Résultats : 21765 texte(s)
Détail
Liste
2452
p. 945-946
PREMIERE ENIGME.
Début :
Je suis depuis long-tems au monde, [...]
Mots clefs :
Tonneau
2453
p. 733-734
ENIGME.
Début :
Pour bien arranger ma matiere, [...]
Mots clefs :
Soulier
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Pour bien arranger ma matiere ,
Une forme m'eft neceffaire ,
Laquelle , devinez pourquoi ,
Eft matiere tout comme moi ;
Ce qui vous furprendra peut-être ,
C'eft ma mort qui m'a donné l'être ,
Car il eft für que quand je vis ,
Je ne fuis pas ce que je fuis ;
Tantôt je ſuis mal fait tantôt fait à merveille ,
E iij Selon
1
734 MERCURE DE FRANCE
Selon la main quï me conduit ,
J'ai double quartier , double oreille
Et je fers rarement la nuit ""
Quand je fuis trop petit, contre mon pere on jure
Et l'on me traite de priſon ,
Et quand je fuis trop grand je fais laide figure
Sans avoir ni tort ni raiſon
Je fers entre la terre & l'homme
Je fuis à Paris comme à Rome
Et joint avec un certain bois ,
Je fers pour agrandir le Sexe de trois doigts .
Pour bien arranger ma matiere ,
Une forme m'eft neceffaire ,
Laquelle , devinez pourquoi ,
Eft matiere tout comme moi ;
Ce qui vous furprendra peut-être ,
C'eft ma mort qui m'a donné l'être ,
Car il eft für que quand je vis ,
Je ne fuis pas ce que je fuis ;
Tantôt je ſuis mal fait tantôt fait à merveille ,
E iij Selon
1
734 MERCURE DE FRANCE
Selon la main quï me conduit ,
J'ai double quartier , double oreille
Et je fers rarement la nuit ""
Quand je fuis trop petit, contre mon pere on jure
Et l'on me traite de priſon ,
Et quand je fuis trop grand je fais laide figure
Sans avoir ni tort ni raiſon
Je fers entre la terre & l'homme
Je fuis à Paris comme à Rome
Et joint avec un certain bois ,
Je fers pour agrandir le Sexe de trois doigts .
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2454
p. 95-97
Article curieux, touchant Mr Rigaud, fameux Peintre, [titre d'après la table]
Début :
L'Article suivant ne vous paroistra pas moins curieux [...]
Mots clefs :
Hyacinthe Rigaud, Peintre du roi
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texteReconnaissance textuelle : Article curieux, touchant Mr Rigaud, fameux Peintre, [titre d'après la table]
'Article fuivant ne vous
paroiftra pas moins curieux
que celuy que vous venez de
lire.
Le merite de Mr Rigaud
Peintre du Roy eſt trop connu en France , pour ne pas
s'intereffer à fa gloire. Sa patrie vient de faire pour luy ce
que firent les Ephefiens pour
96 MERCURE
le fameux Apelles. Ceux- cy
charmez du merite de ce Prince
des Peintres , luy donnerent
droit de Bourgeoifie dans leur
Ville , dont Strabon & Lucien,
difent qu'il eftoit natif ; &
M's de Perpignan , ont admis
Mr Rigaud leur compatriote
dans le nombre de leurs Bourgeois Nobles. Apelles faifoit
honneur à ſa patric par fes
Ouvrages; mais ce qui éleva le
plus fa gloire , fut le choix que
le Grand Alexandre fu de luy ,
préferablement à tout autre
pour faire fon Portrait ? ch
quel honneur Mr Rigaud n'at-il
GALANT 97
t-il pas fait jufqu'à prefent à
fa patrie par tout ce qui eft
forti de fon Pinceau ? mais
fur tout par ce grand & excellent Portrait qu'il a fait du plus
Grand des Rois , & que l'on
voit tous les jours avec autant
d'admiration que de plaifir
dans les Appartements de
Verfailles ;fans parler de celuy
qu'il fit du Roy d'Espagne
avant que ce Prince fortit de
France , pour aller prendre
poffeffion de fes Etats , &
auquel tout le monde convint
qu'il ne manquoit quela parole.
Mars 1710.
I
paroiftra pas moins curieux
que celuy que vous venez de
lire.
Le merite de Mr Rigaud
Peintre du Roy eſt trop connu en France , pour ne pas
s'intereffer à fa gloire. Sa patrie vient de faire pour luy ce
que firent les Ephefiens pour
96 MERCURE
le fameux Apelles. Ceux- cy
charmez du merite de ce Prince
des Peintres , luy donnerent
droit de Bourgeoifie dans leur
Ville , dont Strabon & Lucien,
difent qu'il eftoit natif ; &
M's de Perpignan , ont admis
Mr Rigaud leur compatriote
dans le nombre de leurs Bourgeois Nobles. Apelles faifoit
honneur à ſa patric par fes
Ouvrages; mais ce qui éleva le
plus fa gloire , fut le choix que
le Grand Alexandre fu de luy ,
préferablement à tout autre
pour faire fon Portrait ? ch
quel honneur Mr Rigaud n'at-il
GALANT 97
t-il pas fait jufqu'à prefent à
fa patrie par tout ce qui eft
forti de fon Pinceau ? mais
fur tout par ce grand & excellent Portrait qu'il a fait du plus
Grand des Rois , & que l'on
voit tous les jours avec autant
d'admiration que de plaifir
dans les Appartements de
Verfailles ;fans parler de celuy
qu'il fit du Roy d'Espagne
avant que ce Prince fortit de
France , pour aller prendre
poffeffion de fes Etats , &
auquel tout le monde convint
qu'il ne manquoit quela parole.
Mars 1710.
I
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Résumé : Article curieux, touchant Mr Rigaud, fameux Peintre, [titre d'après la table]
L'article souligne le mérite de Monsieur Rigaud, peintre du Roi, largement reconnu en France. À l'instar des Éphésiens qui accordèrent la bourgeoisie à Apelles, un célèbre peintre, les habitants de Perpignan ont admis Monsieur Rigaud parmi leurs bourgeois nobles. Apelles honorait sa patrie par ses œuvres, tout comme Rigaud a honoré la France par ses peintures. Parmi ses réalisations notables figurent le portrait du Roi de France, admiré à Versailles, et celui du Roi d'Espagne, exécuté avant le départ de ce dernier pour ses États. Cet article est daté de mars 1710.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2455
p. 95-97
L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
Début :
Le plus grand des Guerriers & les plus grand des Rois [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Roi
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texteReconnaissance textuelle : L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
L'Acrostiche de LOUIS LE
:
GRAND , où le ſurnom
de Grand se trouve dans
chaque wersd
Leplus granddes Guerriers
& le plus grand des Rois
Offre aux yeux un grand
and
Saint dans ungrand
Politique ,
ف
Un grand zele pour Dieu
dans une ame heroïque:
Il eſt dans un grand hom96
MERCURE
me un grand appui
des loix ;
Son grand coeur eft clement,
ſon bras eſt pacifique.
Le plus grand des mortels,
&le plus merveilleux ,
Eft humble
, autant que
grand , & confond l'orgüeilleux.
Grand de corps , grand
d'eſprit , grand par fes
faits fublimes, :
Rendu grand ici - bas par
des ſoinsmagnanimes ,
Aux
7
GALANT.
97
Aux Cieux plus grand un
jour par les routes qu'il
prend.
N'est - ce pas à bon droit
qu'il eſt ſurnommé
GRAND ?
Digne & grand nom , regnez
par tout comme
en ſes rimes.
MESSANGES.
6.
:
GRAND , où le ſurnom
de Grand se trouve dans
chaque wersd
Leplus granddes Guerriers
& le plus grand des Rois
Offre aux yeux un grand
and
Saint dans ungrand
Politique ,
ف
Un grand zele pour Dieu
dans une ame heroïque:
Il eſt dans un grand hom96
MERCURE
me un grand appui
des loix ;
Son grand coeur eft clement,
ſon bras eſt pacifique.
Le plus grand des mortels,
&le plus merveilleux ,
Eft humble
, autant que
grand , & confond l'orgüeilleux.
Grand de corps , grand
d'eſprit , grand par fes
faits fublimes, :
Rendu grand ici - bas par
des ſoinsmagnanimes ,
Aux
7
GALANT.
97
Aux Cieux plus grand un
jour par les routes qu'il
prend.
N'est - ce pas à bon droit
qu'il eſt ſurnommé
GRAND ?
Digne & grand nom , regnez
par tout comme
en ſes rimes.
MESSANGES.
6.
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Résumé : L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
Le texte est un acrostiche dédié à Louis XIV, surnommé 'Louis le Grand'. Il le décrit comme un grand guerrier et roi, dévot et héroïque. Louis est présenté comme un homme d'État juste, clément et pacifique, humble malgré sa grandeur. Le poème loue ses actions sublimes et sa magnificence physique et spirituelle, justifiant ainsi son surnom.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2456
p. 96-100
MORTS.
Début :
La Princesse Charlotte Felicité de Brunswik Hanover, mourut le 26 [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
LaPrincesse Charlote Felicité
deBrunswik Hanover,
mourut le 26Septembre;elle
fut mariée le 18. Novembre
J69). avec Renault d'Est
Duc de Modene.Elleestoit
soeur aînée de Guillemine
Amelie deBrunswikHanover,
à présent Imperatrice;
niéce de Madame la Princesse,
& cousine germaine
de Madame.
Elle estoit fille de Madame
dame la Duchesse Doüairiere
d'Hanover, soeur de
Madame la Princesse,& de
Madame la Prince sse de
Salms, qui avoient toutes
trois pour Mere,Madame la
PrincessePalatine.
Jean d'Aligre Commandeur
de Malthe
, mourut
le 13.Octobre âgé de 27.
ans. Ilestoit fils d'Estienne
d'Aligre,Chancelier de
France, dont le pere estoit
aussi Chancelier de France.
iîiorc dune pleuresie.
Il estoit de la même race
quefeu Mr IcCoplte de
Modene qui a écrit t~oi.
re de feu Mr le Duc de Guise
surla Révolution de Naples.
Catherine Alfoncine de
Renty
,
Epouse de Claude
Comte de Choiseul, Maréchal
de France,& Chevalier
des Ordres du Roy, mourut
le 17.Octobre en sa Terre
de la Rouë, âgée de 74.ans.
Marie Françoise de Soülllac,
épouse de Jean George
de Nupces,President à Mortier
au Parlement de Toulouse,
cft morte dans un â,.
ge assez peu avancé. Elle
estoit fille de feu Mr le
Marquis de ChaihHon.Chef
de laBranche de Soüillac du
Bourg, Lieutenant General
des Armées du Roy & dela
Province de Roussillon
, &
Gouverneur de Perpignan,
Elle estoit loeur de François
Louis Jean-Baptiste de Souillac,
Marquis deChastillon,
Colonel d'un Regiment de
Pragons,
Madame de Ravetot cO:
morte à son Chateau de
Bas,auPays de Caux. Elle
avoit épousé Mr de Ravetoc,
d'une des premieres &
plus anciennes Maisons du
Pays de Caux.
- Sa mere estoie soeur de
feu Monsieur leMaréchal de
Grammont. Madame de
Ravetot estoit fille de Mr le
Marquis de Perchuis.
LaPrincesse Charlote Felicité
deBrunswik Hanover,
mourut le 26Septembre;elle
fut mariée le 18. Novembre
J69). avec Renault d'Est
Duc de Modene.Elleestoit
soeur aînée de Guillemine
Amelie deBrunswikHanover,
à présent Imperatrice;
niéce de Madame la Princesse,
& cousine germaine
de Madame.
Elle estoit fille de Madame
dame la Duchesse Doüairiere
d'Hanover, soeur de
Madame la Princesse,& de
Madame la Prince sse de
Salms, qui avoient toutes
trois pour Mere,Madame la
PrincessePalatine.
Jean d'Aligre Commandeur
de Malthe
, mourut
le 13.Octobre âgé de 27.
ans. Ilestoit fils d'Estienne
d'Aligre,Chancelier de
France, dont le pere estoit
aussi Chancelier de France.
iîiorc dune pleuresie.
Il estoit de la même race
quefeu Mr IcCoplte de
Modene qui a écrit t~oi.
re de feu Mr le Duc de Guise
surla Révolution de Naples.
Catherine Alfoncine de
Renty
,
Epouse de Claude
Comte de Choiseul, Maréchal
de France,& Chevalier
des Ordres du Roy, mourut
le 17.Octobre en sa Terre
de la Rouë, âgée de 74.ans.
Marie Françoise de Soülllac,
épouse de Jean George
de Nupces,President à Mortier
au Parlement de Toulouse,
cft morte dans un â,.
ge assez peu avancé. Elle
estoit fille de feu Mr le
Marquis de ChaihHon.Chef
de laBranche de Soüillac du
Bourg, Lieutenant General
des Armées du Roy & dela
Province de Roussillon
, &
Gouverneur de Perpignan,
Elle estoit loeur de François
Louis Jean-Baptiste de Souillac,
Marquis deChastillon,
Colonel d'un Regiment de
Pragons,
Madame de Ravetot cO:
morte à son Chateau de
Bas,auPays de Caux. Elle
avoit épousé Mr de Ravetoc,
d'une des premieres &
plus anciennes Maisons du
Pays de Caux.
- Sa mere estoie soeur de
feu Monsieur leMaréchal de
Grammont. Madame de
Ravetot estoit fille de Mr le
Marquis de Perchuis.
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Résumé : MORTS.
En septembre et octobre, plusieurs décès notables ont été enregistrés. La Princesse Charlotte Félicité de Brunswick-Hanover, épouse du Duc de Modène et sœur aînée de l'Impératrice Guillemine Amélie de Brunswick-Hanover, est décédée le 26 septembre. Elle était également la nièce de Madame la Princesse et la cousine germaine de Madame. Ses grands-mères étaient Madame la Duchesse Douairière d'Hanover, Madame la Princesse de Salms, et Madame la Princesse Palatine. Jean d'Aligre, Commandeur de Malthe, est décédé le 13 octobre à l'âge de 27 ans des suites d'une pleurésie. Il était le fils d'Estienne d'Aligre, Chancelier de France, et petit-fils d'un autre Chancelier de France. Catherine Alfoncine de Renty, épouse de Claude Comte de Choiseul, Maréchal de France, est décédée le 17 octobre à l'âge de 74 ans dans sa terre de la Rouë. Marie Françoise de Souillac, épouse de Jean George de Nupces, Président à Mortier au Parlement de Toulouse, est décédée à un âge peu avancé. Elle était la fille du Marquis de Chaillhon et la mère de François Louis Jean-Baptiste de Souillac, Marquis de Chastillon et Colonel d'un régiment de Pragons. Madame de Ravetot est décédée dans son château de Bas, au Pays de Caux. Elle avait épousé Monsieur de Ravetot, issu d'une des premières et plus anciennes maisons du Pays de Caux. Sa mère était la sœur de feu Monsieur le Maréchal de Grammont, et Madame de Ravetot était la fille du Marquis de Perchuis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2457
p. 97-102
Autres Vers à Mademoiselle de Scudery, avec réponse. [titre d'après la table]
Début :
Ces autres Vers ont esté adressez par Mr de Betoulaud / La prompte Renommée & l'aimable Victoire, [...]
Mots clefs :
Victoire, Héros, Louis, Temps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Vers à Mademoiselle de Scudery, avec réponse. [titre d'après la table]
Ces autres Vers ont efte
adreffez par M' de Betoulaud
à Mademoiſelle de Scudery.
Octobre 1694.
I
28 MERCURE
Aprompte Renommée & l'aimable
Victoire
Fille de la valeur & Mere de la
gloire ,
Difputoient tour à tour qui d'elles
[ervoit mieux
Le Heros que le Ciel fait regner
en ces lieux.
La Victoire difait , Doutez- vous
de mon zele ?
Vous voyez mon ardeur dés que
LOVIS m'appelle .
Bien que l'Envie affreuse en gemiffe
aujourd'huy,
Garday-jomes Lauriers pour d'autres
que pour luy ?
Quel Hellar aujourd'huy refifte à
cet Achille ?
Et le Rhin & la Meufe enmiracles
fertiles ,
1
GALANT .
99
Erle Ter , & le Po fugitif , plein
d'effroy ,
Diront comme je vole au gré de ce
grand Roy.
Me laffai-je un inftant malgré le
nombre immenfe
De fes fiers Ennemis jaloux de fa
puiffance ?
Ne lai-je pas fuivi jufque fous
ces Rampars ,
D'où la Mort en fureur voloit de
toutes parts ?
Louis efface en moy par fon ame
intrepide
L'aimable fouvenir & de Mars &
d'Alcide.
Avoient-ils fur la terre , avoient¬
Bils fur les mers
A latter comme luy contre tout l'1-
·nivers ¿
Inerra
Jupiter que j'aidois à lancer le ton
I ij
100 MERCURE
Ne foudroya pas mieux les Geants
de la terre.
'La Renommée alors en élevant fa
voix
,
S'écria , Pouvez- vous me difputer
mes droits ?
Que feriez- vous fans moy , redoatable
Victoire ?
C'eft moy qui de Louis ay public la
[ loin ? gloire.
Pour quel autre Heros ai-je volé fi
Comme l'ardent Midy , le Nort en
eft témoin.
Mais ma voix , qu'on entend du
Couchant à l'Aurore ,
boar Per fes faits inouis feroit trop
foible encore.
Si,pour les porter même aux oreilles
des Dieux ,
Je ne la redoublois juſqu'auplas
haus des Cieux.
GALANT . 101
Vous prenez , il eft vrai , vos plus.
rapides ailes ,
Pour moiffonnerpour luy mille Pal
mes nouvelles ;
Icy vous prévenez, là vous fuivez
fes pas,
Et refervant pour luy vos plas
charmans appas ,
Vous voulez, en dépit de l'infernale
envie,
Conduire encor fon Char tout le
temps de fa vie.
Mais mes foins par fes jours ne
feront point bornez,
Et c'eft moy qui fans vous aux humains
étonnez,
En cent climats divèrs de la terre &
de l'onde { du monde
Conterai fes exploits jufqu'à lafin
Et jufga au dernierjour où le Temps
arrefté
I iij
102 MERCURE
Sur les ailes des ans ne fera plus
porté.
S
Vous qui prés de la Seine entendez
ces Déeffes ,
Des Heros & des Dieux immor-
Les
Maiftreffesưn
Et qui pouvezjuger comme un autre
Paris ,
A qui donnerez- vous la Couronne
& le Prix ?
adreffez par M' de Betoulaud
à Mademoiſelle de Scudery.
Octobre 1694.
I
28 MERCURE
Aprompte Renommée & l'aimable
Victoire
Fille de la valeur & Mere de la
gloire ,
Difputoient tour à tour qui d'elles
[ervoit mieux
Le Heros que le Ciel fait regner
en ces lieux.
La Victoire difait , Doutez- vous
de mon zele ?
Vous voyez mon ardeur dés que
LOVIS m'appelle .
Bien que l'Envie affreuse en gemiffe
aujourd'huy,
Garday-jomes Lauriers pour d'autres
que pour luy ?
Quel Hellar aujourd'huy refifte à
cet Achille ?
Et le Rhin & la Meufe enmiracles
fertiles ,
1
GALANT .
99
Erle Ter , & le Po fugitif , plein
d'effroy ,
Diront comme je vole au gré de ce
grand Roy.
Me laffai-je un inftant malgré le
nombre immenfe
De fes fiers Ennemis jaloux de fa
puiffance ?
Ne lai-je pas fuivi jufque fous
ces Rampars ,
D'où la Mort en fureur voloit de
toutes parts ?
Louis efface en moy par fon ame
intrepide
L'aimable fouvenir & de Mars &
d'Alcide.
Avoient-ils fur la terre , avoient¬
Bils fur les mers
A latter comme luy contre tout l'1-
·nivers ¿
Inerra
Jupiter que j'aidois à lancer le ton
I ij
100 MERCURE
Ne foudroya pas mieux les Geants
de la terre.
'La Renommée alors en élevant fa
voix
,
S'écria , Pouvez- vous me difputer
mes droits ?
Que feriez- vous fans moy , redoatable
Victoire ?
C'eft moy qui de Louis ay public la
[ loin ? gloire.
Pour quel autre Heros ai-je volé fi
Comme l'ardent Midy , le Nort en
eft témoin.
Mais ma voix , qu'on entend du
Couchant à l'Aurore ,
boar Per fes faits inouis feroit trop
foible encore.
Si,pour les porter même aux oreilles
des Dieux ,
Je ne la redoublois juſqu'auplas
haus des Cieux.
GALANT . 101
Vous prenez , il eft vrai , vos plus.
rapides ailes ,
Pour moiffonnerpour luy mille Pal
mes nouvelles ;
Icy vous prévenez, là vous fuivez
fes pas,
Et refervant pour luy vos plas
charmans appas ,
Vous voulez, en dépit de l'infernale
envie,
Conduire encor fon Char tout le
temps de fa vie.
Mais mes foins par fes jours ne
feront point bornez,
Et c'eft moy qui fans vous aux humains
étonnez,
En cent climats divèrs de la terre &
de l'onde { du monde
Conterai fes exploits jufqu'à lafin
Et jufga au dernierjour où le Temps
arrefté
I iij
102 MERCURE
Sur les ailes des ans ne fera plus
porté.
S
Vous qui prés de la Seine entendez
ces Déeffes ,
Des Heros & des Dieux immor-
Les
Maiftreffesưn
Et qui pouvezjuger comme un autre
Paris ,
A qui donnerez- vous la Couronne
& le Prix ?
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2458
p. 75-80
L'AMOUR MEDECIN, POEME. Sur la Convalescence de Mlle de R..
Début :
AU premier bruit de votre maladie, [...]
Mots clefs :
Amour, Dieu, Jours, Amours, Beauté, Belle, Mort, Doux, Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR MEDECIN, POEME. Sur la Convalescence de Mlle de R..
L'AMOUR MEDECIN,
POEM E.
Sur la Convalescence de Mile de R..
ΑνU premier bruit de votre maladie
On vit le Dieu qu'adore l'Idalie ,
Triste , rêveur , & dédaignant l'encens .
Qu'à ses Autels vont offrir les Amans
Pour se liver à son inquietude ,
2
>
Loin des Humains chercher la solitude.
Là , du péril qui menace vos jours
Cachant l'état même aux jeunes Amours ,
Quoi se dit -il à lui- même , sans honte
Je laisserai de cet Astre nouveau ,
Qui doit un jour éclairer Amatonte ,
A son lever s'éclipser le flambeau !
Je verrai donc l'ornement de la France
Une Beauté , la plus grande esperance
De mon Empire , au sortir du berceau ,
Porter les ris & les jeux au Tombeau !
Et dans Paphos , de mon dépit extrême ;
A des regrets je bornerois l'effort !
Non , dit- il , non , j'en jure par moi - même ,
Par tous les Dieux , témoins de mon transport ;
Si
76 MERCURE DE FRANCE
Si je ne sauve une si belle vie ,
Ou de la mort sous sa faulx ennemie
Quoi qu'immortel, je subirai le sort
Ou de mes traits je percerai la mort.
Il dit , soudain prenant un vol rapide ,
Il fend des Airs la Campagne liquide ,
Atteint bien- tôt cette antique maison ,
Qui de nos Rois , amis de vos Ancêtres ,
Fit si long-temps les délices Champêtres ;
Licux oùjadis la belle M.
Par l'ascendant de ses graces fatales ,
Du fier Amour , vainqueur de la raison ,
Dans tant de coeurs versa le doux poison ,
Et fit au loin trembler tant de Rivales.
Là , dans les bras de vos tendres Parens ,
Dont tous les soins deviennent impuissants ,
Parmi l'horreur de cent crises soudaines ,
Sur une couche interdite au repos ,
Du feu mortel qui coule dans vos veines ,
Par vos soupirs vous exhaliez les flots ;
Et sous l'effort des Aammes meurtrieres ,
Que par accès, redoublant ses assauts
La fievre étend jusqu'au vif de vos os ,
Vous adressiez à la mort vos prieres ;
Quand tout- à-coup l'Enfant Dieu de Paphos
S'offre à vos yeux, pour soulager vos maux,
Heureusement nul supot d'Hypocrate
2.
De
JANVIER 1749 78
•
De ces cantons ne se trouva voisin ;
A leur défaut devenu Médecin ,
Sans Kinkina , sans Bols , sans Opiate ;
Ni tant d'aprêts de leur Art assassin ,
L'Amour aproche , examine , voit , tâte ,
Et connoissant la Maladie à fond ,
Veut vous guérir , l'entreprend , en répond
D'abord au lieu de Lancete ordinaire ,
De son Carquois il tire sans myftere
Le premier Trait qui tombe sous sa main ;
Puis , éclairé de son flambeay divin ,
Vous pique au bras , & du levain contraire
Qui du pur sang gâtoit la masse entiere
Par la saignée affoiblit le venin ,
Et vous rapelle enfin à la lumiere.
De son bandeau , qu'il a déja mis bas ,
Pour diriger à coup sûr la piquûre ,
Dans le moment il fait , sans embarras ,
Tout à la fois compresse & ligature ;
Et sans délai refermant l'ouverture ,
Au doux sommeil , qui vous prend dans ses bras
Il vous confie & ne vous quitte pas.
Considerant alors votre visage
Sous la pâleur languissant , abattu ,
Ainsi qu'un Lys , que l'orage a battu ;
Pour réparer un si sensible outrage ,
Le jeune Dieu rassemble les Zéphirs
Qui
178 MERCURE DE FRANCE
Qui folâtroient , épars dans un boccage ;
Ces Confidens des amoureux désirs ,
Jusques à lui s'étant fait un passage ,
A leur haleine il mêle ses soupirs ,
Et de leur souffle , en les frapant de l'aîle ,
Hâtant l'essort , réveillant leur lenteur ,
Il leur imprime un degré de fraîcheur ,
Qui , pénetrant vos sens , qu'il renouvelle
Jusques au fond de l'intime moielle ,
Va de la fiévre éteindre la fureur ,
Et tempérant ainsi l'ardeur maligne
Qui ravageoit vos membres entrepris ,
Au juste point d'une chaleur benigne
Réduit l'excès de ces feux ralentis ;
Et des Liqueurs dans leurs divers conduits ,
Refait si bien par degrés l'équilibre ,
Qu'après un somme égal , profond , rassis ,
Le calme enfin regnant dans vos esprits ,
yous vous trouvez au réveil saine & libre.
Au même instant l'heureux fils de Cypris ,
Des prompts effets du Remede surpris ,
Voit dans vos yeux reparoître les Graces ,
Les tendres Jeux , avec les Ris badins ,
Şur votre front se disputer leurs places
Et voltiger à l'envi , par essains ,
?
Au tour de vous mille Amours enfantins,
Tel un Muguet desseché par le hâle ,
Qu'en
JANVIER.
1740.
Qu'en son dépit l'Amante de Céphale ,
Au point du jour arrose de ses pleurs ,
Reprend bien- tôt sá force , ses couleurs ,
Au doux apas du parfum qu'il exhale ;
Déja l'Abeille y puise son Nectar ;
Déja vers lui fondent de toute part
Maints Papillons des mêmes feux complices ;
A ses faveurs en amour peu novices ,
Faisant semblant de ne point prendre part ,
Au tour de lui chacun erre au hazard ,
Er chacun vise à ravir les prémices.
Ainsi vous fut avec votre beauté ,
Restituée en trois jours la santé ,.
Ou bien plutôt en vous, toujours charmante ,
Ainsi se sont succedés dans trois jours ,
Et ces attraits d'une langueur touchante ;
Et ces traits vifs, d'une Beauté piquante ,
Qu'en elle seule à la fois & toujours
Peut réunir la Mere des Amours.
Vivez ; aimez ; ces jours qu'on vous conserve
( Vous dit alors l'Enfant aîlé , ) songez
Que c'est pour moi qu'ils vous sont prolongés i
Que cet avis pour l'avenir vous serve ;
Je vous les laisse , avec cette réserve ,
Et m'en frustrer , seroit me faire un vol.
Adieu , je pars, ravi de ma conquête
Aux bords de Gnide en ordonner la Fête ;
L K
30 MERCURE DE FRANCE
Il dit , trois fois s'agite & prend son vol.
Pour moi , qui dois mieux penser à mon âge,
Que cet Enfant, tout Dieu que l'on le fait ,
Je vous dirai : profitez du bienfait ,
Mais gardez-vous d'un conseil si peu sage ;
Du même trait dont il sçut vous guérir ,
Il peut, s'il veut , vous faire aussi périr ;
Souvenez -vous que cette fievre même ,
Dont vous avez si fort craint le retour
N'est rien au prix de celle que l'Amour
Fait tôt ou tard sentir à quiconque aime,
Pour être heureuse avec tous ces apas
Qu'on sçait chez vous être un bien de famille
De votre Mere il faut suivre les pas ;
Soyez comme elle ( en tout sa digne fille )
Aimable , belle , aimée , & n'aimez pas.
Par L. D. V
POEM E.
Sur la Convalescence de Mile de R..
ΑνU premier bruit de votre maladie
On vit le Dieu qu'adore l'Idalie ,
Triste , rêveur , & dédaignant l'encens .
Qu'à ses Autels vont offrir les Amans
Pour se liver à son inquietude ,
2
>
Loin des Humains chercher la solitude.
Là , du péril qui menace vos jours
Cachant l'état même aux jeunes Amours ,
Quoi se dit -il à lui- même , sans honte
Je laisserai de cet Astre nouveau ,
Qui doit un jour éclairer Amatonte ,
A son lever s'éclipser le flambeau !
Je verrai donc l'ornement de la France
Une Beauté , la plus grande esperance
De mon Empire , au sortir du berceau ,
Porter les ris & les jeux au Tombeau !
Et dans Paphos , de mon dépit extrême ;
A des regrets je bornerois l'effort !
Non , dit- il , non , j'en jure par moi - même ,
Par tous les Dieux , témoins de mon transport ;
Si
76 MERCURE DE FRANCE
Si je ne sauve une si belle vie ,
Ou de la mort sous sa faulx ennemie
Quoi qu'immortel, je subirai le sort
Ou de mes traits je percerai la mort.
Il dit , soudain prenant un vol rapide ,
Il fend des Airs la Campagne liquide ,
Atteint bien- tôt cette antique maison ,
Qui de nos Rois , amis de vos Ancêtres ,
Fit si long-temps les délices Champêtres ;
Licux oùjadis la belle M.
Par l'ascendant de ses graces fatales ,
Du fier Amour , vainqueur de la raison ,
Dans tant de coeurs versa le doux poison ,
Et fit au loin trembler tant de Rivales.
Là , dans les bras de vos tendres Parens ,
Dont tous les soins deviennent impuissants ,
Parmi l'horreur de cent crises soudaines ,
Sur une couche interdite au repos ,
Du feu mortel qui coule dans vos veines ,
Par vos soupirs vous exhaliez les flots ;
Et sous l'effort des Aammes meurtrieres ,
Que par accès, redoublant ses assauts
La fievre étend jusqu'au vif de vos os ,
Vous adressiez à la mort vos prieres ;
Quand tout- à-coup l'Enfant Dieu de Paphos
S'offre à vos yeux, pour soulager vos maux,
Heureusement nul supot d'Hypocrate
2.
De
JANVIER 1749 78
•
De ces cantons ne se trouva voisin ;
A leur défaut devenu Médecin ,
Sans Kinkina , sans Bols , sans Opiate ;
Ni tant d'aprêts de leur Art assassin ,
L'Amour aproche , examine , voit , tâte ,
Et connoissant la Maladie à fond ,
Veut vous guérir , l'entreprend , en répond
D'abord au lieu de Lancete ordinaire ,
De son Carquois il tire sans myftere
Le premier Trait qui tombe sous sa main ;
Puis , éclairé de son flambeay divin ,
Vous pique au bras , & du levain contraire
Qui du pur sang gâtoit la masse entiere
Par la saignée affoiblit le venin ,
Et vous rapelle enfin à la lumiere.
De son bandeau , qu'il a déja mis bas ,
Pour diriger à coup sûr la piquûre ,
Dans le moment il fait , sans embarras ,
Tout à la fois compresse & ligature ;
Et sans délai refermant l'ouverture ,
Au doux sommeil , qui vous prend dans ses bras
Il vous confie & ne vous quitte pas.
Considerant alors votre visage
Sous la pâleur languissant , abattu ,
Ainsi qu'un Lys , que l'orage a battu ;
Pour réparer un si sensible outrage ,
Le jeune Dieu rassemble les Zéphirs
Qui
178 MERCURE DE FRANCE
Qui folâtroient , épars dans un boccage ;
Ces Confidens des amoureux désirs ,
Jusques à lui s'étant fait un passage ,
A leur haleine il mêle ses soupirs ,
Et de leur souffle , en les frapant de l'aîle ,
Hâtant l'essort , réveillant leur lenteur ,
Il leur imprime un degré de fraîcheur ,
Qui , pénetrant vos sens , qu'il renouvelle
Jusques au fond de l'intime moielle ,
Va de la fiévre éteindre la fureur ,
Et tempérant ainsi l'ardeur maligne
Qui ravageoit vos membres entrepris ,
Au juste point d'une chaleur benigne
Réduit l'excès de ces feux ralentis ;
Et des Liqueurs dans leurs divers conduits ,
Refait si bien par degrés l'équilibre ,
Qu'après un somme égal , profond , rassis ,
Le calme enfin regnant dans vos esprits ,
yous vous trouvez au réveil saine & libre.
Au même instant l'heureux fils de Cypris ,
Des prompts effets du Remede surpris ,
Voit dans vos yeux reparoître les Graces ,
Les tendres Jeux , avec les Ris badins ,
Şur votre front se disputer leurs places
Et voltiger à l'envi , par essains ,
?
Au tour de vous mille Amours enfantins,
Tel un Muguet desseché par le hâle ,
Qu'en
JANVIER.
1740.
Qu'en son dépit l'Amante de Céphale ,
Au point du jour arrose de ses pleurs ,
Reprend bien- tôt sá force , ses couleurs ,
Au doux apas du parfum qu'il exhale ;
Déja l'Abeille y puise son Nectar ;
Déja vers lui fondent de toute part
Maints Papillons des mêmes feux complices ;
A ses faveurs en amour peu novices ,
Faisant semblant de ne point prendre part ,
Au tour de lui chacun erre au hazard ,
Er chacun vise à ravir les prémices.
Ainsi vous fut avec votre beauté ,
Restituée en trois jours la santé ,.
Ou bien plutôt en vous, toujours charmante ,
Ainsi se sont succedés dans trois jours ,
Et ces attraits d'une langueur touchante ;
Et ces traits vifs, d'une Beauté piquante ,
Qu'en elle seule à la fois & toujours
Peut réunir la Mere des Amours.
Vivez ; aimez ; ces jours qu'on vous conserve
( Vous dit alors l'Enfant aîlé , ) songez
Que c'est pour moi qu'ils vous sont prolongés i
Que cet avis pour l'avenir vous serve ;
Je vous les laisse , avec cette réserve ,
Et m'en frustrer , seroit me faire un vol.
Adieu , je pars, ravi de ma conquête
Aux bords de Gnide en ordonner la Fête ;
L K
30 MERCURE DE FRANCE
Il dit , trois fois s'agite & prend son vol.
Pour moi , qui dois mieux penser à mon âge,
Que cet Enfant, tout Dieu que l'on le fait ,
Je vous dirai : profitez du bienfait ,
Mais gardez-vous d'un conseil si peu sage ;
Du même trait dont il sçut vous guérir ,
Il peut, s'il veut , vous faire aussi périr ;
Souvenez -vous que cette fievre même ,
Dont vous avez si fort craint le retour
N'est rien au prix de celle que l'Amour
Fait tôt ou tard sentir à quiconque aime,
Pour être heureuse avec tous ces apas
Qu'on sçait chez vous être un bien de famille
De votre Mere il faut suivre les pas ;
Soyez comme elle ( en tout sa digne fille )
Aimable , belle , aimée , & n'aimez pas.
Par L. D. V
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2459
p. 97-102
Fantaisie. [titre d'après la table]
Début :
Rien n'est plus facile que de me surprendre. Quand [...]
Mots clefs :
Muses, Donneau de Visé, Poésie, Pièces, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fantaisie. [titre d'après la table]
Rien n'eſt plus facile que
deme ſurprendre. Quand
furprendre
je me mefierois de toutes
les pieces de Poësie qu'on
m'envoye , quand je douterois
opiniatrément de
leur merite & de leur nouveauté
; & quand je conſulterois
exactement tout
ce qu'il y a de gens de lettres
à Paris , pour ne pas
tomberdans l'inconvenient
de faire de mauvais choix ,
Octob. 1714. I
98
MERCURE
ou de donner de vieilles
pieces , je ferois encore fouvent
la dupe demes précau.
tions.
Il n'eſt point de pays où
la bonne foy ſoit plus mal
établie que dans celui des
ſçavans. Prompts à condamner
tout ce qui s'offre
à leurs yeux , & qui n'eſt
point forti de leurs mains ,
ils font toûjours plus contens
de la chûte , que du
fuccés des ouvrages qu'ils
n'ontpas faits. Ce qu'on appelle
le bel Esprit eſt divilé
Paris par pelotons. ChaGALANT.
EQUE DE
:
que peloton a ſa cabale for LYON
mée dans un endroit */893
dans un autre. Il n'y a point
à s'en dédire ; dés qu'on
veut paſſer pour homme
de lettres , il faut être du
parti des Guelphes*ou des Gibelins.
Aquoy cela menetil
? A difputer tout au plus
ſur le domaine**du pain du
vin desCordeliers.Iln'enétoit
* Ces deux partis mirent autrefois l'Italie
àdeux doigts de sa perte. La guerre fanglantequi
s'alluma entr'eux pour une bagatelle
a duré plusieurs ficcles.
** Lifezdans l'histoire des Papes Nicolas
IV. Jean XXII & Nicolas V. lesfuitester
ribles qu'a eu cette queſtion , ſi les Cordeliersfont
les maîtres du vin &du pain qu'ils
mangent.
I ij
100 MERCURE
pas tout à fait de même autrefois
; s'il n'y avoit pas
plus d'union dans le fond ,
les effets de cette diviſion
étoient du moins utiles ou
agreables à ceux qui en apprenoient
des nouvelles.
Les pieces d'Eloquence &
de Poëfie paſſoient & repafloient
les ponts & les
monts: M. Devizé profitoit
de ces manifeſtes , & le public
avoit la ſatisfaction de
s'en divertir. Aujourd'hui le
Mercure n'a pas le même
avantage ; chacun veut ſe
faire imprimer à part , &
GALANT. JOI
l'on conclut de quatre vers
qu'on a faits , qu'on en peut
bien faire quatre autres , &
de làun livre.
Mais j'ai fait heureuſe
ment une découverte qui
me raffure ; & fi l'on me
tient parole , je n'apprehenderai
plus deſormais la diſette
des pieces de Poefie
où l'on m'a laiſſé juſqu'à
preſent. Les Muſes qui
ont fait le plus de bruit
commencent àſe repoſer;
& Phebus a de nouveaux
éleves , dont les genies
heureux nous flatent de
I iij
102 MERCURE
nous charmer auffi bien
qu'elles.
deme ſurprendre. Quand
furprendre
je me mefierois de toutes
les pieces de Poësie qu'on
m'envoye , quand je douterois
opiniatrément de
leur merite & de leur nouveauté
; & quand je conſulterois
exactement tout
ce qu'il y a de gens de lettres
à Paris , pour ne pas
tomberdans l'inconvenient
de faire de mauvais choix ,
Octob. 1714. I
98
MERCURE
ou de donner de vieilles
pieces , je ferois encore fouvent
la dupe demes précau.
tions.
