Résultats : 14595 texte(s)
Détail
Liste
10701
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 68. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 68. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 68. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 68.
Fermer
10702
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert,
Fermer
10703
p. 69-70
LOGOGRYPHE A Madame de M***.
Début :
Je suis mauvais ou je suis bon, [...]
Mots clefs :
Mariage
10704
p. 161
DU LEVANT.
Début :
Le 29 Octobre à quatre heures du matin, la mort du Sultan Osman III, [...]
Mots clefs :
Constantinople, Mort, Sultan, Empereur, Proclamation, Prince, Succession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 30 Octobre.
LE 29 E 29 Octobre à quatre heures du matin , la
mort du Sultan Ofman III , arrivéc la nuit du 28
au 29 , après une maladie qui a duré environ trois
femaines , fut annoncée par le canon du Port ,
& bientôt répandue par toute la Ville. Les Grands
furent fur le champ mandés au Serrail , & le Sultan
Muftapha fut déclaré Empereur. Tout s'eft
paffé jufqu'ici fort tranquillement , & après la
proclamation du nouveau Sultan , on procédera
aux obfeques du Grand Seigneur. Le Sultan Muf
tapha ; qui eft le premier Prince de la Maiſon
Ottomane , a quarante - un ans ; on affure qu'il
eft d'un caractere auffi pacifique que fon prédé- ,
ceffeur.
DE CONSTANTINOPLE , le 30 Octobre.
LE 29 E 29 Octobre à quatre heures du matin , la
mort du Sultan Ofman III , arrivéc la nuit du 28
au 29 , après une maladie qui a duré environ trois
femaines , fut annoncée par le canon du Port ,
& bientôt répandue par toute la Ville. Les Grands
furent fur le champ mandés au Serrail , & le Sultan
Muftapha fut déclaré Empereur. Tout s'eft
paffé jufqu'ici fort tranquillement , & après la
proclamation du nouveau Sultan , on procédera
aux obfeques du Grand Seigneur. Le Sultan Muf
tapha ; qui eft le premier Prince de la Maiſon
Ottomane , a quarante - un ans ; on affure qu'il
eft d'un caractere auffi pacifique que fon prédé- ,
ceffeur.
Fermer
Résumé : DU LEVANT.
Le 29 octobre, la mort d'Osman III est annoncée. Mustafa IV, 41 ans, est proclamé sultan. La transition est paisible. Les funérailles d'Osman III auront lieu après la proclamation. Mustafa IV est décrit comme pacifique, comme son prédécesseur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10705
p. 161-162
DU NORD.
Début :
L'armée suédoise est campée près de Ferdinandshoff, & ses postes avancés [...]
Mots clefs :
Stralsund, Armée suédoise, Camps militaires, Troupes, Bâtiments, Recrutement, Marchandises, Confiscation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NORD
DE STRALSUND , le 17 Novembre.
L'armée Suédoife eft campée près de Ferdinandshoff
, & fes poftes avancés ne font pas loin
de Stettin . Une partie des troupes ett occupée à
combler le Port de Swinemunde ; on y a déja
jetté quantité de groffes pierres & de caifles rem
162 MERCURE DE FRANCE.
plies de fable , & on y a coulé à fond ſeize bâtimens
qui en rendent l'entrée impraticable.
Les fujets du Roi de Suede qui étoient au fervice
de la Pruffe ont été rappellés , & ils viennent fucceffivement
groffir l'armée des Suédois. Sur la
déclaration publiée de la part de S. M. Suédoife ,
que les Troupes Polonoifes ou Saxonnes engagées
de force parmi les Pruffiens , en ſe rendant
a l'armée de Suede , y trouveroient toute la protection
& toute la fûreté poffibles , il eſt arrivé au
camp du Feld-Maréchal Ungern de Sternberg
beaucoup de Soldats Polonois & Saxons.
Toutes les marchandifes que des Navires Hollandois
ou des Bâtimens neutres avoient apportées
dans ce Port pour le compte des Négocians Pruffiens,
ont été confiſquées par les Suédois ; & ils ne
laiffent fortir que celles qui appartiennent aux fue
jets des Puiffances neutres.
DE STRALSUND , le 17 Novembre.
L'armée Suédoife eft campée près de Ferdinandshoff
, & fes poftes avancés ne font pas loin
de Stettin . Une partie des troupes ett occupée à
combler le Port de Swinemunde ; on y a déja
jetté quantité de groffes pierres & de caifles rem
162 MERCURE DE FRANCE.
plies de fable , & on y a coulé à fond ſeize bâtimens
qui en rendent l'entrée impraticable.
Les fujets du Roi de Suede qui étoient au fervice
de la Pruffe ont été rappellés , & ils viennent fucceffivement
groffir l'armée des Suédois. Sur la
déclaration publiée de la part de S. M. Suédoife ,
que les Troupes Polonoifes ou Saxonnes engagées
de force parmi les Pruffiens , en ſe rendant
a l'armée de Suede , y trouveroient toute la protection
& toute la fûreté poffibles , il eſt arrivé au
camp du Feld-Maréchal Ungern de Sternberg
beaucoup de Soldats Polonois & Saxons.
Toutes les marchandifes que des Navires Hollandois
ou des Bâtimens neutres avoient apportées
dans ce Port pour le compte des Négocians Pruffiens,
ont été confiſquées par les Suédois ; & ils ne
laiffent fortir que celles qui appartiennent aux fue
jets des Puiffances neutres.
Fermer
Résumé : DU NORD.
Le 17 novembre, l'armée suédoise est positionnée près de Ferdinandshoff, avec des avant-postes proches de Stettin. Une partie des troupes suédoises rend le port de Swinemünde impraticable en y jetant des pierres et des caisses remplies de sable, et en coulant seize bâtiments. Les sujets suédois au service de la Prusse sont rappelés et rejoignent progressivement l'armée suédoise. Suite à une déclaration du roi de Suède offrant protection et sécurité aux troupes polonaises et saxonnes engagées de force parmi les Prussiens, de nombreux soldats polonais et saxons rejoignent le camp du feld-maréchal Ungern de Sternberg. Les marchandises apportées par des navires hollandais ou des bâtiments neutres pour le compte de négociants prussiens sont confisquées par les Suédois, qui n'autorisent la sortie que des marchandises appartenant aux sujets des puissances neutres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10706
p. 162-163
ALLEMAGNE.
Début :
La Capitulation de Closterseven conclue le mois de Septembre dernier [...]
Mots clefs :
Hanovre, Capitulation, Maréchal duc de Richelieu, Duc de Cumberland, Ministre, Prince, Marquis, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
$ DE HANOVRE , le S Decembre.
La Capitulation de Clofterfeven conclue le
mois de Septembre dernier entre le Maréchal Duc
de Richelieu & le Duc de Cumberland , confirmée
par les paroles d'honneur de ces deux Géné
raux , qui font déposées entre les mains du Comte
de Lynar , Miniftre de Dannemarck , & fortifiée
de la garantie de Sa Majesté Dannoife , après
avoir fouffert diverfes infractions de la part des
Hanovriens , vient d'être enfin rompue ouvertement
par eux. Le Roi d'Angleterre , Electeur
d'Hanovre , de concert avec le Roi de Pruffe , a
donné le commandement des Hanovriens au
Prince Ferdinand de Brunſwick , qui , après être
JANVIER. 1758 . 163
arrivé à cette armée , a recommencé les hoftilités
contre les François. Ce Prince a d'abord marché
à Harbourg, & a fait fommer le Château , ou
commande le Marquis de Perreufe , Maréchal de
Camp. Sur le refus que cer Officier Général a fait
de fe rendre , on s'eft canonné de part & d'autre
affez vivement pendant trois jours. Mais au
premier avis que le Maréchal Duc de Richelieu
avançoit avec un corps d'armée , le Prince Ferdinand
de Brunſwick a laiffé deux mille hommes
devant la Place , & eft allé au devant de lui . Il y
a eu quelques efcarmouches entre nos Partis &
ceux des Hanovriens. Un corps des derniers s'étant
avancé à deux lieues de Brême , s'eft emparé
de Burg & de Vegfac. La plus grande partie des
troupes que nous avons en- decà & au - delà du
Vezer , & même celles qui font en Ooft- Friſe
ont ordre de marcher vers la Vumme.
$ DE HANOVRE , le S Decembre.
La Capitulation de Clofterfeven conclue le
mois de Septembre dernier entre le Maréchal Duc
de Richelieu & le Duc de Cumberland , confirmée
par les paroles d'honneur de ces deux Géné
raux , qui font déposées entre les mains du Comte
de Lynar , Miniftre de Dannemarck , & fortifiée
de la garantie de Sa Majesté Dannoife , après
avoir fouffert diverfes infractions de la part des
Hanovriens , vient d'être enfin rompue ouvertement
par eux. Le Roi d'Angleterre , Electeur
d'Hanovre , de concert avec le Roi de Pruffe , a
donné le commandement des Hanovriens au
Prince Ferdinand de Brunſwick , qui , après être
JANVIER. 1758 . 163
arrivé à cette armée , a recommencé les hoftilités
contre les François. Ce Prince a d'abord marché
à Harbourg, & a fait fommer le Château , ou
commande le Marquis de Perreufe , Maréchal de
Camp. Sur le refus que cer Officier Général a fait
de fe rendre , on s'eft canonné de part & d'autre
affez vivement pendant trois jours. Mais au
premier avis que le Maréchal Duc de Richelieu
avançoit avec un corps d'armée , le Prince Ferdinand
de Brunſwick a laiffé deux mille hommes
devant la Place , & eft allé au devant de lui . Il y
a eu quelques efcarmouches entre nos Partis &
ceux des Hanovriens. Un corps des derniers s'étant
avancé à deux lieues de Brême , s'eft emparé
de Burg & de Vegfac. La plus grande partie des
troupes que nous avons en- decà & au - delà du
Vezer , & même celles qui font en Ooft- Friſe
ont ordre de marcher vers la Vumme.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1757, la capitulation de Clofterfeven, signée en septembre entre le maréchal duc de Richelieu et le duc de Cumberland, a été violée par les Hanovriens malgré les assurances du roi de Danemark. Le roi d'Angleterre, également électeur de Hanovre, et le roi de Prusse ont désigné le prince Ferdinand de Brunswick pour diriger les troupes hanovriennes. Ferdinand a repris les hostilités contre les Français en marchant sur Harbourg et en assiégeant le château du marquis de Perreuse. Après trois jours de combats, il a laissé 2 000 hommes devant la place et a avancé à la rencontre du maréchal duc de Richelieu. Des escarmouches ont opposé les forces françaises et hanovriennes. Parallèlement, un détachement hanovrien a pris Burg et Vegfac, à deux lieues de Brême. Les troupes françaises en Allemagne et en Ost-Frise ont reçu l'ordre de se diriger vers la Vumme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10707
p. 163-164
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Il y a eu d'assez vifs débats dans les Conseils tenus [...]
Mots clefs :
Londres, Conseils, Officiers, Débarquement, Ministre, Dublin, Orage violent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 26 Novembre.
Il y a eu d'affez vifs débats dans les Confeils
tenus à la Cour au fujet des Officiers de terre &
de mer qui étoient chargés de conduire l'expédi
tion faite en dernier lieu fur les côtes de France.
L'avis de plufieurs Membres a été qu'ils avoient
manqué à leur devoir. On leur reproche de
n'avoir pas d'abord attaqué le Fort de Fou-
Fas de n'avoir pas tenté le débarquement
du côté de Rochefort d'avoir eu entr'eux
de la méfintelligence , & de ne s'être point
accordés dans les Confeils qu'ils ont tenus fur la
flotte les 25 & 28 Septembre. On ne fçait point ce
qui fera décidé ; mais on croit que le Parlement
prendra connoiffance de cette affaire, Cet événe
見
164 MERCURE DE FRANCE.
1
ment , & ce qui fe paffe en Allemagne , femblent
annoncer un changement prochain dans le miniftere
& dans les armées .
Suivant les lettres de Dublin , il s'eft élevé dans
cette Ville , le 17 Novembre, à trois heures aprèsmidi
, un orage , accompagné de tonnerre , d'éclairs
& de grêle , d'une telle violence , que de mémoire
d'homme il ne s'y en eft point vu de femblable.
Une partie du clocher de l'Eglife de Chriſt a été
abattue par la foudre , & la chûte a fort endommagé
ce Temple.
DE LONDRES , le 26 Novembre.
Il y a eu d'affez vifs débats dans les Confeils
tenus à la Cour au fujet des Officiers de terre &
de mer qui étoient chargés de conduire l'expédi
tion faite en dernier lieu fur les côtes de France.
L'avis de plufieurs Membres a été qu'ils avoient
manqué à leur devoir. On leur reproche de
n'avoir pas d'abord attaqué le Fort de Fou-
Fas de n'avoir pas tenté le débarquement
du côté de Rochefort d'avoir eu entr'eux
de la méfintelligence , & de ne s'être point
accordés dans les Confeils qu'ils ont tenus fur la
flotte les 25 & 28 Septembre. On ne fçait point ce
qui fera décidé ; mais on croit que le Parlement
prendra connoiffance de cette affaire, Cet événe
見
164 MERCURE DE FRANCE.
1
ment , & ce qui fe paffe en Allemagne , femblent
annoncer un changement prochain dans le miniftere
& dans les armées .
Suivant les lettres de Dublin , il s'eft élevé dans
cette Ville , le 17 Novembre, à trois heures aprèsmidi
, un orage , accompagné de tonnerre , d'éclairs
& de grêle , d'une telle violence , que de mémoire
d'homme il ne s'y en eft point vu de femblable.
Une partie du clocher de l'Eglife de Chriſt a été
abattue par la foudre , & la chûte a fort endommagé
ce Temple.
Fermer
Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Des débats intenses ont eu lieu au sein des conseils de la Cour britannique concernant les officiers impliqués dans une récente expédition sur les côtes de France. Ces officiers sont critiqués pour ne pas avoir pris d'assaut le Fort de Fouras et pour ne pas avoir tenté de débarquer près de Rochefort. Ils sont également accusés de méfiance mutuelle et de désaccord lors des réunions tenues sur la flotte les 25 et 28 septembre. La décision finale concernant cette affaire n'est pas encore connue, mais il est probable que le Parlement l'examine. Ces événements, ainsi que des développements en Allemagne, laissent présager des changements imminents dans le ministère et les armées. Par ailleurs, un violent orage à Dublin le 17 novembre a endommagé une partie du clocher de l'église Christ Church.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10708
p. 164-165
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Les suites des couches de Madame la Dauphine ayant été aussi [...]
Mots clefs :
Madame la Dauphine, Duc, Archevêque, Sa Majesté, Brevet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
ES
2
Les fuites des couches de Madame la Dauphine
ayant été auffi heureufes que fon accouchement ,
cette Princeffe fe rendit le 19 Novembre à la
Chapelle du château , où elle fut relevée avec les
cérémonies ordina res , par le Cardinal de Luynes,
fon premier Aumônier .
Le 22 du même mois , M. le Duc de Chevreufe
prêta ferment entre les mains du Roi pour le Gonvernement
de Paris .
M. l'Archevêque de Bourges prêta auffi ferment
le 23 entre les mains de Sa Majesté.
M. le Chevalier Mackenfic Douglafe , Minif
tre chargé des affaires de France à la Cour de
Petersbourg , eut l'honneur d'être préſenté au Roi
& à la Reine le 13 Novembre. L'accueil diftingué
qu'il a reçu de leurs Majeftés & de la Famille
Royale , prouve affez la fatisfaction que l'on a de
fes fervices.
JANVIER. 1758. 165.
LeRoi a accordé un brevet de Confeiller d'Etat
à M. Gallois , Préfident à la Chambre des Compres
de Normandie , & Secretaire d'état du Roi de
Pologne , Duc de Lorraine & de Bar .
ES
2
Les fuites des couches de Madame la Dauphine
ayant été auffi heureufes que fon accouchement ,
cette Princeffe fe rendit le 19 Novembre à la
Chapelle du château , où elle fut relevée avec les
cérémonies ordina res , par le Cardinal de Luynes,
fon premier Aumônier .
Le 22 du même mois , M. le Duc de Chevreufe
prêta ferment entre les mains du Roi pour le Gonvernement
de Paris .
M. l'Archevêque de Bourges prêta auffi ferment
le 23 entre les mains de Sa Majesté.
M. le Chevalier Mackenfic Douglafe , Minif
tre chargé des affaires de France à la Cour de
Petersbourg , eut l'honneur d'être préſenté au Roi
& à la Reine le 13 Novembre. L'accueil diftingué
qu'il a reçu de leurs Majeftés & de la Famille
Royale , prouve affez la fatisfaction que l'on a de
fes fervices.
JANVIER. 1758. 165.
LeRoi a accordé un brevet de Confeiller d'Etat
à M. Gallois , Préfident à la Chambre des Compres
de Normandie , & Secretaire d'état du Roi de
Pologne , Duc de Lorraine & de Bar .
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En novembre 1757, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Madame la Dauphine a accouché le 19 novembre, suivie d'une cérémonie de relevée à la chapelle du château par le Cardinal de Luynes. Le 22 novembre, le Duc de Chevreuse a prêté serment pour le gouvernement de Paris, et l'Archevêque de Bourges a fait de même le 23 novembre. Le Chevalier Mackensie Douglas, ministre chargé des affaires de France à la cour de Petersbourg, a été présenté au Roi et à la Reine le 13 novembre, recevant un accueil distingué. En janvier 1758, le Roi a accordé un brevet de Conseiller d'État à M. Gallois, Président à la Chambre des Comptes de Normandie et Secrétaire d'État du Roi de Pologne, Duc de Lorraine et de Bar.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10709
p. 165-181
Description des Fêtes données en la ville d'Arras, à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Comte d'Artois.
Début :
La joie que cet évènement a répandue dans l'Artois, ne s'est [...]
Mots clefs :
Fêtes, Arras, Monseigneur le Comte d'Artois, Naissance, Évêque d'Arras, Te Deum, Mandement, Heureux, Prince, Royaume, Secrétaire, Lettre du roi, Bonheur, Voeux, Providence, Banquets, Conseillers, Militaires, Religieux, Peuple, Vers d'un citoyen d'Arras, Représentations, Feux d'artifice, Destruction d'édifices, Chronographes, Peinture, Médaillons, Symboles, Histoire de l'Artois, Armes, Inscriptions latines, Arts et sciences, Royauté, Bal, Comtes, Comtesses, Marquis, Cérémonies, Sentiments, Vertus, Architecture, Décors, Concert de musique, Jésuites, Capitale, Villes de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description des Fêtes données en la ville d'Arras, à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Comte d'Artois.
Defcription des Fêtes données en la ville d'Arras ,
à l'occafion de la Naiffance de Monseigneur le
Comte d'Artois.
LA joie que cet événement a répandue dans
l'Artois , ne s'eft pas bornée aux fentimens de
refpect , d'amour & de reconnoiffance que les
Etats de cette Province ont portés jufqu'au pied
du trône , par la députation nombreufe dont le
Mercure de Novembre a fait mention . Cette joie
a encore éclaté par des fêtes qui méritent qu'on
en conferve le fouvenir ; & nous allons détailler
ce qui s'eft paffé en cette conjoncture dans la
Capitale du pays,
Dès le 11 Octobre , jour auquel un Courier du
cabinet vint apporter aux Députés ordinaires des
Etats ( 1 ) , la nouvelle de l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & du nom donné par
le Roi au Prince nouveau-né , il y eut des illuminations
& autres démonftrations publiques d'alégreffe
, tant aux Etats & à l'Hôtel de Ville , qu'au
Confeil d'Artois , à l'Evêché , à l'Abbaye de Saint-
Vaaft , &c. mais elles ne furent que le prélude
des réjouiffances brillantes qui devoient les fuivre,
M. l'Evêque fixa au Dimanche 6 Novembre , lé
(1 ) Ce font trois perfonnes choifies dans les trois
Corps des Etats , qui réfident à Arras , & font
chargées de l'adminiftration , hors du temps dés
Affemblées,
166 MERCURE DE FRANCE.
"
Te Deum ordonné par le Roi , & publia à ce fujet
un Mandement conçu en ces terines :
Jean de Bonneguize , par la grace de Dien
» & du S. Siège Apoftolique , Evêque d'Arras : à
tous Abbés , Abbeffes , Chapitres , Doyens ,
Paſteurs , Supérieurs & Supérieures des Eglifes
» & Monafteres exempts & non exempts, & à tous
» fideles de notre Dioceſe , falut & bénédiction.
» Le Seigneur , Mes Très- Chers Freres , tient
dans , fes mains , & la deftinée des Maîtres de
» la terre & le fort des Empires. Heureux les Rois
» & les Peuples , quand ils ne l'apprennent qué
par les preuves qu'il leur donne de fon amour
» & de fa protection !
» Tel eft l'avantage dont nous jouiffons , Mes
Très Chers Freres, furtout depuis que l'heureuſe
fécondité de Madame la Dauphine ajoute à tant
» d'autres faveurs du ciel , les bénédictions dont
≫ il comble par elle le Roi & le Royaume . Cha-
» que année nous ramene au pied des Autels pour
» y rendre graces d'un préſent nouveau à un Dieu
» qui véille au repos & à la profpérité de l'Etar.
» Il donne encore aujourd'hui dans le Prince qui
» vient de naître un nouvel appui au trône déjà le
» mieux affermi , & à la Nation la plus heureufe
un gage de plus de la durée de fon bonheur.
i » Mais fi la naiffance de Monfeigneur le Comté
» d'Artois doit être pour toute la France un fujer
» de joié & un objet de reconnoiffance , vous le
fçavez , M. T. C. F. cet événement intéreffe
» particuliérement cette Province ; & le nom de
ce Prince doit lui feul vous rappeller tout ce que
vous devez dans cette circonftance aux bontés
du Roi , ou plutôt aux miféricordes du Seigneur
qui , après avoir mis dans l'ame du Monarque
, l'amour de tous fes Peuples , daigné
JANVIER. 1758. 167
aujourd'hui fixer finguliérement fur nous les regards
de fa tendrefle.
>> Province heureuſe & préférée , hâtons- nous
» de faire éclater notre joie , & de fignaler notre
» reconnoiffance pour un Dieu qui nous diftingue .
» Mais joignons à nos actions de graces pour ce
préfent ineftimable de fa bonté , les prieres les
plus ferventes , pour qu'il daigne nous le con-
>> ferver. Ce Prince eſt , en naiſſant , le fondement
» & l'appui de nos efpérances : qu'il foit pendant
» le cours d'une longue vie , le gage de notre fé-
» licité , & le lien qui refferre de plus en plus les
>> noeuds de cette tendreffe paternelle , dont le Roi
»> nous donne aujourd'hui dans fa perfonne , la
preuve la plus éclatante.
» Demandons au Seigneur de graver de bonne
>> heure dans fon ame les principes inaltérables de
» de bonté & d'humanité qui nous font trouver
» le meilleur des Peres dans le plus grand des
Rois qu'il lui infpire le goût de cette piété tendre
& folide qui fait de la Reine l'exemple de la
Cour & la gloire de la Religion ; qu'il mette
» dans fon coeur le germe des vertus de Monſeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine,
»fi dignes l'un & l'autre des bénédictions multipliées
que le Ciel répand fur leur union , & fi
propres à attirer fur le Royaume celles qui peuvent
en perpétuer la gloire , le répos & la
» profpérité.
Puiffe cet augufte Enfant fi précieux à cette
» Province en particulier , devenit , pour notre
bonheur, tous les jours de fa vie , plus parfait, en
fe formant fur de pareils modeles puiffent
> nos neveux avoir des raifons de renouveller fans
» ceffe au Seigneur pour fa confervation les ac-
» tions de graces que nous allons lui rendre pour
fa naiflance,
16S MERCURE DE FRANCE.
» A ces cauſes , après avoir pris l'avis de nos
» Vénérables Freres les Prévôt , Doyen , Cha-
» noines & Chapitre de notre Eglife Cathédrale ,
» nous ordonnons de faire chanter le Te Deum,
>> chacun dans vos Eglifes , avec les folemnités
>> requifes , le premier Dimanche ou jour de
Fête , après que vous aurez reçu notre préſent
>> Mandement , les Officiers , Magiftrats des
>> lieux , & tous autres qu'il appartiendra , invités
» d'y aſſiſter .
» Donné à Arras , en notre Palais Epiſcopal ,
fous notre feing & la fignature de notre Secre-
D taire , le trois Novembre mil fept cens cinquan-
» te-fept » .
JEAN , Evêque d'Arras.
Par Monfeigneur ,
PECHENA , Secrétaire.
Lettre du Roi , à M. l'Evêque d'Arras .
Monfieur l'Evêque d'Arras , la durée du bonheur
de mes fujets étant l'objet de mes voeux les plus
ardens , tous les événemens capables de le perpétuef,
excitent en moi les fentimens que mérite
un peuple toujours empreffé à me donner des
marques de fon zele , de fa fidélité & de fon
amour. Les princes dont il a plu à Dieu de combler
mes fouhaits , affurent la tranquillité dans
mes états. Celui dont matrès chere Fille la Dauphine
vient d'être heureuſement délivrée , eſt un
nouveau don de la providence , & c'eft pour lui
rendre les actions de graces qui lui font dûes , que
je vous fais cette lettre , pour vous dire que mon
intention eft que vous faffiez chanter le Te Deum
dans votre Eglife Cathédrale , & dans toutes les
autres
JANVIERL
169
. 1758.
autres de votre Dioceſe , avec la folemnité requife
, & que vous invitiez d'y affifter tous ceux qu'il
conviendra ; ce que me promettant de votre zele
je ne vous ferai la préfente plus longue , que pour
prier Dieu qu'il vous ait , Mons. l'Evêque d'Arras
, en fa fainte garde. Ecrit à Versailles le 9 Octobre
1757. Signé , LOUIS . Et plus bas , R. de
Voyer. Etfur le repli : à Mons. l'Evêque d'Arras,
Confeiller en mes Confeils .
La fête fut annoncée le au foir par toutes les
cloches de la Ville , que l'on fonna encore le 6 ,
de grand matin. En même temps des falves d'artillerie
& de boîte fe firent entendre , & recommencerent
à différentes reptiles dans le cours de
la journée. Il y eut ce même jour à l'Hôtel de
Ville un dîner fomptueux de plus de quatre-vingts
couverts , où le trouva M. de Caumartin , Intendant
de la Province . On y avoit auffi invité l'Evêque
, l'Abbé de Saint- Vaaft , le Commandant
de la Place , le premier Préfident du Confeil d'Artois
, & la Nobleffe , ainfi qu'un certain nombre
des Officiers de la garnifon , & des autres principaux
Corps , ecclefiaftiques , civils & militaires.
Pendant ce repas , on jetta de l'argent au peuple
& les Magiftrats lui firent diftribuer du pain , des
viandes & du vin. Immédiatement après que la
fanté de Monfeigneur le Comte d'Artois eût été
bue au fon des inftrumens , on préfenta à tous les
convives des exemplaires de la piece fuivante ,
compofée par M Harduin , Avocat , ancien Député
des Etats d'Artois à la Cour , & Secretaire
perpétuel de la Société Littéraire d'Arras.
L. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE .
Sentimens d'un Citoyen d'Arras , fur la Naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois .
It fort donc aujourd'hui de fon obſcurité ,
Ce Titre qu'autrefois des Héros ont porté ( 1 ).
D'un Enfant de Louis il devient le partage :
Louis , pour couronner notre fidélité ,
Daigne de fon amour nous accorder ce gage .
Vous reprenez enfin votre antique fplendeur ,
Lieux où de Pharamond le brave Succeffeur (1 )
Jetta les fondemens du floriffant Empire
Qui commande à l'Europe , & que le monde admire.
Monarque triomphant , que le Ciel a formé
Pour les vertus & pour la gloire ,
Ton peuple réuni , d'un beau zele animé ,
T'a placé dès long-temps au Temple de mémoire ,
Sous le nom de Roi Bien - Aimé.
Mais lorfque furpaffant toute notre eſpérance ,
Tu veux nous diftinguer de tes autres Sujets ,
Lorfque tu mets pour nous le comble à tes bienfaits
,
Quel nom te donnera notre reconnoiffance !
Plaifirs , volez ici fous mille traits divers :
Que Polymnie & Terpsichore
Célebrent à l'envi le Maître qu'on adore.
(1) Robert I & Robert II, Comtes d'Artois.
(2) Clodion.2
JANVIER.
1758.
171
Qu'un bruit guerrier fe mêle aux plus tendres
concerts :
Que la fiere trompette fonne :
Sur nos murs que la foudre tonne :
Que le falpêtre éclate dans les airs.
Que mille bouche enflammées
Annoncent les tranfports de nos ames charmées
Au bout de ce vafte Univers.
Je vois juſques à
l'Empyrée
S'élevér de rapides feux :
Ainfi vers la voûte azurée
S'élance l'ardeur de nos voeux.
Tels que ces
brillantes étoiles ,
Qui de la nuit perçant les voiles ,
Retombent en foule à nos yeux ,
Sur l'Enfant fi cher à la France
Puiffent
defcendre en
abondance
Les plus riches préfens des Cieux.
Dans le
raviffement où mon ame fe livre ,
En lui déja je vois revivre
Ce Frere vertueux du plus faint de nos Rois ( 1).
A nos ayeux il fit chérir fes loix :
Des cruels
Sarrafins il
confondit la rage :
Prince , lis fes exploits , & deviens fon image ...
Mais pourquoi de l'hiftoire
emprunter le fecours ▸
(1) Robert I, frere de Saint Louis , furnommé
le Bon & le
Vaillant, ‹
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
Pour acquérir une gloire immortelle ,
Il ne te faut d'autre modele
Que ton augufte Ayeul , ou l'Auteur de tes jours.
Illuftre Enfant , auprès du trône
Tu feras de l'Artois le plus ferme foutien :
De Louis & du peuple à qui fa main te donne ,
Tu refferres encor le fortuné lien .
Si tu pouvois juger de notre amour extrêmê
Si tu lifois au fond de notre coeur ,
Ah ! tu t'applaudirois toi- même
Du nom qui fait notre bonheur .
.
On avoit élevé , vis- à-vis de l'Hôtel de Ville ,
un Feu d'artifice , pour lequel on n'avoit épargné
ni foins , ni dépenfe , non plus que pour les illuminations
de cet hôtel , de la haute & admirable
tour qui l'accompagne , & des autres édifices publics
. Tous les particuliers s'étoient auffi empreffés
à illuminer leurs maiſons , d'une maniere qui
répondît à la folemnité du jour ; mais une pluie
continuelle empêcha l'effet de ces préparatifs. On
ne put faire jouer qu'une petite partie de l'artifice
; & le refte fut remis au furlendemain.
L'édifice conftruit pour le feu , fur les deffeins
du fieur Beffara , Architecte de la Ville , étoit
feint de marbre blanc , & avoit s 2 pieds d'élévation
en deux étages , furmontés d'une pyramide
de 33 pieds . Le premier étage ou rez - de - chauffée
étoit un quarré d'ordre dorique , ayant 44 pieds
de face , dont le côté principal offroit un portique
, avec fronton & baluftrade , orné des Armes
du Roi , de Monfeigneur le Dauphin , & de Mon.
feigneur le Comte d'Artois , Une colonnade ioniJANVIER.
1758. 173
que formoit le fecond étage , qui étoit circulaire.
Vingt-quatre vafes à fleurs & trophées d'armes
ou de mufique , fervoient d'amortiffemens aux
deux ordres d'architecture . Cette décoration étoit
femée de chronogrammes ou chronographes
forte d'infcription fort en ufage aux Pays Bas ,
dans laquelle on trouve , en chiffre Romain , par
la réunion de toutes les lettres numérales qu'elle
contient , l'année de l'événement qui en eſt l'objet.
Voici quelques- uns de ces chronographes :
nasCItVŕ CoMes , spLenDor artesIx.
DonVM CLI aC, regIs.
PVLChra FIDel MerCes .
LætVs aMor aCCenDIt Ignes,
Entre les différentes illuminations qui avoient
été préparées , on remarquoit aux croifées de
Pappartement que la Société Littéraire occupe à
l'hôtel du Gouverneur , trois tranfparens , fur
lefquels étoient peints autant de médaillons , imaginés
par M. Camp , Avocat , Membre de cette
Société , & actuellement Député des Etats à lạ
Cour. On croit devoir donner ici la defcription
de ces morceaux de peinture.
Premier Médaillon.
L'hiftoire de l'Artois caractérisée fpécifiquement
par une femme vêtue d'une faie blanche
rayée de pourpre ( 1 ) . Elle a fur la tête une couronne
de laurier , & une plume à la main . Devant
(1 ) Cette espece d'étoffe fe fabriquoit autrefois
par les habitans d'Arras , nommés Atrebates, avec
tant de réputation que les Romains en faifoient
leurs plus magniques habillemens.
Hiij
74 MERCURE DE FRANCE.
elle eft un grand livre ouvert , fur la couverture
duquel fe voyent les Armes de la province . Elle
tient de la main gauche un médaillon portant
celles de Monfeigneur le Comte d'Artois , qu'elle
regarde avec un étonnement mêlé de joie. Une
pile de volumes imprimés & manuſcrits , fur laquelle
font les aîles & autres attributs du Temps ,
fert d'appui au livre que cette femme tient ouvert.
Elle a un pied pofé fur un débris de monument
antique , dont les reftes font épars. Auprès eft
une urne renverfée , d'où fe répand un grand
nombre de médailles .
Légende.
QUANTA FASTORUM GLORIA !
Exergue.
COMES DATUS IXA. OCT. M. DCC. LVII .
Second médaillon ,
Minerve affife , ferrant de fon bras gauche un
vafe aux Armes d'Artois , dans lequel eft planté
un rejetton de lys , qu'elle prend foin de cultiver.
A fes pieds font des trophées relatifs aux Arts &
aux Sciences.
Légende.
CURAT NOBISQUE COLIT.
Exergue.
SOC. LITT . ATR. SPES ET VOT.
Troisieme médaillon.
Les chiffres des Rois Louis VIII & Louis XV,
figurés par deux doubles IL , placés fous une
même couronne , & accompagnées refpectivement
JANVIER. 1758 . 175
des nombres VIII & XV . Un cordon bleu fort de
la couronne , entrelace les deux chiffres , & ſe
termine par un noeud , d'où pendent les Armes de
Monfeigneur le Comte d'Artois ( 1 ) .
Légende.
AB EVO IN ÆVUM.
Exergue.
DECUS FUNDATUM ET RESTITUTUM.
Le même jour 6 Novembre , vers les dix heures
du foir , il y eut dans la grande falle de l'Hôtel
de Ville , qu'on avoit fuperbement décorée , un
bal qui fut ouvert par M. l'Intendant avec Madame
la Comteffe de Houchin , épouse du Député
ordinaire de la Nobleffe des Etats . On y fervit
fur des buffets en gradins , un ambigu fuffifant
pour fatisfaire les goûts divers de deux mille perfonnes
au moins qui fe trouverent à ce bal .
Les Etats d'Artois différerent jufqu'à l'ouverture
de leur Affemblée générale , la folemnité de
leurs actions de graces & de leurs réjouiflances ,
afin que tous les Membres des trois Ordres fuflent
à portée d'y participer. Ce fut le lundi 21 Novembre
que le fit cette ouverture ; & après la
féance , qui fe tint dans la forme ordinaire fur les
dix heures du matin , on chanta dans l'Eglife des
Récollets un Te Deum en mufique , auquel M.
(1) Louis VIII , par fon Teftament du mois de
Juin 1225 , affigna l'Artois en partage à Robert
fon fecond fils , frere de S. Louis , de qui defcend la
branche de Bourbon. Depuis ce Robert , premier
Comte d'Artois , aucun fils de France n'en avoit
porté le titre.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
l'Evêque d'Arras officia pontificalement. M. fe
Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province ;
M. l'Intendant , & M. Briois , Premier Préfident
du Confeil Provincial , Commiffaires du Roi pour
la tenue des Etats , affifterent à cette cérémonie ,
accompagnés de tous les Membres de l'Affemblée.
Il y eut enfuite un magnifique dîner de deux cens
vingt-cinq couverts, auquel tous les Corps avoient
été invités. Sur la fin du repas , on but avec appareil
les fantés du Roi , de Monfeigneur le Dauphin
& du nouveau Prince , qui furent annoncées
fucceffivement par des falves de boîtes & d'artillerie
; & les Députés ordinaires jetterent de l'argent
au peuple. Dès que la nuit fut venue , on tira
avec toute la réuffite poffible , un très- beau Feu
d'artifice au milieu de la grande place.
Ce feu avoit la forme d'un temple , dont le
premier
étage , quarré & élevé d'environ fept pieds
au deffus du pavé , fervoit de focle à tout l'édifice.
Quatre grandes rampes de dix marches occupoient
le milieu de chaque face , & conduifoient
à une galerie fermée de panneaux & d'acroteres
enrichis d'Armes du Roi , de Monfeigneur le Dauphin
, & de Monfeigneur le Comte d'Artois , ainfi
que des Chiffres de la province.
Le principal corps établi fur le premier étage
avoit huit côtés , dont quatre plus larges que les
autres , faifant faillie & avant- corps , formoient
des portiques , & répondoient aux rampes. Aux
entrées de ces portiques étoient les figures fymboliques
de la fincérité & de la fidélité , qui caractérifent
les Artéfiens , & celles de la reconnoiffance
& de l'espérance , fentimens dont ce peuple eft
particuliérement affecté dans la circonftance préfente.
Les quatre côtés enfoncés étoient ornés de
iches , avec d'autres figures qui défignoient les
JANVIER. 1758. 177
Vertus protectrices du jeune Prince ; fçavoir , la
Religion , la Bonté , la Valeur & la Prudence.
Des emblêmes relatifs à ces vertus rempliffoient
le deffus des niches. La décoration générale de
toute cette partie étoit un ordre Ionique régulier ,
dont l'entablement faillant foutenoit une baluftrade
mêlée d'acroteres , fur chacun defquels on
voyoit des grouppes d'enfans , qui fembloient , en
exprimant leur joie , difputer à qui porteroit les
Armes du Roi , & celles des autres perfonnes de
la Famille Royale.
Sur le deuxieme étage étoit pofé un attique à
quatre faces , dont trois préfentoient des tableaux
emblématiques , & l'autre contenoir cette infcription
:
NOVO ARTESIA COMITI
Il y avoit des pilaftres aux angles de ce corps
d'architecture avec un entablement en faillie ,
lequel étoit couronné de quatre vafes de ronde
bolle. Une pyramide en mofaïque évidée , s'élevoit
fur l'attique qui lui fervoit de baſe , & portoit
fur fa cime les Armes d'Artois , furmontées
d'un foleil .
Aux quatre coins du temple , & à une diſtance
convenable , étoient de grands obéliſques décorés,
de chiffres , de médaillons , &c.
Toutes les parties de l'édifice étoient peintes
en grifaille , à l'exception des tableaux & des
emblêmes , qui l'étoient en camayeu de couleur
bleue. Mais cette fimplicité étoit relevée par l'éclat
de l'or répandu fur les armoiries , les infcriptions
, les cartouches , les guirlandes ; fur la pyramide
, fur les vafes , & fur tous les ornemens
où l'on avoit pu l'employer avec goût.
Cet ouvrage fut exécuté par les foins & fur les
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
deffeins du fieur Linque , Architecte , natif & hæ
bitant d'Arras.
Les Commiffaires de Sa Majesté & les Etats
virent jouer l'artifice d'un amphithéâtre dreffé à
l'un des bouts de la place , qui eft une des plus
vaftes du Royaume. Des fanfares de cors , trompettes
& timbales , animerent ce fpectacle , aprèslequel
plufieurs fontaines de vin coulerent pour
le peuple.
Les deux façades de l'Hôtel des Etats furent
illuminés par une quantité immenfe de lamprons
, dont l'arrangement deffinoit , fans confufion
, toute la belle architecture de cet hôtel Dans
un grand tableau tranfparent placé au deffus de
la porte d'entrée , on voyoit Lucine defcendant
du Ciel , & tenant dans fes bras le Prince nouveau-
né. Le Roi montroit à cette Déeffe la Province
d'Artois perſonnifiée qui , d'un air empreffé
, tendoit les mains pour recevoir l'augufte Enfant.
Un rayon de lumiere partant du vifage de
ce nouveau Comte , fe répandoit fur celui de la
Province ; & on lifoit fur une banderole ce chronographe
:
novo spLenDes CIt CoMIte.
A neuf heures du foir commença un concert ,
dans lequel on exécuta plufieurs pieces de mufique
Françoife & Italienne . A ce concert fuccéda
un ambigu pour les Dames , fervi fur deux tables
de foixante perfonnes chacune . La fête fut terminée
par un grand bal , que M. le Duc de
Chaulnes ouvrit avec Madame la Comteffe de
Houchin , & qui dura jufqu'au jour. Rien n'y
fut oublié , foit pour la décoration des trois falles
où l'on danfa , foit pour la maniere dont elles
furent éclairées , foit pour la fymphonie & les
rafraîchiffemens de toute efpece.
JANVIER . 1758. 179
M. l'Evêque d'Arras donna de grands foupers
la veille de l'ouverture & le jour de la clôture
des Etats. Pendant la fête du 21 , on diftribua
abondamment dans fon palais du pain , des viandes
, de la biere , du bois & de Pargent à cinq
cens perfonnes au moins . La maison du Bon
Pafteur , qui renferme plus de cent pauvres filles ,
a éprouvé les mêmes libéralités de la part de ce
Prélat.
Le 6 & le 21 , M. de Briois , Abbé de S. Vaaſt ,
fit tirer beaucoup d'artifice. Il a pareillement
fignalé fa charité , en faisant délivrer aux pauvres
quatre mille pains , du poids de trois livres &
demie:
M. de Caumartin qui , depuis le commencement
de l'Affemblée des Etats avoit donné des
preuves de fa magnificence ordinaire , y ajouta
le Dimanche 27 Novembre un dîner de cent trente
couverts. Ce feftin ne fut que pour les hommes ;
mais environ quatre- vingts Dames fouperent le
même jour à l'intendance , où il y eut audi un
bal qui ne laiffa rien à défirer . M. le premier
Préſident du Confeil d'Artois s'étoit diftingué de
fon côté le jeudi précédent , par un dîner fuivi
d'un bal , qui fut interrompu pour voir un bouquet
d'artifice & une illumination terreftre , formée
avec goût dans le parterre du jardin de ce
Magiftrat. Il fit fervir fur les neuf heures un ambigu
; après lequel il y eut concert , & l'on reprit
le bal qui ne finit qu'avec la nuit.
Enfin le 30 Novembre , les RR. PP. Jéfuites
du College d'Arras firent chanter dans leur Eglife
le Te Deum & l'Exaudiat , par toute la mufique
de la Cathédrale . M. l'Evêque d'Arra y officia ,
& les Etats qu'on avoit invités à la cérémonie ,
affifterent en corps ; après quoi ils pafferent dans
y
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
la falle des Actes , où le R. P. Dubuiffon , Profeffeur
de Rhétorique , leur adreffa une harangue
latine , dont l'objet étoit de féliciter la province
d'Artois fur la naiffance du nouveau Comte.
L'Orateur s'attacha à prouver dans la premiere
partie de fon difcours , qu'il ne pouvoit rien arriver
de plus avantageux à la Province , que de
voir fon nom porté par un Prince de la Maifon de
Bourbon ; & dans la feconde , qu'aucune Province
n'étoit plus digne de cette grace.
Les PP. Jéfuites ont fourni ce jour là de quoi
dîner à douze pauvres familles de chacune des
onze Paroiffes de la Ville. Les écoliers , tant externes
que penfionnaires , qui font de la Congré
gation de la Vierge , ont donné le même jour à
dîner & à fouper aux malheureux détenus dans
les prifons royales , lefquels étoient au nombre
de quarante , les ont fervis eux- mêmes , & leur ont
encore diftribué des aumônes.
Les autres Villes de l'Artois n'ont pas témoi
gné moins d'ardeur que la Capitale à célébrer
une époque fi glorieufe pour la Province ; & de
fimples Bourgades ont donné en cette occafion
les marques les plus éclatantes de leur zele & de
leur alégreffe.
Le Roi a nommé le Maréchal de Tomond ,
pour commander fur les côtes de la Méditerranée .
Sa Majefté a auffi difpofé du commandement de
la Guyenne en faveur du Comte de Langeron
Lieutenant-Général de fes armées , & Elle a donné
au Comte de Gramont , Brigadier d'Infanterie,
& Menin de Monfeigneur le Dauphin , le Commandement
des troupes , dans la partie du Gouvernement
de la Guyenne , qui dépend de la Généralité
d'Aufch.
Sur la démiffion de Madame la Ducheffe d'Antin,
JANVIER. 1758.
181
de la place de Dame du Palais de la Reine , le Roi a
nommé le 25 Novembre Madame la Comteffe de
Clermont-Tonnere pour la remplacer.
Le 27, M. le Comte de Rochechouart prêta ferment
entre les mains du Roi , pour le Gouvernement
de l'Orléannois.
M. Le Duc de Chaulnes étant revenu de l'armée
du Maréchal Duc de Richelieu , pour tenir les
Etats d'Artois , en fit l'ouverture à Arras le 21
Novembre.
à l'occafion de la Naiffance de Monseigneur le
Comte d'Artois.
LA joie que cet événement a répandue dans
l'Artois , ne s'eft pas bornée aux fentimens de
refpect , d'amour & de reconnoiffance que les
Etats de cette Province ont portés jufqu'au pied
du trône , par la députation nombreufe dont le
Mercure de Novembre a fait mention . Cette joie
a encore éclaté par des fêtes qui méritent qu'on
en conferve le fouvenir ; & nous allons détailler
ce qui s'eft paffé en cette conjoncture dans la
Capitale du pays,
Dès le 11 Octobre , jour auquel un Courier du
cabinet vint apporter aux Députés ordinaires des
Etats ( 1 ) , la nouvelle de l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & du nom donné par
le Roi au Prince nouveau-né , il y eut des illuminations
& autres démonftrations publiques d'alégreffe
, tant aux Etats & à l'Hôtel de Ville , qu'au
Confeil d'Artois , à l'Evêché , à l'Abbaye de Saint-
Vaaft , &c. mais elles ne furent que le prélude
des réjouiffances brillantes qui devoient les fuivre,
M. l'Evêque fixa au Dimanche 6 Novembre , lé
(1 ) Ce font trois perfonnes choifies dans les trois
Corps des Etats , qui réfident à Arras , & font
chargées de l'adminiftration , hors du temps dés
Affemblées,
166 MERCURE DE FRANCE.
"
Te Deum ordonné par le Roi , & publia à ce fujet
un Mandement conçu en ces terines :
Jean de Bonneguize , par la grace de Dien
» & du S. Siège Apoftolique , Evêque d'Arras : à
tous Abbés , Abbeffes , Chapitres , Doyens ,
Paſteurs , Supérieurs & Supérieures des Eglifes
» & Monafteres exempts & non exempts, & à tous
» fideles de notre Dioceſe , falut & bénédiction.
» Le Seigneur , Mes Très- Chers Freres , tient
dans , fes mains , & la deftinée des Maîtres de
» la terre & le fort des Empires. Heureux les Rois
» & les Peuples , quand ils ne l'apprennent qué
par les preuves qu'il leur donne de fon amour
» & de fa protection !
» Tel eft l'avantage dont nous jouiffons , Mes
Très Chers Freres, furtout depuis que l'heureuſe
fécondité de Madame la Dauphine ajoute à tant
» d'autres faveurs du ciel , les bénédictions dont
≫ il comble par elle le Roi & le Royaume . Cha-
» que année nous ramene au pied des Autels pour
» y rendre graces d'un préſent nouveau à un Dieu
» qui véille au repos & à la profpérité de l'Etar.
» Il donne encore aujourd'hui dans le Prince qui
» vient de naître un nouvel appui au trône déjà le
» mieux affermi , & à la Nation la plus heureufe
un gage de plus de la durée de fon bonheur.
i » Mais fi la naiffance de Monfeigneur le Comté
» d'Artois doit être pour toute la France un fujer
» de joié & un objet de reconnoiffance , vous le
fçavez , M. T. C. F. cet événement intéreffe
» particuliérement cette Province ; & le nom de
ce Prince doit lui feul vous rappeller tout ce que
vous devez dans cette circonftance aux bontés
du Roi , ou plutôt aux miféricordes du Seigneur
qui , après avoir mis dans l'ame du Monarque
, l'amour de tous fes Peuples , daigné
JANVIER. 1758. 167
aujourd'hui fixer finguliérement fur nous les regards
de fa tendrefle.
>> Province heureuſe & préférée , hâtons- nous
» de faire éclater notre joie , & de fignaler notre
» reconnoiffance pour un Dieu qui nous diftingue .
» Mais joignons à nos actions de graces pour ce
préfent ineftimable de fa bonté , les prieres les
plus ferventes , pour qu'il daigne nous le con-
>> ferver. Ce Prince eſt , en naiſſant , le fondement
» & l'appui de nos efpérances : qu'il foit pendant
» le cours d'une longue vie , le gage de notre fé-
» licité , & le lien qui refferre de plus en plus les
>> noeuds de cette tendreffe paternelle , dont le Roi
»> nous donne aujourd'hui dans fa perfonne , la
preuve la plus éclatante.
» Demandons au Seigneur de graver de bonne
>> heure dans fon ame les principes inaltérables de
» de bonté & d'humanité qui nous font trouver
» le meilleur des Peres dans le plus grand des
Rois qu'il lui infpire le goût de cette piété tendre
& folide qui fait de la Reine l'exemple de la
Cour & la gloire de la Religion ; qu'il mette
» dans fon coeur le germe des vertus de Monſeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine,
»fi dignes l'un & l'autre des bénédictions multipliées
que le Ciel répand fur leur union , & fi
propres à attirer fur le Royaume celles qui peuvent
en perpétuer la gloire , le répos & la
» profpérité.
Puiffe cet augufte Enfant fi précieux à cette
» Province en particulier , devenit , pour notre
bonheur, tous les jours de fa vie , plus parfait, en
fe formant fur de pareils modeles puiffent
> nos neveux avoir des raifons de renouveller fans
» ceffe au Seigneur pour fa confervation les ac-
» tions de graces que nous allons lui rendre pour
fa naiflance,
16S MERCURE DE FRANCE.
» A ces cauſes , après avoir pris l'avis de nos
» Vénérables Freres les Prévôt , Doyen , Cha-
» noines & Chapitre de notre Eglife Cathédrale ,
» nous ordonnons de faire chanter le Te Deum,
>> chacun dans vos Eglifes , avec les folemnités
>> requifes , le premier Dimanche ou jour de
Fête , après que vous aurez reçu notre préſent
>> Mandement , les Officiers , Magiftrats des
>> lieux , & tous autres qu'il appartiendra , invités
» d'y aſſiſter .
» Donné à Arras , en notre Palais Epiſcopal ,
fous notre feing & la fignature de notre Secre-
D taire , le trois Novembre mil fept cens cinquan-
» te-fept » .
JEAN , Evêque d'Arras.
Par Monfeigneur ,
PECHENA , Secrétaire.
Lettre du Roi , à M. l'Evêque d'Arras .
Monfieur l'Evêque d'Arras , la durée du bonheur
de mes fujets étant l'objet de mes voeux les plus
ardens , tous les événemens capables de le perpétuef,
excitent en moi les fentimens que mérite
un peuple toujours empreffé à me donner des
marques de fon zele , de fa fidélité & de fon
amour. Les princes dont il a plu à Dieu de combler
mes fouhaits , affurent la tranquillité dans
mes états. Celui dont matrès chere Fille la Dauphine
vient d'être heureuſement délivrée , eſt un
nouveau don de la providence , & c'eft pour lui
rendre les actions de graces qui lui font dûes , que
je vous fais cette lettre , pour vous dire que mon
intention eft que vous faffiez chanter le Te Deum
dans votre Eglife Cathédrale , & dans toutes les
autres
JANVIERL
169
. 1758.
autres de votre Dioceſe , avec la folemnité requife
, & que vous invitiez d'y affifter tous ceux qu'il
conviendra ; ce que me promettant de votre zele
je ne vous ferai la préfente plus longue , que pour
prier Dieu qu'il vous ait , Mons. l'Evêque d'Arras
, en fa fainte garde. Ecrit à Versailles le 9 Octobre
1757. Signé , LOUIS . Et plus bas , R. de
Voyer. Etfur le repli : à Mons. l'Evêque d'Arras,
Confeiller en mes Confeils .
La fête fut annoncée le au foir par toutes les
cloches de la Ville , que l'on fonna encore le 6 ,
de grand matin. En même temps des falves d'artillerie
& de boîte fe firent entendre , & recommencerent
à différentes reptiles dans le cours de
la journée. Il y eut ce même jour à l'Hôtel de
Ville un dîner fomptueux de plus de quatre-vingts
couverts , où le trouva M. de Caumartin , Intendant
de la Province . On y avoit auffi invité l'Evêque
, l'Abbé de Saint- Vaaft , le Commandant
de la Place , le premier Préfident du Confeil d'Artois
, & la Nobleffe , ainfi qu'un certain nombre
des Officiers de la garnifon , & des autres principaux
Corps , ecclefiaftiques , civils & militaires.
Pendant ce repas , on jetta de l'argent au peuple
& les Magiftrats lui firent diftribuer du pain , des
viandes & du vin. Immédiatement après que la
fanté de Monfeigneur le Comte d'Artois eût été
bue au fon des inftrumens , on préfenta à tous les
convives des exemplaires de la piece fuivante ,
compofée par M Harduin , Avocat , ancien Député
des Etats d'Artois à la Cour , & Secretaire
perpétuel de la Société Littéraire d'Arras.
L. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE .
Sentimens d'un Citoyen d'Arras , fur la Naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois .
It fort donc aujourd'hui de fon obſcurité ,
Ce Titre qu'autrefois des Héros ont porté ( 1 ).
D'un Enfant de Louis il devient le partage :
Louis , pour couronner notre fidélité ,
Daigne de fon amour nous accorder ce gage .
Vous reprenez enfin votre antique fplendeur ,
Lieux où de Pharamond le brave Succeffeur (1 )
Jetta les fondemens du floriffant Empire
Qui commande à l'Europe , & que le monde admire.
Monarque triomphant , que le Ciel a formé
Pour les vertus & pour la gloire ,
Ton peuple réuni , d'un beau zele animé ,
T'a placé dès long-temps au Temple de mémoire ,
Sous le nom de Roi Bien - Aimé.
Mais lorfque furpaffant toute notre eſpérance ,
Tu veux nous diftinguer de tes autres Sujets ,
Lorfque tu mets pour nous le comble à tes bienfaits
,
Quel nom te donnera notre reconnoiffance !
Plaifirs , volez ici fous mille traits divers :
Que Polymnie & Terpsichore
Célebrent à l'envi le Maître qu'on adore.
(1) Robert I & Robert II, Comtes d'Artois.
(2) Clodion.2
JANVIER.
1758.
171
Qu'un bruit guerrier fe mêle aux plus tendres
concerts :
Que la fiere trompette fonne :
Sur nos murs que la foudre tonne :
Que le falpêtre éclate dans les airs.
Que mille bouche enflammées
Annoncent les tranfports de nos ames charmées
Au bout de ce vafte Univers.
Je vois juſques à
l'Empyrée
S'élevér de rapides feux :
Ainfi vers la voûte azurée
S'élance l'ardeur de nos voeux.
Tels que ces
brillantes étoiles ,
Qui de la nuit perçant les voiles ,
Retombent en foule à nos yeux ,
Sur l'Enfant fi cher à la France
Puiffent
defcendre en
abondance
Les plus riches préfens des Cieux.
