Résultats : 14455 texte(s)
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12301
p. 62-63
ENIGME.
Début :
Avant de sçavoir qui je suis, [...]
Mots clefs :
Taupe
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
AVANT de fçavoir qui je ſuis ,
Lecteur , admire en moi la bizarre nature .
J'étois blanche quand je nâquis ,
Enfuite j'ai pallé fans avoir rien acquis ,
A la couleur la plus obfcure.
J'occupe une vafte maiſon ,
Où je fuis fans comparaison
Plus à l'étroit qu'un mort dans la fatale bièrre :
Malgré cela je ne puis guère ,
Lorfque j'ai besoin d'aliment ,
Le prendre qu'en me promenant :
Le travail m'eft héréditaire .
Qui croiroit que dans cet état ,
D'un ruftique mortel j'éxcitaffe l'envie ?
Il en veut fi fort à ma vie ,
Qu'il fe fait de ma mort un triomphe d'éclat ,
Le pis eft que de lui je ne puis me défendre
OCTOBRE. 1763 . 63
Car tel eft mon malheureux fort ,
Que plus je cherche à fuir la mort ,
Plus je travaille à me faire furprendre.
AVANT de fçavoir qui je ſuis ,
Lecteur , admire en moi la bizarre nature .
J'étois blanche quand je nâquis ,
Enfuite j'ai pallé fans avoir rien acquis ,
A la couleur la plus obfcure.
J'occupe une vafte maiſon ,
Où je fuis fans comparaison
Plus à l'étroit qu'un mort dans la fatale bièrre :
Malgré cela je ne puis guère ,
Lorfque j'ai besoin d'aliment ,
Le prendre qu'en me promenant :
Le travail m'eft héréditaire .
Qui croiroit que dans cet état ,
D'un ruftique mortel j'éxcitaffe l'envie ?
Il en veut fi fort à ma vie ,
Qu'il fe fait de ma mort un triomphe d'éclat ,
Le pis eft que de lui je ne puis me défendre
OCTOBRE. 1763 . 63
Car tel eft mon malheureux fort ,
Que plus je cherche à fuir la mort ,
Plus je travaille à me faire furprendre.
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12302
p. 63
AUTRE.
Début :
L'histoire au prix de nous, découvre peu de chose ; [...]
Mots clefs :
Lunettes
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
nous > L'HISTOI 'HISTOIRE au prix
de découvre peu da
chofe ;
Nous en faifons voir beaucoup plus.
Notre place toujours eſt d'avoir le deſſus ;
Et le feul piedeſtal fur lequel on nous poſe ,
Ne fe donneroit pas pour cinq cèns mille écus.
Incommode toujours à ceux que nous fervons
On les voit nous ôter & bientôt nous reniettre.
Notre folide corps qu'aifément on pénétre ,
Peut fervir à tout Séxe en toutes les Saifons.
nous > L'HISTOI 'HISTOIRE au prix
de découvre peu da
chofe ;
Nous en faifons voir beaucoup plus.
Notre place toujours eſt d'avoir le deſſus ;
Et le feul piedeſtal fur lequel on nous poſe ,
Ne fe donneroit pas pour cinq cèns mille écus.
Incommode toujours à ceux que nous fervons
On les voit nous ôter & bientôt nous reniettre.
Notre folide corps qu'aifément on pénétre ,
Peut fervir à tout Séxe en toutes les Saifons.
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12303
p. 66-67
L'HEUREUX LARCIN. AIR : Jusques dans la moindre chose.
Début :
LA jeune & tendre Lisette, [...]
Mots clefs :
Amour, Larcin, Berger, Bouquet, Craintes, Bergère
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texteReconnaissance textuelle : L'HEUREUX LARCIN. AIR : Jusques dans la moindre chose.
L'HEUREUX LARCIN.
AIR : Jufques dans la moindre chofe,
LAA jeune & tendre Liſette
Dormoit feule en un bosquet.
Colin , qui de loin la guette ,
Veut dérober fon bouquet .
L'Amour le guide & l'infpire ;
Tour favorile fes voeux.
Life s'éveille , & fcupire ....
Le Berger étoit heureux .
Mineur.
C'est donc en vain , dit la Belle ,
Que j'ai cru juſqu'à ce jour ,
Oppofer un coeur rebelle
Aux piéges que tend l'Amour ?
I
OCTOBRE. 1763.
67
Quoique nos craintes préſagent ,
C'eſt un plaifir d'y tomber....
Les vrais Amans le partagent ;
Falloit-il le dérober ?
Majeur.
Pardon , charmante Bergère !
Pardon s'écria Colin ,
Si ma flâme téméraire
T'a fait un fi doux larcin .
Ce que l'Amour m'a fait prendre ,
Si tu doutois de ma foi ,
Je fuis prêt de te le rendre ,
Pour ne le devoir qu'à toi.
D. L. P..
AIR : Jufques dans la moindre chofe,
LAA jeune & tendre Liſette
Dormoit feule en un bosquet.
Colin , qui de loin la guette ,
Veut dérober fon bouquet .
L'Amour le guide & l'infpire ;
Tour favorile fes voeux.
Life s'éveille , & fcupire ....
Le Berger étoit heureux .
Mineur.
C'est donc en vain , dit la Belle ,
Que j'ai cru juſqu'à ce jour ,
Oppofer un coeur rebelle
Aux piéges que tend l'Amour ?
I
OCTOBRE. 1763.
67
Quoique nos craintes préſagent ,
C'eſt un plaifir d'y tomber....
Les vrais Amans le partagent ;
Falloit-il le dérober ?
Majeur.
Pardon , charmante Bergère !
Pardon s'écria Colin ,
Si ma flâme téméraire
T'a fait un fi doux larcin .
Ce que l'Amour m'a fait prendre ,
Si tu doutois de ma foi ,
Je fuis prêt de te le rendre ,
Pour ne le devoir qu'à toi.
D. L. P..
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12304
p. 91-100
POÉTIQUE Françoise, par M. MARMONTEL. A Paris, chez l'Esclapart, Libraire, quai de Gêvres, 1763. 3 vol. in-8°. Avec Approbation & Privilége du Roi.
Début :
AVANT que M. Marmontel publiât cette nouvelle Poëtique, une infinité [...]
Mots clefs :
Poésie, Poétique, Action, Vaisseau, Sentiment, Couleurs, Écrivains
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texteReconnaissance textuelle : POÉTIQUE Françoise, par M. MARMONTEL. A Paris, chez l'Esclapart, Libraire, quai de Gêvres, 1763. 3 vol. in-8°. Avec Approbation & Privilége du Roi.
POÉTIQUE Françoife , par M. MARMONTEL
. A Paris , chez l'Eſclapart
, Libraire, quai de Gevres, 1763.
3 vol. in-8°. Avec Approbation &
Privilége du Roi,
AVANT VANT que M. Marmontel publiât
cette nouvelle Poëtique , une infinité
d'Ecrivains nous avoient déja donné
des préceptes pour tous les genres de
Littérature , & fpécialement pour les
ouvrages de Poefie . Mais ce qui doir
étonner, c'eft la diverfité d'opinions qui
divife la plupart de ces Auteurs ; à peine
en trouve-ton deux du même fentiment
fur la même matière ; & le Lecteur fur
pris à la vue de cette foule prodigieufe
de principes & de régles qui fe contredifent
& fe combattent , refte dans
l'indécifion , & ne fçait à quoi s'en te →
nir. M. Marmontel ne s'accorde pas
mieux avec les Ecrivains qui ont cous
ru avant lui la même carrière ; & dès
l'Avant-propos on s'apperçoit que ni
leur nombre , ni leur réputation ne font
capables de lui en impofer . Ariftote, Horace
, le Taffe , Vida , Caftelvetro, Gra2
MERCURE DE FRANCE.
vina , Scaliger, d' Aubignac , le Boffu ,
Dacier, Corneille , Boileau , la Mothe
& c ; tous ces grands noms ne l'ont
point ébloui ; il a voulu voir avec fes
yeux , & juger d'après lui - même. La raifon
, le fentiment , la nature , vo là fes
grandes autorités. A l'égard des Ecrivains
que nous venons de nommer , il
n'y en a aucun qu'il ait dû croire infaillible.
Il a donc pu fuivre des fentimens
différens , que nous n'entreprendrons ni
de juftifier ni de combattre. Ce n'eft
point une differtation , mais l'analyſe de
fon Livre que nos Lecteurs attendent
de nous. Nous aurions même à nous
reprocher de l'avoir fait attendre trop
longtemps , fi la foule des Ouvrages an
térieurs n'avoit rempli dans notre Mercure
l'efpace deſtiné aux Extraits des
Livres nouveaux . Nous allons nous occuper
préfentement d'un devoir d'autant
plus agréable , que nous aurons
occafion d'y revenir plus d'une fois , &
que nous espérons d'en tirer pour nousmêmes
beaucoup de fruit.
On a vu par le titre , que la Poëtique
de M. Marmontel eft diftribuée en trois
volumes ; chaque volume eſt diviſé en
plufieurs Chapitres . Dans le premier
l'Auteur traite de la Poëfie en général
OCTOBRE . 1763. 93
C'eft peu , dit-il , de rappeller fon ob-
» jet à l'efprit , comme l'Eloquence &
» l'Hiſtoire ; la Poëfie le préfente à l'imagination
avec fes traits & fes cou-
» leurs , comme feroit un excellent Ta-
» bleau .... La Peinture faifit fon objet
» en action , mais ne le repréfente qu'en
» repos ; au lieu qu'en Poëfie l'imitation
» eft progreffive , & auffi rapide que
» l'action même . La Poëfie n'est donc
» pas le tableau , mais le miroir de la
» Nature . Dans un miroir même , les
» objets fe fuccédent & s'effacent l'un
» l'autre ; la Poëfie eft comme un fleu-
» ve qui ferpente dans les campagnes ,
» & qui dans fon cours répéte à la fois
» tous les objets répandus fur fes bords.
» Il y a plus , cet efpace que parcourt
» la Poëfie eft dans l'étendue fucceffi-
» ve , comme dans l'étendue permanen-
» te. Ainfi le même vers préfente à l'ef-
» prit deux images incompatibles , les
» étoiles & l'aurore, le préfent & le paffé.
"
La pourpre de l'aurore effaçoit les étoiles.
Jamque rubefcebat ftellis aurora fugatis.
» Dans les exemples du tableau , du
miroir & du fleuve on ne voit >
94 MERCURE DE FRANCE,
1.
qu'une furface ; la Poëfie tourne autour
de fon objet comme la Sculpture , &
» le repréſente dans tous les fens . Elle
fait plus que répéter l'image & l'action
des objets. Cette imitation fidé
» le & fervile , quelque talent , quelque
» foin qu'elle exige , eft fa partie la
» moins eftimable . La Poëfie invente &
» compofe ; elle choifit & place fes
» modéles , arrange & combine elle-
» même tous les traits dont elle a fait
choix , ofe corriger la Nature dans
"> les détails & dans l'enſemble , donne
" de la vie & de l'âme aux corps , une
» forme & des couleurs aux pensées ,
» étend les limites des chofes , & fe fait
» un nouvel Univers .
Mais la Poëfie ne peint pas uniquement
des objets matériels & Phyfiques,
Elle pénétre au fond de l'âme , dit M.
Marmontel , & en expofe à nos yeux
tous les replis. Ni les douces gradations
du fentiment , ni les violens accès de la
paffion ne lui échappent, Le degré d'élévation
& de fenfibilité , d'énergie &
de reffort , de chaleur & d'activité qui
varie & diftingue les caractères à l'infini,
toutes ces qualités & ces qualités oppofées
font exprimées par la Poëfie ; elle
à mille couleurs pour diftinguer toutes
1
OCTOBRE. 1763. 95
ces nuances. Elle compofe des âmes ,
comme la Peinture imagine des corps.
Les perfonnages ainfi formés , elle les
oppofe & les met en action ; action plus
vive & plus touchante que la Peinture
ne peut l'exprimer. Action variée dans
fon unité , foutenue dans fa durée , &
fans ceffe animée dans fes progrès par
des obftacles & des combats,
Après avoir ainfi défini ou expliqué,
la Poëfie par fes effets , l'Auteur entre
dans la fameufe queftion , fi l'harmonie
des vers eft une partie effentielle de la
Poëfie ? M. de Voltaire , comme on
fçait, eft pour l'affirmative , & refufe
fur ce fondement le nom de Poëme au
Roman de Télémaque , & à tout Ouyrage
en Profe où , aux vers près , on
trouve d'ailleurs tous les charmes de la
Poefie, M. Marmontel penfe le contraire.
Suppofons , dit- il , que les belles Scènes
d'Euripide & de Sophocle ' , que
» les morceaux fublimes d'Homère &
» de Milton n'ayent jamais été qu'en
" profe éloquente & harmonieufe ; qui
ofera dire que ce n'eft point de la
» Poëfie , & qu'un ouvrage de ce ſtyle,
» rempli de pareilles beautés , ne méri
» teroit pas le nom de Pocme ?
J
Cette queftion agitée autrefois entre
96 MERCURE DE FRANCE .
M. de la Mothe & M. de Voltaire , &
ingénieufement difcutée dans cette Poëtique
par M. Marmontel , ne nous pa
roît pas encore entièrement décidée.
Une autre queftion fur laquelle l'Auteur
paffe plus légèrement , regarde la
fiction. Eft-elle de l'effence de la Poëfie
? C'eft demander , répond M. Marmontel
, fi la nature , dans la réalité
, n'eſt jamais affez belle , affez touchante
, pour être peinte fans ornement
? La queftion réduite à cette fimplicité
, n'eft pas difficile à réfoudre ,
ajoute l'Auteur. Le don de feindre
» eft un talent effentiel au Poëte , par
la raifon qu'il peut à chaque inſtant
avoir befoin d'embellir fon objet.
» Mais la fiction n'eft pas effentielle à
» la Poëfie , par la raifon que l'objet
qu'elle imite peut être affez beau en
» lui-même , pour n'avoir pas befoin
» d'être orné .... Celui qui le premier a
» imaginé que le Soleil en fe plongeant
» dans l'onde , alloit fe plonger dans
» le fein de Thétis après avoir rempli
» fa carrière , a eu fans doute une idée
""
K
très-poëtique. Mais celui qui avec les
» couleurs de la nature auroit peint le
» premier le Soleil couchant , à demi
→ plongé dans des nuages d'or & de
» pourpre ,
OCTOBRE . 1763. 97
" pourpre , & laiffant voir . encore au-
» deffus de fes nuages enflammés la
" moitié de fon globe ; celui qui au-
" roit exprimé les accidens de fa lu-
» mière fur le fommet des montagnes,
» & le jeu de fes rayons à travers le
» feuillage des fôrets , tantôt imitant
» les couleurs de l'Arc-en- Ciel , tan-
» tôt les flammes d'un incendie ; celui
-là , je crois , auroit pû dire auflì :
» je fuis Poëte.
"
Il eft vrai , dit M. Marmontel , qu'un
Poëme dont l'action l'intrigue , les
caractères font de pure invention , fans
être plus beau . que celui qui repréfente
une action réelle & des perfonnages
connus , aura pourtant fur ce dernier ,
l'avantage du génie créateur fur le génie
imitateur ; mais ce mérite , tout recommandable
qu'il eft , n'eft point ef
fentiel à la Poëfie.
L'Auteur fait une troifiéme queſtion
avant que de finir ce premier Article.
Quelle eft la fin de la Poëfie ? En général
c'eft le plaifir ; ce qui n'empêche
pourtant pas que le Poëte ne puiffe s'élever
au rang des bienfaiteurs de l'humanité.
Dans le fecond Chapitre M. Mar
montel parcourt & définit les divers ta◄
II, Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
lens du Poëte , les diverfes facultés de
P'âme , telles que l'efprit , l'imagination
& le fentiment ; il indique le parti
qu'on peut tirer de chacune de ces
facultés pour les différens genres de
Poëfie. Quelquefois l'Auteur joint l'exemple
au précepte ; & lorfqu'il entreprend
de faire voir combien le travail
& une méditation profonde peuvent
faire faifir de détails finguliers & intéreffans
dans les fujets les plus rebattus
il donne lui- même la defcription
d'une tempête qu'on verra ici avec
plaifir.
,
» Vous avez à peindre un vaiffeau
» battu par la tempête & fur le point
» de faire naufrage. D'abord ce tableau
» ne fe préfente à votre penfée que dans
» un lointain qui l'efface : mais voulez-
» vous qu'il vous foit plus préfent ?
» parcourez des yeux de l'efprit les par-
» ties qui le compofent. Dans l'air ,
dans les eaux , dans le vaiffeau même
» voyez ce qui doit fe paffer. Dans l'air,
» des vents mutinés qui fe combattent
» des nuages qui éclipfent le jour , qui
» fe confondent , & qui de leurs flancs
» fillonnés d'éclairs , vomiffent la fou-
» dre avec un bruit horrible. Dans les
> eaux , les vagues écumantes qui s'éOCTOBRE.
1763. 99
» lévent juſqu'aux nues , es lames polies
comme des glaces qui réfléchif-
» fent les feux du foleil , des montagnes
» d'eau fufpendues fur les abîmes qui
» les féparent , ces abîmes où le vaif-
» feau paroît s'engloutir , & d'où il s'é-
» lance fur la cime des flots . Vers la
» terre , des rochers aigus où la mer va
» ſe brifer en mugiffant , & qui préfen-
» tent aux yeux des Nochers les débris
» récents d'un naufrage , augure ef-
» frayant de leur fort . Dans le vaiffeau,
» les antènnes qui fléchiffent fous l'ef-
» fort des voiles , les mâts qui crient &
» fe rompent , les flancs même du vaiſ-
» feau qui gémiffent battus par les va-
» gues , & menacent de s'entr'ouvrir.
» Un Pilote éperdu , dont l'art épuisé
fuccombe & fait place au défefpoir ,
» des matelots accablés d'un travail
» inutile , & qui fufpendus aux corda-
» ges , demandent au Ciel avec des cris
» lamentables , de feconder leurs der-
» niers efforts ; un héros qui les en-
» courage , & qui tâche de leur infpirer
la confiance qu'il n'a plus. Vou-
» lez-vous rendre ce tableau plus touw.
chant & plus terrible encore ? Sup-
» pofez dans le vaiffeau un père avec
» fon fils unique , des époux , des amans
E ij
100 MERCURE DE FRANCE .
qui s'adorent , qui s'embraffent & qui
» fe difent nous allons périr. Il dépend
» de vous de faire de ce vaiffeau le
" Théâtre des paffions , & de mouvoir
» avec cette machine tous les refforts
les plus puiffans de la terreur & de la
pitié.
A ce talent de rapprocher ainfi les
circonstances , & de raffembler des détails
qui font épars , M. Marmontel veut
que le Poëte ajoute un autre talent plus
précieux encore'; c'eft celui de s'oublier
foi-même , de fe mettre à la place du
perfonnage que l'on veut peindre, d'en
revêtir le caractère , d'en prendre les
inclinations , les intérêrs , les fentimens ;
de le faire agir comme il agiroit , & de
s'exprimer fous fon nom comme il s'exprimeroit
lui-même. Ce talent fuppofe
une fenfibilité , une foupleffe , une activité
dans l'âme , que la Nature feule
peut donner ; & c'eft ce que l'Auteur
appelle ici le fentiment qui conduit à
l'enthoufiafme . Les autres talens du Poëte
font une oreille délicate & jufte , un
goût für & éclairé. Mais cette dernière.
qualité eft le fruit des études du Poëte ,
qui font la matière du troifiéme Article.
Lafuite au Mercure prochain.
. A Paris , chez l'Eſclapart
, Libraire, quai de Gevres, 1763.
3 vol. in-8°. Avec Approbation &
Privilége du Roi,
AVANT VANT que M. Marmontel publiât
cette nouvelle Poëtique , une infinité
d'Ecrivains nous avoient déja donné
des préceptes pour tous les genres de
Littérature , & fpécialement pour les
ouvrages de Poefie . Mais ce qui doir
étonner, c'eft la diverfité d'opinions qui
divife la plupart de ces Auteurs ; à peine
en trouve-ton deux du même fentiment
fur la même matière ; & le Lecteur fur
pris à la vue de cette foule prodigieufe
de principes & de régles qui fe contredifent
& fe combattent , refte dans
l'indécifion , & ne fçait à quoi s'en te →
nir. M. Marmontel ne s'accorde pas
mieux avec les Ecrivains qui ont cous
ru avant lui la même carrière ; & dès
l'Avant-propos on s'apperçoit que ni
leur nombre , ni leur réputation ne font
capables de lui en impofer . Ariftote, Horace
, le Taffe , Vida , Caftelvetro, Gra2
MERCURE DE FRANCE.
vina , Scaliger, d' Aubignac , le Boffu ,
Dacier, Corneille , Boileau , la Mothe
& c ; tous ces grands noms ne l'ont
point ébloui ; il a voulu voir avec fes
yeux , & juger d'après lui - même. La raifon
, le fentiment , la nature , vo là fes
grandes autorités. A l'égard des Ecrivains
que nous venons de nommer , il
n'y en a aucun qu'il ait dû croire infaillible.
Il a donc pu fuivre des fentimens
différens , que nous n'entreprendrons ni
de juftifier ni de combattre. Ce n'eft
point une differtation , mais l'analyſe de
fon Livre que nos Lecteurs attendent
de nous. Nous aurions même à nous
reprocher de l'avoir fait attendre trop
longtemps , fi la foule des Ouvrages an
térieurs n'avoit rempli dans notre Mercure
l'efpace deſtiné aux Extraits des
Livres nouveaux . Nous allons nous occuper
préfentement d'un devoir d'autant
plus agréable , que nous aurons
occafion d'y revenir plus d'une fois , &
que nous espérons d'en tirer pour nousmêmes
beaucoup de fruit.
On a vu par le titre , que la Poëtique
de M. Marmontel eft diftribuée en trois
volumes ; chaque volume eſt diviſé en
plufieurs Chapitres . Dans le premier
l'Auteur traite de la Poëfie en général
OCTOBRE . 1763. 93
C'eft peu , dit-il , de rappeller fon ob-
» jet à l'efprit , comme l'Eloquence &
» l'Hiſtoire ; la Poëfie le préfente à l'imagination
avec fes traits & fes cou-
» leurs , comme feroit un excellent Ta-
» bleau .... La Peinture faifit fon objet
» en action , mais ne le repréfente qu'en
» repos ; au lieu qu'en Poëfie l'imitation
» eft progreffive , & auffi rapide que
» l'action même . La Poëfie n'est donc
» pas le tableau , mais le miroir de la
» Nature . Dans un miroir même , les
» objets fe fuccédent & s'effacent l'un
» l'autre ; la Poëfie eft comme un fleu-
» ve qui ferpente dans les campagnes ,
» & qui dans fon cours répéte à la fois
» tous les objets répandus fur fes bords.
» Il y a plus , cet efpace que parcourt
» la Poëfie eft dans l'étendue fucceffi-
» ve , comme dans l'étendue permanen-
» te. Ainfi le même vers préfente à l'ef-
» prit deux images incompatibles , les
» étoiles & l'aurore, le préfent & le paffé.
"
La pourpre de l'aurore effaçoit les étoiles.
Jamque rubefcebat ftellis aurora fugatis.
» Dans les exemples du tableau , du
miroir & du fleuve on ne voit >
94 MERCURE DE FRANCE,
1.
qu'une furface ; la Poëfie tourne autour
de fon objet comme la Sculpture , &
» le repréſente dans tous les fens . Elle
fait plus que répéter l'image & l'action
des objets. Cette imitation fidé
» le & fervile , quelque talent , quelque
» foin qu'elle exige , eft fa partie la
» moins eftimable . La Poëfie invente &
» compofe ; elle choifit & place fes
» modéles , arrange & combine elle-
» même tous les traits dont elle a fait
choix , ofe corriger la Nature dans
"> les détails & dans l'enſemble , donne
" de la vie & de l'âme aux corps , une
» forme & des couleurs aux pensées ,
» étend les limites des chofes , & fe fait
» un nouvel Univers .
Mais la Poëfie ne peint pas uniquement
des objets matériels & Phyfiques,
Elle pénétre au fond de l'âme , dit M.
Marmontel , & en expofe à nos yeux
tous les replis. Ni les douces gradations
du fentiment , ni les violens accès de la
paffion ne lui échappent, Le degré d'élévation
& de fenfibilité , d'énergie &
de reffort , de chaleur & d'activité qui
varie & diftingue les caractères à l'infini,
toutes ces qualités & ces qualités oppofées
font exprimées par la Poëfie ; elle
à mille couleurs pour diftinguer toutes
1
OCTOBRE. 1763. 95
ces nuances. Elle compofe des âmes ,
comme la Peinture imagine des corps.
Les perfonnages ainfi formés , elle les
oppofe & les met en action ; action plus
vive & plus touchante que la Peinture
ne peut l'exprimer. Action variée dans
fon unité , foutenue dans fa durée , &
fans ceffe animée dans fes progrès par
des obftacles & des combats,
Après avoir ainfi défini ou expliqué,
la Poëfie par fes effets , l'Auteur entre
dans la fameufe queftion , fi l'harmonie
des vers eft une partie effentielle de la
Poëfie ? M. de Voltaire , comme on
fçait, eft pour l'affirmative , & refufe
fur ce fondement le nom de Poëme au
Roman de Télémaque , & à tout Ouyrage
en Profe où , aux vers près , on
trouve d'ailleurs tous les charmes de la
Poefie, M. Marmontel penfe le contraire.
Suppofons , dit- il , que les belles Scènes
d'Euripide & de Sophocle ' , que
» les morceaux fublimes d'Homère &
» de Milton n'ayent jamais été qu'en
" profe éloquente & harmonieufe ; qui
ofera dire que ce n'eft point de la
» Poëfie , & qu'un ouvrage de ce ſtyle,
» rempli de pareilles beautés , ne méri
» teroit pas le nom de Pocme ?
J
Cette queftion agitée autrefois entre
96 MERCURE DE FRANCE .
M. de la Mothe & M. de Voltaire , &
ingénieufement difcutée dans cette Poëtique
par M. Marmontel , ne nous pa
roît pas encore entièrement décidée.
Une autre queftion fur laquelle l'Auteur
paffe plus légèrement , regarde la
fiction. Eft-elle de l'effence de la Poëfie
? C'eft demander , répond M. Marmontel
, fi la nature , dans la réalité
, n'eſt jamais affez belle , affez touchante
, pour être peinte fans ornement
? La queftion réduite à cette fimplicité
, n'eft pas difficile à réfoudre ,
ajoute l'Auteur. Le don de feindre
» eft un talent effentiel au Poëte , par
la raifon qu'il peut à chaque inſtant
avoir befoin d'embellir fon objet.
» Mais la fiction n'eft pas effentielle à
» la Poëfie , par la raifon que l'objet
qu'elle imite peut être affez beau en
» lui-même , pour n'avoir pas befoin
» d'être orné .... Celui qui le premier a
» imaginé que le Soleil en fe plongeant
» dans l'onde , alloit fe plonger dans
» le fein de Thétis après avoir rempli
» fa carrière , a eu fans doute une idée
""
K
très-poëtique. Mais celui qui avec les
» couleurs de la nature auroit peint le
» premier le Soleil couchant , à demi
→ plongé dans des nuages d'or & de
» pourpre ,
OCTOBRE . 1763. 97
" pourpre , & laiffant voir . encore au-
» deffus de fes nuages enflammés la
" moitié de fon globe ; celui qui au-
" roit exprimé les accidens de fa lu-
» mière fur le fommet des montagnes,
» & le jeu de fes rayons à travers le
» feuillage des fôrets , tantôt imitant
» les couleurs de l'Arc-en- Ciel , tan-
» tôt les flammes d'un incendie ; celui
-là , je crois , auroit pû dire auflì :
» je fuis Poëte.
"
Il eft vrai , dit M. Marmontel , qu'un
Poëme dont l'action l'intrigue , les
caractères font de pure invention , fans
être plus beau . que celui qui repréfente
une action réelle & des perfonnages
connus , aura pourtant fur ce dernier ,
l'avantage du génie créateur fur le génie
imitateur ; mais ce mérite , tout recommandable
qu'il eft , n'eft point ef
fentiel à la Poëfie.
L'Auteur fait une troifiéme queſtion
avant que de finir ce premier Article.
Quelle eft la fin de la Poëfie ? En général
c'eft le plaifir ; ce qui n'empêche
pourtant pas que le Poëte ne puiffe s'élever
au rang des bienfaiteurs de l'humanité.
Dans le fecond Chapitre M. Mar
montel parcourt & définit les divers ta◄
II, Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
lens du Poëte , les diverfes facultés de
P'âme , telles que l'efprit , l'imagination
& le fentiment ; il indique le parti
qu'on peut tirer de chacune de ces
facultés pour les différens genres de
Poëfie. Quelquefois l'Auteur joint l'exemple
au précepte ; & lorfqu'il entreprend
de faire voir combien le travail
& une méditation profonde peuvent
faire faifir de détails finguliers & intéreffans
dans les fujets les plus rebattus
il donne lui- même la defcription
d'une tempête qu'on verra ici avec
plaifir.
,
» Vous avez à peindre un vaiffeau
» battu par la tempête & fur le point
» de faire naufrage. D'abord ce tableau
» ne fe préfente à votre penfée que dans
» un lointain qui l'efface : mais voulez-
» vous qu'il vous foit plus préfent ?
» parcourez des yeux de l'efprit les par-
» ties qui le compofent. Dans l'air ,
dans les eaux , dans le vaiffeau même
» voyez ce qui doit fe paffer. Dans l'air,
» des vents mutinés qui fe combattent
» des nuages qui éclipfent le jour , qui
» fe confondent , & qui de leurs flancs
» fillonnés d'éclairs , vomiffent la fou-
» dre avec un bruit horrible. Dans les
> eaux , les vagues écumantes qui s'éOCTOBRE.
1763. 99
» lévent juſqu'aux nues , es lames polies
comme des glaces qui réfléchif-
» fent les feux du foleil , des montagnes
» d'eau fufpendues fur les abîmes qui
» les féparent , ces abîmes où le vaif-
» feau paroît s'engloutir , & d'où il s'é-
» lance fur la cime des flots . Vers la
» terre , des rochers aigus où la mer va
» ſe brifer en mugiffant , & qui préfen-
» tent aux yeux des Nochers les débris
» récents d'un naufrage , augure ef-
» frayant de leur fort . Dans le vaiffeau,
» les antènnes qui fléchiffent fous l'ef-
» fort des voiles , les mâts qui crient &
» fe rompent , les flancs même du vaiſ-
» feau qui gémiffent battus par les va-
» gues , & menacent de s'entr'ouvrir.
» Un Pilote éperdu , dont l'art épuisé
fuccombe & fait place au défefpoir ,
» des matelots accablés d'un travail
» inutile , & qui fufpendus aux corda-
» ges , demandent au Ciel avec des cris
» lamentables , de feconder leurs der-
» niers efforts ; un héros qui les en-
» courage , & qui tâche de leur infpirer
la confiance qu'il n'a plus. Vou-
» lez-vous rendre ce tableau plus touw.
chant & plus terrible encore ? Sup-
» pofez dans le vaiffeau un père avec
» fon fils unique , des époux , des amans
E ij
100 MERCURE DE FRANCE .
qui s'adorent , qui s'embraffent & qui
» fe difent nous allons périr. Il dépend
» de vous de faire de ce vaiffeau le
" Théâtre des paffions , & de mouvoir
» avec cette machine tous les refforts
les plus puiffans de la terreur & de la
pitié.
A ce talent de rapprocher ainfi les
circonstances , & de raffembler des détails
qui font épars , M. Marmontel veut
que le Poëte ajoute un autre talent plus
précieux encore'; c'eft celui de s'oublier
foi-même , de fe mettre à la place du
perfonnage que l'on veut peindre, d'en
revêtir le caractère , d'en prendre les
inclinations , les intérêrs , les fentimens ;
de le faire agir comme il agiroit , & de
s'exprimer fous fon nom comme il s'exprimeroit
lui-même. Ce talent fuppofe
une fenfibilité , une foupleffe , une activité
dans l'âme , que la Nature feule
peut donner ; & c'eft ce que l'Auteur
appelle ici le fentiment qui conduit à
l'enthoufiafme . Les autres talens du Poëte
font une oreille délicate & jufte , un
goût für & éclairé. Mais cette dernière.
qualité eft le fruit des études du Poëte ,
qui font la matière du troifiéme Article.
Lafuite au Mercure prochain.
Fermer
12305
p. 101-105
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ŒUVRES DU PHILOSOPHE BIENFAISANT. 4. volumes in-8°. Paris, [...]
Mots clefs :
Libraire, Édition, Ouvrage, Annonces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
OEUVRES DU PHILOSOPHE BIENFAISANT.
4. volumes in - 8 °. Paris
1763. Chez Cailleau , Libraire , rue S.
Jacques. Belle Edition , tant pour le papier
que pour le caractère .
En attendant que nous puiffions entrer
dans un plus grand détail fur un ouvrage
qui fait d'autant plus d'honneur à
l'humanité , que le très-illuftre & en
effet très - bienfaifant Auteur étoit né
pour lui dicter des Loix plutôt que pour
l'inftruire , nous ne pouvons probable
ment mieux faire que de rapporter fur
ce fujet ce que dit l'Editeur au commencement
de fa Préface.
Je me fuis propofé de donner au Public
tout ce que j'ai pû recueillir des ou
vrages du Roi STANISLAS ; j'ofe les
mettre au jour fans fon aveu , mais avec
d'autant plus de confiance , qu'il n'en
eft aucun qui ne puiffe contribuer à fa
gloire & à ce qu'il aime furement plus
que fa gloire , au progrès de la Religion
& des bonnes moeurs. Je regarde tout
ce qui eft forti defa plume , comme un
bien qui appartient à tous les hommes
E jij
102 MERCURE DE FRANCE,
capables de le goûter ; & fi je ne me
trompe , il en doit être des richeffes de
fon coeur & de fon efprit , comme de
celles qu'il ne ceffe de répandre fur tous
les malheureux dont il peut feulement
foupçonner l'indigence. Ces Ouvrages
font d'autant plus précieux qu'ils ne
viennent point de l'éffort obſtiné d'un
Littérateur qui , pour fe faire un nom ,
ou pour donner un foupçon de fon
exiſtence , s'agite péniblement dans le
tourbillon étroit de fa fphère , confond
le travail avec le génie , veut penfer audelà
de fes lumières , & ne peut d'ordinaire
autre chofe , que remplacer la
Nature par l'Art , embellir des riens , &
mettre des mots au lieu de chofès. Ceux
que je donne ici n'ont aucun air de travail
; ce font des plantes qui ont cru d'el
les-mêmes , & qui ne doivent leurs fleurs.
