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1
p. 102-103
« A l'heure qu'il est, on m'apporte une Lettre [...] »
Début :
A l'heure qu'il est, on m'apporte une Lettre [...]
Mots clefs :
Mercure galant, Public, Approbation, Nouvelles, Aventure
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texteReconnaissance textuelle : « A l'heure qu'il est, on m'apporte une Lettre [...] »
Al'heure qu'il eſt,on m'apporte une Lettre qui merite
bien de vous efſtre envoyée,
& qui eſt une eſpece d'avan- ture pour moy. C'eſt à vous ,
Madame, à qui je dois les cho- ſes obligeantes que vous y
verrez. Si vous n'aviez pas ſouffert que les Nouvelles que
j'ay ſoin de vous envoyer tous les mois 4
, priffent le Titre de
GALANT. 79
Mercure Galant pour courir le monde , apres qu'elles ont eſté juſqu'à vous , je n'aurois pas reçeu un témoignage ſi avantageux de l'approbation que leur donne le Public. J'ignore le nom de la Perſon- nequimefait la grace de m'é- crire , je ſçay ſeulement celuy dela Dame dont on me parP
,
)
drez parler d'elle plus fois dans le Mercure.
duneDE
le , & vous voudrez bien que
je vous le taiſe. Tout ce que
je me croy permis de vous en dire, c'eſt qu'elle est d'unmérite generalement reconnu ,
&qu'aſſurément vous enten
bien de vous efſtre envoyée,
& qui eſt une eſpece d'avan- ture pour moy. C'eſt à vous ,
Madame, à qui je dois les cho- ſes obligeantes que vous y
verrez. Si vous n'aviez pas ſouffert que les Nouvelles que
j'ay ſoin de vous envoyer tous les mois 4
, priffent le Titre de
GALANT. 79
Mercure Galant pour courir le monde , apres qu'elles ont eſté juſqu'à vous , je n'aurois pas reçeu un témoignage ſi avantageux de l'approbation que leur donne le Public. J'ignore le nom de la Perſon- nequimefait la grace de m'é- crire , je ſçay ſeulement celuy dela Dame dont on me parP
,
)
drez parler d'elle plus fois dans le Mercure.
duneDE
le , & vous voudrez bien que
je vous le taiſe. Tout ce que
je me croy permis de vous en dire, c'eſt qu'elle est d'unmérite generalement reconnu ,
&qu'aſſurément vous enten
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Résumé : « A l'heure qu'il est, on m'apporte une Lettre [...] »
L'auteur reçoit une lettre concernant des nouvelles mensuelles envoyées à une dame. Il exprime sa gratitude envers cette dame, sans qui les nouvelles n'auraient pas été intitulées 'Mercure Galant' et n'auraient pas été approuvées par le public. L'auteur connaît la dame mais ignore l'identité de la personne qui lui écrit. Il demande à la dame de garder ce nom secret.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 35-36
« Monsieur le Comte de Bregy dont je vous ay parlé [...] »
Début :
Monsieur le Comte de Bregy dont je vous ay parlé [...]
Mots clefs :
Comte de Brégy, Approbation
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur le Comte de Bregy dont je vous ay parlé [...] »
Monfieur le Comte deBregy, dont je vous ay parlé dans ma Lettre precedente , a fait le Sonnet qui fuit pour Son Alteſſe Royale. Je croy que vous n'au- rez pasde peine à luy donner la meſme approbation qu'il a re- çeuë icy detout le monde.
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3
p. 144-146
Ce qui s'est passé touchant la Chaire Gréque de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
Début :
La Place de Docteur Aggregé en la Faculté des Droits [...]
Mots clefs :
Université de Caen, Docteur, Charge, Avocat, Faculté de droit, Professeurs, Approbation, Confrères, Nomination
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texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé touchant la Chaire Gréque de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
La Place de Docteur Aggregé
en la Faculté des Droits de l'Univerfité
de Caën , vacante par le
deceds de Monfieur Pyron , qui
eftoit auffi Porfeffeur d'Eloquen
ce au Collège du Bois , & qui
poffedoit la Chaire Grecque ,
dont je vous ay parlé dans ma
Lettre de Décembre , a efté rem-
{
plie
GALANT.
145
plie par Monfieur Cotelle, Avocat
au Préfidial de la même Ville.
Trois Perfonnés s'étoient prefentées
pour prendre le degré
de Docteur , afin d'eſtre en pouvoir
de difputer cette Place , Sa
Majefté fouhaitant que celuy
qu'on nommeroit cût la qualité
de Docteur , & aprés que chas
cun d'eux cut fait & fouftenu
des Théfes dans les Ecoles publiques
des Droits , tant du Droit
Civil , que du Droit Canonique ,
fur les Matiéres les plus difficiles
à refoudre , la Faculté , qui eft
compofée de quatre Docteurs
& Profeffeurs en Droit Civil &
Canon , d'un Docteur & Profeffeur
de Droit François , & de
hoit Docteurs aggregez , s'affembla
fur la fin de l'année derniére,
pour en choisir un qui fuft capable
de faire les fonctions de cet-
Ianvier 1685. G
146 MERCURE
te Charge , & fuivant la Déclaration
de fa Majefté , ils nommérent
Monfieur Cotelle , fameux
par plufieurs doctes Plajdoyers
, qui luy ont attiré l'approbation
de tous ceux qui l'ont entendu
parler , pour Succeffeur
de Monfieur Pyron . Aprés le
Serment fait de s'aquitter de la
Charge d'Aggregé , conformément
aux Edits du Roy , & aux
Statuts & Reglemens de la Faculté
, il fut mis en poffeffion de cette
Place, pour en joüir aux honneurs
profits émolumens &
prérogatives , dont jouiffent les
autres Docteurs Aggregez fes
Confreres.
en la Faculté des Droits de l'Univerfité
de Caën , vacante par le
deceds de Monfieur Pyron , qui
eftoit auffi Porfeffeur d'Eloquen
ce au Collège du Bois , & qui
poffedoit la Chaire Grecque ,
dont je vous ay parlé dans ma
Lettre de Décembre , a efté rem-
{
plie
GALANT.
145
plie par Monfieur Cotelle, Avocat
au Préfidial de la même Ville.
Trois Perfonnés s'étoient prefentées
pour prendre le degré
de Docteur , afin d'eſtre en pouvoir
de difputer cette Place , Sa
Majefté fouhaitant que celuy
qu'on nommeroit cût la qualité
de Docteur , & aprés que chas
cun d'eux cut fait & fouftenu
des Théfes dans les Ecoles publiques
des Droits , tant du Droit
Civil , que du Droit Canonique ,
fur les Matiéres les plus difficiles
à refoudre , la Faculté , qui eft
compofée de quatre Docteurs
& Profeffeurs en Droit Civil &
Canon , d'un Docteur & Profeffeur
de Droit François , & de
hoit Docteurs aggregez , s'affembla
fur la fin de l'année derniére,
pour en choisir un qui fuft capable
de faire les fonctions de cet-
Ianvier 1685. G
146 MERCURE
te Charge , & fuivant la Déclaration
de fa Majefté , ils nommérent
Monfieur Cotelle , fameux
par plufieurs doctes Plajdoyers
, qui luy ont attiré l'approbation
de tous ceux qui l'ont entendu
parler , pour Succeffeur
de Monfieur Pyron . Aprés le
Serment fait de s'aquitter de la
Charge d'Aggregé , conformément
aux Edits du Roy , & aux
Statuts & Reglemens de la Faculté
, il fut mis en poffeffion de cette
Place, pour en joüir aux honneurs
profits émolumens &
prérogatives , dont jouiffent les
autres Docteurs Aggregez fes
Confreres.
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Résumé : Ce qui s'est passé touchant la Chaire Gréque de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
La place de Docteur Agrégé à la Faculté des Droits de l'Université de Caen, laissée vacante par le décès de Monsieur Pyron, Professeur d'Éloquence et titulaire de la Chaire Grecque, a été attribuée à Monsieur Cotelle, Avocat au Présidial de Caen. Trois candidats avaient postulé pour obtenir le degré de Docteur afin de briguer cette place. Sa Majesté avait exprimé le souhait que le candidat nommé soit Docteur. Après la soutenance de thèses publiques sur des matières de Droit Civil et Canonique, la Faculté, composée de quatre Docteurs et Professeurs en Droit Civil et Canon, d'un Docteur et Professeur en Droit Français, et de huit Docteurs Agrégés, s'est réunie fin 1684 pour choisir un candidat. Conformément à la Déclaration de Sa Majesté, ils ont nommé Monsieur Cotelle, reconnu pour ses plaidoyers doctes, comme successeur de Monsieur Pyron. Après avoir prêté serment, Monsieur Cotelle a pris possession de la place, bénéficiant ainsi des honneurs, profits, émoluments et prérogatives des autres Docteurs Agrégés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 137-151
Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
A l'ouverture de cette These, Mr de Rouviere fit le / MESSIEURS, J'enreprens aujourd'huy une Composition, qui depuis plus de [...]
Mots clefs :
Thèse, Thériaque, Remède, Docteurs, Composition, Réputation, Galien, Peste, Guérison, Mérite, Efficacité, Empereurs, Baume, Louis le Grand, Honneur, Applaudissements, Approbation, Médecins, Doyens, Apothicaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
A l'ouverture de cette The .
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
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Résumé : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
En mars 1685, M. de Rouvière a prononcé un discours devant les docteurs régents, le doyen, les professeurs de la Faculté de Médecine, ainsi que M. de La Reynie et le procureur du roi. Ce discours portait sur la composition de la thériaque, un remède célèbre en médecine depuis des siècles. La thériaque, initialement attribuée à Mithridate, roi du Pont, a été améliorée par Andromachus, qui y a ajouté des vipères. Les Romains admiraient ses propriétés, et elle a conservé sa réputation jusqu'au règne de Louis XIV. Sous les empereurs Néron, Marc Aurèle et Lucius Verus, Galien, un médecin célèbre, a été chargé de préparer la thériaque. Sa préparation a été cruciale pour lutter contre une peste qui a frappé Rome en 166. Après la mort de Marc Aurèle, la thériaque a été négligée, mais l'empereur Septime Sévère l'a rétablie, rendant à Galien les honneurs et les responsabilités qu'il méritait. Galien a continué à préparer la thériaque jusqu'à sa mort en l'an 200. Le discours met en avant l'importance de la thériaque à travers les époques et les nations. L'orateur exprime son désir de renouveler la préparation ancienne d'Andromachus en utilisant des médicaments authentiques. Il mentionne les efforts de Louis XIV pour obtenir des ingrédients rares et précieux, soulignant la grandeur et la générosité du roi. Le discours se conclut par des remerciements aux autorités médicales et royales pour leur approbation et leur soutien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 22-48
LETTRE.
Début :
Un Particulier ayant fait divers Ouvrages sur les dernieres Actions / Je me souviens, Monsieur, que vous avez voulu me persuader [...]
Mots clefs :
Approbation, Louis, Univers, Sentiments, Roi, Combats, Grandeur, Lois, Héros, Fortune, Monarque, Sage, Ennemis, Ambassadeur, Mérite, Guerre, Éloge, Honneur, Campagne militaire, Espagne, Vainqueur, Prudence, Courage, États, Audace, Sentiments, Conquérant, Trêve, Souverain, Armes, Peuple, Bonheur, Devise, Éclat
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE.
Un Particulier ayant fait
divers Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte
Monarque , les a ramaffez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'aadreſſée.
5555 5552 55255522
LETTRE.
TE me souviens , Monfieur.
que vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quel
GALANT. 23
que approbation des bons Connoiffeurs
, lors que je dis ily a
quelques années.
On faitmal ce qu'on fait , onne
fait qu'une affaire,
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers,
ةو
Sedonnant tout à tout , fait voir
al'Univers,
Et qu'il fait ce qu'il faut, &qu'il
ſçait bien le faire.
Vous avez mesme prétendu
que j'avois expliqué les fentimens
de tout ce qu'il y a d'hon .
nestesGens au monde en difant,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom duRoy,
24 MERCURE
Les Cefars, les Cyrus, les Hectors,
les Achilles,
Ont eu moins de merite &donné
moins d'effroy,
Par cent Combats rendus, par
cent priſes de Villes .
Je vous ferois bien obligé , fi
vous vouliezfairesçavoir aupublic,
que je défie toute la Terrede
me difputer la verité de ceque je
vais dire.
SONNET
SVR LA GRANDEVR DV ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances,
Ilreforme les Loix, il fait fleurir
esArts , :
Mille
GALANT. 25
Mille Vaiſſeaux flottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
& les dépenſes ;
Dans le particulier,dans les réjoüifſſances
Il eſt autant Heros , que dans le
champ deMars,
Findans leGabinet , ferme dans
leshazars,
Il fait plier ſous ſoy les plushautes
Puiſſances;
S2
Sa fortune répond par tout à
ſa valeur,
Par tout ſes grands exploits répondent
à fon coeur,
Ainſi que l'ont fait voir cent conqueſtes
de marque ;
Mars1685. C
1
26 MERCURE
52
Enfinnos Ennemis connoiffent
commemoy,
Que ſi tout 1 Univers ne vouloit
qu'unMonarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
:
Je ſens bien que ce que je dis
là n'est rien de bon , mais il me
ſemble que c'est l'explication fincere
des pensées , qui doivent venir
naturellement à tous les Sages
qui ſont ſans paffion , & qui ont
du bon goust.
Ne croyez donc pas , Monſieur
, que ce soit une pure conje-
Eture ouseulement un effet de l'at(
GALANT: 27
tache desſentimens que j'ay pour
jeRoy qui m'afait dire :
Enfin nos Ennemis connoiffent
al commemoys, &c.
Vous en jugerez par une pefire
avanture que je vais vous
racontertelle qu'elle m'est arrivée
Je me rrauvay fur la route de
M'Ambassadeur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à
-pas comptez tant il marquoit
d'envie de n'en point fortir. Férois
chez une Perſonne de qualité
de merite , àl'heure qu'il luy
envoyaun de ses Gentilshommes
poursçavoir si elle se trouveroit
Cij
28 MERCURE
enétat de recevoirfa viſite. Com
me je vis par laréponse, queM
'Ambassadeur alloit venir , je
voulus luy faire place , mais la
Perſonne chez qui j'estois me
déclara , qu'elle vouloit abfo
lument que j'eusse part à cette
conversation , qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pouvezpas
douter, Monfieur, qu'on
neparlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur,&que fa retraite
, & laGuerre qui nous menaçoitalors,
nefourniffent à l'en
tretien. Il nous dit cent chofes,qui
nous firent affezcomprendre qu'il
asust pas en de peine d'avoüer
1
GALANT. 29
nettement que le Roy estoit le plus
grand & le plus puiſſant Prince
du monde,s'il eustpu oublier qu'il
avoit un Maistre , &fe défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette juſtice
à M l'Ambassadeur , que
fonbon sens &sa raiſon ne furentpoint
obscurcis par ces enteſtemens,
qui ſontſi ordinaires à ceux
deſa Nation. Il fu l'Eloge de la
France,des François, du Roy,
d'un air fort élevé, &qui marquoit
beaucoup de fincerité dans
ce qu'il diſoir ; mais dans les
loüanges qu'il donna àsa Ma
jesté , iln'oublia ny ce qu'il estoit
C iij
30 MERCURE
ny ce qu'il devoit à fon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames , il dit qu'il vouloit
leur faire voir quelque chose de
fort beau.Il tira enfuite une riche
qui renfermoit Boëte, , diſoit-il,
lePortraitddee fa A
Ja MMaaiîttrreeffffee,qu'il
emporioit de France , & c'estoit
celuy du Roy , dont ſa Majesté
l'avoit honoré, & dont ilsefaifoit
en effet ungrandbonneur. La
Perſonne chez qui nous estions,
qui est fortfpirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conferver ce gage,
qu'il fe feroit bien- toft en luy
une metamorphose furprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
GALANT. 31
Portrait deSa Majesté ſe changeroit
en celuy de fon Maistre.
Aces paroles Ml'Ambassadeur
parut Espagnol , comme ſon devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roula enfuite fur différentes matieres,
&fut longue & curieufe.
Je vous avovë , Monfieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne ,je me
ſuis toûjours ſouvenu des entretiens
de cét Ambaſſadeur. Ilnous
dit pofuivement qu'il y auroitdu
fang répandu; qu'il feroit difficile
d'arreſter les deſſeins du Roys
que ſes Ennemis ne pouvoient
C iiij
32 MERCURE
rien efperer que de l'inconstance
de la fortune ; & que l'Empire
&l'Espagne ne cherchoient qu'à
mettre leur bonneur à couvert,
en ne cedant pas sans avoir combattu.
Voila la Prophétie accomplie,&
nous en voyans la
té dans la diſpoſition des chofes
qui ſeſont paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
A
Lger encor fumat des Foudres
de la Guerre,
Vient ſe jetter aux pieds de fon
noble Vainqueur;
GALANT. 33
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de fon
bruyant tonnerre :
52
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Capd- e-Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur;
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre;
Se
Le Danemark amyreçoit nos
Etendars,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars,
L'Eſpagne plaint fes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve;
34 MERCURE
52
Liége & Tréves foûmis ſçavent
faire leur Cour,
L'Europe attend la Paix en rece
vant laTréve,
Tout cedeau Grand LOUIS par
force ou par amour.
Je vois dans cette peinture tour
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoiravecchagrin.
Avoüez aprés cela , Monſieur,
que lafortune de LOUIS
le Grand doit eſtre bien conſtante
pour faire avec tant de bonheur
des choses fi admirables , puis que
tant de Heros , & tant de ſages
Monarques n'ont pu s'empescher
GALANT. 35
d'en eſtre abandonnez. Mais
avoüez aussi à mesme temps que
La prudence of le courage du Roy
font extraordinaires , puis qu'il
ſemble avoir réduit la Fortune
ſous les règles ,&s'estrefait une
methode de réüfſſiren tout.
Nepeut- on pas compter entre
fes bonnes fortunes la fecondité
de la Maiſon Royale ? Ce Fils
unique que le Ciel luy avoit laif-
Sé comme son premier don , plus
Il est grand , plus il nous faifoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monfieur, que mes pensées fufſent
celles de tous les honneſtes
Gensà la naiſſance de Monfei36
MERCURE
gneur le Duc de Bourgongne. Fo
voudrois à cette heure que vous
les engageaffiez à dire fur ta
naiſſance de Monseigneur leDuc
d'Anjou.
;
R
AURΟΥ.
SONNET.
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race,
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
veut tous les ans
Enrichir vos Etats de ſemblables
Préfens ,
Qui pourront mériter de remplir
voſtre place.
Se
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
GALANT 37
Ployer ſous les efforts du Pere&
des Enfans
Par tout dignes de Vous , & par
tour triomphans,
Detous nos Ennemis ils dompte.
-ront l'audace.
Se
t
Formez-les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
nares Exploits, 29)
Qu'en lifant ce qu'ont fait lesFameux
de l'Histoire ;
22
'Et comme ils vous verront toujours
au- deffus d'eux ,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvoſtre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
38 MERCURE
Ces ſentimens quifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en celte rencontre
د. Se
produisent fort tard , mais ils ſeront
toûjours deſaiſon , ſi vous
voulez que ce foient des marques
éternelles de mon respect envers ce
Prince. Fay auſſi laissé paſſer le
temps où ces Bouts rimez estoient
àla mode. Cependant ce qu'ils
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes,
puis que LOUIS le Grand aura
toûjours des admirateurs , qui
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
GALANT. 39
CI
1.71.
I jamais Conquérant marcha
droit à la Glovre,
Sijamais Souverain mérita d'être
Roy,
- Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
ala victoire.
Se
Ses Faits feront paſſer pour Fable
fon Histoire, at
Apeine croira- t- on qu'ils foient
dignes defoy;
Les Siècles àvenir en ferontdans
L'effrey, pens
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
52
رد
Lorsqu'on voudra former unHé.
ros achevé,
1
40 MERCURE
On en prendra les traits ſur ſon air
élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang des
Immortels;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcideà fon Vainqueur euſt cedé
ſes Autels.
Vous trouverezpeut-estre quel
que conformité entre ce Sonnet,
un autre que vous avez publié.
Elle auroit efté plus grande
fi je ne l'avoisjamais veu. Je ne
fçay si l'autre a esté fait plûtoft
que le mien , mais je fuisſeur
3
GALANT. 41
que le mien n'a point esté fait fur
celuy-là. Ces Bouts rimeznauront
pas perdu tout- à-fait lagrace
de la nouveauté. Vous avez
dit il n'y a pas long-temps , qu'ils
estoient àla mode ,&lesujet n'en
est pas trop vieux.
SUR LA TREVE
que le Roy a faite.
Ο
N diſoit autrefois, Non licet
omnibus,
J'ofe le dire encore, & qui voudra
nolis'enfaches an và 120. "
LOUIS, de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faire luy feul quodnon
licet tribus .
Avril 1685, D
42 MERCURE
52
Nul d'entr'eux ne sçauroit parer
aux coups qu'il lache,
Parmy les Souverains il paroiſt un
Phoebus;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus;
Tout ce qu'elle a de durpar avace
illeur mache.
Ils l'avalent enfin avec tous ſes
Item
Dans un profondreſpect ils chantent
Tuautem ,
Ravis de prévenir les effets de ſon
ire.
S&
Sidans le temps préſent ilsn'ont
pû dire amo,.
D
GALANT. 43
Peut- eftre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit figner currente
calamo.
Il n'y a point de Rimes ſi bi--
zarres &fi Burlesques, quon-nc
puiſſe remplir de quelque chose de
grandſur leſujet du Roy. Ilme:
femble donc qu'on pourroit bien
donner à celles- là encore un autre
tour presque fur la mesme ma
tiere..
SVR L'ENREGISTREMENT,,
&la Publication de la Tréve.
L
OUIS. le Conquérant fair
ſçavoir omnibus,
4
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt,& qui fache;
C
Dij
44 MERCURE
Jamais de fes deſſeins en rien il ne
relâche,
Le coup qui le deſarme a fait la
loytribus.
52
Que s'il fuit les Combats , il ne
fuit point en Lache,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E- Phoebus;
Ila du coeur,desGens,desArmes,
du quibus,
Et quand il faut donner, point la
Cire il ne mache.
52
Cependant il s'arreſte , il ſe modére,
item,
Sçachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com
mande àfon ire,
GALANT. 45
Se
Conjuguons- luy par coeur dans
tous les temps amo;
Et nos Neveux diront , lifant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin , Monsieur, ily a treslong-
tempsquej'ayfait uneDevi
fepour le Roy ,furun deffein qui
aesté ſuſpendu. Si elle avoir esté
publiée dés ce temps-là, elle pourroit
paſſer à preſentpour une efpece
de Prophetie. Cesera pour
le moins une expreſſion allegorique
de ce que nous voyons. Le
corps de la Deviſe , c'eſtun Soleil
46 MERCURE
dansſon Zodiaque;l' Ame, cefont
ces paroles , Curro , fed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Art, j'a
joûterois des Aſtronomes de toutes
lesNations , qui obferventle Søleil
avectoutes les fortes d'Inſtru--
mens dont on uſe pourcela. Ils ne
répondroient pas malà l'applica
tion que tous les Politiques de la
Terre donnent à penétrer la conduite
du Roy. Voicy l'explication :
de ma Deviſe.