Dans le
raviffement où mon ame fe livre ,
En lui déja je vois revivre
Ce Frere vertueux du plus faint de nos Rois ( 1).
A nos ayeux il fit chérir fes loix :
Des cruels
Sarrafins il
confondit la rage :
Prince , lis fes exploits , & deviens fon image ...
Mais pourquoi de l'hiftoire
emprunter le fecours ▸
(1) Robert I, frere de Saint Louis , furnommé
le Bon & le
Vaillant, ‹
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
Pour acquérir une gloire immortelle ,
Il ne te faut d'autre modele
Que ton augufte Ayeul , ou l'Auteur de tes jours.
Illuftre Enfant , auprès du trône
Tu feras de l'Artois le plus ferme foutien :
De Louis & du peuple à qui fa main te donne ,
Tu refferres encor le fortuné lien .
Si tu pouvois juger de notre amour extrêmê
Si tu lifois au fond de notre coeur ,
Ah ! tu t'applaudirois toi- même
Du nom qui fait notre bonheur .
.
On avoit élevé , vis- à-vis de l'Hôtel de Ville ,
un Feu d'artifice , pour lequel on n'avoit épargné
ni foins , ni dépenfe , non plus que pour les illuminations
de cet hôtel , de la haute & admirable
tour qui l'accompagne , & des autres édifices publics
. Tous les particuliers s'étoient auffi empreffés
à illuminer leurs maiſons , d'une maniere qui
répondît à la folemnité du jour ; mais une pluie
continuelle empêcha l'effet de ces préparatifs. On
ne put faire jouer qu'une petite partie de l'artifice
; & le refte fut remis au furlendemain.
L'édifice conftruit pour le feu , fur les deffeins
du fieur Beffara , Architecte de la Ville , étoit
feint de marbre blanc , & avoit s 2 pieds d'élévation
en deux étages , furmontés d'une pyramide
de 33 pieds . Le premier étage ou rez - de - chauffée
étoit un quarré d'ordre dorique , ayant 44 pieds
de face , dont le côté principal offroit un portique
, avec fronton & baluftrade , orné des Armes
du Roi , de Monfeigneur le Dauphin , & de Mon.
feigneur le Comte d'Artois , Une colonnade ioniJANVIER.
1758. 173
que formoit le fecond étage , qui étoit circulaire.
Vingt-quatre vafes à fleurs & trophées d'armes
ou de mufique , fervoient d'amortiffemens aux
deux ordres d'architecture . Cette décoration étoit
femée de chronogrammes ou chronographes
forte d'infcription fort en ufage aux Pays Bas ,
dans laquelle on trouve , en chiffre Romain , par
la réunion de toutes les lettres numérales qu'elle
contient , l'année de l'événement qui en eſt l'objet.
Voici quelques- uns de ces chronographes :
nasCItVŕ CoMes , spLenDor artesIx.
DonVM CLI aC, regIs.
PVLChra FIDel MerCes .
LætVs aMor aCCenDIt Ignes,
Entre les différentes illuminations qui avoient
été préparées , on remarquoit aux croifées de
Pappartement que la Société Littéraire occupe à
l'hôtel du Gouverneur , trois tranfparens , fur
lefquels étoient peints autant de médaillons , imaginés
par M. Camp , Avocat , Membre de cette
Société , & actuellement Député des Etats à lạ
Cour. On croit devoir donner ici la defcription
de ces morceaux de peinture.
Premier Médaillon.
L'hiftoire de l'Artois caractérisée fpécifiquement
par une femme vêtue d'une faie blanche
rayée de pourpre ( 1 ) . Elle a fur la tête une couronne
de laurier , & une plume à la main . Devant
(1 ) Cette espece d'étoffe fe fabriquoit autrefois
par les habitans d'Arras , nommés Atrebates, avec
tant de réputation que les Romains en faifoient
leurs plus magniques habillemens.
Hiij
74 MERCURE DE FRANCE.
elle eft un grand livre ouvert , fur la couverture
duquel fe voyent les Armes de la province . Elle
tient de la main gauche un médaillon portant
celles de Monfeigneur le Comte d'Artois , qu'elle
regarde avec un étonnement mêlé de joie. Une
pile de volumes imprimés & manuſcrits , fur laquelle
font les aîles & autres attributs du Temps ,
fert d'appui au livre que cette femme tient ouvert.
Elle a un pied pofé fur un débris de monument
antique , dont les reftes font épars. Auprès eft
une urne renverfée , d'où fe répand un grand
nombre de médailles .
Légende.
QUANTA FASTORUM GLORIA !
Exergue.
COMES DATUS IXA. OCT. M. DCC. LVII .
Second médaillon ,
Minerve affife , ferrant de fon bras gauche un
vafe aux Armes d'Artois , dans lequel eft planté
un rejetton de lys , qu'elle prend foin de cultiver.
A fes pieds font des trophées relatifs aux Arts &
aux Sciences.
Légende.
CURAT NOBISQUE COLIT.
Exergue.
SOC. LITT . ATR. SPES ET VOT.
Troisieme médaillon.
Les chiffres des Rois Louis VIII & Louis XV,
figurés par deux doubles IL , placés fous une
même couronne , & accompagnées refpectivement
JANVIER. 1758 . 175
des nombres VIII & XV . Un cordon bleu fort de
la couronne , entrelace les deux chiffres , & ſe
termine par un noeud , d'où pendent les Armes de
Monfeigneur le Comte d'Artois ( 1 ) .
Légende.
AB EVO IN ÆVUM.
Exergue.
DECUS FUNDATUM ET RESTITUTUM.
Le même jour 6 Novembre , vers les dix heures
du foir , il y eut dans la grande falle de l'Hôtel
de Ville , qu'on avoit fuperbement décorée , un
bal qui fut ouvert par M. l'Intendant avec Madame
la Comteffe de Houchin , épouse du Député
ordinaire de la Nobleffe des Etats . On y fervit
fur des buffets en gradins , un ambigu fuffifant
pour fatisfaire les goûts divers de deux mille perfonnes
au moins qui fe trouverent à ce bal .
Les Etats d'Artois différerent jufqu'à l'ouverture
de leur Affemblée générale , la folemnité de
leurs actions de graces & de leurs réjouiflances ,
afin que tous les Membres des trois Ordres fuflent
à portée d'y participer. Ce fut le lundi 21 Novembre
que le fit cette ouverture ; & après la
féance , qui fe tint dans la forme ordinaire fur les
dix heures du matin , on chanta dans l'Eglife des
Récollets un Te Deum en mufique , auquel M.
(1) Louis VIII , par fon Teftament du mois de
Juin 1225 , affigna l'Artois en partage à Robert
fon fecond fils , frere de S. Louis , de qui defcend la
branche de Bourbon. Depuis ce Robert , premier
Comte d'Artois , aucun fils de France n'en avoit
porté le titre.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
l'Evêque d'Arras officia pontificalement. M. fe
Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province ;
M. l'Intendant , & M. Briois , Premier Préfident
du Confeil Provincial , Commiffaires du Roi pour
la tenue des Etats , affifterent à cette cérémonie ,
accompagnés de tous les Membres de l'Affemblée.
Il y eut enfuite un magnifique dîner de deux cens
vingt-cinq couverts, auquel tous les Corps avoient
été invités. Sur la fin du repas , on but avec appareil
les fantés du Roi , de Monfeigneur le Dauphin
& du nouveau Prince , qui furent annoncées
fucceffivement par des falves de boîtes & d'artillerie
; & les Députés ordinaires jetterent de l'argent
au peuple. Dès que la nuit fut venue , on tira
avec toute la réuffite poffible , un très- beau Feu
d'artifice au milieu de la grande place.
Ce feu avoit la forme d'un temple , dont le
premier
étage , quarré & élevé d'environ fept pieds
au deffus du pavé , fervoit de focle à tout l'édifice.
Quatre grandes rampes de dix marches occupoient
le milieu de chaque face , & conduifoient
à une galerie fermée de panneaux & d'acroteres
enrichis d'Armes du Roi , de Monfeigneur le Dauphin
, & de Monfeigneur le Comte d'Artois , ainfi
que des Chiffres de la province.
Le principal corps établi fur le premier étage
avoit huit côtés , dont quatre plus larges que les
autres , faifant faillie & avant- corps , formoient
des portiques , & répondoient aux rampes. Aux
entrées de ces portiques étoient les figures fymboliques
de la fincérité & de la fidélité , qui caractérifent
les Artéfiens , & celles de la reconnoiffance
& de l'espérance , fentimens dont ce peuple eft
particuliérement affecté dans la circonftance préfente.
Les quatre côtés enfoncés étoient ornés de
iches , avec d'autres figures qui défignoient les
JANVIER. 1758. 177
Vertus protectrices du jeune Prince ; fçavoir , la
Religion , la Bonté , la Valeur & la Prudence.
Des emblêmes relatifs à ces vertus rempliffoient
le deffus des niches. La décoration générale de
toute cette partie étoit un ordre Ionique régulier ,
dont l'entablement faillant foutenoit une baluftrade
mêlée d'acroteres , fur chacun defquels on
voyoit des grouppes d'enfans , qui fembloient , en
exprimant leur joie , difputer à qui porteroit les
Armes du Roi , & celles des autres perfonnes de
la Famille Royale.
Sur le deuxieme étage étoit pofé un attique à
quatre faces , dont trois préfentoient des tableaux
emblématiques , & l'autre contenoir cette infcription
:
NOVO ARTESIA COMITI
Il y avoit des pilaftres aux angles de ce corps
d'architecture avec un entablement en faillie ,
lequel étoit couronné de quatre vafes de ronde
bolle. Une pyramide en mofaïque évidée , s'élevoit
fur l'attique qui lui fervoit de baſe , & portoit
fur fa cime les Armes d'Artois , furmontées
d'un foleil .
Aux quatre coins du temple , & à une diſtance
convenable , étoient de grands obéliſques décorés,
de chiffres , de médaillons , &c.
Toutes les parties de l'édifice étoient peintes
en grifaille , à l'exception des tableaux & des
emblêmes , qui l'étoient en camayeu de couleur
bleue. Mais cette fimplicité étoit relevée par l'éclat
de l'or répandu fur les armoiries , les infcriptions
, les cartouches , les guirlandes ; fur la pyramide
, fur les vafes , & fur tous les ornemens
où l'on avoit pu l'employer avec goût.
Cet ouvrage fut exécuté par les foins & fur les
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
deffeins du fieur Linque , Architecte , natif & hæ
bitant d'Arras.
Les Commiffaires de Sa Majesté & les Etats
virent jouer l'artifice d'un amphithéâtre dreffé à
l'un des bouts de la place , qui eft une des plus
vaftes du Royaume. Des fanfares de cors , trompettes
& timbales , animerent ce fpectacle , aprèslequel
plufieurs fontaines de vin coulerent pour
le peuple.
Les deux façades de l'Hôtel des Etats furent
illuminés par une quantité immenfe de lamprons
, dont l'arrangement deffinoit , fans confufion
, toute la belle architecture de cet hôtel Dans
un grand tableau tranfparent placé au deffus de
la porte d'entrée , on voyoit Lucine defcendant
du Ciel , & tenant dans fes bras le Prince nouveau-
né. Le Roi montroit à cette Déeffe la Province
d'Artois perſonnifiée qui , d'un air empreffé
, tendoit les mains pour recevoir l'augufte Enfant.
Un rayon de lumiere partant du vifage de
ce nouveau Comte , fe répandoit fur celui de la
Province ; & on lifoit fur une banderole ce chronographe
:
novo spLenDes CIt CoMIte.
A neuf heures du foir commença un concert ,
dans lequel on exécuta plufieurs pieces de mufique
Françoife & Italienne . A ce concert fuccéda
un ambigu pour les Dames , fervi fur deux tables
de foixante perfonnes chacune . La fête fut terminée
par un grand bal , que M. le Duc de
Chaulnes ouvrit avec Madame la Comteffe de
Houchin , & qui dura jufqu'au jour. Rien n'y
fut oublié , foit pour la décoration des trois falles
où l'on danfa , foit pour la maniere dont elles
furent éclairées , foit pour la fymphonie & les
rafraîchiffemens de toute efpece.
JANVIER . 1758. 179
M. l'Evêque d'Arras donna de grands foupers
la veille de l'ouverture & le jour de la clôture
des Etats. Pendant la fête du 21 , on diftribua
abondamment dans fon palais du pain , des viandes
, de la biere , du bois & de Pargent à cinq
cens perfonnes au moins . La maison du Bon
Pafteur , qui renferme plus de cent pauvres filles ,
a éprouvé les mêmes libéralités de la part de ce
Prélat.
Le 6 & le 21 , M. de Briois , Abbé de S. Vaaſt ,
fit tirer beaucoup d'artifice. Il a pareillement
fignalé fa charité , en faisant délivrer aux pauvres
quatre mille pains , du poids de trois livres &
demie:
M. de Caumartin qui , depuis le commencement
de l'Affemblée des Etats avoit donné des
preuves de fa magnificence ordinaire , y ajouta
le Dimanche 27 Novembre un dîner de cent trente
couverts. Ce feftin ne fut que pour les hommes ;
mais environ quatre- vingts Dames fouperent le
même jour à l'intendance , où il y eut audi un
bal qui ne laiffa rien à défirer . M. le premier
Préſident du Confeil d'Artois s'étoit diftingué de
fon côté le jeudi précédent , par un dîner fuivi
d'un bal , qui fut interrompu pour voir un bouquet
d'artifice & une illumination terreftre , formée
avec goût dans le parterre du jardin de ce
Magiftrat. Il fit fervir fur les neuf heures un ambigu
; après lequel il y eut concert , & l'on reprit
le bal qui ne finit qu'avec la nuit.
Enfin le 30 Novembre , les RR. PP. Jéfuites
du College d'Arras firent chanter dans leur Eglife
le Te Deum & l'Exaudiat , par toute la mufique
de la Cathédrale . M. l'Evêque d'Arra y officia ,
& les Etats qu'on avoit invités à la cérémonie ,
affifterent en corps ; après quoi ils pafferent dans
y
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
la falle des Actes , où le R. P. Dubuiffon , Profeffeur
de Rhétorique , leur adreffa une harangue
latine , dont l'objet étoit de féliciter la province
d'Artois fur la naiffance du nouveau Comte.
L'Orateur s'attacha à prouver dans la premiere
partie de fon difcours , qu'il ne pouvoit rien arriver
de plus avantageux à la Province , que de
voir fon nom porté par un Prince de la Maifon de
Bourbon ; & dans la feconde , qu'aucune Province
n'étoit plus digne de cette grace.
Les PP. Jéfuites ont fourni ce jour là de quoi
dîner à douze pauvres familles de chacune des
onze Paroiffes de la Ville. Les écoliers , tant externes
que penfionnaires , qui font de la Congré
gation de la Vierge , ont donné le même jour à
dîner & à fouper aux malheureux détenus dans
les prifons royales , lefquels étoient au nombre
de quarante , les ont fervis eux- mêmes , & leur ont
encore diftribué des aumônes.
Les autres Villes de l'Artois n'ont pas témoi
gné moins d'ardeur que la Capitale à célébrer
une époque fi glorieufe pour la Province ; & de
fimples Bourgades ont donné en cette occafion
les marques les plus éclatantes de leur zele & de
leur alégreffe.
Le Roi a nommé le Maréchal de Tomond ,
pour commander fur les côtes de la Méditerranée .
Sa Majefté a auffi difpofé du commandement de
la Guyenne en faveur du Comte de Langeron
Lieutenant-Général de fes armées , & Elle a donné
au Comte de Gramont , Brigadier d'Infanterie,
& Menin de Monfeigneur le Dauphin , le Commandement
des troupes , dans la partie du Gouvernement
de la Guyenne , qui dépend de la Généralité
d'Aufch.
Sur la démiffion de Madame la Ducheffe d'Antin,
JANVIER. 1758.
181
de la place de Dame du Palais de la Reine , le Roi a
nommé le 25 Novembre Madame la Comteffe de
Clermont-Tonnere pour la remplacer.
Le 27, M. le Comte de Rochechouart prêta ferment
entre les mains du Roi , pour le Gouvernement
de l'Orléannois.
M. Le Duc de Chaulnes étant revenu de l'armée
du Maréchal Duc de Richelieu , pour tenir les
Etats d'Artois , en fit l'ouverture à Arras le 21
Novembre.
Fermer
Résumé : Description des Fêtes données en la ville d'Arras, à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Comte d'Artois.
À l'occasion de la naissance du Comte d'Artois, Arras a organisé des festivités marquantes. Dès l'annonce de la nouvelle le 11 octobre, des illuminations et des salves d'artillerie ont exprimé la joie publique. L'évêque d'Arras a ordonné un Te Deum le 6 novembre, accompagné d'un mandement célébrant la naissance du prince et appelant à la prière pour sa conservation. Le roi a demandé la célébration du Te Deum dans toutes les églises du diocèse. Le jour de la fête, des cloches ont sonné, des salves d'artillerie ont retenti, et un dîner somptueux a été organisé à l'Hôtel de Ville, avec la présence de personnalités locales. Pendant le repas, de l'argent et des vivres ont été distribués au peuple. Une pièce poétique de M. Harduin a été lue, exprimant la joie et la reconnaissance des citoyens d'Arras. Un feu d'artifice et des illuminations étaient prévus, mais la pluie a perturbé leur réalisation. L'édifice pour le feu d'artifice, conçu par l'architecte Beffara, était orné des armes royales et de chronogrammes. La Société Littéraire a exposé des transparents avec des médaillons imaginés par M. Camp, dont le premier représentait l'histoire de l'Artois symbolisée par une femme tenant un médaillon aux armes du Comte d'Artois. Le 6 novembre, un bal a été organisé à l'Hôtel de Ville, décoré somptueusement, avec un buffet pour deux mille personnes. Les États d'Artois ont reporté leurs actions de grâce pour permettre à tous les membres de participer. Le 21 novembre, après une séance solennelle, un Te Deum a été chanté à l'église des Récollets, suivi d'un dîner pour deux cent vingt-cinq personnes. Des salves d'artillerie ont annoncé les santés du Roi, du Dauphin et du nouveau prince, et des pièces d'argent ont été jetées au peuple. Un feu d'artifice en forme de temple a été tiré sur la grande place, illustrant diverses vertus et emblèmes. Les façades de l'Hôtel des États ont été illuminées, et un concert ainsi qu'un bal ont clôturé la fête. Des soupers et distributions de vivres aux pauvres ont été organisés par l'évêque d'Arras et d'autres dignitaires. Le 30 novembre, les Jésuites ont chanté un Te Deum, et une harangue latine a félicité la province pour la naissance du nouveau Comte. D'autres villes de l'Artois ont également célébré cet événement. Par ailleurs, le Roi a nommé de nouveaux commandants pour les côtes de la Méditerranée, la Guyenne, et le Gouvernement de l'Orléannois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10710
p. 181-189
Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Début :
L'armée du Roi, combinée avec celle de l'Empire, ayant reçu [...]
Mots clefs :
Bataille, France, Empire, Prusse, Bataillons, Ennemis, Généraux, Marquis, Camps, Mouvements des troupes, Cavalerie, Régiments, Artillerie, Colonels, Chevaliers, Capitaines, Lieutenants, Officiers, Liste des prisonniers, Liste des blessés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre
l'armée combinée de l'Empire & de France , &
l'armée Pruffienne , avec la lifte des Officiers
non compris dans celle du 19 de ce mois.
L'armée du Roi , combinée avec celle de l'Empire
, ayant reçu un renfort de vingt bataillons &
de dix-huit efcadrons conduits par le Duc de Broglie
, après être reftée quelques jours en cantonnement
entre l'Unftrutt & la Sala , depuis Mul→
haufen & Langen- Saltza jufqu'à Dornbourg , fe
mit en mouvement le 23 Octobre pour marcher à
l'ennemi.
Celle de l'Empire fe porta en avant de la Sala
fur l'Eftertt , précédée d'un détachement des deux
armées aux ordres du Comte de Saint - Germain
& celle de France qui la fuivoit fe trouva raffemblée
le 28 à Numbourg & aux environs.
Pendant cette marche , le Roi de Pruffe s'étoit
retiré fur l'Elbe , laiffant à Léipfik un Corps commandé
par le Maréchal Keith, mais il revint tout-à
coup dans cette Ville le 26.
Les deux Généraux ne jugeant pas qu'il fût praticable
del'y attaquer de vive force, ni de le mettre
entre Léiplik & Torgauw en marchant par leur
182 MERCURE DE FRANCE.
droite , réfolurent de repaffer la Sala , pour fe
porter vers Hall & Bernbourg. Ce paffage s'exécura
le 30 à Weiffenfel , après avoir replié tous
les poftes qui avoient été avancés jufqu'à Lutzen .
Le Roi de Pruffe , averti de cette marche , fortit
de Léipfick , & fit attaquer le 31 au matin la
Ville de Weiffenfels. Il y étoit refté quatre bataillons
Impériaux & dix- fept compagnies de Grenadiers
François , commandés par M. le Marquis de
Crillon ; ces troupes fe retirerent en mettant le
feu au pont.
Les Pruffiens firent enfuite marcher des corps
fur Merfbourg & fur Hall , dont les ponts furent
pareillement brûlés par les détachemens de l'armée
combinée , qui occupoient ces deux Villes.
Le premier Novembre , le Prince de Soubife
marcha à Merfbourg dans le deffein de foutenir
cette Ville : mais ne pouvant garder tous les paffages
de la Sala , il préféra de venir camper à
Mulchen , où les Impériaux le joignirent le 2 .
Le lendemain 3 , l'armée Pruffienne paffa la
Sala à Weiflenfels où elle avoit déja jetté des
ponts ; fes Huffards poufferent ceux de l'Empire
jufques fur le terrein où les Généraux faifoient
marquer un champ de bataille , & l'armée combinée
fortit de fon camp à l'entrée de la nuit pour venir
l'occuper. Les Pruffiens camperent vis - à- vis fur
une hauteur , & tirerent pendant la nuit plufieurs
coups de canon.
Le 4 à la pointe du jour , on vit déboucher
plufieurs efcadrons de Cavalerie Pruffienne , qui fe
retirerent auffi- tôt que l'armée eut fait un mouvement
en avant. Le reste de la journée ſe paſſa à
tirer quelques volées de canon , & l'armée cainpa
fur le terrein où elle avoit paffé la nuit précé .
dente fous les armes.
JANVIER. 1758. 183
Les , elle marcha parfa droite pour le porter
furle flanc gauche de celle du Roi de Pruffe, laif
fant M. le Comte de Saint- Germain avec deux brigades
d'infanterie & autant de cavalerie , pour ob
ferver les mouvemens des Pruffiens. Cette marche
fe fit fur trois colones , dans le même ordre où les
troupes étoient campées ; la colonne de la gauche
étoit formée de la premiere ligne , celle du
centre de la réſerve , & celle de la droite de la feconde
ligne.
Lorfque l'armée eut dépaffé le flanc gauche de
Pennemi , on fit halte vers les deux heures aprèsmidi
, & les deux Généraux ayant pris la réfolution
d'attaquer , on continua la marche en abaiffant
la droite , pour le mettre en bataille en
équerre fur le flanc gauche de l'armée Pruffienne .
Jufques-là l'ennemi étoit reſté dans fon camp ,
mais dans le moment on le vit détendre fes tentes,
monter à cheval , fe mettre en bataille & marcher
par fa gauche fur le même front par lequel on fe
préfentoit à lui ; le tout avec une fi grande promp
ritude , que toute fa cavalerie , compofée de
quarante efcadrons , ayant été quelque temps à
couvert d'un rideau , fe trouva tout d'un coup
avoir dépaffé celle de l'Empire , qui fermoit l'aîle
droite de l'armée combinée , & la chargea en
en flanc avant qu'elle eût pu fe déployer devant
elle.
Le Prince de Soubife n'eut le temps que de raffembler
la cavalerie de la réferve , compotée de
dix efcadrons des régimens de Penthievre , Saluces
, Lameth , Lufignan & De cars , qui fe formerent
en potence dans l'intervalle entre les deux
lignes . I foutint à la tête de cette cavalerie
l'effort de la premiere ligne de celle des Pruffiens
, qui fut auffi repouffée par les cuiraffiers
184 MERCURE DE FRANCE.
Autrichiens ; mais il ne put réfifter à la feconde
ligné. Huit efcadrons des régimens de Bourbon
de Bauvilliers , de Fitz -James & de Raugrave , tirés
de l'aile gauche , rétablirent le combat pendant
quelques momens , & enfuite furent obligés
de céder de même à la fupériorité du nombre.
Pendant cette charge de cavalerie , la gauche
de l'infanterie Pruffienne avoit gagné le flanc
droit de celle de l'armée combinée . Nos bataillons
, qui s'étoient formés en colonne , ne pouvant
foutenir le feu de l'artillerie & de la moufqueterie
des Pruffiens , furent alors obligés de
plier,&entraînerent le refte des deux lignes . M.lé
Comte de Saint-Germain , qui arriva dans cette
conjoncture , favorifa la retraite qui fe fit fur
Freybourg, où l'armée repafla, pendant la nuit, à
la gauche de l'Unftrutt , fans être pourſuivie .
Le 6 l'armée de l'Empire marcha à Kofen ,
pour fe retirer fur Arnftatt , & celle de France
s'en fépara pour fe rapprocher des quartiers de
l'armée du Maréchal Duc de Richelieu par Laucha
, Saxembourg , Northaufen & Duderſtatt ,
où elle eft arriée le 14.
On ne peut dire au jufte la perte que l'armée
Françoile a faite en cette occafion , parce qu'il y
revient journellement des Officiers & des Soldats
par bandes ; mais il paroît qu'elle ne fera pas
à beaucoup près auffi confidérable qu'on l'avoit
cru d'abord
JANVIER. 1758. 185
a
Lifte des Officiers tués , bleffés , prisonniers , ou
dont on ignore le fort , des Régimens qui fe font
trouvés à la bataille dus Novembre , & qui ne
font pas compris dans la lifte du 19 de ce mois ,
parce qu'on n'avoit point alors reçu les états détaillés
des Régimens.
Régiment de Piedmont. Colonel . M. Le Comte
Defparbès , bleffé . Lieutenant-Colonel. M. de
Creft , bleffé & prifonnier . Commandans de Bataillon
. MM. de la Corderie & Sermont , bleffés
& prifonniers, M. Defplaffes , manque. Major:
M. Broca , bleflé . Aides- Majors. MM . Malaru &
Bagnon , bleffés . M. de la Chevalerie , bleffé & prifonnier.
Capitaines de Grenadiers . M. Malaufat ,
bleffé & prifonnier. M. Darmiffan manque.
Capitaines. MM. Marans , Noblet , la Lauremie
, Beauregard , Fondras. , tués. MM. Flavi
gny , Mondenard , Grely , Dragoue , Braffant ,
Chevalier de Montaut , Mondenart , de Bieve ,
la Touche , Chevalier de Tilly , Dupleffis ,
Freftomdam , bleffés . MM. Bretigny , la Combe,
Marigny , du Vergier , Tilly , Brugaflargues ,
de Mons , Bezançon , Verneuil , Rachaife ,
Baubert , Pafcal , Duvallon , Boifſfondain , la
Perrere , Dauffonnes , bleffés & prifonniers.
MM. Darmiffan , la Papotiere , David , Duclufelle
, Montaut , Dumans , & Valoir , manquent.
Lieutenans . M. le Chevalier de Montaud, M. Lefpare
& M. le Chevalier de Batquier tués.
MM. Meſnard , la Foreftille , Dadriffard , Fontaine
, Chevalier de Ponfargues , Colonſbié , Ravifict
, & Lecuyer , bleifés . MM. Leharivel ,
Faure , Rabignan , Daliat , Kardavant , Biufort,
Langlade , Barer , & Saint-Serdos , bleffts &
"
186 MERCURE DE FRANCE.
>
prifonniers. MM. Martillon , Pernon , Pelifferey
, Sairigné , Montaclard , & Peliot Maître
de mathématiques , manquent . Régiment de Royal
Rouffillon . Capitaines de Grenadiers . M Delons ,
bleffe . Lieutenans . M. Soreau , tleflé . Régiment de
Caftellas , Suiffe . Lieutenant - Colonel . M. Diefenthaler
, bleflé & prifonnier Capitaines de Crenadiers
.M. Reich , tué. M. Waldener bleflé . Lieutenans.
M. Muller , tué . , M. Krieg , bleflé . Régiment de
Planta , Suiffe. Lieutenant- Colonel . M. Darbon
nier , bleffé & prifonnier . Commandant de Bataillon.
M Joflaud , bleffé & prifonnier. M. Arder ,
manque. Aide-Major M. Viclandt manque. Capitaines
de Grenadiers . MM . Grenut , & Affleger
bleffés & prifonniers. Capitaines. MM. Turtin ,
Gallatin, Bertenfchalg , Boufcard & Faller , bleffés
& prifonniers. Lieutenans. MM . Defgranges
Hoeclin , Reynald , Fatis, Ceberg & Chriftin ,
bleffés & prifonniers . Régiment de Reding , Suif
fe. Capitaines. MM. Reynold & Montaudon
bleffés. MM . Schatzel & Witz , bleffés & prifonniers.
Lieutenans. MM. d'Entrague , & Baumain
, bleffés . MM . Geutil , Techiemain , Gau-.
guin , & Odelieu , bleffés & prifonniers . M. Muller,
manque. Régiment de Salis , Grifon. Capitaine.
M. Caftelberg , tué . Enfeigne. M. Scouhe manque.
Régiment de Touraine . Lieutenans. M. de
Moyencourt , bleffé & prifonnier . Régiment de
Saint Germain. Lieutenans. M. Bitremant , bleflé
& prifonnier.
•
Officiers qui étoient marqués dans la derniere feuille
comme manquans , & qu'on a appris depuis êtra
prifonniers , & dont la plupart font bleſsés.
Régiment de Mailly. Lieutenant- Colonel . M. de
Boifrenard. Capitaines . MM. Montbel , l'aîné ,
JANVIER. 1758. 187
>
Garcigny , Vilhaut , Chevalier de Montbel ,
Boilrenault , Coquebert , M. Treville , Capitai
ne Aide-Major , & la Motte. M. Catenay , Capitaine
, dont on n'avoit point encore fait mention
, prifonnier. M. Rouani , Lieutenant. Régiment
de Poitou. M. de Saint - Mefinin , Commandant
de Bataillon . M. du Roffart , Capitaine Aide-
Major. MM. de Muffan , de Pally , Fontenaille
Dangé , des Anfiers , Sorelle , Galleou , Capitaines
, prifonniers ; ainfi que MM . Sablo & Pichon
, dont on ignoroit le fort. Lieutenans. MM.
d'Aldeguier , du Perrete , Ding , Leroy, & Saint-
Oin , prifonniers , ainfi que MM. la Montafe ,
du Rougeat , & de Laure , dont on n'avoit pas encore
fait mention . Régiment de Saint Chamont.
Capitaines. MM . de la Mothe , & Chatelier , qui
n'étoient pas dans la premiere lifte , & MM.
Droify , de Malhautier, Montignac , Chevalier de
Vignier , & de Saint- Florent . Lieutenans . MM . de
la Grolée , de Bo flambert , de Buffan , & Bouret
. Régiment de Rohan. Capitaines. MM . de Wolbock
, & Coquerel. Lieutenans. MM. la Live &
Liffac , qui n'étoient point dans la derniere feuille .
Regiment de Beauvoifis. Capitaines, MM . la Molere
, Champau , du Bourdet , du Lignon , & de
Fougeres. Aide- Major. M. Raoult. Lieutenans.
MM . Rozan , la Roque , & Peignefort . Régi .
ment de Briffac. Colonel. M. le Duc de Coffé. Lientenant-
Colonel. M. de Mauclerc. Capitaine . M.
Bonneval. Lieutenant. M. Morel . Régiment de
Provence. Lieutenant -Colonel. M. Durivier. Ca
pitaines. MM. Thioumon , de Teffot , Dutertre ,
de Varignan , Thuifi , & Eclapier , qui n'étoient
dans la derniere feuille . Lieutenans . MM. Iffambon
, & de Romas , qui n'étoient pas dans
la derniere lifte. Régiment de Vittmer , Suiffe.
pas
188 MERCURE DE FRANCE.
>
Commandant de Bataillon. M. Gallati . Capitaines.
MM. Suriet , Perier , Zeng , & Reynoldt. Lieu
tenans. MM. de Gallati , Dilleny , Bayard &
Jacobel Régiment de Diefback , Suiffe . Capitaines.
MM. Balthazard , & de Borard , dont le dernier
n'étoit pas dans la précédente lifte . Lieutenant.
M. de Nervoft , & l'Aumonier du Régiment
Régiment de la Marck. Capitaines. MM. Deyrolles
, Trichard , des Baraux , de Munlt l'aîné
Delefnau , qui n'étoit pas dans la derniere feuille ,
Dufort , Liotey , Grandchamp , & Dehauffen.
Lieutenans. MM. Bramion & Scitz .
CAVALERIE.
Régiment de la Reine. Major . M. le Chevalier
de Galifet. Régiment de Bourbon. Capitaines. MM.
de Chanay & Chambon. M. la Bare , Cornette.
Régiment de Penthievre. Colonel. M. le Comte
de Saluce , bleffé & prifonnier . Capitaines. M. le
Marquis de Langle , MM . Lardevoin , & Traverlay.
Lieutenans. MM. du Breuil , & de Gay ,
bleffé & prifonnier , qui n'étoit pas dans la derniere
feuille. MM . de Geraldin , Major , & du
Saillon , Cornette , bleflés & reftés à Yena , d'où
l'on compte qu'ils rejoindront inceffamment . Ré
giment de Lufignan. Capitaines. M. de Real & Circey
, bleffés & prifonniers . M. de Janfon , Liextenant.
Régiment de Beauvilliers . Colonel . M. le
Duc de Beauvilliers . Lieutenant. M. de la Buifiere.
Cornettes. MM. Echoupe & de Luigny . Régiment
deLameth.Lieutenant -Colonel.M . Monjouvan.Capitaines.
MM . de Contriffon, Dancreville , & Frednand.
Régiment de Saluces. Colonel. M. le Marquis
de Saluces. Capitaine . MM . Cauzet , Flogny , Caftelnau,
& Fautrieres , bleffés & prifonniers. Lieute
nans . MM. la Fond , Mordal , & Lepant. M. de la
>
JANVIER. 1758. 189
.
Faye , Cornette. Régiment de Filtz -James. M. Nugent
, Capitaine. M. Coulahan , Lieutenant . M.
de Mores , Cornette. Frifonniers non Militaires.
M. Martinfort , Directeur des vivres , & fon domeftique.
N. Monget , Commis des vivres . Un
Boulanger des vivres.
On a oublié dans la premiere lifte d'employer
comme prifonnier M. le Chevalier d'Ailly , Maréchal
de camp.
M. le Chevalier des Bares , Capitaine au Régiment
Defcars Cavalerie , mis au nombre des
Officiers tués , a donné de fes nouvelles . Il eft
prifonnier & bleffé de douze coups de fabre.
Le Roi a difpofé en faveur de M. le Vicomte de
Choifeul , du Régiment de Poitou , vacant par la
mort de M. le Comte de Revel.
Du Régiment Royal-Barrois , vacant par la
mort de M. le Comte de Baffompierre , en faveur
de M. le Marquis de Baffompierre , fon pere ,
Brigadier des armées du Roi , & Sous- Lieutenant
des Chevaux- Légers d'Orléans,
De trois places de Colonels dans le Régiment
des Grenadiers de France , en faveur de M. le
Comte de la Fayette , Capitaine réformé à la fuite
du régiment de Cavalerie de la Rochefoucault ,
de M. le Comte de Danois , Capitaine réformé á
la fuire du régiment Royal de Cravates ; & de
M. le Comte de Broglie , Enfeigne dans le régiment
de Poitou :
Et de deux Guidons vacans dans la Gendarmerie;
l'un en faveur de M. le Comte de Noé , Capitaine
réformé à la fuite du régiment de Cavalerie de la
Viefville ; l'autre pour N, le Marquis de Crenolles,
Lieutenant dans le régiment du Roi Infanterie.
l'armée combinée de l'Empire & de France , &
l'armée Pruffienne , avec la lifte des Officiers
non compris dans celle du 19 de ce mois.
L'armée du Roi , combinée avec celle de l'Empire
, ayant reçu un renfort de vingt bataillons &
de dix-huit efcadrons conduits par le Duc de Broglie
, après être reftée quelques jours en cantonnement
entre l'Unftrutt & la Sala , depuis Mul→
haufen & Langen- Saltza jufqu'à Dornbourg , fe
mit en mouvement le 23 Octobre pour marcher à
l'ennemi.
Celle de l'Empire fe porta en avant de la Sala
fur l'Eftertt , précédée d'un détachement des deux
armées aux ordres du Comte de Saint - Germain
& celle de France qui la fuivoit fe trouva raffemblée
le 28 à Numbourg & aux environs.
Pendant cette marche , le Roi de Pruffe s'étoit
retiré fur l'Elbe , laiffant à Léipfik un Corps commandé
par le Maréchal Keith, mais il revint tout-à
coup dans cette Ville le 26.
Les deux Généraux ne jugeant pas qu'il fût praticable
del'y attaquer de vive force, ni de le mettre
entre Léiplik & Torgauw en marchant par leur
182 MERCURE DE FRANCE.
droite , réfolurent de repaffer la Sala , pour fe
porter vers Hall & Bernbourg. Ce paffage s'exécura
le 30 à Weiffenfel , après avoir replié tous
les poftes qui avoient été avancés jufqu'à Lutzen .
Le Roi de Pruffe , averti de cette marche , fortit
de Léipfick , & fit attaquer le 31 au matin la
Ville de Weiffenfels. Il y étoit refté quatre bataillons
Impériaux & dix- fept compagnies de Grenadiers
François , commandés par M. le Marquis de
Crillon ; ces troupes fe retirerent en mettant le
feu au pont.
Les Pruffiens firent enfuite marcher des corps
fur Merfbourg & fur Hall , dont les ponts furent
pareillement brûlés par les détachemens de l'armée
combinée , qui occupoient ces deux Villes.
Le premier Novembre , le Prince de Soubife
marcha à Merfbourg dans le deffein de foutenir
cette Ville : mais ne pouvant garder tous les paffages
de la Sala , il préféra de venir camper à
Mulchen , où les Impériaux le joignirent le 2 .
Le lendemain 3 , l'armée Pruffienne paffa la
Sala à Weiflenfels où elle avoit déja jetté des
ponts ; fes Huffards poufferent ceux de l'Empire
jufques fur le terrein où les Généraux faifoient
marquer un champ de bataille , & l'armée combinée
fortit de fon camp à l'entrée de la nuit pour venir
l'occuper. Les Pruffiens camperent vis - à- vis fur
une hauteur , & tirerent pendant la nuit plufieurs
coups de canon.
Le 4 à la pointe du jour , on vit déboucher
plufieurs efcadrons de Cavalerie Pruffienne , qui fe
retirerent auffi- tôt que l'armée eut fait un mouvement
en avant. Le reste de la journée ſe paſſa à
tirer quelques volées de canon , & l'armée cainpa
fur le terrein où elle avoit paffé la nuit précé .
dente fous les armes.
JANVIER. 1758. 183
Les , elle marcha parfa droite pour le porter
furle flanc gauche de celle du Roi de Pruffe, laif
fant M. le Comte de Saint- Germain avec deux brigades
d'infanterie & autant de cavalerie , pour ob
ferver les mouvemens des Pruffiens. Cette marche
fe fit fur trois colones , dans le même ordre où les
troupes étoient campées ; la colonne de la gauche
étoit formée de la premiere ligne , celle du
centre de la réſerve , & celle de la droite de la feconde
ligne.
Lorfque l'armée eut dépaffé le flanc gauche de
Pennemi , on fit halte vers les deux heures aprèsmidi
, & les deux Généraux ayant pris la réfolution
d'attaquer , on continua la marche en abaiffant
la droite , pour le mettre en bataille en
équerre fur le flanc gauche de l'armée Pruffienne .
Jufques-là l'ennemi étoit reſté dans fon camp ,
mais dans le moment on le vit détendre fes tentes,
monter à cheval , fe mettre en bataille & marcher
par fa gauche fur le même front par lequel on fe
préfentoit à lui ; le tout avec une fi grande promp
ritude , que toute fa cavalerie , compofée de
quarante efcadrons , ayant été quelque temps à
couvert d'un rideau , fe trouva tout d'un coup
avoir dépaffé celle de l'Empire , qui fermoit l'aîle
droite de l'armée combinée , & la chargea en
en flanc avant qu'elle eût pu fe déployer devant
elle.
Le Prince de Soubife n'eut le temps que de raffembler
la cavalerie de la réferve , compotée de
dix efcadrons des régimens de Penthievre , Saluces
, Lameth , Lufignan & De cars , qui fe formerent
en potence dans l'intervalle entre les deux
lignes . I foutint à la tête de cette cavalerie
l'effort de la premiere ligne de celle des Pruffiens
, qui fut auffi repouffée par les cuiraffiers
184 MERCURE DE FRANCE.
Autrichiens ; mais il ne put réfifter à la feconde
ligné. Huit efcadrons des régimens de Bourbon
de Bauvilliers , de Fitz -James & de Raugrave , tirés
de l'aile gauche , rétablirent le combat pendant
quelques momens , & enfuite furent obligés
de céder de même à la fupériorité du nombre.
Pendant cette charge de cavalerie , la gauche
de l'infanterie Pruffienne avoit gagné le flanc
droit de celle de l'armée combinée . Nos bataillons
, qui s'étoient formés en colonne , ne pouvant
foutenir le feu de l'artillerie & de la moufqueterie
des Pruffiens , furent alors obligés de
plier,&entraînerent le refte des deux lignes . M.lé
Comte de Saint-Germain , qui arriva dans cette
conjoncture , favorifa la retraite qui fe fit fur
Freybourg, où l'armée repafla, pendant la nuit, à
la gauche de l'Unftrutt , fans être pourſuivie .
Le 6 l'armée de l'Empire marcha à Kofen ,
pour fe retirer fur Arnftatt , & celle de France
s'en fépara pour fe rapprocher des quartiers de
l'armée du Maréchal Duc de Richelieu par Laucha
, Saxembourg , Northaufen & Duderſtatt ,
où elle eft arriée le 14.
On ne peut dire au jufte la perte que l'armée
Françoile a faite en cette occafion , parce qu'il y
revient journellement des Officiers & des Soldats
par bandes ; mais il paroît qu'elle ne fera pas
à beaucoup près auffi confidérable qu'on l'avoit
cru d'abord
JANVIER. 1758. 185
a
Lifte des Officiers tués , bleffés , prisonniers , ou
dont on ignore le fort , des Régimens qui fe font
trouvés à la bataille dus Novembre , & qui ne
font pas compris dans la lifte du 19 de ce mois ,
parce qu'on n'avoit point alors reçu les états détaillés
des Régimens.
Régiment de Piedmont. Colonel . M. Le Comte
Defparbès , bleffé . Lieutenant-Colonel. M. de
Creft , bleffé & prifonnier . Commandans de Bataillon
. MM. de la Corderie & Sermont , bleffés
& prifonniers, M. Defplaffes , manque. Major:
M. Broca , bleflé . Aides- Majors. MM . Malaru &
Bagnon , bleffés . M. de la Chevalerie , bleffé & prifonnier.
Capitaines de Grenadiers . M. Malaufat ,
bleffé & prifonnier. M. Darmiffan manque.
Capitaines. MM. Marans , Noblet , la Lauremie
, Beauregard , Fondras. , tués. MM. Flavi
gny , Mondenard , Grely , Dragoue , Braffant ,
Chevalier de Montaut , Mondenart , de Bieve ,
la Touche , Chevalier de Tilly , Dupleffis ,
Freftomdam , bleffés . MM. Bretigny , la Combe,
Marigny , du Vergier , Tilly , Brugaflargues ,
de Mons , Bezançon , Verneuil , Rachaife ,
Baubert , Pafcal , Duvallon , Boifſfondain , la
Perrere , Dauffonnes , bleffés & prifonniers.
MM. Darmiffan , la Papotiere , David , Duclufelle
, Montaut , Dumans , & Valoir , manquent.
Lieutenans . M. le Chevalier de Montaud, M. Lefpare
& M. le Chevalier de Batquier tués.
MM. Meſnard , la Foreftille , Dadriffard , Fontaine
, Chevalier de Ponfargues , Colonſbié , Ravifict
, & Lecuyer , bleifés . MM. Leharivel ,
Faure , Rabignan , Daliat , Kardavant , Biufort,
Langlade , Barer , & Saint-Serdos , bleffts &
"
186 MERCURE DE FRANCE.
>
prifonniers. MM. Martillon , Pernon , Pelifferey
, Sairigné , Montaclard , & Peliot Maître
de mathématiques , manquent . Régiment de Royal
Rouffillon . Capitaines de Grenadiers . M Delons ,
bleffe . Lieutenans . M. Soreau , tleflé . Régiment de
Caftellas , Suiffe . Lieutenant - Colonel . M. Diefenthaler
, bleflé & prifonnier Capitaines de Crenadiers
.M. Reich , tué. M. Waldener bleflé . Lieutenans.
M. Muller , tué . , M. Krieg , bleflé . Régiment de
Planta , Suiffe. Lieutenant- Colonel . M. Darbon
nier , bleffé & prifonnier . Commandant de Bataillon.
M Joflaud , bleffé & prifonnier. M. Arder ,
manque. Aide-Major M. Viclandt manque. Capitaines
de Grenadiers . MM . Grenut , & Affleger
bleffés & prifonniers. Capitaines. MM. Turtin ,
Gallatin, Bertenfchalg , Boufcard & Faller , bleffés
& prifonniers. Lieutenans. MM . Defgranges
Hoeclin , Reynald , Fatis, Ceberg & Chriftin ,
bleffés & prifonniers . Régiment de Reding , Suif
fe. Capitaines. MM. Reynold & Montaudon
bleffés. MM . Schatzel & Witz , bleffés & prifonniers.
Lieutenans. MM. d'Entrague , & Baumain
, bleffés . MM . Geutil , Techiemain , Gau-.
guin , & Odelieu , bleffés & prifonniers . M. Muller,
manque. Régiment de Salis , Grifon. Capitaine.
M. Caftelberg , tué . Enfeigne. M. Scouhe manque.
Régiment de Touraine . Lieutenans. M. de
Moyencourt , bleffé & prifonnier . Régiment de
Saint Germain. Lieutenans. M. Bitremant , bleflé
& prifonnier.
•
Officiers qui étoient marqués dans la derniere feuille
comme manquans , & qu'on a appris depuis êtra
prifonniers , & dont la plupart font bleſsés.
Régiment de Mailly. Lieutenant- Colonel . M. de
Boifrenard. Capitaines . MM. Montbel , l'aîné ,
JANVIER. 1758. 187
>
Garcigny , Vilhaut , Chevalier de Montbel ,
Boilrenault , Coquebert , M. Treville , Capitai
ne Aide-Major , & la Motte. M. Catenay , Capitaine
, dont on n'avoit point encore fait mention
, prifonnier. M. Rouani , Lieutenant. Régiment
de Poitou. M. de Saint - Mefinin , Commandant
de Bataillon . M. du Roffart , Capitaine Aide-
Major. MM. de Muffan , de Pally , Fontenaille
Dangé , des Anfiers , Sorelle , Galleou , Capitaines
, prifonniers ; ainfi que MM . Sablo & Pichon
, dont on ignoroit le fort. Lieutenans. MM.
d'Aldeguier , du Perrete , Ding , Leroy, & Saint-
Oin , prifonniers , ainfi que MM. la Montafe ,
du Rougeat , & de Laure , dont on n'avoit pas encore
fait mention . Régiment de Saint Chamont.
Capitaines. MM . de la Mothe , & Chatelier , qui
n'étoient pas dans la premiere lifte , & MM.
Droify , de Malhautier, Montignac , Chevalier de
Vignier , & de Saint- Florent . Lieutenans . MM . de
la Grolée , de Bo flambert , de Buffan , & Bouret
. Régiment de Rohan. Capitaines. MM . de Wolbock
, & Coquerel. Lieutenans. MM. la Live &
Liffac , qui n'étoient point dans la derniere feuille .
Regiment de Beauvoifis. Capitaines, MM . la Molere
, Champau , du Bourdet , du Lignon , & de
Fougeres. Aide- Major. M. Raoult. Lieutenans.
MM . Rozan , la Roque , & Peignefort . Régi .
ment de Briffac. Colonel. M. le Duc de Coffé. Lientenant-
Colonel. M. de Mauclerc. Capitaine . M.
Bonneval. Lieutenant. M. Morel . Régiment de
Provence. Lieutenant -Colonel. M. Durivier. Ca
pitaines. MM. Thioumon , de Teffot , Dutertre ,
de Varignan , Thuifi , & Eclapier , qui n'étoient
dans la derniere feuille . Lieutenans . MM. Iffambon
, & de Romas , qui n'étoient pas dans
la derniere lifte. Régiment de Vittmer , Suiffe.
pas
188 MERCURE DE FRANCE.
>
Commandant de Bataillon. M. Gallati . Capitaines.
MM. Suriet , Perier , Zeng , & Reynoldt. Lieu
tenans. MM. de Gallati , Dilleny , Bayard &
Jacobel Régiment de Diefback , Suiffe . Capitaines.
MM. Balthazard , & de Borard , dont le dernier
n'étoit pas dans la précédente lifte . Lieutenant.
M. de Nervoft , & l'Aumonier du Régiment
Régiment de la Marck. Capitaines. MM. Deyrolles
, Trichard , des Baraux , de Munlt l'aîné
Delefnau , qui n'étoit pas dans la derniere feuille ,
Dufort , Liotey , Grandchamp , & Dehauffen.
Lieutenans. MM. Bramion & Scitz .
CAVALERIE.
Régiment de la Reine. Major . M. le Chevalier
de Galifet. Régiment de Bourbon. Capitaines. MM.
de Chanay & Chambon. M. la Bare , Cornette.
Régiment de Penthievre. Colonel. M. le Comte
de Saluce , bleffé & prifonnier . Capitaines. M. le
Marquis de Langle , MM . Lardevoin , & Traverlay.
Lieutenans. MM. du Breuil , & de Gay ,
bleffé & prifonnier , qui n'étoit pas dans la derniere
feuille. MM . de Geraldin , Major , & du
Saillon , Cornette , bleflés & reftés à Yena , d'où
l'on compte qu'ils rejoindront inceffamment . Ré
giment de Lufignan. Capitaines. M. de Real & Circey
, bleffés & prifonniers . M. de Janfon , Liextenant.
Régiment de Beauvilliers . Colonel . M. le
Duc de Beauvilliers . Lieutenant. M. de la Buifiere.
Cornettes. MM. Echoupe & de Luigny . Régiment
deLameth.Lieutenant -Colonel.M . Monjouvan.Capitaines.
MM . de Contriffon, Dancreville , & Frednand.
Régiment de Saluces. Colonel. M. le Marquis
de Saluces. Capitaine . MM . Cauzet , Flogny , Caftelnau,
& Fautrieres , bleffés & prifonniers. Lieute
nans . MM. la Fond , Mordal , & Lepant. M. de la
>
JANVIER. 1758. 189
.
Faye , Cornette. Régiment de Filtz -James. M. Nugent
, Capitaine. M. Coulahan , Lieutenant . M.
de Mores , Cornette. Frifonniers non Militaires.
M. Martinfort , Directeur des vivres , & fon domeftique.
N. Monget , Commis des vivres . Un
Boulanger des vivres.
On a oublié dans la premiere lifte d'employer
comme prifonnier M. le Chevalier d'Ailly , Maréchal
de camp.
M. le Chevalier des Bares , Capitaine au Régiment
Defcars Cavalerie , mis au nombre des
Officiers tués , a donné de fes nouvelles . Il eft
prifonnier & bleffé de douze coups de fabre.
Le Roi a difpofé en faveur de M. le Vicomte de
Choifeul , du Régiment de Poitou , vacant par la
mort de M. le Comte de Revel.
Du Régiment Royal-Barrois , vacant par la
mort de M. le Comte de Baffompierre , en faveur
de M. le Marquis de Baffompierre , fon pere ,
Brigadier des armées du Roi , & Sous- Lieutenant
des Chevaux- Légers d'Orléans,
De trois places de Colonels dans le Régiment
des Grenadiers de France , en faveur de M. le
Comte de la Fayette , Capitaine réformé à la fuite
du régiment de Cavalerie de la Rochefoucault ,
de M. le Comte de Danois , Capitaine réformé á
la fuire du régiment Royal de Cravates ; & de
M. le Comte de Broglie , Enfeigne dans le régiment
de Poitou :
Et de deux Guidons vacans dans la Gendarmerie;
l'un en faveur de M. le Comte de Noé , Capitaine
réformé à la fuite du régiment de Cavalerie de la
Viefville ; l'autre pour N, le Marquis de Crenolles,
Lieutenant dans le régiment du Roi Infanterie.
Fermer
Résumé : Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Du 23 octobre au 5 novembre, l'armée combinée de l'Empire et de la France, renforcée par des troupes du Duc de Broglie, affronta l'armée prussienne. Après plusieurs manœuvres, les deux armées se retrouvèrent près de Weissenfels. Le 3 novembre, les Prussiens traversèrent la Saale, et les préparatifs pour la bataille commencèrent. Le 5 novembre, la bataille éclata. Les Prussiens repoussèrent la cavalerie combinée et gagnèrent le flanc droit, forçant les bataillons à se replier. L'armée combinée se retira à Freybourg, puis traversa l'Unstrutt sans être poursuivie. Le 6 novembre, l'armée de l'Empire se retira vers Arnstadt, tandis que l'armée française se rapprocha des quartiers du Maréchal Duc de Richelieu. La bataille entraîna des pertes significatives, avec une liste publiée des officiers tués, blessés, prisonniers ou manquants. Les régiments affectés incluaient ceux de Piedmont, Royal-Roussillon, Castellas, Planta, Reding, Salis, Touraine, Saint-Germain, Mailly, Poitou, Saint-Chamont, Rohan, Beauvoisis, Brissac, Provence, Diesbach, La Marck, et plusieurs régiments de cavalerie. Certains officiers initialement portés disparus furent ensuite confirmés comme prisonniers. Par ailleurs, plusieurs nominations et promotions furent annoncées au sein de l'armée française. Le Régiment Royal-Barrois, vacant après le décès du Comte de Baffompierre, fut attribué au Marquis de Baffompierre. Trois places de Colonels dans le Régiment des Grenadiers de France furent attribuées au Comte de la Fayette, au Comte de Danois et au Comte de Broglie. Deux guidons vacants dans la Gendarmerie furent attribués au Comte de Noé et au Marquis de Crenolles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10711
p. 189-196
« Le 11 Décembre, les Princes & les Princesses du Sang rendirent, en cérémonie, [...] »
Début :
Le 11 Décembre, les Princes & les Princesses du Sang rendirent, en cérémonie, [...]
Mots clefs :
Princes, Princesses, Sa Majesté, Armée prussienne, Armée de l'Impératrice, Combats, Camps militaires, Fortifications, Attaques, Troupes, Maréchaux, Ennemis, Comtes, Artillerie, Canons, Vaisseaux, Marchandises, Corsaires, Navires anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 11 Décembre, les Princes & les Princesses du Sang rendirent, en cérémonie, [...] »
Le 11 Décembre , les Princes & les Princeffes
du Sang rendirent , en cérémonie , à l'occafion
190 MERCURE DE FRANCE.
de la mort de la Reine de Pologne , Electrice de
Saxe , leurs refpects à Monfeigneur le Dauphin
& à Madame la Dauphine. Les Seigneurs & Dames
de la Cour , en habits de grand deuil , s'acquitterent
du même devoir.
