquent
ne pourroient , fans commettre une nouvelle défertion
, fatisfaire à l'obligation impofée par
l'Ordonnance d'amniftie , rendue le 20 Avril dernier
, de s'engager dans l'armée que Sa Majeſté a
fait paffer en Allemagne ; Sa Majesté ordonne
tous Soldats , Cavaliers & Dragons qui , aiant déferté
de fes troupes avant le premier Février dernier
, auront pris parti dans d'autres Compagnies
avant le 20 Avril dernier , ne pourront être pour
fuivis pour ladite défertion : Voulant Sa Majeſté ,
qu'ils foient compris dans l'amnistie qu'Elle a
que
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
accordée par fon Ordonnance dudit jour 20 Avril
dernier , à condition qu'ils continueront de fervir
dans lefdites troupes où ils fe trouvent actuellement
engagés , jufqu'à ce que Sa Majefté ayant
rétabli la diftribution des congés d'ancienneté , ils
foient dans le cas d'être renvoyés à leur tour.
Sa Majesté a fait expédier un brevet de Lieutenant
de Frégate au Capitaine Canon .
afin
Selon les avis reçus de Marfeille , M. Couturier
, Echevin de la Ville , y fait conftruire dans
l'Arcenal du Roi une Frégate fur les proportions.
d'un vaiffeau de de Elle eft 54 canons.. guerre
percée fur fon pont pour 26 canons de 18 livres
de balle , & elle aura un entre- deux ponts volant
pour y placer la vogue de 60 avirons , que
dans un temps calme elle puiffe au befoin faire
ufage de fes avirons auffi légérement qu'une galere
. On compte que ce fera le bâtiment le plus
fort , le plus léger & le meilleur voilier , qui ait
été conftruit dans les proportions qu'on lui a
données .
* Le 16 & le 19 Juillet , le Roi tint à Compiegne
le Sceau pour la dixieme & onzième fois .
le
Le même jour 16 , M. le Maréchal Duc de Richelieu
prit congé du Roi , & le lendemain il partit
pour fe rendre à l'armée qu'il va commander fur le
Mein. Les Lieutenans - Généraux , qui feront employés
fous les ordres de ce Général , font le
Comte de Noailles , le Marquis du Mefnil ,
Baron de Montmorency , le Chevalier de Muy ,
le Duc de Duras , le Comte d'Andlau , le Comte
de la Vauguyon , & le Duc d'Havré. Les Maréchaux
de Camp , qui ferviront dans la même
armée , font MM. le Chevalier du Châtelet , de
Planta , le Marquis de Laſtic , le Comte de Lutzelbourg,
le Comte du Luc , le Comte de Vence
SEPTEMBRE. 1757. 203
le Marquis de Voyer , le Marquis de Laval , le
Prince de Beauvau , le Comte de la Guiche , le
Marquis de Béthune , le Marquis de Roquépine ,
le Marquis de Traifnel & le Comte d'Egmond.
Le Marquis de Monteynard eft nommé Maréchal
Général des Logis de cette armée. Le Chevalier
de Redmond fera les fonctions de Maréchal des
Logis de la Cavalerie , & le Comte de Rochambeau
celles de Major Général de l'Infanterie.
Madame la Dauphine apprit le 31 Juillet , par
un Courier que lui dépêcha le Roi , la victoire
Haftembecke. L'émotion que caufe une pareille
nouvelle , fit voir toute fa bonté & ſon humanité.
Cette Princeffe ne s'occupa , dans ce moment critique
, que des inquiétudes des perſonnes de fa
cour , qui ayant de proches parens à cette affaire
pouvoient craindre pour eux quelqu'accident ;
aucune de celles qu'elle pût tranquillifer ou confoler
n'échappa à fon attention.
Le lendemain Madame la Dauphine envoya a
Compiegne M. de Goy- de Didogne , fon Ecuyer
de main en quartier , porter au Roi des lettres de
complimens fur cet heureux événement , & à fon
retour M. de Didogne fut chargé des lettres de
Sa Majefté & de la Famille Royale pour Madame
Ja Dauphine.
T
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine la
Fargue , commandant le Corfaire l'Aigle , de
Bayonne en confidération de la prife que ce Capitaine
a faite d'un Corfaire Anglois après un combat
des plus opiniâtres , dans lequel M. la Fargue
a été griévement bleffé . Sa Majesté a accordé
la même marque de diftinction à M. Forestier ,
qui après la bleffure de M. la Fargue a pris le commandement
, & a continué le combat .
On a reçu des lettres du Canada , qui contien-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
nent le détail de ce qui s'eft paffé dans ce Pays- l
durant l'hyver , relativement à la guerre.
Indépendamment des Partis de Canadiens & de
Sauvages , qui ont été continuellement en campagne
durant l'hyver , & qui , dans les incurfions
qu'ils ont faites fur les ennemis , leur ont tué
beaucoup de monde , & donné l'allarme dans les
Colonies Angloifes , le Marquis de Vaudreuil a
exécuté une expédition , dont l'objet étoit trèsimportant..
Il avoit été informé au mois de Janvier , que
les ennemis avoient raffemblé au Fort Georges ,
fitué fur le Lac Saint - Sacrement , une quantité
très- confidérable d'approvifionnemens de toutes
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous.
le canon de ce Fort un grand nombre de Barques ,
de Bateaux , & d'autres Bâtimens , non feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
mais encore pour s'affurer la navigation de ce Lac.
Jugeant que tous ces préparatifs étoient deſtinés .
pour les entreprifes que les ennemis fe propo-.
foient d'exécuter au printemps , il forma le projet
de leur en ôter les moyens.
Dans cette vue , il fit un détachement de 1500
hommes , compofé des Piquets des Bataillons
des troupes de terre , dont un de Grenadiers ,
300 Soldats des troupes de la Colonie , 150 Miliciens
, dont une Compagnie de so Volontaires,
& 300 Sauvages. Ce détachement
ayant été
promptement
raffemblé au Fort Saint -Jean , M.
de Rigaud de Vaudreuil , Gouverneur des Trois
Rivieres , qui le commandoit , le fit marcher en
quatre divifions. La premiere partit le 20 Février::
elle étoit compofée de 6 Compagnies mêlées dés
troupes & des Milices de la Colonie avec quelques.
Sauvages Abenakis , & elle étoit commandée par
SEPTEMBRE. 1757. 205
M. de Saint-Martin , Lieutenant de ces troupes.
La feconde que commandoit M. du Chat , Capitaine
au Régiment de Languedoc , étoit compofée
de deux Piquets de troupes de terre , de trois
Compagnies mêlées de la Colonie & de quelques
Sauvages , & elle fe mit en marche le 21. Elle fut
fuivie le lendemain par la troifieme , qui étoit
commandée par M. Coni , Capitaine au Régiment
de Royal Rouffillon , & qui étoit compofée,
comme la feconde. M. de Rigaud devoit partit
le 23 avec le Piquet de Grenadiers , la Compagnie
des Volontaires Canadiens , & le reste des
Sauvages , qui compofoient la quatrieme Divifion;
mais fon départ fut retardé par le dégel
juſqu'au 2 s .
Les quatre Divifions s'étant réunies au Fort de
Carillon , toute la troupe en partit le 15 de Mars ,
la Compagnie de Volontaires Canadiens faifant
l'avant-garde ; & le 17 à fept heures du foir, on fe
trouva à une lieue & demie du Fort Georges.
Le 18 , M. de Rigaud détacha M. Poullariez
Capitaine de Grenadiers du Régiment de Royal
Rouffillon , avec deux autres Officiers , pour aller
reconnoître le Fort , d'une hauteur qui le domine
à environ une demi-lieue de diftance . Quoique
fur le rapport que lui fit M. Poullariez , il ne
pût pas douter que les ennemis ne fuffent informés
defa marche, il fit fes difpofitions pour l'exécution.
des ordres dont il étoit chargé..
Il fe mit en mouvement avec toute fa troupe
l'entrée de la nuit du 18 au 19. Il détacha M. Dumas
, Capitaine , avec deux autres Officiers &
quelques Grenadiers , pour aller reconnoître les
approches du Fort . Le bruit qu'ils ne pouvoient
s'empêcher de faire , en marchant fur la glace ,,
les fit bientôt découvrir ; & ils furent obligés de
206 MERCURE DE FRANCE
rejoindre la troupe. M. de Rigaud prit cependant
le parti de faire mettre le feu aux Bateaux qui
étoient fous le Fort ; mais il n'y en eut qu'un petit
nombre de brûlés . Les ennemis tuerent deux
hommes , & en bleſſerent un autre. Le 20 , M.
de Rigaud fit inveftir le Fort , afin d'en impoſer à
la Garnifon , qu'il fçavoit être de 5 à 6co hommes
d'élite ; & il envoya un détachement de Sauvages
fur le chemin du Fort Lidius , pour en couper
la communication . Il fit même fommer le
Commandant de fe rendre . Cette fommation fixa
l'attention du Commandant aux difpofitions relatives
à la défenſe du Fort ; enforte que la nuit fuivante
il ne fit tirer que quelques coups de canon &
quelques bombes , qui n'empêcherest pas qu'on
ne brûlât beaucoup d'effers.
Le Fort refta encore inveſti le 21 , fans que les
ennemis oſaflent faire aucune fortie . Ils demeurerent
également tranquilles toute la nuit , mais il
tomba en même temps une fi prodigieufe quantité
de neige fondue, qu'il ne fut pas poſſible de mettre
le feu aux dehors . Le temps fut plus favorable la
nuit ſuivante , & l'on en profita pour biûler tout
ce qui étoit dans le Lac & aux environs du Fort ,
malgré le feu d'artillerie & de moufqueterie que
les ennemis firent de leur côté , & qui tua trois
Soldats , & bleſſa un Officier .
Les ennemis ont perdu par cet incendie quatre
Brigantins de 10 à 14 canons , & deux Galeres à
so rames , qu'ils deftinoient pour la navigation
des Lacs ; plus de trois cens cinquante Bateaux de
tranfport ; une quantité confidérable de bois de
conſtruction ; beaucoup d'affûts de campagne ;
un moulin à fcier des planches ; les hangards &
les magafins qui étoient entourés d'un Fort de
pieux , & où il y avoit plus de 4 mille quarts de
SEPTEMBRE . 1757. 207
farine , & d'autres vivres de toute espece à proportion
, des armes , des habillemens , & génétalement
toutes fortes d'uftenciles de campagne ;
les hôpitaux ; plus de 20 maiſons qui étoient tant
en dedans qu'en dehors du Fort de pieux ; & enfin
toute leur provifion de bois de chauffage. Le
Fort eft refté ifolé ; il n'a même été préfervé du
feu , que parce qu'il n'a point fait de vent durant
tout l'incendie .
Dans cette expédition , qui eft une des plus importantes
qu'on pût entreprendre en Canada durant
l'hyver , il n'y a eu que 5 François tués , un
Officier & un Sauvage bleffés , quoiqu'elle ait
été exécutée fous le feu de l'artillerie & de la
moufqueterie du Fort Georges. On ignore lenombre
d'hommes que les ennemis y ont perdu
mais les Canadiens & les Sauvages avoient été pla
cés , de maniere que par le feu de leur moufquete
rie , ils faifoient fouvent ceffer celui des ennemis ..
Ce fuccès eft principalement dû à la fageffe des
difpofitions que M. de Rigaud a faites , à l'attention
avec laquelle il en a fuivi l'exécution , & à la conftance
avec laquelle il a fupporté les fatigues exceffives
du voyage dans une faifon fi rigoureuſe.
Les différens Corps des troupes & des Milices s'y
font également diftingués à tous égards ; & M. de
Rigaud a été infiniment content de la conduite des
Sauvages qui y étoient employés..
On a lieu de l'être pareillement des difpofitions
de toutes les Nations Sauvages de la Colonie . Celles
qui ont de tout temps été fes alliées , donnent
tous les jours de nouvelles preuves de leur fidélité ,
& font continuellement en parti contre les ennemis.
Il y a d'ailleurs quelques Nations affez nombreufes
, & entr'autres les Tétes-plates , qui font X
208 MERCURE DE FRANCE.
entrées nouvellement dans cette alliance , & quí
ont pris part à la guerre. Les Cinq Nations Iroquoifes
ont envoyé une députation des plus folemnelles
au Marquis de Vaudreuil , pour renouveller
leurs anciens engagemens avec la France. Ils ont
promis non feulement de renoncer à tout commerce
avec les ennemis , mais même de fe joindre aux
autres Nations amies de la France pour agir contr'eux.
Les ennemis de leur côté n'ont tenté qu'une expédition
durant l'hyver. Ayant été informés qu'on
devoit faire paffer du Fort Saint-Frédéric au Fort
de Carillon quelques provifions fous l'eſcorte
d'un petit détachement , ils en envoyerent un de
80 hommes , qui enleva les premieres traînes de
ce convoi , & 7 Soldats . Mais le Commandant
du Fort Saint -Frédéric fit marcher un nouveau
détachement , pour couper celui des ennemis
dans fon chemin . Ils tomberent effectivement
dans l'embuſcade . Le combat fut des plus vifs &
des plus opiniâtres. Il refta du côté des ennemis ,
fur le champ de bataille , 40 hommes dont 3 Offi
ciers . On fit & prifonniers , & le refte du détachement
fe fauva dans les bois , où il a péri de
fes bleffures , de maniere qu'il n'en rentra que 3
hommes dans le Fort Georges. Les François en
eurent 11 de tués , & 26 de bleffés . Ils reprirent
les traînes dont les ennemis s'étoient emparés ; &
à l'égard des 7 Soldats que les ennemis avoient
enlevés , il ne s'en trouva que 3 , les 4 autres ayant
été tués. Cette action s'eſt paſſée le 22 Janvier.
