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1
p. 208-262
EXPLICATION des Taches & Facules du Soleil.
Début :
Les Sçavants ne me reprocheront plus maintenant le / Ce qu'on appelle une Tache du Soleil, est ordinairement [...]
Mots clefs :
Tâches, Facule, Soleil, Volcan, Noyau, Nuage, Nébulosité, Surface, Flamme, Mémoires, Facules du soleil, Corps noirs, Fournaise, Savants, Mercure galant, Dames, Journal, Astronomes
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texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION des Taches & Facules du Soleil.
Les Sçavants ne mereprocheront
plus maintenant le
deffaut qu'ils m'ont reproché;&&
ils ne se plaindront pas
davantage de ne pas trouver
dans mon Livre des matières
sçavantes. J'en ai de quoi exercer
doresnavant leur fciencc
& leur curiosité. Ils pourront
juger de mon attention à
les satisfaire par l'ouvrage de
phisique, dont je leur fais present
dans le Journal de ce
Mois:Je pense, que, si ce n'avoit
été à leur consideration,
jeneme serois peut-estre jamais
avisé d'introduire dans le
Mercure
Mercure Galant des Memoires
de cette espece, outre qu'ils
font trop élevez pour moy,
je lescroy peu propres àamufer
les Dames, & le reste des
gens du monde. Cependant
comme il est juste que-chacun
trouve son compte dans mon
Livre,l'accëuil qu'ils feront
à cette piece me déterminera à
continuer àleur en donner de
sçavantes, ou à cesser de
le faire. Je fuivray toûjours
en cela leur goût qui est plus
capable de décider que lemico.
Ils auront donc pour ce mois.
cy,enattendant qu'il leur
plaire s'expliquer ou m'aider
sur cet article, la moitié de
j'explication des Taches &
Facules du Soleil; & lemois
prochain l'autre.
EXPLICATION
des Taches & Facules
inSoleil.
Ce qu'on appelle une Tache
du Soleil, cO: ordinairementcomposé
de deux parties
générales, sçavoir de quelques
corps noirs de figure irrcgu,
lièrement arrondie, & d'une
(fpeee de nuage.obscur qui
tes environne de tous coftez**
Les Facules font unepart^
quelconque du disque du Soleil
qui paroît plus éclairée que
le reste de sa surface,& qui
pour l'ordinaire environne
chaque tache en forme de 1
couronne d'une largeur médiocre.
Les taches avec leurs
facules font commeattachées
à certains endroits fixez du
corps du Soleil. Ce que l'on
connoît,en ce qu'elles y reparoissent
après plusieursrévo-
~lutisdecet astreautour de
luy 111me) long temps après
avoirété''drflîpécs.Ellesdé(
crivent toutes des paralelles
à lequateur du Soleil,àdifférentes
distances de cet équateur,
ce qui ne va gueres a
plusde13. devrez vers l'un ou
l'autre de ses Pôles; &même
depuis environ une trentaine
d'années qu'on les observe
avec toute l'exactitude poffible,
on n'en trouve plus que
du côtéduPôle méridional de
cet afire, comme il en marqué
dans les Mémoires de l'Acadcmie
desScunces, au fujec
de la tache du mois de Mars
1704.
2.. Ily a grande apparence
que ce font ces facules qui pro-i.
duisent les taches; puisqu'on
a vu des facules paroitre sans
taches pendant plusieurs jours,
& cnfuitc des taches naître au
milieu de ces facules, comme
on le trouve dans les Mémoires
cy-dessus : à l'égard
de cellesdel'onzième Juin
1684.&du2.4.Février 1704.
où il est dit entr'aurrcs chofcs
touchant cette dernicrej que
Ton vit le premier jour grand
nombre de facules dans unen.-
droit du bord du Soleil, ou
l'on s'attendoit de voir une
tache reparoître, que le iondemain
le nombre &. la grandeur
des faculesaiugmentèrent en mêAme [èrns qu'elles cheminoienc
vers le milieu du Soleil,
sans qu'il y parûc encore aucune
tache; que le troisïéme
jour les facules s'éroienr encore
avancées davantage vers
le milieu du Soleil; qu'on
voyoit alors 6. petites taches
nouvellement néesaumilieu
de ces facules, & que le quatrième
& les jburs suivans les.
facules & les taches continuèrent
d'avancer enfclnble
sur le dlrque duSoleil; mais
on ne voit point de tache fansfacules.
3. Il n'cit pasmoins vrayfcmblable
que ce font les mêmes
facules qui décruifent les
taches; puisque les facules.
augmentent àl'entour des taches,
à mesure que celles-ci se
diflîpent-, & que les facules
fubfillent encore en la place
des taches, pendant même
quelques jours, après la dcftcuétlon
de ces derniercs,
comme il est rapporté expressement
touchant la tache
du 2. 7 Janvier1704. dans les
Mémoirescitez,& au fujec
de plusieurs autres de l'année
1678.&decelles du fixiéme&
du22. May 1701. If
cit die en particulier de cellescy,
qu'elles étoient environnées
de facules, & qu'elles ont
disparu au milieu du Soleil en
s'éclaircissant peu à - peu sans
avoirchangé ny de grandeur,
ny de figure; ce qui fait noiftre cou- manifeftemenc que
ces taches ont à la fin degenerezen
facules A l'égarddecellesdel'année
1678.ilefi:rap- ,-l porté dansles mêmes Mémoires
quelles finirent en
laissant feulemenr plufi urs
points noirs environnez de
faculcsilelquelles avoient pris
la
la place du nuage; d'où l'on,
peut conclure que les facules
dissipent la nebulosité qui environne
les corps noirsy
avant de pouvoir détruire
ces mêAmes corps, & que par
consequent cettenebuloûcé
cit moins solide que les corps
noirs, Aussi voit-on quelquefois
des corps noirs subsister
long temps sans atmofphérc,
ou nuige
4. Les taches & facules
croissnt & se multiplient en
peu de temps, mais elles fc
détruisent insensiblement.
Celles du mois de Décembre
1700. parurent tout a coups
melles du 2. de Juillet 1703.
n'étoient d'abord que 3. en
nombre,& fort foiblcs,
quoyquaffez étenduës;une
d'elles contenoit 4. corps
noirs, & une autre feulement
2. au-dedans d'un nuage
obscur;mais l'iic. du même
mois ces 3. taches étant devenuës
très- fcnfïbles, l'une renfermoit
alors treize corps
noirs
, une autre sept, & la
troisiémefeulement deux;
outre treize autres petits qui
cftoient répandus çà & là,
entre ces trois grandes taches
sans aucun nuage à l'entour.
Quand ces tachescommencèrent
à difparoiûre
7
il
n'yen avoie plus que deux
qui fubfiftoienc, dont une
renfermoit feulementi.corps
noirs au- dedans d'unnuage,
& l'autre n'en contenoit plus
que 3. environnez de facules;
ainsiratmofphére de cette derniere
avoit esté entiercment
dissîpéc,avant ses corps noirs.
Il eH dit encore touchant les
taches du6. Juin 1703.que
l'amas des petites taches qui
accompagnoientla plus grossè
étoit presque dissipé; quoyquecette
plu grosseiubfiftâc
encore,ce qui saicvoirqu 'clle
se dissîpa fùcctffivement.
Voyez toujours les Memoirescitez.
5. A l'égard de l'arrangement
des corps noirs dans la nebulosité
des taches, il n'eltpis
toûjours confus;mais(ouvent
quand il y a un grand
nombre de ces corps noirs,
(comme dans celles de l11.
Juillet 1703.mêmes Mémoires)
dont une feule en contenoit
treize corps noirs
sont rangez vers le bord du
nuage en forme de cercle ou
d'ovale
, qui est la figure la
plus ordinaire des taches lor f.
qu'elles partent sur le milieu du
Soleil , comme dans celle du
zi. May 1702. Il paroist encore
par toutes les figures des
taches qui ont esté inférées
dans les Livres de l'Académie
des Sciences, que l'ptmofpherc.
d'une tache est toujours
un peu plus claiie dans
son milieu que dans ses
bords, quoy qu'il n'y foie
fait aucune mention de cette
propriété1 , ; ce qui porte à
croire que le milieu d'une
tache n'cH jamais exempt de
facules. Cependant ces arrangemens
des corps noirs dans
chaque tache; de même que
leur nombre, leur figure, leur
grandeur, & leur distance ne
font pas constantes, non plus
que ceux de plusieurs taches
voisines qui composent un
amas de taches, qu'on appelle
une tache totale:il cft dit
(par exemple) de celles du 6.
Juin 1703. mêmes Mémoires,
qu'une partie des petites taches
qui accompagnoient la plus
grosse s'étantdissipée sur le
milieu du Soleil, le restes'étoit
fort approché de cette
plus grosse; & encore au fujet
de celle du 19Janvier 1704.
qu'il ya un changement continuel
dans la figure des taches
& dans leurs distances,&arrangemens.
On ajoute touchant
celle du 2. Juillet1703. que
la moyenne des trois grandes
taches qui se voyoient alors,
s'étoit approchée de l'une des
2. autres, &éloignée de l'autre,
au milieu même duSoleil;
que le lendemain cette
moyenne avoit disparu tout à
fait; & que le nombre & l'arrangement
des corps noirs des
i. taches restantes,avoit conolîJera
blementchangé en trois;
jours de temps : on dit de même
des taches de 1678. qui,
fcrmoient la figure d'un trapése;
qu'une d'elles ayant disparures
3 autress'arrangerent
fous la for;iie d'un triangle
équilareral; quatre jours aprés
2. s'approcherent davantage
entr'elles, & la 3
e. au contraire
s'éloigna en suite des
deux plus qu'auparavant. On
ajoûte que la tache du 17eL.
Janvier, 1704. estoitcomposée
de 2. corps noirs joints ensemble
par une de leurs extremitez,
& enfermez dans une
même nebulosite; que le i8.,
suivant ces 2. corps noirs s'étoient
séparez l un de l'autre;
que le 29. il y en avoit trois
presque égaux; que le 31. ces
trois corps s'etoient considerablement
écartezl'un de itau..
tre, quoyque toujours enfermez
dans un même nuage,
& que le ItFévrier ilsl'étoicnt
encoredavantage ayant chacun
alors sonatmosphére particulier
Enfin il ca rapporté
au su jet des taches du 5. May
1684. que les parties des taches
qui changent de figure
ont outre leur mouvement
jegié & général à l'entour
du Soleil un mouvement irrégulier,
presque comme des
nuées pouffées au hazard par
les vents.
6. Quant à la grandeur de:
tout un amas de caches qui
paroissent enmême temps, Se
qu'on a nommé cy-dessus une
tache totale, le plusconsiderable
qui ait paru depuis 30. années
n'occupoit au plus qu'une
12e. partie de la largeur du
disque du Soleil; mais on a
vû des taches beaucoup plus
éloignées entr'elles, que de
cette valeur: comme (par
exemple) celles qui parurent,
à la fois le 5?, Janvier 1704,
estoient distantes entr'elles de
tout le diamctre du Soleil:
celles des mois de Mars & de
May de la même année Ce
font formezde même en 2.endroits
du Soleil presque opposez.
Il est dit expressémentde.
celles du mois de May 1702,
qu'e lles étoient trop éloignées
l'une de l'autre, pour ne
faire qu'unmême corps, aussï
croientelles presque diametralement
opposées
7. A l'égard du lieu propre
destaches, & facules, il y a
toutes les apparences qu'ellesfont
situées sur lecorps même
du Soleil, & non pas à quelque
distance de cet astre corn-,
me Mercure & les autres Pla-:'
nettes; puisqu'il eH. dit dans
les Mémoires citez, de celledu6.
Jlin 1703.qu'en passant
surle bord du Soleil, elle y faisoit
une especed'échancrure
ou d'enfoncement; ce qui
pourroit faire croire, que la
partie du Soleil qui est roue
autour d'une tache & qu'on
appelle facules, est ordinairement
un peu plusélevéeàl'égard
du reste de son disque.
que n'cil la tache, & que c'est
ce qui fait paroître la tache
plus basse; on trouvera encore
d'autres preuve de cet
article dans les suivantes.