Le Roi a tenu le Sceau pour la dix-huitieme &
dix-neuvieme fois.
Sa Majefté a difpofé du régiment de Cavalerie ,
vacant par la mort de M. le Duc de Beauvillier
en faveur de M. le Chevalier de Saint -Aignan fon
frere , Colonel dans le régiment des Grenadiers de
France ; & d'une place de Colonel dans le regiment
des mêmes Grenadiers , en faveur de M. le
Marquis d'Eftampes , Lieutenant en ſecond dans
le régiment du Roi , Infanterie.
On a été informé que le Prince Charles a dépêché
au Roi le sieur de Boifgeflin , pour faire part à
Sa Majefté de la prife de Schweidnitz qui a capitulé
le 12 Novembre.
Les Pruffiens ont perdu , pendant le cours de ce
fiege , environ dix-huit cens hommes. La garnifon
qui étoit encore forte de quatre mille fept
cens hommes , eft prifonniere de guerre , & fera
conduite où l'Impératrice Reine jugera à propos
de l'envoyer.
Les Autrichiens ont trouvé dans la place cent
foixante quatre pieces de canon , quatorze mortiers
, beaucoup de munitions , des vivres , du fourage
en abondance , & un million d'écus d'Allemagne
, dans la caiffe militaire .
On a reçu avis que l'armée Pruffienne arrivée
fous Breflau depuis fept femaines entieres , y occupoit
un camp très -fort par lui même qu'elle
avoit encore fortifié de toutes parts & avec le plus
grand foin ; il n'avoit que le défaut d'être trop
étendu, pour le nombre de troupes qui devoient le
JANVIER. 1758. 191
défendre ; fans cela il cût été impoffible d'y pénétrer
.
S. A. R. ayant reconnu ce défaut , & voulant à
quelque prix que ce fût attaquer l'ennemi , fit une
difpofition qui fait l'éloge de fes talens militaires .
Elle jugea que la façon la plus fûre de pénétrer
dans cette Fortereffe , étoit d'attaquer vivement
l'ennemi par le centre & par les extrêmités . Elle
ajouta même à cette difpofition d'autres attaques
intermédiaires , afin de faire une plus grande diverfion
, & de mettre plus fûrement la confufion
dans les manoeuvres de l'ennemi.
Le camp retranché avoit fa droite appuyée visà-
vis le village de Pilnitz , dont les ennemis
avoient fait une citadelle ; il falloit même paffer
la riviere de l'Oh , avant que d'arriver à fes retranchemens.
Son flanc étoit couvert par des bois
immenfes & par la riviere de l'Oder. Sa gauche
étoit appuyée à une hauteur qui eft à cinq cens
pas ou environ des Fauxbours de Breſlau . Elle étoit
fortifiée d'une excellente redoute garnie de fon
plus gros canon. Il avoit dans l'étendue du fronr
de fon camp , les villages de Smidfeld , d'Effichen
, & de Klein - morberg , également bien
fortifiés. La riviere de l'Oh bordoit le front de fa
pofition dans prefque toute fon étendue. Heureufement
pour Parmée Impériale , il s'en étoit un
peu trop éloigné vers le centre , & c'eſt- là où
S. A. R. fit le plan de porter les coups qu'elle devoit
frapper de la main .
La difpofition de l'attaque fe borna donc à quatre
point effentiels ; l'un entre les fauxbourgs de
Breau & le village de Klein- burg , l'autre vis-à
vis de Klein- morberg ; le troifieme entre Smidfeld
& Effichen , & le quatrieme à Pilnitz , fans
compter une divifion qui fut faite de l'autre côté
192 MERCURE DE FRANCE :
de la riviere de l'Oder par un corps de cinq à fix
mille hommes qui menaçoit la retraite de l'ennemi
, en cas qu'il fût forcé par fa droite , & qu'on
pût couper la communication avec Breĺau,
Les ordres ayant été donnés le 21 pour attaquer
l'ennemi le lendemain , l'armée de l'impératrice
qui étoit campée en ligne fe divifa à la pointe du
jour ; chaque troupe le rendit à la deftination
& dès que tout fut prêt , on commença à dix heures
une canonnade terrible , qui dura juſqu'à midi;
alors le fignal fut donné pour que chacun fît fes
pents fur la riviere , & pour attaquer en même
temps. Les ponts du centre furent les premiers
conftruits , c'étoit l'attaque où étoit placés S. A. R.
& le Feld- Maréchal Comte de Daun ; il y en eut
fept jettés en moins d'une demi - heure , malgré le
feu de l'ennemi ; à peine furent - ils finis , que
treate compagnies de Grenadiers pafferent , foutenues
de deux mille chevaux d'élite , des bataillons
de l'aîle droite de l'armée , & de plufieurs
efcadrons.
Ces troupes fe formerent , malgré le feu le plus
vif, avec une viteffe fi finguliere , que l'ennemi ne
put porter des troupes pour nous charger, que dans
l'inftant où nous commencions, à être formés.
S- A. R. s'étant apperçue du deffein qu'il avoit de
nous charger en flanc , fit avancer fort vîte quatre
pieces de canon chargées à cartouche , foutenues
de quatre bataillons qui prirent en flanc l'ennemi
lui-même , & l'obligerent de s'arrêter . Les retranchemens
qui étoient alors devant nous , & qui enveloppoient
le village de Klein- morberg étoient
redoutables. Nous avions d'ailleurs fur notre flanc
droit le corps de troupes dont on vient de parler ,
fans compter celui qui faifoit face à notre attaque de
la droite. Nous reftâmes ainfi pendant plus d'une
heure
JANVIER 1758. 195'
heure entiere à effuyer & à rendre le feu le plus
vif.Les ennemis chercherent plus d'une fois à nous
attaquer de front & de flanc ; mais les troupes &
P'artillerie firent de tels prodiges , que les Pruffiens
, malgré leurs efforts , ne nous firent pas
perdre un pouce de terrein . Nous enlevâmes au
contraire les retranchemens de Klein-morberg ,
& pendant que nous combattions ainfi , celles de
nos troupes qui attaquoient Pilnitz & Neikirck
faifoient de leur côté des merveilles ; mais ayant
trouvé plus de difficultés que nous dans le paffage
de la riviere , elles ne purent dépofter l'ennemi
auffi promptement que nous l'avions fait .
La nuit qui farvint fit finit le combat. C'eft une
journée qui comble d'honneur l'armée de l'Impératrice,
& qui n'en fait pas moins à S. A. R. & au
Feld- Maréchal Comte de Daun.
L'armée Impériale a eu quatre mille hommes
tués ou bleffés , dans le nombre defquels ſont fix
Généraux , dont un de tué.
Les ennemis ont perdu beaucoup plus du double
, & ont eu plus de trois mille prifonniers ou
déferteurs. Prefque tous leurs Généraux ont été
tués , bleffés , ou faits prifonniers. Le Prince de
Beverne , qui commandoit l'armée , eft du nombre
de ces derniers. Le Prince Ferdinand , frere
du Roi de Pruffe , a reçu une légere bleffure. Le
Prince de Brunſwick & celui de Wirtemberg font
auffi bleffés. Nous avons pris trente - neuf pieces
de canon , trois mortiers , & huit drapeaux , & la
ville de Breſlau s'eft rendue au vainqueur. En un
mot , l'action du 22 eft moins une bataille qu'une
défaite ; mais ce qui doit plaire le plus à Sa Majefté
Impériale , eft l'ardeur que fon armée entiere
a montré pour combattre fes ennemis. S, A. R.
& le Feld-Maréchal Comte de Daun , ne doivent
I.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
pas être moins flattés de la confiance des troupes ,
qui fe nourrit dans le foldat par la bonne opinion
qu'il a de fes chefs.
Les Princes de Saxe fe font diftingués par leur
valeur , comme ils le font dans toutes les occafions,
Lorfque la ville de Breflau s'eft rendue , & que
la garnifon de neuf Bataillons eft fortie avec les
honneurs de la guerre , il n'y a eu que trois cens
hommes en tout qui ayent accompagné les drapeaux
: tout le refte , Officiers & Soldats , a déferté
ouvertement ou fécretement. Il en eft venu
mille quatre-vingts dans une feule journée au quartier
de S. A. R. fans compter ceux qui auront été
à celui du Comte de Nadafty , ou ceux encore que
ramènera le Général Beck , qui eft à la pourfuite
du refte de l'armée Pruffienne. Cette armée étoit
plus forte que nous ne l'avions cru. On nous a
affuré que les ennemis montoient à plus de quarante
mille hommes : ils en ont perdu fûrement
vingt mille , y compris les déferteurs. Le nombre
des bleffés eft auffi plus grand que nous ne penfions.
Les Vaiffeaux du Roi le Célebre & le Bizarre ,
fe font rendus maîtres du Corfaire Anglois ci-devant
la Grande - Biche , de Saint -Malo , armé de
28 canons , de 14 pierriers , & de 109 hommes
d'équipage , ainsi que d'un autre bâtiment armé
de 6 canons , 10 pierriers , & de 39 hommes d'é- `
quipage.
-neaux ,
Le Navire Anglois le Matthy , de 350 tonvenant
de Saint- Chriftophe, avec une cargaifon
compofée de différentes marchandiſes , a
été pris par la Frégate du Roi la Calypfo , & eft arrivé
à Breft .
On a été informé par des lettres écrites de Bergue
en Norwege de l'arrivée en çe Port des NaviJANVIER.
1758.
195 .
res Anglois le Rolland & Jeanne , de Neufchâtel,
PHelene , la Marie - Betty , la Dorothée , de Witthaven
, la Marianne de Dublin , & le Hamkinfon
de Lancaftre. Ces fix Bâtimens qui revenoient,
les uns de Riga , les autres de Petersbourg , chacun
avec un chargement de chanvre , de lin , de
fer , de toiles à voiles , & d'autres marchandiſes
ont été pris par le capitaine Charles- François Robert
, commandant le Corfaire la Comteffe de la
Serre , de Dunkerque .
>
L'Actif, autre Corfaire de ce Port , s'eft emparé
d'un navire Anglois d'environ 100 tonneaux,
armé de 12 canons & de 80 hommes d'équipage,
dont la cargaifon eft compofée de différentes marchandifes
du cru de la Jamaïque , d'où il revenoit.
Ce Bâtiment a été conduit à Breft.
Le Capitaine Monnier, commandant le Corfaire
la Revanche , de Dunkerque , a pris & conduit
en ce port les navires Anglois l'Ardent , la Providence
& le Norwich , chargés de charbon de
terre..Il a rançonné pour 620 guinées deux autres
bâtimens Anglois , dont il s'eft rendu maître.
L'Hyrondelle , Corfaire du même port , a relâ–
ché, moyennant une rançon de 100 livres fterlings
, un bateau Anglois qu'il avoit pris .
Les navires Anglois le Nancy, de Bofton , chargé
de 600 barrils de goudron , & la Marie , dont
la cargaifon eft compofée de bois de conftruction
, ont été pris par le Corfaire le Voltigeur ,
de Boulogne, & font arrivés, l'un à Calais , & l'autre
au Havre.
On mande de Cherbourg que le Corfaire le
Conquérant de ce port , a pris & y a conduit un bâtiment
Anglois de 80 tonneaux , ayant pour chargement
du fel , de l'avoine , quelques ballots , &
autres marchandiſes.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
Les Corfaires les Deux-Freres & le Faucon , de
Marſeille , fe font emparés des navires Anglois le
Ligny , le Lottéa & le Nelly , de Cork , qui ont
été conduits à Cadix. Ils font chargés , le premier
de diverfes marchandiſes , le fecond de morue
, & le troifieme de beurre , de viandes falées
& de chandelle.
Trois autres navires Anglois , fçavoir le Nancy,
dont le chargement confifte en falaifons , en
cuirs & en chandelle , le Charmeng-Betty , chargé
de charbon de terre , & le Royal - Georges , chargé
de fardines , ont auffi été conduits à Cadix , &
ont été pris par les Corfaires François la Bagatelle
, la Jacqueline , le Saint- Antoine, & les Ames,
de Mahon.
du Sang rendirent , en cérémonie , à l'occafion
190 MERCURE DE FRANCE.
de la mort de la Reine de Pologne , Electrice de
Saxe , leurs refpects à Monfeigneur le Dauphin
& à Madame la Dauphine. Les Seigneurs & Dames
de la Cour , en habits de grand deuil , s'acquitterent
du même devoir.
Le Roi a tenu le Sceau pour la dix-huitieme &
dix-neuvieme fois.
Sa Majefté a difpofé du régiment de Cavalerie ,
vacant par la mort de M. le Duc de Beauvillier
en faveur de M. le Chevalier de Saint -Aignan fon
frere , Colonel dans le régiment des Grenadiers de
France ; & d'une place de Colonel dans le regiment
des mêmes Grenadiers , en faveur de M. le
Marquis d'Eftampes , Lieutenant en ſecond dans
le régiment du Roi , Infanterie.
On a été informé que le Prince Charles a dépêché
au Roi le sieur de Boifgeflin , pour faire part à
Sa Majefté de la prife de Schweidnitz qui a capitulé
le 12 Novembre.
Les Pruffiens ont perdu , pendant le cours de ce
fiege , environ dix-huit cens hommes. La garnifon
qui étoit encore forte de quatre mille fept
cens hommes , eft prifonniere de guerre , & fera
conduite où l'Impératrice Reine jugera à propos
de l'envoyer.
Les Autrichiens ont trouvé dans la place cent
foixante quatre pieces de canon , quatorze mortiers
, beaucoup de munitions , des vivres , du fourage
en abondance , & un million d'écus d'Allemagne
, dans la caiffe militaire .
On a reçu avis que l'armée Pruffienne arrivée
fous Breflau depuis fept femaines entieres , y occupoit
un camp très -fort par lui même qu'elle
avoit encore fortifié de toutes parts & avec le plus
grand foin ; il n'avoit que le défaut d'être trop
étendu, pour le nombre de troupes qui devoient le
JANVIER. 1758. 191
défendre ; fans cela il cût été impoffible d'y pénétrer
.
S. A. R. ayant reconnu ce défaut , & voulant à
quelque prix que ce fût attaquer l'ennemi , fit une
difpofition qui fait l'éloge de fes talens militaires .
Elle jugea que la façon la plus fûre de pénétrer
dans cette Fortereffe , étoit d'attaquer vivement
l'ennemi par le centre & par les extrêmités . Elle
ajouta même à cette difpofition d'autres attaques
intermédiaires , afin de faire une plus grande diverfion
, & de mettre plus fûrement la confufion
dans les manoeuvres de l'ennemi.
Le camp retranché avoit fa droite appuyée visà-
vis le village de Pilnitz , dont les ennemis
avoient fait une citadelle ; il falloit même paffer
la riviere de l'Oh , avant que d'arriver à fes retranchemens.
Son flanc étoit couvert par des bois
immenfes & par la riviere de l'Oder. Sa gauche
étoit appuyée à une hauteur qui eft à cinq cens
pas ou environ des Fauxbours de Breſlau . Elle étoit
fortifiée d'une excellente redoute garnie de fon
plus gros canon. Il avoit dans l'étendue du fronr
de fon camp , les villages de Smidfeld , d'Effichen
, & de Klein - morberg , également bien
fortifiés. La riviere de l'Oh bordoit le front de fa
pofition dans prefque toute fon étendue. Heureufement
pour Parmée Impériale , il s'en étoit un
peu trop éloigné vers le centre , & c'eſt- là où
S. A. R. fit le plan de porter les coups qu'elle devoit
frapper de la main .
La difpofition de l'attaque fe borna donc à quatre
point effentiels ; l'un entre les fauxbourgs de
Breau & le village de Klein- burg , l'autre vis-à
vis de Klein- morberg ; le troifieme entre Smidfeld
& Effichen , & le quatrieme à Pilnitz , fans
compter une divifion qui fut faite de l'autre côté
192 MERCURE DE FRANCE :
de la riviere de l'Oder par un corps de cinq à fix
mille hommes qui menaçoit la retraite de l'ennemi
, en cas qu'il fût forcé par fa droite , & qu'on
pût couper la communication avec Breĺau,
Les ordres ayant été donnés le 21 pour attaquer
l'ennemi le lendemain , l'armée de l'impératrice
qui étoit campée en ligne fe divifa à la pointe du
jour ; chaque troupe le rendit à la deftination
& dès que tout fut prêt , on commença à dix heures
une canonnade terrible , qui dura juſqu'à midi;
alors le fignal fut donné pour que chacun fît fes
pents fur la riviere , & pour attaquer en même
temps. Les ponts du centre furent les premiers
conftruits , c'étoit l'attaque où étoit placés S. A. R.
& le Feld- Maréchal Comte de Daun ; il y en eut
fept jettés en moins d'une demi - heure , malgré le
feu de l'ennemi ; à peine furent - ils finis , que
treate compagnies de Grenadiers pafferent , foutenues
de deux mille chevaux d'élite , des bataillons
de l'aîle droite de l'armée , & de plufieurs
efcadrons.
Ces troupes fe formerent , malgré le feu le plus
vif, avec une viteffe fi finguliere , que l'ennemi ne
put porter des troupes pour nous charger, que dans
l'inftant où nous commencions, à être formés.
S- A. R. s'étant apperçue du deffein qu'il avoit de
nous charger en flanc , fit avancer fort vîte quatre
pieces de canon chargées à cartouche , foutenues
de quatre bataillons qui prirent en flanc l'ennemi
lui-même , & l'obligerent de s'arrêter . Les retranchemens
qui étoient alors devant nous , & qui enveloppoient
le village de Klein- morberg étoient
redoutables. Nous avions d'ailleurs fur notre flanc
droit le corps de troupes dont on vient de parler ,
fans compter celui qui faifoit face à notre attaque de
la droite. Nous reftâmes ainfi pendant plus d'une
heure
JANVIER 1758. 195'
heure entiere à effuyer & à rendre le feu le plus
vif.Les ennemis chercherent plus d'une fois à nous
attaquer de front & de flanc ; mais les troupes &
P'artillerie firent de tels prodiges , que les Pruffiens
, malgré leurs efforts , ne nous firent pas
perdre un pouce de terrein . Nous enlevâmes au
contraire les retranchemens de Klein-morberg ,
& pendant que nous combattions ainfi , celles de
nos troupes qui attaquoient Pilnitz & Neikirck
faifoient de leur côté des merveilles ; mais ayant
trouvé plus de difficultés que nous dans le paffage
de la riviere , elles ne purent dépofter l'ennemi
auffi promptement que nous l'avions fait .
La nuit qui farvint fit finit le combat. C'eft une
journée qui comble d'honneur l'armée de l'Impératrice,
& qui n'en fait pas moins à S. A. R. & au
Feld- Maréchal Comte de Daun.
L'armée Impériale a eu quatre mille hommes
tués ou bleffés , dans le nombre defquels ſont fix
Généraux , dont un de tué.
Les ennemis ont perdu beaucoup plus du double
, & ont eu plus de trois mille prifonniers ou
déferteurs. Prefque tous leurs Généraux ont été
tués , bleffés , ou faits prifonniers. Le Prince de
Beverne , qui commandoit l'armée , eft du nombre
de ces derniers. Le Prince Ferdinand , frere
du Roi de Pruffe , a reçu une légere bleffure. Le
Prince de Brunſwick & celui de Wirtemberg font
auffi bleffés. Nous avons pris trente - neuf pieces
de canon , trois mortiers , & huit drapeaux , & la
ville de Breſlau s'eft rendue au vainqueur. En un
mot , l'action du 22 eft moins une bataille qu'une
défaite ; mais ce qui doit plaire le plus à Sa Majefté
Impériale , eft l'ardeur que fon armée entiere
a montré pour combattre fes ennemis. S, A. R.
& le Feld-Maréchal Comte de Daun , ne doivent
I.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
pas être moins flattés de la confiance des troupes ,
qui fe nourrit dans le foldat par la bonne opinion
qu'il a de fes chefs.
Les Princes de Saxe fe font diftingués par leur
valeur , comme ils le font dans toutes les occafions,
Lorfque la ville de Breflau s'eft rendue , & que
la garnifon de neuf Bataillons eft fortie avec les
honneurs de la guerre , il n'y a eu que trois cens
hommes en tout qui ayent accompagné les drapeaux
: tout le refte , Officiers & Soldats , a déferté
ouvertement ou fécretement. Il en eft venu
mille quatre-vingts dans une feule journée au quartier
de S. A. R. fans compter ceux qui auront été
à celui du Comte de Nadafty , ou ceux encore que
ramènera le Général Beck , qui eft à la pourfuite
du refte de l'armée Pruffienne. Cette armée étoit
plus forte que nous ne l'avions cru. On nous a
affuré que les ennemis montoient à plus de quarante
mille hommes : ils en ont perdu fûrement
vingt mille , y compris les déferteurs. Le nombre
des bleffés eft auffi plus grand que nous ne penfions.
Les Vaiffeaux du Roi le Célebre & le Bizarre ,
fe font rendus maîtres du Corfaire Anglois ci-devant
la Grande - Biche , de Saint -Malo , armé de
28 canons , de 14 pierriers , & de 109 hommes
d'équipage , ainsi que d'un autre bâtiment armé
de 6 canons , 10 pierriers , & de 39 hommes d'é- `
quipage.
-neaux ,
Le Navire Anglois le Matthy , de 350 tonvenant
de Saint- Chriftophe, avec une cargaifon
compofée de différentes marchandiſes , a
été pris par la Frégate du Roi la Calypfo , & eft arrivé
à Breft .
On a été informé par des lettres écrites de Bergue
en Norwege de l'arrivée en çe Port des NaviJANVIER.
1758.
195 .
res Anglois le Rolland & Jeanne , de Neufchâtel,
PHelene , la Marie - Betty , la Dorothée , de Witthaven
, la Marianne de Dublin , & le Hamkinfon
de Lancaftre. Ces fix Bâtimens qui revenoient,
les uns de Riga , les autres de Petersbourg , chacun
avec un chargement de chanvre , de lin , de
fer , de toiles à voiles , & d'autres marchandiſes
ont été pris par le capitaine Charles- François Robert
, commandant le Corfaire la Comteffe de la
Serre , de Dunkerque .
>
L'Actif, autre Corfaire de ce Port , s'eft emparé
d'un navire Anglois d'environ 100 tonneaux,
armé de 12 canons & de 80 hommes d'équipage,
dont la cargaifon eft compofée de différentes marchandifes
du cru de la Jamaïque , d'où il revenoit.
Ce Bâtiment a été conduit à Breft.
Le Capitaine Monnier, commandant le Corfaire
la Revanche , de Dunkerque , a pris & conduit
en ce port les navires Anglois l'Ardent , la Providence
& le Norwich , chargés de charbon de
terre..Il a rançonné pour 620 guinées deux autres
bâtimens Anglois , dont il s'eft rendu maître.
L'Hyrondelle , Corfaire du même port , a relâ–
ché, moyennant une rançon de 100 livres fterlings
, un bateau Anglois qu'il avoit pris .
Les navires Anglois le Nancy, de Bofton , chargé
de 600 barrils de goudron , & la Marie , dont
la cargaifon eft compofée de bois de conftruction
, ont été pris par le Corfaire le Voltigeur ,
de Boulogne, & font arrivés, l'un à Calais , & l'autre
au Havre.
On mande de Cherbourg que le Corfaire le
Conquérant de ce port , a pris & y a conduit un bâtiment
Anglois de 80 tonneaux , ayant pour chargement
du fel , de l'avoine , quelques ballots , &
autres marchandiſes.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
Les Corfaires les Deux-Freres & le Faucon , de
Marſeille , fe font emparés des navires Anglois le
Ligny , le Lottéa & le Nelly , de Cork , qui ont
été conduits à Cadix. Ils font chargés , le premier
de diverfes marchandiſes , le fecond de morue
, & le troifieme de beurre , de viandes falées
& de chandelle.
Trois autres navires Anglois , fçavoir le Nancy,
dont le chargement confifte en falaifons , en
cuirs & en chandelle , le Charmeng-Betty , chargé
de charbon de terre , & le Royal - Georges , chargé
de fardines , ont auffi été conduits à Cadix , &
ont été pris par les Corfaires François la Bagatelle
, la Jacqueline , le Saint- Antoine, & les Ames,
de Mahon.
Fermer
Résumé : « Le 11 Décembre, les Princes & les Princesses du Sang rendirent, en cérémonie, [...] »
Le 11 décembre, les Princes et Princesses du Sang ont rendu hommage au Dauphin et à la Dauphine à l'occasion du décès de la Reine de Pologne, Electrice de Saxe. Les membres de la Cour ont également exprimé leurs respects en habits de grand deuil. Le Roi a exercé ses prérogatives en tenant le Sceau pour la dix-huitième et dix-neuvième fois. Il a attribué le régiment de Cavalerie vacant après la mort du Duc de Beauvillier au Chevalier de Saint-Aignan et une place de Colonel dans le régiment des Grenadiers de France au Marquis d'Estampes. Le Prince Charles a envoyé le sieur de Boisfgelin au Roi pour annoncer la prise de Schweidnitz, qui a capitulé le 12 novembre. Lors de ce siège, les Prussiens ont perdu environ 1800 hommes, et la garnison, composée de 4700 hommes, est devenue prisonnière de guerre. Les Autrichiens ont trouvé dans la place 164 pièces de canon, 14 mortiers, des munitions, des vivres, du fourrage et un million d'écus. L'armée prussienne, installée à Breslau depuis sept semaines, occupait un camp fortifié. L'armée impériale, sous le commandement de Son Altesse Royale, a attaqué ce camp le 22 décembre en exploitant ses faiblesses. L'attaque a été menée sur quatre points essentiels, avec une division supplémentaire menaçant la retraite ennemie. Malgré une résistance acharnée, les Prussiens ont subi de lourdes pertes, avec plus de 3000 prisonniers ou déserteurs. L'armée impériale a capturé 39 pièces de canon, 3 mortiers et 8 drapeaux, et la ville de Breslau s'est rendue. Par ailleurs, les navires français ont capturé plusieurs bâtiments anglais, notamment le corsaire la Grande-Biche et le navire le Matthy, ainsi que d'autres navires chargés de diverses marchandises. Plusieurs corsaires français ont également pris des navires anglais dans différentes régions, comme Brest, Calais, Le Havre et Cadix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10712
p. 196-197
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Hautvilliers, Ordre de Saint Benoît, [...]
Mots clefs :
Abbayes, Ordres, Diocèses, Abbé, Prêtre, Bénéfices donnés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Hautvilliers ,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe de Rheims ,
M. l'Abbé de Bouillé , Doyen des Comtes de
Lyon , premier Aumônier de Sa Majefté ; l'Abbaye
de Bonlieu , Ordre de Câteaux , Dioceſe de
Bordeaux , à M. Guerin , Prêtre du Dioceſe d'Avranches
; celle de Béniffons-Dieu , même Ordre ,
Dioceſe de Lyon , à la Dame de Jarenre - Senas ,
Religieufe Bénédictine de S. Laurent d'Avignon ;
1'Abbaye de Boquien , Ordre de Câteaux , Diocefe
de Saint Brieux , à M. l'Abbé le Mintier , Prêtre
du même Diocefe ; le Prieuré de S. Denis d'Amboife
, Congrégation de Saint Maur , Dioceſe de
Tours , à M. Fermay , Prêtre du même Dioceſe';
le Prieuré de la Haye aux Bons- Hommes , Diocefe
d'Angers , vacant par la mort de M. l'Abbé
de Plancy, à M. l'Abbé Bare , Chapelain du Roi,
JANVIER. 1758. 197
Chanoine de Noyon , & nommé ci - devant à
PAbbaye de Maymac , dont il a remis le Brevet.
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Hautvilliers ,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe de Rheims ,
M. l'Abbé de Bouillé , Doyen des Comtes de
Lyon , premier Aumônier de Sa Majefté ; l'Abbaye
de Bonlieu , Ordre de Câteaux , Dioceſe de
Bordeaux , à M. Guerin , Prêtre du Dioceſe d'Avranches
; celle de Béniffons-Dieu , même Ordre ,
Dioceſe de Lyon , à la Dame de Jarenre - Senas ,
Religieufe Bénédictine de S. Laurent d'Avignon ;
1'Abbaye de Boquien , Ordre de Câteaux , Diocefe
de Saint Brieux , à M. l'Abbé le Mintier , Prêtre
du même Diocefe ; le Prieuré de S. Denis d'Amboife
, Congrégation de Saint Maur , Dioceſe de
Tours , à M. Fermay , Prêtre du même Dioceſe';
le Prieuré de la Haye aux Bons- Hommes , Diocefe
d'Angers , vacant par la mort de M. l'Abbé
de Plancy, à M. l'Abbé Bare , Chapelain du Roi,
JANVIER. 1758. 197
Chanoine de Noyon , & nommé ci - devant à
PAbbaye de Maymac , dont il a remis le Brevet.
Fermer
Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En janvier 1758, Sa Majesté a attribué plusieurs abbayes et prieurés. L'Abbaye de Hautvilliers a été donnée à l'Abbé de Bouillé. L'Abbaye de Bonlieu a été attribuée à M. Guerin. L'Abbaye de Bénissons-Dieu a été octroyée à la Dame de Jarenre-Senas. L'Abbaye de Boquien a été confiée à l'Abbé le Mintier. Le Prieuré de Saint-Denis d'Amboise a été attribué à M. Fermay. Le Prieuré de la Haye aux Bons-Hommes a été donné à l'Abbé Bare.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10713
p. 197-200
MORTS.
Début :
Le 23 Octobre 1757, Henriette-Emilie de Bautru, Comtesse de [...]
Mots clefs :
Morts, Maison de Nogent, Comtesse, Marquis, Famille Bautru, Maison de Melun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
LE 23 Octobre 1757 , Henriette – Emilie de
Bautru , Comteffe de Nogent - le- Roi , femme de
Louis , Marquis de Melun , Comte de Nogent - le-
Roi , Seigneur de la Mothe- Saint-Androny , mourut
à Paris , âgée de 48 ans 7 mois 6 jours , étant
née le 21 Mars 1709. Elle étoit fille unique &
héritiere de Louis - Armand de Bautru , Comte de
Nogent- le-Roi en Beauffe , Lieutenant général
des Armées du Roi , & de la baffe - Auvergne ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , mort d'apoplexie aux Eaux de Bourbon-
PArchambaut , le 6 Juin 1736 , & de Marie- Julie
Juliftanne , fille du Pacha de Neuhaufel , en Hongrie
; elle avoit pour bifayeul Nicolas de Bautru ,
Comte de Nogent-le -Roi , Marquis du Tremblay,
Capitaine des Gardes de la porte du Roi , Gouver
neur de Dourdan , Confeiller du Roi en fes Confeils
d'Etat & privé , mort le 10 Septembre 1661 ,
laiffant de fon mariage avec Marie Coullon , entr'autres
enfans , 1 ° . Armand de Bautru , qui fuit ;
2º. Nicolas de Bautru , Marquis de Vaubrun & du
Tremblay , Lieutenant général des Armées du
Roi , Gouverneur de Philippeville , tué le premier
Août 1675 , au combat d'Altenheim fur le Rhin
commandant alors en chef l'armée du Roi , laiſfant
de fon mariage avec Marguerite - Thérefe de
Bautru-Vaubrun , fa niece , à la mode de Bretagne
, fille du Comte de Serrant , en Anjou ; Guillaume-
Nicolas de Bautru -Vaubrun , Abbé de Cor
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
mery & de S. Georges fur Loire , Lecteur de la
chambre du Roi , mort en 1746 , âgé de 85 ans ,
& Magdeleine- Diane de Bautru - Vaubrun , veuve
de François Annibal , Duc d'Eftrées , Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi , Gouverneur
de l'Ile de France , morte à Paris au mois
de Février 1753 , âgée de 85 ans ; 3 °. Louis de
Bautru , Marquis de Nogent , Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie, Gouverneur de Sommiere
, mort fans enfans.
Armand de Bautru , Comte de Nogent , Maréchal
des Camps & Armées du Roi , Lieutenant
général de la baffe- Auvergne , Capitaine des Gardes
de la porte , & Maître de la garderobe du Roi,
ayeul de la Marquife de Melun derniere du
nom de Bautru , qui donne lieu à cette article ,
fut tué au paffage du Rhin près du fort de Tolhuis,
le 12 Juin 1672. Il avoit épousé le 28 Avril
1663 , Diane- Charlotte de Caumont - Lauzun ,
fille d'honneur de la Reine , mere du Roi , foeur
du Duc de Lauzun , & fille de Gabriel , non pas
de Caumont , Comte de Lauzun , & de Charlotte
de Caumont- la Force . Elle mourut le 4 Novembre
1720 , ayant eu de fon mariage Louis - Armandde
Bautru , Comte de Nogent , pere de la Marquife
de Melan ; Louis - Nicolas de Bautru Nogent
, ancien Capitaine des Vaiffeaux du Roi ,
Chevalier de l'Ordre de S. Lazare , mort fans
Etre marié le 3 Septembre 1736 ; Louife- Thérefe-
Diane de Bautru- Nogent , femme de Blaize ,
Comte d'Aydie , morte le 6 Février 1732 ; Marié-
Antonine de Bautru - Nogent , morte en 1742 ,
femme de Charles - Armand de Gontault , Duc de
Biron , Pair de France , Chevaliers des Ordres du
Roi , Gouverneur de Landeau , mort en Juillet
1756 , Doyen des Maréchaux de France , âgé de
JANVIER. 1758. 199
93 ans , pere de Jean- Louis de Gontault , Duc de
Biron , Pair de France , Abbé de Moiffac & de
Cadouin ; de Louis - Antoine de Gontault , Duc de
Biron , Pair & Maréchal de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Gouverneur de Landrecis , Colonel
du Régiment des Gardes Françoifes , & de
Charles- Armand , Marquis de Gontault , Lieute
nant général des Armées du Roi & de la province
de Languedoc , Chevalier des Ordres , du Roi ,
Gouverneur de Landeau ; de Madame la Comreffe
du Roure , & de Madame la Marquife de
Seignelais , actuellement vivante .
Le Marquis de Melun eft fils d'Armand , Comte
de Melun , Chevalier de l'Ordre royal & militaire
de Saint Louis , mort Gouverneur des Forts Louis
& Sainte -Croix de Bordeaux , & de feue Marie-
Françoiſe de Rouvray de Saint-Simon , aîné de
la maifon , après le Bailly de Saint-Simon , &
l'Evêque de Metz . Il a pour bifayeul Charles de
Melun , Seigneur du Buignon , Gentilhomme de
la chambre de Henri de Bourbon , Prince de
Condé , Gentilhomme ordinaire du Roi , qui de
Françoise de Saint- Perriez , Dame de Maupertuis
, & de Granon , foeur de la Marquife de Vignacourt,
mere d'Adrien , Grand Maître de Malte ,
a laiffé 1 °. Joachim , Comte de Melun , Seigneur
du Buignon , Gentilhomme ordinaire de la chambre
du Roi , nommé le 1 Mars 1649, député de la
nobleffe du Bailliage de Nemours aux Etats Généraux
du royaume , convoqués, par ordre du Roi,
en la ville d'Orléans , au 15 dès même mois &
an , dont la postérité fubfifte. 2 ° . Louis de Melun
, Seigneur de Maupertuis , Maître - d'Hôtel
du Roi Louis XIII , né en 1603 , Lieutenant-Colonel
du régiment de Picardie , tué au fiege de
Giry , en 1649 , après trente - cinq campagnes ,
I
I iv
100 MERCURE DE FRANCE.
laiffant de Barbe de Chaudet , fa femme , Louis
de Melun , Marquis de Maupertuis , Lieutenant
Général des armées du Roi , Grande Croix de
l'Ordre royal & militaire de Saint Louis , Gouverneur
des ville & comté de Toul , Capitaine
Lieutenant de la premiere compagnie des Moufquetaires
, en 1684 , qui s'eft diftingué dans plufieurs
occafions, entr'autres au fiege de Candie , &
à celui de Valencienne. Il entra des premiers dans
cette place , à la tête des Moufquetaires , & y
fut même long-temps avant que les troupes y
entraffent , & mort à Paris , au mois d'Avril 1721 ,
dans fa quatre - vingt- feptieme année . 3.Matthieu
de Melun , Prieur de Sauffeuce , Chanoine &
Grand Vicaire de Chartres , mort en 1678. 4º%
Armand, Comte de Melun, Gouverneur des Forts
Louis & Sainte-Croix de Bordeaux , pere du Marquis
de Melun , François & Charles de Melun ; le
premier , tué en 1674 , à la bataille de Senef ,
étant Lieutenant aux Gardes ; le fecond , fix femaines
après , au fiege de Grave , étant Capitaine
& Major au régiment de Normandie ; & Françoiſe
de Melun , morte en 1709, Prieure des Da
mes Saint Dominique , à Montargis.
LE 23 Octobre 1757 , Henriette – Emilie de
Bautru , Comteffe de Nogent - le- Roi , femme de
Louis , Marquis de Melun , Comte de Nogent - le-
Roi , Seigneur de la Mothe- Saint-Androny , mourut
à Paris , âgée de 48 ans 7 mois 6 jours , étant
née le 21 Mars 1709. Elle étoit fille unique &
héritiere de Louis - Armand de Bautru , Comte de
Nogent- le-Roi en Beauffe , Lieutenant général
des Armées du Roi , & de la baffe - Auvergne ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , mort d'apoplexie aux Eaux de Bourbon-
PArchambaut , le 6 Juin 1736 , & de Marie- Julie
Juliftanne , fille du Pacha de Neuhaufel , en Hongrie
; elle avoit pour bifayeul Nicolas de Bautru ,
Comte de Nogent-le -Roi , Marquis du Tremblay,
Capitaine des Gardes de la porte du Roi , Gouver
neur de Dourdan , Confeiller du Roi en fes Confeils
d'Etat & privé , mort le 10 Septembre 1661 ,
laiffant de fon mariage avec Marie Coullon , entr'autres
enfans , 1 ° . Armand de Bautru , qui fuit ;
2º. Nicolas de Bautru , Marquis de Vaubrun & du
Tremblay , Lieutenant général des Armées du
Roi , Gouverneur de Philippeville , tué le premier
Août 1675 , au combat d'Altenheim fur le Rhin
commandant alors en chef l'armée du Roi , laiſfant
de fon mariage avec Marguerite - Thérefe de
Bautru-Vaubrun , fa niece , à la mode de Bretagne
, fille du Comte de Serrant , en Anjou ; Guillaume-
Nicolas de Bautru -Vaubrun , Abbé de Cor
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
mery & de S. Georges fur Loire , Lecteur de la
chambre du Roi , mort en 1746 , âgé de 85 ans ,
& Magdeleine- Diane de Bautru - Vaubrun , veuve
de François Annibal , Duc d'Eftrées , Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi , Gouverneur
de l'Ile de France , morte à Paris au mois
de Février 1753 , âgée de 85 ans ; 3 °. Louis de
Bautru , Marquis de Nogent , Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie, Gouverneur de Sommiere
, mort fans enfans.
Armand de Bautru , Comte de Nogent , Maréchal
des Camps & Armées du Roi , Lieutenant
général de la baffe- Auvergne , Capitaine des Gardes
de la porte , & Maître de la garderobe du Roi,
ayeul de la Marquife de Melun derniere du
nom de Bautru , qui donne lieu à cette article ,
fut tué au paffage du Rhin près du fort de Tolhuis,
le 12 Juin 1672. Il avoit épousé le 28 Avril
1663 , Diane- Charlotte de Caumont - Lauzun ,
fille d'honneur de la Reine , mere du Roi , foeur
du Duc de Lauzun , & fille de Gabriel , non pas
de Caumont , Comte de Lauzun , & de Charlotte
de Caumont- la Force . Elle mourut le 4 Novembre
1720 , ayant eu de fon mariage Louis - Armandde
Bautru , Comte de Nogent , pere de la Marquife
de Melan ; Louis - Nicolas de Bautru Nogent
, ancien Capitaine des Vaiffeaux du Roi ,
Chevalier de l'Ordre de S. Lazare , mort fans
Etre marié le 3 Septembre 1736 ; Louife- Thérefe-
Diane de Bautru- Nogent , femme de Blaize ,
Comte d'Aydie , morte le 6 Février 1732 ; Marié-
Antonine de Bautru - Nogent , morte en 1742 ,
femme de Charles - Armand de Gontault , Duc de
Biron , Pair de France , Chevaliers des Ordres du
Roi , Gouverneur de Landeau , mort en Juillet
1756 , Doyen des Maréchaux de France , âgé de
JANVIER. 1758. 199
93 ans , pere de Jean- Louis de Gontault , Duc de
Biron , Pair de France , Abbé de Moiffac & de
Cadouin ; de Louis - Antoine de Gontault , Duc de
Biron , Pair & Maréchal de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Gouverneur de Landrecis , Colonel
du Régiment des Gardes Françoifes , & de
Charles- Armand , Marquis de Gontault , Lieute
nant général des Armées du Roi & de la province
de Languedoc , Chevalier des Ordres , du Roi ,
Gouverneur de Landeau ; de Madame la Comreffe
du Roure , & de Madame la Marquife de
Seignelais , actuellement vivante .
Le Marquis de Melun eft fils d'Armand , Comte
de Melun , Chevalier de l'Ordre royal & militaire
de Saint Louis , mort Gouverneur des Forts Louis
& Sainte -Croix de Bordeaux , & de feue Marie-
Françoiſe de Rouvray de Saint-Simon , aîné de
la maifon , après le Bailly de Saint-Simon , &
l'Evêque de Metz . Il a pour bifayeul Charles de
Melun , Seigneur du Buignon , Gentilhomme de
la chambre de Henri de Bourbon , Prince de
Condé , Gentilhomme ordinaire du Roi , qui de
Françoise de Saint- Perriez , Dame de Maupertuis
, & de Granon , foeur de la Marquife de Vignacourt,
mere d'Adrien , Grand Maître de Malte ,
a laiffé 1 °. Joachim , Comte de Melun , Seigneur
du Buignon , Gentilhomme ordinaire de la chambre
du Roi , nommé le 1 Mars 1649, député de la
nobleffe du Bailliage de Nemours aux Etats Généraux
du royaume , convoqués, par ordre du Roi,
en la ville d'Orléans , au 15 dès même mois &
an , dont la postérité fubfifte. 2 ° . Louis de Melun
, Seigneur de Maupertuis , Maître - d'Hôtel
du Roi Louis XIII , né en 1603 , Lieutenant-Colonel
du régiment de Picardie , tué au fiege de
Giry , en 1649 , après trente - cinq campagnes ,
I
I iv
100 MERCURE DE FRANCE.
laiffant de Barbe de Chaudet , fa femme , Louis
de Melun , Marquis de Maupertuis , Lieutenant
Général des armées du Roi , Grande Croix de
l'Ordre royal & militaire de Saint Louis , Gouverneur
des ville & comté de Toul , Capitaine
Lieutenant de la premiere compagnie des Moufquetaires
, en 1684 , qui s'eft diftingué dans plufieurs
occafions, entr'autres au fiege de Candie , &
à celui de Valencienne. Il entra des premiers dans
cette place , à la tête des Moufquetaires , & y
fut même long-temps avant que les troupes y
entraffent , & mort à Paris , au mois d'Avril 1721 ,
dans fa quatre - vingt- feptieme année . 3.Matthieu
de Melun , Prieur de Sauffeuce , Chanoine &
Grand Vicaire de Chartres , mort en 1678. 4º%
Armand, Comte de Melun, Gouverneur des Forts
Louis & Sainte-Croix de Bordeaux , pere du Marquis
de Melun , François & Charles de Melun ; le
premier , tué en 1674 , à la bataille de Senef ,
étant Lieutenant aux Gardes ; le fecond , fix femaines
après , au fiege de Grave , étant Capitaine
& Major au régiment de Normandie ; & Françoiſe
de Melun , morte en 1709, Prieure des Da
mes Saint Dominique , à Montargis.
Fermer
Résumé : MORTS.
Le texte relate le décès d'Henriette-Émilie de Bautru, Comtesse de Nogent-le-Roi, survenu à Paris le 23 octobre 1757 à l'âge de 48 ans. Elle était l'épouse de Louis, Marquis de Melun. Henriette-Émilie était la fille unique et héritière de Louis-Armand de Bautru, Comte de Nogent-le-Roi, Lieutenant général des Armées du Roi, et de Marie-Julie Julistanne, fille du Pacha de Neuhaufel en Hongrie. Son grand-père paternel, Nicolas de Bautru, fut Capitaine des Gardes de la porte du Roi et Gouverneur de Dourdan. La lignée familiale d'Henriette-Émilie est marquée par plusieurs membres illustres. Parmi eux, Nicolas de Bautru, tué au combat d'Altenheim en 1675, et Armand de Bautru, Maréchal des Camps et Armées du Roi, tué au passage du Rhin en 1672. Du côté de la famille de Melun, des figures notables incluent Louis de Melun, Marquis de Maupertuis, Lieutenant Général des armées du Roi, et Joachim de Melun, Comte de Melun, député aux États Généraux en 1649.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10714
p. 202-204
Morts [titre d'après la table]
Début :
Le 26 Novembre 1757, mourut à Saint-Germain en Laye Pierre le Monnier, [...]
Mots clefs :
Morts, Philosophie, Université de Paris, Pierre le Monnier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts [titre d'après la table]
Le 26 Novembre 1757 , mourut à Saint - Germain
en Laye Pierre le Monnier Affocié vétéran
de l'Académie des Sciences & Profeffeur
Emérite en l'Univerfité de Paris. Il étoit né le 28
Juin 1676 , dans la franche bourgeoifie de Saint-
Sever , en Baffe - Normandie , là où fa famille eft
établie depuis le douzieme fiecle . L'on donnera
fur cela des détails en même temps qu'un extrait
de la Phyfique générale & particuliere , compofée
en 1714 , par M. le Monnier , & que l'on à imprimée
en ces derniers temps.
a
Il avoit fuccédé dans la chaire de Philofophie,
JANVIER . 1758. 203
au college d'Harcourt , à Guillaume le Melorel ,
natif pareillement de Saint - Sever , & dont il étoit
allié . Sa grande mere ( 1 ) Chardine Talbot , auprès
de laquelle il fut élevé , étant mineur , avoit acquis
en 1679 une partie des poffeffions que laiffe
aujourd'hui M. le Monnier d'un Marin le Melorel,
fieur de la Farize . Guillaume le Melorel fut l'un
des premiers Profeffeurs de Philofophie qui quitta
la Philofophie d'Ariftote pour adopter celle de
Defcartes. Lui & fon fucceffeur ont profeffé chacun
environ quarante ans. Le bourg de Saint-Sever
eft auffi ancien que la conquête de la province,
comme cela fe voit par les monumens qui nous
reftent de l'Abbaye royale , laquelle a été brûlée
jufqu'à trois fois . Lorfque Henri V , Roi d'Angleterre
, fit la conquête générale de la Normandie ,
en 1418 , il laiffa les habitans de Saint - Sever paifibles
poffeffeurs de leurs biens , & fe contenta de
ce qui étoit entre les mains des Religieux Bénédictins
de l'Abbaye royale , les revenus de leur
Abbé. Cet acte d'humanité contint les habitans
quelques années dans ces lieux-là . Mais les Anglois
défefpérés dans la Suiffe , de n'avoir pu affujettir
entiérement la province , faute d'emporter d'affaut
le Mont Saint Michel , fe poufferent à divers
excès. Ils ruinerent le château de Saint-Sever , &
il y eut pour lors une tranfmigration de trente
mille familles en Bretagne , attirées de Normandie
par le Duc Jean V, lequel entretenoit , après la
mort de Henri V, foigneufement la neutralité
avec le Duc de Bedfort , foi difant Régent du
royaume de France.
La famille dont nous parlons ſe maintint tou-
(1 ) Sa mere Longerin-de Richelieu , confine de
Louis de la Croix , Ecuyer , fieur de Richèlien.
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
jours à Saint-Sever dans fes poffeffions , quoi
qu'il y en eût quelques branches établies en Bretagne
long-temps avant cette derniere irruption
des Anglois. L'on compte parmi les branches qui
en font forties , celle qui a donné , vers l'an 1515,
l'Auteur de quelques écrits Latins & François ; entr'autres
un Traité à la louange du mariage & des
femmes vertueufes : il a laiffé une fondation à l'Univerfité
de Caën , dont il fut deux fois Recteur &
Syndic. S'étant fait Prêtre après la mort de fa femme
, il mourut Greffier & Vicegérent de la Cour
des Privileges Apoftoliques de l'Evêché de Bayeux..
11 eft connu fous le nom de Pierre le Monnier
Ecuyer , fieur de l'Enandrie. Le bifayeul, du Phi
lofophe Pierre le Monnier dont il eft queſtion
ici , s'appelloit François , & vivoit du temps de la
ligue & fous Henri IV. Il rendit quelques fervi
ces , & laiffa trois enfans , dont le plus jeune Matthieu
le Monnier , épouſa Chardine Talbot , &:
fut pere de Michelle Monnier , mort en 1679 ..
en Laye Pierre le Monnier Affocié vétéran
de l'Académie des Sciences & Profeffeur
Emérite en l'Univerfité de Paris. Il étoit né le 28
Juin 1676 , dans la franche bourgeoifie de Saint-
Sever , en Baffe - Normandie , là où fa famille eft
établie depuis le douzieme fiecle . L'on donnera
fur cela des détails en même temps qu'un extrait
de la Phyfique générale & particuliere , compofée
en 1714 , par M. le Monnier , & que l'on à imprimée
en ces derniers temps.
a
Il avoit fuccédé dans la chaire de Philofophie,
JANVIER . 1758. 203
au college d'Harcourt , à Guillaume le Melorel ,
natif pareillement de Saint - Sever , & dont il étoit
allié . Sa grande mere ( 1 ) Chardine Talbot , auprès
de laquelle il fut élevé , étant mineur , avoit acquis
en 1679 une partie des poffeffions que laiffe
aujourd'hui M. le Monnier d'un Marin le Melorel,
fieur de la Farize . Guillaume le Melorel fut l'un
des premiers Profeffeurs de Philofophie qui quitta
la Philofophie d'Ariftote pour adopter celle de
Defcartes. Lui & fon fucceffeur ont profeffé chacun
environ quarante ans. Le bourg de Saint-Sever
eft auffi ancien que la conquête de la province,
comme cela fe voit par les monumens qui nous
reftent de l'Abbaye royale , laquelle a été brûlée
jufqu'à trois fois . Lorfque Henri V , Roi d'Angleterre
, fit la conquête générale de la Normandie ,
en 1418 , il laiffa les habitans de Saint - Sever paifibles
poffeffeurs de leurs biens , & fe contenta de
ce qui étoit entre les mains des Religieux Bénédictins
de l'Abbaye royale , les revenus de leur
Abbé. Cet acte d'humanité contint les habitans
quelques années dans ces lieux-là . Mais les Anglois
défefpérés dans la Suiffe , de n'avoir pu affujettir
entiérement la province , faute d'emporter d'affaut
le Mont Saint Michel , fe poufferent à divers
excès. Ils ruinerent le château de Saint-Sever , &
il y eut pour lors une tranfmigration de trente
mille familles en Bretagne , attirées de Normandie
par le Duc Jean V, lequel entretenoit , après la
mort de Henri V, foigneufement la neutralité
avec le Duc de Bedfort , foi difant Régent du
royaume de France.
La famille dont nous parlons ſe maintint tou-
(1 ) Sa mere Longerin-de Richelieu , confine de
Louis de la Croix , Ecuyer , fieur de Richèlien.
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
jours à Saint-Sever dans fes poffeffions , quoi
qu'il y en eût quelques branches établies en Bretagne
long-temps avant cette derniere irruption
des Anglois. L'on compte parmi les branches qui
en font forties , celle qui a donné , vers l'an 1515,
l'Auteur de quelques écrits Latins & François ; entr'autres
un Traité à la louange du mariage & des
femmes vertueufes : il a laiffé une fondation à l'Univerfité
de Caën , dont il fut deux fois Recteur &
Syndic. S'étant fait Prêtre après la mort de fa femme
, il mourut Greffier & Vicegérent de la Cour
des Privileges Apoftoliques de l'Evêché de Bayeux..
11 eft connu fous le nom de Pierre le Monnier
Ecuyer , fieur de l'Enandrie. Le bifayeul, du Phi
lofophe Pierre le Monnier dont il eft queſtion
ici , s'appelloit François , & vivoit du temps de la
ligue & fous Henri IV. Il rendit quelques fervi
ces , & laiffa trois enfans , dont le plus jeune Matthieu
le Monnier , épouſa Chardine Talbot , &:
fut pere de Michelle Monnier , mort en 1679 ..
Fermer
Résumé : Morts [titre d'après la table]
Pierre Le Monnier, né le 28 juin 1676 à Saint-Sever en Basse-Normandie et décédé le 26 novembre 1757 à Saint-Germain-en-Laye, était un vétéran de l'Académie des Sciences et professeur émérite à l'Université de Paris. Sa famille était installée à Saint-Sever depuis le douzième siècle. Le Monnier a succédé à Guillaume Le Melorel, natif de Saint-Sever et son allié, à la chaire de Philosophie au collège d'Harcourt. Guillaume Le Melorel fut l'un des premiers professeurs à adopter la philosophie de Descartes. La grande-mère de Le Monnier, Chardine Talbot, avait acquis des possessions en 1679, aujourd'hui détenues par lui. Saint-Sever, ancien bourg, a été marqué par des événements historiques, notamment la conquête de la Normandie par Henri V en 1418 et les excès des Anglais qui ont conduit à la ruine du château et à la migration de nombreuses familles en Bretagne. La famille Le Monnier a maintenu ses possessions à Saint-Sever malgré les invasions. Une branche de la famille a donné un auteur de traités latins et français au début du XVIe siècle. Le bisaïeul du philosophe, François Le Monnier, vivait durant la Ligue et sous Henri IV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10715
p. 204-205
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Début :
Nous avons prévenu le Public dans le dernier Mercure que nous lui [...]
Mots clefs :
Traitement, Maladies, Soldats, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Huitieme traitement depuis fon établiſſement ..
NOUS ous avons prévenu le Public dans le dernier
Mercure que nous lui épargnerons déformais les
détails défagréables des maladies de chaque foldat
nous croyons que huit traitemens confécugifs
à l'hôpital & trois précédemment faits au
JANVIER. 1758. zor
fauxbourg S. Jacques , doivent fuffire pour per
fuader & convaincre ; ainfi nous nous contenterons
déformais de lui nommer les foldats traités
& guéris , avec les noms de leurs compagnies ,
comme nous faifons aujourd'hui , & continuerons
dans la fuite.
Etat des Soldats traités à l'Hôpital de M. le Ma
réchal de Biron , & fortis guéris depuis le feptieme
traitement..
Le nommé Saint Germain , Compagnie de
Pondeux , guéri.
Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon,
guéri.
Le nommé Margnet ; Compagnie du Trévoux,,
guéri.
Le nommé Meunier , Compagnie de Sinety ,
guéri ..
Le nommé Durofier , Compagnie de Bragelon,
gne , guéri.
Le nommé Cardin , Compagnie de Vifé , guéri .
Le nommé Chance , Compagnie de Bragelon
gne , guéri .
Le nommé Sans quartier , Compagnie du Tré
Youx , guéri.
Le nommé Joli- coeur , Compagnie de la Sone;
guéri .
Le nommé Chaperon , Compagnie Colonelle ,
guéri.
Le nommé Cleret , fcorbutique , forti pour
changer d'air , & n'ayant prefque plus de fymp
tômes de fcorbut..