'Univers attentif regarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à mefurer
moncours ,
! GALANT. 47
Obſervent avec ſoin mes tours&
mes détours :
Mais nul oeil ne peut voir ma rou.
te toute entiere ;.
८८
Mon éclat plus aux fiers fait
baiffer la paupiere ;
Mes differens afpects font les
nuits & les jour,
Tout languiroit fans moy , tour
attend mon fecours,
t
Etje porte par tout mes biens&
ma lumiere.
SS
Mille divers emplois partagent
mes momens,
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens ,
On connoiſt mon pouvoir fur la
Terre & fur l'Onde.aranov
48 MERCURE
1
Jeme haſte; je cours; rien n'arreſtemes
pas,
J'acheveray bien-toſt le tour en
tier du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affezlong-temps, Monfieur
, que je vous entretiens pour
me haſter de vous dire que je suis
vostre tres ,&c.
F. F. D. C. R. G.
divers Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte
Monarque , les a ramaffez
comme en un Recueil dans
cetteLettre qu'il m'aadreſſée.
5555 5552 55255522
LETTRE.
TE me souviens , Monfieur.
que vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quel
GALANT. 23
que approbation des bons Connoiffeurs
, lors que je dis ily a
quelques années.
On faitmal ce qu'on fait , onne
fait qu'une affaire,
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers,
ةو
Sedonnant tout à tout , fait voir
al'Univers,
Et qu'il fait ce qu'il faut, &qu'il
ſçait bien le faire.
Vous avez mesme prétendu
que j'avois expliqué les fentimens
de tout ce qu'il y a d'hon .
nestesGens au monde en difant,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom duRoy,
24 MERCURE
Les Cefars, les Cyrus, les Hectors,
les Achilles,
Ont eu moins de merite &donné
moins d'effroy,
Par cent Combats rendus, par
cent priſes de Villes .
Je vous ferois bien obligé , fi
vous vouliezfairesçavoir aupublic,
que je défie toute la Terrede
me difputer la verité de ceque je
vais dire.
SONNET
SVR LA GRANDEVR DV ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances,
Ilreforme les Loix, il fait fleurir
esArts , :
Mille
GALANT. 25
Mille Vaiſſeaux flottans,mille orguilleux
Rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
& les dépenſes ;
Dans le particulier,dans les réjoüifſſances
Il eſt autant Heros , que dans le
champ deMars,
Findans leGabinet , ferme dans
leshazars,
Il fait plier ſous ſoy les plushautes
Puiſſances;
S2
Sa fortune répond par tout à
ſa valeur,
Par tout ſes grands exploits répondent
à fon coeur,
Ainſi que l'ont fait voir cent conqueſtes
de marque ;
Mars1685. C
1
26 MERCURE
52
Enfinnos Ennemis connoiffent
commemoy,
Que ſi tout 1 Univers ne vouloit
qu'unMonarque
Tout l'Univers devroit n'avoir
que luy pour Roy.
:
Je ſens bien que ce que je dis
là n'est rien de bon , mais il me
ſemble que c'est l'explication fincere
des pensées , qui doivent venir
naturellement à tous les Sages
qui ſont ſans paffion , & qui ont
du bon goust.
Ne croyez donc pas , Monſieur
, que ce soit une pure conje-
Eture ouseulement un effet de l'at(
GALANT: 27
tache desſentimens que j'ay pour
jeRoy qui m'afait dire :
Enfin nos Ennemis connoiffent
al commemoys, &c.
Vous en jugerez par une pefire
avanture que je vais vous
racontertelle qu'elle m'est arrivée
Je me rrauvay fur la route de
M'Ambassadeur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à
-pas comptez tant il marquoit
d'envie de n'en point fortir. Férois
chez une Perſonne de qualité
de merite , àl'heure qu'il luy
envoyaun de ses Gentilshommes
poursçavoir si elle se trouveroit
Cij
28 MERCURE
enétat de recevoirfa viſite. Com
me je vis par laréponse, queM
'Ambassadeur alloit venir , je
voulus luy faire place , mais la
Perſonne chez qui j'estois me
déclara , qu'elle vouloit abfo
lument que j'eusse part à cette
conversation , qui dura bien prés
de quatre heures. Vousne pouvezpas
douter, Monfieur, qu'on
neparlastd'Affaires d'Etat avec
un Ambassadeur,&que fa retraite
, & laGuerre qui nous menaçoitalors,
nefourniffent à l'en
tretien. Il nous dit cent chofes,qui
nous firent affezcomprendre qu'il
asust pas en de peine d'avoüer
1
GALANT. 29
nettement que le Roy estoit le plus
grand & le plus puiſſant Prince
du monde,s'il eustpu oublier qu'il
avoit un Maistre , &fe défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette juſtice
à M l'Ambassadeur , que
fonbon sens &sa raiſon ne furentpoint
obscurcis par ces enteſtemens,
qui ſontſi ordinaires à ceux
deſa Nation. Il fu l'Eloge de la
France,des François, du Roy,
d'un air fort élevé, &qui marquoit
beaucoup de fincerité dans
ce qu'il diſoir ; mais dans les
loüanges qu'il donna àsa Ma
jesté , iln'oublia ny ce qu'il estoit
C iij
30 MERCURE
ny ce qu'il devoit à fon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames , il dit qu'il vouloit
leur faire voir quelque chose de
fort beau.Il tira enfuite une riche
qui renfermoit Boëte, , diſoit-il,
lePortraitddee fa A
Ja MMaaiîttrreeffffee,qu'il
emporioit de France , & c'estoit
celuy du Roy , dont ſa Majesté
l'avoit honoré, & dont ilsefaifoit
en effet ungrandbonneur. La
Perſonne chez qui nous estions,
qui est fortfpirituelle,luy dit qu'il
devoit bien conferver ce gage,
qu'il fe feroit bien- toft en luy
une metamorphose furprenante,
parce qu'il estoit à croire que le
GALANT. 31
Portrait deSa Majesté ſe changeroit
en celuy de fon Maistre.
Aces paroles Ml'Ambassadeur
parut Espagnol , comme ſon devoir
l'y obligeoit. L'entretien
roula enfuite fur différentes matieres,
&fut longue & curieufe.
Je vous avovë , Monfieur,
que pendant tous les évenemens
de la derniere Campagne ,je me
ſuis toûjours ſouvenu des entretiens
de cét Ambaſſadeur. Ilnous
dit pofuivement qu'il y auroitdu
fang répandu; qu'il feroit difficile
d'arreſter les deſſeins du Roys
que ſes Ennemis ne pouvoient
C iiij
32 MERCURE
rien efperer que de l'inconstance
de la fortune ; & que l'Empire
&l'Espagne ne cherchoient qu'à
mettre leur bonneur à couvert,
en ne cedant pas sans avoir combattu.
Voila la Prophétie accomplie,&
nous en voyans la
té dans la diſpoſition des chofes
qui ſeſont paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
A
Lger encor fumat des Foudres
de la Guerre,
Vient ſe jetter aux pieds de fon
noble Vainqueur;
GALANT. 33
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de fon
bruyant tonnerre :
52
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Capd- e-Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur;
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre;
Se
Le Danemark amyreçoit nos
Etendars,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars,
L'Eſpagne plaint fes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve;
34 MERCURE
52
Liége & Tréves foûmis ſçavent
faire leur Cour,
L'Europe attend la Paix en rece
vant laTréve,
Tout cedeau Grand LOUIS par
force ou par amour.
Je vois dans cette peinture tour
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoiravecchagrin.
Avoüez aprés cela , Monſieur,
que lafortune de LOUIS
le Grand doit eſtre bien conſtante
pour faire avec tant de bonheur
des choses fi admirables , puis que
tant de Heros , & tant de ſages
Monarques n'ont pu s'empescher
GALANT. 35
d'en eſtre abandonnez. Mais
avoüez aussi à mesme temps que
La prudence of le courage du Roy
font extraordinaires , puis qu'il
ſemble avoir réduit la Fortune
ſous les règles ,&s'estrefait une
methode de réüfſſiren tout.
Nepeut- on pas compter entre
fes bonnes fortunes la fecondité
de la Maiſon Royale ? Ce Fils
unique que le Ciel luy avoit laif-
Sé comme son premier don , plus
Il est grand , plus il nous faifoit
craindre. Vous voulûtes bien,
Monfieur, que mes pensées fufſent
celles de tous les honneſtes
Gensà la naiſſance de Monfei36
MERCURE
gneur le Duc de Bourgongne. Fo
voudrois à cette heure que vous
les engageaffiez à dire fur ta
naiſſance de Monseigneur leDuc
d'Anjou.
;
R
AURΟΥ.
SONNET.
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race,
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
veut tous les ans
Enrichir vos Etats de ſemblables
Préfens ,
Qui pourront mériter de remplir
voſtre place.
Se
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace
GALANT 37
Ployer ſous les efforts du Pere&
des Enfans
Par tout dignes de Vous , & par
tour triomphans,
Detous nos Ennemis ils dompte.
-ront l'audace.
Se
t
Formez-les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
nares Exploits, 29)
Qu'en lifant ce qu'ont fait lesFameux
de l'Histoire ;
22
'Et comme ils vous verront toujours
au- deffus d'eux ,
Chacun d'eux tâchera d'ateindre
àvoſtre gloire;
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
38 MERCURE
Ces ſentimens quifurentconceus
dans la joye qu'avoit toute
la France en celte rencontre
د. Se
produisent fort tard , mais ils ſeront
toûjours deſaiſon , ſi vous
voulez que ce foient des marques
éternelles de mon respect envers ce
Prince. Fay auſſi laissé paſſer le
temps où ces Bouts rimez estoient
àla mode. Cependant ce qu'ils
m'ont fait dire ne vieillira jamais
dans la memoire des Hommes,
puis que LOUIS le Grand aura
toûjours des admirateurs , qui
tomberont d'accord avecmoy de la
verité de mespensées.
GALANT. 39
CI
1.71.
I jamais Conquérant marcha
droit à la Glovre,
Sijamais Souverain mérita d'être
Roy,
- Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
ala victoire.
Se
Ses Faits feront paſſer pour Fable
fon Histoire, at
Apeine croira- t- on qu'ils foient
dignes defoy;
Les Siècles àvenir en ferontdans
L'effrey, pens
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
52
رد
Lorsqu'on voudra former unHé.
ros achevé,
1
40 MERCURE
On en prendra les traits ſur ſon air
élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang des
Immortels;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcideà fon Vainqueur euſt cedé
ſes Autels.
Vous trouverezpeut-estre quel
que conformité entre ce Sonnet,
un autre que vous avez publié.
Elle auroit efté plus grande
fi je ne l'avoisjamais veu. Je ne
fçay si l'autre a esté fait plûtoft
que le mien , mais je fuisſeur
3
GALANT. 41
que le mien n'a point esté fait fur
celuy-là. Ces Bouts rimeznauront
pas perdu tout- à-fait lagrace
de la nouveauté. Vous avez
dit il n'y a pas long-temps , qu'ils
estoient àla mode ,&lesujet n'en
est pas trop vieux.
SUR LA TREVE
que le Roy a faite.
Ο
N diſoit autrefois, Non licet
omnibus,
J'ofe le dire encore, & qui voudra
nolis'enfaches an và 120. "
LOUIS, de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faire luy feul quodnon
licet tribus .
Avril 1685, D
42 MERCURE
52
Nul d'entr'eux ne sçauroit parer
aux coups qu'il lache,
Parmy les Souverains il paroiſt un
Phoebus;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus;
Tout ce qu'elle a de durpar avace
illeur mache.
Ils l'avalent enfin avec tous ſes
Item
Dans un profondreſpect ils chantent
Tuautem ,
Ravis de prévenir les effets de ſon
ire.
S&
Sidans le temps préſent ilsn'ont
pû dire amo,.
D
GALANT. 43
Peut- eftre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit figner currente
calamo.
Il n'y a point de Rimes ſi bi--
zarres &fi Burlesques, quon-nc
puiſſe remplir de quelque chose de
grandſur leſujet du Roy. Ilme:
femble donc qu'on pourroit bien
donner à celles- là encore un autre
tour presque fur la mesme ma
tiere..
SVR L'ENREGISTREMENT,,
&la Publication de la Tréve.
L
OUIS. le Conquérant fair
ſçavoir omnibus,
4
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt,& qui fache;
C
Dij
44 MERCURE
Jamais de fes deſſeins en rien il ne
relâche,
Le coup qui le deſarme a fait la
loytribus.
52
Que s'il fuit les Combats , il ne
fuit point en Lache,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E- Phoebus;
Ila du coeur,desGens,desArmes,
du quibus,
Et quand il faut donner, point la
Cire il ne mache.
52
Cependant il s'arreſte , il ſe modére,
item,
Sçachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com
mande àfon ire,
GALANT. 45
Se
Conjuguons- luy par coeur dans
tous les temps amo;
Et nos Neveux diront , lifant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer, il l'a fait
calamo.
Enfin , Monsieur, ily a treslong-
tempsquej'ayfait uneDevi
fepour le Roy ,furun deffein qui
aesté ſuſpendu. Si elle avoir esté
publiée dés ce temps-là, elle pourroit
paſſer à preſentpour une efpece
de Prophetie. Cesera pour
le moins une expreſſion allegorique
de ce que nous voyons. Le
corps de la Deviſe , c'eſtun Soleil
46 MERCURE
dansſon Zodiaque;l' Ame, cefont
ces paroles , Curro , fed tacito
motu. Si je ne craignois de choquer
les Maistres de l'Art, j'a
joûterois des Aſtronomes de toutes
lesNations , qui obferventle Søleil
avectoutes les fortes d'Inſtru--
mens dont on uſe pourcela. Ils ne
répondroient pas malà l'applica
tion que tous les Politiques de la
Terre donnent à penétrer la conduite
du Roy. Voicy l'explication :
de ma Deviſe.
'Univers attentif regarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à mefurer
moncours ,
! GALANT. 47
Obſervent avec ſoin mes tours&
mes détours :
Mais nul oeil ne peut voir ma rou.
te toute entiere ;.
८८
Mon éclat plus aux fiers fait
baiffer la paupiere ;
Mes differens afpects font les
nuits & les jour,
Tout languiroit fans moy , tour
attend mon fecours,
t
Etje porte par tout mes biens&
ma lumiere.
SS
Mille divers emplois partagent
mes momens,
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens ,
On connoiſt mon pouvoir fur la
Terre & fur l'Onde.aranov
48 MERCURE
1
Jeme haſte; je cours; rien n'arreſtemes
pas,
J'acheveray bien-toſt le tour en
tier du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affezlong-temps, Monfieur
, que je vous entretiens pour
me haſter de vous dire que je suis
vostre tres ,&c.
F. F. D. C. R. G.
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Résumé : LETTRE.
Une lettre décrit les actions récentes du roi Louis XIV, mettant en avant ses mérites dans la gestion des finances, la réforme des lois et le soutien aux arts. Le roi est présenté comme un héros tant dans les affaires publiques que privées, capable de soumettre les plus grandes puissances. L'ambassadeur d'Espagne, lors de son départ de France, a reconnu la grandeur du roi tout en restant loyal à son propre maître. La lettre souligne les succès militaires français, avec la soumission de villes et territoires, confirmant la prophétie de l'ambassadeur sur la difficulté des ennemis à résister au roi. Le texte célèbre les exploits et la sagesse de Louis XIV, surnommé 'Louis le Grand', en évoquant ses succès militaires et diplomatiques, notamment la soumission de Liège et Trèves. La naissance du duc d'Anjou est perçue comme un signe de futurs héros. La trêve récemment conclue par Louis XIV démontre sa maîtrise et son contrôle. Le roi est comparé à un conquérant sans égal, dont les faits seront légendaires. La devise allégorique du texte compare le roi au Soleil, avec les paroles 'Curro, fed tacito motu'. Le Soleil, symbole de la conduite du roi, est observé par des astronomes de diverses nations. La devise se développe autour de l'idée que le Soleil, régulier et puissant, distribue ses bienfaits et sa lumière partout. Le texte se conclut par une comparaison avec Mercure et une déclaration d'attachement à une personne désignée par 'vostre tres,&c. F. F. D. C. R. G.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 58-98
DENONCIATION faite à Monseigneur le Chancelier d'un Libelle injurieux ; qui, revêtu de l'autorité du Sceau, paroît dans le monde sous le titre d'Homere vangé.
Début :
L'Auteur de ce Libelle est un nommé Gacon, homme [...]
Mots clefs :
Homère, Homère, Homme, Ouvrage, Auteur, M. de la Motte, Livre, Aveugle, Héros, Lettres, Iliade, Poète, Libelle, Crime, Hollande, Chancelier, Approbation, Critique, Public, Excès, Approbateur, Ombre, Charité, Insultes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DENONCIATION faite à Monseigneur le Chancelier d'un Libelle injurieux ; qui, revêtu de l'autorité du Sceau, paroît dans le monde sous le titre d'Homere vangé.
DENONCIATION
faiteàMonseigneurle Chancelier
d'un Libelle injurieux ,
qui , revêtu de l'autorité du
Sceau ,paroît dans le monde
ſous le titre d'Homere
vangé.
L'Auteur de ce Libelle eſt
un nommé Gacon , homme
connu dans le monde par des
Libelles du mêine genre. Ilett
bon d'en faire l'Hiſtoire. La
voicy.
Il y a environ 20. ans que
Gacon fit imprimer un preGALANT.
mier Ouvrage ſous le titre de
Poëte fans fard. Il y commit
tant d'excés fatyriques , que
Monſeigneur Boucherat ,lors
Chancelier , à qui il fut denoncé,
en fit fupprimer les Exem
plaires , & fit fubir pluſieurs
mois de prifon à l'Auteur.
Ce châtiment contint Gacon
durant pluſieurs années ,
mais letemsile ramena enfin à
fon malheureux penchant ;il
travailla à une Traduction
d'Anacreon , Ouvrage quin'étoit
dans ſes vûës , que le prétexte&
l'occaſion d'outrager
pluſieurs perſonnes diftin60
MERCURE
guées dans les Lettres. Ce fecond
Ouvrage ayant eſté envoyé
par M.l'Abbé Bignon à
Meſieurs Saulrin & Danchet
fucceffivement pour l'examiner
, ils refuferent l'un aprés
l'autre l'approbation à l'Auteur
, fur fon obſtination à ne
vouloir pas fupprimer les traits
injurieux.Gacon n'avoit garde
de conſentir à la fuppreffion
de ces traits , c'eſtoit la portion
cheriede ſon Livre. Il fic
unvoyage exprés en Hollande,
pour ſe voir en pleine libertédediffamer
les objetsde
ſa malignité ; il yimprima fon
GALANT. 61
Anacreon , & profitant de la
licence que luy donnoit ſa
nouvelle Patrie , il enrichit fon
Livre de quelques traits calomnieux
, & de la nature de
ceux qui attaquent directement
l'honneur. Je n'en rapporteray
qu'un ſeulqui regarde
M. deFontenelles , qui me
paroît énorme. Gacon aprés
avoir inſolemment avili les
Ouvrages de MT.Corneille,
l'excuſe d'avoir fatigué le Public
de tant de mauvais écrits ,
en ſuppoſant que fans ces
écrits mêmes il feroit mort de
faim. Il écrivoit , dit il , fami
62 MERCURE
potius quam fama. Nous n'y
ſommes pas encore : Gacon
continue. Mais d'où vient que
M. de Fontenelles fon neveu
luy qui eftfifort àson aiſe, laiſſe
mourir de faim fon oncle. Cur
eget te divite parens.
,
Il eſt notoire que M. Corneille
n'étoit rien moins qu'-
indigent ; il auroit eſté tres .
honteux à noſtre ſiecle qu'un
homme de ce merite eût eu
beſoin de ſes travaux Litteraires
& journaliers pour vivre.
Et s'il eût eſté indigent en effet
, M. de Fontenelles ſon neveu,
homme non moins eſtiGALANT.
63
:
-
mable par la probité que par
ſes talens , auroit caché au Public
l'infortune de ſon oncle.
Les Ouvrages font connoître
le genie des gens de
Lettres , mais ils ne font pas
connoiſtre leurs moeurs . Il
n'arrive que trop que les talents
les plus eſtimables ſerencontrent
dans un même homme
avec de mauvaiſes moeurs.
La poſterité , ſi ce coupableLivre
va juſqu'à elle , ne pourrat-
elle pas condamner M. de
Fontenelles, ſur la foy d'un reproche
direct qu'un de ſes contemporains
luy a fait avec im-
:
64 MERCURE
punité ? c'eſt ce que M. de
Fontenelles fent parfaitement,
je puis rendre fur cela témoignage
de ſa ſenſibilité.
Il y a environ deux ans que
Gacon donna un troifiéme
Ouvrage au Publit,ſous letitre
del'Anti Rouffeau. La perſecution
cruelle qu'il ſuſcite à
un coupable proſcrit par Arrêt
de la Cour , n'eſt pas un
crime ſelon les Loix , c'eſt feulement
une baſſeſſe , une lacheté
digne de deteftation ;
fon crime , & crime digne
d'un châtiment exemplaire ,
c'eſt d'avoir recueilli de tous
ceux
GALANT . 65
L
ceux qui avoient eſté en commerce
avec Rouffeau , les Ouvrages
cyniques & fatyriques
de ce Poëte , Ouvrages defavoüez
par leur Auteur & peutêtre
expiez par fon repentir. Il
les a portez en Hollande où
ils ont eſté imprimez ſous ſes
yeux avec un Commentaire
qui aggrave encore le poifon
du texte ; il a appliqué fauſſement
à pluſieurs perſonnesdes
Epigrammes anonymes dont
Rouſſeau n'avoit jamais fait
d'applications perſonnelles .
Enfin , grace à Gacon , les
horreurs de ce Poëte , que nos
May 1715 . F
66 MERCURE
Magiſtrats s'efforçoient de
fupprimer , paſſeront à lapofterité&
feront le ſcandale des
fiecles futurs , & la honte du
nôtre.Gacon de retour deHollande
debite à Paris ſon Anti-
Rouſſcau , ce ſcandaleux Livre
fait horreur aux gens de bien ;
mais le mépris ſauve le coupable,
perſonne ne veut faire la
démarchede le denoncer , on
le laiſſe joüir en paix du fruit
de ſon crime.
Le quatriéme Ouvrage de
Gacon , & le ſujet unique de
la preſente denonciation , eſt
un Livre in douze , qui a pour
GALANT. 67
titre ,Homere vangé. Les perſonnes
outragées dans ce nouvel
Ouvrage font mortifiées
de ne pouvoir payer ſon Auteurdu
ſeul mépris qui juſqu'à
preſent a fait la punition de
ſes excés , on craint de luy
faire honneur en le denonçant
; mais on y eſt forcé. U
n'eſt pas icy queſtion d'un Libelle
imprimé en Hollande ,
ou même dans le Royaume
ſans privilege , c'eſt un Livre
revêtu de l'autorité du Sceau ,
& imprimé dans Paris avec
une approbation folemnelle
du ſicur Abbé Couture. Il y a
Fij
68 MERCURE
donc icy deux coupables , &
j'ofe avancer , que le plus puniſſable
n'est pas l'Auteur mê
me , mais l'Approbateur ,
l'homme public , que le Miniſtre
a mis en place pour empêcher
les deſordres dont il
vient de ſe rendre lâchement
complice. C'eſt par l'examen
de l'Ouvrage même que l'on
pourra juger du traitement
que meritele ſieur AbbéCouture.
l 3
Ce Livre eſt une critique follement
infolente de l'Iliade de
M. de la Motte & de ſa Differtation
fur Homere ; il n'y
GALANT. 69
{
a rien de plus permis , rien de
plus utile dans les Lettres que
les critiques judicieuſes &moderées
, où les Auteurs expoſent
leurs ſentimens & combattent
ceux d'autruy , fans
manquer aux égards que la ſocieté
civile & les bonnes
moeurs exigent . Voila les critiques
propres à éclairer le Public
& à l'édifier tout enſemble.
