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p. 147-163
RECHERCHES sur la Taille de Frère JACQUES, par M. BORDENAVE, Professeur Royal de Chirurgie, &c.
Début :
L'ORIGINE & les progrès de la Taille de Rau, devroient paroître aujourd'hui [...]
Mots clefs :
Frère, Opération, Taille, Méthode, Observations, Succès, Chirurgie
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texteReconnaissance textuelle : RECHERCHES sur la Taille de Frère JACQUES, par M. BORDENAVE, Professeur Royal de Chirurgie, &c.
RECHERCHES fur la Taille de Frère
JACQUES , par M. BORDEN AVE ,
Profeffeur Royal de Chirurgie , &c.
L'ORIGINE ORIGINE & les progrès de la Taille
de Rau , devroient paroître aujourd'hui
affez conftatés par les Auteurs contemporains
& par la Tradition , pour ne
laiffer aucun doute. Cette opération a
eu le fort des découvertes les plus utiles ;
elle a paffé par différens degrés avant
de parvenir à la perfection . Son premier
Auteur ( le Frère Jacques ) en pratiquant
une opération que l'on pouvoit
alors regarder comme informe & fans
méthode relativement aux variations
qui ont été obfervées dans fes ma-
Gij
148 MERCURE DE FRANCE :
(
noeuvres , n'a fait que préparer la voie ;
dépourvu de connoiffance en Anatomie
& en Chirurgie , il n'a pu concilier
à fon opération le degré de perfection
dont elle étoit fufceptible , & il étoit
réſervé à des efprits plus éclairés de la
porter à un point d'utilité qui lui manquoit
entre les mains de fon Auteur.
L'hiſtoire de cette opération a été écritę
dans trop de Livres , par des Auteurs
non fufpects , inftruits la plûpart témoins
focculaires , pour paroître équivoque
, & il faut être aveugle ou de
mauvaiſe foi , pour fe refufer aujourd'hui
à la vérité.
,
Malgré l'expofition claire des faits les
mieux circonftanciés , malgré les écrits
les plus authentiques & le mieux reçus
par les gens de l'Art contemporains
feuls Juges compétens en cette matière,
il a plu cependant depuis peu (a ) à un
Anonyme fe difant Chirurgien de
Province , de nier en partie ce qui a été
écrit , il y a plus de foixante ans , fur la
,
(a ) Mercure d'Août 1762. Obſervations d'un
Chirurgien de Province fur l'origine & fur les
progrès de la Taille , appellée Méthode de Rau ;
en conféquence des éloges qu'on prodigue aujourd'hui
à cette opération fous le nom de Méthode
de M. Foubert & de Méthode de M.
Thomas.
OCTOBRE . 1763. 149
Taille de Frère Jacques , d'accufer de
prévention M. Méry , & les autres Litho
miftes de fon temps , de leur imputer
d'avoir publié des obfervations fauffes
contre la nouvelle manière de tirer la
pierre & d'avoir fuppofé que la fonde
dont le Frère fe fervoit pour tailler
n'étoit point cannelée pour retenir &
conduire la pointe de fon Lithotome
dans la veffie , &c . Mais il refte à fçavoir
fur quelle autorité l'Anonyme
peut révoquer en doute les faits les plus
conftatés dont il n'a pas été le témoin,
& à examiner , fi on peut légitimement
attaquer des raifons qui n'ont pas été
défavouées par les Contemporains &
par le Frère Jacques lui-même.
Pour appuyer les raifons que nous
avons en faveur de M. Méry , & déterminer
la valeur de fon témoignage ,
il faut fuivre l'hiftoire de Frère Jacques ,
& comparer avec l'Ouvrage de M.
Méry , un écrit fugitif de cet Opérateur
perdu pour beaucoup de gens , parce
qu'il eft très- court & qu'il ne contient
rien d'intéreffant , mais qui peut
être agréable & utile pour ceux qui ,
fenfibles à la vérité , voudront connoître
& fuivre l'hiftoire de la Taille de
Rau.
G iij
150 MERCURE DE FRANCE .
Dionis nous apprend ( b ) que le Frère
Jacques arriva à Paris au mois d'Août
de l'année 1697. Un habit Religieux ,
un air infpiré , un grand nombre de
Certificats des Opérations faites en différens
endroits ; l'apparence du défintéreffement
, furent autant de raiſons ſpécieufes
en fa faveur. Il fe fit connoître à
M. Maréchal , pour lors Chirurgien en
Chef de la Charité ; & comme dans ce
temps on n'expofoit pas les malades de
cet Hôpital pour faire des expériences ,
fans être auparavant affuré de la capacité
de ceux qui devoient les pratiquer, on lui
fit faire fur un cadavre , dans la veſſie
duquel on avoit mis une pierre , une
épreuve qui ne permit pas d'accueillir
fa façon d'opérer.
Frère Jacques peu fatisfait , partit de
Paris dans le mois d'Octobre fuivant ,
pour chercher ailleurs des Protecteurs.
Etant allé à Fontainebleau , où la Cour
étoit pour lloorrss , oonn lluuii procura l'occafion
de tailler un garçon cordonnier.
L'Opération fut heureufe & prompte
dans l'éxécution ; elle ne fut fuivie
d'aucun accident facheux ; le Malade
( b ) Opérat. de Chir. 3 ° démonſtr . p. 239.
Voyez aufli Méry , obf, fur la manière de tailler.
P. 14 .
· OCTOBRE. 1763. 151
rendit peu de temps après les urines par
le conduit ordinaire , & le traitement
parut heureux , par ce que trois femaines
après l'Opération , on vit le Malade
fe promener dans les rues.
Cette apparence de fuccès gagna
bientôt les fuffrages de la multitude
on publia l'événement avec l'enthoufiafme
que caufent ordinairement les
chofes nouvelles , un feul fait peu réfléchi
procura au Frère une réputation
fort étendue. M. de Harlai alors Prémier
Préfident , lui permit de faire des
épreuves à l'Hôtel - Dieu fur des cadavres
en préfence des Maîtres de l'Art ;
& ce Magiftrat commit à cet effet M.
Méry , pour lui en porter fon jugement.
L'épreuve fut faite en préfence des
Médecins & Chirurgiens de l'Hôtel-
Dieu au mois de Décembre. 1697. ( c )
Elle fut heureufe ; & M. Méry , en faifant
fon rapport fur cette tentative , a
d'abord reconnu des avantages à cette
méthode , a propofé des moyens de cor.
riger les inconvéniens qui y étoient
annexés , a remarqué dès- lors le vice
des inftrumens dont le Frère fe fervoit
& a jugé cette Opération fufceptible
de perfection.
( c ) Méry , p. 14. & 20 .
Giv
152 MERCURE DE FRANCE .
>
Une méthode établie fur des connoiffances
éclairées peut feule avoir des
fuccès conftans dans fa manoeuvre ;
fans ces connoiffances la méthode
devient bientôt fautive , & on reconnoît
que le hazard permet par fois des apparences
de fuccès . Telle étoit la méthode
de Frère Jacques dans fon Auteur
; auffi une feconde épreuve faite
quelques jours après fur le cadavre d'un
enfant ne préfenta plus les mêmes
coupes ; ( d) les Parties n'avoient pas été
divifées comme dans la première opé
ration ; il y avoit un déchirement confidérable.
Après ces épreuves , Frère Jacques
s'abfenta de Paris pendant quelque
temps. Revenu au mois d'Avril 1698
il y pratiqua plufieurs Opérations. Éntre
autres tailla à l'Hôtel-Dieu ( e ) un
garcon âgé de 16 à 17 ans qui perdit
d'abord beaucoup de fang en partie
par la plaie & par la verge & en partie
par l'anus , ce qui fit connoître que l'inteftin
avoit été percé . Ce garcon eft mort
au mois de Septembre fuivant , ayant
une fiſtule au Périnée . Depuis ce temps
un homme taillé
par
le même , mourut
( d ) Méry , p. 25.
(e ) Ibid. p. 35.
OCTOBRE . 1763. 153
en- d'hémorragie trois jours après : ( )
fin une Dame qu'il tailla eut le vagin
percé de part en part.
M. Méry , témoin oculaire du mauvais
fuccès de plufieurs Opérations , ne
pouvoit en fecond faire un rapport auffi
avantageux de la nouvelle méthode.
Mais , comme la prévention met la réputation
la moins méritée au - deffus des
accidens même les plus graves , on crut
devoir l'admettre à de nouvelles expériences
, & il lui fut permis de tailler à
l'Hôtel - Dieu .
Pendant le refte du mois d'Avril
Mai & Juin fuivans , cet Opérateur fit
quarante - deux tailles à l'Hôtel- Dieu de
Paris , & dix-huit à la Charité . Une
fuite d'épreuves de cette efpéce , faites
publiquement , fuivies par des gens
éclairés , étoit le feul moyen d'apprécier
la nouvelle méthode. On en obferva
le fuccès avec foin ; & pour donner
toute l'authenticité poffible aux faits
qui nous ont été tranfmis on ne fit les
ouvertures de ceux qui étoient morts
à la fuite de cette Opération , qu'en
préſence d'un grand nombre de Méde-
(ƒ) Ibid. p. 36. & ſuiv.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE .
cins & de Chirurgiens & du Frère luimême.
(g)
?
Les événemens ne furent point en
faveur de la nouvelle façon de tailler.
