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6401
p. 1814
« On apprend de Rome, que le Cavalier Galilei, a été choisi pour faire executer [...] »
Début :
On apprend de Rome, que le Cavalier Galilei, a été choisi pour faire executer [...]
Mots clefs :
Rome, Fresque
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texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Rome, que le Cavalier Galilei, a été choisi pour faire executer [...] »
On apprend de Rome, que le Cavalier Galilei , a été choisi pour faire executer le nouveau Portail de S. Jean de
Latran , sur ses Desseins que le Pape a
préferez à tous ceux qui lui ont été présentez. On ajoûte que Sa Sainteté a choisi le Cavalier Placide Costanzi , celebre
Peintre, pour la Fresque de la Coupole
de l'Eglise de Palestrine , que le Pape fait
réparer à ses frais.
Latran , sur ses Desseins que le Pape a
préferez à tous ceux qui lui ont été présentez. On ajoûte que Sa Sainteté a choisi le Cavalier Placide Costanzi , celebre
Peintre, pour la Fresque de la Coupole
de l'Eglise de Palestrine , que le Pape fait
réparer à ses frais.
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6402
p. 1814
« On écrit de Londres, que M. Hamilton, Gentilhomme Ecossois, qui prétend [...] »
Début :
On écrit de Londres, que M. Hamilton, Gentilhomme Ecossois, qui prétend [...]
Mots clefs :
Londres, Monsieur Hamilton, Naviguer
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texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Londres, que M. Hamilton, Gentilhomme Ecossois, qui prétend [...] »
On écrit de Londres , que M. Hamilton , Gentilhomme Ecossois , qui prétend
avoir trouvé les Longitudes , doit s'embarquer pour les Indes Occidentales , accompagné de deux Capitaines des plus
expérimentez dans l'Art de naviger
pour être témoins des preuves qu'il donnera de sa découverte dans son operation Astronomique ; et on dit qu'en cas
de succès , les Commissaires de l'Amirauté lui donneront une récompense de
20000. livres sterlins , outre les 100. mille livres sterlins que le Gouvernement a
promis à celui qui aura découvert les
Longitudes. Il doit operer avec l'Instrument du Docteur Wright , qu'on nomne l'Orrery.
avoir trouvé les Longitudes , doit s'embarquer pour les Indes Occidentales , accompagné de deux Capitaines des plus
expérimentez dans l'Art de naviger
pour être témoins des preuves qu'il donnera de sa découverte dans son operation Astronomique ; et on dit qu'en cas
de succès , les Commissaires de l'Amirauté lui donneront une récompense de
20000. livres sterlins , outre les 100. mille livres sterlins que le Gouvernement a
promis à celui qui aura découvert les
Longitudes. Il doit operer avec l'Instrument du Docteur Wright , qu'on nomne l'Orrery.
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Résumé : « On écrit de Londres, que M. Hamilton, Gentilhomme Ecossois, qui prétend [...] »
M. Hamilton, un gentleman écossais, affirme avoir découvert les longitudes. Il doit se rendre aux Indes Occidentales avec deux capitaines pour démontrer sa découverte à l'aide de l'instrument du Docteur Wright, l'Orrery. En cas de succès, il recevra 20 000 livres sterling de l'Amirauté et 100 000 livres sterling du gouvernement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6403
p. 1814-1815
« Le Sieur Baradelle, Ingenieur pour les Instrumens de Mathématique, donne avis qu'il a lui [...] »
Début :
Le Sieur Baradelle, Ingenieur pour les Instrumens de Mathématique, donne avis qu'il a lui [...]
Mots clefs :
Instruments de mathématique, Jauge, Académie royale des sciences
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texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Baradelle, Ingenieur pour les Instrumens de Mathématique, donne avis qu'il a lui [...] »
Le Sieur Baradelle, Ingenieur pour les Instrumenmens de Mathématique , donne avis qu'il a lui
seul les veritables principes de la division d'une
Jauge , construite à la maniere des Fermes ; elle
n'est point sujette aux inconveniens des anciennes Jauges , sujettes à tant de discussions ;
elle donne dans tous les cas possibles , la continence géométrique des Tonneaux . C'est la pré- miere Jauge qui a été approuvée par l'Académie
Royale des Sciences. Elle jauge toute sorte de
Tonneaux courbe et silindrique. Cette Jauge est
si facile , qu'un enfant de dix ans la concevra
et en fera usage. Il a lui seul une autre sorte de
Jauge que l'on nommeVergue , qu'il a divisée en
veltes ou septiers et en pintes ; et donne la ma
niere de s'en servir. Il continue toûjours de débiter ses Encriers qui conservent l'Encre sans se
secher pendant plusieurs années. Sa demeure est
sur le Quay de l'Horloge , à l'Enseigne de l'Obser- vatoire.
seul les veritables principes de la division d'une
Jauge , construite à la maniere des Fermes ; elle
n'est point sujette aux inconveniens des anciennes Jauges , sujettes à tant de discussions ;
elle donne dans tous les cas possibles , la continence géométrique des Tonneaux . C'est la pré- miere Jauge qui a été approuvée par l'Académie
Royale des Sciences. Elle jauge toute sorte de
Tonneaux courbe et silindrique. Cette Jauge est
si facile , qu'un enfant de dix ans la concevra
et en fera usage. Il a lui seul une autre sorte de
Jauge que l'on nommeVergue , qu'il a divisée en
veltes ou septiers et en pintes ; et donne la ma
niere de s'en servir. Il continue toûjours de débiter ses Encriers qui conservent l'Encre sans se
secher pendant plusieurs années. Sa demeure est
sur le Quay de l'Horloge , à l'Enseigne de l'Obser- vatoire.
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Résumé : « Le Sieur Baradelle, Ingenieur pour les Instrumens de Mathématique, donne avis qu'il a lui [...] »
Le Sieur Baradelle, ingénieur en instruments mathématiques, présente une nouvelle jauge géométrique pour mesurer la contenance des tonneaux, approuvée par l'Académie Royale des Sciences. Il propose aussi une jauge appelée 'Vergue' et fabrique des encriers conservant l'encre plusieurs années. Il réside et travaille sur le Quay de l'Horloge, à l'enseigne de l'Observatoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6404
p. 1815
CHANSON.
Début :
Quelle douce vapeur, quel parfum précieux, [...]
Mots clefs :
Bouteille, Vapeurs, Glous glous
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Uelle douce vapeur, quel parfum précieux ,
S'éleve de ton sein , ô charmante Bouteille !
Que j'aime à voir briller tes Rubis à mes yeux !
Que tes glous , glous, chatouillent mon oreille !
Chers amis , je la livre à vos embrassemens.
Cette Maîtresse , à tous liberale et fidelle ,
Elle offre à votre goût mille appas renaissans ;
Eprouvez avec moi qu'on ne trouve qu'en elle,
Le triomphe de tous les sens.
Uelle douce vapeur, quel parfum précieux ,
S'éleve de ton sein , ô charmante Bouteille !
Que j'aime à voir briller tes Rubis à mes yeux !
Que tes glous , glous, chatouillent mon oreille !
Chers amis , je la livre à vos embrassemens.
Cette Maîtresse , à tous liberale et fidelle ,
Elle offre à votre goût mille appas renaissans ;
Eprouvez avec moi qu'on ne trouve qu'en elle,
Le triomphe de tous les sens.
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6405
p. 1816-1828
L'Opera Comique, Pieces nouvelles, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Lundy 28 Juillet, l'Opéra Comique donna la premiere Représentation [...]
Mots clefs :
Opéra-Comique, Ballet des sens, Procès des Sens, Ballet, Intérêts de village, Scène, Danseur, Lanterne véridique, Air noté, Zaïre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Opera Comique, Pieces nouvelles, &c. [titre d'après la table]
PECTACLE S.
E Lundy 28 Juillet , l'Opéra ComiLque donna la premiere Représenta
tion de deux petites Pieces nouvelles
précédées d'un Prologue, dont la premie
re Scene se passe entre l'Instinct et la Nature. Celle-ci rend compte des soins qu'elle se donne pour la Réconciliation des
sens. Il est aisé de comprendre que toures les idées de ce Prologue ont rapport
au Ballet des Sens, et au Procès des Sens
représenté à la Comédie Françoise. La
Scene de la Nature et de l'Instinct est interrompuë par l'Opinion qui vient féliciter la Nature sur le racommodement
qu'elle projette ; la Nature congédie fort
naturellement l'Opinion , quoiqu'elle se
prétende sa Collégue dans l'Empire de
Î'Univers , fondée sur le Proverbe Italien: L'Opinione Regina del Mondo.L'Instinct revient dès que l'Opinion est sortie.
Un Amour arrive pour exhorter la Nature à terminer le Procès des Sens. Après
quelques questions , elle lui demande qui
des deux Amours à la mode il aime le
mieux. ( On sçait que ces deux Amours
sont la Dule d'Angeville et la Due le Maure. )
A O UST. 1732. 1817
re. ) L'Amour répond par ce Couplet, sur
Pair : Deux beaux yeux n'ont qu'à parler.
Bon , moy , j'entens tous les jours,
Cent Discours ,
Sur ces deux aimables Amours.
Sans me sembler fort téméraire ,
Şur leur mérite , on ne peut rien régler ,
Car l'un n'a qu'à chanter pour plaire ,
Et l'autre n'a qu'à parler.
Le Prologue finit par un Ballet , composé des Sens , et de leur suite.
La premiere Piece , intitulée : Les In
terets de Village , se passe dans un Village.
Chaton , Manceau , Sécrétaire du deffunt
Bailli , paroît d'abord avec Gripant , Record et son Confident , à qui en expliquant sa situation et ses vûes , il apprend
qu'il s'apperçoit qu'il est aimé de la veuve du Bailli , mais qu'il aime Agate sa
Niéce , promise à Piérot. Primò , dit - il
je veux épouser Agate , et pour y parvenir ,
la brouiller avec Piérot. 2° . Je veux pour
jouir toujours des Revenans- bons du Bailliage , me servir de l'ascendant que j'ai sur
l'esprit de Me Triolet , ( c'est la veuve)
pour l'engager à remettre sa Charge à un imbécile qui se contente de n'en posseder que.
G Le
1818 MERCURE DE FRANCE
Le Titre, comme faisoit le deffunt. Gripant
lui demande à quel heureux imbécile il
donnera la préférence. Chaton propose
d'abord Piérot , qu'il détacheroit d'Agate, en lui inspirant l'ambition d'être Bailli ; ensuite il parle de Grosdos , riche Fermier , glorieux de Village , capable de ser- vir à ses desseins.
La Veuve paroît et tâche de s'expliquer avec Chaton , qui feint de ne pas entendre son galimatias passionné. Elle le
quitte , en appercevant Piérot. Chaton
fait accroire à Piérot que la Veuve a du
penchant pour lui , et songe à supplanter sa Niéce; il ébranle la fidélité de Piérot
en lui exagerant les prérogatives de la
Charge de Bailli. Piérot sort presqu'inconstant ; et sur le champ Chaton ins
truit Agate des inconstances de son Rival , et lui déclare en même temps son
amour. Agate méprise cette déclaration
et s'afflige de l'infidelité de Piérot. Chaton après son départ , s'applaudit du succès de son mensonge , et ne perd pas l'esperance , malgré la rigueur d'Agate . Grosdos paroît, Chaton gagne sa confiance par
des respects et des soumissions ; il lui mes
dans la tête de devenir Bailli ; Grosdos le
retient pour son Secretaire, comme avoit
fait Piérot. Chaton dit: Je tiens Grosdos
dans
AOUST. 1732. 1819
dans mesfilets; je choisirai entre Piérot et lui,
suivant les dispositions de Mme Triolet. Il
est question à present de l'amener à mon but.
Elle vient; je veux faire rompre la glace par
Gripant ; allons lui donner mes instructions.
que
Dans la Scene suivante , Janot qui survient , apprend à la Veuve qu'on parle
dans le Village de l'envie que Grosdos a
d'être Bailly. Piérot arrive , et dit crument à la Baillive , qu'il la sçait amou
reuse de lui ; elle le détrompe , et conçoit de violens soupçons au sujet de Chaton Piérot declare être la cause
de son erreur. Agate paroît quand sa tante a quitté Piérot. Il veut lui cacher sa
courte inconstance par des démonstrations de tendresse ; Agate le rebute ironiquement; Piérot se flare d'un prompt
retour. Il apperçoit Grosdos, et reste pour
le narguer ; Grosdos lui conseille de le
respecter comme un homme qui va être
bien-tôt Bailly; cette nouvelle fait changer de ton à Piérot , qui s'humilie devant
le prétendu oncle d'Agate. Grosdos dir
qu'il consultera sur ceci son Secretaire
Chaton. Ouais , dit Piérot à part ; Cha
ton par tout ! je crois que le fripon nous
trompe tous. Mme Triolet qui vient , sans
être apperçue , de surprendre Chatonaux,
pieds de sa niéce , arrive en fureur , et 292003 Gij Agate
1820 MERCURE DE FRANCE
Agate qui survient , l'augmente en se
plaignant des importunitez de ce fourbe ; ils prennent tous le parti de se ca- cher derriere des arbres , en voyant paroître Chaton et Gripant, que Piérot seul
aborde ; il les fait parler à cœur ouvert ,
sur tous leurs interêts differens. Ils sont
tous détrompez par celui qui les avoit
tous abusez ; la veuve dépitée épouse
Grosdos, et donne Agate à Piérot. Cha
ton et Gripant se retirent avec l'audace
de deux fripons , et le Village assemblé
vient féliciter le nouveau Bailly , et cele
brer les deux mariages par des Danses ,
qui forment le Divertissement.
La 2 Piéce , intitulée : L'Epreuve des
Fées, est composée de plusieurs Scenes
Episodiques , qui se passent dans une
Grotte, destinée à l'Epreuve des Fées. La
Récipiendaire y donne audience aux per- sonnages , destinez pour lui demander
graces des conseils; et c'est sur les
Réponses qu'elle fait , que les Fées cathées dans les Rochers de la Grotte , jugent de sa capacité , et la reconnoissent
Fée,à la fin de l'épreuve on la renvoye.
des et
Dans la 2de Scene , Bagatelius , Philosophe, vient demander à Finette , ( c'est la
jeune Fée qu'on éprouve ) la connoissanse de la verité. Finette, fatiguée de ses
doctes
AOUST. 1732 1811
*
doctes clabauderies , le dotie d'une extinction de voix , et le renvoye presque
muet.
Le second Client est Jacot , Paisan, qui
supplie la Fée de lui accorder le don d'être toujours autant aimé de sa femme ,
qu'il l'est présentement : Finette lui promet que son front sera toujours aussi res
pecté qu'il l'est. Il faut sçavoir que par le
recit de Jacot, et par l'éloge même qu'il
fait de sa chere moitié ,il prouve lui- même, sans s'en appercevoir qu'elle ne lui
est point du tout fidelle.
Après le départ du crédule Jacot , paroît unejolie femme , nommée Araminte ,
qui demande le rétablissement de la réputation d'une de ses bonnes amies , qu'une
jmprudence a un peu timpanisée ; la Fée
l'oblige à conter l'aventure de son amic.
Araminte avoue que cette amie a été surprise avec son amant par son mari, et dans la chaleur de sa narration elle se coupe ,
et fait connoître qu'elle est l'Héroïne du Roman.
La derniere Scene , mêlée de critique et
dé Jeu de Théatre , est remplie par un
Danseur , toujours occupé de son talent ,
et toujours sacrifiant aux Graces : Voici
des Morceaux du Panégirique qu'il fait
du Gracieux.
Giij Jai
1822 MERCURE DE FRANCE
J'ai pour le Gracieux une ardeur infinie ,
Je voue au Gracieux mes Jambes , mon Génie ;
Non , sans le Gracieux , je ne puis faire un Pás,
Il gouverne mes pieds , il balance * mes Bras ,
* , il me panche *, il me tourne Il me pousse
il m'arrête,
Il me tient le menton, quand il leve la tête ¿
Etcomme le Soleil est le flambeau des cieux
MonAstre , à moi mon Astre est ...
Pierot.
La Gargouillade.
Le Danseur.
Quoi?
Le Gracieux.
Croit- on qu'il ne me suit que dans les Bergeries▸
Je fais au bord du Stix minauder les Furies ,
Et lorsque l'on me voit figurer en Démon ,
On croit, au Masque près, voir danser Céladon.
Si je suis en Guérrier qui sort d'une Bataille ,
Si pour la tendre Alceste à Sciros je ferraille ,
Une grace me met monEpée à la main ,
Sous cent habits divers on me déguise en vain
Peste ! on me reconnoît toûjours.... Ah ! c'esɛ lui- même ,
C'est lui , dit- on, c'est lui ; que sa garce est ex- trême !
****** L'Axis différents,
Londres
AOUST. 1732.` 1823
Londres mevit un jour sous un habit oblong,
En Sacrificateur , dansant un Cotillon ,
Quel Tapage ce fut ! c'étoit pis qu'un Tonnerret
De ce Cottillon-là , les Gourmets d'Angleterre,
Se souviendront long- temps...
Finette.
Et nous aussi , ma foy !
Pierot , à la Gargouillarde.
Votre Gracieux est souvent berné , je croi,
La Gargoüillade.
Vous croicz mal , pourvu que l'on danse avec
grace ,
Nal contresens ne choque , il n'est rien qui ne
passe ;
Jamais on n'analise un divertissement ;
Ou n'y demande point ni pourquoi , ni com- ment ;
J
Qu'on mette à la Françoise un Peuple de laGrece
Que l'on Coiffe en Bichon une grande Prêtresse,
Que la Sirene prête à massacrer les gens ,
Se prépare à leur mort par des Ballets galans ,
Cela n'est-il pas bien , dés que cela.sçait plaire
Pour les autres talens ce Juge si sévere ,
Qui rejette à son gré Thalie et ses bons mots,
Houspille Melpomene, et nargue ses Héros ;
Ce Public qui par tout veut de la convenance
Apour la danse seule une entiere indulgence ;
?
2
Güij
1824 MERCURE DE FRANCE一个
Lss Romains les plus grands , par lui sont ab- batus
Dans sa conduite , il a blâmé jusqu'à Brutus ,
Mais il a vû, revû , sans chicaner l'idée ,
Danser des Tambourins aux filles de Judée.
Et dans le Ballet neuf, avant qu'il fut rogné ,
Recousu , recrépi , frisoté , tignoné ,
Devant Protésilas , sortant du sombre Empire.
Des Trépassez dansoient , on l'a vû sans en rire
Et sans imaginer aucune absurdité
Dans ces Morts qui sautoient pour un réssuscité,
Piérot.
Si l'on ne rioit pas , on en avoit envie ;
Mais on ne le pouvoit ; observez, je vous prie ,
Me disoit un Frater , me lavant le Menton >
Que les Os du Gosier sont placez de façon ,
Qu'on ne peut à la fois rire et baailler... la bou che ;
Tres-distincte à marquer quel sentiment nous touche ,
S'ouvre en long, quand on baaille, en large quand
on rit ;
Vous voiez , sans avoir autant que moi d'esprit
Que le large et le long... que le long et le large...
Ne peuvent exercer au même instant leur charge.
Piérot , Physicien !
Finette.
Piered
AOUS T. 1732. 1825
Piérot.
Ouy, c'est le long qui fait
Que l'on ne rioit pas dans le nouveau Ballet.
Finette.
A la danse s'entend ; car à la Poësie
On rioit volontiers ; et quand Laodamie ,
Déplorant les malheurs de la viduité ,
Faisant sentir combien peze la chasteté
Sur le malheureux corps d'une veuve oppressée ,
t
Aux pieds d'une Statue ardamment carressée ,
De son époux deffunt alloit chercher l'ardeur ,
On disoit fy; c'est mal rappeller son Buveur.
Il réve !
Le Danseur.
Je descens sur un Port de Provence ;
De-là , tout en dansant je vois toute la France
Je me rens à Paris pour connoître le goût
D'un Peuple que j'entens préconiser par tout.
J'y trouve dans la danse un tumulte effroiable !
Chacun m'y yeut compter qu'un sujet admi-
›
rable ;
L'un pour le Gracieux , et l'autre pour le vif ,
Fait de ces deux talens un injuste tarif.
Deux Prodiges dansans que chacun idolâtre ,
Partageoient sans débat l'Empire du Théatre ,
I GY Mais
1826 MERCURE DE FRANCE
Mais on les désunit , et sur le moindre mot
L'une passe la Mer , l'autre court à Chaillot.
Leur départ nous allarme, et les Partis glapissents
De Doctes heurlemens les Caffez retentissent ;
Et dans l'Opéra même un Braillard à nos yeux,
Décide sans quartier ; loüangeur furieux ,
Au talent qu'il réprouve il déclare la guerre ;
Le Balcon s'en émeut , il trouble le parterre ,
Son souffle impur s'aigrit , l'air en est infecté ,
Le Flot qui l'apporta, recule épouvanté.
On implore aussi-tôt mon avis , on m'entoure
On fait silence, et moi, je répons cette Loure,&c
A
Le Danseur livré à son Entousiasme , se
met à danser, oublie ce qu'il venoit demander à la Fée , et sort en redoublant
ses Lazis de danse. Cet Acte est terminé
par une Fête champêtre , exécutée par des
Jardiniers et des Jardinieres , et par un
Vaudeville , qui termine la Piéce. En voiey quelques couplets :
Dans une fille bien apprise
J'aime une modeste rougeur ;
Le vermillon de la Cerise
Vaut-il celui de la pudeur ?
L'Amant avant son mariage
Est aussi sucré qu'un Brugnon:
Est-1
AOUST 173 . 1827
Est-il mari ? dans son ménage
Il est plus aigre qu'un Citron.
Barbons , Coquets , de bon sens vuides,
Cessez vos soupirs ennuyeux :
Jamais la neffle avec ses rides
Ne flata le goût et les yeux.
An Public.
Le bruit qui nous plaît davantage ,
Messieurs , quand nous ouvrons le bec ,
C'est sûrement votre suffrage ,
Mangerons-nous notre pain sec.
(
On trouvera l'Air notté au bas de la
Chanson.
Le 19 Aoust , le même Opéra Comique donna deux Piéces nouvelles , d'un
Acte chacune ; la premiere , intitulée :
La Lanterne Véridique, précédée d'un Prologue qui a pour titre : Le Réveil de POpera Comique. La seconde , Le Rival de
lui-même. Celle- ci est jouée par les Petits
Comédiens , qu'on a vûs avec plaisir ,
l'année passée à la même Foire S.Laurent.
Cette Piéce est encore précédée d'un Prologue , intitulé : Le Parterre Merveilleux.
Tous ces nouveaux Divertissemens ont été
G vj reçus
1828 MERCURE DE FRANCE
receus favorablement du public. On en
parlera plus au long.
Le Mercredi 13. de ce mois , les Comédiens François donnerent la premiere
Représentation de Zaire. Cette Piece fut
beaucoup critiquée , et encore plus applaudie. Nous entrions icy dans l'exposition , et les autres détails de ce Poëme ,
mais l'Auteur lui même nous dispense
de ce soin dans la Lettre qu'on va lire. Il
est inutile de faire sentir combien le Lecteur y gagnera ; nous y gagnons aussi ,
quoique l'illustre Poëte , en prodigant sa
modestie , ait trop pcu ménagé la nôtre.
E Lundy 28 Juillet , l'Opéra ComiLque donna la premiere Représenta
tion de deux petites Pieces nouvelles
précédées d'un Prologue, dont la premie
re Scene se passe entre l'Instinct et la Nature. Celle-ci rend compte des soins qu'elle se donne pour la Réconciliation des
sens. Il est aisé de comprendre que toures les idées de ce Prologue ont rapport
au Ballet des Sens, et au Procès des Sens
représenté à la Comédie Françoise. La
Scene de la Nature et de l'Instinct est interrompuë par l'Opinion qui vient féliciter la Nature sur le racommodement
qu'elle projette ; la Nature congédie fort
naturellement l'Opinion , quoiqu'elle se
prétende sa Collégue dans l'Empire de
Î'Univers , fondée sur le Proverbe Italien: L'Opinione Regina del Mondo.L'Instinct revient dès que l'Opinion est sortie.
Un Amour arrive pour exhorter la Nature à terminer le Procès des Sens. Après
quelques questions , elle lui demande qui
des deux Amours à la mode il aime le
mieux. ( On sçait que ces deux Amours
sont la Dule d'Angeville et la Due le Maure. )
A O UST. 1732. 1817
re. ) L'Amour répond par ce Couplet, sur
Pair : Deux beaux yeux n'ont qu'à parler.
Bon , moy , j'entens tous les jours,
Cent Discours ,
Sur ces deux aimables Amours.
Sans me sembler fort téméraire ,
Şur leur mérite , on ne peut rien régler ,
Car l'un n'a qu'à chanter pour plaire ,
Et l'autre n'a qu'à parler.
Le Prologue finit par un Ballet , composé des Sens , et de leur suite.
La premiere Piece , intitulée : Les In
terets de Village , se passe dans un Village.
Chaton , Manceau , Sécrétaire du deffunt
Bailli , paroît d'abord avec Gripant , Record et son Confident , à qui en expliquant sa situation et ses vûes , il apprend
qu'il s'apperçoit qu'il est aimé de la veuve du Bailli , mais qu'il aime Agate sa
Niéce , promise à Piérot. Primò , dit - il
je veux épouser Agate , et pour y parvenir ,
la brouiller avec Piérot. 2° . Je veux pour
jouir toujours des Revenans- bons du Bailliage , me servir de l'ascendant que j'ai sur
l'esprit de Me Triolet , ( c'est la veuve)
pour l'engager à remettre sa Charge à un imbécile qui se contente de n'en posseder que.
G Le
1818 MERCURE DE FRANCE
Le Titre, comme faisoit le deffunt. Gripant
lui demande à quel heureux imbécile il
donnera la préférence. Chaton propose
d'abord Piérot , qu'il détacheroit d'Agate, en lui inspirant l'ambition d'être Bailli ; ensuite il parle de Grosdos , riche Fermier , glorieux de Village , capable de ser- vir à ses desseins.
La Veuve paroît et tâche de s'expliquer avec Chaton , qui feint de ne pas entendre son galimatias passionné. Elle le
quitte , en appercevant Piérot. Chaton
fait accroire à Piérot que la Veuve a du
penchant pour lui , et songe à supplanter sa Niéce; il ébranle la fidélité de Piérot
en lui exagerant les prérogatives de la
Charge de Bailli. Piérot sort presqu'inconstant ; et sur le champ Chaton ins
truit Agate des inconstances de son Rival , et lui déclare en même temps son
amour. Agate méprise cette déclaration
et s'afflige de l'infidelité de Piérot. Chaton après son départ , s'applaudit du succès de son mensonge , et ne perd pas l'esperance , malgré la rigueur d'Agate . Grosdos paroît, Chaton gagne sa confiance par
des respects et des soumissions ; il lui mes
dans la tête de devenir Bailli ; Grosdos le
retient pour son Secretaire, comme avoit
fait Piérot. Chaton dit: Je tiens Grosdos
dans
AOUST. 1732. 1819
dans mesfilets; je choisirai entre Piérot et lui,
suivant les dispositions de Mme Triolet. Il
est question à present de l'amener à mon but.
Elle vient; je veux faire rompre la glace par
Gripant ; allons lui donner mes instructions.
que
Dans la Scene suivante , Janot qui survient , apprend à la Veuve qu'on parle
dans le Village de l'envie que Grosdos a
d'être Bailly. Piérot arrive , et dit crument à la Baillive , qu'il la sçait amou
reuse de lui ; elle le détrompe , et conçoit de violens soupçons au sujet de Chaton Piérot declare être la cause
de son erreur. Agate paroît quand sa tante a quitté Piérot. Il veut lui cacher sa
courte inconstance par des démonstrations de tendresse ; Agate le rebute ironiquement; Piérot se flare d'un prompt
retour. Il apperçoit Grosdos, et reste pour
le narguer ; Grosdos lui conseille de le
respecter comme un homme qui va être
bien-tôt Bailly; cette nouvelle fait changer de ton à Piérot , qui s'humilie devant
le prétendu oncle d'Agate. Grosdos dir
qu'il consultera sur ceci son Secretaire
Chaton. Ouais , dit Piérot à part ; Cha
ton par tout ! je crois que le fripon nous
trompe tous. Mme Triolet qui vient , sans
être apperçue , de surprendre Chatonaux,
pieds de sa niéce , arrive en fureur , et 292003 Gij Agate
1820 MERCURE DE FRANCE
Agate qui survient , l'augmente en se
plaignant des importunitez de ce fourbe ; ils prennent tous le parti de se ca- cher derriere des arbres , en voyant paroître Chaton et Gripant, que Piérot seul
aborde ; il les fait parler à cœur ouvert ,
sur tous leurs interêts differens. Ils sont
tous détrompez par celui qui les avoit
tous abusez ; la veuve dépitée épouse
Grosdos, et donne Agate à Piérot. Cha
ton et Gripant se retirent avec l'audace
de deux fripons , et le Village assemblé
vient féliciter le nouveau Bailly , et cele
brer les deux mariages par des Danses ,
qui forment le Divertissement.
La 2 Piéce , intitulée : L'Epreuve des
Fées, est composée de plusieurs Scenes
Episodiques , qui se passent dans une
Grotte, destinée à l'Epreuve des Fées. La
Récipiendaire y donne audience aux per- sonnages , destinez pour lui demander
graces des conseils; et c'est sur les
Réponses qu'elle fait , que les Fées cathées dans les Rochers de la Grotte , jugent de sa capacité , et la reconnoissent
Fée,à la fin de l'épreuve on la renvoye.
des et
Dans la 2de Scene , Bagatelius , Philosophe, vient demander à Finette , ( c'est la
jeune Fée qu'on éprouve ) la connoissanse de la verité. Finette, fatiguée de ses
doctes
AOUST. 1732 1811
*
doctes clabauderies , le dotie d'une extinction de voix , et le renvoye presque
muet.
Le second Client est Jacot , Paisan, qui
supplie la Fée de lui accorder le don d'être toujours autant aimé de sa femme ,
qu'il l'est présentement : Finette lui promet que son front sera toujours aussi res
pecté qu'il l'est. Il faut sçavoir que par le
recit de Jacot, et par l'éloge même qu'il
fait de sa chere moitié ,il prouve lui- même, sans s'en appercevoir qu'elle ne lui
est point du tout fidelle.
Après le départ du crédule Jacot , paroît unejolie femme , nommée Araminte ,
qui demande le rétablissement de la réputation d'une de ses bonnes amies , qu'une
jmprudence a un peu timpanisée ; la Fée
l'oblige à conter l'aventure de son amic.
Araminte avoue que cette amie a été surprise avec son amant par son mari, et dans la chaleur de sa narration elle se coupe ,
et fait connoître qu'elle est l'Héroïne du Roman.
La derniere Scene , mêlée de critique et
dé Jeu de Théatre , est remplie par un
Danseur , toujours occupé de son talent ,
et toujours sacrifiant aux Graces : Voici
des Morceaux du Panégirique qu'il fait
du Gracieux.
Giij Jai
1822 MERCURE DE FRANCE
J'ai pour le Gracieux une ardeur infinie ,
Je voue au Gracieux mes Jambes , mon Génie ;
Non , sans le Gracieux , je ne puis faire un Pás,
Il gouverne mes pieds , il balance * mes Bras ,
* , il me panche *, il me tourne Il me pousse
il m'arrête,
Il me tient le menton, quand il leve la tête ¿
Etcomme le Soleil est le flambeau des cieux
MonAstre , à moi mon Astre est ...
Pierot.
La Gargouillade.
Le Danseur.
Quoi?
Le Gracieux.
Croit- on qu'il ne me suit que dans les Bergeries▸
Je fais au bord du Stix minauder les Furies ,
Et lorsque l'on me voit figurer en Démon ,
On croit, au Masque près, voir danser Céladon.
Si je suis en Guérrier qui sort d'une Bataille ,
Si pour la tendre Alceste à Sciros je ferraille ,
Une grace me met monEpée à la main ,
Sous cent habits divers on me déguise en vain
Peste ! on me reconnoît toûjours.... Ah ! c'esɛ lui- même ,
C'est lui , dit- on, c'est lui ; que sa garce est ex- trême !
****** L'Axis différents,
Londres
AOUST. 1732.` 1823
Londres mevit un jour sous un habit oblong,
En Sacrificateur , dansant un Cotillon ,
Quel Tapage ce fut ! c'étoit pis qu'un Tonnerret
De ce Cottillon-là , les Gourmets d'Angleterre,
Se souviendront long- temps...
Finette.
Et nous aussi , ma foy !
Pierot , à la Gargouillarde.
Votre Gracieux est souvent berné , je croi,
La Gargoüillade.
Vous croicz mal , pourvu que l'on danse avec
grace ,
Nal contresens ne choque , il n'est rien qui ne
passe ;
Jamais on n'analise un divertissement ;
Ou n'y demande point ni pourquoi , ni com- ment ;
J
Qu'on mette à la Françoise un Peuple de laGrece
Que l'on Coiffe en Bichon une grande Prêtresse,
Que la Sirene prête à massacrer les gens ,
Se prépare à leur mort par des Ballets galans ,
Cela n'est-il pas bien , dés que cela.sçait plaire
Pour les autres talens ce Juge si sévere ,
Qui rejette à son gré Thalie et ses bons mots,
Houspille Melpomene, et nargue ses Héros ;
Ce Public qui par tout veut de la convenance
Apour la danse seule une entiere indulgence ;
?
2
Güij
1824 MERCURE DE FRANCE一个
Lss Romains les plus grands , par lui sont ab- batus
Dans sa conduite , il a blâmé jusqu'à Brutus ,
Mais il a vû, revû , sans chicaner l'idée ,
Danser des Tambourins aux filles de Judée.
Et dans le Ballet neuf, avant qu'il fut rogné ,
Recousu , recrépi , frisoté , tignoné ,
Devant Protésilas , sortant du sombre Empire.
Des Trépassez dansoient , on l'a vû sans en rire
Et sans imaginer aucune absurdité
Dans ces Morts qui sautoient pour un réssuscité,
Piérot.
Si l'on ne rioit pas , on en avoit envie ;
Mais on ne le pouvoit ; observez, je vous prie ,
Me disoit un Frater , me lavant le Menton >
Que les Os du Gosier sont placez de façon ,
Qu'on ne peut à la fois rire et baailler... la bou che ;
Tres-distincte à marquer quel sentiment nous touche ,
S'ouvre en long, quand on baaille, en large quand
on rit ;
Vous voiez , sans avoir autant que moi d'esprit
Que le large et le long... que le long et le large...
Ne peuvent exercer au même instant leur charge.
Piérot , Physicien !
Finette.
Piered
AOUS T. 1732. 1825
Piérot.
Ouy, c'est le long qui fait
Que l'on ne rioit pas dans le nouveau Ballet.
Finette.
A la danse s'entend ; car à la Poësie
On rioit volontiers ; et quand Laodamie ,
Déplorant les malheurs de la viduité ,
Faisant sentir combien peze la chasteté
Sur le malheureux corps d'une veuve oppressée ,
t
Aux pieds d'une Statue ardamment carressée ,
De son époux deffunt alloit chercher l'ardeur ,
On disoit fy; c'est mal rappeller son Buveur.
Il réve !
Le Danseur.
Je descens sur un Port de Provence ;
De-là , tout en dansant je vois toute la France
Je me rens à Paris pour connoître le goût
D'un Peuple que j'entens préconiser par tout.
J'y trouve dans la danse un tumulte effroiable !
Chacun m'y yeut compter qu'un sujet admi-
›
rable ;
L'un pour le Gracieux , et l'autre pour le vif ,
Fait de ces deux talens un injuste tarif.
Deux Prodiges dansans que chacun idolâtre ,
Partageoient sans débat l'Empire du Théatre ,
I GY Mais
1826 MERCURE DE FRANCE
Mais on les désunit , et sur le moindre mot
L'une passe la Mer , l'autre court à Chaillot.
Leur départ nous allarme, et les Partis glapissents
De Doctes heurlemens les Caffez retentissent ;
Et dans l'Opéra même un Braillard à nos yeux,
Décide sans quartier ; loüangeur furieux ,
Au talent qu'il réprouve il déclare la guerre ;
Le Balcon s'en émeut , il trouble le parterre ,
Son souffle impur s'aigrit , l'air en est infecté ,
Le Flot qui l'apporta, recule épouvanté.
On implore aussi-tôt mon avis , on m'entoure
On fait silence, et moi, je répons cette Loure,&c
A
Le Danseur livré à son Entousiasme , se
met à danser, oublie ce qu'il venoit demander à la Fée , et sort en redoublant
ses Lazis de danse. Cet Acte est terminé
par une Fête champêtre , exécutée par des
Jardiniers et des Jardinieres , et par un
Vaudeville , qui termine la Piéce. En voiey quelques couplets :
Dans une fille bien apprise
J'aime une modeste rougeur ;
Le vermillon de la Cerise
Vaut-il celui de la pudeur ?
L'Amant avant son mariage
Est aussi sucré qu'un Brugnon:
Est-1
AOUST 173 . 1827
Est-il mari ? dans son ménage
Il est plus aigre qu'un Citron.
Barbons , Coquets , de bon sens vuides,
Cessez vos soupirs ennuyeux :
Jamais la neffle avec ses rides
Ne flata le goût et les yeux.
An Public.
Le bruit qui nous plaît davantage ,
Messieurs , quand nous ouvrons le bec ,
C'est sûrement votre suffrage ,
Mangerons-nous notre pain sec.
(
On trouvera l'Air notté au bas de la
Chanson.
Le 19 Aoust , le même Opéra Comique donna deux Piéces nouvelles , d'un
Acte chacune ; la premiere , intitulée :
La Lanterne Véridique, précédée d'un Prologue qui a pour titre : Le Réveil de POpera Comique. La seconde , Le Rival de
lui-même. Celle- ci est jouée par les Petits
Comédiens , qu'on a vûs avec plaisir ,
l'année passée à la même Foire S.Laurent.
Cette Piéce est encore précédée d'un Prologue , intitulé : Le Parterre Merveilleux.
Tous ces nouveaux Divertissemens ont été
G vj reçus
1828 MERCURE DE FRANCE
receus favorablement du public. On en
parlera plus au long.
Le Mercredi 13. de ce mois , les Comédiens François donnerent la premiere
Représentation de Zaire. Cette Piece fut
beaucoup critiquée , et encore plus applaudie. Nous entrions icy dans l'exposition , et les autres détails de ce Poëme ,
mais l'Auteur lui même nous dispense
de ce soin dans la Lettre qu'on va lire. Il
est inutile de faire sentir combien le Lecteur y gagnera ; nous y gagnons aussi ,
quoique l'illustre Poëte , en prodigant sa
modestie , ait trop pcu ménagé la nôtre.
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Résumé : L'Opera Comique, Pieces nouvelles, &c. [titre d'après la table]
Le 28 juillet, l'Opéra Comique présenta deux nouvelles pièces précédées d'un prologue. Ce prologue mettait en scène la Nature et l'Instinct, interrompus par l'Opinion, qui fut congédiée par la Nature. L'Amour intervint ensuite pour encourager la Nature à conclure le procès des Sens, concluant par un ballet des Sens. La première pièce, 'Les Intérêts de Village', se déroulait dans un village. Chaton, secrétaire du défunt bailli, révélait ses plans pour épouser Agate, la nièce du bailli, et obtenir les revenus du bailliage. Il manipulait Piérot et Grosdos pour atteindre ses objectifs. Après diverses intrigues et malentendus, la veuve du bailli épousa Grosdos, et Agate fut unie à Piérot. Chaton et son complice Gripant furent démasqués et se retirèrent. La seconde pièce, 'L'Épreuve des Fées', se déroulait dans une grotte où une jeune fée, Finette, recevait des personnages pour les conseiller. Elle devait juger de leur capacité en fonction de ses réponses. Parmi les personnages, figuraient un philosophe, un paysan crédule, et une femme cherchant à rétablir la réputation d'une amie. La pièce se termina par une critique du théâtre et de la danse, illustrée par un danseur vantant son art. Le 19 août, l'Opéra Comique présenta deux autres pièces : 'La Lanterne Véridique' et 'Le Rival de lui-même', toutes deux précédées de prologues. Ces divertissements furent bien accueillis par le public. En 1828, le 'Mercure de France' mentionne que la pièce 'Zaire' des Comédiens Français a été reçue favorablement par le public. La première représentation a eu lieu le mercredi 13 du mois. La pièce a suscité de nombreuses critiques mais a également été largement applaudie. L'auteur de 'Zaire' a écrit une lettre qui dispense le 'Mercure de France' de l'exposer et de fournir d'autres détails sur le poème. L'auteur exprime sa modestie, ce qui est apprécié par le lecteur et les rédacteurs du 'Mercure de France'.
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6406
p. 1843-1845
Ballet des Sens, Entrée du Goût, [titre d'après la table]
Début :
Le 14 Aoust, l'Académie Royale de Musique, qui represente toujours le Ballet [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Ballet des sens, Entrée, Goût
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ballet des Sens, Entrée du Goût, [titre d'après la table]
Le 14 Aoust , l'Académie Royale de
Musique , qui represente toujours le Ballet des Sens, et qui avoit déja supprimé la
premiere Entrée , qui a pour titre, le Tou
cher , supprima encore celle qui a pour
titre , la Vue , et donna pour la premiere
fois celle du Goût. En voici le sujet.
Le Théatre represente une Campagne
dont la vue est bornée par le Temple de
Jupiter , et par la Ville de Carie. Cephise,
Suivante d'Erigone , presse sa Maîtresse
sur le choix d'un Epoux , que son Peuple
Hij attend
"
1844 MERCURE DE FRANCE
attend avec impatience ; elle lui demande , lequel d'entre les Dieux ou demiDieux qui lui font la cour , aura la préférence ; elle lui nomme au hazard, Pan,
Faune , Silvain et Vertumné ; elle s'arrête
un peu plus sur un jeune conquerant ,
qui n'a point d'autre nom que celui de
vainqueur des Indiens. Erigonne lui répond :
Fille de Jupiter , l'Olimpe m'est promis ,
Mais tu sçais qu'à ce rang l'Oracle met un prix!
Il veut qu'à mes sujets, je choisisse pour Maître,
L'Amant dont le pouvoir se fera mieux connoître
Par les bienfaits les plus chéris.
Leur bonheur et le mien à moi seule est remis.
Elle se deffend du soupçon de Céphise
au sujet du Vainqueur des Indes , qui n'étant qu'un simple mortel , ne sçauroit
l'élever aux Cieux. Bacchus vient se plaindre à Erigone du mépris qu'elle fait de
sa flamme , et de la préférence qu'elle
donne à quelque heureux Rival. Erigone
lui déçlare ses sentimens par ces Vers :
Je sçais que votre bras sçut enchaîner des Rois ;
Je sçais que plus d'un Trône étoit à votre
* choix ,
Et je sens tout le prix d'un pareil sacrifice ;
Mais ne m'accusez point d'une aveugle injustice;
Un
AOUST. 1732. 1845
Un devoir trop imperieux ,
A fixé mes destins , il faut que je choisisse ,
Un Epoux qui m'éleve aux Cieux.
Les Cariens s'assemblent pour appren
dre le choix de leur Reine , entre les
Dieux dont elle est aimée : Erigone leur
fait entendre que leur bonheur fera le
sien ; que son cœur se déclarera pour celui qui sera leur plus aimable bienfaiteur ,
et sort pour aller consulter l'Oracle de
Jupiter , pour un choix si important.
Bacchus implore le secours de Jupiter
son Pere ; le Tonnerre gronde , le Théatre change ; et au lieu du Temple de Jupiter , on ne voit plus que des Treilles ,
chargées de Pampres et de Raisins ; les
Egipans , les Bacchantes , et les Peuples
forment la Fête , où l'on celebre le Dieu
du vin.
Bacchus se fait connoître à Erigone
pour Fils de Jupiter , et obtient la préfé
rence sur tous ses Rivaux.
Musique , qui represente toujours le Ballet des Sens, et qui avoit déja supprimé la
premiere Entrée , qui a pour titre, le Tou
cher , supprima encore celle qui a pour
titre , la Vue , et donna pour la premiere
fois celle du Goût. En voici le sujet.
Le Théatre represente une Campagne
dont la vue est bornée par le Temple de
Jupiter , et par la Ville de Carie. Cephise,
Suivante d'Erigone , presse sa Maîtresse
sur le choix d'un Epoux , que son Peuple
Hij attend
"
1844 MERCURE DE FRANCE
attend avec impatience ; elle lui demande , lequel d'entre les Dieux ou demiDieux qui lui font la cour , aura la préférence ; elle lui nomme au hazard, Pan,
Faune , Silvain et Vertumné ; elle s'arrête
un peu plus sur un jeune conquerant ,
qui n'a point d'autre nom que celui de
vainqueur des Indiens. Erigonne lui répond :
Fille de Jupiter , l'Olimpe m'est promis ,
Mais tu sçais qu'à ce rang l'Oracle met un prix!
Il veut qu'à mes sujets, je choisisse pour Maître,
L'Amant dont le pouvoir se fera mieux connoître
Par les bienfaits les plus chéris.
Leur bonheur et le mien à moi seule est remis.
Elle se deffend du soupçon de Céphise
au sujet du Vainqueur des Indes , qui n'étant qu'un simple mortel , ne sçauroit
l'élever aux Cieux. Bacchus vient se plaindre à Erigone du mépris qu'elle fait de
sa flamme , et de la préférence qu'elle
donne à quelque heureux Rival. Erigone
lui déçlare ses sentimens par ces Vers :
Je sçais que votre bras sçut enchaîner des Rois ;
Je sçais que plus d'un Trône étoit à votre
* choix ,
Et je sens tout le prix d'un pareil sacrifice ;
Mais ne m'accusez point d'une aveugle injustice;
Un
AOUST. 1732. 1845
Un devoir trop imperieux ,
A fixé mes destins , il faut que je choisisse ,
Un Epoux qui m'éleve aux Cieux.
Les Cariens s'assemblent pour appren
dre le choix de leur Reine , entre les
Dieux dont elle est aimée : Erigone leur
fait entendre que leur bonheur fera le
sien ; que son cœur se déclarera pour celui qui sera leur plus aimable bienfaiteur ,
et sort pour aller consulter l'Oracle de
Jupiter , pour un choix si important.
Bacchus implore le secours de Jupiter
son Pere ; le Tonnerre gronde , le Théatre change ; et au lieu du Temple de Jupiter , on ne voit plus que des Treilles ,
chargées de Pampres et de Raisins ; les
Egipans , les Bacchantes , et les Peuples
forment la Fête , où l'on celebre le Dieu
du vin.
Bacchus se fait connoître à Erigone
pour Fils de Jupiter , et obtient la préfé
rence sur tous ses Rivaux.
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Résumé : Ballet des Sens, Entrée du Goût, [titre d'après la table]
Le 14 août, l'Académie Royale de Musique présenta pour la première fois le ballet 'le Goût', supprimant les entrées 'le Toucher' et 'la Vue'. La scène se déroule dans une campagne près du Temple de Jupiter et de la ville de Carie. Céphise, suivante d'Érigone, encourage sa maîtresse à choisir un époux, attendu par le peuple. Érigone mentionne plusieurs prétendants, dont Pan, Faune, Silvain, Vertumné et un jeune conquérant vainqueur des Indiens. Elle explique que l'Oracle exige qu'elle choisisse un maître dont le pouvoir se manifestera par les bienfaits les plus chéris. Bacchus se plaint à Érigone de son mépris et de la préférence donnée à un rival. Érigone répond qu'un devoir impérieux l'oblige à choisir un époux qui l'élève aux Cieux. Les Cariens s'assemblent pour connaître le choix de leur reine, qui consultera l'Oracle de Jupiter. Bacchus implore Jupiter, son père, et le théâtre se transforme en une fête célébrant le dieu du vin. Bacchus se révèle comme le fils de Jupiter et obtient la préférence sur ses rivaux.
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6407
p. 1845-1846
« Le 14 Aoust, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la Comédie Héroïque, [...] »
Début :
Le 14 Aoust, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la Comédie Héroïque, [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Jeux Olympiques, Comédie héroïque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 14 Aoust, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la Comédie Héroïque, [...] »
Le 14 Aoust , les Comédiens Italiens
remirent au Théatre la Comédie Héroïque
en Vers et en trois Actes , des Jeux Olympiques , ou le Prince Malade. Cette Piece
qui est de M. de la Grange ,fut donnée pour
la premierefois , en Novembre 1729, et fut
H iij requë
1846 MERCURE DE FRANCE
reçûë tres-favorablement du public ; la reprise afait beaucoup de plaisir, parla ma
niere vive et précise , avec laquelle cette
Piece est representée. Les Jeux Olympiques
font le principal Divertissement dela Piece.
La De Roland y danse une Entrée en Magicienne , avec une vivacité et une légèreté
surprenante; elle acquiert tous les jours de
nouvelles perfections . Le S* Lélio , qui jouë
le principal Rôle dans cette Piece , danse
aussi à lafin du dernier Divertissement une
Entrée , qui a été très- applaudie.
Nous avons donné dans le Mercure de
Novembre 1729. un Extrait de la piece de
Divertissemens et des Décorations.
remirent au Théatre la Comédie Héroïque
en Vers et en trois Actes , des Jeux Olympiques , ou le Prince Malade. Cette Piece
qui est de M. de la Grange ,fut donnée pour
la premierefois , en Novembre 1729, et fut
H iij requë
1846 MERCURE DE FRANCE
reçûë tres-favorablement du public ; la reprise afait beaucoup de plaisir, parla ma
niere vive et précise , avec laquelle cette
Piece est representée. Les Jeux Olympiques
font le principal Divertissement dela Piece.
La De Roland y danse une Entrée en Magicienne , avec une vivacité et une légèreté
surprenante; elle acquiert tous les jours de
nouvelles perfections . Le S* Lélio , qui jouë
le principal Rôle dans cette Piece , danse
aussi à lafin du dernier Divertissement une
Entrée , qui a été très- applaudie.
Nous avons donné dans le Mercure de
Novembre 1729. un Extrait de la piece de
Divertissemens et des Décorations.
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Résumé : « Le 14 Aoust, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la Comédie Héroïque, [...] »
Le 14 août, les Comédiens Italiens ont joué 'Les Jeux Olympiques, ou le Prince Malade', une comédie héroïque en vers de M. de la Grange. Créée en novembre 1729, la pièce a été bien accueillie. La danseuse De Roland et l'acteur Lélio ont été applaudis pour leurs performances. Le Mercure de France a publié des extraits des divertissements et des décorations.
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6408
p. 1846-1849
DE TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres de Constantinoples, de la fin du mois de Juin; portent qu'il avoit été résolu [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Divan, Constantinople, Topal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET PERSE.
DE TURQUIE ET PERSE.
Es Lettres de Constantinople , de la fin du
mois de Juin , portent qu'il avoit été résolu
dans le dernier Divan , de renvoyer en Perse un
Corps considérable de Janissaires et de Spahis ,
pour s'opposer au progrès de l'Armée du Roy
de Perse , qui a déja attaqué plusieurs Places ,
cedées à Sa Hautesse par le dernier Traité ;
faire équiper sur la Mer Noire 200 Navires pour transporter des Munitions de Guerre et des Provisions à Trébisonde , et de dresser un Rôle de
de
tous
A OUST. 17320 1847
tous les habitans de Constantinople, et des au
ores principales Villes de l'Empire Ottoman, qui
sont en état de porter les Armes , pour s'en servir en cas de besoin.