M. de la Motte nous vient
de donner un exemple de ces
critiques moderées , il feroit
bon de faire imiter cet exemple
à Meſſieurs les Sçavants ,
qui font , pour ne rien dire de
70 MERCURE
plus , trop ſcandaleuſement
ruſtiques.
Le Livre qui parut le mois
de Février dernier ſous le titre
des Causes de la Corruption du
Gouft , furprit & fcandalizat
tout enſemble les gens ſenſez.
Ce Livre ſera la honte éternelle
de M. l'Abbé Fraguier ,
luy , qui par ſon approbation
ſouſcrit lachement au traitement
infâme qu'on y fait à fon
Confrere; luy , que l'eſprit de
parti aveugle, au point de luy
faire oublier qu'il eſt en place
pour empêcher les Auteurs
ſoumis à ſon examen , de fe
GALANT. 71
faire des outrages reciproques,
&de violer , les uns à l'égard
des autres , les regles de la
bien féance & les devoirs de
la charité.
Le ſicur Abbé CoutureApprobateur
du Livre deGacon ,
eſt infinement plus coupable
encore que le ſieur Abbé Fraguier.
On en jugera par les
traits receüillis du Livre , quia
pour titre : Homere vangé.
L'eſtampe qui eſt à la tête
tampe qu
de cet inſolent Livre , en annonce
le caractere. On y voit
le Mont Parnaſſe , au ſommet
duquel paroît le buſte d'Ho72
MERCURE
mere. Ce buſte forme une
ombre , que M. de la Motte
ſous la figure de l'Envie, attaque
une torche à la main. Le
Poëte Gacon monté ſur Pegaſe
, armé de
verges , vient
châtier l'Envie .
Quatre vers de l'Auteur expliquent
l'eſtampe.
Conduite par l'orgueil , l'Envie
au regardfombre
Veut attaquer Homere &n'atteintquefon
ombre ;
Mais les verges en main fur
Pegase monté
Le Poëte fans fard vange Homere
infulté.
Il
GALANT. 73
1
Il n'y a point là d'Enigme.
Le Livre a pour titre Homere
vangé, ou Réponſe à M. de la
Motte.
Mais pour mieux. faire reconnoître
M. de la Motte ſous
l'allegoricde l'Envie ; il donne
à l'Envie un regard fombre ;
alluſion baſſe à la vûë preſque
éteinte de M. de la Motte.
Voila donc M. de la Motte livré
par M. l'Abbé Couture au
vil Executeur du Parnaſſe pour
en recevoir les étrivieres ? mais
quel eſt le crime de M. de la
Motte ? un Livre dont le Roy
a agréé l'hommage , & pour
May 1715. G
74 MERCURE
lequel ila gratifié l'Auteur d'une
penfion ?
ed M. Couture dira-t- il qu'il
ignoroit ces faits? je le dementiroisdans
le moment en rapportant
le trait qui fuit. C'eſt
à la page 308. du Livre denoncé
; Gacon rapporte qu'un
ConfeurSuperbe ayantpreſentéà
Sun Monarque habile un Ouvrage
critique contre Virgile, ce Roy
fic apporter un boiſſeau de froment,
lefit vanner&enfit donner
les criblures pour recompense
au Cenfeur. Il est vray , continuë
Gacon , en parlant à M.
de la Motte , il est vray que
GALANT. 75
loin d'avoir estépuny duRoy vous
avez été gratieuse & recompenfé.
Sed fupplicium tulit bic
Sceleris alter diadema. Je ſuis perfuadé
que M.Couture n'a ſenti
dans cetrait que ce qui touche
M. de la Motte ; il veut
bien ſouſcrire aux inſultes
dont eet Auteur luy ſemble
digne ; mais il n'auroit garde
d'adopter les excés d'un genre
plus puniſſable répandus
dans le Livre denoncé , ſi l'efprit
de parti qui l'aveugle ne
l'avoit pas empêché de les remarquer.
Al'égard de Gacon , il eft
Gij
76 MERCURE
digne auffi de quelque indulgence
en faveur de fon imbecillité.
Ce pauvre Poëte , par
exemple , s'eſt mis dans l'eſprit
que M. de la Motte dediant
fon Iliade au Roy , avoit fait
outrage à la pieté de Sa Majeſté.
Voicy comment il s'explique
dans une Satyre intitulée
l'Ombre de Defpreaux , pag.
11. du Livre.
Eh pourquoy s'exposant à paſſer
pour un fot,
Outrage-1- il duRoy lapietéchrétienne
,
En mettantfousſesyeux l'Iliade
payenne .
GALANT. 77
Ce jugement n'a rien d'étonnant
de la part de Gacon ;
mais il eſt ſcandaleux qu'un
Approbateur , à qui l'on fup .
poſe au moins le ſens commun
,n'en ſoit pas bleſſe. L'épithete
defot eit icy des plus
mal afſociées , voilà peut eſtre
la premiere fois qu'on l'ait
vue en telle compagnie.
M. l'Abbé Couture , dira
que c'eſt une vivacité amenée
par la tiranniede la rime , qu'il
ne faut pas prendre l'épithete
deforà la lettre. A la bonne
heure ; mais il n'y a rien à
rabattre d'une infulte faite en
1
Giij
78 MERCURE
i
1
proſe. Dequelle nature eſt celle-
cy ? pag. 45. où Gacon applique
ces paroles à M. de la
Motte. Cherchons un autre
monde à l'abry d'un petit-homme
qui pretend s'élever fur des
Geans , & d'un Moucheron
qui veuts'élever ſur des Aigles.
M. l'Abbé Couture , doit
fçavoir que Made la Motte
n'eſt rien moins qu'un petit
homme , il eſt de l'aveu de
tout le monde litteraire un
des premiers hommes de ſon
fiecle ; cette ſuperiorité eſt
d'ordinaire compagne de l'or
guëil immoderé ; mais le ſou- 1
GALANT9.79
verain éloge de M. de la Motte
c'eſt d'avoir ſçû allier aux
talens les plus éminents , la
plus modeſte opinion de luy
même. C'eſt de n'avoir jamais
cherché dans les ouvrages de
ſes rivaux , que le beau pour
le proteger , & de s'être im
poſé un filence religieux fur
les fautes dont il auroit pu
triompher ; en vain ces mêmes
rivaux s'obſtinent à l'affieger
avec des Epigrammes injurieuſes
, des Satyres infâmes,des
Critiques infolentes , on ne
peut réüffir à luy faire démens
tir ce caractere de douceur ,
G iiij
88 MERCURE
de modeftie & de charité ,
vertus qui luy ſont plus procieuſes
que la réputation de ſes
ouvrages. Ses amis reffentent
une douleur profonde de le
voir à la veille d'eſtre entierement
aveugle , ſa vûë qui s'éteint
par degrez inſenſibles le
rappelle fans ceſſe à la pro.
chaine infortune & le follicite
au découragement ; tandis que
nous travaillons à le confoler ,
& à le diſtraire de ce triſte
objet , il s'imprime dans Paris
des Livres cruels où l'on infulte
lâchement à ſon malheur .
Les uns ont la baſſeſſe de luy
GALANT
:
confeiller tironiquement , de
amende honorable
faire
aux
Muses & qu'elles luy rendront
la vue. Gacon plus infolent
Papoftrophe pag. 24. par ces
mots. Aveugle de l'ame & du
corps. A
Mais on ne fecontentepas
dans le Livre denoncé de faire
infulte à M. de la Motte , on
amene ſes amis ſur la Scene ,
&en les faiſant dialoguer , on
en fait autant de Gacons .
Quelques jours aprés que
l'Iliade de M. dela Motte cût
paru , je vis avec ſurpriſe , & ,
j'avoüe,avec quelque indigna82
MERCURE
;
:
รา
tion , le dechaînement horribledu
peuple Sçavant contre
l'Auteur ; je fis une Lettre apologetique
de l'Ouvrage ſcan
dalcux , j'obtins un Privilege
fous un titre anonime ; la Lettre
ne ſe fut pas plutôt mon
trée , que mes amis me foupçonnerent
d'en eſtre l'Auteur
j'aurois pû tenir ferme contre
leurs ſoupçons , mais le peril
de l'Ouvrage même m'en arracha
l'aveu. Je crus qu'il y alloit
de la generoſité de ne pas
deſavoüer un hommage que
j'y rendois à un ami digne de
tout mon zele.
GALANT
-Gacon parle beaucoup de
cette Lettre dans le Livre denoncé.
Il me reproche d'y
avoir qualifié injurieuſement
les adverſaires de M. de la
Motte ; je n'ay qu'un mot à
répondre fur cela. Lorſque je
fis cetteLettre ,perſonne n'avoit
encore écrit contre M. de
laMotte , & je n'ay pû par
conſequent me propoſer de
faire reconnoître aucun de ces
prétendus adverſaires ,dans la
diftinction que j'y fais des vrais
& des faux Sçavants. Il faut
bien diftinguer en matiere de
critique les remarques vagues ,
84 MERCURE
les portraits generaux & inappliquez,
de ce que l'on appelle
communément apostrophe
injurieuſe , tableau perſonnel ;
par exemple , il n'eſt pas con
tre les regles de la critique moderée,
de dire en general , qu'il
yadans la Republique des Lettres
des ſtupides érudits qui ont
prété ferment de fidelité à Homere.
Mais ſi l'on deſignoit
unhommede Lettre quelcon
que par l'épithete d'érudit ſtupide
, ou autre de ce genre , on
excederoit les bornes de la critique
ſage , on bleſſeroit la
charité , on ſeroit puniſſable.
1.
GALANT. 85
MC
Voila ce que ne comprend pas
Gacon; mais cette diſtinction
excederoit elle auſſi les lumieres
de ſon Approbateur ?
luy qui n'eſt point choqué du
perſonnel infolent qui regne
dans tout le Livre denoncé ?
que luy a t- il ſemblé de la Fable
qui a pour titre ,l'Aveugle
le Boffu , où aprés nous
avoir fait dialoguer M. de la
Motte & moy , Gacon nous
faluë de cette galanterie.
Meſſieurs ,que l'ignorant wulgaire
Met plus haut qu'Eſope
qu'Homere ,
86 . MERCURE
Vous n'approchez de ces Heros
Que par lesyeux& par le dos.
: pag. 96.
Il y a des gens à qui le reproche
des deffauts naturels
eſt ares douloureux Jayconnu
unboſſu , homme dailleurs
debeaucoupd'eſprit , qui n'avoit
jamais pu ſe familiarifer
avec ſon ombre , je luy devins
àcharge ,&il m'évita enfin ne
pouvant foûtenir la petite
guerre que je luy faifois pour
luy ôter ce foible ; pour moy ,
j'oſe dire que je ſoûtiens galamment
ma diſgrace , j'en atteſte
mes amis , qui , pour faire
GALANT. 87
3
honneur à mon courage , ne
me font plus appercevoir dans
nôtre commerce , cette retenuë
exceffive , cette circonfpection
humiliante qui n'eſt
duë qu'aux foibles.
Je declare donc icy que
tout homme qui voudra
m'offenſer , n'y réüſſira pas en
attaquant ma figure ; il y a
longtems queje l'ay abandon.
née à ſon mauvais fort ; il y a
longtems que ſes querelles ne
font plus les miennes ; mais
comme je ne connois point
M. l'Abbé Couture , que je
n'ay pû par conſequent luy
88 MERCURE
faire cette declaration , il n'a
pas dû croire qu'il fût de mon
goût que cette liberté devint
le droit de Gacon même
Comment M- l'AbbéCouture
n'a-t- il pas ſentique Gacon
luy preſentoit unOuvragenonmoins
infolent& ſcandaleux
qu'aucun qui ſe ſoit ja
mais imprimé en Hollande ,
où les Auteurs ſont en pleine
liberté de ſervir leurs paſſions?
Il ne peut pas dire que l'hypocrific
de Gacon , l'ait trompé
puiſqu'il fait page 370. la declaration
qui fuit.
Toûjours fincere en mes écrits
De
GALANT. 89
De veritez je les farcis
Toutcommefij'étois en Ville
praLibre
Gacon s'eſt imaginé être
en Hollande lorſqu'il a compofé
fon Homere vangé ? à
la bonne heure. Mais quand
le ficur Abbé Couture adon
né fon Approbation à cet
infolent Livre , il a dû ſe ſouvenit
qu'il étoit dans Paris.
Quelques Lecteurs ont hefi
té à reconnoiſtre les perſonnages
deſignez par ce double
tableau page. 74 Le Medecin
M. Patelineur qui est presque
aveugle , & M. Rabo gri fon
May 1715. H
१० MERCURE
;
Confrere
Confrere, qui eft extrêment boſſu.
on cherchoit bonnementdans
la Facultè un aveugle & un
boſſu qu'on pût affocier pour
joüer la Scene de cette page ;
maisl'Auteur a declaréqu'iln'y
étoit queſtion que de M. de la
Motte&demoy,&que fi nous
étions Medecins, c'étoit de la
façon de fon Approbateur ; il
eſt aſſez plaifant que M. l'Ab
bé Couture qui nous a laiffe
apostropher nommément page
96. dans la Fable de l'Aveugle&
du Boſſfu , s'aviſe de
nous faire déguifer page 74.
fous la robe de Medecin .
GALANT
Gacon continuë p. 75.Je les
caracteriſe par leurs défauts apparents
afin qu'ils ne puiffent pas
ſeméconnoîtredans leurs portraits.
Etmoy , dira l'Approbateur ,
jeleur ay donné des licences
en Medecine afin que le Public
hefite à les reconnoiſtre ? il
ne laiſſe pas d'y avoir là de la
Charité&jeluy en rends grace
en mon particulier. N'auroit-
il point encore inſinué à
Gacon de déguiſer M. de la
Motte page 322. ſous l'ingenieuſe
allegorie de l'âne.
'Faloux des honneurs du Cheval,
Soit dans la Paix ,foit dans la
Hij
22 MERCURE
1
Guerrey.tw
L'ânefon indigne rival
S'aidant d'une butte de terre ,
Dans unpréje nesçai comment,
Couvrit une bellejument
Mais d'unefemence auſſi vile
Il ne vint qu'un monstre fterile.
Ce déguisement n'est pas
fi heureux que l'autre , il eſt
un peu ſale , c'eſt pourquoy
toutes reflexions faites , je le
ſoutiens de la façon deGacon.
Pafflons à quelque choſe de
plus ferieux. On ſera ſurpris
de ce dernier trait par lequel
jo finis l'examen du Livre de
noncé, c'est à la page 16500
GALAND. 23
+
Gacony établit d'abord fur
la foy de quelquesSçavans que
l'Iliade d'Homere n'a d'autre
fin que l'éloge d'Achille, il
ſe fait objecter qu'Homere reprefentefon
Heros ſuperbe , injuste,
cruel que ces qualitez
nefont pasdes moyens fort furs
d'enlever l'admirationisanjapest
Il ſe fait faire une ſeconde
objection qu'il appelle calomnieufc;
cette objection , n'eſt
autre, quele reproche fait par
quelques Sçavans à Homere ,
de n'avoir pas regardé les vices
defes Heros avec mépris. Voicy
ce qu'il répond au seproche
4 MERCURE
pretendu calomnicux. Home.
vene traite- t- ilpas Achille d'indigne
&defurieux lorſqu'il infulsele
cadavre d'Hector ? pourquoy
letaxe-t-il de cruauté
de barbarie lorſqu'il immole douze
jeunes Troyens aux manes de
fon cher Patrocle ? il n'épargne
pas plus les mauvaiſes actions
des autres Chefs. Quicquid delirant
reges.
Revenons à la premiere
objection . Voicy comment
Gaconyfatisfait.
Outre que c'est une grande
erreur de croire qu'il est neceffaire
qu'un Heros ſoit parfaitement
GALANT. १६
wertueux pour être le sujet d'un
Poëme , il est faux qu'Homere
aitfait le fien vitieux aupoint
de le faire bair , il luy a laiffé
des vices compatibles avec l'he
roiſme naturel ; on peut même
avancer quefon Achille , est du
moins auſſiſage que bien des Heros
de nostre temps.
Le Prince de Condé,M. de
Turenne nefefont-ilspas portez
àdes excés beaucoup plus condamnables
, cependant qui
oferoit nierque ces grands Hommes
ne foient des Heros propres
àêtre chantez pardes Poëtes.
Alleurement M. l'Abbé
26 MERCURE
Couture n'a pas lûle Livro
dénoncéd'un bout à l'autre,
il n'auroit jamais laiſſe paffer
un traie auffi calomnicufe
mentinfolent ; il eſthumiliant
pour luy de devoir quelque
choſe à mon indulgence
dans le temps même que je
luy reproche l'oubli de fon
devoir,&que je le dénonce à
Monſeigneur le Chancelier ?
comme un homme qui s'eft
rendu indigne de fon employ.b
Je me flatte que Montei- n
gneur le Chancelier ne juge.
ra pas qu'il me ſoit mefféant
d'informer fa Grandeur du
ſcandale
GALANT ス
ſcandale que fait dans le mon
de un libelle infolent dans
lequel on m'a donné place .
Jen'ay pas la fotte vanité de
m'imaginer que mon intereſt
doive entrer pour quelque
choſe, dans le traitement dû à
ce libelle. Je declare fincere
ment que je nem'y tiens point
pouroffenfé,je ne ſuis frappé
que de l'aviliſſement dans
lequel vont tomber les gens
de Lettres en France , fi l'on
ne rend pas à l'avenir les Examinateurs
comptables des accufations
calomnieuſes , des
excés injurieux , des traits
May 1715 .
traits faty-
I
98 MERCURE
riques répandus dans les ouvrages
qu'ils auront prefentez
au Sceau .
faiteàMonseigneurle Chancelier
d'un Libelle injurieux ,
qui , revêtu de l'autorité du
Sceau ,paroît dans le monde
ſous le titre d'Homere
vangé.
L'Auteur de ce Libelle eſt
un nommé Gacon , homme
connu dans le monde par des
Libelles du mêine genre. Ilett
bon d'en faire l'Hiſtoire. La
voicy.
Il y a environ 20. ans que
Gacon fit imprimer un preGALANT.
mier Ouvrage ſous le titre de
Poëte fans fard. Il y commit
tant d'excés fatyriques , que
Monſeigneur Boucherat ,lors
Chancelier , à qui il fut denoncé,
en fit fupprimer les Exem
plaires , & fit fubir pluſieurs
mois de prifon à l'Auteur.
Ce châtiment contint Gacon
durant pluſieurs années ,
mais letemsile ramena enfin à
fon malheureux penchant ;il
travailla à une Traduction
d'Anacreon , Ouvrage quin'étoit
dans ſes vûës , que le prétexte&
l'occaſion d'outrager
pluſieurs perſonnes diftin60
MERCURE
guées dans les Lettres. Ce fecond
Ouvrage ayant eſté envoyé
par M.l'Abbé Bignon à
Meſieurs Saulrin & Danchet
fucceffivement pour l'examiner
, ils refuferent l'un aprés
l'autre l'approbation à l'Auteur
, fur fon obſtination à ne
vouloir pas fupprimer les traits
injurieux.Gacon n'avoit garde
de conſentir à la fuppreffion
de ces traits , c'eſtoit la portion
cheriede ſon Livre. Il fic
unvoyage exprés en Hollande,
pour ſe voir en pleine libertédediffamer
les objetsde
ſa malignité ; il yimprima fon
GALANT. 61
Anacreon , & profitant de la
licence que luy donnoit ſa
nouvelle Patrie , il enrichit fon
Livre de quelques traits calomnieux
, & de la nature de
ceux qui attaquent directement
l'honneur. Je n'en rapporteray
qu'un ſeulqui regarde
M. deFontenelles , qui me
paroît énorme. Gacon aprés
avoir inſolemment avili les
Ouvrages de MT.Corneille,
l'excuſe d'avoir fatigué le Public
de tant de mauvais écrits ,
en ſuppoſant que fans ces
écrits mêmes il feroit mort de
faim. Il écrivoit , dit il , fami
62 MERCURE
potius quam fama. Nous n'y
ſommes pas encore : Gacon
continue. Mais d'où vient que
M. de Fontenelles fon neveu
luy qui eftfifort àson aiſe, laiſſe
mourir de faim fon oncle. Cur
eget te divite parens.
,
Il eſt notoire que M. Corneille
n'étoit rien moins qu'-
indigent ; il auroit eſté tres .
honteux à noſtre ſiecle qu'un
homme de ce merite eût eu
beſoin de ſes travaux Litteraires
& journaliers pour vivre.
Et s'il eût eſté indigent en effet
, M. de Fontenelles ſon neveu,
homme non moins eſtiGALANT.
63
:
-
mable par la probité que par
ſes talens , auroit caché au Public
l'infortune de ſon oncle.
Les Ouvrages font connoître
le genie des gens de
Lettres , mais ils ne font pas
connoiſtre leurs moeurs . Il
n'arrive que trop que les talents
les plus eſtimables ſerencontrent
dans un même homme
avec de mauvaiſes moeurs.
La poſterité , ſi ce coupableLivre
va juſqu'à elle , ne pourrat-
elle pas condamner M. de
Fontenelles, ſur la foy d'un reproche
direct qu'un de ſes contemporains
luy a fait avec im-
:
64 MERCURE
punité ? c'eſt ce que M. de
Fontenelles fent parfaitement,
je puis rendre fur cela témoignage
de ſa ſenſibilité.
Il y a environ deux ans que
Gacon donna un troifiéme
Ouvrage au Publit,ſous letitre
del'Anti Rouffeau. La perſecution
cruelle qu'il ſuſcite à
un coupable proſcrit par Arrêt
de la Cour , n'eſt pas un
crime ſelon les Loix , c'eſt feulement
une baſſeſſe , une lacheté
digne de deteftation ;
fon crime , & crime digne
d'un châtiment exemplaire ,
c'eſt d'avoir recueilli de tous
ceux
GALANT . 65
L
ceux qui avoient eſté en commerce
avec Rouffeau , les Ouvrages
cyniques & fatyriques
de ce Poëte , Ouvrages defavoüez
par leur Auteur & peutêtre
expiez par fon repentir. Il
les a portez en Hollande où
ils ont eſté imprimez ſous ſes
yeux avec un Commentaire
qui aggrave encore le poifon
du texte ; il a appliqué fauſſement
à pluſieurs perſonnesdes
Epigrammes anonymes dont
Rouſſeau n'avoit jamais fait
d'applications perſonnelles .