M. le Comte de Gifors qui eft arrivé ici le 31 de
Juillet , a apporté au Roi la nouvelle d'une victoire
, que les troupes de Sa Majefté , commandées
par M. le Maréchal d'Eftrées, ont remportée le 26
de ce mois fur l'armée du Duc de Cumberland. M
SEPTEMBRE. 1757. 209
le Maréchal d'Eftrées ayant fait reconnoître le 25
au foir la poſition des ennemis , réfolut de les attaquer
le lendemain. Ils avoient leur droite vers
Hamelen. Devant leur front étoit un marais impraticable.
Leur gauche étoit appuyée à des montagnes
très- hautes , couvertes de bois , & traverfées
par fept ou huits ravins de vingt pieds de
profondeur. Elle avoit à gauche une redoute , &
droite le village de Haftembecke. Dans cette
fituation , les ennemis ne pouvoient être attaqués
que par leur flanc gauche fur un front de
deux cens toifes ou environ , & après que nous
aurions tourné les fommités des montagnes. M.
de Chevert fut détaché pour cet effet le 25 avant
minuit , avec quatre Brigades d'Infanterie. Mais
ayant quatre lieues à faire , il ne put arriver que
le lendemain 26 à neuf heures du matin. Le canon
de l'ennemi commença à tirer dès fix heures. On
y répondit de notre part jufqu'à huit que fe fit la
véritable attaque , & les batteries des ennemis
furent détruites fucceffivement. M. le Marquis
d'Armentieres & M. de Chevert , chacun avec un
corps féparé , chafferent l'ennemi de la montagne
après un feu très-vif. M. le Comte de Montmorency-
Laval , Colonel du Régiment de Guyenne ,
& qui fervoit dans l'armée en qualité d'Aide-
Maréchal Général des Logis , y fut tué. M. le Marquis
du Châtelet , Colonel du Régiment de Navarre
, y fut dangereufement bleffé d'un coup de
fufil au travers du corps , & M. le Marquis de
Belfunce eut le bras percé d'une balle . Cette attaque
ouvrit le chemin aux troupes de notre aîle
droite , compofée de la brigade Autrichienne ; de
celles de Picardie , de Champagne , de Navarre &
de la Marine ; du Régiment du Roi , & des Grenadiers
de France. Ces troupes ont montré la plus
210 MERCURE DE FRANCE..
οι
grande valeur , & particuliérement celles de l'Impératrice
Reine fe font diftinguées dans l'action .
La Cavalerie & la plus grande partie de l'Infanterie
n'ont pu aborder l'ennemi. La brigade de
Champagne a forcé une batterie retranchée ,
il y avoit huit pieces de canon & deux haubits ,
dont elle s'eft emparé ; & l'ennemi , après avoir
eu plus de trois mille hommes tués ou bleffés , a
été obligé d'abandonner fucceffivement tous fes
poftes , pour gagner les gorges qui menent vers
Hanovre. Sa perte auroit été beaucoup plus confidérable
fans un accident qui a mis quelque interruption
dans l'attaque , & qui a retardé la
pourfuite des fuyards. Plufieurs de nos bataillons
marchant dans la montagne à travers des bois , fe
font fufiliés fans fe reconnoître , & c'eft où nous
avons le plus perdu , ayant environ quinze cens
bleffés , quoique le nombre des morts ne monte
pas à cinq cens .
On attend un plus grand détail de cette action .
L'armée du Roi , lorfque M. le Comte de Gifors
en eft parti , étoit établie fort au-delà de l'ancien
camp des ennemis.
Le même jour que le Roi reçut la nouvelle de
cette victoire , Leurs Majeftés affifterent dans la
Chapelle , au Te Deum qui y fut chanté en action
de graces. M. l'Abbé de Gandras , Chapelain du
Roi , y officia. Le Motet étoit de la compofition ,
& fut exécuté ſous la directión de M. Colin- de
Blamont , Surintendant de la Mufique de la Chambre.
Il y eut le foir trois décharges d'artillerie ,
& toute la ville fut illuminée .
Le 7 Août , la Cour a pris le deuil pour trois
femaines , à l'occaſion de la mort de la Reine
Douairiere de Pruffe.
Le même jour , Sa Majefté reçut M. le Comte
SEPTEMBRE. 1757 . 211
de Gifors Chevalier de l'Ordre de S. Louis.
La ville de Hamelen s'étant rendue le 28 Juil
let , il a été ftipulé par la Capitulation , que la
garnifon , compofée de fept cens Heffois , fortiroit
le 30 avec les honneurs de la guerre , mais
fans canon , & qu'elle feroit conduite à Hanovre
avec tous les chevaux & équipages , fans pouvoir
néanmoins emmener ceux appartenans au refte
de l'armée ennemie ; que les Invalides & les Miliciens
, faifant partie de la garniſon , feroient
renvoyés chez eux , & ne pourroient fervir pendant
tout le temps de la guerre ; que le Major
Général Hodemberg , & tous les autres bleflés &
malades renfermés dans la place , feroient prifonniers
de guerre. Ils font au nombre de huit
cens. Les articles de cette Capitulation ont été
réglés entre M. le Maréchal d'Eftrées & le fieur
Brunck , Major Général des troupes Hanovrien-
- nes .
On a trouvé à Hamelen cinquante- quatre canons
de fonte , & dix- neuf de fer ; dix mortiers
de fonte , trois haubits , vingt - huit mille boulets
, & quatre mille bombes ; deux mille fufils ,
cent cinquante - cinq milliers de poudre , deux
cens mille livres de plomb , & des bateaux qui
étoient deftinés à former un pont fur le Wefer .
Selon l'état que le Roi a reçu de la perte faite
par les troupes à la bataille de Haftembecke , il
y a eu dix -fept Officiers tués & cent dix -huit
bleffés. Le nombre des foldats tués monte à mille
trente-huit , & celui des bleffés à onze cens cinquante-
neuf.
L'armée eft demeurée dans fon camp près de
Hamelen, jufqu'au 31 Juillet : l'ennemi étoit alors
à Minden , qui eft à neuf lieuès de cette place . Le
31 , l'armée s'étant miſe en marche paſſa la ri212
MERCURE DE FRANCE.
viere de Hamel ; la referve du Duc de Randan ſe
tenant à Bifphrode , & le corps du Duc de Broglie
à la hauteur de Hamelen. On fut informé le premier
de ce mois , que le Duc de Cumberland
avoit quitté Minden , pour fe retirer à Niembourg
Les Magiftrats de Minden envoyerent des
Députés offrir les clefs de leur Ville. Le 3 Août , le
Duc de Broglie , après avoir fait occuper cette place
par un détachement , repaffa le Wefer avec
fon corps , & fe dirigea fur Remen. Le corps du
Marquis d'Armentieres s'avança vers Harienbourg
à trois lieues de Minden , & celui du Duc
de Randan fe porta près de Hallerfprinck fur le
grand chemin de Hanovre. Le 4 , jour du départ
du courier qui a apporté ces détails , les habitans
de cette derniere Ville n'attendoient que les troùpes
du Roi pour ouvrir leurs portes . M. le Comte
de Platen étoit chargé de venir traiter des contributions
de l'Electorat. M. le Maréchal- Duc de Richelieu
eft arrivé le 3 au foir au quartier général
d'Oldendorff, &, comme l'ancien de M. le Maréchal
d'Eftrées , il a pris le commandement de l'armée.
Il y eut le 27 Juillet à Saint-Dié , en Lorraine ,
un incendie , qui a réduit en cendres l'Hôtel de
Ville , le Couvent des Capucins , les prifons , &
cent feize maifons , dans lefquelles on comptoir
près de trois cens ménages.
Le Corfaire l'Hobereau , de Calais , comman
dé par le Capitaine Jacques Bonvarlet , s'eft emparé
du Brigantin le Molley , de Linn , de 120
tonneaux , chargé de fer & de planches ; & il l'a
ranconné pour 630 livres fterlings.
Le même Corfaire s'eft rendu maître des Navires
Anglois le Samuel & le Thomas : le premier ,
armé de 6 canons , a pour cargaiſon 6 12 facs de
SEPTEMBRE. 1757. 213
farine , & des légumes ; le fecond eft chargé de
charbon de terre.
Le Bateau la Princeffe de Galles , de Carmar
then , de 70 tonneaux , chargé d'avoine & de
quelques barrils de beurre , dont le Corfaire le
+ Prince de Condé , de Boulogne , s'eft emparé ,
a été conduit à Calais.
La Corvette la Diligente a pris & conduit à la
Hougue , le petit Corfaire Anglois le Duc de
Marlborough , de Grenezey , armé de 4 canons
10 pierriers , & de 23 hommes d'équipage.
•
Il eft arrivé à Cherbourg un Navire d'environ
300 tonneaux , chargé d'huile fine , que le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , de Saint-Malo ,
enlevé aux Anglois qui s'en étoient emparés.
Par des lettres écrites de Marfeille , on a été
informé de l'arrivée en ce port des Navires Anglois
la Tofcane , de 350 tonneaux , chargé de
faie & de raifins de Corinthe ; la Sirene & le
Guillaume Elizabeth , n'ayant pour cargaifon
que des raifins de Corinthe. Ces priſes ont été faites
, les deux premieres par le Capitaine Megy
commandant le Corfaire la Marie Défirée , la
troifieme par le Corfaire l'Heureufe Therefe.
Le Vicomte de Rochechouart , Capitaine de
Vaiffeau , commandant la Frégate du Roi la Thétis
, ayant avec lui la Frégate la Pomone , commandée
par le fieur Hector , s'eft rendu maître du
Corfaire Anglois le Boscawen , ( ci- devant le
Mefnil- Montant , de Nantes , ) armé de 22 ca
nons , & de 102 hommes déquipages ; il l'a fait
conduire à Saint- Nazaire au bas de la riviere de
Nantes .
Le Corfaire la Comteffe de Bentheim , de Saints
Malo , y eft rentré avec deux Navires Anglois ,
l'un de 200 tonneaux , qui venoit de la Caroling
214 MERCURE DE FRANCE.
avec une cargaifon d'indigo , de café , de peau
de caftor , de riz & de bois de Campeche ; l'au
tre de 150 tonneaux , chargé de falaiſons . Le même
Corfaire a fait une autre priſe de 120 tonneaux
, qui a été conduite à Perros , & dont le
chargement confifte en huile de Baleine , & en
taffia.
Le Tavignon , autre Corfaire de Saint -Malo ,
a pris & fait conduire au Port Louis le Navire Anglois
le Baal , de Londres , de 160 tonneaux ,
chargé de fucre , de coton , de gingembre , &
de taffia.
Le Navire Anglois le Gorges , chargé de riz , a
été pris par le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de
Bordeaux , & conduit à Breft.
Le Corfaire la Bafquaife , de Saint-Jean- de-
Luz , y a conduit le Navire Anglois le Falmouth ,
de Glafcow , dont le chargement confifte en ballots
, & en une caifle contenant diveries marchandifes
.
Le Capitaine Louis Simon , commandant le
Corfaire le Bien -Aimé , de Marſeille , s'eft rendu :
maître du Corſaire Anglois le Blackney , de 16
canons , 24 pierriers , & 71 hommes d'équipa
ge. Il s'eft auffi emparé du Navire la Jeanne Sara,
chargé d'huile & de raifins .
La Sainte-Barbe , le Jefus Maria , Sainte-An=
ne , & la Junon , autres Corfaires de Marſeille
y ont auffi fait conduire les Navires Anglois le
Patfey chargé de bled , le Préfervé , ayant pour
chargement des raifins de Corinthe & d'autres
marchandifes , & la Galere Stapleton , qui n'a
fon left.
que
Le Capitaine Morel , qui commande le Cor
faire l'Actif, de Dunkerque , s'eft emparé des
Bateaux Anglois la Sufanne , de Montroff , le
SEPTEMBRE. 1757. 215
Bon Accord , de Petershead , la Catherine , de
Montroff , & l'Elizabeth , d'Airth en Ecoffe , &
il les a rançonnés pour 12720 livres . Il s'eft auffi
rendu maître des Navires le Dodgfon , de 120 tonneaux
, chargé d'indigo , de fucre , de café , de
quinquina , de tabac & de riz ; la Jeanne , de
Leith , dont la cargaifon eft compofée de fucre ,
de cuirs & de laine ; & l'Escap , de Portfoy , chargé
de charbon de terre & de fel.
Le Saint-Louis , autre Corfaire de Dunkerque ,
dont eft Capitaine le fieur Bachelier , a rançonné
pour 9600 livres les Navires Anglois le Thomus
Elizabeth & le Guillaume , dont il s'étoit emparé.
Les Navires Anglois , la Charmante Marthe
chargé de 30 futailles d'indigo , d'un boucaut &
onze paquets de pelleteries , de riz , &c. & le
Jean-Jofeph , chargé de falaifons , ont été pris
par le Corfaire le Comte de Grammont , & font arrivés
à Bayonne.
Le même Corfaire a fait , conjointement avec
le Corfaire le Maréchal de Richelieu , de Nantes ,
une autre prife chargée de fucre & de tabac , qui
a été conduite à Guetaris près de Saint- Sébaſtien.
Le Corfaire la Comteſſe de Grammont a fait conduire
à Bayonne les Navires Anglois le Grampes,
de Liverpool , fur lequel on a trouvé 8000 livres
en piaftres , & dont la cargaiſon confiſte en diverfes
marchandiſes propres pour la traite des Negres
, & le Triton , de Rodyland , armé de 6 canons
& 6 pierriers , qui a pour chargement des
balloteries.
Il eft auffi arrivê à Bayonne un Navire Anglois,
appellé l'Antelope , qui a été pris par le Corfaire
la Bafquaife , de ce Port , & qui eft chargé de
viandes falées.
