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1
p. 186
A MONSIEUR SUR SA VICTOIRE.
Début :
Surmonter en tous lieux, la Nature & le Temps, [...]
Mots clefs :
Victoire, France, Philippe, Louis
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR SUR SA VICTOIRE.
A MONSIEVR
Sur ſa Victoire .
S
Vrmonterentous lieux,laNature&le Temps,
Prendre Villes &Forts, &donner
des batailles,
134 LE MERCURE
:
Oùtu domptes l'orgueilde cesfærs combatans ,
Dont la Flandre aux aboispleure
les funerailles,
Suprendre l'Univers pardes Faits
inoüis,
Etcontraindrel'Espagne& l'en- vie àfetaire,
Onnepeutfaireplus; Maispou- vois-tu moinsfaire Philippe, Fils deFrance, &frere de Loüis?
Sur ſa Victoire .
S
Vrmonterentous lieux,laNature&le Temps,
Prendre Villes &Forts, &donner
des batailles,
134 LE MERCURE
:
Oùtu domptes l'orgueilde cesfærs combatans ,
Dont la Flandre aux aboispleure
les funerailles,
Suprendre l'Univers pardes Faits
inoüis,
Etcontraindrel'Espagne& l'en- vie àfetaire,
Onnepeutfaireplus; Maispou- vois-tu moinsfaire Philippe, Fils deFrance, &frere de Loüis?
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2
p. 212-213
POUR LE ROY. SONNET.
Début :
A Peine le Soleil dissipoit les frimats, [...]
Mots clefs :
Louis, Valeur, Exploits, Héros
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texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. SONNET.
POUR LE ROY.
SONNET.
Peine
TYON
EE
le Soleil dißipoit les Arimats,
Qu'on à veu de Loüis la Valeur
triomphante ,
95 %
Gv
156 LE MERCURE La Flandre defolée, &fes meil
leurs Soldats.
Arroufer de leur Sang l'Herbe à
peinenaiſſante.
६००३ LuySeul achangé l'art des Sieges , des Combats,
Dont jadis la mètode étoit douteuse &lente.
Ce Iupiterqui regne &qui tonne
icy bas ,
Lance en toute ſaiſon ſa foudre • impatiente Ses Exploits font toûjours auſſi
prompts qu'éclatans.
Ilsne releventpoint desregles ny
du temps.
Envainpour luy nos vœux appel- lent laVictoire..
Ce Héros dont l'ardeur ne
reste jamais
Sar
GALANT. 157 Sçait si bien abreger le chemin de la Gloire ,
Quefarapiditédevance nosfouhaits
SONNET.
Peine
TYON
EE
le Soleil dißipoit les Arimats,
Qu'on à veu de Loüis la Valeur
triomphante ,
95 %
Gv
156 LE MERCURE La Flandre defolée, &fes meil
leurs Soldats.
Arroufer de leur Sang l'Herbe à
peinenaiſſante.
६००३ LuySeul achangé l'art des Sieges , des Combats,
Dont jadis la mètode étoit douteuse &lente.
Ce Iupiterqui regne &qui tonne
icy bas ,
Lance en toute ſaiſon ſa foudre • impatiente Ses Exploits font toûjours auſſi
prompts qu'éclatans.
Ilsne releventpoint desregles ny
du temps.
Envainpour luy nos vœux appel- lent laVictoire..
Ce Héros dont l'ardeur ne
reste jamais
Sar
GALANT. 157 Sçait si bien abreger le chemin de la Gloire ,
Quefarapiditédevance nosfouhaits
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Résumé : POUR LE ROY. SONNET.
Le sonnet célèbre les victoires militaires du roi Louis en Flandre, où il a vaincu les ennemis. Louis a modernisé les sièges et les combats, rendant les méthodes plus efficaces. Comparé à Jupiter, il agit avec rapidité et éclat, indépendamment des saisons. Ses exploits surpassent les vœux de victoire de ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 218-219
« De l'Auguste Loüis celebrez les Trophées [...] »
Début :
De l'Auguste Loüis celebrez les Trophées [...]
Mots clefs :
Louis, Trophées, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Auguste Loüis celebrez les Trophées [...] »
Dbrez les Trophées, Fées,
Tracez, Filles des bois, deſſusſes
Lauriers vers, Vers,
Comme il est pourſe voir dans le
Ciel couronné. Né,
Dreſſfez àceHéros que l'Univers
contemple, Temple.. L'on peut bien de Cefar ce qu'on
en fait accroire , Croire,
Mais la Gloire en Hyverſuivoit- ellefespast Pas
Aupres du Grand Loüis auroitildurenom ? Non.
Le vit- on comme luy juste, vail- lant , affable? Fable.
1
Ceque l'Antiquité, qui cheznous a credit. Dit
Des plus fameux Guerriers , eft
une bagatelle Telle
162 LE MERCU
Qu'ilsauroient tousperdudevant
ce grand Vainqueur Cœur.
६००३
Voyons-lequi jamaisdansſonſein
vigilant , Lent,
Toûjourspour entaſſer merveille
fur merveille , Veille.
Qui donc est au deſſus denôtre
Demy-Dieu? Dieu.
Tracez, Filles des bois, deſſusſes
Lauriers vers, Vers,
Comme il est pourſe voir dans le
Ciel couronné. Né,
Dreſſfez àceHéros que l'Univers
contemple, Temple.. L'on peut bien de Cefar ce qu'on
en fait accroire , Croire,
Mais la Gloire en Hyverſuivoit- ellefespast Pas
Aupres du Grand Loüis auroitildurenom ? Non.
Le vit- on comme luy juste, vail- lant , affable? Fable.
1
Ceque l'Antiquité, qui cheznous a credit. Dit
Des plus fameux Guerriers , eft
une bagatelle Telle
162 LE MERCU
Qu'ilsauroient tousperdudevant
ce grand Vainqueur Cœur.
६००३
Voyons-lequi jamaisdansſonſein
vigilant , Lent,
Toûjourspour entaſſer merveille
fur merveille , Veille.
Qui donc est au deſſus denôtre
Demy-Dieu? Dieu.
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Résumé : « De l'Auguste Loüis celebrez les Trophées [...] »
Le poème célèbre le Grand Louis, héros dont la gloire éclipse celle des guerriers antiques. Il loue sa justice, son courage et son affabilité, qualités supérieures à celles de César. Vigilant et constant, il accumule des merveilles. Qualifié de demi-dieu, il ne peut être surpassé que par Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 134-141
LETTRE EN CHANSONS.
Début :
Flore dans nos Champs [...]
Mots clefs :
Air, Chant, Rire, Couplet, Louis, Louer
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE EN CHANSONS.
LETTRE
EN CHANSONS,
Sur le Chant deLancelotTurpin.
Lore dans nos Champs FEstenfin defcendun
Les Oyseauxparleurs chants Annoncentsa venuë ;
MaisquefertlePrintemps s
Quand onvousaperduë ;
Surle Chant de Réveillez-vous
Belle endormie.
DuZephirl'adouceinfluence Changeen vainnos bois &nos Prez ,
Nousneſentironssapresence,
Quedujourque vousreviendrez.
Sur l'Air duTraquenart.
Madame,quefaites-vous ,
Devous éloigner denous ?
88 LE MERCVRE
Demapropremain ,
Siiecroyoismon courage,
Demapropremain Ieme perçerois leſein.
Surl'Air delaBordeaux.
Aqui connoîtvostre beauté charmantes Comme nousfaiſons tous,
Touteſaiſon estaimable &riante.
Quiſepaſſe avecvous ,
Nultemps n'est doux Quandvous estes abfente ,
Etc'estparlemesme efprit Que l'heureux Coulange rit ,
Et Galand lamente.
Sur le Chant de l'Echelle du Temple
Ienehaypointles Espagnols ,
Tant que Coulange&que Bagnols.
Ils ont eux-feuls tout l'avantage ,
Tous les plaifirs , & tout l'honneur
Etne nouslaiſſent enpartage,
Qued'enragerde leur bon-beur.
Surle Chantde Landerirette.
Mais à quoybon tant de douleurs
2
GALANT. 89
ر
Nos cris,nosfoùpirs &nos pleurs ,
Landerirette ,
Nevous ramenentpas icy ,
Landeriry.
Surl'Air de Fichuë efttoutepreste.
Atous les gensde bon gouft ,
L'ay toûjours oùy dire Que quand l'adreffe est àbout ,
Ilfaut benir Dieude tout ,
Et rire,&rire ,&rire.
Sur le Chant de l' Année est bonne
Mais venons ànoftre Grand Roy,
Aluy voirtout remplird'effroy ,
Iln'estbon François qui n'entonne L'Annéeest bonne.
Sur leChantde Puiſſant Roy.
Iln'estpas permis de s'affliger ,
Sons ſes Loix Loüis va tout ranger.
Celebrons les Miracles étranges,
Qu'ontfaitpour nous ſon esprit &son
1 cœur:
Al'envy prodiguonsnos loüanges,
C'est le ſenl bien qui flate leVainqueur
90 LE MERCVRE
Sur l'Air Beuvons ànous quatre.
Maisquoyqu'on l'adore ,
Onadudépit Devoirqu'auboutdu Recit
Il en reste encore
Plus qu'on n'en adit.
ليه
Sur l'Air de Frere Frapart.
Nousceſſferons enfin d'entendre Comparer au plus granddes Rois,
Achille,Cefar,Alexandre ... Et tous les Hérosd'autrefois :
Quel que soit l'éclat qu'on leur donne,
Cequ'est Loüis nul n'a jamais esté.
Iln'imitajamaispersonne ,
Etnefera point imité.
Sur le Chant du Poulallierde
Pontoise.
Quelque éloge ,qu'ilnous coûte Ayons-en toûjours pour luy Acent ans , comme aujourd'huy Puiſſe-t-il estrefansgoute;
Qu'àsespieds il ait cent Rois ,
Qu'àlaChineonle redoute;
GALANT. 91
h
Etpour tout dire àlafois ,
Qu'ilait encorfon Louvois.
Sur l'Air des Sauts de Bordeaux.
Dans le meſime Sacrifice On Loürs est adoré ,
Son Ministre avecjustice Se voit aufsi reveré:
Toutemédiſance créve ,
L'envieuxtombe en defaut Lorsque la Vertu s'éleve
Iusqu'an degré leplus haut.
Sur le Chantde Vous avez trois
Filles.
Cettegrande Brune ,
Dontil est Mary ,
N'estpas lamoindrefortune DeceſageFavory.
Sur le Chant des Feüillantines..
Finiſſons , cardu Mestier Delower ,
Ilnefautpasse joüer ;
Detoutce que l'on révere
Ilfait bon ,
Ilfaitbonneparler guere
!
92 LE MERCVRE
Surl'Air de *****
Croyezdoncque l'Autheur
Tres-fatigué d'écrire;
Croyez donc que l'Autheur
Eft voſtre Serviteur.
Iefuisfans ceremonie Letres-fidele Valet
Delanoble Compagnie,
Quin'aura que ce Couplet.
EN CHANSONS,
Sur le Chant deLancelotTurpin.
Lore dans nos Champs FEstenfin defcendun
Les Oyseauxparleurs chants Annoncentsa venuë ;
MaisquefertlePrintemps s
Quand onvousaperduë ;
Surle Chant de Réveillez-vous
Belle endormie.
DuZephirl'adouceinfluence Changeen vainnos bois &nos Prez ,
Nousneſentironssapresence,
Quedujourque vousreviendrez.
Sur l'Air duTraquenart.
Madame,quefaites-vous ,
Devous éloigner denous ?
88 LE MERCVRE
Demapropremain ,
Siiecroyoismon courage,
Demapropremain Ieme perçerois leſein.
Surl'Air delaBordeaux.
Aqui connoîtvostre beauté charmantes Comme nousfaiſons tous,
Touteſaiſon estaimable &riante.
Quiſepaſſe avecvous ,
Nultemps n'est doux Quandvous estes abfente ,
Etc'estparlemesme efprit Que l'heureux Coulange rit ,
Et Galand lamente.
Sur le Chant de l'Echelle du Temple
Ienehaypointles Espagnols ,
Tant que Coulange&que Bagnols.
Ils ont eux-feuls tout l'avantage ,
Tous les plaifirs , & tout l'honneur
Etne nouslaiſſent enpartage,
Qued'enragerde leur bon-beur.
Surle Chantde Landerirette.
Mais à quoybon tant de douleurs
2
GALANT. 89
ر
Nos cris,nosfoùpirs &nos pleurs ,
Landerirette ,
Nevous ramenentpas icy ,
Landeriry.
Surl'Air de Fichuë efttoutepreste.
Atous les gensde bon gouft ,
L'ay toûjours oùy dire Que quand l'adreffe est àbout ,
Ilfaut benir Dieude tout ,
Et rire,&rire ,&rire.
Sur le Chant de l' Année est bonne
Mais venons ànoftre Grand Roy,
Aluy voirtout remplird'effroy ,
Iln'estbon François qui n'entonne L'Annéeest bonne.
Sur leChantde Puiſſant Roy.
Iln'estpas permis de s'affliger ,
Sons ſes Loix Loüis va tout ranger.
Celebrons les Miracles étranges,
Qu'ontfaitpour nous ſon esprit &son
1 cœur:
Al'envy prodiguonsnos loüanges,
C'est le ſenl bien qui flate leVainqueur
90 LE MERCVRE
Sur l'Air Beuvons ànous quatre.
Maisquoyqu'on l'adore ,
Onadudépit Devoirqu'auboutdu Recit
Il en reste encore
Plus qu'on n'en adit.
ليه
Sur l'Air de Frere Frapart.
Nousceſſferons enfin d'entendre Comparer au plus granddes Rois,
Achille,Cefar,Alexandre ... Et tous les Hérosd'autrefois :
Quel que soit l'éclat qu'on leur donne,
Cequ'est Loüis nul n'a jamais esté.
Iln'imitajamaispersonne ,
Etnefera point imité.
Sur le Chant du Poulallierde
Pontoise.
Quelque éloge ,qu'ilnous coûte Ayons-en toûjours pour luy Acent ans , comme aujourd'huy Puiſſe-t-il estrefansgoute;
Qu'àsespieds il ait cent Rois ,
Qu'àlaChineonle redoute;
GALANT. 91
h
Etpour tout dire àlafois ,
Qu'ilait encorfon Louvois.
Sur l'Air des Sauts de Bordeaux.
Dans le meſime Sacrifice On Loürs est adoré ,
Son Ministre avecjustice Se voit aufsi reveré:
Toutemédiſance créve ,
L'envieuxtombe en defaut Lorsque la Vertu s'éleve
Iusqu'an degré leplus haut.
Sur le Chantde Vous avez trois
Filles.
Cettegrande Brune ,
Dontil est Mary ,
N'estpas lamoindrefortune DeceſageFavory.
Sur le Chant des Feüillantines..
Finiſſons , cardu Mestier Delower ,
Ilnefautpasse joüer ;
Detoutce que l'on révere
Ilfait bon ,
Ilfaitbonneparler guere
!
92 LE MERCVRE
Surl'Air de *****
Croyezdoncque l'Autheur
Tres-fatigué d'écrire;
Croyez donc que l'Autheur
Eft voſtre Serviteur.
Iefuisfans ceremonie Letres-fidele Valet
Delanoble Compagnie,
Quin'aura que ce Couplet.
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Résumé : LETTRE EN CHANSONS.
La lettre est une série de poèmes en chansons adressés à une dame absente. Les auteurs expriment leur tristesse et leur désir de son retour, soulignant que la nature et les saisons perdent leur charme en son absence. Ils utilisent divers airs connus pour exprimer leur douleur et leur espoir de la revoir. La lettre célèbre également le roi Louis, louant ses qualités et ses actions, et le compare favorablement aux grands héros de l'histoire. Elle mentionne le ministre Louvois et critique subtilement certains aspects de la cour. Enfin, l'auteur conclut en se déclarant fatigué d'écrire et se présente comme le serviteur de la noble compagnie à qui la lettre est destinée.
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5
p. 86-93
VERS IRREGULIERS POUR LE ROY.
Début :
Je ne vous envoye point ce qui a esté imprimé, / Quel desir pressant m'inquiete, [...]
Mots clefs :
Nouveau, M. de Mimur, Roi, Louis, Gloire, Conquêtes
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texteReconnaissance textuelle : VERS IRREGULIERS POUR LE ROY.
Je ne vous envoye point ce qui a eſté imprimé,&qui pour- roitn'eſtrepointnouveau pour vous. Jem'arreſte ſeulement à
ce qui ne peut avoir eſte veu quede fort peu de Perſonnes,
&c'eſt par là queje vous fais partde cesVers,où vous trouverez plus de naturel , que de cette élevationpompeuſe qui a quelquefois plus de grands mots quede bons fens. Ils font
deM.deMimur, dont le Pere
eft Confeiller au Parlementde
Dijon. Ce jeune Gentilhom- me fut donné pourPage de la Chambre à Monſeigneur le Dauphin , dans le temps que Monfieur de Montaufier fut
GALANT. 65 fait Gouverneurde ce Prince.
Quoy que M.de Mimurn'eust pas encor dix ans, il paſſoitde- ja pour un prodige. Il ſçavoit parfaitement l'Hiſtoire & la
Chronologie; les Sciences les plus relevées luy estoient fa- milieres,&il en donnadeflors
d'aſſez glorieuſes marques , en confondant plufieurs Perſon- nesqui enprefenced'ungrand Prince,s'attacherentà luy faire des Queſtions. Son merite augmete tous les jours,auſſi-bien que ſa modestie , qui l'auroit -toûjours empeſche de laiſſer courir ces Vers , ſi ſes Amis
n'avoient eu aſſez de memoire
pour en tirer une Copie malgré luy
F3
66 LE MERCVRE
VERS IRREGULIERS
POUR LE ROY.
Vel defir preſſant minquiete ,
Et quel jeune transportd'une ardeur indiscrete ,
Eleve mon esprit jusqu'au plus
grand des Rois ?
Quoy!temeraire avec ce peu de
voix,
Quiferviroit àpeineàparlerde
nosBois .
८
Or du travailque fait l'Abeille
auMontHimette D
Oferois-je chanter commeenmoins -dedeux mois
Loüis afçew rangertrois Villes.
fousfesLois?
Oferois - je conter la sanglante
Défaite
GALANT. 67 Quimet le Flamand aux abois ,
Ettant deſurprenans Exploits ,
Où n'auroit pas suffy le plus fameux Poëte ,
Quedansfon heureux SiecleAu- gusteeut autrefois ?
Non , à quelque deſſein que mon
zelem'engage ,
Je connois mon génie , & ne me
flate pas.
Ien'entreprendraypointde tracer
une image
Qui le peigne außi fier qu'on le
voit aux Combats
Attacher la Victoire incertaine
&volage,
Et larendre conftante àmarcher furfespas.
C'estcependantparses derniers
progrés,
Que la Frontieredeformais
68 LE MERCVRE Verra le Laboureurdansſafertile
terre
Senrichir tous les ans des trefors
de Cerés ,
Et fans estre allarmé des malheurs de la Guerre ,
Foüir enſeuretédes douceurs de la
Paix
Venez montrer ce front où brille
La Victoire
Rameneznos beaux jours , rame- neznosplaisirs ,
Revenez, &faites-nous croire Quevous preferez nos defirs
Aux interests devostregloire.
Hé! quoy tant de travaux avant
5
qu'à nos Vergers whoar LePrintemps ait rendu leurverdure ordinaire ,
Nepeuvět donc vous fatisfaire?
Toûjours nouveaux deſſeins, toû- jours nouveaux dangers.
GALANT. 69 GRAND ROY , ménagez mieux
une teſteſi chere ,
LeBelgen'a que tropſentyvoſtre colere:
Prenezà l'avenirunpeuplus de
repos,
Et laiffez deformais les Conquêtes àfaire,
A l'ardeur que je vois dans un
jeune Héros Qui cherche àse montrerdigne
Fils d'un tel Pere
ce qui ne peut avoir eſte veu quede fort peu de Perſonnes,
&c'eſt par là queje vous fais partde cesVers,où vous trouverez plus de naturel , que de cette élevationpompeuſe qui a quelquefois plus de grands mots quede bons fens. Ils font
deM.deMimur, dont le Pere
eft Confeiller au Parlementde
Dijon. Ce jeune Gentilhom- me fut donné pourPage de la Chambre à Monſeigneur le Dauphin , dans le temps que Monfieur de Montaufier fut
GALANT. 65 fait Gouverneurde ce Prince.
Quoy que M.de Mimurn'eust pas encor dix ans, il paſſoitde- ja pour un prodige. Il ſçavoit parfaitement l'Hiſtoire & la
Chronologie; les Sciences les plus relevées luy estoient fa- milieres,&il en donnadeflors
d'aſſez glorieuſes marques , en confondant plufieurs Perſon- nesqui enprefenced'ungrand Prince,s'attacherentà luy faire des Queſtions. Son merite augmete tous les jours,auſſi-bien que ſa modestie , qui l'auroit -toûjours empeſche de laiſſer courir ces Vers , ſi ſes Amis
n'avoient eu aſſez de memoire
pour en tirer une Copie malgré luy
F3
66 LE MERCVRE
VERS IRREGULIERS
POUR LE ROY.
Vel defir preſſant minquiete ,
Et quel jeune transportd'une ardeur indiscrete ,
Eleve mon esprit jusqu'au plus
grand des Rois ?
Quoy!temeraire avec ce peu de
voix,
Quiferviroit àpeineàparlerde
nosBois .
८
Or du travailque fait l'Abeille
auMontHimette D
Oferois-je chanter commeenmoins -dedeux mois
Loüis afçew rangertrois Villes.
fousfesLois?
Oferois - je conter la sanglante
Défaite
GALANT. 67 Quimet le Flamand aux abois ,
Ettant deſurprenans Exploits ,
Où n'auroit pas suffy le plus fameux Poëte ,
Quedansfon heureux SiecleAu- gusteeut autrefois ?
Non , à quelque deſſein que mon
zelem'engage ,
Je connois mon génie , & ne me
flate pas.
Ien'entreprendraypointde tracer
une image
Qui le peigne außi fier qu'on le
voit aux Combats
Attacher la Victoire incertaine
&volage,
Et larendre conftante àmarcher furfespas.
C'estcependantparses derniers
progrés,
Que la Frontieredeformais
68 LE MERCVRE Verra le Laboureurdansſafertile
terre
Senrichir tous les ans des trefors
de Cerés ,
Et fans estre allarmé des malheurs de la Guerre ,
Foüir enſeuretédes douceurs de la
Paix
Venez montrer ce front où brille
La Victoire
Rameneznos beaux jours , rame- neznosplaisirs ,
Revenez, &faites-nous croire Quevous preferez nos defirs
Aux interests devostregloire.
Hé! quoy tant de travaux avant
5
qu'à nos Vergers whoar LePrintemps ait rendu leurverdure ordinaire ,
Nepeuvět donc vous fatisfaire?
Toûjours nouveaux deſſeins, toû- jours nouveaux dangers.
GALANT. 69 GRAND ROY , ménagez mieux
une teſteſi chere ,
LeBelgen'a que tropſentyvoſtre colere:
Prenezà l'avenirunpeuplus de
repos,
Et laiffez deformais les Conquêtes àfaire,
A l'ardeur que je vois dans un
jeune Héros Qui cherche àse montrerdigne
Fils d'un tel Pere
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Résumé : VERS IRREGULIERS POUR LE ROY.
Le texte relate une correspondance où l'auteur partage des vers inédits de M. de Mimur, un jeune gentilhomme de Dijon. Mimur, fils d'un conseiller au Parlement de Dijon, a servi comme page de la Chambre du Dauphin sous Monsieur de Montaufier. À dix ans, il était déjà connu pour ses connaissances en histoire et chronologie, impressionnant des proches d'un grand prince. Les vers, intitulés 'Vers irréguliers pour le Roy', expriment l'admiration de Mimur pour le roi Louis XIV. Il y célèbre les exploits militaires du roi, tels que la prise de villes et la défaite des Flamands. Mimur reconnaît ses propres limites et espère que les frontières seront sécurisées, permettant aux laboureurs de travailler en paix. Le poème se conclut par une supplique au roi pour qu'il ménage ses forces et laisse les conquêtes à un jeune héros, le Dauphin. Malgré sa modestie, les amis de Mimur ont copié et diffusé ces vers.
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6
p. 93-100
A MONSIEUR LE PRINCE DE MARSILLAC. EPISTRE.
Début :
On ne peut douter que Sa Majesté n'ait exposé sa / Au lieu de jeûner le Carsme, [...]
Mots clefs :
Bonheur, Monsieur de Breteüil, Carnage, Conquérants, Canons, Louis, Rhin, Boulet
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE PRINCE DE MARSILLAC. EPISTRE.
On ne peut douterque Sa Majeſtén'ait exposé fa Perſon- ne àbien des perils , puis qu'il nes'eft rien fait où l'on n'ait
marqué les alarmes de la France pour cet Auguſte Monar- que.Voyez-le encor,Madame,
das cette Lettre de M.de Ramboüillet àM le Prince deMarfillac Grand-Maître de laGar-
70 LE MERCVRE derobe. Monfieur de Breteüil
l'a leuë au Roy , àqui elle n'a pas déplû , & je croirois vous dérober un plaifir, fi je negli- geois à vousl'envoyer.
A MONSIEUR LE PRINCE
DE MARSILLAC.
EPISTRE.
Vlieu de jeûner le Careſme,
D'estre avec un visage
blême ,
Afaire vos Devotions,
Etvacqueràvos Stations ,
Tout ce temps vous avez fait rage Parmy lefang &le carnage ,
Vousn'avez malgréles hazards,
Songéqu'àforcer des Ramparts;
Kous avezpris trois grades Villes,
DesFlamans lesplusfeurs aziles
GALANT. 71 Mesmevous avezfait périr Ceuxquivenoient lesfecourir,
Puny leur audace infolente ,
DansuneBatailleſanglante ,
Ceque lesplusgrands Conquerans Apeine euffentfait enquatre ans.
Louis, l'amede ces merveilles
Quin' eurentjamais depareilles,
Trouve maintenant à propos
Queles corps prennent du repos ,
Ilabienvoulu leurpermettre
QuelqueSéjour pourſe remettre.
Luy cependantfait mille tours ,
L'ame veille, elle agit toûjours,
Etrepaſſefur toute chose,
Pendant que le corpsserepose.
Maisondit quedanspeu de teps Vous allezvor remettreaux chaps;
Où Diable allez-vousdonc encore?
Eft-ce auNort,est-cevers l'Aurore?
Voulez-vous vous mettrefurl'eau,
Et paſſerla Merfans Vaiſſeau?
LesDauphinsdelaMerBaltique,
7.2 LE MERCVRE
LesBaleines du Pole Arctique ,
(Mafoy vo n'aurezqu'àvouloir)
Viendront vos ordres recevoir,
Etfurle Zalandois rivage,
Vous mettront Canon &Bagage.
Cen'est passigrand chose enfin,
Vous avezbienpasséle Rhin,
Cette barriere fiterrible ,
Dontlepaſſage estsipénible,
QueRomemaiſtreſſe de tout ,
Apeine en vint jadis à bout.
Ayant Loirs àvoſtre teſte ,
Vousn'aurezrienqui vous arrefte,
Ace Héros tout réußit ,
Tout luyfuccede, tout luy rit.
C'estparlàque ceux dot les veuës
Nefontpasassezétenduës ,
Exaltent autantfon bonheur ,
QueSaprudence&Savaleur ,
Maiscequ'ils diſent , bagatelles.
Lors que les Miniſtres fidelles,
Bontavecfoin on afaitchoix,
Sont
GALANT. 73
Sort au deſſus de leurs Emplois ,
Qu'avec justice on diſpenſe ,
Et lapeine &la récompense :
Qu'onSçait toutes chofesprévoir.
Atous les accidenspourvoir,
Et que jamais on ne viole LeDonfacrédeſa parole,
Avec ces talens merveilleux ,
Il est bien aiséd'estre heureux.
Cependatpourtrop entreprëdre,
Vous pourriez plus perdre que prendre :
Il est vray qu'ilfaut quechacun Contribué au bonheur commun.
On doit facrifierſavie A la gloire defa Patrie.
Ainsi, Seigneur,malgré les coups Quele Rhin vit tomberſur Vous,
Tous lesjours une ardeur nouvelle Vousfait expoſer de plus belle .
Mais il est bon de regarder ,
Qu'il nefautpas tout hazarder,
G
74 LE MERCVRE
,
Et que les Teftes couronnées
Doivent au moins estre épargnées.
Comment fouffrez-vous que le Roy (Ien'y penſepointſans effroy)
Soit à toute heure aux mouſquetades ,
Toûjours en bute aux canonades?
Vous,Seigneur, qui matin &foir
Avezle bonheur de le voir ,
Voussçavez, &devez luy dire (Quoy que desDieux sõsåg il tire,
Diilfoitleplus graddesHéros,)
Qiil estpourtatde chair &d'os,
Etqu'il a besoin d'une armure Lamieux trempée laplus dure.
Si PHILIPPE n'eneût pointmis,
Iln'eûtpasſurſes ennemis Dans cette Bataillefameuse Remporté laVictoire heureuse .
Etnousverrions dans la douleur,
Madame qui rit de bon cœur.
L'armure pourtant la meilleure,
N'empêchepas qu'on n'y demeure.
GALANT. 75
LeCanon eft encorplusfort ,
Turenne en afenty l'effort ,
Et Loürsſçait mieuxque persone,
Que tout cede où le bouletdonne.
Ainſi vous deveztout ofer Pour l'empefcher de s'expofer.
Quidoit toûjours eftre leMaistre,
En ce poinct ne doit jamais l'estre.
Leplusfeur estde revenir,
Rienn'adroit devous reten'r
Lors que des Beautez defolées,
D'ennuis loin de vous accablées,
Nelesfiniront que le jour Qu'elles vous verront de retour.
marqué les alarmes de la France pour cet Auguſte Monar- que.Voyez-le encor,Madame,
das cette Lettre de M.de Ramboüillet àM le Prince deMarfillac Grand-Maître de laGar-
70 LE MERCVRE derobe. Monfieur de Breteüil
l'a leuë au Roy , àqui elle n'a pas déplû , & je croirois vous dérober un plaifir, fi je negli- geois à vousl'envoyer.
A MONSIEUR LE PRINCE
DE MARSILLAC.
EPISTRE.
Vlieu de jeûner le Careſme,
D'estre avec un visage
blême ,
Afaire vos Devotions,
Etvacqueràvos Stations ,
Tout ce temps vous avez fait rage Parmy lefang &le carnage ,
Vousn'avez malgréles hazards,
Songéqu'àforcer des Ramparts;
Kous avezpris trois grades Villes,
DesFlamans lesplusfeurs aziles
GALANT. 71 Mesmevous avezfait périr Ceuxquivenoient lesfecourir,
Puny leur audace infolente ,
DansuneBatailleſanglante ,
Ceque lesplusgrands Conquerans Apeine euffentfait enquatre ans.
Louis, l'amede ces merveilles
Quin' eurentjamais depareilles,
Trouve maintenant à propos
Queles corps prennent du repos ,
Ilabienvoulu leurpermettre
QuelqueSéjour pourſe remettre.
Luy cependantfait mille tours ,
L'ame veille, elle agit toûjours,
Etrepaſſefur toute chose,
Pendant que le corpsserepose.
Maisondit quedanspeu de teps Vous allezvor remettreaux chaps;
Où Diable allez-vousdonc encore?
Eft-ce auNort,est-cevers l'Aurore?
Voulez-vous vous mettrefurl'eau,
Et paſſerla Merfans Vaiſſeau?
LesDauphinsdelaMerBaltique,
7.2 LE MERCVRE
LesBaleines du Pole Arctique ,
(Mafoy vo n'aurezqu'àvouloir)
Viendront vos ordres recevoir,
Etfurle Zalandois rivage,
Vous mettront Canon &Bagage.
Cen'est passigrand chose enfin,
Vous avezbienpasséle Rhin,
Cette barriere fiterrible ,
Dontlepaſſage estsipénible,
QueRomemaiſtreſſe de tout ,
Apeine en vint jadis à bout.
Ayant Loirs àvoſtre teſte ,
Vousn'aurezrienqui vous arrefte,
Ace Héros tout réußit ,
Tout luyfuccede, tout luy rit.
C'estparlàque ceux dot les veuës
Nefontpasassezétenduës ,
Exaltent autantfon bonheur ,
QueSaprudence&Savaleur ,
Maiscequ'ils diſent , bagatelles.
Lors que les Miniſtres fidelles,
Bontavecfoin on afaitchoix,
Sont
GALANT. 73
Sort au deſſus de leurs Emplois ,
Qu'avec justice on diſpenſe ,
Et lapeine &la récompense :
Qu'onSçait toutes chofesprévoir.
Atous les accidenspourvoir,
Et que jamais on ne viole LeDonfacrédeſa parole,
Avec ces talens merveilleux ,
Il est bien aiséd'estre heureux.
Cependatpourtrop entreprëdre,
Vous pourriez plus perdre que prendre :
Il est vray qu'ilfaut quechacun Contribué au bonheur commun.
On doit facrifierſavie A la gloire defa Patrie.
Ainsi, Seigneur,malgré les coups Quele Rhin vit tomberſur Vous,
Tous lesjours une ardeur nouvelle Vousfait expoſer de plus belle .
Mais il est bon de regarder ,
Qu'il nefautpas tout hazarder,
G
74 LE MERCVRE
,
Et que les Teftes couronnées
Doivent au moins estre épargnées.
Comment fouffrez-vous que le Roy (Ien'y penſepointſans effroy)
Soit à toute heure aux mouſquetades ,
Toûjours en bute aux canonades?
Vous,Seigneur, qui matin &foir
Avezle bonheur de le voir ,
Voussçavez, &devez luy dire (Quoy que desDieux sõsåg il tire,
Diilfoitleplus graddesHéros,)
Qiil estpourtatde chair &d'os,
Etqu'il a besoin d'une armure Lamieux trempée laplus dure.
Si PHILIPPE n'eneût pointmis,
Iln'eûtpasſurſes ennemis Dans cette Bataillefameuse Remporté laVictoire heureuse .
Etnousverrions dans la douleur,
Madame qui rit de bon cœur.
L'armure pourtant la meilleure,
N'empêchepas qu'on n'y demeure.
GALANT. 75
LeCanon eft encorplusfort ,
Turenne en afenty l'effort ,
Et Loürsſçait mieuxque persone,
Que tout cede où le bouletdonne.
Ainſi vous deveztout ofer Pour l'empefcher de s'expofer.
Quidoit toûjours eftre leMaistre,
En ce poinct ne doit jamais l'estre.
Leplusfeur estde revenir,
Rienn'adroit devous reten'r
Lors que des Beautez defolées,
D'ennuis loin de vous accablées,
Nelesfiniront que le jour Qu'elles vous verront de retour.
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Résumé : A MONSIEUR LE PRINCE DE MARSILLAC. EPISTRE.
La lettre et l'épître adressées à Monsieur le Prince de Marsillac, Grand-Maître de la Garde, mettent en lumière les périls auxquels Sa Majesté s'est exposée pour la France. Une lettre de M. de Rambouillet, lue au roi et appréciée par ce dernier, illustre ces dangers. L'épître décrit les exploits militaires du roi Louis, notamment la prise de trois villes flamandes et une victoire dans une bataille sanglante. Malgré sa fatigue, le roi continue de planifier et d'agir, tandis que son corps se repose. Le texte évoque également les futures campagnes militaires du roi, peut-être vers le Nord ou l'Aurore, et ses succès passés, comme le franchissement du Rhin. Il met en garde contre les dangers excessifs et souligne l'importance de protéger le roi. Le texte compare le roi à Philippe, qui dut porter une armure pour survivre à une bataille. Il conclut en insistant sur la nécessité de protéger le roi des dangers constants des combats.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 133-142
A MONSEIGNEUR LE PRINCE DE MARSILLAC. EPISTRE.
Début :
Vous voulez bien, Madame, que de Montpellier je vous ramene / Au lieu de jeûner le Carème, [...]
Mots clefs :
Carême, Carnage, Prise de Valenciennes, Louis, Vainqueurs, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE PRINCE DE MARSILLAC. EPISTRE.
Vous voulez bien , Madame que deMontpellierje vous ramene à la Cour , & que je vous faſſe encor une fois part de l'Epitre qui fut envoyée par Monfieurr de Ramboüillet àMonfieur le Prince de Marfillac aprés les dernieres Con- queſtes du Roy. Il manquoit beaucoup de Vers à la Copie qui estoit dans ma derniere
Lettre , vous le pourrez faci- lement connoiftre en lifant
94 LE MERCVRE celle-cy , où vous trouverez des agrémens qui n'eſtoient pas dans la premiere..
A MONSEIGNEUR
LE PRINCE
DE MARSILLAC.
A
EPISTRE.
Ulieu de jeûner le Carême,
D'estre avec un visage blême,
Afaire vos Devotions,
Et vacquer à vos Stations ;
Tout ce temps vous avez fait rage Parmyleſang &le carnage;
Vous n'avezmalgré les hazards Songéqu'àforcer des Remparts,
Vous avezpris trois grandes Villes,
Des Flamans les plus ſeurs aziles,
Mesme vous avezfait périr Ceux qui venoient les ſecourir.
GALANT. 95
L
و
Puny leur audace infolente ,
Dans une Bataille ſanglante ,
Ceque les plus grands Conquerans N'auroient jamais fait en quatre ans.
Je ne sçay ce que le Saint Pere Aura jugé de cette affaire ,
Mais jamais chez lesplus pieux -Carême neſe paſſa mieux.
Laprise de Valencienne ,
Eftune action fort Chrêtienne ,
Violer quandonfut dedans,
Sembloit estre du Droitdes Gens.
Leplus moderé, le plusfage,
Brûlealors ,met tout au pillage.
Vos Soldats mieux difciplinez ,
Parla feule gloire menez,
Dansune Placeainſi conquiſe,
Entrent comme dans une Eglife,
DesDémonsquad ils font aux mains,
Et quand ils font Vainqueurs , des Saints.
Loüis,l'ame de ces merveilles,
Qui n'eurent jamais de pareilles ,
Trouve maintenant àpropos Que les Corpsprennent durepos.
Il a bien voulu leur permettre
Quelques Sejours pour se remestre:
:
96 LE MERCVRE
Luy cependantfait mille tours ,
L'ame veille , elle agit toûjours,
Etrepaffe fur toute chofe ,
Pendantque le corps serepose.
Mais on ditque danspeude temps,
Vous allez vous remettre aux champs.
Où Diable allez-vous donc encore ?
Est-ce au Nord?est-ce vers l'Aurore
Voulez-vous vous mettre ſur l'eau,
Etpaffer la Merfans Vaiſſeau ?
Les Dauphins de la Mor Baltique Les Baloines du Pôle Arctique ,
Mafoy , vous n'aurez qu'àvouloir,
Viendrontvos ordres recevoir,
Et fur le Zelandeis rivage
Vous porter Canons &Bagage.
Cen'est pas si grand chose , enfin Vous avez bien pafse le Rhin,
Cette Barriere si terrible ,
Dontle paſſage eft fi penible,
QueRome maîtreſſe de tout ,
Apeine en vint jadis à bout.
Ayant Loüis àvostre teste ,
Vous n'aurez rien quivous arreste
Ases Armes tout réussit ,
Tout luyfuccede,tout luy rit.
D'oùvient que ceuxde qui les venës
GALANT. 97 Nefontpas assez étenduës ,
Exaltent autantfon bonheur,
Quefa prudence. &fa valeur ?
Mais quand on sçait estrefevere,
Sans ceffer toutefois de plaire ,
Lorsqu'onsçait inspirer aux cœurs Lesdefirs qui font les Vainqueurs,
Lemépris des Parques cruelles ,
Etque les Miniſtres fidelles,
Dont avecſoin on a fait choix,
Sont au deſſus de leurs Emplois,
Qu'avec justice on diſpenſe Et la peine &la récompense,
Qu'onfçait toutes choses prévoir,
Atous les accidens pourvoir,
Etque jamais on ne viole Le Don facré de ſaparole,
Avecfes talens merveilleux ,
Il est bien aisé d'eſtre heureux.
Cependantpar trop entreprendre ,
Vouspourriezplus perdre que predre :
Ilestvray qu'ilfaut que chacun Contribue au bonheur commun.
On doit facrifierſa vie
Ala gloire defa Patrie.
Ainsi, Seigneur, malgré les coups Quele Rhinvit tomberſur vous ,
98 LE MERCURE Tous les jours une ardeur nouvelle Vousfait expofer de plus belle.
Mais il est bon de regarder Qu'ilnefautpas tout hazarder ,
Etque les Teftes couronnées ,
Doivent au moins estre épargnées.
Commentfouffrez- vous que le Roy ,
(Je n'y pense pointsans effroy)
Soitàtoute heure aux mousquetades,
-Toujours en butte aux cannonades ,
Vous , Seigneur , quiſoir &matin Le voyeznud comme la main ?
Voz sçavez &devez luy dire ,
Quoyque des Dieux ſon ſangil tire,
Encore qu'ilsoit un Héros,
Qu'il estpourtant de chair &d'os,
Etqu'il abesoin d'une Armure La mieux trempée &laplus dure.
Sifon Frere n'en eûtpoint mis ,
Il n'auroit pas des Ennemis Dans cetteBataille fameuse Eu la Victoire glorieuse ,
Etnousverrions dans la douleur
Madamequi rit de bon cœur.
L'Armure pourtant la meilleure N'empesche pasqu'on n'y demeure,
Le Canon est encore plus fort ,
Turenne
رو .GALANT
7
Turenne afuby son effort ,
Et les Rois dont il est lafoudre , Peuvent en estre mis en poudre :
Ainsi vous deveztout ofer Pour l'empeſcher de s'expoſer ;
Qui doit toûjours estre le Maistre.
Encepoint nedoit jamais l'estre.
Le plusfeur est de revenir,
Rienn'a droit de vous retenir;
Lors que des Beautez defolées Sont par vostre absence accablées D'ennuis &de vives douleurs ,
Et leurs beaux yeux noyez de pleurs,
Rienn'est préferable àces Belles ,
Et laGloire est moins belle qu'elles.
Leur Carême est un peu trop long,
Et leur Jubilé hors deſaiſon.
Pourtant quoy que la Bulle dife,
Et tous les Canons de l'Eglisé ,
Ils nefiniront que le jour Qu'elles vous verront de retour.
Lettre , vous le pourrez faci- lement connoiftre en lifant
94 LE MERCVRE celle-cy , où vous trouverez des agrémens qui n'eſtoient pas dans la premiere..
A MONSEIGNEUR
LE PRINCE
DE MARSILLAC.
A
EPISTRE.
Ulieu de jeûner le Carême,
D'estre avec un visage blême,
Afaire vos Devotions,
Et vacquer à vos Stations ;
Tout ce temps vous avez fait rage Parmyleſang &le carnage;
Vous n'avezmalgré les hazards Songéqu'àforcer des Remparts,
Vous avezpris trois grandes Villes,
Des Flamans les plus ſeurs aziles,
Mesme vous avezfait périr Ceux qui venoient les ſecourir.
GALANT. 95
L
و
Puny leur audace infolente ,
Dans une Bataille ſanglante ,
Ceque les plus grands Conquerans N'auroient jamais fait en quatre ans.
Je ne sçay ce que le Saint Pere Aura jugé de cette affaire ,
Mais jamais chez lesplus pieux -Carême neſe paſſa mieux.
Laprise de Valencienne ,
Eftune action fort Chrêtienne ,
Violer quandonfut dedans,
Sembloit estre du Droitdes Gens.
Leplus moderé, le plusfage,
Brûlealors ,met tout au pillage.
Vos Soldats mieux difciplinez ,
Parla feule gloire menez,
Dansune Placeainſi conquiſe,
Entrent comme dans une Eglife,
DesDémonsquad ils font aux mains,
Et quand ils font Vainqueurs , des Saints.
Loüis,l'ame de ces merveilles,
Qui n'eurent jamais de pareilles ,
Trouve maintenant àpropos Que les Corpsprennent durepos.
Il a bien voulu leur permettre
Quelques Sejours pour se remestre:
:
96 LE MERCVRE
Luy cependantfait mille tours ,
L'ame veille , elle agit toûjours,
Etrepaffe fur toute chofe ,
Pendantque le corps serepose.
Mais on ditque danspeude temps,
Vous allez vous remettre aux champs.
Où Diable allez-vous donc encore ?
Est-ce au Nord?est-ce vers l'Aurore
Voulez-vous vous mettre ſur l'eau,
Etpaffer la Merfans Vaiſſeau ?
Les Dauphins de la Mor Baltique Les Baloines du Pôle Arctique ,
Mafoy , vous n'aurez qu'àvouloir,
Viendrontvos ordres recevoir,
Et fur le Zelandeis rivage
Vous porter Canons &Bagage.
Cen'est pas si grand chose , enfin Vous avez bien pafse le Rhin,
Cette Barriere si terrible ,
Dontle paſſage eft fi penible,
QueRome maîtreſſe de tout ,
Apeine en vint jadis à bout.
Ayant Loüis àvostre teste ,
Vous n'aurez rien quivous arreste
Ases Armes tout réussit ,
Tout luyfuccede,tout luy rit.
D'oùvient que ceuxde qui les venës
GALANT. 97 Nefontpas assez étenduës ,
Exaltent autantfon bonheur,
Quefa prudence. &fa valeur ?
Mais quand on sçait estrefevere,
Sans ceffer toutefois de plaire ,
Lorsqu'onsçait inspirer aux cœurs Lesdefirs qui font les Vainqueurs,
Lemépris des Parques cruelles ,
Etque les Miniſtres fidelles,
Dont avecſoin on a fait choix,
Sont au deſſus de leurs Emplois,
Qu'avec justice on diſpenſe Et la peine &la récompense,
Qu'onfçait toutes choses prévoir,
Atous les accidens pourvoir,
Etque jamais on ne viole Le Don facré de ſaparole,
Avecfes talens merveilleux ,
Il est bien aisé d'eſtre heureux.
Cependantpar trop entreprendre ,
Vouspourriezplus perdre que predre :
Ilestvray qu'ilfaut que chacun Contribue au bonheur commun.
On doit facrifierſa vie
Ala gloire defa Patrie.
Ainsi, Seigneur, malgré les coups Quele Rhinvit tomberſur vous ,
98 LE MERCURE Tous les jours une ardeur nouvelle Vousfait expofer de plus belle.
Mais il est bon de regarder Qu'ilnefautpas tout hazarder ,
Etque les Teftes couronnées ,
Doivent au moins estre épargnées.
Commentfouffrez- vous que le Roy ,
(Je n'y pense pointsans effroy)
Soitàtoute heure aux mousquetades,
-Toujours en butte aux cannonades ,
Vous , Seigneur , quiſoir &matin Le voyeznud comme la main ?
Voz sçavez &devez luy dire ,
Quoyque des Dieux ſon ſangil tire,
Encore qu'ilsoit un Héros,
Qu'il estpourtant de chair &d'os,
Etqu'il abesoin d'une Armure La mieux trempée &laplus dure.
Sifon Frere n'en eûtpoint mis ,
Il n'auroit pas des Ennemis Dans cetteBataille fameuse Eu la Victoire glorieuse ,
Etnousverrions dans la douleur
Madamequi rit de bon cœur.
L'Armure pourtant la meilleure N'empesche pasqu'on n'y demeure,
Le Canon est encore plus fort ,
Turenne
رو .GALANT
7
Turenne afuby son effort ,
Et les Rois dont il est lafoudre , Peuvent en estre mis en poudre :
Ainsi vous deveztout ofer Pour l'empeſcher de s'expoſer ;
Qui doit toûjours estre le Maistre.
Encepoint nedoit jamais l'estre.
Le plusfeur est de revenir,
Rienn'a droit de vous retenir;
Lors que des Beautez defolées Sont par vostre absence accablées D'ennuis &de vives douleurs ,
Et leurs beaux yeux noyez de pleurs,
Rienn'est préferable àces Belles ,
Et laGloire est moins belle qu'elles.
Leur Carême est un peu trop long,
Et leur Jubilé hors deſaiſon.
Pourtant quoy que la Bulle dife,
Et tous les Canons de l'Eglisé ,
Ils nefiniront que le jour Qu'elles vous verront de retour.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE PRINCE DE MARSILLAC. EPISTRE.
Le document est une lettre adressée à Madame de Montpellier, accompagnée d'une épître dédiée au Prince de Marsillac. L'épître célèbre les récentes conquêtes du roi, mettant en avant la prise de trois grandes villes et la victoire contre les Flamands. L'auteur exalte la discipline et la piété des soldats, comparant leurs actions à des actes saints. Il souligne les talents exceptionnels du roi Louis, qui allie prudence et valeur, et dont les actions sont toujours couronnées de succès. Cependant, l'auteur exprime une inquiétude concernant les dangers auxquels le roi s'expose, notamment lors des batailles, et recommande de prendre des précautions pour éviter les risques inutiles. Il conclut en soulignant l'importance de revenir auprès des beautés accablées par l'absence du prince, suggérant que la gloire est moins précieuse que l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 265-271
PANEGYRIQUE DES ALLIEZ.
Début :
Cependant n'estes-vous point surprise des grands préparatifs qui se / Superbes Espagnols, Conquerans des deux Mondes, [...]
Mots clefs :
Héros, Alliés, Guerre, Louis, Philippe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PANEGYRIQUE DES ALLIEZ.
Cependant n'eftes point ſurpriſe des grands pre-
-
vous
paratifs qui ſe ſont faits depuis quatre mois du coſté de l'Al- lemagne, ſans que l'Armée des Alliez ait encor pû rien exe- cuter? Cette lenteur, ou plû- toft cette impuiſſance , a don- né lieu à ces Vers , que je ne veux pas diférer à vous faire
voir.
PANEGYRIQVE
DES ALLIEZ.
SVperbes Espagnols , Conquerans deux Mondes ,
Hollandois fi vantez &fi crainsfur les Ondes,
Allemands qui tenez l'Empire des Cefars2
184 LE MERCVRE Danois ,iffus des Gots qui bravoient les hazards,
Nobles Napolitains , Flamans nez
pour la Guerre,
Vous, enfin ,dont le Nomvapar tonte la Terre ,
Que n'aurez vous point fait vous
3
eſtant tousunis ? Epunis
Sans doute on aura veu mille Tyrans Cent Princes détronez , l'Univers en
alarmes , 1
LeTurc &le Sophy rendre bommageàvosarmes.
Dumoinstoute l' Europe abandonnant fesRois,
Doit les fers àla main s'estre offerte àvos Loix :
Carque ne peuvent point tant deHé ros ensemble ,
Héros aunom de qui tout s'abaiffe tout tremble ,
Héros l'effroydu Monde, &qui to
jours Vainqueurs Des plus fiers Ennemis glacent d'a bord les cœurs ?
Je n'exagere point ; qu'on life vos Histoires,
GALANT. 185 /
A
Etoires , [pouffez,
On verra du mesme air étaler vosVi
Ony verra par tout des Anglois re- Des Suedois batus , des François renverſez.
Mais par malheurpour vous ces Il- lustres Défaites N'ont pour tout fondement que vos fadesGazetes ,
Et tous vos Armemens , dans leur
grand appareil,
Sont de foibles Broüillards qu'écarte
LYO
le Soleil.
Déjadepuis fix ans malgré plusde
vingt Princes, *
Nos troupes ont toujours veſcu dane
८
vos Provinces.
Nos Neveux croiront-ilsque tantde
Potentats
Se foient chargezduſoin de nourrir nos Soldats ,
TroisRois , quatre Electeurs , Ducs,
Comtes , Republiques ?
IndignesCombatans , mal-adroits Politiques,
Avec tant d'arrogance &fi peu de
vertu
186 LE MERCURE
Vous meritiez l'affront que ves armes
ont eu
Loüis , le Grand Loüis parſaſeu- lepuiſſance ,
Rompt les honteux deſſeins d'une in- juste Alliance;
Il vadansvos Pais,la Victoire lefuit,
Esle coup estfiprompt qu'ildevance lebruit.
