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1
p. 289-297
Suite de l'Article de Siam, [titre d'après la table]
Début :
Apres quatre grands Article de Siam, qui ont remply une [...]
Mots clefs :
Siam, Mandarins, Départ, Ambassadeur extraordinaire, Mr le Chevalier de Chaumont, Piété, Épée, Instruire, Audience, Navires, Présents, Miroirs, Chandeliers, Lustres, Fusils, Draps, Tapis, Habits, Meubles, Portrait du roi, Pièces d'or, Alexandre de Chaumont
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texteReconnaissance textuelle : Suite de l'Article de Siam, [titre d'après la table]
Apres quatre grands Articles
de Siam , qui ont remply
une partie de mes qua
tre dernieres Lettres , yous
n'en devez pas attendre un
fort long dans celle cy, puis
qu'il ne me reſte à vous parler
que du Départ des Mandarins
qui eftoient icy & de
celuy de Male Chevalier de
Chaumont
, que le Roya
nomméfon Ambafladeur Ex-
Février
1685. Bb
290 MERCURE
traordinaire auprés du Roy
de Siam. On ne peut faire
un choix plus judicieux . Il
faloit envoyer auprés d'un
Monarque qui donne quelque
efpérance qu'il fe rendra
un jour Catholique, un Homme
fage , d'une vie exemplaire
, qui accordaſt la Pieté
avec l'Epée , & les fonctions
de Soldat avec celles de Chré
tien , & qui cuft de la naiſfance
& du fervice . Le Roy
qui s'eft apliqué à connoiſtre
jufques à l'intérieur de fes
Sujets diftinguez par le mé
rite , a trouvé toutes ces qua
d I
X
GALANT 291
litez dans Mile Chevalier de
1
Chaumont ; & c'eft ce qui l'a
obligé à le choisir pour une
Ambaffade , où il faut non
feulement foûtenir fa gloire,
mais encore travailler pour
celle de Dieu . Ce Chevalier
n'a rien épargné de fon coſté
pour le mettre en état de remplir
cet important Caractere .
Il a vû pour s'inftruire tous
ceux qui ont efté honorez de
pareils Emplois , & a confulté
foigneufement les plus fameuxVoyageurs
qui le foient
trouvez dans les Païs Etran-¿
gers quand on y a fait de
T
Bb ij
292 MERCURE
2
*
célébres Ambaffades , afin
de pouvoir apprendre d'eux
ce qu'il doit faire dans celle
qui vient de luy eſtre confiée.
Comme il a fçû que
M de S. Martin de Caen ,
dont je vous ay fi fouvent
entretenuë , avoit remarqué
avec une grande exactitude
tout ce qu'il a vû dans ſes
Voyages , il luy a écrit, pour
le prier de luy donner des
lumieres fur celuy qu'il entreprend
; & M' de S. Martin
luy a répondu par une longue
& curieufe Lettre , qu'on a
imprimées M' le Chevalier
ida
GALANT. 293
de Chaumont fçachant auffi
qu'il eft important d'avoir un
habile Secretaire, en a choify
un qui peut luy eftre d'une
grande utilité dans le Païs
où il va , puis que c'eft M'de
l'Abraffeau- Bourreau , Frere
de M' Deflandes- Bourreau,
qui depuis long - temps eft
Chefdu Comptoir de la Compagnie
Royale de France à
Siam. Les Mandarins parti
rent quelques jours apres la
derniere Audiance que leur
donna M' de Croiffy , & ils
doivent être défrayez fur leur
route aux dépens du Roy.
Bb iij
294 MERCURE
Je ne puis m'empefcher de
vous marquer encore icy une
chofe qui arriva quelque
temps avant leur départ. L'un
d'eux s'eftant trouvé comme
engagé de paffer fur les Armes
du Roy , qui estoient
au coin d'un Tapis de pied,
ne voulut jamais marcher fur
ces Armes , & fit connoiftre
qu'il regardoit ce peu de ref
pect comme une chofe qui
ne luy devoit
donnée. Ils doivent s'embarquer
fur le Navire du Roy
appellé L'Oiseau. Il eſt du
port de quatre cens cinquate
pas eftre parGALANT.
295
Hommes , & de 48 Canons.
La Frégate du Roy qui doit
leur fervir d'eſcorte , eft commandée
par M ' de Joyeuſe,
& s'appelle la Maligne. Elle
eft de cent quarante Hommes
& montée de trente
Canons. Voicy le Mémoire
des Prefens que M' le Chevalier
de Chaumont emporte
de la part du Roy.
3
6
Deux grands Miroirs d'argent.
Deux grands Chandeliers
d'argent à douze branches.
Deux Girandoles d'argent.
Deux grands Luftres de criftal.
Bb iiij
296 MERCURE
Douze tres - beaux Fuzils, &
buit paires de Piftolets .
Douze piéces de riches Bro!
carts d'or & d'argent, & cent
aunes de Drap écarlate, bleu,
& autres couleurs. 312
Deux Horloges à mouve
mens de Lune tres curieux , &
trois Pendules .
Trois Bureaux & trois Tables
de tres riche marqueterie
, avec fix Gueridons.
>
Deux grands Tapis de la
Savonnerie.
Un grand Baffin de criftal
de roche , garny d'or.
Deux Habits en broderie,
is da
GALANT. 297
L
C
avec plufieurs paires de Bas
de foye , Rubans , Chapeaux
de Caflor , Cravates & Manchettes
de Point , le tout à la
Françoife.
Une Epée avec un riche
Baudrier à Boucles d'or.
Un portrait du Roy à che
val.
Deux autres petits Portraits
du Roy en émail , garnis de
Diamans.
Et une Bourſe remplie de
plufieurs Medailles & Piéces
d'or, monnoye de France .
de Siam , qui ont remply
une partie de mes qua
tre dernieres Lettres , yous
n'en devez pas attendre un
fort long dans celle cy, puis
qu'il ne me reſte à vous parler
que du Départ des Mandarins
qui eftoient icy & de
celuy de Male Chevalier de
Chaumont
, que le Roya
nomméfon Ambafladeur Ex-
Février
1685. Bb
290 MERCURE
traordinaire auprés du Roy
de Siam. On ne peut faire
un choix plus judicieux . Il
faloit envoyer auprés d'un
Monarque qui donne quelque
efpérance qu'il fe rendra
un jour Catholique, un Homme
fage , d'une vie exemplaire
, qui accordaſt la Pieté
avec l'Epée , & les fonctions
de Soldat avec celles de Chré
tien , & qui cuft de la naiſfance
& du fervice . Le Roy
qui s'eft apliqué à connoiſtre
jufques à l'intérieur de fes
Sujets diftinguez par le mé
rite , a trouvé toutes ces qua
d I
X
GALANT 291
litez dans Mile Chevalier de
1
Chaumont ; & c'eft ce qui l'a
obligé à le choisir pour une
Ambaffade , où il faut non
feulement foûtenir fa gloire,
mais encore travailler pour
celle de Dieu . Ce Chevalier
n'a rien épargné de fon coſté
pour le mettre en état de remplir
cet important Caractere .