La Goëlette la Surpriſe a pris un Brigantin Ang
216 MERCURE DE FRANCE.
glois de 100 tonneaux , dont la cargaiſon eſt com .
pofé de balloteries , & de deux rangs de futailles
dont on ignoroit encore le contenu .
>
Le Vicomte de Rochechouart , Capitaine de
Vaiffeau commandant la Frégate du Roi la
Thétis , ayant avec lui la Frégate la Pomone ,
commandée par le fieur Hector , s'eft emparé le
26 du mois dernier des Corfaires Anglois le Volcan
, de Londres , & le Bofcawen , de Jerzey ,
armés , l'un de 20 canons , 10 pierriers , & 59
hommes ; l'autre de 4 canons , 8 pierriers , &
32 hommes d'équipage. Ces deux Corfaires , pris
à 4 lieues au Nord- Ouest des Glenans , ont été
conduits au Port - Louis .
Le Corfaire le Prince de Condé , de Boulogne ,
a pris & conduit à Calais un Brigantin Anglois ,
de 70 tonneaux , chargé d'avoine.
Le Capitaine Papin , qui commande le Corfaire
l'Hyver , du Havre , a rançonné pour 26000
livres le Navire le Molly , dont il s'étoit rendu
maître ; & il a conduit à Breft un Bâtiment chargé
de chandelle & de falaifons.
Le Corfaire le Machault , de Granville , a pris
& fait conduire dans la Rade de l'Ile de Bas un
Brigantin Anglois , qui eft auffi chargé de falaifons
& de chandelle .
On mande de Nantes , que le Corfaire le Maréchal
de Richelieu , de ce port , y eft rentré avec
un Navire Anglois dont il s'eft emparé , & dont
la cargaiſon confifte en 250 barriques de fucre.
Le Corfaire le Machault , de Saint - Malo , a enlevé
au Corfaire Anglois le Duc de Bedfort , de
Dublin , une Barque Efpagnole , chargée de 150
balles de café de moka , 100 demi - balles de café
de Bourbon , 16 balles de marchandiſes des Indes
, & de quelques bois de teinture,
Le
1
+
SEPTEMBRE . 1757. 217
Le Saint - Florentin & le Puyzieulx , autres
Corfaires de Saint- Malo , fe font emparé , l'un
d'un Navire Anglois venant de la Caroline , avec
un chargement compofé de 900 barriques de riz ,
& de quelques dents d'Eléphant ; l'autre du Corfaire
la Mary-Galley , de Guernezey , armé de 4
canons , 6 pierriers , & 41 hommes d'équipage.
Les Navires Anglois le Dehel , de 70 tonneaux,
chargé de charbon de terre , & le Falmouth , dont
la cargaifon confifte en fel & autres marchandifes
, ont été pris par le Corfaire le Comte d'Hé
rouville, de Bordeaux , & conduits à Breft.
Le Corfaire l'aimable Françoife , de Bayonne ,
s'eft rendu maître des Navires Anglois la Marthe
Anne , chargé de boeuf , petit- falé , beurre &
fromage ; & la Charmante Nancy , de la nouvelle
Yorck , qui a pour cargaifon des toiles , du
fil de carret , & autres marchandiſes . Ces deux
priſes font arrivées , l'une à Saint - Sébaſtien , l'au
tre à Saint- Jean - de- Luz.
Le Navire Anglois le Dauphin , de Juingmouth
, allant à Terre - Neuve , avec 150 hommes
d'équipage , & une partie affez confidérable
de boeuf, de tan & de fuif, a été pris par le Corfaire
la Bafquaife , de Saint -Jean-de - Luz.
On apprend par des lettres écrites de Marſeille ,
que le Corfaire le Tigre , de ce Port , a pris & y
a fait conduire le Navire Anglois le Guillaume,
chargé d'huile.
On a été informé que M. du Reveft , commandant
une des Efcadres que le Roi a fait armer à
Toulon , s'eft rendu maître du Navire Anglois
Les deux Freres , armé de 16 canons , 25 hommes
d'équipage , & chargé de fucre , de café &
d'indigo . Le conducteur de cette priſe , qui eft
arrivée à Cadix , a rapporté que M. du Revest
K
218 MERCURE DE FRANCE.
s'eft emparé d'un autre Bâtiment Anglois , appellé
le Dobbs- Galley , de 190 tonneaux , dont la
cargaifon confiftoit en goudron , tabac & quelques
paquets de pelleteries , & qu'on a mis le feu
à ce dernier Navire , qui n'étoit pas en état de naviger.
Les Corfaires le Machault de Dunkerque , &
L'Amaranthe , de Dieppe , fe font emparé de huit
Bâtimens Anglois , chargés de charbon de terre
& de meules de moulin . Une de ces prifes eft arri
vée à Dunkerque quatre autres ont relâché à
Oftende , & l'on a eu avis de Terveer , qu'il en
eft entré deux dans ce Port.
Le Corfaire la Princeſſe de Soubize a pris un Ba
teau Anglois , chargé de boeuf falé , & il l'a fait
conduire à Breft..
Le Senaw Anglois l'Edward , qui alloit de la
Caroline à Londres avec une cargaiſon compofée
d'indigo , de café , de fucre , de brai & de pelleteries
, a été pris par le Coifaire le Vainqueur ,
de Bayonne. de çe
Les Corfaires le Comte de Grammont ,
Port , & le Maréchal de Richelieu , de Nantes ,
ont enlevé au Corfaire Anglois la Défiance , de
Briſtol , un Navire dont il s'étoit emparé , & qui
a pour chargement du fucre , du tabac & du bois
de bréfil .
" Le Capitaine Marfans-Haraneder , qui commande
le Corfaire la Bafquaife , de Saint Jeande
Luz , a rançonné pour 290 livres sterlings un
Navire Anglois , dont il s'étoit rendu maître , &
il a conduit dans ce Port un autre Bâtiment Anglois
nommé le Lady - Strauge , de Liverpool ,
chargé de balloteries.
Le Navire le Mari , de Waterford , chargé de
fel , de beurre , de lard & de farine , a été pris
SEPTEMBRE . 1757. 219
par le Corfaire le Mars , & conduit à Bayonne.
Le Capitaine Danglade , commandant le Corfaire
la Françoife , de ce Port , s'eft rendu maître
du Navire Anglois l'Industrie , chargé de 300
boucauts de tabac. Ce Bâtiment eft arrivé par relâche
à Saint- Sébastien .
Le Corfaire le Comte de Maurepas , commandé
par le Capitaine Jean- Baptifte de Cock , a rançonné
quinze Bâtimens ennemis pendant les deux
mois de fa feconde courſe. Le fieur de Cock a
conduit dans le port de Dunkerque les ôtages, qui
lui ont été remis pour la fûreté de ces différentes
rançons. Ce Capitaine eft le même , qui dans le
mois d'Octobre de l'année derniere n'ayant que
16 canons , foutint un combat devant Calais , contre
un Vaiffeau Anglois de 36 , & qui à la fin de
Décembre fe défendit près d'Oftende contre qua
tre Corfaires , dont un de 16 canons , un de 12 ,
& les deux autres de 8. Dans ces deux actions , il
montoit le même Corfaire le Comte de Mau-.
repas.
Le fieur de Kerfaint & le fieur de Caumont ,
Capitaines de Vaiffeaux , qui étoient partis de
Breft à la fin du mois de Novembre dernier , avec
trois Vaiffeaux & trois Frégates , font arrivés à la
Martinique le 17 & le 20 Mai , après avoir croisé
féparément fur différentes parties de la côte d'Afrique
. Il fe font emparés fur cette côte de plufieurs
Navires Anglois, qui y faifoient la traite des
Negres , & le fieur de Kerfaint avoit pris dans fa
route au Cap Verd le Corfaire le Boscawen , de
Londres , & les Navires le Sphinx & le Wilkinton
Il a conduit à la Martinique , tant fur les Vaiffeaux
de Sa Majefté , que fur trois Bâtimens qu'il a confervés
des prifes qu'il a faites , onze cens Negres ,
indépendamment de ceux que le fieur de Cau
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
mont a enlevés , & qu'il y a conduits également.
A l'égard des prifonniers , le fieur de Kerfaint en
a débarqué 94 à l'Ile de Bonneviſte , & 71 au
grand Jonk , fur les inftances que les uns & les
autres lui en ont faites , & il a mené le ſurplus à
la Martinique .
Le fieur de l'Ile de Beauchefne , Capitaine de
Vaiffeau commandant la Frégate du Roi le
Zéphyr , s'eft rendu maître du Corfaire Anglois le
Roi de Pruffe , de Briſtol , armé de 20 canons
16 pierriers , 90 hommes d'équipage , & il l'a fait
conduire à Rochefort .
Un autre Corſaire Anglois , appellé le Saint-
Olive , de Londres , de 18 canons , 20 pierriers
& 97 hommes d'équipage , a été pris & conduit
à Breft par le fieur de Longueval , Lieutenant de
Vaiffeau , commandant la Corvette du Roi l'EScarboucle.
Le Corfaire l'Hobereau , de Calais , s'eft emparé
du Brigantin Anglois le Dauphin , chargé de
bois de campêche , & il l'a rançonné pour 19200
livres.
Le Corfaire la Marquise de Beringhen a auffi
rançonné pour 45 livres fterlings un petit Bâtiment
Anglois,
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Du 5 au 14 juin, plusieurs contrats de mariage impliquant des membres de la noblesse ont été signés par Leurs Majestés. Le 6 juin, la Sorbonne a reçu un portrait du Pape. Le 12 juin, le contrat de mariage du Marquis de Marbeuf a été signé. Le 14 juin, le Roi a passé en revue les Mousquetaires de sa Garde. Une convention entre le Roi et l'Électeur Palatin, signée le 26 avril, régit la restitution des déserteurs et des criminels réfugiés pour dix ans. Le Roi a accordé une amnistie aux déserteurs ayant rejoint d'autres troupes avant le 20 avril. Une frégate de 54 canons a été construite à Marseille. Le maréchal duc de Richelieu a rejoint l'armée sur le Mein. Le 31 juillet, la dauphine a appris la victoire de Hastenbeck. Des opérations militaires ont eu lieu au Canada, notamment une expédition contre le fort Georges. En février 1757, M. de Rigaud de Vaudreuil a mené une opération contre les forces ennemies, causant peu de pertes françaises. Plusieurs nations amérindiennes ont renouvelé leur alliance avec la France. Le comte de Gifors a rapporté une victoire française sur l'armée du duc de Cumberland. Le 28 juillet, la ville de Hamelen s'est rendue. Le 7 août, un deuil a été observé pour la reine douairière de Prusse, et le comte de Gifors a été nommé chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. À Hamelen, une capitulation a été signée entre le maréchal d'Estrées et le major général Brunck. Les pertes françaises lors de la bataille de Hastembecke étaient significatives, avec 17 officiers tués, 118 blessés, 1 038 soldats tués et 1 159 blessés. Après le retrait du duc de Cumberland, l'armée française a occupé Minden sous le commandement du maréchal duc de Richelieu. Un incendie à Saint-Dié a détruit plusieurs bâtiments, dont l'Hôtel de Ville. En mer, les corsaires français ont capturé de nombreux navires anglais, réalisant des prises importantes.
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8139
p. 220-221
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de S. Eloi-Fontaine, Ordre de S. Augustin, Diocèse de [...]
Mots clefs :
Abbayes, Ordres, Abbé, Diocèses, Aumônier
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a donné l'Abbaye de S. Eloi -Fontaine ,
Ordre de S. Auguftin , Diocefe de Noyon , à M.
P'Abbé Tudert , Confeiller de Grand'Chambre au
Parlement de Paris ; celle de Livry, même Ordre ,
Dioceſe de Paris , à M. l'Abbé de Malherbe ; celle
de S. Acheuil , même Ordre , Dioceſe d'Amiens ,
à M. l'Abbé Girard , premier Aumonier de Mar
SEPTEMBRE . 1757. 221
dame Infante , Ducheffe de Parme ; l'Abbaye Réguliere
de Beaumont , Ordre de S. Benoît , Diocefe
de Clermont , à la Dame d'Uffel , Religieufe
du même Ordre ; & le Prieuré de Lanville , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe d'Angoulême , à M.
l'Abbé de la Rochefoucauld- de Momont ; l'Abbaye
de Saint Vandrille , Ordre de Saint Benoît ,
Dioceft de Rouen , à M. l'Evêque de Digne .
A Majefté a donné l'Abbaye de S. Eloi -Fontaine ,
Ordre de S. Auguftin , Diocefe de Noyon , à M.
P'Abbé Tudert , Confeiller de Grand'Chambre au
Parlement de Paris ; celle de Livry, même Ordre ,
Dioceſe de Paris , à M. l'Abbé de Malherbe ; celle
de S. Acheuil , même Ordre , Dioceſe d'Amiens ,
à M. l'Abbé Girard , premier Aumonier de Mar
SEPTEMBRE . 1757. 221
dame Infante , Ducheffe de Parme ; l'Abbaye Réguliere
de Beaumont , Ordre de S. Benoît , Diocefe
de Clermont , à la Dame d'Uffel , Religieufe
du même Ordre ; & le Prieuré de Lanville , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe d'Angoulême , à M.
l'Abbé de la Rochefoucauld- de Momont ; l'Abbaye
de Saint Vandrille , Ordre de Saint Benoît ,
Dioceft de Rouen , à M. l'Evêque de Digne .