Enfin quant autemps de la
révolution apparente des taches
& faculcs du Soleil,ayant
pris un milieu entre toutes
celles qui sontrapportées dans
les Mémoires cit au nombre
de 17. je trouve que ce temps
est de 17. jours 12. heures 49.
minutes qui ne differe du
moyen apparent établi par le
plus célébre des A gronomes
modernes, .( qui les a obferveés
pendant prés de 60. années)
que de 28. minutes,
ce qui est tres-peu de chose
pour un mouvementsujet à
des irregularitez;mais comme
cette période est dépendante
de celle de la Terre autour du
Soleil, dans lesistême des Pythagoriciens;
on en conclud
que le temps de la révolution
actuelle &absoluë des mêmes
taches autour du Soleil ou du
Soleil mèmc, tel qu'il paroîtroit
vû des Etoiles fixes, n'est
que de 25. jours 16. heures
55.minutes; au lieu de j.
jours 5. heures quece sçavant
Astronomecité, a tiré d'une
révolution apparente de 27.
jours de la tache du 2,0. May
1680. -
9. Il faut remarquerencore
qu'on ne voit pas des taches
sur le Soleil en tour temps,
ny toûjours en égalequantité.
Il n'en a paru (par exemple)
aucune depuis 1680. jusques
en 1685. ny depuis1695.
jusques 1700. ny encore depuis
1705.jusquesen1710 On
trouvera encore quelques autres
proprietez des taches dont
il n'est point parlé icy dans
les articles15. & suivans.
Io. Pour venir maintenantà
chercherla nature des taches&
des facules, je considere que
pU-ifgu'clles font
-
attachées
ou a&âees à des endroits
fixesdu corps du Soleil,& que
lesfacules paroissent en differents
lieux du Soleil, & subsîssent
feules indépendemment
des taches;que les taches naissent
au milieu d'elles; que les
faculesaugmentent àmesure
que les taches sont détruites,
au même lieu où paroissoient
les taches; il faut comme on
l'a conjecturé à l'article i.
que ce soient les facules qui
produisent
produisent les taches tout à
coup, & qui les détruisent
ensuite peu à peu en les attenuant
jusques à les faire disparoistre,
sans changer considerablement
ny leur figure,
ny leur grandeur, ou qui les
divisent quelquefois en d'autres
taches, & les écartent,
ou les approchent les unes des
autres, qui retardent ou accelerent,
ou détournent, leur
mouvement naturel ,&changent
leurs latitudes, selon
que ces facules s'augmentent
entre les taches ou aumilieu
d'unemême tac he; mais qu.o:
sont-ce que ces facules & ces
taches, énommentles facules;.
agissent-elles pOl produire
des taches sur Iî surface du
Soleil, où nous venons de
Voir que ces raches font suspendues,
comme les Islesflottantes
de Saint Omer le font
sur l'eau de la Mer? par
quelle verru ces mêmefaculesmeuvent
elles, & changentelles
les taches en tant de differentes
manières. Enfin quel
pouvoir, quelleforceontelles
pour les détruire? je ne fau..
rois mieux faire pour répondre
à toutes ces questions, que
de considerer les taches du Soleil
comme la nouvelle Isle de
S. Ermi, ou de Santorini, qui
a esté produite en l'année
1706. par un Volcan caché
fous les eaux, dans l'Archipel
de la Medirerrannée
,
proche
l'ancienne Isle de S. Ermi, ou
de Sanrorini ; ou comme cette
autre Isle pareille à cellecy ,
qu'un Volcan forma de même
dans le voisinage des Açores
en l'année15 30. Je regarde
donc des facules qui
produisent les taches,& qui les
détruisent ensuite comme des
flâmmes que ces deux Volcans
ont pousseenl'air pendant plu,
sieurs mois, au moins le premier
; lesquelles flammes ont
apporté avec elles à la surface
de l'eau quantité de pierres de
Ponce & de cendres, dont ces
deux Isles font la pluspart
composées.
11. C'est pourquoy je ne
feins point de supposer audessous
de la matiérelumi.
neufe du Soleil, & autour de
son axe, un corps solide ou
noyau, dans lequel se forment
tous les Volcans qui produissent
les flammes ou facules
que l'on voit à sa surface, ôc
cela par les éruptions de leK
matière étheréequiremplie
le centre de ce noyau. Ainsiles
facules ne font autre chose
que cette matière étherée Jne
me qui fort avec impetuosité
de chaque Volcan, & qui entraîneavecelle
quantité de matiéres
grattes.volatiles, fuligimineuses,
&: d'huiles terrestres
ou de bitumes dont ce noyau
est rempli. Ces huiles terrestres
estant arrivées à la surface
du Soleil y forment une
especed'écume noire
, en forme
de boursoufflure, semblable
à celle qui fc forme sur
fIes huilesétherées quel'on enflâvné
en y versant des esprits
acides; c'est cette écume huileuse
terrestre qu'on appelle les
corps noirs des taches, & la
nebulosité qui les environne
ordinairement n'est autre
chose que la fumée qui se
formé des parties huileuses les.
plus aisées à volatiliser, laquelle
ne pouvant passer tout
au travers de l'écume huileuse,
s'échappe à l'entour en forme
d'atmosphere. La flamme
qui a élevé les fumées & les
écumes passant en petite quantitéautravers
de ces boursoufflures,
les laisse paroistrenoirâ
tres; au lieu qu'étant mêlées
avec les fulginositez enflammées,
le tout ensemble contracte
une couleur grisâtre,,
brune,laquelle doitcependant
paroistre plus claire au
milieu & à l'entour des corps
noirsqui est l'endroit où la
plus grande force du sujet de
laflammeest rassemblée. Enfin
l'atmosphere des taches n'étant
que les parties les plus,
volatiles que la flâmme demêle
d'avec les écumes, elles
ne doivent pas en estre séparées
;aulieu que le jetdes fiàlU"
mes qui apportent letout ensemble
à la surface du Soleil
3,; doit s'étendre tout à l'entour
en forme de couronne de fea
qu'on a nommée facule.,
Quelquefois les fuliginositez:
& les écumes font tellement
mêlées dans le Volcan, que la
flâmme leséleve confufémenc
sans les démêler; alors il paroist
des cor ps noirs seuls
au milieu des facules ; quelquefois
la flamme n'enleve du
Volcan que des parties huileu
ses, inflammables,&n'a pas
assez de force pour détacher
les souffres terrestres;alors on
voit
voit un nuage surnager une
facule, & en estre en même
temps environné; enfin le jet
de flamme sortquelquefois
tout pur du Volcan, sans rien
détacher; alors il paroist seulement
à la surface du Soleil
une flamme plus pure que le
reste du disque du Soleil,lequel
est toûjours couvert d'une
fumée ou fuliginosité claire,
excepté dans l'endroit des facules.
Ces éruptions de facules
se remarquent même à la vue
aidée de lunettes d'aproche;
car la surface du Soleil paroist
toute herissée & ondulante
comme une Mer orageuse, ou
si l'on veut comme une chaudiere
qui bout à gros boüillons,
& qui est couverte de fLlmées,
comme on le voit encore
cy-aprés.
il. Pour comprendre:
comment ces écumes peuvent:
flotter sur la surface du Soleil,
il faut concevoir son noyau
inondé d'une espece de souffres
fondu & enflammé, dont les
fumées composent l'atmosphere
que les Altronomes modernes
ont reconnu autouri
du Soleil, & dont l'agitation
& le bouillonnement pareil u
celuy de la flamme des corps
terrestres pousse la mayere é..)
theréequi l'environne en toute
circonference, selon des
lignes tirées de chaque point
de la surface du Soleil; &
afin que le noyau, & la matiereliquide
qui le couvre encore
ne fc consomme pas,il faut
penser que le Soleil reçoit continuellement
un nouvel aliment
par ses deux Pôles, à
peu prés comme M. Descartes
l'a dit dans ses Principes.
13. Il est aisé de juger delà
comme les facules peuvent
subsister sans taches, & enfuiteen
produire à mesure que
leur force augmente; & aussi
comme elles peuvent tantost
diviser les corps noirs, tantost
les unir, tantost les écarter
, & tantostles approcher,
& en un mot les mouvoir en
tout sens, selon qu'elles naiffent
au dessous ou proche en
plus grande quantité, & selon
l'endroit où leur force est la
plus grande comme aussi elles
peuvent les détruire peu à peu
en les divisant, ou atténuant,
ou absorbant entièrement.
C'est à peu prés la même
chose à l' égard des nebulositez,
Wquelles doivent paroistre
tout à coup, demême
que leurs corps noirs par l'é.
ruption de la matière étheré;
au lieu que ces nuages ne doivent
se dissiper que peu à peUy
sçrvoir à mesure qu'ils se mêlent
avec la matièrede l'at
mosphere du Soleil; il n'est
pas difficile encore de comprendre
comme les corps
Bâirs3 plus pefanrs que la matière
liquide du Soleil flottent
néanmoins à sa surface, supposéqu'ils
ne puissent se mêler
avec cette matière liquide;
commeil arrive aux corps qui
«
flottent à la surface de seau)
quoyque plus pesants, lorsqu'elle
sçauroit les moüiller
pourquoy l'on ne voit jamais
de taches sansfacules, puisque
ce font elles qui produifenc
les taches, & pourquoy les
taches & les facules tournent
toûjours de compagnie, & de
même vitesse que le Soleil, &
après avoir disparu
,
reparoissent
plusieurs fois au même
endroit; le Volcan qui les a
produites la premiere fois sub.
fîftant au moins pendant tout
ce temps, & ne produisant pas
non plus continuellement des
éruptions; de même quenos
Volcans ne jettent pas perpétuellement,
mais feulement
de temps en temps; sçavoir,
lors que la matiere embrasée
a la force devaincre les obstacles
qui la retiennent. On
voitencore comme il peut naître
des taches en differens endroits
du Soleil fort cfloignés
les uns dcsautres,comme nous
voyons ici bas des Volcans en
toutes fortes de diftanccs
,
comme par exemple celuy
dIflmdc nommé l'Hécla
l'Ethna J en Sicile, celuy des Ca.
naries,de l'Isle deFivego, de
Tava, de Ternate
,
de Bourbon,
de Guadeloupe,ceuxdttf
Chili, &c. On voit auai comme
un Volcan solaire continuant
devomir des facules, ô£
des marieres fuligineu ses.9 1es."
taches deviennent plus étcnduës,
& plus opaques, & coi>
tiennent un plus grand nombre
de corps noirs,& comme
ces nouvelles éruptions doivent
agiter différemment, ôc
les tâches, & les corps nous
quellescontiennent, même
ranger ces derniers tout au*
tour du jcc de flâme,& vers les
bords dela nebulosité. Maisil
lesmatières fuligineuses& ter- >
retires cessent de monter 9
quoy que les facules continuent
de s'élever, les râ hes
doivent à lafia être diflbpées,
être buës en partie par la matière
du Soleil, ou enhalées
dJn) l'air quil'environnerapeu
prés commeil arrive à l'écume
du bouillon Lù Ion cuit les
viande ,&cmomi'artiv^roic
à lanouvelle Santorin,&à la
nouvelle Açore, si les Volcans
qui les ont produites la
premiere fois, poussoient de
nouveau des flâmes au travers
les matieresquicomposent cet
deuxIsles, sans leur apporter,
de nouvelles matiercs terrest
res.
14. Ce Systême quej'explique
au jourd'huy est fort différent
de celuy pour lequel je
m'étois déclaré dans le second
Tome de mes recherches;premiere
édition, & dont je me
croyois même l'Inventeur , sçavoir [ que le Soleil foie
composé d'un noyau solide
couvert d'une matiere lumineufequi
par des flus & rcflus
(à peu prés comme l'Ocean)
découvre & cache successivement
les différentesparties de
ce noyau, ] & cela faute d'avoir
euoccasion de faire toutes
les comparaisonsde ce qui
paroit au Soleil au su jet de ses
taches & de ses facules, avec
ce que nous sçavons qui arrive
à nos Volcans terrestres. Au
reste l'opinion que le Soleil
foit un volcan, ou fournaise
enflamméeest prefquc généra
- lementreceuë desancicnsPhilofophes,
& des modernes.
L'Ecclesiastique dans le chap.
43.traiteleSoleilde feu, en
ditant [qu'il brûle la terre lors
qu'il arrive au milieuduCiel
& qu'il nest , pas possiblealors
d'ensoutenir l'ardeur, parce
qu'il est semblableà une fournaise
embrasée, bruslant les
montagnes de trois côtez &
aveuglant les yeux des hommes
par ses rayons enflammez]
Le Soleil est nomméen
HébreuChammét,k,c'en-à- dire
chiud. Aristote dit dansun en.
droit de la Physique, que les
Astres sont de nature defeu..
, Les anciens Rornains nommoient
le Solei'une fournaise
incxringuible de chaleur &de
vie. AnanJgorecroyoit que le
Soleil étoit un rocher enflammé
; Zénon le Citique, que
c'étoit un feu très pur;Demo-,
crite & Métrodore, une mat:
seardente; Anaximandreune
portion de feu; Xenophânes
un assemblage de feux formé
d'exhalaisons vaporeuses;Epicure
unepierre de Ponce enflammée;
Platon dans son Timée
un assemblage de feux qui
tourne sur luy même. Les Stoïciens
ungrand incendie; les
Atlantiens lecroyoientunfeu
sacré dans le Ciel;Pythagore
un feu au milieu du monde,
de même que toutes les étoiles
fixes ; les Egyptiens l'ont crû
de même un feu qui devoit un
jourembratcr le monde. Les
Peres de l'Eglise ont crû aussï
que leSoleilétoitunfeu;saint
Ambroise en parle ainsi dans
ses Hymnes;saint Cyrille de
Jerusalem dit que le Soleil est
un feu aumilieu d'un Ciel
d'eau. S. Gregoire de Nazianzea
penséde même, & Riccioli
cite 2.3.Peres del'Eglise,
qui sont de ce sentiment
, Aristarque croyoit que le Soleil
étoit un corps liquide, ce
quine s'éloigne pas de la pensee
deces premiers. JI
:, 1 5. Al'égard des modernes
le P. Kircher, Képler&Boüillant
appellent le Soleil une
boule de feu formée du plus
subtildelamatiere éthérée.
semblable aux fournaises des
fondeurs, ou même à de l'airain
fondu & boüillant,couvert
de fuliginositez noires.
Riccioli dit que les grandes
lunettes le font paroître comme
un Océan de feu inégal,
& agité couvert d'ondes& de
tour billons deflâmes. Taquet
dit qu'on voit par les lunettes
la surface du Soleil toute helissée,
deflots de feu.,couverted'ombres
& de facules, &
cela avec tant de variété,qu'el«
le n'est jamais un momentla
même, mais qu'elle change
continuellement de face; Galilée,
Kepler,Boülland, Scheiner,
& Blancan soutiennent
que les taches du Soleil ne sont
que des fuliginofirez, ou vapeurs
qui sortent de- lafournaise
du Soleil, dont quelques
unes prenant feu, brillent
comme des flâmes ardentes;
par où l'on voit qu'ils font du
Soleilun vray Volcancomme
nous. Riccioli ajoûte à cela,
que ces fumées &ces nües solaires
sontapparemment dune
matiere pluscompacte,que
celles
Celles d'icy bas&delanature,
du Soleil même. Hevélicus
croit que ces tâches sont des
fuméespouffées du noyau du
Soleil par la force de sachaleur,
& que les facules font des partics
plus clairesque le reste; il
a joûte à cela qu'il croit le Soleilun
corps liquide. Le P. Dechales
dit encore qu'une espece
de tremblement ou de
bouillonnement continuel
qu'on apperçoir dans , toute
l'étendue dudisquedu Soleil,
pareil ace qui s'observe, lors
qu'on regardeune fournaise
enflammée,convainct que le
Soleil est un véritable feu allumé.
Descartes dans ses principesd
: Philosophie fait le corps
du Soleil du feu le plus pur,&
ses tâches d'une écume eslevée
à sa surface, qui est rebüe enfuice
par la maticre liquide de
cet Astre; ce qui n'elf pas fort
esloigné de l'opinion d'un
Volcan; ses Sectateurs Régis,
Roault,& Gadrois le pensent
de même, ainsi que Mr
Baile, le Clerc,&c. L'Illustre
Neuton dit formellement
dans sa Dioptrique,que le Soleil
n'est autre chose qu'un
grand Volcan. Galilée entre
autres dit que les tâches du
Soleil sont faites de matieres
épaisses& obscures fort semblables
ànosvûës, qu'elles se
forment en peu de temps sur
la surfacedu Soleil,& sedissipent
ensuite d'elles mêmes;
que ce ne sont pas des corps
sphériques comme les Astres;
mais qu'elles sont au contraires
applaties & même assez
minces, par raport à leur étenduë.
Il les croit composées
d'un assemblage de corps opaques,
en ce que tantôt elles
s'assemblent plusieurs ensemble,
& tantôt fc séparent,ils
les compare à desfloccons de
neige, ou de laine, ce quia
beaucoup de rapport à nos
nües ; il les compare aussi aux
boursoufflures qui fc forment
lors qu'on verse quelque huile
de lacire, ou du bithume
sur un fer ardent. EnfinTaquet,
dit que les Atmosphéres
qu'on voit dans les tâches
font des parties duSoleil couver
tes de fumées ou de nuages,
& que tout le reste de la face
du Soleil en est infecté comme
un linge très blanc, qu'on
auroit couvert d'une toile d'araignée
,
excepté les endroits
où paroissent les faculcs; ou
commeun miroir trèspoli,sur
lequelon a mis la main, ou
soufflé avec la bouche. Il ajoû.,
te qu'il y a des facules crcs
blanches, de blaffardes, &
d'autres encore moinsclaires;
mais qu'elles font toûjours
plus claires que lesnebulositez,.
ou que les tâches, qu'il dit
être noires. Voila donc nôtre
sentiment sur le Soleil & ses
tâches confirmé par l'autorité
des plus grands Astronomes&
Philosaphes tant anciens ouc
modernes, tant sacrez, que
profanes, que la plupart ont
observé avec toute ladiligence,&
la ca pacitépossible, ce
qui joint à la conformité qu'il
a avec les experiences les plus
exactes, & avec les principes
physiques doitle mettre entierement
hors de doute.
AVIS SUR LA FIGURE.
Les LettrésA. marquent les
Facules.
Les Lettres B.les Corps noirs.
Les Lettres C. les Nuages.
Les Lettres D. le reste de III
surface du Soleil.
plus maintenant le
deffaut qu'ils m'ont reproché;&&
ils ne se plaindront pas
davantage de ne pas trouver
dans mon Livre des matières
sçavantes. J'en ai de quoi exercer
doresnavant leur fciencc
& leur curiosité. Ils pourront
juger de mon attention à
les satisfaire par l'ouvrage de
phisique, dont je leur fais present
dans le Journal de ce
Mois:Je pense, que, si ce n'avoit
été à leur consideration,
jeneme serois peut-estre jamais
avisé d'introduire dans le
Mercure
Mercure Galant des Memoires
de cette espece, outre qu'ils
font trop élevez pour moy,
je lescroy peu propres àamufer
les Dames, & le reste des
gens du monde. Cependant
comme il est juste que-chacun
trouve son compte dans mon
Livre,l'accëuil qu'ils feront
à cette piece me déterminera à
continuer àleur en donner de
sçavantes, ou à cesser de
le faire. Je fuivray toûjours
en cela leur goût qui est plus
capable de décider que lemico.
Ils auront donc pour ce mois.
cy,enattendant qu'il leur
plaire s'expliquer ou m'aider
sur cet article, la moitié de
j'explication des Taches &
Facules du Soleil; & lemois
prochain l'autre.
EXPLICATION
des Taches & Facules
inSoleil.
Ce qu'on appelle une Tache
du Soleil, cO: ordinairementcomposé
de deux parties
générales, sçavoir de quelques
corps noirs de figure irrcgu,
lièrement arrondie, & d'une
(fpeee de nuage.obscur qui
tes environne de tous coftez**
Les Facules font unepart^
quelconque du disque du Soleil
qui paroît plus éclairée que
le reste de sa surface,& qui
pour l'ordinaire environne
chaque tache en forme de 1
couronne d'une largeur médiocre.
Les taches avec leurs
facules font commeattachées
à certains endroits fixez du
corps du Soleil. Ce que l'on
connoît,en ce qu'elles y reparoissent
après plusieursrévo-
~lutisdecet astreautour de
luy 111me) long temps après
avoirété''drflîpécs.Ellesdé(
crivent toutes des paralelles
à lequateur du Soleil,àdifférentes
distances de cet équateur,
ce qui ne va gueres a
plusde13. devrez vers l'un ou
l'autre de ses Pôles; &même
depuis environ une trentaine
d'années qu'on les observe
avec toute l'exactitude poffible,
on n'en trouve plus que
du côtéduPôle méridional de
cet afire, comme il en marqué
dans les Mémoires de l'Acadcmie
desScunces, au fujec
de la tache du mois de Mars
1704.
2.. Ily a grande apparence
que ce font ces facules qui pro-i.
duisent les taches; puisqu'on
a vu des facules paroitre sans
taches pendant plusieurs jours,
& cnfuitc des taches naître au
milieu de ces facules, comme
on le trouve dans les Mémoires
cy-dessus : à l'égard
de cellesdel'onzième Juin
1684.&du2.4.Février 1704.
où il est dit entr'aurrcs chofcs
touchant cette dernicrej que
Ton vit le premier jour grand
nombre de facules dans unen.-
droit du bord du Soleil, ou
l'on s'attendoit de voir une
tache reparoître, que le iondemain
le nombre &. la grandeur
des faculesaiugmentèrent en mêAme [èrns qu'elles cheminoienc
vers le milieu du Soleil,
sans qu'il y parûc encore aucune
tache; que le troisïéme
jour les facules s'éroienr encore
avancées davantage vers
le milieu du Soleil; qu'on
voyoit alors 6. petites taches
nouvellement néesaumilieu
de ces facules, & que le quatrième
& les jburs suivans les.
facules & les taches continuèrent
d'avancer enfclnble
sur le dlrque duSoleil; mais
on ne voit point de tache fansfacules.
3. Il n'cit pasmoins vrayfcmblable
que ce font les mêmes
facules qui décruifent les
taches; puisque les facules.
augmentent àl'entour des taches,
à mesure que celles-ci se
diflîpent-, & que les facules
fubfillent encore en la place
des taches, pendant même
quelques jours, après la dcftcuétlon
de ces derniercs,
comme il est rapporté expressement
touchant la tache
du 2. 7 Janvier1704. dans les
Mémoirescitez,& au fujec
de plusieurs autres de l'année
1678.&decelles du fixiéme&
du22. May 1701. If
cit die en particulier de cellescy,
qu'elles étoient environnées
de facules, & qu'elles ont
disparu au milieu du Soleil en
s'éclaircissant peu à - peu sans
avoirchangé ny de grandeur,
ny de figure; ce qui fait noiftre cou- manifeftemenc que
ces taches ont à la fin degenerezen
facules A l'égarddecellesdel'année
1678.ilefi:rap- ,-l porté dansles mêmes Mémoires
quelles finirent en
laissant feulemenr plufi urs
points noirs environnez de
faculcsilelquelles avoient pris
la
la place du nuage; d'où l'on,
peut conclure que les facules
dissipent la nebulosité qui environne
les corps noirsy
avant de pouvoir détruire
ces mêAmes corps, & que par
consequent cettenebuloûcé
cit moins solide que les corps
noirs, Aussi voit-on quelquefois
des corps noirs subsister
long temps sans atmofphérc,
ou nuige
4. Les taches & facules
croissnt & se multiplient en
peu de temps, mais elles fc
détruisent insensiblement.
Celles du mois de Décembre
1700. parurent tout a coups
melles du 2. de Juillet 1703.
n'étoient d'abord que 3. en
nombre,& fort foiblcs,
quoyquaffez étenduës;une
d'elles contenoit 4. corps
noirs, & une autre feulement
2. au-dedans d'un nuage
obscur;mais l'iic. du même
mois ces 3. taches étant devenuës
très- fcnfïbles, l'une renfermoit
alors treize corps
noirs
, une autre sept, & la
troisiémefeulement deux;
outre treize autres petits qui
cftoient répandus çà & là,
entre ces trois grandes taches
sans aucun nuage à l'entour.
Quand ces tachescommencèrent
à difparoiûre
7
il
n'yen avoie plus que deux
qui fubfiftoienc, dont une
renfermoit feulementi.corps
noirs au- dedans d'unnuage,
& l'autre n'en contenoit plus
que 3. environnez de facules;
ainsiratmofphére de cette derniere
avoit esté entiercment
dissîpéc,avant ses corps noirs.
Il eH dit encore touchant les
taches du6. Juin 1703.que
l'amas des petites taches qui
accompagnoientla plus grossè
étoit presque dissipé; quoyquecette
plu grosseiubfiftâc
encore,ce qui saicvoirqu 'clle
se dissîpa fùcctffivement.
Voyez toujours les Memoirescitez.
5. A l'égard de l'arrangement
des corps noirs dans la nebulosité
des taches, il n'eltpis
toûjours confus;mais(ouvent
quand il y a un grand
nombre de ces corps noirs,
(comme dans celles de l11.
Juillet 1703.mêmes Mémoires)
dont une feule en contenoit
treize corps noirs
sont rangez vers le bord du
nuage en forme de cercle ou
d'ovale
, qui est la figure la
plus ordinaire des taches lor f.
qu'elles partent sur le milieu du
Soleil , comme dans celle du
zi. May 1702. Il paroist encore
par toutes les figures des
taches qui ont esté inférées
dans les Livres de l'Académie
des Sciences, que l'ptmofpherc.
d'une tache est toujours
un peu plus claiie dans
son milieu que dans ses
bords, quoy qu'il n'y foie
fait aucune mention de cette
propriété1 , ; ce qui porte à
croire que le milieu d'une
tache n'cH jamais exempt de
facules. Cependant ces arrangemens
des corps noirs dans
chaque tache; de même que
leur nombre, leur figure, leur
grandeur, & leur distance ne
font pas constantes, non plus
que ceux de plusieurs taches
voisines qui composent un
amas de taches, qu'on appelle
une tache totale:il cft dit
(par exemple) de celles du 6.
Juin 1703. mêmes Mémoires,
qu'une partie des petites taches
qui accompagnoient la plus
grosse s'étantdissipée sur le
milieu du Soleil, le restes'étoit
fort approché de cette
plus grosse; & encore au fujet
de celle du 19Janvier 1704.
qu'il ya un changement continuel
dans la figure des taches
& dans leurs distances,&arrangemens.
On ajoute touchant
celle du 2. Juillet1703. que
la moyenne des trois grandes
taches qui se voyoient alors,
s'étoit approchée de l'une des
2. autres, &éloignée de l'autre,
au milieu même duSoleil;
que le lendemain cette
moyenne avoit disparu tout à
fait; & que le nombre & l'arrangement
des corps noirs des
i. taches restantes,avoit conolîJera
blementchangé en trois;
jours de temps : on dit de même
des taches de 1678. qui,
fcrmoient la figure d'un trapése;
qu'une d'elles ayant disparures
3 autress'arrangerent
fous la for;iie d'un triangle
équilareral; quatre jours aprés
2. s'approcherent davantage
entr'elles, & la 3
e. au contraire
s'éloigna en suite des
deux plus qu'auparavant. On
ajoûte que la tache du 17eL.
Janvier, 1704. estoitcomposée
de 2. corps noirs joints ensemble
par une de leurs extremitez,
& enfermez dans une
même nebulosite; que le i8.,
suivant ces 2. corps noirs s'étoient
séparez l un de l'autre;
que le 29. il y en avoit trois
presque égaux; que le 31. ces
trois corps s'etoient considerablement
écartezl'un de itau..
tre, quoyque toujours enfermez
dans un même nuage,
& que le ItFévrier ilsl'étoicnt
encoredavantage ayant chacun
alors sonatmosphére particulier
Enfin il ca rapporté
au su jet des taches du 5. May
1684. que les parties des taches
qui changent de figure
ont outre leur mouvement
jegié & général à l'entour
du Soleil un mouvement irrégulier,
presque comme des
nuées pouffées au hazard par
les vents.
6. Quant à la grandeur de:
tout un amas de caches qui
paroissent enmême temps, Se
qu'on a nommé cy-dessus une
tache totale, le plusconsiderable
qui ait paru depuis 30. années
n'occupoit au plus qu'une
12e. partie de la largeur du
disque du Soleil; mais on a
vû des taches beaucoup plus
éloignées entr'elles, que de
cette valeur: comme (par
exemple) celles qui parurent,
à la fois le 5?, Janvier 1704,
estoient distantes entr'elles de
tout le diamctre du Soleil:
celles des mois de Mars & de
May de la même année Ce
font formezde même en 2.endroits
du Soleil presque opposez.
Il est dit expressémentde.
celles du mois de May 1702,
qu'e lles étoient trop éloignées
l'une de l'autre, pour ne
faire qu'unmême corps, aussï
croientelles presque diametralement
opposées
7. A l'égard du lieu propre
destaches, & facules, il y a
toutes les apparences qu'ellesfont
situées sur lecorps même
du Soleil, & non pas à quelque
distance de cet astre corn-,
me Mercure & les autres Pla-:'
nettes; puisqu'il eH. dit dans
les Mémoires citez, de celledu6.
Jlin 1703.qu'en passant
surle bord du Soleil, elle y faisoit
une especed'échancrure
ou d'enfoncement; ce qui
pourroit faire croire, que la
partie du Soleil qui est roue
autour d'une tache & qu'on
appelle facules, est ordinairement
un peu plusélevéeàl'égard
du reste de son disque.
que n'cil la tache, & que c'est
ce qui fait paroître la tache
plus basse; on trouvera encore
d'autres preuve de cet
article dans les suivantes.
Enfin quant autemps de la
révolution apparente des taches
& faculcs du Soleil,ayant
pris un milieu entre toutes
celles qui sontrapportées dans
les Mémoires cit au nombre
de 17. je trouve que ce temps
est de 17. jours 12. heures 49.
minutes qui ne differe du
moyen apparent établi par le
plus célébre des A gronomes
modernes, .( qui les a obferveés
pendant prés de 60. années)
que de 28. minutes,
ce qui est tres-peu de chose
pour un mouvementsujet à
des irregularitez;mais comme
cette période est dépendante
de celle de la Terre autour du
Soleil, dans lesistême des Pythagoriciens;
on en conclud
que le temps de la révolution
actuelle &absoluë des mêmes
taches autour du Soleil ou du
Soleil mèmc, tel qu'il paroîtroit
vû des Etoiles fixes, n'est
que de 25. jours 16. heures
55.minutes; au lieu de j.
jours 5. heures quece sçavant
Astronomecité, a tiré d'une
révolution apparente de 27.
jours de la tache du 2,0. May
1680. -
9. Il faut remarquerencore
qu'on ne voit pas des taches
sur le Soleil en tour temps,
ny toûjours en égalequantité.
Il n'en a paru (par exemple)
aucune depuis 1680. jusques
en 1685. ny depuis1695.
jusques 1700. ny encore depuis
1705.jusquesen1710 On
trouvera encore quelques autres
proprietez des taches dont
il n'est point parlé icy dans
les articles15. & suivans.
Io. Pour venir maintenantà
chercherla nature des taches&
des facules, je considere que
pU-ifgu'clles font
-
attachées
ou a&âees à des endroits
fixesdu corps du Soleil,& que
lesfacules paroissent en differents
lieux du Soleil, & subsîssent
feules indépendemment
des taches;que les taches naissent
au milieu d'elles; que les
faculesaugmentent àmesure
que les taches sont détruites,
au même lieu où paroissoient
les taches; il faut comme on
l'a conjecturé à l'article i.
que ce soient les facules qui
produisent
produisent les taches tout à
coup, & qui les détruisent
ensuite peu à peu en les attenuant
jusques à les faire disparoistre,
sans changer considerablement
ny leur figure,
ny leur grandeur, ou qui les
divisent quelquefois en d'autres
taches, & les écartent,
ou les approchent les unes des
autres, qui retardent ou accelerent,
ou détournent, leur
mouvement naturel ,&changent
leurs latitudes, selon
que ces facules s'augmentent
entre les taches ou aumilieu
d'unemême tac he; mais qu.o:
sont-ce que ces facules & ces
taches, énommentles facules;.
agissent-elles pOl produire
des taches sur Iî surface du
Soleil, où nous venons de
Voir que ces raches font suspendues,
comme les Islesflottantes
de Saint Omer le font
sur l'eau de la Mer? par
quelle verru ces mêmefaculesmeuvent
elles, & changentelles
les taches en tant de differentes
manières. Enfin quel
pouvoir, quelleforceontelles
pour les détruire? je ne fau..
rois mieux faire pour répondre
à toutes ces questions, que
de considerer les taches du Soleil
comme la nouvelle Isle de
S. Ermi, ou de Santorini, qui
a esté produite en l'année
1706. par un Volcan caché
fous les eaux, dans l'Archipel
de la Medirerrannée
,
proche
l'ancienne Isle de S. Ermi, ou
de Sanrorini ; ou comme cette
autre Isle pareille à cellecy ,
qu'un Volcan forma de même
dans le voisinage des Açores
en l'année15 30. Je regarde
donc des facules qui
produisent les taches,& qui les
détruisent ensuite comme des
flâmmes que ces deux Volcans
ont pousseenl'air pendant plu,
sieurs mois, au moins le premier
; lesquelles flammes ont
apporté avec elles à la surface
de l'eau quantité de pierres de
Ponce & de cendres, dont ces
deux Isles font la pluspart
composées.
11. C'est pourquoy je ne
feins point de supposer audessous
de la matiérelumi.
neufe du Soleil, & autour de
son axe, un corps solide ou
noyau, dans lequel se forment
tous les Volcans qui produissent
les flammes ou facules
que l'on voit à sa surface, ôc
cela par les éruptions de leK
matière étheréequiremplie
le centre de ce noyau. Ainsiles
facules ne font autre chose
que cette matière étherée Jne
me qui fort avec impetuosité
de chaque Volcan, & qui entraîneavecelle
quantité de matiéres
grattes.volatiles, fuligimineuses,
&: d'huiles terrestres
ou de bitumes dont ce noyau
est rempli. Ces huiles terrestres
estant arrivées à la surface
du Soleil y forment une
especed'écume noire
, en forme
de boursoufflure, semblable
à celle qui fc forme sur
fIes huilesétherées quel'on enflâvné
en y versant des esprits
acides; c'est cette écume huileuse
terrestre qu'on appelle les
corps noirs des taches, & la
nebulosité qui les environne
ordinairement n'est autre
chose que la fumée qui se
formé des parties huileuses les.
plus aisées à volatiliser, laquelle
ne pouvant passer tout
au travers de l'écume huileuse,
s'échappe à l'entour en forme
d'atmosphere. La flamme
qui a élevé les fumées & les
écumes passant en petite quantitéautravers
de ces boursoufflures,
les laisse paroistrenoirâ
tres; au lieu qu'étant mêlées
avec les fulginositez enflammées,
le tout ensemble contracte
une couleur grisâtre,,
brune,laquelle doitcependant
paroistre plus claire au
milieu & à l'entour des corps
noirsqui est l'endroit où la
plus grande force du sujet de
laflammeest rassemblée. Enfin
l'atmosphere des taches n'étant
que les parties les plus,
volatiles que la flâmme demêle
d'avec les écumes, elles
ne doivent pas en estre séparées
;aulieu que le jetdes fiàlU"
mes qui apportent letout ensemble
à la surface du Soleil
3,; doit s'étendre tout à l'entour
en forme de couronne de fea
qu'on a nommée facule.,
Quelquefois les fuliginositez:
& les écumes font tellement
mêlées dans le Volcan, que la
flâmme leséleve confufémenc
sans les démêler; alors il paroist
des cor ps noirs seuls
au milieu des facules ; quelquefois
la flamme n'enleve du
Volcan que des parties huileu
ses, inflammables,&n'a pas
assez de force pour détacher
les souffres terrestres;alors on
voit
voit un nuage surnager une
facule, & en estre en même
temps environné; enfin le jet
de flamme sortquelquefois
tout pur du Volcan, sans rien
détacher; alors il paroist seulement
à la surface du Soleil
une flamme plus pure que le
reste du disque du Soleil,lequel
est toûjours couvert d'une
fumée ou fuliginosité claire,
excepté dans l'endroit des facules.
Ces éruptions de facules
se remarquent même à la vue
aidée de lunettes d'aproche;
car la surface du Soleil paroist
toute herissée & ondulante
comme une Mer orageuse, ou
si l'on veut comme une chaudiere
qui bout à gros boüillons,
& qui est couverte de fLlmées,
comme on le voit encore
cy-aprés.
il. Pour comprendre:
comment ces écumes peuvent:
flotter sur la surface du Soleil,
il faut concevoir son noyau
inondé d'une espece de souffres
fondu & enflammé, dont les
fumées composent l'atmosphere
que les Altronomes modernes
ont reconnu autouri
du Soleil, & dont l'agitation
& le bouillonnement pareil u
celuy de la flamme des corps
terrestres pousse la mayere é..)
theréequi l'environne en toute
circonference, selon des
lignes tirées de chaque point
de la surface du Soleil; &
afin que le noyau, & la matiereliquide
qui le couvre encore
ne fc consomme pas,il faut
penser que le Soleil reçoit continuellement
un nouvel aliment
par ses deux Pôles, à
peu prés comme M. Descartes
l'a dit dans ses Principes.
13. Il est aisé de juger delà
comme les facules peuvent
subsister sans taches, & enfuiteen
produire à mesure que
leur force augmente; & aussi
comme elles peuvent tantost
diviser les corps noirs, tantost
les unir, tantost les écarter
, & tantostles approcher,
& en un mot les mouvoir en
tout sens, selon qu'elles naiffent
au dessous ou proche en
plus grande quantité, & selon
l'endroit où leur force est la
plus grande comme aussi elles
peuvent les détruire peu à peu
en les divisant, ou atténuant,
ou absorbant entièrement.
C'est à peu prés la même
chose à l' égard des nebulositez,
Wquelles doivent paroistre
tout à coup, demême
que leurs corps noirs par l'é.
ruption de la matière étheré;
au lieu que ces nuages ne doivent
se dissiper que peu à peUy
sçrvoir à mesure qu'ils se mêlent
avec la matièrede l'at
mosphere du Soleil; il n'est
pas difficile encore de comprendre
comme les corps
Bâirs3 plus pefanrs que la matière
liquide du Soleil flottent
néanmoins à sa surface, supposéqu'ils
ne puissent se mêler
avec cette matière liquide;
commeil arrive aux corps qui
«
flottent à la surface de seau)
quoyque plus pesants, lorsqu'elle
sçauroit les moüiller
pourquoy l'on ne voit jamais
de taches sansfacules, puisque
ce font elles qui produifenc
les taches, & pourquoy les
taches & les facules tournent
toûjours de compagnie, & de
même vitesse que le Soleil, &
après avoir disparu
,
reparoissent
plusieurs fois au même
endroit; le Volcan qui les a
produites la premiere fois sub.
fîftant au moins pendant tout
ce temps, & ne produisant pas
non plus continuellement des
éruptions; de même quenos
Volcans ne jettent pas perpétuellement,
mais feulement
de temps en temps; sçavoir,
lors que la matiere embrasée
a la force devaincre les obstacles
qui la retiennent. On
voitencore comme il peut naître
des taches en differens endroits
du Soleil fort cfloignés
les uns dcsautres,comme nous
voyons ici bas des Volcans en
toutes fortes de diftanccs
,
comme par exemple celuy
dIflmdc nommé l'Hécla
l'Ethna J en Sicile, celuy des Ca.
naries,de l'Isle deFivego, de
Tava, de Ternate
,
de Bourbon,
de Guadeloupe,ceuxdttf
Chili, &c. On voit auai comme
un Volcan solaire continuant
devomir des facules, ô£
des marieres fuligineu ses.9 1es."
taches deviennent plus étcnduës,
& plus opaques, & coi>
tiennent un plus grand nombre
de corps noirs,& comme
ces nouvelles éruptions doivent
agiter différemment, ôc
les tâches, & les corps nous
quellescontiennent, même
ranger ces derniers tout au*
tour du jcc de flâme,& vers les
bords dela nebulosité. Maisil
lesmatières fuligineuses& ter- >
retires cessent de monter 9
quoy que les facules continuent
de s'élever, les râ hes
doivent à lafia être diflbpées,
être buës en partie par la matière
du Soleil, ou enhalées
dJn) l'air quil'environnerapeu
prés commeil arrive à l'écume
du bouillon Lù Ion cuit les
viande ,&cmomi'artiv^roic
à lanouvelle Santorin,&à la
nouvelle Açore, si les Volcans
qui les ont produites la
premiere fois, poussoient de
nouveau des flâmes au travers
les matieresquicomposent cet
deuxIsles, sans leur apporter,
de nouvelles matiercs terrest
res.
14. Ce Systême quej'explique
au jourd'huy est fort différent
de celuy pour lequel je
m'étois déclaré dans le second
Tome de mes recherches;premiere
édition, & dont je me
croyois même l'Inventeur , sçavoir [ que le Soleil foie
composé d'un noyau solide
couvert d'une matiere lumineufequi
par des flus & rcflus
(à peu prés comme l'Ocean)
découvre & cache successivement
les différentesparties de
ce noyau, ] & cela faute d'avoir
euoccasion de faire toutes
les comparaisonsde ce qui
paroit au Soleil au su jet de ses
taches & de ses facules, avec
ce que nous sçavons qui arrive
à nos Volcans terrestres. Au
reste l'opinion que le Soleil
foit un volcan, ou fournaise
enflamméeest prefquc généra
- lementreceuë desancicnsPhilofophes,
& des modernes.
L'Ecclesiastique dans le chap.
43.traiteleSoleilde feu, en
ditant [qu'il brûle la terre lors
qu'il arrive au milieuduCiel
& qu'il nest , pas possiblealors
d'ensoutenir l'ardeur, parce
qu'il est semblableà une fournaise
embrasée, bruslant les
montagnes de trois côtez &
aveuglant les yeux des hommes
par ses rayons enflammez]
Le Soleil est nomméen
HébreuChammét,k,c'en-à- dire
chiud. Aristote dit dansun en.
droit de la Physique, que les
Astres sont de nature defeu..
, Les anciens Rornains nommoient
le Solei'une fournaise
incxringuible de chaleur &de
vie. AnanJgorecroyoit que le
Soleil étoit un rocher enflammé
; Zénon le Citique, que
c'étoit un feu très pur;Demo-,
crite & Métrodore, une mat:
seardente; Anaximandreune
portion de feu; Xenophânes
un assemblage de feux formé
d'exhalaisons vaporeuses;Epicure
unepierre de Ponce enflammée;
Platon dans son Timée
un assemblage de feux qui
tourne sur luy même. Les Stoïciens
ungrand incendie; les
Atlantiens lecroyoientunfeu
sacré dans le Ciel;Pythagore
un feu au milieu du monde,
de même que toutes les étoiles
fixes ; les Egyptiens l'ont crû
de même un feu qui devoit un
jourembratcr le monde. Les
Peres de l'Eglise ont crû aussï
que leSoleilétoitunfeu;saint
Ambroise en parle ainsi dans
ses Hymnes;saint Cyrille de
Jerusalem dit que le Soleil est
un feu aumilieu d'un Ciel
d'eau. S. Gregoire de Nazianzea
penséde même, & Riccioli
cite 2.3.Peres del'Eglise,
qui sont de ce sentiment
, Aristarque croyoit que le Soleil
étoit un corps liquide, ce
quine s'éloigne pas de la pensee
deces premiers. JI
:, 1 5. Al'égard des modernes
le P. Kircher, Képler&Boüillant
appellent le Soleil une
boule de feu formée du plus
subtildelamatiere éthérée.
semblable aux fournaises des
fondeurs, ou même à de l'airain
fondu & boüillant,couvert
de fuliginositez noires.
Riccioli dit que les grandes
lunettes le font paroître comme
un Océan de feu inégal,
& agité couvert d'ondes& de
tour billons deflâmes. Taquet
dit qu'on voit par les lunettes
la surface du Soleil toute helissée,
deflots de feu.,couverted'ombres
& de facules, &
cela avec tant de variété,qu'el«
le n'est jamais un momentla
même, mais qu'elle change
continuellement de face; Galilée,
Kepler,Boülland, Scheiner,
& Blancan soutiennent
que les taches du Soleil ne sont
que des fuliginofirez, ou vapeurs
qui sortent de- lafournaise
du Soleil, dont quelques
unes prenant feu, brillent
comme des flâmes ardentes;
par où l'on voit qu'ils font du
Soleilun vray Volcancomme
nous. Riccioli ajoûte à cela,
que ces fumées &ces nües solaires
sontapparemment dune
matiere pluscompacte,que
celles
Celles d'icy bas&delanature,
du Soleil même. Hevélicus
croit que ces tâches sont des
fuméespouffées du noyau du
Soleil par la force de sachaleur,
& que les facules font des partics
plus clairesque le reste; il
a joûte à cela qu'il croit le Soleilun
corps liquide. Le P. Dechales
dit encore qu'une espece
de tremblement ou de
bouillonnement continuel
qu'on apperçoir dans , toute
l'étendue dudisquedu Soleil,
pareil ace qui s'observe, lors
qu'on regardeune fournaise
enflammée,convainct que le
Soleil est un véritable feu allumé.
Descartes dans ses principesd
: Philosophie fait le corps
du Soleil du feu le plus pur,&
ses tâches d'une écume eslevée
à sa surface, qui est rebüe enfuice
par la maticre liquide de
cet Astre; ce qui n'elf pas fort
esloigné de l'opinion d'un
Volcan; ses Sectateurs Régis,
Roault,& Gadrois le pensent
de même, ainsi que Mr
Baile, le Clerc,&c. L'Illustre
Neuton dit formellement
dans sa Dioptrique,que le Soleil
n'est autre chose qu'un
grand Volcan. Galilée entre
autres dit que les tâches du
Soleil sont faites de matieres
épaisses& obscures fort semblables
ànosvûës, qu'elles se
forment en peu de temps sur
la surfacedu Soleil,& sedissipent
ensuite d'elles mêmes;
que ce ne sont pas des corps
sphériques comme les Astres;
mais qu'elles sont au contraires
applaties & même assez
minces, par raport à leur étenduë.
Il les croit composées
d'un assemblage de corps opaques,
en ce que tantôt elles
s'assemblent plusieurs ensemble,
& tantôt fc séparent,ils
les compare à desfloccons de
neige, ou de laine, ce quia
beaucoup de rapport à nos
nües ; il les compare aussi aux
boursoufflures qui fc forment
lors qu'on verse quelque huile
de lacire, ou du bithume
sur un fer ardent. EnfinTaquet,
dit que les Atmosphéres
qu'on voit dans les tâches
font des parties duSoleil couver
tes de fumées ou de nuages,
& que tout le reste de la face
du Soleil en est infecté comme
un linge très blanc, qu'on
auroit couvert d'une toile d'araignée
,
excepté les endroits
où paroissent les faculcs; ou
commeun miroir trèspoli,sur
lequelon a mis la main, ou
soufflé avec la bouche. Il ajoû.,
te qu'il y a des facules crcs
blanches, de blaffardes, &
d'autres encore moinsclaires;
mais qu'elles font toûjours
plus claires que lesnebulositez,.
ou que les tâches, qu'il dit
être noires. Voila donc nôtre
sentiment sur le Soleil & ses
tâches confirmé par l'autorité
des plus grands Astronomes&
Philosaphes tant anciens ouc
modernes, tant sacrez, que
profanes, que la plupart ont
observé avec toute ladiligence,&
la ca pacitépossible, ce
qui joint à la conformité qu'il
a avec les experiences les plus
exactes, & avec les principes
physiques doitle mettre entierement
hors de doute.
AVIS SUR LA FIGURE.
Les LettrésA. marquent les
Facules.
Les Lettres B.les Corps noirs.