Il n'eſt point de pays où
la bonne foy ſoit plus mal
établie que dans celui des
ſçavans. Prompts à condamner
tout ce qui s'offre
à leurs yeux , & qui n'eſt
point forti de leurs mains ,
ils font toûjours plus contens
de la chûte , que du
fuccés des ouvrages qu'ils
n'ontpas faits. Ce qu'on appelle
le bel Esprit eſt divilé
Paris par pelotons. ChaGALANT.
EQUE DE
:
que peloton a ſa cabale for LYON
mée dans un endroit */893
dans un autre. Il n'y a point
à s'en dédire ; dés qu'on
veut paſſer pour homme
de lettres , il faut être du
parti des Guelphes*ou des Gibelins.
Aquoy cela menetil
? A difputer tout au plus
ſur le domaine**du pain du
vin desCordeliers.Iln'enétoit
* Ces deux partis mirent autrefois l'Italie
àdeux doigts de sa perte. La guerre fanglantequi
s'alluma entr'eux pour une bagatelle
a duré plusieurs ficcles.
** Lifezdans l'histoire des Papes Nicolas
IV. Jean XXII & Nicolas V. lesfuitester
ribles qu'a eu cette queſtion , ſi les Cordeliersfont
les maîtres du vin &du pain qu'ils
mangent.
I ij
100 MERCURE
pas tout à fait de même autrefois
; s'il n'y avoit pas
plus d'union dans le fond ,
les effets de cette diviſion
étoient du moins utiles ou
agreables à ceux qui en apprenoient
des nouvelles.
Les pieces d'Eloquence &
de Poëfie paſſoient & repafloient
les ponts & les
monts: M. Devizé profitoit
de ces manifeſtes , & le public
avoit la ſatisfaction de
s'en divertir. Aujourd'hui le
Mercure n'a pas le même
avantage ; chacun veut ſe
faire imprimer à part , &
GALANT. JOI
l'on conclut de quatre vers
qu'on a faits , qu'on en peut
bien faire quatre autres , &
de làun livre.
Mais j'ai fait heureuſe
ment une découverte qui
me raffure ; & fi l'on me
tient parole , je n'apprehenderai
plus deſormais la diſette
des pieces de Poefie
où l'on m'a laiſſé juſqu'à
preſent. Les Muſes qui
ont fait le plus de bruit
commencent àſe repoſer;
& Phebus a de nouveaux
éleves , dont les genies
heureux nous flatent de
I iij
102 MERCURE
nous charmer auffi bien
qu'elles.
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Résumé : Fantaisie. [titre d'après la table]
Le texte aborde les difficultés rencontrées lors de la sélection de pièces poétiques et la méfiance entre savants. Malgré les précautions prises, l'auteur se trouve souvent trompé par ses choix. Il note que les savants manquent de bonne foi, étant prompts à critiquer les œuvres qu'ils n'ont pas créées eux-mêmes. À Paris, les intellectuels sont divisés en factions rivales, comparables aux Guelphes et aux Gibelins italiens. Ces divisions, bien que parfois bénéfiques ou agréables, permettent une large circulation des œuvres d'éloquence et de poésie, offrant ainsi des divertissements au public. Cependant, actuellement, chacun préfère publier séparément, limitant ainsi la diffusion des œuvres. L'auteur observe toutefois une tendance encourageante avec l'émergence de nouveaux talents prometteurs, capables de rivaliser avec les muses célèbres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2460
p. 99-105
BOUQUET.
Début :
Vous envoyer des Vers de l'Illustre Madame des Houlieres, / Il est aujourd'huy vostre Feste, [...]
Mots clefs :
Abbé, Grâce, Muses, Bel esprit, Coeur, Faiblesse, Femme, Éternelle vie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET.
Vous envoyer des Vers de
l'Illuftre Madame des Houlicres , c'eſt vous faire un vray
prefent En voicy de fa façon,
pour M' l'Abbé de Lavau ,
au jour de S. Loüis , qui eftoit
celuy de la Feſte.
I ij
100 MERCURE
IL
BOUQUET.
Left aujourd'huy voftre Feste,
Et de ces agreables fleurs,
Dont le temps ne sçauroit effacer les
couleurs ,
Ma main devroit , Abbé , couronner
voftre tefte.
Mais belas ! depuis quelquesjours
Je cherche en vain fur le Parnaffe
Ces vives fleurs, que rien n'efface,
Et que vous y cueillez toujours.
Quevous donner donc en leur
place?
Un fimple bonjour? C'est trop
рец.
Mon cœur? C'est un peu trop , quoy
que fafaifon paffe,
Il ne faut mefmepas , de vostre pro
pre aveu ,
GALANT: IoÏ
1
L
Que jamais defon cœur mon Sexe
Se défaffe Et d'ailleurs, dans le train oùvous a
mis la Grace,
Train , qui chez vous n'eſt point
un jeu
Le prefent d'un cœur embaraſſe.
2
Fe çay que depuis quelque temps
On donne pour Bouquet des Bijoux
importans ;
4
Mais quand vous verrez la for
tune,
Demandez-luy fi dans ces lieux
Où les Mufes chantent le mieux;
Elle daigne en mettre quelqu'une
En pouvoir de donner des Bijoux
precieux.
23
Pas une des neufSaurs par elle n'eft aidée .
I iij
102 MERCURE
Abbé, le nom de bel efprit
Icy ne donne point d'idée ,
De gloire , d'aife , de credit ,
Comme decertains noms , qui d'abord
qu'on les dit ,
Tout pauvres qu'ilsfontpareuxmeſmes ;
Rempliffent l'efprit de trefors ,
De voluptez, d'honneurs Suprêmes;
Par tout excellens paffe- ports 着
Des vices de l'ame &du corps.
S
Je m'égare , & je moralife
Peut- eftre un peu hors de faifon.
Qu'y faire ? malgré la raison ,
Dans tout ce qu'on écrit onfe caracterife.
Cependant revenons à nous,
Tâchons par des fouhaits à nous titer
d'affaire.
Jefçay que c'eft ne donnerguere,
*
i
GALANT 103
Mais ceux que la Nature a formez
comme nous ,
D'un limou moins groffier que le li
mon vulgaire ,
Trouvent des charmes auffi doux
Dans les fouhaits d'nn cœur fin-
·cere ,
Que dans les plus riches Bijoux.
S
Ce n'eft nydu Sçavoir, ny de l'efprit
folide,
Ny de la pieté qu'il faut vous fou
haiter,
Vous en avez affez , Abbé , pour en
préter.
Eft ce une conduite rigide ?
Eft- ce une probité ſur quoy pouvoir
compter?
Encor moins ; voftre cœur jamais ne
vous expofe.
Auxdéreglemen's › aux noirceurs,
I iiij
104 MERCURE
Que la foibleffe humaine cauſe,´
Etfur le merite & les mœurs
On pourroit défier les plus fins Con
noiffeurs
· De vous fouhaiter quelque chofe
2
Tout ce qu'une Femme refout,
Arrive , bien ou mal, comme il eft
dans fa tefte.
Fe veux par des fouhaits celebrer
voftre Feste,
Etj'en trouve un àfaire enfinſelon
mon goust.
Je ne fçay s'it fera du voftre.
Abbé, le voicy fans façon.
Saint Louis eft voftre Patrons
Louis le Grand en eſt un autre,
Augré debien des gens pourle moins
auffi bon.
Que pour vous faire un fort qui
foit digne d'envie,
GALANT 105
Leurs foins à votre égardfe parta
gent ainsi.
Que l'un, lors qu'à centans vousfortirez, d'icy,
Vous procure les biens de l'Eternelle
Vie,
Et que l'autre vous rende heureux
dans celle-cy.
l'Illuftre Madame des Houlicres , c'eſt vous faire un vray
prefent En voicy de fa façon,
pour M' l'Abbé de Lavau ,
au jour de S. Loüis , qui eftoit
celuy de la Feſte.
I ij
100 MERCURE
IL
BOUQUET.
Left aujourd'huy voftre Feste,
Et de ces agreables fleurs,
Dont le temps ne sçauroit effacer les
couleurs ,
Ma main devroit , Abbé , couronner
voftre tefte.
Mais belas ! depuis quelquesjours
Je cherche en vain fur le Parnaffe
Ces vives fleurs, que rien n'efface,
Et que vous y cueillez toujours.
Quevous donner donc en leur
place?
Un fimple bonjour? C'est trop
рец.
Mon cœur? C'est un peu trop , quoy
que fafaifon paffe,
Il ne faut mefmepas , de vostre pro
pre aveu ,
GALANT: IoÏ
1
L
Que jamais defon cœur mon Sexe
Se défaffe Et d'ailleurs, dans le train oùvous a
mis la Grace,
Train , qui chez vous n'eſt point
un jeu
Le prefent d'un cœur embaraſſe.
2
Fe çay que depuis quelque temps
On donne pour Bouquet des Bijoux
importans ;
4
Mais quand vous verrez la for
tune,
Demandez-luy fi dans ces lieux
Où les Mufes chantent le mieux;
Elle daigne en mettre quelqu'une
En pouvoir de donner des Bijoux
precieux.
23
Pas une des neufSaurs par elle n'eft aidée .
I iij
102 MERCURE
Abbé, le nom de bel efprit
Icy ne donne point d'idée ,
De gloire , d'aife , de credit ,
Comme decertains noms , qui d'abord
qu'on les dit ,
Tout pauvres qu'ilsfontpareuxmeſmes ;
Rempliffent l'efprit de trefors ,
De voluptez, d'honneurs Suprêmes;
Par tout excellens paffe- ports 着
Des vices de l'ame &du corps.
S
Je m'égare , & je moralife
Peut- eftre un peu hors de faifon.
Qu'y faire ? malgré la raison ,
Dans tout ce qu'on écrit onfe caracterife.
Cependant revenons à nous,
Tâchons par des fouhaits à nous titer
d'affaire.
Jefçay que c'eft ne donnerguere,
*
i
GALANT 103
Mais ceux que la Nature a formez
comme nous ,
D'un limou moins groffier que le li
mon vulgaire ,
Trouvent des charmes auffi doux
Dans les fouhaits d'nn cœur fin-
·cere ,
Que dans les plus riches Bijoux.
S
Ce n'eft nydu Sçavoir, ny de l'efprit
folide,
Ny de la pieté qu'il faut vous fou
haiter,
Vous en avez affez , Abbé , pour en
préter.
Eft ce une conduite rigide ?
Eft- ce une probité ſur quoy pouvoir
compter?
Encor moins ; voftre cœur jamais ne
vous expofe.
Auxdéreglemen's › aux noirceurs,
I iiij
104 MERCURE
Que la foibleffe humaine cauſe,´
Etfur le merite & les mœurs
On pourroit défier les plus fins Con
noiffeurs
· De vous fouhaiter quelque chofe
2
Tout ce qu'une Femme refout,
Arrive , bien ou mal, comme il eft
dans fa tefte.
Fe veux par des fouhaits celebrer
voftre Feste,
Etj'en trouve un àfaire enfinſelon
mon goust.
Je ne fçay s'it fera du voftre.
Abbé, le voicy fans façon.
Saint Louis eft voftre Patrons
Louis le Grand en eſt un autre,
Augré debien des gens pourle moins
auffi bon.
Que pour vous faire un fort qui
foit digne d'envie,
GALANT 105
Leurs foins à votre égardfe parta
gent ainsi.
Que l'un, lors qu'à centans vousfortirez, d'icy,
Vous procure les biens de l'Eternelle
Vie,
Et que l'autre vous rende heureux
dans celle-cy.
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Résumé : BOUQUET.
L'auteur adresse une lettre poétique à l'Abbé de Lavau pour la fête de Saint-Louis. Elle exprime son désir de lui offrir un bouquet de fleurs, mais ne pouvant en trouver, elle envisage d'autres présents. Elle mentionne que les bijoux sont désormais offerts comme bouquets, mais doute que la fortune permette à quiconque de les offrir. L'auteur s'attarde sur la vanité des noms et des titres, se livrant à des réflexions morales. Elle formule ensuite des vœux pour l'Abbé, souhaitant qu'il soit protégé par Saint-Louis pour la vie éternelle et par Louis le Grand pour le bonheur terrestre. Elle conclut en espérant que ses vœux soient à son goût.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2461
p. 83-89
INSCRIPTIONS DES NEUF GRANDS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
Début :
Au premier Tableau qui représente le Roy préferant la Gloire aux [...]
Mots clefs :
Inscriptions, Tableaux, Gloire, Plaisirs, Repos, Ambition, Guerre, Ennemis, Attaque, Galerie de Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INSCRIPTIONS DES NEUF GRANDS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
INSCRIPTIONS
DES NEUF GRANDS TABLEAUX
DE LA GALERIE DE
VERSAILLES
.
Au premier Tableau qui re
I
D 6 .
84
MERCURE
4
préfente le Roy préferant la
Gloire aux Plaifirs .
INSCRIPTION.
LOUIS LE GRAND dans la fleur
de fa jeuneſſe , prend en main le
Timon de l'Etat , & renonçant au
Repos & aux Plaifirs , je donne
tout entier à l'amour de la veritable
Gloire.
Seconde partie de ce même
Tableau de l'autre cofté du
Cintre.
"
INSCRIPTION.
L'Allemagne , l'Espagne & la
Hollande , font alarmées de la réfolution
de ce jeune Monarque , &
commencent à redouter fon Bras,
qui devoit eftre fatal à leur ambition.
Second Tableau , où le Roy
eft repréſenté , meditant fur la
GALANT. 85
Guerre qu'il voulois faire aux
Hollandois .
INSCRIPTION.
Le Roy delibere s'il attaquera les
Hollandois , & apres diverfes réflexions
que la prudence & la valeur
luyfontfaire , ilfe détermine à
la Guerre par le confeil de la
Iustice.
Troifiéme Tableau , repréſentant
les Préparatifs de la Guerre.
บ
INSCRIPTION.
Le Roy arme par mer &par terre
avec tant de grandeur & de promp
titude , que fes Ennemis n'en conçoivent
pas moins d'admiration que
d'épouvante.
Quatrième Tableau , reprefentant
l'ouverture de la Campagne
contre les Hollandois , par
quatre Siéges.
86 MERCURE
INSCRIPTION.
Le Roy forme le deffein d'affieger
en mesme temps Vvefel , Burich ,
Orfoy , Bhimberg , & en regle les
Préparatifs avec fes Genéraux.
Cinquième Tableau , repréfentant
le Paffage du Rhin à
Tholuis .
INSCRIPTION,
Le merveilleux paffage du Rhim
donne entrée aux François jufques
dans le coeur de la Hollande , & rien
ne peut refifter à la justice des armes
du Roy , ny retarder la rapidité de
Les Conquestes.
Seconde partie de ce mefme
Tableau , de l'autre cofté da
Cintre.
INSCRIPTION.
Treize jours d'Attaque rendent
le Roy maistre de Maſtrich à l'étonGALANT.
87
nement de toute l'Europe , tandis
que fes Vaiffeaux mettent enfuite
la flotte Hollandoife fur les Coftes
de l'Amérique
.
Sixième Tableau , repréſentant
l'Union de l'Allemagne , de
l'Espagne , & de la Hollande contre
la France.
INSCRIPTION.
La Hollande effrayée de tant de
pertes imprévues , & prefque incroyables
, cherche un remede à fes
malheurs , dans l'Alliance qu'elle
fait avec l'Espagne & l'Allemagne.
Septiéme Tableau , repréfentant
la feconde Conquefte de la
Franche Comté .
INSCRIPTION.
La Franche Comté foûmiſe pour
la feconde fois avec une promptitu
88 MERCURE
de extraordinaire , malgré l'oppofition
des Saifons , fait repentir
l'Espagne ; mais trop tard , de fon.
engagement contre la France.
Hoitiéme Tableau , reprefentant
la Priſe de Gand .
INSCRIPTION.
Le Roy tombe comme un Foudre
fur la Ville de Gand , & par cette
nouvelle Conquefte , ôte à la Flandre
La derniere efperance que luy reftoit .
Seconde partie de ce même
Tableau , de l'autre cofté du
Cintre.
INSCRIPTION.
La puiffance victorieufe du Roy
renverfe la Politique d'Espagne ,
éblouit fon Confeil , & déconcertefa
prévoyance.
Neuvième Tableau , repréfentant
la defunion de la Hollande
d'avec l'Espagne & l'Allemagne
.
GALANT. 89
•
INSCRIPTION
La Hollande tend les bras à la
Paix qui luy eft offerte, &le defunit
de l'Allemagne & de l'Espagne , qui
font de vains efforts pour l'arrester.
DES NEUF GRANDS TABLEAUX
DE LA GALERIE DE
VERSAILLES
.
Au premier Tableau qui re
I
D 6 .
84
MERCURE
4
préfente le Roy préferant la
Gloire aux Plaifirs .
INSCRIPTION.
LOUIS LE GRAND dans la fleur
de fa jeuneſſe , prend en main le
Timon de l'Etat , & renonçant au
Repos & aux Plaifirs , je donne
tout entier à l'amour de la veritable
Gloire.
Seconde partie de ce même
Tableau de l'autre cofté du
Cintre.
"
INSCRIPTION.
L'Allemagne , l'Espagne & la
Hollande , font alarmées de la réfolution
de ce jeune Monarque , &
commencent à redouter fon Bras,
qui devoit eftre fatal à leur ambition.
Second Tableau , où le Roy
eft repréſenté , meditant fur la
GALANT. 85
Guerre qu'il voulois faire aux
Hollandois .
INSCRIPTION.
Le Roy delibere s'il attaquera les
Hollandois , & apres diverfes réflexions
que la prudence & la valeur
luyfontfaire , ilfe détermine à
la Guerre par le confeil de la
Iustice.
Troifiéme Tableau , repréſentant
les Préparatifs de la Guerre.
บ
INSCRIPTION.
Le Roy arme par mer &par terre
avec tant de grandeur & de promp
titude , que fes Ennemis n'en conçoivent
pas moins d'admiration que
d'épouvante.
Quatrième Tableau , reprefentant
l'ouverture de la Campagne
contre les Hollandois , par
quatre Siéges.
86 MERCURE
INSCRIPTION.
Le Roy forme le deffein d'affieger
en mesme temps Vvefel , Burich ,
Orfoy , Bhimberg , & en regle les
Préparatifs avec fes Genéraux.
Cinquième Tableau , repréfentant
le Paffage du Rhin à
Tholuis .
INSCRIPTION,
Le merveilleux paffage du Rhim
donne entrée aux François jufques
dans le coeur de la Hollande , & rien
ne peut refifter à la justice des armes
du Roy , ny retarder la rapidité de
Les Conquestes.
Seconde partie de ce mefme
Tableau , de l'autre cofté da
Cintre.
INSCRIPTION.
Treize jours d'Attaque rendent
le Roy maistre de Maſtrich à l'étonGALANT.
87
nement de toute l'Europe , tandis
que fes Vaiffeaux mettent enfuite
la flotte Hollandoife fur les Coftes
de l'Amérique
.
Sixième Tableau , repréſentant
l'Union de l'Allemagne , de
l'Espagne , & de la Hollande contre
la France.
INSCRIPTION.
La Hollande effrayée de tant de
pertes imprévues , & prefque incroyables
, cherche un remede à fes
malheurs , dans l'Alliance qu'elle
fait avec l'Espagne & l'Allemagne.
Septiéme Tableau , repréfentant
la feconde Conquefte de la
Franche Comté .
INSCRIPTION.
La Franche Comté foûmiſe pour
la feconde fois avec une promptitu
88 MERCURE
de extraordinaire , malgré l'oppofition
des Saifons , fait repentir
l'Espagne ; mais trop tard , de fon.
engagement contre la France.
Hoitiéme Tableau , reprefentant
la Priſe de Gand .
INSCRIPTION.
Le Roy tombe comme un Foudre
fur la Ville de Gand , & par cette
nouvelle Conquefte , ôte à la Flandre
La derniere efperance que luy reftoit .
Seconde partie de ce même
Tableau , de l'autre cofté du
Cintre.
INSCRIPTION.
La puiffance victorieufe du Roy
renverfe la Politique d'Espagne ,
éblouit fon Confeil , & déconcertefa
prévoyance.
Neuvième Tableau , repréfentant
la defunion de la Hollande
d'avec l'Espagne & l'Allemagne
.
GALANT. 89
•
INSCRIPTION
La Hollande tend les bras à la
Paix qui luy eft offerte, &le defunit
de l'Allemagne & de l'Espagne , qui
font de vains efforts pour l'arrester.
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Résumé : INSCRIPTIONS DES NEUF GRANDS TABLEAUX DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
Le document décrit neuf tableaux de la galerie de Versailles, chacun illustrant des moments clés du règne de Louis XIV. Le premier tableau montre Louis XIV, jeune, choisissant la gloire et prenant les rênes de l'État, suscitant l'inquiétude de l'Allemagne, de l'Espagne et de la Hollande. Le second tableau le représente méditant sur une guerre contre les Hollandais, qu'il décide d'entreprendre pour des raisons de justice. Le troisième tableau illustre les préparatifs de la guerre, avec Louis XIV armant ses forces par mer et par terre, provoquant admiration et épouvante chez ses ennemis. Le quatrième tableau montre l'ouverture de la campagne contre les Hollandais par quatre sièges. Le cinquième tableau représente le passage du Rhin à Tolhuis, la prise de Maastricht et la fuite de la flotte hollandaise en Amérique. Le sixième tableau décrit l'alliance de l'Allemagne, de l'Espagne et de la Hollande contre la France. Le septième tableau montre la soumission rapide de la Franche-Comté malgré l'opposition des Saisons, regrettée par l'Espagne. Le huitième tableau illustre la prise de Gand, privant la Flandre de ses dernières espérances et influençant la politique espagnole. Enfin, le neuvième tableau représente la désunion de la Hollande avec l'Espagne et l'Allemagne, la Hollande acceptant la paix offerte par Louis XIV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2462
p. 93-104
De Paris.
Début :
Le 24. du mois passé, veille de Noël, Madame la Duchesse [...]
Mots clefs :
Abbé, Duc d'Orléans, Corps, Marquis, Gouverneur, Chevalier, Roi, Palais, Province, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
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2463
p. 1559-1571
LETTRE CRITIQUE de M... sur une nouvelle Histoire Universelle d'Angleterre, entreprise par une Societé de Gens de Lettres.
Début :
Voici, Monsieur, de quoi entretenir notre commerce litteraire. Il est [...]
Mots clefs :
Histoire, Histoire universelle, Angleterre, Ouvrage, Esprit, Sujet, Égyptiens, Matières, Égypte, Érudition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE CRITIQUE de M... sur une nouvelle Histoire Universelle d'Angleterre, entreprise par une Societé de Gens de Lettres.
LETTRE CRITIQUE de M...
sur une nouvelle Histoire Universelle
d'Angleterre , entreprise par une Societé
de Gens de Lettres.
Oici , Monsieur , de quoi entretenir
Voic notre commerce litteraire . Il est
arrivé d Angleterre ces jours passez le
Commencement d'une Histoire Universelle
, entreprise par une Societé de Gens
de Lettres , dont on dit qu'il y aura 24.
Volumes in 4. et je n'en doute pas sur
le plan et la méthode que suivent ces
Messieurs . Le premier volume contient
la Création du Monde , la chute d'Adam
et des Anges , l'Histoire Sacrée et Profane
des temps qui ont précedé le Dé
luge , la dispersion des Peuples , l'Histoire
des Egyptiens et des anciens Asia
tiques. Je l'ai lû avec empressement , par
l'idée avantageuse que j'ai des Sçavans
d'Angleterre ; mais je vous confesse d'avance
que je n'y ai pas trouvé ce que
me promettoit mon ancienne prévention .
On n'a gueres vû jusqu'à présent , disoit
M. de la Bruyere , un chef- d'oeuvre
d'esprit qui fût l'ouvrage de plusieurs.
Homere
1560 MERCURE DE FRANCE
Homere a composé l'Iliade , Virgile l'Enéïde
, Tite- Live ses Décades , et l'Orateur
Romain ses Oraisons ; s'il y avoit
une exception à cette Regle , elle seroit
préferablement en faveur de l'Histoire ,
où l'étenduë du sujet et la dispersion des
matieres , paroissent demander plusieurs
esprits qui y travaillent , et qui recueillent
les Mémoires et les Anecdotes répandus
dans une infinité d'Auteurs anciens
et modernes. Ce secours néanmoins
fait sentir ses inconvéniens dans celui qui
est chargé de rédiger l'Ouvrage lorsqu'il
en faut venir à l'éxecution . Quelqu'attention
qu'ayent eu les Compilateurs de
se réunir dans un même point , il est impossible
qu'ils ne soient frappez et conduits
par des idées particulieres , qui leur
semblent appartenir , ou pouvoir entrer
dans le sujet; ils grossissent ainsi leurs collections
de matieres indirectes et obliques,
propres à faire de gros volumes et rarement
des Ouvrages parfaits.
C'est l'écüeil où vient nécessairement
échouer celui qui doit rédiger leurs
compilations , à moins qu'il ne soit d'un
goût et d'un discernement incapable de
s'écarter ou d'être induit en erreur. Le
piege se présente sans cesse à son esprit.
Frappé par la lecture des matériaux qu'on
P
1
lui
JUILLET. 1733. 1561
lui donne , il entre imperceptiblement
dans les pensées de chacun de ses Compilateurs
; il est séduit par les approches ,
les ressemblances ou les rapports de leurs
idées au sujet principal ; elles l'entraînent
malgré lui ; l'envie de montrer de l'érudition
, les lui fait adopter ; la crainte
de désobliger ceux qui les lui donnent ,
l'engage à ne les pas omettre. Il insere
donc une infinité de matieres et de circonstances
naturellement étrangeres , et
qu'on n'y glisse qu'à force de transitions
ou de liaisons contraintes , toujours propres
à interrompre le fil du discours . C'est
ainsi qu'on multiplie les volumes et que
l'on ôte à l'Ouvrage ce naturel et cette
netteté qui en doivent être un des premiers
caracteres .
Celui qui a rédigé cette nouvelle Histoire
Universelle , a donné en plein dans
ce deffaur. L'Ouvrage est , sans contredit
, le plus sçavant Recueil qu'il y ait
en ce genre ; et la profonde érudition
qui y est répanduë , devient l'occasion
de ses défectuositez. Vous n'y verrez par
tout qu'un amas des sentimens , des faussetez
ou des erreurs de differens Ecrivains
sur le même sujet . Le volume in 12. que
l'on a donné pour servir d'Introduction ,
rapporte tout ce que les anciens Philo
E sophes
1562 MERCURE DE FRANCE
sophes ont jamais pensé sur la nature et
la création du Monde. Imaginez , s'il ett
possible , combien d'écarts et de rêveries ;
vous les trouverez exactement dans ce
Préliminaire. Pour le renfermer dans ses
justes bornes , il faudroit le réduire tout
au plus à la dixième partie. Alors il seroit
intelligible ; l'esprit du Lecteur ne
seroit pas surchargé d'une quantité de
faits qui dégénerent en questions personnelles
sur des Auteurs ausquels on ne
s'interesse plus guére , et on sçauroit
du moins à quoi s'en tenir. Au lieu qu'on
ne s'est appliqué qu'à nous dire ce qu'ont
pensé les autres dans leurs idées folles
et bizares , sans nous apprendre ce que
nous devons penser nous - mêmes .
Le même goût domine dans tout le
corps de l'Histoire. L'Auteur a meux aimé
rapporter les sentimens d'autrui , ou
faire voir qu'il les connoissoit , que
d'établir
les siens . Quelquefois il les donne
tous comme probables , d'autres fois il en
fait sentir la fausseté , sans en adopter
aucun, A chaque page il établit et il détruit.
Méthode d'un Pyrronisme continuel
qui dit beaucoup de choses sans rien
apprendre qu'à douter de tout , même
des faits les plus certains , parce qu'ils
sont mis à côté des plus douteux , sans
que
JUILLET. 1733. 1563
que l'on détermine lequel il faut croire.
Quelque persuadé que je sois qu'il n'a
pas travaillé uniquement pour faire de
gros volumes et en grande quantité , je
ne sçaurois cependant m'empêcher de dire
, que quand il auroit eu ce dessein , il
ne l'auroit pas mieux executé. Où est le
sçavant aujourd'hui qui prenne la moindre
part ou qui ajoûte la plus legere
croyance à ce que les Caldéens , les Egyptiens
, quelques Juifs ou autres Orientaux
, nous débitent sur l'Histoire Profane
qui a précedé le Déluge ? Le commun
des Lecteurs s'en embarasse encore
moins puisque la foi et la raison dé
montrent la fausseté de ces Monumens
apocrifes. Je m'attends bien que dans
le volume suivant on verra tout au long
les Généalogies et la Chronique de Bérose.
L'Auteur recueille soigneusement
toutes ces imaginations ; il y revient plusieurs
fois , et dit sérieusement qu'il faisseroit
quelque chose à desirer pour la
perfection de son Ouvrage , s'il osoit les
omettre.
C'est dans cet esprit qu'il commence
l'Histoire des Rois d'Egypte par ce conte
ennuyeux d'Osiris et d'Isis , qui occupe
cinq ou six pages , et qui est l'Endroit le
plus fabuleux , le plus mal concerté et
E ij le
1564 MERCURE DE FRANCE
le moins intéressant de toute la Mytologie.
A ce long détail succede l'Histoire
de Menès , qui tient un long espace pour
y renfermer très - peu de chose. Je crois
qu'elle est de neuf ou dix pages , dont
huit n'ont chacune que deux lignes , le
reste est rempli de Notes en caractere
fort petit , où se trouve la dispute de Perizonius
, de Mrs Newton et Whiston ,
pour sçavoir si Menès , reconnu pour fils
de Cham , a succedé aux Mestrai. Encore
l'Auteur se flate- t'il de nous faire grace
sur la brieveté. M.Whiston , dit-il , page
453. allegue treize argumens , dont nous
sauterons les neuf premiers pour venir au
dixième. N'est - ce pas avoir conspiré contre
la patience et la bourse du Public en
faveur des Libraires ?
A ces inutilitez fastidieuses joignez les
indécences qui s'y trouvent assez fréquemment,
Pour peu qu'on ait lû les Ancicas,
on sçait que leur Morale est moins qu'e
purée , Ils croyoient égayer leur stile par
ces sortes de libertez qu'ils regardoient
comme des amusemens indifferens . D'ailleurs
il faut convenir que quand la chose
ne va pas jusqu'à l'obscène , elle choque
beaucoup moins dans le Grec et le Latin
que dans notre Langue . L'Auteur n'a pas
été si scrupuleux ; il a regardé comme
des
JUILLET. 1733. 1565:
des embellissemens à son Histoire , ces
actions et ses discours qui offensent la
modestie et la politesse , quoiqu'il n'aille
pas jusqu'aux salletez ; en voici quelques
exemples , où je ne ferai qu'indiquer les
sujets . Ils sont tirez de la seule Histoire
d'Egypte , que j'ai lûe avec un peu plus.
d'attention , et cela dans l'espace de vingt
pages.
L'Histoire de Phéron , page 466. qui ,
pour guérir ses yeux , cherchoit , selon
l'Oracle , l'urine d'une femme fidele à
son mari. La Reine et quelques autres
lui ayant parû suspectes par cette raison ,
il les fit toutes mourir.
La fille de Chops , prostituée par son
Pere , qui bâtit une grande Piramide des
pierres que lui apportoient ses Amans ,
quoique chacun ne lui en donnât qu'une.
Celle de la fille de Micerin .... Quelle
pitoyable observation de faire remarquer
la differente attitude des hommes et des
femmes en Egypte pour satisfaire au
moindre besoin de la Nature .
Les Soldats de Psammetiques , qui disoient
en se découvrant d'une maniere
honteuse ; nous n'avons pas peur de manquer
de femmes , ni d'enfans.
Le nouveau Roy qui étoit assis à cheval
, se leya tant soit peu et répondit à
E iij
cette
1566 MERCURE DE FRANCE
cette sommation par un vent toujours
impoli , qu'il pria l'Ambassadeur de reporter
à son Maître , pag . 484
La Statue faite par Amasis , de la Cuvette
où les Egyptiens avoient souvent
vomi , lavé leurs pieds et fait de l'eau ,
pag. 485.
Enfin l'indécent récit de l'impuissance
d'Amasis et de ses circonstances , p . 488.
J'ai lû plusieurs fois Hérodote et Diodore
, et je ne crois pas que l'Auteur ait
rien omis en ce genre de ce qui regarde
'Histoire des Egyptiens. Il faut cependant
avouer que parmi ces traits il en
est quelques - uns qui pourroient se raconter
en prenant les précautions que
demande la bienséance , comme l'Apo- '
logue d'Amasis pour la Cuvette. Mais
c'est à quoi l'Auteur ne s'est point applique.
Il auroit pû prendre exemple sur
M. Rollin , qu'il avoit devant les yeux ,
puisqu'il le cite quelquefois. Cet Ecrivain
judicieux avoit puisé dans les mêmes
sources , sans y prendre indifferemment
tous ces mauvais contes qui ne font
rien à l'Histoire que de la rendre basse
et rampante . Il les a omis ; dira- t'on
que c'est un deffaut et un vuide qui dépare
son Histoire ?
Mais bien loin que l'Auteur qui a rédigé
JUILLET. 1733. 1567
gé cette Histoire Universelle , ait assez de
Tégéreté dans le stile , pour toucher adroitement
ces Endroits délicats ; il s'en faut
bien qu'il n'en ait assez pour entreprendre
de donner une bonne Histoire .Après
les grands modeles que nous avons et qui
ont rendu le Public si difficile , si l'on
n'est pas obligé d'écrire parfaitement, du
moins l'on n'est plus recevable à le faire
si mal. J'y remarque deux fautes essentielles
; la superfluité des matiéres , et le
deffaut d'arrangement dans les faits .
M. l'Abbé Fleury disoit avec esprit
que l'Histoire ressemble à un Bâtiment
qu'on ne peut élever qu'avec des Echafauds
, des Cordes , des Poulies et une infinité
d'Outils ; mais que rien de tout cela
ne devoit plus paroître quand la Maison
étoit achevée. C'est à quoi l'Auteur dont
je vous parle , n'a pas fait attention . Il
nous a donné à lire son Ouvrage seulement
ébauché , avec toutes les discussions
, les doutes , les matériaux informes,
et, pour ainsi dire , tous les instrumens
dont il s'est servi pour le composer.
On y voit presque à chaque article
quelque Ecrivain nommé ou désigné par
ces mots : Quelques- uns disent... D'autres
soutiennent.... Il y en a qui prétendent....
Après quoi il ajoutera : Mais
E iiij
tout
1568 MERCURE DE FRANCE
tout cela n'est point vrai. Il n'étoit donc
pas nécessaire de le dire ; si ce n'est pour
faire parade d'érudition , ou pour ne pas
désobliger ceux qui avoient fourni les
Mémoires , à qui celui qui rédige est
comtable jusqu'à un certain point. Ce
stile seroit tout au plus supportable dans
la Dissertation ou dans le Recueil.
Enfin les faits y sont mis avec si peu
d'ordre que souvent l'Auteur y empiéte
d'un Regne à l'autre , et revient ensuite
sur ses pas ; où il lui est très- ordinaire de
perdre
son sujet de vue par des incidens
étangers , que l'envie de tout mettre lui
fait insérer dans le corps de l'Histoire ;
après lesquels vous l'entendez si - souvent
dire: Mais revenons. Deux Phrases qui
lui sont encore favorites sont celles ci ,
comme nous l'avons dit plus haut, ou, comme
nous le dirons plus bas. Cela n'est plus
d'usage dans les bons Ecrivains.Ce qu'on
a déja dit , il faut rendre la justice au Lecteur
, de croire qu'il s'en souvient ; et
qu'il sçaura bien rapprocher ce qu'il
trouvera dans la suite.
Ces deffauts de l'Historien Anglois
sont encore malheureusement augmentez
et mis dans tout leur jour par son
Traducteur. J'ai de la peine à croire qu'il
soit François d'origine , du moins il ne
conJUILLET.
1733 1569
connoît pas assez , je ne dis pas l'élégance
, mais la pureté de notre langue, pour
tenter d'écrire ; aujourd'hui , que les personnes
même du commun , exigent de
Pexactitude et de la délicatesse ; sans être
critique , vous ne lirez pas trois Phrases
sans en trouver une de louche . En voici
quelques- unes qu'il ne m'a pas été difficile
de trouver , car tout y est plein d'expressions
basses et vicieuses .
Ensuite notre Auteur allégue treize
Argumens , dont nous sautons les neuf
premiers , pour venir au dixiéme
453.
, page
Finalement , Mycérinus , est dit avoir
bâti une Piramide , page 474.
Mais avant que d'entrer
dans le détail
du regne de Sabacco , faisons
quelques
pas
en arriere , et jettons la vue sur les trois
Regnes
que nous venons
de parcourir
.
Ce coup d'oeil nous convaincra
, ... page
475. Ce retour
consiste
en quatorze
lignes
, après lesquelles
on dit : Mais revenons
à Sabacco
.
Somme-toute , le Roy lui donna sa fille
en mariage. 471 .
La mort de sa fille ne fut pas le seul
malheur qui accueillit Mycerinus.
Psammetique mit fin au Duodecim- virat.
473. 478 .
E v Les
1570 MERCURE DE FRANCE
Les Expéditions des Flottes de Néchus,
și tant est qu'elles en ayent fait , ne se
trouvent écrite nulle part , que nous sçachions.
480 .
On conte qu'en guise de monument de
sa bonne fortune . 481 .
Psammis demanda aux Ambassadeurs
Eléens si leurs propres Citoïens étoient
admis aux Jeux Olympiques : Question
à laquelle ils répondirent qu'oüi. 482 .
Le petit nombre qui échapa , revint
tout en fureur contre Apriès, comme si ce
Roy les avoit envoyés à la boucherie . 484 .
La clémence est mal employée envers les
ennemis . 485.
Mais avant que l'Orage crevat , Amasis
mourut , et son corps mort fut embaumé.491 .
La Muraille blanche de Memphis , qui
servoit d'une seconde enceinte , y est appellée
une Paroi- blanche . 494 .
Mais Nectanebe pourvut si- bien à la
sûreté de la Ville, qu'il n'y eut pas moïen
d'y mordre ; et d'un autre côté , les Commandans
ne firent rien qui vaille. 497.
Plinius tâcha de déloger Nicostrate de ses
retranchemens
. 459.
Les Grecs demanderent un Pour-parler,
avec Lacharès . 500 .
En voilà assez , Monsieur , car je vous
prie d'observer que je vais de page en
page
JUILLET. 1733. 1571
page. Au premier ordinaire je vous parlerai
de là Chronologie de l'Auteur , et
en particulier de son Histoire d'Egypte.
Je suis , Monsieur , &c.
A Paris , ce 20 May 1733 •
sur une nouvelle Histoire Universelle
d'Angleterre , entreprise par une Societé
de Gens de Lettres.
Oici , Monsieur , de quoi entretenir
Voic notre commerce litteraire . Il est
arrivé d Angleterre ces jours passez le
Commencement d'une Histoire Universelle
, entreprise par une Societé de Gens
de Lettres , dont on dit qu'il y aura 24.
Volumes in 4. et je n'en doute pas sur
le plan et la méthode que suivent ces
Messieurs . Le premier volume contient
la Création du Monde , la chute d'Adam
et des Anges , l'Histoire Sacrée et Profane
des temps qui ont précedé le Dé
luge , la dispersion des Peuples , l'Histoire
des Egyptiens et des anciens Asia
tiques. Je l'ai lû avec empressement , par
l'idée avantageuse que j'ai des Sçavans
d'Angleterre ; mais je vous confesse d'avance
que je n'y ai pas trouvé ce que
me promettoit mon ancienne prévention .
On n'a gueres vû jusqu'à présent , disoit
M. de la Bruyere , un chef- d'oeuvre
d'esprit qui fût l'ouvrage de plusieurs.
