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1
p. 287-296
IDYLLE SUR LA PAIX.
Début :
Je vous envoye les Vers qui y furent chantez, ils sont / Un plein repos favorise vos voeux, [...]
Mots clefs :
Paix, Repos, Voeux, Délices, Désirs, Terreur, Jardins, Enfers, Ennemis, Roi victorieux, Esprit, Héros, Foudre, Destinée
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texteReconnaissance textuelle : IDYLLE SUR LA PAIX.
Je vous
envoye lesVers qui y furent
chantez , ils font de M. Racine
Tréforier de France, de
288 MERCURE
l'Académie Françoiſe. Ileft
connu par un fi grand nombre
de beaux Ouvrages , que
fon nom fait fon Eloge.
IDYLLE
SUR LA PAIX.
N plein repos favorife vos
UN
voeux
Peuples , chantez la Paix qui nous
rend tous beurcux.
Vn plein repos favorife nos voeux.
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
ca
Charmante Paix , délices de la Terre,
Fille
GALANT. 289
Fille du Ciel, & mere des Plaiſirs,
Tu reviens combler nos defirs,
Tu bannis la Terreur , & les triftes
Soupirs
Malheureux enfans de la Guerre.
*3
Vn plein repos favorife nos voeux.
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
03
Tarends le Fils àfa tremblăte Mere.
Par toy la jeune Epoufe fpere
D'eftre long- temps unie à ſon Epoux
aimé.
De ton retour le Laboureur charmé
Ne craint plus deformais , qu'une
main étrangere
Moiffonne avant le temps le champ
qu'il afemértás, a
(nouvelle.
Tu pares nos Jardins d'une grace
3
Fuillet 1685.
Bb
290 MERCURE
Turends le jour plus pur , & la terre
*3 (plus belle.
Un plein repos favorife nos voeux ,
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
Mais quelle main puissante &fecourable
A rappellé du Ciel cette Paix adorable
?
Quel Dieu fenfible aux vaux de
l'Univers
A replongé la Difcorde aux Enfers?
*3
Déja grondoient les borribles tonnerres
Par quifont brifez les rempars.
Déja marchoit devant les étendars
Bellone les cheveux épars ,
Et fe flattoit d'éternifer les guerres
GALANT 291
Que fa fureurSouffloit de toutes
parts.
Divine Paix, appren- nous par quels
charmes
Un calme fi profond fuccede à tant
d'allarmes ?
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Un Roy victorieux vous a fait ce
loifir.
Ca
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Un Roy victorieux nous a fait ce
loifir.
PA
Ses Ennemis offensez de fa gloire
Vaincus cent fois , & cent fois fupplians,
Bb ij
292 MERCURE
En leurfureur de nouveau s'oublians
Ont ofé dans fes bras irriter la vi-
Etoire.
C
Qu'ont- ils gagné ces Efprits or
gueilleux
Qui menaffoient d'armer la terre entiere
? ST
Ils ont veu de nouveau refferrer leur
*
Luxembourg.
frontiere.
Ils ont veu ce * Roc foureilleux
Deleur orgueil l'efperance derniere,
De nos champs fortunez devenir la
barriere.
**
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Vn Roy victorieux nous a fait ce
loifir.
03
Son bras eft craint du couchant à
l'Aurore.
GALANT. 293
La foudre quand il vent tombe aux
Climats gelez ,
Etfur les bords par le Soleil brûlez.
De fon couroux vangeur fur le rivage
More
La terre fume encore.
Malheureux les Ennemis
De ce Prince redoutable !
Heureux les Peuples foumis
Afon empire équitable !
Chantons, Bergers, & nous réjouif
fons.
Qu'il foit le fujet de nos feftes.
Le calme dont nous joüiſſons
N'eft plus fujet aux tempeftes.
Chantons, Bergers , & nous réjouif
fons .
Qu'il foirlefujet de nosfeftes.
Le bonheur dont nous joüions:
Bb iij
294 MERCURE
Le flate autantque toutes fes conque-
(Ates.
De ces lieux l'éclat & les attraits ,
Ces fleurs odorantes ,
Ces eaux bondiffantes ,
Ces ombrages frais ,
Sont des dons de fes mains bienfaifantes.
De ces Lieux l'éclat & les attraits
Sont des fruits de fes bien faits.
RA
Il veut bien quelquefois vifiter nos
bocages.
Nos Iardins ne luy déplaifentpas.
Arbres épais,redoublez vos obrages.
Fleurs , naiffez fous fes pas
RA
O Ciel ! ôfaintes Deftinées !
Qui prenezfoin de fes jours florif
fans ,
Retranchez de nos ans
GALANT. 295
Pour ajoûter à fes années.
**
Qu'il regne ce Heros , qu'il triomphe
toûjours.
Qu'avec luy foit toûjours la Paix
ou la Victoire.
Que le cours de fes ans dure autant
que
le cours
De la Seine & de la Loire.
Qu'il regne ce Heros , qu'il triomphe
toûjours.
Qu'il vive autant que fa gloire.
Ces Vers avoient efté mis
en Mufique par M. de Lully.
Il n'a jamais mieux réüffi
qu'en cette occafion. Les
grands Airs eftoient fi bien
meflez avec les Airs Cham-
Bb iiij
296 MERCURE
peftres , que chacun y trouvoit
dequoy fe fatisfaire felon
fon gouft. Cét Idille fut
chanté par les plus belles
voix de l'Opera .
envoye lesVers qui y furent
chantez , ils font de M. Racine
Tréforier de France, de
288 MERCURE
l'Académie Françoiſe. Ileft
connu par un fi grand nombre
de beaux Ouvrages , que
fon nom fait fon Eloge.
IDYLLE
SUR LA PAIX.
N plein repos favorife vos
UN
voeux
Peuples , chantez la Paix qui nous
rend tous beurcux.
Vn plein repos favorife nos voeux.
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
ca
Charmante Paix , délices de la Terre,
Fille
GALANT. 289
Fille du Ciel, & mere des Plaiſirs,
Tu reviens combler nos defirs,
Tu bannis la Terreur , & les triftes
Soupirs
Malheureux enfans de la Guerre.
*3
Vn plein repos favorife nos voeux.
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
03
Tarends le Fils àfa tremblăte Mere.
Par toy la jeune Epoufe fpere
D'eftre long- temps unie à ſon Epoux
aimé.
De ton retour le Laboureur charmé
Ne craint plus deformais , qu'une
main étrangere
Moiffonne avant le temps le champ
qu'il afemértás, a
(nouvelle.
Tu pares nos Jardins d'une grace
3
Fuillet 1685.
Bb
290 MERCURE
Turends le jour plus pur , & la terre
*3 (plus belle.
Un plein repos favorife nos voeux ,
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
Mais quelle main puissante &fecourable
A rappellé du Ciel cette Paix adorable
?
Quel Dieu fenfible aux vaux de
l'Univers
A replongé la Difcorde aux Enfers?
*3
Déja grondoient les borribles tonnerres
Par quifont brifez les rempars.
Déja marchoit devant les étendars
Bellone les cheveux épars ,
Et fe flattoit d'éternifer les guerres
GALANT 291
Que fa fureurSouffloit de toutes
parts.
Divine Paix, appren- nous par quels
charmes
Un calme fi profond fuccede à tant
d'allarmes ?
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Un Roy victorieux vous a fait ce
loifir.
Ca
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Un Roy victorieux nous a fait ce
loifir.
PA
Ses Ennemis offensez de fa gloire
Vaincus cent fois , & cent fois fupplians,
Bb ij
292 MERCURE
En leurfureur de nouveau s'oublians
Ont ofé dans fes bras irriter la vi-
Etoire.
C
Qu'ont- ils gagné ces Efprits or
gueilleux
Qui menaffoient d'armer la terre entiere
? ST
Ils ont veu de nouveau refferrer leur
*
Luxembourg.
frontiere.
Ils ont veu ce * Roc foureilleux
Deleur orgueil l'efperance derniere,
De nos champs fortunez devenir la
barriere.
**
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Vn Roy victorieux nous a fait ce
loifir.
03
Son bras eft craint du couchant à
l'Aurore.
GALANT. 293
La foudre quand il vent tombe aux
Climats gelez ,
Etfur les bords par le Soleil brûlez.
De fon couroux vangeur fur le rivage
More
La terre fume encore.
Malheureux les Ennemis
De ce Prince redoutable !
Heureux les Peuples foumis
Afon empire équitable !
Chantons, Bergers, & nous réjouif
fons.
Qu'il foit le fujet de nos feftes.
Le calme dont nous joüiſſons
N'eft plus fujet aux tempeftes.
Chantons, Bergers , & nous réjouif
fons .
Qu'il foirlefujet de nosfeftes.
Le bonheur dont nous joüions:
Bb iij
294 MERCURE
Le flate autantque toutes fes conque-
(Ates.
De ces lieux l'éclat & les attraits ,
Ces fleurs odorantes ,
Ces eaux bondiffantes ,
Ces ombrages frais ,
Sont des dons de fes mains bienfaifantes.
De ces Lieux l'éclat & les attraits
Sont des fruits de fes bien faits.
RA
Il veut bien quelquefois vifiter nos
bocages.
Nos Iardins ne luy déplaifentpas.
Arbres épais,redoublez vos obrages.
Fleurs , naiffez fous fes pas
RA
O Ciel ! ôfaintes Deftinées !
Qui prenezfoin de fes jours florif
fans ,
Retranchez de nos ans
GALANT. 295
Pour ajoûter à fes années.
**
Qu'il regne ce Heros , qu'il triomphe
toûjours.
Qu'avec luy foit toûjours la Paix
ou la Victoire.
Que le cours de fes ans dure autant
que
le cours
De la Seine & de la Loire.
Qu'il regne ce Heros , qu'il triomphe
toûjours.
Qu'il vive autant que fa gloire.
Ces Vers avoient efté mis
en Mufique par M. de Lully.
Il n'a jamais mieux réüffi
qu'en cette occafion. Les
grands Airs eftoient fi bien
meflez avec les Airs Cham-
Bb iiij
296 MERCURE
peftres , que chacun y trouvoit
dequoy fe fatisfaire felon
fon gouft. Cét Idille fut
chanté par les plus belles
voix de l'Opera .
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Résumé : IDYLLE SUR LA PAIX.
L'idylle dédiée à Jean Racine célèbre la paix, présentée comme une source de bonheur et de repos pour les peuples. La paix est décrite comme une fille du ciel et mère des plaisirs, chassant la terreur et les soucis engendrés par la guerre. Elle permet aux familles de se réunir et aux agriculteurs de travailler sans crainte. Le texte loue un héros, un roi victorieux, qui a restauré la paix après des conflits. Ce roi est redouté par ses ennemis et aimé par ses sujets, incarnant à la fois la paix et la victoire. L'idylle exprime des vœux pour la longévité et le triomphe perpétuel de ce héros. Les vers ont été mis en musique par Jean-Baptiste Lully et interprétés par les meilleures voix de l'Opéra.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 16-18
POUR LE ROY. SONNET.
Début :
Voicy trois Sonnets qui ont esté adressez au Roy sur / De quels sacrez lauriers se va-t-il couronner [...]
Mots clefs :
Lauriers, Église, Révolte, Orgueil, Malheur, Zèle, Terreur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. SONNET.
Voicy trois Sonnets qui ont
efté adreffez au Roy fur cette
meſme matiere . Le premier eft
de Monfieur Boyer , le fecond
de Monfieur le Clerc , tous deux
de l'Academie Françoife , & le
troifiéme de Mademoiſelle de
Rafilly.
GALANT
POUR LE ROY.
SONNET.
E quels facrez lauriers fe va- "
DE
t- il -couronner
Ce grand Roy , qui laiſſant repofer
Ja vaillance ,
Dans le fein de l'Eglife a foin de
ramener
Ceux qu'avoient révoltez l'orgueil
ou l'ignorance?
Au Ciel , en dépit d'eux , il les vent
entraifner ,
Et de fa pieté lafainte impatience,
Contre ces malheureux qui veulent
s'obstiner ,
Joint à fon zele ardent une jute
puiffance.
18 MERCURE
Ainfi contre l'Enfant rebelle à fon
devoir ,
Le Pere heureufement fe fert defon
Douce feverité:falutaire contrainte!
Ainfifur Paul, qu'aveugle un zele
furieux ,
Dieu tonne & le remplit de terreur
& de crainte:
Mais le coup qui l'abat luy fait- onvrir
les yeux.
efté adreffez au Roy fur cette
meſme matiere . Le premier eft
de Monfieur Boyer , le fecond
de Monfieur le Clerc , tous deux
de l'Academie Françoife , & le
troifiéme de Mademoiſelle de
Rafilly.
GALANT
POUR LE ROY.
SONNET.
E quels facrez lauriers fe va- "
DE
t- il -couronner
Ce grand Roy , qui laiſſant repofer
Ja vaillance ,
Dans le fein de l'Eglife a foin de
ramener
Ceux qu'avoient révoltez l'orgueil
ou l'ignorance?
Au Ciel , en dépit d'eux , il les vent
entraifner ,
Et de fa pieté lafainte impatience,
Contre ces malheureux qui veulent
s'obstiner ,
Joint à fon zele ardent une jute
puiffance.
18 MERCURE
Ainfi contre l'Enfant rebelle à fon
devoir ,
Le Pere heureufement fe fert defon
Douce feverité:falutaire contrainte!
Ainfifur Paul, qu'aveugle un zele
furieux ,
Dieu tonne & le remplit de terreur
& de crainte:
Mais le coup qui l'abat luy fait- onvrir
les yeux.
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Résumé : POUR LE ROY. SONNET.
Le texte présente trois sonnets dédiés au roi, écrits par Boyer, le Clerc et Mademoiselle de Rafilly. Le sonnet 'Galant pour le Roy' loue la piété et la justice du roi, qui utilise sa vaillance pour ramener les rebelles. Il est comparé à un père corrigant un enfant et à saint Paul terrassé par la grâce divine, inspirant ainsi la crainte et la conversion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 108-119
ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
Début :
Depuis que les Prix ont esté donnez, on a sceu que / Toy, par qui les Mortels rendent leurs noms celebres, [...]
Mots clefs :
Éducation, Terreur, Prix de poésie, Roi, Noblesse, Héros, Écoles, Fils, Filles, Portrait, Louis, Bienfaits, Trône, Protecteur des arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
donnez, on a
sceu que
les deux Discours qui ont
Concouru sur cette mesme
matiere, estoient, l'un de Mcj l'AbbéRaguenet,& l'autre
de MrdeClervillç. Ils mentent tent l'un &c l'autreJde grandes louanges, ayant écrit
d'une maniérétres-noble, &
faitleportrait delaPatience
Chrestienne avec des traits
vifs qui la font aimer. Le
sujetsque Mrs de l'Academie
avoient donné pour le Prix
de Poësie,estoit l'éducation
de laNoblesse dans lesEcoles des Gentilshommes, &
dans la Maison de S. Cir,
Vous seriez contente de la
,.
--, - -,
-'
mianiere dont Mademoisel
le des Houlieres l'a traité»
quand mesme l'estime que
vous avez pour son nom &
l'interest que vous devez
prendre à tout ce qui fait ]
honneur à vostre Sexe, ne ]
vous engageroient pasà IirCJf
c.et Ouvrage avec plaisir.
ODE
Sur le foin que le Roy prend 4^ l'éducation da la Noblesse. T Oy, par qui les"Mortelsretî*
dent leurs noms célébrés,
Toy, quej'invoque icy pour la pre*
miere fois,
De mon ejprit confus dissipe les ter
nebres,
Etfoutiens ma timide voix,
teprojet queje faiscftbardy ,jâ
l'avoue
,
Il auroit effrayé le Pdfieur de Man.
touë
Etj'en connois tout le danger.
Mais9 Apollon, par toy si je fuk
inspirée
)
MesVerspourront desifens égaler
laduréei
Hasse-toy
,
viens m'snconwer*
»i,tf¿ dujour, tu me dois lesecours
que j'implore3
C'eficeHérossigrand,sicraint dans
irnivers,
te Protecteur des Arts, LOVIS que
l'on adose
,
[Fers.
Jî>ueje veux chanter dans mes
pepuis que chaque jour lufirs du
fein de l'onde,
1y n'as rien veu d'égal dans l'un
& l'autre monde,
Nysidigne dufoindesDieux.
,C'ejl peu pour enparler qu'un lan.
gageordinaire,
,
Etpour le bien louer, ce n-efipojnt
IlJlèZftire
Dés que l'on pourra faire mieux,
#
Ilsçait que triompher des erreurs &
desvices,
Répandre la terreur du Gange aux
flots glacez,
Elever en tous lieux de pompeux
Edifices,
Tour ungrandRoyn'efipas assiz.
Jî>uilfaut pourbien remplir cesi.
1
cre caraftere,
ght'au dessein d'arracherfin Peuple
-
a
la misere,
Cedent tous les autres projets,
Et que,quelque fierté que le Trône
demande,
bllfaut à tous momens quesa bonté
1 le rende
t
Le PeredetousifesSujets.
(1 peine a-t-il calme les troubles de
la Terre,
i
J^ue cefage Héros consulte avec la
Paix,
Les moyens deffacer les horreurs de
la Guerre
Par de mémorables bienfaits.
Il dérobe les cœursdesa jeune Nobkjji
Aux funefiesappas d'une indigne
molejfi
>
Compagne d'un trop long repos.
"France,quelsfoins pour toy prend'
ton au^ufieMaifire !
Ils s'en vont pourjamaisdans to& s
finfairenaifire
Vn nombre injiny de Heros.
Il établitpour eux des EcolesJille
vantes ( les mœurs\ ( Ou l'on régléa la sots le couUge &Î
D'où l'en les fait entrer dans
cesn
Mutes brillantes
G)ui menent aux plus grands
honncttrs.
On leur enseigne l'art de forcer des
murailles,
De bien asseoir un Camp3 de gagner
des batailles,
Etdedéfendre des remparts.
Dignes de commander au sortir de
l'enfance
,
-
ils verront Iii Victoireattachée à U
Erancê
Nefkivre que. fis Etendars?
Tel cet Eflre infinydonï LuFIS *cfil'Image,
Par lesifcrets ?effortsd'un pouvoir
,
atie,
Des dufferënspérils ou la mifire Desgage en-
»
1
SceutdcVvnrfion'Peuple
élu.
Long-tempsdans un Defiertfous de
fidelles Guides
il conduisitsespas vers les Vertus
solides,
Sources des grdndes allions,
Mtquand ileut acquis deparfaites
lumieresy
Il luyfîtfubjuguerdesNations entieres,
Terreur des autres Nations
Hais cyejt peu pour LOVIS d'élever
dansses Places
Les Fils de tantdevieux &sidelies
Guerriers,
.!<!!,i dans les champs de Mars
J
en
rnarchantsurses traces,
Ontfait des moiffins de lauriers,
four
feurs
Filles il montre autant de *
prévoyance
VMSmarne l'afilefiacrej]u'ildonne à l'in*
Contre tout ce qui la détruit;
Htpar les foins pieux d'une illufire
perflnne,
£)ue le Sort oHtrAgea, que la Vertu
couronne,
Vnsi beau dejjeinfut conduit.
Dans unsuperbe enclos ou lAflgeffi
habite,
Ou l'on fuit des rertus le sentier
épineux
,
D'un âge plein d'erreursmonfoiblc
Sexe évite
Les égarements dangereux.
D'enfans infortunez cent Familles
chargées,
Du foin de Uspourvoirse trouvent
fiulagées,
Jpjtelsecourscontreunfortingrat?
Pdr luy ce Héros paye en couronnant
leurspeines-
Lepingdont leurs AJeux ont épuisé
leurs veines
Tour la défense de l'Etat.
.dinfi dans les jardins l'on voit de
jeunes Plantes,
JZfu'on ne peut conserver que par
desfoins divers)
Vivre cf;. croiflre à l'abry des ardeurs
violentes
,
Etde la rigueurdes Hyvers.
far une habile main sans ceJlè cultivées
,
Et d'une eau vive dépure au besoin
abreuvées
,
Ellesflettriflènt dans leur temps:
Tandis qu'a la inercy des fatfons
orageuses
•
, Les autres au milieu des. campagxçs
pierrcùfes
Se flêtriffint dés leurPrintemps.
Mais quel brillant éclairvient de frâperma veuë!
.f<!!.i m'appelle? qu'entensje? &
qtt'efi-cequeje v»y?
Mon cœur efi transportéd'une joye
inconnue
,
,Zteets font ces presages pour
moy ?
Ne m'annoncent-ils point que je
verray la cheute
Des celebresRivaux avec qui je disi
pute
L'honneur de la lice où je cours?
.f<!je de gloire & quel prix! Ji le
Ciel me l'envoyé
>
Le Portrait de LOVIS à mes regards
en proye
Les occupera tousles jours.
sceu que
les deux Discours qui ont
Concouru sur cette mesme
matiere, estoient, l'un de Mcj l'AbbéRaguenet,& l'autre
de MrdeClervillç. Ils mentent tent l'un &c l'autreJde grandes louanges, ayant écrit
d'une maniérétres-noble, &
faitleportrait delaPatience
Chrestienne avec des traits
vifs qui la font aimer. Le
sujetsque Mrs de l'Academie
avoient donné pour le Prix
de Poësie,estoit l'éducation
de laNoblesse dans lesEcoles des Gentilshommes, &
dans la Maison de S. Cir,
Vous seriez contente de la
,.
--, - -,
-'
mianiere dont Mademoisel
le des Houlieres l'a traité»
quand mesme l'estime que
vous avez pour son nom &
l'interest que vous devez
prendre à tout ce qui fait ]
honneur à vostre Sexe, ne ]
vous engageroient pasà IirCJf
c.et Ouvrage avec plaisir.
ODE
Sur le foin que le Roy prend 4^ l'éducation da la Noblesse. T Oy, par qui les"Mortelsretî*
dent leurs noms célébrés,
Toy, quej'invoque icy pour la pre*
miere fois,
De mon ejprit confus dissipe les ter
nebres,
Etfoutiens ma timide voix,
teprojet queje faiscftbardy ,jâ
l'avoue
,
Il auroit effrayé le Pdfieur de Man.
touë
Etj'en connois tout le danger.
Mais9 Apollon, par toy si je fuk
inspirée
)
MesVerspourront desifens égaler
laduréei
Hasse-toy
,
viens m'snconwer*
»i,tf¿ dujour, tu me dois lesecours
que j'implore3
C'eficeHérossigrand,sicraint dans
irnivers,
te Protecteur des Arts, LOVIS que
l'on adose
,
[Fers.
Jî>ueje veux chanter dans mes
pepuis que chaque jour lufirs du
fein de l'onde,
1y n'as rien veu d'égal dans l'un
& l'autre monde,
Nysidigne dufoindesDieux.
,C'ejl peu pour enparler qu'un lan.
gageordinaire,
,
Etpour le bien louer, ce n-efipojnt
IlJlèZftire
Dés que l'on pourra faire mieux,
#
Ilsçait que triompher des erreurs &
desvices,
Répandre la terreur du Gange aux
flots glacez,
Elever en tous lieux de pompeux
Edifices,
Tour ungrandRoyn'efipas assiz.
Jî>uilfaut pourbien remplir cesi.
1
cre caraftere,
ght'au dessein d'arracherfin Peuple
-
a
la misere,
Cedent tous les autres projets,
Et que,quelque fierté que le Trône
demande,
bllfaut à tous momens quesa bonté
1 le rende
t
Le PeredetousifesSujets.
(1 peine a-t-il calme les troubles de
la Terre,
i
J^ue cefage Héros consulte avec la
Paix,
Les moyens deffacer les horreurs de
la Guerre
Par de mémorables bienfaits.
Il dérobe les cœursdesa jeune Nobkjji
Aux funefiesappas d'une indigne
molejfi
>
Compagne d'un trop long repos.
"France,quelsfoins pour toy prend'
ton au^ufieMaifire !
Ils s'en vont pourjamaisdans to& s
finfairenaifire
Vn nombre injiny de Heros.
Il établitpour eux des EcolesJille
vantes ( les mœurs\ ( Ou l'on régléa la sots le couUge &Î
D'où l'en les fait entrer dans
cesn
Mutes brillantes
G)ui menent aux plus grands
honncttrs.
On leur enseigne l'art de forcer des
murailles,
De bien asseoir un Camp3 de gagner
des batailles,
Etdedéfendre des remparts.
Dignes de commander au sortir de
l'enfance
,
-
ils verront Iii Victoireattachée à U
Erancê
Nefkivre que. fis Etendars?
Tel cet Eflre infinydonï LuFIS *cfil'Image,
Par lesifcrets ?effortsd'un pouvoir
,
atie,
Des dufferënspérils ou la mifire Desgage en-
»
1
SceutdcVvnrfion'Peuple
élu.
Long-tempsdans un Defiertfous de
fidelles Guides
il conduisitsespas vers les Vertus
solides,
Sources des grdndes allions,
Mtquand ileut acquis deparfaites
lumieresy
Il luyfîtfubjuguerdesNations entieres,
Terreur des autres Nations
Hais cyejt peu pour LOVIS d'élever
dansses Places
Les Fils de tantdevieux &sidelies
Guerriers,
.!<!!,i dans les champs de Mars
J
en
rnarchantsurses traces,
Ontfait des moiffins de lauriers,
four
feurs
Filles il montre autant de *
prévoyance
VMSmarne l'afilefiacrej]u'ildonne à l'in*
Contre tout ce qui la détruit;
Htpar les foins pieux d'une illufire
perflnne,
£)ue le Sort oHtrAgea, que la Vertu
couronne,
Vnsi beau dejjeinfut conduit.
Dans unsuperbe enclos ou lAflgeffi
habite,
Ou l'on fuit des rertus le sentier
épineux
,
D'un âge plein d'erreursmonfoiblc
Sexe évite
Les égarements dangereux.
D'enfans infortunez cent Familles
chargées,
Du foin de Uspourvoirse trouvent
fiulagées,
Jpjtelsecourscontreunfortingrat?
Pdr luy ce Héros paye en couronnant
leurspeines-
Lepingdont leurs AJeux ont épuisé
leurs veines
Tour la défense de l'Etat.
.dinfi dans les jardins l'on voit de
jeunes Plantes,
JZfu'on ne peut conserver que par
desfoins divers)
Vivre cf;. croiflre à l'abry des ardeurs
violentes
,
Etde la rigueurdes Hyvers.
far une habile main sans ceJlè cultivées
,
Et d'une eau vive dépure au besoin
abreuvées
,
Ellesflettriflènt dans leur temps:
Tandis qu'a la inercy des fatfons
orageuses
•
, Les autres au milieu des. campagxçs
pierrcùfes
Se flêtriffint dés leurPrintemps.
Mais quel brillant éclairvient de frâperma veuë!
.f<!!.i m'appelle? qu'entensje? &
qtt'efi-cequeje v»y?
Mon cœur efi transportéd'une joye
inconnue
,
,Zteets font ces presages pour
moy ?
Ne m'annoncent-ils point que je
verray la cheute
Des celebresRivaux avec qui je disi
pute
L'honneur de la lice où je cours?
.f<!je de gloire & quel prix! Ji le
Ciel me l'envoyé
>
Le Portrait de LOVIS à mes regards
en proye
Les occupera tousles jours.
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Résumé : ODE Sur le soin que le Roy prend de l'éducation d[e] la Noblesse.
Le texte présente deux discours sur la même matière, l'un de l'Abbé Raguenet et l'autre de Monsieur de Clervillç, tous deux loués pour leur style noble et leur description vivante de la patience chrétienne. Le sujet donné par les membres de l'Académie pour le prix de poésie était l'éducation de la noblesse, tant dans les écoles des gentilshommes que dans la Maison de Saint-Cyr. Une œuvre de Mademoiselle des Houlières sur ce sujet est également mentionnée, appréciée pour sa qualité intrinsèque indépendamment de la réputation de son auteur. Une ode suit, dédiée à l'éducation de la noblesse. L'auteur invoque Apollon pour dissiper ses doutes et inspirer sa voix. Il loue le roi Louis, protecteur des arts, et chante les bienfaits de son règne. Le roi est décrit comme un héros qui arrache son peuple à la misère, consulte avec la paix pour effacer les horreurs de la guerre, et établit des écoles illustres pour former la jeunesse noble. Ces écoles enseignent l'art de la guerre et préparent les jeunes nobles à commander et à défendre la France. Le roi est également loué pour sa prévoyance envers les filles, les protégeant des dangers et les conduisant vers la vertu. Le texte compare l'éducation des jeunes plantes dans un enclos protégé à celle des jeunes nobles formés par le roi. Enfin, l'auteur exprime sa joie à la vue du portrait du roi, qui occupera tous ses regards.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 103-106
« Toutes les Lettres de Vienne roulent sur l'application du Conseil, [...] »
Début :
Toutes les Lettres de Vienne roulent sur l'application du Conseil, [...]
Mots clefs :
Vienne, Conseil, Armée, Empire, Terreur, Paix, Offensive, Prince, Bataille, Forteresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Toutes les Lettres de Vienne roulent sur l'application du Conseil, [...] »
Toutes les Lettres de Vienne
roulent fur l'application du
Confeil , à prendre de juftes mefures
, pour la Campagne prochaine
, & à profiter des hûreux
fuccez qu'ont ûs les Armées de
l'Empereur , l'an paffe , qui ont
porté la terreur par tout l'Empire
Ottoman , & .dont le Divan redoute
les fuittes , avec raifon. En effet
, partagé comme il eft , entre
la crainte & l'efpérance , animé
d'un côté par certains Miniftres ,
qui trouvent leurs interêts à la
104
LE MERCURE
continuation de la Guerre , intimidé
de l'autre , par les cris & les
lamentations des Peuples , qui ne
refpirent que la Paix , & commencent
à prévoir les fuites d'une Rupture
, qui ne leur peut être que
fatale. A quoi peut il fe déterminer
? flotant de cette maniere entre
deux extrémités. Il eft difficile de
fe former un plan fixe ; c'eft ce
qui donne lieu à fon irréfolution ,
& oblige fouvent le Confeil de
Guerre , a'changer de Batterie . Il
n'en eft pas de même de celui de
l'Empereur. Toutes les voix y concourent
à l'offenfive , toutes les
mefures font prifes pour l'ecuter
d'une maniere efficace ; il ne
s'agit que de l'endroit le plus con -1
venable , pour porter le coup mortel
à l'Empire Ottoman. C'est làdeffus
que délibérent les Miniftres
du Confeil Impérial . Quelqu'uns
veulent que le Prince Eugene de
Savoye marchera avec la principale
Armée , du côté de Belgrade,
pendant qu'un Corps Corps de 50000
DE MAY.
105
Hommes, fous le Comte de Merci
reftera aux environs de Témeſvvar
, juſqu'à ce qu'on voye ,
fi les Turcs s'oppoferont au Siége
de Belgrade. D'autres veulent que
le Prince Eugene ne paffera pas la
Save , mais bien le Danube , pour
éxécuter de ce côté-là , un deffein
important , avant que de s'attacher
à Belgrade. Un troifiéme parti
fait revivre l'ancien projet , qui
eft , de hazarder une Bataille à l'ouverture
de la Campagne ; & en cas
qu'on la gagne , de s'emparer d'un
Paffage confidérable , près du Danube
, & aux environs d'Andrinople
. On s'emparera en même
tems , d'une Fortereffe réguliére
du côté de la Dalmatie ; ce qui
feroit le moyen de couper Belgrade
, & de le faire tomber en le
privant des fecours , qui ne lui peu
vent venir que de fort loin. Ce
projet a quelque fondement , parce
que l'Armée Impérialle a fes
derriéres à couvert , par la prife.
de Temefvvar,&qu'elle peut tirer
›
106 LE MERCURE
la fubfiftance néceffaire de la Moldavie
, & de la Valachie . Le
Tems nous fera voir quel plan on
fuivra.
roulent fur l'application du
Confeil , à prendre de juftes mefures
, pour la Campagne prochaine
, & à profiter des hûreux
fuccez qu'ont ûs les Armées de
l'Empereur , l'an paffe , qui ont
porté la terreur par tout l'Empire
Ottoman , & .dont le Divan redoute
les fuittes , avec raifon. En effet
, partagé comme il eft , entre
la crainte & l'efpérance , animé
d'un côté par certains Miniftres ,
qui trouvent leurs interêts à la
104
LE MERCURE
continuation de la Guerre , intimidé
de l'autre , par les cris & les
lamentations des Peuples , qui ne
refpirent que la Paix , & commencent
à prévoir les fuites d'une Rupture
, qui ne leur peut être que
fatale. A quoi peut il fe déterminer
? flotant de cette maniere entre
deux extrémités. Il eft difficile de
fe former un plan fixe ; c'eft ce
qui donne lieu à fon irréfolution ,
& oblige fouvent le Confeil de
Guerre , a'changer de Batterie . Il
n'en eft pas de même de celui de
l'Empereur. Toutes les voix y concourent
à l'offenfive , toutes les
mefures font prifes pour l'ecuter
d'une maniere efficace ; il ne
s'agit que de l'endroit le plus con -1
venable , pour porter le coup mortel
à l'Empire Ottoman. C'est làdeffus
que délibérent les Miniftres
du Confeil Impérial . Quelqu'uns
veulent que le Prince Eugene de
Savoye marchera avec la principale
Armée , du côté de Belgrade,
pendant qu'un Corps Corps de 50000
DE MAY.
105
Hommes, fous le Comte de Merci
reftera aux environs de Témeſvvar
, juſqu'à ce qu'on voye ,
fi les Turcs s'oppoferont au Siége
de Belgrade. D'autres veulent que
le Prince Eugene ne paffera pas la
Save , mais bien le Danube , pour
éxécuter de ce côté-là , un deffein
important , avant que de s'attacher
à Belgrade. Un troifiéme parti
fait revivre l'ancien projet , qui
eft , de hazarder une Bataille à l'ouverture
de la Campagne ; & en cas
qu'on la gagne , de s'emparer d'un
Paffage confidérable , près du Danube
, & aux environs d'Andrinople
. On s'emparera en même
tems , d'une Fortereffe réguliére
du côté de la Dalmatie ; ce qui
feroit le moyen de couper Belgrade
, & de le faire tomber en le
privant des fecours , qui ne lui peu
vent venir que de fort loin. Ce
projet a quelque fondement , parce
que l'Armée Impérialle a fes
derriéres à couvert , par la prife.
de Temefvvar,&qu'elle peut tirer
›
106 LE MERCURE
la fubfiftance néceffaire de la Moldavie
, & de la Valachie . Le
Tems nous fera voir quel plan on
fuivra.
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5
p. 114-124
ARTICLE DES SPECTACLES.
Début :
Les Comédiens Italiens ayant voulu faire l'essai d'une Piéce [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Arlequin, Applaudissements, Tragédie, Roi, Tyran, Action théâtrale, Veuve, Meurtre, Paysan, Crime, Plaintes, Reine, Exécution, Confidence, Vengeance, Terreur, Comédiens-Français, Rôles, Spectateurs, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES SPECTACLES.
ATITICLE DES SPECTACLES.
Es Comédiens Italiens ayant
voulu faire l'effai d'une Piéce
purement héroïque, fans l'Arlequin,
reprefenterent avec applaudiffement
ces jours paffés , la Tragédie
de Merope qu'ils donnerent gratis.
Comme cette Troupe fe propofe
de la jouer cet Hiver , je me contenterai
d'en expofer fimple ment
la Fable , dégage de toutes réfléxions
critiques , les refervant pour
ce tems-là.
Le fujer de la Tragédie de Merope
eft tiré d'Apollodore ; mais , les
fituations font l'ouvrage du MarDE
MAY.
IIS
quis Scipion Maffei.
Crefphonte de la race des Héraclides
étoit Roy de Meffenie dans
l'Achaye. Il avoit eu trois fils de
Merope. Poliphonne,un de fes Sujets
, confpira contre lui , le détrôna
& fit impitoyablement
maffacrer
après lui , deux de ſes enfans.
Le troifiéme , à qui l'Auteur donne
le nom de Crefphonte
, & qu'Apollodore
appelle Ægyptus , fut
dérobé à la fureur du Tyran par
les foins de Merope , qui le remit
entre les mains d'un vieux ferviteur
, dont la fidélité lui étoit connuë.
Quinze ans fe pafferent, avant
que ce jeune Prince qui n'en avoit
que trois , lorfqu'il échappa à la
cruauté de Poliphonne , pût demander
raifon du Meurtre de fon
pere, & de fes freres , & de l'ufurpation
de les Etats. C'eft ici l'époque
de l'Action Théatrale . Polyphonne
voyant que les Peuples
de Meffene,Capitale du Royaume,
faifoient tous les jours des Conjurations
contre lui , forma le def716
LE MERCURE
fein d'époufer Merope , pour s'acquerir
un droit au Trône ufurpé .
L'infortunée Veuve de Crefphonte
fremit à cette propofition , & éclata
en fanglants reproches . Pendant
une fi aigre converfation , Adrafte
entiérement dévoué au Tyran ,
lui amena un jeune Païfan accufé
d'avoir tué un homme auprés de
Meffene , & de l'avoir jetté dans
un Fleuve , pour dérober la connoiffance
de fon crime . Le jeune
Païfan confeffa le Meurtre ; mais ,
il tacha de justifier fon intention ,
en difant , qu'il n'avoit fait que
défendre fa vie contre un Brigand
qui l'avoit attaqué . L'Accufateur
qui avoit interêt à le faire périr ,
parce qu'il avoit trouvé fur lui , une
Bague d'un grand prix , qui flatoit
fon avarice , n'oublia rien pour irriter
le Tyran contre lui : Mais ,
Merope attendrie par un fécret
preffentiment , demanda fa grace ,
& l'obtint de Poliphonne. Cependant
, comme le fouvenir de fon
fils l'occupoit fans ceffe , & la te-
1
DE MAY. 117
}
noit dans une agitation éternelle.