Il a vû pour s'inftruire tous
ceux qui ont efté honorez de
pareils Emplois , & a confulté
foigneufement les plus fameuxVoyageurs
qui le foient
trouvez dans les Païs Etran-¿
gers quand on y a fait de
T
Bb ij
292 MERCURE
2
*
célébres Ambaffades , afin
de pouvoir apprendre d'eux
ce qu'il doit faire dans celle
qui vient de luy eſtre confiée.
Comme il a fçû que
M de S. Martin de Caen ,
dont je vous ay fi fouvent
entretenuë , avoit remarqué
avec une grande exactitude
tout ce qu'il a vû dans ſes
Voyages , il luy a écrit, pour
le prier de luy donner des
lumieres fur celuy qu'il entreprend
; & M' de S. Martin
luy a répondu par une longue
& curieufe Lettre , qu'on a
imprimées M' le Chevalier
ida
GALANT. 293
de Chaumont fçachant auffi
qu'il eft important d'avoir un
habile Secretaire, en a choify
un qui peut luy eftre d'une
grande utilité dans le Païs
où il va , puis que c'eft M'de
l'Abraffeau- Bourreau , Frere
de M' Deflandes- Bourreau,
qui depuis long - temps eft
Chefdu Comptoir de la Compagnie
Royale de France à
Siam. Les Mandarins parti
rent quelques jours apres la
derniere Audiance que leur
donna M' de Croiffy , & ils
doivent être défrayez fur leur
route aux dépens du Roy.
Bb iij
294 MERCURE
Je ne puis m'empefcher de
vous marquer encore icy une
chofe qui arriva quelque
temps avant leur départ. L'un
d'eux s'eftant trouvé comme
engagé de paffer fur les Armes
du Roy , qui estoient
au coin d'un Tapis de pied,
ne voulut jamais marcher fur
ces Armes , & fit connoiftre
qu'il regardoit ce peu de ref
pect comme une chofe qui
ne luy devoit
donnée. Ils doivent s'embarquer
fur le Navire du Roy
appellé L'Oiseau. Il eſt du
port de quatre cens cinquate
pas eftre parGALANT.
295
Hommes , & de 48 Canons.
La Frégate du Roy qui doit
leur fervir d'eſcorte , eft commandée
par M ' de Joyeuſe,
& s'appelle la Maligne. Elle
eft de cent quarante Hommes
& montée de trente
Canons. Voicy le Mémoire
des Prefens que M' le Chevalier
de Chaumont emporte
de la part du Roy.
3
6
Deux grands Miroirs d'argent.
Deux grands Chandeliers
d'argent à douze branches.
Deux Girandoles d'argent.
Deux grands Luftres de criftal.
Bb iiij
296 MERCURE
Douze tres - beaux Fuzils, &
buit paires de Piftolets .
Douze piéces de riches Bro!
carts d'or & d'argent, & cent
aunes de Drap écarlate, bleu,
& autres couleurs. 312
Deux Horloges à mouve
mens de Lune tres curieux , &
trois Pendules .
Trois Bureaux & trois Tables
de tres riche marqueterie
, avec fix Gueridons.
>
Deux grands Tapis de la
Savonnerie.
Un grand Baffin de criftal
de roche , garny d'or.
Deux Habits en broderie,
is da
GALANT. 297
L
C
avec plufieurs paires de Bas
de foye , Rubans , Chapeaux
de Caflor , Cravates & Manchettes
de Point , le tout à la
Françoife.
Une Epée avec un riche
Baudrier à Boucles d'or.
Un portrait du Roy à che
val.
Deux autres petits Portraits
du Roy en émail , garnis de
Diamans.
Et une Bourſe remplie de
plufieurs Medailles & Piéces
d'or, monnoye de France .
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Résumé : Suite de l'Article de Siam, [titre d'après la table]
En février 1685, le roi de France a nommé M. le Chevalier de Chaumont ambassadeur extraordinaire auprès du roi de Siam. Chaumont a été choisi pour sa sagesse, son exemplarité, ainsi que pour ses qualités militaires et chrétiennes. Avant son départ, il a consulté des voyageurs expérimentés et a écrit à M. de Saint-Martin de Caen pour obtenir des conseils. Il a également sélectionné M. de l'Abrasseau-Bourreau comme secrétaire. Quelques jours après leur dernière audience avec M. de Croissy, les mandarins de Siam ont quitté la France. Ils doivent être défrayés sur leur route aux dépens du roi. Leur embarquement se fera à bord du navire royal 'L'Oiseau', escorté par la frégate 'La Maligne'. Chaumont emporte avec lui divers présents du roi de France destinés au roi de Siam. Ces présents incluent des miroirs, des chandeliers, des fusils, des brocards, des tapis, des habits brodés, des portraits du roi de France et des médailles. Ces objets reflètent la volonté du roi de France de renforcer les relations diplomatiques et commerciales avec le Siam.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 73-98
DISCOURS préliminaire sur la lumiere.
Début :
Quoyque ce discours ne soit pas une piece complette, ny [...]
Mots clefs :
Miroirs, Lumière, Yeux, Esprit, Animaux, Objets, Obscurité, Cerveau, Matière, Corps lumineux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS préliminaire sur la lumiere.
DISCO U R S
préliminaire fur la
lumiere.
QUoyque ce difcours ne
foit pas une piece com-.
plette , nyabfolument nouvelle , on n'a pas cru cependant devoir la laiffer
dans l'oubli non feulement parce qu'on y expli
que unfyfteme de la lumiere qui commence à avoir
de la vogue , mais encore
parce que la fuite va paFuillet 17120 G
74 MERCURE
roiftre inceffamment dans
un troifiéme volume des
effais & recherches de Mathematique & de Phyſique.