Il fera fait au courant du mois prochain une revue
générale de tous les foldats traités avant & de,
puis l'établiffement de l'Hôpital , & nous en rens
dronsle compte le plus fidele..
Huitieme traitement depuis fon établiſſement ..
NOUS ous avons prévenu le Public dans le dernier
Mercure que nous lui épargnerons déformais les
détails défagréables des maladies de chaque foldat
nous croyons que huit traitemens confécugifs
à l'hôpital & trois précédemment faits au
JANVIER. 1758. zor
fauxbourg S. Jacques , doivent fuffire pour per
fuader & convaincre ; ainfi nous nous contenterons
déformais de lui nommer les foldats traités
& guéris , avec les noms de leurs compagnies ,
comme nous faifons aujourd'hui , & continuerons
dans la fuite.
Etat des Soldats traités à l'Hôpital de M. le Ma
réchal de Biron , & fortis guéris depuis le feptieme
traitement..
Le nommé Saint Germain , Compagnie de
Pondeux , guéri.
Le nommé Leveillé , Compagnie de Voifenon,
guéri.
Le nommé Margnet ; Compagnie du Trévoux,,
guéri.
Le nommé Meunier , Compagnie de Sinety ,
guéri ..
Le nommé Durofier , Compagnie de Bragelon,
gne , guéri.
Le nommé Cardin , Compagnie de Vifé , guéri .
Le nommé Chance , Compagnie de Bragelon
gne , guéri .
Le nommé Sans quartier , Compagnie du Tré
Youx , guéri.
Le nommé Joli- coeur , Compagnie de la Sone;
guéri .
Le nommé Chaperon , Compagnie Colonelle ,
guéri.
Le nommé Cleret , fcorbutique , forti pour
changer d'air , & n'ayant prefque plus de fymp
tômes de fcorbut..
Il fera fait au courant du mois prochain une revue
générale de tous les foldats traités avant & de,
puis l'établiffement de l'Hôpital , & nous en rens
dronsle compte le plus fidele..
Fermer
Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Huitième traitement depuis son établissement.
Le rapport traite des traitements réalisés à l'Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron. Depuis l'établissement de l'hôpital, huit traitements ont été effectués, en plus de trois autres en janvier 1758 dans le faubourg Saint-Jacques. L'auteur ne détaillera plus les maladies des soldats, mais nommera ceux qui ont été traités et guéris, ainsi que leurs compagnies. Les soldats traités et guéris depuis le septième traitement incluent Saint Germain (Compagnie de Pondeux), Leveillé (Compagnie de Voisenon), Margnet (Compagnie du Trévoux), Meunier (Compagnie de Sinety), Durofier (Compagnie de Bragelon), Cardin (Compagnie de Visé), Chance (Compagnie de Bragelon), Sans quartier (Compagnie du Trévoux), Joli-coeur (Compagnie de la Sonne), Chaperon (Compagnie Colonelle), et Cleret, atteint de scorbut et nécessitant un changement d'air, mais presque sans symptômes. Une revue générale de tous les soldats traités avant et après l'établissement de l'hôpital est prévue pour le mois suivant, avec un compte rendu fidèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10716
p. 211
AVIS.
Début :
Bechique souverain, ou Syrop pectoral, approuvé par brevet du 24 Août 1750, [...]
Mots clefs :
Sirop béchique, Sirop pectoral, Humeurs engorgées, Toux, Asthme, Dame veuve Mouton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
BECHIQUE fouverain , ou Syrop pectoral , approuvé
par brevet du 24 Août 1750 , pour les ma
ladies de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le poulmon
, d'adoucir l'acrimonie de la lymphe , en
tant que balfamique , & de rétablir les forces abattues,
en rappellant peu à peu l'appétit & le fommeil
,comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies ci- énoncées , que la
Bouteille taxée à fix livres , fcellée & étiquetée
àl'ordinaire , eft fuffifante pour en éprouver toute
l'efficacité avec fuccès . Il ne fe débite que chez la
Dame veuve Mouton , Marchande Apothicaire
de Paris , rue S. Denis , à côté de la rue Thévenot
,vis- à-vis le Roi François.
BECHIQUE fouverain , ou Syrop pectoral , approuvé
par brevet du 24 Août 1750 , pour les ma
ladies de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le poulmon
, d'adoucir l'acrimonie de la lymphe , en
tant que balfamique , & de rétablir les forces abattues,
en rappellant peu à peu l'appétit & le fommeil
,comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies ci- énoncées , que la
Bouteille taxée à fix livres , fcellée & étiquetée
àl'ordinaire , eft fuffifante pour en éprouver toute
l'efficacité avec fuccès . Il ne fe débite que chez la
Dame veuve Mouton , Marchande Apothicaire
de Paris , rue S. Denis , à côté de la rue Thévenot
,vis- à-vis le Roi François.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le médicament 'BECHIQUE fouverain' ou 'Syrop pectoral', approuvé le 24 août 1750, traite les maladies de poitrine comme le rhume, la toux et l'asthme. Il fluidifie les humeurs pulmonaires, adoucit la lymphe et restaure les forces. Vendu en bouteilles de six livres, il est disponible chez la Dame veuve Mouton, apothicaire à Paris, rue Saint-Denis, près de la rue Thévenot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10717
p. 211-212
AUTRE.
Début :
Raux, Marchand Emailleur du Roi, à Paris, rue du petit Lion-S. Sauveur, [...]
Mots clefs :
Yeux, Émail, Imitation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
RAUX , Marchand Emailleur du Roi , à Paris ,
rue du petit Lion- S. Sauveur , du côté de la rue
S. Denis , aux armes du Dauphin , fait & vend des
yeux d'émail , qui imitent fi parfaitement la na
ture , qu'il n'eft pas poffible de diftinguer le poftiche
du naturel.
Il en vend auffi pour les figures de cire , & pour
les animaux fourrés , que l'on conferve dans des
cabinets d'hiftoire naturelle.
212 MERCURE DE FRANCE.
Il en donne gratis aux pauvres .
Les perfonnes de province pourront lui en
voyer la forme , la couleur & les dimenfions de
l'oeil qu'ils voudront remplacer , foit en émail
s'ils en ont déja porté, fi non peint en mignature,
ou de toute autre maniere qu'ils voudront , & ils
auront , s'il leur plaît , l'attention d'affranchis
leurs lettres où paquets.
RAUX , Marchand Emailleur du Roi , à Paris ,
rue du petit Lion- S. Sauveur , du côté de la rue
S. Denis , aux armes du Dauphin , fait & vend des
yeux d'émail , qui imitent fi parfaitement la na
ture , qu'il n'eft pas poffible de diftinguer le poftiche
du naturel.
Il en vend auffi pour les figures de cire , & pour
les animaux fourrés , que l'on conferve dans des
cabinets d'hiftoire naturelle.
212 MERCURE DE FRANCE.
Il en donne gratis aux pauvres .
Les perfonnes de province pourront lui en
voyer la forme , la couleur & les dimenfions de
l'oeil qu'ils voudront remplacer , foit en émail
s'ils en ont déja porté, fi non peint en mignature,
ou de toute autre maniere qu'ils voudront , & ils
auront , s'il leur plaît , l'attention d'affranchis
leurs lettres où paquets.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le document annonce un marchand émailleur du roi à Paris, rue du petit Lion-Saint-Sauveur. Il fabrique des yeux en émail imitant parfaitement les yeux naturels, ainsi que des yeux pour figures de cire et animaux naturalisés. Il offre des yeux gratuits aux pauvres et propose des services aux personnes de province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10718
p. 214
Errata du Mercure de Décembre.
Début :
Page 68, ligne 12, Adieu donc, chez Lecteur, &c. lisez, Adieu donc, cher [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du Mercure de Décembre.
Errata du Mercure de Décembre.
PAGE 68 , ligne 12 ,
Lifez ,
Adieu donc , chez Lecteur , & c.
Adieu donc , cher Lecteur , & c.
Page 126 , lig. 7 , par M. Goyeau , Docteur en
Médecine , lifez , par M. Gouan.
Page 156 , lig. 6 , par M. Legac- de Turcy , lifez ,
par M. Legat-de Furcy.
Page 184 , lig. 27 , du cinquieme acte , lifez , da
quatrieme acte.
PAGE 68 , ligne 12 ,
Lifez ,
Adieu donc , chez Lecteur , & c.
Adieu donc , cher Lecteur , & c.
Page 126 , lig. 7 , par M. Goyeau , Docteur en
Médecine , lifez , par M. Gouan.
Page 156 , lig. 6 , par M. Legac- de Turcy , lifez ,
par M. Legat-de Furcy.
Page 184 , lig. 27 , du cinquieme acte , lifez , da
quatrieme acte.
Fermer
10719
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Le Parapluie, Fable, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VIRS IT IN PROSE.
LE Parapluie , Fable . page s
Lettre d'une femme raifonnable à fon Amant
L'imagination , Poëme ,
› 9
27
A Madame la M ... de . . . fur la lecture des Romans
,
Ode ,
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
31
41
44
46
Origine des Fées & des Génies , Conte métaphyfique
,
L'Eloge mérité , 63
Vers de Mademoiſelle *** , préfentant fon portrait
à Madame de *** , le jour de fa Fête , 64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Décembre ,
Enigme ,
66
ibid.
Lettre à Madame de M *** , & Logogryphe , 67
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Eloge de M. du Marfais
70
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
71
98
216
ART. II. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Médecine. Hiftoire d'une inoculation faite à Paris
par M. Hofty , Docteur- Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , 117
Extrait d'un Mémoire de M. Bouguer , &c. 126
Séance publique de l'Académie des Inſcriptions
135
& Belles-Lettres ,
Séance publique de l'Académie des Sciences ,
Belles - Lettres & Arts de Befançon , 136
Prix propofé par l'Académie royale de Chirurgie ,
145
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique,
149
ART. V. SPECTACLES,
Opera , 151
Lettre à l'Auteur du Mercure , 152
Comédie Françoiſe ,
158
Comédie Italienne 159
Concert ſpirituel ,
ibida
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris &c ;
Bénéfices donnés ,
Morts ,
Supplément à l'article de Chirurgie ,
'Avis divers ,
Lettres à l'Auteur du Mercure ,
Avis de l'Auteur du Mercure ,
Avis de l'Imprimeur ,
161
165
196
197
204
211
212
ibid.
213
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VIRS IT IN PROSE.
LE Parapluie , Fable . page s
Lettre d'une femme raifonnable à fon Amant
L'imagination , Poëme ,
› 9
27
A Madame la M ... de . . . fur la lecture des Romans
,
Ode ,
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
31
41
44
46
Origine des Fées & des Génies , Conte métaphyfique
,
L'Eloge mérité , 63
Vers de Mademoiſelle *** , préfentant fon portrait
à Madame de *** , le jour de fa Fête , 64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Décembre ,
Enigme ,
66
ibid.
Lettre à Madame de M *** , & Logogryphe , 67
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Eloge de M. du Marfais
70
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
71
98
216
ART. II. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Médecine. Hiftoire d'une inoculation faite à Paris
par M. Hofty , Docteur- Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , 117
Extrait d'un Mémoire de M. Bouguer , &c. 126
Séance publique de l'Académie des Inſcriptions
135
& Belles-Lettres ,
Séance publique de l'Académie des Sciences ,
Belles - Lettres & Arts de Befançon , 136
Prix propofé par l'Académie royale de Chirurgie ,
145
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique,
149
ART. V. SPECTACLES,
Opera , 151
Lettre à l'Auteur du Mercure , 152
Comédie Françoiſe ,
158
Comédie Italienne 159
Concert ſpirituel ,
ibida
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris &c ;
Bénéfices donnés ,
Morts ,
Supplément à l'article de Chirurgie ,
'Avis divers ,
Lettres à l'Auteur du Mercure ,
Avis de l'Auteur du Mercure ,
Avis de l'Imprimeur ,
161
165
196
197
204
211
212
ibid.
213
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections. L'Article Premier inclut des œuvres fugitives en vers et en prose, telles que des fables, des lettres, des poèmes, des odes, des contes métaphysiques, des énigmes et des logogryphes. Parmi les œuvres notables figurent 'Le Parapluie' (fable), 'Lettre d'une femme raisonnable à son Amant', 'L'imagination' (poème), et 'Origine des Fées & des Génies' (conte métaphysique). L'Article II traite des nouvelles littéraires, avec un éloge de M. du Marfais et des extraits de livres récents. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des sujets médicaux comme une histoire d'inoculation par M. Hofty, des extraits de mémoires scientifiques, et des séances publiques d'académies. L'Article IV concerne la musique. L'Article V se concentre sur les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française et italienne, et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, les bénéfices donnés, les décès, et divers avis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10720
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 70. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 70. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 70. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 70.
Fermer
10721
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert.
Fermer
10722
p. 64
ENIGME.
Début :
Je suis & ne suis pas, résolvez ce problême ; [...]
Mots clefs :
Fin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Je fuis & ne fuis pas , réfolvez ce problême ; E
J'existe pour l'enfant qui termine fon thême ,
Et je n'existe pas pour le trifte forain ,
Qu'un orage imprévu force à chercher fon pain .
Tel au fond de fa bourſe apprit à me connoître,
Qui d'un vuide réel ne crut pas faire un être.
Le Vainqueur échappé dès campagnes de Mars ,
Me trouve ,fans me voir , au bout de fes hazards ;
La belle furannée attend avec trifteffe ,
L'arrêt qu'après trente ans je porte à ſa tendreſſe :
Le Plaideur d'autre part au barreau maltraité ,
Me cherche avidement d'un vifage attrifté :
Un aimable récit fait craindre ma préſence ;
Le tragique , au contraire , accufe mon abfence ;
Et tel eft des humains le travail déplacé ,
L'inconcevable erreur , le caprice infenfé :
Vivre pour m'éviter , & mourir d'ordinaire ,
Engagé dans mes rêts , lorfqu'on veut s'y ſouftraire.
Je fuis & ne fuis pas , réfolvez ce problême ; E
J'existe pour l'enfant qui termine fon thême ,
Et je n'existe pas pour le trifte forain ,
Qu'un orage imprévu force à chercher fon pain .
Tel au fond de fa bourſe apprit à me connoître,
Qui d'un vuide réel ne crut pas faire un être.
Le Vainqueur échappé dès campagnes de Mars ,
Me trouve ,fans me voir , au bout de fes hazards ;
La belle furannée attend avec trifteffe ,
L'arrêt qu'après trente ans je porte à ſa tendreſſe :
Le Plaideur d'autre part au barreau maltraité ,
Me cherche avidement d'un vifage attrifté :
Un aimable récit fait craindre ma préſence ;
Le tragique , au contraire , accufe mon abfence ;
Et tel eft des humains le travail déplacé ,
L'inconcevable erreur , le caprice infenfé :
Vivre pour m'éviter , & mourir d'ordinaire ,
Engagé dans mes rêts , lorfqu'on veut s'y ſouftraire.
Fermer
10723
p. 65-66
LOGOGRYPHE.
Début :
Des cruautés du sort victime déplorable, [...]
Mots clefs :
Pelote
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPH E.
Das cruautés du fort victime deplorable ,
ES
Je fouffre à chaque inftant mille tourmens nouveaux
.
Encor fi du deftin l'arrêt impitoyable
M'eût laiffé pour efpoir de voir finir mes maux.
Mais non ô barbarie ! ô cruelle injuftice !
Pour n'en plus endurer , il faut que je périffe.
A ce trifte début tu me plains , cher Lecteur ?
J'excite ta pitié ? Mais fois faifi d'horreur :
Vois comme une main affaffine
De mille & mille dards vient me percer le fein.
En font- ils arrachés hélas ! on m'en deftine ,
L'inſtant d'après , un plus nombreux effain .
Enfin trop répété , cet horrible martyre
Met mon corps en lambeaux , & je ne vaux plus
rien .
Si des maux fi connus ne m'indiquoient pas
bien ,
Cherche , Lecteur , ce que defire
Cet homme ambitieux , qui , for jouet du ſort ,
Rifquant fon bien , par avarice ,,
Attend qu'il plaiſe à fon caprice
De décider s'il eut raifon ou tort.
J'offre encore à tes yeux un des points de la
terre ,
66 MERCURE DE FRANCE.
Qui termine fon axe : un Dieu qui , pour Junon }
Sous les flots écumans , miniftre de colere ,
Des Troyens échappés voulut , à fa priere ,
Noyer le trifte refte , & perdre jufqu'au nom :
En la cuifine un meuble néceffaire :
Un fleuve d'Italie ; enfin un ornement
Que peut porter un Prêtre feulement.
C'en eft affez , Lecteur , il faut me taire :
T. PASQUIER.
Das cruautés du fort victime deplorable ,
ES
Je fouffre à chaque inftant mille tourmens nouveaux
.
Encor fi du deftin l'arrêt impitoyable
M'eût laiffé pour efpoir de voir finir mes maux.
Mais non ô barbarie ! ô cruelle injuftice !
Pour n'en plus endurer , il faut que je périffe.
A ce trifte début tu me plains , cher Lecteur ?
J'excite ta pitié ? Mais fois faifi d'horreur :
Vois comme une main affaffine
De mille & mille dards vient me percer le fein.
En font- ils arrachés hélas ! on m'en deftine ,
L'inſtant d'après , un plus nombreux effain .
Enfin trop répété , cet horrible martyre
Met mon corps en lambeaux , & je ne vaux plus
rien .
Si des maux fi connus ne m'indiquoient pas
bien ,
Cherche , Lecteur , ce que defire
Cet homme ambitieux , qui , for jouet du ſort ,
Rifquant fon bien , par avarice ,,
Attend qu'il plaiſe à fon caprice
De décider s'il eut raifon ou tort.
J'offre encore à tes yeux un des points de la
terre ,
66 MERCURE DE FRANCE.
Qui termine fon axe : un Dieu qui , pour Junon }
Sous les flots écumans , miniftre de colere ,
Des Troyens échappés voulut , à fa priere ,
Noyer le trifte refte , & perdre jufqu'au nom :
En la cuifine un meuble néceffaire :
Un fleuve d'Italie ; enfin un ornement
Que peut porter un Prêtre feulement.
C'en eft affez , Lecteur , il faut me taire :
T. PASQUIER.
Fermer
10724
p. 193-194
DU LEVANT.
Début :
Le Sultan, à son avénement au Trône, a fait distribuer aux Janissaires [...]
Mots clefs :
Constantinople, Sultan, Grand vizir, Fonctions, Nominations, Magistrats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVAN T.
DE CONSTANTINOPLE , le 20 Novembre.
L'E Sultan , à fon avénement au Trône , a fait
diftribuer aux Janniflaires dix - ſept cens bourses ,
ce qui fait une femme plus confidérable qu'aucun
Empereur , avant lui , n'en a diſtribuée à ce
Corps , pour s'attacher ſon affection . Racheb- Pacha
, Grand Vizir , a été confirmé par un Diplome
, dans cette importante place. Ce Miniſtre
paroît pofféder toute la confiance du Grand Seigneur.
Il a obtenu pour fon gendre l'emploi d'Im-
Brohos-Bafchi , où Grand Ecuyer . On lui attribue
la dépofition du Capitan Pacha , & le rétabliffement
de Soliman-Pacha dans ce pofte , qu'il
avoit déja occupé. Le Selictar - Aga , ou Porte-
Cimeterre , le Chiaoux - Baſchi , ou Grand- Chambellan
, & quelques autres Officiers , ont auffi
perdu leurs emplois & font exilés .
a Sa Hauteffe à nommé le gendre du Kiahia ou
Secrétaire d'Etat , pour aller notifier fon avénement
à la Cour de Vienne , & confirmer la bonne
intelligence qui fubfifte depuis longtemps entre
cette Cour & la Porte. Ofman Effendi , ci devant
Chiaufſar -Chatibi , ou Secrétaire des Janniffaires
, & Salem-Agafi , font auffi nommés pour
11.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
exécuter la même commiflion à Petersbourg & à
Varfowie.
DE CONSTANTINOPLE , le 20 Novembre.
L'E Sultan , à fon avénement au Trône , a fait
diftribuer aux Janniflaires dix - ſept cens bourses ,
ce qui fait une femme plus confidérable qu'aucun
Empereur , avant lui , n'en a diſtribuée à ce
Corps , pour s'attacher ſon affection . Racheb- Pacha
, Grand Vizir , a été confirmé par un Diplome
, dans cette importante place. Ce Miniſtre
paroît pofféder toute la confiance du Grand Seigneur.
Il a obtenu pour fon gendre l'emploi d'Im-
Brohos-Bafchi , où Grand Ecuyer . On lui attribue
la dépofition du Capitan Pacha , & le rétabliffement
de Soliman-Pacha dans ce pofte , qu'il
avoit déja occupé. Le Selictar - Aga , ou Porte-
Cimeterre , le Chiaoux - Baſchi , ou Grand- Chambellan
, & quelques autres Officiers , ont auffi
perdu leurs emplois & font exilés .
a Sa Hauteffe à nommé le gendre du Kiahia ou
Secrétaire d'Etat , pour aller notifier fon avénement
à la Cour de Vienne , & confirmer la bonne
intelligence qui fubfifte depuis longtemps entre
cette Cour & la Porte. Ofman Effendi , ci devant
Chiaufſar -Chatibi , ou Secrétaire des Janniffaires
, & Salem-Agafi , font auffi nommés pour
11.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
exécuter la même commiflion à Petersbourg & à
Varfowie.
Fermer
Résumé : DU LEVANT.
Le 20 novembre, depuis Constantinople, il est rapporté que le nouvel Sultan a distribué dix-sept cents bourses aux Janissaires pour assurer leur loyauté. Rachèb-Pacha a été confirmé comme Grand Vizir et a obtenu pour son gendre le poste d'Imbrohos-Bafchi. Il est également à l'origine de la destitution du Capitan Pacha et du rétablissement de Soliman-Pacha dans ce poste. Plusieurs officiers, dont le Selictar-Aga et le Chiaoux-Baschi, ont été révoqués et exilés. Le Sultan a nommé le gendre du Kiahia pour annoncer son avènement à la Cour de Vienne et confirmer les bonnes relations entre les deux cours. Osman Effendi et Salem-Agafi ont été désignés pour accomplir la même mission à Petersbourg et Varsovie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10725
p. 194-202
ALLEMAGNE.
Début :
Comme les relations Prussiennes, insérées dans les Gazettes Etrangeres, ont [...]
Mots clefs :
Vienne, Bataille, Roi de Prusse, Artillerie, Armées, Prince Charles de Lorraine, Ennemis, Déplacement des troupes, Troupes, Lieutenant, Cavalerie, Attaques, Régiments, Prague, Maréchal Keith, Baron de Marshall, Uelzen, Marquis de Caraman, Capitaine, Osnabrück, Zell, Défense, Prince, Commander, Maréchal de Richelieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 17 Décembre.
Comme les relations Pruffiennes , inférées dans
les Gazettes Etrangeres , ont totalement altéré
les circonftances de la bataille donnée les en
Siléfie entre Neumarck & Liffa , la Cour a fait
publier le détail que l'on va fidélement rapporter.
« Le Roi de Pruffe ayant raffemblé à Parchwitz
» une armée d'environ quarante mille hommes ,
» avec une nombreuſe artillerie , tirée pour la plus
grande partie de Glogau , & une quantité prodi.
» gieufe de fafcines , de gabions , de fauciffès , &c.
que les payfans avoient été obligés de faire, prit
» pofte fur la droite du ruiffeau nommé Katz-
» Bach. Ce mouvement fit conjecturer que fon
» deffein étoit de pénétrer plus avant , pour s'em-
» parer d'abord de Neumarck & de Lignitz , at-
» taquer enfuite l'armée Impériale qui étoit cam-
» pée près de Breslau , ou lui couper les fubfif-
» tances qu'elle tiroit de la Boheme , en fe pla-
>> çant dans les environs de Strigau , ou fur les
» frontieres du Royaume. Le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun réfolurent en
» conféquence de s'avancer au-delà de la Schweid.
» nitz , pour couvrir Lignitz , & tâcher de faire
» échouer les projets de l'ennemi. On commerça
» par renforcer la garniſon de cette derniere pla-
» çe , & l'on envoya à Neumarck un détache-
>> ment de Bannaliſtes , de Huffards & de Cava-
» lerie , foutenu par les Chevaux- Légers Saxons.
L'armée fut pourvue le 3 de tout ce dont elle
» avoit befoin pour quatre jours ; le 4 , elle forJANVIER.
1798.
195
» tit de fon camp , & le même jour elle paffa le
» Lóh & la Schweidnitz , pour prendre une nou-
» velle pofition . Les troupes défiloient , lorsqu'on
» apprit que le Roi de Pruffe marchoit depuis cinq
» heures du matin fur Neumarck , dou par con-
» féquent le détachement envoyé le 2 , avoit été
obligé de fe retirer . Sur cet avis , on laiffa der-
» riere la Schweidnitz tous les bagages de l'ar-
» mée , les colonnes prefferent leur marche , &
» ſe formerent en deux lignes . Le Général Comte
» Nadafty en forma avec fon Corps de Troupes
>> une troifieme , pour couvrir le flanc gauche de
» l'armée , & la réferve fat destinée à foutenir la
» droite. Cette droite étoit appuyée au village de
» Nypern , " l'armée avoit Leuthen à la gauche &
» Frobelwitz au centre : ces trois endroits furent
» garnis d'autant de troupes qu'il fut poffible . On
» mit dans Frobelwitz huit compagnies de Gre-
» nadiers & plufieurs piquets ; fept compagnies
» de Grenadiers & des piquets à Leuthen , & d'au-
» tres piquets à Nypern. Toutes les comp gnies compagnies
» de Grenadiers & les piquets de la réſerve furent
» placés à la droite de la Cavalerie , à la tête d'un
» bois. Le Major Général Luzinsky couvroit de
>> plus en quelque forte l'aile gauche avec deux
» Régimens de Huffards & quelques autres troupes
légeres. Il étoit foutenu par les Chevaux-
» Légers Saxons aux ordres du Comte de Noftitz ,
» Lieutenant - Général au fèrvice du Roi de Polo-
» gne , & le fieur de Morocz , Lieutenant Géné-
» ral , étoit à l'afle droite avec deux Régimens de
» Huffards & de troupes légeres . Tandis qu'on
» faifoit ces difpofitions , l'armée ennemie avoit
» dépaffé Neumarck: elle avoit fa droite à Krintfch
fa gauche à Bifchdorff , & fes poftes avancés
s'étendoient jufqu'à Born. Les deux armées paf-
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
» ferent dans cette pofition la nuit fous les armes.
>>> Le S avant le jour , le Comte Nadafty , com.
» me ' il avoit été convenu , joignit les troupes
» qui formoient la troifieme ligne à la Cavalerie
de la gauche de l'armée . & forma le flanc depuis
cet endroit juſqu'à une bauteur qui étoit
» de ce côté- là & qu'on avoit garnie d'artillerie.
» Delà il s'étendit en équerre , & fe forma de fa-
» çon que les Troupes Impériales étoient les plus
» près de l'armée , celles de Wirtemberg vers le
flanc , & celles de Baviere à l'extrêmité de l'angle.
A la pointe du jour , les ennemis firent ,
» tantôt fer leur droite , tantôt fur leur gauche ,
> divers mouvemens qui durerent jufqu'à midi..
» Ils fembloient cependant toujours menacer no-
» tre droite , & ce fut pour cette raiſon que le
>> Comte de Luchefi demanda plufieurs fois qu'on
lui fit paffer du renfort. Le Corps de réſerve y
avoit été deftiné ; mais on différa quelque tems
de l'y faire paffer , pour pouvoir pénétrer le
» deffein de l'ennemi. Enfin comme le Comte de
Luchefi infiftoit fortement pour être renforcé ,
» & que d'ailleurs on ne pouvoit pas trop bien
» démêler les mouvemens que les Pruffiens fai-
» foient derriere des hauteurs , on lui envoya la
» réſerve. Le Feld - Maréchal Comte de Daun fe
» porta même en perfonne à cette aîle , pour lá
commander en cas de befoin . A peine ce renfort
eut joint , qu'on vit la Cavalerie Pruffienne
fe porter fur notre gauche , & l'Infanterie marcher
à grand pas fur leur droite , ce qui fit ju-
» ger qu'ils en vouloient à l'aile gauche & à fon
» flanc. Auffitôt le Prince Charles & le Comte de
» Daun , ordonnerent au Prince Efterhaly , Ge
» néral de Cavalerie , & aux Généraux de Maqui-
» re & d'Angern , d'avancer avec les différens
睾
JANVIER. 1758. 197
Corps qu'ils commandoient , pour foutenir le
» flanc , & la feconde ligne eut le même ordre.
» L'ennemi s'étant approché de ce flanc envi
>> ron à une heure après-midi , le feu de fa mouf-
>> queterie commença en fe dirigeant contre les
» troupes de Wirtemberg , qui le foutiprent cou
» rageufement ; mais le fort de l'attaque s'étant
» porté fur ce flanc , les troupes auxiliaires furent
» obligées de céder au nombre , & la confufion
» qu'occafionna la fupériorité de l'ennemi dans
» cette partie, empêcha les Régimens Impériaux ,
» qui arrivoient pour foutenir les Auxiliaires , de
» pouvoir combattre en ordre. On fit tout ce qu'il
» étoit poffible de faire pour réparer le défordre ,
» mais on ne put jamais rallier ces Troupes . Après
>> ce premier avantage , l'ennemi qui avoit en
» même temps attaqué le village de Leuthen &
>> toute la gauche , avoit porté de ce côté-là la
» plus grande partie de fes forces. Cependant fa
» Cavalerie & fon Infanterie furent repouffées
» trois fois par nos Troupes avec une perte con-
» fidérable ; ainfi la victoire lui fut affez long-
» temps difputée & vendue un peu cherement.
» Mais les Pruffiens avoient pénétré par l'ouver-
» ture du flanc de la gauche ; ils s'avançoient
» par- là pour nous prendre à dos , & il n'étoit
plus poffible de l'empêcher ; il n'y avoit d'au-
» tre parti à prendre que de fe retirer fur les deux
rivieres de la Schweidnitz & du Loh : c'eft ce
» que l'on fit en très- bon ordre , & en faifant
» fur l'ennemi un feu continuel . Voilà comment
>> après un combat de plus de quatre heures , on
» a cédé le champ de bataille aux Pruffiens. Nous
» comptons parmi les morts , le Comte de Lu-
» chefi , Général de Cavalerie , & les Majors Gé-
D néraux Prince de Stolberg , Otterwolff & Preyf
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
fach. Le Major Général Comte Odonel eft blefle
»& priſonnier , & nous avons pris de notre côté
» le Général Major de Krakow.
» Le Prince Charles & le Comte de Daun ſe
font portés partout où lear préſence a été né-
» ceffaire , ou pour donner leurs ordres , ou pour
animer les Troupes par leur exemple. Le Comte
» de Daun a eu une forte contufion , qui cepen-
» dant n'a ralenti en rien ſon ardeur & fon acti-
» vité. Les Princes de Saxe Xavier & Charles , ont
» donné dans cette occafion de nouvelles preuves
» de leur valeur.
DE PRAGUE , le 18 Décembre.
On vient d'apprendre que le Maréchal Keith
eft dans les montagnes de Saxe. Le Baron de
Marshall , pour l'empêcher de rentrer dans ce
Royaume , a formé fur les frontieres un cordon de
troupes.
Un détachement Pruffien qui eſcortoit deux
tonnés d'argent deſtinées pour Glatz , a été arraqué
par le Colonel Jahnus , & après une réſiſtance
affez vive , a été contraint d'abandonner le
menvoi.
D'ULTZEN , les Décembre.
M. le Marquis de Caraman avoit été détaché
de l'armée avec fon Régiment de Dragons & cent
quatre-vingt Chaffeurs de Fifcher commandés par
M. Clery , Lieutenant-Colonel de ce corps , &
dont cent étoient à cheval , pour obferver les
mouvemens des ennemis. Le 4 , M. le Marquis
de Caraman , qui avoit couché au Village de Bri
del , apperçut un corpsde plus de trois mille Ha
JANVIER. 1758. 199
*novriens qui le fuivoit . Il étoit compofé de douze
cens hommes de Cavalerie ; le refte étoit de l'Infanterie
, qui avoit deux pieces de canon. L'inégalité
de fes forces l'obligea de doubler le pas pour
gagner le Village d'Hembeke , où il auroit pu fe
défendre avec plus d'avantage qu'en rafe campagne
: mais la cavalerie Hanovrienne le ferra de fi
près , que voyant qu'il n'auroit pas le temps d'atteindre
Hembeke , quoiqu'un de fes Efcadrons y
fûtarrivé , il prit le parti de fe mettre en bataille.
Il chargea vigoureufement l'ennemi qui s'étoit
déja formé , & il fut fi bien fecondé par M. de
Clery, ainfi que par le feu des quatre - vingts Chaf
feurs de Fifcher , qu'il enfonça & mit en déroute
de corps de Cavalerie Hanovrienne qui étoit du
double plus fort que le fien. Onze Officiers du régiment
de Caraman ont été bleffés & trois d'entr'eux
font faits prifonniers : il y a eu cinq ou fix
Dragons tués & ſoixante - quinze bleflés . Voici la
lifte des Officiers .
-Capitaines. Le fieur Pinon bleffé & pris ; le
fieur le Feron , bleffé ; le Comte de Comminges
& fon neveu bleffés Lieutenans. Les fieurs du
Sauffay , Sacerre , des Fournaux , Dindy , &
Chellans , bleffés , le dernier prifonnier . Cornet
tés. Les fieurs de Cernieres , & Tely , bleffés
celui- ci prifonnier. M. le Marquis de Caraman
leur a tué plus de cent hommes , & fait plufieurs
prifonniers , entr'autres le Commandant des Chaf
eurs Hanovriens . Le Comte de Schullenbourg , Général
Major, qui les commandoit , a été bleffé. De
notre côté , on efpere qu'aucun des Officiers &
Dragons bleffés ne mourra , ni ne fera même
eftropié.
-Cette action diftinguée fait beaucoup d'honneur
à M. de Caraman, à fon Régiment , à M. de Clery,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE:
& aux foldats de Fifcher qu'il commandoir.
D'OSNABRUCH , le 20 Décembre.
Le 19 du même mois , à quatre heures du foir,
le fieur de Beauregard de Bellifle , Commiffaire
des guerres au fervice de France , ayant eu avis que
les Anglois faifoient paffer de l'argent aux Hanovriens
& au Roi de Pruffe , prit fi bien fon temps,
qu'avec un détachement du régiment de Condé ,
cavalerie , il furprit & arrêta quatre charriots
chargés de trente- huit-tonnes & de , fept caifles
pleines d'or & d'argent , partie monnoyés , partie
en lingots. Cet important coup de main fut fi
prompt , que ceux qui conduifoient le convoi
n'eurent pas le temps de fe mettre en défenſe . Le
tréfor qui a été déposé dans le logement du fiear
de Beauregard , eft gardé jour & nuit par un nombreux
détachement du même Régiment de Condé.
On a trouvé dans le Bureau de la pofte aux
chevaux , qui dépend de l'Etat d'Hanovre , quatre
lettres de voiture adreffées à différens Juifs,
Ce riche convoi étoit déja parvenu jufqu'à Brême;
mais il en étoit forti à l'approche des François ,
pour revenir à Nienbourg , & delà en cette Ville
chez le Maître des poftes . Celui- ci avoit ordre de
le garder , jufqu'à ce que les François ayant pris
leurs quatiers d'hiver, la route fût devenue libre
pour le tranfporter à l'armée des Hanovriens.
DE ZELL , le 26 Décembre.
La Citadelle de Harbourg fe défend toujours
avec la plus grande vigueur.
On apprend de Caffel, que M. le Prince de Soubife
y eft arrivé le 13 Décembre , & que tous les
JANVIER. 1758. 201
Régimens François , qui étoient dans le Comté de
Hanau , fe rendent fucceffivement dans le pays de
Helle .
Le 20 du même mois , le Prince Ferdinand de
Brunſwick fit faire un mouvement à ſes troupes
pour reculer fa droite. Il l'appuya au ruiffeau de
Kleinheelen , & fit occuper par des détachemens
les Villages de Groff & de Kleinheelen . Sa gauche
refta appuyée à la petite riviere de Lacht , &
fon quartier général à Altenhagen. L'armée de M.
le Maréchal de Richelieu avoit confervé ſon camp .
fur deux lignes . La droite étoit appuyée au petit
Village de Wefterzell , ayant en potence les Grenadiers
de France & les Grenadiers Royaux ; la
gauche tiroit au Pont de Schafferey , à l'extrêmité
du Fauxbourg de Zell , dit le Fauxbourg de Nienbourg
, & le front du camp étoit parconféquent
couvert par la Ville de Zell . Les mouvemens que
cette armée fit par fa droite fur l'Aller le 20 & le
21 , déterminerent les ennemis à garnir la riviere
de Lacht , & à mettre auffi plus de monde dans
le Village de Lacheindorff qu'ils occupoient,
*
Dans cette fituation , M. le Maréchal de Richelieu
qui avoit réfolu de paffer l'Aller , fit partir le 21
M. le Duc de Broglie , pour aller commander un
corps de Troupes qu'on avoit raffemblées dans le
Duché de Brême , avec ordre d'agir fur la Boheme
, de tourner la droite des ennemis , &
d'intercepter leurs convois. Le 22 & le 23 , il fit
différentes difpofitions , pour donner à l'ennemi
de l'inquiétude fur fa gauche & fur fes derrieres .
Le 24 , il donna fes ordres à M. le Marquis de
Villemur , pour paffer l'Aller à Muden , & favorifer
l'établiffement des ponts que le corps d'armée
devoit jetter fur cette riviere.
Male Comte Dauver & M. le Marquis de Caraman
202 MERCURE DE FRANCE.
étoient chargés en même temps de faire deux fauffes
attaques , l'une par le Fauxbourg de Lunebourg
, & l'autre par le pont de Schafferey , perdant
que M. le Duc d'Ayen , Lieutenant Général
, déboucheroit par le pont d'Altenzell , qui
avoit été retabli.
Le reste de l'armée fe pofta fur deux lignes à
Offenfen & à Schevachaufen .
Le 25, M. le Maréchal de Richelieu apprit à huit
heures du matin , que les attaques de la gauche
avoient pouflé les ennemis qui étoient devant élles
jufques dans leur camp , & qu'on l'avoit trouvé
abandonné , leur armée étant partie pendant
la nuit . Il ordonna auffitôt d'envoyer à leur pourfuite
tous les détachemens le plus en état d'y marcher
& de foutenir la fatigue & la rigueur, du
temps.
On leur a tué tout ce qu'une retraite extrêmement
précipitée a permis de joindre on leur a
fait jufqu'à ce jour environ cinq cens prifonniers ;
on leur a pris cent vingt chevaux & beaucoup de
charriots chargés de fubfiftances, de bagages &
d'agrez de pontons : il n'y a eu que vingt hommes
de
perte de notre côté. Les ennemis dirigent leur
retraite fur Lunebourg.
M. le Maréchal de Richelieu a établi hier fon
quartier général à Zell , & il a placé fon camp
dans le même terrein où étoit la veille l'armée du
Prince Ferdinand.
DE VIENNE , le 17 Décembre.
Comme les relations Pruffiennes , inférées dans
les Gazettes Etrangeres , ont totalement altéré
les circonftances de la bataille donnée les en
Siléfie entre Neumarck & Liffa , la Cour a fait
publier le détail que l'on va fidélement rapporter.
« Le Roi de Pruffe ayant raffemblé à Parchwitz
» une armée d'environ quarante mille hommes ,
» avec une nombreuſe artillerie , tirée pour la plus
grande partie de Glogau , & une quantité prodi.
» gieufe de fafcines , de gabions , de fauciffès , &c.
que les payfans avoient été obligés de faire, prit
» pofte fur la droite du ruiffeau nommé Katz-
» Bach. Ce mouvement fit conjecturer que fon
» deffein étoit de pénétrer plus avant , pour s'em-
» parer d'abord de Neumarck & de Lignitz , at-
» taquer enfuite l'armée Impériale qui étoit cam-
» pée près de Breslau , ou lui couper les fubfif-
» tances qu'elle tiroit de la Boheme , en fe pla-
>> çant dans les environs de Strigau , ou fur les
» frontieres du Royaume. Le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun réfolurent en
» conféquence de s'avancer au-delà de la Schweid.
» nitz , pour couvrir Lignitz , & tâcher de faire
» échouer les projets de l'ennemi. On commerça
» par renforcer la garniſon de cette derniere pla-
» çe , & l'on envoya à Neumarck un détache-
>> ment de Bannaliſtes , de Huffards & de Cava-
» lerie , foutenu par les Chevaux- Légers Saxons.
L'armée fut pourvue le 3 de tout ce dont elle
» avoit befoin pour quatre jours ; le 4 , elle forJANVIER.
1798.
195
» tit de fon camp , & le même jour elle paffa le
» Lóh & la Schweidnitz , pour prendre une nou-
» velle pofition . Les troupes défiloient , lorsqu'on
» apprit que le Roi de Pruffe marchoit depuis cinq
» heures du matin fur Neumarck , dou par con-
» féquent le détachement envoyé le 2 , avoit été
obligé de fe retirer . Sur cet avis , on laiffa der-
» riere la Schweidnitz tous les bagages de l'ar-
» mée , les colonnes prefferent leur marche , &
» ſe formerent en deux lignes . Le Général Comte
» Nadafty en forma avec fon Corps de Troupes
>> une troifieme , pour couvrir le flanc gauche de
» l'armée , & la réferve fat destinée à foutenir la
» droite. Cette droite étoit appuyée au village de
» Nypern , " l'armée avoit Leuthen à la gauche &
» Frobelwitz au centre : ces trois endroits furent
» garnis d'autant de troupes qu'il fut poffible . On
» mit dans Frobelwitz huit compagnies de Gre-
» nadiers & plufieurs piquets ; fept compagnies
» de Grenadiers & des piquets à Leuthen , & d'au-
» tres piquets à Nypern. Toutes les comp gnies compagnies
» de Grenadiers & les piquets de la réſerve furent
» placés à la droite de la Cavalerie , à la tête d'un
» bois. Le Major Général Luzinsky couvroit de
>> plus en quelque forte l'aile gauche avec deux
» Régimens de Huffards & quelques autres troupes
légeres. Il étoit foutenu par les Chevaux-
» Légers Saxons aux ordres du Comte de Noftitz ,
» Lieutenant - Général au fèrvice du Roi de Polo-
» gne , & le fieur de Morocz , Lieutenant Géné-
» ral , étoit à l'afle droite avec deux Régimens de
» Huffards & de troupes légeres . Tandis qu'on
» faifoit ces difpofitions , l'armée ennemie avoit
» dépaffé Neumarck: elle avoit fa droite à Krintfch
fa gauche à Bifchdorff , & fes poftes avancés
s'étendoient jufqu'à Born. Les deux armées paf-
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
» ferent dans cette pofition la nuit fous les armes.
>>> Le S avant le jour , le Comte Nadafty , com.
» me ' il avoit été convenu , joignit les troupes
» qui formoient la troifieme ligne à la Cavalerie
de la gauche de l'armée . & forma le flanc depuis
cet endroit juſqu'à une bauteur qui étoit
» de ce côté- là & qu'on avoit garnie d'artillerie.
» Delà il s'étendit en équerre , & fe forma de fa-
» çon que les Troupes Impériales étoient les plus
» près de l'armée , celles de Wirtemberg vers le
flanc , & celles de Baviere à l'extrêmité de l'angle.
A la pointe du jour , les ennemis firent ,
» tantôt fer leur droite , tantôt fur leur gauche ,
> divers mouvemens qui durerent jufqu'à midi..
» Ils fembloient cependant toujours menacer no-
» tre droite , & ce fut pour cette raiſon que le
>> Comte de Luchefi demanda plufieurs fois qu'on
lui fit paffer du renfort. Le Corps de réſerve y
avoit été deftiné ; mais on différa quelque tems
de l'y faire paffer , pour pouvoir pénétrer le
» deffein de l'ennemi. Enfin comme le Comte de
Luchefi infiftoit fortement pour être renforcé ,
» & que d'ailleurs on ne pouvoit pas trop bien
» démêler les mouvemens que les Pruffiens fai-
» foient derriere des hauteurs , on lui envoya la
» réſerve. Le Feld - Maréchal Comte de Daun fe
» porta même en perfonne à cette aîle , pour lá
commander en cas de befoin . A peine ce renfort
eut joint , qu'on vit la Cavalerie Pruffienne
fe porter fur notre gauche , & l'Infanterie marcher
à grand pas fur leur droite , ce qui fit ju-
» ger qu'ils en vouloient à l'aile gauche & à fon
» flanc. Auffitôt le Prince Charles & le Comte de
» Daun , ordonnerent au Prince Efterhaly , Ge
» néral de Cavalerie , & aux Généraux de Maqui-
» re & d'Angern , d'avancer avec les différens
睾
JANVIER. 1758. 197
Corps qu'ils commandoient , pour foutenir le
» flanc , & la feconde ligne eut le même ordre.
» L'ennemi s'étant approché de ce flanc envi
>> ron à une heure après-midi , le feu de fa mouf-
>> queterie commença en fe dirigeant contre les
» troupes de Wirtemberg , qui le foutiprent cou
» rageufement ; mais le fort de l'attaque s'étant
» porté fur ce flanc , les troupes auxiliaires furent
» obligées de céder au nombre , & la confufion
» qu'occafionna la fupériorité de l'ennemi dans
» cette partie, empêcha les Régimens Impériaux ,
» qui arrivoient pour foutenir les Auxiliaires , de
» pouvoir combattre en ordre. On fit tout ce qu'il
» étoit poffible de faire pour réparer le défordre ,
» mais on ne put jamais rallier ces Troupes . Après
>> ce premier avantage , l'ennemi qui avoit en
» même temps attaqué le village de Leuthen &
>> toute la gauche , avoit porté de ce côté-là la
» plus grande partie de fes forces. Cependant fa
» Cavalerie & fon Infanterie furent repouffées
» trois fois par nos Troupes avec une perte con-
» fidérable ; ainfi la victoire lui fut affez long-
» temps difputée & vendue un peu cherement.
» Mais les Pruffiens avoient pénétré par l'ouver-
» ture du flanc de la gauche ; ils s'avançoient
» par- là pour nous prendre à dos , & il n'étoit
plus poffible de l'empêcher ; il n'y avoit d'au-
» tre parti à prendre que de fe retirer fur les deux
rivieres de la Schweidnitz & du Loh : c'eft ce
» que l'on fit en très- bon ordre , & en faifant
» fur l'ennemi un feu continuel . Voilà comment
>> après un combat de plus de quatre heures , on
» a cédé le champ de bataille aux Pruffiens. Nous
» comptons parmi les morts , le Comte de Lu-
» chefi , Général de Cavalerie , & les Majors Gé-
D néraux Prince de Stolberg , Otterwolff & Preyf
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
fach. Le Major Général Comte Odonel eft blefle
»& priſonnier , & nous avons pris de notre côté
» le Général Major de Krakow.
» Le Prince Charles & le Comte de Daun ſe
font portés partout où lear préſence a été né-
» ceffaire , ou pour donner leurs ordres , ou pour
animer les Troupes par leur exemple. Le Comte
» de Daun a eu une forte contufion , qui cepen-
» dant n'a ralenti en rien ſon ardeur & fon acti-
» vité. Les Princes de Saxe Xavier & Charles , ont
» donné dans cette occafion de nouvelles preuves
» de leur valeur.
DE PRAGUE , le 18 Décembre.
On vient d'apprendre que le Maréchal Keith
eft dans les montagnes de Saxe. Le Baron de
Marshall , pour l'empêcher de rentrer dans ce
Royaume , a formé fur les frontieres un cordon de
troupes.
Un détachement Pruffien qui eſcortoit deux
tonnés d'argent deſtinées pour Glatz , a été arraqué
par le Colonel Jahnus , & après une réſiſtance
affez vive , a été contraint d'abandonner le
menvoi.
D'ULTZEN , les Décembre.
M. le Marquis de Caraman avoit été détaché
de l'armée avec fon Régiment de Dragons & cent
quatre-vingt Chaffeurs de Fifcher commandés par
M. Clery , Lieutenant-Colonel de ce corps , &
dont cent étoient à cheval , pour obferver les
mouvemens des ennemis. Le 4 , M. le Marquis
de Caraman , qui avoit couché au Village de Bri
del , apperçut un corpsde plus de trois mille Ha
JANVIER. 1758. 199
*novriens qui le fuivoit . Il étoit compofé de douze
cens hommes de Cavalerie ; le refte étoit de l'Infanterie
, qui avoit deux pieces de canon. L'inégalité
de fes forces l'obligea de doubler le pas pour
gagner le Village d'Hembeke , où il auroit pu fe
défendre avec plus d'avantage qu'en rafe campagne
: mais la cavalerie Hanovrienne le ferra de fi
près , que voyant qu'il n'auroit pas le temps d'atteindre
Hembeke , quoiqu'un de fes Efcadrons y
fûtarrivé , il prit le parti de fe mettre en bataille.
Il chargea vigoureufement l'ennemi qui s'étoit
déja formé , & il fut fi bien fecondé par M. de
Clery, ainfi que par le feu des quatre - vingts Chaf
feurs de Fifcher , qu'il enfonça & mit en déroute
de corps de Cavalerie Hanovrienne qui étoit du
double plus fort que le fien. Onze Officiers du régiment
de Caraman ont été bleffés & trois d'entr'eux
font faits prifonniers : il y a eu cinq ou fix
Dragons tués & ſoixante - quinze bleflés . Voici la
lifte des Officiers .
-Capitaines. Le fieur Pinon bleffé & pris ; le
fieur le Feron , bleffé ; le Comte de Comminges
& fon neveu bleffés Lieutenans. Les fieurs du
Sauffay , Sacerre , des Fournaux , Dindy , &
Chellans , bleffés , le dernier prifonnier . Cornet
tés. Les fieurs de Cernieres , & Tely , bleffés
celui- ci prifonnier. M. le Marquis de Caraman
leur a tué plus de cent hommes , & fait plufieurs
prifonniers , entr'autres le Commandant des Chaf
eurs Hanovriens . Le Comte de Schullenbourg , Général
Major, qui les commandoit , a été bleffé. De
notre côté , on efpere qu'aucun des Officiers &
Dragons bleffés ne mourra , ni ne fera même
eftropié.
-Cette action diftinguée fait beaucoup d'honneur
à M. de Caraman, à fon Régiment , à M. de Clery,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE:
& aux foldats de Fifcher qu'il commandoir.
D'OSNABRUCH , le 20 Décembre.
Le 19 du même mois , à quatre heures du foir,
le fieur de Beauregard de Bellifle , Commiffaire
des guerres au fervice de France , ayant eu avis que
les Anglois faifoient paffer de l'argent aux Hanovriens
& au Roi de Pruffe , prit fi bien fon temps,
qu'avec un détachement du régiment de Condé ,
cavalerie , il furprit & arrêta quatre charriots
chargés de trente- huit-tonnes & de , fept caifles
pleines d'or & d'argent , partie monnoyés , partie
en lingots. Cet important coup de main fut fi
prompt , que ceux qui conduifoient le convoi
n'eurent pas le temps de fe mettre en défenſe . Le
tréfor qui a été déposé dans le logement du fiear
de Beauregard , eft gardé jour & nuit par un nombreux
détachement du même Régiment de Condé.
On a trouvé dans le Bureau de la pofte aux
chevaux , qui dépend de l'Etat d'Hanovre , quatre
lettres de voiture adreffées à différens Juifs,
Ce riche convoi étoit déja parvenu jufqu'à Brême;
mais il en étoit forti à l'approche des François ,
pour revenir à Nienbourg , & delà en cette Ville
chez le Maître des poftes . Celui- ci avoit ordre de
le garder , jufqu'à ce que les François ayant pris
leurs quatiers d'hiver, la route fût devenue libre
pour le tranfporter à l'armée des Hanovriens.
DE ZELL , le 26 Décembre.
La Citadelle de Harbourg fe défend toujours
avec la plus grande vigueur.
On apprend de Caffel, que M. le Prince de Soubife
y eft arrivé le 13 Décembre , & que tous les
JANVIER. 1758. 201
Régimens François , qui étoient dans le Comté de
Hanau , fe rendent fucceffivement dans le pays de
Helle .
Le 20 du même mois , le Prince Ferdinand de
Brunſwick fit faire un mouvement à ſes troupes
pour reculer fa droite. Il l'appuya au ruiffeau de
Kleinheelen , & fit occuper par des détachemens
les Villages de Groff & de Kleinheelen . Sa gauche
refta appuyée à la petite riviere de Lacht , &
fon quartier général à Altenhagen. L'armée de M.
le Maréchal de Richelieu avoit confervé ſon camp .
fur deux lignes . La droite étoit appuyée au petit
Village de Wefterzell , ayant en potence les Grenadiers
de France & les Grenadiers Royaux ; la
gauche tiroit au Pont de Schafferey , à l'extrêmité
du Fauxbourg de Zell , dit le Fauxbourg de Nienbourg
, & le front du camp étoit parconféquent
couvert par la Ville de Zell . Les mouvemens que
cette armée fit par fa droite fur l'Aller le 20 & le
21 , déterminerent les ennemis à garnir la riviere
de Lacht , & à mettre auffi plus de monde dans
le Village de Lacheindorff qu'ils occupoient,
*
Dans cette fituation , M. le Maréchal de Richelieu
qui avoit réfolu de paffer l'Aller , fit partir le 21
M. le Duc de Broglie , pour aller commander un
corps de Troupes qu'on avoit raffemblées dans le
Duché de Brême , avec ordre d'agir fur la Boheme
, de tourner la droite des ennemis , &
d'intercepter leurs convois. Le 22 & le 23 , il fit
différentes difpofitions , pour donner à l'ennemi
de l'inquiétude fur fa gauche & fur fes derrieres .
Le 24 , il donna fes ordres à M. le Marquis de
Villemur , pour paffer l'Aller à Muden , & favorifer
l'établiffement des ponts que le corps d'armée
devoit jetter fur cette riviere.
Male Comte Dauver & M. le Marquis de Caraman
202 MERCURE DE FRANCE.
étoient chargés en même temps de faire deux fauffes
attaques , l'une par le Fauxbourg de Lunebourg
, & l'autre par le pont de Schafferey , perdant
que M. le Duc d'Ayen , Lieutenant Général
, déboucheroit par le pont d'Altenzell , qui
avoit été retabli.
Le reste de l'armée fe pofta fur deux lignes à
Offenfen & à Schevachaufen .
Le 25, M. le Maréchal de Richelieu apprit à huit
heures du matin , que les attaques de la gauche
avoient pouflé les ennemis qui étoient devant élles
jufques dans leur camp , & qu'on l'avoit trouvé
abandonné , leur armée étant partie pendant
la nuit . Il ordonna auffitôt d'envoyer à leur pourfuite
tous les détachemens le plus en état d'y marcher
& de foutenir la fatigue & la rigueur, du
temps.
On leur a tué tout ce qu'une retraite extrêmement
précipitée a permis de joindre on leur a
fait jufqu'à ce jour environ cinq cens prifonniers ;
on leur a pris cent vingt chevaux & beaucoup de
charriots chargés de fubfiftances, de bagages &
d'agrez de pontons : il n'y a eu que vingt hommes
de
perte de notre côté. Les ennemis dirigent leur
retraite fur Lunebourg.
