REGRETS d'un Habitant du Parterre ,
fur la retraite de Mlle DANGEVILLE
.
DANGEVILLE ! & trop digne Mortelle !
Avec qui rien ne peut entrer en parallèle ;
Que de talens ! quel naturel , quel feu
Tuviens de nous montrer dans la Piéce nouvelle:(a)
( a ) L'Anglois à Bordeaux.
Għiij
150 MERCURE DE FRANCE.
Combien d'efprit ! que d'agrémens ! quel jeu
Actrice inimitable & cependant cruelle,
C'est donc là ton dernier adieu
Mon coeur en fait un libre aveu ,
Oui , ce coeur que ta perte touche ,
A fon chagrin ne met point de milieu.
Quand je vois cet Anglois farouche
S'attendrir par degrès , fe foumettre à ta loi , ¡
Je dévore les mots qui fortent de ta bouche :
Mais ce qui plus me charme en toì ,
C'eft cette ardeur , ce zéle pour ton Roi .
De la Marquife * on ne voit plas le Rôle ,
C'eft Dangeville & c'eft fon coeur qui vole
En chantant de la Paix l'ouvrage confommé
Et les bontés de ce Ror BIEN - AIMÉ.
Va , fois conrente , fois heureufe ,
C'eſt l'objet de tous mes fouhaits :
Ta retraite est bien glorieufe ;
Mais fouvien s- toi que pour jamais
Tu mets le comble à d'éternels regrets.
(b ) Mlle Dangeville yjoue le rôle de Marquife,