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1
p. 1211-1212
TURQUIE, ET PERSE.
Début :
La Paix entre le G.S. et le Roy de Perse [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Sérail
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE, ET PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES.
LA
TURQUIE, ET PERSE.
A Paix entre le G.S.et le Roy de Perse ayant
été ratifiée , les Turcs ont évacué les Places
rendues aux Persans , qui commencent a jouir, de
cette précieuse tranquillité que la révolution et
les troubles avoient bannie de ce Puissant Royaume,où toutes les Manufactures d'Etoffes de Soye se rétablissent.
On mande de Constantinople qu'il y étoit ar rivé au mois de Mars dernier , un Navire Anglois richement chargé , dont le Capitaine avoit donné une féte à l'Ambassadeur du Roy d'Angleterre ; que cette Ambassadeur sortant vers les dix heures du soir de ce Vaisseau , pour retourher à son Hôtel, le Capitaine l'avoit imprudem- ment fait saluer de 15 coups de Canon; que cette
Salve faite contre les anciennes deffenses , vers la
pointe du Sérail , y avoit porté l'épouvente , et
qu'on l'avoit prise pourle signal d'une nouvelle
Révolte dans la Ville ; que le Gr. Viz.et les principaux Officiers du Sérail étoient monté d'abord
à cheval pour faire mettre les Troupes sous les
Armes; mais qu'ayant appris que tout étoit tranquille , il étoit revenu rendre compte au G. S.
de ce que les Officiers du Port lui avoient rap- L. Vol. porté
1212 MERCURE DE FRANCE
porté , que le lendemain ce premier Ministre avoit mandé l'Ambassadeur d'Angleterre; mais
que sans lui donner Audience , il avoit déclaré à
un Drogman de la Nation Angloise , que le
Lord Kinnoul ne seroit plus regardé comme
Ambassadeur.
LA
TURQUIE, ET PERSE.
A Paix entre le G.S.et le Roy de Perse ayant
été ratifiée , les Turcs ont évacué les Places
rendues aux Persans , qui commencent a jouir, de
cette précieuse tranquillité que la révolution et
les troubles avoient bannie de ce Puissant Royaume,où toutes les Manufactures d'Etoffes de Soye se rétablissent.
On mande de Constantinople qu'il y étoit ar rivé au mois de Mars dernier , un Navire Anglois richement chargé , dont le Capitaine avoit donné une féte à l'Ambassadeur du Roy d'Angleterre ; que cette Ambassadeur sortant vers les dix heures du soir de ce Vaisseau , pour retourher à son Hôtel, le Capitaine l'avoit imprudem- ment fait saluer de 15 coups de Canon; que cette
Salve faite contre les anciennes deffenses , vers la
pointe du Sérail , y avoit porté l'épouvente , et
qu'on l'avoit prise pourle signal d'une nouvelle
Révolte dans la Ville ; que le Gr. Viz.et les principaux Officiers du Sérail étoient monté d'abord
à cheval pour faire mettre les Troupes sous les
Armes; mais qu'ayant appris que tout étoit tranquille , il étoit revenu rendre compte au G. S.
de ce que les Officiers du Port lui avoient rap- L. Vol. porté
1212 MERCURE DE FRANCE
porté , que le lendemain ce premier Ministre avoit mandé l'Ambassadeur d'Angleterre; mais
que sans lui donner Audience , il avoit déclaré à
un Drogman de la Nation Angloise , que le
Lord Kinnoul ne seroit plus regardé comme
Ambassadeur.
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Résumé : TURQUIE, ET PERSE.
Le texte décrit deux événements impliquant la Turquie et la Perse. Premièrement, la paix entre le Grand Sultan et le roi de Perse a été confirmée. Les Turcs ont quitté les territoires restitués aux Persans, permettant au royaume perse de retrouver la tranquillité après les troubles révolutionnaires. Les manufactures de tissus de soie persanes commencent à se rétablir. Deuxièmement, à Constantinople, un navire anglais a provoqué un incident diplomatique en mars. Le capitaine du navire a salué l'ambassadeur d'Angleterre avec 15 coups de canon, semant la panique près du Sérail. Le Grand Vizir et les officiers du Sérail ont mobilisé les troupes, mais la situation s'est apaisée après qu'ils ont compris l'origine de la salve. Le lendemain, le Grand Vizir a convoqué l'ambassadeur d'Angleterre et a annoncé via un drogman que Lord Kinnoul ne serait plus reconnu comme ambassadeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1212-1222
LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
Début :
La Victoire complete que les Turcs remporterent au mois de [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Constantinople, Pacha , Tauris, Achmet, Empire, Sultan, Chah, Thamas
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
ETTRE écrite de Constantinople , le
6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite
des nouvelles de Turquie et de Perse.
LA
A Victoire complete que les Turcs rempor
terent au mois de Septembre dernier devant
Amadan , sur l'armée Persanne , où Chah- Tahmas étoit en personne , et la prise de cette Place
et de plusieurs autres, qui furent autant de suites
glorieuses de cette Victoire , avoient si considérablement diminué les forces de ce Prince , que
voulant prévenir la perte totale de ses Etats, dont
il étoit menacé, s'il continuoit la Guerre , il résolut de faire des tentatives auprès de ses Ennemispour en obtenir la paix. Il y eut d'abord des
propositions d'accommodement faites de sa part ,
a Achmet Pacha , Séraskier ou General de l'Armée Othomane , et Gouverneur de Babilonne
qui donnerent lieu le 20 Novembre suivant , à la
tenue d'un Conseil general , à la Porte , où l'on
examina plusieurs Lettres , qu'un Courier de ce
Pacha avoit apportées la veille. Il marquoit par
la sienne au G. V. que Chah - Tahmas lui avoit
écrit et envoyé l'Itimadil-deulet , c'est- à- dire ,
son premier Ministre , pour entrer en négociation,
Cette Lettre et trois autres du Roy de Perse ,
dont elle étoit accompagnée, l'une pour le G.S.
1. Vol. dans
JUIN. 1732. 1213
s laquelle Chah- Tahmas lui demandoit la
avec instance ; l'autre pour le G. V. et la
siéme pour Achmet Pacha ; ayant été lûës
présence de tous les gens,de Loy , des Chefs ,
Milices et des principaux Ministres ; et les
litions que ce Prince y proposoit , ayant été ées de toute l'assemblée , on convint unaement de les accepter ; et le Sultan, par l'avis
Mufti , dépêcha , en conséquence , un de ses aiers Officiers , avec des plein- pouvoirs pour
met Pacha , qui le rendoit le maître abde régler la paix , de la maniere qu'il le ju- it à propos ; lui faisant seulement observer
comme Chah-Tahmas n'avoit pas toujours
Fort religieux à exécuter les promesses qu'il
tcy devant faites à la Porte , il convenoit
conservât assez de Troupes sur les Frontiepour faire tête aux Persans , en cas de beCette précaution étoit d'autant plus raison-
, qu'on assure que Chah- Tahmas même,
la Lettre qu'il avoit écrite à Achmet Pacha,
conseilloit de la prendre , parce que ne se
ant pas assez-bien affermi sur le Thrône , il
gnoit de ne pouvoir pas également contenir
les Seigneurs Persans , dont il prévoyoit quelques- uns seroient capables de continuer hostilitez sans son consentement , et malgré
ordres les plus positifs.
ette résolution de la Porte s'étant divulguée,
indit une joïe universelle dans le public , er
cun se persuada , parce qu'il le souhaitoit ,
dès- lors on alloit mettre les Armes bas de
et d'autre. Cependant le 22 Decembre , au
nd étonnement du peuple , on entendit tirer
la pointe du jour le Canon du Sérail , ce qui
repeté à midi , l'après-dîné , et les deux jours
I. Vol. sui-
1214 MERCURE DE FRANCE
*suivans, aux mêmes heures, et l'on apprit qu'Ali
Pacha , Seraskier de la seconde Armée Turque ,
s'étoit emparé de l'importante Place de Tauris et
de tout son district. Un surcroît de Conquêtes si considérables mettant les affaires des Ottomans
en beaucoup meilleure situation qu'elles n'étoient
quand Chah Tahmas fit ses propositions de Paix , lé G. S. se crut en droit de ne la faire
qu'à des conditions plus avantageuses ; et se re- pentit d'avoir donné des pouvoirs trop étendus à
Achmet-Pacha , à la sollicitation du Mufti.
-
Sa Hautesse dépêcha aussi-tôt un Courrier à
ce Gouverneur , par lequel elle lui mandoit de
se prévaloir des nouveaux succès qu'avoient eu
ses Armes, et sur tout de ne se point relâcher
sur la possession des Province et Ville de Tauris , dans le Traité auquel il travailloit avec le
Roy de Perse ; mais le 7 du mois passé il arriva
deux Courriers , l'un de cette place , et l'autre de
Babilonne. Par celui- ci, Achmet- Pacha apprenoit,
qu'il ne pouvoit plus se flatter de conclure la
Paix , à moins que Tauris et ses dépendances ne fussent restituées aux Persans ; et par l'autre, AliPacha marquoit que si l'on rendoit Tauris à
Chah-Tahmas , il étoit à craindre , malgré le consentement qu'y donneroient les Officiers de
l'Armée , que la Soldatesque ne se portât à quel- que mutinerie.
Des circonstances si opposées , jetterent la
Porte dans un grand embarras. Le Sultan fit
convoquer sur le champ un Conseil general devant lui; et quand il fut assemblé , le G. V. pour
sonder les esprits , après avoir discuté la situation des affaires en Perse , demanda s'il falloit
faire la paix, ou non. Tous les avis se réunirent
d'abord pour l'affirmative ; mais quand il vint
I. Vol.
à
JUI N. 1732 1215
l'exposition des articles, dont le principal étoit la restitution de Tauris , chacun garda un profond silence ; ce que voyant le G. S. il dit aux
assistans , qu'il leur donnoitdeux jours pour refléchir murement sur une affaire de si grande
conséquence , et leur ordonna de venir ensuite
lui communiqner ce qu'ils en penseroient, en toute liberté.
Le 9 , le Conseil s'étant rassemblé , et la matiere ayant été de nouveau agitée , l'avis le plus
general fut , qu'il ne falloit faire la Paix qu'à
Gondition que Tauris resteroit à l'Empire Othoman , et que si Chah- Tahmas s'obstinoit à en
exiger la restitution , il valloit mieux continuer
la Guerre. Quoique ce ne fut pas le sentiment du G. V. il eut ordre de faire de nouveaux préparatifs de Guerre, et le G.S. dépêcha son ( a)Bach- Chokadar au Pacha de Babilonne , et un Offi
cier de confiance àAli- Pacha. Ces deux hommes,
sur les lumieres et la fidelité desquels le Sultan
se reposoit , furent expressément chargez de s'in- former avec soin du véritable état où étoient
les Armées Turques et Persannes , et de prendre
une connoissance exacte de toutes choses , parce
que Sa Hautesse avoit conçu de violens soup
gons contre Achmet Pacha , et qu'elle appréhendoit , comme on le lui avoit déja insinué , que ce Séraskier ne se fut laissé séduire par les présens
de Chah-Tahmas. En effet, ces soupçons paroissoient d'autant mieux fondez , qu'Achmet Pacha dans toutes les Lettres qui avoient précédé sa
derniere , bien loin de parler de rendre Tauris
aux Persans , avoit toujours mandé au contraire ,
qu'ils en passeroient par tout ce qu'on voudroit
( a )Maitre de la Garderobe.