M. le Maréchal de Richelieu a établi hier fon
quartier général à Zell , & il a placé fon camp
dans le même terrein où étoit la veille l'armée du
Prince Ferdinand.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate les événements militaires en Allemagne, notamment la bataille entre les forces prussiennes et impériales près de Neumarck et Liffa. Le roi de Prusse, à la tête d'une armée de quarante mille hommes et d'une artillerie nombreuse, a tenté de pénétrer plus avant pour attaquer l'armée impériale près de Breslau ou couper ses subsistances. Les forces impériales, sous les ordres du Prince Charles et du Feld-Maréchal Comte de Daun, ont avancé pour couvrir Lignitz et contrer les projets prussiens. La bataille a commencé le 5 décembre. Les Prussiens ont attaqué l'aile gauche des Impériaux, forçant ces derniers à se retirer en bon ordre après un combat de plus de quatre heures. Parmi les pertes impériales, on compte le Comte de Luchefi et plusieurs autres officiers. Le Prince Charles et le Comte de Daun ont montré un grand courage et une activité remarquable. D'autres événements militaires sont également mentionnés, comme les actions du Marquis de Caraman contre les Hanovriens et la capture d'un convoi d'argent destiné aux ennemis par le sieur de Beauregard. La citadelle de Harbourg continue de se défendre vigoureusement. Les mouvements des armées de Brunswick et de Richelieu sont détaillés, notamment la traversée de l'Aller par les forces françaises. Le 25, le Maréchal de Richelieu a reçu des nouvelles indiquant que les attaques sur la gauche avaient repoussé les ennemis jusqu'à leur camp, trouvé abandonné. L'armée ennemie s'était retirée pendant la nuit. Richelieu a ordonné de poursuivre les ennemis avec les détachements les plus aptes à supporter la fatigue et les conditions climatiques rigoureuses. Les forces françaises ont tué un nombre significatif d'ennemis en fuite, fait environ cinq cents prisonniers, capturé cent vingt chevaux et de nombreux chariots chargés de subsistances, de bagages et d'équipements de pontons. Les pertes françaises se sont élevées à vingt hommes. Les ennemis se dirigeaient vers Lunebourg. Le Maréchal de Richelieu a établi son quartier général à Zell, sur le terrain où se trouvait précédemment l'armée du Prince Ferdinand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10726
p. 203-208
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 13 Décembre, la Duchesse de Saint-Aignan fut présentée à la [...]
Mots clefs :
Roi de France, Nominations, Brigadier, Commandeur honoraire, Officiers, Chevalier, Audience, Ducs, Comtes, Noblesse, Corsaire, Navires anglais, Marchandises, Tonneaux, Tabac, Sucre, Café, Gingembre, Île royale, Capitaine, Attaques, Expéditions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 13 Décembre , la Ducheffe de Saint - Aignan
fut préfentée à la Famille Royale , & elle prit le
Tabouret chez la Reine.
Le Roi a nommé le 25 , Grand Maître
de fa Garderobbe , M. le Duc d'Eftifſac , fur la
démiffion de M. le Duc de la Rochefoucauld, à qui
Sa Majesté a donné la furvivance de cette charge.
Le 28 , Sa Majesté tint le Sceau pour la ving
tieme fois.
Le Roi a fait Brigadier de Dragons M.le Marquis
de Caraman , Meftre de Camp d'un Régiment de
Dragons ; Brigadier d'Infanterie , M. le Prince de
Rohan , Colonel d'un Régiment de fon nom; &
Brigadier de Cavalerie , M. le Marquis de Caulaincourt
, Maréchal Général des Logis de la Cavalerie
de l'armée de Soubife .
Sa Majesté a nommé Commandeur Honoraire
de l'Ordre de Saint- Louis , M. le Vicomte de
Bouville , qui commandoit le Vaiffeau l'Espérance
en 1755 , & qui eft revenu d'Angleterie après
deux ans de détention . Le Roi a accordé en même
temps à tous les Officiers qui compofoient fon
Etat Major , & qui ne l'ont point quitté en Angleterre
, des graces proportionnées à leurs grades..
Les Officiers qui ont été bleffés dans le combat
de l'Emeraude , & les familles de ceux qui y ont
été tués ont aufli reçu des marques de la fatis
faction du Roi,
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Le premierjour de l'an , les Princes & Princef.
fes du Sang , ainfi que les Seigneurs & Dames de
la Cour , eurent l'honneur de complimenter le
Roi fur la nouvelle année.
Le Corps de Ville , à cette occafion , rendic
auffi fes reſpects à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale .
Će même jour , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre du Saint Efprit , s'étant
affemblés vers les onze heures du matin dans le
cabinet du Roi , accompagnerent Sa Majefté à la
Chapelle. Le Roi étoit en manteau , le collier de
l'Ordre & celui de la Toifon d'Or pardeffus : les
deux Huiffiers portoient leurs maffes devant Sa
Majesté. Elle étoit précédée de Monfeigneur le
Dauphin , de MM . les Duc d'Orléans , Prince de
Condé , Comte de Clermont , Prince de Conti ,
Comte de la Marche , Comte d'Eu , Duc de Penthievre
, & de MM. les Chevaliers Comman--
deurs & Officiers de l'Ordre. Après la grande
Meffe , qui fut célébrée par M. l'Evêque de Langres
, Prélat Commandeur de l'Ordre du Saint :
Efprit , Sa Majefté fut reconduite à fon appartement
en la maniere accoutumée.
4
Le foir pendant le fouper de Leurs Majeftés ,
les vingt- quatre Violons de la Chambre exécuterent,
fuivant l'ufage , plufieurs morceaux de fymphonie
, fous la direction de M. Rebel , Surin
tendant de la Mufique de la Chambre .
Le 2 du même mois , le Roi , les Princes ,
MM . les Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre , affifterent au Service , pour l'anniverfaire
de MM . les Chevaliers de l'ordre , où le
même Prélat officia.
Les Députés des Etats de Bretagne eurent le 3
audience du Roi. Ils furent préfentés à Sa Majef
JANVIER. 1758 . 205
3
té par M. le Duc de Penthievre , Gouverneur de
la Province , & par M. le Comte de Saint - Florentin
, Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits
par M. le Marquis de Dreux , Grand Maître des
Cérémonies. Les Députés étoient , pour le Clergé
, M. PEvêque de Dol qui porta la parole
pour la Nobleffe , M. le Comte de Marbeuf ,
qui étant à l'armée , n'a pas été fuppléé ; pour le
Tiers Etat , M. Vaillant , Sénéchal de Pontivy ,
& M. le Comte de Quelen , Procureur Général ,
Syadic des Etats,
M. le Duc d'Eftiffac prêta le même jour ferment
entre les mains du Roi , pour la charge de
Grand Maître de la Garderobbe.
Après la tenue du Sceau du 28 Décembre der,
nier , M. de Brou , Doyen des Confeillers d'Etat ,
préſenta à Sa Majefté tous les Grands Officiers de
la Grande Chancellerie , & ils eurent l'honneur
de faire leurs révérences au Roi à l'occafion de la
nouvelle année,
Le Corfaire Anglois , la Victoire , armé de 400
canons , & de 360 hommes d'équipage , a été
conduit à Bref , après avoir été pris par le vaiffeau
du Roi le Saint-Michel , ayant avec lui les
frégates l'Amétyfte & l'Atalante.
Les Corfaires l'Hyrondelle, la Revanche & l'Europe
, de Dunkerque , y ont fait conduire le navire
Anglois l'Anna , de 180 tonneaux , dont la cargaifon
confifte en 312 boucauts de tabac , & autres
marchandiſes.
Le navire Anglois , le Jean & Robert , de ge
tonneaux , chargé de vin , de liege & de fruits ,
a été pris par le Corfaire le Mefny , de Granville ,
qui l'a fait conduire au Havre.
On mande de Bayonne que le Corfaire la Repréfaille
, de ce port , s'eft emparé de deux naviZOG
MERCURE DE FRANCE .
res Anglois qui y font arrivés ; ils s'appellent l'un
be Carlile , de Nerwi , chargé de boeuf , de beure ,
de harengs ; l'autre le Prince Charles , qui revenoit
de la Jamaïque , avec une cargaison compofée
de fucre , de caffé , de poivre , de caffe , de
raffia & de coton.
L'Américain & la Gentille , autres Corfaires de
Bayonne , y ont auffi fait conduire les navires Anglois
le Ellis , de Liverpool , chargé de 136 boucauts
& 9 barriques de fucre , de 28 futailles de
taffia , & de 3 balles de coton ; & la Marthe ,
ayant pour cargaifon 340 boucauts de fucre ,
barriques de caffé , 800 facs de gingembre ,
100 barriques de taffia , 20 tonneaux de bois de
campeche , 3 balles de coton , & 700 cuirs.
On apprend par les lettres de l'Ile Royale, que
les Corfaires armés dans cette colonie , ont conduit
à Louifbourg les navires Anglois , la Victoire
, le Thomas , le Charriot , le Grandpus , le
Bety , les Deux-Freres , le Charmant , le Neptune ,
la Marie Anne , les Deux- Soeurs , les Deux-Freres,
le Brunswick , le Cranford , le Seven, te Jhon - haune,
Apollon , le Jofeph , le Safech , la Branche d'Oli
vier , le Defpath , Lelloge ,le Poly , le Leotenord ,
โด le Nancy , la Brayalle , l'Anne , le Neptune ,
Marie , le Balowin , le Cerllo -Flonndon , le Grand-
Banc , la Perle , l'Echappée , le Hop , le Merry , le
Charmant , le Saint- André & le Bety.
Les mêmes lettres ajoutent que l'objet de ces
prifes eft fort confidérable.
La frégate de guerre le Prince Ofwales , a été
auffi conduite à Louifbourg , par la frégate du Kor
La Fleur de Lys , commandée par le Chevalier de
Tourville : qui s'en eſt rendu maître fur la côte de
P'Acadie.
Le capitaine Dumondt , commandant le CorJANVIER,
1758. 207
faire l'Europe , de Dunkerque , a relâché à Oftende
, & il y a remis les ôtages de deux rançons ,
montant enſemble à deux cens vingt livres fterlings.
Il eft arrivé à Saint-Malo un bateau Anglois
venant de Terre- Neuve , qui a été pris par le Cor
faire le Mefny , de Grandville , & qui a pour cargaifon
quelques pipes d'huile , & plufieurs quintaux
de morue.
Le capitaine Veron , qui commande le Corfaire
le Roftan , de Bordeaux , s'eft emparé d'un brigan
tin Anglois de 150 tonneaux , dont la cargaifon
composée de balotéries , eft eftimée plus de trois
cens mille livres . Cette prife a été conduite à la
Rochelle.
On mande de Saint -Jean-de- Luz , que le capitaine
Domengo- Daperteguy , commandant le Cor
faire l'Amiral , de Bayonne , a fair conduire dans
ce premier port le navire Anglois le Hombert ,
de Londres , venant de la Virginie , avec un chargement
qui confifte en 335 boucauts de tabac.
T
Le Capitaine Monier , commandant le Corfaire
la Revanche , de Dunkerque , s'eft rendu maitre
du Pacquebot Anglois le Prince Frederick , armé
de quatre canons & de fix pierriers , & allant de
Douvres à Fleffingue.
Le Machault , autre Corfaire du même Port ,
a pris & conduit en ce Port les Navires Anglois le
Change , l'Hamos & la Barbara , chargés de fer ,
de lin , de toile , d'eau- de-vie & de tabac . Il s'étoit
emparé de deux Bâtimens Anglois appellés ,
Pun la Marie , d'Air en Ecoffe ; l'autre l'Helene,
& il les a rançonnés pour cinq cents dix- huit hivres
fterlings.
Le Capitaine Dumondt , commandant le Corfaire
l'Europe . du même Port , qui avoit pris les
208 MERCURE DE FRANCE.
bateaux Anglois le Jean & Alix & la Sirène , en a
rapporté deux rançons montant enſemble à deux
cents vingt livres fterlings .
Le Corfaire l'Emerillon , de Calais , s'eft emparé
du Navire Anglois le Nelly , chargé de Saumon
, & il l'a fait conduire au Havre , où il eft
arrivé un autre Bâtiment chargé de barengs fores,
qui a été pris par le Corfaire la Marquife de Leede
, de Boulogne .
Ileft arrivé à Honfleur deux Bâtimens Anglois
pris par les Corfaires l'Entreprenante , de Calais ;
& l'Heureux , de Dieppe : l'un de ces Bâtimens eft
chargé de harengs ; l'autre a pour cargaifon des
planches & quelques caiffes de fruits .
L
Le Brigantin Anglois le Hannal , allant
de la Caroline à Londres , avec un chargement
de fucre , d'indigo , de riz , de coton , de bois
de campeche & d'autres marchandiſes , a été pris
par le Corfaire le Moras , de Saint-Malo , où il a
été conduit.
On mande de Saint-Jean -de- Luz , que le Ca
pitaine Pierre Souhaignet , commandant le Corfaire
la Providence , de ce Port , s'eft emparé des
Navires Anglois le Mary , de Plaifance , & le
Guillaume , de Darmouth , qui font chargés l'un
de 2500 , l'autre de 1900 quintaux de morue ,
qu'il les a conduits par relâche à Vigo en Galice.
Le Capitaine Arnoux , qui commande le Corfaire
le Victorieux , de Marfeille ; y a conduit le
Brigantin Anglois le Jean Jacques , dont la cargaifon
confifte en café , cuivre, plomb & autres
marchandifes.
LE 13 Décembre , la Ducheffe de Saint - Aignan
fut préfentée à la Famille Royale , & elle prit le
Tabouret chez la Reine.
Le Roi a nommé le 25 , Grand Maître
de fa Garderobbe , M. le Duc d'Eftifſac , fur la
démiffion de M. le Duc de la Rochefoucauld, à qui
Sa Majesté a donné la furvivance de cette charge.
Le 28 , Sa Majesté tint le Sceau pour la ving
tieme fois.
Le Roi a fait Brigadier de Dragons M.le Marquis
de Caraman , Meftre de Camp d'un Régiment de
Dragons ; Brigadier d'Infanterie , M. le Prince de
Rohan , Colonel d'un Régiment de fon nom; &
Brigadier de Cavalerie , M. le Marquis de Caulaincourt
, Maréchal Général des Logis de la Cavalerie
de l'armée de Soubife .
Sa Majesté a nommé Commandeur Honoraire
de l'Ordre de Saint- Louis , M. le Vicomte de
Bouville , qui commandoit le Vaiffeau l'Espérance
en 1755 , & qui eft revenu d'Angleterie après
deux ans de détention . Le Roi a accordé en même
temps à tous les Officiers qui compofoient fon
Etat Major , & qui ne l'ont point quitté en Angleterre
, des graces proportionnées à leurs grades..
Les Officiers qui ont été bleffés dans le combat
de l'Emeraude , & les familles de ceux qui y ont
été tués ont aufli reçu des marques de la fatis
faction du Roi,
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Le premierjour de l'an , les Princes & Princef.
fes du Sang , ainfi que les Seigneurs & Dames de
la Cour , eurent l'honneur de complimenter le
Roi fur la nouvelle année.
Le Corps de Ville , à cette occafion , rendic
auffi fes reſpects à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale .
Će même jour , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre du Saint Efprit , s'étant
affemblés vers les onze heures du matin dans le
cabinet du Roi , accompagnerent Sa Majefté à la
Chapelle. Le Roi étoit en manteau , le collier de
l'Ordre & celui de la Toifon d'Or pardeffus : les
deux Huiffiers portoient leurs maffes devant Sa
Majesté. Elle étoit précédée de Monfeigneur le
Dauphin , de MM . les Duc d'Orléans , Prince de
Condé , Comte de Clermont , Prince de Conti ,
Comte de la Marche , Comte d'Eu , Duc de Penthievre
, & de MM. les Chevaliers Comman--
deurs & Officiers de l'Ordre. Après la grande
Meffe , qui fut célébrée par M. l'Evêque de Langres
, Prélat Commandeur de l'Ordre du Saint :
Efprit , Sa Majefté fut reconduite à fon appartement
en la maniere accoutumée.
4
Le foir pendant le fouper de Leurs Majeftés ,
les vingt- quatre Violons de la Chambre exécuterent,
fuivant l'ufage , plufieurs morceaux de fymphonie
, fous la direction de M. Rebel , Surin
tendant de la Mufique de la Chambre .
Le 2 du même mois , le Roi , les Princes ,
MM . les Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre , affifterent au Service , pour l'anniverfaire
de MM . les Chevaliers de l'ordre , où le
même Prélat officia.
Les Députés des Etats de Bretagne eurent le 3
audience du Roi. Ils furent préfentés à Sa Majef
JANVIER. 1758 . 205
3
té par M. le Duc de Penthievre , Gouverneur de
la Province , & par M. le Comte de Saint - Florentin
, Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits
par M. le Marquis de Dreux , Grand Maître des
Cérémonies. Les Députés étoient , pour le Clergé
, M. PEvêque de Dol qui porta la parole
pour la Nobleffe , M. le Comte de Marbeuf ,
qui étant à l'armée , n'a pas été fuppléé ; pour le
Tiers Etat , M. Vaillant , Sénéchal de Pontivy ,
& M. le Comte de Quelen , Procureur Général ,
Syadic des Etats,
M. le Duc d'Eftiffac prêta le même jour ferment
entre les mains du Roi , pour la charge de
Grand Maître de la Garderobbe.
Après la tenue du Sceau du 28 Décembre der,
nier , M. de Brou , Doyen des Confeillers d'Etat ,
préſenta à Sa Majefté tous les Grands Officiers de
la Grande Chancellerie , & ils eurent l'honneur
de faire leurs révérences au Roi à l'occafion de la
nouvelle année,
Le Corfaire Anglois , la Victoire , armé de 400
canons , & de 360 hommes d'équipage , a été
conduit à Bref , après avoir été pris par le vaiffeau
du Roi le Saint-Michel , ayant avec lui les
frégates l'Amétyfte & l'Atalante.
Les Corfaires l'Hyrondelle, la Revanche & l'Europe
, de Dunkerque , y ont fait conduire le navire
Anglois l'Anna , de 180 tonneaux , dont la cargaifon
confifte en 312 boucauts de tabac , & autres
marchandiſes.
Le navire Anglois , le Jean & Robert , de ge
tonneaux , chargé de vin , de liege & de fruits ,
a été pris par le Corfaire le Mefny , de Granville ,
qui l'a fait conduire au Havre.
On mande de Bayonne que le Corfaire la Repréfaille
, de ce port , s'eft emparé de deux naviZOG
MERCURE DE FRANCE .
res Anglois qui y font arrivés ; ils s'appellent l'un
be Carlile , de Nerwi , chargé de boeuf , de beure ,
de harengs ; l'autre le Prince Charles , qui revenoit
de la Jamaïque , avec une cargaison compofée
de fucre , de caffé , de poivre , de caffe , de
raffia & de coton.
L'Américain & la Gentille , autres Corfaires de
Bayonne , y ont auffi fait conduire les navires Anglois
le Ellis , de Liverpool , chargé de 136 boucauts
& 9 barriques de fucre , de 28 futailles de
taffia , & de 3 balles de coton ; & la Marthe ,
ayant pour cargaifon 340 boucauts de fucre ,
barriques de caffé , 800 facs de gingembre ,
100 barriques de taffia , 20 tonneaux de bois de
campeche , 3 balles de coton , & 700 cuirs.
On apprend par les lettres de l'Ile Royale, que
les Corfaires armés dans cette colonie , ont conduit
à Louifbourg les navires Anglois , la Victoire
, le Thomas , le Charriot , le Grandpus , le
Bety , les Deux-Freres , le Charmant , le Neptune ,
la Marie Anne , les Deux- Soeurs , les Deux-Freres,
le Brunswick , le Cranford , le Seven, te Jhon - haune,
Apollon , le Jofeph , le Safech , la Branche d'Oli
vier , le Defpath , Lelloge ,le Poly , le Leotenord ,
โด le Nancy , la Brayalle , l'Anne , le Neptune ,
Marie , le Balowin , le Cerllo -Flonndon , le Grand-
Banc , la Perle , l'Echappée , le Hop , le Merry , le
Charmant , le Saint- André & le Bety.
Les mêmes lettres ajoutent que l'objet de ces
prifes eft fort confidérable.
La frégate de guerre le Prince Ofwales , a été
auffi conduite à Louifbourg , par la frégate du Kor
La Fleur de Lys , commandée par le Chevalier de
Tourville : qui s'en eſt rendu maître fur la côte de
P'Acadie.
Le capitaine Dumondt , commandant le CorJANVIER,
1758. 207
faire l'Europe , de Dunkerque , a relâché à Oftende
, & il y a remis les ôtages de deux rançons ,
montant enſemble à deux cens vingt livres fterlings.
Il eft arrivé à Saint-Malo un bateau Anglois
venant de Terre- Neuve , qui a été pris par le Cor
faire le Mefny , de Grandville , & qui a pour cargaifon
quelques pipes d'huile , & plufieurs quintaux
de morue.
Le capitaine Veron , qui commande le Corfaire
le Roftan , de Bordeaux , s'eft emparé d'un brigan
tin Anglois de 150 tonneaux , dont la cargaifon
composée de balotéries , eft eftimée plus de trois
cens mille livres . Cette prife a été conduite à la
Rochelle.
On mande de Saint -Jean-de- Luz , que le capitaine
Domengo- Daperteguy , commandant le Cor
faire l'Amiral , de Bayonne , a fair conduire dans
ce premier port le navire Anglois le Hombert ,
de Londres , venant de la Virginie , avec un chargement
qui confifte en 335 boucauts de tabac.
T
Le Capitaine Monier , commandant le Corfaire
la Revanche , de Dunkerque , s'eft rendu maitre
du Pacquebot Anglois le Prince Frederick , armé
de quatre canons & de fix pierriers , & allant de
Douvres à Fleffingue.
Le Machault , autre Corfaire du même Port ,
a pris & conduit en ce Port les Navires Anglois le
Change , l'Hamos & la Barbara , chargés de fer ,
de lin , de toile , d'eau- de-vie & de tabac . Il s'étoit
emparé de deux Bâtimens Anglois appellés ,
Pun la Marie , d'Air en Ecoffe ; l'autre l'Helene,
& il les a rançonnés pour cinq cents dix- huit hivres
fterlings.
Le Capitaine Dumondt , commandant le Corfaire
l'Europe . du même Port , qui avoit pris les
208 MERCURE DE FRANCE.
bateaux Anglois le Jean & Alix & la Sirène , en a
rapporté deux rançons montant enſemble à deux
cents vingt livres fterlings .
Le Corfaire l'Emerillon , de Calais , s'eft emparé
du Navire Anglois le Nelly , chargé de Saumon
, & il l'a fait conduire au Havre , où il eft
arrivé un autre Bâtiment chargé de barengs fores,
qui a été pris par le Corfaire la Marquife de Leede
, de Boulogne .
Ileft arrivé à Honfleur deux Bâtimens Anglois
pris par les Corfaires l'Entreprenante , de Calais ;
& l'Heureux , de Dieppe : l'un de ces Bâtimens eft
chargé de harengs ; l'autre a pour cargaifon des
planches & quelques caiffes de fruits .
L
Le Brigantin Anglois le Hannal , allant
de la Caroline à Londres , avec un chargement
de fucre , d'indigo , de riz , de coton , de bois
de campeche & d'autres marchandiſes , a été pris
par le Corfaire le Moras , de Saint-Malo , où il a
été conduit.
On mande de Saint-Jean -de- Luz , que le Ca
pitaine Pierre Souhaignet , commandant le Corfaire
la Providence , de ce Port , s'eft emparé des
Navires Anglois le Mary , de Plaifance , & le
Guillaume , de Darmouth , qui font chargés l'un
de 2500 , l'autre de 1900 quintaux de morue ,
qu'il les a conduits par relâche à Vigo en Galice.
Le Capitaine Arnoux , qui commande le Corfaire
le Victorieux , de Marfeille ; y a conduit le
Brigantin Anglois le Jean Jacques , dont la cargaifon
confifte en café , cuivre, plomb & autres
marchandifes.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En décembre 1757, plusieurs événements significatifs se sont déroulés à la cour de France. Le 13 décembre, la Duchesse de Saint-Aignan a été présentée à la famille royale et a obtenu le privilège du tabouret auprès de la Reine. Le 25 décembre, le Roi a nommé le Duc d'Estissac Grand Maître de la Garderobe, remplaçant le Duc de La Rochefoucauld, qui a reçu la survivance de cette charge. Le 28 décembre, le Roi a exercé le Sceau pour la vingtième fois. Le Roi a également promu plusieurs officiers : le Marquis de Caraman est devenu Brigadier de Dragons, le Prince de Rohan Brigadier d'Infanterie, et le Marquis de Caulaincourt Brigadier de Cavalerie. Le Vicomte de Bouville a été nommé Commandeur Honoraire de l'Ordre de Saint-Louis pour son commandement du vaisseau l'Espérance en 1755. Les officiers blessés lors du combat de l'Émeraude et les familles des tués ont reçu des marques de satisfaction royale. Le 1er janvier 1758, les Princes et Princesses du Sang, ainsi que les Seigneurs et Dames de la Cour, ont félicité le Roi pour la nouvelle année. Les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit ont accompagné le Roi à la Chapelle, où la messe a été célébrée par l'Évêque de Langres. Le soir, les Violons de la Chambre ont joué plusieurs morceaux sous la direction de M. Rebel. Le 2 janvier, le Roi et les Chevaliers de l'Ordre ont assisté au service pour l'anniversaire des Chevaliers de l'Ordre. Le 3 janvier, les Députés des États de Bretagne ont été reçus en audience par le Roi, présentés par le Duc de Penthièvre et le Comte de Saint-Florentin. Le Duc d'Estissac a prêté serment pour sa charge de Grand Maître de la Garderobe. Plusieurs prises maritimes ont été signalées, notamment le corsaire anglais la Victoire capturé par le Saint-Michel. Divers autres navires anglais ont été pris par des corsaires français à Dunkerque, Granville, Bayonne, et d'autres ports. Ces prises incluaient des navires chargés de tabac, de sucre, de café, et d'autres marchandises. Les lettres de l'Île Royale mentionnaient également de nombreuses prises effectuées par des corsaires armés dans cette colonie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10727
p. 209-211
MORTS.
Début :
Le 5 Octobre 1757, mourut à Nancy Messire Claude-François, Marquis [...]
Mots clefs :
Morts, Marquis de Toustain de Viray, Conseiller d'État, Maison de Lorraine, Comte de Wignacourt, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
LE 5 Octobre 1757 , mourut à Nancy Meffire
Claude- François , Marquis de Touftain de Viray,.
d'une ancienne & illuftre famille , originaire de
Normandie , Confeiller d'Etat du Roi de Pologne,
& fon Procureur Général de Lorraine & Barrois
qui emporta tous les regrets de la province . Jamais
Magiftrat ne renferma de qualités plus rares :
fa haute piété , jointe à fon érudition profonde ,
fut garant de fon intégrité ; fon mérite diftingué
lui avoit procuré toute la confiance de l'augufte
Maifon de Lorraine , & fut chargé de l'exécution
des dernieres volontés de S. A. R. Madame la Ducheffe
Douairiere. Monfieur fon pere , Meftre de
camp de Cavalerie , & Gouverneur d'Obernheim ,..
l'avoit deftiné au militaire ; il fut même fait capitaine
de Cavalerie , à l'âge de quatorze ans : la
mort enleva ce pere qui le chériffoit . Un grand
homme ayant reconnu en lui des difpofitions
prématurées , le deſtina à la Magiftrature , où il
a fait l'appui de l'Etat , & aujourd'hui fa douleur ,
qui paffera à la poſtérité .
Robert Antoine , Comte de Wignacourt , Baron
de Saint- Loup , Scigneur des terres & fiefs
nobles de Warnecourt , Charbogne , Chevenicy ,
Verrieres , Briquemaux , les Auches , les Crettes
maifonnettes , les grand & petit Vivier , Toulie ,
le Griffon , Bronville , la Hamel , Evignie , Modignie
, Senglis , Sufanne , Ecordard , Brunehamel
, &c. eft mort en fon château de Charbogne
en Champagne , le 30 Octobre 1756 , âgé de 58
•
210 MERCURE DE FRANCE.
ans , trois mois & quinze jours , étant né le i
Juillet 1698. Le lendemain 31 Octobre , à dix
heures du foir , fon convoi fe mit en marche , &
arriva le premier Novembre dans fa terre de
Warnecourt , où , fur le foir , fon corps fut inhumé
dans la chapelle fondée par les ancêtres , &
leur fépulture depuis plufieurs fiecles : il eft généralement
regretté. Il étoit chef de l'ancienne mai
fon de fon nom , qui tient rang entre les plus
grandes & les plus illuftres , & qui a donné dans
le dernier fiecle deux grands Maîtres à l'Ordre de
Malthe , ( Alof de Wignacourt , élu avec le concours
général & unanime de tout l'Ordre , & un
applandiffement univerfel , en 1601 , & Adrien
de Wignacourt en 1690 ) & fils d'Antoine , Marquis
de Wignacourt , Seigneur de Warnecourt ,
Evignie , Charbogne , &c. Gouverneur de la ville
de Donchery , & de Marie- Héleine- Magdeleine
de Villelongue , Dame de Brunehamel , morts
tous deux en 1736. Il avoit été marié à Marie-
Louiſe de Goujon Condé , morte le jour de Pâ.
ques 1729 , de laquelle il a laiffé pour fils unique
Charles -Antoine - François - Marie , Marquis de
Wignacourt , Baron de Saint - Loup , Seigneur de
Warnecourt , Brunehamel , Charbogne , Evignie,
Ecordal , &c. chef actuel de la maiſon de Wignacourt
, né le 30 Juillet 1727 , veuf du 7 Décembre
1754 , de Conftance - Françoife Duffon de
Bonnac , petite fille du feu Maréchal Duc de Biron
, Pair de France , dont il a une fille , Marie-
Charlotte-Antoinette- Conftance- Louife - Françoife
de Wignacourt , née le 30 Octobre 1750 .
Les janvier eft mort haut & puiffant Seigneur ,
Monfeigneur Pierre-Emanuel Marquis de Cruffol,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Cheva
lier de fes ordres , âgé de 40 ans.
JANVIER. 1758. 211
Il étoit de la branche aînée de Cruffol d'Uzés.
La généalogie de cette maifon eft trop connue ,
pour qu'il foit néceffaire de la rappeller.
LE 5 Octobre 1757 , mourut à Nancy Meffire
Claude- François , Marquis de Touftain de Viray,.
d'une ancienne & illuftre famille , originaire de
Normandie , Confeiller d'Etat du Roi de Pologne,
& fon Procureur Général de Lorraine & Barrois
qui emporta tous les regrets de la province . Jamais
Magiftrat ne renferma de qualités plus rares :
fa haute piété , jointe à fon érudition profonde ,
fut garant de fon intégrité ; fon mérite diftingué
lui avoit procuré toute la confiance de l'augufte
Maifon de Lorraine , & fut chargé de l'exécution
des dernieres volontés de S. A. R. Madame la Ducheffe
Douairiere. Monfieur fon pere , Meftre de
camp de Cavalerie , & Gouverneur d'Obernheim ,..
l'avoit deftiné au militaire ; il fut même fait capitaine
de Cavalerie , à l'âge de quatorze ans : la
mort enleva ce pere qui le chériffoit . Un grand
homme ayant reconnu en lui des difpofitions
prématurées , le deſtina à la Magiftrature , où il
a fait l'appui de l'Etat , & aujourd'hui fa douleur ,
qui paffera à la poſtérité .
Robert Antoine , Comte de Wignacourt , Baron
de Saint- Loup , Scigneur des terres & fiefs
nobles de Warnecourt , Charbogne , Chevenicy ,
Verrieres , Briquemaux , les Auches , les Crettes
maifonnettes , les grand & petit Vivier , Toulie ,
le Griffon , Bronville , la Hamel , Evignie , Modignie
, Senglis , Sufanne , Ecordard , Brunehamel
, &c. eft mort en fon château de Charbogne
en Champagne , le 30 Octobre 1756 , âgé de 58
•
210 MERCURE DE FRANCE.
ans , trois mois & quinze jours , étant né le i
Juillet 1698. Le lendemain 31 Octobre , à dix
heures du foir , fon convoi fe mit en marche , &
arriva le premier Novembre dans fa terre de
Warnecourt , où , fur le foir , fon corps fut inhumé
dans la chapelle fondée par les ancêtres , &
leur fépulture depuis plufieurs fiecles : il eft généralement
regretté. Il étoit chef de l'ancienne mai
fon de fon nom , qui tient rang entre les plus
grandes & les plus illuftres , & qui a donné dans
le dernier fiecle deux grands Maîtres à l'Ordre de
Malthe , ( Alof de Wignacourt , élu avec le concours
général & unanime de tout l'Ordre , & un
applandiffement univerfel , en 1601 , & Adrien
de Wignacourt en 1690 ) & fils d'Antoine , Marquis
de Wignacourt , Seigneur de Warnecourt ,
Evignie , Charbogne , &c. Gouverneur de la ville
de Donchery , & de Marie- Héleine- Magdeleine
de Villelongue , Dame de Brunehamel , morts
tous deux en 1736. Il avoit été marié à Marie-
Louiſe de Goujon Condé , morte le jour de Pâ.
ques 1729 , de laquelle il a laiffé pour fils unique
Charles -Antoine - François - Marie , Marquis de
Wignacourt , Baron de Saint - Loup , Seigneur de
Warnecourt , Brunehamel , Charbogne , Evignie,
Ecordal , &c. chef actuel de la maiſon de Wignacourt
, né le 30 Juillet 1727 , veuf du 7 Décembre
1754 , de Conftance - Françoife Duffon de
Bonnac , petite fille du feu Maréchal Duc de Biron
, Pair de France , dont il a une fille , Marie-
Charlotte-Antoinette- Conftance- Louife - Françoife
de Wignacourt , née le 30 Octobre 1750 .
Les janvier eft mort haut & puiffant Seigneur ,
Monfeigneur Pierre-Emanuel Marquis de Cruffol,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Cheva
lier de fes ordres , âgé de 40 ans.
JANVIER. 1758. 211
Il étoit de la branche aînée de Cruffol d'Uzés.
La généalogie de cette maifon eft trop connue ,
pour qu'il foit néceffaire de la rappeller.
Fermer
Résumé : MORTS.
Le 5 octobre 1757, Claude-François, Marquis de Touftain de Viray, conseiller d'État du Roi de Pologne et procureur général de Lorraine et Barrois, décéda à Nancy. Issu d'une famille normande illustre, il fut apprécié pour sa piété, son érudition et son intégrité, ce qui lui valut la confiance de la Maison de Lorraine. Initialement destiné à une carrière militaire, il se tourna vers la magistrature et devint un pilier de l'État. Robert Antoine, Comte de Wignacourt, Baron de Saint-Loup, décéda le 30 octobre 1756 à l'âge de 58 ans dans son château de Charbogne en Champagne. Fils d'Antoine, Marquis de Wignacourt, et de Marie-Hélène-Madeleine de Villelongue, il fut inhumé dans la chapelle familiale à Warnecourt. Marié à Marie-Louise de Goujon Condé, il laissa un fils, Charles-Antoine-François-Marie, Marquis de Wignacourt, et une fille, Marie-Charlotte-Antoinette-Constance-Louise-Françoise de Wignacourt. En janvier 1758, Pierre-Emanuel, Marquis de Cruffol, Maréchal des Camps et Armées du Roi et Chevalier des ordres, décéda à l'âge de 40 ans. Issu de la branche aînée de Cruffol d'Uzés, sa généalogie était bien connue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10728
p. 211-213
L'ART de faire parler les Sourds & Muets.
Début :
Une chose qui doit donner de grandes espérances dans les sciences [...]
Mots clefs :
Sciences, Découvertes, Mutisme, Apprendre à parler, Surdité, M. Ernaud, Guérison, Prononciation, Certificat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ART de faire parler les Sourds & Muets.
L'ART de faire parler les Sourds & Muets .
UNE chofe qui doit donner de grandes efpérances
dans les fciences & dans les arts , c'est que
l'on y a fouvent fait des découvertes qu'on n'efpéroit
pas y jamais faire , & dont on n'avoit pas
même l'idée. Jufqu'à ces derniers temps , par
exemple , où l'on eft parvenu à faire parler des
muets de naiffance , on n'avoit pas imaginé feulement
la chofe poffible. On regardoit les muets
de naiffance comme moins guériffables qu'aucuns
autres ; il fembloit que la nature elle- même , par
quelque malin vouloir , eût mis un cachet fur
leur langue pour les empêcher éternellement d'articuler.
Cependant ce font ces muets- là même
qu'il eft plus poffible de faire parler , que ceux
qui le font devenus par des accidens : ils ne font
reftés muets que parce qu'ils étoient fourds , les
organes de la parole ne leur manquent pas : ils font
feulement plus embarraffés par le défaut d'exercice.
Comme donc ces muets le font en conféquence
de leur furdité , il faut , pour ainfi dire ,
leur faire voir des fons , puis les exercer à les rendre
. Voilà quel eft l'art de M. Ernaud , qui eft à
Paris depuis quelque temps. L'éleve qu'il a amené
de Bordeaux eft né fourd & muet, & a, outre
la furdité , tous les vices d'organes que la nature
pouvoit cumuler , pour qu'il ne lui reftât aucune
efperance , fi bien que, de l'aveu de plufieurs Médecins
célebres , il ne Pauroit jamais fait intelligiblement
, quand il ne feroit pas né fourd. Il a
212 MERCURE DE FRANCE.
le filet coupé trop avant , il a un embarras dans
le gofier dont on ne connoît pas la caufe immédiate
, il a de la difpofition à bégayer , il manque
de falivation , & pardeffus tout cela , il eft
né Irlandois. M. Ernaud a fçu par fon art vaincre
tous ces obftacles , & l'enfant âgé de 13 ans , qui
n'eft que depuis un an entre fes mains , demande
intelligiblement fes befoins , lit à haute voix quelque
livre qu'on lui préfente , répond jufte aux
queftions qu'on lui fait , foit par écrit ou au mouvement
des levres , à quoi il ne fe trompe pas.
L'Académie des fciences a vu & entendu parler
cet enfant ; M. Morand Secrétaire perpétuel de
l'Académie de Chirurgie , l'a vu & entendu auffi ,
& en a donné fon certificat à . M. Ernaud. M. Er
naud vient d'entreprendre , je ne dirai pas la cure
, mais l'inſtruction d'un ſecond éleve ; car il
n'emploie pour cet effet , ni opérations , ni remédes
; mais beaucoup d'art , une connoiffance
peu commune de tous les fons dont la voix peat
être fufceptible & une patience infinie.
Les fourds & muets ne font pas fi rares qu'on
penfe : on ne les croit rares que parce que ces infortunés
déja fi maltraités de la nature , pour com.
ble de difgrace , font encore rélégués par leurs
parens loin de la fociété des hommes , comme
en étant les rebuts. On cache leur malheur , au
lieu d'y remédier , parce qu'on le croit irremédiable
. C'est donc rendre un bon fervice au public,
que d'indiquer un homme qui y remédie.
M. Ernaud promet de plus au public , de corriger
dans toutes fortes de fujets , muets ou non,
le bégayement , le graffeyement , le défaut de
falivation , & généralement tous les vices de conformation
d'organes. Sa méthode est toujours
également fimple. Quelque difficulté qu'ait un béJANVIER.
1758. 213
gue (pour prouver la vérité de ce qu'il avance ),
il lui fait prononcer aisément & fans grimace
quelques mots que ce foit , & cela dans l'inſtant
même, & en très -peu de temps il les fait parler
auffi-bien que tout autre. Il faut s'adreffer chez
M. Julien , Négociant , rue de la vieille monnoie
à Paris.
UNE chofe qui doit donner de grandes efpérances
dans les fciences & dans les arts , c'est que
l'on y a fouvent fait des découvertes qu'on n'efpéroit
pas y jamais faire , & dont on n'avoit pas
même l'idée. Jufqu'à ces derniers temps , par
exemple , où l'on eft parvenu à faire parler des
muets de naiffance , on n'avoit pas imaginé feulement
la chofe poffible. On regardoit les muets
de naiffance comme moins guériffables qu'aucuns
autres ; il fembloit que la nature elle- même , par
quelque malin vouloir , eût mis un cachet fur
leur langue pour les empêcher éternellement d'articuler.
Cependant ce font ces muets- là même
qu'il eft plus poffible de faire parler , que ceux
qui le font devenus par des accidens : ils ne font
reftés muets que parce qu'ils étoient fourds , les
organes de la parole ne leur manquent pas : ils font
feulement plus embarraffés par le défaut d'exercice.
Comme donc ces muets le font en conféquence
de leur furdité , il faut , pour ainfi dire ,
leur faire voir des fons , puis les exercer à les rendre
. Voilà quel eft l'art de M. Ernaud , qui eft à
Paris depuis quelque temps. L'éleve qu'il a amené
de Bordeaux eft né fourd & muet, & a, outre
la furdité , tous les vices d'organes que la nature
pouvoit cumuler , pour qu'il ne lui reftât aucune
efperance , fi bien que, de l'aveu de plufieurs Médecins
célebres , il ne Pauroit jamais fait intelligiblement
, quand il ne feroit pas né fourd. Il a
212 MERCURE DE FRANCE.
le filet coupé trop avant , il a un embarras dans
le gofier dont on ne connoît pas la caufe immédiate
, il a de la difpofition à bégayer , il manque
de falivation , & pardeffus tout cela , il eft
né Irlandois. M. Ernaud a fçu par fon art vaincre
tous ces obftacles , & l'enfant âgé de 13 ans , qui
n'eft que depuis un an entre fes mains , demande
intelligiblement fes befoins , lit à haute voix quelque
livre qu'on lui préfente , répond jufte aux
queftions qu'on lui fait , foit par écrit ou au mouvement
des levres , à quoi il ne fe trompe pas.
L'Académie des fciences a vu & entendu parler
cet enfant ; M. Morand Secrétaire perpétuel de
l'Académie de Chirurgie , l'a vu & entendu auffi ,
& en a donné fon certificat à . M. Ernaud. M. Er
naud vient d'entreprendre , je ne dirai pas la cure
, mais l'inſtruction d'un ſecond éleve ; car il
n'emploie pour cet effet , ni opérations , ni remédes
; mais beaucoup d'art , une connoiffance
peu commune de tous les fons dont la voix peat
être fufceptible & une patience infinie.
Les fourds & muets ne font pas fi rares qu'on
penfe : on ne les croit rares que parce que ces infortunés
déja fi maltraités de la nature , pour com.
ble de difgrace , font encore rélégués par leurs
parens loin de la fociété des hommes , comme
en étant les rebuts. On cache leur malheur , au
lieu d'y remédier , parce qu'on le croit irremédiable
. C'est donc rendre un bon fervice au public,
que d'indiquer un homme qui y remédie.
M. Ernaud promet de plus au public , de corriger
dans toutes fortes de fujets , muets ou non,
le bégayement , le graffeyement , le défaut de
falivation , & généralement tous les vices de conformation
d'organes. Sa méthode est toujours
également fimple. Quelque difficulté qu'ait un béJANVIER.
1758. 213
gue (pour prouver la vérité de ce qu'il avance ),
il lui fait prononcer aisément & fans grimace
quelques mots que ce foit , & cela dans l'inſtant
même, & en très -peu de temps il les fait parler
auffi-bien que tout autre. Il faut s'adreffer chez
M. Julien , Négociant , rue de la vieille monnoie
à Paris.
Fermer
Résumé : L'ART de faire parler les Sourds & Muets.
Le texte aborde l'art de faire parler les sourds et muets, une découverte récente. Jusqu'à une époque récente, il était considéré comme impossible de faire parler les muets de naissance, jugés moins guérissables que les autres. Cependant, il s'avère que les muets de naissance, n'ayant jamais exercé leurs organes de la parole, peuvent être rééduqués plus facilement que ceux devenus muets par accident. M. Ernaud, à Paris, a développé une méthode pour enseigner la parole aux sourds-muets. Il a réussi à faire parler un enfant né sourd et muet, malgré divers handicaps physiques, en seulement un an. L'Académie des sciences et M. Morand, secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirurgie, ont attesté des progrès de l'enfant. M. Ernaud propose également de corriger le bégaiement, le grasillement et autres vices de conformation des organes de la parole. Sa méthode est simple et efficace, permettant aux sujets de prononcer des mots sans grimace et rapidement. Pour plus d'informations, il est possible de s'adresser à M. Julien, négociant, rue de la vieille monnoie à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10729
p. 213-214
AVIS.
Début :
Le sieur Dauvers, Chirurgien-Dentiste de son Altesse Royale Madame l'Infante, [...]
Mots clefs :
Chirurgien-dentiste, Hygiène de la bouche, Gencives, Prévention des caries, Dents, Opiate
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
fieur Dauvers , Chirurgien-Dentiſte de fon
Alteffe Royale Madame Infante , donne avis au
Public , qu'il poffede un opiat & une liqueur dont
Madame Infante fait ufage depuis huit ans. Leur
vertu effentielle eft de maintenir la bouche dans
le meilleur état , de s'oppofer aux maladies qui
affectent les gencives , en facilitant le cours des
liqueurs dans ces parties , & de concourir à la
confervation des dents. Il a , par leur moyen ,
guéri des gencives gorgées , ulcérées , & c. affectées
de vice fcorbutique , raifons pour lesquelles
il fe croit obligé de les faire connoître ici pendant
fon féjour , & procurer leurs avantages aux
perfonnes qui en auront befoin.
L'on peut en faire ufage journellement , tant
pour maintenir la bouche en état , que pour s'oppofer
à la carie des dents. L'opiat affranchit de
l'ufage des poudres , puiſqu'il renferme dans fa
compofition celles qui conviennent pour emporter
le limon qui s'attache aux dents , fans préjudicier
à ces parties . L'on trouvera chez lui des racines
préparées pour porter l'opiat fur les gencives
& fur les dents , ainfi que la maniere de faire
ufage de l'un & de l'autre .
Il loge rue & ifle Saint Louis , chez Monfieur
Bourbelain , Maître Chirurgien , la quatrieme
214 MERCURE DE FRANCE .
porte-cochere à gauche en entrant par le ponta
rouge.
Et à Versailles à l'Hôtel Mainvilette , petite
place.
fieur Dauvers , Chirurgien-Dentiſte de fon
Alteffe Royale Madame Infante , donne avis au
Public , qu'il poffede un opiat & une liqueur dont
Madame Infante fait ufage depuis huit ans. Leur
vertu effentielle eft de maintenir la bouche dans
le meilleur état , de s'oppofer aux maladies qui
affectent les gencives , en facilitant le cours des
liqueurs dans ces parties , & de concourir à la
confervation des dents. Il a , par leur moyen ,
guéri des gencives gorgées , ulcérées , & c. affectées
de vice fcorbutique , raifons pour lesquelles
il fe croit obligé de les faire connoître ici pendant
fon féjour , & procurer leurs avantages aux
perfonnes qui en auront befoin.
L'on peut en faire ufage journellement , tant
pour maintenir la bouche en état , que pour s'oppofer
à la carie des dents. L'opiat affranchit de
l'ufage des poudres , puiſqu'il renferme dans fa
compofition celles qui conviennent pour emporter
le limon qui s'attache aux dents , fans préjudicier
à ces parties . L'on trouvera chez lui des racines
préparées pour porter l'opiat fur les gencives
& fur les dents , ainfi que la maniere de faire
ufage de l'un & de l'autre .
Il loge rue & ifle Saint Louis , chez Monfieur
Bourbelain , Maître Chirurgien , la quatrieme
214 MERCURE DE FRANCE .
porte-cochere à gauche en entrant par le ponta
rouge.
Et à Versailles à l'Hôtel Mainvilette , petite
place.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le chirurgien-dentiste Dauvers, au service de l'Alteffe Royale Madame Infante, annonce la possession d'un opiat et d'une liqueur utilisés par Madame Infante depuis huit ans. Ces produits maintiennent la bouche en bon état, préviennent les maladies des gencives et aident à la conservation des dents. Ils ont guéri des gencives enflammées, ulcérées et atteintes de scorbut. Dauvers souhaite partager ces avantages pendant son séjour. Les produits peuvent être utilisés quotidiennement pour maintenir la bouche en état et prévenir la carie dentaire. L'opiat remplace les poudres dentaires, car il contient des composants qui éliminent les dépôts sans nuire aux dents. Des racines préparées pour appliquer l'opiat sur les gencives et les dents sont disponibles. Dauvers réside à Paris, rue et île Saint-Louis, chez Monsieur Bourbelain, Maître Chirurgien, quatrième porte-cochère à gauche en entrant par le pont rouge, et à Versailles à l'Hôtel Mainvilette, petite place.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10730
p. 214
« Le sieur Mangin, Maître Perruquier, rue Montmartre, près celle de la [...] »
Début :
Le sieur Mangin, Maître Perruquier, rue Montmartre, près celle de la [...]
Mots clefs :
Eau, Dents, Nettoyage, Douleurs, Bain de bouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Mangin, Maître Perruquier, rue Montmartre, près celle de la [...] »
Lefieur Mangin , Maître Perruquier , rue Monmartre
, près celle de la Juffienne , à le fecret
d'une eau dont les propriétés font de nettoyer les
dents , d'en détruire le tartre , & de diffiper les
douleurs. Elle eft d'une odeur agréable , & rend
l'haleine douce . On en fait ufage , en en mettant
douze gouttes dans une cuillerée d'eau , & fe rinfant
la bouche pendant l'eſpace de trois minutes ,
& autant qu'on peut la garder. Plufieurs perfonnes,
en prenant cette eau , & réitérant chaque fois
que la douleur reprenoit , ont confervé les dents
qu'elles auroient été obligées de faire arracher , &
n'y ont plus fenti de mal. Le prix de chaque petite
fiole eft de vingt - quatre fols.
, près celle de la Juffienne , à le fecret
d'une eau dont les propriétés font de nettoyer les
dents , d'en détruire le tartre , & de diffiper les
douleurs. Elle eft d'une odeur agréable , & rend
l'haleine douce . On en fait ufage , en en mettant
douze gouttes dans une cuillerée d'eau , & fe rinfant
la bouche pendant l'eſpace de trois minutes ,
& autant qu'on peut la garder. Plufieurs perfonnes,
en prenant cette eau , & réitérant chaque fois
que la douleur reprenoit , ont confervé les dents
qu'elles auroient été obligées de faire arracher , &
n'y ont plus fenti de mal. Le prix de chaque petite
fiole eft de vingt - quatre fols.
Fermer
Résumé : « Le sieur Mangin, Maître Perruquier, rue Montmartre, près celle de la [...] »
Lefieur Mangin, Maître Perruquier, rue Montmartre, vend une eau dentaire nettoyant les dents, détruisant le tartre et soulageant les douleurs. Elle rend l'haleine douce et a une odeur agréable. Utilisation : douze gouttes dans une cuillerée d'eau, rincer trois minutes. Prix : vingt-quatre sols la fiole. Plusieurs utilisateurs ont gardé des dents qu'ils auraient dû faire arracher.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10731
p. 214
« Le sieur Saint Martin, Entrepreneur du combat du Taureau, nous a fait prier [...] »
Début :
Le sieur Saint Martin, Entrepreneur du combat du Taureau, nous a fait prier [...]
Mots clefs :
Combat de taureaux, Arène, Construction, Amateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Saint Martin, Entrepreneur du combat du Taureau, nous a fait prier [...] »
Le fieur Saint Martin , Entrepreneur du combat
du Taureau , nous a fait prier de vouloir bien
faire part au Public , que pour fatisfaire les amateurs
de fon fpectacle , il vient de faire conſtruire
une arêne beaucoup plus vafte que celle qu'il occupoit
ci- devant , & plus commode pour les fpec
tateurs. Il en fera l'ouverture le 2 février 1758 ,
jour de la purification . C'est toujours rue & barriere
de Seve , preſque vis - à- vis fon ancienne demeure
.
du Taureau , nous a fait prier de vouloir bien
faire part au Public , que pour fatisfaire les amateurs
de fon fpectacle , il vient de faire conſtruire
une arêne beaucoup plus vafte que celle qu'il occupoit
ci- devant , & plus commode pour les fpec
tateurs. Il en fera l'ouverture le 2 février 1758 ,
jour de la purification . C'est toujours rue & barriere
de Seve , preſque vis - à- vis fon ancienne demeure
.
Fermer
10732
p. 214
« Le Frere Côme nous a écrit pour désavouer l'envoi qui nous [...] »
Début :
Le Frere Côme nous a écrit pour désavouer l'envoi qui nous [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Frere Côme nous a écrit pour désavouer l'envoi qui nous [...] »
Le Frere Côme nous a écrit pour défavouer
l'envoi qui nous a été fait de fa part , de la lettre
du fieur Cambon. Comme on s'eft fervi à faux de
fon nom , nous avons cru devoir en inftruire le
Public.
l'envoi qui nous a été fait de fa part , de la lettre
du fieur Cambon. Comme on s'eft fervi à faux de
fon nom , nous avons cru devoir en inftruire le
Public.
Fermer
10733
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers à M [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS à M *** , page s
Madrigal , à Mademoiſelle
*** , chantant à un
fouper ,
Les Tablettes enchantées , Conte. ibid,
Le Berger Corydon , à fon Serin favori , en l'envoyant
à Corinne , Bergere illuftre par l'union
des graces & des talens avec la vertų ; Idylle ,
dédiée à Madaıne .... 24
Suite des Lettres d'une femme raiſonnable à fon
Amant ,
Vers à Ariſte ,
Madrigal ,
Reproche ,
31
49
52
Raccommodement , à Madame Poup ... de Mol...
de Left ....
L'Ane rêvant , Fable.
ibid.
61
Etrennes au Roi de Pologne , Duc de Lorraine &
de Bar ,
62
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure du mois de Janvier ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chaplon ,
63
64
65
66
ļ
216
67
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Eloge de M. du Marfais , par M. d'Alembert
,
Extrait du Danger des Paffions , ou Anecdotes
Syriennes & Egyptiennes, traduction nouvelle ,
par l'Auteur de l'Ecole de l'Amitié ,
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
92
ΤΟΙ
Lettre à l'Auteur du Mercure , au fujet d'un nouveau
Poëme intitulé , Les Jardins d'ornemens ,
ou les Géorgiques Françoises , en quatre chants ,
par M. Gouge- de Ceffierres , 112
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES. -
Phyfique. Lettres fur l'ufage des athmoſpheres ,
par rapport au degré de chaleur , 133
Séance publique de l'Académie royale des Belles-
Lettres de la Rochelle ,
146
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique ,
159
Gravure. 160
Architecture. 161
ART. V. SPECTAC
Opera ,
163
165 Comédie Françoife ,
Extrait d'Adelle de Ponthieu, Tragédie de M. de
Comédie Italienne ,
la Place ,
Concert fpirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
166
190
ibid.
Nouvelles de la Cour , de Paris & c ,
Morts ,
Avis divers ,
193
203
209
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS à M *** , page s
Madrigal , à Mademoiſelle
*** , chantant à un
fouper ,
Les Tablettes enchantées , Conte. ibid,
Le Berger Corydon , à fon Serin favori , en l'envoyant
à Corinne , Bergere illuftre par l'union
des graces & des talens avec la vertų ; Idylle ,
dédiée à Madaıne .... 24
Suite des Lettres d'une femme raiſonnable à fon
Amant ,
Vers à Ariſte ,
Madrigal ,
Reproche ,
31
49
52
Raccommodement , à Madame Poup ... de Mol...
de Left ....
L'Ane rêvant , Fable.
ibid.