Elle s'imagina que le prétendu
Brigand que le Païfan avoit peint
à peu près de fon âge , qui convenoit
à celui du jeune Crefphonte ,
& armé d'une maffuë , Armes ordinaires
des defcendans d'Hercule ,
Elle s'imagina , dis -je , que ce pou--
voit bien être fon fils qui avoit été
tué & jetté dans le Fleuve : Elle"
n'eut point de repos qu'elle ne fut
éclaircie. Eurife attaché à fes interefts
, lui promit d'interoger Adrafte
qui étoit de fes Amis. Cela
fut éxécuté fi hûreufement , ou
plûtôt fi malhûreufement pour Merope
, qu'Eurife lui apporta la Bague
qu'Adrafte avoir trouvée fur
Egifte ( c'étoit le nom du jeune
Païfan ) A la vûë de cette fatale Bague
, Merope frémit , elle la reconnoit
pour la même qu'elle avoit
donnée autrefois au vieux Polidore,
& qui devoit fervir un jour , à lui
faire reconnoître fon cher Cref=
phonte. Elle ne douta point que
Te Meurtrier ne l'eut dérobée pour
118 LE MERCURE
prix de fon crime . Elle en jura la
vengeance , & s'étant fait amener
le malhûreux & innocent Egifte
elle le fit garotter à fes yeux , & fe
fit donner une lance pour lui percer
le coeur. A ces funeftes apprêts
Egifte témoigna ſon étonnement ;
ne pouvant fléchir la Reine irritée ,
prêt à recevoir le coup mortel ;
il lui échappa quelques plaintes ,
qui fufpendirent la vengeance de
Merope ,furtout le nom de Polidore
,forti de fa bouche , lui fut
d'un grand fecours . La Reine en
fut frapée , & quelques momens
qu'elle perdit en éclairciffemens ,
furent caufe que Polyphonne furvint
à cette terrible éxécution , &
l'empêcha , ou du moins la fit remettre
à une autre fois . Les plaintes
qu'Egifte fait au Tyran de l'injuftice
de Merope , qui fait perir
ceux à qui il fait grace ; la colere
du Tyran fur cette attentat , & la
protection qu'il accorde ouvertement
au prétendu Criminel , per
fuadent à la Reine une intelligence
DE MAY.
119
dont elle commençoit à fe douter.
Un nouveau défir de vengeance
s'allume dans fon fein , & le fort
lui fournit bientôt une occafion
de la
confommer. Egifte ayant tout
à craindre d'une Reine irritée , &
ne fe fentant coupable d'aucun
crime , cherche à fe juftifier dans
fon efprit. Il s'adreffà à ſa Confidente
, qui pour mieux l'attirer
dans le piége , lui dit , que Merope .
n'eft plus fi irritée contre lui ; elle
lui promit de lui en dire davantage
, dès qu'elle fe fera débaraffée
d'un foin preffant qui l'appelle
ailleurs , & le prie de l'attendre.
Egifte lui jure de ne point fortir
de cet Appartement, d'a-t-il y pafferla
nuit;accablé de laffitude de fes
derniers travaux , il s'endort. Pendant
fon fommeil , Polydore vient,
introduit dans le Palais par Eurife
qu'il prie de le laiffer feul. Il
découvre un homme endormi, dont
les habits lui font naître la curiofité
d'examiner les traits de fon viſage ;
il approche , mais, entendant venir
120 LE MERCURE
quelqu'un,il fe retire. A peine s'eftil
retiré qu'Eimere trouvant Egifte
endormi , appelle la Reine , en lui
difant que tout favorife fa vengeance
. Merope vient un Poignard à la
main ; mais prête à frapper Egitte ,
elle fe fent arrêtée par un homme
qui , par le cri qu'il fait , éveille
Egifte , & lui donne le tems de fe
fauver de la fureur de fon Ennemie.
Merope au defeſpoir d'avoir
manqué fon coup , le veut faire
retomber fur celui qui l'a fufpendu ;
mais , cette nouvelle Victime de
fa vengeance le fait reconnoître
à elle , pour ce même Polydore
à qui elle commit autrefois le foin
de fon cher Crefphonte , & lui apprend
en même tems , que c'étoit
Crefphonte-même qu'elle alloit
immoler. La Surpriſe , la Terreur.,
la Joye, fe fuccédent tour à tour
dans le coeur de Merope ; le premier
mouvement de la Nature la
porte à aller embraffer fon fils ;
mais , Polydore lui repréfente fagement
, que ce feroit l'étouffer
en
DE MAY 121
l'embraffant , & que le moindre
éclat mettroit la vie de fon tils
dans un danger évident. (Merope
fe rend à fes raifons .
Polydore lui
prommet
d'éclaircir au jeune Crefphonte
, le myftere de fa Naiffance.
Il accomplit fa promeffe , un
moment après ;
Crefphonte , qui
avoit toujours cru que Polydore
fut fon pere , fent couler le fang
d'Hercules dans ſes veines , à mefure
qu'il apprend fon véritable
fort ,il veut courir à la
vengeance
de fon pere & de fes freres égorgez
par le Tyran ; mais , Polydore fe
jettant à fes pieds , le fait confentir
à fuivre les confeils que fon
âge & fon expérience lui infpirent.
Polyphonte
perfite dans le deffein
d'époufer
Merope , & lui fait ordonner
par Adrafte fon cruel Emiffaire
, d'aller au Temple , fous
peine de voir périr à les yeux ,
toutes les perfonnes qui lui font
les plus cheres . Merope fe livre à
fes volontés , comme une Victime
qu'on entraîne à l'Autel , réfolue
May 177.
L
122 LE MERCURE
de fe donner la mort , plûtôt que
d'époufer le Meurtrier de fon Epoux
& de fes enfans. Elle n'en est
pas pourtant reduite à cette fatale
extrémité. Le jeune Crefphonte
fon fils , trouve le moyen de fe
foustraire aux yeux de Polydore ,
en le faifant confentir au défir curieux
qu'il a d'aller voir la Pompe
qui fe prépare au Temple. Apeine
y eut-il entré , qu'il voit Merope
fa mere, approcher de l'Autel , avec
une paleur qui lui perce l'ame . Il
court lui - même à cet Aurel
où elle est prête de s'immoler , &
fe faififfant du couteau facré , il
en frappe le Tyran & Adrafte.
Merope déclare aux Peuples affemblez
, que celui qui vient de les
tirer d'un efclavage qu'ils ne fupportoient
qu'à regret , eft leur véritable
Roi, fils du bon Crefphonte,
dont la mémoire leur eft fi chere ;
il n'en faut pas d'avantage pour lui
attirer tous les coeurs,il eft proclamé
Roi, &le Tiran détesté après la mort,
comme il l'avoit été pendantfa vie.
>
DE MAY . 123
Ans vouloir entrer dans les raiqui
ont engagé l'Auteur de
>
Semiramis à faire interrompre cette
Tragédie , qui avoit déja foûtenu
fept reprefentations , les Comédiens
François , pour confoler le
Public du plaifir qu'il avoit à la
fuivre , ont remis fur leur Théatre
le Flateur , Comédie de Mr Rouf-
-feau , qui parut pour la premiere
fois , il y a près de 20 ans ; quoique
les Acteurs faffent , pour rechauffer
cette Piéce & que Mr
Quinault l'aîné fe furpaffe dans
le Rôle du Aateur ; elle n'eft
cependant pas auffi fuivie qu'ils s'en
étoient flatés. Mlle le Couvreur ,
nouvelle Actrice , qui a joué à la
Cour de Lorraine & à Strasbourg,
a attiré beaucoup plus de Spectateurs
dans Electre elle a été fort
applaudie ; cependant , avant que
de porter aucun jugement fur fon
mérite Théatrale ; il faut attendre
que quelques autres Piéces en décident
.
Les changemens qui ont été faits
Lij
124 LE MERCURE
de la part du Poëte & du Muficien ,
dans Hypermetre qui avoit été
fufpendue , ont été fort bien receus
des Amateurs de l'Opera ;
on continue à la repréſenter avec
fuccés . M. Gervais Auteur de la
Mufique , doit être fatisfait de tout
le bien qu'en difent les Connoiffeurs.
Es Comédiens Italiens ayant
voulu faire l'effai d'une Piéce
purement héroïque, fans l'Arlequin,
reprefenterent avec applaudiffement
ces jours paffés , la Tragédie
de Merope qu'ils donnerent gratis.
Comme cette Troupe fe propofe
de la jouer cet Hiver , je me contenterai
d'en expofer fimple ment
la Fable , dégage de toutes réfléxions
critiques , les refervant pour
ce tems-là.
Le fujer de la Tragédie de Merope
eft tiré d'Apollodore ; mais , les
fituations font l'ouvrage du MarDE
MAY.
IIS
quis Scipion Maffei.
Crefphonte de la race des Héraclides
étoit Roy de Meffenie dans
l'Achaye. Il avoit eu trois fils de
Merope. Poliphonne,un de fes Sujets
, confpira contre lui , le détrôna
& fit impitoyablement
maffacrer
après lui , deux de ſes enfans.
Le troifiéme , à qui l'Auteur donne
le nom de Crefphonte
, & qu'Apollodore
appelle Ægyptus , fut
dérobé à la fureur du Tyran par
les foins de Merope , qui le remit
entre les mains d'un vieux ferviteur
, dont la fidélité lui étoit connuë.
Quinze ans fe pafferent, avant
que ce jeune Prince qui n'en avoit
que trois , lorfqu'il échappa à la
cruauté de Poliphonne , pût demander
raifon du Meurtre de fon
pere, & de fes freres , & de l'ufurpation
de les Etats. C'eft ici l'époque
de l'Action Théatrale . Polyphonne
voyant que les Peuples
de Meffene,Capitale du Royaume,
faifoient tous les jours des Conjurations
contre lui , forma le def716
LE MERCURE
fein d'époufer Merope , pour s'acquerir
un droit au Trône ufurpé .