1. Vol. exiger H
1216 MERCURE DE FRANCE
exiger d'eux ; et ce qui fit depuis encore présmer qu'il pouvoit y avoir quelque chose d'équivoque dans la négociation de ce Pacha, c'est que 23 de ce même mois un de ses Officiers arriva
à Constantinople avec la nouvelle que la Paix
étoit faite , et qu'il étoit convenu avec ChahTahmas de lui ceder les Ville et Province de
Tauris.
le
Le lendemain le Mufti Pasmadgi- Zadé, ressentit le premier effet que produisit certe nouvelles le G. S. piqué d'avoir , à sa persuasion ,
donné au Pacha de Babilonne des pleins pouvoirs
pour conclure et signer la Paix , le déposa et l'éxila (d'abord à Synope , Ville et Port de la Mer
noire ; ensuite ayant témoigné qu'il souhaiteroit .
de faire le pelerinage de la Mecque , Sa Hautesse y consentit , et lui fit pourtant donner un
Chiaoux pour le garder et le conduire jusqu'en Egypte ; mais cette nouveautéa yant blessé la délicatesse des Gens de Loy , ils intercederent si
puissamment en sa faveur auprês du G. V. que ce Ministre oubliant tous les sujets de mécontentemens que Pasmadgi- Zadé lui avoit donnez, lui.
ôta ce Garde, et le laissa librement partir avec son
Harem, ou maison de ses Femmes , et tous ses effets. On dit qu'il doit passer quelque temps à
la Mecque , et de là venir demeurer à Damas
dont il sera fait Moullah ou Juge en Chefpour
le reste de ses jours. Il est peu regrété , parce
que Damad- Zadé , ancien Cadilesker , qui l'a
remplacé, a toutes les qualitez qu'il faut pour s'attirer le respect , l'estime et l'amour du Public,
Le 25 , tous les Gens de Loy , et principaux
Seigneurs de l'Empire s'assemblerent à la Porte
shez le G. V, et allerent ensuite avec le nouI.Vol. Yeau
JUIN. 1732. 1217
reau Moufti chez le G. S. ou le Conseil se tint.
Après qu'on y eut fait lecture du Traité fait par
Achmet Pacha, plusieurs des premiers de l'assemblée suppliérent Sa Hautesse de vouloir bien
le ratifier , et sur tout Issac-Effendi , Cadiles ker
ou Juge suprême d'Asie , qui redoublant ses Ins
tances , representa avec force au Sultan , que s'il
désavoüoit un Traité qui n'avoit été conclu
qu'en vertu des pleins pouvoirs dont il avoit honoré le Pacha de Babilonne , on n'auroit plus de
foy à sa parole Imperiale ; et que d'ailleurs ,
tout bien considéré, une Paix solide avec la Perse,
après une Guerre si longue et si onéreuse, étoit
préférable à l'acquisition de cent Villes comme Tauris.
à sa
Le G. S. répondit que la ratification du Traité dont il s'agissoit , ne pressoit point encore
qu'il n'y avoit que peu de jours qu'il avoit dépêché son Bach- Chokadar à Achmet Pacha
pour lui signifier qu'il ne consentiroit jamais
faire la Paix qu'à condition que Tauris et ses dépendances resteroient à la Porte ; qu'après une
déclaration si précise , il ne convenoit pas
dignité de changer si-tôt de sentiment, et qu'il
êtoit dans celui d'attendre le retour des deux personnes qu'il avoit envoyées en Perse , avant que
de prendre , à cet égard , une résolution définitive. Cette réponse judicieuse, ayant fait impres- sion sur toute l'assemblée , personne n'insista
plus , et l'on se sépara sans rien conclure.
Le 1 Mars , le G. S. qui vouloit , à ce qu'on
présume , conférer avec le Mufti , sur le désordre arrivé la veille , lui envoya son premier
Asseki , et lui fit dire , avec une bonté qui fait
autant d'honneur à Sa Hautesse , qu'à ce venerable vieillard , qu'ayant à l'entretenir , et voulant
I. Vol.
Hij lui
1248 MERCURE DE FRANCE
lui épargner la peine de venir jusqu'au Serail , id
avoit fait la moitié du chemin , et qu'il le prioit
de vouloir bien se rendre à Aina , Serrail ou Serail des Miroirs , où il l'attendoit. Le Sultan fit
ordonner en même- temps au G. V. de convoquer pour le lendemain à la Porte les Officiers
les plus considerables des Troupes , et les Gens
de Loy , dont la capacité est le plus en réputation , pour former un grand Conseil en sa pré- sence , au sujet des affaires de Perse , et des Lertres qui venoient d'arriver de ce païs- là.
Cette Assemblée s'étant faite chez le G.V.après
la priere du midy , il s'y tint une courte confe-
'Lence , ensuite de laquelle on se rendit chez le
Sultan , où le Conseil dura deux heures. Voici
quel en fut le résultat : Une partie des Conseillers considerant les dommages infinis que la continuation de la Guerre pourroit apporter à l'Empire , opina qu'on ne pouvoit la terminer trop
tôt , et que sans s'opiniâtrer à vouloir conserver
tous les Païs conquis,il falloit approuver le Trai
té passé par Achmet Pacha , en y inserant les
dernieres conditions proposées par Chah - Tahmas ; le reste des Assistans soutint au contraire ,
qu'il falloit absolument rejetter l'article de la
restitution de Tauris , &c. parce que la possession de cette conquête renfermoit en quelque fa
çon de seul avantage de conséquence , qui put un
peu dedommager la Nation de tout ce qu'il lui
en avoit coûté , et justifier aux yeux de l'Univers la longue Guerre qu'elle avoit faite aux
chacun se fixant ainsi à son Persans: Si-bien que
opinion , l'Assemblée se séparoit déja sans être
convenue de rien , lorsque le G. V. s'approcha
du Sultan , et lui dit , que son zele pour les interêts de l'Empire; et en particulier pour celui
de I. Vol.
JUIN. 1732. 1219
de Sa Hautesse , ne lui permettoit pas de lui rient
déguiser de ce qu'il sçavoit,et de ce qu'il pensois
dans une conjoncture aussi délicate , que celle de faire la Paix , ou de continuer la Guerre ; que l'Asie étoit entierément ruinée que sans faire
mention de la quantité de Troupes qui péris
soient en Perse par la famine , et par les mala
dies , aucune des conquêtes qu'on y avoit faites , ne pouvoit produire un revenu suffisant à l'entretien des Garnisons qu'on seroit obligé d'y mertre ; qu'il étoit sorti du Tresor un argent im- mense en pure perte , la Porte n'en ayant retiré
aucun fruit ; qu'outre que par les raisons qu'il
venoit d'exposer , il n'y avoit point de meilleur parti à prendre que celui de confirmer la Paix faite par le Pacha de Babilonne , l'honneur et la
religion de Sa Hautesse y étoient particuliere- ment engagées , puisque ce Gouverneur n'avoit
agi qu'en consequence des pouvoirs sans limites ,
qu'elle lui avoit envoyez ; qu'enfin pour achever
de vaincre la répugnance qui paroissoit que Sa Hautesse avoit de ratifier ce Traité ; il la supplioit de considerer , que sur ce que les Troupes Othomanes n'avoient pas voulu évacuer Tauris
Ali Pacha marquoit par ses dernieres Lettres que Chah Tahmas offroit de payer â la Porte des
sommes considerables , pourvû qu'on lui rendic cette Place demantelée , avec ses dependances , et
que cette espece de tribut auquel ce Prince se sou- mettoit de lui-même , seroit aussi honorable et
plus utile à l'Empire, que la stérile gloire de pos- seder des Païs ruinez , dont on ne se priveroit
qu'en faveur d'une Paix qui étoit devenuë absolument necessaire par toute sorte d'endroits. Le G. S. touché de ce discours , fit rappeller
l'Aga des Janissaires , qui avoit déja quitté le
L. Vol. H iij Con-
1220 MERCURE DE FRANCE
Conseil , ainsi que plusieurs autres , er luj, dit
que voulant bien déferer au sentiment du Visir
il falloit qu'il fit partir le ( a) Tourmadgi-Bashi , pour aller joindre Achmet Pacha , et qu'il
dépêcha aussi un autre Officier de son Corps.
vers Ali-Pacha , qu'ils n'avoient qu'à venir pren
dre ses ordres qu'on alloit leur expedier.
Ces ordres , à ce qu'on rapporte , contenoient
en substance , que plusieurs Conseils ayant été
tenus en presence de Sa Hautesse , au sujet du
Traité conclu depuis peu entre Achmet- Pacha et le Roy de Perse , elle n'avoit pas d'abord voulu consentir à ce que Tauris et ses dépendances
fussent remises à ce Prince ; mais qu'à la priere
de tous les Grands de son Empire , et par complaisance pour ses peuples , qui désiroient la Paix,
elle se déterminoit enfin à se relâcher des droits
que lui donnoient ses Armes victorieuses ; c
qu'ainsi à l'arrivée de ses Commandemens , ong
eu à les faire lire en public , et à se mettre en
état d'y obéir , en retirant de la place de Tauris
et de son district toute l'Artillerie , et generalement toutes les Munitions , et tous les effets appartenans aux Garnisons , qui après la démolition de la Citadele de Tauris , sortiront de cette
Ville , et se retireront à Erivan jusqu'à nouvel
ordre , enjoignant à Achmet- Pacha de faire escorter ces Garnisons , afin qu'elles ne puissent
être insultées , ni souffrir aucun dommage sur
leur route de la part des Persans.
Le G. V. Topal Osman Pacha fût déposé
avant hier matin , 12 Mars , malgré tout son mé
(a ) C'est un des principaux Officiers des Janis
saires , qui est d'ailleurs comme le grand Vencur du Sultan.
I. Vol.
rite
JUIN. 1732, 1221
rite , et envoyé sur le champ à Cadi-Quevi, on
à Calcedoine , d'où il partit hier en poste avec
peu de monde, pourse rendre à Trebizonde, dont on lui a donné le Gouvernement ; le reste de ses
Gens s'est embarqué avec tous ses effets , pour
Faller joindre. On ne sçait pas bien encore la cause de sa disgrace , ni qui sera son Successeur,
En attendant Ali- Pacha Tetferdar, ou grand Tresorier , a été nommé Vekil , ou Délegué , pour
faire les fonctions de Grand Visir.
Quelques affaires de commerce ayant retardé
le départ du Bâtiment qui doit porter cette Lettre , je profite de cette prolongation ; pour ajoû
ter , aujourd'hui 14 Mars , encore quelques faits,
qui seront une nouvelle preuve de mon exacti- tude.
Le 3 Octobre , le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut sa premiere Audience du nouveau G. S. où les choses se passerent à l'ordinaire. Le 17 S. E. porta au G. V. les Lettres du Roy pour le Sultan et pour son Premier Ministre , à l'occasion de l'avenement de
S. Hautesse à l'Empire.
Le 21. le Commandement Imperial fut déli
vré , portant la permission de rebâtir les Monasteres et les Maisons des Religieux de Galata , qui
avoient été détruites par l'Incendie du 21. Juil- let ; non seulement ces Maisons sont solidement
rebâties et occupées à present , mais encore presque toutes celles des Particuliers que cet embra sement avoit consumées.
Le 30. Novembre, Chahim Mehemet , Capitan
Pacha , qui avoit été cy-devant Jannissaire- Aga,
et ensuite avoit fait les fonctions de G. V. par
interim, pendant 12..jours , depuis la déposition.
d'Ibrahim-Pacha , jusqu'à l'installation de Topal VI. Vol. Hiiij Osman
1222 MERCURE DE FRANCE
Osman Pacha , fut déposé et envoyé Pacha à la Cavée..
Le 31 Marabou Capitan , Capitaine du Port
de Constantinople , qui avoit fait les fonctions
de Capitan- Pacha depuis la déposition de Cháhim-Mehemet, fut élevé à cette dignité.