Les Lettres C. les Nuages.
Les Lettres D. le reste de III
surface du Soleil.
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Résumé : EXPLICATION des Taches & Facules du Soleil.
Le texte aborde les taches et facules solaires, des phénomènes observés à la surface du Soleil. Les taches solaires sont des zones sombres composées de corps noirs irréguliers entourés d'un nuage obscur, tandis que les facules sont des zones plus éclairées souvent associées aux taches. Ces phénomènes sont fixes et réapparaissent après plusieurs rotations solaires. Entre 1680 et 1710, des variations significatives dans la visibilité et la quantité des taches ont été notées, avec des périodes sans observation entre 1680-1685 et 1695-1700. Les taches solaires varient en apparence, forme et position, et peuvent se déplacer ou former des amas appelés taches totales. Leur temps de révolution apparent est d'environ 17 jours, 12 heures et 49 minutes, correspondant à une révolution absolue de 25 jours, 16 heures et 55 minutes en tenant compte du mouvement de la Terre. L'auteur compare les taches solaires à des îles flottantes créées par des volcans sous-marins, suggérant que sous la surface lumineuse du Soleil se trouvent des volcans produisant des flammes ou facules. Ces facules sont constituées de matière éthérée et de substances volatiles formant des écumes noires à la surface du Soleil. L'atmosphère des taches est composée de fumées volatiles qui s'échappent autour des écumes, apparaissant comme des couronnes de feu entourant les taches. Les facules peuvent subsister sans taches et les produire à mesure que leur force augmente, influençant leur mouvement et leur apparence. Le texte explore diverses théories sur la nature du Soleil et de ses taches, formulées par des astronomes et philosophes à travers l'histoire. Les anciens, comme Grégoire de Nazianze et Riccioli, voyaient le Soleil comme un corps liquide. Les modernes, tels que le Père Kircher, Kepler et Bouïllant, le décrivaient comme une boule de feu composée de matière éthérée. Riccioli observait le Soleil comme un océan de feu inégal et agité, couvert d'ondes et de tourbillons de flammes. Taquet notait que la surface solaire était hérissée de flots de feu, couverte d'ombres et de facules, changeant constamment d'apparence. Galilée, Kepler, Bouïlland, Scheiner et Blancan estimaient que les taches solaires étaient des fuliginosités ou vapeurs sortant de la fournaise solaire. Descartes, ses disciples et Newton comparaient le Soleil à un volcan.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 202-212
Ordonnance sur les Corvées [titre d'après la table]
Début :
L'Ordonnance suivante au sujet des corvées nous a paru si [...]
Mots clefs :
Ordonnance, Corvées, Changements, Progrès, Articles, Tâches, Paroisses, Syndic, Mandement, Punitions, Récompenses
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texteReconnaissance textuelle : Ordonnance sur les Corvées [titre d'après la table]
L'Ordonnance faivante au fujet des corvées
nous a paru fi conforme à lajuftice ,
& fi précieuſe à l'humanité , que nous
avons cru devoir la confacrer dans nos faftes
. Des amis de M. de Brou avoient refu
fé de nous la communiquer par ménagement
pour fa modeftie ; mais heureufement
il s'en eft répandu dans Paris tant
d'Exemplaires , que nous avons été obligés
de céder aux inftances du plus grand nombre
qui nous a follicités de la rendre publique
, comme un modele de fageffe &
d'équité.
DE PAR LE ROT, Antoine- Paul Jofeph
Feydeau-de Bron , Chevalier , Confeiller
du Roi enfes Confeils , Maître des Requêtes
ordinaires de fon Hôtel , Intendant de
Juftice , Police & Finances , en la Généralité
de Rouen.
Nous étant fait remettre fous les yeux
les états de fituation des différentes routes
de la généralité , Nous n'avons pu voir
qu'avec peine le peu de progrès du travail
des corvées qui Nous a mis dans le cas d'être
obligés , ou de laiffer imparfaits plufieurs
ouvrages dont le Public auroit dû
JUIN. 1757. 203
profiter , ou d'éxiger des habitans un nouveau
travail , dans un temps que Nous
aurions voulu laiffer tout entier à la culture
de leurs terres & au foin de leurs femences.
Dans la vue de remédier à de fi grands inconvéniens
, Nous avons réfolu de don
ner une nouvelle forme à l'adminiſtration
des corvées , & d'en accélérer , s'il eft
poffible , les progrès , non par une charge
plus forte que Nous n'impoferions qu'à regret
aux habitans , mais par une meilleure
diftribution de leurs forces , & par un
emploi plus affuré de leurs travaux , & èn
conféquence Nous avons ordonné ce qui
fuit.:
ART. I. Il ne fera plus à l'avenir impofé
aux Paroiffes un nombre de jours de corvées
déterminé ; mais fuivant le même
nombre de jours que Nous avons accoutumé
de leur prefcrire , il leur fera impofé
des tâches proportionnées à leurs forces ,
à l'éloignement de l'attelier , à la diſtance
des lieux d'où il faudra extraire les matériaux
, aux difficultés de l'extraction ; en
un mot , à toutes les différentes confidérations
qui pourront contribuer à la juftice
que nous fommes obligés de leur rendre..
ART. II. Il Nous fera remis à cet effet
par l'Ingénieur de la province , dans le
courant du mois de Décembre au plus tard,
Ivja
204 MERCURE DE FRANCE.
un plan & devis de toutes les routes auxquelles
il aura été réfolu de faire travailler,
enfemble l'état des Paroiffes divifé par attelier
qu'il conviendra d'y employer ,
lefquelles ne pourront être diftantes de
plus de deux lieues & demie , foit des carrieres
, foit de l'attelier .
>
ART. III . Auffi - tôt que ledit état Nous
aura été remis , il fera par Nous envoyé
Ordre à tous les Syndics des Paroiffes de
remettre dans quinzaine un état des voitures
, chevaux , harnois, journaliers defdites
Paroiffes , & afin de leur faciliter ladite
opération , il fera par Nous adreffé des modeles
defdits états, divifés par colonnes , lefquel's
contiendront les noms des laboureurs
& journaliers , le nombre des voitures ,
celui des chevaux de trait ou de fomme
les noms des exempts , leurs titres d'exemption
. Seront tenus lefdits Syndics d'y comprendre
leurs propres voitures & leurs
chevaux , & de faire certifier lesdits états
par quatre des principaux habitans les
plus hauts impofés à la taille ; & en cas de
fauffe déclaration de leur part , feront lefdits
Syndics & les quatre habitans qui
auront certifié ledit état , condamnés en
vingt livres d'amende.
ART. IV. Auffi - tôt que les états contenant
la force de chaque Paroiffe Nous auzont
été envoyés par le Syndic , ils ferant
JUI N. 1757. 205
par Nous remis entre les mains de l'Ingénieur
, lequel dreffera en conféquence fon
état de répartition , contenant la tâche de
chaque Paroiffe , pour être enfuite envoyé
des Mandemens , lefquels contiendront
non -feulement la tâche de chaque
Paroiffe mais encore celle de chaque
cheval de trait ou de fomme , & de chaque
journalier demeurant dans ladite Paroiffe ,
laquelle ne fera eftimée que fur ce que
peut faire un homme de moyenne force.
->
ART. V. Seront lefdits Mandemens par
Nous envoyés aux Syndics des différentes
Paroiffes , lefquels feront tenus de les lire
& publier dans une affemblée générale des
habitans , qui fera convoquée à cet effet
le premier Dimanche d'après , à l'iffue de
la Meffe Paroiffiale , afin que chaque Pa
roiffe , & même chaque habitant , puiffe
connoître, autant qu'il fera poffible, la tâche
dont il demeurera chargé.
ART. VI. Il fera accordé quinzaine aux
habitans & aux Paroiffes après la publication
defdits Mandemens , pour Nous
adreffer leurs plaintes & repréfentations an
fujet des tâches qui leur auront été impo
fées feront les repréfentations des Paroiffes
communiquées à l'Ingénieur , &
celles des Habitans de chaque Paroiffe à
leurs Syndics , lefquels feront tenus d'y
répondre dans quinzaine , pour , fur leur.
:
206 MERCURE DE FRANCE.
réponſe & l'avis de nos Subdélégués , être
par Nous ordonné ce qu'il appartiendra.
ART. VII . Il fera auffi par Nous envoyé
des Ordres au bas defdits Mandemens aux
Syndics de fe rendre à un jour marqué ,
dans le village le plus prochain de l'attelier
, pour , en préfence & fous les ordres
du Sous - Ingénieur , régler fur l'attelier
même le travail de la corvée , de la maniere
& dans l'ordre qui va être preſcrit
ci -après.
T
ART. VIII. Il ne fera commandé à la
fois fur l'attelier que le tiers des Paroiffes
qui devront travailler à la corvée, & chaque
tiers fera commandé deux jours de fuite .
.
ART.IX. Ilnepourra auffi être commandé
à la fois que la moitié de chaque Paroiffe
employée à la corvée , & afin de mettre autant
d'ordre & de facilité qu'il eft poffible
dans cette diftribution feront lefdites
Paroiffes divifées en deux ou en quatre
Brigades , fuivant le nombre d'habitans
qu''elles contiennent , lefquelles feront tenues
de fe rendre alternativement fur l'at
telier les jours que leur Paroiffe fera employée.
ART. X. Et afin de ne pas enlever aux
Habitans , par l'exécution trop févere de
ces Ordres , des jours quelquefois néceffaires
à la culture de leurs terres & au bien
de leurs recoltes , pourront lefdits habi
JUI N. 1757. 207
tans , foit laboureurs , foir journaliers ,
compris dans les différentes Brigades , en
prévenant leurs Syndics , fe fuppléer les
uns aux autres , & faire acquitter leurs tâches
par d'autres , à condition qu'il fe
trouve toujours le même nombre dejournaliers
, de chevaux & de voitures fur
l'attelier , comme aufli à condition que
lefdites tâches demeureront toujours fouts
le nom & à la charge de ceux auxquels elles
auront été impofées , lefquels feront
feuls connus fur les états qui Nous feront
remis par les Syndics du travail de la córvée.
ART. XI. Seront toujours les brigades
commandées toutes entieres , & elles pour
ront n'être que de trois ou quatre journáliers
dans les Paroiffes les plus foibles ,
afin qu'il y en ait toujours au moins deux ,
& que la moitié de la Paroiffe demeure libre
, chaque brigade n'étant commandée
qu'alternativement .
ART. XII. Seront tenus les habitans des
Paroiffes d'obéir à leurs Syndics , & les
Syndics aux Piqueurs , en tout ce qu'il
leur fera prefcrit pour le bon ordre de la
corvée , fous l'infpection & les ordres du
Sous- Ingénieur qui , en cas de défobéiffance
, fera tenu de Nous en rendre compte ,
ou à nos Subdélégués , lefquels pourront
donner tous les ordres provifoires ; & fe208
MERCURE DE FRANCE.
t
ront tenus néanmoins de Nous en rendre
compte , pour y être par Nous pourvu définitivement
, fuivant l'exigence des cas.
ART. XIII : Sera la tâche de chaque Paroiffe
diftinguée fur l'attelier par des po
teaux , & celle de chaque brigade par des
piquets.
ART. XIV. Seront tenus les Syndics de
fe trouver avec leurs Paroiffes fur l'attelier
, pour veiller à ce que la tâche qui
leur fera preferite foit faite ; de remettre
chaque jour entre les mains du Piqueur
un état des défaillans dans chaque Briga
de , qu'ils feront tenus de figner , & dans
lequel ils auront foin d'inférer les cauſes
d'abfence qui pourroient être parvenues
à leur connoiffance.
ART. XV. Seront lefdits états remis par
les Piqueurs entre les mains du Sous- Ingénieur
, lequel Nous rendra compte tous
les quinze jours des progrès des corvées.
ART. XVI . Seront les défaillans condamnés
en une amende ; fçavoir , les laboureurs
de dix livres , & les journaliers
de trois livres pour la premiere fois , &
du double pour la feconde , & feront même
punis fuivant l'exigence des cas , s'ile
continuoient à mériter des peines plus féveres
, par une plus longue défobéiffance ;
& afin de parvenir au payement defdites
amendes, il fera joint aux états qui Nour
JUI N. 1757.