Homere
1560 MERCURE DE FRANCE
Homere a composé l'Iliade , Virgile l'Enéïde
, Tite- Live ses Décades , et l'Orateur
Romain ses Oraisons ; s'il y avoit
une exception à cette Regle , elle seroit
préferablement en faveur de l'Histoire ,
où l'étenduë du sujet et la dispersion des
matieres , paroissent demander plusieurs
esprits qui y travaillent , et qui recueillent
les Mémoires et les Anecdotes répandus
dans une infinité d'Auteurs anciens
et modernes. Ce secours néanmoins
fait sentir ses inconvéniens dans celui qui
est chargé de rédiger l'Ouvrage lorsqu'il
en faut venir à l'éxecution . Quelqu'attention
qu'ayent eu les Compilateurs de
se réunir dans un même point , il est impossible
qu'ils ne soient frappez et conduits
par des idées particulieres , qui leur
semblent appartenir , ou pouvoir entrer
dans le sujet; ils grossissent ainsi leurs collections
de matieres indirectes et obliques,
propres à faire de gros volumes et rarement
des Ouvrages parfaits.
C'est l'écüeil où vient nécessairement
échouer celui qui doit rédiger leurs
compilations , à moins qu'il ne soit d'un
goût et d'un discernement incapable de
s'écarter ou d'être induit en erreur. Le
piege se présente sans cesse à son esprit.
Frappé par la lecture des matériaux qu'on
P
1
lui
JUILLET. 1733. 1561
lui donne , il entre imperceptiblement
dans les pensées de chacun de ses Compilateurs
; il est séduit par les approches ,
les ressemblances ou les rapports de leurs
idées au sujet principal ; elles l'entraînent
malgré lui ; l'envie de montrer de l'érudition
, les lui fait adopter ; la crainte
de désobliger ceux qui les lui donnent ,
l'engage à ne les pas omettre. Il insere
donc une infinité de matieres et de circonstances
naturellement étrangeres , et
qu'on n'y glisse qu'à force de transitions
ou de liaisons contraintes , toujours propres
à interrompre le fil du discours . C'est
ainsi qu'on multiplie les volumes et que
l'on ôte à l'Ouvrage ce naturel et cette
netteté qui en doivent être un des premiers
caracteres .
Celui qui a rédigé cette nouvelle Histoire
Universelle , a donné en plein dans
ce deffaur. L'Ouvrage est , sans contredit
, le plus sçavant Recueil qu'il y ait
en ce genre ; et la profonde érudition
qui y est répanduë , devient l'occasion
de ses défectuositez. Vous n'y verrez par
tout qu'un amas des sentimens , des faussetez
ou des erreurs de differens Ecrivains
sur le même sujet . Le volume in 12. que
l'on a donné pour servir d'Introduction ,
rapporte tout ce que les anciens Philo
E sophes
1562 MERCURE DE FRANCE
sophes ont jamais pensé sur la nature et
la création du Monde. Imaginez , s'il ett
possible , combien d'écarts et de rêveries ;
vous les trouverez exactement dans ce
Préliminaire. Pour le renfermer dans ses
justes bornes , il faudroit le réduire tout
au plus à la dixième partie. Alors il seroit
intelligible ; l'esprit du Lecteur ne
seroit pas surchargé d'une quantité de
faits qui dégénerent en questions personnelles
sur des Auteurs ausquels on ne
s'interesse plus guére , et on sçauroit
du moins à quoi s'en tenir. Au lieu qu'on
ne s'est appliqué qu'à nous dire ce qu'ont
pensé les autres dans leurs idées folles
et bizares , sans nous apprendre ce que
nous devons penser nous - mêmes .
Le même goût domine dans tout le
corps de l'Histoire. L'Auteur a meux aimé
rapporter les sentimens d'autrui , ou
faire voir qu'il les connoissoit , que
d'établir
les siens . Quelquefois il les donne
tous comme probables , d'autres fois il en
fait sentir la fausseté , sans en adopter
aucun, A chaque page il établit et il détruit.
Méthode d'un Pyrronisme continuel
qui dit beaucoup de choses sans rien
apprendre qu'à douter de tout , même
des faits les plus certains , parce qu'ils
sont mis à côté des plus douteux , sans
que
JUILLET. 1733. 1563
que l'on détermine lequel il faut croire.
Quelque persuadé que je sois qu'il n'a
pas travaillé uniquement pour faire de
gros volumes et en grande quantité , je
ne sçaurois cependant m'empêcher de dire
, que quand il auroit eu ce dessein , il
ne l'auroit pas mieux executé. Où est le
sçavant aujourd'hui qui prenne la moindre
part ou qui ajoûte la plus legere
croyance à ce que les Caldéens , les Egyptiens
, quelques Juifs ou autres Orientaux
, nous débitent sur l'Histoire Profane
qui a précedé le Déluge ? Le commun
des Lecteurs s'en embarasse encore
moins puisque la foi et la raison dé
montrent la fausseté de ces Monumens
apocrifes. Je m'attends bien que dans
le volume suivant on verra tout au long
les Généalogies et la Chronique de Bérose.
L'Auteur recueille soigneusement
toutes ces imaginations ; il y revient plusieurs
fois , et dit sérieusement qu'il faisseroit
quelque chose à desirer pour la
perfection de son Ouvrage , s'il osoit les
omettre.
C'est dans cet esprit qu'il commence
l'Histoire des Rois d'Egypte par ce conte
ennuyeux d'Osiris et d'Isis , qui occupe
cinq ou six pages , et qui est l'Endroit le
plus fabuleux , le plus mal concerté et
E ij le
1564 MERCURE DE FRANCE
le moins intéressant de toute la Mytologie.
A ce long détail succede l'Histoire
de Menès , qui tient un long espace pour
y renfermer très - peu de chose. Je crois
qu'elle est de neuf ou dix pages , dont
huit n'ont chacune que deux lignes , le
reste est rempli de Notes en caractere
fort petit , où se trouve la dispute de Perizonius
, de Mrs Newton et Whiston ,
pour sçavoir si Menès , reconnu pour fils
de Cham , a succedé aux Mestrai. Encore
l'Auteur se flate- t'il de nous faire grace
sur la brieveté. M.Whiston , dit-il , page
453. allegue treize argumens , dont nous
sauterons les neuf premiers pour venir au
dixième. N'est - ce pas avoir conspiré contre
la patience et la bourse du Public en
faveur des Libraires ?
A ces inutilitez fastidieuses joignez les
indécences qui s'y trouvent assez fréquemment,
Pour peu qu'on ait lû les Ancicas,
on sçait que leur Morale est moins qu'e
purée , Ils croyoient égayer leur stile par
ces sortes de libertez qu'ils regardoient
comme des amusemens indifferens . D'ailleurs
il faut convenir que quand la chose
ne va pas jusqu'à l'obscène , elle choque
beaucoup moins dans le Grec et le Latin
que dans notre Langue . L'Auteur n'a pas
été si scrupuleux ; il a regardé comme
des
JUILLET. 1733. 1565:
des embellissemens à son Histoire , ces
actions et ses discours qui offensent la
modestie et la politesse , quoiqu'il n'aille
pas jusqu'aux salletez ; en voici quelques
exemples , où je ne ferai qu'indiquer les
sujets . Ils sont tirez de la seule Histoire
d'Egypte , que j'ai lûe avec un peu plus.
d'attention , et cela dans l'espace de vingt
pages.
L'Histoire de Phéron , page 466. qui ,
pour guérir ses yeux , cherchoit , selon
l'Oracle , l'urine d'une femme fidele à
son mari. La Reine et quelques autres
lui ayant parû suspectes par cette raison ,
il les fit toutes mourir.
La fille de Chops , prostituée par son
Pere , qui bâtit une grande Piramide des
pierres que lui apportoient ses Amans ,
quoique chacun ne lui en donnât qu'une.
Celle de la fille de Micerin .... Quelle
pitoyable observation de faire remarquer
la differente attitude des hommes et des
femmes en Egypte pour satisfaire au
moindre besoin de la Nature .
Les Soldats de Psammetiques , qui disoient
en se découvrant d'une maniere
honteuse ; nous n'avons pas peur de manquer
de femmes , ni d'enfans.
Le nouveau Roy qui étoit assis à cheval
, se leya tant soit peu et répondit à
E iij
cette
1566 MERCURE DE FRANCE
cette sommation par un vent toujours
impoli , qu'il pria l'Ambassadeur de reporter
à son Maître , pag . 484
La Statue faite par Amasis , de la Cuvette
où les Egyptiens avoient souvent
vomi , lavé leurs pieds et fait de l'eau ,
pag. 485.
Enfin l'indécent récit de l'impuissance
d'Amasis et de ses circonstances , p . 488.
J'ai lû plusieurs fois Hérodote et Diodore
, et je ne crois pas que l'Auteur ait
rien omis en ce genre de ce qui regarde
'Histoire des Egyptiens. Il faut cependant
avouer que parmi ces traits il en
est quelques - uns qui pourroient se raconter
en prenant les précautions que
demande la bienséance , comme l'Apo- '
logue d'Amasis pour la Cuvette. Mais
c'est à quoi l'Auteur ne s'est point applique.
Il auroit pû prendre exemple sur
M. Rollin , qu'il avoit devant les yeux ,
puisqu'il le cite quelquefois. Cet Ecrivain
judicieux avoit puisé dans les mêmes
sources , sans y prendre indifferemment
tous ces mauvais contes qui ne font
rien à l'Histoire que de la rendre basse
et rampante . Il les a omis ; dira- t'on
que c'est un deffaut et un vuide qui dépare
son Histoire ?
Mais bien loin que l'Auteur qui a rédigé
JUILLET. 1733. 1567
gé cette Histoire Universelle , ait assez de
Tégéreté dans le stile , pour toucher adroitement
ces Endroits délicats ; il s'en faut
bien qu'il n'en ait assez pour entreprendre
de donner une bonne Histoire .Après
les grands modeles que nous avons et qui
ont rendu le Public si difficile , si l'on
n'est pas obligé d'écrire parfaitement, du
moins l'on n'est plus recevable à le faire
si mal. J'y remarque deux fautes essentielles
; la superfluité des matiéres , et le
deffaut d'arrangement dans les faits .
M. l'Abbé Fleury disoit avec esprit
que l'Histoire ressemble à un Bâtiment
qu'on ne peut élever qu'avec des Echafauds
, des Cordes , des Poulies et une infinité
d'Outils ; mais que rien de tout cela
ne devoit plus paroître quand la Maison
étoit achevée. C'est à quoi l'Auteur dont
je vous parle , n'a pas fait attention . Il
nous a donné à lire son Ouvrage seulement
ébauché , avec toutes les discussions
, les doutes , les matériaux informes,
et, pour ainsi dire , tous les instrumens
dont il s'est servi pour le composer.
On y voit presque à chaque article
quelque Ecrivain nommé ou désigné par
ces mots : Quelques- uns disent... D'autres
soutiennent.... Il y en a qui prétendent....
Après quoi il ajoutera : Mais
E iiij
tout
1568 MERCURE DE FRANCE
tout cela n'est point vrai. Il n'étoit donc
pas nécessaire de le dire ; si ce n'est pour
faire parade d'érudition , ou pour ne pas
désobliger ceux qui avoient fourni les
Mémoires , à qui celui qui rédige est
comtable jusqu'à un certain point. Ce
stile seroit tout au plus supportable dans
la Dissertation ou dans le Recueil.
Enfin les faits y sont mis avec si peu
d'ordre que souvent l'Auteur y empiéte
d'un Regne à l'autre , et revient ensuite
sur ses pas ; où il lui est très- ordinaire de
perdre
son sujet de vue par des incidens
étangers , que l'envie de tout mettre lui
fait insérer dans le corps de l'Histoire ;
après lesquels vous l'entendez si - souvent
dire: Mais revenons. Deux Phrases qui
lui sont encore favorites sont celles ci ,
comme nous l'avons dit plus haut, ou, comme
nous le dirons plus bas. Cela n'est plus
d'usage dans les bons Ecrivains.Ce qu'on
a déja dit , il faut rendre la justice au Lecteur
, de croire qu'il s'en souvient ; et
qu'il sçaura bien rapprocher ce qu'il
trouvera dans la suite.
Ces deffauts de l'Historien Anglois
sont encore malheureusement augmentez
et mis dans tout leur jour par son
Traducteur. J'ai de la peine à croire qu'il
soit François d'origine , du moins il ne
conJUILLET.
1733 1569
connoît pas assez , je ne dis pas l'élégance
, mais la pureté de notre langue, pour
tenter d'écrire ; aujourd'hui , que les personnes
même du commun , exigent de
Pexactitude et de la délicatesse ; sans être
critique , vous ne lirez pas trois Phrases
sans en trouver une de louche . En voici
quelques- unes qu'il ne m'a pas été difficile
de trouver , car tout y est plein d'expressions
basses et vicieuses .
Ensuite notre Auteur allégue treize
Argumens , dont nous sautons les neuf
premiers , pour venir au dixiéme
453.
, page
Finalement , Mycérinus , est dit avoir
bâti une Piramide , page 474.
Mais avant que d'entrer
dans le détail
du regne de Sabacco , faisons
quelques
pas
en arriere , et jettons la vue sur les trois
Regnes
que nous venons
de parcourir
.
Ce coup d'oeil nous convaincra
, ... page
475. Ce retour
consiste
en quatorze
lignes
, après lesquelles
on dit : Mais revenons
à Sabacco
.
Somme-toute , le Roy lui donna sa fille
en mariage. 471 .
La mort de sa fille ne fut pas le seul
malheur qui accueillit Mycerinus.
Psammetique mit fin au Duodecim- virat.
473. 478 .
E v Les
1570 MERCURE DE FRANCE
Les Expéditions des Flottes de Néchus,
și tant est qu'elles en ayent fait , ne se
trouvent écrite nulle part , que nous sçachions.
480 .
On conte qu'en guise de monument de
sa bonne fortune . 481 .
Psammis demanda aux Ambassadeurs
Eléens si leurs propres Citoïens étoient
admis aux Jeux Olympiques : Question
à laquelle ils répondirent qu'oüi. 482 .
Le petit nombre qui échapa , revint
tout en fureur contre Apriès, comme si ce
Roy les avoit envoyés à la boucherie . 484 .
La clémence est mal employée envers les
ennemis . 485.
Mais avant que l'Orage crevat , Amasis
mourut , et son corps mort fut embaumé.491 .
La Muraille blanche de Memphis , qui
servoit d'une seconde enceinte , y est appellée
une Paroi- blanche . 494 .
Mais Nectanebe pourvut si- bien à la
sûreté de la Ville, qu'il n'y eut pas moïen
d'y mordre ; et d'un autre côté , les Commandans
ne firent rien qui vaille. 497.
Plinius tâcha de déloger Nicostrate de ses
retranchemens
. 459.
Les Grecs demanderent un Pour-parler,
avec Lacharès . 500 .
En voilà assez , Monsieur , car je vous
prie d'observer que je vais de page en
page
JUILLET. 1733. 1571
page. Au premier ordinaire je vous parlerai
de là Chronologie de l'Auteur , et
en particulier de son Histoire d'Egypte.
Je suis , Monsieur , &c.
A Paris , ce 20 May 1733 •
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Résumé : LETTRE CRITIQUE de M... sur une nouvelle Histoire Universelle d'Angleterre, entreprise par une Societé de Gens de Lettres.
La lettre critique examine une nouvelle 'Histoire Universelle d'Angleterre' en 24 volumes, dont le premier traite de la Création du Monde, de la chute d'Adam et des Anges, et de l'histoire des temps antérieurs au Déluge. L'auteur de la lettre, bien que favorablement impressionné par la réputation des savants anglais, trouve l'ouvrage décevant. Il souligne que les grandes œuvres sont généralement l'œuvre d'un seul auteur et que la collaboration peut entraîner des inconvénients, tels que l'inclusion de matières indirectes et l'interruption du fil du discours. L''Histoire Universelle' est décrite comme un recueil savant mais encombré de sentiments, de faussetés et d'erreurs provenant de divers écrivains. Le volume d'introduction rapporte les pensées des anciens philosophes sur la création du Monde, ce qui alourdit le texte sans apporter de clarté. L'auteur de l''Histoire Universelle' rapporte souvent les sentiments d'autrui sans établir les siens, adoptant une méthode pyrrhonienne qui sème le doute. La lettre critique mentionne également des inutilités fastidieuses et des indécences fréquentes dans le texte, comme des récits obscènes ou indécents tirés de l'histoire des Égyptiens. L'auteur de l''Histoire Universelle' n'a pas pris les précautions nécessaires pour éviter ces inconvénients, contrairement à d'autres historiens comme M. Rollin. Enfin, la lettre souligne deux fautes essentielles dans l'ouvrage : la superfluité des matières et le défaut d'arrangement dans les faits. L'auteur de l''Histoire Universelle' n'a pas su masquer les discussions, les doutes et les matériaux informes utilisés pour composer l'ouvrage, rendant la lecture confuse et désordonnée. Le traducteur français aggrave ces défauts par une mauvaise maîtrise de la langue. Le texte traite également de divers événements historiques liés à l'Égypte antique. Mycerinus connut plusieurs malheurs, dont la mort de sa fille. Psammétique mit fin au Duodecimvirat, un conseil de douze membres. Les expéditions des flottes de Néchus ne sont pas documentées. Psammis interrogea les ambassadeurs éléens sur la participation de leurs citoyens aux Jeux Olympiques, à quoi ils répondirent affirmativement. Après une défaite, les survivants accusèrent le roi Apriès de les avoir envoyés à la mort. Amasis mourut avant une tempête, et son corps fut embaumé. La muraille blanche de Memphis est décrite comme une seconde enceinte. Nectanébo renforça la sécurité de la ville, rendant toute attaque impossible. Plinius tenta de déloger Nicostrate de ses positions. Les Grecs demandèrent un pourparler avec Lacharès. Le texte se conclut par une mention de la chronologie de l'auteur et de son histoire de l'Égypte, datée du 20 mai 1733 à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2464
p. 96-148
RELATION de la Ceremonie faite dans l'Eglise de la Sainte Trinité d'Angers, pour la consecration de neuf Religieuses de l'Abbaye du Ronceray, le Dimanche 8. Decembre 1715.
Début :
L'Abbaïe du Ronceray, aliàs de Nôtre-Dame de la [...]
Mots clefs :
Abbaye, Choeur, Église, Vierges, Voeux, Autel, Cérémonie, Angers, Religieuses, Dame, Abbaye du Ronceray, Abbesse, Chapelle, Consécration, Chanoine, Sainte Trinité, Diacre, Royaume, Dieu, Filles, Voix, Archidiacre, Genoux, Paroles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de la Ceremonie faite dans l'Eglise de la Sainte Trinité d'Angers, pour la consecration de neuf Religieuses de l'Abbaye du Ronceray, le Dimanche 8. Decembre 1715.
RELATIO N
de la Ceremoniefaite dans
l'Eghfc de la Sainte Trinité
r d'Angers, pour la consécration
de neuf Rehgieufes de l*Abbay?
du Ronceray
,
le Dimanche8.
Décembre1715.
LtAbbaÏe du Ronceray,
aliàs de Nôtre- Dame de la
Charité
Charité d'Angers, de l'Ordre
de S. Bcnoilt, cil: une des plus
anciennes & des plus illustres
Abbayes de Filles du Royaume.
Elle a esté fondée dés le
commencement du onzième
siecle par Foulques de Nera
, Comte d'Anjou,qui fit bârir
l'EghCe du Monastere tout à
neuf, dans le lieu où il y avoit
dés auparavant une très ancienne
Chapelle dediée à la
Sainte Vierge
,
& fjmeufe par
des miracles confiderablcs qui
s'y estoient faits; & là il y avoit
déjà des Vierges consacrées à
Dieu
,
quiyvivoienc dans la
retraite & dans la regulariré.
Dans cette Abbaye on
chantc tous les jours l'Office
Canonial
,
les Religieulcs fc
levent àminuic pour ydireles
Matines & les Laudes ;la grande
Mcfle y estcelebréc tous
les jours à Diacre & Soudiacrc,
par un des quatre Chanoines
qui ont esté fondez en même
tems que l'Abbaye, pour en
cftre les Directeurs, & rourensemble
Curez d'une grande
Paroissequi y est annexée, &
dont ifglife dediée à la Sainte
Trinité,c(l contiguë à celle
de l'Abbaye.
Cç qu'il y a de singulier
danscette Abbaye, &la rend
une des plus considerables du
Royaume, c'est qu'on n'y reçoit
à la Profcffion que desDemoifclles
qui font preuve de
Pnoblede dextraâion, ensorte
qu'il n'y a dans cette MaiTon
que des Filles sorties des familles
les plus nobles & les plus
distinguées de la Province
d'Anjou, des Provinces voifines.
Mais un Privilege encore
plus remarquable pour cette
Abbaye, ( puifqLnt tft prefque
unique dans le Royaume,)
c'est que la dorure & la grille
n'y ont jamais estéeltablies,
les Religieuses y ont toujours
vécu dune maniéré si reguliere
& si retenue
,
& leur reputations'eftconfcivéedepuis
tant de siecles avec tant
d'Iore-C
grire, qu'on n'a pas juge qu'elles
eussent besoin d'une autre
barriere pour empêcher la corruption
de s'y ghucr, que de
leur propre vertu r & du bon
naturel que la nobleae de leur
naiffince leurinfpire.
Nonobstant cette liberté si
difhnguéc, on ne laisse pas de
pratiquer dans cette Maison
uneaOèzgranderolterité .car1
outre la longueur de l'Office
Canonial qui occu pe ces faintes
Filles une grande partie du
jour, & qui leur fait même
interrompre leur sommeil au
milieu de la nuit. Outre lejeune
& l'abtfmence de l'Avent
& du Carême
,
qui leur cft
commun avec les autres Rcligicufes,
elles font encore abftinence
de viande tous IcsLun,
dis& Mercredis dç l'année, &
jeûnent rcguliercmenttousles
Vendredis.
Leur habit a quelque chose
de ifnçulier aussi bien que leur
état, sur tout leur coeffure qui
cft trcs majefiueufc, quoique
fort modeste : elles font toûjoursen
habit de Choeur, avec
de grandes manches jusqu'en
terre, & des queues à leurs robes
fort longues, qu'elles laiffent
traîner après elles
,
lorfqu'elles
vont à la fainte Table,
ou en certaines autres cérémonies
qui s'obfervcnt dans le
Choeurj & dans les jours des
Ftllcs (olemncllcs elles portent
une erpeee de surplis de
toile blanche ,dont les manches
(ont plissées au dedans
des grandes manches de leur
habit, ce quileur donne un
airdeChanoinessès.
Aussi fait-on l'Office dans
cette Abbaye à ces jours folemnels
comme dans lesChapitres
: le Chanoine officiant
va dans le Choeur leur donner
l'Eau- benîte & 1 Encens, le
Diacre leur porte le Livre de
l'Evangile à bai fer; on y fait
avant la grande M(Te la Procession
autour du Cloître, ou
aflirtent les quatre Chanoines
avec quatre Vicaires perpetuels
, & les Chapelains de
l'Abbaye, tous revécus de belles
Chapes, & le Diacre &
Soudiacre en Dalmatiques ;
avec deux Enfans de Choeur &
le Bedeau;les Religieuses marchant
ensuite en chantant) &
l'Abbesse après elles avec sa
Crosle portéedevantelle par
la Dame de Chambre.
Pour ce qui est du Temporelde
l'Abbaye du Roncerjy ,
on peut dire qu'elle a des revenus
considerables, mais aufli
il y a beaucoup de charges&
beaucoup de monde à faire
subsister.
Outre le revenu de l'Abbaye
qui, n en la disposition de Madame
1Abbctfe
,
il y a sepe
Prieurez confidcrablcs & un
Office qui en dépendent &
qui font possedez par des Re,)
ligieufes de la Maison qui en
ont cllé pourveuës, ou par des
refignauons enCour deRomc,
ou par la ptefentation de l'Ab.
besse qui en est la Patronc.
•
L Abbaye jouit de tresbeaux
droits
,
Con FIef & sa
jurildiâton s'étendent sur une
grande partie de la Vilie
,
&[
l'on plaide devant lesOfficiers
de la MJtron) un jour réglé de
chaque famine.
1 i
La maison Se les lieux réguliers
ont presque essé.tousbâtis
de neuf par les dernieres
Abbd!es,depu!s jo. à 60. ans,
avec beaucoup de magnifia
eencc.
L'Eglise fc reflenc encore
de son antiquitéquoique depuis
on y ait bâti un fort bel
Autel, & qu'on ait fort décoré
le dedans, & sur tout le
Choeur des Dames, quicompose
proprement la Nef de
cet ancien Bâtiment:c'est fous
le grand Autel que se trouve
presentement cette fameuse
&ancienne Chapelle fousterre
,
dcdiée à la fainte Vierge,
pour laquelle on a toujours
confervé une vénération trcsparticuliere.
Pour venir presentement à
la cercmonie dont on vient
de parler, il faut supposer qu'-
entre les beaux droits & Privilèges
de l'Abbaye du Ronccray
on y a toûjours confervé
l'ancienne pratique de l'Eglise
pour la bénédiction &
confccration des Religieuses
qui y font Profcilion, quoi.
que cetteancienne ceremonic
de la bénédiction des Vierges
ait cettedestre en usage prefque
generalernent dans toute
l'Eglise, depuisledouzième
siecle
,
enlorte qu' il n'y a plusque
les Chartreu Ces qui reçoivent
encorecette bcnedlébon
Eptfèopale, & les Dames de
l'Abbaye du Ronceray Le P.
Mibdton fuit pourtant mention
auiïi d'un Monaftcre de
Reltgieu fesBenedi£hncs deVeoire
,
ni c où l'on pratique encore ) ou
cette ceremonie,au rapport
du P. MJrtenc.
Au relie il y avoir plus de
trente ans qu'on n'avoit saic
1 cette ceremonie à RR.o)nncceerraayy
y jUfqllà l'année 1709. M idame
de Gr^monrayantelle 15.ans
Abbesse de ce Monastere (ans
y recevoir aucune Religieuse
àftkefcs voeux. Ce fut Madame
de-Caumofft de Lauzun,
feeur de M.le Duc de Lauzu,n
qui ayant succedé à Madame
de Grammant,parladétniffion
volontaire qu'ellefit'entic
les mains dù Roy de l'Abbaye-
tu Ronceray
, pour fc
retirer dans la Malfoii du Calvaire,
où ellea depuis ce temslà
mené une vie privée & cxemplairc
,
pensa d'abord à
chercher des sujets propres
pour la -Religion, afin deremplirau
plutôtlesplacesvacances
par la perte d'un grand
nombre de Religieules que la
mort avoic enlevées depuis la
reception des dernieres Professes.
Dés la premiere année il
se presenta douze Filles de
qualité
,
aufquclles Madame
de Caumont donna l'habiten
l'année1707.&au bout des
deux ans de leur Noviciat,
qui dure quelquefoisdans cette
Maison des4. 5.à6.années,
Madame de Belsunce à prefenc
Abbesse, qui a succedé à feue
Madame deCaumont deLauzun
sa tante, dont elle avoic
été d'abord la Coadj-urrlcc.,
acheva l'ouvrage que sa tante
avoit commencé )cnrecevant
les voeux de ces douze Novices
,lcfquclles furent en même
temps bernes & consacrées
par M. l'Evêque d'Angers le
fzj. Aoust de l'année 1709. Depuis ce temps là Madame
de Bellunce ayant donné
l'habit deReligion à plusieurs
autres Filles de qualité qui se
font presentées ,après qu'elles
ont paffé les unes 3. ou4 ans,
& les autres,au moins 2.ans
dans le Noviciat. v Enfinle jour de leur Prosession&
dc leur consecration
fut fixé au Dimanche fécond
dePAvent, jour de la Conception
de Nofire
-
Dame, la
derniere année17iJ.
Les jeunes Novices qui
étoient au nombre de neuf
s'étantdrfpoféesà , cette grande
ceremonie par une retraite
qu'elles ont faite pendant huit
jours, elles ont eu l'avantage
d'entendre tous les jours pendant
ce temps là M. 1 Evêque
d'A ngers ,
quileurafait chaque
jour un difeours treséloqucnt
&tres- pathetique
,
pour inspirer les difpofiuons
necessaires à l'état qu'elles vouloient
embrasser.
Il
Il a falluaufli p.ulkurs préparatifs
au dehors pour rendre
la (olemnitéplus pompeuCe)
& pour régler tout l'ordre qui
devoit s'y obCerver.
Pour cet (ff.[
, comme la
ceremonie le fait ordinairement
dans TEglifede la Sainte
Trinité, qui elt dépendante de
l'Abbaye du Ronceray
,
&
continue
, comme nous avons
dit, àcelle du Monaflereon
dit ce jour-là la grand'Messe
de Paroisse dans la Chapelle
dtrHôpital gênerai
,
qui est
dans la même Parolffe)ana
d'avoircelle de la Trinité
toute libre pour y faire la cex
remanie.
Le jour de la Conception
c1 rant d1onc arrivé, dl 1
,
dés le matin
on rint toutes les portes de
l'Eglifco de la Trinité fermées,
& on mit aux portes des Gardes
qui n'y laifloient entrer
perlonncs
, que ceux qui
avoient des bIllets, qu'on
avoit marquez du Sceau de
MadamePÀbbeflc
, pour cet
effet, & qui ne furent diftribucz
qu'aux parens des jeunes
Professes, &aux autres per fonnes
de qualité ou de famille,
qui s'empressoient de toutes
parts pour y avoir ennee ; ce
quifie que1Eglise qui cil un
fore grand vaisseau (e trouva
remplie de tout ce qu'il y
avoïc du plus beau monde
, &
des pei sonnes les plus diftinguécs
de la Ville & de la Campagne.
Onavoit dressé l'Autel où
M. d'Angers devoit celebrer)
à la portedu Choeur fous le
Crucifix, afin qu'il suc à la
vue de tout le monde, &
que le Jubé qui enferme le
Choeur n'empêchât pas ceux
qui étoient dans la Nefde voir laJceremonie.AA' cofté droit de
l'Autel étoit placé le Trofnc
de l'Evêquc, &de l'autrecofté
vis avisai) y avoir un fauteuil
& un dais au-dessuspour
rAbbcfle, au tour de l'Autel
onavoirfait une enceinte assez
grande avec des si ges autour
pour placer du collé de l'Evê-.
que les Ossi icrs qui l'accompagnoient,
& de l'autre cofté
les Dames du Ronceray avec
le Chanoine Officiant & fes-
Officiers qui les dévoient accompagner.
M.1Evêquc d'A ngers
s'étantdonc rendu à l'Abbaye,
dés huit heures dumatin)il
alla dans l'Eglise de la Trinité,
accompagné de sesArchdia"
cres &autresAfliltans&Offrcicrs
, pour se preparer, & se
revestir de ses habits pontificaux
pour la grand 'Mdfe quisuc
chantée parla musiquede
la Cathédralequ'on avoir placée
dans le Jubé
,
au-dessus &
à cofté de l'Autel, où rEvcfqiae
celebroir.
PendantquerEvêquefedifporait
à commencer la Mcffc,
les neuf Novices firent leurs
voeux entre les mams de Madame
TAbbefle
,
dans le
Ghoear de rAbbaye, Elles
etoient revenues de kurshabits
blancs, comme elles Tonc
au jourqu'elle prennent l'habit
, avec de beaux surplis de
point par dessus leurs robes
blanches. Eiles viennent en cet
état deuxàdeuxconduites par
la Doyenne du Couvent) &
precedées du Chmoine Officiant
en ch.1pe avec le Diacre
& le Soûiiacre poîtant la
Croix. Et après qu'on a chanté
le Vtm Creator ,elles vont
toutes fuccelfivement prononcer
leurs voeux aux pied- de
FAbb ne aflile dans ton si ge,
avec la Clofiè
, & luy laiflenc
en main le parchemin où ils
font écrits & figncz de leurs
o
mains.
Apres que les Novices eurent
fait leurs Voeux, toutes
CleshoeRueglri&gieuses partirent du
allèrent prendre
place dans lEgiife de la Trinité,
conduites par le Chanoine
Officiant en chape & les Officiers,
avec la Croix levée, pour
assister à la Mesle que l'Evêquc
commença pour lors. Il resta
feulement dans le Chceur lesneuf
jeunes Profeiïes avec les
neuf Religieuses qui leur fervoienc
de Paranymphes, &
Madamclabbcile qui dévoie
conduire la première.
Ce n'est qu'après le graduel
que commença la Cérémonie
de la Bcned;6tion des Vierges;
lor sque la musique eut achevé
,
de le chanter, 1Evef^IiN^s.ddecf1--
cendit de son Trofne, & alla
fc placer dans un fauteiiil sur
le marche pied de l'Autel, le
visagetourné vers la grande
porte de l'Eglise, & dans le
moment le grand Archidiacre
en chape partir de l'Autel accompagné
du Mettre des Cérémonies
aussi enchipepour
aller dans le Choeur du Ronceray
,
ray, annoncer aux RcJigicufcs
qu'elles euflenc à partir avec
luy, pour venir à l'Eglise où
1Evcfque celebroit, ce qu'il
fie en chantant rAnticnne:
Prudentes Virgines
, aptate lampaàesveflras3
ecce sponsusvenit,
exiteobviant ti; Vierges fages,
préparez vos lampes, car, voicy
l'Epoux @'arrive; allez
promptemenr au devant de
luy. Auili tost que les Vierges
eurent entendu la voix de
l'A rchidiacre, elles allumèrent
leurs cierges qu'e lles tenoienc
tout prests à la ,m.Ho, & partirent
dans le moment pour le
suivre, deux à deux,accompagnécs
de leurs Paranymphes;
Madamel'Abbesse étant à la
tête,&conduifant la premicre,
qui cO: la fille de M. le Comte
de Vanerot, petite niece de
feuë Madame de Grammonc,
sa Crosleétantportée devant
elle par la Dame de Chambre.
•
D'abord les Vierges
font entrées dans 1Eglise de
la Trinité, qui cil contiguë à
celle de l'Abbaye,il y a une
portede communication qui
fait qu'elles font à la vue de
l'Evcfquc., elles s'arrêtent& se
mettent à genoux, & pour lors
1
l'Archidiacre qui cH à leur tête
,dit à haute voix à TEvcfque
ces paroles qui font dans le
Pontifical : ReverendiJJime P.,
terJ &c. Très Reverend Perc
en Dieu, l'Eglise nôtre Sainte
Mcrc demande que vousvcütl.
lica bien Bénir & Consacrer
ces Vierges, en les époufanc
à N S J. C.
Et rEvefqueluy répond:
Scis illas aign45 cpt' ? Estes-vous
bien sur qu'elles en foienc
dignes? A quoy l'Archidiacre
répliqueiQuantùm humanafiragilitas,&
c. Auranr que la foibleflc
humaine permet de le
içavoir
,
je croy, & je puis
assûrer vostre Grandeur qu'.
elles font dignes de cet honneur.
Pour lors l'Evefquc, après
avoir adressé quelques paroles
aux Assistans, pour leur marquer
qu'ilestdans le desseinde
faire la Consecration de ces
Vierges. avec le fccours de la
C3 * Grace de N. S. Auxvtante Domino
j £rc. I! sadrefîcà elles3
& les appelle à haute voix par
ce n'ot qu'il chance;Vtmte;
venez.
Et dans Je moment les
Viergesfelevenc,&répondent
àla voix de leur Pasteur, aussi
en Ghantant ccs paroles: Etnos
fecjmmUf-i Nous allons à vous.
Ettes partent donc du bas
deTEghÉe où ellesetoient arrêtées*
mais après avoir fait
quelquespassess'arrêtent encore,
&Jc remettent à genoux,
juf-qu'à ce que 1Evesque les
appdlc une fécondé fois en
chantant d'un -ton plus haut:
Vtnitti Venez à moy.
Les Vierges se relevent, &
chantant toutes enfcmblc:Et
nunc Jequimur in toto corde ;
Nous allons à vous de tout
noftrc coeur: Elles font encore
quelques pas pour s'approcher
de iEvefqucj mais elles s'arrêtent
enluirc pour La troifiémc
fois, & se tiennent à genoux
jusqu'à ce que FEvcfquc
les rappelle encore, en chantant
d'un ton plus élevé: Veniel'fi/
ltt, &c. Venez mesfilles,
écoutez moy,& jevousenfeigneray
la crainte de Dieu.
Et pour lors les Vierges fc
relèvent, répondent par une
Anrienne qu'elles chantent en
march ant, & qu'ellesne fini(
Tau qu'en artivantdans le
Sandhmre: Etnunc (cqu!mur;
Nous allons à vous de tout
nofire coeurj nous vous craignons
Seigneur, & cependant
nous défiions de voir
voflrc
face; ne nous confondez pas,
mais traitez nous avec vollrc
douceur ordinaire,& Celan la
grandeur de vos milericordes.
Toutes ces jeunes Professes
étant arrivées dans le Sanctuaire,
& Madamel'AbbeÍf<;étant
placée dans le siege qu'on luy
avoit dresse, elles fc mirent d'abord
à genoux, & te profternerent
prcfcjne jusqu'en terre;
ensuite relevant latête
,
l'une
après l'autre,elleschanterenc
toutes fucccilivcrnent 1Antienne
ou le Verfct:Sufcipeme
Dominey &c. Recevez
- moy
Seigneur,fuivancvoilrc promtlie,
afin que jamais aucun
vice ne domine en moy.
Apres qu'elles curent chanté
cc Verser, elles Ce leverenr,
& se rangèrent toutes devant
1Evesque, en forme de dcmy
cercle: & ce fut alors que le
Prélat leur fit une Exhortauon
courte; mais vive, & pleine
des traits les plus brillants de
J'éloquence quilui est si naturelle.
: Apres que ce difeours fut
fi}l) il continua la Cérémonie,
en difanc touc haut a ces
Vierges:5Valtis in Sanélæ yirfinitttispropoflro
perfeuerarc*\
Voulez vous pcr feverer dans
le Voeu de la Sainte Virginité
que vous avez fait; & elles répondirent
toutes ensemble: - Vo/umus; Ouïnous le voulons.
Ensuite les jeunes Profcfles
vont toutes fucceflivement
l'une après l'autre se mettre
à genoux aux pieds de l' Evefcjue
*, & là tenant leurs
mains jointesentre les fiennes,
il leur fait derechef cette interrogation
à chacune en particulier
: Promittis te Virginitalem
perpetuo lervare? Prorner.
tez vous de gardertoujoursla
Virginité? A quoy chacune
répond à son tour: Promitio;
Dur je le promets, & enfuitç
s'en retournent à leur place
aprèsavoirbaisé la main de
l'Evesque, qui les interroge
derecheftoutes enfemblc, par
ces paroles:Vultis bcnedici, çyc.
Voulez vous estre benics êc
confacrécsJ-& devenir les Epoufes
de J. C. le Filsdu Très- -
Haut ?A quoy elles répondent
routes ensembler Volumusi
Ouï nous le souhaitons.
Pour lors l'Evêque & tous
les Miniftrcs de 1Autel fc mertant
à genoux,& les Vierges
fc proiternant sur les tapis la
facecontre terre)on entonna
les Litanies des Saints qui furent
chantées par la nlufiquc.
& ensuite l'Evêque commença
le Veni Creator qui fut au(si
continué par la musique.