De foixante Sujets opérés , treize feulement
ont été parfaitement guéris ;
vingt-quatre font reftés les uns avec incontinence
d'urine , des fiftules les
autres phthifiques , exténués . & c. Et
yingt-trois font morts , ( h ) dont fept
moururent en un même jour. ( i ) L'examen
des cadavres fit voir qu'aux uns la
veffie & les parties de la génération
étoient gangrenées ; ( k ) aux autres , le
col de la veffie étoit féparé du canal de
l'uréthre & fon corps étoit prêt à tomber
en gangréne ( 1 ) cet accident a
été obfervé dans le plus grand nombre.
Des hémorragies confidérables arrivoient
fouvent ; ( m ) une fois on remarqua
la veffie gangrenée percée dans
(g) Voyez le nom des affiftans. Méry , ibid .
p. 48.
•
( h ) Méry , ibid . p . 74. Garengeot , opér. de
Chir. Tom. 2. p . 153 .
(i ) Dionis , oper. de Chir, 3e demonft . p.244.
( k ): Méry , obſ. 7.
( 1 ) Ibid. obf. 9. 10. 11 , 12 , 16.
( 12 ) Obf, 10. 11. 12.
OCTOBRE. 1763. 155
fon fond; ( n ) enfin à plufieurs on a trouvé
le rectum ouvert. ( o )
Dans le même temps vingt-deux malades
furent taillés à Paris , par divers
Chirurgiens ; trois feulement font
morts. (p )
, Malgré certe difparité d'événemens
la prévention fubfifta encore ; les accidens
ne défilloient pas les yeux ; quelques
cures heureufes entretenoient le
preftige , & il falloit du temps pour le
diffiper.
Si on veut chercher fans paffion la
cauſe naturelle des événemens funeftes
caufés par la taille de Frère Jacques , on
la trouvera dans fa façon d'opérer &
dans la conduite qu'il a tenue vis -à - vis
des Malades. Au-deffus des précautions,
fouvent fi néceffaires avant les Opérations
, peu inquiet des effets d'une Pléhtore
humorale ou fanguine , il négligeoit
entiérement toute efpéce de préparation
. Sans s'embarraffer de rendre
fùre la manoeuvre de fon Opération ,
il n'employoit aucune efpéce de lien
pour fixer le malade , fe repofant fur
fa force des aides , à qui il confioit ce
&
( n ) Obf. 8 .
( 0 ) Obf. 16. & 17.
(P )Ibid. p . 74°
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
foin important pour l'Opération . Enfin
hardi & même cruel en opérant , fa
témérité ne connoiffoit aucun obftacle
, & ne fçavoit pas s'arrêter par les
difficultés qui avoient de quoi effrayer
les hommes inftruits & prudens. (4 )
L'examen d'un grand nombre de
Sujets qu'il a taillés a fuffifament prouvé
qu'il n'avoit pas de méthode abfolue
dans fon Opération , puifque fa
coupe n'étoit pas toujours à-peu-près la
même.
Pour la pratiquer il introduifoit dans
la veffie une fonde folide , exactement
ronde , fans rainure & d'une figure différente
de celle des fondes , dont on fe
fert ordinairement. Avec la main gauche
, il tâchoit de pouffer en dehors le
lieu de la veffie où il vouloit faire
l'ouverture , puis prenant de la main
droite un biſtouri long & étroit , il le
plongeoit au côté gauche & interne de
la tubérofité de l'Ifchium , en le pouffant
droit vers la région de la veffie ,
& en coupant obliquement de bas en
( q ) Heifter , inft . chirurg. part . 2. p . 906 .
Dionis , lieu cité . Lifter , in itinere fuo par fino ,
P. 237. Londini , 1699. 8. edito . Launay , dillert,
fur la pierre , dans la Préface & chap . 11. & 12 ,
& Saviard, obf. de chir. p. 454
OCTOBRE. 1763 . 157
"
haut vers fon col. Il ne retiroit pas le
biftouri qu'il n'eût ouvert autant que le
demandoit le volume de la Pierre ; M.
Méry , nous apprend même qu'il s'eft
quelquefois fervi d'un autre inftrument
pour dilater la plaie ( r ) ; enfuite il portoit
un conducteur pour introduire la
tenette ; quelquefois il fe fervoit de fon
doigt , & la pierre étant chargée , il la
tiroit promptement & rudement , au
lieu d'employer une dilatation graduée ,
fi néceffaire pour prévenir les accidens.
L'Opération faite il abandonnoit
pour ainfi dire le malade , ne préfcrivoit
aucun régime , & n'employoit aucun
panfement ; & lorfqu'on lui a repréfenté
la néceffité & l'utilité de ces
moyens : j'ai tiré la pierre , difoit- il ,
Dieu guérira le malade. Ce défaut de
conduite a fes inconvéniens ; il permet
quelquefois une guériſon prompte, mais
qui n'eft qu'apparente ; on vante le prétendu
fuccès , & il eft bientôt démenti
par des accidens chroniques. Tel a été
le fort du Cordonnier taillé d'abord &
guéri fi promptement. La plaie n'ayant
pas été panfée & traitée méthodiquement
ne s'eft réunie qu'à l'extérieur ;
peu de tems après elle s'eft rouverte, &
(r) Lieu cité , p. 18.
148 MERCURE DE FRANCE .
l'on a vu deux ans enfuite ce Sujet mourir
, l'urine s'écoulant toujours par la
plaie. Cette conduite imitée de nos jours,
fans un fondement plus légitime , a de
même eu des inconveniens très-graves .
En vain f'omiffion des panfemens a
déjà été blâmée dans divers Ouvrages ;
(s ) même anciens ; l'empyrifme l'emporte
; il eft facile de voir que par cette
conduite on facrifie la fureté du malade
& le danger des fuites , pour que
obtienne une guérifon précipitée .
l'on
Le détail qui vient d'être expofé , eſt
tiré d'Ouvrages trop authentiques , pour
être nié ; & je demanderai préfentement
fur quel fondement l'Anonyme
peut avancer ( ) » qu'il y a des preu-
» ves fans replique que le Frère Jac-
» ques n'a jamais taillé avec un cathe-
» ter ou fonde point cannellée ; & la paf-
" fion , continue - t - il , a tellement
» aveuglé les Auteurs de cette imputa-
» tion , qu'ils ont donné en conféquen-
» ce plufieurs obfervations des impéri-
» ties du Frère Jacques , qui font d'une
» impoffibilité abfolue.
( s ) Fabricius Hildanus , de lithotomiâ vefiez,
cap. 23. Garengeot , oper . de chir . tom.2 . p. 155 ,
Mém . de l'Acad. de Chirurg, tom. 3.
(+) Mercure cité , p . 128 .
OCTOBRE. 1763.
..159
En donnanr ainfi la négative des obfervations',
on laiffe à defirer les preuves
qu'il ne falloit pas taire ; le filence peut
paroître fufpect en ce cas , & quelle
allégation d'ailleurs peut - on oppofer
aujourd'hui après plus de foixante - trois
ans contre l'Ouvrage de M. Méry , qui
réunit en fa faveur l'authenticité la plus
complette? M. Méry, également recommandable
par fes lumières & par fa
probité , Anatomifte éclairé , Membre
de l'Académie Royale des Sciences , l'un
des Chirurgiens principaux de l'Hôtel-
Dieu , en donnant fes obfervations fur
la manière de tailler de Frère Jacques ,
n'a pas laiffé un Ouvrage dicté par la
prévention. Prépofé par le Magiftrat pour
rendre compte de la nouvelle méthode
& en donner fon avis , il a écrit ce
qu'il a vu & a dit ce qu'il en a penfé :
il a écrit , obligé en quelque forte par
la miffion honorable dont il étoit chargé
; il a laiffé des obfervations lumineufes
, détaillées , exactes , fans paffion
, dont il n'eft jamais le feul témoin ,
mais qui font atteftées toujours par la
préfence d'un grand nombre des plus
célebres Médecins & Chirurgiens ; il a
laiffé des faits, conftatés & examinés
devant le Frère Jacques lui-même , qui
160 MERCURE DE FRANCE .
n'a
pas
2
alors reclamé contre la vérité ,
& qui foutenu par l'authorité n'eût
certainement pas manqué de le faire
s'il l'eût pû légitimement. On peut
même ajouter que l'Ouvrage de M.
Méry , eft moins l'Ouvrage d'un Particulier
que celui d'un homme public.
Ainfi comment peut-on dire après de
pareilles preuves , que les obfervations'
des impérities de Frère Jacques font
d'une impoffibilité abfolue ?
: On va plus loin on nie que cet
Opérateur ait jamais taillé avec un catheter
ou fonde non cannelée . Mais M.