Enfin , grace à Gacon , les
horreurs de ce Poëte , que nos
May 1715 . F
66 MERCURE
Magiſtrats s'efforçoient de
fupprimer , paſſeront à lapofterité&
feront le ſcandale des
fiecles futurs , & la honte du
nôtre.Gacon de retour deHollande
debite à Paris ſon Anti-
Rouſſcau , ce ſcandaleux Livre
fait horreur aux gens de bien ;
mais le mépris ſauve le coupable,
perſonne ne veut faire la
démarchede le denoncer , on
le laiſſe joüir en paix du fruit
de ſon crime.
Le quatriéme Ouvrage de
Gacon , & le ſujet unique de
la preſente denonciation , eſt
un Livre in douze , qui a pour
GALANT. 67
titre ,Homere vangé. Les perſonnes
outragées dans ce nouvel
Ouvrage font mortifiées
de ne pouvoir payer ſon Auteurdu
ſeul mépris qui juſqu'à
preſent a fait la punition de
ſes excés , on craint de luy
faire honneur en le denonçant
; mais on y eſt forcé. U
n'eſt pas icy queſtion d'un Libelle
imprimé en Hollande ,
ou même dans le Royaume
ſans privilege , c'eſt un Livre
revêtu de l'autorité du Sceau ,
& imprimé dans Paris avec
une approbation folemnelle
du ſicur Abbé Couture. Il y a
Fij
68 MERCURE
donc icy deux coupables , &
j'ofe avancer , que le plus puniſſable
n'est pas l'Auteur mê
me , mais l'Approbateur ,
l'homme public , que le Miniſtre
a mis en place pour empêcher
les deſordres dont il
vient de ſe rendre lâchement
complice. C'eſt par l'examen
de l'Ouvrage même que l'on
pourra juger du traitement
que meritele ſieur AbbéCouture.
l 3
Ce Livre eſt une critique follement
infolente de l'Iliade de
M. de la Motte & de ſa Differtation
fur Homere ; il n'y
GALANT. 69
{
a rien de plus permis , rien de
plus utile dans les Lettres que
les critiques judicieuſes &moderées
, où les Auteurs expoſent
leurs ſentimens & combattent
ceux d'autruy , fans
manquer aux égards que la ſocieté
civile & les bonnes
moeurs exigent . Voila les critiques
propres à éclairer le Public
& à l'édifier tout enſemble.
M. de la Motte nous vient
de donner un exemple de ces
critiques moderées , il feroit
bon de faire imiter cet exemple
à Meſſieurs les Sçavants ,
qui font , pour ne rien dire de
70 MERCURE
plus , trop ſcandaleuſement
ruſtiques.
Le Livre qui parut le mois
de Février dernier ſous le titre
des Causes de la Corruption du
Gouft , furprit & fcandalizat
tout enſemble les gens ſenſez.
Ce Livre ſera la honte éternelle
de M. l'Abbé Fraguier ,
luy , qui par ſon approbation
ſouſcrit lachement au traitement
infâme qu'on y fait à fon
Confrere; luy , que l'eſprit de
parti aveugle, au point de luy
faire oublier qu'il eſt en place
pour empêcher les Auteurs
ſoumis à ſon examen , de fe
GALANT. 71
faire des outrages reciproques,
&de violer , les uns à l'égard
des autres , les regles de la
bien féance & les devoirs de
la charité.
Le ſicur Abbé CoutureApprobateur
du Livre deGacon ,
eſt infinement plus coupable
encore que le ſieur Abbé Fraguier.
On en jugera par les
traits receüillis du Livre , quia
pour titre : Homere vangé.
L'eſtampe qui eſt à la tête
tampe qu
de cet inſolent Livre , en annonce
le caractere. On y voit
le Mont Parnaſſe , au ſommet
duquel paroît le buſte d'Ho72
MERCURE
mere. Ce buſte forme une
ombre , que M. de la Motte
ſous la figure de l'Envie, attaque
une torche à la main. Le
Poëte Gacon monté ſur Pegaſe
, armé de
verges , vient
châtier l'Envie .
Quatre vers de l'Auteur expliquent
l'eſtampe.
Conduite par l'orgueil , l'Envie
au regardfombre
Veut attaquer Homere &n'atteintquefon
ombre ;
Mais les verges en main fur
Pegase monté
Le Poëte fans fard vange Homere
infulté.
Il
GALANT. 73
1
Il n'y a point là d'Enigme.
Le Livre a pour titre Homere
vangé, ou Réponſe à M. de la
Motte.
Mais pour mieux. faire reconnoître
M. de la Motte ſous
l'allegoricde l'Envie ; il donne
à l'Envie un regard fombre ;
alluſion baſſe à la vûë preſque
éteinte de M. de la Motte.
Voila donc M. de la Motte livré
par M. l'Abbé Couture au
vil Executeur du Parnaſſe pour
en recevoir les étrivieres ? mais
quel eſt le crime de M. de la
Motte ? un Livre dont le Roy
a agréé l'hommage , & pour
May 1715. G
74 MERCURE
lequel ila gratifié l'Auteur d'une
penfion ?
ed M. Couture dira-t- il qu'il
ignoroit ces faits? je le dementiroisdans
le moment en rapportant
le trait qui fuit. C'eſt
à la page 308. du Livre denoncé
; Gacon rapporte qu'un
ConfeurSuperbe ayantpreſentéà
Sun Monarque habile un Ouvrage
critique contre Virgile, ce Roy
fic apporter un boiſſeau de froment,
lefit vanner&enfit donner
les criblures pour recompense
au Cenfeur. Il est vray , continuë
Gacon , en parlant à M.
de la Motte , il est vray que
GALANT. 75
loin d'avoir estépuny duRoy vous
avez été gratieuse & recompenfé.
Sed fupplicium tulit bic
Sceleris alter diadema. Je ſuis perfuadé
que M.Couture n'a ſenti
dans cetrait que ce qui touche
M. de la Motte ; il veut
bien ſouſcrire aux inſultes
dont eet Auteur luy ſemble
digne ; mais il n'auroit garde
d'adopter les excés d'un genre
plus puniſſable répandus
dans le Livre denoncé , ſi l'efprit
de parti qui l'aveugle ne
l'avoit pas empêché de les remarquer.
Al'égard de Gacon , il eft
Gij
76 MERCURE
digne auffi de quelque indulgence
en faveur de fon imbecillité.
Ce pauvre Poëte , par
exemple , s'eſt mis dans l'eſprit
que M. de la Motte dediant
fon Iliade au Roy , avoit fait
outrage à la pieté de Sa Majeſté.
Voicy comment il s'explique
dans une Satyre intitulée
l'Ombre de Defpreaux , pag.
11. du Livre.
Eh pourquoy s'exposant à paſſer
pour un fot,
Outrage-1- il duRoy lapietéchrétienne
,
En mettantfousſesyeux l'Iliade
payenne .
GALANT. 77
Ce jugement n'a rien d'étonnant
de la part de Gacon ;
mais il eſt ſcandaleux qu'un
Approbateur , à qui l'on fup .
poſe au moins le ſens commun
,n'en ſoit pas bleſſe. L'épithete
defot eit icy des plus
mal afſociées , voilà peut eſtre
la premiere fois qu'on l'ait
vue en telle compagnie.
M. l'Abbé Couture , dira
que c'eſt une vivacité amenée
par la tiranniede la rime , qu'il
ne faut pas prendre l'épithete
deforà la lettre. A la bonne
heure ; mais il n'y a rien à
rabattre d'une infulte faite en
1
Giij
78 MERCURE
i
1
proſe. Dequelle nature eſt celle-
cy ? pag. 45. où Gacon applique
ces paroles à M. de la
Motte. Cherchons un autre
monde à l'abry d'un petit-homme
qui pretend s'élever fur des
Geans , & d'un Moucheron
qui veuts'élever ſur des Aigles.
M. l'Abbé Couture , doit
fçavoir que Made la Motte
n'eſt rien moins qu'un petit
homme , il eſt de l'aveu de
tout le monde litteraire un
des premiers hommes de ſon
fiecle ; cette ſuperiorité eſt
d'ordinaire compagne de l'or
guëil immoderé ; mais le ſou- 1
GALANT9.79
verain éloge de M. de la Motte
c'eſt d'avoir ſçû allier aux
talens les plus éminents , la
plus modeſte opinion de luy
même. C'eſt de n'avoir jamais
cherché dans les ouvrages de
ſes rivaux , que le beau pour
le proteger , & de s'être im
poſé un filence religieux fur
les fautes dont il auroit pu
triompher ; en vain ces mêmes
rivaux s'obſtinent à l'affieger
avec des Epigrammes injurieuſes
, des Satyres infâmes,des
Critiques infolentes , on ne
peut réüffir à luy faire démens
tir ce caractere de douceur ,
G iiij
88 MERCURE
de modeftie & de charité ,
vertus qui luy ſont plus procieuſes
que la réputation de ſes
ouvrages. Ses amis reffentent
une douleur profonde de le
voir à la veille d'eſtre entierement
aveugle , ſa vûë qui s'éteint
par degrez inſenſibles le
rappelle fans ceſſe à la pro.
chaine infortune & le follicite
au découragement ; tandis que
nous travaillons à le confoler ,
& à le diſtraire de ce triſte
objet , il s'imprime dans Paris
des Livres cruels où l'on infulte
lâchement à ſon malheur .
Les uns ont la baſſeſſe de luy
GALANT
:
confeiller tironiquement , de
amende honorable
faire
aux
Muses & qu'elles luy rendront
la vue. Gacon plus infolent
Papoftrophe pag. 24. par ces
mots. Aveugle de l'ame & du
corps. A
Mais on ne fecontentepas
dans le Livre denoncé de faire
infulte à M. de la Motte , on
amene ſes amis ſur la Scene ,
&en les faiſant dialoguer , on
en fait autant de Gacons .
Quelques jours aprés que
l'Iliade de M. dela Motte cût
paru , je vis avec ſurpriſe , & ,
j'avoüe,avec quelque indigna82
MERCURE
;
:
รา
tion , le dechaînement horribledu
peuple Sçavant contre
l'Auteur ; je fis une Lettre apologetique
de l'Ouvrage ſcan
dalcux , j'obtins un Privilege
fous un titre anonime ; la Lettre
ne ſe fut pas plutôt mon
trée , que mes amis me foupçonnerent
d'en eſtre l'Auteur
j'aurois pû tenir ferme contre
leurs ſoupçons , mais le peril
de l'Ouvrage même m'en arracha
l'aveu. Je crus qu'il y alloit
de la generoſité de ne pas
deſavoüer un hommage que
j'y rendois à un ami digne de
tout mon zele.
GALANT
-Gacon parle beaucoup de
cette Lettre dans le Livre denoncé.
Il me reproche d'y
avoir qualifié injurieuſement
les adverſaires de M. de la
Motte ; je n'ay qu'un mot à
répondre fur cela. Lorſque je
fis cetteLettre ,perſonne n'avoit
encore écrit contre M. de
laMotte , & je n'ay pû par
conſequent me propoſer de
faire reconnoître aucun de ces
prétendus adverſaires ,dans la
diftinction que j'y fais des vrais
& des faux Sçavants. Il faut
bien diftinguer en matiere de
critique les remarques vagues ,
84 MERCURE
les portraits generaux & inappliquez,
de ce que l'on appelle
communément apostrophe
injurieuſe , tableau perſonnel ;
par exemple , il n'eſt pas con
tre les regles de la critique moderée,
de dire en general , qu'il
yadans la Republique des Lettres
des ſtupides érudits qui ont
prété ferment de fidelité à Homere.
Mais ſi l'on deſignoit
unhommede Lettre quelcon
que par l'épithete d'érudit ſtupide
, ou autre de ce genre , on
excederoit les bornes de la critique
ſage , on bleſſeroit la
charité , on ſeroit puniſſable.
1.
GALANT. 85
MC
Voila ce que ne comprend pas
Gacon; mais cette diſtinction
excederoit elle auſſi les lumieres
de ſon Approbateur ?
luy qui n'eſt point choqué du
perſonnel infolent qui regne
dans tout le Livre denoncé ?
que luy a t- il ſemblé de la Fable
qui a pour titre ,l'Aveugle
le Boffu , où aprés nous
avoir fait dialoguer M. de la
Motte & moy , Gacon nous
faluë de cette galanterie.
Meſſieurs ,que l'ignorant wulgaire
Met plus haut qu'Eſope
qu'Homere ,
86 . MERCURE
Vous n'approchez de ces Heros
Que par lesyeux& par le dos.
: pag. 96.
Il y a des gens à qui le reproche
des deffauts naturels
eſt ares douloureux Jayconnu
unboſſu , homme dailleurs
debeaucoupd'eſprit , qui n'avoit
jamais pu ſe familiarifer
avec ſon ombre , je luy devins
àcharge ,&il m'évita enfin ne
pouvant foûtenir la petite
guerre que je luy faifois pour
luy ôter ce foible ; pour moy ,
j'oſe dire que je ſoûtiens galamment
ma diſgrace , j'en atteſte
mes amis , qui , pour faire
GALANT. 87
3
honneur à mon courage , ne
me font plus appercevoir dans
nôtre commerce , cette retenuë
exceffive , cette circonfpection
humiliante qui n'eſt
duë qu'aux foibles.
Je declare donc icy que
tout homme qui voudra
m'offenſer , n'y réüſſira pas en
attaquant ma figure ; il y a
longtems queje l'ay abandon.
née à ſon mauvais fort ; il y a
longtems que ſes querelles ne
font plus les miennes ; mais
comme je ne connois point
M. l'Abbé Couture , que je
n'ay pû par conſequent luy
88 MERCURE
faire cette declaration , il n'a
pas dû croire qu'il fût de mon
goût que cette liberté devint
le droit de Gacon même
Comment M- l'AbbéCouture
n'a-t- il pas ſentique Gacon
luy preſentoit unOuvragenonmoins
infolent& ſcandaleux
qu'aucun qui ſe ſoit ja
mais imprimé en Hollande ,
où les Auteurs ſont en pleine
liberté de ſervir leurs paſſions?
Il ne peut pas dire que l'hypocrific
de Gacon , l'ait trompé
puiſqu'il fait page 370. la declaration
qui fuit.
Toûjours fincere en mes écrits
De
GALANT. 89
De veritez je les farcis
Toutcommefij'étois en Ville
praLibre
Gacon s'eſt imaginé être
en Hollande lorſqu'il a compofé
fon Homere vangé ? à
la bonne heure. Mais quand
le ficur Abbé Couture adon
né fon Approbation à cet
infolent Livre , il a dû ſe ſouvenit
qu'il étoit dans Paris.
Quelques Lecteurs ont hefi
té à reconnoiſtre les perſonnages
deſignez par ce double
tableau page. 74 Le Medecin
M. Patelineur qui est presque
aveugle , & M. Rabo gri fon
May 1715. H
१० MERCURE
;
Confrere
Confrere, qui eft extrêment boſſu.
on cherchoit bonnementdans
la Facultè un aveugle & un
boſſu qu'on pût affocier pour
joüer la Scene de cette page ;
maisl'Auteur a declaréqu'iln'y
étoit queſtion que de M. de la
Motte&demoy,&que fi nous
étions Medecins, c'étoit de la
façon de fon Approbateur ; il
eſt aſſez plaifant que M. l'Ab
bé Couture qui nous a laiffe
apostropher nommément page
96. dans la Fable de l'Aveugle&
du Boſſfu , s'aviſe de
nous faire déguifer page 74.
fous la robe de Medecin .
GALANT
Gacon continuë p. 75.Je les
caracteriſe par leurs défauts apparents
afin qu'ils ne puiffent pas
ſeméconnoîtredans leurs portraits.
Etmoy , dira l'Approbateur ,
jeleur ay donné des licences
en Medecine afin que le Public
hefite à les reconnoiſtre ? il
ne laiſſe pas d'y avoir là de la
Charité&jeluy en rends grace
en mon particulier. N'auroit-
il point encore inſinué à
Gacon de déguiſer M. de la
Motte page 322. ſous l'ingenieuſe
allegorie de l'âne.
'Faloux des honneurs du Cheval,
Soit dans la Paix ,foit dans la
Hij
22 MERCURE
1
Guerrey.tw
L'ânefon indigne rival
S'aidant d'une butte de terre ,
Dans unpréje nesçai comment,
Couvrit une bellejument
Mais d'unefemence auſſi vile
Il ne vint qu'un monstre fterile.
Ce déguisement n'est pas
fi heureux que l'autre , il eſt
un peu ſale , c'eſt pourquoy
toutes reflexions faites , je le
ſoutiens de la façon deGacon.
Pafflons à quelque choſe de
plus ferieux. On ſera ſurpris
de ce dernier trait par lequel
jo finis l'examen du Livre de
noncé, c'est à la page 16500
GALAND. 23
+
Gacony établit d'abord fur
la foy de quelquesSçavans que
l'Iliade d'Homere n'a d'autre
fin que l'éloge d'Achille, il
ſe fait objecter qu'Homere reprefentefon
Heros ſuperbe , injuste,
cruel que ces qualitez
nefont pasdes moyens fort furs
d'enlever l'admirationisanjapest
Il ſe fait faire une ſeconde
objection qu'il appelle calomnieufc;
cette objection , n'eſt
autre, quele reproche fait par
quelques Sçavans à Homere ,
de n'avoir pas regardé les vices
defes Heros avec mépris. Voicy
ce qu'il répond au seproche
4 MERCURE
pretendu calomnicux. Home.
vene traite- t- ilpas Achille d'indigne
&defurieux lorſqu'il infulsele
cadavre d'Hector ? pourquoy
letaxe-t-il de cruauté
de barbarie lorſqu'il immole douze
jeunes Troyens aux manes de
fon cher Patrocle ? il n'épargne
pas plus les mauvaiſes actions
des autres Chefs. Quicquid delirant
reges.
Revenons à la premiere
objection . Voicy comment
Gaconyfatisfait.
Outre que c'est une grande
erreur de croire qu'il est neceffaire
qu'un Heros ſoit parfaitement
GALANT. १६
wertueux pour être le sujet d'un
Poëme , il est faux qu'Homere
aitfait le fien vitieux aupoint
de le faire bair , il luy a laiffé
des vices compatibles avec l'he
roiſme naturel ; on peut même
avancer quefon Achille , est du
moins auſſiſage que bien des Heros
de nostre temps.
Le Prince de Condé,M. de
Turenne nefefont-ilspas portez
àdes excés beaucoup plus condamnables
, cependant qui
oferoit nierque ces grands Hommes
ne foient des Heros propres
àêtre chantez pardes Poëtes.
Alleurement M. l'Abbé
26 MERCURE
Couture n'a pas lûle Livro
dénoncéd'un bout à l'autre,
il n'auroit jamais laiſſe paffer
un traie auffi calomnicufe
mentinfolent ; il eſthumiliant
pour luy de devoir quelque
choſe à mon indulgence
dans le temps même que je
luy reproche l'oubli de fon
devoir,&que je le dénonce à
Monſeigneur le Chancelier ?
comme un homme qui s'eft
rendu indigne de fon employ.b
Je me flatte que Montei- n
gneur le Chancelier ne juge.
ra pas qu'il me ſoit mefféant
d'informer fa Grandeur du
ſcandale
GALANT ス
ſcandale que fait dans le mon
de un libelle infolent dans
lequel on m'a donné place .
Jen'ay pas la fotte vanité de
m'imaginer que mon intereſt
doive entrer pour quelque
choſe, dans le traitement dû à
ce libelle. Je declare fincere
ment que je nem'y tiens point
pouroffenfé,je ne ſuis frappé
que de l'aviliſſement dans
lequel vont tomber les gens
de Lettres en France , fi l'on
ne rend pas à l'avenir les Examinateurs
comptables des accufations
calomnieuſes , des
excés injurieux , des traits
May 1715 .
traits faty-
I
98 MERCURE
riques répandus dans les ouvrages
qu'ils auront prefentez
au Sceau .
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7
p. 624
APPROBATION.
Début :
J'ai lû par ordre de Monseigneur le Garde des [...]
Mots clefs :
Garde des sceaux, Approbation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
'Ay lû par ordre de Monseigneur le Garde
des Sceaux , le Mercure de France du mois de
Mars , et j'ay crû qu'on pouvoit en permettre
Pimpression. A Paris , le trois Avril 1732.
HARDION.
'Ay lû par ordre de Monseigneur le Garde
des Sceaux , le Mercure de France du mois de
Mars , et j'ay crû qu'on pouvoit en permettre
Pimpression. A Paris , le trois Avril 1732.
HARDION.
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8
p. 524-526
EXTRAIT d'une Lettre sur un livre de Pieté imprimé depuis peu.
Début :
Le Livre que vous voulez connoître est intitulé LES PSEAUMES DE DAVID, [...]
Mots clefs :
Psaumes de David, Prière, Auteur, Esprit, Approbation, Censeurs, Dogme, Morale
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre sur un livre de Pieté imprimé depuis peu.
EXTRAIT d'une Lettre sur un Livre de
Pieté imprimé depuis peu.
Le Livre que vous voulez connoître
est intitulé LES PSEAUMES DE DAVID ,
selon l'Esprit , ou les Pseaumes en forme
de Prieres Chrétiennes . Dédiées à la
Reine , seconde Edition , revûë et corrigée
par M. L. L. R. A Paris , rue Saint
Jacques , de l'Imprimerie de facques Co-
Lombat 1733. in 12. de 479. pages , sans
P'Epître , l'Avertissement et les Tables .
Quoique plusieurs Pseaumes soient en
effet des Prieres
› puisque l'Eglise en
com-
>
MARS. 1734. 525
L
compose ses Offices, l'Auteur ayant trouvé
qu'il y en a beaucoup d'autres d'Historiques
, de Dogmatiques et de Moraux,
il a appliqué l'Histoire , le Dogme et la
Morale à celui qui les prononce , et il
lui fait trouver le défaut ou la rectitude
de sa conduite dans l'Histoire sa foy
dans le Dogme , ses vices ou ses vertus
dans la Morale , en lui rendant propre
et particulier ce que le Prophete dit de
lui même , ou des autres en general .
,
>
Mon dessein est uniquement de reveiller
la foy , dit l'Auteur ( a ) à la fin de
son Avertissement et de ranimer la
pieté des fideles par les sentimens pleins
de zele et de confiance en Dieu que je
mets dans leur bouche. Daigne celui qui
les a inspirez autrefois au S. Prophete ,
les imprimer de nouveau dans leur ame,
et leur en faire produire des fruits dignes
de l'Eternité !
Ce peu de lignes suffiront pour vous
faire connoître le caractére de l'Auteur
de ce Livre. Pour l'idée generale de l'Ouvrage
, on peut la prendre dans l'Approbation
des deux Censcurs. Le premier
s'exprime ainsi. Ces Paraphrases des Pseaumes
m'ont paru propres à donner l'idée , et
( a ) M. J. B. Vassoult , Confesseur et Predica
teur ordinaire de la Maison du Roy.
326 MERCURE DE FRANCE
inspirer le gout de la sublimité de ce Livre
Divin ; et d'autant , plus utile
→ que la
plupart de ceux qui lisent et qui récitent les
Pseaumes , les récitent et les lisent sans gout,
faute de comprendre les touchantes veritez
et les saintes et humbles Prieres qui y sont
renfermées. A Paris le 16 Septembre 1726
Signé De Villiers.