Après que l'Hymne sur fini,
les jeunes Religieuses partirent
deux à deux pour aller
dans la Sacristie quitter leurs
surplis & leurs habits blancs
,
pour fc revêtir ensuite des ba..
bits noirs qu'on leur porra , après que l'Evêque les cut
beny.Il sir enfuire la bénédiction
de leurs voiles
,
de leurs
anneaux, & de leurs couronnes.
r
Les jeunes Professes estanc
revêrues de leur habit noir,
qui est1habit ordinaire de leur
Maison
,
elles retournèrent a
l'Aurel deux à deux toujours
accompagnées de leurs paranymphes,
enchantant leRé1
pons : Regnum mundi: Jevais
mépnfer leRoyaume du monde
,
& tous les ornemnts du
siecle
, pour l'amour de mon
Seigneur J C.que j'aime de
- tout mon coeur, & en qui j'ay
01
mis toute ma confiance;mon
coeur a proféré une bonne pa*
rolc5 c'tft que j'ay consacré
toutes mes allions au Roy des
Rois.
! LEvcque pour lors fc tournant
vers elles, il chante une
longue Préfacé
,
à la fin de laquelle
il entonne le Répons:
Vtm elefla
, que le Choeur con.
tinue: Venez ma bien aimée,
je veux établir mon TbÍônc
en vous, car le Roy des Rois
est épris de v-ostrebeauté.
LorfqueceRéponseftfini,
les Vierges se lèvent&vont
deux à deux se mettre à geDOUX
aux pieds de l'Eveque
où , elles chantent toutes les
deux enlemble rAntienne:
AnczUa CbrijîiJum, &c. Je fuis
la servante du Seigneur,& je
fais gloire de me confacrcr à
son service , & après qu'elles
ont chanté cette Antienne,
l'Eveque les interroge de rcchcf:
VI4ltisVoulez
vous pcffilkr dans le voeu
de virgmitéque vous avez fair,
& elles répondent toutes les
deux : Volumus : Oüy nous le
voulons Ensuite l'Evêque leur
met sur la tête le voile beny
,
en difanc à chacune: décape
velamen, &c. Recevez ce voile
sacré qui vous fera connokrc
que vous avez mepriséle monde
pour vous contacter à J C.
que je prie de vous prclerver
de tous maux & de vous conduire
à la vie éternelle; & incontinent
les deux Vierges
étant voilées de la main de l'E..
vêque
,
chantent à ses pieds
l'Antienne Posuit
Le Seigneur a mis un signal sur
mon vi rage,afin que je n'aye
jamais d'autre Amant que lui.
Toutes les autres viennent ainsi
fucceffivcment à 1 Eveque,
presentées par leurs pclranymphcs
pour recevoir le voile
beny de sa main,avec la même
ceremonie.j Apres que l'Evêque a die
une Oraison sur les Vierges,
illesappelle derechefpar cette
Antienne: Dejponfarp dileéîa
utnï : Venez ma bien aimée
pour époufer, &c. & dans le
moment les jeunes Profeflcs
viennent comme auparavant
,
aux pieds de l'Evêque, qui leur
met à chacune un anneau bcni
dans le doigt annulaire de la
main droite,en disant à chacune
: Defponfo teJefu-Cbriflo,
&c. Je vous épouse avec J. C.
le
leluis du Très Haut. Recevez
donc cet anneau de fidélité
,
comme le Sceau du S. Esprit,
qui vous donne le nom- d'Epoufe
de J, Ce Si vous le servez
fidellementjVousferez couronnée
dans l'Eternité au nom,
êcc. Apres qu'elles ont reeeu
l'anneau, elles chantent toutes
les deux l'Antienne ;Ipjtfum
dcfyonfata : Je fuis épousée à
celuy que les Anges adorent.
& dont le Soleil & la Lune admirent
la beauté.
Quand elles ont toutes reçû
L'Anneau beni, & qu'ellcs font
retournées dans leurs places
elles chantent l'Antienne An.'
nulo (uoen levant la main droicc
en haur, J C. mon Seigneur
m'a marquée de son Anneau,
& m'aornée d'une Couronne
comme son Epouse.
Après cela 1 Evesque ayant
dit sur ellesune Oraison,illes
appelle encore par une Antienne
qu'il commence & que
le Choeur continue: Veni
Sponsa, &c. Venez Epouse de
J. C, recevez la Couronne que
le Seigneur vous a préparée
pour lercrnité; & à rlofiant
les Vierges vont deux à deux
se mettre à genoux à ses pieds,
pour y recevoir une Couronne
de perles & de pierreries, qu'il
leur met sur la teste,en difanc
à chacune: Accipc Coronam,
Cc. Recevez la Couronne
précicufe de Virginité) afin
que comme vous cftes cou.
ronnée de noflremain sur la
Terre, vous soyezaussi couronnée
de J. C. dans le Ciel,
&c. Ensuite les deux Vierges
couronnées chantcnt aux
pieds de TEvefque l'Antienne:
Induitme Le Seigneur
m'a revêtue d'une robe
tiffiië d'or, & honorée d'une
coëffure de perles fines.
Les Couronnes qu'on donne
à ces jeunes Professes font
toutes enrichies de per les fines,
& de toutc forte de pierreries:
on prétend que les neuf Couronncs
valentplus de cent mil
livres.
Q:and elles ont toutes été
Couionnées, & que lEvesque
a dit quelques Oraisons sur
elles, elles Ce levent & chantent
toutes enfcmble rAntienne:
Eaecjvod concup:v!t, &c. Je
voy presentement ce que j'ay
souhaité; je poflldeee que j'efperois
; & je fuis unie dans le
Cid à ccluy que j'ay aime de
toute l'affection de mon coeur
sur la Terre.
Et cest icy proprement où
l'Evesquefinie laConfccration
des Vierges, par une BcnedÍIItion
solemnelle qu'il prononce
sur elles, la Mitre en teste:
Benedicatvos,&c. Ecenfuitc
ilfait lire par l'Archidiacre un
Anathême qui fulmine contre
ceux quivoudront troubler ces
Vieroges dans le Service divin.*
& dans la jouiffancc de leurs
biens:Automateomnipotentis
&c. Apres cela il continuë la
Mcffe, & le Choeur reprend à
WAMmaoxi l'on en estoie demeure.
A l'Offertoire les Vierges
consacrées vont à l'Offrande)
où elles prefentenc à l'Autel
les cierges qu'elles ont en
main, & baisent l'anneau du
PrcJat,enfuirc retournent dans
leurs places, pour se disposer
àla Communion.
Après que TEvêque a communié
,
les Vierges benites
s'approchent del'Autel &reçoivent
de sa main la communion
câpres qu'elles font retournées
dans leurs places,ellcs
chantent toutes ensemble
l'Antienne Mel gr lac, &c.
J'ay goûté le lait & le miel qui
fôrt de sa bouche,& son fang
a rougimes levres. Puis l Evêque
finie laMesse & donne à
la fin la benedlalon folemnellc
au peuple.
Enfuitcs'étant mis dans son
fauteuilles Vierges consacrées
allant encore à luy deux à
deux
,
qui leur presente le
Bréviaire sur lequel elles mettent
les deux mains pendant
qu'illeur dit :Aicisitelibrum:
Recevez ce Livre avec le pouvoir
de commencer au Choeur
lesHures Canoniales
,
&de
lire lOffice Divin dans l'Eglise,
aunomdu Ptre.,&C.
Puis l'Evêqueentonna le
Te Deum, quifut chanté par
la musique
, que le Prelat termina
par une Oraison.
La ceremonie ainsi achevée,
les Religieuses partirent dans
le moment pour s'enretourner
au Monastere conduites par
le Chanoine Officiant en chax
pe , avec la Croix devanr
PAbbcflcfaifanc , porter sa
Crosle devant elle,enCuire les
Vierges consacrées conduites
par le Maistre des ceremonies
cncha pe,quimarchoiràleur
têcc
, retournerenc pareillement
en Choeur & s'ariêtcrenc
a
à la porte, où elles fc tinrent à
genoux pour attendre l'Evêque
qui vint après ClIcs)la
Mureentefte, & sa Croflfc
marchant devant lui avec ses
Officiers & Assistans, jusqu'à
la porte du Choeur de l'Abbaye,
oùilsadressaàl'AbbeHc
parcesparoles: Videquomodo,
tftas confecratas Deo serves, cmc.
Prenez garde de bien conferver
pour Dieu ces Vierges qui
viennent de luy eftrc confacrées,
afin de les luy reprcfcnter
pures & sans tache,vous
souvenant que vous rendrez
compte d'elles au Tribunal de
leur Epoux qui fera voltre Juge;
puis l'Evêque s'en retourna
à 1 Eghfe de la Trinité pour
quitter fcs hi bits pontificaux,
en disant l' EvangileInpnneipto.
Cette augulte ccremonic
fut cxecutée de la plus belle
manière du monde, tant par
le Prelat qui fait toutes les
fonctions avec une grâce toute
parriculiere) que par les jeunes
Profcfîes consacréesqui
firent paroistre dans leur facrisice
une pieté& une modeftic
si édifiantes, que plusieurs des
afliltans en furent attendris
jusqu'à verser des larmes.
Il etoit une heure après midy,
quand la ceremonie suc
finie, il y eut un grand repas à
l'Abbaye, où plusieurs personnes
de diftmdtion furent conviées
, on y servit plusieurs
tables. Pour ce qui est de Madame
TAbbefTe
,
elle voulut
manger à latable des mariées,
où l'on servit en maigre auffibienqu'à
la Communauté dès
autres Religieuses.
- Le premier aâc d'obéïffancc
que les Vierges nouvellemontconsacrées
pratiquent c'eftde garder pendant neu,f
jours le silence que Madame
rAbbi. flc leur impose, &pendant
toutce tems là elles portent
continuellement leurs
couronnes sur la tête avec leurs
habits de cercmonie.
FaitparM.le Masson, Docteur
en Thcologic,Corrcdlcur
de l'Eglise de la Sainte Trinité
d'Angers.
de la Ceremoniefaite dans
l'Eghfc de la Sainte Trinité
r d'Angers, pour la consécration
de neuf Rehgieufes de l*Abbay?
du Ronceray
,
le Dimanche8.
Décembre1715.
LtAbbaÏe du Ronceray,
aliàs de Nôtre- Dame de la
Charité
Charité d'Angers, de l'Ordre
de S. Bcnoilt, cil: une des plus
anciennes & des plus illustres
Abbayes de Filles du Royaume.
Elle a esté fondée dés le
commencement du onzième
siecle par Foulques de Nera
, Comte d'Anjou,qui fit bârir
l'EghCe du Monastere tout à
neuf, dans le lieu où il y avoit
dés auparavant une très ancienne
Chapelle dediée à la
Sainte Vierge
,
& fjmeufe par
des miracles confiderablcs qui
s'y estoient faits; & là il y avoit
déjà des Vierges consacrées à
Dieu
,
quiyvivoienc dans la
retraite & dans la regulariré.
Dans cette Abbaye on
chantc tous les jours l'Office
Canonial
,
les Religieulcs fc
levent àminuic pour ydireles
Matines & les Laudes ;la grande
Mcfle y estcelebréc tous
les jours à Diacre & Soudiacrc,
par un des quatre Chanoines
qui ont esté fondez en même
tems que l'Abbaye, pour en
cftre les Directeurs, & rourensemble
Curez d'une grande
Paroissequi y est annexée, &
dont ifglife dediée à la Sainte
Trinité,c(l contiguë à celle
de l'Abbaye.
Cç qu'il y a de singulier
danscette Abbaye, &la rend
une des plus considerables du
Royaume, c'est qu'on n'y reçoit
à la Profcffion que desDemoifclles
qui font preuve de
Pnoblede dextraâion, ensorte
qu'il n'y a dans cette MaiTon
que des Filles sorties des familles
les plus nobles & les plus
distinguées de la Province
d'Anjou, des Provinces voifines.
Mais un Privilege encore
plus remarquable pour cette
Abbaye, ( puifqLnt tft prefque
unique dans le Royaume,)
c'est que la dorure & la grille
n'y ont jamais estéeltablies,
les Religieuses y ont toujours
vécu dune maniéré si reguliere
& si retenue
,
& leur reputations'eftconfcivéedepuis
tant de siecles avec tant
d'Iore-C
grire, qu'on n'a pas juge qu'elles
eussent besoin d'une autre
barriere pour empêcher la corruption
de s'y ghucr, que de
leur propre vertu r & du bon
naturel que la nobleae de leur
naiffince leurinfpire.
Nonobstant cette liberté si
difhnguéc, on ne laisse pas de
pratiquer dans cette Maison
uneaOèzgranderolterité .car1
outre la longueur de l'Office
Canonial qui occu pe ces faintes
Filles une grande partie du
jour, & qui leur fait même
interrompre leur sommeil au
milieu de la nuit. Outre lejeune
& l'abtfmence de l'Avent
& du Carême
,
qui leur cft
commun avec les autres Rcligicufes,
elles font encore abftinence
de viande tous IcsLun,
dis& Mercredis dç l'année, &
jeûnent rcguliercmenttousles
Vendredis.
Leur habit a quelque chose
de ifnçulier aussi bien que leur
état, sur tout leur coeffure qui
cft trcs majefiueufc, quoique
fort modeste : elles font toûjoursen
habit de Choeur, avec
de grandes manches jusqu'en
terre, & des queues à leurs robes
fort longues, qu'elles laiffent
traîner après elles
,
lorfqu'elles
vont à la fainte Table,
ou en certaines autres cérémonies
qui s'obfervcnt dans le
Choeurj & dans les jours des
Ftllcs (olemncllcs elles portent
une erpeee de surplis de
toile blanche ,dont les manches
(ont plissées au dedans
des grandes manches de leur
habit, ce quileur donne un
airdeChanoinessès.
Aussi fait-on l'Office dans
cette Abbaye à ces jours folemnels
comme dans lesChapitres
: le Chanoine officiant
va dans le Choeur leur donner
l'Eau- benîte & 1 Encens, le
Diacre leur porte le Livre de
l'Evangile à bai fer; on y fait
avant la grande M(Te la Procession
autour du Cloître, ou
aflirtent les quatre Chanoines
avec quatre Vicaires perpetuels
, & les Chapelains de
l'Abbaye, tous revécus de belles
Chapes, & le Diacre &
Soudiacre en Dalmatiques ;
avec deux Enfans de Choeur &
le Bedeau;les Religieuses marchant
ensuite en chantant) &
l'Abbesse après elles avec sa
Crosle portéedevantelle par
la Dame de Chambre.
Pour ce qui est du Temporelde
l'Abbaye du Roncerjy ,
on peut dire qu'elle a des revenus
considerables, mais aufli
il y a beaucoup de charges&
beaucoup de monde à faire
subsister.
Outre le revenu de l'Abbaye
qui, n en la disposition de Madame
1Abbctfe
,
il y a sepe
Prieurez confidcrablcs & un
Office qui en dépendent &
qui font possedez par des Re,)
ligieufes de la Maison qui en
ont cllé pourveuës, ou par des
refignauons enCour deRomc,
ou par la ptefentation de l'Ab.
besse qui en est la Patronc.
•
L Abbaye jouit de tresbeaux
droits
,
Con FIef & sa
jurildiâton s'étendent sur une
grande partie de la Vilie
,
&[
l'on plaide devant lesOfficiers
de la MJtron) un jour réglé de
chaque famine.
1 i
La maison Se les lieux réguliers
ont presque essé.tousbâtis
de neuf par les dernieres
Abbd!es,depu!s jo. à 60. ans,
avec beaucoup de magnifia
eencc.
L'Eglise fc reflenc encore
de son antiquitéquoique depuis
on y ait bâti un fort bel
Autel, & qu'on ait fort décoré
le dedans, & sur tout le
Choeur des Dames, quicompose
proprement la Nef de
cet ancien Bâtiment:c'est fous
le grand Autel que se trouve
presentement cette fameuse
&ancienne Chapelle fousterre
,
dcdiée à la fainte Vierge,
pour laquelle on a toujours
confervé une vénération trcsparticuliere.
Pour venir presentement à
la cercmonie dont on vient
de parler, il faut supposer qu'-
entre les beaux droits & Privilèges
de l'Abbaye du Ronccray
on y a toûjours confervé
l'ancienne pratique de l'Eglise
pour la bénédiction &
confccration des Religieuses
qui y font Profcilion, quoi.
que cetteancienne ceremonic
de la bénédiction des Vierges
ait cettedestre en usage prefque
generalernent dans toute
l'Eglise, depuisledouzième
siecle
,
enlorte qu' il n'y a plusque
les Chartreu Ces qui reçoivent
encorecette bcnedlébon
Eptfèopale, & les Dames de
l'Abbaye du Ronceray Le P.
Mibdton fuit pourtant mention
auiïi d'un Monaftcre de
Reltgieu fesBenedi£hncs deVeoire
,
ni c où l'on pratique encore ) ou
cette ceremonie,au rapport
du P. MJrtenc.
Au relie il y avoir plus de
trente ans qu'on n'avoit saic
1 cette ceremonie à RR.o)nncceerraayy
y jUfqllà l'année 1709. M idame
de Gr^monrayantelle 15.ans
Abbesse de ce Monastere (ans
y recevoir aucune Religieuse
àftkefcs voeux. Ce fut Madame
de-Caumofft de Lauzun,
feeur de M.le Duc de Lauzu,n
qui ayant succedé à Madame
de Grammant,parladétniffion
volontaire qu'ellefit'entic
les mains dù Roy de l'Abbaye-
tu Ronceray
, pour fc
retirer dans la Malfoii du Calvaire,
où ellea depuis ce temslà
mené une vie privée & cxemplairc
,
pensa d'abord à
chercher des sujets propres
pour la -Religion, afin deremplirau
plutôtlesplacesvacances
par la perte d'un grand
nombre de Religieules que la
mort avoic enlevées depuis la
reception des dernieres Professes.
Dés la premiere année il
se presenta douze Filles de
qualité
,
aufquclles Madame
de Caumont donna l'habiten
l'année1707.&au bout des
deux ans de leur Noviciat,
qui dure quelquefoisdans cette
Maison des4. 5.à6.années,
Madame de Belsunce à prefenc
Abbesse, qui a succedé à feue
Madame deCaumont deLauzun
sa tante, dont elle avoic
été d'abord la Coadj-urrlcc.,
acheva l'ouvrage que sa tante
avoit commencé )cnrecevant
les voeux de ces douze Novices
,lcfquclles furent en même
temps bernes & consacrées
par M. l'Evêque d'Angers le
fzj. Aoust de l'année 1709. Depuis ce temps là Madame
de Bellunce ayant donné
l'habit deReligion à plusieurs
autres Filles de qualité qui se
font presentées ,après qu'elles
ont paffé les unes 3. ou4 ans,
& les autres,au moins 2.ans
dans le Noviciat. v Enfinle jour de leur Prosession&
dc leur consecration
fut fixé au Dimanche fécond
dePAvent, jour de la Conception
de Nofire
-
Dame, la
derniere année17iJ.
Les jeunes Novices qui
étoient au nombre de neuf
s'étantdrfpoféesà , cette grande
ceremonie par une retraite
qu'elles ont faite pendant huit
jours, elles ont eu l'avantage
d'entendre tous les jours pendant
ce temps là M. 1 Evêque
d'A ngers ,
quileurafait chaque
jour un difeours treséloqucnt
&tres- pathetique
,
pour inspirer les difpofiuons
necessaires à l'état qu'elles vouloient
embrasser.
Il
Il a falluaufli p.ulkurs préparatifs
au dehors pour rendre
la (olemnitéplus pompeuCe)
& pour régler tout l'ordre qui
devoit s'y obCerver.
Pour cet (ff.[
, comme la
ceremonie le fait ordinairement
dans TEglifede la Sainte
Trinité, qui elt dépendante de
l'Abbaye du Ronceray
,
&
continue
, comme nous avons
dit, àcelle du Monaflereon
dit ce jour-là la grand'Messe
de Paroisse dans la Chapelle
dtrHôpital gênerai
,
qui est
dans la même Parolffe)ana
d'avoircelle de la Trinité
toute libre pour y faire la cex
remanie.
Le jour de la Conception
c1 rant d1onc arrivé, dl 1
,
dés le matin
on rint toutes les portes de
l'Eglifco de la Trinité fermées,
& on mit aux portes des Gardes
qui n'y laifloient entrer
perlonncs
, que ceux qui
avoient des bIllets, qu'on
avoit marquez du Sceau de
MadamePÀbbeflc
, pour cet
effet, & qui ne furent diftribucz
qu'aux parens des jeunes
Professes, &aux autres per fonnes
de qualité ou de famille,
qui s'empressoient de toutes
parts pour y avoir ennee ; ce
quifie que1Eglise qui cil un
fore grand vaisseau (e trouva
remplie de tout ce qu'il y
avoïc du plus beau monde
, &
des pei sonnes les plus diftinguécs
de la Ville & de la Campagne.
Onavoit dressé l'Autel où
M. d'Angers devoit celebrer)
à la portedu Choeur fous le
Crucifix, afin qu'il suc à la
vue de tout le monde, &
que le Jubé qui enferme le
Choeur n'empêchât pas ceux
qui étoient dans la Nefde voir laJceremonie.AA' cofté droit de
l'Autel étoit placé le Trofnc
de l'Evêquc, &de l'autrecofté
vis avisai) y avoir un fauteuil
& un dais au-dessuspour
rAbbcfle, au tour de l'Autel
onavoirfait une enceinte assez
grande avec des si ges autour
pour placer du collé de l'Evê-.
que les Ossi icrs qui l'accompagnoient,
& de l'autre cofté
les Dames du Ronceray avec
le Chanoine Officiant & fes-
Officiers qui les dévoient accompagner.
M.1Evêquc d'A ngers
s'étantdonc rendu à l'Abbaye,
dés huit heures dumatin)il
alla dans l'Eglise de la Trinité,
accompagné de sesArchdia"
cres &autresAfliltans&Offrcicrs
, pour se preparer, & se
revestir de ses habits pontificaux
pour la grand 'Mdfe quisuc
chantée parla musiquede
la Cathédralequ'on avoir placée
dans le Jubé
,
au-dessus &
à cofté de l'Autel, où rEvcfqiae
celebroir.
PendantquerEvêquefedifporait
à commencer la Mcffc,
les neuf Novices firent leurs
voeux entre les mams de Madame
TAbbefle
,
dans le
Ghoear de rAbbaye, Elles
etoient revenues de kurshabits
blancs, comme elles Tonc
au jourqu'elle prennent l'habit
, avec de beaux surplis de
point par dessus leurs robes
blanches. Eiles viennent en cet
état deuxàdeuxconduites par
la Doyenne du Couvent) &
precedées du Chmoine Officiant
en ch.1pe avec le Diacre
& le Soûiiacre poîtant la
Croix. Et après qu'on a chanté
le Vtm Creator ,elles vont
toutes fuccelfivement prononcer
leurs voeux aux pied- de
FAbb ne aflile dans ton si ge,
avec la Clofiè
, & luy laiflenc
en main le parchemin où ils
font écrits & figncz de leurs
o
mains.
Apres que les Novices eurent
fait leurs Voeux, toutes
CleshoeRueglri&gieuses partirent du
allèrent prendre
place dans lEgiife de la Trinité,
conduites par le Chanoine
Officiant en chape & les Officiers,
avec la Croix levée, pour
assister à la Mesle que l'Evêquc
commença pour lors. Il resta
feulement dans le Chceur lesneuf
jeunes Profeiïes avec les
neuf Religieuses qui leur fervoienc
de Paranymphes, &
Madamclabbcile qui dévoie
conduire la première.
Ce n'est qu'après le graduel
que commença la Cérémonie
de la Bcned;6tion des Vierges;
lor sque la musique eut achevé
,
de le chanter, 1Evef^IiN^s.ddecf1--
cendit de son Trofne, & alla
fc placer dans un fauteiiil sur
le marche pied de l'Autel, le
visagetourné vers la grande
porte de l'Eglise, & dans le
moment le grand Archidiacre
en chape partir de l'Autel accompagné
du Mettre des Cérémonies
aussi enchipepour
aller dans le Choeur du Ronceray
,
ray, annoncer aux RcJigicufcs
qu'elles euflenc à partir avec
luy, pour venir à l'Eglise où
1Evcfque celebroit, ce qu'il
fie en chantant rAnticnne:
Prudentes Virgines
, aptate lampaàesveflras3
ecce sponsusvenit,
exiteobviant ti; Vierges fages,
préparez vos lampes, car, voicy
l'Epoux @'arrive; allez
promptemenr au devant de
luy. Auili tost que les Vierges
eurent entendu la voix de
l'A rchidiacre, elles allumèrent
leurs cierges qu'e lles tenoienc
tout prests à la ,m.Ho, & partirent
dans le moment pour le
suivre, deux à deux,accompagnécs
de leurs Paranymphes;
Madamel'Abbesse étant à la
tête,&conduifant la premicre,
qui cO: la fille de M. le Comte
de Vanerot, petite niece de
feuë Madame de Grammonc,
sa Crosleétantportée devant
elle par la Dame de Chambre.
•
D'abord les Vierges
font entrées dans 1Eglise de
la Trinité, qui cil contiguë à
celle de l'Abbaye,il y a une
portede communication qui
fait qu'elles font à la vue de
l'Evcfquc., elles s'arrêtent& se
mettent à genoux, & pour lors
1
l'Archidiacre qui cH à leur tête
,dit à haute voix à TEvcfque
ces paroles qui font dans le
Pontifical : ReverendiJJime P.,
terJ &c. Très Reverend Perc
en Dieu, l'Eglise nôtre Sainte
Mcrc demande que vousvcütl.
lica bien Bénir & Consacrer
ces Vierges, en les époufanc
à N S J. C.
Et rEvefqueluy répond:
Scis illas aign45 cpt' ? Estes-vous
bien sur qu'elles en foienc
dignes? A quoy l'Archidiacre
répliqueiQuantùm humanafiragilitas,&
c. Auranr que la foibleflc
humaine permet de le
içavoir
,
je croy, & je puis
assûrer vostre Grandeur qu'.
elles font dignes de cet honneur.
Pour lors l'Evefquc, après
avoir adressé quelques paroles
aux Assistans, pour leur marquer
qu'ilestdans le desseinde
faire la Consecration de ces
Vierges. avec le fccours de la
C3 * Grace de N. S. Auxvtante Domino
j £rc. I! sadrefîcà elles3
& les appelle à haute voix par
ce n'ot qu'il chance;Vtmte;
venez.
Et dans Je moment les
Viergesfelevenc,&répondent
àla voix de leur Pasteur, aussi
en Ghantant ccs paroles: Etnos
fecjmmUf-i Nous allons à vous.
Ettes partent donc du bas
deTEghÉe où ellesetoient arrêtées*
mais après avoir fait
quelquespassess'arrêtent encore,
&Jc remettent à genoux,
juf-qu'à ce que 1Evesque les
appdlc une fécondé fois en
chantant d'un -ton plus haut:
Vtnitti Venez à moy.
Les Vierges se relevent, &
chantant toutes enfcmblc:Et
nunc Jequimur in toto corde ;
Nous allons à vous de tout
noftrc coeur: Elles font encore
quelques pas pour s'approcher
de iEvefqucj mais elles s'arrêtent
enluirc pour La troifiémc
fois, & se tiennent à genoux
jusqu'à ce que FEvcfquc
les rappelle encore, en chantant
d'un ton plus élevé: Veniel'fi/
ltt, &c. Venez mesfilles,
écoutez moy,& jevousenfeigneray
la crainte de Dieu.
Et pour lors les Vierges fc
relèvent, répondent par une
Anrienne qu'elles chantent en
march ant, & qu'ellesne fini(
Tau qu'en artivantdans le
Sandhmre: Etnunc (cqu!mur;
Nous allons à vous de tout
nofire coeurj nous vous craignons
Seigneur, & cependant
nous défiions de voir
voflrc
face; ne nous confondez pas,
mais traitez nous avec vollrc
douceur ordinaire,& Celan la
grandeur de vos milericordes.
Toutes ces jeunes Professes
étant arrivées dans le Sanctuaire,
& Madamel'AbbeÍf<;étant
placée dans le siege qu'on luy
avoit dresse, elles fc mirent d'abord
à genoux, & te profternerent
prcfcjne jusqu'en terre;
ensuite relevant latête
,
l'une
après l'autre,elleschanterenc
toutes fucccilivcrnent 1Antienne
ou le Verfct:Sufcipeme
Dominey &c. Recevez
- moy
Seigneur,fuivancvoilrc promtlie,
afin que jamais aucun
vice ne domine en moy.
Apres qu'elles curent chanté
cc Verser, elles Ce leverenr,
& se rangèrent toutes devant
1Evesque, en forme de dcmy
cercle: & ce fut alors que le
Prélat leur fit une Exhortauon
courte; mais vive, & pleine
des traits les plus brillants de
J'éloquence quilui est si naturelle.
: Apres que ce difeours fut
fi}l) il continua la Cérémonie,
en difanc touc haut a ces
Vierges:5Valtis in Sanélæ yirfinitttispropoflro
perfeuerarc*\
Voulez vous pcr feverer dans
le Voeu de la Sainte Virginité
que vous avez fait; & elles répondirent
toutes ensemble: - Vo/umus; Ouïnous le voulons.
Ensuite les jeunes Profcfles
vont toutes fucceflivement
l'une après l'autre se mettre
à genoux aux pieds de l' Evefcjue
*, & là tenant leurs
mains jointesentre les fiennes,
il leur fait derechef cette interrogation
à chacune en particulier
: Promittis te Virginitalem
perpetuo lervare? Prorner.
tez vous de gardertoujoursla
Virginité? A quoy chacune
répond à son tour: Promitio;
Dur je le promets, & enfuitç
s'en retournent à leur place
aprèsavoirbaisé la main de
l'Evesque, qui les interroge
derecheftoutes enfemblc, par
ces paroles:Vultis bcnedici, çyc.
Voulez vous estre benics êc
confacrécsJ-& devenir les Epoufes
de J. C. le Filsdu Très- -
Haut ?A quoy elles répondent
routes ensembler Volumusi
Ouï nous le souhaitons.
Pour lors l'Evêque & tous
les Miniftrcs de 1Autel fc mertant
à genoux,& les Vierges
fc proiternant sur les tapis la
facecontre terre)on entonna
les Litanies des Saints qui furent
chantées par la nlufiquc.
& ensuite l'Evêque commença
le Veni Creator qui fut au(si
continué par la musique.
Après que l'Hymne sur fini,
les jeunes Religieuses partirent
deux à deux pour aller
dans la Sacristie quitter leurs
surplis & leurs habits blancs
,
pour fc revêtir ensuite des ba..
bits noirs qu'on leur porra , après que l'Evêque les cut
beny.Il sir enfuire la bénédiction
de leurs voiles
,
de leurs
anneaux, & de leurs couronnes.
r
Les jeunes Professes estanc
revêrues de leur habit noir,
qui est1habit ordinaire de leur
Maison
,
elles retournèrent a
l'Aurel deux à deux toujours
accompagnées de leurs paranymphes,
enchantant leRé1
pons : Regnum mundi: Jevais
mépnfer leRoyaume du monde
,
& tous les ornemnts du
siecle
, pour l'amour de mon
Seigneur J C.que j'aime de
- tout mon coeur, & en qui j'ay
01
mis toute ma confiance;mon
coeur a proféré une bonne pa*
rolc5 c'tft que j'ay consacré
toutes mes allions au Roy des
Rois.
! LEvcque pour lors fc tournant
vers elles, il chante une
longue Préfacé
,
à la fin de laquelle
il entonne le Répons:
Vtm elefla
, que le Choeur con.
tinue: Venez ma bien aimée,
je veux établir mon TbÍônc
en vous, car le Roy des Rois
est épris de v-ostrebeauté.
LorfqueceRéponseftfini,
les Vierges se lèvent&vont
deux à deux se mettre à geDOUX
aux pieds de l'Eveque
où , elles chantent toutes les
deux enlemble rAntienne:
AnczUa CbrijîiJum, &c. Je fuis
la servante du Seigneur,& je
fais gloire de me confacrcr à
son service , & après qu'elles
ont chanté cette Antienne,
l'Eveque les interroge de rcchcf:
VI4ltisVoulez
vous pcffilkr dans le voeu
de virgmitéque vous avez fair,
& elles répondent toutes les
deux : Volumus : Oüy nous le
voulons Ensuite l'Evêque leur
met sur la tête le voile beny
,
en difanc à chacune: décape
velamen, &c. Recevez ce voile
sacré qui vous fera connokrc
que vous avez mepriséle monde
pour vous contacter à J C.
que je prie de vous prclerver
de tous maux & de vous conduire
à la vie éternelle; & incontinent
les deux Vierges
étant voilées de la main de l'E..
vêque
,
chantent à ses pieds
l'Antienne Posuit
Le Seigneur a mis un signal sur
mon vi rage,afin que je n'aye
jamais d'autre Amant que lui.
Toutes les autres viennent ainsi
fucceffivcment à 1 Eveque,
presentées par leurs pclranymphcs
pour recevoir le voile
beny de sa main,avec la même
ceremonie.j Apres que l'Evêque a die
une Oraison sur les Vierges,
illesappelle derechefpar cette
Antienne: Dejponfarp dileéîa
utnï : Venez ma bien aimée
pour époufer, &c. & dans le
moment les jeunes Profeflcs
viennent comme auparavant
,
aux pieds de l'Evêque, qui leur
met à chacune un anneau bcni
dans le doigt annulaire de la
main droite,en disant à chacune
: Defponfo teJefu-Cbriflo,
&c. Je vous épouse avec J. C.
le
leluis du Très Haut. Recevez
donc cet anneau de fidélité
,
comme le Sceau du S. Esprit,
qui vous donne le nom- d'Epoufe
de J, Ce Si vous le servez
fidellementjVousferez couronnée
dans l'Eternité au nom,
êcc. Apres qu'elles ont reeeu
l'anneau, elles chantent toutes
les deux l'Antienne ;Ipjtfum
dcfyonfata : Je fuis épousée à
celuy que les Anges adorent.
& dont le Soleil & la Lune admirent
la beauté.
Quand elles ont toutes reçû
L'Anneau beni, & qu'ellcs font
retournées dans leurs places
elles chantent l'Antienne An.'
nulo (uoen levant la main droicc
en haur, J C. mon Seigneur
m'a marquée de son Anneau,
& m'aornée d'une Couronne
comme son Epouse.
Après cela 1 Evesque ayant
dit sur ellesune Oraison,illes
appelle encore par une Antienne
qu'il commence & que
le Choeur continue: Veni
Sponsa, &c. Venez Epouse de
J. C, recevez la Couronne que
le Seigneur vous a préparée
pour lercrnité; & à rlofiant
les Vierges vont deux à deux
se mettre à genoux à ses pieds,
pour y recevoir une Couronne
de perles & de pierreries, qu'il
leur met sur la teste,en difanc
à chacune: Accipc Coronam,
Cc. Recevez la Couronne
précicufe de Virginité) afin
que comme vous cftes cou.
ronnée de noflremain sur la
Terre, vous soyezaussi couronnée
de J. C. dans le Ciel,
&c. Ensuite les deux Vierges
couronnées chantcnt aux
pieds de TEvefque l'Antienne:
Induitme Le Seigneur
m'a revêtue d'une robe
tiffiië d'or, & honorée d'une
coëffure de perles fines.
Les Couronnes qu'on donne
à ces jeunes Professes font
toutes enrichies de per les fines,
& de toutc forte de pierreries:
on prétend que les neuf Couronncs
valentplus de cent mil
livres.
Q:and elles ont toutes été
Couionnées, & que lEvesque
a dit quelques Oraisons sur
elles, elles Ce levent & chantent
toutes enfcmble rAntienne:
Eaecjvod concup:v!t, &c. Je
voy presentement ce que j'ay
souhaité; je poflldeee que j'efperois
; & je fuis unie dans le
Cid à ccluy que j'ay aime de
toute l'affection de mon coeur
sur la Terre.
Et cest icy proprement où
l'Evesquefinie laConfccration
des Vierges, par une BcnedÍIItion
solemnelle qu'il prononce
sur elles, la Mitre en teste:
Benedicatvos,&c. Ecenfuitc
ilfait lire par l'Archidiacre un
Anathême qui fulmine contre
ceux quivoudront troubler ces
Vieroges dans le Service divin.*
& dans la jouiffancc de leurs
biens:Automateomnipotentis
&c. Apres cela il continuë la
Mcffe, & le Choeur reprend à
WAMmaoxi l'on en estoie demeure.
A l'Offertoire les Vierges
consacrées vont à l'Offrande)
où elles prefentenc à l'Autel
les cierges qu'elles ont en
main, & baisent l'anneau du
PrcJat,enfuirc retournent dans
leurs places, pour se disposer
àla Communion.
Après que TEvêque a communié
,
les Vierges benites
s'approchent del'Autel &reçoivent
de sa main la communion
câpres qu'elles font retournées
dans leurs places,ellcs
chantent toutes ensemble
l'Antienne Mel gr lac, &c.
J'ay goûté le lait & le miel qui
fôrt de sa bouche,& son fang
a rougimes levres. Puis l Evêque
finie laMesse & donne à
la fin la benedlalon folemnellc
au peuple.
Enfuitcs'étant mis dans son
fauteuilles Vierges consacrées
allant encore à luy deux à
deux
,
qui leur presente le
Bréviaire sur lequel elles mettent
les deux mains pendant
qu'illeur dit :Aicisitelibrum:
Recevez ce Livre avec le pouvoir
de commencer au Choeur
lesHures Canoniales
,
&de
lire lOffice Divin dans l'Eglise,
aunomdu Ptre.,&C.
Puis l'Evêqueentonna le
Te Deum, quifut chanté par
la musique
, que le Prelat termina
par une Oraison.
La ceremonie ainsi achevée,
les Religieuses partirent dans
le moment pour s'enretourner
au Monastere conduites par
le Chanoine Officiant en chax
pe , avec la Croix devanr
PAbbcflcfaifanc , porter sa
Crosle devant elle,enCuire les
Vierges consacrées conduites
par le Maistre des ceremonies
cncha pe,quimarchoiràleur
têcc
, retournerenc pareillement
en Choeur & s'ariêtcrenc
a
à la porte, où elles fc tinrent à
genoux pour attendre l'Evêque
qui vint après ClIcs)la
Mureentefte, & sa Croflfc
marchant devant lui avec ses
Officiers & Assistans, jusqu'à
la porte du Choeur de l'Abbaye,
oùilsadressaàl'AbbeHc
parcesparoles: Videquomodo,
tftas confecratas Deo serves, cmc.
Prenez garde de bien conferver
pour Dieu ces Vierges qui
viennent de luy eftrc confacrées,
afin de les luy reprcfcnter
pures & sans tache,vous
souvenant que vous rendrez
compte d'elles au Tribunal de
leur Epoux qui fera voltre Juge;
puis l'Evêque s'en retourna
à 1 Eghfe de la Trinité pour
quitter fcs hi bits pontificaux,
en disant l' EvangileInpnneipto.
Cette augulte ccremonic
fut cxecutée de la plus belle
manière du monde, tant par
le Prelat qui fait toutes les
fonctions avec une grâce toute
parriculiere) que par les jeunes
Profcfîes consacréesqui
firent paroistre dans leur facrisice
une pieté& une modeftic
si édifiantes, que plusieurs des
afliltans en furent attendris
jusqu'à verser des larmes.
Il etoit une heure après midy,
quand la ceremonie suc
finie, il y eut un grand repas à
l'Abbaye, où plusieurs personnes
de diftmdtion furent conviées
, on y servit plusieurs
tables. Pour ce qui est de Madame
TAbbefTe
,
elle voulut
manger à latable des mariées,
où l'on servit en maigre auffibienqu'à
la Communauté dès
autres Religieuses.
- Le premier aâc d'obéïffancc
que les Vierges nouvellemontconsacrées
pratiquent c'eftde garder pendant neu,f
jours le silence que Madame
rAbbi. flc leur impose, &pendant
toutce tems là elles portent
continuellement leurs
couronnes sur la tête avec leurs
habits de cercmonie.