61
Etrennes au Roi de Pologne , Duc de Lorraine &
de Bar ,
62
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure du mois de Janvier ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chaplon ,
63
64
65
66
ļ
216
67
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Eloge de M. du Marfais , par M. d'Alembert
,
Extrait du Danger des Paffions , ou Anecdotes
Syriennes & Egyptiennes, traduction nouvelle ,
par l'Auteur de l'Ecole de l'Amitié ,
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
92
ΤΟΙ
Lettre à l'Auteur du Mercure , au fujet d'un nouveau
Poëme intitulé , Les Jardins d'ornemens ,
ou les Géorgiques Françoises , en quatre chants ,
par M. Gouge- de Ceffierres , 112
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES. -
Phyfique. Lettres fur l'ufage des athmoſpheres ,
par rapport au degré de chaleur , 133
Séance publique de l'Académie royale des Belles-
Lettres de la Rochelle ,
146
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique ,
159
Gravure. 160
Architecture. 161
ART. V. SPECTAC
Opera ,
163
165 Comédie Françoife ,
Extrait d'Adelle de Ponthieu, Tragédie de M. de
Comédie Italienne ,
la Place ,
Concert fpirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
166
190
ibid.
Nouvelles de la Cour , de Paris & c ,
Morts ,
Avis divers ,
193
203
209
211
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections. La première section énumère des œuvres littéraires variées, telles que des madrigaux, des contes, des idylles, des fables et des lettres, incluant des pièces notables comme 'Les Tablettes enchantées', 'Le Berger Corydon' et 'L'Ane rêvant'. La deuxième section se concentre sur les nouvelles littéraires, avec des extraits et des éloges, comme celui de M. du Marfais par M. d'Alembert, et une lettre sur le poème 'Les Jardins d'ornemens'. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, mentionnant des lettres sur l'usage des atmosphères et une séance de l'Académie royale des Belles-Lettres de la Rochelle. La quatrième section traite des beaux-arts, incluant la musique, la gravure et l'architecture. La cinquième section présente des extraits de tragédies, de comédies et des concerts. Enfin, la sixième section inclut des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des avis divers et des annonces de décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10734
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant. Jombert.
Fermer
10737
p. 173-176
DU NORD.
Début :
L'Impératrice a fait arrêter à Nerwa le Maréchal Apraxin, & des Commissaires [...]
Mots clefs :
Saint-Petersbourg, Impératrice, Feld-Maréchal Apraxin, Détention, Officiers, Lettre, Batailles, Armées, Victoire, Conseil de guerre, Régiments d'infanterie, Démission
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NORD.
DE PETERSBOURG , le 15 Décembre.
L'IMPERATRICE a fait arrêter à Nerwa le Maréchal
Apraxin , & des Commiffaires font nomme
pour aller l'interroger fur plufieurs chefs d'accufation
produits à la Cour contre lui.
Depuis la détention de ce Maréchal , on a rendu
publique une Lettre très - forte , adreffée directe-
-ment à Sa Majesté Impériale le 14 Novembre dernier
, par le Général Sibilsky , Officier Polonois ,
qui commandoit un corps de troupes dans l'armée
Ruffienne . Cette Lettre s'exprime en ces termes :
a Très Séréniffime Impératrice , Votre Majefté
» Impériale , en me confiant le commandement
-» d'an corps de troupes de l'armée qu'Elle a fait
» marcher en Pruffe , m'a donné une marque
• ·
de fa bienveillance fi diftinguée & fi précieuſe ,
» que je n'ai point de termes affez forts pour ex-
> primer la reconnoiffance dont je fuis pénétré.
» Il m'eût été bien glorieux de vous facrifier ma
» vie au lit d'honneur : c'étoit-là l'objet de mon
» zele , le terme de mon ambition , & le moyen
» de m'acquitter envers V. M. I. Mais mon deſtin
» veut que je fois encore redevable à cet égard .
» Peut- être aurai-je même le regret d'emporter
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
» cette dette au tombeau. Quoi qu'il en foit , je
ne puis , Très-Séréniffime Impératrice , diffimuler
» l'étonnement dont je fus faifi à mon arrivée fur
» le territoire ennemi , lorfque je vis les Cofaques
>> brûler , faccager & commettre les plus cruels
» excès , au mépris de toutes les loix de la guerre
» reçues chez les Nations policées . Dès-lors il me
» fut aifé de prévoir la difette de fubfiftances , où,
par une fuite naturelle de cet abus , ſe trouve-
» roit l'armée de V. M. I. Mais ma furpriſe & ma
» douleur augmenterent bien davantage , lorf-
» qu'après cette victoire complette , où les trou-
» pes de V. M. I. mirent l'ennemi en fuite , & dans
>> un défordre dont il étoit facile de profiter , pour
achever fa ruine , & lui porter un coup dont il
» n'eût pu fe relever , je vis négliger tous ces
» avantages , & que j'eus même la mortification
» de ne pouvoir obtenir trois Régimens d'Infante-
Drie , avec lefquels j'aurois moi - même entrepris
» d'aller à la pourfuite des vaincus . Mes propofi-
» tions étoient fondées fur l'expérience & fur la
→
nature des circonftances actuelles : j'y faifois
» enviſager une continuation de fuccès nullement
» douteux , mes raifons étoient appuyées fur des
» certitudes , plutôt que fur des probabilités ; enfin
j'offrois de garantir de ma perfonne l'exécu-
» tion de tout ce que je propofois. Mais j'eus le
» malheur de n'être pas écouté , & j'eus lieu bientôt
après de déplorer le réfultat inopiné, du
» Confeil de Guerre , où la retraite de l'armée de
» V. M. I. fut réfolue ; retraite auffi prématurée
» que précipitée , & qui s'exécuta par une armée
» victorieufe , pleine de courage & d'ardeur , brû-
» lant du defir de retourner au combat , encore
» fuffifamment pourvue de vivres & de munitions
» de guerre, & dont la moitié eût fuffi pour détruire
FEVRIER. 1758. 175
» entiérement un ennemi faifi de crainte & d'ef-
» froi . Je n'adhérai point au réſultat de ce Confeil
, parce que j'aurois été obligé d'agir contre
» mon devoir ; je ne le fignai pas non plus , parce
» que j'aurois bleffé ma confcience. Ainfi voyant
» que les opérations militaires étoient finies pour
» cette année , qu'on laiffoit là Konifberg ( quoi-
» que cette Ville qui n'attendoit que le moment
» de fe foumettre à V. M. I. eût déja dreffé une
» capitulation ) ; qu'enfin il n'étoit plus queftion
» que d'anticiper le temps des quartiers d'hyver' ;
>> par toutes ces confidérations , je jugeai que ma
» préſence ne pouvoit plus être d'aucune utilité à
» l'armée , & je priai le Feld- Maréchal Comte
» d'Apraxin de m'accorder ma démiffion ,
» vertu du plein pouvoir dont il étoit muni , & de
» permettre que je m'en retournaffe à Warfovie.
» Il y confentit , & fe chargea même d'en répon-
» dre à V. M. I , comme le prouve l'écrit figné de
» fa main dont je joins ici la copie.
en
» J'efpere donc que V. M. I. ne défaprouvera
» point mon départ de l'armée , & qu'Elle voudra
» bien me permettre de lui renouveller très - hum-
» blement l'offre de mes fervices . Quelque mé-
» diocres qu'ils foient , je la fupplie de les agréer ,
» fielle trouve à propos de faire reprendre le fil
>> des opérations militaires. Entiérement, foumis
>> aux volontés de V. M. I. je n'afpire qu'à la fer-
» vir utilement , & à faire connoître , au prix
» même de ma vie , le profond refpect dont je
» fuis pénétré pour fon augufte perfonne ». A
Warfovie , le 14 Novembre 1757. Signé , Sibilsky,
Baron de Wolfsberg.
On fait toutes les difpofitions néceffaires pour
faire rentrer inceffamment une armée de quatrevingts
mille hommes de troupes Ruffiennes dans
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
le Royaume de Pruffe. Quatorze Régimens tirés
de l'intérieur de l'Empire font déja en marche ,
pour en remplacer quelques autres , & furtout les
troupes irrégulieres.
DE PETERSBOURG , le 15 Décembre.
L'IMPERATRICE a fait arrêter à Nerwa le Maréchal
Apraxin , & des Commiffaires font nomme
pour aller l'interroger fur plufieurs chefs d'accufation
produits à la Cour contre lui.
Depuis la détention de ce Maréchal , on a rendu
publique une Lettre très - forte , adreffée directe-
-ment à Sa Majesté Impériale le 14 Novembre dernier
, par le Général Sibilsky , Officier Polonois ,
qui commandoit un corps de troupes dans l'armée
Ruffienne . Cette Lettre s'exprime en ces termes :
a Très Séréniffime Impératrice , Votre Majefté
» Impériale , en me confiant le commandement
-» d'an corps de troupes de l'armée qu'Elle a fait
» marcher en Pruffe , m'a donné une marque
• ·
de fa bienveillance fi diftinguée & fi précieuſe ,
» que je n'ai point de termes affez forts pour ex-
> primer la reconnoiffance dont je fuis pénétré.
» Il m'eût été bien glorieux de vous facrifier ma
» vie au lit d'honneur : c'étoit-là l'objet de mon
» zele , le terme de mon ambition , & le moyen
» de m'acquitter envers V. M. I. Mais mon deſtin
» veut que je fois encore redevable à cet égard .
» Peut- être aurai-je même le regret d'emporter
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
» cette dette au tombeau. Quoi qu'il en foit , je
ne puis , Très-Séréniffime Impératrice , diffimuler
» l'étonnement dont je fus faifi à mon arrivée fur
» le territoire ennemi , lorfque je vis les Cofaques
>> brûler , faccager & commettre les plus cruels
» excès , au mépris de toutes les loix de la guerre
» reçues chez les Nations policées . Dès-lors il me
» fut aifé de prévoir la difette de fubfiftances , où,
par une fuite naturelle de cet abus , ſe trouve-
» roit l'armée de V. M. I. Mais ma furpriſe & ma
» douleur augmenterent bien davantage , lorf-
» qu'après cette victoire complette , où les trou-
» pes de V. M. I. mirent l'ennemi en fuite , & dans
>> un défordre dont il étoit facile de profiter , pour
achever fa ruine , & lui porter un coup dont il
» n'eût pu fe relever , je vis négliger tous ces
» avantages , & que j'eus même la mortification
» de ne pouvoir obtenir trois Régimens d'Infante-
Drie , avec lefquels j'aurois moi - même entrepris
» d'aller à la pourfuite des vaincus . Mes propofi-
» tions étoient fondées fur l'expérience & fur la
→
nature des circonftances actuelles : j'y faifois
» enviſager une continuation de fuccès nullement
» douteux , mes raifons étoient appuyées fur des
» certitudes , plutôt que fur des probabilités ; enfin
j'offrois de garantir de ma perfonne l'exécu-
» tion de tout ce que je propofois. Mais j'eus le
» malheur de n'être pas écouté , & j'eus lieu bientôt
après de déplorer le réfultat inopiné, du
» Confeil de Guerre , où la retraite de l'armée de
» V. M. I. fut réfolue ; retraite auffi prématurée
» que précipitée , & qui s'exécuta par une armée
» victorieufe , pleine de courage & d'ardeur , brû-
» lant du defir de retourner au combat , encore
» fuffifamment pourvue de vivres & de munitions
» de guerre, & dont la moitié eût fuffi pour détruire
FEVRIER. 1758. 175
» entiérement un ennemi faifi de crainte & d'ef-
» froi . Je n'adhérai point au réſultat de ce Confeil
, parce que j'aurois été obligé d'agir contre
» mon devoir ; je ne le fignai pas non plus , parce
» que j'aurois bleffé ma confcience. Ainfi voyant
» que les opérations militaires étoient finies pour
» cette année , qu'on laiffoit là Konifberg ( quoi-
» que cette Ville qui n'attendoit que le moment
» de fe foumettre à V. M. I. eût déja dreffé une
» capitulation ) ; qu'enfin il n'étoit plus queftion
» que d'anticiper le temps des quartiers d'hyver' ;
>> par toutes ces confidérations , je jugeai que ma
» préſence ne pouvoit plus être d'aucune utilité à
» l'armée , & je priai le Feld- Maréchal Comte
» d'Apraxin de m'accorder ma démiffion ,
» vertu du plein pouvoir dont il étoit muni , & de
» permettre que je m'en retournaffe à Warfovie.
» Il y confentit , & fe chargea même d'en répon-
» dre à V. M. I , comme le prouve l'écrit figné de
» fa main dont je joins ici la copie.
en
» J'efpere donc que V. M. I. ne défaprouvera
» point mon départ de l'armée , & qu'Elle voudra
» bien me permettre de lui renouveller très - hum-
» blement l'offre de mes fervices . Quelque mé-
» diocres qu'ils foient , je la fupplie de les agréer ,
» fielle trouve à propos de faire reprendre le fil
>> des opérations militaires. Entiérement, foumis
>> aux volontés de V. M. I. je n'afpire qu'à la fer-
» vir utilement , & à faire connoître , au prix
» même de ma vie , le profond refpect dont je
» fuis pénétré pour fon augufte perfonne ». A
Warfovie , le 14 Novembre 1757. Signé , Sibilsky,
Baron de Wolfsberg.
On fait toutes les difpofitions néceffaires pour
faire rentrer inceffamment une armée de quatrevingts
mille hommes de troupes Ruffiennes dans
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
le Royaume de Pruffe. Quatorze Régimens tirés
de l'intérieur de l'Empire font déja en marche ,
pour en remplacer quelques autres , & furtout les
troupes irrégulieres.
Fermer
Résumé : DU NORD.
Le 15 décembre, l'impératrice a ordonné l'arrestation du maréchal Apraxin à Nerwa. Des commissaires ont été désignés pour l'interroger sur plusieurs accusations portées contre lui. Parallèlement, une lettre du général Sibilsky, officier polonais commandant un corps de troupes dans l'armée russe, a été rendue publique. Datée du 14 novembre, cette lettre exprime la gratitude de Sibilsky envers l'impératrice pour lui avoir confié le commandement des troupes en Prusse. Il regrette de n'avoir pu sacrifier sa vie pour elle et critique les actions des Cosaques, qui ont brûlé, pillé et commis des excès sur le territoire ennemi, compromettant ainsi les approvisionnements de l'armée. Sibilsky déplore également la négligence des avantages militaires après une victoire, notamment le refus de poursuivre l'ennemi malgré ses propositions fondées sur l'expérience et les circonstances. Il mentionne sa démission et son retour à Varsovie, espérant que l'impératrice acceptera ses services pour les futures opérations militaires. En outre, des préparatifs sont en cours pour faire entrer 80 000 hommes de troupes russes en Prusse, avec des régiments de l'intérieur de l'Empire en marche pour les remplacer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10738
p. 176-178
ALLEMAGNE.
Début :
Une colonne de cinq mille cinq cens Croates à passé par cette Ville ; [...]
Mots clefs :
Vienne, Soldats croates, Hongrie, Diète, Armée impériale, Verden, Mouvements des troupes, Ennemis, Maréchal de Richelieu, Ordres militaires, Chevaliers, Hanovre, Osnabrück
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 15 Janvier.
Une colonne de cinq mille cinq cens Croates à
paffé par cette Ville ; elle fera fuivie fucceffivement
de plufieurs autres corps de cette Nation
dont on a tiré depuis la guerre de très- bons fervices.
Les Etats du Royaume de Hongrie ont tenu à
Peft une Diette extraordinaire , dont l'objet a été
de prendre de folides arrangemens , pour fournir à
leur Souveraine un corps de troupes confidérable.
Ils offrent d'une part vingt mille hommes pour
réparer l'armée du Prince Charles & la plus
grande partie de l'Infanterie qui eft dans ce
Royaume en fera retirée , pour être employée en
Boheme.
?
L'armée de l'Empire qui a moins fouffert à la
bataille de Rofback que celle de France , va être
inceffamment en état de recommencer les opérations.
DE VERDEN , le premier Janvier.
La retraite précipitée des Hanovriens n'a pas
ralenti l'activité de nos mouvemens , dont voici
Ja fuite . M. le Duc de Broglie , Lieutenant - Général,
fe porta le 25 Décembre avec un corps détaché, de
Walfrode à Oberndorffmarck , & pour plus grande
fûreté , les troupes pafferent la nuit dans les bois.
FEVRIER. 1758. 177
Òn devoit partir le lendemain matin à trois heures
, pour le porter fur Bergen , ou le dépaffer
fuivant les nouvelles qu'on auroit de la marche
des ennemis ; mais ce même jour 25 , à dix heures
du foir , un Courier apporta unelettre de M.
le Maréchal Duc de Richelieu , datée du 24 >
avec l'ordre de fe retirer fur la Bohme d'où l'on
étoit parti , d'avoir l'oeil au pont de Rethem , &
d'obferver attentivement tout ce qui pourroit fe
paſſer de ce côté- là . Ainfi nous revîames fur nos
pas , & nous ne pûmes inquiéter l'ennemi du
côté de Hermanfbourg .
Nous reçûmes ordre le 28 de nous portér
promptement fur la Wumme , dont le paffage
étoit occupé par plufieurs poftes des ennemis. On
fit en deux marches forcées plus de dix - huit lieues,
& nous y arrivâmes la nuit du 29. Le 30 avant le
jour , ayant trouvé une arche du pont de Burch
rompue , notre infanterie paffa la Wumme for
la glace. Elle ne parut pas affez forte pour paffer
la Čavalerie ; mais M. le Duc de Broglie , M. le
Chevalier de laTouche ,& plufieurs Officiers le rendirent
à pied avec les Grenadiers à Wegefack.
Dès la nuit même les énnemis avoient abandonné
ce pofte , & nous y trouvâmes le magafin de trois
cens mille rations de foin , que nous y avions laiffé
au mois de Septembre. Nos Grenadiers y refterent
aux ordres de M. le Comte de Wamfer , Brigadier
; M. le Chevalier de Beauveau occupa le
Village de Lefum avec un détachement , & M. de
Solar celui de Burgdam , que les ennemis avoient
évacué à trois heures du matin. Les Officiers Généraux
partirent de Vegefack fur des charriots ,
pour aller reprendre leurs chevaux qu'ils avoient
laiffés à Burch , & delà ils fe tranſporterent à
Gropel , prés de Brême.
H v
178 MERCURE DE FRANCE.
L'armée Hanovrienne a pris des quartiers de
cantonnement dans le voifinage d'Ultzen & de
Lunebourg.
DE HANOVRE , le 4 Janvier.
1
Après avoir forcé les Hanovriens à quitter les
bords de l'Aller , les premiers foins de M. le Maréchal
Duc de Richelieu , ont été de faire cantonner
les troupes, & de bien affurer les quartiers.
Depuis le 30 du mois dernier , il a quitté la Ville
de Zell en y laiffant une forte garnifon , & il eft
venu , avec près de 30 Bataillons , établir ici fon
quartier général. Par la pofition que ce Général
a prife , il eft maître de tout le cours de l'Aller ,
depuis le Wezer jufqu'à l'Ocker.
D'OSNABRUCK, le 9 Janvier.
Avant-hier , on a tranſporté à Wefel , fous une
bonne eſcorte , les barrils & les caifles d'argent
qui avoient été faifies à la pofte Hanovrienne de
cette Ville.
Le Régiment de Champagne eft depuis le 6 en
garnifon dans cette Ville ; celui de Condé , cavalerie
, en eft forti le même jour , pour aller cantonner
aux environs de Wefel , & il fera rem
placé par un autre Régiment de Cavalerie.
DE VIENNE , le 15 Janvier.
Une colonne de cinq mille cinq cens Croates à
paffé par cette Ville ; elle fera fuivie fucceffivement
de plufieurs autres corps de cette Nation
dont on a tiré depuis la guerre de très- bons fervices.
Les Etats du Royaume de Hongrie ont tenu à
Peft une Diette extraordinaire , dont l'objet a été
de prendre de folides arrangemens , pour fournir à
leur Souveraine un corps de troupes confidérable.
Ils offrent d'une part vingt mille hommes pour
réparer l'armée du Prince Charles & la plus
grande partie de l'Infanterie qui eft dans ce
Royaume en fera retirée , pour être employée en
Boheme.
?
L'armée de l'Empire qui a moins fouffert à la
bataille de Rofback que celle de France , va être
inceffamment en état de recommencer les opérations.
DE VERDEN , le premier Janvier.
La retraite précipitée des Hanovriens n'a pas
ralenti l'activité de nos mouvemens , dont voici
Ja fuite . M. le Duc de Broglie , Lieutenant - Général,
fe porta le 25 Décembre avec un corps détaché, de
Walfrode à Oberndorffmarck , & pour plus grande
fûreté , les troupes pafferent la nuit dans les bois.
FEVRIER. 1758. 177
Òn devoit partir le lendemain matin à trois heures
, pour le porter fur Bergen , ou le dépaffer
fuivant les nouvelles qu'on auroit de la marche
des ennemis ; mais ce même jour 25 , à dix heures
du foir , un Courier apporta unelettre de M.
le Maréchal Duc de Richelieu , datée du 24 >
avec l'ordre de fe retirer fur la Bohme d'où l'on
étoit parti , d'avoir l'oeil au pont de Rethem , &
d'obferver attentivement tout ce qui pourroit fe
paſſer de ce côté- là . Ainfi nous revîames fur nos
pas , & nous ne pûmes inquiéter l'ennemi du
côté de Hermanfbourg .
Nous reçûmes ordre le 28 de nous portér
promptement fur la Wumme , dont le paffage
étoit occupé par plufieurs poftes des ennemis. On
fit en deux marches forcées plus de dix - huit lieues,
& nous y arrivâmes la nuit du 29. Le 30 avant le
jour , ayant trouvé une arche du pont de Burch
rompue , notre infanterie paffa la Wumme for
la glace. Elle ne parut pas affez forte pour paffer
la Čavalerie ; mais M. le Duc de Broglie , M. le
Chevalier de laTouche ,& plufieurs Officiers le rendirent
à pied avec les Grenadiers à Wegefack.
Dès la nuit même les énnemis avoient abandonné
ce pofte , & nous y trouvâmes le magafin de trois
cens mille rations de foin , que nous y avions laiffé
au mois de Septembre. Nos Grenadiers y refterent
aux ordres de M. le Comte de Wamfer , Brigadier
; M. le Chevalier de Beauveau occupa le
Village de Lefum avec un détachement , & M. de
Solar celui de Burgdam , que les ennemis avoient
évacué à trois heures du matin. Les Officiers Généraux
partirent de Vegefack fur des charriots ,
pour aller reprendre leurs chevaux qu'ils avoient
laiffés à Burch , & delà ils fe tranſporterent à
Gropel , prés de Brême.
H v
178 MERCURE DE FRANCE.
L'armée Hanovrienne a pris des quartiers de
cantonnement dans le voifinage d'Ultzen & de
Lunebourg.
DE HANOVRE , le 4 Janvier.
1
Après avoir forcé les Hanovriens à quitter les
bords de l'Aller , les premiers foins de M. le Maréchal
Duc de Richelieu , ont été de faire cantonner
les troupes, & de bien affurer les quartiers.
Depuis le 30 du mois dernier , il a quitté la Ville
de Zell en y laiffant une forte garnifon , & il eft
venu , avec près de 30 Bataillons , établir ici fon
quartier général. Par la pofition que ce Général
a prife , il eft maître de tout le cours de l'Aller ,
depuis le Wezer jufqu'à l'Ocker.
D'OSNABRUCK, le 9 Janvier.
Avant-hier , on a tranſporté à Wefel , fous une
bonne eſcorte , les barrils & les caifles d'argent
qui avoient été faifies à la pofte Hanovrienne de
cette Ville.
Le Régiment de Champagne eft depuis le 6 en
garnifon dans cette Ville ; celui de Condé , cavalerie
, en eft forti le même jour , pour aller cantonner
aux environs de Wefel , & il fera rem
placé par un autre Régiment de Cavalerie.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Le 15 janvier, 5 500 Croates ont traversé Vienne, suivis d'autres corps connus pour leurs services militaires. En Hongrie, une Diète extraordinaire à Pest a offert 20 000 hommes pour renforcer l'armée du Prince Charles, avec une partie de l'infanterie hongroise déployée en Bohême. L'armée de l'Empire se prépare à reprendre les opérations après la bataille de Rossbach. Le 1er janvier, les Hanovriens ont battu en retraite sans ralentir les mouvements français. Le Duc de Broglie a mené des troupes de Walfrode à Oberndorffmarck. Le Maréchal Duc de Richelieu a ordonné la retraite vers la Bohême et la surveillance du pont de Rethem. Les troupes françaises ont occupé plusieurs postes ennemis et sécurisé des villages. L'armée hanovrienne s'est cantonnée près d'Ulzen et de Lunebourg. Richelieu a établi son quartier général à Hanovre, contrôlant le cours de l'Aller. À Osnabrück, des fonds ont été transportés à Wesel sous escorte, et les régiments de Champagne et de Condé ont renforcé les garnisons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10739
p. 179-187
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
M. le Maréchal Duc de Richelieu ayant depuis longtemps demandé au Roi [...]
Mots clefs :
Roi de France, Nominations, Fonctions, Escadre, Capitaine, Guinée, Saint-Domingue, Expéditions, Ennemis, Attaques, Canons, Vaisseaux, M. de Kersaint, Corsaires, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
M. le Maréchal Duc de Richelieu ayant depuis
longtemps demandé au Roi la permiffion de revenir
en France , pour travailler au rétabliſſement
de fa fanté ; Sa Majeſté a donné le commandement
de l'armée , à M. le Comte de Clermont
Prince du Sang.
Le Roi a difpofé de l'Aide -Majorité de la Gendarmerie
, vacante par la mort de M. le Comte de
Talaru, en faveur de M. le Chevalier de Ray, Major
du Régiment de Cavalerie d'Harcourt.
Sa Majesté a fait Lieutenant - Général de fes Armées
M. le Marquis de Pereufe , Maréchal de
Camp , qui commandoit dans Harbourg .
>
M. le Marquis de Lugeac , Brigadier , Colonel
du Régiment de Beauvoifis , Icfanterie a
obtenu les honneurs de Commandeur de l'Ordre
Militaire de Saint - Louis ; & le Roi a accordé le
Gouvernement du Fort Louis du Rhin , vacant
par la mort du Marquis de la Chétardie , à M. le
Marquis de Contades , Lieutenant - Général de fes
armées , & Inspecteur Général d'Infanterie.
MM . les Préfidens des Enquêtes & des Requêtes
font fupprimés par un Edit du Roi , qui a été
enrégiftré au Parlement le 29 du mois dernier , &
le prix de leurs charges leur fera inceffamment
rembourfé . Le Roi nommera à leur place , dans
les Chambres des Enquêtes & des Requêtes , deux
Confeillers pour préfider à chacune.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
On a reçu avis du retour à Breft de l'Eſcadre du
Roi , commandée par M. de Kerfaint , Capitaine
de Vaiffeau .
Cette Efcadre partit de ce port au mois de Novembre
1756 , & fit voile directement pour les
côtes de Guinée , en deux divifions ; l'une compofée
du Vaiffeau l'Intrépide , monté par M. de
Kerfaint ; du Vaiffeau l'Opiniâtre , que commandoit
M. de Moëlien , Capitaine ; de la Frégate la
Licorne, commandée par M. Dugué - Lambert ,
Lieutenant , & de la Corvette la Calipfo , par le
Chevalier Defcours , Enfeigne ; l'autre fous les
ordres de M. de Caumont , Capitaine , qui commandoit
le Vaiffeau le Saint - Michel , auquel
étoient jointe la Frégate l'Améthiffe , commandée
par M. le Chevalier d'Herlye , Capitaine.
Ces deux divifions , après avoir croifé fur différentes
parties de ces côtes , & y avoir détruit le
commerce des ennemis , tant par l'inquiétude &
le dommage qu'elles cauferent à leurs établiffemens
, que par la priſe de tous les Navires qu'elles
y rencontrerent avec des chargemens de Negres
& de marchandifes , fe réunirent à la Martinique
au mois de Juin dernier. M. de Kerfaint y laiffa
M. de Caumont avec la divifion , & paffa avec la
fienne à Saint- Domingue , où il tranfporta ceux
des Negres provenans des prifes , qui n'avoient
pas été débarqués à la Martinique.
Il fe rendit au port de Saint-Louis , fitué dans
la côte du Sud de Saint-Domingue ; il y trouva
le Vaiffeau l'Achille , appartenant à la Compa
gnie des Indes , lequel y avoit relâché plufieurs
mois auparavant en revenant des Indes en France !
il mit ce Vaiffeau en état de le fuivre & après
avoir croifé fur les côtes de la même fle , & pris
fous fon eſcorte les Navires Marchands qui
FEVRIER. 1758. 181
il
étoient dans les Ports de la partie de l'Oueft ,
ſe rendit au Cap , d'où il devoit faire fon retour
en France , convoyant tous les Bâtimens de commerce
qui s'étoient raflemblés dans ce Port .
Son Eſcadre étoit alors compofée des deux Vaiffeaux
l'Intrépide , de 74 canons , & de l'Opiniâtre,
de 64 ; de la Frégate la Licorne , du Vaiffeau Anglois
le Greenvich, de so canons , dont l'Eſcadre ,
commandée par M. le Chevalier de Bauffiemont ,
s'étoit emparée au mois de Mars de l'année derniere
, & qui avoit été armé au Cap fous le conmandement
de M. Foucault , Capitaine de Vaiffeau
, & de la Frégate la Sauvage , cominandée
par M. de Saint- Victoret , que M. le Chevalier de
Bauffremont avoit laiffé à Saint- Domingue.
M. de Kerfaint fut bientôt informé que les
ennemis l'attendoient au nombre de cinq à fix
Vaiffeaux de guerre , avec près de quarante Corfaires
qu'ils avoient raffemblés pour l'attaquer ,
lorfqu'il feroit en mer avec la Flotte qu'il devoit
escorter , & que dans cette vue ils formoient une
chaîne depuis l'endroit appellé la Grange , juf
qu'au débouquement des Caïques. Il prit des
mefares pour être inftruit de leurs manoeuvres , &
pour pouvoir y régler les fiennes avec les précaut .
tions convenables. La nuit du 20 au 21 đ’Octobre
, il fe détermina à fortir avec fon Efcadre . II
prit feulement le Vaiffeau du Roi le Sceptre , armé
& chargé en Flûte , & commandé par M. Clavel ,
Lieutenant de Port , avec la Flûte l'Outarde , qui
avoit auffi fon chargement , & il donna par rap
port à la Flotte des ordres relatifs aux différens
événemens que pouvoit avoir l'entreprife qu'il
méditoit. Dès la pointe du jour , il découvrit le
Commandant de l'Eſcadre ennemie qui étoit alors
avec trois Vaiffeaux ; & ayant coupé entre luive
182 MERCURE DE FRANCE .
les Caïques , il le ferra dans le vent pour l'empê
cher de rejoindre les forces qu'il devoit avoir dans
la partie du Nord- oueft. A huit heures , les ennemis
prirent chaffe , & manoeuvrerent pour conferver
l'avantage du vent. M. de Kerfaint faifoit
de fon côté tout ce qu'il pouvoit pour le gagner,
& il commençoit à efpérer d'y parvenir , lorfqu'à
quatre heures après - midi les ennemis ſe déterminerent
enfin à fe préfenter au combat. Leurs
Vaiffeaux étoient l'Edimbourg , de 70 canons , la
Princeffe Augufte & le Dreadnought , de 60 canons
chacun. Ils s'approchérent tous trois fur la même
ligne , en prenant par la tête l'Eſcadre du Roi.
L'Intrépide faifoit l'avant- garde ; il étoit ſuivi da
Greenvich , du Sceptre & de l'Opiniâtre , & ce
dernier faifoit l'arriere-garde ; la Flûte & les deux
Frégates étoient fur les aîles. Le combat commença
par trois coups de canon que M. de Kerfaint
fit tirer de fa batterie baffe fur celui des trois
Vaiffeaux ennemis qui lui étoit oppofé , & qui
étoit le Commandant. Ce Vaiffeau lui ayant fur
le champ ripofté par fes batteries haute & baffe ,
dès la feconde volée le dégréa totalement de fes
deux huniers & de fon perroquet de fougue , &
lui mit beaucoup de monde hors de combat. M.
de Kerfaint fit cependant le feu le plus vif. Son
Vaiffeau étant hors d'état d'obéir aux manoeuvres
néceffaires pour l'abordage , M. de Kerfaint ne
put faire que d'inutiles efforts pour y parvenir.
Ayant reçu trois bleffures , qu'on crut d'abord
mortelles , on fut obligé de l'emporter pour le
panfer ; mais il ſe trouvà bientôt en état de remonter
fur le pont. Il trouva que fa mifaine qu'il
avoit fait fervir avoit été mife en lambeaux , & les
manoeuvres coupées. Le Commandant Anglois
avoit un peu gagné de l'avant , & un fecond Vaif
FEVRIER. 1758. 183
feau chauffoit l'Intrépide par la hanche . Dans ce
moment M. de Kerfaint fut obligé , pour faire
place à un de fes Vaiffeaux , de déranger fon feu ,
& fe trouva par-là expofé à celui des trois Vailfeaux
ennemis , qui , par leur mitraille , acheverent
de le dégréer. Il trouva cependant le
moyen de revenir au vent , & fit quitter prife au
Vaiffeau ennemi qui avoit pris la place du Commandant.
L'Opiniâtre , qui de fon côté le trouvoit
un peu éloigné au commencement du combat ,
étoit venu promptement fe mettre en ligne ; il
faifoit un feu terrible & occupoit deux Vaiffeaux.
il avoit dégagé le Sceptre , qui , quoique chargé ,
& n'ayant que fa feconde batterie , avoit foutenu
durant quelque temps le feu de ces deux Vailfeaux.
Le Greenvich qui , avec le Sceptre , avoit
entamé le combat contre deux Vaiſſeaux , dans le
temps que l'Intrépide le battoit contre le Commandant
ennemi , fe trouvoit fous le vent par
les différentes manoeuvres des Vaiffeaux , & faifoit
fes efforts pour fe rapprocher. Sur ces entrefaites
, le Commandant Anglois , qui s'étoit laiffé
culer , fe trouva par le travers de l'Intrépide ; celui-
ci lui envoya la bordée de fa batterie baffe &
tous les canons parurent porter. Un autre Vaifſeau
ennemi arrivoit derriere l'Intrépide comme
pour le canonner en pouppe . M. de Kerfaint fit
paffer les canons de retraite dont il lui tira deux
ou trois coups . Il n'en reçut que deux de ce Vaiffeau.
Lorsqu'il s'attendoit à recommencer le combat
contre le Commandant , il le vit mettre un
pavillon & une flamme ; à ce fignal les trois Vaiffeaux
tinrent le vent , & en profiterent pour fe retirer
à toutes voiles. Il étoit alors environ fix heures
& demie , le combat ayant duré plus de deux
heures. Il commençoit à faire nuit , l'Intrépide
184 MERCURE DE FRANCE .
& l'Opiniâtre le trouvoient totalement dégréés , la
mer étoit groffe & il y avoit apparence de mauvais
temps . M. de Kerfaint , hors d'état par-là de pour
fuivre les trois Vaiffeaux ennemis , s'occupa des
moyens de réparer le fien , pour combattre les
autres Vaiffeaux qui pourroient le préfenter. Outre
fon dégréement , l'Intrépide avoit fix coups de
canon à l'eau & en faifoit beaucoup . Mais M. de
Kerfaint ayant appris fur les dix heures que l'Opiniâtre
venoit de démâter & ſe trouvoit abfolument
hors d'état de manoeuvrer , il donna ordre aux
deux Frégates & à la Flûte l'Outarde de lui donner
les fecours néceffaires , & prit le parti de faire
rentrer l'Eſcadre au Cap . On doit toutes fortes
d'éloges à la bonne conduite de M. de Kerfaint ,
qui a donné en cette occafion les plus belles marques
de valeur , d'expériences & de capacité. I
a été parfaitement fecondé à tous égards par M.
de Moëlien. M. Clavel s'eft diftingué , quoique
fon Vaiffeau n'eût , comme on l'a déja dit , que fa
feconde batterie , & fût chargé en flûte. M. Foucault
a fait tout ce qu'on pouvoit attendre de la
mauvaiſe matche de fon Vaiffeau , & de la pofirion
où il s'est trouvé. Les deux Frégates & la
Flûte ont exécuté les ordres de M. de Kerfaint qui
a trouvé pareillement la plus grande ardeur dans
tous les Officiers , & la plus grande volonté dans
tous les équipages . Un événement affez extraor
dinaire a irrité particuliérement leur intrépidité.
Dès le commencement du combat , on s'eſt apperçu
que les canons des ennemis étoient chargés
de boulets enchaînés , de chaînes tranchantes ,
de valets fouffrés , & de toutes fortes de mitrailles
compofées d'artifice & de matieres combuſtibles
qui mettoient le feu partout . Un Officier de l'In-
Trepide ayant été renverfé par un de fés valers foufFEVRIER.
1758.
185
frés qui l'avoit atteint fur le dos , le derriere de
fon habit fut confumé par le feu , & parmi les
morts & les bleffés , il y en a plufieurs qui ont été
réellement brûlés. Ainfi il ne doit pas paroître
furprenant que dans un combat de cette efpece ,
les Vaiffeaux l'Intrépide & l'Opiniâtre ayent été fi
fort maltraités. MM. Defontenu , Enfeigne de
Vaiffeau , & de Gouillon , Garde de la Marine ,
fur l'Intrépide ; MM. Gargiau & de la Tulaye ,
Gardes de la Marine fur l'Opiniâtre , & M. Durbourcq
, Officier bleu fur le Gréenvich , ont été
tués , ainfi que 27 hommes fur l'Intrépide , 19
fur l'Opiniâtre , 7 fur le Gréenvich , & 6 fur le
Sceptre. Les Officiers bleffés font : fur l'Intrépide
MM . de Kerfaint de 9 bleffures différentes , dont
quelques-unes confidérables , mais aucune de dangereufe
: d'Argouges , Lieutenant , de 2 bleffures
à mitraille au bras droit , avec des contufions
confidérables ; de Saint- Denis , Lieutenant , d'une
bleffure à mitraille au vifage ; M. de Leliorme
Officier Suédois , d'une pareille au bras
gauche avec contufion fur l'articulation de ce bras ;
& M. de Guernifac , Garde- Marine , fur le même
Vaiffeau , a eu la main brûlée . Sur l'Opiniâtre ,
M. de Moëlien a eu un éclat à la jambe droite ,
dont les mufcles ont été offenfés ; M. Longchamp,
Lieutenant , à été bleffé de plufieurs éclats qui ont
pénétré les muſcles de la jambe droite , & M.
d'Aigremont , Enfeigne , a reçu une balle à la
cuiffe droite. Le nombre des bleffés dans les équipages
, eft de 123 fur l'Intrépide , de 70 fur l'Opiniâtre
, de 25 fur le Gréenvich , & de 12 fur le
Sceptre.
M. de Kerfaint après la rentrée au Cap , a tra
vaillé à la réparation de fon Efcadre , & le 13 de
Novembre il s'eft trouvé en état d'en partit avec
186 MERCURE DE FRANCE.
une Flotte de 41 bâtimens , fans que les ennemis
ayent reparu fur la côte. On a fçu que les trois
Vaiffeaux qui avoient combattu étoient en fi mau.
vais état , qu'ils avoient été obligés de fe faire remorquer
par des Corfaires , pour fe rendre à la Jamaïque
, & que leur perte étoit infiniment plus
confidérable que celle des Vaiffeaux du Roi. Leurs
équipages s'étoient auffi trouvés beaucoup plus
nombreux , parce qu'ils les avoient fortifiées autant
qu'ils avoient jugé à propos avec ceux de leurs
Corfaires.
M. de Kerfaint a effuyé de fort mauvais temps
aux atterrages . Son Efcadre & fon convoi ont été
féparés. Le Sceptre, l'Opiniâtre & l'Intrépide , font
entrés fucceffivement à Breft ; les Frégates la
Sauvage & la Licorne , & la Flûte l'Outarde , ont
mouillé à Morlaix . Quelques Navires marchands
font entrés auffi dans ces deux Ports ; & l'on eft
informé qu'il y en a plufieurs qui fe font déja
rendus dans d'autres Ports . Le Greenvich a échoué
auprès du Conquet . L'Opiniâtre étoit rentré heureufement
le i de ce mois à Breft ; mais un coup
de vent des plus violens qui s'eft élevé la nuit du
13 au 14 , ayant fait rompre les cables de ce
Vaiffeau , il a éprouvé le même accident que le
Greenvich. On travailloit à les relever l'un & l'autre
.
A l'égard du Vaiffeau l'Achille , de la Compagnie
des Indes , il a été condamné au Cap , & fa
cargaifon , dont l'objet eft de plus de cinq millions
, à été verfée fur les Vaiffeaux & Flûtes da
Roi.
On a reçu auffi la nouvelle que l'Eſcadre de Sa
Majefté , de trois Vaiffeaux & de quatre Frégates
commandée par M. de Sarabran - Grammont ,
Capitaine de Vaiffeau , étoit rentreé heureuſeFEVRIER.
1758. 187
ment le 10 de ce mois à Toulon , efcortant un
convoi de dix-fept bâtimens de commerce , venans
du Levant , très-richement chargés .
Un Corfaire de Dunkerque a pris & conduit ici
avant-hier le Paquebot de Douvres pour Fleffingue.
Mais le Capitaine , avant que de fe rendre ,
avoit eu la précaution de jetter àla mer la malle du
16 de ce mois qui étoit à bord de ce bâtiment .
Le Corfaire la Marquise de Parail , de ce Port ,
commandé par le Capitaine Gerard . Morel , s'eft
emparé du Navire Anglois l'Elifabeth , allant de
la Virginie à Aberdeen en Ecoffe , avec une cargaifon
de 192 boucauts de tabac , de 20 milliers
de fer cru , & de 8 à 10 mille douves. Cette prife
a été conduite à Bergue en Norwege.
M. le Maréchal Duc de Richelieu ayant depuis
longtemps demandé au Roi la permiffion de revenir
en France , pour travailler au rétabliſſement
de fa fanté ; Sa Majeſté a donné le commandement
de l'armée , à M. le Comte de Clermont
Prince du Sang.
Le Roi a difpofé de l'Aide -Majorité de la Gendarmerie
, vacante par la mort de M. le Comte de
Talaru, en faveur de M. le Chevalier de Ray, Major
du Régiment de Cavalerie d'Harcourt.
Sa Majesté a fait Lieutenant - Général de fes Armées
M. le Marquis de Pereufe , Maréchal de
Camp , qui commandoit dans Harbourg .
>
M. le Marquis de Lugeac , Brigadier , Colonel
du Régiment de Beauvoifis , Icfanterie a
obtenu les honneurs de Commandeur de l'Ordre
Militaire de Saint - Louis ; & le Roi a accordé le
Gouvernement du Fort Louis du Rhin , vacant
par la mort du Marquis de la Chétardie , à M. le
Marquis de Contades , Lieutenant - Général de fes
armées , & Inspecteur Général d'Infanterie.
MM . les Préfidens des Enquêtes & des Requêtes
font fupprimés par un Edit du Roi , qui a été
enrégiftré au Parlement le 29 du mois dernier , &
le prix de leurs charges leur fera inceffamment
rembourfé . Le Roi nommera à leur place , dans
les Chambres des Enquêtes & des Requêtes , deux
Confeillers pour préfider à chacune.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
On a reçu avis du retour à Breft de l'Eſcadre du
Roi , commandée par M. de Kerfaint , Capitaine
de Vaiffeau .
Cette Efcadre partit de ce port au mois de Novembre
1756 , & fit voile directement pour les
côtes de Guinée , en deux divifions ; l'une compofée
du Vaiffeau l'Intrépide , monté par M. de
Kerfaint ; du Vaiffeau l'Opiniâtre , que commandoit
M. de Moëlien , Capitaine ; de la Frégate la
Licorne, commandée par M. Dugué - Lambert ,
Lieutenant , & de la Corvette la Calipfo , par le
Chevalier Defcours , Enfeigne ; l'autre fous les
ordres de M. de Caumont , Capitaine , qui commandoit
le Vaiffeau le Saint - Michel , auquel
étoient jointe la Frégate l'Améthiffe , commandée
par M. le Chevalier d'Herlye , Capitaine.
Ces deux divifions , après avoir croifé fur différentes
parties de ces côtes , & y avoir détruit le
commerce des ennemis , tant par l'inquiétude &
le dommage qu'elles cauferent à leurs établiffemens
, que par la priſe de tous les Navires qu'elles
y rencontrerent avec des chargemens de Negres
& de marchandifes , fe réunirent à la Martinique
au mois de Juin dernier. M. de Kerfaint y laiffa
M. de Caumont avec la divifion , & paffa avec la
fienne à Saint- Domingue , où il tranfporta ceux
des Negres provenans des prifes , qui n'avoient
pas été débarqués à la Martinique.
Il fe rendit au port de Saint-Louis , fitué dans
la côte du Sud de Saint-Domingue ; il y trouva
le Vaiffeau l'Achille , appartenant à la Compa
gnie des Indes , lequel y avoit relâché plufieurs
mois auparavant en revenant des Indes en France !
il mit ce Vaiffeau en état de le fuivre & après
avoir croifé fur les côtes de la même fle , & pris
fous fon eſcorte les Navires Marchands qui
FEVRIER. 1758. 181
il
étoient dans les Ports de la partie de l'Oueft ,
ſe rendit au Cap , d'où il devoit faire fon retour
en France , convoyant tous les Bâtimens de commerce
qui s'étoient raflemblés dans ce Port .
Son Eſcadre étoit alors compofée des deux Vaiffeaux
l'Intrépide , de 74 canons , & de l'Opiniâtre,
de 64 ; de la Frégate la Licorne , du Vaiffeau Anglois
le Greenvich, de so canons , dont l'Eſcadre ,
commandée par M. le Chevalier de Bauffiemont ,
s'étoit emparée au mois de Mars de l'année derniere
, & qui avoit été armé au Cap fous le conmandement
de M. Foucault , Capitaine de Vaiffeau
, & de la Frégate la Sauvage , cominandée
par M. de Saint- Victoret , que M. le Chevalier de
Bauffremont avoit laiffé à Saint- Domingue.
M. de Kerfaint fut bientôt informé que les
ennemis l'attendoient au nombre de cinq à fix
Vaiffeaux de guerre , avec près de quarante Corfaires
qu'ils avoient raffemblés pour l'attaquer ,
lorfqu'il feroit en mer avec la Flotte qu'il devoit
escorter , & que dans cette vue ils formoient une
chaîne depuis l'endroit appellé la Grange , juf
qu'au débouquement des Caïques. Il prit des
mefares pour être inftruit de leurs manoeuvres , &
pour pouvoir y régler les fiennes avec les précaut .
tions convenables. La nuit du 20 au 21 đ’Octobre
, il fe détermina à fortir avec fon Efcadre . II
prit feulement le Vaiffeau du Roi le Sceptre , armé
& chargé en Flûte , & commandé par M. Clavel ,
Lieutenant de Port , avec la Flûte l'Outarde , qui
avoit auffi fon chargement , & il donna par rap
port à la Flotte des ordres relatifs aux différens
événemens que pouvoit avoir l'entreprife qu'il
méditoit. Dès la pointe du jour , il découvrit le
Commandant de l'Eſcadre ennemie qui étoit alors
avec trois Vaiffeaux ; & ayant coupé entre luive
182 MERCURE DE FRANCE .
les Caïques , il le ferra dans le vent pour l'empê
cher de rejoindre les forces qu'il devoit avoir dans
la partie du Nord- oueft. A huit heures , les ennemis
prirent chaffe , & manoeuvrerent pour conferver
l'avantage du vent. M. de Kerfaint faifoit
de fon côté tout ce qu'il pouvoit pour le gagner,
& il commençoit à efpérer d'y parvenir , lorfqu'à
quatre heures après - midi les ennemis ſe déterminerent
enfin à fe préfenter au combat. Leurs
Vaiffeaux étoient l'Edimbourg , de 70 canons , la
Princeffe Augufte & le Dreadnought , de 60 canons
chacun. Ils s'approchérent tous trois fur la même
ligne , en prenant par la tête l'Eſcadre du Roi.
L'Intrépide faifoit l'avant- garde ; il étoit ſuivi da
Greenvich , du Sceptre & de l'Opiniâtre , & ce
dernier faifoit l'arriere-garde ; la Flûte & les deux
Frégates étoient fur les aîles. Le combat commença
par trois coups de canon que M. de Kerfaint
fit tirer de fa batterie baffe fur celui des trois
Vaiffeaux ennemis qui lui étoit oppofé , & qui
étoit le Commandant. Ce Vaiffeau lui ayant fur
le champ ripofté par fes batteries haute & baffe ,
dès la feconde volée le dégréa totalement de fes
deux huniers & de fon perroquet de fougue , &
lui mit beaucoup de monde hors de combat. M.
de Kerfaint fit cependant le feu le plus vif. Son
Vaiffeau étant hors d'état d'obéir aux manoeuvres
néceffaires pour l'abordage , M. de Kerfaint ne
put faire que d'inutiles efforts pour y parvenir.
Ayant reçu trois bleffures , qu'on crut d'abord
mortelles , on fut obligé de l'emporter pour le
panfer ; mais il ſe trouvà bientôt en état de remonter
fur le pont. Il trouva que fa mifaine qu'il
avoit fait fervir avoit été mife en lambeaux , & les
manoeuvres coupées. Le Commandant Anglois
avoit un peu gagné de l'avant , & un fecond Vaif
FEVRIER. 1758. 183
feau chauffoit l'Intrépide par la hanche . Dans ce
moment M. de Kerfaint fut obligé , pour faire
place à un de fes Vaiffeaux , de déranger fon feu ,
& fe trouva par-là expofé à celui des trois Vailfeaux
ennemis , qui , par leur mitraille , acheverent
de le dégréer. Il trouva cependant le
moyen de revenir au vent , & fit quitter prife au
Vaiffeau ennemi qui avoit pris la place du Commandant.
L'Opiniâtre , qui de fon côté le trouvoit
un peu éloigné au commencement du combat ,
étoit venu promptement fe mettre en ligne ; il
faifoit un feu terrible & occupoit deux Vaiffeaux.
il avoit dégagé le Sceptre , qui , quoique chargé ,
& n'ayant que fa feconde batterie , avoit foutenu
durant quelque temps le feu de ces deux Vailfeaux.
Le Greenvich qui , avec le Sceptre , avoit
entamé le combat contre deux Vaiſſeaux , dans le
temps que l'Intrépide le battoit contre le Commandant
ennemi , fe trouvoit fous le vent par
les différentes manoeuvres des Vaiffeaux , & faifoit
fes efforts pour fe rapprocher. Sur ces entrefaites
, le Commandant Anglois , qui s'étoit laiffé
culer , fe trouva par le travers de l'Intrépide ; celui-
ci lui envoya la bordée de fa batterie baffe &
tous les canons parurent porter. Un autre Vaifſeau
ennemi arrivoit derriere l'Intrépide comme
pour le canonner en pouppe . M. de Kerfaint fit
paffer les canons de retraite dont il lui tira deux
ou trois coups . Il n'en reçut que deux de ce Vaiffeau.
Lorsqu'il s'attendoit à recommencer le combat
contre le Commandant , il le vit mettre un
pavillon & une flamme ; à ce fignal les trois Vaiffeaux
tinrent le vent , & en profiterent pour fe retirer
à toutes voiles. Il étoit alors environ fix heures
& demie , le combat ayant duré plus de deux
heures. Il commençoit à faire nuit , l'Intrépide
184 MERCURE DE FRANCE .
& l'Opiniâtre le trouvoient totalement dégréés , la
mer étoit groffe & il y avoit apparence de mauvais
temps . M. de Kerfaint , hors d'état par-là de pour
fuivre les trois Vaiffeaux ennemis , s'occupa des
moyens de réparer le fien , pour combattre les
autres Vaiffeaux qui pourroient le préfenter. Outre
fon dégréement , l'Intrépide avoit fix coups de
canon à l'eau & en faifoit beaucoup . Mais M. de
Kerfaint ayant appris fur les dix heures que l'Opiniâtre
venoit de démâter & ſe trouvoit abfolument
hors d'état de manoeuvrer , il donna ordre aux
deux Frégates & à la Flûte l'Outarde de lui donner
les fecours néceffaires , & prit le parti de faire
rentrer l'Eſcadre au Cap . On doit toutes fortes
d'éloges à la bonne conduite de M. de Kerfaint ,
qui a donné en cette occafion les plus belles marques
de valeur , d'expériences & de capacité. I
a été parfaitement fecondé à tous égards par M.
de Moëlien. M. Clavel s'eft diftingué , quoique
fon Vaiffeau n'eût , comme on l'a déja dit , que fa
feconde batterie , & fût chargé en flûte. M. Foucault
a fait tout ce qu'on pouvoit attendre de la
mauvaiſe matche de fon Vaiffeau , & de la pofirion
où il s'est trouvé. Les deux Frégates & la
Flûte ont exécuté les ordres de M. de Kerfaint qui
a trouvé pareillement la plus grande ardeur dans
tous les Officiers , & la plus grande volonté dans
tous les équipages . Un événement affez extraor
dinaire a irrité particuliérement leur intrépidité.
Dès le commencement du combat , on s'eſt apperçu
que les canons des ennemis étoient chargés
de boulets enchaînés , de chaînes tranchantes ,
de valets fouffrés , & de toutes fortes de mitrailles
compofées d'artifice & de matieres combuſtibles
qui mettoient le feu partout . Un Officier de l'In-
Trepide ayant été renverfé par un de fés valers foufFEVRIER.
1758.
185
frés qui l'avoit atteint fur le dos , le derriere de
fon habit fut confumé par le feu , & parmi les
morts & les bleffés , il y en a plufieurs qui ont été
réellement brûlés. Ainfi il ne doit pas paroître
furprenant que dans un combat de cette efpece ,
les Vaiffeaux l'Intrépide & l'Opiniâtre ayent été fi
fort maltraités. MM. Defontenu , Enfeigne de
Vaiffeau , & de Gouillon , Garde de la Marine ,
fur l'Intrépide ; MM. Gargiau & de la Tulaye ,
Gardes de la Marine fur l'Opiniâtre , & M. Durbourcq
, Officier bleu fur le Gréenvich , ont été
tués , ainfi que 27 hommes fur l'Intrépide , 19
fur l'Opiniâtre , 7 fur le Gréenvich , & 6 fur le
Sceptre. Les Officiers bleffés font : fur l'Intrépide
MM . de Kerfaint de 9 bleffures différentes , dont
quelques-unes confidérables , mais aucune de dangereufe
: d'Argouges , Lieutenant , de 2 bleffures
à mitraille au bras droit , avec des contufions
confidérables ; de Saint- Denis , Lieutenant , d'une
bleffure à mitraille au vifage ; M. de Leliorme
Officier Suédois , d'une pareille au bras
gauche avec contufion fur l'articulation de ce bras ;
& M. de Guernifac , Garde- Marine , fur le même
Vaiffeau , a eu la main brûlée . Sur l'Opiniâtre ,
M. de Moëlien a eu un éclat à la jambe droite ,
dont les mufcles ont été offenfés ; M. Longchamp,
Lieutenant , à été bleffé de plufieurs éclats qui ont
pénétré les muſcles de la jambe droite , & M.
d'Aigremont , Enfeigne , a reçu une balle à la
cuiffe droite. Le nombre des bleffés dans les équipages
, eft de 123 fur l'Intrépide , de 70 fur l'Opiniâtre
, de 25 fur le Gréenvich , & de 12 fur le
Sceptre.