Mastric, Placefi forte &fi bien de- fenduë,
Eftpresque en mesme temps attaquée
renduë ,
Besançon,Dole, Gré, Salins , Limbourg, Bouchain,
Aire, Condé, Dinan, luy reſiſtent en vain.
Ces Triomphes font peu ; Cambray ,
Valencienne ,
Font enprenant ſes Loix leurgloire delafienne.
Defon costéPHILIPPE ardent àl'imiter
Conçoit un grand Deffein , &court l'executer.
Ilcombat, met enfuite , &les Lanriers qu'il gagne ,
Font
GALANT. 187 •Font perdre avec l'honneur Saint Omer àl'Espagne.
:
:
Maispourquiterl' Eſcant &la MeuSe la Lis Nostre Auguste Héros plante plus loinſes Lys.
La Sicile obeït à ses grands Capi taines,
La Catalogne voit Navailles dans ſesPlaines,
Dans l'Amerique, enfin , Cayenne &
Tabaco
Mettent tout enallarme àMexique
&Cufco.
C'est par defi grands coups , pardefi nobles marques,
Qu'ils'estacquis lenomduplus grand desMonarques,
Qu'on publie àl'envy dece Royglo- rieux.
Qu'estant ſeul contre tous ,il triom- pheentous lieux,
Etqu'entre les Humains avec de tels obstacles ,
Luy ſeul pouvoit fournir àfaire c
-
vous
paratifs qui ſe ſont faits depuis quatre mois du coſté de l'Al- lemagne, ſans que l'Armée des Alliez ait encor pû rien exe- cuter? Cette lenteur, ou plû- toft cette impuiſſance , a don- né lieu à ces Vers , que je ne veux pas diférer à vous faire
voir.
PANEGYRIQVE
DES ALLIEZ.
SVperbes Espagnols , Conquerans deux Mondes ,
Hollandois fi vantez &fi crainsfur les Ondes,
Allemands qui tenez l'Empire des Cefars2
184 LE MERCVRE Danois ,iffus des Gots qui bravoient les hazards,
Nobles Napolitains , Flamans nez
pour la Guerre,
Vous, enfin ,dont le Nomvapar tonte la Terre ,
Que n'aurez vous point fait vous
3
eſtant tousunis ? Epunis
Sans doute on aura veu mille Tyrans Cent Princes détronez , l'Univers en
alarmes , 1
LeTurc &le Sophy rendre bommageàvosarmes.
Dumoinstoute l' Europe abandonnant fesRois,
Doit les fers àla main s'estre offerte àvos Loix :
Carque ne peuvent point tant deHé ros ensemble ,
Héros aunom de qui tout s'abaiffe tout tremble ,
Héros l'effroydu Monde, &qui to
jours Vainqueurs Des plus fiers Ennemis glacent d'a bord les cœurs ?
Je n'exagere point ; qu'on life vos Histoires,
GALANT. 185 /
A
Etoires , [pouffez,
On verra du mesme air étaler vosVi
Ony verra par tout des Anglois re- Des Suedois batus , des François renverſez.
Mais par malheurpour vous ces Il- lustres Défaites N'ont pour tout fondement que vos fadesGazetes ,
Et tous vos Armemens , dans leur
grand appareil,
Sont de foibles Broüillards qu'écarte
LYO
le Soleil.
Déjadepuis fix ans malgré plusde
vingt Princes, *
Nos troupes ont toujours veſcu dane
८
vos Provinces.
Nos Neveux croiront-ilsque tantde
Potentats
Se foient chargezduſoin de nourrir nos Soldats ,
TroisRois , quatre Electeurs , Ducs,
Comtes , Republiques ?
IndignesCombatans , mal-adroits Politiques,
Avec tant d'arrogance &fi peu de
vertu
186 LE MERCURE
Vous meritiez l'affront que ves armes
ont eu
Loüis , le Grand Loüis parſaſeu- lepuiſſance ,
Rompt les honteux deſſeins d'une in- juste Alliance;
Il vadansvos Pais,la Victoire lefuit,
Esle coup estfiprompt qu'ildevance lebruit.
Mastric, Placefi forte &fi bien de- fenduë,
Eftpresque en mesme temps attaquée
renduë ,
Besançon,Dole, Gré, Salins , Limbourg, Bouchain,
Aire, Condé, Dinan, luy reſiſtent en vain.
Ces Triomphes font peu ; Cambray ,
Valencienne ,
Font enprenant ſes Loix leurgloire delafienne.
Defon costéPHILIPPE ardent àl'imiter
Conçoit un grand Deffein , &court l'executer.
Ilcombat, met enfuite , &les Lanriers qu'il gagne ,
Font
GALANT. 187 •Font perdre avec l'honneur Saint Omer àl'Espagne.
:
:
Maispourquiterl' Eſcant &la MeuSe la Lis Nostre Auguste Héros plante plus loinſes Lys.
La Sicile obeït à ses grands Capi taines,
La Catalogne voit Navailles dans ſesPlaines,
Dans l'Amerique, enfin , Cayenne &
Tabaco
Mettent tout enallarme àMexique
&Cufco.
C'est par defi grands coups , pardefi nobles marques,
Qu'ils'estacquis lenomduplus grand desMonarques,
Qu'on publie àl'envy dece Royglo- rieux.
Qu'estant ſeul contre tous ,il triom- pheentous lieux,
Etqu'entre les Humains avec de tels obstacles ,
Luy ſeul pouvoit fournir àfaire c
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Résumé : PANEGYRIQUE DES ALLIEZ.
Le texte critique la lenteur et l'impuissance de l'Armée des Alliés face aux préparatifs allemands. Il loue les capacités militaires des Espagnols, Hollandais, Allemands, Danois, Napolitains et Flamands, tout en soulignant que ces éloges sont exagérés et que les succès des alliés ne sont que des illusions propagées par leurs gazettes. Depuis six ans, les troupes françaises ont vécu aux dépens des provinces ennemies, soutenues par de nombreux potentats. Le texte dénonce l'arrogance et l'incompétence des alliés, affirmant que Louis XIV a contrecarré les desseins d'une alliance injuste. Il énumère les villes conquises par les Français, telles que Maastricht, Besançon et Cambrai, et mentionne les victoires de Philippe en Espagne. Les succès français en Sicile, en Catalogne et en Amérique sont également soulignés, affirmant que Louis XIV a triomphé malgré les obstacles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 57-62
Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Début :
Il est certain que Mr de Montal n'a pas esté [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Louis, Compagnies des gardes du corps, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Il eſt certainqueM' deMon- tal n'a pas eſté le feul quiaitveu avec chagrin la prompte Re- traite de l'Armée du Prince
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
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Résumé : Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réaction des soldats français, notamment ceux à Charleroy avec le duc de Montausier, face au retrait rapide de l'armée du prince d'Orange. Les ennemis admirent le courage des Français, illustré par leurs victoires successives. La valeur des Français sous le règne de Louis XIV est particulièrement mise en avant. Pour récompenser les braves, le roi a augmenté ses compagnies des Gardes du Corps en ajoutant des lieutenants, des enseignes et des gardes. Plusieurs officiers, comme les messieurs de Saint Ruth, Marin et Lignery, ont été promus lieutenants ou enseignes. Les messieurs de Sérignan et de Vandeuil conservent leurs postes d'aides-majors. Les promotions sont accordées à ceux qui se sont distingués dans des situations importantes et jugés aptes à commander. Ces officiers ont l'honneur de servir près du roi et de garantir sa sécurité.
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10
p. 63-65
PREROGATIVES de la Lettre L.
Début :
On se fait une si haute felicité d'avoir part / Parce que la Lettre L est la premiere en teste [...]
Mots clefs :
Lettre L, Louis
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texteReconnaissance textuelle : PREROGATIVES de la Lettre L.
On ſe faitune fi haute felicité d'avoir part à la moindre choſe qui touche l'incompara- ble Loürs , qu'on pretend que la lettre L. s'attribuë de grands privileges fur toutes les autres,
parce qu'elle commence fon Nom. Il eſt vray qu'on la fait déja un peu enflée de ce qu'elle commençoit ceux du Louvre &
deLutece, qui comme vous ſçavez eſt l'ancien nom de Paris.
Voyez ce qu'en dit cette Epigramme.
PREROGATIVES
de la Lettre L.
D.Arcequela Lettre L'est lapremie
GALAN T. 43
e
S
0
S
e
5
De Lutece , du Louvre , & du nomde
Loüis ,
Elle s'enfte d'orgueil , elle leve la crefte Et demande àfes Sœurs des respects
inoüis.
En vain vous pretendez garder vostre
arrogance,
C'estàvous àfléchir ſous mon obeif Sance,
Leurdit- elle, &j'ay droit de vousfaire la loy ,
Cartout ce que le Mondea de plus ad- mirable
Commençant par mon nom, le rend ing comparable ,
Etnulleparmyvous n'a tantd'honneurs
quemoy..
parce qu'elle commence fon Nom. Il eſt vray qu'on la fait déja un peu enflée de ce qu'elle commençoit ceux du Louvre &
deLutece, qui comme vous ſçavez eſt l'ancien nom de Paris.
Voyez ce qu'en dit cette Epigramme.
PREROGATIVES
de la Lettre L.
D.Arcequela Lettre L'est lapremie
GALAN T. 43
e
S
0
S
e
5
De Lutece , du Louvre , & du nomde
Loüis ,
Elle s'enfte d'orgueil , elle leve la crefte Et demande àfes Sœurs des respects
inoüis.
En vain vous pretendez garder vostre
arrogance,
C'estàvous àfléchir ſous mon obeif Sance,
Leurdit- elle, &j'ay droit de vousfaire la loy ,
Cartout ce que le Mondea de plus ad- mirable
Commençant par mon nom, le rend ing comparable ,
Etnulleparmyvous n'a tantd'honneurs
quemoy..
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Résumé : PREROGATIVES de la Lettre L.
Le texte célèbre la lettre 'L' pour commencer les noms de Louis, du Louvre et de Lutèce. Elle est perçue comme supérieure et orgueilleuse. Une épigramme souligne qu'elle se vante de commencer les mots les plus admirables et exige le respect des autres lettres. Elle affirme dominer et faire la loi, car tout ce qui est admirable commence par 'L'.
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11
p. 130-139
LA PRISE DE VALENCIENNES. / LE SIEGE DE CAMBRAY. / S. OMER, ET LA BATAILLE DE CASSEL.
Début :
Il se trouva qu'il avoit sur luy quelques Vers / Dans un autre Quadre est tracé [...]
Mots clefs :
Exploits, Roi, Prise de Valenciennes, Histoire, Guerre, Louis, Bataille de Cassel, Saint-Omer, Siège de Cambrai, Assauts
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texteReconnaissance textuelle : LA PRISE DE VALENCIENNES. / LE SIEGE DE CAMBRAY. / S. OMER, ET LA BATAILLE DE CASSEL.
Ilſe trouva qu'il avoit ſur luy quelques Vers fur les derniers Exploits duRoy. C'eſt unFragmentd'u-
GALANT. 83
4
ne Deſcription de l'Arc de Triomphe,dans laquelle il parle des plus remarquables Actions que ce Prince a faites pendant la Paix & depuis la Guerre, fui- vant qu'elles pouronteſtre pla- cées dans les Quadres de ce magnifique Edifice. Cer Illu- ſtre Abbé ayant eſté invité de les lire, il commença dela forte..
LA PRISE
DE VALENCIENNES..
D
Ansun autre Quadre est tracé
LeSiegede Valencienne;
C'est àce coup qu'est effacé Tout le miraculeux de l'Histoire an
cienne.
Iamaisne fut chargé par Cizeau , ny Burin.
D'un plus digne Sujet , le Marbre ,
ny l'Airin ;
L'impetueux Vainqueur hait ces lon- queurs énormes
Dvj
84 LE MERCVRE Qu'ontſous les autres Chefs les Sie- ges dans lesformes ,
Il veut mesme àla Guerre eftre au def- fusdes Loix ,
Qu'àdes Horosfuturs ilſerve de Mo- delle ,
Etpourvarierſes Exploits ,
Ilinvente unAfſaut d'une façon now- velle.
Onvoit encor debout les Tours & les
Remparts ?
Les Ravelins,les Forts, les Diguesſont entieres;
Pardes Foffez profonds ,des Canaux ,
desRivieres ,
LesCheminsfont encorcoupez de toutes.
parts;
Etcependantpourprendre une Ville im- prénable ,
Vn Guichet àpeine s'ouvrant Etune Brécheraisonnable
Quifuffit àce Conquérant ;
Latrahison , ny lafurprise,
N'ont point de part à l'entrepri.
fe
Ny tout le guerrier appareil,
Nylestroubles de la Nature,
GALANT. 85 Lafaveurd'un orage, oud'une nuit ob Scure ,
Toutsepafſſe auxyeux du Soleil ;
Maisle plusfurprenant &leplus he- roïque ,
C'est qu'onyvoit entrer Loüisen pa
cifique Etla Victoireàses costez Avecéclat a beau paroistre Aces Peuples épouvantez,
Apeine pas-un d'eux lapeut-il recon.
noistre,
Elle esttrop déguisée,&n'apoint dans lesyeux Larage & la fureur qu'elle porte en
tous lieux ;
Elle ne traîne point ſonfuneste équipage;
Lecalme &la douceur qui regne fur Sonfront ,
Interdisent lefeu,le meurtre, lepillage,
EtSauvant la Pudeur du plus cruel affront ,
Ilsfontfurpris de voir en leur fierAd- versaire ,
Que le Cielleur envoye unAnge tute- laire ,
86 LE MERCVRE
Quileur donne un Secours plus prompt &plus certain Queceux qu'ilsattendoientde Mons
de Louvain..
LE SIEGE
DE CAMBRAY.
DLushautdont on voitrenom Cambray
Sembloit braver l'effort du Fer &du Canon.
On croit en admirantſa forte Citadelle,
Qu'une Semiramis nouvelle En éleva les Murs si larges &fi haut's,
Pourlamettre au deſſus des plus ardans Aflauts.. En vain pardes Foffezquiſemblent des Vallées,
Sont de ces Corps puiſſansles forces raf- Semblées;
C'est affez que Loüis foit campéde--
vant eux ,
Son bras en peude tempsrend leur churc
commune,
GALAN T. 87 Etle Cielfitfans - doute unePlace des
deux ,
t
Pour luyfaireobtenirdeux Victoires en
une.
Envain les Aquillonspour nuireàses
travaux ,
Redoublent levenin de leurs froidesha
laines ,
Et l'Hyverſur un Trône enrichy de Cristaux
I pense encor joüir de l'Empire des Plaines ;
Noftre infatigable Loüis ,
Autheur de Campemens jusqu'alors inoüis,
Renvenſetousles privileges Des Vents des Broillars ,de la
Pluye &des Neiges ;
Ses Guerriers ſurſespas , &Suivant fes Leçons ,
Fontàl'Affaut couverts defeux & de
glaçons,
Etmalgréles Frimats , les Neiges lesGlaces و
Ils domtentles Saiſons auſſi-bien que les Blaces..
2
88 LE MERCVRE
S. OMER ,
ET LA
BATAILLE DE CASSEL.
D
Autre- part Saint Omer au mi- lieudefes Eaux,
Desplus nombreux Guerriers ne craint
point les approches ,
Ses Palliffades de Roſeaux
La defendent bien mieux que les plus dures Roches.
Eust- on jamaispensé qu'au centre d'un Marais ,
Oùle terrain n'estpointſolide ,
Où l'eau mesme n'est pas liquide ,
Onpust la ferrer d'affezpres ?
Etcependant PHILIPPE en obtient la
Victoire ,
PHILIPPE , que Loüis afſocie à fa gloire ,
Qui partagefon Sang,ſecondesa Va- leur,
Qui d'un double Laurier la Teste Conronnée
Parune Ville priſe avec tantde cha- leur ,
GALANT. 89
Et pour une Bataille à meſme- tempsga- gnée,
Montre à tout l'Univers combien de
grandsfuccés Doit attendre Loüis de ces heureux
eſſais ;
Des Montagnesde Morts fur des Plainessanglantes Paroiffent en lointain encor toutes fumantes ,
Veritables témoins des genéreux Exploits Qu'ilfit pres de Caffelcontre un Prince
Hollandois Ardant à fecourir l'agoniſante Ville ,
Qui luy-mesme est contraint dechercher
un azile En ce point malheureux qu'il eust pio
lafauver,
S'il euſt auſſi- bien ſçeu danssa boüillan- te audace
L'Artdefaire lever le Siege d'unePlace
Qu'il sçait parfaitement celuy de le lever.
GALANT. 83
4
ne Deſcription de l'Arc de Triomphe,dans laquelle il parle des plus remarquables Actions que ce Prince a faites pendant la Paix & depuis la Guerre, fui- vant qu'elles pouronteſtre pla- cées dans les Quadres de ce magnifique Edifice. Cer Illu- ſtre Abbé ayant eſté invité de les lire, il commença dela forte..
LA PRISE
DE VALENCIENNES..
D
Ansun autre Quadre est tracé
LeSiegede Valencienne;
C'est àce coup qu'est effacé Tout le miraculeux de l'Histoire an
cienne.
Iamaisne fut chargé par Cizeau , ny Burin.
D'un plus digne Sujet , le Marbre ,
ny l'Airin ;
L'impetueux Vainqueur hait ces lon- queurs énormes
Dvj
84 LE MERCVRE Qu'ontſous les autres Chefs les Sie- ges dans lesformes ,
Il veut mesme àla Guerre eftre au def- fusdes Loix ,
Qu'àdes Horosfuturs ilſerve de Mo- delle ,
Etpourvarierſes Exploits ,
Ilinvente unAfſaut d'une façon now- velle.
Onvoit encor debout les Tours & les
Remparts ?
Les Ravelins,les Forts, les Diguesſont entieres;
Pardes Foffez profonds ,des Canaux ,
desRivieres ,
LesCheminsfont encorcoupez de toutes.
parts;
Etcependantpourprendre une Ville im- prénable ,
Vn Guichet àpeine s'ouvrant Etune Brécheraisonnable
Quifuffit àce Conquérant ;
Latrahison , ny lafurprise,
N'ont point de part à l'entrepri.
fe
Ny tout le guerrier appareil,
Nylestroubles de la Nature,
GALANT. 85 Lafaveurd'un orage, oud'une nuit ob Scure ,
Toutsepafſſe auxyeux du Soleil ;
Maisle plusfurprenant &leplus he- roïque ,
C'est qu'onyvoit entrer Loüisen pa
cifique Etla Victoireàses costez Avecéclat a beau paroistre Aces Peuples épouvantez,
Apeine pas-un d'eux lapeut-il recon.
noistre,
Elle esttrop déguisée,&n'apoint dans lesyeux Larage & la fureur qu'elle porte en
tous lieux ;
Elle ne traîne point ſonfuneste équipage;
Lecalme &la douceur qui regne fur Sonfront ,
Interdisent lefeu,le meurtre, lepillage,
EtSauvant la Pudeur du plus cruel affront ,
Ilsfontfurpris de voir en leur fierAd- versaire ,
Que le Cielleur envoye unAnge tute- laire ,
86 LE MERCVRE
Quileur donne un Secours plus prompt &plus certain Queceux qu'ilsattendoientde Mons
de Louvain..
LE SIEGE
DE CAMBRAY.
DLushautdont on voitrenom Cambray
Sembloit braver l'effort du Fer &du Canon.
On croit en admirantſa forte Citadelle,
Qu'une Semiramis nouvelle En éleva les Murs si larges &fi haut's,
Pourlamettre au deſſus des plus ardans Aflauts.. En vain pardes Foffezquiſemblent des Vallées,
Sont de ces Corps puiſſansles forces raf- Semblées;
C'est affez que Loüis foit campéde--
vant eux ,
Son bras en peude tempsrend leur churc
commune,
GALAN T. 87 Etle Cielfitfans - doute unePlace des
deux ,
t
Pour luyfaireobtenirdeux Victoires en
une.
Envain les Aquillonspour nuireàses
travaux ,
Redoublent levenin de leurs froidesha
laines ,
Et l'Hyverſur un Trône enrichy de Cristaux
I pense encor joüir de l'Empire des Plaines ;
Noftre infatigable Loüis ,
Autheur de Campemens jusqu'alors inoüis,
Renvenſetousles privileges Des Vents des Broillars ,de la
Pluye &des Neiges ;
Ses Guerriers ſurſespas , &Suivant fes Leçons ,
Fontàl'Affaut couverts defeux & de
glaçons,
Etmalgréles Frimats , les Neiges lesGlaces و
Ils domtentles Saiſons auſſi-bien que les Blaces..
2
88 LE MERCVRE
S. OMER ,
ET LA
BATAILLE DE CASSEL.
D
Autre- part Saint Omer au mi- lieudefes Eaux,
Desplus nombreux Guerriers ne craint
point les approches ,
Ses Palliffades de Roſeaux
La defendent bien mieux que les plus dures Roches.
Eust- on jamaispensé qu'au centre d'un Marais ,
Oùle terrain n'estpointſolide ,
Où l'eau mesme n'est pas liquide ,
Onpust la ferrer d'affezpres ?
Etcependant PHILIPPE en obtient la
Victoire ,
PHILIPPE , que Loüis afſocie à fa gloire ,
Qui partagefon Sang,ſecondesa Va- leur,
Qui d'un double Laurier la Teste Conronnée
Parune Ville priſe avec tantde cha- leur ,
GALANT. 89
Et pour une Bataille à meſme- tempsga- gnée,
Montre à tout l'Univers combien de
grandsfuccés Doit attendre Loüis de ces heureux
eſſais ;
Des Montagnesde Morts fur des Plainessanglantes Paroiffent en lointain encor toutes fumantes ,
Veritables témoins des genéreux Exploits Qu'ilfit pres de Caffelcontre un Prince
Hollandois Ardant à fecourir l'agoniſante Ville ,
Qui luy-mesme est contraint dechercher
un azile En ce point malheureux qu'il eust pio
lafauver,
S'il euſt auſſi- bien ſçeu danssa boüillan- te audace
L'Artdefaire lever le Siege d'unePlace
Qu'il sçait parfaitement celuy de le lever.
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Résumé : LA PRISE DE VALENCIENNES. / LE SIEGE DE CAMBRAY. / S. OMER, ET LA BATAILLE DE CASSEL.
Le texte relate plusieurs exploits militaires du roi Louis, mettant en lumière sa stratégie et son leadership. Lors de la prise de Valenciennes, Louis adopte une approche innovante et pacifique, évitant la trahison et la surprise, et entre dans la ville sans violence. Le siège de Cambrai démontre la rapidité et l'efficacité de Louis, qui surmonte les défenses robustes de la cité malgré des conditions hivernales rigoureuses. À Saint-Omer, Philippe, associé à la gloire de Louis, obtient une victoire notable. La bataille de Cassel est décrite comme un affrontement sanglant contre un prince hollandais, où Louis montre son habileté stratégique. Le texte souligne la vaillance et les succès militaires de Louis, soulignant son leadership et son génie tactique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 44-50
A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Début :
Comme les Charges & les grands Emplois font plutost honte / N'Est-il point fait cet Armement [...]
Mots clefs :
Amour, Guerre, Louis, Muses, Trésor, Vertu
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Comme les Charges & les grands Emplois font plutoſt honte qu'honneur ſi on ne les foûtient par le merite , heureux qui eneft liberalement partagé.
Je ſçay bien que la Cour eſt un grandTheatre où il paroiſt avec beaucoup plus d'éclat qu'ail- leurs; mais il n'y eſt pas fi fort renfermé qu'il ne ſe répande dans les Provinces ,&vous con- viendrez de celuy de M² Petit,
quand vous aurez leu ce que je vous envoye de ſa façon, C'eſt uneEpiſtre enjoüée qu'il adreſſe àMonfieurleDucde S.Aignan,
qui a pour luy une eſtime tres-
GALANT. 31 particuliere. Le ſtile en eſt libre,
&vous y trouverez un tour aile qui vous perfuadera aiſémentde de ce que j'ay à vous dire à l'a- vantage de fonAutheur.
YON
A MONSIEUR693
*
LE DUC DE S. AIGNAN.
'Est- il point fait cet Armement Qui depuis lõg-temps vous оссире?
Apollon s'en plaint hautement ,
Ainsiqu'Amourle Dieu charmant ;
Et lebeau Sexeporte jupe.
Quoy, Seigneur , ne parlera- t-on Ence Siecle que de Canon ,
Que deprendred'affaut des Villes ,
Quedepunir les Ennemis
De leurs manieres inciviles
D'oferſefrotter à Loüis,
LepremierHérosde la Terre ,
Sçavant au noble Art de la Guerre ,
Tout comme celuy qui lefit ,
Biiij
32 LE MERCVRE Etdont lagloire retentit
Mieuxquele bruit deſon Tonnerre ?
Nostre Parnasse eſtſans Laurier ;
Mais qui pourroit à ce Guerrier En fourniraffez poursa teste ?
Les Muses mefmesſont àbout ;
Elles pensent avoir dit tout ,
EtleurChant ſur une Conqueste Vient àgrand'peine de ceſſer ,
Que lasurprenante nouvelle D'uneautre &plus grande &plus belle,
Lesoblige àrecommencer..
Enfin ce Conquerant terrible LaffeMuses, Chefs &Soldats,
Etparcequ'il est Invincible ,
Il nese trouve jamais las.
Mais tandis qu'il tient dans la Plaine Ses braves Héros en haleine ,
Apresbiende tristes belas ,
MilleBellesdifent enlarmes,
Ah, mauditegloire des Armes ,
MauditsAfsants , mauditsCombats,
Quevousnous caufezde triſteſſe !
Quenousperdonsde doux ébats ,
Etquetant debelle Noblesse f
GALAN T. 33 Seroit bien mieux entre nos bras !
Mais que voulez vous davantage ?
Grand Monarque, vosEnnemis,
Nefont-ilspas vaincus,soumis:
Detous coſtezpliantbagage?
Laiſſezdonc Mars avecsa rage ,
Etrendant à l'Amourhommage,
Daignez nous rendre nos Amis.
Vous n'y perdrez rien, digne Prince,
Non,Grand Roy,vous n'y perdrezrien,
Nos amoursdans chaque Province
Feront naiſtre des Gens de bien.
Ceseront des Sujetsfidelles Dontfepeuplera voſtre Cour,
Mafles bienfaits,belles Femelles,
Tous Enfansde Mars &d'Amour..
N'ont ellespas raison,ces Belles ?
Ieveux vous en prendre àtémoin,
Vous ,qui toûjours avec grandfoin Fiftes mille choſespour elles.
L'Amour n'est- ilpas plus plaifant Que la Guerre,dont lafurie Jamais n'agit qu'en détruiſant Letresor des tresors, lavie ?
Ony, tout compté, tout rabatu,
Seigneur, l'amoureuse vertu
2
:
Bv
34 LE MERCVRE Vaut mieuxque la vertu guerriere.
Celanesepeutcontester,
Carenfin donner la lumiere Estplus nobleque de l'ofter.
Quoyqu'il en foit, poursatisfaire Auxjustesplaintes deces Dieux,
Et pour appaiser la colere Demille Dames aux beauxyeux;
De ces Rimesqui sçavent plaire Reprenez l'agreable employ ,
Etfurvostre charmante Lyre Dontpar tout lestons on admire,
Chantez Loüis, nostre Grand Roy ,
Enfuite,chantez les tendreſſes Del'Amour le Dieu des douceurs,
Etces vingt ou trente Maiſtreſſes
Dontvous avezgagnéles cœurs.
Je ſçay bien que la Cour eſt un grandTheatre où il paroiſt avec beaucoup plus d'éclat qu'ail- leurs; mais il n'y eſt pas fi fort renfermé qu'il ne ſe répande dans les Provinces ,&vous con- viendrez de celuy de M² Petit,
quand vous aurez leu ce que je vous envoye de ſa façon, C'eſt uneEpiſtre enjoüée qu'il adreſſe àMonfieurleDucde S.Aignan,
qui a pour luy une eſtime tres-
GALANT. 31 particuliere. Le ſtile en eſt libre,
&vous y trouverez un tour aile qui vous perfuadera aiſémentde de ce que j'ay à vous dire à l'a- vantage de fonAutheur.
YON
A MONSIEUR693
*
LE DUC DE S. AIGNAN.
'Est- il point fait cet Armement Qui depuis lõg-temps vous оссире?
Apollon s'en plaint hautement ,
Ainsiqu'Amourle Dieu charmant ;
Et lebeau Sexeporte jupe.
Quoy, Seigneur , ne parlera- t-on Ence Siecle que de Canon ,
Que deprendred'affaut des Villes ,
Quedepunir les Ennemis
De leurs manieres inciviles
D'oferſefrotter à Loüis,
LepremierHérosde la Terre ,
Sçavant au noble Art de la Guerre ,
Tout comme celuy qui lefit ,
Biiij
32 LE MERCVRE Etdont lagloire retentit
Mieuxquele bruit deſon Tonnerre ?
Nostre Parnasse eſtſans Laurier ;
Mais qui pourroit à ce Guerrier En fourniraffez poursa teste ?
Les Muses mefmesſont àbout ;
Elles pensent avoir dit tout ,
EtleurChant ſur une Conqueste Vient àgrand'peine de ceſſer ,
Que lasurprenante nouvelle D'uneautre &plus grande &plus belle,
Lesoblige àrecommencer..
Enfin ce Conquerant terrible LaffeMuses, Chefs &Soldats,
Etparcequ'il est Invincible ,
Il nese trouve jamais las.
Mais tandis qu'il tient dans la Plaine Ses braves Héros en haleine ,
Apresbiende tristes belas ,
MilleBellesdifent enlarmes,
Ah, mauditegloire des Armes ,
MauditsAfsants , mauditsCombats,
Quevousnous caufezde triſteſſe !
Quenousperdonsde doux ébats ,
Etquetant debelle Noblesse f
GALAN T. 33 Seroit bien mieux entre nos bras !
Mais que voulez vous davantage ?
Grand Monarque, vosEnnemis,
Nefont-ilspas vaincus,soumis:
Detous coſtezpliantbagage?
Laiſſezdonc Mars avecsa rage ,
Etrendant à l'Amourhommage,
Daignez nous rendre nos Amis.
Vous n'y perdrez rien, digne Prince,
Non,Grand Roy,vous n'y perdrezrien,
Nos amoursdans chaque Province
Feront naiſtre des Gens de bien.
Ceseront des Sujetsfidelles Dontfepeuplera voſtre Cour,
Mafles bienfaits,belles Femelles,
Tous Enfansde Mars &d'Amour..
N'ont ellespas raison,ces Belles ?
Ieveux vous en prendre àtémoin,
Vous ,qui toûjours avec grandfoin Fiftes mille choſespour elles.
L'Amour n'est- ilpas plus plaifant Que la Guerre,dont lafurie Jamais n'agit qu'en détruiſant Letresor des tresors, lavie ?
Ony, tout compté, tout rabatu,
Seigneur, l'amoureuse vertu
2
:
Bv
34 LE MERCVRE Vaut mieuxque la vertu guerriere.
Celanesepeutcontester,
Carenfin donner la lumiere Estplus nobleque de l'ofter.
Quoyqu'il en foit, poursatisfaire Auxjustesplaintes deces Dieux,
Et pour appaiser la colere Demille Dames aux beauxyeux;
De ces Rimesqui sçavent plaire Reprenez l'agreable employ ,
Etfurvostre charmante Lyre Dontpar tout lestons on admire,
Chantez Loüis, nostre Grand Roy ,
Enfuite,chantez les tendreſſes Del'Amour le Dieu des douceurs,
Etces vingt ou trente Maiſtreſſes
Dontvous avezgagnéles cœurs.
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Résumé : A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
L'auteur d'une lettre et d'un poème adressés au Duc de S. Aignan souligne l'importance du mérite dans l'obtention des charges et des grands emplois. Il compare la cour à un théâtre où l'éclat est visible et se répand également dans les provinces. La lettre mentionne une épître écrite par M. Petit, très estimée par le Duc de S. Aignan. Le poème qui suit interroge sur la préparation d'un armement et déplore que l'on parle uniquement de canons et de prises de villes. Il exalte les conquêtes du roi Louis, comparé à un héros invincible. Les Muses, bien que fatiguées par les constantes victoires, doivent recommencer à chanter de nouvelles conquêtes. Le poème exprime ensuite la tristesse des belles dames face à la guerre, souhaitant que le roi rende les amis et laisse la place à l'amour. Il argue que l'amour est plus plaisant que la guerre et que l'amour peut faire naître des gens de bien dans chaque province. Le texte se termine par une invitation au Duc de S. Aignan à chanter les tendresses de l'amour et les maîtresses dont il a gagné les cœurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 275-276
Vers de M. de la Monnoye. [titre d'après la table]
Début :
Voicy des Vers sur celles de tant d'Alliez. Ils ont esté fait par / Au milieu des Estez, au milieu des Hyvers [...]
Mots clefs :
Ennemis, Prix de l'Académie française, Louis, Saisons
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texteReconnaissance textuelle : Vers de M. de la Monnoye. [titre d'après la table]
Voicy des Vers fur celles de tant
d'Alliez. Ils ont eſté faits par M de la Monnoye Auditeur des Comptes à Dijon. Les Prix de l'Académie Françoiſe qu'il a tant de fois remportez,
l'ont fait connoiſtre à toute la
France.
Au milieu des Estez, au milieu des
Hyvers ,
Loüis defes beaux faits étonne l'Vnivers ,
Ildéploye en tout temps ſes Bannieres
fatales.
Mais confefſons la verité,
Ses Ennemis plus fins , sans bruit Sansfierté,
Trouvent bien mieux que luy toutes
Saiſons égales ,
Ils n'entreprennent rien ny l'Hyver,
ny Γ'Ελέ
d'Alliez. Ils ont eſté faits par M de la Monnoye Auditeur des Comptes à Dijon. Les Prix de l'Académie Françoiſe qu'il a tant de fois remportez,
l'ont fait connoiſtre à toute la
France.
Au milieu des Estez, au milieu des
Hyvers ,
Loüis defes beaux faits étonne l'Vnivers ,
Ildéploye en tout temps ſes Bannieres
fatales.
Mais confefſons la verité,
Ses Ennemis plus fins , sans bruit Sansfierté,
Trouvent bien mieux que luy toutes
Saiſons égales ,
Ils n'entreprennent rien ny l'Hyver,
ny Γ'Ελέ
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Résumé : Vers de M. de la Monnoye. [titre d'après la table]
Le poème 'Voicy des Vers fur celles de tant d'Alliez' de M. de la Monnoye, Auditeur des Comptes à Dijon, a été récompensé par l'Académie Française. Il compare les exploits militaires du roi Louis aux stratégies de ses ennemis, qui agissent en fonction des saisons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 3-11
SUR L'EXTRAORDINAIRE DU MERCURE Du Quartier d'Octobre 1678.
Début :
En verité, Monsieur, on est charmé de toutes les beautez [...]
Mots clefs :
Louis, Lettre, Mercure, Grisette, Mois
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texteReconnaissance textuelle : SUR L'EXTRAORDINAIRE DU MERCURE Du Quartier d'Octobre 1678.
SUR
L'EXTRAORDINAIRE
DU MERCURE
Du Jhnirticr d'Octobre IGJS. EN vzerité, Monsieur ,onest
c
harme de toutes les beautez que renferme vostre Lettre
du Quartier d'Octobre.Vous
ne pouviez finir plus extraordinairement l'Année Extraordinaire du Mercure, ny commencer plus glorieusement celle cy,
qu'en donnant cet excellent
Ouvrageau Public. Ilest digne
d'estre presentéauplus Grand
Roy dela Terre. Vous y avez
ramassé pour sa gloire,tout ce
qui pouvoit la consacrer à la
Postericé. Vostre Epistre est
comme un Arc de Triomphe,
où l'on voit les Victoires qu'il
a
remportéessur ses Ennemis, &
sursoy-mesme.
La Renommée en mille lieux,
Apprend de ce Héros les exploits
glorieux;
fifœispour lesfaire entendre à la Race
future,
Ilfalloitla voix du Mercure.
Je pasle de cette belle Epistre,
à l'ingénieux Cadran, dont le
Soleil,ou plûtost Louis LE
G RAND,marquelesheures.
Le cours d'unesi belleY/V,
De tant demerveillesftjie,
Au coursde cetAstre estpareil.
Les VertusdeLOVIS, les vertus du
Soleil,
Font ce
qu'onVoitdegradau mondea
Maintenantqu'unePaixprofonde
D'unlerègne calme coftrsi &douxVa
-
LOris, Soleil,fèronttous nos
: beauxj'ours.
CePrince estunSoletlquipercales
nuagts, Et qui dissipe les vapeurs;
Qui répand IdJOJe en nos cœurs,
Et la metsur tous nos visages.
Enfinpartoutoù va ce Ife'rosglorieuxy
Ilyporte avec luy,l'éclat, & lalumiere;
Ainsi,queleSoleilse dérobe à nosJell.K''
Etqu'ilfinissesa carriere,
La Terre a
son Soleil, aujji-bien que
les Cieux.
Le Portrait de ce Grand Roy
environné de tant d'excellentes
Devises, & de Revers de Medailles,a quelquechose defurprenant, pour l'abondance, &
pour la richesse des pensées. On
pourroitappellercetteadmirable Planche, leTrésorde Loüis
le Victorieux, & le Triomphant. C'est là qu'on voir en
racourcy, tout ce qu'ila fait de
grand, & de merveilleux. Toutes ces Pieces marquent admirablement le prix de son Regne,
& de sa Vie.
Ces Médaillés,& ces Ve-rifls,
Sur les Villesqu'ilaconquises,
Font à la yeue un bel effet.
L'esprit en est charméJi-tojlquilles
remarque;
Jhlaù lors quel'on y>oit le Portrait
De cet invincible Monarque,
Onne s'etonneplusde tout ce quila
fait.
Jeneme lasse pointd'admirer
toutes ces choses, & j'ay de la
peine à en retirermaveuëpour
considerer tant de Pieces d'esprit & de galanterie, qui composent vostre Livre. Mais,Monsieur, mon admiration ne cesse
pas pourcela;J'y rencontre par
tout les miracles du Regne de
- Loüis LE GRAND. En effet
fous quel Prince les Sciences
& les Arts 0nt.ilse11:é plusflo-
rissans? A-t-on jamais veu paroistre la Galanterie &l'Amour
avec plus de politesse & de magnificence?Vostre Mercure en
fournit tous les Mois des preuves si convainquantes,qu'on
n'en peut douter. Qui n'admire
avec moy tant de Festes galantes, & deFictions ingénieuses
dont vous nous faites part? Ces
Lettres, &ces Traitez si pleins
de doctrine & d'érudition, que
vostre Mercure a
faitnaistre,&
dontil se peut dire doublement
le Pere, ne font-ce pas autant
deChefsd'oeuvres?
ContinueMufesfçd\antes>.
7-7'0.1 belles {jpgrandes Leçons;
Continuez, Musesgalantes,
Vos douces&tendres Chansons,
Apresent que LOVISrajpmble dans
la France,
L'Amourt cg-les Tlaifîrs3laTaix^çj*
l'Abondance.
Amans,du Dieu d'Amour "rene'{pn!l
drelaLoy,
Vous nepote-r,-- avoirde momens plus
propices, !'sousle regne d'un GrandRoy;
Quifait
*
deses Sujets, l'amour& les
Maisil ya toujours quelque
Grisete fiere & délicate, ( &de
cela foit ditsans faire tortà la
Chate de Madame des Houlieres; )Il y a dis-je,toûjours
quelq ue ivilne insensible qui se
gendarme contre l'Amour):
manque de le bien connoistre.
Vousqui dites,belle Severe,
£uepourfuture les Loix que l'Amour
nous prescrit,
Onpertlaraisoin,& l'esprit,
Vous en ignorez le mistere.
S'il nous enflame, ilnous e'iiaire;
S'ilnous in/jife, il nous instruit.
Enfinsoiit le jour,soit la nuit,
Ses Loix jOntdUX Amans agréables
àsuivre.
Sans elles l'on est malheureux,
Etsans ellesl'onnepeutvivre;
Maissivous n'écoutez mesvoeux,
En vainsur cesujet je Voudrois vous
instruire.
Cependant Vofire erreur estfacile à
détruire,
Puis qu'ilnefautj(uaimer^ourgoâtet
la douceur
Qu'on trouve à sifiûmettre à ce charmant Trainj<ueur.
Je croyois finir icy cette
Lettre; mais,Mon sieur, on ne
sçauroitquiter vostre Mercure.
Vostre Histoire Enigmatique
m'arreste encor,& voicy ce que
ma Muse m'a inspiré sur cette
spirituelleallégorie.
Cesdeux Grands Roys dont l'origine
Estcachée auxplus curieux,
Quisefontlaguerre en tous lieux,
Stdontledifïrentjamais neseterminer
C"7t?ys, leursFemmes,leursSujets,
Qtianddeprès on les exafninet
Cen'estque leJeu des Echets.
Peutestre que ma Mures'est
trompée en cette rencontre,
mais, il est toûjours certain
qu'elle ne se trompe point
quandellem'engage à vousdire
que jefuis, Vostre,&c.
DE MARPALU.
L'EXTRAORDINAIRE
DU MERCURE
Du Jhnirticr d'Octobre IGJS. EN vzerité, Monsieur ,onest
c
harme de toutes les beautez que renferme vostre Lettre
du Quartier d'Octobre.Vous
ne pouviez finir plus extraordinairement l'Année Extraordinaire du Mercure, ny commencer plus glorieusement celle cy,
qu'en donnant cet excellent
Ouvrageau Public. Ilest digne
d'estre presentéauplus Grand
Roy dela Terre. Vous y avez
ramassé pour sa gloire,tout ce
qui pouvoit la consacrer à la
Postericé. Vostre Epistre est
comme un Arc de Triomphe,
où l'on voit les Victoires qu'il
a
remportéessur ses Ennemis, &
sursoy-mesme.
La Renommée en mille lieux,
Apprend de ce Héros les exploits
glorieux;
fifœispour lesfaire entendre à la Race
future,
Ilfalloitla voix du Mercure.
Je pasle de cette belle Epistre,
à l'ingénieux Cadran, dont le
Soleil,ou plûtost Louis LE
G RAND,marquelesheures.
Le cours d'unesi belleY/V,
De tant demerveillesftjie,
Au coursde cetAstre estpareil.
Les VertusdeLOVIS, les vertus du
Soleil,
Font ce
qu'onVoitdegradau mondea
Maintenantqu'unePaixprofonde
D'unlerègne calme coftrsi &douxVa
-
LOris, Soleil,fèronttous nos
: beauxj'ours.
CePrince estunSoletlquipercales
nuagts, Et qui dissipe les vapeurs;
Qui répand IdJOJe en nos cœurs,
Et la metsur tous nos visages.
Enfinpartoutoù va ce Ife'rosglorieuxy
Ilyporte avec luy,l'éclat, & lalumiere;
Ainsi,queleSoleilse dérobe à nosJell.K''
Etqu'ilfinissesa carriere,
La Terre a
son Soleil, aujji-bien que
les Cieux.
Le Portrait de ce Grand Roy
environné de tant d'excellentes
Devises, & de Revers de Medailles,a quelquechose defurprenant, pour l'abondance, &
pour la richesse des pensées. On
pourroitappellercetteadmirable Planche, leTrésorde Loüis
le Victorieux, & le Triomphant. C'est là qu'on voir en
racourcy, tout ce qu'ila fait de
grand, & de merveilleux. Toutes ces Pieces marquent admirablement le prix de son Regne,
& de sa Vie.
Ces Médaillés,& ces Ve-rifls,
Sur les Villesqu'ilaconquises,
Font à la yeue un bel effet.
L'esprit en est charméJi-tojlquilles
remarque;
Jhlaù lors quel'on y>oit le Portrait
De cet invincible Monarque,
Onne s'etonneplusde tout ce quila
fait.
Jeneme lasse pointd'admirer
toutes ces choses, & j'ay de la
peine à en retirermaveuëpour
considerer tant de Pieces d'esprit & de galanterie, qui composent vostre Livre. Mais,Monsieur, mon admiration ne cesse
pas pourcela;J'y rencontre par
tout les miracles du Regne de
- Loüis LE GRAND. En effet
fous quel Prince les Sciences
& les Arts 0nt.ilse11:é plusflo-
rissans? A-t-on jamais veu paroistre la Galanterie &l'Amour
avec plus de politesse & de magnificence?Vostre Mercure en
fournit tous les Mois des preuves si convainquantes,qu'on
n'en peut douter. Qui n'admire
avec moy tant de Festes galantes, & deFictions ingénieuses
dont vous nous faites part? Ces
Lettres, &ces Traitez si pleins
de doctrine & d'érudition, que
vostre Mercure a
faitnaistre,&
dontil se peut dire doublement
le Pere, ne font-ce pas autant
deChefsd'oeuvres?
ContinueMufesfçd\antes>.
7-7'0.1 belles {jpgrandes Leçons;
Continuez, Musesgalantes,
Vos douces&tendres Chansons,
Apresent que LOVISrajpmble dans
la France,
L'Amourt cg-les Tlaifîrs3laTaix^çj*
l'Abondance.
Amans,du Dieu d'Amour "rene'{pn!l
drelaLoy,
Vous nepote-r,-- avoirde momens plus
propices, !'sousle regne d'un GrandRoy;
Quifait
*
deses Sujets, l'amour& les
Maisil ya toujours quelque
Grisete fiere & délicate, ( &de
cela foit ditsans faire tortà la
Chate de Madame des Houlieres; )Il y a dis-je,toûjours
quelq ue ivilne insensible qui se
gendarme contre l'Amour):
manque de le bien connoistre.
Vousqui dites,belle Severe,
£uepourfuture les Loix que l'Amour
nous prescrit,
Onpertlaraisoin,& l'esprit,
Vous en ignorez le mistere.
S'il nous enflame, ilnous e'iiaire;
S'ilnous in/jife, il nous instruit.
Enfinsoiit le jour,soit la nuit,
Ses Loix jOntdUX Amans agréables
àsuivre.
Sans elles l'on est malheureux,
Etsans ellesl'onnepeutvivre;
Maissivous n'écoutez mesvoeux,
En vainsur cesujet je Voudrois vous
instruire.
Cependant Vofire erreur estfacile à
détruire,
Puis qu'ilnefautj(uaimer^ourgoâtet
la douceur
Qu'on trouve à sifiûmettre à ce charmant Trainj<ueur.
Je croyois finir icy cette
Lettre; mais,Mon sieur, on ne
sçauroitquiter vostre Mercure.
Vostre Histoire Enigmatique
m'arreste encor,& voicy ce que
ma Muse m'a inspiré sur cette
spirituelleallégorie.
Cesdeux Grands Roys dont l'origine
Estcachée auxplus curieux,
Quisefontlaguerre en tous lieux,
Stdontledifïrentjamais neseterminer
C"7t?ys, leursFemmes,leursSujets,
Qtianddeprès on les exafninet
Cen'estque leJeu des Echets.
Peutestre que ma Mures'est
trompée en cette rencontre,
mais, il est toûjours certain
qu'elle ne se trompe point
quandellem'engage à vousdire
que jefuis, Vostre,&c.
DE MARPALU.
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Résumé : SUR L'EXTRAORDINAIRE DU MERCURE Du Quartier d'Octobre 1678.
Le texte est une lettre élogieuse à l'égard du 'Mercure', une publication, pour son édition exceptionnelle d'octobre 1685. L'auteur exprime une grande admiration pour la lettre du quartier d'octobre, qualifiant l'année du 'Mercure' d'extraordinaire et digne d'être présentée au plus grand roi de la Terre. Il compare cette épître à un arc de triomphe célébrant les victoires du roi Louis le Grand, soulignant ses vertus et ses exploits glorieux. La lettre met en parallèle les vertus de Louis et celles du soleil, symbolisant la paix et la prospérité apportées par le règne du roi. Elle décrit également un portrait du roi entouré de devises et de médailles, illustrant ses conquêtes et ses réalisations. L'auteur admire les sciences, les arts et la galanterie florissante sous le règne de Louis. Il mentionne diverses fêtes et fictions ingénieuses présentées dans le 'Mercure'. La lettre se termine par une allégorie sur le jeu d'échecs, comparant deux grands rois à des pièces de ce jeu. L'auteur conclut en exprimant son admiration et sa loyauté envers le 'Mercure'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 71-81
POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. IDILLE.
Début :
Je joins à ces deux Sonnets, l'Idille de Madame des / L'Amour pressé d'une douleur amere, [...]
Mots clefs :
Académie, Amour, Enfant, Jaloux, Gloire, Louis, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. IDILLE.
Je joins à ces deux Sonnets,
l'Idille de Madame des
Houlieres, dont le bruit doit
estreallé jusqua vous, par
les applaudissemens qu'il a
reçeus àla Cour & a Paris.
Il y a tant de délicatesse, de
bon goust, & de bon sens,
dans tout ce qui part de
cette illustre Personne, que si l'usage estoit que les Femmes
fussentreçeuës à l'Académie,
on préviendroit ses
souhaits) pour luy offrir place
gdanslceUtte céleébré.Compa-
POUR
POUR.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC
DE BOURGOGNE.
IDILLE. LAmourpressed'une douleur
sincre,
Età'a(on FlambeAU,rewp'Jes
Traits
Et parle Six jure àfk Mere
JÇu'tlnes*appat[ra jamais.
Toutse ressont desa colere,
Déjà les Oiseaux dans les Bois
Nefont plusentendre leurs rvoixJI
Et déjà le Berger néglige sa Bergere.
Ce matin lesJeux &les Ris,
De l'Amour lesseuls Favoris, 4
M'ont découvert ce qui le désespere.
Voicy ce qu'ilsm'en ont appris.
Un divin Enfant vient de naître,
M'ont-ils dit, à qui les Mortels
Avec empressement élevent des Autels,
Et pour qui pms regret nom quittons
nostreMaistre.
Sil'Amour est jaloux des honneurs
qu'on luy rend,
Ill'est encorplus deses charmes;
En vainpouressuyerses larmes,
Vénussursesgenouxleprend,
Luyfait honte desesfoibleffess
Et quandpardetendrescaresses
Elle croitl'avoiradoucy,
D'un ton plus ferme elle luyparle
diuflVous
avez,fourny de matiere
Aumalheurdontvous vous plaignez;
L'aimable Enfant que vous craignez,
Sans vous n'eut pointveu lalumière,
Maù consolez-vous-en, luy qui vom rendjaloux,
Unjoursoûmis àvostreEmpire,
£htoy que la Gloireenpuisse dire,
Fera de 10s plaisirsson bonheur le
plus doux.
Reprenez, donc vostreArc; J^oy^moit
Fils,seriez, vous
Aux ordres des Destins rebelle?
Songez- que vous devez, vossoins 4
l'Univers,
.f<.!!epttr VOM toutse renouvelle;
Que dans le vastesein des Mers,
.f<!!,estr lA Terre & cAns les Airs,
La Nature àsonaide en tout temps
vous appelle.
Ha ! s'écria l'Amour,je veux me
vangerd'elle;
Contre elle avec raison je mefins-
animé;
Avecde trop grandssoins cette [11.
grateaformé
Cet Enfant, ce Rival dema gloire
immortelle.
Concevez-vous quelle est ma douleur,
neon effroy?
Il estdéjà beau commemoy;
Maisjusqu'où les Mortels portent-ils
l'insolence?
Sans respectermonpouvoir, ny mort
rang,
On ose comparerson sangavec mon
sangs
On faitplus,surlemien ila lapréferences
On ne craint point pour luy la eélefit
vangcancc;
lid dans son Ayeul un trop puissant
| Appuy. Ji>uel DieupourlaValeur, J^utlDu#
pour la Prudence,
Pourroit avec LOVISdisputer diijourd'huy?
liefuis qu'ilfutdonné pour le bien de
la France,
On n'a plus adoré que luy.
De l' Univers, il regle lafortunes
Parunprodigeilest tout-à-la-fois
Mars,Apollon, Jupiter & Neptune;
Ses bontez,sessoins, ses exploits,
Font la félicité commune.
Au dela de luy-mesmeilporteson bonheur,
Asonauguste Filsluy-mesmesert de
guide;
On voit ce Fils brûler d'une héroïque
ardeur,
Etde Gloire en tout temps avide,
DAns lêfeinmesme de 14 Paix,
Auxfrivoles plaisirs ne s'arrester jamais.
