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5501
p. 1128-1132
Livres nouveaux des Pays Etrangers, &c. [titre d'après la table]
Début :
Livres nouveaux, qui se vendent chez André Cailleau, Quai des Augustins, à [...]
Mots clefs :
Livres nouveaux, Histoire, Théâtre italien, Principes de la Nature, Observations, Annales de Tacite, Libraire, Bibliothèque, Volume, Graveurs
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texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux des Pays Etrangers, &c. [titre d'après la table]
Livres nouveaux , qui se
vendent chez
André Cailleau , Quai des Augustins , à
Image saint André.
Histoire du Théatre Italien, depuis la décadence
de la Comédie Latine ; avec un Catalogue des
Tragédies et Comédies Italiennes , imprimées
depuis l'an 1500.jusqu'à l'an 1660 et une Dissertation
sur la Tragédie moderne , avec les
Figures
MA Y. 1731. 1129
Figures qui en représentent leurs différents
habillemens. Par Louis Ricoboni , in 8. 1730.
Suite de l'Histoire du Théatre Italien, avec une
Lettre de M. Rousseau à l'Auteur ; et l'explication
des figures , in 8. sous presse .
Elemens Historiques , ou Méthode courte et facile
pour apprendre l'Histoire aux enfans , par
M. l'Abbé de Maupertuis , in 12. 2.vol 1730 .
Description Historique des Château , Bourg et
Forêt de Fontainebleau , contenant une Explication
historique des Peintures , Tableaux ,
Bas - Reliefs, Statues, Ornemens qui s'y voient ;
et la vie des Architectes , Peintres et Sculpteurs
qui y ont travaillé , avec Plan et Figures , par
M. l'Abbé Guilbert , in 12. 2. vol . 1731 .
LES PRINCIPES de la Nature ou de la Generation
des choses , par feu M. Colomiez ,
in 12.
1731.
OBSERVATIONS curieuses sur toutes les Parties
de la Physique, extraites et recueillies des meilleurs
Mémoires , in 12. 3. vol. 1730
Suite des Annales de Tacite , avec des Notes politiques
et historiques , tom. 5. et 6. par M.L.
C. D. G✶✶✶ 1731.
Charles Guillaume , Libraire à Paris, ruë d'Hurpois
, près le Pont S. Michel , à S. Charles , a
imprimé et débite depuis peu : Le Coureur de
nuit , oɑ L'aventurier nocturne , traduit de
l'Espagnol de Dom Francisco de Quevedo. Le
prompt debit de ce petit Ouvrage l'a engagé de
mettre sous presse le reste des Oeuvres de cet
Auteur,qu'il promet de donner incessamment
Le soin qu'il prend de cet Ouvrage , le fera
préferer à l'édition de Hollande.
Le même Libraire vend la nouvelle Edition des
AvanL130
MERCURE DE FRANCE
Avantures de Dona Rusine , dite la Foüine
de Seville , ou l'Ameçon des Bourses. 2 vol.
in 12. enrichie de Figures en taille douce.
On va imprimer un Ouvrage de M. le Cat , Chirurgien
, qui a pour titre : Essai Medico- Phisique,
sur les effets de la Saignée ; dans lequel
il établit sur les Loix de la Mécanique et de
P'Hydrautique, les principes generaux des effetsde
la Saignée , l'acceleration, la dérivation , la
révulsion, et réfute plusieurs Ouvrages, récemment
publiez , sur la Saignée, entr'autres celui
de M. Quenet.
On vendra incessamment en détail , la Bibliotheque
de feu M. Géoffroy , celebre Medecin
de la Faculté de Paris , Professeur Royal en
Médecine et en Chymie , Associé , Pensionnaire
de l'Académie Royale des Sciences , et de
la Societé Koyale d'Angleterre. Le Catalogue
imprimé de cette Bibliotheque se distribue chez
Gabriel Martin, Libraire, ruëfaint Jacques,
à l'Etoile..
On vient de recevoir le Projet imprimé du
Cabinet Florentin , qui doit être composé de dix
volumes in folio. Il contiendra tout ce qu'il y a
de plus rare en tout genre d'Antiquité ; non seulement
chez le Grand Duc, mais encore chez tous
les particuliers de Florence ,
Le premier volume contiendra les Pierres gravées
en relief , autrement Camei . Le second , les
Pierres gravées en creux. Le troisième , les Statues.
Le quatrième , les Bustes. Le cinquième , les
Cachets de Bronze. Le six , sept et huit , les Médailles.
Le neuf et le dix , les Portraits des Peintres
qui
MAY. 1731 . 1137
qui ont fait eux- mêmes leurs Portraits . Tous ces
volumes peuvent faire des corps séparez . Le premier
et second , pour les Pierres gravées. Le six ,
sept , huit , pour les Médailles. Le neuf et dix ,
pour les Portraits des Peintres , et pourront être
vendus séparément. Chaque volume contiendra
au moins cent Flanches , avec des Observations
ou Explications d'Antoine- François Gori , écrites
en Latin. On promet d'employer les meilleurs
Graveurs, et de ne rien négliger pour donner à cet
important Recueil toutes les beautez dont il peut
être susceptible . Le premier volume est déja imprimé
, et pour faciliter l'impression des autres ,
on propose des Souscriptions , aux conditions
suivantes.On donnera dix - huit écus de Florence ,
qui font à peu près trente- six écus de notre monnoye.
Pour les deux premiers volumes qui seront
vendus un quart
de plus, à ceux qui n'auront pas
souscrit.
On mande de Rome que le Pape vient d'ac
querir toutes les Planches de cuivre qui avoient
servi lorsqu'on imprima la Roma Soiteranea ,du
Bosio et de l'Aringhy.Il a chargé l'Abbé Bottari,
Florentin , de procurer une nouvelle Edition de
ces deux Ouvrages, à laquelle il se trouve en état
de travailler avec succès , d'autant mieux qu'il a
pris sagement le parti de les refondre et de les remanier
entierement .
La seconde Partie du troisiéme volume de la
Bibliotheque Orientale Clémentine , paroît à Rome
depuis peu .
De Venise. On a traduit et on imprime en
Cette Ville PHistoire Romaine du P. Câtrou.
De Florence. L'Edition de l'Eustathe sur Homere
1132 MERCURE DE FRANCE
mere , traduit et enrichi de Notes , par le P. Polity
, s'avance fort à Florence . On en est au troisiéme
Tome.
Les OEuvres du feu Pape Benoît XIII. que le
Cardinal Marini avoit fait imprimer à Ravennes ,
sont actuellement en vente â Rome , en trois volumes
in folio.
vendent chez
André Cailleau , Quai des Augustins , à
Image saint André.
Histoire du Théatre Italien, depuis la décadence
de la Comédie Latine ; avec un Catalogue des
Tragédies et Comédies Italiennes , imprimées
depuis l'an 1500.jusqu'à l'an 1660 et une Dissertation
sur la Tragédie moderne , avec les
Figures
MA Y. 1731. 1129
Figures qui en représentent leurs différents
habillemens. Par Louis Ricoboni , in 8. 1730.
Suite de l'Histoire du Théatre Italien, avec une
Lettre de M. Rousseau à l'Auteur ; et l'explication
des figures , in 8. sous presse .
Elemens Historiques , ou Méthode courte et facile
pour apprendre l'Histoire aux enfans , par
M. l'Abbé de Maupertuis , in 12. 2.vol 1730 .
Description Historique des Château , Bourg et
Forêt de Fontainebleau , contenant une Explication
historique des Peintures , Tableaux ,
Bas - Reliefs, Statues, Ornemens qui s'y voient ;
et la vie des Architectes , Peintres et Sculpteurs
qui y ont travaillé , avec Plan et Figures , par
M. l'Abbé Guilbert , in 12. 2. vol . 1731 .
LES PRINCIPES de la Nature ou de la Generation
des choses , par feu M. Colomiez ,
in 12.
1731.
OBSERVATIONS curieuses sur toutes les Parties
de la Physique, extraites et recueillies des meilleurs
Mémoires , in 12. 3. vol. 1730
Suite des Annales de Tacite , avec des Notes politiques
et historiques , tom. 5. et 6. par M.L.
C. D. G✶✶✶ 1731.
Charles Guillaume , Libraire à Paris, ruë d'Hurpois
, près le Pont S. Michel , à S. Charles , a
imprimé et débite depuis peu : Le Coureur de
nuit , oɑ L'aventurier nocturne , traduit de
l'Espagnol de Dom Francisco de Quevedo. Le
prompt debit de ce petit Ouvrage l'a engagé de
mettre sous presse le reste des Oeuvres de cet
Auteur,qu'il promet de donner incessamment
Le soin qu'il prend de cet Ouvrage , le fera
préferer à l'édition de Hollande.
Le même Libraire vend la nouvelle Edition des
AvanL130
MERCURE DE FRANCE
Avantures de Dona Rusine , dite la Foüine
de Seville , ou l'Ameçon des Bourses. 2 vol.
in 12. enrichie de Figures en taille douce.
On va imprimer un Ouvrage de M. le Cat , Chirurgien
, qui a pour titre : Essai Medico- Phisique,
sur les effets de la Saignée ; dans lequel
il établit sur les Loix de la Mécanique et de
P'Hydrautique, les principes generaux des effetsde
la Saignée , l'acceleration, la dérivation , la
révulsion, et réfute plusieurs Ouvrages, récemment
publiez , sur la Saignée, entr'autres celui
de M. Quenet.
On vendra incessamment en détail , la Bibliotheque
de feu M. Géoffroy , celebre Medecin
de la Faculté de Paris , Professeur Royal en
Médecine et en Chymie , Associé , Pensionnaire
de l'Académie Royale des Sciences , et de
la Societé Koyale d'Angleterre. Le Catalogue
imprimé de cette Bibliotheque se distribue chez
Gabriel Martin, Libraire, ruëfaint Jacques,
à l'Etoile..
On vient de recevoir le Projet imprimé du
Cabinet Florentin , qui doit être composé de dix
volumes in folio. Il contiendra tout ce qu'il y a
de plus rare en tout genre d'Antiquité ; non seulement
chez le Grand Duc, mais encore chez tous
les particuliers de Florence ,
Le premier volume contiendra les Pierres gravées
en relief , autrement Camei . Le second , les
Pierres gravées en creux. Le troisième , les Statues.
Le quatrième , les Bustes. Le cinquième , les
Cachets de Bronze. Le six , sept et huit , les Médailles.
Le neuf et le dix , les Portraits des Peintres
qui
MAY. 1731 . 1137
qui ont fait eux- mêmes leurs Portraits . Tous ces
volumes peuvent faire des corps séparez . Le premier
et second , pour les Pierres gravées. Le six ,
sept , huit , pour les Médailles. Le neuf et dix ,
pour les Portraits des Peintres , et pourront être
vendus séparément. Chaque volume contiendra
au moins cent Flanches , avec des Observations
ou Explications d'Antoine- François Gori , écrites
en Latin. On promet d'employer les meilleurs
Graveurs, et de ne rien négliger pour donner à cet
important Recueil toutes les beautez dont il peut
être susceptible . Le premier volume est déja imprimé
, et pour faciliter l'impression des autres ,
on propose des Souscriptions , aux conditions
suivantes.On donnera dix - huit écus de Florence ,
qui font à peu près trente- six écus de notre monnoye.
Pour les deux premiers volumes qui seront
vendus un quart
de plus, à ceux qui n'auront pas
souscrit.
On mande de Rome que le Pape vient d'ac
querir toutes les Planches de cuivre qui avoient
servi lorsqu'on imprima la Roma Soiteranea ,du
Bosio et de l'Aringhy.Il a chargé l'Abbé Bottari,
Florentin , de procurer une nouvelle Edition de
ces deux Ouvrages, à laquelle il se trouve en état
de travailler avec succès , d'autant mieux qu'il a
pris sagement le parti de les refondre et de les remanier
entierement .
La seconde Partie du troisiéme volume de la
Bibliotheque Orientale Clémentine , paroît à Rome
depuis peu .
De Venise. On a traduit et on imprime en
Cette Ville PHistoire Romaine du P. Câtrou.
De Florence. L'Edition de l'Eustathe sur Homere
1132 MERCURE DE FRANCE
mere , traduit et enrichi de Notes , par le P. Polity
, s'avance fort à Florence . On en est au troisiéme
Tome.
Les OEuvres du feu Pape Benoît XIII. que le
Cardinal Marini avoit fait imprimer à Ravennes ,
sont actuellement en vente â Rome , en trois volumes
in folio.
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Résumé : Livres nouveaux des Pays Etrangers, &c. [titre d'après la table]
Le document présente une liste de livres et d'ouvrages récemment publiés ou en cours d'impression. Parmi les titres notables, on trouve 'Histoire du Théâtre Italien' de Louis Ricoboni, qui inclut un catalogue des tragédies et comédies italiennes imprimées entre 1500 et 1660, ainsi qu'une dissertation sur la tragédie moderne. Une suite de cet ouvrage est également annoncée, accompagnée d'une lettre de M. Rousseau. D'autres publications mentionnées incluent 'Éléments Historiques' de l'Abbé de Maupertuis, une méthode pour enseigner l'histoire aux enfants, et 'Description Historique des Château, Bourg et Forêt de Fontainebleau' de l'Abbé Guilbert, qui explique les œuvres d'art et les architectes ayant travaillé sur ce site. Le document liste également des ouvrages de physique, de médecine, et des traductions d'auteurs espagnols et latins. Des projets éditoriaux importants sont également mentionnés, comme le 'Cabinet Florentin' en dix volumes, et des rééditions d'ouvrages historiques à Rome et à Venise. Enfin, le document annonce la vente de la bibliothèque de feu M. Géoffroy, un célèbre médecin, et la publication des œuvres du pape Benoît XIII.
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5502
p. 1132-1135
Enfant illustre par son sçavoir, [titre d'après la table]
Début :
On apprend d'Allemagne, que M. Martini, donne dans une Brochure qu'il a publiée, quelques [...]
Mots clefs :
Brochure, Raisons naturelles, Illustre enfant, Syllabes, Maisons de l'Europe, Ecriture Sainte, Infirme, Lait, Précepteur
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texteReconnaissance textuelle : Enfant illustre par son sçavoir, [titre d'après la table]
On apprend d'Allemagne , que M. Martini ,
donne dans une Brochure qu'il a publiée , quelques
raisons naturelles de l'extraordinaire сара-
Cité de l'illustre enfant, Chrétien- Henry Heinecken
, né à Lubeck en 1721. et mort en 1725.
Il parloit à dix mois ; et ayant observé les
mouvemens de ceux qui lui expliquoient diverses
figures , suivant le désir qu'il en avoit marqué , il
prononçoit d'après eux les sillabes ; à un an , il
sçavoit les principaux évenemens du Pentateuque
; à treize mois , l'histoire de l'ancien Testament
; à quatorze , celle du Nouveau ; à deux
ans et demi il répondoit pertinemment aux
questions de la Géographie et de l'Histoire ancienne
et moderne ; il parla bien - tôt Latin avec
facilité, puis le François passablement , et à la fin
de sa troisième année , il connoissoit les Généa–
logies des principales Maisons de l'Europe ; il expliquoit
avec esprit et avec jugement les Passages
et les Sentences de l'Ecriture Sainte. Il voyagea en
Dannemack pendant une bonne partie de sa quatriéme
année , et il y harangua de fort bonne
grace le Roy et les Princes du Sang. Au retour
il apprit à écrire , pouvant à peine tenir la Plume.
Il étoit délicat , infirme , souvent malade , et
même dangereusement , il haïssoit tout autre aliment
que le lait , et que celui de sa nourrice ; il ne
fut sevré que peu de mois avant sa mort , qui arriva
MAY. 1731 .
1133
riva le 27 Juin 1725.et qu'il envisagea d'une ma
niere si chrétienne , qu'il étonna encore plus par
cette fermeté, que par l'immensité de ses progrès
pendant une si courte vie. M. Chrétien jde Schoneich
, son Précepteur , a écrit sa vie. M.Behm
aussi publié une Brochure sur son sujet. M. Seclen
a parlé de lui dans un article de ses Selecte
Litteraria.
a
D'Upsal. Que le Docteur Wallin , expose dans
une Dissertation , l'Art d'écrire avec du feu : De
Arte trithemiana scribendi per ignem.
De Dresde. Que M. Faesch , Major des Ingénieurs
, au service du Roy de Pologne , compose
en Allemand , une Bibliotheque Militaire , où il
traitera de tous les Livres qui parlent de ce qui
appartient à cet Art , avec ses observations sur
ceux qu'il a vûs.
De Nuremberg. Que l'on publie la Traduction
en Allemand des Ouvrages du fameux Gerard de
Lairesse , sur le Dessein et la Peinture , écrits en
Hollandois.
Que M. Jean-Jacques Schubler a fait imprimer
depuis peu, quelques Traitez Allemands, sur
la construction des Colomnes , des Fourneaux à
échaufer les Poëles ; et sur une nouvelle maniere
de placer avantageusement de grandes Lucarnes
dans les Gréniers , &c.
De Rostock. Que M. Schultz a publié une longue
Dissertation sur l'usage de la Musique , dans
'Eglise Chrétienne.
L'Académie Royale des Belles-Lettres , établie
1134 MERCURE DE FRANCE
à Marseille , a donné dans le mois d'Avril dernier,
les deux Prix d'Eloquence et de Poësie qu'elle
avoit a distribuer . M. d'Ardene , Associé
étranger, de la même Académie , a remporté l'un
et l'autre .
Cette Académie nous prie d'avertir , que le
Prix d'Eloquence qu'elle distribuera le premier
Mercredy après le Dimanche de Quasimodo , de
l'année prochaine , 1732. a pour sujet ce passage
de Séneque : Que l'adversité n'abat que ceux que
la prosperité avoit aveuglez. Neminem adversa
fortuna comminuit , nisi quem secunda decepit.
Lib. de Const. ad Helv . cap 1. On sçait
que ce Prix consiste en une Médaille d'or , de la
valeur de trois cent livres .
Le Mercredi , onze Avril , Mess. Maraldi et
Grand-Jean ont été élus à l'Académie Royale
des Sciences , pour remplir la place d'Ajoint Astronome
, vacante par M. Gaudin , devenu Associé
depuis quelque temps. Ces deux sujets ont
été choisis par le Roy , l'un pour remplir la place
vácante , et l'autre pour tenir lieu de M. Delisle
de la Croyere , absent depuis plusieurs années ,
par congé de la Cour , sans néanmoins que ce
dernier cesse d'être de l'Académie , mais la premiere
place d'Ajoint Astronome qui viendra à
vaquer , ne sera point remplie.
Le Mercredi 18. Mess. Borave et Morgagni ,
ont été élus , pour remplir la place d'Associé
étranger , vacante par la mort du Comte de
Marsigli. Le choix du Roy est tombé sur Monsieur
Borave .
Le Samedy 28. M. Bourdelin , Ajoint Chimiste
, et M. Grost , externe , ont été élus pour
remplir la place d'Associé Chimiste , vacante
" par
MAY.
1731. ་ ་ ༣ ་
par M. Dufay , devenu Pensionaire depuis quel
que temps. Le choix du Roy est tombé sur Monsieur
Bourdelin.
On écrit de Londres que le 9. de ce mois , le
sieur Wood fit ses expériences pour tirer du Fer de
la Mine de Charbon de terre , en présence du
Comte d'Islay , du Chevalier Charles Wager , du
Chevalier Jean Eyles , et d'autres personnes que
le Conseil Privé du Roy avoit nommées . Il employa
172 livres de cette Mine , et il en retira une
Barre de 35 liy. qui parut être de tres - bon fer .
Ces Lettres ajoutent que le 13 de ce mois , le
Marquis de Braekly , fils aîné du Duc de Brigewater
, âgé d'environ 7 ans , mourut de la petite
Verole , dont on lui avoit fait l'insertion quel
ques jours auparavant, comme à son frere le Lord
Jean , qui est à present hors de danger.
donne dans une Brochure qu'il a publiée , quelques
raisons naturelles de l'extraordinaire сара-
Cité de l'illustre enfant, Chrétien- Henry Heinecken
, né à Lubeck en 1721. et mort en 1725.
Il parloit à dix mois ; et ayant observé les
mouvemens de ceux qui lui expliquoient diverses
figures , suivant le désir qu'il en avoit marqué , il
prononçoit d'après eux les sillabes ; à un an , il
sçavoit les principaux évenemens du Pentateuque
; à treize mois , l'histoire de l'ancien Testament
; à quatorze , celle du Nouveau ; à deux
ans et demi il répondoit pertinemment aux
questions de la Géographie et de l'Histoire ancienne
et moderne ; il parla bien - tôt Latin avec
facilité, puis le François passablement , et à la fin
de sa troisième année , il connoissoit les Généa–
logies des principales Maisons de l'Europe ; il expliquoit
avec esprit et avec jugement les Passages
et les Sentences de l'Ecriture Sainte. Il voyagea en
Dannemack pendant une bonne partie de sa quatriéme
année , et il y harangua de fort bonne
grace le Roy et les Princes du Sang. Au retour
il apprit à écrire , pouvant à peine tenir la Plume.
Il étoit délicat , infirme , souvent malade , et
même dangereusement , il haïssoit tout autre aliment
que le lait , et que celui de sa nourrice ; il ne
fut sevré que peu de mois avant sa mort , qui arriva
MAY. 1731 .
1133
riva le 27 Juin 1725.et qu'il envisagea d'une ma
niere si chrétienne , qu'il étonna encore plus par
cette fermeté, que par l'immensité de ses progrès
pendant une si courte vie. M. Chrétien jde Schoneich
, son Précepteur , a écrit sa vie. M.Behm
aussi publié une Brochure sur son sujet. M. Seclen
a parlé de lui dans un article de ses Selecte
Litteraria.
a
D'Upsal. Que le Docteur Wallin , expose dans
une Dissertation , l'Art d'écrire avec du feu : De
Arte trithemiana scribendi per ignem.
De Dresde. Que M. Faesch , Major des Ingénieurs
, au service du Roy de Pologne , compose
en Allemand , une Bibliotheque Militaire , où il
traitera de tous les Livres qui parlent de ce qui
appartient à cet Art , avec ses observations sur
ceux qu'il a vûs.
De Nuremberg. Que l'on publie la Traduction
en Allemand des Ouvrages du fameux Gerard de
Lairesse , sur le Dessein et la Peinture , écrits en
Hollandois.
Que M. Jean-Jacques Schubler a fait imprimer
depuis peu, quelques Traitez Allemands, sur
la construction des Colomnes , des Fourneaux à
échaufer les Poëles ; et sur une nouvelle maniere
de placer avantageusement de grandes Lucarnes
dans les Gréniers , &c.
De Rostock. Que M. Schultz a publié une longue
Dissertation sur l'usage de la Musique , dans
'Eglise Chrétienne.
L'Académie Royale des Belles-Lettres , établie
1134 MERCURE DE FRANCE
à Marseille , a donné dans le mois d'Avril dernier,
les deux Prix d'Eloquence et de Poësie qu'elle
avoit a distribuer . M. d'Ardene , Associé
étranger, de la même Académie , a remporté l'un
et l'autre .
Cette Académie nous prie d'avertir , que le
Prix d'Eloquence qu'elle distribuera le premier
Mercredy après le Dimanche de Quasimodo , de
l'année prochaine , 1732. a pour sujet ce passage
de Séneque : Que l'adversité n'abat que ceux que
la prosperité avoit aveuglez. Neminem adversa
fortuna comminuit , nisi quem secunda decepit.
Lib. de Const. ad Helv . cap 1. On sçait
que ce Prix consiste en une Médaille d'or , de la
valeur de trois cent livres .
Le Mercredi , onze Avril , Mess. Maraldi et
Grand-Jean ont été élus à l'Académie Royale
des Sciences , pour remplir la place d'Ajoint Astronome
, vacante par M. Gaudin , devenu Associé
depuis quelque temps. Ces deux sujets ont
été choisis par le Roy , l'un pour remplir la place
vácante , et l'autre pour tenir lieu de M. Delisle
de la Croyere , absent depuis plusieurs années ,
par congé de la Cour , sans néanmoins que ce
dernier cesse d'être de l'Académie , mais la premiere
place d'Ajoint Astronome qui viendra à
vaquer , ne sera point remplie.
Le Mercredi 18. Mess. Borave et Morgagni ,
ont été élus , pour remplir la place d'Associé
étranger , vacante par la mort du Comte de
Marsigli. Le choix du Roy est tombé sur Monsieur
Borave .
Le Samedy 28. M. Bourdelin , Ajoint Chimiste
, et M. Grost , externe , ont été élus pour
remplir la place d'Associé Chimiste , vacante
" par
MAY.
1731. ་ ་ ༣ ་
par M. Dufay , devenu Pensionaire depuis quel
que temps. Le choix du Roy est tombé sur Monsieur
Bourdelin.
On écrit de Londres que le 9. de ce mois , le
sieur Wood fit ses expériences pour tirer du Fer de
la Mine de Charbon de terre , en présence du
Comte d'Islay , du Chevalier Charles Wager , du
Chevalier Jean Eyles , et d'autres personnes que
le Conseil Privé du Roy avoit nommées . Il employa
172 livres de cette Mine , et il en retira une
Barre de 35 liy. qui parut être de tres - bon fer .
Ces Lettres ajoutent que le 13 de ce mois , le
Marquis de Braekly , fils aîné du Duc de Brigewater
, âgé d'environ 7 ans , mourut de la petite
Verole , dont on lui avoit fait l'insertion quel
ques jours auparavant, comme à son frere le Lord
Jean , qui est à present hors de danger.
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Résumé : Enfant illustre par son sçavoir, [titre d'après la table]
Le texte relate les exploits exceptionnels de Chrétien-Henry Heinecken, né à Lübeck en 1721 et décédé en 1725. Dès l'âge de dix mois, il parlait et prononçait des syllabes en observant des figures. À un an, il connaissait les principaux événements du Pentateuque. À deux ans et demi, il répondait à des questions de géographie et d'histoire. Il maîtrisait plusieurs langues, y compris le latin et le français, et connaissait les généalogies des principales maisons d'Europe. Il voyagea et harangua le roi et les princes du sang à Dannemack. Malade et délicat, il ne se sevrait que peu avant sa mort en mai 1731. M. Chrétien de Schoneich, son précepteur, et M. Behm ont écrit sur sa vie. Le texte mentionne également diverses publications et activités académiques. À Dresde, M. Faesch compose une Bibliothèque Militaire. À Nuremberg, des traductions des œuvres de Gerard de Lairesse sont publiées. À Rostock, M. Schultz publie une dissertation sur l'usage de la musique dans l'Église chrétienne. L'Académie Royale des Belles-Lettres de Marseille a décerné des prix d'éloquence et de poésie, avec un sujet pour l'année suivante sur un passage de Sénèque. L'Académie Royale des Sciences a élu de nouveaux membres pour des postes vacants. À Londres, le sieur Wood a réalisé des expériences pour extraire du fer de la mine de charbon en présence de dignitaires. Le marquis de Braekly, fils du duc de Brigewater, est mort de la petite vérole à l'âge de sept ans.
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5503
p. 1135-1136
EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
Début :
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes. [...]
Mots clefs :
Opération, Hôpital, Chirurgien, Pauvres, Victimes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
EXTRAIT d'une Lettre , écrite de Paris
, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération
de la Taille.
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier
, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes.
M. Maréchal , premier Chirurgien du Roy , toujours
plein de zéle et d'affection pour les pauvres ,
voulut non seulement y être present , mais encore
y opérer.Il fit trois Tailles . M.de la Perronie, premier
Chirurgien du Roy en survivance , en fit
aussi trois .
M. Morand , Chirurgien Major de cet Hôpital
, en fit deux .
M. Guérin pere , Chirurgien Major des Gardes
Françoises , et ancien Chirurgien Major de
cet Hôpital , en fit une.
M. Guérin fils , Substitut du même Hôpital ,
en fit une ; enfin M. Perché , gagnant Maîtrise
G au
1135 MERCURE DE FRANCE
au même Hôpital,fit la derniere. Le tout se passa
sous la direction de M. Rénéaume , Médecin en
quartier de cet Hôpital .
La Taille,par l'Opération Latérale que M. Morand
avoit promis de faire , avoit attiré beaucoup
de curieux ; mais M. Maréchal qui connoît les
inconveniens de cette Opération , en disposa autrement
, en exécutant lui - même , et faisant exécuter
l'Opération , à la maniere ordinaire ; et,
il confia le soin de cet Hôpital à M. Guérin.
Pere. Vous voïez par là qu'on ne sçauroit
trop louer la sagesse et la charité de M. Maréchal.
Par là les pauvres serviront d'instruction an
Eleves , sans être leurs victimes.
, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération
de la Taille.
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier
, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes.
M. Maréchal , premier Chirurgien du Roy , toujours
plein de zéle et d'affection pour les pauvres ,
voulut non seulement y être present , mais encore
y opérer.Il fit trois Tailles . M.de la Perronie, premier
Chirurgien du Roy en survivance , en fit
aussi trois .
M. Morand , Chirurgien Major de cet Hôpital
, en fit deux .
M. Guérin pere , Chirurgien Major des Gardes
Françoises , et ancien Chirurgien Major de
cet Hôpital , en fit une.
M. Guérin fils , Substitut du même Hôpital ,
en fit une ; enfin M. Perché , gagnant Maîtrise
G au
1135 MERCURE DE FRANCE
au même Hôpital,fit la derniere. Le tout se passa
sous la direction de M. Rénéaume , Médecin en
quartier de cet Hôpital .
La Taille,par l'Opération Latérale que M. Morand
avoit promis de faire , avoit attiré beaucoup
de curieux ; mais M. Maréchal qui connoît les
inconveniens de cette Opération , en disposa autrement
, en exécutant lui - même , et faisant exécuter
l'Opération , à la maniere ordinaire ; et,
il confia le soin de cet Hôpital à M. Guérin.
Pere. Vous voïez par là qu'on ne sçauroit
trop louer la sagesse et la charité de M. Maréchal.
Par là les pauvres serviront d'instruction an
Eleves , sans être leurs victimes.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
Le 10 mai 1731, une série de tailles a été réalisée à l'Hôpital de la Charité des Hommes à Paris. Plusieurs chirurgiens ont participé à cette opération. M. Maréchal, premier chirurgien du roi, a effectué trois tailles et a supervisé l'ensemble de l'opération. M. de la Perronie, premier chirurgien du roi en survivance, en a réalisé trois également. M. Morand, chirurgien major de l'hôpital, en a effectué deux. M. Guérin père, chirurgien major des Gardes Françaises et ancien chirurgien major de l'hôpital, a réalisé une taille, tout comme son fils, M. Guérin, substitut de l'hôpital. M. Perché, en voie d'obtenir sa maîtrise, a réalisé la dernière taille. Toutes les opérations ont été dirigées par M. Rénéaume, médecin en quartier de l'hôpital. Initialement, une opération latérale promise par M. Morand avait attiré de nombreux curieux, mais M. Maréchal a décidé de procéder à l'opération de manière ordinaire. Cette décision visait à éviter les inconvénients de l'opération latérale et à assurer que les pauvres patients servent d'instruction aux élèves sans en être les victimes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5504
p. 1136
QUESTION.
Début :
Si l'Amour et la Raison peuvent se trouver en même-temps dans le même personne ? ou si l'Amour [...]
Mots clefs :
Amour, Raison, Cause physique, Vivacité , Stupidité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION.
QUESTION.
Si l'Amour et la Raison peuvent se trouver en
même-temps dans la même personne ? ou si l'Amour
et la Raison sont compatibles !
On demande aussi la cause Fisique ou morale
de l'éfet qui arive dans les enfans qui meurent
jeunes , après avoir doné de grandes esperances
dans leur premiere enfance, et de l'éfet qui arrive
dans les enfans dont la vivacité s'est changée en
stupidité , et si on doit atribuer ces deus sors
au grand soin que l'on a pris de leur éducation.
On souhaiteroit bien de voir sur cette question
les refléxions de quelque habile Filosofe , puisqu'on
voit des enfans de tous caracteres mourir
en bas âge , aussi bien que des enfans d'esprit ;
et que l'on voit des enfans d'esprit , dont on a
cultivé l'enfance , venir dans un âge adulte et mûr,
aussi -bien que d'autres qui n'ont point été chargez
de trop d'esprit ni de trop d'étude .
Si l'Amour et la Raison peuvent se trouver en
même-temps dans la même personne ? ou si l'Amour
et la Raison sont compatibles !
On demande aussi la cause Fisique ou morale
de l'éfet qui arive dans les enfans qui meurent
jeunes , après avoir doné de grandes esperances
dans leur premiere enfance, et de l'éfet qui arrive
dans les enfans dont la vivacité s'est changée en
stupidité , et si on doit atribuer ces deus sors
au grand soin que l'on a pris de leur éducation.
On souhaiteroit bien de voir sur cette question
les refléxions de quelque habile Filosofe , puisqu'on
voit des enfans de tous caracteres mourir
en bas âge , aussi bien que des enfans d'esprit ;
et que l'on voit des enfans d'esprit , dont on a
cultivé l'enfance , venir dans un âge adulte et mûr,
aussi -bien que d'autres qui n'ont point été chargez
de trop d'esprit ni de trop d'étude .
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Résumé : QUESTION.
Le texte pose deux questions principales : la compatibilité de l'Amour et de la Raison, et les causes de la mort précoce ou de la stupidité chez certains enfants prometteurs. Il explore si un excès de soin dans l'éducation pourrait expliquer ces phénomènes. Il souhaite des réflexions philosophiques sur ces sujets, notant que tous les enfants, qu'ils soient d'esprit ou non, peuvent mourir jeunes ou devenir adultes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5505
p. 1136-1138
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une très-belle Etampe gravée par M. Laur. Cars, dont le Public connoît déja les [...]
Mots clefs :
Estampe, Tableau, Ecclésiastique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît une très- belle Etampe gravée par
M.
་
MAY. 1731.
1137
1
M. Laur. Cars , dont le Public connoît déja le
talens. Elle répresente Suzanne et les deux Vieillards
, d'après un excellent Tableau de M. de
Troy , d'une belle et riche composition. On
la vend chez l'Auteur , ruë neuve des Petits-
Champs , et chez Duchange , ruë S. Jacques.
M. Silvestre , vient d'achever une Estampe
qu'il a gravée d'après un Tableau de M. François
Te Moine , représentant Ubalde et le Chevalier
Danois, allant chercher Renaud, enchanté dans
le Palais d'Armide. Ce Tableau est dans le Cabinet
de M. le Premier ; tout le monde connoît
le mérite de ce Peintre , et l'on peut dire que l'Estampe
est gravée d'un gout et d'une touche admirable.
Cette Estampe se distribuë chez M.Surugue
Graveur du Roi , ruë des Noyers , entre
les deux premieres Portes Cocheres , vis - à - vis
l'Eglise de S. Yves , à Paris . M. Surugue donnera
incessament , L'arrivée de l'Operateur en l'Hôtellerie
, et Ragotin déclamant ; des Paysans
croyent qu'il prêche : ce sont les six et septiéme
du Roman Comique de Scaron.
qua-
Jean - Baptiste le Brun , ancien Ecclesiatique
du Diocèse de Rouen , retiré depuis plus de
Tante ans à Orléans , et connu par plusieurs Ouvrages
, entr'autres par la nouvelle Edition des
Oeuvres de S. Paulin de Nole , est décedé dans
la même Ville d'Orleans , le 20. du mois de Mars
âgé de 75. ans.
Le Sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de donner avis qu'il a un Remede
sans gout , qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; ceux qui s'en servent en rendront té-
Gij moi1138
MERCURE DE FRANCE
moignage . On donne la maniere facile de s'en
servir , son nom et le prix sont sur ses Boëtes ,
il en a de deux , de trois et de quatre livres ; sa
demeure , avec Tableau , est à Paris , rue Comtesse
d'Artois, au Dauphin , proche la Comedie
Italienne.
M.
་
MAY. 1731.
1137
1
M. Laur. Cars , dont le Public connoît déja le
talens. Elle répresente Suzanne et les deux Vieillards
, d'après un excellent Tableau de M. de
Troy , d'une belle et riche composition. On
la vend chez l'Auteur , ruë neuve des Petits-
Champs , et chez Duchange , ruë S. Jacques.
M. Silvestre , vient d'achever une Estampe
qu'il a gravée d'après un Tableau de M. François
Te Moine , représentant Ubalde et le Chevalier
Danois, allant chercher Renaud, enchanté dans
le Palais d'Armide. Ce Tableau est dans le Cabinet
de M. le Premier ; tout le monde connoît
le mérite de ce Peintre , et l'on peut dire que l'Estampe
est gravée d'un gout et d'une touche admirable.
Cette Estampe se distribuë chez M.Surugue
Graveur du Roi , ruë des Noyers , entre
les deux premieres Portes Cocheres , vis - à - vis
l'Eglise de S. Yves , à Paris . M. Surugue donnera
incessament , L'arrivée de l'Operateur en l'Hôtellerie
, et Ragotin déclamant ; des Paysans
croyent qu'il prêche : ce sont les six et septiéme
du Roman Comique de Scaron.
qua-
Jean - Baptiste le Brun , ancien Ecclesiatique
du Diocèse de Rouen , retiré depuis plus de
Tante ans à Orléans , et connu par plusieurs Ouvrages
, entr'autres par la nouvelle Edition des
Oeuvres de S. Paulin de Nole , est décedé dans
la même Ville d'Orleans , le 20. du mois de Mars
âgé de 75. ans.
Le Sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de donner avis qu'il a un Remede
sans gout , qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; ceux qui s'en servent en rendront té-
Gij moi1138
MERCURE DE FRANCE
moignage . On donne la maniere facile de s'en
servir , son nom et le prix sont sur ses Boëtes ,
il en a de deux , de trois et de quatre livres ; sa
demeure , avec Tableau , est à Paris , rue Comtesse
d'Artois, au Dauphin , proche la Comedie
Italienne.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs œuvres artistiques et annonces personnelles. Une estampe gravée par M. May en mai 1731 représente Suzanne et les deux Vieillards, d'après un tableau de M. de Troy. Cette estampe est en vente chez l'auteur et chez Duchange. M. Silvestre a également achevé une estampe d'après un tableau de M. François Te Moine, représentant Ubalde et le Chevalier Danois. Cette estampe est distribuée par M. Surugue, graveur du Roi, qui prévoit publier d'autres estampes inspirées du Roman Comique de Scaron. Par ailleurs, Jean-Baptiste le Brun, ancien ecclésiastique du diocèse de Rouen, est décédé à Orléans à l'âge de 75 ans. Enfin, le Sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, propose un remède pour préserver les dents, disponible à Paris rue Comtesse d'Artois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5506
p. 1138
CHANSON.
Début :
Pere du jour, quitte le sein de l'Onde, [...]
Mots clefs :
Onde, Feux, Mortels endormis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
PEre du jour , quitte le sein de l'Onde ,
Viens , hâtes-toi , lance tes feux chéris ,
Fais que les Mortels endormis
Soient ranimez par ta chaleur féconde.
C'est par toi que les Dieux brillent dans leur
séjour ,
Par toi que les Humains respirent sur la terre ;
Mais si sur nos Côteaux tu répans ta lumiere ,
Une seconde fois nous te devrons le jour ,
PEre du jour , quitte le sein de l'Onde ,
Viens , hâtes-toi , lance tes feux chéris ,
Fais que les Mortels endormis
Soient ranimez par ta chaleur féconde.
C'est par toi que les Dieux brillent dans leur
séjour ,
Par toi que les Humains respirent sur la terre ;
Mais si sur nos Côteaux tu répans ta lumiere ,
Une seconde fois nous te devrons le jour ,
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5507
p. 1138
AUTRE.
Début :
Que t'ais-je fait, cruel Amour ? [...]
Mots clefs :
Amour, Constance, Absence, Infidèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Ue t'ais- je fait , cruel Amour ?
Viens-tu pour prix de ma constance
Redoubler les maux de l'absence ,
Par un plus funeste retour ?
Mon Amant revient en ce jour .
Que dis- je ? mon Amant ! ah ! c'est mon infidelė
Il revoit ce fatal séjour ;
Mais ma Rivale le rappelle,
Que t'ais-je fair , cruel Amour ;
Ue t'ais- je fait , cruel Amour ?
Viens-tu pour prix de ma constance
Redoubler les maux de l'absence ,
Par un plus funeste retour ?
Mon Amant revient en ce jour .
Que dis- je ? mon Amant ! ah ! c'est mon infidelė
Il revoit ce fatal séjour ;
Mais ma Rivale le rappelle,
Que t'ais-je fair , cruel Amour ;
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5508
p. 1139-1152
Endymion, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Le Jeudi 21. de ce mois, l'Académie Royale de Musique, donna la premiere [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Scène, Avertissement, Musique, Paroles, Satire, Acte, Fête, Amour, Bergers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Endymion, Extrait, [titre d'après la table]
LRO
E Jeudi 21. de ce mois , l'Académie
Royale de Musique,donna la premiere
Représentation d'Endymion , Pastorale héroïque
, sans Prologue. Les paroles sont
de M. de Fontenelle , et la Musique , de
M.de Blamont. On apprend dans un petit
Avertissement à la tête du Poëme imprimé
, que cette Piece n'est pas entierement
telle que le Public l'avoit depuis longtemps
imprimée avec d'autres Ouvrages
de la même main.
Pan ouvre la Scene , suivi d'un Satyre
et de Lycoris , Confidente de Diane ; ils
tâchent de le détourner de l'amour qu'il
a pour Diane ; il ne se rend pas à leurs sages
conseils , et s'exprime ainsi .
Je ne sens point mon coeur effrayé des obstacles ,
Pour les surmonter tous, il est d'heureux moiens;
Mais quand l'Amour fait des miracles ,
Ce n'est pas en faveur des timides Amans .
Pan se retire ; Diane vient , Lycoris lui
dit qu'elle est heureuse de ne point trouver
Pan qui vient de quitter ces lieux ,
Giij
ct
140 MERCURE DE FRANCE
et qui n'auroit pas manqué de l'entretenir
d'un amour importun .
La Bergere Ismene vient prier Diane
de la recevoir parmi ses Nymphes. L'indifference
d'Endymion , qu'elle aime encore
, quoiqu'elle se flatte de ne le plus
aimer , est le motif qui la porte à cette
résolution ; Diane se défie d'un desseinsi
précipité , et dit à Ismene qu'elle aime
encore Endymion ; Ismene se sentant trop
presser , dit enfin à la Déesse :
Si j'aime encor , helas ! permettez que j'implora
Votre secours pour n'aimer plus.,
Diane appelle ses Nymphes à qui elle
ordonne de recevoir Ismene parmi elles..
La ceremonie de cette reception fait la
Fête de ce premier Acte ; la Déesse `donne
l'Arc et le Carquois à la nouvelle-
Nymphe..
Après la Fête , Diane qui aime en secret
Endymion, fait entendre qu'Ismene choisit
mal son azile , dans une Cour dont
la Souveraine n'a pû se deffendre d'aimer..
Lycoris n'oublie rien pour la dégager
d'un amour indigne d'un coeur aussi
grand que le sien ; elle lui répond :
Je rougis de ma tendresse ,.
Et non pas de son objet.;,
L'aie
MAY. 1147 17312
L'aimable Berger que j'adore ,
N'a pas besoin d'un rang qui s'attire les yeux
Il a mille vertus que lui-même il ignore ,
Et qui feroient l'orgueil des Dieux.
Le premier Acte finit par ces beaux
Diane chante . Vers
que
Un éternel silence ,
Cachera cet amour dont ma gloire s'offense
En secret seulement j'oserai soupirer :
Je languirai sans esperance ,
Et craindrai même d'esperer.
Au second Acte le Théatre représente
un Temple rustique que les Bergers ont
élevé pour Diane , et qui n'est pas encore
consacré.
Endymion fait connoître ce qui l'engage
à consacrer ce Temple à Diane par
ces Vers qu'il dit à Eurylas, son Confident.
Jamais par des soupirs mon amour ne s'exprime;
par des Autels je le marque sans crine ;
Ce détour , ce déguisement ,
Du moins
Convient à mon respect extrême ,
Et mon coeur pour cacher qu'il aime ,
Feint qu'il adore seulement.
Eurylas combat autant qu'il lui est
Giiij possible
1142 MERCURE DE FRANCE
possible , un amour qui ne peut que condamner
son ami à un supplice éternel.
La consécration du Temple fait la Fête
de ce second Acte ; comme les Bergers
pour faire leur cour à l'insensible Déesse ,
déclament contre l'Amour ; elle vient
elle-même leur imposer silence par ces
Vers :
Bergers , jusqu'en ces lieux votre hommage
m'attire ;
De sinceres respects sçavent charmer les Dieux ;
Mais je dois arrêter des chants audacieux ,
Que trop de zele vous inspire.
Il suffit de fuir les Amours ร
Et d'éviter leur esclavage ;
Mais par de superbes discours ,
Il ne faut pas leur faire outrage.
Diane congédie les Bergers , et fait connoître
à Lycoris pourquoi elle vient de
leur imposer silence ; voici comme elle
s'explique :
Endymion ordonnoit cette Fête ,
Lui , dont mon coeur est la conquête ;
En outrageant l'Amour il croyoit me flatter ;
Excuse ma foiblesse ;
Son erreur blessoit ma tendresse ,
Etje n'ai pû la supporter.
Comme
MAY. 1731 . 1143
Comme Lycoris lui fait entendre qu'elle
veut par là enhardir Endymion à soupirer
pour elle ; la Déesse lui répond ;
Pourrois-je le vouloir, Ciel ! quelle honte ! helas!
Du moins si je le veux , ne le penetre pas.
al-
Le Théatre représente un lieu champêtre
au troisiéme Acte . Le silence que
Diane vient d'imposer aux Bergers dans
l'Acte précedent , occasionne ce qui se
passe dans celui- dans celui - cy . Pan se flatte que la
Déesse n'est plus insensible , puisqu'elle
prend le parti de l'Amour , et ne doute
point que ce ne soit lui qui ait produit
ce grand changement dans le plus superbe
de tous les coeurs ; il sort pour
ler préparer une Fête à l'honneur de la
Déesse , dont il se croit aimé. Endymion
qui vient d'être témoin du triomphe chimerique
du Dieu des Bois , a assez de
facilité pour le croire réel ; il ne peut
supporter que Diane ait fait un choix.
si indigne d'elle ; il se détermine à redemander
Ismene à la Déesse , d'autant plus
que cette Nymphe lui avoit été destinée
pour épouse ; voici comment il s'explique
en parlant à Eurylas :
Toi-même, tu m'as dit qu'en épousant Ismene ;
Et son amour , et mon devoir ,
G v Se
1144 MERCURE DE FRANCE
Se seroient opposez au penchant qui m'en
traîne ;
Je veux essayer leur pouvoir ;
Je veux redemander Ismene à la Déesse ;
Heureux si de ses mains je pouvois recevoir ;
Ce qui doit venger, ma tendresse !;
Diane vient ; Endymion lui redemande
Ismene ; la Déesse en est mortellement
frappée mais elle dissimule sa douleur ,,
et dit à Endymion :
;
Allez ,je résoudrai ce qu'il faut que je fasse ;;
Et vous sçaurez mes volontez.
Diane se trouvant seule , exprime sa
douleur er sa jalousie par ce Monologue ,
Ou suis-je ? Endymion pour Ismene soupire !!
Et moi , je me livrois au charme qui m'attire !
Déja je trahissois le secret de mon feu;
Après une foiblesse inutile et honteuse ,,
Après avoir en vain commencé cet aveu.15.
Quelle vengeance rigoureuse. .....
Mais quoi? ne dois- je pas me croire trop heureuse .
Que l'ingrat m'entende si peu , &c..
Elle forme la résolution de ne point
rendre Ismene, de redevenir Diane , c'està-
dire , mortelle ennemie de l'Amour et
des,
MA Y. 1731. 1145
des Amans ; elle finit cette Scene par ces
deux Vers :
Je vois le Dieu des Bois ; faut- il que je l'entende ?
Ma peine ,ô Ciel ! n'est donc pas assez grande.
Pan , suivi des Faunes , des Sylvains:
et des Driades , déclare hautement son
amour à la Déesse ; il la fait reconnoître
pour Souveraine des lieux où il regne
lui- même ; la Fête étant finie , Diane lui
répond froidement ::
A recevoir vos soins j'ai voulu me contraindre ;
Peut-être en les fuyant j'aurois párû les craindre;
Quan don est trop severe, on se croit en danger ::
Je veux vous annoncer d'une ame plus tranquille
Que votre amour est inutile ,
Et qu'il faut vous en dégager..
Diane se retire ; Pan ne respire que
vengeance , mais le Satyre , son Confident,
lui conseille de ne se venger de cette superbe
Déesse , qu'en formant une nouvelle
chaîne.
Ismene commence le quatrième Acte,,
elle expose ce qui se passe dans son coeur
par ce beau Monologue :
Sombres Forêts , qui charmez la Déesse 7 ,
Doux azile ou coulent mes jours ;
Gvj Plaisirs
1143 MERCURE DE FRANCE
1
Plaisirs nouveaux qui vous offrez sans cesse ,
Pourquoi ne pouvez- vous surmonter ma tristesse
Ah ! j'attendois de vous un plus puissant secours.
Qui peut me rendre encor incertaine , inquiéte §
J'aimois un insensible , et ce que j'ai quitté ,
Ne doit pas être regretté ;
Cependant sans sçavoir ce que mon coeur regrette,
Je le sens toujours agité.
Sombres Forêts , & c.
Diane vient annoncer à Ismene qu'En-
'dymion la redemande ; elle lui ordonne
de lui parler sans feinte ; Ismene n'ose
croire ce que la Déesse lui dit : Diane la
de lui dire si elle veut renoncer à
presse
vivre sous ses loix ; Ismene lui répond :
Vous sçavez qu'à jamais je m'y suis asservie ;
Rien ne peut ébranler ma foi :
A suivre d'autres loix , si l'Amour me convie ,
L'Amour , sans votre aveu , ne peut plus rien sur
moi.
Diane la congédie en lui donnant une
esperance équivoque.
Lycoris felicite Diane de la victoire
qu'elle vient de remporter sur l'Amour
Diane fait connoître la violence qu'elle
se fait par des Vers très passionnez .
Endymion vient ; Diane lui dit qu'elle
lui
MAY. 1731. 1117
lui accorde Ismene ; Endymion est frappé
de ce bienfait comme d'un coup mortel
; il se plaint d'avoir obtenu ce qu'il a
demandé ; il fait entendre à la Déesse
qu'elle n'auroit pas dû exaucer des voeux
mal conçûs ; il lui déclare qu'il aime un
objet adorable , mais que du moins il a
tenu son crime secret , et qu'il n'a jamais
été assez audacieux pour en faire l'aveu :
emporté par sa passion , il en dit plus
qu'il ne croit , l'étonnement de Diane
qu'il prend pour un sentiment de colere ,
lui persuade qu'il est criminel à ses yeux;
il l'exprime par ces Vers :
Qu'ai-je dit ? quel transport !
Ciel ai - je rompu le silence ?
L'amour à mon respect a-t'il fait violence ?
Ah ! vos yeux irritez m'instruisant de mon soft
J'y vois tout mon malheur et toute mon offenses
Mon feu s'est découvert , j'ai mérité la mort.
Diane est retirée du doux embarras où
elle se trouve par une des heures de la
nuit , qui vient l'avertir que le Soleil est
prêt à se plonger dans l'Onde et qu'il
est temps qu'elle le remplace pour éclairer
l'Univers ; la D'esse ordonne que son
Char descende , les vents à qui elle commande,
executent ses loix, pendant qu'une
partic
1148 MERCURE DE FRANCE
partie des heures de la nuit prend soin
d'atteler son Char , les autres celebrent
une Fête , dans laquelle son insensibilité
est chantée ; voici comment cet Hymne
est composé ::
Quand la nuit dans les airs répand ses voilea
sombres ,
Vous recommencez votre cours ;:
D'un seul de vos regards vous dissipez les ombres,
Qui favorisoient les Amours .
Du Dieu qui regne dans Gythére ,.
Vous troublez les soins les plus doux
Vous en bannissez le mystere ; .
Vous éclairez les yeux jaloux..
Après la Fête , Diane monte dans son
Char ; Endymion desesperé , forme la résolution
d'aller finir ses jours dans le fond
de quelque Antre affreux ..
La Décoration du cinquiéme Acte ,.
représente un Antre du Mont Latmos .
Les Amours endorment Endymion ; une
clarté qui perce les voiles de la nuit leur
annonce Diane Amante ; ils se retirent de :
peur de l'empêcher de se montrer.
Diane fait connoître le dessein qui l'a--
mene en ces lieux ; elle craint qu'Endymion
ne se livre trop à son desespoir ,.
elle balance entre sa gloire et son amour ;
Ce
M A Y.. 17312 1749
ee dernier l'emporte; Endymion se reveil
le ; à l'aspect de Diane , il ne doute pointque
cette Divinité offensée ne soit venuë
pour le punir de sa témerité ; Diane le
rassure. Leur Dialogue finit par ces Vers
Endymion .
Je ne vois point que vous êtes Déesse .
Diane.
I ne vois point que vous êtes Berger..
Ils forment le dessein de dérober lenre
amours au reste de l'Univers ; l'Amour
paroît , et leur dit qu'il ne veut pas que
l'Univers ignore sa plus brillante victoi
re ; tout ce que Diane peut obtenir de
lui , c'est qu'il ne triomphera que dans
ces lieux témoins de sa tendresse ; il or
donne à l'Antre et à la Nuit de disparoî
tre . Le Theatre change et représente un
Jardin délicieux ; les Amours , les Jeux .
et les Plaisirs , celebrent le triomphe de
l'Amour ; Diane rend graces à l'Amour:
par ces Vers :.
Dieu favorable ,,
Dieu secourable ,,
Dieu des Amants
Que tes biens sont charmants 4 !
Ta douce flamme,
Bannit
1150 MERCURE DE FRANCE
.
Bannit d'une ame ,
Le souvenir de ses tourmens,
Si dans tes chaînes ,
Il est des peines ,
Que de plaisirs ,
Succedent aux soupirs !
Douceur extréme ,
Bonheur supreme
Tu vas plus loin que les desirs
Dieu favorable , &c .
La Dlle. Pelissier et le sieur Tribou
joüent les principaux Roles de cet Opera
avec toute l'intelligence et la finesse pos
sible. Les Roles de Pan et d'Ismene sont
remplis par le sieur Chassé , et par la Dlle.
Julie , ceux de Lycoris et d'Eurylas , par
la Dlle . Petitpas et par le sieur Dun.
Les deux Décorations du cinquième
'Acte sont du Signor Alexandre Mauri ,
Peintre Italien , nouvellement arrivé en
France.
On joua à Londres le 17. du mois dernier
un nouvel Opera Italien sous le
titre de Rénaud et Armide , qui a beaucoup
de succez .
On mande de la même Ville que quelques
jours auparavant on représenta sur
lc
MAY. 17317 115
le Théatre de Lincols - inn - fields , la Comedie
des Fourberies de Scapin , au profit
de la Dlle. Marie Salé , fameuse Danseuse
de l'Opera de Paris , que le Roy , la Reine
et les Princesses honorerent de leur
présence , et que le concours des Spectateurs
fût si grand , que malgré les Echaffauts
dressez sur le Théatre , où quantité
de Dames se placerent , on fût obligé de
renvoyer bien du monde. Cela faisoit un
spectacle des plus agréables , et la noblesse
, les graces , la finesse et l'Art enfin
avec lequel cette excellente Danseuse
executa les Entrées qu'elle dansa dans differens
Caractéres , la firent généralement
applaudir ; outre la recette entiere de
cette Representation , elle a encore receu
quantité de présens considerables . On sera
sans doute bien aise d'apprendre que la
Dlle. Salé reviendra à Paris au mois de
Juillet prochain,
Le samedi 28. du mois dernier , les
Comédiens François joüerent la Tragédie
de Britannicus , dans laquelle la Dlle . Gossin
,jeune Personne qui a joué en Provinet
en dernier lieu sur le Théatre de
ce ?
Lille parut pour la premiere fois , dans
le Rôle de Junie , qu'elle a joué trois fois ,
y a toûjours été de plus en plus
et elle
aplaudie.
152 MERCURE DE FRANCE
aplaudie. Elle est d'une jolie figure , avec
la voix fort agréable et de l'intelligence .
Elle a joué dépuis le Rôle de Chimene
dans le Cid , et elle a fait voir qu'elle
avoit encore plus de talens qu'on n'avoit
crû. Elle a soutenu la bonne opinion qu'on
a de son merite dans le Rôle de Monime ,
dans Mithridate, dans ceux d'Andromaque
et d'Iphigenie , et elle l'a beaucoup augmentée
dans le Rôle d'Agnés de l'Ecole des
Femmes. Elle danse et chante quelques
couplets dans la Comédie nouvelle de
Italie Galante.
E Jeudi 21. de ce mois , l'Académie
Royale de Musique,donna la premiere
Représentation d'Endymion , Pastorale héroïque
, sans Prologue. Les paroles sont
de M. de Fontenelle , et la Musique , de
M.de Blamont. On apprend dans un petit
Avertissement à la tête du Poëme imprimé
, que cette Piece n'est pas entierement
telle que le Public l'avoit depuis longtemps
imprimée avec d'autres Ouvrages
de la même main.
Pan ouvre la Scene , suivi d'un Satyre
et de Lycoris , Confidente de Diane ; ils
tâchent de le détourner de l'amour qu'il
a pour Diane ; il ne se rend pas à leurs sages
conseils , et s'exprime ainsi .
Je ne sens point mon coeur effrayé des obstacles ,
Pour les surmonter tous, il est d'heureux moiens;
Mais quand l'Amour fait des miracles ,
Ce n'est pas en faveur des timides Amans .
Pan se retire ; Diane vient , Lycoris lui
dit qu'elle est heureuse de ne point trouver
Pan qui vient de quitter ces lieux ,
Giij
ct
140 MERCURE DE FRANCE
et qui n'auroit pas manqué de l'entretenir
d'un amour importun .