FaitparM.le Masson, Docteur
en Thcologic,Corrcdlcur
de l'Eglise de la Sainte Trinité
d'Angers.
Fermer
2465
p. 97-153
Premier Article des Morts. [titre d'après la table]
Début :
Vous trouverez beaucoup de faits curieux dans l'Article [...]
Mots clefs :
Mort, Nicolas Lair, César Egasse du Boulay, Bernardin de Piquigny, Gomer de Lusancy, Père Violet, Pierre Eon, Du Peray, Gilles Brunet, Deshayettes
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texteReconnaissance textuelle : Premier Article des Morts. [titre d'après la table]
ous trouverez beaucoup
Fanvier 1709.
I
98 MERCURE
de faits curieux dans l'Article
que vous allez lire. Vi
Maître Nicolas Lair , un
des premiersSuppôts de l Univerfité de Paris , eft mort âgé
de 85. ans , fans s'eftre jamaisfervi de Lunettes. Il eftoit
Doyen de la Nation de Normandie , & le plus ancien des
Doyens du Corps de l'Univerfité. Il y avoit efté aggregé en
1650. & s'y eftoit acquis par
fon travail une reputation
d'homme confommé dans les
belles Lettres , &
principalement dans l'éloquence qu'il
avoit profeffée jufqu'à 1682 .
THEQUE
O
LYON
DELTELA VILLE
THEQUE
QUE
DELE
TON
GALANT
au College d'Harcourt on
il avoit efté l'éleve fous le ce
lebre M Pierre Padet , & ou
il avoit plufieurs fois exercé
pendant la Regence , la Charge de Prieur des deux Maiſons
de Theologie & des Arts. Il a
poffedé les premieres dignitez
de fa Nation, fçavoir celles de
Procureur & de Cenfeur , & il
a cu la gloire de fe voir élevé
pendant deux années à la premiere place de l'Univerfité. En
1669. il cût l'avantage, eftant
Recteur, d'haranguer à la tefte
de cet illuftre Corps , le Roy
dans le Palais du Louvre , la
I ij
100 MERCURE
Reine , la Reine d'Angleterre, Monfeigneur le Dauphin,
Monfeigneur le Duc d'Anjou,
en preſentant à leurs Majeſtez,
& aux Princes du Sang , des
Cierges le jour de la Chandeleur. Il harangua à l'Hoſtel de
Condé , feue S. A. S. Monfieur le Prince Le Recteur harangue toujours en François
le Roy & les Princes , & ils
répondent ordinairement en
la mefme Langue. Monfieur
le Prince luy répondit en Grec;
mais toute la Cour ne fut pas
moins furprife que ce Prince,
d'entendre fur le champ le
GALANT 1of
Recteur faire fon Eloge , en
luy repliquant auffi en Grec,
que la France eftoit glorieufe de
renfermer dans fon fein unHeros
qui faifoit revivre l'ancienne
Grece , à quoy il ajouta beaucoup de chofes qui rendoient
ce Prince l'admiration de fon
fiecle. Mr le Prince jugeant
par là du grand merite & du
grand fçavoir de Maître Nicolas Lair , oublia fon rang,
& en traverfant fon appartement , il le conduifit jufqu'à.
l'efcalier , en luy donnant des
marques de fa bien veillance,
accompagnées de beaucoup de
I iij
102 MERCURE
loüanges. Tous ceux qui ſe³
trouverentprefens furent d'autant plus furpris de ce qui fe
paffa en cette occafion , que
peu de gens parlent en Grec
fur le champ fur toutes fortes
de fujets , & que ce que l'on
appelle fçavoir le Grec , n'eft
que le fçavoir expliquer , ou
dire des chofes que l'on a travaillées avec application , &
non répondre avec la mefme
facilité l'on feroit en d'au- que
tres Langues fur toutes fortes
de matieres.
En 1679. le 20 Juin , il·
cut encore l'honneur de por-
GALANT 103.
"
ter la parole au nomde l'Univerfité , & d'haranguer le Roy
à faint Germain en Laye fur
la Paix que Sa Majesté venoit
d'accorder à toute l'Europe: Ec
le 7. Septembre fuivant , il
complimenta au Palais Royal,
en cette mefme qualité de Recteur , Mademoifelle , fille de
Monfieur Frere unique du
Roy , fur fon mariage avec le
Roy d'Espagne ; & dans la
melme année , le College des
Jacobins de la rue S. Jacques
luy dédia par un de fes Etudians une Theſe , comme au
Chefde la premiere Univerſité
du monde.
I iiij
104 MERCURE
Aprés la mort de Me Cefar
Egaffe du Boulay , Greffier &
Hiftoriographe de l'Univerfr
té, la Faculté des Arts luy don
na la Charge de Greffier qu'il
a exercée pendant 28. ans avec
toute l'application qu'on avoit
attendue de luy. Il s'en démit
volontairement en 1706. en
faveur de Me Pierre Viel alors
Recteur , & qui eftoit de la
mefme Nation de Normandie,
afin de finir fes jours avec plus
de tranquilité. Feu Mr Col
bert avoit autrefois jetté les
yeux fur luy , pour le placer
auprés de Mrs fes enfans ; mais
GALANT 105
preferant l'étude de fon Cabinet à un employ où il falloit
partager fontems, il le remercia du grand avantage qu'il
vouloit bien luy offrir . Un fi
grand merite , & toutes les
Charges qu'il a dignement
remplies , luy ont fait donner
des marques de diftinction , &
mefme aprés la mort.
Deux jours aprés, la Faculté
des Arts fe rendit au College
d'Harcourt pour honorer les
funerailles avec toute la pompe dont elle eft reveftue. Les
deux Bedeaux de la Nation de
Normandie , portant
leurs
106 MERCURE
Maffes couvertes de crêpe ,
marchoient devant le Corps.
Quatre anciens Recteurs avec
le Chapperon violet doublé
d'hermine , tenoient les quatre coints du Poil , fur lequel
on voyoit les Ecuffons de la
Nation de Normandie , qui
font de Geules à deux Leopards l'un fur l'autre lampaffez d'azur. Le Recteur reveftu
du Manteau violet, de fa Chappe d'hermine , & de la Bourfe
Rectorale, marchoit aprés,precedez de fix Maffiers. Les quatre Procureurs des quatre Nations , en robbes rouges dou-
GALANT 107
blées d'hermine l'accompagnoient . On y voyoit enfuite les Profeffeurs du College
d'Harcourt en robbe avec le
Chapperon & le Bonnet quarré, fuivis d'un grand nombre
de perfonnes de l'Univerfité &
de la Ville. Quelques jours
aprés la Nation de Normandie
luy fit un Service dans la Chapelle du College d'Harcourt
où elle s'affemble ordinairement , avec toute la folemnité
qu'elle a coûtume d'obſerver
à la mort de fon Doyen , où
Me François Guenon , Licencié en Theologie , Profeffeur
108 MERCORE
Philofophie , & maintenant
Doyen de la Nation tion
officia
avec
les ceremonies
ordinaires.
On he peut affez regretter
le PereBernardin de Piquigny ,
Capucin du Convent du Marais ; c'étoit un Religieux d'un
vray merite , qu'une pieté rare,
& one vertu folide , foûtenuë
d'un air toûjours modefte &
majestueux rendoient également aimable & refpectable ;
& on peut dire que fon Ordre
a perdu en fa perfonne un de
fes meilleurs fujets , l'Eglife un
excellent Theologien , & la
GALANT 109
ans
Republique des Lettres une de
fes meilleurs plumes. De 76.
dont il étoit âgé , il en a
paffé prés de 60. enfon Ordre,
tant dans les emplois de Profeffeur & de Superieur , dont
il s'eft toûjours acquité avec
beaucoup de fageffe & de capacité , que dans la conduite des
confciences , & dans la compofition de plufieur's beaux Ouvrages qu'il a donné au Public.
Il s'eft fur tout diftingué par fa
triple expofition latine des Epiftres de faint Paul , Ouvrage
generalement eftimé , non feulement des Prélats & des Theo-
110 MERCURE
logiens de France , mais auffi
de toute l'Eglife , & du Pape
même, quia dirplufieurs fois à
la louange de cet Auteur : Que
peu de perfonnes avoientpris auffibien que luy l'efprit defaint Paul.
Il ne vouloit pas en reſter à ce
feul chef d'œuvre, &il eft mort,
pour ainfi dire , la plume à la
main en achevant de compofer par ordre de fa Sainteté un
Commentaire fur les quatre
Evangeliftes , qui ne diminuera rien de cette haute réputation que le premier luy a acquife.
MN...Gomerde Lufan-
IGALANT
cys, Preftre Docteur de la
Maifon & Societé de Sorbonne Abbé de Nôtre- Dame de
Vertus , ancien Chanoine &
Archidiacre de Meaux , eft
auffi decedé. Cet Abbé étoit
d'une naiffance diftinguée ; il
étoit proche parent de Monfieur le Cardinal de Noailles ,
& il étoit petit Neveu des
Grands Maîtres de Malte de
Vignacour , & il dedia même
au dernier mort feulement
depuis quelques années, une de
fes Thefes de Sorbonne. La
Maiſon de Gomer Lufancy
eft de Picardie , elle eft alliée à
,
112 MARCURE
de
celle de Mailly , de Bouflers ,
d'Ailly , d'Auxi , & autres do
cette qualité de la même Province. Le frère de cet Abbé,
qui étoit Capitaine aux Gatdes , fut tué à la journée de Seneff . Il laiffa deux fils âgez de
quatre à cinq ans, dont feu Mr
le Duc de Gefvres qui eftoit
auffi allié à cette Maifon , prit
foin; il les fit élever Pages de
la Chambre; ils entrerent enfuite dans le Regiment des
Gardes , & l'aîné fut tué dans
cours de la derniere guerre ; &
le cadet eût le même fort à la
bataille de Ramillies. Il étoit
GALANT 13
Ayde- Major du Regiment des
Gardes , & le Roy l'avoit envoyé en Eſpagne pour dreffer
le Regiment des Gardes de Sa
Majefté Catholique
M. luy donna
pour
,
& S.
en partant ,
l'encourager , un Brevet
de Colonel , la Croix de faint
Louis , & une penfion . S'il cuft
échapé à la journée de Ramillies ilauroit eu uneCompagnie,
& le Roy avoit dit de luy ,
que c'étoit un fujer propre à
être unjour un bon Major.
La Mere de ces deux Meffieurs
fe fit Carmelite à la rue Chapon , il y a environ fix ans •
Fanvier $ 710.
K
114 MERCURE
Evêque de & feu Monfieur
caux prêcha à fa prife d'Ha
bit; elle a efté enfuite tranferée
au Convent de la rue faint
Jacques. Meffieurs de Goumer
de Lufancy , defcendent du
Chancelier Henry de Matle ,
en 1413. & qui avoit eſté pendant neuf ans premier Prefident au Parlement de Paris.
Ce Magiftrat perit en 1418
par la violence &la faction des
Ducs de Bourgogne. Mr l'Abé de Lufancy étoit fort eftiméen Sorbonne , par fa vertu
&
par
fon merite.
Mre Charles de Raouffet
"GADANY 15
Chevalier de l'Ordre de Saint
Louis , & Lieutenant de Roy
du vieux Brifac a fubi le
mêre fort. Il avoit longtemps fervi dans l'Infanterie
& il y a eu peu d'occafions
dans le cours de la derniere
Guerre où il ne fe foit trouvé,
& où il n'ait donné des preuves
de fa valeur. Il avoit longtempsferviavec Mr le Comte
de Reignac Brigadier , Commandeur de l'Ordre de Saint
Louis , & aujourd'huy Commandant dans la même place
dont Mr de Raouffer , eftoit
Lieutenantde Roy; la fortune
Kij
116 MERCURE
s'eftant plû a réunir dans un
même lieu deux Officiers de
diftinction qui avoient fervi
une partie de leur vie enfemble & qui eftoient liez depuis
leur premiere jeuneffe par une
tendre & fincere affection . Mr
de Raouffet dont je vous
aprens la mort eftoit affez
proche parent de Mr Raouffer
Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel & attaché depuis
long temps à Mr le Cardinal
deBouillon, & ils eftoient d'une
ancienne famille originaire de
Champagne ; & connue dans
le Royaume depuis le regne
GALANT 17
de Philippes de Valois. Elle a
produit de celebres perfonnages dans l'Eglife, & dans la profeffion Militaire. Sous le regne
d'Henry III. un celebre Predicateur de ce nom & qui
eftoit de l'Ordre de Saint Benoift , fe diftingua à la Cour
par fon zele contre ceux qui
favorifoient fecretement les
nouvelles opinions ; & il arrêta
parefa fermeté Apoftolique
plufieurs perfonnes qui commençoient à fe déclarer & à
foutenir les nouveaux Heretiques.
MreN...de Thelis- Valor-
1,8 MERCURE
ges, Religieux & Hoſtellier de
l'Abbaye de Savigny , où il
n'entre que des perfonnes d'une naiffance diftinguée , y eft
mort à la fleur de fon âge. Il
eftoit frere de Mr.l'Abbé de
Valorges , Abbé del If barbe
une des plus belles Abbayes de
Royaume,& proche parent du
feu Pere de la Chaife ; fon metite & fes talens le rendoient
encore plus confiderable parmi
fes Confreres , & tous ceux
qui le connoiffoient . Il entendoit parfaitement les affaires
Ecclefiaftiques , & il feroit dif
ficile de trouver quelqu'un qui
GALANT 19
fut plus verfé que luy dans la
Jurifprudence Canonique:
+ - La Maifon de Thelis eft
originaire d'Angleterre, & elle
eft établie en France dés le
temps de Saint Louis ; Hugues
de Thelis dont tous ceux qui
portent aujourd'huy ce nom ,
defcendent , vivoit en 1260.
Guillaume de Thelis fon arriere-petit fils , fut Chanoine &
Comte de Lyon ; & Guichard
de Thelis petit neveu de ce
Comte,époula Jeanne de Fouldras Courcenay, d'une illuftre
famille , dont il y a encore aujourd'huy deux Comtes dans
120 MERCURE
+
l'Eglife de Lyon. Jean de Thelis Seigneur de Farges & de
Cornillon , qui époufa Marie
de Puttcy , fœur de Jeanne de
Puttey époufe de Guillaume
de Vitry , d'une des plus grandes Maifons de Savoye, fortit
de ce mariage , & fut grand',
pere d'Antoine de Thelis , Ecuyer du Duc de Bourbon , à
quiil rendit degrands & fignalez fervices ; cet Antoine , un
des plus grands guerriers de
fon temps , époufa Huguette
de Saint Romain, fille de haut
& puiffant Seigneur Pierre de
Saint Romain , Chevalier Seigneur
GALANT · 121
gneur de Larcy , & de Claude
de Thalaru , niece des deux
Cardinaux de Talaru , Archevêques de Lyon. Une fille unique fortie de ce mariage époufa Louis d'Angerolles , Seigneur de Commiers en Forez.
Guillaume de Thelis fon frere
& Chevalier de l'Ordre de S.
Jean de Jerufalem , quitta la
Croix & époufa Françoife de
Rougemont , d'une illuftre famille qui eft éteinte à prefent
& qui a donné plufieurs Comtes à l'Eglife de Lyon. Les
defcendans de Guillaume
eftant entrez dans la Robbe
Fanvier 1710. L
122 MERCURE
en eurent les premieres Charges dans les Parlemens de Paris
& de Touloufe. Guichard de
Thelis d'une branche de l'E
pinaffe , avoit époufé dés le
13 ° fiecle Catherine de Talaru , grande tante des Cardinaux dont je viens de parler.
Geoffroy & Eftienne de Thelis fes petits fils furent Chanoines & Comtes de Lyon.
Jean de Thelis leur neveu époufa Catherine de SainteColombe, d'une famille qui a
donné auffi des Comtes à l'Eglife de Lyon , &Antoine leur
petit- neveu eft allié auffi à
GALANT 123
la Maifon de Saint Romain.
Gilbert de Thelis un des plus
grands hommes de C
guerre
du
16 fiecle , leur petit
- neveu
,
époufa
Antoinette
de Damas
,
&par là la Maifon
de Thelis
eft alliée à celle de Thianges
.
C'eftoit
ce Gilbert
de Thelis
qui eftoit Seigneur
de Valorges & qui n'ayant
point d'enfans donna
cette Terre
à Jean
de Thelis
fon neveu
, qui s'étoit fignalé
au ſervice
d'Henry IV. fur la fin du 16° fiecle.
Jean épouſa
Henriette
de SarFon , d'une illuftre Maiſon
,
dont il y a aujourd'huy
deux
Lij
124 MERCURE
Comtes dans l'Eglife de Lyon.
George de Thelis fon petitfils époufa Catherine de Malivert d'une Maifon de Breffe.
Antoine fils cadet de Jean dont
je viens de parler , fit la branche de Valorges au commencement du dernier fiecle. Il fut
ayeul de Mr le Comte de Valorges d'aujourd'huy , & du
Chevalier de Thelis qui fut tué
d'un coup decanon en 1674.
devant le Fort de Sainte Anne
en Comté. Ily a encore de cette illuftre Maifon les branches
de Charnay , de Peiffelay & des
Forges. Milon de Thelis Che-
GALANT 125
valier forma celle de Charnay
au commencement du dernier
fiecle. Il eftoit fecond fils de
Jean de Thelis & d'Arthaude
de Charnay d'une ancienne famille de Franche - Comté. Ils
s'allierent auffi aux Maifons de
Varennes, de Talaru, de ChielGigny : ce Milon fut Colonel
dans les Troupes Françoiſes ,
& fe diftingua dans toutes les
occafions de fon temps. Pierre
de Thelis forma la branche de
Peiffelay en Beaujollois ; il êpoufa Clemence de la Olpilliere. Guillaume de Thelis ,
Chevalier Seigneur des Forges,
Liij
126 MERGURE
forma la branche de ce nom
en 1534.Cette Terre paffaenfuite dans la Maifon de Sarron,
où elle eſt à preſent , & dont
un Comte de S. Jean porte le
nom. Cette beanche s'établit
enfuite dans le Nivernois , où
Marguerite de Thelis avoit
époufé Guillaume d'Orgeres.
Philibert Confeigneur des Forges fe diftingua à la teſte d'une
Compagnie de Lances à la Bataille de Coutras , & le Duc
d'Anjou depuis Roy de France,
fous le nom d'Henry III. luy
donna une gratification confiderable. L'Abbé de Valorges
GALANT 127
qui vient de moutir , n'eft pas
Je feul de fa Maifon qui ait efté
Religieux de Savigny. Hugonin de Thelis l'eftoit auffi dans
le quatorziéme ficcle.
Le Pere Violet de la Compagnie de Jefus , eft mort
dans le Grand College des
Jefuites de la Ville de Lyon.
Il eftoit un des plus grands
Theologiens de faCompagnie;
Il avoit enfeigné la Theologie
Scholaftique ou Pofitive durant 20. ans entiers & avec
une grande reputation. Il avoit
efté auffi Profeffeur en langue
Hebraïque pendant quelques
Liiij
128 MERCURE
années avec beaucoup de fuccés. Ce Pere eftoit auffi
grandCafuifte. On le confultoit de toutes parts , & fes
décifions eftoient toujours
foutenues par celles des plus
grands Theologiens du
Royaume. Nous avons quan
tité de fes Poëfies Latines. Ily
en à quelques unes adreffées à
Mr le Prefident Dugas , à qui
il avoit donné les Principes de
la langue Hebraïque dans
laquelle ce Magiftrat a fait
de grands progrés. Il avoit
fait aufli quelques Differtations fur la Baguette dans le
a
GALANT 139
.
temps que l'homme qui la
faifoit tourner comme il vouloit parut en France , & ces
Differtations furent tres- eltimées. Ce Pere avoit reſolu de
donner un Traité De triplici
anima , c'est- à- dire , fur les
trois fortes d'Ames , la Vegetante , la Senfitive ; & la Raifonnable ; mais fon grand
âge ; & fes infirmitez l'empecherent d'executer ce deffein.
Il eftoit de Seyffel , petite Ville
de Bugey , dont il avoit entrepris de donner l'Hiftoire au
Public , ce qu'il n'a pu executer àcaufe de diverfes occupa-
+
130 MERCURE
tions dont fes Superieurs l'ont
chargé en divers temps. Il
faifoit voir dans cet Ouvrage
que C. Sextius Gouverneur du
Pays des Allobroges pour les
Romains fit baftir Seyffel qu'il
fit appeller Sextellum de fon
nom & quepar abus au lieu de
Sextel on a dit Seyffel. Amé
IV. du nom Comte de Savoye,
accorda , felon cet Auteur , de
grands Privileges à cette Ville.
Onefpere que ceux qui auront
foin des Papiers de ce fçavant
hommedonneront cette Hiftoire au Public qui fera d'autant plus curieufe que Seyffel ,
GALANT 131
a efté le Theatre de la Guerre
de Savoye. Le Pere Violet eft
mort âgéesde 84. ans.
Mr le Marquis de Barbefieres Chevalier de l'Ordre de
faint Louis , Gouverneur de
faint Quentin , Lieutenant General des Armées du Roy, eft
mort dans un âge fort avancé ,
regretté de tous ceux qui le
connoiffoient ; il joignoit à de
longs & anciens fervices rendus
au Roy & à l'Etat, un genie capable des plus grandes affaires.
Il avoit fervi toutefa vie dans
la Cavalerie & à la tête duRegiment qui a long- temps por-
132 MERCURE
té fon nom. Il donna dans le
cours de la derniere guerre, de
frequentes preuves de fon courage & de fon experience dans
la Diſcipline militaire. Il a vêcu
pendant les dernieres années de
fa vie dans la pratiqne des vertus Chrêtiennes & en cela il a
fçû allier ceux de fa Profeffion
avec ceux d'un état qui luy paroift quelquefois affez oppofé. Ce Marquis étoit d'une
ancienne Maifon originaire de
Lorraine , où elle étoit connuë
dés le temps du Duc René II.
dont la vie fut remplie de fi
beaux & de fi grands évene-
GALANT 133
mens.Mrs deBarbefieres poffedoient dans cette Cour les premieres dignitez. Ils pafferent
enfuite en France , lorfque les
Princes cadets de cette Maifon
y vinrent & y formerent la
Branche de Guife , dont toutes
les autres font forties. Depuis
ce temps - là ceux de cette Maifon fe font toûjours diftinguez
dans la profeffion des armes.
Dame N... de la Chaife ,
plufieurs fois Superieure de la
troifiéme Maiſon des Filles de
Sainte Elifabeth , de l'Ordre
de faint François , de la Ville
de Lyon , qu'on nomme vul-
134 MERCURE
gairement Colinettes , à caufe
du bien que feus Mr & Me dé
Coligni ont fait à cette Maifon , y eft morte d'apoplexie ,
agée de 77. ans. C'étoit la feule qui reftoit des freres & des
fœurs du Pere de la Chaiſe. On
a remarquéque ce Pere mourut au commencement de l'année derniere , & que Madame
de la Chaiſe eft morteà la fin ;
c'eſt à dire , dans les derniers
jours de Decembre. La memoire de Madame de la Chaife fera long temps en benediction dans cette Maiſon , à caufe des bons exemples qu'elle y
GALANT 135
a donnez durant une vie affez
longue , & par le bien qu'elles luy a procuré , ayant fait
unir , il n'y a pas encore longtemps , un Prieuré à ce Monaftere Elle étoit fille de feu
Mre Gorge d'Aix, Seigneur de
la Chaife , & de Dame Renée
de Rochefort , & petite fille
Mre N.. de la Chaife, &de N...
de Cotton , fœur du Pere Cotton , Confeffeur d'Henry IV.
Elle étoit auffi fœur de Mr le
Marquis d'Aix , pere de Mr de
Souternon , de Mr le Comte
de la Chaife, pere du Marquis
de ce nom , Capitaine des Gar-
136 MERCURE
2
des de la Porte ; de feu Mr
d'Aix , Abbé d'Ambronay ;
de Mr l'Abbé du But , Abbé
& Prieur de Savigny ; de Mr
l'Abbé de la Chaiſe , nommé
Coadjuteur de Clermont , mais
qui mourut avant d'avoir fes
Bulles, & de feue Madame l'Abeffe de Marcilly. La Maiſon
de la Chaife eft de Forcz.
Mre N... Canau , Docteur
en Theologie de la Faculté de
Paris , & cy- devant Vicaire de
la Paroiffe de S. Euftache , eft
mort aprés 11. mois de maladie , dans le cours de laquelle
il a donné de frequentes marI
GALANT 137
par
ques de fa patience & de fa
foûmiffion aux ordres de la
Providence. Il eftoit connu par
rapport au talent qu'il avoit
pour la conduite des ames. Il
dirigeoit plufieurs perfonnes
de qualité , mefme quelques
Princeffes , & il a procuré de
grands biens le zele qu'il
infpircit à ceux dont il gouvernoit les confciences pour
le foulagement des Pauvres. Il
eftoit un des plus habiles Docteurs de la Faculté. Il y a brillé
dans plufieurs ocafions d'éclat.
Mr le Cardinal de Noailles
l'honoroit d'une eftime partiFanvier 1710.
M
138 MERCURE
culiere , & rien ne fait plus
d'honneur à la memoire de ce
Docteur que les regrets detoute la Paroiffe de S. Euftache,
lors qu'il en quitta la conduite ; & ces regrets ont redoublé lors qu'on a appris fa mort.
Mre Elie Camus de Pontcarré, Chevalier non Profés de
l'Ordre de S. Jean de Jerufalem , eft mort dans un âge fort
avancé , aprés avoir mené une
vie qui a efté l'édification &
l'exemple de tous ceux qui le
connoiffoient. Il eftoit frere
de feu Mr Camus de Pontcarré, Confeiller d'honneur au
GALANT 139
Parlement , & pere de Mr de
Pontcarré , premier Prefident
du Parlement de Rouen. Mes
de Pontcarré , defcendent de
Mfe N... Camus Gentilhomme Lionnois , & leur quatriéme ayeul, qui ayant beaucoup
d'enfans , laiffa aux aînéz les
terres de Fougerolles , de Bagnols & d'Arginis : & c'eft
d'euxque font forties les Bran
ches d'Yvours , d'Aubourg,
Pufignan , Camus Chavanieu,
& Camus de Coindrieu , &
dont le Chef a épousé une
coufine germaine de Mr le
Maréchal de Villars. Mr CaMij
140 MERCURE
mus dontje viens de parler , en
établit les Cadets dans le Parlement de Paris , & il acheta à
l'aîné de ces deux cadets une
Charge de Confeiller au Parlement, qui ne luy coûta alors
que dix mille francs ; c'eftoit
vers le commencement du feiziéme fiecle. C'eft de ce Confeiller que defcendent Mrs de
Pontcarré. Il acheta à l'autre
une Chargé de Maistre des Requeftes , & Mr Camus Evêque
de Bellay , dont il a cſté tant
parlé dans le dernier fiecle , en
defcendoit , & cette branche
finit en ce Prelat. Mr de Pont-
GALANT 135
carré Confeiller d'honneur au
Parlement , laiffa plufieurs enfans , dont deux de fes filles
épouferent des Magiftrats de
tres anciennes Maifons de la
Robbe, & dont il y en a un
qui a efté Intendant. Mr le
premier Prefident de Rouen ,
qui eftoit l'aîné , ' a cu deux
femmes , la premiere , fille de
Mr le Prefident Boulanger ;
& la feconde , fille de Mr de
Bragelogne Maistre des R: -
queftes.
Mre N...... Deshayettes ,
Confeiller en la Cour des Aides , eft mort fort regretté
142 MERCURE
dans fa Compagnie , où fon
merite & fa probité lui avoient
acquis beaucoup de réputa
tion. Il eftoit d'une ancienne
famille originaire de Normandie , & qui a donné beaucoup
de Magiſtrats au Parlement de
Rouen. Il avoit de grandes al
liances dans la Cour des Aides' ,
tant de fon costé que du cofté
de fa femme, du nombre defquelles font M' Petit de Ville-neuve , Prefident du même
Corps & Mr Belayer , qui en
eft Avocat General. Toutes ces
alliances,l'avoient attiré dans
cette Compagnie. Il avoie
“
GALANT· 143
beaucoup de talens naturels ;
il eftoit éloquent , & avant
d'eftre en Charge il avoit
plaidépour s'exercer , plufieurs
Caufes d'appareil au Parlementavec beaucoup de fuccés.
Il fçavoit fort bien les Langues étrangeres ; il s'y eftoit
attaché depuis fa plus grande
jeuneffe , & il y auroit parfaitement réüffi , & fur tout à l'égard de la Langue Italienne.
dont il fçavoir toutes les fineffes. Il eftoit fort lié avec Mr le
Cardinal Gualterio , ci - devant
Nonce en France ; ce Prelat
qui a acquis avec juſtice la ré-
144 MERCURE
putation d'un des plus habiles
Prelats de l'Europe , fe plaifoit
fort avec Mr Deshayettes !
& ils rappelloient quand ils
eftoient enſemble tous les plus
beaux endroits des Auteurs
Italiens tels que font le Taffe ,
le Guarino , Bocace , Bonarel
li , & c.
Meffire Gilles Brunet , Con
feiller - Clerc de la Grand'
Chambre , eft mort dans un
âge affez avancé. Il étoit d'une
Famille de Bourgogne , originaire de Beaune , & qui a
donné plufieurs Officiers au
Parlement de Paris. Mr de
Chailly,
GALANT 145
Chailly, Prefident de la Chambre des Comptes eft neveu de
l'Abbé dont je vous apprens
la mort. Cet Abbé étoit fort
eftimé dans le Parlement , & il
y avoit acquis la réputation
d'un Juge fort integre & fort
éclairé. Il étoit Abbé de Villeloin , Ordre de faint Benoist &
Dioceſe de Tours , & il avoit
fait de grands biens à fon Abbaye , par le foin qu'il avoit
pris dans les premieres années
qu'il en fût pourvû , d'y faire
venir plufieurs fonds alienez. Il
y a auffi fait faire quantité de
reparations qui ont entiereN
"Janvier 1710.
146 MERCURE
1
4
ment fait changer de face d
cette Abbaye. Il étoit Docteur
en Theologie , & il avoit fait
fon Cours &fes Licences avec
beaucoup de fuccés. Il s'appli
qua enfuite à l'étude de la Jurif
prudence , dans le deffein d'entror dans la Robe ; & on con
vint alors qu'il y avoit peu de
perfonnes qui le furpaffaffent
dans la connoiffance du Droit,
& fur tout du Canonique , au
quel il s'étoit particulierement
attaché. Il avoit auffi fait une
longue étude des Libertez de
l'Eglife Gallicane , & il feroit
à fouhaiter que quelque ha
CALANT 147
bille main mit en ordre les
6
Memoires qu'il avoit affemblez fur cette importante matiere pour les donner auPublic.
Mr l'Abbé Joifel, par la mort
de Mr Bruner, eft monté à la
Grand Chambre , & eft neveu, à la mode de Bretagne, du
celebre Mr Joifel , Doyen de la
Faculté de Theologic de Paris.
Mr N... du Peray , Brigadier des Armées du Roy, & cydevant Lieutenant-Colonel du
Regiment Lyonnois , cft mort
dans un âge fort avancé , aprés avoir donné pendant un
grand nombre d'années qu'il a
Nij
748 MERCURE
non as
porté les armes , de frequentes preuves de fon courage &
de fon experience dans la Difcipline militaire. Il étoit de
Corbeil prés Paris , & d'une
famille qui avoit toûjours cfté
fort attachée à la Maifon de
Villeroy. Feue Madame la Ma
réchale de Villeroy, mere du
Maréchal de ce nom , luy fit
avoir uneCompagnie dans le
Regiment Lyonnois qu'on leva il y a plus de so. ans. Il vinc
par fon rang , & encore plus
par fon merite , au pofte de
Lieutenant-Colonel , & en cette qualité , comme en celle de
EGALANT 149
f
Capitaine, il s'étoit trouvé dans
toutes les occafions où le Regiment Lyonnois s'eft diſtingué , fur tout dans les guerres
de Franche- Comté, où cet Of
ficier s'attira des louanges de la
bouche même de Sa Majesté.
Il avoit quitté le fervice depuis quelques années à caufe de fon grand âge & de fes
incommoditez , & le Roy luy
donna une groffe penfion lors .
qu'il quitta. Mr de Tricaud ,
aujourd'huy Brigadier , & alors
Major du Regiment Lyonnois,
eut la Lieutenance Colonelle
aprés luy. Le défunt avoit pafN iij
150 MERCURE
4
fé fa vie dans le celibat , & il a
laiffe fes biens qui font fort
confiderables à Mr Renaud ,
fon petit neveu , & fils d'un
Confeiller au Parlement de Paris .Il a paffé les dernieres années
de fa vie dans une pratique
Credes devoirs de fa Religion. Ila fait en mourant de
grandes aumônes aux pauvres.
Mre Pierre Eon de la Baronie, Chevalier , Comte Marquis de Cely, Seigneur de Soyfy , Baron defaint Germain , &
Prefident en la Chambre des
Comptes , eft mort âgé de
quarante- huit ans. Il laiffe des
素
GALANT ast
enfans de Dame N..Dargou
ges de Rannes , fille de Mr
Dargouges de Rannes , & de
Dame N... le Pelletier , four
de Mr le Premier Prefident , &
fille de Mr. le Pelletier , Miniftre
d'Etat. Ce Magiftrat eft de S.
Malo, &il étoit parent du feu
Pere le Gobien Jefuite , qui a
donné plufieurs Recueils de
Lettres fur les Miffions d'O.
rient , & qui étoit auffi de faint
Malo. Il a efté fort regretté à
la Chambre des Comptes , où
fon application aux devoirs de
fa Charge , & fon merite particulier luy avoit fait beaucoup
Niiij
152 MERCURT
d'amis. Me la Prefidente fa veu
ve & à qui il a laiffé la gardenoble de fes biens , qui font
fort confiderables, eft niéce de
Mr le Marquis de Rannes, Colonel de Dragons , & Officier
General. C'eſt un des Officiers
qui entend le mieux la Cavalerie. Le Magiftrat dontje vous
apprens la mort , étoit allié du
côté maternel à la Maifon de
Coëtlogon,une desplus anciennes Maiſons & des plus qualifiées de Bretagne. Il étoit auffi du même côté à celle de
Guebriant , qui a produit dans
les derniers fiecles un Maréchal
GALANT 153
de France.Les pauvres
sont
beaucoup perdu à la mort, &
fa
il leur donnoit toutes les femaines de groffes fonimes.
Fanvier 1709.
I
98 MERCURE
de faits curieux dans l'Article
que vous allez lire. Vi
Maître Nicolas Lair , un
des premiersSuppôts de l Univerfité de Paris , eft mort âgé
de 85. ans , fans s'eftre jamaisfervi de Lunettes. Il eftoit
Doyen de la Nation de Normandie , & le plus ancien des
Doyens du Corps de l'Univerfité. Il y avoit efté aggregé en
1650. & s'y eftoit acquis par
fon travail une reputation
d'homme confommé dans les
belles Lettres , &
principalement dans l'éloquence qu'il
avoit profeffée jufqu'à 1682 .
THEQUE
O
LYON
DELTELA VILLE
THEQUE
QUE
DELE
TON
GALANT
au College d'Harcourt on
il avoit efté l'éleve fous le ce
lebre M Pierre Padet , & ou
il avoit plufieurs fois exercé
pendant la Regence , la Charge de Prieur des deux Maiſons
de Theologie & des Arts. Il a
poffedé les premieres dignitez
de fa Nation, fçavoir celles de
Procureur & de Cenfeur , & il
a cu la gloire de fe voir élevé
pendant deux années à la premiere place de l'Univerfité. En
1669. il cût l'avantage, eftant
Recteur, d'haranguer à la tefte
de cet illuftre Corps , le Roy
dans le Palais du Louvre , la
I ij
100 MERCURE
Reine , la Reine d'Angleterre, Monfeigneur le Dauphin,
Monfeigneur le Duc d'Anjou,
en preſentant à leurs Majeſtez,
& aux Princes du Sang , des
Cierges le jour de la Chandeleur. Il harangua à l'Hoſtel de
Condé , feue S. A. S. Monfieur le Prince Le Recteur harangue toujours en François
le Roy & les Princes , & ils
répondent ordinairement en
la mefme Langue. Monfieur
le Prince luy répondit en Grec;
mais toute la Cour ne fut pas
moins furprife que ce Prince,
d'entendre fur le champ le
GALANT 1of
Recteur faire fon Eloge , en
luy repliquant auffi en Grec,
que la France eftoit glorieufe de
renfermer dans fon fein unHeros
qui faifoit revivre l'ancienne
Grece , à quoy il ajouta beaucoup de chofes qui rendoient
ce Prince l'admiration de fon
fiecle. Mr le Prince jugeant
par là du grand merite & du
grand fçavoir de Maître Nicolas Lair , oublia fon rang,
& en traverfant fon appartement , il le conduifit jufqu'à.
l'efcalier , en luy donnant des
marques de fa bien veillance,
accompagnées de beaucoup de
I iij
102 MERCURE
loüanges. Tous ceux qui ſe³
trouverentprefens furent d'autant plus furpris de ce qui fe
paffa en cette occafion , que
peu de gens parlent en Grec
fur le champ fur toutes fortes
de fujets , & que ce que l'on
appelle fçavoir le Grec , n'eft
que le fçavoir expliquer , ou
dire des chofes que l'on a travaillées avec application , &
non répondre avec la mefme
facilité l'on feroit en d'au- que
tres Langues fur toutes fortes
de matieres.
En 1679. le 20 Juin , il·
cut encore l'honneur de por-
GALANT 103.
"
ter la parole au nomde l'Univerfité , & d'haranguer le Roy
à faint Germain en Laye fur
la Paix que Sa Majesté venoit
d'accorder à toute l'Europe: Ec
le 7. Septembre fuivant , il
complimenta au Palais Royal,
en cette mefme qualité de Recteur , Mademoifelle , fille de
Monfieur Frere unique du
Roy , fur fon mariage avec le
Roy d'Espagne ; & dans la
melme année , le College des
Jacobins de la rue S. Jacques
luy dédia par un de fes Etudians une Theſe , comme au
Chefde la premiere Univerſité
du monde.
I iiij
104 MERCURE
Aprés la mort de Me Cefar
Egaffe du Boulay , Greffier &
Hiftoriographe de l'Univerfr
té, la Faculté des Arts luy don
na la Charge de Greffier qu'il
a exercée pendant 28. ans avec
toute l'application qu'on avoit
attendue de luy. Il s'en démit
volontairement en 1706. en
faveur de Me Pierre Viel alors
Recteur , & qui eftoit de la
mefme Nation de Normandie,
afin de finir fes jours avec plus
de tranquilité. Feu Mr Col
bert avoit autrefois jetté les
yeux fur luy , pour le placer
auprés de Mrs fes enfans ; mais
GALANT 105
preferant l'étude de fon Cabinet à un employ où il falloit
partager fontems, il le remercia du grand avantage qu'il
vouloit bien luy offrir . Un fi
grand merite , & toutes les
Charges qu'il a dignement
remplies , luy ont fait donner
des marques de diftinction , &
mefme aprés la mort.
Deux jours aprés, la Faculté
des Arts fe rendit au College
d'Harcourt pour honorer les
funerailles avec toute la pompe dont elle eft reveftue. Les
deux Bedeaux de la Nation de
Normandie , portant
leurs
106 MERCURE
Maffes couvertes de crêpe ,
marchoient devant le Corps.