î1fcplaiflàlaChasse, image de 14
Guerre,
Ilsi plaifla dompter d'indomptables
Chevaux,
En attendant lejourqu'armédefin
Tonnerre,
LoriS en triomphant du reste de la
Terre,
JroumiJJe asa Valeur de plus nobles
travANX.
Sien que de la Beauté voussoyez, la
VousnDelleujfyi,
eauferiez, ny transports,
Heureux&digneEpouxd'une jeune
Trinceffe,
J^uimérite tousses soûpirs,
Il ne daigne tournerses regardssur
les autres;
lAsischarmesail(si quels charmes
sontégaux?
Elle a les yeux aussi doux que les
vostres,
Etn'a pas un de vos défauts.
Vénusalors rougit de honte,
EtlançantsursonFils desregards
enflâmez,
cf!0oJ donc, dit-elle, à vostre conte
UneMortellemesurmonte?
Hé-bien, l'illustre Enfantdont vous
vous alarmez,
Pres demoy tiendra vostreplace;
Je veux ( & le Destin ne m'en dédira
pas )
,tueqtioy qu'ildise, ou quoy qu'il
fassi)
On y trouve toûjours une nouvelle
Grace;
Toutes vontpar mon ordre accompagnerses
pas.
L Amouttnmble à cette menace, IlveutfiâttrVenus ; mais Vénus s
cesmots,
Sejette dansson Char, (jp noie t1 vers
Paphos.
nllnsfin coeur la colereà lahonte
s'assemble.
Le chagrin de l'Amouri'accroifl par
ce couroux,
Etcommelechagrindrnoué
Ne pouvons demeurer ensemble,
Nous avons résolu d'abandonner
l'Amour,
Pour venirfairenostre cour
Au beau Prince qui,luy ressemble.
Voilacceqoue lnes Rtisé&l;es^uxm'ont
Ce Prince estsi charmant, qu'on les en
peut bien croire;
L'Amour estaujourd'huijalouxdesa
beauté,
À
nj.o#rtli.cnirdque Mays leserade
sagloire,
pHÎjft-t-ilteneursgrand, estresonjours
keureuxi ThïJjc * lejuste Ciel accorder à nos
vaux
Fourluy denotnbreuefséttneesi
Jfïjt'il«pl/Jlè des Héros les Exploits Mt quunjour, s'ilse peut,sesgrandts
destinées
Egalent celles de LOVIS.
l'Idille de Madame des
Houlieres, dont le bruit doit
estreallé jusqua vous, par
les applaudissemens qu'il a
reçeus àla Cour & a Paris.
Il y a tant de délicatesse, de
bon goust, & de bon sens,
dans tout ce qui part de
cette illustre Personne, que si l'usage estoit que les Femmes
fussentreçeuës à l'Académie,
on préviendroit ses
souhaits) pour luy offrir place
gdanslceUtte céleébré.Compa-
POUR
POUR.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC
DE BOURGOGNE.
IDILLE. LAmourpressed'une douleur
sincre,
Età'a(on FlambeAU,rewp'Jes
Traits
Et parle Six jure àfk Mere
JÇu'tlnes*appat[ra jamais.
Toutse ressont desa colere,
Déjà les Oiseaux dans les Bois
Nefont plusentendre leurs rvoixJI
Et déjà le Berger néglige sa Bergere.
Ce matin lesJeux &les Ris,
De l'Amour lesseuls Favoris, 4
M'ont découvert ce qui le désespere.
Voicy ce qu'ilsm'en ont appris.
Un divin Enfant vient de naître,
M'ont-ils dit, à qui les Mortels
Avec empressement élevent des Autels,
Et pour qui pms regret nom quittons
nostreMaistre.
Sil'Amour est jaloux des honneurs
qu'on luy rend,
Ill'est encorplus deses charmes;
En vainpouressuyerses larmes,
Vénussursesgenouxleprend,
Luyfait honte desesfoibleffess
Et quandpardetendrescaresses
Elle croitl'avoiradoucy,
D'un ton plus ferme elle luyparle
diuflVous
avez,fourny de matiere
Aumalheurdontvous vous plaignez;
L'aimable Enfant que vous craignez,
Sans vous n'eut pointveu lalumière,
Maù consolez-vous-en, luy qui vom rendjaloux,
Unjoursoûmis àvostreEmpire,
£htoy que la Gloireenpuisse dire,
Fera de 10s plaisirsson bonheur le
plus doux.
Reprenez, donc vostreArc; J^oy^moit
Fils,seriez, vous
Aux ordres des Destins rebelle?
Songez- que vous devez, vossoins 4
l'Univers,
.f<.!!epttr VOM toutse renouvelle;
Que dans le vastesein des Mers,
.f<!!,estr lA Terre & cAns les Airs,
La Nature àsonaide en tout temps
vous appelle.
Ha ! s'écria l'Amour,je veux me
vangerd'elle;
Contre elle avec raison je mefins-
animé;
Avecde trop grandssoins cette [11.
grateaformé
Cet Enfant, ce Rival dema gloire
immortelle.
Concevez-vous quelle est ma douleur,
neon effroy?
Il estdéjà beau commemoy;
Maisjusqu'où les Mortels portent-ils
l'insolence?
Sans respectermonpouvoir, ny mort
rang,
On ose comparerson sangavec mon
sangs
On faitplus,surlemien ila lapréferences
On ne craint point pour luy la eélefit
vangcancc;
lid dans son Ayeul un trop puissant
| Appuy. Ji>uel DieupourlaValeur, J^utlDu#
pour la Prudence,
Pourroit avec LOVISdisputer diijourd'huy?
liefuis qu'ilfutdonné pour le bien de
la France,
On n'a plus adoré que luy.
De l' Univers, il regle lafortunes
Parunprodigeilest tout-à-la-fois
Mars,Apollon, Jupiter & Neptune;
Ses bontez,sessoins, ses exploits,
Font la félicité commune.
Au dela de luy-mesmeilporteson bonheur,
Asonauguste Filsluy-mesmesert de
guide;
On voit ce Fils brûler d'une héroïque
ardeur,
Etde Gloire en tout temps avide,
DAns lêfeinmesme de 14 Paix,
Auxfrivoles plaisirs ne s'arrester jamais.
î1fcplaiflàlaChasse, image de 14
Guerre,
Ilsi plaifla dompter d'indomptables
Chevaux,
En attendant lejourqu'armédefin
Tonnerre,
LoriS en triomphant du reste de la
Terre,
JroumiJJe asa Valeur de plus nobles
travANX.
Sien que de la Beauté voussoyez, la
VousnDelleujfyi,
eauferiez, ny transports,
Heureux&digneEpouxd'une jeune
Trinceffe,
J^uimérite tousses soûpirs,
Il ne daigne tournerses regardssur
les autres;
lAsischarmesail(si quels charmes
sontégaux?
Elle a les yeux aussi doux que les
vostres,
Etn'a pas un de vos défauts.
Vénusalors rougit de honte,
EtlançantsursonFils desregards
enflâmez,
cf!0oJ donc, dit-elle, à vostre conte
UneMortellemesurmonte?
Hé-bien, l'illustre Enfantdont vous
vous alarmez,
Pres demoy tiendra vostreplace;
Je veux ( & le Destin ne m'en dédira
pas )
,tueqtioy qu'ildise, ou quoy qu'il
fassi)
On y trouve toûjours une nouvelle
Grace;
Toutes vontpar mon ordre accompagnerses
pas.
L Amouttnmble à cette menace, IlveutfiâttrVenus ; mais Vénus s
cesmots,
Sejette dansson Char, (jp noie t1 vers
Paphos.
nllnsfin coeur la colereà lahonte
s'assemble.
Le chagrin de l'Amouri'accroifl par
ce couroux,
Etcommelechagrindrnoué
Ne pouvons demeurer ensemble,
Nous avons résolu d'abandonner
l'Amour,
Pour venirfairenostre cour
Au beau Prince qui,luy ressemble.
Voilacceqoue lnes Rtisé&l;es^uxm'ont
Ce Prince estsi charmant, qu'on les en
peut bien croire;
L'Amour estaujourd'huijalouxdesa
beauté,
À
nj.o#rtli.cnirdque Mays leserade
sagloire,
pHÎjft-t-ilteneursgrand, estresonjours
keureuxi ThïJjc * lejuste Ciel accorder à nos
vaux
Fourluy denotnbreuefséttneesi
Jfïjt'il«pl/Jlè des Héros les Exploits Mt quunjour, s'ilse peut,sesgrandts
destinées
Egalent celles de LOVIS.
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Résumé : POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. IDILLE.
Le texte est une lettre accompagnant deux sonnets et une idylle de Madame des Houlières, reconnue pour ses œuvres littéraires. L'auteur exprime son admiration pour la délicatesse, le bon goût et le bon sens de Madame des Houlières, suggérant qu'elle mériterait une place à l'Académie française si les femmes y étaient admises. L'idylle célèbre la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. L'Amour, éprouvant une douleur sincère, voit ses traits marqués par la colère. Les oiseaux et les bergers ressentent cette colère, et les jeux de l'Amour sont interrompus. L'Amour apprend qu'un divin enfant est né, pour qui les mortels élèvent des autels, et qu'il doit quitter son maître. Vénus tente de consoler l'Amour, lui rappelant que l'enfant ne serait pas né sans lui et qu'un jour, l'enfant sera soumis à son empire. L'Amour, jaloux et animé par la colère, exprime sa douleur et son effroi face à la beauté et à la gloire de l'enfant. Il décrit les exploits et les qualités de l'enfant, comparant ses talents à ceux des dieux et soulignant son rôle dans le bonheur de la France. Vénus, honteuse, reconnaît que l'enfant surpassera l'Amour en beauté et en grâce. L'Amour et Vénus décident d'abandonner leur querelle et de se rendre à la cour du prince, admirant sa beauté et sa gloire. Ils espèrent que le ciel accordera à l'enfant des exploits héroïques et des destinées grandioses, égales à celles de Louis.
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16
p. 309-312
A Mr DE POINCTY, Commandant dans une des Galiotes du Roy, nommée la Cruelle. BALADE.
Début :
Vous venez de voir dans cette Seconde Partie de ma Lettre une / Preux Chevalier, sage, & de bon alloy [...]
Mots clefs :
Mr de Poincti, Alger, Mosquée, Rivage, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mr DE POINCTY, Commandant dans une des Galiotes du Roy, nommée la Cruelle. BALADE.
Vous venez de voir dans cetre
Seconde Partie de n1a Lettre une
llelation de i\1r de Poinétî .. touchant cc qui s'cft paifé devant
Alger.. Cette Relarion eft:oic
~JreiTée à M:~d~~moif~l!e des
Houlierest C}~fl: une Fille qui a
beaucoup d'ciprlt, & de hon
gouf.l:, & qui écrit auffi bien ç11
gro ~ ER CUF1-.E
Profe que M.idame îà. Mere écrit
e11 Vers.. c•efl: beaucollp tiire.
mais des Perfonnes tres - éclai~
rées en parlent d.e cette n1a11ierr,
& on peut les croire fi1r leur pa.
role. Si fa n1Gdefl:ie .. ne s'oppo .. ,
foît pas au delfein de fes An1isl r
qui voudraient bien donner des ~
Copies de fes Ouvrages, ils fer ..
viroie11t d~ un grand ornen1ent a
111e~ Lettres. Madan1e des Hou.
Jieres a régalé de cette Balade
celuy qui avoit envoyé la Re'a.
tio11 d, Alger à Miide1noifelle fa
Fille.
..
. *
--1
J GAL/\NT. 511 r
.
l
.;· A M r D E P 0 1 N C T Y,
Co1nn1~~ndant dans une des
Galiotes du Roy, nOn1mée
la l~r11t!le.
BAL AD Eo
lteux Che'thnlier, fage:. & de hon
ll!loy)
DdiA fça.vlnns pAr Dttme Ren1mmie~
.A qui tes F ait1 donnent 4ffe~ d·employfJ
f0:e Jans t11Nef l6in d' e{lre clos & coy,
f2!,tl. d fur Alger tcmhoit Bombe enjlâmée~
Lt fin premf·er 4Jront1tnt le danger
Sur la Cruelle as bien.fait telle rage~
fl.!11 peflc-mefle., Africain .. Etrang1r,
11ofquee & Tours giCent fur le Rivageo ~ ':».
.. _ ~...-.·
-... _.
'
....__
.... ·
Dans ton rccit,, ,~Aye & flere;t ;e ""Y
No/Ire Jeun~ffe }l Vdi.ncrc ltecofttumé~~
AH cr 11u fe/ll.. Pourtllnf~ comme ie croy~
~4 telle F efte 011 n' e.flpM [Ans cffeo1,
B nlle elle efloit,. & tu tas hi.en chornmle.
DH R!!efn~ h11bi.Je in (Art dt n11wig1r~
312 ~AErRCURE Sage en Confeils,farneux par_(on courage,
Dit 9ue par toy chez le 1.Vtore léger,
1v1ofquée & Tours gifentfllr le Rivage.
~~ De cette Gent fan$ honneur& fansfoy,
P aY- cet Exploit l'audace eft rcprimtc;
P ortr la réduire à fi·t.ivre noftre Loy,
JJc(oin ferA d' Apoflres comme toy,
Tc/le œuvrc "r!eut qtl on prcfèhe à mai,2
I
armee.
On te i/crra f4ns-dr;utc rtllV ilJer
Dans autre ttnnéc att-tre infidè!le P la(~ej
Dont on dira., comme on le dit ctAlgerJ
Mofq1Jée & Tours gifcnt fnrle Rivage.
"EN\lQY.
P 1:uples d~ Alger franchement~ dite s-mayj
.De Charlcs-Q-±:int que mit en defarroy
r.~(/ "e7Jaleitr aitjfi-bien que r orage)
Ou de LOV l S quifpait vom corr_;ger,
~el e.fl plm grand, plnsvai!lant, 6~ plm
[age?
Bien mieU.'t" que notu 'Vous en pou-vcz.. .
7utrer,
Mofquée & Tours gifentfur le Rivage
Seconde Partie de n1a Lettre une
llelation de i\1r de Poinétî .. touchant cc qui s'cft paifé devant
Alger.. Cette Relarion eft:oic
~JreiTée à M:~d~~moif~l!e des
Houlierest C}~fl: une Fille qui a
beaucoup d'ciprlt, & de hon
gouf.l:, & qui écrit auffi bien ç11
gro ~ ER CUF1-.E
Profe que M.idame îà. Mere écrit
e11 Vers.. c•efl: beaucollp tiire.
mais des Perfonnes tres - éclai~
rées en parlent d.e cette n1a11ierr,
& on peut les croire fi1r leur pa.
role. Si fa n1Gdefl:ie .. ne s'oppo .. ,
foît pas au delfein de fes An1isl r
qui voudraient bien donner des ~
Copies de fes Ouvrages, ils fer ..
viroie11t d~ un grand ornen1ent a
111e~ Lettres. Madan1e des Hou.
Jieres a régalé de cette Balade
celuy qui avoit envoyé la Re'a.
tio11 d, Alger à Miide1noifelle fa
Fille.
..
. *
--1
J GAL/\NT. 511 r
.
l
.;· A M r D E P 0 1 N C T Y,
Co1nn1~~ndant dans une des
Galiotes du Roy, nOn1mée
la l~r11t!le.
BAL AD Eo
lteux Che'thnlier, fage:. & de hon
ll!loy)
DdiA fça.vlnns pAr Dttme Ren1mmie~
.A qui tes F ait1 donnent 4ffe~ d·employfJ
f0:e Jans t11Nef l6in d' e{lre clos & coy,
f2!,tl. d fur Alger tcmhoit Bombe enjlâmée~
Lt fin premf·er 4Jront1tnt le danger
Sur la Cruelle as bien.fait telle rage~
fl.!11 peflc-mefle., Africain .. Etrang1r,
11ofquee & Tours giCent fur le Rivageo ~ ':».
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....__
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Dans ton rccit,, ,~Aye & flere;t ;e ""Y
No/Ire Jeun~ffe }l Vdi.ncrc ltecofttumé~~
AH cr 11u fe/ll.. Pourtllnf~ comme ie croy~
~4 telle F efte 011 n' e.flpM [Ans cffeo1,
B nlle elle efloit,. & tu tas hi.en chornmle.
DH R!!efn~ h11bi.Je in (Art dt n11wig1r~
312 ~AErRCURE Sage en Confeils,farneux par_(on courage,
Dit 9ue par toy chez le 1.Vtore léger,
1v1ofquée & Tours gifentfllr le Rivage.
~~ De cette Gent fan$ honneur& fansfoy,
P aY- cet Exploit l'audace eft rcprimtc;
P ortr la réduire à fi·t.ivre noftre Loy,
JJc(oin ferA d' Apoflres comme toy,
Tc/le œuvrc "r!eut qtl on prcfèhe à mai,2
I
armee.
On te i/crra f4ns-dr;utc rtllV ilJer
Dans autre ttnnéc att-tre infidè!le P la(~ej
Dont on dira., comme on le dit ctAlgerJ
Mofq1Jée & Tours gifcnt fnrle Rivage.
"EN\lQY.
P 1:uples d~ Alger franchement~ dite s-mayj
.De Charlcs-Q-±:int que mit en defarroy
r.~(/ "e7Jaleitr aitjfi-bien que r orage)
Ou de LOV l S quifpait vom corr_;ger,
~el e.fl plm grand, plnsvai!lant, 6~ plm
[age?
Bien mieU.'t" que notu 'Vous en pou-vcz.. .
7utrer,
Mofquée & Tours gifentfur le Rivage
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Résumé : A Mr DE POINCTY, Commandant dans une des Galiotes du Roy, nommée la Cruelle. BALADE.
Le texte relate un événement survenu devant Alger, extrait de la Seconde Partie d'une lettre adressée à Madame des Houlières, une femme cultivée et honorable qui écrit également des vers. Des personnes éclairées apprécient cette relation et souhaitent en obtenir des copies pour enrichir leurs lettres, à condition que Madame des Houlières n'y voie pas d'objection. Madame des Houlières a offert une ballade à l'auteur de la relation d'Alger. Cette ballade est dédiée à un chevalier sage et loyal et raconte l'histoire d'une jeune fille fidèle et courageuse malgré les dangers. Elle met en avant les valeurs de loyauté et de courage, et exhorte à réprimer l'audace des ennemis pour les soumettre à la loi. Le texte se conclut par des couplets d'Alger, exprimant des sentiments de loyauté et de dévouement, et comparant la situation à des événements historiques pour souligner la grandeur et la générosité des actions décrites.
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17
p. 6-7
ETRENNE DE QUATORZE LOUIS A LOUIS LE GRAND. SONNET.
Début :
Le premier des Louis estois trop debonnaire ; [...]
Mots clefs :
Louis, Coeur, Fils, Père, Ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENNE DE QUATORZE LOUIS A LOUIS LE GRAND. SONNET.
ETRENNE
DE QUATORZE LOUIS
A
LOUIS LE GRAND .
L
SONNE T.
E premier des LOVIS eftois
trop debonnaire ;
Le Second le Troifiéme , & Louis
d'Outremer ,
Ne firent rien de propre à fe faire
eftimer ;
Le Cinquième eft marqué pour n'avoir
fçû rien faire.
Louis le Gros en Fils fut plus heureux
qu'en Pere ;
Le Ieune fe croifant , vit les Chrê–
tiens armer
,
GALAN T.
Lion par fon grand coeur fe fit ainfe
nommers
Et fon Fils Saint Louis à Dieu feul
voulut plaire.
On ne vit que quatre ans regner
Louis Hutin ;
Louis Onziémefut, & trop , & trop
peu fin ;
Et le Pere du Peuple eut unfort plus
angufte.
Ces douze effaisfinis, du Héros qu'on
attend
L'heure arrive ; & le Ciel , apres
Louis le Iufte ,
Acheva le Chef - d'oeuvre , & fit
LOUIS LE GRAND .
DE QUATORZE LOUIS
A
LOUIS LE GRAND .
L
SONNE T.
E premier des LOVIS eftois
trop debonnaire ;
Le Second le Troifiéme , & Louis
d'Outremer ,
Ne firent rien de propre à fe faire
eftimer ;
Le Cinquième eft marqué pour n'avoir
fçû rien faire.
Louis le Gros en Fils fut plus heureux
qu'en Pere ;
Le Ieune fe croifant , vit les Chrê–
tiens armer
,
GALAN T.
Lion par fon grand coeur fe fit ainfe
nommers
Et fon Fils Saint Louis à Dieu feul
voulut plaire.
On ne vit que quatre ans regner
Louis Hutin ;
Louis Onziémefut, & trop , & trop
peu fin ;
Et le Pere du Peuple eut unfort plus
angufte.
Ces douze effaisfinis, du Héros qu'on
attend
L'heure arrive ; & le Ciel , apres
Louis le Iufte ,
Acheva le Chef - d'oeuvre , & fit
LOUIS LE GRAND .
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Résumé : ETRENNE DE QUATORZE LOUIS A LOUIS LE GRAND. SONNET.
Le poème énumère les rois de France nommés Louis. Louis Ier est trop bon. Louis II, III, IV et d'Outremer n'ont rien accompli. Louis V est inactif. Louis VI est plus chanceux en tant que fils. Louis IX participe à la croisade. Philippe Auguste, le Lion, est courageux. Son fils, Saint Louis, est dévot. Louis X règne quatre ans. Louis XI est rusé mais peu fin. Henri IV a une fin tragique. Le texte attend Louis XIV, le Grand.
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18
p. 7-8
Madrigal sur le mesme sujet, [titre d'après la table]
Début :
Ce Madrigal estoit joint à ce Sonnet. / Grand LOUIS, ma Muse en ce jour [...]
Mots clefs :
Louis, Muse, Poète, Présent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Madrigal sur le mesme sujet, [titre d'après la table]
Ce Madrigal eftoit joint à ce
Sonnet.
GRA
Rand LOUIS , ma Mufe
en ce jour
A 4
8
MERCURE
Te fait une Royale Etrenne ,
Et de l'air d'une Souveraine
Elle vient tefaire fa cour.
Quelque Poëte plus habile
Chantera tes Faits inouïs ;
Pour moy , ce que je fais eft affez
difficile ,
C'est un Préfent de quatorze Louis;
Selon mes faculte l'offre paroift
civile.
Tout le monde en convient , le der
nier eft fans prixs
Des autres je me tais , de peur d'eftre
Surpris;
Mais la Rime voudroit qu'ils en valuffent
mille.
Sonnet.
GRA
Rand LOUIS , ma Mufe
en ce jour
A 4
8
MERCURE
Te fait une Royale Etrenne ,
Et de l'air d'une Souveraine
Elle vient tefaire fa cour.
Quelque Poëte plus habile
Chantera tes Faits inouïs ;
Pour moy , ce que je fais eft affez
difficile ,
C'est un Préfent de quatorze Louis;
Selon mes faculte l'offre paroift
civile.
Tout le monde en convient , le der
nier eft fans prixs
Des autres je me tais , de peur d'eftre
Surpris;
Mais la Rime voudroit qu'ils en valuffent
mille.
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Résumé : Madrigal sur le mesme sujet, [titre d'après la table]
Le texte présente un madrigal et un sonnet dédiés à Louis XIV. Le madrigal décrit une 'Royale Etrenne' offerte à Mercure, symbolisant la générosité royale. Le sonnet exprime l'humilité de l'auteur face aux exploits du roi. L'auteur offre quatorze louis, soulignant que cette offrande est modeste et civile. Il reconnaît que le dernier louis est sans prix et évite de commenter les autres pour ne pas être surpris.
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19
p. 8-10
Sonnets, [titre d'après la table]
Début :
Cet autre Sonnet a esté adressé à Monsieur le Duc de Saint-Aignan / Ces quatorze Louis mis dans un seur Sonnet. [...]
Mots clefs :
Louis, Éloge, Chant, Sublime
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sonnets, [titre d'après la table]
Cet autre Sonnet a efté adreſſe
à Monfieur le Duc de Saint Aignan
par le même мonfieur Magnin
, fur le fujet de l'Etrenne .
CEs
Es quatorze Louis mis dans un
feur Sonnet.
GALANT.
9
Seront un peu preffez , Saint Aignan,
je l'avoue ;
Et fi l'on s'étand trop quelquefois
quand on loue ,
On ne peut m'acufer icy de l'avoir
fait.
Ay je prétendu faire un Eloge parfait
?
Dans un champ un peu long le plus
habile échoue ;
Pour vouloir trop chanter ,fouvent la
voix s'enroue.
Et celle de ma Plume eft un petit
Faucet.
De peur de m'égarer à force de lu
miere ,
Fabrége ette vafte & brillante
matiere,
Où fur tant de Louis le Ciel en
finitum
AS
10 MERCURE
Et j'ay crû mieux répondre à fa
hauteur fublime,
Enprenant un deffein qui nefust pas
commun ,
Qu'en donnant plus d'espace à l'ardeur
qui m'anime.
à Monfieur le Duc de Saint Aignan
par le même мonfieur Magnin
, fur le fujet de l'Etrenne .
CEs
Es quatorze Louis mis dans un
feur Sonnet.
GALANT.
9
Seront un peu preffez , Saint Aignan,
je l'avoue ;
Et fi l'on s'étand trop quelquefois
quand on loue ,
On ne peut m'acufer icy de l'avoir
fait.
Ay je prétendu faire un Eloge parfait
?
Dans un champ un peu long le plus
habile échoue ;
Pour vouloir trop chanter ,fouvent la
voix s'enroue.
Et celle de ma Plume eft un petit
Faucet.
De peur de m'égarer à force de lu
miere ,
Fabrége ette vafte & brillante
matiere,
Où fur tant de Louis le Ciel en
finitum
AS
10 MERCURE
Et j'ay crû mieux répondre à fa
hauteur fublime,
Enprenant un deffein qui nefust pas
commun ,
Qu'en donnant plus d'espace à l'ardeur
qui m'anime.
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Résumé : Sonnets, [titre d'après la table]
Le texte est un sonnet de Monsieur Magnin adressé au Duc de Saint Aignan sur le thème des étrennes. L'auteur reconnaît la difficulté de louer sans exagérer et compare sa plume à un petit sifflet. Il choisit un défi moins commun pour éviter de s'égarer en traitant des sujets brillants et précieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 10-12
SUR CE QUE LE ROY n'a point d'égal.
Début :
Le premier des trois Sonnets que j'ajoûte icy, est de Monsieur de Grammont / Dans chaque Age on a vû plus d'un grand Capitaine ; [...]
Mots clefs :
Histoire romaine, Louis, Paix, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR CE QUE LE ROY n'a point d'égal.
Le premier des trois Sonnets
que j'ajoûte icy , eft de Monfieur
de Grammont de Richelieu ; le
fecond , de Monfieur Louchaut,
& le troifiéme , de Monfieur de
Grivagere le jeune de Falaife.
SUR CE QUE LE ROY
n'a point d'égal .
D4
Ans chaque Age on a vû plus
d'ungrand Capitaine ;
Le plus grand eut toujours un Concurrent
fatal ;
3
Témoin ce qu'on nous dit dans l'Hiftoire
Romaine
GALANT. rt
Du fameux Scipion , & du grand
Annibal.
Marius & Sylla fe font fait de la
peine.
Céfar eut en Pompée un terrible
Rival:;
Marc Antoine amolly par l'Amour
de la Reine ,
S'ilne vainquit Augufte , il luyfit
bien du mal.
Quoy que l'on redoutaft de François
la vaillance,
Charles quint cependaas balança
Sa puissance.
LOVIS fans concurrent paroift feul
aujourd'huy.
Cherchez chez nos Voifins , courez
toute la Terre ,
Soit pour régir en Paix , ou triompher
en Guerre ,
A 6
7-
I 2 MERCURE
Où pourra- t- on trouver un Héros
comme luy ?
que j'ajoûte icy , eft de Monfieur
de Grammont de Richelieu ; le
fecond , de Monfieur Louchaut,
& le troifiéme , de Monfieur de
Grivagere le jeune de Falaife.
SUR CE QUE LE ROY
n'a point d'égal .
D4
Ans chaque Age on a vû plus
d'ungrand Capitaine ;
Le plus grand eut toujours un Concurrent
fatal ;
3
Témoin ce qu'on nous dit dans l'Hiftoire
Romaine
GALANT. rt
Du fameux Scipion , & du grand
Annibal.
Marius & Sylla fe font fait de la
peine.
Céfar eut en Pompée un terrible
Rival:;
Marc Antoine amolly par l'Amour
de la Reine ,
S'ilne vainquit Augufte , il luyfit
bien du mal.
Quoy que l'on redoutaft de François
la vaillance,
Charles quint cependaas balança
Sa puissance.
LOVIS fans concurrent paroift feul
aujourd'huy.
Cherchez chez nos Voifins , courez
toute la Terre ,
Soit pour régir en Paix , ou triompher
en Guerre ,
A 6
7-
I 2 MERCURE
Où pourra- t- on trouver un Héros
comme luy ?
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Résumé : SUR CE QUE LE ROY n'a point d'égal.
Le texte présente trois sonnets attribués à Monsieur de Grammont de Richelieu, Monsieur Louchaut et Monsieur de Grivagere. Le sonnet de Monsieur Louchaut compare des grands capitaines romains comme Scipion et Annibal, et des rois comme François Ier et Charles Quint. Il souligne que le roi Louis XIV n'a pas de rival, ni en temps de paix ni en temps de guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 13-15
SUR LES EDITS contre les Prétendus Reformez.
Début :
Sur cent Peuples liguez esperer la Victoire. [...]
Mots clefs :
Peuple, Victoire, Louis, Héros, Église, Hérésie, Prétendus réformés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES EDITS contre les Prétendus Reformez.
SUR LES EDITS
contre les Prétendus
Reformez .
Ur cent Peuples ligue efperer
La Victoire ,
50%
Et n'avoir que fon bras &fon coeur
pour garanti
14
MERCURE
Seul les vaincre en effet , ce qu'on a
peine à croire ,
Et par tout s'eriger en parfait Conquerant.
C'est du vaillant LOVIS la furprenante
Histoire,
A qui tout l'Univers donne le nom
de GRAND ;
C'eft LOVIS en un mot ,fifameux
par fa gloire,
Qu'entre tous les Heros Il tient le
premier rang.
Cependant, comme il eft Fils aîné de
iEglife,
Ilveut que fa grandeur luyfoit toûjours
foumife ,
Et que tousfes Sujets foient unis fous
fa Loy.
Deftruire l'Heréfie infolente & rebelle.
GALANT.
15
C'est l'unique Triomphe où prétend
ce grand Roy ,
Quel autre peut donner une gloire
plusbelle'?
contre les Prétendus
Reformez .
Ur cent Peuples ligue efperer
La Victoire ,
50%
Et n'avoir que fon bras &fon coeur
pour garanti
14
MERCURE
Seul les vaincre en effet , ce qu'on a
peine à croire ,
Et par tout s'eriger en parfait Conquerant.
C'est du vaillant LOVIS la furprenante
Histoire,
A qui tout l'Univers donne le nom
de GRAND ;
C'eft LOVIS en un mot ,fifameux
par fa gloire,
Qu'entre tous les Heros Il tient le
premier rang.
Cependant, comme il eft Fils aîné de
iEglife,
Ilveut que fa grandeur luyfoit toûjours
foumife ,
Et que tousfes Sujets foient unis fous
fa Loy.
Deftruire l'Heréfie infolente & rebelle.
GALANT.
15
C'est l'unique Triomphe où prétend
ce grand Roy ,
Quel autre peut donner une gloire
plusbelle'?
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Résumé : SUR LES EDITS contre les Prétendus Reformez.
Le texte célèbre Louis XIV, surnommé le 'Grand', pour sa victoire contre les prétendus réformés. Il le décrit comme un conquérant parfait et le plus grand des héros, reconnu mondialement. Louis XIV souhaite soumettre sa grandeur à la foi et unir ses sujets sous sa loi. Son objectif principal est de détruire l'hérésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 147-150
Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
Début :
Je vous envoye des Vers qui ont esté faits à l'occasion du calme / Voicy le doux temps de l'Amour [...]
Mots clefs :
Amour, Dieux, Louis, Lauriers, Honneur, Nature, Trésor, Tranquilité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
le vous envoye des Vers qui
ont efté faits à l'occafion du calme
dont jouit la France .
Voicy le doux temps de l' Amour
Et du charmant Dieu des Bouteilles
;
Nous ne verrons plus le Tambour
Faire du bruit à nos oreilles.
LOUIS couronné de Lauriers ,
G 2
148
MERCURE
A licentie fes Guerriers.
Au lieu de Clairons , de Trompettes.
Nous n'entendrons que des Mufettes;
Et déia j'entens dans nos Bois ,
A l'honneur du plus grand des Roys,
Le Berger avec fa Bergere ,
Chanter fur la verte Fougere ,
Vive LOVIS ! Puiffe le Ciel
Sur fes jours découler le miel ;
Que toujours à pleine Faucille
On moiffonne dans fa Famille
Des Lauriers; & que
le Soleil
Aux cheveux blõds, au teint vermeil
Empefche que la Medecine
Sur luy n'exerce fa Doctrine.
C'est par luy que le Siecle d'or ,
Mort filong- temps avant Neftor,
Va renaiftre , & combler la France
De tout ce qui fait l'abondance.
Que l'Hymen va joindre de coeurs
Sous le joug d'un amour fidelle ,
Et qu'il va moiffonner de Fleurs
Avant que la brune Hyrondelle
GALANT. 149
Par fes premiers gazoüillemeus
Nous ait marqué les jours charmans
Qui ramenent la Tourterelle !
Que fous l'Empire de Bacchus
Nous allons voir caffer de Verres,
Et quefous celuy de Vénus
Nous verrons d'amoureux Parterres!
Combien verrons.nous fous l'Ormeau
Danfer au fon du Chalumeau !
Combien de Garçons & de Filles
Les Dimanches jouer aux Quilles ,
Courir , & la Boule à la main
Bondir comme feroit un Dain !
Le Vilageois dans fa Chaumiere
Verra pendre àSa Cremilliere
Dans un Chaudron bien écuré
Dequoy feftoyer fon Curé.
Au Bourgeois étofé de Pane
Nul ne verra faire la Cane ,
Quand il faudra de fon Trefor
Tirer de l'argent & de l'or ,
Pour degager la Girouette
De l'Amy, qu'un Sergent decrete.
G 3
150 MERCURE
.
Le Noble, la Plume au Chapeau ,
Et le Clinquant fur l'Ecarlate ,
Fera tapiffer fon Chasteau ,
Qui n'eftoit meublé que de Natte.
On luy verra des Chiens courants ,
Vne Ecurie à doubles rangs,
Vne Cuifine à double Broche,
Toujours de l'argent dans fa Poche .
Enfin , grace au Maistre des Lys,
Nous ferons gorgez de Louis ;
Et d'un bout à l'autre du Monde ,
Sur la Terre , & mefme fur l'onde,
On dira , c'eft cheles François
Qu'on vit content comme des Rois.
ont efté faits à l'occafion du calme
dont jouit la France .
Voicy le doux temps de l' Amour
Et du charmant Dieu des Bouteilles
;
Nous ne verrons plus le Tambour
Faire du bruit à nos oreilles.
LOUIS couronné de Lauriers ,
G 2
148
MERCURE
A licentie fes Guerriers.
Au lieu de Clairons , de Trompettes.
Nous n'entendrons que des Mufettes;
Et déia j'entens dans nos Bois ,
A l'honneur du plus grand des Roys,
Le Berger avec fa Bergere ,
Chanter fur la verte Fougere ,
Vive LOVIS ! Puiffe le Ciel
Sur fes jours découler le miel ;
Que toujours à pleine Faucille
On moiffonne dans fa Famille
Des Lauriers; & que
le Soleil
Aux cheveux blõds, au teint vermeil
Empefche que la Medecine
Sur luy n'exerce fa Doctrine.
C'est par luy que le Siecle d'or ,
Mort filong- temps avant Neftor,
Va renaiftre , & combler la France
De tout ce qui fait l'abondance.
Que l'Hymen va joindre de coeurs
Sous le joug d'un amour fidelle ,
Et qu'il va moiffonner de Fleurs
Avant que la brune Hyrondelle
GALANT. 149
Par fes premiers gazoüillemeus
Nous ait marqué les jours charmans
Qui ramenent la Tourterelle !
Que fous l'Empire de Bacchus
Nous allons voir caffer de Verres,
Et quefous celuy de Vénus
Nous verrons d'amoureux Parterres!
Combien verrons.nous fous l'Ormeau
Danfer au fon du Chalumeau !
Combien de Garçons & de Filles
Les Dimanches jouer aux Quilles ,
Courir , & la Boule à la main
Bondir comme feroit un Dain !
Le Vilageois dans fa Chaumiere
Verra pendre àSa Cremilliere
Dans un Chaudron bien écuré
Dequoy feftoyer fon Curé.
Au Bourgeois étofé de Pane
Nul ne verra faire la Cane ,
Quand il faudra de fon Trefor
Tirer de l'argent & de l'or ,
Pour degager la Girouette
De l'Amy, qu'un Sergent decrete.
G 3
150 MERCURE
.
Le Noble, la Plume au Chapeau ,
Et le Clinquant fur l'Ecarlate ,
Fera tapiffer fon Chasteau ,
Qui n'eftoit meublé que de Natte.
On luy verra des Chiens courants ,
Vne Ecurie à doubles rangs,
Vne Cuifine à double Broche,
Toujours de l'argent dans fa Poche .
Enfin , grace au Maistre des Lys,
Nous ferons gorgez de Louis ;
Et d'un bout à l'autre du Monde ,
Sur la Terre , & mefme fur l'onde,
On dira , c'eft cheles François
Qu'on vit content comme des Rois.
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Résumé : Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
Le poème célèbre la paix et la prospérité en France sous le règne de Louis. Il décrit une époque où l'amour et la joie remplacent les bruits de la guerre. Le roi Louis, couronné de lauriers, permet à ses guerriers de se reposer. Les instruments de guerre sont remplacés par des musettes et des chants de bergers. Le poète souhaite longue vie et santé au roi, comparant son règne à un âge d'or de prospérité et d'abondance. Il imagine une France où l'Hymen unit les cœurs sous le signe de l'amour fidèle, et où les plaisirs de Bacchus et de Vénus sont célébrés. Les villageois vivent paisiblement, tandis que les nobles et les bourgeois prospèrent. Grâce au roi, les Français vivent heureux et contents, et cette félicité est reconnue à travers le monde.
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23
p. 218-226
AUX POETES QUI ONT REMPORTÉ LE DERNIER PRIX DE VERS DE L'ACADEMIE FRANCOISE.
Début :
Lors que l'Académie Françoise proposa pour sujet du dernier / Nourrissons des Neufs-Soeurs, tout couverts de la gloire [...]
Mots clefs :
Académie française, Concours, Vers, Sujet, Louanges, Religion catholique, Roi, Victoire, Poète, Louis, Hérésie, Salut, Fortune, Erreur, Croix, Triomphe, Discorde, Moeurs, Ciel, Christ, Ange, Héros, Enfer
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texteReconnaissance textuelle : AUX POETES QUI ONT REMPORTÉ LE DERNIER PRIX DE VERS DE L'ACADEMIE FRANCOISE.
Lors que l'Académie Françoife pro
pofa pour fujet du dernier Prix de
Vers , les grandes Chofes que le Roy
faites enfaveur de la Religion Catholique
, le Berger du village de
Mont-Fallon y travailla , & n'eut pas
le temps de mettre la derniere main
fes Vers ,parce que des affaires importantes
attirérent tousfesfoins ailleurs .
Neanmoins comme il fe fait un plaifir
de donner des louanges à fon Prince,
dés qu'il a eu un peu plus de loifir,
il a mis la Piéce en l'état où je vous
l'envoye.
1
du
Mercure Galant.
-219
5252525252525252
AUX
POETES
QUI ONT
REMPORTE' LE
DERNIER
PRIX DE
VERS
DE
L'ACADEMIE
FRANCOISE.
Nour
3.
Ourriffons des Neuf- Soeurs , tout
couverts de la gloire
Qu'à jamais vous aquiert voftre illuftre
Victoire,
Permettez que ma voix fe mefle à ces
Concerts
Dont parvous
aujourd'huy
retentiſſent
les airs.
LOUIS, plein du beau feu qu'une Foy
vive inspire,
Terraffe
l'Heréfie en
cefameux Empire.
En effet, de ce Roy les Foudres élancez
Font voiren
plufieurs Lieux des
Temples
renverfezi
Tij
220 Extraordinaire
Et ces Foudres tournant vers tous les He
rétiques,
Caufent, pour leurfalut, leurs difgraces
publiques.
Lors
que
LOUIS les livre au Deftin
malheureux,
Il les chériroit moins , s'ilfaifoit moins
contre eux.
Cefavorable Autheur de leur douleur
commune,
Qui ne leur permet point d'encenfer la
Fortune,
D'ailleurs leur tend les bras, au moment
qu'il leur nuit.
Parfon ordre on confére, on difpute, on
inftruit:
Et ceux de qui les yeux s'ouvrent à la
lumiere,
Reçoivent fesfaveurs en plus d'une maniere.
Il leur donne des Biens , & leur bonheur
eft tel,
Qu'ils ont outre ces Biens part au Bien
Eternel.
du Mercure Galant.
221
Sur les Bords de la Seine ainfi LOUIS
s'applique
A diffiper l'Erreur , à domter l'Herétique.
Maisde peur que cette Hydre & ce Monftre
odieux,
2
Que l'Erreur quelque jour ne renaiſſe en
ces Lieux,
Son zéle écarte encor ces nouvelles Cabales
Dont les Livres adroits font de charmans.
Dédalles,
Qui pour mieux décevoir ont par tout des
douceurs,
Et qui cachent toûjours du venin fous des
fleurs.
Enfin de ce grand Roy la main toutepuif-
Sante
Fait que dans nos Climats la Croix eft
triomphante,
Et qu'il n'eft plus permis aux naiſſantes
Erreurs
D'habiter parmy nous , d'y forger nos
malheurs.
Comme fi l'Acheron cuft déchaîné fur
terre
Tüj
222 Extraordinaire
Ses Fillespour porter le Flambeau de la
Guerre,
Les Sectes des Errans femoient jadis
L'effroy,
La France en pâliſſoit ; mais, grace à
noftre Roy,
On ne craint plus les maux qu'ont endurê
nos Peres.
Verra-t-on la Difcorde , aux cheveux de
Vipéres,
S'unir al Heréfie, en emprunter la voix?
Tout eft calme, & l'on met l'Heréfie aux
abois.
LOUIS , comme un Soleil, dont l'aimable
influence
Procure un calme faint à la Nefde la
France ,
Diffipe de l'Erreur la nuit & les Bronil-
Lards,
Et répand la lumiere où tombent fes regards.
Nous , quifommes témoins de ces hautes
merveilles,
N'avons rien de plus doux pourcharmer
nos greilles.
du Mercure Galant.
223
Mais dans nos entretiens tairons - nous que
LOUIS,
Depuis le temps heureux qu'il gouverne
les Lys,
Redreffe en nous les moeurs , non moins que
la Doctrine?
Comme Fils de l'Eglife, avec elle ilfulmine
Par defeveres Loix contre le Libertin,
Le Brigand, le fureur, l' Athée, & l'AFfaffin.
Le Roy parle ; à l'inftant des coeurs chargez
de crimes
Deviennent pour le Ciel d'innocentes Vi
Etimes.
'La voix de ce Monarque arrefte tous les
coups
Qu'un Dieu vangeur peut- eftre aurois
lancez fur nous.
Sanspeine on obeit à LOUIS , à l'E
glife;
La Vertu dans ce Roy fur le Trône eft'
affife .
Mortels, qui loin de nous habitez l'Univers
224
Extraordinaire
Et quilonez ce Prince en langages divers,
Sans rien dire de trop, qui de vous ne peut
dire:
Ce Royne borne point fon zéle en fen
Empire,
Sous des Cieux Etrangers il n'en montre
pas moins?
Peuples, bien mieux que nous vous en eftes
témoins.
Parfon ordre en tout temps de l'un à l'autre
Pole,
Mille Atlétes facrez , armez de leur·
parole,
Vont combatrepour CHRIST, & domter
les Enfers .
La hauteur des Rochers, ny la vague des
Mers,
Nefont point un obstacle à l'ardeur de
leur zéle.
Donnerla vie à l'ame, éclairerl'Infidelle
Et le fouftraire au joug de l'Ange ténébreux,
C'est par tout ce quifert de matiere à leurs
feuxs
du Mercure Galant. 225
Ainfi donc dans la France, & hors defon
enceinte,
LOUISfait triompher la Croix, cette
Arche fainte.
Tout rit à ce Héros , lors que plufieurs
Mortels
N'ont d'Encens que pour Dieu, que pour
Dien des Autels.
Fadis un de nos Roys, au péril defa tefte,
De la Sainte Contrée entreprit la Conquefte.
Une nombreuſe Armée en ce lieu leſuivit
Le Nil en la voyant fe troubla dansfon
Lit.
Le Sultanfut vaincu : mais ce Roy plein
de gloire
Ne pût que peu de tempsfurvivre à fa
Victoire.
On vit fe relever le Sultan abatu ;
Sans prendre des Chrétiens les moeurs ng
la vertu.
Li eftoit refervé par la Bonté divine,
AuxBarbaresPaïs , où noftre Roy domine
Defubirfaintement le joug du Roy, dess
Roys
226
Extraordinaire
10
D'arborerfur leurs Bords l'Etendart de
la Croix,
Et d'y voir qu'un Héros que tout craint
fur la terre,
Mefme contre l'Enferfait faire encor la
guerre.
pofa pour fujet du dernier Prix de
Vers , les grandes Chofes que le Roy
faites enfaveur de la Religion Catholique
, le Berger du village de
Mont-Fallon y travailla , & n'eut pas
le temps de mettre la derniere main
fes Vers ,parce que des affaires importantes
attirérent tousfesfoins ailleurs .
Neanmoins comme il fe fait un plaifir
de donner des louanges à fon Prince,
dés qu'il a eu un peu plus de loifir,
il a mis la Piéce en l'état où je vous
l'envoye.
1
du
Mercure Galant.
-219
5252525252525252
AUX
POETES
QUI ONT
REMPORTE' LE
DERNIER
PRIX DE
VERS
DE
L'ACADEMIE
FRANCOISE.
Nour
3.
Ourriffons des Neuf- Soeurs , tout
couverts de la gloire
Qu'à jamais vous aquiert voftre illuftre
Victoire,
Permettez que ma voix fe mefle à ces
Concerts
Dont parvous
aujourd'huy
retentiſſent
les airs.
LOUIS, plein du beau feu qu'une Foy
vive inspire,
Terraffe
l'Heréfie en
cefameux Empire.
En effet, de ce Roy les Foudres élancez
Font voiren
plufieurs Lieux des
Temples
renverfezi
Tij
220 Extraordinaire
Et ces Foudres tournant vers tous les He
rétiques,
Caufent, pour leurfalut, leurs difgraces
publiques.
Lors
que
LOUIS les livre au Deftin
malheureux,
Il les chériroit moins , s'ilfaifoit moins
contre eux.
Cefavorable Autheur de leur douleur
commune,
Qui ne leur permet point d'encenfer la
Fortune,
D'ailleurs leur tend les bras, au moment
qu'il leur nuit.
Parfon ordre on confére, on difpute, on
inftruit:
Et ceux de qui les yeux s'ouvrent à la
lumiere,
Reçoivent fesfaveurs en plus d'une maniere.
Il leur donne des Biens , & leur bonheur
eft tel,
Qu'ils ont outre ces Biens part au Bien
Eternel.
du Mercure Galant.
221
Sur les Bords de la Seine ainfi LOUIS
s'applique
A diffiper l'Erreur , à domter l'Herétique.
Maisde peur que cette Hydre & ce Monftre
odieux,
2
Que l'Erreur quelque jour ne renaiſſe en
ces Lieux,
Son zéle écarte encor ces nouvelles Cabales
Dont les Livres adroits font de charmans.
Dédalles,
Qui pour mieux décevoir ont par tout des
douceurs,
Et qui cachent toûjours du venin fous des
fleurs.
Enfin de ce grand Roy la main toutepuif-
Sante
Fait que dans nos Climats la Croix eft
triomphante,
Et qu'il n'eft plus permis aux naiſſantes
Erreurs
D'habiter parmy nous , d'y forger nos
malheurs.
Comme fi l'Acheron cuft déchaîné fur
terre
Tüj
222 Extraordinaire
Ses Fillespour porter le Flambeau de la
Guerre,
Les Sectes des Errans femoient jadis
L'effroy,
La France en pâliſſoit ; mais, grace à
noftre Roy,
On ne craint plus les maux qu'ont endurê
nos Peres.
Verra-t-on la Difcorde , aux cheveux de
Vipéres,
S'unir al Heréfie, en emprunter la voix?
Tout eft calme, & l'on met l'Heréfie aux
abois.
LOUIS , comme un Soleil, dont l'aimable
influence
Procure un calme faint à la Nefde la
France ,
Diffipe de l'Erreur la nuit & les Bronil-
Lards,
Et répand la lumiere où tombent fes regards.
Nous , quifommes témoins de ces hautes
merveilles,
N'avons rien de plus doux pourcharmer
nos greilles.
du Mercure Galant.
223
Mais dans nos entretiens tairons - nous que
LOUIS,
Depuis le temps heureux qu'il gouverne
les Lys,
Redreffe en nous les moeurs , non moins que
la Doctrine?
Comme Fils de l'Eglife, avec elle ilfulmine
Par defeveres Loix contre le Libertin,
Le Brigand, le fureur, l' Athée, & l'AFfaffin.
Le Roy parle ; à l'inftant des coeurs chargez
de crimes
Deviennent pour le Ciel d'innocentes Vi
Etimes.
'La voix de ce Monarque arrefte tous les
coups
Qu'un Dieu vangeur peut- eftre aurois
lancez fur nous.
Sanspeine on obeit à LOUIS , à l'E
glife;
La Vertu dans ce Roy fur le Trône eft'
affife .
Mortels, qui loin de nous habitez l'Univers
224
Extraordinaire
Et quilonez ce Prince en langages divers,
Sans rien dire de trop, qui de vous ne peut
dire:
Ce Royne borne point fon zéle en fen
Empire,
Sous des Cieux Etrangers il n'en montre
pas moins?
Peuples, bien mieux que nous vous en eftes
témoins.
Parfon ordre en tout temps de l'un à l'autre
Pole,
Mille Atlétes facrez , armez de leur·
parole,
Vont combatrepour CHRIST, & domter
les Enfers .
La hauteur des Rochers, ny la vague des
Mers,
Nefont point un obstacle à l'ardeur de
leur zéle.
Donnerla vie à l'ame, éclairerl'Infidelle
Et le fouftraire au joug de l'Ange ténébreux,
C'est par tout ce quifert de matiere à leurs
feuxs
du Mercure Galant. 225
Ainfi donc dans la France, & hors defon
enceinte,
LOUISfait triompher la Croix, cette
Arche fainte.
Tout rit à ce Héros , lors que plufieurs
Mortels
N'ont d'Encens que pour Dieu, que pour
Dien des Autels.
Fadis un de nos Roys, au péril defa tefte,
De la Sainte Contrée entreprit la Conquefte.
Une nombreuſe Armée en ce lieu leſuivit
Le Nil en la voyant fe troubla dansfon
Lit.
Le Sultanfut vaincu : mais ce Roy plein
de gloire
Ne pût que peu de tempsfurvivre à fa
Victoire.
On vit fe relever le Sultan abatu ;
Sans prendre des Chrétiens les moeurs ng
la vertu.
Li eftoit refervé par la Bonté divine,
AuxBarbaresPaïs , où noftre Roy domine
Defubirfaintement le joug du Roy, dess
Roys
226
Extraordinaire
10
D'arborerfur leurs Bords l'Etendart de
la Croix,
Et d'y voir qu'un Héros que tout craint
fur la terre,
Mefme contre l'Enferfait faire encor la
guerre.
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Résumé : AUX POETES QUI ONT REMPORTÉ LE DERNIER PRIX DE VERS DE L'ACADEMIE FRANCOISE.
Un berger du village de Mont-Fallon a participé au concours de poésie organisé par l'Académie Française sur les grandes actions du roi en faveur de la religion catholique. Bien qu'il n'ait pas pu terminer son œuvre à temps en raison de diverses occupations, il a finalement envoyé sa pièce. Le poème célèbre le roi Louis pour ses actions contre l'hérésie et l'erreur. Il décrit comment le roi a fait renverser plusieurs temples hérétiques et a causé la disgrâce publique des hérétiques. Le roi est présenté comme un protecteur de la foi catholique, distribuant des biens et des faveurs à ceux qui se convertissent. Il lutte également contre les livres hérétiques et les nouvelles cabales, assurant la victoire de la Croix en France. Le roi est comparé à un soleil qui dissipe l'erreur et les brouillards, apportant la lumière et le calme. Il redresse les mœurs et la doctrine, combattant le libertinage, la briganderie, la fureur, l'athéisme et l'assassinat. Son zèle s'étend au-delà de son empire, inspirant des missionnaires à travers le monde pour combattre pour le Christ. Le texte mentionne également un roi précédent qui avait entrepris la conquête de la Sainte Contrée, mais qui n'avait pu en profiter longtemps. Il contraste cette victoire éphémère avec le règne durable de Louis, qui impose le joug du roi des rois et fait triompher la Croix même dans les pays barbares.
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24
p. 226
PRIERE POUR LE ROY.
Début :
Seigneur, sans cesse sur Louis [...]
Mots clefs :
Louis, Grâces, Illustre règne, Empire des Lys, Roi Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIERE POUR LE ROY.
PRIERE POUR LE ROY.
Sig
Eigneur, fans ceffe für LOUIS
A pleines mains verfe tes graces;
Tufçais qu'en l'Empire des Lys
Aux aveugles Errans il découvre tes
traces.
Fais que cet Aftre radieux
'N'achève de long- temps fon illuftre Car
riere,
Puis qu'en lafourniſſant, fes rayons de
lumiere
Eclairentles Mortels, & leur montrent
les Cieux.
Sig
Eigneur, fans ceffe für LOUIS
A pleines mains verfe tes graces;
Tufçais qu'en l'Empire des Lys
Aux aveugles Errans il découvre tes
traces.
Fais que cet Aftre radieux
'N'achève de long- temps fon illuftre Car
riere,
Puis qu'en lafourniſſant, fes rayons de
lumiere
Eclairentles Mortels, & leur montrent
les Cieux.
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25
p. 237-238
POUR LE ROY. SONNET.
Début :
Chérir la Paix, les Arts, la Justice & la Gloire, [...]
Mots clefs :
Paix, Justice, Art, Gloire, Ennemis, Prince, Victoire, Histoire, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. SONNET.
POUR LE ROY..
SONNET.
Hérir la Paix, les Arts , laJuſtice &
CHerir
la Gloire,
Eftre Pere du Peuple, eftre Arbitre , eftre
Roy,
A tousfes Ennemisfçavoir donner laloy,
Ffurfespaffions remporter la victoire.
238
Extraordinaire
*
Grand Prince, ce font-là les traits de ton
Hiftoire,
Ces merveilles un jour ſurpaſſeront lafoy,
Aufeul Nom de LOUIS l'Aigle trem»
ble d'effroy,
Et l'on voit le Lion en craindre la mémoire..
03
Tufais récompenfer le mérite achevé,.
Abatre le Duel & le Schifme élevé,
L'Heréfie à tes yeux n'a plus l'air intrépide..
Ce Culte qu'on rendoit à defaux Iinmor
rels ,
Au redoutable Mars à l'invincible Alcide,
Eft rendu par tesfoins au Dieu de nos
Autels..
L'ANONIMEL
SONNET.
Hérir la Paix, les Arts , laJuſtice &
CHerir
la Gloire,
Eftre Pere du Peuple, eftre Arbitre , eftre
Roy,
A tousfes Ennemisfçavoir donner laloy,
Ffurfespaffions remporter la victoire.
238
Extraordinaire
*
Grand Prince, ce font-là les traits de ton
Hiftoire,
Ces merveilles un jour ſurpaſſeront lafoy,
Aufeul Nom de LOUIS l'Aigle trem»
ble d'effroy,
Et l'on voit le Lion en craindre la mémoire..
03
Tufais récompenfer le mérite achevé,.
Abatre le Duel & le Schifme élevé,
L'Heréfie à tes yeux n'a plus l'air intrépide..
Ce Culte qu'on rendoit à defaux Iinmor
rels ,
Au redoutable Mars à l'invincible Alcide,
Eft rendu par tesfoins au Dieu de nos
Autels..
L'ANONIMEL
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Résumé : POUR LE ROY. SONNET.
Le sonnet célèbre Louis XIV, mettant en avant ses qualités et réalisations. Il souligne la paix, les arts, la justice et la gloire, ainsi que son rôle de père du peuple et de souverain. Le texte évoque ses victoires militaires, sa maîtrise des passions et sa loi imposée aux ennemis. Il prédit que ses exploits surpasseront la légende, le comparant à un aigle et un lion. Le sonnet mentionne la récompense du mérite, la suppression du duel et de l'hérésie, et le transfert du culte des héros païens aux dieux chrétiens. Il se termine par une référence à la dévotion religieuse et à la protection divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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26
p. 42-44
SUR LES GRANDES ACTIONS DU ROY.
Début :
On dira de Louis, par l'éclat de sa vie, [...]
Mots clefs :
Louis, Héros, Conseil, Guerre, Invincible, Titus, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES GRANDES ACTIONS DU ROY.
SUR LES GRANDES
ACTIONS DU ROY.
O
N dira de LOVIS, par l'éclat
de fa vie,
Qu'il est le feul Héros qu'on doit
appeller GRAND,,
GALANT. 43
Penetrant au Confeil , en Guerre
foudroyant,
Do tous les Poientats la terreur &
l'envie.
S&
Son nom afait trembler &l'Afrique
&PAfie;
Invinciblepar tout, & partout Conquérant,
Affable à fes Sujets, genéreux , bienfaifant,
C'est un autre TITUS , PERE DE LA
PATRIE.
$2
Rétablir le Trafic ,faire fleurir les
Arts,
Proteger les Autels, joindre Thémis
à Mars,
Sont des traits éclatans defa gloire
immortelle..
D jjj
44 MERCURE
S &
Aux fiécles à venirfes vertusferont
foy
Qu'ileuft efté des Roys leplus parfait
modelle,
Quandpar droit de naissance il n'cuft
pas efté Roy .
ACTIONS DU ROY.
O
N dira de LOVIS, par l'éclat
de fa vie,
Qu'il est le feul Héros qu'on doit
appeller GRAND,,
GALANT. 43
Penetrant au Confeil , en Guerre
foudroyant,
Do tous les Poientats la terreur &
l'envie.
S&
Son nom afait trembler &l'Afrique
&PAfie;
Invinciblepar tout, & partout Conquérant,
Affable à fes Sujets, genéreux , bienfaifant,
C'est un autre TITUS , PERE DE LA
PATRIE.
$2
Rétablir le Trafic ,faire fleurir les
Arts,
Proteger les Autels, joindre Thémis
à Mars,
Sont des traits éclatans defa gloire
immortelle..
D jjj
44 MERCURE
S &
Aux fiécles à venirfes vertusferont
foy
Qu'ileuft efté des Roys leplus parfait
modelle,
Quandpar droit de naissance il n'cuft
pas efté Roy .
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Résumé : SUR LES GRANDES ACTIONS DU ROY.
Le texte célèbre Louis, roi héroïque et guerrier, inspirant terreur et admiration. Son nom fait trembler l'Afrique et l'Asie. Généreux et bienfaisant, il est comparé à Titus. Il a rétabli le commerce, protégé les arts et la justice, et uni la guerre à la justice. Ses vertus feront foi aux siècles à venir, le présentant comme un modèle royal parfait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 15-17
SUR LA NAISSANCE & le progrés de l'Herésie, sous les régnes de sept dernier de nos Roys ; & sur son déclin sous le régne de LOÜIS LE GRAND. SONNET.
Début :
Je ne vous dis rien de ce qui se fait pour / Sous le grand Roy François ce Monstre prit naissance [...]
Mots clefs :
Hérésie, Religion prétendue réformée, Roi, Monstre, Enfer, Sang, Serpent, Hercule, Louis, Hydre
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA NAISSANCE & le progrés de l'Herésie, sous les régnes de sept dernier de nos Roys ; & sur son déclin sous le régne de LOÜIS LE GRAND. SONNET.
Je ne vous dis
rien de ce qui ſe fait pour fai
re Aflceuurriirr en France la veritable
Religion , & pour en
bannir la Prétendue Refor-
, mée. Sa Majesté fait toû-
- jours paroiſtre la plus forte
ardeur pour détruire l'Heré-
: ſie , & toûjours les Muſes tirent
de là ſon plus grand élo-
-ge. Vous le connoiſtrez par
ce Sonnet M' Terraudiere,
premier Eçhevin de Niort.
16 MERCURE
SUR LA NAISSANCE
& le progrés de l'Heréſie,
ſous les régnes des ſept derniers
de nos Roys ; & fur
ſon déclin ſous le régne de
LOUIS LE GRAND .
SONNET.
Ous le grand RoyFrançois ce
Monstreprit naissance
Parde faux Apoftats fufcitez de
l'Enfers
Son Fils HenrySecond s'en alloit
l'étouffer,
S'il n'eustestétuéd'un fatal coup de
Lance.
Se
Apresfa mort on vit cettefatale Engeance
GALANT
17
S'établir parlefeu, s'élever parlefers
François , Charles , Henry la virent
triompher,
Et répandre à leursyeux tout lefang
de la France.
S&
Henryquatre endormit ce Serpent
dangereux ;
Mais ilſe réveilla bien- tost plusfurieux
Etsous Loüis le Juste ilfit bien du
ravage.
52
Enfin le grand LOVIS, l'Hérculedé
nosjours,
Pardes moyens prudens, pardeſages
détours,
Vient d'abatre cette Hydre,&l'Enfer
enenrage.
rien de ce qui ſe fait pour fai
re Aflceuurriirr en France la veritable
Religion , & pour en
bannir la Prétendue Refor-
, mée. Sa Majesté fait toû-
- jours paroiſtre la plus forte
ardeur pour détruire l'Heré-
: ſie , & toûjours les Muſes tirent
de là ſon plus grand élo-
-ge. Vous le connoiſtrez par
ce Sonnet M' Terraudiere,
premier Eçhevin de Niort.
16 MERCURE
SUR LA NAISSANCE
& le progrés de l'Heréſie,
ſous les régnes des ſept derniers
de nos Roys ; & fur
ſon déclin ſous le régne de
LOUIS LE GRAND .
SONNET.
Ous le grand RoyFrançois ce
Monstreprit naissance
Parde faux Apoftats fufcitez de
l'Enfers
Son Fils HenrySecond s'en alloit
l'étouffer,
S'il n'eustestétuéd'un fatal coup de
Lance.
Se
Apresfa mort on vit cettefatale Engeance
GALANT
17
S'établir parlefeu, s'élever parlefers
François , Charles , Henry la virent
triompher,
Et répandre à leursyeux tout lefang
de la France.
S&
Henryquatre endormit ce Serpent
dangereux ;
Mais ilſe réveilla bien- tost plusfurieux
Etsous Loüis le Juste ilfit bien du
ravage.
52
Enfin le grand LOVIS, l'Hérculedé
nosjours,
Pardes moyens prudens, pardeſages
détours,
Vient d'abatre cette Hydre,&l'Enfer
enenrage.
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Résumé : SUR LA NAISSANCE & le progrés de l'Herésie, sous les régnes de sept dernier de nos Roys ; & sur son déclin sous le régne de LOÜIS LE GRAND. SONNET.
Le texte décrit les efforts pour promouvoir la véritable religion en France et éradiquer la Réforme. Le roi, Louis XIV, montre une détermination constante à détruire l'hérésie. Un sonnet de M. Terraudiere, premier échevin de Niort, illustre l'histoire de l'hérésie sous les sept derniers rois de France. L'hérésie naît sous François Ier et est presque étouffée par Henri II, qui meurt ensuite. Elle se développe sous François II, Charles IX et Henri III, avant d'être temporairement endormie par Henri IV. Elle resurgit sous Louis XIII, causant de nombreux ravages. Louis XIV, comparé à Hercule, parvient à abattre cette hydre grâce à des moyens prudents et des stratégies habiles, mettant ainsi en rage l'enfer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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28
p. 18-19
SUR LA PAIX DE GENES. SONNET.
Début :
Voicy un autre Sonnet sur la bonté que le Roy / Louis n'a point d'égal, n'y n'en aura jamais, [...]
Mots clefs :
Louis, Ennemis, Paix, Gênes, Tonnerre, Doge, Gloire, Lauriers
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA PAIX DE GENES. SONNET.
Voicy un autre Sonnet fur
la bonté que le Roy a euë
d'accorder la Paix aux Génois.
Il eſt de M' de Grammont
de Richelieu.
SUR LA PAIX DE GENES..
L
SONNETM
OVIS n'apoint d'égal, nyn'en
aurajamais,
Ilfçait se faire craindre, & fur Mer
&fur Terre;
Et quandſes Ennemis luy déclarent
la guerre,
Illes force auffi taſt à demander lo
Paix.
52
Génes n'estplus fisperbe, elle apprend
àsesfrais
GALANT. 19
Lesecret d'éviter l'effroyable tonnerre
Dont il ſcait, quand il veut, brifer
comme du verre
LesRamparts lesplusforts, &lespluss
beaux Palais.
Se
Cherche- t- elle la Paix , auffi- tost il
ladonne;
Son Doge est- ilfoûmis, volontiers il !
pardonne;
C'estce que poursa gloire il met an
premier rang;
SS
Etſes Lauriersmeſlez aux branchesde
l'Olive,
Luydonnent unejoye&plus douce&
plus vive,
Que quand ils font couverts de pouf
fiere&defang.
la bonté que le Roy a euë
d'accorder la Paix aux Génois.
Il eſt de M' de Grammont
de Richelieu.
SUR LA PAIX DE GENES..
L
SONNETM
OVIS n'apoint d'égal, nyn'en
aurajamais,
Ilfçait se faire craindre, & fur Mer
&fur Terre;
Et quandſes Ennemis luy déclarent
la guerre,
Illes force auffi taſt à demander lo
Paix.
52
Génes n'estplus fisperbe, elle apprend
àsesfrais
GALANT. 19
Lesecret d'éviter l'effroyable tonnerre
Dont il ſcait, quand il veut, brifer
comme du verre
LesRamparts lesplusforts, &lespluss
beaux Palais.
Se
Cherche- t- elle la Paix , auffi- tost il
ladonne;
Son Doge est- ilfoûmis, volontiers il !
pardonne;
C'estce que poursa gloire il met an
premier rang;
SS
Etſes Lauriersmeſlez aux branchesde
l'Olive,
Luydonnent unejoye&plus douce&
plus vive,
Que quand ils font couverts de pouf
fiere&defang.
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Résumé : SUR LA PAIX DE GENES. SONNET.
Le sonnet de Monsieur de Grammont de Richelieu célèbre la paix accordée par le roi aux Génois. Il souligne la puissance du roi, qui inspire crainte et force ses ennemis à demander la paix. Gênes, après des pertes, apprend à éviter les conflits. Le roi pardonne facilement, et cette clémence est une grande gloire. La paix, symbolisée par les lauriers et les branches d'olivier, apporte une joie plus douce que les victoires militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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29
p. 22-48
LETTRE.
Début :
Un Particulier ayant fait divers Ouvrages sur les dernieres Actions / Je me souviens, Monsieur, que vous avez voulu me persuader [...]
Mots clefs :
Approbation, Louis, Univers, Sentiments, Roi, Combats, Grandeur, Lois, Héros, Fortune, Monarque, Sage, Ennemis, Ambassadeur, Mérite, Guerre, Éloge, Honneur, Campagne militaire, Espagne, Vainqueur, Prudence, Courage, États, Audace, Sentiments, Conquérant, Trêve, Souverain, Armes, Peuple, Bonheur, Devise, Éclat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE.
Un Particulier ayant fait
divers Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte
Monarque , les a ramaffez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'aadreſſée.
5555 5552 55255522
LETTRE.
TE me souviens , Monfieur.
que vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quel
GALANT. 23
que approbation des bons Connoiffeurs
, lors que je dis ily a
quelques années.
On faitmal ce qu'on fait , onne
fait qu'une affaire,
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers,
ةو
Sedonnant tout à tout , fait voir
al'Univers,
Et qu'il fait ce qu'il faut, &qu'il
ſçait bien le faire.
Vous avez mesme prétendu
que j'avois expliqué les fentimens
de tout ce qu'il y a d'hon .
nestesGens au monde en difant,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom duRoy,
24 MERCURE
Les Cefars, les Cyrus, les Hectors,
les Achilles,
Ont eu moins de merite &donné
moins d'effroy,
Par cent Combats rendus, par
cent priſes de Villes .
Je vous ferois bien obligé , fi
vous vouliezfairesçavoir aupublic,
que je défie toute la Terrede
me difputer la verité de ceque je
vais dire.
SONNET
SVR LA GRANDEVR DV ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances,
Ilreforme les Loix, il fait fleurir
esArts , :
Mille
GALANT. 25
Mille Vaiſſeaux flottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
& les dépenſes ;
Dans le particulier,dans les réjoüifſſances
Il eſt autant Heros , que dans le
champ deMars,
Findans leGabinet , ferme dans
leshazars,
Il fait plier ſous ſoy les plushautes
Puiſſances;
S2
Sa fortune répond par tout à
ſa valeur,
Par tout ſes grands exploits répondent
à fon coeur,
Ainſi que l'ont fait voir cent conqueſtes
de marque ;
Mars1685. C
1
26 MERCURE
52
Enfinnos Ennemis connoiffent
commemoy,
Que ſi tout 1 Univers ne vouloit
qu'unMonarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
:
Je ſens bien que ce que je dis
là n'est rien de bon , mais il me
ſemble que c'est l'explication fincere
des pensées , qui doivent venir
naturellement à tous les Sages
qui ſont ſans paffion , & qui ont
du bon goust.
Ne croyez donc pas , Monſieur
, que ce soit une pure conje-
Eture ouseulement un effet de l'at(
GALANT: 27
tache desſentimens que j'ay pour
jeRoy qui m'afait dire :
Enfin nos Ennemis connoiffent
al commemoys, &c.
Vous en jugerez par une pefire
avanture que je vais vous
racontertelle qu'elle m'est arrivée
Je me rrauvay fur la route de
M'Ambassadeur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à
-pas comptez tant il marquoit
d'envie de n'en point fortir. Férois
chez une Perſonne de qualité
de merite , àl'heure qu'il luy
envoyaun de ses Gentilshommes
poursçavoir si elle se trouveroit
Cij
28 MERCURE
enétat de recevoirfa viſite. Com
me je vis par laréponse, queM
'Ambassadeur alloit venir , je
voulus luy faire place , mais la
Perſonne chez qui j'estois me
déclara , qu'elle vouloit abfo
lument que j'eusse part à cette
conversation , qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pouvezpas
douter, Monfieur, qu'on
neparlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur,&que fa retraite
, & laGuerre qui nous menaçoitalors,
nefourniffent à l'en
tretien. Il nous dit cent chofes,qui
nous firent affezcomprendre qu'il
asust pas en de peine d'avoüer
1
GALANT. 29
nettement que le Roy estoit le plus
grand & le plus puiſſant Prince
du monde,s'il eustpu oublier qu'il
avoit un Maistre , &fe défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette juſtice
à M l'Ambassadeur , que
fonbon sens &sa raiſon ne furentpoint
obscurcis par ces enteſtemens,
qui ſontſi ordinaires à ceux
deſa Nation. Il fu l'Eloge de la
France,des François, du Roy,
d'un air fort élevé, &qui marquoit
beaucoup de fincerité dans
ce qu'il diſoir ; mais dans les
loüanges qu'il donna àsa Ma
jesté , iln'oublia ny ce qu'il estoit
C iij
30 MERCURE
ny ce qu'il devoit à fon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames , il dit qu'il vouloit
leur faire voir quelque chose de
fort beau.Il tira enfuite une riche
qui renfermoit Boëte, , diſoit-il,
lePortraitddee fa A
Ja MMaaiîttrreeffffee,qu'il
emporioit de France , & c'estoit
celuy du Roy , dont ſa Majesté
l'avoit honoré, & dont ilsefaifoit
en effet ungrandbonneur. La
Perſonne chez qui nous estions,
qui est fortfpirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conferver ce gage,
qu'il fe feroit bien- toft en luy
une metamorphose furprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
GALANT. 31
Portrait deSa Majesté ſe changeroit
en celuy de fon Maistre.
Aces paroles Ml'Ambassadeur
parut Espagnol , comme ſon devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roula enfuite fur différentes matieres,
&fut longue & curieufe.
Je vous avovë , Monfieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne ,je me
ſuis toûjours ſouvenu des entretiens
de cét Ambaſſadeur. Ilnous
dit pofuivement qu'il y auroitdu
fang répandu; qu'il feroit difficile
d'arreſter les deſſeins du Roys
que ſes Ennemis ne pouvoient
C iiij
32 MERCURE
rien efperer que de l'inconstance
de la fortune ; & que l'Empire
&l'Espagne ne cherchoient qu'à
mettre leur bonneur à couvert,
en ne cedant pas sans avoir combattu.
Voila la Prophétie accomplie,&
nous en voyans la
té dans la diſpoſition des chofes
qui ſeſont paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
A
Lger encor fumat des Foudres
de la Guerre,
Vient ſe jetter aux pieds de fon
noble Vainqueur;
GALANT. 33
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de fon
bruyant tonnerre :
52
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Capd- e-Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur;
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre;
Se
Le Danemark amyreçoit nos
Etendars,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars,
L'Eſpagne plaint fes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve;
34 MERCURE
52
Liége & Tréves foûmis ſçavent
faire leur Cour,
L'Europe attend la Paix en rece
vant laTréve,
Tout cedeau Grand LOUIS par
force ou par amour.
Je vois dans cette peinture tour
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoiravecchagrin.
Avoüez aprés cela , Monſieur,
que lafortune de LOUIS
le Grand doit eſtre bien conſtante
pour faire avec tant de bonheur
des choses fi admirables , puis que
tant de Heros , & tant de ſages
Monarques n'ont pu s'empescher
GALANT. 35
d'en eſtre abandonnez. Mais
avoüez aussi à mesme temps que
La prudence of le courage du Roy
font extraordinaires , puis qu'il
ſemble avoir réduit la Fortune
ſous les règles ,&s'estrefait une
methode de réüfſſiren tout.
Nepeut- on pas compter entre
fes bonnes fortunes la fecondité
de la Maiſon Royale ? Ce Fils
unique que le Ciel luy avoit laif-
Sé comme son premier don , plus
Il est grand , plus il nous faifoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monfieur, que mes pensées fufſent
celles de tous les honneſtes
Gensà la naiſſance de Monfei36
MERCURE
gneur le Duc de Bourgongne. Fo
voudrois à cette heure que vous
les engageaffiez à dire fur ta
naiſſance de Monseigneur leDuc
d'Anjou.
;
R
AURΟΥ.
SONNET.
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race,
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
veut tous les ans
Enrichir vos Etats de ſemblables
Préfens ,
Qui pourront mériter de remplir
voſtre place.
Se
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
GALANT 37
Ployer ſous les efforts du Pere&
des Enfans
Par tout dignes de Vous , & par
tour triomphans,
Detous nos Ennemis ils dompte.
-ront l'audace.
Se
t
Formez-les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
nares Exploits, 29)
Qu'en lifant ce qu'ont fait lesFameux
de l'Histoire ;
22
'Et comme ils vous verront toujours
au- deffus d'eux ,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvoſtre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
38 MERCURE
Ces ſentimens quifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en celte rencontre
د. Se
produisent fort tard , mais ils ſeront
toûjours deſaiſon , ſi vous
voulez que ce foient des marques
éternelles de mon respect envers ce
Prince. Fay auſſi laissé paſſer le
temps où ces Bouts rimez estoient
àla mode. Cependant ce qu'ils
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes,
puis que LOUIS le Grand aura
toûjours des admirateurs , qui
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
GALANT. 39
CI
1.71.
I jamais Conquérant marcha
droit à la Glovre,
Sijamais Souverain mérita d'être
Roy,
- Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
ala victoire.
Se
Ses Faits feront paſſer pour Fable
fon Histoire, at
Apeine croira- t- on qu'ils foient
dignes defoy;
Les Siècles àvenir en ferontdans
L'effrey, pens
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
52
رد
Lorsqu'on voudra former unHé.
ros achevé,
1
40 MERCURE
On en prendra les traits ſur ſon air
élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang des
Immortels;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcideà fon Vainqueur euſt cedé
ſes Autels.
Vous trouverezpeut-estre quel
que conformité entre ce Sonnet,
un autre que vous avez publié.
Elle auroit efté plus grande
fi je ne l'avoisjamais veu. Je ne
fçay si l'autre a esté fait plûtoft
que le mien , mais je fuisſeur
3
GALANT. 41
que le mien n'a point esté fait fur
celuy-là. Ces Bouts rimeznauront
pas perdu tout- à-fait lagrace
de la nouveauté. Vous avez
dit il n'y a pas long-temps , qu'ils
estoient àla mode ,&lesujet n'en
est pas trop vieux.
SUR LA TREVE
que le Roy a faite.
Ο
N diſoit autrefois, Non licet
omnibus,
J'ofe le dire encore, & qui voudra
nolis'enfaches an và 120. "
LOUIS, de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faire luy feul quodnon
licet tribus .
Avril 1685, D
42 MERCURE
52
Nul d'entr'eux ne sçauroit parer
aux coups qu'il lache,
Parmy les Souverains il paroiſt un
Phoebus;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus;
Tout ce qu'elle a de durpar avace
illeur mache.
Ils l'avalent enfin avec tous ſes
Item
Dans un profondreſpect ils chantent
Tuautem ,
Ravis de prévenir les effets de ſon
ire.
S&
Sidans le temps préſent ilsn'ont
pû dire amo,.
D
GALANT. 43
Peut- eftre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit figner currente
calamo.
Il n'y a point de Rimes ſi bi--
zarres &fi Burlesques, quon-nc
puiſſe remplir de quelque chose de
grandſur leſujet du Roy. Ilme:
femble donc qu'on pourroit bien
donner à celles- là encore un autre
tour presque fur la mesme ma
tiere..
SVR L'ENREGISTREMENT,,
&la Publication de la Tréve.
L
OUIS. le Conquérant fair
ſçavoir omnibus,
4
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt,& qui fache;
C
Dij
44 MERCURE
Jamais de fes deſſeins en rien il ne
relâche,
Le coup qui le deſarme a fait la
loytribus.
52
Que s'il fuit les Combats , il ne
fuit point en Lache,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E- Phoebus;
Ila du coeur,desGens,desArmes,
du quibus,
Et quand il faut donner, point la
Cire il ne mache.
52
Cependant il s'arreſte , il ſe modére,
item,
Sçachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com
mande àfon ire,
GALANT. 45
Se
Conjuguons- luy par coeur dans
tous les temps amo;
Et nos Neveux diront , lifant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin , Monsieur, ily a treslong-
tempsquej'ayfait uneDevi
fepour le Roy ,furun deffein qui
aesté ſuſpendu. Si elle avoir esté
publiée dés ce temps-là, elle pourroit
paſſer à preſentpour une efpece
de Prophetie. Cesera pour
le moins une expreſſion allegorique
de ce que nous voyons. Le
corps de la Deviſe , c'eſtun Soleil
46 MERCURE
dansſon Zodiaque;l' Ame, cefont
ces paroles , Curro , fed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Art, j'a
joûterois des Aſtronomes de toutes
lesNations , qui obferventle Søleil
avectoutes les fortes d'Inſtru--
mens dont on uſe pourcela. Ils ne
répondroient pas malà l'applica
tion que tous les Politiques de la
Terre donnent à penétrer la conduite
du Roy. Voicy l'explication :
de ma Deviſe.
'Univers attentif regarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à mefurer
moncours ,
! GALANT. 47
Obſervent avec ſoin mes tours&
mes détours :
Mais nul oeil ne peut voir ma rou.
te toute entiere ;.
८८
Mon éclat plus aux fiers fait
baiffer la paupiere ;
Mes differens afpects font les
nuits & les jour,
Tout languiroit fans moy , tour
attend mon fecours,
t
Etje porte par tout mes biens&
ma lumiere.
SS
Mille divers emplois partagent
mes momens,
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens ,
On connoiſt mon pouvoir fur la
Terre & fur l'Onde.aranov
48 MERCURE
1
Jeme haſte; je cours; rien n'arreſtemes
pas,
J'acheveray bien-toſt le tour en
tier du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affezlong-temps, Monfieur
, que je vous entretiens pour
me haſter de vous dire que je suis
vostre tres ,&c.
F. F. D. C. R. G.
divers Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte
Monarque , les a ramaffez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'aadreſſée.
5555 5552 55255522
LETTRE.
TE me souviens , Monfieur.
que vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quel
GALANT. 23
que approbation des bons Connoiffeurs
, lors que je dis ily a
quelques années.
On faitmal ce qu'on fait , onne
fait qu'une affaire,
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers,
ةو
Sedonnant tout à tout , fait voir
al'Univers,
Et qu'il fait ce qu'il faut, &qu'il
ſçait bien le faire.
Vous avez mesme prétendu
que j'avois expliqué les fentimens
de tout ce qu'il y a d'hon .
nestesGens au monde en difant,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom duRoy,
24 MERCURE
Les Cefars, les Cyrus, les Hectors,
les Achilles,
Ont eu moins de merite &donné
moins d'effroy,
Par cent Combats rendus, par
cent priſes de Villes .
Je vous ferois bien obligé , fi
vous vouliezfairesçavoir aupublic,
que je défie toute la Terrede
me difputer la verité de ceque je
vais dire.
SONNET
SVR LA GRANDEVR DV ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances,
Ilreforme les Loix, il fait fleurir
esArts , :
Mille
GALANT. 25
Mille Vaiſſeaux flottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
& les dépenſes ;
Dans le particulier,dans les réjoüifſſances
Il eſt autant Heros , que dans le
champ deMars,
Findans leGabinet , ferme dans
leshazars,
Il fait plier ſous ſoy les plushautes
Puiſſances;
S2
Sa fortune répond par tout à
ſa valeur,
Par tout ſes grands exploits répondent
à fon coeur,
Ainſi que l'ont fait voir cent conqueſtes
de marque ;
Mars1685. C
1
26 MERCURE
52
Enfinnos Ennemis connoiffent
commemoy,
Que ſi tout 1 Univers ne vouloit
qu'unMonarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
:
Je ſens bien que ce que je dis
là n'est rien de bon , mais il me
ſemble que c'est l'explication fincere
des pensées , qui doivent venir
naturellement à tous les Sages
qui ſont ſans paffion , & qui ont
du bon goust.
Ne croyez donc pas , Monſieur
, que ce soit une pure conje-
Eture ouseulement un effet de l'at(
GALANT: 27
tache desſentimens que j'ay pour
jeRoy qui m'afait dire :
Enfin nos Ennemis connoiffent
al commemoys, &c.
Vous en jugerez par une pefire
avanture que je vais vous
racontertelle qu'elle m'est arrivée
Je me rrauvay fur la route de
M'Ambassadeur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à
-pas comptez tant il marquoit
d'envie de n'en point fortir. Férois
chez une Perſonne de qualité
de merite , àl'heure qu'il luy
envoyaun de ses Gentilshommes
poursçavoir si elle se trouveroit
Cij
28 MERCURE
enétat de recevoirfa viſite. Com
me je vis par laréponse, queM
'Ambassadeur alloit venir , je
voulus luy faire place , mais la
Perſonne chez qui j'estois me
déclara , qu'elle vouloit abfo
lument que j'eusse part à cette
conversation , qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pouvezpas
douter, Monfieur, qu'on
neparlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur,&que fa retraite
, & laGuerre qui nous menaçoitalors,
nefourniffent à l'en
tretien. Il nous dit cent chofes,qui
nous firent affezcomprendre qu'il
asust pas en de peine d'avoüer
1
GALANT. 29
nettement que le Roy estoit le plus
grand & le plus puiſſant Prince
du monde,s'il eustpu oublier qu'il
avoit un Maistre , &fe défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette juſtice
à M l'Ambassadeur , que
fonbon sens &sa raiſon ne furentpoint
obscurcis par ces enteſtemens,
qui ſontſi ordinaires à ceux
deſa Nation. Il fu l'Eloge de la
France,des François, du Roy,
d'un air fort élevé, &qui marquoit
beaucoup de fincerité dans
ce qu'il diſoir ; mais dans les
loüanges qu'il donna àsa Ma
jesté , iln'oublia ny ce qu'il estoit
C iij
30 MERCURE
ny ce qu'il devoit à fon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames , il dit qu'il vouloit
leur faire voir quelque chose de
fort beau.Il tira enfuite une riche
qui renfermoit Boëte, , diſoit-il,
lePortraitddee fa A
Ja MMaaiîttrreeffffee,qu'il
emporioit de France , & c'estoit
celuy du Roy , dont ſa Majesté
l'avoit honoré, & dont ilsefaifoit
en effet ungrandbonneur. La
Perſonne chez qui nous estions,
qui est fortfpirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conferver ce gage,
qu'il fe feroit bien- toft en luy
une metamorphose furprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
GALANT. 31
Portrait deSa Majesté ſe changeroit
en celuy de fon Maistre.
Aces paroles Ml'Ambassadeur
parut Espagnol , comme ſon devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roula enfuite fur différentes matieres,
&fut longue & curieufe.
Je vous avovë , Monfieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne ,je me
ſuis toûjours ſouvenu des entretiens
de cét Ambaſſadeur. Ilnous
dit pofuivement qu'il y auroitdu
fang répandu; qu'il feroit difficile
d'arreſter les deſſeins du Roys
que ſes Ennemis ne pouvoient
C iiij
32 MERCURE
rien efperer que de l'inconstance
de la fortune ; & que l'Empire
&l'Espagne ne cherchoient qu'à
mettre leur bonneur à couvert,
en ne cedant pas sans avoir combattu.
Voila la Prophétie accomplie,&
nous en voyans la
té dans la diſpoſition des chofes
qui ſeſont paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
A
Lger encor fumat des Foudres
de la Guerre,
Vient ſe jetter aux pieds de fon
noble Vainqueur;
GALANT. 33
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de fon
bruyant tonnerre :
52
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Capd- e-Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur;
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre;
Se
Le Danemark amyreçoit nos
Etendars,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars,
L'Eſpagne plaint fes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve;
34 MERCURE
52
Liége & Tréves foûmis ſçavent
faire leur Cour,
L'Europe attend la Paix en rece
vant laTréve,
Tout cedeau Grand LOUIS par
force ou par amour.
Je vois dans cette peinture tour
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoiravecchagrin.
Avoüez aprés cela , Monſieur,
que lafortune de LOUIS
le Grand doit eſtre bien conſtante
pour faire avec tant de bonheur
des choses fi admirables , puis que
tant de Heros , & tant de ſages
Monarques n'ont pu s'empescher
GALANT. 35
d'en eſtre abandonnez. Mais
avoüez aussi à mesme temps que
La prudence of le courage du Roy
font extraordinaires , puis qu'il
ſemble avoir réduit la Fortune
ſous les règles ,&s'estrefait une
methode de réüfſſiren tout.
Nepeut- on pas compter entre
fes bonnes fortunes la fecondité
de la Maiſon Royale ? Ce Fils
unique que le Ciel luy avoit laif-
Sé comme son premier don , plus
Il est grand , plus il nous faifoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monfieur, que mes pensées fufſent
celles de tous les honneſtes
Gensà la naiſſance de Monfei36
MERCURE
gneur le Duc de Bourgongne. Fo
voudrois à cette heure que vous
les engageaffiez à dire fur ta
naiſſance de Monseigneur leDuc
d'Anjou.
;
R
AURΟΥ.
SONNET.
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race,
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
veut tous les ans
Enrichir vos Etats de ſemblables
Préfens ,
Qui pourront mériter de remplir
voſtre place.
Se
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
GALANT 37
Ployer ſous les efforts du Pere&
des Enfans
Par tout dignes de Vous , & par
tour triomphans,
Detous nos Ennemis ils dompte.
-ront l'audace.
Se
t
Formez-les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
nares Exploits, 29)
Qu'en lifant ce qu'ont fait lesFameux
de l'Histoire ;
22
'Et comme ils vous verront toujours
au- deffus d'eux ,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvoſtre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
38 MERCURE
Ces ſentimens quifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en celte rencontre
د. Se
produisent fort tard , mais ils ſeront
toûjours deſaiſon , ſi vous
voulez que ce foient des marques
éternelles de mon respect envers ce
Prince. Fay auſſi laissé paſſer le
temps où ces Bouts rimez estoient
àla mode. Cependant ce qu'ils
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes,
puis que LOUIS le Grand aura
toûjours des admirateurs , qui
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
GALANT. 39
CI
1.71.
I jamais Conquérant marcha
droit à la Glovre,
Sijamais Souverain mérita d'être
Roy,
- Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
ala victoire.
Se
Ses Faits feront paſſer pour Fable
fon Histoire, at
Apeine croira- t- on qu'ils foient
dignes defoy;
Les Siècles àvenir en ferontdans
L'effrey, pens
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
52
رد
Lorsqu'on voudra former unHé.
ros achevé,
1
40 MERCURE
On en prendra les traits ſur ſon air
élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang des
Immortels;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcideà fon Vainqueur euſt cedé
ſes Autels.
Vous trouverezpeut-estre quel
que conformité entre ce Sonnet,
un autre que vous avez publié.
Elle auroit efté plus grande
fi je ne l'avoisjamais veu. Je ne
fçay si l'autre a esté fait plûtoft
que le mien , mais je fuisſeur
3
GALANT. 41
que le mien n'a point esté fait fur
celuy-là. Ces Bouts rimeznauront
pas perdu tout- à-fait lagrace
de la nouveauté. Vous avez
dit il n'y a pas long-temps , qu'ils
estoient àla mode ,&lesujet n'en
est pas trop vieux.
SUR LA TREVE
que le Roy a faite.
Ο
N diſoit autrefois, Non licet
omnibus,
J'ofe le dire encore, & qui voudra
nolis'enfaches an và 120. "
LOUIS, de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faire luy feul quodnon
licet tribus .
Avril 1685, D
42 MERCURE
52
Nul d'entr'eux ne sçauroit parer
aux coups qu'il lache,
Parmy les Souverains il paroiſt un
Phoebus;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus;
Tout ce qu'elle a de durpar avace
illeur mache.
Ils l'avalent enfin avec tous ſes
Item
Dans un profondreſpect ils chantent
Tuautem ,
Ravis de prévenir les effets de ſon
ire.
S&
Sidans le temps préſent ilsn'ont
pû dire amo,.
D
GALANT. 43
Peut- eftre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit figner currente
calamo.
Il n'y a point de Rimes ſi bi--
zarres &fi Burlesques, quon-nc
puiſſe remplir de quelque chose de
grandſur leſujet du Roy. Ilme:
femble donc qu'on pourroit bien
donner à celles- là encore un autre
tour presque fur la mesme ma
tiere..
SVR L'ENREGISTREMENT,,
&la Publication de la Tréve.
L
OUIS. le Conquérant fair
ſçavoir omnibus,
4
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt,& qui fache;
C
Dij
44 MERCURE
Jamais de fes deſſeins en rien il ne
relâche,
Le coup qui le deſarme a fait la
loytribus.
52
Que s'il fuit les Combats , il ne
fuit point en Lache,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E- Phoebus;
Ila du coeur,desGens,desArmes,
du quibus,
Et quand il faut donner, point la
Cire il ne mache.
52
Cependant il s'arreſte , il ſe modére,
item,
Sçachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com
mande àfon ire,
GALANT. 45
Se
Conjuguons- luy par coeur dans
tous les temps amo;
Et nos Neveux diront , lifant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin , Monsieur, ily a treslong-
tempsquej'ayfait uneDevi
fepour le Roy ,furun deffein qui
aesté ſuſpendu. Si elle avoir esté
publiée dés ce temps-là, elle pourroit
paſſer à preſentpour une efpece
de Prophetie. Cesera pour
le moins une expreſſion allegorique
de ce que nous voyons. Le
corps de la Deviſe , c'eſtun Soleil
46 MERCURE
dansſon Zodiaque;l' Ame, cefont
ces paroles , Curro , fed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Art, j'a
joûterois des Aſtronomes de toutes
lesNations , qui obferventle Søleil
avectoutes les fortes d'Inſtru--
mens dont on uſe pourcela. Ils ne
répondroient pas malà l'applica
tion que tous les Politiques de la
Terre donnent à penétrer la conduite
du Roy. Voicy l'explication :
de ma Deviſe.
'Univers attentif regarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à mefurer
moncours ,
! GALANT. 47
Obſervent avec ſoin mes tours&
mes détours :
Mais nul oeil ne peut voir ma rou.
te toute entiere ;.
८८
Mon éclat plus aux fiers fait
baiffer la paupiere ;
Mes differens afpects font les
nuits & les jour,
Tout languiroit fans moy , tour
attend mon fecours,
t
Etje porte par tout mes biens&
ma lumiere.
SS
Mille divers emplois partagent
mes momens,
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens ,
On connoiſt mon pouvoir fur la
Terre & fur l'Onde.aranov
48 MERCURE
1
Jeme haſte; je cours; rien n'arreſtemes
pas,
J'acheveray bien-toſt le tour en
tier du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affezlong-temps, Monfieur
, que je vous entretiens pour
me haſter de vous dire que je suis
vostre tres ,&c.
F. F. D. C. R. G.
Fermer
30
p. 187
II.
Début :
On croit que c'est pour vous railler [...]
Mots clefs :
Quenouille, Raillerie, Lys, Louis, Royaume, Règne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
IL ONcroit que cestpourvous railler
Que vous nous envoyez*,Mercureà
Une Quenouille pour filer;
Les Lys ne filent point,ditUfeinta
Ecriture,
Les Sujets de LOVIS ne la recevront
pas>
Ses Exploits,fan Exempleinspirent du
courage,
Et nous avons cet avantage,
Son Royaume n'efi point comme cfautres
Eflats.
Dans. la France voit-on des lâches ($*
des poules?
Non, non,par la Valeur son Regnt est
Tout-pnijfant;
Renvoyez. - donc vostre pressent
.Aux lieux ou vousfifavez, epîon fizit cas
des Quenouilles.
LA PETITE ASSEMBLEE G.
du Havre.
Que vous nous envoyez*,Mercureà
Une Quenouille pour filer;
Les Lys ne filent point,ditUfeinta
Ecriture,
Les Sujets de LOVIS ne la recevront
pas>
Ses Exploits,fan Exempleinspirent du
courage,
Et nous avons cet avantage,
Son Royaume n'efi point comme cfautres
Eflats.
Dans. la France voit-on des lâches ($*
des poules?
Non, non,par la Valeur son Regnt est
Tout-pnijfant;
Renvoyez. - donc vostre pressent
.Aux lieux ou vousfifavez, epîon fizit cas
des Quenouilles.
LA PETITE ASSEMBLEE G.
du Havre.
Fermer
31
p. 74-85
ODE DE MADAME DES HOULIERES. AU ROY.
Début :
Madame des Houlieres ne s'est pas teuë sur cette Arrivée / Le croiras-tu, LOUIS ? à ta gloire attentive, [...]
Mots clefs :
Héros, Gloire, Doge, Roi, Louis, Siècle, France, Exploits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE DE MADAME DES HOULIERES. AU ROY.
adame des Houlieres ne
s'eft pas teuë fur cette Arrivée du Doge en France. Un
Evenement fi peu ordinaire
luy adonné lieu d'adrefferune
Ode au Roy. Elle a eu le
mefme fuccez que tous fes
autres Ouvrages, ce qui fait
connoiftre que fon talent eft
également heureux en toute
forte de genres d'écrire.
GALANT. 75
ODE
DE MADAME
DES HOULIERES.
AU ROY...
E croiras tu , LOUIS ? à ta
Legloire attentive,
Pour t'immortalifer, j'ay voulu mille
fois
Te chantercouronné de Lauriers &
d'olive,
Et millefois ma Lyre a languyfous
mes doigts.
Un Heros audeffin des Heros de la
Fable,
Eftpourqui le célebre un Heros redoutable,
Gij
76 MERCURE
Contrequi cent Nochers à mes yeux
ontbrifé.
Oiy, depuis que tu cours de victoire
en victoire,
Le Dieu qui des grands nomsfait durerla memoire,
Se feroit luy-meſme épuisé.
Se
Rejette donc , grand Roy, furunejufte crainte
Malenteur à parler de tesfaits inouis.
Impofons- nous , difois-je , une fage
contrainte,
N'immolons point magloire à celle de
LOUIS.
Quedirois-je en chantantfa valeur
triomphante,
Dont aux Siecles futurs plus d'une
mainfçavante
Avantmoy n'ait tracé defideles Tableaux?
GALANT. 77
Mais à quoy mon efpritſe laiſſe- t- il
Surprendre?
Quelle erreur ! Ah! de toy ne doit on
pas attendre
Toûjours des miracles nouveaux?
Sa
Duformidable Rhin le merveilleux
Paßage,
Endixjours la Comtépriſe aufort
des Hyvers,
L'Algérienforcé de rompre l'efclavage.
Des Chrétiens gemiffansfous le poids
defesfers,
Luxembourgaffervy fous cette Lop.
commune,
Sembloientavoir pour toyfatigué la
Fortune,
T
Onne concevoit rien de plus beau , de
plusdoux.
Güj
78 MERCURE
Cependant, dans les murs de ton fameux Versailles,
Tu vois , plus grand encor qu'au mi- lieu des Batailles,
Des Souverains à tes genoux.
$2
Ah! que de defefpoir , d'étonnement,
d'envie
Ce grand évenementjettera dans les
cœurs,
De tant de Roys jaloux de l'éclat de
ta vie!
De combien voudroient- ilspayerde
telshonneurs?
Maisleurs fouhaitsfont vains ; ces
éclatantesmarques.
N'illuftrerontjamais le Nom de ces
Monarques,
Grandsparle titrefeul dont ils font
revétus.
Toy quipourun Heros as tout ce qu'on
demande,
GALANT. 79
Toyqui les paffes tous, ilfaut quebe
Cielrende
Ta gloire égale à tes vertus,
Sa
Teldans un Siecle heureux on vit rea
gner Augufte,
Son nomfutadoré decent Peuples
divers.
Il eftoit comme toy,fage, intrépide,,
jufte,
Ettufais comme luy trembler tour
l'Univers.
Commetoytriomphantfur laTerre &
furl'onde,
Luy-mefme fe vainquit , donna la
paix au Monde,
Cultivales beaux Arts, fitrevivre les
Loix.
Maistre detous les coursdansfafuper
be Ville,
G iiij
80 MERCURE
Au milieu d'une Cour magnifiques
tranquille,
Afesgenoux il vit des Roys.
S&
Abondante en Amis , plus abondante
encore
Enhonneurs, entrefors, en Vaiffeaux,
en Guerriers,
Genes jusqu'au rivage où fe leve
l'Aurore.
Fit redouterfon Nom, & cücillit des Lauriers of
Cefertile Pays, fource de tant de
baines ,
Oùregnalebeau Sang qui coule dans
tes veines,
Naples , a veufes champsparfon or
envahis,
Et de lafage Ville époufe de Neptune,
Ses efforts auroient pu renverser la
fortune,
GALANT: 81
Silefortneles euft trahis.
$2
Fiere encore aujourd'huy de plus d'un
jufte Eloge,
Que des Siecles paffezfa gloire a mcrité,
Son Senatrefufoit de t'envoyerfon
Doge,
Implorerle pardondefa témerité;
Mais l'affreuxfouvenir de l'état déplorable,
Où n'agueres l'a mis ton couroux redoutable,
Aforcéfon orgueil àne plus contefter.
Certaine que tu peux ce qu'on te voit
réfoudre,
Elie craint que ta main ne reprenne la
foudre,
A quirien ne peut réſiſter.
S&
Quelle gloire pour toy ! quel plaifir
pourla France,
82 MERCURE
Devangeraujourd'huyfur ces Ambi
tieux,
Les divers attentats qu'avec tant
d'infolence
Leurs Peres ont formez contre tes
grands Ayeux!
•Accoûtumez àvoir leur audace impunie,
Ces Peuples n'employoient leurs tre
fors , leurgenie,
Qu'à tefaire par tout de nouveaux
Ennemis.
Ils penfoient t'accablerfous lefaix
des intrigues,
Et n'ontfait queremplirpar d'impuiffantesligues
Ce que les deftins t'ontpromis.
S&
Ainfi, quanddes Hyvers les terribles
orages
Centraignentun grand Fleuve àfor
tir defes bords
GALANT. 83
Dece Fleuve irrité, fameuxparfes
ravages,
Oncroitparune Digue arrefter les
efforts;
Maisbien loin quefon onde àce frein
s'accoûtume,
Sacolere s'accroift, ilmugit , il écume,
Il renverſe demain ce qu'il laiffe aujourd'huy,
Et plusfort que la Digue àſon cours
oppofée,
Elle n'eftfurla Rive où l'on l'avoit
pofée
Qu'unnouveau triomphepour luy.
Sa
Noncontent de vangertes Ayeux &
ta gloire,
Tudomptesl'Heréfie , elle expire à tes
yeux,
Tufais defon débrista plus chere.vi
Etoire,
84 MERCURE
Ardent à foûtenir la querelle des
Cieux.
Tule dois ; leursfaveurs , diverses,
continuës,
Famaisfur les Mortels ne furent répanduës
Si liberalementqu'elles le fontfurtoy.
Quoyque le Diademe ait de grand,
d'agréable,
Desprefens dontaux Cieux on te voit
redevable
Lemoindre eft de t'avoirfait Roy.
25
Mais le Dogeparoift ; que Genes la
Superbe
Eft uncharmant fpectacle attachée à.
ton Char!
Confuſe d'avoir veufes Tours plus
bas que l'herbe,
Elle n'ofe furtoy porter un feul regard,
"
GALANT. 85
Tongrandcœur eft touché des foupirs
qu'ellepouffe,
Tnrendras ,jele voy , fafortune plus
douce;
Millefois tes bontez ont bornétes
Exploits.
Tuverrois l'Universfoûmis à ta
puiſſance,
Sidepuis vingtmoiſſons , de ta fenle
clemence
Tu n'avois écouté la noix.
s'eft pas teuë fur cette Arrivée du Doge en France. Un
Evenement fi peu ordinaire
luy adonné lieu d'adrefferune
Ode au Roy. Elle a eu le
mefme fuccez que tous fes
autres Ouvrages, ce qui fait
connoiftre que fon talent eft
également heureux en toute
forte de genres d'écrire.
GALANT. 75
ODE
DE MADAME
DES HOULIERES.
AU ROY...
E croiras tu , LOUIS ? à ta
Legloire attentive,
Pour t'immortalifer, j'ay voulu mille
fois
Te chantercouronné de Lauriers &
d'olive,
Et millefois ma Lyre a languyfous
mes doigts.
Un Heros audeffin des Heros de la
Fable,
Eftpourqui le célebre un Heros redoutable,
Gij
76 MERCURE
Contrequi cent Nochers à mes yeux
ontbrifé.
Oiy, depuis que tu cours de victoire
en victoire,
Le Dieu qui des grands nomsfait durerla memoire,
Se feroit luy-meſme épuisé.
Se
Rejette donc , grand Roy, furunejufte crainte
Malenteur à parler de tesfaits inouis.
Impofons- nous , difois-je , une fage
contrainte,
N'immolons point magloire à celle de
LOUIS.
Quedirois-je en chantantfa valeur
triomphante,
Dont aux Siecles futurs plus d'une
mainfçavante
Avantmoy n'ait tracé defideles Tableaux?
GALANT. 77
Mais à quoy mon efpritſe laiſſe- t- il
Surprendre?
Quelle erreur ! Ah! de toy ne doit on
pas attendre
Toûjours des miracles nouveaux?
Sa
Duformidable Rhin le merveilleux
Paßage,
Endixjours la Comtépriſe aufort
des Hyvers,
L'Algérienforcé de rompre l'efclavage.
Des Chrétiens gemiffansfous le poids
defesfers,
Luxembourgaffervy fous cette Lop.
commune,
Sembloientavoir pour toyfatigué la
Fortune,
T
Onne concevoit rien de plus beau , de
plusdoux.
Güj
78 MERCURE
Cependant, dans les murs de ton fameux Versailles,
Tu vois , plus grand encor qu'au mi- lieu des Batailles,
Des Souverains à tes genoux.
$2
Ah! que de defefpoir , d'étonnement,
d'envie
Ce grand évenementjettera dans les
cœurs,
De tant de Roys jaloux de l'éclat de
ta vie!
De combien voudroient- ilspayerde
telshonneurs?
Maisleurs fouhaitsfont vains ; ces
éclatantesmarques.
N'illuftrerontjamais le Nom de ces
Monarques,
Grandsparle titrefeul dont ils font
revétus.
Toy quipourun Heros as tout ce qu'on
demande,
GALANT. 79
Toyqui les paffes tous, ilfaut quebe
Cielrende
Ta gloire égale à tes vertus,
Sa
Teldans un Siecle heureux on vit rea
gner Augufte,
Son nomfutadoré decent Peuples
divers.
Il eftoit comme toy,fage, intrépide,,
jufte,
Ettufais comme luy trembler tour
l'Univers.
Commetoytriomphantfur laTerre &
furl'onde,
Luy-mefme fe vainquit , donna la
paix au Monde,
Cultivales beaux Arts, fitrevivre les
Loix.
Maistre detous les coursdansfafuper
be Ville,
G iiij
80 MERCURE
Au milieu d'une Cour magnifiques
tranquille,
Afesgenoux il vit des Roys.
S&
Abondante en Amis , plus abondante
encore
Enhonneurs, entrefors, en Vaiffeaux,
en Guerriers,
Genes jusqu'au rivage où fe leve
l'Aurore.
Fit redouterfon Nom, & cücillit des Lauriers of
Cefertile Pays, fource de tant de
baines ,
Oùregnalebeau Sang qui coule dans
tes veines,
Naples , a veufes champsparfon or
envahis,
Et de lafage Ville époufe de Neptune,
Ses efforts auroient pu renverser la
fortune,
GALANT: 81
Silefortneles euft trahis.
$2
Fiere encore aujourd'huy de plus d'un
jufte Eloge,
Que des Siecles paffezfa gloire a mcrité,
Son Senatrefufoit de t'envoyerfon
Doge,
Implorerle pardondefa témerité;
Mais l'affreuxfouvenir de l'état déplorable,
Où n'agueres l'a mis ton couroux redoutable,
Aforcéfon orgueil àne plus contefter.
Certaine que tu peux ce qu'on te voit
réfoudre,
Elie craint que ta main ne reprenne la
foudre,
A quirien ne peut réſiſter.
S&
Quelle gloire pour toy ! quel plaifir
pourla France,
82 MERCURE
Devangeraujourd'huyfur ces Ambi
tieux,
Les divers attentats qu'avec tant
d'infolence
Leurs Peres ont formez contre tes
grands Ayeux!
•Accoûtumez àvoir leur audace impunie,
Ces Peuples n'employoient leurs tre
fors , leurgenie,
Qu'à tefaire par tout de nouveaux
Ennemis.
Ils penfoient t'accablerfous lefaix
des intrigues,
Et n'ontfait queremplirpar d'impuiffantesligues
Ce que les deftins t'ontpromis.
S&
Ainfi, quanddes Hyvers les terribles
orages
Centraignentun grand Fleuve àfor
tir defes bords
GALANT. 83
Dece Fleuve irrité, fameuxparfes
ravages,
Oncroitparune Digue arrefter les
efforts;
Maisbien loin quefon onde àce frein
s'accoûtume,
Sacolere s'accroift, ilmugit , il écume,
Il renverſe demain ce qu'il laiffe aujourd'huy,
Et plusfort que la Digue àſon cours
oppofée,
Elle n'eftfurla Rive où l'on l'avoit
pofée
Qu'unnouveau triomphepour luy.
Sa
Noncontent de vangertes Ayeux &
ta gloire,
Tudomptesl'Heréfie , elle expire à tes
yeux,
Tufais defon débrista plus chere.vi
Etoire,
84 MERCURE
Ardent à foûtenir la querelle des
Cieux.
Tule dois ; leursfaveurs , diverses,
continuës,
Famaisfur les Mortels ne furent répanduës
Si liberalementqu'elles le fontfurtoy.
Quoyque le Diademe ait de grand,
d'agréable,
Desprefens dontaux Cieux on te voit
redevable
Lemoindre eft de t'avoirfait Roy.
25
Mais le Dogeparoift ; que Genes la
Superbe
Eft uncharmant fpectacle attachée à.
ton Char!
Confuſe d'avoir veufes Tours plus
bas que l'herbe,
Elle n'ofe furtoy porter un feul regard,
"
GALANT. 85
Tongrandcœur eft touché des foupirs
qu'ellepouffe,
Tnrendras ,jele voy , fafortune plus
douce;
Millefois tes bontez ont bornétes
Exploits.
Tuverrois l'Universfoûmis à ta
puiſſance,
Sidepuis vingtmoiſſons , de ta fenle
clemence
Tu n'avois écouté la noix.
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Résumé : ODE DE MADAME DES HOULIERES. AU ROY.
Madame des Houlières a écrit une ode en l'honneur du roi Louis, suite à un événement marquant. Cette œuvre a connu un succès comparable à ses autres écrits, illustrant ainsi son talent diversifié. L'ode célèbre les victoires du roi et son influence durable. Elle évoque plusieurs exploits militaires et diplomatiques, tels que la traversée du Rhin, la soumission de l'Algérien et la victoire sur le Luxembourg. Madame des Houlières exprime également l'admiration des souverains étrangers et la jalousie des rois face à la gloire de Louis. Elle compare le roi à Auguste, mettant en avant ses vertus et ses triomphes. L'ode se conclut par la soumission de Gênes, qui implore le pardon du roi après avoir été vaincue par sa puissance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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32
p. 39-46
IDYLE DE MADAME DES HOULIERES, Sur le retour de la Santé du Roy.
Début :
Les Vers que vous allez lire ne sont pas nouveaux, / Peuples, qui gemissez au pied de nos Autels, [...]
Mots clefs :
Santé, Roi, Louis, Soins, Héros, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IDYLE DE MADAME DES HOULIERES, Sur le retour de la Santé du Roy.
es Vers que vous allez
lire ne font pas nouveaux,
40 MERCURE
mais ils le feront pour vous,
puis que vous me dites qu'on
ne vous les a point encore
envoyez. D'ailleurs ils font
de Madame des Houlieres ,
& tout ce qu'elle fait eft fi
beau , qu'en tout temps on
le voit avec plaifir , Ils ont
efté faits fur le rétabliffement de la Santé du Roy ,
aprés le mal dont Sa Majeſté
a efté guerie avant les accés
qu'Elle a eus de Fiévre
quarte.
GALANT. 41.
S
11
-e
ב
1
I
IDTLE
DE MADAME
DES HOULIERESS
Sur le retour de la Santé
Paple
du
Roy.
Euples , qui gemiffez au pied -
de nos Autels,
Qui par des vœux ardens, des foùpirs & des larmes, ·
Demandez la fantédu plus grand?
des Mortels ,
Enplaifirs changez vos alarmes; ;
Couronnez vos teftes defleurs,.
LOVIS n'eft plus en proye à de
vives douleurs,
Septembre 1686.. D.
42 MERCURE
D'unefanté parfaite il goûte tous
les carmes.
Dés fes plusjeunes ans à vaincre
accoûtumé ,
Il a dompté les maux qui luỷfaifoient la guerre,
Ils n'ont fervy qu'à montrer à
la Terre
Combien LOVIS cft grand, com
lien left aimé.
ရ
Tand's que devorez par des crain
tes mortelles
Nous cherchions en tremblant d'agreabl s nouvelles ,
Tandis qu'il nous coutoit tant de
pleus , tant de cris ,
Lay, dont rien ne fçauroit ébranler
le courage ,
Regardoitfes douleurs avec unfier
mépris,
GALANT.
43
Elles ne paroiffoient que fur noftre
vifage.
Au milieu des plaifirs qu'enfante
un dux repos ,
- Eut-iljamaisl'esprit plus libre?
Vous le fçavez, Tamife , Elbe
Rin, Tage , Tibre;
Vous le fçavcz auffi , Mers, dons
iljoint les flots.
Ces foins qu'on voit toûjours
renaiftre,
Et dont , hors le.
Heros que nous
avons pour Maistre,
MulRay n'a porté Jeul le penible
fardeau ,
Les a-t-on veu ceffer dans fes douAdeurs cruelles
• Quoy qu'en des mains fages, fi
delles
Dij
44 MERCURE
Il eut pù confier le timon da
Vaiffeau?
Mais pourquoy dans des jours de
ftinez à lajoye
Rappeller des jours douloureux?
Iouiffons du bonheur que le Ciel
nous envoye,
LOVIS ne fouffre plus , nous
fommes trop beureux.
T
Que dans nos murs le travail
ceffe,
Que le vin coule, qu'ons'empreffe
D'allumer d'innombrablesfeux;
Qu'on lance dans les airs defi vi
ves eftoiles ,
Que leur éclat falſe pûlir v
Celles de qui pour s'embellir
La nuitfemefes fombres voiles,
E
GALANT.
45
Et vous,qui parun fage choix
Preferez vos ruftiques toits
Aces lambris dorez , fous qui la:
temperance,
La tranquillité , l'innocence,
Logent rarement avec nous ;
Bergers, pour qui la vie a fi peu
de dégoûs ; [penfe
Bergers, plus heureux qu'on ne
Quittez le foin de vos troupeaux,
De guirlandes parez vos teftes ,
Foulez l'herbe naiffante aufon des chalumeaux;
Que desjeux innocens, que d'agrea
bles feftes
-Ramenent les plaifirs que vous
aviezbannis ,
LOVIS ne fouffre plus ,nos malbeurs font finis.
Les Bergeres jeunes & belles,
46 MERCURE
Qui font regner l'amour, & qui
regnent par luy,
Sont feules à plaindre aujour
d'buyi
Ie fremis des malheurs queje prévay pour elles.
Ils font plus grands cent ¢
fuis ,
Quefi dans les plus fombres bois,
Sans chiens leurs m utens alloient
priftre,
Que fur leurs foibles cœurs elles
vellent touj urs ,
S'il eft vray que la joye eft mere
des Amours,
Lafanté de LOVIS en va plus
faire naiftre
Que le doux retour des beaux
jours.
lire ne font pas nouveaux,
40 MERCURE
mais ils le feront pour vous,
puis que vous me dites qu'on
ne vous les a point encore
envoyez. D'ailleurs ils font
de Madame des Houlieres ,
& tout ce qu'elle fait eft fi
beau , qu'en tout temps on
le voit avec plaifir , Ils ont
efté faits fur le rétabliffement de la Santé du Roy ,
aprés le mal dont Sa Majeſté
a efté guerie avant les accés
qu'Elle a eus de Fiévre
quarte.
GALANT. 41.
S
11
-e
ב
1
I
IDTLE
DE MADAME
DES HOULIERESS
Sur le retour de la Santé
Paple
du
Roy.
Euples , qui gemiffez au pied -
de nos Autels,
Qui par des vœux ardens, des foùpirs & des larmes, ·
Demandez la fantédu plus grand?
des Mortels ,
Enplaifirs changez vos alarmes; ;
Couronnez vos teftes defleurs,.
LOVIS n'eft plus en proye à de
vives douleurs,
Septembre 1686.. D.
42 MERCURE
D'unefanté parfaite il goûte tous
les carmes.
Dés fes plusjeunes ans à vaincre
accoûtumé ,
Il a dompté les maux qui luỷfaifoient la guerre,
Ils n'ont fervy qu'à montrer à
la Terre
Combien LOVIS cft grand, com
lien left aimé.
ရ
Tand's que devorez par des crain
tes mortelles
Nous cherchions en tremblant d'agreabl s nouvelles ,
Tandis qu'il nous coutoit tant de
pleus , tant de cris ,
Lay, dont rien ne fçauroit ébranler
le courage ,
Regardoitfes douleurs avec unfier
mépris,
GALANT.
43
Elles ne paroiffoient que fur noftre
vifage.
Au milieu des plaifirs qu'enfante
un dux repos ,
- Eut-iljamaisl'esprit plus libre?
Vous le fçavez, Tamife , Elbe
Rin, Tage , Tibre;
Vous le fçavcz auffi , Mers, dons
iljoint les flots.
Ces foins qu'on voit toûjours
renaiftre,
Et dont , hors le.
Heros que nous
avons pour Maistre,
MulRay n'a porté Jeul le penible
fardeau ,
Les a-t-on veu ceffer dans fes douAdeurs cruelles
• Quoy qu'en des mains fages, fi
delles
Dij
44 MERCURE
Il eut pù confier le timon da
Vaiffeau?
Mais pourquoy dans des jours de
ftinez à lajoye
Rappeller des jours douloureux?
Iouiffons du bonheur que le Ciel
nous envoye,
LOVIS ne fouffre plus , nous
fommes trop beureux.
T
Que dans nos murs le travail
ceffe,
Que le vin coule, qu'ons'empreffe
D'allumer d'innombrablesfeux;
Qu'on lance dans les airs defi vi
ves eftoiles ,
Que leur éclat falſe pûlir v
Celles de qui pour s'embellir
La nuitfemefes fombres voiles,
E
GALANT.
45
Et vous,qui parun fage choix
Preferez vos ruftiques toits
Aces lambris dorez , fous qui la:
temperance,
La tranquillité , l'innocence,
Logent rarement avec nous ;
Bergers, pour qui la vie a fi peu
de dégoûs ; [penfe
Bergers, plus heureux qu'on ne
Quittez le foin de vos troupeaux,
De guirlandes parez vos teftes ,
Foulez l'herbe naiffante aufon des chalumeaux;
Que desjeux innocens, que d'agrea
bles feftes
-Ramenent les plaifirs que vous
aviezbannis ,
LOVIS ne fouffre plus ,nos malbeurs font finis.
Les Bergeres jeunes & belles,
46 MERCURE
Qui font regner l'amour, & qui
regnent par luy,
Sont feules à plaindre aujour
d'buyi
Ie fremis des malheurs queje prévay pour elles.
Ils font plus grands cent ¢
fuis ,
Quefi dans les plus fombres bois,
Sans chiens leurs m utens alloient
priftre,
Que fur leurs foibles cœurs elles
vellent touj urs ,
S'il eft vray que la joye eft mere
des Amours,
Lafanté de LOVIS en va plus
faire naiftre
Que le doux retour des beaux
jours.
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Résumé : IDYLE DE MADAME DES HOULIERES, Sur le retour de la Santé du Roy.
En septembre 1686, le Mercure Galant célèbre le rétablissement de la santé du roi Louis XIV, après une fièvre quarte. Les auteurs expriment leur joie et leur soulagement, soulignant la grandeur et l'amour du roi, comparés à la résistance des grands fleuves et des héros. Le texte invite à des réjouissances publiques et privées, incluant les bergers et les bergères. Ces dernières sont décrites comme les plus à plaindre en raison des malheurs qu'elles prévoient. Le texte se conclut par l'annonce de la santé parfaite du roi et une invitation générale à se réjouir de ce bonheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 46-47
MADRIGAL.
Début :
Dans le mesme temps, Mr Doujat, Doyen de l'Academie / Arêtons desormais nos Larmes, [...]
Mots clefs :
Louis, France, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
Dans le mefme temps, M
GALANT.
47
Doujat , Doyen de l'Acade
mie Françoife , fit ce Madrigal fur le mefme fujet.
MADRIGAL.
A
Rritons
Larmes ,
deformais nos
Elles ne font point de faifon ,
LeCiel donne à
LOVIS l'entiere
querifon
Dumal qui caufoit nos alarmes.
GrandDieu , qui de la France es
Peternel appuy's'
Qu'au delà de Neftor noftre Monarque vives
C'estl'unique fouhait qu'elle forme
aujourd buy.
Si cebienpar toy nous arrive,
Le reste nous viendra par luy
GALANT.
47
Doujat , Doyen de l'Acade
mie Françoife , fit ce Madrigal fur le mefme fujet.
MADRIGAL.
A
Rritons
Larmes ,
deformais nos
Elles ne font point de faifon ,
LeCiel donne à
LOVIS l'entiere
querifon
Dumal qui caufoit nos alarmes.
GrandDieu , qui de la France es
Peternel appuy's'
Qu'au delà de Neftor noftre Monarque vives
C'estl'unique fouhait qu'elle forme
aujourd buy.
Si cebienpar toy nous arrive,
Le reste nous viendra par luy
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34
p. 10-21
RIMES EN AILLES. / RIMES EN EILLES. / RIMES EN ILLE.
Début :
Il ne faut pas s'étonner aprés cela si l'on entend / Toy qui depuis que du Cahos / Si ma voix avoit les doux sons / Femme d'un Dieu qui n'est pas beau, [...]
Mots clefs :
Célébrer, Rimes, Louis, Héros, Roi, Louer, Vers féminins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RIMES EN AILLES. / RIMES EN EILLES. / RIMES EN ILLE.
l ne
faut ,/ 1 pas s'étonnerapréscel
si l'on entend retentir se
louanges dans tous les ch.
matsdumonde,&si mesme
le beau sexe se fait un plaisir
de monter sur le Parnasse,
pour apprendre à celebrer les
merveilles de son regne dans
le langagedes Dieux. L'Illustre Madame Deshoulieres
cftune de celles qui le parlent le plus purement, le plus
souvent, & avec le plus d'approbation. Je vous envoyay
le mois passé un de les plus
beaux Ouvrages, danslequel
-
elle s'est assujettie aux rimes
enoüille dans tous les Vers
féminins. En voicy d'autres
de mesme nature, sur des rimes en ailles
,
en eles
,
& en.
ille, qui ont elleaussiapplaudis que le pre nier. Son genie est merveilleux en toutes
fortes dematieresmais sur
tout lors qu'elle entreprend
de loüer le Roy On connoist par là l'ardeur de son
zele.
RIMESENAILLES.
Toy qui depuis que du Cahos
On tira la Terre & les Flots,
EsApollonquand tu rimailles
3
Es le Soleil quand chaque jour
Dans un long & pénible tour
A nous éclairertu travailles
,
Si tu ne viens maider,jepers
L' honneur de bienfaire des Vers.
IlfautsurdesRimesenailles,
Rimes quifom pajlir d'ejfroy
Celebrer Louis
,
ce grand Roy
Quirejfcmble au Dieu des Batailles>
Ouiprend ce qu'il s'estproposé,
Sans que nulait encore ose
Vferfur luy de reprefaillcs;
Quivoit naiflre defortDauphin,
Dont la gloireferasansfin,
Quantitéd?j4uguftes Aiarmailles;
Qui àans ses Gardes neveutpat
Quilfoitenrolle deSoldats
Qui ne soient des plus hantes tailles;
Qui fait PdJJèr des soirs charmans
Damses vasles Appartemens
,
Parez.
J
non de vieillesclaincat'lies
De colifichets, de rocailles,
Mais de riches Ameublement,
Telsque ceux de ces vieux Romaus
Quaimoit tant à lire Fontraillesi
Quichez,leperfide Genois
BrifeTemple
,
Palais ,murailles.
Quitoujours heureux dansses choix9
EnMinièresfit des trouvailles;
Quidubruitdefiesgrands exploits
Remplit cellea qui
dans
cinq mois Ilfautconfier les semailles
3 Celle quepare le Printemps
De Fleurs (y:'" de vertesbrou-Jfailles
J
Celle donlfouillent les entrailles
Cbercheurs d'or d- de DiamanJ"
Et cette autre sur qui les Vents
Ont cause tant defanerailies,
Et dontlesmuets habitam
Ont le corps reveflu d'écaillés;
QuiviSlorieux des erreurs fait dans le bercail des Pafleurs
, Rentrer des millionsd'Ouailles
;
Quiseul son Empire conduit,
Qui tient dans un charmant réduit
Nombre d'eftrangeres volailles;
Qui deson Penple estsi chery,
Qu*auffi-tolfcjuon lesçeut guery Àdagifbats ,
,
Financiers,Canailles,
Toutfitchanter en divers lieux
Des TeDeummélodieux}
Tout mangea chapons) perdrixtcailles,
Et mitsur le cttlsesfutailles;
Veuillent nous preserver les Cieux
De plus voir de tellesgogailies.
Qui des fils de ses petitsfils
,
Si nossouhaitsfont accomplû.
Verra toutes les cpoufaiHes
;
Qii de ses héroïquesafits,
So:t dans laguerre ou dansla pdix"
A fs.itf<~aperforce Aiédai11rs
Tins belles quelesAntiquailles;
Qui dnmpte Alger & Tripoli,
Qiti dans Cagréable-Atariy,
Tait foHvcnt de grossesripailles,
Et quifera trembler de
peur
Le Royd'Efpagne&l*Empereur,
Dès qu'ilsortiradeVersailles..
RIMES EN EILLES.
s1 ma voix avoir les doux fins
Des Malherbes & des Corneilles,
Louis feraittoujours Vobjet de mes
Chansons.
Quel plus beau sujet pour mes veil.
les,
fJ..!!:un grand Roy de qui tous lei
jours
1
Ne font quun tissu de merveilles.
Et de qui l'air & les difeourt
Font entrer dans les cœurs vn million cfAmours,
Par les yeux&parlesoreilles?
m
Raison
,
toy que les Roysconsultent rarement
, Tusçais que ce Héros charmant
Nefait que ce que tu conseilles.
Nimphe,qui jamais ne somme'illes,
Tusçaisquavecque tes cent voix
Tu n'en a pas affit pour conter les
Exploits,
Et le nombre infini de vertus sans pa-(
veilles
JQui lefont le plusgranddesRoys.
Les champs ont moins cfépies, leruchesi
moinsetAbeilles,
Quil na receu du Ciel de charmesfedu-v
Eleurs.
Ah, courons ait Parnasse
,
& des plut)
belles fleurs
Pour couronnerson front remplirons detk
corbeilles.
uiffint aller mes Vers à Caide de fort
nom
)es bords où le matin la mere de
Memnon
Peint le Ciel de Couleurs vermeilles,
Iufijues à
ces tristesclimats
Ou ne peuvent croistre les treilles,
't dont les Habitans ne laissent pourtant pas
D'aimer à vuider les bouteilles.
RIMES ENjlle.
FEmme dtun Dieu qui rieft p/ti
beau,
Et qui ne va pointsans bfquille)
*Déejfe de qui le berceau
Fut une fnperbe cet/mile
,
V.e meresure pas Illljo$'frd'hJlJ tin rli
cours
,
bdtnne que des Jeux, des Ris, & des
jimours la tendre & galattte quadrille
Répande Jes attraits sur mon fo:ble
discours.
Venus
,
ren a] besoin
c. on veut que jebabille
De ce Héros qui feut a
tous les agremens
Dts deux plus chers de tes Amans.
*12ans[es ,, feux certain feu pétille
Quisouventa caufideglands embrlt..
femens.
Tel cjtoit ton Çhasseur dans ces heu,
renx moment
Où couché sur l'Oeillet. la Rose & Im
Jonquille
Tu daignas l'honorer de tes embrajfem
mens
,
5^jnmoinsftmblahle eu DivinDrillei
QHI vient au sortir des combats
Se delasser entre tes bras'
ZOVIS humilia l'orgueil de la (afitllc
Damptal'ingrat Tdtive cr vainqui,
le germain,
it tomber fous l'effort de cent bouches
d'airain)
omm, tombe en tflèCépj fous la fau*
eille,
le parjureGénois & le dur jifriquaim*
Ce ntflpasfeulement le tonnerre à la
main9,
2i4e ce Monarque efi grand, que fin
courage brille,
*0 l'avons-nous pas veu montrer un front serein
Vans Jevives douleurs
,
dansunperdcertain,
rt ne s'tnébranler non plut que la *Ba•
fiille i
Quel Sage
,
quel Héros ,fujî-il gre,
ou Romain,
Teutdupied de LOVIS-itteindreà
la cheville ?
Aussi du bout de J'YnifJefS
Les Ptttples que le Soleil grille
Travcrfentpourle voir le vafie fein
des tfliers*
jQue pour nous rendre heureux il
prend defoinsdivers!
Dans Jes vasles Eflats chèque Place
fourmille
De cent & cent ternes Çuerritrs,
.I2!!,'zt y met pour apprendre À cueillir
des Lauriers.
Dans un fnpcrbe Enclos plus d'une illujîre Fille
Trouve dés son enfance Un secoursfeur
& doux;
Dans un sge plus meur on luy donne un
Epcux,
Où ton met sa pudeur à l'abrjd'une
grille. 4
tredePs Sujets itnoumt, il hahille,jj
Ces malheureux Enfans qui nefontkt-l
ntiers .J, Que des titres fameux que des Sieell.
entiers j
Ont conftrfle{,
dans leur Famille.
tille des flots IImerl ?
agrcablcVenus»
Aqui les doAX tranfpcrts re font pas
inconnus
,
Crois-tu que defil tn aiguille,
Quand on voit t'op fouveut ce Roy
charmant à voir
9
On ne fajfc jamais en défit du devoir
,
Quelque legere peccadille?
faut ,/ 1 pas s'étonnerapréscel
si l'on entend retentir se
louanges dans tous les ch.
matsdumonde,&si mesme
le beau sexe se fait un plaisir
de monter sur le Parnasse,
pour apprendre à celebrer les
merveilles de son regne dans
le langagedes Dieux. L'Illustre Madame Deshoulieres
cftune de celles qui le parlent le plus purement, le plus
souvent, & avec le plus d'approbation. Je vous envoyay
le mois passé un de les plus
beaux Ouvrages, danslequel
-
elle s'est assujettie aux rimes
enoüille dans tous les Vers
féminins. En voicy d'autres
de mesme nature, sur des rimes en ailles
,
en eles
,
& en.
ille, qui ont elleaussiapplaudis que le pre nier. Son genie est merveilleux en toutes
fortes dematieresmais sur
tout lors qu'elle entreprend
de loüer le Roy On connoist par là l'ardeur de son
zele.
RIMESENAILLES.
Toy qui depuis que du Cahos
On tira la Terre & les Flots,
EsApollonquand tu rimailles
3
Es le Soleil quand chaque jour
Dans un long & pénible tour
A nous éclairertu travailles
,
Si tu ne viens maider,jepers
L' honneur de bienfaire des Vers.
IlfautsurdesRimesenailles,
Rimes quifom pajlir d'ejfroy
Celebrer Louis
,
ce grand Roy
Quirejfcmble au Dieu des Batailles>
Ouiprend ce qu'il s'estproposé,
Sans que nulait encore ose
Vferfur luy de reprefaillcs;
Quivoit naiflre defortDauphin,
Dont la gloireferasansfin,
Quantitéd?j4uguftes Aiarmailles;
Qui àans ses Gardes neveutpat
Quilfoitenrolle deSoldats
Qui ne soient des plus hantes tailles;
Qui fait PdJJèr des soirs charmans
Damses vasles Appartemens
,
Parez.
J
non de vieillesclaincat'lies
De colifichets, de rocailles,
Mais de riches Ameublement,
Telsque ceux de ces vieux Romaus
Quaimoit tant à lire Fontraillesi
Quichez,leperfide Genois
BrifeTemple
,
Palais ,murailles.
Quitoujours heureux dansses choix9
EnMinièresfit des trouvailles;
Quidubruitdefiesgrands exploits
Remplit cellea qui
dans
cinq mois Ilfautconfier les semailles
3 Celle quepare le Printemps
De Fleurs (y:'" de vertesbrou-Jfailles
J
Celle donlfouillent les entrailles
Cbercheurs d'or d- de DiamanJ"
Et cette autre sur qui les Vents
Ont cause tant defanerailies,
Et dontlesmuets habitam
Ont le corps reveflu d'écaillés;
QuiviSlorieux des erreurs fait dans le bercail des Pafleurs
, Rentrer des millionsd'Ouailles
;
Quiseul son Empire conduit,
Qui tient dans un charmant réduit
Nombre d'eftrangeres volailles;
Qui deson Penple estsi chery,
Qu*auffi-tolfcjuon lesçeut guery Àdagifbats ,
,
Financiers,Canailles,
Toutfitchanter en divers lieux
Des TeDeummélodieux}
Tout mangea chapons) perdrixtcailles,
Et mitsur le cttlsesfutailles;
Veuillent nous preserver les Cieux
De plus voir de tellesgogailies.
Qui des fils de ses petitsfils
,
Si nossouhaitsfont accomplû.
Verra toutes les cpoufaiHes
;
Qii de ses héroïquesafits,
So:t dans laguerre ou dansla pdix"
A fs.itf<~aperforce Aiédai11rs
Tins belles quelesAntiquailles;
Qui dnmpte Alger & Tripoli,
Qiti dans Cagréable-Atariy,
Tait foHvcnt de grossesripailles,
Et quifera trembler de
peur
Le Royd'Efpagne&l*Empereur,
Dès qu'ilsortiradeVersailles..
RIMES EN EILLES.
s1 ma voix avoir les doux fins
Des Malherbes & des Corneilles,
Louis feraittoujours Vobjet de mes
Chansons.
Quel plus beau sujet pour mes veil.
les,
fJ..!!:un grand Roy de qui tous lei
jours
1
Ne font quun tissu de merveilles.
Et de qui l'air & les difeourt
Font entrer dans les cœurs vn million cfAmours,
Par les yeux&parlesoreilles?
m
Raison
,
toy que les Roysconsultent rarement
, Tusçais que ce Héros charmant
Nefait que ce que tu conseilles.
Nimphe,qui jamais ne somme'illes,
Tusçaisquavecque tes cent voix
Tu n'en a pas affit pour conter les
Exploits,
Et le nombre infini de vertus sans pa-(
veilles
JQui lefont le plusgranddesRoys.
Les champs ont moins cfépies, leruchesi
moinsetAbeilles,
Quil na receu du Ciel de charmesfedu-v
Eleurs.
Ah, courons ait Parnasse
,
& des plut)
belles fleurs
Pour couronnerson front remplirons detk
corbeilles.
uiffint aller mes Vers à Caide de fort
nom
)es bords où le matin la mere de
Memnon
Peint le Ciel de Couleurs vermeilles,
Iufijues à
ces tristesclimats
Ou ne peuvent croistre les treilles,
't dont les Habitans ne laissent pourtant pas
D'aimer à vuider les bouteilles.
RIMES ENjlle.
FEmme dtun Dieu qui rieft p/ti
beau,
Et qui ne va pointsans bfquille)
*Déejfe de qui le berceau
Fut une fnperbe cet/mile
,
V.e meresure pas Illljo$'frd'hJlJ tin rli
cours
,
bdtnne que des Jeux, des Ris, & des
jimours la tendre & galattte quadrille
Répande Jes attraits sur mon fo:ble
discours.
Venus
,
ren a] besoin
c. on veut que jebabille
De ce Héros qui feut a
tous les agremens
Dts deux plus chers de tes Amans.
*12ans[es ,, feux certain feu pétille
Quisouventa caufideglands embrlt..
femens.
Tel cjtoit ton Çhasseur dans ces heu,
renx moment
Où couché sur l'Oeillet. la Rose & Im
Jonquille
Tu daignas l'honorer de tes embrajfem
mens
,
5^jnmoinsftmblahle eu DivinDrillei
QHI vient au sortir des combats
Se delasser entre tes bras'
ZOVIS humilia l'orgueil de la (afitllc
Damptal'ingrat Tdtive cr vainqui,
le germain,
it tomber fous l'effort de cent bouches
d'airain)
omm, tombe en tflèCépj fous la fau*
eille,
le parjureGénois & le dur jifriquaim*
Ce ntflpasfeulement le tonnerre à la
main9,
2i4e ce Monarque efi grand, que fin
courage brille,
*0 l'avons-nous pas veu montrer un front serein
Vans Jevives douleurs
,
dansunperdcertain,
rt ne s'tnébranler non plut que la *Ba•
fiille i
Quel Sage
,
quel Héros ,fujî-il gre,
ou Romain,
Teutdupied de LOVIS-itteindreà
la cheville ?
Aussi du bout de J'YnifJefS
Les Ptttples que le Soleil grille
Travcrfentpourle voir le vafie fein
des tfliers*
jQue pour nous rendre heureux il
prend defoinsdivers!
Dans Jes vasles Eflats chèque Place
fourmille
De cent & cent ternes Çuerritrs,
.I2!!,'zt y met pour apprendre À cueillir
des Lauriers.
Dans un fnpcrbe Enclos plus d'une illujîre Fille
Trouve dés son enfance Un secoursfeur
& doux;
Dans un sge plus meur on luy donne un
Epcux,
Où ton met sa pudeur à l'abrjd'une
grille. 4
tredePs Sujets itnoumt, il hahille,jj
Ces malheureux Enfans qui nefontkt-l
ntiers .J, Que des titres fameux que des Sieell.
entiers j
Ont conftrfle{,
dans leur Famille.
tille des flots IImerl ?
agrcablcVenus»
Aqui les doAX tranfpcrts re font pas
inconnus
,
Crois-tu que defil tn aiguille,
Quand on voit t'op fouveut ce Roy
charmant à voir
9
On ne fajfc jamais en défit du devoir
,
Quelque legere peccadille?
Fermer
Résumé : RIMES EN AILLES. / RIMES EN EILLES. / RIMES EN ILLE.
Le texte célèbre les éloges adressés au roi Louis, qui résonnent à travers le monde et même parmi les femmes, lesquelles montent sur le Parnasse pour chanter ses mérites. Madame Deshoulières est particulièrement mentionnée pour son talent en poésie, notamment dans des œuvres utilisant des rimes en ailles, en eles et en ille. Son génie est particulièrement admiré lorsqu'elle loue le roi. Les poèmes évoquent divers aspects de la grandeur du roi Louis, comparé à Apollon et au Soleil. Ils célèbrent ses victoires militaires, sa sagesse, et son amour pour son peuple. Les rimes en ailles décrivent le roi comme un guerrier invincible, victorieux contre ses ennemis, et comme un souverain juste et bienveillant. Les rimes en eles et en ille continuent de vanter ses qualités, soulignant son courage, sa générosité, et son amour pour les arts et la culture. Le texte se termine par des vœux pour que les descendants du roi perpétuent ses exploits et ses vertus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
35
p. 108-119
ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
Début :
Depuis que les Prix ont esté donnez, on a sceu que / Toy, par qui les Mortels rendent leurs noms celebres, [...]
Mots clefs :
Éducation, Terreur, Prix de poésie, Roi, Noblesse, Héros, Écoles, Fils, Filles, Portrait, Louis, Bienfaits, Trône, Protecteur des arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
donnez, on a
sceu que
les deux Discours qui ont
Concouru sur cette mesme
matiere, estoient, l'un de Mcj l'AbbéRaguenet,& l'autre
de MrdeClervillç. Ils mentent tent l'un &c l'autreJde grandes louanges, ayant écrit
d'une maniérétres-noble, &
faitleportrait delaPatience
Chrestienne avec des traits
vifs qui la font aimer. Le
sujetsque Mrs de l'Academie
avoient donné pour le Prix
de Poësie,estoit l'éducation
de laNoblesse dans lesEcoles des Gentilshommes, &
dans la Maison de S. Cir,
Vous seriez contente de la
,.
--, - -,
-'
mianiere dont Mademoisel
le des Houlieres l'a traité»
quand mesme l'estime que
vous avez pour son nom &
l'interest que vous devez
prendre à tout ce qui fait ]
honneur à vostre Sexe, ne ]
vous engageroient pasà IirCJf
c.et Ouvrage avec plaisir.
ODE
Sur le foin que le Roy prend 4^ l'éducation da la Noblesse. T Oy, par qui les"Mortelsretî*
dent leurs noms célébrés,
Toy, quej'invoque icy pour la pre*
miere fois,
De mon ejprit confus dissipe les ter
nebres,
Etfoutiens ma timide voix,
teprojet queje faiscftbardy ,jâ
l'avoue
,
Il auroit effrayé le Pdfieur de Man.
touë
Etj'en connois tout le danger.
Mais9 Apollon, par toy si je fuk
inspirée
)
MesVerspourront desifens égaler
laduréei
Hasse-toy
,
viens m'snconwer*
»i,tf¿ dujour, tu me dois lesecours
que j'implore3
C'eficeHérossigrand,sicraint dans
irnivers,
te Protecteur des Arts, LOVIS que
l'on adose
,
[Fers.
Jî>ueje veux chanter dans mes
pepuis que chaque jour lufirs du
fein de l'onde,
1y n'as rien veu d'égal dans l'un
& l'autre monde,
Nysidigne dufoindesDieux.
,C'ejl peu pour enparler qu'un lan.
gageordinaire,
,
Etpour le bien louer, ce n-efipojnt
IlJlèZftire
Dés que l'on pourra faire mieux,
#
Ilsçait que triompher des erreurs &
desvices,
Répandre la terreur du Gange aux
flots glacez,
Elever en tous lieux de pompeux
Edifices,
Tour ungrandRoyn'efipas assiz.
Jî>uilfaut pourbien remplir cesi.
1
cre caraftere,
ght'au dessein d'arracherfin Peuple
-
a
la misere,
Cedent tous les autres projets,
Et que,quelque fierté que le Trône
demande,
bllfaut à tous momens quesa bonté
1 le rende
t
Le PeredetousifesSujets.
(1 peine a-t-il calme les troubles de
la Terre,
i
J^ue cefage Héros consulte avec la
Paix,
Les moyens deffacer les horreurs de
la Guerre
Par de mémorables bienfaits.
Il dérobe les cœursdesa jeune Nobkjji
Aux funefiesappas d'une indigne
molejfi
>
Compagne d'un trop long repos.
"France,quelsfoins pour toy prend'
ton au^ufieMaifire !
Ils s'en vont pourjamaisdans to& s
finfairenaifire
Vn nombre injiny de Heros.
Il établitpour eux des EcolesJille
vantes ( les mœurs\ ( Ou l'on régléa la sots le couUge &Î
D'où l'en les fait entrer dans
cesn
Mutes brillantes
G)ui menent aux plus grands
honncttrs.
On leur enseigne l'art de forcer des
murailles,
De bien asseoir un Camp3 de gagner
des batailles,
Etdedéfendre des remparts.
Dignes de commander au sortir de
l'enfance
,
-
ils verront Iii Victoireattachée à U
Erancê
Nefkivre que. fis Etendars?
Tel cet Eflre infinydonï LuFIS *cfil'Image,
Par lesifcrets ?effortsd'un pouvoir
,
atie,
Des dufferënspérils ou la mifire Desgage en-
»
1
SceutdcVvnrfion'Peuple
élu.
Long-tempsdans un Defiertfous de
fidelles Guides
il conduisitsespas vers les Vertus
solides,
Sources des grdndes allions,
Mtquand ileut acquis deparfaites
lumieresy
Il luyfîtfubjuguerdesNations entieres,
Terreur des autres Nations
Hais cyejt peu pour LOVIS d'élever
dansses Places
Les Fils de tantdevieux &sidelies
Guerriers,
.!<!!,i dans les champs de Mars
J
en
rnarchantsurses traces,
Ontfait des moiffins de lauriers,
four
feurs
Filles il montre autant de *
prévoyance
VMSmarne l'afilefiacrej]u'ildonne à l'in*
Contre tout ce qui la détruit;
Htpar les foins pieux d'une illufire
perflnne,
£)ue le Sort oHtrAgea, que la Vertu
couronne,
Vnsi beau dejjeinfut conduit.
Dans unsuperbe enclos ou lAflgeffi
habite,
Ou l'on fuit des rertus le sentier
épineux
,
D'un âge plein d'erreursmonfoiblc
Sexe évite
Les égarements dangereux.
D'enfans infortunez cent Familles
chargées,
Du foin de Uspourvoirse trouvent
fiulagées,
Jpjtelsecourscontreunfortingrat?
Pdr luy ce Héros paye en couronnant
leurspeines-
Lepingdont leurs AJeux ont épuisé
leurs veines
Tour la défense de l'Etat.
.dinfi dans les jardins l'on voit de
jeunes Plantes,
JZfu'on ne peut conserver que par
desfoins divers)
Vivre cf;. croiflre à l'abry des ardeurs
violentes
,
Etde la rigueurdes Hyvers.
far une habile main sans ceJlè cultivées
,
Et d'une eau vive dépure au besoin
abreuvées
,
Ellesflettriflènt dans leur temps:
Tandis qu'a la inercy des fatfons
orageuses
•
, Les autres au milieu des. campagxçs
pierrcùfes
Se flêtriffint dés leurPrintemps.
Mais quel brillant éclairvient de frâperma veuë!
.f<!!.i m'appelle? qu'entensje? &
qtt'efi-cequeje v»y?
Mon cœur efi transportéd'une joye
inconnue
,
,Zteets font ces presages pour
moy ?
Ne m'annoncent-ils point que je
verray la cheute
Des celebresRivaux avec qui je disi
pute
L'honneur de la lice où je cours?
.f<!je de gloire & quel prix! Ji le
Ciel me l'envoyé
>
Le Portrait de LOVIS à mes regards
en proye
Les occupera tousles jours.
sceu que
les deux Discours qui ont
Concouru sur cette mesme
matiere, estoient, l'un de Mcj l'AbbéRaguenet,& l'autre
de MrdeClervillç. Ils mentent tent l'un &c l'autreJde grandes louanges, ayant écrit
d'une maniérétres-noble, &
faitleportrait delaPatience
Chrestienne avec des traits
vifs qui la font aimer. Le
sujetsque Mrs de l'Academie
avoient donné pour le Prix
de Poësie,estoit l'éducation
de laNoblesse dans lesEcoles des Gentilshommes, &
dans la Maison de S. Cir,
Vous seriez contente de la
,.
--, - -,
-'
mianiere dont Mademoisel
le des Houlieres l'a traité»
quand mesme l'estime que
vous avez pour son nom &
l'interest que vous devez
prendre à tout ce qui fait ]
honneur à vostre Sexe, ne ]
vous engageroient pasà IirCJf
c.et Ouvrage avec plaisir.
ODE
Sur le foin que le Roy prend 4^ l'éducation da la Noblesse. T Oy, par qui les"Mortelsretî*
dent leurs noms célébrés,
Toy, quej'invoque icy pour la pre*
miere fois,
De mon ejprit confus dissipe les ter
nebres,
Etfoutiens ma timide voix,
teprojet queje faiscftbardy ,jâ
l'avoue
,
Il auroit effrayé le Pdfieur de Man.
touë
Etj'en connois tout le danger.
Mais9 Apollon, par toy si je fuk
inspirée
)
MesVerspourront desifens égaler
laduréei
Hasse-toy
,
viens m'snconwer*
»i,tf¿ dujour, tu me dois lesecours
que j'implore3
C'eficeHérossigrand,sicraint dans
irnivers,
te Protecteur des Arts, LOVIS que
l'on adose
,
[Fers.
Jî>ueje veux chanter dans mes
pepuis que chaque jour lufirs du
fein de l'onde,
1y n'as rien veu d'égal dans l'un
& l'autre monde,
Nysidigne dufoindesDieux.
,C'ejl peu pour enparler qu'un lan.
gageordinaire,
,
Etpour le bien louer, ce n-efipojnt
IlJlèZftire
Dés que l'on pourra faire mieux,
#
Ilsçait que triompher des erreurs &
desvices,
Répandre la terreur du Gange aux
flots glacez,
Elever en tous lieux de pompeux
Edifices,
Tour ungrandRoyn'efipas assiz.
Jî>uilfaut pourbien remplir cesi.
1
cre caraftere,
ght'au dessein d'arracherfin Peuple
-
a
la misere,
Cedent tous les autres projets,
Et que,quelque fierté que le Trône
demande,
bllfaut à tous momens quesa bonté
1 le rende
t
Le PeredetousifesSujets.
(1 peine a-t-il calme les troubles de
la Terre,
i
J^ue cefage Héros consulte avec la
Paix,
Les moyens deffacer les horreurs de
la Guerre
Par de mémorables bienfaits.
Il dérobe les cœursdesa jeune Nobkjji
Aux funefiesappas d'une indigne
molejfi
>
Compagne d'un trop long repos.
"France,quelsfoins pour toy prend'
ton au^ufieMaifire !
Ils s'en vont pourjamaisdans to& s
finfairenaifire
Vn nombre injiny de Heros.
Il établitpour eux des EcolesJille
vantes ( les mœurs\ ( Ou l'on régléa la sots le couUge &Î
D'où l'en les fait entrer dans
cesn
Mutes brillantes
G)ui menent aux plus grands
honncttrs.
On leur enseigne l'art de forcer des
murailles,
De bien asseoir un Camp3 de gagner
des batailles,
Etdedéfendre des remparts.
Dignes de commander au sortir de
l'enfance
,
-
ils verront Iii Victoireattachée à U
Erancê
Nefkivre que. fis Etendars?
Tel cet Eflre infinydonï LuFIS *cfil'Image,
Par lesifcrets ?effortsd'un pouvoir
,
atie,
Des dufferënspérils ou la mifire Desgage en-
»
1
SceutdcVvnrfion'Peuple
élu.
Long-tempsdans un Defiertfous de
fidelles Guides
il conduisitsespas vers les Vertus
solides,
Sources des grdndes allions,
Mtquand ileut acquis deparfaites
lumieresy
Il luyfîtfubjuguerdesNations entieres,
Terreur des autres Nations
Hais cyejt peu pour LOVIS d'élever
dansses Places
Les Fils de tantdevieux &sidelies
Guerriers,
.!<!!,i dans les champs de Mars
J
en
rnarchantsurses traces,
Ontfait des moiffins de lauriers,
four
feurs
Filles il montre autant de *
prévoyance
VMSmarne l'afilefiacrej]u'ildonne à l'in*
Contre tout ce qui la détruit;
Htpar les foins pieux d'une illufire
perflnne,
£)ue le Sort oHtrAgea, que la Vertu
couronne,
Vnsi beau dejjeinfut conduit.
Dans unsuperbe enclos ou lAflgeffi
habite,
Ou l'on fuit des rertus le sentier
épineux
,
D'un âge plein d'erreursmonfoiblc
Sexe évite
Les égarements dangereux.
D'enfans infortunez cent Familles
chargées,
Du foin de Uspourvoirse trouvent
fiulagées,
Jpjtelsecourscontreunfortingrat?
Pdr luy ce Héros paye en couronnant
leurspeines-
Lepingdont leurs AJeux ont épuisé
leurs veines
Tour la défense de l'Etat.
.dinfi dans les jardins l'on voit de
jeunes Plantes,
JZfu'on ne peut conserver que par
desfoins divers)
Vivre cf;. croiflre à l'abry des ardeurs
violentes
,
Etde la rigueurdes Hyvers.
far une habile main sans ceJlè cultivées
,
Et d'une eau vive dépure au besoin
abreuvées
,
Ellesflettriflènt dans leur temps:
Tandis qu'a la inercy des fatfons
orageuses
•
, Les autres au milieu des. campagxçs
pierrcùfes
Se flêtriffint dés leurPrintemps.
Mais quel brillant éclairvient de frâperma veuë!
.f<!!.i m'appelle? qu'entensje? &
qtt'efi-cequeje v»y?
Mon cœur efi transportéd'une joye
inconnue
,
,Zteets font ces presages pour
moy ?
Ne m'annoncent-ils point que je
verray la cheute
Des celebresRivaux avec qui je disi
pute
L'honneur de la lice où je cours?
.f<!je de gloire & quel prix! Ji le
Ciel me l'envoyé
>
Le Portrait de LOVIS à mes regards
en proye
Les occupera tousles jours.
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Résumé : ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
Le texte présente deux discours sur la même matière, l'un de l'Abbé Raguenet et l'autre de Monsieur de Clervillç, tous deux loués pour leur style noble et leur description vivante de la patience chrétienne. Le sujet donné par les membres de l'Académie pour le prix de poésie était l'éducation de la noblesse, tant dans les écoles des gentilshommes que dans la Maison de Saint-Cyr. Une œuvre de Mademoiselle des Houlières sur ce sujet est également mentionnée, appréciée pour sa qualité intrinsèque indépendamment de la réputation de son auteur. Une ode suit, dédiée à l'éducation de la noblesse. L'auteur invoque Apollon pour dissiper ses doutes et inspirer sa voix. Il loue le roi Louis, protecteur des arts, et chante les bienfaits de son règne. Le roi est décrit comme un héros qui arrache son peuple à la misère, consulte avec la paix pour effacer les horreurs de la guerre, et établit des écoles illustres pour former la jeunesse noble. Ces écoles enseignent l'art de la guerre et préparent les jeunes nobles à commander et à défendre la France. Le roi est également loué pour sa prévoyance envers les filles, les protégeant des dangers et les conduisant vers la vertu. Le texte compare l'éducation des jeunes plantes dans un enclos protégé à celle des jeunes nobles formés par le roi. Enfin, l'auteur exprime sa joie à la vue du portrait du roi, qui occupera tous ses regards.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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36
p. 30-38
EPITRE. De Madame des Houlieres à M. le Duc de Montausier.
Début :
Le Dieu couronné de pavots [...]
Mots clefs :
Gloire, Apollon, Philisbourg, Louis, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE. De Madame des Houlieres à M. le Duc de Montausier.
EPITRE.
De Madame des Houlieres à
M. le Ducde Montaufur.
E Dieu couronné de pavots
Apeinece matin m'avoit abandonnée,
Qu'Apollon à mes yeux encor à demi clos
S'eft fait voir de lauriers la tefte environnée,
Luy que j'avois prié,depuis prés d'une
année',
De ne plus troubler mon repos.
Vien chanter , m'a- t-il dit , vien , il
faut te réfoudre,
A célébrer encor de glorieux Exploits.
31 LOUIS à fon Dauphin vient de pref
ter fa foudre ;
Et ce jeune Heros , dont tout fuivra
les Loix ,
A pour fon coup d'Effay mis Philisbourg en poudre.
Quel plus noble Employ
pour ta voixà
Apollon , à ces mots , m'a préfenté fa
Lyre , (fons.
Dont j'ay déja tiré tant d'agréables
Je l'ay prife ; & malgré les mauxdont
jefoupire ,
Pleine du beau feu qu'il
m'inſpire , Je vais recommencer d'héroïques
chanfons.
IlluAre Montaufier , daigne les faire
entendre.
Au Vainqueur , à qui je les doy.
Sur elles tu fçauras répandre Uncharme , à qui fon coeur fe laiffera
furprendre :
b iv
32
Sers mon zele, & dis-
**
lny pour moy :
La Saifon , la Nature , & l'Art unis
enfemble
On fait pour Philisbourg des efforts
inoüis.
Tu les as furmontez ; par toy l'Empire
tremble ;
Tu reffembleras à LOUIS ,
Grand Prince , s'il fe peut que quelqu'un luy reffemble.
哈哈
Je m'étois attendue à tout ce que tu fais. (racles,
Le Dieu des Vers , dans fes OQuoy qu'on ait dit
jamais.
› ne ment
Lors qu'un Fils vint remplir tes plus
tendres fouhaits,
Apollon par ma bouche annonça les
miracles
Que tu ferois , lors que la paix
A ta fiére valeur ne mettroit plus
d'obstacles.
-33
Tu n'as que trop tenu ce qu'il avoit
promis.
Exposé nuit & jour au feu des Ennemis
On t'a yeû méprifer , en jeune teme- raire ,
Mille & mille volantes morts ,
Et l'on diroit à te voir faire
Que tu crois , qu'en naiffant on ait
plonge ton corps,
Comme celuy d'Achille , au fond des
eaux fatales ,
Qui voyent fur leurs fombres
bords ,
Des Rois & des Bergers les fortunes
égales.
Qu'on vient de découvrir de vertus.
dans ton cœur
Et que tu fais du temps un glorieux
partage!
Que ce partage cauſe &de joye &de
peur !