Premierement pour ce qui
regarde la nature de la lumiere , il n'eft rien aujour
d'huy de plus univerfellement reconnu que l'erreur des anciens Philofophes. Car fi on dit avec
quelques- uns que c'est une
qualité fenfible , fans expliquer quelle eft la nature & l'origine de cette qualité , il est évident que par
cette reſponſe , on ne nous
1
GALANT. 75
rend pas plus fçavans de
rien ; puifqu'il faudroit eftre aveugle pour ne fçavoir
pas que la lumiere eft fenfible & ennemi de la
clarté ,
ſe contenter , pour
des termes de qualitez occultes. Si on prétend avec
quelques autres que la lumiere n'eft autre chofe qu'-
une émanation d'efprits
animaux , qui fortant de
nos yeux , vont parcourir ,
& pour ainsi dire , vifiter
tous les objets qui font au
devant de nous pour en faire enfuite un fidelle rapGij
78 MERCURE
port à l'ame. Dans quelle
obfcurité ne tombe-t - on
pas, de prétendre qu'il puft
fortir d'un reſervoir aufli
borné , que l'eft celuy du
cerveau d'un animal , affez
de particules de matiere
pour s'eftendre non feulement à tous les corps qui
font autour de nous , dans
une diſtance de huit ou dix
lieuës à la ronde , mais
mefme jufques à la Lune ,
au Soleil , &juſques au Firmament , & de vouloir que
la viteffe de ces efprits ſoit
affez grande , pour parcou
1
GALANT. - 77
rir de tels efpaces deux fois
dans un clin d'œil , c'eſt àdire , dans un inftant fenfible ? Mais quand mefme
on leur accorderoit ces
deux paradoxes , quelle eft
la connoiffance de ces particules de matiere , pour
examiner les figures des
objets; & quelle eft leur memoire , pour retrouver les
yeux d'où elles font forties,
& pour en faire un fidelle
rapport à l'ame ? Pourquoy
ces meffageres ne nous
rendent - elles compte que
de la partie des corps qui
G iij
78 MERCURE
nous regarde , & non pas
auffi de celle qui eft derriere ces mefmes corps ?
Pourquoy ces efprits lumineux ne peuvent ils pas
faire leur effet , auffi bien
tandis que le Soleil & la
Lune font fous l'horizon ,
que lorsqu'ils font deffous ?
Eft - ce qu'ils ont quelque
fecrette fympathie avec ces
deux aftres , pluftoft qu'avec une infinité d'autres ,
dont le Ciel paroiſt parſemé pendant la nuit ? Ontils quelque antipathie pour
les ombres des corps, pour
GALANT. 79
ne s'y porter jamais qu'en
petite quantité, & avec peu
de force , quoyque d'ail .
leurs nos yeux foient expofez à la lumiere."
Enfiu posé que nos of
prits animaux fuffent en
affez grande quantité , qu'-
ils euffent toute la viteffe
neceffaire , & toutes les
connoiffances , & la memoire requifes , pour une
vifion parfaire , ce feroit
encore une preuve tres- infuffifante pour nous convaincre qu'ils font ce qu'on
doit entendre par la lumieG iiij
80 MERCURE
re naturelle. Car l'experience journaliere nous oblige toujours d'avouer qu'il
fort des corps lumineux
quelque chofe qui eft ca
pable de produire des effets
qu'on ne peut attribuer
qu'à des corpufcules , tels
que font ceux d'echauffer
de brufler , de fondre , &
de vitrifier toutesfortes de
corps , mefme l'or & les
diamants ; & d'où il n'eft
pas impoffible au contraire
de deduire tous ceux que
ces anciens Philofophes
attribuoient aux efprits lu-
GALANT.
81*
mineux des animaux , ou à
des qualitez encore plus.
occultes , comme vous allez le voir maintenant.
Bien loin donc , de tirer
de nos foibles yeux la lumiere mefme qui doit les
éclairer , & de nous rendre
avec les Anciens par ce
procedé fufpects en quel
que façon d'arrogance
nous irons chercher fonorigine dans les corps mefmes.
qu'on appellelumineux, tels.
que le Soleil , la Lune , lés
Etoilles , une chandelle &
autres de mefme nature..
1 82 MERCURE
,. que
Et nous fommes portez à
prendre ce parti avec d'autant plus de raiſon
nous avons par l'experience journaliere, que plus
il y a de corps lumineux.
dans un mefme lieu , &
plus ils font vifs ou ardents;
plus nos yeuxenfont éclairez ; & tout au contraire à
mefure qu'on diminuë le
nombre & la force des
corps lumineux , la vifion
s'affoiblit. On a une preuve inconteſtable de cette
émanation de lumiere des
corps lumineux dans les
1
>:
GALANT. 83
miroirs ardents , qui eſtant
expofez directement à des
corps lumineux , raffemblent leur lumiere , & la
répandent en abondance
fur les objets qu'on veut
éclairer fortement. Mais
ce qui mefemble détruire
entre autres chofes, le ſyſtefmedes efprits lumineux des
Anciens, c'eft qu'on nelaiffe
pas quelquefois de voir fort
clair , quoyque le corps lumineux foit abfent, comme
il arrive pendant le temps.
de l'aurore & du crepufcule , c'est- à-dire, par l'efpace
84 MERCURE
de près de deux heures le
matin , & le foir dans les
longs jours d'Efté de ces
contrées; à moins qu'on ne
vouluſt dire que ces efprits
lumineux n'ont pas befoin .
alors abfolument du Soleil pour nous faire voir
clair ; mais la refponfe eft
aisée , car pourquoy cette
prétendue dépendance des
efprits animaux à l'égard
des corps lumineux n'auroit - elle lieu que pendant
le jour , & cefferoit- elle au
lever de l'aurore, ou au cou--
cher. du Soleil.
GALANT. 85
On nene peut cependant , fe difpenfer ablolument d'avouër icy en faveur des anciens partiſans
des efprits lumineux , qu'il
y a des yeux de certains
animauxd'où ilfemblefortir quelque chofe de fort
femblable à de la lumiere.
car outre que nous enfommes témoins en quelque
façon par nous - mefmes ,
quand nous regardons la
Ruit les yeux de quelque
animal nocturne comme
ceux des lapins, des hiboux,
& autres , principalement
86 MERCURE
fi ces animaux font carnaciers , tels les loups , les
renads , les tigres. Il paroift d'abord fort difficile.
d'expliquer fans le ſecours
de ces efprits , comment.
ces animaux pourroient
courirpendant la plus fombre nuit , avec autant de
rapidité qu'ils font , ſoit
pour le fauver
chaffer leur proye au travers des bleds , des vignes,
des bois , & des broufailles,
ou pour s'affembler , &
comment tant d'autres
ou pour
pourroient paſſer la moitié
GALAN . 87
de leur vie , enfermez dans
des terriers , ou tanieres, ou
dans des caves tres obfcures. D'un autre cofté il
femble qu'on peut tresbien douter auffi qu'il forte aucune telle lumiere des
yeux de ces animaux lorfque tout corps lumineux
eft abſent , comme chacun
peut s'en convaincre par
experience , & comme je
l'ay experimenté plufieurs
fois fur les chats , quoyqu'on foit affez communement perfuadé du contraire.