Quatre anciens Recteurs avec
le Chapperon violet doublé
d'hermine , tenoient les quatre coints du Poil , fur lequel
on voyoit les Ecuffons de la
Nation de Normandie , qui
font de Geules à deux Leopards l'un fur l'autre lampaffez d'azur. Le Recteur reveftu
du Manteau violet, de fa Chappe d'hermine , & de la Bourfe
Rectorale, marchoit aprés,precedez de fix Maffiers. Les quatre Procureurs des quatre Nations , en robbes rouges dou-
GALANT 107
blées d'hermine l'accompagnoient . On y voyoit enfuite les Profeffeurs du College
d'Harcourt en robbe avec le
Chapperon & le Bonnet quarré, fuivis d'un grand nombre
de perfonnes de l'Univerfité &
de la Ville. Quelques jours
aprés la Nation de Normandie
luy fit un Service dans la Chapelle du College d'Harcourt
où elle s'affemble ordinairement , avec toute la folemnité
qu'elle a coûtume d'obſerver
à la mort de fon Doyen , où
Me François Guenon , Licencié en Theologie , Profeffeur
108 MERCORE
Philofophie , & maintenant
Doyen de la Nation tion
officia
avec
les ceremonies
ordinaires.
On he peut affez regretter
le PereBernardin de Piquigny ,
Capucin du Convent du Marais ; c'étoit un Religieux d'un
vray merite , qu'une pieté rare,
& one vertu folide , foûtenuë
d'un air toûjours modefte &
majestueux rendoient également aimable & refpectable ;
& on peut dire que fon Ordre
a perdu en fa perfonne un de
fes meilleurs fujets , l'Eglife un
excellent Theologien , & la
GALANT 109
ans
Republique des Lettres une de
fes meilleurs plumes. De 76.
dont il étoit âgé , il en a
paffé prés de 60. enfon Ordre,
tant dans les emplois de Profeffeur & de Superieur , dont
il s'eft toûjours acquité avec
beaucoup de fageffe & de capacité , que dans la conduite des
confciences , & dans la compofition de plufieur's beaux Ouvrages qu'il a donné au Public.
Il s'eft fur tout diftingué par fa
triple expofition latine des Epiftres de faint Paul , Ouvrage
generalement eftimé , non feulement des Prélats & des Theo-
110 MERCURE
logiens de France , mais auffi
de toute l'Eglife , & du Pape
même, quia dirplufieurs fois à
la louange de cet Auteur : Que
peu de perfonnes avoientpris auffibien que luy l'efprit defaint Paul.
Il ne vouloit pas en reſter à ce
feul chef d'œuvre, &il eft mort,
pour ainfi dire , la plume à la
main en achevant de compofer par ordre de fa Sainteté un
Commentaire fur les quatre
Evangeliftes , qui ne diminuera rien de cette haute réputation que le premier luy a acquife.
MN...Gomerde Lufan-
IGALANT
cys, Preftre Docteur de la
Maifon & Societé de Sorbonne Abbé de Nôtre- Dame de
Vertus , ancien Chanoine &
Archidiacre de Meaux , eft
auffi decedé. Cet Abbé étoit
d'une naiffance diftinguée ; il
étoit proche parent de Monfieur le Cardinal de Noailles ,
& il étoit petit Neveu des
Grands Maîtres de Malte de
Vignacour , & il dedia même
au dernier mort feulement
depuis quelques années, une de
fes Thefes de Sorbonne. La
Maiſon de Gomer Lufancy
eft de Picardie , elle eft alliée à
,
112 MARCURE
de
celle de Mailly , de Bouflers ,
d'Ailly , d'Auxi , & autres do
cette qualité de la même Province. Le frère de cet Abbé,
qui étoit Capitaine aux Gatdes , fut tué à la journée de Seneff . Il laiffa deux fils âgez de
quatre à cinq ans, dont feu Mr
le Duc de Gefvres qui eftoit
auffi allié à cette Maifon , prit
foin; il les fit élever Pages de
la Chambre; ils entrerent enfuite dans le Regiment des
Gardes , & l'aîné fut tué dans
cours de la derniere guerre ; &
le cadet eût le même fort à la
bataille de Ramillies. Il étoit
GALANT 13
Ayde- Major du Regiment des
Gardes , & le Roy l'avoit envoyé en Eſpagne pour dreffer
le Regiment des Gardes de Sa
Majefté Catholique
M. luy donna
pour
,
& S.
en partant ,
l'encourager , un Brevet
de Colonel , la Croix de faint
Louis , & une penfion . S'il cuft
échapé à la journée de Ramillies ilauroit eu uneCompagnie,
& le Roy avoit dit de luy ,
que c'étoit un fujer propre à
être unjour un bon Major.
La Mere de ces deux Meffieurs
fe fit Carmelite à la rue Chapon , il y a environ fix ans •
Fanvier $ 710.
K
114 MERCURE
Evêque de & feu Monfieur
caux prêcha à fa prife d'Ha
bit; elle a efté enfuite tranferée
au Convent de la rue faint
Jacques. Meffieurs de Goumer
de Lufancy , defcendent du
Chancelier Henry de Matle ,
en 1413. & qui avoit eſté pendant neuf ans premier Prefident au Parlement de Paris.
Ce Magiftrat perit en 1418
par la violence &la faction des
Ducs de Bourgogne. Mr l'Abé de Lufancy étoit fort eftiméen Sorbonne , par fa vertu
&
par
fon merite.
Mre Charles de Raouffet
"GADANY 15
Chevalier de l'Ordre de Saint
Louis , & Lieutenant de Roy
du vieux Brifac a fubi le
mêre fort. Il avoit longtemps fervi dans l'Infanterie
& il y a eu peu d'occafions
dans le cours de la derniere
Guerre où il ne fe foit trouvé,
& où il n'ait donné des preuves
de fa valeur. Il avoit longtempsferviavec Mr le Comte
de Reignac Brigadier , Commandeur de l'Ordre de Saint
Louis , & aujourd'huy Commandant dans la même place
dont Mr de Raouffer , eftoit
Lieutenantde Roy; la fortune
Kij
116 MERCURE
s'eftant plû a réunir dans un
même lieu deux Officiers de
diftinction qui avoient fervi
une partie de leur vie enfemble & qui eftoient liez depuis
leur premiere jeuneffe par une
tendre & fincere affection . Mr
de Raouffet dont je vous
aprens la mort eftoit affez
proche parent de Mr Raouffer
Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel & attaché depuis
long temps à Mr le Cardinal
deBouillon, & ils eftoient d'une
ancienne famille originaire de
Champagne ; & connue dans
le Royaume depuis le regne
GALANT 17
de Philippes de Valois. Elle a
produit de celebres perfonnages dans l'Eglife, & dans la profeffion Militaire. Sous le regne
d'Henry III. un celebre Predicateur de ce nom & qui
eftoit de l'Ordre de Saint Benoift , fe diftingua à la Cour
par fon zele contre ceux qui
favorifoient fecretement les
nouvelles opinions ; & il arrêta
parefa fermeté Apoftolique
plufieurs perfonnes qui commençoient à fe déclarer & à
foutenir les nouveaux Heretiques.
MreN...de Thelis- Valor-
1,8 MERCURE
ges, Religieux & Hoſtellier de
l'Abbaye de Savigny , où il
n'entre que des perfonnes d'une naiffance diftinguée , y eft
mort à la fleur de fon âge. Il
eftoit frere de Mr.l'Abbé de
Valorges , Abbé del If barbe
une des plus belles Abbayes de
Royaume,& proche parent du
feu Pere de la Chaife ; fon metite & fes talens le rendoient
encore plus confiderable parmi
fes Confreres , & tous ceux
qui le connoiffoient . Il entendoit parfaitement les affaires
Ecclefiaftiques , & il feroit dif
ficile de trouver quelqu'un qui
GALANT 19
fut plus verfé que luy dans la
Jurifprudence Canonique:
+ - La Maifon de Thelis eft
originaire d'Angleterre, & elle
eft établie en France dés le
temps de Saint Louis ; Hugues
de Thelis dont tous ceux qui
portent aujourd'huy ce nom ,
defcendent , vivoit en 1260.
Guillaume de Thelis fon arriere-petit fils , fut Chanoine &
Comte de Lyon ; & Guichard
de Thelis petit neveu de ce
Comte,époula Jeanne de Fouldras Courcenay, d'une illuftre
famille , dont il y a encore aujourd'huy deux Comtes dans
120 MERCURE
+
l'Eglife de Lyon. Jean de Thelis Seigneur de Farges & de
Cornillon , qui époufa Marie
de Puttcy , fœur de Jeanne de
Puttey époufe de Guillaume
de Vitry , d'une des plus grandes Maifons de Savoye, fortit
de ce mariage , & fut grand',
pere d'Antoine de Thelis , Ecuyer du Duc de Bourbon , à
quiil rendit degrands & fignalez fervices ; cet Antoine , un
des plus grands guerriers de
fon temps , époufa Huguette
de Saint Romain, fille de haut
& puiffant Seigneur Pierre de
Saint Romain , Chevalier Seigneur
GALANT · 121
gneur de Larcy , & de Claude
de Thalaru , niece des deux
Cardinaux de Talaru , Archevêques de Lyon. Une fille unique fortie de ce mariage époufa Louis d'Angerolles , Seigneur de Commiers en Forez.
Guillaume de Thelis fon frere
& Chevalier de l'Ordre de S.
Jean de Jerufalem , quitta la
Croix & époufa Françoife de
Rougemont , d'une illuftre famille qui eft éteinte à prefent
& qui a donné plufieurs Comtes à l'Eglife de Lyon. Les
defcendans de Guillaume
eftant entrez dans la Robbe
Fanvier 1710. L
122 MERCURE
en eurent les premieres Charges dans les Parlemens de Paris
& de Touloufe. Guichard de
Thelis d'une branche de l'E
pinaffe , avoit époufé dés le
13 ° fiecle Catherine de Talaru , grande tante des Cardinaux dont je viens de parler.
Geoffroy & Eftienne de Thelis fes petits fils furent Chanoines & Comtes de Lyon.
Jean de Thelis leur neveu époufa Catherine de SainteColombe, d'une famille qui a
donné auffi des Comtes à l'Eglife de Lyon , &Antoine leur
petit- neveu eft allié auffi à
GALANT 123
la Maifon de Saint Romain.
Gilbert de Thelis un des plus
grands hommes de C
guerre
du
16 fiecle , leur petit
- neveu
,
époufa
Antoinette
de Damas
,
&par là la Maifon
de Thelis
eft alliée à celle de Thianges
.
C'eftoit
ce Gilbert
de Thelis
qui eftoit Seigneur
de Valorges & qui n'ayant
point d'enfans donna
cette Terre
à Jean
de Thelis
fon neveu
, qui s'étoit fignalé
au ſervice
d'Henry IV. fur la fin du 16° fiecle.
Jean épouſa
Henriette
de SarFon , d'une illuftre Maiſon
,
dont il y a aujourd'huy
deux
Lij
124 MERCURE
Comtes dans l'Eglife de Lyon.
George de Thelis fon petitfils époufa Catherine de Malivert d'une Maifon de Breffe.
Antoine fils cadet de Jean dont
je viens de parler , fit la branche de Valorges au commencement du dernier fiecle. Il fut
ayeul de Mr le Comte de Valorges d'aujourd'huy , & du
Chevalier de Thelis qui fut tué
d'un coup decanon en 1674.
devant le Fort de Sainte Anne
en Comté. Ily a encore de cette illuftre Maifon les branches
de Charnay , de Peiffelay & des
Forges. Milon de Thelis Che-
GALANT 125
valier forma celle de Charnay
au commencement du dernier
fiecle. Il eftoit fecond fils de
Jean de Thelis & d'Arthaude
de Charnay d'une ancienne famille de Franche - Comté. Ils
s'allierent auffi aux Maifons de
Varennes, de Talaru, de ChielGigny : ce Milon fut Colonel
dans les Troupes Françoiſes ,
& fe diftingua dans toutes les
occafions de fon temps. Pierre
de Thelis forma la branche de
Peiffelay en Beaujollois ; il êpoufa Clemence de la Olpilliere. Guillaume de Thelis ,
Chevalier Seigneur des Forges,
Liij
126 MERGURE
forma la branche de ce nom
en 1534.Cette Terre paffaenfuite dans la Maifon de Sarron,
où elle eſt à preſent , & dont
un Comte de S. Jean porte le
nom. Cette beanche s'établit
enfuite dans le Nivernois , où
Marguerite de Thelis avoit
époufé Guillaume d'Orgeres.
Philibert Confeigneur des Forges fe diftingua à la teſte d'une
Compagnie de Lances à la Bataille de Coutras , & le Duc
d'Anjou depuis Roy de France,
fous le nom d'Henry III. luy
donna une gratification confiderable. L'Abbé de Valorges
GALANT 127
qui vient de moutir , n'eft pas
Je feul de fa Maifon qui ait efté
Religieux de Savigny. Hugonin de Thelis l'eftoit auffi dans
le quatorziéme ficcle.
Le Pere Violet de la Compagnie de Jefus , eft mort
dans le Grand College des
Jefuites de la Ville de Lyon.
Il eftoit un des plus grands
Theologiens de faCompagnie;
Il avoit enfeigné la Theologie
Scholaftique ou Pofitive durant 20. ans entiers & avec
une grande reputation. Il avoit
efté auffi Profeffeur en langue
Hebraïque pendant quelques
Liiij
128 MERCURE
années avec beaucoup de fuccés. Ce Pere eftoit auffi
grandCafuifte. On le confultoit de toutes parts , & fes
décifions eftoient toujours
foutenues par celles des plus
grands Theologiens du
Royaume. Nous avons quan
tité de fes Poëfies Latines. Ily
en à quelques unes adreffées à
Mr le Prefident Dugas , à qui
il avoit donné les Principes de
la langue Hebraïque dans
laquelle ce Magiftrat a fait
de grands progrés. Il avoit
fait aufli quelques Differtations fur la Baguette dans le
a
GALANT 139
.
temps que l'homme qui la
faifoit tourner comme il vouloit parut en France , & ces
Differtations furent tres- eltimées. Ce Pere avoit reſolu de
donner un Traité De triplici
anima , c'est- à- dire , fur les
trois fortes d'Ames , la Vegetante , la Senfitive ; & la Raifonnable ; mais fon grand
âge ; & fes infirmitez l'empecherent d'executer ce deffein.
Il eftoit de Seyffel , petite Ville
de Bugey , dont il avoit entrepris de donner l'Hiftoire au
Public , ce qu'il n'a pu executer àcaufe de diverfes occupa-
+
130 MERCURE
tions dont fes Superieurs l'ont
chargé en divers temps. Il
faifoit voir dans cet Ouvrage
que C. Sextius Gouverneur du
Pays des Allobroges pour les
Romains fit baftir Seyffel qu'il
fit appeller Sextellum de fon
nom & quepar abus au lieu de
Sextel on a dit Seyffel. Amé
IV. du nom Comte de Savoye,
accorda , felon cet Auteur , de
grands Privileges à cette Ville.
Onefpere que ceux qui auront
foin des Papiers de ce fçavant
hommedonneront cette Hiftoire au Public qui fera d'autant plus curieufe que Seyffel ,
GALANT 131
a efté le Theatre de la Guerre
de Savoye. Le Pere Violet eft
mort âgéesde 84. ans.
Mr le Marquis de Barbefieres Chevalier de l'Ordre de
faint Louis , Gouverneur de
faint Quentin , Lieutenant General des Armées du Roy, eft
mort dans un âge fort avancé ,
regretté de tous ceux qui le
connoiffoient ; il joignoit à de
longs & anciens fervices rendus
au Roy & à l'Etat, un genie capable des plus grandes affaires.
Il avoit fervi toutefa vie dans
la Cavalerie & à la tête duRegiment qui a long- temps por-
132 MERCURE
té fon nom. Il donna dans le
cours de la derniere guerre, de
frequentes preuves de fon courage & de fon experience dans
la Diſcipline militaire. Il a vêcu
pendant les dernieres années de
fa vie dans la pratiqne des vertus Chrêtiennes & en cela il a
fçû allier ceux de fa Profeffion
avec ceux d'un état qui luy paroift quelquefois affez oppofé. Ce Marquis étoit d'une
ancienne Maifon originaire de
Lorraine , où elle étoit connuë
dés le temps du Duc René II.
dont la vie fut remplie de fi
beaux & de fi grands évene-
GALANT 133
mens.Mrs deBarbefieres poffedoient dans cette Cour les premieres dignitez. Ils pafferent
enfuite en France , lorfque les
Princes cadets de cette Maifon
y vinrent & y formerent la
Branche de Guife , dont toutes
les autres font forties. Depuis
ce temps - là ceux de cette Maifon fe font toûjours diftinguez
dans la profeffion des armes.
Dame N... de la Chaife ,
plufieurs fois Superieure de la
troifiéme Maiſon des Filles de
Sainte Elifabeth , de l'Ordre
de faint François , de la Ville
de Lyon , qu'on nomme vul-
134 MERCURE
gairement Colinettes , à caufe
du bien que feus Mr & Me dé
Coligni ont fait à cette Maifon , y eft morte d'apoplexie ,
agée de 77. ans. C'étoit la feule qui reftoit des freres & des
fœurs du Pere de la Chaiſe. On
a remarquéque ce Pere mourut au commencement de l'année derniere , & que Madame
de la Chaiſe eft morteà la fin ;
c'eſt à dire , dans les derniers
jours de Decembre. La memoire de Madame de la Chaife fera long temps en benediction dans cette Maiſon , à caufe des bons exemples qu'elle y
GALANT 135
a donnez durant une vie affez
longue , & par le bien qu'elles luy a procuré , ayant fait
unir , il n'y a pas encore longtemps , un Prieuré à ce Monaftere Elle étoit fille de feu
Mre Gorge d'Aix, Seigneur de
la Chaife , & de Dame Renée
de Rochefort , & petite fille
Mre N.. de la Chaife, &de N...
de Cotton , fœur du Pere Cotton , Confeffeur d'Henry IV.
Elle étoit auffi fœur de Mr le
Marquis d'Aix , pere de Mr de
Souternon , de Mr le Comte
de la Chaife, pere du Marquis
de ce nom , Capitaine des Gar-
136 MERCURE
2
des de la Porte ; de feu Mr
d'Aix , Abbé d'Ambronay ;
de Mr l'Abbé du But , Abbé
& Prieur de Savigny ; de Mr
l'Abbé de la Chaiſe , nommé
Coadjuteur de Clermont , mais
qui mourut avant d'avoir fes
Bulles, & de feue Madame l'Abeffe de Marcilly. La Maiſon
de la Chaife eft de Forcz.
Mre N... Canau , Docteur
en Theologie de la Faculté de
Paris , & cy- devant Vicaire de
la Paroiffe de S. Euftache , eft
mort aprés 11. mois de maladie , dans le cours de laquelle
il a donné de frequentes marI
GALANT 137
par
ques de fa patience & de fa
foûmiffion aux ordres de la
Providence. Il eftoit connu par
rapport au talent qu'il avoit
pour la conduite des ames. Il
dirigeoit plufieurs perfonnes
de qualité , mefme quelques
Princeffes , & il a procuré de
grands biens le zele qu'il
infpircit à ceux dont il gouvernoit les confciences pour
le foulagement des Pauvres. Il
eftoit un des plus habiles Docteurs de la Faculté. Il y a brillé
dans plufieurs ocafions d'éclat.
Mr le Cardinal de Noailles
l'honoroit d'une eftime partiFanvier 1710.
M
138 MERCURE
culiere , & rien ne fait plus
d'honneur à la memoire de ce
Docteur que les regrets detoute la Paroiffe de S. Euftache,
lors qu'il en quitta la conduite ; & ces regrets ont redoublé lors qu'on a appris fa mort.
Mre Elie Camus de Pontcarré, Chevalier non Profés de
l'Ordre de S. Jean de Jerufalem , eft mort dans un âge fort
avancé , aprés avoir mené une
vie qui a efté l'édification &
l'exemple de tous ceux qui le
connoiffoient. Il eftoit frere
de feu Mr Camus de Pontcarré, Confeiller d'honneur au
GALANT 139
Parlement , & pere de Mr de
Pontcarré , premier Prefident
du Parlement de Rouen. Mes
de Pontcarré , defcendent de
Mfe N... Camus Gentilhomme Lionnois , & leur quatriéme ayeul, qui ayant beaucoup
d'enfans , laiffa aux aînéz les
terres de Fougerolles , de Bagnols & d'Arginis : & c'eft
d'euxque font forties les Bran
ches d'Yvours , d'Aubourg,
Pufignan , Camus Chavanieu,
& Camus de Coindrieu , &
dont le Chef a épousé une
coufine germaine de Mr le
Maréchal de Villars. Mr CaMij
140 MERCURE
mus dontje viens de parler , en
établit les Cadets dans le Parlement de Paris , & il acheta à
l'aîné de ces deux cadets une
Charge de Confeiller au Parlement, qui ne luy coûta alors
que dix mille francs ; c'eftoit
vers le commencement du feiziéme fiecle. C'eft de ce Confeiller que defcendent Mrs de
Pontcarré. Il acheta à l'autre
une Chargé de Maistre des Requeftes , & Mr Camus Evêque
de Bellay , dont il a cſté tant
parlé dans le dernier fiecle , en
defcendoit , & cette branche
finit en ce Prelat. Mr de Pont-
GALANT 135
carré Confeiller d'honneur au
Parlement , laiffa plufieurs enfans , dont deux de fes filles
épouferent des Magiftrats de
tres anciennes Maifons de la
Robbe, & dont il y en a un
qui a efté Intendant. Mr le
premier Prefident de Rouen ,
qui eftoit l'aîné , ' a cu deux
femmes , la premiere , fille de
Mr le Prefident Boulanger ;
& la feconde , fille de Mr de
Bragelogne Maistre des R: -
queftes.
Mre N...... Deshayettes ,
Confeiller en la Cour des Aides , eft mort fort regretté
142 MERCURE
dans fa Compagnie , où fon
merite & fa probité lui avoient
acquis beaucoup de réputa
tion. Il eftoit d'une ancienne
famille originaire de Normandie , & qui a donné beaucoup
de Magiſtrats au Parlement de
Rouen. Il avoit de grandes al
liances dans la Cour des Aides' ,
tant de fon costé que du cofté
de fa femme, du nombre defquelles font M' Petit de Ville-neuve , Prefident du même
Corps & Mr Belayer , qui en
eft Avocat General. Toutes ces
alliances,l'avoient attiré dans
cette Compagnie. Il avoie
“
GALANT· 143
beaucoup de talens naturels ;
il eftoit éloquent , & avant
d'eftre en Charge il avoit
plaidépour s'exercer , plufieurs
Caufes d'appareil au Parlementavec beaucoup de fuccés.
Il fçavoit fort bien les Langues étrangeres ; il s'y eftoit
attaché depuis fa plus grande
jeuneffe , & il y auroit parfaitement réüffi , & fur tout à l'égard de la Langue Italienne.
dont il fçavoir toutes les fineffes. Il eftoit fort lié avec Mr le
Cardinal Gualterio , ci - devant
Nonce en France ; ce Prelat
qui a acquis avec juſtice la ré-
144 MERCURE
putation d'un des plus habiles
Prelats de l'Europe , fe plaifoit
fort avec Mr Deshayettes !
& ils rappelloient quand ils
eftoient enſemble tous les plus
beaux endroits des Auteurs
Italiens tels que font le Taffe ,
le Guarino , Bocace , Bonarel
li , & c.
Meffire Gilles Brunet , Con
feiller - Clerc de la Grand'
Chambre , eft mort dans un
âge affez avancé. Il étoit d'une
Famille de Bourgogne , originaire de Beaune , & qui a
donné plufieurs Officiers au
Parlement de Paris. Mr de
Chailly,
GALANT 145
Chailly, Prefident de la Chambre des Comptes eft neveu de
l'Abbé dont je vous apprens
la mort. Cet Abbé étoit fort
eftimé dans le Parlement , & il
y avoit acquis la réputation
d'un Juge fort integre & fort
éclairé. Il étoit Abbé de Villeloin , Ordre de faint Benoist &
Dioceſe de Tours , & il avoit
fait de grands biens à fon Abbaye , par le foin qu'il avoit
pris dans les premieres années
qu'il en fût pourvû , d'y faire
venir plufieurs fonds alienez. Il
y a auffi fait faire quantité de
reparations qui ont entiereN
"Janvier 1710.
146 MERCURE
1
4
ment fait changer de face d
cette Abbaye. Il étoit Docteur
en Theologie , & il avoit fait
fon Cours &fes Licences avec
beaucoup de fuccés. Il s'appli
qua enfuite à l'étude de la Jurif
prudence , dans le deffein d'entror dans la Robe ; & on con
vint alors qu'il y avoit peu de
perfonnes qui le furpaffaffent
dans la connoiffance du Droit,
& fur tout du Canonique , au
quel il s'étoit particulierement
attaché. Il avoit auffi fait une
longue étude des Libertez de
l'Eglife Gallicane , & il feroit
à fouhaiter que quelque ha
CALANT 147
bille main mit en ordre les
6
Memoires qu'il avoit affemblez fur cette importante matiere pour les donner auPublic.
Mr l'Abbé Joifel, par la mort
de Mr Bruner, eft monté à la
Grand Chambre , & eft neveu, à la mode de Bretagne, du
celebre Mr Joifel , Doyen de la
Faculté de Theologic de Paris.
Mr N... du Peray , Brigadier des Armées du Roy, & cydevant Lieutenant-Colonel du
Regiment Lyonnois , cft mort
dans un âge fort avancé , aprés avoir donné pendant un
grand nombre d'années qu'il a
Nij
748 MERCURE
non as
porté les armes , de frequentes preuves de fon courage &
de fon experience dans la Difcipline militaire. Il étoit de
Corbeil prés Paris , & d'une
famille qui avoit toûjours cfté
fort attachée à la Maifon de
Villeroy. Feue Madame la Ma
réchale de Villeroy, mere du
Maréchal de ce nom , luy fit
avoir uneCompagnie dans le
Regiment Lyonnois qu'on leva il y a plus de so. ans. Il vinc
par fon rang , & encore plus
par fon merite , au pofte de
Lieutenant-Colonel , & en cette qualité , comme en celle de
EGALANT 149
f
Capitaine, il s'étoit trouvé dans
toutes les occafions où le Regiment Lyonnois s'eft diſtingué , fur tout dans les guerres
de Franche- Comté, où cet Of
ficier s'attira des louanges de la
bouche même de Sa Majesté.
Il avoit quitté le fervice depuis quelques années à caufe de fon grand âge & de fes
incommoditez , & le Roy luy
donna une groffe penfion lors .
qu'il quitta. Mr de Tricaud ,
aujourd'huy Brigadier , & alors
Major du Regiment Lyonnois,
eut la Lieutenance Colonelle
aprés luy. Le défunt avoit pafN iij
150 MERCURE
4
fé fa vie dans le celibat , & il a
laiffe fes biens qui font fort
confiderables à Mr Renaud ,
fon petit neveu , & fils d'un
Confeiller au Parlement de Paris .Il a paffé les dernieres années
de fa vie dans une pratique
Credes devoirs de fa Religion. Ila fait en mourant de
grandes aumônes aux pauvres.
Mre Pierre Eon de la Baronie, Chevalier , Comte Marquis de Cely, Seigneur de Soyfy , Baron defaint Germain , &
Prefident en la Chambre des
Comptes , eft mort âgé de
quarante- huit ans. Il laiffe des
素
GALANT ast
enfans de Dame N..Dargou
ges de Rannes , fille de Mr
Dargouges de Rannes , & de
Dame N... le Pelletier , four
de Mr le Premier Prefident , &
fille de Mr. le Pelletier , Miniftre
d'Etat. Ce Magiftrat eft de S.
Malo, &il étoit parent du feu
Pere le Gobien Jefuite , qui a
donné plufieurs Recueils de
Lettres fur les Miffions d'O.
rient , & qui étoit auffi de faint
Malo. Il a efté fort regretté à
la Chambre des Comptes , où
fon application aux devoirs de
fa Charge , & fon merite particulier luy avoit fait beaucoup
Niiij
152 MERCURT
d'amis. Me la Prefidente fa veu
ve & à qui il a laiffé la gardenoble de fes biens , qui font
fort confiderables, eft niéce de
Mr le Marquis de Rannes, Colonel de Dragons , & Officier
General. C'eſt un des Officiers
qui entend le mieux la Cavalerie. Le Magiftrat dontje vous
apprens la mort , étoit allié du
côté maternel à la Maifon de
Coëtlogon,une desplus anciennes Maiſons & des plus qualifiées de Bretagne. Il étoit auffi du même côté à celle de
Guebriant , qui a produit dans
les derniers fiecles un Maréchal
GALANT 153
de France.Les pauvres
sont
beaucoup perdu à la mort, &
fa
il leur donnoit toutes les femaines de groffes fonimes.
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Résumé : Premier Article des Morts. [titre d'après la table]
Le texte relate la vie et les réalisations de Maître Nicolas Lair, un éminent membre de l'Université de Paris, décédé en janvier 1709 à l'âge de 85 ans. Lair, Doyen de la Nation de Normandie, avait été agrégé à l'Université en 1650 et s'était distingué par son travail dans les belles-lettres et l'éloquence. Il avait exercé diverses charges prestigieuses, notamment celles de Procureur et de Censeur, et avait été Recteur de l'Université à plusieurs reprises. En 1669, en tant que Recteur, il avait harangué le roi Louis XIV, la reine, la reine d'Angleterre, le Dauphin et le Duc d'Anjou lors de la Chandeleur. Il avait également impressionné le Prince de Condé par sa maîtrise du grec ancien. En 1679, il avait harangué le roi à Saint-Germain-en-Laye pour célébrer la paix en Europe et avait complimenté Mademoiselle, fille du frère unique du roi, lors de son mariage avec le roi d'Espagne. Après la mort de César Egaffe du Boulay, Lair avait été nommé Greffier de l'Université, poste qu'il avait occupé pendant 28 ans avant de se démettre en 1706. Sa mort avait été marquée par des funérailles solennelles au Collège d'Harcourt. Le texte mentionne également la mort de plusieurs personnalités notables, dont le Père Bernardin de Piquigny, un capucin respecté pour sa piété et ses œuvres théologiques, et l'Abbé de Gomer Lufancy, un chanoine de Meaux issu d'une famille noble et alliée à plusieurs maisons illustres. Il évoque aussi la mort de Charles de Raouffet, Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, et de N... de Thelis-Valorges, un religieux de l'Abbaye de Savigny, tous deux issus de familles nobles et distinguées. Le texte traite également de plusieurs familles nobles et de leurs alliances au cours des XVIe et XVIIe siècles. Gilbert de Thelis, seigneur de Valorges, avait légué cette terre à son neveu Jean de Thelis, qui s'était distingué au service d'Henry IV. Jean avait épousé Henriette de Sarfon, issue d'une illustre maison lyonnaise. Leur petit-fils, George de Thelis, avait épousé Catherine de Malivert. Antoine, fils cadet de Jean, avait fondé la branche de Valorges au début du XVIIe siècle. D'autres branches de la famille de Thelis incluent celles de Charnay, Peiffelay et des Forges. Le texte mentionne également plusieurs personnalités religieuses et intellectuelles, comme le Père Violet, un théologien jésuite de Lyon, connu pour son enseignement de la théologie et de l'hébreu. Le Marquis de Barbezières, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis et gouverneur de Saint-Quentin, est également mentionné pour ses services militaires et sa vie pieuse. D'autres figures notables incluent Dame N... de la Chaise, supérieure des Filles de Sainte Élisabeth à Lyon, et Monsieur Canau, docteur en théologie et vicaire de la paroisse de Saint-Eustache à Paris. Le texte mentionne également des membres de la famille Camus de Pontcarré, dont plusieurs occupèrent des postes importants au Parlement de Paris et de Rouen. Enfin, Monsieur Deshayettes, conseiller à la Cour des Aides, est loué pour son éloquence et sa maîtrise des langues étrangères. Le texte relate également la vie et les exploits d'un officier militaire et d'un magistrat. L'officier, originaire de Corbeil près Paris, avait servi dans le régiment Lyonnois et s'était distingué lors des guerres de Franche-Comté, recevant des éloges du roi. Après une carrière militaire marquée par le courage et l'expérience, il avait quitté le service en raison de son âge avancé et de ses problèmes de santé, recevant une pension royale. Il était décédé célibataire, laissant ses biens à son petit-neveu, fils d'un conseiller au Parlement de Paris. Il avait mené une vie pieuse et avait fait des dons aux pauvres. Le magistrat, Pierre Eon de la Baronie, Chevalier, Comte Marquis de Cely, était décédé à l'âge de quarante-huit ans. Il laissait des enfants de Dame N... Dargouges de Rannes. Originaire de Saint-Malo, il était parent du jésuite Père le Gobien et était très respecté à la Chambre des Comptes pour son dévouement et son mérite. Sa veuve, nièce du Marquis de Rannes, héritait de ses biens considérables.
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2466
p. 98
LETTRE de M. le Brun, Secrétaire des Commandemens de S. A. S. Mgr le Prince de Conti, à l'Auteur du Mercure.
Début :
J'apprends, Monsieur, avec beaucoup de surprise que quelques personnes, [...]
Mots clefs :
Renommée littéraire, Auteurs, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. le Brun, Secrétaire des Commandemens de S. A. S. Mgr le Prince de Conti, à l'Auteur du Mercure.
LETTRE de M. le Brun , Secrétaire
des Commandemens de S. A. S. Mgr
le Prince de Conti , à l'Auteur du Mercure.
:
J'apprends , Monfieur,avec beaucoup
de furprife que quelques perfonnes ,
dont fans doute je n'ai pas l'honneur
d'être connu , croyent , ou feignent de
croire que je fuis un des Auteurs du
nouveau Journal de la Renommée Littéraire.
Je vous prie de vouloir bien
rendre publique cette Lettre , où je déclare
que je n'aurai jamais de part à aucun
Ouvrage de ce genre d'ailleurs trèseftimable
, mais dont je n'ai ni le temps
ni le goût , ni le talent .
J'ai l'honneur d'être , &c .
des Commandemens de S. A. S. Mgr
le Prince de Conti , à l'Auteur du Mercure.
:
J'apprends , Monfieur,avec beaucoup
de furprife que quelques perfonnes ,
dont fans doute je n'ai pas l'honneur
d'être connu , croyent , ou feignent de
croire que je fuis un des Auteurs du
nouveau Journal de la Renommée Littéraire.
Je vous prie de vouloir bien
rendre publique cette Lettre , où je déclare
que je n'aurai jamais de part à aucun
Ouvrage de ce genre d'ailleurs trèseftimable
, mais dont je n'ai ni le temps
ni le goût , ni le talent .
J'ai l'honneur d'être , &c .
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Résumé : LETTRE de M. le Brun, Secrétaire des Commandemens de S. A. S. Mgr le Prince de Conti, à l'Auteur du Mercure.
Monsieur le Brun, secrétaire du Prince de Conti, dément être l'auteur du 'Journal de la Renommée Littéraire'. Il nie toute implication et affirme manquer de temps, de goût et de talent pour ce journal. Il demande au rédacteur du Mercure de publier cette lettre pour clarifier la situation.
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2469
p. 98
SECONDE ENIGME.
Début :
Je saisis très-souvent les hommes à la gorge, [...]
Mots clefs :
Bassin à barbe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE ENIGME.
SECONDE ENIGME.
E ſaiſis très-ſouvent les hommes à la gorge,
Ils ne me craignent pourtant pas :
' Des blancs vêtus j'accompagne les pas ,
On me voit quelquefois naîtredans une forge,
Et preſque toûjours
Dans le ſein des fours ;
:
La garderobe eſt mon azile ,
Quoique formé parmi les plats ,
Et quoique bien chez les Prelats
De plus d'un Cloître l'on m'exile.
E ſaiſis très-ſouvent les hommes à la gorge,
Ils ne me craignent pourtant pas :
' Des blancs vêtus j'accompagne les pas ,
On me voit quelquefois naîtredans une forge,
Et preſque toûjours
Dans le ſein des fours ;
:
La garderobe eſt mon azile ,
Quoique formé parmi les plats ,
Et quoique bien chez les Prelats
De plus d'un Cloître l'on m'exile.
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2470
p. 504
EXPLICATION du Logogryphe Latin du Mercure de Janvier.
Début :
Mensis, Ensis, Mens, Ens, sunt, sua, verba reperta. [...]
Mots clefs :
Mensis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION du Logogryphe Latin du Mercure de Janvier.
EXPLICATION du Logogryphe
Latin du Mercure de Janvier.
Mensis , Ensis , Mens , Ens , sunt sua
verba reperta,
Latin du Mercure de Janvier.
Mensis , Ensis , Mens , Ens , sunt sua
verba reperta,
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2471
p. 946
PREMIERE ENIGME.
Début :
Un seul tout me fait naître & me met au tombeau, [...]
Mots clefs :
Poisson d'avril
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIERE ENIGME.
PREMIERE ENIGME .
IN feul tout me fait naître & me met au tom-
UN
beau ,
Contraire à ceux de mon eſpece ,
Je ne ſuis pas produit dans l'eau .
Quoiqu'ennemi de la triſteſſe ,
Je la fais naître cependant ;
Mais bientôt pour un mécontent ,
Je procure à pluſieurs une vive allegresse.
IN feul tout me fait naître & me met au tom-
UN
beau ,
Contraire à ceux de mon eſpece ,
Je ne ſuis pas produit dans l'eau .
Quoiqu'ennemi de la triſteſſe ,
Je la fais naître cependant ;
Mais bientôt pour un mécontent ,
Je procure à pluſieurs une vive allegresse.
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2472
p. 504
AUTRE Explication du même Logogryphe.
Début :
Votr Logogryphe Latin, [...]
Mots clefs :
Dictionnaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE Explication du même Logogryphe.
AUTRE Explication du même
Logogryphe.
Curin UrinMense tuum , proponis solvere nodum&
Si prodit nodum,terminus ipse tuum.
Votre Logogryphe Latin , '
Me paroît délicat et fin ,
Plein de difficultez , mais vous avez beau faire ,
Malgré vos soins je mapperçois ,
Que je puis l'expliquer dans le terme d'un Mois g
Il ne me faut qu'un Dictionnaire.
Logogryphe.
Curin UrinMense tuum , proponis solvere nodum&
Si prodit nodum,terminus ipse tuum.
Votre Logogryphe Latin , '
Me paroît délicat et fin ,
Plein de difficultez , mais vous avez beau faire ,
Malgré vos soins je mapperçois ,
Que je puis l'expliquer dans le terme d'un Mois g
Il ne me faut qu'un Dictionnaire.
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2473
p. 98
TROISIÈME ENIGME.
Début :
Je suis un instrument bizar[r]e & salutaire, [...]
Mots clefs :
Seringue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TROISIÈME ENIGME.
TROISIEME ENIGME.
Eſuis un inſtrument bizarre & falutaire,
J Lorsqu'on on veut m'employer , c'eſt ſouvent
un miſtere ,
Il faut du moins fuir toute focieté.
Quand l'Agent qui me meut manque d'habileté,
Le pauvre patient en gemit , en murmure ,
Sans qu'il luy ſoit permis de changerde poſture,
Enſuite une ſecrete , & fort laide action
Qui tire d'embarras , fait la conclufion,
Eſuis un inſtrument bizarre & falutaire,
J Lorsqu'on on veut m'employer , c'eſt ſouvent
un miſtere ,
Il faut du moins fuir toute focieté.
Quand l'Agent qui me meut manque d'habileté,
Le pauvre patient en gemit , en murmure ,
Sans qu'il luy ſoit permis de changerde poſture,
Enſuite une ſecrete , & fort laide action
Qui tire d'embarras , fait la conclufion,
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2474
p. 98
ENIGME.
Début :
Je suis l'ajustement mignon [...]