M. de Kerfaint après la rentrée au Cap , a tra
vaillé à la réparation de fon Efcadre , & le 13 de
Novembre il s'eft trouvé en état d'en partit avec
186 MERCURE DE FRANCE.
une Flotte de 41 bâtimens , fans que les ennemis
ayent reparu fur la côte. On a fçu que les trois
Vaiffeaux qui avoient combattu étoient en fi mau.
vais état , qu'ils avoient été obligés de fe faire remorquer
par des Corfaires , pour fe rendre à la Jamaïque
, & que leur perte étoit infiniment plus
confidérable que celle des Vaiffeaux du Roi. Leurs
équipages s'étoient auffi trouvés beaucoup plus
nombreux , parce qu'ils les avoient fortifiées autant
qu'ils avoient jugé à propos avec ceux de leurs
Corfaires.
M. de Kerfaint a effuyé de fort mauvais temps
aux atterrages . Son Efcadre & fon convoi ont été
féparés. Le Sceptre, l'Opiniâtre & l'Intrépide , font
entrés fucceffivement à Breft ; les Frégates la
Sauvage & la Licorne , & la Flûte l'Outarde , ont
mouillé à Morlaix . Quelques Navires marchands
font entrés auffi dans ces deux Ports ; & l'on eft
informé qu'il y en a plufieurs qui fe font déja
rendus dans d'autres Ports . Le Greenvich a échoué
auprès du Conquet . L'Opiniâtre étoit rentré heureufement
le i de ce mois à Breft ; mais un coup
de vent des plus violens qui s'eft élevé la nuit du
13 au 14 , ayant fait rompre les cables de ce
Vaiffeau , il a éprouvé le même accident que le
Greenvich. On travailloit à les relever l'un & l'autre
.
A l'égard du Vaiffeau l'Achille , de la Compagnie
des Indes , il a été condamné au Cap , & fa
cargaifon , dont l'objet eft de plus de cinq millions
, à été verfée fur les Vaiffeaux & Flûtes da
Roi.
On a reçu auffi la nouvelle que l'Eſcadre de Sa
Majefté , de trois Vaiffeaux & de quatre Frégates
commandée par M. de Sarabran - Grammont ,
Capitaine de Vaiffeau , étoit rentreé heureuſeFEVRIER.
1758. 187
ment le 10 de ce mois à Toulon , efcortant un
convoi de dix-fept bâtimens de commerce , venans
du Levant , très-richement chargés .
Un Corfaire de Dunkerque a pris & conduit ici
avant-hier le Paquebot de Douvres pour Fleffingue.
Mais le Capitaine , avant que de fe rendre ,
avoit eu la précaution de jetter àla mer la malle du
16 de ce mois qui étoit à bord de ce bâtiment .
Le Corfaire la Marquise de Parail , de ce Port ,
commandé par le Capitaine Gerard . Morel , s'eft
emparé du Navire Anglois l'Elifabeth , allant de
la Virginie à Aberdeen en Ecoffe , avec une cargaifon
de 192 boucauts de tabac , de 20 milliers
de fer cru , & de 8 à 10 mille douves. Cette prife
a été conduite à Bergue en Norwege.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le texte décrit plusieurs événements militaires et nominations à la cour française. Le maréchal duc de Richelieu a obtenu la permission de revenir en France pour rétablir sa santé, et le commandement de l'armée a été confié au comte de Clermont. Le roi a nommé le chevalier de Ray à l'aide-majorité de la gendarmerie et le marquis de Perreuse lieutenant-général des armées. Le marquis de Lugeac a reçu les honneurs de commandeur de l'Ordre militaire de Saint-Louis, et le marquis de Contades a été nommé gouverneur du Fort Louis du Rhin. Un édit royal a supprimé les charges de présidents des enquêtes et des requêtes, qui seront remboursées. Le roi nommera deux conseillers pour les remplacer. Par ailleurs, l'escadre royale commandée par M. de Kerfaint est revenue à Brest après une mission en Guinée et aux Antilles. Cette escadre, divisée en deux groupes, a perturbé le commerce ennemi et capturé plusieurs navires. À Saint-Domingue, M. de Kerfaint a affronté une escadre ennemie composée de cinq à six vaisseaux de guerre et de nombreux corsaires. Malgré des pertes importantes, notamment sur les vaisseaux l'Intrépide et l'Opiniâtre, l'escadre française a réussi à repousser l'ennemi. Après le combat, M. de Kerfaint a réparé son escadre et est retourné à Brest avec une flotte de 41 bâtiments, évitant les ennemis sur la côte. Les vaisseaux sont arrivés à Brest et Morlaix, tandis que le Greenvich a échoué près du Conquet. En février 1758, deux vaisseaux, le Vaiffeau et le Greenvich, ont subi des accidents similaires et étaient en cours de réparation. Le Vaiffeau, ainsi que l'Achille de la Compagnie des Indes, a été condamné au Cap. Sa cargaison, évaluée à plus de cinq millions, a été transférée sur les vaisseaux et flûtes du roi. L'escadre de Sa Majesté, composée de trois vaisseaux et quatre frégates sous le commandement de M. de Sarabran-Grammont, est rentrée à Toulon le 10 février après avoir escorté un convoi de dix-sept bâtiments de commerce provenant du Levant, chargés de riches marchandises. Un corsaire de Dunkerque a intercepté et conduit à Dunkerque le paquebot de Douvres pour Flessingue. Le capitaine de ce paquebot avait jeté à la mer la malle du 16 février avant l'interception. De plus, le corsaire La Marquise de Parail, commandé par le Capitaine Gérard Morel, a capturé le navire anglais l'Élisabeth, en route de Virginie à Aberdeen avec une cargaison de 192 barils de tabac, 20 milliers de fer brut et 8 à 10 mille douves. Cette prise a été conduite à Bergue en Norvège.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10740
p. 187-188
COMPLIMENT fait à M. de Brou, Intendant de la Généralité de Rouen, en la Ville de Magny, par M... à la tête de la Bourgeoisie, le 28 Octobre 1757.
Début :
Monseigneur, nous apportons aux pieds de votre grandeur le tribut [...]
Mots clefs :
Compliments, Hommages, Respect, Mérite, Magistrats, Province
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT fait à M. de Brou, Intendant de la Généralité de Rouen, en la Ville de Magny, par M... à la tête de la Bourgeoisie, le 28 Octobre 1757.
COMPLIMENT fait à M. de Brou , Intendant
de la Généralité de Rouen , en la Ville de Magny
, par M... à la tête de la Bourgeoifie , le
28 Octobre 1757.
MONSEIGNEUR
ONSEIGNEUR , nous apportons aux pieds de
votre grandeur le tribut de nos hommages, & le
préfent de nos coeurs . Recevez l'un , il vous eft
dû ; agréez l'autre , il eft digne de vous.
Quoi de plus beau , Monfeigneur , que d'imprimer
le refpect par l'éclat d'un rang qu'on
doit au mérite ? Quoi de plus doux que de s'attirer
l'amour par les vertus précieufes de l'humanité
?
Vous jouiffez , Monfeigneur , de ce double
avantage. Nous refpectons en vous le Magiftrat
éclairé , fage , integre . Nous aimons l'homme
bienfaifant , tendre , compatiffant,
Puiffe le Ciel favorable à nos voeux , laiſſer en188
MERCURE DE FRANCE.
core long-temps en vos mains , Monfeigneur,
les rênes de cette province , que vous gouvernez
avec tant de douceur , & qui n'enviſage point
dans l'avenir de plus grand malheur que celui de
vous perdre !
de la Généralité de Rouen , en la Ville de Magny
, par M... à la tête de la Bourgeoifie , le
28 Octobre 1757.
MONSEIGNEUR
ONSEIGNEUR , nous apportons aux pieds de
votre grandeur le tribut de nos hommages, & le
préfent de nos coeurs . Recevez l'un , il vous eft
dû ; agréez l'autre , il eft digne de vous.
Quoi de plus beau , Monfeigneur , que d'imprimer
le refpect par l'éclat d'un rang qu'on
doit au mérite ? Quoi de plus doux que de s'attirer
l'amour par les vertus précieufes de l'humanité
?
Vous jouiffez , Monfeigneur , de ce double
avantage. Nous refpectons en vous le Magiftrat
éclairé , fage , integre . Nous aimons l'homme
bienfaifant , tendre , compatiffant,
Puiffe le Ciel favorable à nos voeux , laiſſer en188
MERCURE DE FRANCE.
core long-temps en vos mains , Monfeigneur,
les rênes de cette province , que vous gouvernez
avec tant de douceur , & qui n'enviſage point
dans l'avenir de plus grand malheur que celui de
vous perdre !
Fermer
Résumé : COMPLIMENT fait à M. de Brou, Intendant de la Généralité de Rouen, en la Ville de Magny, par M... à la tête de la Bourgeoisie, le 28 Octobre 1757.
Le 28 octobre 1757, la bourgeoisie de Magny adresse un compliment à M. de Brou, Intendant de Rouen. Ils louent ses qualités de magistrat éclairé, sage et intègre, ainsi que son humanité et sa bienveillance. Ils souhaitent qu'il continue à gouverner la province avec douceur et expriment leur crainte de le perdre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10741
p. 188
MORTS.
Début :
Messire N. de Toulouze de Lautrec, Abbé de l'Abbaye Royale [...]
Mots clefs :
Morts, Comte, Abbé, Diocèse, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
MESSIRE N. de Toulouze de Lautrec , Abbé
de l'Abbaye Royale de Candeil , mourut à Tou
loufe le 6 Janvier , dans fa foixante - onzieme année.
Meffire Pierre-Martin de Caudron de Cantin ,
Abbé de l'Abbaye Royale de Poultieres , Ordre
de Saint Benoît Dioceſe de Langres , & Prieur
de Monftrelet , Dioceſe de Nantes , eft mort en
fon Abbaye le 7 , âgé de plus de foixante- douze
ans .
Dame Marie-Elifabeth de Lamoignon , veuve
de Cefar Antoine de la Luzerne , Comte de Beuzeville
, Maréchal des Camps & Armées du Roi , eſt
morte ici le 13 , dans la quarante- troifieme année
de fon âge.
MESSIRE N. de Toulouze de Lautrec , Abbé
de l'Abbaye Royale de Candeil , mourut à Tou
loufe le 6 Janvier , dans fa foixante - onzieme année.
Meffire Pierre-Martin de Caudron de Cantin ,
Abbé de l'Abbaye Royale de Poultieres , Ordre
de Saint Benoît Dioceſe de Langres , & Prieur
de Monftrelet , Dioceſe de Nantes , eft mort en
fon Abbaye le 7 , âgé de plus de foixante- douze
ans .
Dame Marie-Elifabeth de Lamoignon , veuve
de Cefar Antoine de la Luzerne , Comte de Beuzeville
, Maréchal des Camps & Armées du Roi , eſt
morte ici le 13 , dans la quarante- troifieme année
de fon âge.
Fermer
Résumé : MORTS.
Le texte mentionne le décès de trois personnes. Messire N. de Toulouze de Lautrec, abbé de l'Abbaye Royale de Candeil, est décédé à Touloufe le 6 janvier à soixante-onze ans. Messire Pierre-Martin de Caudron de Cantin, abbé de l'Abbaye Royale de Poultieres, est mort dans son abbaye le 7 janvier à plus de soixante-douze ans. Dame Marie-Élisabeth de Lamoignon, veuve de César Antoine de La Luzerne, est décédée le 13 janvier à quarante-trois ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10742
p. 189-191
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Neuvième traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé la Réjouissance, Compagnie Colonelle, entré le 13 Octobre, & sorti [...]
Mots clefs :
Malades, Guérison, Soldats, M. Keyser, Remèdes, Santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Neuvième traitement depuis son établissement.
Hopital de M. le Maréchal Duc de Biron,
Neuvieme traitement depuisfon établiſſement.
LE nommé la Réjouiffance , Compagnie Colonelle,
entré le 13 Octobre, & forti le 8 Novembre,
parfaitement guéri,
Le nommé Thibault , Compagnie de la Tour ,
190 MERCURE DE FRANCE.
entré le 6 Octobre , & forti le 22 Novembre , part
faitement guéri ...
Le nommé Blois , Compagnie de Voifenon,
entré le 6 Octobre , & forti le 22 Novembre, parfaitement
guéri .
Le nommé Durel , Compagnie de la Vieuville, 1 :
entré le 16 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé la Meule , Compagnie de Mathan ,
entré le 20 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Desjardins , Compagnie de Baglion,
entré le 21 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé la Grenade , Compagnie de Tourville
, entré le 22 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Blanchet , Compagnie de Lautrec ,
entré le 27 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Arpin , Compagnie de Baglion ,
entré le 3 Novembre , & forti le 20 Décembre ,
parfaitement guéri .
Le nommé Condé , Compagnie de Nolivos ,
entré le 10 Novembre , & forti le 20 Décembre ,
parfaitement guéri .
Le nommé Bellehumeur, Compagnie de Cheva.
lier , entré le 10 Novembre , & forti le 20 Décembre
, parfaitement guéri .
Le nommé S. Paul , Compagnie de Rafilly ,
entré le 10 Novembre , & forti le 27 Décembre.
L'on n'aflure point la guériſon de ce foldat. Son
traitement ayant été interrompu par plufieurs acçès
desesgoutte , & lui n'ayant pas voulu donner le
semps qu'on l'achevât.
Nous avons annoncé dans le volume de Janvier
FEVRIER. 1758. 191
3 , &
qu'il fe feroit une révue générale ( on obfervera
que cette revue s'eſt déja faite trois fois de tous les
foldats quelconques , traités & guéris par M. Keyfer
, depuis l'établiffement de l'Hôpital jufqu'à ce
jour. Cette revue vient de fe faire le mardi
le vendredi 6 Janvier , en préfence de MM . les
Officiers -Majors du Régiment , de MM . Verdelan
, Médecin de S. A. S. Monfeigneur le Prince
de Condé , Poiffonnier le jeune , Boury & Demours
, Docteurs en Médecine , lefquels ont bien
voulu affifter à la premiere revue ; MM . Morand ,
Chirurgien -Major des Invalides , Faget & du Fouare
, Chirurgiens- Majors du Régiment des Gardes-
Françoiſes , & Guerin , Chirurgien- Major des
Moufquetaires , Infpecteur & Major de l'Hôpital
de M. le Maréchal de Biron .
Nous ne répéterons point ici les noms de chaque
foldat , ni les détails de leur traitement, dont
il a été rendu un compte exact dans les précédens
Mercures , ne voulant pas abuſer , ni de l'attention
du public , ni de la place que M. de Boiffy veut
bien nous donner dans ce volume , & nous nous
> contenterons de dire que dans le nombre confidérable
des foldats traités jufqu'ici , il ne s'en eft
trouvé que fept à huit qui ont été décidés à revoir
comme fufpectés , foit pour avoir revu des femmes
& repris de nouveau le mal , foit pour avoir
confervé des vices locaux & fait trop peu d'ufage
du remede , foit enfin , pour avoir été véritablement
manqués , ce dont on conviendra , & l'on
rendra un compte vrai à la revue prochaine quí
en fera faite ; toutes les guérifons des autres , au
nombre de près de deux cens , fe trouvant d'ail
leurs bien conftantes , & tous les foldats jouiffant :
de la meilleure fanté,
Neuvieme traitement depuisfon établiſſement.
LE nommé la Réjouiffance , Compagnie Colonelle,
entré le 13 Octobre, & forti le 8 Novembre,
parfaitement guéri,
Le nommé Thibault , Compagnie de la Tour ,
190 MERCURE DE FRANCE.
entré le 6 Octobre , & forti le 22 Novembre , part
faitement guéri ...
Le nommé Blois , Compagnie de Voifenon,
entré le 6 Octobre , & forti le 22 Novembre, parfaitement
guéri .
Le nommé Durel , Compagnie de la Vieuville, 1 :
entré le 16 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé la Meule , Compagnie de Mathan ,
entré le 20 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Desjardins , Compagnie de Baglion,
entré le 21 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé la Grenade , Compagnie de Tourville
, entré le 22 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Blanchet , Compagnie de Lautrec ,
entré le 27 , & forti le 29 Novembre , parfaitement
guéri.
Le nommé Arpin , Compagnie de Baglion ,
entré le 3 Novembre , & forti le 20 Décembre ,
parfaitement guéri .
Le nommé Condé , Compagnie de Nolivos ,
entré le 10 Novembre , & forti le 20 Décembre ,
parfaitement guéri .
Le nommé Bellehumeur, Compagnie de Cheva.
lier , entré le 10 Novembre , & forti le 20 Décembre
, parfaitement guéri .
Le nommé S. Paul , Compagnie de Rafilly ,
entré le 10 Novembre , & forti le 27 Décembre.
L'on n'aflure point la guériſon de ce foldat. Son
traitement ayant été interrompu par plufieurs acçès
desesgoutte , & lui n'ayant pas voulu donner le
semps qu'on l'achevât.
Nous avons annoncé dans le volume de Janvier
FEVRIER. 1758. 191
3 , &
qu'il fe feroit une révue générale ( on obfervera
que cette revue s'eſt déja faite trois fois de tous les
foldats quelconques , traités & guéris par M. Keyfer
, depuis l'établiffement de l'Hôpital jufqu'à ce
jour. Cette revue vient de fe faire le mardi
le vendredi 6 Janvier , en préfence de MM . les
Officiers -Majors du Régiment , de MM . Verdelan
, Médecin de S. A. S. Monfeigneur le Prince
de Condé , Poiffonnier le jeune , Boury & Demours
, Docteurs en Médecine , lefquels ont bien
voulu affifter à la premiere revue ; MM . Morand ,
Chirurgien -Major des Invalides , Faget & du Fouare
, Chirurgiens- Majors du Régiment des Gardes-
Françoiſes , & Guerin , Chirurgien- Major des
Moufquetaires , Infpecteur & Major de l'Hôpital
de M. le Maréchal de Biron .
Nous ne répéterons point ici les noms de chaque
foldat , ni les détails de leur traitement, dont
il a été rendu un compte exact dans les précédens
Mercures , ne voulant pas abuſer , ni de l'attention
du public , ni de la place que M. de Boiffy veut
bien nous donner dans ce volume , & nous nous
> contenterons de dire que dans le nombre confidérable
des foldats traités jufqu'ici , il ne s'en eft
trouvé que fept à huit qui ont été décidés à revoir
comme fufpectés , foit pour avoir revu des femmes
& repris de nouveau le mal , foit pour avoir
confervé des vices locaux & fait trop peu d'ufage
du remede , foit enfin , pour avoir été véritablement
manqués , ce dont on conviendra , & l'on
rendra un compte vrai à la revue prochaine quí
en fera faite ; toutes les guérifons des autres , au
nombre de près de deux cens , fe trouvant d'ail
leurs bien conftantes , & tous les foldats jouiffant :
de la meilleure fanté,
Fermer
Résumé : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Neuvième traitement depuis son établissement.
Le document décrit le neuvième traitement de l'hôpital du Maréchal Duc de Biron, détaillant les cas de soldats traités et guéris. Plusieurs soldats, comme La Réjouissance, Thibault, Blois, Durel, La Meule, Desjardins, La Grenade, Blanchet, Arpin, Condé, et Bellehumeur, sont mentionnés avec leurs dates d'entrée et de sortie, tous déclarés parfaitement guéris. Le soldat S. Paul est un cas particulier, car son traitement a été interrompu par des accès de goutte, empêchant sa guérison complète. Une revue générale des soldats traités et guéris par M. Keyfer a eu lieu le 6 janvier 1758, en présence de plusieurs officiers et médecins, dont M. Verdelan, Médecin de S. A. S. Monseigneur le Prince de Condé. Sur près de deux cents soldats traités, seuls sept à huit ont été jugés suspects, soit pour avoir repris contact avec des femmes, soit pour des vices locaux ou un mauvais usage du remède. Les guérisons des autres soldats sont jugées constantes et ces derniers jouissent d'une bonne santé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10743
p. 192-195
Etat des quatre Malades sur les dix qui ont été traités dans les Hôpitaux de Marseille, annoncés dans les volumes précédens, & dont on a promis de rendre compte.
Début :
I. Marie Cujés, âgée de 58 ans, avoit eu, il y a quatre ans, la Maladie Vénérienne, [...]
Mots clefs :
Malades, Maladie vénérienne, Ulcères, Douleurs, Guérison, Santé, Symptômes, Fistules, Certificats, Recteurs de l'Hôpital, M. Keyser, Succès, Remèdes, Fausses accusations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Etat des quatre Malades sur les dix qui ont été traités dans les Hôpitaux de Marseille, annoncés dans les volumes précédens, & dont on a promis de rendre compte.
Etat des quatre Malades fur les dix qui ont été
traités dans les Hôpitaux de Marſeille , annoncés
dans les volumes précédens , & dont on a promis
de rendre compte.
. Marie Cujés , âgée de 8 ans , avoit eu , ily a
quatre ans , la Maladie Vénérienne , pour laquelle
elle avoit été traitée. Elle avoit un ulceré trèsprofond
à la partie fupérieure du. pariétat droit ,
de la largeur d'une piece de vingt- quatre fols ;
deux fur le front de la largeur d'un écu de trois
livress un fur la partie inférieure du fourcil droit ,
avec un finus qui perçoit le mufcle fourcillier ; ce
qui avoit occafionné une infiltration à la paupiere
fupérieure , & l'avoit rendue groffe comme un
ceufde poule ; un quatrieme ulcere fur la partie
fupérieure du nez , & deux finus au deffous du
grand angle de l'oeil gauche un cinquieme au mi- `
lieu de la mâchoire inférieure , avec dureté de la
groffeur d'une noix ; un fixieme ulcere de quatre
pouces de longueur , fur la partie fupérieure du
fternum avec une exoftofe de la groffeur d'une
noix ; un feptieme ulcere au milieu de la clavicule
; ; un cautere au bras gauche , des douleurs de
tête fi violentes qu'elle ne pouvoit prendre aucun
repos ; un appauvriffement de fang fi confidérable
que la malade étoit entiérement defféchée ; enfin
cette femme étoit dans un état fi fâcheux , qu'il
étoit très -problématique de l'entreprendre & de
fe flatter de la guérir . Elle jɔuit actuellement de
la meilleure fanté.
2. Pierre Cujés fon mari , avoit des douleurs
nocturnes dans tous les membres , & des fiſtulesi
fur toutes les parties de fon corps . Il eſt parfaite
ment guéri.
3. Marie Dupré avoit , outre les fymptômes orordinaires
,
FEVRIER. 1758. 193
dinaires , des douleurs très -aigues aux extrêmités
inférieures , dont elle ne fe reffent plus.
4. Anne Imbert , outre les fymptômes ordinaires,
avoit des douleurs aux cuiffes & aux genoux ,
fort aigues , dont elle eft parfaitement guérie.
CERTIFICAT de Meffieurs les Recteurs de l'Hôpital
, aufujet de ces quatre Malades.
Nous,fouffignés , Recteurs de l'Hôpital général
de la grande Miféricorde de cette Ville de Marfeille
, certifions que nous avons remis à M. Naudinat
les quatre Malades dont l'état est constaté
ci-deffus , & qu'il les a traités avec les dragées anti-
vénériennes de M. Keyfer , jufqu'à la parfaite
guériſon qui s'en eft enfuivie : en foi de quoi nous
avons donné le préfent certificat . A Marſeille , ce
2 Novembre 1757. Bruttier , Lafont , Lombaut
Barrot , Sabatier , Judavaque , Aubergy- Gouffé,
de Troivilles , Lefbrot , Teileire.
›
M. Keyfer annonce au public , qu'ayant actuel
lement multiplié les envois de fon remede à l'infini
& recevant tous les jours de mille endroits
des lettres & des certificats authentiques qui lui
apprennent les fuccès journaliers tant des épreuves
déja faites , que de celles qui fe font tous les jours ,
il n'en peut inférer ici le nombre qui devient immenfe
; mais qu'il en rendra compte à la fin de
chaque année , par un écrit féparé .
Qu'il donnera auffi inceffamment la lifte générale
de tous fes correfpondans , dans chaque Ville
du Royaume & celles des Pays étrangers , n'attendant
pour cela que le confentement de quelquesuns
qui n'ont point encore fini leurs épreuves ; &
qu'en attendant , il avertit le public de bien prendre
garde de donner légérement fa confiance à
I
194 MERCURE DE FRANCE.
le
beaucoup de gens qui , foit à Paris , foit dans les
Provinces , fe vantent d'avoir fon remede ,
contrefont , & difent être fes correſpondans ; ce
qui eft d'autant plus faux , qu'il ne l'a donné jufqu'ici
, & ne le donnera qu'à une feule perſonne
dans chaque endroit .
Au refte , il croit n'avoir plus à fe défendre , ni
devoir répondre à de faux & malins écrits qui ſe
multiplient tous les jours , n'ayant ni le goût ni le
temps de le faire , & convaincu que' les gens fenfés
verront clairement que des milliers d'épreuves annoncées
, faites dans tous les lieux par les perfonnes
les plus connues dans la Médecine & la Chirurgie
, & qui n'ont aucune espece d'intérêt à vanter
la bonté de fon remede , fuffiront pour confondre
& faire rougir des gens qui fe font fait un
métier d'écrire fans miffion , & qui font affez mauvais
citoyens pour chercher & employer toutes
fortes de manoeuvres à faire échouer un remede .
dont il réfulte tant d'avantages pour l'humanité.
Il ne fe flatte pas de contenter tout le monde,
11 eft clair que , dans le genre des maladies qu'il·
entreprend, ilfe trouve par fois des complications
incurables : mais comme il ne donne & n'a jamais
donné fon remede , que pour ce qui eft Maladie
Vénérienne , il croit qu'on ne peut ni ne doit lui
demander autre chofe. Ce qui le fàche davantage,
& qu'il eft forcé de dire avec douleur ', c'eft qu'il
fe rencontre quelquefois , dans le cours de les traitemens
, des gens dont la mauvaiſe foi & la fourberie
font au-delà de tout ce qui fe peut imaginer:
gens qui , étant venus implorer fon fecours , aux
moyens defquels il s'eft prêté en galant homme ,
qu'il a guéris , fans autre efpoir que celui de leurs
promeffes ou leurs paroles d'honneur , font affez
lâches & affez méprifables pour le fouftraire aux
1
FEVRIER . 1758. 195
:
paiemens qu'ils ont promis par des billets ou engagemens
convenus, en le menaçant de dire qu'ils
ne font pas guéris , que fon remede leur a fait du
mal , & de donner même des certificats contre
lui. Il eft en état de prouver ce qu'il avance. Il
veut bien ne pas nommer des efpeces auffi méprifables
mais il eft muni de certificats vrais & fa-.
vorables de la part de tels gens , qui , féduits par
fes adverfaires , n'ont pas eu honte de leur en donner
de contraires , & dont il a été fait ufage dans
un dernier mémoire compofé contre lui . D'autres
qui , ayant leurs billets entre fes mains , & ayant
repris du mal nouveau depuis leurs guérifons
croient pouvoir impunément lui redemander leurs
engagemens , en lui faiſant de pareilles menaces.
Il eft en état de fe juftifier bien authentiquement
de tout ce que l'on pourroit jamais lui reprocher,
à toutes fortes d'égards ; & comme il a la vérité
& les faits pour lui , il ne craindra jamais de les
expofer aux yeux de qui il appartiendra.
Nous croyons devoir ajouter à l'article de M.
Keyfer , qu'il nous eft adreffé à nous- mêmes des
lettres qu'on nous prie d'inférer dans nos volumes
, que le peu d'efpace ne nous permet pas d'y
ajouter , mais qui font on ne peut pas plus favo
rables au remede qu'il adminiftre.
traités dans les Hôpitaux de Marſeille , annoncés
dans les volumes précédens , & dont on a promis
de rendre compte.
. Marie Cujés , âgée de 8 ans , avoit eu , ily a
quatre ans , la Maladie Vénérienne , pour laquelle
elle avoit été traitée. Elle avoit un ulceré trèsprofond
à la partie fupérieure du. pariétat droit ,
de la largeur d'une piece de vingt- quatre fols ;
deux fur le front de la largeur d'un écu de trois
livress un fur la partie inférieure du fourcil droit ,
avec un finus qui perçoit le mufcle fourcillier ; ce
qui avoit occafionné une infiltration à la paupiere
fupérieure , & l'avoit rendue groffe comme un
ceufde poule ; un quatrieme ulcere fur la partie
fupérieure du nez , & deux finus au deffous du
grand angle de l'oeil gauche un cinquieme au mi- `
lieu de la mâchoire inférieure , avec dureté de la
groffeur d'une noix ; un fixieme ulcere de quatre
pouces de longueur , fur la partie fupérieure du
fternum avec une exoftofe de la groffeur d'une
noix ; un feptieme ulcere au milieu de la clavicule
; ; un cautere au bras gauche , des douleurs de
tête fi violentes qu'elle ne pouvoit prendre aucun
repos ; un appauvriffement de fang fi confidérable
que la malade étoit entiérement defféchée ; enfin
cette femme étoit dans un état fi fâcheux , qu'il
étoit très -problématique de l'entreprendre & de
fe flatter de la guérir . Elle jɔuit actuellement de
la meilleure fanté.
2. Pierre Cujés fon mari , avoit des douleurs
nocturnes dans tous les membres , & des fiſtulesi
fur toutes les parties de fon corps . Il eſt parfaite
ment guéri.
3. Marie Dupré avoit , outre les fymptômes orordinaires
,
FEVRIER. 1758. 193
dinaires , des douleurs très -aigues aux extrêmités
inférieures , dont elle ne fe reffent plus.
4. Anne Imbert , outre les fymptômes ordinaires,
avoit des douleurs aux cuiffes & aux genoux ,
fort aigues , dont elle eft parfaitement guérie.
CERTIFICAT de Meffieurs les Recteurs de l'Hôpital
, aufujet de ces quatre Malades.
Nous,fouffignés , Recteurs de l'Hôpital général
de la grande Miféricorde de cette Ville de Marfeille
, certifions que nous avons remis à M. Naudinat
les quatre Malades dont l'état est constaté
ci-deffus , & qu'il les a traités avec les dragées anti-
vénériennes de M. Keyfer , jufqu'à la parfaite
guériſon qui s'en eft enfuivie : en foi de quoi nous
avons donné le préfent certificat . A Marſeille , ce
2 Novembre 1757. Bruttier , Lafont , Lombaut
Barrot , Sabatier , Judavaque , Aubergy- Gouffé,
de Troivilles , Lefbrot , Teileire.
›
M. Keyfer annonce au public , qu'ayant actuel
lement multiplié les envois de fon remede à l'infini
& recevant tous les jours de mille endroits
des lettres & des certificats authentiques qui lui
apprennent les fuccès journaliers tant des épreuves
déja faites , que de celles qui fe font tous les jours ,
il n'en peut inférer ici le nombre qui devient immenfe
; mais qu'il en rendra compte à la fin de
chaque année , par un écrit féparé .
Qu'il donnera auffi inceffamment la lifte générale
de tous fes correfpondans , dans chaque Ville
du Royaume & celles des Pays étrangers , n'attendant
pour cela que le confentement de quelquesuns
qui n'ont point encore fini leurs épreuves ; &
qu'en attendant , il avertit le public de bien prendre
garde de donner légérement fa confiance à
I
194 MERCURE DE FRANCE.
le
beaucoup de gens qui , foit à Paris , foit dans les
Provinces , fe vantent d'avoir fon remede ,
contrefont , & difent être fes correſpondans ; ce
qui eft d'autant plus faux , qu'il ne l'a donné jufqu'ici
, & ne le donnera qu'à une feule perſonne
dans chaque endroit .
Au refte , il croit n'avoir plus à fe défendre , ni
devoir répondre à de faux & malins écrits qui ſe
multiplient tous les jours , n'ayant ni le goût ni le
temps de le faire , & convaincu que' les gens fenfés
verront clairement que des milliers d'épreuves annoncées
, faites dans tous les lieux par les perfonnes
les plus connues dans la Médecine & la Chirurgie
, & qui n'ont aucune espece d'intérêt à vanter
la bonté de fon remede , fuffiront pour confondre
& faire rougir des gens qui fe font fait un
métier d'écrire fans miffion , & qui font affez mauvais
citoyens pour chercher & employer toutes
fortes de manoeuvres à faire échouer un remede .
dont il réfulte tant d'avantages pour l'humanité.
Il ne fe flatte pas de contenter tout le monde,
11 eft clair que , dans le genre des maladies qu'il·
entreprend, ilfe trouve par fois des complications
incurables : mais comme il ne donne & n'a jamais
donné fon remede , que pour ce qui eft Maladie
Vénérienne , il croit qu'on ne peut ni ne doit lui
demander autre chofe. Ce qui le fàche davantage,
& qu'il eft forcé de dire avec douleur ', c'eft qu'il
fe rencontre quelquefois , dans le cours de les traitemens
, des gens dont la mauvaiſe foi & la fourberie
font au-delà de tout ce qui fe peut imaginer:
gens qui , étant venus implorer fon fecours , aux
moyens defquels il s'eft prêté en galant homme ,
qu'il a guéris , fans autre efpoir que celui de leurs
promeffes ou leurs paroles d'honneur , font affez
lâches & affez méprifables pour le fouftraire aux
1
FEVRIER . 1758. 195
:
paiemens qu'ils ont promis par des billets ou engagemens
convenus, en le menaçant de dire qu'ils
ne font pas guéris , que fon remede leur a fait du
mal , & de donner même des certificats contre
lui. Il eft en état de prouver ce qu'il avance. Il
veut bien ne pas nommer des efpeces auffi méprifables
mais il eft muni de certificats vrais & fa-.
vorables de la part de tels gens , qui , féduits par
fes adverfaires , n'ont pas eu honte de leur en donner
de contraires , & dont il a été fait ufage dans
un dernier mémoire compofé contre lui . D'autres
qui , ayant leurs billets entre fes mains , & ayant
repris du mal nouveau depuis leurs guérifons
croient pouvoir impunément lui redemander leurs
engagemens , en lui faiſant de pareilles menaces.
Il eft en état de fe juftifier bien authentiquement
de tout ce que l'on pourroit jamais lui reprocher,
à toutes fortes d'égards ; & comme il a la vérité
& les faits pour lui , il ne craindra jamais de les
expofer aux yeux de qui il appartiendra.
Nous croyons devoir ajouter à l'article de M.
Keyfer , qu'il nous eft adreffé à nous- mêmes des
lettres qu'on nous prie d'inférer dans nos volumes
, que le peu d'efpace ne nous permet pas d'y
ajouter , mais qui font on ne peut pas plus favo
rables au remede qu'il adminiftre.
Fermer
Résumé : Etat des quatre Malades sur les dix qui ont été traités dans les Hôpitaux de Marseille, annoncés dans les volumes précédens, & dont on a promis de rendre compte.
Le document relate l'état de quatre patients traités pour la maladie vénérienne dans les hôpitaux de Marseille. Marie Cujés, âgée de 8 ans, présentait plusieurs ulcères et fistules, ainsi que des douleurs violentes et un appauvrissement du sang. Elle est désormais en bonne santé. Pierre Cujés, son mari, souffrait de douleurs nocturnes et de fistules sur tout le corps, mais il est maintenant guéri. Marie Dupré et Anne Imbert avaient respectivement des douleurs aiguës aux extrémités inférieures et aux articulations, et elles sont également guéries. Les recteurs de l'Hôpital général de la grande Miséricorde de Marseille certifient que ces patients ont été traités avec les dragées antivenériennes de M. Keyfer et sont complètement guéris. M. Keyfer mentionne recevoir de nombreux témoignages de succès de son remède et met en garde contre les contrefaçons. Il déplore également la mauvaise foi de certains patients qui menacent de le diffamer pour éviter de payer leurs traitements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10744
p. 195-207
MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
Début :
Les démarches qui ont été faites par Messieurs de Caumont de Gauville, transmigrés de Guienne [...]
Mots clefs :
Famille Caumont de Gauville, Picardie, Guyenne, Migration, Preuves, Armes, Ducs, Généalogie, Seigneur, Trésorier, Service du roi, Comte, Maison, Branche, Degrés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
MEMOIRE GENEALOGIQUE
De la branche des Caumont de Picardie ,
connus fous le nom de Gauville , depuis
leur tranfmigration de Guyenne , vers
l'an 1400.
Les démarches qui ont été faites par Meffieurs
de Caumont de Gauville , tranfmigrés de Guien
I ij
196 MERCURE DE FRANCE:
ne ès Frontieres de Picardie & Normandie vers
l'an 1400 , pour ſe réunir à leur vraie origine ,
font trop connues , & ont trop affecté les perfonnes
de la plus haute confidération , & furtout
celles qui ont la bonté de s'intéreffer à leur fort ,
pour ne pas juftifier dans la circonftance préfente,
la légitimité de leurs prétentions & des moyens
fur lefquels ils s'apuient , pour fe raffoucher à la
Maifon de Caumont de Guienne , depuis Ducs
de la Force.
La Généalogie de M. de Caumont de Beauvilla,
qui paroît annoncer qu'il eft le feul rejetton de
cette illuftre Souche , opére une espece d'exclufion
peu favorable pour ceux de ce nom & Armes
anciennes qui fe croient en droit d'y prétendre.
L'on va travailler à diffiper ces préjugés par les
preuves fuivantes.
La Branche des Caumont de Gauville n'eft animée
en cela que du feul amour de la vérité , & de
la gloire de fe remonter à la pureté de fa fource.
Loin d'ici tous foupçons d'antitation : pour pouvoir
en préfumer , il faudroit prêter à Jean & à
Guy ou Guyot de Caumont , leurs Auteurs , des
perfpectives auffi prématurées qu'étendues , en
ayant amaffé des matériaux , comme Nom & Armes
dès l'année 1386 , dans la vue que leurs Succeffeurs
en fiffent un ufage frauduleux pour fe
greffer en 1757 , fur une Maifon à laquelle ils
n'auroient eu aucun raport , furtout dans un
temps où ils ignoroient les illuftrations qui devoient
décorer cette branche ainée , telles que des
Duchés & Bâtons de Maréchaux de France. On
Jaiffe le Public & les perfonnes défintérefféès , juges
d'une pareille précaution . Elles feront plus
a même d'en décider , fi elles veulent jetter les
yeux fur ce Mémoire , que l'on fera le plus ferré
le plus précis qu'il fera poffible.
FEVRIER. 1758. 197
Toutes les citations feront marquées au coinde
la vérité la plus fcrupuleufe : l'on offre d'en donner
la preuve , foit par titres originaux , foit par
différentes époques ou anecdotes tirées de la
Chambre des Comptes.
PREUVE de l'Identité des anciennes armes.
Il eft conftant que les premieres Armes de la
Maiſon Ducale de Caumont n'étoient point les
Léopards. M. le Duc de la Force convient qu'il
les porte par conceffion des Rois d'Angleterre ; la
tradition de cette Maiſon annonce que c'étoient
des Faces ou Bandes. Cette tradition va être appuyée
de preuves inconteftables . MM. les Ducs
de Lauzun qui font féparés de cette branche aînée,
vers l'an 1250 , ont toujours porté tiercé en bandes
; ce qui eft la même chofe que les Faces , à la
pofition de différence : donc les anciennes Armes
de la Maiſon Ducale de la Force n'étoient pas les
Léopards.
Guillelme ou Guillaume III , du nom qui for
me le douzieme degré de la Généalogie de la
Maiſon Ducale de la Force , donna quittance en
qualité d'Ecuyer à Hardouin le Roi , Tréforier
des guerres à Leuze , le mercredi 24 Septembre
1315. Cet acte eft fcellé de fon Sceau en cire
rouge , où il eft repréſenté à cheval , tenant fon
bouclier de la main gauche , fur lequel il paroît 3
Faces & 3 Léopards , le cheval caparaçonné des
mêmes armes. Il eft le premier que l'on voit
écarteler les Léopards avec les Faces .
Guillefme Raymond , Seigneur de Caumont ,
qui fait le XIII degré de la même généalogie ,
donna quittance le 18 Avril 1347 , à Jean Chauyel
, tréforier des guerres de 300 liv. pour le de
I iij
TOS MERCURE DE FRANCE .
meurant de fes gages : fon fceau eft en cire rouge ,
partie de 3 Léopards & d'un Facé.
26 Septembre 1352. Autre quittance du même ,
& fous le même fcel de 752 liv , donnée à Jacques
l'Empereur , tréforier des guerres.
Jean Bâtard de Guillelme ou Guillaume , légitimé
au Monceau S. Mayence , le 25 Mars 1346,
donna quittance fur fes gages de 15 liv. à Paris le
13 Octobre 1356 ; fon iceau eft en cire rouge ,
une face accompagnée de 3 Etoiles à fix raies :
comme bâtard il garda une face , le tiers des armes
de fa Maiſon avec différentes Brifures .
Ce que l'on vient de rapporter démontre clairement
que les Auteurs de la Maiſon Ducale de
Caumont, jufqu'au 13 dégré inclufivement , ont
porté les Faces pour Armes.
Nompar , qui a fait le 14 degré , quitta totalement
les faces en 1366 , pour prendre les léopards ',
armes d'Angleterre , pendant que Guillefme ou
Guillaume Raimond fon pere & fon grand- pere ,
avoient porté les faces écartelées avec les léopards,
comme on a dit ci - deffus , & dont on pourroit
'donner d'autres exemples.
Guillelme Raimont , Seigneur de Caumont ,
eut pour femme Efclamor de Defpins , dont il eut
trois enfans mâles , Nompar , Jean & Gaiton . Il
fit fon teftament en 1365 , par lequel il ſubſtitua
& rappella au défaut de hoirs mâles de Nompar
fon aîné , Jean fon fecord fils , auteur de la branche
des Caumont de Picardie ; il rappella auffi
Gafton fon troifieme fils.
Nompar , Seigneur de Caumont , qui fait le
quatorzieme degré de la généalogie de la branche
Ducale , époufa Magne de Caftelnau , par contrat
du 26 novembre 1368. Il rappella par fon
teftament dus août 1400 , Jean & Gaſton fes
FEVRIER. 1758 .
199
›freres :: ce titre eft en original dans les archives
de M. le Duc de la Force , ce qui prouve qu'il
connoiffoit leur exiftence jufques dans le commencement
du quatorzieme fiécle , & fait en même
temps une liaiſon parfaite avec les différentes
époques des quittances que Jean de Caumont a
données aux Tréforiers des guerres , que l'on va
ordre & par dates.
·
rapporter par
Il paroît par le compte de Guillaume Denfernet
, Tréforier des guerres , que Jean de Caumont
, Ecuyer- Servant avec neufautres Ecuyers ,
donna quittance de 150 liv . fur fes gages & de fes
Ecuyers , le 16 février 1386 , fcélée en cire rouge
du fceau de fes armes , trois faces furmontées
en chef de deux tourteaux & une étoile.
L'on voit une autre quittance en 1388 , fcélée
du même fcel , avec cette différence , que les
-trois faces font furmontées d'une étoile & de deux
tourteaux , & une autre fois d'une étoile & d'un
tourteau .
Tout le monde fçait que les armes varioient
anciennement , & que le fçeau du Gentilhomme
tenoit lieu de fa fignature : ioriqu'il lui arrivoit
de le perdre , il en faifoit déclaration juridique ,
le révoquoit , & pour qu'il ne lui pût porter aucun
préjudice , il déclaroit celui qu'il avoit pris
de nouveau , auquel il avoit fait quelque changement
ou addition .
Le Comte de Macéhéron , Tréforier des guerres
de l'année 1405 , marque que Jean de Cau-
-mont Ecuyer , fut reçu , avec plufieurs autres
-Ecuyers à fa fuite , à Gravelines , dans les mois de
juin , juillet & août 1404 ; il toucha plufieurs
fommes fur les gages de fes fervices militaires &
de fes Ecuyers , de Jean de Précy , Tréforier des
guerres : plufieurs montres & quittances de Jean
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de Caumont font fcélées de fon fcel en cire rou
ge , avec l'empreinte de fes armes , trois faces
furmontées de trois tourteaux , telles qu'il les a
tranfmis à Guy ou Guyot de Caumont fon fuccef.
feur & héritier , aux mêmes noms & armes que
fes defcendans ont portés, fans aucun changement
ni interruption jufqu'à ce jour.
Preuves présomptives de la Tranfmigration.
L'on a vu Jean & Gafton de Caumont freres ;
venir de Guienne pendant dix années confécutives
, fervir fur les frontieres de Normandie , Picardie
& Flandre , fous le commandement du Sire
d'Albret & des Ducs d'Aquitaine , avec à peu près
le même nombre d'Ecuyers à leur fuite , portant
le même nom & les mêmes armes avec cette
feule différence , que Gafton avoit changé quelque
chofe dans fes brifures ; c'eft pendant ces
guerres que la tranfmigration de Jean de Caumont
s'eft faite en Picardie ; l'on peut d'autant mieux
l'aflurer , que l'on ne voit pas qu'il ait fait aucun
établiffement de
ment dans la patrie ni rien qui annonce
qu'il fait mort fans postérité.
r
Jean étant admis frere de Gaſton , par une con
féquence néceffaire & abfolue , il eft auffi frere de
Nompar l'un fe prouve par l'autre , & établit
l'identité. L'on convient qu'il manque ici un contrat
qui dife que Guyot de Caumont eft fils de
Jean . Un titre de cette nature ſeroit trop fatis
faifant , puifque dans une généalogie de vingttrois
dégrés , il conftateroit la fucceffion & la filiation
d'une façon auffi précife & auffi claire que
celle d'un pere à fon fils . Malgré le défaut de ce
feul titre , il ne refte rien de louche ni d'équivoque
dans la jonction , parce qu'en rapprochant
C
FEVRIER. 1758. 201
ceux de M. le Duc de la Force , Pon y verra que
Nompar a rappellé Jean fon frere par fon teftament
du 5 août 1400. En remontant ceux de la
Branche de Caumont de Picardie , l'on y lira
que
Guyot de Caumont qui a fait fon teſtament le s
mai 1472 , s'étoit marié le 14 avril 1436 , en
fuppofant qu'il ait contracté mariage de 25 à 30
ans; tout eft rempli , de forte qu'il ne fe trouve
ni vuide , ni lacune , ni interruption dans la fucceffion
du nom & des armes dont Guyot de Caumont
& fes defcendans font les héritiers .
ont
Mais , dira- t-on fans doute , pourquoi Jean
dans fa tranfmigration n'a-t -il pas pris les léopards
que Nompar fon frere avoit adoptés , &
que Guillefime Raimond fon pere , avoit portés
avec les faces ? Il est tout fimple de répondre ,
qu'il ne le pouvoit , qu'il ne le devoit , parce que
la branche aînée qui tenoit pour lors le parti des
Rois d'Angleterre , n'a pu fe difpenfer de prendre
les léopards qu'elle avoit eus par conceffion
de ces mêmes Rois ; au lieu que Jean & Gaſton
qui étoient au fervice des Rois de France ,
confervé les faces , anciennes armes de leur maifon
, fans y mêler celles d'Angleterre contre qui
ils faifoient la guerre , ce qui indépendamment
de leurs différentes quittances rapportées ci - def
fus , eft prouvé par un titre latin , tiré fur l'onginal
de la Tour de Londres , par lequel Henri
V , Roi d'Angleterre , pour lors en poffeffion de
la Normandie , prononce la confifcation des biens
de Jean de Caumont , pour avoir porté les armes
contre lui : elle eft de Bayeux , datée de la fixieme
année de fon regne. Comme il feroit trop long
de rapporter ici tout ce qui peut militer en faveur
des Caumont de Picardie , l'on fe contentera de
dire , qu'après avoir ſuffiſamment détruit tous les
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
foupçons d'antitation , établi l'identité & la fucceffion
du nom & des armes fans interruption ,
prouvé le même nombre de degrés , après avoir
fait voir par un manufcrit fort étendu , l'extinction
des bâtards de ce nom , & démontré l'alibi
des différentes maifons de Caumont avec leſquel-
1es ils n'ont & ne peuvent avoir aucun rapport ,
ni par la contemporanité , ni par les titres , ni
par les fucceffions des terres , & encore moins par
Îa conformité des armes , le tout bien conftaté ,
ils continueront à fe dire hautement comme ils
ont toujours fait , non pas de la maifon de la Force
, parce que le Duché de ce nom n'en étoit
point l'appanage lors de leur féparation ; mais
bien defcendans des Caumont de Guienne ou Agenois
, depuis Ducs de la Force , à moins qu'on
ne leur faffe voir que Jean de Caumont frere de
Nompar , n'ait fait fouche ailleurs , ou ne ſoit
mort fans poftérité. M. de Caumont de Fontaine ,
ancien Major du Régiment des Dragons de la Reine
, qui a entrepris l'ouvrage de cette jonction ,
& qui continue avec foin fes recherches pour le
conduire à fa perfection , fe flatte que non-feulement
M. le Duc de la Force ne défapprouvera pas
l'ardeur & le zele avec lefquels il travaille , pour
fe réunir à une des plus grandes maiſons , d'où il
attend tout fon luftre & fa gloire ; mais encore
qu'il voudra bien l'aider de la communication de
fes titres , & furtout des teftamens de Guilleſme
Raimond & de Nompar de Caumont . Il s'appuye
fur neuf ou dix dégrés foutenus de titres originaux
, fans une feule méfalliance , pour le remonter
& tendre la main à M. le Duc de la Force : s'il
veut avoir la bonté d'en defcendre un feul , la jonction
fera faite felon l'ordre généalogique le plus
ftrict & le plus févere.
FEVRIER . 1758. 203
Si contre tout espoir , & par le malheur des
temps , le feul titre de jonction qui eft écarté , ne
le recouvre pas , & que l'on ne veuille point admettre
ceux qui devroient y ſuppléer , les Caumont
de Picardie s'en tiendront à la preuve qu'ils
ont donnée , qu'ils font nobles d'extraction militaire
dès l'an 1400 & au- deffus , portant les anciennes
armes des Caumont de Guienne dont on
ne voit pas l'origine , & dont les premiers auteurs
ont paru avec dignité & diftinction , foit à la
guerre , foit à la Cour , puifque Jean de Caumont
eft qualifié de Capitaine de cent quarante
hommes d'armes ; qu'on le voit fervir avec plufieurs
Ecuyers à fa fuite , & que Guy ou Guyot
de Caumont fon héritier & fucceffeur aux nom &
armes , étoit Ecuyer d'honneur du Roi Charles
VI, felon l'ordonnance de fon Hôtel , du mois de
ſeptembre 1418.
Ils ont de plus l'honneur d'appartenir à ce qu'il
y a de plus grandes maifons dans la Picardie & le
Vexin ils font en état d'en juftifier par des actes
de partages & de tutelles avec les Princes de
Montmorenci Logny , les Comtes de Mailli- Haucourt
, les Ducs de Biron & Belloy-Morangle ,
& d'autres alliances directes ou mutuelles , avec
les maifons de Mouy , de Conflans , d'Etrées , de
Gaillard -Bois , de Paulmy , au troifieme degré
par les Lefévre de Caumartin , d'Eftrades , de
Manneville , de Guiry- Chaumont , de Saveuſe
de la Boifiere - Chambort , de Boulainvilliers , de
Crény , d'Alencourt , de Monfure , de la Ruë-
Bernapré & autres , ce qui les autorife à fe remonter
à ce qu'il y a de plus élevé.
Le pere Simplicien qui a traité l'hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne , auroit bien dû
conduire Jean & Gafton de Caumont freres de
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Nompar , jufqu'à quelques degrés de leur fépara
tion , furtout les voyant rappellés par deux teftamens
confécutifs. Cette attention de fa part auroit
mis les chofes dans une évidence parfaite. Mais
non , il s'eft contenté de les laiffer en blanc au
treizieme degré de la généalogie de la maifon
Ducale de la Force : fans doute qu'il ignoroit leur
tranfmigration . On peut lui paffer cette omiffion,
après la confufion & l'erreur manifefte qu'il a faite
au feizieme degré de la même généalogie , où il
donne Charles de Caumont pour auteur de la branche
des Caumont de la Force , pendant que c'eft
lui qui a formé celle des Caumont de Monbeton
& de Beauvilla ; il n'a pas moins fallu que toute
la précifion , la pureté & l'autenticité des titres de
M. le Marquis de Caumont de Beauvilla , pour
détruire cette erreur & diffiper le préjugé où le
public & M. le Duc de la Force étoit lui- même ,
qu'il reftoit le dernier de fa maiſon. Les Caumont
de Gauville n'étoient point frappés de cette illufion.
Le mariage que Cofme de Caumont , Lieu
tenant- Colonel de Cavalerie , connu fous le nom
de Foucaucourt , avoit fait avec Ifabeau de Roquefeuille
, l'ayant rétabli dans fon ancienne Patrie , il
avoit été à portée de lier connoiffance avec Monfieur
de Caumont de Bauvilla , dont il s'eft trouvé
voifin par fa terre de Sérignac : comme ils
étoient l'un & l'autre plus près de leur fource , il
leur étoit plus facile d'en connoître les points de
féparation , ce qui faifoit qu'ils le regardoient deſ
cendans de la même fouche .
La liaiſon mutuelle qui avoit régné entre ces
deux maifons , a fubfifté jufqu'au décès du fieur
de Caumont de Foucaucourt arrivé en 1733 .
N'ayant point laiffé d'enfans , le grand éloignement
qu'il y a de Quercy en Picardie , a fait que
FEVRIER. 1758. 203
fes neveux ont perdu de vue cette branche de
Caumont de Beauvilla : c'eft avec toute la fatisfaction
poffible qu'ils la voyent revivre avec fplendeur
, par la repréfentation & le rappel authenti .
que de M. le Marquis de Caumont.
Les Caumont de Picardie ne fe remonteront que
jufqu'au treizieme degré de la maiſon Ducale de
la Force , qui fait le point de leur féparation . Ils
fuivent pour tout ce qui eft au- deffus , les généalogies
fubfiftantes de Meffieurs les Ducs de la
Force & de Lauzun.
Additions à l'arbre généalogique de la Maiſon de
Caumont.
XIII. Degré. Guillefme-Rémond , Seigneur de
Caumont, portoit pour armes trois faces & trois léopards.
Il a épouse Efclamonde Defpins. Ils ont eu
pour enfans mâles Nompar , Jean & Gafton : ce
dernier eft mort fans poftérité. Nompar a formé les
deux branches qui fuivent.
XIV. Degré. Nompar de Caumont , qui a
adopté les léopards .
Magne de Caftelnau , pour femme .
XV. Degré. Brandelis de Caumont.
Marguerite de Bretagne.
Branche de la Maifon Ducale de la Force.
XVI. Degré . François de Caumont .
Claude de Cardaillac.
XVII. Degré . Charles de Caumont.
Jeanne de Perrufe d'Efcar.
XVIII. Degré. François de Caumont.
Philippe de Beaupoil de la Force.
XIX . Degré. Jacques Nompar de Caumont
206 MERCURE DE FRANCE:
Duc de la Force , Pair & Maréchal de France.
Catherine de Gontault .
XX. Degré . Henri Nompar de Caumont, Duc
de la Force.
Marguerite Defcodeca.
XXI. Degré. Jacques de Caumont , Marquis
de Boiffe. 1
Louife de Saint Georges.
XXII. Degré. Jacques Nompar de Caumont ,
Duc de la Force.
Sufanne de Beringhen.
XXIII. Degré. Armand Nompar de Caumont,
Duc de la Force .
Anne- Elifabeth de Gruel de la Frette.
Branche des Caumont de Beauvilla.
XVI. Charles de Caumont de Berbiguieres .
Jeanne de Baynac.
XVII . Degré. François I. de Caumont de Berbiguieres.
Jeanne de Saint -Etienne de Montbeton .
XVIII. Degré. François II. de Caumont de
Berbiguieres & de Montbeton.