Reut, onregarder ſans frayeur
34
Les differens perils où ta valeur t'engage ?
Peut-on , fans t'adorer , te voir donnertes foins ,
Tantoft à pourvoir aux befoins
Des Guerriers que la gloire a couverts
de bleſſures ,
Et tantoft à tracer de fidelles peintures
Des grandes actions dont tes yeux
asl
font témoins ?
<
Le Soleil , infortuné Pere
D'un Fils indocile , imprudent ,
Depuis que Philisbourg a fenti ta colere ,
(dent,
Moins lumineux , & moins arD'un cours precipité paffe à l'autre
hemifphere ; (ploy;
11 remplit à regret fon glorieux emTu renouvelles fa trifteffe ,
Lors qu'il te voit conduire avec tant
de fageffe
Les deffeins dont Louis s'eft réposé
fur toy.
35
De quel oil penfes tu que l'Europe
regarde
Ce que tu viens d'executet ?
Tant d'Eftats , qu'en deux mois ton
bras vient d'ajoûter
Aux Eftats que le Ciel te garde,
Luyfont voir tout ce qu'on hazarde
Et tout ce qu'on s'apprête encore de
regrets
Quand on irrite un Roy , de qui rien
ne retarde
Ni les deffeins, ni les progrés.
Quelque loin que ta gloire aujour d'hui foit allée , f
Elle fait le plaifir du plus fage des Rois ,
Quand il voit ta prudence à ta valeur
mcflée ,
Affeurer le bonheur de l'Empire Fran
çois.
Plus feur de fon deftin que ne fut autrefois
b vj
36
Le tonnant Rival de Pelée , 10
Il ne craint point qu'un Fils, efface fes
exploits.
Arrêté une courfe fi belle ,
Aux douceurs du repos la faifon te
rappelle ,
Mars fuit les Aquilons & cherche les
Zephirs ,
Vien fécher les beaux yeux d'une augufte Princelle
Vien remplir fes plus doux defirs:: Ton ardeur pour la gloire allarme fa
tendreffe :
L'inquietude &la trifteffe
En ton abfence ont pris la place des
plaifirs.
Tu jouis , Montaufier , du doux
fruit de tes peines ,
Ton jeune Achille eft triomphant
De l'orgueil des Aigles Romaines ;
Vainement contre lui l'Empire. Le.
défend.
37
Philisbourg , Frankendal , Manhein,
Treves , Mayence ,
Que leurs Dieux n'ont pû garantir ,
Font bien voir,de quel fang le Ciel l'a
fait fortir ,
Et quelle habile main cultiva dés l'enfance ,
Lavaleur du Heros qui vient d'affu
jettir
Et du Necre & du Rhin l'orgueilleu
le puiffance..
Sur nos facrez Autels , on voit fumerl'encens ,.
Pourune fi grande victoire ;
Tout retentit icy du doux bruit de fa
gloire ::
Mais rien n'eft comparable aux tranf
ports que je fens.
Oui , l'amitié , l'eftime , & la recon
noiffance
Que depuis long- temps je te
doy,
38
Me font bien mieux fentir qu'au refte
de la France ,
Unfuccés dont l'éclat réjaillit jufqu'à
toy
De Madame des Houlieres à
M. le Ducde Montaufur.
E Dieu couronné de pavots
Apeinece matin m'avoit abandonnée,
Qu'Apollon à mes yeux encor à demi clos
S'eft fait voir de lauriers la tefte environnée,
Luy que j'avois prié,depuis prés d'une
année',
De ne plus troubler mon repos.
Vien chanter , m'a- t-il dit , vien , il
faut te réfoudre,
A célébrer encor de glorieux Exploits.
31 LOUIS à fon Dauphin vient de pref
ter fa foudre ;
Et ce jeune Heros , dont tout fuivra
les Loix ,
A pour fon coup d'Effay mis Philisbourg en poudre.
Quel plus noble Employ
pour ta voixà
Apollon , à ces mots , m'a préfenté fa
Lyre , (fons.
Dont j'ay déja tiré tant d'agréables
Je l'ay prife ; & malgré les mauxdont
jefoupire ,
Pleine du beau feu qu'il
m'inſpire , Je vais recommencer d'héroïques
chanfons.
IlluAre Montaufier , daigne les faire
entendre.
Au Vainqueur , à qui je les doy.
Sur elles tu fçauras répandre Uncharme , à qui fon coeur fe laiffera
furprendre :
b iv
32
Sers mon zele, & dis-
**
lny pour moy :
La Saifon , la Nature , & l'Art unis
enfemble
On fait pour Philisbourg des efforts
inoüis.
Tu les as furmontez ; par toy l'Empire
tremble ;
Tu reffembleras à LOUIS ,
Grand Prince , s'il fe peut que quelqu'un luy reffemble.
哈哈
Je m'étois attendue à tout ce que tu fais. (racles,
Le Dieu des Vers , dans fes OQuoy qu'on ait dit
jamais.
› ne ment
Lors qu'un Fils vint remplir tes plus
tendres fouhaits,
Apollon par ma bouche annonça les
miracles
Que tu ferois , lors que la paix
A ta fiére valeur ne mettroit plus
d'obstacles.
-33
Tu n'as que trop tenu ce qu'il avoit
promis.
Exposé nuit & jour au feu des Ennemis
On t'a yeû méprifer , en jeune teme- raire ,
Mille & mille volantes morts ,
Et l'on diroit à te voir faire
Que tu crois , qu'en naiffant on ait
plonge ton corps,
Comme celuy d'Achille , au fond des
eaux fatales ,
Qui voyent fur leurs fombres
bords ,
Des Rois & des Bergers les fortunes
égales.
Qu'on vient de découvrir de vertus.
dans ton cœur
Et que tu fais du temps un glorieux
partage!
Que ce partage cauſe &de joye &de
peur !
Reut, onregarder ſans frayeur
34
Les differens perils où ta valeur t'engage ?
Peut-on , fans t'adorer , te voir donnertes foins ,
Tantoft à pourvoir aux befoins
Des Guerriers que la gloire a couverts
de bleſſures ,
Et tantoft à tracer de fidelles peintures
Des grandes actions dont tes yeux
asl
font témoins ?
<
Le Soleil , infortuné Pere
D'un Fils indocile , imprudent ,
Depuis que Philisbourg a fenti ta colere ,
(dent,
Moins lumineux , & moins arD'un cours precipité paffe à l'autre
hemifphere ; (ploy;
11 remplit à regret fon glorieux emTu renouvelles fa trifteffe ,
Lors qu'il te voit conduire avec tant
de fageffe
Les deffeins dont Louis s'eft réposé
fur toy.
35
De quel oil penfes tu que l'Europe
regarde
Ce que tu viens d'executet ?
Tant d'Eftats , qu'en deux mois ton
bras vient d'ajoûter
Aux Eftats que le Ciel te garde,
Luyfont voir tout ce qu'on hazarde
Et tout ce qu'on s'apprête encore de
regrets
Quand on irrite un Roy , de qui rien
ne retarde
Ni les deffeins, ni les progrés.
Quelque loin que ta gloire aujour d'hui foit allée , f
Elle fait le plaifir du plus fage des Rois ,
Quand il voit ta prudence à ta valeur
mcflée ,
Affeurer le bonheur de l'Empire Fran
çois.
Plus feur de fon deftin que ne fut autrefois
b vj
36
Le tonnant Rival de Pelée , 10
Il ne craint point qu'un Fils, efface fes
exploits.
Arrêté une courfe fi belle ,
Aux douceurs du repos la faifon te
rappelle ,
Mars fuit les Aquilons & cherche les
Zephirs ,
Vien fécher les beaux yeux d'une augufte Princelle
Vien remplir fes plus doux defirs:: Ton ardeur pour la gloire allarme fa
tendreffe :
L'inquietude &la trifteffe
En ton abfence ont pris la place des
plaifirs.
Tu jouis , Montaufier , du doux
fruit de tes peines ,
Ton jeune Achille eft triomphant
De l'orgueil des Aigles Romaines ;
Vainement contre lui l'Empire. Le.
défend.
37
Philisbourg , Frankendal , Manhein,
Treves , Mayence ,
Que leurs Dieux n'ont pû garantir ,
Font bien voir,de quel fang le Ciel l'a
fait fortir ,
Et quelle habile main cultiva dés l'enfance ,
Lavaleur du Heros qui vient d'affu
jettir
Et du Necre & du Rhin l'orgueilleu
le puiffance..
Sur nos facrez Autels , on voit fumerl'encens ,.
Pourune fi grande victoire ;
Tout retentit icy du doux bruit de fa
gloire ::
Mais rien n'eft comparable aux tranf
ports que je fens.
Oui , l'amitié , l'eftime , & la recon
noiffance
Que depuis long- temps je te
doy,
38
Me font bien mieux fentir qu'au refte
de la France ,
Unfuccés dont l'éclat réjaillit jufqu'à
toy
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Résumé : EPITRE. De Madame des Houlieres à M. le Duc de Montausier.
L'épître de Madame des Houlières à Monsieur le Duc de Montaufier célèbre les exploits militaires du duc, en particulier la prise de Philisbourg. Madame des Houlières décrit une vision où Apollon lui apparaît pour lui demander de chanter les glorieux exploits du duc. Elle exprime son admiration pour le jeune héros dont les lois seront suivies par tous. Le duc est comparé à Louis XIV, et ses actions sont décrites comme surhumaines, rappelant celles d'Achille. Madame des Houlières loue également la bravoure et la sagesse du duc, soulignant qu'il a su conquérir de nombreux États en peu de temps. Elle mentionne les villes conquises, telles que Philisbourg, Frankendal, Mayence et Trèves, et exprime sa joie et son admiration pour ses victoires. Elle conclut en affirmant que son amitié et son estime pour le duc sont profondes et partagées par toute la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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37
p. 7-13
STANCES IRREGULIERES Sur les Victoires du Roy.
Début :
La conjoncture presente des affaires fait meriter tant de / Fille du Ciel, aimable Paix, [...]
Mots clefs :
Louis, Ennemis, Armes, Gloire, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES IRREGULIERES Sur les Victoires du Roy.
A
conjoncture prefente des affaires fait
meriter tint de
loüanges au Roy , & ce Monarque en reçoit de tant déloquentes Plumes, que je croy
devoir commencer maLettre
A iiij
8 MERCURE
en vous faifant part de leurs:
productions. L'illuftre Madame des Houlieres ne s'eft
pas teuë fur fes dernieres Vitoires. Je ne vous vanteray
point les Vers que vous allez
lire. On n'envoit point d'elle
qui ne répondent à la réputation qu'elle s'eft acquife.
off of ofcafe ofcofrafc of off of of of je de off of off of of
STANCES
Sur les Victoires du Roy.
IRREGULIERES
FilleIlle du Ciel , aimable Paix,
Vous qui de tous les biens eftes toujoursfuivie ,
Vous que l'aveugle erreur & lajaloufe envie
GALANT. 9
Ontvoulu d'icy-bas exiler pour jamais :
LOVIS eft triomphantfur la terre &
Sur l'onde,
C
Ses nombreux Ennemisfont confus,
font défaits .
Il va vous redonner au monde.
S
Si les fecrets du Cielfe peuvent
penetrer,
Les glorieux fuccés qu'il accorde à
fes armes
Forceront la difcorde & l'envie à
rentrer
Dans ces lieuxdeftinezà d'éternelles·
larmes.
Ouy,jeprevoy qu'avant le temps,
Où les Roffignolspar leurs chants
Font retentir les bois de plaintesamoureuſes,
Vous defcendrez icy du celefte fejour;
10 MERCURE
Plus fes armes feront heureufes,
Plûtoft vousferez de retour.
2
Entre les bras de la Victoire
On a vû ce Heros déja plus d'une
fois ,
Pour n'écouter que vostre voix , 1
Impoſerfilence à fa gloire.
Son ame au deffus des faveurs
Quefait l'inconftante Deeffe,
N'a point ce dur orgueil ny ces lâches
rigueurs,
Qui mettent le comble aux mal--
heurs
D'un Ennemy forcé d'avoüer fafoibleſſe,
Vice des vulgaires vainqueurs.
Icy la mefmemain qui terraffe , releve,
Et toujours de Louis le triomphe
s'acheve
Par le retour de vos douceurs.
GALANT. IL
2
Plus àfes Peuples qu'à luy-même,
Il ne voit qu'à regret ce qu'ilsfont
aujourd'huy,
Et ces Peuples inftruits à quelpoint.
il les aime,
Goûteroient un plaifir extrême
A donner tous leurs biens & tout .
leurfang pour luy.
Il voudroit qu'au milieu de ces brillantes feftes ,
Qu'enfante un doux loifir dans les
lieux où vous eftes ,
Tousfes Sujets puffent vieillir.
Ce genereux foucy fans ceffe l'accompagne,
Des Conqueftes qu'ilfait, des Batailles qu'ilgagne ,
Tous eftes lefeulfruit qu'il pretend
recueillir,
12 MERCURE
&
De rage & de douleurje les voy qui
fremiffent
Au bruit de fes fameux exploits,
Ces fiers Princes qui vous haïffent,
Et qui foulant aux pieds toutesfortes de loix ,
Pour un Ufurpateur trahiſſent
Leurgloire & l'intereft des Rois.
La terre a bû le fang de leurs meil
leures Troupes ,
La mer , malgré les vents qui com-·
battoientpour eux,
Pele mele a receu , Vaiffeaux , Canors , Chaloupes ,
Soldats & Matelots, dans fesgouffres
affreux.
Goutez, charmante Paix , une douce
vangcance
Du mépris qu'ils ontfait de vos plus
facrez nauds,
GALANT. 13
Vous ferez la ressource &l'unique
efperance
De leur monftruenfe Alliance
Qu'a cimentée un crime heureux.
conjoncture prefente des affaires fait
meriter tint de
loüanges au Roy , & ce Monarque en reçoit de tant déloquentes Plumes, que je croy
devoir commencer maLettre
A iiij
8 MERCURE
en vous faifant part de leurs:
productions. L'illuftre Madame des Houlieres ne s'eft
pas teuë fur fes dernieres Vitoires. Je ne vous vanteray
point les Vers que vous allez
lire. On n'envoit point d'elle
qui ne répondent à la réputation qu'elle s'eft acquife.
off of ofcafe ofcofrafc of off of of of je de off of off of of
STANCES
Sur les Victoires du Roy.
IRREGULIERES
FilleIlle du Ciel , aimable Paix,
Vous qui de tous les biens eftes toujoursfuivie ,
Vous que l'aveugle erreur & lajaloufe envie
GALANT. 9
Ontvoulu d'icy-bas exiler pour jamais :
LOVIS eft triomphantfur la terre &
Sur l'onde,
C
Ses nombreux Ennemisfont confus,
font défaits .
Il va vous redonner au monde.
S
Si les fecrets du Cielfe peuvent
penetrer,
Les glorieux fuccés qu'il accorde à
fes armes
Forceront la difcorde & l'envie à
rentrer
Dans ces lieuxdeftinezà d'éternelles·
larmes.
Ouy,jeprevoy qu'avant le temps,
Où les Roffignolspar leurs chants
Font retentir les bois de plaintesamoureuſes,
Vous defcendrez icy du celefte fejour;
10 MERCURE
Plus fes armes feront heureufes,
Plûtoft vousferez de retour.
2
Entre les bras de la Victoire
On a vû ce Heros déja plus d'une
fois ,
Pour n'écouter que vostre voix , 1
Impoſerfilence à fa gloire.
Son ame au deffus des faveurs
Quefait l'inconftante Deeffe,
N'a point ce dur orgueil ny ces lâches
rigueurs,
Qui mettent le comble aux mal--
heurs
D'un Ennemy forcé d'avoüer fafoibleſſe,
Vice des vulgaires vainqueurs.
Icy la mefmemain qui terraffe , releve,
Et toujours de Louis le triomphe
s'acheve
Par le retour de vos douceurs.
GALANT. IL
2
Plus àfes Peuples qu'à luy-même,
Il ne voit qu'à regret ce qu'ilsfont
aujourd'huy,
Et ces Peuples inftruits à quelpoint.
il les aime,
Goûteroient un plaifir extrême
A donner tous leurs biens & tout .
leurfang pour luy.
Il voudroit qu'au milieu de ces brillantes feftes ,
Qu'enfante un doux loifir dans les
lieux où vous eftes ,
Tousfes Sujets puffent vieillir.
Ce genereux foucy fans ceffe l'accompagne,
Des Conqueftes qu'ilfait, des Batailles qu'ilgagne ,
Tous eftes lefeulfruit qu'il pretend
recueillir,
12 MERCURE
&
De rage & de douleurje les voy qui
fremiffent
Au bruit de fes fameux exploits,
Ces fiers Princes qui vous haïffent,
Et qui foulant aux pieds toutesfortes de loix ,
Pour un Ufurpateur trahiſſent
Leurgloire & l'intereft des Rois.
La terre a bû le fang de leurs meil
leures Troupes ,
La mer , malgré les vents qui com-·
battoientpour eux,
Pele mele a receu , Vaiffeaux , Canors , Chaloupes ,
Soldats & Matelots, dans fesgouffres
affreux.
Goutez, charmante Paix , une douce
vangcance
Du mépris qu'ils ontfait de vos plus
facrez nauds,
GALANT. 13
Vous ferez la ressource &l'unique
efperance
De leur monftruenfe Alliance
Qu'a cimentée un crime heureux.
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Résumé : STANCES IRREGULIERES Sur les Victoires du Roy.
Le texte est une lettre du périodique Mercure, qui commence par louer le roi et mentionne les éloges qu'il reçoit. L'auteur décide de partager des poèmes récents, notamment ceux de Madame des Houlières, reconnue pour ses vers de qualité. Le poème principal, intitulé 'Stances sur les Victoires du Roy', célèbre les triomphes du roi Louis. Il décrit la paix comme une fille du ciel, exilée par l'erreur et la jalousie, mais appelée à revenir grâce aux succès du roi. Le poème souligne la générosité du roi, qui préfère la paix et le bien-être de ses peuples à la gloire personnelle. Il mentionne également la rage des ennemis du roi, vaincus sur terre et sur mer, et exprime l'espoir que la paix reviendra grâce aux victoires du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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38
p. 109-111
SONNET.
Début :
Mr le Clerc, de l'Academie Françoise, s'est aussi adressé / Montausier ne voit plus la lumiere du jour, [...]
Mots clefs :
Muses, Monsieur de Montausier, Louis, Perte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
r le Clerc , de l'AcademieFrançoife ,s'eft auffi adref,
fé aux Mufes dans un Sonnet
dont la perte que nous avons
faite de M de Montaufier ,
luy a fourny la matiere. II
eft trop beau pour ne vous
en pas envoyer une Copie.
SONNE T.
Ontaufier ne voit plus la lumiere du jour,
Mufes , que fon trepas a fi fort de
folées ,
A l'honneur de fon nom dreſſez des
Maufolées,
Dignes defa vertu , dignes de vostre
amour.
110 MERCURE
[
2
Dés fes plusjeunes ans il vous faifoit la cour,
Et quand de nos Climats Mars vous
eut exilées ,
On vous y vidbien- toft parfesfoins
rappellées ,
Accommoder vos chants aufier bruit
du tambour.
S
Que nos derniers Neveux , par voftre miniftere,
Apprennent à quelpoint il fut jufte
&fincere
Vaillant & liberal , fage : actif,
éclairé.
$
>
Mais non , LOVIS a fait son vray
Panegyrique ,
Quand pour former d'un Fils le
courage heroïqne ,
GALANT III
A fes plus grands Sujets fon choix
l'a préféré.
fé aux Mufes dans un Sonnet
dont la perte que nous avons
faite de M de Montaufier ,
luy a fourny la matiere. II
eft trop beau pour ne vous
en pas envoyer une Copie.
SONNE T.
Ontaufier ne voit plus la lumiere du jour,
Mufes , que fon trepas a fi fort de
folées ,
A l'honneur de fon nom dreſſez des
Maufolées,
Dignes defa vertu , dignes de vostre
amour.
110 MERCURE
[
2
Dés fes plusjeunes ans il vous faifoit la cour,
Et quand de nos Climats Mars vous
eut exilées ,
On vous y vidbien- toft parfesfoins
rappellées ,
Accommoder vos chants aufier bruit
du tambour.
S
Que nos derniers Neveux , par voftre miniftere,
Apprennent à quelpoint il fut jufte
&fincere
Vaillant & liberal , fage : actif,
éclairé.
$
>
Mais non , LOVIS a fait son vray
Panegyrique ,
Quand pour former d'un Fils le
courage heroïqne ,
GALANT III
A fes plus grands Sujets fon choix
l'a préféré.
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Résumé : SONNET.
Le sonnet de r le Clerc rend hommage à M. de Montausier, soulignant sa vertu et son attachement aux Muses. Il exalte ses qualités telles que la justice, le courage et la sagesse, et rappelle que Louis XIV a honoré Montausier en le choisissant pour éduquer son fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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39
p. 91-128
Reception de M. de Fontenelle à l'Academie Françoise, & tout ce qui s'est passé en cette occasion. [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 5. de ce mois, Mr de Fontenelle fut receu à [...]
Mots clefs :
Fontenelle, Académie française, Corneille, Éloge, Anciens, Modernes, Louis, Discours, Charpentier, Harangue, Lecture, Académie d'Arles, Académie des Ricovrati de Padoue, Madame Deshoulières, Abbé de Lavau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception de M. de Fontenelle à l'Academie Françoise, & tout ce qui s'est passé en cette occasion. [titre d'après la table]
e Samedy.5. de ce mois
M' de Fontenelle fut receu à
l'Academie Françoife, & s'attira de grands applaudiffemens par le remerciement
qu'il y fit . Il dit d'abord
fi jamais il avoir efté capable
de fe laiffer furprendre aux
douces illufions de la vanité,
il n'auroit pû s'en défendre
dans l'occafion cù il fe trouvoit, s'il n'avoit confideré
qu'on avoit bien voulu luy
faire un merite de ce qu'il
avoit prouvé par fa conduite
qu'il fçavoit parfaitement le
prix du bienfait qu'il recevoir.
Hij
92 MERCURE
Il ajoûta qu'il ne pouvoit
d'ailleurs fe cacher qu'il devoit l'honneur qu'on luy avoit fait de l'admettre dans
un fi celebre Corps , au bonheur de fa naiTance qui le
faifoit tenir à un Nom qu'un
illuftre Mort avoit ennobly,
& qui eftoit demeuré en veneration dans la Compagnie.
Tout le monde connut bien
qu'il vouloit parler du grand
Corneille, donr il fit l'Eloge
en peu de mots , auffi bien
que de M' de Villayer, Doyen
du Confeil d'Etat , auquel il a
fuccedé dans la place qu'il
GALANT. 93
avoit laiffée vacante. Il paffa
de là au grand fpectacle qui
devoit le plus intereffer toute
l'Affemblée , & parla de la
conquefte de Mons , d'une
maniere fi vive , fi fine , & fi
éloquente , qu'on peut affurer
que dans tout ce qu'il en dit
il y avoit prefque autant de
penfées que de paroles. Son
tile fut ferré & plein de
force , & aprés que la
peinture qu'il fit de la prife
de cette importante Place ,
cut fait paroistre tout ce qu'-
elle avoit de furprenant , il
n'eut pas de peine à fe faire
94 MERCURE
croire lors qu'il ajoûta, que fi
le grand Cardinal de Richelieu , à qui l'Academie Françoife devoit le bonheur de
fon établiffement, & qui avoit
commencé à travailler avec
de fi grands fuccés à la grandeur de la France , revenoit
au monde , il auroit peine à
s'imaginer que LOUIS LE
GRAND cult pû l'élever
à un fi haut degré de gloire.
C'eftoit à M' l'Abbé Teftu,
commeDirecteur de la Compagnie , à répondre à ce Difcours , mais fon peu de fanté
ne luy permettant alors au-
GALANT. 95
cune application , M' de Corneille qui en eftoit Chancelier , fut obligé de parler au
lieu de luy , ce qui caufoit
quelque curiofité parmyceux
quicompofoient l'Affemblée,
puis qu'eftant Oncle de M'de
Fontenelle , la bien . feance
vouloit qu'il cherchaft un
tour particulier pour fe difpenfer de luy donner des
louanges. Comme l'amitié
qui eft entre nous me défend
de vous rien dire à fon avantage , je me contenteray de
vous faire part de fa réponſe,
telle qu'il l'a prononcée ,
96 MERCURE
ainfi vous en allez juger par
yous mefme. Voicy les termes dontil fe fervit.
MONSONSIEUR,
Nousfommes traitez vous &
moy bien differemment dans le
mefme jour. L'Academie a be
foin d'un digne Sujet pour remplirle nombre qui luy eft prefcrit
par fes Statuts. Pleine de difcernement , n'ayant en veuë que
le feul merite, & dans l'entiere liberté de fes fuffrages , elle
vous choisit pour vous donner ,
non feulement une place dans
Son
GALANT.
97
fonCorps , mais celle d'un Magistrat éclairé , qui dans une noble
concurrence ayant eu l'honneur
d'etre declaré Doyen du Confeil
d'Estat par le jugement meſme
de Sa Majefté, faifoit fon plus
grand plaifir de fe dérober à ſes
importantes fonctions , pour nous
venir quelquefois faire part de
fes lumieres ; que pouvoit- il arriver de plus glorieux pour vous?
Dans le mefme temps , cette
mefme Academie change d'Officiers ,felon fa coutume. Le Sort
qui décide de leur choix, n'auroit
pu qu'eftre applaudy, s'il l'euft
fait tomber fur tout autre que
May 1691.
I
98 MERCURE
fur moy, & quoy qu'incapable
de foutenir le poids qu'il impofe,.
c'eft moy qui le dois porter. Il eft
vray qu'il a fait voir fa justice
par l'illuftre Directeur qu'il nous
a donné. La joye que chacun de
nous en fit paroiftre, luy marqua
affez que le hazard n'avoitfait .
s'accommoder ànos fouhaits,
je n'enfçaurois douter , vous
ne le pustes apprendre fans vous.
fentir auffi - toft flatéde ce qui auroit faifi le cœur le plus détachés
de l'amour propre. La qualité des
Chefde la Compagnie l'engageant
dans la place qu'il occupe , à vous
repondre pour Elle , il vous auroit
que
P
GALANT. 99
esté doux qu'un homme, dont l'éloquence s'eftfait admirer en tant
d'actions publiques, vous eustfait
connoiftre fur quels fentimens.
d'eftime pour vous l'Academie
s'eft determinée à fe declarer en
vostrefaveur.
Son peu defanté l'ayant obligé de s'en repofer fur moy, vous
prive de cette gloire , & quand
le défir de repondre dignement à
l'honneur quej'ay de portericy!
parole à fondefaut , pourroit n'animer affez pour me donner la
force d'efprit qui meferoit neceffaire dans un fi glorieux pofte, ce
que je vous fuis me fermant la
I ij
100 MERCURE
bouche fur toutes les choſes qui
feroient trop à votre avantage ,
vous ne devez attendre de moy
qu'un épanchement de cœur qui
vousfaffe voir la part que je
prens au bonheur qui vous arrive , des fentimens & non des
lou
inges.
M'abandonnerai
-je à ce
qu'ils
m'inſpirent
? La
proximité
du
Sang
, la
tendre
amitié
quej'ay
pour
vous
, lafuperiorité
que me
"donne
l'âge
,toutfemble
me lepermettre
, vous
le devez
fouffrir
,
j'iray
jufques
à vous
donner
des
confeils
. Au lieu
de vous
dire que
celuy
qui afi bienfait
parler
les
GALANT. ΙΟΙ
Morts n'eftoit pas indigne d'entrer en commerce avec d'illuftres
Vivans ; au lieu de vous applau
dirfur cet agréable arrangemens
de differens Mondes dont vous
nous avez offert le spectacle ,
furcet Art fidifficile , & qu'ilme
paroift que le Public trouve en
vous fi- naturel , de donner de
l'agrément aux matieres les plus
feches , je vous diray que quelque
gloire que vous ayent acquife dés
vos plus jeunes années les talens
qui vous diftinguent, vous devez
les regarder, non pas comme des
dons affez forts de la nature pour
vous faire atteindre , fans autre
Í iij
102 MERCURE
a
fecours que de vous mefme , à la
perfection du merite que je vous
fouhaite ; mais comme d'heureufes difpofitions qui vous y peuvent conduire. Cherchez avec
fin pour y parvenir les lumieres
qui vous manquentile choix qu'on
fait de vous vous met en eftat
de lespuifer dans leur fource.
En effet , rien ne vous les peut
fournir fi abondamment que les
Conferences d'une Compagnie ,
oùfi vous m'en exceptez , vous
ne trouverez que de ces Genies
fublimes à qui l'immortalité eſt
deue. Tout ce qu'on peut acquerir de connoiffances utiles par les
1
GALANT. · 103
aura
belles Lettres , l'Eloquence , la
Poëfie , l'Art de bien traiter
l'Histoire , ils le poffedent dans
le degré le plus éminent › &
quand un peu de pratique vous
facilité les moyens de connoistre a fond tout le merite de
- ces celebres Modernes , peut eftre
ferez- vous autorisé , je ne dis pas
à les préferer , mais à ne les pas
trouver indignes d'eftre comparez
aux Anciens. Ce n'est pas que
toutejufte que cette loüange puiffe
eſtre pour eux, ils ne la regardent
comme une loüange qui ne leur
Sçauroit appartenir. Ils ne l'écoutent qu'avec repugnance , &la
I iiij
104 MERCURE
veneration qui eft deue à ceux
qui nous ont tracé la voye dans
le chemin de l'esprit , s'il m'eſt
permis de me fervir de ces termes, prévaut en eux contre euxmefmes , enfaveur de ces grands
Hommes, dont les excellens Ouvrages toûjours admire de toutes les Nations, ont paffejuſques
à nous malgré un nombre infiny
d'années, comme des Originaux
qu'on ne peut trop eftimer. Mais
pourquoy nous fera-t- il défendu
de croire que dans les Arts &
dans les Sciences les Modernes
puiffent aller auffi- loin , &mêplus loin que les Anciens , puis
GALANT. 105
qu'il eft certain , en matiere de
Heros , que toute l'Antiquité,
cette Antiquitéfi venerable, n'a
l'on puiffe comparer à
rien que
celuy de noftre Siecle?
Quel amas de gloirefe prefente
à vous, Meffieurs , à la fimple,
idée que je vous en donne !
Nentrons point dans cette foule
d'actions brillantes dont l'éclat
trop vifnepeut que nous ébloüir.
N'examinons point tous ces furprenans prodiges dont chaque
année de fon regne fe trouve
marquée. Les Cefars , les Ale
xandres ont befoin que l'on
rap
pelle tout ce qu'ils ont fait pen-
106 MERCURE
"
dant leur vie pour paroiftre di
gnes de leur reputation , mais il
n'en est pas de mefme de Louis
le Grand. Quand nous pourrions
oublier cette longue fuite d'évenemens merveilleux qui font
l'effet d'une intelligence incomprehenfible, l'Hertfie détruite ,
la protection qu'il donne feul
aux Rois opprimez , trois Ba
tailles gagnées encore depuis
peu dans une mefme Campagne,
il nous fuffiroit de regarder ce
qu'il vient defaire, pour demeurer convaincus qu'il est le plus
grand de tous les hommes.
Seur des conqueftes qu'il vou-
GALANT. 107
› y renonce pour dra tenter il
donner la paix à toute l'Europe.
L'Envie en fremit ; la Faloufie
qui faifit de redoutables Puiffances ne peut fouffrir le triomphe que luy affure une fi haute
vertu. Sa grandeur les bleffe , il
faut l'affaiblir. Un nombre infiny de Princes qui ne poffedent
encore leurs Etats queparce qu'il
dédaigné de les attaquer , ofent
oublier ce qu'ils luy doivent pour
entrer dans une Ligue, où ils s'imaginent que leursforces jointes
feront en eftat d'ébranler une
Puiffance qui a jufque là refifte
à tout. Que les Ennemis de la
a
108 MERCURE
Chreftienté fe refaififfent de tour
un Royaume qu'ils n'ont perdu
que par cette Paix, qui a donné
lieu aux avantages qu'on a remportez fur eux, n'importe,il n'y a
rien qui ne foit à préferer au chagrin infupportable de voir le Roy
jouir de fa gloire.LesAlliezfe refolvent àprendre les armes des
Princes Catholiques , l'Espagne
mefme que fa fevere Inquifition
rend fi renommée furfon exactitude à punir les moindres fautes
qui puiffent bleffer la Religion ,
ne font point difficulté de renouveller la guerre,pour appuyer les
deffeins d'un Princesà qui toutes
1
GALANT.
109
les Religions paroiffent indiffe
rentes , pourveu qu'il nuife à la
veritable ; d'un Prince qui pour
fe placer au Trône ofe violer les
plusfaintes loix de la nature, &
qui ne s'eft rendu redoutable qu'à
cauſe qu'il a trouvé autant d'a¬
veuglement dans ceux qui l'élevent, qu'il a d'injuſtice dans tous
les projets qu'il forme.
Voyons les fruits de cette
union ; des pertes continuelles.
tous les jours des malheurs à
craindre plus grands que ceux
qu'ils ont déja éprouvez. Il faut
pourtant faire un dernier effort ,
pour arteter les gemiffemens des
Peuples, à qui de dures exactions.
110 MERCURE
"
font ouvrir les yeux fur leur efclavage. Onmarque le temps
le lieu d'une Affemblée. Des
Souverains , que la grandeur de
leur caractere devroit retenir › y
viennent de toutes parts rendre
dehonteux hommages à ce témeraire Ambitieux, que le crime a
couronné, & qui n'est au deffus
d'eux, qu'autant qu'ils ont bien
voulu by mettre. Il les entre
tient d'efperances chimeriques.
Leur formidable puiffance ne
trouvera rien qui luy puiffe refifter. S'ils l'en ofent croire, le Roy
qui veut demeurer tranquille
ne fe fait plus un plaifir d'aller
GALANT. III
animerfes Armées parfa prefen-·
ce; & dès que le tempsfera venu
d'entrer en campagne , ils font
affure de nous accabler.
Il est vray que le Roy garde
beaucoup de tranquillité ; mais
qu'ils ne s'y trompent pas. Son
repos eft agiffant , fon calme l'emporte fur toute l'inquietude de
leur vigilance , & la regle des
faifons n'eft point une regle pour
ce qu'il luy plaift de faire. Nos
Ennemis confument le temps
examiner ce qu'ils doivent entreprendre , Louis eft preft
à
d'executer. Il n'a point fait de
menaces mais fes ordres font
112 MERCURE
donnez ; il part , Mons eft inwesty , fes plus forts remparts
ne peuvent tenir enfa prefence,
&en peu de jours fa prife nous
delivre des alarmes où il nous
jettoit en s'expofant. Que de
glorieufes circonstances relevent
cette conqueste! C'est peu qu'elle
foit rapide , c'est peu qu'elle ne
nous coute aucune, perte qu'on
puiffe trouverconfiderable. Ellefe
fait auxyeux mefmes de ce Chef
de tant de Ligues , qui avoitjuré
la ruine de la France. Il devoit
venir nous attaquer , on va au
devant de luy, & il ne sçauroit
défendre laplus importante Place
GALANT. 113
qu'on pouvoit êter à fes Alliez.
S'il ofe approcher, c'est feulement pour voir de plusprés l'heureux triomphedefon augufte Ennemy.
Nos avantages ne font pas
moins grands du cofté de
l'Italie . Une des Places qui
vient d'y efire conquife , avoit
bravé, il y a cent cinquante ans,
les efforts de deux Ármées , &
dés la premiere attaque de nos
Troupes elle est contrainte de capituler. Gloire par tout pour le
Roy !
Confufion par tout pourfes
Ennemis ! Ils fe retirent tout
couverts de honte ; le Royrevient
May 1691.
K
114 MERCURE
couronné par la Victoire , & lå
Campagne s'ouvrira dansfafaifon. Quelles merveilles n'avonsnous pas lieu de croire qu'elle produira , quand nous voyons celles
qui l'ont precedée.
Voilà, Meffieurs, une brillante
matiere pour employer vos rares
talens. Vous avez une occafion
bien avantageuse de les faire
voirdans toute leurforce , fipourtant il vous eft poffible de trouver
des expreffions qui répondent à la
grandeur du Sujet. Quelques
foins que nous prenions de chercher l'ufage de tous les mots de la
"Langue , nous ne sçaurions nous
GALANT.
cacher que les Actions du Roy
font au deffus de toutes fortes de
termes. Nous croyons les grandes
chofes qu'il afaites, parce que nos
yeux en ont efte les témoins, mais
fur le rapport que nous en ferons,
quoy qu'imparfait , quoy quefoible, quoy qu'infiniment au deffous
de ce que nous voudrons dire ,
pofterite ne les croira pas.
la
Vous nous aidere de vos lumieres , vous , Monfieur, que
l'Academie reçoit en focieté pour
le travail qu'elle a entrepris. Elle
pense avec plaifir que vous luy
ferez utile ; je luy ay répondu
de voftre zele , & j'espere que
Kij
116 MERCURE
vosfoins àdégagermaparole luy
feront connoistre qu'elle ne s'eft
point trompée dans fon choix.
de
Ces deux Difcours ayantefté
prononcez , M' Charpentier,
Doyen, prit la parole , & dit
que devant avoir l'honneur
complimenter le Royfur
fes nouvelles conqueftes.comme le plus ancien de la Com、
pagnie , fi la modeftie de Sa
Majefté ne luy cuſt
refuſer toutes fortes de Harangues , il alloit lire ce qu'il
avoit préparé pour s'acquitter
d'un devoir fi glorieux. Vous
pas fait
GALANT. 117
connoiffez la beauté de fon
genic & fa profonde érudition, & il vous eft aifé de
"
juger par là des graces qu'il
donne à tout ce qui part de
luy. Aprés qu'il eut lû cette
harangue , il dit que le refte
de la Seance ayant à eftre employé , felon la coutume, à
la lecture des Ouvrages de
ceux de la Compagnie qui en
voudroient faire part à l'Af
femblée , il croyoit qu'on ne
-feroit pas faché d'entendreune Epiftre de l'illuftre Madame des Houlieres à Monfeigneur le Duc de Bourgo-
118 MERCURE
gne , fur les Conqueftes du
Roy, puis qu'outre un merite
tout particulier qui diftinguoit cette Dame , elle avoit
l'avantage d'eftre affociée à
l'Academie d'Arles , & à celle
dè i Ricourati de Padouë , &
qu'ainfi ce feroit une digne
Academicienne qui paroiftroit parmy des Academiciens. La propofition fut receue avec applaudiffement, &
l'Epiftre de Madame des Houlieres fut donnée à M' l'Abbé de Lavau , qui avoit déja
entre les mains quelques Ougraves qu'il avoit bien voulu
GALANT. 11g
fe charger de lire. Avant que
de commencer il dit qu'il
auroit bien voulu contribuer
à la folemnité de cette journée , enfaisant quelque autre
chofe que de lire les Ouvrages des autres, mais qu'il n'ctoit
pas aifé de bien parler
de ce qui
faifoit
l'éronnement
de l'Europe
; que
les productions
de tant
de rares
genies
qui
avoient
paru
jufque
- là ,
loin
de frayer
le chemin
, le
faifoient
paroiftre
plus
difficile
, &
que
mefme
il le paroiffoit
encore
davantage
aprés
les Difcours
qu'on
venoit
Ï20 MERCURE
d'entendre , fur tout celuy de
M' de Fontenelle , qui avoit
parlé de l'Augufte Protecteur
de la Compagnie , d'une maniere qui faifoit connoiſtre
qu'il eftoit déja parfaitement
inftruit des devoirs d'un Academicien, & qui donnoit de
grandes idées de ce qu'il fçauroit faire àl'avenir ; que fi fes
Ouvrages eftoient pleins d'un
agrément qui montroit la dé.
licateffe de fon efprit , il avoit
de grands exemples dans fa
Famille , & qu'il venoit de
leur renouveller la memoire
du grand Corneille , fon Oncle,
GALANT. ` 121
cle, un des principaux orne?
mens du fiecle & de l'Academie Françoiſe , generalement
eftimé & honoré de toutes
les Nations où il fe trouve des
gens qui aiment les Lettres.
Il pourfuivit en difant , que
fi cet excellent homme ne
nous manquoit pas , il auroit
bien fceu faire påffer à la pofterité noftre incomparable
Monarque, finon tel qu'il eft,
au moins tel qu'il eft permis aux hommes de le concevoir ; que nous en avions
de feurs garants dans les Heros des ficcles paffez , qu'il a
May1691.
L
122 MERCURE
fait revivre d'une maniere fi
glorieufe pour l'Antiquité,
& qu'il femble n'avoir rame.
nez juſques à nous avec tour
leur éclat , que pour faire pa
roistre encore davantage la
gloire de fon Souverain. Mr
Abbéde Lavau dit encore ,
qu'il auroit cu à parler des
prifes de Mons , de Villefranche & de Nice, mais que
connoiffant par experience
combien il eftoit. difficile
d'en parler d'une maniere qui
convint à de fi grandes conqueftes , il croyoit devoit fe
retrancher à ce qu'il avoit en-
GALANT. 123
tendu dire à un des plus
grands Prelats du monde, que
nos voix en devoient eftre étoufees, qu'elles eftoient trop foibles,
qu'ilfalloit laiffer agir nos cœurs
& noftre joye , & lever les
mains au Ciel pour le remercier
de tant de prodiges. Ce qu'il
ajoûta , que la reputation de
ce Prelar n'avoit point de bornes, & qu'on ne pouvoit le
connoiftre fans avouer qu'il
eftoit impoffible d'occuper
plus dignement le premier
rang dans l'Eglife de France,
c'est à dire , le fecond de l'Eglife Univerſelle, fit nommer
7
Lij
124 MERCURE
à tout le monde Mr l'Archevefque de Paris. Il finit en difant que puis qu'un fi grand
homne, quia fceu fi fouvent
& fi excellemment parler de
fon Maistre & des évenemens
de fon Regne , faifoit entendre qu'en cette derniere occafion , le party du filence
eftoit à fuivre, &qu'il falloit
s'abandonner à la joye , fouvent plus éloquente que les
paroles , c'eftoit à luy plus
qu'à un autre de fe conformer à ce confeil ; qu'il falloit
attendre que le Ciel , à qui
l'on ne pouvoit douter que
GALANT. 125
Louis le Grand ne fuft précieux, donnaft de ces hommes
merveilleux, dont il luy plaift
quelquefois d'enrichir les ficcles , qui fçauroient peindre
ce grand évenement auffi
grand qu'il l'eft , & recueillir
tout ce que fait & dit ce Roy
invincible , pour l'apprendre
à nos Neveux d'une maniere
qui puft les perfuader , Ouvrage qui n'appartenoit pas
des hommes ordinaires , &
d'autant plus difficile , que
depuis plufieurs années nous
voyons des prodiges fe fuccéder continuellement les uns
à
Liij
126 MERCURE
aux autres. Si nous ne les
des exemcroyons qu'avec peine , continua- t-il , quoy que nous en
foyons convaincus , que feront
ceux qui verront un jour tout
d'un coup tant de merveilles
dans toute leur étenduë, fans y
avoir efté preparez par
plés qui auroient pú les difpofer
à croine ce que la valeur, la
juftice , la clemence , la bonté, la
magnificence , la fageffe ,
gloire enfin , & plus que tout
cela la Religion font executer
chaque jourà Louis, leplusgrand
des Rois.
Aprés que M de Lavau
GALANT. 127
une
eut parlé de cette forte , il
leut un Ouvrage de M' Boyer
fur la prise de Mons ,
Lettre familiere en Vers de
M' Perrault, adreffée à M' le
Prefident Rofe , fur les alarmesoù l'on eftoit à Paris de
ce que le Roy s'expoſoit tous
les jours pendant le Siege , &
l'Epitre auffi en Vers de Madáme des Houlieres à Monfeigneur le Duc de Bourgogne. M' le Clerc leut enfuite
une Ode , qui eftoit la Paraphrafe d'un Pleaume fur cette
mefme conquefte , & M' de
Benferade finit la feance par
Lij
128 MERCURE
3
une Piece toute en quadrains,
dont chaque dernier Vers ,
qui eftoit feulement de quatre fillabes , faifoit une cheute tres- agreable. Je ne vous
dis rien de la beauté de tous
ces Ouvrages, puis que vous
pourrez les lire bien- toft dans
un recueil qne doit debiter
au premier jour le S Coi
gnard , Libraire de l'Academic.
M' de Fontenelle fut receu à
l'Academie Françoife, & s'attira de grands applaudiffemens par le remerciement
qu'il y fit . Il dit d'abord
fi jamais il avoir efté capable
de fe laiffer furprendre aux
douces illufions de la vanité,
il n'auroit pû s'en défendre
dans l'occafion cù il fe trouvoit, s'il n'avoit confideré
qu'on avoit bien voulu luy
faire un merite de ce qu'il
avoit prouvé par fa conduite
qu'il fçavoit parfaitement le
prix du bienfait qu'il recevoir.
Hij
92 MERCURE
Il ajoûta qu'il ne pouvoit
d'ailleurs fe cacher qu'il devoit l'honneur qu'on luy avoit fait de l'admettre dans
un fi celebre Corps , au bonheur de fa naiTance qui le
faifoit tenir à un Nom qu'un
illuftre Mort avoit ennobly,
& qui eftoit demeuré en veneration dans la Compagnie.
Tout le monde connut bien
qu'il vouloit parler du grand
Corneille, donr il fit l'Eloge
en peu de mots , auffi bien
que de M' de Villayer, Doyen
du Confeil d'Etat , auquel il a
fuccedé dans la place qu'il
GALANT. 93
avoit laiffée vacante. Il paffa
de là au grand fpectacle qui
devoit le plus intereffer toute
l'Affemblée , & parla de la
conquefte de Mons , d'une
maniere fi vive , fi fine , & fi
éloquente , qu'on peut affurer
que dans tout ce qu'il en dit
il y avoit prefque autant de
penfées que de paroles. Son
tile fut ferré & plein de
force , & aprés que la
peinture qu'il fit de la prife
de cette importante Place ,
cut fait paroistre tout ce qu'-
elle avoit de furprenant , il
n'eut pas de peine à fe faire
94 MERCURE
croire lors qu'il ajoûta, que fi
le grand Cardinal de Richelieu , à qui l'Academie Françoife devoit le bonheur de
fon établiffement, & qui avoit
commencé à travailler avec
de fi grands fuccés à la grandeur de la France , revenoit
au monde , il auroit peine à
s'imaginer que LOUIS LE
GRAND cult pû l'élever
à un fi haut degré de gloire.
C'eftoit à M' l'Abbé Teftu,
commeDirecteur de la Compagnie , à répondre à ce Difcours , mais fon peu de fanté
ne luy permettant alors au-
GALANT. 95
cune application , M' de Corneille qui en eftoit Chancelier , fut obligé de parler au
lieu de luy , ce qui caufoit
quelque curiofité parmyceux
quicompofoient l'Affemblée,
puis qu'eftant Oncle de M'de
Fontenelle , la bien . feance
vouloit qu'il cherchaft un
tour particulier pour fe difpenfer de luy donner des
louanges. Comme l'amitié
qui eft entre nous me défend
de vous rien dire à fon avantage , je me contenteray de
vous faire part de fa réponſe,
telle qu'il l'a prononcée ,
96 MERCURE
ainfi vous en allez juger par
yous mefme. Voicy les termes dontil fe fervit.
MONSONSIEUR,
Nousfommes traitez vous &
moy bien differemment dans le
mefme jour. L'Academie a be
foin d'un digne Sujet pour remplirle nombre qui luy eft prefcrit
par fes Statuts. Pleine de difcernement , n'ayant en veuë que
le feul merite, & dans l'entiere liberté de fes fuffrages , elle
vous choisit pour vous donner ,
non feulement une place dans
Son
GALANT.
97
fonCorps , mais celle d'un Magistrat éclairé , qui dans une noble
concurrence ayant eu l'honneur
d'etre declaré Doyen du Confeil
d'Estat par le jugement meſme
de Sa Majefté, faifoit fon plus
grand plaifir de fe dérober à ſes
importantes fonctions , pour nous
venir quelquefois faire part de
fes lumieres ; que pouvoit- il arriver de plus glorieux pour vous?
Dans le mefme temps , cette
mefme Academie change d'Officiers ,felon fa coutume. Le Sort
qui décide de leur choix, n'auroit
pu qu'eftre applaudy, s'il l'euft
fait tomber fur tout autre que
May 1691.
I
98 MERCURE
fur moy, & quoy qu'incapable
de foutenir le poids qu'il impofe,.
c'eft moy qui le dois porter. Il eft
vray qu'il a fait voir fa justice
par l'illuftre Directeur qu'il nous
a donné. La joye que chacun de
nous en fit paroiftre, luy marqua
affez que le hazard n'avoitfait .
s'accommoder ànos fouhaits,
je n'enfçaurois douter , vous
ne le pustes apprendre fans vous.
fentir auffi - toft flatéde ce qui auroit faifi le cœur le plus détachés
de l'amour propre. La qualité des
Chefde la Compagnie l'engageant
dans la place qu'il occupe , à vous
repondre pour Elle , il vous auroit
que
P
GALANT. 99
esté doux qu'un homme, dont l'éloquence s'eftfait admirer en tant
d'actions publiques, vous eustfait
connoiftre fur quels fentimens.
d'eftime pour vous l'Academie
s'eft determinée à fe declarer en
vostrefaveur.
Son peu defanté l'ayant obligé de s'en repofer fur moy, vous
prive de cette gloire , & quand
le défir de repondre dignement à
l'honneur quej'ay de portericy!
parole à fondefaut , pourroit n'animer affez pour me donner la
force d'efprit qui meferoit neceffaire dans un fi glorieux pofte, ce
que je vous fuis me fermant la
I ij
100 MERCURE
bouche fur toutes les choſes qui
feroient trop à votre avantage ,
vous ne devez attendre de moy
qu'un épanchement de cœur qui
vousfaffe voir la part que je
prens au bonheur qui vous arrive , des fentimens & non des
lou
inges.
M'abandonnerai
-je à ce
qu'ils
m'inſpirent
? La
proximité
du
Sang
, la
tendre
amitié
quej'ay
pour
vous
, lafuperiorité
que me
"donne
l'âge
,toutfemble
me lepermettre
, vous
le devez
fouffrir
,
j'iray
jufques
à vous
donner
des
confeils
. Au lieu
de vous
dire que
celuy
qui afi bienfait
parler
les
GALANT. ΙΟΙ
Morts n'eftoit pas indigne d'entrer en commerce avec d'illuftres
Vivans ; au lieu de vous applau
dirfur cet agréable arrangemens
de differens Mondes dont vous
nous avez offert le spectacle ,
furcet Art fidifficile , & qu'ilme
paroift que le Public trouve en
vous fi- naturel , de donner de
l'agrément aux matieres les plus
feches , je vous diray que quelque
gloire que vous ayent acquife dés
vos plus jeunes années les talens
qui vous diftinguent, vous devez
les regarder, non pas comme des
dons affez forts de la nature pour
vous faire atteindre , fans autre
Í iij
102 MERCURE
a
fecours que de vous mefme , à la
perfection du merite que je vous
fouhaite ; mais comme d'heureufes difpofitions qui vous y peuvent conduire. Cherchez avec
fin pour y parvenir les lumieres
qui vous manquentile choix qu'on
fait de vous vous met en eftat
de lespuifer dans leur fource.