Mots clefs :
Soulier d'une femme
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
E fuis l'ajustement mignon
De laide , ou gentille femelle ,
Sur moi j'attire un oeil fripon
Et jette très-vive étincelle ;
Sous l'aiguille & l'or travaillé ,
J'occupe mondaine & nonette;
Je ſuis l'ame d'une toilette ,
Et tiens ſouvent lieu de beauté;
Si je dépens d'une coquette
Je ſuis rarement à ſon gré ;
Bientôt dédaigné , rejetté ,
Je finis avec la ſoubrette
Qui m'a ſi ſouvent envié.
De Bouffanelle , Capitaine au Régiment de
Cavalerie de Beauvilliers.
E fuis l'ajustement mignon
De laide , ou gentille femelle ,
Sur moi j'attire un oeil fripon
Et jette très-vive étincelle ;
Sous l'aiguille & l'or travaillé ,
J'occupe mondaine & nonette;
Je ſuis l'ame d'une toilette ,
Et tiens ſouvent lieu de beauté;
Si je dépens d'une coquette
Je ſuis rarement à ſon gré ;
Bientôt dédaigné , rejetté ,
Je finis avec la ſoubrette
Qui m'a ſi ſouvent envié.
De Bouffanelle , Capitaine au Régiment de
Cavalerie de Beauvilliers.
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2475
p. 946
SECONDE ENIGME.
Début :
Je suis un Monstre invulnerable, [...]
Mots clefs :
Nuit
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texteReconnaissance textuelle : SECONDE ENIGME.
SECONDE ENIGME.
E fuis un Monftre invulnerable ,
Qui porte par tout la frayeur ,
A mon afpect inévitable ,
La Nature perd la vigueur.
Du fond d'une gueule béante ,
Lorfque j'exhale mes vapeurs ,
Tout friffonne , tout s'épouvente ,
Tout fe retire , jufqu'aux fleurs.
Dans ma courfe toûjours égale ,
Mon féjour n'eft jamais conſtant ,
Mais auprès d'une Ourſe hyvernale ,
Je me loge fix moix de l'an.
E fuis un Monftre invulnerable ,
Qui porte par tout la frayeur ,
A mon afpect inévitable ,
La Nature perd la vigueur.
Du fond d'une gueule béante ,
Lorfque j'exhale mes vapeurs ,
Tout friffonne , tout s'épouvente ,
Tout fe retire , jufqu'aux fleurs.
Dans ma courfe toûjours égale ,
Mon féjour n'eft jamais conſtant ,
Mais auprès d'une Ourſe hyvernale ,
Je me loge fix moix de l'an.
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2476
p. 1568-1569
EXTRAIT d'une Lettre écrite par le R. P. Tournemine à M. De L. R. au sujet de la Médaille dont il est parlé dans la 5 Lettre du Voyage de Basse-Normandie.
Début :
Tous ceux qui ont vû le dessein de la Médaille que vous m'avez communiqué, [...]
Mots clefs :
Médaille, Basse-Normandie
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite par le R. P. Tournemine à M. De L. R. au sujet de la Médaille dont il est parlé dans la 5 Lettre du Voyage de Basse-Normandie.
EXTRAIT d'une Lettre écrite
par
le
R. P. Tournemine à M. De L. R. an
fujet de la Médaille dont il eft parlé dans
las Lettre du Voyage de Baffe - Normandie.
Ous ceux qui ont vû le deffein de la
TMédaille que vous m'avez communiqué
, & qui a paru enfuite gravé dans
le fecond Volume du Mercure de Juin
1728. page 1344. jugent qu'on ne peut
deviner quel eft le perfonage qu'on y voit
reprefenté que par la reffemblance de
quelque Portrait ou de quelque fceau ancien
. Pour moi , je crois qu'on peut parvenir
à cette connoiffance en fuivant quelques
conjectures ; les voici : vous en jugerez
. La forme du bonnet & de la cuiraffe
attachée avec des rubans , les cheveux
coupés , conviennent également au 14 .
&
JUILLET. 1730. 1560
& au 15. fiecle ; mais l'Infcription ne
convient qu'au 15. après la renaiffance des
Belles - Lettres. Je croi donc qu'il faut
chercher en Italie celui qu'on compare à
Cefar & à Scipion ; je croi qu'il le faut
chercher parmi les grands Capitaines qui
fe fignalerent dans ce 15. fiecle. Je panche
encore plus à croire que c'èft Philippe
Marie , Duc de Milan , je n'en ai pû trouver
de Portrait .
La figure d'Hercule tuant le Centaure
qui paroît fur la cuiraffe , m'avoit donné
une autre idée qu'il faut vous propofer ;
cet Emblême convient au General des
Suiffes qui défit Charles le Hardi , Duc
de Bourgogne à la Bataille de Granſon .
Les Suiffes n'avoient point de Cavaleric ;
celle du Duc étoit nombreuſe : c'eſt peutêtre
la feule occafion où depuis plufieurs
fiecles une Armée fans Cavalerie en ait
batu une forte en Cavalerie. Monftrelet
Auteur contemporain , ne nomme pas
le General des Suiffes , & je n'ai pû trouver
fon nom dans les autres Hiftoriens.
Quelque fpecieufe que foit cette conjecture
, j'ai de la peine à l'approuver ; les
Suiffes de ce tems là étoient trop groffiers
pour connoître Cefar & Scipion . J'attens
ce que des Sçavans plus heureux que moi
auront découvert fur cette Médaille finguliere.
par
le
R. P. Tournemine à M. De L. R. an
fujet de la Médaille dont il eft parlé dans
las Lettre du Voyage de Baffe - Normandie.
Ous ceux qui ont vû le deffein de la
TMédaille que vous m'avez communiqué
, & qui a paru enfuite gravé dans
le fecond Volume du Mercure de Juin
1728. page 1344. jugent qu'on ne peut
deviner quel eft le perfonage qu'on y voit
reprefenté que par la reffemblance de
quelque Portrait ou de quelque fceau ancien
. Pour moi , je crois qu'on peut parvenir
à cette connoiffance en fuivant quelques
conjectures ; les voici : vous en jugerez
. La forme du bonnet & de la cuiraffe
attachée avec des rubans , les cheveux
coupés , conviennent également au 14 .
&
JUILLET. 1730. 1560
& au 15. fiecle ; mais l'Infcription ne
convient qu'au 15. après la renaiffance des
Belles - Lettres. Je croi donc qu'il faut
chercher en Italie celui qu'on compare à
Cefar & à Scipion ; je croi qu'il le faut
chercher parmi les grands Capitaines qui
fe fignalerent dans ce 15. fiecle. Je panche
encore plus à croire que c'èft Philippe
Marie , Duc de Milan , je n'en ai pû trouver
de Portrait .
La figure d'Hercule tuant le Centaure
qui paroît fur la cuiraffe , m'avoit donné
une autre idée qu'il faut vous propofer ;
cet Emblême convient au General des
Suiffes qui défit Charles le Hardi , Duc
de Bourgogne à la Bataille de Granſon .
Les Suiffes n'avoient point de Cavaleric ;
celle du Duc étoit nombreuſe : c'eſt peutêtre
la feule occafion où depuis plufieurs
fiecles une Armée fans Cavalerie en ait
batu une forte en Cavalerie. Monftrelet
Auteur contemporain , ne nomme pas
le General des Suiffes , & je n'ai pû trouver
fon nom dans les autres Hiftoriens.
Quelque fpecieufe que foit cette conjecture
, j'ai de la peine à l'approuver ; les
Suiffes de ce tems là étoient trop groffiers
pour connoître Cefar & Scipion . J'attens
ce que des Sçavans plus heureux que moi
auront découvert fur cette Médaille finguliere.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite par le R. P. Tournemine à M. De L. R. au sujet de la Médaille dont il est parlé dans la 5 Lettre du Voyage de Basse-Normandie.
Dans une lettre adressée à M. De L. R., le R. P. Tournemine discute de l'identification d'un personnage représenté sur une médaille. Plusieurs personnes ayant vu le dessin de la médaille, publié dans le Mercure de Juin 1728, ne peuvent deviner l'identité du personnage sans comparaison avec un portrait ou un sceau ancien. Tournemine propose des conjectures basées sur la forme du bonnet, de la cuirasse et la coupe des cheveux, qui correspondent aux styles du 14ème et 15ème siècles. L'inscription sur la médaille suggère une période postérieure à la renaissance des Belles-Lettres, orientant vers le 15ème siècle. Tournemine penche pour Philippe Marie, Duc de Milan, bien qu'il n'ait pas trouvé de portrait de ce dernier. Une autre hypothèse est proposée par l'emblème d'Hercule tuant le Centaure, qui pourrait représenter le général des Suisses ayant défait Charles le Hardi à la bataille de Granson. Cependant, Tournemine rejette cette hypothèse, estimant que les Suisses de l'époque étaient trop grossiers pour connaître César et Scipion. Il attend les découvertes de savants plus éclairés sur cette médaille singulière.
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2477
p. 2422-2423
AUTRE.
Début :
En sept traits mon nom se partage ; [...]
Mots clefs :
Courage
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
EN fept traits mon nom ſe partage ;
Je me trouve toujours parmi les grands Guer
riers ;
J'ai fans ceffe la Cour , & je fais toujours rage
Quand il faut cueillir des lauriers ,
Ou faire le plus rade ouvrage.
Les trois premiers traits de mon nom
Marquent une partie aux hommes neceffaire.
Par les quatre derniers on me fera tout faire
Contre la rime & la raison.
Tournez -les d'une autre façon ,
Javertis les paffans du danger qui s'aprête.
A ces traits fi l'on veut ajoûter le fecond ,
Avant d'y rien changer ,je tonne , je tempête .
Je deviens un fruit long & rond;
Mais d'une petiteffe extrême.
Si des cinq traits que j'ai l'on ôte le troisième ,
Pris dans le premier fens je fuis bien plus fécond
Car tranchant la cinquième lettre ,
Ou me renverfant tout entier ,
Deux fruits différens vont paroître.
Ce n'eft pas tout ; divifez le dernier ,
Par les trois premiers traits on prouve quelque
chofe.
Joignez le quatrième , un Poëte fameux
Va
NOVEMRBE. 1730. 2423
3
2
Va fe préfenter à vos yeux,
Les cinq derniers feront la beauté de la rofe.
Si l'on avoit êté trois lettres du milicu
En mettant le reſte en fon lieu ,
On eut vû des Oiseaux la demeure ordinaire.
Ce fruit pris en entier a dequoi fatisfaire ,
Dequor rebuter le gourmand.
En le combinant feulement ,
Le Méchanicien y trouve un Inftrument
Le Chaffeur deux ; par lui l'Amant
Peut trouver grace auprès d'une vieille Clarice
L'Abbé rencontre un Benefice ,
Le Peintre des couleurs : mais ce n'eſt
Lecteur , cherches - en davantage.
pas la tout,
Et fi de me trouver tu veux venir à bout
Sois patient & prend courage,
EN fept traits mon nom ſe partage ;
Je me trouve toujours parmi les grands Guer
riers ;
J'ai fans ceffe la Cour , & je fais toujours rage
Quand il faut cueillir des lauriers ,
Ou faire le plus rade ouvrage.
Les trois premiers traits de mon nom
Marquent une partie aux hommes neceffaire.
Par les quatre derniers on me fera tout faire
Contre la rime & la raison.
Tournez -les d'une autre façon ,
Javertis les paffans du danger qui s'aprête.
A ces traits fi l'on veut ajoûter le fecond ,
Avant d'y rien changer ,je tonne , je tempête .
Je deviens un fruit long & rond;
Mais d'une petiteffe extrême.
Si des cinq traits que j'ai l'on ôte le troisième ,
Pris dans le premier fens je fuis bien plus fécond
Car tranchant la cinquième lettre ,
Ou me renverfant tout entier ,
Deux fruits différens vont paroître.
Ce n'eft pas tout ; divifez le dernier ,
Par les trois premiers traits on prouve quelque
chofe.
Joignez le quatrième , un Poëte fameux
Va
NOVEMRBE. 1730. 2423
3
2
Va fe préfenter à vos yeux,
Les cinq derniers feront la beauté de la rofe.
Si l'on avoit êté trois lettres du milicu
En mettant le reſte en fon lieu ,
On eut vû des Oiseaux la demeure ordinaire.
Ce fruit pris en entier a dequoi fatisfaire ,
Dequor rebuter le gourmand.
En le combinant feulement ,
Le Méchanicien y trouve un Inftrument
Le Chaffeur deux ; par lui l'Amant
Peut trouver grace auprès d'une vieille Clarice
L'Abbé rencontre un Benefice ,
Le Peintre des couleurs : mais ce n'eſt
Lecteur , cherches - en davantage.
pas la tout,
Et fi de me trouver tu veux venir à bout
Sois patient & prend courage,
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2478
p. 80-81
A MADAME la M. de C. RONDEAU.
Début :
Bon jour, bon an, étoit au temps Gotique, [...]
Mots clefs :
Jour, An
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME la M. de C. RONDEAU.
A MADAME la M. des.
RONDEAU _ -
Bon jour, bon an , étoit au temps Gotique,
De nos Ayeux le jargon pathétique,
On répondoit bonnement , grand-merci,
Et ce discours sincete et racourci ,
Naloit alors tout le Sel de lüittique.
Rafinement dont notre âge se pîcque,‘
[ait qu’en se guinde , on creuse , on sälambique {i
yompeux langage a chassé cettui-cy \
Bonjour , bon an.
Qame sans pair, dont la sage Critique , A .
' Blamo
JANVIER. 1732: BÎ
Blâme a bon droit tout Eloge emphatique ,
Tout Compliment de grands termes farci , 5
A vos desirs mon coeur s’ajuste ici,
Et vous disant , suivant Pusage antique, ' 7 .
. Bon jour, bon an.
RONDEAU _ -
Bon jour, bon an , étoit au temps Gotique,
De nos Ayeux le jargon pathétique,
On répondoit bonnement , grand-merci,
Et ce discours sincete et racourci ,
Naloit alors tout le Sel de lüittique.
Rafinement dont notre âge se pîcque,‘
[ait qu’en se guinde , on creuse , on sälambique {i
yompeux langage a chassé cettui-cy \
Bonjour , bon an.
Qame sans pair, dont la sage Critique , A .
' Blamo
JANVIER. 1732: BÎ
Blâme a bon droit tout Eloge emphatique ,
Tout Compliment de grands termes farci , 5
A vos desirs mon coeur s’ajuste ici,
Et vous disant , suivant Pusage antique, ' 7 .
. Bon jour, bon an.
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Résumé : A MADAME la M. de C. RONDEAU.
En janvier 1732, le rondeau 'Bon jour, bon an' déplore la perte des salutations sincères de l'époque gothique, remplacées par un langage pompeux. L'auteur critique les éloges emphatiques et exagérés, et exprime ses vœux sincères avec la formule antique 'bon jour, bon an'.
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2479
p. 1976-1977
« NOTICE du Trésor d'Anciennes Médailles, qui appartiennent au Pr. Frederic II. [...] »
Début :
NOTICE du Trésor d'Anciennes Médailles, qui appartiennent au Pr. Frederic II. [...]
Mots clefs :
Anciennes médailles, Cyrus, Religion chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOTICE du Trésor d'Anciennes Médailles, qui appartiennent au Pr. Frederic II. [...] »
NOTICE du Trésor d'Anciennes Médail
les , qui appartiennent au Pr. Frederic II.
Duc de Saxe- Gotha. Par M. Chret. Sigism.
Liebe , qui y a ajouté un Extrait de l'Essai
d'Andre Morel, sur toutes les Antiquitez
de ce genres et trois Lettres de feu Mons.
Ezech. Spanbein , où sont expliquées les
Médailles les plus curieuses qui se trouvent dans ce Cabinet. A Amsterdam
1730. infol. pag. 26. pour la Préface , et
544. pour le Corps de l'Ouvrage , sans
parler de l'Epître dédicatoire , d'un court
Avis au Lecteur , et de deux Indices.
L'Ouvrage est en latin.
Dans l'article des Nouvelles Litteraires,
,
SEPTEMBR E. 1732. 1977.
res, on apprend que M. Lamotte a donné
en Anglois , à Londres : Essay sur la Poësie et surla Peinture , par rapport à l'Histoire Sacrée et Prophane. Avec un Appendice touchant les obscenitez , en écrit ou en
peinture , in 12.
Le Cyrus de M. Ramsay , paroît dans
la même Ville, en François et en Anglois,
in 4. On ajoute que l'Auteur a sçu profiter également des avis qu'on lui a
donnez , pour perfectionner cet ouvrage , tant pour les choses , que pour le
style.
LA RELIGION CHRETIENNE , aussi ancienne que la Création , ou Traité dans
lequel on montre que l'Evangile est une
nouvelle publication de la Religion naturelle. A Londres, 1730. in 4. de 432 pag.
Ce Livre est en Anglois
les , qui appartiennent au Pr. Frederic II.
Duc de Saxe- Gotha. Par M. Chret. Sigism.
Liebe , qui y a ajouté un Extrait de l'Essai
d'Andre Morel, sur toutes les Antiquitez
de ce genres et trois Lettres de feu Mons.
Ezech. Spanbein , où sont expliquées les
Médailles les plus curieuses qui se trouvent dans ce Cabinet. A Amsterdam
1730. infol. pag. 26. pour la Préface , et
544. pour le Corps de l'Ouvrage , sans
parler de l'Epître dédicatoire , d'un court
Avis au Lecteur , et de deux Indices.
L'Ouvrage est en latin.
Dans l'article des Nouvelles Litteraires,
,
SEPTEMBR E. 1732. 1977.
res, on apprend que M. Lamotte a donné
en Anglois , à Londres : Essay sur la Poësie et surla Peinture , par rapport à l'Histoire Sacrée et Prophane. Avec un Appendice touchant les obscenitez , en écrit ou en
peinture , in 12.
Le Cyrus de M. Ramsay , paroît dans
la même Ville, en François et en Anglois,
in 4. On ajoute que l'Auteur a sçu profiter également des avis qu'on lui a
donnez , pour perfectionner cet ouvrage , tant pour les choses , que pour le
style.
LA RELIGION CHRETIENNE , aussi ancienne que la Création , ou Traité dans
lequel on montre que l'Evangile est une
nouvelle publication de la Religion naturelle. A Londres, 1730. in 4. de 432 pag.
Ce Livre est en Anglois
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Résumé : « NOTICE du Trésor d'Anciennes Médailles, qui appartiennent au Pr. Frederic II. [...] »
La notice présente divers ouvrages historiques et littéraires. Elle commence par une notice sur le Trésor d'Anciennes Médail, appartenant au Duc Frédéric II de Saxe-Gotha, rédigée par M. Chretien Sigismond Liebe. Cet ouvrage, publié à Amsterdam en 1730 en latin, inclut un extrait de l'essai d'André Morel sur les antiquités et trois lettres d'Ezechiel Spanbein expliquant les médailles les plus curieuses du cabinet. Il comprend une préface de 26 pages, 544 pages de contenu principal, une épître dédicatoire, un court avis au lecteur, et deux indices. Les Nouvelles Littéraires de septembre 1732 rapportent la publication à Londres par M. Lamotte d'un essai sur la poésie et la peinture par rapport à l'histoire sacrée et profane, avec un appendice sur les obscénités en écriture ou en peinture, en format in-12. Le 'Cyrus' de M. Ramsay est également mentionné, paru à Londres en français et en anglais, en format in-4. L'auteur a amélioré cet ouvrage en tenant compte des avis reçus, tant pour le contenu que pour le style. Enfin, un livre intitulé 'LA RELIGION CHRETIENNE, aussi ancienne que la Création' est mentionné. Publié à Londres en 1730 en format in-4 et comptant 432 pages, il montre que l'Évangile est une nouvelle publication de la religion naturelle.
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2480
p. 85-86
EXEMPLE. SONNET.
Début :
Estre preste à marcher au premier coup de . cloche, [...]
Mots clefs :
Sauveur, Mardi gras
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXEMPLE. SONNET.
EXEMPLE.
SONNET.
Eftrt prtfle à marcher au premier
coupde cloche,
Veiller,jeûner ,priersurun ais de
sapin3
Porter cilice, haire
,
habit vieux
& vilain,
Breviaire, Chaplet
,
discipline en
sa poche,
Nesçavoir ce que c'est que le bruit
d'une broche.,
Manger choux, noix,oignons, au
lieu d'un bon Lapin,
Au Mardy gras, auxRois ,comme
à lasaint Martin,
Pourempêcher quunjourleDémon
ne r accroche.
de pleurer avoir Pzil tout
sanglant,
Méditersansrelâche, & mettre
son talent,
A pratiquer toujoursl'Ecriture , divine.
faire des voeux au Ciel pour tout
les malheureux,
Contempler leSauveur d'un regard
, amoureux,
Cess l'occupation d'une ame non * coquine.
SONNET.
Eftrt prtfle à marcher au premier
coupde cloche,
Veiller,jeûner ,priersurun ais de
sapin3
Porter cilice, haire
,
habit vieux
& vilain,
Breviaire, Chaplet
,
discipline en
sa poche,
Nesçavoir ce que c'est que le bruit
d'une broche.,
Manger choux, noix,oignons, au
lieu d'un bon Lapin,
Au Mardy gras, auxRois ,comme
à lasaint Martin,
Pourempêcher quunjourleDémon
ne r accroche.
de pleurer avoir Pzil tout
sanglant,
Méditersansrelâche, & mettre
son talent,
A pratiquer toujoursl'Ecriture , divine.
faire des voeux au Ciel pour tout
les malheureux,
Contempler leSauveur d'un regard
, amoureux,
Cess l'occupation d'une ame non * coquine.
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2481
p. 98-99
Raisons politiques de l'Auteur pour donner & pour abreger les Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Si maintenant les nouvelles des Pays Etrangers vous ennuyent les [...]
Mots clefs :
Nouvelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Raisons politiques de l'Auteur pour donner & pour abreger les Nouvelles. [titre d'après la table]
Si maintenant les nouvelles
des Pays Etrangers vous ennuyent,
comme celles de celuicypeuvent
ennuyer les autres,
j'en fuis faché , Meffieurs ,
mais croyez moy faites deneceffité
vertu. Des gens éclairez
qui ſont ſi remplis des intereſts
du monde qu'il n'y a pas juſqu'à
ceux du Mercure qu'ils
connoiffent , m'ont aſſeuré encore
hier que je devrois ſupprimer
tous les articles de
に
4
THEQUE
CALANT
mon Livre , plutôt que de
3
د
retrancher rien de celuy des
nouvelles ; j'ay fait de leur
conſeil l'uſage que je fais de
tous ceux qu'on me donne
- j'en ay retenu le tiers ou la
moitié pour moy , &j'en ay
abandonné le reſte à la mercy
de mes fantaiſics. Voyez en
attendant que je rentre dans
mon caractere juſqu'ou
s'étendma complaiſance pour
eux.
des Pays Etrangers vous ennuyent,
comme celles de celuicypeuvent
ennuyer les autres,
j'en fuis faché , Meffieurs ,
mais croyez moy faites deneceffité
vertu. Des gens éclairez
qui ſont ſi remplis des intereſts
du monde qu'il n'y a pas juſqu'à
ceux du Mercure qu'ils
connoiffent , m'ont aſſeuré encore
hier que je devrois ſupprimer
tous les articles de
に
4
THEQUE
CALANT
mon Livre , plutôt que de
3
د
retrancher rien de celuy des
nouvelles ; j'ay fait de leur
conſeil l'uſage que je fais de
tous ceux qu'on me donne
- j'en ay retenu le tiers ou la
moitié pour moy , &j'en ay
abandonné le reſte à la mercy
de mes fantaiſics. Voyez en
attendant que je rentre dans
mon caractere juſqu'ou
s'étendma complaiſance pour
eux.
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2482
p. 922-923
AUTRE.
Début :
Je suis d'un grand pays, Lecteur, la marque insigne, [...]
Mots clefs :
France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E suis d'un grand pays , Lecteur , la marque
JE insigne ,
Sans tête , j'ai mauvaise odeur ;
Sans queue , on voit de la candeur
Briller en moi le noble signe.
Chez moi plus d'un arrangement ,
Te fera trouver aisement ,
Une arme qui sert à la guerre ;
Plus , certain mot qui sert dans le raisonnements
Plus >
ce qui vit autant sur l'eau que sur la
terre ;
Plus d'un hôte des bois l'enfant
;
Plus
MAY. 923 1735.
Plus une espece de teinture ;
Plus d'un certain tems la mesure ;
Plus d'un objet l'exterieur ;
Plus un instrument de marine ;
Plus d'un élement qui chagrine ,
De quoi réprimer la fureur.
Plus d'un grain précieux la mere ;
Plus un ossement de ton pere ;
Plus ' dequoi pouvoir s'accrocher ;
Plus la suite d'un parentage ,
Enfin de quoi faire un breuvage.
Mais souviens toi , sur tout
chercher ,
qu'ici pour bieg
Mes membres à la fois ne sont pas tous d'usage.
J. F. F. D. B. E.
E suis d'un grand pays , Lecteur , la marque
JE insigne ,
Sans tête , j'ai mauvaise odeur ;
Sans queue , on voit de la candeur
Briller en moi le noble signe.
Chez moi plus d'un arrangement ,
Te fera trouver aisement ,
Une arme qui sert à la guerre ;
Plus , certain mot qui sert dans le raisonnements
Plus >
ce qui vit autant sur l'eau que sur la
terre ;
Plus d'un hôte des bois l'enfant
;
Plus
MAY. 923 1735.
Plus une espece de teinture ;
Plus d'un certain tems la mesure ;
Plus d'un objet l'exterieur ;
Plus un instrument de marine ;
Plus d'un élement qui chagrine ,
De quoi réprimer la fureur.
Plus d'un grain précieux la mere ;
Plus un ossement de ton pere ;
Plus ' dequoi pouvoir s'accrocher ;
Plus la suite d'un parentage ,
Enfin de quoi faire un breuvage.
Mais souviens toi , sur tout
chercher ,
qu'ici pour bieg
Mes membres à la fois ne sont pas tous d'usage.
J. F. F. D. B. E.
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2483
p. 2218-2219
EXPLICATION du Tableau Epithalame, peint à l'Encre de la Chine, dédié à S. A. S. Madame la Duchesse de Chartres, par M. Gosmond.
Début :
LE principal Groupe représente le Mariage d'Hercule avec Hebé, fait par [...]
Mots clefs :
Hercule, Hébé, Jupiter, Sagesse, Grâces, Groupe, Tableau épithalame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION du Tableau Epithalame, peint à l'Encre de la Chine, dédié à S. A. S. Madame la Duchesse de Chartres, par M. Gosmond.
EXPLICATION du Tablean Epithalame
, peint à l'Encre de la Chine , dédié
à S. A.S.Madame la Ducheſſe de Chartres,
par M. Gofmond.
E principal Groupe repréſente le Ma-
Lriaged'Hercule avec Hebé fait par
Jupiter.
Il y a deux Groupes à droite & à gauche
du premier , qui caractériſent les attributs
desEpoux qui s'uniffent.
Le Groupe à la fuite d'Hebé , repréſente
la Sageſſe & les Graces. LesGracestiennent
des Guirlandes de fleurs , qu'elles ont préparé
pour l'Epouſe. La Sageſſe paroît s'entretenir
avec les Graces , & leur dire , que
les fleurs qu'elles préſentent , pour corner
cette Augufte Epouſe , produiront bien-tôt
des fruits dignes d'elle , &du Héros avec
lequel Jupiter l'unit ; ce qui eft caractériſé
par une Corne d'abondance qui eſt à ſes
pieds.
Le Groupe qui ſuit Hercule , repréſente
Mars & la Liberalité,qui font les vrais attribats
d'un Héros , puiſque Mars figure la
force du courage , & la Libéralité ,les ſentimens
généreux qui doivent l'accompagner.
Sur
OCTOBRE. 1744. 2219
Sur le devant du Tableau , ſont l'Amour
& l'Hymen, qui réiniſſent leurs flambeaux ,
avec des expreffions réciproques de tendrefſe.
On voit entre leurs flambeaux réinis les
Armes d'Orleans & de Conty accolées , qui
caractériſent l'Auguſte Hymenée de leurs
Alteſſes Séréniffimes.
Au bas du Tableau on lit cette Inſcription
:
D'Hercule avec Hebé le Souverain des Dieux
Sur l'Olimpe autrefois unit la deſtinée
Entre CHARTRES & CONTY les Loix de
l'hymenée 1
Du beau Sang des Bourbons refferrent tous les
noeuds ,
Et dans leur chaîne fortunée,
Nous font voir ici bas ce qu'on vit dans les Cieux.
, peint à l'Encre de la Chine , dédié
à S. A.S.Madame la Ducheſſe de Chartres,
par M. Gofmond.
E principal Groupe repréſente le Ma-
Lriaged'Hercule avec Hebé fait par
Jupiter.
Il y a deux Groupes à droite & à gauche
du premier , qui caractériſent les attributs
desEpoux qui s'uniffent.
Le Groupe à la fuite d'Hebé , repréſente
la Sageſſe & les Graces. LesGracestiennent
des Guirlandes de fleurs , qu'elles ont préparé
pour l'Epouſe. La Sageſſe paroît s'entretenir
avec les Graces , & leur dire , que
les fleurs qu'elles préſentent , pour corner
cette Augufte Epouſe , produiront bien-tôt
des fruits dignes d'elle , &du Héros avec
lequel Jupiter l'unit ; ce qui eft caractériſé
par une Corne d'abondance qui eſt à ſes
pieds.
Le Groupe qui ſuit Hercule , repréſente
Mars & la Liberalité,qui font les vrais attribats
d'un Héros , puiſque Mars figure la
force du courage , & la Libéralité ,les ſentimens
généreux qui doivent l'accompagner.
Sur
OCTOBRE. 1744. 2219
Sur le devant du Tableau , ſont l'Amour
& l'Hymen, qui réiniſſent leurs flambeaux ,
avec des expreffions réciproques de tendrefſe.
On voit entre leurs flambeaux réinis les
Armes d'Orleans & de Conty accolées , qui
caractériſent l'Auguſte Hymenée de leurs
Alteſſes Séréniffimes.
Au bas du Tableau on lit cette Inſcription
:
D'Hercule avec Hebé le Souverain des Dieux
Sur l'Olimpe autrefois unit la deſtinée
Entre CHARTRES & CONTY les Loix de
l'hymenée 1
Du beau Sang des Bourbons refferrent tous les
noeuds ,
Et dans leur chaîne fortunée,
Nous font voir ici bas ce qu'on vit dans les Cieux.
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2484
p. 946-947
TROISIÈME ENIGME.
Début :
Je suis un monstre affreux que tout le monde abhorre, [...]
Mots clefs :
Procès
2487
p. 524-525
IMITATION D'une Ode d'Anacreon.
Début :
Bacchus est ma gloire, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION D'une Ode d'Anacreon.
IMITATION
D'une Ode d'Anacreon.
Acchus eft ma gloire ,
Sans lui je fuis mort ;
Content de mon fort ,
I
Avec
MARS. 1730. 525
A force de boire ,
Avec ma mémoire , bis ,
Mon chagrin s'endort.
Affis fur la tonne ,
J'ai le front couvert
D'un pampre plus verd
Que n'eft la Couronne
Qu'obtient de Bellonne
Celui qui la fert.
Qu'un autre aille aux armes
Las d'être vivant ,
Pour un peu
de vent
>
"
Chercher des allarmes ;
J'aime les vacarmes ,
Mais c'eft en buvant.
Que chacun fe livre
A ce jus divin ;
Verfe , Poitevin ,
Il vaut mieux être yvre ,
Ou ceffer de vivre ,
Que manquer de vin.
M. Dufrefne l'aîné.
D'une Ode d'Anacreon.
Acchus eft ma gloire ,
Sans lui je fuis mort ;
Content de mon fort ,
I
Avec
MARS. 1730. 525
A force de boire ,
Avec ma mémoire , bis ,
Mon chagrin s'endort.
Affis fur la tonne ,
J'ai le front couvert
D'un pampre plus verd
Que n'eft la Couronne
Qu'obtient de Bellonne
Celui qui la fert.
Qu'un autre aille aux armes
Las d'être vivant ,
Pour un peu
de vent
>
"
Chercher des allarmes ;
J'aime les vacarmes ,
Mais c'eft en buvant.
Que chacun fe livre
A ce jus divin ;
Verfe , Poitevin ,
Il vaut mieux être yvre ,
Ou ceffer de vivre ,
Que manquer de vin.
M. Dufrefne l'aîné.
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Résumé : IMITATION D'une Ode d'Anacreon.
Le texte, une imitation d'une ode d'Anacreon datée de mars 1730, exprime la dépendance de l'auteur à Bacchus. Il trouve du contentement dans l'alcool pour apaiser son chagrin et préfère les plaisirs de la boisson aux combats. Il encourage chacun à se livrer au vin et conclut qu'il vaut mieux être ivre ou cesser de vivre plutôt que de manquer de vin. Le poème est attribué à M. Dufresne l'aîné.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2488
p. 740-741
LOGOGRYPHE.
Début :
Fils de sept soeurs, par moi l'on brave les hazards. [...]
Mots clefs :
Courage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Ils de fept foeurs , par moi l'on brave les
hazards. Fils
Le cou me fert de tête , & quoique redou
table ,
Quand on me l'a tranché , mon fort eft déplo
rable.
La premiere de mes deux parts ,
Auprès des Grands, lorfqu'elle eft la plus
forte ,
Brille en France , en Eſpagne , à la Chine , à
la Porte ,
Et près de leurs Iris eft d'uſage aux Amans ;
L'autre convient à certains temps.
En y joignant le chefde la premiere ,
De quelques innocens elle devient prifon .
Avec chef de métail , en me cachant ... der
riere ,
Du Ciel j'exprime la colere ,
Et fais jurer ou mettre en oraifon.
Transformé de cette maniere ,
Sans le milieu je ne ferois qu'un grain.
Les deux chefs découverts , étant unis fou
dain,
On
AVRIL.
741 1728.
On trouve un inftrument , qui dans certaine
guerre ,
N'eft employé que pour le fon .
De tout mon corps fupprimez une Ville ,
Et rapprochez mes débris fans façon ,
Des gens qui de Paſteurs fe font donner le
nom ,
Je fuis l'emploi , le bien , le domicile ,
Et pourrois faire encore honneur aux Charlatans.
Mes membres dépecez , que d'objets differens !
A réduire déja , quoiqu'affez difficiles ,
Oedipe , à regret je me rends .
Ils de fept foeurs , par moi l'on brave les
hazards. Fils
Le cou me fert de tête , & quoique redou
table ,
Quand on me l'a tranché , mon fort eft déplo
rable.
La premiere de mes deux parts ,
Auprès des Grands, lorfqu'elle eft la plus
forte ,
Brille en France , en Eſpagne , à la Chine , à
la Porte ,
Et près de leurs Iris eft d'uſage aux Amans ;
L'autre convient à certains temps.
En y joignant le chefde la premiere ,
De quelques innocens elle devient prifon .
Avec chef de métail , en me cachant ... der
riere ,
Du Ciel j'exprime la colere ,
Et fais jurer ou mettre en oraifon.
Transformé de cette maniere ,
Sans le milieu je ne ferois qu'un grain.
Les deux chefs découverts , étant unis fou
dain,
On
AVRIL.
741 1728.
On trouve un inftrument , qui dans certaine
guerre ,
N'eft employé que pour le fon .
De tout mon corps fupprimez une Ville ,
Et rapprochez mes débris fans façon ,
Des gens qui de Paſteurs fe font donner le
nom ,
Je fuis l'emploi , le bien , le domicile ,
Et pourrois faire encore honneur aux Charlatans.
Mes membres dépecez , que d'objets differens !
A réduire déja , quoiqu'affez difficiles ,
Oedipe , à regret je me rends .
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2491
p. 96-97
LOGOGRIPHE.
Début :
Quoique je sois, Lecteur, connu de tout le monde, [...]
Mots clefs :
Dictionnaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIP HE .
Quoique je fois , Lecteur , connu de sour le
Et que vous m'étudiez toujours avec ardeur ,
Que pour me poffeder l'on me porte fur l'onde ,
De n'être point connu dans ce jour j'ai bien peur.
Des difputes fouvent je diffipe l'aigreur ,
J'inftruits les hommes à tout âge ,
Le grand , & le petit , l'ignorant & le fage,
Le jeune rarement me tient avec plaifir ,
L'homme fenfé chez moi , dans fon loiſir,
Avidement puiſe des connoiffances ;
Je fçais tout , & je fuis une clef des Sciences .
Mais j'ai trop dir , fans peine , je fuis sûr ,
On me devinera', rendons- nous plus obfcur.
De cinq pieds feulement ma ftructure eft formée ,
Mon nom offre à vos yeux la trifte deſtinée
Des hommes en âge avancés....
La terreur des affiégés ,
Le vengeur de plus d'une armée………、
Je forme douze mots Latins ,
Combinez- moi , vous trouverez Catin,
Ide , nate , naître , air , tonne , canne , taire ,
Acte , date , dicter , âne , nitre , Notaire ,
On peut auffi trouver une bonne boiffon...
D'un cruel Empereur le nom ;
Celui d'une utile riviere ,
Qui roule dans la Seine une onde pure & claire;
Un
OCTOBRE. 1750. 97
Un azile pour les Vaiffeaux ;
Du Roi de France un des plus beaux Châteaux ;
Chez moi vivent les Grands autant que dans
l'Hiftoire ;
L'on trouve la mémoire
D'un Sage de la Gréce , & d'un Prince Bourbon ;
Le célébre Corneille y jouit de fa gloire
Par ce qu'il a donné d'excellent & de bon .
Aifément on peut lire , onde , rond , nation ;
N'allons pas plus avant , ami Lecteur , peut-être
En voulant m'embrouiller , me ferois- je connoître.
Quoique je fois , Lecteur , connu de sour le
Et que vous m'étudiez toujours avec ardeur ,
Que pour me poffeder l'on me porte fur l'onde ,
De n'être point connu dans ce jour j'ai bien peur.
Des difputes fouvent je diffipe l'aigreur ,
J'inftruits les hommes à tout âge ,
Le grand , & le petit , l'ignorant & le fage,
Le jeune rarement me tient avec plaifir ,
L'homme fenfé chez moi , dans fon loiſir,
Avidement puiſe des connoiffances ;
Je fçais tout , & je fuis une clef des Sciences .
Mais j'ai trop dir , fans peine , je fuis sûr ,
On me devinera', rendons- nous plus obfcur.
De cinq pieds feulement ma ftructure eft formée ,
Mon nom offre à vos yeux la trifte deſtinée
Des hommes en âge avancés....
La terreur des affiégés ,
Le vengeur de plus d'une armée………、
Je forme douze mots Latins ,
Combinez- moi , vous trouverez Catin,
Ide , nate , naître , air , tonne , canne , taire ,
Acte , date , dicter , âne , nitre , Notaire ,
On peut auffi trouver une bonne boiffon...
D'un cruel Empereur le nom ;
Celui d'une utile riviere ,
Qui roule dans la Seine une onde pure & claire;
Un
OCTOBRE. 1750. 97
Un azile pour les Vaiffeaux ;
Du Roi de France un des plus beaux Châteaux ;
Chez moi vivent les Grands autant que dans
l'Hiftoire ;
L'on trouve la mémoire
D'un Sage de la Gréce , & d'un Prince Bourbon ;
Le célébre Corneille y jouit de fa gloire
Par ce qu'il a donné d'excellent & de bon .
Aifément on peut lire , onde , rond , nation ;
N'allons pas plus avant , ami Lecteur , peut-être
En voulant m'embrouiller , me ferois- je connoître.
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2493
p. 1718-1719
Vers de Feu M. Boudier, sur la mort de sa Femme. DIZAIN.
Début :
Quand la Mort nous déparia. [...]
Mots clefs :
Mort, Manoir, Femmes fortes, Honneur du Sexe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers de Feu M. Boudier, sur la mort de sa Femme. DIZAIN.