88. MERGURE
Mais après tout cette
prétenduë lumiere , quand
mefme elle viendroit de
ces animaux , eft tres- rare ;
& on ne peut pas meſme
dire qu'elle leur ſerve de
quelque chofe pendant le
jour, puifqu'elle difparoift
alors à nos yeux. A combien plus forte raifon donc
doit- on conclure que la lumiere qui nous éclaire
dant le jour ou la nuit , ne
vient pas de nos yeux, puifque dans quelque occafion que ce foit , on n'en
voit rien fortir de pareil.
penDe
GALANT. 89
De plus , il eft certain
que la lumiere qu'on raf
femble avecles miroirs ardents expofez directement
aux corps lumineux , agit
fur les corps , comme on
l'a dit cy- deffus , & comme on le peut voir au mo
yen du grand miroir de
métal qui eft à l'Obfervatoire , & d'un autre de verre
qui eft au Palais Royal,
avec lesquels onfond , on
vitrifie , & on calcine en
tres peu de temps toutes
fortes de corps , fans qu'il
foit neceffaire de recourir
Fuillet 17120 H
90 MERCURE
aux hiftoires fabuleuſes ,
qui pour relever l'excellen
ce des inventions d'Archimede nous racontent qu'il
brufloit du haut des murs.
de Siracufe , les vaiffeaux
des Romains qui la tenoient affiegée ; il faut
donc eftablir pour principe , que la lumiere eſt un
corps materiel comme les
corps mefmes , fur lesquels
elle agit , avec cette difference cependant , que fa
fubtilité , fa viteffe , & fa
fluidité , font prefque inconcevables , & qu'elle
émanedu corps lumineux ,
GALANT. 91
& non pas de nos yeux.
Quant à la fubtilité de
la lumiere , il faut qu'elle
foit extrême pour penetrer
en auffi peu de temps les
corps les plus durs & les
plus ferrez , comme les cryftaux, les diamants , & pref
que toutes les autres pierres précieuſes , fans parler
des nœuds des bois réfineux qu'elle penetre quelquefois juſqu'à l'épaiſſeur
de plus d'un pouce. Les
corps fluides ne font pas
plus à l'épreuve de ſa ſubtilité , que ceux dont on
Hij
94´ MERCURE
vient de parler ; & on peut
dire mefme queles yeuxde
la plufpart des poiffons leur
feroient prefque inutiles ,
s'ils ne pouvoient s'en ſervir que vers la fuperficie ·
de l'eau , & non pas au fond
des abysmes de la mer, où:
ils trouvent leur nourritu
re. Car il eft prefque inoui ,
qu'on ait apperceu aucune
lumiere fortir des yeux des
poiffons , ou des monstres
marins , quoyque pendant
la nuit les écailles de plufieurs en répandent en
abondance.
A l'égard de la viteffe
GALANT. 93 .
de la lumiere elle n'eft pas
moins prodigieufe que fa
fubtilité ,
puifqu'elle parcourt dans un temps fort
petit comme de deux heures environ des efpaces immenfes , tels que celuy qui
eft entre Saturne , c'est- àdire , entre la plus haute
Planette & la terre ; deforte qu'il n'y a aucune viteſſe
fenfible fur la terre , foit
d'une fleche ou d'un boulet de canon, qui ne foit à
l'égard de celle de la lu
miere moindre , que celled'une tortue ou d'un lima,
*
94 MERCURE
çon à l'égard de celles là.
On peut s'en convaincre
en confiderant de combien
la lumiere de la flamme
d'un canon précede le coup
fon boulet donné à une demielieuë du canon. Enfin
que la lumiere foit uncorps
tres fluide , perfonne n'en
doit douter , puifqu'elle
n'empefche aucunement
les divers mouvemens des
corps qui fe trouvent entre l'œil & le corps lumineux.
La nature de la lumiere
eſtant donc ainſi eſtablie ,
GALANT. 95
fçavoir qu'elle eft un corps
fluide , tres- rapide , &tresfubril , & eftant certain
aufli qu'elle dérive des
corps qu'on appelle lumineux , comme on l'a prouvécy- devant , il nous refte
d'expliquer de quelle maniere elle eft contenue
dans le corps lumineux ,
comment elle en découle
dans nos yeux , & enfin
comment nous appercevons parfon moyen tout ce
qui compofe ce qu'on appelle le monde. vifible.
Pour vous faire connoif
96 MERCURE
tre de quelle maniere elle eft contenue dans le
>
corps lumineux-, j'eſtabli
ray pour principe que le
corps lumineux , ou du
moins fa fuperficie , n'eſt
autre chofe qu'un amas de
matiere fort fubtile , forts
agitée , & tres fluide , lequel eft environné d'air ,
ou de quelque autre matiere fluide plus groffiere ,
qui le preffant de tous coftez lui fait prendre la figure
ronde fous laquelle il nous
paroift.Jefuppoferay encore que l'air que nous refpirons ,
GALANT. 97
rons , auffi bien que la
region aërée qui s'étend tout
autour de la terre à l'infini ,
font remplis de la matiere
que j'ay dit eftre la lumiere , laquelle lumiere doit
eftre differente de celle qui
compofe le corps lumineux , puiſqu'il a des bornes , & que celle - cy n'en
a point. Cecy eſtant ſupposé , voicy comme j'explique de quelle maniere
elle eft contenue dans le
corps lumineux.
Ce difcours s'eft trouvé
Juillet 1712.
I
98 MERCURE
trop long , pour le mettre
dans un feul Mercure , on
la partagé en deux , & l'on
donnera le refte le mois
prochain.
préliminaire fur la
lumiere.
QUoyque ce difcours ne
foit pas une piece com-.
plette , nyabfolument nouvelle , on n'a pas cru cependant devoir la laiffer
dans l'oubli non feulement parce qu'on y expli
que unfyfteme de la lumiere qui commence à avoir
de la vogue , mais encore
parce que la fuite va paFuillet 17120 G
74 MERCURE
roiftre inceffamment dans
un troifiéme volume des
effais & recherches de Mathematique & de Phyſique.