La seconde Approbation signée LeRouge,
et datée du 18 Avril 1730. contient ces
mots. On ne pouvoit gueres donner sur cette
matiere , rien de plus pieux et qui fut plus
à la portée des fideles. Dans quelque état et
quelque situation que chacun se rencontre
il trouvera dans ce Livre d'excellentes Prieres
conformes à ses besoins et à ceux de l'Eglise.
La pureté du stile avec lequel elles
sont écrites , n'ôte rien à l'Onction et à l'esprit
du Pseaume d'où elles sont tirées , l'Auteur
ayant sçu parfaitement alier l'un avec
l'autre. C'est le témoignage que j'ai cru devoir
porter de cet Ouvrage qui ne contient
rien que de très-orthodoxe.
Pieté imprimé depuis peu.
Le Livre que vous voulez connoître
est intitulé LES PSEAUMES DE DAVID ,
selon l'Esprit , ou les Pseaumes en forme
de Prieres Chrétiennes . Dédiées à la
Reine , seconde Edition , revûë et corrigée
par M. L. L. R. A Paris , rue Saint
Jacques , de l'Imprimerie de facques Co-
Lombat 1733. in 12. de 479. pages , sans
P'Epître , l'Avertissement et les Tables .
Quoique plusieurs Pseaumes soient en
effet des Prieres
› puisque l'Eglise en
com-
>
MARS. 1734. 525
L
compose ses Offices, l'Auteur ayant trouvé
qu'il y en a beaucoup d'autres d'Historiques
, de Dogmatiques et de Moraux,
il a appliqué l'Histoire , le Dogme et la
Morale à celui qui les prononce , et il
lui fait trouver le défaut ou la rectitude
de sa conduite dans l'Histoire sa foy
dans le Dogme , ses vices ou ses vertus
dans la Morale , en lui rendant propre
et particulier ce que le Prophete dit de
lui même , ou des autres en general .
,
>
Mon dessein est uniquement de reveiller
la foy , dit l'Auteur ( a ) à la fin de
son Avertissement et de ranimer la
pieté des fideles par les sentimens pleins
de zele et de confiance en Dieu que je
mets dans leur bouche. Daigne celui qui
les a inspirez autrefois au S. Prophete ,
les imprimer de nouveau dans leur ame,
et leur en faire produire des fruits dignes
de l'Eternité !
Ce peu de lignes suffiront pour vous
faire connoître le caractére de l'Auteur
de ce Livre. Pour l'idée generale de l'Ouvrage
, on peut la prendre dans l'Approbation
des deux Censcurs. Le premier
s'exprime ainsi. Ces Paraphrases des Pseaumes
m'ont paru propres à donner l'idée , et
( a ) M. J. B. Vassoult , Confesseur et Predica
teur ordinaire de la Maison du Roy.
326 MERCURE DE FRANCE
inspirer le gout de la sublimité de ce Livre
Divin ; et d'autant , plus utile
→ que la
plupart de ceux qui lisent et qui récitent les
Pseaumes , les récitent et les lisent sans gout,
faute de comprendre les touchantes veritez
et les saintes et humbles Prieres qui y sont
renfermées. A Paris le 16 Septembre 1726
Signé De Villiers.
La seconde Approbation signée LeRouge,
et datée du 18 Avril 1730. contient ces
mots. On ne pouvoit gueres donner sur cette
matiere , rien de plus pieux et qui fut plus
à la portée des fideles. Dans quelque état et
quelque situation que chacun se rencontre
il trouvera dans ce Livre d'excellentes Prieres
conformes à ses besoins et à ceux de l'Eglise.
La pureté du stile avec lequel elles
sont écrites , n'ôte rien à l'Onction et à l'esprit
du Pseaume d'où elles sont tirées , l'Auteur
ayant sçu parfaitement alier l'un avec
l'autre. C'est le témoignage que j'ai cru devoir
porter de cet Ouvrage qui ne contient
rien que de très-orthodoxe.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre sur un livre de Pieté imprimé depuis peu.
Le livre 'Les Pseaumes de David, selon l'Esprit, ou les Pseaumes en forme de Prieres Chrétiennes' a été publié en 1733 à Paris par Jacques Colombat. L'ouvrage, de 479 pages, est dédié à la Reine et contient des paraphrases des Psaumes adaptées pour les fidèles. L'auteur, M. J. B. Vassoult, confesseur et prédicateur ordinaire de la Maison du Roy, vise à réveiller la foi et ranimer la piété des lecteurs. Il transforme les Psaumes historiques, dogmatiques et moraux en prières personnelles, permettant aux lecteurs de réfléchir sur leur conduite, leur foi et leurs vertus. Deux censeurs approuvent l'ouvrage : De Villiers souligne que les paraphrases aident à comprendre et apprécier la sublimité des Psaumes, souvent lus sans goût ni compréhension. LeRouge loue la piété et l'accessibilité des prières, adaptées à divers besoins et situations, tout en conservant l'onction et l'esprit originaux des Psaumes.
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9
p. 216-217
AVIS.
Début :
Le Vinaigre des Quatre-Fleurs en couleur bleue à l'usage des bains ; [...]
Mots clefs :
Vinaigre, Bains, Cuisine, Composants, Qualités, Efficacité, Approbation, Dents, Hygiène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
211AI S.
Le Vinaigre des Quatre - Fleurs en couleur bleue
l'ufage des bains ; le Vinaigre de Mille-feuilles
en couleur verte à l'ufage de la table ; le nouveau
Ratafiat des Dames ou le Pavot des Jaloux
& le Caffis blanc , furent préſentés à Leurs Ma-
-jeftés Impériales au mois d'Août dernier par le
fieur Maille leur Diftillateur, ordinaire , qui furent
très-fatisfaites de fes compolitions , par l'ufage
qu'Elles en ont fait , M. le Baron de Vanswietten
Confeiller & premier Médecin de Leurs Majeftés
a reconnu une qualité parfaite dans la nouvelle
méthode de préparer le Ratafiat de Callis , pour
fortifier l'eftomach & aider a la digeſtion des alimens.
Le jugement d'une perfonne telle que M.
ale Baron de Vanswietten ,dont les rares talens font
connus
DECEMBRE. 1759. 217
connus dans toutes les Cours de l'Europe , eft un
fûr appui aux vertus du Caffis . Il n'a pas moins
approuvé le Vinaigre Romain pour conferver les
dents , les blanchir, arrêter le progrès de la carie
& les raffermir dans leurs alvéoles , comme
auffi différens autres vinaigres pour les dartres ,
boutons , taches de roufleur , blanchir la peau ,
guérir le mal de dents . L'on trouve chez le fieur
Maille différens vinaigres , comme auffi toutes
fortes de liqueurs , eau d'odeurs à l'ufage des
bains & toilette. Les perfonnes qui defireront
fe procurer ces différentes marchandiſes , s'adrefferont
pour le Callis Impérial & autres liqueurs
, ratafiat & eau d'odeurs, à fon magafin à
Séve près Paris route de la Cour , & à Paris
pour
les Vinaigres , rue S. André des Arts , la troisième
porte cochere en entrant à main droite . Les bouteilles
de pinte du Caffis blanc Impérial font de
quatre livres , & celles du Ratafiat des Dames ou
Ye Pavot des Jaloux , de trois livres . Les moindres
bouteilles de Vinaigre , foit pour les dents ou le
vilage , font de trois livres , ainfi que les deux annoncés
au prélent Avis . En écrivant une Lettre
d'avis au fieur Maille , foit à Paris ou en fon magafin
, & remettant l'argent par la poſte , le tout
franc de port , il fera les envois très- exactement .
Le Vinaigre des Quatre - Fleurs en couleur bleue
l'ufage des bains ; le Vinaigre de Mille-feuilles
en couleur verte à l'ufage de la table ; le nouveau
Ratafiat des Dames ou le Pavot des Jaloux
& le Caffis blanc , furent préſentés à Leurs Ma-
-jeftés Impériales au mois d'Août dernier par le
fieur Maille leur Diftillateur, ordinaire , qui furent
très-fatisfaites de fes compolitions , par l'ufage
qu'Elles en ont fait , M. le Baron de Vanswietten
Confeiller & premier Médecin de Leurs Majeftés
a reconnu une qualité parfaite dans la nouvelle
méthode de préparer le Ratafiat de Callis , pour
fortifier l'eftomach & aider a la digeſtion des alimens.
Le jugement d'une perfonne telle que M.
ale Baron de Vanswietten ,dont les rares talens font
connus
DECEMBRE. 1759. 217
connus dans toutes les Cours de l'Europe , eft un
fûr appui aux vertus du Caffis . Il n'a pas moins
approuvé le Vinaigre Romain pour conferver les
dents , les blanchir, arrêter le progrès de la carie
& les raffermir dans leurs alvéoles , comme
auffi différens autres vinaigres pour les dartres ,
boutons , taches de roufleur , blanchir la peau ,
guérir le mal de dents . L'on trouve chez le fieur
Maille différens vinaigres , comme auffi toutes
fortes de liqueurs , eau d'odeurs à l'ufage des
bains & toilette. Les perfonnes qui defireront
fe procurer ces différentes marchandiſes , s'adrefferont
pour le Callis Impérial & autres liqueurs
, ratafiat & eau d'odeurs, à fon magafin à
Séve près Paris route de la Cour , & à Paris
pour
les Vinaigres , rue S. André des Arts , la troisième
porte cochere en entrant à main droite . Les bouteilles
de pinte du Caffis blanc Impérial font de
quatre livres , & celles du Ratafiat des Dames ou
Ye Pavot des Jaloux , de trois livres . Les moindres
bouteilles de Vinaigre , foit pour les dents ou le
vilage , font de trois livres , ainfi que les deux annoncés
au prélent Avis . En écrivant une Lettre
d'avis au fieur Maille , foit à Paris ou en fon magafin
, & remettant l'argent par la poſte , le tout
franc de port , il fera les envois très- exactement .
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Résumé : AVIS.
En août 1759, le sieur Maille, distillateur des Majestés Impériales, a présenté divers produits à Leurs Majestés, qui en ont été très satisfaites. Parmi ces produits figuraient le Vinaigre des Quatre-Fleurs bleu pour les bains, le Vinaigre de Mille-feuilles vert pour la table, le Ratafiat des Dames ou Pavot des Jaloux, et le Caffis blanc. Le Baron de Vanswietten, médecin des Majestés, a approuvé la qualité du Ratafiat de Callis, bénéfique pour l'estomac et la digestion, ainsi que du Vinaigre Romain pour la conservation et le blanchiment des dents. D'autres vinaigres étaient recommandés pour traiter les dartres, boutons, taches de rousseur, blanchir la peau et soigner les maux de dents. Le sieur Maille proposait également diverses liqueurs et eaux d'odeurs pour les bains et la toilette. Les produits étaient disponibles à son magasin près de Paris sur la route de la Cour, ou à Paris rue Saint-André des Arts. Les bouteilles de Caffis blanc pesaient quatre livres, celles du Ratafiat des Dames ou du Pavot des Jaloux trois livres, et les plus petites bouteilles de vinaigre trois livres. Le sieur Maille assurait des envois par la poste, franc de port, sur demande par lettre d'avis.
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10
p. 209-210
DE PAR LE ROI. Par Brevet & Privilége confirmé par deux Arrêts du Parlement du 17 Mai & 4 Septembre 1747.
Début :
Mlle Desmoulins, & feuë Madame sa mere, depuis plus de 50 ans, composé & distribue [...]
Mots clefs :
Suc de réglisse, Pâte de guimauve, Approbation, Médecins, Propriétés, Rhume, Maux de gorges, Maladies pulmonaires, Conservation, Conseils d'utilisation, Efficacité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PAR LE ROI. Par Brevet & Privilége confirmé par deux Arrêts du Parlement du 17 Mai & 4 Septembre 1747.
DE PAR LE ROI.
Par Brevet& Privilége confirmé pardeux Arrêts
duParlement du 17 Mai & 4 Septembre 1747.
Mlle Desmoulins , & feue Madame fa mere ,
depuis plus de fo ans , compole & diftribue le
véritable Suc de Régliffe & Pâte de Guimauvefans
fucre , fecret qu'elle feule tient par Madame
fa mere , de la véritable Dlle qui décéda en 1714.
Elle continue de le diftribuer avec fuccès dans
Paris , à la Cour , & dans toutes les Cours de
l'Europe , où elle fait des envois dudit Suc de régliffe
, Pâte de Guimauve , de l'aveu & approbation
de Meffieurs les premiers Médecins du Roi
& de la Faculté de Paris , lefquels en ont reconnu
l'utilité , s'en fervant dans toutes les maladies
du poulmon , thumes , aſthmes , inflammations,
& fluxions de poitrine , & en ordonnant l'ufage à
leurs malades.
Propriété dudi: Suc & Pâte.
Il guérit le rhume , fortifie la poitrine , adoucit
210 MERCURE DE FRANCE.
la voix , dégage la parole enrouće , arrête le
crachement de fang, des pulmoniques , & afthmatiques
; les perfonnes âgées qui font fujettes à la
pituite & qui touflent fans ceffent , fe trouvent
fort foulagées par l'ufage qu'ils en font. Il eſt
auffi d'une grande utilité aux perfonnes qui ont
la poitrine & la gorge féche , altérée & échauffée
à force de parler , de chanter & d'enſeigner ; on
peut ufer en tout temps dudit Suc & Pâte , le
jour & la nuit, avant & après les repas , en le
la ffant fondre dans la bouche. Ils fe tranſportent
partout , & fe gardent aufli longtemps que l'on
veut fans fe gåter. Quoiqu'elle féche , elle ne
perd rien de fa qualité ; pour les malades qui
ne peuvent rien fouffrir dans leurs bouches , on
fera fondre deux onces dudit Suc & Pâte , dans
une pinte de ptifanne très - légére & bien paffée ,
qu'ils prendront dans la journée & la nuit ; il
ne faut point craindre qu'elle échauffe ; au contraire
, elle adoucit & rafraichit ; ledit Suc &
Pâre fe coupe de la groffeur d'un petit dez à
jouer. Le prix eft de 8 livres la livre. Comme
nombre de perfonnes contrefont ledit Suc de
Régliffe & Pâte de Guimauve ; pour empêcher
qu'on ne foit trompé , Mademoiſelle Defmou
lins fignera fur les paquets , pour les Provinces ,
& mettra fon cachet. Elle demeure , à Paris , rue
du Cimetière S. André des Arts , près le Cloître ,
chez Mademoiſelle Charmeton , au fecond Appar
tement
Par Brevet& Privilége confirmé pardeux Arrêts
duParlement du 17 Mai & 4 Septembre 1747.
Mlle Desmoulins , & feue Madame fa mere ,
depuis plus de fo ans , compole & diftribue le
véritable Suc de Régliffe & Pâte de Guimauvefans
fucre , fecret qu'elle feule tient par Madame
fa mere , de la véritable Dlle qui décéda en 1714.
Elle continue de le diftribuer avec fuccès dans
Paris , à la Cour , & dans toutes les Cours de
l'Europe , où elle fait des envois dudit Suc de régliffe
, Pâte de Guimauve , de l'aveu & approbation
de Meffieurs les premiers Médecins du Roi
& de la Faculté de Paris , lefquels en ont reconnu
l'utilité , s'en fervant dans toutes les maladies
du poulmon , thumes , aſthmes , inflammations,
& fluxions de poitrine , & en ordonnant l'ufage à
leurs malades.
Propriété dudi: Suc & Pâte.
Il guérit le rhume , fortifie la poitrine , adoucit
210 MERCURE DE FRANCE.
la voix , dégage la parole enrouće , arrête le
crachement de fang, des pulmoniques , & afthmatiques
; les perfonnes âgées qui font fujettes à la
pituite & qui touflent fans ceffent , fe trouvent
fort foulagées par l'ufage qu'ils en font. Il eſt
auffi d'une grande utilité aux perfonnes qui ont
la poitrine & la gorge féche , altérée & échauffée
à force de parler , de chanter & d'enſeigner ; on
peut ufer en tout temps dudit Suc & Pâte , le
jour & la nuit, avant & après les repas , en le
la ffant fondre dans la bouche. Ils fe tranſportent
partout , & fe gardent aufli longtemps que l'on
veut fans fe gåter. Quoiqu'elle féche , elle ne
perd rien de fa qualité ; pour les malades qui
ne peuvent rien fouffrir dans leurs bouches , on
fera fondre deux onces dudit Suc & Pâte , dans
une pinte de ptifanne très - légére & bien paffée ,
qu'ils prendront dans la journée & la nuit ; il
ne faut point craindre qu'elle échauffe ; au contraire
, elle adoucit & rafraichit ; ledit Suc &
Pâre fe coupe de la groffeur d'un petit dez à
jouer. Le prix eft de 8 livres la livre. Comme
nombre de perfonnes contrefont ledit Suc de
Régliffe & Pâte de Guimauve ; pour empêcher
qu'on ne foit trompé , Mademoiſelle Defmou
lins fignera fur les paquets , pour les Provinces ,
& mettra fon cachet. Elle demeure , à Paris , rue
du Cimetière S. André des Arts , près le Cloître ,
chez Mademoiſelle Charmeton , au fecond Appar
tement
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Résumé : DE PAR LE ROI. Par Brevet & Privilége confirmé par deux Arrêts du Parlement du 17 Mai & 4 Septembre 1747.
Le document est un brevet et privilège royal confirmé par deux arrêts du Parlement en 1747. Il concerne Mlle Desmoulins et sa mère, qui produisent et distribuent depuis plus de soixante ans le véritable suc de réglisse et pâte de guimauve, un secret transmis par une ancêtre décédée en 1714. Mlle Desmoulins distribue ces produits à Paris, à la Cour et dans toutes les cours d'Europe, avec l'approbation des premiers médecins du Roi et de la Faculté de Paris. Ces produits sont reconnus pour leur utilité dans le traitement des maladies pulmonaires, des toux, des asthmes, des inflammations et des fluxions de poitrine. Ils sont utilisés pour guérir le rhume, fortifier la poitrine, adoucir la voix, dégager la parole enrouée, arrêter le crachement de sang chez les pulmoniques et les asthmatiques, et soulager les personnes âgées sujettes à la pituite. Ils sont également bénéfiques pour ceux ayant la poitrine et la gorge sèches, altérées et échauffées par le fait de parler, chanter ou enseigner. Ces produits peuvent être consommés à tout moment, se conservent longtemps sans se gâter et ne perdent pas leur qualité. Pour les malades ne pouvant rien souffrir dans leur bouche, le suc et la pâte peuvent être dissous dans une tisane légère. Le prix est de 8 livres la livre. Pour éviter les contrefaçons, Mlle Desmoulins signe et cachette les paquets destinés aux provinces. Elle réside à Paris, rue du Cimetière Saint-André des Arts, près le Cloître, chez Mademoiselle Charmeton, au second appartement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 259-260
Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
Début :
Les progrès que ce reméde opére en tant de différens genres de maladies, [...]
Mots clefs :
Opiate, Remède, Maladies, Preuve, Succès, Guérison, Purgatifs, Dysenterie, Scorbut, Abcès, Jaunisse, Certificats, Médecins, Approbation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
Opiat philofophique du fieur Mutelé fils , feul
pofeffeur dudit Reméde de feu fon pere ,
Apothicaire du Roi.
>
LES progrès que ce reméde opére en tant de
différens genres de maladies ont donné affez
de preuves convaincantes de fon efficacité , pour
difpenfer l'Auteur d'en renouveller l'expofition
il fe contente de répéter que c'eft un fondant &
un purgatif fi épuré de fon terrestre , qu'il fe
glife avec douceur dans toutes les parties les
plus fecrettes du corps humain , & en expulfe
tout le vice , de quelque nature qu'il puiffe être ,
fans violence , vomiffement ni mal de coeur ,
eft lain & fénatif, & purifie la inatle du fang ,
même fcorbutique. Il eft propre pour la guérifon
des Squirres , fi anciens qu'ils foient , ainfi que
les obftructions ,
glandéoméfentaires , abfcès , généralement
toutes caufes étrangères qui portent
obſtacle à la nature . Il eſt connu auſſi pour la
guérison du lait répandu & autres fâcheufes fuites
de couches. Il n'y a pas de fièvres , de telle nature
qu'elles foient , que ledit Opiat Philofophique
ne guériffe , ainfi que les dyflenteries ; ce qui eft
d'un grand fecours pour Meffieurs les Militaires ,
foit en campagne ou ailleurs , tant par ner que
par terre. Il eft fouverain pour garantir les attaques
d'apoplexie & coups de fang ; fi l'on en
prend par précaution une ou deux prifes de fuite ,
ou à un jour d'intervalle , l'on fe mettra à l'abri
de tous ces accidens : les jauniſſes , pâles couleurs
2.
260 MERCURE DE FRANCE.
ou bile répandues ne fçauroient y réfifter.
Ce reméde s'eft fait connoître & diftinguer de
tout le vulgaire , dans le cas des guérilons des vapeurs
, telles qu'elles foient , & mal-caduc , s'il
ne vient pas de naiſſance.
Ledit Opiat eft connu propre pour
être adminiftré
aux malades , dans le cas de toutes les ma
ladies les plus dangereutes caufées par la lenteur
de la limphe , & manque de circulation du fang
& autres ; cela eft confirmé par nombre infini de
cures en différens genres de maladies déſeſpérées
qui ont été guéries, ainfi que l'Auteur eft en état
de le le faire voir & prouver , par Meffieurs les
Magiftrats & Meffieurs les Médecins & Chirur
giens de la Faculté de Paris , & autres , qui ont
vu & donné leurs applaudiflemens & approba
tions.
Afin de procurer plus promtenent la guériſon
des maladies , & pour la facilité du Public , il y
a des boetes dudit Opiat , de 3 liv . 6 liv 12 liv.
& 24.
pofeffeur dudit Reméde de feu fon pere ,
Apothicaire du Roi.
>
LES progrès que ce reméde opére en tant de
différens genres de maladies ont donné affez
de preuves convaincantes de fon efficacité , pour
difpenfer l'Auteur d'en renouveller l'expofition
il fe contente de répéter que c'eft un fondant &
un purgatif fi épuré de fon terrestre , qu'il fe
glife avec douceur dans toutes les parties les
plus fecrettes du corps humain , & en expulfe
tout le vice , de quelque nature qu'il puiffe être ,
fans violence , vomiffement ni mal de coeur ,
eft lain & fénatif, & purifie la inatle du fang ,
même fcorbutique. Il eft propre pour la guérifon
des Squirres , fi anciens qu'ils foient , ainfi que
les obftructions ,
glandéoméfentaires , abfcès , généralement
toutes caufes étrangères qui portent
obſtacle à la nature . Il eſt connu auſſi pour la
guérison du lait répandu & autres fâcheufes fuites
de couches. Il n'y a pas de fièvres , de telle nature
qu'elles foient , que ledit Opiat Philofophique
ne guériffe , ainfi que les dyflenteries ; ce qui eft
d'un grand fecours pour Meffieurs les Militaires ,
foit en campagne ou ailleurs , tant par ner que
par terre. Il eft fouverain pour garantir les attaques
d'apoplexie & coups de fang ; fi l'on en
prend par précaution une ou deux prifes de fuite ,
ou à un jour d'intervalle , l'on fe mettra à l'abri
de tous ces accidens : les jauniſſes , pâles couleurs
2.
260 MERCURE DE FRANCE.
ou bile répandues ne fçauroient y réfifter.
Ce reméde s'eft fait connoître & diftinguer de
tout le vulgaire , dans le cas des guérilons des vapeurs
, telles qu'elles foient , & mal-caduc , s'il
ne vient pas de naiſſance.
Ledit Opiat eft connu propre pour
être adminiftré
aux malades , dans le cas de toutes les ma
ladies les plus dangereutes caufées par la lenteur
de la limphe , & manque de circulation du fang
& autres ; cela eft confirmé par nombre infini de
cures en différens genres de maladies déſeſpérées
qui ont été guéries, ainfi que l'Auteur eft en état
de le le faire voir & prouver , par Meffieurs les
Magiftrats & Meffieurs les Médecins & Chirur
giens de la Faculté de Paris , & autres , qui ont
vu & donné leurs applaudiflemens & approba
tions.
Afin de procurer plus promtenent la guériſon
des maladies , & pour la facilité du Public , il y
a des boetes dudit Opiat , de 3 liv . 6 liv 12 liv.
& 24.
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Résumé : Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
L'Opiat philosophique, élaboré par le sieur Mutelé fils, apothicaire du Roi, est présenté comme un remède polyvalent. Ce fondant et purgatif épuré agit en douceur pour expulser les maux du corps sans violence. Il est recommandé pour traiter les scirrhes, les obstructions, les abcès, et les fuites de couches. L'Opiat est également efficace contre les fièvres, les dysentéries, et les attaques d'apoplexie. Il peut prévenir les accidents vasculaires par des doses préventives. Ce remède est particulièrement utile pour les maladies causées par la lenteur de la lymphe et le manque de circulation sanguine. Son efficacité est confirmée par de nombreuses guérisons et approuvée par des magistrats, médecins et chirurgiens de la Faculté de Paris. L'Opiat est disponible en boîtes de 3, 6, 12 et 24 livres pour faciliter son accès.
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12
p. 212-213
AVIS AU PUBLIC.
Début :
Le Sieur David, demeurant à Paris, rue & à l'Hôtel Sainte Anne, [...]
Mots clefs :
Guérison, Maux de dents, Maux de tête, Topique, Approbation, Succès, Eau spiritueuse, Douleurs, Symptômes
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texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC.
AVIS AU PUBLIC.
Le Sieur DAVID , demeurant à Paris , rue
& à l'Hôtel Sainte Anne , Butte S. Roch , au troiféme
, continue toujours avec permiffion , approbation
, & avec fuccès , comme on l'a dit dans :
le Volume de Septembre dernier , de guérir dans
l'inftant & pour toujours , avec un nouveau fecret
& reméde , toutes fortes de maux de dents quelque
gâtées qu'elles foient , fans qu'il faille les ar
racher , ainfi que les fluxions , maux de tête , nfîgraines
& rhumes de cerveau , fans qu'il entre
rien dans la bouche ni dans le corps.
C'eft avec un topique que l'on s'applique le foir
en fe couchant , far l'artère temporal du côté de
la douleur. Il ne tient point à la peau , & ne lui
fait aucun dommage ni marque , fitôt qu'il eft
appliqué la douleur le paffe fans retour ; il procu.
re un fommeil paifible , pendant lequel il fe fait
une tranſpiration douce ; & au réveil on eft guém .
pour toujours.
On en fait prendre chez lui de toutes les Proj.
M A I. 1763. 213
vinces , y ayant guéri ainfi qu'à Paris quantité de
perfonnes de confidération , qui certaines de fon
éfficacité, en ont fait provifion par précaution , afin
d'être guéris autfitôt que le mal les furprendra . It
le donne gratis aux pauvres , & il vend chez lui
fols chaque emplâtre. 24
. Comme les maux de dents prennent à toutes
heures de la journée , & que l'on ne peut pas toujours
aller fe coucher ; afin que l'on puiffe vaquer
à fes affaires en attendant le foir , il a une eau
fpiritueufe d'une nouvelle compofition , qui eft incorruptible
, très - agréable au goût & à l'odorat ,
qui a les propriétés de faire pafler dans la minute
les douleurs de dents les plus vives , de guérir les
gencives gonflées , de faire tranſpirer les férofités ,
raffermir les dents qui branlent , & empêcher la
continuation de la carrie. Beaucoup de perfonnes
s'en fervent fans être incommodées , pour avoir
toujours les gencives & les dents faines . Il y a
des bouteilles à 24 f. à 3 1. & à 6 1. Il donne la
manière de s'en fervir ainfi que du topique.
Le Sieur DAVID , demeurant à Paris , rue
& à l'Hôtel Sainte Anne , Butte S. Roch , au troiféme
, continue toujours avec permiffion , approbation
, & avec fuccès , comme on l'a dit dans :
le Volume de Septembre dernier , de guérir dans
l'inftant & pour toujours , avec un nouveau fecret
& reméde , toutes fortes de maux de dents quelque
gâtées qu'elles foient , fans qu'il faille les ar
racher , ainfi que les fluxions , maux de tête , nfîgraines
& rhumes de cerveau , fans qu'il entre
rien dans la bouche ni dans le corps.
C'eft avec un topique que l'on s'applique le foir
en fe couchant , far l'artère temporal du côté de
la douleur. Il ne tient point à la peau , & ne lui
fait aucun dommage ni marque , fitôt qu'il eft
appliqué la douleur le paffe fans retour ; il procu.
re un fommeil paifible , pendant lequel il fe fait
une tranſpiration douce ; & au réveil on eft guém .
pour toujours.
On en fait prendre chez lui de toutes les Proj.
M A I. 1763. 213
vinces , y ayant guéri ainfi qu'à Paris quantité de
perfonnes de confidération , qui certaines de fon
éfficacité, en ont fait provifion par précaution , afin
d'être guéris autfitôt que le mal les furprendra . It
le donne gratis aux pauvres , & il vend chez lui
fols chaque emplâtre. 24
. Comme les maux de dents prennent à toutes
heures de la journée , & que l'on ne peut pas toujours
aller fe coucher ; afin que l'on puiffe vaquer
à fes affaires en attendant le foir , il a une eau
fpiritueufe d'une nouvelle compofition , qui eft incorruptible
, très - agréable au goût & à l'odorat ,
qui a les propriétés de faire pafler dans la minute
les douleurs de dents les plus vives , de guérir les
gencives gonflées , de faire tranſpirer les férofités ,
raffermir les dents qui branlent , & empêcher la
continuation de la carrie. Beaucoup de perfonnes
s'en fervent fans être incommodées , pour avoir
toujours les gencives & les dents faines . Il y a
des bouteilles à 24 f. à 3 1. & à 6 1. Il donne la
manière de s'en fervir ainfi que du topique.
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Résumé : AVIS AU PUBLIC.
L'avis public annonce que le Sieur DAVID, résidant à Paris, rue de l'Hôtel Sainte Anne, Butte S. Roch, propose un remède secret pour soigner divers maux. Ce traitement guérit instantanément et durablement les maux de dents, les fluxions, maux de tête, névralgies et rhumes de cerveau, sans intervention chirurgicale ni ingestion. Le remède consiste en un topique appliqué sur l'artère temporale du côté douloureux avant le coucher. Ce topique soulage immédiatement la douleur, permet un sommeil paisible et une guérison définitive au réveil. DAVID fournit ce remède dans toutes les provinces et à Paris, où de nombreuses personnes de renom en ont fait provision. Il offre également ce traitement gratuitement aux pauvres et vend des emplâtres à 24 francs chacun. Pour les douleurs dentaires imprévues, il propose une eau spiritueuse incorruptible, agréable au goût et à l'odorat, qui soulage instantanément les douleurs dentaires, guérit les gencives gonflées, raffermit les dents branlantes et prévient la carie. Cette eau est disponible en bouteilles de 24, 3 et 6 francs, et DAVID fournit les instructions pour son utilisation ainsi que pour le topique.
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13
p. 189-190
De BERLIN, le 7 Mai 1763.
Début :
Depuis la ratification du Traité de Paix entre le Roi de Prusse et l'Impératrice Reine, [...]
Mots clefs :
Traité de paix, Roi de Prusse, Impératrice Reine, Ratification, Articles, Alliés, Acte, Signature, Approbation
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texteReconnaissance textuelle : De BERLIN, le 7 Mai 1763.
De BERLIN , le 7 Mai 1763.
Depuis la ratification du Traité de Paix entre
le Roi de Prufe & l'Impératrice Reine , ies
Plénipotentiaires respectifs des deux Puiffances ons
figné un Acte féparé dont voici la teneur.
Sa Majefté l'Impératrice Reine Apoftolique
de Hongrie & de Bohême , & Sa Majefté le
Roi de Prufle , étant convenus par l'Article XX .
du Traité de Paix conclu entre elles , & daté
du 15 Février 1763 , de comprendre dans ce
Traité de Paix leurs Alliés & Amis ; & s'étant
réſervé de les nommer dans un Acte féparé qui
auroit la même force que ledit Traité principal ,
& qui feroit également ratifié par les Hautes-
Parties contractantes. Sa Majesté l'impératrice
Reine Apoftolique de Hongrie & Bohême & Sa
Majefté le Roi de Pruffe ne voulant point différer
de faire connoître leurs intentions à cetégard,
déclarent qu'elles comprennent nommément &
expreflément dans le fufdit Traité de Paix du 15
Février 1763 , leurs Alliés & Amis ; fçavoir, de la
part de Sa Majefté l'Imperatrice Reine Apoftolique
de Hongrie & de Bohême , Sa Majesté le Roi
Très-Chrétien , Sa Majefté le Roi de Suede ,
Sa Majefté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe
& tous les Princes & Etats de l'Empire qui ſont
190 MERCURE DE FRANCE .
ou fes Alliés ou fes Amis ; & de la part de
Sa Majesté . Pruffienne , le Roi de la Grande-
Bretagne , Electeur de Hanovre , le Séréniffime
Duc de Brunfwick- Lunebourg , & le Séréniſſime
Landgrave de Heffe Caffel ,
Les Hautes-Parties contractantes comprennent
auffi dans le fufdit Traité de Paix du 15 Février
1763 , Sa Majefté l'Impératrice de toutes les
Ruffies en vertu des liens d'amitié qui fub
fiftent entre - elle & fes deux Hautes- Parties
contractantes , & de l'intérêt que Sadite Majefté
a témoigné prendre au rétabliffement de la
tranquillité en Allemagne .
En foi de quoi , Nous , les Plénipotentiaires
de Sa Majesté l'Impératrice Reine & de Sa Majefté
le Roi de Prufle , avons , en vertu de nos
pleins pouvoirs & inftructions , figné le préſent
Acte , qui aura la même force que s'il étoit inféré
mot pour mots dans le Traité de Paix du
15 Février 1763 , & qui fera également ratifié
par les Hautes- Parties contractantes . Fait à
Drefde le 12 Mars & à Berlin le 20 Mars 1763 :
L'exemplaire de la Cour de Vienne eft figné ,
Henri-Gabriel de Collenbach , & de celai de
Berlin , Ewald- Fréderic de Hertzberg.
Depuis la ratification du Traité de Paix entre
le Roi de Prufe & l'Impératrice Reine , ies
Plénipotentiaires respectifs des deux Puiffances ons
figné un Acte féparé dont voici la teneur.
Sa Majefté l'Impératrice Reine Apoftolique
de Hongrie & de Bohême , & Sa Majefté le
Roi de Prufle , étant convenus par l'Article XX .
du Traité de Paix conclu entre elles , & daté
du 15 Février 1763 , de comprendre dans ce
Traité de Paix leurs Alliés & Amis ; & s'étant
réſervé de les nommer dans un Acte féparé qui
auroit la même force que ledit Traité principal ,
& qui feroit également ratifié par les Hautes-
Parties contractantes. Sa Majesté l'impératrice
Reine Apoftolique de Hongrie & Bohême & Sa
Majefté le Roi de Pruffe ne voulant point différer
de faire connoître leurs intentions à cetégard,
déclarent qu'elles comprennent nommément &
expreflément dans le fufdit Traité de Paix du 15
Février 1763 , leurs Alliés & Amis ; fçavoir, de la
part de Sa Majefté l'Imperatrice Reine Apoftolique
de Hongrie & de Bohême , Sa Majesté le Roi
Très-Chrétien , Sa Majefté le Roi de Suede ,
Sa Majefté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe
& tous les Princes & Etats de l'Empire qui ſont
190 MERCURE DE FRANCE .
ou fes Alliés ou fes Amis ; & de la part de
Sa Majesté . Pruffienne , le Roi de la Grande-
Bretagne , Electeur de Hanovre , le Séréniffime
Duc de Brunfwick- Lunebourg , & le Séréniſſime
Landgrave de Heffe Caffel ,
Les Hautes-Parties contractantes comprennent
auffi dans le fufdit Traité de Paix du 15 Février
1763 , Sa Majefté l'Impératrice de toutes les
Ruffies en vertu des liens d'amitié qui fub
fiftent entre - elle & fes deux Hautes- Parties
contractantes , & de l'intérêt que Sadite Majefté
a témoigné prendre au rétabliffement de la
tranquillité en Allemagne .
En foi de quoi , Nous , les Plénipotentiaires
de Sa Majesté l'Impératrice Reine & de Sa Majefté
le Roi de Prufle , avons , en vertu de nos
pleins pouvoirs & inftructions , figné le préſent
Acte , qui aura la même force que s'il étoit inféré
mot pour mots dans le Traité de Paix du
15 Février 1763 , & qui fera également ratifié
par les Hautes- Parties contractantes . Fait à
Drefde le 12 Mars & à Berlin le 20 Mars 1763 :
L'exemplaire de la Cour de Vienne eft figné ,
Henri-Gabriel de Collenbach , & de celai de
Berlin , Ewald- Fréderic de Hertzberg.
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Résumé : De BERLIN, le 7 Mai 1763.
Le 7 mai 1763, à Berlin, les représentants du Roi de Prusse et de l'Impératrice Reine ont signé un acte séparé après la ratification du Traité de Paix. Cet acte, conforme à l'Article XX du Traité de Paix du 15 février 1763, inclut les alliés des deux puissances. L'Impératrice Reine de Hongrie et de Bohême a nommé comme alliés le Roi Très-Chrétien, le Roi de Suède, le Roi de Pologne et Électeur de Saxe, ainsi que tous les Princes et États de l'Empire ou leurs alliés. Le Roi de Prusse a désigné comme alliés le Roi de Grande-Bretagne et Électeur de Hanovre, le Duc de Brunswick-Lunebourg, et le Landgrave de Hesse-Cassel. L'Impératrice de toutes les Russies est également incluse en raison des liens d'amitié et de l'intérêt pour la tranquillité en Allemagne. L'acte, signé à Dresde le 12 mars et à Berlin le 20 mars 1763, a la même force que le Traité principal et sera ratifié par les parties contractantes.
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14
p. 208-209
Reméde pour les maux de dents, &c.
Début :
Il y a à Paris, comme on l'a dit ci-devant, dans les Volumes de Septembre [...]
Mots clefs :
Remède, Dents, Douleurs, Symptômes, Topique, Guérison, Approbation, Gencives, Voyage
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texteReconnaissance textuelle : Reméde pour les maux de dents, &c.
Reméde pour les maux de dents, &c.
IL y a à Paris,comme on l'a dit ci-devant, dans
les Volumes de Septembre 1762 , en Mai 176 3,
un nouveau reméde , pour la conſervation des
dents, tant ſaines que gâtées, ſans qu'elles faſ
ſent jamais aucun mal ni douleur , & ſans qu'il
faille les faire arracher quelque gâtées qu'elles
foient.
C'eſt un Topique, de la compoſition du Sieur
David, demeurant à Paris, rue & a l'Hôtel Ste
Anne, Butte S. Roch, au troiſiéme. -
Ce Topique s'applique le ſoir en ſe couchant,
ſur l'artére temporal du côté de la douleur ; il ne
fait aucun dommage ni marque à la peau; il tom
be de lui - même, & on eſt guéri pour la vie
des maux de dents, des fluxions qui en provien
nent, des maux de tête, migraine , & rhume de
cerveau ſans qu'il entre rien dans la bouche ni
dans le corps. -
Ce reméde qui eſt approuvé par MM. les
Doyens de la Faculté de Médecine , acquiert
tous les jours des preuves ſans équivoque de ſon
efficacité ; il n'y en eut jamais de plus doux, puiſ
qu'il guérit en dormant.
Tout le monde ſçait, que les maux de dents
prennent dans tous les momens de la journée, &
que l'on ne peut pas toujours s'aller coucher, pour
que l'on puiſſe vaquer à ſes affaires en attendant
ce moment; le Sieur David , a de l'Eau ſpirie
J U I N. 1764. , 25g
rueuſe d'une nouvelle compoſition, qui eſt in -
coruptible , très-agréable au goût & à l'odorat,
qui fait paſſer, dans la minute, les douleurs de
dents les plus vives, guérit les gencives gonfiées,
fait tranſpirer les ſéroſités, raffermit les dents
qui branlent , empêche le commencement & la
continuation de la carie, prévient les humeurs
ſcorbutiques, guérit radicalement de cette ma
ladie, & généralement de tous les maux qui vien
ment dans la bouche.
· MM. les Marins ainſi que beaucoup de voya
geurs , tant par terre que par mer, en font
proviſion ainſi que des topiques, & ſont certains
de faire leurs voyages, ſans avoir jamais aucun
mal aux dents ni a la bouche, & ceux qui ſe
fervent de cette eau, fans être incommodé, ont
toujours les gencives & les dents ſaines ; il y a des
bouteilles à 24 ſols, à y livres, & à 6 livres, &
les topiques à 24 ſols chaque ; il donne un im
primé de la manière de ſe ſervir de tous les deux,
& il en fournit dans toutes les Provinces & hors du
Royaume.
IL y a à Paris,comme on l'a dit ci-devant, dans
les Volumes de Septembre 1762 , en Mai 176 3,
un nouveau reméde , pour la conſervation des
dents, tant ſaines que gâtées, ſans qu'elles faſ
ſent jamais aucun mal ni douleur , & ſans qu'il
faille les faire arracher quelque gâtées qu'elles
foient.
C'eſt un Topique, de la compoſition du Sieur
David, demeurant à Paris, rue & a l'Hôtel Ste
Anne, Butte S. Roch, au troiſiéme. -
Ce Topique s'applique le ſoir en ſe couchant,
ſur l'artére temporal du côté de la douleur ; il ne
fait aucun dommage ni marque à la peau; il tom
be de lui - même, & on eſt guéri pour la vie
des maux de dents, des fluxions qui en provien
nent, des maux de tête, migraine , & rhume de
cerveau ſans qu'il entre rien dans la bouche ni
dans le corps. -
Ce reméde qui eſt approuvé par MM. les
Doyens de la Faculté de Médecine , acquiert
tous les jours des preuves ſans équivoque de ſon
efficacité ; il n'y en eut jamais de plus doux, puiſ
qu'il guérit en dormant.
Tout le monde ſçait, que les maux de dents
prennent dans tous les momens de la journée, &
que l'on ne peut pas toujours s'aller coucher, pour
que l'on puiſſe vaquer à ſes affaires en attendant
ce moment; le Sieur David , a de l'Eau ſpirie
J U I N. 1764. , 25g
rueuſe d'une nouvelle compoſition, qui eſt in -
coruptible , très-agréable au goût & à l'odorat,
qui fait paſſer, dans la minute, les douleurs de
dents les plus vives, guérit les gencives gonfiées,
fait tranſpirer les ſéroſités, raffermit les dents
qui branlent , empêche le commencement & la
continuation de la carie, prévient les humeurs
ſcorbutiques, guérit radicalement de cette ma
ladie, & généralement de tous les maux qui vien
ment dans la bouche.
· MM. les Marins ainſi que beaucoup de voya
geurs , tant par terre que par mer, en font
proviſion ainſi que des topiques, & ſont certains
de faire leurs voyages, ſans avoir jamais aucun
mal aux dents ni a la bouche, & ceux qui ſe
fervent de cette eau, fans être incommodé, ont
toujours les gencives & les dents ſaines ; il y a des
bouteilles à 24 ſols, à y livres, & à 6 livres, &
les topiques à 24 ſols chaque ; il donne un im
primé de la manière de ſe ſervir de tous les deux,
& il en fournit dans toutes les Provinces & hors du
Royaume.
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Résumé : Reméde pour les maux de dents, &c.
Le texte décrit deux remèdes pour les maux de dents proposés par le Sieur David à Paris. Le premier est un topique appliqué le soir sur l'artère temporale du côté douloureux. Il guérit les maux de dents, les fluxions, les maux de tête, la migraine et le rhume de cerveau sans nécessiter d'ingestion. Approuvé par les Doyens de la Faculté de Médecine, ce remède est efficace et doux, agissant pendant le sommeil. Le second remède est une eau spirituelle incorruptible, agréable au goût et à l'odorat, qui soulage instantanément les douleurs dentaires, guérit les gencives gonflées, raffermit les dents qui branlent et prévient la carie. Les marins et voyageurs utilisent ce remède pour éviter les maux de dents pendant leurs voyages. Les produits sont disponibles en bouteilles et topiques à des prix variés, avec des instructions d'utilisation fournies par le Sieur David, qui livre dans toutes les provinces et hors du royaume.
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15
p. 135-152
« DICTIONNAIRE typographique, historique & critique des livres rares, singuliers, [...] »
Début :
DICTIONNAIRE typographique, historique & critique des livres rares, singuliers, [...]
Mots clefs :
Dictionnaire, Ouvrage, Livres, Approbation, Prix, Privilège, Imprimeur, Livres rares, Catalogue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DICTIONNAIRE typographique, historique & critique des livres rares, singuliers, [...] »
ICTIONNAIRE typographique , hiftorique
& critique des livres rares , finguliers ,
eftimés & recherchés en tous genres ; contenant
, par ordre alphabétique , les noms &
furnoms de leurs auteurs , le lieu de leur
naiffance , le tems où ils ont vécu & celui
de leur mort : avec des remarques néceffaires
pour en diftinguer les bonnes éditions
, & quelques anecdotes hiftoriques ,
critiques & intéreffantes , tirées des meil
leures fources. On y a joint le prix qu'ils
fe vendent la plupart dans les ventes publiques.
Par J. B. L. Ofmont , Libraire , à
Paris. Pour epigraphe : Ex uno nofce omnes.
A Paris , chez Lacombe , Libraire , quai de
Conti ; 1768 : deux volumes , grand in- 8º .
d'environ 500 pages chacun . Prix 9 liv.
reliés.
Ce livre eft eftimé de nos plus habiles
Bibliographes , plufieurs même d'entr'eux
fe font fait un plaifir de contribuer à fa
perfection par leurs confeils & par leurs
travaux. M. Mercier , Abbé de faint Leger
de Soiffons , & Bibliothécaire de fainte
Génevieve , dont les lumières fupérieutes
136 MERCURE DE FRANCE.
•
dans ce genre de littérature , font fi connues
du public , a bien voulu prendre la
peine de le lire en entier , pour y faire fes
obfervations. M. Floncel , Cenfeur royal,
plus célèbre encore par l'étendue de fes
connoiffances , que par le riche cabinet de
livres italiens , rares & recherchés , dont il
a formé lui - même la collection , a eu la
générosité de faire part à l'auteur des lumières
qu'il a acquifes depuis plus de
quarante ans dans la littérature italienne ;
il lui a fourni les notices de plufieurs
livres rares & finguliers , qui fe trouvent
chez lui ; il a corrigé celles qui font défectueufes
dans les Bibliographes italiens
.