D'autres Lettres confirment la déposition du
G. V. et que le G. S..l'avoit fait conduire à Salonique , par un Détachement de Spahis , et que le Tetferdar de la Cour avoit été nommé pour
exercer cette Charge importante jusqu'à l'arrivée
du Bacha de Babylone , à qui elle est destinée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit encore quel
ques Assemblées tumultueuses dans differens
quartiers de Constantinople, et qu'il y avoit beaucoup de mécontens dans l'Armée de Perse , qui
se plaignoient hautement de ce qu'on avoit promis de rendre la Ville de Tauris au Roy de Perse ;
que le Pacha qui y commande , avoit déclaré qu'il
n'en sortiroit qu'en vertu d'un ordre signé de la
main du G. S. et que S. H. avoit dû assembler
le grand Divan deux ou trois jours après le départ du Courier , pour déliberer sur les moyens
d'achever de rétablir la tranquillité dans l'interieur
de l'Empire.
On inande en dernier lieu de Constantinople
qu'on y avoit découvert une conspiration contre
le G. S. qu'on vouloit déposer pour mettre sur le
Trône le Sultan son oncle qui fut déposé l'année
derniere, et que S. H avoit fait punir de mort les
principaux Conjurez. On ajoute que le dernier
G. Visir déposé avoit été fait Pacha de Widin ,
et que le Pacha de Babylone , nommé pour le
remplacer , et qu'on attend incessamment , étoit fort aimé de la Milice et du Peuple.
6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite
des nouvelles de Turquie et de Perse.
LA
A Victoire complete que les Turcs rempor
terent au mois de Septembre dernier devant
Amadan , sur l'armée Persanne , où Chah- Tahmas étoit en personne , et la prise de cette Place
et de plusieurs autres, qui furent autant de suites
glorieuses de cette Victoire , avoient si considérablement diminué les forces de ce Prince , que
voulant prévenir la perte totale de ses Etats, dont
il étoit menacé, s'il continuoit la Guerre , il résolut de faire des tentatives auprès de ses Ennemispour en obtenir la paix. Il y eut d'abord des
propositions d'accommodement faites de sa part ,
a Achmet Pacha , Séraskier ou General de l'Armée Othomane , et Gouverneur de Babilonne
qui donnerent lieu le 20 Novembre suivant , à la
tenue d'un Conseil general , à la Porte , où l'on
examina plusieurs Lettres , qu'un Courier de ce
Pacha avoit apportées la veille. Il marquoit par
la sienne au G. V. que Chah - Tahmas lui avoit
écrit et envoyé l'Itimadil-deulet , c'est- à- dire ,
son premier Ministre , pour entrer en négociation,
Cette Lettre et trois autres du Roy de Perse ,
dont elle étoit accompagnée, l'une pour le G.S.
1. Vol. dans
JUIN. 1732. 1213
s laquelle Chah- Tahmas lui demandoit la
avec instance ; l'autre pour le G. V. et la
siéme pour Achmet Pacha ; ayant été lûës
présence de tous les gens,de Loy , des Chefs ,
Milices et des principaux Ministres ; et les
litions que ce Prince y proposoit , ayant été ées de toute l'assemblée , on convint unaement de les accepter ; et le Sultan, par l'avis
Mufti , dépêcha , en conséquence , un de ses aiers Officiers , avec des plein- pouvoirs pour
met Pacha , qui le rendoit le maître abde régler la paix , de la maniere qu'il le ju- it à propos ; lui faisant seulement observer
comme Chah-Tahmas n'avoit pas toujours
Fort religieux à exécuter les promesses qu'il
tcy devant faites à la Porte , il convenoit
conservât assez de Troupes sur les Frontiepour faire tête aux Persans , en cas de beCette précaution étoit d'autant plus raison-
, qu'on assure que Chah- Tahmas même,
la Lettre qu'il avoit écrite à Achmet Pacha,
conseilloit de la prendre , parce que ne se
ant pas assez-bien affermi sur le Thrône , il
gnoit de ne pouvoir pas également contenir
les Seigneurs Persans , dont il prévoyoit quelques- uns seroient capables de continuer hostilitez sans son consentement , et malgré
ordres les plus positifs.
ette résolution de la Porte s'étant divulguée,
indit une joïe universelle dans le public , er
cun se persuada , parce qu'il le souhaitoit ,
dès- lors on alloit mettre les Armes bas de
et d'autre. Cependant le 22 Decembre , au
nd étonnement du peuple , on entendit tirer
la pointe du jour le Canon du Sérail , ce qui
repeté à midi , l'après-dîné , et les deux jours
I. Vol. sui-
1214 MERCURE DE FRANCE
*suivans, aux mêmes heures, et l'on apprit qu'Ali
Pacha , Seraskier de la seconde Armée Turque ,
s'étoit emparé de l'importante Place de Tauris et
de tout son district. Un surcroît de Conquêtes si considérables mettant les affaires des Ottomans
en beaucoup meilleure situation qu'elles n'étoient
quand Chah Tahmas fit ses propositions de Paix , lé G. S. se crut en droit de ne la faire
qu'à des conditions plus avantageuses ; et se re- pentit d'avoir donné des pouvoirs trop étendus à
Achmet-Pacha , à la sollicitation du Mufti.
-
Sa Hautesse dépêcha aussi-tôt un Courrier à
ce Gouverneur , par lequel elle lui mandoit de
se prévaloir des nouveaux succès qu'avoient eu
ses Armes, et sur tout de ne se point relâcher
sur la possession des Province et Ville de Tauris , dans le Traité auquel il travailloit avec le
Roy de Perse ; mais le 7 du mois passé il arriva
deux Courriers , l'un de cette place , et l'autre de
Babilonne. Par celui- ci, Achmet- Pacha apprenoit,
qu'il ne pouvoit plus se flatter de conclure la
Paix , à moins que Tauris et ses dépendances ne fussent restituées aux Persans ; et par l'autre, AliPacha marquoit que si l'on rendoit Tauris à
Chah-Tahmas , il étoit à craindre , malgré le consentement qu'y donneroient les Officiers de
l'Armée , que la Soldatesque ne se portât à quel- que mutinerie.
Des circonstances si opposées , jetterent la
Porte dans un grand embarras. Le Sultan fit
convoquer sur le champ un Conseil general devant lui; et quand il fut assemblé , le G. V. pour
sonder les esprits , après avoir discuté la situation des affaires en Perse , demanda s'il falloit
faire la paix, ou non. Tous les avis se réunirent
d'abord pour l'affirmative ; mais quand il vint
I. Vol.
à
JUI N. 1732 1215
l'exposition des articles, dont le principal étoit la restitution de Tauris , chacun garda un profond silence ; ce que voyant le G. S. il dit aux
assistans , qu'il leur donnoitdeux jours pour refléchir murement sur une affaire de si grande
conséquence , et leur ordonna de venir ensuite
lui communiqner ce qu'ils en penseroient, en toute liberté.
Le 9 , le Conseil s'étant rassemblé , et la matiere ayant été de nouveau agitée , l'avis le plus
general fut , qu'il ne falloit faire la Paix qu'à
Gondition que Tauris resteroit à l'Empire Othoman , et que si Chah- Tahmas s'obstinoit à en
exiger la restitution , il valloit mieux continuer
la Guerre. Quoique ce ne fut pas le sentiment du G. V. il eut ordre de faire de nouveaux préparatifs de Guerre, et le G.S. dépêcha son ( a)Bach- Chokadar au Pacha de Babilonne , et un Offi
cier de confiance àAli- Pacha. Ces deux hommes,
sur les lumieres et la fidelité desquels le Sultan
se reposoit , furent expressément chargez de s'in- former avec soin du véritable état où étoient
les Armées Turques et Persannes , et de prendre
une connoissance exacte de toutes choses , parce
que Sa Hautesse avoit conçu de violens soup
gons contre Achmet Pacha , et qu'elle appréhendoit , comme on le lui avoit déja insinué , que ce Séraskier ne se fut laissé séduire par les présens
de Chah-Tahmas. En effet, ces soupçons paroissoient d'autant mieux fondez , qu'Achmet Pacha dans toutes les Lettres qui avoient précédé sa
derniere , bien loin de parler de rendre Tauris
aux Persans , avoit toujours mandé au contraire ,
qu'ils en passeroient par tout ce qu'on voudroit
( a )Maitre de la Garderobe.
1. Vol. exiger H
1216 MERCURE DE FRANCE
exiger d'eux ; et ce qui fit depuis encore présmer qu'il pouvoit y avoir quelque chose d'équivoque dans la négociation de ce Pacha, c'est que 23 de ce même mois un de ses Officiers arriva
à Constantinople avec la nouvelle que la Paix
étoit faite , et qu'il étoit convenu avec ChahTahmas de lui ceder les Ville et Province de
Tauris.
le
Le lendemain le Mufti Pasmadgi- Zadé, ressentit le premier effet que produisit certe nouvelles le G. S. piqué d'avoir , à sa persuasion ,
donné au Pacha de Babilonne des pleins pouvoirs
pour conclure et signer la Paix , le déposa et l'éxila (d'abord à Synope , Ville et Port de la Mer
noire ; ensuite ayant témoigné qu'il souhaiteroit .
de faire le pelerinage de la Mecque , Sa Hautesse y consentit , et lui fit pourtant donner un
Chiaoux pour le garder et le conduire jusqu'en Egypte ; mais cette nouveautéa yant blessé la délicatesse des Gens de Loy , ils intercederent si
puissamment en sa faveur auprês du G. V. que ce Ministre oubliant tous les sujets de mécontentemens que Pasmadgi- Zadé lui avoit donnez, lui.
ôta ce Garde, et le laissa librement partir avec son
Harem, ou maison de ses Femmes , et tous ses effets. On dit qu'il doit passer quelque temps à
la Mecque , et de là venir demeurer à Damas
dont il sera fait Moullah ou Juge en Chefpour
le reste de ses jours. Il est peu regrété , parce
que Damad- Zadé , ancien Cadilesker , qui l'a
remplacé, a toutes les qualitez qu'il faut pour s'attirer le respect , l'estime et l'amour du Public,
Le 25 , tous les Gens de Loy , et principaux
Seigneurs de l'Empire s'assemblerent à la Porte
shez le G. V, et allerent ensuite avec le nouI.Vol. Yeau
JUIN. 1732. 1217
reau Moufti chez le G. S. ou le Conseil se tint.
Après qu'on y eut fait lecture du Traité fait par
Achmet Pacha, plusieurs des premiers de l'assemblée suppliérent Sa Hautesse de vouloir bien
le ratifier , et sur tout Issac-Effendi , Cadiles ker
ou Juge suprême d'Asie , qui redoublant ses Ins
tances , representa avec force au Sultan , que s'il
désavoüoit un Traité qui n'avoit été conclu
qu'en vertu des pleins pouvoirs dont il avoit honoré le Pacha de Babilonne , on n'auroit plus de
foy à sa parole Imperiale ; et que d'ailleurs ,
tout bien considéré, une Paix solide avec la Perse,
après une Guerre si longue et si onéreuse, étoit
préférable à l'acquisition de cent Villes comme Tauris.
à sa
Le G. S. répondit que la ratification du Traité dont il s'agissoit , ne pressoit point encore
qu'il n'y avoit que peu de jours qu'il avoit dépêché son Bach- Chokadar à Achmet Pacha
pour lui signifier qu'il ne consentiroit jamais
faire la Paix qu'à condition que Tauris et ses dépendances resteroient à la Porte ; qu'après une
déclaration si précise , il ne convenoit pas
dignité de changer si-tôt de sentiment, et qu'il
êtoit dans celui d'attendre le retour des deux personnes qu'il avoit envoyées en Perse , avant que
de prendre , à cet égard , une résolution définitive. Cette réponse judicieuse, ayant fait impres- sion sur toute l'assemblée , personne n'insista
plus , et l'on se sépara sans rien conclure.