L'infortunée Veuve de Crefphonte
fremit à cette propofition , & éclata
en fanglants reproches . Pendant
une fi aigre converfation , Adrafte
entiérement dévoué au Tyran ,
lui amena un jeune Païfan accufé
d'avoir tué un homme auprés de
Meffene , & de l'avoir jetté dans
un Fleuve , pour dérober la connoiffance
de fon crime . Le jeune
Païfan confeffa le Meurtre ; mais ,
il tacha de justifier fon intention ,
en difant , qu'il n'avoit fait que
défendre fa vie contre un Brigand
qui l'avoit attaqué . L'Accufateur
qui avoit interêt à le faire périr ,
parce qu'il avoit trouvé fur lui , une
Bague d'un grand prix , qui flatoit
fon avarice , n'oublia rien pour irriter
le Tyran contre lui : Mais ,
Merope attendrie par un fécret
preffentiment , demanda fa grace ,
& l'obtint de Poliphonne. Cependant
, comme le fouvenir de fon
fils l'occupoit fans ceffe , & la te-
1
DE MAY. 117
}
noit dans une agitation éternelle.
Elle s'imagina que le prétendu
Brigand que le Païfan avoit peint
à peu près de fon âge , qui convenoit
à celui du jeune Crefphonte ,
& armé d'une maffuë , Armes ordinaires
des defcendans d'Hercule ,
Elle s'imagina , dis -je , que ce pou--
voit bien être fon fils qui avoit été
tué & jetté dans le Fleuve : Elle"
n'eut point de repos qu'elle ne fut
éclaircie. Eurife attaché à fes interefts
, lui promit d'interoger Adrafte
qui étoit de fes Amis. Cela
fut éxécuté fi hûreufement , ou
plûtôt fi malhûreufement pour Merope
, qu'Eurife lui apporta la Bague
qu'Adrafte avoir trouvée fur
Egifte ( c'étoit le nom du jeune
Païfan ) A la vûë de cette fatale Bague
, Merope frémit , elle la reconnoit
pour la même qu'elle avoit
donnée autrefois au vieux Polidore,
& qui devoit fervir un jour , à lui
faire reconnoître fon cher Cref=
phonte. Elle ne douta point que
Te Meurtrier ne l'eut dérobée pour
118 LE MERCURE
prix de fon crime . Elle en jura la
vengeance , & s'étant fait amener
le malhûreux & innocent Egifte
elle le fit garotter à fes yeux , & fe
fit donner une lance pour lui percer
le coeur. A ces funeftes apprêts
Egifte témoigna ſon étonnement ;
ne pouvant fléchir la Reine irritée ,
prêt à recevoir le coup mortel ;
il lui échappa quelques plaintes ,
qui fufpendirent la vengeance de
Merope ,furtout le nom de Polidore
,forti de fa bouche , lui fut
d'un grand fecours . La Reine en
fut frapée , & quelques momens
qu'elle perdit en éclairciffemens ,
furent caufe que Polyphonne furvint
à cette terrible éxécution , &
l'empêcha , ou du moins la fit remettre
à une autre fois . Les plaintes
qu'Egifte fait au Tyran de l'injuftice
de Merope , qui fait perir
ceux à qui il fait grace ; la colere
du Tyran fur cette attentat , & la
protection qu'il accorde ouvertement
au prétendu Criminel , per
fuadent à la Reine une intelligence
DE MAY.
119
dont elle commençoit à fe douter.
Un nouveau défir de vengeance
s'allume dans fon fein , & le fort
lui fournit bientôt une occafion
de la
confommer. Egifte ayant tout
à craindre d'une Reine irritée , &
ne fe fentant coupable d'aucun
crime , cherche à fe juftifier dans
fon efprit. Il s'adreffà à ſa Confidente
, qui pour mieux l'attirer
dans le piége , lui dit , que Merope .
n'eft plus fi irritée contre lui ; elle
lui promit de lui en dire davantage
, dès qu'elle fe fera débaraffée
d'un foin preffant qui l'appelle
ailleurs , & le prie de l'attendre.
Egifte lui jure de ne point fortir
de cet Appartement, d'a-t-il y pafferla
nuit;accablé de laffitude de fes
derniers travaux , il s'endort. Pendant
fon fommeil , Polydore vient,
introduit dans le Palais par Eurife
qu'il prie de le laiffer feul. Il
découvre un homme endormi, dont
les habits lui font naître la curiofité
d'examiner les traits de fon viſage ;
il approche , mais, entendant venir
120 LE MERCURE
quelqu'un,il fe retire. A peine s'eftil
retiré qu'Eimere trouvant Egifte
endormi , appelle la Reine , en lui
difant que tout favorife fa vengeance
. Merope vient un Poignard à la
main ; mais prête à frapper Egitte ,
elle fe fent arrêtée par un homme
qui , par le cri qu'il fait , éveille
Egifte , & lui donne le tems de fe
fauver de la fureur de fon Ennemie.
Merope au defeſpoir d'avoir
manqué fon coup , le veut faire
retomber fur celui qui l'a fufpendu ;
mais , cette nouvelle Victime de
fa vengeance le fait reconnoître
à elle , pour ce même Polydore
à qui elle commit autrefois le foin
de fon cher Crefphonte , & lui apprend
en même tems , que c'étoit
Crefphonte-même qu'elle alloit
immoler. La Surpriſe , la Terreur.,
la Joye, fe fuccédent tour à tour
dans le coeur de Merope ; le premier
mouvement de la Nature la
porte à aller embraffer fon fils ;
mais , Polydore lui repréfente fagement
, que ce feroit l'étouffer
en
DE MAY 121
l'embraffant , & que le moindre
éclat mettroit la vie de fon tils
dans un danger évident. (Merope
fe rend à fes raifons .
Polydore lui
prommet
d'éclaircir au jeune Crefphonte
, le myftere de fa Naiffance.
Il accomplit fa promeffe , un
moment après ;
Crefphonte , qui
avoit toujours cru que Polydore
fut fon pere , fent couler le fang
d'Hercules dans ſes veines , à mefure
qu'il apprend fon véritable
fort ,il veut courir à la
vengeance
de fon pere & de fes freres égorgez
par le Tyran ; mais , Polydore fe
jettant à fes pieds , le fait confentir
à fuivre les confeils que fon
âge & fon expérience lui infpirent.
Polyphonte
perfite dans le deffein
d'époufer
Merope , & lui fait ordonner
par Adrafte fon cruel Emiffaire
, d'aller au Temple , fous
peine de voir périr à les yeux ,
toutes les perfonnes qui lui font
les plus cheres . Merope fe livre à
fes volontés , comme une Victime
qu'on entraîne à l'Autel , réfolue
May 177.
L
122 LE MERCURE
de fe donner la mort , plûtôt que
d'époufer le Meurtrier de fon Epoux
& de fes enfans. Elle n'en est
pas pourtant reduite à cette fatale
extrémité. Le jeune Crefphonte
fon fils , trouve le moyen de fe
foustraire aux yeux de Polydore ,
en le faifant confentir au défir curieux
qu'il a d'aller voir la Pompe
qui fe prépare au Temple. Apeine
y eut-il entré , qu'il voit Merope
fa mere, approcher de l'Autel , avec
une paleur qui lui perce l'ame . Il
court lui - même à cet Aurel
où elle est prête de s'immoler , &
fe faififfant du couteau facré , il
en frappe le Tyran & Adrafte.
Merope déclare aux Peuples affemblez
, que celui qui vient de les
tirer d'un efclavage qu'ils ne fupportoient
qu'à regret , eft leur véritable
Roi, fils du bon Crefphonte,
dont la mémoire leur eft fi chere ;
il n'en faut pas d'avantage pour lui
attirer tous les coeurs,il eft proclamé
Roi, &le Tiran détesté après la mort,
comme il l'avoit été pendantfa vie.
>
DE MAY . 123
Ans vouloir entrer dans les raiqui
ont engagé l'Auteur de
>
Semiramis à faire interrompre cette
Tragédie , qui avoit déja foûtenu
fept reprefentations , les Comédiens
François , pour confoler le
Public du plaifir qu'il avoit à la
fuivre , ont remis fur leur Théatre
le Flateur , Comédie de Mr Rouf-
-feau , qui parut pour la premiere
fois , il y a près de 20 ans ; quoique
les Acteurs faffent , pour rechauffer
cette Piéce & que Mr
Quinault l'aîné fe furpaffe dans
le Rôle du Aateur ; elle n'eft
cependant pas auffi fuivie qu'ils s'en
étoient flatés. Mlle le Couvreur ,
nouvelle Actrice , qui a joué à la
Cour de Lorraine & à Strasbourg,
a attiré beaucoup plus de Spectateurs
dans Electre elle a été fort
applaudie ; cependant , avant que
de porter aucun jugement fur fon
mérite Théatrale ; il faut attendre
que quelques autres Piéces en décident
.
Les changemens qui ont été faits
Lij
124 LE MERCURE
de la part du Poëte & du Muficien ,
dans Hypermetre qui avoit été
fufpendue , ont été fort bien receus
des Amateurs de l'Opera ;
on continue à la repréſenter avec
fuccés . M. Gervais Auteur de la
Mufique , doit être fatisfait de tout
le bien qu'en difent les Connoiffeurs.
Fermer
6
p. 2964-2969
COMBAT DE LA PROSE ET DE LA RIME. Donné sur le Parnasse, le 2 Juin 1730.
Début :
Dans le fond du sacré Vallon [...]
Mots clefs :
Prose, Rime, Parnasse, Apollon, Orateurs, Romanciers, Terreur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMBAT DE LA PROSE ET DE LA RIME. Donné sur le Parnasse, le 2 Juin 1730.
COMBAT DE LA PROSE
ET DE LA RIME.
Donné sur le Parnasse , le 2 Juin 1730.
Dans le fond du sacré Vallon
Se donna bataille importante ,
Sous le bon plaisir d'Apollon :
Ce fut en l'an mil sept cens trente.
La Prose n'étoit pas contente >
dit-on :
Et la Rime encor moins ,
Prose vouloit que de la Tragedie
Fussent chassés les Vers rimés ;
Rime vouloit qu'elle en fut toute ourdie :
L'une étoit fiere , et l'autre étoit hardie ,
Voilà deux coeurs bien animés !
Coeurs feminins ne sont si-tôt calmés. -
Chacune d'elles se provoque ,
Tant qu'enfin pour un prompt combat ,
Gens Prosateurs , gens de rime on convoque
Pour terminer ce 'grand débat.
De son côté Prose range en Bataille
Les Orateurs , les Romanciers ,
? Tant modernes que devanciers ;
t
II. Vol.
No
DECEMBRE. 1731. 2969
Ne furent pris que ceux de haute taille ,
Comme le sont les Houdarts , les Flechiers ,
Acoutrés de leur jacquemaille
Avec les Balzacs , les Daciers ,
Et le reste vaille que vaille ,
Tels que Goujats furent mis les derniers.
Fier Don Quichot , d'avantures avide ,
La pris pour leur Chef , pour leur guide
Bien se flattoit , monté sur son Grison.
De mettre Rime à la raison.
De l'autre part , on voit aussi la rime:
De ses Héros la troupe rassembler.
Cet Escadron faisoit trembler ,
Tant il avoit l'air à l'escrime !
La plume en main , le nez au vent ,
Chaque rimeur sur son Pegaze ,
Plein du saint dépit qui l'embraze ,
Court , galope et vole en avant ;,,
On n'avoit pris des rimeurs que l'élite ,
Tous gens qu'un tel débat irrite
On avoit laissé les Pradons ,.
Les Martignacs , les Duriers , les Gacons
Aux rangs derniers , lieu d'où prennent la fuite
Bien plus aisément les Poltrons ,
S'étoient offerts de la fiere Angleterre.
Quelques Poëtes Prosateurs ,
Mais on craignit qu'en cette Guerre
H..Vol. Ciij
Ils
2966 MERCURE DEFRANCE
Ils ne dévinssent déserteurs.
Donc l'Escadron des rimeurs s'achemine ;
Pour Chefs il avoit deux Guerriers
Déja couverts de cent lauriers
C'étoit et Corneille et Racine ;
La Prose pálit , à la mine
De ces deux Paladins si fiers.
Sur front Cornelien éclate
Je ne sçai quoi de sublime et de grand ;
Là pour son Pompée on le prend ,
Racine , pour son Mitridate ,
Tant ils ont l'air et tendre et conquerant.
Voilà donc que nos deux armées
Sont en presence et déja sous le feu ,
La Prose tremblotoit un peu ,
La Rime voit , comme pigmées ,
Ses Ennemis , s'en fait un jeu .
C'est donc alors qu'on entre en danse
Que de part et d'autre on se lance
Un million des plus terribles traits ;
Corneille frappant de fort près ,
Faisoit réculer l'éloquence :
Rime le battoit en cadence.
Bien assenoit ses coups , Prose jamais ;
Corneille visoit à la tête ,
Et Racine donnoit au coeur :
inspiroient la pitié , la terreur ;
1, Vol.
Jamais
DECEMBRE 1731. 2967
Jamais on ne vêt télle fête ,
Tel carillon , telle rumeur :
Alors la Prose épouvantée ,
Et par la Rime à demi culbutée ,
Au Dieu du Parnasse a recours.
Ah ! prête - moi , dit- elle , ton secours !
Le Dieu vient , la sauve , il exige ,
Pour maintenir et la paix , et leurs droits ,
Que très-pomptement on rédige
Sur Parchemin , par articles , ses loix :
Je le veux , dit- il , qu'on transige
Or , ces articles. Les voicy.
Rapportons - les en racourcy ;
Je prétends , dit- il , que la Prose
Pas ne se mêle d'autre chose ,
Que de la Chaire et du Barreau ;
Et qu'au Théatre elle ait la bouche close
Condamnons le projet nouveau ,
De prosaïser Tragedie -
Voulons , pour garder l'ancien us ,
Que seulement en Comédie.
Elle conserve cet abus ? 41
Voulons aussi , qu'au Barreau ni qu'en Chaire
Rimeurs ne soient si témeraires
Que de rimer Sermons et Plaidoyers •
Si non passer pour Pradons , pour Boyers ,
Ou pour Tragiques à l'Angloise
H. Vol..
Ciiij
> -
Qui
1968 MERCURE DE FRANCE
Qui trop cruels de la moitié ,
Négligeant l'Art , ne leur déplaise ,
Inspirent plus d'horreur que de pitié”,
Font en Vers blancs enrager Melpomene ,
De voir le vice revêtu
Sur leur licentieuse scene
Des parures de la vertu ..
Laissons - les donc cothurner à leur guise
Et seulement , de peur qu'on prosaïse
La Tragedie , agissons vivement
Four Substitut contre cette entreprise ,
Prenons Voltaire ... afin que promptement
S'éxecute mon réglement ? »
Et pour qu'il use de main mise.
Contre qui trop avidement
Embrasseroit aveuglement
Le préjugé de la Tamise ?
Dorc , enjoignons au Tragique Arroüet-
D'amener sur la double cime ,
Qui conque écrit contre la Rime ? .
que des Muses le joüet Pour
Sa honte lave au moins son crime.
our qu'y voyant le noble et juste pri
Que Melpomene offre à Voltaire ,
Il rime , comme il le sçait faire ,
Et que de même ardeur épris ,
sçache l'art d'éffrayer et de plaire ,
II. Vol.
D'ate
DECEMBRE 1731. 2969
D'attendrir la Cour et Paris ;
Qu'enfin quittant un parti témeraire ,
Il force la Prose à se taire
Dans tous les Tragiques Ecrits..
Datté du Camp près l'hypocrène ,
Signé, du sang des morts et des blessés ,
Pleurés les pauvres Trépassés ,
Quoi que Turbateurs de la scene ::
Fait ce deux Juin , et paraffé
Jour , où la Rime a triomphé..
ET DE LA RIME.
Donné sur le Parnasse , le 2 Juin 1730.
Dans le fond du sacré Vallon
Se donna bataille importante ,
Sous le bon plaisir d'Apollon :
Ce fut en l'an mil sept cens trente.
La Prose n'étoit pas contente >
dit-on :
Et la Rime encor moins ,
Prose vouloit que de la Tragedie
Fussent chassés les Vers rimés ;
Rime vouloit qu'elle en fut toute ourdie :
L'une étoit fiere , et l'autre étoit hardie ,
Voilà deux coeurs bien animés !
Coeurs feminins ne sont si-tôt calmés. -
Chacune d'elles se provoque ,
Tant qu'enfin pour un prompt combat ,
Gens Prosateurs , gens de rime on convoque
Pour terminer ce 'grand débat.
De son côté Prose range en Bataille
Les Orateurs , les Romanciers ,
? Tant modernes que devanciers ;
t
II. Vol.
No
DECEMBRE. 1731. 2969
Ne furent pris que ceux de haute taille ,
Comme le sont les Houdarts , les Flechiers ,
Acoutrés de leur jacquemaille
Avec les Balzacs , les Daciers ,
Et le reste vaille que vaille ,
Tels que Goujats furent mis les derniers.
Fier Don Quichot , d'avantures avide ,
La pris pour leur Chef , pour leur guide
Bien se flattoit , monté sur son Grison.
De mettre Rime à la raison.
De l'autre part , on voit aussi la rime:
De ses Héros la troupe rassembler.
Cet Escadron faisoit trembler ,
Tant il avoit l'air à l'escrime !
La plume en main , le nez au vent ,
Chaque rimeur sur son Pegaze ,
Plein du saint dépit qui l'embraze ,
Court , galope et vole en avant ;,,
On n'avoit pris des rimeurs que l'élite ,
Tous gens qu'un tel débat irrite
On avoit laissé les Pradons ,.
Les Martignacs , les Duriers , les Gacons
Aux rangs derniers , lieu d'où prennent la fuite
Bien plus aisément les Poltrons ,
S'étoient offerts de la fiere Angleterre.
Quelques Poëtes Prosateurs ,
Mais on craignit qu'en cette Guerre
H..Vol. Ciij
Ils
2966 MERCURE DEFRANCE
Ils ne dévinssent déserteurs.
Donc l'Escadron des rimeurs s'achemine ;
Pour Chefs il avoit deux Guerriers
Déja couverts de cent lauriers
C'étoit et Corneille et Racine ;
La Prose pálit , à la mine
De ces deux Paladins si fiers.
Sur front Cornelien éclate
Je ne sçai quoi de sublime et de grand ;
Là pour son Pompée on le prend ,
Racine , pour son Mitridate ,
Tant ils ont l'air et tendre et conquerant.
Voilà donc que nos deux armées
Sont en presence et déja sous le feu ,
La Prose tremblotoit un peu ,
La Rime voit , comme pigmées ,
Ses Ennemis , s'en fait un jeu .
C'est donc alors qu'on entre en danse
Que de part et d'autre on se lance
Un million des plus terribles traits ;
Corneille frappant de fort près ,
Faisoit réculer l'éloquence :
Rime le battoit en cadence.