La Bergere Ismene vient prier Diane
de la recevoir parmi ses Nymphes. L'indifference
d'Endymion , qu'elle aime encore
, quoiqu'elle se flatte de ne le plus
aimer , est le motif qui la porte à cette
résolution ; Diane se défie d'un desseinsi
précipité , et dit à Ismene qu'elle aime
encore Endymion ; Ismene se sentant trop
presser , dit enfin à la Déesse :
Si j'aime encor , helas ! permettez que j'implora
Votre secours pour n'aimer plus.,
Diane appelle ses Nymphes à qui elle
ordonne de recevoir Ismene parmi elles..
La ceremonie de cette reception fait la
Fête de ce premier Acte ; la Déesse `donne
l'Arc et le Carquois à la nouvelle-
Nymphe..
Après la Fête , Diane qui aime en secret
Endymion, fait entendre qu'Ismene choisit
mal son azile , dans une Cour dont
la Souveraine n'a pû se deffendre d'aimer..
Lycoris n'oublie rien pour la dégager
d'un amour indigne d'un coeur aussi
grand que le sien ; elle lui répond :
Je rougis de ma tendresse ,.
Et non pas de son objet.;,
L'aie
MAY. 1147 17312
L'aimable Berger que j'adore ,
N'a pas besoin d'un rang qui s'attire les yeux
Il a mille vertus que lui-même il ignore ,
Et qui feroient l'orgueil des Dieux.
Le premier Acte finit par ces beaux
Diane chante . Vers
que
Un éternel silence ,
Cachera cet amour dont ma gloire s'offense
En secret seulement j'oserai soupirer :
Je languirai sans esperance ,
Et craindrai même d'esperer.
Au second Acte le Théatre représente
un Temple rustique que les Bergers ont
élevé pour Diane , et qui n'est pas encore
consacré.
Endymion fait connoître ce qui l'engage
à consacrer ce Temple à Diane par
ces Vers qu'il dit à Eurylas, son Confident.
Jamais par des soupirs mon amour ne s'exprime;
par des Autels je le marque sans crine ;
Ce détour , ce déguisement ,
Du moins
Convient à mon respect extrême ,
Et mon coeur pour cacher qu'il aime ,
Feint qu'il adore seulement.
Eurylas combat autant qu'il lui est
Giiij possible
1142 MERCURE DE FRANCE
possible , un amour qui ne peut que condamner
son ami à un supplice éternel.
La consécration du Temple fait la Fête
de ce second Acte ; comme les Bergers
pour faire leur cour à l'insensible Déesse ,
déclament contre l'Amour ; elle vient
elle-même leur imposer silence par ces
Vers :
Bergers , jusqu'en ces lieux votre hommage
m'attire ;
De sinceres respects sçavent charmer les Dieux ;
Mais je dois arrêter des chants audacieux ,
Que trop de zele vous inspire.
Il suffit de fuir les Amours ร
Et d'éviter leur esclavage ;
Mais par de superbes discours ,
Il ne faut pas leur faire outrage.
Diane congédie les Bergers , et fait connoître
à Lycoris pourquoi elle vient de
leur imposer silence ; voici comme elle
s'explique :
Endymion ordonnoit cette Fête ,
Lui , dont mon coeur est la conquête ;
En outrageant l'Amour il croyoit me flatter ;
Excuse ma foiblesse ;
Son erreur blessoit ma tendresse ,
Etje n'ai pû la supporter.
Comme
MAY. 1731 . 1143
Comme Lycoris lui fait entendre qu'elle
veut par là enhardir Endymion à soupirer
pour elle ; la Déesse lui répond ;
Pourrois-je le vouloir, Ciel ! quelle honte ! helas!
Du moins si je le veux , ne le penetre pas.
al-
Le Théatre représente un lieu champêtre
au troisiéme Acte . Le silence que
Diane vient d'imposer aux Bergers dans
l'Acte précedent , occasionne ce qui se
passe dans celui- dans celui - cy . Pan se flatte que la
Déesse n'est plus insensible , puisqu'elle
prend le parti de l'Amour , et ne doute
point que ce ne soit lui qui ait produit
ce grand changement dans le plus superbe
de tous les coeurs ; il sort pour
ler préparer une Fête à l'honneur de la
Déesse , dont il se croit aimé. Endymion
qui vient d'être témoin du triomphe chimerique
du Dieu des Bois , a assez de
facilité pour le croire réel ; il ne peut
supporter que Diane ait fait un choix.
si indigne d'elle ; il se détermine à redemander
Ismene à la Déesse , d'autant plus
que cette Nymphe lui avoit été destinée
pour épouse ; voici comment il s'explique
en parlant à Eurylas :
Toi-même, tu m'as dit qu'en épousant Ismene ;
Et son amour , et mon devoir ,
G v Se
1144 MERCURE DE FRANCE
Se seroient opposez au penchant qui m'en
traîne ;
Je veux essayer leur pouvoir ;
Je veux redemander Ismene à la Déesse ;
Heureux si de ses mains je pouvois recevoir ;
Ce qui doit venger, ma tendresse !;
Diane vient ; Endymion lui redemande
Ismene ; la Déesse en est mortellement
frappée mais elle dissimule sa douleur ,,
et dit à Endymion :
;
Allez ,je résoudrai ce qu'il faut que je fasse ;;
Et vous sçaurez mes volontez.
Diane se trouvant seule , exprime sa
douleur er sa jalousie par ce Monologue ,
Ou suis-je ? Endymion pour Ismene soupire !!
Et moi , je me livrois au charme qui m'attire !
Déja je trahissois le secret de mon feu;
Après une foiblesse inutile et honteuse ,,
Après avoir en vain commencé cet aveu.15.
Quelle vengeance rigoureuse. .....
Mais quoi? ne dois- je pas me croire trop heureuse .
Que l'ingrat m'entende si peu , &c..
Elle forme la résolution de ne point
rendre Ismene, de redevenir Diane , c'està-
dire , mortelle ennemie de l'Amour et
des,
MA Y. 1731. 1145
des Amans ; elle finit cette Scene par ces
deux Vers :
Je vois le Dieu des Bois ; faut- il que je l'entende ?
Ma peine ,ô Ciel ! n'est donc pas assez grande.
Pan , suivi des Faunes , des Sylvains:
et des Driades , déclare hautement son
amour à la Déesse ; il la fait reconnoître
pour Souveraine des lieux où il regne
lui- même ; la Fête étant finie , Diane lui
répond froidement ::
A recevoir vos soins j'ai voulu me contraindre ;
Peut-être en les fuyant j'aurois párû les craindre;
Quan don est trop severe, on se croit en danger ::
Je veux vous annoncer d'une ame plus tranquille
Que votre amour est inutile ,
Et qu'il faut vous en dégager..
Diane se retire ; Pan ne respire que
vengeance , mais le Satyre , son Confident,
lui conseille de ne se venger de cette superbe
Déesse , qu'en formant une nouvelle
chaîne.
Ismene commence le quatrième Acte,,
elle expose ce qui se passe dans son coeur
par ce beau Monologue :
Sombres Forêts , qui charmez la Déesse 7 ,
Doux azile ou coulent mes jours ;
Gvj Plaisirs
1143 MERCURE DE FRANCE
1
Plaisirs nouveaux qui vous offrez sans cesse ,
Pourquoi ne pouvez- vous surmonter ma tristesse
Ah ! j'attendois de vous un plus puissant secours.
Qui peut me rendre encor incertaine , inquiéte §
J'aimois un insensible , et ce que j'ai quitté ,
Ne doit pas être regretté ;
Cependant sans sçavoir ce que mon coeur regrette,
Je le sens toujours agité.
Sombres Forêts , & c.
Diane vient annoncer à Ismene qu'En-
'dymion la redemande ; elle lui ordonne
de lui parler sans feinte ; Ismene n'ose
croire ce que la Déesse lui dit : Diane la
de lui dire si elle veut renoncer à
presse
vivre sous ses loix ; Ismene lui répond :
Vous sçavez qu'à jamais je m'y suis asservie ;
Rien ne peut ébranler ma foi :
A suivre d'autres loix , si l'Amour me convie ,
L'Amour , sans votre aveu , ne peut plus rien sur
moi.
Diane la congédie en lui donnant une
esperance équivoque.
Lycoris felicite Diane de la victoire
qu'elle vient de remporter sur l'Amour
Diane fait connoître la violence qu'elle
se fait par des Vers très passionnez .
Endymion vient ; Diane lui dit qu'elle
lui
MAY. 1731. 1117
lui accorde Ismene ; Endymion est frappé
de ce bienfait comme d'un coup mortel
; il se plaint d'avoir obtenu ce qu'il a
demandé ; il fait entendre à la Déesse
qu'elle n'auroit pas dû exaucer des voeux
mal conçûs ; il lui déclare qu'il aime un
objet adorable , mais que du moins il a
tenu son crime secret , et qu'il n'a jamais
été assez audacieux pour en faire l'aveu :
emporté par sa passion , il en dit plus
qu'il ne croit , l'étonnement de Diane
qu'il prend pour un sentiment de colere ,
lui persuade qu'il est criminel à ses yeux;
il l'exprime par ces Vers :
Qu'ai-je dit ? quel transport !
Ciel ai - je rompu le silence ?
L'amour à mon respect a-t'il fait violence ?
Ah ! vos yeux irritez m'instruisant de mon soft
J'y vois tout mon malheur et toute mon offenses
Mon feu s'est découvert , j'ai mérité la mort.
Diane est retirée du doux embarras où
elle se trouve par une des heures de la
nuit , qui vient l'avertir que le Soleil est
prêt à se plonger dans l'Onde et qu'il
est temps qu'elle le remplace pour éclairer
l'Univers ; la D'esse ordonne que son
Char descende , les vents à qui elle commande,
executent ses loix, pendant qu'une
partic
1148 MERCURE DE FRANCE
partie des heures de la nuit prend soin
d'atteler son Char , les autres celebrent
une Fête , dans laquelle son insensibilité
est chantée ; voici comment cet Hymne
est composé ::
Quand la nuit dans les airs répand ses voilea
sombres ,
Vous recommencez votre cours ;:
D'un seul de vos regards vous dissipez les ombres,
Qui favorisoient les Amours .
Du Dieu qui regne dans Gythére ,.
Vous troublez les soins les plus doux
Vous en bannissez le mystere ; .
Vous éclairez les yeux jaloux..
Après la Fête , Diane monte dans son
Char ; Endymion desesperé , forme la résolution
d'aller finir ses jours dans le fond
de quelque Antre affreux ..
La Décoration du cinquiéme Acte ,.
représente un Antre du Mont Latmos .
Les Amours endorment Endymion ; une
clarté qui perce les voiles de la nuit leur
annonce Diane Amante ; ils se retirent de :
peur de l'empêcher de se montrer.
Diane fait connoître le dessein qui l'a--
mene en ces lieux ; elle craint qu'Endymion
ne se livre trop à son desespoir ,.
elle balance entre sa gloire et son amour ;
Ce
M A Y.. 17312 1749
ee dernier l'emporte; Endymion se reveil
le ; à l'aspect de Diane , il ne doute pointque
cette Divinité offensée ne soit venuë
pour le punir de sa témerité ; Diane le
rassure. Leur Dialogue finit par ces Vers
Endymion .
Je ne vois point que vous êtes Déesse .
Diane.
I ne vois point que vous êtes Berger..
Ils forment le dessein de dérober lenre
amours au reste de l'Univers ; l'Amour
paroît , et leur dit qu'il ne veut pas que
l'Univers ignore sa plus brillante victoi
re ; tout ce que Diane peut obtenir de
lui , c'est qu'il ne triomphera que dans
ces lieux témoins de sa tendresse ; il or
donne à l'Antre et à la Nuit de disparoî
tre . Le Theatre change et représente un
Jardin délicieux ; les Amours , les Jeux .
et les Plaisirs , celebrent le triomphe de
l'Amour ; Diane rend graces à l'Amour:
par ces Vers :.
Dieu favorable ,,
Dieu secourable ,,
Dieu des Amants
Que tes biens sont charmants 4 !
Ta douce flamme,
Bannit
1150 MERCURE DE FRANCE
.
Bannit d'une ame ,
Le souvenir de ses tourmens,
Si dans tes chaînes ,
Il est des peines ,
Que de plaisirs ,
Succedent aux soupirs !
Douceur extréme ,
Bonheur supreme
Tu vas plus loin que les desirs
Dieu favorable , &c .
La Dlle. Pelissier et le sieur Tribou
joüent les principaux Roles de cet Opera
avec toute l'intelligence et la finesse pos
sible. Les Roles de Pan et d'Ismene sont
remplis par le sieur Chassé , et par la Dlle.
Julie , ceux de Lycoris et d'Eurylas , par
la Dlle . Petitpas et par le sieur Dun.
Les deux Décorations du cinquième
'Acte sont du Signor Alexandre Mauri ,
Peintre Italien , nouvellement arrivé en
France.
On joua à Londres le 17. du mois dernier
un nouvel Opera Italien sous le
titre de Rénaud et Armide , qui a beaucoup
de succez .
On mande de la même Ville que quelques
jours auparavant on représenta sur
lc
MAY. 17317 115
le Théatre de Lincols - inn - fields , la Comedie
des Fourberies de Scapin , au profit
de la Dlle. Marie Salé , fameuse Danseuse
de l'Opera de Paris , que le Roy , la Reine
et les Princesses honorerent de leur
présence , et que le concours des Spectateurs
fût si grand , que malgré les Echaffauts
dressez sur le Théatre , où quantité
de Dames se placerent , on fût obligé de
renvoyer bien du monde. Cela faisoit un
spectacle des plus agréables , et la noblesse
, les graces , la finesse et l'Art enfin
avec lequel cette excellente Danseuse
executa les Entrées qu'elle dansa dans differens
Caractéres , la firent généralement
applaudir ; outre la recette entiere de
cette Representation , elle a encore receu
quantité de présens considerables . On sera
sans doute bien aise d'apprendre que la
Dlle. Salé reviendra à Paris au mois de
Juillet prochain,
Le samedi 28. du mois dernier , les
Comédiens François joüerent la Tragédie
de Britannicus , dans laquelle la Dlle . Gossin
,jeune Personne qui a joué en Provinet
en dernier lieu sur le Théatre de
ce ?
Lille parut pour la premiere fois , dans
le Rôle de Junie , qu'elle a joué trois fois ,
y a toûjours été de plus en plus
et elle
aplaudie.
152 MERCURE DE FRANCE
aplaudie. Elle est d'une jolie figure , avec
la voix fort agréable et de l'intelligence .
Elle a joué dépuis le Rôle de Chimene
dans le Cid , et elle a fait voir qu'elle
avoit encore plus de talens qu'on n'avoit
crû. Elle a soutenu la bonne opinion qu'on
a de son merite dans le Rôle de Monime ,
dans Mithridate, dans ceux d'Andromaque
et d'Iphigenie , et elle l'a beaucoup augmentée
dans le Rôle d'Agnés de l'Ecole des
Femmes. Elle danse et chante quelques
couplets dans la Comédie nouvelle de
Italie Galante.
Fermer
Résumé : Endymion, Extrait, [titre d'après la table]
Le 21 mai, l'Académie Royale de Musique a présenté la première représentation de 'Endymion', une pastorale héroïque sans prologue. Les paroles sont de M. de Fontenelle et la musique de M. de Blamont. Un avertissement précède le poème imprimé, indiquant que cette pièce diffère de ce que le public avait connu jusqu'alors. L'intrigue commence avec Pan, suivi d'un Satyre et de Lycoris, qui tentent de dissuader Pan de son amour pour Diane. Diane apparaît ensuite et Ismene, une bergère amoureuse d'Endymion, demande à Diane de la recevoir parmi ses Nymphes. Diane, bien que sceptique, accepte après qu'Ismene avoue encore aimer Endymion. Diane exprime ensuite son amour secret pour Endymion et met en garde Ismene sur son choix. Dans le second acte, Endymion consacre un temple à Diane, exprimant son amour de manière détournée. Diane impose silence aux bergers qui déclament contre l'amour. Dans le troisième acte, Pan croit que Diane est amoureuse de lui et prépare une fête en son honneur. Endymion, jaloux, décide de redemander Ismene à Diane. Diane, blessée, dissimule sa douleur et refuse de rendre Ismene. Le quatrième acte voit Ismene exprimer sa tristesse et son amour persistant pour Endymion. Diane annonce à Ismene qu'Endymion la redemande, mais Ismene refuse de quitter Diane. Endymion, en obtenant Ismene, est désespéré et révèle son amour pour Diane. Diane, troublée, doit partir pour remplacer le Soleil. Dans le cinquième acte, Diane retrouve Endymion dans une grotte et lui avoue son amour. Ils décident de cacher leur amour au reste du monde. L'Amour apparaît et ordonne que leur amour soit célébré dans ces lieux. La pièce se termine par une célébration de l'amour triomphant. Les rôles principaux sont interprétés par la Dlle. Pelissier et le sieur Tribou, avec des décors du Signor Alexandre Mauri. Par ailleurs, le texte mentionne le retour de Salé à Paris en juillet prochain. Le 28 du mois précédent, les comédiens François ont joué la tragédie de Britannicus. Lors de cette représentation, Mademoiselle Gossin, une jeune actrice ayant récemment joué en province au théâtre de Lille, a interprété le rôle de Junie pour la première fois. Elle a été acclamée par le public, qui a noté son amélioration à chaque représentation. Mademoiselle Gossin est décrite comme ayant une jolie figure, une voix agréable et une grande intelligence. Elle a également joué les rôles de Chimène dans Le Cid, Monime dans Mithridate, Andromaque dans Andromaque, Iphigenie dans Iphigénie, et Agnès dans L'École des femmes. De plus, elle danse et chante des couplets dans la comédie italienne Italie Galante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5509
p. 1152-1156
L'Italie Galante, ou les Contes, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens représenterent le 11. de ce mois une Piece nouvelle intitulée [...]
Mots clefs :
Comédiens, Bienséances, Extinction de voix, Tumulte, Divertissement, Fête, Magnificence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Italie Galante, ou les Contes, &c. [titre d'après la table]
Les Comédiens représenterent le 11.
de ce mois une Piece nouvelle intitulée
PItalie Galante , ou les Contes . Ce sont
trois Comédies differentes , où M. Delamotte
, s'est fait un plaisir d'accomoder
au Théatre , et de ramener aux bonnes
moeurs er aux bienséances , trois Contes
de la Fontaine ; l'Oraison de S. Julien
Richard Minutolo , et le Magnifique.
*
L'Oraison de S. Julien changée en Talisman
, dont on avoit déja vû trois Répre
sentations il y a quelques années , fût r‹ -
ceue avec beaucoup de plaisir.
Le Magnifique en deux Actes , eût le
succès le plus eclatant qu'un Autheur
puisse souhaitter : mais il arriva à Minu
tolo l'inconvenient de n'être pas entendu .
Un
MAY. 1737 TIT
Un des Acteurs principaux , et même le
plus nécessaire pour faire entendre la
Piéce , fût surpris d'une extinction de
voix , qui ne lui permit pas de prononcer
un seul mot de son Rôle : le tumulte que
ce contre-temps excita dans l'Assemblée ,
ne laissa point entendre les autres Acteurs:
ainsi l'on peut dire que la Piéce ne fût
pas representée ce jour- là ; elle le fut deux
jours aprés , et elle fut géneralement aplau
die. Le Public donne de jour en jour de
nouvelles louanges à tout l'ouvrage , et
le trouve digne de son Auteur
Chaque Piéce est ornée d'un Divertis
sement , la Musique est vive , enjoüée ,
ou tendre , selon que les caractéres l'éxigent
: elle est de M. Quinaut. Le Balet est
galand , et comique : il est de M. Dangeville.
La Fête de Renaud d'Ast est un Bal.
Le Vaudeville roule sur les Talismans ,
en voici deux Couplets.
Four surmonter l'Indifference ,
Il est tant de secrets charmants.
Faut il que contre l'Inconstance
L'Amour n'ait point de Talismans.
Pour bon gîte et bonne avanture
Faut-il
1154 MERCURE DE FRANCE
Faut- il des Aneaux et des Sorts ?
Soyez aimable , et je vous jure ,
Vous ne coucherez pas déhors.
La Fête de Minutolo est une Fête cham
pêtre. Le Vaudeville roule fur le bonheur
des Bergers , en voici trois Couplets:
Vous de qui la Richesse
Flate en vain les désirs ,
Vous cherchés les plaisirs ,
Et les manqués sans cesse ;
Nos Amours sont tout nôtre bien
Et nous ne vous envions rien.
Le Ciel a fait aux Hommes
Des Destins differents :
Vous paroissez contens :
Mais c'est nous qui le sommes ,
Nos Amours & c.
Au Parterre .
Si nos soins , pour vous plaire ,
N'avoient pas été vains ,
Vous auriés dans vos mains
Nôtre plus doux salaire ;
Vos
MAY. 1731
1159
Vos plaisirs sont tout nôtre bien
Hors delà nous n'envions rien.
2
La Fête du Magnifique : ce sont differents
Peuples qui offrent à Lucille les Richesses
de leur pays. Le Vaudeville rou
le sur la Magnificence. En voiçi trois
Couplets:
L'Amant avare et tiranique
Verra rebutter ses désirs :
Mais si l'Amour a des plaisirs ;
Ils sont pour l'Amant Magnifique,
Donnés , Amants ; mais donnés bien
Donner mal , c'est ne donner rien.
粥
La maniere ajoûte au service :
Il faut que les dons soient adroits ;
Les présens même quelquefois
Offensent plus que l'avarice .
Donnés , Amants &c.
Au Parters .
ន
W
Soyez avares de Critiques ,
Si vous ne sortés pas contens :
Ce n'est qu'en applaudissemen,
Qu'il
156 MERCURE DE FRANCE
Qu'il vous sied d'être Magnifiques.
Applaudissez pour nôtre bien :
Critiqués , mais si peu que rien.
Ce Couplet , que chante la Dlle. Gossin
avec beaucoup de grace, est fort applaudi :
les autres Couplets sont chantez vivement
et trés-bien exprimez . Les Dilles . Labate .
et Dangeville
font un très grand plaisir
dans le Balet , au milieu duquel la petite
Dlle. Dubreuil, en Sauve-Souris , danse ,
toujours; poursuivie
par ceux qui veulent
l'attrapper. Toutes ces Piéces, au reste,sont
trés bien représentées. Ce qui a fait remarquer
par plusieurs bons connoisseurs
que depuis fort long- temps , il n'y avoit
cu à la Comédie Françoise , tant ni de si
excellens sujets . Nous nous abstenons de
les nommer icy de peur de décourager
ceux dont les talens ne sont pas encore dévelopés
, et dont le Public empêche souvent
les progrés par trop peu d'indulgence.
de ce mois une Piece nouvelle intitulée
PItalie Galante , ou les Contes . Ce sont
trois Comédies differentes , où M. Delamotte
, s'est fait un plaisir d'accomoder
au Théatre , et de ramener aux bonnes
moeurs er aux bienséances , trois Contes
de la Fontaine ; l'Oraison de S. Julien
Richard Minutolo , et le Magnifique.
*
L'Oraison de S. Julien changée en Talisman
, dont on avoit déja vû trois Répre
sentations il y a quelques années , fût r‹ -
ceue avec beaucoup de plaisir.
Le Magnifique en deux Actes , eût le
succès le plus eclatant qu'un Autheur
puisse souhaitter : mais il arriva à Minu
tolo l'inconvenient de n'être pas entendu .
Un
MAY. 1737 TIT
Un des Acteurs principaux , et même le
plus nécessaire pour faire entendre la
Piéce , fût surpris d'une extinction de
voix , qui ne lui permit pas de prononcer
un seul mot de son Rôle : le tumulte que
ce contre-temps excita dans l'Assemblée ,
ne laissa point entendre les autres Acteurs:
ainsi l'on peut dire que la Piéce ne fût
pas representée ce jour- là ; elle le fut deux
jours aprés , et elle fut géneralement aplau
die. Le Public donne de jour en jour de
nouvelles louanges à tout l'ouvrage , et
le trouve digne de son Auteur
Chaque Piéce est ornée d'un Divertis
sement , la Musique est vive , enjoüée ,
ou tendre , selon que les caractéres l'éxigent
: elle est de M. Quinaut. Le Balet est
galand , et comique : il est de M. Dangeville.
La Fête de Renaud d'Ast est un Bal.
Le Vaudeville roule sur les Talismans ,
en voici deux Couplets.
Four surmonter l'Indifference ,
Il est tant de secrets charmants.
Faut il que contre l'Inconstance
L'Amour n'ait point de Talismans.
Pour bon gîte et bonne avanture
Faut-il
1154 MERCURE DE FRANCE
Faut- il des Aneaux et des Sorts ?
Soyez aimable , et je vous jure ,
Vous ne coucherez pas déhors.
La Fête de Minutolo est une Fête cham
pêtre. Le Vaudeville roule fur le bonheur
des Bergers , en voici trois Couplets:
Vous de qui la Richesse
Flate en vain les désirs ,
Vous cherchés les plaisirs ,
Et les manqués sans cesse ;
Nos Amours sont tout nôtre bien
Et nous ne vous envions rien.
Le Ciel a fait aux Hommes
Des Destins differents :
Vous paroissez contens :
Mais c'est nous qui le sommes ,
Nos Amours & c.
Au Parterre .
Si nos soins , pour vous plaire ,
N'avoient pas été vains ,
Vous auriés dans vos mains
Nôtre plus doux salaire ;
Vos
MAY. 1731
1159
Vos plaisirs sont tout nôtre bien
Hors delà nous n'envions rien.
2
La Fête du Magnifique : ce sont differents
Peuples qui offrent à Lucille les Richesses
de leur pays. Le Vaudeville rou
le sur la Magnificence. En voiçi trois
Couplets:
L'Amant avare et tiranique
Verra rebutter ses désirs :
Mais si l'Amour a des plaisirs ;
Ils sont pour l'Amant Magnifique,
Donnés , Amants ; mais donnés bien
Donner mal , c'est ne donner rien.
粥
La maniere ajoûte au service :
Il faut que les dons soient adroits ;
Les présens même quelquefois
Offensent plus que l'avarice .
Donnés , Amants &c.
Au Parters .
ន
W
Soyez avares de Critiques ,
Si vous ne sortés pas contens :
Ce n'est qu'en applaudissemen,
Qu'il
156 MERCURE DE FRANCE
Qu'il vous sied d'être Magnifiques.
Applaudissez pour nôtre bien :
Critiqués , mais si peu que rien.
Ce Couplet , que chante la Dlle. Gossin
avec beaucoup de grace, est fort applaudi :
les autres Couplets sont chantez vivement
et trés-bien exprimez . Les Dilles . Labate .
et Dangeville
font un très grand plaisir
dans le Balet , au milieu duquel la petite
Dlle. Dubreuil, en Sauve-Souris , danse ,
toujours; poursuivie
par ceux qui veulent
l'attrapper. Toutes ces Piéces, au reste,sont
trés bien représentées. Ce qui a fait remarquer
par plusieurs bons connoisseurs
que depuis fort long- temps , il n'y avoit
cu à la Comédie Françoise , tant ni de si
excellens sujets . Nous nous abstenons de
les nommer icy de peur de décourager
ceux dont les talens ne sont pas encore dévelopés
, et dont le Public empêche souvent
les progrés par trop peu d'indulgence.
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Résumé : L'Italie Galante, ou les Contes, &c. [titre d'après la table]
Le 11 mai 1737, les Comédiens ont présenté une pièce intitulée 'L'Italie Galante, ou les Contes'. Cette œuvre est composée de trois comédies adaptées par M. Delamotte à partir de contes de La Fontaine : 'L'Oraison de S. Julien', 'Richard Minutolo' et 'Le Magnifique'. La première comédie, 'L'Oraison de S. Julien', rebaptisée 'Le Talisman', a été bien accueillie après trois représentations précédentes. La deuxième comédie, 'Le Magnifique', en deux actes, a connu un succès remarquable malgré un incident lors de la première représentation où un acteur principal a perdu sa voix, rendant la pièce inaudible. La représentation a été reprise deux jours plus tard et a été applaudie. Chaque pièce est accompagnée de divertissements musicaux et chorégraphiques. La musique, composée par M. Quinaut, est adaptée aux caractères des pièces, tandis que le ballet, créé par M. Dangeville, est galant et comique. Les vaudevilles accompagnant les pièces traitent des thèmes des talismans, du bonheur des bergers et de la magnificence. Les représentations ont été saluées pour leur excellence, et le public a loué les talents des acteurs et des auteurs.
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5510
p. 1157-1159
TURQUIE.
Début :
On mande de Constantinople que la punition rigoureuse des Auteurs de la derniere révolution [...]
Mots clefs :
Constantinople, Punition, Révolution, Trésor, Faction, Rebelles, Étendard du prophète, Expédition
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUIE.
N mande de Constantinople que la punition
Origoureuse des Auteurs de la derniere
te , n'avoit pas empeché qu'il n'y eût encore des
troubles dans divers endroits de l'Asie , où les
Janissaires aprés avoir massacré la plupart de
leurs Chefs , se portoient aux dernieres extrémi
tés , sous pretexte qu'on leur retenoit leur solde ;
et que Sa Hautesse , pour prévenir les suites fàcheuses
de cette disposition à la révolte , avoit
fait tirer du Trésor vingt millions qu'on devoit
leur distribuer.
Mais voici ce que nous venons d'apprendre d'une
nouvelle revolte , par des Lettres de Constantinople
, dattées du 14. Avril , venues par la voye
de Vienne.
Le 25. Mars dernier , un Turc Albanois , de
la faction de Patrona Kalil , avoit assemblé 2000.
hommes de la même Nation dans la Place de la
Mosquée de Sultan Bajazet , et à l'heure de
minuit, cette Troupe avoit marché en corps chez
le Janissaire Aga , pour l'engager de se joindre
à eux , dans le dessein de détrôner le nouveau
Sultan , et de remettre à sa place le Sultan Achmet;
le Janissaire Aga s'étoit fort opposé à ce projet
séditieux , et il étoit allé la même nuit en
informer le Grand Seigneur. Ce Prince ordonna
sur le champ au Grand-Visir , au Mufty , et au
Capitan
1158 MERCURE DE FRANCE
Capitan Pacha d'assembler un Corps de Troupes,
et de les faire marcher dès la pointe du jour ,
pour dissiper ces Rébelles . Ces Troupes marche--
rent en bon ordre vers la place d'Atmeydan où
les Rébelles étoient campés , cette place étant
beaucoup plus spacieuse que celle du Sultan Ba
jazet où ils s'étoient d'abord affemblés . Le Grand-
Visir , le Mufty et le Capitan Pacha étoient à la
tête des Troupes du Grand- Seigneur , parmi lesquelles
il y avoit 600. Leventis ou Soldats de
Marine trés bien armés , le Mufty avoit à côté
de lui le fameux Etendart de Mahomet.
Les Rébelles sans s'étonner de voir arriver les
Troupes du G. S. en bon ordre , et bien disposés
à les charger , tirerent eux mêmes les premiers ,
avec cette circonstance qu'une bâle de Mousquet ,
ayant persé l'Etendart du Prophête , le Mufty en
fút si indigné , qu'il prononça sur le champ une
Sentence de mort contre tous les Rébelles ; ce
qui anima tellement les Troupes du G. S. qu'il
y cût un sanglant Combat , dans lequel plus de
300. Rébelles resterent sur la place , et les autres
furent dissipés.
Aprés cette expédition , le Grand Visir partagea
ses Troupes en deux corps, dont l'un resta
sur la même Place , et l'autre fût comandé pour
faire la Patrouille dans la Ville , et veiller à la
seureté publique,
Ces Letres ajoûtent que tous ceux qui furent
trouvés armés dans Constantinople fûrent étran
glés sur le champ . On croit que cette nouvelle
révolte a été suscitée par la Veuve du dernier G.
V.fille du Sultan déposé : elle a été , dit - on , étran
glée , mise dans un sac et jettée dans la Mer avec
une de ses confidentes .
Le G. S, a donné une Déclaration portant que
tous
MAY. 1731.
1159
tous ceux qui viendroient dénoncer des Rébelles
ou d'autres personnes qui pourroient avoir eu
quelque part à cette derniere révolte , auroient
quinze Aspres par jours de rente viagere. Cette
récompense a operé et opére tous les jours de
nouveaux châtimens exemplaires. Nous attendons
de plus amples circonstances de cet évenement ,
par des Vaisseaux partis de Constantinople le
30. Mars dernier.
N mande de Constantinople que la punition
Origoureuse des Auteurs de la derniere
te , n'avoit pas empeché qu'il n'y eût encore des
troubles dans divers endroits de l'Asie , où les
Janissaires aprés avoir massacré la plupart de
leurs Chefs , se portoient aux dernieres extrémi
tés , sous pretexte qu'on leur retenoit leur solde ;
et que Sa Hautesse , pour prévenir les suites fàcheuses
de cette disposition à la révolte , avoit
fait tirer du Trésor vingt millions qu'on devoit
leur distribuer.
Mais voici ce que nous venons d'apprendre d'une
nouvelle revolte , par des Lettres de Constantinople
, dattées du 14. Avril , venues par la voye
de Vienne.
Le 25. Mars dernier , un Turc Albanois , de
la faction de Patrona Kalil , avoit assemblé 2000.
hommes de la même Nation dans la Place de la
Mosquée de Sultan Bajazet , et à l'heure de
minuit, cette Troupe avoit marché en corps chez
le Janissaire Aga , pour l'engager de se joindre
à eux , dans le dessein de détrôner le nouveau
Sultan , et de remettre à sa place le Sultan Achmet;
le Janissaire Aga s'étoit fort opposé à ce projet
séditieux , et il étoit allé la même nuit en
informer le Grand Seigneur. Ce Prince ordonna
sur le champ au Grand-Visir , au Mufty , et au
Capitan
1158 MERCURE DE FRANCE
Capitan Pacha d'assembler un Corps de Troupes,
et de les faire marcher dès la pointe du jour ,
pour dissiper ces Rébelles . Ces Troupes marche--
rent en bon ordre vers la place d'Atmeydan où
les Rébelles étoient campés , cette place étant
beaucoup plus spacieuse que celle du Sultan Ba
jazet où ils s'étoient d'abord affemblés . Le Grand-
Visir , le Mufty et le Capitan Pacha étoient à la
tête des Troupes du Grand- Seigneur , parmi lesquelles
il y avoit 600. Leventis ou Soldats de
Marine trés bien armés , le Mufty avoit à côté
de lui le fameux Etendart de Mahomet.
Les Rébelles sans s'étonner de voir arriver les
Troupes du G. S. en bon ordre , et bien disposés
à les charger , tirerent eux mêmes les premiers ,
avec cette circonstance qu'une bâle de Mousquet ,
ayant persé l'Etendart du Prophête , le Mufty en
fút si indigné , qu'il prononça sur le champ une
Sentence de mort contre tous les Rébelles ; ce
qui anima tellement les Troupes du G. S. qu'il
y cût un sanglant Combat , dans lequel plus de
300. Rébelles resterent sur la place , et les autres
furent dissipés.
Aprés cette expédition , le Grand Visir partagea
ses Troupes en deux corps, dont l'un resta
sur la même Place , et l'autre fût comandé pour
faire la Patrouille dans la Ville , et veiller à la
seureté publique,
Ces Letres ajoûtent que tous ceux qui furent
trouvés armés dans Constantinople fûrent étran
glés sur le champ . On croit que cette nouvelle
révolte a été suscitée par la Veuve du dernier G.
V.fille du Sultan déposé : elle a été , dit - on , étran
glée , mise dans un sac et jettée dans la Mer avec
une de ses confidentes .
Le G. S, a donné une Déclaration portant que
tous
MAY. 1731.
1159
tous ceux qui viendroient dénoncer des Rébelles
ou d'autres personnes qui pourroient avoir eu
quelque part à cette derniere révolte , auroient
quinze Aspres par jours de rente viagere. Cette
récompense a operé et opére tous les jours de
nouveaux châtimens exemplaires. Nous attendons
de plus amples circonstances de cet évenement ,
par des Vaisseaux partis de Constantinople le
30. Mars dernier.
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Résumé : TURQUIE.
En Turquie, malgré la répression des auteurs de la dernière révolte, des troubles persistent en Asie, notamment parmi les Janissaires réclamant leur solde. Pour éviter une escalade, le sultan a distribué vingt millions de son trésor. Le 25 mars, un Albanais de la faction de Patrona Kalil a rassemblé 2000 hommes dans la mosquée de Sultan Bajazet pour destituer le nouveau sultan et rétablir le sultan Achmet. Informé, le sultan a ordonné au Grand-Visir, au Mufty et au Capitan Pacha de rassembler des troupes pour disperser les rebelles. Les troupes, incluant 600 Soldats de Marine, ont affronté les rebelles à la place d'Atmeydan. Après qu'une balle ait percé l'étendard de Mahomet, le Mufty a prononcé une sentence de mort contre les rebelles, intensifiant le combat. Plus de 300 rebelles ont été tués et les autres dispersés. Après la bataille, les troupes ont assuré la sécurité publique, exécutant ceux trouvés armés à Constantinople. La veuve du dernier sultan, fille du sultan déposé, a été exécutée pour avoir fomenté la révolte. Le sultan a offert une récompense de quinze aspres par jour de rente viagère pour la dénonciation de rebelles, entraînant de nouveaux châtiments exemplaires. Des informations supplémentaires sont attendues via des vaisseaux partis de Constantinople le 30 mars.
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5511
p. 1159-1160
RUSSIE.
Début :
Le Baron de Schasiroff, envoyé extraordinaire de la Czarine en Perse, a écrit qu'il étoit [...]
Mots clefs :
Baron, Tsarine, Perse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
L
RUSSIE.
E Baron de Schafiroff , envoyé extraordinai
re de la Czarine en Perse , a écrit qu'il étoit
revenu à Hispahan , que le Roy de Perse ui avoit
fait donner pour son logement un Palais situé
dans le Fauxbourg où demeurent les Facteurs
des Commerçans François , Anglois et Hollandois
, qu'il étoit défrayé avec toute sa suite ,
et qu'on lui avoit donné par honneur une garde
de 40. Sokats de la Garde du Roi de Perse ;
qu'il n'y avoit pas encore de Traité conclu entre
le Roy de Perse et le Grand Seigneur , mais qu'ils
étoient convenus d'une suspension d'Armes pendant
six mois.
On mande de Moscou , qu'au commencement
du mois dernier , la Duchesse de Meckelbourg
dépêcha un de ses Principaux Officiers avec des
rémises considérables pour le Die Charles Leopold
son époux , auquel S. M. Cz . fait esperer
de puissants secours , si l'Empereur réfuse de lui
être favorable lorsqu'il s'agira de terminer ses
contestations avec les Princes de la Commission
de Rostoc .
On assure que le Traité conclu entre l'Empereur
et le feu Czar II . a été renouvellé dépuis ptu
H
ITO MERCURE DE FRANCE
et que le Comte de Wratislau , Ambassadeur extraordinaire
de S. M. Cz. , l'a envoyé à Vienne
pour le taire ratifier.
Tefterdar Said Mehemet Effendi , Envoyé
extraordinaire du Grand Seigneur , fit son Entrée
Publique à Moscou le 31. Mars ; le lendemain
il eût une Conférence avec le Grand - Chancelier,
auquel il rémit une Lettre du Grand Visir.
On écrit de Moscou que toute la Famille du
Prince de Menzixoff est revenue de son éxil ; ainsi
que d'autres personnes qui avoient été réléguées
en Siberie sous le Kégne précedent.
La Czarine doit faire publier l'Edit , rendu de
l'Avis de son Conseil,pour punir sévérement ceux
qui seront convaincus de malversations. S. M,
Cz. déclare par cet Edit,que la Famille des coupables
ne sera plus comprise dans leur disgrace,
RUSSIE.
E Baron de Schafiroff , envoyé extraordinai
re de la Czarine en Perse , a écrit qu'il étoit
revenu à Hispahan , que le Roy de Perse ui avoit
fait donner pour son logement un Palais situé
dans le Fauxbourg où demeurent les Facteurs
des Commerçans François , Anglois et Hollandois
, qu'il étoit défrayé avec toute sa suite ,
et qu'on lui avoit donné par honneur une garde
de 40. Sokats de la Garde du Roi de Perse ;
qu'il n'y avoit pas encore de Traité conclu entre
le Roy de Perse et le Grand Seigneur , mais qu'ils
étoient convenus d'une suspension d'Armes pendant
six mois.
On mande de Moscou , qu'au commencement
du mois dernier , la Duchesse de Meckelbourg
dépêcha un de ses Principaux Officiers avec des
rémises considérables pour le Die Charles Leopold
son époux , auquel S. M. Cz . fait esperer
de puissants secours , si l'Empereur réfuse de lui
être favorable lorsqu'il s'agira de terminer ses
contestations avec les Princes de la Commission
de Rostoc .
On assure que le Traité conclu entre l'Empereur
et le feu Czar II . a été renouvellé dépuis ptu
H
ITO MERCURE DE FRANCE
et que le Comte de Wratislau , Ambassadeur extraordinaire
de S. M. Cz. , l'a envoyé à Vienne
pour le taire ratifier.
Tefterdar Said Mehemet Effendi , Envoyé
extraordinaire du Grand Seigneur , fit son Entrée
Publique à Moscou le 31. Mars ; le lendemain
il eût une Conférence avec le Grand - Chancelier,
auquel il rémit une Lettre du Grand Visir.
On écrit de Moscou que toute la Famille du
Prince de Menzixoff est revenue de son éxil ; ainsi
que d'autres personnes qui avoient été réléguées
en Siberie sous le Kégne précedent.
La Czarine doit faire publier l'Edit , rendu de
l'Avis de son Conseil,pour punir sévérement ceux
qui seront convaincus de malversations. S. M,
Cz. déclare par cet Edit,que la Famille des coupables
ne sera plus comprise dans leur disgrace,
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Résumé : RUSSIE.
Le baron de Schafiroff, envoyé de la czarine en Perse, est retourné à Hispahan où le roi de Perse lui a fourni un palais et une garde d'honneur de 40 soldats. Une suspension d'armes de six mois a été convenue entre le roi de Perse et le Grand Seigneur, mais aucun traité n'a été conclu. À Moscou, la duchesse de Meckelbourg a envoyé des fonds à son époux, espérant l'aide de la czarine en cas de refus de l'empereur dans ses contestations avec les princes de la Commission de Rostoc. Le traité entre l'empereur et le feu czar Pierre II a été renouvelé et porté à Vienne par le comte de Wratislau. Tefterdar Said Mehemet Effendi, envoyé du Grand Seigneur, a fait son entrée publique à Moscou et a remis une lettre du Grand Visir au grand-chancelier. Des nouvelles de Moscou indiquent le retour de la famille du prince de Menzixoff et d'autres exilés en Sibérie. La czarine doit publier un édit pour punir sévèrement les malversations, excluant la famille des coupables de la disgrâce.
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5512
p. 1160
DANNEMARCK.
Début :
On doit publier un nouveau Réglement touchant les fonctions de ceux qui ont rang au [...]
Mots clefs :
Règlement, Couronnement du roi, Médailles, Ministres étrangers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
chant les fonctions de ceux qui ont rang au
Couronnement du Roy , et on a fait frapper à
cette occasion 300co. Risdales de Médailles
d'or , pour être distribuées aux Ministres Etrangers,
aux Seigneurs de la Cour , et à la principale
Noblesse . On en frappe actuellement en argent ,
pour donner aux Bourgeois de Coppenhague ,
Suivant l'ancien usage.
doit nouveau
Le Roy a chargé M. de Gram , Grand-Veneur
du Royaume , de choisir douze des plus beaux
Chevaux de ses Haras , et plusieurs Chiens de
Chasse , dont S M. a dessein de faire présent an
Roy Tres- Chrétien.
On a reçu avis que la moitié de la Ville de Rotschild
, où est la Sépulture des Rois de Dannemarck
, avoit été réduite en cendres au commencement
du mois dernier.
Couronnement du Roy , et on a fait frapper à
cette occasion 300co. Risdales de Médailles
d'or , pour être distribuées aux Ministres Etrangers,
aux Seigneurs de la Cour , et à la principale
Noblesse . On en frappe actuellement en argent ,
pour donner aux Bourgeois de Coppenhague ,
Suivant l'ancien usage.
doit nouveau
Le Roy a chargé M. de Gram , Grand-Veneur
du Royaume , de choisir douze des plus beaux
Chevaux de ses Haras , et plusieurs Chiens de
Chasse , dont S M. a dessein de faire présent an
Roy Tres- Chrétien.
On a reçu avis que la moitié de la Ville de Rotschild
, où est la Sépulture des Rois de Dannemarck
, avoit été réduite en cendres au commencement
du mois dernier.
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Résumé : DANNEMARCK.
Lors du couronnement, 300 écus de médailles d'or ont été distribués aux ministres étrangers, seigneurs et noblesse. Des médailles en argent sont offertes aux bourgeois de Copenhague. Le roi a chargé M. de Gram de sélectionner des chevaux et chiens de chasse pour le roi Très-Chrétien. La moitié de Roskilde a été détruite par un incendie.
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5513
p. 1161-1162
ALLEMAGNE.
Début :
Le 20. du mois dernier, on reçut à Vienne, par un Courrier dépêché de Londres, la ratification [...]
Mots clefs :
Vienne, Ratification, Traité, Roi de Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
E 20. du mois dernier , on reçut à Vienne
Lepar un Courrier dépêché de Londres , la ra
tification du Traité conclu le 16. Mars , entre
l'Empereur et le Roy d'Angleterre.
!
Le 6 May , le Conseil Aulique jugea le Procès
du Duc de Modéne , contre le Prince et les
Princesses de Carignan , au sujet de la succession
du feu Prince Foreste d'Est. Tous les immeubles
ont été adjugez au Duc de Modéne , et les effets
mobiliers au Prince et aux Princesses de Carignan.
On fait revenir d'Italie 6000 hommes de Cavalerie
, et 8000 d'Infanterie qui passeront en
Hongrie , où l'on veut assembler une armée considérable
, parce qu'on a reçu des avis certains de
Constantinople , que le G. S. pourroit être contraint
de ceder aux instances réiterées des Janissaires
et du peuple , qui paroissent toujours disposez
à la révolte , parce que S. H. refuse de déclarer
la guerre aux Chrétiens.
On écrit de Berlin que les grandes Revuës des
plus belles Troupes du Roy de Prusse , et pour
lesquelles on fait de grands préparatifs , ne se feront
qu'au commencement du mois prochain .On
assure que le Roy de Pologne et le Prince Royal
son fi's y sont invitez , ainsi que quantité d'autres
Princes , comme le Duc regnant de Wirtemberg
, le Duc de Saxe Eisenach , le Duc de Beveren
, le Prince Charles son fils , le Landgrave de
Hesse Darmstadt, les Pr . Héréditaires de Bareith,
et les Princes de la Maison d'Anhalt ; ils sont attendus
à Berlin , vers le 24 de May.
On mande de Dresde que le Cointe d'Hoim ,
premier Ministre du Roy de Pologne , a deman-
Hij
dé
116 MERCURE DE FRANCE
dé et obtenu de S.M.des Commissaires pour examiner
ses comptes , afin d'avoir ensuite sa liberté,
étant toujours relégué dans une de ses Terres.
E 20. du mois dernier , on reçut à Vienne
Lepar un Courrier dépêché de Londres , la ra
tification du Traité conclu le 16. Mars , entre
l'Empereur et le Roy d'Angleterre.
!
Le 6 May , le Conseil Aulique jugea le Procès
du Duc de Modéne , contre le Prince et les
Princesses de Carignan , au sujet de la succession
du feu Prince Foreste d'Est. Tous les immeubles
ont été adjugez au Duc de Modéne , et les effets
mobiliers au Prince et aux Princesses de Carignan.
On fait revenir d'Italie 6000 hommes de Cavalerie
, et 8000 d'Infanterie qui passeront en
Hongrie , où l'on veut assembler une armée considérable
, parce qu'on a reçu des avis certains de
Constantinople , que le G. S. pourroit être contraint
de ceder aux instances réiterées des Janissaires
et du peuple , qui paroissent toujours disposez
à la révolte , parce que S. H. refuse de déclarer
la guerre aux Chrétiens.
On écrit de Berlin que les grandes Revuës des
plus belles Troupes du Roy de Prusse , et pour
lesquelles on fait de grands préparatifs , ne se feront
qu'au commencement du mois prochain .On
assure que le Roy de Pologne et le Prince Royal
son fi's y sont invitez , ainsi que quantité d'autres
Princes , comme le Duc regnant de Wirtemberg
, le Duc de Saxe Eisenach , le Duc de Beveren
, le Prince Charles son fils , le Landgrave de
Hesse Darmstadt, les Pr . Héréditaires de Bareith,
et les Princes de la Maison d'Anhalt ; ils sont attendus
à Berlin , vers le 24 de May.
On mande de Dresde que le Cointe d'Hoim ,
premier Ministre du Roy de Pologne , a deman-
Hij
dé
116 MERCURE DE FRANCE
dé et obtenu de S.M.des Commissaires pour examiner
ses comptes , afin d'avoir ensuite sa liberté,
étant toujours relégué dans une de ses Terres.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 20 du mois précédent, Vienne a reçu la ratification du traité signé le 16 mars entre l'Empereur et le roi d'Angleterre. Le 6 mai, le Conseil Aulique a tranché le litige de succession du Prince Foreste d'Est entre le Duc de Modène et le Prince et les Princesses de Carignan. Les biens immobiliers ont été attribués au Duc de Modène, tandis que les biens mobiliers sont allés au Prince et aux Princesses de Carignan. L'Allemagne a rapatrié 6 000 cavaliers et 8 000 fantassins d'Italie vers la Hongrie pour renforcer son armée. Cette décision suit des informations de Constantinople indiquant que le Sultan pourrait céder aux pressions des Janissaires et du peuple, prêts à se révolter en raison du refus du Sultan de déclarer la guerre aux Chrétiens. À Berlin, des grandes revues des troupes du roi de Prusse sont prévues pour le début du mois prochain, avec la présence attendue du roi de Pologne, du Prince Royal et d'autres princes vers le 24 mai. À Dresde, le Comte d'Hoim, premier ministre du roi de Pologne, a obtenu des commissaires pour examiner ses comptes afin de recouvrer sa liberté, étant toujours relégué sur une de ses terres.
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5514
p. 1162-1167
ITALIE.
Début :
Le Pape a nommé une Congrégation particuliere, composée de quatre Cardinaux et de [...]
Mots clefs :
Pape, Congrégation, Jeux, Loteries de Gênes, Rome, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Lier
E Pape a nommé une Congrégation particuliere
, composée de quatre Cardinanx et de
quelques Prélats , pour examiner quelics ont été ,
les raisons qui ont déterminé le fou Pape a défendre
les Jeux ou Lotteries de Génes , et a fait
publier une Bulle d'excommunication contre ceux
qui prendroient interêt à ces Lotteries, ou qui en
distribueroient des Billets , et le bruit court que
ces Lotteries pourront être rétablies au profit de
la Chambre Apostolique , et que l'excommuni-
'cation ne subsistera que contre ceux qui se serviront
des moyens superstitieux , détendus par les
Canons , dans l'esperance de faire un choix plus
sûr des Numeros qui doivent leur faire gagner
des Lots.
Sur les grandes contestations du Chap, general
des Carmes Déchaussez , assemblé à Rome, le Pape
Bomma le 10 Avril , le Cardinal Impériali pour
y assister de sa part ; et le 14. ces Religieux élurent
en sa présence le Pere Robert de sainte Anne
pour Général de toute la Congrégation d'Italie.
Ce Religieux qui est né à Bruxelles , où il se
nommoit Arroud de Roy , avant que d'entrer
dans cet Ordre , étoit actuellement Définiteur
Général , et il avoit été auparavant Provincial
de la Province des Pais - Bas.
On mande de Rome qu'on y avoit reçu des dépêches
de M.Guillelmi , que le Pape avoit envoyé
à Turin , portant , qu'étant arrivé à Alexandrie,
il y avoit d'abord été reçu avec beaucoup de dis
tinction , et traité magnifiquement à dîner par le
Gouyer
M A Y. 1731. 1763
Gouverneur, qui, après le repas, lui dit qu'il avoit
ordre du Roy de le faire ressortir de ses Etats, et
de lui donner des Gardes pour le conduire jusques
sur les Frontieres ; ce qui avoit été exécuté .
Dins le Consistoire secret , du 9 Avril , le Pape
proposa l'érection de l'Evêché de Dijon , et les
Bulles de cet Evêché , pour l'Abbé Bouhier.
Le Cardinal Cibo , qu'on croyoit être allé à
Massa, pour y passer quelque temps, s'est rendu
à Gaete , dans le dessein de finir ses jours dans
P'Hermitage de Castellone , aux environs de cette
• Ville ; mais le Pape qui l'aime beaucoup , l'a rapellé
, il est arrivé à Pérouse , où S. S. lui a permis
de passer quelque temps.
Le bruit court que la Congrégation de l'Immunité
a reçu ordre d'agir contre le Cardinal
Fini , qu'on accuse d'être le premier auteur de
tous les différends du S. Siége , avec le Roy de
Sardaigne. On a appris depuis que ce Cardinal a
reçu ordre du Pape de se présenter devant cette
Congrégation , composée des trois Cardinaux ,
Chefs d'Ordres , de M. Fiorelli , et d'un Notaire,
Ces Cardinaux auront des Fauteuils à bras avec
des tapis de pied ; et le Cardinal Fini , une simple
Chaise à dos , sans tapis.
-
Le Monitoire qui a été affiché contre le Cardinal
Coscia , contient un ordre du Pape à ce
Cardinal,de se représenter dans six semaines , et
en cas qu'il refuse de s'y soumettre , on le menace
de le traiter comme rebelle et désobéissant au
S.Siége, et de le condamner par contumace . Le 4.
Avril le Card. Coscia arriva à Naples , er alla descendre
chez M. Martino , son parent. On a appris
depuis que le Nonce du Pape ayant fait citer
devant le Tribunal de la Nonciature , les voitu
riers qui avoient conduit ce Cardinal , et les voi-
Hij
sins
1164 MERCURE DE FRANCE
sins de la maison de M. Martino , il les fit - interroger
par M. d'Asti , Ministre de ce Tribunal
mais le Conseil collatéral en ayant été instruit
députa au Nonce , pour se plaindre de cette procedure
; et le Nonce répondit qu'elle ne devoit
pas être regardée comme un Acte de Jurisdiction ,
puisqu'il n'avoit fait faire serment à aucun
des interrogez , ne les ayant fait citer que pour
satisfaire aux Ordres du Pape , qui vouloit être
"informé de certaines circonstances de la fuite dua
Cardinal Coscia .
pas
On a appris de Naples , que le tremblement de
Terre, du o Mars , qui renversa la Ville de Foggia
, située dans la Province de la Capitanatte ,
sar la Riviere de Cervaro , à quatre lieues de
Manfredonia , n'a épargné aucune des Eglises de
la Ville , de sorte que les habitans, qui se sont
sauvez , ont été obligez d'élever en pleine Campagne
un Autel sur lequel ils ont placé une Image
miraculeuse de la Vierge , qui n'a point été
endommagée , et on y célébré une Messe tous
les jours.
Les Religieuses , dont tous les Monasteres ont
été détruits , se sont rassemblées dans le Cloître
de saint Pascal,où elles n'ont,pour se mettre à l'abri
des injures de l'air , que de méchantes Cabanes
, construites de Planches , ramassées à la
hâte.
La plupart des Religieux se sont dispersez
dans les Campagnes pour chercher de quoi vivre.
Les autres habitans sont dans une misére affreuse
, n'ayant ni vivres , ni moulins , ni fours ; plusieurs
d'entr'eux ont perdu la vue par les vapeurs
malignes,sorties des ouvertures de la terre,
pendant le tremblement.
Les Travailleurs n'ont pû encore retirer que
8:
MAY. 1731. 1165
8 à 900 corps morts , et il leur est presque impossible
de donner du soulagement à ceux qu'ils
entendent sous les décombres , demander du secours
et crier miséricorde,parce qu'ils courroient
risque eux -mêmes d'être écrasez sous les ruines ,
par la chute imprévue des murailles , dont tous
Ies fondemens sont ébranlez .
Dom Vincent del Pezzo , Auditeur Royal de
Foggia , qui ne fut retiré que le 23. de dessous
les décombres de sa maison , où il vivoit encore,
mourut le 24 au soir,et tout le reste de sa famille
a péri.
On a remarqué , avec étonnement , que l'eau
des Puits et des Citernes s'est élevée de plusieurs
pieds au dessus de la surface de la terre, et qu'elle
a inondé les jardins et les vignes des environs.
Le même tremblement de terre s'est fait sentir
à Barletta avec la même violence , mais il n'y a
pas causé tant de dommage. La seule Eglise des
Carmes a souffert en quelques endroits , et l'une
des Portes de la Ville est tombée.
A Cérignola, presque toutes les Eglises ont été
renversées , et la plupart des Maisons à demi rui-
* nées par les 25 secousses de tremblement de terre
qu'on y a ressenties , mais il n'y a péri que sept
personnes .
Les Villes de Canosa et d'Andria ont beaucoup
souffert ; à Molfetta il n'y a eu que trois Maisons
renversées et trois personnes tuées . A Bari , les
secousses ont été presque continuelles , depuis le
20 jusqu'au 21, mais elles y ont seulement endommagé
quelques murailles, et entr'autres celles
de l'Eglise de S.Nicolas ; quelques Bâtimens de la
Chartreuse voisine de Manfredonia ont été abbatus
, et le P.Tarno , Procureur de la Maison , a
péri avec vingt autres personnes.