Méry & fes Contemporains l'ont vu opérer
ainfi, ce n'eft donc pas une fuppofition
de fa part. Jugeons encore M. Méry
par le premier rapport qu'il fit après la
première épreuve fur le cadavre . Il reconnoît
les avantages dont cette méthode
eft fufceptible ; il ne diffimule pas
les changemens qui pourroient la rendre
plus parfaite , & il ajoute » lafonde
» eft moins propre à entrer dans la veffie
» parce que le talon qu'elle a , rejette
» le bout du canal de l'urèthre trop en
» dehors , & qu'elle eft auffi moins
» fùre pour faire l'incifion que les fon-
» des ordinaires › parce que n'étant
"
>>
OCTOBRE . 1763.. 161
>
>> point crenelée elle ne peut pas fi
» fûrement fervir à conduire la pointe
» du biſtouri qui peut toujours vaciller
» fur la fonde qui eft exactement ronde,
quelque fûreté de main que pût avoir
» Frère Jacques. » ( u)
"
Ce premier rapport ne peut être fufpect
de partialité ; il eft favorable à la
méthode , & M. Méry , ne doit pas être
foupçonné de faux dans ce récit qui
fut fait pour M. le Premier Préfident, dès
1698 , & qui a été publié au commencement
de l'année 1700 , pendant
que le Frère étoit à Paris , où il a reſté
encore environ deux ans. D'ailleurs
même en fuppofant que M. Méry eût
manqué à la vérité en ce point , comment
auroit- il pu captiver les fuffrages de
tous fes contemporains en Chirurgie &
en Médecine , fans être démenti par
perfonne. Dionis qui a écrit fept ans
après , dit la même chofe fur la forme.
de la fonde (x) ainfi que M. Hefter. (y)
La relation de M. Buffiere dans les Tranfactions
Philofophiques, année 1699, M.
Douglas dans fon Hiftoire de la Taille
( u ) Ibid. p. 24.
( x) 3 ° démonſtration.
(y) Tom. 2. p. 90s.
162 MERCURE DE FRANCE.
latérale ( 2 ) & M. Falconet , dans une
Thefe foutenue à Paris dans les Ecoles
de la Faculté de Médecine , en 1730 ,
( a ) font de même mention de cette
fonde non cannelée.
En vain reprocheroit- on à M. Méry ,
d'avoir donné dans la fuite des rapports
moins favorables & même défavanta➡
geux à la nouvelle méthode , & en vain
on tenteroit par-là de prouver fa prévention
. M. Méry , témoin d'une premiere
épreuve faite heureufement, rend
avec fincérité le témoignage dû à la
vérité ; il fait plus : au - deffus de toute
efpèce de jaloufie , il communique les
moyens propres à corriger les inconvéniens
qu'il trouve. Dans la fuite d'un
grand nombre d'Opérations faites fur
le vivant , & fuivies des plus grands
accidens , il le publie de même avec
fincérité & avance "> ( b ) qu'après
» l'avis qui a été donné de prendre d'au-
» tres meſures , le Frère Jacques feroit
» refponfable devant Dieu & des ac-
» cidens & de la mort qui arrivent ,
s'il ne fe corrigeoit. »
"
( z ) P. 19. r
( a ) An educendo calculo , cæteris anteferendus
apparatus lateralis ? 1130.
( b ) Ibid. p. 92 .
OCTOBRE. 1763. 10
Il étoit réfervé à l'Anonyme dont
j'ai parlé , de nier tous les faits qui viennent
d'être expofés , de ne reconnoître
aucune efpéce d'autorité , d'établir la
fienne feule après foixante- cinq ans
contre des témoins oculaires & d'affu
rer aujourdhui que leurs yeux ont mal
vu. Mais pour ne rien laiffer à defirer
fur la vérité des faits , examinons préfentement
les conféquences que l'on peut
tirer d'après Frère Jacques lui -même.
La fuite au Mercure prochain .
JACQUES , par M. BORDEN AVE ,
Profeffeur Royal de Chirurgie , &c.
L'ORIGINE ORIGINE & les progrès de la Taille
de Rau , devroient paroître aujourd'hui
affez conftatés par les Auteurs contemporains
& par la Tradition , pour ne
laiffer aucun doute. Cette opération a
eu le fort des découvertes les plus utiles ;
elle a paffé par différens degrés avant
de parvenir à la perfection . Son premier
Auteur ( le Frère Jacques ) en pratiquant
une opération que l'on pouvoit
alors regarder comme informe & fans
méthode relativement aux variations
qui ont été obfervées dans fes ma-
Gij
148 MERCURE DE FRANCE :
(
noeuvres , n'a fait que préparer la voie ;
dépourvu de connoiffance en Anatomie
& en Chirurgie , il n'a pu concilier
à fon opération le degré de perfection
dont elle étoit fufceptible , & il étoit
réſervé à des efprits plus éclairés de la
porter à un point d'utilité qui lui manquoit
entre les mains de fon Auteur.
L'hiſtoire de cette opération a été écritę
dans trop de Livres , par des Auteurs
non fufpects , inftruits la plûpart témoins
focculaires , pour paroître équivoque
, & il faut être aveugle ou de
mauvaiſe foi , pour fe refufer aujourd'hui
à la vérité.
,
Malgré l'expofition claire des faits les
mieux circonftanciés , malgré les écrits
les plus authentiques & le mieux reçus
par les gens de l'Art contemporains
feuls Juges compétens en cette matière,
il a plu cependant depuis peu (a ) à un
Anonyme fe difant Chirurgien de
Province , de nier en partie ce qui a été
écrit , il y a plus de foixante ans , fur la
,
(a ) Mercure d'Août 1762. Obſervations d'un
Chirurgien de Province fur l'origine & fur les
progrès de la Taille , appellée Méthode de Rau ;
en conféquence des éloges qu'on prodigue aujourd'hui
à cette opération fous le nom de Méthode
de M. Foubert & de Méthode de M.
Thomas.
OCTOBRE . 1763. 149
Taille de Frère Jacques , d'accufer de
prévention M. Méry , & les autres Litho
miftes de fon temps , de leur imputer
d'avoir publié des obfervations fauffes
contre la nouvelle manière de tirer la
pierre & d'avoir fuppofé que la fonde
dont le Frère fe fervoit pour tailler
n'étoit point cannelée pour retenir &
conduire la pointe de fon Lithotome
dans la veffie , &c . Mais il refte à fçavoir
fur quelle autorité l'Anonyme
peut révoquer en doute les faits les plus
conftatés dont il n'a pas été le témoin,
& à examiner , fi on peut légitimement
attaquer des raifons qui n'ont pas été
défavouées par les Contemporains &
par le Frère Jacques lui-même.
Pour appuyer les raifons que nous
avons en faveur de M. Méry , & déterminer
la valeur de fon témoignage ,
il faut fuivre l'hiftoire de Frère Jacques ,
& comparer avec l'Ouvrage de M.
Méry , un écrit fugitif de cet Opérateur
perdu pour beaucoup de gens , parce
qu'il eft très- court & qu'il ne contient
rien d'intéreffant , mais qui peut
être agréable & utile pour ceux qui ,
fenfibles à la vérité , voudront connoître
& fuivre l'hiftoire de la Taille de
Rau.
G iij
150 MERCURE DE FRANCE .
Dionis nous apprend ( b ) que le Frère
Jacques arriva à Paris au mois d'Août
de l'année 1697. Un habit Religieux ,
un air infpiré , un grand nombre de
Certificats des Opérations faites en différens
endroits ; l'apparence du défintéreffement
, furent autant de raiſons ſpécieufes
en fa faveur. Il fe fit connoître à
M. Maréchal , pour lors Chirurgien en
Chef de la Charité ; & comme dans ce
temps on n'expofoit pas les malades de
cet Hôpital pour faire des expériences ,
fans être auparavant affuré de la capacité
de ceux qui devoient les pratiquer, on lui
fit faire fur un cadavre , dans la veſſie
duquel on avoit mis une pierre , une
épreuve qui ne permit pas d'accueillir
fa façon d'opérer.
Frère Jacques peu fatisfait , partit de
Paris dans le mois d'Octobre fuivant ,
pour chercher ailleurs des Protecteurs.
Etant allé à Fontainebleau , où la Cour
étoit pour lloorrss , oonn lluuii procura l'occafion
de tailler un garçon cordonnier.
L'Opération fut heureufe & prompte
dans l'éxécution ; elle ne fut fuivie
d'aucun accident facheux ; le Malade
( b ) Opérat. de Chir. 3 ° démonſtr . p. 239.
Voyez aufli Méry , obf, fur la manière de tailler.
P. 14 .
· OCTOBRE. 1763. 151
rendit peu de temps après les urines par
le conduit ordinaire , & le traitement
parut heureux , par ce que trois femaines
après l'Opération , on vit le Malade
fe promener dans les rues.
Cette apparence de fuccès gagna
bientôt les fuffrages de la multitude
on publia l'événement avec l'enthoufiafme
que caufent ordinairement les
chofes nouvelles , un feul fait peu réfléchi
procura au Frère une réputation
fort étendue. M. de Harlai alors Prémier
Préfident , lui permit de faire des
épreuves à l'Hôtel - Dieu fur des cadavres
en préfence des Maîtres de l'Art ;
& ce Magiftrat commit à cet effet M.
Méry , pour lui en porter fon jugement.
L'épreuve fut faite en préfence des
Médecins & Chirurgiens de l'Hôtel-
Dieu au mois de Décembre. 1697. ( c )
Elle fut heureufe ; & M. Méry , en faifant
fon rapport fur cette tentative , a
d'abord reconnu des avantages à cette
méthode , a propofé des moyens de cor.
riger les inconvéniens qui y étoient
annexés , a remarqué dès- lors le vice
des inftrumens dont le Frère fe fervoit
& a jugé cette Opération fufceptible
de perfection.
( c ) Méry , p. 14. & 20 .
