Résultats : 12954 textes (indexation en cours)
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8051
p. 204-205
AUTRE.
Début :
Le sieur Simonneau, Maître en Chirurgie par l'Hôtel-Dieu de Paris, [...]
Mots clefs :
Topique, Paralysie, Curés, Guérison, Sieur Simonneau
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
> à
LE fieur Simonneau , Maître en Chirurgie par
P'Hôtel-Dieu de Paris , poffede un Topique qui
guérit radicalement la paralyfie , ayant fait plufieurs
cures , tant des malades dudit Hôtel- Dieu ,
que de plufieurs autres perfonnes de la Ville qui fe
font adreffées à lui pour leur guérifon , ainsi que de
Province, Ce remede peut fe tranſporter partout:
AVRIL 1757. 205
il donnera la maniere de s'en fervir ; pour l'ordinaire
ce remede n'eft pas long à opérer. Il fera néceffaire
de lui expliquer le temps de la maladie , les
accidens qui ont précédé ou fuivi cette maladie aujourd'hui
fi fréquente. Les perfonnes de Province
qui fouhaiteront trouver guérifon , auront la bonté
d'affranchir leurs lettres. Sa demeure eft rue S.
Jacques , la porte cochere attenant la Sphere
royale , au fond de la cour , au premier. Si les
perfonnes qui le demanderont ne trouvoient perfonne
chez lui , elles auroient la bonté de laiffer
une adreſſe en-bas au Menuifier.
> à
LE fieur Simonneau , Maître en Chirurgie par
P'Hôtel-Dieu de Paris , poffede un Topique qui
guérit radicalement la paralyfie , ayant fait plufieurs
cures , tant des malades dudit Hôtel- Dieu ,
que de plufieurs autres perfonnes de la Ville qui fe
font adreffées à lui pour leur guérifon , ainsi que de
Province, Ce remede peut fe tranſporter partout:
AVRIL 1757. 205
il donnera la maniere de s'en fervir ; pour l'ordinaire
ce remede n'eft pas long à opérer. Il fera néceffaire
de lui expliquer le temps de la maladie , les
accidens qui ont précédé ou fuivi cette maladie aujourd'hui
fi fréquente. Les perfonnes de Province
qui fouhaiteront trouver guérifon , auront la bonté
d'affranchir leurs lettres. Sa demeure eft rue S.
Jacques , la porte cochere attenant la Sphere
royale , au fond de la cour , au premier. Si les
perfonnes qui le demanderont ne trouvoient perfonne
chez lui , elles auroient la bonté de laiffer
une adreſſe en-bas au Menuifier.
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Résumé : AUTRE.
Simonneau, maître en chirurgie à l'Hôtel-Dieu de Paris, propose un remède contre la paralysie ayant déjà soigné plusieurs patients à Paris et en province. Le traitement est transportable et rapide. Simonneau fournit des instructions et demande des détails sur la maladie et les symptômes. Il réside rue Saint-Jacques, près de la Sphère royale. Pour les absences, laisser une adresse au menuisier.
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8052
p. 205
AUTRE.
Début :
La Commission royale de Médecine a approuvé avec éloge un remede qui guérit [...]
Mots clefs :
Commission royale de médecine, Remèdes, Dysenterie
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LA Commiffion royale de Médecine a approuvé
avec éloge un remede qui guérit les dyfenteries
les plus fortes & les plus invétérées. Ce remede eft
fimple & facile à prendre ; il convient aux tempéramens
les plus plus délicats , & il fe donne en
très - petite dofe on n'eft quelquefois pas obligé
d'en prendre deux fois pour guérir . Il fe trouve
à Paris , rue S. Louis au marais , au coin de la rue
neuve S. François , chez M. Nivard : on le trouve
tous les matins jufqu'à midi. Les pauvres qui auront
un certificat de Meffieurs leurs Curés ,feront
traités gratuitement. S'il fe trouve quelqu'un en
Province qui veuille du remede , ils n'auront qu'à
affranchir leurs lettres , on leur en enverra.
LA Commiffion royale de Médecine a approuvé
avec éloge un remede qui guérit les dyfenteries
les plus fortes & les plus invétérées. Ce remede eft
fimple & facile à prendre ; il convient aux tempéramens
les plus plus délicats , & il fe donne en
très - petite dofe on n'eft quelquefois pas obligé
d'en prendre deux fois pour guérir . Il fe trouve
à Paris , rue S. Louis au marais , au coin de la rue
neuve S. François , chez M. Nivard : on le trouve
tous les matins jufqu'à midi. Les pauvres qui auront
un certificat de Meffieurs leurs Curés ,feront
traités gratuitement. S'il fe trouve quelqu'un en
Province qui veuille du remede , ils n'auront qu'à
affranchir leurs lettres , on leur en enverra.
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Résumé : AUTRE.
La Commission royale de Médecine a approuvé un remède efficace contre les dysentéries sévères et chroniques. Ce traitement, simple et adapté aux constitutions délicates, se prend en petite dose. Disponible à Paris chez Monsieur Nivard, il est gratuit pour les indigents munis d'un certificat du curé. Les provinciaux peuvent l'obtenir par courrier affranchi.
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8053
p. 205-206
AUTRE.
Début :
Le Public est averti que le sieur Maget, Maître Chirurgien demeurant [...]
Mots clefs :
Hernie, Descente de boyaux , Guérison, Sieur Maget
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE Public eft averti que le fieur Maget , Maître
Chirurgien demeurant à Bray-fur- Seine , après
206 MERCURE DE FRANCE.
avoir médité depuis long- temps fur la caufe , fz
nature & les effets de la fimple & de la double
Hernie, & de toutes efpeces de defcente de boyaux ,
a trouvé le fecret d'en guérir fouverainement dans
l'efpace de deux à trois mois, fans être affujetti
dans la fuite à porter des bandages. La guériſon
en eft fi complete , qu'on peut au bout de ce temps
monter à cheval ou aller en voiture , & éprouver
les plus fortes fecouffes fans aucun danger ; beaucoup
d'expériences ont confirmé l'infaillibilité de
fon fecret. La ville de Brai -fur-Seine & les environs
ont été témoins de fes fuccès , & les Certifi
cats authentiques dont il eft muni , en font foi. Il
guérit de cette maladie depuis l'âge d'un an jufqu'à
vingt-cinq ou trente ans. Pour mériter la
confiance du Public , & pour lui fournir toutes
fûretés défirables , le fieur Maget confent à donner
aux perfonnes malades un Billet de garantie ,
depuis l'âge d'un an jufqu'à l'âge de quinze ans.
Le fieur Mager s'offre de guérir gratuitement les
pauvres qui fe feront connoître pour tels .
LE Public eft averti que le fieur Maget , Maître
Chirurgien demeurant à Bray-fur- Seine , après
206 MERCURE DE FRANCE.
avoir médité depuis long- temps fur la caufe , fz
nature & les effets de la fimple & de la double
Hernie, & de toutes efpeces de defcente de boyaux ,
a trouvé le fecret d'en guérir fouverainement dans
l'efpace de deux à trois mois, fans être affujetti
dans la fuite à porter des bandages. La guériſon
en eft fi complete , qu'on peut au bout de ce temps
monter à cheval ou aller en voiture , & éprouver
les plus fortes fecouffes fans aucun danger ; beaucoup
d'expériences ont confirmé l'infaillibilité de
fon fecret. La ville de Brai -fur-Seine & les environs
ont été témoins de fes fuccès , & les Certifi
cats authentiques dont il eft muni , en font foi. Il
guérit de cette maladie depuis l'âge d'un an jufqu'à
vingt-cinq ou trente ans. Pour mériter la
confiance du Public , & pour lui fournir toutes
fûretés défirables , le fieur Maget confent à donner
aux perfonnes malades un Billet de garantie ,
depuis l'âge d'un an jufqu'à l'âge de quinze ans.
Le fieur Mager s'offre de guérir gratuitement les
pauvres qui fe feront connoître pour tels .
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Résumé : AUTRE.
Le sieur Maget, maître chirurgien à Bray-sur-Seine, a mis au point un remède efficace contre la hernie simple et double ainsi que toutes les formes de descente de boyaux. Ce traitement assure une guérison complète en deux à trois mois, sans besoin de bandages ultérieurs. Les patients peuvent ensuite reprendre des activités physiques intenses sans danger. L'efficacité de cette méthode est confirmée par de nombreuses expériences et des certificats authentiques provenant de Bray-sur-Seine et ses environs. Le sieur Maget soigne cette maladie chez des patients âgés d'un an à vingt-cinq ou trente ans. Pour garantir la confiance, il propose un billet de garantie pour les enfants jusqu'à quinze ans et offre des soins gratuits aux personnes pauvres se déclarant telles.
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8054
p. 206
AUTRE.
Début :
Le sieur Vial Expert, reçu à Saint Côme, qui demeure rue du Sepulcre, [...]
Mots clefs :
Sieur Viale, Eau, Hernies
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE,
Le fieur Vial Expert , reçu à Saint Côme , qui
demeure rue du Sepulcre , continue de débiter fon
eau de fimples pour les hernies ou defcentes . Il a
guéri beaucoup de perfonnes de qualités , Militaires
& autres , à Paris & dans plufieurs provin
ces du Royaume.
Le fieur Vial Expert , reçu à Saint Côme , qui
demeure rue du Sepulcre , continue de débiter fon
eau de fimples pour les hernies ou defcentes . Il a
guéri beaucoup de perfonnes de qualités , Militaires
& autres , à Paris & dans plufieurs provin
ces du Royaume.
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8055
p. 207-209
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, je vous prie d'insérer dans votre Mercure de France, l'observation suivante [...]
Mots clefs :
Sieur la Salle, Guérisons, Loupes, Charlatanerie, Incurable, Tumeur, Maladie, Crédulité, Danger
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texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DU MERCURE.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , je vous prie d'inférer dans votre
Mercure de France , Pobfervation fuivante fur
l'Avis au Public donné par le fieur de la Salle, Chirurgien
, dans le Mercure de France du mois de
Juillet dernier , à la page 237.
Je croirois manquer à ce que je dois au Public,
fi je différois plus long- temps à le précautionner
contre le fecret du fieur la Salle , Chirurgien empirique.
Il donne à ce fecret des vertus fingulieres
pour guérir indéfiniment toutes fortes de loupes
vraie charlatanerie , dont le Public n'eft que trop
fouvent la dupe & la victime ! la perte de fon argent
eft le moindre rifque qu'on court : en s'y prê
tant , la fanté en fouffre ; & l'expérience nous apprend
par des accidens , que le fieur la Salle ne
devroit pas fe diffimuler que les maladies empirent
par ces fortes de remedes , & deviennent fouvent
incurables. Cette réflexion ne fuffiroit peut-être
pas pour mettre en garde le Public contre le fecret
dont il s'agit ; en voici d'autres plus frappantes :
falfe le Ciel qu'elles arrêtent ceux qu'une confiance
aveugle pourroit livrer entre les mains du fienr
la Salle . Il est évident que ce Chirurgien ignore la
force & l'étendue du mot de loupe. Qu'est- ce que
loupe ou tumeur enkiftée : S'il étoit tant foit
verfé dans la théorie de fon métier , il fçauroit que
le nom de loupe eft un terme générique qui renferme
plufieurs efpeces , auxquels la fituation & lat
qualité de la matiere font donner différens noms.
mais il n'eft pas néceffaire d'entrer dans ce détail
& de parcourir les différentes parties ou les tumeurs
fe jettent & s'enkiftent. Il me fuffira , pour
peu
2
208 MERCURE DE FRANCE.
démontrer la charlatanerie du fieur la Salle , de
faire obferver que fon fecret , tel qu'il l'annonce ,
doit guérir toute forte de loupes , fans qu'il ait befoin
de fe fervir d'aucuns inftrumens de Chirurgie.
Il a fans doute fes raiſons pour s'en tenir à ſon ſecret.
Il faut , pour en venir aux opérations de la
main,une grande connoiffance de fon fujet; & c'eſt
ce qu'ignorent les Charlatans : mais ce que le fieur
la Salle , en qualité de Chirurgien , devroit fçavoir,
c'eft que l'application de ces prétendus fpécifiques
eft prefque toujours dangereufe. S'il avoit lu les
Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie ,
page 347 , il auroit vu que dans cette efpece de
maladie les topiques font pernicieux ; c'eft la remarque
de M. Petit , Auteur de cette obſervation .
Il n'a pas lu fans doute la brochure de M. Louis
contre les perfonnages à fecret ; cette lecture lui
cût ôté l'envie de faire imprimer le fien . Quoi
qu'il en foit , on prie le fieur la Salle de nous dire
comment il pourroit guérir une loupe pefant
plufieurs livres nous en voyons fouvent de femblables.
Son remede ne feroit-il point dans ce caslà
infructueux ? De plus , on a trouvé , à l'ouverture
de ces fortes de tumeurs , plufieurs corps
étrangers de tous genres , jufqu'à des os de différentes
figures , comme l'a remarqué M. de Ruylely,
& nombre d'autres Auteurs qui traitent de cette
efpece de maladie. Or , dans le fecond cas quel
effet doit produire l'application de fon remede
Les gens un peu éclairés doivent en appercevoir
ici l'inutilité & le danger. On n'a garde d'accufer
de malice le fieur la Salle : c'eft l'amour du bien
public qui lui a fait faire toutes les recherches néceffaires
pour la compofition de ſon ſecret . Il a encore
trouvé le moyen de le tranſporter dans tous
les lieux fans la moindre altération voilà ce qu'il
AVRIL. 1757. 209
T
nous affure. Dans quelque autre profeffion que la
fienne , l'application & le travail peuvent mériter
quelques éloges, indépendamment du fuccès : mais
en fait de fecret qui intéreffe la fanté , les feuls
fuccès foutenus font la gloire & le mérite de ceux
qui les ont trouvés . Il faut que les recherches du
fieur la Salle aient été bien longues , ou que le fuccès
ait été bien douteux , puifqu'il a attendu ſeize
ans pour faire encore imprimer cette curieuſe dé-
Couverte. N'y a-t'il pas lieu de douter qu'elle ait
eu aucun fuccès , puiſqu'il ne l'appuie d'aucun fait
de pratique ? Si cependant il trouve dans cette obfervation
quelque chofe à relever , comme on
ne craint point les objections , on ſe fera un vrai
plaifir d'y répondre.
MONSIEUR , je vous prie d'inférer dans votre
Mercure de France , Pobfervation fuivante fur
l'Avis au Public donné par le fieur de la Salle, Chirurgien
, dans le Mercure de France du mois de
Juillet dernier , à la page 237.
Je croirois manquer à ce que je dois au Public,
fi je différois plus long- temps à le précautionner
contre le fecret du fieur la Salle , Chirurgien empirique.
Il donne à ce fecret des vertus fingulieres
pour guérir indéfiniment toutes fortes de loupes
vraie charlatanerie , dont le Public n'eft que trop
fouvent la dupe & la victime ! la perte de fon argent
eft le moindre rifque qu'on court : en s'y prê
tant , la fanté en fouffre ; & l'expérience nous apprend
par des accidens , que le fieur la Salle ne
devroit pas fe diffimuler que les maladies empirent
par ces fortes de remedes , & deviennent fouvent
incurables. Cette réflexion ne fuffiroit peut-être
pas pour mettre en garde le Public contre le fecret
dont il s'agit ; en voici d'autres plus frappantes :
falfe le Ciel qu'elles arrêtent ceux qu'une confiance
aveugle pourroit livrer entre les mains du fienr
la Salle . Il est évident que ce Chirurgien ignore la
force & l'étendue du mot de loupe. Qu'est- ce que
loupe ou tumeur enkiftée : S'il étoit tant foit
verfé dans la théorie de fon métier , il fçauroit que
le nom de loupe eft un terme générique qui renferme
plufieurs efpeces , auxquels la fituation & lat
qualité de la matiere font donner différens noms.
mais il n'eft pas néceffaire d'entrer dans ce détail
& de parcourir les différentes parties ou les tumeurs
fe jettent & s'enkiftent. Il me fuffira , pour
peu
2
208 MERCURE DE FRANCE.
démontrer la charlatanerie du fieur la Salle , de
faire obferver que fon fecret , tel qu'il l'annonce ,
doit guérir toute forte de loupes , fans qu'il ait befoin
de fe fervir d'aucuns inftrumens de Chirurgie.
Il a fans doute fes raiſons pour s'en tenir à ſon ſecret.
Il faut , pour en venir aux opérations de la
main,une grande connoiffance de fon fujet; & c'eſt
ce qu'ignorent les Charlatans : mais ce que le fieur
la Salle , en qualité de Chirurgien , devroit fçavoir,
c'eft que l'application de ces prétendus fpécifiques
eft prefque toujours dangereufe. S'il avoit lu les
Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie ,
page 347 , il auroit vu que dans cette efpece de
maladie les topiques font pernicieux ; c'eft la remarque
de M. Petit , Auteur de cette obſervation .
Il n'a pas lu fans doute la brochure de M. Louis
contre les perfonnages à fecret ; cette lecture lui
cût ôté l'envie de faire imprimer le fien . Quoi
qu'il en foit , on prie le fieur la Salle de nous dire
comment il pourroit guérir une loupe pefant
plufieurs livres nous en voyons fouvent de femblables.
Son remede ne feroit-il point dans ce caslà
infructueux ? De plus , on a trouvé , à l'ouverture
de ces fortes de tumeurs , plufieurs corps
étrangers de tous genres , jufqu'à des os de différentes
figures , comme l'a remarqué M. de Ruylely,
& nombre d'autres Auteurs qui traitent de cette
efpece de maladie. Or , dans le fecond cas quel
effet doit produire l'application de fon remede
Les gens un peu éclairés doivent en appercevoir
ici l'inutilité & le danger. On n'a garde d'accufer
de malice le fieur la Salle : c'eft l'amour du bien
public qui lui a fait faire toutes les recherches néceffaires
pour la compofition de ſon ſecret . Il a encore
trouvé le moyen de le tranſporter dans tous
les lieux fans la moindre altération voilà ce qu'il
AVRIL. 1757. 209
T
nous affure. Dans quelque autre profeffion que la
fienne , l'application & le travail peuvent mériter
quelques éloges, indépendamment du fuccès : mais
en fait de fecret qui intéreffe la fanté , les feuls
fuccès foutenus font la gloire & le mérite de ceux
qui les ont trouvés . Il faut que les recherches du
fieur la Salle aient été bien longues , ou que le fuccès
ait été bien douteux , puifqu'il a attendu ſeize
ans pour faire encore imprimer cette curieuſe dé-
Couverte. N'y a-t'il pas lieu de douter qu'elle ait
eu aucun fuccès , puiſqu'il ne l'appuie d'aucun fait
de pratique ? Si cependant il trouve dans cette obfervation
quelque chofe à relever , comme on
ne craint point les objections , on ſe fera un vrai
plaifir d'y répondre.
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Résumé : A L'AUTEUR DU MERCURE.
L'auteur adresse une lettre à l'éditeur du Mercure de France pour alerter le public sur les pratiques du sieur de la Salle, un chirurgien empirique. Il critique sévèrement ce dernier pour ses allégations selon lesquelles il possède un secret capable de guérir toutes les formes de loupes, qualifiant cette affirmation de charlatanerie. L'auteur met en garde contre les risques pour la santé et les dangers potentiels associés à ces remèdes, citant des exemples où les maladies s'aggravent et deviennent incurables. Il souligne l'ignorance du sieur de la Salle concernant la diversité des loupes et l'importance des instruments chirurgicaux appropriés. L'auteur mentionne que les remèdes topiques sont souvent pernicieux, se référant aux travaux de M. Petit et M. Louis. La lettre interroge également la validité du remède du sieur de la Salle face à des cas complexes de loupes et à la présence de corps étrangers dans certaines tumeurs. Enfin, l'auteur exprime des doutes sur la légitimité et l'efficacité du secret du sieur de la Salle, soulignant l'absence de preuves concrètes après seize ans de recherche.
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8056
p. 209-210
AUTRE.
Début :
Le sieur Guyot, successeur des sieurs Vincent & Mopinot, seul possesseur du [...]
Mots clefs :
Sieur Guyot, Encre de petite vertu, Contrefaçon
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE .
La fieur Guyot , fucceffeur des fieurs Vincent &
Mopinot , feul poffeffeur du fecret de l'Encre de
la petite Vertu , connu à Paris depuis plus de 150
ans , fe croit obligé d'avertir le Public que c'eft
fans fondement que plufieurs perfonnes à Paris
vendent de l'encre fous ce nom , & qu'elle n'en eft
pas , attendu que ledit fieur Guyot ne charge qui
que ce foit à Paris d'en faire le débit , & qu'elle
ne s'eft jamais vendue & ne ſe vendra à Paris qu'en
la manufacture du fieur Guyot , file rue des Arcis ,
vis- à- vis celle de S. Jacques de la Boucherie , où
pend pour enfeigne la petite Vertu . Il a même attention
d'envoyer aux Correfpondans qu'il a établis
dans les principales Villes du Royaume , l'encre
en bouteilles , étiqueté & cacheté de fon cachet
, dans la crainte qu'on ne vînt à l'altérer.
Tout le monde fçait que cette Encre a de tout
210 MERCURE DE FRANCE.
temps été regardée comme la plus noire & la fente
indélébile ; qualité effentielle pour la confervation
des actes publics , & qui lui a mérité la préférence
des Cours Souveraines & des principaux Bureaux.
Pour que les Maîtres ne foient pas trompés par
leurs domeftiques , qui , pour éviter leurs peines ,
vont fouvent la prendre au premier endroit , ils
font priés de faire demander une Enfeigne : l'on
aura attention de la tenir au frais l'été , & d'éviter
la gelée l'hyver.
Le prix eft toujours le même , fçavoir :
La pinte de double luifante , 2 livres . L'encre
à fecret , 6 liv. La rouge , 4 liv. La grife , z liv.
La double , 1 liv. 16 f. La commune , 1 liv . 4 f.
La fieur Guyot , fucceffeur des fieurs Vincent &
Mopinot , feul poffeffeur du fecret de l'Encre de
la petite Vertu , connu à Paris depuis plus de 150
ans , fe croit obligé d'avertir le Public que c'eft
fans fondement que plufieurs perfonnes à Paris
vendent de l'encre fous ce nom , & qu'elle n'en eft
pas , attendu que ledit fieur Guyot ne charge qui
que ce foit à Paris d'en faire le débit , & qu'elle
ne s'eft jamais vendue & ne ſe vendra à Paris qu'en
la manufacture du fieur Guyot , file rue des Arcis ,
vis- à- vis celle de S. Jacques de la Boucherie , où
pend pour enfeigne la petite Vertu . Il a même attention
d'envoyer aux Correfpondans qu'il a établis
dans les principales Villes du Royaume , l'encre
en bouteilles , étiqueté & cacheté de fon cachet
, dans la crainte qu'on ne vînt à l'altérer.
Tout le monde fçait que cette Encre a de tout
210 MERCURE DE FRANCE.
temps été regardée comme la plus noire & la fente
indélébile ; qualité effentielle pour la confervation
des actes publics , & qui lui a mérité la préférence
des Cours Souveraines & des principaux Bureaux.
Pour que les Maîtres ne foient pas trompés par
leurs domeftiques , qui , pour éviter leurs peines ,
vont fouvent la prendre au premier endroit , ils
font priés de faire demander une Enfeigne : l'on
aura attention de la tenir au frais l'été , & d'éviter
la gelée l'hyver.
Le prix eft toujours le même , fçavoir :
La pinte de double luifante , 2 livres . L'encre
à fecret , 6 liv. La rouge , 4 liv. La grife , z liv.
La double , 1 liv. 16 f. La commune , 1 liv . 4 f.
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Résumé : AUTRE.
La famille Guyot, successeurs des sieurs Vincent et Mopinot, fabrique l'Encre de la petite Vertu, reconnue à Paris depuis plus de 150 ans. Ils mettent en garde contre les contrefaçons, affirmant que seule leur manufacture, située rue des Arcis face à celle de Saint-Jacques de la Boucherie, vend cette encre authentique. Pour garantir l'authenticité, l'encre est envoyée dans des bouteilles étiquetées et cachetées aux principales villes du royaume. L'Encre de la petite Vertu est appréciée pour sa noirceur et son indélébilité, qualités essentielles pour la conservation des actes publics, ce qui lui vaut la préférence des cours souveraines et des principaux bureaux. Le document recommande aux acheteurs de demander une enseigne pour éviter les tromperies et de conserver l'encre au frais en été et à l'abri du gel en hiver. Les prix des différentes variétés d'encre sont les suivants : la pinte de double luisante coûte 2 livres, l'encre à secret 6 livres, la rouge 4 livres, la grise 2 livres, la double 1 livre 16 sous, et la commune 1 livre 4 sous.
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8057
p. 210-211
AUTRE.
Début :
Le sieur Maillard demeurant au Collège de Cambray, place Cambray, [...]
Mots clefs :
Sieur Maillard, Feuilles d'emblêmes, Cadrans de dévotion, Fables, Devises, Almanachs, Ornements, Vignettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur Maillard demeurant au College de
Cambray , place Cambray , près la rue S. Jac
ques à Paris , continue de faire & vendre différens
ouvrages en caracteres & vignettes , &
entreprend de noter les livres d'Eglife ."
On trouvera en fon autre demeure , rue Saint
Jacques, la deuxieme porte cochere au deffus de la
rue des Noyers , une fuite de foixante feuilles
d'emblêmes , fentences , cadrans de dévotion ,
fables , devifes , & autres fujets moraux , ga
lans , en formes d'étrennes , curieufes & inftruc→
tives , & propres à orner des écrans , almanachs,
boîtes, &c. defquels ledit fiear Maillard fait les
envois aux maifons Religieufes , & aux Mar.
chands de province. Ces fujets bien choifis , joints
à la propreté de l'exécution , bien enluminés &
ornés de jolies vignettes deffinées avec goût ,
merité les fuffrages des curieux. On trouvera auſk
ont
AVRIL. 1757. 213
chez le fieur Maillard divers autres fujets peints
avec lefdites vignettes , comme figures Chinoiſes,
papier peint , cartouche, & c,
LE fieur Maillard demeurant au College de
Cambray , place Cambray , près la rue S. Jac
ques à Paris , continue de faire & vendre différens
ouvrages en caracteres & vignettes , &
entreprend de noter les livres d'Eglife ."
On trouvera en fon autre demeure , rue Saint
Jacques, la deuxieme porte cochere au deffus de la
rue des Noyers , une fuite de foixante feuilles
d'emblêmes , fentences , cadrans de dévotion ,
fables , devifes , & autres fujets moraux , ga
lans , en formes d'étrennes , curieufes & inftruc→
tives , & propres à orner des écrans , almanachs,
boîtes, &c. defquels ledit fiear Maillard fait les
envois aux maifons Religieufes , & aux Mar.
chands de province. Ces fujets bien choifis , joints
à la propreté de l'exécution , bien enluminés &
ornés de jolies vignettes deffinées avec goût ,
merité les fuffrages des curieux. On trouvera auſk
ont
AVRIL. 1757. 213
chez le fieur Maillard divers autres fujets peints
avec lefdites vignettes , comme figures Chinoiſes,
papier peint , cartouche, & c,
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Résumé : AUTRE.
Le sieur Maillard, résidant au Collège de Cambray, place Cambray, près de la rue Saint-Jacques à Paris, fabrique et vend divers ouvrages en caractères et vignettes. Il propose également des services de reliure pour les livres d'église. Maillard offre une collection de soixante feuilles d'emblèmes, sentences, cadrans de dévotion, fables, devises et autres sujets moraux et galants, adaptés pour orner des écrans, almanachs, boîtes, etc. Ces œuvres sont envoyées à des maisons religieuses et à des marchands de province. Les sujets choisis, l'exécution propre et l'enlumineurement soigné, ainsi que les jolies vignettes dessinées avec goût, sont appréciés des amateurs. De plus, Maillard propose divers autres sujets peints avec les mêmes vignettes, comme des figures chinoises, du papier peint et des cartouches.
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8058
p. 211-212
AUTRE.
Début :
Nous croyons devoir annoncer au Public comme un objet intéressant, que Madame [...]
Mots clefs :
Madame Thomin, Ingénieur en optique, Lunettes, Biloupe, Microscopes, Télescopes, Usage utile, Grossissement, Lentilles
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
NOUS croyons
devoir annoncer
au Public com
me un objet intéreſſant
, que Madame
Thomin
eft continuée
dans l'exercice
du privilége
dont
jouiffoit
fon mari, d'Ingénieur
en optique
de la
Reine : elle foutient
le commerce
de lunettes ,
conferves
, biloupes
, microſcopes
, teleſcopes
,
& tout ce qui dépend
de l'optique
. Elle travaille
,
comme
elle faifoit fous la direction
de fon mari ,
à tous les ouvrages
de l'art dont on peut voir
le détail dans le traité d'optique
méchanique
,
imprimé
en 1749 , chez Jean- Baptifte
Coignard
& Antoine
Boudet , rue Saint Jacques , à la Bi
ble d'or.
On trouve chez elle une espece de biloupe
qui a un double verre , & dont l'ufage eft extrêmement
utile pour les Horlogers , les Peintres ,
les Deffinateurs , & furtout pour les vieilles
écritures elle fert auffi pour la botanique en
ce qu'elle groffit & diftinguent les objets. Certe
biloupe eft de l'invention de M. Thomin , qui
en a laiffé le fecret à fa veuve.
Il a perfectionné une forte de microſcope à
la main , que l'on nomme engifcope , parce qu'il
n'a point de verres, & qu'il n'eft compofé que
de lentilles. Il eft porté fur une tige particuliere ,
avec un appui rond ou quarré & facile à tenir.
Au haut de cette tige eft une bonette dans laquelle
eft enfoncée un miroir d'argent qui fait,
par le moyen du poli , la reflection du microfco212
MERCURE DE FRANCE.
pe univerfel , & par le moyen de trois ou quatre
lentilles de rechange , dont le propre eft de groffir
plus ou moins les plus petits objets, felon les
foyers qu'on leur donne.
Au milieu de cette tige eft une pince qui s'ouvre
en appuyant deux doigts fur deux petits boutons
où l'on met les animaux dont on veut voir la circulation
du fang. Au bout de cette pince eft une
pointe d'acier recourbé , qui fert à recevoir les
quatre petites dames blanches & noires , fur lefquelles
on met les objets qui ne font point tranfparens,
comme le fable, la poudre, & l'etoffe , &c.
Vous déviffez cette pointe , & vous mettez en fa
place deux petites plaques de cuivre jointes en◄
femble , l'une percée au milieu , & l'autre de
glace pour recevoir les liqueurs, ou fluides , ou
épaiffes, que vous voulez examiner. Le tout dans un
petit coffret de chagrin affez commode pour être
emporté dans la poche.
La dame Themin travaille elle- même tous ces
ouvrages avec un Artiſte habile , que M. Thomin
a inftruit lui-même fur toutes ces connoiffances
pendant plufieurs années.
NOUS croyons
devoir annoncer
au Public com
me un objet intéreſſant
, que Madame
Thomin
eft continuée
dans l'exercice
du privilége
dont
jouiffoit
fon mari, d'Ingénieur
en optique
de la
Reine : elle foutient
le commerce
de lunettes ,
conferves
, biloupes
, microſcopes
, teleſcopes
,
& tout ce qui dépend
de l'optique
. Elle travaille
,
comme
elle faifoit fous la direction
de fon mari ,
à tous les ouvrages
de l'art dont on peut voir
le détail dans le traité d'optique
méchanique
,
imprimé
en 1749 , chez Jean- Baptifte
Coignard
& Antoine
Boudet , rue Saint Jacques , à la Bi
ble d'or.
On trouve chez elle une espece de biloupe
qui a un double verre , & dont l'ufage eft extrêmement
utile pour les Horlogers , les Peintres ,
les Deffinateurs , & furtout pour les vieilles
écritures elle fert auffi pour la botanique en
ce qu'elle groffit & diftinguent les objets. Certe
biloupe eft de l'invention de M. Thomin , qui
en a laiffé le fecret à fa veuve.
Il a perfectionné une forte de microſcope à
la main , que l'on nomme engifcope , parce qu'il
n'a point de verres, & qu'il n'eft compofé que
de lentilles. Il eft porté fur une tige particuliere ,
avec un appui rond ou quarré & facile à tenir.
Au haut de cette tige eft une bonette dans laquelle
eft enfoncée un miroir d'argent qui fait,
par le moyen du poli , la reflection du microfco212
MERCURE DE FRANCE.
pe univerfel , & par le moyen de trois ou quatre
lentilles de rechange , dont le propre eft de groffir
plus ou moins les plus petits objets, felon les
foyers qu'on leur donne.
Au milieu de cette tige eft une pince qui s'ouvre
en appuyant deux doigts fur deux petits boutons
où l'on met les animaux dont on veut voir la circulation
du fang. Au bout de cette pince eft une
pointe d'acier recourbé , qui fert à recevoir les
quatre petites dames blanches & noires , fur lefquelles
on met les objets qui ne font point tranfparens,
comme le fable, la poudre, & l'etoffe , &c.
Vous déviffez cette pointe , & vous mettez en fa
place deux petites plaques de cuivre jointes en◄
femble , l'une percée au milieu , & l'autre de
glace pour recevoir les liqueurs, ou fluides , ou
épaiffes, que vous voulez examiner. Le tout dans un
petit coffret de chagrin affez commode pour être
emporté dans la poche.
La dame Themin travaille elle- même tous ces
ouvrages avec un Artiſte habile , que M. Thomin
a inftruit lui-même fur toutes ces connoiffances
pendant plufieurs années.
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Résumé : AUTRE.
Madame Thomin poursuit l'activité d'ingénieur en optique de son mari, fabriquant et vendant des lunettes, loupes, microscopes, télescopes et autres instruments optiques selon les méthodes décrites dans un traité de 1749. Une loupe à double verre, inventée par Monsieur Thomin, est particulièrement appréciée des horlogers, peintres, dessinateurs et pour la lecture de vieilles écritures. Elle est également utilisée en botanique. Madame Thomin a aussi perfectionné un microscope portatif, l'engiscope, composé uniquement de lentilles et sans verres. Cet instrument, monté sur une tige avec un miroir réfléchissant et plusieurs lentilles interchangeables, permet d'observer la circulation sanguine chez les animaux et d'examiner des substances non transparentes grâce à une pointe d'acier. L'engiscope est livré dans un coffret pratique pour le transport. Madame Thomin collabore avec un artiste formé par son mari pour réaliser ces ouvrages.
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8059
p. 212-213
AUTRE.
Début :
Le sieur Cousin Expert, reçu à Saint Côme pour les descentes, donne avis [...]
Mots clefs :
Bandage, Perfectionnement, Solidité, Commodité, Exomphale, Hernie
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Le fieur Coufin Expert , reçu à Saint Côme
pour les defcentes , donne avis qu'il a confidérablement
perfectionné le bandage à reffort pour
l'exomphale reduit , en lui donnant plus de folidité
& de commodité . C'eft fur ces raifons que la
Faculté de Médecine , fur le rapport des Commiffaires
qu'elle a nommés pour l'examen de ce bandage
lui a accordé une approbation authentique ,
& a jugé que les avantages de ce bandage
AVRIL. 1757. 217
furpaffoient tous ceux des autres bandages qui
avoient été propofés pour cette maladie . On trouve
auffi chez lui des bandages élastiques à reffort &
fans reffort , à charniere & à corps ouvert.
Il demeure , rue Comteffe d'Artois.
Le fieur Coufin Expert , reçu à Saint Côme
pour les defcentes , donne avis qu'il a confidérablement
perfectionné le bandage à reffort pour
l'exomphale reduit , en lui donnant plus de folidité
& de commodité . C'eft fur ces raifons que la
Faculté de Médecine , fur le rapport des Commiffaires
qu'elle a nommés pour l'examen de ce bandage
lui a accordé une approbation authentique ,
& a jugé que les avantages de ce bandage
AVRIL. 1757. 217
furpaffoient tous ceux des autres bandages qui
avoient été propofés pour cette maladie . On trouve
auffi chez lui des bandages élastiques à reffort &
fans reffort , à charniere & à corps ouvert.
Il demeure , rue Comteffe d'Artois.
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Résumé : AUTRE.
M. Coufin, expert en bandages, reconnu par la Faculté de Médecine de Saint Côme, a amélioré le bandage à ressort pour l'exomphalie réduite, augmentant sa solidité et sa commodité. Cette innovation a été approuvée par la Faculté après examen. M. Coufin propose aussi des bandages élastiques diversifiés. Il exerce rue Comtesse d'Artois.
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8060
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 12 Avril 1757.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 12 Avril 1757.
GUIROY.
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8061
p. 213-214
ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
Début :
Page 14, ligne 6, pas, pas plus long-temps, lisez, pas plus [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
ERRATA
du premier volume du Mercure d'Avril.
PAAGE 14 , ligne 6 , pas , pas plus long-temps ,
lifex , pas plus long-temps.
Page 15 , lig. 17 , l'air qu'il appris , lifex , qu'il a
appris.
Page 21 , lig. 5 , elle fut tenté d'interpréter , liſez,
elle fut tentée , &c.
Page 39 , ligne premiere ,
lifez ,
D'abord , mon taudis en Tibur¸
D'abord , mon taudis eft Tibur ,
Même page , lig. 26 & 27 ,
C'est l'aimable Reine de Gnide.
214
Sortant de l'écume des mers ,
Changez ainfi la ponctuation ,
C'eft l'aimable Reine de Gnide ;
Sortant de l'écume des mers.
Page 43 , lig. 26 & 27 , d'ailleurs ces plaifirs ne
lui font pas moins infupportables , qu'elle lui
eft odieufe , lifex , d'ailleurs il ne lui eft pas
moins infupportable , qu'elle lui eft odieufe.
( Il s'agit du Mifanthrope & de la fociété . )
Page 102 , lig. 3 , ils deshonora , lif. il deshonora.
Page 123 , lig 9 & 10 , par la certitude qu'elles
ont des fottifes reproduites dans des objets aimables
, par une imitation fine , elles deviennent
des moyens de plaire , &c. lifez , par la certitude
qu'elles ont que des fottifes reproduites
dans des objets aimables, par une imitation fine,
deviennent des moyens de plaire ,
Page 137 , lig. 23 , qui nous ait plus attaché ,
lifex , qui nous ait plus attachés.
du premier volume du Mercure d'Avril.
PAAGE 14 , ligne 6 , pas , pas plus long-temps ,
lifex , pas plus long-temps.
Page 15 , lig. 17 , l'air qu'il appris , lifex , qu'il a
appris.
Page 21 , lig. 5 , elle fut tenté d'interpréter , liſez,
elle fut tentée , &c.
Page 39 , ligne premiere ,
lifez ,
D'abord , mon taudis en Tibur¸
D'abord , mon taudis eft Tibur ,
Même page , lig. 26 & 27 ,
C'est l'aimable Reine de Gnide.
214
Sortant de l'écume des mers ,
Changez ainfi la ponctuation ,
C'eft l'aimable Reine de Gnide ;
Sortant de l'écume des mers.
Page 43 , lig. 26 & 27 , d'ailleurs ces plaifirs ne
lui font pas moins infupportables , qu'elle lui
eft odieufe , lifex , d'ailleurs il ne lui eft pas
moins infupportable , qu'elle lui eft odieufe.
( Il s'agit du Mifanthrope & de la fociété . )
Page 102 , lig. 3 , ils deshonora , lif. il deshonora.
Page 123 , lig 9 & 10 , par la certitude qu'elles
ont des fottifes reproduites dans des objets aimables
, par une imitation fine , elles deviennent
des moyens de plaire , &c. lifez , par la certitude
qu'elles ont que des fottifes reproduites
dans des objets aimables, par une imitation fine,
deviennent des moyens de plaire ,
Page 137 , lig. 23 , qui nous ait plus attaché ,
lifex , qui nous ait plus attachés.
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Résumé : ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
Le document énumère les corrections nécessaires pour le premier volume du Mercure d'Avril. Plusieurs pages et lignes spécifiques sont mentionnées. Par exemple, à la page 14, ligne 6, il faut remplacer 'pas, pas plus long-temps' par 'pas plus longtemps'. À la page 15, ligne 17, 'l'air qu'il appris' doit être corrigé en 'qu'il a appris'. D'autres corrections incluent des ajustements de ponctuation et des modifications de phrases. Ainsi, à la page 39, la phrase doit être modifiée pour lire 'D'abord, mon taudis eft Tibur' et 'C'eft l'aimable Reine de Gnide; Sortant de l'écume des mers'. Des changements similaires sont notés aux pages 43, 102, 123 et 137, visant à corriger des erreurs typographiques ou grammaticales.
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8062
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers de M. le Président [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS ERS de M. le Préſident de Ruffey à M. de
Voltaire , $
Vers fur la perte que nous avons faite de M. de
Fontenelle ,
Le Bonheur imprévu , Conte ,
6
8
Invitation à M. le Curé de Saint Jean, aux Amo.
gnes,,
Dialogue entre Stratonice & Fontenelle ,
Epître à M. de Reaumur,
30
33
42
215
Lettre de M. Trublet à M. de Boiffy , & l'examen
de l'Opéra de Pfyché , par M. de la
Motte ,
Epitre badine à M. l'Abbé Bernier ,
Penfées diverfes ,
Le Riche , le Noble & le Sage , Fable ,
46
57.
61
64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Couplets fur des vers à foye ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait de l'Ecole de l'Amitié ,
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
66
ibid.
69,
71
89
127
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 15 Mars 1757,
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Medailles. Deviſes des Jettons pour l'année 1757 ;
141
144
Phyfique. Efquiffe fur l'irritabilité & la fenfibilité
des parties du corps de l'homme ,
Séance publique de la Société Littéraire de Châ◄
lons -fur-Marne ,
ART. IV . BEAUX-ARTS .
ISI.
Mufique, Lettre à l'Auteur du Mercure , fur la
déclamation notée ,
Gravure ,
ART. V. SPECTA LES.
Comédie Françoiſe ,
159
166
Compliment prononcé à la cloture du Théâtre
par M. de la Noue ,
Comédie Italienne
Vers à Mlle. Camille Veroneze ,
167
ibid.
171
ibida
216
Opera Comique , 175
Concert Spirituel ,
ibid.
Spectacle de M. Servandonni , 177
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
179
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 189
Bénéfice donné , 197
Supplément à l'Article de Chirurgie ,
Supplément à l'article des Spectacles ,
Mariages & Morts ,
Avis divers.
198
201
ibid.
204
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS ERS de M. le Préſident de Ruffey à M. de
Voltaire , $
Vers fur la perte que nous avons faite de M. de
Fontenelle ,
Le Bonheur imprévu , Conte ,
6
8
Invitation à M. le Curé de Saint Jean, aux Amo.
gnes,,
Dialogue entre Stratonice & Fontenelle ,
Epître à M. de Reaumur,
30
33
42
215
Lettre de M. Trublet à M. de Boiffy , & l'examen
de l'Opéra de Pfyché , par M. de la
Motte ,
Epitre badine à M. l'Abbé Bernier ,
Penfées diverfes ,
Le Riche , le Noble & le Sage , Fable ,
46
57.
61
64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Couplets fur des vers à foye ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait de l'Ecole de l'Amitié ,
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
66
ibid.
69,
71
89
127
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 15 Mars 1757,
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Medailles. Deviſes des Jettons pour l'année 1757 ;
141
144
Phyfique. Efquiffe fur l'irritabilité & la fenfibilité
des parties du corps de l'homme ,
Séance publique de la Société Littéraire de Châ◄
lons -fur-Marne ,
ART. IV . BEAUX-ARTS .
ISI.
Mufique, Lettre à l'Auteur du Mercure , fur la
déclamation notée ,
Gravure ,
ART. V. SPECTA LES.
Comédie Françoiſe ,
159
166
Compliment prononcé à la cloture du Théâtre
par M. de la Noue ,
Comédie Italienne
Vers à Mlle. Camille Veroneze ,
167
ibid.
171
ibida
216
Opera Comique , 175
Concert Spirituel ,
ibid.
Spectacle de M. Servandonni , 177
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
179
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 189
Bénéfice donné , 197
Supplément à l'Article de Chirurgie ,
Supplément à l'article des Spectacles ,
Mariages & Morts ,
Avis divers.
198
201
ibid.
204
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication divisée en six sections. La première section rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des lettres, des fables et des épîtres destinées à des figures comme Voltaire, Fontenelle et l'abbé Bernier. Parmi ces œuvres, on trouve 'Le Bonheur imprévu', un conte, et 'Le Riche, le Noble & le Sage', une fable. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', contient des extraits de l''École de l'Amitié' et des annonces de nouveaux livres. La troisième section, 'Sciences et Belles Lettres', aborde des descriptions de médailles et des discussions sur la physique, notamment sur l'irritabilité et la sensibilité des parties du corps humain. La quatrième section, 'Beaux-Arts', explore la musique et la gravure. La cinquième section, 'Spectacles', liste divers événements théâtraux et musicaux, tels que des comédies françaises et italiennes, des opéras comiques et des concerts spirituels. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles étrangères', couvre les nouvelles de la cour, de Paris, ainsi que des avis divers et des suppléments sur la chirurgie et les spectacles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8063
p. 216
« La Planche des Jettons doit se place à la page 141. [...] »
Début :
La Planche des Jettons doit se place à la page 141. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Planche des Jettons doit se place à la page 141. [...] »
La Planche des Jettons doit fe placer à la page 141.
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8064
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant. Jombert.
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8065
p. 75
ENIGME.
Début :
Grand, petit, carré, rond, [...]
Mots clefs :
Ver de bois
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
GRAND , petit , carré , rond ,
Pointu , triangulaire ,
Ou mince, ou gros , ou court ou long ;
Quelquefois infulaire.
Je m'alonge & fuis raccourci
Tantôt l'un , tantôt l'autre auffi
Sans autre préambule ,
Je vis content de peu.
Le domaine de ma cellule
Eft très-fouvent en franc-alleu.
GRAND , petit , carré , rond ,
Pointu , triangulaire ,
Ou mince, ou gros , ou court ou long ;
Quelquefois infulaire.
Je m'alonge & fuis raccourci
Tantôt l'un , tantôt l'autre auffi
Sans autre préambule ,
Je vis content de peu.
Le domaine de ma cellule
Eft très-fouvent en franc-alleu.
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8066
p. 75-76
LOGOGRYPHE.
Début :
Fille de la terreur, l'ignorance est ma mere, [...]
Mots clefs :
Superstition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOG RYP HE.
ILLE de la terreur , l'ignorance eſt ma mere ,
Mon empire s'étend fur l'efprit des mortels ;
Vous m'avez vu fortir de l'ombre des Autels ,
Et caufer plus de maux que la pefte & la guerre
Douze pieds compofent mon tout :
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Tranfpofez - les de diverfes manieres ,
Vous trouverez en France deux rivieres ;
Mais fivous cherchez jufqu'au bout,
Vous devez voir le pere de Medée ;
Un mont fameux dans la Judée ;
Le Roi dont Troyé a pris fon nom
La Meffagere de Junon ;
Un enfant qui fervit de repas à fon pere
Un nom qu'en Europe on révere ;
Un Dieu d'Egypte , un Peintre , un Empereur ,
Qui fur Jérufalem fignala fa fureur ;
Un empire d'Afie , un terme de mufique ,
Un royaume de l'Amérique ,
Où l'Espagnol par l'or fut arrêté ;
Un inftrument par Ifis inventé ;
L'endroit oùdes anciens on confervoit la cendre.....
Mais je deviens trop clair , & vous devez m'entendre
.
Par M. MOURON- DE CHATIGNY .
ILLE de la terreur , l'ignorance eſt ma mere ,
Mon empire s'étend fur l'efprit des mortels ;
Vous m'avez vu fortir de l'ombre des Autels ,
Et caufer plus de maux que la pefte & la guerre
Douze pieds compofent mon tout :
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Tranfpofez - les de diverfes manieres ,
Vous trouverez en France deux rivieres ;
Mais fivous cherchez jufqu'au bout,
Vous devez voir le pere de Medée ;
Un mont fameux dans la Judée ;
Le Roi dont Troyé a pris fon nom
La Meffagere de Junon ;
Un enfant qui fervit de repas à fon pere
Un nom qu'en Europe on révere ;
Un Dieu d'Egypte , un Peintre , un Empereur ,
Qui fur Jérufalem fignala fa fureur ;
Un empire d'Afie , un terme de mufique ,
Un royaume de l'Amérique ,
Où l'Espagnol par l'or fut arrêté ;
Un inftrument par Ifis inventé ;
L'endroit oùdes anciens on confervoit la cendre.....
Mais je deviens trop clair , & vous devez m'entendre
.
Par M. MOURON- DE CHATIGNY .
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8067
p. 201-203
DU NORD
Début :
Par ordre du Roi, le Comte de Brulh a fait dresser, pour être insérée dans [...]
Mots clefs :
Varsovie, Comte de Brulh, Note, Gazette de Berlin, Monnaies, Frappe, Différentes sortes, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD
DU NORD
DE WARSOVIE , le 22 Mars.
PAR ordre du Roi , le Comte de Brulh a fait
dreffer , pour être inférée dans les papiers publics
, une note dont voici l'extrait. « Cette
» Cour a vu avec étonnement l'article inféré dans
» la Gazette de Berlin , N° 31 , en date du 12,
» Mars , où l'on prétend démentir , comme
❤faux très-calomnieux , les avis donnés d'ici ,
au fujet des monnoies que les Juifs Ephraim
» font frapper actuellement à Leipfick.... La fa-
» çon , dont l'Auteur de cet article s'y prend
» pour éblouir le public , eft des plus fingulieres.
» Il met en queftion ce qui n'y eft pas. Au
» contraire , il paffe fous filence ce dont il s'agit.
Il protefte qu'on ne frappe point à Drefde d'au-
» tres efpeces que fous la date de 1757 , & fur
» le pied ordinaire , & qu'à Leipfick on n'a
point fabriqué de pieces de deux gros , de
» quatre gros , & d'un tiers d'écu. Les avis de
» Saxe n'ont rien dit d'oppofé à ces deux affer-
>> tions. S'ils ont nommé les différentes efpeces,
» ci-deffus mentionnées , ce n'a été qu'en com-
» paraifon avec les feules dont il s'agit , fçavoir
les pieces de huit gros , qu'il ne faut pas con-
Iv
202 MERCURE DE FRANCE:
fondre avec les tiers d'écu & avec les fimples
gros.... On a affirmé feulement , que celles qui
» fe frappoient actuellement à Leipfick , fous les
» dates de 1753 , & des trois années fuivantes ,
» avec les anciens coins extorqués , étoient debeaucoup
inférieures aux mêmes pieces que l'Entre-
» preneur Frege avoit fait battre de fon temps.
» Voilà ce que portent les avis de Saxe ; & l'arti-
» cle de Berlin , fe taifant fur ce point , en fait
» l'aveu tacite ..... Quoique l'Ecrivain Pruffien
» avance en termes généraux , que les efpeces ,
» qui fe frappent actuellement à Leipfick , font
» égales à celles de Frege , fi même elles ne les
» excédent pas en valeur intrinfeque ; il n'en eft
>> pas moins certain ( & c'eft une vérité incon-
» teftable , fondée fur une évaluation faite , dont
>> tous les monnoyeurs impartiaux peuvent at-
»
22
413
tefter l'exactitude ) que les nouveaux gros de la
» fabrique des Juffs Ephraïm à Leipfick , ne va-
» lent que fennins , & leurs nouvelles pieces
» de huit gros , que 6 gros o fennins , c'eft-à-
» dire , que les gros font de 18 écus , is gros ,
69 fennins , & les pieces de huit gros , de 18
» écus , 14 gros , 1 fennins , au marc fin d'ar-
» gent , qui n'étoit auparavant monnoyé en gros
» qu'à 15 écus , & en pieces de huit gros , qu'à
» 14 écus , 2 gros , 25, fennins , ce qui fait
ainfi , pour cent , un déchet de 19 écus , 13
gros , fenpins ', fur les gros , & de 24
écus , gros , 3 fennins , fur les pieces de
» huit gros.... On a cru devoir en avertir le public
, afin que chacun puiffe fe garantir de préjudice
: attendu que les Juifs Ephraïm réfon-
>> dant поп feulement toutes les monnoies de
Saxe , mais encore une partie de celles de
» Pruffe , le dommage , qui en réfulteroit à l'ag
MIA 1.17570 203
» venir , feroit immenfe , fi ces nouvelles efpe-
>> ces continuoient d'avoir un libre cours dans le
» commerce.... »
DE WARSOVIE , le 22 Mars.
PAR ordre du Roi , le Comte de Brulh a fait
dreffer , pour être inférée dans les papiers publics
, une note dont voici l'extrait. « Cette
» Cour a vu avec étonnement l'article inféré dans
» la Gazette de Berlin , N° 31 , en date du 12,
» Mars , où l'on prétend démentir , comme
❤faux très-calomnieux , les avis donnés d'ici ,
au fujet des monnoies que les Juifs Ephraim
» font frapper actuellement à Leipfick.... La fa-
» çon , dont l'Auteur de cet article s'y prend
» pour éblouir le public , eft des plus fingulieres.
» Il met en queftion ce qui n'y eft pas. Au
» contraire , il paffe fous filence ce dont il s'agit.
Il protefte qu'on ne frappe point à Drefde d'au-
» tres efpeces que fous la date de 1757 , & fur
» le pied ordinaire , & qu'à Leipfick on n'a
point fabriqué de pieces de deux gros , de
» quatre gros , & d'un tiers d'écu. Les avis de
» Saxe n'ont rien dit d'oppofé à ces deux affer-
>> tions. S'ils ont nommé les différentes efpeces,
» ci-deffus mentionnées , ce n'a été qu'en com-
» paraifon avec les feules dont il s'agit , fçavoir
les pieces de huit gros , qu'il ne faut pas con-
Iv
202 MERCURE DE FRANCE:
fondre avec les tiers d'écu & avec les fimples
gros.... On a affirmé feulement , que celles qui
» fe frappoient actuellement à Leipfick , fous les
» dates de 1753 , & des trois années fuivantes ,
» avec les anciens coins extorqués , étoient debeaucoup
inférieures aux mêmes pieces que l'Entre-
» preneur Frege avoit fait battre de fon temps.
» Voilà ce que portent les avis de Saxe ; & l'arti-
» cle de Berlin , fe taifant fur ce point , en fait
» l'aveu tacite ..... Quoique l'Ecrivain Pruffien
» avance en termes généraux , que les efpeces ,
» qui fe frappent actuellement à Leipfick , font
» égales à celles de Frege , fi même elles ne les
» excédent pas en valeur intrinfeque ; il n'en eft
>> pas moins certain ( & c'eft une vérité incon-
» teftable , fondée fur une évaluation faite , dont
>> tous les monnoyeurs impartiaux peuvent at-
»
22
413
tefter l'exactitude ) que les nouveaux gros de la
» fabrique des Juffs Ephraïm à Leipfick , ne va-
» lent que fennins , & leurs nouvelles pieces
» de huit gros , que 6 gros o fennins , c'eft-à-
» dire , que les gros font de 18 écus , is gros ,
69 fennins , & les pieces de huit gros , de 18
» écus , 14 gros , 1 fennins , au marc fin d'ar-
» gent , qui n'étoit auparavant monnoyé en gros
» qu'à 15 écus , & en pieces de huit gros , qu'à
» 14 écus , 2 gros , 25, fennins , ce qui fait
ainfi , pour cent , un déchet de 19 écus , 13
gros , fenpins ', fur les gros , & de 24
écus , gros , 3 fennins , fur les pieces de
» huit gros.... On a cru devoir en avertir le public
, afin que chacun puiffe fe garantir de préjudice
: attendu que les Juifs Ephraïm réfon-
>> dant поп feulement toutes les monnoies de
Saxe , mais encore une partie de celles de
» Pruffe , le dommage , qui en réfulteroit à l'ag
MIA 1.17570 203
» venir , feroit immenfe , fi ces nouvelles efpe-
>> ces continuoient d'avoir un libre cours dans le
» commerce.... »
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Résumé : DU NORD
Le 22 mars, le Comte de Brulh a publié une note en réponse à un article de la Gazette de Berlin qui contestait les informations sur les monnaies frappées par les Juifs Ephraim à Leipzig. La note critique l'auteur pour éviter les points essentiels et se concentrer sur des détails secondaires. Elle confirme que les nouvelles pièces, datées de 1753 à 1756, sont de qualité inférieure à celles de l'entrepreneur Frege. Les nouveaux gros valent 18 écus et 69 fennigs, et les pièces de huit gros valent 18 écus, 14 gros et 1 fennig, entraînant un déchet significatif par rapport aux anciennes valeurs. La Cour met en garde contre les risques financiers liés à l'utilisation de ces nouvelles monnaies, soulignant que les Juifs Ephraim contrôlent les monnaies de Saxe et une partie de celles de Prusse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8068
p. 203-207
ALLEMAGNE.
Début :
Le 9 de ce mois, le Général Lossewicz, à la tête d'un corps [...]
Mots clefs :
Corps de troupes, Bataillons, Prusse, Mouvement, Fortifications, Attaques, Prague, Dresde, Frontières, Roi de Prusse, Régiment de dragons, Prince, Saxe, Ratisbonne, Diète de l'Empire, Guerre, Traité de Westphalie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE PRAGUE, le 19 Mars.
Le 9 de ce mois , le Général Loffewicz , à la
tête d'un corps de troupes Pruffiennes , compoſe
de quatorze Bataillons , & de trois Régimens de
Cavalerie , s'avança fur deux colonnes vers Graf
fenftein & vers Grottau , tandis que le Prince de
Bevern, fe porta fur Friedland :avec fix mille
hommes des mêmes troupes. A la nouvelle du
mouvement des ennemis , les détachement de
Croates , qui étoit dans le dernier de ces trois
poftes , fe hâta de fe replier à Reichenberg. Les
Pruffiens fe font emparés de Graffenftein & de
Grottau , mais ils n'ont pu s'y maintenir.: Le
Prince de Bevern a demeuré pendant trois jours
à Friedland , & s'eft enfuite retiré , après avoir
fait démolir les fortifications du château. Le 12 ,
avant d'abandonner ce pofte , il envoya le Co
lonel Putkammer avec un bataillon de grenadiers
, cent dragons & trois cens huffards , pour
reconnoître le terrein entre ce pofte & celui de
Reichenberg. Ce détachement rencontra quatre
cens hommes des troupes Autrichiennes , dont
une partie étoit en bataille devant le village de
Bufch- Ullerdorf , & une autre partie étoit embufquée
derriere des haies . Le fieur Putkammer
les attaqua , & les pouffa à travers le village.
Ils ont eu cinquante hommes tués. On leur a
fait dix prifonniers , & on leur a enlevé trentetrois
chevaux.
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
DE DRESDE , le 6 Avril.
<
Un particulier , qui venoit de Boheme , ayant
été arrêté par les Pruffiens , on trouva fur lui
deux lettres adreffées , l'une à la Comteffe d'Ogilvy
, Dame d'Honneur de la Reine ; l'autre au
Baron de Keffel , Chambellan de cette Princeffe.
En conféquence , le Roi de Pruffe leur fit fignifier
les arrêts. Le lendemain , la Reine envoya
demander à ce Prince leur élargiffement , & il
l'accorda. Il fit prier en même temps la Reine ,
d'empêcher qu'à l'avenir aucune perfonne de fa
Cour n'entretînt des correfpondances avec les
Autrichiens.
+
Sa Majesté Pruffienne , frappée de la beauté
d'un tableau , qui eft dans la Galerie du Palais ,'
avoit ordonné qu'on en tirât une copie. Dès
que la Reine en fut informée , Elle fit préfenter
ce tableau à ce Monarque , qui s'eft excufé de
Faccepter , mais qui a témoigné être fort fenfible
à une telle marque d'attention .
En attendant que toutes les troupes foient en
campagne , les Pruffiens fortifient divers poftes
fur la frontiere. Ils ne négligent rien non plus
pour mettre cette ville à l'abri de toute ſurpriſe ,
& ils ont établi, une batterie devant le chemin
de Dippolfwalde , une près du moulin à poudre
, une du côté de l'Elbe , une dans les environs
de la Tuilerie , une dans le grand cimetiere
, une vis-à- vis le chemin de Pirna , une à
l'extrêmité des jardins de Maffinisky , & une fur
la hauteur de Sintzendorff Outre ces précautions ,
ils ont pratiqué des mines en plufieurs endroits .
Ces jours derniers , le Roi de Pruffe écrivit au
Lieutenant-Général Pirfch, Commandant de KoMA
I. 1757: 205
nigstein , la lettre fuivante. « Ayant appris de
» plufieurs endroits que les Autrichiens pen-
» foient à furprendre votre fortereffe , je n'ai
» point voulu différer de vous rappeller le con-
>> tenu de votre capitulation , & ce à quoi votre
» honneur & votre parole vous engagent. Ko-
» nigſtein étant une fortereffe qui ne peut crainqu'un
coup de main , j'ai dû d'autant plus
» vous donner avis du deffein des ennemis , que
s'ils entreprenoient de l'exécuter , je ne pour-
» rois m'empêcher de vous croire d'intelligence
D
» avec eux. >>>
Indépendamment d'un efcadron du Régiment
de dragons de Rutowski qui , fe trouvant dans
la haute Luface , près des frontieres de Boheme ,
a profité de la circonftance pour paffer du côté
des Autrichiens , le Régiment ci - devant du Prince
Frederic- Augufte de Saxe , & maintenant
Loën , a auffi déferté. Au lieu d'aller à Berlin ,
où on lui avoit affigné de nouveaux quartiers ,
il a pris la route de Pologne. On affure qu'il y
a été fuivi par un bataillon du Régiment de
Jeune Bevern , ci- devant du Prince Xavier. La
défertion de ces corps a déterminé Sa Majesté
Pruffienne à incorporer les Gardes du Corps
Saxons dans fes Gardes , ainfi que les cavaliers
& les dragons de la même nation dans les Régimens
de cavalerie & de dragons des troupes
Pruffiennes . A l'égard de l'infanterie , ce Prince"
ne laiffe que dix Saxons par compagnie. Les
autres font diftribués dans les Régimens Pruffiens
, dont on prend un pareil nombre de foldats
, pour remplacer les Saxons dans les corps ,
où ceux-ci fervoient. En même temps , on vient
de publier une Ordonnance , en vertu de laquelle
les biens ou effets des défertears des anciens
206 MERCURE DE FRANCE.
Régimens Saxons feront confifqués , & leurs pas
rens , tenus de bonifier l'uniforme & les armes.
Sa Majefté Pruffienne exige encore de cet Electorat
deux mille cinq cens hommes de nouvel,
les recrues , pour augmenter de vingt hommes
chaque compagnie de ces Régimens . Le Major
Général Rezow en a remis l'ordre par écrit ,
avec la répartition , aux Députés des Etats actuel
lement aflemblés en cette Capitale.
Ce même Major Général , le 31 du mois der
nier , fit fignifier à la Comteffe de Brulh , époufe
du Premier Miniftre , laquelle depuis cinq mois
logeoit au Palais , qu'elle eût à retourner àfon
Hôtel. Quelques momens après qu'elle y fut
arrivée , il s'y tranfporta pour lui annoncer les
arrêts de la part du Roi de Pruffe, Elle y eft gardée
par un Officier , un fergent , un caporal ,
& fix foldats. On croit qu'elle fera obligée de fe
retirer en Pologne , & qu'un détachement l'accompagnera
jufques fur la frontiere.
DE RATISBONNE , le 2 : Avril.
Il a été dicté le 30 Mars, à la Diere de l'Empire,
une Déclaration que les Miniftres de France & de
Suede avoient remife plufieurs jours auparavant aq
nom des Rois leurs Maîtres, en qualité de garans
de la paix de Weftphalie , Comme cette Déclara
tion , quoique remife féparément , eft la même ,
on n'inférera ici que la copie de celle qui a été faite
au nom de S. M.T. C. « Le Roi mon Maître n'a pu
» voir fans un extrême déplaifir, qu'il fe foit élevé
» en Allemagne une guerre , qui tient dans l'oppreffion
, la plus cruelle & la plus inouie , de
» puiffans Etats de l'Empire , en expofe d'autres
» au danger de fubir le même fort , & menace
MAI 1757. 207
» d'un renverſement total les Loix & Conftitu-
» tions Germaniques , les Traités de Weftphalie,
» & le Syſtême de l'Empire . Pour remédier aux
» maux préfens , & prévenir ceux qui pourroient
>> arriver dans la fuite , divers Etats des plus con-
» fidérables de l'Empire ont requis la France &
» la Suede d'exercer la Garantie qu'Elles ont
» donnée des Traités de Weftphalie ; & comme
» ces deux Puiffances fe font trouvé animées .
» du même zele pour la défenſe des Etats de
>> l'Empire , le maintien du Systême Germanique,
» & notamment pour la confervation des droits
» des trois Religions établies en Allemagne
» Elles ont réfolu , d'un commun accord , de
» prendre les mefures les plus promptes & les
plus efficaces , pour fatisfaire à leurs obliga-
» tions fur des objets auffi importans . En conféquence
le Roi déclare , conjointement avec
» le Roi de Suede , à tout l'Empire , que Leurs
» Majeſtés feront , comme Garantes des Traités
>> de Weftphalie , tous les efforts qui font en
>> leur pouvoir , pour contribuer , felon le voeu
» de l'Empire , à arrêter le cours des maux qui
» défolent l'Allemagne , en procurer la répara-
» tion , & maintenir nommément les droits des
» trois Religions établies dans l'Empire ; enfin
» pour affurer la liberté Germanique, fur les
» fondemens des Traités de Weftphalie , contre
» toutes les atteintes que quelque Puiffance que
>> ce foit aura entrepris , ou entreprendra d'y
» porter. Sa Majefté efpere , ainfi que Sa Majef
» té Suédoife , que l'Empire reconnoîtra toute la
» fincérité & l'étendue de leur zele pour le falut
» de l'Allemagne , & Elles ne doutent pas que les
Electeurs , Princes & Etats , ne fecondent de
» tout leur pouvoir une réfolution aufſi légitime,
» auffi falutaire & auffi généreuſe. ».
DE PRAGUE, le 19 Mars.
Le 9 de ce mois , le Général Loffewicz , à la
tête d'un corps de troupes Pruffiennes , compoſe
de quatorze Bataillons , & de trois Régimens de
Cavalerie , s'avança fur deux colonnes vers Graf
fenftein & vers Grottau , tandis que le Prince de
Bevern, fe porta fur Friedland :avec fix mille
hommes des mêmes troupes. A la nouvelle du
mouvement des ennemis , les détachement de
Croates , qui étoit dans le dernier de ces trois
poftes , fe hâta de fe replier à Reichenberg. Les
Pruffiens fe font emparés de Graffenftein & de
Grottau , mais ils n'ont pu s'y maintenir.: Le
Prince de Bevern a demeuré pendant trois jours
à Friedland , & s'eft enfuite retiré , après avoir
fait démolir les fortifications du château. Le 12 ,
avant d'abandonner ce pofte , il envoya le Co
lonel Putkammer avec un bataillon de grenadiers
, cent dragons & trois cens huffards , pour
reconnoître le terrein entre ce pofte & celui de
Reichenberg. Ce détachement rencontra quatre
cens hommes des troupes Autrichiennes , dont
une partie étoit en bataille devant le village de
Bufch- Ullerdorf , & une autre partie étoit embufquée
derriere des haies . Le fieur Putkammer
les attaqua , & les pouffa à travers le village.
Ils ont eu cinquante hommes tués. On leur a
fait dix prifonniers , & on leur a enlevé trentetrois
chevaux.
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
DE DRESDE , le 6 Avril.
<
Un particulier , qui venoit de Boheme , ayant
été arrêté par les Pruffiens , on trouva fur lui
deux lettres adreffées , l'une à la Comteffe d'Ogilvy
, Dame d'Honneur de la Reine ; l'autre au
Baron de Keffel , Chambellan de cette Princeffe.
En conféquence , le Roi de Pruffe leur fit fignifier
les arrêts. Le lendemain , la Reine envoya
demander à ce Prince leur élargiffement , & il
l'accorda. Il fit prier en même temps la Reine ,
d'empêcher qu'à l'avenir aucune perfonne de fa
Cour n'entretînt des correfpondances avec les
Autrichiens.
+
Sa Majesté Pruffienne , frappée de la beauté
d'un tableau , qui eft dans la Galerie du Palais ,'
avoit ordonné qu'on en tirât une copie. Dès
que la Reine en fut informée , Elle fit préfenter
ce tableau à ce Monarque , qui s'eft excufé de
Faccepter , mais qui a témoigné être fort fenfible
à une telle marque d'attention .
En attendant que toutes les troupes foient en
campagne , les Pruffiens fortifient divers poftes
fur la frontiere. Ils ne négligent rien non plus
pour mettre cette ville à l'abri de toute ſurpriſe ,
& ils ont établi, une batterie devant le chemin
de Dippolfwalde , une près du moulin à poudre
, une du côté de l'Elbe , une dans les environs
de la Tuilerie , une dans le grand cimetiere
, une vis-à- vis le chemin de Pirna , une à
l'extrêmité des jardins de Maffinisky , & une fur
la hauteur de Sintzendorff Outre ces précautions ,
ils ont pratiqué des mines en plufieurs endroits .
Ces jours derniers , le Roi de Pruffe écrivit au
Lieutenant-Général Pirfch, Commandant de KoMA
I. 1757: 205
nigstein , la lettre fuivante. « Ayant appris de
» plufieurs endroits que les Autrichiens pen-
» foient à furprendre votre fortereffe , je n'ai
» point voulu différer de vous rappeller le con-
>> tenu de votre capitulation , & ce à quoi votre
» honneur & votre parole vous engagent. Ko-
» nigſtein étant une fortereffe qui ne peut crainqu'un
coup de main , j'ai dû d'autant plus
» vous donner avis du deffein des ennemis , que
s'ils entreprenoient de l'exécuter , je ne pour-
» rois m'empêcher de vous croire d'intelligence
D
» avec eux. >>>
Indépendamment d'un efcadron du Régiment
de dragons de Rutowski qui , fe trouvant dans
la haute Luface , près des frontieres de Boheme ,
a profité de la circonftance pour paffer du côté
des Autrichiens , le Régiment ci - devant du Prince
Frederic- Augufte de Saxe , & maintenant
Loën , a auffi déferté. Au lieu d'aller à Berlin ,
où on lui avoit affigné de nouveaux quartiers ,
il a pris la route de Pologne. On affure qu'il y
a été fuivi par un bataillon du Régiment de
Jeune Bevern , ci- devant du Prince Xavier. La
défertion de ces corps a déterminé Sa Majesté
Pruffienne à incorporer les Gardes du Corps
Saxons dans fes Gardes , ainfi que les cavaliers
& les dragons de la même nation dans les Régimens
de cavalerie & de dragons des troupes
Pruffiennes . A l'égard de l'infanterie , ce Prince"
ne laiffe que dix Saxons par compagnie. Les
autres font diftribués dans les Régimens Pruffiens
, dont on prend un pareil nombre de foldats
, pour remplacer les Saxons dans les corps ,
où ceux-ci fervoient. En même temps , on vient
de publier une Ordonnance , en vertu de laquelle
les biens ou effets des défertears des anciens
206 MERCURE DE FRANCE.
Régimens Saxons feront confifqués , & leurs pas
rens , tenus de bonifier l'uniforme & les armes.
Sa Majefté Pruffienne exige encore de cet Electorat
deux mille cinq cens hommes de nouvel,
les recrues , pour augmenter de vingt hommes
chaque compagnie de ces Régimens . Le Major
Général Rezow en a remis l'ordre par écrit ,
avec la répartition , aux Députés des Etats actuel
lement aflemblés en cette Capitale.
Ce même Major Général , le 31 du mois der
nier , fit fignifier à la Comteffe de Brulh , époufe
du Premier Miniftre , laquelle depuis cinq mois
logeoit au Palais , qu'elle eût à retourner àfon
Hôtel. Quelques momens après qu'elle y fut
arrivée , il s'y tranfporta pour lui annoncer les
arrêts de la part du Roi de Pruffe, Elle y eft gardée
par un Officier , un fergent , un caporal ,
& fix foldats. On croit qu'elle fera obligée de fe
retirer en Pologne , & qu'un détachement l'accompagnera
jufques fur la frontiere.
DE RATISBONNE , le 2 : Avril.
Il a été dicté le 30 Mars, à la Diere de l'Empire,
une Déclaration que les Miniftres de France & de
Suede avoient remife plufieurs jours auparavant aq
nom des Rois leurs Maîtres, en qualité de garans
de la paix de Weftphalie , Comme cette Déclara
tion , quoique remife féparément , eft la même ,
on n'inférera ici que la copie de celle qui a été faite
au nom de S. M.T. C. « Le Roi mon Maître n'a pu
» voir fans un extrême déplaifir, qu'il fe foit élevé
» en Allemagne une guerre , qui tient dans l'oppreffion
, la plus cruelle & la plus inouie , de
» puiffans Etats de l'Empire , en expofe d'autres
» au danger de fubir le même fort , & menace
MAI 1757. 207
» d'un renverſement total les Loix & Conftitu-
» tions Germaniques , les Traités de Weftphalie,
» & le Syſtême de l'Empire . Pour remédier aux
» maux préfens , & prévenir ceux qui pourroient
>> arriver dans la fuite , divers Etats des plus con-
» fidérables de l'Empire ont requis la France &
» la Suede d'exercer la Garantie qu'Elles ont
» donnée des Traités de Weftphalie ; & comme
» ces deux Puiffances fe font trouvé animées .
» du même zele pour la défenſe des Etats de
>> l'Empire , le maintien du Systême Germanique,
» & notamment pour la confervation des droits
» des trois Religions établies en Allemagne
» Elles ont réfolu , d'un commun accord , de
» prendre les mefures les plus promptes & les
plus efficaces , pour fatisfaire à leurs obliga-
» tions fur des objets auffi importans . En conféquence
le Roi déclare , conjointement avec
» le Roi de Suede , à tout l'Empire , que Leurs
» Majeſtés feront , comme Garantes des Traités
>> de Weftphalie , tous les efforts qui font en
>> leur pouvoir , pour contribuer , felon le voeu
» de l'Empire , à arrêter le cours des maux qui
» défolent l'Allemagne , en procurer la répara-
» tion , & maintenir nommément les droits des
» trois Religions établies dans l'Empire ; enfin
» pour affurer la liberté Germanique, fur les
» fondemens des Traités de Weftphalie , contre
» toutes les atteintes que quelque Puiffance que
>> ce foit aura entrepris , ou entreprendra d'y
» porter. Sa Majefté efpere , ainfi que Sa Majef
» té Suédoife , que l'Empire reconnoîtra toute la
» fincérité & l'étendue de leur zele pour le falut
» de l'Allemagne , & Elles ne doutent pas que les
Electeurs , Princes & Etats , ne fecondent de
» tout leur pouvoir une réfolution aufſi légitime,
» auffi falutaire & auffi généreuſe. ».
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Résumé : ALLEMAGNE.
Du 9 au 12 mars, les troupes prussiennes, sous les ordres du général Loffewicz et du prince de Bevern, menèrent des opérations en Bohême. Elles s'emparèrent de Graffenstein et Grottau, mais ne purent les conserver. Le prince de Bevern détruisit les fortifications du château de Friedland avant de se retirer. Un détachement prussien repoussa des troupes autrichiennes à Busch-Ullerdorf, capturant des prisonniers et des chevaux. À Dresde, des lettres compromettantes menèrent à l'arrestation puis à la libération de la comtesse d'Ogilvy et du baron de Kessell. Les Prussiens renforcèrent leurs positions à la frontière et autour de Dresde. Des désertions furent signalées parmi les troupes saxonnes, et le roi de Prusse incorpora les Gardes du Corps saxons dans ses troupes, exigeant également de nouvelles recrues. La comtesse de Brühl fut expulsée du palais. En mai 1757, le roi de France exprima son mécontentement face à la guerre en Allemagne, qui menaçait les lois et constitutions germaniques ainsi que les traités de Westphalie. La France et la Suède, en tant que garants des traités, décidèrent de prendre des mesures pour défendre les États de l'Empire et maintenir la liberté germanique. Elles déclarèrent leur intention de stopper les maux en Allemagne et de réparer les dommages causés.
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8069
p. 208-209
ESPAGNE.
Début :
Vers la fin du mois de Janvier, le Corsaire Anglois l'Anti-Gallican entra [...]
Mots clefs :
Cadix, Corsaire anglais, Compagnie des Indes, Vaisseau, Capitaine, Tensions, Attaque, Lisbonne, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
*
DE CADIX , le 6 Mars.
on
Vers la fin du mois de Janvier , le Corſaire
Anglois l'Anti-Gallican entra dans ce Port avec
le Vaiffeau de la Compagnie des Indes de France
le Duc de Penthievre , dont il s'étoit emparé. Sur
la réclamation que le Roi Très- Chrétien a faite
de cette prife , il vint ici un ordre du Gouvernement
de la tenir en fequeftre , jufqu'à ce qu'on
cût examiné fi elle étoit légitime. Après les informations
requiſes , on a jugé que le Vaiffeau
devoit être reftitué. Le 28 du mois dernier ,"
fut informé que le Capitaine du Corfaire , réfolu
de ne point fe deffaifir de fa priſe , avoit fait
paffer fon équipage à bord de ce Bâtiment , &
qu'il y avoit raffemblé jufqu'à trois cens hommes
, que lui avoient fournis divers Capitaines
de Navires de fa nation . Auffitôt le Commandant
de Port fit envelopper le Vaiffeau le Duc
de Penthievre par les Vaiffeaux du Roi l'Amérique
& le Lévrier , & leur ordonna de faire feu
au moindre mouvement que les Anglois feroient
pour lever l'ancre . Le 2 de ce mois , on envoya
trois fois, les fommer de rendre la prife . Le Ca.
pitaine Corfaire ayant refufé conftamment d'obéir
, les deux Vaiffeaux de guerre lui lâcherent
chacun une bordée , & il fut obligé de baiffer
pavillon. Il a eu trois hommes tués & quatre
bleffés . On a mis plufieurs compagnies de grenadiers
fur le vaiffeau le Duc de Penthievre , pour
empêcher les Anglois d'en reprendre poffeffion .
Les lettres de Lisbonne marquent que le t
de ce mois , à trois heures du matin , on y a
M A I. 1757. 209
encore effluyé une violente fecouffe de tremble
ment de terre.
*
DE CADIX , le 6 Mars.
on
Vers la fin du mois de Janvier , le Corſaire
Anglois l'Anti-Gallican entra dans ce Port avec
le Vaiffeau de la Compagnie des Indes de France
le Duc de Penthievre , dont il s'étoit emparé. Sur
la réclamation que le Roi Très- Chrétien a faite
de cette prife , il vint ici un ordre du Gouvernement
de la tenir en fequeftre , jufqu'à ce qu'on
cût examiné fi elle étoit légitime. Après les informations
requiſes , on a jugé que le Vaiffeau
devoit être reftitué. Le 28 du mois dernier ,"
fut informé que le Capitaine du Corfaire , réfolu
de ne point fe deffaifir de fa priſe , avoit fait
paffer fon équipage à bord de ce Bâtiment , &
qu'il y avoit raffemblé jufqu'à trois cens hommes
, que lui avoient fournis divers Capitaines
de Navires de fa nation . Auffitôt le Commandant
de Port fit envelopper le Vaiffeau le Duc
de Penthievre par les Vaiffeaux du Roi l'Amérique
& le Lévrier , & leur ordonna de faire feu
au moindre mouvement que les Anglois feroient
pour lever l'ancre . Le 2 de ce mois , on envoya
trois fois, les fommer de rendre la prife . Le Ca.
pitaine Corfaire ayant refufé conftamment d'obéir
, les deux Vaiffeaux de guerre lui lâcherent
chacun une bordée , & il fut obligé de baiffer
pavillon. Il a eu trois hommes tués & quatre
bleffés . On a mis plufieurs compagnies de grenadiers
fur le vaiffeau le Duc de Penthievre , pour
empêcher les Anglois d'en reprendre poffeffion .
Les lettres de Lisbonne marquent que le t
de ce mois , à trois heures du matin , on y a
M A I. 1757. 209
encore effluyé une violente fecouffe de tremble
ment de terre.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 6 mars à Cadix, le corsaire anglais l'Anti-Gallican a capturé le vaisseau français le Duc de Penthièvre et l'a amené au port. Suite à la réclamation du roi de France, le gouvernement espagnol a ordonné de séquestrer le vaisseau jusqu'à examen de la légitimité de la prise. Après enquête, la décision a été prise de restituer le vaisseau. Le 28 février, le capitaine du corsaire a refusé de céder le vaisseau et a rassemblé environ trois cents hommes à bord. Le commandant du port a alors encerclé le Duc de Penthièvre avec les vaisseaux espagnols l'Amérique et le Lévrier, prêts à ouvrir le feu. Le 2 mars, après trois sommations sans réponse, les vaisseaux de guerre ont tiré, tuant trois hommes et en blessant quatre. Des grenadiers ont été déployés pour empêcher les Anglais de reprendre le vaisseau. Par ailleurs, des lettres de Lisbonne signalent un violent tremblement de terre le 2 mai à trois heures du matin.
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8070
p. 209-210
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La Chambre des Communes, dans la séance du 25 Mars, passa le Bill [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Proclamation du roi, Matelots étrangers, Démissions, Comte, Secrétaire d'État, Vaisseau
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 12 Avril.
La Chambre des Communes , dans la féance
du 25 Mars , paffa le Bill pour l'établiſſement
d'une Milice générale dans la Grande-Bretagne ,
après y avoir fait quelques changemens.
Sa Majefté a fait publier une Proclamation ;
par laquelle Elle permet d'employer des matelots
étrangers fur les Corfaires & fur les Navires
Marchands , à condition cependant que la quatrieme
partie de l'équipage de chaque Bâtiment
foit compofée de fujets de la Grande- Bretagne.
Le bruit qui s'étoit répandu que le Duc de
Cumberland ne pafferoit point en Allemagne ,
étoit fans fondement. Ce Prince partit le 9 à fix
heures du matin , pour aller s'embarquer à Warwich.