H iiij
La
1166 MERCURE DE FRANCE
La Foire de Foggia se tiendra pourtant cette
année comme à l'ordinaire , malgré la destruction
de cette Ville, et les Ministres de l'Empereur
y font construire des Baraques de bois pour la
commodité des Marchands. S. M. Imp. a accordé
aux habitans de cette malheureuse Ville , qui
ont pû échaper , une exemption de tous droits
taxes et impôts pendant dix années ; et elle leur
fait fournir une certaine quantité de matériaux
pour les aider à rétablir leurs maisons. On travaille
encore à démolir , le reste des maisons de
>
Foggia , parce que les fondemens de celles que le
tremblement de terre n'a point renversées , sont
entierement ébranlez. Le nombre des morts , ensevelis
sous les ruines , monte à 3600 ,y compris
les enfans , les vieillards et les malades.
Le 11 Avril, on fit à Naples une Procession solemnelle
, dans laquelle on porta le Chef de saint
Janvier. Toute la Noblesse y assista en habits
noirs , sans domestiques et sans épées .
On mande d'Aversa , qu'un Religieux Minime
, qui a prêché le Carême dernier dans l'une
des Paroisses dépendante des Terres du Prince
d'Avelino , y avoit été assassiné par un Particu
lier , au desespoir de ce que les Sermons de ce
Pere avoient déterminé à la pénitence une Courtisanne
à laquelle cet Assassin étoit attaché . On
ajoûte qu'il a été arrêté.
On a appris qu'il est arrivé au commencement
du mois dernier dans le port d'Alger , un
Vaisseau de Guerre Suedois et deux autres Bâtimens
de transport , chargez du Present que le
Roi de Suede devoit envoyer à la Régence , conformément
au dernier Traité conclu avec le Dey,
Ce Présent consistoit en 8co. Barils de Poudre ,
8. gros Cables d'Ancre , so. Mats , 800. Fusils ,
800.
MAY. 173T. 1167
800. Sabres , 40. Canons, dont 12. sont de douze
livres de bales , 14. de 18. livres, 14. de
6000. Boulets.
24.et
Les Lettres de Genes portent que plusieurs
Familles de la Bastia , Capitale de l'Isle de Corse,
s'étoient sauvées dans l'Ile de Capraia avec leurs
meilleurs Effers ,pour se soustraire à a fureur des
Rebelles, qui ayant repris les armes , s'étoient emparez
de Feringoli , Poste avantageux , situé près
de la Bastia ; qu'ils avoient brulé le Bourg d'Araliola
, qu'ils avoient surpris la petite Ville de
San Fiorenzo , et menacé le Commandant de la
Tour de cette Ville , de faire mourir sa mere et
sa niece , arrêtées dans la Ville , s'il ne se rendoit
dans un certain temps.
On écrit de Turin , que le Roi de Sardaigne
a fait arrêter et conduire au Chateau de Miolans,
le Comte de Sales , qu'on accuse d'avoir parle
trop indiscretement des differends de la Cour avec
le Saint Siege.
Lier
E Pape a nommé une Congrégation particuliere
, composée de quatre Cardinanx et de
quelques Prélats , pour examiner quelics ont été ,
les raisons qui ont déterminé le fou Pape a défendre
les Jeux ou Lotteries de Génes , et a fait
publier une Bulle d'excommunication contre ceux
qui prendroient interêt à ces Lotteries, ou qui en
distribueroient des Billets , et le bruit court que
ces Lotteries pourront être rétablies au profit de
la Chambre Apostolique , et que l'excommuni-
'cation ne subsistera que contre ceux qui se serviront
des moyens superstitieux , détendus par les
Canons , dans l'esperance de faire un choix plus
sûr des Numeros qui doivent leur faire gagner
des Lots.
Sur les grandes contestations du Chap, general
des Carmes Déchaussez , assemblé à Rome, le Pape
Bomma le 10 Avril , le Cardinal Impériali pour
y assister de sa part ; et le 14. ces Religieux élurent
en sa présence le Pere Robert de sainte Anne
pour Général de toute la Congrégation d'Italie.
Ce Religieux qui est né à Bruxelles , où il se
nommoit Arroud de Roy , avant que d'entrer
dans cet Ordre , étoit actuellement Définiteur
Général , et il avoit été auparavant Provincial
de la Province des Pais - Bas.
On mande de Rome qu'on y avoit reçu des dépêches
de M.Guillelmi , que le Pape avoit envoyé
à Turin , portant , qu'étant arrivé à Alexandrie,
il y avoit d'abord été reçu avec beaucoup de dis
tinction , et traité magnifiquement à dîner par le
Gouyer
M A Y. 1731. 1763
Gouverneur, qui, après le repas, lui dit qu'il avoit
ordre du Roy de le faire ressortir de ses Etats, et
de lui donner des Gardes pour le conduire jusques
sur les Frontieres ; ce qui avoit été exécuté .
Dins le Consistoire secret , du 9 Avril , le Pape
proposa l'érection de l'Evêché de Dijon , et les
Bulles de cet Evêché , pour l'Abbé Bouhier.
Le Cardinal Cibo , qu'on croyoit être allé à
Massa, pour y passer quelque temps, s'est rendu
à Gaete , dans le dessein de finir ses jours dans
P'Hermitage de Castellone , aux environs de cette
• Ville ; mais le Pape qui l'aime beaucoup , l'a rapellé
, il est arrivé à Pérouse , où S. S. lui a permis
de passer quelque temps.
Le bruit court que la Congrégation de l'Immunité
a reçu ordre d'agir contre le Cardinal
Fini , qu'on accuse d'être le premier auteur de
tous les différends du S. Siége , avec le Roy de
Sardaigne. On a appris depuis que ce Cardinal a
reçu ordre du Pape de se présenter devant cette
Congrégation , composée des trois Cardinaux ,
Chefs d'Ordres , de M. Fiorelli , et d'un Notaire,
Ces Cardinaux auront des Fauteuils à bras avec
des tapis de pied ; et le Cardinal Fini , une simple
Chaise à dos , sans tapis.
-
Le Monitoire qui a été affiché contre le Cardinal
Coscia , contient un ordre du Pape à ce
Cardinal,de se représenter dans six semaines , et
en cas qu'il refuse de s'y soumettre , on le menace
de le traiter comme rebelle et désobéissant au
S.Siége, et de le condamner par contumace . Le 4.
Avril le Card. Coscia arriva à Naples , er alla descendre
chez M. Martino , son parent. On a appris
depuis que le Nonce du Pape ayant fait citer
devant le Tribunal de la Nonciature , les voitu
riers qui avoient conduit ce Cardinal , et les voi-
Hij
sins
1164 MERCURE DE FRANCE
sins de la maison de M. Martino , il les fit - interroger
par M. d'Asti , Ministre de ce Tribunal
mais le Conseil collatéral en ayant été instruit
députa au Nonce , pour se plaindre de cette procedure
; et le Nonce répondit qu'elle ne devoit
pas être regardée comme un Acte de Jurisdiction ,
puisqu'il n'avoit fait faire serment à aucun
des interrogez , ne les ayant fait citer que pour
satisfaire aux Ordres du Pape , qui vouloit être
"informé de certaines circonstances de la fuite dua
Cardinal Coscia .
pas
On a appris de Naples , que le tremblement de
Terre, du o Mars , qui renversa la Ville de Foggia
, située dans la Province de la Capitanatte ,
sar la Riviere de Cervaro , à quatre lieues de
Manfredonia , n'a épargné aucune des Eglises de
la Ville , de sorte que les habitans, qui se sont
sauvez , ont été obligez d'élever en pleine Campagne
un Autel sur lequel ils ont placé une Image
miraculeuse de la Vierge , qui n'a point été
endommagée , et on y célébré une Messe tous
les jours.
Les Religieuses , dont tous les Monasteres ont
été détruits , se sont rassemblées dans le Cloître
de saint Pascal,où elles n'ont,pour se mettre à l'abri
des injures de l'air , que de méchantes Cabanes
, construites de Planches , ramassées à la
hâte.
La plupart des Religieux se sont dispersez
dans les Campagnes pour chercher de quoi vivre.
Les autres habitans sont dans une misére affreuse
, n'ayant ni vivres , ni moulins , ni fours ; plusieurs
d'entr'eux ont perdu la vue par les vapeurs
malignes,sorties des ouvertures de la terre,
pendant le tremblement.
Les Travailleurs n'ont pû encore retirer que
8:
MAY. 1731. 1165
8 à 900 corps morts , et il leur est presque impossible
de donner du soulagement à ceux qu'ils
entendent sous les décombres , demander du secours
et crier miséricorde,parce qu'ils courroient
risque eux -mêmes d'être écrasez sous les ruines ,
par la chute imprévue des murailles , dont tous
Ies fondemens sont ébranlez .
Dom Vincent del Pezzo , Auditeur Royal de
Foggia , qui ne fut retiré que le 23. de dessous
les décombres de sa maison , où il vivoit encore,
mourut le 24 au soir,et tout le reste de sa famille
a péri.
On a remarqué , avec étonnement , que l'eau
des Puits et des Citernes s'est élevée de plusieurs
pieds au dessus de la surface de la terre, et qu'elle
a inondé les jardins et les vignes des environs.
Le même tremblement de terre s'est fait sentir
à Barletta avec la même violence , mais il n'y a
pas causé tant de dommage. La seule Eglise des
Carmes a souffert en quelques endroits , et l'une
des Portes de la Ville est tombée.
A Cérignola, presque toutes les Eglises ont été
renversées , et la plupart des Maisons à demi rui-
* nées par les 25 secousses de tremblement de terre
qu'on y a ressenties , mais il n'y a péri que sept
personnes .
Les Villes de Canosa et d'Andria ont beaucoup
souffert ; à Molfetta il n'y a eu que trois Maisons
renversées et trois personnes tuées . A Bari , les
secousses ont été presque continuelles , depuis le
20 jusqu'au 21, mais elles y ont seulement endommagé
quelques murailles, et entr'autres celles
de l'Eglise de S.Nicolas ; quelques Bâtimens de la
Chartreuse voisine de Manfredonia ont été abbatus
, et le P.Tarno , Procureur de la Maison , a
péri avec vingt autres personnes.
H iiij
La
1166 MERCURE DE FRANCE
La Foire de Foggia se tiendra pourtant cette
année comme à l'ordinaire , malgré la destruction
de cette Ville, et les Ministres de l'Empereur
y font construire des Baraques de bois pour la
commodité des Marchands. S. M. Imp. a accordé
aux habitans de cette malheureuse Ville , qui
ont pû échaper , une exemption de tous droits
taxes et impôts pendant dix années ; et elle leur
fait fournir une certaine quantité de matériaux
pour les aider à rétablir leurs maisons. On travaille
encore à démolir , le reste des maisons de
>
Foggia , parce que les fondemens de celles que le
tremblement de terre n'a point renversées , sont
entierement ébranlez. Le nombre des morts , ensevelis
sous les ruines , monte à 3600 ,y compris
les enfans , les vieillards et les malades.
Le 11 Avril, on fit à Naples une Procession solemnelle
, dans laquelle on porta le Chef de saint
Janvier. Toute la Noblesse y assista en habits
noirs , sans domestiques et sans épées .
On mande d'Aversa , qu'un Religieux Minime
, qui a prêché le Carême dernier dans l'une
des Paroisses dépendante des Terres du Prince
d'Avelino , y avoit été assassiné par un Particu
lier , au desespoir de ce que les Sermons de ce
Pere avoient déterminé à la pénitence une Courtisanne
à laquelle cet Assassin étoit attaché . On
ajoûte qu'il a été arrêté.
On a appris qu'il est arrivé au commencement
du mois dernier dans le port d'Alger , un
Vaisseau de Guerre Suedois et deux autres Bâtimens
de transport , chargez du Present que le
Roi de Suede devoit envoyer à la Régence , conformément
au dernier Traité conclu avec le Dey,
Ce Présent consistoit en 8co. Barils de Poudre ,
8. gros Cables d'Ancre , so. Mats , 800. Fusils ,
800.
MAY. 173T. 1167
800. Sabres , 40. Canons, dont 12. sont de douze
livres de bales , 14. de 18. livres, 14. de
6000. Boulets.
24.et
Les Lettres de Genes portent que plusieurs
Familles de la Bastia , Capitale de l'Isle de Corse,
s'étoient sauvées dans l'Ile de Capraia avec leurs
meilleurs Effers ,pour se soustraire à a fureur des
Rebelles, qui ayant repris les armes , s'étoient emparez
de Feringoli , Poste avantageux , situé près
de la Bastia ; qu'ils avoient brulé le Bourg d'Araliola
, qu'ils avoient surpris la petite Ville de
San Fiorenzo , et menacé le Commandant de la
Tour de cette Ville , de faire mourir sa mere et
sa niece , arrêtées dans la Ville , s'il ne se rendoit
dans un certain temps.
On écrit de Turin , que le Roi de Sardaigne
a fait arrêter et conduire au Chateau de Miolans,
le Comte de Sales , qu'on accuse d'avoir parle
trop indiscretement des differends de la Cour avec
le Saint Siege.
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Résumé : ITALIE.
En 1731, plusieurs événements marquants ont eu lieu en Italie et dans les régions voisines. Le Pape a créé une congrégation pour examiner les raisons de la défense des lotteries de Gênes et a publié une bulle d'excommunication contre ceux qui s'y impliquent. Il a été suggéré que ces lotteries pourraient être rétablies au profit de la Chambre Apostolique, avec une excommunication limitée à ceux utilisant des moyens superstitieux. Le Pape a nommé le Cardinal Impériali pour assister au Chapitre général des Carmes Déchaussés à Rome, où le Père Robert de Sainte-Anne, né à Bruxelles et ancien Provincial des Pays-Bas, a été élu Général. Des dépêches de M. Guillelmi, envoyé à Turin, rapportent son expulsion des États du Roi de Sardaigne après avoir été reçu avec distinction à Alexandrie. Dans un consistoire secret, le Pape a proposé l'érection de l'évêché de Dijon pour l'Abbé Bouhier. Le Cardinal Cibo, initialement destiné à passer ses derniers jours à Castellone, a été rappelé par le Pape. Des rumeurs indiquent que la Congrégation de l'Immunité agit contre le Cardinal Fini, accusé d'être à l'origine des différends entre le Saint-Siège et le Roi de Sardaigne. Le Cardinal Coscia, menacé d'excommunication, a été cité par le Nonce du Pape à Naples. Un tremblement de terre à Foggia a causé des destructions massives, tuant environ 3600 personnes et endommageant gravement les infrastructures. Les habitants de Foggia ont été exemptés de droits et taxes pendant dix ans, et des mesures sont prises pour reconstruire la ville. Des secousses similaires ont été ressenties à Barletta, Cérignola, Canosa, Andria, Molfetta, Bari et Manfredonia, avec des dégâts variés. À Naples, une procession solennelle a eu lieu avec le Chef de saint Janvier. Un religieux Minime a été assassiné à Aversa pour avoir déterminé une courtisanne à la pénitence. Enfin, des vaisseaux suédois ont livré des présents militaires à Alger, et des familles corses se sont réfugiées à Capraia pour échapper aux rebelles. Le Roi de Sardaigne a fait arrêter le Comte de Sales pour des propos indiscrets sur les différends avec le Saint-Siège.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5515
p. 1167-1168
LETTRE écrite de Turin le 19. May, par M. L . D.
Début :
La part que vous prenez aux progrès de la Scene Françoise, Monsieur, me fait esperer [...]
Mots clefs :
Turin, Troupe de comédiens français, Cour, Noblesse, Prince de Carignan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Turin le 19. May, par M. L . D.
LEFTRE écrite de Turin le 19. May ,
par M. L. D.
Α
LA partque vous prenez aux progrès de la
Scene Françoise , Monsieur , me fait esperer
que vous recevrez avec plaisir la Lettre que j'ai
l'honneur de vous écrire , et que vous aurez la
bonté d'en faire usage dans le Mercure de ce mois.
Nous avons à Turin une Troupe de Comédiens
François , recommandable par le choix et par
le nombre des Acteurs et des Actrices qui
a composent cette Troupe a é é demandée
pour la troisiéme fois dans cette Cour ; clie
y est goutée plus que jamais , et notre Noblesse
voit avec plaisir représenter les Chefs - d'oeuvres
qu'elle a admirez autrefois en les lisant. Le Roi
Hv les
1168 MERCURE DE FRANCE
les honore très -souvent de sa presence au Théatre
du Prince de Carignan , et l'on a fait construire
un Théatre magnifique dans les Appartemens
du Palais , pour en donner le divertissement
à la Reine , à qui ils ont eu le bonheur de plaire .
Ils y représentent deux fois la semaine , et Sa
Majesté n'a cessé de les voir que par son heureux
accouchement d'un Prince , qui nâquit Jeu
dy 17. May ; il fut nommé le lendemain sur les
Fonts , joseph- Charles- Emmanuel , par le Prince
Louis de Carignan , et par la Princesse sa:
soeur. Nos Comédiens , pour marquer la partqu'ils
prennent au bonheur public , donnent aujourd'hui
19. la Comedie gratis . J'ai l'honneur:
d'être , &c..
par M. L. D.
Α
LA partque vous prenez aux progrès de la
Scene Françoise , Monsieur , me fait esperer
que vous recevrez avec plaisir la Lettre que j'ai
l'honneur de vous écrire , et que vous aurez la
bonté d'en faire usage dans le Mercure de ce mois.
Nous avons à Turin une Troupe de Comédiens
François , recommandable par le choix et par
le nombre des Acteurs et des Actrices qui
a composent cette Troupe a é é demandée
pour la troisiéme fois dans cette Cour ; clie
y est goutée plus que jamais , et notre Noblesse
voit avec plaisir représenter les Chefs - d'oeuvres
qu'elle a admirez autrefois en les lisant. Le Roi
Hv les
1168 MERCURE DE FRANCE
les honore très -souvent de sa presence au Théatre
du Prince de Carignan , et l'on a fait construire
un Théatre magnifique dans les Appartemens
du Palais , pour en donner le divertissement
à la Reine , à qui ils ont eu le bonheur de plaire .
Ils y représentent deux fois la semaine , et Sa
Majesté n'a cessé de les voir que par son heureux
accouchement d'un Prince , qui nâquit Jeu
dy 17. May ; il fut nommé le lendemain sur les
Fonts , joseph- Charles- Emmanuel , par le Prince
Louis de Carignan , et par la Princesse sa:
soeur. Nos Comédiens , pour marquer la partqu'ils
prennent au bonheur public , donnent aujourd'hui
19. la Comedie gratis . J'ai l'honneur:
d'être , &c..
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Résumé : LETTRE écrite de Turin le 19. May, par M. L . D.
Le 19 mai, M. L. D. écrit depuis Turin pour informer des progrès de la scène française dans cette ville. Turin accueille une troupe de comédiens français, reconnue pour la qualité et le nombre de ses membres. Cette troupe a été invitée trois fois à la cour et y est bien accueillie. La noblesse locale apprécie les représentations des œuvres qu'elle connaît déjà. Le roi assiste fréquemment aux spectacles au théâtre du Prince de Carignan. Un théâtre somptueux a été construit dans les appartements du palais pour divertir la reine, qui a apprécié les représentations. La troupe joue deux fois par semaine, sauf le 17 mai, jour de l'accouchement de la reine, qui a donné naissance à un prince nommé Joseph-Charles-Emmanuel. Pour célébrer cet événement, les comédiens offrent une représentation gratuite le 19 mai.
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5516
p. 1168
ESPAGNE.
Début :
On apprend de Seville, que M. Kéenne, Ministre du Roy d'Angleterre, a remis aux [...]
Mots clefs :
Ministre, Séville, Traité, Cabinet du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE
ON apprend de Seville , que M. Kéene , Ministre
du Roy d'Angleterre , a. remis aux
Ministres du Roi la copie du Traité conclu à Vienne
entre l'Empereur et S.M. Britanique;qu'il y a eu
à ce sujet plusieurs Conferences des Ministres,dans
le Cabinet du Roi, et que
le bruit court que S.M.
a refusé jusqu'à present d'y prendre part .
ON apprend de Seville , que M. Kéene , Ministre
du Roy d'Angleterre , a. remis aux
Ministres du Roi la copie du Traité conclu à Vienne
entre l'Empereur et S.M. Britanique;qu'il y a eu
à ce sujet plusieurs Conferences des Ministres,dans
le Cabinet du Roi, et que
le bruit court que S.M.
a refusé jusqu'à present d'y prendre part .
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5517
p. 1168-1169
HOLLANDE ET PAYS-BAS.
Début :
Dans la derniere Vente de la Compagnie d'Ostende, le meilleur Thé s'y est vendu depuis [...]
Mots clefs :
Thé, Archiduchesse, Monastère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS-BAS.
HOLLANDE ET PAYS- BAS.
Ans la derniere Vente de la Compagnie d'Os
tende , le meilleur Thé s'y est vendu depuis .
42 sols jusqu'à 47. et le moindre depuis 30. jusqu'à
40. sols la livre ; tout le Thé a été vendu ,
ainsi que la plus grande partie des autres Marchandises
de la même Compagnie , dont les Actions
sont tombées à 104 .
Le 29. du mois dernier , vers les 9. heures du
sair , le Duc de Lorraine arriva à Bruxelles in-
Goo
MAÝ. 1731. 1169
cognito , sous le nom de Comte de Blamont. Ce
Prince qui avoit été reçû hors la Porte par le
Comte de Visconty , Grand-Maître de la Maison
de l'Archiduchesse Gouvernante , alla descendre
à l'Hôtel de Salazar , que cette Princesse lui avoit
fait préparer. Le lendemain matin , il alla rendre
visite à l'Archiduchesse , et ensuite dîner chez le
Comte de Visconti.
Dona Therese de Castro , soeur de Don Rhuy de
Figuereido, d'Alacaon , Seigneur d'Ota , cy- devant
Gouverneur des Armes dans la Province de
Beyra , et de Don Manuel de Souza - Figuereido,
qui alla aux Indes en 1612, est morte depuis peu
a Lisbone, dans le Monastere de sainte Monique,
âgée de 120. ans accomplis.
Ans la derniere Vente de la Compagnie d'Os
tende , le meilleur Thé s'y est vendu depuis .
42 sols jusqu'à 47. et le moindre depuis 30. jusqu'à
40. sols la livre ; tout le Thé a été vendu ,
ainsi que la plus grande partie des autres Marchandises
de la même Compagnie , dont les Actions
sont tombées à 104 .
Le 29. du mois dernier , vers les 9. heures du
sair , le Duc de Lorraine arriva à Bruxelles in-
Goo
MAÝ. 1731. 1169
cognito , sous le nom de Comte de Blamont. Ce
Prince qui avoit été reçû hors la Porte par le
Comte de Visconty , Grand-Maître de la Maison
de l'Archiduchesse Gouvernante , alla descendre
à l'Hôtel de Salazar , que cette Princesse lui avoit
fait préparer. Le lendemain matin , il alla rendre
visite à l'Archiduchesse , et ensuite dîner chez le
Comte de Visconti.
Dona Therese de Castro , soeur de Don Rhuy de
Figuereido, d'Alacaon , Seigneur d'Ota , cy- devant
Gouverneur des Armes dans la Province de
Beyra , et de Don Manuel de Souza - Figuereido,
qui alla aux Indes en 1612, est morte depuis peu
a Lisbone, dans le Monastere de sainte Monique,
âgée de 120. ans accomplis.
Fermer
Résumé : HOLLANDE ET PAYS-BAS.
Le texte relate plusieurs événements. Une vente de la Compagnie d'Ostende a eu lieu, où le thé s'est vendu entre 30 et 47 sols la livre, et toutes les marchandises ont été vendues. Les actions de la compagnie ont chuté à 104. Par ailleurs, le Duc de Lorraine est arrivé incognito à Bruxelles le 29 du mois précédent, sous le nom de Comte de Blamont. Il a été accueilli par le Comte de Visconti et a séjourné à l'Hôtel de Salazar, préparé par l'Archiduchesse Gouvernante. Le Duc a rendu visite à l'Archiduchesse et a dîné chez le Comte de Visconti le lendemain. Enfin, le texte annonce le décès de Dona Therese de Castro à Lisbonne, à l'âge de 120 ans, dans le monastère de Sainte Monique. Elle était la sœur de Don Rhuy de Figuereido et de Don Manuel de Souza Figuereido, ce dernier étant parti pour les Indes en 1612.
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5518
p. *1169-1169
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Madlle Elizabeth Cromwel, petite-fille d'Olivier Cromwel, mourut à Londres le 19. [...]
Mots clefs :
Cromwell, Londres, Duc, Possession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS:
Maivier Cromwel , mourut à Londres le 19.
adile Elizabeth Cromwel , petite fille d'Os
Avril , âgée de 82 , ans.
C
Le Duc de Saxe Mersbourg , est mort à Colo→
gne sans enfans , dans la 44 année de son âge.
Le Duc Spremberg , qui lui succede , a déja pris
possession de ses Etats.
Maivier Cromwel , mourut à Londres le 19.
adile Elizabeth Cromwel , petite fille d'Os
Avril , âgée de 82 , ans.
C
Le Duc de Saxe Mersbourg , est mort à Colo→
gne sans enfans , dans la 44 année de son âge.
Le Duc Spremberg , qui lui succede , a déja pris
possession de ses Etats.
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5519
p. 1169-1170
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi a accordé le Gouvernement de la Ville de S. Quentin, vacant [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Maréchal des camps, Major des gardes du corps, Comte, Régiment, Brevet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c..
E Roi a accordé le Gouvernement
Lde la Ville de S. Quentin , vacant
par la mort de M. de Montesson , à M. de
Billarderie , Maréchal des Camps ,
Hvj Come
1170 MERCURE DE FRANCE
Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire
de S. Louis , et Major des Gardes
du Corps ; et le Gouvernement des Ports
et Fort de Brescou , qu'il à remis , a été
donné par S. M.au Chevalier de Montesson
, Lieutenant des Gardes du Corps.
Le Comte de Berenger , Colonel réfromé
d'Infanterie , a été nommé Colonel du
Régiment de Vivarais , et S. M. a accordé
au Comte de la Suze , Grand - Maréchal
des Logis , l'agrément du Régiment de
Dragons , dont le Comte de Sommery ,
étoit Mestre de Camp .
Le Roi a fait expédier un Brevet à
l'Archevêque de Rouen , Directeur des
Economats , pour l'autoriser à retirer pendant
six ans , les revenus de l'Abbaye vaconte
de Fécamp , pour les employer aux
réparations du College de Navarre et des
maisons qui en dépendent.
E Roi a accordé le Gouvernement
Lde la Ville de S. Quentin , vacant
par la mort de M. de Montesson , à M. de
Billarderie , Maréchal des Camps ,
Hvj Come
1170 MERCURE DE FRANCE
Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire
de S. Louis , et Major des Gardes
du Corps ; et le Gouvernement des Ports
et Fort de Brescou , qu'il à remis , a été
donné par S. M.au Chevalier de Montesson
, Lieutenant des Gardes du Corps.
Le Comte de Berenger , Colonel réfromé
d'Infanterie , a été nommé Colonel du
Régiment de Vivarais , et S. M. a accordé
au Comte de la Suze , Grand - Maréchal
des Logis , l'agrément du Régiment de
Dragons , dont le Comte de Sommery ,
étoit Mestre de Camp .
Le Roi a fait expédier un Brevet à
l'Archevêque de Rouen , Directeur des
Economats , pour l'autoriser à retirer pendant
six ans , les revenus de l'Abbaye vaconte
de Fécamp , pour les employer aux
réparations du College de Navarre et des
maisons qui en dépendent.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le roi a nommé M. de Billarderie gouverneur de Saint-Quentin et le Chevalier de Montesson aux Ports et Fort de Brescou. Le Comte de Bérenger devient Colonel du Régiment de Vivarais et le Comte de la Suze dirige le Régiment de Dragons. L'Archevêque de Rouen obtient les revenus de l'Abbaye de Fécamp pour six ans afin de financer des réparations.
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5520
p. 1172-1173
« Le 24. Avril, le Prévôt des Marchands et Echevins, à la tête du Corps de Ville, [...] »
Début :
Le 24. Avril, le Prévôt des Marchands et Echevins, à la tête du Corps de Ville, [...]
Mots clefs :
Duc, Roi, Ville, Châsse de sainte Geneviève
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 24. Avril, le Prévôt des Marchands et Echevins, à la tête du Corps de Ville, [...] »
Le 24. Avril , le Prévôt des Marchands
et Echevins , à la tête du Corps de Ville ,
précedez des Gens du Roi , se rendirent
à la Grand'Chambre du Parlement , pour
demander à la Cour un Arrêt pour découvrir
totalement la Châsse de sainte
Genevieve , pour obtenir de la pluye
par son intercession ; l'Arrêt fut rendu
sur le champ , et la Châsse découverte à
six
MAY. 1731. 1573
six heures du soir avec les ceremonies
accoutumées ; depuis ce tems - là on a vû
continuellement des Processions de la
Ville , des Fauxbourgs et de la Campagne
, aller à l'Eglise de sainte Geneviève..
Le 29. Avril , le Marquis d'Antin ,
Petit- fils du Duc d'Antin , fils de la
Comtesse de Toulouze , et frere du Duc
d'Epernon , Capitaine de Vaisseau , prêta
serment de fidelité entre les mains du
Roi , pour la Charge de Vice- Amiral du
Ponant , vacante par la démission volontaire
du Maréchal Duc d'Estrées , auquel
S. M. a conservé les fonctions de cette
Charge pendant dix ans. Ce jeune Selgneur
partit d'ici le 6. de ce mois pour
s'aller embarquer à Toulon , sur l'Esca--
dre commandée par M. du Gué Trouin ,,
Lieutenant General , qui doit mettre en
Mer vers la fin du mois pour aller sur
les Côtes de Barbarie , dans toutes les
Echelles du Levant , &c.
et Echevins , à la tête du Corps de Ville ,
précedez des Gens du Roi , se rendirent
à la Grand'Chambre du Parlement , pour
demander à la Cour un Arrêt pour découvrir
totalement la Châsse de sainte
Genevieve , pour obtenir de la pluye
par son intercession ; l'Arrêt fut rendu
sur le champ , et la Châsse découverte à
six
MAY. 1731. 1573
six heures du soir avec les ceremonies
accoutumées ; depuis ce tems - là on a vû
continuellement des Processions de la
Ville , des Fauxbourgs et de la Campagne
, aller à l'Eglise de sainte Geneviève..
Le 29. Avril , le Marquis d'Antin ,
Petit- fils du Duc d'Antin , fils de la
Comtesse de Toulouze , et frere du Duc
d'Epernon , Capitaine de Vaisseau , prêta
serment de fidelité entre les mains du
Roi , pour la Charge de Vice- Amiral du
Ponant , vacante par la démission volontaire
du Maréchal Duc d'Estrées , auquel
S. M. a conservé les fonctions de cette
Charge pendant dix ans. Ce jeune Selgneur
partit d'ici le 6. de ce mois pour
s'aller embarquer à Toulon , sur l'Esca--
dre commandée par M. du Gué Trouin ,,
Lieutenant General , qui doit mettre en
Mer vers la fin du mois pour aller sur
les Côtes de Barbarie , dans toutes les
Echelles du Levant , &c.
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Résumé : « Le 24. Avril, le Prévôt des Marchands et Echevins, à la tête du Corps de Ville, [...] »
Le 24 avril, le Prévôt des Marchands et les Echevins, accompagnés des Gens du Roi, se rendirent au Parlement pour obtenir un arrêt permettant de découvrir la châsse de sainte Geneviève afin d'obtenir de la pluie. L'arrêt fut immédiatement rendu et la châsse découverte à six heures du soir avec les cérémonies habituelles. Des processions de la Ville, des Faubourgs et de la Campagne se rendirent ensuite à l'église de sainte Geneviève. Le 29 avril, le Marquis d'Antin, petit-fils du Duc d'Antin, fils de la Comtesse de Toulouse et frère du Duc d'Épernon, prêta serment de fidélité au Roi pour la charge de Vice-Amiral du Ponant, vacante après la démission du Maréchal Duc d'Estrées. Le Roi conserva les fonctions de cette charge au Maréchal pendant dix ans. Le Marquis d'Antin quitta Paris le 6 mai pour s'embarquer à Toulon sur l'escadre commandée par M. du Gué Trouin, qui devait prendre la mer à la fin du mois pour se rendre sur les côtes de Barbarie et dans toutes les Échelles du Levant.
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5521
p. 1173-1175
« Le premier May, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent au levé de [...] »
Début :
Le premier May, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent au levé de [...]
Mots clefs :
Roi, Chanter, Symphonie, Concert, Reine, Ballet, Entrée, Fête, Motet, Destouches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier May, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent au levé de [...] »
Le premier May , les Hautbois de la
Chambre du Roy joüerent au levé de :
Sa Majesté , plusieurs airs de Symphonie
de M. de Lully , et les 24. Violons
de la Chambre donnerent au diné du Roy
une suite de symphonie de la composition
de
1174 MERCURE DE FRANCE
de M. Destouches Sur Intendant de la
Musique du Roy en Semestre , dont l'execution
fût trés brillante .
Le s . il y eût Concert à Marly , on y
chanta les deux derniers Actes de l'Opera'd'Atys.
Le 7 , on chanta devant la Reyne le
Prologue du Balet des Stratagêmes de
l'Amour , dont les vers sont de M. Roy ,
et la Musique de M. Destouches . Ce Prologue
, fait à l'occasion du mariage de L.
M. fut chanté par la Dile. Lenner qui fit
le Rôle de la Prétresse de la Gloire , avec
tout le succès qu'on en pouvoit attendre ,
les Choeur et les Symphonies firent le
même plaisir.
Le 16 , on chanta devant la Reyne la
premiere Entrée du même Balet , intitulée
Scamandre , dont le Rôle fût rempli
par le sieur d'Angerville , et celui de-
Callirée par la Die Barbier , ces deux sujets
rendirent ccs Caractéres avec beaud'Art.
coup
·
Le 19 , on donna la seconde Entrée ,
qui a pour titre les Abderites , le sieur
Guedon y chinta le Rôle de Timante , le
sieurLe Prince celuy d'Iphis , et la Dlle
Couvassier c lui d'Irene , dans lequelelle
plût infiniment.
Le 21 , on finit le Balet par la troisiéme
MAY. 1735. 1175
me Entrée intitulée la Fête de Philotis ; la
Die Lenner et le sieur d'Argervile chanterent
les Rôles d'Albine et d'Emile au
contentement de la Reyne et de toute la
Cour , et le sieur Le Prince fit le Rôle de
Lycas , avec autant de précision que de
legereté .
Le 3. jour Fêre de l'Ascension , et le 1 3 .
Fête de la Pentecôte , il y eût Concert spirituel
au Château des Thuilleries ; on y
chanta differents Motets de M. de la Lande
qui furent parfaitement bien executés,
de même que d'autres petits Motets à une
et deux voix de differents Auteurs.
Le 24 , jour de la Fête- Dieu , on chanta
Exaltabo te Deus , Motet de M. de la
Lande , et Venite exultemus , du sieur du
Bous et. Les Diles. Erremens et Lenner ,
chanterent O Sacrum convivium , Motet
de M. Mouret , qui fût trés aplaudi , de
même qu'un autre petit Motet de M. le
Maire , chanté par la Dlle . Petit- pas ; ce
dernier Concert fût terminé par le Te
Deum de M. de la Lande ,avec Timballes
et Trompettes , précedé d'une trés belle
Symphonie.
Le 8. de ce mois , les Officiers des Gardes
du Corps allerent par la premiere fois
prendre l'Ordre de M. le Dauphin , en
l'absence du Roy.
Chambre du Roy joüerent au levé de :
Sa Majesté , plusieurs airs de Symphonie
de M. de Lully , et les 24. Violons
de la Chambre donnerent au diné du Roy
une suite de symphonie de la composition
de
1174 MERCURE DE FRANCE
de M. Destouches Sur Intendant de la
Musique du Roy en Semestre , dont l'execution
fût trés brillante .
Le s . il y eût Concert à Marly , on y
chanta les deux derniers Actes de l'Opera'd'Atys.
Le 7 , on chanta devant la Reyne le
Prologue du Balet des Stratagêmes de
l'Amour , dont les vers sont de M. Roy ,
et la Musique de M. Destouches . Ce Prologue
, fait à l'occasion du mariage de L.
M. fut chanté par la Dile. Lenner qui fit
le Rôle de la Prétresse de la Gloire , avec
tout le succès qu'on en pouvoit attendre ,
les Choeur et les Symphonies firent le
même plaisir.
Le 16 , on chanta devant la Reyne la
premiere Entrée du même Balet , intitulée
Scamandre , dont le Rôle fût rempli
par le sieur d'Angerville , et celui de-
Callirée par la Die Barbier , ces deux sujets
rendirent ccs Caractéres avec beaud'Art.
coup
·
Le 19 , on donna la seconde Entrée ,
qui a pour titre les Abderites , le sieur
Guedon y chinta le Rôle de Timante , le
sieurLe Prince celuy d'Iphis , et la Dlle
Couvassier c lui d'Irene , dans lequelelle
plût infiniment.
Le 21 , on finit le Balet par la troisiéme
MAY. 1735. 1175
me Entrée intitulée la Fête de Philotis ; la
Die Lenner et le sieur d'Argervile chanterent
les Rôles d'Albine et d'Emile au
contentement de la Reyne et de toute la
Cour , et le sieur Le Prince fit le Rôle de
Lycas , avec autant de précision que de
legereté .
Le 3. jour Fêre de l'Ascension , et le 1 3 .
Fête de la Pentecôte , il y eût Concert spirituel
au Château des Thuilleries ; on y
chanta differents Motets de M. de la Lande
qui furent parfaitement bien executés,
de même que d'autres petits Motets à une
et deux voix de differents Auteurs.
Le 24 , jour de la Fête- Dieu , on chanta
Exaltabo te Deus , Motet de M. de la
Lande , et Venite exultemus , du sieur du
Bous et. Les Diles. Erremens et Lenner ,
chanterent O Sacrum convivium , Motet
de M. Mouret , qui fût trés aplaudi , de
même qu'un autre petit Motet de M. le
Maire , chanté par la Dlle . Petit- pas ; ce
dernier Concert fût terminé par le Te
Deum de M. de la Lande ,avec Timballes
et Trompettes , précedé d'une trés belle
Symphonie.
Le 8. de ce mois , les Officiers des Gardes
du Corps allerent par la premiere fois
prendre l'Ordre de M. le Dauphin , en
l'absence du Roy.
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Résumé : « Le premier May, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent au levé de [...] »
Du 1er au 24 juin, plusieurs événements musicaux eurent lieu à la cour du Roi. Le 1er mai, les Hautbois de la Chambre du Roi jouèrent des symphonies de Lully au lever du Roi, et les Violons de la Chambre exécutèrent une suite de symphonies de Destouches lors du dîner du Roi. Le 5 mai, un concert à Marly présenta les deux derniers actes de l'opéra 'Atys'. Le 7 mai, le Prologue du Ballet des Stratagèmes de l'Amour, avec des vers de Roy et la musique de Destouches, fut chanté devant la Reine par Lenner. Les 16, 19 et 21 mai, différentes entrées du même ballet furent interprétées devant la Reine, avec des rôles joués par plusieurs artistes. Le 3 juin, jour de l'Ascension, et le 13 juin, jour de la Pentecôte, des concerts spirituels eurent lieu aux Tuileries avec des motets de La Lande et d'autres auteurs. Le 24 juin, jour de la Fête-Dieu, plusieurs motets furent chantés, dont ceux de La Lande, Du Bousset et Mouret, interprétés par Erremens et Lenner. Le concert se termina par le Te Deum de La Lande avec timbales et trompettes. Le 8 juin, les Officiers des Gardes du Corps prirent l'Ordre du Dauphin en l'absence du Roi.
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5522
p. 1176-1177
« Le Roy a accordé à M. le Comte de Guiry, cy-devant Exempt des Gardes du [...] »
Début :
Le Roy a accordé à M. le Comte de Guiry, cy-devant Exempt des Gardes du [...]
Mots clefs :
Maison de Guiry, Roi, Brevet de retenue, Comte de Guiry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a accordé à M. le Comte de Guiry, cy-devant Exempt des Gardes du [...] »
Le Roy a accordé à M. le Comte de
Guiry , cy- devant Exempt des Gardes du
Corps de Sa Majesté, un Brevet de retenuë
de scooo. I. sur la Lieutenance Generale de
la Province d'Aunix , dont ce Seigneur
fût pourvu aprés la mort de son Pere ,
arrivée à Clagny prés Versailles , le 17.
Juin 1711. aussi bien que du Gouvernement
des Tours , Ports , Havres et Chitnes
de la Rochelle , et ce en faveur de
Madame la Comtesse de Guiry née à Malésieux
, Dame d'Honneur de Son A. S.
Mademoiselle du Maine , réversible à
Mademoiselle de Guiry leur fille ,àprésent
unique , dont l'aînée morte en 1725 avoit
épousé M. Eugêne Pierre De Surbeck
Colonel commandant la Génerale des
Suisses et Grisons , dont le Pere est mort
Lieutenant General des Armées du Roy ,
Colonel du Régiment de son nom , et
Inspecteur d'Infanterie .
même
La Maison de Guiry a l'avantage d'être
alliée à plusieurs Maisons illustres ,
à celle de France , puisqu'en 1525. Philippe
de Guiry épousa Marguerite de Dreux,
fille de François de Dreux , Seigneur de
Morainville , Estalleville , issuë par plusieurs
degrés du Roy Louis le Gros un
des Ancêtres de M. de Guiry , fut donné
en ôtage pour le Roy Jean , aprés la Bataille
MAY. 1731. 1177
2
taille de Poitiers ; et en remontant plus
haut , on a trouvé une Mabille de Guiry ,
qui en 1243. donna à l'Abbaïe du Trésor
, prés Magni , le Quint de ses Propres
, ce qui fut confirmé par la Reine
Blanche et par le Roy S. Louis , par lettre
donnée à Vincenne en Juillet de ladite
année.
Quant à Made de Guiry , on fait son
éloge quand on dit qu'elle est de la Maison
de Malésieux , où le merite et la vertu
sont heréditaires .
Guiry , cy- devant Exempt des Gardes du
Corps de Sa Majesté, un Brevet de retenuë
de scooo. I. sur la Lieutenance Generale de
la Province d'Aunix , dont ce Seigneur
fût pourvu aprés la mort de son Pere ,
arrivée à Clagny prés Versailles , le 17.
Juin 1711. aussi bien que du Gouvernement
des Tours , Ports , Havres et Chitnes
de la Rochelle , et ce en faveur de
Madame la Comtesse de Guiry née à Malésieux
, Dame d'Honneur de Son A. S.
Mademoiselle du Maine , réversible à
Mademoiselle de Guiry leur fille ,àprésent
unique , dont l'aînée morte en 1725 avoit
épousé M. Eugêne Pierre De Surbeck
Colonel commandant la Génerale des
Suisses et Grisons , dont le Pere est mort
Lieutenant General des Armées du Roy ,
Colonel du Régiment de son nom , et
Inspecteur d'Infanterie .
même
La Maison de Guiry a l'avantage d'être
alliée à plusieurs Maisons illustres ,
à celle de France , puisqu'en 1525. Philippe
de Guiry épousa Marguerite de Dreux,
fille de François de Dreux , Seigneur de
Morainville , Estalleville , issuë par plusieurs
degrés du Roy Louis le Gros un
des Ancêtres de M. de Guiry , fut donné
en ôtage pour le Roy Jean , aprés la Bataille
MAY. 1731. 1177
2
taille de Poitiers ; et en remontant plus
haut , on a trouvé une Mabille de Guiry ,
qui en 1243. donna à l'Abbaïe du Trésor
, prés Magni , le Quint de ses Propres
, ce qui fut confirmé par la Reine
Blanche et par le Roy S. Louis , par lettre
donnée à Vincenne en Juillet de ladite
année.
Quant à Made de Guiry , on fait son
éloge quand on dit qu'elle est de la Maison
de Malésieux , où le merite et la vertu
sont heréditaires .
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Résumé : « Le Roy a accordé à M. le Comte de Guiry, cy-devant Exempt des Gardes du [...] »
Le roi a accordé à M. le Comte de Guiry, ancien Exempt des Gardes du Corps, un brevet de retenue de 500 livres sur la Lieutenance Générale de la Province d'Aunis. Cette charge lui a été attribuée après la mort de son père, survenue à Clagny près de Versailles le 17 juin 1711. Le Comte de Guiry a également reçu le Gouvernement des Tours, Ports, Havres et Châtines de La Rochelle. Cette faveur a été accordée en l'honneur de Madame la Comtesse de Guiry, née à Malésieux et Dame d'Honneur de Son Altesse Sérénissime Mademoiselle du Maine. La retenue est réversible à Mademoiselle de Guiry, leur fille unique. L'aînée, morte en 1725, avait épousé M. Eugène Pierre de Surbeck, Colonel commandant la Générale des Suisses et Grisons. Le père de ce dernier était Lieutenant Général des Armées du Roi, Colonel du Régiment de son nom, et Inspecteur d'Infanterie. La Maison de Guiry est alliée à plusieurs maisons illustres, notamment à celle de France. En 1525, Philippe de Guiry épousa Marguerite de Dreux, fille de François de Dreux, descendant du roi Louis le Gros. Un ancêtre de M. de Guiry fut donné en otage pour le roi Jean après la Bataille de Poitiers en 1177. En 1243, une Mabille de Guiry fit don à l'Abbaye du Trésor, près de Magni, du quint de ses propres biens, don confirmé par la Reine Blanche et le roi Saint Louis. Madame de Guiry est louée pour son appartenance à la Maison de Malésieux, où le mérite et la vertu sont héréditaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5523
p. 1177-1181
« Le 9. aprés mydi, le Roy se rendit du Château de Marly à la Plaine des Sablons, [...] »
Début :
Le 9. aprés mydi, le Roy se rendit du Château de Marly à la Plaine des Sablons, [...]
Mots clefs :
Roi, Duc d'Orléans, Comte, Chevaliers, Grand-messe, Château de Marly, Reine, Officiers, Chapelle, Appartement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 9. aprés mydi, le Roy se rendit du Château de Marly à la Plaine des Sablons, [...] »
Le 9. aprés mydi , le Roy se rendit du
Château de Marly à la Plaine des Sablons ,
où S. M, fit la revue des Regimens des
Girdes Françoises et Suisses , qui aprés
avoir fait l'Exercice , défilerent devant
le Roy. La Reine se trouva à cette revuë ,
et S. M. alla ensuite se promener au Cours.
Le to. May le Procez du Comte d'Agenois
fut jugé à la Grand'Chambre , l'Arrêt
porte que sans s'arrêter aux opositions
des 22. Ducs et Pairs de France , il sera
passé outre à la réception du Comte
d'Agenois en la dignité de Duc d'Aiguillon
, Pair de France , pour avoir rang et
stance au Parlement du jour de sa réception
, suivant l'Article 3. de l'Edit de
17 11. Dépens compensés.
Le
1178 MERCURE DE FRANCE
Le 13. jour de la Pentecôre ,. le; Che
valiers , Commandeurs et Officiers des
Ordres du Roy , s'étant , rendus vers les
onze heures dins le Cabinet de S. M.
le Roy tint un Chapitre dans lequel le
Duc de Duras et le Comte de Broglie qui
avoit été compris dans la promotion des
Chevaliers de l'Ordre du S. Esprit , proposés
par S. M. le 1. du mois de Janvier
dernier , furent admis , ainsi que le Comte
de Rottembourg , auquel S. M. a ordonné
qu'on envoya la Croix et le Cordon
bleu. Le Chapitre étant fini , le Duc de
Duras , le Comte de Broglie et le Marquis
de la Fare qui avoient été admis dans
le Chapitre tenu le 2 , de Fevrier dernier ,
s'étant rendus dans l'appartement du Roy
en habit, de Novices , furent introduits
dans le Cabinet , où S. M. les fit Chevaliers
de l'Ordre de S. Michel. Le Roy
sortit ensuite de son appartement pour
aller à la Chapelle du Château. S. M.
étoit précedée du Duc d'Orleans , du
Duc de Bourbon , du Comte de Charolois
, du Duc du Maine , du Prince de
Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de
Toulouse , et des Chevaliers , Commandeurs
et Officiers de l'Ordre : les Novices
marchoient entre les Chevaliers et les
Officiers. Le Roy devant lequel les deux
Huissiers
MAY. 1731. 1179
Huissiers de la Chambre portoient leurs
Masses , étoit en manteau , le Collier de
l'Ordre par dessus , ainsi. que les Chevaliers
; et le Cardinal de Bissy , Prelat Commandeur
de l'Ordre du S. Esprit , marchoit
derriere S. M. Le Roy assista à la
Grande Messe , et lorsqu'elle fut finie ,.
S. M. quitta son Prie Dieu et monta à son
Trône auprés de l'Autel , où les trois nonveaux
Chevaliers furent réçûs avec les
Ceremonie; ordinaires , ayant pour Parrains
le Duc de Levy e le Marquis de
Brancas. Les Chevaliers qui venoient
d'être reçus , ayant pris leurs places suivant
leur rang , le Roy sortit de la Chipelle
, et fut réconduit dans son appartement
avec les Ceremonics accoutumées.
les La Reine qui avoit communié par
mains du Cardinal de Fleury , son Grand
Aumônier , se rendit avec les Dames de
Sa Cour dans la Tribune , où S. M. entendit
la Grande Messe .
,
L'aprés mydi , le Roy et la Reine accompagnés
du Duc d'Orleans , du Prince
de Conty , du Duc du Maine , du Prince
de Dombe , du Comte d'Eu et du Comte
de Toulouse , entendirent le Sermon
l'Abbé Causse , et ensuite les Vêpres.
Le14 le Roy révêtu du grand Collier de
FOrdre du S. Esprit , se rendit à la Chapelle
180 MERCURE DE FRANCE
pelle du Château , où S. M. entendit la
Messe et communia par les mains de l'Abbé
de Bellefons , Aumônier du Roy en
quartier. Ensuite le Roy toucha un grand
nombre de Malades.
Le jour de la Fête Dieu , le Roy accompagné
du Duc d'Orleans , du Prince de
Dombes , du Comté d'Eu , et de ses
Principaux Officiers , se rendit à l'Eglise
de la Paroisse de Versailles , où S. M. entendit
la Grande Messe , aprés avoir assisté
à la Procession qui vint suivant l'usage
à la Chapelle du Château . La Reine s'étoit
renduë å sa Tribune , avant que la Procession
arrivat , et S. M. y entendit la
Messe. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur
le Duc d'Anjou , et Mesdames de
France , aprés avoir vû passer la Procession
, allerent à la Chapelle , où ils assisterent
à la Messe.
Le17. aprés mydi , le Roy fit au champ
de Mars prés du Château de Marly , la
revue des quatre Compagnies des Gardes
du Corps et de celle des Grenadiers à
cheval.
Le 22. le Duc de Bouflers prêta serment
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France.
Le 25. la Loterie de la Compagnie des
Indes , pour le remboursement des Actions
MAY. 1731 . 1181
tions ,fut tirée en la maniere accoutumée ,
à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des
Numeros gagnans des Actions , et dixiémes
d'Actions qui doivent être remboursées
, a été renduë publique ; faisant en
tout le nombre de 294. Actions.
Château de Marly à la Plaine des Sablons ,
où S. M, fit la revue des Regimens des
Girdes Françoises et Suisses , qui aprés
avoir fait l'Exercice , défilerent devant
le Roy. La Reine se trouva à cette revuë ,
et S. M. alla ensuite se promener au Cours.
Le to. May le Procez du Comte d'Agenois
fut jugé à la Grand'Chambre , l'Arrêt
porte que sans s'arrêter aux opositions
des 22. Ducs et Pairs de France , il sera
passé outre à la réception du Comte
d'Agenois en la dignité de Duc d'Aiguillon
, Pair de France , pour avoir rang et
stance au Parlement du jour de sa réception
, suivant l'Article 3. de l'Edit de
17 11. Dépens compensés.
Le
1178 MERCURE DE FRANCE
Le 13. jour de la Pentecôre ,. le; Che
valiers , Commandeurs et Officiers des
Ordres du Roy , s'étant , rendus vers les
onze heures dins le Cabinet de S. M.
le Roy tint un Chapitre dans lequel le
Duc de Duras et le Comte de Broglie qui
avoit été compris dans la promotion des
Chevaliers de l'Ordre du S. Esprit , proposés
par S. M. le 1. du mois de Janvier
dernier , furent admis , ainsi que le Comte
de Rottembourg , auquel S. M. a ordonné
qu'on envoya la Croix et le Cordon
bleu. Le Chapitre étant fini , le Duc de
Duras , le Comte de Broglie et le Marquis
de la Fare qui avoient été admis dans
le Chapitre tenu le 2 , de Fevrier dernier ,
s'étant rendus dans l'appartement du Roy
en habit, de Novices , furent introduits
dans le Cabinet , où S. M. les fit Chevaliers
de l'Ordre de S. Michel. Le Roy
sortit ensuite de son appartement pour
aller à la Chapelle du Château. S. M.
étoit précedée du Duc d'Orleans , du
Duc de Bourbon , du Comte de Charolois
, du Duc du Maine , du Prince de
Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de
Toulouse , et des Chevaliers , Commandeurs
et Officiers de l'Ordre : les Novices
marchoient entre les Chevaliers et les
Officiers. Le Roy devant lequel les deux
Huissiers
MAY. 1731. 1179
Huissiers de la Chambre portoient leurs
Masses , étoit en manteau , le Collier de
l'Ordre par dessus , ainsi. que les Chevaliers
; et le Cardinal de Bissy , Prelat Commandeur
de l'Ordre du S. Esprit , marchoit
derriere S. M. Le Roy assista à la
Grande Messe , et lorsqu'elle fut finie ,.
S. M. quitta son Prie Dieu et monta à son
Trône auprés de l'Autel , où les trois nonveaux
Chevaliers furent réçûs avec les
Ceremonie; ordinaires , ayant pour Parrains
le Duc de Levy e le Marquis de
Brancas. Les Chevaliers qui venoient
d'être reçus , ayant pris leurs places suivant
leur rang , le Roy sortit de la Chipelle
, et fut réconduit dans son appartement
avec les Ceremonics accoutumées.
les La Reine qui avoit communié par
mains du Cardinal de Fleury , son Grand
Aumônier , se rendit avec les Dames de
Sa Cour dans la Tribune , où S. M. entendit
la Grande Messe .
,
L'aprés mydi , le Roy et la Reine accompagnés
du Duc d'Orleans , du Prince
de Conty , du Duc du Maine , du Prince
de Dombe , du Comte d'Eu et du Comte
de Toulouse , entendirent le Sermon
l'Abbé Causse , et ensuite les Vêpres.
Le14 le Roy révêtu du grand Collier de
FOrdre du S. Esprit , se rendit à la Chapelle
180 MERCURE DE FRANCE
pelle du Château , où S. M. entendit la
Messe et communia par les mains de l'Abbé
de Bellefons , Aumônier du Roy en
quartier. Ensuite le Roy toucha un grand
nombre de Malades.
Le jour de la Fête Dieu , le Roy accompagné
du Duc d'Orleans , du Prince de
Dombes , du Comté d'Eu , et de ses
Principaux Officiers , se rendit à l'Eglise
de la Paroisse de Versailles , où S. M. entendit
la Grande Messe , aprés avoir assisté
à la Procession qui vint suivant l'usage
à la Chapelle du Château . La Reine s'étoit
renduë å sa Tribune , avant que la Procession
arrivat , et S. M. y entendit la
Messe. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur
le Duc d'Anjou , et Mesdames de
France , aprés avoir vû passer la Procession
, allerent à la Chapelle , où ils assisterent
à la Messe.
Le17. aprés mydi , le Roy fit au champ
de Mars prés du Château de Marly , la
revue des quatre Compagnies des Gardes
du Corps et de celle des Grenadiers à
cheval.
Le 22. le Duc de Bouflers prêta serment
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France.
Le 25. la Loterie de la Compagnie des
Indes , pour le remboursement des Actions
MAY. 1731 . 1181
tions ,fut tirée en la maniere accoutumée ,
à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des
Numeros gagnans des Actions , et dixiémes
d'Actions qui doivent être remboursées
, a été renduë publique ; faisant en
tout le nombre de 294. Actions.
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Résumé : « Le 9. aprés mydi, le Roy se rendit du Château de Marly à la Plaine des Sablons, [...] »
Du 9 au 17 mai 1731, plusieurs événements significatifs se déroulèrent à la cour de France. Le 9 mai, le roi passa en revue les régiments des Gardes Françaises et Suisses à la Plaine des Sablons, en présence de la reine. Le 10 mai, le procès du Comte d'Agenois fut jugé à la Grand'Chambre, confirmant sa réception en tant que Duc d'Aiguillon et Pair de France, malgré les oppositions des Ducs et Pairs. Le 13 mai, jour de la Pentecôte, le roi tint un chapitre des Ordres du Roy, admettant le Duc de Duras, le Comte de Broglie et le Comte de Rottembourg. Une cérémonie eut lieu à la Chapelle du Château, où les nouveaux Chevaliers furent reçus avec les cérémonies ordinaires. La reine communia et assista à la Grande Messe. L'après-midi, le roi et la reine écoutèrent un sermon et les vêpres. Le 14 mai, le roi, revêtu du grand Collier de l'Ordre du Saint-Esprit, entendit la messe et communia avant de toucher un grand nombre de malades. Le jour de la Fête Dieu, le roi et la reine assistèrent à la procession et à la messe à l'église paroissiale de Versailles. Le 17 mai, le roi passa en revue les compagnies des Gardes du Corps et des Grenadiers à cheval au champ de Mars près du Château de Marly. Le 22 mai, le Duc de Boufflers prêta serment et prit séance au Parlement en qualité de Pair de France. Le 25 mai, la loterie de la Compagnie des Indes pour le remboursement des actions fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie, avec 294 actions remboursées.
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5524
p. 1181
« L'Hyver qui a été assez rude cette année, n'a point encore fait place à la belle [...] »
Début :
L'Hyver qui a été assez rude cette année, n'a point encore fait place à la belle [...]