Ces Lettres ajoutent que le G. Viz. avoit fait
disgracier le Caïmacan, qui faisoit aussi les fonctions de Tefterdar, et que le G.S.lui avoit donné,
en Pexilant , le Gouvernement de Kintaïa , l'une
des plus considérables Places de l'Asie ; que la
Charge de Tefterdar avoit été donnée à Mehemet Effendi, qui a été Grand- Trésorier de l'Empire , sous le Regne du Sultan Achmet ; que,
Marabout , Capitan Pacha , ou grand Amiral
avoit été déposé le 11 Juin, et qu'on avoit nommé Bekir Pacha , pour exercer cette Charge
en sa place ; que le 12 , le nouveau Capitan Pacha avoit épousé la sœur du G S. qui étoit veuve du Vizir Numan Pacha Kuperli , et que le
Capitan, Pacha disgracié , avoit été fait Pacha
de Nicomédie.
On a appris en dernier lieu de Constantinople ,
que le 6. Juillet on avoit arboré la Queue de
Cheval à la porte du Serrail, et déclaré publiquement la guerre au Roy de Perse , qu'il étoit parti par la Mer Noire plus de 80000. hommes de
Troupes d'Europe ; qu'on en rassembloit encore
de tous côtez dans l'Asie , et que dans deux mois
au plus tard le G. S. auroit en Perse une Armée
de plus de 300. mille hommes
On apprend par les Lettres d'Ispahan , reçûës par la voye de Smirne , que la nouvelle de la Paix conclue avec les Turcs, n'avoit pas été bien
reçue des, Peuples ; qu'il y avoit eu à Ispahan , à
- Tauris et dans d'autres Villes plusieurs émotions
populaires à cette occasion ; que le Roy de Perse:
avoit tâché d'abord d'appaiser ses Peuples , en Hij leur
1848 MERCURE DE FRANCE
3.
leur faisant voir que le Traité étoit plus avantageux à la Nation qu'ils ne le croyoient , qu'il
avoit été contraint de prendre le parti de cette
Paix , pour sauver le reste de son Royaume , et
que les Villes qu'il avoit cedées au G. S. n'étoient
-pas d'aussi graude conséquence qu'on se l'imaginoit ; enfin qu'il exhortoit ses Peuples à ne point rompre une Paix , signée et ratifiée solemnellement , conformément à la Loy.
Ces remontrances n'ayant rien opéré sur l'esprit des Mécontens , le premier General des Persans fut contraint de déchirer en presence du
Muphti , tous les Traitez et Ecrits particuliers ,
qui avoient quelque relation à cette Paix , com- me contraires aux Constitutions fondamentales
du Royaume, et de déclarer la Guerre aux Turcs.
Quelques jours après , le Roy de Perse ayant
rassemblé ses Troupes , en forma deux Armées ,
avec l'une desquelles il se proposa de passer en
Géorgie, pour en faire la conquête ; pendant que
l'autre s'empareroit des Provinces d'Erivan et de Babilone.
Un Courier dêpêché par le Gouverneur de
Bagdad , et qui arriva le 16 Juin à Constantinople, a confirmé cette nouvelle, en apprenant aussi celle de la prise d'Erivan par les Persans.
Le 18 Juillet, le G. S. fit publier que tous ceux
de ses Sujets , qui sont en état de porter les Armes , eussent à se présenter aux Commissaires
qu'il avoit nommés , sous peine de la vie. Par
cet ordre , Sa Hautesse compte de rassembler en peu de temps une Armée de 20000 hommes , et
d'être en état de l'envoyer en Perse , à la fin du mois de Juillet.
En attendant , les vieilles Troupes qui sont en
quartiers , dans les Provinces voisines de Perse
ant ordre de joindre le Séraskier , qui comman-dc
>
AOUST. 1732 1849
•
de dans ce Païs -là , et elles seront remplacées par
des Milices. Sa Hautesse a fait dépêcher depuis ,
plusieurs Courriers , dans differentes Cours de
I'Europe , pour avertir les Princes Chrétiens , ses
voisins , de ne point prendre d'ombrage des
grands Armemens qu'elle fait faire dans toute P'étendue de son Empire ; parce qu'ils n'ont pour
objet , que de vanger la Porte de la perfidie des Persans.
On a appris depuis ces Lettres , que le G. S.
avoit nommé Topal , Osman-Bacha , cy- devant
G. V. et qui depuis sa déposition avoit été envoyé à Trébisonde , pour commander son Ar- mêe en Perse.
Es Lettres de Constantinople , de la fin du
mois de Juin , portent qu'il avoit été résolu
dans le dernier Divan , de renvoyer en Perse un
Corps considérable de Janissaires et de Spahis ,
pour s'opposer au progrès de l'Armée du Roy
de Perse , qui a déja attaqué plusieurs Places ,
cedées à Sa Hautesse par le dernier Traité ;
faire équiper sur la Mer Noire 200 Navires pour transporter des Munitions de Guerre et des Provisions à Trébisonde , et de dresser un Rôle de
de
tous
A OUST. 17320 1847
tous les habitans de Constantinople, et des au
ores principales Villes de l'Empire Ottoman, qui
sont en état de porter les Armes , pour s'en servir en cas de besoin.
Ces Lettres ajoutent que le G. Viz. avoit fait
disgracier le Caïmacan, qui faisoit aussi les fonctions de Tefterdar, et que le G.S.lui avoit donné,
en Pexilant , le Gouvernement de Kintaïa , l'une
des plus considérables Places de l'Asie ; que la
Charge de Tefterdar avoit été donnée à Mehemet Effendi, qui a été Grand- Trésorier de l'Empire , sous le Regne du Sultan Achmet ; que,
Marabout , Capitan Pacha , ou grand Amiral
avoit été déposé le 11 Juin, et qu'on avoit nommé Bekir Pacha , pour exercer cette Charge
en sa place ; que le 12 , le nouveau Capitan Pacha avoit épousé la sœur du G S. qui étoit veuve du Vizir Numan Pacha Kuperli , et que le
Capitan, Pacha disgracié , avoit été fait Pacha
de Nicomédie.
On a appris en dernier lieu de Constantinople ,
que le 6. Juillet on avoit arboré la Queue de
Cheval à la porte du Serrail, et déclaré publiquement la guerre au Roy de Perse , qu'il étoit parti par la Mer Noire plus de 80000. hommes de
Troupes d'Europe ; qu'on en rassembloit encore
de tous côtez dans l'Asie , et que dans deux mois
au plus tard le G. S. auroit en Perse une Armée
de plus de 300. mille hommes
On apprend par les Lettres d'Ispahan , reçûës par la voye de Smirne , que la nouvelle de la Paix conclue avec les Turcs, n'avoit pas été bien
reçue des, Peuples ; qu'il y avoit eu à Ispahan , à
- Tauris et dans d'autres Villes plusieurs émotions
populaires à cette occasion ; que le Roy de Perse:
avoit tâché d'abord d'appaiser ses Peuples , en Hij leur
1848 MERCURE DE FRANCE
3.
leur faisant voir que le Traité étoit plus avantageux à la Nation qu'ils ne le croyoient , qu'il
avoit été contraint de prendre le parti de cette
Paix , pour sauver le reste de son Royaume , et
que les Villes qu'il avoit cedées au G. S. n'étoient
-pas d'aussi graude conséquence qu'on se l'imaginoit ; enfin qu'il exhortoit ses Peuples à ne point rompre une Paix , signée et ratifiée solemnellement , conformément à la Loy.
Ces remontrances n'ayant rien opéré sur l'esprit des Mécontens , le premier General des Persans fut contraint de déchirer en presence du
Muphti , tous les Traitez et Ecrits particuliers ,
qui avoient quelque relation à cette Paix , com- me contraires aux Constitutions fondamentales
du Royaume, et de déclarer la Guerre aux Turcs.
Quelques jours après , le Roy de Perse ayant
rassemblé ses Troupes , en forma deux Armées ,
avec l'une desquelles il se proposa de passer en
Géorgie, pour en faire la conquête ; pendant que
l'autre s'empareroit des Provinces d'Erivan et de Babilone.
Un Courier dêpêché par le Gouverneur de
Bagdad , et qui arriva le 16 Juin à Constantinople, a confirmé cette nouvelle, en apprenant aussi celle de la prise d'Erivan par les Persans.
Le 18 Juillet, le G. S. fit publier que tous ceux
de ses Sujets , qui sont en état de porter les Armes , eussent à se présenter aux Commissaires
qu'il avoit nommés , sous peine de la vie. Par
cet ordre , Sa Hautesse compte de rassembler en peu de temps une Armée de 20000 hommes , et
d'être en état de l'envoyer en Perse , à la fin du mois de Juillet.
En attendant , les vieilles Troupes qui sont en
quartiers , dans les Provinces voisines de Perse
ant ordre de joindre le Séraskier , qui comman-dc
>
AOUST. 1732 1849
•
de dans ce Païs -là , et elles seront remplacées par
des Milices. Sa Hautesse a fait dépêcher depuis ,
plusieurs Courriers , dans differentes Cours de
I'Europe , pour avertir les Princes Chrétiens , ses
voisins , de ne point prendre d'ombrage des
grands Armemens qu'elle fait faire dans toute P'étendue de son Empire ; parce qu'ils n'ont pour
objet , que de vanger la Porte de la perfidie des Persans.
On a appris depuis ces Lettres , que le G. S.
avoit nommé Topal , Osman-Bacha , cy- devant
G. V. et qui depuis sa déposition avoit été envoyé à Trébisonde , pour commander son Ar- mêe en Perse.
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Résumé : DE TURQUIE ET PERSE.
En juin 1732, l'Empire Ottoman a pris des mesures pour renforcer ses troupes en Perse afin de contrer les attaques perses sur des places cédées par le dernier traité. Les préparatifs incluaient l'équipement de 200 navires sur la Mer Noire pour transporter des munitions et des provisions à Trébisonde, ainsi que la mobilisation des habitants capables de porter les armes. Le Grand Vizir a démis le Caïmacan, également Tefterdar, et l'a exilé à Kintaïa. Mehmet Effendi a été nommé nouveau Tefterdar, et Bekir Pacha a remplacé le Capitain Pacha déposé le 11 juin. Le 6 juillet, la guerre contre le roi de Perse a été déclarée publiquement, avec plus de 80 000 hommes de troupes européennes partis par la Mer Noire et des rassemblements continus en Asie. À Ispahan, la nouvelle de la paix avec les Turcs a suscité des émotions populaires. Le roi de Perse a tenté d'apaiser ses sujets en expliquant les avantages du traité, mais les mécontents ont forcé le général perse à déclarer la guerre aux Turcs. Les Perses ont formé deux armées, l'une pour la Géorgie et l'autre pour les provinces d'Erivan et de Babilone. La prise d'Erivan par les Perses a été confirmée par un courrier de Bagdad. Le sultan ottoman a ordonné à tous ses sujets capables de porter les armes de se présenter aux commissaires sous peine de la vie, visant à rassembler 20 000 hommes pour la fin juillet. Des courriers ont été envoyés en Europe pour rassurer les princes chrétiens sur les intentions ottomanes, qui visent à venger la perfidie perse. Topal Osman-Bacha a été nommé pour commander l'armée ottomane en Perse.
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6409
p. 1849-1850
RUSSIE.
Début :
Le 27 Juin, le feu prit à Cronsloot, dans un des quartiers qui joint le Port; et en moins [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine, Incendie
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E 27 Juin , le feu prit à Cronsloot , dans un
des quartiers qui joint le Port ; et en moins
de deux heures il y eut près de 200 Maisons consommées par les flammes , qui endommagerent aussi quelques Vaisseaux , qu'on n'avoit pas eu le temps d'éloigner de l'incendie..
La Czarine a rendu une Ordonnance , suivant
laquelle tous ceux qui se proposent de bâtir des
Maisons , dans les principales rues de Petersbourg , sont obligez de prendre l'alignement et
de faire exécuter le plan que leur donnera l'Architecte , chargé de la décoration extérieure des
Maisons de cette Ville. Cependant pour engager
les habitans à y faire bâtir, S. M. Cz. a accordé તે
des Exemptions et des Privileges , dont jouiront.
pendant dix ans tous les Proprietaires des nou- velles Maisons.
On apprend par les Lettres du Gouverneur de
Derbent , qui depuis la Paix conclue avec le
Roy de Perse , les Doüanes de Derbent et de Hy Terki
1850 MERCURE DE FRANCE
Terki , étoient si considérablement augmentées
par l'arrivée continuelle des Marchandises de
Perse , que le produit suffiroit pour payer dans la suite les Garnisons de toutes les Places fortes de
la Mer Caspienne. On est cependant dans quel- que inquiétude sur l'exécution de ce Traité , de
la part du Roy de Perse , depuis qu'on a appris
qu'il n'avoit pas observé celui qu'il avoit fait
avec le G. S. car les Lettres d'Ispahan portent
que ce Prince s'étoit mis en marche avec une
Armée de 70000 hommes , et qu'il avoit déja
repris deux Places, cédées à Sa Hautesse par ce Traité.
Les Ambassadeurs de la Chine partirent de
Petersbourg le 26. Juillet , escortez par un Détachement de Cavalerie jusqu'aux Frontieres. La
Czarine a envoyé des ordres à tous les Gouver◄
neurs de Province de les faire défrayer sur leur
route.Plusieurs Négocians Moscovites ont profité
de cette occasion pour aller à Nanokin , où ils
esperent établir une correspondance de Commer
ce qui sera avantageux à ce Païs.
E 27 Juin , le feu prit à Cronsloot , dans un
des quartiers qui joint le Port ; et en moins
de deux heures il y eut près de 200 Maisons consommées par les flammes , qui endommagerent aussi quelques Vaisseaux , qu'on n'avoit pas eu le temps d'éloigner de l'incendie..
La Czarine a rendu une Ordonnance , suivant
laquelle tous ceux qui se proposent de bâtir des
Maisons , dans les principales rues de Petersbourg , sont obligez de prendre l'alignement et
de faire exécuter le plan que leur donnera l'Architecte , chargé de la décoration extérieure des
Maisons de cette Ville. Cependant pour engager
les habitans à y faire bâtir, S. M. Cz. a accordé તે
des Exemptions et des Privileges , dont jouiront.
pendant dix ans tous les Proprietaires des nou- velles Maisons.
On apprend par les Lettres du Gouverneur de
Derbent , qui depuis la Paix conclue avec le
Roy de Perse , les Doüanes de Derbent et de Hy Terki
1850 MERCURE DE FRANCE
Terki , étoient si considérablement augmentées
par l'arrivée continuelle des Marchandises de
Perse , que le produit suffiroit pour payer dans la suite les Garnisons de toutes les Places fortes de
la Mer Caspienne. On est cependant dans quel- que inquiétude sur l'exécution de ce Traité , de
la part du Roy de Perse , depuis qu'on a appris
qu'il n'avoit pas observé celui qu'il avoit fait
avec le G. S. car les Lettres d'Ispahan portent
que ce Prince s'étoit mis en marche avec une
Armée de 70000 hommes , et qu'il avoit déja
repris deux Places, cédées à Sa Hautesse par ce Traité.
Les Ambassadeurs de la Chine partirent de
Petersbourg le 26. Juillet , escortez par un Détachement de Cavalerie jusqu'aux Frontieres. La
Czarine a envoyé des ordres à tous les Gouver◄
neurs de Province de les faire défrayer sur leur
route.Plusieurs Négocians Moscovites ont profité
de cette occasion pour aller à Nanokin , où ils
esperent établir une correspondance de Commer
ce qui sera avantageux à ce Païs.
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Résumé : RUSSIE.
Le 27 juin, un incendie à Cronsloot, près du port de Saint-Pétersbourg, a détruit environ 200 maisons et endommagé plusieurs vaisseaux en moins de deux heures. La czarine a alors émis une ordonnance imposant un plan d'alignement pour les constructions dans les principales rues de la ville, tout en accordant des exemptions et des privilèges aux propriétaires de nouvelles maisons pour une durée de dix ans. Par ailleurs, le gouverneur de Derbent a signalé une augmentation des marchandises persanes dans les douanes de Derbent et de Bakou depuis la paix avec le roi de Perse, permettant de financer les garnisons des places fortes de la mer Caspienne. Cependant, des préoccupations subsistent concernant le respect du traité, car le roi de Perse a repris deux places avec une armée de 70 000 hommes. Les ambassadeurs chinois ont quitté Saint-Pétersbourg le 26 juillet, escortés par un détachement de cavalerie jusqu'aux frontières, et les gouverneurs de province ont reçu l'ordre de les défrayer durant leur trajet. Plusieurs négociants moscovites ont profité de cette occasion pour se rendre à Nanokin afin d'établir des relations commerciales.
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6410
p. 1850-1856
POLOGNE.
Début :
Le 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décamper à l'armée qui occupe le Camp de Villanova [...]
Mots clefs :
Camp de Villanova, Pologne, Klingenberg, Infanterie, Palatin de Mazovie, Canon, Camp, Bataillons, Ligne
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décam
à
nova , près de Warsovie. On batit la Generale
et les Uhlans Tartares, la nouvelle Grande- Garde
et les Quartiers-Maîtres et Fourriers des Régimens respectifs , se rendirent sur le chemin du
nouveau Camp , et attendirent près de l'Hôpital
de Czerniakow , le Quartier - Maître General.
L'Armée ayant plié ses Tentes , se rangea en
bataille à la tête du Camp ' , et se mit ensuite en
marche sur cinq Colonnes ; 2 de Cavalerie et 3
d'Infanterie. La Colonne de la droite , comman- dée
A OUST 1732. 1851
dée par le Major General Klingenberg , étoit
composée de 8 Escadrons de Gotha et de Nassau , celle de la gauche , commandée par le Major General Mir ,
de 4 Escadrons du Régiment
de Mir, et de 4 Escadrons , détachez de differens '
Regimens de la Couronne.
La Colonne d'Infanterie de la droite , commandée par le Pr. Czartoriski , Palatin de Russie, consistoit en un Bataillon de Grenadiers , er
en deux des Gardes de la Couronne ; celle de la
gauche , commandée par le Major General Campenhausen , étoit composée d'un Bataillon de
Grenadiers,da 3e des Gardes de la Couronne, et
des Gardes de Lithuanie et celle du Centre
commandée par le Major General Flemming ,
du Bataillon de Flemming , et de ceux de Denhof et de Frise..
;
Les Colonnes de la droite défilerent par la
gauche , et celles de la gauche par la droite. Les
Bagages de chaque Colonne marchoient à la
queue , selon l'ordre des Corps qui la formoient,.
et la vieille grande Garde faisoit l'Arriere- Garde de tout.
"
Le Palatin de Mazovie , Regimentaire , marchoit à la tête de la Colonne du Centre , il étoit
suivi du Lieutenant General Comte de Denhof,
et on portoit devant lui le Bonzouk , ( c'est une
marque d'honneur , faite en forme de queue de Cheval attachée au bout d'une espece de Pique.) Il a été placé dans le nouveau Camp , entre
·les Drapeaux du centre ; mais comme le Roy en
´a aussi un devant son Pavillon , on le portera:
devant S.M. lorsqu'elle ira au Camp ; et alors on
baissera le Bonzoux du Regimentaire. Les trois
Colonnes d'Infanterie furent obligées de se rejoindre à quelque distance du vieux Camp pour
passer une Digue; mais après l'avoir passée ,.
Havj elless
1852 MERCURE DE FRANCE
!
elles se remirent dans leur premier ordre de Bataille , et s'arrêterent au lieu marqué, pour attendre les signaux.
le
Le Roy ayant fait donner le premier signal ,
par un coup de Canon , tiré de son Pavillon ,
Quartier- Maître - General alla reconnoître le
Camp, passa la nouvelle grande- Garde ; et ayant
distribué le terrain aux Quartiers-Maîtres des
Regimens , les Fouriers tracerent le Camp.
Pendant ce temps- là les Uhlans firent plusieurs
courses à la tête du Camp, imitant des Détachemens ennemis qui se rencontrent. Au second signal , les Colonnes se mirent en mouvement,
L'Artillerie composée de 38. Canons , et de 4
Mortiers , marcha à la queue de la Colonne du
centre , et elle étoit fermée par une Compagnie
franche de Dragons , qui lui est attachée.
L'Armée étant arrivée au terrain tracé , se mit
en Bataille à la tête du nouveau Camp , dans le
même ordre où elle avoit été rangée avant de
partir de l'autre , et au 3e signal elle entra dans le Camp; les Equipages y entrerent aussi par la
queue. L'Artillerie forma son Parc derriere le Bataillon du Centre. Dès que l'Armée fut entrée, la Cour passa à l'autre face du Pavillon, et vit faire l'Exercice aux grands Mousquetaires ,
et immédiatement après on vit toutes les Tentes
tendues , &c.
Le 2 Aoust on fit la Revûë generale de l'Armée après ; sitôt eut battu la Generale , l'Assemblée et le Bouteselle , chaque Corps se rangea à
la tête de son Camp; et après que l'ordre de marcher eut été donné , toute l'Armée s'avança vers
la Place d'armes , à 150 pas , devant le front du
Camp. Chaque Bataillon avoit 2 Pieces de Campagne avec un Chariot de Munitions, qui étoient
rangez
A O UST. 1732. 1853
噶
rangez en ordre de Bataille , dans les intervales
de l'Infanterie.
Les 38 Pieces de grosse Artillerie "sortirent en
même-temps de leur Parc , avec leurs Canoniers
et Fuzeliers , et se rangerent en 2 Colonnes, cent
pas derriere le Bataillon du centre de l'Armée ;
leurs Timbales étoient posées à leur droite , sur
un Char , traîné par 4 Chevaux de front , la
Compagnie de Dragons attachée à l'Artillerie ,
étant rangée à la gauche.
Les grands Mousquetaires étoient venus de
leur Camp du quartier du Roy, joindre la droite
de l'armée , et les 2 Compagnies des Comtes de Rutouski et Prominitz se rangerent à la droite ;
et à la gauche des Tentes destinées pour la Cour.
Quand tout fut en ordre , le Regimentaire le
fit sçavoir au Roy , qui précédé de son Bon- ZOUK se rendit à la droite de l'Armée; elle y fut
reçue par le Régimentaire , qui ayant pris la droite du Roy , pour lui laisser la vûë de la Ligne , le conduisit le long du front de la queue de l'Armée , pour passer devant l'Artillerie.
Quand S. M. tourna à la queue de la Ligne, le
dernier rang de la Cavalerie et les 2 derniers de
I'Infanterie firent face. Le Roy ayant regagné la
droite de l'Armée , le Régimentaire conduisit S.
M. aux Tentes qui lui étoient préparées , et re- tourna à l'Armée ordonner les feux de salut.
Ils commencerent par les Pieces de Campagne,
qui tirerent dans les intervalles où elles étoient rangées , l'une après l'autre , de la droite à la
gauche, ensuite la grosse Artillerie de la gauche
à la droite , et enfin le feu coulant de toute l'Armée de la droite à la gauche. Tout ce feu se répeta deux autres fois ; la premiere , de la gauche à la droite ; et la seconde de la droite à la
gauche,
;
Ensuite
1854 MERCURE DE FRANCE
Ensuire au signal donné avec le Canon , toute
la Ligne fit la conversion à droite , par Brigades.
et demi division , excepté la Compagnie des.
grands Mousquetaires , qui marcha en avant , et
qui par une conversion à gauche se trouva sur la
Ligne , où l'Armée devoit passer devant le Roy.
Le Régimentaire , précédé de son Bonzouk, marcha à la tête de toute l'Armée; le General Comte
de Denhofà la tête de l'Infanterie , et les Majors
Generaux à la tête de leurs Brigades. Les deux
Pieces de Campagne , et le Chariot de Munitions
marchoient à la tête de chaque Bataillon; la grosse Artillerie suivit la Ligne , et toute la marche
fut fermée par la Compagnie de Dragons , atta-
´chée à l'Artillerie. L'Armée s'étant remise en
marche sur son premier Terrain , rentra dans le
Camp.. Le 3 , le Roy celebra la Fête de l'Ordre de
l'Aigle blanc , les Chevaliers qui se trouverent à
portée , eurent l'honneur de dîner avec S. M. quifit ce jour-là 4 nouveaux Chevaliers.
Le 4 , P'Infanterie fit l'Exercice sur la Place
d'Arines ; les Grenadiers détachez» de l'Armée , -
qui composoient deux Bataillons , se joignirent.
leurs Corps , et formerent deux Pelotons sur
chaque aîle de leurs Bataillons. Le General ayant
averti par un signal de 2 coups de Canon que l'Infanterie étoit en Bataille , le Roy par un autre coup de Canon , lui donna le signal de se
mettre en marche , ce qu'elle fit sur 3 Colonnes dans l'ordre suivant.
Les 2 Bataillons des Gardes de la Couronne
et celui de Flemming , formoient la Colonne de
la droite. Le 3e Bataillon des Gardes de la Couronne, celui de Denhof, et les Gardes de Lithua
nie formoient la Colonne de la gauche , et le
Bataillon de Frise , renforcé de la Compagnie
détachée
AOUST. 1732. 1855
.
détachée du Régiment de Campenhausen, for→
moit celle du centre.
3
Les Colonnes s'avancerent en même · temps.
par demi division vers le Pavillon , et la Colon ne du centre s'étant arrêtée à une distance marquée , celles de la droite et de la gauche continuerent leur marche ; et étant arrivées à 40 pas
de la Batterie du Pavillon , la tête de celle de la
droite fit la conversion à droite et celle de la gauche la fit à gauche , pour former des Flancs.
Le premier Bataillon des Gardes de la Couronne formoit le flanc de la droite , et celui des
Gardes de Lithuanie celui de la gauche. La Colonne du centre , dont la tête étoit en ligne avec
la queue des 2 autres Colonnes, forma en même..
temps une Phalange.
Par un second signal , les demi Divisions for❤
merent à droite et à gauche des Bataillons , et la
Colonne du Centre rompit en même- temps sa.
Phalange, en faisant joindre aux deux demi-Divisions de la tête celles qui formoient les flancs de
la Phalange.
Par un troisiéme signal , la queue des Colonnes de la droitê et de la gauche , vint se joindre aux Aîles du Bataillon du centre.
Après ce mouvement , les Bataillons étant en
parade , presenterent les Armes , et les Officiers
saluerent de pied ferme , après quoi on donna
Pavertissement pour le maniement des Armes quis se fit au son du Tambour, et fut suivi de 3 feux..
Le fut le feu coulant de la droite à la gauche ;
ensuite le feu de Chaîne par demi Bataillon , et
enfin une décharge generale de toute l'Infante- rie.
I
Par un quatriéme signal , tous les Bataillons.
défilerent à droite et à gauche par demi - Division , et celui du centre se partagea en deux
pour
1856 MERCURE DE FRANCE
pour suivre la queue des trois Bataillons de la
droite , et des trois de la gauche, qui se mirent en
marche sur 2 Colonnes , pour passer devant le
Roy. La droite et la gauche des flancs formant
les têtes des Colonnes qui s'avancerent en mêmetemps , étant vis à-vis le Pavillon , les Officiers
saluerent , et par une autre conversion , à droite
et à gauche , les Colonnes retournerent par la
centre , et se remirent en marche sur une seule
Ligne.
Par un cinquiéme signal , l'Infanterie sur une Ligne fit feu par demi Division sur la Place , et
en avançant , et par un sixiéme signal , elle fit
demi tour à droite pour se retirer au Camp , et
continua à faire feu pendant la retraite.
E 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décam
à
nova , près de Warsovie. On batit la Generale
et les Uhlans Tartares, la nouvelle Grande- Garde
et les Quartiers-Maîtres et Fourriers des Régimens respectifs , se rendirent sur le chemin du
nouveau Camp , et attendirent près de l'Hôpital
de Czerniakow , le Quartier - Maître General.
L'Armée ayant plié ses Tentes , se rangea en
bataille à la tête du Camp ' , et se mit ensuite en
marche sur cinq Colonnes ; 2 de Cavalerie et 3
d'Infanterie. La Colonne de la droite , comman- dée
A OUST 1732. 1851
dée par le Major General Klingenberg , étoit
composée de 8 Escadrons de Gotha et de Nassau , celle de la gauche , commandée par le Major General Mir ,
de 4 Escadrons du Régiment
de Mir, et de 4 Escadrons , détachez de differens '
Regimens de la Couronne.
La Colonne d'Infanterie de la droite , commandée par le Pr. Czartoriski , Palatin de Russie, consistoit en un Bataillon de Grenadiers , er
en deux des Gardes de la Couronne ; celle de la
gauche , commandée par le Major General Campenhausen , étoit composée d'un Bataillon de
Grenadiers,da 3e des Gardes de la Couronne, et
des Gardes de Lithuanie et celle du Centre
commandée par le Major General Flemming ,
du Bataillon de Flemming , et de ceux de Denhof et de Frise..
;
Les Colonnes de la droite défilerent par la
gauche , et celles de la gauche par la droite. Les
Bagages de chaque Colonne marchoient à la
queue , selon l'ordre des Corps qui la formoient,.
et la vieille grande Garde faisoit l'Arriere- Garde de tout.
"
Le Palatin de Mazovie , Regimentaire , marchoit à la tête de la Colonne du Centre , il étoit
suivi du Lieutenant General Comte de Denhof,
et on portoit devant lui le Bonzouk , ( c'est une
marque d'honneur , faite en forme de queue de Cheval attachée au bout d'une espece de Pique.) Il a été placé dans le nouveau Camp , entre
·les Drapeaux du centre ; mais comme le Roy en
´a aussi un devant son Pavillon , on le portera:
devant S.M. lorsqu'elle ira au Camp ; et alors on
baissera le Bonzoux du Regimentaire. Les trois
Colonnes d'Infanterie furent obligées de se rejoindre à quelque distance du vieux Camp pour
passer une Digue; mais après l'avoir passée ,.
Havj elless
1852 MERCURE DE FRANCE
!
elles se remirent dans leur premier ordre de Bataille , et s'arrêterent au lieu marqué, pour attendre les signaux.
le
Le Roy ayant fait donner le premier signal ,
par un coup de Canon , tiré de son Pavillon ,
Quartier- Maître - General alla reconnoître le
Camp, passa la nouvelle grande- Garde ; et ayant
distribué le terrain aux Quartiers-Maîtres des
Regimens , les Fouriers tracerent le Camp.
Pendant ce temps- là les Uhlans firent plusieurs
courses à la tête du Camp, imitant des Détachemens ennemis qui se rencontrent. Au second signal , les Colonnes se mirent en mouvement,
L'Artillerie composée de 38. Canons , et de 4
Mortiers , marcha à la queue de la Colonne du
centre , et elle étoit fermée par une Compagnie
franche de Dragons , qui lui est attachée.
L'Armée étant arrivée au terrain tracé , se mit
en Bataille à la tête du nouveau Camp , dans le
même ordre où elle avoit été rangée avant de
partir de l'autre , et au 3e signal elle entra dans le Camp; les Equipages y entrerent aussi par la
queue. L'Artillerie forma son Parc derriere le Bataillon du Centre. Dès que l'Armée fut entrée, la Cour passa à l'autre face du Pavillon, et vit faire l'Exercice aux grands Mousquetaires ,
et immédiatement après on vit toutes les Tentes
tendues , &c.
Le 2 Aoust on fit la Revûë generale de l'Armée après ; sitôt eut battu la Generale , l'Assemblée et le Bouteselle , chaque Corps se rangea à
la tête de son Camp; et après que l'ordre de marcher eut été donné , toute l'Armée s'avança vers
la Place d'armes , à 150 pas , devant le front du
Camp. Chaque Bataillon avoit 2 Pieces de Campagne avec un Chariot de Munitions, qui étoient
rangez
A O UST. 1732. 1853
噶
rangez en ordre de Bataille , dans les intervales
de l'Infanterie.
Les 38 Pieces de grosse Artillerie "sortirent en
même-temps de leur Parc , avec leurs Canoniers
et Fuzeliers , et se rangerent en 2 Colonnes, cent
pas derriere le Bataillon du centre de l'Armée ;
leurs Timbales étoient posées à leur droite , sur
un Char , traîné par 4 Chevaux de front , la
Compagnie de Dragons attachée à l'Artillerie ,
étant rangée à la gauche.
Les grands Mousquetaires étoient venus de
leur Camp du quartier du Roy, joindre la droite
de l'armée , et les 2 Compagnies des Comtes de Rutouski et Prominitz se rangerent à la droite ;
et à la gauche des Tentes destinées pour la Cour.
Quand tout fut en ordre , le Regimentaire le
fit sçavoir au Roy , qui précédé de son Bon- ZOUK se rendit à la droite de l'Armée; elle y fut
reçue par le Régimentaire , qui ayant pris la droite du Roy , pour lui laisser la vûë de la Ligne , le conduisit le long du front de la queue de l'Armée , pour passer devant l'Artillerie.
Quand S. M. tourna à la queue de la Ligne, le
dernier rang de la Cavalerie et les 2 derniers de
I'Infanterie firent face. Le Roy ayant regagné la
droite de l'Armée , le Régimentaire conduisit S.
M. aux Tentes qui lui étoient préparées , et re- tourna à l'Armée ordonner les feux de salut.
Ils commencerent par les Pieces de Campagne,
qui tirerent dans les intervalles où elles étoient rangées , l'une après l'autre , de la droite à la
gauche, ensuite la grosse Artillerie de la gauche
à la droite , et enfin le feu coulant de toute l'Armée de la droite à la gauche. Tout ce feu se répeta deux autres fois ; la premiere , de la gauche à la droite ; et la seconde de la droite à la
gauche,
;
Ensuite
1854 MERCURE DE FRANCE
Ensuire au signal donné avec le Canon , toute
la Ligne fit la conversion à droite , par Brigades.
et demi division , excepté la Compagnie des.
grands Mousquetaires , qui marcha en avant , et
qui par une conversion à gauche se trouva sur la
Ligne , où l'Armée devoit passer devant le Roy.
Le Régimentaire , précédé de son Bonzouk, marcha à la tête de toute l'Armée; le General Comte
de Denhofà la tête de l'Infanterie , et les Majors
Generaux à la tête de leurs Brigades. Les deux
Pieces de Campagne , et le Chariot de Munitions
marchoient à la tête de chaque Bataillon; la grosse Artillerie suivit la Ligne , et toute la marche
fut fermée par la Compagnie de Dragons , atta-
´chée à l'Artillerie. L'Armée s'étant remise en
marche sur son premier Terrain , rentra dans le
Camp.. Le 3 , le Roy celebra la Fête de l'Ordre de
l'Aigle blanc , les Chevaliers qui se trouverent à
portée , eurent l'honneur de dîner avec S. M. quifit ce jour-là 4 nouveaux Chevaliers.
Le 4 , P'Infanterie fit l'Exercice sur la Place
d'Arines ; les Grenadiers détachez» de l'Armée , -
qui composoient deux Bataillons , se joignirent.
leurs Corps , et formerent deux Pelotons sur
chaque aîle de leurs Bataillons. Le General ayant
averti par un signal de 2 coups de Canon que l'Infanterie étoit en Bataille , le Roy par un autre coup de Canon , lui donna le signal de se
mettre en marche , ce qu'elle fit sur 3 Colonnes dans l'ordre suivant.
Les 2 Bataillons des Gardes de la Couronne
et celui de Flemming , formoient la Colonne de
la droite. Le 3e Bataillon des Gardes de la Couronne, celui de Denhof, et les Gardes de Lithua
nie formoient la Colonne de la gauche , et le
Bataillon de Frise , renforcé de la Compagnie
détachée
AOUST. 1732. 1855
.
détachée du Régiment de Campenhausen, for→
moit celle du centre.
3
Les Colonnes s'avancerent en même · temps.
par demi division vers le Pavillon , et la Colon ne du centre s'étant arrêtée à une distance marquée , celles de la droite et de la gauche continuerent leur marche ; et étant arrivées à 40 pas
de la Batterie du Pavillon , la tête de celle de la
droite fit la conversion à droite et celle de la gauche la fit à gauche , pour former des Flancs.
Le premier Bataillon des Gardes de la Couronne formoit le flanc de la droite , et celui des
Gardes de Lithuanie celui de la gauche. La Colonne du centre , dont la tête étoit en ligne avec
la queue des 2 autres Colonnes, forma en même..
temps une Phalange.
Par un second signal , les demi Divisions for❤
merent à droite et à gauche des Bataillons , et la
Colonne du Centre rompit en même- temps sa.
Phalange, en faisant joindre aux deux demi-Divisions de la tête celles qui formoient les flancs de
la Phalange.
Par un troisiéme signal , la queue des Colonnes de la droitê et de la gauche , vint se joindre aux Aîles du Bataillon du centre.
Après ce mouvement , les Bataillons étant en
parade , presenterent les Armes , et les Officiers
saluerent de pied ferme , après quoi on donna
Pavertissement pour le maniement des Armes quis se fit au son du Tambour, et fut suivi de 3 feux..
Le fut le feu coulant de la droite à la gauche ;
ensuite le feu de Chaîne par demi Bataillon , et
enfin une décharge generale de toute l'Infante- rie.
I
Par un quatriéme signal , tous les Bataillons.
défilerent à droite et à gauche par demi - Division , et celui du centre se partagea en deux
pour
1856 MERCURE DE FRANCE
pour suivre la queue des trois Bataillons de la
droite , et des trois de la gauche, qui se mirent en
marche sur 2 Colonnes , pour passer devant le
Roy. La droite et la gauche des flancs formant
les têtes des Colonnes qui s'avancerent en mêmetemps , étant vis à-vis le Pavillon , les Officiers
saluerent , et par une autre conversion , à droite
et à gauche , les Colonnes retournerent par la
centre , et se remirent en marche sur une seule
Ligne.
Par un cinquiéme signal , l'Infanterie sur une Ligne fit feu par demi Division sur la Place , et
en avançant , et par un sixiéme signal , elle fit
demi tour à droite pour se retirer au Camp , et
continua à faire feu pendant la retraite.
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Résumé : POLOGNE.
Le 31 juillet, le roi ordonna à l'armée de quitter Nova, près de Varsovie. Les troupes se disposèrent en cinq colonnes : deux de cavalerie et trois d'infanterie. La colonne de droite, dirigée par le Major General Klingenberg, comprenait 8 escadrons de Gotha et de Nassau. La colonne de gauche, sous le commandement du Major General Mir, incluait 4 escadrons du Régiment de Mir et 4 escadrons de divers régiments de la Couronne. Les colonnes d'infanterie étaient commandées par le Prince Czartoriski, le Major General Campenhausen et le Major General Flemming. Les colonnes de droite avancèrent par la gauche et celles de gauche par la droite. Les bagages suivaient à l'arrière de chaque colonne, et la vieille grande garde formait l'arrière-garde. Le Palatin de Mazovie, régimentaire, menait la colonne du centre, suivi du Lieutenant General Comte de Denhof portant le Bonzouk, une marque d'honneur. Après avoir traversé une digue, les colonnes se remirent en ordre de bataille et attendirent les signaux. Le roi donna le premier signal par un coup de canon, et le Quartier-Maître Général reconnut le camp. L'artillerie, composée de 38 canons et 4 mortiers, suivit la colonne du centre, fermée par une compagnie de dragons. L'armée se mit en bataille à la tête du nouveau camp et y entra au troisième signal. Le 2 août, une revue générale de l'armée fut organisée. Les troupes se rangèrent à la tête de leur camp et avancèrent vers la place d'armes. Les pièces de campagne et l'artillerie se disposèrent en ordre de bataille. Le roi, précédé de son Bonzouk, passa en revue l'armée et regagna sa tente. Des feux de salut furent tirés par les pièces de campagne et l'artillerie, suivis d'un feu coulant de toute l'armée. L'armée effectua ensuite une conversion à droite et passa devant le roi. Le 3 août, le roi célébra la fête de l'Ordre de l'Aigle blanc. Le 4 août, l'infanterie fit l'exercice sur la place d'armes, effectuant divers mouvements et tirs en présence du roi.
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6411
p. 1856-1861
ALLEMAGNE.
Début :
On a appris de Prague, que le 30. du mois dernier, le Roy de Prusse (qui y étoit attendu) [...]
Mots clefs :
Allemagne, Bohême, Comte de Schlick, Roi de Prusse, Prague, Vienne, Ordonnance de l'empereur contre le luxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Na appris de Prague , que le 30. du mois
Odernier ,le Roy dePrusse (qui y étoit attendu ) arriva à Torowits , premiere Ville de
Boheme , er y dîna , servi par les Officiers de
l'Empereur. La Chambre qu'on avoit préparée
pour S.M.étoit meublée des mêmes Meubles dont
S. M. Imp. se sert dans ses voyages ; sçavoir
de Velours cramoisi , garni de Galons et de Franges d'or ; le dîné fut servi de la même maniere
qu'on sert l'Empereur. Le Roy de Prusse fit partit aussi-tôt le General de Grumbkow , pour aller donner part à L. M. Imp. à Clumitz , de son arrivée en Boheme. Le General eut Audience de
L. M. Imp. à 8. heures du soir , et les remercia
au nom de S. M. Prussienne , de toutes les attentions qu'on avoit eues pendant son voyage ;
L. M. Imp. lui ayant témoigné la satisfaction
qu'elles avaient d'apprendre que le Roy étoit si
près
" AOUST. 1732 1857
1
Près d'elles , il repartit d'abord pour aller retrouver le Roy à Bistho , où S. M. coucha cette nuit-là.
Le 31. Le Comte de Schlick y arriva de grand
matin et complimenta le Roy de Prusse au nom
de l'Empereur et de l'Imperatrice , sur son heureuse arrivée, en lui témoignant que L.M. Imp.
étoient fort impatientes d'embrasser S. M. Le
Koy partit là-dessus pour Klodrop , Maison de
Plaisance de l'Empereur , où sont ses Haras ;
S. M. y fut reçûë à la descente de sa chaise , par
le Prince Eugene de Savoye ; elle ne put assez
exprimer la joye qu'elle avoit de revoir un si
grand Capitaine. L. M. Imp. y arriverent immédiatement après. L'Empereur embrassa le Roy,
avec beaucoup de tendresse. Les deux Monar
ques se donnerent les plus grandes marques d'u
ne veritable amitié. Après les premiers compli
mens , on se rendit à une espece de Tribune
qu'on y avoit fait construire.Le Roy mena l'Imperatrice , qui avoit l'Empereur à sa droite ,
L. M. Imp. et Royales y resterent près de deux heures pour voir passer les Chevaux des Haras ,
après quoi le Roy se retira dans son Apartement
jusqu'au temps du dîner que S. M. vint prendre
'Imperatrice et la conduisit à table , où cette
Princesse se mit au milieu , ayant l'Empereur à
sa droite et le Roy de Prusse à sa gauche. L'Empereur but le premier à la santé du Roy de Prusse,
en faisant des vœux pour la continuation et la
longue durée de l'amitié sincere qui regnoit entre eux. Les expressions dont S. M. Imp. se servit à cette occasion , étoient des plus énergiques.
Le Roy de Prusse s'étant fait donner à boire ,
y répondit dans des termes qui marquoient com
bien il étoit sensible aux vœux de S. M. Imp. er combic
1858 MERCURE DE FRANCE
combien les souhaits qu'il faisoit pour la prospe
rité de sa Personne et de tout ce qui la regardoit, étoient sinceres. On fut deux heures à table.
Après le repas , le Roy s'entretint plus d'une demie-heare avec l'Empereur , et se rendit ensuite'
dans son Appartement , où S. M. Imp. alla le
trouver quelque temps après. Ces deux Monarques y furent seuls pendant une bonne demie
heure. L'Empereur s'étant retiré , le Roy se rendit chez l'Imperatrice et la mena dans un endroit
où l'on avoit construit diverses Loges , ornées de
verdure , et où L. M. virent passer les Poulains
des Haras de l'Empereur.
Vers les 5. heures du soir , le Roy prit congé
de L. M. Imp. et dit à l'Empereur qu'il esperoit
que S. M. Imp. ne trouveroit pas mauvais qu'il
s'arrêtat quelques jours, incognito , à Prague . L'Em
pereur, en l'embrassant , l'assura que plus il s'ar
rêteroit dans ses Etats , plus cela lui seroit agréa
ble. Le Roy de Prusse partit immédiatement
après et alla coucher à Nieubourg. L'Empereur et l'Imperatrice retournerent à Clumitz.
Le premier de ce mois , le Roy de Prusse arriva à Prague , et alla descendre à l'Hôtel du
Comte de Nostitz ; il se rendit ensuite à celui du
Comte de Thum, où le Prince Eugene de Savoye
le traita magnifiquement à dîner. Pendant que le
Roy étoit à table , il fut complimenté sur son
heureuse arrivée par un Chambellan de L. M. I. qu'elles avoient envoyé pour cet effet de Clumitz,
Après le repas , le Roy alla se promener par la Ville , et le soir il se rendit à l'Assemblée chez
le Comte de Czernin. S.M. y joüa avec la Princesse de Furstemberg , la Comtesse de Czernin et
le Prince Eugene de Savoye. On alla ensuite sou
per chez le Comte de Wurby ; il y avoit plu sieurs
AOUST. 1732. 1859
sieurs Tables de quaranse Converts chacune ,
servies avec profusion et route la délicatesse pos sible.
Le 2. le Roy vit la Maison des Invalides qu'on
bâtit, et qui en doit contenir 4000. S M. fut dîner chez le Comte de Sinzendorff , Grand..
Chancelier de la Cour , et le soir elle alla à l'Assemblée chez le Grand- Prieur , Comte de Dictrichstein. L. M. Imp. revinrent le même soir à
Prague.
par
Le 3. le Roy envoya complimenter L.M.Imp.
le General de Borck. S. M. alla ensuite, inco
gnito, à l'Eglise de la Cour , où le Prince de Saxezeitz , Evêque de Konigsgratz, officia pontifica
lement. Pendant le Service Divin , l'Archevêque
de Prague reçût le Pallium avec les ceremonies.
ordinaires , et le tout s'executa avec beaucoup
d'ordre et de magnificence. Le Roy vit les Re
liques et la Langue de S. Népomucene , et alla ensuite dîner chez le Comte de Czernin. L'aprèsmidi S. M. fut voir le Château de Prague ; l'Empereur y survint , et ces deux Princes s'entretinrent encore seuls pendant une demie heure. Le
Roy se rendit ensuite chez l'Imperatrice , et s'y
arrêta une heure pour faire ses adieux. Le soir
S. M. alla à l'Assemblée chez le Comte de Wurby, et soupa chez la Princesse de Furstenberg.
Le 4.le Roy alla au Parc , et y tua quelques
Dains ; aprês avoir dîné chez le Grand- Prieur
Comte de Dietrichstein, il retourna à son Hôtel
L'Empereur y vint vers les cinq heures du soir .
ils s'enfermerent ensemble pendant trois quarte
d'heure. Après cette entrevûë, L. M. prirent .
congé l'un de l'autre d'une maniere qui mar
quoit véritablement combien ces Princes étoient
ravis de se connoître personnellement , et combien ils étoient touchez de se séparer..
860 MERCURE DE FRANCE
Le Roy se rendit ensuite chez le Prince Eugene
de Savoye , après quoi S M. alla à l'Assemblée
chez le Comte de Sinzendorff , Grand- Chancelier de la Cour , dont le Jardin étoit illuminé ,
et soupa chez le Comte Gundez d'Althan , dans
la grande Sale du Château.
Le Roy partit le s . à 8. heures du matin , au
bruit du Canon. Il vit en passant l'endroit où la
bataille de la Montagne Blanche s'est donnée
autrefois ; et après avoir dîné à la Terre du
Comte de Martinitz , il alla coucher à Petershoff.
Le 6. le Roy arriva à Carelsbadt , et le 7. à
Bareith. Ce voyage a fait un plaisir infini au
Roy de Prusse , et l'Empereur en a marqué une satisfaction extraordinaire , tant en public qu'en
particulier. S. M. I. a fait de magnifiques présens
à toute la Suite du Roy de Prusse ; elle a donné entr'autres aux Generaux de Grumbkow et de
Borck , à chacun son Portrait enrichi de brillans,
estimé 6000. écus , et de fort belles Bagues de
brillans , &c. aux Generaux de Schulembourg ,
de Bodenbrock , au Colonel Derschau , &c. Le
Roy de Prusse , en se retirant le 4. au soir dans
son Appartement , trouva une Tabagie d'or que
l'Empereur y avoit fait mettre ; il donna foo.
écus au Porteur, S M. a fait avant son départ
de Prague , de ført beaux présens à diverses personnes , et on s'est beaucoup loué de la género- sité de ce Prince.
On a publié à Vienne le 13. de ce mois , une Ordonnance de l'Empereur contre le Luxe , par
laquelle il est deffendu à tous les Sujets de S. M. I. de s'habiller d'autres étoffes que de celles de laines , qui sont fabriquées dans ses Pays hereditaires. S. M. I. veut que les femmes , même du pre mier
AOUST. 1732. 1861
nier rang , ne soient habillées que d'étoffes de
ye unie , sans or ni argent ; il n'est permis qu'à lles , qui par leur rang , doivent paroître à la
Cour , de porter des Pierreries ; la quantité de
a Vaisselle d'argent est réduite aussi par la mêafe Ordonnance , dont l'execution , qui est fixée
premier Janvier prochain , est commise aux
Officiers de la Régence de la Basse- Autriche.
Le Conseil Aulique a fait publier un Edit de
'Empereur , par lequel il est deffendu aux Prines Protestans de l'Empire , d'user de représailles
l'occasion de l'exil des Protestans du Diocèse
e Saltzbourg , et il leur est ordonné d'attendre
résolution de ce Conseil sur cette affaire.
Na appris de Prague , que le 30. du mois
Odernier ,le Roy dePrusse (qui y étoit attendu ) arriva à Torowits , premiere Ville de
Boheme , er y dîna , servi par les Officiers de
l'Empereur. La Chambre qu'on avoit préparée
pour S.M.étoit meublée des mêmes Meubles dont
S. M. Imp. se sert dans ses voyages ; sçavoir
de Velours cramoisi , garni de Galons et de Franges d'or ; le dîné fut servi de la même maniere
qu'on sert l'Empereur. Le Roy de Prusse fit partit aussi-tôt le General de Grumbkow , pour aller donner part à L. M. Imp. à Clumitz , de son arrivée en Boheme. Le General eut Audience de
L. M. Imp. à 8. heures du soir , et les remercia
au nom de S. M. Prussienne , de toutes les attentions qu'on avoit eues pendant son voyage ;
L. M. Imp. lui ayant témoigné la satisfaction
qu'elles avaient d'apprendre que le Roy étoit si
près
" AOUST. 1732 1857
1
Près d'elles , il repartit d'abord pour aller retrouver le Roy à Bistho , où S. M. coucha cette nuit-là.
Le 31. Le Comte de Schlick y arriva de grand
matin et complimenta le Roy de Prusse au nom
de l'Empereur et de l'Imperatrice , sur son heureuse arrivée, en lui témoignant que L.M. Imp.
étoient fort impatientes d'embrasser S. M. Le
Koy partit là-dessus pour Klodrop , Maison de
Plaisance de l'Empereur , où sont ses Haras ;
S. M. y fut reçûë à la descente de sa chaise , par
le Prince Eugene de Savoye ; elle ne put assez
exprimer la joye qu'elle avoit de revoir un si
grand Capitaine. L. M. Imp. y arriverent immédiatement après. L'Empereur embrassa le Roy,
avec beaucoup de tendresse. Les deux Monar
ques se donnerent les plus grandes marques d'u
ne veritable amitié. Après les premiers compli
mens , on se rendit à une espece de Tribune
qu'on y avoit fait construire.Le Roy mena l'Imperatrice , qui avoit l'Empereur à sa droite ,
L. M. Imp. et Royales y resterent près de deux heures pour voir passer les Chevaux des Haras ,
après quoi le Roy se retira dans son Apartement
jusqu'au temps du dîner que S. M. vint prendre
'Imperatrice et la conduisit à table , où cette
Princesse se mit au milieu , ayant l'Empereur à
sa droite et le Roy de Prusse à sa gauche. L'Empereur but le premier à la santé du Roy de Prusse,
en faisant des vœux pour la continuation et la
longue durée de l'amitié sincere qui regnoit entre eux. Les expressions dont S. M. Imp. se servit à cette occasion , étoient des plus énergiques.