Giv
152 MERCURE DE FRANCE .
>
Une méthode établie fur des connoiffances
éclairées peut feule avoir des
fuccès conftans dans fa manoeuvre ;
fans ces connoiffances la méthode
devient bientôt fautive , & on reconnoît
que le hazard permet par fois des apparences
de fuccès . Telle étoit la méthode
de Frère Jacques dans fon Auteur
; auffi une feconde épreuve faite
quelques jours après fur le cadavre d'un
enfant ne préfenta plus les mêmes
coupes ; ( d) les Parties n'avoient pas été
divifées comme dans la première opé
ration ; il y avoit un déchirement confidérable.
Après ces épreuves , Frère Jacques
s'abfenta de Paris pendant quelque
temps. Revenu au mois d'Avril 1698
il y pratiqua plufieurs Opérations. Éntre
autres tailla à l'Hôtel-Dieu ( e ) un
garcon âgé de 16 à 17 ans qui perdit
d'abord beaucoup de fang en partie
par la plaie & par la verge & en partie
par l'anus , ce qui fit connoître que l'inteftin
avoit été percé . Ce garcon eft mort
au mois de Septembre fuivant , ayant
une fiſtule au Périnée . Depuis ce temps
un homme taillé
par
le même , mourut
( d ) Méry , p. 25.
(e ) Ibid. p. 35.
OCTOBRE . 1763. 153
en- d'hémorragie trois jours après : ( )
fin une Dame qu'il tailla eut le vagin
percé de part en part.
M. Méry , témoin oculaire du mauvais
fuccès de plufieurs Opérations , ne
pouvoit en fecond faire un rapport auffi
avantageux de la nouvelle méthode.
Mais , comme la prévention met la réputation
la moins méritée au - deffus des
accidens même les plus graves , on crut
devoir l'admettre à de nouvelles expériences
, & il lui fut permis de tailler à
l'Hôtel - Dieu .
Pendant le refte du mois d'Avril
Mai & Juin fuivans , cet Opérateur fit
quarante - deux tailles à l'Hôtel- Dieu de
Paris , & dix-huit à la Charité . Une
fuite d'épreuves de cette efpéce , faites
publiquement , fuivies par des gens
éclairés , étoit le feul moyen d'apprécier
la nouvelle méthode. On en obferva
le fuccès avec foin ; & pour donner
toute l'authenticité poffible aux faits
qui nous ont été tranfmis on ne fit les
ouvertures de ceux qui étoient morts
à la fuite de cette Opération , qu'en
préſence d'un grand nombre de Méde-
(ƒ) Ibid. p. 36. & ſuiv.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE .
cins & de Chirurgiens & du Frère luimême.
(g)
?
Les événemens ne furent point en
faveur de la nouvelle façon de tailler.
De foixante Sujets opérés , treize feulement
ont été parfaitement guéris ;
vingt-quatre font reftés les uns avec incontinence
d'urine , des fiftules les
autres phthifiques , exténués . & c. Et
yingt-trois font morts , ( h ) dont fept
moururent en un même jour. ( i ) L'examen
des cadavres fit voir qu'aux uns la
veffie & les parties de la génération
étoient gangrenées ; ( k ) aux autres , le
col de la veffie étoit féparé du canal de
l'uréthre & fon corps étoit prêt à tomber
en gangréne ( 1 ) cet accident a
été obfervé dans le plus grand nombre.
Des hémorragies confidérables arrivoient
fouvent ; ( m ) une fois on remarqua
la veffie gangrenée percée dans
(g) Voyez le nom des affiftans. Méry , ibid .
p. 48.
•
( h ) Méry , ibid . p . 74. Garengeot , opér. de
Chir. Tom. 2. p . 153 .
(i ) Dionis , oper. de Chir, 3e demonft . p.244.
( k ): Méry , obſ. 7.
( 1 ) Ibid. obf. 9. 10. 11 , 12 , 16.
( 12 ) Obf, 10. 11. 12.
OCTOBRE. 1763. 155
fon fond; ( n ) enfin à plufieurs on a trouvé
le rectum ouvert. ( o )
Dans le même temps vingt-deux malades
furent taillés à Paris , par divers
Chirurgiens ; trois feulement font
morts. (p )
, Malgré certe difparité d'événemens
la prévention fubfifta encore ; les accidens
ne défilloient pas les yeux ; quelques
cures heureufes entretenoient le
preftige , & il falloit du temps pour le
diffiper.
Si on veut chercher fans paffion la
cauſe naturelle des événemens funeftes
caufés par la taille de Frère Jacques , on
la trouvera dans fa façon d'opérer &
dans la conduite qu'il a tenue vis -à - vis
des Malades. Au-deffus des précautions,
fouvent fi néceffaires avant les Opérations
, peu inquiet des effets d'une Pléhtore
humorale ou fanguine , il négligeoit
entiérement toute efpéce de préparation
. Sans s'embarraffer de rendre
fùre la manoeuvre de fon Opération ,
il n'employoit aucune efpéce de lien
pour fixer le malade , fe repofant fur
fa force des aides , à qui il confioit ce
&
( n ) Obf. 8 .
( 0 ) Obf. 16. & 17.
(P )Ibid. p . 74°
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
foin important pour l'Opération . Enfin
hardi & même cruel en opérant , fa
témérité ne connoiffoit aucun obftacle
, & ne fçavoit pas s'arrêter par les
difficultés qui avoient de quoi effrayer
les hommes inftruits & prudens. (4 )
L'examen d'un grand nombre de
Sujets qu'il a taillés a fuffifament prouvé
qu'il n'avoit pas de méthode abfolue
dans fon Opération , puifque fa
coupe n'étoit pas toujours à-peu-près la
même.
Pour la pratiquer il introduifoit dans
la veffie une fonde folide , exactement
ronde , fans rainure & d'une figure différente
de celle des fondes , dont on fe
fert ordinairement. Avec la main gauche
, il tâchoit de pouffer en dehors le
lieu de la veffie où il vouloit faire
l'ouverture , puis prenant de la main
droite un biſtouri long & étroit , il le
plongeoit au côté gauche & interne de
la tubérofité de l'Ifchium , en le pouffant
droit vers la région de la veffie ,
& en coupant obliquement de bas en
( q ) Heifter , inft . chirurg. part . 2. p . 906 .
Dionis , lieu cité . Lifter , in itinere fuo par fino ,
P. 237. Londini , 1699. 8. edito . Launay , dillert,
fur la pierre , dans la Préface & chap . 11. & 12 ,
& Saviard, obf. de chir. p. 454
OCTOBRE. 1763 . 157
"
haut vers fon col. Il ne retiroit pas le
biftouri qu'il n'eût ouvert autant que le
demandoit le volume de la Pierre ; M.
Méry , nous apprend même qu'il s'eft
quelquefois fervi d'un autre inftrument
pour dilater la plaie ( r ) ; enfuite il portoit
un conducteur pour introduire la
tenette ; quelquefois il fe fervoit de fon
doigt , & la pierre étant chargée , il la
tiroit promptement & rudement , au
lieu d'employer une dilatation graduée ,
fi néceffaire pour prévenir les accidens.
L'Opération faite il abandonnoit
pour ainfi dire le malade , ne préfcrivoit
aucun régime , & n'employoit aucun
panfement ; & lorfqu'on lui a repréfenté
la néceffité & l'utilité de ces
moyens : j'ai tiré la pierre , difoit- il ,
Dieu guérira le malade. Ce défaut de
conduite a fes inconvéniens ; il permet
quelquefois une guériſon prompte, mais
qui n'eft qu'apparente ; on vante le prétendu
fuccès , & il eft bientôt démenti
par des accidens chroniques. Tel a été
le fort du Cordonnier taillé d'abord &
guéri fi promptement. La plaie n'ayant
pas été panfée & traitée méthodiquement
ne s'eft réunie qu'à l'extérieur ;
peu de tems après elle s'eft rouverte, &
(r) Lieu cité , p. 18.
148 MERCURE DE FRANCE .
l'on a vu deux ans enfuite ce Sujet mourir
, l'urine s'écoulant toujours par la
plaie. Cette conduite imitée de nos jours,
fans un fondement plus légitime , a de
même eu des inconveniens très-graves .
En vain f'omiffion des panfemens a
déjà été blâmée dans divers Ouvrages ;
(s ) même anciens ; l'empyrifme l'emporte
; il eft facile de voir que par cette
conduite on facrifie la fureté du malade
& le danger des fuites , pour que
obtienne une guérifon précipitée .
l'on
Le détail qui vient d'être expofé , eſt
tiré d'Ouvrages trop authentiques , pour
être nié ; & je demanderai préfentement
fur quel fondement l'Anonyme
peut avancer ( ) » qu'il y a des preu-
» ves fans replique que le Frère Jac-
» ques n'a jamais taillé avec un cathe-
» ter ou fonde point cannellée ; & la paf-
" fion , continue - t - il , a tellement
» aveuglé les Auteurs de cette imputa-
» tion , qu'ils ont donné en conféquen-
» ce plufieurs obfervations des impéri-
» ties du Frère Jacques , qui font d'une
» impoffibilité abfolue.
( s ) Fabricius Hildanus , de lithotomiâ vefiez,
cap. 23. Garengeot , oper . de chir . tom.2 . p. 155 ,
Mém . de l'Acad. de Chirurg, tom. 3.