Le 1 Mars , le G. S. qui vouloit , à ce qu'on
présume , conférer avec le Mufti , sur le désordre arrivé la veille , lui envoya son premier
Asseki , et lui fit dire , avec une bonté qui fait
autant d'honneur à Sa Hautesse , qu'à ce venerable vieillard , qu'ayant à l'entretenir , et voulant
I. Vol.
Hij lui
1248 MERCURE DE FRANCE
lui épargner la peine de venir jusqu'au Serail , id
avoit fait la moitié du chemin , et qu'il le prioit
de vouloir bien se rendre à Aina , Serrail ou Serail des Miroirs , où il l'attendoit. Le Sultan fit
ordonner en même- temps au G. V. de convoquer pour le lendemain à la Porte les Officiers
les plus considerables des Troupes , et les Gens
de Loy , dont la capacité est le plus en réputation , pour former un grand Conseil en sa pré- sence , au sujet des affaires de Perse , et des Lertres qui venoient d'arriver de ce païs- là.
Cette Assemblée s'étant faite chez le G.V.après
la priere du midy , il s'y tint une courte confe-
'Lence , ensuite de laquelle on se rendit chez le
Sultan , où le Conseil dura deux heures. Voici
quel en fut le résultat : Une partie des Conseillers considerant les dommages infinis que la continuation de la Guerre pourroit apporter à l'Empire , opina qu'on ne pouvoit la terminer trop
tôt , et que sans s'opiniâtrer à vouloir conserver
tous les Païs conquis,il falloit approuver le Trai
té passé par Achmet Pacha , en y inserant les
dernieres conditions proposées par Chah - Tahmas ; le reste des Assistans soutint au contraire ,
qu'il falloit absolument rejetter l'article de la
restitution de Tauris , &c. parce que la possession de cette conquête renfermoit en quelque fa
çon de seul avantage de conséquence , qui put un
peu dedommager la Nation de tout ce qu'il lui
en avoit coûté , et justifier aux yeux de l'Univers la longue Guerre qu'elle avoit faite aux
chacun se fixant ainsi à son Persans: Si-bien que
opinion , l'Assemblée se séparoit déja sans être
convenue de rien , lorsque le G. V. s'approcha
du Sultan , et lui dit , que son zele pour les interêts de l'Empire; et en particulier pour celui
de I. Vol.
JUIN. 1732. 1219
de Sa Hautesse , ne lui permettoit pas de lui rient
déguiser de ce qu'il sçavoit,et de ce qu'il pensois
dans une conjoncture aussi délicate , que celle de faire la Paix , ou de continuer la Guerre ; que l'Asie étoit entierément ruinée que sans faire
mention de la quantité de Troupes qui péris
soient en Perse par la famine , et par les mala
dies , aucune des conquêtes qu'on y avoit faites , ne pouvoit produire un revenu suffisant à l'entretien des Garnisons qu'on seroit obligé d'y mertre ; qu'il étoit sorti du Tresor un argent im- mense en pure perte , la Porte n'en ayant retiré
aucun fruit ; qu'outre que par les raisons qu'il
venoit d'exposer , il n'y avoit point de meilleur parti à prendre que celui de confirmer la Paix faite par le Pacha de Babilonne , l'honneur et la
religion de Sa Hautesse y étoient particuliere- ment engagées , puisque ce Gouverneur n'avoit
agi qu'en consequence des pouvoirs sans limites ,
qu'elle lui avoit envoyez ; qu'enfin pour achever
de vaincre la répugnance qui paroissoit que Sa Hautesse avoit de ratifier ce Traité ; il la supplioit de considerer , que sur ce que les Troupes Othomanes n'avoient pas voulu évacuer Tauris
Ali Pacha marquoit par ses dernieres Lettres que Chah Tahmas offroit de payer â la Porte des
sommes considerables , pourvû qu'on lui rendic cette Place demantelée , avec ses dependances , et
que cette espece de tribut auquel ce Prince se sou- mettoit de lui-même , seroit aussi honorable et
plus utile à l'Empire, que la stérile gloire de pos- seder des Païs ruinez , dont on ne se priveroit
qu'en faveur d'une Paix qui étoit devenuë absolument necessaire par toute sorte d'endroits. Le G. S. touché de ce discours , fit rappeller
l'Aga des Janissaires , qui avoit déja quitté le
L. Vol. H iij Con-
1220 MERCURE DE FRANCE
Conseil , ainsi que plusieurs autres , er luj, dit
que voulant bien déferer au sentiment du Visir
il falloit qu'il fit partir le ( a) Tourmadgi-Bashi , pour aller joindre Achmet Pacha , et qu'il
dépêcha aussi un autre Officier de son Corps.
vers Ali-Pacha , qu'ils n'avoient qu'à venir pren
dre ses ordres qu'on alloit leur expedier.
Ces ordres , à ce qu'on rapporte , contenoient
en substance , que plusieurs Conseils ayant été
tenus en presence de Sa Hautesse , au sujet du
Traité conclu depuis peu entre Achmet- Pacha et le Roy de Perse , elle n'avoit pas d'abord voulu consentir à ce que Tauris et ses dépendances
fussent remises à ce Prince ; mais qu'à la priere
de tous les Grands de son Empire , et par complaisance pour ses peuples , qui désiroient la Paix,
elle se déterminoit enfin à se relâcher des droits
que lui donnoient ses Armes victorieuses ; c
qu'ainsi à l'arrivée de ses Commandemens , ong
eu à les faire lire en public , et à se mettre en
état d'y obéir , en retirant de la place de Tauris
et de son district toute l'Artillerie , et generalement toutes les Munitions , et tous les effets appartenans aux Garnisons , qui après la démolition de la Citadele de Tauris , sortiront de cette
Ville , et se retireront à Erivan jusqu'à nouvel
ordre , enjoignant à Achmet- Pacha de faire escorter ces Garnisons , afin qu'elles ne puissent
être insultées , ni souffrir aucun dommage sur
leur route de la part des Persans.
Le G. V. Topal Osman Pacha fût déposé
avant hier matin , 12 Mars , malgré tout son mé
(a ) C'est un des principaux Officiers des Janis
saires , qui est d'ailleurs comme le grand Vencur du Sultan.
I. Vol.
rite
JUIN. 1732, 1221
rite , et envoyé sur le champ à Cadi-Quevi, on
à Calcedoine , d'où il partit hier en poste avec
peu de monde, pourse rendre à Trebizonde, dont on lui a donné le Gouvernement ; le reste de ses
Gens s'est embarqué avec tous ses effets , pour
Faller joindre. On ne sçait pas bien encore la cause de sa disgrace , ni qui sera son Successeur,
En attendant Ali- Pacha Tetferdar, ou grand Tresorier , a été nommé Vekil , ou Délegué , pour
faire les fonctions de Grand Visir.
Quelques affaires de commerce ayant retardé
le départ du Bâtiment qui doit porter cette Lettre , je profite de cette prolongation ; pour ajoû
ter , aujourd'hui 14 Mars , encore quelques faits,
qui seront une nouvelle preuve de mon exacti- tude.
Le 3 Octobre , le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut sa premiere Audience du nouveau G. S. où les choses se passerent à l'ordinaire. Le 17 S. E. porta au G. V. les Lettres du Roy pour le Sultan et pour son Premier Ministre , à l'occasion de l'avenement de
S. Hautesse à l'Empire.
Le 21. le Commandement Imperial fut déli
vré , portant la permission de rebâtir les Monasteres et les Maisons des Religieux de Galata , qui
avoient été détruites par l'Incendie du 21. Juil- let ; non seulement ces Maisons sont solidement
rebâties et occupées à present , mais encore presque toutes celles des Particuliers que cet embra sement avoit consumées.
Le 30. Novembre, Chahim Mehemet , Capitan
Pacha , qui avoit été cy-devant Jannissaire- Aga,
et ensuite avoit fait les fonctions de G. V. par
interim, pendant 12..jours , depuis la déposition.
d'Ibrahim-Pacha , jusqu'à l'installation de Topal VI. Vol. Hiiij Osman
1222 MERCURE DE FRANCE
Osman Pacha , fut déposé et envoyé Pacha à la Cavée..
Le 31 Marabou Capitan , Capitaine du Port
de Constantinople , qui avoit fait les fonctions
de Capitan- Pacha depuis la déposition de Cháhim-Mehemet, fut élevé à cette dignité.
D'autres Lettres confirment la déposition du
G. V. et que le G. S..l'avoit fait conduire à Salonique , par un Détachement de Spahis , et que le Tetferdar de la Cour avoit été nommé pour
exercer cette Charge importante jusqu'à l'arrivée
du Bacha de Babylone , à qui elle est destinée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit encore quel
ques Assemblées tumultueuses dans differens
quartiers de Constantinople, et qu'il y avoit beaucoup de mécontens dans l'Armée de Perse , qui
se plaignoient hautement de ce qu'on avoit promis de rendre la Ville de Tauris au Roy de Perse ;
que le Pacha qui y commande , avoit déclaré qu'il
n'en sortiroit qu'en vertu d'un ordre signé de la
main du G. S. et que S. H. avoit dû assembler
le grand Divan deux ou trois jours après le départ du Courier , pour déliberer sur les moyens
d'achever de rétablir la tranquillité dans l'interieur
de l'Empire.
On inande en dernier lieu de Constantinople
qu'on y avoit découvert une conspiration contre
le G. S. qu'on vouloit déposer pour mettre sur le
Trône le Sultan son oncle qui fut déposé l'année
derniere, et que S. H avoit fait punir de mort les
principaux Conjurez. On ajoute que le dernier
G. Visir déposé avoit été fait Pacha de Widin ,
et que le Pacha de Babylone , nommé pour le
remplacer , et qu'on attend incessamment , étoit fort aimé de la Milice et du Peuple.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
En mars 1732, une lettre de Constantinople relate les événements en Turquie et en Perse. En septembre 1731, les Ottomans ont remporté une victoire décisive à Amadan contre les Perses, où le Chah Tahmas était présent. Cette victoire a permis la prise de plusieurs places fortes, affaiblissant les forces persanes. Pour éviter la perte totale de ses États, le Chah Tahmas a tenté de négocier la paix avec les Ottomans. Le 20 novembre, un conseil général à la Porte a examiné les propositions de paix du Chah, transmises par Achmet Pacha, le général de l'armée ottomane. Le Sultan a envoyé un officier avec des pleins pouvoirs pour négocier la paix, tout en maintenant des troupes aux frontières. Le 22 décembre, la prise de Tauris par Ali Pacha a renforcé la position ottomane, permettant au Sultan de durcir ses conditions de paix. Cependant, des courriers ont rapporté que la paix ne pouvait être conclue sans la restitution de Tauris aux Perses, plongeant la Porte dans l'embarras. Un conseil général a été convoqué et il a été décidé de continuer la guerre si Tauris n'était pas restitué. Le Sultan a envoyé des émissaires pour évaluer la situation des armées et les intentions d'Achmet Pacha, suspecté de trahison. Le 25 mars, une assemblée a demandé la ratification du traité de paix conclu par Achmet Pacha, mais le Sultan a préféré attendre le retour des émissaires. Le 1er mars, un grand conseil a discuté des affaires persanes. Les avis étaient partagés entre la nécessité de terminer la guerre et la volonté de conserver Tauris. Le Grand Vizir a convaincu le Sultan de ratifier le traité de paix, soulignant les ruines économiques et humaines causées par la guerre et l'honneur engagé par les pleins pouvoirs donnés à Achmet Pacha. Le texte mentionne également des troubles et des mécontentements dans l'armée perse et à Constantinople, ainsi qu'une conspiration contre le Grand Sultan, réprimée. Topal Osman Pacha, Grand Vizir, a été déposé le 12 mars et envoyé à Trebizonde. Ali-Pacha Tetferdar a été nommé Délegué pour exercer les fonctions de Grand Vizir en attendant un successeur. Le Marquis de Villeneuve, ambassadeur de France, a eu une audience avec le nouveau Grand Sultan le 3 octobre. Diverses décisions administratives ont été prises, comme la reconstruction des monastères à Galata et la déposition de Chahim Mehemet, ancien Capitain Pacha.