Olimpe de Bitel du Buis.
XIX. Degré. Hercules de Caumont , Sieur de
Beauvilla.
Claude de Puis d'Orfille.
XX. Degré. François de Caumont de Beauvilla.
Jeanne de Langlade.
XXI. Degré. Bernard de Caumont de Beauvilla.
.Marie de Brois de S. André .
XXII. Degré. Jean-François de Caumont de
Beauvilla.
1
FEVRIER. 1758. 207
Jeanne de Maury.
XXIII. Degré. Bertrand de Caumont de Beanvilla.
Gallard de Braffac de Bearn.
XIII . Degré. Jean de Caumont a formé la
branche qui fuit.
Branche des Caumont de Gauville.
XIV. Degré. Jean de Caumont a pris les faces
pour armes. On lui donne Jeanne Danchot pour
femme.
XV. Degré. Gui ou Guyot de Caumont.
Marguerite de Fourdrinoy.
XVI. Degré. Jean de Caumont.
Marguerite de Boulainvilliers.
XVII. Degré. Antoine de Caumont aſſiſta au
mariage de Jean fon fils.
XVIII . Degré. Jean de Caumont.
I. Appolline de Montomer.
II. Antoinette de Manneville .
XIX. Degré. Antoine II. de Caumont.
Sufanne de Monfure.
II. Magdeleine du Bois.
XX . Degré. Antoine III. de Caumont .
Catherine le Fevre de Caumartin. ·
II. Marguerite d'Acheux .
XXI . Degré . Louis - Gabriel de Caumont.
Marie-Jeanne de Guerfan.
XXII. Degré. François - Marie de Caumont.
Eléonore Sabine le Meffier de Menillets.
XXIII. Degré. Augufte - Marie de Caumont,
Cornette au régiment des dragons de la Reine.
De la branche des Caumont de Picardie ,
connus fous le nom de Gauville , depuis
leur tranfmigration de Guyenne , vers
l'an 1400.
Les démarches qui ont été faites par Meffieurs
de Caumont de Gauville , tranfmigrés de Guien
I ij
196 MERCURE DE FRANCE:
ne ès Frontieres de Picardie & Normandie vers
l'an 1400 , pour ſe réunir à leur vraie origine ,
font trop connues , & ont trop affecté les perfonnes
de la plus haute confidération , & furtout
celles qui ont la bonté de s'intéreffer à leur fort ,
pour ne pas juftifier dans la circonftance préfente,
la légitimité de leurs prétentions & des moyens
fur lefquels ils s'apuient , pour fe raffoucher à la
Maifon de Caumont de Guienne , depuis Ducs
de la Force.
La Généalogie de M. de Caumont de Beauvilla,
qui paroît annoncer qu'il eft le feul rejetton de
cette illuftre Souche , opére une espece d'exclufion
peu favorable pour ceux de ce nom & Armes
anciennes qui fe croient en droit d'y prétendre.
L'on va travailler à diffiper ces préjugés par les
preuves fuivantes.
La Branche des Caumont de Gauville n'eft animée
en cela que du feul amour de la vérité , & de
la gloire de fe remonter à la pureté de fa fource.
Loin d'ici tous foupçons d'antitation : pour pouvoir
en préfumer , il faudroit prêter à Jean & à
Guy ou Guyot de Caumont , leurs Auteurs , des
perfpectives auffi prématurées qu'étendues , en
ayant amaffé des matériaux , comme Nom & Armes
dès l'année 1386 , dans la vue que leurs Succeffeurs
en fiffent un ufage frauduleux pour fe
greffer en 1757 , fur une Maifon à laquelle ils
n'auroient eu aucun raport , furtout dans un
temps où ils ignoroient les illuftrations qui devoient
décorer cette branche ainée , telles que des
Duchés & Bâtons de Maréchaux de France. On
Jaiffe le Public & les perfonnes défintérefféès , juges
d'une pareille précaution . Elles feront plus
a même d'en décider , fi elles veulent jetter les
yeux fur ce Mémoire , que l'on fera le plus ferré
le plus précis qu'il fera poffible.
FEVRIER. 1758. 197
Toutes les citations feront marquées au coinde
la vérité la plus fcrupuleufe : l'on offre d'en donner
la preuve , foit par titres originaux , foit par
différentes époques ou anecdotes tirées de la
Chambre des Comptes.
PREUVE de l'Identité des anciennes armes.
Il eft conftant que les premieres Armes de la
Maiſon Ducale de Caumont n'étoient point les
Léopards. M. le Duc de la Force convient qu'il
les porte par conceffion des Rois d'Angleterre ; la
tradition de cette Maiſon annonce que c'étoient
des Faces ou Bandes. Cette tradition va être appuyée
de preuves inconteftables . MM. les Ducs
de Lauzun qui font féparés de cette branche aînée,
vers l'an 1250 , ont toujours porté tiercé en bandes
; ce qui eft la même chofe que les Faces , à la
pofition de différence : donc les anciennes Armes
de la Maiſon Ducale de la Force n'étoient pas les
Léopards.
Guillelme ou Guillaume III , du nom qui for
me le douzieme degré de la Généalogie de la
Maiſon Ducale de la Force , donna quittance en
qualité d'Ecuyer à Hardouin le Roi , Tréforier
des guerres à Leuze , le mercredi 24 Septembre
1315. Cet acte eft fcellé de fon Sceau en cire
rouge , où il eft repréſenté à cheval , tenant fon
bouclier de la main gauche , fur lequel il paroît 3
Faces & 3 Léopards , le cheval caparaçonné des
mêmes armes. Il eft le premier que l'on voit
écarteler les Léopards avec les Faces .
Guillefme Raymond , Seigneur de Caumont ,
qui fait le XIII degré de la même généalogie ,
donna quittance le 18 Avril 1347 , à Jean Chauyel
, tréforier des guerres de 300 liv. pour le de
I iij
TOS MERCURE DE FRANCE .
meurant de fes gages : fon fceau eft en cire rouge ,
partie de 3 Léopards & d'un Facé.
26 Septembre 1352. Autre quittance du même ,
& fous le même fcel de 752 liv , donnée à Jacques
l'Empereur , tréforier des guerres.
Jean Bâtard de Guillelme ou Guillaume , légitimé
au Monceau S. Mayence , le 25 Mars 1346,
donna quittance fur fes gages de 15 liv. à Paris le
13 Octobre 1356 ; fon iceau eft en cire rouge ,
une face accompagnée de 3 Etoiles à fix raies :
comme bâtard il garda une face , le tiers des armes
de fa Maiſon avec différentes Brifures .
Ce que l'on vient de rapporter démontre clairement
que les Auteurs de la Maiſon Ducale de
Caumont, jufqu'au 13 dégré inclufivement , ont
porté les Faces pour Armes.
Nompar , qui a fait le 14 degré , quitta totalement
les faces en 1366 , pour prendre les léopards ',
armes d'Angleterre , pendant que Guillefme ou
Guillaume Raimond fon pere & fon grand- pere ,
avoient porté les faces écartelées avec les léopards,
comme on a dit ci - deffus , & dont on pourroit
'donner d'autres exemples.
Guillelme Raimont , Seigneur de Caumont ,
eut pour femme Efclamor de Defpins , dont il eut
trois enfans mâles , Nompar , Jean & Gaiton . Il
fit fon teftament en 1365 , par lequel il ſubſtitua
& rappella au défaut de hoirs mâles de Nompar
fon aîné , Jean fon fecord fils , auteur de la branche
des Caumont de Picardie ; il rappella auffi
Gafton fon troifieme fils.
Nompar , Seigneur de Caumont , qui fait le
quatorzieme degré de la généalogie de la branche
Ducale , époufa Magne de Caftelnau , par contrat
du 26 novembre 1368. Il rappella par fon
teftament dus août 1400 , Jean & Gaſton fes
FEVRIER. 1758 .
199
›freres :: ce titre eft en original dans les archives
de M. le Duc de la Force , ce qui prouve qu'il
connoiffoit leur exiftence jufques dans le commencement
du quatorzieme fiécle , & fait en même
temps une liaiſon parfaite avec les différentes
époques des quittances que Jean de Caumont a
données aux Tréforiers des guerres , que l'on va
ordre & par dates.
·
rapporter par
Il paroît par le compte de Guillaume Denfernet
, Tréforier des guerres , que Jean de Caumont
, Ecuyer- Servant avec neufautres Ecuyers ,
donna quittance de 150 liv . fur fes gages & de fes
Ecuyers , le 16 février 1386 , fcélée en cire rouge
du fceau de fes armes , trois faces furmontées
en chef de deux tourteaux & une étoile.
L'on voit une autre quittance en 1388 , fcélée
du même fcel , avec cette différence , que les
-trois faces font furmontées d'une étoile & de deux
tourteaux , & une autre fois d'une étoile & d'un
tourteau .
Tout le monde fçait que les armes varioient
anciennement , & que le fçeau du Gentilhomme
tenoit lieu de fa fignature : ioriqu'il lui arrivoit
de le perdre , il en faifoit déclaration juridique ,
le révoquoit , & pour qu'il ne lui pût porter aucun
préjudice , il déclaroit celui qu'il avoit pris
de nouveau , auquel il avoit fait quelque changement
ou addition .
Le Comte de Macéhéron , Tréforier des guerres
de l'année 1405 , marque que Jean de Cau-
-mont Ecuyer , fut reçu , avec plufieurs autres
-Ecuyers à fa fuite , à Gravelines , dans les mois de
juin , juillet & août 1404 ; il toucha plufieurs
fommes fur les gages de fes fervices militaires &
de fes Ecuyers , de Jean de Précy , Tréforier des
guerres : plufieurs montres & quittances de Jean
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de Caumont font fcélées de fon fcel en cire rou
ge , avec l'empreinte de fes armes , trois faces
furmontées de trois tourteaux , telles qu'il les a
tranfmis à Guy ou Guyot de Caumont fon fuccef.
feur & héritier , aux mêmes noms & armes que
fes defcendans ont portés, fans aucun changement
ni interruption jufqu'à ce jour.
Preuves présomptives de la Tranfmigration.
L'on a vu Jean & Gafton de Caumont freres ;
venir de Guienne pendant dix années confécutives
, fervir fur les frontieres de Normandie , Picardie
& Flandre , fous le commandement du Sire
d'Albret & des Ducs d'Aquitaine , avec à peu près
le même nombre d'Ecuyers à leur fuite , portant
le même nom & les mêmes armes avec cette
feule différence , que Gafton avoit changé quelque
chofe dans fes brifures ; c'eft pendant ces
guerres que la tranfmigration de Jean de Caumont
s'eft faite en Picardie ; l'on peut d'autant mieux
l'aflurer , que l'on ne voit pas qu'il ait fait aucun
établiffement de
ment dans la patrie ni rien qui annonce
qu'il fait mort fans postérité.
r
Jean étant admis frere de Gaſton , par une con
féquence néceffaire & abfolue , il eft auffi frere de
Nompar l'un fe prouve par l'autre , & établit
l'identité. L'on convient qu'il manque ici un contrat
qui dife que Guyot de Caumont eft fils de
Jean . Un titre de cette nature ſeroit trop fatis
faifant , puifque dans une généalogie de vingttrois
dégrés , il conftateroit la fucceffion & la filiation
d'une façon auffi précife & auffi claire que
celle d'un pere à fon fils . Malgré le défaut de ce
feul titre , il ne refte rien de louche ni d'équivoque
dans la jonction , parce qu'en rapprochant
C
FEVRIER. 1758. 201
ceux de M. le Duc de la Force , Pon y verra que
Nompar a rappellé Jean fon frere par fon teftament
du 5 août 1400. En remontant ceux de la
Branche de Caumont de Picardie , l'on y lira
que
Guyot de Caumont qui a fait fon teſtament le s
mai 1472 , s'étoit marié le 14 avril 1436 , en
fuppofant qu'il ait contracté mariage de 25 à 30
ans; tout eft rempli , de forte qu'il ne fe trouve
ni vuide , ni lacune , ni interruption dans la fucceffion
du nom & des armes dont Guyot de Caumont
& fes defcendans font les héritiers .
ont
Mais , dira- t-on fans doute , pourquoi Jean
dans fa tranfmigration n'a-t -il pas pris les léopards
que Nompar fon frere avoit adoptés , &
que Guillefime Raimond fon pere , avoit portés
avec les faces ? Il est tout fimple de répondre ,
qu'il ne le pouvoit , qu'il ne le devoit , parce que
la branche aînée qui tenoit pour lors le parti des
Rois d'Angleterre , n'a pu fe difpenfer de prendre
les léopards qu'elle avoit eus par conceffion
de ces mêmes Rois ; au lieu que Jean & Gaſton
qui étoient au fervice des Rois de France ,
confervé les faces , anciennes armes de leur maifon
, fans y mêler celles d'Angleterre contre qui
ils faifoient la guerre , ce qui indépendamment
de leurs différentes quittances rapportées ci - def
fus , eft prouvé par un titre latin , tiré fur l'onginal
de la Tour de Londres , par lequel Henri
V , Roi d'Angleterre , pour lors en poffeffion de
la Normandie , prononce la confifcation des biens
de Jean de Caumont , pour avoir porté les armes
contre lui : elle eft de Bayeux , datée de la fixieme
année de fon regne. Comme il feroit trop long
de rapporter ici tout ce qui peut militer en faveur
des Caumont de Picardie , l'on fe contentera de
dire , qu'après avoir ſuffiſamment détruit tous les
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
foupçons d'antitation , établi l'identité & la fucceffion
du nom & des armes fans interruption ,
prouvé le même nombre de degrés , après avoir
fait voir par un manufcrit fort étendu , l'extinction
des bâtards de ce nom , & démontré l'alibi
des différentes maifons de Caumont avec leſquel-
1es ils n'ont & ne peuvent avoir aucun rapport ,
ni par la contemporanité , ni par les titres , ni
par les fucceffions des terres , & encore moins par
Îa conformité des armes , le tout bien conftaté ,
ils continueront à fe dire hautement comme ils
ont toujours fait , non pas de la maifon de la Force
, parce que le Duché de ce nom n'en étoit
point l'appanage lors de leur féparation ; mais
bien defcendans des Caumont de Guienne ou Agenois
, depuis Ducs de la Force , à moins qu'on
ne leur faffe voir que Jean de Caumont frere de
Nompar , n'ait fait fouche ailleurs , ou ne ſoit
mort fans poftérité. M. de Caumont de Fontaine ,
ancien Major du Régiment des Dragons de la Reine
, qui a entrepris l'ouvrage de cette jonction ,
& qui continue avec foin fes recherches pour le
conduire à fa perfection , fe flatte que non-feulement
M. le Duc de la Force ne défapprouvera pas
l'ardeur & le zele avec lefquels il travaille , pour
fe réunir à une des plus grandes maiſons , d'où il
attend tout fon luftre & fa gloire ; mais encore
qu'il voudra bien l'aider de la communication de
fes titres , & furtout des teftamens de Guilleſme
Raimond & de Nompar de Caumont . Il s'appuye
fur neuf ou dix dégrés foutenus de titres originaux
, fans une feule méfalliance , pour le remonter
& tendre la main à M. le Duc de la Force : s'il
veut avoir la bonté d'en defcendre un feul , la jonction
fera faite felon l'ordre généalogique le plus
ftrict & le plus févere.
FEVRIER . 1758. 203
Si contre tout espoir , & par le malheur des
temps , le feul titre de jonction qui eft écarté , ne
le recouvre pas , & que l'on ne veuille point admettre
ceux qui devroient y ſuppléer , les Caumont
de Picardie s'en tiendront à la preuve qu'ils
ont donnée , qu'ils font nobles d'extraction militaire
dès l'an 1400 & au- deffus , portant les anciennes
armes des Caumont de Guienne dont on
ne voit pas l'origine , & dont les premiers auteurs
ont paru avec dignité & diftinction , foit à la
guerre , foit à la Cour , puifque Jean de Caumont
eft qualifié de Capitaine de cent quarante
hommes d'armes ; qu'on le voit fervir avec plufieurs
Ecuyers à fa fuite , & que Guy ou Guyot
de Caumont fon héritier & fucceffeur aux nom &
armes , étoit Ecuyer d'honneur du Roi Charles
VI, felon l'ordonnance de fon Hôtel , du mois de
ſeptembre 1418.
Ils ont de plus l'honneur d'appartenir à ce qu'il
y a de plus grandes maifons dans la Picardie & le
Vexin ils font en état d'en juftifier par des actes
de partages & de tutelles avec les Princes de
Montmorenci Logny , les Comtes de Mailli- Haucourt
, les Ducs de Biron & Belloy-Morangle ,
& d'autres alliances directes ou mutuelles , avec
les maifons de Mouy , de Conflans , d'Etrées , de
Gaillard -Bois , de Paulmy , au troifieme degré
par les Lefévre de Caumartin , d'Eftrades , de
Manneville , de Guiry- Chaumont , de Saveuſe
de la Boifiere - Chambort , de Boulainvilliers , de
Crény , d'Alencourt , de Monfure , de la Ruë-
Bernapré & autres , ce qui les autorife à fe remonter
à ce qu'il y a de plus élevé.
Le pere Simplicien qui a traité l'hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne , auroit bien dû
conduire Jean & Gafton de Caumont freres de
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Nompar , jufqu'à quelques degrés de leur fépara
tion , furtout les voyant rappellés par deux teftamens
confécutifs. Cette attention de fa part auroit
mis les chofes dans une évidence parfaite. Mais
non , il s'eft contenté de les laiffer en blanc au
treizieme degré de la généalogie de la maifon
Ducale de la Force : fans doute qu'il ignoroit leur
tranfmigration . On peut lui paffer cette omiffion,
après la confufion & l'erreur manifefte qu'il a faite
au feizieme degré de la même généalogie , où il
donne Charles de Caumont pour auteur de la branche
des Caumont de la Force , pendant que c'eft
lui qui a formé celle des Caumont de Monbeton
& de Beauvilla ; il n'a pas moins fallu que toute
la précifion , la pureté & l'autenticité des titres de
M. le Marquis de Caumont de Beauvilla , pour
détruire cette erreur & diffiper le préjugé où le
public & M. le Duc de la Force étoit lui- même ,
qu'il reftoit le dernier de fa maiſon. Les Caumont
de Gauville n'étoient point frappés de cette illufion.
Le mariage que Cofme de Caumont , Lieu
tenant- Colonel de Cavalerie , connu fous le nom
de Foucaucourt , avoit fait avec Ifabeau de Roquefeuille
, l'ayant rétabli dans fon ancienne Patrie , il
avoit été à portée de lier connoiffance avec Monfieur
de Caumont de Bauvilla , dont il s'eft trouvé
voifin par fa terre de Sérignac : comme ils
étoient l'un & l'autre plus près de leur fource , il
leur étoit plus facile d'en connoître les points de
féparation , ce qui faifoit qu'ils le regardoient deſ
cendans de la même fouche .
La liaiſon mutuelle qui avoit régné entre ces
deux maifons , a fubfifté jufqu'au décès du fieur
de Caumont de Foucaucourt arrivé en 1733 .
N'ayant point laiffé d'enfans , le grand éloignement
qu'il y a de Quercy en Picardie , a fait que
FEVRIER. 1758. 203
fes neveux ont perdu de vue cette branche de
Caumont de Beauvilla : c'eft avec toute la fatisfaction
poffible qu'ils la voyent revivre avec fplendeur
, par la repréfentation & le rappel authenti .
que de M. le Marquis de Caumont.
Les Caumont de Picardie ne fe remonteront que
jufqu'au treizieme degré de la maiſon Ducale de
la Force , qui fait le point de leur féparation . Ils
fuivent pour tout ce qui eft au- deffus , les généalogies
fubfiftantes de Meffieurs les Ducs de la
Force & de Lauzun.
Additions à l'arbre généalogique de la Maiſon de
Caumont.
XIII. Degré. Guillefme-Rémond , Seigneur de
Caumont, portoit pour armes trois faces & trois léopards.
Il a épouse Efclamonde Defpins. Ils ont eu
pour enfans mâles Nompar , Jean & Gafton : ce
dernier eft mort fans poftérité. Nompar a formé les
deux branches qui fuivent.
XIV. Degré. Nompar de Caumont , qui a
adopté les léopards .
Magne de Caftelnau , pour femme .
XV. Degré. Brandelis de Caumont.
Marguerite de Bretagne.
Branche de la Maifon Ducale de la Force.
XVI. Degré . François de Caumont .
Claude de Cardaillac.
XVII. Degré . Charles de Caumont.
Jeanne de Perrufe d'Efcar.
XVIII. Degré. François de Caumont.
Philippe de Beaupoil de la Force.
XIX . Degré. Jacques Nompar de Caumont
206 MERCURE DE FRANCE:
Duc de la Force , Pair & Maréchal de France.
Catherine de Gontault .
XX. Degré . Henri Nompar de Caumont, Duc
de la Force.
Marguerite Defcodeca.
XXI. Degré. Jacques de Caumont , Marquis
de Boiffe. 1
Louife de Saint Georges.
XXII. Degré. Jacques Nompar de Caumont ,
Duc de la Force.
Sufanne de Beringhen.
XXIII. Degré. Armand Nompar de Caumont,
Duc de la Force .
Anne- Elifabeth de Gruel de la Frette.
Branche des Caumont de Beauvilla.
XVI. Charles de Caumont de Berbiguieres .
Jeanne de Baynac.
XVII . Degré. François I. de Caumont de Berbiguieres.
Jeanne de Saint -Etienne de Montbeton .
XVIII. Degré. François II. de Caumont de
Berbiguieres & de Montbeton.
Olimpe de Bitel du Buis.
XIX. Degré. Hercules de Caumont , Sieur de
Beauvilla.
Claude de Puis d'Orfille.
XX. Degré. François de Caumont de Beauvilla.
Jeanne de Langlade.
XXI. Degré. Bernard de Caumont de Beauvilla.
.Marie de Brois de S. André .
XXII. Degré. Jean-François de Caumont de
Beauvilla.
1
FEVRIER. 1758. 207
Jeanne de Maury.
XXIII. Degré. Bertrand de Caumont de Beanvilla.
Gallard de Braffac de Bearn.
XIII . Degré. Jean de Caumont a formé la
branche qui fuit.
Branche des Caumont de Gauville.
XIV. Degré. Jean de Caumont a pris les faces
pour armes. On lui donne Jeanne Danchot pour
femme.
XV. Degré. Gui ou Guyot de Caumont.
Marguerite de Fourdrinoy.
XVI. Degré. Jean de Caumont.
Marguerite de Boulainvilliers.
XVII. Degré. Antoine de Caumont aſſiſta au
mariage de Jean fon fils.
XVIII . Degré. Jean de Caumont.
I. Appolline de Montomer.
II. Antoinette de Manneville .
XIX. Degré. Antoine II. de Caumont.
Sufanne de Monfure.
II. Magdeleine du Bois.
XX . Degré. Antoine III. de Caumont .
Catherine le Fevre de Caumartin. ·
II. Marguerite d'Acheux .
XXI . Degré . Louis - Gabriel de Caumont.
Marie-Jeanne de Guerfan.
XXII. Degré. François - Marie de Caumont.
Eléonore Sabine le Meffier de Menillets.
XXIII. Degré. Augufte - Marie de Caumont,
Cornette au régiment des dragons de la Reine.
Fermer
Résumé : MEMOIRE GENEALOGIQUE De la branche des Caumont de Picardie, connus sous le nom de Gauville, depuis leur transmigration de Guyenne, vers l'an 1400.
Le document 'Mémoire généalogique' explore la branche des Caumont de Picardie, connue sous le nom de Gauville, qui a migré de Guyenne vers l'an 1400. Cette branche a entrepris des démarches pour se rattacher à la maison de Caumont de Guienne, devenue Ducs de la Force. La généalogie de M. de Caumont de Beauvilliers semble exclure les autres branches portant le même nom et les mêmes armes anciennes. Les Caumont de Gauville cherchent à dissiper les préjugés en fournissant des preuves de leur légitimité, affirmant être animés par l'amour de la vérité et la gloire de remonter à la pureté de leur source. Ils soutiennent que les premières armes de la maison ducale de Caumont n'étaient pas les léopards, mais des faces ou bandes, et apportent des preuves telles que des sceaux et des quittances datant du XIVe siècle. Le texte détaille les relations familiales et les successions au sein de la famille Caumont, mentionnant des figures comme Guillaume III, Nompar, et Jean de Caumont. Jean de Caumont a servi sous les Rois de France et a conservé les anciennes armes de sa maison, contrairement à la branche aînée qui avait adopté les léopards des Rois d'Angleterre. Les Caumont de Picardie se présentent comme nobles d'extraction militaire dès l'an 1400, portant les anciennes armes des Caumont de Guienne. Ils appartiennent à des maisons prestigieuses en Picardie et en Normandie. Le document se conclut par une demande de communication de titres et de testaments pour établir une jonction généalogique avec la maison de Caumont de la Force. Le père Simplicien, dans son ouvrage sur les Grands Officiers de la Couronne, a omis de tracer la généalogie complète des frères Jean et Gaston de Caumont, se limitant au treizième degré. Il a également commis une erreur en attribuant à Charles de Caumont la branche des Caumont de la Force, alors qu'il a fondé celle des Caumont de Monbeton et de Beauvilliers. Les titres authentiques du Marquis de Caumont de Beauvilliers ont permis de corriger cette erreur. Les Caumont de Gauville, grâce à un mariage et des liens de voisinage, ont pu mieux connaître les points de séparation de leur lignée. La liaison entre les Caumont de Gauville et de Beauvilliers a perduré jusqu'au décès de Cosme de Caumont en 1733. Les Caumont de Picardie se réfèrent au treizième degré de la maison Ducale de la Force pour leur généalogie, suivant les lignées des Ducs de la Force et de Lauzun pour les degrés antérieurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10745
p. 208-212
AVIS sur la Loterie accordée par le Roi à son Ecole Royale Militaire, par Arrêt du Conseil du 15 Octobre 1757.
Début :
La Loterie accordée par Sa Majesté à son Ecole Militaire, est composée sur les principes [...]
Mots clefs :
Loterie de l'école royale militaire, Numéros, Roue de Fortune, Tirage, Sommes, Ambe, Extrait, Terne, Explications
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS sur la Loterie accordée par le Roi à son Ecole Royale Militaire, par Arrêt du Conseil du 15 Octobre 1757.
AVIS fur la Loterie accordée par le Roi à fon Ecole
Royale Militaire , par Arrêt du Conseil du 15
Octobre 1757.
LA Loterie accordée par Sa Majeſté à ſon Ecole
Militaire , eft compofée fur les principes de celles
qui font établies depuis long - temps à Genes ,
Rome , à Venife , à Milan , à Naples , & en
dernier lieu par l'Impératrice Reine dans fes Etats
héréditaires d'Allemagne , & à Prague.
Cette Loterie confifte en 90 numéros , depuis
1 jufques & compris 90 , à chacun defquels on a
joint , fuivant l'ufage d'Italie , un nom de Fille ,
pour les mieux diftinguer. De ces 90 numéros ,
renfermés tous dans une roue de fortune , on en
tire cinq feulement au hazard à chaque tirage ,
& ces cinq numéros décident de la perte ou du
gain de tous ceux qui ont mis à la Loterie. Il y
aura huit tirages par an .
On met à cette Loterie de trois manieres différentes
, par Extrait , par Ambe & par Terne.
Par Extrait : c'eft placer une fomme quelconque
fur un feul numéro . Si le numéro que l'on
aura choifi fe trouve parmi les cinq numéros
fortis de la roue , on gagnera is fois fa mife.
Si la mife eft de 24 livres , le lot fera de 360 liv.
on pourra mettre de cette maniere fur chaque
numéro , depuis 12 fols jufqu'à 6000 livres.
Par Ambe : c'eft placer une fomme quelconque
fur deux numéros enfemble. Si les deux numéros
que l'on aura ainfi choifis , fe trouvent
tous les deux parmi les cinq numéros fortis de
la roue , on gagnera un lot de 270 fois la miſe.
FEVRIER. 1758. 209
Si la mife eft de 24 liv. le lot fera de 6480 liv.
S'il ne fort qu'un des deux numéros , on ne gagnera
rien : on peut mettre de cette maniere depuis
12 fols jufqu'à 300 liv.
Par Terne : c'eft placer une fomme quelconque
fur trois numéros enfemble. Si les trois numéros
que l'on aura ainfi choifis , fe trouvent
tous les trois parmi les cinq numéros fortis de
la roue , on gagnera un lot de 5200 fois la
mife. Si la mife eft de 24 liv. le lot fera de
124800 liv. Si des trois numéros choifis il n'en
fort qu'un ou deux , on ne gagnera rien : on peut
mettre de cette maniere depuis 12 fols jufqu'à
150 liv.
On eft le maître du choix des numéros : ainfi
les mêmes numéros peuvent être pris concurremment
par 50 , 100 ou mille perfonnes plus ou
moins l'événement des numéros qu'elles ont
choifis , leur eft commun à toutes.
On peut mettre par Extrait fur plufieurs nu
méros , dans un feul & même billet , en plaçant
fur chacun une fomme quelconque ; on le peut
faire également par Ambe & par Terne, en payang
autant de fois la mife quelconque , que la quan
tité des numéros que l'on aura choifis , pourra
produire d'Ambes ou de Ternes : 3 numéros font
3 Ambes , 4 numéros font 6 Ambes , s numéros
font 10 Ambes , & c.
Am-
Exemple. Soient les numéros 7 , 15 , 22 .
bes qui en résultent : 7-15 . 7-22 . 15-22.
Soient les quatre numéros 10 , 25 , 60 , 71 .
Ambes qui en résultent : 10-25. 10-60. 10-71 .
25-60. 25-71.60-71.
Soient les cinq numéros 11 , 22 , 26 , 30 , 60:
Ambes qui en résultent : 11-22. 11-26.11-30.
11-60. 22-26 . 22-30. 22-60 , 26-30, 26-604
30-60.
210 MERCURE DE FRANCE.
Par conféquent , fi on veut mettre 24 liv . par
Ambe fur 3 numéros , il faudra payer 72 livres.
On payera 144 liv . pour 4 numéros ,
& 240 liv.
pours numéros.
Il en fera de même fi on veut mettre par
Terne fur plufieurs numéros . Quatre numéros
font 4 Ternes ; cinq numéros font 10 Ternes , &c.
Exemple. Soient les 4 numéros 71 , 83 , 88 , 90 .
Ternes qui en résultent : 71 - 83 - 88. 71-83-90.
71-88-90 . 83 - 88 - 90 .
Soient les numéros 50 , 57 , 67 , 81 , 86.
Ternes qui en réfultent : 50-57-67 . 50-57-81 .
50-57-86. 50-67-81 . 50-67-86. 50-81-86.
57-67-81 . 57-67-86. 57-81-86 . 67-81-86.
On voit clairement que fi on veut mettre 6 liv.
par Terne fur quatre numéros , il faudra payer
24 livres . Si on veut placer la même miſe de
6 livres par Terne fur cinq numéros , il faudra
payer 60 liv. Si on a mis 6 liv . par Terne fur
cinq numéros , c'est - à -dire 60 liv. & que des cinq
numéros que l'on aura choifis , il en forte quatre,
on gagnera quatre lots de Terne , chacun de
5200 fois la mife , c'est-à- dire de 31200 liv . chacun.
Si les numéros choifis fortent tous les cinq
de la roue , on gagnera dix lots de Terne , faifanr
enfemble 3120co liv . On peut faire le calcul des
autres mifes fur la même regle.
Quoiqu'on ne puiffe jamais gagner à la Loterie
plus de cinq Extraits , dix Ambes & dix Ternes,
parce que les cinq numéros que l'on tire de la
roue , n'en font pas davantage , il est évident
cependant qu'en prenant une plus grande quantité
de numéros , on en a moins de contraires ;
& la chance par- là devient beaucoup plus avantageufe.
Enfin on peut mettre à cette Loterie fur telle
quantité de numéros qu'on veut.
Q
FEVRIER. 1758 . 211
Enſemble par Extrait & par Ambe.
Enſemble par Extrait & par Terne.
Enſemble par Ambe & par Terne.
Enſemble par Extrait , par Ambe & par Terne.
On va voir , par l'exemple ci-après , l'avantage
qu'on peut retirer en mettant à la Loterie de
cette derniere maniere . Suppofons la mife de
6 liv. fur cinq numéros quelconques , par Extrait,
par Ambe & par Terne : comme cinq numéros
font cinq Extraits , dix Ambes & dix Ternes , on
payera vingt- cinq fois 6 liv . qui font 150 livres.
Si un feul des cinq numéros fort de la roue ,
on gagnera un feul lot d'Extrait de quinze fois
la mife , c'eſt- à- dire 90 livres . S'il fort de la roue
deux numéros , on gagnera trois lots , deux lots
d'Extrait & un lot d'Ambe , pour chaque lot
d'Extrait 90 liv. & pour le lot d'Ambe 270 fois
la mife , ce qui fait 1620 liv. & en total 1800 liv .
S'il fort trois numéros des cinq qu'on aura choifis ,
on gagnera fept lots , trois lots d'Extrait , trois
lots d'Ambe & un lot de Terne ; pour chacun
des lots d'Extrait 90 liv. pour chacun des lots
d'Ambe 1620 liv . & pour le lot de Terne 5200
fois la mife de 6 liv. c'eft- à-dire 31200 liv. & en
total 36330 livres . S'il fort quatre numéros , on
gagnera quatorze lots ; fçavoir , quatre lots d'Extrait
, fix lots d'Ambe , quatre lots de Terne : ce
qui fera en total 134880 liv. Enfin fi tous les
cinq numéros fortent de la roue , on gagnera
vingt-cinq lots ; fçavoir , cinq lots d'Extrait , dix
lots d'Ambe & dix lots de Terne ; ce qui fera en
total 328650 livres.
On peut appliquer ce principe généralement
à toutes les mifes quelconques , plus ou moins
confidérables , ou par Extrait & par Ambe , ou
par Extrait & par Terne , ou par Ambe & par
212 MERCURE DE FRANCE .
Terne , ou par Extrait , par Ambe & par Terne:
On peut ajouter à ce détail une réflexion fort
fimple ; c'eft que cette Loterie pouvant perdre &
gagner , toutes les chances qu'elle offre font donc
plus égales & plus intéreffantes.
On pourra s'adreffer , pour mettre cette Lo
terie , à Paris , chez Lambert , Libraire & Receveur
de ladite Loterie ,rue & à côté de la Comédie
Françoile , en obfervant d'affranchir les lettres
& l'argent qu'on lui enverra. Il donnera aux
perfonnes qui le défireront , tous les éclairciffemens
dont elles auront beſoin , & leur enverra
même , fi elles le fouhaitent , l'Arrêt du Conſeil ,
qui fera imprimé inceffamment , & dont cet Avis
n'eft que l'extrait . Et à M. Ducoin , Négociant ,
rue du Mail , vis - à- vis l'hôtel d'Angleterre .
Royale Militaire , par Arrêt du Conseil du 15
Octobre 1757.
LA Loterie accordée par Sa Majeſté à ſon Ecole
Militaire , eft compofée fur les principes de celles
qui font établies depuis long - temps à Genes ,
Rome , à Venife , à Milan , à Naples , & en
dernier lieu par l'Impératrice Reine dans fes Etats
héréditaires d'Allemagne , & à Prague.
Cette Loterie confifte en 90 numéros , depuis
1 jufques & compris 90 , à chacun defquels on a
joint , fuivant l'ufage d'Italie , un nom de Fille ,
pour les mieux diftinguer. De ces 90 numéros ,
renfermés tous dans une roue de fortune , on en
tire cinq feulement au hazard à chaque tirage ,
& ces cinq numéros décident de la perte ou du
gain de tous ceux qui ont mis à la Loterie. Il y
aura huit tirages par an .
On met à cette Loterie de trois manieres différentes
, par Extrait , par Ambe & par Terne.
Par Extrait : c'eft placer une fomme quelconque
fur un feul numéro . Si le numéro que l'on
aura choifi fe trouve parmi les cinq numéros
fortis de la roue , on gagnera is fois fa mife.
Si la mife eft de 24 livres , le lot fera de 360 liv.
on pourra mettre de cette maniere fur chaque
numéro , depuis 12 fols jufqu'à 6000 livres.
Par Ambe : c'eft placer une fomme quelconque
fur deux numéros enfemble. Si les deux numéros
que l'on aura ainfi choifis , fe trouvent
tous les deux parmi les cinq numéros fortis de
la roue , on gagnera un lot de 270 fois la miſe.
FEVRIER. 1758. 209
Si la mife eft de 24 liv. le lot fera de 6480 liv.
S'il ne fort qu'un des deux numéros , on ne gagnera
rien : on peut mettre de cette maniere depuis
12 fols jufqu'à 300 liv.
Par Terne : c'eft placer une fomme quelconque
fur trois numéros enfemble. Si les trois numéros
que l'on aura ainfi choifis , fe trouvent
tous les trois parmi les cinq numéros fortis de
la roue , on gagnera un lot de 5200 fois la
mife. Si la mife eft de 24 liv. le lot fera de
124800 liv. Si des trois numéros choifis il n'en
fort qu'un ou deux , on ne gagnera rien : on peut
mettre de cette maniere depuis 12 fols jufqu'à
150 liv.
On eft le maître du choix des numéros : ainfi
les mêmes numéros peuvent être pris concurremment
par 50 , 100 ou mille perfonnes plus ou
moins l'événement des numéros qu'elles ont
choifis , leur eft commun à toutes.
On peut mettre par Extrait fur plufieurs nu
méros , dans un feul & même billet , en plaçant
fur chacun une fomme quelconque ; on le peut
faire également par Ambe & par Terne, en payang
autant de fois la mife quelconque , que la quan
tité des numéros que l'on aura choifis , pourra
produire d'Ambes ou de Ternes : 3 numéros font
3 Ambes , 4 numéros font 6 Ambes , s numéros
font 10 Ambes , & c.
Am-
Exemple. Soient les numéros 7 , 15 , 22 .
bes qui en résultent : 7-15 . 7-22 . 15-22.
Soient les quatre numéros 10 , 25 , 60 , 71 .
Ambes qui en résultent : 10-25. 10-60. 10-71 .
25-60. 25-71.60-71.
Soient les cinq numéros 11 , 22 , 26 , 30 , 60:
Ambes qui en résultent : 11-22. 11-26.11-30.
11-60. 22-26 . 22-30. 22-60 , 26-30, 26-604
30-60.
210 MERCURE DE FRANCE.
Par conféquent , fi on veut mettre 24 liv . par
Ambe fur 3 numéros , il faudra payer 72 livres.
On payera 144 liv . pour 4 numéros ,
& 240 liv.
pours numéros.
Il en fera de même fi on veut mettre par
Terne fur plufieurs numéros . Quatre numéros
font 4 Ternes ; cinq numéros font 10 Ternes , &c.
Exemple. Soient les 4 numéros 71 , 83 , 88 , 90 .
Ternes qui en résultent : 71 - 83 - 88. 71-83-90.
71-88-90 . 83 - 88 - 90 .
Soient les numéros 50 , 57 , 67 , 81 , 86.
Ternes qui en réfultent : 50-57-67 . 50-57-81 .
50-57-86. 50-67-81 . 50-67-86. 50-81-86.
57-67-81 . 57-67-86. 57-81-86 . 67-81-86.
On voit clairement que fi on veut mettre 6 liv.
par Terne fur quatre numéros , il faudra payer
24 livres . Si on veut placer la même miſe de
6 livres par Terne fur cinq numéros , il faudra
payer 60 liv. Si on a mis 6 liv . par Terne fur
cinq numéros , c'est - à -dire 60 liv. & que des cinq
numéros que l'on aura choifis , il en forte quatre,
on gagnera quatre lots de Terne , chacun de
5200 fois la mife , c'est-à- dire de 31200 liv . chacun.
Si les numéros choifis fortent tous les cinq
de la roue , on gagnera dix lots de Terne , faifanr
enfemble 3120co liv . On peut faire le calcul des
autres mifes fur la même regle.
Quoiqu'on ne puiffe jamais gagner à la Loterie
plus de cinq Extraits , dix Ambes & dix Ternes,
parce que les cinq numéros que l'on tire de la
roue , n'en font pas davantage , il est évident
cependant qu'en prenant une plus grande quantité
de numéros , on en a moins de contraires ;
& la chance par- là devient beaucoup plus avantageufe.
Enfin on peut mettre à cette Loterie fur telle
quantité de numéros qu'on veut.
Q
FEVRIER. 1758 . 211
Enſemble par Extrait & par Ambe.
Enſemble par Extrait & par Terne.
Enſemble par Ambe & par Terne.
Enſemble par Extrait , par Ambe & par Terne.
On va voir , par l'exemple ci-après , l'avantage
qu'on peut retirer en mettant à la Loterie de
cette derniere maniere . Suppofons la mife de
6 liv. fur cinq numéros quelconques , par Extrait,
par Ambe & par Terne : comme cinq numéros
font cinq Extraits , dix Ambes & dix Ternes , on
payera vingt- cinq fois 6 liv . qui font 150 livres.
Si un feul des cinq numéros fort de la roue ,
on gagnera un feul lot d'Extrait de quinze fois
la mife , c'eſt- à- dire 90 livres . S'il fort de la roue
deux numéros , on gagnera trois lots , deux lots
d'Extrait & un lot d'Ambe , pour chaque lot
d'Extrait 90 liv. & pour le lot d'Ambe 270 fois
la mife , ce qui fait 1620 liv. & en total 1800 liv .
S'il fort trois numéros des cinq qu'on aura choifis ,
on gagnera fept lots , trois lots d'Extrait , trois
lots d'Ambe & un lot de Terne ; pour chacun
des lots d'Extrait 90 liv. pour chacun des lots
d'Ambe 1620 liv . & pour le lot de Terne 5200
fois la mife de 6 liv. c'eft- à-dire 31200 liv. & en
total 36330 livres . S'il fort quatre numéros , on
gagnera quatorze lots ; fçavoir , quatre lots d'Extrait
, fix lots d'Ambe , quatre lots de Terne : ce
qui fera en total 134880 liv. Enfin fi tous les
cinq numéros fortent de la roue , on gagnera
vingt-cinq lots ; fçavoir , cinq lots d'Extrait , dix
lots d'Ambe & dix lots de Terne ; ce qui fera en
total 328650 livres.
On peut appliquer ce principe généralement
à toutes les mifes quelconques , plus ou moins
confidérables , ou par Extrait & par Ambe , ou
par Extrait & par Terne , ou par Ambe & par
212 MERCURE DE FRANCE .
Terne , ou par Extrait , par Ambe & par Terne:
On peut ajouter à ce détail une réflexion fort
fimple ; c'eft que cette Loterie pouvant perdre &
gagner , toutes les chances qu'elle offre font donc
plus égales & plus intéreffantes.
On pourra s'adreffer , pour mettre cette Lo
terie , à Paris , chez Lambert , Libraire & Receveur
de ladite Loterie ,rue & à côté de la Comédie
Françoile , en obfervant d'affranchir les lettres
& l'argent qu'on lui enverra. Il donnera aux
perfonnes qui le défireront , tous les éclairciffemens
dont elles auront beſoin , & leur enverra
même , fi elles le fouhaitent , l'Arrêt du Conſeil ,
qui fera imprimé inceffamment , & dont cet Avis
n'eft que l'extrait . Et à M. Ducoin , Négociant ,
rue du Mail , vis - à- vis l'hôtel d'Angleterre .
Fermer
Résumé : AVIS sur la Loterie accordée par le Roi à son Ecole Royale Militaire, par Arrêt du Conseil du 15 Octobre 1757.
L'arrêt du Conseil du 15 octobre 1757 autorise la création d'une loterie au profit de l'École Royale Militaire, s'inspirant des loteries existantes à Gênes, Rome, Venise, Milan, Naples, dans les États héréditaires d'Allemagne et à Prague. Cette loterie, composée de 90 numéros associés chacun à un nom de fille, fonctionne par tirages de cinq numéros parmi les 90, avec huit tirages annuels. Les mises peuvent être placées de trois manières : par Extrait, par Ambe et par Terne. Par Extrait, une somme est placée sur un seul numéro, offrant un gain de 15 fois la mise si le numéro est tiré. Par Ambe, une somme est placée sur deux numéros, avec un gain de 270 fois la mise si les deux numéros sont tirés. Par Terne, une somme est placée sur trois numéros, avec un gain de 5200 fois la mise si les trois numéros sont tirés. Les mises minimales et maximales varient selon le type de mise. Les participants peuvent choisir librement les numéros et plusieurs personnes peuvent miser sur les mêmes numéros. Il est également possible de miser sur plusieurs numéros dans un même billet, en payant proportionnellement au nombre de combinaisons possibles. Les gains sont limités à cinq Extraits, dix Ambes et dix Ternes par tirage. Les mises peuvent être effectuées à Paris chez Lambert, libraire et receveur de la loterie, ou chez M. Ducoin, négociant. Les détails complets seront disponibles dans l'arrêt du Conseil, qui sera imprimé prochainement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10746
p. 212
AVIS.
Début :
Les sieurs Bonnaire & René Loisillon, déjà excités & encouragés par des graces, [...]
Mots clefs :
Manufacture, Toiles, Voiles, Manufacture royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
LESEs fieurs Bonnaire & René Loifillon , déja
excités & encouragés par des graces , ont établi
dans la ville d'Angers , leur patrie , une manu.
facture de toiles à voiles , dont ils ont toujours
augmenté le nombre des métiers battans. Le
Roi , pour les encourager encore , a accordé à
cette manufacture le titre de Manufacture Royale,
avec des
de diftinctions & des exempmarques
tions. L'Arrêt du Confeil eft du 17 May 1717.
LESEs fieurs Bonnaire & René Loifillon , déja
excités & encouragés par des graces , ont établi
dans la ville d'Angers , leur patrie , une manu.
facture de toiles à voiles , dont ils ont toujours
augmenté le nombre des métiers battans. Le
Roi , pour les encourager encore , a accordé à
cette manufacture le titre de Manufacture Royale,
avec des
de diftinctions & des exempmarques
tions. L'Arrêt du Confeil eft du 17 May 1717.
Fermer
10747
p. 212-213
AUTRE.
Début :
La Veuve du sieur Simon Bailly, donne avis au Public, qu'elle continue de vendre [...]
Mots clefs :
Savonnette, Veuve Simon Bailly
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
A Veuve du fieur Simon Bailly , donne avis aut
Public , qu'elle continue de vendre & de débiter
des Savonnettes légeres de pure crême de favou ,
dont la propriété eft connue de tout le monde.
FEVRIER. 1758 . 213
Elle demeure toujours rue Pavée Saint Sauveur
roche la Comédie Italienne, à l'image S. Nicolas,
cochere.
A Veuve du fieur Simon Bailly , donne avis aut
Public , qu'elle continue de vendre & de débiter
des Savonnettes légeres de pure crême de favou ,
dont la propriété eft connue de tout le monde.
FEVRIER. 1758 . 213
Elle demeure toujours rue Pavée Saint Sauveur
roche la Comédie Italienne, à l'image S. Nicolas,
cochere.
Fermer
10748
p. 213
Errata du second Volume de Janvier.
Début :
Page 120, lig. 25, l'auteur établit, lis. l'auteur tablit. Pag. 176, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du second Volume de Janvier.
Errata dufecond Volume de Janvier.
Age 120 , lig. 25 , l'auteur étabit, lis. Pauteur
tablit.
Pag. 176, lig. derniere ,
Mais Omarfis , madame , à vos bontés ſe livre ,
if.
Mais Omarfis , Madame , à vos bontés le livre:
Pag. 189, lig. 14 & 15 , fur beaucoup d'intérêts .
lif. fur beaucoup d'intérêt.
Age 120 , lig. 25 , l'auteur étabit, lis. Pauteur
tablit.
Pag. 176, lig. derniere ,
Mais Omarfis , madame , à vos bontés ſe livre ,
if.
Mais Omarfis , Madame , à vos bontés le livre:
Pag. 189, lig. 14 & 15 , fur beaucoup d'intérêts .
lif. fur beaucoup d'intérêt.
Fermer
10749
p. 213
« La France Littéraire, contenant les noms & ouvrages des Gens de Lettres, [...] »
Début :
La France Littéraire, contenant les noms & ouvrages des Gens de Lettres, [...]
Mots clefs :
Ouvrages, Gens de lettres, Catalogue, Académies, Auteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La France Littéraire, contenant les noms & ouvrages des Gens de Lettres, [...] »
LA France Littéraire, contenant les noms
& les ouvrages des Gens de Lettres, des Sçavans
& des Artiſtes célebres François , qui
vivent actuellement , augmentée du Catalogue
des Académies établies , tant à Paris
, que dans les différentes villes du
Royaume , & d'un autre Catalogue alphabétique
des Titres de chaque Ouvrage
fuivi du Nom de fon Auteur , pour l'année
1758. Prix 3 liv. brochée. A Paris ,
chez Duchefne , rue S. Jacques.
& les ouvrages des Gens de Lettres, des Sçavans
& des Artiſtes célebres François , qui
vivent actuellement , augmentée du Catalogue
des Académies établies , tant à Paris
, que dans les différentes villes du
Royaume , & d'un autre Catalogue alphabétique
des Titres de chaque Ouvrage
fuivi du Nom de fon Auteur , pour l'année
1758. Prix 3 liv. brochée. A Paris ,
chez Duchefne , rue S. Jacques.
Fermer
10750
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Epitre à M. de Boissy, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
६
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
EPITRE à M. de Boiffy , fur la quantité de vers
relatifs au jour de l'an , qu'on trouve dans les
Mercures de Janvier & de Février
Vers à M. l'Abbé de N. Aum . de M. le P....
Curé des Amognes ,
page s
par un
7
Vers à Mademoifelle H.... B.... fur le retour de
l'année 1758 ,
Vers à Madame la Comteffe d'Egmont ,
9.
ΤΟ
Ifmeine , traduction à Madame la Comteffe de
Carcado , ibid.
Le lion , à qui l'on arrache une dent , Fable , par
M. Desforges-Maillard , 22
Suite des Mélanges de Littératures , de quelques
Auteurs François 25
Cantate fur la convalefcence de M. le Prince de
Turenne , 36
Lettre de M. l'Abbé Jacquin , & c. à M. de Boiffy,
& Réflexions fur le plaifir que reffent un coeur
délicat à pardonner , 39 & 40
Vers à M. de Boullongne , Confeiller d'Etat , Inrendant
des Finances ,
Réponse au quatrain du Mercure de Nov. &c . 51
so
215
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Février ,
Enigme ,
Logogryphe ,
ibid.
ibid.
52
54
Vers en Mufique pour M. & Madame de Monre
gard ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Lettre d'un Solitaire de Bretagne , au Marquis de
Mong....
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
55
58
64- Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Avertiffement au fujet du Journal de Médecine ,
Chirurgie & Pharmacie, pour l'année 1758, 67
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Précis de la folution d'un grand Problême
hiftorique , par le P. Féijoo , Bénédictin Eſpagnol
,
85
Art Militaire. Lettre à l'Auteur du Mercure , &
Examen de la Colonne qui fe trouve dans les
Rêveries du Maréchal de Saxe , & c. 102
Médecine. Remarque fur la Lettre de M. Duhamel
de Monceau , &c . 117
Séance publique de la Société des Lettres , Scien
ces & Arts de Clermont en Auvergne , &c. 125;
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique ,
Gravure ,
133
134
Horlogerie. Lettre à l'Auteur du Mercure , fur un
Cadran fingulier , 137
Méchanique, Lettre à l'Auteur du Mercure , 149
116
ART. V. SPICT CLES
Opera ,
Comédie Françoife ,
Extrait d'Iphigénie en Tauride ,
Comédie Italienne ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris &c ,
147
ibid.
148
172
173
179
Compliment fait à M. de Brou , Intendant de la
Généralité de Rouen ,
Morts ,
187
188
Addition à la Partie fugitive. Vers à M. le Contrôleur
Général.
Supplément à l'Article Chirurgie
ibid.
189
Mémoire Généalogique de la Branche des Caumont
de Picardie , 196
Avis fur la Loterie de l'Ecole Royale Militaire, 208
Avis divers , -212
६
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
EPITRE à M. de Boiffy , fur la quantité de vers
relatifs au jour de l'an , qu'on trouve dans les
Mercures de Janvier & de Février
Vers à M. l'Abbé de N. Aum . de M. le P....
Curé des Amognes ,
page s
par un
7
Vers à Mademoifelle H.... B.... fur le retour de
l'année 1758 ,
Vers à Madame la Comteffe d'Egmont ,
9.
ΤΟ
Ifmeine , traduction à Madame la Comteffe de
Carcado , ibid.
Le lion , à qui l'on arrache une dent , Fable , par
M. Desforges-Maillard , 22
Suite des Mélanges de Littératures , de quelques
Auteurs François 25
Cantate fur la convalefcence de M. le Prince de
Turenne , 36
Lettre de M. l'Abbé Jacquin , & c. à M. de Boiffy,
& Réflexions fur le plaifir que reffent un coeur
délicat à pardonner , 39 & 40
Vers à M. de Boullongne , Confeiller d'Etat , Inrendant
des Finances ,
Réponse au quatrain du Mercure de Nov. &c . 51
so
215
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Février ,
Enigme ,
Logogryphe ,
ibid.
ibid.
52
54
Vers en Mufique pour M. & Madame de Monre
gard ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Lettre d'un Solitaire de Bretagne , au Marquis de
Mong....
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
55
58
64- Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Avertiffement au fujet du Journal de Médecine ,
Chirurgie & Pharmacie, pour l'année 1758, 67
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Précis de la folution d'un grand Problême
hiftorique , par le P. Féijoo , Bénédictin Eſpagnol
,
85
Art Militaire. Lettre à l'Auteur du Mercure , &
Examen de la Colonne qui fe trouve dans les
Rêveries du Maréchal de Saxe , & c. 102
Médecine. Remarque fur la Lettre de M. Duhamel
de Monceau , &c . 117
Séance publique de la Société des Lettres , Scien
ces & Arts de Clermont en Auvergne , &c. 125;
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Mufique ,
Gravure ,
133
134
Horlogerie. Lettre à l'Auteur du Mercure , fur un
Cadran fingulier , 137
Méchanique, Lettre à l'Auteur du Mercure , 149
116
ART. V. SPICT CLES
Opera ,
Comédie Françoife ,
Extrait d'Iphigénie en Tauride ,
Comédie Italienne ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris &c ,
147
ibid.
148
172
173
179
Compliment fait à M. de Brou , Intendant de la
Généralité de Rouen ,
Morts ,
187
188
Addition à la Partie fugitive. Vers à M. le Contrôleur
Général.
Supplément à l'Article Chirurgie
ibid.
189
Mémoire Généalogique de la Branche des Caumont
de Picardie , 196
Avis fur la Loterie de l'Ecole Royale Militaire, 208
Avis divers , -212
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des épîtres, des fables, des cantates et des lettres. Parmi les œuvres notables, on trouve des vers dédiés à diverses personnalités, une fable intitulée 'Le lion, à qui l'on arrache une dent' par M. Desforges-Maillard, et une cantate pour la convalescence de M. le Prince de Turenne. L'Article II aborde les nouvelles littéraires, incluant des extraits de livres récents et des lettres. L'Article III couvre les sciences et les belles-lettres, avec un précis historique par le P. Féijoo, une lettre sur des aspects militaires, et des remarques médicales. L'Article IV est consacré aux beaux-arts, avec des sections sur la musique, la gravure, l'horlogerie et la mécanique. L'Article V mentionne des spectacles, tels que des opéras et des comédies. Enfin, l'Article VI contient des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que des avis divers et des mémoires généalogiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer