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Détail
Liste
1
p. 105-113
SUITE des Observations d'une Société d'Amateurs. QUEL genre de décoration & quelle maniere d'illuminer conviennent dans une Eglise ?
Début :
CETTE question, que nous allons discuter, a été proposée à la Société à [...]
Mots clefs :
Ministres du Sanctuaire, Églises paroissiales, Illuminations, Fêtes profanes, Lustres, Lampadaires, Cierges, Arcade
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texteReconnaissance textuelle : SUITE des Observations d'une Société d'Amateurs. QUEL genre de décoration & quelle maniere d'illuminer conviennent dans une Eglise ?
ARTS AGRÉABLES.
SUITE des Obfervations d'une Société
d'Amateurs .
QUEL genre de décoration & quelle maniere
d'illuminer conviennent dans une
Eglife ?
CETTE ETTE question , que nous allons
difcuter a été propofée à la Société à
l'occafion de la folemnité de Noël.
,
Depuis plufieurs années , le zéle des
Miniftres du Sanctuaire , fecondé apparemment
par celui des Particuliers
qui adminiftrent les revenus de quelques
Eglifes Paroiffiales , a tellement
étendu la pompe des illuminations intérieures
, qu'elles font devenues , avec
les Orgues , l'objet de l'attention du
Public , dans la nuit de Noël.
Cette nuit , fi folemnelle pour les
Chrétiens , & dont beaucoup de Fidéles
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
,
paffent une partie dans les Temples ,
demande en effet une plus grande quantité
de lumières que ce qu'on en allume
pour la feule majeſté du culte.
Une forte de néceffité fe joint à la
convenance de l'éclat en cette occafion.
Il eft affez fimple que lorfqu'on a voulu
tourner cette néceffité en décoration
on fe foit fervi d'abord de quelques
Luftres de criftal. Ces premiers moyens
faciles à trouver ont dû paroître fans
conféquence pour une fplendeur momentanée
; d'autant que les commencemens
font toujours modeftes & fans
prétentions. On n'a peut-être pas fait attention
qu'en les multipliant progreffivement
dans les lieux faints
loignoit d'autant du genre propre à les
décorer. Nous ne prétendons par-là ,
ni cenfurer ni rendre fufpectes les intentions
de ceux qui auroient pu fe
laiffer aller à un excès de zéle , & dont
nous ne refpectons pas moins les motifs
& l'objet. On nous interroge fur
des convenances ; nous fommes obligés,
pour répondre , de confidérer , de chercher
les rapports ; nous déclarons ingénuement
que nous n'en trouvons aucun
, entre l'auftère idée de nos faints
Myftères , entre celle d'une Maifon de
on s'éJANVIER.
1763. 107
prieres , tels que font nos Temples , &
de vaftes Edifices transformés en falles
de fêtés profanes.
Lorfque nous croyons que , fans banir
la magnificence & l'éclat qui doivent
régner dans le Tabernacle du
Très-Haut , tout parlera à nos fens de
fon augufte Majefté ; notre vue , au
contraire diftraite & agitée par le
reflet petillant de tant de lumiéres
dans ces cristaux , emporte naturellement
notre efprit fort loin du feul
objet qui devroit le fixer. On ne devroit
pas être étonné , qu'à cet afpect
, le vulgaire ne tombât dans les
mêmes irrévérences & ne fe portât aux
mêmes excès qu'il fe permet quelquefois
dans les lieux auxquels on rend ſi femblable
celui qui ne doit jamais infpirer
qu'une profonde vénération .
Si l'on veut bien le remarquer , on
s'apperçoit de plus , que par cette quantité
de luftres brillans exhauffés en
plufieurs rangs , dans le milieu d'une
Eglife , le principal Autel eft pour ainfi
dire éteint & refte dans une obfcurité
de comparaifon , qui fait que les Miniftres
célébrans n'y font apperçus que
comme des ombres mobiles . Rien n'eft
donc plus contraire aux principes qui ,
E vi
108 MERCURE DE FRANCE.
en général , préfcrivent de rendre toujours
dominant & dans la plus grande
évidence , l'objet auquel doivent fe rapporter
tous les autres. Dans l'application
de ces principes à notre fujet ; qui ne
fentira pas que cet Autel , qu'on laiffe
ainfi dans les ténébres , eft cependant
le point d'où devroit émaner toute la
clarté répandue dans le refte du vaiffeau
comme d'un foyer dont les autres lumiéres
paruffent n'être que des productions
? Si l'on convient de la jufteffe de
cette idée >
fi le rapport avec l'efprit
de la chofe en eft fenfible , on doit
donc convenir que l'ufage dont nous
venons de parler & la maniere dont
on éclaire aujourd'hui quelques Eglifes ,
font des abus , peut-être à plufieurs
égards , mais principalement contre les
loix du goût raifonné , ce qu'il nous appartient
feulement de confidérer.
Pour réformer cet abus , il faudroit ,
dira-t-on , indiquer d'autres moyens que
ceux que l'on critique , puifqu'il eft
vrai que nous convenons de la néceffité
d'éclairer & de la bienféance à éclairer
pompeufement.
Tant de célébres Artiftes , dont les
talens & le génie font fpécialement dirigés
à l'ordonnance des décorations en
JANVIER. 1763. 109
tout genre , fourniront bien mieux que
nous ces fortes de . moyens. Nous tracerons
feulement & fans aucune prétention
, ce que nous avons entrevû d'abord
de poffibilité pour faire rapporter
l'éxécution à ces mêmes principes.
>
Si , par exemple , au lieu des Luftres
de criſtal enhauffés dans les milieux
en de çà des pilaftres , on plaçoit fous
chacune des arcades , qui féparent la
nef de fes bas-côtés , un très - beau Lampadaire
de quelque riche métal ou de
matiere qui le repréfentât , & que ce
Lampadaire portât plufieurs Godets de
lampes à divers étages , lefquels par la
force ou par le nombre des méches formaffent
des efpéces de Pots-à-feu ; ce
genre de meuble confacré , fi l'on peut
dire , dans tous les temps & dans tous
les Rits , ne feroit- il pas beaucoup plus
analogue dans nos Temples , que les
meubles mondains , dont nous reconnoiffons
l'ufage fi inconféquent? Si l'on
appliquoit fur les pilaftres, des girandoles
, foit de métal , foit de quelque
matiere bronzée ou dorée ; que ces girandoles
, pofées dans une moindre élévation
que ne font les luftres , por
taffent tant de branches que l'on voudroit
, pour éclairer les Fidéles dans
110 MERCURE DE FRANCE.
,
leurs lectures plutôt que les voûtes de
l'Eglife , où la grande lumière étant inutile
, ne peut avoir qu'un vain faſte
pour objet ! penfe -t- on que cette diftribution
formât un effet moins auguſte
aux yeux , & n'eût pas davantage le
prétexte légitime d'une pieufe commo.
dité pour les affiftans ? Rien n'intercepteroit
plus la vue du principal objet ,
qui eft l'Autel ; mais au contraire ces
girandoles ou buiffons de lumières ,
par leur pofition fubordonnée aux pointes
des cierges de l'Autel , y conduiroient
les yeux par degrés inférieurs , &
ne difputeroient point d'effet. On propoferoit
encore de charger ( dans cette
occafion feulement ou de femblables )
le principal Autel des plus hauts & des
plus forts cierges par gradins , entre lefquels
on pourroit en mêler d'inférieurs ,
de telle forte que la maffe de cette lumière
fût prédominante fur toute autre.
Pour étendre davantage cette maffe
on garniroit de lumières dans toutes
leurs hauteurs , les deux pilaftres joignant
& renfermant l'Autel , jufqu'à
l'impofte de l'arcade , fous lequel il fe
trouveroit placé. A la clef de cette même
arcade on chercheroit le moyen d'appliquer
un très -fort groupe de lumières ,
و
JANVIER. 1763 . III
lefquelles on tâcheroit de continuer , en
dégradant jufqu'à l'impofte , qu'elles reviendroient
joindre. Ce que nous venons
de propofer ne pouvant avoir lieu
que dans les Eglifes dont l'architecture
favoriferoit cette difpofition , on trouvera
facilement dans les autres les
moyens d'y adapter d'autres diftribu-.
tions relatives à nos principes.
Il eſt encore à obferver que felon ces
mêmes principes , dans les Eglifes où il
fe trouveroit au- delà du choeur des
Chapelles ou autres lieux en perfpective
, ils doivent être frappés d'une
grande lumière , qui en faffe appercevoir
l'éclat ; mais que cette lumière , ou
plutôt fes cauſes , ne doivent point être
perceptibles du point milieu du vaiffeau
; en forte que ce foit l'éclat répandu
fur ces lieux qui forme le point de
yue , & non les bougies , cierges ou
autres lumières , dont l'effet feuldoit être
fénfible, mais non pas
les corps
corps lumineux.
La raifon de ceci eft naturellement déduit
de l'axiome inconteftable , répété
dans toutes nos obfervations fur les
Eglifes à l'égard de la prédominance
indifpenfable de l'Autel , axiome qui
n'en eft pas moins certain , quoique
chaque jour on s'en écarte de plus en
•
112 MERCURE DE FRANCE .
plus , & en faveur duquel nous ne cefferons
d'exciter le goût du Public , juſqu'à
ce que ceux qui devroient le maintenir
ceffent de le violer. Nous avons
déja fait voir l'abſurdité qu'il y auroit à
ne faire qu'un paffage à la vue de l'Autel
augufte , où fe célebre le plus faint
des Sacrifices (a). Ainfi les lumiéres apparentes
étant en cette occafion ce qui
marque davantage il s'enfuit que le
Maître-Autel , & ce qui l'environne
doivent être le plus chargés de ces lumières
, & qu'on ne doit en voir aucune
par-delà , afin que ce point termine le
fpectacle de la pompe.
que
,
Nous croyons convenable de nous
expliquer fur certaines Eglifes , telles
celles des Couvents & autres con- .
fidérées , comme Chapelles ou oratoires
domeftiques . Leur peu d'étendue , la
nature , pour ainfi dire , de leur conftitution
, & celle de leur deſtination , les
difpenfent fans doute des régles que
nous venons , non pas d'établir , n'en
ayant nul droit , mais feulement de développer
& de rappeller aux efprits conféquens
, à l'égard des Eglifes Cathé-
(a ) Voyez les obfervations des Amateurs dans
les années 1760 & 1761 de l'Obfervateur Litséraire.
I
JANVIER. 1763 . 113
drales ou Paroiffiales , qui feules doivent
être regardées comme Temples
publics.
SUITE des Obfervations d'une Société
d'Amateurs .
QUEL genre de décoration & quelle maniere
d'illuminer conviennent dans une
Eglife ?
CETTE ETTE question , que nous allons
difcuter a été propofée à la Société à
l'occafion de la folemnité de Noël.
,
Depuis plufieurs années , le zéle des
Miniftres du Sanctuaire , fecondé apparemment
par celui des Particuliers
qui adminiftrent les revenus de quelques
Eglifes Paroiffiales , a tellement
étendu la pompe des illuminations intérieures
, qu'elles font devenues , avec
les Orgues , l'objet de l'attention du
Public , dans la nuit de Noël.
Cette nuit , fi folemnelle pour les
Chrétiens , & dont beaucoup de Fidéles
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
,
paffent une partie dans les Temples ,
demande en effet une plus grande quantité
de lumières que ce qu'on en allume
pour la feule majeſté du culte.
Une forte de néceffité fe joint à la
convenance de l'éclat en cette occafion.
Il eft affez fimple que lorfqu'on a voulu
tourner cette néceffité en décoration
on fe foit fervi d'abord de quelques
Luftres de criftal. Ces premiers moyens
faciles à trouver ont dû paroître fans
conféquence pour une fplendeur momentanée
; d'autant que les commencemens
font toujours modeftes & fans
prétentions. On n'a peut-être pas fait attention
qu'en les multipliant progreffivement
dans les lieux faints
loignoit d'autant du genre propre à les
décorer. Nous ne prétendons par-là ,
ni cenfurer ni rendre fufpectes les intentions
de ceux qui auroient pu fe
laiffer aller à un excès de zéle , & dont
nous ne refpectons pas moins les motifs
& l'objet. On nous interroge fur
des convenances ; nous fommes obligés,
pour répondre , de confidérer , de chercher
les rapports ; nous déclarons ingénuement
que nous n'en trouvons aucun
, entre l'auftère idée de nos faints
Myftères , entre celle d'une Maifon de
on s'éJANVIER.
1763. 107
prieres , tels que font nos Temples , &
de vaftes Edifices transformés en falles
de fêtés profanes.
Lorfque nous croyons que , fans banir
la magnificence & l'éclat qui doivent
régner dans le Tabernacle du
Très-Haut , tout parlera à nos fens de
fon augufte Majefté ; notre vue , au
contraire diftraite & agitée par le
reflet petillant de tant de lumiéres
dans ces cristaux , emporte naturellement
notre efprit fort loin du feul
objet qui devroit le fixer. On ne devroit
pas être étonné , qu'à cet afpect
, le vulgaire ne tombât dans les
mêmes irrévérences & ne fe portât aux
mêmes excès qu'il fe permet quelquefois
dans les lieux auxquels on rend ſi femblable
celui qui ne doit jamais infpirer
qu'une profonde vénération .
Si l'on veut bien le remarquer , on
s'apperçoit de plus , que par cette quantité
de luftres brillans exhauffés en
plufieurs rangs , dans le milieu d'une
Eglife , le principal Autel eft pour ainfi
dire éteint & refte dans une obfcurité
de comparaifon , qui fait que les Miniftres
célébrans n'y font apperçus que
comme des ombres mobiles . Rien n'eft
donc plus contraire aux principes qui ,
E vi
108 MERCURE DE FRANCE.
en général , préfcrivent de rendre toujours
dominant & dans la plus grande
évidence , l'objet auquel doivent fe rapporter
tous les autres. Dans l'application
de ces principes à notre fujet ; qui ne
fentira pas que cet Autel , qu'on laiffe
ainfi dans les ténébres , eft cependant
le point d'où devroit émaner toute la
clarté répandue dans le refte du vaiffeau
comme d'un foyer dont les autres lumiéres
paruffent n'être que des productions
? Si l'on convient de la jufteffe de
cette idée >
fi le rapport avec l'efprit
de la chofe en eft fenfible , on doit
donc convenir que l'ufage dont nous
venons de parler & la maniere dont
on éclaire aujourd'hui quelques Eglifes ,
font des abus , peut-être à plufieurs
égards , mais principalement contre les
loix du goût raifonné , ce qu'il nous appartient
feulement de confidérer.
Pour réformer cet abus , il faudroit ,
dira-t-on , indiquer d'autres moyens que
ceux que l'on critique , puifqu'il eft
vrai que nous convenons de la néceffité
d'éclairer & de la bienféance à éclairer
pompeufement.
Tant de célébres Artiftes , dont les
talens & le génie font fpécialement dirigés
à l'ordonnance des décorations en
JANVIER. 1763. 109
tout genre , fourniront bien mieux que
nous ces fortes de . moyens. Nous tracerons
feulement & fans aucune prétention
, ce que nous avons entrevû d'abord
de poffibilité pour faire rapporter
l'éxécution à ces mêmes principes.
>
Si , par exemple , au lieu des Luftres
de criſtal enhauffés dans les milieux
en de çà des pilaftres , on plaçoit fous
chacune des arcades , qui féparent la
nef de fes bas-côtés , un très - beau Lampadaire
de quelque riche métal ou de
matiere qui le repréfentât , & que ce
Lampadaire portât plufieurs Godets de
lampes à divers étages , lefquels par la
force ou par le nombre des méches formaffent
des efpéces de Pots-à-feu ; ce
genre de meuble confacré , fi l'on peut
dire , dans tous les temps & dans tous
les Rits , ne feroit- il pas beaucoup plus
analogue dans nos Temples , que les
meubles mondains , dont nous reconnoiffons
l'ufage fi inconféquent? Si l'on
appliquoit fur les pilaftres, des girandoles
, foit de métal , foit de quelque
matiere bronzée ou dorée ; que ces girandoles
, pofées dans une moindre élévation
que ne font les luftres , por
taffent tant de branches que l'on voudroit
, pour éclairer les Fidéles dans
110 MERCURE DE FRANCE.
,
leurs lectures plutôt que les voûtes de
l'Eglife , où la grande lumière étant inutile
, ne peut avoir qu'un vain faſte
pour objet ! penfe -t- on que cette diftribution
formât un effet moins auguſte
aux yeux , & n'eût pas davantage le
prétexte légitime d'une pieufe commo.
dité pour les affiftans ? Rien n'intercepteroit
plus la vue du principal objet ,
qui eft l'Autel ; mais au contraire ces
girandoles ou buiffons de lumières ,
par leur pofition fubordonnée aux pointes
des cierges de l'Autel , y conduiroient
les yeux par degrés inférieurs , &
ne difputeroient point d'effet. On propoferoit
encore de charger ( dans cette
occafion feulement ou de femblables )
le principal Autel des plus hauts & des
plus forts cierges par gradins , entre lefquels
on pourroit en mêler d'inférieurs ,
de telle forte que la maffe de cette lumière
fût prédominante fur toute autre.
Pour étendre davantage cette maffe
on garniroit de lumières dans toutes
leurs hauteurs , les deux pilaftres joignant
& renfermant l'Autel , jufqu'à
l'impofte de l'arcade , fous lequel il fe
trouveroit placé. A la clef de cette même
arcade on chercheroit le moyen d'appliquer
un très -fort groupe de lumières ,
و
JANVIER. 1763 . III
lefquelles on tâcheroit de continuer , en
dégradant jufqu'à l'impofte , qu'elles reviendroient
joindre. Ce que nous venons
de propofer ne pouvant avoir lieu
que dans les Eglifes dont l'architecture
favoriferoit cette difpofition , on trouvera
facilement dans les autres les
moyens d'y adapter d'autres diftribu-.
tions relatives à nos principes.
Il eſt encore à obferver que felon ces
mêmes principes , dans les Eglifes où il
fe trouveroit au- delà du choeur des
Chapelles ou autres lieux en perfpective
, ils doivent être frappés d'une
grande lumière , qui en faffe appercevoir
l'éclat ; mais que cette lumière , ou
plutôt fes cauſes , ne doivent point être
perceptibles du point milieu du vaiffeau
; en forte que ce foit l'éclat répandu
fur ces lieux qui forme le point de
yue , & non les bougies , cierges ou
autres lumières , dont l'effet feuldoit être
fénfible, mais non pas
les corps
corps lumineux.
La raifon de ceci eft naturellement déduit
de l'axiome inconteftable , répété
dans toutes nos obfervations fur les
Eglifes à l'égard de la prédominance
indifpenfable de l'Autel , axiome qui
n'en eft pas moins certain , quoique
chaque jour on s'en écarte de plus en
•
112 MERCURE DE FRANCE .
plus , & en faveur duquel nous ne cefferons
d'exciter le goût du Public , juſqu'à
ce que ceux qui devroient le maintenir
ceffent de le violer. Nous avons
déja fait voir l'abſurdité qu'il y auroit à
ne faire qu'un paffage à la vue de l'Autel
augufte , où fe célebre le plus faint
des Sacrifices (a). Ainfi les lumiéres apparentes
étant en cette occafion ce qui
marque davantage il s'enfuit que le
Maître-Autel , & ce qui l'environne
doivent être le plus chargés de ces lumières
, & qu'on ne doit en voir aucune
par-delà , afin que ce point termine le
fpectacle de la pompe.
que
,
Nous croyons convenable de nous
expliquer fur certaines Eglifes , telles
celles des Couvents & autres con- .
fidérées , comme Chapelles ou oratoires
domeftiques . Leur peu d'étendue , la
nature , pour ainfi dire , de leur conftitution
, & celle de leur deſtination , les
difpenfent fans doute des régles que
nous venons , non pas d'établir , n'en
ayant nul droit , mais feulement de développer
& de rappeller aux efprits conféquens
, à l'égard des Eglifes Cathé-
(a ) Voyez les obfervations des Amateurs dans
les années 1760 & 1761 de l'Obfervateur Litséraire.
I
JANVIER. 1763 . 113
drales ou Paroiffiales , qui feules doivent
être regardées comme Temples
publics.
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Résumé : SUITE des Observations d'une Société d'Amateurs. QUEL genre de décoration & quelle maniere d'illuminer conviennent dans une Eglise ?
Le texte traite de la décoration et de l'illumination appropriées dans une église, en particulier lors de la nuit de Noël. Depuis plusieurs années, les ministres du sanctuaire et les administrateurs des revenus des églises paroissiales ont intensifié les illuminations intérieures, rendant les lustres et les orgues des éléments notables pour le public. La nuit de Noël, étant solennelle pour les chrétiens, nécessite une plus grande quantité de lumières que celles allumées pour la majesté du culte. Cependant, cette nécessité a conduit à une surabondance de lustres en cristal, faciles à obtenir mais inappropriés pour la décoration des lieux saints. Ces lustres, multipliés progressivement, éloignent de l'idée austère des mystères saints et transforment les églises en salles de fêtes profanes. L'éclat des lumières distrait l'esprit et peut entraîner des irrévérences. De plus, la quantité de lustres brillants dans le milieu de l'église éclaire l'autel principal de manière insuffisante, le rendant presque invisible. Cela contredit les principes qui exigent que l'autel soit dominant et évident. Pour réformer cet abus, le texte propose de remplacer les lustres par des lampadaires et des girandoles placés sous les arcades et sur les piliers, afin de diriger la vue vers l'autel. L'autel principal devrait être le point central de la lumière, avec des cierges de différentes hauteurs. Les chapelles et autres lieux en perspective doivent également être éclairés de manière à ce que leur éclat soit visible sans que les sources de lumière soient perceptibles depuis le milieu de la nef. Le texte conclut en rappelant que les petites églises, comme celles des couvents ou des oratoires domestiques, sont dispensées de ces règles, car elles ne sont pas des temples publics.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 113-118
PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
Début :
LE 29, dernier Dimanche du mois d'Août, à quatre heures & demie après-midi [...]
Mots clefs :
Peintre, Exposition, Portrait, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
PEINTURE.
ACADÉMIE de Peinture , de Sculpture
& autres Arts de MARSEILLE .
LEE 29 , dernier Dimanche du mois
d'Août , à quatre heures & demie aprèsmidi
, l'Académie de Peinture , de Sculp
ture & autres Arts , tint fon affemblée
publique dans la grande Salle de l'Hôtel-
de-Ville. MM. de l'Académie des
Belles-Lettres & MM. les Amateurs
Honoraires y furent invités. M. Verdiguier
, Directeur ouvrit la féance par
un Difcours adreffé aux Eléves médailliftes
pour les exciter à faire de mieux
en mieux , après qu'il eut fait l'éloge des
protecteurs des Beaux- Arts en la perfonne
de MM. les Echevins qui diftribuerent
enfuite les Médailles adjugées aux Eléves
pour leurs deffeins académiques . La
premiere fut donnée à M. J. B. Cofte ,
fils de Profeffeur. La feconde à M. Antoine
Blanc , & la troifiéme à M. Michel
Henri. Les Médailles diftribuées
114 MERCURE DE FRANCE .
M. Dageville , Architecte , Voyer particulier
de Marfeille & Profeffeur d'Architecture
, prononça un difcours fur
l'état des eaux de la Ville , fur leur
diftribution & fur un projet de décoration
générale relativement à l'Hydraulique.
M. Moulinneuf, Profeffeur &
Secrétaire perpétuel , termina la féance
par quelques obfervations fur la Peinture
& fur la Sculpture. L'Affemblée fut
fort attentive à toutes ces differtations
qui marquoient combien l'Académie
s'empreffe de contribuer au bien & à
P'utilité du Public. Le meme jour il y
á eu dans la maifon de la veuve Androny
, rue de Paradis , vis - à - vis l'Eglife
S. Régis , l'expofition des ouvrages de
divers membres de l'Académie . Cette
expofition a continué le matin & l'après-
dîné pendant l'efpace de quinze
jours.
EXPOSITION des ouvrages de divers
Membres de l'Académie de Peinture ,
de Sculpture & autres Arts de Marfeille.
DIRECTEURS.
M. VERDIGUIER , Sculpteur.
Douze figures de cabinet en rondeJANVIER.
1763. 115
boffe , repréſentant divers fujets ; l'étude
d'un Encelade ; quatre petits basreliefs
.
M. VERNET , Peintre du Roi.
Deux tableaux payfages & marines
du cabinet de M. Poulhafiés.
PROFESSEURS.
M. COSTE , Peintre .
Deux Deffeins de Paftorales ; un Payfage
à la Gouache.
M. PICHAUME , Peintre.
Un grand Portrait & huit en Buftes.-
M. MOULINNEUF , Peintre.
Deux grands Tableaux de nature
morte repréfentant un cabinet de Mufique
& un de chaffe. Quatre Deffeins
fujets tirés de l'Hiftoire de S. George ,
éxécutés en grands tableaux pour M. le
Marquis de Roux. Trois Portraits en
mignature.
M. ZIRIO , Peintre.
Un Portrait en bufte. Une Magdeleine
, & un S. François en bufte .
་
116 MERCURE DE FRANCE.
M. BEAUFORT' , Peintre.
Deux Efquiffes en gouache repréfentant
, l'un Loth & fes deux filles , &
l'autre Noel couvert d'un manteau par
deux de fes fils . Un deffein à la fanguine
qui repréfente Dédale ajuſtant
des aîles à fon fils Icare.
M. KAPELLER , Peintre.
Deux Tableaux de Payfages , deux
de marine. Un d'architecture. Quatre de
fleurs. Quatre deffeins. Deux gouaches.
M. REVELLY , Peintre.
Un Portrait en_grand. Un moindre.
Deux en bufte. Trois en mignature.
M. ARNAUD , Peintre.
Trois portraits en buftes . Une efquiffe
repréfentant l'Afcenfion. Une têt de
vieillard. Uue Vierge peinte en mignature.
ACADEMICIENS.
M. DESPECHES , Peintre ,
Un tableau en Payfage.
M. Loys , Peintre.
Un petit tableau fur cuivre repréfenJANVIER.
1763. 117
tant la tentation de S. Antoine. Trois
têtes de caractère . Deux portraits en
bufte. Une efquiffe de l'Afcenfion. Un
Portrait en mignature.
M. DE CUGIS , Peintre.
Son tableau de réception repréfentant
la Pithoniffe qui fait voir à Sail
l'ombre de Samuël. Une efquiffe de Sufanne.
Une autre de la Nativité de N. S.
AGRÉGÉS.
M. CELONY , Peintre.
Deux tableaux , l'un repréfentant Abigail
aux genoux de David , & l'autre
Moyfe qui défend des infultes de quelques
Bergers les filles de Raguel , Prêtre
de Madian ; du cabinet de M. le
Marquis d'Arcuffia.
M. VIEL , Peintre.
Un Portrait au paftel.
M. BOUTON , Peintre en mignature ,
Membre de l'Académie Royale de
Peinture , de Sculpture & d'Architecture
de Toulouse.
Plufieurs mignatures dans un grand
tableau .
118 MERCURE DE FRANCE.
Outre cette expofition , il y a eu de
la main de M.Verduſſen, un grand tableau
de bataille qui appartenant à l'Académie
, & deux autres repréfentans un
marché de Poiffons & un marché de
toutes efpéces de denrées & volailles ;
du cabinet de M. Poulhariés.
ACADÉMIE de Peinture , de Sculpture
& autres Arts de MARSEILLE .
LEE 29 , dernier Dimanche du mois
d'Août , à quatre heures & demie aprèsmidi
, l'Académie de Peinture , de Sculp
ture & autres Arts , tint fon affemblée
publique dans la grande Salle de l'Hôtel-
de-Ville. MM. de l'Académie des
Belles-Lettres & MM. les Amateurs
Honoraires y furent invités. M. Verdiguier
, Directeur ouvrit la féance par
un Difcours adreffé aux Eléves médailliftes
pour les exciter à faire de mieux
en mieux , après qu'il eut fait l'éloge des
protecteurs des Beaux- Arts en la perfonne
de MM. les Echevins qui diftribuerent
enfuite les Médailles adjugées aux Eléves
pour leurs deffeins académiques . La
premiere fut donnée à M. J. B. Cofte ,
fils de Profeffeur. La feconde à M. Antoine
Blanc , & la troifiéme à M. Michel
Henri. Les Médailles diftribuées
114 MERCURE DE FRANCE .
M. Dageville , Architecte , Voyer particulier
de Marfeille & Profeffeur d'Architecture
, prononça un difcours fur
l'état des eaux de la Ville , fur leur
diftribution & fur un projet de décoration
générale relativement à l'Hydraulique.
M. Moulinneuf, Profeffeur &
Secrétaire perpétuel , termina la féance
par quelques obfervations fur la Peinture
& fur la Sculpture. L'Affemblée fut
fort attentive à toutes ces differtations
qui marquoient combien l'Académie
s'empreffe de contribuer au bien & à
P'utilité du Public. Le meme jour il y
á eu dans la maifon de la veuve Androny
, rue de Paradis , vis - à - vis l'Eglife
S. Régis , l'expofition des ouvrages de
divers membres de l'Académie . Cette
expofition a continué le matin & l'après-
dîné pendant l'efpace de quinze
jours.
EXPOSITION des ouvrages de divers
Membres de l'Académie de Peinture ,
de Sculpture & autres Arts de Marfeille.
DIRECTEURS.
M. VERDIGUIER , Sculpteur.
Douze figures de cabinet en rondeJANVIER.
1763. 115
boffe , repréſentant divers fujets ; l'étude
d'un Encelade ; quatre petits basreliefs
.
M. VERNET , Peintre du Roi.
Deux tableaux payfages & marines
du cabinet de M. Poulhafiés.
PROFESSEURS.
M. COSTE , Peintre .
Deux Deffeins de Paftorales ; un Payfage
à la Gouache.
M. PICHAUME , Peintre.
Un grand Portrait & huit en Buftes.-
M. MOULINNEUF , Peintre.
Deux grands Tableaux de nature
morte repréfentant un cabinet de Mufique
& un de chaffe. Quatre Deffeins
fujets tirés de l'Hiftoire de S. George ,
éxécutés en grands tableaux pour M. le
Marquis de Roux. Trois Portraits en
mignature.
M. ZIRIO , Peintre.
Un Portrait en bufte. Une Magdeleine
, & un S. François en bufte .
་
116 MERCURE DE FRANCE.
M. BEAUFORT' , Peintre.
Deux Efquiffes en gouache repréfentant
, l'un Loth & fes deux filles , &
l'autre Noel couvert d'un manteau par
deux de fes fils . Un deffein à la fanguine
qui repréfente Dédale ajuſtant
des aîles à fon fils Icare.
M. KAPELLER , Peintre.
Deux Tableaux de Payfages , deux
de marine. Un d'architecture. Quatre de
fleurs. Quatre deffeins. Deux gouaches.
M. REVELLY , Peintre.
Un Portrait en_grand. Un moindre.
Deux en bufte. Trois en mignature.
M. ARNAUD , Peintre.
Trois portraits en buftes . Une efquiffe
repréfentant l'Afcenfion. Une têt de
vieillard. Uue Vierge peinte en mignature.
ACADEMICIENS.
M. DESPECHES , Peintre ,
Un tableau en Payfage.
M. Loys , Peintre.
Un petit tableau fur cuivre repréfenJANVIER.
1763. 117
tant la tentation de S. Antoine. Trois
têtes de caractère . Deux portraits en
bufte. Une efquiffe de l'Afcenfion. Un
Portrait en mignature.
M. DE CUGIS , Peintre.
Son tableau de réception repréfentant
la Pithoniffe qui fait voir à Sail
l'ombre de Samuël. Une efquiffe de Sufanne.
Une autre de la Nativité de N. S.
AGRÉGÉS.
M. CELONY , Peintre.
Deux tableaux , l'un repréfentant Abigail
aux genoux de David , & l'autre
Moyfe qui défend des infultes de quelques
Bergers les filles de Raguel , Prêtre
de Madian ; du cabinet de M. le
Marquis d'Arcuffia.
M. VIEL , Peintre.
Un Portrait au paftel.
M. BOUTON , Peintre en mignature ,
Membre de l'Académie Royale de
Peinture , de Sculpture & d'Architecture
de Toulouse.
Plufieurs mignatures dans un grand
tableau .
118 MERCURE DE FRANCE.
Outre cette expofition , il y a eu de
la main de M.Verduſſen, un grand tableau
de bataille qui appartenant à l'Académie
, & deux autres repréfentans un
marché de Poiffons & un marché de
toutes efpéces de denrées & volailles ;
du cabinet de M. Poulhariés.
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Résumé : PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
Le 29 août, l'Académie de Peinture, de Sculpture et autres Arts de Marseille organisa une assemblée publique dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville. M. Verdiguier, Directeur, inaugura la séance par un discours encourageant les élèves médaillés à s'améliorer. Les échevins remirent ensuite des médailles aux élèves pour leurs dessins académiques : la première à M. J. B. Coste, la seconde à M. Antoine Blanc, et la troisième à M. Michel Henri. M. Dageville, Architecte, prononça un discours sur l'état des eaux de la ville, leur distribution et un projet de décoration hydraulique. M. Moulinneuf, Professeur et Secrétaire perpétuel, conclut la séance par des observations sur la peinture et la sculpture. L'assemblée témoigna de l'engagement de l'Académie pour le bien public. Le même jour, une exposition des œuvres de divers membres de l'Académie eut lieu chez la veuve Androny, rue de Paradis, face à l'église Saint-Régis, et dura quinze jours. Les œuvres exposées incluaient des figures de cabinet, des études, des bas-reliefs, des tableaux de paysages, des marines, des portraits, des natures mortes, et des dessins historiques. Parmi les exposants figuraient M. Verdiguier, M. Vernet, M. Coste, M. Pichaume, M. Moulinneuf, M. Zirio, M. Beaufort, M. Kapeller, M. Revelly, M. Arnaud, M. Despeches, M. Loys, M. de Cugis, M. Celony, M. Viel, et M. Bouton. De plus, un grand tableau de bataille de M. Verdussen, ainsi que deux autres tableaux représentant un marché de poissons et un marché de denrées, furent également exposés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 118-126
A M. DE LA PLACE, Auteur du MERCURE.
Début :
PERSUADE, Monsieur, des avantages que les Arts de Peinture, de Sculpture [...]
Mots clefs :
Sculpture, Peinture, Expressions douces, Grâces, Ruisseau
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texteReconnaissance textuelle : A M. DE LA PLACE, Auteur du MERCURE.
A M. DE LA PLACE , Auteur du
MERCURE.
PERSUADE , Monfieur , des avantages
que les Arts de Peinture , de Sculpture
& c , les Peintres & les Connoiffeurs
peuvent retirer de la defcription d'un
fameux Tableau du célébre Corrége ,
que la France vient tout nouvellement
d'acquérir , je vous prie d'en permettre
l'infertion dans votre Mercure . Elle fait
le contenu d'une lettre que M. Luet de
Bifcontin , ancien Officier d'Infanterie ,
vient de m'adreffer de Marſeille ici à S.
Chamas.Ce favant Connoiffeur nous le
décrit avec beaucoup de lumieres &
de fagacité. Une imagination brillante
& un ftyle délicat femblent en faire le
moindre mérite : en voici l'extrait.
J'ai l'honneur d'être & c.
P. de V **** de P. ****
LETTRE contenant la defcription d'un
Tableau repréfentant les GRACES
qui fe baignent dans la fontaine
d'Acidalie.
J'AI 'AI enfin vu ce précieux Morceau : il
eft non -feulement très-beau , mais encore
je l'ai trouvé parfaitement bien
confervé. On peut dire , Monfieur ,
qu'il n'a pas été payé , quoiqu'on ne
l'ait acquis qu'en le couvrant d'or. Il a ,
franc de baguette,quatre pieds un pouce
de hauteur fur fix pieds cinq pouces de
largeur . Hâtons - nous de vous le décrire.
Je ne voulus point le découvrir qu'auparavant
je ne l'euffe fait placer en un
jour favorable , afin que je puffe jouir
de l'effet du tout enfemble . Il le fit fi
bien , & j'éprouvai un fi grand plaifir
à fon afpect , que je fentis naître dans
l'ame les mêmes mouvemens que l'action
y eût excité , fi elle fe fût paffée
réellement à mes yeux.
Il eſt certain , Monfieur , que de tous
les fujets de Peinture , ceux du genre
galant font ceux qui intéreffent davanrage
, qui ont le plus d'attraits fur l'ima120
MERCURE DE FRANCE .
gination , & qui pénétrent le plus l'âme
du Spectateur. Vous favez que c'eſt là
un goût qui , en enfantant & exécutant
des Sujets gracieux & aimables , ne
manque jamais de donner aux objets
des fituations riantes , des caractères
agréables , & aux figures des expreffions
douces , tendres , délicates , qui flattent
l'oeil , égayent l'efprit , féduifent le coeur.
11 eft donc conftant que les tableaux
comme celui - ci , repréfentans des femmes
dans l'âge de plaire , ont un appas
général. Cela eft aifé à concevoir ; tout
eft charmes , tout eft délices en elles :
elles font la production la plus touchante
, la plus exquife de la nature :
le plaifir anime leurs moindres mouvemens
, & la plupart de leurs actions acquierent
enfin un redoublement d'intérêt.
Notre Tableau devient ainfi un des
plus fatisfaifans ; il nous dépeint , comme
je vous l'écrivis , les Grâces qui fe
baignent dans la fontaine d'Acidalie.
Mais le Corrége les a épifodiquement
accompagnées de divers petits Génies
repréfentans les Amours , les Ris , les
Jeux , les Attraits dont elles font toujours
fuivies. Cupidon , ce redoutable
Dieu , voltige au-deffus des trois Divinités
:
JANVIER. 1763. 121
nités la Fontaine , le Ruiffeau qui en
naît , les Sites & les Arbres du Payfage
y paroiffent avoir été fi fimplement
conduits par la Nature , qu'on
croiroit encore voir ceux du temps de
l'âge d'or.
L'une des Grâces , que je préfume
être Aglaïa , comme la premiere d'entre
elles , occupe la principale place qui eſt
vers le milieu , un peu dans l'enfoncement.
Elle eft de face & debout fur le
bord du ruiffeau : elle a même un pied
dedans. D'une main elle s'appuye fur
le bras de fa compagne ; de l'autre ,
elle fe preffe le mammellon pour en
faire fortir du lait qu'elle répand dans
l'eau . Cette charmante figure ſe préfente
dans une attitude , dont le contour
eft d'une élégance achevée : elle
étale une gorge des mieux fournies , &
des hanches d'une parfaite conformation.
Son teint , dont l'éclatante couleur
eft des plus flatteufes , frappe vivement.
Ses cheveux dorés , & un voile incarnat
attaché fur l'épaule , flottent au gré des
zéphirs.
Quelle douce langueur ne nous montre-
t-elle pas ! De quelle grace , & avec
quelle fine expreffion n'épanche-t - elle
II. Vol. F
-122 MERCURE DE FRANCE .
pas
fon lait ? On croit voir couler du
nectar. Ses yeux languiffans , fa bouche
riante , & un certain air entre le tendre
& le mélancolique , la rendent touchante
& adorable. Auffi pourroit- on
dire que cette Gráce a plus de grâces que
les deux autres .
Cependant celle fur laquelle Aglaia
s'appuye , que nous nommerons Thalie
ne fe préfente pas moins agréablement ,
quoique de profil. La forme de fa
gorge , la coupe délicate de fa taille ,
ont des charmes qui féduifent & nous
prouvent ce qu'elle eft . Notre incomparable
Peintre ne l'auroit pas admiſe au
nombre des grâces , fi elle n'en eût été
pétrie. Elle tâtonne dans l'eau jufqu'à
moitié cuiffe ; & d'une forte
de flacon de cristal à l'antique , elle
répand fur la tête d'un des Jeux , fans
doute , quelque éffence odoriférante
dont le parfum imaginé femble embaumer
l'air qu'on refpire.
Non loin de-là un des Amours traîne
après foi Euphrofine dans la fontaine ,
celle des Graces qui nous montre le dos.
Elle marche en avant , & femble vouloir
s'élancer dans l'eau. Je n'ai guère
vu de dos mieux deffiné , ni d'une fi
JANVIER . 1763 . 123
charmante eurifthmie. Celui de la Vénus
de Medicis n'eft certainement pas d'une
plus belle proportion ; l'attitude en eft
gracieufe à l'extrême . Les parties de
formes ondoyantes ont je ne fai -quoi
de vif, de remuant , d'animé , qu'il n'eft
pas poffible de rencontrer fi bien
ailleurs. Elle eft de caractère léger , délicat
, tel que le charmant Corrége le
donne ordinairement aux Déeffes & aux
Nymphes.
Quelle légéreté ne remarque-t- on
pas dans l'Amour qui vole ? Sufpendu
dans les airs , il femble planer , pour
mieux ajufter fon coup . Le minois capricieux
& dépité , avec lequel il décoche
fon dard , eft d'une expreffion fi
vive , & fi naturelle , qu'en croyant
qu'il refpire véritablement , on ſe perfuaderoit
prefque être foi même en
butte à fes traits.
-
Notre aimable Artifte enfin , toujours
plus ingénieux à nous peindre les
mouvemens de la Nature , a mis entre
les mains d'un des Ris le brandon de
ce Dieu , que fans doute il vient de lui
dérober ; car de l'air avec lequel il fe
cache derrière Thalie l'on préfume
qu'il en eft l'efcamoteur. De plus ,
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
croyant mieux couvrir fon larcin , il
l'enfonce & l'éteint dans la fontaine
d'où s'éxhale une vapeur noire , qui
doit vraisemblablement le décéler. Cette
fumée eft caractérisée & coloriée avec
tant de vérité , qu'elle fait illufion au
point de nous perfuader que l'on entend
le même bouillonnement que produir
la flamme précipitée dans l'eau.
Tous ces petits Génies fe divertiffent
parmi elles ; l'un nâge , l'autre
plonge , l'un danfe , l'autre voltige , &
tous expriment certaines naïvetés fi ingénues
& fi enfantines , que l'Art reffemble
à la Nature même.
C'est en ces fortes de fituations
tendres que l'inimitable Corrége , excellemment
doué du talent merveilleux
de remuer les coeurs par la fineffe
des expreffions ,
a caractérisé en cet
intéreffant tableau différentes paffions.
Je ne finirois point , s'il falloit
vous détailler tous les agrémens que le
Corrége a donné aux objets de fa riante
peinture. On ne peut difconvenir que
toutes les idées qui compofent les tableaux
de ce grand Maître , ne foient nobles
, élevées , extraordinaires
, même
un peu bifarres : que le ftyle en eft fuJANVIER.
1763. 125
blime , les airs de tête finguliers & frappans
: cela eft habituel à notre favant
Artifte ; mais ce qui doit vous furpren
dre , ainfi qu'il m'étonné aujourd'hui
dans la compofition de celui-ci , c'eft
que contre fon ordinaire ce fécond génie
a chargé la fcène d'un nombre confidérable
de figures. Sa verve montée
fur le ton riant & badin' , y a caractériſé ,
d'une aimable gaieté , les principales
paffions . Sous ce nouveau crayon , devenues
plus attrayantes , elles m'ont
paru intéreffer jufqu'à féduire. Je pense
que c'eft ici le plus précieux morceau
qui foit forti de fes mains. Je me flatte
de n'être pas contredit, & nos vrais connoiffeurs
feront de mon opinion lorfqu'ils
l'auront vu . Mais pourquoi ne pas dire
un mot de fon furprenant coloris ? Je
ne puis paffer fous filence la partie ou
ce grand Maître nous a prefque fait
croire qu'un Ange conduifoit fon pinceau.
Tout enchanté dans cette délectable
peinture ; on y trouvé un ragoût
de couleurs , & une touche légère
qu'on ne voit pas même toujours dans
fes ouvrages. Tout y eft moelleux ;
tout y paroît tendre & merveilleux ;
mais en même temps quelle fraîcheur ,
?
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE .
quelle force de coloris ! quelle vérité ! &
quelle excellente manière d'empâter n'y
reconnoît-on pas ? Sa touche élégante
eft d'un fini qui fait fon effet de loin
comme de près. Le tout enfemble tenant
de la magie , a un relief & un
accord dont l'harmonie fe manifefte
généralement dans toutes les parties de
ce délicieux tableau , qui étonne &
fait l'admiration de nos Académiciens ,
ainfi
que de nos plus fins Amateurs.
J'ai l'honneur d'être , & c .
J. LUET DE BISCONTIN.
A Marseille , les Décembre 1762.
MERCURE.
PERSUADE , Monfieur , des avantages
que les Arts de Peinture , de Sculpture
& c , les Peintres & les Connoiffeurs
peuvent retirer de la defcription d'un
fameux Tableau du célébre Corrége ,
que la France vient tout nouvellement
d'acquérir , je vous prie d'en permettre
l'infertion dans votre Mercure . Elle fait
le contenu d'une lettre que M. Luet de
Bifcontin , ancien Officier d'Infanterie ,
vient de m'adreffer de Marſeille ici à S.
Chamas.Ce favant Connoiffeur nous le
décrit avec beaucoup de lumieres &
de fagacité. Une imagination brillante
& un ftyle délicat femblent en faire le
moindre mérite : en voici l'extrait.
J'ai l'honneur d'être & c.
P. de V **** de P. ****
LETTRE contenant la defcription d'un
Tableau repréfentant les GRACES
qui fe baignent dans la fontaine
d'Acidalie.
J'AI 'AI enfin vu ce précieux Morceau : il
eft non -feulement très-beau , mais encore
je l'ai trouvé parfaitement bien
confervé. On peut dire , Monfieur ,
qu'il n'a pas été payé , quoiqu'on ne
l'ait acquis qu'en le couvrant d'or. Il a ,
franc de baguette,quatre pieds un pouce
de hauteur fur fix pieds cinq pouces de
largeur . Hâtons - nous de vous le décrire.
Je ne voulus point le découvrir qu'auparavant
je ne l'euffe fait placer en un
jour favorable , afin que je puffe jouir
de l'effet du tout enfemble . Il le fit fi
bien , & j'éprouvai un fi grand plaifir
à fon afpect , que je fentis naître dans
l'ame les mêmes mouvemens que l'action
y eût excité , fi elle fe fût paffée
réellement à mes yeux.
Il eſt certain , Monfieur , que de tous
les fujets de Peinture , ceux du genre
galant font ceux qui intéreffent davanrage
, qui ont le plus d'attraits fur l'ima120
MERCURE DE FRANCE .
gination , & qui pénétrent le plus l'âme
du Spectateur. Vous favez que c'eſt là
un goût qui , en enfantant & exécutant
des Sujets gracieux & aimables , ne
manque jamais de donner aux objets
des fituations riantes , des caractères
agréables , & aux figures des expreffions
douces , tendres , délicates , qui flattent
l'oeil , égayent l'efprit , féduifent le coeur.
11 eft donc conftant que les tableaux
comme celui - ci , repréfentans des femmes
dans l'âge de plaire , ont un appas
général. Cela eft aifé à concevoir ; tout
eft charmes , tout eft délices en elles :
elles font la production la plus touchante
, la plus exquife de la nature :
le plaifir anime leurs moindres mouvemens
, & la plupart de leurs actions acquierent
enfin un redoublement d'intérêt.
Notre Tableau devient ainfi un des
plus fatisfaifans ; il nous dépeint , comme
je vous l'écrivis , les Grâces qui fe
baignent dans la fontaine d'Acidalie.
Mais le Corrége les a épifodiquement
accompagnées de divers petits Génies
repréfentans les Amours , les Ris , les
Jeux , les Attraits dont elles font toujours
fuivies. Cupidon , ce redoutable
Dieu , voltige au-deffus des trois Divinités
:
JANVIER. 1763. 121
nités la Fontaine , le Ruiffeau qui en
naît , les Sites & les Arbres du Payfage
y paroiffent avoir été fi fimplement
conduits par la Nature , qu'on
croiroit encore voir ceux du temps de
l'âge d'or.
L'une des Grâces , que je préfume
être Aglaïa , comme la premiere d'entre
elles , occupe la principale place qui eſt
vers le milieu , un peu dans l'enfoncement.
Elle eft de face & debout fur le
bord du ruiffeau : elle a même un pied
dedans. D'une main elle s'appuye fur
le bras de fa compagne ; de l'autre ,
elle fe preffe le mammellon pour en
faire fortir du lait qu'elle répand dans
l'eau . Cette charmante figure ſe préfente
dans une attitude , dont le contour
eft d'une élégance achevée : elle
étale une gorge des mieux fournies , &
des hanches d'une parfaite conformation.
Son teint , dont l'éclatante couleur
eft des plus flatteufes , frappe vivement.
Ses cheveux dorés , & un voile incarnat
attaché fur l'épaule , flottent au gré des
zéphirs.
Quelle douce langueur ne nous montre-
t-elle pas ! De quelle grace , & avec
quelle fine expreffion n'épanche-t - elle
II. Vol. F
-122 MERCURE DE FRANCE .
pas
fon lait ? On croit voir couler du
nectar. Ses yeux languiffans , fa bouche
riante , & un certain air entre le tendre
& le mélancolique , la rendent touchante
& adorable. Auffi pourroit- on
dire que cette Gráce a plus de grâces que
les deux autres .
Cependant celle fur laquelle Aglaia
s'appuye , que nous nommerons Thalie
ne fe préfente pas moins agréablement ,
quoique de profil. La forme de fa
gorge , la coupe délicate de fa taille ,
ont des charmes qui féduifent & nous
prouvent ce qu'elle eft . Notre incomparable
Peintre ne l'auroit pas admiſe au
nombre des grâces , fi elle n'en eût été
pétrie. Elle tâtonne dans l'eau jufqu'à
moitié cuiffe ; & d'une forte
de flacon de cristal à l'antique , elle
répand fur la tête d'un des Jeux , fans
doute , quelque éffence odoriférante
dont le parfum imaginé femble embaumer
l'air qu'on refpire.
Non loin de-là un des Amours traîne
après foi Euphrofine dans la fontaine ,
celle des Graces qui nous montre le dos.
Elle marche en avant , & femble vouloir
s'élancer dans l'eau. Je n'ai guère
vu de dos mieux deffiné , ni d'une fi
JANVIER . 1763 . 123
charmante eurifthmie. Celui de la Vénus
de Medicis n'eft certainement pas d'une
plus belle proportion ; l'attitude en eft
gracieufe à l'extrême . Les parties de
formes ondoyantes ont je ne fai -quoi
de vif, de remuant , d'animé , qu'il n'eft
pas poffible de rencontrer fi bien
ailleurs. Elle eft de caractère léger , délicat
, tel que le charmant Corrége le
donne ordinairement aux Déeffes & aux
Nymphes.
Quelle légéreté ne remarque-t- on
pas dans l'Amour qui vole ? Sufpendu
dans les airs , il femble planer , pour
mieux ajufter fon coup . Le minois capricieux
& dépité , avec lequel il décoche
fon dard , eft d'une expreffion fi
vive , & fi naturelle , qu'en croyant
qu'il refpire véritablement , on ſe perfuaderoit
prefque être foi même en
butte à fes traits.
-
Notre aimable Artifte enfin , toujours
plus ingénieux à nous peindre les
mouvemens de la Nature , a mis entre
les mains d'un des Ris le brandon de
ce Dieu , que fans doute il vient de lui
dérober ; car de l'air avec lequel il fe
cache derrière Thalie l'on préfume
qu'il en eft l'efcamoteur. De plus ,
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
croyant mieux couvrir fon larcin , il
l'enfonce & l'éteint dans la fontaine
d'où s'éxhale une vapeur noire , qui
doit vraisemblablement le décéler. Cette
fumée eft caractérisée & coloriée avec
tant de vérité , qu'elle fait illufion au
point de nous perfuader que l'on entend
le même bouillonnement que produir
la flamme précipitée dans l'eau.
Tous ces petits Génies fe divertiffent
parmi elles ; l'un nâge , l'autre
plonge , l'un danfe , l'autre voltige , &
tous expriment certaines naïvetés fi ingénues
& fi enfantines , que l'Art reffemble
à la Nature même.
C'est en ces fortes de fituations
tendres que l'inimitable Corrége , excellemment
doué du talent merveilleux
de remuer les coeurs par la fineffe
des expreffions ,
a caractérisé en cet
intéreffant tableau différentes paffions.
Je ne finirois point , s'il falloit
vous détailler tous les agrémens que le
Corrége a donné aux objets de fa riante
peinture. On ne peut difconvenir que
toutes les idées qui compofent les tableaux
de ce grand Maître , ne foient nobles
, élevées , extraordinaires
, même
un peu bifarres : que le ftyle en eft fuJANVIER.
1763. 125
blime , les airs de tête finguliers & frappans
: cela eft habituel à notre favant
Artifte ; mais ce qui doit vous furpren
dre , ainfi qu'il m'étonné aujourd'hui
dans la compofition de celui-ci , c'eft
que contre fon ordinaire ce fécond génie
a chargé la fcène d'un nombre confidérable
de figures. Sa verve montée
fur le ton riant & badin' , y a caractériſé ,
d'une aimable gaieté , les principales
paffions . Sous ce nouveau crayon , devenues
plus attrayantes , elles m'ont
paru intéreffer jufqu'à féduire. Je pense
que c'eft ici le plus précieux morceau
qui foit forti de fes mains. Je me flatte
de n'être pas contredit, & nos vrais connoiffeurs
feront de mon opinion lorfqu'ils
l'auront vu . Mais pourquoi ne pas dire
un mot de fon furprenant coloris ? Je
ne puis paffer fous filence la partie ou
ce grand Maître nous a prefque fait
croire qu'un Ange conduifoit fon pinceau.
Tout enchanté dans cette délectable
peinture ; on y trouvé un ragoût
de couleurs , & une touche légère
qu'on ne voit pas même toujours dans
fes ouvrages. Tout y eft moelleux ;
tout y paroît tendre & merveilleux ;
mais en même temps quelle fraîcheur ,
?
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE .
quelle force de coloris ! quelle vérité ! &
quelle excellente manière d'empâter n'y
reconnoît-on pas ? Sa touche élégante
eft d'un fini qui fait fon effet de loin
comme de près. Le tout enfemble tenant
de la magie , a un relief & un
accord dont l'harmonie fe manifefte
généralement dans toutes les parties de
ce délicieux tableau , qui étonne &
fait l'admiration de nos Académiciens ,
ainfi
que de nos plus fins Amateurs.
J'ai l'honneur d'être , & c .
J. LUET DE BISCONTIN.
A Marseille , les Décembre 1762.
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Résumé : A M. DE LA PLACE, Auteur du MERCURE.
La lettre adressée à M. de La Place, auteur du Mercure, décrit un célèbre tableau du peintre Corrége, récemment acquis par la France. L'auteur de la lettre, M. Luet de Biscontin, ancien officier d'infanterie, admire ce tableau représentant les Grâces se baignant dans la fontaine d'Acidalie. Le tableau mesure quatre pieds un pouce de hauteur sur six pieds cinq pouces de largeur et est en excellent état malgré les sommes dépensées pour son acquisition. Luet de Biscontin souligne que les sujets galants, comme celui représenté, sont particulièrement captivants. Le tableau montre les Grâces accompagnées de divers petits génies représentant les Amours, les Rires, les Jeux et les Attraits. Cupidon plane au-dessus des trois divinités, et la scène est entourée de la fontaine, du ruisseau, des sites et des arbres du paysage, tous rendus avec une simplicité naturelle. La Grâce principale, présumée être Aglaïa, est décrite en détail : elle est debout sur le bord du ruisseau, appuyée sur une compagne, et presse son sein pour faire sortir du lait qu'elle répand dans l'eau. Sa posture, son teint éclatant, ses cheveux dorés et son voile incarnat sont soulignés pour leur élégance et leur douceur. Les autres Grâces, Thalie et Euphrosine, sont également admirées pour leurs formes et leurs attitudes gracieuses. Les petits génies sont représentés en train de se divertir, exprimant des naïvetés ingénues. Corrége est loué pour son talent à remuer les cœurs par la finesse des expressions et pour la richesse des idées nobles et élevées dans ses tableaux. Le coloris du tableau est particulièrement remarqué pour sa fraîcheur, sa force et sa vérité, avec une touche élégante et un fini exceptionnel. Le tableau est considéré comme un chef-d'œuvre, admiré par les Académiciens et les amateurs d'art.
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4
p. 126-128
MUSIQUE. LETTRE de M. le LOUP, Éditeur des Récréations des POLHYMNIE, à l'Auteur du Mercure.
Début :
J'AI l'honneur de vous présenter le troisiéme Recueil de Polhymnie, dont [...]
Mots clefs :
Polymnie, Airs, Chants, Recueils
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE. LETTRE de M. le LOUP, Éditeur des Récréations des POLHYMNIE, à l'Auteur du Mercure.
MUSIQUE.
LETTRE de M. le LOUP , Éditeur des
Récréations des POLHYMNIE , à
l'Auteur du Mercure.
'AI l'honneur de vous préfenter le
troifiéme Recueil de Polhymnie , dont
la plupart des airs font ainfi que vous
l'avez annoncé , de la compofition de
M. Ponteau , Organifte de S. Jacques
de la Boucherie , & de S. Martin des
JANVIER. 1763 127
,
Champs. C'eſt un Eléve de feu M.
Forcroy , & qui a hérité des talens de
fon oncle , qui étoit célébre pour le
beau chant : vous jugerez en parcourant
fes airs . Il y en a auffi de M. le Jay
Maître de Mufique , ainfi que de M.
Hanot. Si j'en crois plufieurs perfonnes
de goût , ce recueil leur femble le meilleur
des trois . C'eſt au Public à en juger.
J'ofe vous fupplier feulement de
vouloir bien annoncer , que les marchands
de Province qui voudront s'adreffer
à moi pour les avoir , auront
lieu d'être fatisfaits des arrangemens que
je ferai avec eux . Je vous réitére mes
très-humbles remercimens de la manière
obligeante avec laquelle vous
avez annoncé ces recueils .
J'ai l'honneur d'être , & c.
LELOUP.
Premier Livre de piéces de clavecin
, compofé de fix fonates , par M.
Legrand , Organiſte de S. Germain des
Prés , prix , 9 liv.
Six divertiffemens , avec accompagnement
de deux violons ad libitum ,
par M. Wendenbochk , dédié à M.Jean-
François Kniff , premier Bourguemeftre
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
de la ville d'Anvers , prix , 12 livres.
Six due pour deux violons ou pardeffus
de viole , par M. Sebetosky ,
prix , 6 liv.
Méthode pour apprendre la Mufique ,
dont toutes les leçons font à deux parties
, par M. Rollay , prix , 9 liv .
.
Six Sonates pour le violoncelle , par
M. Natat-Refta , oeuvre premier . Prix ,
6. liv.
Le tout fe trouve à Paris , rue du
Roule , chez M. Lemenu , Marchand
de Mufique , à la clef d'or.
LETTRE de M. le LOUP , Éditeur des
Récréations des POLHYMNIE , à
l'Auteur du Mercure.
'AI l'honneur de vous préfenter le
troifiéme Recueil de Polhymnie , dont
la plupart des airs font ainfi que vous
l'avez annoncé , de la compofition de
M. Ponteau , Organifte de S. Jacques
de la Boucherie , & de S. Martin des
JANVIER. 1763 127
,
Champs. C'eſt un Eléve de feu M.
Forcroy , & qui a hérité des talens de
fon oncle , qui étoit célébre pour le
beau chant : vous jugerez en parcourant
fes airs . Il y en a auffi de M. le Jay
Maître de Mufique , ainfi que de M.
Hanot. Si j'en crois plufieurs perfonnes
de goût , ce recueil leur femble le meilleur
des trois . C'eſt au Public à en juger.
J'ofe vous fupplier feulement de
vouloir bien annoncer , que les marchands
de Province qui voudront s'adreffer
à moi pour les avoir , auront
lieu d'être fatisfaits des arrangemens que
je ferai avec eux . Je vous réitére mes
très-humbles remercimens de la manière
obligeante avec laquelle vous
avez annoncé ces recueils .
J'ai l'honneur d'être , & c.
LELOUP.
Premier Livre de piéces de clavecin
, compofé de fix fonates , par M.
Legrand , Organiſte de S. Germain des
Prés , prix , 9 liv.
Six divertiffemens , avec accompagnement
de deux violons ad libitum ,
par M. Wendenbochk , dédié à M.Jean-
François Kniff , premier Bourguemeftre
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
de la ville d'Anvers , prix , 12 livres.
Six due pour deux violons ou pardeffus
de viole , par M. Sebetosky ,
prix , 6 liv.
Méthode pour apprendre la Mufique ,
dont toutes les leçons font à deux parties
, par M. Rollay , prix , 9 liv .
.
Six Sonates pour le violoncelle , par
M. Natat-Refta , oeuvre premier . Prix ,
6. liv.
Le tout fe trouve à Paris , rue du
Roule , chez M. Lemenu , Marchand
de Mufique , à la clef d'or.
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Résumé : MUSIQUE. LETTRE de M. le LOUP, Éditeur des Récréations des POLHYMNIE, à l'Auteur du Mercure.
Le texte est une lettre de M. le Loup, éditeur des 'Récréations des Polhymnie', adressée à l'auteur du Mercure. Elle annonce la publication du troisième recueil de Polhymnie, principalement composé par M. Ponteau, organiste de Saint-Jacques de la Boucherie et de Saint-Martin. Ponteau est présenté comme un élève de feu M. Forcroy et héritier des talents de son oncle, connu pour son beau chant. Le recueil inclut également des airs de M. le Jay et M. Hanot. Plusieurs experts estiment ce recueil comme le meilleur des trois. M. le Loup propose des arrangements pour les marchands de province souhaitant acquérir ces recueils et remercie l'auteur du Mercure pour la promotion des précédents recueils. Le texte mentionne aussi plusieurs publications musicales disponibles à Paris, rue du Roule, chez M. Lemenu, marchand de musique. Ces publications incluent un premier livre de pièces de clavecin par M. Legrand, six divertissements avec accompagnement de deux violons par M. Wendenbochk, six duos pour deux violons ou pardessus de viole par M. Sebetosky, une méthode pour apprendre la musique par M. Rollay, et six sonates pour le violoncelle par M. Natat-Resta. Les prix de ces œuvres varient de 6 à 12 livres.
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5
p. 128-129
GRAVURE.
Début :
CARTE des noms, armes & blasons des Archevêques & Evêques qui composent [...]
Mots clefs :
Cartes, Blasons, Archevêques, Évêques, Maître à écrire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
CARTE des noms , armes & blaſons
des Archevêques & Evêques qui compofent
le Clergé de France , tel qu'il
eft actuellement , avec ceux des Généraux
des Ordres & Grands - Prieurs de
France , par le fieur Dubuiffon Généalogifte
& Doreur du Roi. On y a
joint leur taxe en Cour de Rome &
leurs revenus. Cette Carte eft très - commode
, par les changemens que l'on y
peut faire , en mettant un écuffon à la
place d'un autre , ce qui la rend perpétuelle.
Prix , 30 fols , chez le fieur
JANVIER 1763. 129
Dubuiffon , rue S. Jacques , vis -à-vis
S. Benoît.
PIECES de principes d'écriture , par
le fieur Rochon , Maître à écrire & d'Arithmétique
à Verfailles. Ces deux Piéces
, gravées fur une feule feuille , renferment
généralement tout ce qui concerne
l'écriture . Elles font dédiées à M.
le Comte de Noailles , & fe vendent
chez l'Auteur même , à Versailles.
CARTE des noms , armes & blaſons
des Archevêques & Evêques qui compofent
le Clergé de France , tel qu'il
eft actuellement , avec ceux des Généraux
des Ordres & Grands - Prieurs de
France , par le fieur Dubuiffon Généalogifte
& Doreur du Roi. On y a
joint leur taxe en Cour de Rome &
leurs revenus. Cette Carte eft très - commode
, par les changemens que l'on y
peut faire , en mettant un écuffon à la
place d'un autre , ce qui la rend perpétuelle.
Prix , 30 fols , chez le fieur
JANVIER 1763. 129
Dubuiffon , rue S. Jacques , vis -à-vis
S. Benoît.
PIECES de principes d'écriture , par
le fieur Rochon , Maître à écrire & d'Arithmétique
à Verfailles. Ces deux Piéces
, gravées fur une feule feuille , renferment
généralement tout ce qui concerne
l'écriture . Elles font dédiées à M.
le Comte de Noailles , & fe vendent
chez l'Auteur même , à Versailles.
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Résumé : GRAVURE.
Le document présente deux annonces. La première concerne une gravure de Dubuiffon, généalogiste du Roi, montrant les noms, armes et blasons des archevêques, évêques, généraux des ordres et grands-prieurs de France, avec leurs taxes et revenus. Elle est modifiable et vendue 30 sols en 1763. La seconde annonce concerne des pièces d'écriture de Rochon, maître à écrire à Versailles, dédiées au Comte de Noailles.
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