209
feront envoyés par le Sous- Ingénieur , un
rôle des défaillans , lequel fera par Nous
rendu éxécutoire , & dont le Syndic de
chaque Paroiffe fera tenu de fe charger ,
& de faire le recouvrement ; à l'effet de
quoi il pourra contraindre les redevables ,
pour être enfuite les deniers par lui diftribués
au marc la livre , de là taille à chacun
de ceux qui compofent la brigade de
corvéables , dans laquelle les défaillans
auront manqué , auxquelles amendes ne
pourront néanmoins participer mutuellement
aucuns defdits défaillans ; & il appartiendra
un quart defdites amendes au
Syndic , pour le dédommager des peines
& des frais qui lui auront été occafionnés
par le recouvrement .
pu-
ART. XVII . Mais afin de rendre les
nitions les plus rares qu'il fera poffible , &
de hâter d'ailleurs l'avantage que le Public
doit retirer des travaux des corvées , Nous
avons cherché à exciter l'émulation , & à
encourager par des récompenfes , le zele
& la bonne volonté de tous ceux qui y feront
employés , & Nous avons à cet effet
divifé le travail de la corvée en deux
temps , fçavoir trois mois auparavant les
récoltes , à commencer depuis le quinze
d'Avril jufqu'au quinze de Juillet , pendant
lefquels les Paroiffes qui auront fini le
plus diligemment leurs tâches , auront
210 MERCURE DE FRANCE.
droit aux récompenfes ; & deux mois
après les récoltes , depuis le premier Sep
tembre jufqu'au quinze de Novembre ,
qui leur feront donnés pour achever leurs
tâches , faute de quoi elles y feront contraintes
; & feront lefdites récompenfes
diftribuées de la maniere qui va être indiquée
ci - après.
ART. XVIII. Il fera accordé trente livres
de gratification fur les fonds des ponts
& chauffées , au Piqueur qui fe fera le
plus diftingué fur la route dans la conduite
de l'attelier qui lui aura été confié , &
quinze livres à chacun des deux Syndics ,
qui fur le rapport du Sous-Ingénieur , auront
marqué le plus d'intelligence & d'affiduité.
ART. XIX . A l'égard des Paroiffes , il
fera accordé une diminution fur la taille ,
aux trois Paroiffes qui fur chaque attelier
auront fait le plus diligemment la tâche
dont elles auront été chargées, pourvu toutefois
que ce foit dans les trois mois avant
la récolte ; & fera ladite diminution de quatre
-vingts livres pour les Paroiffes dont la
taille eft de douze cens livres , & au deffus ;
foixante livres pour celles dont la taille
fera depuis huit cens livres jufqu'à douze
cens livres , & quarante livres à toutes
celles dont la taille fera au deffous de huis
cens livres.
JUIN. 1757.
211
ART. XX. Si cependant aucune Paroiffe
de l'attelier n'avoit achevé la tâche qui lui
auroit été preſcrite avant la récolte , la
peine que Nous aurions de n'avoir plus que
des punitions à propoſer lors de la repriſe
du travail des corvées , pourra Nous faire
prendre le parti d'accorder encore par grace
, des récompenfes aux trois Paroiffes
qui auront fini le plus diligemment leurs
corvées , même après la récolte , pourvu
toutefois que ce foit avant le premier Octobre
, mais alors lefdites récompenſes ſeront
réduites à moitié.
ART. XXI. Comme il eft jufte de récompenfer
non-feulement l'activité , mais
la foumiffion & l'exactitude , fi dans les
trois Paroiffes qui auront fini le plus diligemment
leur tâche avant la récolte , il
n'y avoit aucun défaillant , enforte que
l'on n'eût été dans le cas d'éxercer aucune
contrainte contre les habitans , alors la diminution
fur la taille fera augmentée d'un
tiers , & fera portée ; fçavoir , celle de
quatre-vingts livres à cent vingt livres ,
celle de foixante livres à quatre-vint- dix livres
, & celle de quarante livres à foixante
livres ; fera auffi la même faveur accordée
même aux Paroiffes qui n'auront fini
leur tâche qu'avant le premier Octobre ,
dans la même proportion.
212 MERCURE DE FRANCE.
ART. XXII . Si quelques Paroiffes , dans
la vue d'obtenir la récompenfe promiſe ,
ou de ſe débarraffer plutôt de la tâche qui
leur aura été impofée , ſe rendent volontairement
pour travailler fur l'attelier , indépendamment
des jours qui leur auront
été prefcrits , alors la récompenfe fera donnée
à celle qui aura fini fa tâche la premiere
; mais fi toutes ne fe rendent fur l'attelier
que les jours prefcrits , feront alors lefdites
récompenfes données à celle qui aura fini
fa tâche en moins de temps.
ART. XXIII . Et afin qu'il ne puiffe y
avoir ni doutes ni furpriſes à ce fujet , feront
tenus les Syndics defdites Paroiffes , à
la fin des travaux de leur corvée , de retirer
du Piqueur un certificat du jour & de
l'heure auxquels lefdites Paroiffes auront
fini leurs tâches , pour le remettre auffitôt
entre les mains du Sous-Ingénieur ,
lequel fera tenu de Nous envoyer leſdits
certificats dans les huit premiers jours
d'Octobre , pour pouvoir y avoir égard
lors de nos départemens.
Fait en notre Hôtel le 15 Novembre 17 56.
nous a paru fi conforme à lajuftice ,
& fi précieuſe à l'humanité , que nous
avons cru devoir la confacrer dans nos faftes
. Des amis de M. de Brou avoient refu
fé de nous la communiquer par ménagement
pour fa modeftie ; mais heureufement
il s'en eft répandu dans Paris tant
d'Exemplaires , que nous avons été obligés
de céder aux inftances du plus grand nombre
qui nous a follicités de la rendre publique
, comme un modele de fageffe &
d'équité.
DE PAR LE ROT, Antoine- Paul Jofeph
Feydeau-de Bron , Chevalier , Confeiller
du Roi enfes Confeils , Maître des Requêtes
ordinaires de fon Hôtel , Intendant de
Juftice , Police & Finances , en la Généralité
de Rouen.
Nous étant fait remettre fous les yeux
les états de fituation des différentes routes
de la généralité , Nous n'avons pu voir
qu'avec peine le peu de progrès du travail
des corvées qui Nous a mis dans le cas d'être
obligés , ou de laiffer imparfaits plufieurs
ouvrages dont le Public auroit dû
JUIN. 1757. 203
profiter , ou d'éxiger des habitans un nouveau
travail , dans un temps que Nous
aurions voulu laiffer tout entier à la culture
de leurs terres & au foin de leurs femences.
Dans la vue de remédier à de fi grands inconvéniens
, Nous avons réfolu de don
ner une nouvelle forme à l'adminiſtration
des corvées , & d'en accélérer , s'il eft
poffible , les progrès , non par une charge
plus forte que Nous n'impoferions qu'à regret
aux habitans , mais par une meilleure
diftribution de leurs forces , & par un
emploi plus affuré de leurs travaux , & èn
conféquence Nous avons ordonné ce qui
fuit.:
ART. I. Il ne fera plus à l'avenir impofé
aux Paroiffes un nombre de jours de corvées
déterminé ; mais fuivant le même
nombre de jours que Nous avons accoutumé
de leur prefcrire , il leur fera impofé
des tâches proportionnées à leurs forces ,
à l'éloignement de l'attelier , à la diſtance
des lieux d'où il faudra extraire les matériaux
, aux difficultés de l'extraction ; en
un mot , à toutes les différentes confidérations
qui pourront contribuer à la juftice
que nous fommes obligés de leur rendre..
ART. II. Il Nous fera remis à cet effet
par l'Ingénieur de la province , dans le
courant du mois de Décembre au plus tard,
Ivja
204 MERCURE DE FRANCE.
un plan & devis de toutes les routes auxquelles
il aura été réfolu de faire travailler,
enfemble l'état des Paroiffes divifé par attelier
qu'il conviendra d'y employer ,
lefquelles ne pourront être diftantes de
plus de deux lieues & demie , foit des carrieres
, foit de l'attelier .
>
ART. III . Auffi - tôt que ledit état Nous
aura été remis , il fera par Nous envoyé
Ordre à tous les Syndics des Paroiffes de
remettre dans quinzaine un état des voitures
, chevaux , harnois, journaliers defdites
Paroiffes , & afin de leur faciliter ladite
opération , il fera par Nous adreffé des modeles
defdits états, divifés par colonnes , lefquel's
contiendront les noms des laboureurs
& journaliers , le nombre des voitures ,
celui des chevaux de trait ou de fomme
les noms des exempts , leurs titres d'exemption
. Seront tenus lefdits Syndics d'y comprendre
leurs propres voitures & leurs
chevaux , & de faire certifier lesdits états
par quatre des principaux habitans les
plus hauts impofés à la taille ; & en cas de
fauffe déclaration de leur part , feront lefdits
Syndics & les quatre habitans qui
auront certifié ledit état , condamnés en
vingt livres d'amende.
ART. IV. Auffi - tôt que les états contenant
la force de chaque Paroiffe Nous auzont
été envoyés par le Syndic , ils ferant
JUI N. 1757. 205
par Nous remis entre les mains de l'Ingénieur
, lequel dreffera en conféquence fon
état de répartition , contenant la tâche de
chaque Paroiffe , pour être enfuite envoyé
des Mandemens , lefquels contiendront
non -feulement la tâche de chaque
Paroiffe mais encore celle de chaque
cheval de trait ou de fomme , & de chaque
journalier demeurant dans ladite Paroiffe ,
laquelle ne fera eftimée que fur ce que
peut faire un homme de moyenne force.
->
ART. V. Seront lefdits Mandemens par
Nous envoyés aux Syndics des différentes
Paroiffes , lefquels feront tenus de les lire
& publier dans une affemblée générale des
habitans , qui fera convoquée à cet effet
le premier Dimanche d'après , à l'iffue de
la Meffe Paroiffiale , afin que chaque Pa
roiffe , & même chaque habitant , puiffe
connoître, autant qu'il fera poffible, la tâche
dont il demeurera chargé.
ART. VI. Il fera accordé quinzaine aux
habitans & aux Paroiffes après la publication
defdits Mandemens , pour Nous
adreffer leurs plaintes & repréfentations an
fujet des tâches qui leur auront été impo
fées feront les repréfentations des Paroiffes
communiquées à l'Ingénieur , &
celles des Habitans de chaque Paroiffe à
leurs Syndics , lefquels feront tenus d'y
répondre dans quinzaine , pour , fur leur.
:
206 MERCURE DE FRANCE.
réponſe & l'avis de nos Subdélégués , être
par Nous ordonné ce qu'il appartiendra.
ART. VII . Il fera auffi par Nous envoyé
des Ordres au bas defdits Mandemens aux
Syndics de fe rendre à un jour marqué ,
dans le village le plus prochain de l'attelier
, pour , en préfence & fous les ordres
du Sous - Ingénieur , régler fur l'attelier
même le travail de la corvée , de la maniere
& dans l'ordre qui va être preſcrit
ci -après.
T
ART. VIII. Il ne fera commandé à la
fois fur l'attelier que le tiers des Paroiffes
qui devront travailler à la corvée, & chaque
tiers fera commandé deux jours de fuite .
.
ART.IX. Ilnepourra auffi être commandé
à la fois que la moitié de chaque Paroiffe
employée à la corvée , & afin de mettre autant
d'ordre & de facilité qu'il eft poffible
dans cette diftribution feront lefdites
Paroiffes divifées en deux ou en quatre
Brigades , fuivant le nombre d'habitans
qu''elles contiennent , lefquelles feront tenues
de fe rendre alternativement fur l'at
telier les jours que leur Paroiffe fera employée.