Il doit prendre le commandement en chef
de l'armée d'obſervation , qui s'affemble fur les
frontieres de l'Electorat de Hanovre.
2
Le fieur Pitt , Secretaire d'Etat ; le fieur Legge ,
Chancelier de l'Echiquier , & le Comte Temple
, premier Commiffaire de l'Amirauté , ont
donné leurs démiffions . Le Lord Mansfield
Juge Suprême d'Angleterre 'exercera par interim
la charge de Chancelier de l'Echiquier. Sa Majefté
a accordé la place de premier Commiflaire
de l'Amirauté au Comte de Winchelſea.
Le Vaiffeau le Pondichery , appartenant à la
Compagnie Françoife des Indes , & qui a été
pris par le Vaiffeau de guerre le Douvres , avoit
été amené à l'embouchure de la Tamife. Des
26
210 MERCURE DE FRANCE.
vents de l'Oueft l'ont écarté de la côte , & l'on
ne fçait ce qu'il eft devenu.
DE LONDRES , le 12 Avril.
La Chambre des Communes , dans la féance
du 25 Mars , paffa le Bill pour l'établiſſement
d'une Milice générale dans la Grande-Bretagne ,
après y avoir fait quelques changemens.
Sa Majefté a fait publier une Proclamation ;
par laquelle Elle permet d'employer des matelots
étrangers fur les Corfaires & fur les Navires
Marchands , à condition cependant que la quatrieme
partie de l'équipage de chaque Bâtiment
foit compofée de fujets de la Grande- Bretagne.
Le bruit qui s'étoit répandu que le Duc de
Cumberland ne pafferoit point en Allemagne ,
étoit fans fondement. Ce Prince partit le 9 à fix
heures du matin , pour aller s'embarquer à Warwich.
Il doit prendre le commandement en chef
de l'armée d'obſervation , qui s'affemble fur les
frontieres de l'Electorat de Hanovre.
2
Le fieur Pitt , Secretaire d'Etat ; le fieur Legge ,
Chancelier de l'Echiquier , & le Comte Temple
, premier Commiffaire de l'Amirauté , ont
donné leurs démiffions . Le Lord Mansfield
Juge Suprême d'Angleterre 'exercera par interim
la charge de Chancelier de l'Echiquier. Sa Majefté
a accordé la place de premier Commiflaire
de l'Amirauté au Comte de Winchelſea.
Le Vaiffeau le Pondichery , appartenant à la
Compagnie Françoife des Indes , & qui a été
pris par le Vaiffeau de guerre le Douvres , avoit
été amené à l'embouchure de la Tamife. Des
26
210 MERCURE DE FRANCE.
vents de l'Oueft l'ont écarté de la côte , & l'on
ne fçait ce qu'il eft devenu.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 25 mars, la Chambre des Communes a adopté un projet de loi créant une milice générale en Grande-Bretagne après quelques modifications. Le roi a autorisé l'emploi de matelots étrangers sur les navires marchands et corsaires, à condition que le quart de l'équipage soit britannique. Le duc de Cumberland a quitté Londres le 9 avril pour commander l'armée d'observation aux frontières de l'Électorat de Hanovre, contredisant ainsi les rumeurs. Plusieurs hauts fonctionnaires ont démissionné : William Pitt, secrétaire d'État ; George Legge, chancelier de l'Échiquier ; et le comte Temple, premier commissaire de l'Amirauté. Lord Mansfield assurera temporairement les fonctions de chancelier de l'Échiquier, et le comte de Winchelsea a été nommé premier commissaire de l'Amirauté. Le vaisseau français 'Pondichéry', capturé par le 'Douvres', a été dérouté par des vents d'ouest et sa localisation est inconnue.
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8071
p. 210
PAYS-BAS.
Début :
On a appris que le Baron de Domballe, Major Général des [...]
Mots clefs :
Bruxelles, Neuss, Baron de Domballe, Prise d'une ville, Prince de Soubise, Chevalier, Capitaine, Clèves, Commissaires
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texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PATS - BAS.
DE BRUXELLES , le 15 Avril.
On a appris que le Baron de Domballe , Ma
jor Général des troupes de l'Impératrice Reine ,
étoit entré le 6 dans Cleves avec trois batail
lons, Le 8-, un détachement des mêmes troupes
prit poffeffion , au nom de Sa Majefté , des ville
& citadelle de Wefel. Immédiatement après , ce
détachement y fut joint par un détachement d'in.
fanterie Françoife .
ว
DE NEUSS, le 12 Avril
Le Prince de Soubife, fe rendit le. 28 Mars à
Ruremonde , & étant defcendu chez le fieur de
Muller qui y commande , il figna un ordre au
Chevalier de Gibfon, Capitaine dans le Régiment
de Ligne , d'aller , avec cent hommes de ce Régiment
& quatre cens huffards François , occuper
Je Bailliage de Keffel , dans la Gueldre Pruffien
ne. Le 3 Avril , le Prince de Soubife vint établir
ici fon quartier général, Avant de quitter May
feik , il a mandé les Commiffaires du pays de
Cleves , afin de régler avec eux les livraifons des
vivres & des fourrages pour les troupes Francoifes.
Il a recommandé à ces Commiffaires , de
tranquillifer les habitans , & de faire ceifer les
impôts extraordinaires , dont ils ont été chargés
en dernier lieu . Il a affuré les mêmes Commiffaires
, que tous les Magiftrats & Officiers de la
Gueldre Pruffienne , fans diftinction de religion ,
feroient continués dans leurs emplois , en pactant
ferment de fidélité à l'Impératrice Reine.
DE BRUXELLES , le 15 Avril.
On a appris que le Baron de Domballe , Ma
jor Général des troupes de l'Impératrice Reine ,
étoit entré le 6 dans Cleves avec trois batail
lons, Le 8-, un détachement des mêmes troupes
prit poffeffion , au nom de Sa Majefté , des ville
& citadelle de Wefel. Immédiatement après , ce
détachement y fut joint par un détachement d'in.
fanterie Françoife .
ว
DE NEUSS, le 12 Avril
Le Prince de Soubife, fe rendit le. 28 Mars à
Ruremonde , & étant defcendu chez le fieur de
Muller qui y commande , il figna un ordre au
Chevalier de Gibfon, Capitaine dans le Régiment
de Ligne , d'aller , avec cent hommes de ce Régiment
& quatre cens huffards François , occuper
Je Bailliage de Keffel , dans la Gueldre Pruffien
ne. Le 3 Avril , le Prince de Soubife vint établir
ici fon quartier général, Avant de quitter May
feik , il a mandé les Commiffaires du pays de
Cleves , afin de régler avec eux les livraifons des
vivres & des fourrages pour les troupes Francoifes.
Il a recommandé à ces Commiffaires , de
tranquillifer les habitans , & de faire ceifer les
impôts extraordinaires , dont ils ont été chargés
en dernier lieu . Il a affuré les mêmes Commiffaires
, que tous les Magiftrats & Officiers de la
Gueldre Pruffienne , fans diftinction de religion ,
feroient continués dans leurs emplois , en pactant
ferment de fidélité à l'Impératrice Reine.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le Baron de Domballe, Major Général des troupes de l'Impératrice Reine, a pris possession de Cleves le 6 avril avec trois bataillons. Le 8 avril, un détachement de ces troupes a occupé Wesel et sa citadelle, rejoint par un détachement d'infanterie française. Le Prince de Soubise a pris Ruremonde le 28 mars et a envoyé le Chevalier de Gibson sécuriser le Bailliage de Kessel en Gueldre prussienne avec cent hommes du Régiment de Ligne et quatre cents hussards français. Le 3 avril, le Prince de Soubise a établi son quartier général à Neuss. Avant de quitter Maastricht, il a convoqué les Commissaires du pays de Cleves pour organiser les livraisons de vivres et de fourrages pour les troupes françaises. Il leur a recommandé de rassurer les habitants et de suspendre les impôts extraordinaires récemment imposés. Le Prince de Soubise a assuré les Commissaires que tous les magistrats et officiers de la Gueldre prussienne seraient maintenus dans leurs fonctions, quelle que soit leur religion, à condition de prêter serment de fidélité à l'Impératrice Reine.
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8072
p. 211-214
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi ayant jugé à propos de faire une promotion dans les différens grades [...]
Mots clefs :
Promotions, Officiers de la marine, Lieutenant, Chef d'escadre, Chevalier, Capitaine, Enseigne, Commandeurs
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
1
I E Roi ayant jugé à propos de faire une promotion
dans les différens grades des Officiers de la
Marine , Sa Majefté a nommé deux Lieutenans
Généraux des Armées Navales, cinq Chefs d'Efcadre
, cinquante- neuf Capitaines de Vaiffeaux , un
Capitaine d'Artillerie , foixante-quinze Lieutenans
de Vaiffeaux , cent vingt-fept Enfeignes.
Lieutenans-Généraux , MM. Perrier & le Com
te du Guay.
Chefs d'Efcadre. MM. de Courbon-Blenac ,
Saint- André du Verger , de Guefbriant de Budes ,
d'Aubigny, & de Bompar. Capitaines de Vaiffeaux. MM, Chevalier de
Beaudouvin , Defroches du Drefnay , du Rofel
de Beaumanoir , Belle- Ifle Pepin , de Flotte-Seillans
, Marchainville , Chevalier des Gouttes , de
l'Ile Taulanes , Chevalier de Ricoux , la Croix
de Mairargues , de Chierre , de Rambures , Cher
valier de Maillé-Brezé , la Guarigue - Savigny ,
Foucault , Caftellanne Saint-Jeurs , de Plas , lą
Monneraye , Chevalier de Graffe du Bar , Macarty
, Chevalier de Ségur- Cabanac , Fulconis ,
Chevalier d'Herlye , de Lyle- Calian , Saint - Vic,
toret , Rofmadec Saint- Allouarn , Mablan d'Ai,
miny , Blotfier , Braguemont , Jouffelin de Marigny
, Meyronnet Saint -Marc , Montcalm Saint-
Veran , Chevalier de Villeblanche , Chevalier de
Blois , Dandanne de Lincourt , de Fabreguesi
de Breugnon , Laccary , la Comté-Pigache , Dubois
de la Motte , Deshayes de Cry , Chevalier
212 MERCURE DE FRANCE.
de Courferac , Chevalier de Ruis, Chevalier de Lor.
geril , du Lefcoet , Cofte de Champeron , Fancher ,
d'Ile-Beauchaine , Bremoy , Bory , Chevalier du
Drefnay des Roches , Chevalier de Crefnay , Boulainvilliers
, Chevalier de Laugier- Beaucoufe , de
Moy, Lizardais , Chevalier de Forbin d'Oppede ,
Chevalier de Fabry & Vicomte de Rochechouart.
Capitaine d'Artillerie. M. Herpin.
Lieutenans de Vaiſſeaux. MM. Chevalier de
Monteclair , Maupin , Kervenkerfullec , Chevalier
de Landemont , Gourfelas , Valmenier-
Caqueray , Geraldin , Villers- Franffure de Briffaucourt
, Chevalier de Raymondis , Chevalier
de Veriffey , Chevalier de Village de Villevieille ,
Chevalier de Cobios-Dandiran, Chevalier de Cours
Luffaignet , Beaupoil Saint-Aulaire , de Grieu ,
Bonnefoi de Bretauville , Kerjankerjan , de Proiſfy
, de la Grandiere , Bois de la Motte- Rabeau
Chevalier de Villeneuve- Source , Janvry de Verneuil
, Chevalier de Coataudon , Kerguifiau de
Treleon , Keroullas de Cohars , Brue de Clerey ,
Giraud-Dagay , de Boades , la Porte-Vezins ,
Chevalier de Sobiratz , Guyonnet de Montbalen ,
Luppé de la Motte , Maffol de Vergy , Sorel
Freziers , la Garde- Payan , le Cardonie , de Vialis
, de Gantes , Chevalier de Cicé , Chevalier
de Novarin , Dumenez-Lezurec du Broffey-
Dumas , de la Clue , Chevalier de Douville , Neveu
, Marquis de Nieul- Ponte , Chevalier de
Goympy-Feuquieres , Villers de Graffy , Reynach
de Barre , Chevalier de Boisgelin , Chevalier
Diziers- Guyon , d'Erchigny de Clieu , Rouffel
de Preville , Comte de Châteaumorant , Duvergier-
Kerhorlay , Chevalier Bellot la Houffaye
, de Damas , Clapier Saint - Tropez ,, Penfentenyo
, le Foreftier , Longueval , Dampierre-
Cugnac , Marquis de Jons , Chevalier de Lordat,
MA I. 1757 . 213
Guinot de Lugeons , de Peynier , de Forefta-
Collongue , Defmeneuft- de Boisbriand , Framont
d'Ayron , Chevalier de Grimaldy , Beauffier- Châ
teauvert ; Lieutenans de Port , Tremigon & Val
menier.
·
Enfeignes, MM. Coyffier de Breuil , Cheva
lier de Glandevez - Caftellet , Kerfaufon de Goaf
melquin , la Borye Guittard , du Lac , Marquis
de la Maifonfort , Chevalier de Thierfanville
, Chevalier de Carcaradec , Darbaud , Cha
deau de la Clocheterie , Raymond d'Eaux, Marquis
de Treffemanes Brunet , Adhemar , Boisboiffel
, Kermorvant de Gouzillon , Dupin de
Bellugard , Froger de la Rigaudiere , Marin de
Saint- Palais , Bonneval la Farre , Chevalier de
Pontevez - Gien , Ma-Carty , Gourzelas , Chevalier
du Menez- Lezurec , Chevalier de la Salle
Saint-Got , Chevalier de Damas de Dantlezy ,
Defmoulins de Rochefort , de Malide , de Francheville
, Dagoult -Montmaur , Chappedelaine ,
Chevalier de la Tude , de Saliou de Chef- de-
Bois , de Coetilleau , Chevalier de Medine , Bidée
de Chavagne , Chevalier de Bournaud , Duhaffon,
Penanrun Geflin , Kerven Kerfullec , Chevalier
de Grezes , Girardin , Chevalier de Montalet ,
la Borde la Salle , Gayot de Cramahé , le Normant
de Champfley , Frottier du Perey , Chevalier
de la Voyrie , Defmeneuft de Boisbriant ;
Chevalier de Bernard de Marigny , Kergariou
de Rofconette , Sous.Lieutenant d'Artillerie ; du
Chilleau de la Roche , Desfarges de la Voltieres,
Chambona , Chevalier de la Pommeraye de Kerambar
, Duchefne Ferron , Chevalier de Vibraye
, le Moenne de Launay , Vidal de Lirac ,
Savignon de Saumaty , Chevalier de Ravenel ,
Boisbilly de Beaumanoir , Chevalier de Goyon
Taumatz , Bruny d'Entre-Cafteau , Chevalier de
214 MERCURE DE FRANCE.
Langan - Boisfevrier , la Salle Lezardiere , Vicomre
de Robien , Montgrand , de Gonidec , Brunet
de Guillier , Chevalier de Riviere , Chevalier de
la Briffolliere , Chambertran , Barbezieres , Ma-
Carty de Mortaigne , Chevalier Deſcars , Roffel,
Trogoff , Chevalier de Ligondés d'Avrilly , Du-.
pleffis Quelen , Marquis d'Aiguieres , l'Etang
Ery , de Cogolin , Duhaffon de l'Eftrediagot ,
Gignac Thaumas , Boisberthelot , d'Eftel d'Aren
, Pineau , Chevalier de Turique , de Chabanes
, Chevalier de Bonnes , Chevalier de Macnemara
, Chevalier de Ligniville , Chevalier de
Souvré , du Vignau , Braguemont , de Bonnal
Deftoures , Coetnempren Kerfaint , du Vivier
de Gourville , le Gardeur de Tilly , Sibon , la
Villeon , Macnemara l'aîné , Chevalier de Puyberneau
, Deydier de Pierre- Feu , Griffolet de
Roffy , Barlatier du Mas , Loëmaria , Chevalier
de Village , du Parc de Coatrefcar , Juchereau
de Saint- Denis , Dandlau , le Borgne de Villemeur
, d'Albertas de Jouques , Creflier Defapois
, Chevalier de Senneville , de Baudran
Villeneuve d'Efclapon , Chevalier d'Hautefeuil ,
Colbert de Poligny , Lammerville l'aîné , de
Siochant , Byhan de Goariva , de Moulon , Pic
de la Mirandolle , Chevalier de Lyrot , & Chevalier
de Fine.
Sa Majefté a difpofé en même temps de deux
Places de Commandeurs , à trois mille livres de
penfion , de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-
Louis , qui étoient vacantes dans la Marine , en
faveur de M. le Chevalier de Folligny , Chef
Efcadre , qui étoit déja Commandeur Honoraire
de cet Ordre ; & M. de Montlouet , Chef d'Elcadre
. Sa Majefté a auffi nommé Chevaliers du mê
me Ordre trente-cing Lieutenans de Vaiſſeaux.
1
I E Roi ayant jugé à propos de faire une promotion
dans les différens grades des Officiers de la
Marine , Sa Majefté a nommé deux Lieutenans
Généraux des Armées Navales, cinq Chefs d'Efcadre
, cinquante- neuf Capitaines de Vaiffeaux , un
Capitaine d'Artillerie , foixante-quinze Lieutenans
de Vaiffeaux , cent vingt-fept Enfeignes.
Lieutenans-Généraux , MM. Perrier & le Com
te du Guay.
Chefs d'Efcadre. MM. de Courbon-Blenac ,
Saint- André du Verger , de Guefbriant de Budes ,
d'Aubigny, & de Bompar. Capitaines de Vaiffeaux. MM, Chevalier de
Beaudouvin , Defroches du Drefnay , du Rofel
de Beaumanoir , Belle- Ifle Pepin , de Flotte-Seillans
, Marchainville , Chevalier des Gouttes , de
l'Ile Taulanes , Chevalier de Ricoux , la Croix
de Mairargues , de Chierre , de Rambures , Cher
valier de Maillé-Brezé , la Guarigue - Savigny ,
Foucault , Caftellanne Saint-Jeurs , de Plas , lą
Monneraye , Chevalier de Graffe du Bar , Macarty
, Chevalier de Ségur- Cabanac , Fulconis ,
Chevalier d'Herlye , de Lyle- Calian , Saint - Vic,
toret , Rofmadec Saint- Allouarn , Mablan d'Ai,
miny , Blotfier , Braguemont , Jouffelin de Marigny
, Meyronnet Saint -Marc , Montcalm Saint-
Veran , Chevalier de Villeblanche , Chevalier de
Blois , Dandanne de Lincourt , de Fabreguesi
de Breugnon , Laccary , la Comté-Pigache , Dubois
de la Motte , Deshayes de Cry , Chevalier
212 MERCURE DE FRANCE.
de Courferac , Chevalier de Ruis, Chevalier de Lor.
geril , du Lefcoet , Cofte de Champeron , Fancher ,
d'Ile-Beauchaine , Bremoy , Bory , Chevalier du
Drefnay des Roches , Chevalier de Crefnay , Boulainvilliers
, Chevalier de Laugier- Beaucoufe , de
Moy, Lizardais , Chevalier de Forbin d'Oppede ,
Chevalier de Fabry & Vicomte de Rochechouart.
Capitaine d'Artillerie. M. Herpin.
Lieutenans de Vaiſſeaux. MM. Chevalier de
Monteclair , Maupin , Kervenkerfullec , Chevalier
de Landemont , Gourfelas , Valmenier-
Caqueray , Geraldin , Villers- Franffure de Briffaucourt
, Chevalier de Raymondis , Chevalier
de Veriffey , Chevalier de Village de Villevieille ,
Chevalier de Cobios-Dandiran, Chevalier de Cours
Luffaignet , Beaupoil Saint-Aulaire , de Grieu ,
Bonnefoi de Bretauville , Kerjankerjan , de Proiſfy
, de la Grandiere , Bois de la Motte- Rabeau
Chevalier de Villeneuve- Source , Janvry de Verneuil
, Chevalier de Coataudon , Kerguifiau de
Treleon , Keroullas de Cohars , Brue de Clerey ,
Giraud-Dagay , de Boades , la Porte-Vezins ,
Chevalier de Sobiratz , Guyonnet de Montbalen ,
Luppé de la Motte , Maffol de Vergy , Sorel
Freziers , la Garde- Payan , le Cardonie , de Vialis
, de Gantes , Chevalier de Cicé , Chevalier
de Novarin , Dumenez-Lezurec du Broffey-
Dumas , de la Clue , Chevalier de Douville , Neveu
, Marquis de Nieul- Ponte , Chevalier de
Goympy-Feuquieres , Villers de Graffy , Reynach
de Barre , Chevalier de Boisgelin , Chevalier
Diziers- Guyon , d'Erchigny de Clieu , Rouffel
de Preville , Comte de Châteaumorant , Duvergier-
Kerhorlay , Chevalier Bellot la Houffaye
, de Damas , Clapier Saint - Tropez ,, Penfentenyo
, le Foreftier , Longueval , Dampierre-
Cugnac , Marquis de Jons , Chevalier de Lordat,
MA I. 1757 . 213
Guinot de Lugeons , de Peynier , de Forefta-
Collongue , Defmeneuft- de Boisbriand , Framont
d'Ayron , Chevalier de Grimaldy , Beauffier- Châ
teauvert ; Lieutenans de Port , Tremigon & Val
menier.
·
Enfeignes, MM. Coyffier de Breuil , Cheva
lier de Glandevez - Caftellet , Kerfaufon de Goaf
melquin , la Borye Guittard , du Lac , Marquis
de la Maifonfort , Chevalier de Thierfanville
, Chevalier de Carcaradec , Darbaud , Cha
deau de la Clocheterie , Raymond d'Eaux, Marquis
de Treffemanes Brunet , Adhemar , Boisboiffel
, Kermorvant de Gouzillon , Dupin de
Bellugard , Froger de la Rigaudiere , Marin de
Saint- Palais , Bonneval la Farre , Chevalier de
Pontevez - Gien , Ma-Carty , Gourzelas , Chevalier
du Menez- Lezurec , Chevalier de la Salle
Saint-Got , Chevalier de Damas de Dantlezy ,
Defmoulins de Rochefort , de Malide , de Francheville
, Dagoult -Montmaur , Chappedelaine ,
Chevalier de la Tude , de Saliou de Chef- de-
Bois , de Coetilleau , Chevalier de Medine , Bidée
de Chavagne , Chevalier de Bournaud , Duhaffon,
Penanrun Geflin , Kerven Kerfullec , Chevalier
de Grezes , Girardin , Chevalier de Montalet ,
la Borde la Salle , Gayot de Cramahé , le Normant
de Champfley , Frottier du Perey , Chevalier
de la Voyrie , Defmeneuft de Boisbriant ;
Chevalier de Bernard de Marigny , Kergariou
de Rofconette , Sous.Lieutenant d'Artillerie ; du
Chilleau de la Roche , Desfarges de la Voltieres,
Chambona , Chevalier de la Pommeraye de Kerambar
, Duchefne Ferron , Chevalier de Vibraye
, le Moenne de Launay , Vidal de Lirac ,
Savignon de Saumaty , Chevalier de Ravenel ,
Boisbilly de Beaumanoir , Chevalier de Goyon
Taumatz , Bruny d'Entre-Cafteau , Chevalier de
214 MERCURE DE FRANCE.
Langan - Boisfevrier , la Salle Lezardiere , Vicomre
de Robien , Montgrand , de Gonidec , Brunet
de Guillier , Chevalier de Riviere , Chevalier de
la Briffolliere , Chambertran , Barbezieres , Ma-
Carty de Mortaigne , Chevalier Deſcars , Roffel,
Trogoff , Chevalier de Ligondés d'Avrilly , Du-.
pleffis Quelen , Marquis d'Aiguieres , l'Etang
Ery , de Cogolin , Duhaffon de l'Eftrediagot ,
Gignac Thaumas , Boisberthelot , d'Eftel d'Aren
, Pineau , Chevalier de Turique , de Chabanes
, Chevalier de Bonnes , Chevalier de Macnemara
, Chevalier de Ligniville , Chevalier de
Souvré , du Vignau , Braguemont , de Bonnal
Deftoures , Coetnempren Kerfaint , du Vivier
de Gourville , le Gardeur de Tilly , Sibon , la
Villeon , Macnemara l'aîné , Chevalier de Puyberneau
, Deydier de Pierre- Feu , Griffolet de
Roffy , Barlatier du Mas , Loëmaria , Chevalier
de Village , du Parc de Coatrefcar , Juchereau
de Saint- Denis , Dandlau , le Borgne de Villemeur
, d'Albertas de Jouques , Creflier Defapois
, Chevalier de Senneville , de Baudran
Villeneuve d'Efclapon , Chevalier d'Hautefeuil ,
Colbert de Poligny , Lammerville l'aîné , de
Siochant , Byhan de Goariva , de Moulon , Pic
de la Mirandolle , Chevalier de Lyrot , & Chevalier
de Fine.
Sa Majefté a difpofé en même temps de deux
Places de Commandeurs , à trois mille livres de
penfion , de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-
Louis , qui étoient vacantes dans la Marine , en
faveur de M. le Chevalier de Folligny , Chef
Efcadre , qui étoit déja Commandeur Honoraire
de cet Ordre ; & M. de Montlouet , Chef d'Elcadre
. Sa Majefté a auffi nommé Chevaliers du mê
me Ordre trente-cing Lieutenans de Vaiſſeaux.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le roi a effectué plusieurs promotions et nominations au sein de la Marine. Il a nommé deux lieutenants généraux des armées navales : MM. Perrier et le comte du Guay. Cinq chefs d'escadre ont également été désignés : MM. de Courbon-Blenac, Saint-André du Verger, de Guebriant de Budes, d'Aubigny et de Bompar. Cinquante-neuf capitaines de vaisseaux ont été promus, parmi lesquels figurent MM. Chevalier de Beaudouvin, Desroches du Dresnay et du Rosel de Beaumanoir. Un capitaine d'artillerie, M. Herpin, a également été nommé. Soixante-quinze lieutenants de vaisseaux ont été promus, incluant MM. Chevalier de Monteclair, Maupin et Kervenkerfullec. Cent vingt-sept enseignes ont aussi été nommés, parmi lesquels MM. Coyffier de Breuil et Chevalier de Glandevez-Castellet. Le roi a également disposé de deux sous-lieutenants d'artillerie et de plusieurs lieutenants de port. De plus, deux places de Commandeurs dans l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, avec une pension de trois mille livres, ont été attribuées à M. le Chevalier de Folligny et à M. de Montlouet, tous deux Chefs d'Escadre. Trente-cinq lieutenants de vaisseaux ont été nommés Chevaliers du même ordre.
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8073
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu ,par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Mars , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 27 Avril 1757.
GUIROY.
J'ai lu ,par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Mars , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 27 Avril 1757.
GUIROY.
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8074
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers contre le proverbe, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS contre le proverbe , tous Songes font
menfonges
Le Moyen infaillible , anecdote ,
Vers à Madame B ***i ,
Lettre de M. de Voltaire , à M. T...
Ode ,
Effai fur l'Opera , par M. Algarotti ,
Vers à M. le Kain ,
page s
7
34
35
38
40
63
Réflexions fur les devoirs & les qualités d'un
Officier ,
Epître de Zayde , à Madame de M ***
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
64
> 68
70
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
75
ibid.
76
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 31 Mars 1757,
77
139
216
Sujets propofés par l'Académie de Pau , 153
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Lettre fur la Bataille de Crécy , ISS
Phyfique.
183
Médecine.
186
Séance publique de l'Académie des Belles- Lettres,
& de l'Académie royale des Sciences , 188
ART. IV. BIAUX-ARTS.
Mufique.
Gravure ,
191
192
ART. V. SPECTACLES.
-Opera ,
193
Comédie Françoiſe , 196
Comédie Italienne ,
197
Concert Spirituel ,
ibid.
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
201
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS contre le proverbe , tous Songes font
menfonges
Le Moyen infaillible , anecdote ,
Vers à Madame B ***i ,
Lettre de M. de Voltaire , à M. T...
Ode ,
Effai fur l'Opera , par M. Algarotti ,
Vers à M. le Kain ,
page s
7
34
35
38
40
63
Réflexions fur les devoirs & les qualités d'un
Officier ,
Epître de Zayde , à Madame de M ***
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
64
> 68
70
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
75
ibid.
76
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 31 Mars 1757,
77
139
216
Sujets propofés par l'Académie de Pau , 153
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Lettre fur la Bataille de Crécy , ISS
Phyfique.
183
Médecine.
186
Séance publique de l'Académie des Belles- Lettres,
& de l'Académie royale des Sciences , 188
ART. IV. BIAUX-ARTS.
Mufique.
Gravure ,
191
192
ART. V. SPECTACLES.
-Opera ,
193
Comédie Françoiſe , 196
Comédie Italienne ,
197
Concert Spirituel ,
ibid.
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
201
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. La première section rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des poèmes, des lettres, des odes, des essais et des réflexions. Parmi les œuvres citées, on trouve 'Vers contre le proverbe, tous Songes font menfonges' et 'Lettre de M. de Voltaire, à M. T...'. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de discours académiques et des sujets proposés par l'Académie de Pau. La troisième section couvre les sciences et les belles-lettres, abordant des domaines comme l'histoire, la physique et la médecine, ainsi qu'une séance publique conjointe de l'Académie des Belles-Lettres et de l'Académie royale des Sciences. La quatrième section est consacrée aux beaux-arts, avec des sections sur la musique et la gravure. La cinquième section discute des spectacles, incluant l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et les concerts spirituels. Enfin, la sixième section présente les nouvelles étrangères, ainsi que les nouvelles de la cour et de Paris.
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8075
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 76. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 76. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 76. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 76.
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8076
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant. Jombert.
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8077
p. 87
ENIGME.
Début :
Si quelquefois je me fais mal, [...]
Mots clefs :
Aiguille
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Si quelquefois je fais du mal ,
Je n'ai pourtant pas de malice ,
Et je rends chaque jour fervice,
Quoiqu'alors on me traite mal .
D'abord on me met à la chaîne ,
Puis il faut que je me démene :
Mon ouvrage fini par un fatal guignon ;
Je fuis précipitée au fond d'une prifon.
Si quelquefois je fais du mal ,
Je n'ai pourtant pas de malice ,
Et je rends chaque jour fervice,
Quoiqu'alors on me traite mal .
D'abord on me met à la chaîne ,
Puis il faut que je me démene :
Mon ouvrage fini par un fatal guignon ;
Je fuis précipitée au fond d'une prifon.
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8078
p. 87-88
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis de grande utilité, [...]
Mots clefs :
Martingale
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPH E.
J fuis de grande utilité,
Et propre à corriger un vice
D'un fier animal , qui dompté ,
Rend plus d'un fignalé ſervice.
Veux-tu me deviner , combine , cher Lecteur,
De mes dix membres la longueur.
Tu trouveras d'abord une ville , une plante ,
Une bête féroce , une autre à voix bruyante ;
Ce qui fert aux oifeaux à parcourir les airs ,
Ce qui met d'un Rimeur la cervelle à l'envers :
Un oifeau qui fouvent caquette ;
Ce qu'un tendron avec ardeur ſouhaite ,
Et qui parfois pourtant cauſe un chagrin amer :
$3 MERCURE DE FRANCE.
Un pied à terre en pleine mer
De la douleur le fymbole ordinaire ;
Ce qui conduit une galere :
Un vieux mot exprimant un péché capital ,
Un ornement épifcopal :
En Bretagne furtout un mal épidémique ;
Deux Saints , un élément , trois notes de mu
fique ;
Un petit animal ennemi des bouquins ,
Un autre un peu plus grand , dont la queue eft
prifée;
La Langue qu'on parloit aux pays des Latins ;
Ce qui de maint guerrier tranche la destinée :
Un mal qui rend un homme furieux ;
Un fel , un Sacrement , un endroit merveilleux :
Le mois où les oiſeaux , par leur tendre
ramage
Font rêver les Amans à leur doux éſclavage.
Hé bien , Lecteur , tu ne devines pas ?
Je vais donc encor faire un pas ,
Et t'offrirai pour te rendre fervice
Un fleuve de l'Eſpagne , une négation ;
Un art menacé de fupplice
Et d'excommunication.
Par M. le Chev . DE BOISFONTAINE,
J fuis de grande utilité,
Et propre à corriger un vice
D'un fier animal , qui dompté ,
Rend plus d'un fignalé ſervice.
Veux-tu me deviner , combine , cher Lecteur,
De mes dix membres la longueur.
Tu trouveras d'abord une ville , une plante ,
Une bête féroce , une autre à voix bruyante ;
Ce qui fert aux oifeaux à parcourir les airs ,
Ce qui met d'un Rimeur la cervelle à l'envers :
Un oifeau qui fouvent caquette ;
Ce qu'un tendron avec ardeur ſouhaite ,
Et qui parfois pourtant cauſe un chagrin amer :
$3 MERCURE DE FRANCE.
Un pied à terre en pleine mer
De la douleur le fymbole ordinaire ;
Ce qui conduit une galere :
Un vieux mot exprimant un péché capital ,
Un ornement épifcopal :
En Bretagne furtout un mal épidémique ;
Deux Saints , un élément , trois notes de mu
fique ;
Un petit animal ennemi des bouquins ,
Un autre un peu plus grand , dont la queue eft
prifée;
La Langue qu'on parloit aux pays des Latins ;
Ce qui de maint guerrier tranche la destinée :
Un mal qui rend un homme furieux ;
Un fel , un Sacrement , un endroit merveilleux :
Le mois où les oiſeaux , par leur tendre
ramage
Font rêver les Amans à leur doux éſclavage.
Hé bien , Lecteur , tu ne devines pas ?
Je vais donc encor faire un pas ,
Et t'offrirai pour te rendre fervice
Un fleuve de l'Eſpagne , une négation ;
Un art menacé de fupplice
Et d'excommunication.
Par M. le Chev . DE BOISFONTAINE,
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8079
p. 189-190
DU NORD
Début :
On étoit déjà instruit que le Régiment du Prince Frédéric-Auguste s'étant soustrait [...]
Mots clefs :
Varsovie, Régiment, Prince Frédéric-Auguste, Désertion, Roi de Prusse, Lieutenant, Soldats, Sergent Richter, Escarmouche, Prince Xavier
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD
DU NORD
DE WARSOVIE , le 19 Avril.
On étoit déja inftruit que le Régiment du Prin-
N
ce Frédéric- Augufte s'étant fouftrait à l'autorité
des Officiers Prufliens qui lui avoient été donnés
pour le commander , avoit déferté du ſervice du
Roi de Pruffe . On vient de l'être que ce Régiment
étoit arrivé en Pologne. Il eft compofé de
huit cens hommes, Après avoir été mis d'abord
en quartiers par S. M. Pruffienne à Luben & à
Guben , il avoit eu ordre d'aller à Berlin. Pour
être plus fûr de contenir les foldats , le Lieutenant-
Colonel qui les conduifoit les avoit fait défarmer.
En chemin , ils rencontrerent quelques charriots
chargés d'armes & de munitions . Animés
par un Sergent nommé Richter , ils fe faifirent
des charriots , & bientôt ils furent en état de faire
la loi aux Officiers de qui ils la recevoient . Ceuxci
ont en vain appellé des troupes à leur fecours.
Avant qu'elles arrivaffent , les Saxons étoient déja
loin. Ce n'a pas été cependant fans combat qu'ils
font parvenus jufqu'à la frontiere. Ils ont eu à
foutenir plufieurs efcarmouches avec divers détachemens.
Le Roi a gratifié le Sergent Richter
d'un brevet de Capitaine , & d'une penfion. Le
190 MERCURE DE FRANCE.
lendemain du jour qu'on reçut la nouvelle de
l'arrivée du Régiment du Prince Frédéric-Augufte,
on a appris qu'un bataillon du Régiment du Prince
Xavier avoit trouvé auffi moyen d'échapper
aux troupes Pruffiennes qui le pourfuivoient.
Dans le temps qu'il étoit fur le point de gagner la
frontiere , un Corps de Pruffiens , foutenu d'un
grand nombre de Payfans , a entrepris de lui fermer
le paffage. Le Bataillon s'eft fait jour malgré
cet obſtacle , & il eſt entré heureuſement dans ce
Royaume , après avoir tué non feulement une
cinquantaine de payfans , mais encore un Officier
& vingt- fept foldats Pruffiens.
DE WARSOVIE , le 19 Avril.
On étoit déja inftruit que le Régiment du Prin-
N
ce Frédéric- Augufte s'étant fouftrait à l'autorité
des Officiers Prufliens qui lui avoient été donnés
pour le commander , avoit déferté du ſervice du
Roi de Pruffe . On vient de l'être que ce Régiment
étoit arrivé en Pologne. Il eft compofé de
huit cens hommes, Après avoir été mis d'abord
en quartiers par S. M. Pruffienne à Luben & à
Guben , il avoit eu ordre d'aller à Berlin. Pour
être plus fûr de contenir les foldats , le Lieutenant-
Colonel qui les conduifoit les avoit fait défarmer.
En chemin , ils rencontrerent quelques charriots
chargés d'armes & de munitions . Animés
par un Sergent nommé Richter , ils fe faifirent
des charriots , & bientôt ils furent en état de faire
la loi aux Officiers de qui ils la recevoient . Ceuxci
ont en vain appellé des troupes à leur fecours.
Avant qu'elles arrivaffent , les Saxons étoient déja
loin. Ce n'a pas été cependant fans combat qu'ils
font parvenus jufqu'à la frontiere. Ils ont eu à
foutenir plufieurs efcarmouches avec divers détachemens.
Le Roi a gratifié le Sergent Richter
d'un brevet de Capitaine , & d'une penfion. Le
190 MERCURE DE FRANCE.
lendemain du jour qu'on reçut la nouvelle de
l'arrivée du Régiment du Prince Frédéric-Augufte,
on a appris qu'un bataillon du Régiment du Prince
Xavier avoit trouvé auffi moyen d'échapper
aux troupes Pruffiennes qui le pourfuivoient.
Dans le temps qu'il étoit fur le point de gagner la
frontiere , un Corps de Pruffiens , foutenu d'un
grand nombre de Payfans , a entrepris de lui fermer
le paffage. Le Bataillon s'eft fait jour malgré
cet obſtacle , & il eſt entré heureuſement dans ce
Royaume , après avoir tué non feulement une
cinquantaine de payfans , mais encore un Officier
& vingt- fept foldats Pruffiens.
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Résumé : DU NORD
Le 19 avril, le régiment du Prince Frédéric-Auguste, composé de huit cents hommes, a déserté l'autorité prussienne pour rejoindre la Pologne. Initialement stationné à Luben et Guben, cet ordre avait reçu l'ordre de se rendre à Berlin. Pour prévenir une mutinerie, le lieutenant-colonel les avait désarmés. En chemin, ils se sont emparés de charriots d'armes et de munitions sous l'impulsion du sergent Richter. Ils ont pris le contrôle sur leurs officiers et ont atteint la frontière polonaise après plusieurs affrontements avec des détachements prussiens. Le roi a promu Richter au grade de capitaine et lui a accordé une pension. Le 20 avril, un bataillon du régiment du Prince Xavier a également échappé aux troupes prussiennes. À la frontière, un corps prussien appuyé par des paysans a tenté de les arrêter. Le bataillon a forcé le passage, tuant une cinquantaine de paysans, un officier et vingt-sept soldats prussiens, avant de pénétrer en Pologne.
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8080
p. 190-193
ALLEMAGNE.
Début :
L'armée de Boheme que commandera le Prince Charles de Lorraine, [...]
Mots clefs :
Vienne, Prince Charles de Lorraine, Armées, Bataillons, Prague, Impératrice-Reine, Indemnités, Dresde, Pillages, Berlin, Escadrons, Attaques, Wesel, Régiments
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 10 Avril.
L'armée de Boheme que commandera le Prince
Charles de Lorraine , fera compofée de cinquantetrois
mille hommes d'Infanterie & de vingt mille.
de Cavalerie . Celle de Moravie , fous les ordres
du Feld-Maréchal Comte Léopold de Daun , fera
de foixante-dix mille hommes. Indépendamment
de ces deux armées , il y aura un camp volant
d'environ dix-neuf mille hommes , qui fera commandé
par le Comte de Nadafty. Ainfi l'on
compte cent foixante - deux mille fix cens hommes
de troupes de l'Impératrice Reine , deftinés à
agir contre le Roi de Pruffe. Ces troupes feront
jointes par dix-huit Efcadrons Saxons , qu'on at
tend de Pologne.
DE PRAGUE , les 5 Avril.
L'Impératrice Reine a fait annoncer par le
Feld-Maréchal Comte de Browne , qu'Elle in
JUIN. 1757. 191
demniferoit les habitans de ce Royaume , des
dommages qui pourroient leur être cauſés par
les troupes Pruffiennes.
DE DRESDE , le 18 Avril.
Un détachement de Huffards Pruffiens pénétra
le 13 en Boheme jufqu'à Wildftein . En fe reti◄
rant , il a pillé un château du Baron de Peuff. Il
y a eu une efcarmouche affez vive entre ce détachement
& quelques Compagnies de troupes irrégulieres
de l'armée commandée par le Feld-
Maréchal de Browne.