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En septembre 1757, plusieurs abbayes et prieurés ont été attribués à des dignitaires religieux. L'Abbaye de Saint-Éloi-Fontaine, du Diocèse de Noyon, a été donnée à M. l'Abbé Tudert. L'Abbaye de Livry, du Diocèse de Paris, a été attribuée à M. l'Abbé de Malherbe. L'Abbaye de Saint-Acheul, du Diocèse d'Amiens, a été confiée à M. l'Abbé Girard. L'Abbaye Régulière de Beaumont, du Diocèse de Clermont, a été donnée à la Dame d'Uffel. Le Prieuré de Lanville, du Diocèse d'Angoulême, a été attribué à M. l'Abbé de La Rochefoucauld-de Montmont. L'Abbaye de Saint-Vandrille, du Diocèse de Rouen, a été confiée à M. l'Évêque de Digne.
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8140
p. 221-225
MARIAGES ET MORTS.
Début :
François, Vicomte de Rochechouart-Pontville, épousa le 23 Juin Mademoiselle [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Vicomte, Maison de Rochechouart, Contrat, Comtes, Comtesses, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
FRANÇOIS , Vicomte de Rochechouart- Pontville,
épousa le 23 Juin Mademoiſelle Boucher. Le Roi
avoit figné le Contrat de leur mariage.
Le Vicomte de Rochechouart- Pontville , porte
le nom & les armes de Rochechouart , en qualité
de feul & unique héritier de Jean de Pontville ,
Vicomte de Breuilhé , Chambellan du Duc de
Guyenne , Sénéchal de Xaintonges , Gouverneur
de Saint-Jean d'Angely , lequel époufa l'an 1470 ,
par la volonté de Louis XI , & par les dons du Duc
de Guyenne , Anne de Rochechouart , fille unique
, & héritiere de Foucault , Vicomte de Roche
chouart , à condition d'en porter le nom & les
armes pleines , lui & fes defcendans , & ledit Foucault
, Vicomte de Rochechouart , a donné audit
de Pontville la terre & feigneurie de Tonnaycharante
, pour en difpofer à fon bon plaifir , &
en cas qu'il fût refufant d'exécuter les conditions
faites entr'eux , il rendroit ladite terre de Tonnaycharante
, & foco liv . de rente du fien .
Ce contrat fut paffé fous le fcel de Saint - Jean
d'Angely , le 20 Août 1470 , entre noble & puiffant
Seigneur Meffire Foucault , Vicomte de Ro-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
chechouart , Seigneur de Tonnay- charante & de
Mauzé , & noble & puiffant Seigneur Jean de
Pontville , Vicomte de Breuilhé , Confeiller &
Chambellan de Mgr le Duc de Guyenne d'autre
part , fur le mariage traité par plufieurs grands
Seigneurs entre ledit de Pontville & Demoifelle
Anne , fille de Meffire Foucault , Vicomte de Rochechouart
, fous les conventions ci - deſſus énoncées
.
De ce mariage celébré le 21 Août 1470 , naquirent
François de Pontville , dit de Rochechouart
, & Jeanne de Pontville , laquelle fut mariée
en 1494 avec Aimery- de Rochechouart , Scigneur
de Mortemart.
François de Pontville , dit de Rochechouart
époufa en premiere noce Renée d'Anjou , dont il
eut Bonaventure , Vicomte de Rochechouart , &.
Françoife , qui fut mariée à Airant - de la Touche ,
Seigneur de la Touche- Limofiniere.
Bonaventure mourut fans enfans , & fit donation
de fes biens à fon frere Claude , Vicomte
de Rochechouart , né du fecond mariage de
François de Pontville , dit de Rochechouart , avec
Jacquette de la Rochefoucault , fille de François
de la Rochefoucault.
Louiſe , foeur de Claude , époufa Guillaume de
Dinteville , Seigneur de Chenon .
Claude , Vicomte de Rochechouart , époufa
Blanche de Tournon , dont il eut Louis , Vicomte
de Rochechouart , Baron de Mauzé , & Jeanne ,
mariée à Aimery- de Rochechouart , Seigneur de
Mortemart , tiges des Rochechouart , Comtes de
Saint-Auvent & de Montmoreau.
Louis , Vicomte de Rochechouart , épouſa en
premiere noce Louiſe Clérambaut , dont il n'eut
point d'enfans , & en ſeconde noces Magdeleine
de Bouillé.
SEPTEMBRE. 1757. 223
1
F
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart ,
Baron du Bâtiment , lequel épousa Anne Tiercelin-
de la Chapelle - Ballon , & en eut Jean de Rochechouart
, Baron du Bâtiment , & Marie , morte
fans enfans.
Jean de Rochechouart , époufa Marie de Boulimbrocq.
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart
, mort fans enfans ; Louife de Rochechouart
, Religieufe ; Louis- Jofeph - Victor de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , Lieutenant
de la premiere Compagnie des Gardes - du- corps ,
Marie de Rochechouart , & Françoise de Rochechouare
, Religieufes.
Louis -Jofeph- Victor de Rochechouart , époufa
Marie d'Efcart ; il eut de ce mariage François de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , & Bertrand
Vicomte de Rochechouart.
€ François de Rochechouart époufa en premieres
noces Marie d'Epinay- de Saint- Luc , dont il n'eut
point d'enfans , & en fecondes noces Marie Sainte-
Geflin de Tremergat.
Il eut de ce mariage François- Louis - Marie-
Honorine , Vicomte de Rochechouart- Pontville
Baron du Bâtiment , feul héritier de la maiſon.
Bertrand , Vicomte de Rechechouart , épouſa
Julie-Sophie de Rochechouart- Jars .
Il n'y a aujourd'hui d'autres enfans de ce mariage
, que Louiſe . Alexandrine de Rochechouart,
mariée à Armand-Jacques Dupin- de Chenonceaux.
2
Le Vicomte de Rochechouart-Pontville , qui
vient d'épouſer Mademoiſelle Boucher , ne croit
pas manquer aux conditions faites par fes ayeux
en ajoutant au nom de Rochechouart , qu'il porte
le nom de Pontville , qui eft celui de ſa maiſon.
Le 21 Juin , Meffire Charles François , Vi-
Kiv
124 MERCURE DE FRANCE.
comte de Vienne , a épousé au château de la
Louptiere , en Champagne , Demoiſelle Anne-
Catherine de Relongue. Voyez pour la Maiſon de
Vienne le Dictionnaire de Moreri , & pour la
Maifon de Relongue l'Armorial de France.
La Comteffe de Befuchef, époufe du Comte
Michel- Petrowitz de Befuchef- Rumin , Chevalier
des Ordres de l'Impératrice de Ruffie , Grand
Maréchal de la Cour de cette Princeffe , un de fes
Confeillers d'Etat Intimes , & fon Ambaſſadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire auprès du Roi ,
mourut à Paris le 12 Juillet , âgée de trente - huit
ans. Elle fe nommoit Jeanne- Andriette-Louiſe ,
& elle étoit de la Maiſon de Carlovitz , Maifon
diftinguée en Saxe.
Le 16 du même mois eft morte à la terre de Maffveaux
, Haute-Alface , haute & puiffante Dame
Anne-Louife -Claire , Comteffe de Rottembourg ,
Dame de Remiremont , dans fa 69° année.
Elle étoit fille de Fréderic - Nicolas , Comte de
Rottembourg , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & de Dame Anne-Jeanne de Rozen ,
fille du feu Maréchal Comte de Rofen , Chevalier
des Ordres du Roi , & foeur du feu Comte de
Rottembourg , Chevalier des Ordres du Roi 2
fon Ambaffadeur en Espagne.
fille de Gabrielle-Sophie de Rohan- Chabot
Louis - Marie Bretagne Dominique de Roban-
Chabot , Duc de Rohan , Pair de France , & de
feue Charlotte-Rofalie de Châtillon , mourut à
Paris le 24 du même mois , dans la quinzieme
année de fon âge.
1
Dame Catherine Pinet , veuve de Meffire Claude
de Ceberet , Intendant Général de la Marine ,
eft morte le 4 Août en l'Abbaye de Port - Royal ,
dans la cent deuxieme année de ſon âge.
SEPTEMBRE. 1757. 225
Dame Catherine Shelden , veuve de Meffire
Arthur Dillon , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & Colonel du Régiment Irlandois de
fon nom , mourut à Paris les de ce mois , âgée
de foixante-dix-sept ans.
FRANÇOIS , Vicomte de Rochechouart- Pontville,
épousa le 23 Juin Mademoiſelle Boucher. Le Roi
avoit figné le Contrat de leur mariage.
Le Vicomte de Rochechouart- Pontville , porte
le nom & les armes de Rochechouart , en qualité
de feul & unique héritier de Jean de Pontville ,
Vicomte de Breuilhé , Chambellan du Duc de
Guyenne , Sénéchal de Xaintonges , Gouverneur
de Saint-Jean d'Angely , lequel époufa l'an 1470 ,
par la volonté de Louis XI , & par les dons du Duc
de Guyenne , Anne de Rochechouart , fille unique
, & héritiere de Foucault , Vicomte de Roche
chouart , à condition d'en porter le nom & les
armes pleines , lui & fes defcendans , & ledit Foucault
, Vicomte de Rochechouart , a donné audit
de Pontville la terre & feigneurie de Tonnaycharante
, pour en difpofer à fon bon plaifir , &
en cas qu'il fût refufant d'exécuter les conditions
faites entr'eux , il rendroit ladite terre de Tonnaycharante
, & foco liv . de rente du fien .
Ce contrat fut paffé fous le fcel de Saint - Jean
d'Angely , le 20 Août 1470 , entre noble & puiffant
Seigneur Meffire Foucault , Vicomte de Ro-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
chechouart , Seigneur de Tonnay- charante & de
Mauzé , & noble & puiffant Seigneur Jean de
Pontville , Vicomte de Breuilhé , Confeiller &
Chambellan de Mgr le Duc de Guyenne d'autre
part , fur le mariage traité par plufieurs grands
Seigneurs entre ledit de Pontville & Demoifelle
Anne , fille de Meffire Foucault , Vicomte de Rochechouart
, fous les conventions ci - deſſus énoncées
.
De ce mariage celébré le 21 Août 1470 , naquirent
François de Pontville , dit de Rochechouart
, & Jeanne de Pontville , laquelle fut mariée
en 1494 avec Aimery- de Rochechouart , Scigneur
de Mortemart.
François de Pontville , dit de Rochechouart
époufa en premiere noce Renée d'Anjou , dont il
eut Bonaventure , Vicomte de Rochechouart , &.
Françoife , qui fut mariée à Airant - de la Touche ,
Seigneur de la Touche- Limofiniere.
Bonaventure mourut fans enfans , & fit donation
de fes biens à fon frere Claude , Vicomte
de Rochechouart , né du fecond mariage de
François de Pontville , dit de Rochechouart , avec
Jacquette de la Rochefoucault , fille de François
de la Rochefoucault.
Louiſe , foeur de Claude , époufa Guillaume de
Dinteville , Seigneur de Chenon .
Claude , Vicomte de Rochechouart , époufa
Blanche de Tournon , dont il eut Louis , Vicomte
de Rochechouart , Baron de Mauzé , & Jeanne ,
mariée à Aimery- de Rochechouart , Seigneur de
Mortemart , tiges des Rochechouart , Comtes de
Saint-Auvent & de Montmoreau.
Louis , Vicomte de Rochechouart , épouſa en
premiere noce Louiſe Clérambaut , dont il n'eut
point d'enfans , & en ſeconde noces Magdeleine
de Bouillé.
SEPTEMBRE. 1757. 223
1
F
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart ,
Baron du Bâtiment , lequel épousa Anne Tiercelin-
de la Chapelle - Ballon , & en eut Jean de Rochechouart
, Baron du Bâtiment , & Marie , morte
fans enfans.
Jean de Rochechouart , époufa Marie de Boulimbrocq.
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart
, mort fans enfans ; Louife de Rochechouart
, Religieufe ; Louis- Jofeph - Victor de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , Lieutenant
de la premiere Compagnie des Gardes - du- corps ,
Marie de Rochechouart , & Françoise de Rochechouare
, Religieufes.
Louis -Jofeph- Victor de Rochechouart , époufa
Marie d'Efcart ; il eut de ce mariage François de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , & Bertrand
Vicomte de Rochechouart.
€ François de Rochechouart époufa en premieres
noces Marie d'Epinay- de Saint- Luc , dont il n'eut
point d'enfans , & en fecondes noces Marie Sainte-
Geflin de Tremergat.
Il eut de ce mariage François- Louis - Marie-
Honorine , Vicomte de Rochechouart- Pontville
Baron du Bâtiment , feul héritier de la maiſon.
Bertrand , Vicomte de Rechechouart , épouſa
Julie-Sophie de Rochechouart- Jars .
Il n'y a aujourd'hui d'autres enfans de ce mariage
, que Louiſe . Alexandrine de Rochechouart,
mariée à Armand-Jacques Dupin- de Chenonceaux.
2
Le Vicomte de Rochechouart-Pontville , qui
vient d'épouſer Mademoiſelle Boucher , ne croit
pas manquer aux conditions faites par fes ayeux
en ajoutant au nom de Rochechouart , qu'il porte
le nom de Pontville , qui eft celui de ſa maiſon.
Le 21 Juin , Meffire Charles François , Vi-
Kiv
124 MERCURE DE FRANCE.
comte de Vienne , a épousé au château de la
Louptiere , en Champagne , Demoiſelle Anne-
Catherine de Relongue. Voyez pour la Maiſon de
Vienne le Dictionnaire de Moreri , & pour la
Maifon de Relongue l'Armorial de France.
La Comteffe de Befuchef, époufe du Comte
Michel- Petrowitz de Befuchef- Rumin , Chevalier
des Ordres de l'Impératrice de Ruffie , Grand
Maréchal de la Cour de cette Princeffe , un de fes
Confeillers d'Etat Intimes , & fon Ambaſſadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire auprès du Roi ,
mourut à Paris le 12 Juillet , âgée de trente - huit
ans. Elle fe nommoit Jeanne- Andriette-Louiſe ,
& elle étoit de la Maiſon de Carlovitz , Maifon
diftinguée en Saxe.
Le 16 du même mois eft morte à la terre de Maffveaux
, Haute-Alface , haute & puiffante Dame
Anne-Louife -Claire , Comteffe de Rottembourg ,
Dame de Remiremont , dans fa 69° année.
Elle étoit fille de Fréderic - Nicolas , Comte de
Rottembourg , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & de Dame Anne-Jeanne de Rozen ,
fille du feu Maréchal Comte de Rofen , Chevalier
des Ordres du Roi , & foeur du feu Comte de
Rottembourg , Chevalier des Ordres du Roi 2
fon Ambaffadeur en Espagne.
fille de Gabrielle-Sophie de Rohan- Chabot
Louis - Marie Bretagne Dominique de Roban-
Chabot , Duc de Rohan , Pair de France , & de
feue Charlotte-Rofalie de Châtillon , mourut à
Paris le 24 du même mois , dans la quinzieme
année de fon âge.
1
Dame Catherine Pinet , veuve de Meffire Claude
de Ceberet , Intendant Général de la Marine ,
eft morte le 4 Août en l'Abbaye de Port - Royal ,
dans la cent deuxieme année de ſon âge.
SEPTEMBRE. 1757. 225
Dame Catherine Shelden , veuve de Meffire
Arthur Dillon , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & Colonel du Régiment Irlandois de
fon nom , mourut à Paris les de ce mois , âgée
de foixante-dix-sept ans.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En juin 1757, François, Vicomte de Rochechouart-Pontville, a épousé Mademoiselle Boucher avec l'approbation du Roi. La lignée des Rochechouart remonte à Jean de Pontville, qui épousa Anne de Rochechouart en 1470 sous le règne de Louis XI. Leur fils, François de Pontville, dit de Rochechouart, eut plusieurs enfants, dont Bonaventure et Claude. Claude, Vicomte de Rochechouart, épousa Blanche de Tournon et eut Louis, Vicomte de Rochechouart. Louis épousa Magdeleine de Bouillé, et ils eurent Jean de Rochechouart, Baron du Bâtiment. La descendance continue avec François de Rochechouart, qui épousa Marie Sainte-Geflin de Tremergat, et eut François-Louis-Marie-Honorine, Vicomte de Rochechouart-Pontville, et Bertrand, Vicomte de Rochechouart. Bertrand épousa Julie-Sophie de Rochechouart-Jars, et ils eurent une fille, Louise Alexandrine de Rochechouart, mariée à Armand-Jacques Dupin de Chenonceaux. Le texte mentionne également d'autres événements familiaux notables : Charles François, Vicomte de Vienne, a épousé Demoiselle Anne-Catherine de Relongue en juin 1757. La Comtesse de Besuchet, épouse de Michel-Petrowitz de Besuchet-Rumin, est décédée à Paris en juillet 1757 à l'âge de trente-huit ans. La Comtesse de Rottembourg, Anne-Louise-Claire, est décédée en juillet 1757 à l'âge de soixante-neuf ans. Le 4 août, une personne est décédée à l'abbaye de Port-Royal à l'âge de 102 ans. En septembre 1757, Dame Catherine Shelden, veuve de Monsieur Arthur Dillon, Lieutenant Général des Armées du Roi et Colonel du Régiment Irlandois, est morte à Paris à l'âge de 77 ans.
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8141
p. 225-229
LES PROCÉDÉS CONTRE LES USAGES, Ou Réponse à la Lettre de la Dame de l'Orient.
Début :
Vous avez bien raison, Monsieur, de trouver le procédé d'Ulalie contre [...]
Mots clefs :
Ulalie, Usages, Époux, Honneur, Raison, Bonheur, Procédés
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texteReconnaissance textuelle : LES PROCÉDÉS CONTRE LES USAGES, Ou Réponse à la Lettre de la Dame de l'Orient.
LES PROCÉDÉS
CONTRE LES USAGES ,
Ou Réponse à la Lettre de la Dame de
l'Orient.
Vous avez bien raifon , Monfieur , de ,
trouver le procédé d'Ulalie contre les ufages.
Il eft unique ; mais il étonne , & il
mérite les plus grands éloges. Puifqu'elle
vous a fait le confident de cette aventure ,
vous devez , Monfieur , raffurer fa délicateffe
, en rendant ma Lettre publique.
Il est vrai que je lui ai envoyé à l'Orient
la caffette dont elle fe plaint . Il l'eft encore
que les bijoux en valent plus de 30000 liv.
Le fieur Pierre les a fournis , on peut le
lui demander. Il n'eft pas moins vrai que
j'y ai joint une bourfe de 750 louis , &
KY
216 MERCURE DE FRANCE.
mon portrait mais il ne l'eft pas que j'aie
eu des vues qui puiffent l'offenfer. Expliquons
ce myftere.
Il y a bien des années que je fuis l'ami
'de fon mari. Il vint à Paris , il y a peu de
mois ; je l'y vis tous les jours , & tous les
jours il me parloit de la divine Ulalie. Il
en eft l'époux , il en eft l'amant ; il le dit ,
il le penfe. Il fçait qu'elle eft la plus belle
des femmes , & il la croit la plus tendre &
la plus vertueufe des époufes. Je dis , il la
croit , puifqu'en en effet il eft occupé de
ce fentiment jufqu'au foupçon , & ce foupçon
eft l'unique peine qui traverſe fon
bonheur. Je l'ai voulu détruire , & je n'ai
pu y réuffir. C'étoit , me difoit- il , une
fantaisie de Marin , qu'il vouloit diffiper
en l'approfondiffant. Pour cet effet , il
imagina de lui donner des bijoux , de l'or
& mon portrait , à qui il fit l'honneur de
donner la préférence. L'idée d'un envoi
mystérieux lui parut brillante ; elle ne
pouvoit annoncer qu'un Amant magnifique
, difcret & délicat. Il penfa bien qu'elle
ne le foupçonneroit pas d'être l'auteur
d'une pareille galanterie ; elle est trop
contre les procédés ordinaires aux maris.
Il fit dépendre fon bonheur de la réception
qu'elle feroit à ce préfent , & enfin il
exigea de mon amitié que je n'en ferois
SEPTEMBRE . 1757. 227
l'envoi que lorsqu'il feroit fur mer ; car
il voulut encore favorifer la féduction
par fon éloignement. Voilà l'origine de
cette caffette. Je l'ai envoyée avec les précautions
qu'il m'avoit fuggérées. Ulalie l'a
reçue. Mais quel dénouement ! que ne
puis-je le faire fçavoir à mon ami ! Il reviendra
peut- être bientôt. Je lui laifferois
bien le plaifir de faire connoître au tendre
objet de fon amour , qu'il eft l'auteur du
préfent : mais elle menace de vous le confier
, Monfieur , & j'ai cru devoir lui donner
un éclairciffement qui la raffurera , La
caffette lui appartient : elle doit la garder ,
& elle le fera avec plaifir.
Il me reste un embarras dont j'aurai peine
à me tirer. Sans avoir l'honneur de connoître
la charmante Ulalie , je prévois
qu'elle trouvera cet envoi un outrage. Un
foupçon en eft le motif, un foupçon eft un
crime : el le voudra s'en venger ; & fur qui ?
Voilà mon embarras : avec toute autre , il
n'y en auroit aucun . On fe venge fur un
mari : voilà l'ufage. Mais avec elle , on ne
peut compter fur les ufages les plus anciens.
& les plus fuivis. Elle pardonnera à l'époux,
& fa colere tombera fur moi . Si elle me
fait cette injuftice , mon ami m'en fera
raifon ou il me procurera les occafions de
lui faire ma cour , ou je romps avec lui ;
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
c'eſt le feul moyen que je veux employer
pour prévenir une haine injufte. Que la
belle Ulalie foit de bonne foi. Si j'avois.
réuffi à détruire les foupçons du Marin ,
la caffette & les bijoux feroient encore
chez le fieur Pierre. Me le pardonneroitelle
? Non fans doute , & elle auroit raifon.
On ne s'eft jamais avifé d'empêcher
un mari de donner 50000 liv . à fa femme.
Quel que foit le but d'un pareil don , il
flatte toujours , & elle paroît trop dévouée
aux procédés contre les ufages pour n'être
pas enchantée de celui-ci.
:
Je l'avertis encore qu'elle doit garder
mon portrait jufqu'au retour de fon mari.
Il eft intéreffant qu'il le voie il croiroit
peut -être que j'en aurois fubftitué quelqu'autre.
Il avoit décidé pour le mien :
enfin c'étoit un article de fa fantaifie . Mais.
qu'elle ne s'en allarme pas ; je lui promets:
de ne pas croire cette démarche une faveur .
J'ai le fien ; je le vois tous les jours , fans
qu'elle ait fujet de s'en fcandalifer . Je ne
me fuis pas encore mis dans l'efprit que ce
pouvoit être une faveur. Son mari me l'a
donné pour me prouver l'étendue de fon
bonheur. Mais pour prévenir toutes difcuffions
fur ces portraits , j'aurai l'honneur
de lui dire que je dois aller à l'Orient dès
que mon ami fera de retour , & il décidera
SEPTEMBRE. 1757. 229
de leur fort . Je fçais qu'il ne doit appartenir
qu'à elle d'en décider : mais ferat'elle
la feule à laquelle il foit permis d'avoir
des procédés finguliers ? Je veux tenir
de fon mari le bonheur de la voir , de la
connoître & de l'aimer. Je ne veux pas en
attendre celui de lui plaire , à moins qu'elle
ne l'exige . Je me promets bien de lui obéir
avec une attention fcrupuleufe ; & fi elle
aime les procédés contre les ufages , j'ent
aurai toujours autant qu'elle le defirera .
J'ai l'honneur d'être , & c.
Paris , le Août 1757.
ALZIDOR.
Ulalie me permettra de lui cacher mon
nom , jufqu'à ce que je fois raffuré contre
fa haine. Qu'elle me laiffe entrevoir mon
pardon , je vole à l'Orient : je lui livre le
coupable avant le retour de fon mari , &
j'ofe l'affurer qu'il me verra chez lui avec
un plaifir extrême . Il eft d'ufage d'être le
complaifant de l'époux d'une femme dont
on veut mériter les bontés.Ce fera encore un
procédé qu'elle n'aura pas à me reprocher.
CONTRE LES USAGES ,
Ou Réponse à la Lettre de la Dame de
l'Orient.
Vous avez bien raifon , Monfieur , de ,
trouver le procédé d'Ulalie contre les ufages.
Il eft unique ; mais il étonne , & il
mérite les plus grands éloges. Puifqu'elle
vous a fait le confident de cette aventure ,
vous devez , Monfieur , raffurer fa délicateffe
, en rendant ma Lettre publique.
Il est vrai que je lui ai envoyé à l'Orient
la caffette dont elle fe plaint . Il l'eft encore
que les bijoux en valent plus de 30000 liv.
Le fieur Pierre les a fournis , on peut le
lui demander. Il n'eft pas moins vrai que
j'y ai joint une bourfe de 750 louis , &
KY
216 MERCURE DE FRANCE.
mon portrait mais il ne l'eft pas que j'aie
eu des vues qui puiffent l'offenfer. Expliquons
ce myftere.
Il y a bien des années que je fuis l'ami
'de fon mari. Il vint à Paris , il y a peu de
mois ; je l'y vis tous les jours , & tous les
jours il me parloit de la divine Ulalie. Il
en eft l'époux , il en eft l'amant ; il le dit ,
il le penfe. Il fçait qu'elle eft la plus belle
des femmes , & il la croit la plus tendre &
la plus vertueufe des époufes. Je dis , il la
croit , puifqu'en en effet il eft occupé de
ce fentiment jufqu'au foupçon , & ce foupçon
eft l'unique peine qui traverſe fon
bonheur. Je l'ai voulu détruire , & je n'ai
pu y réuffir. C'étoit , me difoit- il , une
fantaisie de Marin , qu'il vouloit diffiper
en l'approfondiffant. Pour cet effet , il
imagina de lui donner des bijoux , de l'or
& mon portrait , à qui il fit l'honneur de
donner la préférence. L'idée d'un envoi
mystérieux lui parut brillante ; elle ne
pouvoit annoncer qu'un Amant magnifique
, difcret & délicat. Il penfa bien qu'elle
ne le foupçonneroit pas d'être l'auteur
d'une pareille galanterie ; elle est trop
contre les procédés ordinaires aux maris.
Il fit dépendre fon bonheur de la réception
qu'elle feroit à ce préfent , & enfin il
exigea de mon amitié que je n'en ferois
SEPTEMBRE . 1757. 227
l'envoi que lorsqu'il feroit fur mer ; car
il voulut encore favorifer la féduction
par fon éloignement. Voilà l'origine de
cette caffette. Je l'ai envoyée avec les précautions
qu'il m'avoit fuggérées. Ulalie l'a
reçue. Mais quel dénouement ! que ne
puis-je le faire fçavoir à mon ami ! Il reviendra
peut- être bientôt. Je lui laifferois
bien le plaifir de faire connoître au tendre
objet de fon amour , qu'il eft l'auteur du
préfent : mais elle menace de vous le confier
, Monfieur , & j'ai cru devoir lui donner
un éclairciffement qui la raffurera , La
caffette lui appartient : elle doit la garder ,
& elle le fera avec plaifir.
Il me reste un embarras dont j'aurai peine
à me tirer. Sans avoir l'honneur de connoître
la charmante Ulalie , je prévois
qu'elle trouvera cet envoi un outrage. Un
foupçon en eft le motif, un foupçon eft un
crime : el le voudra s'en venger ; & fur qui ?
Voilà mon embarras : avec toute autre , il
n'y en auroit aucun . On fe venge fur un
mari : voilà l'ufage. Mais avec elle , on ne
peut compter fur les ufages les plus anciens.
& les plus fuivis. Elle pardonnera à l'époux,
& fa colere tombera fur moi . Si elle me
fait cette injuftice , mon ami m'en fera
raifon ou il me procurera les occafions de
lui faire ma cour , ou je romps avec lui ;
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
c'eſt le feul moyen que je veux employer
pour prévenir une haine injufte. Que la
belle Ulalie foit de bonne foi. Si j'avois.
réuffi à détruire les foupçons du Marin ,
la caffette & les bijoux feroient encore
chez le fieur Pierre. Me le pardonneroitelle
? Non fans doute , & elle auroit raifon.
On ne s'eft jamais avifé d'empêcher
un mari de donner 50000 liv . à fa femme.
Quel que foit le but d'un pareil don , il
flatte toujours , & elle paroît trop dévouée
aux procédés contre les ufages pour n'être
pas enchantée de celui-ci.
:
Je l'avertis encore qu'elle doit garder
mon portrait jufqu'au retour de fon mari.
Il eft intéreffant qu'il le voie il croiroit
peut -être que j'en aurois fubftitué quelqu'autre.
Il avoit décidé pour le mien :
enfin c'étoit un article de fa fantaifie . Mais.
qu'elle ne s'en allarme pas ; je lui promets:
de ne pas croire cette démarche une faveur .
J'ai le fien ; je le vois tous les jours , fans
qu'elle ait fujet de s'en fcandalifer . Je ne
me fuis pas encore mis dans l'efprit que ce
pouvoit être une faveur. Son mari me l'a
donné pour me prouver l'étendue de fon
bonheur. Mais pour prévenir toutes difcuffions
fur ces portraits , j'aurai l'honneur
de lui dire que je dois aller à l'Orient dès
que mon ami fera de retour , & il décidera
SEPTEMBRE. 1757. 229
de leur fort . Je fçais qu'il ne doit appartenir
qu'à elle d'en décider : mais ferat'elle
la feule à laquelle il foit permis d'avoir
des procédés finguliers ? Je veux tenir
de fon mari le bonheur de la voir , de la
connoître & de l'aimer. Je ne veux pas en
attendre celui de lui plaire , à moins qu'elle
ne l'exige . Je me promets bien de lui obéir
avec une attention fcrupuleufe ; & fi elle
aime les procédés contre les ufages , j'ent
aurai toujours autant qu'elle le defirera .
J'ai l'honneur d'être , & c.
Paris , le Août 1757.
ALZIDOR.
Ulalie me permettra de lui cacher mon
nom , jufqu'à ce que je fois raffuré contre
fa haine. Qu'elle me laiffe entrevoir mon
pardon , je vole à l'Orient : je lui livre le
coupable avant le retour de fon mari , &
j'ofe l'affurer qu'il me verra chez lui avec
un plaifir extrême . Il eft d'ufage d'être le
complaifant de l'époux d'une femme dont
on veut mériter les bontés.Ce fera encore un
procédé qu'elle n'aura pas à me reprocher.
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Résumé : LES PROCÉDÉS CONTRE LES USAGES, Ou Réponse à la Lettre de la Dame de l'Orient.
Dans la lettre intitulée 'LES PROCÉDÉS CONTRE LES USAGES, Ou Réponse à la Lettre de la Dame de l'Orient', l'auteur Alzidor répond à une accusation de la dame Ulalie concernant un cadeau qu'elle a reçu. Alzidor explique qu'il a envoyé à Ulalie une cassette contenant des bijoux d'une valeur de plus de 30 000 livres et une bourse de 750 louis, ainsi que son portrait. Ces présents ont été envoyés à la demande du mari d'Ulalie, qui souhaitait dissiper ses soupçons sur la fidélité de sa femme. Le mari, ami d'Alzidor, a imaginé ce geste pour prouver son amour et sa confiance en Ulalie. Alzidor assure qu'il n'avait aucune intention malveillante et qu'il a agi par amitié pour le mari. Il exprime son embarras face à la possible réaction d'Ulalie, qui pourrait voir cet envoi comme un outrage. Alzidor prévoit de se rendre à l'Orient pour clarifier la situation et éviter toute haine injustifiée. Il promet de respecter les décisions d'Ulalie concernant les portraits et de se comporter en complaisant du mari, conformément aux usages.
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8142
p. 230-231
VERS à Madame Vien, sur sa réception à l'Académie royale de Peinture & de Sculpture.
Début :
O d'un illustre époux, compagne illustre & sage, [...]
Mots clefs :
Illustre, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS à Madame Vien, sur sa réception à l'Académie royale de Peinture & de Sculpture.
VERS à Madame Vien , fur fa réception
à l'Académie royale de Peinture & de
Sculpture .
Od'un illuftre époux , compagne illuftre & fage,
Souffrez qu'au vrai mérite offrant un pur hommage
,
J'apprenne à l'univers que vos fenfibles coeurs
Sont unis par l'amour , les talens & les moeurs.
Le flambeau de l'Hymen éclaire de ſes flammes
Les noeuds dont les vertus ont enchaîné vos ames ;
Et pour les refferrer & les rendre éternels ,
Apollon vous a ceints de lauriers immortels.
Les équitables Dieux vous devoient l'un à l'autre.
Vous méritez fon coeur , il mérite le vôtre :
Au milieu des fuccès , fon air modefte & doux
Défarme de fon art tant de rivaux jaloux :
Votre ton enchanteur eft la tendre harmonie ,
Dont vous calmez la haine & confolez l'envie ;
Et votre fexe enfin de fon fexe ennemi ,
S'émeut à votre aſpect & devient votre ami .
Tandis que fon pinceau conduit par la nature ,
Séduit nos yeux furpris d'une douce impofture ,
Autour des papillons que peint fur le vélin
Des plus riches couleurs votre légere main ,
De mille papillons l'effain court & voltige ,.
Va , revient & retourne , & s'empreffe , & s'afflige
SEPTEMBRE . 1757. 231
Du deftin qui retient tous ces infortunés ,
Libres enfans de l'air , fous la glace enchaînés .
Mais que fert après tout que ma Mufe animée
Chante vos tendres feux ; déja la Renommée
Dans fon Temple a placé , ſous le même palmier,
Vos noms entrelaffés de myrthe & de laurier .
à l'Académie royale de Peinture & de
Sculpture .
Od'un illuftre époux , compagne illuftre & fage,
Souffrez qu'au vrai mérite offrant un pur hommage
,
J'apprenne à l'univers que vos fenfibles coeurs
Sont unis par l'amour , les talens & les moeurs.
Le flambeau de l'Hymen éclaire de ſes flammes
Les noeuds dont les vertus ont enchaîné vos ames ;
Et pour les refferrer & les rendre éternels ,
Apollon vous a ceints de lauriers immortels.
Les équitables Dieux vous devoient l'un à l'autre.
Vous méritez fon coeur , il mérite le vôtre :
Au milieu des fuccès , fon air modefte & doux
Défarme de fon art tant de rivaux jaloux :
Votre ton enchanteur eft la tendre harmonie ,
Dont vous calmez la haine & confolez l'envie ;
Et votre fexe enfin de fon fexe ennemi ,
S'émeut à votre aſpect & devient votre ami .
Tandis que fon pinceau conduit par la nature ,
Séduit nos yeux furpris d'une douce impofture ,
Autour des papillons que peint fur le vélin
Des plus riches couleurs votre légere main ,
De mille papillons l'effain court & voltige ,.
Va , revient & retourne , & s'empreffe , & s'afflige
SEPTEMBRE . 1757. 231
Du deftin qui retient tous ces infortunés ,
Libres enfans de l'air , fous la glace enchaînés .
Mais que fert après tout que ma Mufe animée
Chante vos tendres feux ; déja la Renommée
Dans fon Temple a placé , ſous le même palmier,
Vos noms entrelaffés de myrthe & de laurier .
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Résumé : VERS à Madame Vien, sur sa réception à l'Académie royale de Peinture & de Sculpture.
Le poème célèbre l'union de Madame Vien et de son époux lors de sa réception à l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Leur amour est renforcé par leurs talents et leurs vertus, comparé à un lien sacré béni par Apollon et couronné de lauriers immortels. L'époux est loué pour sa modestie et sa douceur, tandis que Madame Vien est admirée pour son charme vocal apaisant la haine et consolant l'envie. Le poème souligne également son talent artistique, notamment sa capacité à peindre des papillons avec délicatesse. Leur renommée commune est déjà inscrite dans le temple de la Renommée, sous un même palmier, symbolisant leur gloire partagée.
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8143
p. *231-231
SUPPLÉMENT AUX NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Début :
Jean-Thomas Hérissant, Libraire, rue S. Jacques, à Saint Paul & [...]
Mots clefs :
Nouvelle parution, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT AUX NOUVELLES LITTÉRAIRES.
SUPPLEMENT
AUX NOUVELLES LITTÉRAIres .
EAN - THOMAS Hériſſant , Libraire , rue
S. Jacques , à Saint Paul & à Saint Hilaire,
vient de mettre fous- preffe l'Abrégé chronologique
de l'Hiftoire d'Espagne & de Portugal
, ouvrage fort avancé par M. le Préfident
Hénault , & continué par M. Macquer
, à qui M. le Préfident Hénault a
remis fon manufcrit.
AUX NOUVELLES LITTÉRAIres .
EAN - THOMAS Hériſſant , Libraire , rue
S. Jacques , à Saint Paul & à Saint Hilaire,
vient de mettre fous- preffe l'Abrégé chronologique
de l'Hiftoire d'Espagne & de Portugal
, ouvrage fort avancé par M. le Préfident
Hénault , & continué par M. Macquer
, à qui M. le Préfident Hénault a
remis fon manufcrit.
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8144
p. 231-234
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Cinquieme traitement depuis son établissement.
Début :
I. Le nommé Coupet, de la Compagnie de Champignelles, avoit entr'autres symptômes [...]
Mots clefs :
Symptômes, Douleurs, Maux, Guérison, Santé, Malades, Remèdes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Cinquieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Cinquieme traitement depuisfon établiſſement,
E 1. II nommé Coupet , de la Compagnie de
Champignelles , avoit entr'autres fymptômes biex
232 MERCURE DE FRANCE:
caracterifés , des douleurs aigues dans les extrê
mités il ne pouvoit dormir depuis fort longtemps.
Il eft entré les de Mai , & eft forti le 14
Juin parfaitement guéri .
2. Le nommé Brunet , Compagnie de la Tour ,
étoit dans un état fâcheux . Il avoit depuis quatre
mois un exoſtoſe & un hypéroſtoſe au ſternum . If
eft entré les Mai , & eft forti le 14 Juin parfaitement
guéri.
3. Le nommé Cleret , de la Compagnie de
Vizé , avoit une maladie des plus graves ; fes
douleurs étoient univerfelles , il n'avoit pu prendre
aucun repes depuis cinq femaines . Il est entré
le 12 de Mai , & à peine fut-il à l'Hôpital , que
le fcorbut fe déclara fi confidérablement , qu'il
fallut ceffer le traitement pour commencer à détruire
le vice fcorbutique , au moyen de quoi ce
malade eft encore à l'Hôpital , mais fur la fin de
fon traitement, & dans la meilleure fanté du monde.
L'on annoncera fa fortie dans le compte fubféquent.
4. Le nommé Charly , Compagnie de Vizé ,
eft entré le 12 Mai , & eft forti le 12 Juin parfaitement
guéri.
5. Le nommé Giroudin , de la Compagnie de
Broc , entr'autres fymptômes , avoit des douleurs
de tête inexprimables , & d'autres très- confidérables
à toutes les extrêmités , des pefanteurs
& un anéantiffement périodique dans tous les
changemens de temps . Il eft entré le 12 Mai , &
eft forti le 14 Juin parfaitement guéri .
6. Le nommé Saint - Louis , de la Compagnie
d'Hallot , avoit également des douleurs de tête fi
vives & fi aigues , qu'il n'avoit pas fermé l'oeil
depuis 3 femaines , quand il eft entré dans l'Hô
pital : il y eft venu le 12 Mai , & eft forti le 21
Juin parfaitement gueri
&
SEPTEMBRE . 1757. 233
7 Le nommé Chevalier , de la Compagnie de
Champignelles , avoit à la gorge un ulcere fi confidérable
& fi profond , qu'il lui empêchoit la
déglutition , & de prendre des nourritures folides.
Il est entré le 12 Mai , & eft forti le 28
Juin parfaitement guéri .
S. Le nommé Francler , de la Compagnie de
Champignelles , outre les fymptômes que l'on ne
nomme plus , avoit également des douleurs aigues
, une infomnie continuelle & des pefanteurs.
Il eft entré le 12 Mai , & eft forti le 14 Juin parfaitement
guéri.
9. Le nommé Lifle , de la Compagnie de Ra
fitti , outre les fymptômes ordinaires , avoit un
ulcere au voile du palais , & un à l'oefophage. Il eſt
entré le 16 Mai , & eft forti le 21 Juin parfaitement
guéri .
10. Le nommé Baudot , de la Compagnie
Deaubonne , maladie ordinaire , eft entré le 16
Mai , & eft forti le 21 Juin parfaitement guéri.
11. Le nommé Saint-Martin , de la Compagnie
Deaubonne , ' eft entré le 19 Mai , & eft forti le
28 Juin , ne voulant pas continuer le remede dont
il avoit encore befoin. C'eſt pourquoi on ne le
compte pas guéri , & on le reprendra dans le premier
traitement.
12. Le nommé Coeur de Roi , de la Compagnie
de Chevalier , avoit outre les fymptômes
ordinaires , des douleurs univerfelles , & des
étourdiffemens fi fréquens , qu'il ne pouvoit ni
dormir , ni travailler. Il eſt entré le 19 Mai , & eft
forti parfaitement gueri.
Il vient d'entrer douze autres malades , dont on
rendra compte l'ordinaire prochain .
M. Keyfer croit devoir répéter, que , quoiqu'il ne
mette plus au bas de ces traitemens les certificats
234 MERCURE DE FRANCE .
de MM. Guerin , Faget & du Fouard , Inspecteurs
de l'Hôpital , ces Meffieurs fuivent néanmoins
toujours tous les traitemens qui s'y font , ainfi
qu'une trentaine d'autres perfonnes de l'art que
la curiofité y attire , & auxquelles les portes font
tous les jours ouvertes .
Il vient de donner l'adminiftration de fon re- .
mede à M. Ray , Maître en Chirurgie à Lyon ,
qui vient de faire déja plufieurs cures confidérables .
A M. Naudinat , à Marseille , auquel MM. les
Echevins & Directeurs de l'Hôpital ont donné
quatre hommes & quatre filles à traiter pour faire
fes preuves , & defquelles il fera rendu compte.
A M.de la Plaine , ancien Chirurgien de Mgr le
Maréchal de Biron.
Il fe fera un vrai plaifir , ainfi qu'il l'a promis
, de recevoir & de montrer la méthode à
tout les gens de l'art , qui voudront en prendre
connoiffance , & leur confiera fon remède dès
qu'ils feront en état de l'adminiftrer. Il n'en donnera
cependant pas à plufieurs perfonnes dans la
même Ville. Sa demeure eft toujours rue & IAE
Saint Louis , près du Pont -Rouge. Il fupplie
qu'on ait la bonté d'affranchir les Lettres qu'on
lui écrit journellement , foit pour le confulter
foit pour lui demander inutilement fon remede
faute de quoi lesdites lettres refteront au rebut .
Cinquieme traitement depuisfon établiſſement,
E 1. II nommé Coupet , de la Compagnie de
Champignelles , avoit entr'autres fymptômes biex
232 MERCURE DE FRANCE:
caracterifés , des douleurs aigues dans les extrê
mités il ne pouvoit dormir depuis fort longtemps.
Il eft entré les de Mai , & eft forti le 14
Juin parfaitement guéri .
2. Le nommé Brunet , Compagnie de la Tour ,
étoit dans un état fâcheux . Il avoit depuis quatre
mois un exoſtoſe & un hypéroſtoſe au ſternum . If
eft entré les Mai , & eft forti le 14 Juin parfaitement
guéri.
3. Le nommé Cleret , de la Compagnie de
Vizé , avoit une maladie des plus graves ; fes
douleurs étoient univerfelles , il n'avoit pu prendre
aucun repes depuis cinq femaines . Il est entré
le 12 de Mai , & à peine fut-il à l'Hôpital , que
le fcorbut fe déclara fi confidérablement , qu'il
fallut ceffer le traitement pour commencer à détruire
le vice fcorbutique , au moyen de quoi ce
malade eft encore à l'Hôpital , mais fur la fin de
fon traitement, & dans la meilleure fanté du monde.
L'on annoncera fa fortie dans le compte fubféquent.
4. Le nommé Charly , Compagnie de Vizé ,
eft entré le 12 Mai , & eft forti le 12 Juin parfaitement
guéri.
5. Le nommé Giroudin , de la Compagnie de
Broc , entr'autres fymptômes , avoit des douleurs
de tête inexprimables , & d'autres très- confidérables
à toutes les extrêmités , des pefanteurs
& un anéantiffement périodique dans tous les
changemens de temps . Il eft entré le 12 Mai , &
eft forti le 14 Juin parfaitement guéri .
6. Le nommé Saint - Louis , de la Compagnie
d'Hallot , avoit également des douleurs de tête fi
vives & fi aigues , qu'il n'avoit pas fermé l'oeil
depuis 3 femaines , quand il eft entré dans l'Hô
pital : il y eft venu le 12 Mai , & eft forti le 21
Juin parfaitement gueri
&
SEPTEMBRE . 1757. 233
7 Le nommé Chevalier , de la Compagnie de
Champignelles , avoit à la gorge un ulcere fi confidérable
& fi profond , qu'il lui empêchoit la
déglutition , & de prendre des nourritures folides.
Il est entré le 12 Mai , & eft forti le 28
Juin parfaitement guéri .
S. Le nommé Francler , de la Compagnie de
Champignelles , outre les fymptômes que l'on ne
nomme plus , avoit également des douleurs aigues
, une infomnie continuelle & des pefanteurs.
Il eft entré le 12 Mai , & eft forti le 14 Juin parfaitement
guéri.
9. Le nommé Lifle , de la Compagnie de Ra
fitti , outre les fymptômes ordinaires , avoit un
ulcere au voile du palais , & un à l'oefophage. Il eſt
entré le 16 Mai , & eft forti le 21 Juin parfaitement
guéri .
10. Le nommé Baudot , de la Compagnie
Deaubonne , maladie ordinaire , eft entré le 16
Mai , & eft forti le 21 Juin parfaitement guéri.
11. Le nommé Saint-Martin , de la Compagnie
Deaubonne , ' eft entré le 19 Mai , & eft forti le
28 Juin , ne voulant pas continuer le remede dont
il avoit encore befoin. C'eſt pourquoi on ne le
compte pas guéri , & on le reprendra dans le premier
traitement.
12. Le nommé Coeur de Roi , de la Compagnie
de Chevalier , avoit outre les fymptômes
ordinaires , des douleurs univerfelles , & des
étourdiffemens fi fréquens , qu'il ne pouvoit ni
dormir , ni travailler. Il eſt entré le 19 Mai , & eft
forti parfaitement gueri.
Il vient d'entrer douze autres malades , dont on
rendra compte l'ordinaire prochain .
M. Keyfer croit devoir répéter, que , quoiqu'il ne
mette plus au bas de ces traitemens les certificats
234 MERCURE DE FRANCE .
de MM. Guerin , Faget & du Fouard , Inspecteurs
de l'Hôpital , ces Meffieurs fuivent néanmoins
toujours tous les traitemens qui s'y font , ainfi
qu'une trentaine d'autres perfonnes de l'art que
la curiofité y attire , & auxquelles les portes font
tous les jours ouvertes .
Il vient de donner l'adminiftration de fon re- .
mede à M. Ray , Maître en Chirurgie à Lyon ,
qui vient de faire déja plufieurs cures confidérables .
A M. Naudinat , à Marseille , auquel MM. les
Echevins & Directeurs de l'Hôpital ont donné
quatre hommes & quatre filles à traiter pour faire
fes preuves , & defquelles il fera rendu compte.
A M.de la Plaine , ancien Chirurgien de Mgr le
Maréchal de Biron.
Il fe fera un vrai plaifir , ainfi qu'il l'a promis
, de recevoir & de montrer la méthode à
tout les gens de l'art , qui voudront en prendre
connoiffance , & leur confiera fon remède dès
qu'ils feront en état de l'adminiftrer. Il n'en donnera
cependant pas à plufieurs perfonnes dans la
même Ville. Sa demeure eft toujours rue & IAE
Saint Louis , près du Pont -Rouge. Il fupplie
qu'on ait la bonté d'affranchir les Lettres qu'on
lui écrit journellement , foit pour le confulter
foit pour lui demander inutilement fon remede
faute de quoi lesdites lettres refteront au rebut .
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Cinquieme traitement depuis son établissement.
Le document relate le cinquième traitement réalisé à l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron, impliquant douze patients militaires. Les patients, nommés Coupet, Brunet, Charly, Giroudin, Saint-Louis, Chevalier, Francler, Lifle, Baudot et Coeur de Roi, ont été admis en mai 1757 et ont quitté l'hôpital guéris entre le 14 juin et le 28 juin. Un autre patient, Cleret, souffrant de scorbut, est toujours en traitement mais se porte bien. Saint-Martin a quitté l'hôpital avant la fin de son traitement. Douze nouveaux malades ont été admis durant cette période. Le médecin, M. Keyfer, souligne que plusieurs experts surveillent les traitements et que l'hôpital est accessible aux visiteurs intéressés. Il a également administré son remède à des chirurgiens à Lyon et Marseille. M. Keyfer invite les professionnels de santé à visiter l'hôpital pour découvrir sa méthode et propose de partager son remède avec ceux capables de l'administrer. Il réside rue Saint-Louis, près du Pont-Rouge, et demande que les correspondances lui soient envoyées affranchies.
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8145
p. 234-236
A M. KEYSER, EPITRE.
Début :
A mes voeux, à mes pleurs, tu rends enfin Sylvie : [...]
Mots clefs :
Art, Morts, Succès, Humanité, Keyser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. KEYSER, EPITRE.
A M. KEYSER ,
EPITRE.
mes voeux, à mes pleurs , tu rends enfin Sylvie:
Sçavant Keyfer ; enfin ton art vainqueur ,
Et de la mort , & de l'envie ,
SEPTEMBRE . 1757 . 235
Rétablit à jamais l'amoureufe harmonie
Des appas qui charment mon coeur .
Le calme par tes foins fuccede à la douleur.
Dans le fein de la mort , ton art porte la vie ,
Et déja tes travaux ont éclairé Perreur.
En vain tes ennemis qui te fervent peut - être ,
Combattent tes fuccès dont ils font envieux.
Mépriſe des méchans les complots ténébreux :
En confervant nos jours fais- leur toujours connoître
Que les brillants lauriers que les talens font naître
Sont immortels comme eux.
Qu'un nouveau jour s'éleve au ſein de ma patrie ,
Que le plaifir y renaiffe à ta voix !
Et vous , qui de Cypris fuivez les tendres loix ,
Que la crainte du blâme ou l'amour de la vie ,
Ne trouble plus le cours de vos galans exploits !
De ce mal effrayant , & qui fut incurable,
Des vices des humains monument douloureux ,
Keyſer vient arrêter le torrent furieux :
Il éteint dans nos flancs fon venin redoutable.
O mere des plaifirs ! Vénus , reine des coeurs ,
La honte , les remords & l'horrible fouffrance ,
Ne fuivront plus vos aimables ardeurs.
Comme aux jours fortunés de l'antique innocence,
Nous pourrons goûter tes faveurs.
Et toi , Keyſer , pourfuis ta brillante carriere :
Souviens-toi qu'un Héros , que la raiſon éclaire *,
M. le Duc de Biron.
236 MERCURE DE FRANCE .
Daigne y guider tes pas.
Pour impoſer filence aux cris de l'impofture ,
Que ne t'eft- il permis de nommer aux François
Tous ceux qui , par tes foins , rendus à la nature
Doivent le jour à tes fuccès !
De ces heureux humains le catalogue immenſe ,
Ajouteroit encore à ta célébrité.
Pourquoi faut- il que le filence
Soit le fceau de ta probité !
Mais n'importe , que rien n'altere ton courage ;
Sers ton pays , fais plus , fers la Divinité ,
En confervant en nous fon plus parfait ouvrage.
Bientôt de tes jaloux l'infructueuſe rage
S'éteindra comme un feu par la terre enfanté :
Va : qui fçait , comme toi , fervir l'humanité ,
Eft certain , tôt ou tard , d'en obtenir l'hommage.
EPITRE.
mes voeux, à mes pleurs , tu rends enfin Sylvie:
Sçavant Keyfer ; enfin ton art vainqueur ,
Et de la mort , & de l'envie ,
SEPTEMBRE . 1757 . 235
Rétablit à jamais l'amoureufe harmonie
Des appas qui charment mon coeur .
Le calme par tes foins fuccede à la douleur.
Dans le fein de la mort , ton art porte la vie ,
Et déja tes travaux ont éclairé Perreur.
En vain tes ennemis qui te fervent peut - être ,
Combattent tes fuccès dont ils font envieux.
Mépriſe des méchans les complots ténébreux :
En confervant nos jours fais- leur toujours connoître
Que les brillants lauriers que les talens font naître
Sont immortels comme eux.
Qu'un nouveau jour s'éleve au ſein de ma patrie ,
Que le plaifir y renaiffe à ta voix !
Et vous , qui de Cypris fuivez les tendres loix ,
Que la crainte du blâme ou l'amour de la vie ,
Ne trouble plus le cours de vos galans exploits !
De ce mal effrayant , & qui fut incurable,
Des vices des humains monument douloureux ,
Keyſer vient arrêter le torrent furieux :
Il éteint dans nos flancs fon venin redoutable.
O mere des plaifirs ! Vénus , reine des coeurs ,
La honte , les remords & l'horrible fouffrance ,
Ne fuivront plus vos aimables ardeurs.
Comme aux jours fortunés de l'antique innocence,
Nous pourrons goûter tes faveurs.
Et toi , Keyſer , pourfuis ta brillante carriere :
Souviens-toi qu'un Héros , que la raiſon éclaire *,
M. le Duc de Biron.
236 MERCURE DE FRANCE .
Daigne y guider tes pas.
Pour impoſer filence aux cris de l'impofture ,
Que ne t'eft- il permis de nommer aux François
Tous ceux qui , par tes foins , rendus à la nature
Doivent le jour à tes fuccès !
De ces heureux humains le catalogue immenſe ,
Ajouteroit encore à ta célébrité.
Pourquoi faut- il que le filence
Soit le fceau de ta probité !
Mais n'importe , que rien n'altere ton courage ;
Sers ton pays , fais plus , fers la Divinité ,
En confervant en nous fon plus parfait ouvrage.
Bientôt de tes jaloux l'infructueuſe rage
S'éteindra comme un feu par la terre enfanté :
Va : qui fçait , comme toi , fervir l'humanité ,
Eft certain , tôt ou tard , d'en obtenir l'hommage.
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Résumé : A M. KEYSER, EPITRE.
L'épître célèbre les succès médicaux de M. Keyser. L'auteur exprime sa gratitude pour la restauration de sa santé et de son harmonie intérieure. Les talents de Keyser sont salués pour triompher de la mort et de l'envie, et ses ennemis ne peuvent entraver ses réussites. Keyser est loué pour avoir apporté la vie là où régnait la mort et pour avoir éclairé l'erreur. Le texte appelle à la renaissance du plaisir et de la paix dans la patrie grâce à ses efforts. Keyser met fin à un mal redoutable et incurable, permettant de goûter aux plaisirs innocents. L'auteur encourage Keyser à poursuivre sa brillante carrière, guidé par la raison et l'héroïsme. Il regrette que Keyser ne puisse nommer tous ceux qu'il a sauvés, mais le félicite pour sa probité et son dévouement à servir l'humanité. Enfin, il prédit que la jalousie de ses adversaires finira par s'éteindre.
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8146
p. 236-238
AVIS. LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur du Mercure.
Début :
Monsieur, l'attention que vous avez d'insérer dans votre Mercure tout ce [...]
Mots clefs :
Remède, Rhumatismes, Sciatique, Paralysie, Tumeurs, Guérison, Médecin, Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS. LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur du Mercure.
AVIS.
LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur
du Mercure.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inférer
dans votre Mercure tout ce qui peut concourir
à l'avantage & à la fatisfaction du public , me
fait efpérer que vous voudrez bien lui annoncer
un remede nouveau , dont les bons effets ont été
conftatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'eft un topique éprouvé avec le plus
grand fuccès, pour les rhumatifmes fimples & goutteux
; pour la fciatique , la paralyfie commençante
; pour toutes les maladies de nerf, pour les fraî
SEPTEMBRE. 1757. 237
cheurs des parties , contre les enchilofes , exoftofes
commençantes , & généralement contre toutes
les tumeurs froides. Il ne garantit pas de la carie.
Ce remede agit principalement par les urines ,
fouvent par un fuintement confidérable qui évacue
l'humeur , & quelquefois par les felles.
Comme on doit être en garde contre les nouveautés
en fait de médecine , j'ai voulu par moimême
reconnoître les effets du remede, & j'ai fuivi
quelques maladies dont la guériſon radicale a levé
tous mes doutes . Vous me permettrez d'en citer
une que je croyois au deffus de toutes les reffources
de l'art .
La nommée le Roi , âgée d'environ 60 ans , de
meurant rue Dauphine , chez un Ceinturonnier ,
étoit travaillée depuis plus de trois mois d'un
rhumatifme goutteux qui lui faifoit fouffrir les
plus cuifantes douleurs. Elle avoit été traitée inutilement
par plufieurs Médecins & Chirurgiens ,
qui défefpéroient de fa guérifon ; je la trouvai au
lit dans un état pitoyable , & avec des douleurs fi
vives , qu'elle ne pouvoit fe remuer , ni fouffrir
qu'on la touchât ; le bras gauche perclu & entiérement
defféché , & au genouil du même côté ,
une enchilofe énorme ; enfin elle étoit à l'extrêmité
: un mois de l'ufage du remede l'a rétablie
entiérement. Je vous en citerois un grand nombres
d'autres , fi les bornes de votre Recueil me
permettoient de donner plus d'étendue à cette
Lettre. Soyez perfuadé , Monfieur , que c'eſt l'intérêt
feul de la vérité & celui du public , qui m'ont
déterminé à vous écrire. Ceux qui me connoiffent
n'en douteront point , & les malades qui auront
éprouvé par l'uſage l'efficacité du topique , nous
fçauront gré à l'un & à l'autre de l'avoir indiqué.
Le Privilege qui vient d'être délivré par M, le
238 MERCURE DE FRANCE.
premier Médecin du Roi , & par MM . de la Com
miffion royale de Médecine , prouve encore plus
que tout ce que je pourrois , dire qu'on ne fçauroit
avoir trop de confiance en ce remede.
Le fieur Berthelot , qui le diftribue , demeure
chez M. Thomas , Maître Perruquier , rue du
Temple au coin de la rue Meſlé ; & avertit qu'il
ne retirera point de lettres qu'elles n'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris , ce 12 Août 1757.
LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur
du Mercure.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inférer
dans votre Mercure tout ce qui peut concourir
à l'avantage & à la fatisfaction du public , me
fait efpérer que vous voudrez bien lui annoncer
un remede nouveau , dont les bons effets ont été
conftatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'eft un topique éprouvé avec le plus
grand fuccès, pour les rhumatifmes fimples & goutteux
; pour la fciatique , la paralyfie commençante
; pour toutes les maladies de nerf, pour les fraî
SEPTEMBRE. 1757. 237
cheurs des parties , contre les enchilofes , exoftofes
commençantes , & généralement contre toutes
les tumeurs froides. Il ne garantit pas de la carie.
Ce remede agit principalement par les urines ,
fouvent par un fuintement confidérable qui évacue
l'humeur , & quelquefois par les felles.
Comme on doit être en garde contre les nouveautés
en fait de médecine , j'ai voulu par moimême
reconnoître les effets du remede, & j'ai fuivi
quelques maladies dont la guériſon radicale a levé
tous mes doutes . Vous me permettrez d'en citer
une que je croyois au deffus de toutes les reffources
de l'art .
La nommée le Roi , âgée d'environ 60 ans , de
meurant rue Dauphine , chez un Ceinturonnier ,
étoit travaillée depuis plus de trois mois d'un
rhumatifme goutteux qui lui faifoit fouffrir les
plus cuifantes douleurs. Elle avoit été traitée inutilement
par plufieurs Médecins & Chirurgiens ,
qui défefpéroient de fa guérifon ; je la trouvai au
lit dans un état pitoyable , & avec des douleurs fi
vives , qu'elle ne pouvoit fe remuer , ni fouffrir
qu'on la touchât ; le bras gauche perclu & entiérement
defféché , & au genouil du même côté ,
une enchilofe énorme ; enfin elle étoit à l'extrêmité
: un mois de l'ufage du remede l'a rétablie
entiérement. Je vous en citerois un grand nombres
d'autres , fi les bornes de votre Recueil me
permettoient de donner plus d'étendue à cette
Lettre. Soyez perfuadé , Monfieur , que c'eſt l'intérêt
feul de la vérité & celui du public , qui m'ont
déterminé à vous écrire. Ceux qui me connoiffent
n'en douteront point , & les malades qui auront
éprouvé par l'uſage l'efficacité du topique , nous
fçauront gré à l'un & à l'autre de l'avoir indiqué.
Le Privilege qui vient d'être délivré par M, le
238 MERCURE DE FRANCE.
premier Médecin du Roi , & par MM . de la Com
miffion royale de Médecine , prouve encore plus
que tout ce que je pourrois , dire qu'on ne fçauroit
avoir trop de confiance en ce remede.
Le fieur Berthelot , qui le diftribue , demeure
chez M. Thomas , Maître Perruquier , rue du
Temple au coin de la rue Meſlé ; & avertit qu'il
ne retirera point de lettres qu'elles n'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris , ce 12 Août 1757.
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Résumé : AVIS. LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur du Mercure.
Le médecin M. Giraud informe l'auteur du Mercure d'un nouveau remède efficace contre plusieurs affections. Ce remède traite les rhumatismes simples et goutteux, la sciatique, la paralysie débutante, les maladies nerveuses, les engelures, les exostoses naissantes et les tumeurs froides. Il agit principalement par les urines, parfois par un suintement évacuant l'humeur, et occasionnellement par les selles. M. Giraud rapporte le cas de la nommée le Roi, une femme de 60 ans guérie de rhumatismes goutteux sévères en un mois. Le remède a obtenu un privilège du premier Médecin du Roi et de la Commission royale de Médecine. Le distributeur, M. Berthelot, se trouve chez M. Thomas, perruquier, rue du Temple au coin de la rue Meslé.
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8147
p. 238
AUTRE.
Début :
Madame Garrus étant assurée que plusieurs personnes contrefont son [...]
Mots clefs :
Madame Garrus, Élixir, Contrefaçon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
MADAME Garrus étant affurée que plufieurs
perfonnes contrefont fon élixir , avertit le Public
qu'elle eft feule de ce nom , & qu'elle feule fait &
vend le véritable élixir de Garrus. Sa demeure eft
rue du Battoir , au Cheval blanc , à Paris.
MADAME Garrus étant affurée que plufieurs
perfonnes contrefont fon élixir , avertit le Public
qu'elle eft feule de ce nom , & qu'elle feule fait &
vend le véritable élixir de Garrus. Sa demeure eft
rue du Battoir , au Cheval blanc , à Paris.
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8148
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION
.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Septembre , & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion .
A Paris , ce 28 Août 1757.
GUIROY
.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Septembre , & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion .
A Paris , ce 28 Août 1757.
GUIROY
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8149
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Epitre à Monseigneur le [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
EPITRE à Monfeigneur le Duc de Bourgogne fur
les progrès de fon éducation ,
Azémir & Zamaris , Conte ,
page s
Vers de M. le Président de Ruffey à M. de Voltaire
,
Projet de Bonheur ,
Vers ,
Réponse à l'Amour , par Mlle de R...
22
27
30
32
Vers à Madame la Comteffe de C... aux Eaux de
→ 34. Forge
Suite fur M. de Fontenelle , par M. Trublet , 35.
Lettre de M. de ….. Conſeiller au Parlement de……
à M. de ...
Lettre à une Dame de Cranville , par M ***
Réponse de la Dame au Cavalier ,
Impromptu à Madame de D ***
>
68
2. 69
74
76
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure d'Août ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
77
ibid.
78
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
79
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Aftronomie, Lettre de M. d'Alembert , à l'Auteur
du Mercure ,
Suite du Mémoire lu par M. de la Condamine a
PAДemblée publique de l'Académie , &c , 129
109
240
Chirurgie. Séance publique de l'Académie royale
de Chirurgie ,
ART. IV. BEAUX-ARTS..
145
Mufique. Replique de M. Rouffier à la Réponſe de
M. Morambert ,
ART . V. SPECTACLES.
Opera. Extrait des Sibarites ,
Comédie Françoiſe ,
158
179
187
Comédie Italienne , 188
Opera Comique.
ibid .
Concert Spirituel ,
190
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Bénéfices donnés ,
Mariages & Morts ,
191
197
220
221
Addition à la partie Fugitive. Les procédés contre
les ufages , ou Réponſe à la Lettre de la Dame
de
l'Orient ,
225
Vers à Madame Vien , fur fa réception à l'Académie
de Peinture & de Sculpture , 230
Supplément aux Nouvelles Littéraires . Annonce
de l'Abregé chronologique de l'Hiftoire d'Efpagne
& de Portugal, par M. le Préfident Hénault,
Supplément à l'Article Chirurgie ,
A M. Keyfer , Epître ,
Avis divers ,
231
ibid.
234
236
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
EPITRE à Monfeigneur le Duc de Bourgogne fur
les progrès de fon éducation ,
Azémir & Zamaris , Conte ,
page s
Vers de M. le Président de Ruffey à M. de Voltaire
,
Projet de Bonheur ,
Vers ,
Réponse à l'Amour , par Mlle de R...
22
27
30
32
Vers à Madame la Comteffe de C... aux Eaux de
→ 34. Forge
Suite fur M. de Fontenelle , par M. Trublet , 35.
Lettre de M. de ….. Conſeiller au Parlement de……
à M. de ...
Lettre à une Dame de Cranville , par M ***
Réponse de la Dame au Cavalier ,
Impromptu à Madame de D ***
>
68
2. 69
74
76
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure d'Août ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
77
ibid.
78
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
79
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Aftronomie, Lettre de M. d'Alembert , à l'Auteur
du Mercure ,
Suite du Mémoire lu par M. de la Condamine a
PAДemblée publique de l'Académie , &c , 129
109
240
Chirurgie. Séance publique de l'Académie royale
de Chirurgie ,
ART. IV. BEAUX-ARTS..
145
Mufique. Replique de M. Rouffier à la Réponſe de
M. Morambert ,
ART . V. SPECTACLES.
Opera. Extrait des Sibarites ,
Comédie Françoiſe ,
158
179
187
Comédie Italienne , 188
Opera Comique.
ibid .
Concert Spirituel ,
190
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Bénéfices donnés ,
Mariages & Morts ,
191
197
220
221
Addition à la partie Fugitive. Les procédés contre
les ufages , ou Réponſe à la Lettre de la Dame
de
l'Orient ,
225
Vers à Madame Vien , fur fa réception à l'Académie
de Peinture & de Sculpture , 230
Supplément aux Nouvelles Littéraires . Annonce
de l'Abregé chronologique de l'Hiftoire d'Efpagne
& de Portugal, par M. le Préfident Hénault,
Supplément à l'Article Chirurgie ,
A M. Keyfer , Epître ,
Avis divers ,
231
ibid.
234
236
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est organisé en six sections principales. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', contient des œuvres littéraires variées, dont une épître dédiée au Duc de Bourgogne, des poèmes, des lettres, des vers de M. le Président de Ruffey à M. de Voltaire, un 'Projet de Bonheur' et des réponses littéraires. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', présente des extraits et des informations sur des livres récents. La troisième section, 'Sciences et belles-lettres', inclut des contributions en astronomie, comme une lettre de M. d'Alembert et un mémoire de M. de la Condamine, ainsi que des détails sur une séance de l'Académie royale de chirurgie. La quatrième section, 'Beaux-Arts', aborde la musique avec une réplique de M. Rouffier. La cinquième section, 'Spectacles', propose des extraits d'opéras, de comédies françaises et italiennes, et des informations sur des concerts. La sixième section, 'Nouvelles étrangères', couvre les nouvelles de la cour, de Paris, et des annonces de bénéfices, mariages et décès. Des suppléments ajoutent des réponses littéraires, des annonces de publications et divers avis.
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8150
p. 240
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