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3
p. 1223-1224
RUSSIE.
Début :
La Czarine a abandonné à la Duchesse de Meckelbourg sa [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine a abandonné à la Duchesse de
Meckelbourg sa sœur, la pension qui lui a été constituée sur le Duché de Curlande pour son
douaire et les autres droits qu'elle peut avoir sur
ce Duché.
S. M. Cz. a fait choisir dans ses Régimens.
d'Infanterie 30. Soldats des plus grands et des
mieux faits , pour envoyer au Roy de Prusse ,
qui les lui avoit demandés pour ses grands Gre nadiers.
Il a été résolu dans le dernier Conseil de
guerre , d'entretenir 4000. hommes dans les Provinces cedées par la Couronne de Suede , y
compris les Troupes qui sont en quartier dans la
Curlande , et qui resteront malgré les représen
rations du Roy et de la République de Pologne..
Le nouveau Serment qu'on fait prêter dans les
Provinces , par rapport aux dispositions secrettes.
de la Czarine , pour la succession au Trône , cause
bien des mécontentemens , et on a envoyé ordie aux Commandans et aux Gouverneurs de faire
arrêter tous ceux qui refuseront d'obéir, de quelque
rang et de quelque condition qu'ils puissent être..
On ne parle plus du Traité particulier de Com
merce qu'on disoit avoir été signé avec le Roy de Perse , mais on a sçû que ce Prince avoit faite
assurer tous les Marchands Moscovites qui sont
dans ses Etats , qu'il confirmeroit les Privileges.
que Roy son pere leur avoit accordez ; qu'om ne leveroit dorénavant sur leurs Marchandises
que les anciens droits d'Entrée et de sortie , et
qu'il avoit fait choix d'un des principaux Offi ciers de sa Cour, pour l'envoyer en Ambassade:
le.
I.. Vol Hy Come
1224 MERCURE DE FRANCE
complimenter la Czarine sur son avenement au Trône.
Les Ambassadeurs de la Chine qu'on attendoit
depuis long-temps , arriverent à Petersbourg le
5. de May. Le 7 ils y firent leur Entrée publique
et le 8. ils eurent leur premiere Audience publique de S. M. Cz.
A Czarine a abandonné à la Duchesse de
Meckelbourg sa sœur, la pension qui lui a été constituée sur le Duché de Curlande pour son
douaire et les autres droits qu'elle peut avoir sur
ce Duché.
S. M. Cz. a fait choisir dans ses Régimens.
d'Infanterie 30. Soldats des plus grands et des
mieux faits , pour envoyer au Roy de Prusse ,
qui les lui avoit demandés pour ses grands Gre nadiers.
Il a été résolu dans le dernier Conseil de
guerre , d'entretenir 4000. hommes dans les Provinces cedées par la Couronne de Suede , y
compris les Troupes qui sont en quartier dans la
Curlande , et qui resteront malgré les représen
rations du Roy et de la République de Pologne..
Le nouveau Serment qu'on fait prêter dans les
Provinces , par rapport aux dispositions secrettes.
de la Czarine , pour la succession au Trône , cause
bien des mécontentemens , et on a envoyé ordie aux Commandans et aux Gouverneurs de faire
arrêter tous ceux qui refuseront d'obéir, de quelque
rang et de quelque condition qu'ils puissent être..
On ne parle plus du Traité particulier de Com
merce qu'on disoit avoir été signé avec le Roy de Perse , mais on a sçû que ce Prince avoit faite
assurer tous les Marchands Moscovites qui sont
dans ses Etats , qu'il confirmeroit les Privileges.
que Roy son pere leur avoit accordez ; qu'om ne leveroit dorénavant sur leurs Marchandises
que les anciens droits d'Entrée et de sortie , et
qu'il avoit fait choix d'un des principaux Offi ciers de sa Cour, pour l'envoyer en Ambassade:
le.
I.. Vol Hy Come
1224 MERCURE DE FRANCE
complimenter la Czarine sur son avenement au Trône.
Les Ambassadeurs de la Chine qu'on attendoit
depuis long-temps , arriverent à Petersbourg le
5. de May. Le 7 ils y firent leur Entrée publique
et le 8. ils eurent leur premiere Audience publique de S. M. Cz.
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Résumé : RUSSIE.
Le texte relate plusieurs événements politiques en Russie. La Czarine a cédé à la Duchesse de Meckelbourg, sa sœur, la pension et les droits sur le Duché de Curlande. Le roi de Prusse a reçu 30 soldats russes pour ses grenadiers. Un conseil de guerre a décidé de maintenir 4 000 hommes dans les provinces cédées par la Couronne de Suède, malgré les objections du roi de Pologne. Un nouveau serment, lié aux dispositions secrètes de la Czarine pour la succession au trône, a provoqué des mécontentements et des arrestations. Un traité de commerce avec le roi de Perse n'est plus mentionné, mais ce dernier a assuré la protection des marchands russes et confirmé leurs privilèges. Un officier persan a été choisi pour une ambassade en Russie. Le roi de Volhy Come a envoyé des compliments à la Czarine pour son avènement. Les ambassadeurs de la Chine, attendus depuis longtemps, sont arrivés à Petersbourg le 5 mai et ont eu leur première audience publique avec la Czarine le 8 mai.
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4
p. 1224
DE POLOGNE.
Début :
Les Lettres de Mittau portent que le bruit y couroit [...]
Mots clefs :
Pologne, Princesse grosse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
Es Lettres de Mittau portent que le bruit y
LEScouroit que la Princesse Epouse du Duc Fer- dinand de Curlande , étoit grosse , mais que le
Prince son Epoux ne l'avoit pas encore déclaré
publiquement..
Il y a eu une émotion populaire à Bichow , à
l'occasion d'une Eglise des Grecs , dont les Catholiques de cette Ville se sont emparez. Les deux
partis ayant pris les armes , il y a eu plusieurs .
personnes de tuées de part et d'autre..
Le Roy a fait dresser un compte exact de tou
tes les sommes qu'il a tirées des Etats d'Allemagne pour les besoins de ce Royaume , ce qui fait croire que S. M. s'est proposée d'en demander le
remboursement à la République..
OFF
Es Lettres de Mittau portent que le bruit y
LEScouroit que la Princesse Epouse du Duc Fer- dinand de Curlande , étoit grosse , mais que le
Prince son Epoux ne l'avoit pas encore déclaré
publiquement..
Il y a eu une émotion populaire à Bichow , à
l'occasion d'une Eglise des Grecs , dont les Catholiques de cette Ville se sont emparez. Les deux
partis ayant pris les armes , il y a eu plusieurs .
personnes de tuées de part et d'autre..
Le Roy a fait dresser un compte exact de tou
tes les sommes qu'il a tirées des Etats d'Allemagne pour les besoins de ce Royaume , ce qui fait croire que S. M. s'est proposée d'en demander le
remboursement à la République..
OFF
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Résumé : DE POLOGNE.
En Pologne, des rumeurs évoquent la grossesse de la Princesse de Curlande. À Bichow, des violences ont éclaté entre catholiques et grecs orthodoxes pour une église, causant plusieurs morts. Le Roi a dressé un inventaire des sommes levées en Allemagne pour le Royaume, envisageant un remboursement par la République.
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5
p. 1224-1226
ALLEMAGNE.
Début :
On assure que les Concurrens pour l'Evêché et Electorat [...]
Mots clefs :
Allemagne, Mayence, Empereur, Impératrice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Nassure que les Concurrens l'Evêché pour et Electorat de Mayence sont , l'Electeur de
Treves , l'Evêque de Wurtzbourg et de Bamberg
son neveu , et le Comte de Brettenach , Chanoine de Mayence, Cette Election est fixée au 9. du mois de Juin.
On écrit de Belgrade , que M. de la Torre ,
Evêque de cette Ville , avoit pris possession le- I. Vol. premier
JUIN. 7732 1225
premier May de cet Evêché nouvellement érigé: qu'il avoit celebré la Messe dans la nouvelle
Eglise Cathédrale , et que sa reception s'étoit faite au bruit d'une salve generale de l'Artillerie et
d'une décharge de la Mousqueterie des Régimens
de Marulli et de Ligneville.
Le Duc de Lorraine , qui prêta Serment le 22 .
de May, entre les mains de l'Empereur , en qualité de Viceroy d'Hongrie et des autres Provinces qui en relevent, ayant pris congé de L.M.Imp.
partit le 28. au matin pour aller faire sa priere à
l'Eglise de Marienzell en Stirie , d'où il se rendra
au neuf Schomborn , Terre qui appartient à l'Evêque de Ramberg er de Wurtzbourg ; et après
y avoir passé quelques jours , il ira a Presbourg
prendre possession de sa Viceroyauté.
Le Comte de Corsinski , Chambellan de l'Empereur et Premier Conseiller de la Cour de Bo--
heme , a été nommé pour assister en qualité de Commissaire de l'Empereur à l'Election de l'Evêque de Breslaw , qui doit se faire le 14. de
Juin. Celle de l'Evêque de Worms est fixée au 18. du même mois.
L'Imperatrice Amélie ayant prié l'Empereurde la dispenser d'accepter la Régence de la Ville
de Vienne , que S. M. Im. lui avoit offerte pen dant son absence , l'Empereur l'a donnée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine sa sœur , et il a
nommé le Cardinal Archevêque de Vienne et le
Comte de Kevenbuller , pour l'aider de leurs conseils.
*
On mande de Dusseldorp , que tous les Com
mandeurs qui ont voix déliberative dans le Chapitre de l'Ordre Teutonique , avoient été invitez
à se rendre incessamment à Mergeinthem pours assister à l'Election d'un Grand-Maître de cer
1 Vol Hv Ordre
1226 MERCURE DE FRANCE
Ordre, et que les Maisons de Baviere et Palatine
agissoient de concert pour faire élire le Prince Théodore de Baviere.
L'Empereur et l'Imperatrice partirent le 274 May, vers les 5. heures du matin du Château de
Laxembourg , pour se rendre aux Bains de Carelsbadt : L. M. Imp. dînerent à Hollabrun , et coucherent à Pulcaw : le 28. elles dînèrent à
Frotting et coucherent à Zlabrig , le 29 elles coucherent à Tabor , et arriverent le 30. à Prague , où elles ont passé trois jours ; ensuite elles:
ont continué leur voyage pour Carelsbadt , où,
après avoir séjourné 15. jours , elles reviendront
à Prague , d'où l'on croit qu'elles se rendront à
Lintz, pour y recevoir l'hommage de l'Archidu ché d'Autriche.
Un Courier arrivé de Gennes , a apporté à
Vienne la nouvelle de l'entiere réduction des Rebelles de l'Ile de Corse.
Les dernieres Lettres reçûës de Constantinople,
portent que M. Dahlman , Résident de l'Empe
reur , y avoir eu une Audience du Tetferdar , qui exerce la Charge de G. V. jusqu'à l'arrivée du
Pacha de Babylone , que ce Premier Ministre l'avoit assuré que Sa Hautesse persistoit toûjours dans la résolution de vivre en bonne intelligence
avec S. M. Im. et qu'elle avoit donné ordre à un
de ses Ecuyers de faire conduire à Vienne les qua
tre plus beaux Chevaux de son Ecurie , pour en
faire présent à l'Empereur. On a appris depuis,
qu'en vertu des ordres du G. S. le Gouverneur de
Nizza avoit fait couper la tête au Consul Turc
parti de Vienne depuis quelques mois,
Nassure que les Concurrens l'Evêché pour et Electorat de Mayence sont , l'Electeur de
Treves , l'Evêque de Wurtzbourg et de Bamberg
son neveu , et le Comte de Brettenach , Chanoine de Mayence, Cette Election est fixée au 9. du mois de Juin.