DE BERLIN , le 27 Avril.
Suivant une Relation publiée ici de l'action
qui s'eft paffée le 21 de ce mois en Boheme près
de Reichenberg , le Prince de Brunſwic- Bevern
dès le 20 s'étoit emparé de Graffenſtein , de
Krottau , de Kratzen & de Machendorf. Le 21 ,
il marcha par Habendorff à Reichenberg , où il y
avoit vingt-huit mille Autrichiens commandés par
le Feld- Maréchal Comte de Konigseg. Auffitôt
que les Pruffiens eurent formé leur ordre de bataille
, ils firent plufieurs décharges d'artillerie fur
la Cavalerie ennemie. Elle étoit composée d'environ
trente efcadrons , & rangée fur trois lignes.
Ses deux aîles étoient appuyées par l'Infanterie
qui à la droite étoit retranchée dans un village
& à la gauche occupoit un bois où elle avoit fait
plufieurs abattis . Le Prince de Beverne, à la tête de
quinze efcadrons de Dragons, chargea la cavalerie.
En même-temps il fit attaquer le bois par les
Grenadiers de Kahlden & de Mollendorff, & par le
Régiment du Prince de Pruffe . Plufieurs redoutes
couvroient Reichenberg , & le Prince de Bevern
192 MERCURE DE FRANCE.
ordonna auffi de les attaquer. Le Lieutenant général
Leftwitz s'en rendit maître. L'attaque du bois
n'eut pas un moindre fuccès , & les Pruffiens ,
après avoir été repouffés jufqu'à trois fois , franchirent
les retranchemens. Alors la Cavalerie ennemie
, qui jufques- là n'avoit pu être ébranlée
par les différens chocs que lui avoit livrès
le Prince de Bevern , céda infenfiblement le
terrein. Autant qu'on a pu le fçavoir , les Autrichiens
ont eu mille hommes tués ou bleffés . L'action
a commencé à fix heures & demie du matin , &
elle a duré environ cinq heures. On prétend que les
troupes du Roi n'ont perdu que fept Officiers &
cent deux Soldats , Le Général Normann , le fieur
de Letow , Colonel- Commandant du Régiment
de Darmstadt , les Majors des Régimens de Platen
, d'Amftel , de Normann , de Bevern & de
Wirtemberg ; fept Capitaines , Lieutenans ou En-
Leignes , & cent cinquante Soldats ont été bleſſés.j
DE VESEL , le 9 Mai.
Le Maréchal d'Eftrées arriva le 27 du mois
dernier en cette Ville . Il y apprit que les Pruffiens
ayant abandonné Lipſtatt & Rittberg , le
Comte de Saint - Germain avoit occupé le 26 la
premiere de ces deux Villes avec les quatre Ba-
Tillons du Régiment de Belfunce. Sur l'avis que
les Pruffiens , foutenus de quelques Régimens
Hanovriens , ont formé un camp à Bielefeld , le
Maréchal d'Eftrées a fait des difpofitions pour
renforcer les troupes déja établies fur la Lippe .
Un Détachement de cinquante hommes du Corps
de Chaffeurs de Fifcher ayant été attaqué par
cent vingt Cuiraffiers Hanovriens , près de Warendorp
, entre Munſter & Lipftatt , en a tué
quinze & fait trente prifonniers. Après les avoir
pourfui vi
་
JUIN. 1757. 193
pourfuivi jufqu'à un pofte d'Infanterie des enne-.
Inis , il eft revenu fans aucune perte. Il a eu feulement
deux Officiers de bleffés.
DE VIENNE , le 10 Avril.
L'armée de Boheme que commandera le Prince
Charles de Lorraine , fera compofée de cinquantetrois
mille hommes d'Infanterie & de vingt mille.
de Cavalerie . Celle de Moravie , fous les ordres
du Feld-Maréchal Comte Léopold de Daun , fera
de foixante-dix mille hommes. Indépendamment
de ces deux armées , il y aura un camp volant
d'environ dix-neuf mille hommes , qui fera commandé
par le Comte de Nadafty. Ainfi l'on
compte cent foixante - deux mille fix cens hommes
de troupes de l'Impératrice Reine , deftinés à
agir contre le Roi de Pruffe. Ces troupes feront
jointes par dix-huit Efcadrons Saxons , qu'on at
tend de Pologne.
DE PRAGUE , les 5 Avril.
L'Impératrice Reine a fait annoncer par le
Feld-Maréchal Comte de Browne , qu'Elle in
JUIN. 1757. 191
demniferoit les habitans de ce Royaume , des
dommages qui pourroient leur être cauſés par
les troupes Pruffiennes.
DE DRESDE , le 18 Avril.
Un détachement de Huffards Pruffiens pénétra
le 13 en Boheme jufqu'à Wildftein . En fe reti◄
rant , il a pillé un château du Baron de Peuff. Il
y a eu une efcarmouche affez vive entre ce détachement
& quelques Compagnies de troupes irrégulieres
de l'armée commandée par le Feld-
Maréchal de Browne.
DE BERLIN , le 27 Avril.
Suivant une Relation publiée ici de l'action
qui s'eft paffée le 21 de ce mois en Boheme près
de Reichenberg , le Prince de Brunſwic- Bevern
dès le 20 s'étoit emparé de Graffenſtein , de
Krottau , de Kratzen & de Machendorf. Le 21 ,
il marcha par Habendorff à Reichenberg , où il y
avoit vingt-huit mille Autrichiens commandés par
le Feld- Maréchal Comte de Konigseg. Auffitôt
que les Pruffiens eurent formé leur ordre de bataille
, ils firent plufieurs décharges d'artillerie fur
la Cavalerie ennemie. Elle étoit composée d'environ
trente efcadrons , & rangée fur trois lignes.
Ses deux aîles étoient appuyées par l'Infanterie
qui à la droite étoit retranchée dans un village
& à la gauche occupoit un bois où elle avoit fait
plufieurs abattis . Le Prince de Beverne, à la tête de
quinze efcadrons de Dragons, chargea la cavalerie.
En même-temps il fit attaquer le bois par les
Grenadiers de Kahlden & de Mollendorff, & par le
Régiment du Prince de Pruffe . Plufieurs redoutes
couvroient Reichenberg , & le Prince de Bevern
192 MERCURE DE FRANCE.
ordonna auffi de les attaquer. Le Lieutenant général
Leftwitz s'en rendit maître. L'attaque du bois
n'eut pas un moindre fuccès , & les Pruffiens ,
après avoir été repouffés jufqu'à trois fois , franchirent
les retranchemens. Alors la Cavalerie ennemie
, qui jufques- là n'avoit pu être ébranlée
par les différens chocs que lui avoit livrès
le Prince de Bevern , céda infenfiblement le
terrein. Autant qu'on a pu le fçavoir , les Autrichiens
ont eu mille hommes tués ou bleffés . L'action
a commencé à fix heures & demie du matin , &
elle a duré environ cinq heures. On prétend que les
troupes du Roi n'ont perdu que fept Officiers &
cent deux Soldats , Le Général Normann , le fieur
de Letow , Colonel- Commandant du Régiment
de Darmstadt , les Majors des Régimens de Platen
, d'Amftel , de Normann , de Bevern & de
Wirtemberg ; fept Capitaines , Lieutenans ou En-
Leignes , & cent cinquante Soldats ont été bleſſés.j
DE VESEL , le 9 Mai.
Le Maréchal d'Eftrées arriva le 27 du mois
dernier en cette Ville . Il y apprit que les Pruffiens
ayant abandonné Lipſtatt & Rittberg , le
Comte de Saint - Germain avoit occupé le 26 la
premiere de ces deux Villes avec les quatre Ba-
Tillons du Régiment de Belfunce. Sur l'avis que
les Pruffiens , foutenus de quelques Régimens
Hanovriens , ont formé un camp à Bielefeld , le
Maréchal d'Eftrées a fait des difpofitions pour
renforcer les troupes déja établies fur la Lippe .
Un Détachement de cinquante hommes du Corps
de Chaffeurs de Fifcher ayant été attaqué par
cent vingt Cuiraffiers Hanovriens , près de Warendorp
, entre Munſter & Lipftatt , en a tué
quinze & fait trente prifonniers. Après les avoir
pourfui vi
་
JUIN. 1757. 193
pourfuivi jufqu'à un pofte d'Infanterie des enne-.
Inis , il eft revenu fans aucune perte. Il a eu feulement
deux Officiers de bleffés.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1757, l'armée impériale autrichienne se prépare à affronter les forces prussiennes. Elle est composée de trois principales unités : l'armée de Bohême, dirigée par le prince Charles de Lorraine, comptant 53 000 hommes d'infanterie et 20 000 de cavalerie ; l'armée de Moravie, sous les ordres du feld-maréchal comte Léopold de Daun, totalisant 60 000 hommes ; et un camp volant de 19 000 hommes commandé par le comte de Nadasty. L'impératrice-reine annonce qu'elle indemnisera les habitants de Bohême pour les dommages causés par les troupes prussiennes. En Bohême, un détachement prussien a pillé un château et s'est heurté à des troupes irrégulières autrichiennes lors d'une escarmouche. Le 21 avril, près de Reichenberg, le prince de Brunswick-Bevern mène une attaque contre 28 000 Autrichiens dirigés par le feld-maréchal comte de Königsegg. Les Prussiens réussissent à repousser les Autrichiens après plusieurs assauts, infligeant des pertes significatives à l'ennemi. Par ailleurs, le maréchal d'Estrées arrive à Vesel et apprend que les Prussiens ont abandonné certaines villes, permettant aux troupes françaises de les occuper. Un détachement français repousse également une attaque de cuirassiers hanovriens près de Warendorp.
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8081
p. 193-195
ESPAGNE.
Début :
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une violente émeute. [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Porto, Sédition, Émeute, Commerce des vins, Compagnie, Mécontentement du peuple, Saccages, Gouverneur, Tremblement de terre, Corsaire anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 29 Mars.
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une
violente émeute. Entre les neuf & dix heures du
matin , on vit defcendre de la Cordoaria une trou
pe d'hommes , ayant une femme à leur tête , &
criant Vive le Peuple. S'étant rendus chez l'Elu ,
qui étoit malade au lit , ils le contraignirent de
s'habiller , le mirent dans une chaiſe à porteurs ,
& l'emmenerent avec eux. En même temps quelques
féditieux monterent fur les tours de l'Eglife
de la Miféricorde , & fonnerent le tocfin , au bruit
duquel plufieurs milliers d'habitans s'affemblerent.
Cette nouvelle troupe joignit la premiere ,
& elles allerent enfemble demander à l'Intendant
de la Ville la fuppreffion de la Compagnie , qui
vient d'y être établie pour le commerce des vins.
Une autre bande de mutins inveſtit cependant la
maiſon du Provéditeur de la Compagnie. Ilfe mit
en défenſe , & fit tirer plufieurs coups de fufil ,
dont quelques perfonnes furent bleffées. Auffitôt la
populace en fureur força les portes , pénétra dans
les appartemens , brifa les meubles , & déchira
les livres & les papiers. Le Gouverneur d'Oporto
ayant fait prendre les armes à la garniſon , mar
cha vers le lieu où le défordre étoit le plus grand.
L'Intendant de fon côté envoya ordre aux Cordeliers
de commencer la Proceffion qu'ils ont
coutume de faire le Mercredi des Cendres , afin
d'opérer par ce pieux fpectacle une diverfion dans
l'efprit du peuple. Effectivement , dès que la
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Proceffion parut , l'orage fe calma. Il est à re
marquer que pendant toute la fédition il n'échappa
à la plus vile canaille aucun mot contre le
refpect du au Roi & à fes Miniftres. Pendant le
pillage de la maifon du Provéditeur de la Compagnie,
quelques jeunes gens vouloient enlever un
fac , dans lequel il y avoit plus de vingt mille
crufades . Un Grenadier leur dit que cet argent
appartenoit au Roi , & ils fe retirerent , fans y
toucher. Comme il étoit à craindre que le trouble
ne recommençât après la Proceffion , le Gouverneur
, pour fatisfaire les habitans , promit de
leur faire rendre juftice fur les griefs dont ils fe
plaignoient, Ils infifterent pour que la nouvelle
Compagnie fût fupprimée , ou qu'elle achetâr
leurs vins dans les temps fixés , & les payât argent
Comptant , ainfi que faifoient les Anglois. La
Garnifon 'd'Oporto a été renforcée de trois Régimens
, & la Cour y a envoyé un Commiffaire
avec ordre d'informer contre les auteurs de la ré,
volte.
Don Antoine-de Villena s'étant rendu à Oporto
avec le Régiment de Cavalerie de Chaves ,
pour faire arrêter & punir les auteurs de la révolte;
la populace de la Ville s'eft attroupée de nouveau
tumultueufement. Il a fallu charger les mu
tins , pour les difperfer. On en a tué plufieurs ,
& le Régiment de Chaves a perdu auffi quelques
Cavaliers.
Trois fecouffes de tremblement de terre ont
jetté ici de nouveau l'allarme . On fentit la premiere
le 16 à onze heures & demie du foir ; la
feconde à quatre heures après- midi , & la troifeme
le 18 à cinq heures & demie du matin,
Elles ont été accompagnées de plafieurs bruits
fouterreins. La premiere & la troifieme ant agi
JUI N. 1757.
195
par ondulations. Quelques maifons ont été ébranlées
à Caſcaës. On n'a point de nouvelles , qu'il
foit arrivé ailleurs aucun dommage.
Un Corfaire Anglois ayant pillé un Navire qui
portoit Pavillon de Portugal , & qui avoit à bord
une riche cargaifon , le Roi a demandé à Sa Majefté
Britannique une fatisfaction convenable.
DE LISBONNE , le 29 Mars.
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une
violente émeute. Entre les neuf & dix heures du
matin , on vit defcendre de la Cordoaria une trou
pe d'hommes , ayant une femme à leur tête , &
criant Vive le Peuple. S'étant rendus chez l'Elu ,
qui étoit malade au lit , ils le contraignirent de
s'habiller , le mirent dans une chaiſe à porteurs ,
& l'emmenerent avec eux. En même temps quelques
féditieux monterent fur les tours de l'Eglife
de la Miféricorde , & fonnerent le tocfin , au bruit
duquel plufieurs milliers d'habitans s'affemblerent.
Cette nouvelle troupe joignit la premiere ,
& elles allerent enfemble demander à l'Intendant
de la Ville la fuppreffion de la Compagnie , qui
vient d'y être établie pour le commerce des vins.
Une autre bande de mutins inveſtit cependant la
maiſon du Provéditeur de la Compagnie. Ilfe mit
en défenſe , & fit tirer plufieurs coups de fufil ,
dont quelques perfonnes furent bleffées. Auffitôt la
populace en fureur força les portes , pénétra dans
les appartemens , brifa les meubles , & déchira
les livres & les papiers. Le Gouverneur d'Oporto
ayant fait prendre les armes à la garniſon , mar
cha vers le lieu où le défordre étoit le plus grand.
L'Intendant de fon côté envoya ordre aux Cordeliers
de commencer la Proceffion qu'ils ont
coutume de faire le Mercredi des Cendres , afin
d'opérer par ce pieux fpectacle une diverfion dans
l'efprit du peuple. Effectivement , dès que la
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Proceffion parut , l'orage fe calma. Il est à re
marquer que pendant toute la fédition il n'échappa
à la plus vile canaille aucun mot contre le
refpect du au Roi & à fes Miniftres. Pendant le
pillage de la maifon du Provéditeur de la Compagnie,
quelques jeunes gens vouloient enlever un
fac , dans lequel il y avoit plus de vingt mille
crufades . Un Grenadier leur dit que cet argent
appartenoit au Roi , & ils fe retirerent , fans y
toucher. Comme il étoit à craindre que le trouble
ne recommençât après la Proceffion , le Gouverneur
, pour fatisfaire les habitans , promit de
leur faire rendre juftice fur les griefs dont ils fe
plaignoient, Ils infifterent pour que la nouvelle
Compagnie fût fupprimée , ou qu'elle achetâr
leurs vins dans les temps fixés , & les payât argent
Comptant , ainfi que faifoient les Anglois. La
Garnifon 'd'Oporto a été renforcée de trois Régimens
, & la Cour y a envoyé un Commiffaire
avec ordre d'informer contre les auteurs de la ré,
volte.
Don Antoine-de Villena s'étant rendu à Oporto
avec le Régiment de Cavalerie de Chaves ,
pour faire arrêter & punir les auteurs de la révolte;
la populace de la Ville s'eft attroupée de nouveau
tumultueufement. Il a fallu charger les mu
tins , pour les difperfer. On en a tué plufieurs ,
& le Régiment de Chaves a perdu auffi quelques
Cavaliers.
Trois fecouffes de tremblement de terre ont
jetté ici de nouveau l'allarme . On fentit la premiere
le 16 à onze heures & demie du foir ; la
feconde à quatre heures après- midi , & la troifeme
le 18 à cinq heures & demie du matin,
Elles ont été accompagnées de plafieurs bruits
fouterreins. La premiere & la troifieme ant agi
JUI N. 1757.
195
par ondulations. Quelques maifons ont été ébranlées
à Caſcaës. On n'a point de nouvelles , qu'il
foit arrivé ailleurs aucun dommage.
Un Corfaire Anglois ayant pillé un Navire qui
portoit Pavillon de Portugal , & qui avoit à bord
une riche cargaifon , le Roi a demandé à Sa Majefté
Britannique une fatisfaction convenable.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 23 février, une émeute a éclaté à Oporto. Vers neuf heures du matin, un groupe dirigé par une femme a forcé l'Elu, malade, à les suivre. Des individus ont sonné le tocsin, rassemblant des milliers de personnes qui ont exigé la suppression de la Compagnie du commerce des vins. Une autre bande a attaqué la maison du Provéditeur de la Compagnie, provoquant des affrontements et des pillages. Le Gouverneur a mobilisé la garnison et l'Intendant a organisé une procession des Cordeliers pour calmer la foule. Aucun mot contre le roi n'a été prononcé, et des jeunes gens ont renoncé à voler un sac d'argent appartenant au roi. Craignant une reprise des troubles, le Gouverneur a promis de traiter les griefs des habitants. La garnison a été renforcée et un commissaire a été envoyé pour enquêter. Plus tard, Don Antoine-de Villena a tenté d'arrêter les responsables, déclenchant une nouvelle émeute avec des morts des deux côtés. À Lisbonne, trois secousses sismiques ont été ressenties sans causer de dommages majeurs.
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8082
p. *195-195
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Des avis reçus d'Antigoa annoncent que les François se sont [...]
Mots clefs :
Londres, Français, Prise d'un fort, Afrique, Gouvernement de Gibraltar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE
BRETAGNE.
DE
LONDRES , le 19 Avril,
Des avis reçus d'Antigoa annoncent que les
François fe font emparés d'un Fort près de la riviete
de Gambie fur la côte d'Afrique. On conjecture
que c'eft l'Efcadre partie de Breſt au mois de Novembre
dernier , qui a été employée à cette expédition.
Sa Majesté a ôté au Lord Tyrawley le Gouver
nement de Gibraltar , pour le donner au Comte
de Humes.
BRETAGNE.
DE
LONDRES , le 19 Avril,
Des avis reçus d'Antigoa annoncent que les
François fe font emparés d'un Fort près de la riviete
de Gambie fur la côte d'Afrique. On conjecture
que c'eft l'Efcadre partie de Breſt au mois de Novembre
dernier , qui a été employée à cette expédition.
Sa Majesté a ôté au Lord Tyrawley le Gouver
nement de Gibraltar , pour le donner au Comte
de Humes.
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8083
p. 195-198
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 8 Avril, le Navire le Robuste, armé de 24 canons, dont 6 [...]
Mots clefs :
Navires, Canada, Attaque, Equipage, Combat naval, Coups de canon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Le 8 Avril , le Navire le Robufte , armé de 24
canons , dont 6 font de huit livres de balle , &
18 de fix , appareilla de la riviere de Bordeaux
pour le Canada. L'équipage de ce bâtiment n'étoit
que de 74 hommes , mais il y avoit à bord
150
volontaires étrangers , fous les ordres du
Chevalier de Saint-Rome. Le 13 , M. Rozier ,
commandant le Robufte , eut
connoiffance d'une
Frégate , laquelle courut au Nord , jufqu'à ce "
I
ij
196 MERCURE DE FRANCE.
quelle fût dans les eaux du Navire. Bientôt elle
revira fur lui , pour lui donner chaffe. M. Rozier
fit larguer un ris au grand Hunier , & hiffer le
grand Foc & la Voile d'étai de Hune. Cependant
la Frégate approchoit. Elle fe trouva au vent du
Navire , fans avoir arboré fon Pavillon . A deux
heures , le Robufte affura le fien par un coup de
canon , & cargua les baffes voiles. Sur le champ ,
la Frégate arbora Pavillon & Flamme d'Angleterre
, & lâcha toute fa bordée. Le feu du canon
& de la moufqueterie fut très- vif de part & d'autre
jufqu'à huit heures du foir , que la Frégate le retira,
Le Robufte dans cette attaque cut fa grande
Vergae & celle du grand Hunier coupées , toutes
fes voiles mifes hors d'état de fervir , quatorze
hommes tués , & dix-neuf bleffés , dont trois Officiers
, fçavoir , MM. Diparaguere , Capi
taine en fecond ; du Sallier , fecond Lieutenant ;
& Bierre , troifieme Lieutenant. La journée du
14 fut employée à réparer ce bâtiment. Il avoit
petit vent le 14 , lorfque l'équipage découvrit la
même Frégate , qui revenoit fur lui . Les enne
mis affurerent Pavillon blanc par un coup de canon.
Cette feinte n'empêcha pas de les reconnoître.
A huit heures du foir , ils hellerent le Navire,
& crierent d'amener. Sur le refus de M. Rozier ,
ils l'attaquerent de nouveau . Ce fecond combat ne
finit qu'à minuit , & l'on n'en vit guere de plus
furieux . La plupart des maneuvres du Robuste fus
rent criblées de coups de canon . Son Mât de Hu
ne , & fon Perroquet de fougue , furent rompus.
Il perdit quinze hommes , & eut vingt- trois bleffés.
M. Rozier fit route Cap à l'Eft , dans le deffein
de fe rendre au Port de France le plus prochain
, pour fe radouber. Ala pointe du jour , il
fut encore chaffé par la même Frégate. Un troj
JUIN..1757.
197
-
feme combat s'engagea vers les onze heures du
matin. La Frégate prit le Navire par la pouppe ,
& comme il ne pouvoit manoeuvrer à caufe de fa
mauvaiſe fituation , le fieur Rofier fut obligé de
faire hacher fes deux fabords de derriere de retrai
te. Peu à peu il reprit fon avantage . Les Anglois,
paffant, alternativement de bas-bord à ftribord ,
lâcherent coup fur coup plufieurs bordées . S'étant
enfuite replacés à la pouppe du Robufte , ils firent
une autre décharge , qui renverfa fon grand mât
& fon mât d'artimon. Le Navire François leur ti
ra fes deux canons de retraite , & eut le bonheur
de les défemparer de leur Gouvernail . Auffitôt la
Frégate ennemie largua fes perroquets , & amura
fes baffes voiles , pour s'éloigner , gouvernant
avec quatre avirons. Elle tira deux coups de canon
à mitraille ; mais elle étoit déja hors de portée.
On eftime que cette Frégate , qui eft de 36 canons
depuis neuf jufqu'à dix- huit livres de balle ,
étoit montée de 260 hommes. Dans ces trois
combats , il y a eu du côté des François cinq Officiers
de bord de bleffés , trois Sergens des vo
lontaires Etrangers de tués , trois autres bleffés
dangereufement , huit Matelots & foixante-feiz.
Soldats tués ou bleffés . M. de Gaignereau , Lieutenant
du Chevalier de Saint-Rome , a été bleffé
dans la troifieme action , ainfi que le Chevalier
de Cauffade , qui s'étoit embarqué comme paffager
pour le rendre en Canada. Après avoir foutenu
tant de différentes attaques , M. Rozier ne penfoit
qu'à relâcher au Port de la Rochelle. Le 17 ,
il fit rencontre d'un Corfaire Anglois , armé de 16
canons , 28 pierriers , & environ 200 hommes
d'équipage , qui fe préfenta à la pouppe du Navire
François , en faiſant un grand feu d'artillerie & de
moufqueterie , & en affurant fon Pavillon. Alors
I iij
198 MERCURE DE FRANCE
en .
le Robuste n'avoit plus que fon Mât de Mifaine &
de Beaupré. Cependant il ne laiffa pas d'arriver ,
& il envoya plufieurs bordées aux ennemis , tout
coup portant. Le Corfaire , confidérablement
dommagé dans fes manoeuvres , fut dans la néceſ
fité de prendre le large , fans avoir tué ni bleffe
perfonne fur le Navire François. Le même foir ,
ce dernier bâtiment mouilla à l'entrée du Pertuis
d'Antioche. M. Rozier fit venir le lendemain &
bord trois Traverfiers , pour touer le Robuste en
rade de Chef de Baye , où ce Navire arriva à midi.
Son équipage , dans les diverfes attaques qu'il
a eues à foutenir , compte avoir tiré douze à treize
cens coups de canon, & plus de quinze mille coups
de fufil. Le Chevalier de Cauffade eft mort le 20
de fes bleffures.
Le 8 Avril , le Navire le Robufte , armé de 24
canons , dont 6 font de huit livres de balle , &
18 de fix , appareilla de la riviere de Bordeaux
pour le Canada. L'équipage de ce bâtiment n'étoit
que de 74 hommes , mais il y avoit à bord
150
volontaires étrangers , fous les ordres du
Chevalier de Saint-Rome. Le 13 , M. Rozier ,
commandant le Robufte , eut
connoiffance d'une
Frégate , laquelle courut au Nord , jufqu'à ce "
I
ij
196 MERCURE DE FRANCE.
quelle fût dans les eaux du Navire. Bientôt elle
revira fur lui , pour lui donner chaffe. M. Rozier
fit larguer un ris au grand Hunier , & hiffer le
grand Foc & la Voile d'étai de Hune. Cependant
la Frégate approchoit. Elle fe trouva au vent du
Navire , fans avoir arboré fon Pavillon . A deux
heures , le Robufte affura le fien par un coup de
canon , & cargua les baffes voiles. Sur le champ ,
la Frégate arbora Pavillon & Flamme d'Angleterre
, & lâcha toute fa bordée. Le feu du canon
& de la moufqueterie fut très- vif de part & d'autre
jufqu'à huit heures du foir , que la Frégate le retira,
Le Robufte dans cette attaque cut fa grande
Vergae & celle du grand Hunier coupées , toutes
fes voiles mifes hors d'état de fervir , quatorze
hommes tués , & dix-neuf bleffés , dont trois Officiers
, fçavoir , MM. Diparaguere , Capi
taine en fecond ; du Sallier , fecond Lieutenant ;
& Bierre , troifieme Lieutenant. La journée du
14 fut employée à réparer ce bâtiment. Il avoit
petit vent le 14 , lorfque l'équipage découvrit la
même Frégate , qui revenoit fur lui . Les enne
mis affurerent Pavillon blanc par un coup de canon.
Cette feinte n'empêcha pas de les reconnoître.
A huit heures du foir , ils hellerent le Navire,
& crierent d'amener. Sur le refus de M. Rozier ,
ils l'attaquerent de nouveau . Ce fecond combat ne
finit qu'à minuit , & l'on n'en vit guere de plus
furieux . La plupart des maneuvres du Robuste fus
rent criblées de coups de canon . Son Mât de Hu
ne , & fon Perroquet de fougue , furent rompus.
Il perdit quinze hommes , & eut vingt- trois bleffés.
M. Rozier fit route Cap à l'Eft , dans le deffein
de fe rendre au Port de France le plus prochain
, pour fe radouber. Ala pointe du jour , il
fut encore chaffé par la même Frégate. Un troj
JUIN..1757.
197
-
feme combat s'engagea vers les onze heures du
matin. La Frégate prit le Navire par la pouppe ,
& comme il ne pouvoit manoeuvrer à caufe de fa
mauvaiſe fituation , le fieur Rofier fut obligé de
faire hacher fes deux fabords de derriere de retrai
te. Peu à peu il reprit fon avantage . Les Anglois,
paffant, alternativement de bas-bord à ftribord ,
lâcherent coup fur coup plufieurs bordées . S'étant
enfuite replacés à la pouppe du Robufte , ils firent
une autre décharge , qui renverfa fon grand mât
& fon mât d'artimon. Le Navire François leur ti
ra fes deux canons de retraite , & eut le bonheur
de les défemparer de leur Gouvernail . Auffitôt la
Frégate ennemie largua fes perroquets , & amura
fes baffes voiles , pour s'éloigner , gouvernant
avec quatre avirons. Elle tira deux coups de canon
à mitraille ; mais elle étoit déja hors de portée.
On eftime que cette Frégate , qui eft de 36 canons
depuis neuf jufqu'à dix- huit livres de balle ,
étoit montée de 260 hommes. Dans ces trois
combats , il y a eu du côté des François cinq Officiers
de bord de bleffés , trois Sergens des vo
lontaires Etrangers de tués , trois autres bleffés
dangereufement , huit Matelots & foixante-feiz.
Soldats tués ou bleffés . M. de Gaignereau , Lieutenant
du Chevalier de Saint-Rome , a été bleffé
dans la troifieme action , ainfi que le Chevalier
de Cauffade , qui s'étoit embarqué comme paffager
pour le rendre en Canada. Après avoir foutenu
tant de différentes attaques , M. Rozier ne penfoit
qu'à relâcher au Port de la Rochelle. Le 17 ,
il fit rencontre d'un Corfaire Anglois , armé de 16
canons , 28 pierriers , & environ 200 hommes
d'équipage , qui fe préfenta à la pouppe du Navire
François , en faiſant un grand feu d'artillerie & de
moufqueterie , & en affurant fon Pavillon. Alors
I iij
198 MERCURE DE FRANCE
en .
le Robuste n'avoit plus que fon Mât de Mifaine &
de Beaupré. Cependant il ne laiffa pas d'arriver ,
& il envoya plufieurs bordées aux ennemis , tout
coup portant. Le Corfaire , confidérablement
dommagé dans fes manoeuvres , fut dans la néceſ
fité de prendre le large , fans avoir tué ni bleffe
perfonne fur le Navire François. Le même foir ,
ce dernier bâtiment mouilla à l'entrée du Pertuis
d'Antioche. M. Rozier fit venir le lendemain &
bord trois Traverfiers , pour touer le Robuste en
rade de Chef de Baye , où ce Navire arriva à midi.
Son équipage , dans les diverfes attaques qu'il
a eues à foutenir , compte avoir tiré douze à treize
cens coups de canon, & plus de quinze mille coups
de fufil. Le Chevalier de Cauffade eft mort le 20
de fes bleffures.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 8 avril, le navire 'Le Robuste', équipé de 24 canons et commandé par le Chevalier de Saint-Rome, quitta Bordeaux pour le Canada avec un équipage de 74 hommes et 150 volontaires étrangers. Le 13 avril, le commandant Rozier repéra une frégate anglaise qui attaqua le navire. Malgré des dommages importants, notamment la perte de plusieurs voiles et de nombreux blessés, le 'Robuste' continua de se défendre. Le 14 avril, après des réparations, la frégate attaqua de nouveau. Un troisième combat eut lieu le 16 avril, où le 'Robuste' subit de lourds dégâts mais parvint à endommager le gouvernail de la frégate ennemie, forçant cette dernière à se retirer. Au cours des trois combats, les Français perdirent 11 matelots et soldats tués et 67 blessés, incluant cinq officiers blessés. Le 17 avril, le 'Robuste' affronta un corsaire anglais mais réussit à le repousser malgré ses propres dommages. Le navire arriva finalement à Rochefort le 18 avril, après avoir subi plusieurs attaques et tiré environ 12 à 13 cents coups de canon et plus de 15 mille coups de fusil. Le Chevalier de Cauffade décéda le 20 avril des suites de ses blessures.
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8084
p. 198-200
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
Début :
Le nommé Leroi, de la Compagnie Colonelles, avoit, outre les syptômes [...]
Mots clefs :
Hôpital, Symptômes, M. Keyser, Maladies, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
SUPPLEMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
E
Quatrieme traitement depuis ſon établiſſement.
Ls nommé Leroi , de la Compagnie Colonelle
avoit , outre les fymptômes les plus graves , un ulcere
confidérable , des chairs fongueufes à la racine
du gros orteil du pied gauche : on l'avoit traité
plufieurs fois inutilement fans pouvoir le guérir ,
& ce n'eft qu'au remede de M. Keyfer, & auxfoins
particuliers de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie
& Adminiftrateur dudit Hôpital , qu'il doit
aujourd'hui fa guériſon . Il est entré le 10 Mars &
eft forti le 3 Mai.
JUIN. 1757.
199
Le nommé Briere , de la Compagnie de Ma
than , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 3 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Vivarais , de la Compagnie Colonelle
, eft entré le 17 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Jefquy , de la Compagnie de Launoy
, eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai.
Ce foldat étoit dans un état fâcheux tous les
fymptômes de fa maladie ont été bien effacés ;
mais l'on ne répond point de la guérifon , parce
que quelque inftance qu'on ait pu lui faire , il n'a
pas été poffible de lui faire prendre exactement le
remede , & qu'il auroit été néceffaire qu'il en prft
encore quelques jours.
Le nommé Bromont, de la Compagnie de Broc,
eft entré le 24 Mars , & eft forti le zo Mai parfaitement
guéri.
Le nommé Point du Jour , de la Compagnie de
la Sône , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Orléans , de la Compagnie du Trévon
, avoit des douleurs infupportables par tout le
corps , & furtout à la tête où elles étoient continuelles
; il en étoit fi cruellement tourmenté pendant
la nuit , que depuis long-temps il ne pouvoit
fermer l'oeil. Il eſt entré le 24 Mars , & eft ſorti le
10 Mai parfaitement guéri.
Le nommé le Bon , de la Compagnie de la Ferriere
; ce Soldat , outre les fymptômes ordinaires ,
avoit le bras droit impotent , des douleurs trèsvives
dans les lombes & à la cuiffe du même côté.
Il eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Chamarais , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
liv
200 MERCURE DE FRANCE
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Vitré , de la Compagnie de Coettrieux
, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Gallée , de la Compagnie de Champignelles
; ce Soldat étoit dans un état cruel ,
reffentant depuis plus de deux ans des douleurs
de tête qui lui caufoient des étourdiffemens
continuels ; il en reffentoit encore à toutes les
extrêmités ; il ne pouvoit repoſer ni travailler . II
eft entré le 31 Mars ,& eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Beaufoleil , de la Compagnie de
Poudeux, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 17
Mai parfaitement guéri.
Il vient d'entrer douze autres malades dont on
rendra pareillement compte le mois prochain.
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
E
Quatrieme traitement depuis ſon établiſſement.
Ls nommé Leroi , de la Compagnie Colonelle
avoit , outre les fymptômes les plus graves , un ulcere
confidérable , des chairs fongueufes à la racine
du gros orteil du pied gauche : on l'avoit traité
plufieurs fois inutilement fans pouvoir le guérir ,
& ce n'eft qu'au remede de M. Keyfer, & auxfoins
particuliers de M. Bourbelain , Maître en Chirurgie
& Adminiftrateur dudit Hôpital , qu'il doit
aujourd'hui fa guériſon . Il est entré le 10 Mars &
eft forti le 3 Mai.
JUIN. 1757.
199
Le nommé Briere , de la Compagnie de Ma
than , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 3 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Vivarais , de la Compagnie Colonelle
, eft entré le 17 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Jefquy , de la Compagnie de Launoy
, eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai.
Ce foldat étoit dans un état fâcheux tous les
fymptômes de fa maladie ont été bien effacés ;
mais l'on ne répond point de la guérifon , parce
que quelque inftance qu'on ait pu lui faire , il n'a
pas été poffible de lui faire prendre exactement le
remede , & qu'il auroit été néceffaire qu'il en prft
encore quelques jours.
Le nommé Bromont, de la Compagnie de Broc,
eft entré le 24 Mars , & eft forti le zo Mai parfaitement
guéri.
Le nommé Point du Jour , de la Compagnie de
la Sône , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Orléans , de la Compagnie du Trévon
, avoit des douleurs infupportables par tout le
corps , & furtout à la tête où elles étoient continuelles
; il en étoit fi cruellement tourmenté pendant
la nuit , que depuis long-temps il ne pouvoit
fermer l'oeil. Il eſt entré le 24 Mars , & eft ſorti le
10 Mai parfaitement guéri.
Le nommé le Bon , de la Compagnie de la Ferriere
; ce Soldat , outre les fymptômes ordinaires ,
avoit le bras droit impotent , des douleurs trèsvives
dans les lombes & à la cuiffe du même côté.
Il eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Chamarais , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 24 Mars , & eft forti le 10
liv
200 MERCURE DE FRANCE
Mai parfaitement guéri.
Le nommé Vitré , de la Compagnie de Coettrieux
, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 10 Mai
parfaitement guéri.
Le nommé Gallée , de la Compagnie de Champignelles
; ce Soldat étoit dans un état cruel ,
reffentant depuis plus de deux ans des douleurs
de tête qui lui caufoient des étourdiffemens
continuels ; il en reffentoit encore à toutes les
extrêmités ; il ne pouvoit repoſer ni travailler . II
eft entré le 31 Mars ,& eft forti le 10 Mai parfaitement
guéri .
Le nommé Beaufoleil , de la Compagnie de
Poudeux, eft entré le 31 Mars , & eft forti le 17
Mai parfaitement guéri.
Il vient d'entrer douze autres malades dont on
rendra pareillement compte le mois prochain.
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE. Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron.
En juin 1757, un supplément à un article sur la chirurgie relate le quatrième traitement effectué à l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Plusieurs soldats ont été traités avec succès. Leroi, de la Compagnie Colonelle, souffrait d'un ulcère et de chairs fongueuses au gros orteil. Après plusieurs traitements infructueux, il a été guéri grâce au remède de M. Keyfer et aux soins de M. Bourbelain, entrant le 10 mars et sortant le 3 mai. D'autres soldats, tels que Briere, Vivarais, Bromont, Point du Jour, Orléans, le Bon, Chamarais, Vitré, Gallée et Beaufoleil, ont également été guéris de diverses affections après des périodes de traitement allant du 24 mars au 17 mai. Jefquy, bien que montrant des améliorations, n'a pas suivi correctement le traitement, rendant sa guérison incertaine. Douze nouveaux malades sont récemment entrés à l'hôpital.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8085
p. 200-201
Avertissement.
Début :
Le sieur Keyser avertit le Public que quoique son plus grand desir [...]
Mots clefs :
M. Keyser, Remède, Bien commun, Lettres accablantes, Enseignement de sa méthode, Traitements
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texteReconnaissance textuelle : Avertissement.
Avertiffement.
Le fieur Keyfer avertit le Public que quoique
fon plus grand defir & fon unique objet foit de
contribuer au bien général de l'humanité par l'extenfion
de fon remede dans les Provinces & les
pays étrangers ; cependant comme ce remede ,
ainfi qu'il l'a déja annoncé plufieurs fois , demande
une certaine adminiſtration , que l'on ne peut
apprendre fans avoir vu & fuivi un certain nombre
de malades traités par fa méthode , il ne fe
réfoudra jamais d'en envoyer au dehors pour être
adminiftré au hazard par des mains inhabiles , &
que parconféquent il eft inutile qu'on l'accable
tous les jours , & de toutes parts , de lettres à ce
fujet pour lui en demander. Que toutefois étant
férieufement occupé des moyens de le participer ,
'il eft poffible , à toute la terre , il inftruit actuellement
de fa méthode différens Maîtres en Chiurgie
de diverfes Provinces , qui font venus le
JUIN. 1757. 201
trouver , & qui jugeant fans prévention & fans
partialité , par leurs propres yeux , fuivent avec
exactitude les maladies , les traitemens , & apprennent
l'adminiftration , en fe convainquant
par les expériences qu'ils voient & qu'ils font
eux-mêmes , de la vérité & de la fupériorité de
fon remede. Qu'il fe fera le plus grand plaifir de
recevoir également tous ceux qui voudront ou
pourront venir paffer quelque mois à en apprendre
l'adminiftration , & qu'alors au bout d'un
temps fuffifant , mais qui ne fera jamais long ,
quand il fera certain que ceux qui auront fuivi &
adminiftré fous fes yeux , feront parfaitement inftruits
; il le leur confiera pour aller par euxmêmes
l'adminiftrer en quelque endroit que ce
foit , & ne les en laiffera jamais manquer ; & afin
que le Public ne puiffe être la dupe & la victime
de ceux qui pourroient fe vanter fauffement d'en
avoir , il aura foin de donner tous les ans , par la
voie du Mercure de France , les noms. exacts des
perfonnes à qui il l'aura confié fucceffivement , &
il commence conféquemment aujourd'hui à annoncer
qu'il vient de le donner à M. Ray, Maître
en Chirurgie, demeurant rue Turpin, à Lyon , qui
étant venu à Paris fuivre fes traitemens , voir l'administration
, & adminiftrer lui-même , eft parfaitement
inftruft , & en état de traiter avec fon
remede & par fa méthode , toutes les maladies vénériennes
quelconques.