Le Roy de Prusse s'étant fait donner à boire ,
y répondit dans des termes qui marquoient com
bien il étoit sensible aux vœux de S. M. Imp. er combic
1858 MERCURE DE FRANCE
combien les souhaits qu'il faisoit pour la prospe
rité de sa Personne et de tout ce qui la regardoit, étoient sinceres. On fut deux heures à table.
Après le repas , le Roy s'entretint plus d'une demie-heare avec l'Empereur , et se rendit ensuite'
dans son Appartement , où S. M. Imp. alla le
trouver quelque temps après. Ces deux Monarques y furent seuls pendant une bonne demie
heure. L'Empereur s'étant retiré , le Roy se rendit chez l'Imperatrice et la mena dans un endroit
où l'on avoit construit diverses Loges , ornées de
verdure , et où L. M. virent passer les Poulains
des Haras de l'Empereur.
Vers les 5. heures du soir , le Roy prit congé
de L. M. Imp. et dit à l'Empereur qu'il esperoit
que S. M. Imp. ne trouveroit pas mauvais qu'il
s'arrêtat quelques jours, incognito , à Prague . L'Em
pereur, en l'embrassant , l'assura que plus il s'ar
rêteroit dans ses Etats , plus cela lui seroit agréa
ble. Le Roy de Prusse partit immédiatement
après et alla coucher à Nieubourg. L'Empereur et l'Imperatrice retournerent à Clumitz.
Le premier de ce mois , le Roy de Prusse arriva à Prague , et alla descendre à l'Hôtel du
Comte de Nostitz ; il se rendit ensuite à celui du
Comte de Thum, où le Prince Eugene de Savoye
le traita magnifiquement à dîner. Pendant que le
Roy étoit à table , il fut complimenté sur son
heureuse arrivée par un Chambellan de L. M. I. qu'elles avoient envoyé pour cet effet de Clumitz,
Après le repas , le Roy alla se promener par la Ville , et le soir il se rendit à l'Assemblée chez
le Comte de Czernin. S.M. y joüa avec la Princesse de Furstemberg , la Comtesse de Czernin et
le Prince Eugene de Savoye. On alla ensuite sou
per chez le Comte de Wurby ; il y avoit plu sieurs
AOUST. 1732. 1859
sieurs Tables de quaranse Converts chacune ,
servies avec profusion et route la délicatesse pos sible.
Le 2. le Roy vit la Maison des Invalides qu'on
bâtit, et qui en doit contenir 4000. S M. fut dîner chez le Comte de Sinzendorff , Grand..
Chancelier de la Cour , et le soir elle alla à l'Assemblée chez le Grand- Prieur , Comte de Dictrichstein. L. M. Imp. revinrent le même soir à
Prague.
par
Le 3. le Roy envoya complimenter L.M.Imp.
le General de Borck. S. M. alla ensuite, inco
gnito, à l'Eglise de la Cour , où le Prince de Saxezeitz , Evêque de Konigsgratz, officia pontifica
lement. Pendant le Service Divin , l'Archevêque
de Prague reçût le Pallium avec les ceremonies.
ordinaires , et le tout s'executa avec beaucoup
d'ordre et de magnificence. Le Roy vit les Re
liques et la Langue de S. Népomucene , et alla ensuite dîner chez le Comte de Czernin. L'aprèsmidi S. M. fut voir le Château de Prague ; l'Empereur y survint , et ces deux Princes s'entretinrent encore seuls pendant une demie heure. Le
Roy se rendit ensuite chez l'Imperatrice , et s'y
arrêta une heure pour faire ses adieux. Le soir
S. M. alla à l'Assemblée chez le Comte de Wurby, et soupa chez la Princesse de Furstenberg.
Le 4.le Roy alla au Parc , et y tua quelques
Dains ; aprês avoir dîné chez le Grand- Prieur
Comte de Dietrichstein, il retourna à son Hôtel
L'Empereur y vint vers les cinq heures du soir .
ils s'enfermerent ensemble pendant trois quarte
d'heure. Après cette entrevûë, L. M. prirent .
congé l'un de l'autre d'une maniere qui mar
quoit véritablement combien ces Princes étoient
ravis de se connoître personnellement , et combien ils étoient touchez de se séparer..
860 MERCURE DE FRANCE
Le Roy se rendit ensuite chez le Prince Eugene
de Savoye , après quoi S M. alla à l'Assemblée
chez le Comte de Sinzendorff , Grand- Chancelier de la Cour , dont le Jardin étoit illuminé ,
et soupa chez le Comte Gundez d'Althan , dans
la grande Sale du Château.
Le Roy partit le s . à 8. heures du matin , au
bruit du Canon. Il vit en passant l'endroit où la
bataille de la Montagne Blanche s'est donnée
autrefois ; et après avoir dîné à la Terre du
Comte de Martinitz , il alla coucher à Petershoff.
Le 6. le Roy arriva à Carelsbadt , et le 7. à
Bareith. Ce voyage a fait un plaisir infini au
Roy de Prusse , et l'Empereur en a marqué une satisfaction extraordinaire , tant en public qu'en
particulier. S. M. I. a fait de magnifiques présens
à toute la Suite du Roy de Prusse ; elle a donné entr'autres aux Generaux de Grumbkow et de
Borck , à chacun son Portrait enrichi de brillans,
estimé 6000. écus , et de fort belles Bagues de
brillans , &c. aux Generaux de Schulembourg ,
de Bodenbrock , au Colonel Derschau , &c. Le
Roy de Prusse , en se retirant le 4. au soir dans
son Appartement , trouva une Tabagie d'or que
l'Empereur y avoit fait mettre ; il donna foo.
écus au Porteur, S M. a fait avant son départ
de Prague , de ført beaux présens à diverses personnes , et on s'est beaucoup loué de la género- sité de ce Prince.
On a publié à Vienne le 13. de ce mois , une Ordonnance de l'Empereur contre le Luxe , par
laquelle il est deffendu à tous les Sujets de S. M. I. de s'habiller d'autres étoffes que de celles de laines , qui sont fabriquées dans ses Pays hereditaires. S. M. I. veut que les femmes , même du pre mier
AOUST. 1732. 1861
nier rang , ne soient habillées que d'étoffes de
ye unie , sans or ni argent ; il n'est permis qu'à lles , qui par leur rang , doivent paroître à la
Cour , de porter des Pierreries ; la quantité de
a Vaisselle d'argent est réduite aussi par la mêafe Ordonnance , dont l'execution , qui est fixée
premier Janvier prochain , est commise aux
Officiers de la Régence de la Basse- Autriche.
Le Conseil Aulique a fait publier un Edit de
'Empereur , par lequel il est deffendu aux Prines Protestans de l'Empire , d'user de représailles
l'occasion de l'exil des Protestans du Diocèse
e Saltzbourg , et il leur est ordonné d'attendre
résolution de ce Conseil sur cette affaire.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En août 1732, le roi de Prusse arriva à Torowits, en Bohême, où il fut accueilli par les officiers de l'empereur. Sa chambre était meublée avec les mêmes meubles utilisés par l'empereur lors de ses voyages, et son dîner fut servi de manière similaire. Le général de Grumbkow fut envoyé pour informer l'empereur de l'arrivée du roi de Prusse, qui fut ensuite reçu par le prince Eugène de Savoie à Klodrop. L'empereur et l'impératrice exprimèrent leur joie de revoir le roi, et les trois monarques passèrent la journée ensemble, visitant les haras impériaux et partageant un dîner où ils échangèrent des vœux d'amitié. Le roi de Prusse se rendit ensuite à Prague, où il fut accueilli par divers nobles et participa à plusieurs événements sociaux. Il visita également des sites historiques et reçut des cadeaux de l'empereur. Avant son départ, le roi et l'empereur eurent une dernière entrevue privée. Le roi quitta Prague le 5 août, après avoir reçu des présents de l'empereur et en ayant offert à divers personnages. Par ailleurs, l'empereur publia une ordonnance contre le luxe et un édit concernant les princes protestants de l'Empire.
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6412
p. 1861-1863
ITALIE.
Début :
Il est arrivé à Rome de Lisbone, un Jesuite nommé le P. Gomez, qui sera chargé, à ce [...]
Mots clefs :
Italie, Père Gomez, Cardinal Ottoboni, Loterie de l'État, Corsaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
FL est arrivé à Rome de Lisbone , un Jesuite
nommé le P. Gomez , qui sera chargé , à ce
tr'on assure , des affaires du Roy de Portugal , à
a place du P.d'Evora, Franciscain ; un autre Jeuite qui l'a accompagné , est destiné à remplir
ane place de Sous- Pénitencier de l'Eglise de saint
Pierre , où le Confessional en Langue Portugaise
aquoit depuis quelque temps.
Dans le Consistoire du 21. Juillet , le Cardiaal Ottoboni proposa l'Evêché de Rennes pour
l'Abbé de Vaureal ; l'Abbaye de S. Urbain de
Châlons , pour l'Abbé de Brissac et celle d'Obaine , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de la Briffe.
Le 24. du même mois , on tira la Loterie de
Etat sur laquelle la Chambre Apostolique retirera pour ce mois- là un profit de plus de 120000 écus , qui sera distribué en aumônes comme les
mois précedens. Les Prêtres de la Doctrine Chré- tienne
1862 MERCURE DE FRANCE
tienne d'Avignon en ont obtenu 1500. écu
pour augmenter les Bâtimens de leur Maison.
Lenouvel Electeur de Mayence fait solliciter
ane diminution de 1500. ducats d'or, qu'il doit
payer à la Chambre Apostolique , outre les frais
de ses Bulles , et les cent pistoles qu'il est obligé
de donner à tous les Cardinaux qui étoient Rome dans le temps de son Election.
Le bruit court à Rome, que le Pape a accordé une Bulle d'absolution en faveur des Protestans
de l'Electorat de Saxe , qui voudront embrasser
la Religion Catholique , et que par cette Bulle
ils seront confirmez dans la possession des biens
dont ils jouissent , qui auroient pû appartenir
aux Ecclesiastiques avant la réformation.
On a publié à Florence une nouvelle Ordon
nance qui rappelle les anciennes, par lesquelles il
est deffenda aux Sujets du Grand- Duc , de s'in❤
teresser aux Loteries étrangeres , tant de Gennes
de Naples que de Rome , à peine de punition
corporelle.
On écrit de Gennes , que le Prince Louis de
Wirtemberg a eu de fréquentes Conferences avec
les Principaux du Conseil , ensuite des Dépêches
qu'il a reçûës de Vienne, et le bruit s'est répande
depuis que le sentiment de l'Empereur , sous la
garantie duquel les Rebelles deCorse ont quitté les armes , étoit qu'on executât incessamment le
Traité que le Prince de Wirtemberg a fait avec
eux , et qu'on les mit en jouissance de tout ce
qui leur a été accordé par ce Traité.
On apprend de Naples , que le 2. Juillet , le
Comte d'Arrache se rendit en cortege à la Sale
du Conseil Collateral , où il déclara que l'Empe
reur avoit nommé le Comte Jules Visconti
Grand · Maître de la Maison de l'Archiduchesse,
Goa-
AOUST. 1732. 1863
Gouvernante des Pays-Bas , pour lui succeder
dans la Viceroyauté du Royaume de Naples.
On apprend de Venise , que le 31. Juillet , les
Rivieres du Rio, Ano et l'Arnestino, ayant étéenflées prodigieusement par les pluyes, sortirent de
leurs lits avec un rapidité incroyable ; et qu'ayant
rompu les Digues des Chaussées des environs du
Bourg de Gallerate, elles inonderent les Prairies ,
entrainant les plus gros arbres , qui étant poussez avec impétuosité dans le seul endroit où le
Torrent pouvoit s'écouler , s'y amasserent e12
si grand nombre , qu'ayant fermé ce débouché ,
l'eau commença à remonter insensiblement , puis
à entrer dans le Bourg , où elle s'éleva dans des
endroits jusqu'à 9. brasses de hauteur La plupart
des maisons furent entraînées par l'impétuosité
du courant de l'eau , un grand nombre des habitans furent submergez , er ceux qui se sauvercnt
à la nage , auroient été réduits à mourir de misere , ayant perdu toutes leurs provisions , sans
de secours que leur ont donné les Religieuses de
ce Bourg , qui ont leur Monastere sur une hauteur. On ne croit pas que ce Boung puisse se rétablir ni remettre sur pied son Commerce qui
étoit assez considerable. Le Torrent d'Oronna, a
causé aussi beaucoup de dommage à Lagnano et
Castellanza. On a appris depuis de Plaisance qu'à
la suite d'un orage qui avoit duré 41 ou ƒ. heures , l'eau étoit entrée dans la Ville et avoit renversé dix maisons.
On a appris par des Lettres de Corfou , que le fameux Corsaire Ali Codgea , étoit mort en
revenant
FL est arrivé à Rome de Lisbone , un Jesuite
nommé le P. Gomez , qui sera chargé , à ce
tr'on assure , des affaires du Roy de Portugal , à
a place du P.d'Evora, Franciscain ; un autre Jeuite qui l'a accompagné , est destiné à remplir
ane place de Sous- Pénitencier de l'Eglise de saint
Pierre , où le Confessional en Langue Portugaise
aquoit depuis quelque temps.
Dans le Consistoire du 21. Juillet , le Cardiaal Ottoboni proposa l'Evêché de Rennes pour
l'Abbé de Vaureal ; l'Abbaye de S. Urbain de
Châlons , pour l'Abbé de Brissac et celle d'Obaine , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de la Briffe.
Le 24. du même mois , on tira la Loterie de
Etat sur laquelle la Chambre Apostolique retirera pour ce mois- là un profit de plus de 120000 écus , qui sera distribué en aumônes comme les
mois précedens. Les Prêtres de la Doctrine Chré- tienne
1862 MERCURE DE FRANCE
tienne d'Avignon en ont obtenu 1500. écu
pour augmenter les Bâtimens de leur Maison.
Lenouvel Electeur de Mayence fait solliciter
ane diminution de 1500. ducats d'or, qu'il doit
payer à la Chambre Apostolique , outre les frais
de ses Bulles , et les cent pistoles qu'il est obligé
de donner à tous les Cardinaux qui étoient Rome dans le temps de son Election.
Le bruit court à Rome, que le Pape a accordé une Bulle d'absolution en faveur des Protestans
de l'Electorat de Saxe , qui voudront embrasser
la Religion Catholique , et que par cette Bulle
ils seront confirmez dans la possession des biens
dont ils jouissent , qui auroient pû appartenir
aux Ecclesiastiques avant la réformation.
On a publié à Florence une nouvelle Ordon
nance qui rappelle les anciennes, par lesquelles il
est deffenda aux Sujets du Grand- Duc , de s'in❤
teresser aux Loteries étrangeres , tant de Gennes
de Naples que de Rome , à peine de punition
corporelle.
On écrit de Gennes , que le Prince Louis de
Wirtemberg a eu de fréquentes Conferences avec
les Principaux du Conseil , ensuite des Dépêches
qu'il a reçûës de Vienne, et le bruit s'est répande
depuis que le sentiment de l'Empereur , sous la
garantie duquel les Rebelles deCorse ont quitté les armes , étoit qu'on executât incessamment le
Traité que le Prince de Wirtemberg a fait avec
eux , et qu'on les mit en jouissance de tout ce
qui leur a été accordé par ce Traité.
On apprend de Naples , que le 2. Juillet , le
Comte d'Arrache se rendit en cortege à la Sale
du Conseil Collateral , où il déclara que l'Empe
reur avoit nommé le Comte Jules Visconti
Grand · Maître de la Maison de l'Archiduchesse,
Goa-
AOUST. 1732. 1863
Gouvernante des Pays-Bas , pour lui succeder
dans la Viceroyauté du Royaume de Naples.
On apprend de Venise , que le 31. Juillet , les
Rivieres du Rio, Ano et l'Arnestino, ayant étéenflées prodigieusement par les pluyes, sortirent de
leurs lits avec un rapidité incroyable ; et qu'ayant
rompu les Digues des Chaussées des environs du
Bourg de Gallerate, elles inonderent les Prairies ,
entrainant les plus gros arbres , qui étant poussez avec impétuosité dans le seul endroit où le
Torrent pouvoit s'écouler , s'y amasserent e12
si grand nombre , qu'ayant fermé ce débouché ,
l'eau commença à remonter insensiblement , puis
à entrer dans le Bourg , où elle s'éleva dans des
endroits jusqu'à 9. brasses de hauteur La plupart
des maisons furent entraînées par l'impétuosité
du courant de l'eau , un grand nombre des habitans furent submergez , er ceux qui se sauvercnt
à la nage , auroient été réduits à mourir de misere , ayant perdu toutes leurs provisions , sans
de secours que leur ont donné les Religieuses de
ce Bourg , qui ont leur Monastere sur une hauteur. On ne croit pas que ce Boung puisse se rétablir ni remettre sur pied son Commerce qui
étoit assez considerable. Le Torrent d'Oronna, a
causé aussi beaucoup de dommage à Lagnano et
Castellanza. On a appris depuis de Plaisance qu'à
la suite d'un orage qui avoit duré 41 ou ƒ. heures , l'eau étoit entrée dans la Ville et avoit renversé dix maisons.
On a appris par des Lettres de Corfou , que le fameux Corsaire Ali Codgea , étoit mort en
revenant
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Résumé : ITALIE.
En 1732, plusieurs événements politiques et religieux ont marqué l'Italie et ses régions voisines. À Rome, le jésuite Père Gomez, arrivé de Lisbonne, a remplacé le Père d'Evora dans les affaires du roi de Portugal. Un autre jésuite a été nommé sous-pénitencier de l'Église de Saint-Pierre, où un confessional en langue portugaise avait récemment été utilisé. Lors du consistoire du 21 juillet, le cardinal Ottoboni a proposé diverses nominations épiscopales et abbatiales. La loterie d'État a rapporté plus de 120 000 écus, dont 1 500 ont été attribués aux Prêtres de la Doctrine Chrétienne d'Avignon pour leurs bâtiments. L'électeur de Mayence a demandé une réduction de ses paiements à la Chambre Apostolique. Le pape a accordé une bulle d'absolution aux protestants de Saxe souhaitant se convertir au catholicisme. À Florence, une ordonnance a interdit aux sujets du Grand-Duc de participer aux loteries étrangères. À Gênes, le prince Louis de Wurtemberg a eu des conférences avec le conseil après des dépêches de Vienne, concernant l'exécution du traité avec les rebelles corses. À Naples, le comte d'Arrache a annoncé la nomination du comte Jules Visconti comme grand maître de la maison de l'archiduchesse. À Venise, des inondations ont causé des dégâts importants dans plusieurs bourgs, notamment Gallerate, Lagnano et Castellanza. Enfin, des lettres de Corfou ont mentionné la mort du célèbre corsaire Ali Codgea.
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6413
p. 1864-1866
ESPAGNE.
Début :
On apprend de Madrid, que tous les COnseils, les Paroisses et les Communautez Religieuses [...]
Mots clefs :
Espagne, Te Deum, Mascarade, Conquête d'Oran, Détachement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNI.
Napprend de Madrid, que tous les Conseils,
les Paroisses et les Communautez Religieuses de certe Ville , ont fait chanter le Te Deum
en action de graces de la Prise d'Oran et de Mazarquibir. Le 15. Juillet il y eut une nombreuse
Mascarade qui se rendit à la petite Place du Palais , et qui traversant une partie de la Ville ,
revint à la Place de l'Hôtel de Ville. L'après midy
on représenta la Comédie dans la grande Sale de
cet Hôtel , et le soir on tira dans la Place un trèsbeau Feu d'artifice , par lequel les Réjouissances
publiques ont été terminées.
On a appris par le Patron d'une Barque arrivée des Côtes de Barbarie , que le Comte de Montemar , General de l'Armée du Roy d'Espagne ,
qui a fait la conquête d'Oran , ayant envoyé un Détachement considerable pour attaquer les Maures dans quelques Montagnes peu éloignées de la
Ville , où ils s'étoient retirez , ce Détachement
avoit été surpris dans un défilé , où les Maures
s'étoient mis en embuscade ; que le Duc de Saint
Blas avoit été tué dans cette rencontre , et que
malgré ce petit avantage remporté par les Maures , le General Espagnol se préparoit à les faire attaquer de nouveau.
Des Lettres d'Oran , portent que les Peuples
de 15. à 20. lieuës des environs de cette Place
étoient venus se soumettre au Roy et demander
sa protection.
Ôn écrit de Madrid , qu'on y avoit appris
'Afrique qu'un Détachement de mille Grenadiers , placez dans une Embuscade , où il y avoit seize pieces de Canon , chargées à cartouche
1
1
AOUST. 17༣2. 1865
touche , avoit tué près de 800. Maures , qu'un
Cautre Détachement de Cavalerie Espagnole avoit
attiré des Montagnes dans un défilé ; que le Comte de Cecil, qui commandoit ce Détachement ,
les avoit poursuivis jusqu'à une Colline où il
avoit trouvé un Convoi de mille Chameaux ,
chargez de froment et d'orge,
>
D'autres Lettres arrivées depuis , portent
qu'il est venu au Camp un Pacha d'une Province voisine d'Orau , accompagné de son fils ,
pour offrir au Comte de Montemar de mettre
35000. Maures en campagne au service de S.M.C.
à condition qu'on assureroit le Gouvernement de
cette Province à son fils , et qu'on établiroit avec
lui un Commerce de Bestiaux et de denrées , offrant de laisser son fils en ôtage pour sureté de
sa parole , et de fournir d'avance.200. mille mesures de froment. Le bruit court que cè Pacha
doit arriver à Madrid incessamment avec une
suite de 30. Maurės. 1
On inande de Ceuta , qu'on y avoit arrêté un
homme qui se disoit Domestique du Duc de
Riperda, et qu'on a sçû depuis être un Ingenieur
qu'il avoit chargé de lever le plan des Fortifica- tions de cette Place. On a appris aussi par ce Pri
sonnier , que le Duc de Riperda s'étoit fait Mahometan , et qu'il étoit actuellement au service
du Roy de Maroc. Cette déclaration ayant été confirmée par d'autres Lettres , que le Roy a
donné ordre au Conseil de Castille , de rayer le
nom de ce Renegat dans tous les Registres où il avoit été inscrit dans le temps de sa faveur en
Espagne.
On vient de recevoir des Lettres du Comte de
Montemar , par lesquelles on apprend que ce
General avoit fait un détachement de souo. hom- 13 I mes
1866 MERCURE DE FRANCE
mes d'Infanterie et de 2000. Chevaux , qui de- ,
voient être commandez par le Marquis de VillaDarias , pour aller faire le Siege de la petite Ville
de Mazangran , située à l'Embouchure de la Ri
viere de Chilef, à 15. lieues d'Oran , où il avoit
envoyé en même temps deux Vaisseaux de guerre
et 7. Galeres , qui devoient l'attaquer par Mer.
Napprend de Madrid, que tous les Conseils,
les Paroisses et les Communautez Religieuses de certe Ville , ont fait chanter le Te Deum
en action de graces de la Prise d'Oran et de Mazarquibir. Le 15. Juillet il y eut une nombreuse
Mascarade qui se rendit à la petite Place du Palais , et qui traversant une partie de la Ville ,
revint à la Place de l'Hôtel de Ville. L'après midy
on représenta la Comédie dans la grande Sale de
cet Hôtel , et le soir on tira dans la Place un trèsbeau Feu d'artifice , par lequel les Réjouissances
publiques ont été terminées.
On a appris par le Patron d'une Barque arrivée des Côtes de Barbarie , que le Comte de Montemar , General de l'Armée du Roy d'Espagne ,
qui a fait la conquête d'Oran , ayant envoyé un Détachement considerable pour attaquer les Maures dans quelques Montagnes peu éloignées de la
Ville , où ils s'étoient retirez , ce Détachement
avoit été surpris dans un défilé , où les Maures
s'étoient mis en embuscade ; que le Duc de Saint
Blas avoit été tué dans cette rencontre , et que
malgré ce petit avantage remporté par les Maures , le General Espagnol se préparoit à les faire attaquer de nouveau.
Des Lettres d'Oran , portent que les Peuples
de 15. à 20. lieuës des environs de cette Place
étoient venus se soumettre au Roy et demander
sa protection.
Ôn écrit de Madrid , qu'on y avoit appris
'Afrique qu'un Détachement de mille Grenadiers , placez dans une Embuscade , où il y avoit seize pieces de Canon , chargées à cartouche
1
1
AOUST. 17༣2. 1865
touche , avoit tué près de 800. Maures , qu'un
Cautre Détachement de Cavalerie Espagnole avoit
attiré des Montagnes dans un défilé ; que le Comte de Cecil, qui commandoit ce Détachement ,
les avoit poursuivis jusqu'à une Colline où il
avoit trouvé un Convoi de mille Chameaux ,
chargez de froment et d'orge,
>
D'autres Lettres arrivées depuis , portent
qu'il est venu au Camp un Pacha d'une Province voisine d'Orau , accompagné de son fils ,
pour offrir au Comte de Montemar de mettre
35000. Maures en campagne au service de S.M.C.
à condition qu'on assureroit le Gouvernement de
cette Province à son fils , et qu'on établiroit avec
lui un Commerce de Bestiaux et de denrées , offrant de laisser son fils en ôtage pour sureté de
sa parole , et de fournir d'avance.200. mille mesures de froment. Le bruit court que cè Pacha
doit arriver à Madrid incessamment avec une
suite de 30. Maurės. 1
On inande de Ceuta , qu'on y avoit arrêté un
homme qui se disoit Domestique du Duc de
Riperda, et qu'on a sçû depuis être un Ingenieur
qu'il avoit chargé de lever le plan des Fortifica- tions de cette Place. On a appris aussi par ce Pri
sonnier , que le Duc de Riperda s'étoit fait Mahometan , et qu'il étoit actuellement au service
du Roy de Maroc. Cette déclaration ayant été confirmée par d'autres Lettres , que le Roy a
donné ordre au Conseil de Castille , de rayer le
nom de ce Renegat dans tous les Registres où il avoit été inscrit dans le temps de sa faveur en
Espagne.
On vient de recevoir des Lettres du Comte de
Montemar , par lesquelles on apprend que ce
General avoit fait un détachement de souo. hom- 13 I mes
1866 MERCURE DE FRANCE
mes d'Infanterie et de 2000. Chevaux , qui de- ,
voient être commandez par le Marquis de VillaDarias , pour aller faire le Siege de la petite Ville
de Mazangran , située à l'Embouchure de la Ri
viere de Chilef, à 15. lieues d'Oran , où il avoit
envoyé en même temps deux Vaisseaux de guerre
et 7. Galeres , qui devoient l'attaquer par Mer.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit la prise d'Oran et de Mazarquivir par les Espagnols. À Madrid, des Te Deum et des réjouissances publiques ont célébré ces victoires. Le Comte de Montemar a envoyé un détachement attaquer des Maures, mais une embuscade a causé la mort du Duc de Saint Blas. Malgré cette défaite, les Espagnols se préparaient à une nouvelle attaque. Des populations locales se sont soumises au roi d'Espagne. Un détachement de grenadiers a tué près de 800 Maures, et la cavalerie espagnole a capturé un convoi de chameaux. Un pacha voisin a proposé de mettre 35 000 Maures au service du roi d'Espagne en échange de privilèges. À Ceuta, un ingénieur a été arrêté pour trahison. Le Duc de Riperda, devenu mahométan, a été rayé des registres espagnols. Le Comte de Montemar a envoyé un détachement commandé par le Marquis de Villadarias pour assiéger Mazangran, avec le soutien naval de deux vaisseaux et sept galères.
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6414
p. 1866
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne, que le Roy Prétendant avoit le droit de lever des dixmes sur [...]
Mots clefs :
Dîmes, Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL.
Nmande de Lisbonne , que le Roy Préten
dant avoit le droit de lever des dixmes sur
les Evêchez et autres Benefices du Brezil, les Ec
clesiastiques de ces Provinces avoient eu recours
au Pape , et que S. S. étant disposée à les proteger , on craignoit que cela ne fit naître de nouyeaux differens avec la Cour de Rome.
Nmande de Lisbonne , que le Roy Préten
dant avoit le droit de lever des dixmes sur
les Evêchez et autres Benefices du Brezil, les Ec
clesiastiques de ces Provinces avoient eu recours
au Pape , et que S. S. étant disposée à les proteger , on craignoit que cela ne fit naître de nouyeaux differens avec la Cour de Rome.
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6415
p. 1866
GRANDE BRETAGNE
Début :
On écrit de Londre, que le 8. de ce mois, trois Vaisseaux de la Compagnie de la Mer [...]
Mots clefs :
Londres, Compagnie de la Mer du Sud, Baleines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE
GRANDE BRETAGNE E
N écrit de Londres , que le 8. de ce mois
Otrois Vaisseaux de la Compagnie de la Mer
du Sud entrerent dans le Port de Deptfort , venant du Groenland avec huit Baleines. Ils ont
laissé onze autres Vaisseaux de la Compagnie ,
qui avoient déja pris treize Baleines et qui de voient aller dans le Détroit de S. Dávid, desorte
qu'on espere que cette Pêche aura cette année un
meilleur succès que les années précédentes.
N écrit de Londres , que le 8. de ce mois
Otrois Vaisseaux de la Compagnie de la Mer
du Sud entrerent dans le Port de Deptfort , venant du Groenland avec huit Baleines. Ils ont
laissé onze autres Vaisseaux de la Compagnie ,
qui avoient déja pris treize Baleines et qui de voient aller dans le Détroit de S. Dávid, desorte
qu'on espere que cette Pêche aura cette année un
meilleur succès que les années précédentes.
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6416
p. 1874-1877
« Le 3. de ce mois, M. dElci, Archevêque de Rhodes et Nonce ordinaire du Pape auprès [...] »
Début :
Le 3. de ce mois, M. dElci, Archevêque de Rhodes et Nonce ordinaire du Pape auprès [...]
Mots clefs :
Archevêque de Rhodes, Nonce ordinaire du Pape, Corps de ville, Assemblée générale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 3. de ce mois, M. dElci, Archevêque de Rhodes et Nonce ordinaire du Pape auprès [...] »
FRANCE,
33
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E 3. de ce mois , M. d'Elci , Archevêque de
Rhodes et Nonce ordinaire du Pape auprès
de S. M. fit son Entrée publique dans Paris. Le Prince de Lambesc et le Chevalier de Sainctot ,
Introducteur desAmbassadeurs , allerent le prendre
dans les Carosses du Roy et de la Reine , au
Convent de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur , celui du
Prince de Lambesc , précedé de son Ecuyer ; un
Suisse du Nonce , à cheval ; la Livrée du Nonce
à pied quatre Gentilshommes, l'Ecuyer avec 4..
Pages à Cheval; le Carosse du Roy, aux côtez
duquel marchoient la Livrée du Prince de Lambesc et celle du Chevalier de Sainctot ; le Carosse
de la Reine ; celui de Madame la Duchesse d'Orleans Douairiere ; ceux du Duc d'Orleans , de la
Duchesse de Bourbon Doüairiere ; du Duc et de
la Duchesse de Bourbon ; du Comte de Charolois ; du Comte de Clermont ; de la Princesse de
Conty, Premiere Doüairiere ; de la Princesse de
Conty , seconde Douairiere ; du Prince et de la
Princesse de Conty; du Duc et de la Duchesse du
ZAOA O UST. 1732, -1875
€30. à
du Maine, du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu ; du Comte et de la Comtesse de Toulouse ,
et celui de M. Chauvelin , Garde des Sceaux ,
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le départe
ment des affaires étrangeres ; et à une distance de
40. pas , les Carosses du Nonce. Après
qu'il fut arrivé à son Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roy par le Duc de la Trémouille
premier Gentilhomme de la Chambre , de la part
de la Reine , par le Comte de Tessé, son premier
Ecuyer ; et de la part de Madame la Duchesse
d'Orleans , par le Marquis de Crevecœur , son
premier Ecuyer.
Le 5. le Prince de Lambesc et le Chevalier de
Sainctot , allerent prendre le Nonce du Pape en son Hôtel , et le conduisirent dans les Carosses
du Roy et de la Reine à Versailles , où il eut sa
premiere Audience publique du Roy. Il trouva à
son passage dans l'avant Cour du Château , les
Compagnies des Gardes Françoises et Suisses en
haye et sous les armes , les Tambours appellant,
et dans la Cour les Gardes de la Porte et ceux
de la Prévôté , aussi en haye et sous les armes , à
Jeurs postes ordinaires; et sur l'Escalier, les CentSuisses en habits de ceremonie , la hallebarde à
Ja main. Il fut reçû en dedans de la Sale des Gardes par le Duc de Villeroy , Capitaine des Gardes du Corps , qui étoient en haye et sous les armes. Après l'Audience du Roy, le Nonce fut
conduit à celle de la Reine , et ensuite à celle de
Monseigneur le Dauphin , de Monseigneur le
Duc d'Anjou et de Mesdames de France ; et après
avoir été traité par les Officiers du Roy , il fur reconduit à son Hôtel par le Chevalier de Saind
tot , dans les Carosses de L, M. avec les ceremo
mies ordinaires.
1 vj Le
1876 MERCURE DE FRANCE
Le 4. Août , les Députez des Etats de Langue
doc eurent Audience du Roy. Ils furent présentez par le Prince de Dombes, Gouverneur de la
Province , en survivance du Duc du Maine , son
pere , et par le Comte de S. Florentin , Secretaire
d'Etat , et conduits en la maniere accoûtumée
par le Marquis deDreux, Grand- Maître des Ceremonies , et par M. Desgranges, Maître des Cere
monies. La Députation étoit composée pour le
Clergé de l'Evêque du Puy , qui porta la parole
avec beaucoup d'éloquence; du Marquis de Merenville pour la Noblesse ; de Mr de Novy et de
P'Escur , pour le Tiers-Etat , et de M. de Monte
ferrier , Syndic General de la Province. Les- mêmes Députez eurent Audience de la Reine , et ils
rendirent ensuite leurs respects à Monseigneur le
Dauphin, à Monseigneur le Duc d'Anjou et à
Mesdames de France.
Le 16. de ce mois , dans l'Assemblée generale
du Corps de Ville , le Président Turgot fut con- tinué Prevôt des Marchands ; M. Millon ; Quar→
tiniers et M. le Fort , furent élus Echevins,
•
Le 17. le Corps de Ville alla à Marly , et le
Duc de Gesvres , Gouverneur de Paris , étant à la
tête , eut audience du Roy avec les Ceremonies
accoûtumées. Il fut présenté à S. M. par le Comte
de Maurepas , Secretaire d'Etat , et conduit par le Grand-Maître et le Maître des Ceremonies. Le
Prevôt des Marchands et les nouveaux Echevins ,
prêterent, entre les mains du Roy , le Serment de
fidelité , dont le Comte de Maurepas fit la lecture , le Scrutin ayant été présenté par M. de la Porte , cy-devant Avocat du Roy au Châtelet ,
qui parla avec beaucoup d'éloquence. Le même jour, le Corps de Ville eut l'honneur de rendre ses
A OUST. 1732 1377
ses respects à la Reine , à Monseigneur le Dan--
phin , à Monseigneur le Duc d'Anjou , et à Me3-
dames de France.
33
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E 3. de ce mois , M. d'Elci , Archevêque de
Rhodes et Nonce ordinaire du Pape auprès
de S. M. fit son Entrée publique dans Paris. Le Prince de Lambesc et le Chevalier de Sainctot ,
Introducteur desAmbassadeurs , allerent le prendre
dans les Carosses du Roy et de la Reine , au
Convent de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur , celui du
Prince de Lambesc , précedé de son Ecuyer ; un
Suisse du Nonce , à cheval ; la Livrée du Nonce
à pied quatre Gentilshommes, l'Ecuyer avec 4..
Pages à Cheval; le Carosse du Roy, aux côtez
duquel marchoient la Livrée du Prince de Lambesc et celle du Chevalier de Sainctot ; le Carosse
de la Reine ; celui de Madame la Duchesse d'Orleans Douairiere ; ceux du Duc d'Orleans , de la
Duchesse de Bourbon Doüairiere ; du Duc et de
la Duchesse de Bourbon ; du Comte de Charolois ; du Comte de Clermont ; de la Princesse de
Conty, Premiere Doüairiere ; de la Princesse de
Conty , seconde Douairiere ; du Prince et de la
Princesse de Conty; du Duc et de la Duchesse du
ZAOA O UST. 1732, -1875
€30. à
du Maine, du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu ; du Comte et de la Comtesse de Toulouse ,
et celui de M. Chauvelin , Garde des Sceaux ,
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le départe
ment des affaires étrangeres ; et à une distance de
40. pas , les Carosses du Nonce. Après
qu'il fut arrivé à son Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roy par le Duc de la Trémouille
premier Gentilhomme de la Chambre , de la part
de la Reine , par le Comte de Tessé, son premier
Ecuyer ; et de la part de Madame la Duchesse
d'Orleans , par le Marquis de Crevecœur , son
premier Ecuyer.
Le 5. le Prince de Lambesc et le Chevalier de
Sainctot , allerent prendre le Nonce du Pape en son Hôtel , et le conduisirent dans les Carosses
du Roy et de la Reine à Versailles , où il eut sa
premiere Audience publique du Roy. Il trouva à
son passage dans l'avant Cour du Château , les
Compagnies des Gardes Françoises et Suisses en
haye et sous les armes , les Tambours appellant,
et dans la Cour les Gardes de la Porte et ceux
de la Prévôté , aussi en haye et sous les armes , à
Jeurs postes ordinaires; et sur l'Escalier, les CentSuisses en habits de ceremonie , la hallebarde à
Ja main. Il fut reçû en dedans de la Sale des Gardes par le Duc de Villeroy , Capitaine des Gardes du Corps , qui étoient en haye et sous les armes. Après l'Audience du Roy, le Nonce fut
conduit à celle de la Reine , et ensuite à celle de
Monseigneur le Dauphin , de Monseigneur le
Duc d'Anjou et de Mesdames de France ; et après
avoir été traité par les Officiers du Roy , il fur reconduit à son Hôtel par le Chevalier de Saind
tot , dans les Carosses de L, M. avec les ceremo
mies ordinaires.
1 vj Le
1876 MERCURE DE FRANCE
Le 4. Août , les Députez des Etats de Langue
doc eurent Audience du Roy. Ils furent présentez par le Prince de Dombes, Gouverneur de la
Province , en survivance du Duc du Maine , son
pere , et par le Comte de S. Florentin , Secretaire
d'Etat , et conduits en la maniere accoûtumée
par le Marquis deDreux, Grand- Maître des Ceremonies , et par M. Desgranges, Maître des Cere
monies. La Députation étoit composée pour le
Clergé de l'Evêque du Puy , qui porta la parole
avec beaucoup d'éloquence; du Marquis de Merenville pour la Noblesse ; de Mr de Novy et de
P'Escur , pour le Tiers-Etat , et de M. de Monte
ferrier , Syndic General de la Province. Les- mêmes Députez eurent Audience de la Reine , et ils
rendirent ensuite leurs respects à Monseigneur le
Dauphin, à Monseigneur le Duc d'Anjou et à
Mesdames de France.
Le 16. de ce mois , dans l'Assemblée generale
du Corps de Ville , le Président Turgot fut con- tinué Prevôt des Marchands ; M. Millon ; Quar→
tiniers et M. le Fort , furent élus Echevins,
•
Le 17. le Corps de Ville alla à Marly , et le
Duc de Gesvres , Gouverneur de Paris , étant à la
tête , eut audience du Roy avec les Ceremonies
accoûtumées. Il fut présenté à S. M. par le Comte
de Maurepas , Secretaire d'Etat , et conduit par le Grand-Maître et le Maître des Ceremonies. Le
Prevôt des Marchands et les nouveaux Echevins ,
prêterent, entre les mains du Roy , le Serment de
fidelité , dont le Comte de Maurepas fit la lecture , le Scrutin ayant été présenté par M. de la Porte , cy-devant Avocat du Roy au Châtelet ,
qui parla avec beaucoup d'éloquence. Le même jour, le Corps de Ville eut l'honneur de rendre ses
A OUST. 1732 1377
ses respects à la Reine , à Monseigneur le Dan--
phin , à Monseigneur le Duc d'Anjou , et à Me3-
dames de France.
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Résumé : « Le 3. de ce mois, M. dElci, Archevêque de Rhodes et Nonce ordinaire du Pape auprès [...] »
Le 3 août 1732, M. d'Elci, Archevêque de Rhodes et Nonce ordinaire du Pape, fit son entrée publique à Paris. Il fut accueilli par le Prince de Lambesc et le Chevalier de Sainctot, qui le conduisirent dans les carrosses du Roi et de la Reine depuis le couvent de Picpus. Le cortège comprenait divers membres de la famille royale et des dignitaires. À son arrivée à son hôtel, il fut complimenté par le Duc de la Trémouille, le Comte de Tessé et le Marquis de Crevecœur au nom du Roi, de la Reine et de la Duchesse d'Orléans. Le 5 août, le Nonce fut conduit à Versailles pour sa première audience publique avec le Roi. Il fut accueilli par les Gardes Françaises et Suisses, les Cent-Suisses et les Gardes du Corps. Après l'audience royale, il rencontra la Reine, le Dauphin, le Duc d'Anjou et Mesdames de France. Il fut ensuite reconduit à son hôtel par le Chevalier de Sainctot. Le 4 août, les députés des États de Languedoc eurent audience du Roi. Ils furent présentés par le Prince de Dombes et le Comte de Saint-Florentin, et conduits par le Marquis de Dreux et M. Desgranges. La délégation comprenait l'Évêque du Puy pour le Clergé, le Marquis de Méréville pour la Noblesse, et MM. de Novy et de l'Escur pour le Tiers-État. Ils rendirent également leurs respects à la Reine, au Dauphin, au Duc d'Anjou et à Mesdames de France. Le 16 août, lors de l'assemblée générale du Corps de Ville, le Président Turgot fut reconduit en tant que Prévôt des Marchands, et MM. Millon, Quartiniers et le Fort furent élus échevins. Le 17 août, le Corps de Ville se rendit à Marly où le Duc de Gesvres, Gouverneur de Paris, eut audience du Roi. Le Prévôt des Marchands et les nouveaux échevins prêtèrent serment de fidélité et rendirent leurs respects à la Reine, au Dauphin, au Duc d'Anjou et à Mesdames de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6417
p. 1877-1881
CEREMONIE faite dans l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice, à l'occasion de la Premiere Pierre du grand Autel posée par M. le Nonce au nom du Pate Clement XII. le 21. de ce mois.
Début :
Cette Ceremonie a été des plus magnifiques, tant par le grand nombre de Seigneurs et de [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Église paroissiale de Saint-Sulpice, Autel, Pierre, Nonce du Pape, Ambassadeur, Procession, Clergé, Messe, Inscription
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texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE faite dans l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice, à l'occasion de la Premiere Pierre du grand Autel posée par M. le Nonce au nom du Pate Clement XII. le 21. de ce mois.
CEREMONIE faite dans l'Eglise
Paroissiale de S. Sulpice , à l'occasion
de la Premiere Pierre du grand Autel
posée par M. le Nonce au nom du Pate
Clement XII. le 21. de ce mois.
Ette Ceremonie a été des plus magnifiques ,
stant par le grand nombre de Seigneurs et de
Dames qui y ont assisté , que par l'ordre qui a
été observé. Trois cent hommes du Guet à pied
étoient en armes au- dehors de l'Eglise , pour em pêcher les embarras des Carrosses , et il y avoit
dans l'interieur cent Cavaliers du Guet, comman
dez leurs Officiers , et cent. Suisses par tenir le bon ordre.
pour mainLe Nonce du Pape étoit attendu au Presbytere,
dans une Sale ornée et préparée pour le recevoin
Son Excellence arriva vers les dix heures , préce
dée de ses Valets de pied , accompagnée des Sci- greurs étrangers , et suivie de tous les Officiers
de sa Maison qui avoient servi à son Entrée pu
blique. Elle fut saluée d'une grande décharge de
Boetes, att son des Tambours, Timbales et Trompettes , et reçue à la descente de son Carosse par
M.le Curé et par les Marguilliers de la Paroisse,
à la tête desquels étoit le Comte de S. Florentia
Secretaire d'Etat , en l'absence de M. le Comte
de Maurepas , premier Marguillier d'honneur ,
qui s'étoit trouvé indisposé. M. le Nonce fut con
duit dans la Sale destinée à le recevoir ; il y étoit
attendu par l'Ambassadeur du Roy de Sardaigue,
par
1878 MERCURE DE FRANCE
par l'Ambassadeur de la République de Venise ,
par le Comte de Gergy's Ambassadeur de France
Venise , par plusieurs autres Ministres des Cours
Etrangeres et par un grand nombre de Selgneurs du Royaume , invitez à la Ceremonie.
Au moment de son arrivée , la Procession commença à sortir de l'Eglise par la porte collaterale,
située au Midy, pour rentrer par la grande porte.
Voici l'ordre qui s'y observa.
A la tête étoient les Timbales , Trompettes ,
Hautbois et Bassons ; on voyoit ensuite la grande
Baniere de la Paroisse , suivie de tous les Ouvriers 'servant à la construction du Bâtiment , en trèsgrand nombre , portant tous à la immain,la marque distinctive de leur Profession ; ils étoient conduits par les Maîtres , les Contre- Maitres er
les Appareilleurs. Le sieur Servandoni , des Académies Royales de Peinture, Sculpture et Architecture , premier Architecte de S. Sulpice , mar- choit à leur tête. e
Au milieu d'eux les Marbriers , avec des bricolles couvertes de rubans portoient sur un bran
card , orné d'un Tapis de velours , la Premiere
Pierre , parée de Guirlandes de fleurs , et de rubans; après eux marchoient les Congregations
et les Confrairies,avec leurs étendarts et Guidons.
Tout le Clergé en surplis venoit ensuite au nombre de plus de 300. chantant des Pseaumes à deux
Chœurs. ,,,
La Procession ayant passé dans cet ordre devant le Presbytere, M. le Curé en Etole et en Chape , en fit la clôture. Alors M. le Nonce, précedé de toute sa Livrée , suivi de tous ses Oraciers et
accompagné de M le Comte de S Florentin , des
Marguilliers , des Ambassadeurs de Sardaigne et
de Venise, du Comte de Gergy et des autres Mi mistres
A O UST. 1732 1879
nistres Etrangers et Seigneurs, sortit du Presby- tere pour suivre la Procession. On arriva ainsi à
l'Eglise qui avoit été disposée avec toute la noblesse et toute la magnificence possible , ce qui
offroit aux Spectateurs une décoration des plus
superbes , laquelle subsista sans aucun trouble ni
dérangement , malgré l'affluence et le concours
infini du Peuple empressé de voir cette auguste solemnité.
Les Confrairies allerent prendre les places qui
leur avoient été marquées , et les Congregations
placerent à l'entrée du Chœur leurs Bannieres, qui
furent admirées de toute l'Assemblée , plus encore par le goût que par la richesse de l'ouvrage.
Le Clergé se rangea sur deux lignes paralleles
dans la grand- Nef; M. le Curé se tenant au mi- fieu , présenta l'Eau-benite à M. le Nonce et en- suite lui offrit à baiser une Croix de Cristal de
Roche , d'un ouvrage parfait , dans laquelle on conserve une précieuse portion de la vraye Croix.
S. E. s'étant mise à genoux sur un riche Caradora le Crucifix ; puis s'étant relevée ,
M. le Curé lui fit un compliment dont elle pa- rut très-satisfaite.
reau ,
De-là elle fut conduite à un Prie-Dieu , couvert d'un superbe Tapis , placé devant un Autel
que l'on avoit dressé entre la Nef et le Chœur ,
il étoit orné d'un grand nombre de Chandeliers et de Girandoles de Cristal. Aux côtez du Nonçe
se placerent les Ambassadeurs , les Ministres
Etrangers , et les autres Seigneurs dans des Fauteuils préparez , avec des Carreaux de velours à
Galons d'or. M. le Comte de S. Florentin et les
Marguilliers prirent leurs places dans l'Euvre ,
qui étoit parée de Tapis de velours et de Carreaux chamarez d'or;toute la suite de S. E. et
des
1880 MERCURE DE FRANCE
des autres Ministres et Seigneurs,, se rangea dans lá Nef.
Des deux côtez de l'Autel on avoit disposé
une grande quantité de Chaises de Tapisserie , et
ce fut- là que l'on plaça les Personnes de distinction , de l'un et de l'autre sexe , qui s'y trouverent en grand nombre. Plus loin, dans le Sanctuaire , les Ecclesiastiques en Manteau, et les Religieux de différens Ordres.
Il y avoit en dehors de chaque Arcade de la
Nef une Barriere de Suisses , et en dedans un
rang de Cavaliers du Guet , pour empêcher le
peuple , qui remplissoit les bas côtez et la croisée
de ce grand et superbe Edifice , de causer de la
confusion , et cette double Barriere étoit continuće depuis la grande Porte jusques au Chœur.
Pendant que chacun prenoit la place qui lui
étoit destinée , on entendoit un Concert d'Ins
trumens, choisis de toute espece.
Le Clergé ayant défilé sur deux lignes , poar
se rendre dans le Choeur , dès qu'il y fut rangé ,
on commença la Messe ; pendant laquelle il fut
chanté un Motet de M. Campra , avec une Symphonie de M. Clerambault , Organiste et Maître
de Musique de S. Sulpice.
La Messe finie , M. le Nonce , précédé des -
Prêtres de la Paroisse , qui portoient dans des
Vases précieux les differens Instrumens qui de- voient servir à la Cérémonie , alla poser ia premiere Pierre. S. E. mit dans un Coffre de Marbre,
creusé exprès , des Médaillons d'or , d'argent et
de bronze, que le Pape avoit envoyez ; ils étoient
portez dans une Jatte d'Agathe , montée en for
d'un ouvrage exquis ; le Marbre fut ensuite sceité
er mis sous la premiere Pierre , sur laquelle est
gravée en Lettres d'or , l'Inscription qui suit :
CLE
A OUST 1732.
CLEMENS PAPA XII . PER RAINERIUM
COMITIBUS DE ILCIO ARCHIEPISCOPUM RнODIENSEM NUNCIUM APOSTOLICUM , LAPIDEM
HUNC ALTARIS SANCTI PRIMARIUM POSULT
XXI AUGUSTI. ANNO M. DCC. XXXII.
Pendant tout le temps de cette Cérémonie , les
Instrumens continuerent de donner une Symphonie qui fut generalement goutée. Lorsque la
Pierre fut posée , M. le Curé accompagna M. le
Nonce , M. le Comte de S. Florentin , et plusieurs autres Seigneurs dans la nouvelle Sacristie; ils y admirerent tous les Tableaux dont elle est ornée , qui sont des plus grands Maîtres , la.
Menuiserie qui est d'un gout achevé , et le Lavoir tout incrusté de Marbre , dont la Cuvette.
est un ancien Tombeau de Marbre d'Egypte ,
d'un grand prix.- -
Ensuite le Clergé s'étant rangé sur deux lignes dans la Nef, S. E. sortit de l'Eglise et fut conduite jusques à son Carosse , par M. le Curé ,
M. le Comte de S. Florentin , et Mrs les Marguilliers , au bruit des Tambours , Timballes et
Trompettes , et la Cérémonie fut terminée par
- des aumônes que M. le Curé fit distribuer abondament à tous les Pauvres , qui s'y trouvèrent en
tres- grand nombre.
Paroissiale de S. Sulpice , à l'occasion
de la Premiere Pierre du grand Autel
posée par M. le Nonce au nom du Pate
Clement XII. le 21. de ce mois.
Ette Ceremonie a été des plus magnifiques ,
stant par le grand nombre de Seigneurs et de
Dames qui y ont assisté , que par l'ordre qui a
été observé. Trois cent hommes du Guet à pied
étoient en armes au- dehors de l'Eglise , pour em pêcher les embarras des Carrosses , et il y avoit
dans l'interieur cent Cavaliers du Guet, comman
dez leurs Officiers , et cent. Suisses par tenir le bon ordre.
pour mainLe Nonce du Pape étoit attendu au Presbytere,
dans une Sale ornée et préparée pour le recevoin
Son Excellence arriva vers les dix heures , préce
dée de ses Valets de pied , accompagnée des Sci- greurs étrangers , et suivie de tous les Officiers
de sa Maison qui avoient servi à son Entrée pu
blique. Elle fut saluée d'une grande décharge de
Boetes, att son des Tambours, Timbales et Trompettes , et reçue à la descente de son Carosse par
M.le Curé et par les Marguilliers de la Paroisse,
à la tête desquels étoit le Comte de S. Florentia
Secretaire d'Etat , en l'absence de M. le Comte
de Maurepas , premier Marguillier d'honneur ,
qui s'étoit trouvé indisposé. M. le Nonce fut con
duit dans la Sale destinée à le recevoir ; il y étoit
attendu par l'Ambassadeur du Roy de Sardaigue,
par
1878 MERCURE DE FRANCE
par l'Ambassadeur de la République de Venise ,
par le Comte de Gergy's Ambassadeur de France
Venise , par plusieurs autres Ministres des Cours
Etrangeres et par un grand nombre de Selgneurs du Royaume , invitez à la Ceremonie.
Au moment de son arrivée , la Procession commença à sortir de l'Eglise par la porte collaterale,
située au Midy, pour rentrer par la grande porte.
Voici l'ordre qui s'y observa.
A la tête étoient les Timbales , Trompettes ,
Hautbois et Bassons ; on voyoit ensuite la grande
Baniere de la Paroisse , suivie de tous les Ouvriers 'servant à la construction du Bâtiment , en trèsgrand nombre , portant tous à la immain,la marque distinctive de leur Profession ; ils étoient conduits par les Maîtres , les Contre- Maitres er
les Appareilleurs. Le sieur Servandoni , des Académies Royales de Peinture, Sculpture et Architecture , premier Architecte de S. Sulpice , mar- choit à leur tête. e
Au milieu d'eux les Marbriers , avec des bricolles couvertes de rubans portoient sur un bran
card , orné d'un Tapis de velours , la Premiere
Pierre , parée de Guirlandes de fleurs , et de rubans; après eux marchoient les Congregations
et les Confrairies,avec leurs étendarts et Guidons.
Tout le Clergé en surplis venoit ensuite au nombre de plus de 300. chantant des Pseaumes à deux
Chœurs. ,,,
La Procession ayant passé dans cet ordre devant le Presbytere, M. le Curé en Etole et en Chape , en fit la clôture. Alors M. le Nonce, précedé de toute sa Livrée , suivi de tous ses Oraciers et
accompagné de M le Comte de S Florentin , des
Marguilliers , des Ambassadeurs de Sardaigne et
de Venise, du Comte de Gergy et des autres Mi mistres
A O UST. 1732 1879
nistres Etrangers et Seigneurs, sortit du Presby- tere pour suivre la Procession. On arriva ainsi à
l'Eglise qui avoit été disposée avec toute la noblesse et toute la magnificence possible , ce qui
offroit aux Spectateurs une décoration des plus
superbes , laquelle subsista sans aucun trouble ni
dérangement , malgré l'affluence et le concours
infini du Peuple empressé de voir cette auguste solemnité.
Les Confrairies allerent prendre les places qui
leur avoient été marquées , et les Congregations
placerent à l'entrée du Chœur leurs Bannieres, qui
furent admirées de toute l'Assemblée , plus encore par le goût que par la richesse de l'ouvrage.
Le Clergé se rangea sur deux lignes paralleles
dans la grand- Nef; M. le Curé se tenant au mi- fieu , présenta l'Eau-benite à M. le Nonce et en- suite lui offrit à baiser une Croix de Cristal de
Roche , d'un ouvrage parfait , dans laquelle on conserve une précieuse portion de la vraye Croix.
S. E. s'étant mise à genoux sur un riche Caradora le Crucifix ; puis s'étant relevée ,
M. le Curé lui fit un compliment dont elle pa- rut très-satisfaite.
reau ,
De-là elle fut conduite à un Prie-Dieu , couvert d'un superbe Tapis , placé devant un Autel
que l'on avoit dressé entre la Nef et le Chœur ,
il étoit orné d'un grand nombre de Chandeliers et de Girandoles de Cristal. Aux côtez du Nonçe
se placerent les Ambassadeurs , les Ministres
Etrangers , et les autres Seigneurs dans des Fauteuils préparez , avec des Carreaux de velours à
Galons d'or. M. le Comte de S. Florentin et les
Marguilliers prirent leurs places dans l'Euvre ,
qui étoit parée de Tapis de velours et de Carreaux chamarez d'or;toute la suite de S. E. et
des
1880 MERCURE DE FRANCE
des autres Ministres et Seigneurs,, se rangea dans lá Nef.
Des deux côtez de l'Autel on avoit disposé
une grande quantité de Chaises de Tapisserie , et
ce fut- là que l'on plaça les Personnes de distinction , de l'un et de l'autre sexe , qui s'y trouverent en grand nombre. Plus loin, dans le Sanctuaire , les Ecclesiastiques en Manteau, et les Religieux de différens Ordres.
Il y avoit en dehors de chaque Arcade de la
Nef une Barriere de Suisses , et en dedans un
rang de Cavaliers du Guet , pour empêcher le
peuple , qui remplissoit les bas côtez et la croisée
de ce grand et superbe Edifice , de causer de la
confusion , et cette double Barriere étoit continuće depuis la grande Porte jusques au Chœur.
Pendant que chacun prenoit la place qui lui
étoit destinée , on entendoit un Concert d'Ins
trumens, choisis de toute espece.
Le Clergé ayant défilé sur deux lignes , poar
se rendre dans le Choeur , dès qu'il y fut rangé ,
on commença la Messe ; pendant laquelle il fut
chanté un Motet de M. Campra , avec une Symphonie de M. Clerambault , Organiste et Maître
de Musique de S. Sulpice.
La Messe finie , M. le Nonce , précédé des -
Prêtres de la Paroisse , qui portoient dans des
Vases précieux les differens Instrumens qui de- voient servir à la Cérémonie , alla poser ia premiere Pierre. S. E. mit dans un Coffre de Marbre,
creusé exprès , des Médaillons d'or , d'argent et
de bronze, que le Pape avoit envoyez ; ils étoient
portez dans une Jatte d'Agathe , montée en for
d'un ouvrage exquis ; le Marbre fut ensuite sceité
er mis sous la premiere Pierre , sur laquelle est
gravée en Lettres d'or , l'Inscription qui suit :
CLE
A OUST 1732.
CLEMENS PAPA XII . PER RAINERIUM
COMITIBUS DE ILCIO ARCHIEPISCOPUM RнODIENSEM NUNCIUM APOSTOLICUM , LAPIDEM
HUNC ALTARIS SANCTI PRIMARIUM POSULT
XXI AUGUSTI. ANNO M. DCC. XXXII.
Pendant tout le temps de cette Cérémonie , les
Instrumens continuerent de donner une Symphonie qui fut generalement goutée. Lorsque la
Pierre fut posée , M. le Curé accompagna M. le
Nonce , M. le Comte de S. Florentin , et plusieurs autres Seigneurs dans la nouvelle Sacristie; ils y admirerent tous les Tableaux dont elle est ornée , qui sont des plus grands Maîtres , la.
Menuiserie qui est d'un gout achevé , et le Lavoir tout incrusté de Marbre , dont la Cuvette.
est un ancien Tombeau de Marbre d'Egypte ,
d'un grand prix.- -
Ensuite le Clergé s'étant rangé sur deux lignes dans la Nef, S. E. sortit de l'Eglise et fut conduite jusques à son Carosse , par M. le Curé ,
M. le Comte de S. Florentin , et Mrs les Marguilliers , au bruit des Tambours , Timballes et
Trompettes , et la Cérémonie fut terminée par
- des aumônes que M. le Curé fit distribuer abondament à tous les Pauvres , qui s'y trouvèrent en
tres- grand nombre.
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Résumé : CEREMONIE faite dans l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice, à l'occasion de la Premiere Pierre du grand Autel posée par M. le Nonce au nom du Pate Clement XII. le 21. de ce mois.
Le 21 du mois, une cérémonie solennelle a eu lieu dans l'église paroissiale de Saint-Sulpice pour la pose de la première pierre du grand autel. Cette cérémonie, réalisée par le nonce apostolique au nom du pape Clément XII, a rassemblé une grande foule de seigneurs et dames. La sécurité était assurée par trois cents hommes du guet à pied à l'extérieur et cent cavaliers du guet ainsi que cent Suisses à l'intérieur. Le nonce apostolique est arrivé vers dix heures, accueilli par des salves d'artillerie et des musiques militaires. Il a été reçu par le curé et les marguilliers de la paroisse, dirigés par le comte de Saint-Florentin en l'absence du comte de Maurepas. Une procession, incluant des musiciens, la bannière de la paroisse, les ouvriers de la construction, les marbriers portant la première pierre décorée, les congrégations et confréries avec leurs étendards, et plus de trois cents membres du clergé chantant des psaumes, a quitté l'église par une porte latérale pour revenir par la grande porte. À l'arrivée du nonce au presbytère, il a suivi la procession jusqu'à l'église, décorée avec magnificence. La messe a débuté, accompagnée d'un motet de M. Campra et d'une symphonie de M. Clerambault. Après la messe, le nonce, accompagné des prêtres de la paroisse, a procédé à la bénédiction de la première pierre. Il a placé dans un coffre de marbre des médaillons d'or, d'argent et de bronze envoyés par le pape Clément XII, transportés dans une jatte d'agate montée en or. La pierre, portant une inscription en lettres d'or, a ensuite été scellée. La cérémonie s'est poursuivie avec de la musique appréciée par l'assemblée. Après la pose de la pierre, le curé a guidé le nonce, le comte de Saint-Florentin et plusieurs seigneurs dans la nouvelle sacristie, où ils ont admiré les tableaux de grands maîtres, la menuiserie et un lavabo incrusté de marbre. La cérémonie s'est terminée par la distribution d'aumônes aux pauvres présents en grand nombre.
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6418
p. 1881-1882
« L'Académie Françoise celebra le 25 de ce mois la Fête de S. Louis, dans la Chapelle du Louvre. [...] »
Début :
L'Académie Françoise celebra le 25 de ce mois la Fête de S. Louis, dans la Chapelle du Louvre. [...]
Mots clefs :
Académie française, Académie des inscriptions et belles-lettres, Académies, Académie royale de musique, Loterie de la Compagnie des Indes
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texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Françoise celebra le 25 de ce mois la Fête de S. Louis, dans la Chapelle du Louvre. [...] »
L'Académie Françoise celebra le 25 de ce mais
la Fête de S. Louis , dans la Chapelle du Louvre.
Pendant la Messe on chanta un fort beau Motet
en Musique , de la composition du Sr Dornel..
L'Abbé du Renel , l'un des Auteurs du Journal
des Sçavans , prononça le Panégyrique du Saint ,.
avec beaucoup d'éloquence. L'après midi, l'Académie donna le Prix de Poësie à l'Abbé Séguis "
ct
1882 MERCURE DE FRANCE
et Elle déclara qu'elle avoit réservé celui d'éloquence pour l'année prochaine.
Le même jour , l'Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres , et celle des Sciences , célébrerent
-la même Fête , dans l'Eglise des Prêtres de PO ratoire. Il y eut un Motet pendant la Messe , de
Ja composition du Sr du Bousset ; après laquelle
l'Abbé Biliard prono nça le Panégyrique de Saint
Louis, fort éloquemment, et donna une idée fort
avantageuse de ses talens.
>
Le Concert d'Instrumens que l'Académie
<Royale de Musique donne tous les ans , au Château des Tuilleries , à l'occasion de la Fête du
Roy , a été exécuté le 24 , veille de S. Louis
par un grand nombre d'excellens Symphonistes,
de la même Académie , qui jouerent differens
beaux morceaux de Musique de M. de Lully , et
d'autres Maîtres modernes.
Le 23 - Aoust , la Lotterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Ac-
; tions, fut tirée en la maniere accoutumée, àľHâtel de la Compagnie. La Liste des Numeros gaguans des Actions et Dixièmes d'Actions ,qui doi
vent être remboursées , a été renduë publique ,
faisant en tout le nombre de 319 Actions.
XXXX:XXX** ****
la Fête de S. Louis , dans la Chapelle du Louvre.
Pendant la Messe on chanta un fort beau Motet
en Musique , de la composition du Sr Dornel..
L'Abbé du Renel , l'un des Auteurs du Journal
des Sçavans , prononça le Panégyrique du Saint ,.
avec beaucoup d'éloquence. L'après midi, l'Académie donna le Prix de Poësie à l'Abbé Séguis "
ct
1882 MERCURE DE FRANCE
et Elle déclara qu'elle avoit réservé celui d'éloquence pour l'année prochaine.
Le même jour , l'Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres , et celle des Sciences , célébrerent
-la même Fête , dans l'Eglise des Prêtres de PO ratoire. Il y eut un Motet pendant la Messe , de
Ja composition du Sr du Bousset ; après laquelle
l'Abbé Biliard prono nça le Panégyrique de Saint
Louis, fort éloquemment, et donna une idée fort
avantageuse de ses talens.
>
Le Concert d'Instrumens que l'Académie
<Royale de Musique donne tous les ans , au Château des Tuilleries , à l'occasion de la Fête du
Roy , a été exécuté le 24 , veille de S. Louis
par un grand nombre d'excellens Symphonistes,
de la même Académie , qui jouerent differens
beaux morceaux de Musique de M. de Lully , et
d'autres Maîtres modernes.
Le 23 - Aoust , la Lotterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Ac-
; tions, fut tirée en la maniere accoutumée, àľHâtel de la Compagnie. La Liste des Numeros gaguans des Actions et Dixièmes d'Actions ,qui doi
vent être remboursées , a été renduë publique ,
faisant en tout le nombre de 319 Actions.
XXXX:XXX** ****
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Résumé : « L'Académie Françoise celebra le 25 de ce mois la Fête de S. Louis, dans la Chapelle du Louvre. [...] »
Le 25 mai, l'Académie Françoise célébra la fête de Saint Louis à la Chapelle du Louvre. Pendant la messe, un motet du Sr Dornel fut chanté et l'Abbé du Renel prononça un panégyrique du saint. L'après-midi, l'Académie attribua le Prix de Poésie à l'Abbé Séguis et reporta le Prix d'éloquence à l'année suivante. La même journée, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et l'Académie des Sciences célébrèrent la fête à l'Église des Prêtres de l'Oratoire, avec un motet du Sr du Bousset et un panégyrique de l'Abbé Biliard. La veille, le 24 mai, l'Académie Royale de Musique donna un concert au Château des Tuileries, interprétant des œuvres de M. de Lully et d'autres compositeurs modernes. Le 23 août, la loterie de la Compagnie des Indes fut tirée à l'hôtel de la Compagnie, remboursant 319 actions.
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6419
p. 1882-1885
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Henry Danglure de Bourlemont, Abbé de S. Vincent de Metz, cy-devant Agent General [...]
Mots clefs :
Famille de Le Tonnellier, Auvergne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
Henry Danglure de Bourlemont , Abbé de S. Vincent de Metz , cy-devant Agent General du Clergé, mourut à son Château de Bour- lemont
A O UST. 1732. 1883
lemont en Champagne , le 19 de Juillet, âgé de
69 ans.
Armand de S. Martin , Chevalier , Marquis de
Clairvaux , Conseiller de la Grand'Chambre de
Parlement , mourut à Paris le 29 du même mois,
âgé de 77 ans ou environ.
M. Jean Grancolas , Prêtre , Docteur de Sorbonne , Beneficier de l'Eglise Collégiale S. Benoît , Censeur Royal, et Auteur de plusieurs Ouvrages d'Erudition Ecclesiastique, mourut le i de
ce mois , âgé d'environ 72 ans.
I
Dame Catherine du Noyer , veuve de Barthelemi Huault de Bernay , Chevalier_dudit lieu
Richebourg , Arcis , &c. mourut le 7 , âgé de 79 ans.
Pierre Etienne le Tonnellier , Chevalier , Seigneur de Charmeaux, Conseiller au Grand Conseil , mourut le 7 Aoust , âgé de 72 ans. Il avoit
épousé Marie-Gabrielle Legras , dont il laisse Marie-Geneviève le Tonnellier, mariée en 1726.
à Louis-François, Marquis de Chiffreville, Mestre
de Camp de Cavalerie , Sous-Lieutenant de la seconde Compagnie des Mousquetaires de la Garde ordinaire du Roy.
C'étoit un Magistrat d'une intégrité, d'une ca.
pacité et d'une vertu au-delà du commun , et on
peut dire que sa Compagnie, et le public per- dent également à sa mort. Il étoit l'aîné de Louis
le Tonnellier , Chanoine Régulier de S. Victor ,
et Prieur de la Maison , et de Jean - JacquesPascal le Tonnellier , Prieur de la Chartreuze de
Paris , aussi distinguez dans leur Ordre , l'un et
l'autre par leur mérite, que leur aîné l'étoit dans
la Magistrature. Ils sont les derniers d'une branche cadette de la famille de le Tonnellier Breteuil.
Patrice de Gouy , Abbé Régulier de Choques ,
autre-
1884 MERCURE DE FRANCE
autrement S. Jean des Prez, Diocèse de S. Omer,
mort à Paris le 16 Aoust, âgé de près de 80 ans.
Ilétoit Oncle de Michel- Jean de Gouy , Marquis Datri , cy-devant l'un des quatre Gentilhommes de la Manche du Roy.
Marie-Thérese de Crévant d'Humieres , veuse
de Jean- Alphonse de Gand de Mérodes et de
Montmorenci , Prince d'Isenghien , mourut à
Douay, le 19 Aoust, âgée d'environ 79 ans.
Agnès Bouvart de Fourqueux , épouse de Messire Vincent Maynon , Conseiller Honoraire du
Parlement , Chevalier , Seigneur de Farcheville ,
Orveaux , Valpuiseau , Villemartin, &c . décédée
le 28 Aoust , âgée de 40 ans.
Dame Anne-Etiennette de Meuve , épouse de
Jean-Paul Bochart de Champigny , Capitaine au Régiment des Gardes Françoises, accoucha d'une
Fille , le 17 Juiller , laquelle fut tenue sur les
Fonts par Jacques- Charles Bochat , Marquis de
Champigny, Capitaine des Vaisseaux du Roy ,
Gouverneur des Isles du Vent de l'Amérique , et
par Dame Catherine de Forcadel, épouse de JeanCharles de Bournel , Marquis de Mouchy , Maréchal de Camp.
Dame Louise de Couché de Lusignan , épouse
d'Edme- Louis-Joseph d'Hautemer, Seigneur de Wolsey , &c. Capitaine d'Infanterie , accouchat
le 5 Aoust , d'un Fils , qui fut nommé Léopold
Gaston , par Gaston Jean- Baptiste - Charles de
Lorraine , Comte de Marsan ; et par Madame
Léopoldine - Elizabeth - Charlotte de Lorraine ,
Chanoinesse de Remiremont.
Dame Susanne - Marie de Vivans , épouse de
Pierre- Antoine d'Ajancourt , Baron d'Huban, &c.
accoucha le 10 du même mois, d'un Fils , qui fut
C
A OUS T. 1732. 1883
fut nommé Armand Henri , par Armand de
Mormez , Marquis de S. Hilaire , Lieutenant General des Armées du Roy , Grand- Croix de l'Or- dre de S.Louis, Gouverneur de Belle- Isle ; et par
Dame Jeanne- Henriette le Maître de Château
pere.
Charles Joseph de Robert de Lignerac , Lieu- tenant General de la Province d'Auvergne , Mes--
tre de Camp de Cavalerie , et Guidon des Gendarmes de la Garde du Roy , Fils de Joseph de
Robert , Marquis de Lignerac &c. Brigadier
des Armées du Roy , Grand- Baillif, Lieutenant
General, Commandant en Auvergne, et de Dame Marie-Charlotte de Thubicres de Lévi de Cailus,
épousa le 18 Aoust , Dame Marie- Françoise de
Broglie , fille de Charles Guillaume, Marquis de Broglie , &c, Lieutenant General des Armées du
Roy, Gouverneur de Graveline ; et de Dame
Marie-Magdelaine Voisin.
et Mariages.
Henry Danglure de Bourlemont , Abbé de S. Vincent de Metz , cy-devant Agent General du Clergé, mourut à son Château de Bour- lemont
A O UST. 1732. 1883
lemont en Champagne , le 19 de Juillet, âgé de
69 ans.
Armand de S. Martin , Chevalier , Marquis de
Clairvaux , Conseiller de la Grand'Chambre de
Parlement , mourut à Paris le 29 du même mois,
âgé de 77 ans ou environ.
M. Jean Grancolas , Prêtre , Docteur de Sorbonne , Beneficier de l'Eglise Collégiale S. Benoît , Censeur Royal, et Auteur de plusieurs Ouvrages d'Erudition Ecclesiastique, mourut le i de
ce mois , âgé d'environ 72 ans.
I
Dame Catherine du Noyer , veuve de Barthelemi Huault de Bernay , Chevalier_dudit lieu
Richebourg , Arcis , &c. mourut le 7 , âgé de 79 ans.
Pierre Etienne le Tonnellier , Chevalier , Seigneur de Charmeaux, Conseiller au Grand Conseil , mourut le 7 Aoust , âgé de 72 ans. Il avoit
épousé Marie-Gabrielle Legras , dont il laisse Marie-Geneviève le Tonnellier, mariée en 1726.
à Louis-François, Marquis de Chiffreville, Mestre
de Camp de Cavalerie , Sous-Lieutenant de la seconde Compagnie des Mousquetaires de la Garde ordinaire du Roy.
C'étoit un Magistrat d'une intégrité, d'une ca.
pacité et d'une vertu au-delà du commun , et on
peut dire que sa Compagnie, et le public per- dent également à sa mort. Il étoit l'aîné de Louis
le Tonnellier , Chanoine Régulier de S. Victor ,
et Prieur de la Maison , et de Jean - JacquesPascal le Tonnellier , Prieur de la Chartreuze de
Paris , aussi distinguez dans leur Ordre , l'un et
l'autre par leur mérite, que leur aîné l'étoit dans
la Magistrature. Ils sont les derniers d'une branche cadette de la famille de le Tonnellier Breteuil.
Patrice de Gouy , Abbé Régulier de Choques ,
autre-
1884 MERCURE DE FRANCE
autrement S. Jean des Prez, Diocèse de S. Omer,
mort à Paris le 16 Aoust, âgé de près de 80 ans.
Ilétoit Oncle de Michel- Jean de Gouy , Marquis Datri , cy-devant l'un des quatre Gentilhommes de la Manche du Roy.
Marie-Thérese de Crévant d'Humieres , veuse
de Jean- Alphonse de Gand de Mérodes et de
Montmorenci , Prince d'Isenghien , mourut à
Douay, le 19 Aoust, âgée d'environ 79 ans.
Agnès Bouvart de Fourqueux , épouse de Messire Vincent Maynon , Conseiller Honoraire du
Parlement , Chevalier , Seigneur de Farcheville ,
Orveaux , Valpuiseau , Villemartin, &c . décédée
le 28 Aoust , âgée de 40 ans.
Dame Anne-Etiennette de Meuve , épouse de
Jean-Paul Bochart de Champigny , Capitaine au Régiment des Gardes Françoises, accoucha d'une
Fille , le 17 Juiller , laquelle fut tenue sur les
Fonts par Jacques- Charles Bochat , Marquis de
Champigny, Capitaine des Vaisseaux du Roy ,
Gouverneur des Isles du Vent de l'Amérique , et
par Dame Catherine de Forcadel, épouse de JeanCharles de Bournel , Marquis de Mouchy , Maréchal de Camp.
Dame Louise de Couché de Lusignan , épouse
d'Edme- Louis-Joseph d'Hautemer, Seigneur de Wolsey , &c. Capitaine d'Infanterie , accouchat
le 5 Aoust , d'un Fils , qui fut nommé Léopold
Gaston , par Gaston Jean- Baptiste - Charles de
Lorraine , Comte de Marsan ; et par Madame
Léopoldine - Elizabeth - Charlotte de Lorraine ,
Chanoinesse de Remiremont.
Dame Susanne - Marie de Vivans , épouse de
Pierre- Antoine d'Ajancourt , Baron d'Huban, &c.
accoucha le 10 du même mois, d'un Fils , qui fut
C
A OUS T. 1732. 1883
fut nommé Armand Henri , par Armand de
Mormez , Marquis de S. Hilaire , Lieutenant General des Armées du Roy , Grand- Croix de l'Or- dre de S.Louis, Gouverneur de Belle- Isle ; et par
Dame Jeanne- Henriette le Maître de Château
pere.
Charles Joseph de Robert de Lignerac , Lieu- tenant General de la Province d'Auvergne , Mes--
tre de Camp de Cavalerie , et Guidon des Gendarmes de la Garde du Roy , Fils de Joseph de
Robert , Marquis de Lignerac &c. Brigadier
des Armées du Roy , Grand- Baillif, Lieutenant
General, Commandant en Auvergne, et de Dame Marie-Charlotte de Thubicres de Lévi de Cailus,
épousa le 18 Aoust , Dame Marie- Françoise de
Broglie , fille de Charles Guillaume, Marquis de Broglie , &c, Lieutenant General des Armées du
Roy, Gouverneur de Graveline ; et de Dame
Marie-Magdelaine Voisin.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En 1732, plusieurs événements marquants ont été enregistrés, incluant des décès, des naissances et un mariage. Parmi les décès notables, Henry Danglure de Bourlemont, Abbé de Saint-Vincent de Metz et ancien Agent Général du Clergé, est décédé à son château de Bourlemont en Champagne le 19 juillet à l'âge de 69 ans. Armand de Saint-Martin, Chevalier et Marquis de Clairvaux, Conseiller à la Grand'Chambre du Parlement, est mort à Paris le 29 juillet à environ 77 ans. Jean Grancolas, Prêtre et Docteur de Sorbonne, est décédé le 1er juillet à environ 72 ans. Catherine du Noyer, veuve de Barthélemi Huault de Bernay, est morte le 7 juillet à 79 ans. Pierre Étienne le Tonnellier, Chevalier et Seigneur de Charmeaux, Conseiller au Grand Conseil, est décédé le 7 août à 72 ans. Patrice de Gouy, Abbé Régulier de Choques, est mort à Paris le 16 août à près de 80 ans. Marie-Thérèse de Crévant d'Humières, veuve du Prince d'Isenghien, est décédée à Douay le 19 août à environ 79 ans. Agnès Bouvart de Fourqueux, épouse de Vincent Maynon, Conseiller Honoraire du Parlement, est morte le 28 août à 40 ans. Du côté des naissances, Anne-Etiennette de Meuve, épouse de Jean-Paul Bochart de Champigny, a accouché d'une fille le 17 juillet. Louise de Couché de Lusignan, épouse d'Edme-Louis-Joseph d'Hautemer, a donné naissance à un fils le 5 août, nommé Léopold Gaston. Susanne-Marie de Vivans, épouse de Pierre-Antoine d'Ajancourt, a accouché d'un fils le 10 août, nommé Armand Henri. Enfin, Charles Joseph de Robert de Lignerac, Lieutenant Général de la Province d'Auvergne, a épousé Marie-Françoise de Broglie le 18 août.
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6420
p. 1885-1886
ARRETS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE du Roy, du 9 Juin, portant que lorsqu'il y aura des Postes vacantes [...]
Mots clefs :
Arrêts, Ordonnance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRETS NOTABLES.
ARRETS NOTABLES.
O
1
RDONNANCE du Roy , du 9 Juin , portant que lorsqu'il y aura des Postes vacan
tes dans les Villes , Bourgs et Villages où il y
en a d'établies , et qu'il ne se proposera point de
sujets pour les remonter , les Communautez des
lieux en feront le service.
ORDONNANCE du Roy, du 25 Juin , pour
faire faire la Revûë generale des Troupes de Milice , dans le courant du mois de Septembre pro- chain
1886 MERCURE DE FRANCE
chain , en licencier en même-temps la moitié , et
indiquer son remplacement au mois de Février
de l'année 1733.
ORDONNANCE du Roy , du 7 Juillet , por
tant Reglement pour le service , la solde et l'ha
billement de la Compagnie des Gardes du Pavillon Amiral , créée cy- devant par Ordonnance du
18 Novembre 1716. par laquelle S. M. voulant
faire quelques changemens , à ce qui est porté
par ladite Ordonnance , regle en même temps
tout ce qui concerne le service , la solde et l'habillement de ladite Compagnie , ainsi qu'il est
specifié aux 33 articles , contenus en la derniere;
Ordonnance.
ARREST du 8 Juillet , du Conseil d'Etat du
Roy , qui exempte des droits dûs au Roy , ou à
ses Fermiers , et des droits de Péages , les Grains
qui seront transportez des Provinces du Royau
me dans celle de Provence pendant un an,à com
pter du 15 Septembre 1732.
ORDONNANCE du Roy, du 26 Juillet,pour
faire fournir dyalain de Munition aux Troupes
qui formeront des Camps, que S. M. fait assembler sur ses Frontieres de Flandre , Evêchez , Alsace et Comté de Bourgogne , en l'année pre- sente.
ARREST du 29 Juillet, qui ordonne qu'il ne
sera perçu qu'un seul droit d'insinuation, suivant
la qualité du Testateur , pour tous les Héritiers
rappellez , et pour tous les Légataires universels ,
en quelque nombre que soient lesdits Héritiers
ou Légataires.
P
1
C
n
·0
วง
'A
Del
10
ed
Dis
No
ett
en
tat
Mut
&
Ou
tan
de
Cha
pec
TABLE
O
1
RDONNANCE du Roy , du 9 Juin , portant que lorsqu'il y aura des Postes vacan
tes dans les Villes , Bourgs et Villages où il y
en a d'établies , et qu'il ne se proposera point de
sujets pour les remonter , les Communautez des
lieux en feront le service.
ORDONNANCE du Roy, du 25 Juin , pour
faire faire la Revûë generale des Troupes de Milice , dans le courant du mois de Septembre pro- chain
1886 MERCURE DE FRANCE
chain , en licencier en même-temps la moitié , et
indiquer son remplacement au mois de Février
de l'année 1733.
ORDONNANCE du Roy , du 7 Juillet , por
tant Reglement pour le service , la solde et l'ha
billement de la Compagnie des Gardes du Pavillon Amiral , créée cy- devant par Ordonnance du
18 Novembre 1716. par laquelle S. M. voulant
faire quelques changemens , à ce qui est porté
par ladite Ordonnance , regle en même temps
tout ce qui concerne le service , la solde et l'habillement de ladite Compagnie , ainsi qu'il est
specifié aux 33 articles , contenus en la derniere;
Ordonnance.
ARREST du 8 Juillet , du Conseil d'Etat du
Roy , qui exempte des droits dûs au Roy , ou à
ses Fermiers , et des droits de Péages , les Grains
qui seront transportez des Provinces du Royau
me dans celle de Provence pendant un an,à com
pter du 15 Septembre 1732.
ORDONNANCE du Roy, du 26 Juillet,pour
faire fournir dyalain de Munition aux Troupes
qui formeront des Camps, que S. M. fait assembler sur ses Frontieres de Flandre , Evêchez , Alsace et Comté de Bourgogne , en l'année pre- sente.
ARREST du 29 Juillet, qui ordonne qu'il ne
sera perçu qu'un seul droit d'insinuation, suivant
la qualité du Testateur , pour tous les Héritiers
rappellez , et pour tous les Légataires universels ,
en quelque nombre que soient lesdits Héritiers
ou Légataires.
P
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ed
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tat
Mut
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Cha
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TABLE
Fermer
Résumé : ARRETS NOTABLES.
En 1732, plusieurs ordonnances et arrêts royaux ont été émis. Le 9 juin, une ordonnance impose aux communautés locales d'assurer le service postal dans les villes, bourgs et villages où des postes sont établis mais vacants. Le 25 juin, une autre ordonnance ordonne une revue générale des troupes de milice en septembre 1732, avec licenciement de la moitié des troupes et remplacement prévu en février 1733. Le 7 juillet, une ordonnance régule le service, la solde et l'habillement de la Compagnie des Gardes du Pavillon Amiral, modifiant une ordonnance précédente du 18 novembre 1716. Le 8 juillet, un arrêt du Conseil d'État exempte les grains transportés vers la Provence des droits royaux et de péage pour une année à compter du 15 septembre 1732. Le 26 juillet, une ordonnance demande la fourniture de munitions aux troupes assemblées sur les frontières de Flandre, Évêché, Alsace et Comté de Bourgogne. Enfin, un arrêt du 29 juillet ordonne la perception d'un seul droit d'insinuation pour tous les héritiers et légataires universels, indépendamment de leur nombre.
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6421
s. p.
TABLE.
Début :
TABLE. PIECES FUGITIVES. Stances irregulieres, 1675 Suite de l'Histoire du Prince Jaloux, 1678 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABL E.
IECES FUGITIVES. Stances irregulieres , 1675
Suite de l'Histoire du Prince Jaloux ,
1678
1705
1735
Epitalame ,
Defense d'un Trait historique de Lampride, 1709
Bouts-Rimez proposez ,
Conference entre les Plénipotentiaires Turcs et
Persans. Traduction d'une Relation, &c. 1736
Epigramme de Mile de la Vigne , sur M. Rous- seau ,
1756 Lettre au sujet de l'Eloge de l'humeur capri- cieuse ,
La Jeunesse , Cantate ,
Remarques sur les Médailles de Lucille ,
Enigme , Logogryphes , &c.
Nouvelles Litteraires des Beaux Arts , &c.
Journal du Regne d'Henry IV. &c.
Traité des Forces mouvantes , &c.
Deffense du Franc- Aleu , &c.
1757
1760.
1762
1768
1770
1772
1773 L'Anatomie generale du Cheval , &c. 1775
1776
1781
1782
1787 Coûtumes Generales de Bourbonno '. 1801
Nouveau Lexicon Medicum , &c. 1802 Lettre sur la Taille Laterale , &c. 1804
1806
1809
Bibliqtheque raisonnée , &c.
Recueil de Discours sur diverses matieres ,
Discours sur la Peinture , &c. JUMAW
Pendule pour le Roy de Sardaigne ,
Statuës antiques , trouvées en Provence ,
Autres Antiques , trouvées en Portugal , Rome ,
&c.
Nouvelles Estampes , &c.
1810.
1811
Jean-Paul Panini , Peintre Italien , reçû à l'Aca- démie de Paris ,
Chanson notéc
1813
1815
1816
Spectacles. L'Opera Comique , Pieces nouvelles ,
&C
Lettre de Mr de Voltaire sur la Tragédie de Zaire , 1828
Ballet des Sens , Entrée du Goût , 1843
Nouvelles Etrangeres , de Turquie , Perse , et Russie ,
1846
De Pologne , Journal du Camp de Villanova ,
&c. 1850
D'Allemagne, Entrevûë de l'Empereur et du Roy de Prusse ,
D'Italie et d'Espagne , Portugal , &c.
Seconde Lettre sur la Prise d'Oran ,
1856
1761
1866
France, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 1974
·Ceremonie faite à S. Sulpice , &c.
Morts , Naissances , &c.
Arrêts Notables
IECES FUGITIVES. Stances irregulieres , 1675
Suite de l'Histoire du Prince Jaloux ,
1678
1705
1735
Epitalame ,
Defense d'un Trait historique de Lampride, 1709
Bouts-Rimez proposez ,
Conference entre les Plénipotentiaires Turcs et
Persans. Traduction d'une Relation, &c. 1736
Epigramme de Mile de la Vigne , sur M. Rous- seau ,
1756 Lettre au sujet de l'Eloge de l'humeur capri- cieuse ,
La Jeunesse , Cantate ,
Remarques sur les Médailles de Lucille ,
Enigme , Logogryphes , &c.
Nouvelles Litteraires des Beaux Arts , &c.
Journal du Regne d'Henry IV. &c.
Traité des Forces mouvantes , &c.
Deffense du Franc- Aleu , &c.
1757
1760.
1762
1768
1770
1772
1773 L'Anatomie generale du Cheval , &c. 1775
1776
1781
1782
1787 Coûtumes Generales de Bourbonno '. 1801
Nouveau Lexicon Medicum , &c. 1802 Lettre sur la Taille Laterale , &c. 1804
1806
1809
Bibliqtheque raisonnée , &c.
Recueil de Discours sur diverses matieres ,
Discours sur la Peinture , &c. JUMAW
Pendule pour le Roy de Sardaigne ,
Statuës antiques , trouvées en Provence ,
Autres Antiques , trouvées en Portugal , Rome ,
&c.
Nouvelles Estampes , &c.
1810.
1811
Jean-Paul Panini , Peintre Italien , reçû à l'Aca- démie de Paris ,
Chanson notéc
1813
1815
1816
Spectacles. L'Opera Comique , Pieces nouvelles ,
&C
Lettre de Mr de Voltaire sur la Tragédie de Zaire , 1828
Ballet des Sens , Entrée du Goût , 1843
Nouvelles Etrangeres , de Turquie , Perse , et Russie ,
1846
De Pologne , Journal du Camp de Villanova ,
&c. 1850
D'Allemagne, Entrevûë de l'Empereur et du Roy de Prusse ,
D'Italie et d'Espagne , Portugal , &c.
Seconde Lettre sur la Prise d'Oran ,
1856
1761
1866
France, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 1974
·Ceremonie faite à S. Sulpice , &c.
Morts , Naissances , &c.
Arrêts Notables
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Résumé : TABLE.
Le document présente une liste chronologique d'œuvres et d'événements littéraires, artistiques et historiques s'étendant de 1675 à 1974. Parmi les œuvres notables figurent des recueils de poésie tels que 'IECES FUGITIVES' (1675) et 'Bouts-Rimez proposez' (1736). Il inclut également des traductions et des relations historiques comme 'Conference entre les Plénipotentiaires Turcs et Persans' (1736). Des écrits sur divers sujets sont mentionnés, tels que 'Traité des Forces mouvantes' (1757), 'L'Anatomie générale du Cheval' (1775), et 'Coûtumes Générales de Bourbonno'' (1801). Des œuvres littéraires et artistiques comme 'Lettre au sujet de l'Eloge de l'humeur capricieuse' (1756) et 'Journal du Regne d'Henry IV' (1756) sont également présentes. Le document fait référence à des événements contemporains, incluant des nouvelles étrangères de Turquie, Perse, Russie, Pologne, Allemagne, Italie, Espagne, et Portugal, ainsi que des nouvelles de la Cour et de Paris (1974). Des événements spécifiques comme 'Ceremonie faite à S. Sulpice' et des 'Arrêts Notables' sont également inclus.
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6422
s. p.
Errata de Juillet.
Début :
PAGE 1635. ligne 8. d'Oran, ôtez ce mot. P. 1645 l. 17. tardif, l. tardoit. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata de Juillet.
Errata de Juillet.
Age 1635. ligne 8. d'Oran , ôtez ce mot.
P16431. 17. tardif , l. tardoit.
P. 1648. l . 12. Meuville , L. Neuville.
Age 1635. ligne 8. d'Oran , ôtez ce mot.
P16431. 17. tardif , l. tardoit.
P. 1648. l . 12. Meuville , L. Neuville.
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6423
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
PAGE 1689. l. 22. fit la place, lisez , fit place. P. 1707. l. 8. brillent, l. brûlent. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
1877
1882
1885
Age 1689. 1. 22. fit la place , liscz , fit place.
PageP. 1707. 1. 8. brillent , l. brûlent.
P. 1745. 1. 27. Capitaine , 1. Capitale.
P. 1748. l. s . Coni , l. Com.
P. 1773. 1. 11. 1706. l. 1606.
P. 1786. l. 17. Ouvrages , 1. Euvres ,
P. 1794. l. 17. sont , 1. font
P. 1822. 1. 2. du bas , gar , l . grace.
P. 1825. 1. 20. m'y , l . n'y.
P. 1848. l. 32. 20000. lisez 200000.
P. 1850. 1. 29. Nanokin , I. Nankin.
P. 1852. 1. 30. après sitôt , l. après qu'on cut.
1. Arno.
1877
1882
1885
Age 1689. 1. 22. fit la place , liscz , fit place.
PageP. 1707. 1. 8. brillent , l. brûlent.
P. 1745. 1. 27. Capitaine , 1. Capitale.
P. 1748. l. s . Coni , l. Com.
P. 1773. 1. 11. 1706. l. 1606.
P. 1786. l. 17. Ouvrages , 1. Euvres ,
P. 1794. l. 17. sont , 1. font
P. 1822. 1. 2. du bas , gar , l . grace.
P. 1825. 1. 20. m'y , l . n'y.
P. 1848. l. 32. 20000. lisez 200000.
P. 1850. 1. 29. Nanokin , I. Nankin.
P. 1852. 1. 30. après sitôt , l. après qu'on cut.
1. Arno.
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Résumé : Fautes à corriger dans ce Livre.
Le document liste des corrections à apporter dans un livre. Parmi elles, 'fit la place, liscz, fit place' (page 1689, ligne 22), 'brillent' remplacé par 'brûlent' (page 1707, ligne 8), et 'Capitaine' par 'Capitale' (page 1745, ligne 27). D'autres corrections concernent des dates, des mots ou des chiffres, comme '1706' remplacé par '1606' (page 1773) et '20000' corrigé en '200000' (page 1848, ligne 32). Le terme 'Arno' est mentionné sans précision sur la correction.
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6424
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 1815. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 1815. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 1815. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 1815.
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6425
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Libraire, Adresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité vondront remettre leurs Paquets cachetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pourlesfaire tenir,
Onprie très-inſtamment , quand on adreſſe
des Lettres on Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
•
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , on les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la premiere main , &plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porterfur
T'heure à la Pofte , ou aux Meſſageries qu'on
lui indiquera,
PRIX XXX. SOLS.
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité vondront remettre leurs Paquets cachetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pourlesfaire tenir,
Onprie très-inſtamment , quand on adreſſe
des Lettres on Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
•
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , on les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la premiere main , &plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porterfur
T'heure à la Pofte , ou aux Meſſageries qu'on
lui indiquera,
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6426
p. 1891-1906
SUITE DE LA TRADUCTION de la Relation Turque, sur les Conferences pour la Paix entre les Turcs et les Persans.
Début :
V. CONFERENCE, Tenuë le 9. Janvier, entre Raghib-Effendi et les Ministres de Chah Thamas. [...]
Mots clefs :
Traduction, Conférences pour la paix, Turcs, Persans, Négociation, Sérasker, Raghib Effendi, Janvier, Desterdar, Conseils généraux
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DE LA TRADUCTION de la Relation Turque, sur les Conferences pour la Paix entre les Turcs et les Persans.
SUITE DE LA TRADUCTION
de la Relation Turque , sur les Conferences pour la Paix entre les Turcs
et les Persans.
V. CONFERENCE , tenue le 9. Janvier,
entre Raghib- Effendi et les Ministres
de Chah- Thamas.
A négociation n'avançant point , les Plénipotentiaires de la Porte , pour
intriguer les Persans , laisserent couler
quelques jours sans les faire inviter à
continuer les Conférences ; mais ceux- cy
paroissant rester tranquilles chez eux ,
A iiij les
1892 MERCURE DE FRANCE
4
les Turcs se déterminerent à leur envoyer
Raghib-Effendi. Ce Defterdar , conformément aux instructións que ses Collegues lui avoient données , signifia en termes formels aux Ministres de Perse ,
qu'il n'étoit pas possible de déferer aux
prieres qu'ils avoient faites jusqu'alors ,
et que tant qu'ils s'aheurteroient à la restitution des Pays conquis au- delà de l'Araxe , il étoit inutile qu'ils se flatassent
de réussir dans leur Mission. Nous connoissons votre état mieux que vous- mêmes , leur dit-il , à quoi bon vous fixer
à rebattre continuellement les mêmes instances , puisque vous ne pouvez vous
promettre aucun fruit de cette conduite ?
Pour moi je vous parle à cœur ouvert ;
si vous voulez travailler avec succès à
la réunion de nos Souverains , croyezmoi , ne réclamez plus rien de tout ce
que nous avons au- delà de l'Araxe ; car
en faisant la paix et gardant chacun ce
que nous possedons , il se trouvera que
l'avantage sera encore de votre côté.
2
Raghib- Effendi ayant sondé le terrain.
de cette maniere , et s'étant tourné et retourné de tous les sens pour découvrir
les plus secrets sentimens des Ministres
de Perse , et les désabuser de leurs esperances , Mehemet Riza-Khan , répondità
SEPTEMBRE. 1732. 1893
à ce Defterdar. Je vous jure sur la tête
de Mourteza-Ali , * qu'absolument je
n'ai pas le pouvoir de me desister en entier des Pays que vous nous avez enlevez
au-delà de l'Araxe ; cependant en consideration de la Paix , et pour mettre la
derniere main à un ouvrage si salutaire ,
je veux bien risquer de m'attirer tout le
courroux de notre Roy par mon trop de
condescendance , et je vous abandonne
contre ses deffenses précises , tout ce qui
est au- delà de ce Fleuve ; mais que leurs
Excellences , le Seraskier Achmet , ne
prétende plus garder rien des Pays endeçà , car je suis résolu de tout hazarder
plutôt que de me relâcher de la moindre chose sur cet article. Voilà tout ce
que nous avons à vous dire.
VI. CONFERENCE , tenue sous les Pavillons
du Seraskier Achmet- Pacha , où assisterent , outre les Ministres ordinaires , tous
les Visirs qui se trouverent à l'Armée et
les principaux Chefs des Troupes..
Le 11. Janvier , deux jours après la
Ali , Gendre de Mahomet , dont les Persans
suivent la Secte.
** N. B. C'est une politesse de la Langue
Turque, de parler en plurier, quoiqu'on ne patle
qu'à une ou que d'une personne.
Av derniere
1894 MERCURE DE FRANCE
derniere Conference , les Plénipotentiaires de Turquie et de Perse , les Visirs:
et les principaux Officiers de l'Armée
Ottomane s'étant assemblez sous la Tente
du Seraskier Achmet , ce Pacha prit la
parole et dit : Suivant le rapport qu'on
m'a fait jusqu'à present , presque toutes
les Conferences précedentes se sont passées en discours infructueux de part et
d'autres ; mais , graces à Dieu , continuat'il, en regardant les Ministres du Roy de
Perse , vous venez d'augmenter la haute
idée que je m'étois déja faite de votre
sagesse , puisqu'ayant reconnu avant hier
dans votre entretien avec Raghib Effendi , que les propositions que vous nous
aviez faites cy-devant n'étoient pas recevables , vous convintes avec lui de
renoncer à la restitution des Pays que
nous avons conquis au- delà de l'Araxe ; desorte que nous pouvons dire que
ce n'est proprement que de ce jour que
notre négociation a commencé , tâchons.
de la continuer er de la finir même aujourd'hui , à la satisfaction commune ;
il ne s'agit plus maintenant que de disputér sur les Pays qui sont en- deçà de
ce Fleuve ; examinons cette matiere
l'amiable.
Dès que nous avons cedé les Pays au
à
dela
SEPTEMBRE. 1732. 1895
delà , interrompirent les Persans , nous
ne voyons pas qu'il y ait plus rien à regler entre nous , car pour ceux de deçà
ils ne méritent pas , dans la désolation
où vous les avez mis , que nous tenions
une seule Conference à leur sujet.
Nous ne pensons pas de même, reprirent les Turcs , et nous jugeons , au
contraire , que parmi ces Contrées il y a
beaucoup de Lieux et de Places qui de
route necessité , et surtout par rapport
à la convenance doivent être annexez à notre Empire , comme , par exemple , les Ville et Province de Tauris , que
des raisons tres- essentielles nous empê
chent absolument de vous restituer.
>
Nous ne pouvons que vous repeter
roûjours ce que nous vous avons déja
dit tant de fois , répartirent les Persans ;
nous ne sommes pas ici pour disputer
d'égal à égal , sur ce qu'il convient que
vous nous donniez et que nous vous
donnions ; et nous en revenons , à l'ordinaire , à vous supplier de prendre en
consideration notre état , et sur tout
Phonneur de la Porte. Hé ! ne le faisons
nous pas , répliquerent les Turcs ; comment ! quand nous vous rendons la Pro
vince d'Hamadan , qui est si belle et si
grande, cette grace n'est- elle pas assez
A vj Con
1896 MERCURE DE FRANCE
considerable pour vous inspirer plus de
retenue dans vos demandes ?
Nous conviendrons bien , dirent les
Persans , que la restitution de cette Province seroit effectivement une faveur ,
si le Suppliant pour lequel nous parlons ,
n'étoit pas un Roy qui se jette entre les
bras du plus grand Monarque du monde,
son unique réfuge et l'azile de la Foy
Ortodoxe; mais lorsque nous envisageons
votre Empereur sous cette idée sublime ,
il nous paroît qu'il est de sa grandeur de
nous traiter plus favorablement. Enfin ,
c'est de vous que sont partis les coups
qui nous ont terrassez ; nos playes sont
encore toute sanglantes , vous seuls pouvez y appliquer les remedes les plus propres à les guérir promptement ; nous ne
pouvons vous dire rien de plus.
Le Ministre de Chah-Thamas s'en tenant toûjours à renouveller leurs prieres
aux Turcs , et à leur remettre continuellement devant les yeux l'honneur de la
Porte , et le malheureux Etat de la Perse;
ceux- cy leur dirent encore , comme ils
avoient déja fait dans d'autres Conferences , de réfléchir de nouveau sur les prétentions qu'ils formoient , et c'est par- là
que finit cette Séance.
VI
SEPTEMBRE. 1732. 1897
VII. CONFERENCE , qui fut generale.
comme la précedente , et se tint de même.
chez le Seraskier, le 13. de Janvier.
Très-honorez Plénipotentiaires , dirent les Turcs aux Persans , dans la derniere Conference que nous eûmes ensemble , nous vous priâmes de faire de
plus mures refléxions sur l'état de vos
affaires et sur la nature de vos prétentions . Dites-nous donc aujourd'hui à quoi
vous êtes résolus; car enfin si vous pensez
tour de bon à pacifier les troubles qui
agitent votre Monarchie , pourquoi n'agissez-vous pas consequemment , et le
plutôt que vous pourrez , puisque ce ne
peut être que le plus avantageux pour
vous ? la décision de l'affaire est toute entiere entre vos mains ; il ne tient qu'à
vous que nous ne finissions dans un
instant.
Vos Excellences ont vû , répondirent
les Ministres de Perse , qu'en renonçant
pour notre Roy aux Etats que Vous possedez au- delà de l'Araxe , nous vous
avons accordé , pour accelerer l'ouvrage
de la Paix , beaucoup plus que Sa Majesté
ne nous avoit permis de le faire. C'est
à votre tour à suivre notre exemple.