On écrit de Belgrade , que M. de la Torre ,
Evêque de cette Ville , avoit pris possession le- I. Vol. premier
JUIN. 7732 1225
premier May de cet Evêché nouvellement érigé: qu'il avoit celebré la Messe dans la nouvelle
Eglise Cathédrale , et que sa reception s'étoit faite au bruit d'une salve generale de l'Artillerie et
d'une décharge de la Mousqueterie des Régimens
de Marulli et de Ligneville.
Le Duc de Lorraine , qui prêta Serment le 22 .
de May, entre les mains de l'Empereur , en qualité de Viceroy d'Hongrie et des autres Provinces qui en relevent, ayant pris congé de L.M.Imp.
partit le 28. au matin pour aller faire sa priere à
l'Eglise de Marienzell en Stirie , d'où il se rendra
au neuf Schomborn , Terre qui appartient à l'Evêque de Ramberg er de Wurtzbourg ; et après
y avoir passé quelques jours , il ira a Presbourg
prendre possession de sa Viceroyauté.
Le Comte de Corsinski , Chambellan de l'Empereur et Premier Conseiller de la Cour de Bo--
heme , a été nommé pour assister en qualité de Commissaire de l'Empereur à l'Election de l'Evêque de Breslaw , qui doit se faire le 14. de
Juin. Celle de l'Evêque de Worms est fixée au 18. du même mois.
L'Imperatrice Amélie ayant prié l'Empereurde la dispenser d'accepter la Régence de la Ville
de Vienne , que S. M. Im. lui avoit offerte pen dant son absence , l'Empereur l'a donnée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine sa sœur , et il a
nommé le Cardinal Archevêque de Vienne et le
Comte de Kevenbuller , pour l'aider de leurs conseils.
*
On mande de Dusseldorp , que tous les Com
mandeurs qui ont voix déliberative dans le Chapitre de l'Ordre Teutonique , avoient été invitez
à se rendre incessamment à Mergeinthem pours assister à l'Election d'un Grand-Maître de cer
1 Vol Hv Ordre
1226 MERCURE DE FRANCE
Ordre, et que les Maisons de Baviere et Palatine
agissoient de concert pour faire élire le Prince Théodore de Baviere.
L'Empereur et l'Imperatrice partirent le 274 May, vers les 5. heures du matin du Château de
Laxembourg , pour se rendre aux Bains de Carelsbadt : L. M. Imp. dînerent à Hollabrun , et coucherent à Pulcaw : le 28. elles dînèrent à
Frotting et coucherent à Zlabrig , le 29 elles coucherent à Tabor , et arriverent le 30. à Prague , où elles ont passé trois jours ; ensuite elles:
ont continué leur voyage pour Carelsbadt , où,
après avoir séjourné 15. jours , elles reviendront
à Prague , d'où l'on croit qu'elles se rendront à
Lintz, pour y recevoir l'hommage de l'Archidu ché d'Autriche.
Un Courier arrivé de Gennes , a apporté à
Vienne la nouvelle de l'entiere réduction des Rebelles de l'Ile de Corse.
Les dernieres Lettres reçûës de Constantinople,
portent que M. Dahlman , Résident de l'Empe
reur , y avoir eu une Audience du Tetferdar , qui exerce la Charge de G. V. jusqu'à l'arrivée du
Pacha de Babylone , que ce Premier Ministre l'avoit assuré que Sa Hautesse persistoit toûjours dans la résolution de vivre en bonne intelligence
avec S. M. Im. et qu'elle avoit donné ordre à un
de ses Ecuyers de faire conduire à Vienne les qua
tre plus beaux Chevaux de son Ecurie , pour en
faire présent à l'Empereur. On a appris depuis,
qu'en vertu des ordres du G. S. le Gouverneur de
Nizza avoit fait couper la tête au Consul Turc
parti de Vienne depuis quelques mois,
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate divers événements politiques et religieux en Allemagne et dans les territoires voisins. À Mayence, l'élection de l'Évêque et Électeur est prévue pour le 9 juin, avec plusieurs concurrents, dont l'Électeur de Trèves et les évêques de Wurtzbourg et de Bamberg. À Belgrade, M. de la Torre a pris possession de l'Évêché le 1er mai. Le Duc de Lorraine, après avoir prêté serment comme Viceroy d'Hongrie le 22 mai, se rendra à Presbourg pour prendre possession de sa viceroyauté. Le Comte de Corsinski est nommé commissaire impérial pour l'élection de l'Évêque de Breslau le 14 juin, et celle de l'Évêque de Worms est fixée au 18 juin. L'Imperatrice Amélie a décliné la Régence de Vienne, attribuée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine. L'Empereur et l'Imperatrice ont quitté le Château de Luxembourg le 27 mai pour se rendre aux Bains de Carlsbad, passant par Prague. Des nouvelles de Gênes signalent la réduction des rebelles en Corse. À Constantinople, M. Dahlman a reçu l'assurance de bonne intelligence avec l'Empereur. Le Gouverneur de Nice a exécuté le Consul Turc parti de Vienne.
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6
p. 1227-1230
ITALIE.
Début :
Sur la fin du mois dernier, un Notaire Apostolique alla [...]
Mots clefs :
Italie, Rebelles, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
noUr la fin du mois dernier ,un Notaire AposStolique tolique alla au Convent de sainte Praxede , notifier au Cardinal Coscia , avec les formalitez or
dinaires , un Decret du Pape , par lequel il lui est .
deffendu de sortir de son Appartement jusqu'à ce
que son affaire soit entierement terminée. Malgré,
ces formalitez il reçoit les visites de plusieurs
personnes de consideration , et quelques Cardinaux l'ont vû même incognito.
Le Prince Jacques Sobieski , pere de la Princes ,
se, Epouse du Chevalier de S. George , a fait remettre au Mont de Pieté , des Joyaux de prix.
sur lesquels il a emprunté cent mille écus qui lui.
étoient necessaires pour rentrer dans quelquesunes de ses Terres en Pologne.
Le Pape a approuvé avec beaucoup de plaisir la proposition que lui a faite la Princesse Clementine Sobieska , de faire venir de Paris six Religieuses Ursulines , pour rétablir leur Regle dans les
Communautez Religieuses du même Ordre qui
sont à Rome.
!
7 .
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le Avril , Le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché de Noyon pour l'Abbé de S. Simon , après
quoi il préconisa l'Evêque d'Arras pour l'Abbaye de S. Vincent de Laon..
Le bruit court que le Cardinal Coscia paroîtra
dans peu en habit court et sans cortege devant la .
Congregation de Nonnullis pour y etre interrogé,
et que quelques jours après son affaire sera terminée.
Le Pape a résolu d'employer à l'ornement de la:
Chapelle de sa Famille qu'il fait rebâtir dans l'EI. Vol.
glise
1228 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Jean de Latran , les belles Colomnes de
Marbre antique qu'on conservoit au Capitole, et
l'Urne de Porphire de l'Eglise de la Rotonde , qui
servoit a l'ancien Temple du Pantheon .
Le 17. du mois dernier le Capitaine Angelotti ,
Fermier du Tabac , fit present au Pape d'un Es--
turgeon que S. S. envoia sur le champ au Duc
de S. Aignan , Ambassadeur du Roy très Chré- tien.
Le même Duc de S. Aignan a deffendu depuis
peu aux Ecclesiastiques qui desservent l'Eglise de S. Louis des François, d'y donner azile à qui que ce soit pour des crimes capitaux .
On écrit de Florence que le 25. Avril au soir ,
le Cardinal de Polignac alla à l'Audience de l'Infant Don Carlos , chez lequel il fut reçû dans
l'Antichambre par le Marquis de Villafuerte.
S. A. R. le traita avec toutes les marques de distinction imaginables, et le soir il lui envoya 50.-
Bassins de rafraîchissemens.
Le 26. Son Eminence alla au Palais du Grand
Duc ; il fut reçû à la Porte par le Chevalier Billotti , dans l'Antichambre , par le Comte Pesenti ,
les Gardes étant en haye et sous les Armes. Le
Grand Duc, après s'être entretenu avec lui pen--
dant plus d'une demie heure , le fit reconduire
dans ses Carosses au Palais de l'Envoyé de France , où on lui présenta de la part de ce Prince '
19. Corbeilles de rafraîchissemens.
Le 275 ce Cardinal visita l'Electrice Douairiere Palatine.
On a appris depuis peu que ce Cárdinal étoit
parti de Florence , et qu'il étoit arrivé à Bologne,
où il avoit été traité magnifiquement par le Cardi nal Grimaldi , Légat de cette Ville , et que S. E. atriva le 19. May à Venise , où il avoit pris son Vol logement
JUIN. 17227 1229
logement dans le Palais de l'Ambassadeur der France.
Les Lettres de Florence ajoûtent que le Corps
de S. Zenobe y avoit été exposé pendant trois
jours à la veneration des Fidelles , à l'occasion dela maladie qui regnoit parmi les Bestiaux , et qui
diminue. considerablement depuis qu'il a tombé
de la pluye. Les Sauterelles font actuellement.
de grands ravages dans les Plaines de Pise. L'Ar
chevêque de cette Ville a ordonné des Prieres pu
bliques à ce sujet.
Le 21. May, il y eut à Livourne une Tempête
terrible , qui endommagea plusieurs Vaisseaux ,
et on ressentit l'après- midi six secousses de
Tremblement de terre , qui obligerent les habicans de se retirer à la campagne ; elles ne cause--
rent pas beaucoup de dommage.
On mande de Gennes , que les Rebelles avoient enfin déterminé leurs Chefs à se soumettre à la
République de Gennes ; qu'ils avoient donné des
ôtages,et qu'on étoit convenu de s'assembler dans
la Ville de Corte , Place située sur une Montagne
au milieu de l'Isle , près de la Riviere de Golo.
Les dernieres nouvelles reçues confirment les
premiers avis qu'on avoit eus de la résolution
prise par la plus grande partie des Rebelles, de se
soumettre à la République. M. de Rivarole qui a
été envoyé dans cette Isie en qualité de Com- missaire General , Y étant arrivé le 10. de May ,
et s'étant trouvé incommodé , le Prince Louis
de Wirtemberg alla le voir , et il eut avec lui
une longue Conference sur les moyens de réduire
les Rebelles , qui préviennent actuellement par:
leur soumission, ce qu'on pouvoit faire contre.
cux. Leurs Chefs Ciaccaldi , Çiafferi et Raffalli ,
sont venus se rendre ôtages pour tous ceux qui I. Vola par
T230 MERCURE DE FRANCE
par leurs conseils avoient pris les armes , e
M. de Rivarole les a envoyez dans un Château
où ils font gardez. Cette démarche des Chefs des Rebelles a été suivie d'un grand empressement
de la part des Peuples qui habitent en deçà des
Montagnes , à quitter les armes pour mériter leur
pardon , et il y a lieu de croire que tous les Re- belles qui sont au- delà des Montagnes , pren
dront bientôt le même parti. Le Prince de Culm- bach marche avec trois Bataillons et 200. Hussarts pour s'avancer de ce côté-là , et se joindre
aux Troupes de la République , commandées.
par le Colonel Vela , lequel depuis qu'il a défait
un Corps de Rebelles près de Calcatoggio , en
voit arriver à son Camp un grand nombre qui viennent. implorer la clémence de la République.