& leurs fruits qu'à la vigueur du terrain
où elles fe font trouvé dépofées. Ces
productions , fi je puis parler ainfi
font venues toutes faites ; elles font
tombées fans éffort du génie qui , fans
le vouloir , les a fait éclore. Aúffi n'y
voit-on ni apprêt , ni fard , ni enluminu⚫
ni prétention. Avec de l'élévation ,
de la force , de l'ordre & du choix , on
n'y apperçoit qu'une prééminence de
2.
OCTOBRE. 1763 . 103
bon fens & de Raiſon , qui fait oublier
celui qui écrit , pour ne ' s'occuper que
de la vérité des objets qu'il expoſe .
VOYAGE à la Martinique , contenant
diverfes obfervations fur la Phyfique
, l'Hiftoire Naturelle , l'Agriculture
, les moeurs & les ufages de cette
Ifle , faites en 1951 & dans les années
fuivantes. Lu à l'Académie Royale des
Sciences de Paris en 1761. Par M. Thibault
de Chanvalon. In - 4°. Paris, 1763.
Chez Cl. J. B. Bauche , Libraire , quai
des Auguftins , à Ste Géneviéve , & à
S. Jean dans le Défert.
MAISON RUSTIQUE à l'afage des
habitans de la Partie de la France
Equinoxiale , connue fous le nom de
Cayenne. Par M. Préfontaine , ancien
habitant , Chevalier de l'Ordre de S.
Louis , Commandant de la partie du
Nord de la Guyane. In - 8°. Paris
1763. Chez le même Libraire.
DICTIONNAIRE GALIBI ( ou des
Sauvages de la Cayenne ) préfenté fous
deux formes. 1 °. commençant par le
mot François ; 2°. par le mot Galibi.
Précédé d'un Effai de Grammaire. Par
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
M. D. L. S. in-8 ° . Paris , 1763. Chez
le même.
AMUSEMENS Philofophiques fur diverfes
Parties des Sciences , & principalement
de la Phyfique & des Mathématiques.
Par le Père Bonaventure Abat
Cordelier de l'Obfervance, Affocié de
l'Académie Royale des Belles - Lettres
de Barcelone . In 8° . Amfterdam, 1763 ;
& fe vend à Marſeille , chez Jean Moffy ,
à la Canebière.
AVIS AU PEUPLE fur fa fanté , ou
Traité des maladies les plus fréquentes.
Par M. Tillot , Médecin , Membre des
Sociétés de Londres & de Bâle , & c . Seconde
Edition augmentée fur la derniè
re de l'Auteur , de la defcription & de la
cure de plufieurs maladies , & principalement
de celles qui demandent de
prompts fecours. Ouvrage composé en
faveur des habitans de la campagne, du
Peuple des Villes , & de tous ceux qui
ne peuvent avoir facilement des Médecins.
2 vol. in - 12 . Paris , 1763. Aux
dépens de P. Fr. Didot le jeune , quai
des Auguftins , à S. Auguftin . Prix
2 liv. 10 f. brochés ; reliés en un feul
volume , 3 liv. Si la première Edition.
OCTOBRE. 1763 , 105
de cet Ouvrage , quoique nombreuſe , a
été enlevée en moins d'un an , que
ne doit-on pas augurer de celle- ci qui
eft en effet revue & confidérablement
augmentée ?
AVIS fur l'inoculation de la petite
Vérole . Brochure in- 12 . Chez Didot le
jeune , quai des Auguſtins . Prix , 12 f.
OEUVRES DU PHILOSOPHE BIENFAISANT.
4. volumes in - 8 °. Paris
1763. Chez Cailleau , Libraire , rue S.
Jacques. Belle Edition , tant pour le papier
que pour le caractère .
En attendant que nous puiffions entrer
dans un plus grand détail fur un ouvrage
qui fait d'autant plus d'honneur à
l'humanité , que le très-illuftre & en
effet très - bienfaifant Auteur étoit né
pour lui dicter des Loix plutôt que pour
l'inftruire , nous ne pouvons probable
ment mieux faire que de rapporter fur
ce fujet ce que dit l'Editeur au commencement
de fa Préface.
Je me fuis propofé de donner au Public
tout ce que j'ai pû recueillir des ou
vrages du Roi STANISLAS ; j'ofe les
mettre au jour fans fon aveu , mais avec
d'autant plus de confiance , qu'il n'en
eft aucun qui ne puiffe contribuer à fa
gloire & à ce qu'il aime furement plus
que fa gloire , au progrès de la Religion
& des bonnes moeurs. Je regarde tout
ce qui eft forti defa plume , comme un
bien qui appartient à tous les hommes
E jij
102 MERCURE DE FRANCE,
capables de le goûter ; & fi je ne me
trompe , il en doit être des richeffes de
fon coeur & de fon efprit , comme de
celles qu'il ne ceffe de répandre fur tous
les malheureux dont il peut feulement
foupçonner l'indigence. Ces Ouvrages
font d'autant plus précieux qu'ils ne
viennent point de l'éffort obſtiné d'un
Littérateur qui , pour fe faire un nom ,
ou pour donner un foupçon de fon
exiſtence , s'agite péniblement dans le
tourbillon étroit de fa fphère , confond
le travail avec le génie , veut penfer audelà
de fes lumières , & ne peut d'ordinaire
autre chofe , que remplacer la
Nature par l'Art , embellir des riens , &
mettre des mots au lieu de chofès. Ceux
que je donne ici n'ont aucun air de travail
; ce font des plantes qui ont cru d'el
les-mêmes , & qui ne doivent leurs fleurs.
& leurs fruits qu'à la vigueur du terrain
où elles fe font trouvé dépofées. Ces
productions , fi je puis parler ainfi
font venues toutes faites ; elles font
tombées fans éffort du génie qui , fans
le vouloir , les a fait éclore. Aúffi n'y
voit-on ni apprêt , ni fard , ni enluminu⚫
ni prétention. Avec de l'élévation ,
de la force , de l'ordre & du choix , on
n'y apperçoit qu'une prééminence de
2.
OCTOBRE. 1763 . 103
bon fens & de Raiſon , qui fait oublier
celui qui écrit , pour ne ' s'occuper que
de la vérité des objets qu'il expoſe .
VOYAGE à la Martinique , contenant
diverfes obfervations fur la Phyfique
, l'Hiftoire Naturelle , l'Agriculture
, les moeurs & les ufages de cette
Ifle , faites en 1951 & dans les années
fuivantes. Lu à l'Académie Royale des
Sciences de Paris en 1761. Par M. Thibault
de Chanvalon. In - 4°. Paris, 1763.
Chez Cl. J. B. Bauche , Libraire , quai
des Auguftins , à Ste Géneviéve , & à
S. Jean dans le Défert.
MAISON RUSTIQUE à l'afage des
habitans de la Partie de la France
Equinoxiale , connue fous le nom de
Cayenne. Par M. Préfontaine , ancien
habitant , Chevalier de l'Ordre de S.
Louis , Commandant de la partie du
Nord de la Guyane. In - 8°. Paris
1763. Chez le même Libraire.
DICTIONNAIRE GALIBI ( ou des
Sauvages de la Cayenne ) préfenté fous
deux formes. 1 °. commençant par le
mot François ; 2°. par le mot Galibi.
Précédé d'un Effai de Grammaire. Par
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
M. D. L. S. in-8 ° . Paris , 1763. Chez
le même.
AMUSEMENS Philofophiques fur diverfes
Parties des Sciences , & principalement
de la Phyfique & des Mathématiques.
Par le Père Bonaventure Abat
Cordelier de l'Obfervance, Affocié de
l'Académie Royale des Belles - Lettres
de Barcelone . In 8° . Amfterdam, 1763 ;
& fe vend à Marſeille , chez Jean Moffy ,
à la Canebière.
AVIS AU PEUPLE fur fa fanté , ou
Traité des maladies les plus fréquentes.
Par M. Tillot , Médecin , Membre des
Sociétés de Londres & de Bâle , & c . Seconde
Edition augmentée fur la derniè
re de l'Auteur , de la defcription & de la
cure de plufieurs maladies , & principalement
de celles qui demandent de
prompts fecours. Ouvrage composé en
faveur des habitans de la campagne, du
Peuple des Villes , & de tous ceux qui
ne peuvent avoir facilement des Médecins.
2 vol. in - 12 . Paris , 1763. Aux
dépens de P. Fr. Didot le jeune , quai
des Auguftins , à S. Auguftin . Prix
2 liv. 10 f. brochés ; reliés en un feul
volume , 3 liv. Si la première Edition.
OCTOBRE. 1763 , 105
de cet Ouvrage , quoique nombreuſe , a
été enlevée en moins d'un an , que
ne doit-on pas augurer de celle- ci qui
eft en effet revue & confidérablement
augmentée ?
AVIS fur l'inoculation de la petite
Vérole . Brochure in- 12 . Chez Didot le
jeune , quai des Auguſtins . Prix , 12 f.
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12306
p. 105-109
PRIX proposés par l'Académie Royale des Sciences, Inscriptions & Belles-Lettres de TOULOUSE, pour les années 1764, 1765 & 1766.
Début :
LA Ville de Toulouse, célébre par les Prix qu'on y distribue depuis longtemps [...]
Mots clefs :
Académie, Ouvrages, Secrétaire, Sujet, Sciences, Lettres, Sentence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposés par l'Académie Royale des Sciences, Inscriptions & Belles-Lettres de TOULOUSE, pour les années 1764, 1765 & 1766.
PRIX propofés par l'Académie Royale
des Sciences , Infcriptions & Belles-
Lettres de TOULOUSE , pour les années
1764 , 1765 & 1766.
LAA Ville de Toulouſe , célébre par
les Prix qu'on y diftribue depuis long
temps à l'Eloquence , à la Poëfie , &
aux Arts voulant contribuer auff
au progrès des Sciences & des Lettres ,
a , fous le bon plaifir du Roi , fondé un
.Ev P
106 MERCURE DE FRANCE.
prix de la valeur de cinq cens livres, pour
être diftribué tous les ans par l'Acadé
mie Royale des Sciences , Infcriptions
& Belles Lettres , à celui qui au Jugement
de cette Compagnie
le mieux traité le Sujet qu'elle aura propofé.
aura
Le Sujet doit être alternativement de
Mathématique , de Médecine & de Littérature.
L'Académie avoit propofé pour le
Prix double de 1763 , les moyens de reconnoître
les contre - coups dans le corps.
humain & d'en prévenir les fuites. Entre
les Ouvrages qui ont été préfentés
quelques - uns ont mérité des Eloges
par le bon choix des obfervations déja
connues : cependant comme ils n'ont
point répandu fur la queftion les lumières
que l'expérience & la faine Phyfique
peuvent fournir , l'Académie s'eft
déterminée à réſerver encore le prix &
à le joindre à celui 1766 , qui fera triple
& pour lequel elle propofe le même
fujet.
Les Auteurs font avertis qu'ils doivent
s'attacher à expofer le Méchanifme
des contre- coups en la manière la
plus capable de procurer les connoiffances
qu'on peut en tirer fur le fiége
OCTOBRE. 1763. 107
& la nature des léfions produites par ces
accidens.
On fut informé l'année dernière que
l'Académie propofoit pour Sujet du
Prix de 1765 , de donner les Loix du
frottement des Fluides en mouvement .
Quant au Prix de 1764 , il y a deux
ans qu'on a été informé qu'il a pour
Sujet , de déterminer l'origine & le caractère
des Tectofages , l'étendue & l'état
de la partie de la Celtique qu'ils
occuperent jufqu'à l'entrée des Romains
dans leur Pays , les excurfions qu'ils
firent avant cette époque.
Les Sçavans font invités à travailler
fur ces Sujets , & même les Affociés
étrangers de l'Académie . Ses autres
Membres font exclus de prétendre aux
Prix .
Ceux qui compoferont font priés d'écrire
en François ou en Latin , & de remettre
une copie de leurs Ouvrages
foit bien lifible , fur tout quand
qui
il y aura des Calculs algébriques.
·
Les Auteurs écriront au bas de leurs
Ouvrages une Sentence ou Devife ;
mais ils pourront néanmoins y joindre
un Billet féparé & cacheté qui contienne
la même Sentence ou Devife ,
avec leur nom , leurs qualités & leur
•
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
adreffe ; l'Académie exige même qu'ils
prennent cette précaution , lorfqu'ils
adrefferont leurs Ecrits au Sécretaire ,
Ce Billet ne fera point ouvert , fi la
Piéce n'a pas remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix ,
pourront adreffer leurs Ouvrages à M.
l'Abbé de Rey , Secrétaire perpétuel
de l'Académie , ou les lui faire remettre
par quelque perfonne domiciliée à
Touloufe. Dans ce dernier cas , il en
donnera fon Récépiffe , fur lequel fera
écrite la Sentence de l'Ouvrage , avec
fon numero , felon l'ordre dans lequel -
il aura été reçu .
Les Paquets adreffés au Secrétaire ,
doivent être affranchis de port.
Les Ouvrages ne feront reçus que
lufqu'au dernier Janvier des années pour
je Prix defquelles ils auront été compofés.
L'Académie proclamera dans fon
Affemblée publique du 25 du mois
d'Août de chaque année , la Piéce qu'elle
aura couronnée.
Si l'Ouvrage qui aura remporté le
Prix , a été envoyé au Secrétaire en
droiture , le Tréforier de l'Académie
ue délivrera ce Prix qu'à l'Auteur même,
OCTOBRE . 1763 . 100
qui fe fera connoître , ou au Porteur
d'une Procuration de fa part.
S'il y a un Récépiffé du Secrétaire
le Prix fera délivré à celui qui le repréfentera.
L'Académie qui ne préfcrit aucun
fyftême , déclare auffi qu'elle n'entend
point adopter les principes des Ouvra
ges qu'elle couronnera.
des Sciences , Infcriptions & Belles-
Lettres de TOULOUSE , pour les années
1764 , 1765 & 1766.
LAA Ville de Toulouſe , célébre par
les Prix qu'on y diftribue depuis long
temps à l'Eloquence , à la Poëfie , &
aux Arts voulant contribuer auff
au progrès des Sciences & des Lettres ,
a , fous le bon plaifir du Roi , fondé un
.Ev P
106 MERCURE DE FRANCE.
prix de la valeur de cinq cens livres, pour
être diftribué tous les ans par l'Acadé
mie Royale des Sciences , Infcriptions
& Belles Lettres , à celui qui au Jugement
de cette Compagnie
le mieux traité le Sujet qu'elle aura propofé.
aura
Le Sujet doit être alternativement de
Mathématique , de Médecine & de Littérature.
L'Académie avoit propofé pour le
Prix double de 1763 , les moyens de reconnoître
les contre - coups dans le corps.
humain & d'en prévenir les fuites. Entre
les Ouvrages qui ont été préfentés
quelques - uns ont mérité des Eloges
par le bon choix des obfervations déja
connues : cependant comme ils n'ont
point répandu fur la queftion les lumières
que l'expérience & la faine Phyfique
peuvent fournir , l'Académie s'eft
déterminée à réſerver encore le prix &
à le joindre à celui 1766 , qui fera triple
& pour lequel elle propofe le même
fujet.
Les Auteurs font avertis qu'ils doivent
s'attacher à expofer le Méchanifme
des contre- coups en la manière la
plus capable de procurer les connoiffances
qu'on peut en tirer fur le fiége
OCTOBRE. 1763. 107
& la nature des léfions produites par ces
accidens.
On fut informé l'année dernière que
l'Académie propofoit pour Sujet du
Prix de 1765 , de donner les Loix du
frottement des Fluides en mouvement .
Quant au Prix de 1764 , il y a deux
ans qu'on a été informé qu'il a pour
Sujet , de déterminer l'origine & le caractère
des Tectofages , l'étendue & l'état
de la partie de la Celtique qu'ils
occuperent jufqu'à l'entrée des Romains
dans leur Pays , les excurfions qu'ils
firent avant cette époque.
Les Sçavans font invités à travailler
fur ces Sujets , & même les Affociés
étrangers de l'Académie . Ses autres
Membres font exclus de prétendre aux
Prix .
Ceux qui compoferont font priés d'écrire
en François ou en Latin , & de remettre
une copie de leurs Ouvrages
foit bien lifible , fur tout quand
qui
il y aura des Calculs algébriques.
·
Les Auteurs écriront au bas de leurs
Ouvrages une Sentence ou Devife ;
mais ils pourront néanmoins y joindre
un Billet féparé & cacheté qui contienne
la même Sentence ou Devife ,
avec leur nom , leurs qualités & leur
•
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
adreffe ; l'Académie exige même qu'ils
prennent cette précaution , lorfqu'ils
adrefferont leurs Ecrits au Sécretaire ,
Ce Billet ne fera point ouvert , fi la
Piéce n'a pas remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix ,
pourront adreffer leurs Ouvrages à M.
l'Abbé de Rey , Secrétaire perpétuel
de l'Académie , ou les lui faire remettre
par quelque perfonne domiciliée à
Touloufe. Dans ce dernier cas , il en
donnera fon Récépiffe , fur lequel fera
écrite la Sentence de l'Ouvrage , avec
fon numero , felon l'ordre dans lequel -
il aura été reçu .
Les Paquets adreffés au Secrétaire ,
doivent être affranchis de port.
Les Ouvrages ne feront reçus que
lufqu'au dernier Janvier des années pour
je Prix defquelles ils auront été compofés.
L'Académie proclamera dans fon
Affemblée publique du 25 du mois
d'Août de chaque année , la Piéce qu'elle
aura couronnée.
Si l'Ouvrage qui aura remporté le
Prix , a été envoyé au Secrétaire en
droiture , le Tréforier de l'Académie
ue délivrera ce Prix qu'à l'Auteur même,
OCTOBRE . 1763 . 100
qui fe fera connoître , ou au Porteur
d'une Procuration de fa part.
S'il y a un Récépiffé du Secrétaire
le Prix fera délivré à celui qui le repréfentera.
L'Académie qui ne préfcrit aucun
fyftême , déclare auffi qu'elle n'entend
point adopter les principes des Ouvra
ges qu'elle couronnera.
Fermer
12307
p. 109-111
ACADÉMIE des Belles-Lettres de MONTAUBAN.
Début :
L'ACADÉMIE des Belles-Lettres de Montauban distribuera le 25 Août prochain [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Discours, Auteurs, Ouvrage, Éloquence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE des Belles-Lettres de MONTAUBAN.
ACADÉMIE des Belles Lettres de
MONTAU BAN.
L'ACADÉMIE des Belles- Lettres de
Montauban diftribuera le 25
Août pro
chain , Fête de S. Louis , un prix d'éloquence
qu'elle a destiné à un Difcours
dont le Sujet fera pour l'année 1764 : la
Préfomption eft la compagne ordinaire
d'un mérite médiocre ; conformément
à ces paroles de l'Ecriture fainte : Qui
confidit in corde fuo , ftultus eft : Prov.
XXVIII . 26.
Ce Prix eft une Médaille d'or de la
valeur de deux cens cinquante livres
portant d'un côté les armes de l'Académie
, avec ces paroles dans l'exergue
110 MERCURE DE FRANCE.
Academia Montalbanenfis fundata auf
pice Ludovico XV , P. P. P. F. A.
imperii anno XXIX : Et fur le revers
ces mots renfermés dans une couronne
de laurier ; Ex munificentia viri
Academici D. D. Bertrandi de la Tour ,
Decani Ecclef. Mont. M. DCC . LXIII.
Les Auteurs font avertis de s'attacher
à bien prendre le fens du Sujet
qui leur eft propofé , d'éviter le ton
de déclamateur , de ne point s'écarter
de leur plan , & d'en remplir toute les
parties avec jufteffe & avec préciſion ..
Les Difcours ne feront , tout au plus,
que d'une demie -heure de lecture, & finiront
par une courte prière à JESUSCHRIST
.
On n'en recevra aucun qui n'a une
approbation fignée de deux Docteurs
en Théologie,
Les Auteurs ne mettront point leur
nom à leurs ouvrages , mais feulement
une marque ou paraphe , avec un Paffage
de l'Ecriture fainte , ou d'un Père
de l'Eglife , qu'on écrira auffi fur le regiftre
du Secrétaire de l'Académie.
Ils feront remettre leurs ouvrages pen.
danttout le mois de Mai prochain , entre
les mains de M. de Bernoi, Secrétaire perpétuel
de l'Académie , en fa maiſon , rue
OCTOBRE. 1763 . III
Montmurat , ou en fon abfence , à M.
Abbé Bellet , en fa maiſon , rue Courde-
Touloufe .
Le Prix ne fera délivré à aucun ,
qu'il ne le nomme & qu'il ne fe préfente
en perfonne , ou par procureur ,
pour le recevoir & figner le Difcours.
Les Auteurs font priés d'adreffer à
M. le Secrétaire trois copies bien lifibles
de leurs ouvrages , & d'affranchir
les paquets qui feront envoyés
par la pofte.
Le Prix d'éloquence de cette année
a été adjugé au Difcours qui a pour
Sentence : Cave tibi , & attende diligenter
auditui tuo. Ecclef. XIN . 16.
Et le Prix réfervé de l'année 1762
a été adjugé au Poëme qui a pour de
vife : Salus populi fuprema lex efto.
MONTAU BAN.
L'ACADÉMIE des Belles- Lettres de
Montauban diftribuera le 25
Août pro
chain , Fête de S. Louis , un prix d'éloquence
qu'elle a destiné à un Difcours
dont le Sujet fera pour l'année 1764 : la
Préfomption eft la compagne ordinaire
d'un mérite médiocre ; conformément
à ces paroles de l'Ecriture fainte : Qui
confidit in corde fuo , ftultus eft : Prov.
XXVIII . 26.
Ce Prix eft une Médaille d'or de la
valeur de deux cens cinquante livres
portant d'un côté les armes de l'Académie
, avec ces paroles dans l'exergue
110 MERCURE DE FRANCE.
Academia Montalbanenfis fundata auf
pice Ludovico XV , P. P. P. F. A.
imperii anno XXIX : Et fur le revers
ces mots renfermés dans une couronne
de laurier ; Ex munificentia viri
Academici D. D. Bertrandi de la Tour ,
Decani Ecclef. Mont. M. DCC . LXIII.
Les Auteurs font avertis de s'attacher
à bien prendre le fens du Sujet
qui leur eft propofé , d'éviter le ton
de déclamateur , de ne point s'écarter
de leur plan , & d'en remplir toute les
parties avec jufteffe & avec préciſion ..
Les Difcours ne feront , tout au plus,
que d'une demie -heure de lecture, & finiront
par une courte prière à JESUSCHRIST
.
On n'en recevra aucun qui n'a une
approbation fignée de deux Docteurs
en Théologie,
Les Auteurs ne mettront point leur
nom à leurs ouvrages , mais feulement
une marque ou paraphe , avec un Paffage
de l'Ecriture fainte , ou d'un Père
de l'Eglife , qu'on écrira auffi fur le regiftre
du Secrétaire de l'Académie.
Ils feront remettre leurs ouvrages pen.
danttout le mois de Mai prochain , entre
les mains de M. de Bernoi, Secrétaire perpétuel
de l'Académie , en fa maiſon , rue
OCTOBRE. 1763 . III
Montmurat , ou en fon abfence , à M.
Abbé Bellet , en fa maiſon , rue Courde-
Touloufe .
Le Prix ne fera délivré à aucun ,
qu'il ne le nomme & qu'il ne fe préfente
en perfonne , ou par procureur ,
pour le recevoir & figner le Difcours.
Les Auteurs font priés d'adreffer à
M. le Secrétaire trois copies bien lifibles
de leurs ouvrages , & d'affranchir
les paquets qui feront envoyés
par la pofte.
Le Prix d'éloquence de cette année
a été adjugé au Difcours qui a pour
Sentence : Cave tibi , & attende diligenter
auditui tuo. Ecclef. XIN . 16.
Et le Prix réfervé de l'année 1762
a été adjugé au Poëme qui a pour de
vife : Salus populi fuprema lex efto.
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12308
p. 135-147
SUITE de l'Abrégé des propriétés des Miroirs concaves. II. Des Miroirs convèxes.
Début :
LES Miroirs convèxes sont composés d'une glace semblable à celle des [...]
Mots clefs :
Loupe, Miroirs, Rayons, Foyer, Diamètre, Glace, Verre, Miroirs concaves, Lumière
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Abrégé des propriétés des Miroirs concaves. II. Des Miroirs convèxes.
SUITE de l'Abrégé des propriétés des
Miroirs concaves .
II°. Des Miroirs convèxes.
LESES Miroirs convèxes font compofés
d'une glace femblable à celle des
Miroirs concaves , excepté que cette
glace eft étamée par le côté concave
& fe préfente à nous par le côte convèxe .
On les monte auffi fur un axe & fur un
pied , partie en cuivre poli , partie en
bois noirci , exactement de la même
manière que le font les Miroirs concaves
dont nous venons de parler.
Ces Miroirs nous repréfentent les obtets
dont ils réfléchiffent l'image à nos
yeux , d'autant plus petits , qu'ils font
partie d'une fphère d'un plus petit diametre
; d'où il réfulte qu'on les employe
pour deffiner en petit & en per136
MERCURE DE FRANCE.
fpective , un paysage , un château
des jardins , & c.
On s'en fert en Phyfique pour faire.
voir que
leur furface a la propriété de
rendre divergens les rayons de lumière
qu'elle reçoit parallèles ; de rendre plus
divergens ceux qu'elle reçoit divergens ,
& de rendre moins convergens ceux
qu'elle reçoit convergens. Quand ces
Miroirs font placés dans l'un des angles
d'un cabinet orné , ils raffemblent , pour
ainfi dire , fous le même coup d'oeil , toutes
les beautés de ce cabinet , que l'on
ne peut , fans leur fecours , voir que les
unes après les autres.
III' . Des Miroirs , droits-convèxes
& droits-concaves.
Ces Miroirs font compofés d'une glace
droite fur un fens , & courbée fphérique-
#
ment fur l'autre . Les Miroirs droits - convèxes
font étamés par la partie concave :
ils font l'effet des cylindres de métal ;
mais ils ne font point fujets comme eux
à perdre leur poli : fi on les tient verticalement
ou de travers , & qu'on s'y regarde
, on s'y voit avec des difformités
comiques & oppofées, Les Miroirs droitsconcaves
font étamés par le côté con--
OCTOBRE. 1763. 137
vèxe , & produifent des effets exactement
contraires à ceux des Miroirs droitsconvèxes
, & c. Ces différens Miroirs fervent
en Phyfique à démontrer que les
rayons de lumière font toujours réfléchis
fous un angle égal à celui de leur
incidence ; principe qui eft d'une fécondité
furprenante , puifqu'il eft la bâſe de ·
toute la Catoptrique.
IV . Des Loupes à eau.
Une Loupe à eau eft compofée de
deux glaces courbées en portion de fphere
, dont les bords font travaillés fur un
plan fi exact , que ces bords étant appli
qués l'un contre l'autre fans être ni col .
lés, ni maſtiqués, ni contenus, retiennent
l'eau , ou toute autre liqueur dont ces
Loupes font remplies , fans même en
permettre la moindre évaporation.
L'eau dont on les remplit , en la Manufacture
dont nous parlons , eft diſtillée
au bain - marie , & ainfi très - tranfparente
& incorruptible.
Les Loupes font ordinairement montées
fur un demi - cercle de cuivre poli &
fur unpi ed de bois noirci, comme le font
les Miroirs ci- deffus mentionnés ; & les
bords de la Loupe font feulement pincés
par deux petites portions de cercle ( lorf
138 MERCURE DE FRANCE.
que ces Loupes ont moins de dix pouces
de diametre) ce qui en met les bords
à découvert; mais lorfqu'elles ont un plus
grand diametre, elles font dans une bordure
qui fe divife aifément , pour qu'on
puiffe avoir la Loupe à nud quand on le
veut.
:
M. Berniere imagina , il y a environ fix
ans , ces Loupes à eau , d'après les diffi
cultés qu'il rencontra pour fe procurer
une Loupe de verre folide d'un plus
grand diametre que celles qu'on trouve
ordinairement dans les cabinets des Phyficiens
ces difficultés font prèfque infurmontables
, s'il s'agit feulement d'avoir
une Loupe de vingt-quatre ou trente
pouces de diametre de tous temps
on a fait les plus grands efforts à
cet égard , dans le deffein d'obtenir des
foyers de dioptrique , capables de donner
une chaleur beaucoup plus forte que
celle qu'on peut tirer de tous les moyens
connus d'appliquer & d'employer le feu
commun. Mais comment parvenir à
avoir une maffe de verre de trois à
quatre pieds de diametre & de fept à
à huit pouces d'épaiffeur ? & fi on y
parvient , quel travail enfuite pour convertir
cette maffe en une Loupe ré→
gulière & bien polie ? Il en a paru une
OCTOBRE. 1763 . 139
.
il y a dix à douze ans , à Paris , à l'Hôtel
de Conti , fur le Quai des Quatre-
Nations : elle avoit environ trois pieds
de diametre , & le verre en étoit jaunâtre
& rayé ; ce qui faifoit qu'elle ne
tranfmettoit pas , jufqu'à fon foyer
autant de rayons de lumière , qu'il en
eût été tranfmis par un verre moins coloré
& mieux poli : cependant celui.
qui la mettoit en vente en demandoit
douze mille livres.
J
Les Loupes à eau peuvent fe faire
de toutes grandeurs , & à bien moins.
de frais. On eft abfolument le maître
de leur donner au centre telle épaiffeur
que l'on veut , c'est-à-dire , qu'on peut
les faire à volonté d'un foyer court ou
long , fans craindre que l'épaiffeur qu'éxige
un foyer court , empêche les
rayons de paffer , comme cela arrive en
pareil cas , dans une Loupe de verre
folide ; parce que l'eau distillée eft tou
jours beaucoup plus tranfparente que
le plus beau verre : on voit par -là que
le foyer d'une Loupe à eau de trois
pieds de diametre fera incomparablement
plus puiffant que celui d'une Loupe
de verre folide de même diametre
& d'une pareille fphéricité.
Il y a déja long-temps que cette vé140
MERCURE DE FRANCE.
rité a été reconnue . Le Fevre , Apothicaire
du Roi , dans fon Ouvrage imprimé
en 1660 , dit que pour calciner
l'antimoine , il faut un Miroir fait de
deux verres concaves , joints avec de la
colle de poiffon , & rempli d'eau par
un trou qu'on laiffe entre les deux bords
de ces verres il veut que ce Miroir
qui eſt une véritable Loupe , ( 1 ) foit
monté fur un pied qui puiffe s'élever
plus ou moins. Il prétend que douze
onces d'antimoine martial , étant calcinées
avec une telle Loupe , en produi
fent quinze onces ; & fuppofant que la
fumée en emporte trois onces , il conclut
que dans cette opération , l'antimoine
augmente de moitié de fon poids.
Les Loupes en général ont un avantage
fur les Miroirs concaves , relativement
aux foyers brûlans. Le foyer
des Miroirs fe porte de bas en haut ; en
forte que dès que le corps que l'on y
éprouve eft fondu , il tombe , & le foyer,
du Miroir n'a plus d'action fur lui :
( I ) Remarquez que les Loupes à eau , dont
nous parlons , font d'une conftruction toute différente
: il n'y a point de trou pour les remplir 3
ce qui fait que l'eau qu'elles contiennent ne
s'évapore point . Et comme elles ne font ni collées,
ni maftiquées , cette eau refte toujours fans
mêlange, & également tranſparente.
OCTOBRE. 1763 . 141
avec une Loupe , au contraire comme
le foyer fe porte naturellement, de haut
en bas , furtout dans les grands jours de
l'été , lorfque le foleil à midi approche
du zenith il eft aifé de le faire plonger
dans un creufet & de l'exercer ainfi
fur le corps que l'on veut éprouver ,
tant & auffi long - temps qu'on le juge
à propos , même après fa fufion
pour parvenir à le calciner, ou à le vitrifier.
Il eft auffi très- aifé , avec une Loupe
de brûler du bois que l'on tient auffi
plongé dans l'eau , en l'arrêtant , par
quelque moyen qui l'empêche de furnager.
Si on reçoit au fond d'un jardin , ou
d'une cour les rayons du foleil fur un
Miroir-plan , pofé fur une chaife , ou
fur toute autre chofe qui puiffe le foutenir
incliné de manière que fes rayons ,
renvoyés par ce Miroir , parallèlement à
l'allée du jardin , aillent même , à cent
pas de diſtance , tomber fur une Loupe
à eau , pofée verticalement à la rencon
tre de ces rayons , il fe formera derrière
cette Loupe un foyer prèfque auffi actif,
que fi la Loupe recevoit immédiatement
les rayons dufoleil : c'est-à - dire , que ce
foyer aura affez de force & de chaleur
pour enflammer , fondre , & c. à propor142
MERCURE DE FRANCE.
tion de la grandeur de la Loupe , & de
celle du Miroir- plan , par le moyen du
quel on aura replié les rayons du foleil ,
on fent bien qu'il faut que ce Miroir- plan
foit au moins auffi grand que la Loupe ,
pour que celle- ci puiffe être entiérement
couverte des rayons qu'il réfléchira fur
elle ; autrement le foyer ne contiendroit
pas tous les rayons que cette Loupe peut
réunir fuivant fa grandeur.
Cette expérience méne naturellement
à imaginer qu'il eft poffible d'attaquer
le même corps dans un creufet , avec
plufieurs foyers de ces Loupes réunies
fur lui. Une de ces Loupes recevra immédiatement
les rayons du foleil , étant
placée entre lui & le creufet ; une autre
Loupe fera pofée derrière ce creuſet , &
recevra les rayons du foleil , repliés fur
elle par un Miroir - plan incliné convenablement
pour cet effet. On peut en
placer deux autres fur les côtés , qui
recevront auffi les rayons folaires
pliés fur chacune d'elles par un Miroirplan
; & ces quatre foyers agiffant enfemble
fur ce corps , lui feront ainfi
éprouver prèfque quatre fois plus de
chaleur, que quand il n'eft expofé qu'au
foyer de la première Loupe feule , en
les fuppofant toutes quatre d'un diareOCTOBRE.