Premierement pour ce qui
regarde la nature de la lumiere , il n'eft rien aujour
d'huy de plus univerfellement reconnu que l'erreur des anciens Philofophes. Car fi on dit avec
quelques- uns que c'est une
qualité fenfible , fans expliquer quelle eft la nature & l'origine de cette qualité , il est évident que par
cette reſponſe , on ne nous
1
GALANT. 75
rend pas plus fçavans de
rien ; puifqu'il faudroit eftre aveugle pour ne fçavoir
pas que la lumiere eft fenfible & ennemi de la
clarté ,
ſe contenter , pour
des termes de qualitez occultes. Si on prétend avec
quelques autres que la lumiere n'eft autre chofe qu'-
une émanation d'efprits
animaux , qui fortant de
nos yeux , vont parcourir ,
& pour ainsi dire , vifiter
tous les objets qui font au
devant de nous pour en faire enfuite un fidelle rapGij
78 MERCURE
port à l'ame. Dans quelle
obfcurité ne tombe-t - on
pas, de prétendre qu'il puft
fortir d'un reſervoir aufli
borné , que l'eft celuy du
cerveau d'un animal , affez
de particules de matiere
pour s'eftendre non feulement à tous les corps qui
font autour de nous , dans
une diſtance de huit ou dix
lieuës à la ronde , mais
mefme jufques à la Lune ,
au Soleil , &juſques au Firmament , & de vouloir que
la viteffe de ces efprits ſoit
affez grande , pour parcou
1
GALANT. - 77
rir de tels efpaces deux fois
dans un clin d'œil , c'eſt àdire , dans un inftant fenfible ? Mais quand mefme
on leur accorderoit ces
deux paradoxes , quelle eft
la connoiffance de ces particules de matiere , pour
examiner les figures des
objets; & quelle eft leur memoire , pour retrouver les
yeux d'où elles font forties,
& pour en faire un fidelle
rapport à l'ame ? Pourquoy
ces meffageres ne nous
rendent - elles compte que
de la partie des corps qui
G iij
78 MERCURE
nous regarde , & non pas
auffi de celle qui eft derriere ces mefmes corps ?
Pourquoy ces efprits lumineux ne peuvent ils pas
faire leur effet , auffi bien
tandis que le Soleil & la
Lune font fous l'horizon ,
que lorsqu'ils font deffous ?
Eft - ce qu'ils ont quelque
fecrette fympathie avec ces
deux aftres , pluftoft qu'avec une infinité d'autres ,
dont le Ciel paroiſt parſemé pendant la nuit ? Ontils quelque antipathie pour
les ombres des corps, pour
GALANT. 79
ne s'y porter jamais qu'en
petite quantité, & avec peu
de force , quoyque d'ail .
leurs nos yeux foient expofez à la lumiere."
Enfiu posé que nos of
prits animaux fuffent en
affez grande quantité , qu'-
ils euffent toute la viteffe
neceffaire , & toutes les
connoiffances , & la memoire requifes , pour une
vifion parfaire , ce feroit
encore une preuve tres- infuffifante pour nous convaincre qu'ils font ce qu'on
doit entendre par la lumieG iiij
80 MERCURE
re naturelle. Car l'experience journaliere nous oblige toujours d'avouer qu'il
fort des corps lumineux
quelque chofe qui eft ca
pable de produire des effets
qu'on ne peut attribuer
qu'à des corpufcules , tels
que font ceux d'echauffer
de brufler , de fondre , &
de vitrifier toutesfortes de
corps , mefme l'or & les
diamants ; & d'où il n'eft
pas impoffible au contraire
de deduire tous ceux que
ces anciens Philofophes
attribuoient aux efprits lu-
GALANT.
81*
mineux des animaux , ou à
des qualitez encore plus.
occultes , comme vous allez le voir maintenant.
Bien loin donc , de tirer
de nos foibles yeux la lumiere mefme qui doit les
éclairer , & de nous rendre
avec les Anciens par ce
procedé fufpects en quel
que façon d'arrogance
nous irons chercher fonorigine dans les corps mefmes.
qu'on appellelumineux, tels.
que le Soleil , la Lune , lés
Etoilles , une chandelle &
autres de mefme nature..
1 82 MERCURE
,. que
Et nous fommes portez à
prendre ce parti avec d'autant plus de raiſon
nous avons par l'experience journaliere, que plus
il y a de corps lumineux.
dans un mefme lieu , &
plus ils font vifs ou ardents;
plus nos yeuxenfont éclairez ; & tout au contraire à
mefure qu'on diminuë le
nombre & la force des
corps lumineux , la vifion
s'affoiblit. On a une preuve inconteſtable de cette
émanation de lumiere des
corps lumineux dans les
1
>:
GALANT. 83
miroirs ardents , qui eſtant
expofez directement à des
corps lumineux , raffemblent leur lumiere , & la
répandent en abondance
fur les objets qu'on veut
éclairer fortement. Mais
ce qui mefemble détruire
entre autres chofes, le ſyſtefmedes efprits lumineux des
Anciens, c'eft qu'on nelaiffe
pas quelquefois de voir fort
clair , quoyque le corps lumineux foit abfent, comme
il arrive pendant le temps.
de l'aurore & du crepufcule , c'est- à-dire, par l'efpace
84 MERCURE
de près de deux heures le
matin , & le foir dans les
longs jours d'Efté de ces
contrées; à moins qu'on ne
vouluſt dire que ces efprits
lumineux n'ont pas befoin .
alors abfolument du Soleil pour nous faire voir
clair ; mais la refponfe eft
aisée , car pourquoy cette
prétendue dépendance des
efprits animaux à l'égard
des corps lumineux n'auroit - elle lieu que pendant
le jour , & cefferoit- elle au
lever de l'aurore, ou au cou--
cher. du Soleil.
GALANT. 85
On nene peut cependant , fe difpenfer ablolument d'avouër icy en faveur des anciens partiſans
des efprits lumineux , qu'il
y a des yeux de certains
animauxd'où ilfemblefortir quelque chofe de fort
femblable à de la lumiere.
car outre que nous enfommes témoins en quelque
façon par nous - mefmes ,
quand nous regardons la
Ruit les yeux de quelque
animal nocturne comme
ceux des lapins, des hiboux,
& autres , principalement
86 MERCURE
fi ces animaux font carnaciers , tels les loups , les
renads , les tigres. Il paroift d'abord fort difficile.
d'expliquer fans le ſecours
de ces efprits , comment.
ces animaux pourroient
courirpendant la plus fombre nuit , avec autant de
rapidité qu'ils font , ſoit
pour le fauver
chaffer leur proye au travers des bleds , des vignes,
des bois , & des broufailles,
ou pour s'affembler , &
comment tant d'autres
ou pour
pourroient paſſer la moitié
GALAN . 87
de leur vie , enfermez dans
des terriers , ou tanieres, ou
dans des caves tres obfcures. D'un autre cofté il
femble qu'on peut tresbien douter auffi qu'il forte aucune telle lumiere des
yeux de ces animaux lorfque tout corps lumineux
eft abſent , comme chacun
peut s'en convaincre par
experience , & comme je
l'ay experimenté plufieurs
fois fur les chats , quoyqu'on foit affez communement perfuadé du contraire.