Hé bien ! répartirent les Turcs , quoique
1898 MERCURE DE FRANCE
y
que notre pouvoir ne s'étende pas aussi
à vous restituer rien au delà d'Amadan,
nous voulons bien , pour que vous ayez
lieu d'être tout-à- fait contens de nous , y
ajoûter encore Kirmancha ( 1 ) et le Pays d'Herdelan , au risque des reproches que
notre Empereur pourra nous en faire ,
mais il faut que de votre côté vous vous
désistiez de vos vûës sur la Province/de
Tauris , qu'il nous est impossible de vous:
rendre.
Sur cette derniere proposition , les Ministres de Perse repliquerent : Nous n'avons cessé de vous prier , et de vous supplier de rétablir notre Souverain dans
rous ses Etats, et de faire revivre en lui l'éclat de la gloire de ses Ancêtres; nous vous
avons démontré que cela ne se pouvoit
faire qu'en lui remettant tous les Païs que
vous avez subjuguez dans son Royaume ;
et nous vous avons fait voir qu'en prenant une voïe si honorable , l'Empereur,
votre Maître , s'immortaliseroit , er que
toutes les Puissances de la Terre, témoinsd'un procédé si noble , ne pourroient se
lasser d'admirer et de publier sa clémen-
( 1) Kirmancha , ou Kerman , Ville d'une
Province du même nom , autrefois la Caramanic.
ce
SEPTEMBRE. 1732. 1899
ee et sa générosité. Surpris de trouver vos
Excellences peu sensibles à cette gloire
suprême , qu'il leur étoit si facile d'aquerir , nous avions du moins esperé de les
fléchir , en leur cédant de notre bon gré
1 ) Ghendge , Tiflis , ( 2 ) Erivan , Kiat
Kiartil , le ( 3 ) Daguestan , Chamakić
et d'autresContrées si considérables, qu'elles formeroient chacune un grand Etat ; }
et cependant la sublime Porte, sans avoir
égard à nos miséres , à nos humiliatious ,
et aux efforts que nous faisons , malgré
notre abbatement , pour applanir toutes
les difficultez qui s'opposent à notre ré
conciliation avec elle , s'amuse encore à
vouloir se conserver quelques Cantons
ruinez et des Déserts qu'elle vient de nous
( 1 ) Ghendgé, ou Ghendgea , Ville considérable de la Géorgie , ainsi que Tiflis ou Téflis , qui
en est la Capitale.
(2 ) Erivan ou Irvam, Capitale d'une Provin
ce du même nom , qui fait partie de la grande Armenie. Kiat , et Kiartil sont dans la même:
Contrée.
( 3 ) Le Daguestan, dont Chamakié est la Capitale , est un Païs de Montagnes , comme son
nom le signifie,qui fait partie de la Médie-Atropaterre. Il est habité par les Lesquis , qui dans le
commencement des Troubles , se mirent d'euxmêmes sous la protection des Turcs, pour se ga
rantir des invasions des Moscovites..
prendre
630175
1900 MERCURE DE FRANCE
14
H
prendre en deçà de l'Araxe. Que vos Excellences y pensent-bien , et qu'elles jugent elles mêmes , si tant d'attachement
à des bagatelles , répond dignement à l'élevation du Trône que remplit avec tant
de Majesté, votre auguste Empereur ? Les
Ministres Persans prononcerent ce Discours avec toute la véhémence imaginable , et ajouterent gen se levant , avec un
air plein d'altération , que vos Excellences nous envoient , s'il leur plaît , Raghib- Effendi , nous leur ferons sçavoir, par
són Canal , nos dernieres intentions.
CONTINUATION DE LA VII CONFERENCE
entre le Defterdar Raghib- Effendi , seulement,et les Ministres de Chab-Thamas.
CeDefterdar s'étant rendu chez les Plénipotentiaires Persans , ils lui dirent : De
la même maniere que le Seraskier Achmet Pacha a ordre de votre Maître de
ne pas restituer à la Perse aucun des Païs
au-delà de l'Araxe , nous vous jurons ,
par le Dieu Tout- puissant , que nous
avons aussi ordre du nôtre , de ne pas
ceder à la Porte , un pouce de terre en
deçà. Ainsi , dites à leurs Excellences
ajouterent- ils, que nous leur sommes bien
obligez des soins qu'elles ont pris pour
mettre fin à nos principales disputes, puisque
SEPTEMBRE. 1732. 1955
que tout ce qui nous en reste à vuider ,
ne regarde plus que la possession de Tauris ; mais suppliez - les de notre part , comme nous vous en supplions vous- même,
de lever encore ce leger obstacle , en
nous restituant cette Province, qui n'of◄
fre plus aux yeux que des dégâts et des
mazures ; et si la chose est aussi impossi
ble que le Seraskier nous l'a assuré , engagez du moins cet illustre Pacha à trouver bon que nous congédions la plupart
de nos domestiques , et que nous puissions nous retirer avec ce qui reste de nos
gens à ( 1 ) Gherbelaï - Mahaladé , pour y
passer le reste de nos jours.
Raghib-Effendi ayant rendu compte àses
Collégues de ce que venoient de lui dire
les Ministres de Perse ; ceux de Turquie
laisserent passer deux jours sans leur donner de leurs nouvelles , comme s'ils n'avoient pas daigné faire attention au rapport de ce Defterdar.
La négociation cependant se renoua le
(1) C'est un lieu situé près de Bagdat, où le fils
d'une des filles de Mahomet est inhumé ; sa mémoire est en si grande vénération parmi les Persans , qu'entr'autres superstitions du culte religieux qu'ils lui rendent , ils se font une dévotion de porter des Chapelets d'une espece de
Terre glaise , qui se trouve à l'endroit où est son Tombeau.
163
点
1902 MERCURE DE FRANCE
16 , que se tint la derniere Conférence
avec la même assemblée , et chez le Seraskier.
VIII ET DERNIERE CONFERENCE.
Si vos Excellences , dirent les Plénipotentiaires Turcs , souhaitent véritablement la Paix ; au nom de Dieu , ne perdons plus le temps en Discours superflus,
et cessez de nous faire des propositionsque nous ne puissions pas recevoir ; mais
au contraire finissons tout - à - l'heure ,
comme rien n'est plus facile , si vous en
avez bien envie ?
Nous n'aspirons à autre chose , répon
dirent les Persans , qu'à nous trouver parfaitement d'accord avec vos Excellences
ordonnez, prescrivez - nous ce qu'il faut
que nous fissions ; nous sommes prêts de
concourir de tout notre pouvoir avec
vous , à la conclusion d'un accommodement ferme et durable entre nos deux
Nations.
Vous nous avez priez de vous traiter
favorablement, reprirent les Turcs, et nous
y.avons acquiesce avec plaisir. Premierement , en vous rendant la Province d'Amadan , et ensuite sur de nouvelles instances de votre part , le Païs d'Herdelan ,
et Kirmancha.Contentez - vous de ces graces
SEPTEMBRE. 1732. 1903
ces que nous vous faisons gratuitement ,
sans qu'aucune Loy divine ni humaine
nous y oblige , et ne pensez plus à répéter Tauris sur nous.
Avant que de répondre à vos Excellenecs,reprirent les Ministres de Perse,qu'elles nous permettent de leur faire une
question et une comparaison tout ensemble.Supposons un homme opulent et liberal, à qui un pauvre ayant demandé douze
mille ( 1 )Tomans , les lui auroit donnés
de bonne grace ; dites nous , si l'indigent
avoit encore besoin d'un seul Toman; seroit-il vrai - semblable , et croyez vous ,
que cet homme si généreux le lui refusât?
Votre parallele seroit juste , repartirent les Turcs , si nous pouvions disposer
des Païs que vous nous demandez , comme cet homme le pourroit de son bien
et que nous n'eussions pas de plus for--
tes raisons de retenir Tauris , qu'il en
auroit d'épargner un Toman ; mais nous
ne sommes pas dans le même cas, et quoiqu'il soit vrai , comme nous en convenons , que nous vous ayions cedé des
Provinces d'assez grande conséquence ,
( 1 ) Le Toman vaut environ 45 liv . de notre
monnoye , et n'est pas une espece, mais une ma- niere de compter comme nous disons une Pistole , pour signifier 10 francs.
"
pour
1904 MERCURE DE FRANCE
pour y joindre encore celle- ci qui est ruinée, sans nous faire tant prier , c'est précisément notre résistance inébranlable à
vous satisfaire sur cette restitution , qui
doit vous convaincre qn'elle passe absolument notre pouvoir. Mais il faut sans
doute qu'il y ait quelque chose de surna
turel , caché derriere le rideau de la prédestination , et qui doive bien-tôt se manifester , puisque nous ne saurions parvenir à vaincre l'entêtement avec lequel
vous persistez dans vos demandes ; surquoi
nous ne pouvons vous dissimuler , qu'à
la fin il sera peut-être cause de la rupture
de notre négociation , dont la consommation étoit si prochaine.
L'Empire Ottoman est si puissant, et sa
grandeur si relevée , dirent alors les Ministres Persans , que toutes les adversitez
qui pourront encore nous venir de sa
part , nous seront plus supportables que
les reproches et les mépris que nous aurions à essuyer , non seulement du Roy ,
notre Maître , mais de nos Compatriotes
de tous Etats , jusqu'à la plus vile popu
lace , si nous faisions la Paix aux conditions que vous voulez nous imposer.
Ce n'est pas notre obstination , comme
vous en accusez , c'est l'honneur , mille
fois plus cher pour nous que la vie , qui
nous
SEPTEMBRE. 1732. 1905
nous force à les rejetter ; et nous aimons
encore mieux nous exposer aux maux les
plus terribles , qu'à nous voir flétris pour jamais par le désaveu et l'indignation de
toute la Perse. Du reste , si après nous
avoir tant accordé , vous croyez qu'il y
aille de votre gloire de nous refuser si peu
de chose , et à nous renvoyer , sans avoir
pû rien conclure , nous n'en murmurerons point contre vous , et nous ne nous
plaindrons que du destin ; mais souffrez
qu'avant que de finir cette Conférence ,
nous vous rappellions pour la derniere
fois que Chah-Thamas s'est remis sans restriction , à la clémence et à la générosité
de votre Empereur, et permettez- nous du
moins d'implorer votre intercession auprès de Sa Hautesse. Nous osons encore
nous flater , que si des personnes de votre
rang , et d'un mérite aussi distingué que
le vôtre, veulent bien s'intéresser pour no
tre Roy , et faire à la Porte quelques representations en sa faveur , elles n'auront
pas de peine à lui procurer la triste consolation de recouvrer une Ville et une
Province si ravagées, qu'on ne peut pres
que plus les reconnoître que par le lieu
qu'elles occupent sur la terre.
Immédiatement après la tenue de cette
derniere Conference, qui se termina de la
sorte ,
1906 MERCURE DE. FRANCE
›
sorte , Mustapha-Khan alla rendre visite
à chacun en particulier des Plénipotentiaires Turcs , des Visirs , et autres principaux. Chefs de l'Armée Ottomane. Il
les pressa , les sollicita , les carressa tant
et leur fit de nouveau des Instances si
fortes, d'écrire et d'interceder même pour
leur Maître , qu'à la fin les Ministres du
G. S. persuadez que ceux de Chah- Thamas n'avoient pas le pouvoir de se relâcher sur Tauris , et que n'étant pas non
plus autorisez de leur côté à s'en dessaisir , dresserent un Mémoire détaillé de
tout ce qui s'étoit dit et passé depuis l'ouverture des Conférences, et l'envoyerent
à la Porte.
Il se tint à ce sujet consécutivement
plusieurs Conseils Généraux au Sérail , en
présence de S. H. où la matiere vivement
agitée , partagea souvent les opinions , et
dont le dernier résultat, fut cependant de
rendre Tauris à la Perse , avec tous les autres Païs conquis en deçà de l'Araxe ; au
moyen de quoi la Paix , également désirée des deux Peuples ennemis , fut conclue et signée quelque temps après.
P. V. D.
de la Relation Turque , sur les Conferences pour la Paix entre les Turcs
et les Persans.
V. CONFERENCE , tenue le 9. Janvier,
entre Raghib- Effendi et les Ministres
de Chah- Thamas.
A négociation n'avançant point , les Plénipotentiaires de la Porte , pour
intriguer les Persans , laisserent couler
quelques jours sans les faire inviter à
continuer les Conférences ; mais ceux- cy
paroissant rester tranquilles chez eux ,
A iiij les
1892 MERCURE DE FRANCE
4
les Turcs se déterminerent à leur envoyer
Raghib-Effendi. Ce Defterdar , conformément aux instructións que ses Collegues lui avoient données , signifia en termes formels aux Ministres de Perse ,
qu'il n'étoit pas possible de déferer aux
prieres qu'ils avoient faites jusqu'alors ,
et que tant qu'ils s'aheurteroient à la restitution des Pays conquis au- delà de l'Araxe , il étoit inutile qu'ils se flatassent
de réussir dans leur Mission. Nous connoissons votre état mieux que vous- mêmes , leur dit-il , à quoi bon vous fixer
à rebattre continuellement les mêmes instances , puisque vous ne pouvez vous
promettre aucun fruit de cette conduite ?
Pour moi je vous parle à cœur ouvert ;
si vous voulez travailler avec succès à
la réunion de nos Souverains , croyezmoi , ne réclamez plus rien de tout ce
que nous avons au- delà de l'Araxe ; car
en faisant la paix et gardant chacun ce
que nous possedons , il se trouvera que
l'avantage sera encore de votre côté.
2
Raghib- Effendi ayant sondé le terrain.
de cette maniere , et s'étant tourné et retourné de tous les sens pour découvrir
les plus secrets sentimens des Ministres
de Perse , et les désabuser de leurs esperances , Mehemet Riza-Khan , répondità
SEPTEMBRE. 1732. 1893
à ce Defterdar. Je vous jure sur la tête
de Mourteza-Ali , * qu'absolument je
n'ai pas le pouvoir de me desister en entier des Pays que vous nous avez enlevez
au-delà de l'Araxe ; cependant en consideration de la Paix , et pour mettre la
derniere main à un ouvrage si salutaire ,
je veux bien risquer de m'attirer tout le
courroux de notre Roy par mon trop de
condescendance , et je vous abandonne
contre ses deffenses précises , tout ce qui
est au- delà de ce Fleuve ; mais que leurs
Excellences , le Seraskier Achmet , ne
prétende plus garder rien des Pays endeçà , car je suis résolu de tout hazarder
plutôt que de me relâcher de la moindre chose sur cet article. Voilà tout ce
que nous avons à vous dire.
VI. CONFERENCE , tenue sous les Pavillons
du Seraskier Achmet- Pacha , où assisterent , outre les Ministres ordinaires , tous
les Visirs qui se trouverent à l'Armée et
les principaux Chefs des Troupes..
Le 11. Janvier , deux jours après la
Ali , Gendre de Mahomet , dont les Persans
suivent la Secte.
** N. B. C'est une politesse de la Langue
Turque, de parler en plurier, quoiqu'on ne patle
qu'à une ou que d'une personne.
Av derniere
1894 MERCURE DE FRANCE
derniere Conference , les Plénipotentiaires de Turquie et de Perse , les Visirs:
et les principaux Officiers de l'Armée
Ottomane s'étant assemblez sous la Tente
du Seraskier Achmet , ce Pacha prit la
parole et dit : Suivant le rapport qu'on
m'a fait jusqu'à present , presque toutes
les Conferences précedentes se sont passées en discours infructueux de part et
d'autres ; mais , graces à Dieu , continuat'il, en regardant les Ministres du Roy de
Perse , vous venez d'augmenter la haute
idée que je m'étois déja faite de votre
sagesse , puisqu'ayant reconnu avant hier
dans votre entretien avec Raghib Effendi , que les propositions que vous nous
aviez faites cy-devant n'étoient pas recevables , vous convintes avec lui de
renoncer à la restitution des Pays que
nous avons conquis au- delà de l'Araxe ; desorte que nous pouvons dire que
ce n'est proprement que de ce jour que
notre négociation a commencé , tâchons.
de la continuer er de la finir même aujourd'hui , à la satisfaction commune ;
il ne s'agit plus maintenant que de disputér sur les Pays qui sont en- deçà de
ce Fleuve ; examinons cette matiere
l'amiable.
Dès que nous avons cedé les Pays au
à
dela
SEPTEMBRE. 1732. 1895
delà , interrompirent les Persans , nous
ne voyons pas qu'il y ait plus rien à regler entre nous , car pour ceux de deçà
ils ne méritent pas , dans la désolation
où vous les avez mis , que nous tenions
une seule Conference à leur sujet.
Nous ne pensons pas de même, reprirent les Turcs , et nous jugeons , au
contraire , que parmi ces Contrées il y a
beaucoup de Lieux et de Places qui de
route necessité , et surtout par rapport
à la convenance doivent être annexez à notre Empire , comme , par exemple , les Ville et Province de Tauris , que
des raisons tres- essentielles nous empê
chent absolument de vous restituer.
>
Nous ne pouvons que vous repeter
roûjours ce que nous vous avons déja
dit tant de fois , répartirent les Persans ;
nous ne sommes pas ici pour disputer
d'égal à égal , sur ce qu'il convient que
vous nous donniez et que nous vous
donnions ; et nous en revenons , à l'ordinaire , à vous supplier de prendre en
consideration notre état , et sur tout
Phonneur de la Porte. Hé ! ne le faisons
nous pas , répliquerent les Turcs ; comment ! quand nous vous rendons la Pro
vince d'Hamadan , qui est si belle et si
grande, cette grace n'est- elle pas assez
A vj Con
1896 MERCURE DE FRANCE
considerable pour vous inspirer plus de
retenue dans vos demandes ?
Nous conviendrons bien , dirent les
Persans , que la restitution de cette Province seroit effectivement une faveur ,
si le Suppliant pour lequel nous parlons ,
n'étoit pas un Roy qui se jette entre les
bras du plus grand Monarque du monde,
son unique réfuge et l'azile de la Foy
Ortodoxe; mais lorsque nous envisageons
votre Empereur sous cette idée sublime ,
il nous paroît qu'il est de sa grandeur de
nous traiter plus favorablement. Enfin ,
c'est de vous que sont partis les coups
qui nous ont terrassez ; nos playes sont
encore toute sanglantes , vous seuls pouvez y appliquer les remedes les plus propres à les guérir promptement ; nous ne
pouvons vous dire rien de plus.
Le Ministre de Chah-Thamas s'en tenant toûjours à renouveller leurs prieres
aux Turcs , et à leur remettre continuellement devant les yeux l'honneur de la
Porte , et le malheureux Etat de la Perse;
ceux- cy leur dirent encore , comme ils
avoient déja fait dans d'autres Conferences , de réfléchir de nouveau sur les prétentions qu'ils formoient , et c'est par- là
que finit cette Séance.
VI
SEPTEMBRE. 1732. 1897
VII. CONFERENCE , qui fut generale.
comme la précedente , et se tint de même.
chez le Seraskier, le 13. de Janvier.
Très-honorez Plénipotentiaires , dirent les Turcs aux Persans , dans la derniere Conference que nous eûmes ensemble , nous vous priâmes de faire de
plus mures refléxions sur l'état de vos
affaires et sur la nature de vos prétentions . Dites-nous donc aujourd'hui à quoi
vous êtes résolus; car enfin si vous pensez
tour de bon à pacifier les troubles qui
agitent votre Monarchie , pourquoi n'agissez-vous pas consequemment , et le
plutôt que vous pourrez , puisque ce ne
peut être que le plus avantageux pour
vous ? la décision de l'affaire est toute entiere entre vos mains ; il ne tient qu'à
vous que nous ne finissions dans un
instant.
Vos Excellences ont vû , répondirent
les Ministres de Perse , qu'en renonçant
pour notre Roy aux Etats que Vous possedez au- delà de l'Araxe , nous vous
avons accordé , pour accelerer l'ouvrage
de la Paix , beaucoup plus que Sa Majesté
ne nous avoit permis de le faire. C'est
à votre tour à suivre notre exemple.
Hé bien ! répartirent les Turcs , quoique
1898 MERCURE DE FRANCE
y
que notre pouvoir ne s'étende pas aussi
à vous restituer rien au delà d'Amadan,
nous voulons bien , pour que vous ayez
lieu d'être tout-à- fait contens de nous , y
ajoûter encore Kirmancha ( 1 ) et le Pays d'Herdelan , au risque des reproches que
notre Empereur pourra nous en faire ,
mais il faut que de votre côté vous vous
désistiez de vos vûës sur la Province/de
Tauris , qu'il nous est impossible de vous:
rendre.
Sur cette derniere proposition , les Ministres de Perse repliquerent : Nous n'avons cessé de vous prier , et de vous supplier de rétablir notre Souverain dans
rous ses Etats, et de faire revivre en lui l'éclat de la gloire de ses Ancêtres; nous vous
avons démontré que cela ne se pouvoit
faire qu'en lui remettant tous les Païs que
vous avez subjuguez dans son Royaume ;
et nous vous avons fait voir qu'en prenant une voïe si honorable , l'Empereur,
votre Maître , s'immortaliseroit , er que
toutes les Puissances de la Terre, témoinsd'un procédé si noble , ne pourroient se
lasser d'admirer et de publier sa clémen-
( 1) Kirmancha , ou Kerman , Ville d'une
Province du même nom , autrefois la Caramanic.
ce
SEPTEMBRE. 1732. 1899
ee et sa générosité. Surpris de trouver vos
Excellences peu sensibles à cette gloire
suprême , qu'il leur étoit si facile d'aquerir , nous avions du moins esperé de les
fléchir , en leur cédant de notre bon gré
1 ) Ghendge , Tiflis , ( 2 ) Erivan , Kiat
Kiartil , le ( 3 ) Daguestan , Chamakić
et d'autresContrées si considérables, qu'elles formeroient chacune un grand Etat ; }
et cependant la sublime Porte, sans avoir
égard à nos miséres , à nos humiliatious ,
et aux efforts que nous faisons , malgré
notre abbatement , pour applanir toutes
les difficultez qui s'opposent à notre ré
conciliation avec elle , s'amuse encore à
vouloir se conserver quelques Cantons
ruinez et des Déserts qu'elle vient de nous
( 1 ) Ghendgé, ou Ghendgea , Ville considérable de la Géorgie , ainsi que Tiflis ou Téflis , qui
en est la Capitale.
(2 ) Erivan ou Irvam, Capitale d'une Provin
ce du même nom , qui fait partie de la grande Armenie. Kiat , et Kiartil sont dans la même:
Contrée.
( 3 ) Le Daguestan, dont Chamakié est la Capitale , est un Païs de Montagnes , comme son
nom le signifie,qui fait partie de la Médie-Atropaterre. Il est habité par les Lesquis , qui dans le
commencement des Troubles , se mirent d'euxmêmes sous la protection des Turcs, pour se ga
rantir des invasions des Moscovites..
prendre
630175
1900 MERCURE DE FRANCE
14
H
prendre en deçà de l'Araxe. Que vos Excellences y pensent-bien , et qu'elles jugent elles mêmes , si tant d'attachement
à des bagatelles , répond dignement à l'élevation du Trône que remplit avec tant
de Majesté, votre auguste Empereur ? Les
Ministres Persans prononcerent ce Discours avec toute la véhémence imaginable , et ajouterent gen se levant , avec un
air plein d'altération , que vos Excellences nous envoient , s'il leur plaît , Raghib- Effendi , nous leur ferons sçavoir, par
són Canal , nos dernieres intentions.
CONTINUATION DE LA VII CONFERENCE
entre le Defterdar Raghib- Effendi , seulement,et les Ministres de Chab-Thamas.
CeDefterdar s'étant rendu chez les Plénipotentiaires Persans , ils lui dirent : De
la même maniere que le Seraskier Achmet Pacha a ordre de votre Maître de
ne pas restituer à la Perse aucun des Païs
au-delà de l'Araxe , nous vous jurons ,
par le Dieu Tout- puissant , que nous
avons aussi ordre du nôtre , de ne pas
ceder à la Porte , un pouce de terre en
deçà. Ainsi , dites à leurs Excellences
ajouterent- ils, que nous leur sommes bien
obligez des soins qu'elles ont pris pour
mettre fin à nos principales disputes, puisque
SEPTEMBRE. 1732. 1955
que tout ce qui nous en reste à vuider ,
ne regarde plus que la possession de Tauris ; mais suppliez - les de notre part , comme nous vous en supplions vous- même,
de lever encore ce leger obstacle , en
nous restituant cette Province, qui n'of◄
fre plus aux yeux que des dégâts et des
mazures ; et si la chose est aussi impossi
ble que le Seraskier nous l'a assuré , engagez du moins cet illustre Pacha à trouver bon que nous congédions la plupart
de nos domestiques , et que nous puissions nous retirer avec ce qui reste de nos
gens à ( 1 ) Gherbelaï - Mahaladé , pour y
passer le reste de nos jours.
Raghib-Effendi ayant rendu compte àses
Collégues de ce que venoient de lui dire
les Ministres de Perse ; ceux de Turquie
laisserent passer deux jours sans leur donner de leurs nouvelles , comme s'ils n'avoient pas daigné faire attention au rapport de ce Defterdar.
La négociation cependant se renoua le
(1) C'est un lieu situé près de Bagdat, où le fils
d'une des filles de Mahomet est inhumé ; sa mémoire est en si grande vénération parmi les Persans , qu'entr'autres superstitions du culte religieux qu'ils lui rendent , ils se font une dévotion de porter des Chapelets d'une espece de
Terre glaise , qui se trouve à l'endroit où est son Tombeau.
163
点
1902 MERCURE DE FRANCE
16 , que se tint la derniere Conférence
avec la même assemblée , et chez le Seraskier.
VIII ET DERNIERE CONFERENCE.
Si vos Excellences , dirent les Plénipotentiaires Turcs , souhaitent véritablement la Paix ; au nom de Dieu , ne perdons plus le temps en Discours superflus,
et cessez de nous faire des propositionsque nous ne puissions pas recevoir ; mais
au contraire finissons tout - à - l'heure ,
comme rien n'est plus facile , si vous en
avez bien envie ?
Nous n'aspirons à autre chose , répon
dirent les Persans , qu'à nous trouver parfaitement d'accord avec vos Excellences
ordonnez, prescrivez - nous ce qu'il faut
que nous fissions ; nous sommes prêts de
concourir de tout notre pouvoir avec
vous , à la conclusion d'un accommodement ferme et durable entre nos deux
Nations.
Vous nous avez priez de vous traiter
favorablement, reprirent les Turcs, et nous
y.avons acquiesce avec plaisir. Premierement , en vous rendant la Province d'Amadan , et ensuite sur de nouvelles instances de votre part , le Païs d'Herdelan ,
et Kirmancha.Contentez - vous de ces graces
SEPTEMBRE. 1732. 1903
ces que nous vous faisons gratuitement ,
sans qu'aucune Loy divine ni humaine
nous y oblige , et ne pensez plus à répéter Tauris sur nous.
Avant que de répondre à vos Excellenecs,reprirent les Ministres de Perse,qu'elles nous permettent de leur faire une
question et une comparaison tout ensemble.Supposons un homme opulent et liberal, à qui un pauvre ayant demandé douze
mille ( 1 )Tomans , les lui auroit donnés
de bonne grace ; dites nous , si l'indigent
avoit encore besoin d'un seul Toman; seroit-il vrai - semblable , et croyez vous ,
que cet homme si généreux le lui refusât?
Votre parallele seroit juste , repartirent les Turcs , si nous pouvions disposer
des Païs que vous nous demandez , comme cet homme le pourroit de son bien
et que nous n'eussions pas de plus for--
tes raisons de retenir Tauris , qu'il en
auroit d'épargner un Toman ; mais nous
ne sommes pas dans le même cas, et quoiqu'il soit vrai , comme nous en convenons , que nous vous ayions cedé des
Provinces d'assez grande conséquence ,
( 1 ) Le Toman vaut environ 45 liv . de notre
monnoye , et n'est pas une espece, mais une ma- niere de compter comme nous disons une Pistole , pour signifier 10 francs.
"
pour
1904 MERCURE DE FRANCE
pour y joindre encore celle- ci qui est ruinée, sans nous faire tant prier , c'est précisément notre résistance inébranlable à
vous satisfaire sur cette restitution , qui
doit vous convaincre qn'elle passe absolument notre pouvoir. Mais il faut sans
doute qu'il y ait quelque chose de surna
turel , caché derriere le rideau de la prédestination , et qui doive bien-tôt se manifester , puisque nous ne saurions parvenir à vaincre l'entêtement avec lequel
vous persistez dans vos demandes ; surquoi
nous ne pouvons vous dissimuler , qu'à
la fin il sera peut-être cause de la rupture
de notre négociation , dont la consommation étoit si prochaine.
L'Empire Ottoman est si puissant, et sa
grandeur si relevée , dirent alors les Ministres Persans , que toutes les adversitez
qui pourront encore nous venir de sa
part , nous seront plus supportables que
les reproches et les mépris que nous aurions à essuyer , non seulement du Roy ,
notre Maître , mais de nos Compatriotes
de tous Etats , jusqu'à la plus vile popu
lace , si nous faisions la Paix aux conditions que vous voulez nous imposer.
Ce n'est pas notre obstination , comme
vous en accusez , c'est l'honneur , mille
fois plus cher pour nous que la vie , qui
nous
SEPTEMBRE. 1732. 1905
nous force à les rejetter ; et nous aimons
encore mieux nous exposer aux maux les
plus terribles , qu'à nous voir flétris pour jamais par le désaveu et l'indignation de
toute la Perse. Du reste , si après nous
avoir tant accordé , vous croyez qu'il y
aille de votre gloire de nous refuser si peu
de chose , et à nous renvoyer , sans avoir
pû rien conclure , nous n'en murmurerons point contre vous , et nous ne nous
plaindrons que du destin ; mais souffrez
qu'avant que de finir cette Conférence ,
nous vous rappellions pour la derniere
fois que Chah-Thamas s'est remis sans restriction , à la clémence et à la générosité
de votre Empereur, et permettez- nous du
moins d'implorer votre intercession auprès de Sa Hautesse. Nous osons encore
nous flater , que si des personnes de votre
rang , et d'un mérite aussi distingué que
le vôtre, veulent bien s'intéresser pour no
tre Roy , et faire à la Porte quelques representations en sa faveur , elles n'auront
pas de peine à lui procurer la triste consolation de recouvrer une Ville et une
Province si ravagées, qu'on ne peut pres
que plus les reconnoître que par le lieu
qu'elles occupent sur la terre.
Immédiatement après la tenue de cette
derniere Conference, qui se termina de la
sorte ,
1906 MERCURE DE. FRANCE
›
sorte , Mustapha-Khan alla rendre visite
à chacun en particulier des Plénipotentiaires Turcs , des Visirs , et autres principaux. Chefs de l'Armée Ottomane. Il
les pressa , les sollicita , les carressa tant
et leur fit de nouveau des Instances si
fortes, d'écrire et d'interceder même pour
leur Maître , qu'à la fin les Ministres du
G. S. persuadez que ceux de Chah- Thamas n'avoient pas le pouvoir de se relâcher sur Tauris , et que n'étant pas non
plus autorisez de leur côté à s'en dessaisir , dresserent un Mémoire détaillé de
tout ce qui s'étoit dit et passé depuis l'ouverture des Conférences, et l'envoyerent
à la Porte.
Il se tint à ce sujet consécutivement
plusieurs Conseils Généraux au Sérail , en
présence de S. H. où la matiere vivement
agitée , partagea souvent les opinions , et
dont le dernier résultat, fut cependant de
rendre Tauris à la Perse , avec tous les autres Païs conquis en deçà de l'Araxe ; au
moyen de quoi la Paix , également désirée des deux Peuples ennemis , fut conclue et signée quelque temps après.
P. V. D.
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Résumé : SUITE DE LA TRADUCTION de la Relation Turque, sur les Conferences pour la Paix entre les Turcs et les Persans.
Entre janvier et septembre 1732, des conférences de paix eurent lieu entre les Turcs et les Persans pour résoudre des conflits territoriaux. Lors de la cinquième conférence, les Turcs, représentés par Raghib-Effendi, refusèrent de restituer les territoires conquis au-delà de l'Araxe, estimant que les Persans ne pouvaient espérer réussir sans cette concession. Mehemet Riza-Khan, ministre persan, accepta de céder les territoires au-delà de l'Araxe mais exigea la restitution des territoires en deçà de l'Araxe, notamment la province de Tauris. Lors des conférences suivantes, les Turcs reconnurent les concessions persanes mais insistèrent sur la nécessité de conserver certains territoires en deçà de l'Araxe, comme Tauris. Les Persans maintinrent leur demande pour Tauris, soulignant les souffrances de leur royaume et l'honneur de la Porte ottomane. Les Turcs proposèrent de restituer les provinces de Kirmancha et d'Herdelan, à condition que les Persans renoncent à Tauris. Les Persans insistèrent sur la restitution de tous les territoires conquis et sur la gloire que cela apporterait à l'empereur ottoman. Lors de la huitième et dernière conférence, les Persans réitérèrent leur refus de céder des territoires en deçà de l'Araxe. Les Turcs renouvèlèrent les négociations mais sans aboutir à un accord. Les Persans exprimèrent leur volonté de se retirer à Gherbelaï-Mahaladé si Tauris ne leur était pas restituée. La négociation resta en suspens. En septembre 1732, les Persans exprimèrent leur volonté de coopérer et de conclure un accord ferme, tout en demandant la restitution de la province de Tauris. Les Turcs, après avoir rendu les provinces d'Amadan, d'Herdelan et de Kirmancha, refusèrent de céder Tauris. Les Persans insistèrent sur l'honneur et la dignité, préférant affronter des adversités plutôt que d'accepter des conditions humiliantes. Après plusieurs conseils au Sérail, les Turcs décidèrent de rendre Tauris à la Perse, ainsi que les autres provinces conquises. Cette décision permit la conclusion et la signature de la paix entre les deux nations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6427
p. 1912-1929
LETTRE aux Auteurs du Mercure, sur la Réponse insérée dans le Mercure du mois de Mars dernier, à l'Ordonnance de Bacchus.
Début :
Je trouve, Messieurs, une grande inadvertance, presqu'au commencement [...]
Mots clefs :
Ordonnance de Bacchus, Inadvertance, Joigny, Vigne, Soleil, Collines, Vins, Bourgogne, Tribunal bacchique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE aux Auteurs du Mercure, sur la Réponse insérée dans le Mercure du mois de Mars dernier, à l'Ordonnance de Bacchus.
LETTRE aux Auteurs du Mercure , sur
la Réponse insérée dans le Mercure du
mois de Mars dernier , à l'Ordonnance
de Bacchus.
J
E trouve, Messieurs, une grande inadvertance , presqu'au commencement
de la Réponse en question. Elle paroît
dès la fin de la seconde Période , c'est-àdire , à la page 488 , lig. 6. du Mercure.
Le raisonnement est si louche , que je serois plus volontiers porté à croire , que
celui qui a composé cette Piéce , étoit
moinsattentif à ce qu'il écrivoit , qu'à ce
qu'il avoit envie d'écrire.
Il a , au reste , fort mauvaise grace de
reprocher aux Gens tenans le Conseil du
Dieu
SEPTEMBRE. 1732. 1973
Dieu Bacchus , de n'avoir pas répondu à
ce que Virgile a écrit. Ce Conseil recon-.
noit , avec ce Poëte , que les lieux où il
y a une grande profondeur de terre, sont
meilleurs pour le bled , que les endroits
qui ont peu de fond , et que les superficies moins épaisses , que celles - là , conviennent au vin par préférence. Mais il
ajoute , que c'est abuser du texte Poëtique , que d'en inférer qu'il n'y a que
Joigny qui soit dans le cas d'avoir un territoire propre à la Vigne , ou que son exposition a cette propriété par excellence.
Chacun sçait que c'est un avantage commun à tous les lieux qui ont été les premiers cultivez en Vignes. Ce qui fait le
Vin délicat , c'est que les racines s'étendent plutôt en longueur qu'en profondeur ; mais ce n'est pas toujours ce qui le
fait bon et irreprochable. Il ne mérite pas
cette qualité , dès que cette petite épaisseur de terre est couchée et appliquée sur
des Bancs de craye et de tuf, comme est
le territoire de Joigny , au vû et au sçu
de tout le monde. Loin donc d'ici le prétendu Privilege singulier de cette Ville ;
Privilege exclusif, si on en croit le Député
qui parle pour elle ; mais dont ses habitans ne peuvent se glorifier sans une vaine présomption.
B iij Ce
1914 MERCURE DE FRANCE
Ce Député veut que nous marquions d'un
grand sérieux , ce que nous avons lû des
Poësies du P. Vaniere. Quoique l'Ordonnance de Bacchus l'insinue assez, et qu'il y
soit dit en termes formels, autant qu'une
Ordonnance en style burles quepeut le permettre, que la proposition du Poëte, prise trop généralement est fausse et démen.
tie par l'expérience , on ne laissera pas de
faire encore icy quelques réfléxions. C'est
être en effet scrupuleux jusqu'au ridicule, que de prétendre qu'on doit laisser sans
Vignes , des Côtes qui ne regardent pas
géométriquement le point de Midy en
face,quoique le grain de terre en soit bon;
comme s'il étoit besoin de tirer un allignement , et avoir son quart de cercle en
main lorsqu'on plante une Vigne , de
même que lorsqu'on dresse un Cadran.
Ce même Ecrivain convient qu'il ne faut
pas disputer des faits Or c'est un fait certain et prouvé par l'expérience de quinze
cens ans au moins , que des Côtes qui ne
sont point obverses directement au Midy , mais qui regardent un peu l'Orient ,
ou qui sont tournées vers le déclin du
Soleil , produisent du Vin aussi excellent
et même souvent meilleur que des Coteaux qui font face , en droite ligne , au
point méridional.
II
*
SEPTEMBRE. 1732. 1915.
Il est vrai qu'entre les Vignes situées
obversement au Midy ; il y en a quelquefois qui produisent un vin brulant: Mais si
ce Vin est bon, ce n'est pas toujours à cause
de leur exposition géométrique. C'est le
grain de terre qui fournit la substance
que les ardeurs du Soleil ne font que perfectionner. Un bon fond produit de ses
entrailles un bon raisin ; et c'est la chaleur
de la nuit, aussi bien que celle du jour qui
opere le dégré de maturité qui convient.Il
faut donc éviter de tirer une conclusion
trop generale en matiere de Physique
d'une proposition avancée par un Poëte
qui s'attache plus à rendre son Vers bien
harmonieux , qu'à approfondir les secrets
de la Nature; sans quoy l'on court risque
de tomber dans le Sophisme , qui prend
pour cause , ce qui n'est point cause. Une
preuve de cela , est que si c'étoit la plus
grande chaleur , tombant à plomb, qui
fait le meilleur raisin , il s'ensuivroit qu'il
seroit à propos d'ôter les feuilles de dessus le raisin pour le rendre meilleur ; ce
qu'on n'a garde de faire, parce que l'expe
rience fait connoître qu'une chaleur refléchie ou de réverbération , rend le fruit
plus sain et plus propre à faire de bon Vin,
qu'une chaleur directe.
Mais l'Ecrivain de Joigny est admiraBiiij ble
1916 MERCURE DE FRANCE
ble,lorsqu'il nous dit que le P.Vaniere fait
l'éloge de l'exposition de tout le Vignoble
de Joigny , en marquant le regard vers le
Midy , comme le plus favorable. La Providence, disoit- il au mois de Février 1731 .
nous a bienfavorisez , en nous environnant
de Collines , dont l'exposition nous répond
de la bonté de nos Vignobles. Il semble
que dès qu'une Ville est environnée de
Collines , il est impossible que toutes ces
Collines soient tournées vers le Midy
ou il faut s'abstenir de dire que la Ville
en est environnée , ou bien il faut avouer
qu'il y a de ces Collines qui sont tournées
vers l'Orient , d'autres vers l'Occident, et
d'autres encore autrement. Ce raisonnement louche me persuade que l'Auteur
n'y pensoit pas lorsqu'il a fait l'exclamation , qui contient ce que je viens d'allé
guer, et qu'alors il croyoit être à Auxerre,
qui véritablement est environné de tous les
côtez de Collines , qui produisent un Vin
de soutien, un Vin agréable et salutaire,au
lieu que je suis moralement assuré que les
habitans de Joigny , renieront presque
tout ce qui est au delà de leur Pont , ce
qui certainement comprend plus de la
moitié de l'Hémisphere, par rapport à
leur Ville.
Non seulement l'Ecrivain est refractaire
SEPTEMBRE. 1732. 1917
que
taire à l'Ordonnance de Bacchus , mais
encore il ose lui donner de fausses interprétations. Lorsque Bacchus , par exemple , nomme les Régions basses, moyenne
et supérieure il s'imagine que ce Dieu entend parler de celles de l'air ; et cela pour
avoir le plaisir de dire que cette Divinité
tient un langage qui sent le Copernic , et
qu'elle s'est répandue en propos vagues.
Peut on se figurer , sans être enlevé, comme Gyrano de Bergerac, dans les Régions sublunaires , que les Vignes soient plantées
dans une matiere aussi fluide et légere l'air ;et que la basse Région , dont
Bacchus parle , ne soit pas celle qui est de
niveau avec les Champs et les Prairies ?
Cette Divinité a déclaré , sans ambiguité,
que la moyenne Région d'un côteau , est
cet endroit où se rassemble la portion
la plus nourrissante du sol , après les pluyes,
et que la Région supérieure est celle du
terrain qui reste la plus dénuée de substance nutritive , et qui n'a , pour ainsi
dire , que les os. Le Conseil du Dieu
Bacchus n'a pû être si mal avisé , que de
confondre un Element avec l'autre , et de
prendre l'air pour la terre. Ainsi la remarque , que son langage conviendroit
mieux à un Traité d'Astronomie , qu'à
une déclaration sur la primauté des TerB v ritoires
1918 MERCURE DE FRANCE
ritoires, est mal placée et hors de son lieu.
Mais peut-on pardonner ce qui se lit
dans la page 490 ? Il faut être sujet à des
inattentions extrêmes , pour attribuer au
vulgaire de notre Ville une expresion qui
y est absolument inconnuë, que ni homme, ni femme , ni enfant , n'y ont jamais
employée. L'on s'y sert pour exprimer
l'ustancile en question , du même nom
qu'à Paris. Le Critique a pris , sans doute,
le Dictionnaire des environs de Montbar et de Sainte- Reine , pour le Dictionnaire d'Auxerre. Ce sont deux volumes
si differens , que je puis vous assurer que Benatron n'est pas un terme plus usité
dans le langage de notre Ville , que l'herbe de la Saingeon l'est dans les assaisonnemens, et que l'on n'y entend pas plus parler de l'un que de l'autre.
La Géographie du Défenseur des vins
de Joigny , me paroît aussi être un peu
embroüillée. On voit par ce qu'il dit au
bas de la même page 490. que ce n'est qu'à
regret qu'il avoue que Joigny appartient
au Pays Senonois , et qu'il aimeroit mieux
qu'il fût compris dans l'Auxerrois , afin
d'être de la Bourgogne. Il fait tout ce
qu'il peut pour accrocher sa Ville à cette
Province. Mais les Cartes citées dans l'Ordonnance de Bacchus , y sont contraires ;
et
SEPTEMBRE 1732. 1919
et contre cela point d'Appel. Ceux qui
sçavent l'origine des Impositions , n'ignorent point que le Pont de Joigny a
été regardé comme le premier sur la Riviere d'Yonne,qui soit situé dans la France , et que la formalité que ce Pont occasionne , vient de cette diversité de Territoire. Ainsi c'est encore une faute qui
s'est glissée dans le Memoire inseré dans
le Mercure du mois de Mars dernier ,
lorsqu'on y lit à la page 550. au sujet du
sieur Ferrand , celebre Peintre , qu'il naquit à Joigny en Bourgogne : les deux der
niers mots sont de trop.
'
Lorsque l'Ecrivain de cette Ville dit que
l'on a hazardé une Note sur l'Ordonnance de Bacchus , touchant le prix du
vin d'Auxerre , il a quelque espece de
raison. On lui avoue que la Note n'est
pas tout-a-fait exacte , en ce qu'elle ne
met pas le prix des vins d'Auxerre encore
assez au dessus de ceux de Joigny. L'Auteur Auxerrois apprehendant d'encourir
les peines portées par l'Ordonnance contre ceux qui ne disent pas la pure verité,
acouru promptement chez l'Imprimeur ,
et a fait mettre la chose dans toute son
exactitude ; sçavoir , que les vins d'Auxerre ont été vendus en 1730 , non 130.
et 140. livres au plus haut prix , mais
140. et 150, livres, B vj L'A
1920 MERCURE DE FRANCE
L'Apologiste de Joigny devoit avant que
d'écrire , se donner la peine de consulter
l'Errataimprimé à la fin du Mercure d'Octobre dernier , et il y auroit lû , que le
prix de 150. livres le muid fut celui du
vin de M. d'Orchy, alors digne Prieur de
Saint-Marien. C'est ce qu'il déclara 15 .
jours avant son décès , lorsqu'il eut pris
communication de l'Ordonnance. On ne
peut se dispenser de vanger la memoire
de ce Religieux , à qui on voit bien que
le Citoyen de Joigny en veut , lorsqu'on
fait attention à un petit mot qui lui est
échappé au haut de la page 49. Mais
pour suivre pas- à- pas ses Observations
Apologetiques , il est bon de lui faire remarquer qu'il a encouru la même peine
de l'Ordonnance , parce qu'il a allegué
faux en matiere grave , et de la compétence du Tribunal Bacchique , usant outre cola d'une réticence , dont les suites
pourroient tirer à grande consequence.
S'il s'est vendu à Auxerre du vin à pot
ou en détail à un prix plus modique qu'on
n'a fait à Joigny, ce n'étoit pas le meil leur vin , comme il a la hardiesse de le
dire; puisque sa bonne qualité le fait enlever encore tout chaud , et le fait conduire à Paris , en Normandie , en Picardie , en Flandres , en Artois et encore
plus
SEPTEMBRE. 1732. 1921
plus loin , mais c'étoit du vin de quelques Villages de la Vallée d'Aillant , qui
sont de l'Election de Joigny , que les
Habitans de ces lieux font voiturer à
Auxerre , pour y en trouver le débit
à la faveur du grand passage et de la modicité des droits , sans quoi , ils leur resteroient infalliblement ; et ces vins servent à la boisson des Paysans et des Artisans qui y affluent en bien plus grand
nombre qu'à Joigny.
Et quand même il y auroit eu du vin du
cru d'Auxerre , vendu à pot sur le pied
du prix de Joigny , cela ne viendroit que
de cette modicité des Droits d'Aydes
fondée sur les Privileges de la Bourgo- confirmez les Rois gne et autres , par
Louis XI. et Henry IV. comme aussi de
ce que la mesure est plus petite à Auxerre qu'à Joigny. L'Avocat de nos Adversaires , qui n'allegue que l'excedent
des Droits , nous prend apparamment
pour ces bons Limousins , à qui un Pape
de leur Nation promit , dit-on , de faire
avoir double récolte par an , à condition,
cependant, qu'au lieu que par tout ailleurs
on ne compte que douze mois par chacune année > on en compteroit vingtquatre dans leur Pays. Des que la pinte
est plus grande à Joigny qu'à Auxerre ,
il
1922 MERCURE DE FRANCE
il est juste qu'il y ait de l'augmentation
à proportion dans le prix de la vente qui se fait en détail.
Cet Ecrivain devient plus hardi à mesure qu'il approche de l'endroit où il veut
tirer son coup de pistolet. Sans sentir la
fausseté de son raisonnement , toute palpable qu'elle est , il dit qu'il suffit que
les vins de Joigny se trouvent bons pendant deux ou trois ans , pour qu'on puisse les transporter par tout où l'on voudra.
Mais où est la preuve que ces vins se trouvent bons pendant deux ou trois ans ?
C'est ce qu'il suppose et ce qu'il falloit
prouver. Il se peut faire que quelques
bouteillles tirées à propos d'un tonneau
se soient conservées sur le lieu , c'està- dire à Joigny même jusqu'à deux et
trois ans dans le fond d'une cave très profonde , ou dans un autre souterrain bien
frais. Mais il n'en suit pas de-là que ce
vin étant conduit bien loin , sur tout par
les voitures de terre , n'essuie pas de ces
revers de fortune dont l'Ordonnance à
parlé , qui seront tels que la fraicheur des
lieux les plus bas ne pourra le racommoder , et qu'on sera alors forcé pour le soutenir , de le couper avec du vin qui ait
du corps et de la moëlle. Bacchus à donc
décidé juste , parce qu'il étoit fondé sur
a
l'expe
SEPTEMBRE. 1732. 1923
l'experience. De sorte qu'il ne reste point
d'autre conseil à donner aux gens de Joigny , pour remedier à cet inconvenient ,
que de trouver un secret de transporter leurs caves toutes entieres et sans fracture , jusques dans les Pays où ils veulent
leur vin arive sain et sauf; encore
yconservera- t'il toujours son goût de terroir , c'est-à dire , de Craye et de Tuf,
qu'il a apporté en venant au monde.
que
La tournure des premieres lignes de
la page 492. fait voir que l'Ecrivain de
Joigny est accoûtumé à croire les choses legerement , et surtout celles qui renferment des suppositions sans preuve.
Peut-être auroit- il été plus réservé au
mois de Décembre 1731. si celui qu'il
attaque eut été encore vivant. Mais ayant
appris son décès , arrivé vers la S. Martin
précedente,il a crû que ce qu'il avanceroit
contre lui resteroit sans replique. Bien
plus , il se flatte peut-être que cette mort
fera que les vins d'Auxerre ne soutiendront plus leur réputation . Mais il se trompe encore ; la mort d'un seul homme n'a rien changé dans le Pays. Les
Vignes sont restées dans le même état ,
même sol , même exposition , même plan
de Pinot noir , clair et délié , même situation et même grain de terre ; nous ne
voyons
1924 MERCURE DE FRANCE
voyons pas qu'aucun tremblement ait
donné au Territoire une autre superficie
que celle qu'il avoit , et on ne peut lui
reprocher d'être fondé sur la craye ni impregné de pierres à fusil. Le Ciel , de son
côté, favorisera des mêmes benignes influences et des mêmes regards un terrain si bien composé : Les mêmes grapes
paroîtront chaque année aux mois accoûtumez. On continuera d'apporter la mêmeexactitude à tenir les Vignes exemptes
d'herbes et de toutes plantes étrangeres.
On aura la même attention à se servir de
perches transversales , pour ne pas laisser
ramper les grapes sur la terre , et afin que
la reverberation qui en résulte soit plus
forte et plus salutaire , à ne point prévenir la maturité pour les jours de la
récolte ; à mettre à part pour la boisson populaire les plus communs , s'il s'en
trouve à ne permettre l'entrée de la
Cuve à aucun de ces rameaux nerveux
et acres , qui supportent le grain et que
le Peuple appelle la Ralle. On aura la
même vigilance sur le grain du Raisin,
pendant qu'il baignera dans le mol de
la Cuve , ensorte que le degré de chaleur
qui s'y forme , contribuë à la délicatesse
comme à la couleur.
,
De tout cela il résulte un composé d'at tention
SEPTEMBRE. 1732. 1925
tention , de prudence et de connoissance
experimentale , qui est la seule drogue
que l'on puisse imputer à feu M.le Prieur
de Saint- Marien et à ceux qui ont pris
la peine de l'imiter ; ( a) drogue , comme
l'on voit , bien innocente , et dont les
grains ou les dragmes , qu'elle qu'en soit
la dose , ne peuvent produire qu'un bon
effet. Ces attentions coûtent des soins
et une dépense plus grande qu'on ne
croit ; mais ce sont des avances qui servent à faire travailler le petit Peuple ,
et dont l'achepteur dédommage bien vo
lontiers le vendeur. Au reste , quelque
forte que soit la dose d'attention et de
vigilance que M de Joigny puissent employer à la culture de leurs Vignes et à
la façon de leur vin , nous posons pour
certain , que jamais le vin de leur cru n'aura la bonté de celui d'Auxerre , parce
que la cause productive peche in radice.