VERS de Feu M. Boudier , sur la mort
de sa Femme.
Qu
DIZAIN.
Uand la Mort nous déparia :
Ma moitié dans le manoir sombre
Rencontrant Porcie , Arria ,
Et leur suite en trés - petit nombre ,
Leur dit: je viens me joindre à vous
Moitiés , dignes de vos Epoux ,
Honneur du Sexe , Femmes fortes ;
Eux
JUILLET. 1731. $719
Eux seuls firent tout vôtre bien ,
C'est pour eux que vous êtes`mortes ,
que pour le mien.
de sa Femme.
Qu
DIZAIN.
Uand la Mort nous déparia :
Ma moitié dans le manoir sombre
Rencontrant Porcie , Arria ,
Et leur suite en trés - petit nombre ,
Leur dit: je viens me joindre à vous
Moitiés , dignes de vos Epoux ,
Honneur du Sexe , Femmes fortes ;
Eux
JUILLET. 1731. $719
Eux seuls firent tout vôtre bien ,
C'est pour eux que vous êtes`mortes ,
que pour le mien.
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2494
p. 508-510
LOGOGRYPHE.
Début :
Dans sept Lettres, Lecteur, cherche, tu trouveras [...]
Mots clefs :
Germain
2495
p. 94-96
LOGOGRYPHE.
Début :
Mon frere, ces jours-ci, parut sur l'horison, [...]
Mots clefs :
Thermomètre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
On frere ,ces jours- ci , parut fur l'horiſon ,
Aujourd'hui c'eſt à moi de monter fur la fcene,
Lecteur , à me trouver tu n'auras pas de peine.
Mais .... puis-je me flater d'être lû ? Pourquoi
non ?
On l'a bien lu ; je lui reffemble :
Pourquoi ne me liroit -on pas ?
Quoique même réduit , même lit nous raffemble
Jamais nous n'avons de débats.
Le paflager , fur fon voyage ,
Auffi bien que tout l'équipage
Nous confultent toujours avant de s'embarquer.
Le petit- maître avant de ſe parer ;
Lajeune & brillante coquette
Avant de faire fa toilette,
Et ce n'eft que fur nos avis
Qu'elle compofe ſa parure ,
Et prend tel ou tel autre habit.
Enfin .... Mais , c'eft affez , paffons à ma ftruc
ture.
JUILLET.
95 $754.
Trente mots au moins je contiens ,
Latins , François , Italiens ;
Mais j'en retrancherai une bonné partie.
Un Lecteur ailément s'ennuie
Quand fon efprit eft trop long-tems gêné.
Je renferme d'abord un mot de procédure ;
Un ornement d'Architecture ,
Certain métal d'un chacun recherché :
Ce qui finit notre carriere
Et fait rentrer l'homme dans la pouſſiere ;
Un poiffon qui , dit-on , malgré le cours des
eaux
Arrête les plus forts vaiffeaux.
Deux mots affez communs , l'un dans l'Aftrono
mie ,
L'autre dans la Géométrie ;
Le chef-d'oeuvre du Créateur ;
Une élévation , mais de peu de hauteur ;
Cette ville du monde autrefois la maîtreffe ,
La premiere aujourd'hui de l'empire chrétien ;
Une province de la Grece ;
Ce par quoi quelques muficiens
Rendent leur mémoire immortelle ;
Le nom de cette belle
Dont l'amant fe noya par un excès d'ardeur ;
Un élément , un arbre , un terme de cuiſine ,
Une conjonction ou Françoiſe ou Latine ,
Qu'importe un mot Latin qui défigne la peur ,
Un autre Italien , qui s'exprime par craindre
96 MERCURE DE FRANCE.
Un autre enfin qui marque le trépas.
Si je voulois je ne finirois pas ;
Mais , ce feroit , Lecteur , trop long-tems te contraindre.
D. P. N. T.
'A Nogent-fur- Seine le 3 Mai 1754º
On frere ,ces jours- ci , parut fur l'horiſon ,
Aujourd'hui c'eſt à moi de monter fur la fcene,
Lecteur , à me trouver tu n'auras pas de peine.
Mais .... puis-je me flater d'être lû ? Pourquoi
non ?
On l'a bien lu ; je lui reffemble :
Pourquoi ne me liroit -on pas ?
Quoique même réduit , même lit nous raffemble
Jamais nous n'avons de débats.
Le paflager , fur fon voyage ,
Auffi bien que tout l'équipage
Nous confultent toujours avant de s'embarquer.
Le petit- maître avant de ſe parer ;
Lajeune & brillante coquette
Avant de faire fa toilette,
Et ce n'eft que fur nos avis
Qu'elle compofe ſa parure ,
Et prend tel ou tel autre habit.
Enfin .... Mais , c'eft affez , paffons à ma ftruc
ture.
JUILLET.
95 $754.
Trente mots au moins je contiens ,
Latins , François , Italiens ;
Mais j'en retrancherai une bonné partie.
Un Lecteur ailément s'ennuie
Quand fon efprit eft trop long-tems gêné.
Je renferme d'abord un mot de procédure ;
Un ornement d'Architecture ,
Certain métal d'un chacun recherché :
Ce qui finit notre carriere
Et fait rentrer l'homme dans la pouſſiere ;
Un poiffon qui , dit-on , malgré le cours des
eaux
Arrête les plus forts vaiffeaux.
Deux mots affez communs , l'un dans l'Aftrono
mie ,
L'autre dans la Géométrie ;
Le chef-d'oeuvre du Créateur ;
Une élévation , mais de peu de hauteur ;
Cette ville du monde autrefois la maîtreffe ,
La premiere aujourd'hui de l'empire chrétien ;
Une province de la Grece ;
Ce par quoi quelques muficiens
Rendent leur mémoire immortelle ;
Le nom de cette belle
Dont l'amant fe noya par un excès d'ardeur ;
Un élément , un arbre , un terme de cuiſine ,
Une conjonction ou Françoiſe ou Latine ,
Qu'importe un mot Latin qui défigne la peur ,
Un autre Italien , qui s'exprime par craindre
96 MERCURE DE FRANCE.
Un autre enfin qui marque le trépas.
Si je voulois je ne finirois pas ;
Mais , ce feroit , Lecteur , trop long-tems te contraindre.
D. P. N. T.
'A Nogent-fur- Seine le 3 Mai 1754º
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2496
p. 92-94
Sur la mort de Monsieur le Prince de Conty, mort de la petite verole.
Début :
Vous ne serez pas fâchée de voir ce qu'a fait / Quelle marque d'amour Conty vient de produire ! [...]
Mots clefs :
Prince de Conty, Décès, Beauté, Héros, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la mort de Monsieur le Prince de Conty, mort de la petite verole.
Vous ne ferez pas fâchée
de voir ce qu'a fait le meſme
Mr de Benferade ,fur une autre
mort qui n'a pas moins affligé
que furpris toute la France.
GALANT. 93
Sur la mort de Monfieur le
Prince de Conty , mort
de la petite verole .
O
Velle
marque
d'amour Conty
vient de produire !
Quel couple fe fepare , & quel fort
est le leur!
Qui des deux ne meurt pas , &trai
ne fa douleur ,
En pire cftat que l'autre , helas ! fe
voit réduire...
*3
Fleau des Teints délicats , qui cher
che à les détruire ,
D'un fi digne . Heros le peu digne
malheur !
Falloit- il que ce mal s'en prift à la
valeurs,
De ce qu'à la Beauté ce·mal´n'avoit
fecu naire?
94 MERCURE
Pour la Foy , pour la gloire il courut´
aux dangers ,
Expofa fon beau fang fur les bords:
étrangers ;
Là que ne fit-il point , & qui le pour--
ra croire ?
Meſme , il n'attendit pas les ordres de
Son Roy,
Le plus ferme foutien qu'ait jamais
eu la Foy ,
Et le plus chaud amy qu'ait jamais
eu la gloire..
de voir ce qu'a fait le meſme
Mr de Benferade ,fur une autre
mort qui n'a pas moins affligé
que furpris toute la France.
GALANT. 93
Sur la mort de Monfieur le
Prince de Conty , mort
de la petite verole .
O
Velle
marque
d'amour Conty
vient de produire !
Quel couple fe fepare , & quel fort
est le leur!
Qui des deux ne meurt pas , &trai
ne fa douleur ,
En pire cftat que l'autre , helas ! fe
voit réduire...
*3
Fleau des Teints délicats , qui cher
che à les détruire ,
D'un fi digne . Heros le peu digne
malheur !
Falloit- il que ce mal s'en prift à la
valeurs,
De ce qu'à la Beauté ce·mal´n'avoit
fecu naire?
94 MERCURE
Pour la Foy , pour la gloire il courut´
aux dangers ,
Expofa fon beau fang fur les bords:
étrangers ;
Là que ne fit-il point , & qui le pour--
ra croire ?
Meſme , il n'attendit pas les ordres de
Son Roy,
Le plus ferme foutien qu'ait jamais
eu la Foy ,
Et le plus chaud amy qu'ait jamais
eu la gloire..
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Résumé : Sur la mort de Monsieur le Prince de Conty, mort de la petite verole.
Le texte évoque la mort du Prince de Conti, victime de la variole, suscitant tristesse et surprise en France. Il met en lumière l'amour profond entre le Prince et son épouse, ainsi que le courage et le dévouement du Prince. Ce dernier est loué pour ses actions héroïques pour la foi et la gloire, souvent au péril de sa vie, et son engagement sans attendre les ordres royaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2497
p. 97-100
AUTRE.
Début :
Fruit de l'imagination, [...]
Mots clefs :
Reversi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
FRuit
de l'imagination
,
Aux plaisirs je dois ma naissance ,
Le déffaut d'occupation,
Souvent même la passion
- Contribue à mon existence.
J'ai des freres sans nombre, & fuis en vogue en
France,
On trouve en moi,Lecteur, certains appas:
Dailleurs je me plaisaux débats.
Etne sçaisamuser gens de ma connoissance,
Que par un genre de combats,
Où souventtel triomphe & se moque tout bas
D'un vaincu qui se plaint & fonge à la vengeance ,
Qui peut bien le moins qu'il y pmre>
Se trouverdamecas.
Eh bien,à ces traies de lumiere,
Lecteur, ne me connois-tupas?
Je vais mieux me montrer, fuis-moi dans la carriere,
Sois attentif: sur- tout prends garde à ma derniere,
Peut être tu m'y trouveras.
Vois d'abord quatre Chefs, vois six fqis huit soldats
,
Dont quatre toujours inutiles,
Souvent des chefs les plus habiles,
Font le principal embarras.
Vois chez moi briller la science
,
Du hazard connois la puissance.
Lecteur
, ce n'est pas encor tout,
Un champion tiré du sein de la canaille,
Parmi les combattans tient toujours le haut bout;
Il estl'ame de la bartaille:
Telle garde à regret, telle poursuit par tout :
Un autre à l'éviter travaille.
Reçois encor, Lecteur, un éclaircissement
Par où ma nature s'explique.
Quoique fait pour l'amusement,
Souvent j'embarasse & je pique,
Tel se donne pour pacifique,
Pour qui je suis pierre d'achoppement
Dans une occasion de critique.
Tu m'apperçois, Lecteur, peut-être encor que
non?
A cecas,je veux bien par ma combinaison
Te procurer ma connoissance.
Sept lettres forment mon essence :
Dabord tu trouveras dans moi
Ce que tout arbre porte en foi.
Une note de Musique
,
Un ouvrage où souvent plus d'un mortels'applique
,
Où pourtant l'esprit a seul droit de réussir.
Ce qui fit prendre Troye & ce qu'était Ulysse.
Ce que le Créateur veut être avec justice,
Poursuis, tu verras un plaisir
Dont je fais moi-même partie. (
Un lieu dont l'on permet l'entrée& la sortie,
Ou pour mieux m'exqliquer, l'entre-deux des
maisons.
Ce que font un bouffon
, un fou, la Comédie.
Ce qu'on fait quand on dort, ou bien en maladie
Le mot Latin des lieux qui portent les moissons,
Et celui d'une des Saisons,
Un Royaume en Afrique, une Ville en Provence,
Uneautre dans l'Asieautrefois d'importance,
Le bien le plus chéri de tout le genre humaïn
,
Que souvent le Héros lacnfic* à sa glo.re.
Ce que dit Perrete à Grégoire
Quand il a la bouteille en main.
Un mot uèi-rerpc:a:able en France,
Qu'on prononce avec revérence
, Ce qu'on voit faire à l'homme, aucheval, à l'oeuf
.fIaisJ
Et que le chien ne fit jamais
,
Un légume bon en potage ,
Ce qu'on aime à voir quand on nage,
Le plus-grand ennemi de la prospetité
,
Un corps connu par sa fragilité
,
Qui se forme en sortant des flammes ;
Et le nom de celle dP5 femmes,
Qui fit le plus de ma! à sa posterité.
J'ajouterois, Lecteur, ce qu'estpour l'ordinaire
A la Cour de Venus un septuagenaire
;
Mais c'est trop babiller
,
finissons
, car enfin
Je c'ennuye
,
& je suis au bout de mon latin.
Par M. G. A. D. D.
de l'imagination
,
Aux plaisirs je dois ma naissance ,
Le déffaut d'occupation,
Souvent même la passion
- Contribue à mon existence.
J'ai des freres sans nombre, & fuis en vogue en
France,
On trouve en moi,Lecteur, certains appas:
Dailleurs je me plaisaux débats.
Etne sçaisamuser gens de ma connoissance,
Que par un genre de combats,
Où souventtel triomphe & se moque tout bas
D'un vaincu qui se plaint & fonge à la vengeance ,
Qui peut bien le moins qu'il y pmre>
Se trouverdamecas.
Eh bien,à ces traies de lumiere,
Lecteur, ne me connois-tupas?
Je vais mieux me montrer, fuis-moi dans la carriere,
Sois attentif: sur- tout prends garde à ma derniere,
Peut être tu m'y trouveras.
Vois d'abord quatre Chefs, vois six fqis huit soldats
,
Dont quatre toujours inutiles,
Souvent des chefs les plus habiles,
Font le principal embarras.
Vois chez moi briller la science
,
Du hazard connois la puissance.
Lecteur
, ce n'est pas encor tout,
Un champion tiré du sein de la canaille,
Parmi les combattans tient toujours le haut bout;
Il estl'ame de la bartaille:
Telle garde à regret, telle poursuit par tout :
Un autre à l'éviter travaille.
Reçois encor, Lecteur, un éclaircissement
Par où ma nature s'explique.
Quoique fait pour l'amusement,
Souvent j'embarasse & je pique,
Tel se donne pour pacifique,
Pour qui je suis pierre d'achoppement
Dans une occasion de critique.
Tu m'apperçois, Lecteur, peut-être encor que
non?
A cecas,je veux bien par ma combinaison
Te procurer ma connoissance.
Sept lettres forment mon essence :
Dabord tu trouveras dans moi
Ce que tout arbre porte en foi.
Une note de Musique
,
Un ouvrage où souvent plus d'un mortels'applique
,
Où pourtant l'esprit a seul droit de réussir.
Ce qui fit prendre Troye & ce qu'était Ulysse.
Ce que le Créateur veut être avec justice,
Poursuis, tu verras un plaisir
Dont je fais moi-même partie. (
Un lieu dont l'on permet l'entrée& la sortie,
Ou pour mieux m'exqliquer, l'entre-deux des
maisons.
Ce que font un bouffon
, un fou, la Comédie.
Ce qu'on fait quand on dort, ou bien en maladie
Le mot Latin des lieux qui portent les moissons,
Et celui d'une des Saisons,
Un Royaume en Afrique, une Ville en Provence,
Uneautre dans l'Asieautrefois d'importance,
Le bien le plus chéri de tout le genre humaïn
,
Que souvent le Héros lacnfic* à sa glo.re.
Ce que dit Perrete à Grégoire
Quand il a la bouteille en main.
Un mot uèi-rerpc:a:able en France,
Qu'on prononce avec revérence
, Ce qu'on voit faire à l'homme, aucheval, à l'oeuf
.fIaisJ
Et que le chien ne fit jamais
,
Un légume bon en potage ,
Ce qu'on aime à voir quand on nage,
Le plus-grand ennemi de la prospetité
,
Un corps connu par sa fragilité
,
Qui se forme en sortant des flammes ;
Et le nom de celle dP5 femmes,
Qui fit le plus de ma! à sa posterité.
J'ajouterois, Lecteur, ce qu'estpour l'ordinaire
A la Cour de Venus un septuagenaire
;
Mais c'est trop babiller
,
finissons
, car enfin
Je c'ennuye
,
& je suis au bout de mon latin.
Par M. G. A. D. D.
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2498
p. 928-931
« LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
Début :
LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Cheval, Physique sacrée, Histoire des rois de Pologne, Vérités capitales de la religion, Fragments des poésies de Sappho, Art de monter à cheval, Nouvelles découvertes en médecine, Histoire critique de Manichée et du Manichéisme
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texteReconnaissance textuelle : « LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
LA PHISIQUE SACRE'E , ou Histoire na
nurelle de la Bible , traduite de M. Jean-
Jacques Scheuchzer , Docteur en Medecine
, Professeur en Mathematiques à Zurich
, et Membre de la Societé Royale
d'Angleterre , et des Académies de Vien
ne et de Berlin , enrichie de plus de 700 .
figures en tailles- douces , par les soins de
Jean André Pfeffel Graveur de Sa Majesté
Imperiale, divisée en huit volumes.
A Amsterdam , chez Mortier , & c . et se
vend àParis , Quay des Augustins , chez
Rollin Fils.
-
HISTOIRE DES ROIS DE POLOGNE , et du
Gouvernement de ce Royaume , où l'on
trouve
M A Y. 929 1734.
trouve un détail très circonstancié de tout ,
ce qui s'est passé de plus remarquable
sous le regne de Frederic Auguste, et pendant
les deux derniers Interregnes , par
M *** A Amfterdam , chez François
PHonoré 1733. in 12. 4. vol . et se trouve
à Paris , chez Giffey , ruë de la Vieille
Bouclerie , et Ofmont ruë S. Jacques.
LES VERITES CAPITALES DE LA RELIGION ,
établies par la raison et pat l'Ecriture
Sainte , avec un abregé des Loix Morales
en forme de Catechisme ; Par Jacques
- Plantier , 1733. in 8. A Geneve , & c. et
se vend à Paris , chez Chaubert .
FRAGMENS des Poësies de Sapho ;
et les éloges qu'en ont fait les Auteurs
anciens Grecs et Latins , avec les notes
de divers Sçavans . Edition nouvelle , par
M. Jean Christien Volff, Professeur au
College de Hambourg , augmentée par
l'Editeur de la vie de Sappho et de trois
tables. A Hambourg , sous l'indication
de Londres , chez Abraham Vandenhoek ,
1733. in 4. 253. pages , sans la Preface
la vie de Sapho et les tables. Cet Ou
vrage eft en Latin,
L'ART DE MONTER A CHEVAL , ON Des-
E cription
930 MERCURE DE FRANCE
cription du Manége moderne dans sa perfection
, expliqué par les leçons necessaires
, et representé par des figures exactes
depuis l'assiete de l'homme à cheval jusqu'à
l'arrêt , accompagné aussi de divers
mords pour bien brider les chevaux ;
écrit et dessiné par le Baron d'Eisemberg
et gravé par B. Picard: A la Haye , chez
Pierre Gosse,et J. Neaulme 1733 , in fol.56 .
pages , avec pareil nombre de Planches .
NOUVELLES DECOUVERTES EN MEDECINE,
ou ancienne Medecine developpée , par
M.de Marconnay, Docteur en Medecine;
nouvelle édition , avec une methode pour
guerir les malades par les voyes de la
transpiration et de l'évacuation. A la
Haye , chez Pierre Gosse , & J: Neaulme Į
1734. in 12, environ 300. pages,
HISTOIRE CRITIQUE de Manichée et du
Manicheisme , par M. de Beaufobre ., 1 ,
vol . in 4. A Amsterdam , chez J. Frederia
Bernard M. DCC. XXXIV. pp. 594. sans
la Préface et la Table, Ce livre se trouve
chez Montalan , Libraire , Quay des Augustins
, avec quelques autres livres nou¬
veaux dont voici les titres.
J. LAUNOII Opera omnia X. vol. fol.
Geneva 1733.
H;
MAY. 1734. 931
H. NORISII Cardinalis opera IV. vol.
fol. Verone 1732.
*
CEREMONIES Religieuses des Peuples
Idolâtres de Picart XLV. vol . fol. à
Amsterdam , 1733 .
›
REMARQUES de Tindal sur l'Histoire
d'Angleterre de Rapin Toyras , II . vol.
in 4. La Haye , 1733 .
nurelle de la Bible , traduite de M. Jean-
Jacques Scheuchzer , Docteur en Medecine
, Professeur en Mathematiques à Zurich
, et Membre de la Societé Royale
d'Angleterre , et des Académies de Vien
ne et de Berlin , enrichie de plus de 700 .
figures en tailles- douces , par les soins de
Jean André Pfeffel Graveur de Sa Majesté
Imperiale, divisée en huit volumes.
A Amsterdam , chez Mortier , & c . et se
vend àParis , Quay des Augustins , chez
Rollin Fils.
-
HISTOIRE DES ROIS DE POLOGNE , et du
Gouvernement de ce Royaume , où l'on
trouve
M A Y. 929 1734.
trouve un détail très circonstancié de tout ,
ce qui s'est passé de plus remarquable
sous le regne de Frederic Auguste, et pendant
les deux derniers Interregnes , par
M *** A Amfterdam , chez François
PHonoré 1733. in 12. 4. vol . et se trouve
à Paris , chez Giffey , ruë de la Vieille
Bouclerie , et Ofmont ruë S. Jacques.
LES VERITES CAPITALES DE LA RELIGION ,
établies par la raison et pat l'Ecriture
Sainte , avec un abregé des Loix Morales
en forme de Catechisme ; Par Jacques
- Plantier , 1733. in 8. A Geneve , & c. et
se vend à Paris , chez Chaubert .
FRAGMENS des Poësies de Sapho ;
et les éloges qu'en ont fait les Auteurs
anciens Grecs et Latins , avec les notes
de divers Sçavans . Edition nouvelle , par
M. Jean Christien Volff, Professeur au
College de Hambourg , augmentée par
l'Editeur de la vie de Sappho et de trois
tables. A Hambourg , sous l'indication
de Londres , chez Abraham Vandenhoek ,
1733. in 4. 253. pages , sans la Preface
la vie de Sapho et les tables. Cet Ou
vrage eft en Latin,
L'ART DE MONTER A CHEVAL , ON Des-
E cription
930 MERCURE DE FRANCE
cription du Manége moderne dans sa perfection
, expliqué par les leçons necessaires
, et representé par des figures exactes
depuis l'assiete de l'homme à cheval jusqu'à
l'arrêt , accompagné aussi de divers
mords pour bien brider les chevaux ;
écrit et dessiné par le Baron d'Eisemberg
et gravé par B. Picard: A la Haye , chez
Pierre Gosse,et J. Neaulme 1733 , in fol.56 .
pages , avec pareil nombre de Planches .
NOUVELLES DECOUVERTES EN MEDECINE,
ou ancienne Medecine developpée , par
M.de Marconnay, Docteur en Medecine;
nouvelle édition , avec une methode pour
guerir les malades par les voyes de la
transpiration et de l'évacuation. A la
Haye , chez Pierre Gosse , & J: Neaulme Į
1734. in 12, environ 300. pages,
HISTOIRE CRITIQUE de Manichée et du
Manicheisme , par M. de Beaufobre ., 1 ,
vol . in 4. A Amsterdam , chez J. Frederia
Bernard M. DCC. XXXIV. pp. 594. sans
la Préface et la Table, Ce livre se trouve
chez Montalan , Libraire , Quay des Augustins
, avec quelques autres livres nou¬
veaux dont voici les titres.
J. LAUNOII Opera omnia X. vol. fol.
Geneva 1733.
H;
MAY. 1734. 931
H. NORISII Cardinalis opera IV. vol.
fol. Verone 1732.
*
CEREMONIES Religieuses des Peuples
Idolâtres de Picart XLV. vol . fol. à
Amsterdam , 1733 .
›
REMARQUES de Tindal sur l'Histoire
d'Angleterre de Rapin Toyras , II . vol.
in 4. La Haye , 1733 .
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Résumé : « LA PHISIQUE SACRÉE, ou Histoire naturelle de la Bible, traduite de M. Jean-Jacques [...] »
Le document recense diverses publications parues entre 1733 et 1734. Parmi elles, 'La Physique Sacrée' est une traduction de Jean-Jacques Scheuchzer, enrichie de plus de 700 figures et divisée en huit volumes. 'Histoire des Rois de Pologne' relate les événements marquants sous le règne de Frédéric Auguste et les deux derniers interrègnes. 'Les Vérités Capitales de la Religion' de Jacques Plantier établit les vérités religieuses par la raison et l'Écriture Sainte. 'Fragments des Poésies de Sapho' est une édition augmentée par Jean Christien Volff, incluant des éloges d'auteurs anciens et des notes de savants. 'L'Art de Monter à Cheval' du Baron d'Eisemberg explique les techniques d'équitation avec des illustrations. 'Nouvelles Découvertes en Médecine' de M. de Marconnay propose une méthode pour soigner les malades par la transpiration et l'évacuation. 'Histoire Critique de Maniché' de M. de Beaufobre explore le manichéisme. D'autres ouvrages mentionnés incluent les œuvres de J. Launoii, H. Norisii Cardinalis, les 'Cérémonies Religieuses des Peuples Idolâtres' de Picart, et les 'Remarques de Tindal' sur l'histoire d'Angleterre de Rapin Thoyras. Ces publications sont disponibles chez divers libraires à Amsterdam, Paris, La Haye, Genève et Hambourg.
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2499
p. 98-103
Mr le Prevost des Marchands, accompagné de Mrs les Echevins, vient aux grands Augustins faire compliment à Mrs de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
Début :
Le 4. de ce mois Mr le Prevost des Marchands accompagné [...]
Mots clefs :
Prévôt des marchands, Assemblée du Clergé, Cardinal de Noailles
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texteReconnaissance textuelle : Mr le Prevost des Marchands, accompagné de Mrs les Echevins, vient aux grands Augustins faire compliment à Mrs de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
Le 4. de ce mois Mr le Pre-
THEQUE
BIBLIO
7.
DELA
MERCURE 99 VILLE
voft des Marchands acco
gné de Mrs les Echevins , vint
au grand Convent des Auguf
tins complimenter Meffieurs
de l'Affemblée du Clergé dans
leur Salle , au nom de la Ville
de Paris. Mrs les Agens les allerent prendre dans l'Eglife ,
où ils attendirent tres - peu de
temps. Ils allerent d'abord
dans le Chœur , où eftant arrivez , ils envoyerent un Officier de Ville avertir. Meffieurs
du Clergé de leur arrivée; auffitôt Mrs les Agens vinrent leur
faire compliment dans le
Choeur, & enfuite ils les meI ij
100 MERCURE
nerent à la Salle de l'Affemblée : Mr l'Evêque de S. Paul
de Leon , & un Abbé du ſecond Ordre vinrent les recevoir à la Porte du Veſtibule ;
& eftant entrez dans la Salle ,
toute l'Aſſemblée fe découvrit , & les falua fans fe lever.
Mr le Prevost des Marchands
s'eftant affis dans un Fauteuil
qui luy avoit efté preparé , &
Mrs les Echevins fur de fimples Chaifes. Et Meffieurs du
Clergé s'eftant alors tous couverts , Mr le Prevoft des Marchands prit la parole, & les harangua avec beaucoup d'élo-
CALANT 101
quence , fur la pureté de leur
doctrine, fur l'integrité de leurs
mœurs, fur leur defintereffement qui leur fait oublier leur
propre intereft pour avoir foin
de celuy des perfonnes qui leur
font confiées , fur leur liberalité envers les pauvres , qu'ils
ont dédommagez avec ufure
des maux dont les menaçoit la
fterilité de la terre : il ajoûta
meſme leurs biens de patrimoine avoient changé leur nature en biens Ecclefiaftiques , pour
Les répandre avec plus de profufion dans lefein des pauvres ,
qu'il ne pouvoit s'empêcher d'ad
que
I iij
102 MERCURE
mirer tant de vertus , quoyque
l'habitude de les avoir femblât
leur dérober la loüange qu'elles
meritoient. Il finit en loüant
leur zele pour Sa Majeſté , à
laquelle ils ne font point difficulté de donner, comme Achimelech à David , les Pains de
propofition qu'il n'eftoit permis qu'aux Preftres de manger,
&
que
file Ciel favorable à
nos
vœux
nous
accordoit
une
heureuſe
paix
, ce feroit
à leurs
prieres
&
à leurs
aumônes
qui
feroient
montées
jufqu'au
Thrône
du
Tout
-puiffant
, auf
quelles
le Royaume
en
auroit
l'obligation
.
GALANT 103
Monfieur le Cardinal de
Noailles répondit en peu de
mots ; mais avec beaucoup de
jufteffe , que le Clergé de France
avoit toûjours efté perfuadé du
refpect de la foumiffion de la
Ville de Paris à fon égard , &
qu'il n'attendoit rien moins de fa
pieté de fon zele , fur tout
lors qu'elle avoit un Chef, dont
il fuffifoit de prononcer le nom ,
pourfaire l'éloge. Mrs de Ville
fe retirerent enfuite , & ils furent reconduits dans le mefme
ordre qu'ils avoient efté reçûs
THEQUE
BIBLIO
7.
DELA
MERCURE 99 VILLE
voft des Marchands acco
gné de Mrs les Echevins , vint
au grand Convent des Auguf
tins complimenter Meffieurs
de l'Affemblée du Clergé dans
leur Salle , au nom de la Ville
de Paris. Mrs les Agens les allerent prendre dans l'Eglife ,
où ils attendirent tres - peu de
temps. Ils allerent d'abord
dans le Chœur , où eftant arrivez , ils envoyerent un Officier de Ville avertir. Meffieurs
du Clergé de leur arrivée; auffitôt Mrs les Agens vinrent leur
faire compliment dans le
Choeur, & enfuite ils les meI ij
100 MERCURE
nerent à la Salle de l'Affemblée : Mr l'Evêque de S. Paul
de Leon , & un Abbé du ſecond Ordre vinrent les recevoir à la Porte du Veſtibule ;
& eftant entrez dans la Salle ,
toute l'Aſſemblée fe découvrit , & les falua fans fe lever.
Mr le Prevost des Marchands
s'eftant affis dans un Fauteuil
qui luy avoit efté preparé , &
Mrs les Echevins fur de fimples Chaifes. Et Meffieurs du
Clergé s'eftant alors tous couverts , Mr le Prevoft des Marchands prit la parole, & les harangua avec beaucoup d'élo-
CALANT 101
quence , fur la pureté de leur
doctrine, fur l'integrité de leurs
mœurs, fur leur defintereffement qui leur fait oublier leur
propre intereft pour avoir foin
de celuy des perfonnes qui leur
font confiées , fur leur liberalité envers les pauvres , qu'ils
ont dédommagez avec ufure
des maux dont les menaçoit la
fterilité de la terre : il ajoûta
meſme leurs biens de patrimoine avoient changé leur nature en biens Ecclefiaftiques , pour
Les répandre avec plus de profufion dans lefein des pauvres ,
qu'il ne pouvoit s'empêcher d'ad
que
I iij
102 MERCURE
mirer tant de vertus , quoyque
l'habitude de les avoir femblât
leur dérober la loüange qu'elles
meritoient. Il finit en loüant
leur zele pour Sa Majeſté , à
laquelle ils ne font point difficulté de donner, comme Achimelech à David , les Pains de
propofition qu'il n'eftoit permis qu'aux Preftres de manger,
&
que
file Ciel favorable à
nos
vœux
nous
accordoit
une
heureuſe
paix
, ce feroit
à leurs
prieres
&
à leurs
aumônes
qui
feroient
montées
jufqu'au
Thrône
du
Tout
-puiffant
, auf
quelles
le Royaume
en
auroit
l'obligation
.
GALANT 103
Monfieur le Cardinal de
Noailles répondit en peu de
mots ; mais avec beaucoup de
jufteffe , que le Clergé de France
avoit toûjours efté perfuadé du
refpect de la foumiffion de la
Ville de Paris à fon égard , &
qu'il n'attendoit rien moins de fa
pieté de fon zele , fur tout
lors qu'elle avoit un Chef, dont
il fuffifoit de prononcer le nom ,
pourfaire l'éloge. Mrs de Ville
fe retirerent enfuite , & ils furent reconduits dans le mefme
ordre qu'ils avoient efté reçûs
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Résumé : Mr le Prevost des Marchands, accompagné de Mrs les Echevins, vient aux grands Augustins faire compliment à Mrs de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
Le 4 du mois, le Prévôt des Marchands et les Échevins se rendirent au couvent des Augustins pour complimenter l'Assemblée du Clergé à Paris. Ils furent accueillis par des agents du Clergé et conduits au chœur, puis à la salle de l'Assemblée. L'évêque de Saint-Paul-de-Léon et un abbé les reçurent à la porte du vestibule. Dans la salle, toute l'Assemblée se découvrit et les salua sans se lever. Le Prévôt des Marchands s'assit dans un fauteuil, tandis que les Échevins prirent des chaises simples. Le Prévôt loua la pureté de la doctrine du Clergé, leur intégrité, leur désintéressement, leur libéralité envers les pauvres et leur gestion des biens patrimoniaux. Il admira leurs vertus et leur zèle pour le roi, comparant leur soutien à celui d'Achimelech envers David. Il espéra que la paix durable était due à leurs prières et aumônes. Le Cardinal de Noailles répondit en affirmant la soumission du Clergé à la Ville de Paris et attendit la même piété et zèle de leur part. Les représentants de la ville se retirèrent ensuite dans le même ordre qu'à leur arrivée.
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2500
p. 97-102
Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
Début :
Quoique mes instances ayent été inutiles, lorsque [...]
Mots clefs :
Barcelone, Camp
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texteReconnaissance textuelle : Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
<Copie d'unei lettre écrite au
camp-devant Barcelonne
le 14.Juin 1714.
Quoique mes instances
ayent été inutiles, lorsque
je fus à Madrid pour rassembler
toutes les trou pes,
les places de guerre, pour
se mettre en état de terminer
l'affaire de Barcelonne; ilparoît aujourd'hui que le
resultat d'un grand conseil
,
de guerre est qu'il faut assembler
,
sans perdre de
temps, toutes les troupes
qu'on pourra,quoique tard,
par les raisonsqu'entraîne
avec elle la longueur de
pareilles affaires, & ouvrir
latranchée. Ce Courierpart
pour porter au Roy nos
sentimens par écrit, & pour
supplierSaMajesté d'envoyer
ses ordres à Meilîeuçs
de Thoy & Valdecanas
,
pour qu'ils nous envoyenc
leurs troupes, après avoir
muni les places. Gonzales
a encore battu un corps de
rebeles proche S. Martin;
cent - cinquante hommes
ont été tuez, quarante prisonniers,&
en les poursuivant
nos gens se sont rendus
maîtres du château de
saint Martin;le Gouverneur
avec les principaux ont été
pendus à la porte,
Le bombardement continuë
assez favorablement;
plus de cinqà six mil maifons
sont déja abattuës:
mais je croy qu'il ne se terminera
pas sans que nous
ayons cinq cens hommes de
suez ou bleffiZ) compris l'af
faire des Capucins. Il paroît
que nous sommes assez
de sentiment,pour que l'atraque
se fasse depuisla
porte neuve jusquau bas-
{Íon du Levant. Si elle s'execute
ainG, tous les travaux
faits pour le bombardement
deviennent inutiles,
&l'on conserveraseulement
les Capucins. if,
Ces jours passez M. de
Verbonne a été blessépar
le feu d'une de nos bombes
: mais ce ne fera rien.
Le même jour, M. de
Grandpré, commandant
l'artillerie, après avoirreridu
compte de cet accident
à M. de.Popoli
, reçut lui
& son valet, en passant vis
à vis la tante d'un vivandier
,
quelques grains de
plomb dune arme qui le
lâcha aussi par malheur..
M. de Ribadeo a aussi été
blene d'une pierre à la tranchée,
mais legerement. Le
Comte de Vignolle,Brigadier
, est en danger de
mort de sa blessure, & depuis
ilest mort. Il êtoitCapitaine
aux GardesEspagnoles.
camp-devant Barcelonne
le 14.Juin 1714.
Quoique mes instances
ayent été inutiles, lorsque
je fus à Madrid pour rassembler
toutes les trou pes,
les places de guerre, pour
se mettre en état de terminer
l'affaire de Barcelonne; ilparoît aujourd'hui que le
resultat d'un grand conseil
,
de guerre est qu'il faut assembler
,
sans perdre de
temps, toutes les troupes
qu'on pourra,quoique tard,
par les raisonsqu'entraîne
avec elle la longueur de
pareilles affaires, & ouvrir
latranchée. Ce Courierpart
pour porter au Roy nos
sentimens par écrit, & pour
supplierSaMajesté d'envoyer
ses ordres à Meilîeuçs
de Thoy & Valdecanas
,
pour qu'ils nous envoyenc
leurs troupes, après avoir
muni les places. Gonzales
a encore battu un corps de
rebeles proche S. Martin;
cent - cinquante hommes
ont été tuez, quarante prisonniers,&
en les poursuivant
nos gens se sont rendus
maîtres du château de
saint Martin;le Gouverneur
avec les principaux ont été
pendus à la porte,
Le bombardement continuë
assez favorablement;
plus de cinqà six mil maifons
sont déja abattuës:
mais je croy qu'il ne se terminera
pas sans que nous
ayons cinq cens hommes de
suez ou bleffiZ) compris l'af
faire des Capucins. Il paroît
que nous sommes assez
de sentiment,pour que l'atraque
se fasse depuisla
porte neuve jusquau bas-
{Íon du Levant. Si elle s'execute
ainG, tous les travaux
faits pour le bombardement
deviennent inutiles,
&l'on conserveraseulement
les Capucins. if,
Ces jours passez M. de
Verbonne a été blessépar
le feu d'une de nos bombes
: mais ce ne fera rien.
Le même jour, M. de
Grandpré, commandant
l'artillerie, après avoirreridu
compte de cet accident
à M. de.Popoli
, reçut lui
& son valet, en passant vis
à vis la tante d'un vivandier
,
quelques grains de
plomb dune arme qui le
lâcha aussi par malheur..
M. de Ribadeo a aussi été
blene d'une pierre à la tranchée,
mais legerement. Le
Comte de Vignolle,Brigadier
, est en danger de
mort de sa blessure, & depuis
ilest mort. Il êtoitCapitaine
aux GardesEspagnoles.
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Résumé : Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
Le 14 juin 1714, une lettre du camp devant Barcelone rapporte l'échec des efforts à Madrid pour rassembler les troupes et les ressources nécessaires pour prendre la ville. Un conseil de guerre a ordonné de réunir rapidement toutes les troupes disponibles pour ouvrir une tranchée. Une demande de renforts supplémentaires de Meilîeuçs de Thoy et Valdecanas a été envoyée au roi après la fortification des places. Gonzales a vaincu des rebelles près de Saint-Martin, capturant le château et exécutant le gouverneur et ses officiers. Le bombardement de Barcelone détruit plus de cinq à six mille maisons, mais nécessite cinq cents hommes supplémentaires de Suez ou Bledfiz pour être achevé. Une attaque depuis la porte neuve jusqu'au bastion du Levant est envisagée, rendant les travaux de bombardement inutiles sauf pour les Capucins. Plusieurs officiers, dont M. de Verbonne, M. de Grandpré, et le Comte de Vignolle, ont été blessés. Le Comte de Vignolle est décédé des suites de ses blessures.
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