88. MERGURE
Mais après tout cette
prétenduë lumiere , quand
mefme elle viendroit de
ces animaux , eft tres- rare ;
& on ne peut pas meſme
dire qu'elle leur ſerve de
quelque chofe pendant le
jour, puifqu'elle difparoift
alors à nos yeux. A combien plus forte raifon donc
doit- on conclure que la lumiere qui nous éclaire
dant le jour ou la nuit , ne
vient pas de nos yeux, puifque dans quelque occafion que ce foit , on n'en
voit rien fortir de pareil.
penDe
GALANT. 89
De plus , il eft certain
que la lumiere qu'on raf
femble avecles miroirs ardents expofez directement
aux corps lumineux , agit
fur les corps , comme on
l'a dit cy- deffus , & comme on le peut voir au mo
yen du grand miroir de
métal qui eft à l'Obfervatoire , & d'un autre de verre
qui eft au Palais Royal,
avec lesquels onfond , on
vitrifie , & on calcine en
tres peu de temps toutes
fortes de corps , fans qu'il
foit neceffaire de recourir
Fuillet 17120 H
90 MERCURE
aux hiftoires fabuleuſes ,
qui pour relever l'excellen
ce des inventions d'Archimede nous racontent qu'il
brufloit du haut des murs.
de Siracufe , les vaiffeaux
des Romains qui la tenoient affiegée ; il faut
donc eftablir pour principe , que la lumiere eſt un
corps materiel comme les
corps mefmes , fur lesquels
elle agit , avec cette difference cependant , que fa
fubtilité , fa viteffe , & fa
fluidité , font prefque inconcevables , & qu'elle
émanedu corps lumineux ,
GALANT. 91
& non pas de nos yeux.
Quant à la fubtilité de
la lumiere , il faut qu'elle
foit extrême pour penetrer
en auffi peu de temps les
corps les plus durs & les
plus ferrez , comme les cryftaux, les diamants , & pref
que toutes les autres pierres précieuſes , fans parler
des nœuds des bois réfineux qu'elle penetre quelquefois juſqu'à l'épaiſſeur
de plus d'un pouce. Les
corps fluides ne font pas
plus à l'épreuve de ſa ſubtilité , que ceux dont on
Hij
94´ MERCURE
vient de parler ; & on peut
dire mefme queles yeuxde
la plufpart des poiffons leur
feroient prefque inutiles ,
s'ils ne pouvoient s'en ſervir que vers la fuperficie ·
de l'eau , & non pas au fond
des abysmes de la mer, où:
ils trouvent leur nourritu
re. Car il eft prefque inoui ,
qu'on ait apperceu aucune
lumiere fortir des yeux des
poiffons , ou des monstres
marins , quoyque pendant
la nuit les écailles de plufieurs en répandent en
abondance.
A l'égard de la viteffe
GALANT. 93 .
de la lumiere elle n'eft pas
moins prodigieufe que fa
fubtilité ,
puifqu'elle parcourt dans un temps fort
petit comme de deux heures environ des efpaces immenfes , tels que celuy qui
eft entre Saturne , c'est- àdire , entre la plus haute
Planette & la terre ; deforte qu'il n'y a aucune viteſſe
fenfible fur la terre , foit
d'une fleche ou d'un boulet de canon, qui ne foit à
l'égard de celle de la lu
miere moindre , que celled'une tortue ou d'un lima,
*
94 MERCURE
çon à l'égard de celles là.
On peut s'en convaincre
en confiderant de combien
la lumiere de la flamme
d'un canon précede le coup
fon boulet donné à une demielieuë du canon. Enfin
que la lumiere foit uncorps
tres fluide , perfonne n'en
doit douter , puifqu'elle
n'empefche aucunement
les divers mouvemens des
corps qui fe trouvent entre l'œil & le corps lumineux.
La nature de la lumiere
eſtant donc ainſi eſtablie ,
GALANT. 95
fçavoir qu'elle eft un corps
fluide , tres- rapide , &tresfubril , & eftant certain
aufli qu'elle dérive des
corps qu'on appelle lumineux , comme on l'a prouvécy- devant , il nous refte
d'expliquer de quelle maniere elle eft contenue
dans le corps lumineux ,
comment elle en découle
dans nos yeux , & enfin
comment nous appercevons parfon moyen tout ce
qui compofe ce qu'on appelle le monde. vifible.
Pour vous faire connoif
96 MERCURE
tre de quelle maniere elle eft contenue dans le
>
corps lumineux-, j'eſtabli
ray pour principe que le
corps lumineux , ou du
moins fa fuperficie , n'eſt
autre chofe qu'un amas de
matiere fort fubtile , forts
agitée , & tres fluide , lequel eft environné d'air ,
ou de quelque autre matiere fluide plus groffiere ,
qui le preffant de tous coftez lui fait prendre la figure
ronde fous laquelle il nous
paroift.Jefuppoferay encore que l'air que nous refpirons ,
GALANT. 97
rons , auffi bien que la
region aërée qui s'étend tout
autour de la terre à l'infini ,
font remplis de la matiere
que j'ay dit eftre la lumiere , laquelle lumiere doit
eftre differente de celle qui
compofe le corps lumineux , puiſqu'il a des bornes , & que celle - cy n'en
a point. Cecy eſtant ſupposé , voicy comme j'explique de quelle maniere
elle eft contenue dans le
corps lumineux.
Ce difcours s'eft trouvé
Juillet 1712.
I
98 MERCURE
trop long , pour le mettre
dans un feul Mercure , on
la partagé en deux , & l'on
donnera le refte le mois
prochain.
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Résumé : DISCOURS préliminaire sur la lumiere.
Le texte est un discours préliminaire sur la lumière, destiné à être publié en deux parties. L'auteur justifie la publication de ce discours en soulignant qu'il expose un système de la lumière en vogue, qui sera inclus dans un troisième volume de ses œuvres de mathématiques et de physique. L'auteur critique les erreurs des anciens philosophes concernant la nature de la lumière. Certains la considéraient comme une qualité sensible sans en expliquer la nature et l'origine. D'autres la voyaient comme une émanation d'esprits animaux sortant des yeux pour explorer les objets et en informer l'âme. Cette dernière théorie est jugée improbable car elle implique que des particules de matière sortent du cerveau pour parcourir de grandes distances à une vitesse incroyable. L'auteur affirme que la lumière est un corps matériel émanant des objets lumineux tels que le Soleil, la Lune, les étoiles et les chandelles. Cette théorie est soutenue par l'observation que plus il y a de corps lumineux, plus la vision est éclairée. Les miroirs ardents, qui concentrent la lumière, sont une preuve de cette émanation. Le texte mentionne également que certains animaux semblent émettre une lumière, mais cette lumière est rare et ne sert pas pendant le jour. La lumière est décrite comme extrêmement subtile, rapide et fluide, capable de pénétrer les corps durs et les fluides. Sa vitesse est telle qu'elle parcourt des distances immenses en peu de temps. Enfin, l'auteur propose que les corps lumineux contiennent une matière subtile et fluide qui est pressée par l'air ou une autre matière fluide, lui donnant une forme ronde. Cette lumière est différente de celle qui compose le corps lumineux car elle n'a pas de bornes. Le discours sera poursuivi dans le prochain numéro du Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 211-212
AVIS.