1763 143
metre égal. Enfin , il eft vifible qu'en
employant des Loupes , dont les foyers
foient de différentes longueurs , & des
Miroirs-plans , pour replier les rayons
fur chacune , on peut faire coïncider
fur le même corps & dans le même
creufet , un plus grand nombre de ces
foyers : leur réunion y portant une chaleur
d'une activité inconnue produira
des effets qui le font fans doute auffi ;
ce peut être une nouvelle fource de
connoiffances à acquérir.
Lorfqu'on place au foyer d'une de ces
Loupes une groffe bougie allumée , il
fe forme de l'autre côté de la Loupe
une colonne de lumière , qui porte fon
éclat fort loin , & à l'extrémité de laquelle
on peut lire , ou éclairer des objets
dans la nuit , qu'on ne verroit pas
à la diftance où l'on en eft , fans le fecours
de cette lumière .
On peut employer cette colonne de
lumière pour tracer affez exactement
le profil d'une perfonne : il faut pour cela
placer une bougie un peu plus près de
la Loupe que fon foyer , précisément
à la hauteur de fon centre , & pofer cette
Loupe bien verticalement : vous
faites affeoir la perfonne à cinq ou fix.
pas de diſtance de la Loupe , affez haur
144 MERCURE DE FRANCE .
ou affez bas pour que le centre de fa .
tête , celui de la Loupe & la flamme de
la bougie , foient dans la même ligne .
Cette perfonne doit être de côté contre
un grand verre , ou une glace non-étamée
, encadrée & montée à-peu-près
comme les grands écrans à pied qu'on
met devant les cheminées pendant l'hyver
: on couvre cette glace d'une feuille
de papier blanc qu'on y attache , par
les quatre coins , avec du pain à cacheter.
Par exemple , fi la Loupe à eau que
vous avez a dix-huit pouces de foyer ,
vous placez d'abord fur une table ,
un bout de la chambre , une bougie allumée
, & vous éteignez toutes les autres
; enfuite à environ quinze à ſeize
pouces de cette bougie , vous placez
votre Loupe fur la même table , de manière
que la flamme de cette bougie réponde
au centre de cette Loupe ; à fix
pas plus loin , vous faites affeoir la perfonne
de côté , en forte que la colonne
de lumière qui vient de la Loupe ,
lui éclaire tout le côté gauche de la tête
; puis vous placez après cette perfanne
, & tout près d'elle , la glace verticale
, montée en écran , & vous attachez
la feuille de papier par - derriere.
Le tout étant difpofé ainfi , le profil de
la
OCTOBRE. 1763.1 145
la perfonne affife , eft très -aifé à tracer
fur ce papier , en fuivant , avec un
crayon , le contour de l'ombre que fa
tête y forme. Par le même procédé on
peut , fans fçavoir deffiner , fe procurer
le profil de toute autre chofe fur le
champ ; on peut même tracer de différens
côtés une machine dont on a le
modéle en petit , & tout autre objet
de médiocre grandeur. Plus la perfon- .
ne , ou l'objet que l'on veut deffiner
font éloignés de la Loupe , & la glace
verticale près d'eux , plus l'image qu'on
en trace fur le papier collé fur la glace ,
approche des véritables dimenfions &
de la grandeur naturelle. Cette image
devient plus grande à mefure qu'on
approche la perfonne ou l'objet de la
Loupe , & qu'on éloigne la glace vertigale.
Avec une Loupe de dix à douze pouces
de diametre qu'on place debout inclinée
fur fon axe , entre foi & un livre
in- quarto , les perfonnes qui ont la vue
foible , ou baffe , peuvent aifément lire
fans fe fervir de lunettes , & fans fe
déplacer pour paffer de la page gauche
à la page droite.
Il fuit de là que ces Loupes peuvent
être commodes & utiles aux déchiffreurs
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
d'anciens titres : comme ces Loupes font
voir à la fois un plus grand efpace fur le
titre , ils faifiront plus aifément un mot
difficile à lire , parce qu'ils auront en
même-temps fous les yeux le fens qui
précéde & celui qui fuit.
Ces Loupes font auffi voir en grand les
Eftampes d'Optique comme les Miroirs
concaves ; mais elles ont encore ici fur
eux un avantage , c'eft celui de ne pas
faire voir les objets renverfés de droite à
gauche comme eux, en forte que l'on peut
fire l'infcription d'une Eftampe , ce que
l'on ne peut faire avec les Miroirs , dans
lefquels ces infcriptions font vues renverfées
comme avec les Optiques commu
nes , compofées d'un Miroir-plan incliné
& d'une Loupe de verre folide . Pour
voir une eftampe avec une Loupe à eau ,
il faut appuyer l'eftampe contre quelque
chofe qui la foutienne comme debout
de manière que le jour tombe deffus obliquement
, placer la Loupe devant cette
eftampe à la distance de fon foyer , &
regarder au travers de la Loupe ; vous
voyez alors en grand comme avec un Miroir
, les objets repréfentés par l'eftampe.
Ces Loupes étant compofées de deux
portions de fphère qui peuvent être féparées
à volonté, il s'enfuit qu'on peut les
OCTOBRE. 1763. 147
remplir fucceffivement de diverfes liqueurs
colorées , ou non colorées , dont
on veut éprouver & comparer le pouvoir
réfrangible ; il y auroit peut-être en cela
un grand nombre d'expériences à faire
pour les Phyficiens .
Le reste au Mercure prochain.
Miroirs concaves .
II°. Des Miroirs convèxes.
LESES Miroirs convèxes font compofés
d'une glace femblable à celle des
Miroirs concaves , excepté que cette
glace eft étamée par le côté concave
& fe préfente à nous par le côte convèxe .
On les monte auffi fur un axe & fur un
pied , partie en cuivre poli , partie en
bois noirci , exactement de la même
manière que le font les Miroirs concaves
dont nous venons de parler.
Ces Miroirs nous repréfentent les obtets
dont ils réfléchiffent l'image à nos
yeux , d'autant plus petits , qu'ils font
partie d'une fphère d'un plus petit diametre
; d'où il réfulte qu'on les employe
pour deffiner en petit & en per136
MERCURE DE FRANCE.
fpective , un paysage , un château
des jardins , & c.
On s'en fert en Phyfique pour faire.
voir que
leur furface a la propriété de
rendre divergens les rayons de lumière
qu'elle reçoit parallèles ; de rendre plus
divergens ceux qu'elle reçoit divergens ,
& de rendre moins convergens ceux
qu'elle reçoit convergens. Quand ces
Miroirs font placés dans l'un des angles
d'un cabinet orné , ils raffemblent , pour
ainfi dire , fous le même coup d'oeil , toutes
les beautés de ce cabinet , que l'on
ne peut , fans leur fecours , voir que les
unes après les autres.
III' . Des Miroirs , droits-convèxes
& droits-concaves.
Ces Miroirs font compofés d'une glace
droite fur un fens , & courbée fphérique-
#
ment fur l'autre . Les Miroirs droits - convèxes
font étamés par la partie concave :
ils font l'effet des cylindres de métal ;
mais ils ne font point fujets comme eux
à perdre leur poli : fi on les tient verticalement
ou de travers , & qu'on s'y regarde
, on s'y voit avec des difformités
comiques & oppofées, Les Miroirs droitsconcaves
font étamés par le côté con--
OCTOBRE. 1763. 137
vèxe , & produifent des effets exactement
contraires à ceux des Miroirs droitsconvèxes
, & c. Ces différens Miroirs fervent
en Phyfique à démontrer que les
rayons de lumière font toujours réfléchis
fous un angle égal à celui de leur
incidence ; principe qui eft d'une fécondité
furprenante , puifqu'il eft la bâſe de ·
toute la Catoptrique.
IV . Des Loupes à eau.
Une Loupe à eau eft compofée de
deux glaces courbées en portion de fphere
, dont les bords font travaillés fur un
plan fi exact , que ces bords étant appli
qués l'un contre l'autre fans être ni col .
lés, ni maſtiqués, ni contenus, retiennent
l'eau , ou toute autre liqueur dont ces
Loupes font remplies , fans même en
permettre la moindre évaporation.
L'eau dont on les remplit , en la Manufacture
dont nous parlons , eft diſtillée
au bain - marie , & ainfi très - tranfparente
& incorruptible.
Les Loupes font ordinairement montées
fur un demi - cercle de cuivre poli &
fur unpi ed de bois noirci, comme le font
les Miroirs ci- deffus mentionnés ; & les
bords de la Loupe font feulement pincés
par deux petites portions de cercle ( lorf
138 MERCURE DE FRANCE.
que ces Loupes ont moins de dix pouces
de diametre) ce qui en met les bords
à découvert; mais lorfqu'elles ont un plus
grand diametre, elles font dans une bordure
qui fe divife aifément , pour qu'on
puiffe avoir la Loupe à nud quand on le
veut.
:
M. Berniere imagina , il y a environ fix
ans , ces Loupes à eau , d'après les diffi
cultés qu'il rencontra pour fe procurer
une Loupe de verre folide d'un plus
grand diametre que celles qu'on trouve
ordinairement dans les cabinets des Phyficiens
ces difficultés font prèfque infurmontables
, s'il s'agit feulement d'avoir
une Loupe de vingt-quatre ou trente
pouces de diametre de tous temps
on a fait les plus grands efforts à
cet égard , dans le deffein d'obtenir des
foyers de dioptrique , capables de donner
une chaleur beaucoup plus forte que
celle qu'on peut tirer de tous les moyens
connus d'appliquer & d'employer le feu
commun. Mais comment parvenir à
avoir une maffe de verre de trois à
quatre pieds de diametre & de fept à
à huit pouces d'épaiffeur ? & fi on y
parvient , quel travail enfuite pour convertir
cette maffe en une Loupe ré→
gulière & bien polie ? Il en a paru une
OCTOBRE. 1763 . 139
.
il y a dix à douze ans , à Paris , à l'Hôtel
de Conti , fur le Quai des Quatre-
Nations : elle avoit environ trois pieds
de diametre , & le verre en étoit jaunâtre
& rayé ; ce qui faifoit qu'elle ne
tranfmettoit pas , jufqu'à fon foyer
autant de rayons de lumière , qu'il en
eût été tranfmis par un verre moins coloré
& mieux poli : cependant celui.
qui la mettoit en vente en demandoit
douze mille livres.
J
Les Loupes à eau peuvent fe faire
de toutes grandeurs , & à bien moins.
de frais. On eft abfolument le maître
de leur donner au centre telle épaiffeur
que l'on veut , c'est-à-dire , qu'on peut
les faire à volonté d'un foyer court ou
long , fans craindre que l'épaiffeur qu'éxige
un foyer court , empêche les
rayons de paffer , comme cela arrive en
pareil cas , dans une Loupe de verre
folide ; parce que l'eau distillée eft tou
jours beaucoup plus tranfparente que
le plus beau verre : on voit par -là que
le foyer d'une Loupe à eau de trois
pieds de diametre fera incomparablement
plus puiffant que celui d'une Loupe
de verre folide de même diametre
& d'une pareille fphéricité.
Il y a déja long-temps que cette vé140
MERCURE DE FRANCE.
rité a été reconnue . Le Fevre , Apothicaire
du Roi , dans fon Ouvrage imprimé
en 1660 , dit que pour calciner
l'antimoine , il faut un Miroir fait de
deux verres concaves , joints avec de la
colle de poiffon , & rempli d'eau par
un trou qu'on laiffe entre les deux bords
de ces verres il veut que ce Miroir
qui eſt une véritable Loupe , ( 1 ) foit
monté fur un pied qui puiffe s'élever
plus ou moins. Il prétend que douze
onces d'antimoine martial , étant calcinées
avec une telle Loupe , en produi
fent quinze onces ; & fuppofant que la
fumée en emporte trois onces , il conclut
que dans cette opération , l'antimoine
augmente de moitié de fon poids.
Les Loupes en général ont un avantage
fur les Miroirs concaves , relativement
aux foyers brûlans. Le foyer
des Miroirs fe porte de bas en haut ; en
forte que dès que le corps que l'on y
éprouve eft fondu , il tombe , & le foyer,
du Miroir n'a plus d'action fur lui :
( I ) Remarquez que les Loupes à eau , dont
nous parlons , font d'une conftruction toute différente
: il n'y a point de trou pour les remplir 3
ce qui fait que l'eau qu'elles contiennent ne
s'évapore point . Et comme elles ne font ni collées,
ni maftiquées , cette eau refte toujours fans
mêlange, & également tranſparente.
OCTOBRE. 1763 . 141
avec une Loupe , au contraire comme
le foyer fe porte naturellement, de haut
en bas , furtout dans les grands jours de
l'été , lorfque le foleil à midi approche
du zenith il eft aifé de le faire plonger
dans un creufet & de l'exercer ainfi
fur le corps que l'on veut éprouver ,
tant & auffi long - temps qu'on le juge
à propos , même après fa fufion
pour parvenir à le calciner, ou à le vitrifier.
Il eft auffi très- aifé , avec une Loupe
de brûler du bois que l'on tient auffi
plongé dans l'eau , en l'arrêtant , par
quelque moyen qui l'empêche de furnager.
Si on reçoit au fond d'un jardin , ou
d'une cour les rayons du foleil fur un
Miroir-plan , pofé fur une chaife , ou
fur toute autre chofe qui puiffe le foutenir
incliné de manière que fes rayons ,
renvoyés par ce Miroir , parallèlement à
l'allée du jardin , aillent même , à cent
pas de diſtance , tomber fur une Loupe
à eau , pofée verticalement à la rencon
tre de ces rayons , il fe formera derrière
cette Loupe un foyer prèfque auffi actif,
que fi la Loupe recevoit immédiatement
les rayons dufoleil : c'est-à - dire , que ce
foyer aura affez de force & de chaleur
pour enflammer , fondre , & c. à propor142
MERCURE DE FRANCE.
tion de la grandeur de la Loupe , & de
celle du Miroir- plan , par le moyen du
quel on aura replié les rayons du foleil ,
on fent bien qu'il faut que ce Miroir- plan
foit au moins auffi grand que la Loupe ,
pour que celle- ci puiffe être entiérement
couverte des rayons qu'il réfléchira fur
elle ; autrement le foyer ne contiendroit
pas tous les rayons que cette Loupe peut
réunir fuivant fa grandeur.
Cette expérience méne naturellement
à imaginer qu'il eft poffible d'attaquer
le même corps dans un creufet , avec
plufieurs foyers de ces Loupes réunies
fur lui. Une de ces Loupes recevra immédiatement
les rayons du foleil , étant
placée entre lui & le creufet ; une autre
Loupe fera pofée derrière ce creuſet , &
recevra les rayons du foleil , repliés fur
elle par un Miroir - plan incliné convenablement
pour cet effet. On peut en
placer deux autres fur les côtés , qui
recevront auffi les rayons folaires
pliés fur chacune d'elles par un Miroirplan
; & ces quatre foyers agiffant enfemble
fur ce corps , lui feront ainfi
éprouver prèfque quatre fois plus de
chaleur, que quand il n'eft expofé qu'au
foyer de la première Loupe feule , en
les fuppofant toutes quatre d'un diareOCTOBRE.
1763 143
metre égal. Enfin , il eft vifible qu'en
employant des Loupes , dont les foyers
foient de différentes longueurs , & des
Miroirs-plans , pour replier les rayons
fur chacune , on peut faire coïncider
fur le même corps & dans le même
creufet , un plus grand nombre de ces
foyers : leur réunion y portant une chaleur
d'une activité inconnue produira
des effets qui le font fans doute auffi ;
ce peut être une nouvelle fource de
connoiffances à acquérir.
Lorfqu'on place au foyer d'une de ces
Loupes une groffe bougie allumée , il
fe forme de l'autre côté de la Loupe
une colonne de lumière , qui porte fon
éclat fort loin , & à l'extrémité de laquelle
on peut lire , ou éclairer des objets
dans la nuit , qu'on ne verroit pas
à la diftance où l'on en eft , fans le fecours
de cette lumière .
On peut employer cette colonne de
lumière pour tracer affez exactement
le profil d'une perfonne : il faut pour cela
placer une bougie un peu plus près de
la Loupe que fon foyer , précisément
à la hauteur de fon centre , & pofer cette
Loupe bien verticalement : vous
faites affeoir la perfonne à cinq ou fix.
pas de diſtance de la Loupe , affez haur
144 MERCURE DE FRANCE .
ou affez bas pour que le centre de fa .
tête , celui de la Loupe & la flamme de
la bougie , foient dans la même ligne .
Cette perfonne doit être de côté contre
un grand verre , ou une glace non-étamée
, encadrée & montée à-peu-près
comme les grands écrans à pied qu'on
met devant les cheminées pendant l'hyver
: on couvre cette glace d'une feuille
de papier blanc qu'on y attache , par
les quatre coins , avec du pain à cacheter.
Par exemple , fi la Loupe à eau que
vous avez a dix-huit pouces de foyer ,
vous placez d'abord fur une table ,
un bout de la chambre , une bougie allumée
, & vous éteignez toutes les autres
; enfuite à environ quinze à ſeize
pouces de cette bougie , vous placez
votre Loupe fur la même table , de manière
que la flamme de cette bougie réponde
au centre de cette Loupe ; à fix
pas plus loin , vous faites affeoir la perfonne
de côté , en forte que la colonne
de lumière qui vient de la Loupe ,
lui éclaire tout le côté gauche de la tête
; puis vous placez après cette perfanne
, & tout près d'elle , la glace verticale
, montée en écran , & vous attachez
la feuille de papier par - derriere.
Le tout étant difpofé ainfi , le profil de
la
OCTOBRE. 1763.1 145
la perfonne affife , eft très -aifé à tracer
fur ce papier , en fuivant , avec un
crayon , le contour de l'ombre que fa
tête y forme. Par le même procédé on
peut , fans fçavoir deffiner , fe procurer
le profil de toute autre chofe fur le
champ ; on peut même tracer de différens
côtés une machine dont on a le
modéle en petit , & tout autre objet
de médiocre grandeur. Plus la perfon- .
ne , ou l'objet que l'on veut deffiner
font éloignés de la Loupe , & la glace
verticale près d'eux , plus l'image qu'on
en trace fur le papier collé fur la glace ,
approche des véritables dimenfions &
de la grandeur naturelle. Cette image
devient plus grande à mefure qu'on
approche la perfonne ou l'objet de la
Loupe , & qu'on éloigne la glace vertigale.
Avec une Loupe de dix à douze pouces
de diametre qu'on place debout inclinée
fur fon axe , entre foi & un livre
in- quarto , les perfonnes qui ont la vue
foible , ou baffe , peuvent aifément lire
fans fe fervir de lunettes , & fans fe
déplacer pour paffer de la page gauche
à la page droite.
Il fuit de là que ces Loupes peuvent
être commodes & utiles aux déchiffreurs
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
d'anciens titres : comme ces Loupes font
voir à la fois un plus grand efpace fur le
titre , ils faifiront plus aifément un mot
difficile à lire , parce qu'ils auront en
même-temps fous les yeux le fens qui
précéde & celui qui fuit.
Ces Loupes font auffi voir en grand les
Eftampes d'Optique comme les Miroirs
concaves ; mais elles ont encore ici fur
eux un avantage , c'eft celui de ne pas
faire voir les objets renverfés de droite à
gauche comme eux, en forte que l'on peut
fire l'infcription d'une Eftampe , ce que
l'on ne peut faire avec les Miroirs , dans
lefquels ces infcriptions font vues renverfées
comme avec les Optiques commu
nes , compofées d'un Miroir-plan incliné
& d'une Loupe de verre folide . Pour
voir une eftampe avec une Loupe à eau ,
il faut appuyer l'eftampe contre quelque
chofe qui la foutienne comme debout
de manière que le jour tombe deffus obliquement
, placer la Loupe devant cette
eftampe à la distance de fon foyer , &
regarder au travers de la Loupe ; vous
voyez alors en grand comme avec un Miroir
, les objets repréfentés par l'eftampe.
Ces Loupes étant compofées de deux
portions de fphère qui peuvent être féparées
à volonté, il s'enfuit qu'on peut les
OCTOBRE. 1763. 147
remplir fucceffivement de diverfes liqueurs
colorées , ou non colorées , dont
on veut éprouver & comparer le pouvoir
réfrangible ; il y auroit peut-être en cela
un grand nombre d'expériences à faire
pour les Phyficiens .
Le reste au Mercure prochain.
Fermer
12309
p. 163-165
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-sixiéme & trente-septiéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. FREQUENT, Bouville. Des Ruelles, Chevalier. Durand, [...]
Mots clefs :
Soldats, Traitement, Hôpital, Accident, Dragées, Éloges
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-sixiéme & trente-septiéme Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARÉCHAL DUC DE biron.
Trente-fixiéme & trente-feptième Trai
tement depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats.
FREQUENT ,
Des Ruelles
Durand ,
Compagnies.
Bouville,
Chevalier.
Latour
Fromagé ,
Tourville ,
Lemaire , Chatulé
Defboëtz , Mathan .
164 MERCURE DE FRANCE.
Belamour ,
Parifien
Tardu ,
Guergorlay.
Daldart.
Cadet Goffelin
Voiſemont
La Sône .
Chevalier.
Colonelle .
Toucé Mathan .
,
Dumont , Pronleroy.
Cheneau Viennay.
Vannier ,
Fleur- d'épine ,
Nolivos.
Chatulé.
Ferion , d'Obfonville .
S. Jofeph ,
Mithon.
Fabre ,
Bigot ,
Marfay
Dampierre.
Lacour , Danteroche- ·
Cadet Legrand , Pronleroy .
Gérard , Pronleroy.
Lecomte ,
Rafilly .
Liffant , Colonelle .
Ces vingt- cinq Soldats ont été à l'ordinaire
traités & radicalement guéris.
Il appert aujourd'hui par les Regiſtres
des Hôpitaux du Roi , que le nombre
des Soldats Cavaliers , & Dragons
traités par la méthode de M. Keyfer
OCTOBRE . 1763. 165
Le monte à 9390 ; qu'il n'eft arrivé auçun
accident fâcheux ; que les maladies
les plus graves & manquées par les frictions
cédent à l'ufage des dragées , &
que les éloges font toujours les mêmes.
DE M. LE MARÉCHAL DUC DE biron.
Trente-fixiéme & trente-feptième Trai
tement depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats.
FREQUENT ,
Des Ruelles
Durand ,
Compagnies.
Bouville,
Chevalier.
Latour
Fromagé ,
Tourville ,
Lemaire , Chatulé
Defboëtz , Mathan .
164 MERCURE DE FRANCE.
Belamour ,
Parifien
Tardu ,
Guergorlay.
Daldart.
Cadet Goffelin
Voiſemont
La Sône .
Chevalier.
Colonelle .
Toucé Mathan .
,
Dumont , Pronleroy.
Cheneau Viennay.
Vannier ,
Fleur- d'épine ,
Nolivos.
Chatulé.
Ferion , d'Obfonville .
S. Jofeph ,
Mithon.
Fabre ,
Bigot ,
Marfay
Dampierre.
Lacour , Danteroche- ·
Cadet Legrand , Pronleroy .
Gérard , Pronleroy.
Lecomte ,
Rafilly .
Liffant , Colonelle .
Ces vingt- cinq Soldats ont été à l'ordinaire
traités & radicalement guéris.
Il appert aujourd'hui par les Regiſtres
des Hôpitaux du Roi , que le nombre
des Soldats Cavaliers , & Dragons
traités par la méthode de M. Keyfer
OCTOBRE . 1763. 165
Le monte à 9390 ; qu'il n'eft arrivé auçun
accident fâcheux ; que les maladies
les plus graves & manquées par les frictions
cédent à l'ufage des dragées , &
que les éloges font toujours les mêmes.
Fermer
12310
p. 175-176
GRAVURE.
Début :
LE Sieur J. J. FLIPART, Graveur du Roi, vient de mettre au jour le Portrait [...]
Mots clefs :
Portrait, Gravure, Dessein, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
E Sieur J. J. FLIPART , Graveur du
Roi , vient de mettre au jour le Portrait
de M. Greuze , d'après le deffein
original du même M. Greuze. Cette Eftampe
très- bien gravée , fe vend chez
le Sieur Flipart , & chez les Marchands
d'Eftampes. Le prix eft de 24 fols.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
Le Sr RIGAUD , Graveur des vues
des Maifons Royales , vient de joindre
à fon Recueil deux nouvelles vues du
Chateau de Berny , appartenant à S. A.
S. Monfeigneur le Comte de Clermont ,
Prince du Sang ; ce Recueil eft d'environ
cent trente vues toutes propres
pour l'Optique.
Il demeure toujours rue Saint Jacques
vis - à-vis le Collége du Pleffis , à Paris.
E Sieur J. J. FLIPART , Graveur du
Roi , vient de mettre au jour le Portrait
de M. Greuze , d'après le deffein
original du même M. Greuze. Cette Eftampe
très- bien gravée , fe vend chez
le Sieur Flipart , & chez les Marchands
d'Eftampes. Le prix eft de 24 fols.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
Le Sr RIGAUD , Graveur des vues
des Maifons Royales , vient de joindre
à fon Recueil deux nouvelles vues du
Chateau de Berny , appartenant à S. A.
S. Monfeigneur le Comte de Clermont ,
Prince du Sang ; ce Recueil eft d'environ
cent trente vues toutes propres
pour l'Optique.
Il demeure toujours rue Saint Jacques
vis - à-vis le Collége du Pleffis , à Paris.
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12311
p. 176-181
SPECTACLES DE LA COUR A FONTAINEBLEAU. ORDONNÉS par M. le Duc de DURAS Pair de France, Premier Gentilhomme de la Chambre du ROI en Exercice, & conduits par M. PAPILLON DE LA FERTÉ, Intendant des Menus, Plaisirs, Argenteries & Affaires de la Chambre de SA MAJESTÉ.
Début :
LE ROI étant arrivé le à Fontainebleau, il y eut Spectacle sur le Théâtre [...]
Mots clefs :
Acte, Rôle, Musique, Cour, Intendant, Talents
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texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES DE LA COUR A FONTAINEBLEAU. ORDONNÉS par M. le Duc de DURAS Pair de France, Premier Gentilhomme de la Chambre du ROI en Exercice, & conduits par M. PAPILLON DE LA FERTÉ, Intendant des Menus, Plaisirs, Argenteries & Affaires de la Chambre de SA MAJESTÉ.
SPECTACLES DE LA COUR
A FONTAINEBLEAU.
ORDONNÉS par M. le Duc de DURAS
Pair de France , Premier Gentilhomme.
de la Chambre du ROI en Exercice ,
& conduits par M. PAPILLON DE
LA FERTÉ , Intendant des Menus ,
Plaifirs , Argenteries & Affaires de
la Chambre de SA MAJESTÉ. ·
LE
E ROI étant arrivé le à Fontaine-
5
OCTOBRE. 1763. 77
י
bleau , il y eut Spectacle fur le Théâtre
du Château le lendemain. Les Comédiens
François y repréfenterent Héraclius
, Tragédie du grand CORNEILLE,
& Zénéïde , Comédie en 1 Acte de feu
M. DE CAHUSAC. Dans la Tragédie les
rôles de Pulchérie & de Léontine furent
admirablement rendus par les Dlles
CLAIRON & DUMESNIL , celui d'Eus
doxe par la Dlle DUBOIS . Le rôle dé
Phoca's fut joué par le fieur BRIZART ,
celui d'Héraclius par le fieur LE Kain ,
& celui de Martian par le Sr MOLÉ.
Dans la feconde Piéce , le Sr MOLÉ
a repréſenté Olinde , la Dlle DROUIN
la Fée , la Dile DOLIGNY Zénéïde , &
la Dile LUZI Gnidie.
Le Samedi 8 , les Sujets de la Mufique
du Roi & de l'Académie Royale
exécuterent , en préfence de Leurs Majeftés
, Dardanus , Opéra - Tragédie,
dont le Poëme eft de feu M. de la
Bruere , & la Mufique du célébre M.
RAMEAU.
Le Rôle de Dardanus a été éxécuté
par le fieur JELIOTTE , de la Mufique
du Roi & Penfionnaire de l'AOn
ne nommera dans les grandes Pièces que
les Acteurs des principaux rôles , pour éviter la
prolixité.
Hv
178 MERCURE DE FRANCE ,
cadémie . Celui d'Iphife par la Dlle ARNOULD.
Teucer & Ifmenor , par le fieur
LARRIVÉE , Antenor par le fieur GE
DIN. La Dlle DUBOIS & le fieur Mu-
GUET ont chanté les rôles acceffoires.
Le fieur GARDEL , les Dlles LYONNOIS
& ALLARD danferent les principales
Entrées dans le Ballet du premier
Acte. Le fieur LAVAL dans celui
des Magiciens au fecond Acte. La Dlle
LANI dans le Ballet du troifiéme A&te.
La Dile PESLIN & le Sr DAUBERVAL
les Pas de Deux de ce même Acte.
Le Sr VESTRIS & la Dlle VESTRIS
dans les Efprits Aëriens du quatriéme
Acte. Le Sr VESTRIS feul dans le cinquiéme
A&te. Le Sr DAUBERVAL , la
Elle PESLIN , le Sr CAMPIANI , la
Dlle GUIMARD ont exécuté divers Pas
ou Entrées dans ce même Acte .
Cet Opéra , repréfenté à la Cour, tel
qu'il avoit été donné à Paris à la dernière
reprife , a fait un très-grand plaifir.
Les beautés tranfcendantes de la
Mufique y ont eté admirées , & l'on a
fenti tout le mérite du Poëme qui peut
être compté au nombre des meilleurs
Drames lyriques du grand genre.
T
Il fuffiroit d'avoir nommé les Ac-.
teurs qui chantoient dans cet Opéra ,
OCTOBRE. 1763. 179
pour avoir prévenu fur le mérite de
l'exécution dans les Rôles . La voix &
les talens du Sr Jeliotte y ont paru
exactement tels que le Public les a admirés
il y a quelques années . Comme
la remife de cet Opéra eft encore récente
, on doit fe rappeller le charme,
touchant de l'action & du fentimens
de la Dile Arnould , dans le Rôle d'Iphife
& le plaifir qu'a fait le Sr Larrivée
dans les Rôles d'Ifmenor & de Teucer.
Leurs talens ont paru fupérieurs encore ,
dans cette repréſentation , à ce qu'ils
ont été lorfque l'on donnoit cet Opéra,
à Paris . La belle voix du Sr Gelin a
très -bien rempli le Rôle d'Antenor.
Sans outrer les éloges , on doit regader
comme une des plus parfaites exécutions
celle de toutes les autres parties
Muficales de cet Opéra. Il feroit
Impoffible d'imaginer plus de magnificence
& plus d'éclat dans les habits
& dans les décorations .
N. B. On avertit ici , pour ne le plus répéter :
que dans tous les Spectacles en mufique , ainfi
que dans les entractes des Comédies , l'exécurion
muficale eft dirigée par M. Francoeur , Sur-Intendant
de la Mufique du Roi , ( en femeftre )
fecondé de M. Rebel, Chevalier de 1Ordre du
Roi , auffi Sur-Intendant de la Musique de Sa
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Majefté , & de M. de Buri , Sur- Intendant en
furvivance.
Tous les Ballets font de la compofition de
MM . LAVAL Père & Fils , Maîtres des Ballets du
Roi.
>
Le Lundi 11 , le Philofophe marié
Comédie en vers en 5 Actes , de feu
M. NÉRICAULT DESTOUCHES &
enfuite la Nouveauté , Comédie en un
Acte & en Profe, du feu Sr LEGRAND,
furent repréſentées par les Comédiens
François.
>
Le Sr BELLECOUR a joué avec fuccès
Arifte dans la première Piéce , le
Sr BONNEVAL Géronte , le Sr BRIZARD
Lyfimon , le Sr MOLE Damon
rôle que l'on ne peut rendre avec plus
de vérité & d'agrément qu'en a mis
cet Acteur. Le Sr DUBOIS jouoit le
Marquis du Lauret. Le rôle de Céliante
a été rendu avec toute la perfection
dont eft capable l'inimitable Dile
DANGEVILLE , Penfionnaire du Roi,
& des rares talens de laquelle la Cour
jouit encore. La Dlle PRÉVILLE jouoit
le rôle de Mélite , & la Dlle Luzí celui
de Finette.
Dans la feconde Piéce , conjointement
avec quelques-uns des mêmes Aceurs
de la précédente , ont paru les
OCTOBRE . 1763 .
181
Srs ARMAND , DAUBERVAL
, AU
GER , BOURET , les Dlles DROUIN ,
DOLIGNI & DUBOIS , cette dernière
repréfentant la Nouveauté.
La Cour paroît très- contente du progrès
des talens des deux jeunes Actrices,
( DOLIGNI & LUZI ) qu'elle avoit
agréées avec plaifir cet été.
A FONTAINEBLEAU.
ORDONNÉS par M. le Duc de DURAS
Pair de France , Premier Gentilhomme.
de la Chambre du ROI en Exercice ,
& conduits par M. PAPILLON DE
LA FERTÉ , Intendant des Menus ,
Plaifirs , Argenteries & Affaires de
la Chambre de SA MAJESTÉ. ·
LE
E ROI étant arrivé le à Fontaine-
5
OCTOBRE. 1763. 77
י
bleau , il y eut Spectacle fur le Théâtre
du Château le lendemain. Les Comédiens
François y repréfenterent Héraclius
, Tragédie du grand CORNEILLE,
& Zénéïde , Comédie en 1 Acte de feu
M. DE CAHUSAC. Dans la Tragédie les
rôles de Pulchérie & de Léontine furent
admirablement rendus par les Dlles
CLAIRON & DUMESNIL , celui d'Eus
doxe par la Dlle DUBOIS . Le rôle dé
Phoca's fut joué par le fieur BRIZART ,
celui d'Héraclius par le fieur LE Kain ,
& celui de Martian par le Sr MOLÉ.
Dans la feconde Piéce , le Sr MOLÉ
a repréſenté Olinde , la Dlle DROUIN
la Fée , la Dile DOLIGNY Zénéïde , &
la Dile LUZI Gnidie.
Le Samedi 8 , les Sujets de la Mufique
du Roi & de l'Académie Royale
exécuterent , en préfence de Leurs Majeftés
, Dardanus , Opéra - Tragédie,
dont le Poëme eft de feu M. de la
Bruere , & la Mufique du célébre M.
RAMEAU.
Le Rôle de Dardanus a été éxécuté
par le fieur JELIOTTE , de la Mufique
du Roi & Penfionnaire de l'AOn
ne nommera dans les grandes Pièces que
les Acteurs des principaux rôles , pour éviter la
prolixité.
