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401
p. 224
« Le sieur André Behaque, Marchand, demeurant au coin des Halles sur la petite place à Lille, [...] »
Début :
Le sieur André Behaque, Marchand, demeurant au coin des Halles sur la petite place à Lille, [...]
Mots clefs :
Marchand, Voyages, Cabinet, Rareté, Visite, Merveilles, Art, Nature
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur André Behaque, Marchand, demeurant au coin des Halles sur la petite place à Lille, [...] »
Le fieur André Behaque , Marchand , demeurant
au coin des Halles fur la petite Place à Lille ,
à l'Enfeigne de l'Acteur Romain , étant parvenu
après de longues années de voyage & recherches
pénibles qu'il a faites & fait faire dans différentes
Parties de l'Europe , à former un Cabinet , & à
mettre en ordre toutes les raretés fans nombre
& de tout genre qu'il a pu recueillir ; & les complimens
flatteurs qu'il a reçus de tous les Connoiffeurs
qui lui ont fait la grace de l'aller voir ,
ayant enfin rempli fes vues , il a l'honneur d'annoncer
aux Sçavans , Curieux & Artiſtes que
ledit
Cabinet fera vifible tous les jours de la femaine
à raifon de 14 fols par perfonne lorſque le nombre
fera au moins cinq , & la valeur , c'eſt- àdire
fix livres , lorfqu'on fera feul .
Comme il n'eft pas poffible d'inférer ici le dénombrement
de Piéces rares que ce Cabinet contient
, le fieur André Behaque dira ſeulement que
fon cabinet occupe quatre grandes Places richement
ornées , & qui renferment dans leur fein
tout ce que l'Art & la Nature ont produit en tous
genres de curieux & de merveilleux,
au coin des Halles fur la petite Place à Lille ,
à l'Enfeigne de l'Acteur Romain , étant parvenu
après de longues années de voyage & recherches
pénibles qu'il a faites & fait faire dans différentes
Parties de l'Europe , à former un Cabinet , & à
mettre en ordre toutes les raretés fans nombre
& de tout genre qu'il a pu recueillir ; & les complimens
flatteurs qu'il a reçus de tous les Connoiffeurs
qui lui ont fait la grace de l'aller voir ,
ayant enfin rempli fes vues , il a l'honneur d'annoncer
aux Sçavans , Curieux & Artiſtes que
ledit
Cabinet fera vifible tous les jours de la femaine
à raifon de 14 fols par perfonne lorſque le nombre
fera au moins cinq , & la valeur , c'eſt- àdire
fix livres , lorfqu'on fera feul .
Comme il n'eft pas poffible d'inférer ici le dénombrement
de Piéces rares que ce Cabinet contient
, le fieur André Behaque dira ſeulement que
fon cabinet occupe quatre grandes Places richement
ornées , & qui renferment dans leur fein
tout ce que l'Art & la Nature ont produit en tous
genres de curieux & de merveilleux,
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Résumé : « Le sieur André Behaque, Marchand, demeurant au coin des Halles sur la petite place à Lille, [...] »
André Behaque, marchand résidant à Lille, ouvre un cabinet de curiosités au coin des Halles sur la petite Place, sous l'enseigne de l'Acteur Romain. Après des années de voyages et de recherches en Europe, Behaque a rassemblé de nombreuses raretés. Son cabinet a été salué par des connaisseurs. Il est accessible tous les jours de la semaine à un tarif de 14 sols par personne, à condition qu'il y ait au moins cinq visiteurs, ou pour six livres pour une visite individuelle. Le cabinet occupe quatre grandes salles richement ornées et expose des pièces rares représentant les curiosités de l'art et de la nature.
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402
p. 211-212
« Maillard Marchand d'Estampes, rue S. Jacques, la deuxiéme Porte [...] »
Début :
Maillard Marchand d'Estampes, rue S. Jacques, la deuxiéme Porte [...]
Mots clefs :
Estampes, Marchand, Emblèmes, Piété, Morale amusante, Étrennes
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texteReconnaissance textuelle : « Maillard Marchand d'Estampes, rue S. Jacques, la deuxiéme Porte [...] »
Maillard Marchand d'Eftampes , rue S. Jacques
, la deuxième Porte Cochere au- deffus de la
rue des Noyers , même maifon du fieur Farges
Maître Menuifier , débite une fuite d'Emblêmes ,
Deviſes fur divers fujets de Piété & de Morale
amufante , & petites Etrennes ornées de vignettes .
dont il fait des envois aux Maiſons Religieufes &
aux Marchands de Province.
L'Epoufe dudit Maillard exécute toutes fortes de
Caractères , Notes de Plein- chant , Deffeins , Vi212
MERCURE DE FRANCET
gnettes , Ornemens , Bouquets pour meubles , &c.
, la deuxième Porte Cochere au- deffus de la
rue des Noyers , même maifon du fieur Farges
Maître Menuifier , débite une fuite d'Emblêmes ,
Deviſes fur divers fujets de Piété & de Morale
amufante , & petites Etrennes ornées de vignettes .
dont il fait des envois aux Maiſons Religieufes &
aux Marchands de Province.
L'Epoufe dudit Maillard exécute toutes fortes de
Caractères , Notes de Plein- chant , Deffeins , Vi212
MERCURE DE FRANCET
gnettes , Ornemens , Bouquets pour meubles , &c.
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Résumé : « Maillard Marchand d'Estampes, rue S. Jacques, la deuxiéme Porte [...] »
Le document décrit deux artisans à Étampes, rue Saint-Jacques : Maillard, marchand d'estampes, et Maître Menuifier, fournisseur d'emblèmes et de devises. Ils vendent des produits religieux et moraux, ainsi que des étrennes ornées. L'épouse de Maillard réalise des travaux de calligraphie, y compris des dessins et des ornements. Leurs produits sont envoyés aux maisons religieuses et aux marchands de province.
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403
p. 203-204
DE VIENNE, le 8 Janvier.
Début :
Sa Majesté Impériale, accompagnée des Archiducs & des Chevaliers de la [...]
Mots clefs :
Sa Majesté impériale, Chevaliers, Cérémonie, Mausolée, Prince Eugène, Magnificence, Prince, Comte, Maréchal Daun, Régiment
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texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 8 Janvier.
De VIENNE, le 8 Janvier..
Sa Majefté Impériale , accompagnée des Ar
chiducs & des Chevaliers de la Toifon d'Or , fie
le 6 de ce mois , la cérémonie de revêtir du
manteau & des marques diftinctives de l'Ordre ,
le Feld Maréchal Prince de Deux - ponts ; qui fur
auffi reçu le 21 , Grand Croix de l'Ordre Mili--
taire de Marie- Thérèfe.
Notre Cour a fait publier un détail exact &
dreffé par
le Commiffariat des guerres , du nom
bre d'hommes faits prifonniers à l'affaire de Ma
ken. Ce nombre monte à quatorze mille neufcens
vingt-deux , parmi lefquels il y a cinq cens trentedeux
Officiers .
On a expofé , depuis peu de jours , à la vuẽ đư
Public , le magnifique Maufolée du Prince Eu
gène , conftruit dans l'Eglife de Saint Etienne .
Ce monument , lui a été élevé par la Ducheffe
douairière de Savoye , née Princeffe de Lichtenf
tein. Il répond , par fa magnificence , & par l'inf¹
cription qui l'accompagne , à la haute réputation
du Héros , à la mémoire duquel il eft confacré.
Le Prince Léopold de Lobkowitz , Major du
Ivi
204 MERCURE DE FRANCE.
Régiment des Deux ponts, eft mort à Drefde ,
après peu de jours de maladie , à l'âge de 25 ans .
On a appris, de Pologne , que les Haydamacs ,.
dont les cour fes avoient cellé depuis quelque
temps , venoient de les recommencer. Ils ont
fondu à l'improvifte fur les Terres du Prince.
Jablonowski, & ils y ont commis mille défordres,.
pillant & mailacrant tout ce qui eft tombé entre
leurs mains.
Le quartier du Maréchal de Daun eſt toujours
dans les environs de Drefde. Le Roi de Pruile , a
abandonné fon pofte de Prefchendorff. Il a établi
de nouveau fon quartier général à Freyberg. Ce
Prince , loin de fonger à attaquer le Maréchal de
Daun, femble fe borner, pour le moment préfent,
à la défenfive.
>
Le Comte de Schmetrau , s'eft porté depuis
peu , à la tête de fix mille Pruffiens vers .
Lauban , Gorlitz , & Oftritz. Le Maréchal de
Daun a auffitôt détaché les chevaux légers faxons,
les Régimens de Vieux Modene, & de Schmertzing
, Cuirafiers , & les deux Régimens de Marf
hall & d'Angern , Infanterie , qui ont arrêté fes
progrès. Le Général Beck tient toujours en échec
le corps aux ordres du Général Fouquet , &
l'empêche de fe joindre à l'Armée du Roi , Ce
Corps a été obligé, par les manoeuvres du Général
Autrichien , de refter près de Glogaw en Silćfie .
Le Général de Ried a eu près de Marienberg ,
une efcarmouche avec un Corps Pruffien. La fupériorité
du nombre , l'a obligé d'abandonner fon
pofte. Ila cependant fait quelques prifonniers,
Pruffiens.
Sa Majefté Impériale , accompagnée des Ar
chiducs & des Chevaliers de la Toifon d'Or , fie
le 6 de ce mois , la cérémonie de revêtir du
manteau & des marques diftinctives de l'Ordre ,
le Feld Maréchal Prince de Deux - ponts ; qui fur
auffi reçu le 21 , Grand Croix de l'Ordre Mili--
taire de Marie- Thérèfe.
Notre Cour a fait publier un détail exact &
dreffé par
le Commiffariat des guerres , du nom
bre d'hommes faits prifonniers à l'affaire de Ma
ken. Ce nombre monte à quatorze mille neufcens
vingt-deux , parmi lefquels il y a cinq cens trentedeux
Officiers .
On a expofé , depuis peu de jours , à la vuẽ đư
Public , le magnifique Maufolée du Prince Eu
gène , conftruit dans l'Eglife de Saint Etienne .
Ce monument , lui a été élevé par la Ducheffe
douairière de Savoye , née Princeffe de Lichtenf
tein. Il répond , par fa magnificence , & par l'inf¹
cription qui l'accompagne , à la haute réputation
du Héros , à la mémoire duquel il eft confacré.
Le Prince Léopold de Lobkowitz , Major du
Ivi
204 MERCURE DE FRANCE.
Régiment des Deux ponts, eft mort à Drefde ,
après peu de jours de maladie , à l'âge de 25 ans .
On a appris, de Pologne , que les Haydamacs ,.
dont les cour fes avoient cellé depuis quelque
temps , venoient de les recommencer. Ils ont
fondu à l'improvifte fur les Terres du Prince.
Jablonowski, & ils y ont commis mille défordres,.
pillant & mailacrant tout ce qui eft tombé entre
leurs mains.
Le quartier du Maréchal de Daun eſt toujours
dans les environs de Drefde. Le Roi de Pruile , a
abandonné fon pofte de Prefchendorff. Il a établi
de nouveau fon quartier général à Freyberg. Ce
Prince , loin de fonger à attaquer le Maréchal de
Daun, femble fe borner, pour le moment préfent,
à la défenfive.
>
Le Comte de Schmetrau , s'eft porté depuis
peu , à la tête de fix mille Pruffiens vers .
Lauban , Gorlitz , & Oftritz. Le Maréchal de
Daun a auffitôt détaché les chevaux légers faxons,
les Régimens de Vieux Modene, & de Schmertzing
, Cuirafiers , & les deux Régimens de Marf
hall & d'Angern , Infanterie , qui ont arrêté fes
progrès. Le Général Beck tient toujours en échec
le corps aux ordres du Général Fouquet , &
l'empêche de fe joindre à l'Armée du Roi , Ce
Corps a été obligé, par les manoeuvres du Général
Autrichien , de refter près de Glogaw en Silćfie .
Le Général de Ried a eu près de Marienberg ,
une efcarmouche avec un Corps Pruffien. La fupériorité
du nombre , l'a obligé d'abandonner fon
pofte. Ila cependant fait quelques prifonniers,
Pruffiens.
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Résumé : DE VIENNE, le 8 Janvier.
Le 6 janvier, Sa Majesté Impériale a décoré le Feld Maréchal Prince de Deux-Ponts de l'Ordre et de la Grand Croix de l'Ordre Militaire de Marie-Thérèse. La Cour a annoncé 14 922 prisonniers dans l'affaire de Macken, incluant 532 officiers. Le mausolée du Prince Eugène, construit par la Duchesse douairière de Savoie, a été inauguré. Le Prince Léopold de Lobkowitz est décédé à Dresde à l'âge de 25 ans. En Pologne, les Haydamacs ont attaqué les terres du Prince Jablonowski, causant pillages et massacres. Le Maréchal de Daun est près de Dresde, tandis que le Roi de Prusse a déplacé son quartier général à Freyberg. Le Comte de Schmetrau, avec 6 000 Prussiens, a été arrêté par les forces autrichiennes. Le Général Beck a empêché le Général Fouquet de rejoindre l'armée prussienne, le retenant près de Glogau. Le Général de Ried a eu une escarmouche près de Marienberg, se retirant malgré quelques prisonniers pris.
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404
p. 213-216
DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
Début :
Le 15 de ce mois, on fit dans l'Eglise Métropolitaine de cette Ville, [...]
Mots clefs :
Service religieux, Repos de l'âme, Roi d'Espagne, Madame, Cérémonies, Église, Décorations, Autel, Oraison funèbre, Marbre, Voûte, Colonne, Lumières, Registres publics, Décès, Mariages, Baptêmes, Tremblement de terre, Secousses, Vaisseaux, Combat, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
De PARIS , le 19 Janvier 1760 , &jours fuivans .
Le 1s de ce mois , on fit dans l'Eglife Métropolitaine
de cette Ville , un Service folemnel , par
ordre du Roi , pour le repos de l'ame de Ferdinand
, VI du nom , Roi d'Espagne , & de Marie-
Madelaine de Portugal , Reine d'Espagne , fon
époufe . Sa Majefté avoit nommé pour le grand
deuil du Roi d'Eſpagne, Monfeigneur le Dauphin ,
le Duc d'Orléans , le Prince de Condé ; & pour
celui de la Reine d'Espagne , Madame la Dauphine
, Madame , & Madame Victoire . Ces Princes
& Princeffes s'étant rendus à l'Archevêché , où
le Marquis de Dreux, Grand Maître des Cérémonies
, & le fieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies
en furvivance , allerent les prendre ,
lorfque tout fut prêt. Ils les conduifirent à l'Eglife ;
ils entrèrent par la grande porte , & furent pla
cés dans les hautes Italles , à droite & à gauche.
Plusieurs Archevêques & Evêques affiftèrent à
cette cérémonie , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , l'Univerfité
, & le Corps de Ville. L'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. L'Evêque de Vence
prononça l'Oraifon funèbre.
Le portail de l'Eglife étoit tendu en noir , avec
trois lès de velours, chargés d'écuffons , entre lelquels
étoient placés trois cartels chargés des
armes & des chiffres du Roi & de la Reine d'ELpagne
Le pourtour du choeur , étoit décoré d'un ordre
Ionique , en pilaftres & arcades , furmonté d'un
entablement , dont la frife étoit femée de fleursde-
lys d'or. Cette architecture étoit figurée en
marbre antique, & tous les ornemens étoient
dorés. Ses arcades étoient garnies de rideaux
noirs , rayés d'hermine , retroulés avec des cordons
treffés en or. Au-deffus de l'entablement ,
214 MERCURE DE FRANCE.
étoit un attique , orné à l'aplomb des arcades ,
de grands écullons aux armes d'Espagne , foutenus
par des lions , entourés de palmes & de guirlandes
en or , accompagnés de chiffres du Roi &
de la Rei e d'Espagne , fur un fond d'azur , groupés
de branches de cyprès.
L'Autel , élevé de plufieurs marches , étoit au
pied d'une niche , en marbre blanc. Le fond de
la niche étoit rempli par le fymbole de la Divinité
, entouré de nuages & de grands rayons dorés.
Au haut de l'attique , terminé en fronton, un
grand dais étoit placé en baldaquin , avec des
rideaux pendans & retrouffés , rayés d'hermine.
Le Catafalque , placé à l'entrée du choeur , étoit
fur un plan quarré long. Aux quatre angles, s'élevoient
quatre focles ,; d'où partoient , quatre
corps folides . Deux colonnes , d'ordre Ionique ,
étoient engagées dans chacun de ces corps , &
portoient un entablement pareil à celui de l'architecture
du choeur. Les deux petites faces de ce monument
, étoient difpofées en arcades . Les deux
grands côtés étoient terminés , quarrément , par
la plate-bande de l'entablement . Les colonnes de
verd antique , avoient leurs bafes & leurs chapiteaux
en or. Les corps folides étoient en marbre
jaune antique , avec des encadremens renfoncés ,
chargés de trophées militaires , & de médaillons
en or , liés par des guirlandes de lauriers.
Une pyramide de brêche violette, portée par un
piédeſtal de même marbre , terminoit le monument.
Sur les quatre faces de ce piédeſtal, étoient
les Ecuffons d'Eſpagne en relief, fupportés par
deux lions ; & fur les faces de la pyramide , des
Ecuffons d'Anjou , en or.
Sous la voute du Catafalque , fur une eſtrade
élevée de fix marches , pofoit un focle de verd
campan , chargé fur fes faces de bas-reliefs & de
agures de marbre en ronde boffe. Au-deffus du foFEVRIER
. 1760. 215
cle & fur les griffes de lion , étoit un farcophage
de porphire , couvert d'un drap mortuaire en or,
chargé des écuffons d'Eſpagne en broderie d'or ,
avec deux couronnes voilées d'un crêpe .
Le Catafalque étoit couvert d'un grand poêle à
quatre rideaux pendans & retrouflés , noirs , &
rayés d'hermine.
Toute cette décoration étoit dans le goût antique.
Ses ornemens , étoient du meilleur choix.
Leur éclat étoit relevé par le grand nombre &
par l'heureufe difpofition des lumieres. Il y avoit
beaucoup de richeffe dans les détails , beaucoup
de nobleſſe & de magnificence dans l'enfemble.
Cette pompe funèbre , ordonnée de la part de
Sa Majesté , par le Duc de Duras , Pair de France ,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ,
a été dirigée par le fieur de la Ferté , Intendant
des Menus- plaifirs du Roi , fur les deffeins du fieur
Michel Ange Slodtz , Deffinateur ordinaire de la
Chambre & du Cabinet de Sa Majeſté .
Suivant les regiftres publics des Eglifes Paroiffiales
de cette Ville , il eft mort , pendant le cours
de l'année derniére , 18446 perfonnes ; il s'y eſt
fait 4059 mariages ; il y a eu 19058 baptêmes ; &
le nombre des enfans trouvés monte à 5 264.
Le 20 Janvier, on a reſſenti ici , à dix heures & un
quart du foir , une légère ſecoufle de tremblement
de terre ; mais elle a été fi peu fenfible , que trèspeu
de perfonnes s'en font apperçues . On l'a reffentie
plus diftinctement , à Verlailles. On a appris
depuis, que ce tremblement de terre a été fenti
à Amfterdam , à Leyde & à Utrecht. Les lettres
de Bruxelles & de Cologne , parlent de quelques
fecoufles qui le précédèrent le 19. Il a été affez
violent dans ces deux Villes . Suivant les lettres de
Cologne , on a reffenti une nouvelle fecouffe le
21 , vers les quatre heures du matin. A Peronne,
les fecouffes du 20 au foir, durerent deux ou trois
216 MERCURE DE FRANCE.
minutes , & effrayerent plufieurs perfonnes , qui
fortirent précipitamment de leurs maifons , de
crainte d'être écralées fur leurs ruines. On a ap .
pris auffi , que le 22 de Décembre , la fecouffe di
tremblement de terre s'étoit faite fentir dans la
Norwege & dans le Duché de Holſtein . Cette fecoulle
a été précédée , en divers , endroits par un
violent coup de tonnerre.L'ébranlement a été confidérable,
à Hadersleben. Dans quelques villes, routes
les tuilles ont été jettées par terre. Cet accident
n'a pas eu d'autres fuites.
Le 1 Février , le fieur Gigot , Recteur de l'Uni-¸
verfité , accompagné des Doyens des quatre Facultés
& des Procureurs des Nations , ſe rendit à Verfailles
; & fuivant l'ancien ufage, il préſenta un
cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
, à Madame la Dauphine , & à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Le mêmejour, le Pere Aubert, Docteur de Sorbonne
, & Commandeur de l'Ordre de Notre
Dame de la Mercy , Rédemption des Captifs, accompagné
de trois Religieux de cet Ordre , eut
l'honneur de préfenter à la Reine un cierge , en
hommage & en reconnoillance de leur établiſſement
à Paris , par la feue Reine Marie de Médicis.
On a reçu avis de Toulon , que les vaiffeaux &
les frégates , qui étoient à Cadix depuis le combat
du fieur de la Clue , font rentrés dans le premier
de ces deux ports , au nombre de cinq vaiſſeaux &
trois frégates. Ils étoient fortis de Cadix immédiatement
après la tempête qui avoit difperfé l'Efcadre
Angloife.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le s de Février , en la manière
accoutumée. Les Numéros fortis de la roue de
fortune font 39 , 30 , 64 , 28 , 56. Le prochain
tirage fe fera le 6 du mois de Mars.
Le 1s de ce mois , on fit dans l'Eglife Métropolitaine
de cette Ville , un Service folemnel , par
ordre du Roi , pour le repos de l'ame de Ferdinand
, VI du nom , Roi d'Espagne , & de Marie-
Madelaine de Portugal , Reine d'Espagne , fon
époufe . Sa Majefté avoit nommé pour le grand
deuil du Roi d'Eſpagne, Monfeigneur le Dauphin ,
le Duc d'Orléans , le Prince de Condé ; & pour
celui de la Reine d'Espagne , Madame la Dauphine
, Madame , & Madame Victoire . Ces Princes
& Princeffes s'étant rendus à l'Archevêché , où
le Marquis de Dreux, Grand Maître des Cérémonies
, & le fieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies
en furvivance , allerent les prendre ,
lorfque tout fut prêt. Ils les conduifirent à l'Eglife ;
ils entrèrent par la grande porte , & furent pla
cés dans les hautes Italles , à droite & à gauche.
Plusieurs Archevêques & Evêques affiftèrent à
cette cérémonie , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , l'Univerfité
, & le Corps de Ville. L'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. L'Evêque de Vence
prononça l'Oraifon funèbre.
Le portail de l'Eglife étoit tendu en noir , avec
trois lès de velours, chargés d'écuffons , entre lelquels
étoient placés trois cartels chargés des
armes & des chiffres du Roi & de la Reine d'ELpagne
Le pourtour du choeur , étoit décoré d'un ordre
Ionique , en pilaftres & arcades , furmonté d'un
entablement , dont la frife étoit femée de fleursde-
lys d'or. Cette architecture étoit figurée en
marbre antique, & tous les ornemens étoient
dorés. Ses arcades étoient garnies de rideaux
noirs , rayés d'hermine , retroulés avec des cordons
treffés en or. Au-deffus de l'entablement ,
214 MERCURE DE FRANCE.
étoit un attique , orné à l'aplomb des arcades ,
de grands écullons aux armes d'Espagne , foutenus
par des lions , entourés de palmes & de guirlandes
en or , accompagnés de chiffres du Roi &
de la Rei e d'Espagne , fur un fond d'azur , groupés
de branches de cyprès.
L'Autel , élevé de plufieurs marches , étoit au
pied d'une niche , en marbre blanc. Le fond de
la niche étoit rempli par le fymbole de la Divinité
, entouré de nuages & de grands rayons dorés.
Au haut de l'attique , terminé en fronton, un
grand dais étoit placé en baldaquin , avec des
rideaux pendans & retrouffés , rayés d'hermine.
Le Catafalque , placé à l'entrée du choeur , étoit
fur un plan quarré long. Aux quatre angles, s'élevoient
quatre focles ,; d'où partoient , quatre
corps folides . Deux colonnes , d'ordre Ionique ,
étoient engagées dans chacun de ces corps , &
portoient un entablement pareil à celui de l'architecture
du choeur. Les deux petites faces de ce monument
, étoient difpofées en arcades . Les deux
grands côtés étoient terminés , quarrément , par
la plate-bande de l'entablement . Les colonnes de
verd antique , avoient leurs bafes & leurs chapiteaux
en or. Les corps folides étoient en marbre
jaune antique , avec des encadremens renfoncés ,
chargés de trophées militaires , & de médaillons
en or , liés par des guirlandes de lauriers.
Une pyramide de brêche violette, portée par un
piédeſtal de même marbre , terminoit le monument.
Sur les quatre faces de ce piédeſtal, étoient
les Ecuffons d'Eſpagne en relief, fupportés par
deux lions ; & fur les faces de la pyramide , des
Ecuffons d'Anjou , en or.
Sous la voute du Catafalque , fur une eſtrade
élevée de fix marches , pofoit un focle de verd
campan , chargé fur fes faces de bas-reliefs & de
agures de marbre en ronde boffe. Au-deffus du foFEVRIER
. 1760. 215
cle & fur les griffes de lion , étoit un farcophage
de porphire , couvert d'un drap mortuaire en or,
chargé des écuffons d'Eſpagne en broderie d'or ,
avec deux couronnes voilées d'un crêpe .
Le Catafalque étoit couvert d'un grand poêle à
quatre rideaux pendans & retrouflés , noirs , &
rayés d'hermine.
Toute cette décoration étoit dans le goût antique.
Ses ornemens , étoient du meilleur choix.
Leur éclat étoit relevé par le grand nombre &
par l'heureufe difpofition des lumieres. Il y avoit
beaucoup de richeffe dans les détails , beaucoup
de nobleſſe & de magnificence dans l'enfemble.
Cette pompe funèbre , ordonnée de la part de
Sa Majesté , par le Duc de Duras , Pair de France ,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ,
a été dirigée par le fieur de la Ferté , Intendant
des Menus- plaifirs du Roi , fur les deffeins du fieur
Michel Ange Slodtz , Deffinateur ordinaire de la
Chambre & du Cabinet de Sa Majeſté .
Suivant les regiftres publics des Eglifes Paroiffiales
de cette Ville , il eft mort , pendant le cours
de l'année derniére , 18446 perfonnes ; il s'y eſt
fait 4059 mariages ; il y a eu 19058 baptêmes ; &
le nombre des enfans trouvés monte à 5 264.
Le 20 Janvier, on a reſſenti ici , à dix heures & un
quart du foir , une légère ſecoufle de tremblement
de terre ; mais elle a été fi peu fenfible , que trèspeu
de perfonnes s'en font apperçues . On l'a reffentie
plus diftinctement , à Verlailles. On a appris
depuis, que ce tremblement de terre a été fenti
à Amfterdam , à Leyde & à Utrecht. Les lettres
de Bruxelles & de Cologne , parlent de quelques
fecoufles qui le précédèrent le 19. Il a été affez
violent dans ces deux Villes . Suivant les lettres de
Cologne , on a reffenti une nouvelle fecouffe le
21 , vers les quatre heures du matin. A Peronne,
les fecouffes du 20 au foir, durerent deux ou trois
216 MERCURE DE FRANCE.
minutes , & effrayerent plufieurs perfonnes , qui
fortirent précipitamment de leurs maifons , de
crainte d'être écralées fur leurs ruines. On a ap .
pris auffi , que le 22 de Décembre , la fecouffe di
tremblement de terre s'étoit faite fentir dans la
Norwege & dans le Duché de Holſtein . Cette fecoulle
a été précédée , en divers , endroits par un
violent coup de tonnerre.L'ébranlement a été confidérable,
à Hadersleben. Dans quelques villes, routes
les tuilles ont été jettées par terre. Cet accident
n'a pas eu d'autres fuites.
Le 1 Février , le fieur Gigot , Recteur de l'Uni-¸
verfité , accompagné des Doyens des quatre Facultés
& des Procureurs des Nations , ſe rendit à Verfailles
; & fuivant l'ancien ufage, il préſenta un
cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
, à Madame la Dauphine , & à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Le mêmejour, le Pere Aubert, Docteur de Sorbonne
, & Commandeur de l'Ordre de Notre
Dame de la Mercy , Rédemption des Captifs, accompagné
de trois Religieux de cet Ordre , eut
l'honneur de préfenter à la Reine un cierge , en
hommage & en reconnoillance de leur établiſſement
à Paris , par la feue Reine Marie de Médicis.
On a reçu avis de Toulon , que les vaiffeaux &
les frégates , qui étoient à Cadix depuis le combat
du fieur de la Clue , font rentrés dans le premier
de ces deux ports , au nombre de cinq vaiſſeaux &
trois frégates. Ils étoient fortis de Cadix immédiatement
après la tempête qui avoit difperfé l'Efcadre
Angloife.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le s de Février , en la manière
accoutumée. Les Numéros fortis de la roue de
fortune font 39 , 30 , 64 , 28 , 56. Le prochain
tirage fe fera le 6 du mois de Mars.
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Résumé : DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
Le 1er janvier 1760, un service solennel fut organisé dans l'église métropolitaine de Paris pour honorer la mémoire de Ferdinand VI, roi d'Espagne, et de Marie-Madeleine de Portugal, reine d'Espagne. Ce service fut ordonné par le roi de France, qui désigna le Dauphin, le Duc d'Orléans et le Prince de Condé pour le grand deuil du roi d'Espagne, et Madame la Dauphine, Madame et Madame Victoire pour celui de la reine d'Espagne. Les princes et princesses furent conduits à l'église par le Marquis de Dreux et le sieur de Nantouillet. La cérémonie fut assistée par plusieurs archevêques, évêques, ainsi que par le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aides, l'Université et le Corps de Ville. L'archevêque de Paris officia pontificalement, et l'évêque de Vence prononça l'oraison funèbre. L'église était somptueusement décorée : le portail était tendu de noir avec des écussons, le chœur orné d'un ordre ionique en pilastres et arcades, et un catafalque richement décoré. La décoration, dirigée par le sieur de la Ferté et conçue par Michel Ange Slodtz, était dans le goût antique et d'une grande magnificence. Les registres publics des églises paroissiales de Paris indiquèrent 18 446 décès, 4 059 mariages, 19 058 baptêmes et 5 264 enfants trouvés pour l'année précédente. Le 20 janvier, une légère secousse de tremblement de terre fut ressentie à Paris, plus distinctement à Versailles, et signalée à Amsterdam, Leyde, Utrecht, Bruxelles et Cologne. Des secousses furent également ressenties en Norvège et dans le Duché de Holstein. Le 1er février, le sieur Gigot, recteur de l'Université, présenta un cierge au roi, à la reine et à d'autres membres de la famille royale à Versailles. Le même jour, le Père Aubert présenta un cierge à la reine en reconnaissance de l'établissement de l'Ordre de Notre Dame de la Mercy à Paris. Des nouvelles de Toulon indiquèrent le retour de vaisseaux et de frégates à Cadix après une tempête. Enfin, le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire eut lieu le 6 février, avec les numéros 39, 30, 64, 28 et 56.
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405
p. 257-258
GRAVURE.
Début :
Nous annonçâmes en 1758, deux estampes gravées par M. Gaillard, d'après M. Boucher, [...]
Mots clefs :
Estampes, Grâce, Beauté, Tableaux, Plaisir, Nouveautés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
Nous annonçâmes en 1758 , deux eftampest
gravées par M. Gaillard , d'après M. Boucher ,
& qui ont pour titre , les amansfurpris , & l'agréa
ble leçon. Le gracieux de ces eftampes , ayant
parfaitement imité la beauté des tableaux , le
Public a marqué combien elles lui faifoient de
258 MERCURE DE FRANCE.
plaifir , par le prompt débit qui s'en eft fait . Ainfi
on a lieu d'efpérer , qu'il recevra avec le même
agrément deux autres nouvelles Eftampes , gravées
par la même main , d'après le mêine grand
Peintre , & de la forme des précédentes . Elles ont
pour titre , le Berger récompenfé , & le Panier
mystérieux.
Elles fe vendent chez l'Auteur , rue S. Jacques ,
au-deilus des Jacobins , entre un Perruquier &
une Lingére.
Nous annonçâmes en 1758 , deux eftampest
gravées par M. Gaillard , d'après M. Boucher ,
& qui ont pour titre , les amansfurpris , & l'agréa
ble leçon. Le gracieux de ces eftampes , ayant
parfaitement imité la beauté des tableaux , le
Public a marqué combien elles lui faifoient de
258 MERCURE DE FRANCE.
plaifir , par le prompt débit qui s'en eft fait . Ainfi
on a lieu d'efpérer , qu'il recevra avec le même
agrément deux autres nouvelles Eftampes , gravées
par la même main , d'après le mêine grand
Peintre , & de la forme des précédentes . Elles ont
pour titre , le Berger récompenfé , & le Panier
mystérieux.
Elles fe vendent chez l'Auteur , rue S. Jacques ,
au-deilus des Jacobins , entre un Perruquier &
une Lingére.
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Résumé : GRAVURE.
En 1758, M. Gaillard publie deux gravures inspirées par Boucher : 'Les amants surpris' et 'L'agréable leçon'. Leur succès commercial est rapide. Deux autres gravures, 'Le Berger récompensé' et 'Le Panier mystérieux', sont annoncées. Elles sont disponibles chez l'auteur, rue Saint-Jacques, entre un perruquier et une lingère.
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406
p. 205-206
Aux Amateurs de l'Architecture.
Début :
Le Sieur Malhortie s'est livré tout entier depuis plusieurs années, [...]
Mots clefs :
Architecture, Théorie, Pratique, Construction, Bâtiment, Connaissances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Aux Amateurs de l'Architecture.
A.x Amateurs de l'Architecture.
LE SIEUR Malhortie s'eft livré tout entier depuis
plusieurs années , à l'étude de l'Architecture ,
& de tout ce qui peut être relatif à cet Art.
Il connoît les parties effentielles des Mathématiques
, & a cultivé également les connoiffances
de Théorie & de Pratique , telles que la coupe des
pierres , la conftruction & la compofition de la
Charpente , celle de la Menuiferie, &c. Il s'eft auffi
mis en état d'être employé dans la partie des Méchaniques
, pour accélérer la conſtruction des bâtimens
. Il peut faire & éxécuter les deffeins , des
plans , élévations géométrales , & perſpectives ,
les coupes & les développemens du bâtiment.
*. Comine le fieur Malhortie a. fuivi avec exactitude
& profit le Cours de M. Blondel , qui a joint
à fes autres bontés , celle de lui faire dicter fes
leçons à fes Eleves externes ; il eft en état de donner
les principes d'Architecture & de Mathématiques
, enfemble , ou féparément.
Son objet feroit , de fe rendre utile aux perfonnes
de qualité , foit en enfeignant aux uns les
Elémens , foit en repaffant avec les autres les
différens Cours de M. Blondel .
Le fieur Malhortie , fe rendra chez les perfon
nes, qui voudront l'employer , auxjours & heus
206 MERCURE DE FRANCE.
res qui leur feront le plus commodes. Il fe contentera
d'honoraires très modiques.
Le fieur Malhortie demeure fur le Pont Notre-
Dame , près & du côté de S. Denys de la Chartre ,
dans l'allée attenant le poreau d'affiche , entre le
Doreur & la Coutariére , au quatrième. En cas
d'abfence , on pourra remettre les billets d'avertiffement
qu'on lui enverra , chez le voisin au
deffous de lui , ou chez le Doreur.
LE SIEUR Malhortie s'eft livré tout entier depuis
plusieurs années , à l'étude de l'Architecture ,
& de tout ce qui peut être relatif à cet Art.
Il connoît les parties effentielles des Mathématiques
, & a cultivé également les connoiffances
de Théorie & de Pratique , telles que la coupe des
pierres , la conftruction & la compofition de la
Charpente , celle de la Menuiferie, &c. Il s'eft auffi
mis en état d'être employé dans la partie des Méchaniques
, pour accélérer la conſtruction des bâtimens
. Il peut faire & éxécuter les deffeins , des
plans , élévations géométrales , & perſpectives ,
les coupes & les développemens du bâtiment.
*. Comine le fieur Malhortie a. fuivi avec exactitude
& profit le Cours de M. Blondel , qui a joint
à fes autres bontés , celle de lui faire dicter fes
leçons à fes Eleves externes ; il eft en état de donner
les principes d'Architecture & de Mathématiques
, enfemble , ou féparément.
Son objet feroit , de fe rendre utile aux perfonnes
de qualité , foit en enfeignant aux uns les
Elémens , foit en repaffant avec les autres les
différens Cours de M. Blondel .
Le fieur Malhortie , fe rendra chez les perfon
nes, qui voudront l'employer , auxjours & heus
206 MERCURE DE FRANCE.
res qui leur feront le plus commodes. Il fe contentera
d'honoraires très modiques.
Le fieur Malhortie demeure fur le Pont Notre-
Dame , près & du côté de S. Denys de la Chartre ,
dans l'allée attenant le poreau d'affiche , entre le
Doreur & la Coutariére , au quatrième. En cas
d'abfence , on pourra remettre les billets d'avertiffement
qu'on lui enverra , chez le voisin au
deffous de lui , ou chez le Doreur.
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Résumé : Aux Amateurs de l'Architecture.
Le texte présente le sieur Malhortie, un expert en architecture ayant étudié cet art et ses disciplines connexes pendant plusieurs années. Il maîtrise les mathématiques, la coupe des pierres, la construction, la charpente, la menuiserie et la mécanique pour accélérer la construction des bâtiments. Malhortie est capable de réaliser divers types de plans et de dessins architecturaux. Il a suivi les cours de M. Blondel et peut enseigner les principes d'architecture et de mathématiques, soit ensemble, soit séparément. Il souhaite enseigner ces disciplines ou reprendre les cours de M. Blondel pour des personnes de qualité. Malhortie se rendra chez ses employeurs aux jours et heures qui leur conviendront, pour des honoraires modiques. Il réside sur le Pont Notre-Dame, près de Saint-Denis de la Chartre, et fournit des informations pour le dépôt des billets en cas d'absence.
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407
p. 206
« Le sieur Sire Jacob donne avis au Publix, que son père, Indien de Nation, lui a laissé, [...] »
Début :
Le sieur Sire Jacob donne avis au Publix, que son père, Indien de Nation, lui a laissé, [...]
Mots clefs :
Indien, Carmin des Indes, Brillance, Beauté, Peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Sire Jacob donne avis au Publix, que son père, Indien de Nation, lui a laissé, [...] »
Le fieur Sire Jacob donne avis au Public , que
fon père , Indien de Nation , lui a laiffé , avant que
de mourir , le fecret du parfait Carmin des Indes,
qa'il vient de mettre au jour , & après l'avoir fait
examiner par MM . de l'Académie Royale des
Peintres ; MM . Aved & Chardin de la fufdite Académie
, lui ont dit , qu'il n'y avoit rien de plus
beau & de plus brillant que fon Carmin , & qu'ils
lui permettoient , non feulement de citer leurs
noms , dans tous les billets qu'il diftribuera ;
mais même dans tout ce qu'il jugereit à propos.
Il fait auffi le rouge le plus parfait à l'ufage des
Dames ; comme auffi l'Opiat & le Corail , à l'épine
vinette, pour les dents . Le fieur Sire Jacob demeure
place du Puits d'Amour , chez le fieur Selle , marchand
Teinturier , rue la grande Truanderie , & fa
boutique eft au jardin du Palais Royal , vis-à-vis
le Caffé de Foi .
fon père , Indien de Nation , lui a laiffé , avant que
de mourir , le fecret du parfait Carmin des Indes,
qa'il vient de mettre au jour , & après l'avoir fait
examiner par MM . de l'Académie Royale des
Peintres ; MM . Aved & Chardin de la fufdite Académie
, lui ont dit , qu'il n'y avoit rien de plus
beau & de plus brillant que fon Carmin , & qu'ils
lui permettoient , non feulement de citer leurs
noms , dans tous les billets qu'il diftribuera ;
mais même dans tout ce qu'il jugereit à propos.
Il fait auffi le rouge le plus parfait à l'ufage des
Dames ; comme auffi l'Opiat & le Corail , à l'épine
vinette, pour les dents . Le fieur Sire Jacob demeure
place du Puits d'Amour , chez le fieur Selle , marchand
Teinturier , rue la grande Truanderie , & fa
boutique eft au jardin du Palais Royal , vis-à-vis
le Caffé de Foi .
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Résumé : « Le sieur Sire Jacob donne avis au Publix, que son père, Indien de Nation, lui a laissé, [...] »
Le sieur Sire Jacob a hérité de son père le secret du parfait carmin des Indes, approuvé par MM. Aved et Chardin. Il fabrique également un rouge pour dames, de l'opiat et du corail à l'épine vinette. Il réside place du Puits d'Amour et sa boutique est au jardin du Palais Royal.
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408
p. 76
LOGOGRYPHE.
Début :
Chef d'oeuvre d'Iphicrate, & d'Epaminondas, [...]
Mots clefs :
Colonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
CHEF HEF D'OEUVRE d'Iphicrate ,& d'Epaminondas,
C'eftpar moi que Gonfalve*a marché fur leurs pas.
Si dans un autre fens quelqu'un veut me connoître;
Au Louvre , mieux qu'ailleurs , il peut me voir paroître.
Mais , Lecteur , pour venir à la déduction
Des mors que je produis , par ma diſſection ;
Cherche un Navigateur , un parent , une Ville,
Où Marcellus parut auffi brave qu'habile ;
Ce qu'Achille prenoit du célèbre Chiron ,
Et que donnoit Polybe au jeune Scipion.
Un jour très-folemnel ; ce fameux Patriarche ,
Préfervé du déluge , à la faveur de l'Arche ;
Un illuftre guerrier , & dont Artaxerxès ,
Au grand Agéfilas , oppofa les fuccès ;
Ce que , pour être femme , une fille defire . .....
C'eft affez : finiffons : il ne faut pas tout dire.
-*
Surnommé le Grand Capitaine : c'eft le Turenne
des Efpagnols.
Par M. DE LANEVERE , ancien Mousquetaire
du Roi , à Dax le …… ..
CHEF HEF D'OEUVRE d'Iphicrate ,& d'Epaminondas,
C'eftpar moi que Gonfalve*a marché fur leurs pas.
Si dans un autre fens quelqu'un veut me connoître;
Au Louvre , mieux qu'ailleurs , il peut me voir paroître.
Mais , Lecteur , pour venir à la déduction
Des mors que je produis , par ma diſſection ;
Cherche un Navigateur , un parent , une Ville,
Où Marcellus parut auffi brave qu'habile ;
Ce qu'Achille prenoit du célèbre Chiron ,
Et que donnoit Polybe au jeune Scipion.
Un jour très-folemnel ; ce fameux Patriarche ,
Préfervé du déluge , à la faveur de l'Arche ;
Un illuftre guerrier , & dont Artaxerxès ,
Au grand Agéfilas , oppofa les fuccès ;
Ce que , pour être femme , une fille defire . .....
C'eft affez : finiffons : il ne faut pas tout dire.
-*
Surnommé le Grand Capitaine : c'eft le Turenne
des Efpagnols.
Par M. DE LANEVERE , ancien Mousquetaire
du Roi , à Dax le …… ..
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409
p. 210-211
« Le sieur Beauvarlet, Graveur, rue S. Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins, vient de mettre au jour deux [...] »
Début :
Le sieur Beauvarlet, Graveur, rue S. Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins, vient de mettre au jour deux [...]
Mots clefs :
Graveur, Estampes, Artiste, Talents, Tableau, Beauté, Morceaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Beauvarlet, Graveur, rue S. Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins, vient de mettre au jour deux [...] »
Le Geur BEAUVARLET , Graveur, rue S. Jacques,
vis- à - vis celle des Mathurins , vient de mettre
au jour deux Eftampes qui justifient les grandes
efpérances que ce jeune Artie , plein de feu &.
d'émulation , a déja fait concevoir de les talens .
L'une eft intitulée Action métamorphofé en Cerf,
elle elt dédiée à M. le Cote de Coigny , gra-,
vée de même grandeur que le Tableau , dont les
figures font peintes par Rothenhames , & le
Paysage par Benghel de Velours . L'autre eft
un Colin-Maillard, qui fait le pendant à la baf
cule , qui eft aujou depuis quelque temps. Cerie.
Etampe eft des plus he reufes pour la compofition,
Le Graveur a fçu conferver la fraîcheur &
la touche du pinceau ; leafemble eft , on ne peut,
plus agréable . Noas ofons préfumer que les Con
noilleurs ne pourront qu'en admirer le faire ,
tout à la fois favant & gracieux. Tel eft l'effet
AOUST. 1760. 211
4
que produit celle qui a pour titre , Adéon métamorphofé
en Cerf : plus on la regarde , plus elle
plait , plus elle fatisfait , tant par le précieux que
par le fini.
Nous croyons devoir avertir le Public , que le
même Artiſte a entrepris quatre grands morceaux
d'après Luc Jourdans : il eft après le premier, dont
le fujet eft L'enlevement des Sabines . Quand il
l'aura fini & mis au jour , il propofera les trois
autres par foufcription . Il a cru devoir en agir
ainfi , afin de mettre les Amateurs, à portée de fe
décider plus fûrement. Ceux qui defireroient voir
les admirables Tableaux dont il s'agit , peuvent
fe fatisfaire en allant chez le fieur Beauvarlet ,
qui fe fait un plaifir de les faire voir.
vis- à - vis celle des Mathurins , vient de mettre
au jour deux Eftampes qui justifient les grandes
efpérances que ce jeune Artie , plein de feu &.
d'émulation , a déja fait concevoir de les talens .
L'une eft intitulée Action métamorphofé en Cerf,
elle elt dédiée à M. le Cote de Coigny , gra-,
vée de même grandeur que le Tableau , dont les
figures font peintes par Rothenhames , & le
Paysage par Benghel de Velours . L'autre eft
un Colin-Maillard, qui fait le pendant à la baf
cule , qui eft aujou depuis quelque temps. Cerie.
Etampe eft des plus he reufes pour la compofition,
Le Graveur a fçu conferver la fraîcheur &
la touche du pinceau ; leafemble eft , on ne peut,
plus agréable . Noas ofons préfumer que les Con
noilleurs ne pourront qu'en admirer le faire ,
tout à la fois favant & gracieux. Tel eft l'effet
AOUST. 1760. 211
4
que produit celle qui a pour titre , Adéon métamorphofé
en Cerf : plus on la regarde , plus elle
plait , plus elle fatisfait , tant par le précieux que
par le fini.
Nous croyons devoir avertir le Public , que le
même Artiſte a entrepris quatre grands morceaux
d'après Luc Jourdans : il eft après le premier, dont
le fujet eft L'enlevement des Sabines . Quand il
l'aura fini & mis au jour , il propofera les trois
autres par foufcription . Il a cru devoir en agir
ainfi , afin de mettre les Amateurs, à portée de fe
décider plus fûrement. Ceux qui defireroient voir
les admirables Tableaux dont il s'agit , peuvent
fe fatisfaire en allant chez le fieur Beauvarlet ,
qui fe fait un plaifir de les faire voir.
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Résumé : « Le sieur Beauvarlet, Graveur, rue S. Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins, vient de mettre au jour deux [...] »
Le graveur Geur Beauvarlet, résidant rue Saint-Jacques, a récemment publié deux estampes. La première, 'Action métamorphosé en Cerf', dédiée à M. le Comte de Coigny, reproduit un tableau avec des figures peintes par Rothenhames et un paysage par Benghel de Velours. La seconde, 'Colin-Maillard', est appréciée pour sa composition, sa fraîcheur et sa touche. En août 1760, 'Action métamorphosé en Cerf' est saluée pour son attrait croissant, sa précision et son fini. Beauvarlet travaille également sur quatre grandes œuvres d'après Luc Jourdans, dont la première, 'L'enlèvement des Sabines', est en cours. Les trois autres seront proposées par souscription. Les tableaux originaux peuvent être consultés chez le sieur Beauvarlet.
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410
p. 210-211
Heureuse découverte pour la Peinture.
Début :
M. le Lieutenant de Police, avant que de faire la faveur de donner [...]
Mots clefs :
Auteur, Impression, Tableau, Peinture, Certificat, Vernis, Couleurs, Vivacité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Heureuse découverte pour la Peinture.
Heureufe découverte pour la Peinture.
M. le Lieutenant de Police , avant que de faire
la faveur de donner à l'Auteur la permiſſion d'imprimer
, a eu la bonté d'envoyer à M. Cochin ,
Garde des Deffeins du Cabinet du Roi , aux Galeries
du Louvre , un petit Tableau pour fçavoir
de lui ce qu'il penferoit de ce furprenant vernis
afin que les curieux en Peinture ne fuffent pas
trompés davantage . M. Cochin l'ayant approuvé ,
M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi & de fon
Académie , en a fait l'analyfe & en a donné fon
Certificat comme on le verra ci- deffous. Il feroit
inutile d'en dire davantage : l'on fçait trop bien
les dommages que les Tableaux ont reçus des
vernis ordinaires que l'on ne fçauroit enlever fans
gâter les foibles touches qui font toutes les graces
du Tableau & font écailler la peinture . Ce vernis
que nous annonçons, redonne aux couleurs toute
leur vivacité ; il fait reparoître à nos yeux tout ce
qui s'étoit perdu , & avec un éclar fans pareil . Il
s'enleve ailément,après nombre d'années, avec une
éponge, & laiffe la peinture dans fa beauté fans
jamais rien gâter . L'Auteur fe fait gloire d'offrir
fes fervices aux Curieux. Il ne vend point fon
vernis , il l'employe lui-même ; on ne dérangepien
dans les appartemens : il vernit les Tableaux
OCTOBRE . 1760. 211
à leur place, comme il a fait en Angleterre , ou
if a demeuré 35 ans.
M. Burel , demeure rue S. Honoré , au coin
de celle du Chantre , Maiſon neuve , au troifiéme
étage.
M. le Lieutenant de Police , avant que de faire
la faveur de donner à l'Auteur la permiſſion d'imprimer
, a eu la bonté d'envoyer à M. Cochin ,
Garde des Deffeins du Cabinet du Roi , aux Galeries
du Louvre , un petit Tableau pour fçavoir
de lui ce qu'il penferoit de ce furprenant vernis
afin que les curieux en Peinture ne fuffent pas
trompés davantage . M. Cochin l'ayant approuvé ,
M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi & de fon
Académie , en a fait l'analyfe & en a donné fon
Certificat comme on le verra ci- deffous. Il feroit
inutile d'en dire davantage : l'on fçait trop bien
les dommages que les Tableaux ont reçus des
vernis ordinaires que l'on ne fçauroit enlever fans
gâter les foibles touches qui font toutes les graces
du Tableau & font écailler la peinture . Ce vernis
que nous annonçons, redonne aux couleurs toute
leur vivacité ; il fait reparoître à nos yeux tout ce
qui s'étoit perdu , & avec un éclar fans pareil . Il
s'enleve ailément,après nombre d'années, avec une
éponge, & laiffe la peinture dans fa beauté fans
jamais rien gâter . L'Auteur fe fait gloire d'offrir
fes fervices aux Curieux. Il ne vend point fon
vernis , il l'employe lui-même ; on ne dérangepien
dans les appartemens : il vernit les Tableaux
OCTOBRE . 1760. 211
à leur place, comme il a fait en Angleterre , ou
if a demeuré 35 ans.
M. Burel , demeure rue S. Honoré , au coin
de celle du Chantre , Maiſon neuve , au troifiéme
étage.
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Résumé : Heureuse découverte pour la Peinture.
Le texte présente une découverte significative dans le domaine de la peinture. Un tableau a été envoyé au Lieutenant de Police, qui l'a transmis à M. Cochin, Garde des Dessins du Cabinet du Roi, pour évaluer un nouveau vernis. M. Cochin a validé ce vernis, et M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi, a effectué une analyse et fourni un certificat. Le vernis traditionnel endommage les tableaux en altérant les touches délicates et en provoquant des écaillures. Le nouveau vernis, en revanche, restaure la vivacité des couleurs, révèle les détails perdus et peut être retiré facilement avec une éponge sans abîmer la peinture. L'auteur, M. Burel, propose ses services aux amateurs de peinture et précise qu'il n'est pas un vendeur de vernis. Il applique lui-même le vernis sur place, comme il l'a fait en Angleterre où il a duré 35 ans. M. Burel réside rue Saint-Honoré, au coin de la rue du Chantre, dans une maison neuve, au troisième étage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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412
p. 63-64
ENIGME.
Début :
Fille d'un Médecin qui sçut plus d'un Métier, [...]
Mots clefs :
Façade du Louvre
414
p. 69-70
AUTRE.
Début :
Je suis petit ou grand, ma taille est arbitraire, [...]
Mots clefs :
Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
J fuis petit ou grand , ma taille eft arbitraire ,
E
Beau , laid , bien ou mal fait , ce n'eſt pas là
l'affaire.
70 MERCURE DE FRANCE .
Tantôt en ris ,
Tantôt en pleurs ,
Ici je vis ,
Et là je meurs.
En même lieu je place & la paix & la guèrre ;
Je fais plus , & fans bruit je lance le tonnèrre.
Je flatte en même temps l'Impie & le Dévot ,
En gardant le filence & fans leur dire mot.
Poëte , Hiftorien , fans vers & fans hiftoire ....
Cher Lecteur , cela te ſurprend !
Le refte eft bien plus étonnant :
Pour être tel il me faut boire.
Par un Abonné au Mercure.
J fuis petit ou grand , ma taille eft arbitraire ,
E
Beau , laid , bien ou mal fait , ce n'eſt pas là
l'affaire.
70 MERCURE DE FRANCE .
Tantôt en ris ,
Tantôt en pleurs ,
Ici je vis ,
Et là je meurs.
En même lieu je place & la paix & la guèrre ;
Je fais plus , & fans bruit je lance le tonnèrre.
Je flatte en même temps l'Impie & le Dévot ,
En gardant le filence & fans leur dire mot.
Poëte , Hiftorien , fans vers & fans hiftoire ....
Cher Lecteur , cela te ſurprend !
Le refte eft bien plus étonnant :
Pour être tel il me faut boire.
Par un Abonné au Mercure.
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415
p. 73-80
DISSERTATION de M. de SAINT-FOIX, au sujet de la Statue Equestre d'un de nos Rois, qui est dans l'Eglise de Nôtre-Dame de Paris.
Début :
M. le Président Heinaut dit qu'en mémoire de la victoire que Philippe [...]
Mots clefs :
Statue équestre, Nécrologe, Église de Notre-Dame de Paris, Cheval, Chroniques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISSERTATION de M. de SAINT-FOIX, au sujet de la Statue Equestre d'un de nos Rois, qui est dans l'Eglise de Nôtre-Dame de Paris.
NOUVELLES LITTERAIRES.
DISSERTATION de M. de SAINTFOIX
, au fujet de la Statue Equeftre
d'un de nos Rois , qui eft dans
l'Eglife de Notre-Dame de Paris.
M. le Préfident Heinaut dit qu'en
mémoire de la victoire que Philippe
le Bel avoit remportée fur les Flamans
à Mons en Puelle , le 18 Août
1304 , on éleva à Notre- Dame une Statue
équestre de ce Prince , & qu'il fonda
une rente de cent livres à l'Eglife
de Notre- Dame de Paris. Il y a eu ,
ajoute- t-il , des méprifes fur ce monument
que quelques Auteurs , & entr'autres
Nicole Gilles , ont attribué à Philippe
de Valois ; mais pour s'aflurer
de la vérité du fait , il n'y a qu'à lire le
Nécrologe de l'Eglife de Notre-Dame
de Paris , ainfi que la fixiéme Leçon
du Breviaire de Paris , où il eft fait
commémoration de cette victoire au 18
I. Vol.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
Août , jour auquel fe donna la bataille
de Mons en Puelle , au lieu que celle
de Caffel, fe donna le
23 Août.
M. Le Préfident Heinaut ne s'eft
pas
fans doute fouvenu qu'un Hiftorien ,
témoin oculaire & qui a écrit l'hiſtoire
de fon temps depuis 1301 jufqu'en
1340 , en parlant de Philippe le Bel &
de la bataille de Mons en Puelle , dit
fimplement que ce Prince , en actions
de grâces de cette victoire , fit des fondations
à Nôtre-Dame , à S. Denis &
dans plufieurs autres Eglifes ; au lieu
que ce même Historien , en parlant
de Philippe de Valois & de la bataille
de Caffel , dit que Philippe de Valois ,
à fon retour en France , alla à S. Denis
& enfuite à Nôtre-Dame de Paris , où
il monta fur le même cheval & fe fit
armer des mêmes armes qu'il avoit
dans le combat , & les préfenta en offrande
à la Sainte Vierge : Rex vere
(Philippus ** Valefius ) in Francia exiftens
, beatum Dionifuum primitus devote
& humiliter vifitavit , & poftea ivit Parifios
, & Ecclefiam Beatæ Mariæ ingreffus
coram imagine eifdem armis
quibus in bello armatus fuerat , fe armari
fecit & fuper equum cui exiftenti
* Continuat. Guill . de Nangis , p. 61.6.
** Continuat. Guill, de Nangis , p . 737•
JANVIER. 1763. 75
in bello infederat , afcenfus , Bear
Mariæ cui fe in hoc belli periculo facturum
dona voverat , Ecclefiæ ejufdem
arma & equum deferens , devotiffime
præfentavit , eidem de tanti evafione periculi
gratias agens.
On prétend que s'il y a dans quelques
manufcrits ivit Parifios , il y a dans
d'autres ivit Carnutum , c'est-à-dire à
Chartres , & que ce fut dans l'Eglife de
Chartres que Philippe de Valois entra à
cheval , & fit l'offrande de fon cheval
& de fes armes , comme Philippe le Bel
avoit fait vingt- quatre ans auparavant
dans l'Eglife Cathédrale de Paris . Mais
eft-il naturel que l'Hiftorien contemporain
de ces deux Princes,ayant rapporté
l'action de Philippe de Valois , n'eût pas
parlé de la même action faite par Philippe
le Bel , fur- tout lorfqu'il fait mention
des fondations que fit Philippe le
Bel en mémoire & reconnoiffance de
la victoire qu'il avoit remportée à Mons
en Puelle ?
Joignons à ce témoignage de l'hiftorien
contemporain , celui d'un manufcrit
qui paroît être de 1360 , cotté H ,
numero 22 , & faifant partie des manufcrits
que le Chapitre de Notre-Dame
a donnés au Roi : il y eft dit que Phi-
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
>
lippe de Valois , après la bataille de Caffel
, l'an 1328 , entra tout arméfurfon
deftrier en l'Eglife de Notre- Dame de
Paris & lui offrit ledit cheval & fes
armes en oblation , la remerciant de la
victoire qu'il avoit obtenue par fon interceffion
; & que la repréfentation dudit
Roi eft affife fur deux piliers devant l'image
de ladite Dame , en la Nef de ladite
Eglife.
On peut encore ajouter à ces autorités
, celle des grandes Chroniques de
France , manufcrit de l'an 1380 : elles
difent que Philippe de Valois monta fur
fon deftrier , & ainfi entra dans l'Eglife
de Notre-Dame de Paris , & très - dévotement
la remercia , & lui préfenta ledit
cheval fur lequel il étoit monté , & toutes
fes armures.
Á l'égard du Nécrologe de l'Eglife A
de Nôtre- Dame de Paris , il y eft fimplement
parlé d'une fondation de cent livres
de rente , faite par Philippe le Bel en
actions de graces de la victoire qu'il
avoit remportée à Mons en Puelle ; &
comme il n'y eft point dit que ce Prince
entra dans l'Eglife de Notre - Dame à
cheval , & qu'il fit l'offrande de fon
cheval & de fes armes à la Vierge
c'eft encore une preuve que ce ne fut
point lui , mais Philippe de Valois qui
JANVIER. 1763. 77
entra de la forte dans cette Eglife , &
qui fit cette offrande. L'apoftille qui eft
à la marge de ce Nécrologe , eft d'un
ftyle & d'une écriture très-moderne , &
par conféquent ne prouve rien.
Je conviens que les nouveaux Breviaires
de Paris portent : Philippus Pulcher
reverfus poftea Lutetiam , in ejufdem
Bafilicæ pronao ftatuamfuam equeftrem
, eamque armatam coram Beatæ
Virginis imagine , in perenne collati beneficii
monumentum , erigi voluit. Mais
dans les anciens Breviaires il n'y a que
ces mots , in Ecclefia Parifienfi , propter
commemorationem victoria Philippi Pulchri
, fit duplum. Non feulement on
n'y trouve pas les trois leçons qu'on a
faites & inférées pour Philippe le Bel
dans les nouveaux Breviaires , mais au
contraire on trouve les deux Leçons
fuivantes :
*
LECTIO QUINTA.
Quod intelligens gloriofa memoriæ
Rex Philippus Valefius , cum opitulante
Deo per merita Beata Virginis
Matris , infignem victoriam de rebellibus
Flandris obtinuiffet , quæ contigit
anno 1328 , acturus Deo & Sanc-
* Breviar. Ecclefia Parifienfis. Festa Augufti ,
anno 1584.
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
tæ Virgini gratias , triumphans & equitans
Ecclefiam Beata Maria Parifiis
ingreffus eft , non vaná oftentatione elatus
, fed Deo , per quem de ancipiti bello
evaferat , profunda humilitate fubjectus.
LECTIO SEXTA.
Itaque & æquum & arma in quibus
vicerat , gloriofiffimae Virgini devovit :
atque ut teftimonium tanti beneficii pofteritati
relinqueret , ftatuit ut infra octavam
affumptionis ejufdem genitricis
Dei , dies ifta duplo celebrior haberetur
, & propter affumptionis Beatæ Mariæ
folemnitatem , & propter tanta victoriæ
nullis abolendam temporibus memoriam.
On demandera fans doute pourquoi
ces changemens dans les nouveaux breviaires
? je répondrai que je n'en fais pas
la raifon ; mais que de mauvais efprits
pourroient s'imaginer qu'attendu la rente
de cent livres fondée par Philippe le
Bel , pour qu'on fit commémoration de
fa victoire , on a jugé que ce Prince méritoit
qu'on fe fouvînt de lui ; au lieu
qu'on a cru qu'on pouvoit enfin oublier
Philippe de Valois , qui n'avoit donné
àl'Eglife que fes armes & fon cheval .
Dans le récit de la bataille de Caffel
on voit que l'attaque des ennemis fut
affez foudaine & imprévue ; mais que
JANVIER. 1763. 79
cependant Philippe de Valois eut le
temps de s'armer à moitié & de monter
à cheval ; au lieu qu'à la bataille de
Mons en Puelle , Philippe le Bel fut
furpris dans fa tente & combattit à pied
jufqu'à ce que plufieurs Seigneurs étant
accourus a fon fecours , il eut le temps
de monter à cheval. Or , s'il avoit voulu
qu'on mit fa ftatue à Notre - Dame , il
n'eft pas douteux qu'il s'y feroit fait repréfenter
à pied , comme au moment
du plus grand danger , & par conféquent
le plus glorieux pour lui. Je fais
cette remarque * en réponſe à ce qu'a dit
Moreau de Mautour qui , pour foutenir fon
opinion , fe déguife à lui- même les faits .
Je crois que tout ce que je viens de
rapporter doit déterminer à changer
l'infcription nouvelle qu'on a mife à
Notre-Dame , & à y mettre : Rex Philippus
Valefius , &c. au lieu de Rex Philippus
Pulcher. D'ailleurs on a eu tort
de critiquer la fin de cette infcription
& de dire qu'il n'eft pas vraisemblable
qu'un Roi foit entré dans une Eglife
à cheval , parce que cela auroit été
trop indécent. Une pareille critique décéle
un homme peu verfé dans l'étude de
notre hiftoire & de nos anciennes moeurs
* Mém, de l'Acad. des Infcript. T. 3. p. 299.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
*
& coutumes ; il y auroit vu qu'au fervice
fait à S. Denis , en 1389, pour Ber
trand Duguefclin , par l'ordre de Charles
VI , les Chevaliers qui menoient le deuil
entrerent dans l'Eglife fur des chevaux
caparaçonnés de noir , & que l'Evêque
qui célébroit la Meffe , defcendit de l'Autel
après l'Evangile ; & que s'étant placé
à la porte du choeur , il reçut l'offrande
des chevaux , en leur mettant la main
fur la tête.
DISSERTATION de M. de SAINTFOIX
, au fujet de la Statue Equeftre
d'un de nos Rois , qui eft dans
l'Eglife de Notre-Dame de Paris.
M. le Préfident Heinaut dit qu'en
mémoire de la victoire que Philippe
le Bel avoit remportée fur les Flamans
à Mons en Puelle , le 18 Août
1304 , on éleva à Notre- Dame une Statue
équestre de ce Prince , & qu'il fonda
une rente de cent livres à l'Eglife
de Notre- Dame de Paris. Il y a eu ,
ajoute- t-il , des méprifes fur ce monument
que quelques Auteurs , & entr'autres
Nicole Gilles , ont attribué à Philippe
de Valois ; mais pour s'aflurer
de la vérité du fait , il n'y a qu'à lire le
Nécrologe de l'Eglife de Notre-Dame
de Paris , ainfi que la fixiéme Leçon
du Breviaire de Paris , où il eft fait
commémoration de cette victoire au 18
I. Vol.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
Août , jour auquel fe donna la bataille
de Mons en Puelle , au lieu que celle
de Caffel, fe donna le
23 Août.
M. Le Préfident Heinaut ne s'eft
pas
fans doute fouvenu qu'un Hiftorien ,
témoin oculaire & qui a écrit l'hiſtoire
de fon temps depuis 1301 jufqu'en
1340 , en parlant de Philippe le Bel &
de la bataille de Mons en Puelle , dit
fimplement que ce Prince , en actions
de grâces de cette victoire , fit des fondations
à Nôtre-Dame , à S. Denis &
dans plufieurs autres Eglifes ; au lieu
que ce même Historien , en parlant
de Philippe de Valois & de la bataille
de Caffel , dit que Philippe de Valois ,
à fon retour en France , alla à S. Denis
& enfuite à Nôtre-Dame de Paris , où
il monta fur le même cheval & fe fit
armer des mêmes armes qu'il avoit
dans le combat , & les préfenta en offrande
à la Sainte Vierge : Rex vere
(Philippus ** Valefius ) in Francia exiftens
, beatum Dionifuum primitus devote
& humiliter vifitavit , & poftea ivit Parifios
, & Ecclefiam Beatæ Mariæ ingreffus
coram imagine eifdem armis
quibus in bello armatus fuerat , fe armari
fecit & fuper equum cui exiftenti
* Continuat. Guill . de Nangis , p. 61.6.
** Continuat. Guill, de Nangis , p . 737•
JANVIER. 1763. 75
in bello infederat , afcenfus , Bear
Mariæ cui fe in hoc belli periculo facturum
dona voverat , Ecclefiæ ejufdem
arma & equum deferens , devotiffime
præfentavit , eidem de tanti evafione periculi
gratias agens.
On prétend que s'il y a dans quelques
manufcrits ivit Parifios , il y a dans
d'autres ivit Carnutum , c'est-à-dire à
Chartres , & que ce fut dans l'Eglife de
Chartres que Philippe de Valois entra à
cheval , & fit l'offrande de fon cheval
& de fes armes , comme Philippe le Bel
avoit fait vingt- quatre ans auparavant
dans l'Eglife Cathédrale de Paris . Mais
eft-il naturel que l'Hiftorien contemporain
de ces deux Princes,ayant rapporté
l'action de Philippe de Valois , n'eût pas
parlé de la même action faite par Philippe
le Bel , fur- tout lorfqu'il fait mention
des fondations que fit Philippe le
Bel en mémoire & reconnoiffance de
la victoire qu'il avoit remportée à Mons
en Puelle ?
Joignons à ce témoignage de l'hiftorien
contemporain , celui d'un manufcrit
qui paroît être de 1360 , cotté H ,
numero 22 , & faifant partie des manufcrits
que le Chapitre de Notre-Dame
a donnés au Roi : il y eft dit que Phi-
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
>
lippe de Valois , après la bataille de Caffel
, l'an 1328 , entra tout arméfurfon
deftrier en l'Eglife de Notre- Dame de
Paris & lui offrit ledit cheval & fes
armes en oblation , la remerciant de la
victoire qu'il avoit obtenue par fon interceffion
; & que la repréfentation dudit
Roi eft affife fur deux piliers devant l'image
de ladite Dame , en la Nef de ladite
Eglife.
On peut encore ajouter à ces autorités
, celle des grandes Chroniques de
France , manufcrit de l'an 1380 : elles
difent que Philippe de Valois monta fur
fon deftrier , & ainfi entra dans l'Eglife
de Notre-Dame de Paris , & très - dévotement
la remercia , & lui préfenta ledit
cheval fur lequel il étoit monté , & toutes
fes armures.
Á l'égard du Nécrologe de l'Eglife A
de Nôtre- Dame de Paris , il y eft fimplement
parlé d'une fondation de cent livres
de rente , faite par Philippe le Bel en
actions de graces de la victoire qu'il
avoit remportée à Mons en Puelle ; &
comme il n'y eft point dit que ce Prince
entra dans l'Eglife de Notre - Dame à
cheval , & qu'il fit l'offrande de fon
cheval & de fes armes à la Vierge
c'eft encore une preuve que ce ne fut
point lui , mais Philippe de Valois qui
JANVIER. 1763. 77
entra de la forte dans cette Eglife , &
qui fit cette offrande. L'apoftille qui eft
à la marge de ce Nécrologe , eft d'un
ftyle & d'une écriture très-moderne , &
par conféquent ne prouve rien.
Je conviens que les nouveaux Breviaires
de Paris portent : Philippus Pulcher
reverfus poftea Lutetiam , in ejufdem
Bafilicæ pronao ftatuamfuam equeftrem
, eamque armatam coram Beatæ
Virginis imagine , in perenne collati beneficii
monumentum , erigi voluit. Mais
dans les anciens Breviaires il n'y a que
ces mots , in Ecclefia Parifienfi , propter
commemorationem victoria Philippi Pulchri
, fit duplum. Non feulement on
n'y trouve pas les trois leçons qu'on a
faites & inférées pour Philippe le Bel
dans les nouveaux Breviaires , mais au
contraire on trouve les deux Leçons
fuivantes :
*
LECTIO QUINTA.
Quod intelligens gloriofa memoriæ
Rex Philippus Valefius , cum opitulante
Deo per merita Beata Virginis
Matris , infignem victoriam de rebellibus
Flandris obtinuiffet , quæ contigit
anno 1328 , acturus Deo & Sanc-
* Breviar. Ecclefia Parifienfis. Festa Augufti ,
anno 1584.
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
tæ Virgini gratias , triumphans & equitans
Ecclefiam Beata Maria Parifiis
ingreffus eft , non vaná oftentatione elatus
, fed Deo , per quem de ancipiti bello
evaferat , profunda humilitate fubjectus.
LECTIO SEXTA.
Itaque & æquum & arma in quibus
vicerat , gloriofiffimae Virgini devovit :
atque ut teftimonium tanti beneficii pofteritati
relinqueret , ftatuit ut infra octavam
affumptionis ejufdem genitricis
Dei , dies ifta duplo celebrior haberetur
, & propter affumptionis Beatæ Mariæ
folemnitatem , & propter tanta victoriæ
nullis abolendam temporibus memoriam.
On demandera fans doute pourquoi
ces changemens dans les nouveaux breviaires
? je répondrai que je n'en fais pas
la raifon ; mais que de mauvais efprits
pourroient s'imaginer qu'attendu la rente
de cent livres fondée par Philippe le
Bel , pour qu'on fit commémoration de
fa victoire , on a jugé que ce Prince méritoit
qu'on fe fouvînt de lui ; au lieu
qu'on a cru qu'on pouvoit enfin oublier
Philippe de Valois , qui n'avoit donné
àl'Eglife que fes armes & fon cheval .
Dans le récit de la bataille de Caffel
on voit que l'attaque des ennemis fut
affez foudaine & imprévue ; mais que
JANVIER. 1763. 79
cependant Philippe de Valois eut le
temps de s'armer à moitié & de monter
à cheval ; au lieu qu'à la bataille de
Mons en Puelle , Philippe le Bel fut
furpris dans fa tente & combattit à pied
jufqu'à ce que plufieurs Seigneurs étant
accourus a fon fecours , il eut le temps
de monter à cheval. Or , s'il avoit voulu
qu'on mit fa ftatue à Notre - Dame , il
n'eft pas douteux qu'il s'y feroit fait repréfenter
à pied , comme au moment
du plus grand danger , & par conféquent
le plus glorieux pour lui. Je fais
cette remarque * en réponſe à ce qu'a dit
Moreau de Mautour qui , pour foutenir fon
opinion , fe déguife à lui- même les faits .
Je crois que tout ce que je viens de
rapporter doit déterminer à changer
l'infcription nouvelle qu'on a mife à
Notre-Dame , & à y mettre : Rex Philippus
Valefius , &c. au lieu de Rex Philippus
Pulcher. D'ailleurs on a eu tort
de critiquer la fin de cette infcription
& de dire qu'il n'eft pas vraisemblable
qu'un Roi foit entré dans une Eglife
à cheval , parce que cela auroit été
trop indécent. Une pareille critique décéle
un homme peu verfé dans l'étude de
notre hiftoire & de nos anciennes moeurs
* Mém, de l'Acad. des Infcript. T. 3. p. 299.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
*
& coutumes ; il y auroit vu qu'au fervice
fait à S. Denis , en 1389, pour Ber
trand Duguefclin , par l'ordre de Charles
VI , les Chevaliers qui menoient le deuil
entrerent dans l'Eglife fur des chevaux
caparaçonnés de noir , & que l'Evêque
qui célébroit la Meffe , defcendit de l'Autel
après l'Evangile ; & que s'étant placé
à la porte du choeur , il reçut l'offrande
des chevaux , en leur mettant la main
fur la tête.
Fermer
Résumé : DISSERTATION de M. de SAINT-FOIX, au sujet de la Statue Equestre d'un de nos Rois, qui est dans l'Eglise de Nôtre-Dame de Paris.
Le texte aborde la controverse entourant la statue équestre d'un roi français située dans l'église Notre-Dame de Paris. M. le Président Heinaut affirme que cette statue commémore la victoire de Philippe le Bel à Mons-en-Pévèle le 18 août 1304, et qu'il a fondé une rente de cent livres pour cette église. Cependant, Nicole Gilles et d'autres auteurs attribuent cette statue à Philippe de Valois, vainqueur de la bataille de Cassel le 23 août 1328. Pour clarifier cette confusion, plusieurs sources historiques sont mentionnées. Le Nécrologe de l'église Notre-Dame de Paris et le Breviaire de Paris font référence à la victoire de Philippe le Bel. Guillaume de Nangis, un historien contemporain, décrit les actions de grâce de Philippe le Bel après Mons-en-Pévèle et celles de Philippe de Valois après Cassel, où ce dernier offrit son cheval et ses armes à Notre-Dame de Paris. Les Grandes Chroniques de France confirment que Philippe de Valois entra à cheval dans l'église Notre-Dame après la bataille de Cassel et y offrit son cheval et ses armes. Le Nécrologe de Notre-Dame mentionne seulement la fondation de Philippe le Bel sans parler d'une offrande équestre, ce qui renforce l'idée que cette action fut réalisée par Philippe de Valois. Le texte critique les modifications apportées aux nouveaux Breviaires de Paris, qui attribuent la statue à Philippe le Bel, et plaide pour une correction de l'inscription afin de refléter correctement l'hommage rendu à Philippe de Valois. Il conclut en soulignant l'importance de respecter les coutumes historiques et les témoignages contemporains pour éviter les erreurs d'interprétation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
416
p. 131-134
ARCHITECTURE.
Début :
MESSIEURS les Commissaires dénommés par l'Académie Royale d'Architecture à l'examen [...]
Mots clefs :
Académie royale d'architecture, Commissaires, Sacristie de Notre-Dame de Paris, Contrôleur des bâtiments du roi, Gravures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARCHITECTURE.
MESSIEURS ESSIEURS les Commiffaires dénommés
par l'Académie Royale d'Architecture
à l'examen des gravures du
fieur Dumont , ayant marqué par leur
rapport lé defir de voir augmenter la
-collection de cet Artite fur S. Pierre
de Rome, de nombre d'autres détails:
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
de cette Bafilique & continuer cet Ouvrage
autant pour l'utilité des Artiſtes
& Amateurs & la fatisfaction du Public
, que pour l'honneur de cet Architecte
, ont déterminé par leur rapport
-cet Artiſte à nous donner un fupplément
de 7 planches des détails de ce
Monument. La précifion & l'exactitude
de ces dernieres planches répond au
précieux que ces Meffieurs ont reconnu
aux premieres, Cette collection fe trouve
actuellement fixée à 30 planches fur
S. Pierre feul ; le prix en feuilles eft de
71.4 f.
Les portes du chevet de Ste Marie
Majeure ainfi que le profil & l'élévation
de la porte Farméfe qu'il avoit mis
à la fuite de fa collection de S. Pierre ,
font partie d'un fecond Cahier où il
joint une des Campaniles de Sté Agnès
avec fept croifées des plus beaux Palais
de Rome , imprimées deux à deux fur
une même feuille , ce qui fe monte à
12 études particulieres dont le prix en
grand papier eft de 3 l.
En petit papier ,
21. 10 f.
Les élévations , profils & détails de
la Sacriftie de Notre- Dame de Paris ,
gravées d'après les deffeins de M. Soufflot
, Architecte & Contrôleur des BâJANVIER.
1763. 133
timens du Roi forment un cahier de 6
planches , le prix en feuilles grand papier
,
Petit papier ,
I l. 10 f.
1 1. 4 f.
Divers projets de l'Auteur , cahier de
9 planches en feuilles , grand papier ,
I l. 10 f.
Une Fontaine de Bernin , exécutée à
la vigne Panphile, jointe au plan géométral
& élévation perfpective d'un Temple
des Arts , compofition de l'Auteur
pour fa réception à l'Académie de Rome,
en feuilles & grand papier , 1 1. 16f.
Petit papier ,
Il. Io f.
Les quatre petits cahiers de diverfes
parties d'Architecture , dont nous avons
ci-devant parlé , fe trouvent chez l'Auteur
également en grand papier à raifon
I l. 10 f
Et de même en petit papier à 1 1.5 f
Il les débite auffi tous quatre reliés
enfemble . Prix , .61.
de
A ces augmentations ci - deffus l'Auteur
met actuellement au jour douze plan .
ches fur les Salles de Spectacle . Ce cahier
renferme quatre plans des plus belles
Salles d'Italie . La cinquiéme eft occupée
par la fameufe Salle de Turin . La fixiéme
nous donne un projet de Salle de
l'Auteur. La feptiéme contient les plans ,
134 MERCURE DE FRANCE.
coupe & profil de la Salle de l'Opéra-
Comique , Foire S. Laurent. La huitiéme
donne tous les détails néceffaires à l'établiffement
des théâtres , & les quatre
dernieres les plans , coupes & profils
d'une petite Salle de machine , très - curieufe
par la fimplicité de fa méchanique
& par le peu de frais qu'elle entraîne
dans fes opérations . Ce cahier n'eft pas
le moins intéreffant des gravures que le
fieur Dumont vient de mettre au jour.
Les notes qu'il a eu foin de faire appofer
autant qu'elles étoient néceffaires
avec une échelle commune à la plus
grande partie de ces plans , donnent
Féclairciffement de leur rapport entre
elles. Le prix de ce cahier eft de 3 liv.
Une nouvelle perfpective repréfentant
l'intérieur d'un Sallon à l'Italienne
, compofition de l'Auteur auffi proprement
gravée que deffinée avec précifion
de perſpective. Prix , 11.4 £
Toutes ces gravures fe debitent toujours
chez l'Auteur, rue neuve S. Merry,
à l'hôtel de Jabac.
par l'Académie Royale d'Architecture
à l'examen des gravures du
fieur Dumont , ayant marqué par leur
rapport lé defir de voir augmenter la
-collection de cet Artite fur S. Pierre
de Rome, de nombre d'autres détails:
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
de cette Bafilique & continuer cet Ouvrage
autant pour l'utilité des Artiſtes
& Amateurs & la fatisfaction du Public
, que pour l'honneur de cet Architecte
, ont déterminé par leur rapport
-cet Artiſte à nous donner un fupplément
de 7 planches des détails de ce
Monument. La précifion & l'exactitude
de ces dernieres planches répond au
précieux que ces Meffieurs ont reconnu
aux premieres, Cette collection fe trouve
actuellement fixée à 30 planches fur
S. Pierre feul ; le prix en feuilles eft de
71.4 f.
Les portes du chevet de Ste Marie
Majeure ainfi que le profil & l'élévation
de la porte Farméfe qu'il avoit mis
à la fuite de fa collection de S. Pierre ,
font partie d'un fecond Cahier où il
joint une des Campaniles de Sté Agnès
avec fept croifées des plus beaux Palais
de Rome , imprimées deux à deux fur
une même feuille , ce qui fe monte à
12 études particulieres dont le prix en
grand papier eft de 3 l.
En petit papier ,
21. 10 f.
Les élévations , profils & détails de
la Sacriftie de Notre- Dame de Paris ,
gravées d'après les deffeins de M. Soufflot
, Architecte & Contrôleur des BâJANVIER.
1763. 133
timens du Roi forment un cahier de 6
planches , le prix en feuilles grand papier
,
Petit papier ,
I l. 10 f.
1 1. 4 f.
Divers projets de l'Auteur , cahier de
9 planches en feuilles , grand papier ,
I l. 10 f.
Une Fontaine de Bernin , exécutée à
la vigne Panphile, jointe au plan géométral
& élévation perfpective d'un Temple
des Arts , compofition de l'Auteur
pour fa réception à l'Académie de Rome,
en feuilles & grand papier , 1 1. 16f.
Petit papier ,
Il. Io f.
Les quatre petits cahiers de diverfes
parties d'Architecture , dont nous avons
ci-devant parlé , fe trouvent chez l'Auteur
également en grand papier à raifon
I l. 10 f
Et de même en petit papier à 1 1.5 f
Il les débite auffi tous quatre reliés
enfemble . Prix , .61.
de
A ces augmentations ci - deffus l'Auteur
met actuellement au jour douze plan .
ches fur les Salles de Spectacle . Ce cahier
renferme quatre plans des plus belles
Salles d'Italie . La cinquiéme eft occupée
par la fameufe Salle de Turin . La fixiéme
nous donne un projet de Salle de
l'Auteur. La feptiéme contient les plans ,
134 MERCURE DE FRANCE.
coupe & profil de la Salle de l'Opéra-
Comique , Foire S. Laurent. La huitiéme
donne tous les détails néceffaires à l'établiffement
des théâtres , & les quatre
dernieres les plans , coupes & profils
d'une petite Salle de machine , très - curieufe
par la fimplicité de fa méchanique
& par le peu de frais qu'elle entraîne
dans fes opérations . Ce cahier n'eft pas
le moins intéreffant des gravures que le
fieur Dumont vient de mettre au jour.
Les notes qu'il a eu foin de faire appofer
autant qu'elles étoient néceffaires
avec une échelle commune à la plus
grande partie de ces plans , donnent
Féclairciffement de leur rapport entre
elles. Le prix de ce cahier eft de 3 liv.
Une nouvelle perfpective repréfentant
l'intérieur d'un Sallon à l'Italienne
, compofition de l'Auteur auffi proprement
gravée que deffinée avec précifion
de perſpective. Prix , 11.4 £
Toutes ces gravures fe debitent toujours
chez l'Auteur, rue neuve S. Merry,
à l'hôtel de Jabac.
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Résumé : ARCHITECTURE.
Le rapport des commissaires de l'Académie Royale d'Architecture concerne les gravures de l'artiste Dumont. Ils souhaitent enrichir la collection de gravures sur la basilique Saint-Pierre de Rome en ajoutant 7 planches détaillées, portant la collection à 30 planches au total, vendues 71 livres 4 sols en feuilles. Dumont a également réalisé des gravures sur divers sujets architecturaux, comme les portes du chevet de Sainte-Marie-Majeure, des profils et élévations de portes, des campaniles et des croisées de palais romains, regroupés en un second cahier de 12 études particulières, vendu 3 livres en grand papier et 21 livres 10 sols en petit papier. Il a aussi gravé des élévations, profils et détails de la sacristie de Notre-Dame de Paris d'après les dessins de Soufflot, regroupés en un cahier de 6 planches, vendu 1 livre 10 sols en grand papier et 1 livre 4 sols en petit papier. Parmi ses autres travaux, on trouve des projets divers, une fontaine de Bernin et des plans d'un temple des Arts. Dumont propose également un cahier de 12 planches sur les salles de spectacle, vendu 3 livres, et une nouvelle perspective représentant l'intérieur d'un salon à l'italienne, vendue 1 livre 4 sols. Toutes ces gravures sont disponibles chez l'auteur, rue neuve Saint-Merry, à l'hôtel de Jabac.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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417
p. 138-146
GRAVURE. ÉDITION des CONTES DE LA FONTAINE.
Début :
LA Littérature a été enrichie cette année d'une très belle édition des Contes [...]
Mots clefs :
Contes, Format, Papiers, Caractères, Culs-de-lampe, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. ÉDITION des CONTES DE LA FONTAINE.
GRAVURE.
EDITION des CONTES DE
LA
LA FONTAINE,
?
A Littérature a été enrichie cette année
d'une très-belle édition des Contes
de M. de la Fontaine en deux vol. in- 8°.
A Amfterdam .
Peu d'ouvrages ont été traités avec
autant de foins le texte en eft épuré
d'après les éditions du temps de l'Auteur.
Son ortographe même y a été fcru
puleufement confervée ; le format , le
papier , les caractères , tout annonce le
choix , le goût & l'élégance . Le premier
Tome commence par un court éloge
hiſtorique du Poëte , morceau neuf en
ce genre , & généralement eftimé. Les
deux volumes font ornés de 140 gravu
res , dont deux portraits , quatre - vingt
eftampes d'après les Contes , quatre fleurons
, deux vignettes & cinquante-deux
culs - de-lampe.
Le portrait de M. de la Fontaine regarde
le frontispice du premier Tome :
JANVIER: 1763. 139
celui du Deffinateur occupe la même
place dans le fecond : tous deux font gravés
par le fameux Fiquet.
1
"
Les deffeins des eftampes & des vignettes
font de M. Eifen. Si cet Artifte célébre
s'eft quelquefois négligé(qui peut fe flater
d'être toujours égal ? ) Les fujets de
Richard Minutolo , de la Fiancée du Roi
de Garbe dans la grotte , la feconde
Deftampe du Faucon , & nombre d'autres
, renferment une expreffion pleine
d'intérêt 8a de fentiment. On fe rappelle
la touche de Rubens dans le Magnifique;
celle de Tenières dans les Troqueurs ;
celle des grâces dans le Villageois qui
i cherchefon veau , dans les deux amis &
ailleurs. Le paysage de promettre eft un
eft plein degoût. L'architecture eft noble
udans le mari confeffeur , & la fineffe de
•fa femme eft bien rendue . C'eft un beau
-morceau que le deffein de comment l'efprit
vient aux filles . Le pittorefque , la
force & la correction ifrappent auffi les
Connoiffeurs dans le Glomon, le Juge de
-Mefle ,Feronde , Oraifon de S. Julien ,
son ne s'avife jamais de tout. Nombre
d'autres d'une compofition riche & heureufe
, fe font affez remarquer pour que
nous nous, difpenfions: d'en parler. La
collection ' eft d'autant plus précieuſe ,
140 MERCURE DE FRANCE .
que MM. Aliamet , Lemire , Phlipart &
Longueil ont répandu dans la gravure de
prèfque tous les deffeins , l'excellence
& le charme de leur Art.
C'eft par une fuite néceffaire des foins
qu'on a apportés à la perfection de cette
édition que nous nous trouvons engagés
à dire quelque chofe du genre d'ornement
& des allégories dont on s'eft ſervi
pour les culs-de - lampe & fleurons. Il
fuffit pour en apprécier le choix d'entrer
dans le caractère de poëfie des Contes
de la Fontaine , dans lefquels an
remarque les graces , la légéreté & la
naiveté réunies , en un mot , cette fineffe
de touche ( fi nous ofons nous exprimer
ainfi ) qui anime fes peintures : c'eftice
que M. Choffard , deffinateur & graveur
chargé de cette partie , femble avoir
fenti & éxprimé en employant le genre
Arabefque , genre léger , délicat , illuftré
dans le dernier fiècle , & malheureufement
oublié de nos jours. Il a fçu
le faire revivre par des pensées & des
allégories d'autant plus piquantes & heureufes
, qu'elles font en général d'une
exécution parfaite.
Nous éffleurerons nos remarques à
ce fujet , & nous nous contenterons
d'obferver en faveur de l'Artiſte , &
"
JANVIER. 1763. 141
1
pour la commodité des perfonnes peu
verfées en cette partie , quelques allégories
relatives à l'ouvrage en général , &
particulieres aux Contes.
Nous y avons remarqué le fleuron du
premier Tome repréfentant la Lyre de
la Fontaine placée en regard de fon
portrait , environnée de myrthes & de
rofes pofées fur des couronnes de même
efpéce , & furmontées par celle de l'im-
"mortalité.
Le fleuron qui termine la Préface repréfente
un Satyre , emblême connu de
la paffion de l'amour , qui léve d'une
main le voile qui couvroit les plaifirs
du monde , & femble prêt à les divulguer
avec une trompette fatyrique qu'il ·
tient de l'autre. Ce Satyre paroît regarder
le génie de la nature , embrafant tout de
fon flambeau , qui fait la vignette du
premier Conte.
"
Les culs-de -lampe du cocu battu , du
payfan qui avoit offenfe fon Seigneur
de la fervante juftifiée , de la gageure des
trois commeres &c , quoiqu'agréables
par leurs formes & leur élégance , laiffent
remarquer des allufions plus recherchées
dans ceux du Calendrier du
Gafcon puni , de la Fiancée du Roi de
Garbe , de la coupe enchantée , &c.
و
142 MERCURE DE FRANCE .
L'Artiste paroît avoir voulu exprimer
dans celui du Calendrier des vieillards ze
par un amour entouré de fleurs de la
jeuneffe , & qui montre l'heure de midi
à un globe horaire qu'il foutient , que
la fleur de l'âge eft le vrai temps du
mariage.
Celui de la Fiancée du Roi de Garbe
eft principalement formé des attributs
& du voile de l'hyménée , fur lequel
font pofés les chiffres d'Alaciel & de
Mamolin. Il couvre de fon ombre une
efpéce de chaîne de myrtes fleuris , enrichis
des huit médaillons de fes premiers
amans .... voile très-bienfaifant !
L'allégorie de la coupe enchantée ſẹ
trouve dans la nature de la jaloufie. On
diftingue au milieu des fumées funébres
le trepied d'Hecate , qui fervoit aux enchantèmens
, portant un coeur rongé
des ferpens de la jaloufie .
Les ornemens de ce volume font terminés
par le cul - de-lampe de la differta- i
tion fur la Joconde , où l'on voit des
grenouilles croaffant après les attributs
de la Poëfie , vrai fymbole des mauvais
critiques.
Le fecond volume s'ouvre par un
fleuron en regard du portrait de M.
Eifen. L'allégorie en eft animée & hoJANVIER.
1763 . 143
norable à la Peintnre. La Préface eft fuivie
d'une autre dont la penfée paroît liée
avec le fujet de la vignette fuivante . It
repréfente deux jeunes amours qui , dès
leur aurore , femblent offrir un myrthe ,
& confacrer une chaîne de fleurs à leur
mere , défignée fous l'emblême de la
volupté , fervant de vignette à la premiere
page où commence le Conte des
oies de Frère Philippe. Ce Conte eft
terminé par un cul-de-lampe des plus
agréables : c'eſt un jeune oifeau qui au
lever du foleil s'élance vers d'aimables
objets en cherchant à s'éloigner d'un
trifte féjour , d'une beface & d'un bâton
, où il eft encore attaché. Le fuivant
eft une allufion fenfible du Conte de
Richard Minutolo : l'amour au milieu
des rofes s'appuyant un maſque à la main
fur un fac d'argent , & entouré d'un
filet tendu , rend affez bien les moyens
& les reffources qu'un amant employe
en pareil cas .
L'Oraifon de S. Julien , Hermite , la
Mandragore , où l'on voir l'aveugle ftu
pidité bridée & enlacée par la fineffe ; les
Remois, la Courtifane amoureufe , Nicaife
, le diable de Papefiguierre ont auffi
leurs attributs dans celui de la Courtifanne,
qui eft le corps piqué d'or du Conte , fe
144 MERCURE DE FRANCE .
trouve brodée la Vanité faifant hommage
à l'Amour. Celui de Nicaife eft
tiré fans doute des deux derniers vers
qui ont fait naître l'idée de l'occafion
entourée de fes vapeurs s'échappant de
deffus un tapis.
Féronde , dont le travail eft précieux ,
mérite qu'on en recherche la penſée.
Celui du Roi Candaule & du Maître
en Droit réunit les attributs des deux
Contes dans un tableau furmonté d'un
trophée convenable à la famille des Héraclides.
C'eft un Prince , le bandeau fur
les yeux , répandant fes tréfors les plus
chers devant un courtisan prêt à s'en
emparer. Le bas du cul-de-lampe eſt
orné d'un bas-relief affez plaiſamment
couronné , qui repréſente le moment de
la lanterne du Maître en Droit.
Ceux du diable en enfer , de la Jument
du compere Pierre , de la chofe
impoffible , font très- ornés , & précedent
celui du tableau. Si l'Artiſte a eu
en vue ce mot de la Fontaine
Tout y fera voilé , mais de gaze & fi bien ,
Que je crois qu'on n'y perdra rien.
on peut dire à fa louange , qu'il a rendu
l'intention du Poëte.
Nous pourrions auffi parler avantageufement
JANVIER. 1763 . 145
geufement du bât , dufaifeur d'oreilles ,
du fleuve Scamandre , du reméde , du
contrat & de plufieurs autres que nous
n'avons point nommés ; mais ce feroit
priver le Lecteur intelligent des amufemens
qu'il y trouvera lui - même. Nous
finirons nos remarques par le cul - delampe
du Roffignol , qui eft le dernier
des Contes.
L'Auteur a profité de l'efpace pour y
placer un médaillon , dans lequel il a
gravé fon portrait , qu'on lui avoit demandé.
Quelques nuées légéres & tranfparentes
féparent ce médaillon & les ornemens
d'avec le Roffignol , qui y eft
dans fa cage , & donnent au tout enfemble
une douceur & une harmonie
intéreffante. Nous croyons l'allégorie.
& le fymbole de la guirlande d'olives
& les rofes qui entourent ce portrait ,
auffi-bien employés à ce fujet, que toutes
celles qui font répandues dans l'ouvrage
.
Lambert & Duchefne , rue de la Comédie
Françoife & rue S. Jacques , &
plufieurs autres Libraires , ont reçu quelques
exemplaires de cette belle édition .
I. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
LARÉCOMPENSE VILLAGEOISÉ ,
eftampe admirable gravée par M. Lebas ,
d'après C. Lorain , & dédiée à M. le Marquis
de Marigny , fe vend , ainfi que les
premiers & feconds Ports de France ,
chez l'Auteur , rue de la Harpe , vis- àvis
la rue Percée , en porte cochere .
EDITION des CONTES DE
LA
LA FONTAINE,
?
A Littérature a été enrichie cette année
d'une très-belle édition des Contes
de M. de la Fontaine en deux vol. in- 8°.
A Amfterdam .
Peu d'ouvrages ont été traités avec
autant de foins le texte en eft épuré
d'après les éditions du temps de l'Auteur.
Son ortographe même y a été fcru
puleufement confervée ; le format , le
papier , les caractères , tout annonce le
choix , le goût & l'élégance . Le premier
Tome commence par un court éloge
hiſtorique du Poëte , morceau neuf en
ce genre , & généralement eftimé. Les
deux volumes font ornés de 140 gravu
res , dont deux portraits , quatre - vingt
eftampes d'après les Contes , quatre fleurons
, deux vignettes & cinquante-deux
culs - de-lampe.
Le portrait de M. de la Fontaine regarde
le frontispice du premier Tome :
JANVIER: 1763. 139
celui du Deffinateur occupe la même
place dans le fecond : tous deux font gravés
par le fameux Fiquet.
1
"
Les deffeins des eftampes & des vignettes
font de M. Eifen. Si cet Artifte célébre
s'eft quelquefois négligé(qui peut fe flater
d'être toujours égal ? ) Les fujets de
Richard Minutolo , de la Fiancée du Roi
de Garbe dans la grotte , la feconde
Deftampe du Faucon , & nombre d'autres
, renferment une expreffion pleine
d'intérêt 8a de fentiment. On fe rappelle
la touche de Rubens dans le Magnifique;
celle de Tenières dans les Troqueurs ;
celle des grâces dans le Villageois qui
i cherchefon veau , dans les deux amis &
ailleurs. Le paysage de promettre eft un
eft plein degoût. L'architecture eft noble
udans le mari confeffeur , & la fineffe de
•fa femme eft bien rendue . C'eft un beau
-morceau que le deffein de comment l'efprit
vient aux filles . Le pittorefque , la
force & la correction ifrappent auffi les
Connoiffeurs dans le Glomon, le Juge de
-Mefle ,Feronde , Oraifon de S. Julien ,
son ne s'avife jamais de tout. Nombre
d'autres d'une compofition riche & heureufe
, fe font affez remarquer pour que
nous nous, difpenfions: d'en parler. La
collection ' eft d'autant plus précieuſe ,
140 MERCURE DE FRANCE .
que MM. Aliamet , Lemire , Phlipart &
Longueil ont répandu dans la gravure de
prèfque tous les deffeins , l'excellence
& le charme de leur Art.
C'eft par une fuite néceffaire des foins
qu'on a apportés à la perfection de cette
édition que nous nous trouvons engagés
à dire quelque chofe du genre d'ornement
& des allégories dont on s'eft ſervi
pour les culs-de - lampe & fleurons. Il
fuffit pour en apprécier le choix d'entrer
dans le caractère de poëfie des Contes
de la Fontaine , dans lefquels an
remarque les graces , la légéreté & la
naiveté réunies , en un mot , cette fineffe
de touche ( fi nous ofons nous exprimer
ainfi ) qui anime fes peintures : c'eftice
que M. Choffard , deffinateur & graveur
chargé de cette partie , femble avoir
fenti & éxprimé en employant le genre
Arabefque , genre léger , délicat , illuftré
dans le dernier fiècle , & malheureufement
oublié de nos jours. Il a fçu
le faire revivre par des pensées & des
allégories d'autant plus piquantes & heureufes
, qu'elles font en général d'une
exécution parfaite.
Nous éffleurerons nos remarques à
ce fujet , & nous nous contenterons
d'obferver en faveur de l'Artiſte , &
"
JANVIER. 1763. 141
1
pour la commodité des perfonnes peu
verfées en cette partie , quelques allégories
relatives à l'ouvrage en général , &
particulieres aux Contes.
Nous y avons remarqué le fleuron du
premier Tome repréfentant la Lyre de
la Fontaine placée en regard de fon
portrait , environnée de myrthes & de
rofes pofées fur des couronnes de même
efpéce , & furmontées par celle de l'im-
"mortalité.
Le fleuron qui termine la Préface repréfente
un Satyre , emblême connu de
la paffion de l'amour , qui léve d'une
main le voile qui couvroit les plaifirs
du monde , & femble prêt à les divulguer
avec une trompette fatyrique qu'il ·
tient de l'autre. Ce Satyre paroît regarder
le génie de la nature , embrafant tout de
fon flambeau , qui fait la vignette du
premier Conte.
"
Les culs-de -lampe du cocu battu , du
payfan qui avoit offenfe fon Seigneur
de la fervante juftifiée , de la gageure des
trois commeres &c , quoiqu'agréables
par leurs formes & leur élégance , laiffent
remarquer des allufions plus recherchées
dans ceux du Calendrier du
Gafcon puni , de la Fiancée du Roi de
Garbe , de la coupe enchantée , &c.
و
142 MERCURE DE FRANCE .
L'Artiste paroît avoir voulu exprimer
dans celui du Calendrier des vieillards ze
par un amour entouré de fleurs de la
jeuneffe , & qui montre l'heure de midi
à un globe horaire qu'il foutient , que
la fleur de l'âge eft le vrai temps du
mariage.
Celui de la Fiancée du Roi de Garbe
eft principalement formé des attributs
& du voile de l'hyménée , fur lequel
font pofés les chiffres d'Alaciel & de
Mamolin. Il couvre de fon ombre une
efpéce de chaîne de myrtes fleuris , enrichis
des huit médaillons de fes premiers
amans .... voile très-bienfaifant !
L'allégorie de la coupe enchantée ſẹ
trouve dans la nature de la jaloufie. On
diftingue au milieu des fumées funébres
le trepied d'Hecate , qui fervoit aux enchantèmens
, portant un coeur rongé
des ferpens de la jaloufie .
Les ornemens de ce volume font terminés
par le cul - de-lampe de la differta- i
tion fur la Joconde , où l'on voit des
grenouilles croaffant après les attributs
de la Poëfie , vrai fymbole des mauvais
critiques.
Le fecond volume s'ouvre par un
fleuron en regard du portrait de M.
Eifen. L'allégorie en eft animée & hoJANVIER.
1763 . 143
norable à la Peintnre. La Préface eft fuivie
d'une autre dont la penfée paroît liée
avec le fujet de la vignette fuivante . It
repréfente deux jeunes amours qui , dès
leur aurore , femblent offrir un myrthe ,
& confacrer une chaîne de fleurs à leur
mere , défignée fous l'emblême de la
volupté , fervant de vignette à la premiere
page où commence le Conte des
oies de Frère Philippe. Ce Conte eft
terminé par un cul-de-lampe des plus
agréables : c'eſt un jeune oifeau qui au
lever du foleil s'élance vers d'aimables
objets en cherchant à s'éloigner d'un
trifte féjour , d'une beface & d'un bâton
, où il eft encore attaché. Le fuivant
eft une allufion fenfible du Conte de
Richard Minutolo : l'amour au milieu
des rofes s'appuyant un maſque à la main
fur un fac d'argent , & entouré d'un
filet tendu , rend affez bien les moyens
& les reffources qu'un amant employe
en pareil cas .
L'Oraifon de S. Julien , Hermite , la
Mandragore , où l'on voir l'aveugle ftu
pidité bridée & enlacée par la fineffe ; les
Remois, la Courtifane amoureufe , Nicaife
, le diable de Papefiguierre ont auffi
leurs attributs dans celui de la Courtifanne,
qui eft le corps piqué d'or du Conte , fe
144 MERCURE DE FRANCE .
trouve brodée la Vanité faifant hommage
à l'Amour. Celui de Nicaife eft
tiré fans doute des deux derniers vers
qui ont fait naître l'idée de l'occafion
entourée de fes vapeurs s'échappant de
deffus un tapis.
Féronde , dont le travail eft précieux ,
mérite qu'on en recherche la penſée.
Celui du Roi Candaule & du Maître
en Droit réunit les attributs des deux
Contes dans un tableau furmonté d'un
trophée convenable à la famille des Héraclides.
C'eft un Prince , le bandeau fur
les yeux , répandant fes tréfors les plus
chers devant un courtisan prêt à s'en
emparer. Le bas du cul-de-lampe eſt
orné d'un bas-relief affez plaiſamment
couronné , qui repréſente le moment de
la lanterne du Maître en Droit.
Ceux du diable en enfer , de la Jument
du compere Pierre , de la chofe
impoffible , font très- ornés , & précedent
celui du tableau. Si l'Artiſte a eu
en vue ce mot de la Fontaine
Tout y fera voilé , mais de gaze & fi bien ,
Que je crois qu'on n'y perdra rien.
on peut dire à fa louange , qu'il a rendu
l'intention du Poëte.
Nous pourrions auffi parler avantageufement
JANVIER. 1763 . 145
geufement du bât , dufaifeur d'oreilles ,
du fleuve Scamandre , du reméde , du
contrat & de plufieurs autres que nous
n'avons point nommés ; mais ce feroit
priver le Lecteur intelligent des amufemens
qu'il y trouvera lui - même. Nous
finirons nos remarques par le cul - delampe
du Roffignol , qui eft le dernier
des Contes.
L'Auteur a profité de l'efpace pour y
placer un médaillon , dans lequel il a
gravé fon portrait , qu'on lui avoit demandé.
Quelques nuées légéres & tranfparentes
féparent ce médaillon & les ornemens
d'avec le Roffignol , qui y eft
dans fa cage , & donnent au tout enfemble
une douceur & une harmonie
intéreffante. Nous croyons l'allégorie.
& le fymbole de la guirlande d'olives
& les rofes qui entourent ce portrait ,
auffi-bien employés à ce fujet, que toutes
celles qui font répandues dans l'ouvrage
.
Lambert & Duchefne , rue de la Comédie
Françoife & rue S. Jacques , &
plufieurs autres Libraires , ont reçu quelques
exemplaires de cette belle édition .
I. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
LARÉCOMPENSE VILLAGEOISÉ ,
eftampe admirable gravée par M. Lebas ,
d'après C. Lorain , & dédiée à M. le Marquis
de Marigny , fe vend , ainfi que les
premiers & feconds Ports de France ,
chez l'Auteur , rue de la Harpe , vis- àvis
la rue Percée , en porte cochere .
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Résumé : GRAVURE. ÉDITION des CONTES DE LA FONTAINE.
Le texte décrit une édition des Contes de La Fontaine publiée en 1763 à Amsterdam. Cette édition, composée de deux volumes in-octavo, se distingue par un soin particulier apporté au texte, épuré selon les éditions contemporaines de l'auteur et respectant son orthographe. Le format, le papier et les caractères reflètent un choix élégant et raffiné. Le premier tome s'ouvre par un éloge historique du poète. Les deux volumes sont enrichis de 140 gravures, incluant des portraits, des estampes, des fleurons, des vignettes et des culs-de-lampe. Les portraits de La Fontaine et du défunteur sont gravés par Fiquet. Les dessins des estampes et des vignettes sont réalisés par Eisen, qui a su exprimer l'intérêt et le sentiment dans plusieurs sujets. Les gravures sont également l'œuvre de Aliamet, Lemire, Phlipart et Longueil. Les culs-de-lampe et fleurons sont réalisés par Choffard, qui a utilisé le genre arabe pour refléter la grâce, la légèreté et la naïveté des Contes. Les allégories et ornements sont choisis pour correspondre au caractère poétique des Contes. Cette édition est disponible chez plusieurs libraires, dont Lambert et Duchefne.
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418
p. 146-147
LETTRE à M. D...
Début :
Je ne fais aucun doute, Monsieur, que l'estampe que M. Fessard vient de [...]
Mots clefs :
Tableau, Collection, Coloris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. D...
LETTRE à M. D ...
ga
JE
E ne fais
aucun
doute
, Monfieur
que
l'eftampe
que
M. Feffard
vient
de
donner
au Public
d'après
le beau
tableau
de P.P.
Rubens
, du cabinet
du Roi
, &
faite
pour
augmenter
la belle
collection
:
que
Pon
conferve
au cabinet
de S. M.
ne vous
ait fait
la même
impreffion
ainfi
qu'aux
foufcripteurs
& amateurs
, qu'elle
m'a
faite
à moi-même
. L'Auteur
me
paroît
confommé
dans
l'étude
de l'art
qu'il
profeffe
, & l'on
peut
dire
qu'il
a
rendu
Rubens
dans
fa touche
& dans
fes effets
avec
une
grande
vérité
. Je
crois
que
nous
devons
nous
attendre
encore
à de nouveaux
efforts
de fa part
pour
la fuite
de ce grand
projet
, puifqu'il
a rendir
le coloris
de Rubens
, &
les
différentes
étoffes
de fes tableaux
,par
JANVIER . 1763. 147
un genre de gravure & d'oppofitions qui
ne dérangent rien à l'effet. Je crois
donc que le fujet qu'il grave actuéllement
dont la pureté du deffein eft
d'une grande beauté & d'une belle ordonnance
, gagnera encore par l'étude
qu'il a faite du coloris de Rubens. Le peu
d'exemplaires qui lui refte de cette
eftampe , la planche étant déposée au
cabinet de S. M. doit l'encourager à
fuivre vivement fon entreprife. Quant
à moi , je fouhaite que fa convalefcence
lui permette un travail qui ne peut que
lui faire honneur : & je me flatte qu'il ne
fera pas fâché qu'un de fes foufcripteurs
ait entrepris de lui rendre la juftice qui
lui eft due.
J'ai l'honneur d'être , & c.
ga
JE
E ne fais
aucun
doute
, Monfieur
que
l'eftampe
que
M. Feffard
vient
de
donner
au Public
d'après
le beau
tableau
de P.P.
Rubens
, du cabinet
du Roi
, &
faite
pour
augmenter
la belle
collection
:
que
Pon
conferve
au cabinet
de S. M.
ne vous
ait fait
la même
impreffion
ainfi
qu'aux
foufcripteurs
& amateurs
, qu'elle
m'a
faite
à moi-même
. L'Auteur
me
paroît
confommé
dans
l'étude
de l'art
qu'il
profeffe
, & l'on
peut
dire
qu'il
a
rendu
Rubens
dans
fa touche
& dans
fes effets
avec
une
grande
vérité
. Je
crois
que
nous
devons
nous
attendre
encore
à de nouveaux
efforts
de fa part
pour
la fuite
de ce grand
projet
, puifqu'il
a rendir
le coloris
de Rubens
, &
les
différentes
étoffes
de fes tableaux
,par
JANVIER . 1763. 147
un genre de gravure & d'oppofitions qui
ne dérangent rien à l'effet. Je crois
donc que le fujet qu'il grave actuéllement
dont la pureté du deffein eft
d'une grande beauté & d'une belle ordonnance
, gagnera encore par l'étude
qu'il a faite du coloris de Rubens. Le peu
d'exemplaires qui lui refte de cette
eftampe , la planche étant déposée au
cabinet de S. M. doit l'encourager à
fuivre vivement fon entreprife. Quant
à moi , je fouhaite que fa convalefcence
lui permette un travail qui ne peut que
lui faire honneur : & je me flatte qu'il ne
fera pas fâché qu'un de fes foufcripteurs
ait entrepris de lui rendre la juftice qui
lui eft due.
J'ai l'honneur d'être , & c.
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Résumé : LETTRE à M. D...
La lettre à M. D... traite d'une estampe réalisée par M. Fessard d'après un tableau de Pierre-Paul Rubens, conservé au cabinet du Roi. L'auteur admire le travail de Fessard, soulignant sa maîtrise et sa fidélité à la touche et aux effets de Rubens. Il anticipe les futurs efforts de Fessard pour reproduire les couleurs et les étoffes des tableaux de Rubens, en utilisant une technique de gravure et d'oppositions qui préserve l'effet original. L'auteur mentionne également un sujet actuellement gravé par Fessard, notant la pureté de son dessin. Il encourage Fessard à poursuivre son entreprise malgré le faible nombre d'exemplaires restants, la planche étant déposée au cabinet du Roi. L'auteur espère que la convalescence de Fessard lui permettra de continuer son travail et se flatte d'avoir entrepris de rendre justice à Fessard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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419
p. 38
INSCRIPTION, pour être mise sur le Mausolée de M. DE CRÉBILLON, annoncé dans le dernier Mercure.
Début :
D'UN célébre Ecrivain regretable à jamais, [...]
Mots clefs :
Célèbre, Écrivain, Paix, Roi, Crébillon
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texteReconnaissance textuelle : INSCRIPTION, pour être mise sur le Mausolée de M. DE CRÉBILLON, annoncé dans le dernier Mercure.
INSCRIPTION , pour être miſe ſur
le Maufolée de M. DE CRÉBILLON
annoncé dans le dernier Mercure.
D'UN célébre Ecrivain regretable à jamais ,
De Crébillon la cendre ici repofe en paix.
Entre le fublime & le tendre
Il choifit le feul ton que , malgré leurs talens ,
Ses deux Devanciers excellens
N'avoient ni pris , ni peut-être ofé prendre.
Louis dont la bonté porte au loin fes regards ,
En Roi difpenfateur & foigneux de la gloire
De ceux qui , fous fon Régne , honorent les
Beaux-Arts ,
Veut que ce Monument confacre fa mémoire.
PIRON.
POSUIT
Regalium Præfectus Edificiorum
Marchio DE MARIGNY.
Jubente Principe ,
Plaudente Patria
Et
Invidia fremente.
le Maufolée de M. DE CRÉBILLON
annoncé dans le dernier Mercure.
D'UN célébre Ecrivain regretable à jamais ,
De Crébillon la cendre ici repofe en paix.
Entre le fublime & le tendre
Il choifit le feul ton que , malgré leurs talens ,
Ses deux Devanciers excellens
N'avoient ni pris , ni peut-être ofé prendre.
Louis dont la bonté porte au loin fes regards ,
En Roi difpenfateur & foigneux de la gloire
De ceux qui , fous fon Régne , honorent les
Beaux-Arts ,
Veut que ce Monument confacre fa mémoire.
PIRON.
POSUIT
Regalium Præfectus Edificiorum
Marchio DE MARIGNY.
Jubente Principe ,
Plaudente Patria
Et
Invidia fremente.
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Résumé : INSCRIPTION, pour être mise sur le Mausolée de M. DE CRÉBILLON, annoncé dans le dernier Mercure.
L'inscription pour le mausolée de Crébillon, annoncée dans le Mercure, honore un écrivain célèbre. Elle souligne son style unique entre le sublime et le tendre, jamais adopté par ses prédécesseurs. Le roi Louis, par bonté et souci de la gloire des artistes, souhaite perpétuer sa mémoire. Le marquis de Marigny, préfet des bâtiments du roi, pose l'inscription avec l'approbation du prince et l'acclamation de la patrie.
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420
p. 78
« EN remuant la Tèrre dans un Jardin particulier à Paris, on a trouvé un jetton [...] »
Début :
EN remuant la Tèrre dans un Jardin particulier à Paris, on a trouvé un jetton [...]
Mots clefs :
Jeton
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texteReconnaissance textuelle : « EN remuant la Tèrre dans un Jardin particulier à Paris, on a trouvé un jetton [...] »
EN remuant la Tèrre dans un Jardin
particulier à Paris , on a trouvé un jetton
de plomb dont on demande l'explication.
Il eft de la grandeur d'un double
louis. Sur l'une des faces eft un
homme dont on diftingue à peine l'habillement
mais qui paroît cependant
revêtu d'un long manteau royal, & porter
fur fa tête une couronne fermée . Il
a une main fur un Autel qui eſt auprès
de lui ; l'autre élevée femble montrer
le Ciel. Sur l'Autel étoit quelque
chofe que le temps a effacé. On lit ces
mots pour Légende : Tuta mihi Numinis
ara.
L'Exergue porte les chiffres 1606 ,
qui font apparemment la date de l'année
dans laquelle le jetton a été frappé.
Sur le revers eft repréſentée une femme
qui tient un enfant par la main , &
qu'elle paroît conduire à une Eglife de
conftruction gothique , & furmontée
d'un clocher élevé , qu'on voit dans
l'éloignement audeffus d'une montagne,
& pour légende . Hæc tibi certa domus.
particulier à Paris , on a trouvé un jetton
de plomb dont on demande l'explication.
Il eft de la grandeur d'un double
louis. Sur l'une des faces eft un
homme dont on diftingue à peine l'habillement
mais qui paroît cependant
revêtu d'un long manteau royal, & porter
fur fa tête une couronne fermée . Il
a une main fur un Autel qui eſt auprès
de lui ; l'autre élevée femble montrer
le Ciel. Sur l'Autel étoit quelque
chofe que le temps a effacé. On lit ces
mots pour Légende : Tuta mihi Numinis
ara.
L'Exergue porte les chiffres 1606 ,
qui font apparemment la date de l'année
dans laquelle le jetton a été frappé.
Sur le revers eft repréſentée une femme
qui tient un enfant par la main , &
qu'elle paroît conduire à une Eglife de
conftruction gothique , & furmontée
d'un clocher élevé , qu'on voit dans
l'éloignement audeffus d'une montagne,
& pour légende . Hæc tibi certa domus.
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Résumé : « EN remuant la Tèrre dans un Jardin particulier à Paris, on a trouvé un jetton [...] »
Lors de travaux à Paris, un jetton de plomb de la taille d'un double louis a été découvert. Il présente deux faces distinctes. L'une montre un homme en manteau royal, couronné, posant une main sur un autel et levant l'autre vers le ciel, avec la légende 'Tuta mihi Numinis ara' et la date '1606'. L'autre face représente une femme conduisant un enfant vers une église gothique, avec la légende 'Hæc tibi certa domus'.
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421
p. 113-118
PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
Début :
LE 29, dernier Dimanche du mois d'Août, à quatre heures & demie après-midi [...]
Mots clefs :
Peintre, Exposition, Portrait, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
PEINTURE.
ACADÉMIE de Peinture , de Sculpture
& autres Arts de MARSEILLE .
LEE 29 , dernier Dimanche du mois
d'Août , à quatre heures & demie aprèsmidi
, l'Académie de Peinture , de Sculp
ture & autres Arts , tint fon affemblée
publique dans la grande Salle de l'Hôtel-
de-Ville. MM. de l'Académie des
Belles-Lettres & MM. les Amateurs
Honoraires y furent invités. M. Verdiguier
, Directeur ouvrit la féance par
un Difcours adreffé aux Eléves médailliftes
pour les exciter à faire de mieux
en mieux , après qu'il eut fait l'éloge des
protecteurs des Beaux- Arts en la perfonne
de MM. les Echevins qui diftribuerent
enfuite les Médailles adjugées aux Eléves
pour leurs deffeins académiques . La
premiere fut donnée à M. J. B. Cofte ,
fils de Profeffeur. La feconde à M. Antoine
Blanc , & la troifiéme à M. Michel
Henri. Les Médailles diftribuées
114 MERCURE DE FRANCE .
M. Dageville , Architecte , Voyer particulier
de Marfeille & Profeffeur d'Architecture
, prononça un difcours fur
l'état des eaux de la Ville , fur leur
diftribution & fur un projet de décoration
générale relativement à l'Hydraulique.
M. Moulinneuf, Profeffeur &
Secrétaire perpétuel , termina la féance
par quelques obfervations fur la Peinture
& fur la Sculpture. L'Affemblée fut
fort attentive à toutes ces differtations
qui marquoient combien l'Académie
s'empreffe de contribuer au bien & à
P'utilité du Public. Le meme jour il y
á eu dans la maifon de la veuve Androny
, rue de Paradis , vis - à - vis l'Eglife
S. Régis , l'expofition des ouvrages de
divers membres de l'Académie . Cette
expofition a continué le matin & l'après-
dîné pendant l'efpace de quinze
jours.
EXPOSITION des ouvrages de divers
Membres de l'Académie de Peinture ,
de Sculpture & autres Arts de Marfeille.
DIRECTEURS.
M. VERDIGUIER , Sculpteur.
Douze figures de cabinet en rondeJANVIER.
1763. 115
boffe , repréſentant divers fujets ; l'étude
d'un Encelade ; quatre petits basreliefs
.
M. VERNET , Peintre du Roi.
Deux tableaux payfages & marines
du cabinet de M. Poulhafiés.
PROFESSEURS.
M. COSTE , Peintre .
Deux Deffeins de Paftorales ; un Payfage
à la Gouache.
M. PICHAUME , Peintre.
Un grand Portrait & huit en Buftes.-
M. MOULINNEUF , Peintre.
Deux grands Tableaux de nature
morte repréfentant un cabinet de Mufique
& un de chaffe. Quatre Deffeins
fujets tirés de l'Hiftoire de S. George ,
éxécutés en grands tableaux pour M. le
Marquis de Roux. Trois Portraits en
mignature.
M. ZIRIO , Peintre.
Un Portrait en bufte. Une Magdeleine
, & un S. François en bufte .
་
116 MERCURE DE FRANCE.
M. BEAUFORT' , Peintre.
Deux Efquiffes en gouache repréfentant
, l'un Loth & fes deux filles , &
l'autre Noel couvert d'un manteau par
deux de fes fils . Un deffein à la fanguine
qui repréfente Dédale ajuſtant
des aîles à fon fils Icare.
M. KAPELLER , Peintre.
Deux Tableaux de Payfages , deux
de marine. Un d'architecture. Quatre de
fleurs. Quatre deffeins. Deux gouaches.
M. REVELLY , Peintre.
Un Portrait en_grand. Un moindre.
Deux en bufte. Trois en mignature.
M. ARNAUD , Peintre.
Trois portraits en buftes . Une efquiffe
repréfentant l'Afcenfion. Une têt de
vieillard. Uue Vierge peinte en mignature.
ACADEMICIENS.
M. DESPECHES , Peintre ,
Un tableau en Payfage.
M. Loys , Peintre.
Un petit tableau fur cuivre repréfenJANVIER.
1763. 117
tant la tentation de S. Antoine. Trois
têtes de caractère . Deux portraits en
bufte. Une efquiffe de l'Afcenfion. Un
Portrait en mignature.
M. DE CUGIS , Peintre.
Son tableau de réception repréfentant
la Pithoniffe qui fait voir à Sail
l'ombre de Samuël. Une efquiffe de Sufanne.
Une autre de la Nativité de N. S.
AGRÉGÉS.
M. CELONY , Peintre.
Deux tableaux , l'un repréfentant Abigail
aux genoux de David , & l'autre
Moyfe qui défend des infultes de quelques
Bergers les filles de Raguel , Prêtre
de Madian ; du cabinet de M. le
Marquis d'Arcuffia.
M. VIEL , Peintre.
Un Portrait au paftel.
M. BOUTON , Peintre en mignature ,
Membre de l'Académie Royale de
Peinture , de Sculpture & d'Architecture
de Toulouse.
Plufieurs mignatures dans un grand
tableau .
118 MERCURE DE FRANCE.
Outre cette expofition , il y a eu de
la main de M.Verduſſen, un grand tableau
de bataille qui appartenant à l'Académie
, & deux autres repréfentans un
marché de Poiffons & un marché de
toutes efpéces de denrées & volailles ;
du cabinet de M. Poulhariés.
ACADÉMIE de Peinture , de Sculpture
& autres Arts de MARSEILLE .
LEE 29 , dernier Dimanche du mois
d'Août , à quatre heures & demie aprèsmidi
, l'Académie de Peinture , de Sculp
ture & autres Arts , tint fon affemblée
publique dans la grande Salle de l'Hôtel-
de-Ville. MM. de l'Académie des
Belles-Lettres & MM. les Amateurs
Honoraires y furent invités. M. Verdiguier
, Directeur ouvrit la féance par
un Difcours adreffé aux Eléves médailliftes
pour les exciter à faire de mieux
en mieux , après qu'il eut fait l'éloge des
protecteurs des Beaux- Arts en la perfonne
de MM. les Echevins qui diftribuerent
enfuite les Médailles adjugées aux Eléves
pour leurs deffeins académiques . La
premiere fut donnée à M. J. B. Cofte ,
fils de Profeffeur. La feconde à M. Antoine
Blanc , & la troifiéme à M. Michel
Henri. Les Médailles diftribuées
114 MERCURE DE FRANCE .
M. Dageville , Architecte , Voyer particulier
de Marfeille & Profeffeur d'Architecture
, prononça un difcours fur
l'état des eaux de la Ville , fur leur
diftribution & fur un projet de décoration
générale relativement à l'Hydraulique.
M. Moulinneuf, Profeffeur &
Secrétaire perpétuel , termina la féance
par quelques obfervations fur la Peinture
& fur la Sculpture. L'Affemblée fut
fort attentive à toutes ces differtations
qui marquoient combien l'Académie
s'empreffe de contribuer au bien & à
P'utilité du Public. Le meme jour il y
á eu dans la maifon de la veuve Androny
, rue de Paradis , vis - à - vis l'Eglife
S. Régis , l'expofition des ouvrages de
divers membres de l'Académie . Cette
expofition a continué le matin & l'après-
dîné pendant l'efpace de quinze
jours.
EXPOSITION des ouvrages de divers
Membres de l'Académie de Peinture ,
de Sculpture & autres Arts de Marfeille.
DIRECTEURS.
M. VERDIGUIER , Sculpteur.
Douze figures de cabinet en rondeJANVIER.
1763. 115
boffe , repréſentant divers fujets ; l'étude
d'un Encelade ; quatre petits basreliefs
.
M. VERNET , Peintre du Roi.
Deux tableaux payfages & marines
du cabinet de M. Poulhafiés.
PROFESSEURS.
M. COSTE , Peintre .
Deux Deffeins de Paftorales ; un Payfage
à la Gouache.
M. PICHAUME , Peintre.
Un grand Portrait & huit en Buftes.-
M. MOULINNEUF , Peintre.
Deux grands Tableaux de nature
morte repréfentant un cabinet de Mufique
& un de chaffe. Quatre Deffeins
fujets tirés de l'Hiftoire de S. George ,
éxécutés en grands tableaux pour M. le
Marquis de Roux. Trois Portraits en
mignature.
M. ZIRIO , Peintre.
Un Portrait en bufte. Une Magdeleine
, & un S. François en bufte .
་
116 MERCURE DE FRANCE.
M. BEAUFORT' , Peintre.
Deux Efquiffes en gouache repréfentant
, l'un Loth & fes deux filles , &
l'autre Noel couvert d'un manteau par
deux de fes fils . Un deffein à la fanguine
qui repréfente Dédale ajuſtant
des aîles à fon fils Icare.
M. KAPELLER , Peintre.
Deux Tableaux de Payfages , deux
de marine. Un d'architecture. Quatre de
fleurs. Quatre deffeins. Deux gouaches.
M. REVELLY , Peintre.
Un Portrait en_grand. Un moindre.
Deux en bufte. Trois en mignature.
M. ARNAUD , Peintre.
Trois portraits en buftes . Une efquiffe
repréfentant l'Afcenfion. Une têt de
vieillard. Uue Vierge peinte en mignature.
ACADEMICIENS.
M. DESPECHES , Peintre ,
Un tableau en Payfage.
M. Loys , Peintre.
Un petit tableau fur cuivre repréfenJANVIER.
1763. 117
tant la tentation de S. Antoine. Trois
têtes de caractère . Deux portraits en
bufte. Une efquiffe de l'Afcenfion. Un
Portrait en mignature.
M. DE CUGIS , Peintre.
Son tableau de réception repréfentant
la Pithoniffe qui fait voir à Sail
l'ombre de Samuël. Une efquiffe de Sufanne.
Une autre de la Nativité de N. S.
AGRÉGÉS.
M. CELONY , Peintre.
Deux tableaux , l'un repréfentant Abigail
aux genoux de David , & l'autre
Moyfe qui défend des infultes de quelques
Bergers les filles de Raguel , Prêtre
de Madian ; du cabinet de M. le
Marquis d'Arcuffia.
M. VIEL , Peintre.
Un Portrait au paftel.
M. BOUTON , Peintre en mignature ,
Membre de l'Académie Royale de
Peinture , de Sculpture & d'Architecture
de Toulouse.
Plufieurs mignatures dans un grand
tableau .
118 MERCURE DE FRANCE.
Outre cette expofition , il y a eu de
la main de M.Verduſſen, un grand tableau
de bataille qui appartenant à l'Académie
, & deux autres repréfentans un
marché de Poiffons & un marché de
toutes efpéces de denrées & volailles ;
du cabinet de M. Poulhariés.
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Résumé : PEINTURE. ACADÉMIE de Peinture, de Sculpture & autres Arts de MARSEILLE.
Le 29 août, l'Académie de Peinture, de Sculpture et autres Arts de Marseille organisa une assemblée publique dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville. M. Verdiguier, Directeur, inaugura la séance par un discours encourageant les élèves médaillés à s'améliorer. Les échevins remirent ensuite des médailles aux élèves pour leurs dessins académiques : la première à M. J. B. Coste, la seconde à M. Antoine Blanc, et la troisième à M. Michel Henri. M. Dageville, Architecte, prononça un discours sur l'état des eaux de la ville, leur distribution et un projet de décoration hydraulique. M. Moulinneuf, Professeur et Secrétaire perpétuel, conclut la séance par des observations sur la peinture et la sculpture. L'assemblée témoigna de l'engagement de l'Académie pour le bien public. Le même jour, une exposition des œuvres de divers membres de l'Académie eut lieu chez la veuve Androny, rue de Paradis, face à l'église Saint-Régis, et dura quinze jours. Les œuvres exposées incluaient des figures de cabinet, des études, des bas-reliefs, des tableaux de paysages, des marines, des portraits, des natures mortes, et des dessins historiques. Parmi les exposants figuraient M. Verdiguier, M. Vernet, M. Coste, M. Pichaume, M. Moulinneuf, M. Zirio, M. Beaufort, M. Kapeller, M. Revelly, M. Arnaud, M. Despeches, M. Loys, M. de Cugis, M. Celony, M. Viel, et M. Bouton. De plus, un grand tableau de bataille de M. Verdussen, ainsi que deux autres tableaux représentant un marché de poissons et un marché de denrées, furent également exposés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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422
p. 118-126
A M. DE LA PLACE, Auteur du MERCURE.
Début :
PERSUADE, Monsieur, des avantages que les Arts de Peinture, de Sculpture [...]
Mots clefs :
Sculpture, Peinture, Expressions douces, Grâces, Ruisseau
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texteReconnaissance textuelle : A M. DE LA PLACE, Auteur du MERCURE.
A M. DE LA PLACE , Auteur du
MERCURE.
PERSUADE , Monfieur , des avantages
que les Arts de Peinture , de Sculpture
& c , les Peintres & les Connoiffeurs
peuvent retirer de la defcription d'un
fameux Tableau du célébre Corrége ,
que la France vient tout nouvellement
d'acquérir , je vous prie d'en permettre
l'infertion dans votre Mercure . Elle fait
le contenu d'une lettre que M. Luet de
Bifcontin , ancien Officier d'Infanterie ,
vient de m'adreffer de Marſeille ici à S.
Chamas.Ce favant Connoiffeur nous le
décrit avec beaucoup de lumieres &
de fagacité. Une imagination brillante
& un ftyle délicat femblent en faire le
moindre mérite : en voici l'extrait.
J'ai l'honneur d'être & c.
P. de V **** de P. ****
LETTRE contenant la defcription d'un
Tableau repréfentant les GRACES
qui fe baignent dans la fontaine
d'Acidalie.
J'AI 'AI enfin vu ce précieux Morceau : il
eft non -feulement très-beau , mais encore
je l'ai trouvé parfaitement bien
confervé. On peut dire , Monfieur ,
qu'il n'a pas été payé , quoiqu'on ne
l'ait acquis qu'en le couvrant d'or. Il a ,
franc de baguette,quatre pieds un pouce
de hauteur fur fix pieds cinq pouces de
largeur . Hâtons - nous de vous le décrire.
Je ne voulus point le découvrir qu'auparavant
je ne l'euffe fait placer en un
jour favorable , afin que je puffe jouir
de l'effet du tout enfemble . Il le fit fi
bien , & j'éprouvai un fi grand plaifir
à fon afpect , que je fentis naître dans
l'ame les mêmes mouvemens que l'action
y eût excité , fi elle fe fût paffée
réellement à mes yeux.
Il eſt certain , Monfieur , que de tous
les fujets de Peinture , ceux du genre
galant font ceux qui intéreffent davanrage
, qui ont le plus d'attraits fur l'ima120
MERCURE DE FRANCE .
gination , & qui pénétrent le plus l'âme
du Spectateur. Vous favez que c'eſt là
un goût qui , en enfantant & exécutant
des Sujets gracieux & aimables , ne
manque jamais de donner aux objets
des fituations riantes , des caractères
agréables , & aux figures des expreffions
douces , tendres , délicates , qui flattent
l'oeil , égayent l'efprit , féduifent le coeur.
11 eft donc conftant que les tableaux
comme celui - ci , repréfentans des femmes
dans l'âge de plaire , ont un appas
général. Cela eft aifé à concevoir ; tout
eft charmes , tout eft délices en elles :
elles font la production la plus touchante
, la plus exquife de la nature :
le plaifir anime leurs moindres mouvemens
, & la plupart de leurs actions acquierent
enfin un redoublement d'intérêt.
Notre Tableau devient ainfi un des
plus fatisfaifans ; il nous dépeint , comme
je vous l'écrivis , les Grâces qui fe
baignent dans la fontaine d'Acidalie.
Mais le Corrége les a épifodiquement
accompagnées de divers petits Génies
repréfentans les Amours , les Ris , les
Jeux , les Attraits dont elles font toujours
fuivies. Cupidon , ce redoutable
Dieu , voltige au-deffus des trois Divinités
:
JANVIER. 1763. 121
nités la Fontaine , le Ruiffeau qui en
naît , les Sites & les Arbres du Payfage
y paroiffent avoir été fi fimplement
conduits par la Nature , qu'on
croiroit encore voir ceux du temps de
l'âge d'or.
L'une des Grâces , que je préfume
être Aglaïa , comme la premiere d'entre
elles , occupe la principale place qui eſt
vers le milieu , un peu dans l'enfoncement.
Elle eft de face & debout fur le
bord du ruiffeau : elle a même un pied
dedans. D'une main elle s'appuye fur
le bras de fa compagne ; de l'autre ,
elle fe preffe le mammellon pour en
faire fortir du lait qu'elle répand dans
l'eau . Cette charmante figure ſe préfente
dans une attitude , dont le contour
eft d'une élégance achevée : elle
étale une gorge des mieux fournies , &
des hanches d'une parfaite conformation.
Son teint , dont l'éclatante couleur
eft des plus flatteufes , frappe vivement.
Ses cheveux dorés , & un voile incarnat
attaché fur l'épaule , flottent au gré des
zéphirs.
Quelle douce langueur ne nous montre-
t-elle pas ! De quelle grace , & avec
quelle fine expreffion n'épanche-t - elle
II. Vol. F
-122 MERCURE DE FRANCE .
pas
fon lait ? On croit voir couler du
nectar. Ses yeux languiffans , fa bouche
riante , & un certain air entre le tendre
& le mélancolique , la rendent touchante
& adorable. Auffi pourroit- on
dire que cette Gráce a plus de grâces que
les deux autres .
Cependant celle fur laquelle Aglaia
s'appuye , que nous nommerons Thalie
ne fe préfente pas moins agréablement ,
quoique de profil. La forme de fa
gorge , la coupe délicate de fa taille ,
ont des charmes qui féduifent & nous
prouvent ce qu'elle eft . Notre incomparable
Peintre ne l'auroit pas admiſe au
nombre des grâces , fi elle n'en eût été
pétrie. Elle tâtonne dans l'eau jufqu'à
moitié cuiffe ; & d'une forte
de flacon de cristal à l'antique , elle
répand fur la tête d'un des Jeux , fans
doute , quelque éffence odoriférante
dont le parfum imaginé femble embaumer
l'air qu'on refpire.
Non loin de-là un des Amours traîne
après foi Euphrofine dans la fontaine ,
celle des Graces qui nous montre le dos.
Elle marche en avant , & femble vouloir
s'élancer dans l'eau. Je n'ai guère
vu de dos mieux deffiné , ni d'une fi
JANVIER . 1763 . 123
charmante eurifthmie. Celui de la Vénus
de Medicis n'eft certainement pas d'une
plus belle proportion ; l'attitude en eft
gracieufe à l'extrême . Les parties de
formes ondoyantes ont je ne fai -quoi
de vif, de remuant , d'animé , qu'il n'eft
pas poffible de rencontrer fi bien
ailleurs. Elle eft de caractère léger , délicat
, tel que le charmant Corrége le
donne ordinairement aux Déeffes & aux
Nymphes.
Quelle légéreté ne remarque-t- on
pas dans l'Amour qui vole ? Sufpendu
dans les airs , il femble planer , pour
mieux ajufter fon coup . Le minois capricieux
& dépité , avec lequel il décoche
fon dard , eft d'une expreffion fi
vive , & fi naturelle , qu'en croyant
qu'il refpire véritablement , on ſe perfuaderoit
prefque être foi même en
butte à fes traits.
-
Notre aimable Artifte enfin , toujours
plus ingénieux à nous peindre les
mouvemens de la Nature , a mis entre
les mains d'un des Ris le brandon de
ce Dieu , que fans doute il vient de lui
dérober ; car de l'air avec lequel il fe
cache derrière Thalie l'on préfume
qu'il en eft l'efcamoteur. De plus ,
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
croyant mieux couvrir fon larcin , il
l'enfonce & l'éteint dans la fontaine
d'où s'éxhale une vapeur noire , qui
doit vraisemblablement le décéler. Cette
fumée eft caractérisée & coloriée avec
tant de vérité , qu'elle fait illufion au
point de nous perfuader que l'on entend
le même bouillonnement que produir
la flamme précipitée dans l'eau.
Tous ces petits Génies fe divertiffent
parmi elles ; l'un nâge , l'autre
plonge , l'un danfe , l'autre voltige , &
tous expriment certaines naïvetés fi ingénues
& fi enfantines , que l'Art reffemble
à la Nature même.
C'est en ces fortes de fituations
tendres que l'inimitable Corrége , excellemment
doué du talent merveilleux
de remuer les coeurs par la fineffe
des expreffions ,
a caractérisé en cet
intéreffant tableau différentes paffions.
Je ne finirois point , s'il falloit
vous détailler tous les agrémens que le
Corrége a donné aux objets de fa riante
peinture. On ne peut difconvenir que
toutes les idées qui compofent les tableaux
de ce grand Maître , ne foient nobles
, élevées , extraordinaires
, même
un peu bifarres : que le ftyle en eft fuJANVIER.
1763. 125
blime , les airs de tête finguliers & frappans
: cela eft habituel à notre favant
Artifte ; mais ce qui doit vous furpren
dre , ainfi qu'il m'étonné aujourd'hui
dans la compofition de celui-ci , c'eft
que contre fon ordinaire ce fécond génie
a chargé la fcène d'un nombre confidérable
de figures. Sa verve montée
fur le ton riant & badin' , y a caractériſé ,
d'une aimable gaieté , les principales
paffions . Sous ce nouveau crayon , devenues
plus attrayantes , elles m'ont
paru intéreffer jufqu'à féduire. Je pense
que c'eft ici le plus précieux morceau
qui foit forti de fes mains. Je me flatte
de n'être pas contredit, & nos vrais connoiffeurs
feront de mon opinion lorfqu'ils
l'auront vu . Mais pourquoi ne pas dire
un mot de fon furprenant coloris ? Je
ne puis paffer fous filence la partie ou
ce grand Maître nous a prefque fait
croire qu'un Ange conduifoit fon pinceau.
Tout enchanté dans cette délectable
peinture ; on y trouvé un ragoût
de couleurs , & une touche légère
qu'on ne voit pas même toujours dans
fes ouvrages. Tout y eft moelleux ;
tout y paroît tendre & merveilleux ;
mais en même temps quelle fraîcheur ,
?
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE .
quelle force de coloris ! quelle vérité ! &
quelle excellente manière d'empâter n'y
reconnoît-on pas ? Sa touche élégante
eft d'un fini qui fait fon effet de loin
comme de près. Le tout enfemble tenant
de la magie , a un relief & un
accord dont l'harmonie fe manifefte
généralement dans toutes les parties de
ce délicieux tableau , qui étonne &
fait l'admiration de nos Académiciens ,
ainfi
que de nos plus fins Amateurs.
J'ai l'honneur d'être , & c .
J. LUET DE BISCONTIN.
A Marseille , les Décembre 1762.
MERCURE.
PERSUADE , Monfieur , des avantages
que les Arts de Peinture , de Sculpture
& c , les Peintres & les Connoiffeurs
peuvent retirer de la defcription d'un
fameux Tableau du célébre Corrége ,
que la France vient tout nouvellement
d'acquérir , je vous prie d'en permettre
l'infertion dans votre Mercure . Elle fait
le contenu d'une lettre que M. Luet de
Bifcontin , ancien Officier d'Infanterie ,
vient de m'adreffer de Marſeille ici à S.
Chamas.Ce favant Connoiffeur nous le
décrit avec beaucoup de lumieres &
de fagacité. Une imagination brillante
& un ftyle délicat femblent en faire le
moindre mérite : en voici l'extrait.
J'ai l'honneur d'être & c.
P. de V **** de P. ****
LETTRE contenant la defcription d'un
Tableau repréfentant les GRACES
qui fe baignent dans la fontaine
d'Acidalie.
J'AI 'AI enfin vu ce précieux Morceau : il
eft non -feulement très-beau , mais encore
je l'ai trouvé parfaitement bien
confervé. On peut dire , Monfieur ,
qu'il n'a pas été payé , quoiqu'on ne
l'ait acquis qu'en le couvrant d'or. Il a ,
franc de baguette,quatre pieds un pouce
de hauteur fur fix pieds cinq pouces de
largeur . Hâtons - nous de vous le décrire.
Je ne voulus point le découvrir qu'auparavant
je ne l'euffe fait placer en un
jour favorable , afin que je puffe jouir
de l'effet du tout enfemble . Il le fit fi
bien , & j'éprouvai un fi grand plaifir
à fon afpect , que je fentis naître dans
l'ame les mêmes mouvemens que l'action
y eût excité , fi elle fe fût paffée
réellement à mes yeux.
Il eſt certain , Monfieur , que de tous
les fujets de Peinture , ceux du genre
galant font ceux qui intéreffent davanrage
, qui ont le plus d'attraits fur l'ima120
MERCURE DE FRANCE .
gination , & qui pénétrent le plus l'âme
du Spectateur. Vous favez que c'eſt là
un goût qui , en enfantant & exécutant
des Sujets gracieux & aimables , ne
manque jamais de donner aux objets
des fituations riantes , des caractères
agréables , & aux figures des expreffions
douces , tendres , délicates , qui flattent
l'oeil , égayent l'efprit , féduifent le coeur.
11 eft donc conftant que les tableaux
comme celui - ci , repréfentans des femmes
dans l'âge de plaire , ont un appas
général. Cela eft aifé à concevoir ; tout
eft charmes , tout eft délices en elles :
elles font la production la plus touchante
, la plus exquife de la nature :
le plaifir anime leurs moindres mouvemens
, & la plupart de leurs actions acquierent
enfin un redoublement d'intérêt.
Notre Tableau devient ainfi un des
plus fatisfaifans ; il nous dépeint , comme
je vous l'écrivis , les Grâces qui fe
baignent dans la fontaine d'Acidalie.
Mais le Corrége les a épifodiquement
accompagnées de divers petits Génies
repréfentans les Amours , les Ris , les
Jeux , les Attraits dont elles font toujours
fuivies. Cupidon , ce redoutable
Dieu , voltige au-deffus des trois Divinités
:
JANVIER. 1763. 121
nités la Fontaine , le Ruiffeau qui en
naît , les Sites & les Arbres du Payfage
y paroiffent avoir été fi fimplement
conduits par la Nature , qu'on
croiroit encore voir ceux du temps de
l'âge d'or.
L'une des Grâces , que je préfume
être Aglaïa , comme la premiere d'entre
elles , occupe la principale place qui eſt
vers le milieu , un peu dans l'enfoncement.
Elle eft de face & debout fur le
bord du ruiffeau : elle a même un pied
dedans. D'une main elle s'appuye fur
le bras de fa compagne ; de l'autre ,
elle fe preffe le mammellon pour en
faire fortir du lait qu'elle répand dans
l'eau . Cette charmante figure ſe préfente
dans une attitude , dont le contour
eft d'une élégance achevée : elle
étale une gorge des mieux fournies , &
des hanches d'une parfaite conformation.
Son teint , dont l'éclatante couleur
eft des plus flatteufes , frappe vivement.
Ses cheveux dorés , & un voile incarnat
attaché fur l'épaule , flottent au gré des
zéphirs.
Quelle douce langueur ne nous montre-
t-elle pas ! De quelle grace , & avec
quelle fine expreffion n'épanche-t - elle
II. Vol. F
-122 MERCURE DE FRANCE .
pas
fon lait ? On croit voir couler du
nectar. Ses yeux languiffans , fa bouche
riante , & un certain air entre le tendre
& le mélancolique , la rendent touchante
& adorable. Auffi pourroit- on
dire que cette Gráce a plus de grâces que
les deux autres .
Cependant celle fur laquelle Aglaia
s'appuye , que nous nommerons Thalie
ne fe préfente pas moins agréablement ,
quoique de profil. La forme de fa
gorge , la coupe délicate de fa taille ,
ont des charmes qui féduifent & nous
prouvent ce qu'elle eft . Notre incomparable
Peintre ne l'auroit pas admiſe au
nombre des grâces , fi elle n'en eût été
pétrie. Elle tâtonne dans l'eau jufqu'à
moitié cuiffe ; & d'une forte
de flacon de cristal à l'antique , elle
répand fur la tête d'un des Jeux , fans
doute , quelque éffence odoriférante
dont le parfum imaginé femble embaumer
l'air qu'on refpire.
Non loin de-là un des Amours traîne
après foi Euphrofine dans la fontaine ,
celle des Graces qui nous montre le dos.
Elle marche en avant , & femble vouloir
s'élancer dans l'eau. Je n'ai guère
vu de dos mieux deffiné , ni d'une fi
JANVIER . 1763 . 123
charmante eurifthmie. Celui de la Vénus
de Medicis n'eft certainement pas d'une
plus belle proportion ; l'attitude en eft
gracieufe à l'extrême . Les parties de
formes ondoyantes ont je ne fai -quoi
de vif, de remuant , d'animé , qu'il n'eft
pas poffible de rencontrer fi bien
ailleurs. Elle eft de caractère léger , délicat
, tel que le charmant Corrége le
donne ordinairement aux Déeffes & aux
Nymphes.
Quelle légéreté ne remarque-t- on
pas dans l'Amour qui vole ? Sufpendu
dans les airs , il femble planer , pour
mieux ajufter fon coup . Le minois capricieux
& dépité , avec lequel il décoche
fon dard , eft d'une expreffion fi
vive , & fi naturelle , qu'en croyant
qu'il refpire véritablement , on ſe perfuaderoit
prefque être foi même en
butte à fes traits.
-
Notre aimable Artifte enfin , toujours
plus ingénieux à nous peindre les
mouvemens de la Nature , a mis entre
les mains d'un des Ris le brandon de
ce Dieu , que fans doute il vient de lui
dérober ; car de l'air avec lequel il fe
cache derrière Thalie l'on préfume
qu'il en eft l'efcamoteur. De plus ,
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
croyant mieux couvrir fon larcin , il
l'enfonce & l'éteint dans la fontaine
d'où s'éxhale une vapeur noire , qui
doit vraisemblablement le décéler. Cette
fumée eft caractérisée & coloriée avec
tant de vérité , qu'elle fait illufion au
point de nous perfuader que l'on entend
le même bouillonnement que produir
la flamme précipitée dans l'eau.
Tous ces petits Génies fe divertiffent
parmi elles ; l'un nâge , l'autre
plonge , l'un danfe , l'autre voltige , &
tous expriment certaines naïvetés fi ingénues
& fi enfantines , que l'Art reffemble
à la Nature même.
C'est en ces fortes de fituations
tendres que l'inimitable Corrége , excellemment
doué du talent merveilleux
de remuer les coeurs par la fineffe
des expreffions ,
a caractérisé en cet
intéreffant tableau différentes paffions.
Je ne finirois point , s'il falloit
vous détailler tous les agrémens que le
Corrége a donné aux objets de fa riante
peinture. On ne peut difconvenir que
toutes les idées qui compofent les tableaux
de ce grand Maître , ne foient nobles
, élevées , extraordinaires
, même
un peu bifarres : que le ftyle en eft fuJANVIER.
1763. 125
blime , les airs de tête finguliers & frappans
: cela eft habituel à notre favant
Artifte ; mais ce qui doit vous furpren
dre , ainfi qu'il m'étonné aujourd'hui
dans la compofition de celui-ci , c'eft
que contre fon ordinaire ce fécond génie
a chargé la fcène d'un nombre confidérable
de figures. Sa verve montée
fur le ton riant & badin' , y a caractériſé ,
d'une aimable gaieté , les principales
paffions . Sous ce nouveau crayon , devenues
plus attrayantes , elles m'ont
paru intéreffer jufqu'à féduire. Je pense
que c'eft ici le plus précieux morceau
qui foit forti de fes mains. Je me flatte
de n'être pas contredit, & nos vrais connoiffeurs
feront de mon opinion lorfqu'ils
l'auront vu . Mais pourquoi ne pas dire
un mot de fon furprenant coloris ? Je
ne puis paffer fous filence la partie ou
ce grand Maître nous a prefque fait
croire qu'un Ange conduifoit fon pinceau.
Tout enchanté dans cette délectable
peinture ; on y trouvé un ragoût
de couleurs , & une touche légère
qu'on ne voit pas même toujours dans
fes ouvrages. Tout y eft moelleux ;
tout y paroît tendre & merveilleux ;
mais en même temps quelle fraîcheur ,
?
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE .
quelle force de coloris ! quelle vérité ! &
quelle excellente manière d'empâter n'y
reconnoît-on pas ? Sa touche élégante
eft d'un fini qui fait fon effet de loin
comme de près. Le tout enfemble tenant
de la magie , a un relief & un
accord dont l'harmonie fe manifefte
généralement dans toutes les parties de
ce délicieux tableau , qui étonne &
fait l'admiration de nos Académiciens ,
ainfi
que de nos plus fins Amateurs.
J'ai l'honneur d'être , & c .
J. LUET DE BISCONTIN.
A Marseille , les Décembre 1762.
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Résumé : A M. DE LA PLACE, Auteur du MERCURE.
La lettre adressée à M. de La Place, auteur du Mercure, décrit un célèbre tableau du peintre Corrége, récemment acquis par la France. L'auteur de la lettre, M. Luet de Biscontin, ancien officier d'infanterie, admire ce tableau représentant les Grâces se baignant dans la fontaine d'Acidalie. Le tableau mesure quatre pieds un pouce de hauteur sur six pieds cinq pouces de largeur et est en excellent état malgré les sommes dépensées pour son acquisition. Luet de Biscontin souligne que les sujets galants, comme celui représenté, sont particulièrement captivants. Le tableau montre les Grâces accompagnées de divers petits génies représentant les Amours, les Rires, les Jeux et les Attraits. Cupidon plane au-dessus des trois divinités, et la scène est entourée de la fontaine, du ruisseau, des sites et des arbres du paysage, tous rendus avec une simplicité naturelle. La Grâce principale, présumée être Aglaïa, est décrite en détail : elle est debout sur le bord du ruisseau, appuyée sur une compagne, et presse son sein pour faire sortir du lait qu'elle répand dans l'eau. Sa posture, son teint éclatant, ses cheveux dorés et son voile incarnat sont soulignés pour leur élégance et leur douceur. Les autres Grâces, Thalie et Euphrosine, sont également admirées pour leurs formes et leurs attitudes gracieuses. Les petits génies sont représentés en train de se divertir, exprimant des naïvetés ingénues. Corrége est loué pour son talent à remuer les cœurs par la finesse des expressions et pour la richesse des idées nobles et élevées dans ses tableaux. Le coloris du tableau est particulièrement remarqué pour sa fraîcheur, sa force et sa vérité, avec une touche élégante et un fini exceptionnel. Le tableau est considéré comme un chef-d'œuvre, admiré par les Académiciens et les amateurs d'art.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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423
p. 128-129
GRAVURE.
Début :
CARTE des noms, armes & blasons des Archevêques & Evêques qui composent [...]
Mots clefs :
Cartes, Blasons, Archevêques, Évêques, Maître à écrire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
CARTE des noms , armes & blaſons
des Archevêques & Evêques qui compofent
le Clergé de France , tel qu'il
eft actuellement , avec ceux des Généraux
des Ordres & Grands - Prieurs de
France , par le fieur Dubuiffon Généalogifte
& Doreur du Roi. On y a
joint leur taxe en Cour de Rome &
leurs revenus. Cette Carte eft très - commode
, par les changemens que l'on y
peut faire , en mettant un écuffon à la
place d'un autre , ce qui la rend perpétuelle.
Prix , 30 fols , chez le fieur
JANVIER 1763. 129
Dubuiffon , rue S. Jacques , vis -à-vis
S. Benoît.
PIECES de principes d'écriture , par
le fieur Rochon , Maître à écrire & d'Arithmétique
à Verfailles. Ces deux Piéces
, gravées fur une feule feuille , renferment
généralement tout ce qui concerne
l'écriture . Elles font dédiées à M.
le Comte de Noailles , & fe vendent
chez l'Auteur même , à Versailles.
CARTE des noms , armes & blaſons
des Archevêques & Evêques qui compofent
le Clergé de France , tel qu'il
eft actuellement , avec ceux des Généraux
des Ordres & Grands - Prieurs de
France , par le fieur Dubuiffon Généalogifte
& Doreur du Roi. On y a
joint leur taxe en Cour de Rome &
leurs revenus. Cette Carte eft très - commode
, par les changemens que l'on y
peut faire , en mettant un écuffon à la
place d'un autre , ce qui la rend perpétuelle.
Prix , 30 fols , chez le fieur
JANVIER 1763. 129
Dubuiffon , rue S. Jacques , vis -à-vis
S. Benoît.
PIECES de principes d'écriture , par
le fieur Rochon , Maître à écrire & d'Arithmétique
à Verfailles. Ces deux Piéces
, gravées fur une feule feuille , renferment
généralement tout ce qui concerne
l'écriture . Elles font dédiées à M.
le Comte de Noailles , & fe vendent
chez l'Auteur même , à Versailles.
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Résumé : GRAVURE.
Le document présente deux annonces. La première concerne une gravure de Dubuiffon, généalogiste du Roi, montrant les noms, armes et blasons des archevêques, évêques, généraux des ordres et grands-prieurs de France, avec leurs taxes et revenus. Elle est modifiable et vendue 30 sols en 1763. La seconde annonce concerne des pièces d'écriture de Rochon, maître à écrire à Versailles, dédiées au Comte de Noailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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424
p. 192-193
De PARIS, le 24 Décembre 1762.
Début :
Le sieur Gor, Commissaire général des fontes de l'Artillerie, a fondu le 20 Novembre dernier, à [...]
Mots clefs :
Département des affaires étrangères, Prince du sang, Statue équestre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 24 Décembre 1762.
De PARIS , le 24 Décembre 1762.
Le fieur Gor, Commiſſaire général des fontes de
l'Artillerie , a fondu le 20 Novembre dernier ,
l'Arfénal , les deux figures en bronze qui doivent
accompagner la Statue Equeftre du Roi que la Ville
de Reims fait élever en l'honneur de Sa Majefté .
Cette Statue fera pofée au milieu d'une Place à la
conftruction de laquelle on travaille actuellement
fur les deffins & la conduite du ſieur le Gendre ,
Ingénieur en Chef des Ponts & Chauffées de la
Province de Champagne. Les deux Figures ont
été coulées du même jet , & l'opération a parfaitement
réuffi . On ne tardera pas de jetter en
fonte la Statue même. Ce Monument , qui fait ,
tant d'honneur au zéle & au goût de la Ville de
Reims , eft de la compofition du fieur Pigalle ,
Artiſte célébre , qui a mérité d'être choisi pour
fuccéder aux travaux du grand Bouchardon , par
Bouchardon lui- même.
L'Ordre Royal , Militaire & Hofpitalier de Notre-
Dame du Mont Carmel & de S. Lazare de
Jérufalem , a fait célébrer le Lundi , 20 de ce
mois , dans la Chapelle du Louvre , la fête de
S. Lazare , Patron de l'Ordre . Le Comte de faint
Florentin a affifté à cette cérémonie avec les
Grands Officiers & plufieurs Chevaliers & Commandeurs
Eccléfiaftiques , tous en habits de cérémonie
JANVIER. 1763. 193
>
monie de l'Ordre. L'Abbé de Schulemberg
Commandeur Eccléfiaftique de l'Ordre , y a officié
, le 22 du mcme mois , on a célébré dans la
même Chapelle l'anniverfaire pour les Chevaliers
défunts.
Le 20 , le Duc de Praflin , Miniftre & Secrétaire
d'Etat , ayant le Département des Affaires
Etrangères , fut reçu & prit féance au Parlement
en qualité de Pair de France. Le Duc d'Orléans ,
le Prince de Condé , le Comte de Clermont , le
Prince de Conti , le Comte de la Marche , Princes
du Sang , & la plupart des Pairs Eccléfiaftiques
& Séculiers , affifterent à la réception.
Le fieur Gor, Commiſſaire général des fontes de
l'Artillerie , a fondu le 20 Novembre dernier ,
l'Arfénal , les deux figures en bronze qui doivent
accompagner la Statue Equeftre du Roi que la Ville
de Reims fait élever en l'honneur de Sa Majefté .
Cette Statue fera pofée au milieu d'une Place à la
conftruction de laquelle on travaille actuellement
fur les deffins & la conduite du ſieur le Gendre ,
Ingénieur en Chef des Ponts & Chauffées de la
Province de Champagne. Les deux Figures ont
été coulées du même jet , & l'opération a parfaitement
réuffi . On ne tardera pas de jetter en
fonte la Statue même. Ce Monument , qui fait ,
tant d'honneur au zéle & au goût de la Ville de
Reims , eft de la compofition du fieur Pigalle ,
Artiſte célébre , qui a mérité d'être choisi pour
fuccéder aux travaux du grand Bouchardon , par
Bouchardon lui- même.
L'Ordre Royal , Militaire & Hofpitalier de Notre-
Dame du Mont Carmel & de S. Lazare de
Jérufalem , a fait célébrer le Lundi , 20 de ce
mois , dans la Chapelle du Louvre , la fête de
S. Lazare , Patron de l'Ordre . Le Comte de faint
Florentin a affifté à cette cérémonie avec les
Grands Officiers & plufieurs Chevaliers & Commandeurs
Eccléfiaftiques , tous en habits de cérémonie
JANVIER. 1763. 193
>
monie de l'Ordre. L'Abbé de Schulemberg
Commandeur Eccléfiaftique de l'Ordre , y a officié
, le 22 du mcme mois , on a célébré dans la
même Chapelle l'anniverfaire pour les Chevaliers
défunts.
Le 20 , le Duc de Praflin , Miniftre & Secrétaire
d'Etat , ayant le Département des Affaires
Etrangères , fut reçu & prit féance au Parlement
en qualité de Pair de France. Le Duc d'Orléans ,
le Prince de Condé , le Comte de Clermont , le
Prince de Conti , le Comte de la Marche , Princes
du Sang , & la plupart des Pairs Eccléfiaftiques
& Séculiers , affifterent à la réception.
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Résumé : De PARIS, le 24 Décembre 1762.
Le 24 décembre 1762, à Paris, le commissaire général des fontes de l'Artillerie, le sieur Gor, a annoncé la fonte de deux figures en bronze destinées à la statue équestre du roi à Reims. Ces figures, coulées le 20 novembre précédent à l'Arsenal, accompagneront la statue commandée par la ville de Reims. La statue, conçue par Jean-Baptiste Pigalle, succédera aux travaux de Bouchardon. La place où sera installée la statue est en construction sous la direction de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de Champagne, le sieur le Gendre. L'Ordre Royal, Militaire et Hospitalier de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint Lazare de Jérusalem a célébré la fête de Saint Lazare le 20 décembre et l'anniversaire des Chevaliers défunts le 22 décembre dans la chapelle du Louvre. Le 20 janvier 1763, le duc de Praslin a été reçu au Parlement en qualité de Pair de France, en présence de plusieurs Pairs ecclésiastiques et séculiers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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425
p. 136-137
ANATOMIE. EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure du corps humain, en vingt grandes Planches imprimées en couleurs naturelles, avec des Tables explicatives très détaillées, par M. GAUTIER, Pensionnaire du Roi, de l'Académie de Dijon, avec privilége de Sa Majesté ; se distribue à Paris chez le sieur Leroy, Marchand , vis-a-vis de la Comédie Françoise, & à Marseille, chez le sieur Feraud, Négociant, rue Caisserie.
Début :
CET Ouvrage, qui s'est d'abord donné par distributions, & pour lequel il [...]
Mots clefs :
Parties, Planches, Couleurs, Coupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANATOMIE. EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure du corps humain, en vingt grandes Planches imprimées en couleurs naturelles, avec des Tables explicatives très détaillées, par M. GAUTIER, Pensionnaire du Roi, de l'Académie de Dijon, avec privilége de Sa Majesté ; se distribue à Paris chez le sieur Leroy, Marchand , vis-a-vis de la Comédie Françoise, & à Marseille, chez le sieur Feraud, Négociant, rue Caisserie.
ANATOMIE.
EXPOSITION AN ATOMIQUE
ftructure du corps humain , en vingt
grandes Planches imprimées en couleurs
naturelles , avec des Tables explicatives
très détaillées , par M.
GAUTIER , Penfionnaire du Roi ,
de l'Académie de Dijon , avec privilége
de Sa Majesté ; fe diftribue à
Paris chezlefieur Leroy , Marchand ,
vis-a-vis de la Comédie Françoife , & à
Marfeille , chez le fieur Feraud , Négociant
, rue Caiſſerie.
CET Ouvrage , qui s'eft d'abord donné
par diftributions , & pour lequel il
y a eu beaucoup de Soufcripteurs , eſt
préfentement complet , & forme un traité
particulier d'Anatomie. Il fert d'ailieurs
de fupplément à la premiere Edition
d'Anatomie , que l'Auteur a déja
donnée au Public , ainfi qu'à la feconde
qu'il fe propofe de donner par la fuite .
C'eft auffi fous le titre de Supplément
qu'il a d'abord été annoncé .
FEVRIER . 1763. 137
Les vingt planches repréfentent à
demi nature & fous les couleurs les
plus naturelles de nouvelles fituations
& coupes de tous les vifcères ; une femme
enceinte fur pied , ayant la Matrice
ouverte , le foetus en fituation &
toutes fes parties difféquées ; une fille
pareillement difféquée ; l'accouchement
& le foetus avec fes parties détachées ;
l'homme fur pied difféqué avec les
mufcles , les nerfs , les vaiffeaux , le
coeur , &c. Une angéologie complette
depuis la tête jufqu'aux extrémités inférieures
; les parties de la génération
de la femme & celles de l'Homme difféquées
, & fous des points de vue nouveaux
; un fquelete entier & garni de
plufieurs parties éffentielles ; des coupes
de la tête & du cerveau nouvelles &
intéreffantes ; enfin , une névrologie
qui offre le plus grand dérail , le tout
compofant dix figures entières , eft exécutée
magnifiquement fur papier de
grand colombier. Les tables explicatives
de même grandeur & fur même papier
font remplies de differtations &
des defcriptions de chaque partie.
Le prix de l'exemplaire complet en
feuilles eft de 108 liv.
EXPOSITION AN ATOMIQUE
ftructure du corps humain , en vingt
grandes Planches imprimées en couleurs
naturelles , avec des Tables explicatives
très détaillées , par M.
GAUTIER , Penfionnaire du Roi ,
de l'Académie de Dijon , avec privilége
de Sa Majesté ; fe diftribue à
Paris chezlefieur Leroy , Marchand ,
vis-a-vis de la Comédie Françoife , & à
Marfeille , chez le fieur Feraud , Négociant
, rue Caiſſerie.
CET Ouvrage , qui s'eft d'abord donné
par diftributions , & pour lequel il
y a eu beaucoup de Soufcripteurs , eſt
préfentement complet , & forme un traité
particulier d'Anatomie. Il fert d'ailieurs
de fupplément à la premiere Edition
d'Anatomie , que l'Auteur a déja
donnée au Public , ainfi qu'à la feconde
qu'il fe propofe de donner par la fuite .
C'eft auffi fous le titre de Supplément
qu'il a d'abord été annoncé .
FEVRIER . 1763. 137
Les vingt planches repréfentent à
demi nature & fous les couleurs les
plus naturelles de nouvelles fituations
& coupes de tous les vifcères ; une femme
enceinte fur pied , ayant la Matrice
ouverte , le foetus en fituation &
toutes fes parties difféquées ; une fille
pareillement difféquée ; l'accouchement
& le foetus avec fes parties détachées ;
l'homme fur pied difféqué avec les
mufcles , les nerfs , les vaiffeaux , le
coeur , &c. Une angéologie complette
depuis la tête jufqu'aux extrémités inférieures
; les parties de la génération
de la femme & celles de l'Homme difféquées
, & fous des points de vue nouveaux
; un fquelete entier & garni de
plufieurs parties éffentielles ; des coupes
de la tête & du cerveau nouvelles &
intéreffantes ; enfin , une névrologie
qui offre le plus grand dérail , le tout
compofant dix figures entières , eft exécutée
magnifiquement fur papier de
grand colombier. Les tables explicatives
de même grandeur & fur même papier
font remplies de differtations &
des defcriptions de chaque partie.
Le prix de l'exemplaire complet en
feuilles eft de 108 liv.
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Résumé : ANATOMIE. EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure du corps humain, en vingt grandes Planches imprimées en couleurs naturelles, avec des Tables explicatives très détaillées, par M. GAUTIER, Pensionnaire du Roi, de l'Académie de Dijon, avec privilége de Sa Majesté ; se distribue à Paris chez le sieur Leroy, Marchand , vis-a-vis de la Comédie Françoise, & à Marseille, chez le sieur Feraud, Négociant, rue Caisserie.
Le document décrit une exposition anatomique intitulée 'Structure du corps humain', composée de vingt planches imprimées en couleurs naturelles et accompagnées de tables explicatives détaillées. Réalisée par M. Gautier, pensionnaire du Roi et membre de l'Académie de Dijon, l'œuvre bénéficie d'un privilège royal. Elle est distribuée à Paris chez le sieur Leroy et à Marseille chez le sieur Feraud. Initialement distribuée par souscriptions, cette œuvre est maintenant complète et constitue un traité particulier d'anatomie, servant de supplément à la première édition de l'auteur et annonçant une seconde édition future. Les planches illustrent diverses situations et coupes des viscères, incluant des représentations d'une femme enceinte, d'une fille disséquée, d'un accouchement, d'un homme disséqué avec les muscles, les nerfs, les vaisseaux et le cœur, ainsi qu'une angiologie complète. Elles montrent également les parties génitales de la femme et de l'homme sous de nouveaux points de vue, un squelette entier avec plusieurs parties essentielles, des coupes nouvelles de la tête et du cerveau, et une névrologie détaillée. Les tables explicatives, de même grandeur et sur le même papier, contiennent des dissertations et des descriptions de chaque partie. Le prix de l'exemplaire complet en feuilles est de 108 livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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425
ANATOMIE. EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure du corps humain, en vingt grandes Planches imprimées en couleurs naturelles, avec des Tables explicatives très détaillées, par M. GAUTIER, Pensionnaire du Roi, de l'Académie de Dijon, avec privilége de Sa Majesté ; se distribue à Paris chez le sieur Leroy, Marchand , vis-a-vis de la Comédie Françoise, & à Marseille, chez le sieur Feraud, Négociant, rue Caisserie.
426
p. 139
GRAVURE.
Début :
MDE la veuve MOYREAU vient de mettre au jour le dernier Wouvermans [...]
Mots clefs :
Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
MDE la veuve MOYREAU vient
de mettre au jour le dernier Wouvermans
, No. 89 , intitulé la Marchande de
canards , &c. par M. Moyreau , Graveur
du Roi. Elle continue de les débiter
, & demeure toujours rue des Mathurins.
MDE la veuve MOYREAU vient
de mettre au jour le dernier Wouvermans
, No. 89 , intitulé la Marchande de
canards , &c. par M. Moyreau , Graveur
du Roi. Elle continue de les débiter
, & demeure toujours rue des Mathurins.
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427
p. 147
VERS pour accompagner un Tableau de M. Amédée Vanloo, représentant différentes vertus, lesquelles vues par optique, forment le portrait ressemblant du ROI.
Début :
Des Rois & des Héros, tous les Peintres fameux, [...]
Mots clefs :
Rois, Héros, Peintres, Art
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texteReconnaissance textuelle : VERS pour accompagner un Tableau de M. Amédée Vanloo, représentant différentes vertus, lesquelles vues par optique, forment le portrait ressemblant du ROI.
VERS pour accompagner un Tableau
de M. Amédée Vanloo , repréfentant
différentes vertus , lefquelles vues par
optique , forment le portrait reffemblant
du ROI.
Dis Rois & des Héros , tous les Peintres fa- DES
meux ,
Sur la toile ont tranfmis l'image reflemblante.
Vanloo feul a peint l'âme , & fon art merveilleux
Animant les vertus , en elles nous préfente
Et les traits de Louis , & fon coeur généreux.
Par REGNAUDIN DE NASSY , fils.
de M. Amédée Vanloo , repréfentant
différentes vertus , lefquelles vues par
optique , forment le portrait reffemblant
du ROI.
Dis Rois & des Héros , tous les Peintres fa- DES
meux ,
Sur la toile ont tranfmis l'image reflemblante.
Vanloo feul a peint l'âme , & fon art merveilleux
Animant les vertus , en elles nous préfente
Et les traits de Louis , & fon coeur généreux.
Par REGNAUDIN DE NASSY , fils.
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428
p. 196
« Mlle FELLOIX, chez M. JORRY Libraire-Imprimeur, rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe, [...] »
Début :
Mlle FELLOIX, chez M. JORRY Libraire-Imprimeur, rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe, [...]
Mots clefs :
Pierres de composition, Pierres antiques gravées, Couleurs, Sainte-Geneviève
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texteReconnaissance textuelle : « Mlle FELLOIX, chez M. JORRY Libraire-Imprimeur, rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe, [...] »
Mlle FELLOIX , chez M. JORRY Libraire-Imprimeur
, rue & vis - à- vis la Comédie Françoiſe ,
au Grand Monarque , a une collection de 1800
Pierres de compoſition , de différentes couleurs ,
imitant les Pierres fines ; repréſentant divers
Sujets , éxécuté d'après les Pierres antiques gravées
, qui font dans le Cabinet du Roi & chez
plufieurs Princes François & Etrangers. Le prix
defdites Pierres eft depuis une livre jufqu'à fix
livres. En lui envoyant des Portraits , Medailles ,
Cachets ou des Armes gravées , elle en tire des
Copies de différentes couleurs qu'elle vend fix
livres piece. S'il fe trouvoit quelque curieux qui
voulut faire acquifition de cette collection entiere ,
elle s'engageroit à lui enfeigner la maniere de les
travailler , ainfi que les fouffres de couleurs différentes
& les Plâtres , 'dont elle a une grande quantité
dans d'autres fajers que les pierres ; comme
l'Hiftoire de Louis XIV , celles des Rois d'Angleterre
& des Ducs d'Aquitaine , ainſi que les Padouins
qui font dans le cabinet de Ste Geneviève , &
plufieurs Têtes modernes d'hommes favans qui
ont connus.
, rue & vis - à- vis la Comédie Françoiſe ,
au Grand Monarque , a une collection de 1800
Pierres de compoſition , de différentes couleurs ,
imitant les Pierres fines ; repréſentant divers
Sujets , éxécuté d'après les Pierres antiques gravées
, qui font dans le Cabinet du Roi & chez
plufieurs Princes François & Etrangers. Le prix
defdites Pierres eft depuis une livre jufqu'à fix
livres. En lui envoyant des Portraits , Medailles ,
Cachets ou des Armes gravées , elle en tire des
Copies de différentes couleurs qu'elle vend fix
livres piece. S'il fe trouvoit quelque curieux qui
voulut faire acquifition de cette collection entiere ,
elle s'engageroit à lui enfeigner la maniere de les
travailler , ainfi que les fouffres de couleurs différentes
& les Plâtres , 'dont elle a une grande quantité
dans d'autres fajers que les pierres ; comme
l'Hiftoire de Louis XIV , celles des Rois d'Angleterre
& des Ducs d'Aquitaine , ainſi que les Padouins
qui font dans le cabinet de Ste Geneviève , &
plufieurs Têtes modernes d'hommes favans qui
ont connus.
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Résumé : « Mlle FELLOIX, chez M. JORRY Libraire-Imprimeur, rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe, [...] »
Mlle FELLOIX, installée chez M. JORRY Libraire-Imprimeur, rue vis-à-vis la Comédie Françoise, au Grand Monarque, propose une collection de 1800 pierres de composition imitant les pierres fines. Ces pierres, de différentes couleurs, représentent divers sujets inspirés des pierres antiques gravées présentes dans le Cabinet du Roi et chez plusieurs Princes Français et Étrangers. Les prix de ces pierres varient de une à six livres. Mlle FELLOIX offre également de réaliser des copies de portraits, médailles, cachets ou armes gravées, vendues six livres pièce. Pour les amateurs intéressés par l'acquisition de l'ensemble de la collection, elle propose d'enseigner la méthode de fabrication des pierres, ainsi que les recettes des couleurs et les types de plâtre utilisés. Sa collection inclut des sujets variés tels que l'Histoire de Louis XIV, les Rois d'Angleterre, les Ducs d'Aquitaine, les Padouins du cabinet de Sainte-Geneviève, et plusieurs têtes modernes d'hommes savants.
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429
p. 35
VERS sur le Tableau du ROI, représenté par les VERTUS.
Début :
PAR l'ingénieux artifice [...]
Mots clefs :
Louis, Pinceau, Optique, Amour, Français
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texteReconnaissance textuelle : VERS sur le Tableau du ROI, représenté par les VERTUS.
VERS fur le Tableau du ROI , repréfenté
par
PA
les VERTUS .
AR l'ingénieux artifice
Et de l'optique & du pinceau ,
Les Vertus , & furtout la Bonté , la Juftice ;
De Louis offrent le tableau.
Si dans un autre perſpective ,
On peignoit les coeurs des François ;
De ces coeurs réunis la peinture native
De l'Amour offriroit les traits.
Par M. l'Abbé AUBERT .
par
PA
les VERTUS .
AR l'ingénieux artifice
Et de l'optique & du pinceau ,
Les Vertus , & furtout la Bonté , la Juftice ;
De Louis offrent le tableau.
Si dans un autre perſpective ,
On peignoit les coeurs des François ;
De ces coeurs réunis la peinture native
De l'Amour offriroit les traits.
Par M. l'Abbé AUBERT .
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430
p. 58
Pour le Portrait de Mlle ....
Début :
Tour céde au naturel, l'Art ne peut l'égaler : [...]
Mots clefs :
Art, Naturel, Muette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pour le Portrait de Mlle ....
Pour le Portrait de Mlle ....
Tour céde au naturel , l'Art ne peut l'égaler :
Cette reffemblance eſt parfaite.
Mais l'aimable.... n'eſt ici que muette ,
Et j'aime à l'entendre parler.
ParM. PASCAL , C. de G, au R. de Piémont.
Tour céde au naturel , l'Art ne peut l'égaler :
Cette reffemblance eſt parfaite.
Mais l'aimable.... n'eſt ici que muette ,
Et j'aime à l'entendre parler.
ParM. PASCAL , C. de G, au R. de Piémont.
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431
p. 88
LETTRE à M. DE LA PLACE sur un Jetton, frappé en 1606.
Début :
IL eft aisé, Monsieur, de vous donner l'explication du jetton dont vous faites [...]
Mots clefs :
Jeton, Cuivre, Religion
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE sur un Jetton, frappé en 1606.
LETTRE à M. DE LA PLACE
un Jetton , frappé en 1606.
, Sur
IL eft aifé , Monfieur , de vous donner
l'explication du jetton dont vous faites
.mention dans votre fecond Mercure du
mois de Janvier 1763 , page 78. J'ai
trouvé ce jetton en original en cuivre
parmi ceux des Rois de France que
j'ai raffemblés qui ont été frappés au
commencement de la Monarchie jufqu'à
préfent . Voici le tipe de ce jet
ton. On voit d'un côté le Roi Henri
IV debout devant un autel fur lequel
il met fa main droite devant un Crucifix
lors de fon abjuration faite dans
l'Eglife de S. Denis , le Dimanche 25
Juillet 1593 , & l'autre main élevée
vers le Ciel , avec cette Légende : Tuta
mihi numinis ara. Exg. 1606.
Revers , la Religion fous la figure
d'une femme , conduifant par la main.
le Roi Louis XIII enfant , à une Eglife
au-deffus d'une montagne , & tenant
de la main droite un coeur enflammé
avec ces mots , Hæc tibi certa domus.
Exg. 1606. D. N. Abonné au Mercure
A Paris , le 24 Janvier 1763 .
un Jetton , frappé en 1606.
, Sur
IL eft aifé , Monfieur , de vous donner
l'explication du jetton dont vous faites
.mention dans votre fecond Mercure du
mois de Janvier 1763 , page 78. J'ai
trouvé ce jetton en original en cuivre
parmi ceux des Rois de France que
j'ai raffemblés qui ont été frappés au
commencement de la Monarchie jufqu'à
préfent . Voici le tipe de ce jet
ton. On voit d'un côté le Roi Henri
IV debout devant un autel fur lequel
il met fa main droite devant un Crucifix
lors de fon abjuration faite dans
l'Eglife de S. Denis , le Dimanche 25
Juillet 1593 , & l'autre main élevée
vers le Ciel , avec cette Légende : Tuta
mihi numinis ara. Exg. 1606.
Revers , la Religion fous la figure
d'une femme , conduifant par la main.
le Roi Louis XIII enfant , à une Eglife
au-deffus d'une montagne , & tenant
de la main droite un coeur enflammé
avec ces mots , Hæc tibi certa domus.
Exg. 1606. D. N. Abonné au Mercure
A Paris , le 24 Janvier 1763 .
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Résumé : LETTRE à M. DE LA PLACE sur un Jetton, frappé en 1606.
La lettre de 1763 décrit un jetton de 1606. Une face montre Henri IV devant un autel à Saint-Denis en 1593. L'autre face représente la Religion guidant Louis XIII vers une église, avec des inscriptions latines et la date 'Exg. 1606'.
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432
p. 141-147
PEINTURE. LETTRE de M. DELALANDE de l'Académie des Sciences à M. DE LA PLACE, sur un Tableau allégorique des vertus, formant le Portrait du ROI, peint par M. Amédée VANLOO, Peintre du Roi de PRUSSE.
Début :
Il n'est n'est point d'année, Monsieur, où l'on ne voye sortir de la Famille des [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, Physique, Optique, Allégorie, Vertus, Portrait
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texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. LETTRE de M. DELALANDE de l'Académie des Sciences à M. DE LA PLACE, sur un Tableau allégorique des vertus, formant le Portrait du ROI, peint par M. Amédée VANLOO, Peintre du Roi de PRUSSE.
PEINTURE.
, LETTRE de M. DELALANDE de
l'Académie des Sciences à M. DE
LA PLACE , fur un Tableau allégorique
des vertus , formant le Portrait
du ROI , peint par M. Amédée VANLOO
, Peintre du Roi de PRUSSE,
Il n'ef
L n'eft point d'année , Monfieur , où
142 MERCURE DE FRANCE .
l'on ne voye fortir de la Famille des
Vanloo des Morceaux de Peinture dignes
de faire honneur à la France , &
d'immortalifer leurs Auteurs; mais nous
n'avions point encore vu allier les charmes
de la Peinture avec le génie de la
Phyfique , comme dans le Tableau que
M. Amédée Vanloo vient de faire.
Tout Paris a voulu voir ce chef- d'oeuvre
d'optique , de perfpective , de compofition
& d'allégorie ; mais le temps
n'a pas permis d'en faire obſerver à
tout le monde les particularités , & elles
font trop curieufes pour ne pas en
donner au Public quelques détails .
Ce Tableau préfente d'abord à la
vue fimple un affemblage de plufieurs
figures qui expriment les différentes
vertus qui peuvent former un grand
Prince ; la Magnanimité eft affife &
appuyée d'une main fur l'écu de la
France ; elle tient de l'autre un Sceptre
& un dard brifé pour marquer la clémence
; le diadême qu'elle porte annonce
le deffein de faire le bien , & fon
Sceptre la puiffance de l'exécuter ; elle
a à fes pieds un lion ; c'eft le fymbole
de cette vertu.
Plus bas eft la Juftice , qui d'une main
tient une balance , de l'autre une épée
MARS. 1763. 143
pour
nue. Elle eft appuyée fur un lion
nous montrer qu'il faut qu'elle foit fecondée
de la force . Le mafque fur la
tête du lion annonce que la Juſtice fait
démafquer le vice & le punir. Les faifceaux
placés fous les lions expriment
l'accroiffement de force qui réfulte de
l'accord de ces deux vertus ; on y voit
auffi une corne d'abondance , pour indiquer
que tout profpére dans un Etat
où régne la Juſtice.
,
Derrière la magnanimité fe voit la
valeur militaire repréfentée par un
Guerrier tenant un drapeau qui enveloppe
plufieurs picques , pour montrer que
les hommes réunis fous l'étendard de
la vertu font invincibles. Derrière elle
fe voit une pyramide qui repréſente la
gloire des Princes perpétuée par des manumens.
A côté de la valeur militaire
eft l'intrépidité repréfentée par un Soldat
qui s'appuye fur fes armes. La vertu
héroïque eft à la droite , c'eſt un Guerrier
fous les attributs d'Hercule ; il tient
d'une main une maffue fur l'épaule , &
de l'autre les pommes d'or des Hefpérides
emblême du plus célébre de fes
exploits.
>
Au devant de la vertu héroïque eft
la vertu pacifique, repréſentée par Miner
144 MERCURE DE FRANCE,
ve , Déeffe de la Sageffe & des Arts : elle
tient d'une main une branche d'olivier
fur les armes de France , & porte de l'autre
la lance qui fervoit dans les anciens
tournois & dans les jeux qu'on
célébre durant la paix ; cette lance eft
éntourrée de ferpens , fymbole de la
Prudence.
Près de Minerve , eft la Générosité ;
c'eſt une jeune fille qui porte fur la tête
une gaze d'or & des perles : fes bras nuds
annoncent que le propre de cette vertu
eft de fe dépouiller de tout intérêt , & de
faire le bien , même fans efpérance de
retour. Elle s'appuye fur le bouclier de
Minerve, pour montrer qu'elle favoriſe
particuliérement ceux qui cultivent les
Arts & les Sciences ; elle tient même le
cordon de l'Ordre du Roi , comme une
des recompenfes diftinguées que M. le
Marquis de Marigny a procurées à plufieurs
Artiftes célébres que nous avons
actuellement. Au deffous de Minerve ,
font les attributs des beaux Arts.
Toutes ces figures forment jufqu'ici
un tableau qui feul feroit honneur à
M. Vanloo , mais ce n'eft rien encore
au prix de ce qui en refulte enfuite de
fingulier on regarde ce Tableau au
travers d'une efpèce de lunette dont
l'objectif
MAR S. 1763 . 145
J'objectif est un verre à facettes formé
de plufieurs plans , inclinés à l'axe du
tableau ; ces différentes refractions réuniffent
en un très - petit efpace toutes les
figures difperfées fur la furface du tableau
, en les diminuant de manière à
n'en former qu'une feule figure , & cette
figure eft la tête du Roi , exprimée
avec une reffemblance très- remarquable.
La figure de la Juftice eft ce qui forme
l'oeil du Roi avec une des faces de
la frifure qui approche le plus de l'oeil :
le Peintre nous dit par là , que rien n'é
chappe aux regards de la justice du Monarque.
La magnanimité donne auffi
une partie de l'oeil ; la joue l'oreille &
le fourcil qui exprime la volonté fuprê
me ; la tête de Médufe compoſe une
partie de l'autre fourcil : elle femble
nous dire que les regards d'un Prince
jufte épouvantent le crime & produifent
dans les coupables cette confternation
& cet anéantiffement qui reffemble
à la métamorphofé que la vue
terrible des ferpens de Médufe produifoit
autrefois.
La valeur guerrière donne une partie
du nez & de la bouche , parce que
la bouche est l'organe du comman de-
GE
1
146 MERCURE DE FRANCE.
ment ; la vertu héroïque donne une
partie de l'autre joue avec le coin de la
bouche ; elle finit le nez & les narrines.
Minerve donne l'oeil du Roi du petit
côté l'oeil de ce grand Prince voit avec
bonté ceux qui cultivent les vertus
les fciences & les arts. La Générofité
concourt à finir l'oeil du petit côté , la
tempe & un côté des cheveux . La Sculpture
, exprimée par une tête d'Apollon ,
donne le front & les lauriers dont il eſt
couronné. Le lion de la Magnanimité
forme l'autre tempe , & achève le front.
Le mafque produit la blancheur du front
& finit le fourcil. La crinière des lions
forme le toupet , qui eft blanchi par la
figure qui repréfentoit l'Intrépidité .
Vous voyez , Monfieur , par ce détail
combien il y a eu d'intelligence
dans la combinaifon de deux chofes
auffi étrangères & auffi différentes entre
elles , que le font d'un coté ſept à
huit figures , chargées de fignifications
allégoriques auffi bien imaginées , de
l'autre la reffemblance d'une feule tête.
On a vu quelquefois des effets de perfpective
& de dioptrique qui confiftoient
à faire voir fur une forme régulière
ce qui paroiffoit d'abord n'en avoir
point ; cela femble n'être pas diffiMAR
S. 1763. 147
cile , que
il ne faut deffiner
en regardant
au travers du verre dans lequel
le deffein doit être vu. Il en résulte
enfuite un objet quelconque dont la
forme vue de tout autre point eft difficile
à prévoir ; mais fi l'on veut qu'il
en réfulte des objets qui ayent une
forme régulière , cela paroit fort difficile.
La difficulté augmente encore ,
quand la forme des objets eft déterminée
d'avance pour être apperçue d'uné
telle maniere foit du point de vue ,
foit de tout autre point. Si l'on propoſe
enfin de former un portrait avec d'autres
figures qui y afent un rapport donné
, le problême paroît comme impoffible
& le fuccès de M. Vanloo pouvoit
feul ce me femble juftifier l'entreprife.
Il feroit à fouhaiter. qu'il fit
part au Public & aux Sçavans des idées
qui ont pu lui faire entreprendre un ouvrage
auffi fingulier & des moyens qui
lui en ont procuré le fuccès.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DELALANDE
Ce Tableau a été préfenté à Sa
Majefté , par M. le Marquis de Marigny
.
, LETTRE de M. DELALANDE de
l'Académie des Sciences à M. DE
LA PLACE , fur un Tableau allégorique
des vertus , formant le Portrait
du ROI , peint par M. Amédée VANLOO
, Peintre du Roi de PRUSSE,
Il n'ef
L n'eft point d'année , Monfieur , où
142 MERCURE DE FRANCE .
l'on ne voye fortir de la Famille des
Vanloo des Morceaux de Peinture dignes
de faire honneur à la France , &
d'immortalifer leurs Auteurs; mais nous
n'avions point encore vu allier les charmes
de la Peinture avec le génie de la
Phyfique , comme dans le Tableau que
M. Amédée Vanloo vient de faire.
Tout Paris a voulu voir ce chef- d'oeuvre
d'optique , de perfpective , de compofition
& d'allégorie ; mais le temps
n'a pas permis d'en faire obſerver à
tout le monde les particularités , & elles
font trop curieufes pour ne pas en
donner au Public quelques détails .
Ce Tableau préfente d'abord à la
vue fimple un affemblage de plufieurs
figures qui expriment les différentes
vertus qui peuvent former un grand
Prince ; la Magnanimité eft affife &
appuyée d'une main fur l'écu de la
France ; elle tient de l'autre un Sceptre
& un dard brifé pour marquer la clémence
; le diadême qu'elle porte annonce
le deffein de faire le bien , & fon
Sceptre la puiffance de l'exécuter ; elle
a à fes pieds un lion ; c'eft le fymbole
de cette vertu.
Plus bas eft la Juftice , qui d'une main
tient une balance , de l'autre une épée
MARS. 1763. 143
pour
nue. Elle eft appuyée fur un lion
nous montrer qu'il faut qu'elle foit fecondée
de la force . Le mafque fur la
tête du lion annonce que la Juſtice fait
démafquer le vice & le punir. Les faifceaux
placés fous les lions expriment
l'accroiffement de force qui réfulte de
l'accord de ces deux vertus ; on y voit
auffi une corne d'abondance , pour indiquer
que tout profpére dans un Etat
où régne la Juſtice.
,
Derrière la magnanimité fe voit la
valeur militaire repréfentée par un
Guerrier tenant un drapeau qui enveloppe
plufieurs picques , pour montrer que
les hommes réunis fous l'étendard de
la vertu font invincibles. Derrière elle
fe voit une pyramide qui repréſente la
gloire des Princes perpétuée par des manumens.
A côté de la valeur militaire
eft l'intrépidité repréfentée par un Soldat
qui s'appuye fur fes armes. La vertu
héroïque eft à la droite , c'eſt un Guerrier
fous les attributs d'Hercule ; il tient
d'une main une maffue fur l'épaule , &
de l'autre les pommes d'or des Hefpérides
emblême du plus célébre de fes
exploits.
>
Au devant de la vertu héroïque eft
la vertu pacifique, repréſentée par Miner
144 MERCURE DE FRANCE,
ve , Déeffe de la Sageffe & des Arts : elle
tient d'une main une branche d'olivier
fur les armes de France , & porte de l'autre
la lance qui fervoit dans les anciens
tournois & dans les jeux qu'on
célébre durant la paix ; cette lance eft
éntourrée de ferpens , fymbole de la
Prudence.
Près de Minerve , eft la Générosité ;
c'eſt une jeune fille qui porte fur la tête
une gaze d'or & des perles : fes bras nuds
annoncent que le propre de cette vertu
eft de fe dépouiller de tout intérêt , & de
faire le bien , même fans efpérance de
retour. Elle s'appuye fur le bouclier de
Minerve, pour montrer qu'elle favoriſe
particuliérement ceux qui cultivent les
Arts & les Sciences ; elle tient même le
cordon de l'Ordre du Roi , comme une
des recompenfes diftinguées que M. le
Marquis de Marigny a procurées à plufieurs
Artiftes célébres que nous avons
actuellement. Au deffous de Minerve ,
font les attributs des beaux Arts.
Toutes ces figures forment jufqu'ici
un tableau qui feul feroit honneur à
M. Vanloo , mais ce n'eft rien encore
au prix de ce qui en refulte enfuite de
fingulier on regarde ce Tableau au
travers d'une efpèce de lunette dont
l'objectif
MAR S. 1763 . 145
J'objectif est un verre à facettes formé
de plufieurs plans , inclinés à l'axe du
tableau ; ces différentes refractions réuniffent
en un très - petit efpace toutes les
figures difperfées fur la furface du tableau
, en les diminuant de manière à
n'en former qu'une feule figure , & cette
figure eft la tête du Roi , exprimée
avec une reffemblance très- remarquable.
La figure de la Juftice eft ce qui forme
l'oeil du Roi avec une des faces de
la frifure qui approche le plus de l'oeil :
le Peintre nous dit par là , que rien n'é
chappe aux regards de la justice du Monarque.
La magnanimité donne auffi
une partie de l'oeil ; la joue l'oreille &
le fourcil qui exprime la volonté fuprê
me ; la tête de Médufe compoſe une
partie de l'autre fourcil : elle femble
nous dire que les regards d'un Prince
jufte épouvantent le crime & produifent
dans les coupables cette confternation
& cet anéantiffement qui reffemble
à la métamorphofé que la vue
terrible des ferpens de Médufe produifoit
autrefois.
La valeur guerrière donne une partie
du nez & de la bouche , parce que
la bouche est l'organe du comman de-
GE
1
146 MERCURE DE FRANCE.
ment ; la vertu héroïque donne une
partie de l'autre joue avec le coin de la
bouche ; elle finit le nez & les narrines.
Minerve donne l'oeil du Roi du petit
côté l'oeil de ce grand Prince voit avec
bonté ceux qui cultivent les vertus
les fciences & les arts. La Générofité
concourt à finir l'oeil du petit côté , la
tempe & un côté des cheveux . La Sculpture
, exprimée par une tête d'Apollon ,
donne le front & les lauriers dont il eſt
couronné. Le lion de la Magnanimité
forme l'autre tempe , & achève le front.
Le mafque produit la blancheur du front
& finit le fourcil. La crinière des lions
forme le toupet , qui eft blanchi par la
figure qui repréfentoit l'Intrépidité .
Vous voyez , Monfieur , par ce détail
combien il y a eu d'intelligence
dans la combinaifon de deux chofes
auffi étrangères & auffi différentes entre
elles , que le font d'un coté ſept à
huit figures , chargées de fignifications
allégoriques auffi bien imaginées , de
l'autre la reffemblance d'une feule tête.
On a vu quelquefois des effets de perfpective
& de dioptrique qui confiftoient
à faire voir fur une forme régulière
ce qui paroiffoit d'abord n'en avoir
point ; cela femble n'être pas diffiMAR
S. 1763. 147
cile , que
il ne faut deffiner
en regardant
au travers du verre dans lequel
le deffein doit être vu. Il en résulte
enfuite un objet quelconque dont la
forme vue de tout autre point eft difficile
à prévoir ; mais fi l'on veut qu'il
en réfulte des objets qui ayent une
forme régulière , cela paroit fort difficile.
La difficulté augmente encore ,
quand la forme des objets eft déterminée
d'avance pour être apperçue d'uné
telle maniere foit du point de vue ,
foit de tout autre point. Si l'on propoſe
enfin de former un portrait avec d'autres
figures qui y afent un rapport donné
, le problême paroît comme impoffible
& le fuccès de M. Vanloo pouvoit
feul ce me femble juftifier l'entreprife.
Il feroit à fouhaiter. qu'il fit
part au Public & aux Sçavans des idées
qui ont pu lui faire entreprendre un ouvrage
auffi fingulier & des moyens qui
lui en ont procuré le fuccès.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DELALANDE
Ce Tableau a été préfenté à Sa
Majefté , par M. le Marquis de Marigny
.
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Résumé : PEINTURE. LETTRE de M. DELALANDE de l'Académie des Sciences à M. DE LA PLACE, sur un Tableau allégorique des vertus, formant le Portrait du ROI, peint par M. Amédée VANLOO, Peintre du Roi de PRUSSE.
La lettre de M. Delalande à M. de La Place présente un tableau allégorique des vertus, réalisé par M. Amédée Vanloo, peintre du roi de Prusse. Intitulé 'Portrait du Roi', cette œuvre combine les charmes de la peinture avec le génie de la physique. Le tableau représente plusieurs figures symbolisant différentes vertus d'un grand prince, telles que la Magnanimité, la Justice, la Valeur militaire, l'Intrépidité, la Vertu héroïque, la Vertu pacifique, et la Générosité. Chaque figure est représentée avec des attributs spécifiques. Le tableau utilise une lunette optique pour rassembler les figures dispersées en une seule image : la tête du roi. Chaque partie du visage du roi est formée par une vertu spécifique. Par exemple, la Justice forme l'œil du roi, la Magnanimité contribue à l'œil et au sourcil, et Minerve représente l'œil du roi du côté opposé. La Générosité et la Sculpture, représentée par une tête d'Apollon, complètent d'autres parties du visage. La lettre met en avant l'intelligence et la complexité de la combinaison des figures allégoriques pour former un portrait réaliste. Elle exprime également le souhait que M. Vanloo partage les idées et les moyens ayant permis la réalisation de cet ouvrage singulier. Le tableau a été présenté à Sa Majesté par M. le Marquis de Marigny.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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433
p. 205-207
LETTRE de M. DE SAINT FOIX à M.****
Début :
Vous me demandez mon sentiment, Monsieur, sur l'idée d'un tableau auquel [...]
Mots clefs :
Actrice, Sentiment, Comédie, Talent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DE SAINT FOIX à M.****
LETTRE de M. DE SAINT FOIX &
V
M.****
ous me demandez mon fentiment,
Monfieur , fur l'idée d'un tableau auquel
vous travaillez . Il repréfentera
dites-vous , Thalie éplorée , qui fait tous
fes efforts pour retenir une Actrice qui
veut la quitter. Je ne doute point de
l'habileté de votre pinceau ; je vous
dirai feulement qu'il y a des objets qui
font moins du reffort de l'imagination
que du fentiment ; je fuis perfuadé que
Thalie aura l'attitude & toute l'expreffion
convenables ; mais l'Actrice
Monfieur cette A&trice divine
, fon front , fes yeux , fon nez
fa bouche, tous fes traits fi délicatement
affortis pour lui compofer la phifionomie
la plus aimable & la plus piquante ;
fa taille de nymphe ; fon maintien libre ,
aifé & toujours décent , Mademoiſelle
Dangeville enfin ( car fa retraite duThéâtre
eft le fijet de votre tableau ) Mademoifelle
Dangeville , Monfieur , peuton
eípérer de la bien peindre ! Avec de
l'intelligence , du fentiment , de l'étude
& de la réflexion , on peut fe perfection-
,
&
206 MERCURE DE FRANCE.
bien rare ,
ner le goût , & devenir une Actrice trèsbrillante
; mais l'Actrice de génie eſt
& il y a la même différence
qu'entre Moliere & un Auteur qui n'a
que de l'efprit. Nous avons vu Mlle
Dangeville jouer dans les caractères les
plus oppofés , & les faifir toujours de
façon que nous en fommes encore à
ne pouvoir nous dire dans lequel nous
l'aimions le plus. On aura de la peine à
s'imaginer que la même perfonne ait
pû jouer avec une égale fupériorité l'Indifcrète
dans l'Ambitieux ; Martine dans
les Femmes fçavantes ; la Comteſſe dans
les Moeurs du temps ; Colette dans les
trois Coufines ; Me Orgon dans le Complaifant
; la fauffe Agnès dans le Poëte
campagnard ; la Baronne d'Olban dans
Nanine ; l'Amour dans les Grâces , &
tant d'autres rôles fi différens . Combien
de fois,à la premiere repréfentation
d'une Comédie , a-t-elle procuré des applaudiffemens
à des endroits où l'Auteur
n'en attendoit pas ! Je me fouviens
que le célébre Néricaut Deftouches
dont on alloit jouer une Piéce nouvelle,
craignoit pour un monologue & quelques
traits dans le cinquiéme A&te ; il
vouloit les fupprimer : donnez- vous- en
bien de garde , lui dit- elle , je vous réMAR'S.
1763. 207
ponds que ces traits & ce monologue feront
très- applaudis. En effet , elle joua
le tout avec un naturel , des grâces , une
naïveté qui déciderent la réuffite , &
triompherent de tous les efforts qu'une
indigne cabale avoit faits , pendant les
quatre premiers Actes , pour faire tomber
cette Comédie. Ce qui acheve de
caractèrifer la perfonne de génie dans
Mlle Dangeville , c'eft qu'elle eft fimple
, vraie , modefte , timide même ,
n'ayant jamais le ton orgueilleux du talent
, mais toujours celui d'une fille
bien élevée ; ignorant d'ailleurs toute
cabale , & dans le centre de la tracafferie
, n'en ayant jamais fait aucune.
J'ai cru Monfieur , puifque vous me
confultiez , que je devois vous communiquer
mes idées fur fon caractère , parce
qu'il me femble qu'il faut commencer
par connoître celui de la perfonne que
l'on veut peindre. Je fouhaite que vous
réuffiffiez ; je fouhaite que vous puiffiez
faifir cette âme fine , naturelle , délicate
& fenfible , qui vit , qui parle , qui voltige
& badine fans ceffe dans fes yeux
fur fa bouche & dans tous fes traits. Je
fuis , Monfieur , votre très- humble &
très-obéiffant Serviteur
,
SAINT FOIX,
V
M.****
ous me demandez mon fentiment,
Monfieur , fur l'idée d'un tableau auquel
vous travaillez . Il repréfentera
dites-vous , Thalie éplorée , qui fait tous
fes efforts pour retenir une Actrice qui
veut la quitter. Je ne doute point de
l'habileté de votre pinceau ; je vous
dirai feulement qu'il y a des objets qui
font moins du reffort de l'imagination
que du fentiment ; je fuis perfuadé que
Thalie aura l'attitude & toute l'expreffion
convenables ; mais l'Actrice
Monfieur cette A&trice divine
, fon front , fes yeux , fon nez
fa bouche, tous fes traits fi délicatement
affortis pour lui compofer la phifionomie
la plus aimable & la plus piquante ;
fa taille de nymphe ; fon maintien libre ,
aifé & toujours décent , Mademoiſelle
Dangeville enfin ( car fa retraite duThéâtre
eft le fijet de votre tableau ) Mademoifelle
Dangeville , Monfieur , peuton
eípérer de la bien peindre ! Avec de
l'intelligence , du fentiment , de l'étude
& de la réflexion , on peut fe perfection-
,
&
206 MERCURE DE FRANCE.
bien rare ,
ner le goût , & devenir une Actrice trèsbrillante
; mais l'Actrice de génie eſt
& il y a la même différence
qu'entre Moliere & un Auteur qui n'a
que de l'efprit. Nous avons vu Mlle
Dangeville jouer dans les caractères les
plus oppofés , & les faifir toujours de
façon que nous en fommes encore à
ne pouvoir nous dire dans lequel nous
l'aimions le plus. On aura de la peine à
s'imaginer que la même perfonne ait
pû jouer avec une égale fupériorité l'Indifcrète
dans l'Ambitieux ; Martine dans
les Femmes fçavantes ; la Comteſſe dans
les Moeurs du temps ; Colette dans les
trois Coufines ; Me Orgon dans le Complaifant
; la fauffe Agnès dans le Poëte
campagnard ; la Baronne d'Olban dans
Nanine ; l'Amour dans les Grâces , &
tant d'autres rôles fi différens . Combien
de fois,à la premiere repréfentation
d'une Comédie , a-t-elle procuré des applaudiffemens
à des endroits où l'Auteur
n'en attendoit pas ! Je me fouviens
que le célébre Néricaut Deftouches
dont on alloit jouer une Piéce nouvelle,
craignoit pour un monologue & quelques
traits dans le cinquiéme A&te ; il
vouloit les fupprimer : donnez- vous- en
bien de garde , lui dit- elle , je vous réMAR'S.
1763. 207
ponds que ces traits & ce monologue feront
très- applaudis. En effet , elle joua
le tout avec un naturel , des grâces , une
naïveté qui déciderent la réuffite , &
triompherent de tous les efforts qu'une
indigne cabale avoit faits , pendant les
quatre premiers Actes , pour faire tomber
cette Comédie. Ce qui acheve de
caractèrifer la perfonne de génie dans
Mlle Dangeville , c'eft qu'elle eft fimple
, vraie , modefte , timide même ,
n'ayant jamais le ton orgueilleux du talent
, mais toujours celui d'une fille
bien élevée ; ignorant d'ailleurs toute
cabale , & dans le centre de la tracafferie
, n'en ayant jamais fait aucune.
J'ai cru Monfieur , puifque vous me
confultiez , que je devois vous communiquer
mes idées fur fon caractère , parce
qu'il me femble qu'il faut commencer
par connoître celui de la perfonne que
l'on veut peindre. Je fouhaite que vous
réuffiffiez ; je fouhaite que vous puiffiez
faifir cette âme fine , naturelle , délicate
& fenfible , qui vit , qui parle , qui voltige
& badine fans ceffe dans fes yeux
fur fa bouche & dans tous fes traits. Je
fuis , Monfieur , votre très- humble &
très-obéiffant Serviteur
,
SAINT FOIX,
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Résumé : LETTRE de M. DE SAINT FOIX à M.****
La lettre de M. de Saint Foix répond à une demande d'avis sur un tableau représentant Thalie éplorée tentant de retenir une actrice qui souhaite quitter la scène. L'auteur admire l'habileté du peintre mais estime que certains sujets nécessitent plus de sentiment que d'imagination. Il exprime des doutes sur la possibilité de bien représenter Mademoiselle Dangeville, connue pour sa retraite du théâtre. Saint Foix décrit les qualités exceptionnelles de cette actrice, soulignant sa capacité à incarner divers personnages avec une égale maîtrise, allant de l'Indiscrète dans *L'Ambitieux* à la Comtesse dans *Les Moeurs du temps*. Il raconte également un épisode où elle a sauvé une pièce grâce à son interprétation remarquable. Saint Foix loue son génie, sa simplicité, sa modestie et son absence de cabale. Il conclut en espérant que le peintre réussira à capturer l'essence de cette actrice exceptionnelle.
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434
p. 10
LOUIS XV.
Début :
Son règne à jamais mémorable [...]
Mots clefs :
Règne, Amour, Monument, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOUIS XV.
LOUIS. X V.
Son règne à jamais mémorable
Des fiècles à venir fera l'étonnement.
L'Amour de fes Sujets pofa ce Monument ,
Attendant que l'hiftoire en fonde un plus durable.
PIRON.
Son règne à jamais mémorable
Des fiècles à venir fera l'étonnement.
L'Amour de fes Sujets pofa ce Monument ,
Attendant que l'hiftoire en fonde un plus durable.
PIRON.
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435
p. 13
VERS sur un Portrait donné à Mlle DANGEVILLE.
Début :
TITON à sa Filleule aimable [...]
Mots clefs :
Portrait, Peintre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS sur un Portrait donné à Mlle DANGEVILLE.
VERS fur un Portrait donné à Mlle
DANGEVILLE.
TITON àfa Filleule aimable
A légué de Duclos le Portrait admirable :
Titon par un fi digne choix ,
Fait quatre éloges à la fois.
P. D. S. A. Peintre
Nota Le Portrait de Mlle Duclos , une des
plus grandes Actrices qu'il y ait eu dans le Tragique
, peint par le célébre Largilliere , vient
d'être légué par l'illuftre M. Titon du Tiller ,
Auteur du Parnaffe François , à l'inimitable
Mlle Dangeville fa Filleule , dont les rares talens
dans le Comique font portés au dernier
degré.
DANGEVILLE.
TITON àfa Filleule aimable
A légué de Duclos le Portrait admirable :
Titon par un fi digne choix ,
Fait quatre éloges à la fois.
P. D. S. A. Peintre
Nota Le Portrait de Mlle Duclos , une des
plus grandes Actrices qu'il y ait eu dans le Tragique
, peint par le célébre Largilliere , vient
d'être légué par l'illuftre M. Titon du Tiller ,
Auteur du Parnaffe François , à l'inimitable
Mlle Dangeville fa Filleule , dont les rares talens
dans le Comique font portés au dernier
degré.
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Résumé : VERS sur un Portrait donné à Mlle DANGEVILLE.
Le texte relate un legs de M. Titon du Tiller, auteur du 'Parnasse Français', qui a légué un portrait de Mlle Duclos, réalisé par Largillière, à sa filleule Mlle Dangeville. Mlle Duclos est célèbre pour ses talents tragiques, tandis que Mlle Dangeville excelle dans le comique. Le texte met en lumière les mérites artistiques de ces deux actrices françaises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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436
p. 124-127
SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Début :
LE 24 Août 1762, l'Académie de Besançon fit célébrer dans l'Eglise des [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Séance, Ordre, Besançon, Discours, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
SÉANCE publique de l'Académie de
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Le 24 août 1762, l'Académie de Besançon organisa une messe suivie d'un panégyrique de Saint Louis à l'église des Pères Carmes. L'après-midi, une séance publique eut lieu pour la distribution des prix. M. de Frafne, Président de l'Académie, prononça un discours soulignant que l'esprit n'est pas toujours également fertile. Le prix d'érudition fut attribué à Dom Berthod, Bénédictin et Bibliothécaire de l'Abbaye de Saint Vincent de Besançon, tandis que l'accessit fut partagé entre Dom Coudret et l'auteur de la dissertation 'Vivit post funera Virtus'. Le prix des Arts fut décerné à M. Perreciot et André Vautheret, ce dernier habitant Four en Franche-Comté. M. Perreciot céda sa médaille d'or à son concurrent, suscitant l'admiration de l'assemblée. La séance se conclut par l'installation du R. P. Pacioudi parmi les associés étrangers de l'Académie, qui fit un discours en latin, auquel M. de Frafne répondit en français. La séance se termina par la lecture des sujets proposés pour les prix de 1763.
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437
p. 142-147
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
Début :
MONSIEUR, L'Histoire des grands chemins de l'Empire Romain de M. Bergier, & le [...]
Mots clefs :
Chemins, Aqueducs, Recherches, Ville, Honneur, Lecteurs, Romains
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
LETTRE à M. DE LA PLACE , fur
les Aqueducs , fur les grands Chemins
, &c.
MONSIEUR ONSIEUR ,
,
L'Hiftoire des grands chemins de l'Einpire
Romain de M. Bergier , & le
magnifique projet de donner de l'eau
à Paris par M. Deparcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , m'ont fait
naître une idée que je vous prie de
communiquer au Public .
M. Bergier dit dans fon Avertiffement
que plufieurs Savans de différentes Provinces
l'ont aidé à compofer fon Ouvrage
& l'on fent affez que des recherches
auffi immenfes ne peuvent
pas être faites par un feul homme.
AVRIL. 1763. 143
Ces recherches font profondes &
inftructives , & peut-être leur devonsnous
l'attention particulière , & bien
digne de la protection Royale qu'on
apporte aux grands chemins , beaucoup
plus fous ce régne & fous le précédent ,
qu'on n'a fait fous les autres.
Une histoire des aqueducs faits dans
les Gaules par la même nation pour procurer
de l'eau aux Villes , ne pourroitelle
pas avoir auffi fon objet d'utilité ?
au moins pourroit-elle fatisfaire la curiofité
de nombre de Lecteurs d'une manière
très -piquante , & par-là devenir
utile .
Il y a peu de Villes dans le Royaume
fi petites qu'elles foient, où l'on ne trouve
des hommes lettres & fouvent très-érudits.
Il feroit à fouhaiter que dans chaque
canton , où l'on trouve des reftes
d'aqueducs faits par les Romains ou par
d'autres , jufques & compris ceux faits
de nos jours pour procurer de l'eau aux
Habitans des Villes , il fe trouvât quelques
Savans qui vouluffent bien prendre
la peine de faire des recherches
fur ces refpec &tables monumens faits
pour l'utilité publique , ainfi que les
chemins.
On pourroit fuivre le plan de la dif144
MERCURE DE FRANCE .
fertation que M. de Lorme de l'Acadé
mie de Lyon a faite fur les aqueducs
conftruits par les Romains pour procurer
de l'eau à cette Ville , ou s'en faire
une autre fi le fujet l'éxige ; la differtation
de M. de Lorme , a été imprimée
à Lyon , chez Aimé de la Roche , aux
Halles de la Grenette. Il faudroit y joindre
quelques deffeins en figures quand
il en feroit befoin. Ces differtations envoyées
aux Auteurs du Mercure , ou à
l'Académie des Infcriptions & Belles-
Lettres feroient honneur à leurs Auteurs
& plaifir aux Lecteurs , & l'on en feroit
un jour un recueil en confervant à chacun
l'honneur de fon travail.
?
La prife d'eau ou le commencement
des aqueducs , leur route & leur étendue
, la defcription dés reftes tels qu'ils
font , la grandeur & la forme du paffage
de l'eau , la conftruction & la matière
qu'on y employoit , quelle eau
ils portoient de fource ou de rivière
la quantité qu'on en pouvoit prendre
à ces fources ou à ces rivières , fi l'eau
étoit menée à couvert ou à découvert ,
la quantité de pente , le nombre & l'étendue
des vallons à traverfer , avec la
hauteur que devoient avoir les pontsaqueducs
aux endroits les plus bas des
vallons
AVRIL. 1763 . 145
vallons , les montagnes ou rochers coupés
ou percés , & dans quelle longueur ,
&c , font autant de chofes qu'il eft à
fouhaiter qu'on faffe connoître quand
on le verra clairement , ou dire ce qu'on
préfume par tel ou tel indice tâcher
de dire par qui ils ont été faits , quand
on poura le fçavoir ou le préfumer ou
l'établir par quelque recherche hiſtorique.
>
Ces mêmes recherches pourront peutêtre
apprendre , pour quelques aqueducs
comme celles de M. Bergier ont fait
pour quelques chemins , s'ils ont été
faits des fonds publics de l'Etat ou de
la Ville pour laquelle ils étoient faits
ou par la générofité de quelque riche
Citoyen , auxquels il appartient de faire
les grandes chofes , quand ils penſent
affez bien pour fentir qu'un nom refpectable
laiffé à leur poftérité eft bien
plus flatteur & communément plus utile
que trop de grands biens trouvés en
naiffant , dont il ne refte fouvent rien
à la fin de la feconde ou de la troifiéme
génération. Paris en fournit nombre
d'éxemples , on ne les cherche pas
longtemps ; mais il fera toujours difficile
de perfuader aux perfonnes accoutumées
à entaffer millions für millions
I.Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE .
qu'un Particulier n'eft pas plus heureux ,
on pourroit même dire pas plus riche
avec vingt ou trente millions qu'avec
dix , & qu'une médiocre fortune avec
un nom mémorable par quelque belle
action de valeur ou de patriotisme ,
donneroient bien plus d'âme , de fentimens,
de confidération & de fatisfaction
que cet excès de richeffes feul.
Il eft probable que les aqueducs
auront trouvé des bienfaiteurs comme
les grands chemins en ont trouvé,les uns
& les autres étant de la plus grande néceffité.
Ceux qui connoiffent bien l'hiftoire
pourront fur cet objet faire des
découvertes qui intérefferont les Lecteurs
patriotes, ainfi qu'a fait M. Bergier,
pour ce qui concerne les grands chemins.
Ce Sçavant nous apprend , Liv. I.
Chap. XXIV. que plufieurs Citoyens
Romains donnoient des fommes confidérables
pour faire travailler aux chemins;
que les uns donnoient de leur
vivant, d'autres par teftament, les uns des
fommes déterminées , d'autres celles
qui étoient néceffaires pour faire conftruire
à neuf, ou faire paver ou entretenir
une longeur défignée de chemins
; d'autres s'affocioient pour faire
AVRIL. 1763.
un chemin entier qu'ils dédioient à
un Prince chéri ou bien -aimé , auquel
ils donnoient fon nom . Peut- on mieux
flatter un Maître digne de l'affection
de fes Sujets , & lui faire fa cour plus
grandement , qu'en travaillant à tranfmettre
fon nom à la postérité par des
Monumens publics , durables & utiles
qui font connoître à la fois le reſpect ,
l'attachement & l'amour qu'on avoit
pour lui ?
Lacer , affectionné à l'Empereur Trajan
, fit bâtir à fes propres frais un
pont confidérable dans la Ville d'Alicante
, à l'honneur de ce Prince . Les habitans
de la Ville de Chaves en Portugal,
lui en dédiérent un autre.
Un Médecin nommé Décimius , né
de baffe condition , mais avec des fentimens
élevés , nobles & généreux , donna
350 mille fefterces ; & un Chirurgien
oculiſte , nommé Clinicus , 309 mille
fefterces pour être employés au pavé
des chemins fommes avec lesquelles
on devoit faire alors des travaux confidérables.
J'ai l'honneur d'être , & c.
les Aqueducs , fur les grands Chemins
, &c.
MONSIEUR ONSIEUR ,
,
L'Hiftoire des grands chemins de l'Einpire
Romain de M. Bergier , & le
magnifique projet de donner de l'eau
à Paris par M. Deparcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , m'ont fait
naître une idée que je vous prie de
communiquer au Public .
M. Bergier dit dans fon Avertiffement
que plufieurs Savans de différentes Provinces
l'ont aidé à compofer fon Ouvrage
& l'on fent affez que des recherches
auffi immenfes ne peuvent
pas être faites par un feul homme.
AVRIL. 1763. 143
Ces recherches font profondes &
inftructives , & peut-être leur devonsnous
l'attention particulière , & bien
digne de la protection Royale qu'on
apporte aux grands chemins , beaucoup
plus fous ce régne & fous le précédent ,
qu'on n'a fait fous les autres.
Une histoire des aqueducs faits dans
les Gaules par la même nation pour procurer
de l'eau aux Villes , ne pourroitelle
pas avoir auffi fon objet d'utilité ?
au moins pourroit-elle fatisfaire la curiofité
de nombre de Lecteurs d'une manière
très -piquante , & par-là devenir
utile .
Il y a peu de Villes dans le Royaume
fi petites qu'elles foient, où l'on ne trouve
des hommes lettres & fouvent très-érudits.
Il feroit à fouhaiter que dans chaque
canton , où l'on trouve des reftes
d'aqueducs faits par les Romains ou par
d'autres , jufques & compris ceux faits
de nos jours pour procurer de l'eau aux
Habitans des Villes , il fe trouvât quelques
Savans qui vouluffent bien prendre
la peine de faire des recherches
fur ces refpec &tables monumens faits
pour l'utilité publique , ainfi que les
chemins.
On pourroit fuivre le plan de la dif144
MERCURE DE FRANCE .
fertation que M. de Lorme de l'Acadé
mie de Lyon a faite fur les aqueducs
conftruits par les Romains pour procurer
de l'eau à cette Ville , ou s'en faire
une autre fi le fujet l'éxige ; la differtation
de M. de Lorme , a été imprimée
à Lyon , chez Aimé de la Roche , aux
Halles de la Grenette. Il faudroit y joindre
quelques deffeins en figures quand
il en feroit befoin. Ces differtations envoyées
aux Auteurs du Mercure , ou à
l'Académie des Infcriptions & Belles-
Lettres feroient honneur à leurs Auteurs
& plaifir aux Lecteurs , & l'on en feroit
un jour un recueil en confervant à chacun
l'honneur de fon travail.
?
La prife d'eau ou le commencement
des aqueducs , leur route & leur étendue
, la defcription dés reftes tels qu'ils
font , la grandeur & la forme du paffage
de l'eau , la conftruction & la matière
qu'on y employoit , quelle eau
ils portoient de fource ou de rivière
la quantité qu'on en pouvoit prendre
à ces fources ou à ces rivières , fi l'eau
étoit menée à couvert ou à découvert ,
la quantité de pente , le nombre & l'étendue
des vallons à traverfer , avec la
hauteur que devoient avoir les pontsaqueducs
aux endroits les plus bas des
vallons
AVRIL. 1763 . 145
vallons , les montagnes ou rochers coupés
ou percés , & dans quelle longueur ,
&c , font autant de chofes qu'il eft à
fouhaiter qu'on faffe connoître quand
on le verra clairement , ou dire ce qu'on
préfume par tel ou tel indice tâcher
de dire par qui ils ont été faits , quand
on poura le fçavoir ou le préfumer ou
l'établir par quelque recherche hiſtorique.
>
Ces mêmes recherches pourront peutêtre
apprendre , pour quelques aqueducs
comme celles de M. Bergier ont fait
pour quelques chemins , s'ils ont été
faits des fonds publics de l'Etat ou de
la Ville pour laquelle ils étoient faits
ou par la générofité de quelque riche
Citoyen , auxquels il appartient de faire
les grandes chofes , quand ils penſent
affez bien pour fentir qu'un nom refpectable
laiffé à leur poftérité eft bien
plus flatteur & communément plus utile
que trop de grands biens trouvés en
naiffant , dont il ne refte fouvent rien
à la fin de la feconde ou de la troifiéme
génération. Paris en fournit nombre
d'éxemples , on ne les cherche pas
longtemps ; mais il fera toujours difficile
de perfuader aux perfonnes accoutumées
à entaffer millions für millions
I.Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE .
qu'un Particulier n'eft pas plus heureux ,
on pourroit même dire pas plus riche
avec vingt ou trente millions qu'avec
dix , & qu'une médiocre fortune avec
un nom mémorable par quelque belle
action de valeur ou de patriotisme ,
donneroient bien plus d'âme , de fentimens,
de confidération & de fatisfaction
que cet excès de richeffes feul.
Il eft probable que les aqueducs
auront trouvé des bienfaiteurs comme
les grands chemins en ont trouvé,les uns
& les autres étant de la plus grande néceffité.
Ceux qui connoiffent bien l'hiftoire
pourront fur cet objet faire des
découvertes qui intérefferont les Lecteurs
patriotes, ainfi qu'a fait M. Bergier,
pour ce qui concerne les grands chemins.
Ce Sçavant nous apprend , Liv. I.
Chap. XXIV. que plufieurs Citoyens
Romains donnoient des fommes confidérables
pour faire travailler aux chemins;
que les uns donnoient de leur
vivant, d'autres par teftament, les uns des
fommes déterminées , d'autres celles
qui étoient néceffaires pour faire conftruire
à neuf, ou faire paver ou entretenir
une longeur défignée de chemins
; d'autres s'affocioient pour faire
AVRIL. 1763.
un chemin entier qu'ils dédioient à
un Prince chéri ou bien -aimé , auquel
ils donnoient fon nom . Peut- on mieux
flatter un Maître digne de l'affection
de fes Sujets , & lui faire fa cour plus
grandement , qu'en travaillant à tranfmettre
fon nom à la postérité par des
Monumens publics , durables & utiles
qui font connoître à la fois le reſpect ,
l'attachement & l'amour qu'on avoit
pour lui ?
Lacer , affectionné à l'Empereur Trajan
, fit bâtir à fes propres frais un
pont confidérable dans la Ville d'Alicante
, à l'honneur de ce Prince . Les habitans
de la Ville de Chaves en Portugal,
lui en dédiérent un autre.
Un Médecin nommé Décimius , né
de baffe condition , mais avec des fentimens
élevés , nobles & généreux , donna
350 mille fefterces ; & un Chirurgien
oculiſte , nommé Clinicus , 309 mille
fefterces pour être employés au pavé
des chemins fommes avec lesquelles
on devoit faire alors des travaux confidérables.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Fermer
Résumé : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Aqueducs, sur les grands Chemins, &c.
La lettre adressée à M. de La Place aborde l'histoire des grands chemins et des aqueducs, s'inspirant des travaux de M. Bergier et du projet de M. Deparcieux pour approvisionner Paris en eau. L'auteur propose de compiler une histoire des aqueducs construits dans les Gaules par les Romains, afin de satisfaire la curiosité des lecteurs et de servir l'utilité publique. Il suggère que des savants dans chaque canton où subsistent des restes d'aqueducs entreprennent des recherches sur ces monuments. Ces études pourraient suivre le modèle de la dissertation de M. de Lorme sur les aqueducs romains à Lyon, incluant des descriptions détaillées des aqueducs, leur construction, leur utilisation et leur financement. L'auteur souligne que ces recherches pourraient révéler des informations sur les bienfaiteurs ayant financé ces infrastructures, qu'il s'agisse de fonds publics ou de générosité privée. Il cite des exemples de citoyens romains ayant contribué à la construction et à l'entretien des chemins, mettant en avant l'importance de ces actes de patriotisme et de générosité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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438
p. 148
COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
Début :
QUELS transports ! quelle émotion ! [...]
Mots clefs :
Roi, Statue, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
COUPLETS
Sur l'AIR : Laiffex danfer vos Mamans.
SUR l'Elévation de la Statue du Roi ;
& fur la PAIX.
Q
UELS tranfports ! quelle émotion !
En voyant de Louis l'Image ?
Des Enfans de Pygmalion
C'eſt pour nous le plus bel ouvrage ;
Notre Roi s'élève à nos yeux ,
Au moment qu'il nous rend heureux !
Français , bons Français ,
Chantons Louis & la Paix ,
Le laurier croît dans les cyprès ,
Et fa recherche eſt une yvreffe :
L'olivier produit des Sujets ,
Et c'eft d'un bon Roi la richeffe :
LOUIS a les fiens dans fon coeur
Et fa gloire eft dans leur bonheur.
Français , bons Français !
Chantons Louis & la Paix.
Par M. B,,... Auteur de deux petites Piéces de
Vers inférées par erreur dans le Mercure de Mars
fous le nom de Madame B……….. pag. $ 9 & 60 . .....
Sur l'AIR : Laiffex danfer vos Mamans.
SUR l'Elévation de la Statue du Roi ;
& fur la PAIX.
Q
UELS tranfports ! quelle émotion !
En voyant de Louis l'Image ?
Des Enfans de Pygmalion
C'eſt pour nous le plus bel ouvrage ;
Notre Roi s'élève à nos yeux ,
Au moment qu'il nous rend heureux !
Français , bons Français ,
Chantons Louis & la Paix ,
Le laurier croît dans les cyprès ,
Et fa recherche eſt une yvreffe :
L'olivier produit des Sujets ,
Et c'eft d'un bon Roi la richeffe :
LOUIS a les fiens dans fon coeur
Et fa gloire eft dans leur bonheur.
Français , bons Français !
Chantons Louis & la Paix.
Par M. B,,... Auteur de deux petites Piéces de
Vers inférées par erreur dans le Mercure de Mars
fous le nom de Madame B……….. pag. $ 9 & 60 . .....
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Résumé : COUPLETS Sur l'AIR : Laissez danser vos Mamans. SUR l'Elévation de la Statue du Roi ; & sur la PAIX.
Le poème 'COUPLETS' célèbre l'élévation de la statue du roi Louis et la paix. Les auteurs expriment leur admiration pour le roi, comparé à l'œuvre de Pygmalion. La statue symbolise la prospérité et le bonheur des sujets, représentés par le laurier et l'olivier. La gloire du roi est liée au bien-être de ses sujets. Le poème se conclut par un appel à chanter Louis et la paix. L'auteur est M. B.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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439
p. 157-162
PEINTURE. LETTRE à MM. de la Société des Amateurs, Sur le Tableau allégorique des Vertus formant le Portrait du ROI, peint par M. AMÉDÉE VAN LOO.
Début :
MESSIEURS, j'ai vu avec le plus grand plaisir le Tableau des vertus [...]
Mots clefs :
Tableau, Roi, Portrait, Verre, Disposition, Objet, Figures, Rayons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE. LETTRE à MM. de la Société des Amateurs, Sur le Tableau allégorique des Vertus formant le Portrait du ROI, peint par M. AMÉDÉE VAN LOO.
PEINTURE.
LETTRE à MM. de la Société des
Amateurs , fur le Tableau allégorique
des Vertus formant le Portrait
du Roi , peint par M. AMÉDÉE
VAN LOO .
MESSIEURS ,
ESSIEURS , j'ai vu avec le plus
grand plaifir le Tableau des vertus
royales que M. Amédée Vanloo a expofé
aux regards des Curieux dans fon
attelier au Vieux Louvre. Cet Artiſte
a recu fur cette production les
plus grands éloges : fon art lui a fervi à
rendre fur la toile les qualités dont tout
François fçait qu'eft formé le caractère
d'un Maître chéri. Inftruit par vos
judicieuſes obfervations , auxquelles je
dois le goût que j'ai pris pour les Arts ,
je n'ai pas confidéré ce Tableau avec
la ftupide admiration qui diminue fi fort
58 MERCURE DE FRANCE.
le prix des louanges qu'elle donne , &
dont un Artifte eft bien moins flatté
que des fuffrages accordés avec connoiffance
de caufe.En vous prenant pour
guides , je n'ai garde de prononcer fur
le talent manuel du Peintre : il eft für
qu'il ne faut pas juger rigoureufement
le tableau en lui-même , en faisant abftraction
de l'effet fingulier qu'il produit
lorfqu'on le regarde à travers un
verre la difpofition des figures devoit
être relative à cet effet. Il ne s'agit pas
de difcuter en métaphyficien fi la valeur,
l'intrépidité , & la vertu héroïque confidérée
comme vertu militaire , font des
êtres moraux bien diftingués ; & fi la
magnanimité dans un Roi guerrier eſt
autre chofe que la vertu héroïque . Je
ne dirai rien non plus des attributs qui
caractériſent ces différentes vertus , pour
ne vous parler que du preftige ou de
la magie naturelle de ce tableau . On
le regarde avec une lunette fixée dans
un point ; & au lieu d'appercevoir toutes
les figures du tableau , dont on a décrit
les fymboles dans le Mercure du
mois de Mars , on voit uniquement le
Portrait du Roi. L'idée est belle , &
l'éxécution très-fatisfaifante mais cet
effet ne s'eſt pas préfenté à mon efprit
AVRIL. 1763. 149
comme une chofe fi miraculeuse , & je
ferois furpris qu'un Phyficien l'eût qualifié
de probleme qui paroît comme . impoffible
, & eût dit que le fuccès feul!
paroit juftifier l'entreprife. Il n'eft quef .
tion ici , fi je ne me trompe , que d'un
phénomène d'optique affez facile à réfoudre.
Je ne fuis pas étonné qu'on foit
embaraffé dans la recherche de fa folution
lorfqu'on voudra la trouver dans
les principes de la perfpective , à laquelle
il n'appartient point ; & en confondant.
dans les explications qu'on voudroit en
donner , la catoptrique qui eft la connoiffance
des rayons réfléchis , & conféquemment
celle des miroirs qui les
renvoyent , avec la dioptrique qui eft la
fcience des réfractions , & des verres
qui rompent les rayons aufquels ils don-
' nent paffage. M. Muffchenbroek , tom .
II . de fon Effai phyfique , à l'Article de
la catoptrique , parle des images régulières
tracées dans plufieurs efpéces de
miroirs auxquels on préfente des figures
qui font entiérement irrégulières . Il
dit , § 1313 , que celles - ci peuvent être
tracées fuivant les régles infaillibles des
mathématiques ; & plus bas , § 1317 ,
qu'on peut trouver les régles pour former
les différens plans de ces fortes
160 MERCURE DE FRANCE.
de miroirs dans un Auteur François
qui a traité de la perfpective avec beaucoup
d'éxactitude , mais qui a caché
fon nom. Il doit certainement y avoir
auffi des régles certaines pour former
l'effet qu'on obferve à l'infpection du
tableau allégorique ; & c'eft aux principes
de la dioptrique à les fournir. On
fçait en général que les rayons de lumière
paffant au travers d'un verre qui
contient plufieurs furfaces planes différemment
inclinées , font rompus dans
chaque furface , & vont avec leur inclinaifon
propre fe réunir dans un foyer
commun . L'oeil placé dans ce foyer reçoit
de toutes les furfaces , des impreffions
diftinguées , mais propres du même
objet ; & comme l'efprit porte naturellement
les objets à l'extrémité des
rayons droits , un même objet ſe voit
multiplié par toutes les furfaces du verre .
De-là , l'effet prétendu merveilleux ,
mais fort fimple , des verres à facettes.
Dans l'inverfe , un verre taillé d'une
manière déterminée ne laiffera voir d'un
tableau que certains points , lefquels
paroîffant réunis formeront un objet
tout différent de celui que préfente ce
même tableau à l'oeil nud ; cela eft aifé
à concevoir. Il faut dabord fe défaire de
AVRIL. 1763. 161
Tidée que toutes les parties qui compofent
le tableau allégorique , fervent
a former le Portrait du Roi : c'eft une
chofe impoffible ; des objets colorés dans
une difpofition déterminée & fort étendue
> ne peuvent fe concentrer & s'identifier
pour repréfenter un autre objet
avec lequel ils n'ont aucun rapport
phyfique dans leur enfemble. Mais le
phénomène s'explique aifément, en prenant
dans les différens points du tableau
des parties toutes faites , dont la réunion
formera le Portrait du Roi. Ceux
qui y ont donné quelque attention
doivent fe fouvenir qu'il n'y a aucune
des figures qui n'ait quelque chofe des
traits majestueux du Roi ; l'une les yeux ,
l'autre la bouche , l'autre le front , & c .
Le talent du Peintre doit être diftingué
de l'effet optique de fon tableau. A
cet égard , il eft fait fuivant des régles
certaines , & fa difpofition a été mefurée
à la régle & au compas. M. Vanloo
eft le maître de fon fecret ; mais je fuis
perfuadé qu'il pourroit avec le même
verre faire voir le Portrait du Roi fur
un tableau tout différent du premier ,
pourvu qu'il fût dans les mêmes proportions
& que les parties dont la
réunion fait l'image du Monarque , fuf
>
162 MERCURE DE FRANCE.
fent dans la même difpofition . La mế-
chanique de ce travail eft füre ; le mérite
du Peintre dans l'éxécution , eft un
objet à part , & le génie de la compofition
eft encore un fait différent ; c'eft
furtout l'idée ingénieufe qu'il faut louer
ici. M. Vanloo étoit bien für de plaire ,
en parlant aux François le langage de
leur coeur. Perfonne ne voit le Portrait
du Roi fans fe rappeller toutes les ver+
tus qui font le fujet du tableau allégo ÷
rique. Chaque fois que j'ai été contem→
pler la belle Statue que la Ville vient
de faire ériger dans la Place de LOUIS
XV , pour conferver à la postérité la
plus reculée les traits du Monarque
Bien-aimé, dans ceMonument de l'amour
de fon Peuple , je me rappelle le vers
de Martialfur la Statue d'un Empereur
Romain.
Hæcmundifacies , hæcfunt Jovis orafereni.
J'ai l'honneur d'être , & c..
LETTRE à MM. de la Société des
Amateurs , fur le Tableau allégorique
des Vertus formant le Portrait
du Roi , peint par M. AMÉDÉE
VAN LOO .
MESSIEURS ,
ESSIEURS , j'ai vu avec le plus
grand plaifir le Tableau des vertus
royales que M. Amédée Vanloo a expofé
aux regards des Curieux dans fon
attelier au Vieux Louvre. Cet Artiſte
a recu fur cette production les
plus grands éloges : fon art lui a fervi à
rendre fur la toile les qualités dont tout
François fçait qu'eft formé le caractère
d'un Maître chéri. Inftruit par vos
judicieuſes obfervations , auxquelles je
dois le goût que j'ai pris pour les Arts ,
je n'ai pas confidéré ce Tableau avec
la ftupide admiration qui diminue fi fort
58 MERCURE DE FRANCE.
le prix des louanges qu'elle donne , &
dont un Artifte eft bien moins flatté
que des fuffrages accordés avec connoiffance
de caufe.En vous prenant pour
guides , je n'ai garde de prononcer fur
le talent manuel du Peintre : il eft für
qu'il ne faut pas juger rigoureufement
le tableau en lui-même , en faisant abftraction
de l'effet fingulier qu'il produit
lorfqu'on le regarde à travers un
verre la difpofition des figures devoit
être relative à cet effet. Il ne s'agit pas
de difcuter en métaphyficien fi la valeur,
l'intrépidité , & la vertu héroïque confidérée
comme vertu militaire , font des
êtres moraux bien diftingués ; & fi la
magnanimité dans un Roi guerrier eſt
autre chofe que la vertu héroïque . Je
ne dirai rien non plus des attributs qui
caractériſent ces différentes vertus , pour
ne vous parler que du preftige ou de
la magie naturelle de ce tableau . On
le regarde avec une lunette fixée dans
un point ; & au lieu d'appercevoir toutes
les figures du tableau , dont on a décrit
les fymboles dans le Mercure du
mois de Mars , on voit uniquement le
Portrait du Roi. L'idée est belle , &
l'éxécution très-fatisfaifante mais cet
effet ne s'eſt pas préfenté à mon efprit
AVRIL. 1763. 149
comme une chofe fi miraculeuse , & je
ferois furpris qu'un Phyficien l'eût qualifié
de probleme qui paroît comme . impoffible
, & eût dit que le fuccès feul!
paroit juftifier l'entreprife. Il n'eft quef .
tion ici , fi je ne me trompe , que d'un
phénomène d'optique affez facile à réfoudre.
Je ne fuis pas étonné qu'on foit
embaraffé dans la recherche de fa folution
lorfqu'on voudra la trouver dans
les principes de la perfpective , à laquelle
il n'appartient point ; & en confondant.
dans les explications qu'on voudroit en
donner , la catoptrique qui eft la connoiffance
des rayons réfléchis , & conféquemment
celle des miroirs qui les
renvoyent , avec la dioptrique qui eft la
fcience des réfractions , & des verres
qui rompent les rayons aufquels ils don-
' nent paffage. M. Muffchenbroek , tom .
II . de fon Effai phyfique , à l'Article de
la catoptrique , parle des images régulières
tracées dans plufieurs efpéces de
miroirs auxquels on préfente des figures
qui font entiérement irrégulières . Il
dit , § 1313 , que celles - ci peuvent être
tracées fuivant les régles infaillibles des
mathématiques ; & plus bas , § 1317 ,
qu'on peut trouver les régles pour former
les différens plans de ces fortes
160 MERCURE DE FRANCE.
de miroirs dans un Auteur François
qui a traité de la perfpective avec beaucoup
d'éxactitude , mais qui a caché
fon nom. Il doit certainement y avoir
auffi des régles certaines pour former
l'effet qu'on obferve à l'infpection du
tableau allégorique ; & c'eft aux principes
de la dioptrique à les fournir. On
fçait en général que les rayons de lumière
paffant au travers d'un verre qui
contient plufieurs furfaces planes différemment
inclinées , font rompus dans
chaque furface , & vont avec leur inclinaifon
propre fe réunir dans un foyer
commun . L'oeil placé dans ce foyer reçoit
de toutes les furfaces , des impreffions
diftinguées , mais propres du même
objet ; & comme l'efprit porte naturellement
les objets à l'extrémité des
rayons droits , un même objet ſe voit
multiplié par toutes les furfaces du verre .
De-là , l'effet prétendu merveilleux ,
mais fort fimple , des verres à facettes.
Dans l'inverfe , un verre taillé d'une
manière déterminée ne laiffera voir d'un
tableau que certains points , lefquels
paroîffant réunis formeront un objet
tout différent de celui que préfente ce
même tableau à l'oeil nud ; cela eft aifé
à concevoir. Il faut dabord fe défaire de
AVRIL. 1763. 161
Tidée que toutes les parties qui compofent
le tableau allégorique , fervent
a former le Portrait du Roi : c'eft une
chofe impoffible ; des objets colorés dans
une difpofition déterminée & fort étendue
> ne peuvent fe concentrer & s'identifier
pour repréfenter un autre objet
avec lequel ils n'ont aucun rapport
phyfique dans leur enfemble. Mais le
phénomène s'explique aifément, en prenant
dans les différens points du tableau
des parties toutes faites , dont la réunion
formera le Portrait du Roi. Ceux
qui y ont donné quelque attention
doivent fe fouvenir qu'il n'y a aucune
des figures qui n'ait quelque chofe des
traits majestueux du Roi ; l'une les yeux ,
l'autre la bouche , l'autre le front , & c .
Le talent du Peintre doit être diftingué
de l'effet optique de fon tableau. A
cet égard , il eft fait fuivant des régles
certaines , & fa difpofition a été mefurée
à la régle & au compas. M. Vanloo
eft le maître de fon fecret ; mais je fuis
perfuadé qu'il pourroit avec le même
verre faire voir le Portrait du Roi fur
un tableau tout différent du premier ,
pourvu qu'il fût dans les mêmes proportions
& que les parties dont la
réunion fait l'image du Monarque , fuf
>
162 MERCURE DE FRANCE.
fent dans la même difpofition . La mế-
chanique de ce travail eft füre ; le mérite
du Peintre dans l'éxécution , eft un
objet à part , & le génie de la compofition
eft encore un fait différent ; c'eft
furtout l'idée ingénieufe qu'il faut louer
ici. M. Vanloo étoit bien für de plaire ,
en parlant aux François le langage de
leur coeur. Perfonne ne voit le Portrait
du Roi fans fe rappeller toutes les ver+
tus qui font le fujet du tableau allégo ÷
rique. Chaque fois que j'ai été contem→
pler la belle Statue que la Ville vient
de faire ériger dans la Place de LOUIS
XV , pour conferver à la postérité la
plus reculée les traits du Monarque
Bien-aimé, dans ceMonument de l'amour
de fon Peuple , je me rappelle le vers
de Martialfur la Statue d'un Empereur
Romain.
Hæcmundifacies , hæcfunt Jovis orafereni.
J'ai l'honneur d'être , & c..
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Résumé : PEINTURE. LETTRE à MM. de la Société des Amateurs, Sur le Tableau allégorique des Vertus formant le Portrait du ROI, peint par M. AMÉDÉE VAN LOO.
La lettre adressée à la Société des Amateurs traite d'un tableau allégorique des vertus royales, réalisé par Amédée Van Loo. L'auteur exprime son admiration pour cette œuvre, qui illustre les qualités du roi à travers des symboles décrits dans le Mercure de France. Le tableau présente un effet optique particulier : lorsqu'il est observé à travers une lunette placée à un point précis, seules les figures représentant le portrait du roi deviennent visibles. Cet effet est expliqué par des principes de dioptrique et de catoptrique, impliquant la réfraction et la réflexion des rayons lumineux à travers un verre à facettes. L'auteur précise que cet effet optique est simple et mathématiquement explicable, distinct du talent artistique du peintre. Il conclut en louant l'idée ingénieuse de Van Loo, qui permet d'évoquer les vertus royales à travers le portrait du roi, comparant cette œuvre à une statue érigée en l'honneur du monarque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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440
p. 162-163
GRAVURE.
Début :
LA Toilette du Savoyard, d'après le Tableau original de Morillos, gravée [...]
Mots clefs :
Pouces, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
A Toilette di Savoyard , d'après le
Tableau original de Morillos , gravée:
"
par Louis Halbou haute de quinze མར་
AVRIL. 1763. 163
pouces fur onze pouces de largeur .
Se vend à Paris chez la veuve Che
reau , aux deux piliers d'or , & chez
M. Halbou , au Soleil d'or , rue de la
Comédie Françoife. Prix , 20 fols .
A Toilette di Savoyard , d'après le
Tableau original de Morillos , gravée:
"
par Louis Halbou haute de quinze མར་
AVRIL. 1763. 163
pouces fur onze pouces de largeur .
Se vend à Paris chez la veuve Che
reau , aux deux piliers d'or , & chez
M. Halbou , au Soleil d'or , rue de la
Comédie Françoife. Prix , 20 fols .
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441
p. 13
ÉPIGRAMME A l'Auteur d'une mauvaise Epître, qu'il finissoit par des adieux à la Raison.
Début :
PAR tes adieux à la Raison, [...]
Mots clefs :
Épître, Raison, Adieu
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texteReconnaissance textuelle : ÉPIGRAMME A l'Auteur d'une mauvaise Epître, qu'il finissoit par des adieux à la Raison.
É PIGRAMME
A l'Auteur d'une mauvaise Epître, qu'il
finiffoit par
des adieux à la Raifon .
PAR tes adieux à la Raiſon ,
Pourquoi terminer ton Epître ? .
Il eût été plus de ſaiſon ,
De les mettre à côté du titre :
Car long-temps après fon départ
Lui dire adieu , c'eſt un peu tard.
Par le même.
A l'Auteur d'une mauvaise Epître, qu'il
finiffoit par
des adieux à la Raifon .
PAR tes adieux à la Raiſon ,
Pourquoi terminer ton Epître ? .
Il eût été plus de ſaiſon ,
De les mettre à côté du titre :
Car long-temps après fon départ
Lui dire adieu , c'eſt un peu tard.
Par le même.
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442
p. 73-79
LETTRE de M. le Président HÉNAULT, au sujet de la Dissertation de M. de SAINT-FOIX, sur la Statue Equestre qui est à Notre- Dame de Paris. Paris, 16 Février 1763.
Début :
J'AI reçu hier, Monsieur, par la Petite Poste, un Paquet timbré B. avec la date [...]
Mots clefs :
Dissertation, Statue équestre, Église, Lettres, Chroniques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. le Président HÉNAULT, au sujet de la Dissertation de M. de SAINT-FOIX, sur la Statue Equestre qui est à Notre- Dame de Paris. Paris, 16 Février 1763.
NOUVELLES LITTERAIRES.
LETTRE de M. lePréſident HÉN AULT,
au fujet de la Differtation de M. de
SAINT-FOIX , fur la Statue Equeftre
qui eft à Notre- Dame de Paris.
J
Paris , 16 Février 1763 .
AI reçu hier , Monfieur , par la Petite
Pofte , un Paquet timbré B. avec la date
du mois ; je l'ouvris en préfence des
perfonnes qui me faifoient l'honneur de
dîner chez moi. J'y trouvai avec furpriſe
& reconnoiffance ,une réponse à l'article
de votre Mercure , où M. de Saint-foix
combat ce que j'ai avancé au fujet de
la Statue équestre de Philippe-le -Bel. Ce
n'avoit pas été fans précautions , que
j'avois pris un parti fur une queftion
que je fçais qui a été agitée plufieurs
fois ; & je me ferois fait un plaifir de répondre
à M. de Saint-foix qui a mérité
l'eftime publique , s'il m'avoit fait l'honneur
de s'adreffer à moi-même ; mais
II. Vol. D
74 MERCURE DE FRANCE .
comme il a pris un autre parti , j'ai cru
devoir éviter une querelle littéraire , &
je m'en fuis rapporté au jugement des
Lecteurs de cette Lettre . Ce n'eft donc
point moi qui parle aujourd'hui , c'eſt
un Anonyme qui joint à la générofité
de me défendre un incognito dont je
me plains à lui-même , puifqu'il me
met dans l'impoffibilité de lui témoigner
ma reconnoiffance : fa differtation
m'a paru fi bien faite , que je n'ai pas
héfité , Monfieur , à avoir l'honneur
de vous l'envoyer. C'eft peut- être le
moyen d'arracher le fecret de mon protecteur
; & je le prie avec d'autant plus
d'inftances de fe déclarer , qu'il me
garentira du foupçon , qui eft quelquefois
affez fondé d'avoir emprunté cette
forme pour me cacher moi- même.
J'ai l'honneur d'être , & c.
HENAULT.
LETTRE de l'Anonyme à M. le Préftdent
HENAULT.
MONSIEUR ,
Vous aurez , fans doute , lû dans le
Mercure de Janvier , premier Vol .pag.
73 , une petite differtation où M. de
Saint-Foix prétend que vous avez eu
tort de croire que la Statue Equeftre qui
eft dans l'Eglife de N. D. eft celle de
AVRIL. 1763. 75
par
Philippe le Bel : mais je prens la liberté
de vous confiller de ne pas vous preffer
de chanter la palinodie. Vous trouverez
de quoi appuyer le fentiment que
vous avez embraffé dans une difcuffion
bien faite que vous lirez dans un voyage
à Munfter , écrit le célébre Claude
Joly mort en 1700 , grand Chantre &
Official de l'Eglife de Paris. Ce voyage
a été imprimé à Paris en 1670 in- 12 .
L'Auteur recommandable par fon érudition
& par fa piété , qui nous a donné
un grand nombre de bons ouvrages ,
avoit été en 1646 à la fuite de Madame
de Longueville à Munſter où fon mari
travailloit alors au Traité de Weftphalie .
A fon retour , M. Joly fit une relation
des lieux par où il avoit paffé &
de ce qu'il y avoit remarqué de curieux .
C'eſt à l'occafion de Bouvines où Philippe
Augufte a remporté une victoire
par l'interceffion de la Vierge , qu'il
parle des batailles de Mons en Puelle
& de Caffel où Philippe le Bel &
Philippe de Valois remporterent auffi ,
par la même interceffion , la victoire
fur les Flamands. M. Joly y difcute
très-au long la queftion de la Statue
Equeftre de l'Eglife de Notre-Dame de
Paris ; il le fait d'une maniere fenfée &
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
folide , comme un homme qui n'eft
point paffionné pour un fentiment ,
plutôt que pour un autre ; mais enfin
il conclud à regarder la Statue Equeſtre
comme étant de Philippe le Bel. Si vous
joignez à la lecture de la differtation
de M. Joly , trois lettres de M. Jouet
Chanoine de Chartres & ami de M.
Joly , qui à fa priere avoit fait des
recherches dans les Archives de fon
Chapitre , pour éclaircir ce trait d'hiftoire
,
, je fuis perfuadé que vous ne
fongerez pas à vous retracter , parce
que vous verrez que la differtation de
M. de Saint - Foix n'eft rien moins
qu'une démonftration de ce qu'il avance
d'après plufieurs de nos Auteurs . Ces
lettres de M. Jouet font imprimées à
la fin du voyage de Munfter. Je n'entrerai
point dans le détail de ce que
contiennent ces écrits , où l'on trouve
par avance la réponſe aux objections
qu'on vous fait , même à celles des
leçons de l'ancien Breviaire de Paris .
Il faudroit tranfcrire prefque toute la
differtation de M. Joly , ainfi que les
lettres de M. Jouet ; il vaut mieux que
vous ayez le plaifir de les lire vousmême.
Ce qui vous divertira , peutêtre
, eft la façon différente dont M. Joly
AVRIL. 1763 . 77
a lu les autorités qu'on vous objecte
je veux dire les grandes Chroniques
de France & le Continuateur de Nangis.
Car M. de Saint- Foix lit dans les
Chroniques qu'il cite , que , ce fut dans
l'Eglife de NOTRE-DAME DE PARIS
que Philippe de Valois entra monté fur
fon deftrier. Et M. Joly dit que dans
le manufcrit authentique qu'il avoit de
ces Chroniques , on lifoit expreffément
que Philippe de Valois après avoir remis
l'Oriflambe fur l'Autel de Saint
Denis , s'en alla à NOTRE-DAME
DE CHARTRES , & quand il fut là ,
il fe arma des armes qu'il avoit portées
en la bataille des Flamands , puis
monta fur un deftrier & ainfi entra en
Eglife très - devotement. Il en eſt de
même du Continuateur de Nangis.
M. de Saint- Foix lit Rex verò ( Philippus
Valefius ) .... Pofteà IVIT
PARISIOS & Ecclefiam Beatæ Mariæ
ingreffus , &c. Mais M. Joly d'après
un manufcrit de S. Germain des Prés
lit Pofteà INIIT CARNOTUM &
Ecclefiam Beata Maria ingreffus. Et
c'eſt en effet ainfi qu'on lit dans les
deux Editions in -4" . & in-fol. du
Spécilége où eft le Continuateur de
Nangis ; on n'y trouve point Ivit Pa-
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
rifios , mais Ivit Camotum . Delà , Monfieur
, il faut conclure que M. de Saint-
Foix a lu dans les mêmes ouvrages
autrement que M. Joly , ce qui prouveroit
qu'il y a des variantes dans les
manufcrits . Mais l'on n'en peut rien
conclure contre votre fentiment , juf
qu'à ce qu'on ait fait voir quelle eft la
véritable leçon à laquelle on doit s'en
tenir. Je fuis perfuadé que fi M. de
Saint- Foix avoit lu la differtation de
M. Joly , il eft trop galant homme pour
avoir voulu faire defcendre fi malhonnêtement
notre grand Roi Philippe le
Bel de deffus fon cheval , & exiger que
Meffieurs du Chapitre de Notre- Dame
de Paris changent l'infcription qu'ils
ont fait mettre à la Statue Equeftre ;
ce qu'ils ne feront affurément pas , parce
qu'ils ont vu l'ouvrage de leur ancien
Confrere.
J'ai cru , Monfieur , que , quoique
vous ayez beaucoup lu , vous pouviez
ignorer la differtation de M. Joly qu'on
ne s'aviferoit pas d'aller chercher dans
un voyage à Munſter. Vous me permettrez
de ne point mettre mon nom
à ces réflexions qui n'en valent pas la
peine , outre que le nom ne fait rien
à la chofe ; mais elles font d'un de vos.
AVRIL. 1763. 19
ferviteurs qui a l'honneur de vous être ,
depuis long - tems , très-refpectueufement
dévoué .
LETTRE de M. lePréſident HÉN AULT,
au fujet de la Differtation de M. de
SAINT-FOIX , fur la Statue Equeftre
qui eft à Notre- Dame de Paris.
J
Paris , 16 Février 1763 .
AI reçu hier , Monfieur , par la Petite
Pofte , un Paquet timbré B. avec la date
du mois ; je l'ouvris en préfence des
perfonnes qui me faifoient l'honneur de
dîner chez moi. J'y trouvai avec furpriſe
& reconnoiffance ,une réponse à l'article
de votre Mercure , où M. de Saint-foix
combat ce que j'ai avancé au fujet de
la Statue équestre de Philippe-le -Bel. Ce
n'avoit pas été fans précautions , que
j'avois pris un parti fur une queftion
que je fçais qui a été agitée plufieurs
fois ; & je me ferois fait un plaifir de répondre
à M. de Saint-foix qui a mérité
l'eftime publique , s'il m'avoit fait l'honneur
de s'adreffer à moi-même ; mais
II. Vol. D
74 MERCURE DE FRANCE .
comme il a pris un autre parti , j'ai cru
devoir éviter une querelle littéraire , &
je m'en fuis rapporté au jugement des
Lecteurs de cette Lettre . Ce n'eft donc
point moi qui parle aujourd'hui , c'eſt
un Anonyme qui joint à la générofité
de me défendre un incognito dont je
me plains à lui-même , puifqu'il me
met dans l'impoffibilité de lui témoigner
ma reconnoiffance : fa differtation
m'a paru fi bien faite , que je n'ai pas
héfité , Monfieur , à avoir l'honneur
de vous l'envoyer. C'eft peut- être le
moyen d'arracher le fecret de mon protecteur
; & je le prie avec d'autant plus
d'inftances de fe déclarer , qu'il me
garentira du foupçon , qui eft quelquefois
affez fondé d'avoir emprunté cette
forme pour me cacher moi- même.
J'ai l'honneur d'être , & c.
HENAULT.
LETTRE de l'Anonyme à M. le Préftdent
HENAULT.
MONSIEUR ,
Vous aurez , fans doute , lû dans le
Mercure de Janvier , premier Vol .pag.
73 , une petite differtation où M. de
Saint-Foix prétend que vous avez eu
tort de croire que la Statue Equeftre qui
eft dans l'Eglife de N. D. eft celle de
AVRIL. 1763. 75
par
Philippe le Bel : mais je prens la liberté
de vous confiller de ne pas vous preffer
de chanter la palinodie. Vous trouverez
de quoi appuyer le fentiment que
vous avez embraffé dans une difcuffion
bien faite que vous lirez dans un voyage
à Munfter , écrit le célébre Claude
Joly mort en 1700 , grand Chantre &
Official de l'Eglife de Paris. Ce voyage
a été imprimé à Paris en 1670 in- 12 .
L'Auteur recommandable par fon érudition
& par fa piété , qui nous a donné
un grand nombre de bons ouvrages ,
avoit été en 1646 à la fuite de Madame
de Longueville à Munſter où fon mari
travailloit alors au Traité de Weftphalie .
A fon retour , M. Joly fit une relation
des lieux par où il avoit paffé &
de ce qu'il y avoit remarqué de curieux .
C'eſt à l'occafion de Bouvines où Philippe
Augufte a remporté une victoire
par l'interceffion de la Vierge , qu'il
parle des batailles de Mons en Puelle
& de Caffel où Philippe le Bel &
Philippe de Valois remporterent auffi ,
par la même interceffion , la victoire
fur les Flamands. M. Joly y difcute
très-au long la queftion de la Statue
Equeftre de l'Eglife de Notre-Dame de
Paris ; il le fait d'une maniere fenfée &
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
folide , comme un homme qui n'eft
point paffionné pour un fentiment ,
plutôt que pour un autre ; mais enfin
il conclud à regarder la Statue Equeſtre
comme étant de Philippe le Bel. Si vous
joignez à la lecture de la differtation
de M. Joly , trois lettres de M. Jouet
Chanoine de Chartres & ami de M.
Joly , qui à fa priere avoit fait des
recherches dans les Archives de fon
Chapitre , pour éclaircir ce trait d'hiftoire
,
, je fuis perfuadé que vous ne
fongerez pas à vous retracter , parce
que vous verrez que la differtation de
M. de Saint - Foix n'eft rien moins
qu'une démonftration de ce qu'il avance
d'après plufieurs de nos Auteurs . Ces
lettres de M. Jouet font imprimées à
la fin du voyage de Munfter. Je n'entrerai
point dans le détail de ce que
contiennent ces écrits , où l'on trouve
par avance la réponſe aux objections
qu'on vous fait , même à celles des
leçons de l'ancien Breviaire de Paris .
Il faudroit tranfcrire prefque toute la
differtation de M. Joly , ainfi que les
lettres de M. Jouet ; il vaut mieux que
vous ayez le plaifir de les lire vousmême.
Ce qui vous divertira , peutêtre
, eft la façon différente dont M. Joly
AVRIL. 1763 . 77
a lu les autorités qu'on vous objecte
je veux dire les grandes Chroniques
de France & le Continuateur de Nangis.
Car M. de Saint- Foix lit dans les
Chroniques qu'il cite , que , ce fut dans
l'Eglife de NOTRE-DAME DE PARIS
que Philippe de Valois entra monté fur
fon deftrier. Et M. Joly dit que dans
le manufcrit authentique qu'il avoit de
ces Chroniques , on lifoit expreffément
que Philippe de Valois après avoir remis
l'Oriflambe fur l'Autel de Saint
Denis , s'en alla à NOTRE-DAME
DE CHARTRES , & quand il fut là ,
il fe arma des armes qu'il avoit portées
en la bataille des Flamands , puis
monta fur un deftrier & ainfi entra en
Eglife très - devotement. Il en eſt de
même du Continuateur de Nangis.
M. de Saint- Foix lit Rex verò ( Philippus
Valefius ) .... Pofteà IVIT
PARISIOS & Ecclefiam Beatæ Mariæ
ingreffus , &c. Mais M. Joly d'après
un manufcrit de S. Germain des Prés
lit Pofteà INIIT CARNOTUM &
Ecclefiam Beata Maria ingreffus. Et
c'eſt en effet ainfi qu'on lit dans les
deux Editions in -4" . & in-fol. du
Spécilége où eft le Continuateur de
Nangis ; on n'y trouve point Ivit Pa-
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
rifios , mais Ivit Camotum . Delà , Monfieur
, il faut conclure que M. de Saint-
Foix a lu dans les mêmes ouvrages
autrement que M. Joly , ce qui prouveroit
qu'il y a des variantes dans les
manufcrits . Mais l'on n'en peut rien
conclure contre votre fentiment , juf
qu'à ce qu'on ait fait voir quelle eft la
véritable leçon à laquelle on doit s'en
tenir. Je fuis perfuadé que fi M. de
Saint- Foix avoit lu la differtation de
M. Joly , il eft trop galant homme pour
avoir voulu faire defcendre fi malhonnêtement
notre grand Roi Philippe le
Bel de deffus fon cheval , & exiger que
Meffieurs du Chapitre de Notre- Dame
de Paris changent l'infcription qu'ils
ont fait mettre à la Statue Equeftre ;
ce qu'ils ne feront affurément pas , parce
qu'ils ont vu l'ouvrage de leur ancien
Confrere.
J'ai cru , Monfieur , que , quoique
vous ayez beaucoup lu , vous pouviez
ignorer la differtation de M. Joly qu'on
ne s'aviferoit pas d'aller chercher dans
un voyage à Munſter. Vous me permettrez
de ne point mettre mon nom
à ces réflexions qui n'en valent pas la
peine , outre que le nom ne fait rien
à la chofe ; mais elles font d'un de vos.
AVRIL. 1763. 19
ferviteurs qui a l'honneur de vous être ,
depuis long - tems , très-refpectueufement
dévoué .
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Résumé : LETTRE de M. le Président HÉNAULT, au sujet de la Dissertation de M. de SAINT-FOIX, sur la Statue Equestre qui est à Notre- Dame de Paris. Paris, 16 Février 1763.
Le texte relate une correspondance entre le Président Hénault et un anonyme au sujet d'une controverse concernant la statue équestre de Philippe le Bel à Notre-Dame de Paris. Hénault reçoit une réponse de M. de Saint-Foix, qui conteste ses affirmations sur cette statue. Pour éviter une querelle littéraire, Hénault laisse le jugement aux lecteurs. Par la suite, il reçoit une lettre anonyme qui défend son point de vue en se référant à une dissertation de Claude Joly, un érudit du XVIIe siècle. Dans son ouvrage 'Voyage à Munster', Joly discute de la statue et conclut qu'elle représente bien Philippe le Bel. L'anonyme suggère à Hénault de consulter cette dissertation ainsi que des lettres de M. Jouet, chanoine de Chartres, pour appuyer son opinion. La lettre anonyme critique également les interprétations de M. de Saint-Foix, qui diffèrent de celles de Joly en raison de variantes dans les manuscrits. L'anonyme conclut en exprimant son dévouement à Hénault et en espérant que cette correspondance éclaircira la question.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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443
p. 79-94
RÉPONSE de M. de SAINT- FOIX.
Début :
J'Ignorois qu'on avoit mis une nouvelle inscription au-deffous de la Statue [...]
Mots clefs :
Église, Cheval, Victoire, Archives, Statue, Bréviaire, Fondation, Armes, Reconnaissance, Manuscrits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. de SAINT- FOIX.
RÉPONSE de M. de SAINT - FOIX.
F'ignorois qu'on avoit mis une nou
velle infcription au - deffous de la Statue
Equeftre qui eft à Notre - Dame ; il n'y
a qu'un an que je l'appris par une Brochure
où l'on me reprenoit aigrement
fur ce que j'avois dit , dans mes Effais
Hiftoriques , que cette Statue repréfentoit
Philippe de Valois . L'Auteur de
cette Brochure , pénétré d'admiration
pour M. le Préfident Henault , ne joignoit
pas à ce mérite celui d'être poli ;
ainfi je n'ai jamais pensé à lui répondre ;
mais en faifant des corrections & des
additions à mes Effais Hiftoriques , j'ai
voulu voirfi je m'étois trompé au fujet de
cette Statue ; ma differtation a paru dans
le premier Volume du Mercure de Janvier
dernier ; voici un nouvel Anonyme
qui m'attaque ; il mêle à l'érudition
le fel de la fine plaifanterie , & je ne
doute point que les perfonnes qui dînoient
chez M. le Préfident Henault
n'ayent bien ri lorfqu'il dit qu'il me croit
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
trop galant homme pour vouloir faire
defcendre fi malhonnêtement notre grand
Roi Philippe le Bel de deffus fon cheval.
Je ne connoiffois point le Voyage de
Munfter, je l'ai cherché , je l'ai trouvé ,
je l'ai lu , & je protefte que j'aurois
fouhaité de pouvoir dire que je m'étois
trompé ; ma pareffe en eût été flattée
; mais les raifonnemens de Claude
Joly n'ont fervi qu'à me confirmer dans
le fentiment que j'avois embraffé. Il
faut néceffairement rappeller l'état de la
queſtion , & l'on peut compter que je
vais l'expofer avec une entiere impartialité.
9 :
Philippe le Bel, en reconnoiffance
de la victoire qu'il avoit remportée fur
les Flamands à Mons en Puelle le 18
Août 1304 , fit des fondations à Notre-
Dame de Paris , à Notre - Dame de
Chartres & dans d'autres Eglifes ; mais ,
ni dans ces actes de fondation , ni dans
aucun ancien Breyiaire , ni dans aucun
Hiftorien comtemporain , il n'eft dit
qu'il foit entré à cheval dans l'Eglife de
Notre-Dame de Paris , & qu'il y ait
fait à la Vierge l'offrande de fes armes
& de fon cheval. D'ailleurs , il n'y en a
& il n'y en a jamais eu aucunes preuves
dans les Papiers , Cartulaires , Nécrologe
& Archives de Notre-Dame.
AVRIL. 1763.
81
P
*
Après avoir parlé de la victoire que
Philippe de Valois remporta à Caffel
fur les Flamands le 23 Août 1328 ,
différens manufcrits des grandes Chroniques
de S. Denis , & toutes les anciennes
Editions de ces Chroniques ,
difent , que Philippe de Valois vint à
Saint Denis , & lui rendit fur fon Autel
l'oriflame qu'il avoit pris quand ilpartit
pour aller contre les Flamands , & puis
s'en alla à Notre- Dame de Paris , &
quand il fut là , fe fit armer des armes
qu'il avoit portées dans la bataille contre
les Flamands , & puis monta fur
fon deftrier , & ainfi entra dans l'Eglife
de Notre - Dame , & très- devotement la
remercia , & luipréfenta le cheval fur lequel
il étoit monté & toutes fes armures.
Quelle peut donc être la difcuffion
demandera- t'on ? La voici : on dit que
dans différens manufcrits des grandes
Chroniques de Saint Denis , s'il y a que
Philippe de Valois alla à Notre- Dame
de Paris & y entra monté fur fon def
trier, &c. il y a dans d'autres manufcrits
de ces mêmes Chroniques , qu'il alla à
Notre-Dame de Chartres , & y entra
monté furfon deftrier , &c . & on ajoute
que dans le Continuateur de Nangis
* Edition de 1493 , de 1517 , & autres.
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
on peut lire également iniit Parifios
ou iniit Carnotum , parce que Parifios
ou Carnotum font variantes ; & on con
clut de là que Philippe de Valois n'étant
point entré à cheval dans l'Eglife
de Paris , mais dans celle de Chartres
ce n'eft point fa Statue qu'on voit dans
l'Eglife de Paris , mais celle de Philippe
le Bel
Les grandes Chroniques de Saint
Denis , après avoir parlé fort au long
de la bataille de Mons en Puelle , difent
fimplement que Philippe le Bel revint
à Paris environ la Saint Denis à grande
joye ineftimable. Le Continuateur de
Guillaume de Nangis , après avoir parlé
des fondations que ce Prince fit dans
quelques Eglifes & dans celle de Paris
en reconnoiffance de fa victoire , ne dit
pas un mot de fa cavalcade dans cette
Eglife . Eft- il naturel que ces Hiftoriens
n'en euffent pas parlé à l'article de ce
Prince & de fes fondations ? Eft-il naturel
que dans la fuite , lorfqu'ils difent que
Philippe de Valois entra à cheval dans
l'Eglife de Paris , où , fi l'on veut , de
Chartres , ils n'euffent pas ajouté , comme
Philippe le Bel avoit fait après fa
victoire de Mons en Puelle ? Cette ob-.
jection n'eſt - elle pas convaincante 2
AVRIL 1763. 83
Ne faudroit- il pas , pour la combattre ,
préfenter quelque titre authentique où
fut porté que Philippe le Bel entra
dans l'Eglife de Paris à cheval ; or , ni
Claude Joly , ni autres n'en produifent
& n'en ont jamais produit aucun ; au
lieu que dans un manufcrit qui, paroît
être de 1360 , cotté H , numéro 22 ,
& faifant partie des manufcrits que le
Chapitre de Notre Dame a donnés au
Roi , il eft dit que Philippe de Valois ,
après la bataille de Caffel , l'an 1328
entra tout armé fur fon deftrier dans
L'Eglife de Notre- Dame de Paris ...
& que fa repréfentation eft affife fur
deux pilliers devant l'image de ladite
Dame , en la Nefde ladite Eglife.
-
Examinons à préfent la Lettre de Clau
de Joly. Paul Emile , dit-il , attribue la
Statue en queftion à Philippe le Bel ; &
Paul Emile étant Chanoine de Notre-
Dame de Paris il est vraisemblable
qu'il n'auroit pas attribué à ce . Prince
une action fi publique & fi folemnelle ,
s'il n'en eût été bien affuré, ou par
quelqu'écrit authentique. Qu par une :
tradition qui étoit alors tenue pour conftante
& certaine parmi fes Confreres.
Réponse. Sous le regne de Henri II
à côté de cette Statue , on mit des vers
9
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
& une infcription qui y a fubfifté plus
de cent ans , & par laquelle on difoit
que c'étoit la Statue de Philippe de Valois
; la plupart des Chanoines dont
Paul Emile avoit été Confrère , étoient
encore vivans ; eft- il naturel qu'ils ne
fe fuffent pas oppofés à cette infcription ,
& qu'ils l'euffent approuvée , fi elle
avoit été contraire à ce qui étoit porté
dans leurs Archives ?
C'eft fur le témoignage de Nicole
Gilles , dit Claude Joly , que quand on
a commencé de mettre dans les Breviaires
de Paris les Leçons qui font mention de
cette victoire , on a attribué à Philippe
de Valois , non-feulement l'entrée à cheval
dans l'Eglife de Paris , mais auffi
la victoire & la fondation de la fête de
l'année 1304 , quoiqu'il ne fut Roi que
vingt-quatre ans après.
,
Réponse. Dans plufieurs manufcrits
des grandes Chroniques de Saint Denis
bien antérieurs à Nicole Gilles &
dans toutes les anciennes Editions de
ces Chroniques , il eft dit que Philippe
de Valois entra à cheval dans la Cathédrale
de Paris ; c'eft fur ces autorités
que dans les Breviaires on a attribué
cette action folemnelle à ce Prince ;
Claude Joly ne l'ignoroit pas , & il a
AVRIL. 1763. 84
donc tort de dire qu'on ne s'eft fondé
que fur le témoignage de Nicole Gilles.
D'ailleurs , les Breviaires ne confondent
ni les deux Rois , ni les deux victoires ;
il y eft dit , in Ecclefia Parifienfi , propter
commemorationem victoria Philippi
Pulchri , fit duplum ; & après des
Leçons & verfets fur la Vierge , il eft
dit auffi , Philippus Valefius , cum infignem
victoriam de rebellibus Flandris
obtinuiffet , quæ contigit anno 1328 , &c.
Voilà les deux victoires & les deux Rois
bien diftingués ; Philippe le Bel avoit
fait une fondation ; Philippe de Valois
avoit fait une offrande qu'il racheta
par une fomme confidérable , comme
je le prouverai dans la fuite ; d'ailleurs
il avoit fait élever un monument de fa
victoire & de fa reconnoiffance envers
la Vierge ; l'Eglife de Paris faifoit commémoration
de ces deux batailles mémorables
, gagnées l'une & l'autre pendant
l'octave de l'Affomption .
Claude Joli dit qu'il eft encore bon d'obferver
qu'on n'a point mis dans les breviaires
de Paris aucune leçontouchant cela,
avant l'édition de 1584 ; car , ajoutet-
il , il n'y en a aucun qui en parle dans
ceux d'auparavant , de 1479 & 1492.
Réponse. L'Hiftoire de Paul Emile fut
86 MERCURE DE FRANCE.
il
imprimée en 1544 quarante après , eny
1584 , lorfque le Chapitre de Notre
Dame jugea apropos de mettre dans les
breviaires les leçons en queftion , n'eſtpas
vrai femblable qu'il auroit adopté
L'opinion de Paul Emile fon confrère
s'il n'avoit vû dans fes archives qu'elle
n'étoit foutenable. J'ajouterai que
dans ce temps là , il paroiffoit chaque
jour quelque écrit qui traitoit des anciens
droits de nos Rois fur la Flandres
pas
& que même les Provinces unies , cette
même année 1584, avoient offert à Henri
III de fe mettre fous fa domination ;
peut- être que le Chapitre de notre Dame
, attendu ces circonftances , jugea a
propos de joindre a la commémoration
de la victoire de Philippe le Bel , celle
de la victoire de Philippe de Valois ;
on inféroit dans ce temps là , dans les
breviaires & rituels , des prieres & des .
leçons bien moins convenables..
Claude Joli dit que M. de Sponde
Evêque de pamiers , pretend que ceux
qui ont atribué la ftatue en queftion a
Philippe Lebel, ont été refutezpar plufieursperfonnes
, & même par les anciens
Cartulaires de l'Eglife de Paris dont ils
n'avoient pas vu les Archives
ajoute Claude Joli , de quelles Archives
mais
AVRIL 1763.
87
M. de Sponde veut-il parler , puifqu'il
n'y en a point d'autres que la fondation
de Philippe le Bel & les vieux breviaires .
de cette Eglife , qui portent tous le nom
de Philippe le Belfans parler en aucune
façon de Philippe de Valois , lefquelles
Archives Paul Emile avoit pû voir , mais
que certainement Nicole Gilles ni ceuxdefon
opinion n'avoient pas vues , puifque
ce qu'il en écrit leur eft tout contraire.
Reponse , Loin de nous produire quelque
Piéce authentique , dans laquelle il
foit dit que Philippe le Bel entra à cheval
dans l'Eglife de notre Dame , & que
c'eft fa ftatue qu'on y voit , Claude Joli
convient que Paul Emile n'en a point eu
d'autres preuves , & qu'il n'y en a point
d'autres , que la fondation d'une rente
de cent livres,faite par ce Prince , & que.
ce qui eft porté dans les vieux breviaires
; Or, de l'aveu même de Claude Joli,
il n'en eft pas dit un mot dans l'acte de
fondation de cette rente ; & les vieux.
Breviaires difent uniquement , in Ecclefia
Parifienfi , propter commemorationem»
victoria Philippi pulchri , fit duplum.
Le pere Texera & M. de Sponde , qui
avoient eu communication des Archives
de Notre Dame , comme en convient
Claude Joli, ont-ils eu tort de rejetter
88 MERCURE DE FRANCE .
de pareilles preuves ? n'eft-il pas fingu
lier de dire que fi Nicole Gilles les avoit
vues , elles lui auroient fait changer d'opinion
? d'ailleurs M. de Sponde dit que
ceux qui attribuent la ftatue en queftion
à Philippe le Bel, font refutezpar d'anciens
. Cartulaires de l'Eglife de Paris ;
dira-ton que ces anciens Cartulaires
n'ont jamais exifté , & que M. de Sponde
n'en a point vûs ?
Des Prêtres de l'Oratoire ont continué
l'hiftoire particuliere de l'Eglife de Paris
; ils avoient eu en communication
les Archives , le nécrologe , & tous les
titres de cette Cathédrale ; ils avoient
lû la differtation de Claude Joli & les
lettres de M. Jouet , fon ami ; ces hiftoriens
, dans leur ouvrage in-folio , dedié
à M. le Cardinal de Noailles & imprimé
en 1710 , difent , l . 18 , c. 3 , p.
615
qu'il n'eft pas douteux que la ftatue en
queftion eft de Philippe de Valois , &
qu'aucun Roi , avant lui , n'étoit entré
à cheval dans l'Eglife de Notre-Dame ;
& ils ont lû , comme moi , dans le continuateur
de Guillaume de Nangis, qu'ils
citent , iniit Parifios ; ainfi l'anonyme
qui écrit à M. le Prefident Henault , &
qui dit fi poliment ce qui vous divertira ,
doit trouver ces Prêtres de l'Oratoire
très divertiffans. -
AVRIL. 1763. 89
Claude Joly qui tâche d'acrocher des
autorités , cite les Annales de Malingre ,
quoiqu'il n'ignorât pas que Malingre
dans fes Antiqués de Paris , page 10 ,
s'étoit retracté , & qu'il dit que la Statue
en queftion repréfente Philippe de Valois.
Thevet eft du même avis ; cela
n'empêche pas Claude Joly de le citer
en fa faveur .
Je pourrois m'autorifer de la Médaille
qu'on voit dans la France Métallique
, & faire fentir la fauffeté du
raifonnement de Claude Joly ; mais
comme je ne cherche & que je n'employe
que la vérité , j'avoue que cette
Médaille eft fuppofée ; mais on juge
bien que l'Auteur de la France Métallique
, pour fuppofer cette Médaille
alla à Notre-Dame de Paris & copia
bien exactement la Statue en queftion.
Venons à préfent aux Lettres de
M. Jouet. Il dit que Philippe le Bel , en
reconnoiffance de fa victoire de Mons
en Puelle , fit à l'Eglife de Chartres ,
comme à celle Paris , une fondation de
cent livres de rente ; qu'en conféquence
on célébre tous les ans à Chartres , le
17 Août , l'Office de Notre-Dame de
la Victoire , & que ce jour-là on tire
du tréfor & l'on expofe aux yeux du
go MERCURE DE FRANCE ..
public une Armure très- riche , mais
qui ne pouvoit être que d'un jeune
homme de treize à quatorze ans ; il
differte beaucoup fur cette armure , &
prétend que Philippe le Bel envoya
fon fils Charles en faire l'offrande à
Notre-Dame de Chartres ; mais il ne
réfléchit pas que ce fils Charles n'avoit
que neufans lors de la bataille de Mons
en Puelle ; qu'il n'étoit point à cette
bataille ; que ce n'étoient pas fes armes ,
mais celles de fon pere qu'il auroit été
chargé d'offrir ; qu'il n'eft pas douteux
que l'épée & la ceinture font femées
de Dauphins & que ces armes font
donc bien poftérieures au règne de
Philippe le Bel, le Dauphiné n'ayant
été uni à la Couronne qu'en 1349 ;
qu'enfin c'eft l'armure que Charles VI,
qu'on appella long-tems le petit Roi ,
envoya en offrande à Notre -Dame de
Chartres , après avoir battu les Fla
mands à Rofebeque en 1482 ce
Prince n'avoit alors que quatorze ans.
On demandera pourquoi on étale cette
armure le jour qu'on célébre la victoire
de Mons en Puelle ? Parce qu'apparemment
, dans la fuite des tems , on avoit
oublié de qui elle venoit , & qu'on
imagina que c'étoit une offrande de
AVRIL. 1763 91
Philippe le Bel; il eft naturel de penfer
plutôt à ceux qui font des fondations.
qu'aux autres. Ce qu'il y a de trèscertain
, c'est que dans l'acte de fondation
de cent livres de rente & dans
les Archives de l'Eglife de Chartres ,
il n'eft point parlé du tout de cette
armure ni d'aucune offrande de Philippe
le Bel ; il fit , je le répéte , des
fondations à Paris , à Chartres , & dans
d'autres Eglifes , en reconnoiffance de fa
victoire ; mais il n'y offrit jamais ni fes
armes ni fon cheval
M. Jouet produit enfuite une pièce
authentique , tirée des Archives de l'Eglife
de Chartres , dans laquelle il eft
dit , que le Chapitre s'étant aſſemblé , a
délibéré que la fomme de mille livres
que le Roi ( Philippe de Valois ) a donnée
pour le rachapt de fon cheval & de
fes armes , qu'il avoit préfentez lui même
à la Vierge , fera employée à acquerir
des fonds ou des révenus pour ladite.
Eglife de Chartres. Cela confirme ce
que j'ai toujours penfé & dit , & ce qu'a
écrit , il y a plus de cent-ans , M. Souchet
, Secrétaire & Chanoine du chapi-.
tre de Chartres , dans fon hiftoire Manuferite
de ce chapitre & de cette ville
Philippe de Valois alla d'abord à Notre
02 MERCURE DE FRANCE.
1
Dame de Paris ou il offrit à la Vierge fes
armes & fon cheval , & les racheta par
une fomme de mille livres ; il alla enfuite
à Chartres ou il fit précisément la
même cérémonie. C'étoient les anciens
ufages ; dans une tranfaction de l'an
1329 , entre les Curés de Paris & l'Eglife
du S. Sepulchre , il eft dit qu'un
mourant fera libre de choisir fa fepulture
dans cette Fglife , mais que fon corps
fera d'abord porté à la Paroiffe fur laquelle
il fera mort & que le Curé de
cette Paroiffe aura la moitié du luminaire
& de ce qui reviendra des hardes & chevaux
( ex pannis & equis ) qui feront
préfentés , lors de l'inhumation dans
Eglife du S. Sepulcre. Au fervice fait
à S. Denis en 1489 , pour Bertrand Duguefclin
, par l'ordre de Charles VI ,
L'Evêque qui célebroit la Meffe , reçut le
préfent des chevaux qui furent préſentés
à l'offrande , en leur mettant la main fur
la tête ; enfuite on les remena ; mais il
fallut compofer pour le droit de l'Abbaye
à laquelle ils étoient dévolus.
En
1329 Pierre
de
Cugneres
,
Avocat
du Roi au Parlement
, plaida
contre
les ufurpations
des Ecléfiaftiques
fur la juftice
temporelle
; le Jugement
de Philippe
de Valois
parut
favorable
AVRIL. 1763:
93
au Clergé qui tacha de lui marquer fa
réconnoiffance par des honneurs & des
tîtres ; il lui donna celui de Roi Catholique
; & comme la victoire de Caffel
& l'action folemnelle que ce Prince
avoit faite à Paris & à Chartres
étoient affez récentes, je croirois volontiers
que ce fut dans ce temps-là , que
chacune de ces deux Eglifes lui éleva
une ftatue équeftre ; ce qu'il y a de très
certain , c'eſt que l'Eglife de Sens ( 1 )
lui en éleva une dans ce même temps-
-là , femblable , dit D. du Breul , page
21 , à celle de ce Roi dans notre Eglife
de Paris , & au- deffous de laquelle
ftatue de Sens , on lit deux vers où il
eft qualifié défenfeur des droits de l'Eglife.
L'Auteur du Traité des anciennes armes
offenfives & défenfives des François
, imprimé chez Blaife , en 1635 .
dit , p . 113 , que Philippe le Bel ayant
rendu le Parlement fédentaire , les Chcvaliers
qui y préfidoient , pourfe diftinguer
des gens de Loi , firent faire des
bonnets de la forme de leurs cafques , &
( 1 ) Pierre du Roger , Archevêque de Sens ,
parla pour le Clergé , & imagina cette marque
de reconnoiffance envers Philippe de Valois , au
lieu des Décimes que ce Prince eípéroit du Clergé.
94 MERCURE DE FRANCE .
que voilà l'origine des Mortiers des Préfidens
; car ce ne fut , ajoute-t-il , que
fous le regne de Philippe le Long qu'on
imagina les cafques en forme de cone ,
s'élargiffant en defcendant fur les épau
les & comme un fabot renverfé
tel que celui qu'on voit à Philippe de
Valois dans Notre - Dame de Paris ; on
croyoit parer à l'inconvénient des cafques
trop plats , fur lefquels un coup de
maffue bien affené devoit enfoncer la tête
de celui qui le portoit ; mais dans là
fuite on trouva ces cafques fi pefans ,
qu'on changea encore.
F'ignorois qu'on avoit mis une nou
velle infcription au - deffous de la Statue
Equeftre qui eft à Notre - Dame ; il n'y
a qu'un an que je l'appris par une Brochure
où l'on me reprenoit aigrement
fur ce que j'avois dit , dans mes Effais
Hiftoriques , que cette Statue repréfentoit
Philippe de Valois . L'Auteur de
cette Brochure , pénétré d'admiration
pour M. le Préfident Henault , ne joignoit
pas à ce mérite celui d'être poli ;
ainfi je n'ai jamais pensé à lui répondre ;
mais en faifant des corrections & des
additions à mes Effais Hiftoriques , j'ai
voulu voirfi je m'étois trompé au fujet de
cette Statue ; ma differtation a paru dans
le premier Volume du Mercure de Janvier
dernier ; voici un nouvel Anonyme
qui m'attaque ; il mêle à l'érudition
le fel de la fine plaifanterie , & je ne
doute point que les perfonnes qui dînoient
chez M. le Préfident Henault
n'ayent bien ri lorfqu'il dit qu'il me croit
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
trop galant homme pour vouloir faire
defcendre fi malhonnêtement notre grand
Roi Philippe le Bel de deffus fon cheval.
Je ne connoiffois point le Voyage de
Munfter, je l'ai cherché , je l'ai trouvé ,
je l'ai lu , & je protefte que j'aurois
fouhaité de pouvoir dire que je m'étois
trompé ; ma pareffe en eût été flattée
; mais les raifonnemens de Claude
Joly n'ont fervi qu'à me confirmer dans
le fentiment que j'avois embraffé. Il
faut néceffairement rappeller l'état de la
queſtion , & l'on peut compter que je
vais l'expofer avec une entiere impartialité.
9 :
Philippe le Bel, en reconnoiffance
de la victoire qu'il avoit remportée fur
les Flamands à Mons en Puelle le 18
Août 1304 , fit des fondations à Notre-
Dame de Paris , à Notre - Dame de
Chartres & dans d'autres Eglifes ; mais ,
ni dans ces actes de fondation , ni dans
aucun ancien Breyiaire , ni dans aucun
Hiftorien comtemporain , il n'eft dit
qu'il foit entré à cheval dans l'Eglife de
Notre-Dame de Paris , & qu'il y ait
fait à la Vierge l'offrande de fes armes
& de fon cheval. D'ailleurs , il n'y en a
& il n'y en a jamais eu aucunes preuves
dans les Papiers , Cartulaires , Nécrologe
& Archives de Notre-Dame.
AVRIL. 1763.
81
P
*
Après avoir parlé de la victoire que
Philippe de Valois remporta à Caffel
fur les Flamands le 23 Août 1328 ,
différens manufcrits des grandes Chroniques
de S. Denis , & toutes les anciennes
Editions de ces Chroniques ,
difent , que Philippe de Valois vint à
Saint Denis , & lui rendit fur fon Autel
l'oriflame qu'il avoit pris quand ilpartit
pour aller contre les Flamands , & puis
s'en alla à Notre- Dame de Paris , &
quand il fut là , fe fit armer des armes
qu'il avoit portées dans la bataille contre
les Flamands , & puis monta fur
fon deftrier , & ainfi entra dans l'Eglife
de Notre - Dame , & très- devotement la
remercia , & luipréfenta le cheval fur lequel
il étoit monté & toutes fes armures.
Quelle peut donc être la difcuffion
demandera- t'on ? La voici : on dit que
dans différens manufcrits des grandes
Chroniques de Saint Denis , s'il y a que
Philippe de Valois alla à Notre- Dame
de Paris & y entra monté fur fon def
trier, &c. il y a dans d'autres manufcrits
de ces mêmes Chroniques , qu'il alla à
Notre-Dame de Chartres , & y entra
monté furfon deftrier , &c . & on ajoute
que dans le Continuateur de Nangis
* Edition de 1493 , de 1517 , & autres.
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
on peut lire également iniit Parifios
ou iniit Carnotum , parce que Parifios
ou Carnotum font variantes ; & on con
clut de là que Philippe de Valois n'étant
point entré à cheval dans l'Eglife
de Paris , mais dans celle de Chartres
ce n'eft point fa Statue qu'on voit dans
l'Eglife de Paris , mais celle de Philippe
le Bel
Les grandes Chroniques de Saint
Denis , après avoir parlé fort au long
de la bataille de Mons en Puelle , difent
fimplement que Philippe le Bel revint
à Paris environ la Saint Denis à grande
joye ineftimable. Le Continuateur de
Guillaume de Nangis , après avoir parlé
des fondations que ce Prince fit dans
quelques Eglifes & dans celle de Paris
en reconnoiffance de fa victoire , ne dit
pas un mot de fa cavalcade dans cette
Eglife . Eft- il naturel que ces Hiftoriens
n'en euffent pas parlé à l'article de ce
Prince & de fes fondations ? Eft-il naturel
que dans la fuite , lorfqu'ils difent que
Philippe de Valois entra à cheval dans
l'Eglife de Paris , où , fi l'on veut , de
Chartres , ils n'euffent pas ajouté , comme
Philippe le Bel avoit fait après fa
victoire de Mons en Puelle ? Cette ob-.
jection n'eſt - elle pas convaincante 2
AVRIL 1763. 83
Ne faudroit- il pas , pour la combattre ,
préfenter quelque titre authentique où
fut porté que Philippe le Bel entra
dans l'Eglife de Paris à cheval ; or , ni
Claude Joly , ni autres n'en produifent
& n'en ont jamais produit aucun ; au
lieu que dans un manufcrit qui, paroît
être de 1360 , cotté H , numéro 22 ,
& faifant partie des manufcrits que le
Chapitre de Notre Dame a donnés au
Roi , il eft dit que Philippe de Valois ,
après la bataille de Caffel , l'an 1328
entra tout armé fur fon deftrier dans
L'Eglife de Notre- Dame de Paris ...
& que fa repréfentation eft affife fur
deux pilliers devant l'image de ladite
Dame , en la Nefde ladite Eglife.
-
Examinons à préfent la Lettre de Clau
de Joly. Paul Emile , dit-il , attribue la
Statue en queftion à Philippe le Bel ; &
Paul Emile étant Chanoine de Notre-
Dame de Paris il est vraisemblable
qu'il n'auroit pas attribué à ce . Prince
une action fi publique & fi folemnelle ,
s'il n'en eût été bien affuré, ou par
quelqu'écrit authentique. Qu par une :
tradition qui étoit alors tenue pour conftante
& certaine parmi fes Confreres.
Réponse. Sous le regne de Henri II
à côté de cette Statue , on mit des vers
9
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
& une infcription qui y a fubfifté plus
de cent ans , & par laquelle on difoit
que c'étoit la Statue de Philippe de Valois
; la plupart des Chanoines dont
Paul Emile avoit été Confrère , étoient
encore vivans ; eft- il naturel qu'ils ne
fe fuffent pas oppofés à cette infcription ,
& qu'ils l'euffent approuvée , fi elle
avoit été contraire à ce qui étoit porté
dans leurs Archives ?
C'eft fur le témoignage de Nicole
Gilles , dit Claude Joly , que quand on
a commencé de mettre dans les Breviaires
de Paris les Leçons qui font mention de
cette victoire , on a attribué à Philippe
de Valois , non-feulement l'entrée à cheval
dans l'Eglife de Paris , mais auffi
la victoire & la fondation de la fête de
l'année 1304 , quoiqu'il ne fut Roi que
vingt-quatre ans après.
,
Réponse. Dans plufieurs manufcrits
des grandes Chroniques de Saint Denis
bien antérieurs à Nicole Gilles &
dans toutes les anciennes Editions de
ces Chroniques , il eft dit que Philippe
de Valois entra à cheval dans la Cathédrale
de Paris ; c'eft fur ces autorités
que dans les Breviaires on a attribué
cette action folemnelle à ce Prince ;
Claude Joly ne l'ignoroit pas , & il a
AVRIL. 1763. 84
donc tort de dire qu'on ne s'eft fondé
que fur le témoignage de Nicole Gilles.
D'ailleurs , les Breviaires ne confondent
ni les deux Rois , ni les deux victoires ;
il y eft dit , in Ecclefia Parifienfi , propter
commemorationem victoria Philippi
Pulchri , fit duplum ; & après des
Leçons & verfets fur la Vierge , il eft
dit auffi , Philippus Valefius , cum infignem
victoriam de rebellibus Flandris
obtinuiffet , quæ contigit anno 1328 , &c.
Voilà les deux victoires & les deux Rois
bien diftingués ; Philippe le Bel avoit
fait une fondation ; Philippe de Valois
avoit fait une offrande qu'il racheta
par une fomme confidérable , comme
je le prouverai dans la fuite ; d'ailleurs
il avoit fait élever un monument de fa
victoire & de fa reconnoiffance envers
la Vierge ; l'Eglife de Paris faifoit commémoration
de ces deux batailles mémorables
, gagnées l'une & l'autre pendant
l'octave de l'Affomption .
Claude Joli dit qu'il eft encore bon d'obferver
qu'on n'a point mis dans les breviaires
de Paris aucune leçontouchant cela,
avant l'édition de 1584 ; car , ajoutet-
il , il n'y en a aucun qui en parle dans
ceux d'auparavant , de 1479 & 1492.
Réponse. L'Hiftoire de Paul Emile fut
86 MERCURE DE FRANCE.
il
imprimée en 1544 quarante après , eny
1584 , lorfque le Chapitre de Notre
Dame jugea apropos de mettre dans les
breviaires les leçons en queftion , n'eſtpas
vrai femblable qu'il auroit adopté
L'opinion de Paul Emile fon confrère
s'il n'avoit vû dans fes archives qu'elle
n'étoit foutenable. J'ajouterai que
dans ce temps là , il paroiffoit chaque
jour quelque écrit qui traitoit des anciens
droits de nos Rois fur la Flandres
pas
& que même les Provinces unies , cette
même année 1584, avoient offert à Henri
III de fe mettre fous fa domination ;
peut- être que le Chapitre de notre Dame
, attendu ces circonftances , jugea a
propos de joindre a la commémoration
de la victoire de Philippe le Bel , celle
de la victoire de Philippe de Valois ;
on inféroit dans ce temps là , dans les
breviaires & rituels , des prieres & des .
leçons bien moins convenables..
Claude Joli dit que M. de Sponde
Evêque de pamiers , pretend que ceux
qui ont atribué la ftatue en queftion a
Philippe Lebel, ont été refutezpar plufieursperfonnes
, & même par les anciens
Cartulaires de l'Eglife de Paris dont ils
n'avoient pas vu les Archives
ajoute Claude Joli , de quelles Archives
mais
AVRIL 1763.
87
M. de Sponde veut-il parler , puifqu'il
n'y en a point d'autres que la fondation
de Philippe le Bel & les vieux breviaires .
de cette Eglife , qui portent tous le nom
de Philippe le Belfans parler en aucune
façon de Philippe de Valois , lefquelles
Archives Paul Emile avoit pû voir , mais
que certainement Nicole Gilles ni ceuxdefon
opinion n'avoient pas vues , puifque
ce qu'il en écrit leur eft tout contraire.
Reponse , Loin de nous produire quelque
Piéce authentique , dans laquelle il
foit dit que Philippe le Bel entra à cheval
dans l'Eglife de notre Dame , & que
c'eft fa ftatue qu'on y voit , Claude Joli
convient que Paul Emile n'en a point eu
d'autres preuves , & qu'il n'y en a point
d'autres , que la fondation d'une rente
de cent livres,faite par ce Prince , & que.
ce qui eft porté dans les vieux breviaires
; Or, de l'aveu même de Claude Joli,
il n'en eft pas dit un mot dans l'acte de
fondation de cette rente ; & les vieux.
Breviaires difent uniquement , in Ecclefia
Parifienfi , propter commemorationem»
victoria Philippi pulchri , fit duplum.
Le pere Texera & M. de Sponde , qui
avoient eu communication des Archives
de Notre Dame , comme en convient
Claude Joli, ont-ils eu tort de rejetter
88 MERCURE DE FRANCE .
de pareilles preuves ? n'eft-il pas fingu
lier de dire que fi Nicole Gilles les avoit
vues , elles lui auroient fait changer d'opinion
? d'ailleurs M. de Sponde dit que
ceux qui attribuent la ftatue en queftion
à Philippe le Bel, font refutezpar d'anciens
. Cartulaires de l'Eglife de Paris ;
dira-ton que ces anciens Cartulaires
n'ont jamais exifté , & que M. de Sponde
n'en a point vûs ?
Des Prêtres de l'Oratoire ont continué
l'hiftoire particuliere de l'Eglife de Paris
; ils avoient eu en communication
les Archives , le nécrologe , & tous les
titres de cette Cathédrale ; ils avoient
lû la differtation de Claude Joli & les
lettres de M. Jouet , fon ami ; ces hiftoriens
, dans leur ouvrage in-folio , dedié
à M. le Cardinal de Noailles & imprimé
en 1710 , difent , l . 18 , c. 3 , p.
615
qu'il n'eft pas douteux que la ftatue en
queftion eft de Philippe de Valois , &
qu'aucun Roi , avant lui , n'étoit entré
à cheval dans l'Eglife de Notre-Dame ;
& ils ont lû , comme moi , dans le continuateur
de Guillaume de Nangis, qu'ils
citent , iniit Parifios ; ainfi l'anonyme
qui écrit à M. le Prefident Henault , &
qui dit fi poliment ce qui vous divertira ,
doit trouver ces Prêtres de l'Oratoire
très divertiffans. -
AVRIL. 1763. 89
Claude Joly qui tâche d'acrocher des
autorités , cite les Annales de Malingre ,
quoiqu'il n'ignorât pas que Malingre
dans fes Antiqués de Paris , page 10 ,
s'étoit retracté , & qu'il dit que la Statue
en queftion repréfente Philippe de Valois.
Thevet eft du même avis ; cela
n'empêche pas Claude Joly de le citer
en fa faveur .
Je pourrois m'autorifer de la Médaille
qu'on voit dans la France Métallique
, & faire fentir la fauffeté du
raifonnement de Claude Joly ; mais
comme je ne cherche & que je n'employe
que la vérité , j'avoue que cette
Médaille eft fuppofée ; mais on juge
bien que l'Auteur de la France Métallique
, pour fuppofer cette Médaille
alla à Notre-Dame de Paris & copia
bien exactement la Statue en queftion.
Venons à préfent aux Lettres de
M. Jouet. Il dit que Philippe le Bel , en
reconnoiffance de fa victoire de Mons
en Puelle , fit à l'Eglife de Chartres ,
comme à celle Paris , une fondation de
cent livres de rente ; qu'en conféquence
on célébre tous les ans à Chartres , le
17 Août , l'Office de Notre-Dame de
la Victoire , & que ce jour-là on tire
du tréfor & l'on expofe aux yeux du
go MERCURE DE FRANCE ..
public une Armure très- riche , mais
qui ne pouvoit être que d'un jeune
homme de treize à quatorze ans ; il
differte beaucoup fur cette armure , &
prétend que Philippe le Bel envoya
fon fils Charles en faire l'offrande à
Notre-Dame de Chartres ; mais il ne
réfléchit pas que ce fils Charles n'avoit
que neufans lors de la bataille de Mons
en Puelle ; qu'il n'étoit point à cette
bataille ; que ce n'étoient pas fes armes ,
mais celles de fon pere qu'il auroit été
chargé d'offrir ; qu'il n'eft pas douteux
que l'épée & la ceinture font femées
de Dauphins & que ces armes font
donc bien poftérieures au règne de
Philippe le Bel, le Dauphiné n'ayant
été uni à la Couronne qu'en 1349 ;
qu'enfin c'eft l'armure que Charles VI,
qu'on appella long-tems le petit Roi ,
envoya en offrande à Notre -Dame de
Chartres , après avoir battu les Fla
mands à Rofebeque en 1482 ce
Prince n'avoit alors que quatorze ans.
On demandera pourquoi on étale cette
armure le jour qu'on célébre la victoire
de Mons en Puelle ? Parce qu'apparemment
, dans la fuite des tems , on avoit
oublié de qui elle venoit , & qu'on
imagina que c'étoit une offrande de
AVRIL. 1763 91
Philippe le Bel; il eft naturel de penfer
plutôt à ceux qui font des fondations.
qu'aux autres. Ce qu'il y a de trèscertain
, c'est que dans l'acte de fondation
de cent livres de rente & dans
les Archives de l'Eglife de Chartres ,
il n'eft point parlé du tout de cette
armure ni d'aucune offrande de Philippe
le Bel ; il fit , je le répéte , des
fondations à Paris , à Chartres , & dans
d'autres Eglifes , en reconnoiffance de fa
victoire ; mais il n'y offrit jamais ni fes
armes ni fon cheval
M. Jouet produit enfuite une pièce
authentique , tirée des Archives de l'Eglife
de Chartres , dans laquelle il eft
dit , que le Chapitre s'étant aſſemblé , a
délibéré que la fomme de mille livres
que le Roi ( Philippe de Valois ) a donnée
pour le rachapt de fon cheval & de
fes armes , qu'il avoit préfentez lui même
à la Vierge , fera employée à acquerir
des fonds ou des révenus pour ladite.
Eglife de Chartres. Cela confirme ce
que j'ai toujours penfé & dit , & ce qu'a
écrit , il y a plus de cent-ans , M. Souchet
, Secrétaire & Chanoine du chapi-.
tre de Chartres , dans fon hiftoire Manuferite
de ce chapitre & de cette ville
Philippe de Valois alla d'abord à Notre
02 MERCURE DE FRANCE.
1
Dame de Paris ou il offrit à la Vierge fes
armes & fon cheval , & les racheta par
une fomme de mille livres ; il alla enfuite
à Chartres ou il fit précisément la
même cérémonie. C'étoient les anciens
ufages ; dans une tranfaction de l'an
1329 , entre les Curés de Paris & l'Eglife
du S. Sepulchre , il eft dit qu'un
mourant fera libre de choisir fa fepulture
dans cette Fglife , mais que fon corps
fera d'abord porté à la Paroiffe fur laquelle
il fera mort & que le Curé de
cette Paroiffe aura la moitié du luminaire
& de ce qui reviendra des hardes & chevaux
( ex pannis & equis ) qui feront
préfentés , lors de l'inhumation dans
Eglife du S. Sepulcre. Au fervice fait
à S. Denis en 1489 , pour Bertrand Duguefclin
, par l'ordre de Charles VI ,
L'Evêque qui célebroit la Meffe , reçut le
préfent des chevaux qui furent préſentés
à l'offrande , en leur mettant la main fur
la tête ; enfuite on les remena ; mais il
fallut compofer pour le droit de l'Abbaye
à laquelle ils étoient dévolus.
En
1329 Pierre
de
Cugneres
,
Avocat
du Roi au Parlement
, plaida
contre
les ufurpations
des Ecléfiaftiques
fur la juftice
temporelle
; le Jugement
de Philippe
de Valois
parut
favorable
AVRIL. 1763:
93
au Clergé qui tacha de lui marquer fa
réconnoiffance par des honneurs & des
tîtres ; il lui donna celui de Roi Catholique
; & comme la victoire de Caffel
& l'action folemnelle que ce Prince
avoit faite à Paris & à Chartres
étoient affez récentes, je croirois volontiers
que ce fut dans ce temps-là , que
chacune de ces deux Eglifes lui éleva
une ftatue équeftre ; ce qu'il y a de très
certain , c'eſt que l'Eglife de Sens ( 1 )
lui en éleva une dans ce même temps-
-là , femblable , dit D. du Breul , page
21 , à celle de ce Roi dans notre Eglife
de Paris , & au- deffous de laquelle
ftatue de Sens , on lit deux vers où il
eft qualifié défenfeur des droits de l'Eglife.
L'Auteur du Traité des anciennes armes
offenfives & défenfives des François
, imprimé chez Blaife , en 1635 .
dit , p . 113 , que Philippe le Bel ayant
rendu le Parlement fédentaire , les Chcvaliers
qui y préfidoient , pourfe diftinguer
des gens de Loi , firent faire des
bonnets de la forme de leurs cafques , &
( 1 ) Pierre du Roger , Archevêque de Sens ,
parla pour le Clergé , & imagina cette marque
de reconnoiffance envers Philippe de Valois , au
lieu des Décimes que ce Prince eípéroit du Clergé.
94 MERCURE DE FRANCE .
que voilà l'origine des Mortiers des Préfidens
; car ce ne fut , ajoute-t-il , que
fous le regne de Philippe le Long qu'on
imagina les cafques en forme de cone ,
s'élargiffant en defcendant fur les épau
les & comme un fabot renverfé
tel que celui qu'on voit à Philippe de
Valois dans Notre - Dame de Paris ; on
croyoit parer à l'inconvénient des cafques
trop plats , fur lefquels un coup de
maffue bien affené devoit enfoncer la tête
de celui qui le portoit ; mais dans là
fuite on trouva ces cafques fi pefans ,
qu'on changea encore.
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Résumé : RÉPONSE de M. de SAINT- FOIX.
M. de Saint-Foix a été critiqué pour avoir attribué une statue équestre à Notre-Dame de Paris à Philippe de Valois. Une brochure anonyme l'accusa d'erreur en mentionnant une nouvelle inscription sous la statue. Saint-Foix vérifia cette information et publia sa réflexion dans le Mercure de Janvier. Un nouvel anonyme, admirateur du Président Henault, le critiqua à nouveau, mais Saint-Foix resta convaincu de son interprétation. Saint-Foix examina les sources historiques. Philippe le Bel, après sa victoire à Mons-en-Puelle en 1304, fit des fondations à Notre-Dame de Paris et à Chartres, mais aucune source contemporaine ne mentionne qu'il soit entré à cheval dans l'église de Notre-Dame de Paris. En revanche, les Grandes Chroniques de Saint-Denis rapportent que Philippe de Valois, après sa victoire à Cassel en 1328, entra à cheval à Notre-Dame de Paris. Saint-Foix contesta les arguments de Claude Joly, qui soutenait que la statue représentait Philippe le Bel. Il souligna que les manuscrits des Grandes Chroniques de Saint-Denis et les anciens breviaires attribuaient cette action à Philippe de Valois. Des prêtres de l'Oratoire, ayant consulté les archives de Notre-Dame, confirmèrent que la statue était bien celle de Philippe de Valois. Saint-Foix réfuta les accusations de Claude Joly en montrant que les preuves avancées par ce dernier étaient insuffisantes et contradictoires. Il conclut que la statue représentait Philippe de Valois, appuyé par les sources historiques et les archives de Notre-Dame. Par ailleurs, le texte discute de l'origine et de l'histoire d'une armure exposée à Notre-Dame de Chartres. Contrairement à une croyance populaire, cette armure n'a pas été offerte par Philippe le Bel. Charles, fils de Philippe le Bel, n'avait que neuf ans lors de la bataille de Mons-en-Puelle et n'était pas présent. L'armure et la ceinture sont des armes de Dauphins, ce qui les situe après 1349, date à laquelle le Dauphiné fut uni à la Couronne. En réalité, l'armure a été offerte par Charles VI après sa victoire contre les Flamands à Rosbecque en 1382, alors qu'il avait quatorze ans. L'armure est exposée le jour de la célébration de la victoire de Mons-en-Puelle en raison d'une confusion historique. Les archives de l'église de Chartres ne mentionnent aucune offrande de Philippe le Bel, mais confirment des fondations faites par Philippe de Valois. Ce dernier, après sa victoire, offrit ses armes et son cheval à Notre-Dame de Paris et de Chartres, suivant des usages anciens.
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444
p. 143-146
L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
Début :
DANS le nombre des découvertes intéressantes que ce siècle a déja procurées [...]
Mots clefs :
Architecte, Académie, Morceaux, Registre de l'Académie royale d'architecture, Gravure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
L'ART de graver Architecture dans le
goût du Lavis.
DANS ANS le nombre des découvertes
intéreffantes que ce fiècle a déja procurées
aux beaux arts , les amateurs feront
fans doute contens de celle que
le fieur Pierre - André Barabé vient de
mettre au jour. Cet Artifte qui entend
très - bien l'Architecture à laquelle il s'eft
appliqué férieuſement pendant plufieurs
144 MERCURE DE FRANCE:
années à l'École de M. Blondel, Architecte
du Roi , imagina dès le mois de
Janvier 1762 , d'imiter le pinceau dans
la gravure , à la place des tailles ufitées
jufqu'à préfent. Le fieur Barabé connoiffoit
bien la manière appellée la manière
noire que Chemitz & plufieurs
habiles Artiftes en ce genre ont employée
dans des fujets d'hiftoire ; mais
Cette manière noire ne fe pouvant appliquer
à l'Architecture , celle-ci demandant
plus de précifion dans le trait ,
& d'éxactitude dans les ornemens que
n'en éxigent la figure , le payfage , ou
toute autre fabrique des tableaux de
chevalet ; notre Auteur a conçu & fait
forger un outil qui , conduit par des
combinaifons qu'il a appliquées à ce
genre de travail , lui fait faire une mulfitude
infinie de points triangulaires qui
bien fondus enſemble expriment dans
le plus grand degré de perfection les
teintes les plus légères , & les ombres
les plus marquées dans le goût du lavis ,
& même une accélération , à laquelle
il n'avoit d'abord ofé prétendre. Le fieur
Barabé content de fes premiers fuccès ,
communiqua cette nouvelle invention
à M. le Comte de Caylus , qui enchanté
de cette découverte , encouragea l'Auteur
AVRIL. 1763. 145
que
teur & le chargea de lui graver quelques
planches d'après les deffeins de
Meffieurs Mignard que M. de Franque
Architecte du Roi lui avoit fait procurer
& qui ont très-bien réuffi . Ce fçavant
& digne citoyen confeilla même
au fieur Barabé de faire voir ſes épreu
ves à l'Académie Royale d'Architecture.
Il a fuivi ce confeil patriotrique & a été
très - bien accueilli de ce Corps illuftre
auquel il a été préſenté ainfi fes
ouvrages ,le 21 Mars de cette année , par
M. Soufflot , Architecte & Contrôleur
des Bâtimens du Roi , Ecuyer , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel, & .
Membre de cette Académie. Ce jeune
Auteur dans cette féance a goûté la
fatisfaction de voir applaudir fes recherches
, fes talens & fon travail , & d'obtenir
enfuite l'Extrait des Registres de
cette Compagnie ; Extrait que je vais
vous rapporter ici , comme un garant
de la perfection que je viens de vous
annoncer.
EXTRAIT des Regiftres de l'Académie
Royale d'ARCHITECTURE , du 22
Mars 1763.
M. Barabé a préfenté à PAcadémie
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
quatre morceaux de gravure d'Architecture
éxécutés dans une manière nouvelle
d'après des deffeins du Temple de
Diane à Nîmes , faits à la fin du dernier
fiécle par M. Mignard : ces quatre
Morceaux doivent faire partie d'un Livre
des Antiquités de Languedoc & de
Provence que M. le Comte de Caylus
va donner au Public , & qui fera entiérement
gravé dans cette nouvelle manière
qui a paru à l'Académie très-bien
imiter le lavis à l'encre de la Chine . La
Compagnie qui a vu avec plaifir ces
quatre Morceaux de gravures , & qui
regarde la nouvelle manière dont ils
font exécutés , comme très- agréable &
très- utile , eft d'avis qu'on ne peut trop
encourager M. Barabé qui les a faits à
perfe&ionner de plus en plus ce nouveau
genre de gravures qui rend parfaitement
bien les deffeins d'Architecture.
goût du Lavis.
DANS ANS le nombre des découvertes
intéreffantes que ce fiècle a déja procurées
aux beaux arts , les amateurs feront
fans doute contens de celle que
le fieur Pierre - André Barabé vient de
mettre au jour. Cet Artifte qui entend
très - bien l'Architecture à laquelle il s'eft
appliqué férieuſement pendant plufieurs
144 MERCURE DE FRANCE:
années à l'École de M. Blondel, Architecte
du Roi , imagina dès le mois de
Janvier 1762 , d'imiter le pinceau dans
la gravure , à la place des tailles ufitées
jufqu'à préfent. Le fieur Barabé connoiffoit
bien la manière appellée la manière
noire que Chemitz & plufieurs
habiles Artiftes en ce genre ont employée
dans des fujets d'hiftoire ; mais
Cette manière noire ne fe pouvant appliquer
à l'Architecture , celle-ci demandant
plus de précifion dans le trait ,
& d'éxactitude dans les ornemens que
n'en éxigent la figure , le payfage , ou
toute autre fabrique des tableaux de
chevalet ; notre Auteur a conçu & fait
forger un outil qui , conduit par des
combinaifons qu'il a appliquées à ce
genre de travail , lui fait faire une mulfitude
infinie de points triangulaires qui
bien fondus enſemble expriment dans
le plus grand degré de perfection les
teintes les plus légères , & les ombres
les plus marquées dans le goût du lavis ,
& même une accélération , à laquelle
il n'avoit d'abord ofé prétendre. Le fieur
Barabé content de fes premiers fuccès ,
communiqua cette nouvelle invention
à M. le Comte de Caylus , qui enchanté
de cette découverte , encouragea l'Auteur
AVRIL. 1763. 145
que
teur & le chargea de lui graver quelques
planches d'après les deffeins de
Meffieurs Mignard que M. de Franque
Architecte du Roi lui avoit fait procurer
& qui ont très-bien réuffi . Ce fçavant
& digne citoyen confeilla même
au fieur Barabé de faire voir ſes épreu
ves à l'Académie Royale d'Architecture.
Il a fuivi ce confeil patriotrique & a été
très - bien accueilli de ce Corps illuftre
auquel il a été préſenté ainfi fes
ouvrages ,le 21 Mars de cette année , par
M. Soufflot , Architecte & Contrôleur
des Bâtimens du Roi , Ecuyer , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel, & .
Membre de cette Académie. Ce jeune
Auteur dans cette féance a goûté la
fatisfaction de voir applaudir fes recherches
, fes talens & fon travail , & d'obtenir
enfuite l'Extrait des Registres de
cette Compagnie ; Extrait que je vais
vous rapporter ici , comme un garant
de la perfection que je viens de vous
annoncer.
EXTRAIT des Regiftres de l'Académie
Royale d'ARCHITECTURE , du 22
Mars 1763.
M. Barabé a préfenté à PAcadémie
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
quatre morceaux de gravure d'Architecture
éxécutés dans une manière nouvelle
d'après des deffeins du Temple de
Diane à Nîmes , faits à la fin du dernier
fiécle par M. Mignard : ces quatre
Morceaux doivent faire partie d'un Livre
des Antiquités de Languedoc & de
Provence que M. le Comte de Caylus
va donner au Public , & qui fera entiérement
gravé dans cette nouvelle manière
qui a paru à l'Académie très-bien
imiter le lavis à l'encre de la Chine . La
Compagnie qui a vu avec plaifir ces
quatre Morceaux de gravures , & qui
regarde la nouvelle manière dont ils
font exécutés , comme très- agréable &
très- utile , eft d'avis qu'on ne peut trop
encourager M. Barabé qui les a faits à
perfe&ionner de plus en plus ce nouveau
genre de gravures qui rend parfaitement
bien les deffeins d'Architecture.
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Résumé : L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
En janvier 1762, Pierre-André Barabé, formé à l'École de M. Blondel, a inventé une nouvelle technique de gravure architecturale inspirée de la manière noire. Cette méthode utilise des points triangulaires pour imiter le lavis, offrant une grande précision dans les traits et les ornements. Barabé a partagé son invention avec le Comte de Caylus, qui l'a encouragé à graver des planches d'après les dessins de Mignard, fournis par l'architecte du Roi, Franque. Ces œuvres ont été bien accueillies. Le 21 mars 1763, avec le soutien de M. Soufflot, Barabé a présenté ses travaux à l'Académie Royale d'Architecture. L'Académie a apprécié ses recherches et ses talents, et l'a encouragé à perfectionner cette nouvelle méthode. Les gravures présentées étaient celles du Temple de Diane à Nîmes, destinées à un livre sur les Antiquités de Languedoc et de Provence édité par le Comte de Caylus. L'Académie a salué la qualité de ces gravures, les jugeant très utiles et agréables, et a exprimé son soutien à Barabé pour qu'il continue à développer cette technique.
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445
p. 146-147
« On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
Début :
On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...]
Mots clefs :
Estampe, Dessinateur, Globes et sphères, Carte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
On vient de mettre au jour une eftampe
en taille douce auffi bien gravée
que compofée . * M. Dupuis , Ğraveur
du Roi y foutient admirablement
la réputation dont il jouit & le tableau de
Elle eft intitulé , Déguisemens enfantins.
AVRIL 1763. 147
,
même grandeur , eft de M. Eiſen ,
Père Deffinateur. Elle est dédiée
à Meffire Jean - Louis - Etienne d'Huteau
, Chevalier & c , Lieutenant de
Roi en la Province du Languedoc &
dé MM . les Maréchaux de France en
Albigeois.
Et fe trouve à Paris chez Buldet
rue de Gefvres . Le prix eft de 40 f.
>
On trouve chez M. Defnos , Ingénieur
pour les Globes & Sphères , rue
S. Jacques , au Globe , une Carte particulière
de la Cayenne , Colonie Françoife
avec le Plan particulier de la
Ville , très-foigneufement gravée.
Comme la Cayenne attire aujourd'hui
l'attention du Public , on a cru
qu'il en verroit volontiers une Carte
particulière ; & celle qu'on lui préſente
ne laiffe rien à defirer pour la connoiffance
éxacte de ce pays . On y a
joint des obfervations fur la découverte
de cette Ifle , fes productions naturelles
, fon étendue , & furtout ce qui
peut être un objet de curiofité dans
les circonftances actuelles.
en taille douce auffi bien gravée
que compofée . * M. Dupuis , Ğraveur
du Roi y foutient admirablement
la réputation dont il jouit & le tableau de
Elle eft intitulé , Déguisemens enfantins.
AVRIL 1763. 147
,
même grandeur , eft de M. Eiſen ,
Père Deffinateur. Elle est dédiée
à Meffire Jean - Louis - Etienne d'Huteau
, Chevalier & c , Lieutenant de
Roi en la Province du Languedoc &
dé MM . les Maréchaux de France en
Albigeois.
Et fe trouve à Paris chez Buldet
rue de Gefvres . Le prix eft de 40 f.
>
On trouve chez M. Defnos , Ingénieur
pour les Globes & Sphères , rue
S. Jacques , au Globe , une Carte particulière
de la Cayenne , Colonie Françoife
avec le Plan particulier de la
Ville , très-foigneufement gravée.
Comme la Cayenne attire aujourd'hui
l'attention du Public , on a cru
qu'il en verroit volontiers une Carte
particulière ; & celle qu'on lui préſente
ne laiffe rien à defirer pour la connoiffance
éxacte de ce pays . On y a
joint des obfervations fur la découverte
de cette Ifle , fes productions naturelles
, fon étendue , & furtout ce qui
peut être un objet de curiofité dans
les circonftances actuelles.
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Résumé : « On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
Le texte annonce la découverte d'une estampe intitulée 'Déguisemens enfantins', gravée par M. Dupuis, graveur du Roi, et dessinée par M. Eisen, Père Dessinateur. Datée d'avril 1763, cette estampe est dédiée à M. Jean-Louis-Étienne d'Huteau, Chevalier et Lieutenant du Roi en Languedoc, ainsi qu'aux Maréchaux de France en Albigeois. Elle est disponible à Paris chez Buldet, rue de Gesvres, au prix de 40 francs. Par ailleurs, le texte mentionne la vente d'une carte particulière de la Cayenne, colonie française, chez M. Desnos, ingénieur pour les Globes et Sphères, rue Saint-Jacques, au Globe. Cette carte, très soigneusement gravée, inclut un plan détaillé de la ville de Cayenne et des observations sur la découverte de l'île, ses productions naturelles, son étendue, et des éléments de curiosité pertinents pour le public actuel.
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447
p. 197-199
MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
Début :
On a fait anciennement des tableaux mouvans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peinture, Bâtiments, Paysages, Cheminées, Façades, Mouvements, Maître de maison, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
MECANIQUE.
PLANSen relief de Bâtimens
nis de
&dePaysages,gar
figures mouvantes , pourorner deschemi
nées&faire des milieux de deſſerts .
ON
N a fait anciennement des tableaux mou
L
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât
les figures du fond du tableau , & il
falloit les regarder un peu de loin. Les Dlles
PASSEMANT font de petits Bâtimens , des Payſages
ornés de Figures mouvantes , leſquelles font
placées en avant , & ſe ſoutiennent d'elles-mêmes
, ſans être appliquées à rien. Au milieu d'une
campagne riante & garnie d'Arbres,Arbriffeaux ,
&Fleurs d'émail,on voit Charpentiers , Scieurs
de long , Tailleurs de pierres , Rémouleurs , Forgerons
, Batteurs en grange , Tonneliers , Pêcheurs
, Femmes qui battent le linge àla rivière,
d'autres qui battent le beurre , des Bergers qui
gardent leur troupeau , des Moulins à eau , des
Moulins à vent. Une Méchanique intérieure &
cachée au milieu du Bâtiment donne le mouvementàtout.
Il y a de ces Bâtimens aſſez petits pour être
mis ſur des cheminées ſous des glaces pour les
conſerver , d'autres plus grands ſur des tables ou
commodes auſſi ſous des glaces , d'autres enfin
qui ſont à quatre faces pour ſervir de milieu
dans un deſſert. Il y en a même de fort grands
dont la baſe a deux pieds & demi de long fur
deux pieds de large , compoſée de quatre gradins
deglace: au-deſlus eſt une Montagne couverte
d'arbres formans des allées ; on y voit des Moutons
, des chiens pour les garder , d'un autre
côté , des cerfs & autres animaux , une chute
deau fait mouvoir un moulin , de petits bâtimens
ſont épars ſur la montagne dont le ſommet
eſt courronné par un grand bâtiment à
quatre faces & à pluſieurs étages terminés par
une baluſtrade , chaque façade eſt garnie de figures
mouvantes , il y en a juſques ſur la terraſſes
d'autres également mouvantes ſont placées àdifférens
endroits du contour de laMontagne,
DECEMBRE. 1763. 199 19
Au milieu du Deſſert , le Maître de la maifor
peut ſurprendre agréablement les Convives en
tirant une petite ſoye , plus de trente figures font
miſés en mouvement & paroiffent toutes différemment
occupées & agiſſent pendant une demie
heure ..
On trouvede ces Ouvrages depuis deux Louis
juſqu'à vingt, chez les Diles PASSEMANT. Elles
demeurent chez M. PASSEMANT , leur Pere , aw
Louvre , au-deſſus de l'Académie Françoiſe.
Comme ces ingénieuſes machines peuvent être
très-agréables pour les préſens d'étrennes , nous
croyons faire plaifir d'en informer le Public , &
ſpécialement les curieux quiconnoiffent & refpectent
les grands talens du Pere de ces Demoiſelles.
PLANSen relief de Bâtimens
nis de
&dePaysages,gar
figures mouvantes , pourorner deschemi
nées&faire des milieux de deſſerts .
ON
N a fait anciennement des tableaux mou
L
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât
les figures du fond du tableau , & il
falloit les regarder un peu de loin. Les Dlles
PASSEMANT font de petits Bâtimens , des Payſages
ornés de Figures mouvantes , leſquelles font
placées en avant , & ſe ſoutiennent d'elles-mêmes
, ſans être appliquées à rien. Au milieu d'une
campagne riante & garnie d'Arbres,Arbriffeaux ,
&Fleurs d'émail,on voit Charpentiers , Scieurs
de long , Tailleurs de pierres , Rémouleurs , Forgerons
, Batteurs en grange , Tonneliers , Pêcheurs
, Femmes qui battent le linge àla rivière,
d'autres qui battent le beurre , des Bergers qui
gardent leur troupeau , des Moulins à eau , des
Moulins à vent. Une Méchanique intérieure &
cachée au milieu du Bâtiment donne le mouvementàtout.
Il y a de ces Bâtimens aſſez petits pour être
mis ſur des cheminées ſous des glaces pour les
conſerver , d'autres plus grands ſur des tables ou
commodes auſſi ſous des glaces , d'autres enfin
qui ſont à quatre faces pour ſervir de milieu
dans un deſſert. Il y en a même de fort grands
dont la baſe a deux pieds & demi de long fur
deux pieds de large , compoſée de quatre gradins
deglace: au-deſlus eſt une Montagne couverte
d'arbres formans des allées ; on y voit des Moutons
, des chiens pour les garder , d'un autre
côté , des cerfs & autres animaux , une chute
deau fait mouvoir un moulin , de petits bâtimens
ſont épars ſur la montagne dont le ſommet
eſt courronné par un grand bâtiment à
quatre faces & à pluſieurs étages terminés par
une baluſtrade , chaque façade eſt garnie de figures
mouvantes , il y en a juſques ſur la terraſſes
d'autres également mouvantes ſont placées àdifférens
endroits du contour de laMontagne,
DECEMBRE. 1763. 199 19
Au milieu du Deſſert , le Maître de la maifor
peut ſurprendre agréablement les Convives en
tirant une petite ſoye , plus de trente figures font
miſés en mouvement & paroiffent toutes différemment
occupées & agiſſent pendant une demie
heure ..
On trouvede ces Ouvrages depuis deux Louis
juſqu'à vingt, chez les Diles PASSEMANT. Elles
demeurent chez M. PASSEMANT , leur Pere , aw
Louvre , au-deſſus de l'Académie Françoiſe.
Comme ces ingénieuſes machines peuvent être
très-agréables pour les préſens d'étrennes , nous
croyons faire plaifir d'en informer le Public , &
ſpécialement les curieux quiconnoiffent & refpectent
les grands talens du Pere de ces Demoiſelles.
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Résumé : MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
Les demoiselles Passemant créent des 'tableaux mouvants' représentant des bâtiments, paysages et figures en mouvement. Les figures, placées en avant, se soutiennent seules sans fixation. Les scènes incluent divers métiers et activités comme des charpentiers, pêcheurs, bergers, et des moulins. Une mécanique intérieure cachee anime les figures. Ces œuvres existent en différentes tailles : certaines sont petites pour cheminées ou tables, d'autres servent de centre de table pour desserts. Les plus grands modèles atteignent deux pieds et demi de long sur deux pieds de large, avec plusieurs gradins de glace, une montagne couverte d'arbres et d'animaux, et un grand bâtiment à plusieurs étages. Lors des repas, le maître de maison peut activer une corde pour mettre en mouvement plus de trente figures pendant une demi-heure. Ces œuvres, disponibles à des prix variés de deux à vingt louis, peuvent être achetées chez M. Passemant, père des demoiselles, au Louvre, au-dessus de l'Académie Française. Le texte souligne leur intérêt comme présents d'étrennes et rend hommage aux talents du père des demoiselles Passemant.
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448
p. 199-200
SUPPLÉMENT à l'Art. des Beaux-Arts. LETTRE À M. DE LA PLACE.
Début :
Je vous prie, Monsieur, d'annoncer au Public le Portrait de M. Rousseau [...]
Mots clefs :
Portrait, Rousseau, Poète, Gravure, Éloges
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. des Beaux-Arts. LETTRE À M. DE LA PLACE.
SUPPLÉMENT à l'Art. des Beaux-Arts.
LETTRE A M. DE LA PLACE.
JE vous prie , Monfieur , d'annoncer au Public
lePortrait de M. Rouffeau . l'un des plus célébres
Poëtes François , gravé par M. Ficquet ,
dont le burin ſçavant & délicat s'eſt déja fi
avantageuſement fait connoître par les beaux
Portraits de MM. Delafontaine & Voltaire . Cette
dernière production mérite les plus grands éloges
, & vous en jugerez vous-même , Monfieur ,
par l'epreuve que j'ai l'honneur de vous envoyer.
Ces trois Portraits de même grandeur ſe trouvent
, enſemble ou féparément , chez les principaux
Marchands d'Eſtampes , chez Duchesne ,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Libraire , chez Lattré , Graveur , rue S. Jacques:
àla Ville de Bordeaux.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris , ce. 2.Décembre 1763 .
LETTRE A M. DE LA PLACE.
JE vous prie , Monfieur , d'annoncer au Public
lePortrait de M. Rouffeau . l'un des plus célébres
Poëtes François , gravé par M. Ficquet ,
dont le burin ſçavant & délicat s'eſt déja fi
avantageuſement fait connoître par les beaux
Portraits de MM. Delafontaine & Voltaire . Cette
dernière production mérite les plus grands éloges
, & vous en jugerez vous-même , Monfieur ,
par l'epreuve que j'ai l'honneur de vous envoyer.
Ces trois Portraits de même grandeur ſe trouvent
, enſemble ou féparément , chez les principaux
Marchands d'Eſtampes , chez Duchesne ,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Libraire , chez Lattré , Graveur , rue S. Jacques:
àla Ville de Bordeaux.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris , ce. 2.Décembre 1763 .
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. des Beaux-Arts. LETTRE À M. DE LA PLACE.
La lettre du 2 décembre 1763 annonce la publication du portrait de M. Rouffeau, gravé par M. Ficquet. Ce graveur est célèbre pour ses portraits de MM. Delafontaine et Voltaire. Les portraits de Rouffeau, Delafontaine et Voltaire sont disponibles chez Duchesne, Lattré et à Bordeaux. Une épreuve du portrait de Rouffeau est incluse pour jugement.
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449
p. 221-222
SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
Début :
L'Académie de S. Luc, toujours attentive au progrès des Arts [...]
Mots clefs :
Peinture, Académie, Sculpture, Anatomie, Organes, Enseignement, Curiosité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
SupplÉm ENT aux Beaux-Ans* PEINTURE, L’Académie de S. Luc, toujours attentive au progrès des Arts de Peinture & de Sculpture , fait faire un Cours d'Anatomie relative aux connoiflances indifpenlablesà ces Ans. On y parte même à l’expofition & à la démonilration des Organes qui y ont un rapport moins direél, afin de fatisfaire les Curieux & les Sçavans que ce Cours attire. li a recommencé le a8 Janvier dernier , pour durer jufqu’à la fin de Mars, & fera continué exactement tous les ans pen-
• • • K ii]
ziz MERCURE DE FRANCE, dant trois mois, dans l’Amphithéâtre de l’Académie , rue du Haut-Moulin, près S.Denis delà Chartre.il commence à fept heures du fuir, apiès la levée du Modèle.
• • • K ii]
ziz MERCURE DE FRANCE, dant trois mois, dans l’Amphithéâtre de l’Académie , rue du Haut-Moulin, près S.Denis delà Chartre.il commence à fept heures du fuir, apiès la levée du Modèle.
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Résumé : SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
L'Académie de Saint-Luc organise un cours d'anatomie pour les arts de la peinture et de la sculpture. Ce cours, débuté le 18 janvier, se poursuit jusqu'à fin mars et inclut des démonstrations d'organes. Les sessions se tiennent à sept heures du matin dans l'amphithéâtre de l'Académie, rue du Haut-Moulin.
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