Début :
Il vient de s'établir, rue des Boulangers Saint Victor, une Manufacture de Miroirs [...]
Mots clefs :
Manufacture, Miroirs, Grossissement, Formes variées, Loupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Il vient de s'établir , rue des Boulangers Saint
L
Victor , une Manufacture de Miroirs de réflection ,
en glaces courbées . Ces Miroirs font vulgaire .
ment nommés Miroirs à groffir : on pourra les
commander de toutes les grandeurs que pourront
porter les glaces de la Manufacture Royale.
On trouvera auffi dans cette Manufacture des
cryftaux de pendule de toutes dimenſions & courbures
, auffi réguliers & auffi bien polis que ceux
d'Angleterre , & comme il y en aura toujours un
fonds de plus de trois cens tout-faits ,
les Horlogers pourront les choifir & fe les procurer
fur le champ , ce qu'ils n'ont jamais été à
portée de faire jufqu'à préfent.
Meffieurs
On pourra enfin y faire courber des glaces en
toutes fortes de figures & de formes , pour garnir
les portes courbées des bibliotheques , des coins ,
quoicontenant
des effets qu'on veut laiffer voir ,
qu'enfermés , & pour les croifées des falons ronds
ou ovales.
212 MERCURE DE FRANCE.
On pourra auffi avoir ces glaces étamées par
ee côté concave ou par ce côté convexe , foit
pour orner des encoignures arrondies d'appartemens
, foit pour en compoſer des vales de parterre
ou de fallon , foit pour en faire des furtouts
de table , & leur faire répéter en petit & en totalité
les objets qui les environnent ; ce qui produit
un fpectacle des plus agréables & des plus furprenans..
On y fabrique auffi des loupes à l'eau d'une
nouvelle invention , par la réunion de deux de ces
glaces courbées en portion de fphere , tellement
travaillées , qu'elles tiennent l'eau entr'elles fans
monture ni maftic , & peuvent être auffi nettoyées
d'un moment à l'autre , & fucceffivement remplies
des diverfes liqueurs dont on voudra comparer la
réfraction . La poffibilité de faire ces loupes de
toutes grandeurs, jointe à leur parfaite tranfparence
, leur donne fur celle de verre folide des avantages
qu'il feroit fuperflu de détailler.
C'eft aux Artiſtes & aux Curieux d'inventer ; ils
font invités à faire part de leurs idées fur les différentes
applications que l'on peut faire de cette
maniere de courber & d'étamer ces glaces : ils
trouveront dans ce nouvel établiffement toute la
docilité & toutes les facilités poffibles.
Il vient de s'établir , rue des Boulangers Saint
L
Victor , une Manufacture de Miroirs de réflection ,
en glaces courbées . Ces Miroirs font vulgaire .
ment nommés Miroirs à groffir : on pourra les
commander de toutes les grandeurs que pourront
porter les glaces de la Manufacture Royale.
On trouvera auffi dans cette Manufacture des
cryftaux de pendule de toutes dimenſions & courbures
, auffi réguliers & auffi bien polis que ceux
d'Angleterre , & comme il y en aura toujours un
fonds de plus de trois cens tout-faits ,
les Horlogers pourront les choifir & fe les procurer
fur le champ , ce qu'ils n'ont jamais été à
portée de faire jufqu'à préfent.
Meffieurs
On pourra enfin y faire courber des glaces en
toutes fortes de figures & de formes , pour garnir
les portes courbées des bibliotheques , des coins ,
quoicontenant
des effets qu'on veut laiffer voir ,
qu'enfermés , & pour les croifées des falons ronds
ou ovales.
212 MERCURE DE FRANCE.
On pourra auffi avoir ces glaces étamées par
ee côté concave ou par ce côté convexe , foit
pour orner des encoignures arrondies d'appartemens
, foit pour en compoſer des vales de parterre
ou de fallon , foit pour en faire des furtouts
de table , & leur faire répéter en petit & en totalité
les objets qui les environnent ; ce qui produit
un fpectacle des plus agréables & des plus furprenans..
On y fabrique auffi des loupes à l'eau d'une
nouvelle invention , par la réunion de deux de ces
glaces courbées en portion de fphere , tellement
travaillées , qu'elles tiennent l'eau entr'elles fans
monture ni maftic , & peuvent être auffi nettoyées
d'un moment à l'autre , & fucceffivement remplies
des diverfes liqueurs dont on voudra comparer la
réfraction . La poffibilité de faire ces loupes de
toutes grandeurs, jointe à leur parfaite tranfparence
, leur donne fur celle de verre folide des avantages
qu'il feroit fuperflu de détailler.
C'eft aux Artiſtes & aux Curieux d'inventer ; ils
font invités à faire part de leurs idées fur les différentes
applications que l'on peut faire de cette
maniere de courber & d'étamer ces glaces : ils
trouveront dans ce nouvel établiffement toute la
docilité & toutes les facilités poffibles.
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Résumé : AVIS.
L'avis annonce l'ouverture d'une manufacture de miroirs à réflexion, située rue des Boulangers Saint Victor. Cette manufacture produit des miroirs à glaces courbées, appelés miroirs à groffir, disponibles en diverses tailles. Elle propose également des cristaux de pendule de toutes dimensions et courbures, comparables en qualité à ceux d'Angleterre, avec un stock permanent de plus de trois cents pièces prêtes à l'emploi. Les horlogers peuvent ainsi se procurer ces cristaux immédiatement, ce qui n'était pas possible auparavant. La manufacture offre également la possibilité de courber des glaces pour garnir des portes courbées, des coins, des effets à laisser voir, ou des croisées de salons ronds ou ovales. Les glaces peuvent être étamées sur le côté concave ou convexe pour orner des encoignures arrondies, composer des vases ou créer des fourreaux de table reproduisant les objets environnants. De plus, la manufacture fabrique des loupes à l'eau, une nouvelle invention constituée de deux glaces courbées en portion de sphère, permettant de contenir l'eau sans montage ni mastic. Ces loupes peuvent être nettoyées et remplies de divers liquides pour comparer leur réfraction. Leur transparence et leur adaptabilité en font un produit supérieur aux loupes en verre solide. Les artistes et les curieux sont invités à proposer des idées sur les applications possibles de ces glaces courbées et étamées, et trouveront toute la coopération nécessaire dans cette nouvelle manufacture.