ART. X. Et afin de ne pas enlever aux
Habitans , par l'exécution trop févere de
ces Ordres , des jours quelquefois néceffaires
à la culture de leurs terres & au bien
de leurs recoltes , pourront lefdits habi
JUI N. 1757. 207
tans , foit laboureurs , foir journaliers ,
compris dans les différentes Brigades , en
prévenant leurs Syndics , fe fuppléer les
uns aux autres , & faire acquitter leurs tâches
par d'autres , à condition qu'il fe
trouve toujours le même nombre dejournaliers
, de chevaux & de voitures fur
l'attelier , comme aufli à condition que
lefdites tâches demeureront toujours fouts
le nom & à la charge de ceux auxquels elles
auront été impofées , lefquels feront
feuls connus fur les états qui Nous feront
remis par les Syndics du travail de la córvée.
ART. XI. Seront toujours les brigades
commandées toutes entieres , & elles pour
ront n'être que de trois ou quatre journáliers
dans les Paroiffes les plus foibles ,
afin qu'il y en ait toujours au moins deux ,
& que la moitié de la Paroiffe demeure libre
, chaque brigade n'étant commandée
qu'alternativement .
ART. XII. Seront tenus les habitans des
Paroiffes d'obéir à leurs Syndics , & les
Syndics aux Piqueurs , en tout ce qu'il
leur fera prefcrit pour le bon ordre de la
corvée , fous l'infpection & les ordres du
Sous- Ingénieur qui , en cas de défobéiffance
, fera tenu de Nous en rendre compte ,
ou à nos Subdélégués , lefquels pourront
donner tous les ordres provifoires ; & fe208
MERCURE DE FRANCE.
t
ront tenus néanmoins de Nous en rendre
compte , pour y être par Nous pourvu définitivement
, fuivant l'exigence des cas.
ART. XIII : Sera la tâche de chaque Paroiffe
diftinguée fur l'attelier par des po
teaux , & celle de chaque brigade par des
piquets.
ART. XIV. Seront tenus les Syndics de
fe trouver avec leurs Paroiffes fur l'attelier
, pour veiller à ce que la tâche qui
leur fera preferite foit faite ; de remettre
chaque jour entre les mains du Piqueur
un état des défaillans dans chaque Briga
de , qu'ils feront tenus de figner , & dans
lequel ils auront foin d'inférer les cauſes
d'abfence qui pourroient être parvenues
à leur connoiffance.
ART. XV. Seront lefdits états remis par
les Piqueurs entre les mains du Sous- Ingénieur
, lequel Nous rendra compte tous
les quinze jours des progrès des corvées.
ART. XVI . Seront les défaillans condamnés
en une amende ; fçavoir , les laboureurs
de dix livres , & les journaliers
de trois livres pour la premiere fois , &
du double pour la feconde , & feront même
punis fuivant l'exigence des cas , s'ile
continuoient à mériter des peines plus féveres
, par une plus longue défobéiffance ;
& afin de parvenir au payement defdites
amendes, il fera joint aux états qui Nour
JUI N. 1757.
209
feront envoyés par le Sous- Ingénieur , un
rôle des défaillans , lequel fera par Nous
rendu éxécutoire , & dont le Syndic de
chaque Paroiffe fera tenu de fe charger ,
& de faire le recouvrement ; à l'effet de
quoi il pourra contraindre les redevables ,
pour être enfuite les deniers par lui diftribués
au marc la livre , de là taille à chacun
de ceux qui compofent la brigade de
corvéables , dans laquelle les défaillans
auront manqué , auxquelles amendes ne
pourront néanmoins participer mutuellement
aucuns defdits défaillans ; & il appartiendra
un quart defdites amendes au
Syndic , pour le dédommager des peines
& des frais qui lui auront été occafionnés
par le recouvrement .
pu-
ART. XVII . Mais afin de rendre les
nitions les plus rares qu'il fera poffible , &
de hâter d'ailleurs l'avantage que le Public
doit retirer des travaux des corvées , Nous
avons cherché à exciter l'émulation , & à
encourager par des récompenfes , le zele
& la bonne volonté de tous ceux qui y feront
employés , & Nous avons à cet effet
divifé le travail de la corvée en deux
temps , fçavoir trois mois auparavant les
récoltes , à commencer depuis le quinze
d'Avril jufqu'au quinze de Juillet , pendant
lefquels les Paroiffes qui auront fini le
plus diligemment leurs tâches , auront
210 MERCURE DE FRANCE.
droit aux récompenfes ; & deux mois
après les récoltes , depuis le premier Sep
tembre jufqu'au quinze de Novembre ,
qui leur feront donnés pour achever leurs
tâches , faute de quoi elles y feront contraintes
; & feront lefdites récompenfes
diftribuées de la maniere qui va être indiquée
ci - après.
ART. XVIII. Il fera accordé trente livres
de gratification fur les fonds des ponts
& chauffées , au Piqueur qui fe fera le
plus diftingué fur la route dans la conduite
de l'attelier qui lui aura été confié , &
quinze livres à chacun des deux Syndics ,
qui fur le rapport du Sous-Ingénieur , auront
marqué le plus d'intelligence & d'affiduité.
ART. XIX . A l'égard des Paroiffes , il
fera accordé une diminution fur la taille ,
aux trois Paroiffes qui fur chaque attelier
auront fait le plus diligemment la tâche
dont elles auront été chargées, pourvu toutefois
que ce foit dans les trois mois avant
la récolte ; & fera ladite diminution de quatre
-vingts livres pour les Paroiffes dont la
taille eft de douze cens livres , & au deffus ;
foixante livres pour celles dont la taille
fera depuis huit cens livres jufqu'à douze
cens livres , & quarante livres à toutes
celles dont la taille fera au deffous de huis
cens livres.
JUIN. 1757.
211
ART. XX. Si cependant aucune Paroiffe
de l'attelier n'avoit achevé la tâche qui lui
auroit été preſcrite avant la récolte , la
peine que Nous aurions de n'avoir plus que
des punitions à propoſer lors de la repriſe
du travail des corvées , pourra Nous faire
prendre le parti d'accorder encore par grace
, des récompenfes aux trois Paroiffes
qui auront fini le plus diligemment leurs
corvées , même après la récolte , pourvu
toutefois que ce foit avant le premier Octobre
, mais alors lefdites récompenſes ſeront
réduites à moitié.
ART. XXI. Comme il eft jufte de récompenfer
non-feulement l'activité , mais
la foumiffion & l'exactitude , fi dans les
trois Paroiffes qui auront fini le plus diligemment
leur tâche avant la récolte , il
n'y avoit aucun défaillant , enforte que
l'on n'eût été dans le cas d'éxercer aucune
contrainte contre les habitans , alors la diminution
fur la taille fera augmentée d'un
tiers , & fera portée ; fçavoir , celle de
quatre-vingts livres à cent vingt livres ,
celle de foixante livres à quatre-vint- dix livres
, & celle de quarante livres à foixante
livres ; fera auffi la même faveur accordée
même aux Paroiffes qui n'auront fini
leur tâche qu'avant le premier Octobre ,
dans la même proportion.
212 MERCURE DE FRANCE.
ART. XXII . Si quelques Paroiffes , dans
la vue d'obtenir la récompenfe promiſe ,
ou de ſe débarraffer plutôt de la tâche qui
leur aura été impofée , ſe rendent volontairement
pour travailler fur l'attelier , indépendamment
des jours qui leur auront
été prefcrits , alors la récompenfe fera donnée
à celle qui aura fini fa tâche la premiere
; mais fi toutes ne fe rendent fur l'attelier
que les jours prefcrits , feront alors lefdites
récompenfes données à celle qui aura fini
fa tâche en moins de temps.
ART. XXIII . Et afin qu'il ne puiffe y
avoir ni doutes ni furpriſes à ce fujet , feront
tenus les Syndics defdites Paroiffes , à
la fin des travaux de leur corvée , de retirer
du Piqueur un certificat du jour & de
l'heure auxquels lefdites Paroiffes auront
fini leurs tâches , pour le remettre auffitôt
entre les mains du Sous-Ingénieur ,
lequel fera tenu de Nous envoyer leſdits
certificats dans les huit premiers jours
d'Octobre , pour pouvoir y avoir égard
lors de nos départemens.
Fait en notre Hôtel le 15 Novembre 17 56.
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Résumé : Ordonnance sur les Corvées [titre d'après la table]
L'Ordonnance concernant les corvées, jugée conforme à la justice et précieuse pour l'humanité, a été publiée à la demande de nombreuses personnes. Antoine-Paul-Joseph Feydeau-de Brou, Chevalier et Intendant de Justice, Police et Finances à Rouen, a noté le peu de progrès des travaux de corvées et a décidé de réformer leur administration pour accélérer les progrès sans augmenter la charge des habitants. Les points essentiels de l'ordonnance sont les suivants : 1. **Suppression des jours de corvées déterminés** : Les paroisses doivent accomplir des tâches proportionnées à leurs forces et aux difficultés des travaux. 2. **Plan et devis des routes** : Un plan et devis des routes doivent être remis par l'ingénieur de la province avant la fin du mois de décembre. 3. **États des paroisses** : Les syndics des paroisses doivent fournir des états des voitures, chevaux, harnois et journaliers dans les quinze jours suivant la réception de l'ordre. 4. **Répartition des tâches** : L'ingénieur établit un état de répartition des tâches pour chaque paroisse, cheval et journalier. 5. **Publication des mandements** : Les mandements contenant les tâches sont lus et publiés lors d'une assemblée générale des habitants. 6. **Plaintes et représentations** : Les habitants et paroisses peuvent adresser des plaintes dans les quinze jours suivant la publication des mandements. 7. **Organisation des brigades** : Les paroisses sont divisées en brigades qui travaillent alternativement sur l'atelier. 8. **Substitution des tâches** : Les habitants peuvent se suppléer mutuellement pour accomplir les tâches, à condition que le nombre de journaliers, chevaux et voitures reste constant. 9. **Sanctions et récompenses** : Les défaillants sont condamnés à une amende, tandis que les paroisses et individus diligents reçoivent des récompenses sous forme de diminution de la taille ou de gratifications. 10. **Émulation et encouragement** : Des récompenses sont accordées aux paroisses et individus qui terminent leurs tâches le plus diligemment, avant ou après la récolte. Les syndics des paroisses doivent obtenir un certificat du piqueur à la fin de leurs travaux de corvée, indiquant la date et l'heure de la fin de leurs tâches. Ce certificat doit être remis au sous-ingénieur, qui l'envoie ensuite aux autorités compétentes dans les huit premiers jours d'octobre. Cette procédure permet de prendre en compte les informations lors des départements. Le document est daté du 15 novembre 1756 et a été rédigé à l'Hôtel.
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3
p. 214
AUTRE.
Début :
Madame Lepreux, Marchande Lingere à Paris, rue & près l'Echelle [...]
Mots clefs :
Poudre, Tâches, Textiles et tissus
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
MADAME Lepreux , Marchande Lingere à Pa
ris , rue & près l'Echelle du Temple , à l'Ange
Gardien , donne avis au public qu'elle vend une
poudre qui a la vertu d'enlever fur le champ de
deffus les toiles , mouffelines & dentelles , les taches
d'encre & de rouille , fans aucun danger de
rien gâter , quand même lefdites taches feroient
anciennes , & que les chofes fufdites auroient été
blanchies ; elle les ôte fur les étoffes de foie & de
laine blanche. Elle fe vend 24 fols le paquet
avec la maniere de les enlever. L'on en fait l'expé
rience fur le champ devant les perſonnes qui le
Jouhaitent.
MADAME Lepreux , Marchande Lingere à Pa
ris , rue & près l'Echelle du Temple , à l'Ange
Gardien , donne avis au public qu'elle vend une
poudre qui a la vertu d'enlever fur le champ de
deffus les toiles , mouffelines & dentelles , les taches
d'encre & de rouille , fans aucun danger de
rien gâter , quand même lefdites taches feroient
anciennes , & que les chofes fufdites auroient été
blanchies ; elle les ôte fur les étoffes de foie & de
laine blanche. Elle fe vend 24 fols le paquet
avec la maniere de les enlever. L'on en fait l'expé
rience fur le champ devant les perſonnes qui le
Jouhaitent.
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Résumé : AUTRE.
Madame Lepreux, marchande lingère à Paris, vend une poudre éliminant les taches sur toiles, mousselines, dentelles, et étoffes de soie et laine blanche. Efficace sur taches d'encre et de rouille, même anciennes. 24 sols le paquet, avec instructions. Démonstration possible sur place.
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