Bien assenoit ses coups , Prose jamais ;
Corneille visoit à la tête ,
Et Racine donnoit au coeur :
inspiroient la pitié , la terreur ;
1, Vol.
Jamais
DECEMBRE 1731. 2967
Jamais on ne vêt télle fête ,
Tel carillon , telle rumeur :
Alors la Prose épouvantée ,
Et par la Rime à demi culbutée ,
Au Dieu du Parnasse a recours.
Ah ! prête - moi , dit- elle , ton secours !
Le Dieu vient , la sauve , il exige ,
Pour maintenir et la paix , et leurs droits ,
Que très-pomptement on rédige
Sur Parchemin , par articles , ses loix :
Je le veux , dit- il , qu'on transige
Or , ces articles. Les voicy.
Rapportons - les en racourcy ;
Je prétends , dit- il , que la Prose
Pas ne se mêle d'autre chose ,
Que de la Chaire et du Barreau ;
Et qu'au Théatre elle ait la bouche close
Condamnons le projet nouveau ,
De prosaïser Tragedie -
Voulons , pour garder l'ancien us ,
Que seulement en Comédie.
Elle conserve cet abus ? 41
Voulons aussi , qu'au Barreau ni qu'en Chaire
Rimeurs ne soient si témeraires
Que de rimer Sermons et Plaidoyers •
Si non passer pour Pradons , pour Boyers ,
Ou pour Tragiques à l'Angloise
H. Vol..
Ciiij
> -
Qui
1968 MERCURE DE FRANCE
Qui trop cruels de la moitié ,
Négligeant l'Art , ne leur déplaise ,
Inspirent plus d'horreur que de pitié”,
Font en Vers blancs enrager Melpomene ,
De voir le vice revêtu
Sur leur licentieuse scene
Des parures de la vertu ..
Laissons - les donc cothurner à leur guise
Et seulement , de peur qu'on prosaïse
La Tragedie , agissons vivement
Four Substitut contre cette entreprise ,
Prenons Voltaire ... afin que promptement
S'éxecute mon réglement ? »
Et pour qu'il use de main mise.
Contre qui trop avidement
Embrasseroit aveuglement
Le préjugé de la Tamise ?
Dorc , enjoignons au Tragique Arroüet-
D'amener sur la double cime ,
Qui conque écrit contre la Rime ? .
que des Muses le joüet Pour
Sa honte lave au moins son crime.
our qu'y voyant le noble et juste pri
Que Melpomene offre à Voltaire ,
Il rime , comme il le sçait faire ,
Et que de même ardeur épris ,
sçache l'art d'éffrayer et de plaire ,
II. Vol.
D'ate
DECEMBRE 1731. 2969
D'attendrir la Cour et Paris ;
Qu'enfin quittant un parti témeraire ,
Il force la Prose à se taire
Dans tous les Tragiques Ecrits..
Datté du Camp près l'hypocrène ,
Signé, du sang des morts et des blessés ,
Pleurés les pauvres Trépassés ,
Quoi que Turbateurs de la scene ::
Fait ce deux Juin , et paraffé
Jour , où la Rime a triomphé..
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Résumé : COMBAT DE LA PROSE ET DE LA RIME. Donné sur le Parnasse, le 2 Juin 1730.
Le 2 juin 1730, un affrontement littéraire entre la Prose et la Rime se déroula sur le Parnasse sous la supervision d'Apollon. La Prose, mécontente, cherchait à exclure les vers rimés des tragédies, tandis que la Rime voulait les y intégrer. Chaque camp rassembla ses partisans : la Prose réunit des orateurs et des romanciers, et la Rime mobilisa ses meilleurs poètes, dirigés par Corneille et Racine. Les deux armées s'affrontèrent dans un échange intense. Corneille et Racine, chefs des rimeurs, impressionnèrent par leur maîtrise. La Prose, effrayée, fit appel à Apollon, qui intervint pour rétablir la paix. Il édicta des lois stipulant que la Prose devait se limiter à la chaire et au barreau, et ne pas interférer avec les tragédies. La Rime, quant à elle, ne devait pas rimer sermons ou plaidoyers. Voltaire fut désigné pour faire respecter ces règles, et Jean-Baptiste Rousseau fut puni pour avoir écrit contre la Rime. Le combat se conclut par la victoire de la Rime, officialisée par un document signé du sang des blessés et des morts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1772-1774
IMITATION de la XXIIe Ode d'Horace, liv. I. Integer vitae, &c.
Début :
Loin celui qui dans le vice, [...]
Mots clefs :
Horace, Terreur, Rage, Bois, Pallas, Guide, Méprise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION de la XXIIe Ode d'Horace, liv. I. Integer vitae, &c.
IMITATION de la XXII Ode
d'Horace , liv. I.
Integer vita , & c.
Loin celui qui dans le vice
A passé ses plus beaux jours ;
Celui qui de l'injustice ,
A pratiqué les détours ;
Les Cyclopes effroyables
Dans leurs antres redoutables ,
Pour lui forgent mille traits ,
Qu'il arme sa main perfide ,
D'un Javelot homicide ,
Pour s'assurer ses forfaits.
▸
Celui qui de l'innocence ,
Suivit toujours le sentier ,
N'a besoin pour sa deffense ,
De Dard ni de Bouclier ;
も
Sa vertu lui sert d'Ægide ,
La sage Pallas son guide ,
Toujours le conduit au Port ;
Et d'une main salutaire
La sagesse qui l'éclaire ,
L'arrache aux coups
ì....
•
de la mort
Sans
AOUST. 1733 . 3773
Sans armes , seul et tranquille ,
Je m'égarois dans le Bois ,
Je chantois ; l'Echo docile ,
Rendoit les sons de ma voix ,
Que vois- je ? En ce lieu sauvage ,
Un Loup guidé par sa rage ,
Porte par tout la terreur ;
Pour moi l'Esperance est vaine ,
Ou fuir ! Ma perte est certaine
Dieux, prévenez mon malheur.
2
Prodige! heureuse méprise !
Il retourne sur ses pas ;
Est-ce une vaine surprise ,
Pour m'arracher au trépasz
Pallas vient sur une nuë ,
Je me rassure à sa vuë ,
Mortel , fidele à mes Loix ,
Dit-elle C'est le seul sage ,
Qui triomphe de la rage ,
Des Loups , habitans des Bois.
*
Loin la terreur au tein pâle.
Jaffronte tous les revers
Que la fureur infernale
Prépare pour mai des fers ;
Que
1974 MERCURE DE FRANCE
Que l'air gronde sur ma tête ,
Je méprise la tempête ;
Que la Mer ouvre son sein
Au milieu de cet abîme' ,
Un coeur exempt de tout crime
Est ferme comme l'airain .
Par P. D. C
d'Horace , liv. I.
Integer vita , & c.
Loin celui qui dans le vice
A passé ses plus beaux jours ;
Celui qui de l'injustice ,
A pratiqué les détours ;
Les Cyclopes effroyables
Dans leurs antres redoutables ,
Pour lui forgent mille traits ,
Qu'il arme sa main perfide ,
D'un Javelot homicide ,
Pour s'assurer ses forfaits.
▸
Celui qui de l'innocence ,
Suivit toujours le sentier ,
N'a besoin pour sa deffense ,
De Dard ni de Bouclier ;
も
Sa vertu lui sert d'Ægide ,
La sage Pallas son guide ,
Toujours le conduit au Port ;
Et d'une main salutaire
La sagesse qui l'éclaire ,
L'arrache aux coups
ì....
•
de la mort
Sans
AOUST. 1733 . 3773
Sans armes , seul et tranquille ,
Je m'égarois dans le Bois ,
Je chantois ; l'Echo docile ,
Rendoit les sons de ma voix ,
Que vois- je ? En ce lieu sauvage ,
Un Loup guidé par sa rage ,
Porte par tout la terreur ;
Pour moi l'Esperance est vaine ,
Ou fuir ! Ma perte est certaine
Dieux, prévenez mon malheur.
2
Prodige! heureuse méprise !
Il retourne sur ses pas ;
Est-ce une vaine surprise ,
Pour m'arracher au trépasz
Pallas vient sur une nuë ,
Je me rassure à sa vuë ,
Mortel , fidele à mes Loix ,
Dit-elle C'est le seul sage ,
Qui triomphe de la rage ,
Des Loups , habitans des Bois.
*
Loin la terreur au tein pâle.
Jaffronte tous les revers
Que la fureur infernale
Prépare pour mai des fers ;
Que
1974 MERCURE DE FRANCE
Que l'air gronde sur ma tête ,
Je méprise la tempête ;
Que la Mer ouvre son sein
Au milieu de cet abîme' ,
Un coeur exempt de tout crime
Est ferme comme l'airain .
Par P. D. C
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Résumé : IMITATION de la XXIIe Ode d'Horace, liv. I. Integer vitae, &c.
Le texte imite la XXII Ode d'Horace, intitulée 'Integer vita', et oppose deux types d'individus : ceux qui vivent dans le vice et l'injustice, et ceux qui suivent le chemin de l'innocence et de la vertu. Les premiers sont menacés par des forces maléfiques, symbolisées par les Cyclopes, qui forgent des armes pour assurer leurs forfaits. Les seconds, protégés par leur vertu et guidés par la sagesse, n'ont besoin d'aucune défense matérielle. Le narrateur, se promenant seul dans un bois, rencontre un loup enragé et invoque les dieux pour éviter le danger. Le loup recule et la déesse Pallas apparaît, confirmant que seul le sage triomphe des dangers. Le narrateur exprime sa confiance en sa propre innocence, affirmant qu'il peut affronter toutes les adversités, qu'elles viennent des éléments naturels ou des forces maléfiques. Un cœur exempt de tout crime est comparé à l'airain pour sa fermeté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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