En effet , rien ne vous les peut
fournir fi abondamment que les
Conferences d'une Compagnie ,
oùfi vous m'en exceptez , vous
ne trouverez que de ces Genies
fublimes à qui l'immortalité eſt
deue. Tout ce qu'on peut acquerir de connoiffances utiles par les
1
GALANT. · 103
aura
belles Lettres , l'Eloquence , la
Poëfie , l'Art de bien traiter
l'Histoire , ils le poffedent dans
le degré le plus éminent › &
quand un peu de pratique vous
facilité les moyens de connoistre a fond tout le merite de
- ces celebres Modernes , peut eftre
ferez- vous autorisé , je ne dis pas
à les préferer , mais à ne les pas
trouver indignes d'eftre comparez
aux Anciens. Ce n'est pas que
toutejufte que cette loüange puiffe
eſtre pour eux, ils ne la regardent
comme une loüange qui ne leur
Sçauroit appartenir. Ils ne l'écoutent qu'avec repugnance , &la
I iiij
104 MERCURE
veneration qui eft deue à ceux
qui nous ont tracé la voye dans
le chemin de l'esprit , s'il m'eſt
permis de me fervir de ces termes, prévaut en eux contre euxmefmes , enfaveur de ces grands
Hommes, dont les excellens Ouvrages toûjours admire de toutes les Nations, ont paffejuſques
à nous malgré un nombre infiny
d'années, comme des Originaux
qu'on ne peut trop eftimer. Mais
pourquoy nous fera-t- il défendu
de croire que dans les Arts &
dans les Sciences les Modernes
puiffent aller auffi- loin , &mêplus loin que les Anciens , puis
GALANT. 105
qu'il eft certain , en matiere de
Heros , que toute l'Antiquité,
cette Antiquitéfi venerable, n'a
l'on puiffe comparer à
rien que
celuy de noftre Siecle?
Quel amas de gloirefe prefente
à vous, Meffieurs , à la fimple,
idée que je vous en donne !
Nentrons point dans cette foule
d'actions brillantes dont l'éclat
trop vifnepeut que nous ébloüir.
N'examinons point tous ces furprenans prodiges dont chaque
année de fon regne fe trouve
marquée. Les Cefars , les Ale
xandres ont befoin que l'on
rap
pelle tout ce qu'ils ont fait pen-
106 MERCURE
"
dant leur vie pour paroiftre di
gnes de leur reputation , mais il
n'en est pas de mefme de Louis
le Grand. Quand nous pourrions
oublier cette longue fuite d'évenemens merveilleux qui font
l'effet d'une intelligence incomprehenfible, l'Hertfie détruite ,
la protection qu'il donne feul
aux Rois opprimez , trois Ba
tailles gagnées encore depuis
peu dans une mefme Campagne,
il nous fuffiroit de regarder ce
qu'il vient defaire, pour demeurer convaincus qu'il est le plus
grand de tous les hommes.
Seur des conqueftes qu'il vou-
GALANT. 107
› y renonce pour dra tenter il
donner la paix à toute l'Europe.
L'Envie en fremit ; la Faloufie
qui faifit de redoutables Puiffances ne peut fouffrir le triomphe que luy affure une fi haute
vertu. Sa grandeur les bleffe , il
faut l'affaiblir. Un nombre infiny de Princes qui ne poffedent
encore leurs Etats queparce qu'il
dédaigné de les attaquer , ofent
oublier ce qu'ils luy doivent pour
entrer dans une Ligue, où ils s'imaginent que leursforces jointes
feront en eftat d'ébranler une
Puiffance qui a jufque là refifte
à tout. Que les Ennemis de la
a
108 MERCURE
Chreftienté fe refaififfent de tour
un Royaume qu'ils n'ont perdu
que par cette Paix, qui a donné
lieu aux avantages qu'on a remportez fur eux, n'importe,il n'y a
rien qui ne foit à préferer au chagrin infupportable de voir le Roy
jouir de fa gloire.LesAlliezfe refolvent àprendre les armes des
Princes Catholiques , l'Espagne
mefme que fa fevere Inquifition
rend fi renommée furfon exactitude à punir les moindres fautes
qui puiffent bleffer la Religion ,
ne font point difficulté de renouveller la guerre,pour appuyer les
deffeins d'un Princesà qui toutes
1
GALANT.
109
les Religions paroiffent indiffe
rentes , pourveu qu'il nuife à la
veritable ; d'un Prince qui pour
fe placer au Trône ofe violer les
plusfaintes loix de la nature, &
qui ne s'eft rendu redoutable qu'à
cauſe qu'il a trouvé autant d'a¬
veuglement dans ceux qui l'élevent, qu'il a d'injuſtice dans tous
les projets qu'il forme.
Voyons les fruits de cette
union ; des pertes continuelles.
tous les jours des malheurs à
craindre plus grands que ceux
qu'ils ont déja éprouvez. Il faut
pourtant faire un dernier effort ,
pour arteter les gemiffemens des
Peuples, à qui de dures exactions.
110 MERCURE
"
font ouvrir les yeux fur leur efclavage. Onmarque le temps
le lieu d'une Affemblée. Des
Souverains , que la grandeur de
leur caractere devroit retenir › y
viennent de toutes parts rendre
dehonteux hommages à ce témeraire Ambitieux, que le crime a
couronné, & qui n'est au deffus
d'eux, qu'autant qu'ils ont bien
voulu by mettre. Il les entre
tient d'efperances chimeriques.
Leur formidable puiffance ne
trouvera rien qui luy puiffe refifter. S'ils l'en ofent croire, le Roy
qui veut demeurer tranquille
ne fe fait plus un plaifir d'aller
GALANT. III
animerfes Armées parfa prefen-·
ce; & dès que le tempsfera venu
d'entrer en campagne , ils font
affure de nous accabler.
Il est vray que le Roy garde
beaucoup de tranquillité ; mais
qu'ils ne s'y trompent pas. Son
repos eft agiffant , fon calme l'emporte fur toute l'inquietude de
leur vigilance , & la regle des
faifons n'eft point une regle pour
ce qu'il luy plaift de faire. Nos
Ennemis confument le temps
examiner ce qu'ils doivent entreprendre , Louis eft preft
à
d'executer. Il n'a point fait de
menaces mais fes ordres font
112 MERCURE
donnez ; il part , Mons eft inwesty , fes plus forts remparts
ne peuvent tenir enfa prefence,
&en peu de jours fa prife nous
delivre des alarmes où il nous
jettoit en s'expofant. Que de
glorieufes circonstances relevent
cette conqueste! C'est peu qu'elle
foit rapide , c'est peu qu'elle ne
nous coute aucune, perte qu'on
puiffe trouverconfiderable. Ellefe
fait auxyeux mefmes de ce Chef
de tant de Ligues , qui avoitjuré
la ruine de la France. Il devoit
venir nous attaquer , on va au
devant de luy, & il ne sçauroit
défendre laplus importante Place
GALANT. 113
qu'on pouvoit êter à fes Alliez.
S'il ofe approcher, c'est feulement pour voir de plusprés l'heureux triomphedefon augufte Ennemy.
Nos avantages ne font pas
moins grands du cofté de
l'Italie . Une des Places qui
vient d'y efire conquife , avoit
bravé, il y a cent cinquante ans,
les efforts de deux Ármées , &
dés la premiere attaque de nos
Troupes elle est contrainte de capituler. Gloire par tout pour le
Roy !
Confufion par tout pourfes
Ennemis ! Ils fe retirent tout
couverts de honte ; le Royrevient
May 1691.
K
114 MERCURE
couronné par la Victoire , & lå
Campagne s'ouvrira dansfafaifon. Quelles merveilles n'avonsnous pas lieu de croire qu'elle produira , quand nous voyons celles
qui l'ont precedée.
Voilà, Meffieurs, une brillante
matiere pour employer vos rares
talens. Vous avez une occafion
bien avantageuse de les faire
voirdans toute leurforce , fipourtant il vous eft poffible de trouver
des expreffions qui répondent à la
grandeur du Sujet. Quelques
foins que nous prenions de chercher l'ufage de tous les mots de la
"Langue , nous ne sçaurions nous
GALANT.
cacher que les Actions du Roy
font au deffus de toutes fortes de
termes. Nous croyons les grandes
chofes qu'il afaites, parce que nos
yeux en ont efte les témoins, mais
fur le rapport que nous en ferons,
quoy qu'imparfait , quoy quefoible, quoy qu'infiniment au deffous
de ce que nous voudrons dire ,
pofterite ne les croira pas.
la
Vous nous aidere de vos lumieres , vous , Monfieur, que
l'Academie reçoit en focieté pour
le travail qu'elle a entrepris. Elle
pense avec plaifir que vous luy
ferez utile ; je luy ay répondu
de voftre zele , & j'espere que
Kij
116 MERCURE
vosfoins àdégagermaparole luy
feront connoistre qu'elle ne s'eft
point trompée dans fon choix.
de
Ces deux Difcours ayantefté
prononcez , M' Charpentier,
Doyen, prit la parole , & dit
que devant avoir l'honneur
complimenter le Royfur
fes nouvelles conqueftes.comme le plus ancien de la Com、
pagnie , fi la modeftie de Sa
Majefté ne luy cuſt
refuſer toutes fortes de Harangues , il alloit lire ce qu'il
avoit préparé pour s'acquitter
d'un devoir fi glorieux. Vous
pas fait
GALANT. 117
connoiffez la beauté de fon
genic & fa profonde érudition, & il vous eft aifé de
"
juger par là des graces qu'il
donne à tout ce qui part de
luy. Aprés qu'il eut lû cette
harangue , il dit que le refte
de la Seance ayant à eftre employé , felon la coutume, à
la lecture des Ouvrages de
ceux de la Compagnie qui en
voudroient faire part à l'Af
femblée , il croyoit qu'on ne
-feroit pas faché d'entendreune Epiftre de l'illuftre Madame des Houlieres à Monfeigneur le Duc de Bourgo-
118 MERCURE
gne , fur les Conqueftes du
Roy, puis qu'outre un merite
tout particulier qui diftinguoit cette Dame , elle avoit
l'avantage d'eftre affociée à
l'Academie d'Arles , & à celle
dè i Ricourati de Padouë , &
qu'ainfi ce feroit une digne
Academicienne qui paroiftroit parmy des Academiciens. La propofition fut receue avec applaudiffement, &
l'Epiftre de Madame des Houlieres fut donnée à M' l'Abbé de Lavau , qui avoit déja
entre les mains quelques Ougraves qu'il avoit bien voulu
GALANT. 11g
fe charger de lire. Avant que
de commencer il dit qu'il
auroit bien voulu contribuer
à la folemnité de cette journée , enfaisant quelque autre
chofe que de lire les Ouvrages des autres, mais qu'il n'ctoit
pas aifé de bien parler
de ce qui
faifoit
l'éronnement
de l'Europe
; que
les productions
de tant
de rares
genies
qui
avoient
paru
jufque
- là ,
loin
de frayer
le chemin
, le
faifoient
paroiftre
plus
difficile
, &
que
mefme
il le paroiffoit
encore
davantage
aprés
les Difcours
qu'on
venoit
Ï20 MERCURE
d'entendre , fur tout celuy de
M' de Fontenelle , qui avoit
parlé de l'Augufte Protecteur
de la Compagnie , d'une maniere qui faifoit connoiſtre
qu'il eftoit déja parfaitement
inftruit des devoirs d'un Academicien, & qui donnoit de
grandes idées de ce qu'il fçauroit faire àl'avenir ; que fi fes
Ouvrages eftoient pleins d'un
agrément qui montroit la dé.
licateffe de fon efprit , il avoit
de grands exemples dans fa
Famille , & qu'il venoit de
leur renouveller la memoire
du grand Corneille , fon Oncle,
GALANT. ` 121
cle, un des principaux orne?
mens du fiecle & de l'Academie Françoiſe , generalement
eftimé & honoré de toutes
les Nations où il fe trouve des
gens qui aiment les Lettres.
Il pourfuivit en difant , que
fi cet excellent homme ne
nous manquoit pas , il auroit
bien fceu faire påffer à la pofterité noftre incomparable
Monarque, finon tel qu'il eft,
au moins tel qu'il eft permis aux hommes de le concevoir ; que nous en avions
de feurs garants dans les Heros des ficcles paffez , qu'il a
May1691.
L
122 MERCURE
fait revivre d'une maniere fi
glorieufe pour l'Antiquité,
& qu'il femble n'avoir rame.
nez juſques à nous avec tour
leur éclat , que pour faire pa
roistre encore davantage la
gloire de fon Souverain. Mr
Abbéde Lavau dit encore ,
qu'il auroit cu à parler des
prifes de Mons , de Villefranche & de Nice, mais que
connoiffant par experience
combien il eftoit. difficile
d'en parler d'une maniere qui
convint à de fi grandes conqueftes , il croyoit devoit fe
retrancher à ce qu'il avoit en-
GALANT. 123
tendu dire à un des plus
grands Prelats du monde, que
nos voix en devoient eftre étoufees, qu'elles eftoient trop foibles,
qu'ilfalloit laiffer agir nos cœurs
& noftre joye , & lever les
mains au Ciel pour le remercier
de tant de prodiges. Ce qu'il
ajoûta , que la reputation de
ce Prelar n'avoit point de bornes, & qu'on ne pouvoit le
connoiftre fans avouer qu'il
eftoit impoffible d'occuper
plus dignement le premier
rang dans l'Eglife de France,
c'est à dire , le fecond de l'Eglife Univerſelle, fit nommer
7
Lij
124 MERCURE
à tout le monde Mr l'Archevefque de Paris. Il finit en difant que puis qu'un fi grand
homne, quia fceu fi fouvent
& fi excellemment parler de
fon Maistre & des évenemens
de fon Regne , faifoit entendre qu'en cette derniere occafion , le party du filence
eftoit à fuivre, &qu'il falloit
s'abandonner à la joye , fouvent plus éloquente que les
paroles , c'eftoit à luy plus
qu'à un autre de fe conformer à ce confeil ; qu'il falloit
attendre que le Ciel , à qui
l'on ne pouvoit douter que
GALANT. 125
Louis le Grand ne fuft précieux, donnaft de ces hommes
merveilleux, dont il luy plaift
quelquefois d'enrichir les ficcles , qui fçauroient peindre
ce grand évenement auffi
grand qu'il l'eft , & recueillir
tout ce que fait & dit ce Roy
invincible , pour l'apprendre
à nos Neveux d'une maniere
qui puft les perfuader , Ouvrage qui n'appartenoit pas
des hommes ordinaires , &
d'autant plus difficile , que
depuis plufieurs années nous
voyons des prodiges fe fuccéder continuellement les uns
à
Liij
126 MERCURE
aux autres. Si nous ne les
des exemcroyons qu'avec peine , continua- t-il , quoy que nous en
foyons convaincus , que feront
ceux qui verront un jour tout
d'un coup tant de merveilles
dans toute leur étenduë, fans y
avoir efté preparez par
plés qui auroient pú les difpofer
à croine ce que la valeur, la
juftice , la clemence , la bonté, la
magnificence , la fageffe ,
gloire enfin , & plus que tout
cela la Religion font executer
chaque jourà Louis, leplusgrand
des Rois.
Aprés que M de Lavau
GALANT. 127
une
eut parlé de cette forte , il
leut un Ouvrage de M' Boyer
fur la prise de Mons ,
Lettre familiere en Vers de
M' Perrault, adreffée à M' le
Prefident Rofe , fur les alarmesoù l'on eftoit à Paris de
ce que le Roy s'expoſoit tous
les jours pendant le Siege , &
l'Epitre auffi en Vers de Madáme des Houlieres à Monfeigneur le Duc de Bourgogne. M' le Clerc leut enfuite
une Ode , qui eftoit la Paraphrafe d'un Pleaume fur cette
mefme conquefte , & M' de
Benferade finit la feance par
Lij
128 MERCURE
3
une Piece toute en quadrains,
dont chaque dernier Vers ,
qui eftoit feulement de quatre fillabes , faifoit une cheute tres- agreable. Je ne vous
dis rien de la beauté de tous
ces Ouvrages, puis que vous
pourrez les lire bien- toft dans
un recueil qne doit debiter
au premier jour le S Coi
gnard , Libraire de l'Academic.
Fermer
Résumé : Reception de M. de Fontenelle à l'Academie Françoise, & tout ce qui s'est passé en cette occasion. [titre d'après la table]
Le 5 mai, Bernard Le Bouyer de Fontenelle fut accueilli à l'Académie française et reçut des applaudissements pour son discours de remerciement. Fontenelle exprima sa surprise et sa gratitude, attribuant cette reconnaissance à sa naissance, qui le liait au nom illustre de Pierre Corneille. Il rendit hommage à Michel Le Tellier, Doyen du Conseil d'État, dont il avait pris la succession. Fontenelle décrivit avec vivacité et éloquence la conquête de Mons, évoquant l'admiration que le cardinal Richelieu aurait eue pour les exploits de Louis XIV. L'abbé Testu, directeur de la Compagnie, étant indisposé, Pierre Corneille, chancelier et oncle de Fontenelle, prit la parole. Corneille souligna le mérite de Fontenelle et l'honneur de sa nomination. Il compara les conquêtes de Louis XIV à celles des grands hommes de l'Antiquité et exhorta Fontenelle à développer ses talents et à tirer profit des échanges au sein de l'Académie. Lors de la même séance, l'Académie accueillit un nouveau membre et espéra qu'il contribuerait utilement. Le doyen, M. Charpentier, complimenta le roi pour ses nouvelles conquêtes et lut une harangue préparée à cet effet. Une épître de Madame des Houlières à Monsieur le Duc de Bourgogne fut ensuite lue, suivie de divers ouvrages littéraires. L'abbé de Lavau exprima l'admiration pour les conquêtes du roi et la difficulté de les décrire adéquatement. Il mentionna également les œuvres de grands écrivains et la gloire du roi, comparée à celle des héros des siècles passés. La séance se termina par la lecture de plusieurs poèmes et œuvres littéraires célébrant les conquêtes du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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40
p. 159-175
EPITRE CHAGRINE, AU R. P. de la Chaise.
Début :
Des marques de pieté aussi éclatantes que celles dont je / Sous le debris de vos attraits [...]
Mots clefs :
Coeur, Dévots, Imposteurs, Intérêt, Hypocrite, Louis, Péché, Cabale, Débauche, Ciel
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE CHAGRINE, AU R. P. de la Chaise.
Des marques de picté auffi
éclatantes que celles dont je
viens de vous parler, font d'une grande édification pour
les peuples. Heureux qui ne
les donne point par hypocrific , & qui eft dans l'ame
ce qu'il paroiſt au dehors . Si
ceux qui ont le cœur veritablement touché des veritez
que la Religion nous enfei-
160 MERCURE
gne font tres eftimables , il
n'y a rien de plus dangereux
que les faux Deyors , qui
n'ayant en veuë que leurs interefts , font feulement pieux
par grimace , & trouvent l'art
de faire fervir à leurs paffions
les apparences trompeufes
qu'ils employent pour perfuader que l'Esprit de Dieu regle
leur conduite. Vous verrez
leur caractere admirablement
dépeint dans l'excellent Ouvrage que vous allez lite . Il
eft de l'Illuftre Madame des
Houlieres , que la beauté de
fes Vers , & le tour heureux
GALANT. 161
& delicat qu'elle donne à fes
penfées , mettent au deffus de
toute loüange.
SS22222252 SSE2527
EPITRE CHAGRINE,
Au R. P. de la Chaife.
SONSOus le debris de vos attraits
Voulez- vous demeurer toujours enfe--
velie ?
M'aditquelqu'un , d'un nom quepar
raifon je tais ,
Qui s'est imaginé que mamélancolie
Vient moins d'une fanté dés longtemps affaiblie,
Que du reproche amer qu'en fecres
je me fais ,
Mars 1692
162 MERCURE
De n'eftre plus affezjolie
Pourfaire naiftre encor quelque tendre folie
Frivole honneur , fur quòy je ne
comptayjamais.
2
Apprenez , me difoit ce quelqu'un
Anonime ,
Que lorsque ce qu'on ade beau
Eftdu ou des maux devenu la temps victime ,
Il faut , pour acquerir une nouvelle
eftime,
Se faire un merite nouveau;
Que c'eft ne vivre plus que de vi.
vre inutile;
?
Qu'ilfaut dans quelque rang
qu'onfait,
Que jusqu'au dernierjour une perJonne babile
Tienne au monde par quelque endroit.
GALANT. 163
Vous nerépondez point ! d'où vient
voftrefilence?
Il vient , luy dis-je alors exprés pour
découvrir
où tendoit cette belle &fage remontrance.
De ce qu'en moy-mefmeje pense
Quel merite nouveau je pourrois ac--
querir.
Je n'en vois points tant jefuis
fotte.
Abus , s'êcria-t-il ! bé, devenez devote.
Ne le devient-on pas à la ville , à la
Cour?
Moy devote ! qui moy ?m'écriay-je à
mon tour
L'efprit bleßé d'un terme employé
d'ordinaire
Lors que d'un Hypocrite onparle avic
détour?
Oij
164 MERCURE
Ony , vous, repliqua-t-il ; vous ne
Scauriez mieux faire
De la devotion ayez moins defrayeur.
Elle eft rude pour le vulgaire,
Mais pour nous il ne faut qu'un peu
d'exterieur.
Allez pourfoutenir le devot caractere,
Il n'en coutera pas beaucoup à vostre
cœur. 2
Tout ce que la fortune a pour vous.
d'injustices
Par là pourroitfe réparer.
·Regardez vos Parens vieillir fans
Benefices.
Songez qu'à voftre Epoux cinquante
ans defervices
N'ont encor pû rien procurer;
Qu'un tas de Creanciers à votre
portegronde,
Et que chez les Devots , biens , honneurs. tout abonde.
GALANT. 165
Que la mode eftpour eux , & peus
longtemps durer,
Et qu'outre ces raisons fur quoy cha
cunfe fonde,
Vous aurez droit de cenfurer
Les actions de tout le monde.
S
Allons doucement, s'il vousplaift,,
Luy dis-je , &fupposé qu'à vos leçonsfidelle
Fe prenne aux jeux du monde une
forme nouvelle
Par une raifon d'intereft ,
LOVIS , éclairé comme il eft,
Quoy que vous vfiezmepromettre,
Connoiftra ma fourbe; il penetre
Au delà de ce qui paroift.
Aquoy m'aura fervy, ma devote grimace,
Qu'à m'en faire moins eftimer;
Malheur dont la fimple menace.
166 MERCURE
Plus
quela mort peut m'alarmer?
S
Quand, me repliqua-t- il , on eft à
voftre place ,
Il nefautpas avoir tant de précaution ;
Mais dûtpour vous lefort-ne changer
point deface,
Certain air de devotion ,
Lorsque l'on n'estplusjeune , a toû→
jours bonne grace;
Redoublez votre attention.
Voyez quel privilege au noftre peut
atteindre.
Avec des mots choifis auffi doux que
le miel;
Sur les gens d'un merite à craindre
on répand àgrandsflots lefiel.
On peut impunément pour l'intereft
du Ciel
Eire dur, fe vanger ,faire des injufti
ces.
GALANT. 167.
Tout n'eft pour les Devots quepeché
veniel.
Nous fçavons en vertu transformer
tous les vices ,
De ladevotion c'est là l'effentiel.
2
Taifez- vous , Scelerat , m'écriay-je
irritée ,
Tout commerce eft fini pour jamais.
entre nous.
Fen aurois avec un Athée,
Millefois pluftoft qu'avec vous.
Mais tandis qu'en difcours ma colere
s'exhale ,
Ce faux, ce dangereux Ami ,
Sort de mon cabinet , traverse cham
bre &falle
D'un air brufque & confus , d'un
pas mal affermi ,
Et me laiffe une horreur , qu'aucune
horreur n'égale.
168 MERCURE
Ah ! c'est unDevot de cabale,
Mais qui ne fait encor fon mestier
qu'à demi.
Il faut de l'art au choix des raiſons
qu'on eftale.
Auffi les habiles Devots
Selon lesgens ont leur morale ,
Et nefe livrentpas ainfimalàpropos,
2
Qu'ilsfont à redouter ! Sur une bagatelle
Leurdonne-t- on le moindre ennui,
Leur vangeance est toujours cruelle.
On n'apoint avec eux de legere querelle..
Fafche-t-on un Devot , c'eft Dien
qu'on fafche en luy.
Ces Apoftre du temps , qui des premiers Apoftres
Nenousfontpoint r effouvenir,
Pardonnent
GALANT.. 169
Pardonnent bien moins que nous
autres.
Contr'eux vent-onfe maintenir,
Empefcher qu'à leurs biens ils ne
joignent les noftres ,
C'est une impieté qu'on ne peut trop
punit.
De la Religion c'est ainsi qu'ils fe
joüent ,
Ils ont un air pieux répandu fur le
front
Que leurs actions defavouënt ,
Ils fontfauxen tout ce qu'ilsfont.
2
Le mestierde Devot, ou plustoft d'Hypocrite,
Devient presque toujours la reſource
des
gens,
Qu'une longue débauche a rendus.
indigens;
Des. Femmes que là beauté quitte ,
Mars 1692 P
170 MERCURE
Ou qui d'un mauvais bruit n'ontpú
Sepreferver,
Dés
Et de ceux qui pour s'élever
N'ont qu'un mediocre merite.
que du Cagotifme on fait profeffion,
De tout ce qu'on a fait la memoire
s'efface.
C'eft fur la réputation
Un excellent vernis qu'on paffè.
Sijepouvois trouver d'affe noires
couleurs ,
Que j'aimerais à faire une fidelle
image
Du fondde leurs perfides cœurs,
Moy qui hais le fard dans les
mœurs
Encor plus quefurle visage,
Et quifçais tous les tours que mettent
en usage
Nosplus celebres impoßicurs !
GALANT. 171
Quelplaifir pourmoy! quellejoye,
De demafquer ces fcelerats ,
Aquile vray merite eft tous lesjours
en proye
Et qui pour l'accabler par une feure
voye
De l'intereft du Ciel couvrent leurs
attentats !
2
Mais, me pourradire un Critique,
Voftre efprit s'égare , arrestez
Quandpour les faux Devots voftre
haine s'explique,
Songez bien contre vous quelles gens
vous mettez.
Pour affaiblir les coups quefur eux
vous portez ,
Ils vous peindront au Roy comme
une libertine.
Je fremisdes ennuis que vous vous
appreftez.
Pij
172 MERCURE
Croyez- moy, contre vous que rien ne
les chagrine.
2
Non, non, dirois-je à ce Cenfeur,
Je fuis leur ennemie , &fais gloire
de l'eftre ,
Et s'ils ofoientfur moy répandre leur
noirceur ,
Quelque Ouvrage pourroit paroi
Stre,
Où je les traiterois avec moins de
douccur ,
Etpar leurs noms enfinje les ferois
connoiftre.
Hé quoy donc,parce que le Roy
Detoutes les vertus donne de grands
exemples,
Quepieux , charitable , affidu dans
nosTemples ,
Il aime le Seigneur , lefert de bonne
foy›
GALANT. 173
Que pour les interests il foûtiens
feul la guerre,
Qu'il a planté la Croix aux deux
bouts de la terre ,
Et
que des libertins il fut toujours
l'effroy ,
On n'ofera parler contre les Hypocrites ?
Hé, qu'ont-ils de commun avec un
un tel Heros ?
Cenfeur , fur ce que vous me dites
Fay Sprit dans un plein repos.
2
Ovous, qui de Louis heureux &facré guide ,
Luy difpenfez du Ciel les celeftes
trefors ,
Vous dont la pietéfolide,
Loin d'étaler aux yeux de faftueux
dehors ,
Et d'avoir d'indifcrets tranfports,
Piij
174 MERCURE
Et pourjuger d'autruy toujours lente
& timide,
Vous enfin dont la probité
Dufang dont vous fortez égale la
noblesse ,
Daignez auprés du Prince aider la
verité,
Si quelque Hypocrite irrité
En luy parlant de moy la bliffe.
De mafoy , de mes mœurs vous éftes
fatisfait.
Vous ne l'eftes pas tant, peut- eftre,
De mafoumiffion pour le Souverain
Eftre,
Dans les maux que fouvent la furtune mefait';
Mais fije nefuis pas dans un eftat
parfait,
Je sens quej'y voudrois bien eftre.
Ony, je voudrois pouvoir , comme
vous le voulez,
GALANT. 175.
Sanctifier les maux qui me livrent
la guerre.
Ah! que mon cœur n'est- il de ces
cœurs ifolez
Qui par aucun endroit ne tiennent
à la terre,
Quifont à leurs devoirsfans referve immolez,
A qui la Grace affure une pleine victoire ,
Es qui d'un divin feu brûlez,
A la poffeffion de l'Eternelle Gloire
Ne font pas en vain appellez!
éclatantes que celles dont je
viens de vous parler, font d'une grande édification pour
les peuples. Heureux qui ne
les donne point par hypocrific , & qui eft dans l'ame
ce qu'il paroiſt au dehors . Si
ceux qui ont le cœur veritablement touché des veritez
que la Religion nous enfei-
160 MERCURE
gne font tres eftimables , il
n'y a rien de plus dangereux
que les faux Deyors , qui
n'ayant en veuë que leurs interefts , font feulement pieux
par grimace , & trouvent l'art
de faire fervir à leurs paffions
les apparences trompeufes
qu'ils employent pour perfuader que l'Esprit de Dieu regle
leur conduite. Vous verrez
leur caractere admirablement
dépeint dans l'excellent Ouvrage que vous allez lite . Il
eft de l'Illuftre Madame des
Houlieres , que la beauté de
fes Vers , & le tour heureux
GALANT. 161
& delicat qu'elle donne à fes
penfées , mettent au deffus de
toute loüange.
SS22222252 SSE2527
EPITRE CHAGRINE,
Au R. P. de la Chaife.
SONSOus le debris de vos attraits
Voulez- vous demeurer toujours enfe--
velie ?
M'aditquelqu'un , d'un nom quepar
raifon je tais ,
Qui s'est imaginé que mamélancolie
Vient moins d'une fanté dés longtemps affaiblie,
Que du reproche amer qu'en fecres
je me fais ,
Mars 1692
162 MERCURE
De n'eftre plus affezjolie
Pourfaire naiftre encor quelque tendre folie
Frivole honneur , fur quòy je ne
comptayjamais.
2
Apprenez , me difoit ce quelqu'un
Anonime ,
Que lorsque ce qu'on ade beau
Eftdu ou des maux devenu la temps victime ,
Il faut , pour acquerir une nouvelle
eftime,
Se faire un merite nouveau;
Que c'eft ne vivre plus que de vi.
vre inutile;
?
Qu'ilfaut dans quelque rang
qu'onfait,
Que jusqu'au dernierjour une perJonne babile
Tienne au monde par quelque endroit.
GALANT. 163
Vous nerépondez point ! d'où vient
voftrefilence?
Il vient , luy dis-je alors exprés pour
découvrir
où tendoit cette belle &fage remontrance.
De ce qu'en moy-mefmeje pense
Quel merite nouveau je pourrois ac--
querir.
Je n'en vois points tant jefuis
fotte.
Abus , s'êcria-t-il ! bé, devenez devote.
Ne le devient-on pas à la ville , à la
Cour?
Moy devote ! qui moy ?m'écriay-je à
mon tour
L'efprit bleßé d'un terme employé
d'ordinaire
Lors que d'un Hypocrite onparle avic
détour?
Oij
164 MERCURE
Ony , vous, repliqua-t-il ; vous ne
Scauriez mieux faire
De la devotion ayez moins defrayeur.
Elle eft rude pour le vulgaire,
Mais pour nous il ne faut qu'un peu
d'exterieur.
Allez pourfoutenir le devot caractere,
Il n'en coutera pas beaucoup à vostre
cœur. 2
Tout ce que la fortune a pour vous.
d'injustices
Par là pourroitfe réparer.
·Regardez vos Parens vieillir fans
Benefices.
Songez qu'à voftre Epoux cinquante
ans defervices
N'ont encor pû rien procurer;
Qu'un tas de Creanciers à votre
portegronde,
Et que chez les Devots , biens , honneurs. tout abonde.
GALANT. 165
Que la mode eftpour eux , & peus
longtemps durer,
Et qu'outre ces raisons fur quoy cha
cunfe fonde,
Vous aurez droit de cenfurer
Les actions de tout le monde.
S
Allons doucement, s'il vousplaift,,
Luy dis-je , &fupposé qu'à vos leçonsfidelle
Fe prenne aux jeux du monde une
forme nouvelle
Par une raifon d'intereft ,
LOVIS , éclairé comme il eft,
Quoy que vous vfiezmepromettre,
Connoiftra ma fourbe; il penetre
Au delà de ce qui paroift.
Aquoy m'aura fervy, ma devote grimace,
Qu'à m'en faire moins eftimer;
Malheur dont la fimple menace.
166 MERCURE
Plus
quela mort peut m'alarmer?
S
Quand, me repliqua-t- il , on eft à
voftre place ,
Il nefautpas avoir tant de précaution ;
Mais dûtpour vous lefort-ne changer
point deface,
Certain air de devotion ,
Lorsque l'on n'estplusjeune , a toû→
jours bonne grace;
Redoublez votre attention.
Voyez quel privilege au noftre peut
atteindre.
Avec des mots choifis auffi doux que
le miel;
Sur les gens d'un merite à craindre
on répand àgrandsflots lefiel.
On peut impunément pour l'intereft
du Ciel
Eire dur, fe vanger ,faire des injufti
ces.
GALANT. 167.
Tout n'eft pour les Devots quepeché
veniel.
Nous fçavons en vertu transformer
tous les vices ,
De ladevotion c'est là l'effentiel.
2
Taifez- vous , Scelerat , m'écriay-je
irritée ,
Tout commerce eft fini pour jamais.
entre nous.
Fen aurois avec un Athée,
Millefois pluftoft qu'avec vous.
Mais tandis qu'en difcours ma colere
s'exhale ,
Ce faux, ce dangereux Ami ,
Sort de mon cabinet , traverse cham
bre &falle
D'un air brufque & confus , d'un
pas mal affermi ,
Et me laiffe une horreur , qu'aucune
horreur n'égale.
168 MERCURE
Ah ! c'est unDevot de cabale,
Mais qui ne fait encor fon mestier
qu'à demi.
Il faut de l'art au choix des raiſons
qu'on eftale.
Auffi les habiles Devots
Selon lesgens ont leur morale ,
Et nefe livrentpas ainfimalàpropos,
2
Qu'ilsfont à redouter ! Sur une bagatelle
Leurdonne-t- on le moindre ennui,
Leur vangeance est toujours cruelle.
On n'apoint avec eux de legere querelle..
Fafche-t-on un Devot , c'eft Dien
qu'on fafche en luy.
Ces Apoftre du temps , qui des premiers Apoftres
Nenousfontpoint r effouvenir,
Pardonnent
GALANT.. 169
Pardonnent bien moins que nous
autres.
Contr'eux vent-onfe maintenir,
Empefcher qu'à leurs biens ils ne
joignent les noftres ,
C'est une impieté qu'on ne peut trop
punit.
De la Religion c'est ainsi qu'ils fe
joüent ,
Ils ont un air pieux répandu fur le
front
Que leurs actions defavouënt ,
Ils fontfauxen tout ce qu'ilsfont.
2
Le mestierde Devot, ou plustoft d'Hypocrite,
Devient presque toujours la reſource
des
gens,
Qu'une longue débauche a rendus.
indigens;
Des. Femmes que là beauté quitte ,
Mars 1692 P
170 MERCURE
Ou qui d'un mauvais bruit n'ontpú
Sepreferver,
Dés
Et de ceux qui pour s'élever
N'ont qu'un mediocre merite.
que du Cagotifme on fait profeffion,
De tout ce qu'on a fait la memoire
s'efface.
C'eft fur la réputation
Un excellent vernis qu'on paffè.
Sijepouvois trouver d'affe noires
couleurs ,
Que j'aimerais à faire une fidelle
image
Du fondde leurs perfides cœurs,
Moy qui hais le fard dans les
mœurs
Encor plus quefurle visage,
Et quifçais tous les tours que mettent
en usage
Nosplus celebres impoßicurs !
GALANT. 171
Quelplaifir pourmoy! quellejoye,
De demafquer ces fcelerats ,
Aquile vray merite eft tous lesjours
en proye
Et qui pour l'accabler par une feure
voye
De l'intereft du Ciel couvrent leurs
attentats !
2
Mais, me pourradire un Critique,
Voftre efprit s'égare , arrestez
Quandpour les faux Devots voftre
haine s'explique,
Songez bien contre vous quelles gens
vous mettez.
Pour affaiblir les coups quefur eux
vous portez ,
Ils vous peindront au Roy comme
une libertine.
Je fremisdes ennuis que vous vous
appreftez.
Pij
172 MERCURE
Croyez- moy, contre vous que rien ne
les chagrine.
2
Non, non, dirois-je à ce Cenfeur,
Je fuis leur ennemie , &fais gloire
de l'eftre ,
Et s'ils ofoientfur moy répandre leur
noirceur ,
Quelque Ouvrage pourroit paroi
Stre,
Où je les traiterois avec moins de
douccur ,
Etpar leurs noms enfinje les ferois
connoiftre.
Hé quoy donc,parce que le Roy
Detoutes les vertus donne de grands
exemples,
Quepieux , charitable , affidu dans
nosTemples ,
Il aime le Seigneur , lefert de bonne
foy›
GALANT. 173
Que pour les interests il foûtiens
feul la guerre,
Qu'il a planté la Croix aux deux
bouts de la terre ,
Et
que des libertins il fut toujours
l'effroy ,
On n'ofera parler contre les Hypocrites ?
Hé, qu'ont-ils de commun avec un
un tel Heros ?
Cenfeur , fur ce que vous me dites
Fay Sprit dans un plein repos.
2
Ovous, qui de Louis heureux &facré guide ,
Luy difpenfez du Ciel les celeftes
trefors ,
Vous dont la pietéfolide,
Loin d'étaler aux yeux de faftueux
dehors ,
Et d'avoir d'indifcrets tranfports,
Piij
174 MERCURE
Et pourjuger d'autruy toujours lente
& timide,
Vous enfin dont la probité
Dufang dont vous fortez égale la
noblesse ,
Daignez auprés du Prince aider la
verité,
Si quelque Hypocrite irrité
En luy parlant de moy la bliffe.
De mafoy , de mes mœurs vous éftes
fatisfait.
Vous ne l'eftes pas tant, peut- eftre,
De mafoumiffion pour le Souverain
Eftre,
Dans les maux que fouvent la furtune mefait';
Mais fije nefuis pas dans un eftat
parfait,
Je sens quej'y voudrois bien eftre.
Ony, je voudrois pouvoir , comme
vous le voulez,
GALANT. 175.
Sanctifier les maux qui me livrent
la guerre.
Ah! que mon cœur n'est- il de ces
cœurs ifolez
Qui par aucun endroit ne tiennent
à la terre,
Quifont à leurs devoirsfans referve immolez,
A qui la Grace affure une pleine victoire ,
Es qui d'un divin feu brûlez,
A la poffeffion de l'Eternelle Gloire
Ne font pas en vain appellez!
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Résumé : EPITRE CHAGRINE, AU R. P. de la Chaise.
Le texte explore la distinction entre la véritable piété et l'hypocrisie religieuse, mettant en garde contre les faux dévots qui exploitent la religion pour des intérêts personnels. Ces hypocrites sont décrits comme dangereux, utilisant des apparences trompeuses pour convaincre les autres de leur dévotion sincère. L'auteur mentionne un ouvrage de Madame des Houlières, appréciant la beauté de ses vers et la délicatesse de ses pensées. Ensuite, une épître adressée au R. P. de la Chaise est présentée. Une voix anonyme suggère à l'auteur de se faire un nouveau mérite pour acquérir une nouvelle estime, en devenant dévote par intérêt. L'auteur refuse, trouvant le terme 'dévote' offensant et associé à l'hypocrisie. La voix anonyme insiste sur les avantages matériels et sociaux de la dévotion, mais l'auteur reste sceptique, craignant que sa feinte dévotion ne soit démasquée par le roi Louis, connu pour sa piété et son discernement. L'auteur exprime son désir de sanctifier ses maux et de vivre dans un état parfait, tout en reconnaissant ses imperfections. Le texte critique sévèrement les faux dévots, les décrivant comme des personnes qui utilisent la religion pour masquer leurs vices et leurs intérêts égoïstes. Il exprime le souhait de démasquer ces hypocrites et de révéler leur véritable nature.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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41
p. 25-35
EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
Début :
L'Illustre Madame des Houlieres qui ne suit jamais / Fille des plaisirs, triste Goutte, [...]
Mots clefs :
Goutte, Santé, Louis, Guerriers, Héros, Camp de Namur, Ennemis, Plaisir, Victorieux, Espérance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
L'Illuftre Madame
S
des
Houlieres qui ne fuit jamais
la route commune & qui
donne toujours fujet d'admirer le furprenant & rare talent qu'elle a pour les Vers,
a trouvé un tour ingenieux
pour peindre les alarmes que
nous caufe l'intrepidité qui
porte le Roy à méprifer le
peril. Vous en conviendrez
quand vous aurez leu l'Ouvrage qui fuit.
Aoust 1692.
26 MERCURE
222252555222 22252
E PITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
A LA GOUTTE.
FIlle des plaifirs , trifte Goutte,
Qu'ondit que la Richeſſe accompagne
toujours,
Vous que jamais on ne redoute
Quandfous un toit ruftiqueon voit
couler fesjours ;
Je ne viens pas icy pleine d'impa- tience ,
Effayerpar des vœux d'ordinaire impuiffans,
GALANT. 27
D'adoucir voftre violence.
Goutte, le croirez- vous ? C'est par
reconnoiffance
Queje vous offre de l'encens
2
De cette nouveauté vous paroissez
charmée.
Faite pour n'infpirer que de durs
fentimens,
A de tendres remercimens .
Vous n'eftespas accoutumée.
Commencez à goûter cequ'ils ont de
douceurs.
Qu'on vous rende par tout defu
prêmes honneurs;
Qu'en bronze, qu'en marbre on
vous voye
Triomphante de la Santé
Rétablir dans nos cœurs le repos
la
joye.
شیخ
Acombien deperils LOVIS feroit em
(proye
Cij
28 MERCURE
Si vous n'aviez pas mis fesjours en
feureté !
2
Toutce qu'affrontoitfon courage
Enforçant deNamur les orgueilleux
Rampars ,
Peignoit l'effroy fur le vifage
Desgenereux Guerriers dont ce Heros
partage
Les penibles travaux , les glorieux
hazards.
Dans la crainte de luy déplaire
On n'ofoit condamnerfon ardeur témeraire,
Bien qu'elle puft nous mettre au comble du malheur.
Aforce de refpect on devenoit coupable.
Vous feule, Goutte fecourable,
Avez ofé donner un frein à favaleur.
GALANT. 29
2
Helas ! qui l'auroit dit , à voir
couler nos larmes
Dans ce temps que la paix confacroit
au repos ,
Où de vivesdouleurs attaquoient ce
Heros ,
Quefes maux quelque jourauroient'
pour nous des charmes?
Mais quel bruit quelle voix fe répard
dans les airs?
Quoy done , Meffagere inviſible
De tout ce qui fe fait dans ce vafte
Univers,
Auprés du grand Roy que tu fers
On voit couler le fang ! Evenement
terrible !
Quelle idée offrez- vous à mon cœur
agité?
Sur l'excés de valeur &d'intrepidité,
Plufieurs perfonnes bleffées auprés du Roy.
Cij
30 MERCURE
Ce Heros fera-t-il toujours incorrigi
ble?
28
Vousn'avez pas affez duré,
Goutte , dont j'eftois fi contente,,
Vous trompez ma plus douce attente ,
Vous en quij'efperois , &quej'avois
juré
De celebrer un jour par quelquegrandefefte ( Tefte ,
Si pour nous conferver une fi chere
Dansle Campde Namur vous aviez
mesuré
Vostre durée à fa conquefte.
S
Ab! que ne laiffe-t-il à son augufte
Fils
Dompterde mortels Ennemis
Fameuxpar leur rang, par leur.
nombre
GALANT. 31
Mais qu'à fuivre fon char le Ciel a
condamnez!
Qu'ilne nous quitte plus , qu'ilje
repose à l'ombre
Des Lauriers qu'il a moiffonnez.
N'eft-ilpoint las de wainore ? & ne
doit- il pas croire
Quefon nompour durertoujours
N'a plus affaire dufecours
De quelque nouvelle Victoire ?
Ces Grecs & ces Romains fi vantez
dans l'Hiftoire
Ont fauvé leurs noms du trépas
Par des faits moins brillans , moins
dignes de memoire.
Affreuse avidité degloire !
La fienne efface tout, & ne luyfuffit
pas.
S
De tant de Nations la chere & vaine
Idole
Cilj
32 MERCURE
Naffau , par plus d'un crime en Mo
narque érigé,
Dés qu'il fçait Namur affiegés
Fremit , raffemble tout, & vers la
Sambre vole ,
A voir fi prés de nous floter fes Etendars..
A quelque noble effort qui n'auroit
du s'attendre?
Mais toutfçavant qu'il eft dans le
Métier de Mars ,
Ilfemble n'eftre enfin venu que pour
apprendre
Le grand Art de forcer une Place à
Se rendresses
E1 pour fes Alliez toujours remply
d'égards ,
Lancerfur noftre Camp de menaçans.
regards ,
Eft tout ce qu'il ofe entreprendre.
GALANT.
33
2
Tout ce qui justifie &nourrit les terreurs ,
་
L'Art , la Nature, cent mille hommes ,
Et ce que l'byver a d'horreurs ;
Malgré lafaifon où nous fommess
Auront vainement entrepris
De rendre Namur imprenable,
Quand Louis l'attaque, il eftpris,
Etces amas de Rois que fa puiſſance
accable ,
Eft la Montagne de la Fable,
Quide l'attention fait passer au mépris.
2
Non, je ne mefuis point trompée,
Je voy courirle Peuple , & je lis dans
fesyeux
Que LOVIS eft victorieux.
Macrainte pourfa vie est enfindiffi
pée,
34 MERCURE
Etje n'afpire plus qu'à revoir dans
ces lieux
Ce Heros dont mon ame est toujours
occupée.
Goutte , qu'on vit trop toft finir ,
Et dontje viens d'avoir l'audace de
me plaindre
Puis que pour ce Vainqueur on n'a
plus rien à craindre,
Gardez-vous bien de revenir.
2.
Ne le dérobez point à noftre impatience.
Lors qu'il eft éloigné de nous
Tout est enfevely dans un morne fi- lence ,
Et le foible plaifir que donne l'efpe
rance,
Eft le feul plaifir qnifoit doux.
Mais , Goutte, s'il eft vray ce qu'on
nous ditfans ceffe ,
GALANT: 35
Que jusqu'à l'extrême vieillefe
Fous conduisez les jours lors que
vous ne venez
Qu'aprésqu'on apaßéhuitLuftres,
Pour des jours précieux , &toujours´
fortunez
Fours quifont tous marquezpar quelquesfaits illuftres ,
Quelle esperance vous donnez !
S
des
Houlieres qui ne fuit jamais
la route commune & qui
donne toujours fujet d'admirer le furprenant & rare talent qu'elle a pour les Vers,
a trouvé un tour ingenieux
pour peindre les alarmes que
nous caufe l'intrepidité qui
porte le Roy à méprifer le
peril. Vous en conviendrez
quand vous aurez leu l'Ouvrage qui fuit.
Aoust 1692.
26 MERCURE
222252555222 22252
E PITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
A LA GOUTTE.
FIlle des plaifirs , trifte Goutte,
Qu'ondit que la Richeſſe accompagne
toujours,
Vous que jamais on ne redoute
Quandfous un toit ruftiqueon voit
couler fesjours ;
Je ne viens pas icy pleine d'impa- tience ,
Effayerpar des vœux d'ordinaire impuiffans,
GALANT. 27
D'adoucir voftre violence.
Goutte, le croirez- vous ? C'est par
reconnoiffance
Queje vous offre de l'encens
2
De cette nouveauté vous paroissez
charmée.
Faite pour n'infpirer que de durs
fentimens,
A de tendres remercimens .
Vous n'eftespas accoutumée.
Commencez à goûter cequ'ils ont de
douceurs.
Qu'on vous rende par tout defu
prêmes honneurs;
Qu'en bronze, qu'en marbre on
vous voye
Triomphante de la Santé
Rétablir dans nos cœurs le repos
la
joye.
شیخ
Acombien deperils LOVIS feroit em
(proye
Cij
28 MERCURE
Si vous n'aviez pas mis fesjours en
feureté !
2
Toutce qu'affrontoitfon courage
Enforçant deNamur les orgueilleux
Rampars ,
Peignoit l'effroy fur le vifage
Desgenereux Guerriers dont ce Heros
partage
Les penibles travaux , les glorieux
hazards.
Dans la crainte de luy déplaire
On n'ofoit condamnerfon ardeur témeraire,
Bien qu'elle puft nous mettre au comble du malheur.
Aforce de refpect on devenoit coupable.
Vous feule, Goutte fecourable,
Avez ofé donner un frein à favaleur.
GALANT. 29
2
Helas ! qui l'auroit dit , à voir
couler nos larmes
Dans ce temps que la paix confacroit
au repos ,
Où de vivesdouleurs attaquoient ce
Heros ,
Quefes maux quelque jourauroient'
pour nous des charmes?
Mais quel bruit quelle voix fe répard
dans les airs?
Quoy done , Meffagere inviſible
De tout ce qui fe fait dans ce vafte
Univers,
Auprés du grand Roy que tu fers
On voit couler le fang ! Evenement
terrible !
Quelle idée offrez- vous à mon cœur
agité?
Sur l'excés de valeur &d'intrepidité,
Plufieurs perfonnes bleffées auprés du Roy.
Cij
30 MERCURE
Ce Heros fera-t-il toujours incorrigi
ble?
28
Vousn'avez pas affez duré,
Goutte , dont j'eftois fi contente,,
Vous trompez ma plus douce attente ,
Vous en quij'efperois , &quej'avois
juré
De celebrer un jour par quelquegrandefefte ( Tefte ,
Si pour nous conferver une fi chere
Dansle Campde Namur vous aviez
mesuré
Vostre durée à fa conquefte.
S
Ab! que ne laiffe-t-il à son augufte
Fils
Dompterde mortels Ennemis
Fameuxpar leur rang, par leur.
nombre
GALANT. 31
Mais qu'à fuivre fon char le Ciel a
condamnez!
Qu'ilne nous quitte plus , qu'ilje
repose à l'ombre
Des Lauriers qu'il a moiffonnez.
N'eft-ilpoint las de wainore ? & ne
doit- il pas croire
Quefon nompour durertoujours
N'a plus affaire dufecours
De quelque nouvelle Victoire ?
Ces Grecs & ces Romains fi vantez
dans l'Hiftoire
Ont fauvé leurs noms du trépas
Par des faits moins brillans , moins
dignes de memoire.
Affreuse avidité degloire !
La fienne efface tout, & ne luyfuffit
pas.
S
De tant de Nations la chere & vaine
Idole
Cilj
32 MERCURE
Naffau , par plus d'un crime en Mo
narque érigé,
Dés qu'il fçait Namur affiegés
Fremit , raffemble tout, & vers la
Sambre vole ,
A voir fi prés de nous floter fes Etendars..
A quelque noble effort qui n'auroit
du s'attendre?
Mais toutfçavant qu'il eft dans le
Métier de Mars ,
Ilfemble n'eftre enfin venu que pour
apprendre
Le grand Art de forcer une Place à
Se rendresses
E1 pour fes Alliez toujours remply
d'égards ,
Lancerfur noftre Camp de menaçans.
regards ,
Eft tout ce qu'il ofe entreprendre.
GALANT.
33
2
Tout ce qui justifie &nourrit les terreurs ,
་
L'Art , la Nature, cent mille hommes ,
Et ce que l'byver a d'horreurs ;
Malgré lafaifon où nous fommess
Auront vainement entrepris
De rendre Namur imprenable,
Quand Louis l'attaque, il eftpris,
Etces amas de Rois que fa puiſſance
accable ,
Eft la Montagne de la Fable,
Quide l'attention fait passer au mépris.
2
Non, je ne mefuis point trompée,
Je voy courirle Peuple , & je lis dans
fesyeux
Que LOVIS eft victorieux.
Macrainte pourfa vie est enfindiffi
pée,
34 MERCURE
Etje n'afpire plus qu'à revoir dans
ces lieux
Ce Heros dont mon ame est toujours
occupée.
Goutte , qu'on vit trop toft finir ,
Et dontje viens d'avoir l'audace de
me plaindre
Puis que pour ce Vainqueur on n'a
plus rien à craindre,
Gardez-vous bien de revenir.
2.
Ne le dérobez point à noftre impatience.
Lors qu'il eft éloigné de nous
Tout est enfevely dans un morne fi- lence ,
Et le foible plaifir que donne l'efpe
rance,
Eft le feul plaifir qnifoit doux.
Mais , Goutte, s'il eft vray ce qu'on
nous ditfans ceffe ,
GALANT: 35
Que jusqu'à l'extrême vieillefe
Fous conduisez les jours lors que
vous ne venez
Qu'aprésqu'on apaßéhuitLuftres,
Pour des jours précieux , &toujours´
fortunez
Fours quifont tous marquezpar quelquesfaits illuftres ,
Quelle esperance vous donnez !
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Résumé : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, A LA GOUTTE.
Le poème est dédié à Madame des Houlières et célèbre son talent poétique ainsi que son courage face aux dangers auxquels le roi Louis XIV est confronté. Il commence par louer Madame des Houlières pour son génie et sa bravoure, soulignant les périls que le roi affronte, notamment lors du siège de Namur. Le texte exprime une admiration profonde pour l'intrépidité du roi malgré les risques qu'il encourt. Le poème aborde également la maladie du roi, la 'Goutte', et exprime le souhait qu'elle ne revienne pas afin de permettre au roi de poursuivre ses exploits militaires. La 'Goutte' est personnifiée et implorée de ne pas revenir, afin que le roi puisse rester en bonne santé et continuer à triompher sur le champ de bataille. Le texte se termine par une expression d'espoir que la 'Goutte' ne revienne jamais, permettant ainsi au roi de rester victorieux et d'inspirer admiration et respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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42
p. 181-190
A MONSIEUR LE PELLETIER DE SOUZI.
Début :
Je ne vous diray point, pour vous engager à lire l'Ouvrage / Je ne sçaurois m'en empêcher, [...]
Mots clefs :
Amour, Raison, Nature, Querelle, Louis, Seigneur, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE PELLETIER DE SOUZI.
Je ne vous diray point,
pour vous engager à lire l'Ouvrage qui fuit, sur quelle ma*
tiercil aesté fait.vousdiray feulement qu'il eftdcrillustre Madame desHoulierer.,
-- "'ï-"- - Pourriezvousaprès cela .,. n'a-
voir pas d'cmprcflémeotpouf
cccte lecture?
-
AMOSIEUR
LIL EÉr rE-LXJLXIE& -- -,
it
1DEs0uI.
JEnefçaurois m'enempêcher*
Il faut, Seigneur, que jevoùs
gronde.
Jevous cherche avec foin maisfty
beau vùus chercher
, Je
ne jçaaroistous approcher3
j9~<? lors que r»ftre porte ouverte 4
toutlf monde
'Uemrjle avec les gens qu'on Aime
*
dépefeber. ,
Quelque réflexion profonde
Quefajfe là.*de(fus mon ejprit alarme,
Je ne devine point sur qitoycela fc
fonde,
Mtjeriay pas accoutumé
Que dans lafoule onmeconfonde.
Si vous p:JuvleZ ffavoir les affligeansdifeours
..f<!!e me tient en secret le plus insurmontable,
Le plus dangereux de; amourst
Vousferk^moins impraticable.
Vous esses etonm
,
Seigieur,
Mais cjuevoflre cfpritse rassure,
Jcriafpire pointaChonneur
D'aucune galante évanture.
L'amour dont je vous parle à luy~
mefmç efl borné»
Ilsaisi d'un peu d'encens toute si
nourriture.
La raison
,
laJagejp>e* vain font
condamné,
Avec nous cet amour tjl néy
Autant quenouscetamourdure.
C'eftun foible, il ejîvray
,
maistout examiné, -
C'ejf un foible qxe la Nature
Aux plusgrands hommes a
donné,
Terfonne nîejtassiz, PIlCtrt
pour avouer, comme je fais,
Tout ce que faitfoujfrirïamourprù*
pre en colere.
L'un dit, jenen aypoint> l'autre,je
nen ay gutre.
Si detelsdifeours ejfoient vrais,
Les Dames craindroient moins qu'oit
les vist négligées,
De n'avoir plUdorm)ftroiint moinÀ
aflfigées,
Ztn'emprunteraient jointdAt- traits.
Les Amans, les Guerriers ne vontproientjoint la tejîe
De leurbonnefortune,&de tous leurs
hautsfaits.
MtjfitNrs les beaux espritsseferoient
moins de frjleJ
Et quand,ce qu'ilsfont eflmauvais,
Ilsfouffriroientdu moinsenfaix
^u'onfftde leur ouvrage une critique honneste.
Mais que fais-je,& pourquoy dans
ma Lettre entasser
Bagatellesur bagatelle?
Seigneur, en la lisant vous font)en
Uspatfet,
Revenons à noflre querelle.
Comme vojtre bonté jointe a
voftrc
pouvoir
J beaucoupdimportunstous leslu"
vous expoJet
feut-efire crojc^vous queje ne veux,
vous voir,
jguc pour demanderquelquechofe*
En ce cas, ctjlbienfat d'avoirfit
porte close.
Dans un temps de befiins ri d'/1M.
haras tiffk>
Demandeur» quel quilJoitt dottefire
malreceu.
Mais, SeigllCM", un Portier, doit-il
efire barbare,
j^uand on vient pourremercier,
Et d'uncompliment aussi rare,
Doit-on fipeu.sisoucier ?
Ne dtmt'On pas a mentendre
Jgue le malheur du tempsfixe vojbç
bonté» 1
J$*t fourles mmx dautruy vous
devenez moins tendre,
Et tfuun remsrciment'doitfarsa rareté
Agnablementvous furprevdre?
Ah !Ji comme chacun ade difftrens
goufts,
Les rarctex*pouvaientvousflaire,
Ilfaudroitfourvousfattsfaire,
Vous faire voirdesgens qllisi flaU
gnent de vous.
Maisoù les rencontrer, quand chacun
vus honore,
J>)uand de tous cofiez, on n'en..
tend
Jt>ue des gens que l'excès de vos bon-
»
u\,surprend,
J>)uisedifint,per/onne en vain ne
les implore,
Par tout il fait de cœurs une riche
moiffini
Et quoy qui'lserve bien, on ne voie
point encore
De malheureux de sa sason?
Que cet eloge eftgrAnd,Seigneur!
touteId gloire
^uau milieu desfangUns combats
Donne une célébré vtâoire,
A beaucoup prés ne le vaut pas.
D'un siprécieux caraUete
OnA vu 14 nAture Avare en tous les
temps, --
Et mesme dans le cour* des emplois
éclatans,
Un si beau naturel m se confervt
guere.
Cependant>
moy qu'onneverra>
Ny juger brusquement d'une chose
j
future,
Ny mettre volontiers mon bien a Cavanturea 1
Je gageraj ce qu'on voudtd,
.%me lors que de LOVIS
toutepure
Vous placera,Seigneur, augré de mes
Jauhaits»
L'abondance de ftsbitllfAils,
Vontleparfait mérité efi toujours
la mesure,
-
En vous ne corromprajamais
Ce qita mis de bon la nature 7
£t it x*Ç#eray ma rareure>
Eu*attendant cet heureux jour,
Ou par une conduite habile, jujle à"
fige)
Vous ramenerez ce bel âge
tûu le monde naissant, du bien & de
l'amour
--
Fdifoit un innocent usage,
D,nlltZ ordre) Seigneur
>
qu'on ne
me diseplus
,
- Ce qu'en saceouturnea me dire]]
Souffrez, que faille enfin dans v
momensperdus j
pf/Ajflr vojîre ejprit de tout Vennui
qu'attire I
Unpénible travail&desfoins a[j'h
dus•,
-
àmsyfeule«
Je nemenfiemypointàmoy filllt'
drjepense-i
Jguavec ,~_ 4vec moyOJ jeJt vous meneray llJelleYIIJ
Desgens de vostre conuoiJJajtie, si
Horace, Virgile, Terences
Et peut-efîre avec eux je vous antH*
efray.
pour vous engager à lire l'Ouvrage qui fuit, sur quelle ma*
tiercil aesté fait.vousdiray feulement qu'il eftdcrillustre Madame desHoulierer.,
-- "'ï-"- - Pourriezvousaprès cela .,. n'a-
voir pas d'cmprcflémeotpouf
cccte lecture?
-
AMOSIEUR
LIL EÉr rE-LXJLXIE& -- -,
it
1DEs0uI.
JEnefçaurois m'enempêcher*
Il faut, Seigneur, que jevoùs
gronde.
Jevous cherche avec foin maisfty
beau vùus chercher
, Je
ne jçaaroistous approcher3
j9~<? lors que r»ftre porte ouverte 4
toutlf monde
'Uemrjle avec les gens qu'on Aime
*
dépefeber. ,
Quelque réflexion profonde
Quefajfe là.*de(fus mon ejprit alarme,
Je ne devine point sur qitoycela fc
fonde,
Mtjeriay pas accoutumé
Que dans lafoule onmeconfonde.
Si vous p:JuvleZ ffavoir les affligeansdifeours
..f<!!e me tient en secret le plus insurmontable,
Le plus dangereux de; amourst
Vousferk^moins impraticable.
Vous esses etonm
,
Seigieur,
Mais cjuevoflre cfpritse rassure,
Jcriafpire pointaChonneur
D'aucune galante évanture.
L'amour dont je vous parle à luy~
mefmç efl borné»
Ilsaisi d'un peu d'encens toute si
nourriture.
La raison
,
laJagejp>e* vain font
condamné,
Avec nous cet amour tjl néy
Autant quenouscetamourdure.
C'eftun foible, il ejîvray
,
maistout examiné, -
C'ejf un foible qxe la Nature
Aux plusgrands hommes a
donné,
Terfonne nîejtassiz, PIlCtrt
pour avouer, comme je fais,
Tout ce que faitfoujfrirïamourprù*
pre en colere.
L'un dit, jenen aypoint> l'autre,je
nen ay gutre.
Si detelsdifeours ejfoient vrais,
Les Dames craindroient moins qu'oit
les vist négligées,
De n'avoir plUdorm)ftroiint moinÀ
aflfigées,
Ztn'emprunteraient jointdAt- traits.
Les Amans, les Guerriers ne vontproientjoint la tejîe
De leurbonnefortune,&de tous leurs
hautsfaits.
MtjfitNrs les beaux espritsseferoient
moins de frjleJ
Et quand,ce qu'ilsfont eflmauvais,
Ilsfouffriroientdu moinsenfaix
^u'onfftde leur ouvrage une critique honneste.
Mais que fais-je,& pourquoy dans
ma Lettre entasser
Bagatellesur bagatelle?
Seigneur, en la lisant vous font)en
Uspatfet,
Revenons à noflre querelle.
Comme vojtre bonté jointe a
voftrc
pouvoir
J beaucoupdimportunstous leslu"
vous expoJet
feut-efire crojc^vous queje ne veux,
vous voir,
jguc pour demanderquelquechofe*
En ce cas, ctjlbienfat d'avoirfit
porte close.
Dans un temps de befiins ri d'/1M.
haras tiffk>
Demandeur» quel quilJoitt dottefire
malreceu.
Mais, SeigllCM", un Portier, doit-il
efire barbare,
j^uand on vient pourremercier,
Et d'uncompliment aussi rare,
Doit-on fipeu.sisoucier ?
Ne dtmt'On pas a mentendre
Jgue le malheur du tempsfixe vojbç
bonté» 1
J$*t fourles mmx dautruy vous
devenez moins tendre,
Et tfuun remsrciment'doitfarsa rareté
Agnablementvous furprevdre?
Ah !Ji comme chacun ade difftrens
goufts,
Les rarctex*pouvaientvousflaire,
Ilfaudroitfourvousfattsfaire,
Vous faire voirdesgens qllisi flaU
gnent de vous.
Maisoù les rencontrer, quand chacun
vus honore,
J>)uand de tous cofiez, on n'en..
tend
Jt>ue des gens que l'excès de vos bon-
»
u\,surprend,
J>)uisedifint,per/onne en vain ne
les implore,
Par tout il fait de cœurs une riche
moiffini
Et quoy qui'lserve bien, on ne voie
point encore
De malheureux de sa sason?
Que cet eloge eftgrAnd,Seigneur!
touteId gloire
^uau milieu desfangUns combats
Donne une célébré vtâoire,
A beaucoup prés ne le vaut pas.
D'un siprécieux caraUete
OnA vu 14 nAture Avare en tous les
temps, --
Et mesme dans le cour* des emplois
éclatans,
Un si beau naturel m se confervt
guere.
Cependant>
moy qu'onneverra>
Ny juger brusquement d'une chose
j
future,
Ny mettre volontiers mon bien a Cavanturea 1
Je gageraj ce qu'on voudtd,
.%me lors que de LOVIS
toutepure
Vous placera,Seigneur, augré de mes
Jauhaits»
L'abondance de ftsbitllfAils,
Vontleparfait mérité efi toujours
la mesure,
-
En vous ne corromprajamais
Ce qita mis de bon la nature 7
£t it x*Ç#eray ma rareure>
Eu*attendant cet heureux jour,
Ou par une conduite habile, jujle à"
fige)
Vous ramenerez ce bel âge
tûu le monde naissant, du bien & de
l'amour
--
Fdifoit un innocent usage,
D,nlltZ ordre) Seigneur
>
qu'on ne
me diseplus
,
- Ce qu'en saceouturnea me dire]]
Souffrez, que faille enfin dans v
momensperdus j
pf/Ajflr vojîre ejprit de tout Vennui
qu'attire I
Unpénible travail&desfoins a[j'h
dus•,
-
àmsyfeule«
Je nemenfiemypointàmoy filllt'
drjepense-i
Jguavec ,~_ 4vec moyOJ jeJt vous meneray llJelleYIIJ
Desgens de vostre conuoiJJajtie, si
Horace, Virgile, Terences
Et peut-efîre avec eux je vous antH*
efray.
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Résumé : A MONSIEUR LE PELLETIER DE SOUZI.
L'auteur d'une lettre exprime son désir de rencontrer un seigneur à qui elle est adressée. Il mentionne que son ouvrage est dédié à Madame des Houlières. Il reconnaît la difficulté de se rapprocher du seigneur, malgré l'ouverture de sa porte à tous. L'auteur parle d'un amour secret et insurmontable, partagé par tous les hommes, décrit comme un faible naturel présent même chez les plus grands. L'auteur s'étonne de la fermeture de la porte du seigneur, malgré sa bonté et son pouvoir. Il se plaint de la rudesse du portier et de l'indifférence générale face aux malheurs des autres. Il loue les qualités du seigneur, soulignant que sa bonté et son mérite sont reconnus par tous. Il espère que, lorsque le seigneur sera placé par le roi Louis, il conservera ses qualités naturelles. Enfin, l'auteur demande au seigneur de lui accorder un moment pour discuter, malgré les occupations du seigneur. Il promet de lui faire découvrir des auteurs classiques comme Horace, Virgile et Térence, et de l'accompagner dans ses pensées et ses travaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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43
p. 133-141
EPISTRE.
Début :
Je vous envoye des Vers de Madame des Houlieres, & / Aprés que tous les Elemens, [...]
Mots clefs :
Génie, Mr Arnaud, Fermier général, Vin, Esculape, Café, Satyre, Louis, Muses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPISTRE.
Je vous envoye des Vers
de Madame des Houlieres, &,
non feulement ce font des
Vers dignes d'elle , ce qui doit
vous en donner la plus grande
idée , mais vous les admirerez
d'autant plus , que quoy qu'ils
foient faits fur une matiere
qui femble fterile , elle y a
meflé les penfées du monde
134 MERCURE
les plus agreables, & en fort
grand nombre; mais que ne
peut pas un genie auffi élevé
& auffi beau que le fien ! Elle
fe plaignoit du mauvais Vin
de l'année derniere , & M
Arnaud , Fermier General,
toujours genereux pour les
Amis , & ne negligeant aucune occafion de les obliger,
luy en envoya un muid avec
du Caffe. C'est pour l'en re
mercier que Madame des
Houlieres a fait les Vers que
vous allez lire.
GALANT. 135
EPISTRE.
APrésque tousles Elemens,
Par d'horribles dereglemens ,
Nous ont fait une longue guerre,
Lors qu'ilfemble que le Soleil
N'eft plus amoureux de la Terre ,
Par quel charme ay-je à mon réveil
Une piece de vin pareil
Au précieux Nectar du Maistre du
Tonnerre?
R
Quelgenereux Mortel peut avoir
pris ce foin,
Dontnos modernes Efculapes
S'avifent de trouver que j'ay tant de
befoin,
Quand on n'a tiréde nos grapes
Qu'un Vin, qui froid & vert du
Verjus n'eſt pas loin?
136 MERCURE
Čenepeut eftre que Timandre ;
A cegouft de n'épargner rien
Quand on trouve un fervice à
rendre ,
Et de faire toujours du bien,
On ne sçauroit pas fe méprendres
Peudecœurs là- deffus font faits comme lefien.
S
Ouy , Timandre , c'est vous , & de
Pilluftre Race
Dont le Ciel vous afait fortir,
Vous fuivez pas à pas la glorieufe
trace.
On ne voit rien en vous qui puiſſe
démentir
La pictè , la noble audace ,
Lagenerofité, l'éclat
De ces Arcs- boutans de l'Etat,
Nydeces Heros de la Grace ;
Quipour les Concerts du Parnaffe.
GALANT. 137.
Euvent toujours un gouft fi fin , fi
delicat.
S
C'est à ce doux panchant qu'ils ont
eu pour les Mafes,
Qui d'eux a paſsé juſqu'à vous,
Que je dois l'amitié qui fe forme
entre nous ,
Et qui vous fait chercher tant d'agreables rufes ,
Pourfaire que chez moy l'on trouve
tous les jours
DeCaffe , de liqueurs une pleine abondance;
Et de ce vin dont l'excellence >
Pour mafanté , dit - on , fera d'un
grandfecours.
S
Quoy que l'Hiftoire en puiffe dire,
Le vin qui jadis dans Tibur
D'Horace égayoit la Satyre,
Octobre i 693. M
138 MERCURE
Le vin qu'Anacreon celebroit furfa
Lyre,
N'eftoit nyfi beau , ny fi pur.
A des rubisfondus fa couleur eftfem
blable,
Il tient ce que promet ſa brillante 1 couleur.
Vue utile & douce chaleur
Fait qu'on penfe au fortir de table,
Avoir pris de cet orpotable,
Qui triomphe des ans , qui chaffe la
douleur ,
Qui fait tout, & qui par malheur
N'ajamais efté qu'une Fable.
S
Cependant quelque precieux
Que foit un tel breuvage , un Zele
ardent & tendre
Pour le Public le fait répandre ,
Quand LOVIS eft victorieux.
GALANT. 179
Les muids font défoncez dans les
brillantes Feftes ,
ойpour luy l'on rend grace aux
Et tandis
Cieux ;
que le bruit de fes grandes
conqueftes,
Troublefes Ennemis de fa gloire envieux ,
Voftre excellent vin dans ces lieux
Trouble un nombre infini de teftes.
2
Qui l'auroit pu penfer! moy, qui dés
le berceau
Suis en habitude de boire
Avec les Filles de Memoire,
Et de m'enyorerde cette eau ,
Qui des tencbres du tombe au
A le donde fauver la gloire,
Enfin , moy, qnijufqu'aujourd'huy
·N'avois avec Bacchus prefque point
de commerce,
Mij
140 MERCURE
Fay fait connoillance avecluy.
Heureufe fi ceDieu peut diffiperl'en
nuy
Du maudit fort qui me traverſe,
Et d'une fanté foible eftre le ferme
appuy.
S
Quand je fonge pourtant en perSonne fensée
A voſtre preſent merveilleux,
A ne vous rien cacher , il me vient
en pensée
Qu'il peut, tout beau qu'il eft , eftre
un peu dangereux.
On(ne pourroitpas mieux s'y pren
dre
Pour faire une galante & douce trabifon.
Quelque force qu'ait la raison,
Helas . contre le vin peut-elle fe
défendre ?
GALANT. 141
Non, &fouventl' Amour mele pour
nous furprendre ,
Dans le vinfonfubril poison ;
Mais par bonheur pour moy,
mandre,
Ti
Vous eftes plus fage que tendre,
Et d'ailleurs, jefuis loin de la belle
faifon,
Où les pieges font bons à tendré.
de Madame des Houlieres, &,
non feulement ce font des
Vers dignes d'elle , ce qui doit
vous en donner la plus grande
idée , mais vous les admirerez
d'autant plus , que quoy qu'ils
foient faits fur une matiere
qui femble fterile , elle y a
meflé les penfées du monde
134 MERCURE
les plus agreables, & en fort
grand nombre; mais que ne
peut pas un genie auffi élevé
& auffi beau que le fien ! Elle
fe plaignoit du mauvais Vin
de l'année derniere , & M
Arnaud , Fermier General,
toujours genereux pour les
Amis , & ne negligeant aucune occafion de les obliger,
luy en envoya un muid avec
du Caffe. C'est pour l'en re
mercier que Madame des
Houlieres a fait les Vers que
vous allez lire.
GALANT. 135
EPISTRE.
APrésque tousles Elemens,
Par d'horribles dereglemens ,
Nous ont fait une longue guerre,
Lors qu'ilfemble que le Soleil
N'eft plus amoureux de la Terre ,
Par quel charme ay-je à mon réveil
Une piece de vin pareil
Au précieux Nectar du Maistre du
Tonnerre?
R
Quelgenereux Mortel peut avoir
pris ce foin,
Dontnos modernes Efculapes
S'avifent de trouver que j'ay tant de
befoin,
Quand on n'a tiréde nos grapes
Qu'un Vin, qui froid & vert du
Verjus n'eſt pas loin?
136 MERCURE
Čenepeut eftre que Timandre ;
A cegouft de n'épargner rien
Quand on trouve un fervice à
rendre ,
Et de faire toujours du bien,
On ne sçauroit pas fe méprendres
Peudecœurs là- deffus font faits comme lefien.
S
Ouy , Timandre , c'est vous , & de
Pilluftre Race
Dont le Ciel vous afait fortir,
Vous fuivez pas à pas la glorieufe
trace.
On ne voit rien en vous qui puiſſe
démentir
La pictè , la noble audace ,
Lagenerofité, l'éclat
De ces Arcs- boutans de l'Etat,
Nydeces Heros de la Grace ;
Quipour les Concerts du Parnaffe.
GALANT. 137.
Euvent toujours un gouft fi fin , fi
delicat.
S
C'est à ce doux panchant qu'ils ont
eu pour les Mafes,
Qui d'eux a paſsé juſqu'à vous,
Que je dois l'amitié qui fe forme
entre nous ,
Et qui vous fait chercher tant d'agreables rufes ,
Pourfaire que chez moy l'on trouve
tous les jours
DeCaffe , de liqueurs une pleine abondance;
Et de ce vin dont l'excellence >
Pour mafanté , dit - on , fera d'un
grandfecours.
S
Quoy que l'Hiftoire en puiffe dire,
Le vin qui jadis dans Tibur
D'Horace égayoit la Satyre,
Octobre i 693. M
138 MERCURE
Le vin qu'Anacreon celebroit furfa
Lyre,
N'eftoit nyfi beau , ny fi pur.
A des rubisfondus fa couleur eftfem
blable,
Il tient ce que promet ſa brillante 1 couleur.
Vue utile & douce chaleur
Fait qu'on penfe au fortir de table,
Avoir pris de cet orpotable,
Qui triomphe des ans , qui chaffe la
douleur ,
Qui fait tout, & qui par malheur
N'ajamais efté qu'une Fable.
S
Cependant quelque precieux
Que foit un tel breuvage , un Zele
ardent & tendre
Pour le Public le fait répandre ,
Quand LOVIS eft victorieux.
GALANT. 179
Les muids font défoncez dans les
brillantes Feftes ,
ойpour luy l'on rend grace aux
Et tandis
Cieux ;
que le bruit de fes grandes
conqueftes,
Troublefes Ennemis de fa gloire envieux ,
Voftre excellent vin dans ces lieux
Trouble un nombre infini de teftes.
2
Qui l'auroit pu penfer! moy, qui dés
le berceau
Suis en habitude de boire
Avec les Filles de Memoire,
Et de m'enyorerde cette eau ,
Qui des tencbres du tombe au
A le donde fauver la gloire,
Enfin , moy, qnijufqu'aujourd'huy
·N'avois avec Bacchus prefque point
de commerce,
Mij
140 MERCURE
Fay fait connoillance avecluy.
Heureufe fi ceDieu peut diffiperl'en
nuy
Du maudit fort qui me traverſe,
Et d'une fanté foible eftre le ferme
appuy.
S
Quand je fonge pourtant en perSonne fensée
A voſtre preſent merveilleux,
A ne vous rien cacher , il me vient
en pensée
Qu'il peut, tout beau qu'il eft , eftre
un peu dangereux.
On(ne pourroitpas mieux s'y pren
dre
Pour faire une galante & douce trabifon.
Quelque force qu'ait la raison,
Helas . contre le vin peut-elle fe
défendre ?
GALANT. 141
Non, &fouventl' Amour mele pour
nous furprendre ,
Dans le vinfonfubril poison ;
Mais par bonheur pour moy,
mandre,
Ti
Vous eftes plus fage que tendre,
Et d'ailleurs, jefuis loin de la belle
faifon,
Où les pieges font bons à tendré.
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Résumé : EPISTRE.
Madame des Houlières adresse une lettre à Monsieur Arnaud, Fermier Général, pour exprimer sa gratitude pour un muid de vin et du café qu'il lui a envoyés. Elle se plaint du mauvais vin de l'année précédente et admire la générosité de Monsieur Arnaud. Les vers intitulés 'Épître' accompagnant la lettre commencent par une réflexion sur les éléments naturels et la guerre qu'ils ont menée. Madame des Houlières exprime sa surprise et sa joie de recevoir un vin de qualité, qu'elle compare au nectar des dieux. Elle identifie Timandre, pseudonyme de Monsieur Arnaud, comme un homme généreux et noble, louant sa générosité et son esprit délicat. Elle mentionne également l'abondance de café et de liqueurs chez elle, grâce à l'amitié partagée. Les vers continuent en comparant le vin reçu à ceux célèbres dans l'histoire, comme ceux d'Horace et d'Anacréon, soulignant sa qualité et ses bienfaits. Madame des Houlières conclut en exprimant son inquiétude quant aux dangers potentiels du vin, tout en reconnaissant sa force et son pouvoir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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44
p. 222-224
SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Début :
Il auroit esté facheux pour la France qu'un si beau / Tous les Princes liguez sont prest de s'abismer. [...]
Mots clefs :
Turin, Louis, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Ilauroit cfté facheux pour la France qu'un fi
beau morceau d Hiftoire cuft
efté ignoré de la Pofterité.
Cependant je vous envoye des
Vers qui ont efté faits fur la
GALANT. 223
derniere Bataille. Le premier
Madrigal cft de Mademoifelle de Scuderi .
SUR
LA DEFAITE
des Alliez en Piedmont.
Tous les Princes lignez fontprifts de s'abifmer .
L'un veut paffer le Pộ, l'autre paſſe
la mer.
Malgré leurs mouvemens , leurs projets , leurs menaces ,
Nous fauvons Pignerol , nous leur
prenons des Places;
Infpirez parLouis comme parle Dieu
Mars,
Aux partesde Turin unegrande Victoire
Tiiij
224 MERCURE
Couvre encor les François d'une nouvellegloire ,
Et nous voyons enfin vaincus de toutes parts
Les Aigles , les Lions , & les fiers
Leopards
beau morceau d Hiftoire cuft
efté ignoré de la Pofterité.
Cependant je vous envoye des
Vers qui ont efté faits fur la
GALANT. 223
derniere Bataille. Le premier
Madrigal cft de Mademoifelle de Scuderi .
SUR
LA DEFAITE
des Alliez en Piedmont.
Tous les Princes lignez fontprifts de s'abifmer .
L'un veut paffer le Pộ, l'autre paſſe
la mer.
Malgré leurs mouvemens , leurs projets , leurs menaces ,
Nous fauvons Pignerol , nous leur
prenons des Places;
Infpirez parLouis comme parle Dieu
Mars,
Aux partesde Turin unegrande Victoire
Tiiij
224 MERCURE
Couvre encor les François d'une nouvellegloire ,
Et nous voyons enfin vaincus de toutes parts
Les Aigles , les Lions , & les fiers
Leopards
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Résumé : SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Le texte relate une victoire militaire française en Piémont, malgré les efforts des princes étrangers. Inspirés par Louis XIV, les Français ont sauvé Pignerol et conquis d'autres places fortes. La bataille de Turin a été décisive, vainquant les symboles ennemis. Le poème, attribué à Madame de Scudéry, célèbre cette dernière bataille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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45
p. 224-225
AU ROY.
Début :
Voicy un autre Madrigal sur cette mesme défaite. Il est / LOUIS, que vous imitez bien [...]
Mots clefs :
Louis, Europe, Guerre, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Voicy un autre Madrigal
fur cetre mefme défaite. Il eft
de Madame des Houlieres.
AU ROY.
OVIS, que vous imitez L°bien
Cet Eftre indépendant dont vous eftes
l'Image"!
Comme luy, des Rois qu'on outrage
Vous eftes le vangeur & l'unique foutien.
GALANT 225
• Comme luy, vostre mainfoudroye
Ces coupables Mortels, dont les noires
Byfureurs
Ont mis toute l'Europe en proyes.
A ce que la guerre a d'horreurs.
Comme luy , rempli de clemence,
Quelque douceur qu'ait la vangeance,
Vons eftes preft à pardonner';
Etfur les bords du Pô‚du Rhin , &
de la Meufe ,
Vous ne les accable que pour les
amener
Par un prompt repentir , à cette Paix
heureuse ,
Que vousfeulpouvezleur donner.
fur cetre mefme défaite. Il eft
de Madame des Houlieres.
AU ROY.
OVIS, que vous imitez L°bien
Cet Eftre indépendant dont vous eftes
l'Image"!
Comme luy, des Rois qu'on outrage
Vous eftes le vangeur & l'unique foutien.
GALANT 225
• Comme luy, vostre mainfoudroye
Ces coupables Mortels, dont les noires
Byfureurs
Ont mis toute l'Europe en proyes.
A ce que la guerre a d'horreurs.
Comme luy , rempli de clemence,
Quelque douceur qu'ait la vangeance,
Vons eftes preft à pardonner';
Etfur les bords du Pô‚du Rhin , &
de la Meufe ,
Vous ne les accable que pour les
amener
Par un prompt repentir , à cette Paix
heureuse ,
Que vousfeulpouvezleur donner.
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Résumé : AU ROY.
Le madrigal de Madame des Houlières compare le roi à Ovide, le décrivant comme un justicier indépendant et vengeur des rois outragés. Le roi punit les coupables ayant plongé l'Europe dans la guerre, mais agit avec clémence et cherche à amener ses ennemis à la paix. Il exerce son influence sur les bords du Pô, du Rhin et de la Meuse.
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46
p. 295-298
SUR le recouvrement de la santé du Roy.
Début :
Nous n'avons qu'à nous réjoüir, [...]
Mots clefs :
Roi, Santé, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR le recouvrement de la santé du Roy.
SVR le recouvrement
delasantédu Roy.
Nous n'avons qu'à nous
réjouir,
La fanté de Louis cfi: enfin
rétablie;
Nous pouvons seurement
jouir
Des plaisirs innocents d'une
tranquile vie.
C<ontre nostre repos on a beau conspirer,
Observer la paix ou l'enfraindre,
Lui vivant, que pouvons
nous craindre?
Ou que nos Ennemis peu-
- vent ils esperer.
Malgré leurpolitique &
malgré leurpuissance
Nousverrons leurs desseins
sansdanger & sans peur,
Ou ipréllcnusr par sa
; prui- dence, Ou confondus par sa valeur.
En vainiçontre Louis l'Aigle
se fera suivre;
De tous les Partisans armez,
pour l'insulter,
Nous n'avons rien à rcdouter
Que le malheur de lui furvivre.
Aujourd'hui que le Ciel a
voulu nous cüir
Et délivrer nos jours d'une
telle disgrace;
C'est à tort que l'on s'embarasse
De cous ces vains projets qui
vontsévanoüir,
Quoi que toute l'Europe
fafle,
Nous n'avons qu'à nous rc*
joüir.
delasantédu Roy.
Nous n'avons qu'à nous
réjouir,
La fanté de Louis cfi: enfin
rétablie;
Nous pouvons seurement
jouir
Des plaisirs innocents d'une
tranquile vie.
C<ontre nostre repos on a beau conspirer,
Observer la paix ou l'enfraindre,
Lui vivant, que pouvons
nous craindre?
Ou que nos Ennemis peu-
- vent ils esperer.
Malgré leurpolitique &
malgré leurpuissance
Nousverrons leurs desseins
sansdanger & sans peur,
Ou ipréllcnusr par sa
; prui- dence, Ou confondus par sa valeur.
En vainiçontre Louis l'Aigle
se fera suivre;
De tous les Partisans armez,
pour l'insulter,
Nous n'avons rien à rcdouter
Que le malheur de lui furvivre.
Aujourd'hui que le Ciel a
voulu nous cüir
Et délivrer nos jours d'une
telle disgrace;
C'est à tort que l'on s'embarasse
De cous ces vains projets qui
vontsévanoüir,
Quoi que toute l'Europe
fafle,
Nous n'avons qu'à nous rc*
joüir.
Fermer
Résumé : SUR le recouvrement de la santé du Roy.
Le texte célèbre la guérison du roi Louis, exprimant joie et soulagement. Il affirme que la prudence et la valeur du roi protègent contre les ennemis et les conspirations. Malgré les menaces, la présence du roi garantit la sécurité. Le texte invite à se réjouir de cette délivrance divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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47
p. 145-154
SUR LES GLORIEUX succez des Armes du Roy dans la derniere campagne de Flandres. ODE Qui a remporté le Prix proposé par l'Académie Françoise.
Début :
Quelle ardeur ! quel saint delire ! [...]
Mots clefs :
Ardeur , Guerre, Héros, Victoire, Minerve, Jupiter, Triomphe, Louis, Conquêtes, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES GLORIEUX succez des Armes du Roy dans la derniere campagne de Flandres. ODE Qui a remporté le Prix proposé par l'Académie Françoise.
SUR LES GLORIEUX
succez des Armes du
Roy dans la derniere
campagne de Flandres.
ODE
Qui a remporté le Prix proposépar
l'académie
Françoise. QUelle ardeur: quel
saint delire!
Tu m'inspire Dieu des
vers,
Les divins sons de ta lyre
Me transportent dans les
airs,
Pour te suivre je m'engage,
Plus temeraire qu'icare,
Je monte au plus haut des
Cieux;
Mortel, par quel privilege
Puis-je estre sans sacrilege
Admis au conseil desDieux.
Quel interest les assemble
Prés du Throsne de leurs
Rois;
Que vois-je ? l'Olympe
tremble
, Par tout y regne l'effroy,
Les maux qu'une affreuse
guerre
Eternise sur la terre,
Troublent jufquaux immortels
:
On diroit à les entendre
Qu'on veut les faire descendre
Des Cieux, ou de leurs
Autels.
Mais quelle auguste Déesse
S'avance avec majesté ?
Qu'elle inspire de sagesse!
Que mon coeur est agité!
Avec transport je l'ob- serve.
Ah je reconnois Minerve
Tout s'émeut à s,on aspect;
Quel est son pouvoir suprême
Le grand Jupiter lui-même
La regarde avec respect.
Dieu tout- puissant, luidit-
elle,
Pouvez vous voir sans horreur,
; Que la discorde cruelle
Exerce tant de fureur,
La paix par elle exilée,
Ne peur être rappellée
Que par les foins d'un Heros,
Que vôtre bras le seconde,
Qu'il vainque
,
& de tout
le monde
Vous affeurez le re pos.
Une Reine magnanime
Imite un Roy genereux,
Un mesme esprit les anime
A rendre le monde heureux.
Dans leurs conseils je préside,
La Paix où ma voix les
guide,
Estleur objet le plus doux.
Mais pour calmer tant d'allarmes,
L'un doit signaler ses armes,
L'autre suspendre ses
coups.
Tandis que sage,équitable
ANNE pese tous les droits
De la foudre redoutable,
Armez le plus grand des
Rois,
Rendez- luy toute sa gloire:
Ordonnez à la Victoire
De suivre ses étendarts.
N'éprouvez plus sa constance,
Affranchissez sa prudence
Du caprice des hazards.
Sur LOU I s, surce grand
homme,
Vivante image des Dieux,
Sans que Jupiter le nomme
Jupiter jette les yeux,
Jusqu'au Ciel sa gloire
brille,
De son immortelle fille
Il approuve le dessein,
Déja a Victoire vole,
Et sur les ailes d'Eole
S'achemine vers Denain.
C'est de là que le Batave
D'un prompt succez assure
Le fier Germain qui nous
brave,
Prête un secours préparé.
Landrecy : mais quelprésage!
Minerve s'ouvre un paf-
CageJ
Mes yeux en sontébloüis,
Je la vois decette foudre
Qui mit les Titansen poudre,
Armer le bras de LOUI s.
Que de troupes fugitives!
Combien de portes forcées
; L'Écaut voit border ses
rives
De cadavres entassez.
Quelle fuite de conquêtes!
Que de lauriers pour nos
testes !
Doüay
,
Bouchain tout se
rend,
Le Quesnoy livre ses portes
A nos rapides cohortes,
Rien n'arrête ce torrent.
Mais quelle douce harmonie
S'éleve au milieu des airs?
La guerre est-elle finie?
La discordeest-elle aux
fers?
Ah! la France est triomphante
:
Projets, que la - rage enfante,
~Disparoissez pour jamais.
Fruit heureux de la Victoire!
Lou I S ne mettra sa gloire
Qu'à faire regner la paix.
succez des Armes du
Roy dans la derniere
campagne de Flandres.
ODE
Qui a remporté le Prix proposépar
l'académie
Françoise. QUelle ardeur: quel
saint delire!
Tu m'inspire Dieu des
vers,
Les divins sons de ta lyre
Me transportent dans les
airs,
Pour te suivre je m'engage,
Plus temeraire qu'icare,
Je monte au plus haut des
Cieux;
Mortel, par quel privilege
Puis-je estre sans sacrilege
Admis au conseil desDieux.
Quel interest les assemble
Prés du Throsne de leurs
Rois;
Que vois-je ? l'Olympe
tremble
, Par tout y regne l'effroy,
Les maux qu'une affreuse
guerre
Eternise sur la terre,
Troublent jufquaux immortels
:
On diroit à les entendre
Qu'on veut les faire descendre
Des Cieux, ou de leurs
Autels.
Mais quelle auguste Déesse
S'avance avec majesté ?
Qu'elle inspire de sagesse!
Que mon coeur est agité!
Avec transport je l'ob- serve.
Ah je reconnois Minerve
Tout s'émeut à s,on aspect;
Quel est son pouvoir suprême
Le grand Jupiter lui-même
La regarde avec respect.
Dieu tout- puissant, luidit-
elle,
Pouvez vous voir sans horreur,
; Que la discorde cruelle
Exerce tant de fureur,
La paix par elle exilée,
Ne peur être rappellée
Que par les foins d'un Heros,
Que vôtre bras le seconde,
Qu'il vainque
,
& de tout
le monde
Vous affeurez le re pos.
Une Reine magnanime
Imite un Roy genereux,
Un mesme esprit les anime
A rendre le monde heureux.
Dans leurs conseils je préside,
La Paix où ma voix les
guide,
Estleur objet le plus doux.
Mais pour calmer tant d'allarmes,
L'un doit signaler ses armes,
L'autre suspendre ses
coups.
Tandis que sage,équitable
ANNE pese tous les droits
De la foudre redoutable,
Armez le plus grand des
Rois,
Rendez- luy toute sa gloire:
Ordonnez à la Victoire
De suivre ses étendarts.
N'éprouvez plus sa constance,
Affranchissez sa prudence
Du caprice des hazards.
Sur LOU I s, surce grand
homme,
Vivante image des Dieux,
Sans que Jupiter le nomme
Jupiter jette les yeux,
Jusqu'au Ciel sa gloire
brille,
De son immortelle fille
Il approuve le dessein,
Déja a Victoire vole,
Et sur les ailes d'Eole
S'achemine vers Denain.
C'est de là que le Batave
D'un prompt succez assure
Le fier Germain qui nous
brave,
Prête un secours préparé.
Landrecy : mais quelprésage!
Minerve s'ouvre un paf-
CageJ
Mes yeux en sontébloüis,
Je la vois decette foudre
Qui mit les Titansen poudre,
Armer le bras de LOUI s.
Que de troupes fugitives!
Combien de portes forcées
; L'Écaut voit border ses
rives
De cadavres entassez.
Quelle fuite de conquêtes!
Que de lauriers pour nos
testes !
Doüay
,
Bouchain tout se
rend,
Le Quesnoy livre ses portes
A nos rapides cohortes,
Rien n'arrête ce torrent.
Mais quelle douce harmonie
S'éleve au milieu des airs?
La guerre est-elle finie?
La discordeest-elle aux
fers?
Ah! la France est triomphante
:
Projets, que la - rage enfante,
~Disparoissez pour jamais.
Fruit heureux de la Victoire!
Lou I S ne mettra sa gloire
Qu'à faire regner la paix.
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Résumé : SUR LES GLORIEUX succez des Armes du Roy dans la derniere campagne de Flandres. ODE Qui a remporté le Prix proposé par l'Académie Françoise.
Le texte célèbre les succès militaires du roi Louis XV lors de la dernière campagne en Flandres. Inspirée par une divinité, la vision décrit les dieux de l'Olympe troublés par les maux de la guerre sur Terre. Minerve, déesse de la sagesse, demande à Jupiter d'intervenir pour rétablir la paix grâce à un héros soutenu par le bras divin. La reine Anne et le roi Louis XV, animés par un même esprit généreux, cherchent à rendre le monde heureux. Minerve conseille d'armer Louis XV et de lui accorder la victoire pour calmer les alarmes. La victoire vole vers Denain, assurant un succès rapide contre les ennemis. La déesse arme le bras de Louis XV, menant à une série de victoires, dont la prise de Landrecy, Douai, Bouchain et Le Quesnoy. La guerre semble terminée, et la France triomphante aspire à la paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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48
p. 121-132
A MONSEIGNEUR DESMARETZ, Ministre d'Etat, Controlleur General des Finances. ODE.
Début :
Quel sort flatte mon esperance ? [...]
Mots clefs :
Ministre, Contrôleur général des finances, Victoire, Paix, Gloire, Espérance, Desmaretz, Louis, Villars, Eugène
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texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR DESMARETZ, Ministre d'Etat, Controlleur General des Finances. ODE.
A MONSEIGNEUR desmaretz,
Ministre d'Etat, Controlleur
General des
Finances.
ODE.
Quel sort flatte mon
fiperance-
Quels chants heureuxfrapent
lesairs?
Le Ctel fait triompher la
France,
Le Ciel veut calmer J'V..,
nivers
Landause rend, Fribourg
succombe,
La discorde aux enfers rtw
tombe,
'JEliey vagemir à jamais.
Quel bonheur, quel comble
degloire?
Sur les ailes de la Victoire
L01)JSfait descendre
la Paix.
Jevois Villars,je vois
Eugène
Fameux par cent travaux
,
guerriers,
Malgré l'ardeur qui les
entraine
Preferer l'Olive aux Lanriers
Le Rhin surson Vrne refose,
Dubonheur des lieux qu'il
arrose
Il se plaist à voirles aprtjls
Son Ondesefait violence
Et l'on droit queson silence
JReJpecleaaugujlesfecrets»
Desmaretz,Ministre
fide1le
Du Héros qui comble nos
voeux,
Souffre un moment que je
rapelle
l'Image d'un tems moins
heureux.
Queltems?en vain contre
l'orage
LaFrance excitoitson
courage,
Tout sembloit trahir ses
efforts;
Rivaux, fiers de nostre
disgrace
Combien r'anima vojlre
audace
L'épusement de nos trelors?
Ton nom seul calma,
nos alarmes
LOVIS le plussage des
Rois.
Renditl'esperance à nos
armes
Par la justicedeson choix
Que dis-je, projets inutiles
Sur nos champs toujours
sifendes
L'Hiver exercesafureur;
Le Ciel contre nousse dé*
clare;
Tout perit; la nature avare
Trompel'espoir du lahoureur.
Quelsort? quel exés de
misere?
Il en fallutsubir la loy;
LOVIS la sentit com-
1 Pere
Et lafoulagea comme Roy.
Tu connus toute sa tendresse,
Et de laplus hautefagesse
<j Les tresors en lui réunis;
Il commitsonpeuple à ton
zele
Tout prit une face nou«
velle ;
Mais nos mauxnefioient
pasfinis.
L'or, l'argent devenus
Prothées
Sedéroboient à tous nos
soins,
Et sous des formes empruntées
Augmentoient encore nos
besoins
L'Usure monstre plus anji*
de,
Que l'Hydrequ'abatit Alcide,
Jusqu'à cejour t'avoit brave's
Mais en vainsa rusefatale
S'envelopoit dans un dedale
Le fil t'en estoit reservé.
De nos maux tu connus
lasource,
Et par un travail assidu
Tu ¡çûs arrester dans fl
course
Un torrentpartout répandu.
Par ton sçavoir, par ta
prudence,
Tu rétablis la confiance;
Pour réüssir il faut oser;
Rien n'étonne un Minstre
habile;
Et plus le temps est difficile
Plus ilsçait s'imortalizer.
Lefort où tu nousfaits
atteindre
Passe tous nos voeux &
les tiens;
Nous n'avons plus de
maux à craindre
Et nous esperons mille
biens.
Les flots des plus fieres
tempefles
Qui sembloient menacer
nos tefies
Anos peds viennent se
briser;
De LOVIS nos destins
dépendent
Et nos ennemis lui demandent
Ce qu'ilsosoient nous refùftr.
C'est la Paix, que ce
grand ouvrage
Comblera les voeux de ton
Roy.
Il vient de t'en donner un
gage
Dans l'éclat qu'ilrépand
sur toy
Nous la terrons bien-tost
descendre;
Que ne devons nous pas
attendre
Du Z-Jele qui brûle (on
coeur?
Pourjïiis,consacre ta me*
mOIre;
Tune peus augmenter ta
gloire
Sansaugmenter nos-tre
bonheur.
Ministre d'Etat, Controlleur
General des
Finances.
ODE.
Quel sort flatte mon
fiperance-
Quels chants heureuxfrapent
lesairs?
Le Ctel fait triompher la
France,
Le Ciel veut calmer J'V..,
nivers
Landause rend, Fribourg
succombe,
La discorde aux enfers rtw
tombe,
'JEliey vagemir à jamais.
Quel bonheur, quel comble
degloire?
Sur les ailes de la Victoire
L01)JSfait descendre
la Paix.
Jevois Villars,je vois
Eugène
Fameux par cent travaux
,
guerriers,
Malgré l'ardeur qui les
entraine
Preferer l'Olive aux Lanriers
Le Rhin surson Vrne refose,
Dubonheur des lieux qu'il
arrose
Il se plaist à voirles aprtjls
Son Ondesefait violence
Et l'on droit queson silence
JReJpecleaaugujlesfecrets»
Desmaretz,Ministre
fide1le
Du Héros qui comble nos
voeux,
Souffre un moment que je
rapelle
l'Image d'un tems moins
heureux.
Queltems?en vain contre
l'orage
LaFrance excitoitson
courage,
Tout sembloit trahir ses
efforts;
Rivaux, fiers de nostre
disgrace
Combien r'anima vojlre
audace
L'épusement de nos trelors?
Ton nom seul calma,
nos alarmes
LOVIS le plussage des
Rois.
Renditl'esperance à nos
armes
Par la justicedeson choix
Que dis-je, projets inutiles
Sur nos champs toujours
sifendes
L'Hiver exercesafureur;
Le Ciel contre nousse dé*
clare;
Tout perit; la nature avare
Trompel'espoir du lahoureur.
Quelsort? quel exés de
misere?
Il en fallutsubir la loy;
LOVIS la sentit com-
1 Pere
Et lafoulagea comme Roy.
Tu connus toute sa tendresse,
Et de laplus hautefagesse
<j Les tresors en lui réunis;
Il commitsonpeuple à ton
zele
Tout prit une face nou«
velle ;
Mais nos mauxnefioient
pasfinis.
L'or, l'argent devenus
Prothées
Sedéroboient à tous nos
soins,
Et sous des formes empruntées
Augmentoient encore nos
besoins
L'Usure monstre plus anji*
de,
Que l'Hydrequ'abatit Alcide,
Jusqu'à cejour t'avoit brave's
Mais en vainsa rusefatale
S'envelopoit dans un dedale
Le fil t'en estoit reservé.
De nos maux tu connus
lasource,
Et par un travail assidu
Tu ¡çûs arrester dans fl
course
Un torrentpartout répandu.
Par ton sçavoir, par ta
prudence,
Tu rétablis la confiance;
Pour réüssir il faut oser;
Rien n'étonne un Minstre
habile;
Et plus le temps est difficile
Plus ilsçait s'imortalizer.
Lefort où tu nousfaits
atteindre
Passe tous nos voeux &
les tiens;
Nous n'avons plus de
maux à craindre
Et nous esperons mille
biens.
Les flots des plus fieres
tempefles
Qui sembloient menacer
nos tefies
Anos peds viennent se
briser;
De LOVIS nos destins
dépendent
Et nos ennemis lui demandent
Ce qu'ilsosoient nous refùftr.
C'est la Paix, que ce
grand ouvrage
Comblera les voeux de ton
Roy.
Il vient de t'en donner un
gage
Dans l'éclat qu'ilrépand
sur toy
Nous la terrons bien-tost
descendre;
Que ne devons nous pas
attendre
Du Z-Jele qui brûle (on
coeur?
Pourjïiis,consacre ta me*
mOIre;
Tune peus augmenter ta
gloire
Sansaugmenter nos-tre
bonheur.
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Résumé : A MONSEIGNEUR DESMARETZ, Ministre d'Etat, Controlleur General des Finances. ODE.
Le texte est une ode dédiée à Monsieur Desmaretz, Ministre d'État et Contrôleur Général des Finances. Il célèbre les récentes victoires de la France, notamment la soumission de Landau et de Fribourg, et la paix qui en résulte. Le poète admire les généraux Villars et Eugène, qui privilégient la paix à la guerre. Il rappelle les difficultés passées de la France, où les rivaux exploitaient ses faiblesses malgré les efforts des Français. Louis XIV, par sa sagesse et sa justice, a redonné espoir aux armées françaises. Le texte mentionne également les problèmes économiques que la France a traversés, tels que la raréfaction de l'or et de l'argent, et l'usure. Desmaretz est loué pour avoir identifié les causes de ces maux et pour avoir restauré la confiance grâce à son savoir et sa prudence. Grâce à ses efforts, la France a atteint un état de prospérité et de sécurité. Les ennemis de la France demandent désormais la paix à Louis XIV. Le poète espère que Desmaretz continuera à servir le roi et à apporter bonheur et gloire à la nation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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50
p. 93
Explications du Logogryphe, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a dû expliquer le mot de l'Enigme du premier Volume de Decembre [...]
Mots clefs :
Louis, Puce, Paris, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explications du Logogryphe, &c. [titre d'après la table]
Ón a dû expliquer le mot de l'Enigme
du premier Volume de Décembre
par l' Enigme même , & celui du Logogryphe
par Éom's , pris en! trois maniè
res S-. Louis , Louis Roi de France ,
& Louis d'or -, en ôtant les deux let
tres d'après la première reste Lis ; là
Fleur de Lis forme les Armes du Roi'&
ía marque des Louis d'or &c. La. Puce
est le vrai mot de l'Enigme du second
Volume , & Paris , celui du Logogtyphe.
du premier Volume de Décembre
par l' Enigme même , & celui du Logogryphe
par Éom's , pris en! trois maniè
res S-. Louis , Louis Roi de France ,
& Louis d'or -, en ôtant les deux let
tres d'après la première reste Lis ; là
Fleur de Lis forme les Armes du Roi'&
ía marque des Louis d'or &c. La. Puce
est le vrai mot de l'Enigme du second
Volume , & Paris , celui du Logogtyphe.
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