Aussi est- il vrai de dire qu'on voit bien
des Commissionnaires de Joigny remonter jusqu'à Auxerre pour y acheter du
vin , dont ils accommodent leurs Correspondans ; mais on ne voit jamais ceux
(a) Celui qui s'en glorifie le plus ouvertement est son plus proche voisin , M. du Pile , dont les
Cuvées de vin sont toûjours d'une très-grande
réputation.
d'Auxerre
1926 MERCURE DE FRANCE
d'Auxerre aller acheter du vin de Joigny,
et la raison en est qu'on peut bien jetter du vin d'Auxerre sur celui de Joigny
pour l'améliorer , mais non pas du vin
de Joigny sur celui d'Auxerre. C'est ainsi
qu'en agissent les bons Connoisseurs ; et
si le commun des Habitans de Joigny ,
au lieu de s'accoûtumer à faire une infusion de quelques pintes de vin d'Orleans ou de Blois sur chacun de leurs
tonneaux , lorsque leur vin commence à
jaunir , prenoient la loüable coûtume d'y
mettre de bonne heure un broc de vin
d'Auxerre , ils verroient leurs vins augmenter de prix comme ils auroient augmenté en vigueur.
Autre supposition erronée de l'Ecrivain Champenois , qui mérite que Bacchus en fasse un exemple: c'est lorsqu'en
finissant il dit que l'Auteur de l'Ordonnance s'approprie sans scrupule les Pays
voisins , qu'il comprend dans le Territoire
d'Auxerre tous les Vignobles de dix lieuës
à la ronde , et qu'il s'égare même jusques
dans les Vignes de Dijon. C'est en imposer au public, sans faire attention que
c'est lui-même qui s'égare , et qu'il a
avoué que Joigny n'est qu'à six lieuës
d'Auxerre. Comment donc Bacchus auroit- il pûcomprendre dans le Pays Auxerrois
SEPTEMBRE. 1732. 1927
rois tout ce qui est à dix lieuës de cette
Ville à la ronde, et en même- temps en exclure joigny par un article formel de son
Ordonnance? Il y auroit une contradiction
manifeste.Très- constamment cette Topograpie est des plus mal en ordre. Il est
visible que d'une licue l'Ecrivain en fait
trois et même davantage. Il s'en faut donc
bien que le Territoire d'Auxerre ait ou
tant d'étenduë qu'il veut nous le faire
dire.Loin dele faire aller jusqu'à dix lieuës,
nous n'y comprenons pas même Chablies,
qui n'en est éloigné que de quatre. Mais
nous avons seulement donné à entendre
que ce Territoire commence à une lieuë
ou environ d'Auxerre vers le Septentrion ,
et qu'il remonte jusqu'à six lieuës ou environ le long des rivages de l'Yonne et de
la Cure , en y comprenant ce qui est éloigné d'une lieuë ou à peu près , du bord
de ces Rivieres.
En effet , il ya dans tous ces Pays- là ,
même superficie , même fond de terre, et
même culture de Vignes ; au lieu qu'à
Chablies , qui est à l'Orient et dans la
Champagne , tout change , Territoire
plan et façon de Vignes; il en est de même à
Joigny,qui est vers le Septentrion ou plutôt au Nord- Ouest , changement total
en genre de Terrain et de culture, et jus-
>
ques
1928 MERCURE DE FRANCE
ques dans le langage du métier. On n'y
connoît point , par exemple , le nom de
Pinot , si reveré à la Cour de Bacchus ;
mais on y parle de Houche , de Houchean ,
comme de Raisins du premier ordre.
Admirons donc à notre tour le Partisan des vins de Joigny , qui entousiasmé de son Pere Vaniere , d'ailleurs Poëte
naturel et Auteur d'un bon Livre , croit
qu'il faut toujours planter la Vigne sur
des Côteaux les plus approchans du perpendiculaire que faire se pourra. Bacchus
l'a renvoyé à des exemples de differens
climats de Bourgogne , dont le vin est
délicieux , quoiqu'en Pays presque plat ;
mais comme il n'est pas fait au langage
d'une Ordonnance qui combat ses prétentions , il dit que c'est s'égarer en pro-
-pos vagues , que d'apporter exemple sur
exemple du contraire de ce qu'il s'est
imaginé. C'est donc temps perdu que
d'alleguer tous les differens autres Vignobles du Royaume , pour confondre ces
prétentions , dès qu'on traite d'égarement les preuves des Adversaires
les exemples qui pulverisent le systême
opposé; c'est une affaire enfin dont il faut
laisser la décision au Public et demeurer
ensuite dans le silence , en se reposant
sur la fidelité et la vigilance des Offiet
ciers
SEPTEMBRE. 1732. 1929
ciers de Bacchus , qui en pareil cas ne
peuvent manquer de faire leur devoir.
Je suis , &c.
la Réponse insérée dans le Mercure du
mois de Mars dernier , à l'Ordonnance
de Bacchus.
J
E trouve, Messieurs, une grande inadvertance , presqu'au commencement
de la Réponse en question. Elle paroît
dès la fin de la seconde Période , c'est-àdire , à la page 488 , lig. 6. du Mercure.
Le raisonnement est si louche , que je serois plus volontiers porté à croire , que
celui qui a composé cette Piéce , étoit
moinsattentif à ce qu'il écrivoit , qu'à ce
qu'il avoit envie d'écrire.
Il a , au reste , fort mauvaise grace de
reprocher aux Gens tenans le Conseil du
Dieu
SEPTEMBRE. 1732. 1973
Dieu Bacchus , de n'avoir pas répondu à
ce que Virgile a écrit. Ce Conseil recon-.
noit , avec ce Poëte , que les lieux où il
y a une grande profondeur de terre, sont
meilleurs pour le bled , que les endroits
qui ont peu de fond , et que les superficies moins épaisses , que celles - là , conviennent au vin par préférence. Mais il
ajoute , que c'est abuser du texte Poëtique , que d'en inférer qu'il n'y a que
Joigny qui soit dans le cas d'avoir un territoire propre à la Vigne , ou que son exposition a cette propriété par excellence.
Chacun sçait que c'est un avantage commun à tous les lieux qui ont été les premiers cultivez en Vignes. Ce qui fait le
Vin délicat , c'est que les racines s'étendent plutôt en longueur qu'en profondeur ; mais ce n'est pas toujours ce qui le
fait bon et irreprochable. Il ne mérite pas
cette qualité , dès que cette petite épaisseur de terre est couchée et appliquée sur
des Bancs de craye et de tuf, comme est
le territoire de Joigny , au vû et au sçu
de tout le monde. Loin donc d'ici le prétendu Privilege singulier de cette Ville ;
Privilege exclusif, si on en croit le Député
qui parle pour elle ; mais dont ses habitans ne peuvent se glorifier sans une vaine présomption.
B iij Ce
1914 MERCURE DE FRANCE
Ce Député veut que nous marquions d'un
grand sérieux , ce que nous avons lû des
Poësies du P. Vaniere. Quoique l'Ordonnance de Bacchus l'insinue assez, et qu'il y
soit dit en termes formels, autant qu'une
Ordonnance en style burles quepeut le permettre, que la proposition du Poëte, prise trop généralement est fausse et démen.
tie par l'expérience , on ne laissera pas de
faire encore icy quelques réfléxions. C'est
être en effet scrupuleux jusqu'au ridicule, que de prétendre qu'on doit laisser sans
Vignes , des Côtes qui ne regardent pas
géométriquement le point de Midy en
face,quoique le grain de terre en soit bon;
comme s'il étoit besoin de tirer un allignement , et avoir son quart de cercle en
main lorsqu'on plante une Vigne , de
même que lorsqu'on dresse un Cadran.
Ce même Ecrivain convient qu'il ne faut
pas disputer des faits Or c'est un fait certain et prouvé par l'expérience de quinze
cens ans au moins , que des Côtes qui ne
sont point obverses directement au Midy , mais qui regardent un peu l'Orient ,
ou qui sont tournées vers le déclin du
Soleil , produisent du Vin aussi excellent
et même souvent meilleur que des Coteaux qui font face , en droite ligne , au
point méridional.
II
*
SEPTEMBRE. 1732. 1915.
Il est vrai qu'entre les Vignes situées
obversement au Midy ; il y en a quelquefois qui produisent un vin brulant: Mais si
ce Vin est bon, ce n'est pas toujours à cause
de leur exposition géométrique. C'est le
grain de terre qui fournit la substance
que les ardeurs du Soleil ne font que perfectionner. Un bon fond produit de ses
entrailles un bon raisin ; et c'est la chaleur
de la nuit, aussi bien que celle du jour qui
opere le dégré de maturité qui convient.Il
faut donc éviter de tirer une conclusion
trop generale en matiere de Physique
d'une proposition avancée par un Poëte
qui s'attache plus à rendre son Vers bien
harmonieux , qu'à approfondir les secrets
de la Nature; sans quoy l'on court risque
de tomber dans le Sophisme , qui prend
pour cause , ce qui n'est point cause. Une
preuve de cela , est que si c'étoit la plus
grande chaleur , tombant à plomb, qui
fait le meilleur raisin , il s'ensuivroit qu'il
seroit à propos d'ôter les feuilles de dessus le raisin pour le rendre meilleur ; ce
qu'on n'a garde de faire, parce que l'expe
rience fait connoître qu'une chaleur refléchie ou de réverbération , rend le fruit
plus sain et plus propre à faire de bon Vin,
qu'une chaleur directe.
Mais l'Ecrivain de Joigny est admiraBiiij ble
1916 MERCURE DE FRANCE
ble,lorsqu'il nous dit que le P.Vaniere fait
l'éloge de l'exposition de tout le Vignoble
de Joigny , en marquant le regard vers le
Midy , comme le plus favorable. La Providence, disoit- il au mois de Février 1731 .
nous a bienfavorisez , en nous environnant
de Collines , dont l'exposition nous répond
de la bonté de nos Vignobles. Il semble
que dès qu'une Ville est environnée de
Collines , il est impossible que toutes ces
Collines soient tournées vers le Midy
ou il faut s'abstenir de dire que la Ville
en est environnée , ou bien il faut avouer
qu'il y a de ces Collines qui sont tournées
vers l'Orient , d'autres vers l'Occident, et
d'autres encore autrement. Ce raisonnement louche me persuade que l'Auteur
n'y pensoit pas lorsqu'il a fait l'exclamation , qui contient ce que je viens d'allé
guer, et qu'alors il croyoit être à Auxerre,
qui véritablement est environné de tous les
côtez de Collines , qui produisent un Vin
de soutien, un Vin agréable et salutaire,au
lieu que je suis moralement assuré que les
habitans de Joigny , renieront presque
tout ce qui est au delà de leur Pont , ce
qui certainement comprend plus de la
moitié de l'Hémisphere, par rapport à
leur Ville.
Non seulement l'Ecrivain est refractaire
SEPTEMBRE. 1732. 1917
que
taire à l'Ordonnance de Bacchus , mais
encore il ose lui donner de fausses interprétations. Lorsque Bacchus , par exemple , nomme les Régions basses, moyenne
et supérieure il s'imagine que ce Dieu entend parler de celles de l'air ; et cela pour
avoir le plaisir de dire que cette Divinité
tient un langage qui sent le Copernic , et
qu'elle s'est répandue en propos vagues.
Peut on se figurer , sans être enlevé, comme Gyrano de Bergerac, dans les Régions sublunaires , que les Vignes soient plantées
dans une matiere aussi fluide et légere l'air ;et que la basse Région , dont
Bacchus parle , ne soit pas celle qui est de
niveau avec les Champs et les Prairies ?
Cette Divinité a déclaré , sans ambiguité,
que la moyenne Région d'un côteau , est
cet endroit où se rassemble la portion
la plus nourrissante du sol , après les pluyes,
et que la Région supérieure est celle du
terrain qui reste la plus dénuée de substance nutritive , et qui n'a , pour ainsi
dire , que les os. Le Conseil du Dieu
Bacchus n'a pû être si mal avisé , que de
confondre un Element avec l'autre , et de
prendre l'air pour la terre. Ainsi la remarque , que son langage conviendroit
mieux à un Traité d'Astronomie , qu'à
une déclaration sur la primauté des TerB v ritoires
1918 MERCURE DE FRANCE
ritoires, est mal placée et hors de son lieu.
Mais peut-on pardonner ce qui se lit
dans la page 490 ? Il faut être sujet à des
inattentions extrêmes , pour attribuer au
vulgaire de notre Ville une expresion qui
y est absolument inconnuë, que ni homme, ni femme , ni enfant , n'y ont jamais
employée. L'on s'y sert pour exprimer
l'ustancile en question , du même nom
qu'à Paris. Le Critique a pris , sans doute,
le Dictionnaire des environs de Montbar et de Sainte- Reine , pour le Dictionnaire d'Auxerre. Ce sont deux volumes
si differens , que je puis vous assurer que Benatron n'est pas un terme plus usité
dans le langage de notre Ville , que l'herbe de la Saingeon l'est dans les assaisonnemens, et que l'on n'y entend pas plus parler de l'un que de l'autre.
La Géographie du Défenseur des vins
de Joigny , me paroît aussi être un peu
embroüillée. On voit par ce qu'il dit au
bas de la même page 490. que ce n'est qu'à
regret qu'il avoue que Joigny appartient
au Pays Senonois , et qu'il aimeroit mieux
qu'il fût compris dans l'Auxerrois , afin
d'être de la Bourgogne. Il fait tout ce
qu'il peut pour accrocher sa Ville à cette
Province. Mais les Cartes citées dans l'Ordonnance de Bacchus , y sont contraires ;
et
SEPTEMBRE 1732. 1919
et contre cela point d'Appel. Ceux qui
sçavent l'origine des Impositions , n'ignorent point que le Pont de Joigny a
été regardé comme le premier sur la Riviere d'Yonne,qui soit situé dans la France , et que la formalité que ce Pont occasionne , vient de cette diversité de Territoire. Ainsi c'est encore une faute qui
s'est glissée dans le Memoire inseré dans
le Mercure du mois de Mars dernier ,
lorsqu'on y lit à la page 550. au sujet du
sieur Ferrand , celebre Peintre , qu'il naquit à Joigny en Bourgogne : les deux der
niers mots sont de trop.
'
Lorsque l'Ecrivain de cette Ville dit que
l'on a hazardé une Note sur l'Ordonnance de Bacchus , touchant le prix du
vin d'Auxerre , il a quelque espece de
raison. On lui avoue que la Note n'est
pas tout-a-fait exacte , en ce qu'elle ne
met pas le prix des vins d'Auxerre encore
assez au dessus de ceux de Joigny. L'Auteur Auxerrois apprehendant d'encourir
les peines portées par l'Ordonnance contre ceux qui ne disent pas la pure verité,
acouru promptement chez l'Imprimeur ,
et a fait mettre la chose dans toute son
exactitude ; sçavoir , que les vins d'Auxerre ont été vendus en 1730 , non 130.
et 140. livres au plus haut prix , mais
140. et 150, livres, B vj L'A
1920 MERCURE DE FRANCE
L'Apologiste de Joigny devoit avant que
d'écrire , se donner la peine de consulter
l'Errataimprimé à la fin du Mercure d'Octobre dernier , et il y auroit lû , que le
prix de 150. livres le muid fut celui du
vin de M. d'Orchy, alors digne Prieur de
Saint-Marien. C'est ce qu'il déclara 15 .
jours avant son décès , lorsqu'il eut pris
communication de l'Ordonnance. On ne
peut se dispenser de vanger la memoire
de ce Religieux , à qui on voit bien que
le Citoyen de Joigny en veut , lorsqu'on
fait attention à un petit mot qui lui est
échappé au haut de la page 49. Mais
pour suivre pas- à- pas ses Observations
Apologetiques , il est bon de lui faire remarquer qu'il a encouru la même peine
de l'Ordonnance , parce qu'il a allegué
faux en matiere grave , et de la compétence du Tribunal Bacchique , usant outre cola d'une réticence , dont les suites
pourroient tirer à grande consequence.
S'il s'est vendu à Auxerre du vin à pot
ou en détail à un prix plus modique qu'on
n'a fait à Joigny, ce n'étoit pas le meil leur vin , comme il a la hardiesse de le
dire; puisque sa bonne qualité le fait enlever encore tout chaud , et le fait conduire à Paris , en Normandie , en Picardie , en Flandres , en Artois et encore
plus
SEPTEMBRE. 1732. 1921
plus loin , mais c'étoit du vin de quelques Villages de la Vallée d'Aillant , qui
sont de l'Election de Joigny , que les
Habitans de ces lieux font voiturer à
Auxerre , pour y en trouver le débit
à la faveur du grand passage et de la modicité des droits , sans quoi , ils leur resteroient infalliblement ; et ces vins servent à la boisson des Paysans et des Artisans qui y affluent en bien plus grand
nombre qu'à Joigny.
Et quand même il y auroit eu du vin du
cru d'Auxerre , vendu à pot sur le pied
du prix de Joigny , cela ne viendroit que
de cette modicité des Droits d'Aydes
fondée sur les Privileges de la Bourgo- confirmez les Rois gne et autres , par
Louis XI. et Henry IV. comme aussi de
ce que la mesure est plus petite à Auxerre qu'à Joigny. L'Avocat de nos Adversaires , qui n'allegue que l'excedent
des Droits , nous prend apparamment
pour ces bons Limousins , à qui un Pape
de leur Nation promit , dit-on , de faire
avoir double récolte par an , à condition,
cependant, qu'au lieu que par tout ailleurs
on ne compte que douze mois par chacune année > on en compteroit vingtquatre dans leur Pays. Des que la pinte
est plus grande à Joigny qu'à Auxerre ,
il
1922 MERCURE DE FRANCE
il est juste qu'il y ait de l'augmentation
à proportion dans le prix de la vente qui se fait en détail.
Cet Ecrivain devient plus hardi à mesure qu'il approche de l'endroit où il veut
tirer son coup de pistolet. Sans sentir la
fausseté de son raisonnement , toute palpable qu'elle est , il dit qu'il suffit que
les vins de Joigny se trouvent bons pendant deux ou trois ans , pour qu'on puisse les transporter par tout où l'on voudra.
Mais où est la preuve que ces vins se trouvent bons pendant deux ou trois ans ?
C'est ce qu'il suppose et ce qu'il falloit
prouver. Il se peut faire que quelques
bouteillles tirées à propos d'un tonneau
se soient conservées sur le lieu , c'està- dire à Joigny même jusqu'à deux et
trois ans dans le fond d'une cave très profonde , ou dans un autre souterrain bien
frais. Mais il n'en suit pas de-là que ce
vin étant conduit bien loin , sur tout par
les voitures de terre , n'essuie pas de ces
revers de fortune dont l'Ordonnance à
parlé , qui seront tels que la fraicheur des
lieux les plus bas ne pourra le racommoder , et qu'on sera alors forcé pour le soutenir , de le couper avec du vin qui ait
du corps et de la moëlle. Bacchus à donc
décidé juste , parce qu'il étoit fondé sur
a
l'expe
SEPTEMBRE. 1732. 1923
l'experience. De sorte qu'il ne reste point
d'autre conseil à donner aux gens de Joigny , pour remedier à cet inconvenient ,
que de trouver un secret de transporter leurs caves toutes entieres et sans fracture , jusques dans les Pays où ils veulent
leur vin arive sain et sauf; encore
yconservera- t'il toujours son goût de terroir , c'est-à dire , de Craye et de Tuf,
qu'il a apporté en venant au monde.
que
La tournure des premieres lignes de
la page 492. fait voir que l'Ecrivain de
Joigny est accoûtumé à croire les choses legerement , et surtout celles qui renferment des suppositions sans preuve.
Peut-être auroit- il été plus réservé au
mois de Décembre 1731. si celui qu'il
attaque eut été encore vivant. Mais ayant
appris son décès , arrivé vers la S. Martin
précedente,il a crû que ce qu'il avanceroit
contre lui resteroit sans replique. Bien
plus , il se flatte peut-être que cette mort
fera que les vins d'Auxerre ne soutiendront plus leur réputation . Mais il se trompe encore ; la mort d'un seul homme n'a rien changé dans le Pays. Les
Vignes sont restées dans le même état ,
même sol , même exposition , même plan
de Pinot noir , clair et délié , même situation et même grain de terre ; nous ne
voyons
1924 MERCURE DE FRANCE
voyons pas qu'aucun tremblement ait
donné au Territoire une autre superficie
que celle qu'il avoit , et on ne peut lui
reprocher d'être fondé sur la craye ni impregné de pierres à fusil. Le Ciel , de son
côté, favorisera des mêmes benignes influences et des mêmes regards un terrain si bien composé : Les mêmes grapes
paroîtront chaque année aux mois accoûtumez. On continuera d'apporter la mêmeexactitude à tenir les Vignes exemptes
d'herbes et de toutes plantes étrangeres.
On aura la même attention à se servir de
perches transversales , pour ne pas laisser
ramper les grapes sur la terre , et afin que
la reverberation qui en résulte soit plus
forte et plus salutaire , à ne point prévenir la maturité pour les jours de la
récolte ; à mettre à part pour la boisson populaire les plus communs , s'il s'en
trouve à ne permettre l'entrée de la
Cuve à aucun de ces rameaux nerveux
et acres , qui supportent le grain et que
le Peuple appelle la Ralle. On aura la
même vigilance sur le grain du Raisin,
pendant qu'il baignera dans le mol de
la Cuve , ensorte que le degré de chaleur
qui s'y forme , contribuë à la délicatesse
comme à la couleur.
,
De tout cela il résulte un composé d'at tention
SEPTEMBRE. 1732. 1925
tention , de prudence et de connoissance
experimentale , qui est la seule drogue
que l'on puisse imputer à feu M.le Prieur
de Saint- Marien et à ceux qui ont pris
la peine de l'imiter ; ( a) drogue , comme
l'on voit , bien innocente , et dont les
grains ou les dragmes , qu'elle qu'en soit
la dose , ne peuvent produire qu'un bon
effet. Ces attentions coûtent des soins
et une dépense plus grande qu'on ne
croit ; mais ce sont des avances qui servent à faire travailler le petit Peuple ,
et dont l'achepteur dédommage bien vo
lontiers le vendeur. Au reste , quelque
forte que soit la dose d'attention et de
vigilance que M de Joigny puissent employer à la culture de leurs Vignes et à
la façon de leur vin , nous posons pour
certain , que jamais le vin de leur cru n'aura la bonté de celui d'Auxerre , parce
que la cause productive peche in radice.
Aussi est- il vrai de dire qu'on voit bien
des Commissionnaires de Joigny remonter jusqu'à Auxerre pour y acheter du
vin , dont ils accommodent leurs Correspondans ; mais on ne voit jamais ceux
(a) Celui qui s'en glorifie le plus ouvertement est son plus proche voisin , M. du Pile , dont les
Cuvées de vin sont toûjours d'une très-grande
réputation.
d'Auxerre
1926 MERCURE DE FRANCE
d'Auxerre aller acheter du vin de Joigny,
et la raison en est qu'on peut bien jetter du vin d'Auxerre sur celui de Joigny
pour l'améliorer , mais non pas du vin
de Joigny sur celui d'Auxerre. C'est ainsi
qu'en agissent les bons Connoisseurs ; et
si le commun des Habitans de Joigny ,
au lieu de s'accoûtumer à faire une infusion de quelques pintes de vin d'Orleans ou de Blois sur chacun de leurs
tonneaux , lorsque leur vin commence à
jaunir , prenoient la loüable coûtume d'y
mettre de bonne heure un broc de vin
d'Auxerre , ils verroient leurs vins augmenter de prix comme ils auroient augmenté en vigueur.
Autre supposition erronée de l'Ecrivain Champenois , qui mérite que Bacchus en fasse un exemple: c'est lorsqu'en
finissant il dit que l'Auteur de l'Ordonnance s'approprie sans scrupule les Pays
voisins , qu'il comprend dans le Territoire
d'Auxerre tous les Vignobles de dix lieuës
à la ronde , et qu'il s'égare même jusques
dans les Vignes de Dijon. C'est en imposer au public, sans faire attention que
c'est lui-même qui s'égare , et qu'il a
avoué que Joigny n'est qu'à six lieuës
d'Auxerre. Comment donc Bacchus auroit- il pûcomprendre dans le Pays Auxerrois
SEPTEMBRE. 1732. 1927
rois tout ce qui est à dix lieuës de cette
Ville à la ronde, et en même- temps en exclure joigny par un article formel de son
Ordonnance? Il y auroit une contradiction
manifeste.Très- constamment cette Topograpie est des plus mal en ordre. Il est
visible que d'une licue l'Ecrivain en fait
trois et même davantage. Il s'en faut donc
bien que le Territoire d'Auxerre ait ou
tant d'étenduë qu'il veut nous le faire
dire.Loin dele faire aller jusqu'à dix lieuës,
nous n'y comprenons pas même Chablies,
qui n'en est éloigné que de quatre. Mais
nous avons seulement donné à entendre
que ce Territoire commence à une lieuë
ou environ d'Auxerre vers le Septentrion ,
et qu'il remonte jusqu'à six lieuës ou environ le long des rivages de l'Yonne et de
la Cure , en y comprenant ce qui est éloigné d'une lieuë ou à peu près , du bord
de ces Rivieres.
En effet , il ya dans tous ces Pays- là ,
même superficie , même fond de terre, et
même culture de Vignes ; au lieu qu'à
Chablies , qui est à l'Orient et dans la
Champagne , tout change , Territoire
plan et façon de Vignes; il en est de même à
Joigny,qui est vers le Septentrion ou plutôt au Nord- Ouest , changement total
en genre de Terrain et de culture, et jus-
>
ques
1928 MERCURE DE FRANCE
ques dans le langage du métier. On n'y
connoît point , par exemple , le nom de
Pinot , si reveré à la Cour de Bacchus ;
mais on y parle de Houche , de Houchean ,
comme de Raisins du premier ordre.
Admirons donc à notre tour le Partisan des vins de Joigny , qui entousiasmé de son Pere Vaniere , d'ailleurs Poëte
naturel et Auteur d'un bon Livre , croit
qu'il faut toujours planter la Vigne sur
des Côteaux les plus approchans du perpendiculaire que faire se pourra. Bacchus
l'a renvoyé à des exemples de differens
climats de Bourgogne , dont le vin est
délicieux , quoiqu'en Pays presque plat ;
mais comme il n'est pas fait au langage
d'une Ordonnance qui combat ses prétentions , il dit que c'est s'égarer en pro-
-pos vagues , que d'apporter exemple sur
exemple du contraire de ce qu'il s'est
imaginé. C'est donc temps perdu que
d'alleguer tous les differens autres Vignobles du Royaume , pour confondre ces
prétentions , dès qu'on traite d'égarement les preuves des Adversaires
les exemples qui pulverisent le systême
opposé; c'est une affaire enfin dont il faut
laisser la décision au Public et demeurer
ensuite dans le silence , en se reposant
sur la fidelité et la vigilance des Offiet
ciers
SEPTEMBRE. 1732. 1929
ciers de Bacchus , qui en pareil cas ne
peuvent manquer de faire leur devoir.
Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE aux Auteurs du Mercure, sur la Réponse insérée dans le Mercure du mois de Mars dernier, à l'Ordonnance de Bacchus.
L'auteur adresse une lettre aux rédacteurs du Mercure pour rectifier des erreurs contenues dans une réponse publiée en mars précédent, qui critiquait l'ordonnance de Bacchus. Il reproche à l'auteur de la réponse de mal interpréter le texte original et de critiquer le conseil de Bacchus pour ne pas avoir répondu à Virgile, tout en reconnaissant que les sols profonds sont favorables aux cultures. L'auteur conteste l'idée que Joigny possède un privilège exclusif pour la viticulture, affirmant que cette qualité est partagée par tous les lieux anciennement cultivés en vignes. Il critique également la prétention de l'auteur de la réponse de vouloir marquer un grand sérieux à propos des poèmes du Père Vaniere, soulignant que des coteaux non exposés directement au midi peuvent produire du vin excellent. L'auteur dénonce les interprétations erronées de l'ordonnance de Bacchus par l'écrivain de Joigny, notamment en confondant les régions de l'air avec celles du sol. Il corrige également des erreurs géographiques et linguistiques, affirmant que Joigny appartient au Pays Senonois et non à la Bourgogne. L'auteur conteste les affirmations sur le prix du vin d'Auxerre, soulignant que les vins de cette région sont vendus à des prix plus élevés et sont transportés dans diverses régions. Il critique également la supposition que les vins de Joigny se conservent bien pendant deux ou trois ans, sans preuve à l'appui. Le texte, daté de septembre 1732, discute des qualités comparées des vins de Joigny et d'Auxerre. L'auteur critique un écrivain de Joigny pour ses suppositions sans preuve concernant la supériorité des vins de Joigny. Il souligne que la mort d'un individu n'affecte pas la qualité des vignobles d'Auxerre, qui restent dans le même état et bénéficient des mêmes influences climatiques. Les méthodes de culture et de vinification à Auxerre sont détaillées, mettant en avant une attention particulière à la qualité du raisin et à la gestion des vignes. L'auteur affirme que le vin de Joigny ne pourra jamais égaler celui d'Auxerre en qualité. Il note que des commissionnaires de Joigny achètent du vin d'Auxerre pour l'améliorer, mais l'inverse ne se produit jamais. L'auteur critique également les erreurs topographiques de l'écrivain de Joigny, qui exagère l'étendue du territoire d'Auxerre. Il conclut en laissant la décision sur la qualité des vins au public et aux officiers de Bacchus.
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6428
p. 1969-1972
Enigmes, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le R. P. Mouchoux, Jésuite, Professeur de Rhétorique au Collége Royal de [...]
Mots clefs :
Énigme, Écoliers, Expliquer, Collège royal de Nîmes
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texteReconnaissance textuelle : Enigmes, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
Le R. P. Mouchoux , Jésuite , Professeur de Rhétorique au Collège Royal de
Nismes,proposa et fit expliquer l'Enigme
qui suit , par des Ecoliers choisis , en présence d'une belle et nombreuse Assemblée , le 16 Aoust. Les Acteurs réussirent
parfaitement , et les Auditeurs se retirerent tres-satisfaits , soit de la Piéce , qui
étoit
1970 MERCURE DE FRANCE ·
étoit fort belle , soit de la maniere dont
les Rôles furent récitez. Les Magistrats
de Nismes qui étoient présens , firent
ensuite , selon leur liberalité ordinaire , la
distribution des Prix , au son des Trompettes , à ceux d'entre les Ecoliers de ce
Collége , qui s'étoient distinguez en toute sorte de compositions. Voici cette Enigme , dont nous donnerons l'explication
dans le prochain Mercure.
Fille , d'une ame Raisonnable,
Je n'en puis naître cependant ,
Que lorsque sa raison s'abandonne au penchant
Le moins sage et le plus coupable.
Sous mille habillemens divers
Je roule par tout l'Univers ;
Tantôt grande , tantôt petite ,
Je fais du mal , je fais du bien ,
J'attaque qui ne me dit rien ,
Mais je respecte le mérite.
Que les Sots soient petits ou grands ,"
Riches ou Gueux , il ne m'importe ;
Tout tombe , hors les grands talens ,
Sous les coups certains que je porte.
J'ha
SEPTEMBRE. 1732. 1971
J'habite sur la terre , et je vais jusqu'aux Cieux ,
Attaquer , sans crainte , les Dieux ;
Je suis esprit sans corps , et sans voix je m'exprime ,
Quelquefois je fais rire , et pleurer plus souvent ;
Je cours plus vîte que le vent ,
Quand c'est à l'aide de la rime.
Je n'ai ni pieds , ni dents , ni mains ,
Je déchire pourtant , je mords dans ma furie ;
J'ai d'un Dieu des Forêts le nom chez les humains ,
J'en ai même un peu le génie.
Mon seul aliment est le sel ,
Il se change portant en fiel
Si mal à propos l'on m'offense ;
Dieu vous garde que la vengeance
Pour arme me prenne jamais ,
Rien ne guérit alors les grands maux que je fais.
La Grece connut peu ma forme véritable ,
Rome me connut mieux , et bien- tôt m'exila ,
Mais d'un Crieur public le fils m'y rappella ,
Et je m'y rendis agréable.
Sous deux Bourbons , plus que jamais ;
Je
1972 MERCURE DE FRANCE
Je mefis icy bas connoître ;
Sous l'un , un Collet blanc sçut me faire re naître ,
Mais sous l'autre , un Greffier m'orna de tant
d'attraits ,
Qu'après lui , vainement peut- être ,
On voudra rendre plus parfaits ,
Les atours sous lesquels son Art me fit paroître.
Je fais rire ceux que je mords ,
Et pleurer qui je ne mords guére ;
Enfin pour ne pas trop découvrir un mystere ;
Assez digne de vos efforts ,
Par ces traits opposez , qui font mon caractëre
A travers les détours , par lesquels je vous fuis
Deyinés , Lecteurs , qui je suis
Nismes,proposa et fit expliquer l'Enigme
qui suit , par des Ecoliers choisis , en présence d'une belle et nombreuse Assemblée , le 16 Aoust. Les Acteurs réussirent
parfaitement , et les Auditeurs se retirerent tres-satisfaits , soit de la Piéce , qui
étoit
1970 MERCURE DE FRANCE ·
étoit fort belle , soit de la maniere dont
les Rôles furent récitez. Les Magistrats
de Nismes qui étoient présens , firent
ensuite , selon leur liberalité ordinaire , la
distribution des Prix , au son des Trompettes , à ceux d'entre les Ecoliers de ce
Collége , qui s'étoient distinguez en toute sorte de compositions. Voici cette Enigme , dont nous donnerons l'explication
dans le prochain Mercure.
Fille , d'une ame Raisonnable,
Je n'en puis naître cependant ,
Que lorsque sa raison s'abandonne au penchant
Le moins sage et le plus coupable.
Sous mille habillemens divers
Je roule par tout l'Univers ;
Tantôt grande , tantôt petite ,
Je fais du mal , je fais du bien ,
J'attaque qui ne me dit rien ,
Mais je respecte le mérite.
Que les Sots soient petits ou grands ,"
Riches ou Gueux , il ne m'importe ;
Tout tombe , hors les grands talens ,
Sous les coups certains que je porte.
J'ha
SEPTEMBRE. 1732. 1971
J'habite sur la terre , et je vais jusqu'aux Cieux ,
Attaquer , sans crainte , les Dieux ;
Je suis esprit sans corps , et sans voix je m'exprime ,
Quelquefois je fais rire , et pleurer plus souvent ;
Je cours plus vîte que le vent ,
Quand c'est à l'aide de la rime.
Je n'ai ni pieds , ni dents , ni mains ,
Je déchire pourtant , je mords dans ma furie ;
J'ai d'un Dieu des Forêts le nom chez les humains ,
J'en ai même un peu le génie.
Mon seul aliment est le sel ,
Il se change portant en fiel
Si mal à propos l'on m'offense ;
Dieu vous garde que la vengeance
Pour arme me prenne jamais ,
Rien ne guérit alors les grands maux que je fais.
La Grece connut peu ma forme véritable ,
Rome me connut mieux , et bien- tôt m'exila ,
Mais d'un Crieur public le fils m'y rappella ,
Et je m'y rendis agréable.
Sous deux Bourbons , plus que jamais ;
Je
1972 MERCURE DE FRANCE
Je mefis icy bas connoître ;
Sous l'un , un Collet blanc sçut me faire re naître ,
Mais sous l'autre , un Greffier m'orna de tant
d'attraits ,
Qu'après lui , vainement peut- être ,
On voudra rendre plus parfaits ,
Les atours sous lesquels son Art me fit paroître.
Je fais rire ceux que je mords ,
Et pleurer qui je ne mords guére ;
Enfin pour ne pas trop découvrir un mystere ;
Assez digne de vos efforts ,
Par ces traits opposez , qui font mon caractëre
A travers les détours , par lesquels je vous fuis
Deyinés , Lecteurs , qui je suis
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Résumé : Enigmes, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
Le 16 août, le R. P. Mouchoux, Jésuite et Professeur de Rhétorique au Collège Royal de Nismes, présenta une énigme à des écoliers sélectionnés devant une assemblée nombreuse. La représentation fut acclamée par les spectateurs, et les magistrats de Nismes remirent des prix aux écoliers méritants, accompagnés par le son des trompettes. L'énigme, dont la solution sera révélée dans le prochain Mercure, décrit un être né de la raison abandonnée au penchant le moins sage. Cet être traverse l'univers, fait du mal et du bien, attaque ceux qui ne lui disent rien mais respecte le mérite. Il habite sur terre et atteint les cieux, attaque les dieux sans crainte, est esprit sans corps et s'exprime sans voix. Il court plus vite que le vent grâce à la rime, n'a ni pieds, ni dents, ni mains, mais déchire et mord. Il porte le nom et le génie d'un dieu des forêts chez les humains, se nourrit de sel qui se change en fiel s'il est offensé. La Grèce connut peu sa forme véritable, Rome mieux, et un crieur public la rappela. Sous deux Bourbons, elle se fit connaître ; sous l'un, un collet blanc la fit renaître, et sous l'autre, un greffier l'orna de nombreux attraits. Elle fait rire ceux qu'elle mord et pleurer ceux qu'elle ne mord guère.
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6429
p. 1972-1973
ENIGME.
Début :
Enfant d'une vive chaleur, [...]
Mots clefs :
Fièvre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
[ XX: XXXXXXXXXXXXX
ENIGM E.
ENfant Nfant d'une vive chaleur ,
Dans le froid je prens ma naissance
Du plus beau Vetmillon l'éclatante rougeur ,
Est l'ordinaire effet que produit ma presence ,
A ceux que le Destin range sous ma puissance
Je les traite si mal , ces malheureux sujets ,
Qu'ils tremblent de mes noirs projets.
Dès
SEPTEMBRE. 1732. 1973
Dès que j'entre chez eux , j'y porte le ravage ;
Mais de mon implacable rage ,
On s'empresse à les garantir ;
On m'y poursuit à coups d'épée ;
Et le sang dont j'y suis trempée ,
Me force bien-tôt d'en sortir.
ENIGM E.
ENfant Nfant d'une vive chaleur ,
Dans le froid je prens ma naissance
Du plus beau Vetmillon l'éclatante rougeur ,
Est l'ordinaire effet que produit ma presence ,
A ceux que le Destin range sous ma puissance
Je les traite si mal , ces malheureux sujets ,
Qu'ils tremblent de mes noirs projets.
Dès
SEPTEMBRE. 1732. 1973
Dès que j'entre chez eux , j'y porte le ravage ;
Mais de mon implacable rage ,
On s'empresse à les garantir ;
On m'y poursuit à coups d'épée ;
Et le sang dont j'y suis trempée ,
Me force bien-tôt d'en sortir.
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6430
p. 1973
LOGOGRYPHE.
Début :
Je cause aux mortels bien des maux ; [...]
Mots clefs :
Orgueil
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
E cause aux mortels bien des maux ;
A ma tête est un des métaux.
Avec mes cinq lettres premieres ,
Je rend des sons mélodieux ;
Et qui n'a pas les trois dernieres ,
peut se servir des deux yeux. Ne
LAMOTTE TILLO Y
E cause aux mortels bien des maux ;
A ma tête est un des métaux.
Avec mes cinq lettres premieres ,
Je rend des sons mélodieux ;
Et qui n'a pas les trois dernieres ,
peut se servir des deux yeux. Ne
LAMOTTE TILLO Y
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6431
p. 1974-1975
AUTRE.
Début :
Du vrai sage je fais le charme, le délice ; [...]
Mots clefs :
Oraison
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
U vrai sage je fais le charme , le délice ;
Il n'a rien de plus cher que mon doux exercice ;
Avec mon chef tout seul je puis représenter ,
L'Infini , tout le Monde , et l'Univers entier.
Je puis marquer
tique ,
encore ,
en bonne ArithméRien , ou peu ; mais beaucoup , selon qu'on me
pratique.
De mes six pieds restans , point de combinaison.
Heureux qui m'a pour guide, il a toujours raison.
Si l'on veut à mon chef, ajouter le deuxième ,
On me poursuit , souvent avec ardeur extrême.
Du tout , ôté deux , trois , on voit facilement ,
En plume un animal , Symbole d'ignorant.
Chiffrez deux , quatre et cinq , je fournis par na- ture ,
En un Païs lointain , cominune nourriture.
Puis dans un autre sens , on cherché mes appas ,
Je
SEPTEMBRE. 1732. 1975
Je regne plus souvent aux Festins , aux Repas.
Pour tout dire en deux mots , je ne sçaurois pas roître ,
Que joïe et que plaisir ne m'ayent donné l'Etre :
Ma derniere syllabe enfin présente aux yeux ,
L'ame de la Musique, icy bas, comme aux Cieux.
U vrai sage je fais le charme , le délice ;
Il n'a rien de plus cher que mon doux exercice ;
Avec mon chef tout seul je puis représenter ,
L'Infini , tout le Monde , et l'Univers entier.
Je puis marquer
tique ,
encore ,
en bonne ArithméRien , ou peu ; mais beaucoup , selon qu'on me
pratique.
De mes six pieds restans , point de combinaison.
Heureux qui m'a pour guide, il a toujours raison.
Si l'on veut à mon chef, ajouter le deuxième ,
On me poursuit , souvent avec ardeur extrême.
Du tout , ôté deux , trois , on voit facilement ,
En plume un animal , Symbole d'ignorant.
Chiffrez deux , quatre et cinq , je fournis par na- ture ,
En un Païs lointain , cominune nourriture.
Puis dans un autre sens , on cherché mes appas ,
Je
SEPTEMBRE. 1732. 1975
Je regne plus souvent aux Festins , aux Repas.
Pour tout dire en deux mots , je ne sçaurois pas roître ,
Que joïe et que plaisir ne m'ayent donné l'Etre :
Ma derniere syllabe enfin présente aux yeux ,
L'ame de la Musique, icy bas, comme aux Cieux.
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6432
p. *1975-1975
« On a dû expliquer l'Enigme du Mercure d'Aoust, par Coquette; et les deux [...] »
Début :
On a dû expliquer l'Enigme du Mercure d'Aoust, par Coquette; et les deux [...]
Mots clefs :
Coquette, Chien, Castor
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texteReconnaissance textuelle : « On a dû expliquer l'Enigme du Mercure d'Aoust, par Coquette; et les deux [...] »
On a dû expliquer l'Enigme du Mercure d'Aoust , par Coquette ; et les deux
Logogryphes , par Chien , et Castor.
88888
Logogryphes , par Chien , et Castor.
88888
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6433
p. 1975
« LETTRES PASTORALES de M. l'Evêque de Londres, aux Fideles de son [...] »
Début :
LETTRES PASTORALES de M. l'Evêque de Londres, aux Fideles de son [...]
Mots clefs :
Lettres pastorales
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texteReconnaissance textuelle : « LETTRES PASTORALES de M. l'Evêque de Londres, aux Fideles de son [...] »
Laurade PASTOR,ALEX die eles deven ر
Diocèse , contre les Libertins et les Incrédules , traduites de l'Anglois , par
Abrah. le Moine , Prêtre de l'Eglise Anglicane , et Chapelain du Duc de Portland. Ala Haye , chez Gosse et Neaulme,
1732. in 18. 1 Lettre, pag. 82. 2de Lettre,
pag. 108. 3 Lettre , avec un Appendix
aux Lettres Pastorales , pag. 158.
Diocèse , contre les Libertins et les Incrédules , traduites de l'Anglois , par
Abrah. le Moine , Prêtre de l'Eglise Anglicane , et Chapelain du Duc de Portland. Ala Haye , chez Gosse et Neaulme,
1732. in 18. 1 Lettre, pag. 82. 2de Lettre,
pag. 108. 3 Lettre , avec un Appendix
aux Lettres Pastorales , pag. 158.
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6434
p. 1975-1976
Bibliotheque raisonnée &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavants de l'Europe, pour les mois [...]
Mots clefs :
Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque raisonnée &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE RAISONNE'E des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, pour les mois
de Juillet, Aoust, Septembre, 1730. tom.
5.
1976 MERCURE DE FRANCE
5. e Partie d'Octobre , Novembre , et
Decembre. Amsterdam , chez les Wetsteins et Smith , 1730. in 12. de 483. pag.
sans les Tables.
·
Le premier article de ce Recueil repre
sente TOUTES LES OEUVRES de François.
Bacon, Seigneur de Verulam, Vicomte de
S. Alban , et Grand Chancelier d'Angleterre ; en 7. vol. nouvelle Edition , à
laquelle on a ajouté ses Opuscules historiques et politiques , traduits depuis peu
de l'Anglois. A Amsterdam, chez les Wetsteins et Smith. 1730. Tout l'ouvrage est en Latin.
NOT
de Juillet, Aoust, Septembre, 1730. tom.
5.
1976 MERCURE DE FRANCE
5. e Partie d'Octobre , Novembre , et
Decembre. Amsterdam , chez les Wetsteins et Smith , 1730. in 12. de 483. pag.
sans les Tables.
·
Le premier article de ce Recueil repre
sente TOUTES LES OEUVRES de François.
Bacon, Seigneur de Verulam, Vicomte de
S. Alban , et Grand Chancelier d'Angleterre ; en 7. vol. nouvelle Edition , à
laquelle on a ajouté ses Opuscules historiques et politiques , traduits depuis peu
de l'Anglois. A Amsterdam, chez les Wetsteins et Smith. 1730. Tout l'ouvrage est en Latin.
NOT
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Résumé : Bibliotheque raisonnée &c. [titre d'après la table]
Le document est un compte-rendu de la 'BIBLIOTHEQUE RAISONNEE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe' pour juillet, août et septembre 1730, publié en octobre 1730. Il mentionne la publication du 'MERCURE DE FRANCE' pour octobre, novembre et décembre 1730, à Amsterdam, chez les Wetssteins et Smith. Le premier article présente les œuvres de François Bacon en sept volumes, incluant des opuscules historiques et politiques traduits de l'anglais.
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6435
p. 1976-1977
« NOTICE du Trésor d'Anciennes Médailles, qui appartiennent au Pr. Frederic II. [...] »
Début :
NOTICE du Trésor d'Anciennes Médailles, qui appartiennent au Pr. Frederic II. [...]
Mots clefs :
Anciennes médailles, Cyrus, Religion chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOTICE du Trésor d'Anciennes Médailles, qui appartiennent au Pr. Frederic II. [...] »
NOTICE du Trésor d'Anciennes Médail
les , qui appartiennent au Pr. Frederic II.
Duc de Saxe- Gotha. Par M. Chret. Sigism.
Liebe , qui y a ajouté un Extrait de l'Essai
d'Andre Morel, sur toutes les Antiquitez
de ce genres et trois Lettres de feu Mons.
Ezech. Spanbein , où sont expliquées les
Médailles les plus curieuses qui se trouvent dans ce Cabinet. A Amsterdam
1730. infol. pag. 26. pour la Préface , et
544. pour le Corps de l'Ouvrage , sans
parler de l'Epître dédicatoire , d'un court
Avis au Lecteur , et de deux Indices.
L'Ouvrage est en latin.
Dans l'article des Nouvelles Litteraires,
,
SEPTEMBR E. 1732. 1977.
res, on apprend que M. Lamotte a donné
en Anglois , à Londres : Essay sur la Poësie et surla Peinture , par rapport à l'Histoire Sacrée et Prophane. Avec un Appendice touchant les obscenitez , en écrit ou en
peinture , in 12.
Le Cyrus de M. Ramsay , paroît dans
la même Ville, en François et en Anglois,
in 4. On ajoute que l'Auteur a sçu profiter également des avis qu'on lui a
donnez , pour perfectionner cet ouvrage , tant pour les choses , que pour le
style.
LA RELIGION CHRETIENNE , aussi ancienne que la Création , ou Traité dans
lequel on montre que l'Evangile est une
nouvelle publication de la Religion naturelle. A Londres, 1730. in 4. de 432 pag.
Ce Livre est en Anglois
les , qui appartiennent au Pr. Frederic II.
Duc de Saxe- Gotha. Par M. Chret. Sigism.
Liebe , qui y a ajouté un Extrait de l'Essai
d'Andre Morel, sur toutes les Antiquitez
de ce genres et trois Lettres de feu Mons.
Ezech. Spanbein , où sont expliquées les
Médailles les plus curieuses qui se trouvent dans ce Cabinet. A Amsterdam
1730. infol. pag. 26. pour la Préface , et
544. pour le Corps de l'Ouvrage , sans
parler de l'Epître dédicatoire , d'un court
Avis au Lecteur , et de deux Indices.
L'Ouvrage est en latin.
Dans l'article des Nouvelles Litteraires,
,
SEPTEMBR E. 1732. 1977.
res, on apprend que M. Lamotte a donné
en Anglois , à Londres : Essay sur la Poësie et surla Peinture , par rapport à l'Histoire Sacrée et Prophane. Avec un Appendice touchant les obscenitez , en écrit ou en
peinture , in 12.
Le Cyrus de M. Ramsay , paroît dans
la même Ville, en François et en Anglois,
in 4. On ajoute que l'Auteur a sçu profiter également des avis qu'on lui a
donnez , pour perfectionner cet ouvrage , tant pour les choses , que pour le
style.
LA RELIGION CHRETIENNE , aussi ancienne que la Création , ou Traité dans
lequel on montre que l'Evangile est une
nouvelle publication de la Religion naturelle. A Londres, 1730. in 4. de 432 pag.
Ce Livre est en Anglois
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Résumé : « NOTICE du Trésor d'Anciennes Médailles, qui appartiennent au Pr. Frederic II. [...] »
La notice présente divers ouvrages historiques et littéraires. Elle commence par une notice sur le Trésor d'Anciennes Médail, appartenant au Duc Frédéric II de Saxe-Gotha, rédigée par M. Chretien Sigismond Liebe. Cet ouvrage, publié à Amsterdam en 1730 en latin, inclut un extrait de l'essai d'André Morel sur les antiquités et trois lettres d'Ezechiel Spanbein expliquant les médailles les plus curieuses du cabinet. Il comprend une préface de 26 pages, 544 pages de contenu principal, une épître dédicatoire, un court avis au lecteur, et deux indices. Les Nouvelles Littéraires de septembre 1732 rapportent la publication à Londres par M. Lamotte d'un essai sur la poésie et la peinture par rapport à l'histoire sacrée et profane, avec un appendice sur les obscénités en écriture ou en peinture, en format in-12. Le 'Cyrus' de M. Ramsay est également mentionné, paru à Londres en français et en anglais, en format in-4. L'auteur a amélioré cet ouvrage en tenant compte des avis reçus, tant pour le contenu que pour le style. Enfin, un livre intitulé 'LA RELIGION CHRETIENNE, aussi ancienne que la Création' est mentionné. Publié à Londres en 1730 en format in-4 et comptant 432 pages, il montre que l'Évangile est une nouvelle publication de la religion naturelle.
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6436
p. 1977-1980
Essai sur la Peinture et sur la Poësie, [titre d'après la table]
Début :
ESSAY SUR LA PEINTURE et sur la Poësie, relativement à l'Histoire Sacrée et [...]
Mots clefs :
Peinture, Poésie, Représenter, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essai sur la Peinture et sur la Poësie, [titre d'après la table]
ESSAY SUR LA PEINTURE et sur la Poësie , relativement à l'Histoire Sacrée et
profane , avec un Appendice, concernant
l'obscenité chez les Ecrivains et chez les
Peintres. Par Charles Lamotte , Docteuren
Théologie,Membre de la Société Royale,
et de la Société des Antiquaires , &c. A
Londres , chez Fr. Fayrman , 1730. in 8 .
de 202 pag. en Anglois.
Cet Ouvrage est divisé en trois Lettres. Dans la seconde , l'Auteur remarque
ct
1978 MERCURE DE FRANCE
1
et blâme , dans un Tableau de la mort
d'Abel, la Machoire d'Asne,dont on prétend que Caïn se servit pour tuer son
frere; ce qui n'a pas , dit l'Auteur , le
moindre fondement dans l'Ecriture , ni
dans la Tradition. S. Jérôme prétend que
c'étoit une Epée. S. Irenée , une Faucille.
Prudence , un Rateau , &c.
Dans le Sacrifice d'Abraham, Isaac est
representé trop jeune, dit-il ; et c'est avec
un Couteau qu'il devoit être sacrifié , et
non pas avec un Sabre.
Job doit être représenté assis sur la Cendre , et non pas sur un Fumier,
Sur le Tableau de Suzanne il y a une
équivoque , dans le mot de Vieillard ou
d'Ancien ; c'étoit le nom de leur Charge ;
ce qui est encore en usage dans l'Orient.
Une Ecurie n'est pas le lieu dans lequel
vrai-semblablement les Mages rendirent
leurs hommages au Sauveur. Ils étoient
Philosophes , et ne doivent pas être representez en Rois avec des Couronnes
&c.
>
C'est une faute de ne pas représenter
JESUS-CHRIST plongé dans l'eau , comme
il le fut lors de son Baptême , et non
point arrosé.
Ce n'est pas le S. Esprit en forme de
Colombe , comme les Peintres s'opiniâtrent
SEPTEMBRE. 1732. 1979
trent à le représenter , dans la descente
du S. Esprit , &c. mais descendant , comme feroit une Colombe,
Dans un Tableau de la Cene , l'Agneau
Pascal ne devoit nullement être lardé, car
tout le monde doit sçavoir que le lard
étoit en abomination aux Juifs ; et J. C.
et les Apôtres ne devroient pas être assis
à notre maniere.
Dans le sujet de J. C. disputant dans
le Temple, c'est une faute contre la vraisemblance de le peindre dans une Chaire,
plutôt que sur un banc , parmi les autres
Disciples des Docteurs.
Raphaël a aussi fait une faute en peignant le Portique du Temple en Marbre,
car il est d'Airain ; il ne devoit pas non
plus orner les Colomnes de figures , puis- que les Juifs les abhorroient. C'est dans
le Miracle du Boiteux , guéri par S. Pierre
et S. Jean , à la belle Porte du Temple.
Dans le sujet de la Résurrection de J.C.
la Garde paroît dans un profond sommeil
autour du Sépulcre.. Quoique directement opposé au fait et contre le témoignage de l'Ecrivain Sacré , qui dit que ce sommeil des Soldats étoit une invention
des Prêtres Juifs , une imposture qu'ils
mirent dans la bouche des Soldats , pour
éluder et étoufer la Résurrection de J. C.
L'Au-
1980 MERCURE DE FRANCE
L'Auteur ne peut concevoir quelle est la
raison d'une erreur, en effet, si grossiere. Il
remarque très judicieusement que ce n'est
pas pour l'avantage de la composition que
le Peintre choisit de représenter les Soldats endormis, puisqu'il seroit sans doute
plus avantageux de les représenter agitez
de passions différentes ; il donne une idée
très- pitoresque et pleine de feu d'un Tableau de ce sujet , &c.
C'est une erreur de mettre Hector à
Cheval. On doit le représenter sur un
Char.
Ganimede ne doit pas paroître assis sur
l'Aigle. La Tradition fabuleuse veut que l'Aigle de Jupiter l'enleva par les Che
veux.
L'Appendice , concernant l'obscenité ,
chez les Ecrivans, et chez les Peintres , ne
contient que 18. pag. Le Journaliste re- marque que l'Auteur y tombe tres-fort
dans le vice qu'il y condamne. Il me souvient , à ce sujet , dit-il , d'avoir assisté à
un Sermon , sur ces paroles de S. Paul :
Que ces choses ne soient pas seulement nomméesparmi vous dans lequel le Prédicateur faisoit une longue énumération des
choses qu'il ne falloit pas nommer. C'est
ainsi que le Discours et les Notes de l'Auteur ne s
profane , avec un Appendice, concernant
l'obscenité chez les Ecrivains et chez les
Peintres. Par Charles Lamotte , Docteuren
Théologie,Membre de la Société Royale,
et de la Société des Antiquaires , &c. A
Londres , chez Fr. Fayrman , 1730. in 8 .
de 202 pag. en Anglois.
Cet Ouvrage est divisé en trois Lettres. Dans la seconde , l'Auteur remarque
ct
1978 MERCURE DE FRANCE
1
et blâme , dans un Tableau de la mort
d'Abel, la Machoire d'Asne,dont on prétend que Caïn se servit pour tuer son
frere; ce qui n'a pas , dit l'Auteur , le
moindre fondement dans l'Ecriture , ni
dans la Tradition. S. Jérôme prétend que
c'étoit une Epée. S. Irenée , une Faucille.
Prudence , un Rateau , &c.
Dans le Sacrifice d'Abraham, Isaac est
representé trop jeune, dit-il ; et c'est avec
un Couteau qu'il devoit être sacrifié , et
non pas avec un Sabre.
Job doit être représenté assis sur la Cendre , et non pas sur un Fumier,
Sur le Tableau de Suzanne il y a une
équivoque , dans le mot de Vieillard ou
d'Ancien ; c'étoit le nom de leur Charge ;
ce qui est encore en usage dans l'Orient.
Une Ecurie n'est pas le lieu dans lequel
vrai-semblablement les Mages rendirent
leurs hommages au Sauveur. Ils étoient
Philosophes , et ne doivent pas être representez en Rois avec des Couronnes
&c.
>
C'est une faute de ne pas représenter
JESUS-CHRIST plongé dans l'eau , comme
il le fut lors de son Baptême , et non
point arrosé.
Ce n'est pas le S. Esprit en forme de
Colombe , comme les Peintres s'opiniâtrent
SEPTEMBRE. 1732. 1979
trent à le représenter , dans la descente
du S. Esprit , &c. mais descendant , comme feroit une Colombe,
Dans un Tableau de la Cene , l'Agneau
Pascal ne devoit nullement être lardé, car
tout le monde doit sçavoir que le lard
étoit en abomination aux Juifs ; et J. C.
et les Apôtres ne devroient pas être assis
à notre maniere.
Dans le sujet de J. C. disputant dans
le Temple, c'est une faute contre la vraisemblance de le peindre dans une Chaire,
plutôt que sur un banc , parmi les autres
Disciples des Docteurs.
Raphaël a aussi fait une faute en peignant le Portique du Temple en Marbre,
car il est d'Airain ; il ne devoit pas non
plus orner les Colomnes de figures , puis- que les Juifs les abhorroient. C'est dans
le Miracle du Boiteux , guéri par S. Pierre
et S. Jean , à la belle Porte du Temple.
Dans le sujet de la Résurrection de J.C.
la Garde paroît dans un profond sommeil
autour du Sépulcre.. Quoique directement opposé au fait et contre le témoignage de l'Ecrivain Sacré , qui dit que ce sommeil des Soldats étoit une invention
des Prêtres Juifs , une imposture qu'ils
mirent dans la bouche des Soldats , pour
éluder et étoufer la Résurrection de J. C.
L'Au-
1980 MERCURE DE FRANCE
L'Auteur ne peut concevoir quelle est la
raison d'une erreur, en effet, si grossiere. Il
remarque très judicieusement que ce n'est
pas pour l'avantage de la composition que
le Peintre choisit de représenter les Soldats endormis, puisqu'il seroit sans doute
plus avantageux de les représenter agitez
de passions différentes ; il donne une idée
très- pitoresque et pleine de feu d'un Tableau de ce sujet , &c.
C'est une erreur de mettre Hector à
Cheval. On doit le représenter sur un
Char.
Ganimede ne doit pas paroître assis sur
l'Aigle. La Tradition fabuleuse veut que l'Aigle de Jupiter l'enleva par les Che
veux.
L'Appendice , concernant l'obscenité ,
chez les Ecrivans, et chez les Peintres , ne
contient que 18. pag. Le Journaliste re- marque que l'Auteur y tombe tres-fort
dans le vice qu'il y condamne. Il me souvient , à ce sujet , dit-il , d'avoir assisté à
un Sermon , sur ces paroles de S. Paul :
Que ces choses ne soient pas seulement nomméesparmi vous dans lequel le Prédicateur faisoit une longue énumération des
choses qu'il ne falloit pas nommer. C'est
ainsi que le Discours et les Notes de l'Auteur ne s
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Résumé : Essai sur la Peinture et sur la Poësie, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Essai sur la Peinture et sur la Poésie, relativement à l'Histoire Sacrée et profane' de Charles Lamotte, publié en 1730 à Londres, est structuré en trois lettres. Lamotte, docteur en théologie et membre de plusieurs sociétés savantes, critique diverses représentations artistiques de scènes bibliques et mythologiques. Il conteste l'utilisation d'une mâchoire d'âne dans le tableau de la mort d'Abel, préférant une épée ou une faucille. Il note des erreurs dans les représentations du sacrifice d'Isaac, de Job et de Suzanne. Lamotte critique également la représentation des mages comme des rois couronnés et la scène du baptême de Jésus-Christ, qui devrait le montrer plongé dans l'eau. Il reproche aux peintres de représenter le Saint-Esprit sous forme de colombe descendante. Dans le tableau de la Cène, il souligne que l'agneau pascal ne doit pas être lardé et que Jésus-Christ et les apôtres ne doivent pas être assis à la manière occidentale. Lamotte critique aussi la représentation de Jésus-Christ dans le Temple, assise sur une chaire plutôt que sur un banc, et la peinture du portique du Temple en marbre au lieu d'airain. Il mentionne également des erreurs dans les représentations de la résurrection de Jésus-Christ, d'Hector et de Ganymède. L'ouvrage inclut un appendice sur l'obscénité chez les écrivains et les peintres, mais le journaliste note que l'auteur y tombe dans le vice qu'il condamne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6437
p. 1981-1983
« LETTRES DE M. BAYLE, publiées sur les Originaux, avec des Remarques. Par [...] »
Début :
LETTRES DE M. BAYLE, publiées sur les Originaux, avec des Remarques. Par [...]
Mots clefs :
Bayle, Culture des Jardins, Imagination, Hottentots
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES DE M. BAYLE, publiées sur les Originaux, avec des Remarques. Par [...] »
LETTRES DE M. BAYLE , publiées sur les
Originaux , avec des Remarques. Par
M. des Meaux, Membre de la Société
Royale. A Amsterdam , 1729. 3 vol.in 12.
pag. 1125. sans la Dédicace , la Préface ,
la Table , &c.
NOUVELLES DECOUVERTES, Philosophiques et Pratiques , contenant la Culture
des Jardins , où on explique le mouvement de la Séve des Plantes , et leur Génération ; avec d'autres Découvertes qui
n'ont point été publiées touchant la maniere de cultiver avec succès les Forêts .
et les Parterres , et où on a joint la Des--
cription d'un Instrument par le moyen
duquel on peut trouver en une heure de
temps plus de Plans de Jardin , que n'en
contiennent tous les Livres ensemble, qui
traitent de cette mariere , et enfin plu
sieurs beaux Secrets tendant à perfectionner la Culture des Vergers , des Jardins
potagers et des Orangeries. se Edition.
Par R. Bradley , Membre de la Société
Royale , &c. A Londres , in 8. pag. 684.
sans compter 9 Tailles douces. L'Ouvrage
est en Anglois.
LE POUVOIR DE L'IMAGINATION DE LA
MERE sur le Fœtus, examiné, en réponse
E à
1982 MERCURE DE FRANCE
à un Livre de M. Turner , intitulé : Deffense du Chapiire XII.de la premiere Partie
d'un Ouvrage latin, sur les Maladies Cutanées. Par Jacq. Aug. Blondel , Doct. en
Medecine et Membre de la Faculté de
Médecine à Londres. A Londres , 1729.
in 8. pag. 11. pour l'Avertissement et
pour la Préface , et 143. pour le Corps
del'Ouvrage.
PENSE'ES SECRETTES, divisées en deux
Parties. Premiere Partie : Réfléxions sur la
Religion , avec des Résolutions pratiques
qui en sont tirées. Seconde Partie : Réflé
xions sur la vie chrétienne , par G.Beveridge , Doct, en Théologie , Evêque de
S. Asaph , traduit de l'Anglois , sur l'onziéme Edition, A Amsterdam , chez les
Wetsteins et Smith , 1731. 2. vol. in 12.
pag. 245. pour le 1 tom. et 280, pour
le 2d , sans les Préfaces.
er
Les Nouvelles Litteraires de Londres
marquent qu'on venoit d'y publier en
Anglois, l'Etat present du Cap de BonneEsperance , ou Relation des differentes
Nations des Hottentots , de leur Religion , leur Gouvernement , leurs Loix ,
&c. enrichi de Figures, &c. vol. 8.
D'Amterdam. LesWetsteins et Smith don
neront bien-tôt une nouvelle Edition de
Thu-
SEPTEMBRE. 1732. 1983
Thucydide, Grec, Latin, fol. où le Texte
et le Scholiaste seront corrigez sur les
meilleurs manuscrits. On y trouveraune
infinité de Notes des plus curieuses pour
l'éclaircissement du Texte , de l'Histoire,
de la Géographie , et de la Chronologie
ancienne , &c. Par M. Jean Wasse , sçavant Anglois , qui a donné une belle Edition de Salluste , in 4. &c. avec de nouveaux Indices tres- interessans.
Originaux , avec des Remarques. Par
M. des Meaux, Membre de la Société
Royale. A Amsterdam , 1729. 3 vol.in 12.
pag. 1125. sans la Dédicace , la Préface ,
la Table , &c.
NOUVELLES DECOUVERTES, Philosophiques et Pratiques , contenant la Culture
des Jardins , où on explique le mouvement de la Séve des Plantes , et leur Génération ; avec d'autres Découvertes qui
n'ont point été publiées touchant la maniere de cultiver avec succès les Forêts .
et les Parterres , et où on a joint la Des--
cription d'un Instrument par le moyen
duquel on peut trouver en une heure de
temps plus de Plans de Jardin , que n'en
contiennent tous les Livres ensemble, qui
traitent de cette mariere , et enfin plu
sieurs beaux Secrets tendant à perfectionner la Culture des Vergers , des Jardins
potagers et des Orangeries. se Edition.
Par R. Bradley , Membre de la Société
Royale , &c. A Londres , in 8. pag. 684.
sans compter 9 Tailles douces. L'Ouvrage
est en Anglois.
LE POUVOIR DE L'IMAGINATION DE LA
MERE sur le Fœtus, examiné, en réponse
E à
1982 MERCURE DE FRANCE
à un Livre de M. Turner , intitulé : Deffense du Chapiire XII.de la premiere Partie
d'un Ouvrage latin, sur les Maladies Cutanées. Par Jacq. Aug. Blondel , Doct. en
Medecine et Membre de la Faculté de
Médecine à Londres. A Londres , 1729.
in 8. pag. 11. pour l'Avertissement et
pour la Préface , et 143. pour le Corps
del'Ouvrage.
PENSE'ES SECRETTES, divisées en deux
Parties. Premiere Partie : Réfléxions sur la
Religion , avec des Résolutions pratiques
qui en sont tirées. Seconde Partie : Réflé
xions sur la vie chrétienne , par G.Beveridge , Doct, en Théologie , Evêque de
S. Asaph , traduit de l'Anglois , sur l'onziéme Edition, A Amsterdam , chez les
Wetsteins et Smith , 1731. 2. vol. in 12.
pag. 245. pour le 1 tom. et 280, pour
le 2d , sans les Préfaces.
er
Les Nouvelles Litteraires de Londres
marquent qu'on venoit d'y publier en
Anglois, l'Etat present du Cap de BonneEsperance , ou Relation des differentes
Nations des Hottentots , de leur Religion , leur Gouvernement , leurs Loix ,
&c. enrichi de Figures, &c. vol. 8.
D'Amterdam. LesWetsteins et Smith don
neront bien-tôt une nouvelle Edition de
Thu-
SEPTEMBRE. 1732. 1983
Thucydide, Grec, Latin, fol. où le Texte
et le Scholiaste seront corrigez sur les
meilleurs manuscrits. On y trouveraune
infinité de Notes des plus curieuses pour
l'éclaircissement du Texte , de l'Histoire,
de la Géographie , et de la Chronologie
ancienne , &c. Par M. Jean Wasse , sçavant Anglois , qui a donné une belle Edition de Salluste , in 4. &c. avec de nouveaux Indices tres- interessans.
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Résumé : « LETTRES DE M. BAYLE, publiées sur les Originaux, avec des Remarques. Par [...] »
Le document recense diverses publications parues entre 1729 et 1732. Parmi elles, les 'Lettres de M. Bayle' ont été éditées par M. des Meaux en trois volumes à Amsterdam en 1729. R. Bradley, membre de la Société Royale, a publié 'Nouvelles Découvertes, Philosophiques et Pratiques', traitant de la culture des jardins et des instruments de planification. Jacq. Aug. Blondel a répondu à un ouvrage de M. Turner avec 'Le Pouvoir de l'Imagination de la Mère sur le Fœtus', publié à Londres en 1729. Les 'Pensées Secrètes' de G. Beveridge, évêque de S. Asaph, traduites de l'anglais, ont été divisées en deux parties : réflexions sur la religion et sur la vie chrétienne, publiées à Amsterdam en 1731. Les Nouvelles Littéraires de Londres signalent 'L'État présent du Cap de Bonne-Espérance', un ouvrage sur les Hottentots. Enfin, une nouvelle édition de Thucydide, en grec et latin, avec des notes et des indices, est annoncée par M. Jean Wasse pour septembre 1732 à Amsterdam.
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6438
p. 1983-1986
Le Spectacle de la Nature, Histoire naturelle, [titre d'après la table]
Début :
On commence à vendre, avec grand succès, chez la veuve Etienne, ruë S. Jacques, [...]
Mots clefs :
Spectacle de la nature, Histoire naturelle, Entretien, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Spectacle de la Nature, Histoire naturelle, [titre d'après la table]
On commence à vendre , avec grand
succès , chez la veuve Etienne, ruë S. Jacques , et chez Jean Desaint , vis- à- vis le
College de Beauvais , un nouvel Ouvrage qui peut être fort utile.Il est intitulé:
LE SPECTACLE de la Nature , ou Entretien
sur les particularitez de l'Histoire naturelle,
qui ont paru les plus propres à rendre les
jeunesgens curieux , et à leurformer l'esprit,
vol. in 12. de 520 pages.
L'Auteur fait voir dans une courte Pré-
-face que de tous les moyens qu'on peut
employer pour former l'esprit , il n'y en
a point de plus sûr ni de plus efficace que
la curiosité. Pour la faire naître ou pour
l'augmenter , il employe en divers Entretiens ce que le Spectacle de la nature lui
offre de plus interessant. Il commence
par les plus petits objets, et parcourt successivement la plupart des choses qui
Eij nous
1984 MERCURE DE FRANCE
nous environnent , sans fatiguer l'esprit
de ses Lecteurs , par des recherches pénibles , sur les Principes et sur la Structure
intérieure de chaque objet ; il découvre
par tout dans les seuls dehors , de quoi
fatter les yeux , de quoi éclairer et nourrir l'esprit,de quoi remplir le cœur de reconnoissance et de religion,
Le premier Entretien roule sur les Insectes ; et pour amorcer le Lecteur à l'étude de choses , en apparence si méprisables , on lui fait entrevoir leurs parures ,
leurs armes offensives et deffensives, et les
divers Instrumens dont la nature les a
pourvûs pour les faire subsister. On examine ensuite leur origine , qui ne peut
être que la génération. Le 2 Entretien
roule sur les Chenilles , sur les Singes et
sur les Papillons. Le 3 , sur les Vers à
Soye. Le 4 , sur les Araignées. Le se, sur
les Guêpes. Le 6 et le 7 , sur les Abeil,
les.
Le 8 , contient ce qui regarde les Mou-
´ches communes et les Mouches luisantes ;
l'histoire des Moucherons, celles du Taupe grillon , de la Fourmi, du Fourmillon
et des Demoiselles. Le 9 Entretien contient l'histoire des Moules , des Pinnes
Marines , des Limaçons et des Coquillages. Le 10 passe à l'histoire generale des
Oyseaux
SEPTEMBRE. 1732. 1985
Oyseaux. Le 11 ° , descend dans l'histoire particuliere des Oyseaux les plus remarquables. Le 12° , traite des Animaux,
tant Domestiques que Sauvages. Le 13 ,
traite des Poissons. Le 14° et le 15 roulent
sur les Plantes. Ce premier Volume. qui
paroît devoir être suivi de quelques tres , finit par une Lettre , où l'on examine jusqu'à quel point il est permis d'être curieux dans la recherche de la vérité.
L'Auteur s'attache à faire voir quels sont
les justes droits et les bornes necessaires
de la raison, par où il regle aussi les droits et les bornes de la curiosité. .
Cet Ouvrage interessant par sa matiere est encore estimable par la propreté
des Gravures , et par la beauté de l'Impression.
n
Un tres habile homme a déja jugé du
sort de ce Livre, et nous ne risquons rien
de souscrire à son jugement. » Il va pa-
>> roître, dit- il , un Livre, qui a pour titre :
Spectacle de la Nature , &c. On y dévelope d'une maniere agréable et spiri
tuelle,ce qu'il y a de plus curieux dans
» la Nature , pour ce qui regarde les Ani-
»maux terrestres , les Oyseaux , les In-
»sectes , les Poissons. S'il m'étoit permis
» de juger du succès de ce Livre , par le
plaisir que la lecture m'en a fait ; je
"
E iij pour
1986 MERCURE DE FRANCE
pourrois assurer, par avance , qu'il sera
» grand. C'est à ma priere et sur mes vi-
>> ves sollicitations que l'Auteur a entre-
» pris cet Ouvrage , et qui peut être beau-
»coup augmenté , s'il se trouve au gout
» du Public. M. Rollin , dans l'Avertissement du Ive Tom. de l'Histoire ancienne.
succès , chez la veuve Etienne, ruë S. Jacques , et chez Jean Desaint , vis- à- vis le
College de Beauvais , un nouvel Ouvrage qui peut être fort utile.Il est intitulé:
LE SPECTACLE de la Nature , ou Entretien
sur les particularitez de l'Histoire naturelle,
qui ont paru les plus propres à rendre les
jeunesgens curieux , et à leurformer l'esprit,
vol. in 12. de 520 pages.
L'Auteur fait voir dans une courte Pré-
-face que de tous les moyens qu'on peut
employer pour former l'esprit , il n'y en
a point de plus sûr ni de plus efficace que
la curiosité. Pour la faire naître ou pour
l'augmenter , il employe en divers Entretiens ce que le Spectacle de la nature lui
offre de plus interessant. Il commence
par les plus petits objets, et parcourt successivement la plupart des choses qui
Eij nous
1984 MERCURE DE FRANCE
nous environnent , sans fatiguer l'esprit
de ses Lecteurs , par des recherches pénibles , sur les Principes et sur la Structure
intérieure de chaque objet ; il découvre
par tout dans les seuls dehors , de quoi
fatter les yeux , de quoi éclairer et nourrir l'esprit,de quoi remplir le cœur de reconnoissance et de religion,
Le premier Entretien roule sur les Insectes ; et pour amorcer le Lecteur à l'étude de choses , en apparence si méprisables , on lui fait entrevoir leurs parures ,
leurs armes offensives et deffensives, et les
divers Instrumens dont la nature les a
pourvûs pour les faire subsister. On examine ensuite leur origine , qui ne peut
être que la génération. Le 2 Entretien
roule sur les Chenilles , sur les Singes et
sur les Papillons. Le 3 , sur les Vers à
Soye. Le 4 , sur les Araignées. Le se, sur
les Guêpes. Le 6 et le 7 , sur les Abeil,
les.
Le 8 , contient ce qui regarde les Mou-
´ches communes et les Mouches luisantes ;
l'histoire des Moucherons, celles du Taupe grillon , de la Fourmi, du Fourmillon
et des Demoiselles. Le 9 Entretien contient l'histoire des Moules , des Pinnes
Marines , des Limaçons et des Coquillages. Le 10 passe à l'histoire generale des
Oyseaux
SEPTEMBRE. 1732. 1985
Oyseaux. Le 11 ° , descend dans l'histoire particuliere des Oyseaux les plus remarquables. Le 12° , traite des Animaux,
tant Domestiques que Sauvages. Le 13 ,
traite des Poissons. Le 14° et le 15 roulent
sur les Plantes. Ce premier Volume. qui
paroît devoir être suivi de quelques tres , finit par une Lettre , où l'on examine jusqu'à quel point il est permis d'être curieux dans la recherche de la vérité.
L'Auteur s'attache à faire voir quels sont
les justes droits et les bornes necessaires
de la raison, par où il regle aussi les droits et les bornes de la curiosité. .
Cet Ouvrage interessant par sa matiere est encore estimable par la propreté
des Gravures , et par la beauté de l'Impression.
n
Un tres habile homme a déja jugé du
sort de ce Livre, et nous ne risquons rien
de souscrire à son jugement. » Il va pa-
>> roître, dit- il , un Livre, qui a pour titre :
Spectacle de la Nature , &c. On y dévelope d'une maniere agréable et spiri
tuelle,ce qu'il y a de plus curieux dans
» la Nature , pour ce qui regarde les Ani-
»maux terrestres , les Oyseaux , les In-
»sectes , les Poissons. S'il m'étoit permis
» de juger du succès de ce Livre , par le
plaisir que la lecture m'en a fait ; je
"
E iij pour
1986 MERCURE DE FRANCE
pourrois assurer, par avance , qu'il sera
» grand. C'est à ma priere et sur mes vi-
>> ves sollicitations que l'Auteur a entre-
» pris cet Ouvrage , et qui peut être beau-
»coup augmenté , s'il se trouve au gout
» du Public. M. Rollin , dans l'Avertissement du Ive Tom. de l'Histoire ancienne.
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Résumé : Le Spectacle de la Nature, Histoire naturelle, [titre d'après la table]
Le texte présente un nouvel ouvrage intitulé 'Le Spectacle de la Nature, ou Entretien sur les particularités de l'Histoire naturelle', disponible chez la veuve Etienne et Jean Desaint. Cet ouvrage, en un volume in-12 de 520 pages, vise à stimuler la curiosité des jeunes lecteurs et à former leur esprit à travers des entretiens sur divers sujets de l'histoire naturelle. L'auteur commence par des objets simples et progresse vers des sujets plus complexes, sans entrer dans des détails techniques. Il explore les insectes, les chenilles, les singes, les papillons, les vers à soie, les araignées, les guêpes, les abeilles, les mouches, les moules, les oiseaux, les animaux domestiques et sauvages, les poissons, et les plantes. Le premier volume se conclut par une lettre discutant des limites de la curiosité dans la recherche de la vérité. L'ouvrage est également apprécié pour la qualité de ses gravures et de son impression. Un critique loue le livre pour son développement agréable et spirituel des sujets naturels, prédisant son succès. L'auteur pourrait augmenter l'ouvrage en fonction de l'accueil du public, à la demande de M. Rollin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6439
p. 1986-1991
« EXPOSITION ANATOMIQUE de la Structure du Corps humain; par Jacques-Begnine [...] »
Début :
EXPOSITION ANATOMIQUE de la Structure du Corps humain; par Jacques-Begnine [...]
Mots clefs :
Exposition anatomique, Matières bénéficiales, Providence, Charles XII, Exploits et saisies mobiliaires, Observations, Pères de l'Église, Dictionnaire, Arithmétique, Catholicité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « EXPOSITION ANATOMIQUE de la Structure du Corps humain; par Jacques-Begnine [...] »
EXPOSITION ANATOMIQUE de la Structure du Corps humain ; par Jacques- Benigne Winslow , de l'Academie Royale
des Sciences , Docteur , Regent de la Faculté de Médecine , en l'Université de
Paris , ancien Professeur en Anatomie et
en Chirurgie , dans la même Faculté
Interprete du Roy en Langue Teutonique , et de la Societé Royale de Berlin .
A Paris , chez Guill. Desprez, et Jean
Desessards , rue S. Jacques, 1732. in 4º.
de 739 pages.
>
RECUEIL des principales Décisions sur
les Matieres Beneficiales , extraites des
Canons, des Conciles, et des plus celebres
Auteurs , conformes aux Edits et Décla
rations du Roy, et à la Jurisprudence des
Parlemens du Royaume et du GrandConseil. Nouvelle Edition , revûë , corrigée et augmentée de plus de moitić. Par
M.R. Drapier, Avocat au Parlement. 2
vol,
SEPTEMBRE. 1732 1987
vol. in 12. prix s liv. relié. A Paris, chez
Nic. P. Armand, ruë S. Jacques , 1732.
CONDUITE DE LA PROVIDENCE , dans l'é
tablissement de la Congrégation de N.
Dame, qui a pour son Instituteur le Bienheureux Pere Pierre Fourier, dit vulgairement de Mataincourt , Superieur General
et Reformateur des Chanoines Reguliers
de la Congregation de N. Sauveur. Presentée à Nosseigneurs les Evêques , com
me premiers Superieurs de cette Congré
gation. Avec une Préface , en forme de
Discours , aux Filles de cer Institut. A
Toul , chezCl. Vincent , 1732. 2.vol.grand
in 89.
REMARQUES historiques et critiques sur
l'histoire de Charles XII. Roy de Suéde ;
par M. de Voltaire , pour servir de Supplément à cet Ouvrage. Par M.de la Motraye. Nouvelle Edition , corrigée et augmentée. A Londres , et se vend à Paris ,
chez Mich. Etienne David, Quai des Augustins , et Antoine Heuqueville , au coin
de la rue Gisle- Cœur. Broch. in 12. de 80
pag.On voit à la tête ie Portrait, en pied ,
de Charles XII. fort bien caractérisé.
RECUEIL DES REGLEMENS , concernant
E iiij le
1988 MERCURE DE FRANCE
le Contrôle des Exploits et Saisies mobi
liaires , rendus depuis leur établissement
jusqu'à present. Avec le précis de ce qu'ils
contiennent , et une Table Alphabétique des Matieres qui y ont rapport, pour
en faciliter l'intelligence et l'exécution .
Ouvrage utile et necessaire à tous les Officiers de Justice , aux Employez dans
toutes les Fermes et Droits de S. M.et aux
Parties. A Paris , chez P. Prault , Quai
de Gêvres , 1732. gros in 12 de 588 pag.
sans l'Avertissement , les Tables , et le
précis des Reglemens, concernant le Contrôle des Exploits et les Saisies mobiliaires d'environ so pag.
>
OBSERVATIONS MATHEMATIQUES , AStronomiques , Géographiques et Physiques , tirées des anciens livres Chinois
ou faites nouvellement aux Indes & ailleurs ; par les PP. de la Comp. de JESUS.
Rédigées et publiées par le P. Et. Souciet , de la même Compagnie. Tome 2.
contenant une Histoire de l'Astronomie
Chinoise , avec des Dissertations ; par le
P. Gaubil Jesuite. Tom. 3 contenant un
Traité de l'Astroromie Chinoise par le
même P Gaubil. A Paris, chez Rollin pere ,
Quai des Augustins , 1732. in 4. tom. 2.
pages 178. tome 3. pages 373.sans la Préface
SEPTEMBRE. 1732 1989
face du second Tome , et sans les Planches.
ABREGE' DE L'HISTOIRE de 24 Peres de
Eglise.Histoire abregée des Empereurs Romains , depuis Jules Cesar jusqu'à Constantin le Grand. Caracteres de 58 des meilleurs Historiens , Orateurs et Poëtes Grecs ,
Latins et François ; ouvrage tres-utile, sur
tout aux jeunes gens de l'un et de l'autre
sexe, qui pourront en tres- peu de temps
acquerir une connoissance générale des
matiéres annoncées cy- dessus. Chez Tautin , rue Judas , Montagne sainte Geneviéve, Morel le jeune, au Palais , et Musier fils , Quai des Augustins, 1732 . in 12.
HISTOIRE ANCIENNE des Egyptiens ,
des Carthaginois , des Assyriens , des
Babiloniens , des Medes et des Perses , des
Macédoniens , des Grecs ; par M. Rollin,
Tome IV. Chez la Veuve Etienne , ruë
S. Facques, 1732. in 12.
APOLOGIE DES BESTES , ou leurs rafsonnemens et connoissances prouvez
contre le Systême des Cartesiens , qui
prétendent que les Bêtes ne sont que des
Machines Automates. Ouvrage en Vers.
Par M. Morfouace de Beaumont. Paris ,
E v Quay
1990 MERCURE DE FRANCE
Quay de Gevres , chez Prault , 1732. in 8,
>
DICTIONNAIRE des Arts et des Sciences , &c. P. M. D. C. de l'Académie
Françoise nouvelle Edition revûë
corrigée et augmentée par M... de l'Académie Royale des Sciences, 1732. infol.
2 vol. Chez Coignardpere et fils, Den. Mariette , J. B. Delespine , rue S. Jacques , et
Jacques Rollin , Quay des Augustins.
NOUVEAU TRAITE'
D'ARITHMETIQUE,
ou Description des proprietez er usages
d'un nouveau Tarif de réduction Arithmetique et Géometrique. Avec une Instruction familiere pour faire méchani- quement , par le moyen de ce Tarif, les
principales operations des Regles , tant
d'Arithmetique que deTrigonométrie rectiligne , comme aussi de Gnomonique et
de Navigation. Le tout par des exemples
simples qui facilitent la pratique de cet
Ins.rument , inventé et mis en lumiere
par M. J. B. de Mean , Ingenieur , qui
demeure chez M. Homet , Marchand Cartier et Paperier , ruë de Seine , Fauxbourg
S. Germain. In 8. 1732. Quay des Augustins , chez P. Martin , et Gab. Valeyre,
rue de la vieille Bouclerie.
Li
SEPTEMBRE. 1732. 1991
LE NOUVEAU Secretaire de la Cour ,
ou Lettres Familieres sur toutes sortes de
Sujets , avec des Réponses ; derniere Edition. A Paris , au Palais , chez Th. le
Gras , 1732. in 12. de 560. pages , so,
sols relié.
LE TRIOMPHE DE LA CATHOLICI
TE' , ou Réponse d'un Protestant nouvellement converti , aux difficultez que
lui propose sa Sœur , sur la Religion Prétendue Réformée , avec une Dissertation
sur la dispute que S. Paul cut avec Céphas. Par M. l'Abbé D ***. A Paris ,
ruë de la Harpe , au bon Pasteur , 1732.
in 12. de 250. pages.
OEUVRES DIVERSES , de M. Patru , contenant ses Plaidoyers , Harangues , Lettres et Vies de quelques- uns de ses Amis.
Quatrième Edition considerablement
augmentée. Chez N. Gosselin , au Palais ,
1732. 2, vol. in 4.
des Sciences , Docteur , Regent de la Faculté de Médecine , en l'Université de
Paris , ancien Professeur en Anatomie et
en Chirurgie , dans la même Faculté
Interprete du Roy en Langue Teutonique , et de la Societé Royale de Berlin .
A Paris , chez Guill. Desprez, et Jean
Desessards , rue S. Jacques, 1732. in 4º.
de 739 pages.
>
RECUEIL des principales Décisions sur
les Matieres Beneficiales , extraites des
Canons, des Conciles, et des plus celebres
Auteurs , conformes aux Edits et Décla
rations du Roy, et à la Jurisprudence des
Parlemens du Royaume et du GrandConseil. Nouvelle Edition , revûë , corrigée et augmentée de plus de moitić. Par
M.R. Drapier, Avocat au Parlement. 2
vol,
SEPTEMBRE. 1732 1987
vol. in 12. prix s liv. relié. A Paris, chez
Nic. P. Armand, ruë S. Jacques , 1732.
CONDUITE DE LA PROVIDENCE , dans l'é
tablissement de la Congrégation de N.
Dame, qui a pour son Instituteur le Bienheureux Pere Pierre Fourier, dit vulgairement de Mataincourt , Superieur General
et Reformateur des Chanoines Reguliers
de la Congregation de N. Sauveur. Presentée à Nosseigneurs les Evêques , com
me premiers Superieurs de cette Congré
gation. Avec une Préface , en forme de
Discours , aux Filles de cer Institut. A
Toul , chezCl. Vincent , 1732. 2.vol.grand
in 89.
REMARQUES historiques et critiques sur
l'histoire de Charles XII. Roy de Suéde ;
par M. de Voltaire , pour servir de Supplément à cet Ouvrage. Par M.de la Motraye. Nouvelle Edition , corrigée et augmentée. A Londres , et se vend à Paris ,
chez Mich. Etienne David, Quai des Augustins , et Antoine Heuqueville , au coin
de la rue Gisle- Cœur. Broch. in 12. de 80
pag.On voit à la tête ie Portrait, en pied ,
de Charles XII. fort bien caractérisé.
RECUEIL DES REGLEMENS , concernant
E iiij le
1988 MERCURE DE FRANCE
le Contrôle des Exploits et Saisies mobi
liaires , rendus depuis leur établissement
jusqu'à present. Avec le précis de ce qu'ils
contiennent , et une Table Alphabétique des Matieres qui y ont rapport, pour
en faciliter l'intelligence et l'exécution .
Ouvrage utile et necessaire à tous les Officiers de Justice , aux Employez dans
toutes les Fermes et Droits de S. M.et aux
Parties. A Paris , chez P. Prault , Quai
de Gêvres , 1732. gros in 12 de 588 pag.
sans l'Avertissement , les Tables , et le
précis des Reglemens, concernant le Contrôle des Exploits et les Saisies mobiliaires d'environ so pag.
>
OBSERVATIONS MATHEMATIQUES , AStronomiques , Géographiques et Physiques , tirées des anciens livres Chinois
ou faites nouvellement aux Indes & ailleurs ; par les PP. de la Comp. de JESUS.
Rédigées et publiées par le P. Et. Souciet , de la même Compagnie. Tome 2.
contenant une Histoire de l'Astronomie
Chinoise , avec des Dissertations ; par le
P. Gaubil Jesuite. Tom. 3 contenant un
Traité de l'Astroromie Chinoise par le
même P Gaubil. A Paris, chez Rollin pere ,
Quai des Augustins , 1732. in 4. tom. 2.
pages 178. tome 3. pages 373.sans la Préface
SEPTEMBRE. 1732 1989
face du second Tome , et sans les Planches.
ABREGE' DE L'HISTOIRE de 24 Peres de
Eglise.Histoire abregée des Empereurs Romains , depuis Jules Cesar jusqu'à Constantin le Grand. Caracteres de 58 des meilleurs Historiens , Orateurs et Poëtes Grecs ,
Latins et François ; ouvrage tres-utile, sur
tout aux jeunes gens de l'un et de l'autre
sexe, qui pourront en tres- peu de temps
acquerir une connoissance générale des
matiéres annoncées cy- dessus. Chez Tautin , rue Judas , Montagne sainte Geneviéve, Morel le jeune, au Palais , et Musier fils , Quai des Augustins, 1732 . in 12.
HISTOIRE ANCIENNE des Egyptiens ,
des Carthaginois , des Assyriens , des
Babiloniens , des Medes et des Perses , des
Macédoniens , des Grecs ; par M. Rollin,
Tome IV. Chez la Veuve Etienne , ruë
S. Facques, 1732. in 12.
APOLOGIE DES BESTES , ou leurs rafsonnemens et connoissances prouvez
contre le Systême des Cartesiens , qui
prétendent que les Bêtes ne sont que des
Machines Automates. Ouvrage en Vers.
Par M. Morfouace de Beaumont. Paris ,
E v Quay
1990 MERCURE DE FRANCE
Quay de Gevres , chez Prault , 1732. in 8,
>
DICTIONNAIRE des Arts et des Sciences , &c. P. M. D. C. de l'Académie
Françoise nouvelle Edition revûë
corrigée et augmentée par M... de l'Académie Royale des Sciences, 1732. infol.
2 vol. Chez Coignardpere et fils, Den. Mariette , J. B. Delespine , rue S. Jacques , et
Jacques Rollin , Quay des Augustins.
NOUVEAU TRAITE'
D'ARITHMETIQUE,
ou Description des proprietez er usages
d'un nouveau Tarif de réduction Arithmetique et Géometrique. Avec une Instruction familiere pour faire méchani- quement , par le moyen de ce Tarif, les
principales operations des Regles , tant
d'Arithmetique que deTrigonométrie rectiligne , comme aussi de Gnomonique et
de Navigation. Le tout par des exemples
simples qui facilitent la pratique de cet
Ins.rument , inventé et mis en lumiere
par M. J. B. de Mean , Ingenieur , qui
demeure chez M. Homet , Marchand Cartier et Paperier , ruë de Seine , Fauxbourg
S. Germain. In 8. 1732. Quay des Augustins , chez P. Martin , et Gab. Valeyre,
rue de la vieille Bouclerie.
Li
SEPTEMBRE. 1732. 1991
LE NOUVEAU Secretaire de la Cour ,
ou Lettres Familieres sur toutes sortes de
Sujets , avec des Réponses ; derniere Edition. A Paris , au Palais , chez Th. le
Gras , 1732. in 12. de 560. pages , so,
sols relié.
LE TRIOMPHE DE LA CATHOLICI
TE' , ou Réponse d'un Protestant nouvellement converti , aux difficultez que
lui propose sa Sœur , sur la Religion Prétendue Réformée , avec une Dissertation
sur la dispute que S. Paul cut avec Céphas. Par M. l'Abbé D ***. A Paris ,
ruë de la Harpe , au bon Pasteur , 1732.
in 12. de 250. pages.
OEUVRES DIVERSES , de M. Patru , contenant ses Plaidoyers , Harangues , Lettres et Vies de quelques- uns de ses Amis.
Quatrième Edition considerablement
augmentée. Chez N. Gosselin , au Palais ,
1732. 2, vol. in 4.
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Résumé : « EXPOSITION ANATOMIQUE de la Structure du Corps humain; par Jacques-Begnine [...] »
En 1732, à Paris et dans d'autres villes, plusieurs publications ont été éditées, couvrant divers domaines tels que la science, l'histoire, le droit et la littérature. Parmi les ouvrages notables, Jacques-Bénigne Winslow, membre de l'Académie Royale des Sciences et docteur en médecine, a publié 'Exposition Anatomique de la Structure du Corps humain', un ouvrage de 739 pages. D'autres publications marquantes incluent 'Recueil des principales Décisions sur les Matieres Beneficiales' par M.R. Drapier, 'Conduite de la Providence' sur la Congrégation de Notre-Dame, et 'Remarques historiques et critiques sur l'histoire de Charles XII' par M. de Voltaire. Le texte mentionne également des recueils de règlements juridiques, des observations mathématiques et astronomiques, des histoires abrégées, des dictionnaires, et des traités d'arithmétique. Plusieurs de ces ouvrages sont des nouvelles éditions révisées et augmentées, reflétant une mise à jour des connaissances et des informations.
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6440
p. 1991-1993
Dictionnaire Economique, &c. [titre d'après la table]
Début :
DICTIONNAIRE ECONOMIQUE, contenant divers moyens d'augmenter son bien, [...]
Mots clefs :
Dictionnaire économique, Moyens, Augmenter
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dictionnaire Economique, &c. [titre d'après la table]
DICTIONNAIRE ECONOMIQUE conte
nant divers moyens d'augmenter son bien
et de conserver sa santé , avec plusieurs
Remedes assurez et approuvez pour un
très-grand nombre de maladies , et de
beaux secrets pour parvenir à une lonE、 vj que
1992 MERCURE DE FRANCE
>
gue et heureuse vieillesse. Quantité de
moyens pour élever , nourrir , guerir et
faire profiter toutes sortes d'Animaux domestiques , comme Brebis , Moutons
Boeufs , Chevaux , Mulets , Abeilles et
Vers à Soye. Differen filets pour la Pêche,
de toutes sortes de Poissons et pour la
Chasse de toutes sortes d'Oiseaux et d'Animaux. Une infinité de secrets découverts dans le Jardinage , la Botanique ,
l'Agriculture , les Terres , les Vigne , les
Arbres ; comme aussi la connoissance des
Plantes des Pay Etrangers et leurs qualit z specifiques. Les moy ns de tirer tout
l'avantage des Fabriques de Savon , d'Amidon , filer le Coron , de faire à peu
de frais des Pierreries artificielles , fort
ressemblantes aux na urelles ; de peindre
en Miniature sans sçavoir le De sein , et
travailler Bayettes ou Eroffes établies nouvellement en ce Royaume , pour l'usage
de ce Pays et pour l'Espagne. Les moyens
dont se servent les Marchands pour faire
de gros établissemens ; ceux par lesquels
les Anglois et les Hollandois se sont enrichis , en trafiquant des Chevaux , des
Chevres et des Brebis. Tout ce que doi
vent faire les Artisans , Jardiniers , Vignerons , Marchands , Négocians , Banquiers , Commissionnaires , Magistrats ,
•
Officiers
SEPTEMBRE. 1732 1993
Officiers de Justice , Gentilshommes et
autres d'une qualité ou d'un emploi plus
relevé , pour s'enrichir. Chacun pourra
se convaincre de toutes ces veritez en
cherchant ce qui peut lui convenir , chaque chose étant rangée par ordre alphabetique , comme dans les autres Dictionnaires. Par M. Nel Chomel¸ Prêtre , Curé
de la Paroisse de S. Vincent de Lyon.
Troisiéme Edition , revûë , corrigée et
augmenté d'un très-grand nombre de
nouvelles Découvertes et Secrets utiles
à tout le monde. Par M Danjou , Prêtre ,
enrichie d'un grand nombre de figures.
A Lyon , et se vend à Paris , ruë S Jacques , chez Etienne Gineau , et ch z la
veuve Elienne. 2. vol. in folio . Prix 40.
livres relié.
nant divers moyens d'augmenter son bien
et de conserver sa santé , avec plusieurs
Remedes assurez et approuvez pour un
très-grand nombre de maladies , et de
beaux secrets pour parvenir à une lonE、 vj que
1992 MERCURE DE FRANCE
>
gue et heureuse vieillesse. Quantité de
moyens pour élever , nourrir , guerir et
faire profiter toutes sortes d'Animaux domestiques , comme Brebis , Moutons
Boeufs , Chevaux , Mulets , Abeilles et
Vers à Soye. Differen filets pour la Pêche,
de toutes sortes de Poissons et pour la
Chasse de toutes sortes d'Oiseaux et d'Animaux. Une infinité de secrets découverts dans le Jardinage , la Botanique ,
l'Agriculture , les Terres , les Vigne , les
Arbres ; comme aussi la connoissance des
Plantes des Pay Etrangers et leurs qualit z specifiques. Les moy ns de tirer tout
l'avantage des Fabriques de Savon , d'Amidon , filer le Coron , de faire à peu
de frais des Pierreries artificielles , fort
ressemblantes aux na urelles ; de peindre
en Miniature sans sçavoir le De sein , et
travailler Bayettes ou Eroffes établies nouvellement en ce Royaume , pour l'usage
de ce Pays et pour l'Espagne. Les moyens
dont se servent les Marchands pour faire
de gros établissemens ; ceux par lesquels
les Anglois et les Hollandois se sont enrichis , en trafiquant des Chevaux , des
Chevres et des Brebis. Tout ce que doi
vent faire les Artisans , Jardiniers , Vignerons , Marchands , Négocians , Banquiers , Commissionnaires , Magistrats ,
•
Officiers
SEPTEMBRE. 1732 1993
Officiers de Justice , Gentilshommes et
autres d'une qualité ou d'un emploi plus
relevé , pour s'enrichir. Chacun pourra
se convaincre de toutes ces veritez en
cherchant ce qui peut lui convenir , chaque chose étant rangée par ordre alphabetique , comme dans les autres Dictionnaires. Par M. Nel Chomel¸ Prêtre , Curé
de la Paroisse de S. Vincent de Lyon.
Troisiéme Edition , revûë , corrigée et
augmenté d'un très-grand nombre de
nouvelles Découvertes et Secrets utiles
à tout le monde. Par M Danjou , Prêtre ,
enrichie d'un grand nombre de figures.
A Lyon , et se vend à Paris , ruë S Jacques , chez Etienne Gineau , et ch z la
veuve Elienne. 2. vol. in folio . Prix 40.
livres relié.
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Résumé : Dictionnaire Economique, &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit un dictionnaire économique intitulé 'Dictionnaire économique contenant divers moyens d'augmenter son bien et de conserver sa santé'. Cet ouvrage propose des remèdes pour traiter diverses maladies et des conseils pour une vieillesse longue et heureuse. Il inclut des méthodes pour élever, nourrir et soigner des animaux domestiques comme les brebis, moutons, bœufs, chevaux, mulets, abeilles et vers à soie. Le dictionnaire offre également des techniques de pêche et de chasse pour différentes espèces de poissons, oiseaux et animaux. Il explore les secrets du jardinage, de la botanique, de l'agriculture et les connaissances sur les plantes étrangères. Le texte mentionne des moyens de profit dans diverses fabriques, comme celles de savon, d'amidon, de filer le corail, de créer des pierreries artificielles, de peindre en miniature et de travailler des étoffes. Il détaille les stratégies des marchands et les méthodes des Anglais et Hollandais pour s'enrichir en trafiquant des animaux. Le dictionnaire s'adresse à divers professionnels, y compris artisans, jardiniers, vignerons, marchands, négociants, banquiers, magistrats, officiers de justice, gentilshommes et autres personnes de qualité. L'ouvrage est rédigé par M. Nel Chomel, prêtre et curé de la paroisse de Saint-Vincent de Lyon, et enrichi par M. Danjou, prêtre. La troisième édition, revue, corrigée et augmentée, est disponible en deux volumes in-folio au prix de 40 livres reliés.
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6441
p. 1993-1996
Gallia Christiana, &c. Tome V. [titre d'après la table]
Début :
GALLIA CHRISTIANA, in Provincias Ecclesiasticas distributa, &c. Tomus V. [...]
Mots clefs :
Gaule chrétienne, Diocèse, Malines, Constance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Gallia Christiana, &c. Tome V. [titre d'après la table]
GALLIA , CHRISTIANA in Provincias
Ecclesiasticas distributa , &c. Tomus V.
c'est- à- dire , LA GAULE CHRETIENNE ,
divisée en Provinces Ecclésiastiques , dans
laquelle on voit la suite et l'Histoire des
Archevêques , des Evêques , et des Abbez de tous les Pays compris dans l'ancienne Gaule , depuis l'origine des Eglises jusqu'à notre tems , avec des Preuves
tirées des Monumens autentiques ; par
des Religieux Bénédictins de la Congré
gation
1994 MERCURE DE FRANCE
gation de S. Maur. Tome V. A Paris , de
l'Imprimerie Royale 1731. Fol. de 1114.
pages , sans les Preuves et les Tables.
Les grands Diocèses de Malines et de
Mayence , et ceux de leurs Suffragants ,
font la matiere de ce cinquiéme Volume
de la Gaule Chrétienne. Cette matiere est
des plus abondantes , puisqu'elle embrasse presque toute la Flandre généralement
prise , et une partie considerable de l'Allemagne. Malines , qui d'abord fut du
Diocèse de Liege , attachée pour le spirituel à l'Evêché de Cambray , fut érigée
en Archevêché en 1559. et a pour Suffragants les Evêques d'Anvers , de Bois - leDuc , de Gand , de Bruges , d'Ipres , et
de Ruremond , qui est dans la Gueldre.
Le premier Archevêq e de Malines fut
le Cardinal Perrenot de Granvelle , fort
connu dans l'Histoire. On trouve quelques Sçavans parmi les Suffragants de
cette Métropole , entr'autres Sonnius
Evêque d'Anvers , qui publia en 1556.
des Dimonstrations tirées de la parole de
Dieu sur les VI. Sacremens , et des Staturs Synodaux ; et Corneille Jansen
Evêque de Gand Auteur de quantité
d'Ouvrages , dont le plus estimé est la
Concorde Evangelique , &c.
>
Mayence peut se vanter d'avoir été éclaiτές
SEPTEMBRE. 1732 1995
rée dès les premiers tems des lumieres de
la Foi , s'il est vrai, commeon le prétend ,
que S. Crescent , Disciple de S. Paul , air
été son premier Evêque. Du moins la
Mission de Crescent dans les Gaules , ou
dans la Germanie , vers l'an 8o. de J. C.
ne sçauroit être contestée après le témoignage d'Eusebe , qui assure que ce Disciple souffrit le martyre à Mayence , où il comme le marque aussi
S. Jerôme dans son Catalogue des Hommes Illustres.
fût inhumé
3
?
Carloman et Pepin firent ériger Mayence en Métropole Le Pape Zacharie soumit à ce te Eglise Tongres , Cologne
Wormes , Spire , Utrech , et toutes les
autres parties de la Germanie dont
S. Boniface avoit été l'Apôtre. Le premier
des Archevêques de Mayence qui porta
le titre d'Electeur fut , selon nos Auteurs,
Sillegi e , d'une condition basse , mais extrêmement relevé par sa science et par
ses vertus. Sa modestie alla jusqu'à prendre pour armoiries une Rouc , en mémoire de la profession de son pere qui étoit
Charron , ou Charpentier. Les Archevêques de Mayence ont depuis conservé les
mêmes Armoiries.
La Ville de Constance , qui tire son
nom de Constant , pere de Constantin
est
و
1996 MERCURE DE FRANCE
est aussi un Evêché suffragant de Mayence. Elle est située dans la Souabe. Ce Diocèse étoit autrefois le plus étendu de toute l'Allemagne , et malgré la P. Réformation il contient encore aujourd'hui un
très-grand nombre deParroisses.L'Evêque
possesseur de plusieurs grandes Seigneuries dans l'Empire , est Directeur du cercle de Souabe , avec le Duc de Wittemberg ; et les Barons de Zeweyer , sont ses
Echansons héréditaires.
Il y a lieu de croire que ce dernier Volume era aussi favorablement reçû que les
précédens. L'ordre alphaberique , suivi
par les sçavans Auteurs de cet Ouvrage ,
promet dans le Tome suivant les Métropoles de Narbonne et de Paris
Ecclesiasticas distributa , &c. Tomus V.
c'est- à- dire , LA GAULE CHRETIENNE ,
divisée en Provinces Ecclésiastiques , dans
laquelle on voit la suite et l'Histoire des
Archevêques , des Evêques , et des Abbez de tous les Pays compris dans l'ancienne Gaule , depuis l'origine des Eglises jusqu'à notre tems , avec des Preuves
tirées des Monumens autentiques ; par
des Religieux Bénédictins de la Congré
gation
1994 MERCURE DE FRANCE
gation de S. Maur. Tome V. A Paris , de
l'Imprimerie Royale 1731. Fol. de 1114.
pages , sans les Preuves et les Tables.
Les grands Diocèses de Malines et de
Mayence , et ceux de leurs Suffragants ,
font la matiere de ce cinquiéme Volume
de la Gaule Chrétienne. Cette matiere est
des plus abondantes , puisqu'elle embrasse presque toute la Flandre généralement
prise , et une partie considerable de l'Allemagne. Malines , qui d'abord fut du
Diocèse de Liege , attachée pour le spirituel à l'Evêché de Cambray , fut érigée
en Archevêché en 1559. et a pour Suffragants les Evêques d'Anvers , de Bois - leDuc , de Gand , de Bruges , d'Ipres , et
de Ruremond , qui est dans la Gueldre.
Le premier Archevêq e de Malines fut
le Cardinal Perrenot de Granvelle , fort
connu dans l'Histoire. On trouve quelques Sçavans parmi les Suffragants de
cette Métropole , entr'autres Sonnius
Evêque d'Anvers , qui publia en 1556.
des Dimonstrations tirées de la parole de
Dieu sur les VI. Sacremens , et des Staturs Synodaux ; et Corneille Jansen
Evêque de Gand Auteur de quantité
d'Ouvrages , dont le plus estimé est la
Concorde Evangelique , &c.
>
Mayence peut se vanter d'avoir été éclaiτές
SEPTEMBRE. 1732 1995
rée dès les premiers tems des lumieres de
la Foi , s'il est vrai, commeon le prétend ,
que S. Crescent , Disciple de S. Paul , air
été son premier Evêque. Du moins la
Mission de Crescent dans les Gaules , ou
dans la Germanie , vers l'an 8o. de J. C.
ne sçauroit être contestée après le témoignage d'Eusebe , qui assure que ce Disciple souffrit le martyre à Mayence , où il comme le marque aussi
S. Jerôme dans son Catalogue des Hommes Illustres.
fût inhumé
3
?
Carloman et Pepin firent ériger Mayence en Métropole Le Pape Zacharie soumit à ce te Eglise Tongres , Cologne
Wormes , Spire , Utrech , et toutes les
autres parties de la Germanie dont
S. Boniface avoit été l'Apôtre. Le premier
des Archevêques de Mayence qui porta
le titre d'Electeur fut , selon nos Auteurs,
Sillegi e , d'une condition basse , mais extrêmement relevé par sa science et par
ses vertus. Sa modestie alla jusqu'à prendre pour armoiries une Rouc , en mémoire de la profession de son pere qui étoit
Charron , ou Charpentier. Les Archevêques de Mayence ont depuis conservé les
mêmes Armoiries.
La Ville de Constance , qui tire son
nom de Constant , pere de Constantin
est
و
1996 MERCURE DE FRANCE
est aussi un Evêché suffragant de Mayence. Elle est située dans la Souabe. Ce Diocèse étoit autrefois le plus étendu de toute l'Allemagne , et malgré la P. Réformation il contient encore aujourd'hui un
très-grand nombre deParroisses.L'Evêque
possesseur de plusieurs grandes Seigneuries dans l'Empire , est Directeur du cercle de Souabe , avec le Duc de Wittemberg ; et les Barons de Zeweyer , sont ses
Echansons héréditaires.
Il y a lieu de croire que ce dernier Volume era aussi favorablement reçû que les
précédens. L'ordre alphaberique , suivi
par les sçavans Auteurs de cet Ouvrage ,
promet dans le Tome suivant les Métropoles de Narbonne et de Paris
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Résumé : Gallia Christiana, &c. Tome V. [titre d'après la table]
Le cinquième tome de 'Gallia Christiana' ou 'La Gaule Chrétienne', publié en 1731, relate l'histoire des archevêques, évêques et abbés des régions de l'ancienne Gaule. Ce volume de 1114 pages se concentre sur les diocèses de Malines et de Mayence, ainsi que sur leurs diocèses suffragants. Malines, érigée en archevêché en 1559, compte parmi ses suffragants les évêques d'Anvers, de Bois-le-Duc, de Gand, de Bruges, d'Ipres et de Ruremond. Le premier archevêque de Malines fut le Cardinal Perrenot de Granvelle. Mayence, éclairée dès les premiers temps par la foi, aurait eu pour premier évêque Saint Crescent. Carloman et Pepin érigèrent Mayence en métropole, et le pape Zacharie soumit plusieurs régions de la Germanie à cette église. Sillegi fut le premier archevêque de Mayence à porter le titre d'électeur. Le diocèse de Constance, suffragant de Mayence, est situé en Souabe et contient encore de nombreuses paroisses malgré la Réforme. L'évêque de Constance possède plusieurs seigneuries et est directeur du cercle de Souabe. Le tome suivant traitera des métropoles de Narbonne et de Paris.
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6442
p. 1996-1997
« M. de Merville, ancien Avocat au Parlement de Paris, vient de donner un nouvel Ouvrage de [...] »
Début :
M. de Merville, ancien Avocat au Parlement de Paris, vient de donner un nouvel Ouvrage de [...]
Mots clefs :
Traité des Matières Criminelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. de Merville, ancien Avocat au Parlement de Paris, vient de donner un nouvel Ouvrage de [...] »
M. de Merville , ancien Avocat au Parlement
de Paris , vient de donner un nouvel Ouvrage de
Jurisprudence au Public , qui a pour titre Traité
des Matieres Criminelles , à l'usage de tous les
Tribunaux du Royaume , tant inferieurs que superieurs. On sçait qu'il n'y a rien de plus important que cette matière , à cause des conséquences
sur les accusations , et dont la connoissance soit
plus nécessaire dans l'ordre judiciaire pour l'instruction et le jugement des Procès criminels ; les
régles que l'Auteur propose dans son Ouvrage ,
sont d'autant plus à suivre qu'elles sont du droit
positif , c'est à dire , tirées des Ordonnances
Arrêts et Réglemens , avec un ordre et une netteté qui fera plaisir au Lecteur , & portera le Public
SEPTEMBRÈ. 1732. 1997
Public à donner à cet Ouvrage l'approbation qu'il mérite. Ce Livre se vend à Paris , chez
Théodore Le Gras , Libraire au Palais.
de Paris , vient de donner un nouvel Ouvrage de
Jurisprudence au Public , qui a pour titre Traité
des Matieres Criminelles , à l'usage de tous les
Tribunaux du Royaume , tant inferieurs que superieurs. On sçait qu'il n'y a rien de plus important que cette matière , à cause des conséquences
sur les accusations , et dont la connoissance soit
plus nécessaire dans l'ordre judiciaire pour l'instruction et le jugement des Procès criminels ; les
régles que l'Auteur propose dans son Ouvrage ,
sont d'autant plus à suivre qu'elles sont du droit
positif , c'est à dire , tirées des Ordonnances
Arrêts et Réglemens , avec un ordre et une netteté qui fera plaisir au Lecteur , & portera le Public
SEPTEMBRÈ. 1732. 1997
Public à donner à cet Ouvrage l'approbation qu'il mérite. Ce Livre se vend à Paris , chez
Théodore Le Gras , Libraire au Palais.
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Résumé : « M. de Merville, ancien Avocat au Parlement de Paris, vient de donner un nouvel Ouvrage de [...] »
M. de Merville, ancien avocat, a publié 'Traité des Matieres Criminelles', destiné à tous les tribunaux du royaume. Cet ouvrage traite de la jurisprudence criminelle, essentielle pour les accusations et les procès. Il propose des règles basées sur le droit positif, présentées clairement. Le livre est disponible à Paris chez Théodore Le Gras.
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6443
p. 1997-1999
« L'attention continuelle & particuliere que nous avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts, [...] »
Début :
L'attention continuelle & particuliere que nous avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts, [...]
Mots clefs :
Beaux Arts, Buste, Sculpture, Chapelle, Tableau, Assomption
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'attention continuelle & particuliere que nous avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts, [...] »
L'attention continuelle & particuliere que nous
avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts ,
nous oblige à ne pas garder le silence sur un Ouvrage public et singulier. On le voit à Paris dans
la Chapelle de la Vierge de l'Eglise Paroissiale
de S. Sauveur , où l'on a fait un heureux alliage
de la Peinture , de la Sculpture et de l'Architecture.
Cette Chapelle est peinte par M. Noël- Nico-
1998 MERCURE DE FRANCE
las Coypel , Peintre ordinaire du Roi , et Adjoint-Professeur en son Académie. L'Architecture de l'Autel est de M. Blondel , Architecte du
Roi , d'un ordre composite. Il est adossé contre
le mur des bas côtez de l'Eglise ; on le découvre
aisément par trois grandes arcades par où l'on
entre dans la Chapelle. Quatre pilliers dans les
encoigneures reçoivent la retombée de quatre
pendentifs qui rachetent le tambour d'une coupole de 22 pieds de diametre.
Le Tableau represente l'Assomption de la sainte Vierge. Elle paroît dans un ravissement de
joye convenable au Sujet ; plusieurs Anges l'en- vironnent dans différentes actions d'admiration
et de respect ; ce morceau comme sujet principal
occupe la partie qui eft précisément au- dessus de
P'Autel , & attire les premiers regards. Plusieurs
Groupes d'Anges , les uns peints , les autres en
sculpture de relief , sont representés dans les
pendentifs et sur le couronnement de l'Autel ;
quelques-uns forment des concerts , et la plus
grande partie pour honorer le Triomphe de la
Vierge , exposent à la vûë l'Arche d'Alliance ' et
ses autres symboles. Toutes ces Peintures et
Sculptures sont au- dessous de la Corniche , c'està- dire , à 19 ou 20 pieds de haut.
Le Plafond represente un Ciel qui s'ouvre pour
recevoir la sainte Vierge , le S. Esprit descend
au devant d'elle , le Pere Eternel est assis , ayant
J. C. à sa droite ; il est environné d'Anges et de
Saints Patriarches , et de quelques Saints du
nouveau Testament , n'y ayant introduit que
ceux qui y étoient placez lorsque la sainte Vierge y fut reçûe.
Cette voûte est presque platte , et n'a que sept
pouces de bombement. Les Sculptures que l'on voit
SEPTEMBR E. 1732. 1999
Voit dans cet Ouvrage sont de M. Jean- Baptiste
le Moine , le fils , Sculpteur de l'Académie Roya
le , qui dans une grande jeunesse a déja tout le
mérite d'un homme consommé dans son Art ,
& qui a sçû traiter sa Sculpture avec toute l'intelligence possible, pour qu'elle se liât avec la Peinture , M. Coypel ne s'étant servi de sculpture que dans les endroits où les saillies de l'Architecture
ne lui permettoient pas d'introduire la Peinture
et en même tems pour lier toute sa composition ;
ensorte que cela pût produire un même tout , et
donner plus de mouvement à tout le Sujet. Les
Curieux qui ont été voir cet Ouvrage , l'unique
que nous ayons en France de cette espece , ont
trouvé que les liaisons étoient justes , et que l'habile Peintre avoit heureusement rempli ce qu'on
attendoit de lui pour l'effet de cet Ouvrage singulier.
>
M. le Moine , dont nous venons de parler est
le même qui a fait depuis peu le Portrait du Roi
en Buste , d'une ressemblance parfaite , où l'on trouve toutes les finesses de l'Art. Ce Buste doit
servir de modele pour la Statue Equestre en bronze , à laquelle M. le Moine travaille actuellement pour la Ville de Bordeaux. On en voit
avec grand plaisir le modele dans son Attelier au Roule.
avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts ,
nous oblige à ne pas garder le silence sur un Ouvrage public et singulier. On le voit à Paris dans
la Chapelle de la Vierge de l'Eglise Paroissiale
de S. Sauveur , où l'on a fait un heureux alliage
de la Peinture , de la Sculpture et de l'Architecture.
Cette Chapelle est peinte par M. Noël- Nico-
1998 MERCURE DE FRANCE
las Coypel , Peintre ordinaire du Roi , et Adjoint-Professeur en son Académie. L'Architecture de l'Autel est de M. Blondel , Architecte du
Roi , d'un ordre composite. Il est adossé contre
le mur des bas côtez de l'Eglise ; on le découvre
aisément par trois grandes arcades par où l'on
entre dans la Chapelle. Quatre pilliers dans les
encoigneures reçoivent la retombée de quatre
pendentifs qui rachetent le tambour d'une coupole de 22 pieds de diametre.
Le Tableau represente l'Assomption de la sainte Vierge. Elle paroît dans un ravissement de
joye convenable au Sujet ; plusieurs Anges l'en- vironnent dans différentes actions d'admiration
et de respect ; ce morceau comme sujet principal
occupe la partie qui eft précisément au- dessus de
P'Autel , & attire les premiers regards. Plusieurs
Groupes d'Anges , les uns peints , les autres en
sculpture de relief , sont representés dans les
pendentifs et sur le couronnement de l'Autel ;
quelques-uns forment des concerts , et la plus
grande partie pour honorer le Triomphe de la
Vierge , exposent à la vûë l'Arche d'Alliance ' et
ses autres symboles. Toutes ces Peintures et
Sculptures sont au- dessous de la Corniche , c'està- dire , à 19 ou 20 pieds de haut.
Le Plafond represente un Ciel qui s'ouvre pour
recevoir la sainte Vierge , le S. Esprit descend
au devant d'elle , le Pere Eternel est assis , ayant
J. C. à sa droite ; il est environné d'Anges et de
Saints Patriarches , et de quelques Saints du
nouveau Testament , n'y ayant introduit que
ceux qui y étoient placez lorsque la sainte Vierge y fut reçûe.
Cette voûte est presque platte , et n'a que sept
pouces de bombement. Les Sculptures que l'on voit
SEPTEMBR E. 1732. 1999
Voit dans cet Ouvrage sont de M. Jean- Baptiste
le Moine , le fils , Sculpteur de l'Académie Roya
le , qui dans une grande jeunesse a déja tout le
mérite d'un homme consommé dans son Art ,
& qui a sçû traiter sa Sculpture avec toute l'intelligence possible, pour qu'elle se liât avec la Peinture , M. Coypel ne s'étant servi de sculpture que dans les endroits où les saillies de l'Architecture
ne lui permettoient pas d'introduire la Peinture
et en même tems pour lier toute sa composition ;
ensorte que cela pût produire un même tout , et
donner plus de mouvement à tout le Sujet. Les
Curieux qui ont été voir cet Ouvrage , l'unique
que nous ayons en France de cette espece , ont
trouvé que les liaisons étoient justes , et que l'habile Peintre avoit heureusement rempli ce qu'on
attendoit de lui pour l'effet de cet Ouvrage singulier.
>
M. le Moine , dont nous venons de parler est
le même qui a fait depuis peu le Portrait du Roi
en Buste , d'une ressemblance parfaite , où l'on trouve toutes les finesses de l'Art. Ce Buste doit
servir de modele pour la Statue Equestre en bronze , à laquelle M. le Moine travaille actuellement pour la Ville de Bordeaux. On en voit
avec grand plaisir le modele dans son Attelier au Roule.
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Résumé : « L'attention continuelle & particuliere que nous avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts, [...] »
La chapelle de l'église paroissiale de Saint-Sauveur à Paris présente une œuvre publique remarquable combinant peinture, sculpture et architecture. Noël Nicolas Coypel, peintre du roi et adjoint-professeur à l'Académie royale de peinture et de sculpture, a peint la chapelle. L'architecture de l'autel, de style composite, est conçue par Jacques-François Blondel, architecte du roi. L'autel est adossé au mur des bas-côtés de l'église et accessible par trois grandes arcades. Quatre piliers supportent des pendentifs qui soutiennent une coupole de 22 pieds de diamètre. Le tableau principal représente l'Assomption de la Vierge Marie, entourée d'anges en diverses attitudes d'admiration et de respect. Des groupes d'anges, peints et sculptés en relief, sont présents dans les pendentifs et sur le couronnement de l'autel. Le plafond illustre le ciel s'ouvrant pour recevoir la Vierge, avec le Saint-Esprit descendant à sa rencontre, le Père Éternel assis avec Jésus-Christ à sa droite, et des anges ainsi que des saints patriarches et saints du Nouveau Testament. Les sculptures sont réalisées par Jean-Baptiste le Moine, sculpteur de l'Académie royale, qui a su intégrer harmonieusement la sculpture et la peinture. Les visiteurs ont apprécié la justesse des liaisons entre les différents éléments artistiques. Le Moine a également réalisé un buste du roi, servant de modèle pour une statue équestre en bronze pour la ville de Bordeaux, visible dans son atelier au Roule.
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6444
p. 2000-2002
DELIBERATION de l'Académie Royale de la Danse, du 10. Août 1732. pour le maintien de l'ancienne et vraye Choregraphie.
Début :
La perfection que l'on doit chercher dans la pratique des beaux Arts, doit aussi engager [...]
Mots clefs :
Académie royale de la danse, Chorégraphie, Danser, Rameau
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texteReconnaissance textuelle : DELIBERATION de l'Académie Royale de la Danse, du 10. Août 1732. pour le maintien de l'ancienne et vraye Choregraphie.
DELIBERATION de l Académie Royale de Danse , du 10. Août 1731. pour le
maintien de l'ancienne et vraye Choregraphie.
L
A perfection que l'on doit chercher dans la
pratique des beaux Arts , doit aussi engager ne souffrir aucune sorte d'abus ou de relachement dans cette pratique. C'est dans cet esprit que M. Hardouin , habile Maître à Danser de
Paris résident dans la Ville de Caen , s'étant
apperçû qu'un de ses Confreres avoit détruit dans
un Ouvrage de sa façon , la Choregraphie ancienne , en y substituant d'autres caracteres , ce
qui ruine entierement l'art de la Danse dans tous
les Pays où cet usage s'est introduit , il s'est rendu à Paris , et s'est donné tous les soins possibles pour soutenir la perfection de son Art , et
pour prouver son zele à tous ses Confreres qui
pensent comme lui sur ce sujet. Sur quoi l'Aca
démie Royale de Danse a fait un Réglement en
connoissance de cause après une meure déliberation , en vertu duquel on ne distribuera rien à
l'avenir concernant la Danse , qui ne soit conforme à l'ancienne Méthode , et à la Coregraphicde M. Feuillet. La Déliberation est écrite en ces
germes :
Aujourd'hui 10. Août 1732. P'Académie de
Danse s'est assemblée à la réquisition duficur Hardouin , Maitre à Danser de Paris , demeurant à
Caën en Normandie , deputé de la part de tous les
Maîtres à Danser , tant du Royaume que des au
ges Pays, comme étant très-experimenté dans l'Art
de
SEPTEMBRE. 1737. 2001
de la Choregraphie , comme aussi étant le seul qui
reste des Eleves de M. Feuillet , Maitre à Danser
de Paris , et Auteur de la Danse écrite , pour representer à l'Academie.
Que M. Rameau, seul Privilegié du Roi pour
vendre et débiter les danses écrites , a entierement
détruit la Choregraphie ancienne , en y substituant
des Caracteres ausquels il est impossible de rien connoitre , ce qui fait un tort considerable à tous les
Maitres éloignez de Paris , et à tous les amateurs
de la danse; qu'il demandoit à entrer en lice en
notre présence avec le sieur Rameau , pour lui démontrer l'absurdité et la fausseté de son nouveau
système , ne voulant pour preuve que le Livre même
des Principes dudit fieur Rameau ; à quoi ledit sieur
Hardouin a entierement satisfait. Il a prouvé en
pleine Académie que l'ancienne Choregraphie étoit
si conforme à la Musique , que c'est pour ainsi dire,
la Musique même , que toutes ses dérivations étoient
sensibles , que safaçon de tourner étoit tout-à -fait
géometrique, qu'on y remarquoit le vraisemblable à
chaque pas , qu'elle étoitfacile , claire et expressive ,
que tous les Etrangers la sçavent et la suivent >
et que d'ailleurs le Dictionnaire de M. Feuillet est traduit en toutes les Langues.
Surquoi , Nous soussignez , Membres de ladite
Académie de danse , après avoir entendu les raisons
depart & d'autre , nous nous sommes trouvez indispensablement obligez d'accorder audit sieur Hardouin et à tous les intereffez dans sa réquisition , le
rétablissement de l'ancienne Choregraphie ; nous
avons même allegué les raisons qui nous ont déterminez enfaveur dudit sieur Hardouin , aufquelles
Ledit fieur Rameau a volontairement acquiescé, conwenant lui-même de la justesse des reflexions que
dit sieur Hardouin faites sur ses Ouvrages. Et
le.
4.20
2002 MERCURE DE FRANCE
en conséquence de tout ce que dessus , ledit sieur
Rameau nous apromis et est demeuré d'accord qu'à
l'avenir il ne vendra ni distribuera rien concernant
la danse qui ne soit conforme à l'ancienne Méthode.
En foi de quoi nous avons delivré audit fieur
Hardouin la présente Expedition , afin de le mettre en état de certifier à tous les Maîtres à danser et
autres, au nom desquels il a parlé , que l'Académie
a bien voulu avoir égard à leurs remontrances , comme nous ayant paru très -justes et intereffantes.
Nous permettons de plus audit sieur Hardouin
d'éxaminer à l'avenir les Ouvrages dudit sieur Rameau, et de nous adresser ses plaintes en cas qu'il y
trouve quelque chose de non conforme à notre intention et aux promesses dudit sieur Rameau Fait à
Paris , dans notre Académie , et enregistré le 14.
Août 1732. Signé , Balon , Blondy , Lestang
Germain, Malter pere , Javillier , Dangeville ,
Laval, Desmoulins , Malter l'ainé , Syndic , Mal- ter cadet , Desmoulins , et Marcel.
Le parallele qu'on va lire peut trouver ici heureusement sa place , d'autant plus que M. Har douin en est l'Auteur.
maintien de l'ancienne et vraye Choregraphie.
L
A perfection que l'on doit chercher dans la
pratique des beaux Arts , doit aussi engager ne souffrir aucune sorte d'abus ou de relachement dans cette pratique. C'est dans cet esprit que M. Hardouin , habile Maître à Danser de
Paris résident dans la Ville de Caen , s'étant
apperçû qu'un de ses Confreres avoit détruit dans
un Ouvrage de sa façon , la Choregraphie ancienne , en y substituant d'autres caracteres , ce
qui ruine entierement l'art de la Danse dans tous
les Pays où cet usage s'est introduit , il s'est rendu à Paris , et s'est donné tous les soins possibles pour soutenir la perfection de son Art , et
pour prouver son zele à tous ses Confreres qui
pensent comme lui sur ce sujet. Sur quoi l'Aca
démie Royale de Danse a fait un Réglement en
connoissance de cause après une meure déliberation , en vertu duquel on ne distribuera rien à
l'avenir concernant la Danse , qui ne soit conforme à l'ancienne Méthode , et à la Coregraphicde M. Feuillet. La Déliberation est écrite en ces
germes :
Aujourd'hui 10. Août 1732. P'Académie de
Danse s'est assemblée à la réquisition duficur Hardouin , Maitre à Danser de Paris , demeurant à
Caën en Normandie , deputé de la part de tous les
Maîtres à Danser , tant du Royaume que des au
ges Pays, comme étant très-experimenté dans l'Art
de
SEPTEMBRE. 1737. 2001
de la Choregraphie , comme aussi étant le seul qui
reste des Eleves de M. Feuillet , Maitre à Danser
de Paris , et Auteur de la Danse écrite , pour representer à l'Academie.
Que M. Rameau, seul Privilegié du Roi pour
vendre et débiter les danses écrites , a entierement
détruit la Choregraphie ancienne , en y substituant
des Caracteres ausquels il est impossible de rien connoitre , ce qui fait un tort considerable à tous les
Maitres éloignez de Paris , et à tous les amateurs
de la danse; qu'il demandoit à entrer en lice en
notre présence avec le sieur Rameau , pour lui démontrer l'absurdité et la fausseté de son nouveau
système , ne voulant pour preuve que le Livre même
des Principes dudit fieur Rameau ; à quoi ledit sieur
Hardouin a entierement satisfait. Il a prouvé en
pleine Académie que l'ancienne Choregraphie étoit
si conforme à la Musique , que c'est pour ainsi dire,
la Musique même , que toutes ses dérivations étoient
sensibles , que safaçon de tourner étoit tout-à -fait
géometrique, qu'on y remarquoit le vraisemblable à
chaque pas , qu'elle étoitfacile , claire et expressive ,
que tous les Etrangers la sçavent et la suivent >
et que d'ailleurs le Dictionnaire de M. Feuillet est traduit en toutes les Langues.
Surquoi , Nous soussignez , Membres de ladite
Académie de danse , après avoir entendu les raisons
depart & d'autre , nous nous sommes trouvez indispensablement obligez d'accorder audit sieur Hardouin et à tous les intereffez dans sa réquisition , le
rétablissement de l'ancienne Choregraphie ; nous
avons même allegué les raisons qui nous ont déterminez enfaveur dudit sieur Hardouin , aufquelles
Ledit fieur Rameau a volontairement acquiescé, conwenant lui-même de la justesse des reflexions que
dit sieur Hardouin faites sur ses Ouvrages. Et
le.
4.20
2002 MERCURE DE FRANCE
en conséquence de tout ce que dessus , ledit sieur
Rameau nous apromis et est demeuré d'accord qu'à
l'avenir il ne vendra ni distribuera rien concernant
la danse qui ne soit conforme à l'ancienne Méthode.
En foi de quoi nous avons delivré audit fieur
Hardouin la présente Expedition , afin de le mettre en état de certifier à tous les Maîtres à danser et
autres, au nom desquels il a parlé , que l'Académie
a bien voulu avoir égard à leurs remontrances , comme nous ayant paru très -justes et intereffantes.
Nous permettons de plus audit sieur Hardouin
d'éxaminer à l'avenir les Ouvrages dudit sieur Rameau, et de nous adresser ses plaintes en cas qu'il y
trouve quelque chose de non conforme à notre intention et aux promesses dudit sieur Rameau Fait à
Paris , dans notre Académie , et enregistré le 14.
Août 1732. Signé , Balon , Blondy , Lestang
Germain, Malter pere , Javillier , Dangeville ,
Laval, Desmoulins , Malter l'ainé , Syndic , Mal- ter cadet , Desmoulins , et Marcel.
Le parallele qu'on va lire peut trouver ici heureusement sa place , d'autant plus que M. Har douin en est l'Auteur.
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Résumé : DELIBERATION de l'Académie Royale de la Danse, du 10. Août 1732. pour le maintien de l'ancienne et vraye Choregraphie.
En août 1731, l'Académie Royale de Danse a examiné la question du maintien de l'ancienne chorégraphie. M. Hardouin, maître à danser de Paris résidant à Caen, a signalé qu'un confrère avait modifié les caractères de la chorégraphie traditionnelle, compromettant ainsi l'art de la danse. Hardouin s'est déplacé à Paris pour défendre la méthode traditionnelle et a obtenu le soutien de l'Académie. Cette dernière a alors édicté un règlement imposant que toute future publication sur la danse doit respecter l'ancienne méthode et la chorégraphie de M. Feuillet. En septembre 1737, Hardouin a accusé M. Rameau, privilégié du Roi pour vendre des danses écrites, d'avoir détruit la chorégraphie ancienne. Lors d'une confrontation à l'Académie, Hardouin a démontré la supériorité de l'ancienne chorégraphie, soulignant qu'elle est conforme à la musique, géométrique, et suivie par les étrangers. Rameau a finalement accepté de se conformer à l'ancienne méthode. L'Académie a délivré un document à Hardouin pour certifier que ses remontrances étaient justes et pour permettre l'examen futur des ouvrages de Rameau.
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6445
p. 2003-200[4]
Hérissons vivans rendus par une Vache, [titre d'après la table]
Début :
M. le Marquis de Courtenvaux, qu'on ose nommer ici, étant allé à son Régiment il y a [...]
Mots clefs :
Vache, Mettre bas, Serprents, Hérissons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hérissons vivans rendus par une Vache, [titre d'après la table]
M. le Marquis de Courtenvaux , qu'on ose
nommer ici , étant allé à son Régiment il y a
quelques mois , on lui raconta à S. Pourçain , ou
étoit son quartier , un fait arrivé depuis peu , qui
lui parut aussi extraordinaire que singulier le
voici. Une Vache prête à mettre bas son Veau ,
a rendu en même- tems la quantité de deux boisseaux d'Hérissons vivans et deux espéces de
Serpens. Le Marquis de Courtenvaux , qui a raconté ce fait à des personnes de la plus grande
considération , l'apuye d'un certificat dont voici
la teneur.
Je,subdelegué au département de la Ville de Saint
Pourcain , souffigné , certifie que les nommez Guilmins et Mer , Laboureurs d'un Domaine que j'ai
en la Paroisse de Montord , près S. Pourçain , m'ont
dit avoir eu ces jours derniers , dans ledit Domaine
une Vache , laquelle en faisant son Veau a rendus
par la Nature nombre d'Herissons tous vivans , en- viron deux boisseaux , mesure de Paris , avec deux
especes de Serpens d'une demie toise de longueur, qui
étoient enveloppez dans leurs toilles particulieres ;
ee que le nommé Antoine Boudignon , mon valetdomestique m'a aussi assûré avoir vû ; ladite Vache a été très-malade , mais elle se porte beaucoup
mieux et son veau aussi , semblable choſe est arrivée A4-
2001 MERCURE DE FRANCE
autrefois dans ledit Domaine , et arrive assez com- munément dans la Province. Fait audit S. Pourçain
le 6. Juin 1732. Signé , DELACODRE.
Nous soussignez certifions avoir vu plusieurs fois arriver le cas ci- dessus énoncé. Fait à Saint
Pourçain , ce 6. Juin 1732 Signé, DELYONNE ,
Capitaine au Régiment Royal Roussillon CHERIEUX.
nommer ici , étant allé à son Régiment il y a
quelques mois , on lui raconta à S. Pourçain , ou
étoit son quartier , un fait arrivé depuis peu , qui
lui parut aussi extraordinaire que singulier le
voici. Une Vache prête à mettre bas son Veau ,
a rendu en même- tems la quantité de deux boisseaux d'Hérissons vivans et deux espéces de
Serpens. Le Marquis de Courtenvaux , qui a raconté ce fait à des personnes de la plus grande
considération , l'apuye d'un certificat dont voici
la teneur.
Je,subdelegué au département de la Ville de Saint
Pourcain , souffigné , certifie que les nommez Guilmins et Mer , Laboureurs d'un Domaine que j'ai
en la Paroisse de Montord , près S. Pourçain , m'ont
dit avoir eu ces jours derniers , dans ledit Domaine
une Vache , laquelle en faisant son Veau a rendus
par la Nature nombre d'Herissons tous vivans , en- viron deux boisseaux , mesure de Paris , avec deux
especes de Serpens d'une demie toise de longueur, qui
étoient enveloppez dans leurs toilles particulieres ;
ee que le nommé Antoine Boudignon , mon valetdomestique m'a aussi assûré avoir vû ; ladite Vache a été très-malade , mais elle se porte beaucoup
mieux et son veau aussi , semblable choſe est arrivée A4-
2001 MERCURE DE FRANCE
autrefois dans ledit Domaine , et arrive assez com- munément dans la Province. Fait audit S. Pourçain
le 6. Juin 1732. Signé , DELACODRE.
Nous soussignez certifions avoir vu plusieurs fois arriver le cas ci- dessus énoncé. Fait à Saint
Pourçain , ce 6. Juin 1732 Signé, DELYONNE ,
Capitaine au Régiment Royal Roussillon CHERIEUX.
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Résumé : Hérissons vivans rendus par une Vache, [titre d'après la table]
Le Marquis de Courtenvaux a été informé d'un événement inhabituel à Saint-Pourçain, où son régiment était en quartier. Une vache sur le point de mettre bas a expulsé environ deux boisseaux d'hérissons vivants et deux espèces de serpents d'une demi-toise de longueur. Le Marquis a obtenu un certificat du subdélégué de Saint-Pourçain, Delacodre, confirmant que les laboureurs Guilmins et Mer ont témoigné de cet incident. Le valet domestique du subdélégué, Antoine Boudignon, a également attesté avoir vu la vache, qui était malade mais se portait mieux ainsi que son veau. Delacodre a mentionné que des événements similaires se sont produits dans le domaine et sont relativement courants dans la province. Le certificat est daté du 6 juin 1732. De plus, le capitaine Delyonne et le lieutenant Cherieux du Régiment Royal Roussillon ont également certifié avoir observé ce phénomène.
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6446
p. 200[4]
« On a appris de Rome, que le 17 Août, les Pensionnaires du College Clementin célebrerent [...] »
Début :
On a appris de Rome, que le 17 Août, les Pensionnaires du College Clementin célebrerent [...]
Mots clefs :
Rome, Naples, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris de Rome, que le 17 Août, les Pensionnaires du College Clementin célebrerent [...] »
On a appris de Rome , que le 17 Août , les
Pensionnaires du College Clementin céicbrerent
selon l'usage , la Fête de l'Assomption de la Sainte Vierge par plusieurs Poemes et Discours d'Eloquence faits à son honneur , et qui furent récitez par Don Jean- Charles Boschi , Don NicolasAntoine de Genaro , de la Famille des Princes de
S. Martin, et par Don Joseph Spinelli , en présence de 13 Cardinaux et d'un grand nombre de
Prélats.
On a fait à Naples l'ouverture d'un nouveau
College, établi pour apprendre les Langues des
Indes Orientales à de jeunes Ecclésiastiques qu'on
a dessein d'envoyer ensuite en Mission dans les
Indes , afin de les opposer aux progrès que pourroient faire dans le pays les Missionnaires Lutheriens ou Calvinistes que les Anglois et les Danois y envoyent.
On écrit de Londres que la Reine a fait cons- truire une Grotte magnifique à Richmond , ou
elle fera placer les Bustes de feu M. Locke , du Chevalier Isaac Nevvton , de M. Vvolston, Auteur du Livre intitulé : La Religion de Nature
démontrée , et du feu Docteur Clarck.
Pensionnaires du College Clementin céicbrerent
selon l'usage , la Fête de l'Assomption de la Sainte Vierge par plusieurs Poemes et Discours d'Eloquence faits à son honneur , et qui furent récitez par Don Jean- Charles Boschi , Don NicolasAntoine de Genaro , de la Famille des Princes de
S. Martin, et par Don Joseph Spinelli , en présence de 13 Cardinaux et d'un grand nombre de
Prélats.
On a fait à Naples l'ouverture d'un nouveau
College, établi pour apprendre les Langues des
Indes Orientales à de jeunes Ecclésiastiques qu'on
a dessein d'envoyer ensuite en Mission dans les
Indes , afin de les opposer aux progrès que pourroient faire dans le pays les Missionnaires Lutheriens ou Calvinistes que les Anglois et les Danois y envoyent.
On écrit de Londres que la Reine a fait cons- truire une Grotte magnifique à Richmond , ou
elle fera placer les Bustes de feu M. Locke , du Chevalier Isaac Nevvton , de M. Vvolston, Auteur du Livre intitulé : La Religion de Nature
démontrée , et du feu Docteur Clarck.
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Résumé : « On a appris de Rome, que le 17 Août, les Pensionnaires du College Clementin célebrerent [...] »
Le 17 août, les élèves du Collège Clémentin à Rome ont célébré la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge avec des poèmes et des discours. Les orateurs étaient Don Jean-Charles Boschi, Don Nicolas-Antoine de Genaro, de la famille des Princes de Saint-Martin, et Don Joseph Spinelli. La cérémonie s'est déroulée en présence de 13 cardinaux et de nombreux prélats. À Naples, un nouveau collège a été inauguré pour enseigner les langues des Indes orientales à de jeunes ecclésiastiques destinés à des missions dans ces régions. Cette initiative vise à contrer l'influence des missionnaires luthériens ou calvinistes envoyés par les Anglais et les Danois. À Londres, la reine a fait construire une grotte à Richmond, où elle prévoit d'installer les bustes de John Locke, Isaac Newton, John Toland, auteur de 'La Religion de Nature démontrée', et du docteur Samuel Clarke.
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6447
p. 2005
Inscription latine proposée à faire, [titre d'après la table]
Début :
On a recommandé aux Sçavans des deux Colleges d'Eaton et de Westminster, de faire des Inscriptions [...]
Mots clefs :
Eaton, Westminster, Inscriptions latines
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texteReconnaissance textuelle : Inscription latine proposée à faire, [titre d'après la table]
Ona recommandé aux Sçavans des deux Colle
ges d'Eaton et de Westminster, de faire des InsCriptions Latines, convenables à la situation de ce
lieu de Retraite,à la Reine qui l'a fait bâtir, et aux
quatre Philosophes Angiois qu'on vient de nom
mer. Ceux qui réussiront auront une récompen
se , et S. M. les honorera de sa protection.
ges d'Eaton et de Westminster, de faire des InsCriptions Latines, convenables à la situation de ce
lieu de Retraite,à la Reine qui l'a fait bâtir, et aux
quatre Philosophes Angiois qu'on vient de nom
mer. Ceux qui réussiront auront une récompen
se , et S. M. les honorera de sa protection.
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6448
p. 2005
Nouvel Ordre de Chevalerie en Dannemarck, [titre d'après la table]
Début :
On apprend de Copenhague, que le Roy de Dannemarck, à l'occasion de l'anniversaire de [...]
Mots clefs :
Danemark, Ordre de chevalerie
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texteReconnaissance textuelle : Nouvel Ordre de Chevalerie en Dannemarck, [titre d'après la table]
On apprend de Copenhague , que le Roy de
Dannemarck , à l'occasion de l'anniversaire de
son Mariage , qui fut celebré le 7 d'Aoust , a
institué un nouvel Ordre de Chevalerie , en faveur des Seigneurs et Dames de sa Cour, dont la
Reine est la Grande Maîtresse. Les Comtes de
Plessen , de Rosencrantz et de Blohm , Conseillers au Conseil Privé; le Baron de Plessen, Grand
Chambellan ; le Comte de Gramm , Grand Veneur ; les Comtesses de Hardegg, de Witzleben
et de Raaben , et la Baronne de Sohlendahl ont
été honorés de ce nouvel Ordre , qu'on nomme
l'Ordre de la Fidelité. La marque d'honneur est
une Croix coupée , d'or , émaillée de blanc , ate
tachée à un Cordon large , de Soye bleu-turquin ondé,tissu d'argent aux extrémitez , au milieu de cette Croix est d'un côté à droite en
champ de gueule , le Lion du Nord , au dessus
d'un Aigle , et à gauche , un Aigle et le Lion au
dessous ; le tout chargé du Chiffre de L. M. en
champ d'azur.Au revers de la Croix, on lit cette
Légende: Infœlicissima unionis memoriam.
Dannemarck , à l'occasion de l'anniversaire de
son Mariage , qui fut celebré le 7 d'Aoust , a
institué un nouvel Ordre de Chevalerie , en faveur des Seigneurs et Dames de sa Cour, dont la
Reine est la Grande Maîtresse. Les Comtes de
Plessen , de Rosencrantz et de Blohm , Conseillers au Conseil Privé; le Baron de Plessen, Grand
Chambellan ; le Comte de Gramm , Grand Veneur ; les Comtesses de Hardegg, de Witzleben
et de Raaben , et la Baronne de Sohlendahl ont
été honorés de ce nouvel Ordre , qu'on nomme
l'Ordre de la Fidelité. La marque d'honneur est
une Croix coupée , d'or , émaillée de blanc , ate
tachée à un Cordon large , de Soye bleu-turquin ondé,tissu d'argent aux extrémitez , au milieu de cette Croix est d'un côté à droite en
champ de gueule , le Lion du Nord , au dessus
d'un Aigle , et à gauche , un Aigle et le Lion au
dessous ; le tout chargé du Chiffre de L. M. en
champ d'azur.Au revers de la Croix, on lit cette
Légende: Infœlicissima unionis memoriam.
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Résumé : Nouvel Ordre de Chevalerie en Dannemarck, [titre d'après la table]
Le roi de Dannemarck a créé un nouvel Ordre de Chevalerie, l'Ordre de la Fidelité, à l'occasion du 7 août, anniversaire de son mariage. Cet Ordre est destiné aux seigneurs et dames de sa cour, avec la Reine comme Grande Maîtresse. Les premiers récipiendaires incluent les comtes de Plessen, de Rosencrantz et de Blohm, conseillers au Conseil Privé, le baron de Plessen, Grand Chambellan, le comte de Gramm, Grand Veneur, les comtesses de Hardegg, de Witzleben et de Raaben, ainsi que la baronne de Sohlendahl. La marque distinctive de cet Ordre est une Croix coupée d'or émaillée de blanc, attachée à un cordon de soie bleu-turquin ondé, tissé d'argent aux extrémités. La Croix porte, d'un côté, le Lion du Nord au-dessus d'un Aigle, et de l'autre, un Aigle et le Lion au-dessous, tous chargés du chiffre de L. M. en champ d'azur. Au revers de la Croix, on lit la légende 'Infœlicissima unionis memoriam'.
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6449
p. 2005-2006
« On mande de Vienne qu'il y étoit arrivé de Breslaw un Officier Suedois, avec une Hyene. [...] »
Début :
On mande de Vienne qu'il y étoit arrivé de Breslaw un Officier Suedois, avec une Hyene. [...]
Mots clefs :
Hyène, Rennes, Laponie, Daim, Cerf, Joseph de la Fontaine de la Boissière
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texteReconnaissance textuelle : « On mande de Vienne qu'il y étoit arrivé de Breslaw un Officier Suedois, avec une Hyene. [...] »
On mande de Vienne qu'il y étoit arrivé de
Breslaw un Officier Suedois , avec une Hyene ,
et plusieurs Rennes de Laponie , dont le Ray de
Suede fait present à l'Empereur , pour sa Ménagerie, Peu de gens ignorent que la Hyene est un F ani-
1006 MERCURE DE FRANCE
animal dont le corps est aussi grand que celui
d'un Loup , excepté que les jambes ne sont pas si
hautes ; son poil est plus rude , et sa peau mouchetée de diverses couleurs.
La Renne , que quelques- uns appellent Ranne,
et Rangier , est une bête de somme qui ne se trouve et ne peut vivre que dans les Pais froids.
Elle ressemble au Cerf , plus grande toutefois ,
mais moindre que l'Elan , qui est ordinairement
de la taille d'un Cheval. Elle a 3 rangs de Cor
nes,deux sur le devant , et un sur le derriere de la
tête.Chaque rang a deux Perches chevillées sur le
devant, comme celles du Cerf, et quelquefois chacune est de 25 Cors ; et sur le derriere elle porte la figure d'une tête de Daim, avec Cornichons
et Perches plattes et larges . Elle se rend domestique et traitable, et sert aux Lapons à tirer leurs
Traineaux sur la glace , avec une grande vitesse,
jusqu'à faire 30 lieues par jour. Elle leur sert
aussi de nourriture , et c'est leur principale richesse ; mais elle est de courte vie , et ne passe
pas quinze ans.
Le R. P. Joseph de la Fontaine de la Boissiere,
Prêtre de l'Oratoire , mourut le 18 Aoust , dans
la Maison de la rue S. Honoré , âgé d'environ
84 ans. Il s'étoit acquis la réputation d'un celebre Prédicateur. Ses Sermons et ses Panégyriques ont été imprimez en 6 vol. in 12. et se
trouvent chez Henri , rue S. Jacques , vis- à- vis
' S. Yves
Breslaw un Officier Suedois , avec une Hyene ,
et plusieurs Rennes de Laponie , dont le Ray de
Suede fait present à l'Empereur , pour sa Ménagerie, Peu de gens ignorent que la Hyene est un F ani-
1006 MERCURE DE FRANCE
animal dont le corps est aussi grand que celui
d'un Loup , excepté que les jambes ne sont pas si
hautes ; son poil est plus rude , et sa peau mouchetée de diverses couleurs.
La Renne , que quelques- uns appellent Ranne,
et Rangier , est une bête de somme qui ne se trouve et ne peut vivre que dans les Pais froids.
Elle ressemble au Cerf , plus grande toutefois ,
mais moindre que l'Elan , qui est ordinairement
de la taille d'un Cheval. Elle a 3 rangs de Cor
nes,deux sur le devant , et un sur le derriere de la
tête.Chaque rang a deux Perches chevillées sur le
devant, comme celles du Cerf, et quelquefois chacune est de 25 Cors ; et sur le derriere elle porte la figure d'une tête de Daim, avec Cornichons
et Perches plattes et larges . Elle se rend domestique et traitable, et sert aux Lapons à tirer leurs
Traineaux sur la glace , avec une grande vitesse,
jusqu'à faire 30 lieues par jour. Elle leur sert
aussi de nourriture , et c'est leur principale richesse ; mais elle est de courte vie , et ne passe
pas quinze ans.
Le R. P. Joseph de la Fontaine de la Boissiere,
Prêtre de l'Oratoire , mourut le 18 Aoust , dans
la Maison de la rue S. Honoré , âgé d'environ
84 ans. Il s'étoit acquis la réputation d'un celebre Prédicateur. Ses Sermons et ses Panégyriques ont été imprimez en 6 vol. in 12. et se
trouvent chez Henri , rue S. Jacques , vis- à- vis
' S. Yves
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Résumé : « On mande de Vienne qu'il y étoit arrivé de Breslaw un Officier Suedois, avec une Hyene. [...] »
Un officier suédois est arrivé à Vienne avec une hyène et des rennes de Laponie, offerts par le roi de Suède à l'empereur pour sa ménagerie. La hyène est décrite comme un animal de la taille d'un loup, avec un poil rude et une peau mouchetée. Le renne, ou rangifer, est une bête de somme adaptée aux climats froids, ressemblant au cerf mais plus grand, avec trois rangs de cornes. Les Lapons domestiquent les rennes pour tirer leurs traîneaux sur la glace et comme source de nourriture. Leur espérance de vie ne dépasse pas quinze ans. Par ailleurs, le Père Joseph de la Fontaine de la Boissière, célèbre prédicateur de l'Oratoire, est décédé le 18 août à l'âge d'environ 84 ans. Ses sermons et panégyriques ont été publiés en six volumes.
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6450
p. 2006-2007
Avis qu'on nous prie d'inserer.
Début :
M. Chicoyneau, premier Médecin du Roy, sur la connoissance qu'il a des bons effets de la Poudre [...]
Mots clefs :
Médecin du roi, Chicoyneau, Poudre spécifique, Guérison, Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis qu'on nous prie d'inserer.
Avis qu'on nous prie d'inserer.
M. Chicoyneau , premier Médecin du Roy,su
la connoissance qu'il a des bons effets de la Poudre
dre Spécifique , pour la guérison radicale des
Hémoroides , de quelque nature qu'elles soient ,
a confirmé le Privilege accordé par M. Chirac ,
son Prédecesseur.
Cette Poudre purifie le sang , appaise les inflammations , gonflemens et douleurs , ordinairement en à 6 prises ; facilite les Selles et les
Urines , n'a point de mauvais goût , et ne fait
aucune révolution. On peut vivre à son ordinai- re , vaquer à ses affaires , elle se conserve , et on
peut l'envoyer par tout,
Ilfaut s'addresser à Paris , au sieur de la Coste,
rue du Petit-Lyon , Fauxbourg S. Germain , chez
Mad. Frontier. Il donne les Frises cachetées , avec
un Paraphe et la maniere de les prendre. Il est le´
seul qui en a la distribusion. 3 liv. la Prise.
M. Chicoyneau , premier Médecin du Roy,su
la connoissance qu'il a des bons effets de la Poudre
dre Spécifique , pour la guérison radicale des
Hémoroides , de quelque nature qu'elles soient ,
a confirmé le Privilege accordé par M. Chirac ,
son Prédecesseur.
Cette Poudre purifie le sang , appaise les inflammations , gonflemens et douleurs , ordinairement en à 6 prises ; facilite les Selles et les
Urines , n'a point de mauvais goût , et ne fait
aucune révolution. On peut vivre à son ordinai- re , vaquer à ses affaires , elle se conserve , et on
peut l'envoyer par tout,
Ilfaut s'addresser à Paris , au sieur de la Coste,
rue du Petit-Lyon , Fauxbourg S. Germain , chez
Mad. Frontier. Il donne les Frises cachetées , avec
un Paraphe et la maniere de les prendre. Il est le´
seul qui en a la distribusion. 3 liv. la Prise.
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Résumé : Avis qu'on nous prie d'inserer.
M. Chicoyneau, Médecin du Roi, confirme l'efficacité de la Poudre Spécifique pour traiter les hémorroïdes. Elle purifie le sang, apaise les inflammations et facilite les selles et les urines. Six prises suffisent. La poudre est disponible à Paris chez le sieur de la Coste, rue du Petit-Lyon, Faubourg Saint-Germain, chez Madame Frontier. Prix : trois livres la prise.
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