Mots clefs :
Hiver
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texteReconnaissance textuelle : « L'Hyver qui a été assez rude cette année, n'a point encore fait place à la belle [...] »
L'Hyver qui a été assez rude cette année
, n'a point encore fait place à la belle
Saison , le vent du Nord régne toûjours ,
et presque point de puye dépuis trés
longtemps , ce qui et géneral dans toute
PEurope ; on se plaint par tout du grand
froid de l'Hyver , et de la longue secheresse.
On écrit de Milan qu'elle y étoit
si grande au commencement du mois dernier
, qu'on n'en avoit jamais vû de pareille
au plus fort de l'Eté , tout paroissant
brûlé à la Campagne comme dans
l'ardeur de la Canicule.
, n'a point encore fait place à la belle
Saison , le vent du Nord régne toûjours ,
et presque point de puye dépuis trés
longtemps , ce qui et géneral dans toute
PEurope ; on se plaint par tout du grand
froid de l'Hyver , et de la longue secheresse.
On écrit de Milan qu'elle y étoit
si grande au commencement du mois dernier
, qu'on n'en avoit jamais vû de pareille
au plus fort de l'Eté , tout paroissant
brûlé à la Campagne comme dans
l'ardeur de la Canicule.
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Résumé : « L'Hyver qui a été assez rude cette année, n'a point encore fait place à la belle [...] »
L'hiver 2023 en Europe a été exceptionnellement rigoureux et prolongé, marqué par un vent du Nord dominant et une longue absence de pluie. Cette situation a causé un froid intense et une sécheresse généralisée. À Milan, la sécheresse début janvier surpassait celles d'été, laissant les campagnes semblables à des terres brûlées.
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5525
p. 1181-1183
A MADAME LA DUCHESSE DE .. Qui avoit demandé pour le jour de l'An des Vers à M. d'Hautefeüille.
Début :
Quels Charmes ont pour vous les vers d'un malheureux ? [...]
Mots clefs :
Duchesse, Malheureux, Disgrâce, Muse, Vœu, Cœur, Reconnaissance
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA DUCHESSE DE .. Qui avoit demandé pour le jour de l'An des Vers à M. d'Hautefeüille.
A MADAME LA DUCHESSE DE ..
Qui avoit demandé pour le jour de l'An des
Vers à M. d'Hautefeuille.
Q
Uels Charmes ont pour vous les Vers d'un
malheureux ?
Accablé sous le poids d'une longue disgrace ,
Sa
1182 MERCURE DE FRANCE
>
Sa Muse ne peut plus s'expliquer avec grace ;
Il ne lui reste que des voeux .
M
Qu'est- ce aujourd'hui parmi les Hommes
?
Ce mot de voeu n'est plus qu'un mot,
s'il est impuissant dans le Siécle où nous sommis
,
Son impuissance est un défaut.
Mais vous ne pensés pas de même.
Avec un goût certain , un vrai discernement,
Que donne la Vertu qu'on aime
On pense bien differemment;
On sort de la route vulgaire
Du Dieu de l'interêt on méconnoît l'Autel.
Et le plus malheureux Mortel
Quand il a du mérite a celui de nous plaire.
On l'aime ... on rend l'espoir à son coeur abbatu
,
La disgrace par tout porte le fruit du crime ,
Et la sienne pour lui nous donne de l'estime :
Il est heureux pour nous s'il a de la vertu.
Muse chagrine arrête, et vois où tu m'entraînes;
Remplis mieux mes intentions?
Et songe un peu que des Etrennes
Ne sont pas des Réflexions ?
'Arrête ? on sçait ton zéle , on louera ton silence.
Mais sentir et se taire est un trop grand effort.
Le
MAY. 1731. 1183
Le respect n'y peut rien , le Coeur est le plus fort
Quand il est plein d'estime et de reconnoissance.
Qui avoit demandé pour le jour de l'An des
Vers à M. d'Hautefeuille.
Q
Uels Charmes ont pour vous les Vers d'un
malheureux ?
Accablé sous le poids d'une longue disgrace ,
Sa
1182 MERCURE DE FRANCE
>
Sa Muse ne peut plus s'expliquer avec grace ;
Il ne lui reste que des voeux .
M
Qu'est- ce aujourd'hui parmi les Hommes
?
Ce mot de voeu n'est plus qu'un mot,
s'il est impuissant dans le Siécle où nous sommis
,
Son impuissance est un défaut.
Mais vous ne pensés pas de même.
Avec un goût certain , un vrai discernement,
Que donne la Vertu qu'on aime
On pense bien differemment;
On sort de la route vulgaire
Du Dieu de l'interêt on méconnoît l'Autel.
Et le plus malheureux Mortel
Quand il a du mérite a celui de nous plaire.
On l'aime ... on rend l'espoir à son coeur abbatu
,
La disgrace par tout porte le fruit du crime ,
Et la sienne pour lui nous donne de l'estime :
Il est heureux pour nous s'il a de la vertu.
Muse chagrine arrête, et vois où tu m'entraînes;
Remplis mieux mes intentions?
Et songe un peu que des Etrennes
Ne sont pas des Réflexions ?
'Arrête ? on sçait ton zéle , on louera ton silence.
Mais sentir et se taire est un trop grand effort.
Le
MAY. 1731. 1183
Le respect n'y peut rien , le Coeur est le plus fort
Quand il est plein d'estime et de reconnoissance.
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Résumé : A MADAME LA DUCHESSE DE .. Qui avoit demandé pour le jour de l'An des Vers à M. d'Hautefeüille.
Dans une lettre datée de mai 1731, l'auteur s'adresse à la Duchesse pour exprimer ses sentiments concernant les vers qu'il lui a dédiés. Il se questionne sur les charmes possibles de ses écrits, étant donné qu'il est accablé par une longue disgrâce qui empêche sa muse de s'exprimer avec grâce. Il ne lui reste que des vœux, qu'il juge impuissants dans le siècle présent. Cependant, il reconnaît que la Duchesse, grâce à son goût et son discernement, apprécie le mérite même chez les plus malheureux. Elle voit la disgrâce comme une preuve de vertu plutôt que de crime. L'auteur est partagé entre le désir de rester silencieux et l'incapacité de taire ses sentiments. Il conclut en affirmant que son cœur, rempli d'estime et de reconnaissance, est plus fort que le respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5526
p. 1183-1190
Épitaphe et Funerailles de M.de Vauban, &c, [titre d'après la table]
Début :
M. de Vauban dont nous avons annoncé la mort dans le Mercure d'Avril, a été [...]
Mots clefs :
Église des Capucins, Épitaphe, Ingénieur général, Directeur des fortifications, Utile, Honneurs, An de grâce, Reconnaissance
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texteReconnaissance textuelle : Épitaphe et Funerailles de M.de Vauban, &c, [titre d'après la table]
M. de Vauban dont nous avons annoncé
la mort dans le Mercure d'Avril , a été
inhumé dans l'Eglise des Capucins de
Bethune. On lit cette Epitaphe , gravée
sur un beau marbre blanc. Les Armes de
Vauban sont en haut.
CY GIT
Haut et Puissant Seigneur , Messire
Antoine le Prêtre de Vauban , Lieutenant
Général des Armées du Roy , Ingénieur-
Géneral , Directeur des Fortifications des
Places d'Artois , Gouverneur des Ville et
Château de Bethune .
Digne neveu , digne Disciple du Maréchal
de Vauban !
Elevé successivement à tous les Grades Militaires
;
Toujours mérites , toûjours remplis avec distinction.
D'un génie superieur pour les fortifications ,
l'attaque , et la déffense des Places:
Modele des Ingenieurs dans la déffense de
*
Bethune.
Prompt , exact et intrepide , quand il a obei :
I Vigilant ,
1184 MERCURE DE FRANCE
Vigilant , plein de resources et de fermeté ,
quand il a commandé.
Courtisan seulement par ses services .
Cytoyen dans toutes ses vuës ;
Utile à la patrie dans ces emplois ,
Utile aux particuliers dans sa vie privée ;
To jours estimé , toûjours aimé,
Et toujours d'autant plus qu'il étoit vû de
plus prés.
Il mourut plein de jours et d'honneurs , en
homme qui n'avoit jamais craint que Dieu ;
plein de resignation à ses ordres et de confiance
en sa bonté, le 10. Avril l'an de grace 173 I.
et de son âge le soixante et dix - septième .
Quoy qu'il soit déffendu aux Capucins
d'enterrer qui que ce soit dans leur
Eglise , sans la permission du Géneral
le Pere Gardien , par reconnoissance ,
et par devoir , s'est soustrait dans cette
occasion , à la régle génerale. La Ville de
Bethune , voulut rendre à l'illustre Mort
qui avoit été Gouverneur de cette Place
pendant 28. ans tous les honneurs imaginables.
Le Chapitre de la Collegiale , le
Bailliage et le Magistrat , assisterent en
corps au Convoy , en crêpes , avec des
flambeaux , de même que tous les Officiers
des Régiments de Mailly , Infanterie , et
Dragons
MAY. 1731. 1185
Dragons d'Orleans , qui composoient la
Garnison , et ceux de Royal Italien , et
d'un Bataillon de Piémont , qui se trouverent
y avoir séjour: les coins du Poële
étoient portés par les principaux Officiers,
toute la Garnison étant sous les Armes ,
les Tambours ayant leurs caisses couvertes
de crêpes , toute la Noblesse et la Bourgeoisie
à la suite du Clergé. La Cerémoniè
fût terminée par une décharge du Canon
des remparts et par trois décharges de
Mousqueterie . Un Service solemnel fûr
celébré le lendemain dans l'Eglise de saint
Barthelemy , Paroisse du Déffunt.
Portez d'inclination à celébrer le mérite
distingué et les Grands Hommes en genéral
,et le nom de Vauban en particulier, nous
allons insérer ici en leur entier des Lettres
Patentes qui nous sont heureusement
tombées entre les mains , aussi dignes de
la curiosité du Public , que propres à
illustrer la posterité de M. de Vauban.
Lo
OUIS , par la de Dieu , Roy de France
grace
et de Navarre : A tous présens et à venir :
Salut. Le témoignage
le plus certain que nous
puissions donner de notre Justice et de notre esti
me à ceux de nos Sujets,dont les services ont fair
connoître la vertu , est de leur accorder des mar
ques d'honneur qui puissent passer à leur posterité
; ces récompenses
servent à soûtenir le plus
I ij
1.4
1185 MERCURE DE FRANCE.
solide éclat des familles, ' en remettant devant les
yeux des descendans ceux qui les ont méritez, les
exemples des belles actions de leurs peres ; ce qui
animé le zéle de plusieurs Sujets à continuer la
longue suite des services de leurs Auteurs , qui
ont exposez leur vie au service du Prince ; et nous
le remarquons particulierement en la personne de
notre cher et amé Antoine le Prêtre de Vauban
Lieutenant General de nos Armées, Grand Croix
de l'Ordre militaire de S. Louis , Gouverneur de
notre Ville et Château de Béthune , Ingénieur
general , ayant la direction des Places de notre
Province d'Artois , qui sert depuis cinquantedeux
ans , et s'est trouvé à 44 Siéges , d'attaques
Du défenses de Places , Villes , Citadelles ou Châteaux
, et dans un grand nombre d'actions , où il
a reçu en divers temps , seize blessures considérables.
Il servit à la défense de Lille , en 1708.
Il défendit en chef son Gouvernement de Bethu
ne , en 1710. ou contre l'attente des ennemis
aussi-bien que des François , il tint 42 jours de
tranchée ouverte ; et en 1714 il fut choisi par le
feu Roy , notre Bisayeul , et par notre cher Frere
et Oncle le Roy d'Espagne , pour faire en chef
fe Siége de Barcelonne , sous les ordres de notre
Cousin le Maréchal de Bervick.Dans toute cette
longue suite de service il a suivi les exemples de
notre cher et bien amé Cousin Sébastien le Prêtre
, Maréchal de Vauban , son oncle , issu de la
branche cadette de sa Maison, qui a servi pendant
plus de soixante ans , d'une guerre presque contimuelle
, réiinissant en sa personne les talens du
Cabinet dans la paix , avec la valeur et la capacité
dans la Guerre ; ce qui auroit engagé notre
Bisayeul de l'élever à la Dignité de Maréchal de
France , et de Chevalier de nos Ordres; Dignitez
qui
ΜΑΥ. 1731 1187
qui sont le comble des honneurs de la Noblesse
de France ; et étant informé que ledit sieur de
Vauban , du chef de Dame Anne - Henriette de
Busseul son Epouse , fille unique et héritiere du
sieur Comte de S. Sernin , d'une des plus ancienne
Maison de notre Province de Bourgogne , qui
étoit illustre dès le regne de l'Empereur Othon
et de Hugues Capet, qui s'est toujours soûtenue
par ses services , possede la Terre et Seigneurie
de S. Sernin , située dans le Mâconois , dans .la
quelle il a tout droit de Justice , Haute, Moyen-,
ne et Basse , s'étendant en plusieurs Paroisses
ayant titre de Baronie depuis plus de deux cens
ans , et qu'il possede la Terre et Seigneurie de
Boyer qui y est joignante et contigué , dans laquelle
il a aussi tout droit de Justice , relevant de .
Nous , à cause de notre Duché de Bourgogne , à
cause de laquelle il a droit de séance aux Etats de
ladite Province , et dans laquelle il a deux beaux
Châteaux , plus de 500 arpens de Bois ; tout droit
de Cens et Rentes Nobles, servies en argent et en
grains , droits de Lots et Ventes , et de Retrait et
Retenue aux Mutations , Corvées d'Hommes et
de Bestiaux , droits de Guets et Gardes , et tous
autres droits utiles et honorifiques, Chasse, Pêche,
dans laquelle la plupart des habitans sont tailliables
, et de main morte, ayant seul droit d'y vendre
et d'y faire vendre du Vin pendant le mois de
Juillet de chaque année ; et qu'il est Engagiste du,
droit d'Aide , dans l'étenduë de ladite Paroisse de
S. Sernin , plusieurs Fermes , Terres , Vignes ,
Bois et autres héritages qui composent un reve
nu considérable et capable de porter le Titre de
Comté, qu'il nous a très-humblement supplié de
lui accorder sous le nom de Comté de Vauban
que ladite Terre portera à l'avenir,au lieu de ce-
I iij lui
1188 MERCURE DE FRANCE
lui de S. Sernin . A ces causes , voulant donner
audit sieur de Vauban des marques de notre
bienveillance par un Titre d'honneur qui puisse
faire connoître à la posterité l'estime que nous
faisons de sa personne , en considération de ses
longs services, et de ceux de notre Cousin le Maréchal
de Vauban son Oncle , pour animer ses
descendans : de l'avis de notre Conseil , Nous
avons changé et commué , changeons et commuons
ledit nom de S. Sernin , qu'a porté cydevant
ladite Terre , en celui de Vanban , et à la◄
quelle Nous avons joint et uni , annexé et incor
poré, et par ces Présentes , signées de notre main,
joignons , unissons , annéxons et incorporons sa
dite Terre et Seigneurie de Boyer , avec ses reve-
-nus et droits , circonstances et dépendances ,pour
ne composer à l'avenir qu'une seule même Terre
et Seigneurie ; laquelle nous avons de notre grace
spéciable , pleine puissance et autorité Royale,
créé, érigé , élevé et décoré ; créons , érigeons,
élevons et décorons par ces Présentes , à nom ,
titre , dignitez et prééminence de Comté , sous
la dénomination du Comté de Vauban , pour en
jouir par ledit s Antoine le Prêtre de Vauban,ses
enfans et posterité mále, nez et à naître en légitime
mariage , audit nom , titre et dignité de Comté :
Voulons et Nous plaît qu'ils puissent se nommer
et qualifier Comtes de Vauban en tous Actes, tanɛ
en jugement que dehors , et qu'ils jouissent de
pareils honneurs , droits d'Armes , Blasons , Autoritez
, Prérogatives , Prééminences en fait de
Guerre , Assemblées d'Etat , de Noblesse et autrement
, tout ainsi que les autres Comtes de notre
Royaume et Province de Bourgogne , encore
qu'il ne soit icy particulierement exprimé ; que
sous les Vassaux , arriere-Vassaux , et autres tenans
MAY. 1731. 1189
hans noblement et en roture dudit Comté de
Vauban , le reconnoiss nt pour Comte , fassent
Jeur toy et hommage , baillent leurs aveux et dénombremens
, et déclarations , le cas y échêant ;
sous le même nom et Ture de Comré de Vauban;
et que les Officiers exerçans la Justice de ladite
Terre , intitulent leurs Sentences et Jugemens
sous le même nom et Titre de Comté de Vau→
ban , et scellent leurs Sentences et jugemens du
sceau de ses Armes , sans toutefois aucune muta
tion ni changement de mouvance , ni de ressort ,
ni contrevenir aux cas Royaux dont la Jurisdic-
.tion appartient à nos Baillifs et Sénéchaux , ni
que pour raison de la prés nte union , érection et
changement de nom et Titre , leait sicur Comte
de Vauban , ses enfans et descendans soient tenus
envers Nous , ni leurs Vassaux et Tenanciers envers
eux , à autres , ni plus grands droits que
ceux qu'ils doivent à présent , à la charge de
relever de Nous , à une seule foy et hommage
à cause de notre Duché de Bourgogne, avec mèmes
droits et devoirs accoutumez , sans aussi déroger
ni préjudicier aux droits et devoirs si aucuns
sont dûs à autres qu'à Nous , ni qu'à défaut
d'hoirs mâles , nez en légitime mariage , nous
puissions ni nos successeurs Rois , prétendre lad .
Terre être réunie à notie Domaine , en vertu de
l'Edit de 1566. auquel Edit et autres précédens
et subsequens , des années 1981. et 1582. Nous
avons dérogé et dérogeons ; mais en ce cas ou
celui de la désunion des Terres unies par ces Présentes
, elles retourneront en leur premier état et
Titre. Si donnons en mandement à nos amez et
féaux Conseillers , les Gens tenans nos Cours de
Parlement de Paris , Chambre de nos Comptes à
Dijon , Présidens , Trésoriers de France au Bu-
Liuj reau
1190 MERCURE DE FRANCE
reau de nos Finances à Dijon , Baillif du Mâconnois
ou son Lieutenant General,et autres nos Officiers
qu'il appartiendra , que ces Présentes, nos
Lettres d'erection , ils ayent à faire enregistrer ,
lire et publier , garder et observer , et de tout le
contenu en icelles jouir et user ledit sieur Antoime
le Prêtre de Vauban , ses heritiers et successeurs
mâles ; ensemble les Vassaux relevant dudit
Comté; cessant et faisant cesser tout troubles et
empêchemens contraires . Car tel est notre plaisir,
nonobstant tous Edits et Ordonnances,même celle
du mois de Juillet 1666. et auttes,portant réünion
à notre Domaine , des Duchez , Comtez ,
Marquisats et autres Dignitez , à défaut d'hoirs
males , Statuts, Arrêts,Constitutions , Coûtumes,
Mandemens. Restrictions et défenses au contraire
, ausquelles ensemble aux dérogatoires , y contenues:
Nous avons dérogé et dérogeons ; et afin
que ce soit chose ferme et stable à toujours,Nous
avons fait mettre notre Scel à cesdites Présentes.
Donné à Chantilly , au mois d'Aoust , l'an de
grace 1725. en de notre Regne le dixiéme.
Signé LOUIS. Et plus bas : Par le Roy ,
PHELIPPIAUX.
la mort dans le Mercure d'Avril , a été
inhumé dans l'Eglise des Capucins de
Bethune. On lit cette Epitaphe , gravée
sur un beau marbre blanc. Les Armes de
Vauban sont en haut.
CY GIT
Haut et Puissant Seigneur , Messire
Antoine le Prêtre de Vauban , Lieutenant
Général des Armées du Roy , Ingénieur-
Géneral , Directeur des Fortifications des
Places d'Artois , Gouverneur des Ville et
Château de Bethune .
Digne neveu , digne Disciple du Maréchal
de Vauban !
Elevé successivement à tous les Grades Militaires
;
Toujours mérites , toûjours remplis avec distinction.
D'un génie superieur pour les fortifications ,
l'attaque , et la déffense des Places:
Modele des Ingenieurs dans la déffense de
*
Bethune.
Prompt , exact et intrepide , quand il a obei :
I Vigilant ,
1184 MERCURE DE FRANCE
Vigilant , plein de resources et de fermeté ,
quand il a commandé.
Courtisan seulement par ses services .
Cytoyen dans toutes ses vuës ;
Utile à la patrie dans ces emplois ,
Utile aux particuliers dans sa vie privée ;
To jours estimé , toûjours aimé,
Et toujours d'autant plus qu'il étoit vû de
plus prés.
Il mourut plein de jours et d'honneurs , en
homme qui n'avoit jamais craint que Dieu ;
plein de resignation à ses ordres et de confiance
en sa bonté, le 10. Avril l'an de grace 173 I.
et de son âge le soixante et dix - septième .
Quoy qu'il soit déffendu aux Capucins
d'enterrer qui que ce soit dans leur
Eglise , sans la permission du Géneral
le Pere Gardien , par reconnoissance ,
et par devoir , s'est soustrait dans cette
occasion , à la régle génerale. La Ville de
Bethune , voulut rendre à l'illustre Mort
qui avoit été Gouverneur de cette Place
pendant 28. ans tous les honneurs imaginables.
Le Chapitre de la Collegiale , le
Bailliage et le Magistrat , assisterent en
corps au Convoy , en crêpes , avec des
flambeaux , de même que tous les Officiers
des Régiments de Mailly , Infanterie , et
Dragons
MAY. 1731. 1185
Dragons d'Orleans , qui composoient la
Garnison , et ceux de Royal Italien , et
d'un Bataillon de Piémont , qui se trouverent
y avoir séjour: les coins du Poële
étoient portés par les principaux Officiers,
toute la Garnison étant sous les Armes ,
les Tambours ayant leurs caisses couvertes
de crêpes , toute la Noblesse et la Bourgeoisie
à la suite du Clergé. La Cerémoniè
fût terminée par une décharge du Canon
des remparts et par trois décharges de
Mousqueterie . Un Service solemnel fûr
celébré le lendemain dans l'Eglise de saint
Barthelemy , Paroisse du Déffunt.
Portez d'inclination à celébrer le mérite
distingué et les Grands Hommes en genéral
,et le nom de Vauban en particulier, nous
allons insérer ici en leur entier des Lettres
Patentes qui nous sont heureusement
tombées entre les mains , aussi dignes de
la curiosité du Public , que propres à
illustrer la posterité de M. de Vauban.
Lo
OUIS , par la de Dieu , Roy de France
grace
et de Navarre : A tous présens et à venir :
Salut. Le témoignage
le plus certain que nous
puissions donner de notre Justice et de notre esti
me à ceux de nos Sujets,dont les services ont fair
connoître la vertu , est de leur accorder des mar
ques d'honneur qui puissent passer à leur posterité
; ces récompenses
servent à soûtenir le plus
I ij
1.4
1185 MERCURE DE FRANCE.
solide éclat des familles, ' en remettant devant les
yeux des descendans ceux qui les ont méritez, les
exemples des belles actions de leurs peres ; ce qui
animé le zéle de plusieurs Sujets à continuer la
longue suite des services de leurs Auteurs , qui
ont exposez leur vie au service du Prince ; et nous
le remarquons particulierement en la personne de
notre cher et amé Antoine le Prêtre de Vauban
Lieutenant General de nos Armées, Grand Croix
de l'Ordre militaire de S. Louis , Gouverneur de
notre Ville et Château de Béthune , Ingénieur
general , ayant la direction des Places de notre
Province d'Artois , qui sert depuis cinquantedeux
ans , et s'est trouvé à 44 Siéges , d'attaques
Du défenses de Places , Villes , Citadelles ou Châteaux
, et dans un grand nombre d'actions , où il
a reçu en divers temps , seize blessures considérables.
Il servit à la défense de Lille , en 1708.
Il défendit en chef son Gouvernement de Bethu
ne , en 1710. ou contre l'attente des ennemis
aussi-bien que des François , il tint 42 jours de
tranchée ouverte ; et en 1714 il fut choisi par le
feu Roy , notre Bisayeul , et par notre cher Frere
et Oncle le Roy d'Espagne , pour faire en chef
fe Siége de Barcelonne , sous les ordres de notre
Cousin le Maréchal de Bervick.Dans toute cette
longue suite de service il a suivi les exemples de
notre cher et bien amé Cousin Sébastien le Prêtre
, Maréchal de Vauban , son oncle , issu de la
branche cadette de sa Maison, qui a servi pendant
plus de soixante ans , d'une guerre presque contimuelle
, réiinissant en sa personne les talens du
Cabinet dans la paix , avec la valeur et la capacité
dans la Guerre ; ce qui auroit engagé notre
Bisayeul de l'élever à la Dignité de Maréchal de
France , et de Chevalier de nos Ordres; Dignitez
qui
ΜΑΥ. 1731 1187
qui sont le comble des honneurs de la Noblesse
de France ; et étant informé que ledit sieur de
Vauban , du chef de Dame Anne - Henriette de
Busseul son Epouse , fille unique et héritiere du
sieur Comte de S. Sernin , d'une des plus ancienne
Maison de notre Province de Bourgogne , qui
étoit illustre dès le regne de l'Empereur Othon
et de Hugues Capet, qui s'est toujours soûtenue
par ses services , possede la Terre et Seigneurie
de S. Sernin , située dans le Mâconois , dans .la
quelle il a tout droit de Justice , Haute, Moyen-,
ne et Basse , s'étendant en plusieurs Paroisses
ayant titre de Baronie depuis plus de deux cens
ans , et qu'il possede la Terre et Seigneurie de
Boyer qui y est joignante et contigué , dans laquelle
il a aussi tout droit de Justice , relevant de .
Nous , à cause de notre Duché de Bourgogne , à
cause de laquelle il a droit de séance aux Etats de
ladite Province , et dans laquelle il a deux beaux
Châteaux , plus de 500 arpens de Bois ; tout droit
de Cens et Rentes Nobles, servies en argent et en
grains , droits de Lots et Ventes , et de Retrait et
Retenue aux Mutations , Corvées d'Hommes et
de Bestiaux , droits de Guets et Gardes , et tous
autres droits utiles et honorifiques, Chasse, Pêche,
dans laquelle la plupart des habitans sont tailliables
, et de main morte, ayant seul droit d'y vendre
et d'y faire vendre du Vin pendant le mois de
Juillet de chaque année ; et qu'il est Engagiste du,
droit d'Aide , dans l'étenduë de ladite Paroisse de
S. Sernin , plusieurs Fermes , Terres , Vignes ,
Bois et autres héritages qui composent un reve
nu considérable et capable de porter le Titre de
Comté, qu'il nous a très-humblement supplié de
lui accorder sous le nom de Comté de Vauban
que ladite Terre portera à l'avenir,au lieu de ce-
I iij lui
1188 MERCURE DE FRANCE
lui de S. Sernin . A ces causes , voulant donner
audit sieur de Vauban des marques de notre
bienveillance par un Titre d'honneur qui puisse
faire connoître à la posterité l'estime que nous
faisons de sa personne , en considération de ses
longs services, et de ceux de notre Cousin le Maréchal
de Vauban son Oncle , pour animer ses
descendans : de l'avis de notre Conseil , Nous
avons changé et commué , changeons et commuons
ledit nom de S. Sernin , qu'a porté cydevant
ladite Terre , en celui de Vanban , et à la◄
quelle Nous avons joint et uni , annexé et incor
poré, et par ces Présentes , signées de notre main,
joignons , unissons , annéxons et incorporons sa
dite Terre et Seigneurie de Boyer , avec ses reve-
-nus et droits , circonstances et dépendances ,pour
ne composer à l'avenir qu'une seule même Terre
et Seigneurie ; laquelle nous avons de notre grace
spéciable , pleine puissance et autorité Royale,
créé, érigé , élevé et décoré ; créons , érigeons,
élevons et décorons par ces Présentes , à nom ,
titre , dignitez et prééminence de Comté , sous
la dénomination du Comté de Vauban , pour en
jouir par ledit s Antoine le Prêtre de Vauban,ses
enfans et posterité mále, nez et à naître en légitime
mariage , audit nom , titre et dignité de Comté :
Voulons et Nous plaît qu'ils puissent se nommer
et qualifier Comtes de Vauban en tous Actes, tanɛ
en jugement que dehors , et qu'ils jouissent de
pareils honneurs , droits d'Armes , Blasons , Autoritez
, Prérogatives , Prééminences en fait de
Guerre , Assemblées d'Etat , de Noblesse et autrement
, tout ainsi que les autres Comtes de notre
Royaume et Province de Bourgogne , encore
qu'il ne soit icy particulierement exprimé ; que
sous les Vassaux , arriere-Vassaux , et autres tenans
MAY. 1731. 1189
hans noblement et en roture dudit Comté de
Vauban , le reconnoiss nt pour Comte , fassent
Jeur toy et hommage , baillent leurs aveux et dénombremens
, et déclarations , le cas y échêant ;
sous le même nom et Ture de Comré de Vauban;
et que les Officiers exerçans la Justice de ladite
Terre , intitulent leurs Sentences et Jugemens
sous le même nom et Titre de Comté de Vau→
ban , et scellent leurs Sentences et jugemens du
sceau de ses Armes , sans toutefois aucune muta
tion ni changement de mouvance , ni de ressort ,
ni contrevenir aux cas Royaux dont la Jurisdic-
.tion appartient à nos Baillifs et Sénéchaux , ni
que pour raison de la prés nte union , érection et
changement de nom et Titre , leait sicur Comte
de Vauban , ses enfans et descendans soient tenus
envers Nous , ni leurs Vassaux et Tenanciers envers
eux , à autres , ni plus grands droits que
ceux qu'ils doivent à présent , à la charge de
relever de Nous , à une seule foy et hommage
à cause de notre Duché de Bourgogne, avec mèmes
droits et devoirs accoutumez , sans aussi déroger
ni préjudicier aux droits et devoirs si aucuns
sont dûs à autres qu'à Nous , ni qu'à défaut
d'hoirs mâles , nez en légitime mariage , nous
puissions ni nos successeurs Rois , prétendre lad .
Terre être réunie à notie Domaine , en vertu de
l'Edit de 1566. auquel Edit et autres précédens
et subsequens , des années 1981. et 1582. Nous
avons dérogé et dérogeons ; mais en ce cas ou
celui de la désunion des Terres unies par ces Présentes
, elles retourneront en leur premier état et
Titre. Si donnons en mandement à nos amez et
féaux Conseillers , les Gens tenans nos Cours de
Parlement de Paris , Chambre de nos Comptes à
Dijon , Présidens , Trésoriers de France au Bu-
Liuj reau
1190 MERCURE DE FRANCE
reau de nos Finances à Dijon , Baillif du Mâconnois
ou son Lieutenant General,et autres nos Officiers
qu'il appartiendra , que ces Présentes, nos
Lettres d'erection , ils ayent à faire enregistrer ,
lire et publier , garder et observer , et de tout le
contenu en icelles jouir et user ledit sieur Antoime
le Prêtre de Vauban , ses heritiers et successeurs
mâles ; ensemble les Vassaux relevant dudit
Comté; cessant et faisant cesser tout troubles et
empêchemens contraires . Car tel est notre plaisir,
nonobstant tous Edits et Ordonnances,même celle
du mois de Juillet 1666. et auttes,portant réünion
à notre Domaine , des Duchez , Comtez ,
Marquisats et autres Dignitez , à défaut d'hoirs
males , Statuts, Arrêts,Constitutions , Coûtumes,
Mandemens. Restrictions et défenses au contraire
, ausquelles ensemble aux dérogatoires , y contenues:
Nous avons dérogé et dérogeons ; et afin
que ce soit chose ferme et stable à toujours,Nous
avons fait mettre notre Scel à cesdites Présentes.
Donné à Chantilly , au mois d'Aoust , l'an de
grace 1725. en de notre Regne le dixiéme.
Signé LOUIS. Et plus bas : Par le Roy ,
PHELIPPIAUX.
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Résumé : Épitaphe et Funerailles de M.de Vauban, &c, [titre d'après la table]
Le texte relate la mort et les honneurs funéraires de M. de Vauban, lieutenant général des armées du roi et ingénieur général, inhumé dans l'église des Capucins de Béthune. Son épitaphe, gravée sur un marbre blanc, mentionne ses titres et ses mérites militaires. Vauban est décrit comme un modèle d'ingénieur, prompt, vigilant et plein de ressources. Il est également loué pour son utilité à la patrie et aux particuliers, ainsi que pour sa dévotion religieuse. Malgré l'interdiction des Capucins d'enterrer des laïcs dans leur église, une exception a été faite pour Vauban en reconnaissance de ses services. La ville de Béthune et diverses autorités ont rendu hommage à Vauban lors de ses funérailles, qui ont inclus une cérémonie solennelle et des salves d'artillerie. Le texte inclut également des lettres patentes du roi Louis, accordant à Vauban le titre de comte de Vauban en reconnaissance de ses longs services militaires et de ceux de son oncle, le maréchal de Vauban. Ces lettres détaillent les terres et les droits associés à ce titre, ainsi que les prérogatives et les honneurs qui en découlent. Le roi exprime son désir de récompenser Vauban et d'encourager ses descendants à suivre son exemple.
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5527
p. 1192-1198
MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Début :
Le 11. Avril, Pierre Jardin, Laboureur de Rachecourt, sur Marne, Élection [...]
Mots clefs :
Laboureur, Comte, Colonel, Écuyer, Extinction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
L
et Mariages..
E LI. Avril , Pierre Jardin , Laboureur
de Rachecourt , sur Marne , Election
de Joinville , y mourut âgé de cent
ans accomplis .
Dame Marie -Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de François Marquis de Rochechouart,
décedée le 24. Avril,âgée de 58 .
ans.
Jean Baptiste , Comte de Montesson
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de S. Quentin , cy- devant
premier Lieutenant des Gardes du Corps ,
mourut à Paris , le 25. d'Avril , âgé de
85. ans.
Louis - François de la Beaune le Blanc
de la Valliere , Comte de la Valliere , Colonel
du Régiment de Vivarais , fils de
Charles François de la Baume le Blanc de
la Valliere , Duc de la Valliere , Pair de
France, Gouverneur pour le Roi et Grand-
Sénechal de la Province de Bourbonnois ,
Lieutenant General des Armées de S. M.
cy-devant Mestre de Camp General de sa
Cavalerie Legere de France , et Menin de
MesMAY.
r193 1731.
Messeigneurs les Dauphins , fils et petitfils
de Louis XIV. et de Dame Marie-
Therese de Noailles , Duchesse de la Valliere
, Dame du Palais de Madame la Dauphine
, Marie-Adelaide de Savoye , decedé
garçon le 30. Avril , âgé de 21. ans ,
5. mois , 25. jours , étant né le s . Octobre
170 ) .
M. François de la Beuvine , Ecuyer ,
Maréchal des Logis de feu Monsieur
Frere unique du Roi , dicédé le 3. May,
âgé de 88. ans .
M. Ambroise Ferrand , Doyen du Parlement
, mourut à Paris le 3. de ce mois,
dans la 83 ° année de son âge. M. Nau
Conseiller de la cinquième Chambre , à
present de la Grand'Chambre , est aujour
d'hui Doyen du Parlement.
Dame Marie Hyacinte de Levi , Abbesser
de l'Abbaye de N. Dame de Nevers , soeur
du Duc de Levi , mourut le 4. âgée de
44. ans.
M. Etienne Aymon , Ecuyer , Porte-
Manteau du Roy , mourut à Versailles ?
où il servoit son Quartier , le 5. de ce
mois , âgé d'environ 73. ans , generale
ment regretté.
99
Le 9. de ce mois , mourut à l'âge de
48. ans , Dame Louise de Louvecourt
veuve de M. Georges Danes , Maître des
Ivi Com
vj
1194 MERCURE DE FRANCE
Comptes ; elle étoit connue par ses bonnes
oeuvres et par ses grandes aumônes.
Son Mari étoit arriere petit- neveu de
Pierre Danes , Evêque de Lavaur , Ambassadeur
de François I. au Concile de
Trente , Précepteur et Confesseur de
François second , qui s'est rendu celebre
par la répartie vive qu'il fit dans le même
Concile : Utinam ad galli cantum , & c.
Palavicin , dans l'Histoire de ce Concile ,
avoue qu'elle servit comme d'un aiguillon
pour déterminer les Peres du Concile
à travailler sérieusement pour la réfor
mation de la Discipline . On a oüi dire
à Maurice le Tellier , Archevêque de
Rheims , qu'il auroit mieux aimé faire
cette réponse dans le Concile de Trente
que d'être Cardinal.
Jacques Danes , de la même Famille ,
en premier lieu Président de la Cham
bre des Comptes , et Intendant en Languedoc
, puis Evêque de Toulon , Maître
de l'Oratoire du Roi , Conseiller d'Etat
ordinaire , mourut en 1662, en odeur de
sainteté , que l'on prétend avoir été manifestée
par des miracles avérez.
Quoique le nom de cette Famille se
prononce comme ayant un E ouvert , cependant
il s'écrit sans aucun accent , selon
l'ancien usage suivi par les Sçavans , an
ciens.
MA Y. 1731. 1195
ciens et modernes , qui ont parlé de l'Evêque
de Lavaur , lesquels ne sont pas en
petit nombre , c'est l'usage constant dans
la Famille de ce Prélat , à quoi l'on a crâ
devoir se conformer.
Jean Marquis Dacigné , issu des Comtes
de Rennes , qui étoient Cadets des.
Souverains de Bretagne , est mort à Rennes
le 12. May , d'une révolution de
Goutte. Il étoit le dernier de cette ancienne
et illustre Maison : dans sa Branche
on a porté le nom de Marquis de
Carnavalet , jusqu'à l'extinction de la
Branche aînés , dont l'héritiere avoit
épousé feu M. le Duc de Richelieu. Elle
étoit mere de M. le Duc de Richelieu
d'aujourd'hui . Le Marquis d'Acigné avoit
été marié trois fois ; en premieres Nôces
avec l'heritiere de la Maison de la Menseliere
Coëtquin dont il n'a pas eu
d'enfans ; en secondes Nôces , avec la fille
unique du Comte de Langle , et de sa
premiere femme , soeur du Marquis de
Goëtanfão , morte en couche ; et en troisiemes
Nôces , une des filles du Président
de Rochefort , dont il reste une fille unique
, âgée d'environ onze ans.
"
Henry - François de Paule le Febvre
d'Armesson , Conseiller du Roi en sa
Cour de Parlement , décédé le 14. Mars ,
âgé de 24. ans.
F96 MERCURE DE FRANCE
Le 22. M. Jean- Baptiste Bochard , Chevalier
, Seigneur de Sarron , Président en
la premiere Chambre des Enquêtes , est
mort dans la 29 année de son âge.
Dame Marie- Gabrielle le Cirier de Neuchelles
, Epouse de M. Samuel- Jacques le-
Clerc , Chevalier , Seigneur , Marquis de
Juigné , accoucha le 6. May , d'un fils
qui fut tenu sur les Fonts , et nommé
Armand- Louis , par M. Armand - Gabriel,
Marquis de Craon , et par Dme Louise-
Christine Eugenie le Cirier de Neuchelles ,
veuve de M. Charles , Marquis de Brion ..
D. Marie- Anne Cherouvrier des Grassieres
, Epouse de M. Galiot , Maître des
Requêtes , accoucha le 7. d'un fils qui fut
tenu sur les Fonts et nommé Antoine-
Jean par M. Jacques - Antoine Herinx
Prieur de Ligny , et par Dame Jeanne-
Claude Cherouvrier des Grassieres , Epouse
de M. Aubert de Tourny , Maître des
Requêtes.
*
Dame Françoise Louise de Laurans ,
Epouse de M. Louis - François de Laurans,
Comte de Montserin , accoucha le même
jour d'une fille qui fut nommée Louise
Elisabeth , par Christophe de Brague ;
Comte de Loches , et par D. Elizabeth-
Michelle de Givry , Epouse de M. Claude-
Henry
MAY. 1731. 1197
Henry le Pelletier de la Houssaye.
Le 1. May , D. Barbe - Charlotte Aubourg
, Epouse de Guillaume Aubourg
Marquis de Bourg , Conseiller du Roi en
ses Conseils , Gardes des Rolles des Offices
de France , accoucha d'une fille , qui
le sur-lendemain fut tenue sur les Fonts
et nommée Marie- Charlotte , par Charles
Aubourg , Marquis de Boury , Conseiller
du Roi en ses Conseils , Garde
des Rôles des Offices .de France , Ayeul
Paternel , et par D. Marie Poupard , Epou
se de M. François-Nicolas Aubourg , Conseiller
du Roi en ses Conseils , Trésorier
General des Bâtimens du Roi , Ayeule
Maternelle ..
Claude -François - Léonor de S.Maurice,.
Comte de Savigny , &c. épousa le 26.
Avril D. Marie-Thérese- Léonor du Maine
du Bourg.
Le Vicomte d'Epinoy , Mestre de Camp
de Cavalerie , d'une des plus anciennes.
Maisons de la Province de Champagne,
a épousé sur la fin de ce mois D. N ....
de Launoy , fille du Comte de ce nom ..
Le Comte de Lannoy descend des Ayeuls
les plus illustres ; on trouve dans les dif
ferentes Branches de sa Maison un grand
nombre de Seigneurs attachez ou aux
Rois
1198 MERCURE DE FRANCE
Rois de France , ou aux Ducs de Bourgogne
, ou aux Empereurs , ou aux Rois
d'Espagne. On compte de ce nom plusieurs
Chevaliers des Ordres du Roi ,
18. de la Toison d'Or , des Vicerois de:
Navarre et de Naples , des Gouverneurs
Generaux de Génes , de Flandres , de
Hollande , de la Comté de Namur , &c .
sans parler de plusieurs Grands Officiers
de la Couronne, Generaux d'Armées, &c.
Le Comte de Lannoy , avoit épousé
D. N... de Furtemberg , fille d'Antoine
Egon , Landgrave de Furtemberg , Prince
du S. Empire , mort Regent de l'Electorat
de Saxe.
et Mariages..
E LI. Avril , Pierre Jardin , Laboureur
de Rachecourt , sur Marne , Election
de Joinville , y mourut âgé de cent
ans accomplis .
Dame Marie -Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de François Marquis de Rochechouart,
décedée le 24. Avril,âgée de 58 .
ans.
Jean Baptiste , Comte de Montesson
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de S. Quentin , cy- devant
premier Lieutenant des Gardes du Corps ,
mourut à Paris , le 25. d'Avril , âgé de
85. ans.
Louis - François de la Beaune le Blanc
de la Valliere , Comte de la Valliere , Colonel
du Régiment de Vivarais , fils de
Charles François de la Baume le Blanc de
la Valliere , Duc de la Valliere , Pair de
France, Gouverneur pour le Roi et Grand-
Sénechal de la Province de Bourbonnois ,
Lieutenant General des Armées de S. M.
cy-devant Mestre de Camp General de sa
Cavalerie Legere de France , et Menin de
MesMAY.
r193 1731.
Messeigneurs les Dauphins , fils et petitfils
de Louis XIV. et de Dame Marie-
Therese de Noailles , Duchesse de la Valliere
, Dame du Palais de Madame la Dauphine
, Marie-Adelaide de Savoye , decedé
garçon le 30. Avril , âgé de 21. ans ,
5. mois , 25. jours , étant né le s . Octobre
170 ) .
M. François de la Beuvine , Ecuyer ,
Maréchal des Logis de feu Monsieur
Frere unique du Roi , dicédé le 3. May,
âgé de 88. ans .
M. Ambroise Ferrand , Doyen du Parlement
, mourut à Paris le 3. de ce mois,
dans la 83 ° année de son âge. M. Nau
Conseiller de la cinquième Chambre , à
present de la Grand'Chambre , est aujour
d'hui Doyen du Parlement.
Dame Marie Hyacinte de Levi , Abbesser
de l'Abbaye de N. Dame de Nevers , soeur
du Duc de Levi , mourut le 4. âgée de
44. ans.
M. Etienne Aymon , Ecuyer , Porte-
Manteau du Roy , mourut à Versailles ?
où il servoit son Quartier , le 5. de ce
mois , âgé d'environ 73. ans , generale
ment regretté.
99
Le 9. de ce mois , mourut à l'âge de
48. ans , Dame Louise de Louvecourt
veuve de M. Georges Danes , Maître des
Ivi Com
vj
1194 MERCURE DE FRANCE
Comptes ; elle étoit connue par ses bonnes
oeuvres et par ses grandes aumônes.
Son Mari étoit arriere petit- neveu de
Pierre Danes , Evêque de Lavaur , Ambassadeur
de François I. au Concile de
Trente , Précepteur et Confesseur de
François second , qui s'est rendu celebre
par la répartie vive qu'il fit dans le même
Concile : Utinam ad galli cantum , & c.
Palavicin , dans l'Histoire de ce Concile ,
avoue qu'elle servit comme d'un aiguillon
pour déterminer les Peres du Concile
à travailler sérieusement pour la réfor
mation de la Discipline . On a oüi dire
à Maurice le Tellier , Archevêque de
Rheims , qu'il auroit mieux aimé faire
cette réponse dans le Concile de Trente
que d'être Cardinal.
Jacques Danes , de la même Famille ,
en premier lieu Président de la Cham
bre des Comptes , et Intendant en Languedoc
, puis Evêque de Toulon , Maître
de l'Oratoire du Roi , Conseiller d'Etat
ordinaire , mourut en 1662, en odeur de
sainteté , que l'on prétend avoir été manifestée
par des miracles avérez.
Quoique le nom de cette Famille se
prononce comme ayant un E ouvert , cependant
il s'écrit sans aucun accent , selon
l'ancien usage suivi par les Sçavans , an
ciens.
MA Y. 1731. 1195
ciens et modernes , qui ont parlé de l'Evêque
de Lavaur , lesquels ne sont pas en
petit nombre , c'est l'usage constant dans
la Famille de ce Prélat , à quoi l'on a crâ
devoir se conformer.
Jean Marquis Dacigné , issu des Comtes
de Rennes , qui étoient Cadets des.
Souverains de Bretagne , est mort à Rennes
le 12. May , d'une révolution de
Goutte. Il étoit le dernier de cette ancienne
et illustre Maison : dans sa Branche
on a porté le nom de Marquis de
Carnavalet , jusqu'à l'extinction de la
Branche aînés , dont l'héritiere avoit
épousé feu M. le Duc de Richelieu. Elle
étoit mere de M. le Duc de Richelieu
d'aujourd'hui . Le Marquis d'Acigné avoit
été marié trois fois ; en premieres Nôces
avec l'heritiere de la Maison de la Menseliere
Coëtquin dont il n'a pas eu
d'enfans ; en secondes Nôces , avec la fille
unique du Comte de Langle , et de sa
premiere femme , soeur du Marquis de
Goëtanfão , morte en couche ; et en troisiemes
Nôces , une des filles du Président
de Rochefort , dont il reste une fille unique
, âgée d'environ onze ans.
"
Henry - François de Paule le Febvre
d'Armesson , Conseiller du Roi en sa
Cour de Parlement , décédé le 14. Mars ,
âgé de 24. ans.
F96 MERCURE DE FRANCE
Le 22. M. Jean- Baptiste Bochard , Chevalier
, Seigneur de Sarron , Président en
la premiere Chambre des Enquêtes , est
mort dans la 29 année de son âge.
Dame Marie- Gabrielle le Cirier de Neuchelles
, Epouse de M. Samuel- Jacques le-
Clerc , Chevalier , Seigneur , Marquis de
Juigné , accoucha le 6. May , d'un fils
qui fut tenu sur les Fonts , et nommé
Armand- Louis , par M. Armand - Gabriel,
Marquis de Craon , et par Dme Louise-
Christine Eugenie le Cirier de Neuchelles ,
veuve de M. Charles , Marquis de Brion ..
D. Marie- Anne Cherouvrier des Grassieres
, Epouse de M. Galiot , Maître des
Requêtes , accoucha le 7. d'un fils qui fut
tenu sur les Fonts et nommé Antoine-
Jean par M. Jacques - Antoine Herinx
Prieur de Ligny , et par Dame Jeanne-
Claude Cherouvrier des Grassieres , Epouse
de M. Aubert de Tourny , Maître des
Requêtes.
*
Dame Françoise Louise de Laurans ,
Epouse de M. Louis - François de Laurans,
Comte de Montserin , accoucha le même
jour d'une fille qui fut nommée Louise
Elisabeth , par Christophe de Brague ;
Comte de Loches , et par D. Elizabeth-
Michelle de Givry , Epouse de M. Claude-
Henry
MAY. 1731. 1197
Henry le Pelletier de la Houssaye.
Le 1. May , D. Barbe - Charlotte Aubourg
, Epouse de Guillaume Aubourg
Marquis de Bourg , Conseiller du Roi en
ses Conseils , Gardes des Rolles des Offices
de France , accoucha d'une fille , qui
le sur-lendemain fut tenue sur les Fonts
et nommée Marie- Charlotte , par Charles
Aubourg , Marquis de Boury , Conseiller
du Roi en ses Conseils , Garde
des Rôles des Offices .de France , Ayeul
Paternel , et par D. Marie Poupard , Epou
se de M. François-Nicolas Aubourg , Conseiller
du Roi en ses Conseils , Trésorier
General des Bâtimens du Roi , Ayeule
Maternelle ..
Claude -François - Léonor de S.Maurice,.
Comte de Savigny , &c. épousa le 26.
Avril D. Marie-Thérese- Léonor du Maine
du Bourg.
Le Vicomte d'Epinoy , Mestre de Camp
de Cavalerie , d'une des plus anciennes.
Maisons de la Province de Champagne,
a épousé sur la fin de ce mois D. N ....
de Launoy , fille du Comte de ce nom ..
Le Comte de Lannoy descend des Ayeuls
les plus illustres ; on trouve dans les dif
ferentes Branches de sa Maison un grand
nombre de Seigneurs attachez ou aux
Rois
1198 MERCURE DE FRANCE
Rois de France , ou aux Ducs de Bourgogne
, ou aux Empereurs , ou aux Rois
d'Espagne. On compte de ce nom plusieurs
Chevaliers des Ordres du Roi ,
18. de la Toison d'Or , des Vicerois de:
Navarre et de Naples , des Gouverneurs
Generaux de Génes , de Flandres , de
Hollande , de la Comté de Namur , &c .
sans parler de plusieurs Grands Officiers
de la Couronne, Generaux d'Armées, &c.
Le Comte de Lannoy , avoit épousé
D. N... de Furtemberg , fille d'Antoine
Egon , Landgrave de Furtemberg , Prince
du S. Empire , mort Regent de l'Electorat
de Saxe.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
En avril et mai 1731, plusieurs événements marquants ont été enregistrés au sein de la noblesse française, notamment des décès et des naissances. Le 24 avril, Pierre Jardin, laboureur de Rachecourt, est décédé à l'âge de cent ans. La même journée, Dame Marie-Anne d'Espinay de Saint-Luc, épouse du marquis de Rochechouart, est morte à l'âge de 58 ans. Le 25 avril, Jean-Baptiste, comte de Montesson, lieutenant général des armées du roi, est décédé à Paris à l'âge de 85 ans. Louis-François de La Baume Le Blanc de La Vallière, colonel du régiment de Vivarais, est également mentionné parmi les personnalités notables. Le 30 avril, les dauphins, fils et petit-fils de Louis XIV, sont décédés à l'âge de 21 ans. D'autres décès notables incluent ceux de François de La Beuvine, Ambroise Ferrand, et Marie Hyacinthe de Lévi, abbesse de l'abbaye de Notre-Dame de Nevers. Parallèlement, plusieurs naissances ont été rapportées. Armand-Louis, fils de Samuel-Jacques Le Clerc, marquis de Juigné, et Antoine-Jean, fils de Galiot, maître des requêtes, sont parmi les nouveaux-nés mentionnés. Des mariages notables ont également eu lieu, comme celui de Claude-François-Léonor de Saint-Maurice, comte de Savigny, avec Marie-Thérèse-Léonor du Maine du Bourg, et celui du vicomte d'Épinoy avec une fille du comte de Launoy. Ces événements illustrent la dynamique des familles nobles françaises au début du XVIIIe siècle, marquée par des cycles de vie et de mort au sein de l'aristocratie.
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5528
p. 1200-1204
ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
Début :
ARREST du 13. Février, qui ordonne que tous Particuliers gens du commun des Villes [...]
Mots clefs :
Arrêts, Déclarations, Ordonnances, Règlements, Syndics, Commissaire, Police
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
ARRESTS , DECLARATIONS ,
ORDONNANCES , &c.
ARR
RREST du 13.Février, qui ordonne que
tous Particuliers, gens du commun des Villes
et lieux où les Aydes ont cours, seront sujets aux
Droits de détail comme les Cabaretiers , sur les
Vins et autres Boissons qu'ils consommeront au
de- là de ce qui est nécessaire pour leur provision ,
eû égard à leur état , condition , famille et impositions
à la Taille et Capitation : Et qui attribue
à Messieurs les Intendans la connoissance
des contestations qui pourront naître à ce sujet.
>
ARREST du 13 Mars , portant Reglement
pour la fabrique des Toiles et Etoffes de fil , fil
et coton et tout coton , teints ; par lequel il est
dit ce qui suit : Sur ce qui a été représenté au
Roy , que la fabrique des toiles et étoffes de fil ,
fil et coton , et tout coton , teints , quoique reglée
par Arrêt de son Conseil , du → Aoust 17 1 8.
n'a pû encore être portée à toute la perfection
qu'elle peut naturellement acquerir , parce qu'il
se trouve souvent de la difficulté dans l'exécution
de quelques articles de ce Réglement; et que pour
rendre cette manufacture aussi utile à l'Etat qu'elle
le peut être, il conviendroit de donner une forme
nouvelle audit Réglement, et d'y ajoûter plusieurs
dispositions nécessaires , pour assurer la
bonne qualité des Marchandises y spécifiées , et
en augmenter lé commerce . A quoi S.M. voulant
pourvoir : Elle auroit nommé les sieurs Pomeraye
1
1
1
MAY. 120F
1731 .
raye , Cecile , le Planquais , Desportes , Prié , le
Moyne , Beard et Poret , négocians à Rouen,faisant
commerce desdites toiles et étoffes , pour ,
conjointement avec le sieur Fosse Inspecteur géneral
des Manufactures de toiles , projetter les
Articles qui doivent composer le nouveau Réglement;
ce qui ayant été fait, et les principaux Fabriquans
desdites Marchandises , et les Merciers-
Drapiers ayant été entendus : Vû les observations
des Inspecteurs desdites Manufactures , et celles
que les Syndics de la Chambre du Commerce de
Normandie ont faites sur tout ce qui a été proposé
pour parvenir à faire le Réglement dont il
s'agit , ensemble l'avis du sieur de Gasville , Maî
tre des Requêtes , Intendant et Commissaire départi
pour l'exécution des Ordres de Sa Majesté
dans la Généralité de Rouen , et celui des Députez
du commerce , &c . Ce nouveau Rég.ement
qui contient cinquante articles , a été inseré à la
suite duditArrêt. S M.ordonne aux sieurs Intendans
et Commissaires départis pour l'exécution
de ses Ordres dans les Généralitez de Rouen ,
Caën et Alençon, et dans les autres Provinces du
Royaume , de tenir la main à l'exécution de
l'Arrest , & c.
ORDONNANCE DU ROI , du 2c Mars
Pour fixer le nombre de Congez limitez, qui pourront
être accordez pendant l'Eté , dans chaque
Bataillon et dans chaque Escadron de Cavalerie
ou de Dragons.
ORDONNANCE DE POLICE , du 21 Mars,
Concernant la Jurisdiction de M. le Lieutenant
General de Police , et le droit et possession où il
est de connoître seul de la Marchandise de Foin
pour
1
1202 MERCURE DE FRANCE
pour la provision de Paris, à l'exclusion dés Offciers
du Bureau de l'Hôtel de Ville et de tous autres.
ARREST , du 27 Mars , concernant l'entrée
dans le Royaume par les Bureaux y désignez , et
les visites et marques , tant des Draps et autres
Etoffes de laine , ou fabriquées avec de la laine et
autres matieres, que des Etoffes de soye, ou mêlées
de soye , or et argent, venant des pays étrangers,
et dont le commerce et usage sont permis .
SENTENCE DE POLICE , du 13 Avril , qui'
condamne la Dame Guibert en 3000 1. d'amende,
pour avoir donné à jouer au Jeu de Pharaon
et le sieur de la Marque en 1000 liv. d'amende
pour avoir joué audit Jeu de Pharaon.
ORDONNANCE DU ROY, du 20 Avril,pour
faire faire par les Intendans , ou ceux qui seront
par eux commis , une Revue générale des Troupes
de Milice.
SENTENCE DE POLICE du 27 Avril. Qui
condamne Jean Moynat , Edme Moynat et Louis
le Maire , Marchands de Foin , en cinq cens
livres d'amende chacun , pour avoir discontinué
la fourniture de Foin sur les Ports de cette Ville.
ARREST du 29. Avril , qui authorise les
Sieurs Commissaires du Conseil nommez par les
Arrests des 17. Decembre 1726. et 3. Mars 1728.
à liquider jusqu'au dernier May 173 1. les finan
ces des Offices supprimez : et les Gardes du
Trésor Royal à en faire les Remboursemens jusqu'au
dernier Juin suivant
ARREST du même jour , concernant la
marque des Etoffes d'or , d'argent et de soye ,
ou mêlées d'autres matieres , qui se fabriquent
dans le Royaume,
>
<
MA Y. 1731. 1203
ARREST du 6. May , qui commet le Sicur
Louis- Alexandre de Barillon , pour , au lieu et
place du feu sieur le Cordier, continuer la Recette
generale du droit d'un pour cent , qui se perçoit
sur les marchandises des Isles etColonies Françoises
de l'Amerique, et en rendre comte au Conseil.
ARREST du Conseil d'Etat du Roy , du
10. May , dont voici la teneur. Le Roy étant
informé qu'on a affecté de répandre dans le public
un Mémoire inprimé sans nom d'Auteur ni
d'Imprimeur , sans privilege ni permission , sous
le titre d'Observations sur le Brefdu Pape , qui
établit M le Cardinal de Bissy et M. l'Archevêque
de Rouen , Commissaires Apostoliques
pour legouvernement et la réformation de l'Ordre
de Cluny. M. DCCXXXI, Șa Majesté auroit
jugé à propos de faire examiner ce Memoire en
son Conseil; et par le compte qui luy en a été
rendu , Elle auroit reconnu que cet ouvrage n'est
qu'un tissu de déclamations d'invectives , de traits
satyriques et injurieux , temerairement hazardez
contre des personnes que leur caractere personnel,
leur dignité , et la confiance dont ils ont été
honorez d'abord par Sa Majesté , et ensuite par
nôtre S. Pere le Pape , devoient mettre à couvert
d'une licence si criminelle , et qu'ainsi un tel ou-.
vrage ne pouvant être regardé que comme un
libelle diffamatoire , Sa Majesté ne doit pas differer
de le fletrir comme il le merite , en se reservant
de faire une justice exemplaire des auteurs de
ce libelle , lorsqu'ils seront connus par une procedure
reguliere: à quoy étant necessaire de pour-.
voir , oùy le rapport , et tout considere , $ A
MAJESTE ESTANT EN SON CONSEIL , a ordonné
* ordonne que l'Imprimé , qui a pour titre ,
Obe
1204 MERCURE DE FRANCE
P
Observations sur le Bref du Pape , qui établit
M. le Cardinal de Bissy et M. l'Archevêque de
Rouen , Commissaires Apostoliques pour le gouvernement
et la réformation de l'Ordre de Čluny.
M.DCCXXXI. sera et demeurera supprimé ;
et en consequence ordonne que tous les exemplaires
dudit Memoire , qui ont été repandus dans le
Public , seront incessament rapportez au Greffe
du Sieur Herault Conseiller d'Etat , Lieutenant
General de Police , pour y être lacerez. Fait Sa
Majesté très expresses inhibitions et deffenses à
tous ses Sujets , de quelque état ou condition qu'-
ils soient , d'en vendre , debiter , ou autrement
distribuer , même d'en retenir aucuns , à peine
de punition exemplaire contre ceux qui s'en trouveront
saisis : Ordonne en outre Sa Majesté ,
qu'à la requête du Sicur Moreau son Procureur
au Châtelet de Paris , il sera informé par ledit
Sieur Herault Lieutenant General de Police , contre
tous ceux qui ont composé, imprimé , vendu ,
debité , ou autrement distribué ledit libelle
pour être par luy , avec les Officiers du Châtelet;
Je Procès fait et parfait en dernier ressort aux
coupables , suivant la rigueur des Ordonnances ,
Sa Majesté leur attribuant à cette fin toute cour ,
jurisdiction et connoissance , et icelle interdisant
à toutes ses Cours ou autres Juges, &c .
ORDONNANCES , &c.
ARR
RREST du 13.Février, qui ordonne que
tous Particuliers, gens du commun des Villes
et lieux où les Aydes ont cours, seront sujets aux
Droits de détail comme les Cabaretiers , sur les
Vins et autres Boissons qu'ils consommeront au
de- là de ce qui est nécessaire pour leur provision ,
eû égard à leur état , condition , famille et impositions
à la Taille et Capitation : Et qui attribue
à Messieurs les Intendans la connoissance
des contestations qui pourront naître à ce sujet.
>
ARREST du 13 Mars , portant Reglement
pour la fabrique des Toiles et Etoffes de fil , fil
et coton et tout coton , teints ; par lequel il est
dit ce qui suit : Sur ce qui a été représenté au
Roy , que la fabrique des toiles et étoffes de fil ,
fil et coton , et tout coton , teints , quoique reglée
par Arrêt de son Conseil , du → Aoust 17 1 8.
n'a pû encore être portée à toute la perfection
qu'elle peut naturellement acquerir , parce qu'il
se trouve souvent de la difficulté dans l'exécution
de quelques articles de ce Réglement; et que pour
rendre cette manufacture aussi utile à l'Etat qu'elle
le peut être, il conviendroit de donner une forme
nouvelle audit Réglement, et d'y ajoûter plusieurs
dispositions nécessaires , pour assurer la
bonne qualité des Marchandises y spécifiées , et
en augmenter lé commerce . A quoi S.M. voulant
pourvoir : Elle auroit nommé les sieurs Pomeraye
1
1
1
MAY. 120F
1731 .
raye , Cecile , le Planquais , Desportes , Prié , le
Moyne , Beard et Poret , négocians à Rouen,faisant
commerce desdites toiles et étoffes , pour ,
conjointement avec le sieur Fosse Inspecteur géneral
des Manufactures de toiles , projetter les
Articles qui doivent composer le nouveau Réglement;
ce qui ayant été fait, et les principaux Fabriquans
desdites Marchandises , et les Merciers-
Drapiers ayant été entendus : Vû les observations
des Inspecteurs desdites Manufactures , et celles
que les Syndics de la Chambre du Commerce de
Normandie ont faites sur tout ce qui a été proposé
pour parvenir à faire le Réglement dont il
s'agit , ensemble l'avis du sieur de Gasville , Maî
tre des Requêtes , Intendant et Commissaire départi
pour l'exécution des Ordres de Sa Majesté
dans la Généralité de Rouen , et celui des Députez
du commerce , &c . Ce nouveau Rég.ement
qui contient cinquante articles , a été inseré à la
suite duditArrêt. S M.ordonne aux sieurs Intendans
et Commissaires départis pour l'exécution
de ses Ordres dans les Généralitez de Rouen ,
Caën et Alençon, et dans les autres Provinces du
Royaume , de tenir la main à l'exécution de
l'Arrest , & c.
ORDONNANCE DU ROI , du 2c Mars
Pour fixer le nombre de Congez limitez, qui pourront
être accordez pendant l'Eté , dans chaque
Bataillon et dans chaque Escadron de Cavalerie
ou de Dragons.
ORDONNANCE DE POLICE , du 21 Mars,
Concernant la Jurisdiction de M. le Lieutenant
General de Police , et le droit et possession où il
est de connoître seul de la Marchandise de Foin
pour
1
1202 MERCURE DE FRANCE
pour la provision de Paris, à l'exclusion dés Offciers
du Bureau de l'Hôtel de Ville et de tous autres.
ARREST , du 27 Mars , concernant l'entrée
dans le Royaume par les Bureaux y désignez , et
les visites et marques , tant des Draps et autres
Etoffes de laine , ou fabriquées avec de la laine et
autres matieres, que des Etoffes de soye, ou mêlées
de soye , or et argent, venant des pays étrangers,
et dont le commerce et usage sont permis .
SENTENCE DE POLICE , du 13 Avril , qui'
condamne la Dame Guibert en 3000 1. d'amende,
pour avoir donné à jouer au Jeu de Pharaon
et le sieur de la Marque en 1000 liv. d'amende
pour avoir joué audit Jeu de Pharaon.
ORDONNANCE DU ROY, du 20 Avril,pour
faire faire par les Intendans , ou ceux qui seront
par eux commis , une Revue générale des Troupes
de Milice.
SENTENCE DE POLICE du 27 Avril. Qui
condamne Jean Moynat , Edme Moynat et Louis
le Maire , Marchands de Foin , en cinq cens
livres d'amende chacun , pour avoir discontinué
la fourniture de Foin sur les Ports de cette Ville.
ARREST du 29. Avril , qui authorise les
Sieurs Commissaires du Conseil nommez par les
Arrests des 17. Decembre 1726. et 3. Mars 1728.
à liquider jusqu'au dernier May 173 1. les finan
ces des Offices supprimez : et les Gardes du
Trésor Royal à en faire les Remboursemens jusqu'au
dernier Juin suivant
ARREST du même jour , concernant la
marque des Etoffes d'or , d'argent et de soye ,
ou mêlées d'autres matieres , qui se fabriquent
dans le Royaume,
>
<
MA Y. 1731. 1203
ARREST du 6. May , qui commet le Sicur
Louis- Alexandre de Barillon , pour , au lieu et
place du feu sieur le Cordier, continuer la Recette
generale du droit d'un pour cent , qui se perçoit
sur les marchandises des Isles etColonies Françoises
de l'Amerique, et en rendre comte au Conseil.
ARREST du Conseil d'Etat du Roy , du
10. May , dont voici la teneur. Le Roy étant
informé qu'on a affecté de répandre dans le public
un Mémoire inprimé sans nom d'Auteur ni
d'Imprimeur , sans privilege ni permission , sous
le titre d'Observations sur le Brefdu Pape , qui
établit M le Cardinal de Bissy et M. l'Archevêque
de Rouen , Commissaires Apostoliques
pour legouvernement et la réformation de l'Ordre
de Cluny. M. DCCXXXI, Șa Majesté auroit
jugé à propos de faire examiner ce Memoire en
son Conseil; et par le compte qui luy en a été
rendu , Elle auroit reconnu que cet ouvrage n'est
qu'un tissu de déclamations d'invectives , de traits
satyriques et injurieux , temerairement hazardez
contre des personnes que leur caractere personnel,
leur dignité , et la confiance dont ils ont été
honorez d'abord par Sa Majesté , et ensuite par
nôtre S. Pere le Pape , devoient mettre à couvert
d'une licence si criminelle , et qu'ainsi un tel ou-.
vrage ne pouvant être regardé que comme un
libelle diffamatoire , Sa Majesté ne doit pas differer
de le fletrir comme il le merite , en se reservant
de faire une justice exemplaire des auteurs de
ce libelle , lorsqu'ils seront connus par une procedure
reguliere: à quoy étant necessaire de pour-.
voir , oùy le rapport , et tout considere , $ A
MAJESTE ESTANT EN SON CONSEIL , a ordonné
* ordonne que l'Imprimé , qui a pour titre ,
Obe
1204 MERCURE DE FRANCE
P
Observations sur le Bref du Pape , qui établit
M. le Cardinal de Bissy et M. l'Archevêque de
Rouen , Commissaires Apostoliques pour le gouvernement
et la réformation de l'Ordre de Čluny.
M.DCCXXXI. sera et demeurera supprimé ;
et en consequence ordonne que tous les exemplaires
dudit Memoire , qui ont été repandus dans le
Public , seront incessament rapportez au Greffe
du Sieur Herault Conseiller d'Etat , Lieutenant
General de Police , pour y être lacerez. Fait Sa
Majesté très expresses inhibitions et deffenses à
tous ses Sujets , de quelque état ou condition qu'-
ils soient , d'en vendre , debiter , ou autrement
distribuer , même d'en retenir aucuns , à peine
de punition exemplaire contre ceux qui s'en trouveront
saisis : Ordonne en outre Sa Majesté ,
qu'à la requête du Sicur Moreau son Procureur
au Châtelet de Paris , il sera informé par ledit
Sieur Herault Lieutenant General de Police , contre
tous ceux qui ont composé, imprimé , vendu ,
debité , ou autrement distribué ledit libelle
pour être par luy , avec les Officiers du Châtelet;
Je Procès fait et parfait en dernier ressort aux
coupables , suivant la rigueur des Ordonnances ,
Sa Majesté leur attribuant à cette fin toute cour ,
jurisdiction et connoissance , et icelle interdisant
à toutes ses Cours ou autres Juges, &c .
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Résumé : ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
En 1731, plusieurs arrêts et ordonnances royaux ont été promulgués. L'arrêt du 13 février institue des droits de détail sur les vins et autres boissons consommées en dehors des besoins domestiques, confiant aux intendants la résolution des contestations. L'arrêt du 13 mars régule la fabrication des toiles et étoffes en fil, coton et autres matériaux teints, désignant des négociants et inspecteurs pour élaborer un nouveau règlement visant à améliorer la qualité et à stimuler le commerce. Diverses ordonnances concernent la police et l'administration, telles que la fixation du nombre de congés militaires, la juridiction du lieutenant général de police sur la marchandise de foin, et les visites des étoffes importées. Des sentences de police condamnent des individus pour des infractions comme l'organisation de jeux illégaux ou la discontinuité de la fourniture de foin. Un arrêt du 29 avril autorise les commissaires du Conseil à liquider les finances des offices supprimés. Enfin, un arrêt du 10 mai supprime un mémoire diffamatoire contre des commissaires apostoliques et ordonne des poursuites contre ses auteurs.
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5529
p. 1204
« On donnera deux volumes du Mercure de France le mois prochain, pour avoir lieu d'employer [...] »
Début :
On donnera deux volumes du Mercure de France le mois prochain, pour avoir lieu d'employer [...]
Mots clefs :
Volumes, Pièces, Abondance, Matières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On donnera deux volumes du Mercure de France le mois prochain, pour avoir lieu d'employer [...] »
On donnera deux volumes du Mercure de
France le mois prochain , pouravoir lieu d'employerquelques
Pieces dont onn'a pas pû encore
faire usage , a cause de l'abondance des
Matieres du tems , et qui nous paroisssent
dignes de la curiosité du Public.
France le mois prochain , pouravoir lieu d'employerquelques
Pieces dont onn'a pas pû encore
faire usage , a cause de l'abondance des
Matieres du tems , et qui nous paroisssent
dignes de la curiosité du Public.
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5530
s. p.
TABLE.
Début :
Pièces Fugitives. Le Misantrope, Fable. Lettre sur un voyage en Galilée, fait au mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE .
Pieces Fugitives. Le Misantrope , Fable , 993 Lettre sur un voyage en Galilée , fait au mois
de Décembre dernier , 997
Les Tourterelles, I dille de Mlle de la Vigne, 1013
Lettre sur le Bureau Tipographique , 1017
Le Faune , Eglogue ,
1024
Lettre sur le bruit d'Ansacq , 1028
L'Amour et Plutus , Poëme , 1035
Cantique traduit de l'Hebreu en Prose Françoise,
1039
Stances sur la Fievre , 1042
le mois dernier , 1045
Lettre sur une Inscription Romaine découverte
Ode Saciée ,
IOS
Suite des personnes Illustres du Comte d'Eu, 1056 .
Vulcain vangé , Cantate ,
1071
Projet d'un Traité complet du Droit Public , 1074
Enigmes et Logogryphes , & c.
1086
Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , & c . Bibliotheque
Grammaticale
›
Relation de la Révolution de Constantinople ,
& c.
Essay sur l'Esprit , &c .
Discours sur la Comedie , & c.
Alcibiade , Comédie ,
1089
1092
1093
1098
1109
1118
Memoire sur la Carte de l'Empire d'Alexandre ,
Livres nouveaux des Pays Etrangers , &c. 1128
Enfant illustre par son sçavoir ,
1132
Operation de la Taille , &c. 1135
Questions proposées , &c. 1136
Nouvelles Estampes ,
1137
Chanson notée , 1138
Spectacles , Endymion , Extrait 1139
L'Italie Galante , ou les Contes ,
&C. 1152
Nouvelles Etrangeres , nouvelle Révolution â
Constantinople , & c . 1157
De Russie , Dannemark , Allemagne , 1159
Italie , &c. Lettre écrite de Turin , 1162
D'Espagne , d'Hollande et Pays Bas , 1168
Morts des Pays Etrangers , 1169
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. Ibid.
Mandement de l'Archevêque de Paris ,
A Mad. la Duchesse *** Vers ,
Epitaphe et Funerailles de M.de Vauban, &c , 1183
1170
1181
•
Vers à Mille✶ ✶✶
Morts , Naissances , &c.
Vers au President Bouhier ,
Arrets Notables ,
Erata du dernier volume.
1190
1192
1198
1200
Pieces Fugitives. Le Misantrope , Fable , 993 Lettre sur un voyage en Galilée , fait au mois
de Décembre dernier , 997
Les Tourterelles, I dille de Mlle de la Vigne, 1013
Lettre sur le Bureau Tipographique , 1017
Le Faune , Eglogue ,
1024
Lettre sur le bruit d'Ansacq , 1028
L'Amour et Plutus , Poëme , 1035
Cantique traduit de l'Hebreu en Prose Françoise,
1039
Stances sur la Fievre , 1042
le mois dernier , 1045
Lettre sur une Inscription Romaine découverte
Ode Saciée ,
IOS
Suite des personnes Illustres du Comte d'Eu, 1056 .
Vulcain vangé , Cantate ,
1071
Projet d'un Traité complet du Droit Public , 1074
Enigmes et Logogryphes , & c.
1086
Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , & c . Bibliotheque
Grammaticale
›
Relation de la Révolution de Constantinople ,
& c.
Essay sur l'Esprit , &c .
Discours sur la Comedie , & c.
Alcibiade , Comédie ,
1089
1092
1093
1098
1109
1118
Memoire sur la Carte de l'Empire d'Alexandre ,
Livres nouveaux des Pays Etrangers , &c. 1128
Enfant illustre par son sçavoir ,
1132
Operation de la Taille , &c. 1135
Questions proposées , &c. 1136
Nouvelles Estampes ,
1137
Chanson notée , 1138
Spectacles , Endymion , Extrait 1139
L'Italie Galante , ou les Contes ,
&C. 1152
Nouvelles Etrangeres , nouvelle Révolution â
Constantinople , & c . 1157
De Russie , Dannemark , Allemagne , 1159
Italie , &c. Lettre écrite de Turin , 1162
D'Espagne , d'Hollande et Pays Bas , 1168
Morts des Pays Etrangers , 1169
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. Ibid.
Mandement de l'Archevêque de Paris ,
A Mad. la Duchesse *** Vers ,
Epitaphe et Funerailles de M.de Vauban, &c , 1183
1170
1181
•
Vers à Mille✶ ✶✶
Morts , Naissances , &c.
Vers au President Bouhier ,
Arrets Notables ,
Erata du dernier volume.
1190
1192
1198
1200
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Résumé : TABLE.
Le document recense diverses œuvres littéraires et articles publiés entre 993 et 1200. Les genres incluent des pièces de théâtre, des poèmes, des lettres, des essais, des traductions et des articles. Parmi les œuvres notables figurent 'Le Misantrope' (993), 'Lettre sur un voyage en Galilée' (997), 'Les Tourterelles' (1013) et 'Alcibiade' (1089). Le document mentionne également des publications sur des événements contemporains, comme la 'Relation de la Révolution de Constantinople' et les 'Nouvelles Étrangères' concernant la Russie, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas. Des articles sur des figures historiques et des événements, tels que les 'Funérailles de M. de Vauban' (1181), sont également inclus. Le document se conclut par des sections sur les naissances, les décès et des corrections pour le dernier volume.
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5531
s. p.
Errata du dernier volume.
Début :
Page 832. ligne 2. la Place d'Etméïdan, lisez la Place dite Atmeïdan, ou l'Hipodreme des [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du dernier volume.
Erata du dernier volume.
1190
1192
1198
1200
Palace dite Atmeidan , ou l'Hipodreme des
Age 832. ligne 2. la Place d'Etméïdan , lisez
Grecs , & c. P. 833. I. 2. instruit à porter , 1. instruit,
et apporter, &c . P. 835. 1. 27. avoit monté,
lil étoit monté. P. 965. l . 18.Reprendre , 1. Répandie.
P. 970. 1. 10, haine , I. depte.
1190
1192
1198
1200
Palace dite Atmeidan , ou l'Hipodreme des
Age 832. ligne 2. la Place d'Etméïdan , lisez
Grecs , & c. P. 833. I. 2. instruit à porter , 1. instruit,
et apporter, &c . P. 835. 1. 27. avoit monté,
lil étoit monté. P. 965. l . 18.Reprendre , 1. Répandie.
P. 970. 1. 10, haine , I. depte.
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5532
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Pages 1001. ligne 3. doivent, l. devoient. Ibid. l. 4. du bas, Verres, l. Terres. P. 1004. l. 3. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
P. , du bas , Verres , 1. Terres, P. 1004. 1. 3 .
Age 1001. ligne 3. doivent , L. devoient. Ibid.
du bas, d'acauche, 1. d'Acanthe. Pro15.1. 4. paroissies
, . paroissez . Ibid . 1. 20. Paroissoient , l.
l .
paroissent. P. 1024. 1. 7. et , l. à. P. 1050. l. 11.
votre, l. notre. P.1068. l.s. Louis XIV . I. Louis
XIII. P. 1105. 1. 5. et sur tout , 1. et Suetone.
P. 1107. 1. derniere , fassent , l. fissent. P. 1109.
1. 8. dans , l. en. P. 1120. 1. 18. lût , 1. qu'il lût
p. 1130. 1. 1. Rusine , l . Rafine. Ibid. 1. 8. l'Hydrautique.
. ' Hydraulique. P. 1138. 1. 8. que
rais-je , l . que t'ay. je. P. 1 145. l. 13. Quan don,
1. quand on. P. 1182. l . 20. nous , 1. vous,
Air noté dait regarder la page 1138
P. , du bas , Verres , 1. Terres, P. 1004. 1. 3 .
Age 1001. ligne 3. doivent , L. devoient. Ibid.
du bas, d'acauche, 1. d'Acanthe. Pro15.1. 4. paroissies
, . paroissez . Ibid . 1. 20. Paroissoient , l.
l .
paroissent. P. 1024. 1. 7. et , l. à. P. 1050. l. 11.
votre, l. notre. P.1068. l.s. Louis XIV . I. Louis
XIII. P. 1105. 1. 5. et sur tout , 1. et Suetone.
P. 1107. 1. derniere , fassent , l. fissent. P. 1109.
1. 8. dans , l. en. P. 1120. 1. 18. lût , 1. qu'il lût
p. 1130. 1. 1. Rusine , l . Rafine. Ibid. 1. 8. l'Hydrautique.
. ' Hydraulique. P. 1138. 1. 8. que
rais-je , l . que t'ay. je. P. 1 145. l. 13. Quan don,
1. quand on. P. 1182. l . 20. nous , 1. vous,
Air noté dait regarder la page 1138
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Résumé : Fautes à corriger dans ce Livre.
Le document liste des fautes à corriger dans un livre, spécifiées par page et ligne. Par exemple, 'doivent' doit être remplacé par 'devoient' à la page 1004, ligne 3. D'autres corrections incluent 'paroissez' à 'paroissent' à la page 1024, ligne 7, et 'Louis XIV' à 'Louis XIII' à la page 1105, ligne 5. Des erreurs de syntaxe et d'orthographe sont également mentionnées, comme 'et sur tout' à 'et Suetone' à la page 1107. Des termes techniques, tels que 'l'Hydrautique' à 'l'Hydraulique' à la page 1138, ligne 8, sont également corrigés.
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5533
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Avis, Adresse générale, Libraires des Provinces et des Pays étrangers, Poste, Paquets, Messageries, Sols
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
>
DATADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Fran
goife , à Paris . Ceux qui pour leur com
modité voudront remettre leurs Paquets ca
chetez aux Libraires qui vendent le Mer
sure, à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
&
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaite
ront avoir le Mercure de France de la pre
miere main, plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on anx Meffageries qu'on
lui indiquera
335167
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUNDATION
1805
*
PRIX XX X. SOLS.
>
DATADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Fran
goife , à Paris . Ceux qui pour leur com
modité voudront remettre leurs Paquets ca
chetez aux Libraires qui vendent le Mer
sure, à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
&
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaite
ront avoir le Mercure de France de la pre
miere main, plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on anx Meffageries qu'on
lui indiquera
335167
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FOUNDATION
1805
*
PRIX XX X. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document annonce la distribution du Mercure de France. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets aux libraires parisiens vendant le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet et la perte des ouvrages en l'absence de copies. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers désirant recevoir rapidement le Mercure, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier s'engage à préparer et expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées.
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5534
p. [1206]-1207
ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume, Dixit Dominus.
Début :
Quand mon Roi s'éleva lui-même, [...]
Mots clefs :
Ode sacrée, Psaume, Roi, Être suprême, Vengeance, Univers, Étoile, Prêtre, Arbitre, Tyrannie
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume, Dixit Dominus.
ODE SACRE'E ,
Tirée du Pseaume , Dixit Dominus.
Uand mon Roi s'éleva lui- même ,
Jusqu'à la Celeste Cité ,
Mon fils , lui dit l'Etre suprême ,
Viens te placer à mon côté ,
Jouis ici de ma puissance ,
En attendant
que ma vengeance ,
I. Veh
A ij . Mette
1206 MERCURE DE FRANCE
Mette à tes pieds tes ennemis :
De Sion au bout de la Terre ,
Ton bras ira porter
la guerre ;
Et l'Univers sera soumis.
L'Eclat d'une telle victoire ,
Fera voir alors aux Humains ,
Quel est ton Empire et ta gloire ,
'Au milieu des splendeurs des Saints ;
Je t'engendray de ma substance ,
Avant que ma Toute- Puissance ,
Eût fait l'Etoille du matin.
Avec moi tu régis le Monde ,
Et les Cieux et la Terre et l'Onde ,
Sont les Ouvrages de ta main.
Toi seul es le souverain Prêtre ,
Par Melchisedech figuré ;
Tu ne cesseras point de l'être ,
Comme le Très-haut l'a juré.
'A ta droite dans sa colere ,
Il brisa l'orgueil témeraire ,
Des Rois soulevez contre toy :
Et s'armant un jour de la Foudre ,
Il doit juger et mettre en poudre ,
Ceux qui mépriseront ta Loy.
I. Vol. Soumis
JUIN.
1731. 1207
Soumis aux ordres de son Pere .
Il viendra chez les Nations ,
Boire à longs traits de l'Onde amére
Du torrent des afflictions :
C'est en sacrifiant sa vie ,`
Qu'il détruira la tyrannie ,
Du noir Monarque des Enfers ,
Et c'est à ce prix qu'il doit être ,
L'Arbitre et le souverain maître ,
Des Puissances de l'Univers.
Tirée du Pseaume , Dixit Dominus.
Uand mon Roi s'éleva lui- même ,
Jusqu'à la Celeste Cité ,
Mon fils , lui dit l'Etre suprême ,
Viens te placer à mon côté ,
Jouis ici de ma puissance ,
En attendant
que ma vengeance ,
I. Veh
A ij . Mette
1206 MERCURE DE FRANCE
Mette à tes pieds tes ennemis :
De Sion au bout de la Terre ,
Ton bras ira porter
la guerre ;
Et l'Univers sera soumis.
L'Eclat d'une telle victoire ,
Fera voir alors aux Humains ,
Quel est ton Empire et ta gloire ,
'Au milieu des splendeurs des Saints ;
Je t'engendray de ma substance ,
Avant que ma Toute- Puissance ,
Eût fait l'Etoille du matin.
Avec moi tu régis le Monde ,
Et les Cieux et la Terre et l'Onde ,
Sont les Ouvrages de ta main.
Toi seul es le souverain Prêtre ,
Par Melchisedech figuré ;
Tu ne cesseras point de l'être ,
Comme le Très-haut l'a juré.
'A ta droite dans sa colere ,
Il brisa l'orgueil témeraire ,
Des Rois soulevez contre toy :
Et s'armant un jour de la Foudre ,
Il doit juger et mettre en poudre ,
Ceux qui mépriseront ta Loy.
I. Vol. Soumis
JUIN.
1731. 1207
Soumis aux ordres de son Pere .
Il viendra chez les Nations ,
Boire à longs traits de l'Onde amére
Du torrent des afflictions :
C'est en sacrifiant sa vie ,`
Qu'il détruira la tyrannie ,
Du noir Monarque des Enfers ,
Et c'est à ce prix qu'il doit être ,
L'Arbitre et le souverain maître ,
Des Puissances de l'Univers.
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume, Dixit Dominus.
Le poème 'Ode Sacrée' du Psaume 'Dixit Dominus' relate l'ascension d'un roi, fils de l'Etre suprême, vers la Cité Céleste. Ce roi est destiné à recevoir la puissance divine pour soumettre ses ennemis et régner sur l'univers. L'Etre suprême promet de briser l'orgueil des rois rebelles et de juger ceux qui méprisent sa loi. Le roi, obéissant à son Père, viendra parmi les nations pour endurer les afflictions. En sacrifiant sa vie, il détruira la tyrannie du 'noir Monarque des Enfers' et deviendra l'arbitre et le souverain maître des Puissances de l'Univers. Le poème souligne la souveraineté et la mission divine du roi, ainsi que son rôle de souverain prêtre et de juge.
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5535
p. 1217-1221
LETTRE sur la Pierre qui s'engendre dans le Corps humain.
Début :
Je gémis, Monsieur, je vous l'avoüe, quand je vois dans vos Mercures tant [...]
Mots clefs :
Pierre, Vessie, Tirer, Remède, Dissolvant, Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur la Pierre qui s'engendre dans le Corps humain.
LETTRE sur la Pierre qui s'engendre dans
Le Corps humain.
E gémis , Monsieur , je vous l'avoie ,
I
de Dissertations sur les manieres diffe
rentes de tirer la Pierre de la Vessie par la
taille. N'est-il pas étonnant que dans un
L. Kolo sić
1218 MERCURE DE FRANCE
siécle aussi éclairé que le nôtre
puisse se défaire de la prévention qu'on a
on ne
en faveur des anciens Auteurs ? car c'est
cet axiome, Remedium calculi cultrum est ; le
Couteau est le Remede de la Pierre , qui
est cause qu'on employe l'Art plutôt que
de consulter la Nature pour guérir ce
mal et qu'on préfere une operation
cruelle et très - dangereuse , qui fait tous
Les jours périr tant de personnes , aux
moyens simples et naturels qui le pour
roient dissiper sans aucun danger.
Mais , dira - t - on , un corps aussi dur que;
la Pierre , ou plutôt que le Caillou qui se
forme dans le Corps humain , ne pour
roit être dissous que par un Dissolvant
des plus puissans : or ne voit- on pas que
ce Dissolvant agiroit bien plus fortement
sur les parties tendres et délicates des Vis
ceres et des Vaisseaux par où il passeroit
dans le Corps , et causeroit dans le Sang des
desordres funestes. D'ailleurs , comme ce
Corps étranger qui est dans les reins ou
dans la Vessie , n'a aucuns Vaisseaux par le
moyen desquels il communique avec le
sang comment la vertu salutaire du
Remede y pourroit- elle arriver ? Enfin
qui a t- on vû délivré par un Remede
pris interieurement d'une Pierre bien
formée & d'un gros Volume ?
ر
.
(
(
I. Vol. Pour
JUIN. 1731. 1219
Pour détruire la premiere de ces trois
objections , qui est la plus folide , il faut
encore que j'attaque un Axiome respec
table par son antiquité , sçavoir , que qui
peut le plus , peut le moins. Ne fçait -on
pas que l'eau forte qui dissout le plus dur
de tous les métaux , qui est le fer , ne peut
rien sur l'Or , qui est beaucoup plus mol,
ni même sur la Cire ; que le jus de Ci
tron qui dissout dans la main le Corail et
les perles , ne peut rien sur le Bois , ni sur
une infinité d'autres corps beaucoup plus
tendres : et que l'Eau commune , qui dis
sout fi vîte le sel , et au bout de quelque
tems le fer même , ne peut rien sur la
Cire , ni sur beaucoup d'autres choses
très-molles ?
Comme la Pierre n'est autre chofe qu'un
amas de sels , fixez par la chaleur des reins
qui , étant entrainez avec l'urine dans la
vessie , s'y assemblent , & forment un
corps par le moyen des glaires qui com
me un mastic , les lient ensemble , & de
vient dur par la chaleur de ce viscere ; il
n'est pas si difficile de trouver un Dissol
vant,ou plutôt un fondant, qui décompo
se cette espece de Caillou , puisqu'il ne
faut pour cela qu'amolir ,et réduire en li
queur ce mastic glaireux qui les tient ras
semblez : au moyen dequoi ces sels fixes
I.Vol
di
1220 MERCURE DE FRANCE
divisez et devenus libres , s'écouleront
aisément par l'uretre avec l'urine. Et puis
que l'urine n'est autre chose que la par
tie sereuse , saline et sulfureuse , séparée
du sang par la filtration qui se fait dans
les reins , il est aisé de comprendre qu'a
yant tiré du sang la qualité fondante du
Remede qu'on aura pris , elle décompo
sera aisément la Pierre qui baigne sans
cesse dans l'urine..
.
Enfin , Monsieur , pour répondre à la.
troisiéme objection et convaincre les
plus incrédules , ayez la bonté d'inviter
les personnes qui ont été délivrées de la
Pierre par des Remedes intérieurs , ou par
l'application de la Pierre divine , à en fai
re part au Public par la voye de votre
Mercure: vous verrez qu'il y ades moyens.
plus surs et plus faciles que le Couteau
pour faire sortir la Pierre du Corps hu
main..
le
Si vous voulez inviter en même-tems
ceux qui ont été guéris par des Remedes
trés-simples d'Hidropisies formées , vous
connoitrez aussi , et tout le Public par
même moyen , que la ponction n'eſt pas
nécessaire dans l'Hidropisie for née ; et
que pour perfectionner la Medecine , il
vaudrait mieux s'appliquer à étudier la
Nature , et à éprouver les qualités salu
(
128
N
N
I
L. Vol . taires
JUIN. 1731. 1221
taires de ses differentes productions , que
d'avoir recours aux Operations manuel
les , et de composer tous les jours , com
me on fait , de nouveaux sistêmes ..
Ce que j'ai l'honneur de vous proposer
interresse trop le bien public pour douter
que vous n'inseriez ma Lettre , que j'ai
Sort abregée dans le prochain Mercure..
Je suis Mon ieur , &c .
De La Loge.
Le Corps humain.
E gémis , Monsieur , je vous l'avoie ,
I
de Dissertations sur les manieres diffe
rentes de tirer la Pierre de la Vessie par la
taille. N'est-il pas étonnant que dans un
L. Kolo sić
1218 MERCURE DE FRANCE
siécle aussi éclairé que le nôtre
puisse se défaire de la prévention qu'on a
on ne
en faveur des anciens Auteurs ? car c'est
cet axiome, Remedium calculi cultrum est ; le
Couteau est le Remede de la Pierre , qui
est cause qu'on employe l'Art plutôt que
de consulter la Nature pour guérir ce
mal et qu'on préfere une operation
cruelle et très - dangereuse , qui fait tous
Les jours périr tant de personnes , aux
moyens simples et naturels qui le pour
roient dissiper sans aucun danger.
Mais , dira - t - on , un corps aussi dur que;
la Pierre , ou plutôt que le Caillou qui se
forme dans le Corps humain , ne pour
roit être dissous que par un Dissolvant
des plus puissans : or ne voit- on pas que
ce Dissolvant agiroit bien plus fortement
sur les parties tendres et délicates des Vis
ceres et des Vaisseaux par où il passeroit
dans le Corps , et causeroit dans le Sang des
desordres funestes. D'ailleurs , comme ce
Corps étranger qui est dans les reins ou
dans la Vessie , n'a aucuns Vaisseaux par le
moyen desquels il communique avec le
sang comment la vertu salutaire du
Remede y pourroit- elle arriver ? Enfin
qui a t- on vû délivré par un Remede
pris interieurement d'une Pierre bien
formée & d'un gros Volume ?
ر
.
(
(
I. Vol. Pour
JUIN. 1731. 1219
Pour détruire la premiere de ces trois
objections , qui est la plus folide , il faut
encore que j'attaque un Axiome respec
table par son antiquité , sçavoir , que qui
peut le plus , peut le moins. Ne fçait -on
pas que l'eau forte qui dissout le plus dur
de tous les métaux , qui est le fer , ne peut
rien sur l'Or , qui est beaucoup plus mol,
ni même sur la Cire ; que le jus de Ci
tron qui dissout dans la main le Corail et
les perles , ne peut rien sur le Bois , ni sur
une infinité d'autres corps beaucoup plus
tendres : et que l'Eau commune , qui dis
sout fi vîte le sel , et au bout de quelque
tems le fer même , ne peut rien sur la
Cire , ni sur beaucoup d'autres choses
très-molles ?
Comme la Pierre n'est autre chofe qu'un
amas de sels , fixez par la chaleur des reins
qui , étant entrainez avec l'urine dans la
vessie , s'y assemblent , & forment un
corps par le moyen des glaires qui com
me un mastic , les lient ensemble , & de
vient dur par la chaleur de ce viscere ; il
n'est pas si difficile de trouver un Dissol
vant,ou plutôt un fondant, qui décompo
se cette espece de Caillou , puisqu'il ne
faut pour cela qu'amolir ,et réduire en li
queur ce mastic glaireux qui les tient ras
semblez : au moyen dequoi ces sels fixes
I.Vol
di
1220 MERCURE DE FRANCE
divisez et devenus libres , s'écouleront
aisément par l'uretre avec l'urine. Et puis
que l'urine n'est autre chose que la par
tie sereuse , saline et sulfureuse , séparée
du sang par la filtration qui se fait dans
les reins , il est aisé de comprendre qu'a
yant tiré du sang la qualité fondante du
Remede qu'on aura pris , elle décompo
sera aisément la Pierre qui baigne sans
cesse dans l'urine..
.
Enfin , Monsieur , pour répondre à la.
troisiéme objection et convaincre les
plus incrédules , ayez la bonté d'inviter
les personnes qui ont été délivrées de la
Pierre par des Remedes intérieurs , ou par
l'application de la Pierre divine , à en fai
re part au Public par la voye de votre
Mercure: vous verrez qu'il y ades moyens.
plus surs et plus faciles que le Couteau
pour faire sortir la Pierre du Corps hu
main..
le
Si vous voulez inviter en même-tems
ceux qui ont été guéris par des Remedes
trés-simples d'Hidropisies formées , vous
connoitrez aussi , et tout le Public par
même moyen , que la ponction n'eſt pas
nécessaire dans l'Hidropisie for née ; et
que pour perfectionner la Medecine , il
vaudrait mieux s'appliquer à étudier la
Nature , et à éprouver les qualités salu
(
128
N
N
I
L. Vol . taires
JUIN. 1731. 1221
taires de ses differentes productions , que
d'avoir recours aux Operations manuel
les , et de composer tous les jours , com
me on fait , de nouveaux sistêmes ..
Ce que j'ai l'honneur de vous proposer
interresse trop le bien public pour douter
que vous n'inseriez ma Lettre , que j'ai
Sort abregée dans le prochain Mercure..
Je suis Mon ieur , &c .
De La Loge.
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Résumé : LETTRE sur la Pierre qui s'engendre dans le Corps humain.
L'auteur d'une lettre discute des méthodes de traitement des calculs rénaux, exprimant son étonnement face à la persistance des préventions en faveur des anciens auteurs, notamment l'axiome 'Remedium calculi cultrum est' (le couteau est le remède de la pierre). Cette croyance privilégie des opérations chirurgicales dangereuses plutôt que des moyens naturels et simples pour dissoudre les calculs. L'auteur conteste l'idée que les dissolvants puissants nécessaires pour dissoudre les calculs endommageraient les parties tendres du corps. Il argue que des substances comme l'eau-forte, le jus de citron ou l'eau commune dissolvent certains matériaux mais pas d'autres, démontrant ainsi que des dissolvants spécifiques peuvent être trouvés pour les calculs rénaux sans nuire aux tissus environnants. Les calculs rénaux sont décrits comme des amas de sels fixés par la chaleur des reins et liés par des glaires. Un dissolvant approprié pourrait amollir ces glaires, permettant aux sels de se dissoudre et de s'écouler avec l'urine. L'auteur suggère que des remèdes pris intérieurement ou l'application de la 'Pierre divine' peuvent être efficaces. Enfin, l'auteur invite à publier des témoignages de personnes guéries par des remèdes intérieurs ou simples pour convaincre les sceptiques et promouvoir une médecine plus naturelle et moins invasive. Il espère que sa lettre sera publiée pour le bien public.
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5536
p. 1221-1224
STANCES.
Début :
Cephise en dois-je croire au rapport d'un Enfant ? [...]
Mots clefs :
Céphise, Fable, Bonheur, Amour, Cœur, Joie, Récompense
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
Ephise en dois- je croire au rapport d'us
Enfant
Où dois - je le traiter de fable ?
Fft- ce de votre part qu'il m'a fait compliment ?
Plus ce bonheur me paroît grand ,
Et moins il me paroît croyable !:
Mon coeur , un tel espoir a droit de vous saisir
Ne vous refusez pas à cette joye extrême ;
Il est doux de s'aider à se tromper soi -même
Lorse l'erreur eft un plaisir..
L'Enfant a t'il dit vrai suis - je heureux ? suis -je
à plaindre ?
I. Vol Qui
1222 MERCURE DE FRANCE
Qui pourra m'assurer de sa sincerité ?
Cet âge ne sçait il ni feindre ,
Ni déguiser la verité ?
Non , ce n'est point une imposture ;
Je le crois , j'en ai pour garant
Le petit Dieu qui met mon ame à la torture ;
Il n'eft lui-même qu'un enfant :
Amour , je te ferois injure :
Ji je me défiois de ton âge innocent.
Mais mon doute toûjours revient et m'embarasse,
Dois-je ne point songer aux adieux qu'on m'a
faits ?
Ou remercier d'une grace ,
A laquelle peut-être on ne songea jamais ≥
A chaque inftant mille scrupules ,
De mon esprit flotant redoublent l'embarras ;
S'il faut choisir enfin, ah ! paroissons credules ,
Plûtôt que de paroître ingrats..
Mais je me flatte trop d'une grace incertaine ,
Moy qu'on vit rarement près de vous s'arrêter ,
Moi que vous connoissez à peine ,
Qu'ay-je fait pour la meriter
<
52
TO
D
I. Vala
Sei
JUIN. 1731. 1223
Seroient- ce mes regards , dont l'éloquent silence,
A sans doute trahi les secrets de mon coeur ;
Seroient- ce mon respect , ma timide conſtance
Qui m'ont attiré ce bonheur ?
Seroit- ce qu'entendant quelques flutes plaintives
Troubler pendant la nuit le silence des Airs ,
Vous connussiez la voix de mes ardeurs crain
tives.
Qui s'expliquoient par ces concerts ?
Vous auroit-on appris que mon coeur équitable
Faisoit gloire par tout d'être en bute à vos traits
Auriez- vous sçû combien je vous trouvois ai
mable ?
Et comment en tout lieu je vantois vos attraits ?
D'un éloge sans fard ; est- ce la récompense ?
Cephise , avez-vous crû lui devoir ce retour ?
Je le vois , je dois tout à la reconnoissance ,
Et je ne dois rien à l'amour.
Helas ! peut- être encore la pitié s'y joint- elle ;
Prévoyant la douleur mortelle ,
Dont votre prompt départ accableroit mes sens ,
Vous devintes sensible à ma peine cruelle ,
Et sçûtes l'addoucir par deux mots obligeans.
I. Vol. Oui
224 MERCURE DE FRANCE
Oui , même en apprenant que vous étiez partie
Ces mots sçurent me réjouir :
Mais quel chagrin alors dans mon ame ravie !
Quels transports opposés s'en vinrent me saisir!
Dans le même moment je crus perdre la vie ,
Et de douleur & de plaisir.
Je ne m'expose point , Cephise , à vous déplaire;
En découvrant mes sentimens ;
L'aveu de mon amour n'a rien de téméraire ,
Si l'enfant par votre ordre a fait les complimens
Si la grace eft imaginaire ,
Vous ne sçaurez de qui sont les remerciemens
Ephise en dois- je croire au rapport d'us
Enfant
Où dois - je le traiter de fable ?
Fft- ce de votre part qu'il m'a fait compliment ?
Plus ce bonheur me paroît grand ,
Et moins il me paroît croyable !:
Mon coeur , un tel espoir a droit de vous saisir
Ne vous refusez pas à cette joye extrême ;
Il est doux de s'aider à se tromper soi -même
Lorse l'erreur eft un plaisir..
L'Enfant a t'il dit vrai suis - je heureux ? suis -je
à plaindre ?
I. Vol Qui
1222 MERCURE DE FRANCE
Qui pourra m'assurer de sa sincerité ?
Cet âge ne sçait il ni feindre ,
Ni déguiser la verité ?
Non , ce n'est point une imposture ;
Je le crois , j'en ai pour garant
Le petit Dieu qui met mon ame à la torture ;
Il n'eft lui-même qu'un enfant :
Amour , je te ferois injure :
Ji je me défiois de ton âge innocent.
Mais mon doute toûjours revient et m'embarasse,
Dois-je ne point songer aux adieux qu'on m'a
faits ?
Ou remercier d'une grace ,
A laquelle peut-être on ne songea jamais ≥
A chaque inftant mille scrupules ,
De mon esprit flotant redoublent l'embarras ;
S'il faut choisir enfin, ah ! paroissons credules ,
Plûtôt que de paroître ingrats..
Mais je me flatte trop d'une grace incertaine ,
Moy qu'on vit rarement près de vous s'arrêter ,
Moi que vous connoissez à peine ,
Qu'ay-je fait pour la meriter
<
52
TO
D
I. Vala
Sei
JUIN. 1731. 1223
Seroient- ce mes regards , dont l'éloquent silence,
A sans doute trahi les secrets de mon coeur ;
Seroient- ce mon respect , ma timide conſtance
Qui m'ont attiré ce bonheur ?
Seroit- ce qu'entendant quelques flutes plaintives
Troubler pendant la nuit le silence des Airs ,
Vous connussiez la voix de mes ardeurs crain
tives.
Qui s'expliquoient par ces concerts ?
Vous auroit-on appris que mon coeur équitable
Faisoit gloire par tout d'être en bute à vos traits
Auriez- vous sçû combien je vous trouvois ai
mable ?
Et comment en tout lieu je vantois vos attraits ?
D'un éloge sans fard ; est- ce la récompense ?
Cephise , avez-vous crû lui devoir ce retour ?
Je le vois , je dois tout à la reconnoissance ,
Et je ne dois rien à l'amour.
Helas ! peut- être encore la pitié s'y joint- elle ;
Prévoyant la douleur mortelle ,
Dont votre prompt départ accableroit mes sens ,
Vous devintes sensible à ma peine cruelle ,
Et sçûtes l'addoucir par deux mots obligeans.
I. Vol. Oui
224 MERCURE DE FRANCE
Oui , même en apprenant que vous étiez partie
Ces mots sçurent me réjouir :
Mais quel chagrin alors dans mon ame ravie !
Quels transports opposés s'en vinrent me saisir!
Dans le même moment je crus perdre la vie ,
Et de douleur & de plaisir.
Je ne m'expose point , Cephise , à vous déplaire;
En découvrant mes sentimens ;
L'aveu de mon amour n'a rien de téméraire ,
Si l'enfant par votre ordre a fait les complimens
Si la grace eft imaginaire ,
Vous ne sçaurez de qui sont les remerciemens
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Résumé : STANCES.
Le texte relate les doutes et les émotions d'un individu face à un rapport concernant un enfant. L'auteur oscille entre bonheur et incrédulité, se demandant s'il doit croire à ce rapport ou le considérer comme une fable. Il exprime des scrupules et des doutes sur la sincérité de l'enfant, tout en reconnaissant l'innocence de l'amour. Il se questionne sur la possibilité d'une imposture et sur les raisons pour lesquelles il pourrait mériter ce bonheur, mentionnant ses regards, son respect et sa constance. L'auteur se demande si ses sentiments ont pu être trahis par des flûtes plaintives ou des éloges. Il reconnaît que ce bonheur pourrait être dû à la reconnaissance ou à la pitié. Il évoque également les sentiments contradictoires ressentis lors du départ de Cephise, mêlant douleur et plaisir. L'auteur affirme ne pas chercher à déplaire à Cephise en révélant ses sentiments et ne pas considérer l'aveu de son amour comme téméraire, surtout si la grâce est imaginaire.
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5537
p. 1260-1262
RACOMMODEMENT, ODE.
Début :
Rebuté des mépris de la jeune Glicere, [...]
Mots clefs :
Amour, Flambeau, Belle, Cœur, Reine de Cythère, Tendre colère, Ingrate maîtresse, Vengeance
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texteReconnaissance textuelle : RACOMMODEMENT, ODE.
RACOMMODEMENT ,
O D E.
REbuté des mépris de la jeune Glicere ;
Je crus braver l'Amour en son flambeau fatal ,
Fabjurai son Carquois , je blasphemai sa mere
Mais que je me connoissois mal ! .
Helas ! en revoyant cette Belle inhumaine ,
1. Vola Me
JU iv . 1.6.1
1731.
Mes séns se sont émus , mon coeur a soupiré ,
Je ne sçai quoi m'a dit de rentrer dans sa chaîne,
Et dans l'instant j'y suis rentré.
Elle auroit effacé la Reine de Cithere ,
Son teint sembloit mêlé de Roses & de Lis ,
Je vis ses yeux briller d'une tendre colere
Et les miens en furent surpris.
"
Pour ne point m'attendrir aux traits de l'Infidelle
Je crus qu'il suffisoit d'opposer sa rigueur ,
Je cherchois le moyen de la trouver moins belle ,
Mais je n'y pus forcer mon coeur.
M
Je voulois me cacher l'excès de ma foiblesse
Je me dissimulois mes lâches sentimens ;
Je croïois mépriser mon ingrate Maîtresse ,
Et je trouvois ses traits charmans.
Sh
Tel que sur le penchant d'une Roche glissante
Malgré de vains efforts on se laisse tomber ,
Je ne pus résister , mon ame chancelante ,
Trouva plaisir à succomber.
Quand je ne la vois pas , je ressens mille allarmes
I. Vol. C vj
Har
J'en
1262 MERCURE DE FRANCE
J'en parle à chaque instant ; je la cherche en tous
lieux ,
Hors de la contempler ou penser à ses charmes ,
Tout le reste m'eſt ennuyeux.
'Amour , dont j'ai suivi les Loix sans resistance ,
Au milieu de son coeur daigne allumer tes feux ;
Si par un prompt retour on fléchit la vengeance ,
Dois- je encore être malheureux ?
L. C. D. N. D. M. O. au R, D. L. M. J.
O D E.
REbuté des mépris de la jeune Glicere ;
Je crus braver l'Amour en son flambeau fatal ,
Fabjurai son Carquois , je blasphemai sa mere
Mais que je me connoissois mal ! .
Helas ! en revoyant cette Belle inhumaine ,
1. Vola Me
JU iv . 1.6.1
1731.
Mes séns se sont émus , mon coeur a soupiré ,
Je ne sçai quoi m'a dit de rentrer dans sa chaîne,
Et dans l'instant j'y suis rentré.
Elle auroit effacé la Reine de Cithere ,
Son teint sembloit mêlé de Roses & de Lis ,
Je vis ses yeux briller d'une tendre colere
Et les miens en furent surpris.
"
Pour ne point m'attendrir aux traits de l'Infidelle
Je crus qu'il suffisoit d'opposer sa rigueur ,
Je cherchois le moyen de la trouver moins belle ,
Mais je n'y pus forcer mon coeur.
M
Je voulois me cacher l'excès de ma foiblesse
Je me dissimulois mes lâches sentimens ;
Je croïois mépriser mon ingrate Maîtresse ,
Et je trouvois ses traits charmans.
Sh
Tel que sur le penchant d'une Roche glissante
Malgré de vains efforts on se laisse tomber ,
Je ne pus résister , mon ame chancelante ,
Trouva plaisir à succomber.
Quand je ne la vois pas , je ressens mille allarmes
I. Vol. C vj
Har
J'en
1262 MERCURE DE FRANCE
J'en parle à chaque instant ; je la cherche en tous
lieux ,
Hors de la contempler ou penser à ses charmes ,
Tout le reste m'eſt ennuyeux.
'Amour , dont j'ai suivi les Loix sans resistance ,
Au milieu de son coeur daigne allumer tes feux ;
Si par un prompt retour on fléchit la vengeance ,
Dois- je encore être malheureux ?
L. C. D. N. D. M. O. au R, D. L. M. J.
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Résumé : RACOMMODEMENT, ODE.
Le poème 'Racommodement' de 1731 relate la capitulation du narrateur face à l'amour. Après avoir tenté de résister, il se retrouve vaincu en revoyant Glicere, une jeune femme. Il décrit une émotion intense et une incapacité à résister à son charme, malgré ses efforts pour la trouver moins belle et mépriser ses sentiments. Il compare sa situation à celle de quelqu'un glissant sur une roche et incapable de résister à la chute. En son absence, il ressent une angoisse constante et parle d'elle à chaque instant. Il implore l'amour de fléchir sa vengeance et de lui permettre de retrouver le bonheur.
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5538
p. 1280-1282
NOUVEAU Paradoxe proposé aux Géométres Infinitaires, par le P. C. J.
Début :
Dans la Mathématique universelle j'ai dit que le quarré de 1. 1. 1. 1. [...]
Mots clefs :
Géomètres, Infinitaires, Paradoxe, Société royale, Calcul, Géométrie ordinaire, Quarré
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texteReconnaissance textuelle : NOUVEAU Paradoxe proposé aux Géométres Infinitaires, par le P. C. J.
NOUVEAU Paradoxe proposé aux
Géométres Infinitaires , par le P. C. J.
Dia I.
Ans la Mathématique universelle
j'ai dit que le quarré de 1. 1. 1. 1 .
1. I. I. I. &c. c'est - à- dire de toutes les
unitez prises en nombre infini , étoit 1 .
3. 5. 7. 9. 11. 13. &c . c'est - à- dire , tous
les nombres impairs pris aussi en nom
bre infini . Je viens de recevoir d'Angle
terre le Livre Anglois , intitulé : Princi
pes philosophiques de la Religion naturelle,
composé par le celebre M. Cheyne , de la
Societé Royale , et j'ai été étonné d'y
trouver que les impairs 1. 3. 5. 7. 9. 11 .
& c. étcient le quarré , non des unitez ,
mais des demies unitez prises en nombre
infini ,,,,,, & c.
II .
A cette vue je n'ai pas balancé un mo
ment à croire que l'erreur étoit toute de
mon côté. J'ai revû mon Calcul et mes
Preuves , je les ai trouvées justes . J'ai de
nouveau examiné ses Principes et ses
Preuves, rien n'est plus juste et plus exact.
C'est donc encore ici une nouvelle preu
ve de la superiorité de la Géométrie de
Pinfini sur la Géometrie ordinaire , et
I. Vol.
des
JUIN .
ཉ 1731. 1:81
des contradictions apparentes qui ne
sont point réelles , et par consequent de
la délicatesse avec laquelle on doit ma
nier toutes ces questions de l'infini .
Oui , M. Cheyne a raison et je n'ai
pas tort , lorsque, selon lui , le quarré des
demies unitez , et que, selon moi, le quarre
des unitez sont égaux aux nombres im
pairs 1. 3. 5. 7. &c. quoique cependant
il soit toûjours vrai que le quarré du tout
est quadruple du quarré de la moitié . Je
laisse aux habiles Géometres Infinitaires
le plaisir de trouver la conciliation de
deux veritez si contradictoires. Mais je
ne conseille à personne de se presser de
condamner aucun des deux Calculs . L'in
fini a toûjours droit d'embarasser ceux qui
ne le possedent pas , quoique ce ne soit
qu'un jeu pour ceux qui connoissent un
peu le Systême,
C
!
Un autre point dans lequel nous ne
sommes pas d'accord , M. Cheyne , et moi,
et où je crois que l'un de nous deux a
tort , est celui où il prétend que le quar
ré de 1. 1. 1. 1. 1. , &c . est égal à la som
me des nombres naturels 1. 2. 3. 4. 5. 6.7 .
& c. au lieu que j'ai prétendu , et que je
prétends encore qu'il est égal à la somme
des impairs. M.Cheyne va contre ses pro
pres principes , lorsqu'après avoir assigné
1. Vol. Dij le
1282 MERCURE DE FRANCE
le quart du quarré de l'infini par le quarré
de la somme des moitiez ,,,, & c.
il assigne les nombres naturels pour le
quarré des unitez , puisque selon Euclide,
ce quarré doit être quadruple de celui des
moitiez , et que cependant , selon lui , la
somme des nombres naturels n'est que la
moitié du quarré de l'infini , par conse
quent le double de la somme des impairs.
Par la démonstration même de M. Chey
ne , on peut prouver que le quarré des
unitez est double de la somme des nom
bres naturels , et par consequent égale à
la somme pleine des pairs ou des impairs.
Géométres Infinitaires , par le P. C. J.
Dia I.
Ans la Mathématique universelle
j'ai dit que le quarré de 1. 1. 1. 1 .
1. I. I. I. &c. c'est - à- dire de toutes les
unitez prises en nombre infini , étoit 1 .
3. 5. 7. 9. 11. 13. &c . c'est - à- dire , tous
les nombres impairs pris aussi en nom
bre infini . Je viens de recevoir d'Angle
terre le Livre Anglois , intitulé : Princi
pes philosophiques de la Religion naturelle,
composé par le celebre M. Cheyne , de la
Societé Royale , et j'ai été étonné d'y
trouver que les impairs 1. 3. 5. 7. 9. 11 .
& c. étcient le quarré , non des unitez ,
mais des demies unitez prises en nombre
infini ,,,,,, & c.
II .
A cette vue je n'ai pas balancé un mo
ment à croire que l'erreur étoit toute de
mon côté. J'ai revû mon Calcul et mes
Preuves , je les ai trouvées justes . J'ai de
nouveau examiné ses Principes et ses
Preuves, rien n'est plus juste et plus exact.
C'est donc encore ici une nouvelle preu
ve de la superiorité de la Géométrie de
Pinfini sur la Géometrie ordinaire , et
I. Vol.
des
JUIN .
ཉ 1731. 1:81
des contradictions apparentes qui ne
sont point réelles , et par consequent de
la délicatesse avec laquelle on doit ma
nier toutes ces questions de l'infini .
Oui , M. Cheyne a raison et je n'ai
pas tort , lorsque, selon lui , le quarré des
demies unitez , et que, selon moi, le quarre
des unitez sont égaux aux nombres im
pairs 1. 3. 5. 7. &c. quoique cependant
il soit toûjours vrai que le quarré du tout
est quadruple du quarré de la moitié . Je
laisse aux habiles Géometres Infinitaires
le plaisir de trouver la conciliation de
deux veritez si contradictoires. Mais je
ne conseille à personne de se presser de
condamner aucun des deux Calculs . L'in
fini a toûjours droit d'embarasser ceux qui
ne le possedent pas , quoique ce ne soit
qu'un jeu pour ceux qui connoissent un
peu le Systême,
C
!
Un autre point dans lequel nous ne
sommes pas d'accord , M. Cheyne , et moi,
et où je crois que l'un de nous deux a
tort , est celui où il prétend que le quar
ré de 1. 1. 1. 1. 1. , &c . est égal à la som
me des nombres naturels 1. 2. 3. 4. 5. 6.7 .
& c. au lieu que j'ai prétendu , et que je
prétends encore qu'il est égal à la somme
des impairs. M.Cheyne va contre ses pro
pres principes , lorsqu'après avoir assigné
1. Vol. Dij le
1282 MERCURE DE FRANCE
le quart du quarré de l'infini par le quarré
de la somme des moitiez ,,,, & c.
il assigne les nombres naturels pour le
quarré des unitez , puisque selon Euclide,
ce quarré doit être quadruple de celui des
moitiez , et que cependant , selon lui , la
somme des nombres naturels n'est que la
moitié du quarré de l'infini , par conse
quent le double de la somme des impairs.
Par la démonstration même de M. Chey
ne , on peut prouver que le quarré des
unitez est double de la somme des nom
bres naturels , et par consequent égale à
la somme pleine des pairs ou des impairs.
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Résumé : NOUVEAU Paradoxe proposé aux Géométres Infinitaires, par le P. C. J.
Le texte traite d'un paradoxe mathématique lié aux propriétés des nombres infinis. Un géomètre infini affirme que le carré de toutes les unités prises en nombre infini est égal à la somme des nombres impairs (1, 3, 5, etc.). Il mentionne avoir reçu un livre de M. Cheyne, qui soutient que le carré des demi-unités prises en nombre infini est également égal à la somme des nombres impairs. Après réexamen, l'auteur conclut que les deux affirmations peuvent être vraies simultanément, soulignant la complexité des questions infinies et la supériorité de la géométrie infinie sur la géométrie ordinaire. Un autre point de désaccord concerne la somme des nombres naturels. M. Cheyne affirme que le carré des unités est égal à la somme des nombres naturels (1, 2, 3, etc.), tandis que l'auteur maintient que cette somme est égale à celle des nombres impairs. L'auteur critique M. Cheyne pour avoir violé ses propres principes en assignant les nombres naturels comme le carré des unités, contrairement aux principes euclidiens qui stipulent que ce carré devrait être quadruple de celui des demi-unités.
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5539
p. 1284-1303
REPONSE à la Lettre inserée dans le Mercure de Novembre 1730. sur la gloire des Orateurs et des Poëtes.
Début :
N'y aura t'il personne, Monsieur, qui veüille prendre en main les interêts [...]
Mots clefs :
Éloquence, Orateurs, Poètes, Empire des Lettres, Modernes, Anciens, Ouvrages
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texteReconnaissance textuelle : REPONSE à la Lettre inserée dans le Mercure de Novembre 1730. sur la gloire des Orateurs et des Poëtes.
REPONSE à la Lettre.inserée dans le
Mercure de Novembre 1739, sur la gloi
re des Orateurs et des Poëtes.
aura t'il
N'qui veuille prendre en main les in
erêts de l'Eloquence , attaquée dans le
Ja Vola
Mer
JUIN De 1731. 1285
Mercure de Novembre dernier ? On y a
donné la préférence aux Poëtes sur les
Orateurs , et c'est là - dessus que je sens
réveiller toute l'ardeur de mon zele ; je
me vois obligé presque malgré moi à
vous déclarer mes sentimens : je dis mal
gré moi , n'aimant pas naturellement à
me produire aux yeux du Public , outre
que la cause qu'il s'agit de soutenir me
paroît fort superieure à la foiblesse de
mes forces ; mais aprés tout , ce seroit ,
à mon avis , une lâcheté que de laisser dé
grader l'Eloquence du haut rang qu'elle a
tenu jusqu'ici , et qu'elle a dû tenir dans
l'Empire des Lettres , soit parmi les An
ciens , soit parmi les Modernes. J'ent e
prens donc de faire valoir les droits de l'E
loquence , et de repondre à tout ce que
l'Auteur de la Lettre , inserée dans le
Mercure, a dit en faveur de la Poësie. Que
si je ne m'acquite pas tout à fait de ce que
j'entreprens , il ne tiendra qu'à vous de
supléer par vôtre pétration et par vos
lumieres , à ce qui manquera à mes Re
flexions et à mes paroles.
On ne me fera point un crime de join
dre ici les Letrres Françoises avec les
Grecques et les Latines : car quelque res
pect que l'on doive aux Anciens , on est ,
ce me semble , convenu dans ce siecle
I. Val.
D vj que
1286 MERCURE DE FRANCE
que les Modernes en approchent d'assés
prés , pour ne leur être point tout à fait
inferieurs. En effet , nous avons d'aussi
habiles Orateurs , et d'aussi grands Poë
tes que l'Antiquité en a eu , non pas tout
à fait , si l'on veut , dans le Poëme Epique,
qui est le seul genre , dans lequel l'Auteur
de la Lettre a fait un préjugé incontesta
ble en faveur des Anciens contre les Mo
dernes , mais dans les autres especes de
Poësie , telles que sont la Tragedie , fa
Comedie , la Satyre , les Fables , dans les
quelles il est certain que nos Auteurs
ont égalé , pour ne pas dire , surpassé les
'Anciens..
Mais , comme il faut se renfermer ici
dans le seul parallele des Orateurs et des
Poëtes , afin de repondre précisement à
la Lettre inserée dans le Mercure , jose
dire hardiment , et sans crainte d'être dé
menti par les connoisseurs habiles et ju
dicieux , que l'Eloquence est en toute
maniere préferable à la Poësie , et voici
sur quelles raisons je fonde la solidité de
mon sentiment.
J'avance premierement , que l'Elo
quence est d'un usage plus utile , plus
étendu , plus important que la Poësie ,
parcequ'elle estproprement et par un titre
particulier , l'arbitre du bon sens , de la
J.Kol verité
JUIN. 1731. 1287
verité , et de la raison ; au lieu que la Poë
sie n'est, à le bien prendre, que l'ouvrage
de l'invention et de l'imagination humai
ne : Car on convient que le but principal
et même unique des Poëtes , est de plaire
par la beauté des images, par les hardiesses
figurées de l'expression et du langage .
C'est ce qu'on peut voir dans le discours
que M. de la Motte a fait sur la Poësie
en general , et qu'il a mis à la tête de ses
Odes : mais l'Eloquence a non seulement
pour objet l'art de plaire , elle triomphe
des Passions , elle se rend maitresse des
volontez ; Ce qui est beaucoup plus no
ble , plus difficile , et demande de plus
grands efforts de la part des Orateurs ,
que de celle des Poëtes qui ne touchent et
ne meuvent que par occasion , et , pour
ainsi dire , par hazard , par la raison qu'ils
ne s'attachent qu'à flatter , qu'à favoriser
les passions , plutôt qu'à les combattre..
En un mot , tout ce qu'il y a de sçavans
hommes demeurent d'accord , que la
Poësie n'est presque qu'un amusement de
PEsprit humain ; que son unique partage
est d'embellir les objets qu'elle represente,
d'où vient que par un abus qui lui est
propre , elle s'employe plus souvent à
farder le vice , qu'à honorer la vertu ;:
mais ils conviennent tous que l'avantage
L. Vol.
de
# 288 MERCURE DE FRANCE
de l'Eloquence est de regner sur l'esprit
des Princes , des Magistrats , et des Peu
ples entiers , de soutenir la raison et la
justice , de faire vouloir aux hommes ce
qu'ils ne vouloient pas , de donner enfin
la Loy aux Coeurs les plus obstinez et les
plus rebelles .
Il s'agit maintenant de ce qu'a dit l'Au
teur de la Lettre , qui rapporte le témoi
gnage de Ciceron , pour faire voir que la
Poësie est un Art divin , qui éleve l'hom
me au dessus de lui-même , et que c'est
dans cette vue qu'il a écrit que les Poëtes
étoient comme animez d'un souffle et
d'un esprit divin , Spiritu quodam divino
affati. Mais à ce témoignage de Ciceron,
j'en oppose un autre qui n'est pas moins
respectable , et qui lui est trés- avantageux
à lui même et à l'Eloquence. C'est celui
du celebre Longin , qui dans le Traité
du Sublime , que M. Despréaux a si bien
traduit en notre langue , a donné la plus
grande idée du merite de Ciceron et de
Demosthéne. Il compare le premier à un
grand embrasement qui dévore et consume
tout ce qu'il rencontre , avec un feu qui ne
s'eteint point , qu'il répand diversement danș
ses ouvrages , et qui à mesure qu'il s'avance,
prend toujours de nouvelles forces. Et pour
Le second , c'est - à-dire , Demosthéne , il le
I. Vol.
compare
JUIN. 1731. 1289
ra
compare à une tempête et à un foudre , à
cause de la violence , de la rapidité , de la
force , et de la vehemence avec laquelle il
vage ,pour ainsi dire,et emporte tout. Demos
théne , dit - il , ayant ramassé en soi toutes les
qualitez d'un Orateur veritablement né aw
sublime , et entierement perfectionné par l'étu
de ; ce ton de majesté , et de grandeur , ces
mouvemens animez , cette fertilité , cette
adresse , cette promptitude , et ce qu'on doit
sur tout estimer en luy , cette force et cette ve
bemence , dont jamais personne n'a pû ap
procher. Par toutes ces divines qualitez ,
que je regarde en effet , dit il , comme autant
derares presens qu'il avoit reçus des Dieux¸et
qu'il ne m'est pas permis d'appeller des qua
linez humaines , il a effacé tout ce qu'il y
a eu d'Orateurs celebres dans tous les siecles,
les laissant comme abbatus ct éblouis , pour
ainsi dire , de ses tonnerres et de ses éclairs ;
car dans les parties où il excelle , il est tel
lement élevé au dessus d'eux , qu'il repare
entierement par là celles qui lui manquent.
Et certainement , ajoute- t'il , il est plus aisé
d'envisager fixement et les yeux ouverts , les
foudres qui tombent du Ciel , que de n'être
point ému des violentes passions qui regnent
en foule dans ses ouvrages .
Tel est le passage de Longin , traduit
dans toute sa force par M. Despreaux
Jo Vola
Quel
1290 MERCURE DE FRANCE
Quelles reflexions ne peut- on pas faire
là dessus ? voilà l'Eloquence traitée de
qualité plus qu'humaine , de qualité divi
ne. la voilà comparée à ce qu'il y a de plus
fort , de plus puissant dans la nature , je
veux dire , aux tempêtes , et aux foudres .
A t'on jamais attribué quelque chose de
semblable à la Poësie ? Et n'est- il pas évi
dent que l'Eloquence a par cet endroit
là un avantage que tous les charmes et
les agrémens de la Poësie ne sçauroient
égaler .
On n'a qu'à se rappeller ici les grands
fuccès qui accompagnoient l'Eloquence de
Ciceron. Ignore- t'on l'avantage qu'il eur,.
en faisant l'Apologie de Ligarius , en pre
sence de Jules - Cesar , son ennemi declaré
, et qui avoit résolu de le proscrire ?
C'étoit dans ce dessein qu'il s'étoit rendu
au Senat ; et malgré tous les mouvemerrs
de sa haine et de son ambition , on vit
eet Empereur , aussi distingué par son
esprit que par ses armes victorieuses ,
rendre hommage, pour ainsi dire , à l'Elo
quence de Ciceron ; laisser tomber le pa
pier qu'il tenoit dans sa main , par la sur
prise où il étoit de voir justifier comme in
nocent celui qu'il avoit regardé comme
coupable.
C'est ainsi que l'Eloquence sçait se ren.
Lo.Vol.
dre ,
JUIN. 1731. 12.9
dre maîtresse des volontez ; et qu'on ne
dise pas que Ciceron ne dût ce succès
qu'à la vehemence de sa prononciation.
Ce n'étoit point le sentiment du grand
Prince de Condé ; Ce Prince aussi céle
bre que Cesar par son génie et par ses
Conquêtes , soutenoit qu'on ne pouvoit
lire les Ouvrages de Ciceron sans en être
ému ; cela fait voir que le talent même
de la prononciation , dont là plûpart des
Poëtes ne font nul usage , n'empêche pas
que les Discours des Orateurs , par la lec
ture qu'on en fait , ne triomphent dans
tous les Pays et dans tous les siecles.
Que dire après cela , du mépris que
l'Auteur de la Lettre fait de la Prose :
qu'il met au - dessous de la versification et
de l'harmonie de la Poësie , comme si
cette harmonie étoit particuliere aux Pdë
tes , et qu'il ne fût pas possible aux Ora
teurs d'enchanter les esprits par les char
mes de la parole ? on sçait , sans doute, ce
qui arriva au fameux Alphonse Roy d'Ar
ragon. Attaqué d'une maladie de lan
gueur qui paroissoit incurable aux Mede
cins , il recouvra sa santé par la lecture
de l'Histoire de Quint Curce : a t'on ja
mais crû que les Histoires appartiennent
à la Poësie ? ne sont-elles pas uniquement
du ressort de l'Eloquence qui sçait ramas
I. Vol
ser
1292 MERCURE DE FRANCE
ser quand elle veut , et les agrémens du
Discours, et les images les plus vives de la
nature.
Quant à ce que l'Auteur a dit de l'en
tousiasme de David et des Prophetes , qui
se sont servis du langage de la Poësie pour
exprimer leurs sentimens , il est aisé de ré
pondre que ce Saint Roy n'écrivit ces
Oracles en vers , que parce qu'il voulut
qu'ils fussent chantez dans les assemblées
du Peuple , et l'on sçait bien que le chant
ne peut se passer de la cadence de la Poë
sie ; mais il ne s'ensuit pas delà , que les
Exhortations des Prophetes n'ayent eu
de la force que parce qu'elles étoient en
vers : au contraire, plusieurs d'entr'eux se
sont servis de la Prose pour parler aux
Peuples , et l'on sent encore, en les lisant
que rien ne manque à la grandeur et à
la majesté qui convenoit à Dieu même
qui les inspiroit.
Il est tems de venir aux Modernes , et
à l'Eloquence de notre siecle. Est- il pos
sible que l'Auteur de la lettre ait si fort.
méconnu le merite de nos Orateurs et de
nos Ecrivains , que de leur préferer les
agrémens de la Poësie ? Croit -il avoir ga
gné sa cause en établissant sur le senti
ment du P. Bouhours , du P. Rapin , de
M. D'Aubignac, que le Poëme Epique est
I. Vola le
JUIN. 1731. 1293
>
le Chef- d'oeuvre de l'esprit humain ? Je
le surpre ndrai bien plus , quand je luy
dirai qu'il y a tel Discours en nôtre lan
gue , tel Panegyrique , telle Harangue
qui est un Chef-d'oeuvre de l'esprit hu
main : et cela est d'autant plus vrai , que
sans avoir recours aux Fables , aux sup
positions , aux chimeres de la Poësie , on
s'en trouve charmé par la seule verité
par la seule force de la parole. Je le re- .
péte: il y a dans ces Discours dont je par
le , autant d'art , de vivacité , de gran
deur , et quelquefois plus , que dans tous.
les Poëmes anciens et modernes.
Que dis - je ? l'Eloquence n'a - t'elle pas
plus de force ordinairement par la liber
té qu'elle a de se tourner de tous côtés ;
de pousser ou de moderer la vigueur et
la rapidité de son style , selon les occa
sions , ou les passions qu'elle fait agir ; on
sçait que dans la Poësie la raison se trouve
enchainée par les loix rigoureuses de la
versification : les plus excellens Poëtes s'en
sont plaints , et ils n'ont pû dissimuler
leur contrainte : mais dans la Prose l'esprit
peut prendre tout son essor , il a le choix
de ces images vives , justes et agréables ,
qui par un doux charme saisissent l'esprit
et le coeur. Dans la Poësie , la nature est
quelquefois si envelopée sous des figures
8
1
3
1
1
1. Vol.
étrangeres ,
1294 MERCURE DE FRANCE
étrangeres , qu'on a de la peine à la récon
noître mais l'Eloquence présente toûjours
une fidele image de la nature , et il n'ap
partient qu'à elle de faire bien valoir la
verité et la raison .
L'Auteur a crû beaucoup avancer en
rapportant quelques endroits d'Homere
et de Racine , qu'il défie nos Ecrivains de
mettre en Prose avec le même succés , mais
il se fait illusion à lui-même. S'il y a des
traits dans les Poëtes que la Prose ne puis
se égaler , on en voit aussi dans les Ora
teurs où la Poësie ne sçauroit atteindre :
cela dépend de la justesse et de la préci
sion avec laquelle les uns et les autres se
sont exprimés . Il est certain que ce qui est
exprimé fortement et noblement dans
une langue ou dans un genre , ne peut
passer avec la même grace dans un autre.
On en voit des preuves dans toutes les
Traductions qu'on a faites des ouvrages
des Anciens et des Modernes : et on a tou
jours été convaincu que les Traductions
mêmes de nos Auteurs François ne valent
pas les Originaux ; il en est de même des
Orateurs et des Poëtes ; mais il ne s'ensuit
point de ce parallele que la Poësie ait au
cun avantage sur l'Eloquence .
Puisque l'Auteur de la Lettre a employé
les citations en faveur de la Poësie , il nous
I. Vol
doit
JUIN. 1731. 1295
par
E doit être permis de les employer aussi
pour l'Eloquence : en voici une d'un Ora
teur celebre qui a été en son temps une
lumiere de l'Eglise ; je parle de M. Bos
suet Evêque de Meaux ; on l'a comparé
à Demosthéne. C'est dans l'Oraison fune
bre de la Reine d'Angleterre
, Epouse
du Roy Charles premier , où ce grand
Prélat , aprés avoir marqué tous les mal
heurs qui arriverent à ce Prince , et sa
détention les Ennemis
de sa person
ne et de son Royaume , s'exprime ainsi .
Le Roy est mené de captivité en captivi
té: et la Reine remue en vain la France ,
la Hollande , la Pologne même , et les Puis
sances du Nord les plus éloignées : elle ranime
les Ecossois , qui arment trente mille hom
mes ; ellefait avec le Duc de Lorraine une
entreprise pour la delivrance du Roy , dont
le succés paroit infaillible , tant le concert en
est justes elle retire ses chers enfans , l'uni
que esperance de sa maison , et confesse cette
fois , que parmi les plus mortelles douleurs ,
on est encore capable de joye : elle console
le Roy , qui lui écrit de saprison même , qu'elle
seule soutient son esprit , et qu'il ne faut
craindre de lui aucune bassesse , parceque
sans cesse il se souvient qu'il est à elle. O
Mere ! O Femme ! O Reine admirable !
et digne d'une meilleure Fortune , si les For
དྲ
3
S
$
i
5
*
I. Vol.
tunes
1296 MERCURE DE FRANCE
tunes de la Terre éroient quelque chose ! en
fin , il faut ceder à vôtre sort ; vous avez as
sés soutenu l'Etat qui est attaqué par uneforce
invincible et divine ; il ne reste plus désor
mais sinon que vous teniez ferme parmi fes
ruines.
Qui cependant , continua t- il , pourroit
exprimer ses juftes douleurs ? Qui pourroit ra
conter ses plaintes t Non , Messieurs , Jere
mie lui-même , qui seul semble être capable
d'égaler les lamentations aux calamitez , ne
suffiroit pas à de tels regrets . Elle s'écrie avec
eeProphéte : Voyez , Seigneur , mon affliction ;
mon ennemi s'est fortifié , et mes enfans sont
perdus ; le cruel amis sa main sacrilege surce
qui m'étoit le plus cher ; la Royauté a été pro
fanée , et les Princes sont foulez aux pieds ;
baiffez-moi , je pleurerai amérement ; n'en
trepenez pas de me consoler : Le glaive afra
pé au dehors , mais je sens en moi - même une
mort semblable.
Voilà l'endroit de M. Boffuet , qu'on
a été obligé de rapporter tout entier , quoi
qu'un peu long. Quelle foule de paffions
& de mouvemens ne voit- on pas dans
cette Description du malheur de ce Prince?
mais quelle addreffe , de s'arrêter tout
d'un coup , pour ne pas raconter la funefte
mort qu'on lui fit souffrir & de relever
par son silence , ce qu'il sentoit bien ne
I. Vel pou
E JUIN. 1731 . 1297
To
T
#
TE
+
"
1
7
pouvoir égaler par fon discours , de passer
enfin à cette apoftrophe imprevûë , par
laquelle il s'écrie , comme s'il eût été hors
de lui- même , O mere ! O femme ! O
Reine admirable , & digne d'une meilleure
fortune , fi les fortunes de la Terre étoient
quelque chose .... On doit admirer encore
l'application merveilleuse qu'il fait à cette
Reine , des expressions de Jeremie , qui
repreſentent fi fortement la grandeur de
son infortune et de ses douleurs . Peut- on
rien voir de plus frappant ? que la Poësie
s'efforce de mettre en Vers cet en
droit , & plufieurs autres qui se trouvent
dans cette Oraison funebre , & dans celle
de la Duchesse d'Orleans qui la suit
immediatement , elle n'en viendra ja
mais à bout.
>
On peut encore se souvenir de celle
du Grand Prince de Condé faite par le
même Prélat , où tout ce que la Guerre
a de plus héroïque , tout ce que l'esprit
& le coeur ont de plus grand se trouve
renfermé de la maniere du monde la plus
vive , sans parler du détail qu'il y fait de
la mort de ce Héros , Ouvrage immor
tel , où l'on a dit avec raison , que cet
admirable Orateur s'étoit surpaffé lui-mê
me. Tout cela est fort au - deffus des agré
mens de la Poësie .
1. Vol.
Que
1298 MERCURE DE FRANCE
Que s'il faut passer aux Orateurs de
notre siécle , qu'y a- t'il de plus beau , de
plus éloquent , de plus sublime , que les
Eloges funebres , composez par M. Fle
chier , Evêque de Nîmes. On sçait qu'il
a porté l'Art de la louange à un point de
perfection , où les Anciens ni les Moder
nes n'ont presque pû atteindre . On n'a
qu'à lire ces Eloges , on y trouvera une
infinité d'endroits que les plus grands
Poëtes auroient bien de la peine à égaler.
Entr'autres , celui - ci qui se voit à la fin de
P'Oraison funebre de la Reine,
Que lui restoit-il à demander à Dieu , dit
il , ou à desirer sur la terre ? Elle voyoit le
Roy au comble des prosperitez humaines ; ai
mé des uns , craint des autres , estimé de tous;
pouvant tout ce qu'il veut , et ne voulant que
ce qu'il doit ; au dessus de tout par sa
gloire , et par sa moderation au dessus de sa
gloire même.
Quelle précision ! Quelle grandeur ! dans
ce peu de mots , qui comprennent tout ce
qu'on a dit de plus beau à la gloire de
Louis le Grand ? mais quelle cadence !
quelle harmonic ! en peut- on trouver da
vantage dans les Poëtes les plus confom
mez ?
Il ne faut qu'ouvrir l'Eloge funebre
qu'il a fait du Grand Turenne. C'est- là
1. Vol.
qu'il
JUIN. 1731. X299
W
qu'il a déployé toute la force de son Art.
Il s'y est élevé aussi haut que la gloire du
Heros qu'il vouloit loüer. En voici des
traits inimitables .
Oùbrillent, dit- il, avecplus d'éclat les effets
glorieux de la vertu Militaire conduites
d'Armées, Sieges de Places , Prises de Villes
Passages de Rivieres : Attaques hardies , Re
traites honorables , Campemens bien ordon
nez , Combats soutenus , Batailles gagnées ,
Ennemis vaincus par la force , dissipez par
Paddresse, lassez et consumez par une sage et
noble patience où peut-on trouver tant et de
si puissans exemples , que dans les actions
d'un Homme sage , liberal , desinterressé
dévoué au Service du Prince & de la Patrie;
grand dans l'adversité par son courage
dans la prosperité par sa modestie , dans.
les difficultez par sa prudence , dans les
perils par sa valeur , dans la Religion par
sa pieté ? ...
Villes , que nos Ennemis s'étoient déja
partagées , vous êtes encore dans l'enceinte de
notre Empire. Provinces qu'ils avoient déja
ravagées dans le desir et dans la pensée , vous
avez encore recueilli vos moissons. Vous du
rez encore , Places que l'Art et la Nature a
fortifiées , et qu'ils avoient dessein de démo
lir et vous n'avez tremblé que sous de
projets frivoles d'un Vainqueur en idée , qui
I.Vol. - E 1 comp
.
333107
1300 MERCURE DE FRANCE .
comptoit le nombre de nos Soldats et qui
ne songeoit pas à la sagesse de leur Capi
taine
د
....
Ilparle , chacun écoute ses Oracles : il com
mande , chacun avec joye suit ses ordres ; il
marche , chacun croit courir à la gloire. On
diroit qu'il va combattre des Rois , confe
derez avec sa seule Maison comme un au
tre Abraham ; que ceux qui le suivent sont
ses Soldats et ses Domestiques , et qu'il est
General et Pere de Famille tout ensem
ble ....
Il se cache ; mais sa réputation le décou
vresilmarche sans suite et sans équipage,mais
chacun dans son esprit le met sur un Char
de Triomphe : On compte en le voyant les
ennemis qu'il a vaincus, nonpas les Serviteurs
qui le suivent tout seul qu'il est , on se figure
autour de lui ses vertus et ses victoires qui
Paccompagnent ; il y a je ne sçai quoi de no
ble dans cette honnête simplicité , et moins
il est superbe , plus il devient venerable ...
L'enviefut étouffée , ou par le mépris qu'il
en fit , ou par des accroissemens perpetuels
d'honneur et de gloire : le merite l'avoit fait
naître , le merite la fit mourir. Ceux qui
lui étoient moins favorables
combien il étoit necessaire à l'Etat ceux
qui ne pouvoient souffrir son élevation se
srurent enfin oblige d'y consentir , et n'o
ont reconnu
د
I. Vol. sens
JUIN. 1731. 1301
sans s'affliger de la prosperité d'un Hom
me qui ne leur avoit jamais donné la mise
rable consolation de se réjouir de quelqu'une
de ses fautes , ils joignirent leur voix à la voix
publique et crurent qu'être fon Ennemi
>
c'étoit l'Etre de toute la France ...
En voilà bien assez , et un peu trop ,
pour faire repentir l'Auteur de la Lettre
du mépris qu'il a fait de l'Eloquence , fion
a cité un peu au long cet éloge de M. de
Turenne c'est que tout le monde con
vient que c'est un chef - d'oeuvre de
l'Esprit humain , et que M. Fléchier s'eſt
immortalisé lui-même , en immortalisant
le Heros .
›
>
On ne dira rien ici du Panegyrique
du Roy par M. Pelisson , qui a été traduit
en toutes sortes de Langues de l'Europe
à l'honneur de la nôtre ni de tant
de Harangues prononcées , soit à l'Aca
demie , soit ailleurs ; cela nous meneroit
trop loin ; mais qu'eft-il besoin de s'é
tendre davantage ? Quel a été jusqu'ici
le but de l'Académie Françoise ? Eft - ce
de cultiver principalement la Poësie , &
de la préferer à l'Eloquence ? qu'on le
demande aux sçavans Hommes qui l'a
composent , Ils diront que c'est l'Elo
quence qui a toujours fait le principal
objet de leurs soins ; qu'ils n'ont rien ou
1. Vol
E ij blié
יכ
LVLM JP 1 дауUD
blié
par leurs
Ecrits
, pour
la rendre
su
blime
, touchante
, et digne
enfin
de toute
la gloire
de
notre
Siècle
. Ils
diront
qu'ils
connoissent
tous
le
mérite
de
la Poësie
.
qu'ils
couronnent
tous
les ans
par
des
prix
;
mais
qu'ils
sont
persuadez
que
l'Eloquence
qui
est
aussi
couronnée
par
leurs
mains
,
est
d'un
usage
plus
étendu
, plus
utile
,
plus
noble
et plus
importants
que
l'on
di
se après
cela
que
la Poësie
eft le langage
des
Dieux
, on répond
que
l'Eloquence
,étant
le
langage
des
Hommes
, & des
Hommes
les
plus
distinguez
, elle
a plus
de droit
sur
leur
estime
, & qu'on
doit
s'attacher
avec
plus
de soin
à la cultiver
et à la maintenir
dans
sa
perfection
.
On doit conclure de tout ce qu'il vient
d'être dit , que la Poësie ne regardant que
le plaisir de l'esprit , et l'Eloquence ayant
pour objet la vérité , la juftice , la vertu et
la sagesse , elle mérite par conséquent
d'être préférée à la Poësie.
On n'a pas eu le tems de s'étendre sur
ce qu'a dit l'Auteur de la Lettre au sujet
des Prédicateurs , qu'il prétend être fades
et ennuyeux , un Amateur des Théatres
et des Operas doit avoir quelque peine à
les gouter ; mais il ne laisse pas d'être vrai
que
que l'Eloquence de la Chaire a été portée
de nos jours à une très grande perfection ;
I. Vol. et
JUIN. 1731. 1303
et qu'on ne sçauroit mépriser les Prédica
teurs , sans se moquer des Saints Peres qui
'en sont les modéles , un Ambroise , un
Cyprien , un Auguſtin , un Chrysostome
que nos Orateurs Chrétiens suivent de
fort près : Ces Grands Hommes ont été
infiniment au dessus de tous les Poëtes.
Le 3. Janvier 1731.
Mercure de Novembre 1739, sur la gloi
re des Orateurs et des Poëtes.
aura t'il
N'qui veuille prendre en main les in
erêts de l'Eloquence , attaquée dans le
Ja Vola
Mer
JUIN De 1731. 1285
Mercure de Novembre dernier ? On y a
donné la préférence aux Poëtes sur les
Orateurs , et c'est là - dessus que je sens
réveiller toute l'ardeur de mon zele ; je
me vois obligé presque malgré moi à
vous déclarer mes sentimens : je dis mal
gré moi , n'aimant pas naturellement à
me produire aux yeux du Public , outre
que la cause qu'il s'agit de soutenir me
paroît fort superieure à la foiblesse de
mes forces ; mais aprés tout , ce seroit ,
à mon avis , une lâcheté que de laisser dé
grader l'Eloquence du haut rang qu'elle a
tenu jusqu'ici , et qu'elle a dû tenir dans
l'Empire des Lettres , soit parmi les An
ciens , soit parmi les Modernes. J'ent e
prens donc de faire valoir les droits de l'E
loquence , et de repondre à tout ce que
l'Auteur de la Lettre , inserée dans le
Mercure, a dit en faveur de la Poësie. Que
si je ne m'acquite pas tout à fait de ce que
j'entreprens , il ne tiendra qu'à vous de
supléer par vôtre pétration et par vos
lumieres , à ce qui manquera à mes Re
flexions et à mes paroles.
On ne me fera point un crime de join
dre ici les Letrres Françoises avec les
Grecques et les Latines : car quelque res
pect que l'on doive aux Anciens , on est ,
ce me semble , convenu dans ce siecle
I. Val.
D vj que
1286 MERCURE DE FRANCE
que les Modernes en approchent d'assés
prés , pour ne leur être point tout à fait
inferieurs. En effet , nous avons d'aussi
habiles Orateurs , et d'aussi grands Poë
tes que l'Antiquité en a eu , non pas tout
à fait , si l'on veut , dans le Poëme Epique,
qui est le seul genre , dans lequel l'Auteur
de la Lettre a fait un préjugé incontesta
ble en faveur des Anciens contre les Mo
dernes , mais dans les autres especes de
Poësie , telles que sont la Tragedie , fa
Comedie , la Satyre , les Fables , dans les
quelles il est certain que nos Auteurs
ont égalé , pour ne pas dire , surpassé les
'Anciens..
Mais , comme il faut se renfermer ici
dans le seul parallele des Orateurs et des
Poëtes , afin de repondre précisement à
la Lettre inserée dans le Mercure , jose
dire hardiment , et sans crainte d'être dé
menti par les connoisseurs habiles et ju
dicieux , que l'Eloquence est en toute
maniere préferable à la Poësie , et voici
sur quelles raisons je fonde la solidité de
mon sentiment.
J'avance premierement , que l'Elo
quence est d'un usage plus utile , plus
étendu , plus important que la Poësie ,
parcequ'elle estproprement et par un titre
particulier , l'arbitre du bon sens , de la
J.Kol verité
JUIN. 1731. 1287
verité , et de la raison ; au lieu que la Poë
sie n'est, à le bien prendre, que l'ouvrage
de l'invention et de l'imagination humai
ne : Car on convient que le but principal
et même unique des Poëtes , est de plaire
par la beauté des images, par les hardiesses
figurées de l'expression et du langage .
C'est ce qu'on peut voir dans le discours
que M. de la Motte a fait sur la Poësie
en general , et qu'il a mis à la tête de ses
Odes : mais l'Eloquence a non seulement
pour objet l'art de plaire , elle triomphe
des Passions , elle se rend maitresse des
volontez ; Ce qui est beaucoup plus no
ble , plus difficile , et demande de plus
grands efforts de la part des Orateurs ,
que de celle des Poëtes qui ne touchent et
ne meuvent que par occasion , et , pour
ainsi dire , par hazard , par la raison qu'ils
ne s'attachent qu'à flatter , qu'à favoriser
les passions , plutôt qu'à les combattre..
En un mot , tout ce qu'il y a de sçavans
hommes demeurent d'accord , que la
Poësie n'est presque qu'un amusement de
PEsprit humain ; que son unique partage
est d'embellir les objets qu'elle represente,
d'où vient que par un abus qui lui est
propre , elle s'employe plus souvent à
farder le vice , qu'à honorer la vertu ;:
mais ils conviennent tous que l'avantage
L. Vol.
de
# 288 MERCURE DE FRANCE
de l'Eloquence est de regner sur l'esprit
des Princes , des Magistrats , et des Peu
ples entiers , de soutenir la raison et la
justice , de faire vouloir aux hommes ce
qu'ils ne vouloient pas , de donner enfin
la Loy aux Coeurs les plus obstinez et les
plus rebelles .
Il s'agit maintenant de ce qu'a dit l'Au
teur de la Lettre , qui rapporte le témoi
gnage de Ciceron , pour faire voir que la
Poësie est un Art divin , qui éleve l'hom
me au dessus de lui-même , et que c'est
dans cette vue qu'il a écrit que les Poëtes
étoient comme animez d'un souffle et
d'un esprit divin , Spiritu quodam divino
affati. Mais à ce témoignage de Ciceron,
j'en oppose un autre qui n'est pas moins
respectable , et qui lui est trés- avantageux
à lui même et à l'Eloquence. C'est celui
du celebre Longin , qui dans le Traité
du Sublime , que M. Despréaux a si bien
traduit en notre langue , a donné la plus
grande idée du merite de Ciceron et de
Demosthéne. Il compare le premier à un
grand embrasement qui dévore et consume
tout ce qu'il rencontre , avec un feu qui ne
s'eteint point , qu'il répand diversement danș
ses ouvrages , et qui à mesure qu'il s'avance,
prend toujours de nouvelles forces. Et pour
Le second , c'est - à-dire , Demosthéne , il le
I. Vol.
compare
JUIN. 1731. 1289
ra
compare à une tempête et à un foudre , à
cause de la violence , de la rapidité , de la
force , et de la vehemence avec laquelle il
vage ,pour ainsi dire,et emporte tout. Demos
théne , dit - il , ayant ramassé en soi toutes les
qualitez d'un Orateur veritablement né aw
sublime , et entierement perfectionné par l'étu
de ; ce ton de majesté , et de grandeur , ces
mouvemens animez , cette fertilité , cette
adresse , cette promptitude , et ce qu'on doit
sur tout estimer en luy , cette force et cette ve
bemence , dont jamais personne n'a pû ap
procher. Par toutes ces divines qualitez ,
que je regarde en effet , dit il , comme autant
derares presens qu'il avoit reçus des Dieux¸et
qu'il ne m'est pas permis d'appeller des qua
linez humaines , il a effacé tout ce qu'il y
a eu d'Orateurs celebres dans tous les siecles,
les laissant comme abbatus ct éblouis , pour
ainsi dire , de ses tonnerres et de ses éclairs ;
car dans les parties où il excelle , il est tel
lement élevé au dessus d'eux , qu'il repare
entierement par là celles qui lui manquent.
Et certainement , ajoute- t'il , il est plus aisé
d'envisager fixement et les yeux ouverts , les
foudres qui tombent du Ciel , que de n'être
point ému des violentes passions qui regnent
en foule dans ses ouvrages .
Tel est le passage de Longin , traduit
dans toute sa force par M. Despreaux
Jo Vola
Quel
1290 MERCURE DE FRANCE
Quelles reflexions ne peut- on pas faire
là dessus ? voilà l'Eloquence traitée de
qualité plus qu'humaine , de qualité divi
ne. la voilà comparée à ce qu'il y a de plus
fort , de plus puissant dans la nature , je
veux dire , aux tempêtes , et aux foudres .
A t'on jamais attribué quelque chose de
semblable à la Poësie ? Et n'est- il pas évi
dent que l'Eloquence a par cet endroit
là un avantage que tous les charmes et
les agrémens de la Poësie ne sçauroient
égaler .
On n'a qu'à se rappeller ici les grands
fuccès qui accompagnoient l'Eloquence de
Ciceron. Ignore- t'on l'avantage qu'il eur,.
en faisant l'Apologie de Ligarius , en pre
sence de Jules - Cesar , son ennemi declaré
, et qui avoit résolu de le proscrire ?
C'étoit dans ce dessein qu'il s'étoit rendu
au Senat ; et malgré tous les mouvemerrs
de sa haine et de son ambition , on vit
eet Empereur , aussi distingué par son
esprit que par ses armes victorieuses ,
rendre hommage, pour ainsi dire , à l'Elo
quence de Ciceron ; laisser tomber le pa
pier qu'il tenoit dans sa main , par la sur
prise où il étoit de voir justifier comme in
nocent celui qu'il avoit regardé comme
coupable.
C'est ainsi que l'Eloquence sçait se ren.
Lo.Vol.
dre ,
JUIN. 1731. 12.9
dre maîtresse des volontez ; et qu'on ne
dise pas que Ciceron ne dût ce succès
qu'à la vehemence de sa prononciation.
Ce n'étoit point le sentiment du grand
Prince de Condé ; Ce Prince aussi céle
bre que Cesar par son génie et par ses
Conquêtes , soutenoit qu'on ne pouvoit
lire les Ouvrages de Ciceron sans en être
ému ; cela fait voir que le talent même
de la prononciation , dont là plûpart des
Poëtes ne font nul usage , n'empêche pas
que les Discours des Orateurs , par la lec
ture qu'on en fait , ne triomphent dans
tous les Pays et dans tous les siecles.
Que dire après cela , du mépris que
l'Auteur de la Lettre fait de la Prose :
qu'il met au - dessous de la versification et
de l'harmonie de la Poësie , comme si
cette harmonie étoit particuliere aux Pdë
tes , et qu'il ne fût pas possible aux Ora
teurs d'enchanter les esprits par les char
mes de la parole ? on sçait , sans doute, ce
qui arriva au fameux Alphonse Roy d'Ar
ragon. Attaqué d'une maladie de lan
gueur qui paroissoit incurable aux Mede
cins , il recouvra sa santé par la lecture
de l'Histoire de Quint Curce : a t'on ja
mais crû que les Histoires appartiennent
à la Poësie ? ne sont-elles pas uniquement
du ressort de l'Eloquence qui sçait ramas
I. Vol
ser
1292 MERCURE DE FRANCE
ser quand elle veut , et les agrémens du
Discours, et les images les plus vives de la
nature.
Quant à ce que l'Auteur a dit de l'en
tousiasme de David et des Prophetes , qui
se sont servis du langage de la Poësie pour
exprimer leurs sentimens , il est aisé de ré
pondre que ce Saint Roy n'écrivit ces
Oracles en vers , que parce qu'il voulut
qu'ils fussent chantez dans les assemblées
du Peuple , et l'on sçait bien que le chant
ne peut se passer de la cadence de la Poë
sie ; mais il ne s'ensuit pas delà , que les
Exhortations des Prophetes n'ayent eu
de la force que parce qu'elles étoient en
vers : au contraire, plusieurs d'entr'eux se
sont servis de la Prose pour parler aux
Peuples , et l'on sent encore, en les lisant
que rien ne manque à la grandeur et à
la majesté qui convenoit à Dieu même
qui les inspiroit.
Il est tems de venir aux Modernes , et
à l'Eloquence de notre siecle. Est- il pos
sible que l'Auteur de la lettre ait si fort.
méconnu le merite de nos Orateurs et de
nos Ecrivains , que de leur préferer les
agrémens de la Poësie ? Croit -il avoir ga
gné sa cause en établissant sur le senti
ment du P. Bouhours , du P. Rapin , de
M. D'Aubignac, que le Poëme Epique est
I. Vola le
JUIN. 1731. 1293
>
le Chef- d'oeuvre de l'esprit humain ? Je
le surpre ndrai bien plus , quand je luy
dirai qu'il y a tel Discours en nôtre lan
gue , tel Panegyrique , telle Harangue
qui est un Chef-d'oeuvre de l'esprit hu
main : et cela est d'autant plus vrai , que
sans avoir recours aux Fables , aux sup
positions , aux chimeres de la Poësie , on
s'en trouve charmé par la seule verité
par la seule force de la parole. Je le re- .
péte: il y a dans ces Discours dont je par
le , autant d'art , de vivacité , de gran
deur , et quelquefois plus , que dans tous.
les Poëmes anciens et modernes.
Que dis - je ? l'Eloquence n'a - t'elle pas
plus de force ordinairement par la liber
té qu'elle a de se tourner de tous côtés ;
de pousser ou de moderer la vigueur et
la rapidité de son style , selon les occa
sions , ou les passions qu'elle fait agir ; on
sçait que dans la Poësie la raison se trouve
enchainée par les loix rigoureuses de la
versification : les plus excellens Poëtes s'en
sont plaints , et ils n'ont pû dissimuler
leur contrainte : mais dans la Prose l'esprit
peut prendre tout son essor , il a le choix
de ces images vives , justes et agréables ,
qui par un doux charme saisissent l'esprit
et le coeur. Dans la Poësie , la nature est
quelquefois si envelopée sous des figures
8
1
3
1
1
1. Vol.
étrangeres ,
1294 MERCURE DE FRANCE
étrangeres , qu'on a de la peine à la récon
noître mais l'Eloquence présente toûjours
une fidele image de la nature , et il n'ap
partient qu'à elle de faire bien valoir la
verité et la raison .
L'Auteur a crû beaucoup avancer en
rapportant quelques endroits d'Homere
et de Racine , qu'il défie nos Ecrivains de
mettre en Prose avec le même succés , mais
il se fait illusion à lui-même. S'il y a des
traits dans les Poëtes que la Prose ne puis
se égaler , on en voit aussi dans les Ora
teurs où la Poësie ne sçauroit atteindre :
cela dépend de la justesse et de la préci
sion avec laquelle les uns et les autres se
sont exprimés . Il est certain que ce qui est
exprimé fortement et noblement dans
une langue ou dans un genre , ne peut
passer avec la même grace dans un autre.
On en voit des preuves dans toutes les
Traductions qu'on a faites des ouvrages
des Anciens et des Modernes : et on a tou
jours été convaincu que les Traductions
mêmes de nos Auteurs François ne valent
pas les Originaux ; il en est de même des
Orateurs et des Poëtes ; mais il ne s'ensuit
point de ce parallele que la Poësie ait au
cun avantage sur l'Eloquence .
Puisque l'Auteur de la Lettre a employé
les citations en faveur de la Poësie , il nous
I. Vol
doit
JUIN. 1731. 1295
par
E doit être permis de les employer aussi
pour l'Eloquence : en voici une d'un Ora
teur celebre qui a été en son temps une
lumiere de l'Eglise ; je parle de M. Bos
suet Evêque de Meaux ; on l'a comparé
à Demosthéne. C'est dans l'Oraison fune
bre de la Reine d'Angleterre
, Epouse
du Roy Charles premier , où ce grand
Prélat , aprés avoir marqué tous les mal
heurs qui arriverent à ce Prince , et sa
détention les Ennemis
de sa person
ne et de son Royaume , s'exprime ainsi .
Le Roy est mené de captivité en captivi
té: et la Reine remue en vain la France ,
la Hollande , la Pologne même , et les Puis
sances du Nord les plus éloignées : elle ranime
les Ecossois , qui arment trente mille hom
mes ; ellefait avec le Duc de Lorraine une
entreprise pour la delivrance du Roy , dont
le succés paroit infaillible , tant le concert en
est justes elle retire ses chers enfans , l'uni
que esperance de sa maison , et confesse cette
fois , que parmi les plus mortelles douleurs ,
on est encore capable de joye : elle console
le Roy , qui lui écrit de saprison même , qu'elle
seule soutient son esprit , et qu'il ne faut
craindre de lui aucune bassesse , parceque
sans cesse il se souvient qu'il est à elle. O
Mere ! O Femme ! O Reine admirable !
et digne d'une meilleure Fortune , si les For
དྲ
3
S
$
i
5
*
I. Vol.
tunes
1296 MERCURE DE FRANCE
tunes de la Terre éroient quelque chose ! en
fin , il faut ceder à vôtre sort ; vous avez as
sés soutenu l'Etat qui est attaqué par uneforce
invincible et divine ; il ne reste plus désor
mais sinon que vous teniez ferme parmi fes
ruines.
Qui cependant , continua t- il , pourroit
exprimer ses juftes douleurs ? Qui pourroit ra
conter ses plaintes t Non , Messieurs , Jere
mie lui-même , qui seul semble être capable
d'égaler les lamentations aux calamitez , ne
suffiroit pas à de tels regrets . Elle s'écrie avec
eeProphéte : Voyez , Seigneur , mon affliction ;
mon ennemi s'est fortifié , et mes enfans sont
perdus ; le cruel amis sa main sacrilege surce
qui m'étoit le plus cher ; la Royauté a été pro
fanée , et les Princes sont foulez aux pieds ;
baiffez-moi , je pleurerai amérement ; n'en
trepenez pas de me consoler : Le glaive afra
pé au dehors , mais je sens en moi - même une
mort semblable.
Voilà l'endroit de M. Boffuet , qu'on
a été obligé de rapporter tout entier , quoi
qu'un peu long. Quelle foule de paffions
& de mouvemens ne voit- on pas dans
cette Description du malheur de ce Prince?
mais quelle addreffe , de s'arrêter tout
d'un coup , pour ne pas raconter la funefte
mort qu'on lui fit souffrir & de relever
par son silence , ce qu'il sentoit bien ne
I. Vel pou
E JUIN. 1731 . 1297
To
T
#
TE
+
"
1
7
pouvoir égaler par fon discours , de passer
enfin à cette apoftrophe imprevûë , par
laquelle il s'écrie , comme s'il eût été hors
de lui- même , O mere ! O femme ! O
Reine admirable , & digne d'une meilleure
fortune , fi les fortunes de la Terre étoient
quelque chose .... On doit admirer encore
l'application merveilleuse qu'il fait à cette
Reine , des expressions de Jeremie , qui
repreſentent fi fortement la grandeur de
son infortune et de ses douleurs . Peut- on
rien voir de plus frappant ? que la Poësie
s'efforce de mettre en Vers cet en
droit , & plufieurs autres qui se trouvent
dans cette Oraison funebre , & dans celle
de la Duchesse d'Orleans qui la suit
immediatement , elle n'en viendra ja
mais à bout.
>
On peut encore se souvenir de celle
du Grand Prince de Condé faite par le
même Prélat , où tout ce que la Guerre
a de plus héroïque , tout ce que l'esprit
& le coeur ont de plus grand se trouve
renfermé de la maniere du monde la plus
vive , sans parler du détail qu'il y fait de
la mort de ce Héros , Ouvrage immor
tel , où l'on a dit avec raison , que cet
admirable Orateur s'étoit surpaffé lui-mê
me. Tout cela est fort au - deffus des agré
mens de la Poësie .
1. Vol.
Que
1298 MERCURE DE FRANCE
Que s'il faut passer aux Orateurs de
notre siécle , qu'y a- t'il de plus beau , de
plus éloquent , de plus sublime , que les
Eloges funebres , composez par M. Fle
chier , Evêque de Nîmes. On sçait qu'il
a porté l'Art de la louange à un point de
perfection , où les Anciens ni les Moder
nes n'ont presque pû atteindre . On n'a
qu'à lire ces Eloges , on y trouvera une
infinité d'endroits que les plus grands
Poëtes auroient bien de la peine à égaler.
Entr'autres , celui - ci qui se voit à la fin de
P'Oraison funebre de la Reine,
Que lui restoit-il à demander à Dieu , dit
il , ou à desirer sur la terre ? Elle voyoit le
Roy au comble des prosperitez humaines ; ai
mé des uns , craint des autres , estimé de tous;
pouvant tout ce qu'il veut , et ne voulant que
ce qu'il doit ; au dessus de tout par sa
gloire , et par sa moderation au dessus de sa
gloire même.
Quelle précision ! Quelle grandeur ! dans
ce peu de mots , qui comprennent tout ce
qu'on a dit de plus beau à la gloire de
Louis le Grand ? mais quelle cadence !
quelle harmonic ! en peut- on trouver da
vantage dans les Poëtes les plus confom
mez ?
Il ne faut qu'ouvrir l'Eloge funebre
qu'il a fait du Grand Turenne. C'est- là
1. Vol.
qu'il
JUIN. 1731. X299
W
qu'il a déployé toute la force de son Art.
Il s'y est élevé aussi haut que la gloire du
Heros qu'il vouloit loüer. En voici des
traits inimitables .
Oùbrillent, dit- il, avecplus d'éclat les effets
glorieux de la vertu Militaire conduites
d'Armées, Sieges de Places , Prises de Villes
Passages de Rivieres : Attaques hardies , Re
traites honorables , Campemens bien ordon
nez , Combats soutenus , Batailles gagnées ,
Ennemis vaincus par la force , dissipez par
Paddresse, lassez et consumez par une sage et
noble patience où peut-on trouver tant et de
si puissans exemples , que dans les actions
d'un Homme sage , liberal , desinterressé
dévoué au Service du Prince & de la Patrie;
grand dans l'adversité par son courage
dans la prosperité par sa modestie , dans.
les difficultez par sa prudence , dans les
perils par sa valeur , dans la Religion par
sa pieté ? ...
Villes , que nos Ennemis s'étoient déja
partagées , vous êtes encore dans l'enceinte de
notre Empire. Provinces qu'ils avoient déja
ravagées dans le desir et dans la pensée , vous
avez encore recueilli vos moissons. Vous du
rez encore , Places que l'Art et la Nature a
fortifiées , et qu'ils avoient dessein de démo
lir et vous n'avez tremblé que sous de
projets frivoles d'un Vainqueur en idée , qui
I.Vol. - E 1 comp
.
333107
1300 MERCURE DE FRANCE .
comptoit le nombre de nos Soldats et qui
ne songeoit pas à la sagesse de leur Capi
taine
د
....
Ilparle , chacun écoute ses Oracles : il com
mande , chacun avec joye suit ses ordres ; il
marche , chacun croit courir à la gloire. On
diroit qu'il va combattre des Rois , confe
derez avec sa seule Maison comme un au
tre Abraham ; que ceux qui le suivent sont
ses Soldats et ses Domestiques , et qu'il est
General et Pere de Famille tout ensem
ble ....
Il se cache ; mais sa réputation le décou
vresilmarche sans suite et sans équipage,mais
chacun dans son esprit le met sur un Char
de Triomphe : On compte en le voyant les
ennemis qu'il a vaincus, nonpas les Serviteurs
qui le suivent tout seul qu'il est , on se figure
autour de lui ses vertus et ses victoires qui
Paccompagnent ; il y a je ne sçai quoi de no
ble dans cette honnête simplicité , et moins
il est superbe , plus il devient venerable ...
L'enviefut étouffée , ou par le mépris qu'il
en fit , ou par des accroissemens perpetuels
d'honneur et de gloire : le merite l'avoit fait
naître , le merite la fit mourir. Ceux qui
lui étoient moins favorables
combien il étoit necessaire à l'Etat ceux
qui ne pouvoient souffrir son élevation se
srurent enfin oblige d'y consentir , et n'o
ont reconnu
د
I. Vol. sens
JUIN. 1731. 1301
sans s'affliger de la prosperité d'un Hom
me qui ne leur avoit jamais donné la mise
rable consolation de se réjouir de quelqu'une
de ses fautes , ils joignirent leur voix à la voix
publique et crurent qu'être fon Ennemi
>
c'étoit l'Etre de toute la France ...
En voilà bien assez , et un peu trop ,
pour faire repentir l'Auteur de la Lettre
du mépris qu'il a fait de l'Eloquence , fion
a cité un peu au long cet éloge de M. de
Turenne c'est que tout le monde con
vient que c'est un chef - d'oeuvre de
l'Esprit humain , et que M. Fléchier s'eſt
immortalisé lui-même , en immortalisant
le Heros .
›
>
On ne dira rien ici du Panegyrique
du Roy par M. Pelisson , qui a été traduit
en toutes sortes de Langues de l'Europe
à l'honneur de la nôtre ni de tant
de Harangues prononcées , soit à l'Aca
demie , soit ailleurs ; cela nous meneroit
trop loin ; mais qu'eft-il besoin de s'é
tendre davantage ? Quel a été jusqu'ici
le but de l'Académie Françoise ? Eft - ce
de cultiver principalement la Poësie , &
de la préferer à l'Eloquence ? qu'on le
demande aux sçavans Hommes qui l'a
composent , Ils diront que c'est l'Elo
quence qui a toujours fait le principal
objet de leurs soins ; qu'ils n'ont rien ou
1. Vol
E ij blié
יכ
LVLM JP 1 дауUD
blié
par leurs
Ecrits
, pour
la rendre
su
blime
, touchante
, et digne
enfin
de toute
la gloire
de
notre
Siècle
. Ils
diront
qu'ils
connoissent
tous
le
mérite
de
la Poësie
.
qu'ils
couronnent
tous
les ans
par
des
prix
;
mais
qu'ils
sont
persuadez
que
l'Eloquence
qui
est
aussi
couronnée
par
leurs
mains
,
est
d'un
usage
plus
étendu
, plus
utile
,
plus
noble
et plus
importants
que
l'on
di
se après
cela
que
la Poësie
eft le langage
des
Dieux
, on répond
que
l'Eloquence
,étant
le
langage
des
Hommes
, & des
Hommes
les
plus
distinguez
, elle
a plus
de droit
sur
leur
estime
, & qu'on
doit
s'attacher
avec
plus
de soin
à la cultiver
et à la maintenir
dans
sa
perfection
.
On doit conclure de tout ce qu'il vient
d'être dit , que la Poësie ne regardant que
le plaisir de l'esprit , et l'Eloquence ayant
pour objet la vérité , la juftice , la vertu et
la sagesse , elle mérite par conséquent
d'être préférée à la Poësie.
On n'a pas eu le tems de s'étendre sur
ce qu'a dit l'Auteur de la Lettre au sujet
des Prédicateurs , qu'il prétend être fades
et ennuyeux , un Amateur des Théatres
et des Operas doit avoir quelque peine à
les gouter ; mais il ne laisse pas d'être vrai
que
que l'Eloquence de la Chaire a été portée
de nos jours à une très grande perfection ;
I. Vol. et
JUIN. 1731. 1303
et qu'on ne sçauroit mépriser les Prédica
teurs , sans se moquer des Saints Peres qui
'en sont les modéles , un Ambroise , un
Cyprien , un Auguſtin , un Chrysostome
que nos Orateurs Chrétiens suivent de
fort près : Ces Grands Hommes ont été
infiniment au dessus de tous les Poëtes.
Le 3. Janvier 1731.
Fermer
Résumé : REPONSE à la Lettre inserée dans le Mercure de Novembre 1730. sur la gloire des Orateurs et des Poëtes.
Le texte est une réponse à une lettre publiée dans le Mercure de Novembre 1739, qui accordait la préférence aux poètes sur les orateurs. L'auteur, bien que réticent à s'exprimer publiquement, se sent obligé de défendre l'éloquence contre cette dépréciation. Il affirme que l'éloquence a toujours occupé une place supérieure dans l'Empire des Lettres, tant chez les Anciens que chez les Modernes. L'auteur soutient que l'éloquence est plus utile et plus importante que la poésie, car elle est l'arbitre du bon sens, de la vérité et de la raison. Contrairement à la poésie, qui se limite à plaire par la beauté des images et l'imagination, l'éloquence triomphe des passions et maîtrise les volontés. Il cite des exemples comme Cicéron, dont l'éloquence a su convaincre Jules César, et Démosthène, comparé à une tempête par Longin. Le texte critique également l'idée que la poésie est un art divin, en opposant le témoignage de Cicéron à celui de Longin sur Démosthène. Il souligne que l'éloquence a un pouvoir supérieur, capable de régner sur les esprits des princes, des magistrats et des peuples. En ce qui concerne les Modernes, l'auteur affirme que les orateurs et écrivains français sont aussi habiles que les Anciens. Il mentionne que des discours en prose peuvent être des chefs-d'œuvre de l'esprit humain, sans recourir aux fables et aux suppositions de la poésie. Il conclut en affirmant que l'éloquence a plus de force et de liberté d'expression que la poésie, qui est contrainte par les lois de la versification. Le texte présente également des exemples d'orateurs célèbres, comme Bossuet, évêque de Meaux, comparé à Démosthène, et son oraison funèbre pour la reine d'Angleterre, épouse du roi Charles Ier. Bossuet y décrit les malheurs du roi, sa captivité et les efforts vains de la reine pour le libérer. Il exprime l'admiration pour la reine et la force de son esprit malgré les épreuves. Le texte souligne également l'éloquence de Bossuet dans d'autres discours, comme celui pour le prince de Condé, où il dépeint héroïquement la guerre et la mort du héros. Le texte mentionne ensuite Flechier, évêque de Nîmes, et ses éloges funèbres, notamment celui de la reine et du maréchal Turenne, où il atteint une grande perfection dans l'art de la louange. Il insiste sur la supériorité de l'éloquence sur la poésie, car elle traite de la vérité, de la justice, de la vertu et de la sagesse, contrairement à la poésie qui se limite au plaisir de l'esprit. Il conclut en affirmant que l'éloquence est plus utile et noble, et qu'elle mérite d'être cultivée avec soin. Enfin, il mentionne brièvement la perfection atteinte par l'éloquence de la chaire et les grands prédicateurs chrétiens.
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5540
p. 1303-1304
LOGOGRYPHE.
Début :
Prenez-moi tout entier, je presente à vos yeux [...]
Mots clefs :
Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
PRenez
à vos yeux
Renez- moi tout entier , je presente
Un objet des plus gracieux ;
Je rappelle un fait mémorable ,
Ou de l'Histoire ou de la Fable ;
Je vous offre des Prez , des Arbres et des Fleurs
Que l'Aurore jamais ne baigna de ses pleurs.
Grand , petit , rond , quarré, comme le veut mon
pere ,
Je ne compterai point ici tous les sujets
Dont on me fait dépositaire :
Mon nom aussi vous offre une foule d'objets ;
En effet , l'on y trouve un meuble necessaire ,
Qui sert à bien plus d'une affaire ;
Vous y verrez un Elément ;
Un des enfans du premier homme ;
Une grande Cité plus ancienne que Rome ;
1. Vol.
E iij
1304 MERCURE DE FRANCE
Ce qui nous plaît infiniment ;
Ce que chacun voudroit atteindre ;
Certain Globe qui se fait craindre,
Et qui porte des coups mortels ;
Un vétement dont font usage ,
Les Ministres des saints Autels ;
Faut - il en dire davantage ?
Vous y verrez une couleur ;
Un mot Latin , qui signifie
Un Instrument dont l'harmonie ,
Annonce les Combats , excite la valeur ;
Je n'aurois jamais fait si je voulois tout dire
Vous y verrez enfin les lieux où tout respire ,
Les Plaisirs , la Joye et l'Amour ,
Lieux d'où l'on sort quand il est jour..
:
Par M. V. D. L. T. d'Aix.
PRenez
à vos yeux
Renez- moi tout entier , je presente
Un objet des plus gracieux ;
Je rappelle un fait mémorable ,
Ou de l'Histoire ou de la Fable ;
Je vous offre des Prez , des Arbres et des Fleurs
Que l'Aurore jamais ne baigna de ses pleurs.
Grand , petit , rond , quarré, comme le veut mon
pere ,
Je ne compterai point ici tous les sujets
Dont on me fait dépositaire :
Mon nom aussi vous offre une foule d'objets ;
En effet , l'on y trouve un meuble necessaire ,
Qui sert à bien plus d'une affaire ;
Vous y verrez un Elément ;
Un des enfans du premier homme ;
Une grande Cité plus ancienne que Rome ;
1. Vol.
E iij
1304 MERCURE DE FRANCE
Ce qui nous plaît infiniment ;
Ce que chacun voudroit atteindre ;
Certain Globe qui se fait craindre,
Et qui porte des coups mortels ;
Un vétement dont font usage ,
Les Ministres des saints Autels ;
Faut - il en dire davantage ?
Vous y verrez une couleur ;
Un mot Latin , qui signifie
Un Instrument dont l'harmonie ,
Annonce les Combats , excite la valeur ;
Je n'aurois jamais fait si je voulois tout dire
Vous y verrez enfin les lieux où tout respire ,
Les Plaisirs , la Joye et l'Amour ,
Lieux d'où l'on sort quand il est jour..
:
Par M. V. D. L. T. d'Aix.
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5541
p. 1304-1305
ENIGME du même Auteur.
Début :
On voit à me former plusieurs Dieux concourir ; [...]
Mots clefs :
Salade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME du même Auteur.
ENIGME du même Auteur.
N voit à me former plusieurs Dieux con
ΟΝ courir ;
Cybelle me reçoit , et daigne me nourrir ;
Quand je sors de son sein, au Soleil je m'expose
L'Aurore de ses pleurs m'arrose;
Je suis aussi l'objet des soins ,
Et de Vertumne et de Pomone ;
d. Vola Ce
JUIN. 1731. 1305
-
Ce n'est pas tout encor, avant que je sois bonne ,
Il faut que d'autres Dieux ne me servent pas
moins ;
Le Dieu de la Plaine liquide ,
M'offre l'Elixir de ses eaux ,
Sans lui je serois insipide :
Déesse dont le bras est armé d'une Egide ,
Tu me donnes le jus du fruit de ces Rameaux ,
Qui , tandis que l'hyver attriste la Nature ,
Conservent toûjours la verdure :
Charmant Bacchus , sur moi tu répans ta Li
queur ,
Non pas telle , il est vrai , qu'elle plaît au buveur.
Mortels , en cet état je puis vous être offerte ;
Mais quel traitement je reçoi !
Plusieurs mains s'arment pour ma perte ,
Elles viennent fondre sur moi :
Est-il un destin plus funeste ?
Pour vous dire en deux mots le reste
On me porte dans un Palais ,
Où je suis bien- tôt déchirée :
Quelle injustice? helas ! par ceux à qui je plais ;
Faut- il que je sois dévorée ?
N voit à me former plusieurs Dieux con
ΟΝ courir ;
Cybelle me reçoit , et daigne me nourrir ;
Quand je sors de son sein, au Soleil je m'expose
L'Aurore de ses pleurs m'arrose;
Je suis aussi l'objet des soins ,
Et de Vertumne et de Pomone ;
d. Vola Ce
JUIN. 1731. 1305
-
Ce n'est pas tout encor, avant que je sois bonne ,
Il faut que d'autres Dieux ne me servent pas
moins ;
Le Dieu de la Plaine liquide ,
M'offre l'Elixir de ses eaux ,
Sans lui je serois insipide :
Déesse dont le bras est armé d'une Egide ,
Tu me donnes le jus du fruit de ces Rameaux ,
Qui , tandis que l'hyver attriste la Nature ,
Conservent toûjours la verdure :
Charmant Bacchus , sur moi tu répans ta Li
queur ,
Non pas telle , il est vrai , qu'elle plaît au buveur.
Mortels , en cet état je puis vous être offerte ;
Mais quel traitement je reçoi !
Plusieurs mains s'arment pour ma perte ,
Elles viennent fondre sur moi :
Est-il un destin plus funeste ?
Pour vous dire en deux mots le reste
On me porte dans un Palais ,
Où je suis bien- tôt déchirée :
Quelle injustice? helas ! par ceux à qui je plais ;
Faut- il que je sois dévorée ?
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5542
p. 1305-1306
SECONDE ENIGME. du même Auteur.
Début :
Lecteur, voici de quoi rêver, [...]
Mots clefs :
Lettre A
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE ENIGME. du même Auteur.
SECONDE
du même Auteur.
Lecteur ,
Ecteur, voici de quoi rêver ,
De plusieurs soeurs je suis l'aînée ,
I. Vol.
Je
E.iiij
1306 MERCURE DE FRANCE
Je ne parois jamais à la fin de l'année ; ·
commencement que l'on peut me C'est au
trouver.
En Espagne j'occupe une place honorable ;
Je suis necessaire à la table ;
Pour le Jeu , je ne m'y plaits pas
Inséparable de Pallas ,
Je concours à former la valeur et l'audace ;
Je suis au milieu d'une Place :
Sans moi vous n'auriez point d'argent.
Je marche avec le pauvre , et je fuis l'opulent ;
Mais cependant je sers au faste , à la parure ;
On m'employe à l'Architecture.
Le François m'a chassé de Rome sans raison ,
Mais je suis dans Paris ; est- il une maison ,
Où je ne trouve un sûr azile ?
Laissons ce détail inutile ,
Voici pour me connoître un signal très- certain ;
Lecteur , tu me tiens dans la main.
du même Auteur.
Lecteur ,
Ecteur, voici de quoi rêver ,
De plusieurs soeurs je suis l'aînée ,
I. Vol.
Je
E.iiij
1306 MERCURE DE FRANCE
Je ne parois jamais à la fin de l'année ; ·
commencement que l'on peut me C'est au
trouver.
En Espagne j'occupe une place honorable ;
Je suis necessaire à la table ;
Pour le Jeu , je ne m'y plaits pas
Inséparable de Pallas ,
Je concours à former la valeur et l'audace ;
Je suis au milieu d'une Place :
Sans moi vous n'auriez point d'argent.
Je marche avec le pauvre , et je fuis l'opulent ;
Mais cependant je sers au faste , à la parure ;
On m'employe à l'Architecture.
Le François m'a chassé de Rome sans raison ,
Mais je suis dans Paris ; est- il une maison ,
Où je ne trouve un sûr azile ?
Laissons ce détail inutile ,
Voici pour me connoître un signal très- certain ;
Lecteur , tu me tiens dans la main.
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5543
p. 1306-1307
EXPLICATION de l'Enigme et des deux Logogryphes de May.
Début :
Je les tiens les vers mots ; Barbe, qui vient de naitre, [...]
Mots clefs :
Barbe, Poutre, Logogriphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION de l'Enigme et des deux Logogryphes de May.
EXPLICATION de l'Enigme
et des deux Logogryphes de May.
qui
JE
E les tiens les vrais mots ; Barbe ,
naitre ,
Est signe de prudence , ou du moins devroit
P'être ;
vient de
Tout le reste y convient. Poutre certainement ,
Į. Vol.
Estce
JUI N.
1307
1731.
Estce Prothée obscur , dont le prompt change
ment ,
Fait une Tour , un Port , une Porte , une Route
Un Ver ; mais c'est assez : le troisiéme , sans
doute ,
S'est lui-même dépeint ; Logogrypbe est aisé
A reconnoître aux traits qui l'avoient déguisé.
et des deux Logogryphes de May.
qui
JE
E les tiens les vrais mots ; Barbe ,
naitre ,
Est signe de prudence , ou du moins devroit
P'être ;
vient de
Tout le reste y convient. Poutre certainement ,
Į. Vol.
Estce
JUI N.
1307
1731.
Estce Prothée obscur , dont le prompt change
ment ,
Fait une Tour , un Port , une Porte , une Route
Un Ver ; mais c'est assez : le troisiéme , sans
doute ,
S'est lui-même dépeint ; Logogrypbe est aisé
A reconnoître aux traits qui l'avoient déguisé.
Fermer
Résumé : EXPLICATION de l'Enigme et des deux Logogryphes de May.
Le texte explique une énigme et deux logogryphes de May. Il identifie 'Barbe' comme signe de prudence et mentionne les années 1307 et 1731. Prothée, figure mythologique capable de changer de forme, est décrit comme obscur et se transformant en divers objets. Le troisième logogryphe se dépeint lui-même et est reconnaissable par ses traits déguisés.
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5544
p. 1310-1315
Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
Début :
LE PORTE-FEUILLE du Chr. de R... Premier Cayer, de ce qu'il y a de remarquable [...]
Mots clefs :
Arles, Portefeuille, Premier Président et Intendant de Province, Dictionnaire universel de la France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
LE PORTE-FEUILLE du Chr. de R...
Premier Cayer , de ce qu'il y a de re
marquable à Arles . A Arles , chez Gas
I,Vol
pard
JUIN. 1731. 13 kr
pard Mesnier , Imprimeur du Roy , de
M. l'Archevêque et de la Ville , 1726.
Brochure in 4. d'environ 8o. pages .
C'est M. le Chevalier de Romieu qui
est l'Auteur des Mémoires contenus dans
ce Livre. Voici l'occasion qui l'a engagé à
lès écrire . M. le Bret , Premier President
et Intendant de Provence , envoya il y a
quelque temps à ses Subdéleguez un Pro
jet d'Instruction , contenant plusieurs de
mandes sur le nom , l'antiquité de cha
que Ville , son état present , &c. pour
servir à la perfection du Dictionnaire
Universel de la France , publié depuis ,
et qui se vend ici chez les freres Saugrain
et Prault , Libraires ,
M. de Romieu fut chargé de satisfaire
à ce Projet d'instruction dans ce qui con
cernoit la Ville d'Arles , et il s'en ac
quitta avec toute l'exactitude possible.
Tout le monde connoît sa capacité , son
amour pour les Lettres et son zele
pour
le Bien public . Ayant trouvé que le Dic
tionnaire Universel n'avoit point suivi .
ses Memoires dans l'article de la Ville
d'Arles , et que de plus les Auteurs du
Dictionnaire se plaignoient de n'avoir re
çû des Provinces que des réponses très
legeres aux demandes qu'ils avoient fai
tes , M.. de Romieu entreprit dans cet
I.Volg
Ecrit
13T2 MERCURE DE FRANCE
Ecrit qu'il fit imprimer à Arles dans la
même année , de justifier les Memoires
qu'il avoit envoyez aux Auteurs du Dic
tionnaire Universel : il n'a fait que les .
étendre un peu davantage qu'il n'avoit
fait , lorsqu'il les avoit destinez pour un
Dictionnaire. Nous ne ferons qu'indiquer
ce qu'il y a de plus remarquable dans cet
Ouvrage.
L'Auteur commence par Etimologie
du nom d'Arles , en Latin Arelas ou Are
late. Il en rapporte plusieurs qui y peu
vent convenir , sans se déterminer pour
aucune. Il explique ensuite les épithetes
qu'on lui a données. Elle étoit appellée.
Arelas Mammillaria , parce qu'elle nour
rissoit plusieurs autres Villes , et qu'elle:
leur fournissoit des grains , et Arelas Mil
liaria , parce que les Colonnes milliaires
qui conduisoient à Rome et dans les gran
des Villes , commençoient à Arles . L'Au
teur rapporte là- dessus une Inscription
trouvée à Arles sur une Colonne où il
est marqué que là commence le premier
Milliaire. Nous ne suivrons pas M. de
Romieu , dans ce qu'il dit du Port d'Ar
les et du nouveau Canal auquel on tra
vaille par ordre du Roi , à six lieues de
aette Ville , et qui aboutit à la Mer.
Arles est une Métropole des plus ancien
I. Vol.. nes
JUIN. 173.18 1313
nes. Elle a aujourd'hui pour suffragans les
Evêques de Marseille , de Toulon , de
Saint-Paul-trois- Châteaux et d'Orange..
C'est tout ce qui lui reste de son ancienne
et vaste Jurisdiction . L'Auteur expose:
ensuite la Tradition de certe Eglise sur
l'Epoque de sa Fondation contre Grégoire:
de Tours et contre M. de Launoy . l'E
glise d'Arles la rapporte à S. Trophime ,
Disciple de S. Paul , et envoyé par S. Pierre
dans les Gaules. Grégoire de Tours ,,
au contraire , ne la fait remonter qu'à un
autre Trophime très - posterieur au Dis
ciple de S. Paul. M. de Romieu s'étend
ensuite sur les Conciles qui ont été te
nus à Arles , sur les saints Prélats qui ont
rempli ce Siege , sur la Primatie que d'au
tres Sieges ont partagée depuis , sur les
Paroisses de cette Ville , et sur l'ancienne
Abbaye de Montmajor , de l'Ordre de
S. Benoît , qui fait un Article particulier..
L'an 1667. Louis XIV . établit dans cette
Ville une Académie de Belles - Lettres ;
mais elle ne s'est point soutenuë , et ne
subsiste plus aujourd'hui.
L'Auteur passe aux Antiquitez d'Arles .
Il croit vrai- semblable que cette Ville fut
construite par les Gaulois dans le 4º sie
cle après le Déluge . Elle a appartenu à
beaucoup de Maîtres ; aux Gaulois , aux
L..Vol .
Grecs ,ܕ
1314 MERCURE DE FRANCE
Grecs , aux Romains , aux Goths , aux
François ; les Comtes d'Ardennes en fu
rent Rois. Elle devint ensuite Républi
que , puis elle tomba sous la domination
des Comtes de Provence , enfin elle fut
réünie à la Couronne sous Louis XI. On
Y découvre encore plusieurs restes de son
ancienne magnificence , comme des Tom
beaux antiques de Marbre , avec leurs Ins
criptions , de superbes Colonnes , des dé
bris de Temples et de Théatre , des Ther
mes qui étoient les Bains chauds des An
ciens , des Aqueducs , &c. Nous souhai
terions que les bornes d'un Extrait nous
permissent de dire quelque chose du ma
gnifique Amphithéatre qu'on voit encore
Arles , au moins en partie , du fameux
Obelisque qui y est élevé , des Champs
Elisées , de la celebre Venus qui y fut
trouvée , et que Louis XIV. a fait placer
à Versailles , de l'ancien Aqueduc , fait
par les Romains , de l'Hôtel de Ville , qui
est un Ouvrage moderne ; du Territoire
de cette Ville , que l'Auteur appelle Ter
roir ; du génie et des moeurs de ses Ha
bitans , &c. Nous renvoyons sur tous ces
articles au Livre de M. de Romieu . Nous
avertirons seulement que l'Auteur a eu
soin de redresser en plusieurs endroits
les Auteurs du Dictionnaire Universel ,
I. Vol
qui
JUIN. 1731. 1315
qui se sont , dit-il , égarez sur l'article
d'Arles , faute d'avoir suivi les Memoires
qui viennent d'être rendus publics .
LA MORT DES JUSTES , ou la maniere
de bien mourir ; par Jean de la Placette.
Troisiéme Edition considerablement
augmentée. A la Haye , Ger. Vander
Poël. 1729. 2. vol. in 8. de près de 600 .
pages , avec la Préface et la Table.
Premier Cayer , de ce qu'il y a de re
marquable à Arles . A Arles , chez Gas
I,Vol
pard
JUIN. 1731. 13 kr
pard Mesnier , Imprimeur du Roy , de
M. l'Archevêque et de la Ville , 1726.
Brochure in 4. d'environ 8o. pages .
C'est M. le Chevalier de Romieu qui
est l'Auteur des Mémoires contenus dans
ce Livre. Voici l'occasion qui l'a engagé à
lès écrire . M. le Bret , Premier President
et Intendant de Provence , envoya il y a
quelque temps à ses Subdéleguez un Pro
jet d'Instruction , contenant plusieurs de
mandes sur le nom , l'antiquité de cha
que Ville , son état present , &c. pour
servir à la perfection du Dictionnaire
Universel de la France , publié depuis ,
et qui se vend ici chez les freres Saugrain
et Prault , Libraires ,
M. de Romieu fut chargé de satisfaire
à ce Projet d'instruction dans ce qui con
cernoit la Ville d'Arles , et il s'en ac
quitta avec toute l'exactitude possible.
Tout le monde connoît sa capacité , son
amour pour les Lettres et son zele
pour
le Bien public . Ayant trouvé que le Dic
tionnaire Universel n'avoit point suivi .
ses Memoires dans l'article de la Ville
d'Arles , et que de plus les Auteurs du
Dictionnaire se plaignoient de n'avoir re
çû des Provinces que des réponses très
legeres aux demandes qu'ils avoient fai
tes , M.. de Romieu entreprit dans cet
I.Volg
Ecrit
13T2 MERCURE DE FRANCE
Ecrit qu'il fit imprimer à Arles dans la
même année , de justifier les Memoires
qu'il avoit envoyez aux Auteurs du Dic
tionnaire Universel : il n'a fait que les .
étendre un peu davantage qu'il n'avoit
fait , lorsqu'il les avoit destinez pour un
Dictionnaire. Nous ne ferons qu'indiquer
ce qu'il y a de plus remarquable dans cet
Ouvrage.
L'Auteur commence par Etimologie
du nom d'Arles , en Latin Arelas ou Are
late. Il en rapporte plusieurs qui y peu
vent convenir , sans se déterminer pour
aucune. Il explique ensuite les épithetes
qu'on lui a données. Elle étoit appellée.
Arelas Mammillaria , parce qu'elle nour
rissoit plusieurs autres Villes , et qu'elle:
leur fournissoit des grains , et Arelas Mil
liaria , parce que les Colonnes milliaires
qui conduisoient à Rome et dans les gran
des Villes , commençoient à Arles . L'Au
teur rapporte là- dessus une Inscription
trouvée à Arles sur une Colonne où il
est marqué que là commence le premier
Milliaire. Nous ne suivrons pas M. de
Romieu , dans ce qu'il dit du Port d'Ar
les et du nouveau Canal auquel on tra
vaille par ordre du Roi , à six lieues de
aette Ville , et qui aboutit à la Mer.
Arles est une Métropole des plus ancien
I. Vol.. nes
JUIN. 173.18 1313
nes. Elle a aujourd'hui pour suffragans les
Evêques de Marseille , de Toulon , de
Saint-Paul-trois- Châteaux et d'Orange..
C'est tout ce qui lui reste de son ancienne
et vaste Jurisdiction . L'Auteur expose:
ensuite la Tradition de certe Eglise sur
l'Epoque de sa Fondation contre Grégoire:
de Tours et contre M. de Launoy . l'E
glise d'Arles la rapporte à S. Trophime ,
Disciple de S. Paul , et envoyé par S. Pierre
dans les Gaules. Grégoire de Tours ,,
au contraire , ne la fait remonter qu'à un
autre Trophime très - posterieur au Dis
ciple de S. Paul. M. de Romieu s'étend
ensuite sur les Conciles qui ont été te
nus à Arles , sur les saints Prélats qui ont
rempli ce Siege , sur la Primatie que d'au
tres Sieges ont partagée depuis , sur les
Paroisses de cette Ville , et sur l'ancienne
Abbaye de Montmajor , de l'Ordre de
S. Benoît , qui fait un Article particulier..
L'an 1667. Louis XIV . établit dans cette
Ville une Académie de Belles - Lettres ;
mais elle ne s'est point soutenuë , et ne
subsiste plus aujourd'hui.
L'Auteur passe aux Antiquitez d'Arles .
Il croit vrai- semblable que cette Ville fut
construite par les Gaulois dans le 4º sie
cle après le Déluge . Elle a appartenu à
beaucoup de Maîtres ; aux Gaulois , aux
L..Vol .
Grecs ,ܕ
1314 MERCURE DE FRANCE
Grecs , aux Romains , aux Goths , aux
François ; les Comtes d'Ardennes en fu
rent Rois. Elle devint ensuite Républi
que , puis elle tomba sous la domination
des Comtes de Provence , enfin elle fut
réünie à la Couronne sous Louis XI. On
Y découvre encore plusieurs restes de son
ancienne magnificence , comme des Tom
beaux antiques de Marbre , avec leurs Ins
criptions , de superbes Colonnes , des dé
bris de Temples et de Théatre , des Ther
mes qui étoient les Bains chauds des An
ciens , des Aqueducs , &c. Nous souhai
terions que les bornes d'un Extrait nous
permissent de dire quelque chose du ma
gnifique Amphithéatre qu'on voit encore
Arles , au moins en partie , du fameux
Obelisque qui y est élevé , des Champs
Elisées , de la celebre Venus qui y fut
trouvée , et que Louis XIV. a fait placer
à Versailles , de l'ancien Aqueduc , fait
par les Romains , de l'Hôtel de Ville , qui
est un Ouvrage moderne ; du Territoire
de cette Ville , que l'Auteur appelle Ter
roir ; du génie et des moeurs de ses Ha
bitans , &c. Nous renvoyons sur tous ces
articles au Livre de M. de Romieu . Nous
avertirons seulement que l'Auteur a eu
soin de redresser en plusieurs endroits
les Auteurs du Dictionnaire Universel ,
I. Vol
qui
JUIN. 1731. 1315
qui se sont , dit-il , égarez sur l'article
d'Arles , faute d'avoir suivi les Memoires
qui viennent d'être rendus publics .
LA MORT DES JUSTES , ou la maniere
de bien mourir ; par Jean de la Placette.
Troisiéme Edition considerablement
augmentée. A la Haye , Ger. Vander
Poël. 1729. 2. vol. in 8. de près de 600 .
pages , avec la Préface et la Table.
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Résumé : Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
Le texte présente une brochure intitulée 'Le Porte-Feuille du Chr. de R...' publiée en juin 1731 à Arles par Mesnier, imprimeur du Roi, de l'Archevêque et de la Ville. Cette brochure, rédigée par le Chevalier de Romieu, contient des mémoires sur la ville d'Arles. L'occasion de ces mémoires est un projet d'instruction envoyé par M. le Bret, Premier Président et Intendant de Provence, visant à recueillir des informations sur les villes de Provence pour le Dictionnaire Universel de la France. Romieu a été chargé de fournir des détails sur Arles, qu'il a fait avec exactitude. Romieu a entrepris d'écrire cet ouvrage après avoir constaté que le Dictionnaire Universel n'avait pas suivi ses mémoires et que les réponses reçues des provinces étaient légères. Il a donc décidé de justifier et d'étendre ses mémoires, qui ont été imprimés à Arles la même année. L'ouvrage de Romieu commence par l'étymologie du nom d'Arles, expliquant les épithètes données à la ville et son rôle historique. Il mentionne également les épiscopats suffragants d'Arles, les conciles tenus dans la ville, et les saints prélats qui ont occupé ce siège. Romieu discute aussi de l'Académie de Belles-Lettres établie par Louis XIV en 1667, bien qu'elle n'existe plus. Le texte aborde également les antiquités d'Arles, croyant que la ville a été construite par les Gaulois au 4ème siècle après le Déluge. Il mentionne les différents maîtres de la ville au fil de l'histoire, ainsi que les vestiges de son ancienne magnificence, comme des tombeaux antiques, des colonnes, des débris de temples et de théâtres, des thermes, et des aqueducs. Romieu corrige plusieurs erreurs trouvées dans le Dictionnaire Universel concernant Arles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5545
p. 1315-1317
Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
Début :
LETTRES ET SÉRIEUSES ET BADINES, sur un Livre intitulé : État present de la République [...]
Mots clefs :
Lettres, Journal, Bienheureux serviteur de Dieu, Courroux du ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
LETTRES SERIEUSES ET BADINES , sur un
Livre intitulé : Etat present de la Républi
que des Provinces- Unies. Par M. F. M.
Janiçon ; et sur d'autres Ouvrages . Pre
miere Partie ; Nec unus in te ego hos animos
gessis longus post me ordo idem petentium
decus. Tit. Liv. Decad. 1. Lib. 1. A la
Haye , che Jean Wanduren , 1729. in 12.
de 273. pages , sans compter l'Epitre , la
Préface , l'Avis du Libraire et quantité de
Tables , de Listes et de Catalogues qui
en contiennent environ 90.
Ces Lettres sont un Journal d'une nou
velle espece , comme le dit l'Auteur dans
la Préface ; on verra bien , dit- il , que je
les ai écrites avec assez d'enjoument et de
liberté. Les suivantes seront de même, & c.
On apprend dans la dixiéme Lettre
1
I. Vol. qu'on
1316 MERCURE DE FRANCE
qu'on a imprimé à Venise un Livre sous
ce titre : Trattato dell' Arte Cavalleresca ,
dove si essaminano molte questioni curiosis
sime in tornoalle Bastonate . Vinegia , apresse
li Tremati. Le Marquis Gio Pirro de Mar
di Luogo , qui en est Auteur , s'efforce
d'y prouver que les coups de bâton ne
deshonorent point , et qu'on peut sans
honte aller boire avec celui de qui on les
a reçus.
Après ce titre de Livre , dont l'Auteur
n'affirme pas tout- à - fait l'existence , il
en rapporte un autre Espagnol , duquel
il dit avoir bien ri à Séville. En voici
le titre Exclamacion à la héroica y
Christiana paciencia , &c. Eloge de la
patience héroïque de ce grand Serviteur de
Dieu, Don Jean Rufo Medroso , où l'on
voit les choses merveilleuses qu'il dit en re
cevant des coups de bâton à la porte
la generosité
incomparable avec laquelle il jetta son épée
à terre , pour ne pas faire mal à son ennemi,
et sa prudente fuite. A Seville , par le Pere
Juan de Picas , Religieux de l'Ordre des
Humiliez , 1569.
Comédie , sa contenance modeste e de la
En voici un Passage qui a été traduit :
Le Bienheureux Serviteur de Dieu inter
rogé par son ami Don Pedro del Campo ,
pourquoi il ne s'étoit pas deffendu , lui
I. Vol. ré
JUIN. 1731. 1317
répondit avec son humilité ordinaire. Fe
vous ai déja raconté comment Don Miguel
me surprit ; j'ajoûte qu'il me pressa avec tant
d'ardeur, que je n'eus pas le loisir de résou
dre divers doutes qui me vinrent d'abord
dans l'esprit. Je ne sçavois si je pouvois en
conscience me servir d'une épée que j'avois
vouée à Nuestra Señora de la Paz. Je ne
sçavois si , étant Gentilhomme , il m'étoit per
mis de me battre avec une canne . Je ne sça
vois si mon Adversaire , étant Gentilhomme
comme moi , j'avois droit de le frapper avec
une canne. D'un autre côté , je songeai qu'on
pourroit faire passer cette rencontre pour un
Duel , et que notre sainte Mere Eglise excom
munie les Duellistes. Ce n'est pas tout encore.
Je veux, en vous découvrant jusqu'au fond de
mon coeur , vous faire voir à quel point mes
pechez ont attiré sur moi le couroux du Ciel.
Scache donc que comme par ces énormes
pechez je suis devenu l'enfant du diable ;
en un mot , je tremble comme lui , dès que je
vois seulement une épée nuë.
Livre intitulé : Etat present de la Républi
que des Provinces- Unies. Par M. F. M.
Janiçon ; et sur d'autres Ouvrages . Pre
miere Partie ; Nec unus in te ego hos animos
gessis longus post me ordo idem petentium
decus. Tit. Liv. Decad. 1. Lib. 1. A la
Haye , che Jean Wanduren , 1729. in 12.
de 273. pages , sans compter l'Epitre , la
Préface , l'Avis du Libraire et quantité de
Tables , de Listes et de Catalogues qui
en contiennent environ 90.
Ces Lettres sont un Journal d'une nou
velle espece , comme le dit l'Auteur dans
la Préface ; on verra bien , dit- il , que je
les ai écrites avec assez d'enjoument et de
liberté. Les suivantes seront de même, & c.
On apprend dans la dixiéme Lettre
1
I. Vol. qu'on
1316 MERCURE DE FRANCE
qu'on a imprimé à Venise un Livre sous
ce titre : Trattato dell' Arte Cavalleresca ,
dove si essaminano molte questioni curiosis
sime in tornoalle Bastonate . Vinegia , apresse
li Tremati. Le Marquis Gio Pirro de Mar
di Luogo , qui en est Auteur , s'efforce
d'y prouver que les coups de bâton ne
deshonorent point , et qu'on peut sans
honte aller boire avec celui de qui on les
a reçus.
Après ce titre de Livre , dont l'Auteur
n'affirme pas tout- à - fait l'existence , il
en rapporte un autre Espagnol , duquel
il dit avoir bien ri à Séville. En voici
le titre Exclamacion à la héroica y
Christiana paciencia , &c. Eloge de la
patience héroïque de ce grand Serviteur de
Dieu, Don Jean Rufo Medroso , où l'on
voit les choses merveilleuses qu'il dit en re
cevant des coups de bâton à la porte
la generosité
incomparable avec laquelle il jetta son épée
à terre , pour ne pas faire mal à son ennemi,
et sa prudente fuite. A Seville , par le Pere
Juan de Picas , Religieux de l'Ordre des
Humiliez , 1569.
Comédie , sa contenance modeste e de la
En voici un Passage qui a été traduit :
Le Bienheureux Serviteur de Dieu inter
rogé par son ami Don Pedro del Campo ,
pourquoi il ne s'étoit pas deffendu , lui
I. Vol. ré
JUIN. 1731. 1317
répondit avec son humilité ordinaire. Fe
vous ai déja raconté comment Don Miguel
me surprit ; j'ajoûte qu'il me pressa avec tant
d'ardeur, que je n'eus pas le loisir de résou
dre divers doutes qui me vinrent d'abord
dans l'esprit. Je ne sçavois si je pouvois en
conscience me servir d'une épée que j'avois
vouée à Nuestra Señora de la Paz. Je ne
sçavois si , étant Gentilhomme , il m'étoit per
mis de me battre avec une canne . Je ne sça
vois si mon Adversaire , étant Gentilhomme
comme moi , j'avois droit de le frapper avec
une canne. D'un autre côté , je songeai qu'on
pourroit faire passer cette rencontre pour un
Duel , et que notre sainte Mere Eglise excom
munie les Duellistes. Ce n'est pas tout encore.
Je veux, en vous découvrant jusqu'au fond de
mon coeur , vous faire voir à quel point mes
pechez ont attiré sur moi le couroux du Ciel.
Scache donc que comme par ces énormes
pechez je suis devenu l'enfant du diable ;
en un mot , je tremble comme lui , dès que je
vois seulement une épée nuë.
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Résumé : Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
Le document traite de l'ouvrage 'Lettres sérieuses et badines', publié en 1729 à La Haye. L'auteur y décrit son journal comme une collection de lettres écrites avec enjouement et liberté. Dans la dixième lettre, il mentionne un livre imprimé à Venise, 'Trattato dell' Arte Cavalleresca', où le Marquis Gio Pirro de Mar di Luogo tente de prouver que les coups de bâton ne déshonorent pas. L'auteur cite également un ouvrage espagnol, 'Exclamacion à la héroica y Christiana paciencia', qui éloge la patience héroïque de Don Jean Rufo Medroso face aux coups de bâton. Un passage traduit de cet ouvrage montre Don Jean Rufo expliquant pourquoi il ne s'est pas défendu, évoquant des doutes sur l'usage de l'épée et la peur de l'excommunication pour duel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5546
p. 1317-1321
Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
Début :
OEUVRES MESLÉES en Prose et en Vers. Par M. le Comte Antoine Hamilton. [...]
Mots clefs :
Épîtres, Chansons, Muses, Amour, Tendresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
OEUVRES MESLE'ES en Prose et en
Vers.Par M.le Comte Antoine Hamilton.
A Paris , rue S. Jacques , chez J. Fr. Fosse,
1731. in 12. de to5 . pages pour les Poë
sies , 156. pour les Lettres et Epitres.
94. pour les Chansons , et 131. pour
'Histoire de Zeneyde ;. &c..
1318 MERCURE DE FRANCE
Nous prendrons presque au hazard quel
ques morceaux dans ce Livre pour met
tre le Lecteur en état de juger , ou avoir
au moins quelque idée de ce Recueil.
LETTRE de Madame Thibergeau ;
à M. Hamilton.
Les Muses et l'Amour veulent de la jeunesse.
Je rimois autrefois , et rimois assez bien ,
Aujourd'hui le Parnasse , et la douce tendresse ,
Sont étrangers pour moi ; je n'y connois plus rien .
Ces quatre Vers , en Prose rimée , ne
font que trop foi de cette verité ; cepen
dant une Muse que j'avois flattée de voir
arriver ici le celebre Ant. Hamilton , s'é
toit engagée à ne me point abandonner
tant qu'il seroit avec moi , et à me four
nir encore assez de feu et de nobles pen
sées , pour chanter le preux Chevalier qui
doit metrre à chef l'entreprise de l'Ifla
d'Albion ; mais comme cet Antoine , Fa
vori du Parnasse , n'a point paru , la Muse
sur laquelle je comptois , m'a impitoya
blement refusé son secours et a pris son
vol vers la Lorraine , où , dit- elle , on
trouve en la personne de plusieurs belles
Chanoinesses , de veritables Muses . Le
brave Richard plaint ma peine, je l'aime,
je le goûte , je l'estime ; mais il ne m'ins
›
I. Vol. pire
JUI N. 1731 1319
pire rien de la part d'Apollon . Ainsi ré
duite à la Prose et à la simple amitié ,
mes Ecrits ne peuvent plus être que fa
des ou sérieux , et je prise trop notre il
lustre Hamilton , et les charmantes Da
mes de Poussay , pour ajoûter ici rien
de plus.
Réponse de M. Hamilton , à Madame
Thibergeau.
Il né falloit pas , Madame , nous en
voyer leş Vers du monde les mieux tour
nez , pour nous prouver que vous n'en
sçavez plus faire . O ! que ces quatre Vers
renfermeroient de belles leçons pour moi,
si par malheur je n'étois incorrigible.
S'il faut par un Arrêt fatal ,
Que les charmes de la jeunesse ,
Et les doux soins de la tendresse ,
Marchent chez nous d'un pas égal ,
Pour nous guinder sur le cheval ,
Qui voltige autour du Permesse ;
Malheur à qui dans la vieillesse ,
Des Fâcheux , triste Original ,
A l'insolence , ou à la foiblesse ,
De piquer le Docte Animal !
Et qui va sans que
rien l'en presse ,
Toujours rimant quelque Maîtresse,
I. Vol. Pour
1320 MERCURE DE FRANCE
Pour divertir quelque Rival.
Dans le cas suis , je le confesse
Plus important que B´....
Je chante quelque Iris sans cesse
Mais aussi je la chante mal.
>
Et afin que vous n'en puissiez douter ,
je vous envoye quatre Couplets assez
nouveaux que j'ai faits pour mon Iris
d'à - present , qui par son nom de guerre ,
ou de confirmation , s'appelle Pincette.
Au reste , Madame , les aimables Mu
ses de Poussay ne sçauroient consentir au
dégoût qui semble venu pour leur Or
dre ; j'entens en qualité de Muses ; et voi
cy ce qu'elles me dictent pour vous sur
ce sujet ;
>
O vous , ornement d'une Race ,
Où le bon goût regna toûjours ,
Pourquoi renoncer au Parnasse ?
Dans le plus charmant des séjours ,
Quel autre soin vous embarasse ?
Qu'avez-vous besoin du secours
De la tendresse ou des beaux jours ?
On en trouve par tout la trace ,
Dans vos Vers , dans les heureux tours ;
Sur eux la Mere des Amours ,
Semble avoir répandu sa grace ,
I. Vol. Et
H
1321
JUIN. 1731.
1
J
1
Et la rime , sans vains détours ,
Sous votre main court et se place.
A M. l'Abbé Abeille.
Il y a quelques jours , Monsieur , qu'on
me fit voir une Epigramme habillée en
Madrigal , où l'on prétend critiquer cer
tains endroits de votre Ode ; il y avoit un
de mes amis avec moi , qui trouvant
votre Ode fort belle , & la Critique fort
mauvaise , y fit la Réponse que je vous
envoye .
Jadis le Grec Archilochus ,
Mit par un Vaudeville Iambe
Pour certains griefs prétendus , )
Néobulé , la belle , et son Pere Lycambe
Au Catalogue des pendus ;
Mais aujourd'hui pour se deffendre ,
Contre les attentats divers ,
D'Epigrammes sans sel , de Madrigaux pervers ,
On se contente de les rendre ;
Car c'est au Censeur à se pendre ,
Lorsque son esprit à l'envers ,
Veut enseigner au lieu d'apprendre ,
Fait des fautes pour les reprendre ,
Et qu'il médit en méchans Vers.
Vers.Par M.le Comte Antoine Hamilton.
A Paris , rue S. Jacques , chez J. Fr. Fosse,
1731. in 12. de to5 . pages pour les Poë
sies , 156. pour les Lettres et Epitres.
94. pour les Chansons , et 131. pour
'Histoire de Zeneyde ;. &c..
1318 MERCURE DE FRANCE
Nous prendrons presque au hazard quel
ques morceaux dans ce Livre pour met
tre le Lecteur en état de juger , ou avoir
au moins quelque idée de ce Recueil.
LETTRE de Madame Thibergeau ;
à M. Hamilton.
Les Muses et l'Amour veulent de la jeunesse.
Je rimois autrefois , et rimois assez bien ,
Aujourd'hui le Parnasse , et la douce tendresse ,
Sont étrangers pour moi ; je n'y connois plus rien .
Ces quatre Vers , en Prose rimée , ne
font que trop foi de cette verité ; cepen
dant une Muse que j'avois flattée de voir
arriver ici le celebre Ant. Hamilton , s'é
toit engagée à ne me point abandonner
tant qu'il seroit avec moi , et à me four
nir encore assez de feu et de nobles pen
sées , pour chanter le preux Chevalier qui
doit metrre à chef l'entreprise de l'Ifla
d'Albion ; mais comme cet Antoine , Fa
vori du Parnasse , n'a point paru , la Muse
sur laquelle je comptois , m'a impitoya
blement refusé son secours et a pris son
vol vers la Lorraine , où , dit- elle , on
trouve en la personne de plusieurs belles
Chanoinesses , de veritables Muses . Le
brave Richard plaint ma peine, je l'aime,
je le goûte , je l'estime ; mais il ne m'ins
›
I. Vol. pire
JUI N. 1731 1319
pire rien de la part d'Apollon . Ainsi ré
duite à la Prose et à la simple amitié ,
mes Ecrits ne peuvent plus être que fa
des ou sérieux , et je prise trop notre il
lustre Hamilton , et les charmantes Da
mes de Poussay , pour ajoûter ici rien
de plus.
Réponse de M. Hamilton , à Madame
Thibergeau.
Il né falloit pas , Madame , nous en
voyer leş Vers du monde les mieux tour
nez , pour nous prouver que vous n'en
sçavez plus faire . O ! que ces quatre Vers
renfermeroient de belles leçons pour moi,
si par malheur je n'étois incorrigible.
S'il faut par un Arrêt fatal ,
Que les charmes de la jeunesse ,
Et les doux soins de la tendresse ,
Marchent chez nous d'un pas égal ,
Pour nous guinder sur le cheval ,
Qui voltige autour du Permesse ;
Malheur à qui dans la vieillesse ,
Des Fâcheux , triste Original ,
A l'insolence , ou à la foiblesse ,
De piquer le Docte Animal !
Et qui va sans que
rien l'en presse ,
Toujours rimant quelque Maîtresse,
I. Vol. Pour
1320 MERCURE DE FRANCE
Pour divertir quelque Rival.
Dans le cas suis , je le confesse
Plus important que B´....
Je chante quelque Iris sans cesse
Mais aussi je la chante mal.
>
Et afin que vous n'en puissiez douter ,
je vous envoye quatre Couplets assez
nouveaux que j'ai faits pour mon Iris
d'à - present , qui par son nom de guerre ,
ou de confirmation , s'appelle Pincette.
Au reste , Madame , les aimables Mu
ses de Poussay ne sçauroient consentir au
dégoût qui semble venu pour leur Or
dre ; j'entens en qualité de Muses ; et voi
cy ce qu'elles me dictent pour vous sur
ce sujet ;
>
O vous , ornement d'une Race ,
Où le bon goût regna toûjours ,
Pourquoi renoncer au Parnasse ?
Dans le plus charmant des séjours ,
Quel autre soin vous embarasse ?
Qu'avez-vous besoin du secours
De la tendresse ou des beaux jours ?
On en trouve par tout la trace ,
Dans vos Vers , dans les heureux tours ;
Sur eux la Mere des Amours ,
Semble avoir répandu sa grace ,
I. Vol. Et
H
1321
JUIN. 1731.
1
J
1
Et la rime , sans vains détours ,
Sous votre main court et se place.
A M. l'Abbé Abeille.
Il y a quelques jours , Monsieur , qu'on
me fit voir une Epigramme habillée en
Madrigal , où l'on prétend critiquer cer
tains endroits de votre Ode ; il y avoit un
de mes amis avec moi , qui trouvant
votre Ode fort belle , & la Critique fort
mauvaise , y fit la Réponse que je vous
envoye .
Jadis le Grec Archilochus ,
Mit par un Vaudeville Iambe
Pour certains griefs prétendus , )
Néobulé , la belle , et son Pere Lycambe
Au Catalogue des pendus ;
Mais aujourd'hui pour se deffendre ,
Contre les attentats divers ,
D'Epigrammes sans sel , de Madrigaux pervers ,
On se contente de les rendre ;
Car c'est au Censeur à se pendre ,
Lorsque son esprit à l'envers ,
Veut enseigner au lieu d'apprendre ,
Fait des fautes pour les reprendre ,
Et qu'il médit en méchans Vers.
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Résumé : Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
Le texte présente un recueil d'œuvres du Comte Antoine Hamilton, publié à Paris en 1731. Cet ouvrage est composé de 105 pages de poèmes, 156 pages de lettres et épîtres, 94 pages de chansons, et 131 pages consacrées à l'histoire de Zeneyde. Le Mercure de France en extrait quelques morceaux pour offrir un aperçu du recueil. Une lettre de Madame Thibergeau à Hamilton exprime son regret de ne plus pouvoir écrire des vers, bien qu'elle ait espéré être inspirée par la présence de Hamilton. Elle indique que ses écrits se limitent désormais à la prose et à l'amitié. Hamilton répond en soulignant que la jeunesse et la tendresse sont essentielles pour la poésie. Il envoie des couplets récents dédiés à une certaine 'Pincette' et mentionne les Muses de Poussay, qui encouragent Madame Thibergeau à ne pas abandonner la poésie. Le texte inclut également une épigramme en réponse à une critique de l'ode de l'Abbé Abeille. Cette épigramme défend la beauté de l'œuvre contre des critiques jugées mauvaises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5547
p. 1322-1324
CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI, Illustre Sçavant de Veronne.
Début :
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En trois Livres in 4o. à Rome 1710. on [...]
Mots clefs :
Catalogue, Savant, Commentaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI, Illustre Sçavant de Veronne.
CATALOGUE des Ouvrages du Mar
quis SCIPION MAFFEI , Illustre
Sçavant de Veronne.
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En
trois Livres in 4 ° . à Rome 1710. on
en a fait depuis six Editions . La der
niere avec des notes en commentaires
du P. Paoli , de l'Académie des Arcadi.
L'Auteur attaque dans cet ouvrage
les fausses maximes et les faux préjugez
du point d'honneur.
Rime et Prose & c. Recueil des Discours
Lettres , Dissertations , et autres Pie
ces composées en divers temps par le
Marquis Maffei , et qui avoient déja
paru séparément . On en est redevable
à M. le Docteur Colleti , qui le fit im
primer à Venise en 1719. in 4º .
Merope , Tragedie. Cerimanie , Comedie.
La fida Ninfa: Drame mis en Musique.
Ces trois Pieces ont été nouvellement
réimprimées à Verone en un même vo
lume , avec l'explication de quelques
Antiquités qui appartiennent au Thea
tre.LaTragedie deMerope fut imprimée
pour la premiere fois en 1710. et dans
1
"
}
I.Vol.
l'espace
JUIN. 1731. 1323
l'espace de moins de dix années il s'en
est fait en Italie , ou dans les Pays
étrangers , plus de douze Editions. Ja
mais Tragedie n'a eu un applaudisse
ment si universel, et ne le merita mieux.
Il en a paru des Traductions en Alle
mand , en Anglois , en Castillan , et
trois differentes en François.
· Tradutori Italiani , &c. Ouvrage où l'on
donne une connoissance de toutes les
Traductions qui ont été faites en Lan
gne Toscane , des anciens Auteurs
Grecs et Latins .
Dell amica Condizion di Verona. Le Mar
quis Maffei publia certe Dissertation
pour la déffense de Verone sa Patrie ,
contre un Auteur qui avoit entrepris
de prouver que Brescia avoit été la
Capitale des Cenomans , et que Verone
lui avoit été soumise. Il y prouve d'une
maniere claire et solide , que ce vers
Brixia Verona mater amata mea.
n'est point de Catulle. On a décou
vert depuis la publication de cet Ou
vrage deux anciens Manuscrits des
Oeuvres de ce Poëte , où en effet ce vers
ne se trouve pas.
Cassiodiori Complexiones, &c. Ces opuscu
les de Cassiodore qui n'avoient point
encore été publiés , furent imprimés à
I.Vol. F Florence
1324 MERCURE DE FRANCE
Florence en 1721. accompagnés de
Sçavantes Notes.
Supplementum Acacionum. Ce sont trois
Lettres de Felix I I I. jusqu'alors non
publiées. On les a inserées dans le 5.To
me de l'Edition des Conciles , qu'on
fait à Venise.
Historia Diplomatica &c. Histoire Diplo
matique pour servir d'introduction à .
l'art critique sur cette matiere , avec
un Recueil de documens qui n'avoient
pas encore été publiés. On a de plus
dans ce même volume , un Discours
sur l'origine des Vers Rithmiques.
Une Dissertation sur les premiers ha
bitans d'Italie ; la Lettre de S. Chri
sostome à Cesarius expliquée , et quel
ques autres Monumens.
*
·C
Il Theatro Italiano. C'est un Recueil des
plus belles Tragedies qui ayent été re
presentées sur les Theatres d'Italie.
Opere di Giorgio Trissino raccolte. Ce Re
cüeil est précedé d'une sçavante Preface.
De gli Amphiteatri &c. Traité des Amphi
theatres , et en particulier de celui de
Veronne. Il paroitra de nouveau dans
un ouvrage plus considerable , qui est
déja sous Presse , et qui aura pour titre
Verona illustrata.
quis SCIPION MAFFEI , Illustre
Sçavant de Veronne.
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En
trois Livres in 4 ° . à Rome 1710. on
en a fait depuis six Editions . La der
niere avec des notes en commentaires
du P. Paoli , de l'Académie des Arcadi.
L'Auteur attaque dans cet ouvrage
les fausses maximes et les faux préjugez
du point d'honneur.
Rime et Prose & c. Recueil des Discours
Lettres , Dissertations , et autres Pie
ces composées en divers temps par le
Marquis Maffei , et qui avoient déja
paru séparément . On en est redevable
à M. le Docteur Colleti , qui le fit im
primer à Venise en 1719. in 4º .
Merope , Tragedie. Cerimanie , Comedie.
La fida Ninfa: Drame mis en Musique.
Ces trois Pieces ont été nouvellement
réimprimées à Verone en un même vo
lume , avec l'explication de quelques
Antiquités qui appartiennent au Thea
tre.LaTragedie deMerope fut imprimée
pour la premiere fois en 1710. et dans
1
"
}
I.Vol.
l'espace
JUIN. 1731. 1323
l'espace de moins de dix années il s'en
est fait en Italie , ou dans les Pays
étrangers , plus de douze Editions. Ja
mais Tragedie n'a eu un applaudisse
ment si universel, et ne le merita mieux.
Il en a paru des Traductions en Alle
mand , en Anglois , en Castillan , et
trois differentes en François.
· Tradutori Italiani , &c. Ouvrage où l'on
donne une connoissance de toutes les
Traductions qui ont été faites en Lan
gne Toscane , des anciens Auteurs
Grecs et Latins .
Dell amica Condizion di Verona. Le Mar
quis Maffei publia certe Dissertation
pour la déffense de Verone sa Patrie ,
contre un Auteur qui avoit entrepris
de prouver que Brescia avoit été la
Capitale des Cenomans , et que Verone
lui avoit été soumise. Il y prouve d'une
maniere claire et solide , que ce vers
Brixia Verona mater amata mea.
n'est point de Catulle. On a décou
vert depuis la publication de cet Ou
vrage deux anciens Manuscrits des
Oeuvres de ce Poëte , où en effet ce vers
ne se trouve pas.
Cassiodiori Complexiones, &c. Ces opuscu
les de Cassiodore qui n'avoient point
encore été publiés , furent imprimés à
I.Vol. F Florence
1324 MERCURE DE FRANCE
Florence en 1721. accompagnés de
Sçavantes Notes.
Supplementum Acacionum. Ce sont trois
Lettres de Felix I I I. jusqu'alors non
publiées. On les a inserées dans le 5.To
me de l'Edition des Conciles , qu'on
fait à Venise.
Historia Diplomatica &c. Histoire Diplo
matique pour servir d'introduction à .
l'art critique sur cette matiere , avec
un Recueil de documens qui n'avoient
pas encore été publiés. On a de plus
dans ce même volume , un Discours
sur l'origine des Vers Rithmiques.
Une Dissertation sur les premiers ha
bitans d'Italie ; la Lettre de S. Chri
sostome à Cesarius expliquée , et quel
ques autres Monumens.
*
·C
Il Theatro Italiano. C'est un Recueil des
plus belles Tragedies qui ayent été re
presentées sur les Theatres d'Italie.
Opere di Giorgio Trissino raccolte. Ce Re
cüeil est précedé d'une sçavante Preface.
De gli Amphiteatri &c. Traité des Amphi
theatres , et en particulier de celui de
Veronne. Il paroitra de nouveau dans
un ouvrage plus considerable , qui est
déja sous Presse , et qui aura pour titre
Verona illustrata.
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Résumé : CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI, Illustre Sçavant de Veronne.
Le catalogue met en lumière les œuvres du marquis Scipion Maffei, érudit véronais. Parmi ses travaux marquants, on trouve 'Della Scienza chiamata Cavalleresca', publié en 1710 à Rome, où il critique les fausses maximes et préjugés du point d'honneur. En 1719, il publie 'Rime e Prose', un recueil de discours, lettres et dissertations. Ses pièces théâtrales, comme 'Merope', 'Cerimanie' et 'La fida Ninfa', ont connu un grand succès et ont été traduites en plusieurs langues. Maffei a également écrit 'Tradutori Italiani', un ouvrage sur les traductions des auteurs grecs et latins en toscan. Dans 'Dell'amica Condizion di Verona', il défend l'histoire de Vérone contre des affirmations erronées. Il a édité des œuvres inédites de Cassiodore et des lettres de Félix III. Son 'Historia Diplomatica' comprend des documents historiques et des dissertations variées. Enfin, il a compilé un recueil des meilleures tragédies italiennes et rédigé un traité sur les amphithéâtres, notamment celui de Vérone.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5548
p. 1324-1334
Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
Début :
GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA Tomo primo. Anno MDCCX. All' Altezza [...]
Mots clefs :
Italie, Journal de Venise, Cardinal Massimi, Modène, Journal de Ferrare, Journal de Florence, Galerie de Minerve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA
Tomo primo. Anno MDCCX. All' Al
JUIN. 1731 . 1325
tezza serenissima di Ferdinando . IIL
Principe di Toscana . InVenezia MDCCX.
Appresso Gio. Gabriello Ertz , Con Licen
za de Superiori , E Privilegio. Vol. in 12.
de 467. pages. L'Epitre , la Preface et la
Table comprises .
L'Italie vit en 1658. le premier Jour
nal écrit en sa langue. M. l'Abbé Nazari
soutint cette entreprise jusqu'en 16 81. avec
beaucoup de gloire . Il s'imprimoit à Rome
sous les auspices du Cardinal Massimi,
Le Journal de Venise commença en
1671. et finit en même temps que le Jour
nal de Rome. Les Auteurs étoient Pier
re Moretti , et François Miketti. L'An
1686. le P. Gaudence Roberti Car
me , et le P. Benoit Bacchini, Benedictin
du Mont- Cassin , entreprirent à Parme
un Journal qu'ils ne continuerent que
pendant quatre ans. On commença en
1692. d'en donner une continuation
imprimée à Modéne , mais elle n'eut pas
beaucoup de suite.
Le Journal de Ferrare entrepris par
l'Abbé della Corce , fameux Antiquaire ,
et commencé en l'année 1691. fût aussi
d'une courte durée .
Le Journal de Florence , intitulé: Saggi
di naturale esperienze fatte nel Academia
del cimento , se borna aux matieres de
I. Vol.
Fij Physique
1326 MERCURE DE FRANCE
Physique. Nous ne sommes pas assés ins
truits de ses progrez.
Albrizi commença d'imprimer à Ve
nise en 1696. La Galerie de Minerve , ce
Journal étoit l'ouvrage d'une Societé de
Gens de Lettres , dont M. Apostolozeno
étoit le Sécretaire. Mais le Journal dont
nous avons à parler ici , que ce Sçavant
Italien commença avec l'année 1710 .
sous les Auspices du Grand Prince de
Toscane, a presque fait disparoître la Gal
lerie de Minerve le dessein de ce Jour
nal est plus regulier. Il s'imprime à Veni
se , et il en paroît tous les trois mois un
volume. On sçait que plusieurs Ecrivains
d'un grand merite ont part à cette En
treprise. Entre- autres , le Seigneur Ber
nardo Trevizani , noble Venitien et grand
Philosophe , le Cavalier Maffei , une des
meilleures plumes d'Italie , qui joint l'é
rudition à la politesse ; M. Vallisnieri
et Morgagni , célebres par des ouvrages
estimés sur la Physique , la Medecine , et
l'Anatomie , et M. Patarol , qui a une
grande connoissance des Belles-Lettres et
de l'Antiquité , outre cela les Auteurs
de ce Journal , qui n'a eu encore aucune
interruption , ont eu , dès le commence
ment, une liaison particuliere avec l'Illus
treMarquisOrsi et avec le fameuxM.Ma
ag
I. Vel. gliabecchi
JU IN .
1731. 1327
I
1
ES
of
gliabecchi , ce qui doit achever d'en donner
une idée avantageuse .
AGNELLI qui et ANDREAS Abbatis
S. Mariae ad Blachernas et S. Bartolomei
Ravennatis , Liber Pontificalis , sive vita
Pontificum Ravennatum &c.Mutinæ 1708 .
2. vol . 4º. Les Journalistes remarquent
que ceux de Paris , en anonçant l'impres
sion de cet Ouvrage, (a) on dit expressé
ment qu'Agnellus a donné les Vies des
Archevêques de Modéne , ce qui n'est pas
exact , la Ville de Modène n'a jamais eu
d'Archevêques , mais seulement des Evê
ques , et dans le livre d'Agnellus il s'agit
des Evêques , et des Archevêques de Ra
venne , c'est ce qui paroît par le titre
même de l'Ouvrage.
CONSIDERAZIONI ad Asperienze in torno
al creduto cervello di bue impietrito , viven.
te encor l'animale , presentato dal Sig. Ver
ney ilgiovane , all' Accademia Real di Pa
rigi , fatte da ANTONIO VALLISNIERI & C.
in Padoua 1720. in 4° . di pag. ƒI . 10.
Tavole in rame.
•
Ces considerations roulent sur l'obser
servation qu'avoit faite M. Duvernay le
jeune, d'un Boeuf qui avoit vêcu ayant le
Cerveau pétrifié ( a ) M. Vallisnieri sou
(a) Suplem. du Journ. des Sçav.Sept.1708 et
Mars 1709 .
1. Vol. tient
Fiij
1328 MERCURE DE FRANCE
tient que ce n'est point une chose aussi
rare que l'Auteur François l'a crû , et ik
en donne plusieurs exemples remarqua
bles. En second lieu , que tous ces pré
tendus cervaux pétrifiés ne sont que de
simples concrétions de matiere osseuse
pierreuse , qui descend quelquefois du
crâne dans sa cavité , et s'y étant affermi
ressemble grossiérement au cerveau , soit
par la blancheur et par l'inégalité de la
superficie.
Rime di BuONACCORSO MONTEMAGNO
in Bologna 1756. in 12. p . 47 .
Rime di AGOSTINO STACCOLI da Urbino
in Bologna 1709. in 12. p . 45 .
Rime di Monsig". GIOVANNI GUIDIC
CIONE . in Balogna 1709 , in 12. p . 99 .
Rime d'ANGELO DI COSTANSO, in Bo
logna 1709. in 12. p. 93. &c. Au sujet
de ces nouvelles Editions , les Journa
listes font cette réflexion , ( b) lorsque les
François et les autres Etrangers , exami
nent le gout des Italiens dans cette sorte
de Poësie , que communément nous ap
pellons Lirique , ils croyent que nous.
n'aimons que l'enflure , l'affectation , les
jeux de mots , et pareilles choses , qui , à
$
(a) Histoire de l'Academie des Sciences . An.
1703 .
( b ) Pag. 179
1. Vol. la
JUIN. 1731. 1329
AR
la verité , n'ont pas cu moins de cours en
Italie qu'en d'autres Pays ; mais ce fut
seulement pendant quelque temps dans
le dernier siecle . Pour cette raison ils con
siderent le Marini , l'Achillini et sem
blables Auteurs , comme les seuls qui ayent
tenu le premier rang parmi nos Poëtes ,
et croyent en découvrant la foiblesse de
ceux-ci , convaincre tous les autres de
mauvais gout ; la chose n'est pas pour
tant telle qu'ils se l'imaginent.Quoiqu'on
ait vû dans les dernieres années plu
sieurs Livres de régles et de pratique ,
qui démontrent clairement que nos Vers
Liriques sont d'aussi bon aloi que nos au
tres Poësies , et qu'ils sont à l'épreuve de
la critique la plus rigoureuse ; cependant
quelques personnes judicieuses et intel
ligentes ont voulu faire revivre et re
cueillir les ouvrages de quelques Poëtes
Liriques tant des siecles passés que de celui
où nous vivons , afin que leurs exemples
donnent de l'émulation aux uns, et servent
à détromper les autres . Ils ajoutent , page
212. qu'à Naples on commença à s'appli
quer à la Poësie en langue vulgaire dés sa
premiere Enfance , c'est - à- dire, du tems de
P'EmpereurFederic II . et de Pier dalle vigne
son Secretaire ; mais ayant décliné dans le
15. siécle , elle ne se releva point autre
I. Kal. Fiii
part
1330 MERCURE DE FRANCE
part avec autant d'éclat qu'en cette belle
Contrée de l'Italie , par les ouvrages de
Seraphino, de Sannazar, de Coriteo et au
tres. Le siecle suivant fut si abondant en
Poëtes Italiens ,que de leurs seules Poësies
détachées on forma des volumes entiers , et´
d'amples recueils. Il est bien vrai qu'elle
perdit beaucoup de son ancien lustre au
commencement du XVI . siecle par la nou
veauté qu'y introduisit le Cavalier Giam
batista Marini , Napolitain ; de sorte que
presque tous nos Poëtes imiterent cette
maniere licentieuse , seduits par les ap
plaudissemens qu'on donnoit alors géné -
Talement à certaines puerilités , à certai
nes enflures , qui , pour dire trop , ne
disent rien ; de cette Ecole , sortit , prin
ripalement à Naples une Populace de
mauvais Poëtes , qui eurent beaucoup de
vogue et qui firent dans notre langue va
loir,à l'envi , des Grecismes et des Latinis
mes affectés , et hors de propos , aban
donnant ces mots et ces locutions qui
rendent le stile , châtié , clair et élegant .
On commença vers le milieu du même
siecle à ouvrir les yeux , on reconnut en
fin l'erreur, et on peut dire que la Ville de
Naples pour reparer le mal que quelques
uns des siens avoient causé à la Foësie ,
fut la premiere qui eût la gloire de don
I. Vol. ner
JUIN. 1731 .
"
1331
ner de nouveaux et de meilleurs modeles.
à imiter ; tels furent Pirro Schettini , Carlo
Buragna , et autres excellens Poëtes.
VITA e Profezie del Brandano Sanese
volgarmenta detto, il pazzodi Cristo , nova
mente publicate e racolte da i Codici piu
autore voli et dedicate a Madonna Reveren
dissima la SibillaTiburtina.InTivoli. Nella
Stamperia dell' Indovino. 1710. in 4º .
GEMME ANTICHE figurate , date in lu
ce da Dominico de ' Rossi, colle Sposizio
ni di PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI &c.
Parte prima & c. in Roma 1707 , in 4º..
reale , le gemme sono 1c6 , le pag. delle.
note 130.
NUOVE e maravigliose e Scoperte dell
origine di motti animalucci su le foglio de.
Cavoli , come di molti insetti dentro gl in
setti etc. c'est une Lettre de 14. pages de
Diecinto Cestoni Livornese , qu'on a im
primé à la suite du Tratatto de' Rimedii per
le malattie del corpo umano. Tradotto da
Francese, &c. in Padona 1709. in 4. di
pag. 376. oltre le tavole in rame.
M. Cestoni rend compte dans cette Let
tre , de plusieurs insectes qu'il a observés
sur les feuilles de chou , entre-autres d'une
espece de petits Papillons blancs , qui .
n'ont point encore été remarqués par
aucun Jardinier , ni même par aucun Ecri
I. Vol.
Fy vain
7332 MERCURE DE FRANCE
vain de l'Histoire naturelle , étant pres
que invisibles , et qui vûs dans le Mi
croscope ressemblent parfaitement en
toutes leurs parties aux grands Papillons..
Un jour il en mit ensemble plusieurs
douzaines , qui ne pûrent faire le poids:
d'un grain , il en faudroit pour cela plus.
de deux cent. Il vir que la génération:
s'en faisoit comme des grands Papillons ,
c'est-à dire par le concours du Masle et de
la Femelle , laquelle devenue pleine trouve
dans la partie de dessous des feuilles.
de chou les plus tendres une petite fosse ,
où elle forme une place blanche , qui pa
roit enfarinée , et y dépose ses oeufs , or
dinairement en demi cercle , au nombre
de dix jusqu'à seize . Il décrit avec exacti
tude ces oeufs , vûs dans le Microscope ,
leurs changemens , ensuite le ver qui en
sort , lequel a sur le dos une espece de
laine blanche comme les Brebis , et c'est
pour cela qu'iNui donne le nom de peti
te Brebis. Ces vers rampent séparément
de côté et d'autre , mais avec tant de len
teur qu'ils employent une journée entiere
à parcourir un espace grand comme l'on
gle ; arrivés où ils doivent ou veulent s'ar
rêter , ils se reposent et se rangent de ma
niere qu'en croissant ils ne puissent se tou
cher , et vûs alors dans le Microscope, ils
I. Vol. paroissent
JUIN. 1731. 1333
paroissent autant de Brebis immobiles ré
pandues dans une Prairie. Ainsi formés et
attachés ils croissent pendant quatorze
jours.Ensuite on ne les voit plus croître, ni
changer de couleur,restant toujoursblancs.
Il ne s'est point apperçu non plus qu'ils
changeassent de forme , ni qu'ils eussent
le moindre mouvement , demeurant tou
jours comme ces coquillages de Mer quis
sont étroitement attachés aux Rochers.
Aprés dix ou douze jours ces petites:
Brebis se dépouillent de leur toison et
sortent Papillons tout formés , qui trois
jours aprés s'accouplent et de cette ma
niere continuent leur generation , jusques
là que, comme les Pigeons domestiques
ils mutiplient tous les mois leur espece ..
Il finit sa Lettre par la Description de
leur cruel ennemi qu'il nomme Loup ,
ne vivant d'autre chose que de ces pau
vres petites Brebis , avant leur Metamor
phose . C'est une espece de moucheron
noir , sauvage , et carnacier ; il les
a remarqués avec une patience merveil
leuse , tournant continuellement autour
de ces Brebis. Les uns s'attachant aux plus
tendres , en succent peu à peu toute la
substance , etne leur laissent que la Peau ;;
les autres se posent sur les plus grosses et
y demeurent assés longtemps.Ce qui ayant
23
3+
L..Vol . F vi excité
2334 MERCURE DE FRANCE
excité son attention , il observa que ces
Moucherons aprés avoir percé le dos des
petits vers sur lesquels ils s'étoient mis ,
déposoient dans le trou un oeuf , dont il
s'apperçût quelque tems aprés qu'il se
formoit un ver , qui commençoit à son
tour à devorer sa Brebis , et qu'il en arri
va ainsi de toutes les autres dans lesquelles
les Moucherons avoient fait leurs oeufs.
Il décrit exactement à quoi l'on peut
connoître qu'elles ont l'ennemi chez elles .
Ces cruels Hôtes ayant pris leur crois
sance dans le corps de ces Brebis , s'y ren
ferment ( a ) comme font tous les autres
vers lorsqu'ils doivent se changer en
Papillons ; en effet par le moyen du Mi
croscope on les voit distinctement enve
lopés de la peau de ces petits corps dont
ils ont dévoré le dedans. Ils restent ainsi.
environ vingt jours plus que les petits.
Papillons, aprés quoi déchirant cette peau,
ils sortent Moucherons tout formés.
La suite pour le Mercure prochain.
Tomo primo. Anno MDCCX. All' Al
JUIN. 1731 . 1325
tezza serenissima di Ferdinando . IIL
Principe di Toscana . InVenezia MDCCX.
Appresso Gio. Gabriello Ertz , Con Licen
za de Superiori , E Privilegio. Vol. in 12.
de 467. pages. L'Epitre , la Preface et la
Table comprises .
L'Italie vit en 1658. le premier Jour
nal écrit en sa langue. M. l'Abbé Nazari
soutint cette entreprise jusqu'en 16 81. avec
beaucoup de gloire . Il s'imprimoit à Rome
sous les auspices du Cardinal Massimi,
Le Journal de Venise commença en
1671. et finit en même temps que le Jour
nal de Rome. Les Auteurs étoient Pier
re Moretti , et François Miketti. L'An
1686. le P. Gaudence Roberti Car
me , et le P. Benoit Bacchini, Benedictin
du Mont- Cassin , entreprirent à Parme
un Journal qu'ils ne continuerent que
pendant quatre ans. On commença en
1692. d'en donner une continuation
imprimée à Modéne , mais elle n'eut pas
beaucoup de suite.
Le Journal de Ferrare entrepris par
l'Abbé della Corce , fameux Antiquaire ,
et commencé en l'année 1691. fût aussi
d'une courte durée .
Le Journal de Florence , intitulé: Saggi
di naturale esperienze fatte nel Academia
del cimento , se borna aux matieres de
I. Vol.
Fij Physique
1326 MERCURE DE FRANCE
Physique. Nous ne sommes pas assés ins
truits de ses progrez.
Albrizi commença d'imprimer à Ve
nise en 1696. La Galerie de Minerve , ce
Journal étoit l'ouvrage d'une Societé de
Gens de Lettres , dont M. Apostolozeno
étoit le Sécretaire. Mais le Journal dont
nous avons à parler ici , que ce Sçavant
Italien commença avec l'année 1710 .
sous les Auspices du Grand Prince de
Toscane, a presque fait disparoître la Gal
lerie de Minerve le dessein de ce Jour
nal est plus regulier. Il s'imprime à Veni
se , et il en paroît tous les trois mois un
volume. On sçait que plusieurs Ecrivains
d'un grand merite ont part à cette En
treprise. Entre- autres , le Seigneur Ber
nardo Trevizani , noble Venitien et grand
Philosophe , le Cavalier Maffei , une des
meilleures plumes d'Italie , qui joint l'é
rudition à la politesse ; M. Vallisnieri
et Morgagni , célebres par des ouvrages
estimés sur la Physique , la Medecine , et
l'Anatomie , et M. Patarol , qui a une
grande connoissance des Belles-Lettres et
de l'Antiquité , outre cela les Auteurs
de ce Journal , qui n'a eu encore aucune
interruption , ont eu , dès le commence
ment, une liaison particuliere avec l'Illus
treMarquisOrsi et avec le fameuxM.Ma
ag
I. Vel. gliabecchi
JU IN .
1731. 1327
I
1
ES
of
gliabecchi , ce qui doit achever d'en donner
une idée avantageuse .
AGNELLI qui et ANDREAS Abbatis
S. Mariae ad Blachernas et S. Bartolomei
Ravennatis , Liber Pontificalis , sive vita
Pontificum Ravennatum &c.Mutinæ 1708 .
2. vol . 4º. Les Journalistes remarquent
que ceux de Paris , en anonçant l'impres
sion de cet Ouvrage, (a) on dit expressé
ment qu'Agnellus a donné les Vies des
Archevêques de Modéne , ce qui n'est pas
exact , la Ville de Modène n'a jamais eu
d'Archevêques , mais seulement des Evê
ques , et dans le livre d'Agnellus il s'agit
des Evêques , et des Archevêques de Ra
venne , c'est ce qui paroît par le titre
même de l'Ouvrage.
CONSIDERAZIONI ad Asperienze in torno
al creduto cervello di bue impietrito , viven.
te encor l'animale , presentato dal Sig. Ver
ney ilgiovane , all' Accademia Real di Pa
rigi , fatte da ANTONIO VALLISNIERI & C.
in Padoua 1720. in 4° . di pag. ƒI . 10.
Tavole in rame.
•
Ces considerations roulent sur l'obser
servation qu'avoit faite M. Duvernay le
jeune, d'un Boeuf qui avoit vêcu ayant le
Cerveau pétrifié ( a ) M. Vallisnieri sou
(a) Suplem. du Journ. des Sçav.Sept.1708 et
Mars 1709 .
1. Vol. tient
Fiij
1328 MERCURE DE FRANCE
tient que ce n'est point une chose aussi
rare que l'Auteur François l'a crû , et ik
en donne plusieurs exemples remarqua
bles. En second lieu , que tous ces pré
tendus cervaux pétrifiés ne sont que de
simples concrétions de matiere osseuse
pierreuse , qui descend quelquefois du
crâne dans sa cavité , et s'y étant affermi
ressemble grossiérement au cerveau , soit
par la blancheur et par l'inégalité de la
superficie.
Rime di BuONACCORSO MONTEMAGNO
in Bologna 1756. in 12. p . 47 .
Rime di AGOSTINO STACCOLI da Urbino
in Bologna 1709. in 12. p . 45 .
Rime di Monsig". GIOVANNI GUIDIC
CIONE . in Balogna 1709 , in 12. p . 99 .
Rime d'ANGELO DI COSTANSO, in Bo
logna 1709. in 12. p. 93. &c. Au sujet
de ces nouvelles Editions , les Journa
listes font cette réflexion , ( b) lorsque les
François et les autres Etrangers , exami
nent le gout des Italiens dans cette sorte
de Poësie , que communément nous ap
pellons Lirique , ils croyent que nous.
n'aimons que l'enflure , l'affectation , les
jeux de mots , et pareilles choses , qui , à
$
(a) Histoire de l'Academie des Sciences . An.
1703 .
( b ) Pag. 179
1. Vol. la
JUIN. 1731. 1329
AR
la verité , n'ont pas cu moins de cours en
Italie qu'en d'autres Pays ; mais ce fut
seulement pendant quelque temps dans
le dernier siecle . Pour cette raison ils con
siderent le Marini , l'Achillini et sem
blables Auteurs , comme les seuls qui ayent
tenu le premier rang parmi nos Poëtes ,
et croyent en découvrant la foiblesse de
ceux-ci , convaincre tous les autres de
mauvais gout ; la chose n'est pas pour
tant telle qu'ils se l'imaginent.Quoiqu'on
ait vû dans les dernieres années plu
sieurs Livres de régles et de pratique ,
qui démontrent clairement que nos Vers
Liriques sont d'aussi bon aloi que nos au
tres Poësies , et qu'ils sont à l'épreuve de
la critique la plus rigoureuse ; cependant
quelques personnes judicieuses et intel
ligentes ont voulu faire revivre et re
cueillir les ouvrages de quelques Poëtes
Liriques tant des siecles passés que de celui
où nous vivons , afin que leurs exemples
donnent de l'émulation aux uns, et servent
à détromper les autres . Ils ajoutent , page
212. qu'à Naples on commença à s'appli
quer à la Poësie en langue vulgaire dés sa
premiere Enfance , c'est - à- dire, du tems de
P'EmpereurFederic II . et de Pier dalle vigne
son Secretaire ; mais ayant décliné dans le
15. siécle , elle ne se releva point autre
I. Kal. Fiii
part
1330 MERCURE DE FRANCE
part avec autant d'éclat qu'en cette belle
Contrée de l'Italie , par les ouvrages de
Seraphino, de Sannazar, de Coriteo et au
tres. Le siecle suivant fut si abondant en
Poëtes Italiens ,que de leurs seules Poësies
détachées on forma des volumes entiers , et´
d'amples recueils. Il est bien vrai qu'elle
perdit beaucoup de son ancien lustre au
commencement du XVI . siecle par la nou
veauté qu'y introduisit le Cavalier Giam
batista Marini , Napolitain ; de sorte que
presque tous nos Poëtes imiterent cette
maniere licentieuse , seduits par les ap
plaudissemens qu'on donnoit alors géné -
Talement à certaines puerilités , à certai
nes enflures , qui , pour dire trop , ne
disent rien ; de cette Ecole , sortit , prin
ripalement à Naples une Populace de
mauvais Poëtes , qui eurent beaucoup de
vogue et qui firent dans notre langue va
loir,à l'envi , des Grecismes et des Latinis
mes affectés , et hors de propos , aban
donnant ces mots et ces locutions qui
rendent le stile , châtié , clair et élegant .
On commença vers le milieu du même
siecle à ouvrir les yeux , on reconnut en
fin l'erreur, et on peut dire que la Ville de
Naples pour reparer le mal que quelques
uns des siens avoient causé à la Foësie ,
fut la premiere qui eût la gloire de don
I. Vol. ner
JUIN. 1731 .
"
1331
ner de nouveaux et de meilleurs modeles.
à imiter ; tels furent Pirro Schettini , Carlo
Buragna , et autres excellens Poëtes.
VITA e Profezie del Brandano Sanese
volgarmenta detto, il pazzodi Cristo , nova
mente publicate e racolte da i Codici piu
autore voli et dedicate a Madonna Reveren
dissima la SibillaTiburtina.InTivoli. Nella
Stamperia dell' Indovino. 1710. in 4º .
GEMME ANTICHE figurate , date in lu
ce da Dominico de ' Rossi, colle Sposizio
ni di PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI &c.
Parte prima & c. in Roma 1707 , in 4º..
reale , le gemme sono 1c6 , le pag. delle.
note 130.
NUOVE e maravigliose e Scoperte dell
origine di motti animalucci su le foglio de.
Cavoli , come di molti insetti dentro gl in
setti etc. c'est une Lettre de 14. pages de
Diecinto Cestoni Livornese , qu'on a im
primé à la suite du Tratatto de' Rimedii per
le malattie del corpo umano. Tradotto da
Francese, &c. in Padona 1709. in 4. di
pag. 376. oltre le tavole in rame.
M. Cestoni rend compte dans cette Let
tre , de plusieurs insectes qu'il a observés
sur les feuilles de chou , entre-autres d'une
espece de petits Papillons blancs , qui .
n'ont point encore été remarqués par
aucun Jardinier , ni même par aucun Ecri
I. Vol.
Fy vain
7332 MERCURE DE FRANCE
vain de l'Histoire naturelle , étant pres
que invisibles , et qui vûs dans le Mi
croscope ressemblent parfaitement en
toutes leurs parties aux grands Papillons..
Un jour il en mit ensemble plusieurs
douzaines , qui ne pûrent faire le poids:
d'un grain , il en faudroit pour cela plus.
de deux cent. Il vir que la génération:
s'en faisoit comme des grands Papillons ,
c'est-à dire par le concours du Masle et de
la Femelle , laquelle devenue pleine trouve
dans la partie de dessous des feuilles.
de chou les plus tendres une petite fosse ,
où elle forme une place blanche , qui pa
roit enfarinée , et y dépose ses oeufs , or
dinairement en demi cercle , au nombre
de dix jusqu'à seize . Il décrit avec exacti
tude ces oeufs , vûs dans le Microscope ,
leurs changemens , ensuite le ver qui en
sort , lequel a sur le dos une espece de
laine blanche comme les Brebis , et c'est
pour cela qu'iNui donne le nom de peti
te Brebis. Ces vers rampent séparément
de côté et d'autre , mais avec tant de len
teur qu'ils employent une journée entiere
à parcourir un espace grand comme l'on
gle ; arrivés où ils doivent ou veulent s'ar
rêter , ils se reposent et se rangent de ma
niere qu'en croissant ils ne puissent se tou
cher , et vûs alors dans le Microscope, ils
I. Vol. paroissent
JUIN. 1731. 1333
paroissent autant de Brebis immobiles ré
pandues dans une Prairie. Ainsi formés et
attachés ils croissent pendant quatorze
jours.Ensuite on ne les voit plus croître, ni
changer de couleur,restant toujoursblancs.
Il ne s'est point apperçu non plus qu'ils
changeassent de forme , ni qu'ils eussent
le moindre mouvement , demeurant tou
jours comme ces coquillages de Mer quis
sont étroitement attachés aux Rochers.
Aprés dix ou douze jours ces petites:
Brebis se dépouillent de leur toison et
sortent Papillons tout formés , qui trois
jours aprés s'accouplent et de cette ma
niere continuent leur generation , jusques
là que, comme les Pigeons domestiques
ils mutiplient tous les mois leur espece ..
Il finit sa Lettre par la Description de
leur cruel ennemi qu'il nomme Loup ,
ne vivant d'autre chose que de ces pau
vres petites Brebis , avant leur Metamor
phose . C'est une espece de moucheron
noir , sauvage , et carnacier ; il les
a remarqués avec une patience merveil
leuse , tournant continuellement autour
de ces Brebis. Les uns s'attachant aux plus
tendres , en succent peu à peu toute la
substance , etne leur laissent que la Peau ;;
les autres se posent sur les plus grosses et
y demeurent assés longtemps.Ce qui ayant
23
3+
L..Vol . F vi excité
2334 MERCURE DE FRANCE
excité son attention , il observa que ces
Moucherons aprés avoir percé le dos des
petits vers sur lesquels ils s'étoient mis ,
déposoient dans le trou un oeuf , dont il
s'apperçût quelque tems aprés qu'il se
formoit un ver , qui commençoit à son
tour à devorer sa Brebis , et qu'il en arri
va ainsi de toutes les autres dans lesquelles
les Moucherons avoient fait leurs oeufs.
Il décrit exactement à quoi l'on peut
connoître qu'elles ont l'ennemi chez elles .
Ces cruels Hôtes ayant pris leur crois
sance dans le corps de ces Brebis , s'y ren
ferment ( a ) comme font tous les autres
vers lorsqu'ils doivent se changer en
Papillons ; en effet par le moyen du Mi
croscope on les voit distinctement enve
lopés de la peau de ces petits corps dont
ils ont dévoré le dedans. Ils restent ainsi.
environ vingt jours plus que les petits.
Papillons, aprés quoi déchirant cette peau,
ils sortent Moucherons tout formés.
La suite pour le Mercure prochain.
Fermer
Résumé : Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
Le texte, extrait du 'GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA' publié en 1731, retrace l'histoire des journaux en Italie. En 1658, le premier journal en langue italienne fut publié à Rome sous le patronage du Cardinal Massimi et dirigé par l'Abbé Nazari jusqu'en 1681. Le 'Journal de Venise' débuta en 1671 et cessa en même temps que celui de Rome. En 1686, les pères Gaudence Roberti Carme et Benoit Bacchini lancèrent un journal à Parme, qui dura quatre ans. D'autres journaux, comme ceux de Modène, Ferrare et Florence, eurent également des durées limitées. En 1696, Albrizi commença à imprimer 'La Galerie de Minerve' à Venise. Le journal mentionné dans le texte, commencé en 1710 sous les auspices du Grand Prince de Toscane, est imprimé à Venise et paraît tous les trois mois. Il compte parmi ses contributeurs des écrivains renommés tels que Bernardo Trevizani, le Cavalier Maffei, Vallisnieri, Morgagni et Patarol. Le texte mentionne également des ouvrages spécifiques, comme le 'Liber Pontificalis' d'Agnellus et les 'Considerazioni' de Vallisnieri sur une observation scientifique. Enfin, il aborde la poésie italienne, soulignant que les critiques étrangers ont souvent mal jugé le goût des Italiens pour la poésie lyrique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5549
p. 1334-1339
Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Début :
Le Reverend Pere Porée, Jesuite, prononça le neuf de Février, devant une illustre [...]
Mots clefs :
Révérend, Discours, Orateur, Critiques, Républiques des Lettres, Rhéteurs, Grammairiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Le Reverend Pere Porée , Jesuite , pro
nonça le neufde Février , devant une 11
lustre Assemblée un Discours Latin
fort éloquent sur les Critiques , dans le
College de Louis le Grand . L'Orateur
(a) L'Incrisalidano.
1. Vol. COR
JUIN. 1731. 133
convenant , qu'il y a aujourd'hui plus de
Critiques que d'Ouvrages à critiquer , et
que la licence de ceux qui se mêlent de
critiquer , a rendu la Critique aussi odieu
se que ses Auteurs , prétend néanmoins
qu'on ne doit pas proscrire de la Répu
blique des Lettres toute sorte de Critique,
mais qu'on doit seulement en corriger
les abus. Il partage donc son Discours , et
entreprend dans la premiere. Partie de
prouver la necessité de la Critique : dans
la seconde , il parle des qualitez d'un bon
Critique.
Par tout où il y a des procès , dit le
P. Porée , par tout où il se commet des
crimes , par tout où on entreprend d'in
troduire la licence , il faut des Juges
pour terminer ces procès , punir ces cri
mes et s'opposer à cette licence . Or tout
cela a lieu dans la Litterature . L'Orateur
laiffe peu de chose à dire sur les sujets
de querelle & de procès , qui divisent
les Gens de Lettres de toutes les sortes
Rhéteurs , Grammairiens , Philosophes ,
Géometres mêmes.. Desorte que tout ce
qu'il y a, ce semble, de plus propre à éclai
rer les Hommes & à les polir , devient
par l'abus qu'ils en font , une source de.
guerre et de discorde , & d'une guerre.
le plus souvent pleine de bassesse et de
I.Vol. mali
#336 MERCURE DE FRANCE
malignité. C'est pour terminer cette guerre
et décider ces procès , que le R. P. Po
rée croit les Gritiques nécessaires , sans
doute , comme le sont les Avocats pour
plaider et pour instruire l'Affaire dont le
Public seul est Juge sans appel . Que
fçait-on même s'il y auroit beaucoup de
procès dans la Litterature , supposé qu'il
n'y eut point de Critiques.
Le second chef des crimes Litteraires
eft bien traité. Que de fautes introduites
dans les Livres des Anciens par l'igno
rance ou la négligence des Libraires ou
des Copistes ! Quelle obligation n'a-t'on
donc pas aux Turnebes , aux Budées , aux
Murets , qui ont pris la peine de purger
ces Livres ? Quelle Chronologie aurions
nous , sans les Scaligers , les Ussers , les
Petaus ? La Céographie ne seroit qu'un
cahos , sans les Cluviers , les Briets , les
Samsons ? Et c'est le même de toutes les
autres parties de la Litterature . Le P.
Porée s'étend beaucoup sur les vols Litte
raires , que c'est aux Critiques de demas
Il s'en fait tous les jours plus qu'on:
quer.
ne pense. La diversité des langues en oc
casionne plusieurs. Souvent un Ami in
fidéle , dépositaire des Ecrits de son Ami
mort , se les attribuë , & c.
La troisiéme raison de la néceffité des
1. Vol .
Cri
JUIN. 1731. 1337
Critiques , est prise de la licence que se
donnent des demi-Sçavans d'altérer les
Sciences , sous pretexte de les enrichir ,
de les réduire , de les embellir , de les per
fectionner. Rien n'eft plus éloquent ni
plus judicieux que le Morceau , où l'O
rateur , rappellant la Coutume des Ro
mains , qui dans le tems orageux , aver
tissoient les Consuls de veiller que la Ré
publique ne souffrit aucun dommage
avertit dans les mêmes termes , les Cri
tiques de veiller que la Théologie , la
Philosophie , l'Histoire , les Mathéma
tiques , les Belles-Lettres , ne souffrent
aucun dommage de la part des demi-Sça
vans. Il est fâcheux que la République
Litteraire , n'ait pas ses Critiques auto
risez comme la République Romaine avoit
ses Consuls , & qu'une foule de Censeurs
sans aveu , plus ennemis des Auteurs que
des Ouvrages , plus malíns à reprendre ,
que judicieux à corriger , puissent pren
dre pour eux un Avertissement que le
P. Porée n'addresse qu'à des Critiques .
sçavans , prudens , & pleins de probité ,,
tels qu'il les caractérise dans la seconde
partie de son Discours.
25
Aujourd'hui tout homme qui se sent in
capable d'écrire sur aucun sujet, et qui vent
pourtant écrire , prend le parti de la Criti
L. Vol. que
T338 MERCURE DE FRANCE
que. Carpour affirmer,il faut avouer quet
que chose ; pour nier il suffit de ne rien sça
voir. On ne sçauroit traiter un sujet , mais
on scait suivre un Auteur qui l'a traité; on
sçait aboyer après lui , le mordre et le dé
chirer. Le sage Orateur croit-il persuader
quelqu'un , lorsqu'il exige d'un Critique,
une science immense , une vaste érudi
tion , une connoissance éxacte de toutes.
choses un Critique a renoncé à être
sçavant , & un véritable
communément si critique .
sçavant
n'est pas
.
La science ne suffit pas ; un Critique a
besoin de beaucoup de prudence , de dis
cernement de sagacité pour porter un
jugement sain, juste etdéfinitif. Mais sur
tout la probité est absolument necessaire
à un Critique. Celui que l'amitié séduit
ou que la haine emporte , ne sçauroit être
un Juge sain & éclairé. C'est pourtant- là
ce qui décide de la plupart des Critiques ,
et l'envie en est ordinairement le premier
mobile ; mais le Public qui est le Juge
Souverain en dernier ressort , et des Criti
ques , et des Ouvrages critiqués , fait et
rend justice aux uns & aux autres , et une
passion tropvive n'impose qu'à celui qui
en est atteint, et tout au plus à ceux qui en
sont complices. Toute critique que la
cabale a dictée , rentre bien- tôt dans le
L. Vol.
néant
,
JUIN. 1731. 1339
néant , d'où elle est à peine sortie , et laisse
en possession de l'immortalité , l'Ouvrage
& l'Auteur qu'elle avoit attaqué avec plus
de véhemence qué de force et de sagesse.
3
Le R. P. Porée dévoilé tous les arti
fices que l'envie , la haine , la partialité
les préjugez inspirent à des Critiques qui
n'ont pas toute la bonne foi que la Pro
bité inspire, et que la Religion exige avec
rigueur. Ilse déclare avec force contre un
Livre assez moderne , qui est effective
ment très- dangereux ; & d'autant plus
dangereux , que l'Auteur ne semble s'y
piquer de probité , que pour porter des
coups plus assurés à la Religion , d'im
partialité , que pour décrier tous les par
tis sans en excepter le bon , de discer
nement que pour rejetter tout , de non
crédulité que pour établir l'incrédulité.
L'Orateur en bon Critique loie ce que
cet Ouvrage a de bon , en blâmant`ce
qu'il a de mauvais.
.
:
On imprime chez Laisnel au. Chef
S. Jean rue S. Jacques , un Livre inti
tulé : Analyse de la Dissertation de M. Mo
rand sur la Taille au haut Appareil , ou Re
ponse aux Reflexions Anatomistes de M.
Rameau sur cet Ouvrage , in 8 °. par M. le
Cat.
nonça le neufde Février , devant une 11
lustre Assemblée un Discours Latin
fort éloquent sur les Critiques , dans le
College de Louis le Grand . L'Orateur
(a) L'Incrisalidano.
1. Vol. COR
JUIN. 1731. 133
convenant , qu'il y a aujourd'hui plus de
Critiques que d'Ouvrages à critiquer , et
que la licence de ceux qui se mêlent de
critiquer , a rendu la Critique aussi odieu
se que ses Auteurs , prétend néanmoins
qu'on ne doit pas proscrire de la Répu
blique des Lettres toute sorte de Critique,
mais qu'on doit seulement en corriger
les abus. Il partage donc son Discours , et
entreprend dans la premiere. Partie de
prouver la necessité de la Critique : dans
la seconde , il parle des qualitez d'un bon
Critique.
Par tout où il y a des procès , dit le
P. Porée , par tout où il se commet des
crimes , par tout où on entreprend d'in
troduire la licence , il faut des Juges
pour terminer ces procès , punir ces cri
mes et s'opposer à cette licence . Or tout
cela a lieu dans la Litterature . L'Orateur
laiffe peu de chose à dire sur les sujets
de querelle & de procès , qui divisent
les Gens de Lettres de toutes les sortes
Rhéteurs , Grammairiens , Philosophes ,
Géometres mêmes.. Desorte que tout ce
qu'il y a, ce semble, de plus propre à éclai
rer les Hommes & à les polir , devient
par l'abus qu'ils en font , une source de.
guerre et de discorde , & d'une guerre.
le plus souvent pleine de bassesse et de
I.Vol. mali
#336 MERCURE DE FRANCE
malignité. C'est pour terminer cette guerre
et décider ces procès , que le R. P. Po
rée croit les Gritiques nécessaires , sans
doute , comme le sont les Avocats pour
plaider et pour instruire l'Affaire dont le
Public seul est Juge sans appel . Que
fçait-on même s'il y auroit beaucoup de
procès dans la Litterature , supposé qu'il
n'y eut point de Critiques.
Le second chef des crimes Litteraires
eft bien traité. Que de fautes introduites
dans les Livres des Anciens par l'igno
rance ou la négligence des Libraires ou
des Copistes ! Quelle obligation n'a-t'on
donc pas aux Turnebes , aux Budées , aux
Murets , qui ont pris la peine de purger
ces Livres ? Quelle Chronologie aurions
nous , sans les Scaligers , les Ussers , les
Petaus ? La Céographie ne seroit qu'un
cahos , sans les Cluviers , les Briets , les
Samsons ? Et c'est le même de toutes les
autres parties de la Litterature . Le P.
Porée s'étend beaucoup sur les vols Litte
raires , que c'est aux Critiques de demas
Il s'en fait tous les jours plus qu'on:
quer.
ne pense. La diversité des langues en oc
casionne plusieurs. Souvent un Ami in
fidéle , dépositaire des Ecrits de son Ami
mort , se les attribuë , & c.
La troisiéme raison de la néceffité des
1. Vol .
Cri
JUIN. 1731. 1337
Critiques , est prise de la licence que se
donnent des demi-Sçavans d'altérer les
Sciences , sous pretexte de les enrichir ,
de les réduire , de les embellir , de les per
fectionner. Rien n'eft plus éloquent ni
plus judicieux que le Morceau , où l'O
rateur , rappellant la Coutume des Ro
mains , qui dans le tems orageux , aver
tissoient les Consuls de veiller que la Ré
publique ne souffrit aucun dommage
avertit dans les mêmes termes , les Cri
tiques de veiller que la Théologie , la
Philosophie , l'Histoire , les Mathéma
tiques , les Belles-Lettres , ne souffrent
aucun dommage de la part des demi-Sça
vans. Il est fâcheux que la République
Litteraire , n'ait pas ses Critiques auto
risez comme la République Romaine avoit
ses Consuls , & qu'une foule de Censeurs
sans aveu , plus ennemis des Auteurs que
des Ouvrages , plus malíns à reprendre ,
que judicieux à corriger , puissent pren
dre pour eux un Avertissement que le
P. Porée n'addresse qu'à des Critiques .
sçavans , prudens , & pleins de probité ,,
tels qu'il les caractérise dans la seconde
partie de son Discours.
25
Aujourd'hui tout homme qui se sent in
capable d'écrire sur aucun sujet, et qui vent
pourtant écrire , prend le parti de la Criti
L. Vol. que
T338 MERCURE DE FRANCE
que. Carpour affirmer,il faut avouer quet
que chose ; pour nier il suffit de ne rien sça
voir. On ne sçauroit traiter un sujet , mais
on scait suivre un Auteur qui l'a traité; on
sçait aboyer après lui , le mordre et le dé
chirer. Le sage Orateur croit-il persuader
quelqu'un , lorsqu'il exige d'un Critique,
une science immense , une vaste érudi
tion , une connoissance éxacte de toutes.
choses un Critique a renoncé à être
sçavant , & un véritable
communément si critique .
sçavant
n'est pas
.
La science ne suffit pas ; un Critique a
besoin de beaucoup de prudence , de dis
cernement de sagacité pour porter un
jugement sain, juste etdéfinitif. Mais sur
tout la probité est absolument necessaire
à un Critique. Celui que l'amitié séduit
ou que la haine emporte , ne sçauroit être
un Juge sain & éclairé. C'est pourtant- là
ce qui décide de la plupart des Critiques ,
et l'envie en est ordinairement le premier
mobile ; mais le Public qui est le Juge
Souverain en dernier ressort , et des Criti
ques , et des Ouvrages critiqués , fait et
rend justice aux uns & aux autres , et une
passion tropvive n'impose qu'à celui qui
en est atteint, et tout au plus à ceux qui en
sont complices. Toute critique que la
cabale a dictée , rentre bien- tôt dans le
L. Vol.
néant
,
JUIN. 1731. 1339
néant , d'où elle est à peine sortie , et laisse
en possession de l'immortalité , l'Ouvrage
& l'Auteur qu'elle avoit attaqué avec plus
de véhemence qué de force et de sagesse.
3
Le R. P. Porée dévoilé tous les arti
fices que l'envie , la haine , la partialité
les préjugez inspirent à des Critiques qui
n'ont pas toute la bonne foi que la Pro
bité inspire, et que la Religion exige avec
rigueur. Ilse déclare avec force contre un
Livre assez moderne , qui est effective
ment très- dangereux ; & d'autant plus
dangereux , que l'Auteur ne semble s'y
piquer de probité , que pour porter des
coups plus assurés à la Religion , d'im
partialité , que pour décrier tous les par
tis sans en excepter le bon , de discer
nement que pour rejetter tout , de non
crédulité que pour établir l'incrédulité.
L'Orateur en bon Critique loie ce que
cet Ouvrage a de bon , en blâmant`ce
qu'il a de mauvais.
.
:
On imprime chez Laisnel au. Chef
S. Jean rue S. Jacques , un Livre inti
tulé : Analyse de la Dissertation de M. Mo
rand sur la Taille au haut Appareil , ou Re
ponse aux Reflexions Anatomistes de M.
Rameau sur cet Ouvrage , in 8 °. par M. le
Cat.
Fermer
Résumé : Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Le 9 février, le Père Porée, jésuite, prononça un discours en latin au Collège de Louis le Grand, abordant les critiques littéraires. Il souligna la nécessité de la critique tout en dénonçant ses abus potentiels. Le discours se structurait en deux parties : la première justifiait l'importance de la critique, tandis que la seconde décrivait les qualités requises pour être un bon critique. Le Père Porée expliqua que la critique est indispensable pour régler les querelles et les procès dans le monde littéraire, où les disputes entre rhéteurs, grammairiens, philosophes et géomètres sont fréquentes. Il compara les critiques aux juges et aux avocats, essentiels pour instruire et décider les affaires littéraires. Il mentionna également les erreurs introduites dans les livres anciens par l'ignorance ou la négligence des libraires et des copistes, soulignant l'importance des critiques comme Turnèbe, Budée et Muret qui ont corrigé ces erreurs. Il aborda aussi les vols littéraires et la licence prise par les demi-savants d'altérer les sciences. Pour être un bon critique, le Père Porée insista sur la nécessité de la prudence, du discernement et de la probité. Il dénonça les critiques motivées par l'envie ou la haine, affirmant que le public, en dernier ressort, rend justice aux critiques et aux ouvrages critiqués. Il se déclara contre un livre moderne dangereux, critiquant son manque de probité et d'impartialité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5550
p. 1340-1345
Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
Début :
On va imprimer du même Auteur, un autre Livre intitulé : Essai de la Medicophysique [...]
Mots clefs :
Médicophysique, Lois de la mécanique, Saignée, Révulsion, Pulsation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
On va imprimer du même Auteur , un
autre Livre intitulé : Essai de la Medico
physique sur les effets de la Saignée . Cet Essai
a 3. parties .
Dans la premiere , on établit sur les
Loix de la Mechanique & de l'Hydrauli
que , les principes généraux des Effets de
la Saignée. L'acceleration , la dérivation
et la révulsion . Dans la seconde , on dé
termine les Effets de chaque Saignée en
particulier , et on donne le calcul de la
quantité de ces Effets . Le dernier article de
cette deuxième partie , contient la Des
cription d'une machine inventée par l'Au
teur , laquelle copie non-seulement les
organes de la circulation naturelle , mais
même en imite les Phénomenes , comme
le battement du coeur , la pulsation des
Arteres , et la circulation réelle d'une Li
queur contenue dans cette Machine . L'Au
teur prétend par cette même machine dé
terminer méchaniquement les Effets de
chaque Saignée ; il en donne les moyens.
Il promet d'ajoûter dans l'exécution , les
fonctions & les filtrations dans les prin
cipaux Visceres ; d'où il résultera une es
pece d'homme artificiel . Enfin dans la
troisième partie , il réfute quelques Ou
vrages récemment publiés sur cette Ma
tiere.
end
iL. Vol.
Re
JUIN. 1731.
1341
1
RECUEIL de Danses de Ville
, pour
l'Année 1731. de la composition de M.
Blondy , Compositeur de Ballets de l'A
cadémie Royale de Musique , et Pension
naire du Roy ; mis au jour par le fieur
Rameau , seul Privilegié du Roy pour la
correction et augmentation de la Choré
graphie. La Musique est gravée parJ. L.
Renou. Prix 1. 1. 10. f. A Paris , Chez
l'Auteur , Faubourg Saint Germain , ruë de
Bussi , à la Cour Imperiale : le sieur Boivin ,
ruë Saint Honoré , à la Régle d'Or : le fieur
Le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
L'Abbé de la Grive , Auteur du Nou
veau Plan de Paris en six feuilles , vient
de mettre au jour , la seconde Feuille de
sa Carte des Environs de Paris , qui com
prend le Cours de la Marne , jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et Cha
teaux détachés , depuis le Château de
Vincennes jusqu'à Torcy , d'Occident en
Orient , et depuis la Forêt de Livri ; jus
qu'au Bois de S. Martin en Brie , du Nord
au Midy ; avec les chemins qui commu
niquent des uns aux autres. Le tout levé
sur les lieux , et détaillé de sorte qu'on
y reconnoît distinctement les Plans des
belles Maisons comprises dans cette
1.Vel étenduë.
1342 MERCURE DE FRANCE
étendue. Elle se vend chez l'Auteur , Cloî
tre S. Benoît. Il donnera à la fin de cette
année , la troisiéme feüille qui compren
dra le côté de la Brie.
>
M. Servandoni , Peintre d'Architec
ture et de Perspective , Florentin , Eleve
du Signor Jean Paul Panini , fut reçû à
l'Académie Royale de Peinture et de Scul
ture le 26. du mois dernier avec toute
la distinction que merite son habileté. II
s'eft fait une grande réputation , par
plusieurs Ouvrages généralement esti
mezzentr'autres par ses belles Décorations
d'Opera , et en dernier lieu , par celle
du Palais du Soleil , qui a été admirée
de tout le monde.
M. Servandoni , qui a été reçu sur ua
très - beau Tableau en hauteur , représen
tantjun Temple et des ruines , que l'Aca
démie garde , travaille actuellement à un
Plan , Profil et Elevation d'une Eglise ,
avec tout le dévelopement , en dessein et
en relief , pour être reçu à l'Académie
Royale d'Architecture.
.
Il fut posé le 17. Mars dernier , sur le
Maîtte Hôtel de l'Eglise de S. Jean en
Gréve , un groupe de Marbre , repré
sentant le Baptême , que Jesus- Chrift obli
1. Vol gc
JUI N. 1731 1343
e SaintJean de lui donner ; chaque fi
gure ayant cinq pieds neuf pouces de
proportion. Notre Seigneur est du côté
de l'Evangile , un genouil sur le coin d'u
ne Roche , les mains croisées sur l'estomac,
s'inclinant vers Saint Jean pour recevoir
le Baptême. Saint Jean est debout de
l'autre côté , versant de l'Eau avec une
coquille sur la Tête du Sauveur. Il paroît
dans un respectueux étonnement de ce
que son Maître lui demande ce qu'il de
vroit recevoir de lui . Ces deux Figures
se groupent avec le Rocher d'où sort la
Source du Jourdain : ce qui fait un excel
lent morceau dans le grand et dans le
simple , dont les connoisseurs les plus
délicats sont satisfaits . On saisit surtout
avec plaisir l'expression que l'habile Scul
pteur a sçû mettre dans la Teste du Christ
et de S. Jean , pour marquer sensible
`ment , et sans outrer , la difference de la
natute divine & de la nature humaine.
Ce monument dont M. Esnault , Curé
de la Paroisse de Saint Jean , a voulu dé
corer son Eglise , a été fait par Jean- Bap
ptiste le Moyne Fils , Sculpteur de l'Aca
démie Royale , agé de vingt six ans , le
quel n'a été que deux ans et demi à faire
cet Ouvrage.
Le Sieur le Moyne vient d'être choisi
I. Vol.
pour
7344 MERCURE DE FRANCE
pour fondre une Statue Equestre du Roy
que la Ville de Bordeaux doit faire éle
ver dans une place que l'on construit ex
près , et dont M. Gabriel , Premier Ar
chitecte du Roy , a donné les desseins.
Lorsque que cet Ouvrage sera plus avan
cé nous en donnerons une Description .
Nous sommes priez de demander
aux personnes versées dans les étymo
logies ou origines de certaines expres
sions , qui sont d'un usage familier dans
notre langue , la raison ou le fonde
ment des termes suivans. De longue main.
Qui refuse muse. Couper l'herbe sous les pieds.
Lafoire n'est pas sur le Pont. J'ai une dent
contre lui. Il ont eu castille ensemble . Faire
des Châteaux en Espagne . Tourner la Truye
aufoin. La vache a bon pied. Nul n'est
Prophete en son Païs , &c. et autres comme
venu la gueule enfarinée . Connu comme le
Loupgris , et autres semblables manieres
de parler , dont la taison , ou l'allegoric
ne se presente pas à l'esprit.
On apprend d'Amsterdam , qu'on y vendra
publiquement le 15. Aoust prochain , le fameux
Cabinet de feu M. Jacob Walravin , consistant
en une collection d'Agathes Orientales , aussi ra
res que belles , peintes interieurement par arti
fice , et non peintes , plaques et autres Pieces ex
=
I. Vol. traor
JUIN. 1731 . 1345
traordinaire. Pierres gravées en creux et en relief,
& c.
JEAN SWART , Libraire à la Haye , y ven
dra publiquement au mois de Septembre prochain,
un fameux Cabinet de Coquilles , Ecailles Co
rails , Plantes et insectes Maritimes , des Coquil
les ou Ecailles très-bien et très - ingênieusement
gravées par le célebre Belleguin, de très belles Fi
gures en Yvoire et en Bois , de Pierres antiques en
agathe, onix,sardoine , cornalines,sur tout des Tê
tes ; Bassins et Soucoupes d'Agathe et de Jaspe ;
quantité de Mineraux , &c Les Curieux qui
voudront acheter quelques morceaux à la main ,
pourront s'addresser au sieur Swart , qui leur en
fera bonne composition.
On donne Avis au Pablic , que le sieur Pierre
Martin , Négociant à Cette , vient de composer
une Liqueur,qu'on appelle Eau délicieuse , qui est
supérieure en bonté à toutes celles qu'on a faites
jusqu'à present ; elle imite parfaitement bien la
véritable Eau de Barbarde , et elle est admirable
pour les meaux d'Estomac et pour la Colique , elle
ne se vend que IS. fla Bouteille, qui contient en
viron le demi - Septier de Paris , et la demi- Bou
teille 8. f. Ceux qui en souhaiteront , pourront
s'addresser à quelqu'un à Cette , ou à Montpel
lier , ou à droiture au Sieur Martin , qui leur en
fera tenir à l'endroit où ils voudront.
1346 MERCURE DE FRANCE
*** $$3
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
autre Livre intitulé : Essai de la Medico
physique sur les effets de la Saignée . Cet Essai
a 3. parties .
Dans la premiere , on établit sur les
Loix de la Mechanique & de l'Hydrauli
que , les principes généraux des Effets de
la Saignée. L'acceleration , la dérivation
et la révulsion . Dans la seconde , on dé
termine les Effets de chaque Saignée en
particulier , et on donne le calcul de la
quantité de ces Effets . Le dernier article de
cette deuxième partie , contient la Des
cription d'une machine inventée par l'Au
teur , laquelle copie non-seulement les
organes de la circulation naturelle , mais
même en imite les Phénomenes , comme
le battement du coeur , la pulsation des
Arteres , et la circulation réelle d'une Li
queur contenue dans cette Machine . L'Au
teur prétend par cette même machine dé
terminer méchaniquement les Effets de
chaque Saignée ; il en donne les moyens.
Il promet d'ajoûter dans l'exécution , les
fonctions & les filtrations dans les prin
cipaux Visceres ; d'où il résultera une es
pece d'homme artificiel . Enfin dans la
troisième partie , il réfute quelques Ou
vrages récemment publiés sur cette Ma
tiere.
end
iL. Vol.
Re
JUIN. 1731.
1341
1
RECUEIL de Danses de Ville
, pour
l'Année 1731. de la composition de M.
Blondy , Compositeur de Ballets de l'A
cadémie Royale de Musique , et Pension
naire du Roy ; mis au jour par le fieur
Rameau , seul Privilegié du Roy pour la
correction et augmentation de la Choré
graphie. La Musique est gravée parJ. L.
Renou. Prix 1. 1. 10. f. A Paris , Chez
l'Auteur , Faubourg Saint Germain , ruë de
Bussi , à la Cour Imperiale : le sieur Boivin ,
ruë Saint Honoré , à la Régle d'Or : le fieur
Le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
L'Abbé de la Grive , Auteur du Nou
veau Plan de Paris en six feuilles , vient
de mettre au jour , la seconde Feuille de
sa Carte des Environs de Paris , qui com
prend le Cours de la Marne , jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et Cha
teaux détachés , depuis le Château de
Vincennes jusqu'à Torcy , d'Occident en
Orient , et depuis la Forêt de Livri ; jus
qu'au Bois de S. Martin en Brie , du Nord
au Midy ; avec les chemins qui commu
niquent des uns aux autres. Le tout levé
sur les lieux , et détaillé de sorte qu'on
y reconnoît distinctement les Plans des
belles Maisons comprises dans cette
1.Vel étenduë.
1342 MERCURE DE FRANCE
étendue. Elle se vend chez l'Auteur , Cloî
tre S. Benoît. Il donnera à la fin de cette
année , la troisiéme feüille qui compren
dra le côté de la Brie.
>
M. Servandoni , Peintre d'Architec
ture et de Perspective , Florentin , Eleve
du Signor Jean Paul Panini , fut reçû à
l'Académie Royale de Peinture et de Scul
ture le 26. du mois dernier avec toute
la distinction que merite son habileté. II
s'eft fait une grande réputation , par
plusieurs Ouvrages généralement esti
mezzentr'autres par ses belles Décorations
d'Opera , et en dernier lieu , par celle
du Palais du Soleil , qui a été admirée
de tout le monde.
M. Servandoni , qui a été reçu sur ua
très - beau Tableau en hauteur , représen
tantjun Temple et des ruines , que l'Aca
démie garde , travaille actuellement à un
Plan , Profil et Elevation d'une Eglise ,
avec tout le dévelopement , en dessein et
en relief , pour être reçu à l'Académie
Royale d'Architecture.
.
Il fut posé le 17. Mars dernier , sur le
Maîtte Hôtel de l'Eglise de S. Jean en
Gréve , un groupe de Marbre , repré
sentant le Baptême , que Jesus- Chrift obli
1. Vol gc
JUI N. 1731 1343
e SaintJean de lui donner ; chaque fi
gure ayant cinq pieds neuf pouces de
proportion. Notre Seigneur est du côté
de l'Evangile , un genouil sur le coin d'u
ne Roche , les mains croisées sur l'estomac,
s'inclinant vers Saint Jean pour recevoir
le Baptême. Saint Jean est debout de
l'autre côté , versant de l'Eau avec une
coquille sur la Tête du Sauveur. Il paroît
dans un respectueux étonnement de ce
que son Maître lui demande ce qu'il de
vroit recevoir de lui . Ces deux Figures
se groupent avec le Rocher d'où sort la
Source du Jourdain : ce qui fait un excel
lent morceau dans le grand et dans le
simple , dont les connoisseurs les plus
délicats sont satisfaits . On saisit surtout
avec plaisir l'expression que l'habile Scul
pteur a sçû mettre dans la Teste du Christ
et de S. Jean , pour marquer sensible
`ment , et sans outrer , la difference de la
natute divine & de la nature humaine.
Ce monument dont M. Esnault , Curé
de la Paroisse de Saint Jean , a voulu dé
corer son Eglise , a été fait par Jean- Bap
ptiste le Moyne Fils , Sculpteur de l'Aca
démie Royale , agé de vingt six ans , le
quel n'a été que deux ans et demi à faire
cet Ouvrage.
Le Sieur le Moyne vient d'être choisi
I. Vol.
pour
7344 MERCURE DE FRANCE
pour fondre une Statue Equestre du Roy
que la Ville de Bordeaux doit faire éle
ver dans une place que l'on construit ex
près , et dont M. Gabriel , Premier Ar
chitecte du Roy , a donné les desseins.
Lorsque que cet Ouvrage sera plus avan
cé nous en donnerons une Description .
Nous sommes priez de demander
aux personnes versées dans les étymo
logies ou origines de certaines expres
sions , qui sont d'un usage familier dans
notre langue , la raison ou le fonde
ment des termes suivans. De longue main.
Qui refuse muse. Couper l'herbe sous les pieds.
Lafoire n'est pas sur le Pont. J'ai une dent
contre lui. Il ont eu castille ensemble . Faire
des Châteaux en Espagne . Tourner la Truye
aufoin. La vache a bon pied. Nul n'est
Prophete en son Païs , &c. et autres comme
venu la gueule enfarinée . Connu comme le
Loupgris , et autres semblables manieres
de parler , dont la taison , ou l'allegoric
ne se presente pas à l'esprit.
On apprend d'Amsterdam , qu'on y vendra
publiquement le 15. Aoust prochain , le fameux
Cabinet de feu M. Jacob Walravin , consistant
en une collection d'Agathes Orientales , aussi ra
res que belles , peintes interieurement par arti
fice , et non peintes , plaques et autres Pieces ex
=
I. Vol. traor
JUIN. 1731 . 1345
traordinaire. Pierres gravées en creux et en relief,
& c.
JEAN SWART , Libraire à la Haye , y ven
dra publiquement au mois de Septembre prochain,
un fameux Cabinet de Coquilles , Ecailles Co
rails , Plantes et insectes Maritimes , des Coquil
les ou Ecailles très-bien et très - ingênieusement
gravées par le célebre Belleguin, de très belles Fi
gures en Yvoire et en Bois , de Pierres antiques en
agathe, onix,sardoine , cornalines,sur tout des Tê
tes ; Bassins et Soucoupes d'Agathe et de Jaspe ;
quantité de Mineraux , &c Les Curieux qui
voudront acheter quelques morceaux à la main ,
pourront s'addresser au sieur Swart , qui leur en
fera bonne composition.
On donne Avis au Pablic , que le sieur Pierre
Martin , Négociant à Cette , vient de composer
une Liqueur,qu'on appelle Eau délicieuse , qui est
supérieure en bonté à toutes celles qu'on a faites
jusqu'à present ; elle imite parfaitement bien la
véritable Eau de Barbarde , et elle est admirable
pour les meaux d'Estomac et pour la Colique , elle
ne se vend que IS. fla Bouteille, qui contient en
viron le demi - Septier de Paris , et la demi- Bou
teille 8. f. Ceux qui en souhaiteront , pourront
s'addresser à quelqu'un à Cette , ou à Montpel
lier , ou à droiture au Sieur Martin , qui leur en
fera tenir à l'endroit où ils voudront.
1346 MERCURE DE FRANCE
*** $$3
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
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Résumé : Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
En juin 1731, plusieurs publications et événements marquants sont rapportés. Un ouvrage intitulé 'Essai de la Médico-physique sur les effets de la Saignée' est annoncé. Cet essai, structuré en trois parties, examine les principes mécaniques et hydrauliques des effets de la saignée, les impacts spécifiques de chaque saignée, et conteste des ouvrages récents sur le sujet. L'auteur y décrit également une machine reproduisant la circulation naturelle et les phénomènes associés, tels que le battement du cœur et la pulsation des artères. Par ailleurs, le 'Recueil de Danses de Ville pour l'Année 1731' est publié par M. Blondy, avec la musique gravée par J. L. Renou. L'Abbé de la Grive publie la seconde feuille de sa carte des environs de Paris, couvrant le cours de la Marne et divers villages. Dans le domaine des arts, M. Servandoni, peintre et architecte, est reçu à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture pour ses œuvres, notamment les décorations d'opéra. Une sculpture représentant le baptême de Jésus par Saint Jean est installée dans l'église de Saint-Jean-en-Grève, réalisée par Jean-Baptiste le Moyne Fils. Le texte mentionne également des collections de pierres précieuses et de coquillages mises en vente à Amsterdam et à La Haye. Enfin, une liqueur appelée 'Eau délicieuse' est annoncée par le sieur Pierre Martin, présentée comme efficace contre les maux d'estomac et la colique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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