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4
p. 210-211
AVIS.
Début :
La Manufacture des Miroirs de Réflection, & des Glaces courbées, [...]
Mots clefs :
Manufacture, Miroirs, Glaces, Effets d'optique, Image, Rayons, Sphère, Loupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
A MANUFACTURE des Miroirs de Réflection ,
& des Glaces courbées , établie par Arrêt du Confeil
, vient de former fon entrepôt , pour la com
modité des Curieux , dans la rue des Prouvaires ,
la premiere porte - cochère à gauche , en entrant
par la rue S. Honoré .
Ces Miroirs font feuls tous les effets des Optiques
ordinaires , en leur repréfentant des Estampes
enluminées ou des Tableaux . Ils ont de plus , la
propriété de faire voir l'image d'un objet entre
leur furface & cet objet , enforte qu'un homme
touche avec fa main l'image de la main , voit un
bouquet ou une petite ftatue en l'air entre le miroir
& lui , voit revenir jufqu'à lui l'image de fon
épée nue , & c.
On fçait auffi que les rayons folaires réunis en
leurs foyers , donnent le feu le plus actif & le plus
violent , par le moyen duquel on peut fondre ,
calciner , analyſer tous les corps de la nature qui
rétiftent au feu commun ; enfin , en tenant, une
bougie commune à leur foyer , ils portent à plus
de , o pieds , une clarté figrande , qu'on peut lire
à cette distance pendant la nuit la plus obfcure.
On peut dans cette Manufacture faire courber
des Glaces ou Verres en toutes formes & grandeurs
, pour garnir des Croifées courbes , des Bibliothéques,
des Encoignures , &c. On peut même
les avoir étamées dans ces diverfes formes , s'il eft
néceflaire.
*
MAI. 1760.
21F
On y fait auffi des Louppes à l'eau , compofées
de deux Glaces courbées en portion de fphère,
& tellement travaillées , qu'elles tiennent l'eau
entr'elles , fans monture ni mnaſtic : elles peuvent
ainfi être fucceffivement remplies des diverfes
liqueurs dont on veut comparer la réfraction. La
poffibilité de faire ces Louppes de toutes grandeurs
, jointe à leur parfaite tranfparence , leur
donne fur celles de verre folide des avantages
qu'il feroir fuperflu de détailler.
On trouve de plus dans cette Manufacture des
Cryftaux de Pendules auffi réguliers & auffi beaux
que ceux d'Angleterre ; & comme il y en a plus
3000 tout faits , les Horlogers peuvent les
avoit fur le champ ; ce qui ne leur étoit pas poffible
avant cet établiffement ..
Enfin , les Curieux & les Artiftes font invités à
faire part de leurs idées fur les différentes applications
que l'on peut faire de cette manière de courber
& d'éta mer les Glaces : ils trouveront dans ce
nouvel établiffement toute la docilité & toutes
les facilités poffibles.
A MANUFACTURE des Miroirs de Réflection ,
& des Glaces courbées , établie par Arrêt du Confeil
, vient de former fon entrepôt , pour la com
modité des Curieux , dans la rue des Prouvaires ,
la premiere porte - cochère à gauche , en entrant
par la rue S. Honoré .
Ces Miroirs font feuls tous les effets des Optiques
ordinaires , en leur repréfentant des Estampes
enluminées ou des Tableaux . Ils ont de plus , la
propriété de faire voir l'image d'un objet entre
leur furface & cet objet , enforte qu'un homme
touche avec fa main l'image de la main , voit un
bouquet ou une petite ftatue en l'air entre le miroir
& lui , voit revenir jufqu'à lui l'image de fon
épée nue , & c.
On fçait auffi que les rayons folaires réunis en
leurs foyers , donnent le feu le plus actif & le plus
violent , par le moyen duquel on peut fondre ,
calciner , analyſer tous les corps de la nature qui
rétiftent au feu commun ; enfin , en tenant, une
bougie commune à leur foyer , ils portent à plus
de , o pieds , une clarté figrande , qu'on peut lire
à cette distance pendant la nuit la plus obfcure.
On peut dans cette Manufacture faire courber
des Glaces ou Verres en toutes formes & grandeurs
, pour garnir des Croifées courbes , des Bibliothéques,
des Encoignures , &c. On peut même
les avoir étamées dans ces diverfes formes , s'il eft
néceflaire.
*
MAI. 1760.
21F
On y fait auffi des Louppes à l'eau , compofées
de deux Glaces courbées en portion de fphère,
& tellement travaillées , qu'elles tiennent l'eau
entr'elles , fans monture ni mnaſtic : elles peuvent
ainfi être fucceffivement remplies des diverfes
liqueurs dont on veut comparer la réfraction. La
poffibilité de faire ces Louppes de toutes grandeurs
, jointe à leur parfaite tranfparence , leur
donne fur celles de verre folide des avantages
qu'il feroir fuperflu de détailler.
On trouve de plus dans cette Manufacture des
Cryftaux de Pendules auffi réguliers & auffi beaux
que ceux d'Angleterre ; & comme il y en a plus
3000 tout faits , les Horlogers peuvent les
avoit fur le champ ; ce qui ne leur étoit pas poffible
avant cet établiffement ..
Enfin , les Curieux & les Artiftes font invités à
faire part de leurs idées fur les différentes applications
que l'on peut faire de cette manière de courber
& d'éta mer les Glaces : ils trouveront dans ce
nouvel établiffement toute la docilité & toutes
les facilités poffibles.
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Résumé : AVIS.
L'avis annonce la création d'une manufacture de miroirs de réflexion et de glaces courbées, située rue des Prouvaires, première porte cochère à gauche en entrant par la rue Saint-Honoré. Ces miroirs permettent de reproduire des estampes ou des tableaux et de voir l'image d'un objet entre la surface du miroir et l'objet lui-même. Ils concentrent également les rayons solaires pour produire un feu actif capable de fondre, calciner ou analyser divers corps naturels. De plus, ils projettent une lumière suffisante pour lire à plus de dix pieds de distance pendant la nuit. La manufacture propose des glaces courbées pour garnir des croisées, bibliothèques ou encoignures, et peut les fournir étamées. Elle fabrique également des loupes à l'eau composées de deux glaces courbées, permettant de comparer la réfraction de différents liquides. La manufacture produit aussi des cristaux de pendules réguliers et beaux, disponibles en grande quantité pour les horlogers. Les curieux et les artisans sont invités à partager leurs idées sur les applications possibles des glaces courbées et étamées, et trouveront toute la coopération nécessaire dans cet établissement.
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