(+) Mercure cité , p . 128 .
OCTOBRE. 1763.
..159
En donnanr ainfi la négative des obfervations',
on laiffe à defirer les preuves
qu'il ne falloit pas taire ; le filence peut
paroître fufpect en ce cas , & quelle
allégation d'ailleurs peut - on oppofer
aujourd'hui après plus de foixante - trois
ans contre l'Ouvrage de M. Méry , qui
réunit en fa faveur l'authenticité la plus
complette? M. Méry, également recommandable
par fes lumières & par fa
probité , Anatomifte éclairé , Membre
de l'Académie Royale des Sciences , l'un
des Chirurgiens principaux de l'Hôtel-
Dieu , en donnant fes obfervations fur
la manière de tailler de Frère Jacques ,
n'a pas laiffé un Ouvrage dicté par la
prévention. Prépofé par le Magiftrat pour
rendre compte de la nouvelle méthode
& en donner fon avis , il a écrit ce
qu'il a vu & a dit ce qu'il en a penfé :
il a écrit , obligé en quelque forte par
la miffion honorable dont il étoit chargé
; il a laiffé des obfervations lumineufes
, détaillées , exactes , fans paffion
, dont il n'eft jamais le feul témoin ,
mais qui font atteftées toujours par la
préfence d'un grand nombre des plus
célebres Médecins & Chirurgiens ; il a
laiffé des faits, conftatés & examinés
devant le Frère Jacques lui-même , qui
160 MERCURE DE FRANCE .
n'a
pas
2
alors reclamé contre la vérité ,
& qui foutenu par l'authorité n'eût
certainement pas manqué de le faire
s'il l'eût pû légitimement. On peut
même ajouter que l'Ouvrage de M.
Méry , eft moins l'Ouvrage d'un Particulier
que celui d'un homme public.
Ainfi comment peut-on dire après de
pareilles preuves , que les obfervations'
des impérities de Frère Jacques font
d'une impoffibilité abfolue ?
: On va plus loin on nie que cet
Opérateur ait jamais taillé avec un catheter
ou fonde non cannelée . Mais M.
Méry & fes Contemporains l'ont vu opérer
ainfi, ce n'eft donc pas une fuppofition
de fa part. Jugeons encore M. Méry
par le premier rapport qu'il fit après la
première épreuve fur le cadavre . Il reconnoît
les avantages dont cette méthode
eft fufceptible ; il ne diffimule pas
les changemens qui pourroient la rendre
plus parfaite , & il ajoute » lafonde
» eft moins propre à entrer dans la veffie
» parce que le talon qu'elle a , rejette
» le bout du canal de l'urèthre trop en
» dehors , & qu'elle eft auffi moins
» fùre pour faire l'incifion que les fon-
» des ordinaires › parce que n'étant
"
>>
OCTOBRE . 1763.. 161
>
>> point crenelée elle ne peut pas fi
» fûrement fervir à conduire la pointe
» du biſtouri qui peut toujours vaciller
» fur la fonde qui eft exactement ronde,
quelque fûreté de main que pût avoir
» Frère Jacques. » ( u)
"
Ce premier rapport ne peut être fufpect
de partialité ; il eft favorable à la
méthode , & M. Méry , ne doit pas être
foupçonné de faux dans ce récit qui
fut fait pour M. le Premier Préfident, dès
1698 , & qui a été publié au commencement
de l'année 1700 , pendant
que le Frère étoit à Paris , où il a reſté
encore environ deux ans. D'ailleurs
même en fuppofant que M. Méry eût
manqué à la vérité en ce point , comment
auroit- il pu captiver les fuffrages de
tous fes contemporains en Chirurgie &
en Médecine , fans être démenti par
perfonne. Dionis qui a écrit fept ans
après , dit la même chofe fur la forme.
de la fonde (x) ainfi que M. Hefter. (y)
La relation de M. Buffiere dans les Tranfactions
Philofophiques, année 1699, M.
Douglas dans fon Hiftoire de la Taille
( u ) Ibid. p. 24.
( x) 3 ° démonſtration.
(y) Tom. 2. p. 90s.
162 MERCURE DE FRANCE.
latérale ( 2 ) & M. Falconet , dans une
Thefe foutenue à Paris dans les Ecoles
de la Faculté de Médecine , en 1730 ,
( a ) font de même mention de cette
fonde non cannelée.
En vain reprocheroit- on à M. Méry ,
d'avoir donné dans la fuite des rapports
moins favorables & même défavanta➡
geux à la nouvelle méthode , & en vain
on tenteroit par-là de prouver fa prévention
. M. Méry , témoin d'une premiere
épreuve faite heureufement, rend
avec fincérité le témoignage dû à la
vérité ; il fait plus : au - deffus de toute
efpèce de jaloufie , il communique les
moyens propres à corriger les inconvéniens
qu'il trouve. Dans la fuite d'un
grand nombre d'Opérations faites fur
le vivant , & fuivies des plus grands
accidens , il le publie de même avec
fincérité & avance "> ( b ) qu'après
» l'avis qui a été donné de prendre d'au-
» tres meſures , le Frère Jacques feroit
» refponfable devant Dieu & des ac-
» cidens & de la mort qui arrivent ,
s'il ne fe corrigeoit. »
"
( z ) P. 19. r
( a ) An educendo calculo , cæteris anteferendus
apparatus lateralis ? 1130.
( b ) Ibid. p. 92 .
OCTOBRE. 1763. 10
Il étoit réfervé à l'Anonyme dont
j'ai parlé , de nier tous les faits qui viennent
d'être expofés , de ne reconnoître
aucune efpéce d'autorité , d'établir la
fienne feule après foixante- cinq ans
contre des témoins oculaires & d'affu
rer aujourdhui que leurs yeux ont mal
vu. Mais pour ne rien laiffer à defirer
fur la vérité des faits , examinons préfentement
les conféquences que l'on peut
tirer d'après Frère Jacques lui -même.
La fuite au Mercure prochain .
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Résumé : RECHERCHES sur la Taille de Frère JACQUES, par M. BORDENAVE, Professeur Royal de Chirurgie, &c.
Le texte 'Recherches sur la Taille de Frère Jacques' de M. Borden Ave explore l'opération de la taille pratiquée par Frère Jacques pour extraire des calculs urinaires. Arrivé à Paris en août 1697, Frère Jacques a rapidement acquis une renommée grâce à ses démonstrations réussies, malgré des méthodes rudimentaires et imprécises. Entre avril et juin 1698, il a effectué plusieurs interventions à l'Hôtel-Dieu et à la Charité. Sur soixante patients, treize ont été guéris, vingt-quatre ont rencontré des complications et vingt-trois sont décédés. Les autopsies ont révélé des gangrènes et des perforations, attribuées à un manque de préparation des patients et à des pratiques imprudentes. Le texte critique également la mauvaise gestion des plaies post-opératoires, qui peut entraîner des complications graves. Malgré ces critiques, la méthode de Frère Jacques a continué d'être utilisée. M. Méry, un anatomiste respecté, a observé et documenté les techniques de Frère Jacques, soulignant leurs défauts et proposant des améliorations. Un individu anonyme a contesté ces observations, mais le texte défend la crédibilité de M. Méry et suggère d'examiner les conséquences des actions de Frère Jacques pour éclaircir les faits.
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2
p. 163-165
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-sixiéme & trente-septiéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. FREQUENT, Bouville. Des Ruelles, Chevalier. Durand, [...]
Mots clefs :
Soldats, Traitement, Hôpital, Accident, Dragées, Éloges
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-sixiéme & trente-septiéme Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARÉCHAL DUC DE biron.
Trente-fixiéme & trente-feptième Trai
tement depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats.
FREQUENT ,
Des Ruelles
Durand ,
Compagnies.
Bouville,
Chevalier.
Latour
Fromagé ,
Tourville ,
Lemaire , Chatulé
Defboëtz , Mathan .
164 MERCURE DE FRANCE.
Belamour ,
Parifien
Tardu ,
Guergorlay.
Daldart.
Cadet Goffelin
Voiſemont
La Sône .
Chevalier.
Colonelle .
Toucé Mathan .
,
Dumont , Pronleroy.
Cheneau Viennay.
Vannier ,
Fleur- d'épine ,
Nolivos.
Chatulé.
Ferion , d'Obfonville .
S. Jofeph ,
Mithon.
Fabre ,
Bigot ,
Marfay
Dampierre.
Lacour , Danteroche- ·
Cadet Legrand , Pronleroy .
Gérard , Pronleroy.
Lecomte ,
Rafilly .
Liffant , Colonelle .
Ces vingt- cinq Soldats ont été à l'ordinaire
traités & radicalement guéris.
Il appert aujourd'hui par les Regiſtres
des Hôpitaux du Roi , que le nombre
des Soldats Cavaliers , & Dragons
traités par la méthode de M. Keyfer
OCTOBRE . 1763. 165
Le monte à 9390 ; qu'il n'eft arrivé auçun
accident fâcheux ; que les maladies
les plus graves & manquées par les frictions
cédent à l'ufage des dragées , &
que les éloges font toujours les mêmes.
DE M. LE MARÉCHAL DUC DE biron.
Trente-fixiéme & trente-feptième Trai
tement depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats.
FREQUENT ,
Des Ruelles
Durand ,
Compagnies.
Bouville,
Chevalier.
Latour
Fromagé ,
Tourville ,
Lemaire , Chatulé
Defboëtz , Mathan .
164 MERCURE DE FRANCE.
Belamour ,
Parifien
Tardu ,
Guergorlay.
Daldart.
Cadet Goffelin
Voiſemont
La Sône .
Chevalier.
Colonelle .
Toucé Mathan .
,
Dumont , Pronleroy.
Cheneau Viennay.
Vannier ,
Fleur- d'épine ,
Nolivos.
Chatulé.
Ferion , d'Obfonville .
S. Jofeph ,
Mithon.
Fabre ,
Bigot ,
Marfay
Dampierre.
Lacour , Danteroche- ·
Cadet Legrand , Pronleroy .
Gérard , Pronleroy.
Lecomte ,
Rafilly .
Liffant , Colonelle .
Ces vingt- cinq Soldats ont été à l'ordinaire
traités & radicalement guéris.
Il appert aujourd'hui par les Regiſtres
des Hôpitaux du Roi , que le nombre
des Soldats Cavaliers , & Dragons
traités par la méthode de M. Keyfer
OCTOBRE . 1763. 165
Le monte à 9390 ; qu'il n'eft arrivé auçun
accident fâcheux ; que les maladies
les plus graves & manquées par les frictions
cédent à l'ufage des dragées , &
que les éloges font toujours les mêmes.
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-sixiéme & trente-septiéme Traitement depuis son Etablissement.
Le document relate les traitements effectués à l'hôpital du maréchal duc de Biron lors des 36ème et 37ème sessions. Vingt-cinq soldats, dont Frequent, Durand, Bouville, Chevalier Latour, Fromagé, Tourville, Lemaire, Chatulé, Desboëtz, Mathan, Belamour, Parisien, Tardu, Guergorlay, Daldart, Cadet Goffelin, Voisemont, La Sône, Chevalier Colonelle, Toucé, Dumont, Pronleroy, Cheneau Viennay, Vannier, Fleur-d'épine, Nolivos, Ferion, d'Obfonville, Saint Joseph, Mithon, Fabre, Bigot, Marfay, Dampierre, Lacour, Danteroche, Cadet Legrand, Gérard, Lecomte, Rafilly et Liffant, ont été soignés avec succès. En octobre 1763, 9 390 soldats cavaliers et dragons ont été traités par la méthode de M. Keyfer sans incident. Les maladies graves et négligées ont répondu favorablement aux traitements par dragées, et les éloges sur cette méthode sont constants.
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3
p. 165-166
LETTRE de M. FOURNIER, Médecin de l'Hôpital du ROI à Montpellier, à M. KEYSER.
Début :
JE n'ai pû vous parler, Monsieur, de l'effet de vos dragées avant de les avoir [...]
Mots clefs :
Lettre, Hôpital, Remède, Dragées
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. FOURNIER, Médecin de l'Hôpital du ROI à Montpellier, à M. KEYSER.
LETTRE de M.
FOURNIER , Médecin
de l'Hôpital du Roi à Montpellier
, à M. KEYSER.
J E n'ai pû vous parler , Monfieur , de
l'effet de vos dragées avant de les avoir
employées conformément à vos inftructions
, & en avoir fuivi la marche avec
toute l'attention & l'exactitude poffſible
; mais actuellement que je fuis bien
convaincu par l'expérience & par les
fuccès qu'elles m'ont procurés fur les
Soldats de l'Hôpital S. Louis , qu'elles
font un reméde admirable & affuré à
toutes les maladies vénériennes , quelque
variées & quelque rebelles qu'elles
puiffent être , je penfe que je ne fçaurois
me difpenfer de leur donner autentiquement
mon attache , & de vous féliciter
de la découverte d'un fpécifique
auffi intéreffant & de vous prévenir
que déformais je le préférerai à tout
ce qui avoit été employé jufqu'ici dans
,
166 MERCURE DE FRANCE.
tous les cas où il peut convenir. Je
vous adrefferai dans quelque temps diverfes
obfervations qui prendroient trop
d'étendue dans cette Lettre uniquement
deftinée à vous donner des témoignages
de probité fur les avantages de votre
reméde , & à vous affurer qu'on ne
fçauroit rien ajouter à l'eftime que j'ai
conçue pour vous , & à la parfaite confidération
avec laquelle j'ai l'honneur
d'être , & c,
FOURNIER.
FOURNIER , Médecin
de l'Hôpital du Roi à Montpellier
, à M. KEYSER.
J E n'ai pû vous parler , Monfieur , de
l'effet de vos dragées avant de les avoir
employées conformément à vos inftructions
, & en avoir fuivi la marche avec
toute l'attention & l'exactitude poffſible
; mais actuellement que je fuis bien
convaincu par l'expérience & par les
fuccès qu'elles m'ont procurés fur les
Soldats de l'Hôpital S. Louis , qu'elles
font un reméde admirable & affuré à
toutes les maladies vénériennes , quelque
variées & quelque rebelles qu'elles
puiffent être , je penfe que je ne fçaurois
me difpenfer de leur donner autentiquement
mon attache , & de vous féliciter
de la découverte d'un fpécifique
auffi intéreffant & de vous prévenir
que déformais je le préférerai à tout
ce qui avoit été employé jufqu'ici dans
,
166 MERCURE DE FRANCE.
tous les cas où il peut convenir. Je
vous adrefferai dans quelque temps diverfes
obfervations qui prendroient trop
d'étendue dans cette Lettre uniquement
deftinée à vous donner des témoignages
de probité fur les avantages de votre
reméde , & à vous affurer qu'on ne
fçauroit rien ajouter à l'eftime que j'ai
conçue pour vous , & à la parfaite confidération
avec laquelle j'ai l'honneur
d'être , & c,
FOURNIER.
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Résumé : LETTRE de M. FOURNIER, Médecin de l'Hôpital du ROI à Montpellier, à M. KEYSER.
Le médecin Fournier de l'Hôpital du Roi à Montpellier écrit à Monsieur Keyser pour partager ses observations sur les dragées de ce dernier. Après avoir suivi les instructions et observé les effets, Fournier confirme l'efficacité de ces dragées dans le traitement des maladies vénériennes, y compris les formes les plus variées et résistantes. Il exprime une préférence marquée pour ce remède, le jugeant supérieur à tous ceux utilisés jusqu'à présent. Fournier prévoit d'envoyer des observations détaillées ultérieurement, mais cette lettre vise à témoigner de la probité et des avantages du remède de Keyser. Il conclut en réaffirmant son estime et sa considération pour Keyser.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 166-175
LETTRE de M. DECAUSANS, Commissaire-Ordonnateur & Intendant de l'Isle de Minorque, à M. KEYSER.
Début :
JE vous ai prévenu, Monsieur, du traitement qu'avoit entrepris M. de la [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Médecine, Sciences, Guérison, Ministre, Honneur, Ventilateur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DECAUSANS, Commissaire-Ordonnateur & Intendant de l'Isle de Minorque, à M. KEYSER.
LETTRE de M. DECAUSANS , Com
miffaire- Ordonnateur & Intendant de
l'Ile de Minorque. , à M. KEYSER ,
JEE vous ai prévenu , Monfieur , du
traitement qu'avoit entrepris M. de la
Chapelle Médecin du Roi , à Minorque ,
du Sr D... Garde-Magafin il a eu le
plus heureux fuccès. J'ai vu par moimême
l'état défefpéré de cet Employé ,
je l'ai vifité fouvent pendant l'adminif
tration pour m'affurer des progrès &
de la réalité de la guérifon . J'ai eu la
fatisfa&tion ainfi que toute la garnifon
qui s'intéreffoit à fon état , de le voir
guéri & dans fon premier état de fanté
, au nez piès qu'il avoit perdu avant
OCTOBRE . 1763 . 167
ce traitement. Avant de rendre compte
au Miniftre de cette guérifon étonnante
, j'ai voulu avoir des affurances
qu'elle fe foûtenoit ; & comme cet Employé
eft à Marfeille , j'ai reçu la nouvelle
fatisfaifante qu'il y jouiffoit de la
meilleure fanté ; qu'il a repris avec fon
premier embonpoint fa couleur naturelle.
J'en rends compte par cet ordinaire
au Miniftre , en lui adreffant une
relation de cette cure que j'ai com
muniquée pareillement à notre Société
Royale des Sciences , dont j'ai l'honneur
d'être Affocié libre , qui après avoir
donné les plus grands éloges & à votre
Reméde , & à l'application qu'en a faite
ce Médecin , l'a reçu par acclamation
Affocié Correfpondant . Il est néceffaire
que vous preniez au Bureau de la Guerre
copie de cette relation que vous lirez
avec plaifir , parce qu'elle confirme au
coin de la vérité , l'efficacité de votre
Reméde .
Je doute que vous ayez une cure
plus étonnante que celle du Sr D....
qui a été opérée aux yeux de toute la
Garnifon de Minorque , témoin de fon
état défefpéré.
J'ai l'honneur d'être , & c .
DE CAUS ANS ,
168 MERCURE DE FRANCE.
Il eft certain que fuivant la Relation
envoyée au Miniftre & à la Société
Royale des Sciences de Montpellier ,
il est peu d'exemples de l'état affreux où
étoit ce Commis , qui avoit été traité
cinq fois par les frictions aux dofes les
plus fortes & avec tout l'art poffible ,
lefquelles augmentoient même fon état
déplorable en irritant fes maux plutôt
que de les foulager. Exoftofes , anchilofes
, ulcères profonds , caries , ophtalmie
, furdité , infomnie , maraſme , &
généralement tous les accidens les plus
graves étoient réunis , & ne lui laiffoient
aucune forte d'efpérance.
LISTE de MM. les Médecins & Chie
rurgiens Correfpondans de M. Keyfer.
M. Imbert , Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier , Médecin
de l'Hôpital du Roi .
M. Batigne , Docteur
en Médecine .
M. Goulard, Chirurgien
Major de l'Hôpital du
Roi.
à Montpellier.
M
OCTOBRE . 1763. 169
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Sciences . à Rouen.
Les RR. PP . de la Charité.
M. Marmion , Médecin de à Grenoble.
l'Hôpital du Roi.
Les RR. PP. de la Charité.
M. Defmoulins , Maitre
en Chirurgie.
}
à la Rochelle.
M. Razoux , Docteur en Médecine .
à
Nifmes.
M. de Freffiniat, Docteur en Médecine.
à Limoges.
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
à Nantes.
M. Piers , Docteur en Médecine .
à
Troyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine .
à Cambrái.
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer.
M. Paris , Docteur en Médecine .
à Arles.
M. Daffieu , Docteur en Médecine .
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur en Médecine.
à Saumur.
M. Leriche , Chirurgien Major.
à Strasbourg.
II. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
M. Ravaton
Major.
Chirurgien
M. Leguai , Chirurgien de à Landau.
feu S. A. S. M. le Margrave
de Bareith .
MM. Demontreux & Duval , Chirurgiens
Majors des Hôpitaux Militaires
& de Marine,
M. Souville , Chirurgien Major
de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien(
Major de Bearn .
à Breft.
à Calais.
M. Maret, Maître en Chirurgie . à Dijon.
M. Rey , Maître en Chirurgie . à Lyon.
M. de la Fourcade , Chirurgien
Major.
M. de la Plaine , Chirur
gien .
à Bordeaux.
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
à Toulouse.
à Caën.
M. Lepage , Maître en Chi-C Chirurgie.
M. Guillon , Maître en Chirurgie.
à Orléans:
Ma-2
à Lille.
M. Plancque , Chirurgien Major.
M.Warocquier , Chirurgien.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
à Etampes.
OCTOBRE. 1763. 171
MM. Bongourd & Duval , Maîtres en
à S. Malo.
Chirurgie.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
à Rennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
à
Angers.
MM.. Toujan , Chirurgiens & Apoticaires.
à l'Orient.
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
.rurgie.
M. Bernier , Chirurgien Major.
M. Beauregard , Chirurgien
Major.
à l'Ile de Rhé.
à Besançon.
à
Perpignan.
M. Michel , Chirurgien (
Major d'Artois.
M. Moffier , Chirurgien Major.
à
Avefnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Mifaibel , Chirurgien Major.
,
à Nanci.
Maîtres en
au Mans.
MM. Paton & de Villiers
Chirurgie .
M. Carpentier , Maître en Chirurgie.
à Dunkerque.
M. Ponthier , Maître en Chirurgie ,
à Aix en Provence.
M. Doufin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
M. Beauregard , Maître en Chirurgie .
à Avignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
à Rochefort.
M. Durand , ancien Chirurgien Major.
à Arras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
à Poitiers.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie .
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
à Marseille.
M. Ferrand , Maître en Chirurgie.
à Narbonne.
M. Frannie , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
PAYS ÉTRANGERS.
M. le Docteur Cooper. à Londres.
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
des Armées , feul Correfpondant.
M. Akrell , Chirurgien Major.
à Madrid.
à Stokolm.
à Genève.
MM. Guyot , Finc , & Dehanfu , Maîtres
en Chirurgie.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
à Bruxelles.
M. Lecat, Médecin & Chirurgien Major.
à Gand.
OCTOBRE . 1763 . 173
M. Bihher , Médecin .
M. Naudinat , Médecin.
M. Breydel , Chymifte.
M. Laborye , Chirurgien .
à Rotterdam.
à Cadix.
à Bruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet, Chirurgien . à S. Domingue.
M. Pujoll. à Conftantinople
M. DE REYNAL , Chirurgien
Major des Troupes & des Hôpitaux du
Roi , a eu l'honneur de préfenter à
Mgr LE DAUPHIN , au ROI DE POLOGNE
, & à toute la Cour , le 19
Septembre dernier , trois Ouvrages ,
avec un nouveau Ventilateur ou Purificateur
de l'Air. L'un traite de différentes
fortes de préparations du Mercure
, & donne les raifons pourquoi
la guérifon des maladies vénériennes
exige différentes méthodes ; l'autre de
la purification de l'Air dans les lieux
habités par les hommes & par les animaux
; fon Ventilateur peut remplir
les deux objets , fçavoir celui de la pu
rification de l'air & de fa renovation ,
au moyen du jeu de l'Air même qui
fupprime l'ufage du Feu ; fuppreffion
effentielle furtout pour les Hôpitaux ,
& pour les Vaiffeaux où le feu
peut occafionner de grands inconvé-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
niens foit relativement à la fanté des
malades , dans les uns , foit à caufe des
matières combuftibles , dont les autres
fe trouvent chargés .
Le troifiéme Ouvrage traite des fiévres
humorales ou d'accès , avec un nouveau
fébrifuge , & une nouvelle méthode
de préparer le Quinquina. L'Auteur
rend compte au Public dans ces
trois Ouvrages du Certificat qu'il a obtenu
de l'Académie Royale des Sciences
fur ces nouvelles découvertes.
Il ne tardera pas à donner un Mémoire
inftructif, fur la maiſon fecrette
qu'il va établir à Corbeil à fept lieues de
Paris. Ce Mémoire contiendra les maladies
qui y feront traitées fuivant fa méthode
, 1 ° . les maladies vénériennes ; 2°.
celles de l'uréthre. 3 °. Celles de la peau
telles que gale, dartres, &c . avec les remé
des qui y feront employés ; c'eft- à - dire
uniquement ceux qu'il a foumis au
jugement de l'Académie Royale des .
Sciences & à celle de Chirurgie : ce
même Mémoire inftruira des commodités
& des agrémens que les malades
trouveront dans cette maison.
On trouve dès aujourd'hui chez lui
des Ventilateurs tout montés de différentes
grandeurs. Il montrera à ceux
OCTOBRE. 1763 . 175 .
qui voudront en acheter , la manière
de s'en fervir , & comme il eft facile
de les démonter pour les transporter
partout , fans crainte que la machine
fe détruife. On trouvera à la fin de
fon traité des Fiévres , quel eft l'uſage
que l'on pourra faire de fon ventilateur
ou -purificateur , & combien l'agréa
ble s'y trouve joint à l'utile.
La demeure de l'Auteur eft au bas
de la rue des Foffés de M. le Prince ,
& fes Ouvrages fe trouvent chez Pankoucke
, Libraire rue & à côté de la Comédie
Françoife , au Parnaffe , & chez
Lefebvre , Libraire à Versailles rue
Dauphine & fuivant la Cour.
miffaire- Ordonnateur & Intendant de
l'Ile de Minorque. , à M. KEYSER ,
JEE vous ai prévenu , Monfieur , du
traitement qu'avoit entrepris M. de la
Chapelle Médecin du Roi , à Minorque ,
du Sr D... Garde-Magafin il a eu le
plus heureux fuccès. J'ai vu par moimême
l'état défefpéré de cet Employé ,
je l'ai vifité fouvent pendant l'adminif
tration pour m'affurer des progrès &
de la réalité de la guérifon . J'ai eu la
fatisfa&tion ainfi que toute la garnifon
qui s'intéreffoit à fon état , de le voir
guéri & dans fon premier état de fanté
, au nez piès qu'il avoit perdu avant
OCTOBRE . 1763 . 167
ce traitement. Avant de rendre compte
au Miniftre de cette guérifon étonnante
, j'ai voulu avoir des affurances
qu'elle fe foûtenoit ; & comme cet Employé
eft à Marfeille , j'ai reçu la nouvelle
fatisfaifante qu'il y jouiffoit de la
meilleure fanté ; qu'il a repris avec fon
premier embonpoint fa couleur naturelle.
J'en rends compte par cet ordinaire
au Miniftre , en lui adreffant une
relation de cette cure que j'ai com
muniquée pareillement à notre Société
Royale des Sciences , dont j'ai l'honneur
d'être Affocié libre , qui après avoir
donné les plus grands éloges & à votre
Reméde , & à l'application qu'en a faite
ce Médecin , l'a reçu par acclamation
Affocié Correfpondant . Il est néceffaire
que vous preniez au Bureau de la Guerre
copie de cette relation que vous lirez
avec plaifir , parce qu'elle confirme au
coin de la vérité , l'efficacité de votre
Reméde .
Je doute que vous ayez une cure
plus étonnante que celle du Sr D....
qui a été opérée aux yeux de toute la
Garnifon de Minorque , témoin de fon
état défefpéré.
J'ai l'honneur d'être , & c .
DE CAUS ANS ,
168 MERCURE DE FRANCE.
Il eft certain que fuivant la Relation
envoyée au Miniftre & à la Société
Royale des Sciences de Montpellier ,
il est peu d'exemples de l'état affreux où
étoit ce Commis , qui avoit été traité
cinq fois par les frictions aux dofes les
plus fortes & avec tout l'art poffible ,
lefquelles augmentoient même fon état
déplorable en irritant fes maux plutôt
que de les foulager. Exoftofes , anchilofes
, ulcères profonds , caries , ophtalmie
, furdité , infomnie , maraſme , &
généralement tous les accidens les plus
graves étoient réunis , & ne lui laiffoient
aucune forte d'efpérance.
LISTE de MM. les Médecins & Chie
rurgiens Correfpondans de M. Keyfer.
M. Imbert , Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier , Médecin
de l'Hôpital du Roi .
M. Batigne , Docteur
en Médecine .
M. Goulard, Chirurgien
Major de l'Hôpital du
Roi.
à Montpellier.
M
OCTOBRE . 1763. 169
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Sciences . à Rouen.
Les RR. PP . de la Charité.
M. Marmion , Médecin de à Grenoble.
l'Hôpital du Roi.
Les RR. PP. de la Charité.
M. Defmoulins , Maitre
en Chirurgie.
}
à la Rochelle.
M. Razoux , Docteur en Médecine .
à
Nifmes.
M. de Freffiniat, Docteur en Médecine.
à Limoges.
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
à Nantes.
M. Piers , Docteur en Médecine .
à
Troyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine .
à Cambrái.
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer.
M. Paris , Docteur en Médecine .
à Arles.
M. Daffieu , Docteur en Médecine .
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur en Médecine.
à Saumur.
M. Leriche , Chirurgien Major.
à Strasbourg.
II. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
M. Ravaton
Major.
Chirurgien
M. Leguai , Chirurgien de à Landau.
feu S. A. S. M. le Margrave
de Bareith .
MM. Demontreux & Duval , Chirurgiens
Majors des Hôpitaux Militaires
& de Marine,
M. Souville , Chirurgien Major
de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien(
Major de Bearn .
à Breft.
à Calais.
M. Maret, Maître en Chirurgie . à Dijon.
M. Rey , Maître en Chirurgie . à Lyon.
M. de la Fourcade , Chirurgien
Major.
M. de la Plaine , Chirur
gien .
à Bordeaux.
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
à Toulouse.
à Caën.
M. Lepage , Maître en Chi-C Chirurgie.
M. Guillon , Maître en Chirurgie.
à Orléans:
Ma-2
à Lille.
M. Plancque , Chirurgien Major.
M.Warocquier , Chirurgien.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
à Etampes.
OCTOBRE. 1763. 171
MM. Bongourd & Duval , Maîtres en
à S. Malo.
Chirurgie.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
à Rennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
à
Angers.
MM.. Toujan , Chirurgiens & Apoticaires.
à l'Orient.
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
.rurgie.
M. Bernier , Chirurgien Major.
M. Beauregard , Chirurgien
Major.
à l'Ile de Rhé.
à Besançon.
à
Perpignan.
M. Michel , Chirurgien (
Major d'Artois.
M. Moffier , Chirurgien Major.
à
Avefnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Mifaibel , Chirurgien Major.
,
à Nanci.
Maîtres en
au Mans.
MM. Paton & de Villiers
Chirurgie .
M. Carpentier , Maître en Chirurgie.
à Dunkerque.
M. Ponthier , Maître en Chirurgie ,
à Aix en Provence.
M. Doufin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
M. Beauregard , Maître en Chirurgie .
à Avignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
à Rochefort.
M. Durand , ancien Chirurgien Major.
à Arras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
à Poitiers.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie .
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
à Marseille.
M. Ferrand , Maître en Chirurgie.
à Narbonne.
M. Frannie , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
PAYS ÉTRANGERS.
M. le Docteur Cooper. à Londres.
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
des Armées , feul Correfpondant.
M. Akrell , Chirurgien Major.
à Madrid.
à Stokolm.
à Genève.
MM. Guyot , Finc , & Dehanfu , Maîtres
en Chirurgie.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
à Bruxelles.
M. Lecat, Médecin & Chirurgien Major.
à Gand.
OCTOBRE . 1763 . 173
M. Bihher , Médecin .
M. Naudinat , Médecin.
M. Breydel , Chymifte.
M. Laborye , Chirurgien .
à Rotterdam.
à Cadix.
à Bruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet, Chirurgien . à S. Domingue.
M. Pujoll. à Conftantinople
M. DE REYNAL , Chirurgien
Major des Troupes & des Hôpitaux du
Roi , a eu l'honneur de préfenter à
Mgr LE DAUPHIN , au ROI DE POLOGNE
, & à toute la Cour , le 19
Septembre dernier , trois Ouvrages ,
avec un nouveau Ventilateur ou Purificateur
de l'Air. L'un traite de différentes
fortes de préparations du Mercure
, & donne les raifons pourquoi
la guérifon des maladies vénériennes
exige différentes méthodes ; l'autre de
la purification de l'Air dans les lieux
habités par les hommes & par les animaux
; fon Ventilateur peut remplir
les deux objets , fçavoir celui de la pu
rification de l'air & de fa renovation ,
au moyen du jeu de l'Air même qui
fupprime l'ufage du Feu ; fuppreffion
effentielle furtout pour les Hôpitaux ,
& pour les Vaiffeaux où le feu
peut occafionner de grands inconvé-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
niens foit relativement à la fanté des
malades , dans les uns , foit à caufe des
matières combuftibles , dont les autres
fe trouvent chargés .
Le troifiéme Ouvrage traite des fiévres
humorales ou d'accès , avec un nouveau
fébrifuge , & une nouvelle méthode
de préparer le Quinquina. L'Auteur
rend compte au Public dans ces
trois Ouvrages du Certificat qu'il a obtenu
de l'Académie Royale des Sciences
fur ces nouvelles découvertes.
Il ne tardera pas à donner un Mémoire
inftructif, fur la maiſon fecrette
qu'il va établir à Corbeil à fept lieues de
Paris. Ce Mémoire contiendra les maladies
qui y feront traitées fuivant fa méthode
, 1 ° . les maladies vénériennes ; 2°.
celles de l'uréthre. 3 °. Celles de la peau
telles que gale, dartres, &c . avec les remé
des qui y feront employés ; c'eft- à - dire
uniquement ceux qu'il a foumis au
jugement de l'Académie Royale des .
Sciences & à celle de Chirurgie : ce
même Mémoire inftruira des commodités
& des agrémens que les malades
trouveront dans cette maison.
On trouve dès aujourd'hui chez lui
des Ventilateurs tout montés de différentes
grandeurs. Il montrera à ceux
OCTOBRE. 1763 . 175 .
qui voudront en acheter , la manière
de s'en fervir , & comme il eft facile
de les démonter pour les transporter
partout , fans crainte que la machine
fe détruife. On trouvera à la fin de
fon traité des Fiévres , quel eft l'uſage
que l'on pourra faire de fon ventilateur
ou -purificateur , & combien l'agréa
ble s'y trouve joint à l'utile.
La demeure de l'Auteur eft au bas
de la rue des Foffés de M. le Prince ,
& fes Ouvrages fe trouvent chez Pankoucke
, Libraire rue & à côté de la Comédie
Françoife , au Parnaffe , & chez
Lefebvre , Libraire à Versailles rue
Dauphine & fuivant la Cour.
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Résumé : LETTRE de M. DECAUSANS, Commissaire-Ordonnateur & Intendant de l'Isle de Minorque, à M. KEYSER.
La lettre de M. Decausans, commissaire-ordonnateur et intendant de l'île de Minorque, adressée à M. Keyser, relate le succès d'un traitement médical administré par M. de la Chapelle, médecin du roi, sur le sieur D..., garde-magasin. Le patient, initialement désespéré, a été guéri et a confirmé son rétablissement complet à Marseille. La Société Royale des Sciences de Montpellier a reconnu l'efficacité du remède et l'application du médecin, nommant ainsi M. Keyser associé correspondant. La lettre mentionne également les médecins et chirurgiens correspondants de M. Keyser dans diverses villes françaises et étrangères. Par ailleurs, le chirurgien M. De Reynal, Major des Troupes et des Hôpitaux du Roi, a présenté trois ouvrages et un ventilateur purificateur d'air à Monseigneur le Dauphin, au Roi de Pologne et à la Cour le 19 septembre. Ces ouvrages traitent des préparations du mercure pour les maladies vénériennes, de la purification de l'air dans les lieux habités, et des fièvres humorales avec un nouveau fébrifuge et une méthode de préparation du quinquina. Le ventilateur permet de purifier et renouveler l'air sans usage du feu, utile notamment dans les hôpitaux et les vaisseaux. M. De Reynal prévoit d'établir une maison secrète à Corbeil pour traiter les maladies vénériennes, les affections urétrales et cutanées comme la gale et les dartres, en utilisant des remèdes approuvés par l'Académie Royale des Sciences et l'Académie de Chirurgie. Les ventilateurs sont disponibles à l'achat, et leur utilisation sera expliquée aux acquéreurs. Les ouvrages de M. De Reynal sont disponibles chez Pankoucke, libraire rue et à côté de la Comédie Française, au Parnasse, et chez Lefebvre, libraire à Versailles rue Dauphine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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