Pour completter tout ce qui peut intéreffer
la curiofité des amateurs , l'auteura
placé à la fin de fon Dictionnaire : 1º . Plu-
Heurs catalogues des livres qu'on cherche
ordinairement à fe procurer , pour peu
que l'on aime les belles éditions ; telles
que les auteurs claffiques cum notis variorum
, ceux qui ont été imprimés ad uſum
Delphini ; les Elvezirs , les Barbou , &c.
2º. La chronologie des pères de l'églife
grecs & latins ; celle des poetes grecs anciens
; & celle des poëtes latins , pour en
faciliter l'arrangement dans un catalogue
ou une bibliothèque.
1
JUIN 1768.) 137
3 °. La lifte des livres qui compofent
la collana graca & la collana latina.
4°. Le catalogue exact de ce qu'il faut ,
pour former une collection complette des
mémoires du Clergé , procès - verbaux
rapports , & autres pièces.
Il y a lieu de penfer qu'une bibliographie
fi bien entendue , & où les recherches
font fi faciles au moyen de l'ordre alphabétique
, fera fort accueillie , dans un
temps où l'amour des livres & le goût de
la littérature fe répand parmi les perfonnes
de tout état.
DICTIONNAIRE grammatical de la langue
françoife , contenant toutes les régles
d'ortographe , de la prononciation , de la
profodie , du régime , de la conftruction ,
& c.; avec les remarques & obfervations
des plus habiles grammairiens : nouvelle
édition , revue , corrigée & confidérablement
augmentée . A Paris , chez Vincent ,
Imprimeur - Libraire , rue Saint Severin ;
1768 avec approbation & privilége du
Roi ; 2 volumes in 8°.
:
TRAITÉ pratique de l'inoculation , dans
lequel on expofe les régles de conduite
relatives au choix de la faifon propre à
cette opération ; de l'âge & de la confti-
તે
138 MERCURE DE FRANCE.
tution du fujet à inoculer ; de la préparation
qui lui convient ; de l'efpèce de
méthode qui doit être préférée ; & du
traitement de la maladie communiquéé
par l'infertion : par M. Gandoger de Foigny
, Docteur en inédecine , Médecin confultant
du feu Roi de Pologne , Duc de
Lorraine & de Bar , Aggrégé au college
des Médecins de Nancy , membre de l'Académie
royale des fciences & belles lettres
de la même ville , Profeffeur Démonftrateur
d'anatomie & de chirurgie. A Nancy ,
chez J. B. Hyacinthe Leclerc , Imprinreurs
Libraire , & à Paris , chez G. Merlin , Libraire
, rue de la Harpe ; 1768 : avec approbation
& privilége du Roi ; 2 volumes
in- 8°.
LE Courrier de la mode , ou le Journal
du goût , ouvrage périodique contenant le
détail de toutes les nouveautés de mode ,
avec cette épigraphe : Tout eft Joumis au
règne de la mode. Avril 1768 .
On donnera exactement chaque mois
une demi- feuille in- 8 ° , contenant le détail
de toutes les nouveautés relatives à la
parure & à la décoration 5 on indiquera
les différens goûts régnants pour toutes les
chofes d'agrément , & les Artiftes chez lefquels
elles fe trouvent , on y joindra le
JUIN 1768 . 139
titre des livres de pur amufement & l'arriette
courante.
La foufcription , à commencer au mois
d'avril , fera de 3 livres , franc de port pour
Paris , elle fe fera chez Jorry, Imprimeur ,
vis-à-vis la Comédie Françoife , le Menu,
Marchand de mufique , rue du Roule , à
la Clef d'or , & chez l'auteur , rue Saint-
Honoré , vis- à - vis la grande écurie du Roit
s'adreffer au ſieur Macret , Ebéniſte .
Des caufes du bonheur public , ouvrage
dédié à Monfeigneur le Dauphin ; par M.
l'Abbé Gros de Befplas , de la maiſon &
fociété de Sorbonne , Prédicateur du Roi , \
& c. A Paris , de l'Imprimerie de Sébastien
Jorry, rue & vis- à- vis la Comédie Françoife
, au Grand Monarque & aux Cigognes
; 1768 avec approbation & privi
lége du Roi , in - 8°.
COURS d'hiftoire univerfelle par M.
Luneau de Boifgermain. A Paris , chez
l'Auteur , à l'hôtel de la Fautrière ; Panckoucke
, Libraire , même maifon , rue & à
côté de la Comédie Françoife ; 2 volumes
in- 8°. 9 livres brochés en carton , II liv . re
liés .
Nous nous propofons de donner un
extrait de ces deux premiers volumes dans
140 MERCURE DE FRANCE.
le Mercure prochain & de reprendre le
compte que nous avons déja rendu de
l'édition de Racine que nous a donné l'auteur
du Cours d'hiftoire . Un préjugé bien
favorable à ce dernier ouvrage , c'eft qu'on
le réimprime actuellement chez Cellot.
JOURNAL d'éducation , avril 1768 , préfenté
au Roi par M. Leroux , Maître ès
arts en l'univerfité de Paris , Maître de penfion
à Amiens. A Amiens , de l'Imprimerie
de la veuve Caron , Imprimeur & Libraire
, vis -à - vis faint Martin ; fe trouve à
Paris , chez Durand , neveu , Libraire , rue
Saint -Jacques ; à Verfailles , chez Fournier
, Libraire , galerie des Princes ; & dans
les principales villes , chez les principaux
Libraires ; 1768 : avec approbation & privilége
du Roi ; in- 12 .
HISTOIRE de l'opéra bouffon , contenant
les jugemens de toutes les pièces qui
ont paru depuis fa naiffance jufqu'à ce jour,
pour fervir à l'hiftoire du théâtre de Paris .
A Amfterdam , & fe trouve à Paris , chez
Grangé , Libraire , pont Notre - Dame , au
cabinet littéraire , près la pompe ; 1768 :
deux parties in- 12.
ARMORIAL des États de Languedoc ,
JUIN 1768 . 141
par M. Gaftelier de la Tour , Ecuyer. A
Paris , de l'Imprimerie de Vincent 1767 :
volume in 4° préfenté aux États de
1768.
On a raffemblé fous ce titre les armoiries
des Commiffaires , préfidans pour le
Roi aux Etats de Languedoc , & celles
de leurs Officiers ; les armoiries du clergé ,
fuivant le rang des Prélats qui ont droit
aux affemblées ; celles de la nobleſſe ; enfin
, les armoiries des villes qui envoient.
leurs députés aux Etats , & celles des Officiers
de la province. On y a joint des
notes hiftoriques fur les Baronies annuelles.
& de tour , & fur les métropoles & cathédrales.
Cet ouvrage eft très - bien exécuté ,
tant pour la partie typographique , que
pour la gravure.
*
›
PANÉGYRIQUE de Saint Louis , Roi de
France prononcé dans la chapelle du
Louvre , en préfence de Meffieurs de l'Académie
Françoife , le 25 août 1767 ; par
M. l'Abbé de Baffinet . A Paris , chez la
veuve Regnard , Imprimeur de l'Académie
françoife , grand'falle du Palais , à la Providence
, & rue baffe des Urfins ; 1768 :
in-8°.
LA bataille de Fontenoy, ou l'Apothéoſe
142 MERCURE DE FRANCE .
moderne opéra- tragédie , en trois actes ,
traduite du grec par un Ciclopédifte . A
Chambord ; 1768 : & fe trouve à Paris ,
chez Defpilly , Libraire , rue Saint- Jacques
, à la Croix d'or. Le prix , 1 liv. 4
fols , in- 8°.
NOUVEAU Commentaire fur la coutume
de la Rochelle & du pays d'Aunis , où l'on
a réuni tout ce qui a paru néceffaire pour
l'intelligence de la coutume , en recueillant
exactement les divers .points d'ufage
de la province ; & où l'on a difcuté , outre
les difficultés dépendantes de l'interprétation
de chaque article , plufieurs queſtions
importantes relatives au droit coutumier ,
fuivant les maximes reçues au palais , &
le dernier état de la jurifprudence. Par Me
René- Jofué Valin , ancien avocat au Préfidial
de la Rochelle ; nouvelle édition ,
augmentée des queftions les plus intéreffantes
qui ont été décidées au Parlement
de Paris depuis la première édition ; par
M. *** avocat au Parlement. A Paris ,
chez Vincent , rue Saint - Severin.
,
L'ouvrage dont nous annonçons ici une
nouvelle édition , eft d'un Jurifconfulte
habile qui a joui pendant fa vie de la plus
grande
réputation.Son livre lui même a parfaitement
répondu à ce qu'on attendoit de
JUIN 1768 . 143
fes talens & de fes lumières . L'accueil favorable
que le public lui a fait lorſqu'il
a
paru pour la premiere
fois , eft un préjugé
de celui qu'il fera à cette nouvelle
édition
.
Au refte , il ne faut pas croire qu'on fe
foit borné dans cet ouvrage à développer
le droit particulier
à la coutume
de la Rochelle
; le titre lui - même annonce
un plus
vafte delfein. Il déclare
qu'outre
cela on y
a traité plufieurs
queftions
importantes
relatives
au droit coutumier
. Mais ce titre ,
parfaitement
conforme
au goût de fon auteur
, eft trop modefte
. Nous ne craignons
.
pas d'affurer
qu'on y trouvera
une difcuf
fion complette
de tout le droit coutumier
,
& une fcience
profonde
de la jurifprudence
qui a lieu à cet égard. Cet ouvrage
fera fur-tout très-utile à ceux qui s'attachent
à l'étude de la coutume
de Paris , parce
que cette coutume
étant le droit général
de toutes les autres dans les points où elles
font muettes
, M. Valin s'eft appliqué
d'une manière
particulière
à en faifir l'ef
prit , & qu'il l'a prife pour fondement
de
la plupart de fes décifions. Les augmen
tations
qu'on a faites à cette nouvelle
édi
tion , en complettant
l'ouvrage
ne pour
ront que piquer
la curiofité
du public
par
l'intérêt
même des questions
qui en font
l'objet.
144 MERCURE DE FRANCE .
LÉGENDE dorée , ou hiftoires morales.
A Genève , & fe trouve à Paris , chez Dufour
, Libraire , quai de Gêvres , au bon
Pafteur. in- 12 ; 1768 : prix 1 liv . 10 f.
L'EXISTENCE de Dieu , démontrée par
les merveilles de la nature : ouvrage , où
après avoir mis dans le plus grand jour les
preuves de l'existence & des perfections de
Dieu , que l'univers préfente , on répond
à quelques philofophes de nos jours qui
ont tâché de les affoiblir : par M. Bullet ,
Profeffeur royal de théologie , & doyen de
l'univerfité de Befançon , des académies de
Befançon , de Lyon , de Dijon , affocié de
l'académie royale des infcriptions & belleslettres.
A Paris , chez Delalain , Libraire ,
rue Saint - Jacques , & chez Valade , Libraire
, rue de la Parcheminerie , maiſon
de M. Grange ; 1768 avec approbation
& privilége du Roi ; in- 12 .
ICONES rerum naturalium , ou figures
enluminées d'hiftoire naturelle . Premier
cayer , contenant dix planches , avec leur
explication : favoir Ire planche , la carpe de
mer. VI pl . l'orphie . II pl. l'anguille de
mer. VII pl . la vive , ou dragon de mer .
III pl . le maquereau. VIII le corbeau
blanc de Feroë. IV pl . le dorfeh . IX. pl.
le
JUIN 1768 . 145
le vanneau gris de fer . V pl. le Vydtling ,
efpece de dorfeh. X pl. la tulipe de mer.
A Copenhague , aux dépens & de l'imprimerie
de Claude Philibert ; & fe trouve
à Genève , chez le même , & à Paris
chez Saillant , rue Saint-Jean - de - Beauvais
; 1767 : in -folio en forme de livre de
mufique. Prix 12 liv.
:
SUPPLÉMENT , de l'art de la coëffure des
Dames Françoifes , par le fieur Legros ,
Coëffeur des Dames , enclos des Quinze-
Vingts uftenfiles de l'art de la coëffure
des Dames Françoifes : forme du cachet
que l'on donne aux élèves qui coëffent
conformément aux eftampes du fupplément
de l'art de la coëffure des Dames
Françoifes. A Paris , chez Antoine Boudet ,
Imprimeur du Roi , rue Saint-Jacques , à
la Bible d'or ; 1768 : avec approbation &
privilége du Roi. Brochure in- 4º , ´d'environ
so pages , avec des figures enluminées.
NOUVELLE méthode allemande , felon
le traité de la manière d'apprendre les langues
; par M. Gerau de Palmfeld , Profeffeur
de la langue allemande de MM , les
Chevaux- Légers , des Pages du Roi & de
la Reine. A Paris , chez la veuve Regnard,
146 MERCURE DE FRANCE.
grand'falle du palais ; la veuve Duchefne,
rue Saint-Jacques ; Defaint , rue du Foin ;
Saillant , rue Saint Jean- de- Beauvais ; &
à Verfailles , chez Fournier , rue Satory ,
& au Château ; 1768 : avec approbation
& privilége du Roi. Brochure in- 8 °, de
120 pages.
LE Coenobitophyle , ou lettres d'un
Religieux François , à un laic , fon ami ,
fur les préjugés publics contre l'état monaftique
. Au mont Caffin , & fe trouve
à Paris , chez Valleyre l'aîné , rue de la
vieille Bouclerie , à l'arbre de Jeffé ; 1768 :
brochure in- 12 de 160 pages,
LE Marchand de Venife , comédie traduite
de l'anglois de Sharkespeare . Prix
30 fols , A Londres , & fe trouve à Paris ,
chez Grange , Imprimeur - Libraire , au
Cabinet littéraire , pont Notre - Dame , près
la pompe; Delalain , Libraire , rue Saint-
Jacques ; Valade , Libraire , rue de la
Parcheminerie 1768 , in- 8°,
AGATHE & Ifidore ; par Mde Benoît ;
deux parties. A Amfterdam , & fe trouve
à Paris , chez Durand , rue Saint-Jacques ,
la Sageffe ; 1768 ; vol, in- 12 .
Nous donnerons l'extrait de ce roman
dans un des prochains Mercures,
JUIN 1768 . 147
ORLANDO innamorato , poema in ottava
rima , di Matteo - Maria Bojardo ,
`rifatto da Francefco Berni ; 4 vol. in - 12 .
Parigi , appreffo Molini , Librajo ; 1768 :
avec le portrait de Berni , gravé , prix 10
liv. broché.
Il y en a un très - petit nombre d'exemplaires
, tirés fur du papier de Hollande.
L'INNOCENCE du premier âge en France;
chez Delalain , à Paris , rue Saint-Jacques ;
1768. prix 3 livres broché.
Ce nouveau volume de M. de Sauvigny,
eft du même format que fon Hiftoire
amoureufe de Pierre le Long , que vend le
même Libraire , & au moins auffi intéreffant
, bien écrit & digne de l'accueil
diftingué du public. En attendant que nous
en rendions un compte détaillé nous
croyons devoir au moins annoncer qu'il
contient la Rofe , ou la fête de Salency , &
' Ifle d'Oueffani ; qu'il eft orné d'un titre
gravé , d'une très - belle eftampe compofée
par M. Greuze , d'une jolie vignette ; le
tout bien gravé , par M. Moreau le jeune ,
& qu'il fe trouve accompagné de mufiqué
faite par M. Moncini , & digne de lui.
On vend auffi chez Delalain les Mémoires
d'un homme de bien , 3 yol in- 12 ,
par l'auteur de l'Hiftoire de Mile. de Ter
G ij
148 MERCURE DE FRANCE.
ville , que nous avons annoncée dans notre
dernier Mercure.
Il vient d'acquérir ce qu'il reftoir d'exemplaires
de l'Esprit de Bourdaloue , un vol,
in- 1 2; excellent ouvrage, que tous les Jour
naux ont bien annoncé dans le temps qu'il
a paru.
,
•
ÉDITS du mois d'août 1764 & mai
1765 concernant l'adminiftration des
villes du royaume , & la déclaration donnée
le 25 juin 1766 , en interprétation ;
le tout rangé par ordre de matières. On
y a ajouté les arrêts rendus depuis les édits
& en interprétation d'iceux. ATroyes , chez
la veuve Lefebvre , & fe trouve à Paris ; -
chez Brocas , Libraire , rue Saint- Jacques ;
un vol . in- 12 .
L'ESPRIT des Romains , confidéré dans
les plus belles fentences , maximes & ré-
Alexions des auteurs célèbres de l'ancienne
Rome. On y a joint les portraits de plufieurs
hommes illuftres de l'antiquité , le
tout en françois & en latin , collection
propre aux jeunes gens de qualité ; un
yol, in- 12. A Paris , chez Brocas , & Delalain
, Libraires , rue Saint- Jacques , &
Saugrain , rue du Hurepoix : 1768.
JUIN 1768 . 149
SUPPLÉMENT au catalogue des livres du
magaſin littéraire. A Paris , chez Jacques-
François Quillau , Libraire , rue Chriftine ,
attenant la rue Dauphine , fauxbourg Saint
Germain ; 1768 : in- 12 de 40 pages.
2
Parmi les divers établiffemens de la na
ture du magasin littéraire , celui - ci , auquel
préfide le fieur Quillau , a toujours
tenu le premier rang ; il eft même le feul
qui rende , pour ainfi dire , compte au public
, des nouvelles acquifitions qu'il fair
en livres en lui donnant de temps en
temps des fupplémens imprimés des nouveaux
tréfors littéraires qui s'accroiffent cha
que année dans ce magasin , le mieux fourni
, fans contredit , le plus riche , le plus
varié de tous les cabinets de la librairie .
On eft donc affuré d'y trouver tout ce que
peuvent defirer les perfonnes qui y viennent
lire , ou celles à qui on loue des livres 5
mais comme le fervice dépend de la
prompte circulation de ces mêmes livres ,
le fieur Quillau prie fes abonnés de ne pas
les garder fi long - temps , comme le font
plufieurs , qui ne les rendent qu'au bout
de fix mois & même un an . Delà les
plaintes des autres abonnés qui en font
privés nécellairement , malgré les foins &
les attentions du fieur Quillau à les bien
fervir.
G iij
150 MERCURE DE FRANCE.
OBSERVATIONS & expériences fur diverfes
parties de l'agriculture , par M. Formanoir
de Palteau , de la Société royale
d'agriculture de la généralité de Paris.
chez la veuve D'houry , Imprimeur - Libraire
de la Société royale d'agriculture
de la généralité de Paris , rue Saint - Severin
, près la rue Saint - Jacques ; 1768 ;
brochure in- 8°. de 80 pages.
TRAITÉ des vertus & des récompenfes
pour fervir de fuite au Traité des délits &
des peines ; traduit de l'italien , par M.
Pingeron , Capitaine d'artillerie au fervice
du Roi & de la république de Pologne.
A Paris , chez Panckoucke , Libraire , rue
& à côté de la comédie Françoife ; 1768 :
avec approbation & privilége du Roi , vol.
in- 12 .
Le fuccès qu'a eu dans toute l'Europe
le traité italien des délits & des peines ,
fi bien traduit dans notre langue , demandoit
à être fuivi de l'ouvrage que nous
annonçons ; & ces deux écrits font faits
pour être réunis dans un même recueil
& placés dans les mêmes cabinets . Dans
ce nouveau Traité des vertus & des récompenfes
, on a mis le texte italien à côté de
la traduction françoiſe.
Les métamorphofes de la religieufe : letJUIN
1768. Isr
tres d'une Dame à fon amie. A Amfterdam
, chez Schreuder ; 1768 : & fe trouve
à Paris , chez Laurent Prault , au coin de
la rue Gît- le- coeur , à la fource des Sciences
; deux parties in- 12 .
Ce roman eft véritablement forti de la
main d'une femme , & mérite qu'on en
faffe l'extrait dans un des prochains Mercares.
HISTOIRES morales , fuivies d'une correfpondance
épiftolaire entre deux Dames ;
par Mademoifelle *** avec cette épigraphe
:
›
De toute fiction l'adroite faufleté
Ne tend qu'à faire aux yeux briller la vérité.
Boileau , épit. 3 .
A Londres , & fe trouve à Paris , chez
Lejay , Libraire , quai de Gêvres , au
grand Corneille ; 1768 : in- 12 .
Nous donnerons une notice de ce petit
ouvrage , qui eft réellement auffi d'une
Demoifelle .
PRINCIPES élémentaires de la tactique ,
ou nouvelles obfervations fur l'art militaire
; par M. B ** , Chevalier de l'ordre
royal & militaire de faint Louis. A
Paris , chez Laurent Prault . Libraire , quai
des Auguftins , à la fource des Sciences ;
Giv
152 MERCURE DE FRANCE .
1
1768 : avec approbation & privilége du
Roi , in- 8°.
Le même Libraire mettra en vente inceffamment
le premier volume d'un ouvrage
intitulé , Mémoires fur differentes
parties des fciences & des arts ; par M.
Guétard , de l'Académie royale des fciences
. Le fecond volume , qui eft fous preffe ,
paroîtra dans peu , & nous donnerons une
notice de l'un & de l'autre.
& critique des livres rares , finguliers ,
eftimés & recherchés en tous genres ; contenant
, par ordre alphabétique , les noms &
furnoms de leurs auteurs , le lieu de leur
naiffance , le tems où ils ont vécu & celui
de leur mort : avec des remarques néceffaires
pour en diftinguer les bonnes éditions
, & quelques anecdotes hiftoriques ,
critiques & intéreffantes , tirées des meil
leures fources. On y a joint le prix qu'ils
fe vendent la plupart dans les ventes publiques.
Par J. B. L. Ofmont , Libraire , à
Paris. Pour epigraphe : Ex uno nofce omnes.
A Paris , chez Lacombe , Libraire , quai de
Conti ; 1768 : deux volumes , grand in- 8º .
d'environ 500 pages chacun . Prix 9 liv.
reliés.
Ce livre eft eftimé de nos plus habiles
Bibliographes , plufieurs même d'entr'eux
fe font fait un plaifir de contribuer à fa
perfection par leurs confeils & par leurs
travaux. M. Mercier , Abbé de faint Leger
de Soiffons , & Bibliothécaire de fainte
Génevieve , dont les lumières fupérieutes
136 MERCURE DE FRANCE.
•
dans ce genre de littérature , font fi connues
du public , a bien voulu prendre la
peine de le lire en entier , pour y faire fes
obfervations. M. Floncel , Cenfeur royal,
plus célèbre encore par l'étendue de fes
connoiffances , que par le riche cabinet de
livres italiens , rares & recherchés , dont il
a formé lui - même la collection , a eu la
générosité de faire part à l'auteur des lumières
qu'il a acquifes depuis plus de
quarante ans dans la littérature italienne ;
il lui a fourni les notices de plufieurs
livres rares & finguliers , qui fe trouvent
chez lui ; il a corrigé celles qui font défectueufes
dans les Bibliographes italiens
.