On a appris aussi que le Prince de Wirtemberg
étant persuadé que tous les Rebelles rentreront incessamment dans leur devoir , se disposoit à
s'embarquer vers le 15..de Juin pour retourner à
Gennes avec toutes les Troupes Imperiales qu'il commande.
On écrit de Naples , que l'un des Tigres que
L'Envoyé de Tunis conduisoit à Vienne pour
la Menagerie de l'Empereur , a rompu sa chaîne
et s'est échapé : on a appris depuis qu'il faisoit
beaucoup de ravage du côté du Milanez.
noUr la fin du mois dernier ,un Notaire AposStolique tolique alla au Convent de sainte Praxede , notifier au Cardinal Coscia , avec les formalitez or
dinaires , un Decret du Pape , par lequel il lui est .
deffendu de sortir de son Appartement jusqu'à ce
que son affaire soit entierement terminée. Malgré,
ces formalitez il reçoit les visites de plusieurs
personnes de consideration , et quelques Cardinaux l'ont vû même incognito.
Le Prince Jacques Sobieski , pere de la Princes ,
se, Epouse du Chevalier de S. George , a fait remettre au Mont de Pieté , des Joyaux de prix.
sur lesquels il a emprunté cent mille écus qui lui.
étoient necessaires pour rentrer dans quelquesunes de ses Terres en Pologne.
Le Pape a approuvé avec beaucoup de plaisir la proposition que lui a faite la Princesse Clementine Sobieska , de faire venir de Paris six Religieuses Ursulines , pour rétablir leur Regle dans les
Communautez Religieuses du même Ordre qui
sont à Rome.
!
7 .
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le Avril , Le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché de Noyon pour l'Abbé de S. Simon , après
quoi il préconisa l'Evêque d'Arras pour l'Abbaye de S. Vincent de Laon..
Le bruit court que le Cardinal Coscia paroîtra
dans peu en habit court et sans cortege devant la .
Congregation de Nonnullis pour y etre interrogé,
et que quelques jours après son affaire sera terminée.
Le Pape a résolu d'employer à l'ornement de la:
Chapelle de sa Famille qu'il fait rebâtir dans l'EI. Vol.
glise
1228 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Jean de Latran , les belles Colomnes de
Marbre antique qu'on conservoit au Capitole, et
l'Urne de Porphire de l'Eglise de la Rotonde , qui
servoit a l'ancien Temple du Pantheon .
Le 17. du mois dernier le Capitaine Angelotti ,
Fermier du Tabac , fit present au Pape d'un Es--
turgeon que S. S. envoia sur le champ au Duc
de S. Aignan , Ambassadeur du Roy très Chré- tien.
Le même Duc de S. Aignan a deffendu depuis
peu aux Ecclesiastiques qui desservent l'Eglise de S. Louis des François, d'y donner azile à qui que ce soit pour des crimes capitaux .
On écrit de Florence que le 25. Avril au soir ,
le Cardinal de Polignac alla à l'Audience de l'Infant Don Carlos , chez lequel il fut reçû dans
l'Antichambre par le Marquis de Villafuerte.
S. A. R. le traita avec toutes les marques de distinction imaginables, et le soir il lui envoya 50.-
Bassins de rafraîchissemens.
Le 26. Son Eminence alla au Palais du Grand
Duc ; il fut reçû à la Porte par le Chevalier Billotti , dans l'Antichambre , par le Comte Pesenti ,
les Gardes étant en haye et sous les Armes. Le
Grand Duc, après s'être entretenu avec lui pen--
dant plus d'une demie heure , le fit reconduire
dans ses Carosses au Palais de l'Envoyé de France , où on lui présenta de la part de ce Prince '
19. Corbeilles de rafraîchissemens.
Le 275 ce Cardinal visita l'Electrice Douairiere Palatine.
On a appris depuis peu que ce Cárdinal étoit
parti de Florence , et qu'il étoit arrivé à Bologne,
où il avoit été traité magnifiquement par le Cardi nal Grimaldi , Légat de cette Ville , et que S. E. atriva le 19. May à Venise , où il avoit pris son Vol logement
JUIN. 17227 1229
logement dans le Palais de l'Ambassadeur der France.
Les Lettres de Florence ajoûtent que le Corps
de S. Zenobe y avoit été exposé pendant trois
jours à la veneration des Fidelles , à l'occasion dela maladie qui regnoit parmi les Bestiaux , et qui
diminue. considerablement depuis qu'il a tombé
de la pluye. Les Sauterelles font actuellement.
de grands ravages dans les Plaines de Pise. L'Ar
chevêque de cette Ville a ordonné des Prieres pu
bliques à ce sujet.
Le 21. May, il y eut à Livourne une Tempête
terrible , qui endommagea plusieurs Vaisseaux ,
et on ressentit l'après- midi six secousses de
Tremblement de terre , qui obligerent les habicans de se retirer à la campagne ; elles ne cause--
rent pas beaucoup de dommage.
On mande de Gennes , que les Rebelles avoient enfin déterminé leurs Chefs à se soumettre à la
République de Gennes ; qu'ils avoient donné des
ôtages,et qu'on étoit convenu de s'assembler dans
la Ville de Corte , Place située sur une Montagne
au milieu de l'Isle , près de la Riviere de Golo.
Les dernieres nouvelles reçues confirment les
premiers avis qu'on avoit eus de la résolution
prise par la plus grande partie des Rebelles, de se
soumettre à la République. M. de Rivarole qui a
été envoyé dans cette Isie en qualité de Com- missaire General , Y étant arrivé le 10. de May ,
et s'étant trouvé incommodé , le Prince Louis
de Wirtemberg alla le voir , et il eut avec lui
une longue Conference sur les moyens de réduire
les Rebelles , qui préviennent actuellement par:
leur soumission, ce qu'on pouvoit faire contre.
cux. Leurs Chefs Ciaccaldi , Çiafferi et Raffalli ,
sont venus se rendre ôtages pour tous ceux qui I. Vola par
T230 MERCURE DE FRANCE
par leurs conseils avoient pris les armes , e
M. de Rivarole les a envoyez dans un Château
où ils font gardez. Cette démarche des Chefs des Rebelles a été suivie d'un grand empressement
de la part des Peuples qui habitent en deçà des
Montagnes , à quitter les armes pour mériter leur
pardon , et il y a lieu de croire que tous les Re- belles qui sont au- delà des Montagnes , pren
dront bientôt le même parti. Le Prince de Culm- bach marche avec trois Bataillons et 200. Hussarts pour s'avancer de ce côté-là , et se joindre
aux Troupes de la République , commandées.
par le Colonel Vela , lequel depuis qu'il a défait
un Corps de Rebelles près de Calcatoggio , en
voit arriver à son Camp un grand nombre qui viennent. implorer la clémence de la République.
On a appris aussi que le Prince de Wirtemberg
étant persuadé que tous les Rebelles rentreront incessamment dans leur devoir , se disposoit à
s'embarquer vers le 15..de Juin pour retourner à
Gennes avec toutes les Troupes Imperiales qu'il commande.
On écrit de Naples , que l'un des Tigres que
L'Envoyé de Tunis conduisoit à Vienne pour
la Menagerie de l'Empereur , a rompu sa chaîne
et s'est échapé : on a appris depuis qu'il faisoit
beaucoup de ravage du côté du Milanez.
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Résumé : ITALIE.
En début d'année 1722, plusieurs événements marquants se sont produits en Italie et dans les régions voisines. À Rome, le Cardinal Coscia est confiné dans son appartement par décret papal, mais continue de recevoir des visites influentes. Le Prince Jacques Sobieski a emprunté de l'argent en mettant en gage des joyaux pour récupérer ses terres en Pologne. Le Pape a approuvé l'arrivée de religieuses ursulines de Paris afin de restaurer leur règle à Rome. Lors d'un consistoire secret, le Cardinal Otthoboni a proposé des nominations ecclésiastiques, et le Cardinal Coscia doit bientôt comparaître devant la Congrégation de Nonnullis pour être interrogé. Le Pape prévoit d'utiliser des colonnes de marbre antique et une urne de porphyre pour orner la chapelle de sa famille dans l'église de Saint-Jean-de-Latran. Le Duc de Saint-Aignan, ambassadeur du roi de France, a reçu un esturgeon du Pape et a interdit aux ecclésiastiques de l'église Saint-Louis-des-Français de donner asile à des criminels. À Florence, le Cardinal de Polignac a été reçu par l'Infant Don Carlos et le Grand-Duc, qui l'ont honoré de diverses marques de distinction. Le Cardinal s'est ensuite rendu à Bologne et Venise. À Florence, le corps de Saint-Zénobe a été exposé pour prier contre une maladie affectant le bétail, et des prières publiques ont été ordonnées à Pise pour contrer les ravages des sauterelles. À Livourne, une tempête et des tremblements de terre ont causé des dommages. En Corse, les rebelles se sont soumis à la République de Gênes, et leurs chefs ont été emprisonnés. Le Prince de Wurtemberg et le Prince de Culmbach dirigent les troupes pour maintenir l'ordre. À Naples, un tigre s'est échappé de sa chaîne, causant des ravages près de Milan.
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7
p. 1230-1232
D'ESPAGNE.
Début :
La plus grande partie des Troupes qui doivent être embarquées [...]
Mots clefs :
Espagne, Ligne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'ESPAGNE.
DE SPAGNE,
Lêtre embarquées sur la Flote du Ray,est ar- A plus grande partie des Troupes qui doivent
rivée à Alicante, ainsi que l'Artillerie qu'on avoit
embarquée à Barcelone ; mais on doute que l'embarquement general puisse se faire au commencement de ce mois , comme la Cour Pavoit réI. Vol solu...
JUIN. 1732. 123.1
solu, parce qu'on n'a pas encore assez rassemblé
de Bâtimens de transport , quoiqu'on ait arrêté
tous les Navires étrangers qui étoient dans le
Port. On croit que tout cet armement est destiné
à faire le Siege d'Oran.
D'autres Lettres d'Alicante portent qu'ony avoit
commencé à embarquer so. Pieces de gros Canon et 30. Mortiers , qu'il y étoit arrivé de Cadix 44. Bâtimens de transport ; qu'il y en avoit
près de 150. dans les autres Ports , et que ce
nombre n'étant pas suffisant , on y avoit envoyé
ordre d'arrêter tous les Vaisseaux étrangers , et
même ceux qui étaient chargez.
Le bruit court qu'on va fortifier par de nouveaux Ouvrages la Ligne que le Roy a fait faire
en-deçà de Gibraltar , pour empêcher la contrebande des Marchandises. d'Angleterre dans l'interieur du Royaume , et qu'on va élever à l'une
des extrémitez de cette Ligne un nouveau Mole
qui s'étendra jusques dans la Baye , et dont l'Artillerie pourra incommoder les murailles de la
Ville , en cas de guerre.
Le Roya chargé son nouvel Agent à Londres,
de demander à la Compagnie de la Mer du Sud,
un compte general du droit particulier que S. M.
s'est réservé par le Traité de l'Assicute , sur les
profits que cette Compagnie peut faire par som
commerce dans les Ports Espagnols de l'Amerique.
,
Le 18. Avril , un Pinque venant de Livourne ,
arriva à Barcelonne ; il fut attaqué le 16. au matin , entre les Côtes de France et d'Espagne par
un Vaisseau Corsaire de 16 Pieces de Canon ,
de dix Pierriers et de 110. hommes d'équipage
parmi lesquels il y avoit trois ou quatre Renegats. Les deux Bâtimens ayant commencé à se
I. Vol. Canonner,
1232 MERCURE DE FRANCE
-
canonner , M. Ant. Ferrer, Capitaine du Pinque,
apperçut environ à deux lieues en Mer la Capi
tane des quatre Galeres du Roy, qui revenoit desMers d'Italie , laquelle étoit commandée par le
Lieutenant General Don Michel Reggio. Ce General , de son côté, ayant reconnu que le Corsaire donnoit la chasse au Pinque Espagnol , fit
force de Voiles et de Rames pour le secourir , er
Payant joint en moins d'une demie heure , il fir
une décharge de toute son Artillerie sur le Vaisseau Corsaire , dont le Capitaine fut tué avec sixhommes de l'Equipage : le Lieutenant s'étant sauvé dans la Chaloupe avec 20. Soldats , le Vaisseau se rendit. On y trouva 87. Maures , parmi
Jesquels il y en avoit 22. de blessez , et 14. Es--
claves Chrétiens ; sçavoir 8. du Royaume de Va
lence , et 6. de Catalogue , qui furent mis en li berté
Lêtre embarquées sur la Flote du Ray,est ar- A plus grande partie des Troupes qui doivent
rivée à Alicante, ainsi que l'Artillerie qu'on avoit
embarquée à Barcelone ; mais on doute que l'embarquement general puisse se faire au commencement de ce mois , comme la Cour Pavoit réI. Vol solu...
JUIN. 1732. 123.1
solu, parce qu'on n'a pas encore assez rassemblé
de Bâtimens de transport , quoiqu'on ait arrêté
tous les Navires étrangers qui étoient dans le
Port. On croit que tout cet armement est destiné
à faire le Siege d'Oran.
D'autres Lettres d'Alicante portent qu'ony avoit
commencé à embarquer so. Pieces de gros Canon et 30. Mortiers , qu'il y étoit arrivé de Cadix 44. Bâtimens de transport ; qu'il y en avoit
près de 150. dans les autres Ports , et que ce
nombre n'étant pas suffisant , on y avoit envoyé
ordre d'arrêter tous les Vaisseaux étrangers , et
même ceux qui étaient chargez.
Le bruit court qu'on va fortifier par de nouveaux Ouvrages la Ligne que le Roy a fait faire
en-deçà de Gibraltar , pour empêcher la contrebande des Marchandises. d'Angleterre dans l'interieur du Royaume , et qu'on va élever à l'une
des extrémitez de cette Ligne un nouveau Mole
qui s'étendra jusques dans la Baye , et dont l'Artillerie pourra incommoder les murailles de la
Ville , en cas de guerre.
Le Roya chargé son nouvel Agent à Londres,
de demander à la Compagnie de la Mer du Sud,
un compte general du droit particulier que S. M.
s'est réservé par le Traité de l'Assicute , sur les
profits que cette Compagnie peut faire par som
commerce dans les Ports Espagnols de l'Amerique.
,
Le 18. Avril , un Pinque venant de Livourne ,
arriva à Barcelonne ; il fut attaqué le 16. au matin , entre les Côtes de France et d'Espagne par
un Vaisseau Corsaire de 16 Pieces de Canon ,
de dix Pierriers et de 110. hommes d'équipage
parmi lesquels il y avoit trois ou quatre Renegats. Les deux Bâtimens ayant commencé à se
I. Vol. Canonner,
1232 MERCURE DE FRANCE
-
canonner , M. Ant. Ferrer, Capitaine du Pinque,
apperçut environ à deux lieues en Mer la Capi
tane des quatre Galeres du Roy, qui revenoit desMers d'Italie , laquelle étoit commandée par le
Lieutenant General Don Michel Reggio. Ce General , de son côté, ayant reconnu que le Corsaire donnoit la chasse au Pinque Espagnol , fit
force de Voiles et de Rames pour le secourir , er
Payant joint en moins d'une demie heure , il fir
une décharge de toute son Artillerie sur le Vaisseau Corsaire , dont le Capitaine fut tué avec sixhommes de l'Equipage : le Lieutenant s'étant sauvé dans la Chaloupe avec 20. Soldats , le Vaisseau se rendit. On y trouva 87. Maures , parmi
Jesquels il y en avoit 22. de blessez , et 14. Es--
claves Chrétiens ; sçavoir 8. du Royaume de Va
lence , et 6. de Catalogue , qui furent mis en li berté
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Résumé : D'ESPAGNE.
En juin 1732, des troupes et de l'artillerie destinées à la flotte du Ray sont arrivées à Alicante, mais l'embarquement est retardé par le manque de bâtiments de transport, malgré l'arrêt des navires étrangers. Cet armement vise probablement le siège d'Oran. Des lettres d'Alicante signalent l'embarquement de pièces d'artillerie et de mortiers, ainsi que l'arrivée de bâtiments de transport de Cadix et d'autres ports. Des ordres ont été donnés pour arrêter tous les vaisseaux étrangers, même ceux chargés. Des rumeurs mentionnent la fortification de la ligne défensive près de Gibraltar pour empêcher la contrebande de marchandises anglaises. Un nouveau môle pourrait être construit pour protéger la baie et incommoder les murailles de la ville en cas de guerre. Le roi d'Espagne a chargé son nouvel agent à Londres de demander à la Compagnie de la Mer du Sud un compte général des droits réservés par le traité de l'Asiento sur les profits réalisés dans les ports espagnols d'Amérique. Le 18 avril, un pinque venant de Livourne a été attaqué par un vaisseau corsaire entre les côtes de France et d'Espagne. La capitane des galères royales, commandée par le lieutenant général Don Michel Reggio, a capturé le vaisseau corsaire. À bord, on a trouvé des Maures et des esclaves chrétiens, qui ont été libérés.
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8
p. 1232-1233
GRANDE BRETAGNE.
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Chambre des communes
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
A Compagnie de la Mer du Sud a reçû de- Seville la Scedule du Roy d'Espagne pour le
départ du Vaisseau qu'elle envoye tous les ans à
la Mer du Sud , et ce sera le Prince Guillaume ,
dont le nom est changé en celui de Royale Caroline , qui fera cette année le voyage ; on commencera incessamment à le charger , et il aura
pour Leste 80. Tonneaux de fer.
Le Comte d'Albemarle doit partir incessam- ment pour Gibraltar , où l'on envoyera dans peu
quelques Régimens de l'établissement d'Irlande
pour renforcer la Garnison de cette Place et de
celle de Port Mahon.
La Chambre des Communes ayant entendu le
rapport des affaires de la charitable corporation
et reconnu que plusieurs Commissaires , Assis- I. Vol tans
JUIN. 1732. 1233
tans ou Agens de cette Compagnie, avoient malversé, a passé un Bill , par lequel il est deffendu au Chevalier Rob. Sutton , au Chevalier Baronet
Archibard Grant , à M. Denis Bond et à plusieurs autres, de sortir du Royaume pendant l'espace d'un an , ou jusqu'à la fin de la prochaine
Session du Parlement , leur ordonnant de four--
nir un Etat de leurs Biens et de leurs Effets , avec
deffenses d'en rien aliéner sans permission. Ce
Bill ayant été porté à la Chambre des Pairs , on
en a fait les deux premieres lectures.
Le Chevalier Sutton a obtenu depuis de la
Chambre des Pairs , la permission de faire en-,
rendre ses Avocats pour sa justification , avant
que cette Chambre fit la derniere lecture du Bill ,
qui lui deffend de sortir du Royaume pendant un
an. It a communiqué aussi à la même Chambre
des Lettres de Rome, par lesquelles il a appris
qu'on y avoit arrêté et conduit au Château Saint
Ange , M. Jean Tompson , cy- devant Caissier
de la charitable Corporation , et qui s'étoit sauvé
d'Angleterre avec une grande quantité d'Effets ap
partenans à cette Compagnie.
La Chambre des Communes ayant lû depuis
la Traduction qu'elle a fait faire d'une Lettre da.
sieur Belloni , Banquier de Rome , contenant des
propositions faites par le même Jean Tompson ,
prisonnier à Rome, a déclaré que c'étoit un Libelle insolent et audacieux , tendant à en imposer au Parlement et à la Nation ; et comme tel 2
elle l'a condamné à être brulé p
A Compagnie de la Mer du Sud a reçû de- Seville la Scedule du Roy d'Espagne pour le
départ du Vaisseau qu'elle envoye tous les ans à
la Mer du Sud , et ce sera le Prince Guillaume ,
dont le nom est changé en celui de Royale Caroline , qui fera cette année le voyage ; on commencera incessamment à le charger , et il aura
pour Leste 80. Tonneaux de fer.
Le Comte d'Albemarle doit partir incessam- ment pour Gibraltar , où l'on envoyera dans peu
quelques Régimens de l'établissement d'Irlande
pour renforcer la Garnison de cette Place et de
celle de Port Mahon.
La Chambre des Communes ayant entendu le
rapport des affaires de la charitable corporation
et reconnu que plusieurs Commissaires , Assis- I. Vol tans
JUIN. 1732. 1233
tans ou Agens de cette Compagnie, avoient malversé, a passé un Bill , par lequel il est deffendu au Chevalier Rob. Sutton , au Chevalier Baronet
Archibard Grant , à M. Denis Bond et à plusieurs autres, de sortir du Royaume pendant l'espace d'un an , ou jusqu'à la fin de la prochaine
Session du Parlement , leur ordonnant de four--
nir un Etat de leurs Biens et de leurs Effets , avec
deffenses d'en rien aliéner sans permission. Ce
Bill ayant été porté à la Chambre des Pairs , on
en a fait les deux premieres lectures.
Le Chevalier Sutton a obtenu depuis de la
Chambre des Pairs , la permission de faire en-,
rendre ses Avocats pour sa justification , avant
que cette Chambre fit la derniere lecture du Bill ,
qui lui deffend de sortir du Royaume pendant un
an. It a communiqué aussi à la même Chambre
des Lettres de Rome, par lesquelles il a appris
qu'on y avoit arrêté et conduit au Château Saint
Ange , M. Jean Tompson , cy- devant Caissier
de la charitable Corporation , et qui s'étoit sauvé
d'Angleterre avec une grande quantité d'Effets ap
partenans à cette Compagnie.
La Chambre des Communes ayant lû depuis
la Traduction qu'elle a fait faire d'une Lettre da.
sieur Belloni , Banquier de Rome , contenant des
propositions faites par le même Jean Tompson ,
prisonnier à Rome, a déclaré que c'étoit un Libelle insolent et audacieux , tendant à en imposer au Parlement et à la Nation ; et comme tel 2
elle l'a condamné à être brulé p
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En juin 1732, la Compagnie de la Mer du Sud a reçu le calendrier du roi d'Espagne pour le départ annuel du vaisseau vers la Mer du Sud. Le vaisseau, nommé Prince Guillaume et rebaptisé Royale Caroline, transportera 80 tonneaux de fer. Le Comte d'Albemarle doit partir pour Gibraltar afin de renforcer les garnisons de Gibraltar et de Port Mahon avec des régiments d'Irlande. La Chambre des Communes a découvert des malversations impliquant plusieurs commissaires et agents de la charitable corporation. Un bill a été adopté, interdisant à des individus comme le Chevalier Robert Sutton, le Chevalier Archibald Grant et M. Denis Bond de quitter le Royaume pendant un an ou jusqu'à la fin de la prochaine session parlementaire. Ils doivent fournir un état de leurs biens et ne peuvent les aliéner sans permission. Ce bill a été lu deux fois à la Chambre des Pairs. Le Chevalier Sutton a obtenu la permission de présenter ses avocats pour sa justification avant la dernière lecture du bill. Il a également communiqué des lettres de Rome indiquant l'arrestation de M. Jean Tompson, ancien caissier de la charitable corporation, qui s'était enfui d'Angleterre avec des biens de la compagnie. La Chambre des Communes a condamné une lettre de M. Belloni, banquier de Rome, comme un libelle visant à tromper le Parlement et la Nation, et a ordonné sa destruction.
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