Il en partira inceffamment d'autres pour plu
fieurs principales Villes du Royaume.
Le fieur Keyfer avertit le Public que quoique
fon plus grand defir & fon unique objet foit de
contribuer au bien général de l'humanité par l'extenfion
de fon remede dans les Provinces & les
pays étrangers ; cependant comme ce remede ,
ainfi qu'il l'a déja annoncé plufieurs fois , demande
une certaine adminiſtration , que l'on ne peut
apprendre fans avoir vu & fuivi un certain nombre
de malades traités par fa méthode , il ne fe
réfoudra jamais d'en envoyer au dehors pour être
adminiftré au hazard par des mains inhabiles , &
que parconféquent il eft inutile qu'on l'accable
tous les jours , & de toutes parts , de lettres à ce
fujet pour lui en demander. Que toutefois étant
férieufement occupé des moyens de le participer ,
'il eft poffible , à toute la terre , il inftruit actuellement
de fa méthode différens Maîtres en Chiurgie
de diverfes Provinces , qui font venus le
JUIN. 1757. 201
trouver , & qui jugeant fans prévention & fans
partialité , par leurs propres yeux , fuivent avec
exactitude les maladies , les traitemens , & apprennent
l'adminiftration , en fe convainquant
par les expériences qu'ils voient & qu'ils font
eux-mêmes , de la vérité & de la fupériorité de
fon remede. Qu'il fe fera le plus grand plaifir de
recevoir également tous ceux qui voudront ou
pourront venir paffer quelque mois à en apprendre
l'adminiftration , & qu'alors au bout d'un
temps fuffifant , mais qui ne fera jamais long ,
quand il fera certain que ceux qui auront fuivi &
adminiftré fous fes yeux , feront parfaitement inftruits
; il le leur confiera pour aller par euxmêmes
l'adminiftrer en quelque endroit que ce
foit , & ne les en laiffera jamais manquer ; & afin
que le Public ne puiffe être la dupe & la victime
de ceux qui pourroient fe vanter fauffement d'en
avoir , il aura foin de donner tous les ans , par la
voie du Mercure de France , les noms. exacts des
perfonnes à qui il l'aura confié fucceffivement , &
il commence conféquemment aujourd'hui à annoncer
qu'il vient de le donner à M. Ray, Maître
en Chirurgie, demeurant rue Turpin, à Lyon , qui
étant venu à Paris fuivre fes traitemens , voir l'administration
, & adminiftrer lui-même , eft parfaitement
inftruft , & en état de traiter avec fon
remede & par fa méthode , toutes les maladies vénériennes
quelconques.
Il en partira inceffamment d'autres pour plu
fieurs principales Villes du Royaume.
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Résumé : Avertissement.
Le sieur Keyfer adresse un avertissement au public concernant la diffusion de son remède. Son objectif est de promouvoir le bien-être humain en distribuant ce remède dans diverses provinces et pays étrangers. Cependant, il insiste sur l'importance d'une administration correcte, qui nécessite une formation sous sa supervision. Keyfer refuse donc d'envoyer son remède à des personnes non qualifiées. Actuellement, Keyfer forme des maîtres en chirurgie provenant de différentes provinces, arrivés en juin 1757. Ces maîtres suivent rigoureusement les traitements et apprennent l'administration du remède par l'expérience. Keyfer invite toute personne intéressée à se former pendant quelques mois pour pouvoir ensuite administrer le remède partout. Il garantit un soutien continu aux formés. Pour prévenir les abus, Keyfer publiera annuellement dans le Mercure de France les noms des personnes autorisées à utiliser son remède. Il annonce que M. Ray, maître en chirurgie à Lyon, est formé et compétent pour traiter les maladies vénériennes avec le remède et la méthode de Keyfer. D'autres maîtres seront bientôt envoyés dans plusieurs grandes villes du royaume.
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8086
p. 202-212
Ordonnance sur les Corvées [titre d'après la table]
Début :
L'Ordonnance suivante au sujet des corvées nous a paru si [...]
Mots clefs :
Ordonnance, Corvées, Changements, Progrès, Articles, Tâches, Paroisses, Syndic, Mandement, Punitions, Récompenses
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texteReconnaissance textuelle : Ordonnance sur les Corvées [titre d'après la table]
L'Ordonnance faivante au fujet des corvées
nous a paru fi conforme à lajuftice ,
& fi précieuſe à l'humanité , que nous
avons cru devoir la confacrer dans nos faftes
. Des amis de M. de Brou avoient refu
fé de nous la communiquer par ménagement
pour fa modeftie ; mais heureufement
il s'en eft répandu dans Paris tant
d'Exemplaires , que nous avons été obligés
de céder aux inftances du plus grand nombre
qui nous a follicités de la rendre publique
, comme un modele de fageffe &
d'équité.
DE PAR LE ROT, Antoine- Paul Jofeph
Feydeau-de Bron , Chevalier , Confeiller
du Roi enfes Confeils , Maître des Requêtes
ordinaires de fon Hôtel , Intendant de
Juftice , Police & Finances , en la Généralité
de Rouen.
Nous étant fait remettre fous les yeux
les états de fituation des différentes routes
de la généralité , Nous n'avons pu voir
qu'avec peine le peu de progrès du travail
des corvées qui Nous a mis dans le cas d'être
obligés , ou de laiffer imparfaits plufieurs
ouvrages dont le Public auroit dû
JUIN. 1757. 203
profiter , ou d'éxiger des habitans un nouveau
travail , dans un temps que Nous
aurions voulu laiffer tout entier à la culture
de leurs terres & au foin de leurs femences.
Dans la vue de remédier à de fi grands inconvéniens
, Nous avons réfolu de don
ner une nouvelle forme à l'adminiſtration
des corvées , & d'en accélérer , s'il eft
poffible , les progrès , non par une charge
plus forte que Nous n'impoferions qu'à regret
aux habitans , mais par une meilleure
diftribution de leurs forces , & par un
emploi plus affuré de leurs travaux , & èn
conféquence Nous avons ordonné ce qui
fuit.:
ART. I. Il ne fera plus à l'avenir impofé
aux Paroiffes un nombre de jours de corvées
déterminé ; mais fuivant le même
nombre de jours que Nous avons accoutumé
de leur prefcrire , il leur fera impofé
des tâches proportionnées à leurs forces ,
à l'éloignement de l'attelier , à la diſtance
des lieux d'où il faudra extraire les matériaux
, aux difficultés de l'extraction ; en
un mot , à toutes les différentes confidérations
qui pourront contribuer à la juftice
que nous fommes obligés de leur rendre..
ART. II. Il Nous fera remis à cet effet
par l'Ingénieur de la province , dans le
courant du mois de Décembre au plus tard,
Ivja
204 MERCURE DE FRANCE.
un plan & devis de toutes les routes auxquelles
il aura été réfolu de faire travailler,
enfemble l'état des Paroiffes divifé par attelier
qu'il conviendra d'y employer ,
lefquelles ne pourront être diftantes de
plus de deux lieues & demie , foit des carrieres
, foit de l'attelier .
>
ART. III . Auffi - tôt que ledit état Nous
aura été remis , il fera par Nous envoyé
Ordre à tous les Syndics des Paroiffes de
remettre dans quinzaine un état des voitures
, chevaux , harnois, journaliers defdites
Paroiffes , & afin de leur faciliter ladite
opération , il fera par Nous adreffé des modeles
defdits états, divifés par colonnes , lefquel's
contiendront les noms des laboureurs
& journaliers , le nombre des voitures ,
celui des chevaux de trait ou de fomme
les noms des exempts , leurs titres d'exemption
. Seront tenus lefdits Syndics d'y comprendre
leurs propres voitures & leurs
chevaux , & de faire certifier lesdits états
par quatre des principaux habitans les
plus hauts impofés à la taille ; & en cas de
fauffe déclaration de leur part , feront lefdits
Syndics & les quatre habitans qui
auront certifié ledit état , condamnés en
vingt livres d'amende.
ART. IV. Auffi - tôt que les états contenant
la force de chaque Paroiffe Nous auzont
été envoyés par le Syndic , ils ferant
JUI N. 1757. 205
par Nous remis entre les mains de l'Ingénieur
, lequel dreffera en conféquence fon
état de répartition , contenant la tâche de
chaque Paroiffe , pour être enfuite envoyé
des Mandemens , lefquels contiendront
non -feulement la tâche de chaque
Paroiffe mais encore celle de chaque
cheval de trait ou de fomme , & de chaque
journalier demeurant dans ladite Paroiffe ,
laquelle ne fera eftimée que fur ce que
peut faire un homme de moyenne force.
->
ART. V. Seront lefdits Mandemens par
Nous envoyés aux Syndics des différentes
Paroiffes , lefquels feront tenus de les lire
& publier dans une affemblée générale des
habitans , qui fera convoquée à cet effet
le premier Dimanche d'après , à l'iffue de
la Meffe Paroiffiale , afin que chaque Pa
roiffe , & même chaque habitant , puiffe
connoître, autant qu'il fera poffible, la tâche
dont il demeurera chargé.
ART. VI. Il fera accordé quinzaine aux
habitans & aux Paroiffes après la publication
defdits Mandemens , pour Nous
adreffer leurs plaintes & repréfentations an
fujet des tâches qui leur auront été impo
fées feront les repréfentations des Paroiffes
communiquées à l'Ingénieur , &
celles des Habitans de chaque Paroiffe à
leurs Syndics , lefquels feront tenus d'y
répondre dans quinzaine , pour , fur leur.
:
206 MERCURE DE FRANCE.
réponſe & l'avis de nos Subdélégués , être
par Nous ordonné ce qu'il appartiendra.
ART. VII . Il fera auffi par Nous envoyé
des Ordres au bas defdits Mandemens aux
Syndics de fe rendre à un jour marqué ,
dans le village le plus prochain de l'attelier
, pour , en préfence & fous les ordres
du Sous - Ingénieur , régler fur l'attelier
même le travail de la corvée , de la maniere
& dans l'ordre qui va être preſcrit
ci -après.
T
ART. VIII. Il ne fera commandé à la
fois fur l'attelier que le tiers des Paroiffes
qui devront travailler à la corvée, & chaque
tiers fera commandé deux jours de fuite .
.
ART.IX. Ilnepourra auffi être commandé
à la fois que la moitié de chaque Paroiffe
employée à la corvée , & afin de mettre autant
d'ordre & de facilité qu'il eft poffible
dans cette diftribution feront lefdites
Paroiffes divifées en deux ou en quatre
Brigades , fuivant le nombre d'habitans
qu''elles contiennent , lefquelles feront tenues
de fe rendre alternativement fur l'at
telier les jours que leur Paroiffe fera employée.
ART. X. Et afin de ne pas enlever aux
Habitans , par l'exécution trop févere de
ces Ordres , des jours quelquefois néceffaires
à la culture de leurs terres & au bien
de leurs recoltes , pourront lefdits habi
JUI N. 1757. 207
tans , foit laboureurs , foir journaliers ,
compris dans les différentes Brigades , en
prévenant leurs Syndics , fe fuppléer les
uns aux autres , & faire acquitter leurs tâches
par d'autres , à condition qu'il fe
trouve toujours le même nombre dejournaliers
, de chevaux & de voitures fur
l'attelier , comme aufli à condition que
lefdites tâches demeureront toujours fouts
le nom & à la charge de ceux auxquels elles
auront été impofées , lefquels feront
feuls connus fur les états qui Nous feront
remis par les Syndics du travail de la córvée.
ART. XI. Seront toujours les brigades
commandées toutes entieres , & elles pour
ront n'être que de trois ou quatre journáliers
dans les Paroiffes les plus foibles ,
afin qu'il y en ait toujours au moins deux ,
& que la moitié de la Paroiffe demeure libre
, chaque brigade n'étant commandée
qu'alternativement .
ART. XII. Seront tenus les habitans des
Paroiffes d'obéir à leurs Syndics , & les
Syndics aux Piqueurs , en tout ce qu'il
leur fera prefcrit pour le bon ordre de la
corvée , fous l'infpection & les ordres du
Sous- Ingénieur qui , en cas de défobéiffance
, fera tenu de Nous en rendre compte ,
ou à nos Subdélégués , lefquels pourront
donner tous les ordres provifoires ; & fe208
MERCURE DE FRANCE.
t
ront tenus néanmoins de Nous en rendre
compte , pour y être par Nous pourvu définitivement
, fuivant l'exigence des cas.
ART. XIII : Sera la tâche de chaque Paroiffe
diftinguée fur l'attelier par des po
teaux , & celle de chaque brigade par des
piquets.
ART. XIV. Seront tenus les Syndics de
fe trouver avec leurs Paroiffes fur l'attelier
, pour veiller à ce que la tâche qui
leur fera preferite foit faite ; de remettre
chaque jour entre les mains du Piqueur
un état des défaillans dans chaque Briga
de , qu'ils feront tenus de figner , & dans
lequel ils auront foin d'inférer les cauſes
d'abfence qui pourroient être parvenues
à leur connoiffance.
ART. XV. Seront lefdits états remis par
les Piqueurs entre les mains du Sous- Ingénieur
, lequel Nous rendra compte tous
les quinze jours des progrès des corvées.
ART. XVI . Seront les défaillans condamnés
en une amende ; fçavoir , les laboureurs
de dix livres , & les journaliers
de trois livres pour la premiere fois , &
du double pour la feconde , & feront même
punis fuivant l'exigence des cas , s'ile
continuoient à mériter des peines plus féveres
, par une plus longue défobéiffance ;
& afin de parvenir au payement defdites
amendes, il fera joint aux états qui Nour
JUI N. 1757.
209
feront envoyés par le Sous- Ingénieur , un
rôle des défaillans , lequel fera par Nous
rendu éxécutoire , & dont le Syndic de
chaque Paroiffe fera tenu de fe charger ,
& de faire le recouvrement ; à l'effet de
quoi il pourra contraindre les redevables ,
pour être enfuite les deniers par lui diftribués
au marc la livre , de là taille à chacun
de ceux qui compofent la brigade de
corvéables , dans laquelle les défaillans
auront manqué , auxquelles amendes ne
pourront néanmoins participer mutuellement
aucuns defdits défaillans ; & il appartiendra
un quart defdites amendes au
Syndic , pour le dédommager des peines
& des frais qui lui auront été occafionnés
par le recouvrement .
pu-
ART. XVII . Mais afin de rendre les
nitions les plus rares qu'il fera poffible , &
de hâter d'ailleurs l'avantage que le Public
doit retirer des travaux des corvées , Nous
avons cherché à exciter l'émulation , & à
encourager par des récompenfes , le zele
& la bonne volonté de tous ceux qui y feront
employés , & Nous avons à cet effet
divifé le travail de la corvée en deux
temps , fçavoir trois mois auparavant les
récoltes , à commencer depuis le quinze
d'Avril jufqu'au quinze de Juillet , pendant
lefquels les Paroiffes qui auront fini le
plus diligemment leurs tâches , auront
210 MERCURE DE FRANCE.
droit aux récompenfes ; & deux mois
après les récoltes , depuis le premier Sep
tembre jufqu'au quinze de Novembre ,
qui leur feront donnés pour achever leurs
tâches , faute de quoi elles y feront contraintes
; & feront lefdites récompenfes
diftribuées de la maniere qui va être indiquée
ci - après.
ART. XVIII. Il fera accordé trente livres
de gratification fur les fonds des ponts
& chauffées , au Piqueur qui fe fera le
plus diftingué fur la route dans la conduite
de l'attelier qui lui aura été confié , &
quinze livres à chacun des deux Syndics ,
qui fur le rapport du Sous-Ingénieur , auront
marqué le plus d'intelligence & d'affiduité.
ART. XIX . A l'égard des Paroiffes , il
fera accordé une diminution fur la taille ,
aux trois Paroiffes qui fur chaque attelier
auront fait le plus diligemment la tâche
dont elles auront été chargées, pourvu toutefois
que ce foit dans les trois mois avant
la récolte ; & fera ladite diminution de quatre
-vingts livres pour les Paroiffes dont la
taille eft de douze cens livres , & au deffus ;
foixante livres pour celles dont la taille
fera depuis huit cens livres jufqu'à douze
cens livres , & quarante livres à toutes
celles dont la taille fera au deffous de huis
cens livres.
JUIN. 1757.
211
ART. XX. Si cependant aucune Paroiffe
de l'attelier n'avoit achevé la tâche qui lui
auroit été preſcrite avant la récolte , la
peine que Nous aurions de n'avoir plus que
des punitions à propoſer lors de la repriſe
du travail des corvées , pourra Nous faire
prendre le parti d'accorder encore par grace
, des récompenfes aux trois Paroiffes
qui auront fini le plus diligemment leurs
corvées , même après la récolte , pourvu
toutefois que ce foit avant le premier Octobre
, mais alors lefdites récompenſes ſeront
réduites à moitié.
ART. XXI. Comme il eft jufte de récompenfer
non-feulement l'activité , mais
la foumiffion & l'exactitude , fi dans les
trois Paroiffes qui auront fini le plus diligemment
leur tâche avant la récolte , il
n'y avoit aucun défaillant , enforte que
l'on n'eût été dans le cas d'éxercer aucune
contrainte contre les habitans , alors la diminution
fur la taille fera augmentée d'un
tiers , & fera portée ; fçavoir , celle de
quatre-vingts livres à cent vingt livres ,
celle de foixante livres à quatre-vint- dix livres
, & celle de quarante livres à foixante
livres ; fera auffi la même faveur accordée
même aux Paroiffes qui n'auront fini
leur tâche qu'avant le premier Octobre ,
dans la même proportion.
212 MERCURE DE FRANCE.
ART. XXII . Si quelques Paroiffes , dans
la vue d'obtenir la récompenfe promiſe ,
ou de ſe débarraffer plutôt de la tâche qui
leur aura été impofée , ſe rendent volontairement
pour travailler fur l'attelier , indépendamment
des jours qui leur auront
été prefcrits , alors la récompenfe fera donnée
à celle qui aura fini fa tâche la premiere
; mais fi toutes ne fe rendent fur l'attelier
que les jours prefcrits , feront alors lefdites
récompenfes données à celle qui aura fini
fa tâche en moins de temps.
ART. XXIII . Et afin qu'il ne puiffe y
avoir ni doutes ni furpriſes à ce fujet , feront
tenus les Syndics defdites Paroiffes , à
la fin des travaux de leur corvée , de retirer
du Piqueur un certificat du jour & de
l'heure auxquels lefdites Paroiffes auront
fini leurs tâches , pour le remettre auffitôt
entre les mains du Sous-Ingénieur ,
lequel fera tenu de Nous envoyer leſdits
certificats dans les huit premiers jours
d'Octobre , pour pouvoir y avoir égard
lors de nos départemens.
Fait en notre Hôtel le 15 Novembre 17 56.
nous a paru fi conforme à lajuftice ,
& fi précieuſe à l'humanité , que nous
avons cru devoir la confacrer dans nos faftes
. Des amis de M. de Brou avoient refu
fé de nous la communiquer par ménagement
pour fa modeftie ; mais heureufement
il s'en eft répandu dans Paris tant
d'Exemplaires , que nous avons été obligés
de céder aux inftances du plus grand nombre
qui nous a follicités de la rendre publique
, comme un modele de fageffe &
d'équité.
DE PAR LE ROT, Antoine- Paul Jofeph
Feydeau-de Bron , Chevalier , Confeiller
du Roi enfes Confeils , Maître des Requêtes
ordinaires de fon Hôtel , Intendant de
Juftice , Police & Finances , en la Généralité
de Rouen.
Nous étant fait remettre fous les yeux
les états de fituation des différentes routes
de la généralité , Nous n'avons pu voir
qu'avec peine le peu de progrès du travail
des corvées qui Nous a mis dans le cas d'être
obligés , ou de laiffer imparfaits plufieurs
ouvrages dont le Public auroit dû
JUIN. 1757. 203
profiter , ou d'éxiger des habitans un nouveau
travail , dans un temps que Nous
aurions voulu laiffer tout entier à la culture
de leurs terres & au foin de leurs femences.
Dans la vue de remédier à de fi grands inconvéniens
, Nous avons réfolu de don
ner une nouvelle forme à l'adminiſtration
des corvées , & d'en accélérer , s'il eft
poffible , les progrès , non par une charge
plus forte que Nous n'impoferions qu'à regret
aux habitans , mais par une meilleure
diftribution de leurs forces , & par un
emploi plus affuré de leurs travaux , & èn
conféquence Nous avons ordonné ce qui
fuit.:
ART. I. Il ne fera plus à l'avenir impofé
aux Paroiffes un nombre de jours de corvées
déterminé ; mais fuivant le même
nombre de jours que Nous avons accoutumé
de leur prefcrire , il leur fera impofé
des tâches proportionnées à leurs forces ,
à l'éloignement de l'attelier , à la diſtance
des lieux d'où il faudra extraire les matériaux
, aux difficultés de l'extraction ; en
un mot , à toutes les différentes confidérations
qui pourront contribuer à la juftice
que nous fommes obligés de leur rendre..
ART. II. Il Nous fera remis à cet effet
par l'Ingénieur de la province , dans le
courant du mois de Décembre au plus tard,
Ivja
204 MERCURE DE FRANCE.
un plan & devis de toutes les routes auxquelles
il aura été réfolu de faire travailler,
enfemble l'état des Paroiffes divifé par attelier
qu'il conviendra d'y employer ,
lefquelles ne pourront être diftantes de
plus de deux lieues & demie , foit des carrieres
, foit de l'attelier .
>
ART. III . Auffi - tôt que ledit état Nous
aura été remis , il fera par Nous envoyé
Ordre à tous les Syndics des Paroiffes de
remettre dans quinzaine un état des voitures
, chevaux , harnois, journaliers defdites
Paroiffes , & afin de leur faciliter ladite
opération , il fera par Nous adreffé des modeles
defdits états, divifés par colonnes , lefquel's
contiendront les noms des laboureurs
& journaliers , le nombre des voitures ,
celui des chevaux de trait ou de fomme
les noms des exempts , leurs titres d'exemption
. Seront tenus lefdits Syndics d'y comprendre
leurs propres voitures & leurs
chevaux , & de faire certifier lesdits états
par quatre des principaux habitans les
plus hauts impofés à la taille ; & en cas de
fauffe déclaration de leur part , feront lefdits
Syndics & les quatre habitans qui
auront certifié ledit état , condamnés en
vingt livres d'amende.
ART. IV. Auffi - tôt que les états contenant
la force de chaque Paroiffe Nous auzont
été envoyés par le Syndic , ils ferant
JUI N. 1757. 205
par Nous remis entre les mains de l'Ingénieur
, lequel dreffera en conféquence fon
état de répartition , contenant la tâche de
chaque Paroiffe , pour être enfuite envoyé
des Mandemens , lefquels contiendront
non -feulement la tâche de chaque
Paroiffe mais encore celle de chaque
cheval de trait ou de fomme , & de chaque
journalier demeurant dans ladite Paroiffe ,
laquelle ne fera eftimée que fur ce que
peut faire un homme de moyenne force.
->
ART. V. Seront lefdits Mandemens par
Nous envoyés aux Syndics des différentes
Paroiffes , lefquels feront tenus de les lire
& publier dans une affemblée générale des
habitans , qui fera convoquée à cet effet
le premier Dimanche d'après , à l'iffue de
la Meffe Paroiffiale , afin que chaque Pa
roiffe , & même chaque habitant , puiffe
connoître, autant qu'il fera poffible, la tâche
dont il demeurera chargé.
ART. VI. Il fera accordé quinzaine aux
habitans & aux Paroiffes après la publication
defdits Mandemens , pour Nous
adreffer leurs plaintes & repréfentations an
fujet des tâches qui leur auront été impo
fées feront les repréfentations des Paroiffes
communiquées à l'Ingénieur , &
celles des Habitans de chaque Paroiffe à
leurs Syndics , lefquels feront tenus d'y
répondre dans quinzaine , pour , fur leur.
:
206 MERCURE DE FRANCE.
réponſe & l'avis de nos Subdélégués , être
par Nous ordonné ce qu'il appartiendra.
ART. VII . Il fera auffi par Nous envoyé
des Ordres au bas defdits Mandemens aux
Syndics de fe rendre à un jour marqué ,
dans le village le plus prochain de l'attelier
, pour , en préfence & fous les ordres
du Sous - Ingénieur , régler fur l'attelier
même le travail de la corvée , de la maniere
& dans l'ordre qui va être preſcrit
ci -après.
T
ART. VIII. Il ne fera commandé à la
fois fur l'attelier que le tiers des Paroiffes
qui devront travailler à la corvée, & chaque
tiers fera commandé deux jours de fuite .
.
ART.IX. Ilnepourra auffi être commandé
à la fois que la moitié de chaque Paroiffe
employée à la corvée , & afin de mettre autant
d'ordre & de facilité qu'il eft poffible
dans cette diftribution feront lefdites
Paroiffes divifées en deux ou en quatre
Brigades , fuivant le nombre d'habitans
qu''elles contiennent , lefquelles feront tenues
de fe rendre alternativement fur l'at
telier les jours que leur Paroiffe fera employée.
ART. X. Et afin de ne pas enlever aux
Habitans , par l'exécution trop févere de
ces Ordres , des jours quelquefois néceffaires
à la culture de leurs terres & au bien
de leurs recoltes , pourront lefdits habi
JUI N. 1757. 207
tans , foit laboureurs , foir journaliers ,
compris dans les différentes Brigades , en
prévenant leurs Syndics , fe fuppléer les
uns aux autres , & faire acquitter leurs tâches
par d'autres , à condition qu'il fe
trouve toujours le même nombre dejournaliers
, de chevaux & de voitures fur
l'attelier , comme aufli à condition que
lefdites tâches demeureront toujours fouts
le nom & à la charge de ceux auxquels elles
auront été impofées , lefquels feront
feuls connus fur les états qui Nous feront
remis par les Syndics du travail de la córvée.
ART. XI. Seront toujours les brigades
commandées toutes entieres , & elles pour
ront n'être que de trois ou quatre journáliers
dans les Paroiffes les plus foibles ,
afin qu'il y en ait toujours au moins deux ,
& que la moitié de la Paroiffe demeure libre
, chaque brigade n'étant commandée
qu'alternativement .
ART. XII. Seront tenus les habitans des
Paroiffes d'obéir à leurs Syndics , & les
Syndics aux Piqueurs , en tout ce qu'il
leur fera prefcrit pour le bon ordre de la
corvée , fous l'infpection & les ordres du
Sous- Ingénieur qui , en cas de défobéiffance
, fera tenu de Nous en rendre compte ,
ou à nos Subdélégués , lefquels pourront
donner tous les ordres provifoires ; & fe208
MERCURE DE FRANCE.
t
ront tenus néanmoins de Nous en rendre
compte , pour y être par Nous pourvu définitivement
, fuivant l'exigence des cas.
ART. XIII : Sera la tâche de chaque Paroiffe
diftinguée fur l'attelier par des po
teaux , & celle de chaque brigade par des
piquets.
ART. XIV. Seront tenus les Syndics de
fe trouver avec leurs Paroiffes fur l'attelier
, pour veiller à ce que la tâche qui
leur fera preferite foit faite ; de remettre
chaque jour entre les mains du Piqueur
un état des défaillans dans chaque Briga
de , qu'ils feront tenus de figner , & dans
lequel ils auront foin d'inférer les cauſes
d'abfence qui pourroient être parvenues
à leur connoiffance.
ART. XV. Seront lefdits états remis par
les Piqueurs entre les mains du Sous- Ingénieur
, lequel Nous rendra compte tous
les quinze jours des progrès des corvées.
ART. XVI . Seront les défaillans condamnés
en une amende ; fçavoir , les laboureurs
de dix livres , & les journaliers
de trois livres pour la premiere fois , &
du double pour la feconde , & feront même
punis fuivant l'exigence des cas , s'ile
continuoient à mériter des peines plus féveres
, par une plus longue défobéiffance ;
& afin de parvenir au payement defdites
amendes, il fera joint aux états qui Nour
JUI N. 1757.
209
feront envoyés par le Sous- Ingénieur , un
rôle des défaillans , lequel fera par Nous
rendu éxécutoire , & dont le Syndic de
chaque Paroiffe fera tenu de fe charger ,
& de faire le recouvrement ; à l'effet de
quoi il pourra contraindre les redevables ,
pour être enfuite les deniers par lui diftribués
au marc la livre , de là taille à chacun
de ceux qui compofent la brigade de
corvéables , dans laquelle les défaillans
auront manqué , auxquelles amendes ne
pourront néanmoins participer mutuellement
aucuns defdits défaillans ; & il appartiendra
un quart defdites amendes au
Syndic , pour le dédommager des peines
& des frais qui lui auront été occafionnés
par le recouvrement .
pu-
ART. XVII . Mais afin de rendre les
nitions les plus rares qu'il fera poffible , &
de hâter d'ailleurs l'avantage que le Public
doit retirer des travaux des corvées , Nous
avons cherché à exciter l'émulation , & à
encourager par des récompenfes , le zele
& la bonne volonté de tous ceux qui y feront
employés , & Nous avons à cet effet
divifé le travail de la corvée en deux
temps , fçavoir trois mois auparavant les
récoltes , à commencer depuis le quinze
d'Avril jufqu'au quinze de Juillet , pendant
lefquels les Paroiffes qui auront fini le
plus diligemment leurs tâches , auront
210 MERCURE DE FRANCE.
droit aux récompenfes ; & deux mois
après les récoltes , depuis le premier Sep
tembre jufqu'au quinze de Novembre ,
qui leur feront donnés pour achever leurs
tâches , faute de quoi elles y feront contraintes
; & feront lefdites récompenfes
diftribuées de la maniere qui va être indiquée
ci - après.
ART. XVIII. Il fera accordé trente livres
de gratification fur les fonds des ponts
& chauffées , au Piqueur qui fe fera le
plus diftingué fur la route dans la conduite
de l'attelier qui lui aura été confié , &
quinze livres à chacun des deux Syndics ,
qui fur le rapport du Sous-Ingénieur , auront
marqué le plus d'intelligence & d'affiduité.
ART. XIX . A l'égard des Paroiffes , il
fera accordé une diminution fur la taille ,
aux trois Paroiffes qui fur chaque attelier
auront fait le plus diligemment la tâche
dont elles auront été chargées, pourvu toutefois
que ce foit dans les trois mois avant
la récolte ; & fera ladite diminution de quatre
-vingts livres pour les Paroiffes dont la
taille eft de douze cens livres , & au deffus ;
foixante livres pour celles dont la taille
fera depuis huit cens livres jufqu'à douze
cens livres , & quarante livres à toutes
celles dont la taille fera au deffous de huis
cens livres.
JUIN. 1757.
211
ART. XX. Si cependant aucune Paroiffe
de l'attelier n'avoit achevé la tâche qui lui
auroit été preſcrite avant la récolte , la
peine que Nous aurions de n'avoir plus que
des punitions à propoſer lors de la repriſe
du travail des corvées , pourra Nous faire
prendre le parti d'accorder encore par grace
, des récompenfes aux trois Paroiffes
qui auront fini le plus diligemment leurs
corvées , même après la récolte , pourvu
toutefois que ce foit avant le premier Octobre
, mais alors lefdites récompenſes ſeront
réduites à moitié.
ART. XXI. Comme il eft jufte de récompenfer
non-feulement l'activité , mais
la foumiffion & l'exactitude , fi dans les
trois Paroiffes qui auront fini le plus diligemment
leur tâche avant la récolte , il
n'y avoit aucun défaillant , enforte que
l'on n'eût été dans le cas d'éxercer aucune
contrainte contre les habitans , alors la diminution
fur la taille fera augmentée d'un
tiers , & fera portée ; fçavoir , celle de
quatre-vingts livres à cent vingt livres ,
celle de foixante livres à quatre-vint- dix livres
, & celle de quarante livres à foixante
livres ; fera auffi la même faveur accordée
même aux Paroiffes qui n'auront fini
leur tâche qu'avant le premier Octobre ,
dans la même proportion.
212 MERCURE DE FRANCE.
ART. XXII . Si quelques Paroiffes , dans
la vue d'obtenir la récompenfe promiſe ,
ou de ſe débarraffer plutôt de la tâche qui
leur aura été impofée , ſe rendent volontairement
pour travailler fur l'attelier , indépendamment
des jours qui leur auront
été prefcrits , alors la récompenfe fera donnée
à celle qui aura fini fa tâche la premiere
; mais fi toutes ne fe rendent fur l'attelier
que les jours prefcrits , feront alors lefdites
récompenfes données à celle qui aura fini
fa tâche en moins de temps.
ART. XXIII . Et afin qu'il ne puiffe y
avoir ni doutes ni furpriſes à ce fujet , feront
tenus les Syndics defdites Paroiffes , à
la fin des travaux de leur corvée , de retirer
du Piqueur un certificat du jour & de
l'heure auxquels lefdites Paroiffes auront
fini leurs tâches , pour le remettre auffitôt
entre les mains du Sous-Ingénieur ,
lequel fera tenu de Nous envoyer leſdits
certificats dans les huit premiers jours
d'Octobre , pour pouvoir y avoir égard
lors de nos départemens.
Fait en notre Hôtel le 15 Novembre 17 56.
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Résumé : Ordonnance sur les Corvées [titre d'après la table]
En juin 1757, Antoine-Paul-Joseph Feydeau-de-Briou, Intendant de Justice, Police et Finances, a publié une ordonnance pour réformer la gestion des corvées dans la généralité de Rouen. Cette réforme vise à améliorer l'efficacité des corvées sans augmenter la charge sur les habitants. Les jours de corvées fixes sont supprimés et remplacés par des tâches adaptées aux capacités des paroisses et aux besoins des projets routiers. Un ingénieur provincial doit fournir les plans et devis des routes à entretenir, tandis que les syndicats des paroisses doivent déclarer leurs ressources disponibles. Les mandements détaillant les tâches seront publiés lors d'une assemblée générale, avec une période de quinze jours pour les plaintes. Le travail est organisé en brigades rotatives pour éviter de mobiliser trop d'habitants simultanément. Les syndicats supervisent les travaux et signalent les absences, les défaillants étant passibles d'amendes. Des récompenses sont prévues pour les paroisses et individus les plus diligents, comme une réduction de la taille pour les paroisses terminant tôt. Les travaux sont divisés en deux périodes, avant et après les récoltes, avec des incitations à terminer rapidement. Les syndicats doivent obtenir un certificat du Piqueur attestant la fin des travaux pour validation.
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8087
p. 212-214
Avis de l'Auteur du Mercure.
Début :
Nous donnons avis à nos Abonnées que nous commencerons à publier au [...]
Mots clefs :
Recueil, Pièces en vers et en prose, Mercure de France, Parution mensuelle, Auteurs
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texteReconnaissance textuelle : Avis de l'Auteur du Mercure.
Avis de l'Auteur du Mercure .
ous donnons avis à nos Abonnés que nous
commencerons à publier au premier d'Août , au
JUIN. 1757 . 213
I
plus tard , un choix , en forme de Recueil , de tous
les morceaux de Vers & de Profe qui ont été inférés
dans le Mercure depuis fon origine. Nous
ne nous bornerons point aux matieres de belefprit
; tout ce qui nous paroîtra offrir du piquant
ou de l'utile , dans quelque genre que ce foit ,
trouvera place dans notre Recueil , qui fera diftribué
tous les mois comme le Mercure de France ,
& aura le même nombre de pages. Ces divers
morceaux feront relevés par le plus d'anecdotes
intéreffantes que nous pourrons raffembler fur
les Auteurs qui les ont autrefois publiés , lorf
qu'ils fe feront fait connoître ; & pour ceux qui
ont voulu garder l'incognite , nous ferons nos
efforts pour découvrir leur nom. Nous aurons
foin d'y joindre les critiques auxquelles ils auront
donné lieu , & nous hazarderons de donner quelquefois
nos réflexions , lorfque nous jugerons
que cela pourra ajouter au plaifir des Lecteurs ,
& piquer leur curiofité & leur goût. L'on fçait
affez que le Mercure a été le berceau de la gloire
des plus célebres Auteurs , qui aient exifté depuis
près de cent ans. Bien des perfonnes n'étant pas
difpofées à acheter les Ouvrages multipliés de
tant d'Ecrivains illuftres , il s'en trouvera peut-être
plufieurs qui feront bien - aifes de pouvoir promener
leurs regards fur ces premieres productions
de leur efprit , & fur ces premiers rayons de
leur gloire. Il y a d'ailleurs des chofes trèslagréables
, très- piquantes & très - utiles , qui ne fe
trouvent que dans les Mercures , & qui auroient
été perdues pour jamais ; fi nous n'avions pas
fongé à faire le Recueil que nous annonçons . Il y a
près de 1200 volumes du Mercure , à compter depuis
fon origine en 1672 , jufqu'en l'année 1754 ,
que nous en avons obtenu le Privilege . La Collee
A
214 MERCURE DE FRANCE.
:
tion en eft prefque impoffible à faire, & fetoit d'ail
leurs d'une très -grande dépenfe ; celle que nous
Avons entrepriſe épargnera des foins inutiles , ou
des frais confidérables. Nous nous engageons à
faire tous nos efforts pour réparer la privation de
l'une , par la poffeffion de l'autre, Nous répétons
que nous n'exclurons aucun genre , & nous promettons
la plus grande attention pour le choix .
Ce qu'on fera en droit de nous demander lorſque
l'Ouvrage fera arrivé à fon terme , n'aura certainement
pas dépendu de nos foins & de notre
zele. La diftribution fe fera tous les premiers du
mois on donnera douze volumes par année.
Les perfonnes qui voudront s'abonner , payeront
d'avance 18 liv . à raifon de 30. fols par volume,
Les autres payeront 36 fols. Celles de Province
auxquelles on l'enverra par la pofte , payeront
24 liv. en tout. Il faudra s'adreffer au Bureau du
Mercure à l'ordinaire , chez M. Lutton ; c'eſt à
lui que nous prions nos Abonnés d'adreffer
franche de port , la lettre d'avis par laquelle ils
voudront bien notifier leurs intentions. Par ce
moyen en prenant cette collection , ils pofféderont
tous les Mercures depuis l'origine , dans l'espace
de quatre ou cinq ans , qui fera le temps qu'on
mettra à la faire. On y joindra un extrait de
l'ancien Mercure François , qui renferme une partie
effentielle & confidérable de l'historique de
l'Europe depuis 1604 jufqu'en 1644. Nous en
inférerons quarante pages dans chaque volume. Il
tiendra lieu d'article des nouvelles , & nous ofons
dire que ce ne fera pas l'endroit , du livre , le
moins intéreffant , tant par les événemens extraordinaires
qu'il renferme , que par la difficulté
qu'il y a de fe procurer l'original plus cher en-
Core que rare.
ous donnons avis à nos Abonnés que nous
commencerons à publier au premier d'Août , au
JUIN. 1757 . 213
I
plus tard , un choix , en forme de Recueil , de tous
les morceaux de Vers & de Profe qui ont été inférés
dans le Mercure depuis fon origine. Nous
ne nous bornerons point aux matieres de belefprit
; tout ce qui nous paroîtra offrir du piquant
ou de l'utile , dans quelque genre que ce foit ,
trouvera place dans notre Recueil , qui fera diftribué
tous les mois comme le Mercure de France ,
& aura le même nombre de pages. Ces divers
morceaux feront relevés par le plus d'anecdotes
intéreffantes que nous pourrons raffembler fur
les Auteurs qui les ont autrefois publiés , lorf
qu'ils fe feront fait connoître ; & pour ceux qui
ont voulu garder l'incognite , nous ferons nos
efforts pour découvrir leur nom. Nous aurons
foin d'y joindre les critiques auxquelles ils auront
donné lieu , & nous hazarderons de donner quelquefois
nos réflexions , lorfque nous jugerons
que cela pourra ajouter au plaifir des Lecteurs ,
& piquer leur curiofité & leur goût. L'on fçait
affez que le Mercure a été le berceau de la gloire
des plus célebres Auteurs , qui aient exifté depuis
près de cent ans. Bien des perfonnes n'étant pas
difpofées à acheter les Ouvrages multipliés de
tant d'Ecrivains illuftres , il s'en trouvera peut-être
plufieurs qui feront bien - aifes de pouvoir promener
leurs regards fur ces premieres productions
de leur efprit , & fur ces premiers rayons de
leur gloire. Il y a d'ailleurs des chofes trèslagréables
, très- piquantes & très - utiles , qui ne fe
trouvent que dans les Mercures , & qui auroient
été perdues pour jamais ; fi nous n'avions pas
fongé à faire le Recueil que nous annonçons . Il y a
près de 1200 volumes du Mercure , à compter depuis
fon origine en 1672 , jufqu'en l'année 1754 ,
que nous en avons obtenu le Privilege . La Collee
A
214 MERCURE DE FRANCE.
:
tion en eft prefque impoffible à faire, & fetoit d'ail
leurs d'une très -grande dépenfe ; celle que nous
Avons entrepriſe épargnera des foins inutiles , ou
des frais confidérables. Nous nous engageons à
faire tous nos efforts pour réparer la privation de
l'une , par la poffeffion de l'autre, Nous répétons
que nous n'exclurons aucun genre , & nous promettons
la plus grande attention pour le choix .
Ce qu'on fera en droit de nous demander lorſque
l'Ouvrage fera arrivé à fon terme , n'aura certainement
pas dépendu de nos foins & de notre
zele. La diftribution fe fera tous les premiers du
mois on donnera douze volumes par année.
Les perfonnes qui voudront s'abonner , payeront
d'avance 18 liv . à raifon de 30. fols par volume,
Les autres payeront 36 fols. Celles de Province
auxquelles on l'enverra par la pofte , payeront
24 liv. en tout. Il faudra s'adreffer au Bureau du
Mercure à l'ordinaire , chez M. Lutton ; c'eſt à
lui que nous prions nos Abonnés d'adreffer
franche de port , la lettre d'avis par laquelle ils
voudront bien notifier leurs intentions. Par ce
moyen en prenant cette collection , ils pofféderont
tous les Mercures depuis l'origine , dans l'espace
de quatre ou cinq ans , qui fera le temps qu'on
mettra à la faire. On y joindra un extrait de
l'ancien Mercure François , qui renferme une partie
effentielle & confidérable de l'historique de
l'Europe depuis 1604 jufqu'en 1644. Nous en
inférerons quarante pages dans chaque volume. Il
tiendra lieu d'article des nouvelles , & nous ofons
dire que ce ne fera pas l'endroit , du livre , le
moins intéreffant , tant par les événemens extraordinaires
qu'il renferme , que par la difficulté
qu'il y a de fe procurer l'original plus cher en-
Core que rare.
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Résumé : Avis de l'Auteur du Mercure.
L'auteur du Mercure annonce la publication d'un recueil mensuel à partir du 1er août 1757. Ce recueil rassemblera des poèmes et des proses parus dans le Mercure depuis sa création, ainsi que des matières variées dépassant le cadre littéraire. Il inclura des anecdotes sur les auteurs et des critiques. L'objectif est de préserver des œuvres intéressantes et utiles souvent difficiles à trouver ailleurs. Le projet couvre environ 1200 volumes du Mercure, de 1672 à 1754, et vise à offrir une alternative accessible pour éviter des dépenses inutiles. Les abonnements sont proposés à 18 livres pour 12 volumes par an, avec des tarifs spécifiques pour les provinces. Chaque volume comprendra également un extrait de l'ancien Mercure Français, relatant l'histoire européenne de 1604 à 1644.
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8088
p. 215
ERRATA du Mercure de Mai.
Début :
Page 79, ligne 23, conclue-t'il, lisez, conclut-il. Page 122, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA du Mercure de Mai.
ERRATA
du Mercure de Mai.
AGE 79 , ligne 23 , conclue-t'il , lifex , conclut-
il.
Page 122 , l'Auteur a divifé cette vie d'Eraſme en
fix livres chacun , dont il fuffira d'indiquer ici
le fujet , lifez , en fix livres , de chacun defquels
il fuffira d'indiquer ici le fujet .
Page 144 , lignes 22 & 23 , il put compter
ennemis & non fes adminiftrateurs , lifez , &
non fes admirateurs.
fes
Page 145 , ligne 4 , veilleffe , lifez , vieilleffe.
Page 168 , ligne 9 , quelle terrein elle occupoit ,
lifex, quel terrein elle occupoit.
du Mercure de Mai.
AGE 79 , ligne 23 , conclue-t'il , lifex , conclut-
il.
Page 122 , l'Auteur a divifé cette vie d'Eraſme en
fix livres chacun , dont il fuffira d'indiquer ici
le fujet , lifez , en fix livres , de chacun defquels
il fuffira d'indiquer ici le fujet .
Page 144 , lignes 22 & 23 , il put compter
ennemis & non fes adminiftrateurs , lifez , &
non fes admirateurs.
fes
Page 145 , ligne 4 , veilleffe , lifez , vieilleffe.
Page 168 , ligne 9 , quelle terrein elle occupoit ,
lifex, quel terrein elle occupoit.
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Résumé : ERRATA du Mercure de Mai.
Le document liste des corrections pour le 'Mercure de Mai'. Les erreurs incluent 'lifex' à remplacer par 'lif' (page 79, ligne 23), une mention sur la vie d'Érasme (page 122), 'ennemis & non fes adminiftrateurs' corrigé en 'admirateurs' (page 144, lignes 22 et 23), 'veilleffe' remplacé par 'vieilleffe' (page 145, ligne 4) et 'quelle terrein elle occupoit' corrigé en 'quel terrein elle occupoit' (page 168, ligne 9).
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8089
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Juin , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 27 Mai 1757 . GVIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Juin , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 27 Mai 1757 . GVIROY.
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8090
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers à Madame [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
VERS à Madame Poup... de Mo ...
Le Jeu fou , ou l'Avare faftueux , Anecdote ,
Epitre à Thémire ,
page s
27
39
Extrait d'un manufcrit Hollandois fur l'Hiftoire
de Siam,
216
Lettre & Vers d'un Curé des Amognes , 33
Suite de M. de Fontenelle , par M. l'Abbé Trublet
,
Vers fur M. de Fontenelle ,
41
85
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Mai ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
86
87
89
91
125
ART. III. SCIENCES AT BELLES LETTRES.
Chronologie. Lettre fur la Carte chronographique
de M. Dubourg ,
Chirurgie. Remarques fur l'infenfibilité de quelques
parties ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
137.
Iss
Peinture.
Gravure ,
Architecture.
157
163
167
Méchanique , &c. 172
Agriculture. 179
ART. V. SPECT CLES.
Opera ,
185
Comédie Françoiſe , 186
Comédie Italienne , 188
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 189
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 195
Ordonnance fur les Corvées ,
202
Avis de l'Auteur du Mercure ,
212
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
VERS à Madame Poup... de Mo ...
Le Jeu fou , ou l'Avare faftueux , Anecdote ,
Epitre à Thémire ,
page s
27
39
Extrait d'un manufcrit Hollandois fur l'Hiftoire
de Siam,
216
Lettre & Vers d'un Curé des Amognes , 33
Suite de M. de Fontenelle , par M. l'Abbé Trublet
,
Vers fur M. de Fontenelle ,
41
85
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Mai ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
86
87
89
91
125
ART. III. SCIENCES AT BELLES LETTRES.
Chronologie. Lettre fur la Carte chronographique
de M. Dubourg ,
Chirurgie. Remarques fur l'infenfibilité de quelques
parties ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
137.
Iss
Peinture.
Gravure ,
Architecture.
157
163
167
Méchanique , &c. 172
Agriculture. 179
ART. V. SPECT CLES.
Opera ,
185
Comédie Françoiſe , 186
Comédie Italienne , 188
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 189
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 195
Ordonnance fur les Corvées ,
202
Avis de l'Auteur du Mercure ,
212
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier répertorie des œuvres littéraires variées, telles que des poèmes, des lettres et des épîtres, adressés à des personnalités comme Madame Poup... de Mo..., ainsi que des pièces comme 'Le Jeu fou, ou l'Avare fastueux' et une suite de M. de Fontenelle par l'Abbé Trublet. L'Article II se consacre aux nouvelles littéraires, offrant un aperçu des livres récents. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, abordant des sujets comme la chronologie, la chirurgie et la musique. L'Article IV couvre les beaux-arts, incluant la peinture, la gravure, l'architecture, la mécanique et l'agriculture. L'Article V décrit les spectacles, notamment les opéras et les comédies françaises et italiennes. Enfin, l'Article VI comprend des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, une ordonnance sur les corvées, et un avis de l'auteur du Mercure.
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8091
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 89. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 89. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 89. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 89.
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8092
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Aat, Jombers.
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8093
p. 66
ENIGMOGOGRYPHE.
Début :
Lecteur charmant, brave, mais trop volage, [...]
Mots clefs :
Constantinopolitanensibus
8094
p. 183-184
ALLEMAGNE.
Début :
Comme on n'a point encore de relation circonstanciée & positive de la [...]
Mots clefs :
Vienne, Bataille, Prince Charles de Lorraine, Corps, Troupes, Ratisbonne, Diète de l'Empire, Soldats, Roi de Prusse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 18 Mai ,
Comme on n'a point encore de relation circonftanciée
& pofitive de la bataille donnée le
6 de ce mois près de Prague , on attendra , pour
en parler , que l'on foit en état de pouvoir en
donner des détails plus étendus & de plus affurés.
On affure que les troupes , avec lesquelles le
Prince Charles de Lorraine eft à Prague , montent
à quarante-fix mille hommes , en y comprenant
un corps qui campe dans les dehors de la Place.
L'armée que commande le Feld - Maréchal Comte
de Daun , eft campée entre Kollin & Kuttenberg.
Forte déja de plus de cinquante mille hommes ,
elle fera augmentée inceffamment par le corps du
Général Nadafty. On y attend auffi vingt Batail-
Ions , compofés chacun de fix compagnies .
DE RATISBONNE , le 22 Mai.
Le Baron de Mackau , Miniftre de France , remit
le 26 du mois dernier à la Diette de l'Empire
ane nouvelle déclaration de Sa Majeſté Très- Chrérienne
, datée du 20 Mars 1757.
Il arriva le 18 de ce mois à Nabburg huit cens
hommes des troupes Pruffiennes avec quatre canons
& huit mortiers. Auffitôt la Régence d'Am184
MERCURE DE FRANCE.
berg envoya deux Députés , pour conférer avec
le Lieutenant- Colonel , qui commandoit ce détachement.
Ce Lieutenant - Colonel s'eft rendu
avec les deux Députés à Amberg , où il a eu un
entretien d'une heure & demie avec le Vice- Commandant
de la Ville. Les nouvelles du Haut -Palatinat
portent que des troupes légeres du Roi de
Pruffe y font entrées , & qu'elles ont mis à contribution
quelques Bourgs des Etats de l'Electeur
Palatin.
DE VIENNE , le 18 Mai ,
Comme on n'a point encore de relation circonftanciée
& pofitive de la bataille donnée le
6 de ce mois près de Prague , on attendra , pour
en parler , que l'on foit en état de pouvoir en
donner des détails plus étendus & de plus affurés.
On affure que les troupes , avec lesquelles le
Prince Charles de Lorraine eft à Prague , montent
à quarante-fix mille hommes , en y comprenant
un corps qui campe dans les dehors de la Place.
L'armée que commande le Feld - Maréchal Comte
de Daun , eft campée entre Kollin & Kuttenberg.
Forte déja de plus de cinquante mille hommes ,
elle fera augmentée inceffamment par le corps du
Général Nadafty. On y attend auffi vingt Batail-
Ions , compofés chacun de fix compagnies .
DE RATISBONNE , le 22 Mai.
Le Baron de Mackau , Miniftre de France , remit
le 26 du mois dernier à la Diette de l'Empire
ane nouvelle déclaration de Sa Majeſté Très- Chrérienne
, datée du 20 Mars 1757.
Il arriva le 18 de ce mois à Nabburg huit cens
hommes des troupes Pruffiennes avec quatre canons
& huit mortiers. Auffitôt la Régence d'Am184
MERCURE DE FRANCE.
berg envoya deux Députés , pour conférer avec
le Lieutenant- Colonel , qui commandoit ce détachement.
Ce Lieutenant - Colonel s'eft rendu
avec les deux Députés à Amberg , où il a eu un
entretien d'une heure & demie avec le Vice- Commandant
de la Ville. Les nouvelles du Haut -Palatinat
portent que des troupes légeres du Roi de
Pruffe y font entrées , & qu'elles ont mis à contribution
quelques Bourgs des Etats de l'Electeur
Palatin.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En mai 1757, plusieurs événements militaires et diplomatiques marquent l'Allemagne. À Vienne, le 18 mai, les détails de la bataille près de Prague du 6 mai restent incertains. Les forces du Prince Charles de Lorraine à Prague se composent d'environ quarante-cinq mille hommes. L'armée du Feld-Maréchal Comte de Daun, positionnée entre Kollin et Kuttenberg, compte plus de cinquante mille hommes et doit être renforcée par le corps du Général Nadasty et vingt bataillons supplémentaires. À Ratisbonne, le 22 mai, le Baron de Mackau transmet une déclaration du roi de France à la Diète de l'Empire, datée du 26 avril. À Amberg, huit cents soldats prussiens avec des canons et des mortiers arrivent le 18 mai, entraînant des négociations avec les autorités locales. Par ailleurs, des troupes légères du roi de Prusse pénètrent dans le Haut-Palatinat, imposant des contributions à certains bourgs des États de l'Électeur Palatin.
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8095
p. 184-185
ESPAGNE.
Début :
Le sieur du Revest ayant fait voile de Toulon avec les Vaisseaux [...]
Mots clefs :
Málaga, Vaisseaux de guerre, Equipage, Amiral, Attaque
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MALAGA le 9 Mai.
3 ୨
?
Le fieur du Reveft ayant fait voile de Toulon
avec les Vaiffeaux de guerre le Hector , de 74
pieces de canon , l'Achille , le Vaillant & le Sage
, de 64 chacun ; un gros temps l'avoit obligé
de relâcher ici . Le Conful , qui réfide en cette
Ville de la part de la Nation Angloife , en informa
fur le champ l'Amiral Saunders . A cette nouvelle
, cet Amiral leva l'ancre de la Baie de Gibraltar
, avec les Vaiffeaux de guerre le Culloden ,
le Berwick , la Princeffe Louife , le Portland & le
Guernesey. Il y avoit fur chacun de ces Bâtimens
outre l'équipage , cent cinquante homme de troupes
de Marine. Les , le fieur du Reveſt remit à la
voile , pour continuer fa route . Près du Détroit
il rencontra l'Efcadre Angloiſe. L'Amiral Saunders
prit le vent fur les François , & fe mit en ligne
pour les attaquer. Le Sieur du Reveft forma
auffi fa ligne . En même- temps , cherchant à
gagner le vent , il lâcha uue bordée , qui donna
dans les agrêts des Vaiffeaux le Portland & lè
Guernesey mais qui ne leur caufa qu'un lére
dommage. Les deux Efcadres fe canonnerent
"'
JUI N. 1757 .
pendant près de deux heures. La nuit les fépara's
& l'Efcadre Françoife , qui n'avoit d'autre but
que de paffer le détroit , pourfuivit fa navigation,
DE MALAGA le 9 Mai.
3 ୨
?
Le fieur du Reveft ayant fait voile de Toulon
avec les Vaiffeaux de guerre le Hector , de 74
pieces de canon , l'Achille , le Vaillant & le Sage
, de 64 chacun ; un gros temps l'avoit obligé
de relâcher ici . Le Conful , qui réfide en cette
Ville de la part de la Nation Angloife , en informa
fur le champ l'Amiral Saunders . A cette nouvelle
, cet Amiral leva l'ancre de la Baie de Gibraltar
, avec les Vaiffeaux de guerre le Culloden ,
le Berwick , la Princeffe Louife , le Portland & le
Guernesey. Il y avoit fur chacun de ces Bâtimens
outre l'équipage , cent cinquante homme de troupes
de Marine. Les , le fieur du Reveſt remit à la
voile , pour continuer fa route . Près du Détroit
il rencontra l'Efcadre Angloiſe. L'Amiral Saunders
prit le vent fur les François , & fe mit en ligne
pour les attaquer. Le Sieur du Reveft forma
auffi fa ligne . En même- temps , cherchant à
gagner le vent , il lâcha uue bordée , qui donna
dans les agrêts des Vaiffeaux le Portland & lè
Guernesey mais qui ne leur caufa qu'un lére
dommage. Les deux Efcadres fe canonnerent
"'
JUI N. 1757 .
pendant près de deux heures. La nuit les fépara's
& l'Efcadre Françoife , qui n'avoit d'autre but
que de paffer le détroit , pourfuivit fa navigation,
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Résumé : ESPAGNE.
Le 9 mai 1757, le navire français 'Revest', escorté par les vaisseaux de guerre 'Hector', 'Achille', 'Vaillant' et 'Sage', s'est réfugié à Malaga en raison de mauvaises conditions météorologiques après avoir quitté Toulon. Informé par le consul britannique, l'amiral Saunders a levé l'ancre depuis Gibraltar avec les vaisseaux 'Culloden', 'Berwick', 'Princesse Louise', 'Portland' et 'Guernesey', chacun transportant 150 hommes de troupes de marine. Le 'Revest' a repris sa route et a rencontré la flotte anglaise près du détroit de Gibraltar. L'amiral Saunders a engagé le combat en prenant l'avantage du vent. Le 'Revest' a riposté, causant des dommages légers aux vaisseaux 'Portland' et 'Guernesey'. Les deux escadres se sont canonnées pendant environ deux heures avant que la nuit ne les sépare. L'escadre française, visant à traverser le détroit, a continué sa navigation.
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8096
p. 185-186
ITALIE.
Début :
Plusieurs Tartanes, ayant à bord le Régiment Royal Italien, ont fait voile [...]
Mots clefs :
Naples, Tartanes, Vaisseaux, Combat naval, La Bastie, Rebelles, Paoli, Marta, Affrontements
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE NAPLES , les Mai.
Plufieurs Tartanes , ayant à bord le Régiment
Royal Italien , ont fait voile de Gaete pour Palerme
fous l'escorte d'un Vaiffeau de guerre. Un des
Chabecs du Roi a conduit ici un Corfaire d'Alger ,
de dix canons , & de cent hommes d'équipage.
On a appris que Don Jofeph de Martinez a pris
un Corfaire de Tripoli , fur lequel il y avoit cent
vingt-huit hommes , & qui étoit armé de douze
canons. Ce Bâtiment Barbarefque s'eft défendu
pendant un jour entier. Quatre-vingt- dix- neuf
hommes de fon équipage ont été tuées dans le
combat.
DE LA BASTIE , le 9୨ Mai.
Depuis long- temps , les Rebelles étoient divifés
en deux factions. Celle de Paoli étoit devenue la
plus puiffante ; mais la feconde , à la tête de la
quelle étoit Matra , ne laiffoit pas d'être encore
nombreuſe. Elle tenoit le Fort Aleria , & quelques
autres poftes qu'il étoit difficile de forcer.
Paoli a eurecours à la rufe , pour abattre le parti
qui lui étoit contraire. Il a feint d'être abandonné
de la plupart de fes adhérens , & il s'eft retiré
dans le Couvent de Bofio , comme pour fauver fa
vie. Matra , étant allé l'y attaquer , s'eft trouvé
enveloppé par les troupes que Paoli avoit mifes
en embuscade. Prefque tous les affiégeans ont été
186 MERCURE DE FRANCE.
taillés en pieces. Trois de leurs chefs ont été pris.
Paoli les a fait paffer par les armes. Matra , en
fuyant , a été tué.
DE NAPLES , les Mai.
Plufieurs Tartanes , ayant à bord le Régiment
Royal Italien , ont fait voile de Gaete pour Palerme
fous l'escorte d'un Vaiffeau de guerre. Un des
Chabecs du Roi a conduit ici un Corfaire d'Alger ,
de dix canons , & de cent hommes d'équipage.
On a appris que Don Jofeph de Martinez a pris
un Corfaire de Tripoli , fur lequel il y avoit cent
vingt-huit hommes , & qui étoit armé de douze
canons. Ce Bâtiment Barbarefque s'eft défendu
pendant un jour entier. Quatre-vingt- dix- neuf
hommes de fon équipage ont été tuées dans le
combat.
DE LA BASTIE , le 9୨ Mai.
Depuis long- temps , les Rebelles étoient divifés
en deux factions. Celle de Paoli étoit devenue la
plus puiffante ; mais la feconde , à la tête de la
quelle étoit Matra , ne laiffoit pas d'être encore
nombreuſe. Elle tenoit le Fort Aleria , & quelques
autres poftes qu'il étoit difficile de forcer.
Paoli a eurecours à la rufe , pour abattre le parti
qui lui étoit contraire. Il a feint d'être abandonné
de la plupart de fes adhérens , & il s'eft retiré
dans le Couvent de Bofio , comme pour fauver fa
vie. Matra , étant allé l'y attaquer , s'eft trouvé
enveloppé par les troupes que Paoli avoit mifes
en embuscade. Prefque tous les affiégeans ont été
186 MERCURE DE FRANCE.
taillés en pieces. Trois de leurs chefs ont été pris.
Paoli les a fait paffer par les armes. Matra , en
fuyant , a été tué.
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Résumé : ITALIE.
À Naples, plusieurs tartanes du Régiment Royal Italien ont navigué de Gaète à Palerme sous escorte. Un navire royal a capturé un corsaire algérien équipé de dix canons et cent hommes. De plus, Don Joseph de Martinez a pris un corsaire tripolitain armé de douze canons et transportant cent vingt-huit hommes, après un combat ayant causé la mort de quatre-vingt-dix-neuf membres de l'équipage adverse. En Corse, les rebelles étaient divisés en deux factions. La faction de Paoli était la plus puissante, tandis que celle de Matra contrôlait le Fort Aleria et d'autres positions stratégiques. Paoli a utilisé une ruse en feignant son abandon et en se retirant au couvent de Boscotale. Matra, tentant de l'attaquer, a été surpris par des troupes en embuscade. Presque tous les assaillants ont été tués, trois chefs capturés et exécutés, et Matra a été tué en fuite.
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8097
p. 186-187
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Les Vaisseaux du Roi, & nos Armateurs, se sont emparés depuis peu de [...]
Mots clefs :
Londres, Vaisseaux, Navires français, Chambres du parlement, Message du roi, Amérique, Amiral Holbourne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 24 Mai.
Les Vaiffeaux du Roi , & nos Armateurs , fe
font emparés depuis peu de fept Navires François
partis de Bordeaux . Selon les Lettres de la Jamaïque
, le Chevalier de Bauffremont , avec quatre
Vaiffeaux & trois Frégates , bloque le Port-
Royal. Les mêmes nouvelles ajoutent , que ce
Chef d'Efcadre s'eft rendu maître du Vaiffeau de
guerre le Greenwich , de so canons , qui étoit
employé à eſcorter les Navires Marchands au paſfage
du vent.
•
On remit le 17 de ce mois aux deux Chambres
du Parlement un Meffage du Roi , portant que ,
comme il pourroit furvenir des événemens de la
derniere importance , qui auroient les fuites les plus
funeftes fi l'on ne recouroit promptement aux
moyens de les prévenir ; Sa Majesté défiroit quefon
Parlement la miten état de fournir aux dépenses extraordinaires
, faites ou à faire pour la guerre
pendant cette année , & de prendre toutes les mefures
que les circonstances exigeront pour s'opposer aux
entreprises des ennemis. La Chambre des Communes
prit le lendemain en confidération le Meffage
du Roi , & elle réfolut d'accorder à Sa Majesté un
million fterling. Le 20 , elle décida que ce million
fe leveroit par emprunt ou par des billets de
l'Echiquier , payables fur le fubfide de l'année
1758. On affure que l'Amiral Holbourne eft
chargée de faire , à fon arrivée en Amérique ,
des
JUI N. 1757 .
187
recherches pour découvrir deux Corfaires , l'un
d'Hallifax , l'autre de la nouvelle Angleterre
qui ont exercé diverfes déprédations contre les Efpagnols.
DE LONDRES , le 24 Mai.
Les Vaiffeaux du Roi , & nos Armateurs , fe
font emparés depuis peu de fept Navires François
partis de Bordeaux . Selon les Lettres de la Jamaïque
, le Chevalier de Bauffremont , avec quatre
Vaiffeaux & trois Frégates , bloque le Port-
Royal. Les mêmes nouvelles ajoutent , que ce
Chef d'Efcadre s'eft rendu maître du Vaiffeau de
guerre le Greenwich , de so canons , qui étoit
employé à eſcorter les Navires Marchands au paſfage
du vent.
•
On remit le 17 de ce mois aux deux Chambres
du Parlement un Meffage du Roi , portant que ,
comme il pourroit furvenir des événemens de la
derniere importance , qui auroient les fuites les plus
funeftes fi l'on ne recouroit promptement aux
moyens de les prévenir ; Sa Majesté défiroit quefon
Parlement la miten état de fournir aux dépenses extraordinaires
, faites ou à faire pour la guerre
pendant cette année , & de prendre toutes les mefures
que les circonstances exigeront pour s'opposer aux
entreprises des ennemis. La Chambre des Communes
prit le lendemain en confidération le Meffage
du Roi , & elle réfolut d'accorder à Sa Majesté un
million fterling. Le 20 , elle décida que ce million
fe leveroit par emprunt ou par des billets de
l'Echiquier , payables fur le fubfide de l'année
1758. On affure que l'Amiral Holbourne eft
chargée de faire , à fon arrivée en Amérique ,
des
JUI N. 1757 .
187
recherches pour découvrir deux Corfaires , l'un
d'Hallifax , l'autre de la nouvelle Angleterre
qui ont exercé diverfes déprédations contre les Efpagnols.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 24 mai, des navires britanniques ont capturé sept navires français à Bordeaux. En Jamaïque, le Chevalier de Bauffremont, avec quatre vaisseaux et trois frégates, bloque le port de Port-Royal et a pris le contrôle du navire de guerre britannique 'Greenwich', équipé de 50 canons. Le 17 mai, le roi a adressé un message au Parlement britannique, soulignant l'urgence de préparer des mesures face à des événements majeurs potentiellement funestes. Le Parlement a décidé d'accorder un million de sterlings au roi pour couvrir les dépenses extraordinaires de la guerre. Le 20 mai, il a été décidé que cette somme serait levée par emprunt ou par des billets de l'Échiquier, payables sur le budget de 1758. Par ailleurs, l'amiral Holbourne a reçu l'ordre de rechercher deux corsaires, l'un d'Halifax et l'autre de la Nouvelle-Angleterre, responsables de déprédations contre les Espagnols.
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8098
p. 187-203
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 2 Avril, le Roi tint le Sceau pour la troisieme fois dans la même [...]
Mots clefs :
Sceau, Maîtres des requêtes, Ouragan, Dégâts, Duc, Comtesse, Évêque, Compagnie des Mousquetaires, Convention, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Articles, Troupes, Hiérarchie, Brigadiers, Officiers, Commandant, Campement, Chevaliers, Académie royale des sciences, Corsaires, Marchandises, Capitaines
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c.
LE 2 Avril , le Roi tint le Sceau pour la troifieme
fois dans la même piece de fon appartement ,
où Sa Majesté l'avoit tenu le 4 & le 18 du mois
de Mars. Les fix Maîtres des Requêtes , nommés par le Roi pour affifter
au Sceau pendant
ce trimeftre
, font Mrs. de Bercy , de Villeneuve ,
d'Argouges de Fleury , Bernard de Balinvilliers ,
le Nain , & Amelot de Chaillou . Après que M.
Jolly , Grand Audiencier de France , eut préfenté
les Lettres dont il étoit chargé ; ils firent
ainfi que le Confeiller du Grand Confeil , Grand
Rapporteur , le rapport de celles qui les concernent.
M. Charpentier , Contrôleur Général de
la Chancellerie , a rempli les fonctions de cette
charge. Elles avoient été remplies dans le trimeftre
de Janvier par M. Chazelle , alors en
exercice . Les trois jours que Sa Majeſté a tenu le
Sceau , M. de la Haye , Procureur du Roi des
Requêtes de l'Hôtel , & Général des grande &
petite Chancelleries , a occupé la place qui lui
eft marquée derriere les Maîtres des Requêtes.
On effuya à Paris , le même jour au foir , un ouragan
des plus terribles . Cette tempête a embraf
fé une grande étendue de pays , & a caufé des
188 MERCURE DE FRANCE.
dommages confidérables en plufieurs endroits
Elle a été , particuliérement au Havre , l'occafion
d'un finiftre événement. L'impétuofité du
vent ayant emporté une partie du comble de la
falle de la Comédie , une autre partie de ce
comble eft tombée fur les luftres & fur les lampions
du théâtre. Le feu a pris aux décorations ,
& bientôt à toute la falle . Il y avoit près de
cinq cens perfonnes au fpectacle. Onze ont été ,
les unes écrasées , les autres brûlées ou étouffées .
Vingt autres ont été bleffées . Toute la falle a
été réduite en cendres. L'incendie a duré trois
heures. Il auroit confumé la ville entiere , fi les
fecours qu'on apporta n'euffent arrêté le progrès
des Aammes.
Le Jeudi-Saint , l'Evêque de Saint - Omer ayant
fait l'Abfoute , & le Roi ayant entendu le Sermon
de la Cene de M. Frefneau , Vicaire de la Paroiffe
Royale de Saint Germain l'Auxerrois à
Paris ; Sa Majesté a lavé les pieds à douze pauvres
, & les a fervis à table. Le Prince de Condé ,
Grand-Maître de la Maifon du Roi , étoit à la
tête des Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le Service
, dont les plats ont été portés par Monfeigneur
le Dauphin , le Duc d'Orléans , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc
de Penthievre , & par les principaux Officiers
de Sa Majesté . Après cette cérémonie , le Roi
& la Reine fe font rendus à la Chapelle , où
Leurs Majeftés ont entendu la grande Meffe , &
ont affifté enfuite à la Proceffion.
Le 11 , Madame la Comteffe de Giſors , à qui le
Roi a accordé un Brevet d'Honneur, eut l'honneur
de faluer Leurs Majeftés , & prit le tabouret .
Le Roi a choifi l'Evêque , Duc de Laon , pour
JUIN. 1757. 189
remplacer en qualité d'Ambaſſadeur de Sa Majeſté
auprès du Saint Siege, le Comte de Stainville , qui
doit aller réfider avec le même caractere auprès de
l'Impératrice Reine de Hongrie & de Boheme.
Le 17 Avril , les Députés des Etats d'Artois
eurent audience du Roi , étant préſentés par M.
le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province >
& par M. le Marquis de Paulmy, Miniftre & Secre
taire d'Etat , & conduits par M. Defgranges , Maître
des Cérémonies. La députation étoit compofée,
pour le Clergé , de l'Evêque de Saint- Omer , qui
porta la parole ; du Marquis de Creny , pour la
Nobleffe , & de M. de Canchy , Maire d'Arras
pour le Tiers Etat.
"
Le Roi a accordé la Cornette vacante dans la
feconde compagnie des Moufquetaires par la mort
de M. le Marquis de Villegagnon , à M. de Keret
de Keravel , premier Maréchal des Logis de cette
Compagnie. Sa Majefté en cette occaſion a bien
voulu rappeller un ufage long-temps fuivi par
rapport aux deux compagnies de Moufquetaires.
Toute la Nobleffe apprendra fans doute avec
plaifir une nouvelle qui intéreffe un Corps ,
dans lequel elle a toujours tenu à honneur de faire
au moins fes premieres campagnes.
Le 10 Mai , le Roi tint le Sceau , pour la cinquieme
fois. Avant le Sceau , les Secretaires du
Roi eurent l'honneur de préfenter à Sa Majeſté
dans fon Cabinet la bourfe de jettons , que cette
Compagnie donne ordinairement au Garde des
Sceaux le jour de S. Jean Porte-Latine. M. Carpot,
comme l'ancien des Secretaires du Roi préfens ,
porta la parole. La bourfe fut préſentée par
M. Hemart , Tréſorier de la Compagnie.
Le 11 Mai , le Roi , accompagné de Monſei
gneur le Dauphin , fit dans la plaine des Sablons ,
190 MERCURE DE FRANCE.
la revue des Régimens des Gardes Françoiſes &
Suiffes. Ces deux Régimens , après avoir fait
l'exercice , défilerent en préfence de Sa Majesté.
Madame & Mefdames Victoires & Sophie , af
fifterent à cette revue. Le peuple exprima par fes
acclamations réitérées la joie que lui inſpiroit la
préfence de Sa Majesté.
Le Roi a agréé , pour la place de Colonel-
Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Orléans ,
vacante par la démiffion du Comte de Balleroy ,
le Marquis Saujon , Colonel dans les Grenadiers
de France. Sa Majefté a nommé le Comte de
Guines de Souaftre , & le Chevalier de Durfort ,
Colonels dans le Corps des mêmes Grenadiers.
La convention conclue entre le Roi & l'impératrice
Reine de Hongrie & de Boheme , fur le
fervice de leurs armées combinées , étant d'une trop
grande étendue pour pouvoir être inférée ici en
entier , on fe contentera d'en extraire les principaux
articles :
« Les troupes de S. M.Très- Chrétienne n'étant
» qu'auxiliaires des troupes de S. M. l'Impératrice
» Reine, celles - ci auront toujours la droite en quel
» que nombre qu'elles fe trouvent avec les trou-
» pes Françoifes , excepté dans le cas où la difpo-
» fition militaire ne pourroit pas permettre aux
» troupes de former la totalité de l'aîle droite ,
>> premiere & feconde ligne : en ce cas , l'Infan-
» terie de Sa Majesté l'Impératrice aura la totalité
» de la droite de l'infanterie , premiere & fecon-
» de ligne ; le Corps de la Cavalerie , premiere
» & feconde ligne , fera placé & joint à la droite
» de l'Infanterie , & le furplus de la Cavalerie ,
>> néceffaire pour former l'aîle droite , fera fourni
» par les troupes Françoifes. Dans le même cas
où les troupes Françoifes feront auxiliaires , &
JUIN. 1757. 191
où elles feront en moindre nombre que les trou
» pes de l'Impératrice Reine , elles feront mifes
» en bataille fur l'aîle gauche dans le même or→
» dre , qui vient d'être expliqué pour l'aîle droite
» en parlant des troupes de l'Impératrice Reine..
>> Mais fi au contraire , par quelque cas impré-
» vu , les troupes de l'Impératrice Reine devien
» nent auxiliaires du Corps des troupes Françoi-
» fes , elles prendront pofte à la gauche , fuivant
» les difpofitions prefcrites ci - deffus pour les trou-
» pes Françoifes , lorfqu'elles étoient dans le cas
» d'être auxiliaires .
» Quelque grade militaire que puiffe avoir l'Of-
>> ficier qui commandera en chef les troupes de l'u-
» ne ou de l'autre Nation , qui feront en moindre
» nombre dans une armée combinée , il fera tou-
» jours la feconde perfonne de l'armée , fans pouvoir
devenir la premiere , quand même le com-
» mandement tomberoit entre les mains d'un
» Officier Général des troupes de l'autre Nation ,
» qui feroit d'un grade inférieur au fien.
La préférence pour le commandement entre
» les Officiers Généraux des deux Nations , Officiers
Supérieurs , & autres , fera toujours réglée
» par la date des pouvoirs , brevets & commiffions
defdits Officiers , auxquels , à grade égal ,
» l'ancienneté donnera toujours le droit de com-
> mander.
» Comme il y a dans les troupes des deux Puiffances
, des grades différens les uns des autres ,
» tels que ceux de Brigadiers d'Infanterie , de
» Cavalerie & de Dragons , dans les troupes de
» S. M. T. Chrétienne , & ceux de Généraux d'Infanterie
& de Cavalerie dans les armécs de l'Impératrice
Reine ; & comme il eft néceffaire d'égalifer
le fervice par quelque expédient , qui
5
192 MERCURE DE FRANCE.
»fatisfaffe également aux ufages des deux Nations ?
l'Impératrice Reine défignera autant de Colonels
de fes troupes , qu'Elle le jugera à propos ,
» pour faire le ſervice de Brigadiers dans les ar-
» mées combinées ; & de fon côté S. M. T. C.
défignera le nombre qu'Elle jugera à propos de
Lieutenans-Généraux de ſes armées , pour faire
» le fervice de Généraux de Cavalerie & d'Infante.
» rie dans lefdites armées combinées .
>> Tous les Généraux de Cavalerie ou d'Infante-
» rie de l'une ou de l'autre Nation , foit qu'ils
>> aient réellement le grade , foit qu'ils foient
» fimplément défignés & admis à en remplir les
>> fonctions , prendront rang entr'eux pour le
> commandement , du jour de la date de leurs
» pouvoirs , ou commiffions de Lieutenans - Gé-
» néraux.
» De même les Brigadiers de l'une & l'autre
» Nation , ou poffédant réellement ce titre , ou en
>> étant revêtus occafionnellement , prendront rang
» entr'eux , pour le commandement & le fervice ,
» du jour de la date de leurs commiffions reſpecti
» ves de Colonels. Quant aux Lieutenans- Colo-
» nels François , employés en leur qualité de Brigadiers
, ils prendront rang avec les Officiers
» Autrichiens défignés pour faire ledit fervice de
Brigadiers , fuivant la date de leurs brevets de
» Brigadiers ; & les mêmes Colonels Autrichiens ,
» défignés pour tenir rang avec les Brigadiers , fe
» régleront en conféquence , fuivant la date de
» leurs commiffions de Colonels , avec lefdits
Lieutenans -Colonels des troupes Françoiſes ,
» du jour que lesdits Lieutenans-Colonels auront
» été nommés au grade de Brigadier .
» L'ufage étant parmi les troupes Françoifes ,
que dans les détachemens l'Officier de Cava-
» lerię
JUIN. 1757.
193
» lerie commande en plaine , & que lorsque le
» même détachement ſe trouve dans les Places ou
» dans des lieux fermés , le commandement appartient
, à grade égal , à l'Officier d'Infante
» rie : au contraire , parmi les troupes Autri
» chiennes , le commandement ne variant jamais ,
foit en plaine , foit dans les lieux fermés , cha
» que Nation fuivra fes regles à cet égard. Et
toutes les fois qu'il y aura variation entre les
» Commandans des troupes Françoiſes en confé
» quence de leurs Ordonnances , le nouveau Com.
» mandant fera toujours en droit de fe régler avec
» les Commandans des troupes Autrichiennes par
n la date de leurs commiffions refpectives. Mais
» l'Officier Autrichien commandera , foit en plai
» ne , foit dans les lieux fermés , s'il eft ancien
» ou fuivant fon ancienneté fur celui des deux
» qui appartiendra de droit le commandement
» fur les troupes Françoifes.
- >> Le Commandant en chefdu Corps de troupes
>> des deux Nations , qui fera en moindre nomwbre
dans une armée combinée , fera appellé à
> tous les Confeils de guerre , & à fon défaure
l'Officier Général , ou autre à qui le comman~
» dement des troupes de fa Nation fera échu...
7
Il ne pourra rien diminuer ni changer aux
»-bans que les Général de Parmée fera publier :
» cependant comme il peut y avoir dans les ufa-
» ges de l'une des deux Nations , des punitions
plus féveres pour certains crimesque dans l'au
>>>- tre , chaque Nation, fuivra fes uſages à cet
» égard ; & le Commandant des troupes qui fe
» ront en moindre nombre à l'armée pourra tou
»jours ajouter au ban du Général de l'armée , ce
» qu'il croira néceffaire pour la plus févere punition «
» des délits , & pour l'entière exécution des Or- e
• II. Vol b anellinred I
194 MERCURE DE FRANCE.
I
» donnances de fon Souverain , auxquelles il aura
> attention de fe conformer ; mais il ne pourra
jamais rien diminuer à l'efpece des punitions qui
» feront ordonnées par lefdits bans du Général
» de l'armée , quand même les uſages de få Nay
tion feroient différens. .....
» Il pourra faire grace aux criminels des trou-
» pes de fa Nation pour les cas de fa juftice parti-
>> culiere , mais non pas pour les délits commis
> contre les défenfes portées dans les bans publiés
» par l'ordre du Général de l'armée , à qui feul ce
droit appartiendra ; mais de fon côté le Général
» de l'armée ne pourra pas faire grace à un crimi-
>> nel qui auroit été condamné par le Confeil de
guerre de l'autre Nation , fur les fujets de laquelle
le droit de vie & de mort appartient à
» fon feul Souverain , ou à celui qui le repréfente.
» Le feul Général de l'armée combinée aura
» droit de donner des fauve -gardes ; mais lorfqu'il
en enverra , il en fera fourni proportion-
»> nellement par les troupes des deux Nations.
» On fuivra , pour la façon de camper , & pour
» les détails du campement , les ufages de chaque
» Nation . Elles fuivront de même leurs ufages
» pour leur ordre de bataille particulier.
A l'égard des marches générales de l'armée ;
» quoique l'on convienne que les troupes belligé
Drantes doivent toujours avoir la droite & Pa-
>>. vant-garde , cependant il eft des occafions , où,
» en corps d'armée , cette difpofition ne peut pas
» avoir lieu militairement , & le Général de l'ar-
» mée fera le maître de faire , à ce ſujet , les dif
p.pofitions telles qu'il le jugera à propos.
ม
En détachement , les troupes de la Nation
belligérante auront toujours l'avant- garde en
pallant à l'ennemi, & l'arriére- garde dans les cas
» de retraite ; les bataillons de la même Nation ,
JUIN. 1757. 195
la droite dans la tranchée ; & leurs Compagnies
» de Grenadiers , la tête de la ſappe.
» Les Gardes & détachemens feront fournis par
proportion réciproque du nombre complet des
» troupes de chaque Nation , qui formeront l'armée
combinée . Chaque garde ne fera jamais
» compofée que de troupes de la même Nation .
» Les détachemens de cinquante hommes , & au
» deffous , ne feront de même jamais compofés
» que de troupes de la même Nation . Les déta-
*
chemens plus confidérables feront compofés de
» plufieurs troupes de cinquante hommes des
» troupes des deux Nations , en proportion de
» leurs forces. Et comme les Officiers particuliers
» des troupes Autrichiennes font en moindre
» nombre que ceux des troupes Françoifes , ils
» n'enfourniront que la moitié de ceux qui feront
» commandés pour les détachemens des troupes
>> Françoiſes , à moins que pour des raifons par-
❤ticulieres le Commandant Général de leur Na-
» tion ne jugeât à propos d'y faire marcher un
plus grand nombre d'Officiers.
» Dans les difpofitions qui feront faites pour
» l'emplacement des troupes des deux Nations
dans des cantonnemens ou des quartiers d'hywwer
, on obfervera , autant qu'il fera poffible
» de les placer fuivant l'ordre de bataille que les
troupes des deux Nations tiennent entr'elles à
l'armée.
» Si les circonstances , la nature du pays , les
objets militaires , ou autre raiſons , ne permet-
>> toient pas de fuivre cet ordre , on obfervera de
ne point entremêler les troupes d'une Nation
» avec celles de l'autre , & de leur former un ar-
» rondiffement , de façon que le corps qui fera
» en moindre nombre , de même que celui qui
Î ij
196 MERCURE DE FRANCE.
» fera en plus grand nombre , foient placés , fans
» interruption , en premiere , feconde & troifie-
» me ligne.
Il en fera de même pour les fourrages ; &
» dans ceux qui feront faits , foit au verd , ſoit au
» fec , on obfervera d'affigner, à chaque Nation
» un terrein marqué , ou un arrondiffement de
» Villages , qui faffe que chaque Nation puiſſe
» fourrager fans le mêler avec l'autre.
Cette convention , qui contient trente-huit articles
, fut fignée à Vienne le 25 du mois de Février
dernier , au nom du Roi , par le Maréchal
d'Eftrées , Plénipotentiaire de Sa Majefté , & au
nom de l'Impératrice Reine de Hongrie & de
Boheme , par le Feld- Maréchal Comte de Neipperg,
chargé des pouvoirs de cette Princeffe. La
ratification du Roi eft datée du 19 Mars , & celle<<
de l'Impératrice Reine , du 25 du même mois.
Le 11 Mai , les Chevaliers de l'Ordre de Saint-
Michel tinrent un Chapitre dans le grand Gouvent
des Religieux de l'Obſervance . M. le Duc de Vil
leroy, Chevalier des Ordres du Roi , y préfida en..
qualité de Commiffaire de Sa Majesté. H reçut
Chevaliers M. Dupleix , ci-devant Gouverneur de
Pondichery , & Commandant en chef dans les établillemens
François aux Indes Orientales ; M, Faucher,
Commiffaire des Guerres , qui a été emploié ‹
pour les affaires du Roi à Genes, & à Turin , &
M. Laurent , Ingénieur célebre par l'invention de
plufieurs machines auffi utiles qu'ingénieuſes. Le
Baron d'Olne , Liégeois M. Olivieri , premier
Sculpteur du Roi d'Efpagne , &@M. Zabielo
, Gentilhomme de Lithuanie , que le Roi a
nommés Chevaliers , furent préconisés dans les
mêmeChapitre Sa Majefté a mis auffi au nombre
des Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel M.
L
197
$
JUIN
. 1757.
Haufer , Bailli du canton de Glaris , & M. Freuler,
Banneret & Brigadier du même Canton.
Le 12,le Roi & Madame furent parrein & marreine
de M. Bontemps , un des quatre Valets de
Chambre de Sa Majefté , & dont la famille depuis
quatre générations poffede cette charge. Il a éte
nommé Louis Pierre- Dominique. Les cérémonies
du Baptême lui furent fuppléées.dans la Chapelle
du Château , en préfence du Curé de la Paroiffe de
Notre-Dame , par l'Abbé de Sainte Aldegonde ,
Aumonier du Roi.
Leurs Majeftés fignerent le 15 le contrat de
mariage de M. Bontemps avec Mlle. Teiffier , fille
de l'ancien Maître de la Chambre aux Deniers ,
& celui de M. Teiffier fils avec Dlle. Bontemps.
Sur la démiffion de M. de Pontcarré , de Roi a
nommé premier Préfident du Parlement de Nor.
mandie M. Hue de Miromefnil , Maître des Requêtes.
M. Buache , de l'Académie Royale des Sciences
, a eu l'honneur de préfenter au Roi un rẻ-
ceuil de cartes & de tables , approuvées par cette
compagnies : elles établiffent un fyftême de géographie
phyfique fur la ftructure du globe , conconfidérée
par les grandes chaînes de montagnes,
qui traverfent les continens , comme les mers
d'un pôle à l'autre , & d'Occident en Orient.
Pour rendre fon fyftême complet fur l'enchaînement
des continens connus avec celui des terres
Antarctiques dont on connoît trois points principaux
, l'Auteur a examiné l'existence de ces terres.
Il en fixe l'étendue & la figure , dans un mémoire
que le temps ne lui a pas permis de life à la
derniere rentrée publique de l'Académie des
Sciences .
"
M. Hardouin Manfard-de Lévy- de Sagonne ,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
de l'Académie Royale d'Architecture , & ancien
Architecte du Roi , prêta ferment le 22 entre les
mains de Sa Majefté , pour la charge de Lieutemant
de Roi de la Province de Bourbonnois.
Le Roi a accordé le brevet de Lieutenant de Frégate
, avec une gratification de quatre cens livres ,
a M. Rozier , commandant le Navire le Robufte ,
qui foutint le & du mois dernier , & les deux jours
fuivans trois combats très- vifs contre une Frégate
Angloife , fort fupérieure en forces , & le 11 du
même mois un autre combat contre un Corfaire
de 200 hommes d'équipage. Sa Majéſté a donné
une épée au Lieutenant de M. Rozier , une gratification
de trois mille livres pour l'équipage du
Navire le Robufte , & pour les Volontaires étrangers
embarqués fur ce Bâtiment , une de quatre
cens livres au Chevalier de Saint - Rome qui commande
ces derniers , & une de trois cens à M. de
Gaignerau fon Lieutenant.
Le fieur Martel , commandant la Frégate du
Roi la Valeur , s'eft emparé le 28 du mois de
Mars , à la vue de Belle -Iffe , d'un Corſaire Anglois
armé de 10 canons , 10 pierriers , & 70
hommes d'équipage .
*
Le Corfaire le Duc d'Aumont , de Boulogne
a relâché à Dunkerque , où le Capitaine Libert
qui le commande , a remis les ôtages des fept
rançons qu'il a faites , & qui montent enfemble
$ 3000 liv.
On mande de Saint -Malo , que le Capitaine
Thomas Donat , qui commande le Corfaire la
Duc d'Aiguillon , de ce Port , y a conduit le Corfaire
Anglois le Blackeney , armé de 16 canons
& de 12 pierriers. Il s'en eft emparé à la vue des
Sept-Ifles.
>
Le Corfaire l'Aurore ,, de Bayonne , dont eft
JUIN. 1757.
1994 :
Gapitaine le fieur Lavernis , s'eft rendu maitre des
Navires Anglois l'Induftrie & l'Ami , venant de
la Caroline . Ils font chargés , l'un de 25441 livres
d'indigo , de 25 barrils de riz , de 135 barrils de
goudron , & de 86 barrils de brai ; l'autre de 36341
livres d'indigo , de 1-32 barriques de café , de 3
boucauts de fucre , de pelleteries , & d'autres
marchandiſes.
Le Capitaine Saubat- Balanqué , commandant
la Marquise d'Amon , autre Corfaire de Bayonne,
s'eft emparé du Navire Anglois le Duc de Scarbo
rough , de 160 tonneaux , chargé de faumon falé
& d'autres marchandiſes. Cette prife a été conduite
en ce Port .
Le Vaiffeau du Roi l'Hippopotame , armé en
courſe , & commandé par le fieur de Pigache
Lieutenant de Vaiffeau , a pris & fait conduire à
Marſeille le Navire Anglois l'Elifabeth , qui alloit,
d'Yarmouth à Venife avec un chargement
compofé de plomb & de falaiſons .
On a été informé par des lettres écrites de Mahon
, que le nommé François Nufa , Minorcain ,
qui commande un des quatorze Corfaires armés
en ce Port , a pris à l'abordage deux Navires An
glois , l'un de 14 canons l'autre de 2 , & qu'il les
a conduits à Cartagene . Ces deux priſes font d'une
valeur affez conſidérable .
Le Capitaine Martin la Fargue , commandant
Le Corfaire l'Aigle , de Bayonne , y eft rentré le
4 Avril , avec deux Navires Anglois , dont il
s'eft rendu maître. Ces deux Navires , appellés
Pun la Charmante Nancy , l'autre la Charmante
Marthe , font très- richement chargés. La cargai
fon du premier confifte en 87577 livres d'indigo ,
189 futailles de fucre , 223 futailles de café , 75
futailles de riz , 25 furons de kina , 6 furons de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
tabac d'Efpagne , 62 madriers de bois d'Acajou ,
1 pipe de vin de Madere , 36 cuirs de boeuf en
poil , a barriques de cortera , 5 tonneaux de bois
de Bréfil , & 13 tonneaux de bois de Campe
che. Le fecond a pour chargement 103000 li
vres d'indigo , 37 futailles de fucre , une pipe
de vin de Madere , 151 futailles de riz , 100
furons de tabac d'Eſpagne , 10 tonneaux de bois
de Campeche , to furons de kina , 30 futailles de
café , 27 futailles de peaux de chevreuil 1 barril
&6 paquets de pelleteries , 29 paux d'ours , 186
barrils de goudron , & une caiffe contenant 10 li
vres d'ambre gris.
>
L'Espérance , autre Corfaire de Bayonne , commandé
par le Capitaine Dotatce , a pris & a fait
conduire à Bordeaux le Navire le Marchand , de
80 tonneaux , chargé de vin de Malvoiſie , & de
fruits.
Le Corfaire le Comte de Saint-Germain , de
Dunkerque , s'eft emparé des Navires Anglois le
Flot , de 180 tonneaux , venant de la Caroline
avec un chargement de 325 boucauts de tabac ;
l'Anne , de 170 tonneaux , n'ayant que fon left ,
& d'un autre Bâtiment qu'il a rançonné pour 100
livres sterlings.
Le Capitaine Jalineau , commandant le Corfaire
la Comteffe de Noailles , de Bordeaux , s'eft
zendu maître du Corfaire Anglois la Molley , de
de Jerzey , de 18 Canons , 14 pierriers & 93
hommes d'équipage , & il l'a conduit à Breft.
On mande de Bayonne , que le Corfaire la Repréfaille
, de ce Port , a pris & y a fait conduire
le Navire Anglois la Ducheffe de Blewford , de
Briſtol , de 166 tonneaux , chargé de fucre , girofle
, poivre , gingembre , & autres marchandifes.
Des lettres écrites de Marfeille marquent que
JUI N. 1757.
201
le Corfaire le Bien- Aimé , de ce Port , y á conduit
le Navire Anglois le Faffi , dont il s'eft emparé
, & dont le chargement confifte principalement
en huile .
Le Capitaine Libert , commandant le Corfairé
le Duc d'Aumont , de Boulogne , eft entré à
Dunkerque , où il a remis les otages de fept
rançons montant enſemble à 1000os livres.
Les Corfaires la Difficulté & l'Hyver , du Havre
, y ont fait conduire le petit Corfaire Anglois
le Héros , armé de 2 canons , 8 pierriers , & 25
hommes d'équipage. Ils s'en font emparés à l'embouchure
de la riviere de Caén .
On mande de Saint-Malo , que le Corfaire
le Marquis de Puyzieulx , de ce Port , s'eft rendu
maître du Corfaire Anglois le Tartare , de
Guernezey , ( ci- devant la Baftienne , de Boulo.
gne ) de huit canons , 8 pierriers , & 56 hom
mes d'équipage.
a
Le Capitaine Magnonet qui commande le Corfaire
le Machault , de Granville , a pris & à fait
conduire à Rofcoff deux Bâtimens Anglois : l'un
eft un Corſaire de Guernezey , de 8 canons , 10
pierriers , & 53 hommes d'équipage ; l'autre eft
un Navire armé de 4 petits canons , ayant pour
chargement 245 futailles de fucre , & 46 milliers
de café .
Un autre Corfaire du même nom , armé à
Saint-Malo , s'eft rendu maître de la Corvette du
Roi d'Angleterre le Merlin , de 12 canons , &
107 hommes d'équipage. On a trouvé fur cette
Corvette , qui eft arrivée à Breft , une grande
quantité de munitions de guerre. Le même Cor
faire s'eft emparé d'un autre Bâtiment armé en
guerre avec 16 canons , 16 pierries , & 85 hommes
d'équipage.
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Il est arrivé à Bayonne un Navire Anglois aps.
pellé le Spitwel , de Londres. Il a été pris par le
Capitaine Fau , commandant le Corfaire la Repré
Jaille. Son chargement confifte en 658 futailles
de riz , 70 barrils de café , 53 barrils ou caiffes .
d'indigo , 11 barriques de pelleteries , 9 barriques
de bois de canelle , & is tonneaux de bois
de campeche.
On eft informé qu'un Corfaire François s'eft
emparé , dans les Mers du Nord , d'un Navire
Anglois richement chargé , & qu'il l'a conduit à
Bergue en Norwege..
Le Capitaine Olivier-Jean Bellanger , com
mandant le Corfaire le Caincy , de Dieppe , a remis
à Dunkerque les ôtages dedeux rançons qu'ik
a faites , & qui montent enſemble à 450 guinées.
Il eft arrivé à Dunkerque un Navire Anglois ,
appellé le Janet & Bety , de 60 tonneaux ,, char
gé de vin , d'eau-de-vie , de riz , & d'autres mar
chandifes. Il a été pris par le Corfaire le Duc d'Aumont
de Boulogne,
Les Corfaires la Difficulté & l'Hiver , du Havre,
ont pris & conduit à la Hougue le petit Corfaire
l'Aventure- Galley , de Jezey , armé de 4
pierriers , & de 17 hommes d'équipage.
Le Corfaire la Philippine , de Calais , y eft,
rentré avec les ôtages de cinq rançons qu'il a fai
tes, & qui montent enfemble à 795 guinées.
Les Bateaux Anglois le Jean & Marie & ls,
Thomas & Guillaume , l'un chargé d'huîtres
l'autre n'ayant que fon left , ont été, pris par les
Corfaires le Marquis de Villequier , la Princeffe,
de Condé & la Bonne Foy , qui les ont conduits à
Boulogne.
On mande du Havre , qu'il y eft arrivé trois,
Navires Anglois , appellés, l'un le Marchandde
y I
"
1
JUIN. 1757. 203.
Schiedam de 220 tonneaux , l'autre la Dame
Fortune , de 200 tonneaux ; & le troifieme le
Saint-Georges , de 140 tonneaux. Ces trois Bâtimens
, qui font chargés de charbon de terre , ont
été pris par le Corfaire la Victoire , de Saint-
Malo.
Le Puyzieulx , autre Corfaire de ce port , y a
conduit le Navire Anglois le Tigre , .de 230 ton--
neau , allant de la Virginie à Londres avec un char--
gement de 433 boucauts de tabac , 34. tonneaux
de fer , & autres marchandiſes.
Le même Corfaire , & un autre nommé l'In--
vincible , fe font emparés du Corfaire l'Amazone ,,
de Grenezey , armé de 16 canons , 10 pierriers ,,
& 94 hommes d'équipage.
On apprend par des lettres écrites de la Ro--
chelle , que le Corfaire le Maréchal de Richelieu ,
de Nantes , a conduit dans ce premier Port le:
Corfaire le Grenezey , de Grenezey , armé de 200
canons & de 180 hommes d'équipage. Il s'en eft
emparé après un combat de trois heures..
LE 2 Avril , le Roi tint le Sceau pour la troifieme
fois dans la même piece de fon appartement ,
où Sa Majesté l'avoit tenu le 4 & le 18 du mois
de Mars. Les fix Maîtres des Requêtes , nommés par le Roi pour affifter
au Sceau pendant
ce trimeftre
, font Mrs. de Bercy , de Villeneuve ,
d'Argouges de Fleury , Bernard de Balinvilliers ,
le Nain , & Amelot de Chaillou . Après que M.
Jolly , Grand Audiencier de France , eut préfenté
les Lettres dont il étoit chargé ; ils firent
ainfi que le Confeiller du Grand Confeil , Grand
Rapporteur , le rapport de celles qui les concernent.
M. Charpentier , Contrôleur Général de
la Chancellerie , a rempli les fonctions de cette
charge. Elles avoient été remplies dans le trimeftre
de Janvier par M. Chazelle , alors en
exercice . Les trois jours que Sa Majeſté a tenu le
Sceau , M. de la Haye , Procureur du Roi des
Requêtes de l'Hôtel , & Général des grande &
petite Chancelleries , a occupé la place qui lui
eft marquée derriere les Maîtres des Requêtes.
On effuya à Paris , le même jour au foir , un ouragan
des plus terribles . Cette tempête a embraf
fé une grande étendue de pays , & a caufé des
188 MERCURE DE FRANCE.
dommages confidérables en plufieurs endroits
Elle a été , particuliérement au Havre , l'occafion
d'un finiftre événement. L'impétuofité du
vent ayant emporté une partie du comble de la
falle de la Comédie , une autre partie de ce
comble eft tombée fur les luftres & fur les lampions
du théâtre. Le feu a pris aux décorations ,
& bientôt à toute la falle . Il y avoit près de
cinq cens perfonnes au fpectacle. Onze ont été ,
les unes écrasées , les autres brûlées ou étouffées .
Vingt autres ont été bleffées . Toute la falle a
été réduite en cendres. L'incendie a duré trois
heures. Il auroit confumé la ville entiere , fi les
fecours qu'on apporta n'euffent arrêté le progrès
des Aammes.
Le Jeudi-Saint , l'Evêque de Saint - Omer ayant
fait l'Abfoute , & le Roi ayant entendu le Sermon
de la Cene de M. Frefneau , Vicaire de la Paroiffe
Royale de Saint Germain l'Auxerrois à
Paris ; Sa Majesté a lavé les pieds à douze pauvres
, & les a fervis à table. Le Prince de Condé ,
Grand-Maître de la Maifon du Roi , étoit à la
tête des Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le Service
, dont les plats ont été portés par Monfeigneur
le Dauphin , le Duc d'Orléans , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc
de Penthievre , & par les principaux Officiers
de Sa Majesté . Après cette cérémonie , le Roi
& la Reine fe font rendus à la Chapelle , où
Leurs Majeftés ont entendu la grande Meffe , &
ont affifté enfuite à la Proceffion.
Le 11 , Madame la Comteffe de Giſors , à qui le
Roi a accordé un Brevet d'Honneur, eut l'honneur
de faluer Leurs Majeftés , & prit le tabouret .
Le Roi a choifi l'Evêque , Duc de Laon , pour
JUIN. 1757. 189
remplacer en qualité d'Ambaſſadeur de Sa Majeſté
auprès du Saint Siege, le Comte de Stainville , qui
doit aller réfider avec le même caractere auprès de
l'Impératrice Reine de Hongrie & de Boheme.
Le 17 Avril , les Députés des Etats d'Artois
eurent audience du Roi , étant préſentés par M.
le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province >
& par M. le Marquis de Paulmy, Miniftre & Secre
taire d'Etat , & conduits par M. Defgranges , Maître
des Cérémonies. La députation étoit compofée,
pour le Clergé , de l'Evêque de Saint- Omer , qui
porta la parole ; du Marquis de Creny , pour la
Nobleffe , & de M. de Canchy , Maire d'Arras
pour le Tiers Etat.
"
Le Roi a accordé la Cornette vacante dans la
feconde compagnie des Moufquetaires par la mort
de M. le Marquis de Villegagnon , à M. de Keret
de Keravel , premier Maréchal des Logis de cette
Compagnie. Sa Majefté en cette occaſion a bien
voulu rappeller un ufage long-temps fuivi par
rapport aux deux compagnies de Moufquetaires.
Toute la Nobleffe apprendra fans doute avec
plaifir une nouvelle qui intéreffe un Corps ,
dans lequel elle a toujours tenu à honneur de faire
au moins fes premieres campagnes.
Le 10 Mai , le Roi tint le Sceau , pour la cinquieme
fois. Avant le Sceau , les Secretaires du
Roi eurent l'honneur de préfenter à Sa Majeſté
dans fon Cabinet la bourfe de jettons , que cette
Compagnie donne ordinairement au Garde des
Sceaux le jour de S. Jean Porte-Latine. M. Carpot,
comme l'ancien des Secretaires du Roi préfens ,
porta la parole. La bourfe fut préſentée par
M. Hemart , Tréſorier de la Compagnie.
Le 11 Mai , le Roi , accompagné de Monſei
gneur le Dauphin , fit dans la plaine des Sablons ,
190 MERCURE DE FRANCE.
la revue des Régimens des Gardes Françoiſes &
Suiffes. Ces deux Régimens , après avoir fait
l'exercice , défilerent en préfence de Sa Majesté.
Madame & Mefdames Victoires & Sophie , af
fifterent à cette revue. Le peuple exprima par fes
acclamations réitérées la joie que lui inſpiroit la
préfence de Sa Majesté.
Le Roi a agréé , pour la place de Colonel-
Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Orléans ,
vacante par la démiffion du Comte de Balleroy ,
le Marquis Saujon , Colonel dans les Grenadiers
de France. Sa Majefté a nommé le Comte de
Guines de Souaftre , & le Chevalier de Durfort ,
Colonels dans le Corps des mêmes Grenadiers.
La convention conclue entre le Roi & l'impératrice
Reine de Hongrie & de Boheme , fur le
fervice de leurs armées combinées , étant d'une trop
grande étendue pour pouvoir être inférée ici en
entier , on fe contentera d'en extraire les principaux
articles :
« Les troupes de S. M.Très- Chrétienne n'étant
» qu'auxiliaires des troupes de S. M. l'Impératrice
» Reine, celles - ci auront toujours la droite en quel
» que nombre qu'elles fe trouvent avec les trou-
» pes Françoifes , excepté dans le cas où la difpo-
» fition militaire ne pourroit pas permettre aux
» troupes de former la totalité de l'aîle droite ,
>> premiere & feconde ligne : en ce cas , l'Infan-
» terie de Sa Majesté l'Impératrice aura la totalité
» de la droite de l'infanterie , premiere & fecon-
» de ligne ; le Corps de la Cavalerie , premiere
» & feconde ligne , fera placé & joint à la droite
» de l'Infanterie , & le furplus de la Cavalerie ,
>> néceffaire pour former l'aîle droite , fera fourni
» par les troupes Françoifes. Dans le même cas
où les troupes Françoifes feront auxiliaires , &
JUIN. 1757. 191
où elles feront en moindre nombre que les trou
» pes de l'Impératrice Reine , elles feront mifes
» en bataille fur l'aîle gauche dans le même or→
» dre , qui vient d'être expliqué pour l'aîle droite
» en parlant des troupes de l'Impératrice Reine..
>> Mais fi au contraire , par quelque cas impré-
» vu , les troupes de l'Impératrice Reine devien
» nent auxiliaires du Corps des troupes Françoi-
» fes , elles prendront pofte à la gauche , fuivant
» les difpofitions prefcrites ci - deffus pour les trou-
» pes Françoifes , lorfqu'elles étoient dans le cas
» d'être auxiliaires .
» Quelque grade militaire que puiffe avoir l'Of-
>> ficier qui commandera en chef les troupes de l'u-
» ne ou de l'autre Nation , qui feront en moindre
» nombre dans une armée combinée , il fera tou-
» jours la feconde perfonne de l'armée , fans pouvoir
devenir la premiere , quand même le com-
» mandement tomberoit entre les mains d'un
» Officier Général des troupes de l'autre Nation ,
» qui feroit d'un grade inférieur au fien.
La préférence pour le commandement entre
» les Officiers Généraux des deux Nations , Officiers
Supérieurs , & autres , fera toujours réglée
» par la date des pouvoirs , brevets & commiffions
defdits Officiers , auxquels , à grade égal ,
» l'ancienneté donnera toujours le droit de com-
> mander.
» Comme il y a dans les troupes des deux Puiffances
, des grades différens les uns des autres ,
» tels que ceux de Brigadiers d'Infanterie , de
» Cavalerie & de Dragons , dans les troupes de
» S. M. T. Chrétienne , & ceux de Généraux d'Infanterie
& de Cavalerie dans les armécs de l'Impératrice
Reine ; & comme il eft néceffaire d'égalifer
le fervice par quelque expédient , qui
5
192 MERCURE DE FRANCE.
»fatisfaffe également aux ufages des deux Nations ?
l'Impératrice Reine défignera autant de Colonels
de fes troupes , qu'Elle le jugera à propos ,
» pour faire le ſervice de Brigadiers dans les ar-
» mées combinées ; & de fon côté S. M. T. C.
défignera le nombre qu'Elle jugera à propos de
Lieutenans-Généraux de ſes armées , pour faire
» le fervice de Généraux de Cavalerie & d'Infante.
» rie dans lefdites armées combinées .
>> Tous les Généraux de Cavalerie ou d'Infante-
» rie de l'une ou de l'autre Nation , foit qu'ils
>> aient réellement le grade , foit qu'ils foient
» fimplément défignés & admis à en remplir les
>> fonctions , prendront rang entr'eux pour le
> commandement , du jour de la date de leurs
» pouvoirs , ou commiffions de Lieutenans - Gé-
» néraux.
» De même les Brigadiers de l'une & l'autre
» Nation , ou poffédant réellement ce titre , ou en
>> étant revêtus occafionnellement , prendront rang
» entr'eux , pour le commandement & le fervice ,
» du jour de la date de leurs commiffions reſpecti
» ves de Colonels. Quant aux Lieutenans- Colo-
» nels François , employés en leur qualité de Brigadiers
, ils prendront rang avec les Officiers
» Autrichiens défignés pour faire ledit fervice de
Brigadiers , fuivant la date de leurs brevets de
» Brigadiers ; & les mêmes Colonels Autrichiens ,
» défignés pour tenir rang avec les Brigadiers , fe
» régleront en conféquence , fuivant la date de
» leurs commiffions de Colonels , avec lefdits
Lieutenans -Colonels des troupes Françoiſes ,
» du jour que lesdits Lieutenans-Colonels auront
» été nommés au grade de Brigadier .
» L'ufage étant parmi les troupes Françoifes ,
que dans les détachemens l'Officier de Cava-
» lerię
JUIN. 1757.
193
» lerie commande en plaine , & que lorsque le
» même détachement ſe trouve dans les Places ou
» dans des lieux fermés , le commandement appartient
, à grade égal , à l'Officier d'Infante
» rie : au contraire , parmi les troupes Autri
» chiennes , le commandement ne variant jamais ,
foit en plaine , foit dans les lieux fermés , cha
» que Nation fuivra fes regles à cet égard. Et
toutes les fois qu'il y aura variation entre les
» Commandans des troupes Françoiſes en confé
» quence de leurs Ordonnances , le nouveau Com.
» mandant fera toujours en droit de fe régler avec
» les Commandans des troupes Autrichiennes par
n la date de leurs commiffions refpectives. Mais
» l'Officier Autrichien commandera , foit en plai
» ne , foit dans les lieux fermés , s'il eft ancien
» ou fuivant fon ancienneté fur celui des deux
» qui appartiendra de droit le commandement
» fur les troupes Françoifes.
- >> Le Commandant en chefdu Corps de troupes
>> des deux Nations , qui fera en moindre nomwbre
dans une armée combinée , fera appellé à
> tous les Confeils de guerre , & à fon défaure
l'Officier Général , ou autre à qui le comman~
» dement des troupes de fa Nation fera échu...
7
Il ne pourra rien diminuer ni changer aux
»-bans que les Général de Parmée fera publier :
» cependant comme il peut y avoir dans les ufa-
» ges de l'une des deux Nations , des punitions
plus féveres pour certains crimesque dans l'au
>>>- tre , chaque Nation, fuivra fes uſages à cet
» égard ; & le Commandant des troupes qui fe
» ront en moindre nombre à l'armée pourra tou
»jours ajouter au ban du Général de l'armée , ce
» qu'il croira néceffaire pour la plus févere punition «
» des délits , & pour l'entière exécution des Or- e
• II. Vol b anellinred I
194 MERCURE DE FRANCE.
I
» donnances de fon Souverain , auxquelles il aura
> attention de fe conformer ; mais il ne pourra
jamais rien diminuer à l'efpece des punitions qui
» feront ordonnées par lefdits bans du Général
» de l'armée , quand même les uſages de få Nay
tion feroient différens. .....
» Il pourra faire grace aux criminels des trou-
» pes de fa Nation pour les cas de fa juftice parti-
>> culiere , mais non pas pour les délits commis
> contre les défenfes portées dans les bans publiés
» par l'ordre du Général de l'armée , à qui feul ce
droit appartiendra ; mais de fon côté le Général
» de l'armée ne pourra pas faire grace à un crimi-
>> nel qui auroit été condamné par le Confeil de
guerre de l'autre Nation , fur les fujets de laquelle
le droit de vie & de mort appartient à
» fon feul Souverain , ou à celui qui le repréfente.
» Le feul Général de l'armée combinée aura
» droit de donner des fauve -gardes ; mais lorfqu'il
en enverra , il en fera fourni proportion-
»> nellement par les troupes des deux Nations.
» On fuivra , pour la façon de camper , & pour
» les détails du campement , les ufages de chaque
» Nation . Elles fuivront de même leurs ufages
» pour leur ordre de bataille particulier.
A l'égard des marches générales de l'armée ;
» quoique l'on convienne que les troupes belligé
Drantes doivent toujours avoir la droite & Pa-
>>. vant-garde , cependant il eft des occafions , où,
» en corps d'armée , cette difpofition ne peut pas
» avoir lieu militairement , & le Général de l'ar-
» mée fera le maître de faire , à ce ſujet , les dif
p.pofitions telles qu'il le jugera à propos.
ม
En détachement , les troupes de la Nation
belligérante auront toujours l'avant- garde en
pallant à l'ennemi, & l'arriére- garde dans les cas
» de retraite ; les bataillons de la même Nation ,
JUIN. 1757. 195
la droite dans la tranchée ; & leurs Compagnies
» de Grenadiers , la tête de la ſappe.
» Les Gardes & détachemens feront fournis par
proportion réciproque du nombre complet des
» troupes de chaque Nation , qui formeront l'armée
combinée . Chaque garde ne fera jamais
» compofée que de troupes de la même Nation .
» Les détachemens de cinquante hommes , & au
» deffous , ne feront de même jamais compofés
» que de troupes de la même Nation . Les déta-
*
chemens plus confidérables feront compofés de
» plufieurs troupes de cinquante hommes des
» troupes des deux Nations , en proportion de
» leurs forces. Et comme les Officiers particuliers
» des troupes Autrichiennes font en moindre
» nombre que ceux des troupes Françoifes , ils
» n'enfourniront que la moitié de ceux qui feront
» commandés pour les détachemens des troupes
>> Françoiſes , à moins que pour des raifons par-
❤ticulieres le Commandant Général de leur Na-
» tion ne jugeât à propos d'y faire marcher un
plus grand nombre d'Officiers.
» Dans les difpofitions qui feront faites pour
» l'emplacement des troupes des deux Nations
dans des cantonnemens ou des quartiers d'hywwer
, on obfervera , autant qu'il fera poffible
» de les placer fuivant l'ordre de bataille que les
troupes des deux Nations tiennent entr'elles à
l'armée.
» Si les circonstances , la nature du pays , les
objets militaires , ou autre raiſons , ne permet-
>> toient pas de fuivre cet ordre , on obfervera de
ne point entremêler les troupes d'une Nation
» avec celles de l'autre , & de leur former un ar-
» rondiffement , de façon que le corps qui fera
» en moindre nombre , de même que celui qui
Î ij
196 MERCURE DE FRANCE.
» fera en plus grand nombre , foient placés , fans
» interruption , en premiere , feconde & troifie-
» me ligne.
Il en fera de même pour les fourrages ; &
» dans ceux qui feront faits , foit au verd , ſoit au
» fec , on obfervera d'affigner, à chaque Nation
» un terrein marqué , ou un arrondiffement de
» Villages , qui faffe que chaque Nation puiſſe
» fourrager fans le mêler avec l'autre.
Cette convention , qui contient trente-huit articles
, fut fignée à Vienne le 25 du mois de Février
dernier , au nom du Roi , par le Maréchal
d'Eftrées , Plénipotentiaire de Sa Majefté , & au
nom de l'Impératrice Reine de Hongrie & de
Boheme , par le Feld- Maréchal Comte de Neipperg,
chargé des pouvoirs de cette Princeffe. La
ratification du Roi eft datée du 19 Mars , & celle<<
de l'Impératrice Reine , du 25 du même mois.
Le 11 Mai , les Chevaliers de l'Ordre de Saint-
Michel tinrent un Chapitre dans le grand Gouvent
des Religieux de l'Obſervance . M. le Duc de Vil
leroy, Chevalier des Ordres du Roi , y préfida en..
qualité de Commiffaire de Sa Majesté. H reçut
Chevaliers M. Dupleix , ci-devant Gouverneur de
Pondichery , & Commandant en chef dans les établillemens
François aux Indes Orientales ; M, Faucher,
Commiffaire des Guerres , qui a été emploié ‹
pour les affaires du Roi à Genes, & à Turin , &
M. Laurent , Ingénieur célebre par l'invention de
plufieurs machines auffi utiles qu'ingénieuſes. Le
Baron d'Olne , Liégeois M. Olivieri , premier
Sculpteur du Roi d'Efpagne , &@M. Zabielo
, Gentilhomme de Lithuanie , que le Roi a
nommés Chevaliers , furent préconisés dans les
mêmeChapitre Sa Majefté a mis auffi au nombre
des Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel M.
L
197
$
JUIN
. 1757.
Haufer , Bailli du canton de Glaris , & M. Freuler,
Banneret & Brigadier du même Canton.
Le 12,le Roi & Madame furent parrein & marreine
de M. Bontemps , un des quatre Valets de
Chambre de Sa Majefté , & dont la famille depuis
quatre générations poffede cette charge. Il a éte
nommé Louis Pierre- Dominique. Les cérémonies
du Baptême lui furent fuppléées.dans la Chapelle
du Château , en préfence du Curé de la Paroiffe de
Notre-Dame , par l'Abbé de Sainte Aldegonde ,
Aumonier du Roi.
Leurs Majeftés fignerent le 15 le contrat de
mariage de M. Bontemps avec Mlle. Teiffier , fille
de l'ancien Maître de la Chambre aux Deniers ,
& celui de M. Teiffier fils avec Dlle. Bontemps.
Sur la démiffion de M. de Pontcarré , de Roi a
nommé premier Préfident du Parlement de Nor.
mandie M. Hue de Miromefnil , Maître des Requêtes.
M. Buache , de l'Académie Royale des Sciences
, a eu l'honneur de préfenter au Roi un rẻ-
ceuil de cartes & de tables , approuvées par cette
compagnies : elles établiffent un fyftême de géographie
phyfique fur la ftructure du globe , conconfidérée
par les grandes chaînes de montagnes,
qui traverfent les continens , comme les mers
d'un pôle à l'autre , & d'Occident en Orient.
Pour rendre fon fyftême complet fur l'enchaînement
des continens connus avec celui des terres
Antarctiques dont on connoît trois points principaux
, l'Auteur a examiné l'existence de ces terres.
Il en fixe l'étendue & la figure , dans un mémoire
que le temps ne lui a pas permis de life à la
derniere rentrée publique de l'Académie des
Sciences .
"
M. Hardouin Manfard-de Lévy- de Sagonne ,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
de l'Académie Royale d'Architecture , & ancien
Architecte du Roi , prêta ferment le 22 entre les
mains de Sa Majefté , pour la charge de Lieutemant
de Roi de la Province de Bourbonnois.
Le Roi a accordé le brevet de Lieutenant de Frégate
, avec une gratification de quatre cens livres ,
a M. Rozier , commandant le Navire le Robufte ,
qui foutint le & du mois dernier , & les deux jours
fuivans trois combats très- vifs contre une Frégate
Angloife , fort fupérieure en forces , & le 11 du
même mois un autre combat contre un Corfaire
de 200 hommes d'équipage. Sa Majéſté a donné
une épée au Lieutenant de M. Rozier , une gratification
de trois mille livres pour l'équipage du
Navire le Robufte , & pour les Volontaires étrangers
embarqués fur ce Bâtiment , une de quatre
cens livres au Chevalier de Saint - Rome qui commande
ces derniers , & une de trois cens à M. de
Gaignerau fon Lieutenant.
Le fieur Martel , commandant la Frégate du
Roi la Valeur , s'eft emparé le 28 du mois de
Mars , à la vue de Belle -Iffe , d'un Corſaire Anglois
armé de 10 canons , 10 pierriers , & 70
hommes d'équipage .
*
Le Corfaire le Duc d'Aumont , de Boulogne
a relâché à Dunkerque , où le Capitaine Libert
qui le commande , a remis les ôtages des fept
rançons qu'il a faites , & qui montent enfemble
$ 3000 liv.
On mande de Saint -Malo , que le Capitaine
Thomas Donat , qui commande le Corfaire la
Duc d'Aiguillon , de ce Port , y a conduit le Corfaire
Anglois le Blackeney , armé de 16 canons
& de 12 pierriers. Il s'en eft emparé à la vue des
Sept-Ifles.
>
Le Corfaire l'Aurore ,, de Bayonne , dont eft
JUIN. 1757.
1994 :
Gapitaine le fieur Lavernis , s'eft rendu maitre des
Navires Anglois l'Induftrie & l'Ami , venant de
la Caroline . Ils font chargés , l'un de 25441 livres
d'indigo , de 25 barrils de riz , de 135 barrils de
goudron , & de 86 barrils de brai ; l'autre de 36341
livres d'indigo , de 1-32 barriques de café , de 3
boucauts de fucre , de pelleteries , & d'autres
marchandiſes.
Le Capitaine Saubat- Balanqué , commandant
la Marquise d'Amon , autre Corfaire de Bayonne,
s'eft emparé du Navire Anglois le Duc de Scarbo
rough , de 160 tonneaux , chargé de faumon falé
& d'autres marchandiſes. Cette prife a été conduite
en ce Port .
Le Vaiffeau du Roi l'Hippopotame , armé en
courſe , & commandé par le fieur de Pigache
Lieutenant de Vaiffeau , a pris & fait conduire à
Marſeille le Navire Anglois l'Elifabeth , qui alloit,
d'Yarmouth à Venife avec un chargement
compofé de plomb & de falaiſons .
On a été informé par des lettres écrites de Mahon
, que le nommé François Nufa , Minorcain ,
qui commande un des quatorze Corfaires armés
en ce Port , a pris à l'abordage deux Navires An
glois , l'un de 14 canons l'autre de 2 , & qu'il les
a conduits à Cartagene . Ces deux priſes font d'une
valeur affez conſidérable .
Le Capitaine Martin la Fargue , commandant
Le Corfaire l'Aigle , de Bayonne , y eft rentré le
4 Avril , avec deux Navires Anglois , dont il
s'eft rendu maître. Ces deux Navires , appellés
Pun la Charmante Nancy , l'autre la Charmante
Marthe , font très- richement chargés. La cargai
fon du premier confifte en 87577 livres d'indigo ,
189 futailles de fucre , 223 futailles de café , 75
futailles de riz , 25 furons de kina , 6 furons de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
tabac d'Efpagne , 62 madriers de bois d'Acajou ,
1 pipe de vin de Madere , 36 cuirs de boeuf en
poil , a barriques de cortera , 5 tonneaux de bois
de Bréfil , & 13 tonneaux de bois de Campe
che. Le fecond a pour chargement 103000 li
vres d'indigo , 37 futailles de fucre , une pipe
de vin de Madere , 151 futailles de riz , 100
furons de tabac d'Eſpagne , 10 tonneaux de bois
de Campeche , to furons de kina , 30 futailles de
café , 27 futailles de peaux de chevreuil 1 barril
&6 paquets de pelleteries , 29 paux d'ours , 186
barrils de goudron , & une caiffe contenant 10 li
vres d'ambre gris.
>
L'Espérance , autre Corfaire de Bayonne , commandé
par le Capitaine Dotatce , a pris & a fait
conduire à Bordeaux le Navire le Marchand , de
80 tonneaux , chargé de vin de Malvoiſie , & de
fruits.
Le Corfaire le Comte de Saint-Germain , de
Dunkerque , s'eft emparé des Navires Anglois le
Flot , de 180 tonneaux , venant de la Caroline
avec un chargement de 325 boucauts de tabac ;
l'Anne , de 170 tonneaux , n'ayant que fon left ,
& d'un autre Bâtiment qu'il a rançonné pour 100
livres sterlings.
Le Capitaine Jalineau , commandant le Corfaire
la Comteffe de Noailles , de Bordeaux , s'eft
zendu maître du Corfaire Anglois la Molley , de
de Jerzey , de 18 Canons , 14 pierriers & 93
hommes d'équipage , & il l'a conduit à Breft.
On mande de Bayonne , que le Corfaire la Repréfaille
, de ce Port , a pris & y a fait conduire
le Navire Anglois la Ducheffe de Blewford , de
Briſtol , de 166 tonneaux , chargé de fucre , girofle
, poivre , gingembre , & autres marchandifes.
Des lettres écrites de Marfeille marquent que
JUI N. 1757.
201
le Corfaire le Bien- Aimé , de ce Port , y á conduit
le Navire Anglois le Faffi , dont il s'eft emparé
, & dont le chargement confifte principalement
en huile .
Le Capitaine Libert , commandant le Corfairé
le Duc d'Aumont , de Boulogne , eft entré à
Dunkerque , où il a remis les otages de fept
rançons montant enſemble à 1000os livres.
Les Corfaires la Difficulté & l'Hyver , du Havre
, y ont fait conduire le petit Corfaire Anglois
le Héros , armé de 2 canons , 8 pierriers , & 25
hommes d'équipage. Ils s'en font emparés à l'embouchure
de la riviere de Caén .
On mande de Saint-Malo , que le Corfaire
le Marquis de Puyzieulx , de ce Port , s'eft rendu
maître du Corfaire Anglois le Tartare , de
Guernezey , ( ci- devant la Baftienne , de Boulo.
gne ) de huit canons , 8 pierriers , & 56 hom
mes d'équipage.
a
Le Capitaine Magnonet qui commande le Corfaire
le Machault , de Granville , a pris & à fait
conduire à Rofcoff deux Bâtimens Anglois : l'un
eft un Corſaire de Guernezey , de 8 canons , 10
pierriers , & 53 hommes d'équipage ; l'autre eft
un Navire armé de 4 petits canons , ayant pour
chargement 245 futailles de fucre , & 46 milliers
de café .
Un autre Corfaire du même nom , armé à
Saint-Malo , s'eft rendu maître de la Corvette du
Roi d'Angleterre le Merlin , de 12 canons , &
107 hommes d'équipage. On a trouvé fur cette
Corvette , qui eft arrivée à Breft , une grande
quantité de munitions de guerre. Le même Cor
faire s'eft emparé d'un autre Bâtiment armé en
guerre avec 16 canons , 16 pierries , & 85 hommes
d'équipage.
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Il est arrivé à Bayonne un Navire Anglois aps.
pellé le Spitwel , de Londres. Il a été pris par le
Capitaine Fau , commandant le Corfaire la Repré
Jaille. Son chargement confifte en 658 futailles
de riz , 70 barrils de café , 53 barrils ou caiffes .
d'indigo , 11 barriques de pelleteries , 9 barriques
de bois de canelle , & is tonneaux de bois
de campeche.
On eft informé qu'un Corfaire François s'eft
emparé , dans les Mers du Nord , d'un Navire
Anglois richement chargé , & qu'il l'a conduit à
Bergue en Norwege..
Le Capitaine Olivier-Jean Bellanger , com
mandant le Corfaire le Caincy , de Dieppe , a remis
à Dunkerque les ôtages dedeux rançons qu'ik
a faites , & qui montent enſemble à 450 guinées.
Il eft arrivé à Dunkerque un Navire Anglois ,
appellé le Janet & Bety , de 60 tonneaux ,, char
gé de vin , d'eau-de-vie , de riz , & d'autres mar
chandifes. Il a été pris par le Corfaire le Duc d'Aumont
de Boulogne,
Les Corfaires la Difficulté & l'Hiver , du Havre,
ont pris & conduit à la Hougue le petit Corfaire
l'Aventure- Galley , de Jezey , armé de 4
pierriers , & de 17 hommes d'équipage.
Le Corfaire la Philippine , de Calais , y eft,
rentré avec les ôtages de cinq rançons qu'il a fai
tes, & qui montent enfemble à 795 guinées.
Les Bateaux Anglois le Jean & Marie & ls,
Thomas & Guillaume , l'un chargé d'huîtres
l'autre n'ayant que fon left , ont été, pris par les
Corfaires le Marquis de Villequier , la Princeffe,
de Condé & la Bonne Foy , qui les ont conduits à
Boulogne.
On mande du Havre , qu'il y eft arrivé trois,
Navires Anglois , appellés, l'un le Marchandde
y I
"
1
JUIN. 1757. 203.
Schiedam de 220 tonneaux , l'autre la Dame
Fortune , de 200 tonneaux ; & le troifieme le
Saint-Georges , de 140 tonneaux. Ces trois Bâtimens
, qui font chargés de charbon de terre , ont
été pris par le Corfaire la Victoire , de Saint-
Malo.
Le Puyzieulx , autre Corfaire de ce port , y a
conduit le Navire Anglois le Tigre , .de 230 ton--
neau , allant de la Virginie à Londres avec un char--
gement de 433 boucauts de tabac , 34. tonneaux
de fer , & autres marchandiſes.
Le même Corfaire , & un autre nommé l'In--
vincible , fe font emparés du Corfaire l'Amazone ,,
de Grenezey , armé de 16 canons , 10 pierriers ,,
& 94 hommes d'équipage.
On apprend par des lettres écrites de la Ro--
chelle , que le Corfaire le Maréchal de Richelieu ,
de Nantes , a conduit dans ce premier Port le:
Corfaire le Grenezey , de Grenezey , armé de 200
canons & de 180 hommes d'équipage. Il s'en eft
emparé après un combat de trois heures..
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En avril 1757, le roi de France organisa plusieurs cérémonies officielles, dont la remise du Sceau. Un ouragan à Paris causa des dégâts au Havre, détruisant la salle de la Comédie et provoquant onze morts et vingt blessés. Le roi nomma l'évêque de Laon ambassadeur auprès du Saint-Siège et accorda une place dans les Mousquetaires. Il reçut également les députés des États d'Artois et nomma plusieurs officiers pour le régiment d'infanterie d'Orléans et les grenadiers de France. Une convention militaire fut établie entre la France et l'impératrice Reine pour organiser une armée combinée, détaillant les positions des troupes, les règles de commandement et les usages militaires. Cette convention fut signée à Vienne par le Maréchal d'Estrées et le Feld-Maréchal Comte de Neipperg, avec des ratifications en mars 1757. Le roi nomma M. Hue de Miromesnil premier président du Parlement de Normandie et reçut un recueil de cartes géographiques de M. Buache. M. Hardouin Mansart de Lévis de Sagonne prêta serment pour la charge de lieutenant du roi en Bourgogne. Des distinctions militaires furent accordées à des capitaines de navires et de corsaires français pour leurs actions contre des navires anglais. En juin 1757, plusieurs actions navales impliquèrent des corsaires français capturant des navires anglais dans diverses régions, notamment au large de Caen, Saint-Malo, Roscoff, Bayonne, et dans les mers du Nord.
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8099
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donnà l'Abbaye Réguliere de Soyon ; Ordre de Saint-Benoît, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Vicaire, Évêché
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majefté a donné l'Abbaye Réguliere de Soyor;,
Ordre de Saint - Benoît , Ville & Diocefé de Valence
, à la Dame de Maugiron , Religieufe de
cette Abbaye. L'Evêché de Coutances à M. l'Ab--
bé dú Quefnoy , qui en étoit Vicaire Général
depuis 20 ans; & l'Evêché de Senez à M; l'Abbé
de Woeles , Vicaire Général de l'Archevêché
d'Arles. L'Abbaye de Leffay , Ordre de Saint
Benoît , Diocefe de Coutances , à M. l'Abbé des
a Villé , un des Quarante de l'Académie Fran--
spife , premier Commis des affaires étrangeres ,
My
Ivjj
204 MERCURE DE FRANCE :
& ci-devant Miniftre de Sa Majefté auprès des
Etats Généraux des Provinces- Unies ; & celle de
Noaillé , même Ordre , Dioceſe de Poitiers , à M.
l'Abbé de la Ville Mirmont , frere de M. l'Abbé de
la Ville , & Vicaire Général de l'Evêché d'Arras .
Sa Majefté a donné l'Abbaye Réguliere de Soyor;,
Ordre de Saint - Benoît , Ville & Diocefé de Valence
, à la Dame de Maugiron , Religieufe de
cette Abbaye. L'Evêché de Coutances à M. l'Ab--
bé dú Quefnoy , qui en étoit Vicaire Général
depuis 20 ans; & l'Evêché de Senez à M; l'Abbé
de Woeles , Vicaire Général de l'Archevêché
d'Arles. L'Abbaye de Leffay , Ordre de Saint
Benoît , Diocefe de Coutances , à M. l'Abbé des
a Villé , un des Quarante de l'Académie Fran--
spife , premier Commis des affaires étrangeres ,
My
Ivjj
204 MERCURE DE FRANCE :
& ci-devant Miniftre de Sa Majefté auprès des
Etats Généraux des Provinces- Unies ; & celle de
Noaillé , même Ordre , Dioceſe de Poitiers , à M.
l'Abbé de la Ville Mirmont , frere de M. l'Abbé de
la Ville , & Vicaire Général de l'Evêché d'Arras .
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majesté a attribué plusieurs bénéfices ecclésiastiques : l'Abbaye de Soyor à la Dame de Maugiron, l'Évêché de Coutances à M. l'Abbé du Quesnoy, l'Évêché de Senez à M. l'Abbé de Woëls, l'Abbaye de Lessay à M. l'Abbé des Ays de Villé, et l'Abbaye de Noaillé à M. l'Abbé de la Ville Mirmont.
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8100
p. 204-211
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Louis-Auguste de Rohan-Chabot ; Comte de Maillé-la Marche, [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Marquis, Comte, Dame, Maison de Villelume, Commandeur, Rochefoucauld, Cardinal de la Rochefoucauld
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE Louis-Augufte de Rohan - Chabot ; -
Comte de Maillé -la Marche , fils de Meffire Guy-
Augufte de Rohan -Chabot , Lieutenant- Général
des Armées du Roi , & de feue DameYvonne- Silvie
du Breil de Rays , fut marié le 12 Avril à Demoifelle
Elifabeth Louife de la Rochefoucauld , fille
de feu Jean- Baptifte - Louis- Frédéric de la Rochefoucauld
, Duc d'Anville Lieutenant Général
des Armées Navales de Sa Majefté , & de
Louife-Elifabeth de la Rochefoucauld . La bénédiction
nuptiale leur a été donnée par le Cardinal
de la Rochefoucauld dans la Chapelle de l'Hôtel
de la Rochefoucauld.
Meffire Jacques- François de Carvoifin , Marquis
d'Achy , Enfeigne de la Compagnie des
Gendarmes de Bourgogne , fut marié le trois
de Mai , dans l'Eglife de Saint Sulpice , à Demoifelle
Marie Catherine -Jeanne Jubert de Bouville.
M. L'Abbé de Bouville , Vicaire Général du Diocèfe
de Chartres, leur donna la Bénédiction Nuptiale.
Leur contrat de mariage avoit été figné le
premier par Leurs Majeftés & par la Famille
Royale.
Demoiſelle Marie-Anne de Villelume-de Bar-"
montel , Dame de Châteaubrun , la Roche , Fref
fanges , le Mas de Voing & autres terres , eft morte
à Paris le 6 Mars , âgée de 82 ans.
JUIN. 1757. 205
Mademoiſelle de Villelume étoit l'unique refte
de l'illuftre Maiſon de Villelume en Auvergne ,
& defcendoit au treizieme degré de Guillaume de
Villelume , Chevalier , qui en 1196 jura pour le
Roi Philippe Augufte la paix avec le Dauphin
Comte d'Auvergne , & Guillaume fon fils , ainfi
qu'on l'apprend d'un extrait du tréfor des chartes ,
n°. 86 , regiftre de S. Louis , rapporté dans les
preuves de l'hiftoire de la Maiſon d'Auvergne par
Juftel.
Guillaume de Villelume eut pour fils W. de
Villelume , & pour petit-fils autre Guillaume de
Villelume , Seigneur de Villelume , Barmontel &
Montbardon , qui époufa par contrat du 12 Jan❤
1322 , Alexine de Tignieres. Ils eurent pour fils
Joffelin de Villelume , qui en 1374 fut avec dix
hommes d'armes au fervice du Duc de Berry , en
la guerre contre les Anglois. Il époufa Marguerite
de Saint- Nectaire , fille de Cafto feconde , de
Saint-Nectaire & d'Odine d'Alegre. De ce mariage
fortirent Hague de Villelume , Seigneur de
Villelume & de Barmontel , & Guy de Villelume
, Seigneur de Montbardon auteur de la
branche de ce nom , établie en Berry & Bourbonnois
, & dont l'on peut voir la généalogie en
l'hiftoire de Berry , par M. de la Thaumaffiere,
Hugue de Villelume époufa Claudine Duvernet
, fille de Bertrand , Chevalier , Seigneur Du
verner & de Beaulieu , & de laquelle il eut Claude
premier de Villume , qui fut tué au ſervice du Roi
Charles VII , étant avec le Duc de Bourbon. Il
avoit épousé par contrat du zo ·Janvier 1466 ,
Marguerite Maurine de Maflaurent, fille deJacques
Marin , Chevalier Seigneur de Maßlaurent, le Theil
& Saillant. Ils eurent pour fils Claude II de Villelume,
qui par contrat du 10 Mars 1486 , s'allialaves
306 MERCURE DE FRANCE.
Françoise de Rochefort , fille de Guillaume de
Rochefort , Baron de Châteauvert.
Leur fils Pierre de Villelume , époufa par contrat
du 7 Juillet 1515 , Charlotte de Saint-Georges,
fille de Jacques , Chevalier Seigneur de Saint-
George , l'Efpinas & la Buffiere , Sénéchal de la
Marche. Ils eurent pour fils Guillaume III de
Villelume , Chevalier de l'Ordre du Roi. Il fut à
toutes les occafions mémorables de fon temps ,
telles qu'à la bataille de Cerifoles , à la prife de.
Boulogne , au fiego de Metz , à la bataille de Ren--
ty & à celle de Saint- Quentin , où il fut fait pri
fonnier par les Anglois avec le Maréchal de Saint-
André. Il épousa le 18 Février 1537 , Louiſe det
Saint-Marfaut, fille de Brandelis , Seigneur de
Saint-Marfaut & du Verdier , Chevalier de l'Ordre
du Roi , dont naquit en 1543 Jacques de Vil--
lelume , Chevalier de l'Ordre du Roi , & Syndic:
de la Nobleffe d'Auvergne , qui mourut en 1646..
Il fut aux fieges de S. Jean d'Angely & de la Ro-.
chelle , ayant charge de cinquante hommes d'armes.
Il fut un des fix de la Nobleffe d'Auvergnequi
fe joignir à ceux de la ville de Clermont ,-
pour jurer & figner de fervir le Roi Henri III , aus
commencement des guerres de la Ligue , & fut :
député trois fois vers ce Prince de la part des Etats
d'Auvergne. Il époufa par contrat du 18 Juillet
1578 , Magdeleine de Vaffé , héritiere de fon
nom . Jean-François de Villelume fon frere , fut .
reçu Chevalier de Malte le 20 Juin 1572.,
Jacques de Villelume & Magdeleine de Vaffé ,
eurent pour fils Antoine de Villelume , fubftitué ,.
ainfi que fes defcendans , aux nom & armes de:
Vaffé. Il eut deux chevaux tués fous lui au combat:
de Caftelnaudarry , & fut tué en une autre occa-,
Lon. Il avoit époufé le 26 Février 1614 , Catherine:
JUI N. 1757. 207
'de Châlus , fille de François de Châlus , Baron de
Cordes , & de Jeanne de la Roche-Aimon . Ils eurent
pour enfans Gilbert.de Villelume ,, reça Chevalier
de Malte , le s Mars 1645. Jacques de Villelume
auffi reçu Chevalier de Malte le 26 Janvier
1650 , puis pourvu des Commanderies de Maifonnis
& de Montchamp , & Commandant le
vaiffeau là Sainte Anne , pour le fervice de fa Religion
. Charlotte de Villelume , Abbeffe de Saint
Geneft , & Jean-Charles de Villelume , Seigneur
de Villelume , Barmontel , Vaffé , Châteaubrun
le Theil , & c . Colonel du Régiment de Mercoeur
puis Maréchal de Camp. Il époufa par contrat du
10 Février 1642 , Marie de Moneftay , fille de
Gilbert de Moneftai , Baron des Farges , & da
Claude Dechazeron.
Maximilien.de Villelume leur fils , étoit le pere.
de Marie- Anne de Villelume qui donne lieu à cet
article , & de Marie- Pétronille de Villelume , qui
époufa par contrat du .... Septembre 1710 , Jean
Hautier , Comte de Villemontée , & dont les
enfans qui font Jean-François- Marien Hautierde
Villemontée , Seigneur . de Villemontée , Barmontel
; Jean-Marien Hautier- de Villemontée ,:
Seigneur de Chezelle & des Herards ; Antoine-.
Marien Hautier-de Villemontée , Abbé , Bachelier
de Sorbonne , Nicolas-Marien , Chevalier de Mal-.
te , & Marie-Françoiſe de Villemontée , veuve du
Seigneur de Viry , en Bourbonnois ., font héritiers
des biens de la maifon de Villelume , & fubftituést
aux nom & armes de cette Maiſon aux termes du
contrat de mariage de leur mere. >
La Maiſon de Villelume a pour Armes d'argents
à'dix-befans d'argent 4 , 3 , 2. & 1 , qu'elle écar--
tele de celles de Vaffé.
Meffire. Léonor de Goyon-de Matignon , Eyê.
208 MERCURE DE FRANCE.
que de Coutance , & Abbé de l'Abbaye de Leffay
, Ordre de Saint Benoit , même Dioceſe , eft
mort le 3 Avril en fon Palais Epifcopal , ágé
de quatre- vingts ans.
M, Perrier de Salvert , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint-Louis , & Chef
d'Eſcadre des Armées Navales de Sa Majesté , eft
mort à Verſailles le 6 , dans ſa ſoixante-feptieme
année.
44 Meffire Charles - Théophile de Befiade , Marquis
d'Avary , Grand Bailli d'Orléans , & Colonel
dans les Grenadiers de France , mourut à Paris le
17 Avril , dans la vingt-unieme année de fon âge.
Dame Marie-Corneille Guy , veuve de Meffire
Jean- Claude Roffignol , Ecuyer Sieur de Villeplanne
, l'un des cent Gentilshommes ordinaires
de la Maifon du Roi , & Gentilhomme de feu
Monfieur , frere unique du Roi , mourut à Paris
le 27 Avril . Elle étoit fille unique de feu Jacques
Guy, Ecuyer, Confeiller Secretaire du Roi, Maiſon
Couronne de France & de fes Finances , & de
Dame Jeanne Fabre , fon époufe.
Claude Roffignol , Ecuyer , Seigneur de Villeplanne
, pere de Jean- Claude , fut auffi pourva
d'une place de l'un des cent Gentilshommes ordinaires
, dans le commencement que Louis XIV
rétablit cette Compagnie par fa Déclaration du
4 Septembre 1643 .
Les feurs Roffignol , de Boifmeans & de la
Broffe , font les petits- fils de cette Dame.
Frédéric-Jérôme de Roye de la Rochefoucauld ,
Cardinal de la Sainte Egliſe Romaine , Archevêque
de Bourges , Primat des deux Aquitaines
Abbé de l'Abbaye de Beaulieu en Argonne , Congrégation
de Saint Vannes , Diocefe de Verdun ;
de celle de Saint Vandrille , Congrégation de
+
JUIN. 1757: 209
>
de
Saint Maur , Diocefe de Rouen ; de l'Abbaye
Sécularifeé d'Aifnay Dioceſe & Ville
Lyon ; Abbé , Chef Supérieur de tout l'Ordre de
Cluny ; Commandeur de l'Ordre du Saint- Eſprit,
Grand Aumônier de France , & ci- devant Ambaffadeur
du Roi auprès du Saint Siege , mourut à
Paris le 29 Avril , âgé de cinquante- fix ans , neuf
mois & treize jours. La régularité de les moeurs ,
fon efprit de modération , fon application à gouverner
fon Dioceſe & à y maintenir la paix, lapru
dence avec laquelle il s'eft conduit dans des circonftances
également importantes & délicatesį,
le zele qu'il a toujours montré pour concilier les
intérêts de l'Etat avec ceux de l'Eglife , lui avoient
attiré la vénération & l'amour , non-feulement
de fes Diocéfains , mais encore de toute la Nation
. A la mort de l'ancien Evêque de Mirepoix
le Roi chargea le Cardinal de la Rochefoucauld
du Département concernant la nomination aux
Bénéfices. Sa Majeſté crut ne pouvoir remettre en
de meilleur mains le foin de lui préfenter les Sujets
pour les Evêchés , qu'en celles d'un Prélat
qui connoiffoit & rempliffoit fi parfaitement tous
les devoirs de l'Epiſcopat.
Le 30 Avril , le Cardinal de la Rochefoucauld
fut inhumé dans l'Eglife Paroiffiale de Saint Sulpice.
Ayant toujours confervé au milieu des plus
éminentes dignités toute la fimplicité Chrétienne ,
il avoit recommendé dans fes derniers momens
aux dépofitaires de fes volontés , de n'obſerver
dans fes funérailles que ce qu'on faifoit ordinairement
pour les particuliers du fecond ordre de l'Eglife
. On s'eft conformé , autant qu'il a été poffible
, à des intentions fi refpectables & fi édifian→
tes. Mais le concours prodigieux de perfonnes de
tout rang , qui ont accompagné le convoi , a ré
zro MERCURE DE FRANCE.
pandu für cette cérémonie lugubre beaucoup plus.
d'eclat que n'auroit pu faire la plus grande pompe.
Après que l'inhumation du corps eut été faite
dans l'endroit deftiné pour la fépulture des Prêtres
de la Paroiffe , le coeur , qui avoit été donné
au Prieuré de Saint Martin des Champs , y fut
transporté par les Bénédictins Réformés de l'Ordre
de Cluny , qui occupent cette Maiſon . Sur
un Mandement du Supérieur Vicaire Général de
l'étro te obſervance , ces Religieux_firent le 7 de
ce mois dans leur Eglife un Service folemnel pour
le repos de l'ame de l'illuftre Cardinal , qu'ils regrettent
fi fincérement avec toute la France. M. le
Cardinal de Gefvres , & plufieurs Prélats y affifte.
sent , ainfr que M. le Maréchal Duc de Biron , &
un grand nombre de Seigneurs .
Meffire Marie- André- Louis Del Puech-de Laloubiere
, fils unique de Meffire Jean - Pierre-
Louis Del Puech , Seigneur de Laloubiere , & de
Dame Marie-Jeanne Moreau , eft mort à Paffy ,
près Paris , le 4 Mai , âgé de 27 mois quatre
jours ; fa naiffance avoit été annoncée dans le
Mercure de Mars 1755. Il étoit petit -fils de feu
Meffire Louis Del Puech , Seigneur de Laloubiere
, Major du Régiment de Montalet , dénommé
dans le Mercure de Janvier 1755 , à l'article du
mariage de Meffire Jean-François Del Puech -de
Comeïras , Chevalier de l'Ordre Militaire de S.
Louis , Capitaine au Régiment de Cavalerie de
Saluces..
Le Chevalier de Mailly mourut en cette Ville
le S Mai , âgé de 8 ans. Il étoit Chevalier
de l'Ordre de Saint Jean de Jérufalem , & avoit
été Meftre de Camp d'un Régiment de Dragons.
Le Chevalier de Mailly étoit frere du Compte de
Mailly , Chevalier des Ordres du Roi , Lieute
JUIN. 1757.
217
nant- Général des Armées de Sa Majefté , Premier
Ecuyer de Madame la Dauphine ..
Meffire Claude- François le Tellier , Brigadier
d'Infanterie , & ci -devant Capitaine d'une Compagnie
dans le Régiment des Gardes Françoifes ,
mourut en cette Ville le 9 , âgé de foixante-douze
ans.
2
Meffire Nicolas Pajot de Dampierre , Doyen
des Chanoines Honoraires de l'Eglife Métropolitaine
de Paris & Abbé de l'Abbaye de Saint
Loup , Ordre de Saint Auguftin , Dioceſe de
Troyes , eft mort le 11 , dans la foixante-neuvieme
année de fon âge.
Dame Antoinette de Villers-de Rouffeville ,
époufe d'Aane Gédeon , Comte de Joyeuse & de
Grandpré , Lieutenant Général des Provinces de
Champagne & de Brie , mourut à Amiens le 14
Mai 1757 , âgée de 61 ans.
Le fieur Pierre de Coulon , ancien Garde de la
Porte du Roi , eft mort au Château de Monplaifirprès
de Mars-fous-Bourg , âgé d'environ cent
douze ans. Il étoit auffi droit qu'un jeune homme
, & il lifoit encore fans lunettes.
MESSIRE Louis-Augufte de Rohan - Chabot ; -
Comte de Maillé -la Marche , fils de Meffire Guy-
Augufte de Rohan -Chabot , Lieutenant- Général
des Armées du Roi , & de feue DameYvonne- Silvie
du Breil de Rays , fut marié le 12 Avril à Demoifelle
Elifabeth Louife de la Rochefoucauld , fille
de feu Jean- Baptifte - Louis- Frédéric de la Rochefoucauld
, Duc d'Anville Lieutenant Général
des Armées Navales de Sa Majefté , & de
Louife-Elifabeth de la Rochefoucauld . La bénédiction
nuptiale leur a été donnée par le Cardinal
de la Rochefoucauld dans la Chapelle de l'Hôtel
de la Rochefoucauld.
Meffire Jacques- François de Carvoifin , Marquis
d'Achy , Enfeigne de la Compagnie des
Gendarmes de Bourgogne , fut marié le trois
de Mai , dans l'Eglife de Saint Sulpice , à Demoifelle
Marie Catherine -Jeanne Jubert de Bouville.
M. L'Abbé de Bouville , Vicaire Général du Diocèfe
de Chartres, leur donna la Bénédiction Nuptiale.
Leur contrat de mariage avoit été figné le
premier par Leurs Majeftés & par la Famille
Royale.
Demoiſelle Marie-Anne de Villelume-de Bar-"
montel , Dame de Châteaubrun , la Roche , Fref
fanges , le Mas de Voing & autres terres , eft morte
à Paris le 6 Mars , âgée de 82 ans.
JUIN. 1757. 205
Mademoiſelle de Villelume étoit l'unique refte
de l'illuftre Maiſon de Villelume en Auvergne ,
& defcendoit au treizieme degré de Guillaume de
Villelume , Chevalier , qui en 1196 jura pour le
Roi Philippe Augufte la paix avec le Dauphin
Comte d'Auvergne , & Guillaume fon fils , ainfi
qu'on l'apprend d'un extrait du tréfor des chartes ,
n°. 86 , regiftre de S. Louis , rapporté dans les
preuves de l'hiftoire de la Maiſon d'Auvergne par
Juftel.
Guillaume de Villelume eut pour fils W. de
Villelume , & pour petit-fils autre Guillaume de
Villelume , Seigneur de Villelume , Barmontel &
Montbardon , qui époufa par contrat du 12 Jan❤
1322 , Alexine de Tignieres. Ils eurent pour fils
Joffelin de Villelume , qui en 1374 fut avec dix
hommes d'armes au fervice du Duc de Berry , en
la guerre contre les Anglois. Il époufa Marguerite
de Saint- Nectaire , fille de Cafto feconde , de
Saint-Nectaire & d'Odine d'Alegre. De ce mariage
fortirent Hague de Villelume , Seigneur de
Villelume & de Barmontel , & Guy de Villelume
, Seigneur de Montbardon auteur de la
branche de ce nom , établie en Berry & Bourbonnois
, & dont l'on peut voir la généalogie en
l'hiftoire de Berry , par M. de la Thaumaffiere,
Hugue de Villelume époufa Claudine Duvernet
, fille de Bertrand , Chevalier , Seigneur Du
verner & de Beaulieu , & de laquelle il eut Claude
premier de Villume , qui fut tué au ſervice du Roi
Charles VII , étant avec le Duc de Bourbon. Il
avoit épousé par contrat du zo ·Janvier 1466 ,
Marguerite Maurine de Maflaurent, fille deJacques
Marin , Chevalier Seigneur de Maßlaurent, le Theil
& Saillant. Ils eurent pour fils Claude II de Villelume,
qui par contrat du 10 Mars 1486 , s'allialaves
306 MERCURE DE FRANCE.
Françoise de Rochefort , fille de Guillaume de
Rochefort , Baron de Châteauvert.
Leur fils Pierre de Villelume , époufa par contrat
du 7 Juillet 1515 , Charlotte de Saint-Georges,
fille de Jacques , Chevalier Seigneur de Saint-
George , l'Efpinas & la Buffiere , Sénéchal de la
Marche. Ils eurent pour fils Guillaume III de
Villelume , Chevalier de l'Ordre du Roi. Il fut à
toutes les occafions mémorables de fon temps ,
telles qu'à la bataille de Cerifoles , à la prife de.
Boulogne , au fiego de Metz , à la bataille de Ren--
ty & à celle de Saint- Quentin , où il fut fait pri
fonnier par les Anglois avec le Maréchal de Saint-
André. Il épousa le 18 Février 1537 , Louiſe det
Saint-Marfaut, fille de Brandelis , Seigneur de
Saint-Marfaut & du Verdier , Chevalier de l'Ordre
du Roi , dont naquit en 1543 Jacques de Vil--
lelume , Chevalier de l'Ordre du Roi , & Syndic:
de la Nobleffe d'Auvergne , qui mourut en 1646..
Il fut aux fieges de S. Jean d'Angely & de la Ro-.
chelle , ayant charge de cinquante hommes d'armes.
Il fut un des fix de la Nobleffe d'Auvergnequi
fe joignir à ceux de la ville de Clermont ,-
pour jurer & figner de fervir le Roi Henri III , aus
commencement des guerres de la Ligue , & fut :
député trois fois vers ce Prince de la part des Etats
d'Auvergne. Il époufa par contrat du 18 Juillet
1578 , Magdeleine de Vaffé , héritiere de fon
nom . Jean-François de Villelume fon frere , fut .
reçu Chevalier de Malte le 20 Juin 1572.,
Jacques de Villelume & Magdeleine de Vaffé ,
eurent pour fils Antoine de Villelume , fubftitué ,.
ainfi que fes defcendans , aux nom & armes de:
Vaffé. Il eut deux chevaux tués fous lui au combat:
de Caftelnaudarry , & fut tué en une autre occa-,
Lon. Il avoit époufé le 26 Février 1614 , Catherine:
JUI N. 1757. 207
'de Châlus , fille de François de Châlus , Baron de
Cordes , & de Jeanne de la Roche-Aimon . Ils eurent
pour enfans Gilbert.de Villelume ,, reça Chevalier
de Malte , le s Mars 1645. Jacques de Villelume
auffi reçu Chevalier de Malte le 26 Janvier
1650 , puis pourvu des Commanderies de Maifonnis
& de Montchamp , & Commandant le
vaiffeau là Sainte Anne , pour le fervice de fa Religion
. Charlotte de Villelume , Abbeffe de Saint
Geneft , & Jean-Charles de Villelume , Seigneur
de Villelume , Barmontel , Vaffé , Châteaubrun
le Theil , & c . Colonel du Régiment de Mercoeur
puis Maréchal de Camp. Il époufa par contrat du
10 Février 1642 , Marie de Moneftay , fille de
Gilbert de Moneftai , Baron des Farges , & da
Claude Dechazeron.
Maximilien.de Villelume leur fils , étoit le pere.
de Marie- Anne de Villelume qui donne lieu à cet
article , & de Marie- Pétronille de Villelume , qui
époufa par contrat du .... Septembre 1710 , Jean
Hautier , Comte de Villemontée , & dont les
enfans qui font Jean-François- Marien Hautierde
Villemontée , Seigneur . de Villemontée , Barmontel
; Jean-Marien Hautier- de Villemontée ,:
Seigneur de Chezelle & des Herards ; Antoine-.
Marien Hautier-de Villemontée , Abbé , Bachelier
de Sorbonne , Nicolas-Marien , Chevalier de Mal-.
te , & Marie-Françoiſe de Villemontée , veuve du
Seigneur de Viry , en Bourbonnois ., font héritiers
des biens de la maifon de Villelume , & fubftituést
aux nom & armes de cette Maiſon aux termes du
contrat de mariage de leur mere. >
La Maiſon de Villelume a pour Armes d'argents
à'dix-befans d'argent 4 , 3 , 2. & 1 , qu'elle écar--
tele de celles de Vaffé.
Meffire. Léonor de Goyon-de Matignon , Eyê.
208 MERCURE DE FRANCE.
que de Coutance , & Abbé de l'Abbaye de Leffay
, Ordre de Saint Benoit , même Dioceſe , eft
mort le 3 Avril en fon Palais Epifcopal , ágé
de quatre- vingts ans.
M, Perrier de Salvert , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint-Louis , & Chef
d'Eſcadre des Armées Navales de Sa Majesté , eft
mort à Verſailles le 6 , dans ſa ſoixante-feptieme
année.
44 Meffire Charles - Théophile de Befiade , Marquis
d'Avary , Grand Bailli d'Orléans , & Colonel
dans les Grenadiers de France , mourut à Paris le
17 Avril , dans la vingt-unieme année de fon âge.
Dame Marie-Corneille Guy , veuve de Meffire
Jean- Claude Roffignol , Ecuyer Sieur de Villeplanne
, l'un des cent Gentilshommes ordinaires
de la Maifon du Roi , & Gentilhomme de feu
Monfieur , frere unique du Roi , mourut à Paris
le 27 Avril . Elle étoit fille unique de feu Jacques
Guy, Ecuyer, Confeiller Secretaire du Roi, Maiſon
Couronne de France & de fes Finances , & de
Dame Jeanne Fabre , fon époufe.
Claude Roffignol , Ecuyer , Seigneur de Villeplanne
, pere de Jean- Claude , fut auffi pourva
d'une place de l'un des cent Gentilshommes ordinaires
, dans le commencement que Louis XIV
rétablit cette Compagnie par fa Déclaration du
4 Septembre 1643 .
Les feurs Roffignol , de Boifmeans & de la
Broffe , font les petits- fils de cette Dame.
Frédéric-Jérôme de Roye de la Rochefoucauld ,
Cardinal de la Sainte Egliſe Romaine , Archevêque
de Bourges , Primat des deux Aquitaines
Abbé de l'Abbaye de Beaulieu en Argonne , Congrégation
de Saint Vannes , Diocefe de Verdun ;
de celle de Saint Vandrille , Congrégation de
+
JUIN. 1757: 209
>
de
Saint Maur , Diocefe de Rouen ; de l'Abbaye
Sécularifeé d'Aifnay Dioceſe & Ville
Lyon ; Abbé , Chef Supérieur de tout l'Ordre de
Cluny ; Commandeur de l'Ordre du Saint- Eſprit,
Grand Aumônier de France , & ci- devant Ambaffadeur
du Roi auprès du Saint Siege , mourut à
Paris le 29 Avril , âgé de cinquante- fix ans , neuf
mois & treize jours. La régularité de les moeurs ,
fon efprit de modération , fon application à gouverner
fon Dioceſe & à y maintenir la paix, lapru
dence avec laquelle il s'eft conduit dans des circonftances
également importantes & délicatesį,
le zele qu'il a toujours montré pour concilier les
intérêts de l'Etat avec ceux de l'Eglife , lui avoient
attiré la vénération & l'amour , non-feulement
de fes Diocéfains , mais encore de toute la Nation
. A la mort de l'ancien Evêque de Mirepoix
le Roi chargea le Cardinal de la Rochefoucauld
du Département concernant la nomination aux
Bénéfices. Sa Majeſté crut ne pouvoir remettre en
de meilleur mains le foin de lui préfenter les Sujets
pour les Evêchés , qu'en celles d'un Prélat
qui connoiffoit & rempliffoit fi parfaitement tous
les devoirs de l'Epiſcopat.
Le 30 Avril , le Cardinal de la Rochefoucauld
fut inhumé dans l'Eglife Paroiffiale de Saint Sulpice.
Ayant toujours confervé au milieu des plus
éminentes dignités toute la fimplicité Chrétienne ,
il avoit recommendé dans fes derniers momens
aux dépofitaires de fes volontés , de n'obſerver
dans fes funérailles que ce qu'on faifoit ordinairement
pour les particuliers du fecond ordre de l'Eglife
. On s'eft conformé , autant qu'il a été poffible
, à des intentions fi refpectables & fi édifian→
tes. Mais le concours prodigieux de perfonnes de
tout rang , qui ont accompagné le convoi , a ré
zro MERCURE DE FRANCE.
pandu für cette cérémonie lugubre beaucoup plus.
d'eclat que n'auroit pu faire la plus grande pompe.
Après que l'inhumation du corps eut été faite
dans l'endroit deftiné pour la fépulture des Prêtres
de la Paroiffe , le coeur , qui avoit été donné
au Prieuré de Saint Martin des Champs , y fut
transporté par les Bénédictins Réformés de l'Ordre
de Cluny , qui occupent cette Maiſon . Sur
un Mandement du Supérieur Vicaire Général de
l'étro te obſervance , ces Religieux_firent le 7 de
ce mois dans leur Eglife un Service folemnel pour
le repos de l'ame de l'illuftre Cardinal , qu'ils regrettent
fi fincérement avec toute la France. M. le
Cardinal de Gefvres , & plufieurs Prélats y affifte.
sent , ainfr que M. le Maréchal Duc de Biron , &
un grand nombre de Seigneurs .
Meffire Marie- André- Louis Del Puech-de Laloubiere
, fils unique de Meffire Jean - Pierre-
Louis Del Puech , Seigneur de Laloubiere , & de
Dame Marie-Jeanne Moreau , eft mort à Paffy ,
près Paris , le 4 Mai , âgé de 27 mois quatre
jours ; fa naiffance avoit été annoncée dans le
Mercure de Mars 1755. Il étoit petit -fils de feu
Meffire Louis Del Puech , Seigneur de Laloubiere
, Major du Régiment de Montalet , dénommé
dans le Mercure de Janvier 1755 , à l'article du
mariage de Meffire Jean-François Del Puech -de
Comeïras , Chevalier de l'Ordre Militaire de S.
Louis , Capitaine au Régiment de Cavalerie de
Saluces..
Le Chevalier de Mailly mourut en cette Ville
le S Mai , âgé de 8 ans. Il étoit Chevalier
de l'Ordre de Saint Jean de Jérufalem , & avoit
été Meftre de Camp d'un Régiment de Dragons.
Le Chevalier de Mailly étoit frere du Compte de
Mailly , Chevalier des Ordres du Roi , Lieute
JUIN. 1757.
217
nant- Général des Armées de Sa Majefté , Premier
Ecuyer de Madame la Dauphine ..
Meffire Claude- François le Tellier , Brigadier
d'Infanterie , & ci -devant Capitaine d'une Compagnie
dans le Régiment des Gardes Françoifes ,
mourut en cette Ville le 9 , âgé de foixante-douze
ans.
2
Meffire Nicolas Pajot de Dampierre , Doyen
des Chanoines Honoraires de l'Eglife Métropolitaine
de Paris & Abbé de l'Abbaye de Saint
Loup , Ordre de Saint Auguftin , Dioceſe de
Troyes , eft mort le 11 , dans la foixante-neuvieme
année de fon âge.
Dame Antoinette de Villers-de Rouffeville ,
époufe d'Aane Gédeon , Comte de Joyeuse & de
Grandpré , Lieutenant Général des Provinces de
Champagne & de Brie , mourut à Amiens le 14
Mai 1757 , âgée de 61 ans.
Le fieur Pierre de Coulon , ancien Garde de la
Porte du Roi , eft mort au Château de Monplaifirprès
de Mars-fous-Bourg , âgé d'environ cent
douze ans. Il étoit auffi droit qu'un jeune homme
, & il lifoit encore fans lunettes.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
Le texte relate divers événements familiaux et historiques concernant des familles nobles françaises. Louis-Auguste de Rohan-Chabot, Comte de Maillé-la-Marche, a épousé Élisabeth Louise de la Rochefoucauld le 12 avril. La cérémonie a été bénie par le Cardinal de la Rochefoucauld. Jacques-François de Carvoisin, Marquis d'Achy, a épousé Marie Catherine Jeanne Jubert de Bouville le 3 mai à l'église de Saint-Sulpice, leur contrat de mariage ayant été signé par la Famille Royale. Marie-Anne de Villelume-de Bar-montel, Dame de Châteaubrun, est décédée à Paris le 6 mars à l'âge de 82 ans. Elle était la dernière représentante de la maison de Villelume en Auvergne et descendait de Guillaume de Villelume, chevalier ayant juré la paix avec le Dauphin Comte d'Auvergne en 1196. La généalogie de la famille de Villelume inclut plusieurs générations, leurs alliances matrimoniales et leurs exploits militaires, comme la participation de Guillaume de Villelume à diverses batailles et la syndicalisation de Jacques de Villelume pour la Noblesse d'Auvergne. Le texte mentionne également plusieurs décès notables, dont ceux de Léonor de Goyon-de Matignon, évêque de Coutance, Perrier de Salvert, commandeur de l'Ordre de Saint-Louis, Charles-Théophile de Besiade, marquis d'Avary, Marie-Corneille Guy, veuve de Jean-Claude Roffignol, et Frédéric-Jérôme de Roye de La Rochefoucauld, cardinal et archevêque de Bourges. Parmi les autres décès figurent ceux de Meffire Nicolas Pajot de Dampierre, ancien capitaine d'infanterie, Dame Antoinette de Villers-de Rouffeville, et le sieur Pierre de Coulon, ancien Garde de la Porte du Roi, âgé de cent douze ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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