Pour completter tout ce qui peut intéreffer
la curiofité des amateurs , l'auteura
placé à la fin de fon Dictionnaire : 1º . Plu-
Heurs catalogues des livres qu'on cherche
ordinairement à fe procurer , pour peu
que l'on aime les belles éditions ; telles
que les auteurs claffiques cum notis variorum
, ceux qui ont été imprimés ad uſum
Delphini ; les Elvezirs , les Barbou , &c.
2º. La chronologie des pères de l'églife
grecs & latins ; celle des poetes grecs anciens
; & celle des poëtes latins , pour en
faciliter l'arrangement dans un catalogue
ou une bibliothèque.
1
JUIN 1768.) 137
3 °. La lifte des livres qui compofent
la collana graca & la collana latina.
4°. Le catalogue exact de ce qu'il faut ,
pour former une collection complette des
mémoires du Clergé , procès - verbaux
rapports , & autres pièces.
Il y a lieu de penfer qu'une bibliographie
fi bien entendue , & où les recherches
font fi faciles au moyen de l'ordre alphabétique
, fera fort accueillie , dans un
temps où l'amour des livres & le goût de
la littérature fe répand parmi les perfonnes
de tout état.
DICTIONNAIRE grammatical de la langue
françoife , contenant toutes les régles
d'ortographe , de la prononciation , de la
profodie , du régime , de la conftruction ,
& c.; avec les remarques & obfervations
des plus habiles grammairiens : nouvelle
édition , revue , corrigée & confidérablement
augmentée . A Paris , chez Vincent ,
Imprimeur - Libraire , rue Saint Severin ;
1768 avec approbation & privilége du
Roi ; 2 volumes in 8°.
:
TRAITÉ pratique de l'inoculation , dans
lequel on expofe les régles de conduite
relatives au choix de la faifon propre à
cette opération ; de l'âge & de la confti-
તે
138 MERCURE DE FRANCE.
tution du fujet à inoculer ; de la préparation
qui lui convient ; de l'efpèce de
méthode qui doit être préférée ; & du
traitement de la maladie communiquéé
par l'infertion : par M. Gandoger de Foigny
, Docteur en inédecine , Médecin confultant
du feu Roi de Pologne , Duc de
Lorraine & de Bar , Aggrégé au college
des Médecins de Nancy , membre de l'Académie
royale des fciences & belles lettres
de la même ville , Profeffeur Démonftrateur
d'anatomie & de chirurgie. A Nancy ,
chez J. B. Hyacinthe Leclerc , Imprinreurs
Libraire , & à Paris , chez G. Merlin , Libraire
, rue de la Harpe ; 1768 : avec approbation
& privilége du Roi ; 2 volumes
in- 8°.
LE Courrier de la mode , ou le Journal
du goût , ouvrage périodique contenant le
détail de toutes les nouveautés de mode ,
avec cette épigraphe : Tout eft Joumis au
règne de la mode. Avril 1768 .
On donnera exactement chaque mois
une demi- feuille in- 8 ° , contenant le détail
de toutes les nouveautés relatives à la
parure & à la décoration 5 on indiquera
les différens goûts régnants pour toutes les
chofes d'agrément , & les Artiftes chez lefquels
elles fe trouvent , on y joindra le
JUIN 1768 . 139
titre des livres de pur amufement & l'arriette
courante.
La foufcription , à commencer au mois
d'avril , fera de 3 livres , franc de port pour
Paris , elle fe fera chez Jorry, Imprimeur ,
vis-à-vis la Comédie Françoife , le Menu,
Marchand de mufique , rue du Roule , à
la Clef d'or , & chez l'auteur , rue Saint-
Honoré , vis- à - vis la grande écurie du Roit
s'adreffer au ſieur Macret , Ebéniſte .
Des caufes du bonheur public , ouvrage
dédié à Monfeigneur le Dauphin ; par M.
l'Abbé Gros de Befplas , de la maiſon &
fociété de Sorbonne , Prédicateur du Roi , \
& c. A Paris , de l'Imprimerie de Sébastien
Jorry, rue & vis- à- vis la Comédie Françoife
, au Grand Monarque & aux Cigognes
; 1768 avec approbation & privi
lége du Roi , in - 8°.
COURS d'hiftoire univerfelle par M.
Luneau de Boifgermain. A Paris , chez
l'Auteur , à l'hôtel de la Fautrière ; Panckoucke
, Libraire , même maifon , rue & à
côté de la Comédie Françoife ; 2 volumes
in- 8°. 9 livres brochés en carton , II liv . re
liés .
Nous nous propofons de donner un
extrait de ces deux premiers volumes dans
140 MERCURE DE FRANCE.
le Mercure prochain & de reprendre le
compte que nous avons déja rendu de
l'édition de Racine que nous a donné l'auteur
du Cours d'hiftoire . Un préjugé bien
favorable à ce dernier ouvrage , c'eft qu'on
le réimprime actuellement chez Cellot.
JOURNAL d'éducation , avril 1768 , préfenté
au Roi par M. Leroux , Maître ès
arts en l'univerfité de Paris , Maître de penfion
à Amiens. A Amiens , de l'Imprimerie
de la veuve Caron , Imprimeur & Libraire
, vis -à - vis faint Martin ; fe trouve à
Paris , chez Durand , neveu , Libraire , rue
Saint -Jacques ; à Verfailles , chez Fournier
, Libraire , galerie des Princes ; & dans
les principales villes , chez les principaux
Libraires ; 1768 : avec approbation & privilége
du Roi ; in- 12 .
HISTOIRE de l'opéra bouffon , contenant
les jugemens de toutes les pièces qui
ont paru depuis fa naiffance jufqu'à ce jour,
pour fervir à l'hiftoire du théâtre de Paris .
A Amfterdam , & fe trouve à Paris , chez
Grangé , Libraire , pont Notre - Dame , au
cabinet littéraire , près la pompe ; 1768 :
deux parties in- 12.
ARMORIAL des États de Languedoc ,
JUIN 1768 . 141
par M. Gaftelier de la Tour , Ecuyer. A
Paris , de l'Imprimerie de Vincent 1767 :
volume in 4° préfenté aux États de
1768.
On a raffemblé fous ce titre les armoiries
des Commiffaires , préfidans pour le
Roi aux Etats de Languedoc , & celles
de leurs Officiers ; les armoiries du clergé ,
fuivant le rang des Prélats qui ont droit
aux affemblées ; celles de la nobleſſe ; enfin
, les armoiries des villes qui envoient.
leurs députés aux Etats , & celles des Officiers
de la province. On y a joint des
notes hiftoriques fur les Baronies annuelles.
& de tour , & fur les métropoles & cathédrales.
Cet ouvrage eft très - bien exécuté ,
tant pour la partie typographique , que
pour la gravure.
*
›
PANÉGYRIQUE de Saint Louis , Roi de
France prononcé dans la chapelle du
Louvre , en préfence de Meffieurs de l'Académie
Françoife , le 25 août 1767 ; par
M. l'Abbé de Baffinet . A Paris , chez la
veuve Regnard , Imprimeur de l'Académie
françoife , grand'falle du Palais , à la Providence
, & rue baffe des Urfins ; 1768 :
in-8°.
LA bataille de Fontenoy, ou l'Apothéoſe
142 MERCURE DE FRANCE .
moderne opéra- tragédie , en trois actes ,
traduite du grec par un Ciclopédifte . A
Chambord ; 1768 : & fe trouve à Paris ,
chez Defpilly , Libraire , rue Saint- Jacques
, à la Croix d'or. Le prix , 1 liv. 4
fols , in- 8°.
NOUVEAU Commentaire fur la coutume
de la Rochelle & du pays d'Aunis , où l'on
a réuni tout ce qui a paru néceffaire pour
l'intelligence de la coutume , en recueillant
exactement les divers .points d'ufage
de la province ; & où l'on a difcuté , outre
les difficultés dépendantes de l'interprétation
de chaque article , plufieurs queſtions
importantes relatives au droit coutumier ,
fuivant les maximes reçues au palais , &
le dernier état de la jurifprudence. Par Me
René- Jofué Valin , ancien avocat au Préfidial
de la Rochelle ; nouvelle édition ,
augmentée des queftions les plus intéreffantes
qui ont été décidées au Parlement
de Paris depuis la première édition ; par
M. *** avocat au Parlement. A Paris ,
chez Vincent , rue Saint - Severin.
,
L'ouvrage dont nous annonçons ici une
nouvelle édition , eft d'un Jurifconfulte
habile qui a joui pendant fa vie de la plus
grande
réputation.Son livre lui même a parfaitement
répondu à ce qu'on attendoit de
JUIN 1768 . 143
fes talens & de fes lumières . L'accueil favorable
que le public lui a fait lorſqu'il
a
paru pour la premiere
fois , eft un préjugé
de celui qu'il fera à cette nouvelle
édition
.
Au refte , il ne faut pas croire qu'on fe
foit borné dans cet ouvrage à développer
le droit particulier
à la coutume
de la Rochelle
; le titre lui - même annonce
un plus
vafte delfein. Il déclare
qu'outre
cela on y
a traité plufieurs
queftions
importantes
relatives
au droit coutumier
. Mais ce titre ,
parfaitement
conforme
au goût de fon auteur
, eft trop modefte
. Nous ne craignons
.
pas d'affurer
qu'on y trouvera
une difcuf
fion complette
de tout le droit coutumier
,
& une fcience
profonde
de la jurifprudence
qui a lieu à cet égard. Cet ouvrage
fera fur-tout très-utile à ceux qui s'attachent
à l'étude de la coutume
de Paris , parce
que cette coutume
étant le droit général
de toutes les autres dans les points où elles
font muettes
, M. Valin s'eft appliqué
d'une manière
particulière
à en faifir l'ef
prit , & qu'il l'a prife pour fondement
de
la plupart de fes décifions. Les augmen
tations
qu'on a faites à cette nouvelle
édi
tion , en complettant
l'ouvrage
ne pour
ront que piquer
la curiofité
du public
par
l'intérêt
même des questions
qui en font
l'objet.
144 MERCURE DE FRANCE .
LÉGENDE dorée , ou hiftoires morales.
A Genève , & fe trouve à Paris , chez Dufour
, Libraire , quai de Gêvres , au bon
Pafteur. in- 12 ; 1768 : prix 1 liv . 10 f.
L'EXISTENCE de Dieu , démontrée par
les merveilles de la nature : ouvrage , où
après avoir mis dans le plus grand jour les
preuves de l'existence & des perfections de
Dieu , que l'univers préfente , on répond
à quelques philofophes de nos jours qui
ont tâché de les affoiblir : par M. Bullet ,
Profeffeur royal de théologie , & doyen de
l'univerfité de Befançon , des académies de
Befançon , de Lyon , de Dijon , affocié de
l'académie royale des infcriptions & belleslettres.
A Paris , chez Delalain , Libraire ,
rue Saint - Jacques , & chez Valade , Libraire
, rue de la Parcheminerie , maiſon
de M. Grange ; 1768 avec approbation
& privilége du Roi ; in- 12 .
ICONES rerum naturalium , ou figures
enluminées d'hiftoire naturelle . Premier
cayer , contenant dix planches , avec leur
explication : favoir Ire planche , la carpe de
mer. VI pl . l'orphie . II pl. l'anguille de
mer. VII pl . la vive , ou dragon de mer .
III pl . le maquereau. VIII le corbeau
blanc de Feroë. IV pl . le dorfeh . IX. pl.
le
JUIN 1768 . 145
le vanneau gris de fer . V pl. le Vydtling ,
efpece de dorfeh. X pl. la tulipe de mer.
A Copenhague , aux dépens & de l'imprimerie
de Claude Philibert ; & fe trouve
à Genève , chez le même , & à Paris
chez Saillant , rue Saint-Jean - de - Beauvais
; 1767 : in -folio en forme de livre de
mufique. Prix 12 liv.
:
SUPPLÉMENT , de l'art de la coëffure des
Dames Françoifes , par le fieur Legros ,
Coëffeur des Dames , enclos des Quinze-
Vingts uftenfiles de l'art de la coëffure
des Dames Françoifes : forme du cachet
que l'on donne aux élèves qui coëffent
conformément aux eftampes du fupplément
de l'art de la coëffure des Dames
Françoifes. A Paris , chez Antoine Boudet ,
Imprimeur du Roi , rue Saint-Jacques , à
la Bible d'or ; 1768 : avec approbation &
privilége du Roi. Brochure in- 4º , ´d'environ
so pages , avec des figures enluminées.
NOUVELLE méthode allemande , felon
le traité de la manière d'apprendre les langues
; par M. Gerau de Palmfeld , Profeffeur
de la langue allemande de MM , les
Chevaux- Légers , des Pages du Roi & de
la Reine. A Paris , chez la veuve Regnard,
146 MERCURE DE FRANCE.
grand'falle du palais ; la veuve Duchefne,
rue Saint-Jacques ; Defaint , rue du Foin ;
Saillant , rue Saint Jean- de- Beauvais ; &
à Verfailles , chez Fournier , rue Satory ,
& au Château ; 1768 : avec approbation
& privilége du Roi. Brochure in- 8 °, de
120 pages.
LE Coenobitophyle , ou lettres d'un
Religieux François , à un laic , fon ami ,
fur les préjugés publics contre l'état monaftique
. Au mont Caffin , & fe trouve
à Paris , chez Valleyre l'aîné , rue de la
vieille Bouclerie , à l'arbre de Jeffé ; 1768 :
brochure in- 12 de 160 pages,
LE Marchand de Venife , comédie traduite
de l'anglois de Sharkespeare . Prix
30 fols , A Londres , & fe trouve à Paris ,
chez Grange , Imprimeur - Libraire , au
Cabinet littéraire , pont Notre - Dame , près
la pompe; Delalain , Libraire , rue Saint-
Jacques ; Valade , Libraire , rue de la
Parcheminerie 1768 , in- 8°,
AGATHE & Ifidore ; par Mde Benoît ;
deux parties. A Amfterdam , & fe trouve
à Paris , chez Durand , rue Saint-Jacques ,
la Sageffe ; 1768 ; vol, in- 12 .
Nous donnerons l'extrait de ce roman
dans un des prochains Mercures,
JUIN 1768 . 147
ORLANDO innamorato , poema in ottava
rima , di Matteo - Maria Bojardo ,
`rifatto da Francefco Berni ; 4 vol. in - 12 .
Parigi , appreffo Molini , Librajo ; 1768 :
avec le portrait de Berni , gravé , prix 10
liv. broché.
Il y en a un très - petit nombre d'exemplaires
, tirés fur du papier de Hollande.
L'INNOCENCE du premier âge en France;
chez Delalain , à Paris , rue Saint-Jacques ;
1768. prix 3 livres broché.
Ce nouveau volume de M. de Sauvigny,
eft du même format que fon Hiftoire
amoureufe de Pierre le Long , que vend le
même Libraire , & au moins auffi intéreffant
, bien écrit & digne de l'accueil
diftingué du public. En attendant que nous
en rendions un compte détaillé nous
croyons devoir au moins annoncer qu'il
contient la Rofe , ou la fête de Salency , &
' Ifle d'Oueffani ; qu'il eft orné d'un titre
gravé , d'une très - belle eftampe compofée
par M. Greuze , d'une jolie vignette ; le
tout bien gravé , par M. Moreau le jeune ,
& qu'il fe trouve accompagné de mufiqué
faite par M. Moncini , & digne de lui.
On vend auffi chez Delalain les Mémoires
d'un homme de bien , 3 yol in- 12 ,
par l'auteur de l'Hiftoire de Mile. de Ter
G ij
148 MERCURE DE FRANCE.
ville , que nous avons annoncée dans notre
dernier Mercure.
Il vient d'acquérir ce qu'il reftoir d'exemplaires
de l'Esprit de Bourdaloue , un vol,
in- 1 2; excellent ouvrage, que tous les Jour
naux ont bien annoncé dans le temps qu'il
a paru.
,
•
ÉDITS du mois d'août 1764 & mai
1765 concernant l'adminiftration des
villes du royaume , & la déclaration donnée
le 25 juin 1766 , en interprétation ;
le tout rangé par ordre de matières. On
y a ajouté les arrêts rendus depuis les édits
& en interprétation d'iceux. ATroyes , chez
la veuve Lefebvre , & fe trouve à Paris ; -
chez Brocas , Libraire , rue Saint- Jacques ;
un vol . in- 12 .
L'ESPRIT des Romains , confidéré dans
les plus belles fentences , maximes & ré-
Alexions des auteurs célèbres de l'ancienne
Rome. On y a joint les portraits de plufieurs
hommes illuftres de l'antiquité , le
tout en françois & en latin , collection
propre aux jeunes gens de qualité ; un
yol, in- 12. A Paris , chez Brocas , & Delalain
, Libraires , rue Saint- Jacques , &
Saugrain , rue du Hurepoix : 1768.
JUIN 1768 . 149
SUPPLÉMENT au catalogue des livres du
magaſin littéraire. A Paris , chez Jacques-
François Quillau , Libraire , rue Chriftine ,
attenant la rue Dauphine , fauxbourg Saint
Germain ; 1768 : in- 12 de 40 pages.
2
Parmi les divers établiffemens de la na
ture du magasin littéraire , celui - ci , auquel
préfide le fieur Quillau , a toujours
tenu le premier rang ; il eft même le feul
qui rende , pour ainfi dire , compte au public
, des nouvelles acquifitions qu'il fair
en livres en lui donnant de temps en
temps des fupplémens imprimés des nouveaux
tréfors littéraires qui s'accroiffent cha
que année dans ce magasin , le mieux fourni
, fans contredit , le plus riche , le plus
varié de tous les cabinets de la librairie .
On eft donc affuré d'y trouver tout ce que
peuvent defirer les perfonnes qui y viennent
lire , ou celles à qui on loue des livres 5
mais comme le fervice dépend de la
prompte circulation de ces mêmes livres ,
le fieur Quillau prie fes abonnés de ne pas
les garder fi long - temps , comme le font
plufieurs , qui ne les rendent qu'au bout
de fix mois & même un an . Delà les
plaintes des autres abonnés qui en font
privés nécellairement , malgré les foins &
les attentions du fieur Quillau à les bien
fervir.
G iij
150 MERCURE DE FRANCE.
OBSERVATIONS & expériences fur diverfes
parties de l'agriculture , par M. Formanoir
de Palteau , de la Société royale
d'agriculture de la généralité de Paris.
chez la veuve D'houry , Imprimeur - Libraire
de la Société royale d'agriculture
de la généralité de Paris , rue Saint - Severin
, près la rue Saint - Jacques ; 1768 ;
brochure in- 8°. de 80 pages.
TRAITÉ des vertus & des récompenfes
pour fervir de fuite au Traité des délits &
des peines ; traduit de l'italien , par M.
Pingeron , Capitaine d'artillerie au fervice
du Roi & de la république de Pologne.
A Paris , chez Panckoucke , Libraire , rue
& à côté de la comédie Françoife ; 1768 :
avec approbation & privilége du Roi , vol.
in- 12 .
Le fuccès qu'a eu dans toute l'Europe
le traité italien des délits & des peines ,
fi bien traduit dans notre langue , demandoit
à être fuivi de l'ouvrage que nous
annonçons ; & ces deux écrits font faits
pour être réunis dans un même recueil
& placés dans les mêmes cabinets . Dans
ce nouveau Traité des vertus & des récompenfes
, on a mis le texte italien à côté de
la traduction françoiſe.
Les métamorphofes de la religieufe : letJUIN
1768. Isr
tres d'une Dame à fon amie. A Amfterdam
, chez Schreuder ; 1768 : & fe trouve
à Paris , chez Laurent Prault , au coin de
la rue Gît- le- coeur , à la fource des Sciences
; deux parties in- 12 .
Ce roman eft véritablement forti de la
main d'une femme , & mérite qu'on en
faffe l'extrait dans un des prochains Mercares.
HISTOIRES morales , fuivies d'une correfpondance
épiftolaire entre deux Dames ;
par Mademoifelle *** avec cette épigraphe
:
›
De toute fiction l'adroite faufleté
Ne tend qu'à faire aux yeux briller la vérité.
Boileau , épit. 3 .
A Londres , & fe trouve à Paris , chez
Lejay , Libraire , quai de Gêvres , au
grand Corneille ; 1768 : in- 12 .
Nous donnerons une notice de ce petit
ouvrage , qui eft réellement auffi d'une
Demoifelle .
PRINCIPES élémentaires de la tactique ,
ou nouvelles obfervations fur l'art militaire
; par M. B ** , Chevalier de l'ordre
royal & militaire de faint Louis. A
Paris , chez Laurent Prault . Libraire , quai
des Auguftins , à la fource des Sciences ;
Giv
152 MERCURE DE FRANCE .
1
1768 : avec approbation & privilége du
Roi , in- 8°.
Le même Libraire mettra en vente inceffamment
le premier volume d'un ouvrage
intitulé , Mémoires fur differentes
parties des fciences & des arts ; par M.
Guétard , de l'Académie royale des fciences
. Le fecond volume , qui eft fous preffe ,
paroîtra dans peu , & nous donnerons une
notice de l'un & de l'autre.
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Résumé : « DICTIONNAIRE typographique, historique & critique des livres rares, singuliers, [...] »
En 1768, plusieurs ouvrages remarquables ont été publiés. Parmi eux, le 'Dictionnaire typographique, historique & critique des livres rares, singuliers, estimés & recherchés' de J. B. L. Ofmont, en deux volumes, est particulièrement estimé par des bibliographes comme M. Mercier et M. Floncel. Cet ouvrage fournit des informations détaillées sur les auteurs, leurs lieux de naissance, leurs périodes de vie, et des remarques pour identifier les bonnes éditions. Il inclut également des catalogues de livres recherchés, des chronologies de pères de l'Église et de poètes, ainsi qu'une liste pour constituer une collection complète de mémoires du clergé. D'autres publications notables incluent le 'Dictionnaire grammatical de la langue françoise' édité chez Vincent, le 'Traité pratique de l'inoculation' de M. Gandoger de Foigny, et 'Le Courrier de la mode, ou le Journal du goût', un périodique sur les nouveautés de mode. Le texte mentionne également 'Des causes du bonheur public' de l'Abbé Gros de Befplas et le 'Cours d'histoire universelle' de M. Luneau de Boisfgermain. Le 'Journal d'éducation' présenté au Roi par M. Leroux est disponible à Amiens, Paris, Versailles et d'autres grandes villes. Parmi les autres ouvrages, on trouve 'Histoire de l'opéra bouffon', qui contient des jugements sur les pièces de théâtre parisiennes et est disponible à Amsterdam et Paris. L''Armorial des États de Languedoc' par M. Gastelier de la Tour, publié en 1767, rassemble les armoiries des commissaires, du clergé, de la noblesse et des villes, avec des notes historiques sur les baronies et les cathédrales. Le 'Panégyrique de Saint Louis' a été prononcé au Louvre en 1767 par l'Abbé de Bassinet et publié en 1768. 'La bataille de Fontenoy', un opéra-tragédie traduit du grec, est disponible à Chambord et Paris. Le 'Nouveau Commentaire sur la coutume de la Rochelle' par René-Josué Valin est publié à Paris. La 'Légende dorée' est disponible à Genève et Paris. 'L'Existence de Dieu' par M. Bullet, professeur de théologie, répond aux philosophes contemporains et est publié à Paris. Enfin, 'Icones rerum naturalium' contient des figures enluminées d'histoire naturelle, imprimé à Copenhague et disponible à Genève et Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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