Hv
178 MERCURE DE FRANCE ,
cadémie . Celui d'Iphife par la Dlle ARNOULD.
Teucer & Ifmenor , par le fieur
LARRIVÉE , Antenor par le fieur GE
DIN. La Dlle DUBOIS & le fieur Mu-
GUET ont chanté les rôles acceffoires.
Le fieur GARDEL , les Dlles LYONNOIS
& ALLARD danferent les principales
Entrées dans le Ballet du premier
Acte. Le fieur LAVAL dans celui
des Magiciens au fecond Acte. La Dlle
LANI dans le Ballet du troifiéme A&te.
La Dile PESLIN & le Sr DAUBERVAL
les Pas de Deux de ce même Acte.
Le Sr VESTRIS & la Dlle VESTRIS
dans les Efprits Aëriens du quatriéme
Acte. Le Sr VESTRIS feul dans le cinquiéme
A&te. Le Sr DAUBERVAL , la
Elle PESLIN , le Sr CAMPIANI , la
Dlle GUIMARD ont exécuté divers Pas
ou Entrées dans ce même Acte .
Cet Opéra , repréfenté à la Cour, tel
qu'il avoit été donné à Paris à la dernière
reprife , a fait un très-grand plaifir.
Les beautés tranfcendantes de la
Mufique y ont eté admirées , & l'on a
fenti tout le mérite du Poëme qui peut
être compté au nombre des meilleurs
Drames lyriques du grand genre.
T
Il fuffiroit d'avoir nommé les Ac-.
teurs qui chantoient dans cet Opéra ,
OCTOBRE. 1763. 179
pour avoir prévenu fur le mérite de
l'exécution dans les Rôles . La voix &
les talens du Sr Jeliotte y ont paru
exactement tels que le Public les a admirés
il y a quelques années . Comme
la remife de cet Opéra eft encore récente
, on doit fe rappeller le charme,
touchant de l'action & du fentimens
de la Dile Arnould , dans le Rôle d'Iphife
& le plaifir qu'a fait le Sr Larrivée
dans les Rôles d'Ifmenor & de Teucer.
Leurs talens ont paru fupérieurs encore ,
dans cette repréſentation , à ce qu'ils
ont été lorfque l'on donnoit cet Opéra,
à Paris . La belle voix du Sr Gelin a
très -bien rempli le Rôle d'Antenor.
Sans outrer les éloges , on doit regader
comme une des plus parfaites exécutions
celle de toutes les autres parties
Muficales de cet Opéra. Il feroit
Impoffible d'imaginer plus de magnificence
& plus d'éclat dans les habits
& dans les décorations .
N. B. On avertit ici , pour ne le plus répéter :
que dans tous les Spectacles en mufique , ainfi
que dans les entractes des Comédies , l'exécurion
muficale eft dirigée par M. Francoeur , Sur-Intendant
de la Mufique du Roi , ( en femeftre )
fecondé de M. Rebel, Chevalier de 1Ordre du
Roi , auffi Sur-Intendant de la Musique de Sa
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Majefté , & de M. de Buri , Sur- Intendant en
furvivance.
Tous les Ballets font de la compofition de
MM . LAVAL Père & Fils , Maîtres des Ballets du
Roi.
>
Le Lundi 11 , le Philofophe marié
Comédie en vers en 5 Actes , de feu
M. NÉRICAULT DESTOUCHES &
enfuite la Nouveauté , Comédie en un
Acte & en Profe, du feu Sr LEGRAND,
furent repréſentées par les Comédiens
François.
>
Le Sr BELLECOUR a joué avec fuccès
Arifte dans la première Piéce , le
Sr BONNEVAL Géronte , le Sr BRIZARD
Lyfimon , le Sr MOLE Damon
rôle que l'on ne peut rendre avec plus
de vérité & d'agrément qu'en a mis
cet Acteur. Le Sr DUBOIS jouoit le
Marquis du Lauret. Le rôle de Céliante
a été rendu avec toute la perfection
dont eft capable l'inimitable Dile
DANGEVILLE , Penfionnaire du Roi,
& des rares talens de laquelle la Cour
jouit encore. La Dlle PRÉVILLE jouoit
le rôle de Mélite , & la Dlle Luzí celui
de Finette.
Dans la feconde Piéce , conjointement
avec quelques-uns des mêmes Aceurs
de la précédente , ont paru les
OCTOBRE . 1763 .
181
Srs ARMAND , DAUBERVAL
, AU
GER , BOURET , les Dlles DROUIN ,
DOLIGNI & DUBOIS , cette dernière
repréfentant la Nouveauté.
La Cour paroît très- contente du progrès
des talens des deux jeunes Actrices,
( DOLIGNI & LUZI ) qu'elle avoit
agréées avec plaifir cet été.
Fermer
12312
p. 181-182
SPECTACLES DE PARIS.
Début :
LE service de la Cour n'a rien diminué des plaisirs de Paris ; les Comédiens [...]
Mots clefs :
Spectacles, Tragédie, Comédie, Représentation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES DE PARIS.
SPECTACLES DE PARIS.
L E fervice de la Cour n'a rien dimi
nué des plaifirs de Paris ; les Comédiens
François ont donné pendant ce mois
plufieurs Pièces intéreffantes , entre autres
le Mercredi 5 , la Tragédie d'Ariane
de Thomas Corneille , dans laquelle
Mlle Dubois a joué le principal
Rôle , & y a reçu les plus grands applaudiffemens
& les mieux mérités. Let
Samedi 8 , dipe de M. de Voltaire ;
le Lundi 10 , Amafis , Tragédie de la
Grange- Chancel , le Mercredi 12 , Britannicus.
La perfection du jeu de Mlle
Dumefnil dans le Rôle d'Agrippine a
finguliérement ému l'âme des Spectateurs.
Les autres jours la Scène a été
occupée par d'excellentes Comédies de
mos meilleurs Auteurs.
182 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie Italienne a continué avec
fuccès les repréfentations des Amours
d'Arlequin & de Camille. Le Lundi 10 ,
on a donné la première repréfentation
du Prétendu , Comédie en trois Actes
mêlée d'Ariettes , remife au Théâtre ,
qui a été jouée pour la feconde fois le 13 .
La veille , on a donné la première repréfentation
des nouvelles Métamorpho
fes d'Arlequin , Piéce nouvelle Italienne
, ornée de Spectacles & de Divertif
fement.
L E fervice de la Cour n'a rien dimi
nué des plaifirs de Paris ; les Comédiens
François ont donné pendant ce mois
plufieurs Pièces intéreffantes , entre autres
le Mercredi 5 , la Tragédie d'Ariane
de Thomas Corneille , dans laquelle
Mlle Dubois a joué le principal
Rôle , & y a reçu les plus grands applaudiffemens
& les mieux mérités. Let
Samedi 8 , dipe de M. de Voltaire ;
le Lundi 10 , Amafis , Tragédie de la
Grange- Chancel , le Mercredi 12 , Britannicus.
La perfection du jeu de Mlle
Dumefnil dans le Rôle d'Agrippine a
finguliérement ému l'âme des Spectateurs.
Les autres jours la Scène a été
occupée par d'excellentes Comédies de
mos meilleurs Auteurs.
182 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie Italienne a continué avec
fuccès les repréfentations des Amours
d'Arlequin & de Camille. Le Lundi 10 ,
on a donné la première repréfentation
du Prétendu , Comédie en trois Actes
mêlée d'Ariettes , remife au Théâtre ,
qui a été jouée pour la feconde fois le 13 .
La veille , on a donné la première repréfentation
des nouvelles Métamorpho
fes d'Arlequin , Piéce nouvelle Italienne
, ornée de Spectacles & de Divertif
fement.
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12313
p. 182-209
SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
Début :
LES fruits heureux de l'émulation qui anime nos jeunes Maîtres, sont très sensibles [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peintre, Ouvrages, Effets, Auteur, Parties
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
SUITE de la Defcription des Tableaux
expofés au Sallon du Louvre.
M. DE LA GRENÉE.
LES fruits heureux de l'émulation qui
anime nos jeunes Maîtres, font très -fenfibles
dans les Tableaux de M. de la
Grenée. Nous defirerions pouvoir en
donner aux Lecteurs une idée qui répondît
à ce qu'ils méritent , & à la fatisfaction
qu'ils donnent aux Connoiffeurs
. Nous croyons devoir une attention
particulière à deux Tableaux , de
même grandeur , de ce Peintre ; ils font
du nombre de ceux qui arrêtent le
OCTOBRE. 1763 . 183
plus de regards & qui réuniffent le plus
de fuffrages . L'un repréfente Sufanne
furprife aux bains par les deuxVieillards ,
& l'autre la jeune Aurore quittant la
couche du vieux Titon.
On ne pouvoit donner plus d'expre¹-
fion & une expreffion plus jufte , plus
convenable & plus caractériſtique, que
celle de la tête de Sufanne dans le premier
de ces Tableaux . On y voit le fentiment
de la furpriſe & de l'indignation ;
on peut y remarquer même un principe
d'honnêteté fupérieur à l'habitude fervile
des préjugés. Le deffein de cette
Figure eft de la meilleure manière &
d'une grande intelligence. Les Vieil
lards forment , comme on l'imagine
bien , un contrafte marqué avec la Sufanne
, & le tout eft d'un bel accord de
couleurs .
Le Tableau de l'Aurore eft encore
plus piquant & a quelque chofe de plus
fort que le précédent , non feulement,
dans les expreffions , mais encore dans
le coloris. Il eft fàcheux que l'Auteur.
ait été probablement contraint , par
une dimenfion donnée , de reftraindre
fa fcène dans un espace trop petit pour
l'étendue de fon action , pour le nombre
& pour les proportions des Perfons
nages.
184 MERCURE DE FRANCE .
On remarque encore avec plaifir
du même Auteur un Tableau de forme
ovale , que l'on a intitulé la douce Captivité
, dans lequel eft repréfenté le Bufte
d'une jeune Femme careffant un Pigeon
qu'elle tient entre fes mains . On
ne tariroit pas d'éloges fur un petit
Tableau d'une Vierge careffant l'Enfant
Jefus , fi l'on vouloit en détailler
toutes les fineffes de pinceau , de deffein
, de couleur & de compofition . Une
autre Vierge qui prépare des alimens à
fon divin Enfant , eft digne auffi de
beaucoup d'obſervations favorables. On
pourroit en dire autant de plufieurs deffeins
du même Auteur qu'il a cru devoir
expofer , & dont nous ne donnerons
pas le détail par les motifs dont
nous avons ci- devant fait mention .
M. DESHAY S.
S'il étoit permis dans un Ouvrage de
critique de fe fervir d'expreffions ou de
figures poetiques, nous dirions avec beau
coup de jufteffe , en parlant de M. Deshays
, que nous allons célébrer le Soleil
levant de l'Ecole Françoife . Ce que
l'on a vu précédemment de ce jeune,
Peintre , pouvoit être en effet confidéré
comme les premiers rayons de la gloire
OCTOBRE. 1763 . 184
dont il eft couronné à cette expofition..
C'est d'après l'admiration univerfelle du
Public , & l'on peut dire avec confiance
, d'après le fuffrage de fes plus
célébres Rivaux , qu'en lui donnant cet
éloge , nous ne faifons que marquer la
Place qu'ils lui ont affignée eux - mêmes
dans les premiers rangs de Peintres d'Hi
ftoire du plus grand genre.
(i) Le premier des Tableaux de M. Des
hays non feulement parla grandeur de fa
forme, mais par celle de la compofition
& de l'effet , offre l'augufte & myſtérieux
fpectacle du chafte mariage de la
Sainte Vierge avec Saint Jofeph. C'eft
plus qu'en Poëte , c'eft en Prophéte infpiré
que le Peintre a traité ce Sujet , fi
fimple en apparence
, & devenu fi noble
par l'élévation de fon génie. Un Grand-
Prêtre de la Loi de Moyfe eft debout &
tourné vers les Saints Époux , fur une
Eſtrade en avant d'un Autel ou d'une
Table , couverte de nappes de lin. Il a
les bras étendus , & le regard dirigé
vers une Gloire qui l'illumine. Rien de
plus expreffif & de plus divin que le
caractère de cette Tête , où fans effort
d'imagination , on lit les grands Myſté-
( i ) Ce Tableau a 19 pieds de haut fur 12
pieds de large.
186 MERCURE DE FRANCE.
,
res que Dieu révéle en ce moment à
fon Pontife. Il femble voir & fuivre dans
le Ciel l'ordre des merveilles que l'éter-.
nelle Providence doit opérer dans la jeune
époufe que l'on bénit . Ce n'eft point par
éxagération forcée dans le jeu des traits,
que le Peintre a donné ce fublime caractère
à la tête du Grand - Prêtre. Il a ,
pour ainfi dire imprimé , avec la plus
vive chaleur dans cet enthouſiaſme
divin , & la Majefté du Dieu qui inſpire ,
& la dignité du Ministère facré qu'éxerce
le Pontife. Autant d'intelligence
caractériſe la Figure de la Sainte Vierge.
qui reçoit aux pieds de ce Grand - Pretre
l'Anneau conjugal des mains de Saint
Jofeph. C'est tout un autre genre de
caractère , mais c'eſt la même juſteſſe
& le même fublime. Une candeur célefte
éclaire , embellit , & rend encore
plus touchante , la beauté fimple &
en même-temps très- noble ? que le
Peintre a donnée à la tête de la Vierge.
Cette grande & majeftueufe fimplicité
eft prononcée d'une manière fenfible ,
non-feulement fur la tête , mais encore
fur toutes les parties de cette belle Figure.
Le Saint Joseph a la jufte expreffion
qui lui convient & dans un genre
analogue à la grande idée que le Pein-
>
OCTOBRE. 1763. 187
tre a conçue & très -bien rendue de ce
faint Hyménée . Deux jeunes Lévites
rempliffent leurs fonctions aux pieds de
l'Autel , dans un des angles inférieurs du
Tableau.
Si le Peintre a excèllé dans l'invention
& dans ce que nous appellons la compofition
poëtique de fon Sujet , il ne
mérite pas moins d'admiration dans l'exécution
pittorefque. On doit lui pardonner
de s'être permis un peu de licence
contre l'auftère vérité du Coftume à
l'égard des vêtemens du Grand- Prêtre,
en faveur du grand & magnifique effet,
qui en réfulte. On ne peut rien voir de
mieux entendu que le jet des draperies
du fur - vêtement de ce Prêtre . L'enthoufiafime
femble y régner autant
que dans le caractère de la tête ; mais
toujours avec une fagcffe & une juſteſſe
de goût que nous ne pouvons trop louer.
Le moelleux & la force qui caractériſent
éminemment le pinceau de l'Auteur fe
font spécialement remarquer dans ce
Tableau , le choix & l'effet des étoffes ,
y font également admirables . Le fage enfemble
par lequel le Peintre a , comme
nous l'avons dit plus haut , défigné la
divine vocation de la Vierge , eft encore
, fi l'on peut dire , completté p
188 MERCURE DE FRANCE.
,
le genre & l'exécution des belles dra-`
peries de cette Figure . Leur noble fimplicité
, l'entente & la fobriété des plis
y font parfaitement analogues , & le
font fans froideur , fans féchereffe , &
fur-tout fans cette roideur fi difficile à
éviter , lorfque l'on pratique cette forte
de manière de draper. La magie du clair
obfcur & de l'effet du coloris , a été
pratiquée , à ce qu'il nous femble , avec
un fuccès étonnant dans tout ce Tableau;
nous l'avons particuliérement remarquée
fur les deux jeunes Lévites tous deux
vêtus de lin , poftés très- près l'un de l'au-'
tre , & joignant les linges qui couvrent
l'Autel. L'art des effets , dans tous ces
mêmes blancs , eft fi heureuſement employé
, que les objets & chaque partie
des objets , font d'une diftinction
fenfible , en même temps de la plus
grande vérité , & d'une grande perfection
d'accord avec les autres objets ,
dans l'enſemble du Tableau , duquel un'
des grands mérites eft la beauté de l'har
monie générale . Cette maffe que forment
les jeunes Lévites, produit encore , relativement
à d'autres effets , un avantage qui
ne nous a pas échappé . Comme elle eſt
pofée dans l'angle inférieur du Tableau
qui répond à l'angle fupérieur où eft la
-
OCTOBRE . 1763 . 189
Gloire , elle contribue admirablement
à étendre & à élargir le grand effet de
lumière qui frappe fur la partie dominante
de toute cette grande & riche compofition.
Nous aurions à faire remarquer l'éclat
de cette Gloire , les rapports ingénieux
& agréables d'effet des acceffoires avec
les parties principales , jufques dans
les fleurs dont font janchés les gradins
de l'Autel & le pavé du Temple :
mais nous ferions peut-être prolixes
fans être pour cela affez exacts . Il eft
des objets pour lefquels toute defcription
eft infuffifante : ce beau Tableau
eft de ce nombre . Qu'il nous foit permis
, avant de finir , d'adreffer un rcproche
bien fondé à notre Capitale , fur
ce qu'elle abandonne en quelque forte
, aux Temples des Provinces , des morceaux
de diftinction , tels que celui- ci
& d'autres que l'on pourroit citer , qui
devroient refter dans fon fein pour fervir
de monamens à fa fplendeur & à
la gloire de nos Arts. Il eft plus que fin
gulier que ceux auxquels eft confié l'ertretien
des Temples , faffent en Provin
ce plus d'efforts de dépenfes pour enlever
à la Capitale des productions de
prix , que l'on ne daigne en faire
les y conferver.
pour
90 MERCURE DE FRANCE.
!
>
Une Scène plus forte que la précédente
& d'un genre différent , a exercé
le pinceau de M. Deshays dans
beaucoup moins d'efpace fur la toile
mais avec autant d'étendue de génie ;
c'eft la Réfurrection du Lazare. ( k )
Le Peintre a fait plus appercevoir &
plus fentir le Dieu que l'Homme dans
le caractère de la Figure de Jefus Chrift.
Les différens mouvemens de furpriſe
de terreur & d'admiration , font ingénieufement
variés & parfaitement
prononcés fur les vifages des trois Apôtres
qui regardent fortir le Mort de fon
tombeau . Ce dernier eft frappant de
terreur, il est élevé à mi- corps dans une
efpéce de foffe , dont on a relevé les
terres & la pierre qui la couvroient.
Il est encore dans les linceuls de la mort
d'où il femble faire effort pour dégager
fes mains , ferrées dans des bandelettes
, afin de les élever vers fon Sauveur
. Rien de mieux penfé, dans ce Tableau
, que la différence dont font affectées
deux Femmes témoins du Miracle ;
T'une eft toute entière encore à l'étonnement
& à la confidération terrible de
l'événement , tandis que l'autre , profter-
( k ) Ce Tableau ne fe trouve point dans le
Livre du Sallon.
OCTOBRE . 1763. 19L
, née la face contre terre adore dans
fon âme la Divinité qui opére. Le fite ,
le ton de couleur , la fierté du deffein
quoique dans des Figures de petites proportions
, tout eft relatif , tout eft adapté
à la nature du Sujet. Nous ne pouvons
mieux nous expliquer à l'égard
de cet Ouvrage , que d'après les plus
illuftres Confrères de fon Auteur , qui
l'ont comparé aux plus belles productions
de la Foffe .
Dans le Tableau intitulé : la Chafteré
de Jofeph , ce Peintre , différent de luimême
, toujours égal & quelquefois fupérieur
aux plus grands modèles de
chaque genre , a rendu , peut - être
jufqu'au danger de la féduction , ( mais
fans indécence ) des beautés que l'ufage
voile à nos yeux . La femme de Putiphar
eft repréſentée s'élançant du lit
où elle vouloit faire entrer le chafte
Jofeph qu'elle retient encore par fes vêtemens.
Le crime & la frayeur d'une
paffion trompée dans fon efpoir , font vivement
exprimés dans les yeux & fur le
vifage de cettte coupable femme . Ce que
le linge dont elle eft couverte laiffe voir
du reste de la figure a tous les charmes ,
auxquels peut atteindre l'imitation de la
nature. Il y a des paffages de demi-teintes
192 MERCURE DE FRANCE.
dans les parties nues , & un artifice de
coloris qui produifent toutes les rondeurs
& tous les autres beaux effets du
relief naturel . Le Peintre a donné un
caractère de beauté un peu mále , mais
agréable , à fon Jofeph . L'expreffion du
fentiment de cette Figure eft délicate &
difficile à rendre , à caufe du contrafte
de la vertu qu'elle doit exprimer , avec
la perverfité trop commune dans nos
moeurs. Il nous a paru cependant de la
nobleffe dans l'air de priere & d'invocation
, avec lequel Jofeph demande au
Ciel des fecours pour lui - même contre
la féduction des fens , ou reclame la
Juftice Divine contre l'entrepriſe hardie
de la belle Criminelle.
Ce qui nous refte à dire fur ce Tableau
, c'eft qu'outre les beautés de
deffein , dont nous ne devons plus parler
, parce qu'elles font généralement
connues dans tous les Ouvrages de M.
Deshays ; fon pinceau eft comparable
pour la fraîcheur
, pour le fuave , pour
la jufteffe des effets & la richeffe des étoffes
, à ce que l'on connoît de plus beau
en ce genre des grands Maîtres d'Italie
& de nos meilleurs Coloriftes François.
(1)
( 1) Ce Tableau a 4 pieds 6 pouces fur s pieds
pouces. Nous
OCTOBRE. 1763. 193
Nous avons vu du même Peintre
un Tableau de Vierge d'un très - beau
caractère. (m) Deux autres Têtes : l'une
d'un vieillard , l'autre d'une jeune
Femme qui range avec fon éventail la
.coëffe d'un mantelet dont elle eft enveloppée
, nous ont paru , chacune dans
leur genre , mériter l'attention des Connoiffeurs.
La première a les grandes parties
de la Peinture utiles à l'étude de
cet Art , la feconde eft auffi piquante par
l'invention & le tour d'action , que par
la fraîcheur & par l'effet de la lumière.
Le foin laborieux d'étendre fes talens,
& fur-tout d'en foumettre les productions
au jugement du Public , eft remarqué
à ces expofitions , où M. Deshays
ne ceffe d'en recueillir le fruit. On
fe plaît à voir encore dans celle - ci des
Marches , des Caravanes & des Payfages
garnis d'animaux , par ce même Peintre
; nous avons entendus tous les meilleurs
Connoiffeurs & les plus habiles Artiftes
, fe réunir à comparer ces fortes de
Tableaux aux Ouvrages fi célèbres du
Bénédette. On y reconnoît la même délicateffe
de touche , la même élégance de
deffein , & les mêmes beautés de co-
-loris.
(m) Deux pieds 6 pouces , fur 2 pieds .
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE .
Nous avons eu déjà occafion de remarquer
dans ce Peintre un des plus
grands mérites qu'on puiffe avoir en
Poefie comme en Peinture ; c'eft de
prendre le ftyle exactement propre à
chaque Sujet qu'on traite. Nos Obfervations
fur les Ouvrages qu'il vient d'expofer
confirment plus que jamais cet
éloge. M. Deshays ne paroît en effet
avoir aucune manière affectée : c'eft le
Peintre de tous les genres , & il feroit
difficile de déterminer celui dans lequel
il excelle le plus . Son célèbre beau- père
a été nommé le Fontenelle de la Peinture;
nous ofons prédire que le gendre
en fera nommé le Voltaire.
M. AMEDÉE VANLOQ .
2
Toujours heureux dans la Peinture
le grand nom de Vanloo eft fort bien
foutenu cette année par M. Amédée,
On apperçoit avec fatisfaction l'avantage
qu'il a retiré de fa réfidence en
France , qui le rapproche d'une famille ,
où il trouve des modéles fi utiles : on
en voit particulièrement le fruit dans
deux Tableaux , dont l'un repréfente
une Prédication de S. Dominique devant
un Souverain Pontife , & l'autre S. Thomas
d'Aquin', compofant fes Ouvrages
OCTOBRE. 1763. 195
鬱
#
fous l'infpiration du Saint-Efprit . Il y a
dans ces deux Tableaux des beautés de
compofition & de coloris , qui peuvent
faire honneur aux talens de ce Peintre ,
& qui marquent fenfiblement d'heureux
progrès. Nous avons été embarraffés
dans l'un de ces deux Tableaux à nous
rendre raifon de quelques lumières qui
paroiffent fe croifer , comme fi elles partoient
de points oppofés. Peut - être l'Auteur
a-t-il eu pour cela des motifs dont
il est plus en état de rendre compte que
nous ; peut- être auffi nos yeux ont - ils
été trompés dans cette obfervation.
On a expofé encore de ce Peintre
deux Tableaux repréfentans des Jeux
d'enfans , & un autre l'Enfant Jéfus ,
avec un Ange qui lui montre les Attributs
de la Paffion ; Ouvrage dont le
Sujet a fans doute été exigé , & auquel
a été affujettie l'exécution.
M. CHALL E.
, & Plufieurs Tableaux d'Hiftoire
d'affez grande forme par M. Challe, prouvent
que cet Artifte travaille tonjours
avec application fur des bons principes
& dans un genre que l'on doit encoùrager.
La mort d'Hercule , Milon de
Crotone , Efther évanouie aux pieds
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
d'Affuerus , & une Vénus endormie .
font les Sujets qu'a traités M. Challe
dans ces Tableaux . On voit encore de
lui , quatre Deffeins d'Architecture , repréfentant
d'anciens Monumens dans
lefquels les Curieux d'antiquités trouvent
dequoi fatisfaire leur goût.
M. CHARDIN ,
C'eft avec d'autant plus de plaifir que
nous allons parler de Tableaux de fruits
& autres objets du genre de M. Chardin
, que cet illuftre Artiſte ſemble , dans
l'expofition de cette année , avoir renouvellé
toute la force de fon talent. On ne
peut voir d'effet plus piquant , plus vrai ,
plus naturel , & de touche plus fçavante
& plus artificieufe que ce que préfentent
en général les petits Ouvrages dont il
a orné le Sallon , & entr'autres un Déjeuné
qui eft la nature même des objets
qu'il a imités , & qui font offerts aux
yeux fous l'afpe& le plus attrayant.
On reconnoît & l'on doit avouer que
ce grand Peintre eft encore le Maître &
le modéle du genre qu'il a pour ainfi
dire créé. Indépendamment de ce que
M. Chardin a contribué par l'agrément de
Les Ouvrages à la décoration du Sallon
on lui doit encore un jufte tribut d'é-
?
OCTOBRE . 1763 . 197
1
loges pour l'ordre qu'il a été chargé de
mettre dans la difpofition de tant de
chefs-d'oeuvres divers. On eft convenu
généralement au premier coup - d'oeil ,
comme après un examen plus recherché ,
que jamais on n'avoit diſtribué avec
plus d'intelligence les différentes parties
de cette riche Collection , tant pour la
beauté de l'enfemble , que pour l'avan
tage particulier de chacun des morceaux
qui la compofent.
M. DE LA TOUR.
་
Les fuffrages du Public font toujours
les mêmes fur les productions du célébre
M. de la Tour. Parmi un grand
nombre de Portraits qu'il a préfentés
cette année , on y diftingue ceux de
Monfeigneur le Dauphin & de Madame
la Dauphine , ainfi que ceux de Monfeigneur
le Duc de Berry , de Monfei
gneur le Comte de Provence , du Prince
Clément , & de la Princeffe Chriftine de
Saxe. Il eft difficile d'exprimer avec quel
plaifir tout le monde eft frappé de l'étonnante
vérité des Portraits de M. le
Moine , Sculpteur du Roi , & d'un Eccléfiaftique
connu du Public , & très-confidéré
dans la Magiftrature .
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
M. FRANCISQUE MILLET.
M. BOIZO T.
Il y a dans deux Payfages de M.
Millet , & dans plufieurs Tableaux de
M. Boizot , des chofes qui peuvent faire
honneur à ces deux Académiciens , &
où les Connoiffeurs retrouvent toujours
quelques effets des bons principes de
notre École Francoife.
M. VENE VAULT.
-
Les Amateurs de la Miniature ,
genre dans lequel M. Vénevault s'eft
à jufte titre acquis une grande réputatation
, ont lieu d'être fatisfaits des ouvrages
de cet Artifte. Le Portrait
étant l'objet le plus ordinaire de la Miniature
, ces fortes d'ouvrages n'intéreſfent
le plus fouvent que relativement à
la connoiffance qu'on a de ceux qui y
font repréſentés . M. Vénevault a attiré
la curiofité de tout le monde , fur une
compofition dans laquelle on voit un
homme connu dans la Littérature , qui
fous fon habit ordinaire d'Abbé, fait une
lecture à une jolie Femme fa parente. Le
contrafte des deux phyfionomies , &
le mérite de l'expreffion caractéristique
ont fait chercher ce Morceau , parmi
OCTOBRE 1763. 199
les grandes & férieufes beautés qui frappent
les regards , & on l'a vu avec le
même plaifir qu'une petite Piéce agréable
après la repréfentation des grands
Drames héroïques.
M. BACHELIER.
M. Bachelier a donné des preuves de
l'étude particulière qu'il fait depuis quelques
années dans le grand genre d'Hif
toire , & des fuccès qu'il peut fe promettre
d'y obtenir ; par l'expofition d'un
Tableau qui repréfente Caïn venant de
tuer fon frere Abel : il a pris ce Sujet
dans le Poëme de M, Gefner. C'eft auffi
dans cette fource qu'il a puifé les Sujets
de plufieurs Efquifles en grifaille , dans
lefquelles on trouve généralement autant
de force de génie que d'exécution .
Ces derniers morceaux font fingulièrement
honneur aux talens de l'Artifte .
Nous n'entrerons pas en un plus grand
détail fur les beautés remarquables de
fes Ouvrages , pour éviter la prolixité
& les répétitions. Les bornes de cet
écrit nous empêchent auffi de détailler
des peintures allégoriques du même Auteur
fur l'Europe fçavante , le Pacte de
famille , & c.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
M. PERRONNEAU.
Plufieurs Portraits en paftel , par M.
Perronneau , font vus avec fatisfaction ,
tant pour les vérités de reffemblance que
pour d'autres parties qui méritent l'attention
des Connoiffeurs.
M. VERNET .
Nous n'avons point d'expreffions , &
il feroit difficile d'en trouver pour rendie
toute l'admiration qu'on a donnée
aux Ouvrages expofés par M. Vernet
& pour en célébrer le rare mérite . Ils
confiftent, 1 ° . en deux grands Tableaux,
l'un repréfentant le Port de Rochefort ,
& l'autre celui de la Rochelle . Dans l'un
& dans l'autre fe trouve réuni tout ce
qu'a jamais produit & tout ce que pourra
produire le preftige de la Peinture . L'ingratitude
des Fabriques répétées & pour
ainfi dire rimées , qui fe trouvent dans.
ces Ports , eft fi ingénieufement fauvée
par l'artificieux emploi des lumières
qu'elles deviennent des beautés auxquelles
on ne peut fe refufer , & d'où
les regards ont peine à s'arracher . Chaque
objet particulier eft d'une fi éxacte
vérité , que ce n'eft point l'imitation
mais la nature même qui nous y attache ;
OCTOBRE. 1763. 201
& l'enſemble de ces objets eft fi artif
tement fondu , fi bien lié par l'art du
Peintre , que rien ne heurte la vue , &
que tout fatisfait également celle du
Connoiffeur comme celle du Vulgaire.
Le fpectateur diftingue chaque partie
de ces admirables compofitions ; il marche
dans les chemins qui y font tracés ;
il est prêt d'aller à bord avec les Marelots
; il parcourt les Atteliers , voit les
différentes manoeuvres , il converfe avec
les perfonnages dont les Figures , ingénieufement
grouppées , donnent de la
vie & du mouvement à ces chefs- d'oeuvre
de l'Art. ( n )
Quatre autres Tableaux du même
Auteur , repréfentant les quatre Parties
du Jour , (o) enrichiffent encore le Sallon .
Nous fommes réduits à la répétition des
mêmes éloges , que nous defirerions pouvoir
rendre encore plus forts , pour qu'ils
fuffent moins éloignés du mérite réel
de toutes ces productions. On admire
dans ces Tableaux comme dans les
premiers , la jufte expreffion dans les
(n) Ces Tableaux appartiennent au Roi , &
font de la fuite des Ports de France , & exécutés
par M. Vernet.
(o ) Ces Tableaux appartiennent à Monfeigneur.
le Dauphin,
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
;
effets de chacun des différens points
du jour la parfaite analogie des tein
tes avec le ton vrai de la Nature
dans les diverfes manières dont les objets
font éclairés , & fur- tout la fublime
intelligence de la perfpective aërienne ,
que ce grand Maître poffede au moins
auffi parfaitement que Claude le Lorrain ,
en y joignant des avantages que peutêtre
n'ont pas les Ouvrages de cet illuf
tre Payfagifte. Ces quatre Tableaux ont.
un égal degré de perfection ; mais au
gré de quelques Curieux , celui qui repréfente
la Nuit , paroît le plus piquant ,
par la parfaite imitation des effets d'un
clair de Lune fur tous les objets , &
particulièrement fur les eaux.
Il y a encore plufieurs autres Ouvravrages
de ce grand Peintre qui méritent
l'attention & les fuffrages des Connoiffeurs
; dans le nombre de ces Tableaux
on remarque un Payfage , dont
le Sujet eft la Bergère des Alpes , &
deux Marines d'imagination. (p )
M. ROSLI N.
Les talens de M. Roflin pour le Portrait
, fi connus & déjà fi eftimés , pa-
(p ) Ces deux derniers Tableaux font du Cabi
net de Madame de Pompadour.
OCTOBRE. 1763. 203
toiffent être parvenus à la fupériorité
dans beaucoup de parties ; telles font
les vérités d'effet , la perfection & le
fini des détails , ainfi que l'heureux agencement
des draperies & des étoffes ; à
quoi il joint éminemment le plus beau
faire dans les têtes , les plus fidelles &
en même-temps les plus avantageufes
reffemblances ; la correction du Deffein ,
l'harmonie & enfin toutes les grandes parties
de la Peinture ; c'eft ce qu'on remarque
particulièrement dans les Portraits
de M. le Duc de Praflin , de M. le Baron
de Scheffer , d'un Abbé de Clairvault
, ainfi que dans celui de Madame
la Comteffe d'Egmont & de M. le Comte
de Kernicheuw en habit de Cérémonie
de l'Ordre de S. André de Ruffie. On
admire avec furprife , fingulièrement
dans ce dernier Portrait , la jufteffe &
l'éclat de l'imitation des étoffes très - riches
en or & en argent qui forment
l'habillement.
M. VALADE. M. DESPORTES.
Le premier de ces deux Peintres a
expofé différens Portraits en paſtel , dans
lefquels on trouve beaucoup de reffemblance
; un entr'autres qui repréfente
M. Loriot , Ingénieur méchanicien , mé-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
rite l'attention particulière des Amateurs
du paſtel , en ce qu'une moitié feulement
de ce Tableau , eft fixée par le
fecret qu'a découvert M. Loriot , & que
l'onn'apperçoit aucune différence ni altération
entre la partie fixée & celle qui
ne l'eft pas. On voit quatre Tableaux
de Fruits de M. Desportes.
MADA ME VIEN.
Les charmans Ouvrages de cette Académicienne
continuent de juftifier la
rare diftinction dont elle a été honorée
par fon admiffion dans l'Académie ;
avantage qui lui feroit uniquement propre
fans l'exemple de la fameufe Demoifelle
Rofa- Alba.
M. DE MA CHY .
On ne peut donner trop d'éloges aux
Sujets que nous avons vus de M. de
Machy dans le genre d'Architecture . Ils
confiftent 1 ° . dans la repréfentation de
l'intérieur de l'Eglife projettée pour la
Paroiffe de la Magdeleine ( q ) ; ce Tableau
donne & remplit très- bien l'idée
d'un beau Temple avec de grands effets ,
( 4 ) Tableau de trois pieds quatre pouces de
large fur un pied neuf pouces de haut.
OCTOBRE. 1763. 205
très-juftes & d'un riche afpect. 2°. Le
deffous du Périftile du Louvre du côté
de la rue Fromenteau , éclairé par une
lampe. On a lieu de louer , & même
d'admirer , dans ce Tableau , & le génie
de l'invention & la vérité piquante
d'un effet fi avantageux , qu'il embellit
le local repréfenté , de manière que
ceux qui le voyent tous les jours
font furpris de la beauté qu'ils n'y
avoient pas apperçue . 3° . Deux Ta
bleaux , à gouaffe , repréfentans les ruines
de la Foire S. Germain occafionnées
par l'Incendie ; l'effet de ce fpectacle
eft vivement & fidélement exprimé . 4º.
Un autre Tableau , dont le Sujet , trèsintéreffant
de foi-même, eft rappellé avec
la plus grande vérité. C'est l'inſtant de
la Pofe de la Statue Equeftre du Roi ,
dans la nouvelle Place , lorfqu'après
l'avoir enlevée , on la defcend fur fon
Piédeftal. La plus jolie compofition , les
meilleurs effets & le goût le plus jufte
dans le genre , diftinguent ce Morceau.
On y voit , on y retrouve la multitude
qui rempliffoit la place , on croiroit en
entendre le bruit. M. de Machy nous a
encore expofé des Tableaux de Ruines
dans lefquels on reconnoît toujours les
talens qui conftituent la réputation de
cet Artiſte.
266 MERCURE DE FRANCE.
M. DROUA IS le fils.
Le pinceau de M. Drouais le fils a
rempli l'attente du Public & par le nombre
& par l'agrément de fes productions.
On fçait avec quels applaudiffemens
elles ont été vues aux précédentes
expofitions & dès le premier moment
même que cet Auteur a paru
fur
la Scène du Sallon, Théâtre auffi avanta
geux au vrai mérite des talens que dangereux
pour la médiocrité . Ceux de cePeintre
non-feulement en foutiennen toujours
l'épreuve avec honneur , mais ils y
acquiérentde nouveauxfuffrages à chaque
nouvelle repréſentation : car nous croions
qu'on peut confidérer ainfi chaque expofition
publique . La fraîcheur du pinceau
, l'éclat & le piquant des effets
qu'on peut tirer des emplois de la lumière
, font les principales qualités qui caractérisent
le talent de M. Drouais
dans l'exécution , ainfi que le choix
gracieux dans l'arrangement & dans la
pofition des objets. Ces qualités réunies
, font remarquer avec grand plaifir
tous les Tableaux & tous les Portraits
de cet Auteur. On eft principalement
frappé de celui où il a peint Monfeigneur
le COMTE D'ARTOIS & MADA- .
OCTOBRE. 1763. 207
ME jouant avec une Chévre. Ce Mor
ceau eft de la plus agréable invention ;
& malgré la hauteur où la néceffité de
l'ordre général a forcé de le placer au
Sallon , l'éclat & les grâces dont il bril
loit , ont attiré tous les regards. Nous
devons obferver néanmoins que cette
élévation où fé font trouvés placés quelques
Ouvrages du même Peintre , a pu
faire un obftacle à la diftinction qu'ils
méritoient , les objets qui y étoient repréfentés
n'étant pas faits pour être vus
d'une fi grande diſtance .
Ce que nous venons de dire à l'avan
tage de ce Tableau de M. Dronais , eft
applicable à tous les autres. On ne peut
cependant refufer des éloges particuliers
au Portrait d'un très-joli petit Garçon en
Pierrot. C'eft un morceau du genre &
à - peu-près de l'effet du petit Polifon
au Portefeuille qui a été vu précédemment
& qui a fait tant d'honneur à ce
Peintre. La petite Nourrice ainfi que
le Portrait d'une petite Fille charmante
jouant avec un chat ( deux Tableaux
ovales ) font du même mérite . On ne
peut fe faire une idée trop agréable du
piquant qu'il y a dans ce dernier Morceau.
Ceux qui en connoiffent le mo208
MERCURE DE FRANCE.
déle ( r ) doivent convenir que s'il a
prêté au talent du Peintre , celui - ci à
fon tour en a fi bien faifi la grâce & la
fineffe de caractère , que l'on ne pouvoit
mieux répondre à cet heureux
choix de la Nature . ( s )
M. VOIRIOT .
Dans plufieurs Portraits de ce Peintre
on reconnoît les fruits des bons principes
de l'Art. Le Public , non plus que
nous , ne peut juger de l'exactitude des
reffemblances dans les Portraits des Particuliers
. Mais nous y pouvons diftinguer
la bonne manière de peindre les
têtes , l'enfemble des parties , le ton vrai
& l'accord du coloris , ainfi que le meilleur
choix des attitudes , & c. En examinant
les Ouvrages de M. Voiriot fur
toutes ces conditions requifes , nous
trouverions beaucoup de chofes à dire,
favorables à fon talent.
(r) Mlle SILVESTRE , fille de M. SILVESTRE ,
Peintre du Roi de Pologne & petite - fille de feu
M. SILVESTRE , Directeur de l'Académie .
( s ) Ce Tableau eft du Cabinet de Madame de
Pompadour.
N. B. La fuite au prochain Mercure.
Les perfonnes qui auront la Brochure
OCTOBRE. 1763. 209
où la Defcription des Tableaux eft raf
femblée en entier, peuvent s'adreffer au
Bureau du Mercure , rue Ste Anne, On
leur délivrera gratis en fupplément
pour joindre à cette Brochure la Def
cription des Ouvrages de Sculpture ,qui
n'a pû être imprimée dans le même
temps .
expofés au Sallon du Louvre.
M. DE LA GRENÉE.
LES fruits heureux de l'émulation qui
anime nos jeunes Maîtres, font très -fenfibles
dans les Tableaux de M. de la
Grenée. Nous defirerions pouvoir en
donner aux Lecteurs une idée qui répondît
à ce qu'ils méritent , & à la fatisfaction
qu'ils donnent aux Connoiffeurs
. Nous croyons devoir une attention
particulière à deux Tableaux , de
même grandeur , de ce Peintre ; ils font
du nombre de ceux qui arrêtent le
OCTOBRE. 1763 . 183
plus de regards & qui réuniffent le plus
de fuffrages . L'un repréfente Sufanne
furprife aux bains par les deuxVieillards ,
& l'autre la jeune Aurore quittant la
couche du vieux Titon.
On ne pouvoit donner plus d'expre¹-
fion & une expreffion plus jufte , plus
convenable & plus caractériſtique, que
celle de la tête de Sufanne dans le premier
de ces Tableaux . On y voit le fentiment
de la furpriſe & de l'indignation ;
on peut y remarquer même un principe
d'honnêteté fupérieur à l'habitude fervile
des préjugés. Le deffein de cette
Figure eft de la meilleure manière &
d'une grande intelligence. Les Vieil
lards forment , comme on l'imagine
bien , un contrafte marqué avec la Sufanne
, & le tout eft d'un bel accord de
couleurs .
Le Tableau de l'Aurore eft encore
plus piquant & a quelque chofe de plus
fort que le précédent , non feulement,
dans les expreffions , mais encore dans
le coloris. Il eft fàcheux que l'Auteur.
ait été probablement contraint , par
une dimenfion donnée , de reftraindre
fa fcène dans un espace trop petit pour
l'étendue de fon action , pour le nombre
& pour les proportions des Perfons
nages.
184 MERCURE DE FRANCE .
On remarque encore avec plaifir
du même Auteur un Tableau de forme
ovale , que l'on a intitulé la douce Captivité
, dans lequel eft repréfenté le Bufte
d'une jeune Femme careffant un Pigeon
qu'elle tient entre fes mains . On
ne tariroit pas d'éloges fur un petit
Tableau d'une Vierge careffant l'Enfant
Jefus , fi l'on vouloit en détailler
toutes les fineffes de pinceau , de deffein
, de couleur & de compofition . Une
autre Vierge qui prépare des alimens à
fon divin Enfant , eft digne auffi de
beaucoup d'obſervations favorables. On
pourroit en dire autant de plufieurs deffeins
du même Auteur qu'il a cru devoir
expofer , & dont nous ne donnerons
pas le détail par les motifs dont
nous avons ci- devant fait mention .
M. DESHAY S.
S'il étoit permis dans un Ouvrage de
critique de fe fervir d'expreffions ou de
figures poetiques, nous dirions avec beau
coup de jufteffe , en parlant de M. Deshays
, que nous allons célébrer le Soleil
levant de l'Ecole Françoife . Ce que
l'on a vu précédemment de ce jeune,
Peintre , pouvoit être en effet confidéré
comme les premiers rayons de la gloire
OCTOBRE. 1763 . 184
dont il eft couronné à cette expofition..
C'est d'après l'admiration univerfelle du
Public , & l'on peut dire avec confiance
, d'après le fuffrage de fes plus
célébres Rivaux , qu'en lui donnant cet
éloge , nous ne faifons que marquer la
Place qu'ils lui ont affignée eux - mêmes
dans les premiers rangs de Peintres d'Hi
ftoire du plus grand genre.
(i) Le premier des Tableaux de M. Des
hays non feulement parla grandeur de fa
forme, mais par celle de la compofition
& de l'effet , offre l'augufte & myſtérieux
fpectacle du chafte mariage de la
Sainte Vierge avec Saint Jofeph. C'eft
plus qu'en Poëte , c'eft en Prophéte infpiré
que le Peintre a traité ce Sujet , fi
fimple en apparence
, & devenu fi noble
par l'élévation de fon génie. Un Grand-
Prêtre de la Loi de Moyfe eft debout &
tourné vers les Saints Époux , fur une
Eſtrade en avant d'un Autel ou d'une
Table , couverte de nappes de lin. Il a
les bras étendus , & le regard dirigé
vers une Gloire qui l'illumine. Rien de
plus expreffif & de plus divin que le
caractère de cette Tête , où fans effort
d'imagination , on lit les grands Myſté-
( i ) Ce Tableau a 19 pieds de haut fur 12
pieds de large.
186 MERCURE DE FRANCE.
,
res que Dieu révéle en ce moment à
fon Pontife. Il femble voir & fuivre dans
le Ciel l'ordre des merveilles que l'éter-.
nelle Providence doit opérer dans la jeune
époufe que l'on bénit . Ce n'eft point par
éxagération forcée dans le jeu des traits,
que le Peintre a donné ce fublime caractère
à la tête du Grand - Prêtre. Il a ,
pour ainfi dire imprimé , avec la plus
vive chaleur dans cet enthouſiaſme
divin , & la Majefté du Dieu qui inſpire ,
& la dignité du Ministère facré qu'éxerce
le Pontife. Autant d'intelligence
caractériſe la Figure de la Sainte Vierge.
qui reçoit aux pieds de ce Grand - Pretre
l'Anneau conjugal des mains de Saint
Jofeph. C'est tout un autre genre de
caractère , mais c'eſt la même juſteſſe
& le même fublime. Une candeur célefte
éclaire , embellit , & rend encore
plus touchante , la beauté fimple &
en même-temps très- noble ? que le
Peintre a donnée à la tête de la Vierge.
Cette grande & majeftueufe fimplicité
eft prononcée d'une manière fenfible ,
non-feulement fur la tête , mais encore
fur toutes les parties de cette belle Figure.
Le Saint Joseph a la jufte expreffion
qui lui convient & dans un genre
analogue à la grande idée que le Pein-
>
OCTOBRE. 1763. 187
tre a conçue & très -bien rendue de ce
faint Hyménée . Deux jeunes Lévites
rempliffent leurs fonctions aux pieds de
l'Autel , dans un des angles inférieurs du
Tableau.
Si le Peintre a excèllé dans l'invention
& dans ce que nous appellons la compofition
poëtique de fon Sujet , il ne
mérite pas moins d'admiration dans l'exécution
pittorefque. On doit lui pardonner
de s'être permis un peu de licence
contre l'auftère vérité du Coftume à
l'égard des vêtemens du Grand- Prêtre,
en faveur du grand & magnifique effet,
qui en réfulte. On ne peut rien voir de
mieux entendu que le jet des draperies
du fur - vêtement de ce Prêtre . L'enthoufiafime
femble y régner autant
que dans le caractère de la tête ; mais
toujours avec une fagcffe & une juſteſſe
de goût que nous ne pouvons trop louer.
Le moelleux & la force qui caractériſent
éminemment le pinceau de l'Auteur fe
font spécialement remarquer dans ce
Tableau , le choix & l'effet des étoffes ,
y font également admirables . Le fage enfemble
par lequel le Peintre a , comme
nous l'avons dit plus haut , défigné la
divine vocation de la Vierge , eft encore
, fi l'on peut dire , completté p
188 MERCURE DE FRANCE.
,
le genre & l'exécution des belles dra-`
peries de cette Figure . Leur noble fimplicité
, l'entente & la fobriété des plis
y font parfaitement analogues , & le
font fans froideur , fans féchereffe , &
fur-tout fans cette roideur fi difficile à
éviter , lorfque l'on pratique cette forte
de manière de draper. La magie du clair
obfcur & de l'effet du coloris , a été
pratiquée , à ce qu'il nous femble , avec
un fuccès étonnant dans tout ce Tableau;
nous l'avons particuliérement remarquée
fur les deux jeunes Lévites tous deux
vêtus de lin , poftés très- près l'un de l'au-'
tre , & joignant les linges qui couvrent
l'Autel. L'art des effets , dans tous ces
mêmes blancs , eft fi heureuſement employé
, que les objets & chaque partie
des objets , font d'une diftinction
fenfible , en même temps de la plus
grande vérité , & d'une grande perfection
d'accord avec les autres objets ,
dans l'enſemble du Tableau , duquel un'
des grands mérites eft la beauté de l'har
monie générale . Cette maffe que forment
les jeunes Lévites, produit encore , relativement
à d'autres effets , un avantage qui
ne nous a pas échappé . Comme elle eſt
pofée dans l'angle inférieur du Tableau
qui répond à l'angle fupérieur où eft la
-
OCTOBRE . 1763 . 189
Gloire , elle contribue admirablement
à étendre & à élargir le grand effet de
lumière qui frappe fur la partie dominante
de toute cette grande & riche compofition.
Nous aurions à faire remarquer l'éclat
de cette Gloire , les rapports ingénieux
& agréables d'effet des acceffoires avec
les parties principales , jufques dans
les fleurs dont font janchés les gradins
de l'Autel & le pavé du Temple :
mais nous ferions peut-être prolixes
fans être pour cela affez exacts . Il eft
des objets pour lefquels toute defcription
eft infuffifante : ce beau Tableau
eft de ce nombre . Qu'il nous foit permis
, avant de finir , d'adreffer un rcproche
bien fondé à notre Capitale , fur
ce qu'elle abandonne en quelque forte
, aux Temples des Provinces , des morceaux
de diftinction , tels que celui- ci
& d'autres que l'on pourroit citer , qui
devroient refter dans fon fein pour fervir
de monamens à fa fplendeur & à
la gloire de nos Arts. Il eft plus que fin
gulier que ceux auxquels eft confié l'ertretien
des Temples , faffent en Provin
ce plus d'efforts de dépenfes pour enlever
à la Capitale des productions de
prix , que l'on ne daigne en faire
les y conferver.
pour
90 MERCURE DE FRANCE.
!
>
Une Scène plus forte que la précédente
& d'un genre différent , a exercé
le pinceau de M. Deshays dans
beaucoup moins d'efpace fur la toile
mais avec autant d'étendue de génie ;
c'eft la Réfurrection du Lazare. ( k )
Le Peintre a fait plus appercevoir &
plus fentir le Dieu que l'Homme dans
le caractère de la Figure de Jefus Chrift.
Les différens mouvemens de furpriſe
de terreur & d'admiration , font ingénieufement
variés & parfaitement
prononcés fur les vifages des trois Apôtres
qui regardent fortir le Mort de fon
tombeau . Ce dernier eft frappant de
terreur, il est élevé à mi- corps dans une
efpéce de foffe , dont on a relevé les
terres & la pierre qui la couvroient.
Il est encore dans les linceuls de la mort
d'où il femble faire effort pour dégager
fes mains , ferrées dans des bandelettes
, afin de les élever vers fon Sauveur
. Rien de mieux penfé, dans ce Tableau
, que la différence dont font affectées
deux Femmes témoins du Miracle ;
T'une eft toute entière encore à l'étonnement
& à la confidération terrible de
l'événement , tandis que l'autre , profter-
( k ) Ce Tableau ne fe trouve point dans le
Livre du Sallon.
OCTOBRE . 1763. 19L
, née la face contre terre adore dans
fon âme la Divinité qui opére. Le fite ,
le ton de couleur , la fierté du deffein
quoique dans des Figures de petites proportions
, tout eft relatif , tout eft adapté
à la nature du Sujet. Nous ne pouvons
mieux nous expliquer à l'égard
de cet Ouvrage , que d'après les plus
illuftres Confrères de fon Auteur , qui
l'ont comparé aux plus belles productions
de la Foffe .
Dans le Tableau intitulé : la Chafteré
de Jofeph , ce Peintre , différent de luimême
, toujours égal & quelquefois fupérieur
aux plus grands modèles de
chaque genre , a rendu , peut - être
jufqu'au danger de la féduction , ( mais
fans indécence ) des beautés que l'ufage
voile à nos yeux . La femme de Putiphar
eft repréſentée s'élançant du lit
où elle vouloit faire entrer le chafte
Jofeph qu'elle retient encore par fes vêtemens.
Le crime & la frayeur d'une
paffion trompée dans fon efpoir , font vivement
exprimés dans les yeux & fur le
vifage de cettte coupable femme . Ce que
le linge dont elle eft couverte laiffe voir
du reste de la figure a tous les charmes ,
auxquels peut atteindre l'imitation de la
nature. Il y a des paffages de demi-teintes
192 MERCURE DE FRANCE.
dans les parties nues , & un artifice de
coloris qui produifent toutes les rondeurs
& tous les autres beaux effets du
relief naturel . Le Peintre a donné un
caractère de beauté un peu mále , mais
agréable , à fon Jofeph . L'expreffion du
fentiment de cette Figure eft délicate &
difficile à rendre , à caufe du contrafte
de la vertu qu'elle doit exprimer , avec
la perverfité trop commune dans nos
moeurs. Il nous a paru cependant de la
nobleffe dans l'air de priere & d'invocation
, avec lequel Jofeph demande au
Ciel des fecours pour lui - même contre
la féduction des fens , ou reclame la
Juftice Divine contre l'entrepriſe hardie
de la belle Criminelle.
Ce qui nous refte à dire fur ce Tableau
, c'eft qu'outre les beautés de
deffein , dont nous ne devons plus parler
, parce qu'elles font généralement
connues dans tous les Ouvrages de M.
Deshays ; fon pinceau eft comparable
pour la fraîcheur
, pour le fuave , pour
la jufteffe des effets & la richeffe des étoffes
, à ce que l'on connoît de plus beau
en ce genre des grands Maîtres d'Italie
& de nos meilleurs Coloriftes François.
(1)
( 1) Ce Tableau a 4 pieds 6 pouces fur s pieds
pouces. Nous
OCTOBRE. 1763. 193
Nous avons vu du même Peintre
un Tableau de Vierge d'un très - beau
caractère. (m) Deux autres Têtes : l'une
d'un vieillard , l'autre d'une jeune
Femme qui range avec fon éventail la
.coëffe d'un mantelet dont elle eft enveloppée
, nous ont paru , chacune dans
leur genre , mériter l'attention des Connoiffeurs.
La première a les grandes parties
de la Peinture utiles à l'étude de
cet Art , la feconde eft auffi piquante par
l'invention & le tour d'action , que par
la fraîcheur & par l'effet de la lumière.
Le foin laborieux d'étendre fes talens,
& fur-tout d'en foumettre les productions
au jugement du Public , eft remarqué
à ces expofitions , où M. Deshays
ne ceffe d'en recueillir le fruit. On
fe plaît à voir encore dans celle - ci des
Marches , des Caravanes & des Payfages
garnis d'animaux , par ce même Peintre
; nous avons entendus tous les meilleurs
Connoiffeurs & les plus habiles Artiftes
, fe réunir à comparer ces fortes de
Tableaux aux Ouvrages fi célèbres du
Bénédette. On y reconnoît la même délicateffe
de touche , la même élégance de
deffein , & les mêmes beautés de co-
-loris.
(m) Deux pieds 6 pouces , fur 2 pieds .
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE .
Nous avons eu déjà occafion de remarquer
dans ce Peintre un des plus
grands mérites qu'on puiffe avoir en
Poefie comme en Peinture ; c'eft de
prendre le ftyle exactement propre à
chaque Sujet qu'on traite. Nos Obfervations
fur les Ouvrages qu'il vient d'expofer
confirment plus que jamais cet
éloge. M. Deshays ne paroît en effet
avoir aucune manière affectée : c'eft le
Peintre de tous les genres , & il feroit
difficile de déterminer celui dans lequel
il excelle le plus . Son célèbre beau- père
a été nommé le Fontenelle de la Peinture;
nous ofons prédire que le gendre
en fera nommé le Voltaire.
M. AMEDÉE VANLOQ .
2
Toujours heureux dans la Peinture
le grand nom de Vanloo eft fort bien
foutenu cette année par M. Amédée,
On apperçoit avec fatisfaction l'avantage
qu'il a retiré de fa réfidence en
France , qui le rapproche d'une famille ,
où il trouve des modéles fi utiles : on
en voit particulièrement le fruit dans
deux Tableaux , dont l'un repréfente
une Prédication de S. Dominique devant
un Souverain Pontife , & l'autre S. Thomas
d'Aquin', compofant fes Ouvrages
OCTOBRE. 1763. 195
鬱
#
fous l'infpiration du Saint-Efprit . Il y a
dans ces deux Tableaux des beautés de
compofition & de coloris , qui peuvent
faire honneur aux talens de ce Peintre ,
& qui marquent fenfiblement d'heureux
progrès. Nous avons été embarraffés
dans l'un de ces deux Tableaux à nous
rendre raifon de quelques lumières qui
paroiffent fe croifer , comme fi elles partoient
de points oppofés. Peut - être l'Auteur
a-t-il eu pour cela des motifs dont
il est plus en état de rendre compte que
nous ; peut- être auffi nos yeux ont - ils
été trompés dans cette obfervation.
On a expofé encore de ce Peintre
deux Tableaux repréfentans des Jeux
d'enfans , & un autre l'Enfant Jéfus ,
avec un Ange qui lui montre les Attributs
de la Paffion ; Ouvrage dont le
Sujet a fans doute été exigé , & auquel
a été affujettie l'exécution.
M. CHALL E.
, & Plufieurs Tableaux d'Hiftoire
d'affez grande forme par M. Challe, prouvent
que cet Artifte travaille tonjours
avec application fur des bons principes
& dans un genre que l'on doit encoùrager.
La mort d'Hercule , Milon de
Crotone , Efther évanouie aux pieds
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
d'Affuerus , & une Vénus endormie .
font les Sujets qu'a traités M. Challe
dans ces Tableaux . On voit encore de
lui , quatre Deffeins d'Architecture , repréfentant
d'anciens Monumens dans
lefquels les Curieux d'antiquités trouvent
dequoi fatisfaire leur goût.
M. CHARDIN ,
C'eft avec d'autant plus de plaifir que
nous allons parler de Tableaux de fruits
& autres objets du genre de M. Chardin
, que cet illuftre Artiſte ſemble , dans
l'expofition de cette année , avoir renouvellé
toute la force de fon talent. On ne
peut voir d'effet plus piquant , plus vrai ,
plus naturel , & de touche plus fçavante
& plus artificieufe que ce que préfentent
en général les petits Ouvrages dont il
a orné le Sallon , & entr'autres un Déjeuné
qui eft la nature même des objets
qu'il a imités , & qui font offerts aux
yeux fous l'afpe& le plus attrayant.
On reconnoît & l'on doit avouer que
ce grand Peintre eft encore le Maître &
le modéle du genre qu'il a pour ainfi
dire créé. Indépendamment de ce que
M. Chardin a contribué par l'agrément de
Les Ouvrages à la décoration du Sallon
on lui doit encore un jufte tribut d'é-
?
OCTOBRE . 1763 . 197
1
loges pour l'ordre qu'il a été chargé de
mettre dans la difpofition de tant de
chefs-d'oeuvres divers. On eft convenu
généralement au premier coup - d'oeil ,
comme après un examen plus recherché ,
que jamais on n'avoit diſtribué avec
plus d'intelligence les différentes parties
de cette riche Collection , tant pour la
beauté de l'enfemble , que pour l'avan
tage particulier de chacun des morceaux
qui la compofent.
M. DE LA TOUR.
་
Les fuffrages du Public font toujours
les mêmes fur les productions du célébre
M. de la Tour. Parmi un grand
nombre de Portraits qu'il a préfentés
cette année , on y diftingue ceux de
Monfeigneur le Dauphin & de Madame
la Dauphine , ainfi que ceux de Monfeigneur
le Duc de Berry , de Monfei
gneur le Comte de Provence , du Prince
Clément , & de la Princeffe Chriftine de
Saxe. Il eft difficile d'exprimer avec quel
plaifir tout le monde eft frappé de l'étonnante
vérité des Portraits de M. le
Moine , Sculpteur du Roi , & d'un Eccléfiaftique
connu du Public , & très-confidéré
dans la Magiftrature .
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
M. FRANCISQUE MILLET.
M. BOIZO T.
Il y a dans deux Payfages de M.
Millet , & dans plufieurs Tableaux de
M. Boizot , des chofes qui peuvent faire
honneur à ces deux Académiciens , &
où les Connoiffeurs retrouvent toujours
quelques effets des bons principes de
notre École Francoife.
M. VENE VAULT.
-
Les Amateurs de la Miniature ,
genre dans lequel M. Vénevault s'eft
à jufte titre acquis une grande réputatation
, ont lieu d'être fatisfaits des ouvrages
de cet Artifte. Le Portrait
étant l'objet le plus ordinaire de la Miniature
, ces fortes d'ouvrages n'intéreſfent
le plus fouvent que relativement à
la connoiffance qu'on a de ceux qui y
font repréſentés . M. Vénevault a attiré
la curiofité de tout le monde , fur une
compofition dans laquelle on voit un
homme connu dans la Littérature , qui
fous fon habit ordinaire d'Abbé, fait une
lecture à une jolie Femme fa parente. Le
contrafte des deux phyfionomies , &
le mérite de l'expreffion caractéristique
ont fait chercher ce Morceau , parmi
OCTOBRE 1763. 199
les grandes & férieufes beautés qui frappent
les regards , & on l'a vu avec le
même plaifir qu'une petite Piéce agréable
après la repréfentation des grands
Drames héroïques.
M. BACHELIER.
M. Bachelier a donné des preuves de
l'étude particulière qu'il fait depuis quelques
années dans le grand genre d'Hif
toire , & des fuccès qu'il peut fe promettre
d'y obtenir ; par l'expofition d'un
Tableau qui repréfente Caïn venant de
tuer fon frere Abel : il a pris ce Sujet
dans le Poëme de M, Gefner. C'eft auffi
dans cette fource qu'il a puifé les Sujets
de plufieurs Efquifles en grifaille , dans
lefquelles on trouve généralement autant
de force de génie que d'exécution .
Ces derniers morceaux font fingulièrement
honneur aux talens de l'Artifte .
Nous n'entrerons pas en un plus grand
détail fur les beautés remarquables de
fes Ouvrages , pour éviter la prolixité
& les répétitions. Les bornes de cet
écrit nous empêchent auffi de détailler
des peintures allégoriques du même Auteur
fur l'Europe fçavante , le Pacte de
famille , & c.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
M. PERRONNEAU.
Plufieurs Portraits en paftel , par M.
Perronneau , font vus avec fatisfaction ,
tant pour les vérités de reffemblance que
pour d'autres parties qui méritent l'attention
des Connoiffeurs.
M. VERNET .
Nous n'avons point d'expreffions , &
il feroit difficile d'en trouver pour rendie
toute l'admiration qu'on a donnée
aux Ouvrages expofés par M. Vernet
& pour en célébrer le rare mérite . Ils
confiftent, 1 ° . en deux grands Tableaux,
l'un repréfentant le Port de Rochefort ,
& l'autre celui de la Rochelle . Dans l'un
& dans l'autre fe trouve réuni tout ce
qu'a jamais produit & tout ce que pourra
produire le preftige de la Peinture . L'ingratitude
des Fabriques répétées & pour
ainfi dire rimées , qui fe trouvent dans.
ces Ports , eft fi ingénieufement fauvée
par l'artificieux emploi des lumières
qu'elles deviennent des beautés auxquelles
on ne peut fe refufer , & d'où
les regards ont peine à s'arracher . Chaque
objet particulier eft d'une fi éxacte
vérité , que ce n'eft point l'imitation
mais la nature même qui nous y attache ;
OCTOBRE. 1763. 201
& l'enſemble de ces objets eft fi artif
tement fondu , fi bien lié par l'art du
Peintre , que rien ne heurte la vue , &
que tout fatisfait également celle du
Connoiffeur comme celle du Vulgaire.
Le fpectateur diftingue chaque partie
de ces admirables compofitions ; il marche
dans les chemins qui y font tracés ;
il est prêt d'aller à bord avec les Marelots
; il parcourt les Atteliers , voit les
différentes manoeuvres , il converfe avec
les perfonnages dont les Figures , ingénieufement
grouppées , donnent de la
vie & du mouvement à ces chefs- d'oeuvre
de l'Art. ( n )
Quatre autres Tableaux du même
Auteur , repréfentant les quatre Parties
du Jour , (o) enrichiffent encore le Sallon .
Nous fommes réduits à la répétition des
mêmes éloges , que nous defirerions pouvoir
rendre encore plus forts , pour qu'ils
fuffent moins éloignés du mérite réel
de toutes ces productions. On admire
dans ces Tableaux comme dans les
premiers , la jufte expreffion dans les
(n) Ces Tableaux appartiennent au Roi , &
font de la fuite des Ports de France , & exécutés
par M. Vernet.
(o ) Ces Tableaux appartiennent à Monfeigneur.
le Dauphin,
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
;
effets de chacun des différens points
du jour la parfaite analogie des tein
tes avec le ton vrai de la Nature
dans les diverfes manières dont les objets
font éclairés , & fur- tout la fublime
intelligence de la perfpective aërienne ,
que ce grand Maître poffede au moins
auffi parfaitement que Claude le Lorrain ,
en y joignant des avantages que peutêtre
n'ont pas les Ouvrages de cet illuf
tre Payfagifte. Ces quatre Tableaux ont.
un égal degré de perfection ; mais au
gré de quelques Curieux , celui qui repréfente
la Nuit , paroît le plus piquant ,
par la parfaite imitation des effets d'un
clair de Lune fur tous les objets , &
particulièrement fur les eaux.
Il y a encore plufieurs autres Ouvravrages
de ce grand Peintre qui méritent
l'attention & les fuffrages des Connoiffeurs
; dans le nombre de ces Tableaux
on remarque un Payfage , dont
le Sujet eft la Bergère des Alpes , &
deux Marines d'imagination. (p )
M. ROSLI N.
Les talens de M. Roflin pour le Portrait
, fi connus & déjà fi eftimés , pa-
(p ) Ces deux derniers Tableaux font du Cabi
net de Madame de Pompadour.
OCTOBRE. 1763. 203
toiffent être parvenus à la fupériorité
dans beaucoup de parties ; telles font
les vérités d'effet , la perfection & le
fini des détails , ainfi que l'heureux agencement
des draperies & des étoffes ; à
quoi il joint éminemment le plus beau
faire dans les têtes , les plus fidelles &
en même-temps les plus avantageufes
reffemblances ; la correction du Deffein ,
l'harmonie & enfin toutes les grandes parties
de la Peinture ; c'eft ce qu'on remarque
particulièrement dans les Portraits
de M. le Duc de Praflin , de M. le Baron
de Scheffer , d'un Abbé de Clairvault
, ainfi que dans celui de Madame
la Comteffe d'Egmont & de M. le Comte
de Kernicheuw en habit de Cérémonie
de l'Ordre de S. André de Ruffie. On
admire avec furprife , fingulièrement
dans ce dernier Portrait , la jufteffe &
l'éclat de l'imitation des étoffes très - riches
en or & en argent qui forment
l'habillement.
M. VALADE. M. DESPORTES.
Le premier de ces deux Peintres a
expofé différens Portraits en paſtel , dans
lefquels on trouve beaucoup de reffemblance
; un entr'autres qui repréfente
M. Loriot , Ingénieur méchanicien , mé-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
rite l'attention particulière des Amateurs
du paſtel , en ce qu'une moitié feulement
de ce Tableau , eft fixée par le
fecret qu'a découvert M. Loriot , & que
l'onn'apperçoit aucune différence ni altération
entre la partie fixée & celle qui
ne l'eft pas. On voit quatre Tableaux
de Fruits de M. Desportes.
MADA ME VIEN.
Les charmans Ouvrages de cette Académicienne
continuent de juftifier la
rare diftinction dont elle a été honorée
par fon admiffion dans l'Académie ;
avantage qui lui feroit uniquement propre
fans l'exemple de la fameufe Demoifelle
Rofa- Alba.
M. DE MA CHY .
On ne peut donner trop d'éloges aux
Sujets que nous avons vus de M. de
Machy dans le genre d'Architecture . Ils
confiftent 1 ° . dans la repréfentation de
l'intérieur de l'Eglife projettée pour la
Paroiffe de la Magdeleine ( q ) ; ce Tableau
donne & remplit très- bien l'idée
d'un beau Temple avec de grands effets ,
( 4 ) Tableau de trois pieds quatre pouces de
large fur un pied neuf pouces de haut.
OCTOBRE. 1763. 205
très-juftes & d'un riche afpect. 2°. Le
deffous du Périftile du Louvre du côté
de la rue Fromenteau , éclairé par une
lampe. On a lieu de louer , & même
d'admirer , dans ce Tableau , & le génie
de l'invention & la vérité piquante
d'un effet fi avantageux , qu'il embellit
le local repréfenté , de manière que
ceux qui le voyent tous les jours
font furpris de la beauté qu'ils n'y
avoient pas apperçue . 3° . Deux Ta
bleaux , à gouaffe , repréfentans les ruines
de la Foire S. Germain occafionnées
par l'Incendie ; l'effet de ce fpectacle
eft vivement & fidélement exprimé . 4º.
Un autre Tableau , dont le Sujet , trèsintéreffant
de foi-même, eft rappellé avec
la plus grande vérité. C'est l'inſtant de
la Pofe de la Statue Equeftre du Roi ,
dans la nouvelle Place , lorfqu'après
l'avoir enlevée , on la defcend fur fon
Piédeftal. La plus jolie compofition , les
meilleurs effets & le goût le plus jufte
dans le genre , diftinguent ce Morceau.
On y voit , on y retrouve la multitude
qui rempliffoit la place , on croiroit en
entendre le bruit. M. de Machy nous a
encore expofé des Tableaux de Ruines
dans lefquels on reconnoît toujours les
talens qui conftituent la réputation de
cet Artiſte.
266 MERCURE DE FRANCE.
M. DROUA IS le fils.
Le pinceau de M. Drouais le fils a
rempli l'attente du Public & par le nombre
& par l'agrément de fes productions.
On fçait avec quels applaudiffemens
elles ont été vues aux précédentes
expofitions & dès le premier moment
même que cet Auteur a paru
fur
la Scène du Sallon, Théâtre auffi avanta
geux au vrai mérite des talens que dangereux
pour la médiocrité . Ceux de cePeintre
non-feulement en foutiennen toujours
l'épreuve avec honneur , mais ils y
acquiérentde nouveauxfuffrages à chaque
nouvelle repréſentation : car nous croions
qu'on peut confidérer ainfi chaque expofition
publique . La fraîcheur du pinceau
, l'éclat & le piquant des effets
qu'on peut tirer des emplois de la lumière
, font les principales qualités qui caractérisent
le talent de M. Drouais
dans l'exécution , ainfi que le choix
gracieux dans l'arrangement & dans la
pofition des objets. Ces qualités réunies
, font remarquer avec grand plaifir
tous les Tableaux & tous les Portraits
de cet Auteur. On eft principalement
frappé de celui où il a peint Monfeigneur
le COMTE D'ARTOIS & MADA- .
OCTOBRE. 1763. 207
ME jouant avec une Chévre. Ce Mor
ceau eft de la plus agréable invention ;
& malgré la hauteur où la néceffité de
l'ordre général a forcé de le placer au
Sallon , l'éclat & les grâces dont il bril
loit , ont attiré tous les regards. Nous
devons obferver néanmoins que cette
élévation où fé font trouvés placés quelques
Ouvrages du même Peintre , a pu
faire un obftacle à la diftinction qu'ils
méritoient , les objets qui y étoient repréfentés
n'étant pas faits pour être vus
d'une fi grande diſtance .
Ce que nous venons de dire à l'avan
tage de ce Tableau de M. Dronais , eft
applicable à tous les autres. On ne peut
cependant refufer des éloges particuliers
au Portrait d'un très-joli petit Garçon en
Pierrot. C'eft un morceau du genre &
à - peu-près de l'effet du petit Polifon
au Portefeuille qui a été vu précédemment
& qui a fait tant d'honneur à ce
Peintre. La petite Nourrice ainfi que
le Portrait d'une petite Fille charmante
jouant avec un chat ( deux Tableaux
ovales ) font du même mérite . On ne
peut fe faire une idée trop agréable du
piquant qu'il y a dans ce dernier Morceau.
Ceux qui en connoiffent le mo208
MERCURE DE FRANCE.
déle ( r ) doivent convenir que s'il a
prêté au talent du Peintre , celui - ci à
fon tour en a fi bien faifi la grâce & la
fineffe de caractère , que l'on ne pouvoit
mieux répondre à cet heureux
choix de la Nature . ( s )
M. VOIRIOT .
Dans plufieurs Portraits de ce Peintre
on reconnoît les fruits des bons principes
de l'Art. Le Public , non plus que
nous , ne peut juger de l'exactitude des
reffemblances dans les Portraits des Particuliers
. Mais nous y pouvons diftinguer
la bonne manière de peindre les
têtes , l'enfemble des parties , le ton vrai
& l'accord du coloris , ainfi que le meilleur
choix des attitudes , & c. En examinant
les Ouvrages de M. Voiriot fur
toutes ces conditions requifes , nous
trouverions beaucoup de chofes à dire,
favorables à fon talent.
(r) Mlle SILVESTRE , fille de M. SILVESTRE ,
Peintre du Roi de Pologne & petite - fille de feu
M. SILVESTRE , Directeur de l'Académie .
( s ) Ce Tableau eft du Cabinet de Madame de
Pompadour.
N. B. La fuite au prochain Mercure.
Les perfonnes qui auront la Brochure
OCTOBRE. 1763. 209
où la Defcription des Tableaux eft raf
femblée en entier, peuvent s'adreffer au
Bureau du Mercure , rue Ste Anne, On
leur délivrera gratis en fupplément
pour joindre à cette Brochure la Def
cription des Ouvrages de Sculpture ,qui
n'a pû être imprimée dans le même
temps .
Fermer
12314
p. 211-213
SUPPLÉMENT aux Annonces de Livres.
Début :
LES Ephémérides Troyennes pour 1764, paroîtront dans Décembre prochain [...]
Mots clefs :
Indication, Tableaux, Charte, Procédure, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT aux Annonces de Livres.
SUPPLÉMENT aux Annonces
de Livres.
ES Ephémérides Troyennes pour
1764 , paroîtront dans Décembre prochain
, chez Duchefne , à Paris & chez
Gobelet , à Troyes. Elles offrent pour
cette année .
1º. Par addition à l'Art. des Curiofités
&fing. beaucoup augmentées , une
212 MERCURE DE FRANCE.
indication de Tableaux originaux de
différens Maîtres , répandus à Troyes
dans plufieurs maiſons particuliéres : indication
qui réuniffant ces Tableaux
fous un point de vue ouvrira à Troyes
le Spectacle dont jouit Paris au Sallon
du Louvre : Si parva licet componere
magnis.
2°. La première Charte d'affranchiffement
& d'inftitution de l'Echevinage ,
accordée en 1242 aux habitans de
Troyes , par le Comte Thibaut I. le
François de cette Charte eft le même
que celui des chanfons de la compofition
de ce Prince ; autant que dans tous les
temps & dans tous les pays, le langage de
la Poëfie reffemble au ftyle de la Profe .
3. Les Lettres Patentes par lefquelles
Charles VIII. exempte la Ville de
Troyes , Capitale de tout le Pays de
Champagne , de toutes Tailles , Subfides
& Impofitions , pour l'entretene
ment des gens de guerre .
-
4°. Un Précis de la Procédure Criminelle
faite à Troyes , en 1633 , contre
le Chevalier de Jars . Tous les
Mémoires du Regne de LOUIS XIII.
parlent de cette Procédure fans en donner
le détail. Celui que l'on donne aujourd'hui
, rédigé par un des Juges qui
OCTOBRE. 1763. 213
,
avoient affifté au Procès fupplée à ce
filence. On y a joint un Avis où
l'on fait connoître le Chevalier de Jars
& les Perfonnages en fecond de cette
étonnante Tragédie.
5°. Quelques avis économiques.
6º. Un Mémoire fur l'origine des
Droits de Collation & des Décimes exer
cés aujourd'hui fur une partie des Cures
du Diocèfe , par différens Chapitres
Abbayes & Prieurés.
7°. La vie du P. le Cointe , Troyen
Auteur des Annal. Ecclef. Francorum .
L'Eftampe du Frontifpice repréfente
le Jubé de l'Eglife Paroiffiale de la
Magdeleine.
1
N. B. Nous fommes forcés de remettre
les Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
de Livres.
ES Ephémérides Troyennes pour
1764 , paroîtront dans Décembre prochain
, chez Duchefne , à Paris & chez
Gobelet , à Troyes. Elles offrent pour
cette année .
1º. Par addition à l'Art. des Curiofités
&fing. beaucoup augmentées , une
212 MERCURE DE FRANCE.
indication de Tableaux originaux de
différens Maîtres , répandus à Troyes
dans plufieurs maiſons particuliéres : indication
qui réuniffant ces Tableaux
fous un point de vue ouvrira à Troyes
le Spectacle dont jouit Paris au Sallon
du Louvre : Si parva licet componere
magnis.
2°. La première Charte d'affranchiffement
& d'inftitution de l'Echevinage ,
accordée en 1242 aux habitans de
Troyes , par le Comte Thibaut I. le
François de cette Charte eft le même
que celui des chanfons de la compofition
de ce Prince ; autant que dans tous les
temps & dans tous les pays, le langage de
la Poëfie reffemble au ftyle de la Profe .
3. Les Lettres Patentes par lefquelles
Charles VIII. exempte la Ville de
Troyes , Capitale de tout le Pays de
Champagne , de toutes Tailles , Subfides
& Impofitions , pour l'entretene
ment des gens de guerre .
-
4°. Un Précis de la Procédure Criminelle
faite à Troyes , en 1633 , contre
le Chevalier de Jars . Tous les
Mémoires du Regne de LOUIS XIII.
parlent de cette Procédure fans en donner
le détail. Celui que l'on donne aujourd'hui
, rédigé par un des Juges qui
OCTOBRE. 1763. 213
,
avoient affifté au Procès fupplée à ce
filence. On y a joint un Avis où
l'on fait connoître le Chevalier de Jars
& les Perfonnages en fecond de cette
étonnante Tragédie.
5°. Quelques avis économiques.
6º. Un Mémoire fur l'origine des
Droits de Collation & des Décimes exer
cés aujourd'hui fur une partie des Cures
du Diocèfe , par différens Chapitres
Abbayes & Prieurés.
7°. La vie du P. le Cointe , Troyen
Auteur des Annal. Ecclef. Francorum .
L'Eftampe du Frontifpice repréfente
le Jubé de l'Eglife Paroiffiale de la
Magdeleine.
1
N. B. Nous fommes forcés de remettre
les Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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12315
p. 213
Errata pour le I. Vol. d'Octobre.
Début :
Page 100. ligne 22, il n'auroit pas dit, lisez, il auroit dit, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata pour le I. Vol. d'Octobre.
Errata pour le I. Vol . d'Octobre.
Page roo ligne 22 , il n'auroit pas dit , lifez "
il auroit dit , ou n'auroit- il pas dit ?
Page roo ligne 22 , il n'auroit pas dit , lifez "
il auroit dit , ou n'auroit- il pas dit ?
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12316
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Lettre de M. de la Dixmerie à M. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LETTRE
ARTICLE PREMIER.
ETTRE de M. de la Dixmerie à M. De la
Place , à l'occafion de la Fête du Roi ,
célébrée le jour de S. Louis par les Elé--
ves de M. l'Abbé CHOCQUART.
DISCOURS prononcé par un des Eléves de
M. l'Abbé Chocquart.
A M. Falconet fur fon Groupe de Pigmalion.
DEFINITION du Volant , à Life.
Pag. 5
IS
19
20
LETTRE traduite de l'Anglois , à M **** . ibid.
INSCRIPTIONS pour mettre au bas des Portraits
de Leurs Alteffes Séréniffimes ELECTORALES-
PALATINES,
25
LETTRE de feu M. de R.... à M. le C. D... 26
RÉPONSE de Mlle le C... pour M. le C. D... 30
QUATRIÈME Caractère du vrai Philofophe.
ESSAI critique fur l'Homme.
A Climène à fa toilette.
31
34
37
OCTOBRE. 1763 .
215
GIAEFAR & Abaffah , Trait d'Hiftoire
.Arabe.
ODE aux Agriculteurs.
LA Rofe , à Mlle Rofe Rayman.
Les doubles Adieux , Impromptu .
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES.
CHANSON.
39
5.8
69
21
62 &63
64 & 69
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES .
LA Pharfale , Livre 3. Par M. Marmontel.
POETIQUE Françoile , par M. Marmontel.
ANNONCES de Livres,
68
91
103 &fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES.
ACADEMIE Ș.
PRIX proposés par l'Académie Royale des
Sciences , Infcriptions & Belles- Lettres
de TOULOUSE.
ACADÉMIE des Belles - Lettres de MONTAUBAN.
105
109
PHYSIQUE..
RÉPONSE à la Lettre anonyme inférée dans
le Mercure de France contre la Phyfique
de M. de SAINTIGNON.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
SUITE de l'Abrégé des propriétés des Miroirs
concaves.
CHIRURGIE.
RECHERCHES fur la Taille de Frère Jacques
, par M. Bordenave.
112
135
147
HÔPITAL de M. le Maréchal Duc de Biron . 163
216 MERCURE DE FRANCE.
LETTRE de M. Fournier , Médecin de l'Hô
166
pital du Roi a Montpellier , à M. Keyfer. 165
LETTRE de M. Decaufans , à M. Keyfer.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
175.
ART. V. SPECTACLES.
SPECTACLES de la Cour à Fontainebleau.
SPECTACLES de Paris.
177
181
SUITS de la Defcription des Tableaux expofés
au Sallon du Louvre. 182
LETTTE de M. Mentelle , Profeffeur d'Hiftoire
, &c. à M. De la Place. 209
SUPPLEMENT aux Annonces de Livres, 211
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LETTRE
ARTICLE PREMIER.
ETTRE de M. de la Dixmerie à M. De la
Place , à l'occafion de la Fête du Roi ,
célébrée le jour de S. Louis par les Elé--
ves de M. l'Abbé CHOCQUART.
DISCOURS prononcé par un des Eléves de
M. l'Abbé Chocquart.
A M. Falconet fur fon Groupe de Pigmalion.
DEFINITION du Volant , à Life.
Pag. 5
IS
19
20
LETTRE traduite de l'Anglois , à M **** . ibid.
INSCRIPTIONS pour mettre au bas des Portraits
de Leurs Alteffes Séréniffimes ELECTORALES-
PALATINES,
25
LETTRE de feu M. de R.... à M. le C. D... 26
RÉPONSE de Mlle le C... pour M. le C. D... 30
QUATRIÈME Caractère du vrai Philofophe.
ESSAI critique fur l'Homme.
A Climène à fa toilette.
31
34
37
OCTOBRE. 1763 .
215
GIAEFAR & Abaffah , Trait d'Hiftoire
.Arabe.
ODE aux Agriculteurs.
LA Rofe , à Mlle Rofe Rayman.
Les doubles Adieux , Impromptu .
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES.
CHANSON.
39
5.8
69
21
62 &63
64 & 69
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES .
LA Pharfale , Livre 3. Par M. Marmontel.
POETIQUE Françoile , par M. Marmontel.
ANNONCES de Livres,
68
91
103 &fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES.
ACADEMIE Ș.
PRIX proposés par l'Académie Royale des
Sciences , Infcriptions & Belles- Lettres
de TOULOUSE.
ACADÉMIE des Belles - Lettres de MONTAUBAN.
105
109
PHYSIQUE..
RÉPONSE à la Lettre anonyme inférée dans
le Mercure de France contre la Phyfique
de M. de SAINTIGNON.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
SUITE de l'Abrégé des propriétés des Miroirs
concaves.
CHIRURGIE.
RECHERCHES fur la Taille de Frère Jacques
, par M. Bordenave.
112
135
147
HÔPITAL de M. le Maréchal Duc de Biron . 163
216 MERCURE DE FRANCE.
LETTRE de M. Fournier , Médecin de l'Hô
166
pital du Roi a Montpellier , à M. Keyfer. 165
LETTRE de M. Decaufans , à M. Keyfer.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
175.
ART. V. SPECTACLES.
SPECTACLES de la Cour à Fontainebleau.
SPECTACLES de Paris.
177
181
SUITS de la Defcription des Tableaux expofés
au Sallon du Louvre. 182
LETTTE de M. Mentelle , Profeffeur d'Hiftoire
, &c. à M. De la Place. 209
SUPPLEMENT aux Annonces de Livres, 211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est une table des articles d'une publication datée d'octobre 1763. Elle comprend plusieurs sections. L'article premier présente des pièces fugitives en vers et en prose, incluant une lettre de M. de la Dixmerie à M. De la Place pour la fête du Roi, un discours d'un élève de M. l'Abbé Chocquart, et diverses autres lettres et définitions. La section des nouvelles littéraires mentionne des œuvres comme 'La Pharsale' et 'Poétique Française' de M. Marmontel, ainsi que des annonces de livres. L'article III traite des sciences et des belles-lettres, avec des prix proposés par l'Académie Royale des Sciences de Toulouse et des réponses à des lettres anonymes. L'article IV aborde les beaux-arts et les arts utiles, incluant des sujets sur les miroirs concaves, la chirurgie, et des recherches sur la taille. Enfin, l'article V concerne les spectacles, détaillant les spectacles de la cour à Fontainebleau et à Paris, ainsi que des descriptions de tableaux exposés au Salon du Louvre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12317
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
rue & vis- à-vis la Comédie Françoife.
rue & vis- à-vis la Comédie Françoife.
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12318
p. 3-4
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Mots clefs :
Commis, Greffier, Libraires des provinces ou des pays étrangers, Format, Volume, Poste, Table
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'est à lui que l'on prie d'adreſſer ,
francs de port , les paquets & lettres ,
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
duMercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pourſeize volumes
, à raison de 30 fols pièce.
Les personnes de province auſquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour ſeize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
lefaire venir , ou qui prendront lesfrais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raison de 30 fols
par volum.c'est-à-dire 24 livres d'avance.
en s'abonnant pour ſeize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
Aij
pays étrangers , qui voudrontfaire ve
air le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les personnes des provin
ces d'envoyer par la poſte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neseront pas affran
chis , refteront au rebut.
On prie les personnes qui envoyent
des Livres , Estampes & Muſique à an
noncer , d'en marquer le prix. :
Le Nouveau Choix de Pièces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , ſe trouve auſſi au
Bureau duMercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préſent quatre-vingt-dix-neufvolumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , ſe trouve à la fin du
foixante-douziéme.
LE Bureau du Mercure eft chez M.
LUTTON , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'est à lui que l'on prie d'adreſſer ,
francs de port , les paquets & lettres ,
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
duMercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pourſeize volumes
, à raison de 30 fols pièce.
Les personnes de province auſquelles
on enverra le Mercure par la pofte ,
payeront pour ſeize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront des occafions pour
lefaire venir , ou qui prendront lesfrais
du port fur leur compte , ne payeront
comme à Paris , qu'à raison de 30 fols
par volum.c'est-à-dire 24 livres d'avance.
en s'abonnant pour ſeize volumes.
Les Libraires des provinces ou des
Aij
pays étrangers , qui voudrontfaire ve
air le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les personnes des provin
ces d'envoyer par la poſte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neseront pas affran
chis , refteront au rebut.
On prie les personnes qui envoyent
des Livres , Estampes & Muſique à an
noncer , d'en marquer le prix. :
Le Nouveau Choix de Pièces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , ſe trouve auſſi au
Bureau duMercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préſent quatre-vingt-dix-neufvolumes.
Une Table générale , rangée par
ordre des Matières , ſe trouve à la fin du
foixante-douziéme.
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12319
p. 12
VERS à M. L. C. D. B. sur sa petite vérole.
Début :
LAS des caprices de Vénus, [...]
Mots clefs :
Petite vérole, Caprices, Menaces, Souffle, Grâces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS à M. L. C. D. B. sur sa petite vérole.
VERS à M. L. C. D. B. fur fa petite
vérole.
Las des caprices de Vénus
L'Amour avoit quitté Cythère ;
Se promettant des triomphes de plus ,
Il ſefixa chez l'aimable Glicère .
Vénus jura de s'en venger ,
Etde l'en faire déloger.
L'effet fuit bientôt ſes menaces :
Par un ſouffle contagieux
Elle voulut chaſſer & l'Amour & lesGrâces,
L'Amour s'eſt ſauvé dans ſes yeux ;
Les Grâces ont gardé leurs places.
vérole.
Las des caprices de Vénus
L'Amour avoit quitté Cythère ;
Se promettant des triomphes de plus ,
Il ſefixa chez l'aimable Glicère .
Vénus jura de s'en venger ,
Etde l'en faire déloger.
L'effet fuit bientôt ſes menaces :
Par un ſouffle contagieux
Elle voulut chaſſer & l'Amour & lesGrâces,
L'Amour s'eſt ſauvé dans ſes yeux ;
Les Grâces ont gardé leurs places.
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12320
p. 44-46
ODE à M. THOMAS sur l'Eloge de SULLY.
Début :
QU'ENTENDS-JE ? quels nouveaux accens [...]
Mots clefs :
Éloge, Tonnerre, Citoyen, Furie, Peuple, Image, Génie, Vérité
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texteReconnaissance textuelle : ODE à M. THOMAS sur l'Eloge de SULLY.
ODE à M. THOMAS fur l'Eloge de
SULLY.
QU'ENTENDS - JE ? quels nouveaux accens
Sortent du ſéjour du tonnèrre ?
Qu'annoncent ces ſons éloquens ?
Est- ce un Dieu qui parle à la Terre ?
Est-ce Démosthène en courroux
Qui rend l'eſpoir à ſa patrie ,
Ou qui d'un Citoyen jaloux
Confond l'implacable furie ?
Oui , c'eſt un de ſes fiers rivaux ,
Mais dont la carrière eſt plus belle.
Comme un Dieu du ſein des Tombeaux
Je vois la Vertu qu'il rappelle.
A les accens harmonieux
NOVEMBRE. 1763. 45
Elle fort du ſéjour funébre ;
C'eſt elle qu'il offre à vos yeux ,
François , c'eſt Sulli qu'il célébre.
Venez à ſes traits immortels
De Sulli contempler l'image.
Sans doute il eût eu des autels ,
Si vous en éleviez au Sage ;
Mais tel eſt l'affreux préjugé ;
Le Peuple honore davantage
Un Héros mort dans le carnage ,
Qu'un Sage qui l'a protégé.
O ! prix des versus de Bellonne,
Vous germez parmi les cyprès ,
Et le Héros qui vous moiſſonne ,
Gémit ſouvent de ſes ſuccès.
Malgré ſes talens pour la Guerre,
Sulli fut plus grand dans la Paix ,
Et ſon bras fi craint ſur la Tèrre
La gouverna par ſes bienfaits.
Toi , dont le pinceau frappe & touche ;
Toi qui de Sulli peins les moeurs ;
Ton éloge eſt dans tous les coeurs ;
Mais le ſien eſt mieux dans ta bouche.
O vous ! à ce cher ſouvenir ,
Vous , qu'implore en vain la mifère ,
Si Sulli n'eſt plus notre Père ,
Apprenez à le devenir,
46 MERCURE DE FRANCE.
Quel art ſuprême & quel délire
Enfantent tes divins tranſports ;
Ton âme m'échauffe & m'inſpire ,
Mon coeur s'excite à tes accords.
Là , tu peins la ligue fumante
Des feux qu'elle avoit allumés.
Là , je vois Henri qui préſente
Aux Guiſes des bras déſarmés.
Que ne puis-je d'un vol rapide
Suivre cet Alcide nouveau ,
Et ranimer à ton flambeau
L'éclat qui me ſervit de guide!
Tel Prométhée audacieux
Pour rendre immortel ſon ouvrage ,
Du feu réſervé pour les Dieux
Defira le coupable uſage.
Ainſi mon génie emporté
Bravant le fort qu'il ſe prépare ,
Croit avec les aîles d'Icare
Pouvoir planer à ton côté.
Image du Dieu qui t'inſpire ,
Sans blâmer ma témérité ,
Pardonne à ce que j'ai pû dire
Én faveur de la Vérité.
SULLY.
QU'ENTENDS - JE ? quels nouveaux accens
Sortent du ſéjour du tonnèrre ?
Qu'annoncent ces ſons éloquens ?
Est- ce un Dieu qui parle à la Terre ?
Est-ce Démosthène en courroux
Qui rend l'eſpoir à ſa patrie ,
Ou qui d'un Citoyen jaloux
Confond l'implacable furie ?
Oui , c'eſt un de ſes fiers rivaux ,
Mais dont la carrière eſt plus belle.
Comme un Dieu du ſein des Tombeaux
Je vois la Vertu qu'il rappelle.
A les accens harmonieux
NOVEMBRE. 1763. 45
Elle fort du ſéjour funébre ;
C'eſt elle qu'il offre à vos yeux ,
François , c'eſt Sulli qu'il célébre.
Venez à ſes traits immortels
De Sulli contempler l'image.
Sans doute il eût eu des autels ,
Si vous en éleviez au Sage ;
Mais tel eſt l'affreux préjugé ;
Le Peuple honore davantage
Un Héros mort dans le carnage ,
Qu'un Sage qui l'a protégé.
O ! prix des versus de Bellonne,
Vous germez parmi les cyprès ,
Et le Héros qui vous moiſſonne ,
Gémit ſouvent de ſes ſuccès.
Malgré ſes talens pour la Guerre,
Sulli fut plus grand dans la Paix ,
Et ſon bras fi craint ſur la Tèrre
La gouverna par ſes bienfaits.
Toi , dont le pinceau frappe & touche ;
Toi qui de Sulli peins les moeurs ;
Ton éloge eſt dans tous les coeurs ;
Mais le ſien eſt mieux dans ta bouche.
O vous ! à ce cher ſouvenir ,
Vous , qu'implore en vain la mifère ,
Si Sulli n'eſt plus notre Père ,
Apprenez à le devenir,
46 MERCURE DE FRANCE.
Quel art ſuprême & quel délire
Enfantent tes divins tranſports ;
Ton âme m'échauffe & m'inſpire ,
Mon coeur s'excite à tes accords.
Là , tu peins la ligue fumante
Des feux qu'elle avoit allumés.
Là , je vois Henri qui préſente
Aux Guiſes des bras déſarmés.
Que ne puis-je d'un vol rapide
Suivre cet Alcide nouveau ,
Et ranimer à ton flambeau
L'éclat qui me ſervit de guide!
Tel Prométhée audacieux
Pour rendre immortel ſon ouvrage ,
Du feu réſervé pour les Dieux
Defira le coupable uſage.
Ainſi mon génie emporté
Bravant le fort qu'il ſe prépare ,
Croit avec les aîles d'Icare
Pouvoir planer à ton côté.
Image du Dieu qui t'inſpire ,
Sans blâmer ma témérité ,
Pardonne à ce que j'ai pû dire
Én faveur de la Vérité.
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12321
p. 80-82
ENIGME. A Mlle Hu.. l'aînée, à Saumur.
Début :
Vous qui joignez aux dons de la figure, [...]
Mots clefs :
Caractère
12324
p. 133-134
« On lui annonce de Turin un Ouvrage intitulé : Réfléxions sur la théorie [...] »
Début :
On lui annonce de Turin un Ouvrage intitulé : Réfléxions sur la théorie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On lui annonce de Turin un Ouvrage intitulé : Réfléxions sur la théorie [...] »
On lui annonce de Turin un Ouvrage
intitulé : Réflexions ſur la théorie
-& la pratique de l'Education , contre les
Principes de M. Rousseau , par le P.
134 MERCURE DE FRANCE.
G. B. Imprimé à Turin chez les frères
Reycens & Guibert , Libraires , au coin
de la rue neuve à Turin. Vol . in-8. de
douze feuilles .
intitulé : Réflexions ſur la théorie
-& la pratique de l'Education , contre les
Principes de M. Rousseau , par le P.
134 MERCURE DE FRANCE.
G. B. Imprimé à Turin chez les frères
Reycens & Guibert , Libraires , au coin
de la rue neuve à Turin. Vol . in-8. de
douze feuilles .
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12325
p. 219-220
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Imitation d'Horace, Ode. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
ARTICLE PREMIER.
IMITATION d'Horace , Ode .
Lettre de M. D. R. à M. de Genonville.
CONSEIL à un ami.
A
Page
9
II
VERS à M. L. C. D. B. ſur ſa petite vérole. 12
VERS pour mettre au bas du portrait de
M. le Chevalier de Ch**. ibid.
HISTOIRE d'Henriette écrite par elle-même. 13
ODE à M. Thomas ſur l'éloge de Sully.
VERS adreffé à M. de Saint-Foix .
CINQUIEME & dernier caractère du vrai Philoſophe.
VERS ſur la convalescence de M. l'Evêque
d'Orléans.
44
47
ibid.
54 LE PAPILLON & l'Immortelle , Fable. 55
VERS a M. Deleurye Fils.
$7
CONSEILS à Eglé. 8
LE SONGE de Scipion , traduit par M. D.... 59
EPITRE à M. le Comte de S****. 78
ÉNIGMES.
:
80&81
LOGOGRYPHES.
: 183 & 84
CHANSON. 8
220 MERCURE DE FRANCE.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES.
SUITE du troifiéme Livre de la Pharfale ,
par M. Marmontel.
SUITF de la Poëtique Françoiſe de M.Marmontel.
!
PRINCIPES généraux & particuliers de la
86
108
Langue Françoiſe. Par M. de Wailly. 121
ANNONCES de Livres . 126&fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES.
ACADÉMIES .
SUJETS propoſés par l'Académiedes Sciences,
Belles-Lettres &Arts deBesançon.
LETTRE de M. de Parcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , à M. De la Place ,
Auteur du Mercure.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
SUITE de l'Abrégé des propriétés des Miroirs
concaves ,
SUITE des Recherches ſur la Taille du Frère
Jacques , par M. Bordenave .
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour à Fontainebleau.
SPECTACLES de Paris.
SUITS de la Deſcription des Tableaux expofés
au Sallon du Louvre.
DESCRIPTION des Ouvrages de Sculpture
expoſés au Sallon duLouvre en 1763 .
C
138
140
143
152
169
172
186
21
188
20
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
ARTICLE PREMIER.
IMITATION d'Horace , Ode .
Lettre de M. D. R. à M. de Genonville.
CONSEIL à un ami.
A
Page
9
II
VERS à M. L. C. D. B. ſur ſa petite vérole. 12
VERS pour mettre au bas du portrait de
M. le Chevalier de Ch**. ibid.
HISTOIRE d'Henriette écrite par elle-même. 13
ODE à M. Thomas ſur l'éloge de Sully.
VERS adreffé à M. de Saint-Foix .
CINQUIEME & dernier caractère du vrai Philoſophe.
VERS ſur la convalescence de M. l'Evêque
d'Orléans.
44
47
ibid.
54 LE PAPILLON & l'Immortelle , Fable. 55
VERS a M. Deleurye Fils.
$7
CONSEILS à Eglé. 8
LE SONGE de Scipion , traduit par M. D.... 59
EPITRE à M. le Comte de S****. 78
ÉNIGMES.
:
80&81
LOGOGRYPHES.
: 183 & 84
CHANSON. 8
220 MERCURE DE FRANCE.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES.
SUITE du troifiéme Livre de la Pharfale ,
par M. Marmontel.
SUITF de la Poëtique Françoiſe de M.Marmontel.
!
PRINCIPES généraux & particuliers de la
86
108
Langue Françoiſe. Par M. de Wailly. 121
ANNONCES de Livres . 126&fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES.
ACADÉMIES .
SUJETS propoſés par l'Académiedes Sciences,
Belles-Lettres &Arts deBesançon.
LETTRE de M. de Parcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , à M. De la Place ,
Auteur du Mercure.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
SUITE de l'Abrégé des propriétés des Miroirs
concaves ,
SUITE des Recherches ſur la Taille du Frère
Jacques , par M. Bordenave .
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour à Fontainebleau.
SPECTACLES de Paris.
SUITS de la Deſcription des Tableaux expofés
au Sallon du Louvre.
DESCRIPTION des Ouvrages de Sculpture
expoſés au Sallon duLouvre en 1763 .
C
138
140
143
152
169
172
186
21
188
20
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en cinq sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut des poèmes et lettres, tels qu'une imitation d'Horace et des vers adressés à divers individus. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', contient la suite du troisième livre de la Pharsale de Marmontel, la suite de la Poétique Françoise de Marmontel, des principes de la langue française par de Wailly, et des annonces de livres. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', mentionne des sujets proposés par l'Académie des Sciences de Besançon et une lettre de Parcieux. La quatrième section, 'Beaux-Arts', est divisée en arts utiles et arts agréables, incluant des recherches sur les miroirs concaves et des descriptions de gravures. Enfin, la cinquième section, 'Spectacles', détaille les spectacles de la cour à Fontainebleau, les spectacles de Paris, et les descriptions des tableaux et sculptures exposés au Salon du Louvre en 1763.
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12326
p. 220
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY2
rue & vis- à-vis la Comédie Françoiſe.
rue & vis- à-vis la Comédie Françoiſe.
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12327
p. 70
ENIGME. A Madame M..., qui devine prèsque toutes celles qui sont dans le Mercure.
Début :
Aglaé, dont l'esprit pénétrant & fertile [...]
Mots clefs :
Fusil
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME. A Madame M..., qui devine prèsque toutes celles qui sont dans le Mercure.
ENIGME.
८
:
AMadame M... , qui devine prèſque
toutes celles qui font dans le Mercure.
Aglaé, dont l'esprit pénétrant & fertile
Dans chaque genre a réuſſi ,
Vous allez deviner l'Enigme que voici ;
Mais un moment au moins , trouvez-la difficile.
UTILE en certains cas, dansbien d'autresj'ai nuiis
J'ai produit des plaiſirs , des chagrins , de l'ennui :
Digne d'être ſorti du cerveau de Minerve ,
Pourtant formé par l'homme , &deſtiné pour lui .
Je le détruis , je le conſerve.
Qu'on m'aime ou qu'on me craigne , on me fuit?
on m'obſerve ,
On a les yeux fixés ſur moi.
Mais pour me poſſéder&me mettre enuſage.
Il faut avoir un certain âge
Et ſe conformer à la Loi.
On metrouve à la Cour, àla Ville, auVillage,
Etj'ai ma place chez le Roi.
८
:
AMadame M... , qui devine prèſque
toutes celles qui font dans le Mercure.
Aglaé, dont l'esprit pénétrant & fertile
Dans chaque genre a réuſſi ,
Vous allez deviner l'Enigme que voici ;
Mais un moment au moins , trouvez-la difficile.
UTILE en certains cas, dansbien d'autresj'ai nuiis
J'ai produit des plaiſirs , des chagrins , de l'ennui :
Digne d'être ſorti du cerveau de Minerve ,
Pourtant formé par l'homme , &deſtiné pour lui .
Je le détruis , je le conſerve.
Qu'on m'aime ou qu'on me craigne , on me fuit?
on m'obſerve ,
On a les yeux fixés ſur moi.
Mais pour me poſſéder&me mettre enuſage.
Il faut avoir un certain âge
Et ſe conformer à la Loi.
On metrouve à la Cour, àla Ville, auVillage,
Etj'ai ma place chez le Roi.
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12328
p. 71
AUTRE.
Début :
D'une de mes moitiés j'amuse les enfans, [...]
Mots clefs :
Cerf-volant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
D'une de mes moitiés j'amuſe les enfans ,
Et de l'autrej'occupe un grand nombrede gens.
A l'aide ſeulement d'une foible lumière
J'ai ſurpris un moment l'Académie entière ;
Mais bientôt éprouvant le ſort de Phaëton ,
Je devins inutile & n'eus plus qu'un vain nom.
D'une de mes moitiés j'amuſe les enfans ,
Et de l'autrej'occupe un grand nombrede gens.
A l'aide ſeulement d'une foible lumière
J'ai ſurpris un moment l'Académie entière ;
Mais bientôt éprouvant le ſort de Phaëton ,
Je devins inutile & n'eus plus qu'un vain nom.
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12329
p. 72-73
AUTRE.
Début :
Mon entier, cher Lecteur, propre à ta nourriture, [...]
Mots clefs :
Poisson
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Mon entier , cher Lecteur , propre à ta nourri
ture ,
Devient , ôtant mon centre , un être malfaiſant;
Et l'ennemi de la Nature.
Retranche encor mon chef , & dans les airs volant
Je reçois une autre figure,
Et redeviens un aliment:
Rends-moi ma première ſtructure ,
Mes
Chantenaivement ses Feux,
Lise amoureusement réplique, Est-il un
couple plus heureux ?
1
MERCURE DE FRANCE
Tendre berger,jeune bergère,Ah quevous pas
Guitarre.
sés dheureuxjoursVous vousaimés etsans mis
- tèreVous vous lere- di
+
= tes toujours: Hilas sur un pipeau rus- tique
W
W
W
W
W
W
DECEMBRE. 1763. 73
Mes moitiés t'offriront fans peine & ſans torture
Un légume ; un pronom ; ce que rend l'inſtru.
ment.
Mon entier , cher Lecteur , propre à ta nourri
ture ,
Devient , ôtant mon centre , un être malfaiſant;
Et l'ennemi de la Nature.
Retranche encor mon chef , & dans les airs volant
Je reçois une autre figure,
Et redeviens un aliment:
Rends-moi ma première ſtructure ,
Mes
Chantenaivement ses Feux,
Lise amoureusement réplique, Est-il un
couple plus heureux ?
1
MERCURE DE FRANCE
Tendre berger,jeune bergère,Ah quevous pas
Guitarre.
sés dheureuxjoursVous vousaimés etsans mis
- tèreVous vous lere- di
+
= tes toujours: Hilas sur un pipeau rus- tique
W
W
W
W
W
W
DECEMBRE. 1763. 73
Mes moitiés t'offriront fans peine & ſans torture
Un légume ; un pronom ; ce que rend l'inſtru.
ment.
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12330
p. 73
AUTRE.
Début :
Noms d'une belle-mère & de sa belle-fille, [...]
Mots clefs :
Sarah et Rachel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Noms d'une belle- mere & de fa belle- fille ,
Femmes,d'une très-ſainte & très-noble famille ,
Mais charmantes furtout , fi Moyse en eft cru :
Rêve , Lecteur , pour percer ce myſtère.
Nos deux Chefs joints nomment la mère ,
Et les reſtes unis la Bru.
A Rennes en Bretagne , 20 Septembre 1763.
Noms d'une belle- mere & de fa belle- fille ,
Femmes,d'une très-ſainte & très-noble famille ,
Mais charmantes furtout , fi Moyse en eft cru :
Rêve , Lecteur , pour percer ce myſtère.
Nos deux Chefs joints nomment la mère ,
Et les reſtes unis la Bru.
A Rennes en Bretagne , 20 Septembre 1763.
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12331
p. 97
« ANALYSE des Principes de M. J. J. Rousseau. In-12. La Haye, 1763 ; & se [...] »
Début :
ANALYSE des Principes de M. J. J. Rousseau. In-12. La Haye, 1763 ; & se [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ANALYSE des Principes de M. J. J. Rousseau. In-12. La Haye, 1763 ; & se [...] »
ANALYSE des Principes de M. J. J.
Rouffeau. In- 12. La Haye , 1763 ; & fe
trouve à Paris , chez les Libraires qui
débitent les Nouveautés.
Rouffeau. In- 12. La Haye , 1763 ; & fe
trouve à Paris , chez les Libraires qui
débitent les Nouveautés.
Fermer
12332
p. 189
De STOCKOLM, le 2 Septembre 1763.
Début :
Le fait suivant est attesté par une lettre datée d'Engelhom, le 22 Août [...]
Mots clefs :
Éclairs, Pluie, Feu, Tonnerre, Phénomène extraordinaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De STOCKOLM, le 2 Septembre 1763.
De STOCKOLM , le 2 Septembre 1763 .
Ls fait ſuivant eſt atteſté par une lettre datée
d'Engelhom , le 22 Août 1763. Le 20 du même
Mois , au coucher du ſoleil , l'Oueſt parut tout
enflammé , on vit au Nord des éclairs vifs &
continus , & une eſpéce de pluie de feu très-denſe
&très- lumineuſe qui tomboit juſqu'a terre , &
qui continua ſans interruption juſqu'a dix heures
du ſoir . Dès ce moment , il commenca à tomber
une pluie ordinaire , l'on entendit au loin quelques
coups de tonnerre : lorſque cette pluie fut
paſſée, les éclairs continuerent juſqu'à uneheure
après minuit; mais alors leur direction étoit de
l'Ouest au Sud.
Ls fait ſuivant eſt atteſté par une lettre datée
d'Engelhom , le 22 Août 1763. Le 20 du même
Mois , au coucher du ſoleil , l'Oueſt parut tout
enflammé , on vit au Nord des éclairs vifs &
continus , & une eſpéce de pluie de feu très-denſe
&très- lumineuſe qui tomboit juſqu'a terre , &
qui continua ſans interruption juſqu'a dix heures
du ſoir . Dès ce moment , il commenca à tomber
une pluie ordinaire , l'on entendit au loin quelques
coups de tonnerre : lorſque cette pluie fut
paſſée, les éclairs continuerent juſqu'à uneheure
après minuit; mais alors leur direction étoit de
l'Ouest au Sud.
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Résumé : De STOCKOLM, le 2 Septembre 1763.
Le 20 août 1763, à Engelhom, un phénomène météorologique inhabituel a été observé. Le ciel à l'ouest s'est enflammé, des éclairs vifs et continus ont été visibles au nord, et une pluie de feu dense est tombée jusqu'à dix heures du soir. Ensuite, une pluie ordinaire a suivi, accompagnée de tonnerre. Les éclairs ont continué jusqu'à une heure après minuit, changeant de direction vers le sud. Ce phénomène a été rapporté par une lettre datée du 22 août 1763 et signalé depuis Stockholm le 2 septembre 1763.
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12333
p. 189
DE VIENNE, le 17 Août 1763.
Début :
On mande de Comorre que le 9, on y a ressenti, ainsi que dans les environs, [...]
Mots clefs :
Secousses, Tremblements de terre, Secousses violentes, Dommages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 17 Août 1763.
DE VIENNE , le 17 Août 1763 .
On mande de Comorre que le 9 , ony a refſenti
, ainſi que dans les environs , une nouvelle
lecoulle de tremblement de terre plus forte ,
que toutes celles qu'on y a éprouvées depuis le 28
Juin. Elle s'est fait auſſi reſſentir avec plus de
violence à Raab , où pluſieurs bâtimens
tr'autresla maiſon du Gouverneur , ont été fort
endommagés.
On mande de Comorre que le 9 , ony a refſenti
, ainſi que dans les environs , une nouvelle
lecoulle de tremblement de terre plus forte ,
que toutes celles qu'on y a éprouvées depuis le 28
Juin. Elle s'est fait auſſi reſſentir avec plus de
violence à Raab , où pluſieurs bâtimens
tr'autresla maiſon du Gouverneur , ont été fort
endommagés.
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12334
p. 190
DE DRESDE, le 28 Août 1763.
Début :
La Princesse Électorale vient de donner au Roi son Beau-père [...]
Mots clefs :
Princesse, Spectacle, Acteurs, Musique, Ministres, Roi de Pologne, Opéra, Cavaliers
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texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 28 Août 1763.
DE DRESDE , le 28 Août 1763 .
La Princeſle Électorale vient de donner au Roi
ſon Beau-père un Spectacle auſſi intéreſſant par
la qualité des Acteurs que par le mérite de la
compofition. Elle a fait repréſenter ſur un Théâzre
dreſſé dans le manége de la Cour un Opéra
Italien , intitulé Talestris , Reine des Amazones.
La Muſique & les paroles ſont de Son Alteſſe
Royale : ce n'eſt pas le premier eſſai que ce
Prince a fait de ſes talens pour ce genred'Ou
vrage. Tous les Miniſtres étrangers ont aſſiſté
à ce Spectacle ; le peu d'étendue de la Salle n'a
pas permis de diſtribuer plus de cinquante
billets.Le rôle de Taleſtris a été rempli par la Prin
cefle Électorale ; ceux de Tomiris & d'Antiope ,
par les Princeſſes Elifabeth & Cunegonde , celui
d'Oronte par la Comteſſe Miniſzech , fille du
Comtede Bruhl , & celui de Learque par le ſieur
Reichemberg , Gentilhomme de la Chambre de
Sa Majesté Polonoiſe. Les perſonnages muets
d'Amazones , de Prêtreſſes & de Scythes étoient
repréſentés par des Dames , des Demoiſeiles &
des Cavaliers de la Cour. Il n'y a point eu de ballet.
Les Princes Charles & Albert jouoient dans
l'orcheſtre. Cet Opéra a eu le plus grand ſuccès ;
on en a ſurtout admiré la Muſique , où l'on trouve
, en effet , des morceaux de la plus grande
force. Sa Majefté a paru d'autant plus fatisfaite
de ce Spectacle qu'Elle n'avoit pas été prévenue ;
Elle a defiré le revoir , & vraiſemblablement on
le répétera plus d'une fois.
La Princeſle Électorale vient de donner au Roi
ſon Beau-père un Spectacle auſſi intéreſſant par
la qualité des Acteurs que par le mérite de la
compofition. Elle a fait repréſenter ſur un Théâzre
dreſſé dans le manége de la Cour un Opéra
Italien , intitulé Talestris , Reine des Amazones.
La Muſique & les paroles ſont de Son Alteſſe
Royale : ce n'eſt pas le premier eſſai que ce
Prince a fait de ſes talens pour ce genred'Ou
vrage. Tous les Miniſtres étrangers ont aſſiſté
à ce Spectacle ; le peu d'étendue de la Salle n'a
pas permis de diſtribuer plus de cinquante
billets.Le rôle de Taleſtris a été rempli par la Prin
cefle Électorale ; ceux de Tomiris & d'Antiope ,
par les Princeſſes Elifabeth & Cunegonde , celui
d'Oronte par la Comteſſe Miniſzech , fille du
Comtede Bruhl , & celui de Learque par le ſieur
Reichemberg , Gentilhomme de la Chambre de
Sa Majesté Polonoiſe. Les perſonnages muets
d'Amazones , de Prêtreſſes & de Scythes étoient
repréſentés par des Dames , des Demoiſeiles &
des Cavaliers de la Cour. Il n'y a point eu de ballet.
Les Princes Charles & Albert jouoient dans
l'orcheſtre. Cet Opéra a eu le plus grand ſuccès ;
on en a ſurtout admiré la Muſique , où l'on trouve
, en effet , des morceaux de la plus grande
force. Sa Majefté a paru d'autant plus fatisfaite
de ce Spectacle qu'Elle n'avoit pas été prévenue ;
Elle a defiré le revoir , & vraiſemblablement on
le répétera plus d'une fois.
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Résumé : DE DRESDE, le 28 Août 1763.
Le 28 août 1763 à Dresde, la Princesse Électorale a présenté un opéra italien intitulé 'Talestris, Reine des Amazones' au Roi, son beau-père. Elle en a composé la musique et les paroles. La représentation s'est déroulée dans un théâtre installé dans le manège de la cour, en présence de ministres étrangers. La Princesse Électorale a interprété le rôle principal de Talestris, tandis que les Princesses Élisabeth et Cunégonde ont joué les rôles de Tomiris et d'Antiope. D'autres rôles ont été attribués à la Comtesse Miniszech et au sieur Reichemberg. Les personnages muets, comme les Amazones, les Prêtresses et les Scythes, étaient incarnés par des membres de la cour. Les Princes Charles et Albert jouaient dans l'orchestre. L'opéra a connu un grand succès, notamment pour la qualité de sa musique, et le Roi a exprimé son désir de le revoir.
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12335
p. 190
De GOTHA, le 15 Août 1763.
Début :
Le Duc Louis-Ernest, Frere de notre Souverain, mourut avant hier, [...]
Mots clefs :
Duc, Frère, Souverain, Décès
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texteReconnaissance textuelle : De GOTHA, le 15 Août 1763.
De GOTHA , le 15 Août 1763 .
Le Duc Louis- Ernest , Frere de notre Souverain
mourut avanthier , à deux heures aprèsmidi
, âgé de cinquante-fept ans.
Le Duc Louis- Ernest , Frere de notre Souverain
mourut avanthier , à deux heures aprèsmidi
, âgé de cinquante-fept ans.
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12336
p. 191
De MUNICH, le 3 Septembre 1763.
Début :
Le 1 de ce mois, le Comte de Firmian, Evêque de Seccau, Chanoine [...]
Mots clefs :
Comte, Évêque, Élection, Unanimité, Prince
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texteReconnaissance textuelle : De MUNICH, le 3 Septembre 1763.
De MUNICH , le 3 Septembre 1763 .
Le 1. de ce mois , le Comte de Firmian , Ev
que de Seccau , Chanoine de Saltzbourg & de
Paſlau , a été élu d'une voix unanime , Evêque
&Prince de Paſſau.
Le 1. de ce mois , le Comte de Firmian , Ev
que de Seccau , Chanoine de Saltzbourg & de
Paſlau , a été élu d'une voix unanime , Evêque
&Prince de Paſſau.
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12337
p. 191
De FRANCFORT, le 2 Septembre 1763.
Début :
Des Lettres de Hanovre, du 15 du mois dernier, avoient annoncé la mort du [...]
Mots clefs :
Lettres, Décès, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1763.
De FRAANNCCFFOORRTT ,, le 2 Septembre 1763 .
Des Lettres de Hanovre , du is du mois dernier
, avoient annoncé la mort du Prince Régnant
de Waldeck . Cette nouvelle étoit prématurée ,
on vient d'apprendre que ce Prince eſt mort à
Avolſen , le 31. du même mois.
Des Lettres de Hanovre , du is du mois dernier
, avoient annoncé la mort du Prince Régnant
de Waldeck . Cette nouvelle étoit prématurée ,
on vient d'apprendre que ce Prince eſt mort à
Avolſen , le 31. du même mois.
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12338
p. 191
De ROME, le 24 Août 1763.
Début :
Le Mausolée du Cardinal d'Ossat, vient d'être replacé dans l'Eglise nationale [...]
Mots clefs :
Mausolée, Cardinal, Église, Chevalier, Portrait, Mosaïque, Dorures, Messe
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 24 Août 1763.
De ROME , le 24 Août 1763 .
Le Mauſolée du Cardinal d'Oſſat , vient d'être
replacé dans l'Egliſe nationale de Saint Louisdes
François , par les ſoins & aux dépens du Chevalier
de la Houze , chargé des Affaires de France
en cette Cour. Le Portrait en Moſaïque qu'il a
fait faire de ce Cardinal , eſt enrichi d'une magnifique
bordure de bronze doré & de pluſieurs
autres ornemens. Le 18 de ce mois , le Chevalier
de laHouze a fait chanter à cette occafion ,
dans l'Egliſe de Saint- Louis , une Meſſe ſolemnelle
pour le repos de l'âme de ce Cardinal.
Toute la Nation Françoiſe s'eſt empreſſée d'y
aſſiſter , ainſi que pluſieurs autres perſonnes de
distinction .
Le Mauſolée du Cardinal d'Oſſat , vient d'être
replacé dans l'Egliſe nationale de Saint Louisdes
François , par les ſoins & aux dépens du Chevalier
de la Houze , chargé des Affaires de France
en cette Cour. Le Portrait en Moſaïque qu'il a
fait faire de ce Cardinal , eſt enrichi d'une magnifique
bordure de bronze doré & de pluſieurs
autres ornemens. Le 18 de ce mois , le Chevalier
de laHouze a fait chanter à cette occafion ,
dans l'Egliſe de Saint- Louis , une Meſſe ſolemnelle
pour le repos de l'âme de ce Cardinal.
Toute la Nation Françoiſe s'eſt empreſſée d'y
aſſiſter , ainſi que pluſieurs autres perſonnes de
distinction .
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Résumé : De ROME, le 24 Août 1763.
Le 24 août 1763, le mausolée du Cardinal d'Ossat a été replacé dans l'église Saint-Louis-des-Français à Rome, grâce au Chevalier de la Houze. Le portrait du cardinal a été enrichi de nouveaux ornements. Le 18 août, une messe solennelle a été organisée, attirant la nation française et des personnalités distinguées.
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12339
p. 191
De LONDRES, le 16 Septembre 1763.
Début :
Mercredi, vers les sept heures du soir, la cérémonie du Baptême du [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Baptême, Majesté, Fils, Prince
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texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 16 Septembre 1763.
De LONDRES , le 16 Septembre 1763 .
Mercredi , vers les ſept heures du ſoir , la
cérémonie du Baptême du ſecond Fils du Roi
fut faite , en préſence de Leurs Majeſtés & de
toute la Cour , par l'Archevêque de Cantorbe .
ry , qui donna au jeune Prince le nom de
Frédéric.
Mercredi , vers les ſept heures du ſoir , la
cérémonie du Baptême du ſecond Fils du Roi
fut faite , en préſence de Leurs Majeſtés & de
toute la Cour , par l'Archevêque de Cantorbe .
ry , qui donna au jeune Prince le nom de
Frédéric.
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12340
p. 192-194
De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
Début :
Le 25 de ce mois, Leurs Majestés, ainsi que la Famille Royale, signérent le [...]
Mots clefs :
Famille royale, Contrat de mariage, Comte, Marquis, Évêque, Députés, Gouverneurs, Cérémonies, Abbé, Ministre plénipotentiaire, Audience du roi, Lettres de créance, Académie de marine, Monseigneur
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
De VERSAILLES , le 21 Septembre 1763 .
E 25 de ce mois , Leurs Majeſtés , ainſi que
la Famille Royale , ſignérent le Contrat de mariage
du Marquis d'Autichamp , avec la Marquiſe
de Vaſtan. Le 3 de ce mois , celui du
Comte de Jumilhac , avec Demoiselle d'Eſtrabonne
, fillede la Marquiſedu Meinil ; & celui
du Marquis de Louvois , fils du Marquis de
Souvré , avec Demoiselle Gagnat de Longuy.
François - Joſeph d'Andigné , Evêque de Saint-
Pol-de-Léon , prêta ſerment le 27 du mois
dernier , entre les mains de Sa Majesté , pendant
la célébration de la Meſſe.
Le 28 du même mois , la Comteſſe de Guiche
fut préſentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Duchefſe de Gramont.
Le 29 , les Députés des Etats de Languedoc ,
eurent Audience du Roi. Ils furent préſentés à
Sa Ma- eſté par le Comte d'Eu , Gouverneurde
la Province , & par le Comte de S. Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des cérémonies
, & par le ſieur Desgranges , Maître des
Cérémonies , la Députation étoit compoſée , pour
pour le Clergé , de l'Evêque d'Agde , qui porta
la parole , pour la Nobleſſe , du Marquis de
Caylus , pour le Tiers-Etat , des ſieurs Ambry
& la Fage , & du ſieur Goubert , Syndic-Général
de la Province.
La
DECEMBRE. 1763 . 193
La place d'un des Chapelains du Roi étant vacante
par la mort de l'Abbé Bibaut . Sa Majefté
a nommé l'Abbé du Pujet pour la remplir.
Le ſieur de Neville , Miniſtre Plénipotentiaire
de la Grande- Bretagne auprès decette Cour. eut,le
3 de ce mois' , une Audience particuliere du Roi ,
àqui il fit part de la Naiſſance du ſecond Prince
dont la Reine d'Angleterre eſt accouchée.
Le Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , eſt arrivé de Lunneville ici , le 13 de ce
mois. 19
Le II , le Comteſſe de Guerchy prit congé
de la Cour , pour ſe rendre en Angleterre.
Le Baron de Gleichen , Envoyé Extraordinaire
du Roi de Dannemarck , près de cette Cour
a eu , le 13 , ſa premiere Audience du Roi , à
qui il a remis ſes Lettres de Créances. Ce Miniſtre
a été préſenté , le même jour , à la Reine
&à la Famille Royale.
La Marquiſe de Valbelle , a été nommée Dame
du Palais de la Reine ſurnuméraire , & le
18 , elle a été préſentée en cette qualité à Leurs
Majeſtés & à la Famille Royale , par la Ducheſſe
de Brancas. La Comteſſe de Jumilhac
a été préſentée , le même jour , à Leurs Majestés
&à la Famille Royale , par la Marquiſe de
Jumilhac.
LeMarquis de Talaru a prêté ſerment entre
les mains de la Reine , pour la Charge de Premier
Maître-d'Hôtel de la Reine , dont le Roi
lui adonné la Survivance.
Le 30 du mois dernier , le ſieur Targe , Cor
reſpondant de l'Académie de Marine , & Profefleur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire
, eut l'honneurde préſenter àMonſeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Provence , les Tomes IX , X , XI & XII
de la Traduction de l'Hiſtoire d'Angleterre du
Docteur Smoller.
,
Jean-Thomas Hériſſant , Imprimeur des Cabinet
& Maiſon du Roi a eu l'honneur de
préſenter à Sa Majesté , le Tome VI & dernier
des Ephémérides de feu l'Abbé de la Caille
, de l'Académie Royale des Sciences. Ce Vor
lume comprend un intervalle de dix ans , depuis
1765 juſqu'a 1775.
E 25 de ce mois , Leurs Majeſtés , ainſi que
la Famille Royale , ſignérent le Contrat de mariage
du Marquis d'Autichamp , avec la Marquiſe
de Vaſtan. Le 3 de ce mois , celui du
Comte de Jumilhac , avec Demoiselle d'Eſtrabonne
, fillede la Marquiſedu Meinil ; & celui
du Marquis de Louvois , fils du Marquis de
Souvré , avec Demoiselle Gagnat de Longuy.
François - Joſeph d'Andigné , Evêque de Saint-
Pol-de-Léon , prêta ſerment le 27 du mois
dernier , entre les mains de Sa Majesté , pendant
la célébration de la Meſſe.
Le 28 du même mois , la Comteſſe de Guiche
fut préſentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Duchefſe de Gramont.
Le 29 , les Députés des Etats de Languedoc ,
eurent Audience du Roi. Ils furent préſentés à
Sa Ma- eſté par le Comte d'Eu , Gouverneurde
la Province , & par le Comte de S. Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des cérémonies
, & par le ſieur Desgranges , Maître des
Cérémonies , la Députation étoit compoſée , pour
pour le Clergé , de l'Evêque d'Agde , qui porta
la parole , pour la Nobleſſe , du Marquis de
Caylus , pour le Tiers-Etat , des ſieurs Ambry
& la Fage , & du ſieur Goubert , Syndic-Général
de la Province.
La
DECEMBRE. 1763 . 193
La place d'un des Chapelains du Roi étant vacante
par la mort de l'Abbé Bibaut . Sa Majefté
a nommé l'Abbé du Pujet pour la remplir.
Le ſieur de Neville , Miniſtre Plénipotentiaire
de la Grande- Bretagne auprès decette Cour. eut,le
3 de ce mois' , une Audience particuliere du Roi ,
àqui il fit part de la Naiſſance du ſecond Prince
dont la Reine d'Angleterre eſt accouchée.
Le Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , eſt arrivé de Lunneville ici , le 13 de ce
mois. 19
Le II , le Comteſſe de Guerchy prit congé
de la Cour , pour ſe rendre en Angleterre.
Le Baron de Gleichen , Envoyé Extraordinaire
du Roi de Dannemarck , près de cette Cour
a eu , le 13 , ſa premiere Audience du Roi , à
qui il a remis ſes Lettres de Créances. Ce Miniſtre
a été préſenté , le même jour , à la Reine
&à la Famille Royale.
La Marquiſe de Valbelle , a été nommée Dame
du Palais de la Reine ſurnuméraire , & le
18 , elle a été préſentée en cette qualité à Leurs
Majeſtés & à la Famille Royale , par la Ducheſſe
de Brancas. La Comteſſe de Jumilhac
a été préſentée , le même jour , à Leurs Majestés
&à la Famille Royale , par la Marquiſe de
Jumilhac.
LeMarquis de Talaru a prêté ſerment entre
les mains de la Reine , pour la Charge de Premier
Maître-d'Hôtel de la Reine , dont le Roi
lui adonné la Survivance.
Le 30 du mois dernier , le ſieur Targe , Cor
reſpondant de l'Académie de Marine , & Profefleur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire
, eut l'honneurde préſenter àMonſeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Provence , les Tomes IX , X , XI & XII
de la Traduction de l'Hiſtoire d'Angleterre du
Docteur Smoller.
,
Jean-Thomas Hériſſant , Imprimeur des Cabinet
& Maiſon du Roi a eu l'honneur de
préſenter à Sa Majesté , le Tome VI & dernier
des Ephémérides de feu l'Abbé de la Caille
, de l'Académie Royale des Sciences. Ce Vor
lume comprend un intervalle de dix ans , depuis
1765 juſqu'a 1775.
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Résumé : De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
En septembre 1763, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de Versailles. Le 25 septembre, le contrat de mariage du Marquis d'Autichamp avec la Marquise de Vastan fut signé par Leurs Majestés et la Famille Royale. Les mariages du Comte de Jumilhac avec Demoiselle d'Estrabonne et du Marquis de Louvois avec Demoiselle Gagnat de Longuy furent célébrés le 3 septembre. François-Joseph d'Andigné, Évêque de Saint-Pol-de-Léon, prêta serment le 27 août devant le Roi. Le 28 septembre, la Comtesse de Guiche fut présentée à Leurs Majestés par la Duchesse de Gramont. Le 29 septembre, les Députés des États de Languedoc eurent audience du Roi, présentés par le Comte d'Eu et le Comte de Saint-Florentin. En décembre 1763, l'Abbé du Pujet fut nommé Chapelain du Roi. Le 3 décembre, le sieur de Neville, Ministre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne, informa le Roi de la naissance du second prince de la Reine d'Angleterre. Le Roi de Pologne arriva à Versailles le 13 décembre. La Comtesse de Guerchy prit congé de la Cour le 11 décembre pour se rendre en Angleterre. Le Baron de Gleichen, Envoyé Extraordinaire du Roi de Danemark, eut sa première audience le 13 décembre. La Marquise de Valbelle et la Comtesse de Jumilhac furent présentées le 18 décembre. Le Marquis de Talaru prêta serment pour la charge de Premier Maître-d'Hôtel de la Reine. Jean-Thomas Hérissant présenta à Sa Majesté le Tome VI des Éphémérides de l'Abbé de la Caille.
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12341
p. 194-195
De PARIS, le 23 Septembre 1763.
Début :
La bénédiction de la premiere des huit Cloches de la Paroisse de [...]
Mots clefs :
Bénédiction, Cloches, Paix, Parlement, Édit, Cadastres, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 23 Septembre 1763.
De PARIS , le 23 Septembre 1763 .
La bénédiction de la premiere des huitClo-.
ches de la Paroiſſe de S. Roch , ayant été remiſe
au temps de la Paix , la cérémonie s'en
eſt faite avec beaucoup de pompe , le 27 du
mois dernier , par l'Archevêque de Paris. Cette
Cloche a été nommée par Monſeigneur leDauphin
, repréſenté par le Duc de Duras , & par
Madame la Dauphine , repréſentée par la Ducheſſe
de Brancas , Dame d'Honneur de cette
Princeſſe.
Les Parlemens de Metz & de Douai , qui
rempliſſent , a pluſieurs égrrds , les Fonctions
des Cours desAides , ayant , ainſi que les Cours
des Aides de Montpellier & de Clermont Ferrand
, & quelques autres Cours , enregiſtré
l'Edit & la Déclaration du mois d'Avril dernier
; le Roi leur a fait écrire'de ſa part que ,
fatisfait de leur fidélité & de leur obéiſſance ,
il leur demandoit leurs Mémoires & leurs Réflexions
, fur les Réglemens qu'il convenoit de
faire pour la Confection du Cadastre général.
S. M. les a fait prévenir en même temps , que
lorique tous les Matériaux & les éclairciflemens
néceſſaires pour ce travail ſeroient ratlemblés ,
Elle demanderoit un Député de chacune de
DECEMBRE. 1763. 195
ces Cours , pour aſſiſter aux Aſſemblées qui ſe
tiendront à Paris , ſur cet objet.
Le trente-deuxième Tirage de la Lotteriede
THôtel de Ville s'est fait , le 23 Août , en la
maniere accoutumée. Le Lot de cinquante mille
livres eſt échu au numéro 99010 , celui de
vingt mille livaes au numéro 95528 , & les
deux de dix mille livres aux numeros 90769
& १०१००.
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de
l'Ecole Royale Militaire. Les numéros ſortis de
la roue de fortune , font , 25 , 75 , 17 , 38 ,
82. Le prochain Tirage ſe fera les Octobre .
La bénédiction de la premiere des huitClo-.
ches de la Paroiſſe de S. Roch , ayant été remiſe
au temps de la Paix , la cérémonie s'en
eſt faite avec beaucoup de pompe , le 27 du
mois dernier , par l'Archevêque de Paris. Cette
Cloche a été nommée par Monſeigneur leDauphin
, repréſenté par le Duc de Duras , & par
Madame la Dauphine , repréſentée par la Ducheſſe
de Brancas , Dame d'Honneur de cette
Princeſſe.
Les Parlemens de Metz & de Douai , qui
rempliſſent , a pluſieurs égrrds , les Fonctions
des Cours desAides , ayant , ainſi que les Cours
des Aides de Montpellier & de Clermont Ferrand
, & quelques autres Cours , enregiſtré
l'Edit & la Déclaration du mois d'Avril dernier
; le Roi leur a fait écrire'de ſa part que ,
fatisfait de leur fidélité & de leur obéiſſance ,
il leur demandoit leurs Mémoires & leurs Réflexions
, fur les Réglemens qu'il convenoit de
faire pour la Confection du Cadastre général.
S. M. les a fait prévenir en même temps , que
lorique tous les Matériaux & les éclairciflemens
néceſſaires pour ce travail ſeroient ratlemblés ,
Elle demanderoit un Député de chacune de
DECEMBRE. 1763. 195
ces Cours , pour aſſiſter aux Aſſemblées qui ſe
tiendront à Paris , ſur cet objet.
Le trente-deuxième Tirage de la Lotteriede
THôtel de Ville s'est fait , le 23 Août , en la
maniere accoutumée. Le Lot de cinquante mille
livres eſt échu au numéro 99010 , celui de
vingt mille livaes au numéro 95528 , & les
deux de dix mille livres aux numeros 90769
& १०१००.
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de
l'Ecole Royale Militaire. Les numéros ſortis de
la roue de fortune , font , 25 , 75 , 17 , 38 ,
82. Le prochain Tirage ſe fera les Octobre .
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Résumé : De PARIS, le 23 Septembre 1763.
Le 23 septembre 1763, la première des huit cloches de la paroisse de Saint-Roch a été bénie par l'archevêque de Paris. Cette cloche a été nommée par le Dauphin et la Dauphine, représentés respectivement par le Duc de Duras et la Duchesse de Brancas. Les parlements de Metz et de Douai, ainsi que les cours des Aides de Montpellier et de Clermont-Ferrand, ont enregistré un édit et une déclaration d'avril précédent. Le roi, satisfait de leur fidélité, a demandé leurs mémoires pour établir des règlements sur le cadastre général et a annoncé la convocation d'un député de chaque cour pour des assemblées à Paris. Le 23 août, le trente-deuxième tirage de la loterie de l'Hôtel de Ville a attribué des lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres. En décembre, la loterie de l'École Royale Militaire a révélé les numéros 25, 75, 17, 38 et 82, avec un prochain tirage prévu pour octobre.
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12342
p. 195
SERVICE.
Début :
Le premier Septembre, on célébra, dans l'Eglise de l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Célébration, Église, Abbaye, Louis XIV, Évêque, Duc, Prince, Maréchal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERVICE.
SERVICE.
Le premier Septembre , on célébra , dans
l'Egliſe de l'Abbaye Royale de Saint-Denis , le
Service annuel , fondé pour le repos de l'âme
de Louis XIV . L'Evêque de Montauban y offi
cia. Le Duc de Penthievre & le Prince de Lamballe
y affifterent , ainſi que le Maréchal Duc
de Noailles .
Le premier Septembre , on célébra , dans
l'Egliſe de l'Abbaye Royale de Saint-Denis , le
Service annuel , fondé pour le repos de l'âme
de Louis XIV . L'Evêque de Montauban y offi
cia. Le Duc de Penthievre & le Prince de Lamballe
y affifterent , ainſi que le Maréchal Duc
de Noailles .
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12343
p. 195-197
MORTS.
Début :
François Baron de Fumel, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis [...]
Mots clefs :
Baron, Chevalier, Secrétaire du roi, Comte, Marquis, Évêque, Épouse, Décès, Veuve, Dame Ursule Duquesne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
François Baron de Fumel , Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Mestre de
Camp de Cavalerie , Exempt , Aide - Major des
Gardes du Corps , Compagnie de Beauvau , eſt
mort à Troyes le 20 Août , dans la ſoixantecinquiéme
année de ſon âge.
Gérard Heuſch , Marquis de Janvry , Secrétaire
du Roi Honoraire , eſt mort à Paris , le 8
Septembre , dans la quatre vingt-huitiéme année
de ſon âge.
Jean- Louis Philippeaux , Comte de Montlhery
, ancien Guidon des Gendarmes de la Garde
du Roi , Meſtre de Camp de Cavalerie , eſt mort
àParis , le 12 Septembre.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Marie , Comte de Saint Maure , Marquis
de Chaux & d'Archiac , Comte du Saint-
Empire , Premier Ecuyer du Roi , Commandantde
ſa Grande Ecurie & Maréchal de Camp ,
eſt mort à Paris , le 14 Septembre , dans la
ſoixante-cinquième année de ſon âge.
Charles-François de Malezieu , Marquis Destournelles
, Brigadier des Armées du Roi , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,
Gouverneur pour Sa Majesté des Tours , Ports ,
Chaînes & Havre de la Rochelle , eſt mort à
Châlons-fur-Saone , le 3 Septembre.
Simon-Pierre de la Corée , Evêque de Saintes,
eſt mort en ſon Palais Epiſcopal , le 12
Septembre , àgé de foixante-douze ans.
Le Pere Jean Reinal , Supérieur Général de
la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrézienne
, eſt mort à Paris , dans leur maiſon de S.
Charles , dans les premiers jours de Septembre.
Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne
de Bouillon , épouſe du Prince Charles-
Juſt de Beauvau , Prince du Saint-Empire ,
Grandd'Eſpagne de la premiere Claſſe , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant Général de
ſes Armées , Capitaine des Gardes du Corps de
Sa Majesté , Grand- Maître de la Maiſon du Roi
de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar , Gouverneur
& Bailli d'Epée des Ville & Châteaux
deBar-le-Duc & de Luneville , eſt morte à Commerci
, le 6 Septembre , âgée de trente-quatre
ans. Cette Princeſſe étoit Soeur cadette & confanguine
du Duc de Bouillon , Pair & Grand
Chambellan de France.
*Dame Urſule de Poſſel , Veuve de Meſfire
Abraham Duqueſne Monier , Chef d'Eſcadre des
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , ci-devant
DECEMBRE. 1763. 197
commandant le Département de la Marine au
Port de Toulon , & neveu du célébre Abraham
Duqueſne , mort Lieutenant Général des Armées
navales , eſt morte à Toulon le 6 Juillet , dans
la quatre-vingt-quatorziéme année de ſon âge.
Elle avoit eu de ſon mariage pluſieurs enfans
dontdeux font morts au ſervice du Rot. Il lui
en reſte encore trois qui font :
Lange , Marquis Duqueſne , Chef d'Eſcadredes
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , ci-devantGouverneur
& Lieutenant-Général au Gouvernement .
de la Nouvelle France & Prédéceſſeur immédiat
du Marquis de Vaudreuil.
Victor- Elizabeth Duqueſne , Chanoine de la
Ste Egliſe d'Arles & Pentionnaire du Roi ſur l'Archevêché
de Toulouſe.
Et Dame Urſule Duqueſne , mariée & veuve
dès 1744 de Meſſire Guillaume d'Icard , Gentilhomme
d'Arles .
Meffire Thomas- Charles , Marquis de Morantz
Comtede Penzes , Baron de Fontenay & de Ru-.
pierre , Seigneur-Châlelain de Bréquigny , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Dépuré
au Roi en 1757 , par la Nobleſſe de Bretagne afſemblée
aux Etats , mourut le 18 Octobre dernier
en ſon Château de Bréquigny , âgé de 36 ans &
deux mois.
François Baron de Fumel , Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Mestre de
Camp de Cavalerie , Exempt , Aide - Major des
Gardes du Corps , Compagnie de Beauvau , eſt
mort à Troyes le 20 Août , dans la ſoixantecinquiéme
année de ſon âge.
Gérard Heuſch , Marquis de Janvry , Secrétaire
du Roi Honoraire , eſt mort à Paris , le 8
Septembre , dans la quatre vingt-huitiéme année
de ſon âge.
Jean- Louis Philippeaux , Comte de Montlhery
, ancien Guidon des Gendarmes de la Garde
du Roi , Meſtre de Camp de Cavalerie , eſt mort
àParis , le 12 Septembre.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Marie , Comte de Saint Maure , Marquis
de Chaux & d'Archiac , Comte du Saint-
Empire , Premier Ecuyer du Roi , Commandantde
ſa Grande Ecurie & Maréchal de Camp ,
eſt mort à Paris , le 14 Septembre , dans la
ſoixante-cinquième année de ſon âge.
Charles-François de Malezieu , Marquis Destournelles
, Brigadier des Armées du Roi , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,
Gouverneur pour Sa Majesté des Tours , Ports ,
Chaînes & Havre de la Rochelle , eſt mort à
Châlons-fur-Saone , le 3 Septembre.
Simon-Pierre de la Corée , Evêque de Saintes,
eſt mort en ſon Palais Epiſcopal , le 12
Septembre , àgé de foixante-douze ans.
Le Pere Jean Reinal , Supérieur Général de
la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrézienne
, eſt mort à Paris , dans leur maiſon de S.
Charles , dans les premiers jours de Septembre.
Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne
de Bouillon , épouſe du Prince Charles-
Juſt de Beauvau , Prince du Saint-Empire ,
Grandd'Eſpagne de la premiere Claſſe , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant Général de
ſes Armées , Capitaine des Gardes du Corps de
Sa Majesté , Grand- Maître de la Maiſon du Roi
de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar , Gouverneur
& Bailli d'Epée des Ville & Châteaux
deBar-le-Duc & de Luneville , eſt morte à Commerci
, le 6 Septembre , âgée de trente-quatre
ans. Cette Princeſſe étoit Soeur cadette & confanguine
du Duc de Bouillon , Pair & Grand
Chambellan de France.
*Dame Urſule de Poſſel , Veuve de Meſfire
Abraham Duqueſne Monier , Chef d'Eſcadre des
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , ci-devant
DECEMBRE. 1763. 197
commandant le Département de la Marine au
Port de Toulon , & neveu du célébre Abraham
Duqueſne , mort Lieutenant Général des Armées
navales , eſt morte à Toulon le 6 Juillet , dans
la quatre-vingt-quatorziéme année de ſon âge.
Elle avoit eu de ſon mariage pluſieurs enfans
dontdeux font morts au ſervice du Rot. Il lui
en reſte encore trois qui font :
Lange , Marquis Duqueſne , Chef d'Eſcadredes
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , ci-devantGouverneur
& Lieutenant-Général au Gouvernement .
de la Nouvelle France & Prédéceſſeur immédiat
du Marquis de Vaudreuil.
Victor- Elizabeth Duqueſne , Chanoine de la
Ste Egliſe d'Arles & Pentionnaire du Roi ſur l'Archevêché
de Toulouſe.
Et Dame Urſule Duqueſne , mariée & veuve
dès 1744 de Meſſire Guillaume d'Icard , Gentilhomme
d'Arles .
Meffire Thomas- Charles , Marquis de Morantz
Comtede Penzes , Baron de Fontenay & de Ru-.
pierre , Seigneur-Châlelain de Bréquigny , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Dépuré
au Roi en 1757 , par la Nobleſſe de Bretagne afſemblée
aux Etats , mourut le 18 Octobre dernier
en ſon Château de Bréquigny , âgé de 36 ans &
deux mois.
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Résumé : MORTS.
En 1763, plusieurs personnalités notables sont décédées. François Baron de Fumel, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, est mort à Troyes le 20 août à 65 ans. Gérard Heusch, Marquis de Janvry et Secrétaire du Roi Honoraire, est décédé à Paris le 8 septembre à 88 ans. Jean-Louis Philippeaux, Comte de Montlhery et ancien Guidon des Gendarmes de la Garde du Roi, est mort à Paris le 12 septembre. Louis-Marie, Comte de Saint Maure, Marquis de Chaux & d'Archiac et Premier Ecuyer du Roi, est décédé à Paris le 14 septembre à 65 ans. Charles-François de Malezieu, Marquis Destournelles et Brigadier des Armées du Roi, est mort à Châlons-sur-Saône le 3 septembre. Simon-Pierre de la Corée, Évêque de Saintes, est décédé dans son Palais Épiscopal le 12 septembre à 62 ans. Le Père Jean Reinal, Supérieur Général de la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrétienne, est mort à Paris au début du mois de septembre. Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne de Bouillon, épouse du Prince Charles-Just de Beauvau, est décédée à Commercy le 6 septembre à 34 ans. Dame Ursule de Possel, veuve de Messire Abraham Duquesne Monier, Chef d'Escadre des Armées navales du Roi, est morte à Toulon le 6 juillet à 84 ans. Elle a eu plusieurs enfants, dont deux sont morts au service du Roi. Thomas-Charles, Marquis de Morantz, Comte de Penzes et Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, est décédé en son Château de Bréquigny le 18 octobre à 36 ans et 2 mois.
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12344
p. 197-199
MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
Début :
On a fait anciennement des tableaux mouvans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peinture, Bâtiments, Paysages, Cheminées, Façades, Mouvements, Maître de maison, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
MECANIQUE.
PLANSen relief de Bâtimens
nis de
&dePaysages,gar
figures mouvantes , pourorner deschemi
nées&faire des milieux de deſſerts .
ON
N a fait anciennement des tableaux mou
L
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât
les figures du fond du tableau , & il
falloit les regarder un peu de loin. Les Dlles
PASSEMANT font de petits Bâtimens , des Payſages
ornés de Figures mouvantes , leſquelles font
placées en avant , & ſe ſoutiennent d'elles-mêmes
, ſans être appliquées à rien. Au milieu d'une
campagne riante & garnie d'Arbres,Arbriffeaux ,
&Fleurs d'émail,on voit Charpentiers , Scieurs
de long , Tailleurs de pierres , Rémouleurs , Forgerons
, Batteurs en grange , Tonneliers , Pêcheurs
, Femmes qui battent le linge àla rivière,
d'autres qui battent le beurre , des Bergers qui
gardent leur troupeau , des Moulins à eau , des
Moulins à vent. Une Méchanique intérieure &
cachée au milieu du Bâtiment donne le mouvementàtout.
Il y a de ces Bâtimens aſſez petits pour être
mis ſur des cheminées ſous des glaces pour les
conſerver , d'autres plus grands ſur des tables ou
commodes auſſi ſous des glaces , d'autres enfin
qui ſont à quatre faces pour ſervir de milieu
dans un deſſert. Il y en a même de fort grands
dont la baſe a deux pieds & demi de long fur
deux pieds de large , compoſée de quatre gradins
deglace: au-deſlus eſt une Montagne couverte
d'arbres formans des allées ; on y voit des Moutons
, des chiens pour les garder , d'un autre
côté , des cerfs & autres animaux , une chute
deau fait mouvoir un moulin , de petits bâtimens
ſont épars ſur la montagne dont le ſommet
eſt courronné par un grand bâtiment à
quatre faces & à pluſieurs étages terminés par
une baluſtrade , chaque façade eſt garnie de figures
mouvantes , il y en a juſques ſur la terraſſes
d'autres également mouvantes ſont placées àdifférens
endroits du contour de laMontagne,
DECEMBRE. 1763. 199 19
Au milieu du Deſſert , le Maître de la maifor
peut ſurprendre agréablement les Convives en
tirant une petite ſoye , plus de trente figures font
miſés en mouvement & paroiffent toutes différemment
occupées & agiſſent pendant une demie
heure ..
On trouvede ces Ouvrages depuis deux Louis
juſqu'à vingt, chez les Diles PASSEMANT. Elles
demeurent chez M. PASSEMANT , leur Pere , aw
Louvre , au-deſſus de l'Académie Françoiſe.
Comme ces ingénieuſes machines peuvent être
très-agréables pour les préſens d'étrennes , nous
croyons faire plaifir d'en informer le Public , &
ſpécialement les curieux quiconnoiffent & refpectent
les grands talens du Pere de ces Demoiſelles.
PLANSen relief de Bâtimens
nis de
&dePaysages,gar
figures mouvantes , pourorner deschemi
nées&faire des milieux de deſſerts .
ON
N a fait anciennement des tableaux mou
L
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vans, mais il n'y avoit que la peinture qui dérachât
les figures du fond du tableau , & il
falloit les regarder un peu de loin. Les Dlles
PASSEMANT font de petits Bâtimens , des Payſages
ornés de Figures mouvantes , leſquelles font
placées en avant , & ſe ſoutiennent d'elles-mêmes
, ſans être appliquées à rien. Au milieu d'une
campagne riante & garnie d'Arbres,Arbriffeaux ,
&Fleurs d'émail,on voit Charpentiers , Scieurs
de long , Tailleurs de pierres , Rémouleurs , Forgerons
, Batteurs en grange , Tonneliers , Pêcheurs
, Femmes qui battent le linge àla rivière,
d'autres qui battent le beurre , des Bergers qui
gardent leur troupeau , des Moulins à eau , des
Moulins à vent. Une Méchanique intérieure &
cachée au milieu du Bâtiment donne le mouvementàtout.
Il y a de ces Bâtimens aſſez petits pour être
mis ſur des cheminées ſous des glaces pour les
conſerver , d'autres plus grands ſur des tables ou
commodes auſſi ſous des glaces , d'autres enfin
qui ſont à quatre faces pour ſervir de milieu
dans un deſſert. Il y en a même de fort grands
dont la baſe a deux pieds & demi de long fur
deux pieds de large , compoſée de quatre gradins
deglace: au-deſlus eſt une Montagne couverte
d'arbres formans des allées ; on y voit des Moutons
, des chiens pour les garder , d'un autre
côté , des cerfs & autres animaux , une chute
deau fait mouvoir un moulin , de petits bâtimens
ſont épars ſur la montagne dont le ſommet
eſt courronné par un grand bâtiment à
quatre faces & à pluſieurs étages terminés par
une baluſtrade , chaque façade eſt garnie de figures
mouvantes , il y en a juſques ſur la terraſſes
d'autres également mouvantes ſont placées àdifférens
endroits du contour de laMontagne,
DECEMBRE. 1763. 199 19
Au milieu du Deſſert , le Maître de la maifor
peut ſurprendre agréablement les Convives en
tirant une petite ſoye , plus de trente figures font
miſés en mouvement & paroiffent toutes différemment
occupées & agiſſent pendant une demie
heure ..
On trouvede ces Ouvrages depuis deux Louis
juſqu'à vingt, chez les Diles PASSEMANT. Elles
demeurent chez M. PASSEMANT , leur Pere , aw
Louvre , au-deſſus de l'Académie Françoiſe.
Comme ces ingénieuſes machines peuvent être
très-agréables pour les préſens d'étrennes , nous
croyons faire plaifir d'en informer le Public , &
ſpécialement les curieux quiconnoiffent & refpectent
les grands talens du Pere de ces Demoiſelles.
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Résumé : MECANIQUE. PLANS en relief de Bâtimens & de Paysages garnis de figures mouvantes, pour orner des cheminées & faire des milieux de desserts.
Les demoiselles Passemant créent des 'tableaux mouvants' représentant des bâtiments, paysages et figures en mouvement. Les figures, placées en avant, se soutiennent seules sans fixation. Les scènes incluent divers métiers et activités comme des charpentiers, pêcheurs, bergers, et des moulins. Une mécanique intérieure cachee anime les figures. Ces œuvres existent en différentes tailles : certaines sont petites pour cheminées ou tables, d'autres servent de centre de table pour desserts. Les plus grands modèles atteignent deux pieds et demi de long sur deux pieds de large, avec plusieurs gradins de glace, une montagne couverte d'arbres et d'animaux, et un grand bâtiment à plusieurs étages. Lors des repas, le maître de maison peut activer une corde pour mettre en mouvement plus de trente figures pendant une demi-heure. Ces œuvres, disponibles à des prix variés de deux à vingt louis, peuvent être achetées chez M. Passemant, père des demoiselles, au Louvre, au-dessus de l'Académie Française. Le texte souligne leur intérêt comme présents d'étrennes et rend hommage aux talents du père des demoiselles Passemant.
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12345
p. 200-201
AVIS DIVERS. THÉRIAQUE d'Andromaque.
Début :
La Compagnie des Apoticaires de Paris a commencé à exposer le 19 Septembre [...]
Mots clefs :
Apothicaire, Drogues, Thériaque, Exposition, Magistrats, Antidote, Bien commun, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS. THÉRIAQUE d'Andromaque.
AVIS DIVERS.
THERIAQUE d'Andromaque.
La Compagnie des Apoticaires de Paris a com
mencé à expoſer le 19 Septembre dernier les dro--
guesqui entrent dans la compoſition de laThériaque.
Les Magiſtrats & la Facultéde Médeciney ont
aſſiſté le premier jour. Me Hériſſant,Profeſſeur en
Pharmacie a ouvert la ſéance par un diſcours fur
l'excellence de cet antidote , ſur les ſoins & le ſcrupule
qu'éxige ſa préparation pour que ſes effets
foient certains. M DEMORET, premier Garde de la
Compagnie des Apoticaires , en a prononcé un
autre dans lequel , après avoir fait l'hiſtoire de ce
médicament il a repréſenté au Magiſtrat qui préfidoit
, qu'il étoit de la derniere importance pour
le bien public , qu'il s'opposât à ce que nombre de
gens ſans aveu débitaſſent ce médicament ni aucunautre,
&qu'il n'y eût que des perſonnesdont.
lacapacité ſeroit reconnue qui exerçaſſent leur
profeſſion ; qu'on ne pouvoit douter que ſa compagnie
fût dévouée au bien de la ſociété, que le
grandnombre d'Auditeurs qui aſſiſtoient au cours
deChymie qu'ils faifoient tous les ans , prouvoit
queleurs travaux étoient néceſſaires & bien reçus,
&quela ſeule récompenſe qu'ils en demandoient
étoitde jouir de leurs droits . Il a terminé fon dif
cours parun éloge digne du Magiſtrat auquel il,
l'adreſſoit. Il n'étoit dicté ni par la flaterie ni par
L'enviede ſéduire , c'étoit une effufion de coeur.
DECEMBRE. 1763. 201
Cediſcours a été ſuivi de l'hiſtoire naturelle des
drogues qui étoient expoſées. Leur beauté a furpris
tous les connoiffeurs; elles ont été ſoumiſes à
la cenſure du Public juſqu'au ; Octobre dernier.
On a travaillé à la confection de cer Antidote , en
préſence des mêmes Magiſtrats & de la Facultéde
Médecine. On ne doute plus que cette Thériaque
ne foit ſupérieure à celle de Veniſe , qui n'a ni l'odeur
ni la couleur qu'elle doit avoir. Les envois
conſidérables que les Apoticaires de Paris font de
la leur , annoncent qu'elle est regardée comme
la meilleure de l'Europe.
THERIAQUE d'Andromaque.
La Compagnie des Apoticaires de Paris a com
mencé à expoſer le 19 Septembre dernier les dro--
guesqui entrent dans la compoſition de laThériaque.
Les Magiſtrats & la Facultéde Médeciney ont
aſſiſté le premier jour. Me Hériſſant,Profeſſeur en
Pharmacie a ouvert la ſéance par un diſcours fur
l'excellence de cet antidote , ſur les ſoins & le ſcrupule
qu'éxige ſa préparation pour que ſes effets
foient certains. M DEMORET, premier Garde de la
Compagnie des Apoticaires , en a prononcé un
autre dans lequel , après avoir fait l'hiſtoire de ce
médicament il a repréſenté au Magiſtrat qui préfidoit
, qu'il étoit de la derniere importance pour
le bien public , qu'il s'opposât à ce que nombre de
gens ſans aveu débitaſſent ce médicament ni aucunautre,
&qu'il n'y eût que des perſonnesdont.
lacapacité ſeroit reconnue qui exerçaſſent leur
profeſſion ; qu'on ne pouvoit douter que ſa compagnie
fût dévouée au bien de la ſociété, que le
grandnombre d'Auditeurs qui aſſiſtoient au cours
deChymie qu'ils faifoient tous les ans , prouvoit
queleurs travaux étoient néceſſaires & bien reçus,
&quela ſeule récompenſe qu'ils en demandoient
étoitde jouir de leurs droits . Il a terminé fon dif
cours parun éloge digne du Magiſtrat auquel il,
l'adreſſoit. Il n'étoit dicté ni par la flaterie ni par
L'enviede ſéduire , c'étoit une effufion de coeur.
DECEMBRE. 1763. 201
Cediſcours a été ſuivi de l'hiſtoire naturelle des
drogues qui étoient expoſées. Leur beauté a furpris
tous les connoiffeurs; elles ont été ſoumiſes à
la cenſure du Public juſqu'au ; Octobre dernier.
On a travaillé à la confection de cer Antidote , en
préſence des mêmes Magiſtrats & de la Facultéde
Médecine. On ne doute plus que cette Thériaque
ne foit ſupérieure à celle de Veniſe , qui n'a ni l'odeur
ni la couleur qu'elle doit avoir. Les envois
conſidérables que les Apoticaires de Paris font de
la leur , annoncent qu'elle est regardée comme
la meilleure de l'Europe.
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Résumé : AVIS DIVERS. THÉRIAQUE d'Andromaque.
Le 19 septembre 1763, la Compagnie des Apoticaires de Paris a exposé les drogues composant la Thériaque d'Andromaque, en présence des magistrats et de la Faculté de Médecine. Me Hérissant, Professeur en Pharmacie, a souligné l'excellence de cet antidote et les soins nécessaires à sa préparation. M. Demoret, premier Garde de la Compagnie, a retraçé l'histoire du médicament et insisté sur la régulation de sa vente pour éviter les abus. Il a également mis en avant l'engagement de la Compagnie pour le bien public et la reconnaissance des apothicaires. Les drogues, saluées pour leur beauté, ont été soumises à la censure publique jusqu'en octobre. La confection de la Thériaque, réalisée sous le regard des autorités, a confirmé sa supériorité sur celle de Venise. La réputation de la Thériaque parisienne en Europe est attestée par ses envois importants.
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12346
p. 201-202
« Par Brevet du 21 Juin 1758, le Roi a accordé au Sieur Onfroi, Distillateur, [...] »
Début :
Par Brevet du 21 Juin 1758, le Roi a accordé au Sieur Onfroi, Distillateur, [...]
Mots clefs :
Distillateur, Brevet, Liqueurs, Récompenses, Huile royale, Élixir, Digestion, Chocolat, Liqueur spiritueuse, Dents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Par Brevet du 21 Juin 1758, le Roi a accordé au Sieur Onfroi, Distillateur, [...] »
PARBrevet du 21 Juin 1758 , le Ror a accordéau
Sieur ONFROI , Diſtillateur , à laDeſcente de la
Placedu Pont S. Michel , à Paris , le titre de diſtillateur
de Sa Majeſté. Et par un ſecond Brevet
du 4 Novembre 1763 , qui confirme le premier ,
le Roi pour le récompenſer de ſes travaux , à
la perfectionde ſes liqueurs , l'a retenu & le retient
pour être Diſtillateur ordinaire de Sa
Majeſté : des recompenſes auſſi autentiques des
talens du Sieur Onfrey & les fuffrages qu'il a
a eu du Public , ſont de fürs garants que perſonne
n'en mérite plus la confiance.
la
Indépendamment de toutes les nouvelles liqueurs
qu'il a données de ſa compoſition , il vient
encore de compoſer une huile Royale de vanille
admirable ; elle joint à la falubrité
propriété des plus excellens Elixirs pour faciliter
la digeſtion. L'uſage en eſt comine des autres
liqueurs.
Son nouveau Chocolat à la façon de Rome,
dont les eſpéces ne différencient que par le
plus ou moins de vanille, eſt généralement trou
vé ſupérieur à tout autre.
Sa liqueur ſpiritueuſe pour les dents , qui en
202 MERCURE DE FRANCE.
arrête ſur le champ ſans retour les plus vives
douleurs , les blanchit & prévient tous les accidens
de la bouche , eſt ſi connue , qu'il en
fait un débit conſidérable. Il débite toujours
avec le même ſuccès ſes Eaux de propreté. Enfin
c'eſt chez lui ſeul , à Paris , que ſe trouve la
véritable Eau de Cologne du Sieur Jean-Antoine
Farina , dont le prix est de 16 fols la
bouteille.
Sieur ONFROI , Diſtillateur , à laDeſcente de la
Placedu Pont S. Michel , à Paris , le titre de diſtillateur
de Sa Majeſté. Et par un ſecond Brevet
du 4 Novembre 1763 , qui confirme le premier ,
le Roi pour le récompenſer de ſes travaux , à
la perfectionde ſes liqueurs , l'a retenu & le retient
pour être Diſtillateur ordinaire de Sa
Majeſté : des recompenſes auſſi autentiques des
talens du Sieur Onfrey & les fuffrages qu'il a
a eu du Public , ſont de fürs garants que perſonne
n'en mérite plus la confiance.
la
Indépendamment de toutes les nouvelles liqueurs
qu'il a données de ſa compoſition , il vient
encore de compoſer une huile Royale de vanille
admirable ; elle joint à la falubrité
propriété des plus excellens Elixirs pour faciliter
la digeſtion. L'uſage en eſt comine des autres
liqueurs.
Son nouveau Chocolat à la façon de Rome,
dont les eſpéces ne différencient que par le
plus ou moins de vanille, eſt généralement trou
vé ſupérieur à tout autre.
Sa liqueur ſpiritueuſe pour les dents , qui en
202 MERCURE DE FRANCE.
arrête ſur le champ ſans retour les plus vives
douleurs , les blanchit & prévient tous les accidens
de la bouche , eſt ſi connue , qu'il en
fait un débit conſidérable. Il débite toujours
avec le même ſuccès ſes Eaux de propreté. Enfin
c'eſt chez lui ſeul , à Paris , que ſe trouve la
véritable Eau de Cologne du Sieur Jean-Antoine
Farina , dont le prix est de 16 fols la
bouteille.
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Résumé : « Par Brevet du 21 Juin 1758, le Roi a accordé au Sieur Onfroi, Distillateur, [...] »
Le texte évoque les distinctions accordées à Sieur Onfroi, distillateur à Paris. Par un brevet du 21 juin 1758, le roi lui a octroyé le titre de distillateur de Sa Majesté. Un second brevet, daté du 4 novembre 1763, a confirmé ce titre et récompensé Onfroi pour la qualité de ses liqueurs, le désignant comme distillateur ordinaire du roi. Ces distinctions soulignent ses talents et la confiance du public en ses produits. Onfroi a créé plusieurs nouvelles liqueurs, dont une huile royale de vanille facilitant la digestion. Son chocolat à la façon de Rome, disponible en différentes variétés selon la quantité de vanille, est jugé supérieur à tout autre. Sa liqueur spiritueuse pour les dents soulage les douleurs, blanchit les dents et prévient les problèmes buccaux, ce qui en fait un produit très demandé. Il commercialise également des eaux de propreté et l'Eau de Cologne de Jean-Antoine Farina, vendue à 16 sols la bouteille.
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12347
p. 202
ERRATA.
Début :
Pag. 1. à la Note, derniere ligne 3 au lieu de M. le Comte de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA.
ERRATA.
Pag. 1. à la Note, derniere lignes au lieu de
M.le Comte de Rochemont , lifez M. le Marquis
deRochemore.
Dans laListe des Abonnés de Paris .
Pag. 4. ligne 32. lifez Bouder
Boutet.
Pag. 1. à la Note, derniere lignes au lieu de
M.le Comte de Rochemont , lifez M. le Marquis
deRochemore.
Dans laListe des Abonnés de Paris .
Pag. 4. ligne 32. lifez Bouder
Boutet.
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12348
p. 202
AVIS AU PUBLIC.
Début :
On supplie les personnes dont les noms auroient pû être oubliés [...]
Mots clefs :
Noms, Abonnés, Liste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC.
AVIS AU PUBLIC.
On fupplie les perſonnes dont les
noms auroient pû être oubliés dans la
Liſte des Abonnés , de vouloir bien en
faire part à l'Auteur du Mercure , qui les
inſcrira dans le Supplément des Mercures
du mois de Janvier prochain .
On fupplie les perſonnes dont les
noms auroient pû être oubliés dans la
Liſte des Abonnés , de vouloir bien en
faire part à l'Auteur du Mercure , qui les
inſcrira dans le Supplément des Mercures
du mois de Janvier prochain .
Fermer
12349
p. 203-204
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Epitre de M. D. R.... à M. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE,
EP
ARTICLE PREMIER .
PITRE de M. D. R.... à M. le Marquis
D....
La ſiége de l'âme , à Philis .
Page 5
8
LETTRE en proſe & en vers à M.de la M....
deM... par M. de C *** à Lyon . 9
ÉLÉGIE. 1
IS
SUITE de l'Hiſtoire d'Henriette . 16
EPITRE à Mde du B*** , &c.
47
VERS préſentés a M.... &c . 52
CONSEIL à un Gentilhomme d'un grand
âge , &c. 53
DIALOGUE entreAlexandre & Diogène .
VERS à M. Greuze , fur fon Tableau de la
Piété filiale.
LA Politeffe , Ode aux François.
TRADITION Lappone,
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES .
CHANSON.
ART . II . NOUVELLES LITTÉRAIRES.
La Morale Evangélique expliquée par les
SS. Pères , &c. par M. l'Abbé Merri de la
DISCOURS prononcé au Collége de l'Oratoi-
Canorgue. 75
re de Boulogne , &c. par M. Dauphin
03
89,
d'Halinghen .
LETTRE à M. Maillet du Boullai.
54
60
62
2. 64
70& & 72
(
72&73
ibid.
204 MERCURE DE FRANCE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Au même. ibid.
ANNONCES de Livres . 92 &fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES ,
ACADÉMIES .
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences
, des Belles - Lettres & des Arts de
ROUEN .
SÉANCE publique de l'Académie des Belles-
Lettres de MonTAUBAN .
LETTTRE à l'Auteur du Mercure.
PHYSIQUE.
MÉDECINE.
EXTRAIT d'une Lettre de M. P. de M.
Docteur- Régent en Médecine de Paris.
NOUVEL Avis concernant le Spécifique
Anti- vénérien du Docteur Fels .
ASTRONOMIE & Géographie.
הי
ART. IV . BEAUX - ARTS.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour à Fontainebleau.
SPECTACLES de Paris,
COMÉDIE Françoiſe.
COMÉDIE Italienne.
CONCERT Spirituel.
CÉRÉMONIES publiques.
NOUVELLES Politiques.
AVIS.
وو
112
121
130
133
140
141
149
173
175
180
183
184
189
200
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE,
EP
ARTICLE PREMIER .
PITRE de M. D. R.... à M. le Marquis
D....
La ſiége de l'âme , à Philis .
Page 5
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LETTRE en proſe & en vers à M.de la M....
deM... par M. de C *** à Lyon . 9
ÉLÉGIE. 1
IS
SUITE de l'Hiſtoire d'Henriette . 16
EPITRE à Mde du B*** , &c.
47
VERS préſentés a M.... &c . 52
CONSEIL à un Gentilhomme d'un grand
âge , &c. 53
DIALOGUE entreAlexandre & Diogène .
VERS à M. Greuze , fur fon Tableau de la
Piété filiale.
LA Politeffe , Ode aux François.
TRADITION Lappone,
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES .
CHANSON.
ART . II . NOUVELLES LITTÉRAIRES.
La Morale Evangélique expliquée par les
SS. Pères , &c. par M. l'Abbé Merri de la
DISCOURS prononcé au Collége de l'Oratoi-
Canorgue. 75
re de Boulogne , &c. par M. Dauphin
03
89,
d'Halinghen .
LETTRE à M. Maillet du Boullai.
54
60
62
2. 64
70& & 72
(
72&73
ibid.
204 MERCURE DE FRANCE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Au même. ibid.
ANNONCES de Livres . 92 &fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES ,
ACADÉMIES .
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences
, des Belles - Lettres & des Arts de
ROUEN .
SÉANCE publique de l'Académie des Belles-
Lettres de MonTAUBAN .
LETTTRE à l'Auteur du Mercure.
PHYSIQUE.
MÉDECINE.
EXTRAIT d'une Lettre de M. P. de M.
Docteur- Régent en Médecine de Paris.
NOUVEL Avis concernant le Spécifique
Anti- vénérien du Docteur Fels .
ASTRONOMIE & Géographie.
הי
ART. IV . BEAUX - ARTS.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour à Fontainebleau.
SPECTACLES de Paris,
COMÉDIE Françoiſe.
COMÉDIE Italienne.
CONCERT Spirituel.
CÉRÉMONIES publiques.
NOUVELLES Politiques.
AVIS.
وو
112
121
130
133
140
141
149
173
175
180
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, divisée en cinq sections principales. L'article premier répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des épîtres, des élégies, des dialogues, des odes, des énigmes, des logogryphes et des chansons. Parmi les œuvres notables figurent 'La siége de l'âme, à Philis' et 'ÉLÉGIE. SUITE de l'Histoire d'Henriette'. L'article II traite des nouvelles littéraires, avec des œuvres telles que 'La Morale Evangélique expliquée par les SS. Pères' et des lettres adressées à divers destinataires. L'article III couvre les sciences et les belles-lettres, incluant des séances publiques des académies de Rouen et de Montauban, ainsi que des extraits de lettres sur des sujets de physique et de médecine. L'article IV est dédié aux beaux-arts et aux arts agréables, avec une mention spécifique de la gravure. Enfin, l'article V aborde les spectacles, détaillant les spectacles de la cour à Fontainebleau, les spectacles parisiens, les comédies française et italienne, les concerts spirituels, et les cérémonies publiques. Le document se conclut par des nouvelles politiques et des avis divers.
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p. 204
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
rue & vis- à-vis la Comédie Françoiſe.
rue & vis- à-vis la Comédie Françoiſe.
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